Citation: 6B_1250/2021 E. 2.6.4

2.6.4. Le recourant fait valoir que son expulsion entraînerait une violation de l'art. 8 CEDH, dans la mesure où il entretiendrait une relation étroite avec sa fille et que ni celle-ci, ni sa mère, n'auraient de lien avec la Gambie, pays dont elles ne parlaient pas la langue, où elles ne connaissaient personne et n'étaient jamais allées. L'intérêt de l'enfant était de rester en Suisse. En l'espèce, il s'agit tout d'abord de déterminer si le recourant remplit les conditions lui permettant d'invoquer un droit au respect de sa vie familiale. L'épouse du recourant, de nationalité iranienne, et sa petite fille, née le [...] décembre 2019 à Genève, ont toutes deux le droit de résider en Suisse en vertu de leur qualité respective de réfugiée, l'asile leur ayant été accordé (cf. P 84/3, art. 105 al. 2 LTF). L'épouse bénéficie d'un permis B (à tout le moins valable jusqu'au 13 novembre 2021, cf. P 51/2, art. 105 al. 2 LTF). Il ressort en outre des constatations cantonales que la famille vivait - avant la détention du recourant - ensemble dans un appartement à U.________, que son épouse ne travaillait plus depuis la naissance de leur fille et que le recourant gagnait entre 1'300 et 1'400 euros par mois en faisant divers travaux au noir en France. Partant, on peut admettre que le recourant entretient avec des membres de sa famille au bénéfice d'un droit de séjour durable en Suisse, une relation étroite et effective. Le départ de l'épouse et de sa fille, autorisées à rester en Suisse, ne peut d'emblée être exigé sans autres difficultés, celles-ci n'ayant de toute évidence aucun lien avec la Gambie, comme le souligne le recourant. Sur le vu de ce qui précède, le recourant peut se prévaloir d'une atteinte à sa vie familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH. Aussi doit-on considérer, à l'instar de ce qu'a retenu la cour cantonale, que son expulsion le placerait dans une situation personnelle grave au sens de l'art. 66a al. 2 CP. Dans ces conditions, il importe peu de savoir s'il pourrait également se prévaloir de liens sociaux et professionnels supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire en Suisse et invoquer ainsi une ingérence dans son droit au respect de sa vie privée.