Citation: 2C_959/2018 E. 3.4

3.4. En l'espèce, les justifications invoquées par les recourants ne mettent pas en évidence de telles circonstances. En cas de décision finale favorable, on ne voit pas quel préjudice irréparable subiraient les recourants. La position du recours selon laquelle une pratique risquerait de se développer aboutissant à refuser systématiquement et sur la base d'une motivation abstraite l'accès des personnes habilitées à recourir aux pièces du dossier, ce qui ferait de la présente cause un cas particulièrement important au sens de l'art. 84 al. 2 LTF qui ne pourrait être porté devant le Tribunal fédéral ne peut être suivie. En effet, ce raisonnement mélange les conditions de recevabilité posées aux articles 93 et 84a LTF, dont on rappelle qu'elles doivent être cumulativement remplies (cf. supra consid. 2). Il aurait pour résultat qu'en présence d'un cas qui pourrait se révéler particulièrement important au sens de l'art. 84a LTF, l'existence d'un préjudice irréparable devrait être admise, indépendamment de la position individuelle des recourants. Une telle approche reviendrait à élargir indûment les conditions de recevabilité dans un domaine où, précisément, le législateur a voulu limiter l'accès au Tribunal fédéral. Au demeurant, le risque que soulèvent les recourants n'est pas réaliste. En effet, on ne se trouve pas dans un cas de figure où il ne serait jamais possible d'invoquer une violation du droit d'être entendu en lien avec le refus de consulter des pièces. Certes, ce grief ne pourra être porté devant le Tribunal fédéral si les personnes concernées par l'assistance administrative obtiennent gain de cause devant le Tribunal administratif fédéral, mais, dans un tel cas, les recourants n'encourront plus de préjudice. En revanche, en cas de rejet du recours, la décision incidente de refus de consultation des pièces pourra toujours être attaquée avec la décision finale en application de l'art. 93 al. 3 LTF. Par conséquent, on ne se trouve pas dans une situation qui justifierait exceptionnellement d'admettre l'existence d'un préjudice irréparable permettant de recourir immédiatement à l'encontre d'une décision préjudicielle refusant la consultation de pièces au dossier.