Citation: 9C_98/2019 E. 4.2.2

4.2.2. Cette argumentation est également infondée. Pour être libéré de son devoir de réparer le préjudice, il ne suffit effectivement pas de mentionner les démarches entreprises afin de tenter de sauver la société menacée de faillite ou d'en permettre la revente. Encore faut-il que ces démarches puissent être considérées objectivement (par des tiers responsables et pas uniquement par l'employeur) comme permettant d'atteindre ce but dans un laps de temps déterminé (arrêts 9C_97/2013 du 13 mars 2013 consid. 4.2; H 19/07 du 10 décembre 2007 consid. 4.1 et les arrêts cités; H 163/06 du 11 juin 2007 consid. 4.4). Or tel n'est pas le cas en l'occurrence. L'engagement pris vis-à-vis de la caisse intimée de payer périodiquement des cotisations arriérées n'a manifestement pas été tenu par le recourant. Comme déjà indiqué, la contestation de la résiliation (intervenue le 17 décembre 2012) du bail était de surcroît une procédure aléatoire, dont l'issue n'avait au demeurant pas encore été tranchée le 4 mai 2017 dans la mesure où le Tribunal fédéral avait alors annulé le jugement cantonal (confirmant la validité de la résiliation décidée en première instance) et renvoyé la cause à l'autorité judiciaire précédente pour examen de la demande de prolongation du bail et nouveau jugement (arrêt 4A_694/2016). La reprise du fonds de commerce était en outre tout autant aléatoire dès lors qu'elle était liée au maintien du bail alors que le bailleur entendait récupérer les locaux pour y réaliser un projet particulier (supra consid. 4.1.2). A.________ ne saurait par ailleurs se prévaloir avec succès d'avoir entrepris tout ce qui était en son pouvoir pour reprendre la maîtrise financière de la société vis-à-vis du directeur. Il n'est effectivement pas suffisant de se contenter de formuler par courriels ou de vive voix des objections quant à la gestion quotidienne des recettes du restaurant ou au règlement des factures. Comme administrateur-président avec signature individuelle, il aurait pu et dû faire valoir ses prérogatives légales, par exemple, en convoquant une assemblée générale dans le but de révoquer le mandat du directeur. Il aurait également pu démissionner de son poste et limiter ainsi sa responsabilité vis-à-vis de la caisse intimée et, au cas où son départ aurait précipité la faillite, limiter le montant du dommage subi par l'office intimé. Le fait d'avoir investi près de 160'000 fr. pour désintéresser certains créanciers plutôt que d'autres ne change rien au fait que les chances de sauver rapidement la société et de s'acquitter de la dette de cotisations ne pouvaient objectivement être qualifiées de raisonnables. Les premiers juges n'ont donc pas violé le droit fédéral en refusant de libérer le recourant de son obligation de réparer le dommage.