Citation: 7B_850/2023 E. 3.3

3.3. Selon l'arrêt entrepris, des mesures d'instruction relatives à la crédibilité de la plaignante ont été mises en oeuvre (cf. arrêt entrepris, p. 15) à la suite de l'audience qui s'est déroulée les 12 et 13 septembre 2023 par le Tribunal criminel. Selon le procès-verbal tenu lors de cette audience, cette dernière autorité a considéré que des nouveaux éléments méritant une instruction complémentaire étaient apparus et que la tenue d'un procès équitable justifiait de renvoyer le dossier au Ministère public pour un complément d'instruction (cf. procès-verbal du 13 septembre 2023, p. 41). Ces éléments, qui ont été pris en compte par la cour cantonale au contraire de ce que prétend le recourant, ne permettent pas d'exclure, à ce stade, la commission des infractions reprochées telles que la plaignante les a relatées, au vu des nombreux autres éléments la corroborant (voir paragraphes infra), en tous les cas jusqu'à ce que ces mesures d'instruction aient précisément pu être diligentées. Cela vaut d'autant plus que ce n'est pas au juge de la détention d'apprécier la crédibilité de la dénonciatrice. Quant à la demande tendant à la mise en oeuvre d'une expertise de crédibilité qu'aurait formulée le défenseur de la plaignante, elle ne permet pas d'en déduire que celle-ci ne serait pas crédible comme le prétend le recourant, mais traduit plutôt la volonté du défenseur de démontrer la fiabilité de cette dernière. S'agissant du rapport établi le 6 juillet 2023 par le CURML, l'autorité précédente l'a également pris en considération dans son appréciation des soupçons de culpabilité, puisqu'elle en a fait état dans la décision attaquée. Or, comme elle l'a évoqué, le fait que certaines plaies superficielles semblent résulter d'automutilation et qu'aucune lésion des organes génitaux n'ait été constatée ne permet pas la suppression de tout indice de culpabilité des actes de violence sexuelle qu'elle dit avoir subis, dans la mesure où l'examen a eu lieu trois jours après les faits en cause, que le recourant a utilisé du lubrifiant et que la victime se serait finalement laissée faire. En tout état, les blessures constatées sur la plaignante sont majoritairement compatibles avec les faits de violence qu'elle a rapportés. On rappellera, quoi qu'il en soit, qu'il n'appartient pas au juge de la détention d'examiner en détail l'ensemble des considérations de fait, pas plus que de procéder à une appréciation complète des éléments à charge et à décharge; il lui incombe uniquement de vérifier, sous l'angle de la vraisemblance, que le maintien en détention repose sur des indices de culpabilité suffisants (cf. ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 316 consid. 3.1).