Citation: 6B_683/2021 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a relevé qu'il ressortait de la plainte de C.________ SA du 7 janvier 2019 et de ses annexes que le contrôle du risque d'accepter la demande de l'acheteur de payer par facture se faisait par voie électronique. Le premier système de contrôle ("yyy") vérifiait notamment l'identité de l'acheteur, sa date de naissance, son domicile, et le montant des factures impayées, et consultait des bases de données externes pour vérifier l'adresse, la survenance d'impayés chez d'autres prestataires ou de fraudes. Le second système de contrôle ("zzz") reposait sur l'évaluation de 70 facteurs liés à la commande (heure, comportement en ligne, produit acheté, montant souhaité, nombre de tentatives, âge, etc.). C.________ SA recensait en outre les tromperies qualifiées consistant à modifier l'identité pour un même acheteur, à modifier l'orthographe des adresses, à répéter les tentatives en variant le contenu ou le montant, et à redémarrer le modem pour modifier les adresses IP (numéro d'identification). Lors de la création des comptes clients utilisés pour effectuer les commandes litigieuses, le recourant avait utilisé de vraies identités qu'il avait très légèrement modifiées, leur avait associé de fausses adresses de messagerie électronique créées pour l'occasion, avait utilisé des adresses IP différentes et avait volontairement fait le choix de recourir aux services de C.________ SA pour le paiement, avant de faire en sorte de réceptionner la marchandise et de ne jamais en régler le prix. Le recourant, parfaitement conscient qu'il agissait sans droit dans le seul but de s'enrichir de manière illégitime, avait utilisé des données falsifiées pour frauder et se faire passer pour quelqu'un qu'il n'était pas, trompant ainsi un ordinateur en vue d'obtenir un avantage patrimonial. Les conditions objectives et subjectives de l'infraction de l'art. 147 al. 1 CP étaient réalisées. Au vu du nombre de commandes frauduleuses, de leur fréquence et du chiffre d'affaires global de toutes les commandes incriminées qui avoisinait les 55'000 fr., la circonstance aggravante du métier (art. 147 al. 2 CP) était réalisée (cf. aussi jugement entrepris, p. 43 pour le "cas 3", p. 44 pour le "cas 4", p. 45 pour le "cas 5", p. 46 pour le "cas 6", p. 47 pour le "cas 7").