Citation: 1C_129/2018 E. B

Le 15 juin 2015, A.A.________ et B.A.________ ont déposé une demande de permis de construire pour régulariser la situation, dans la mesure où les travaux précités n'avaient pas été réalisés conformément aux permis délivrés. Par décision du 2 février 2016, la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions du canton de Fribourg (DAEC) a refusé l'octroi de l'autorisation spéciale pour les constructions érigées illicitement selon les art. 24 de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700) et 42 de l'ordonnance sur l'aménagement du territoire (OAT; RS 700.1). Elle a notamment constaté que les travaux effectués illicitement dépassaient les possibilités d'augmentation des surfaces brutes de plancher utiles (SBPu) et des surfaces annexes (SA). Le 15 mars 2016, le Préfet du district de la Sarine a refusé d'accorder le permis de construire sollicité vu l'absence d'autorisation spéciale. Le 3 octobre 2016, la DAEC a procédé à une vision locale lors de laquelle elle a constaté les faits suivants: le couvert à voitures autorisé en 2010 avait été agrandi de 7,4 m2, fermé et construit en briques et en béton et non en bois; le couvert à voitures autorisé en 2003 avait également été fermé; la véranda non chauffée autorisée en 2008 avait été agrandie de 7,7 m2et était chauffée; la chambre située au nord-ouest avait changé d'affectation pour devenir une cuisine; ces deux derniers travaux avaient été réalisés dans le but de créer un appartement indépendant à l'étage, actuellement loué; le garage et le local technique autorisés en 2003 avaient été transformés en deux chambres, un couloir et un WC; une porte d'accès au garage depuis le salon avait été créée; le sas d'entrée avait été fermé et son toit refait. Par décision du 27 décembre 2016, la DAEC a ordonné la démolition intégrale du double garage accolé à l'habitation existante autorisé en 2010. Elle a en revanche toléré tous les autres travaux illicites en estimant que les intérêts privés des intéressés étaient prépondérants par rapport à l'intérêt public lié au rétablissement d'une situation conforme au droit. Par arrêt du 6 février 2018, la IIe Cour administrative du Tribunal cantonal fribourgeois a confirmé la décision du 27 décembre 2016, considérant que l'intérêt public à la remise en l'état prévalait sur l'intérêt des intéressés à garder leur garage.