Citation: I 554/01 19.04.2002 E. 2

2.- a) A l'instar de l'administration, les premiers juges se fondent essentiellement sur les conclusions du docteur B.________ pour reconnaître à la recourante une capacité totale de travail dans une activité lucrative sédentaire. Ils écartent l'avis du docteur A.________ au motif qu'il convient en principe, selon la jurisprudence de la Cour de céans (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc), d'attacher plus de poids aux constatations d'un expert qu'à celles du médecin traitant. Or, comme le relève la recourante, l'instance cantonale de recours méconnaît le fait que l'on ne saurait qualifier le rapport du docteur B.________ d'expertise judiciaire au sens de la jurisprudence, dès lors que le médecin n'a été mandaté ni par l'intimé dans le cadre de la procédure d'instruction ni par les premiers juges pour évaluer l'état de santé de l'assurée. L'appréciation du spécialiste a été requise par une assurance privée dans le cadre de l'examen de prestations pour perte de gain, étranger au présent litige. On ne peut donc d'emblée accorder à son avis une valeur probante plus élevée qu'à celui du médecin traitant. b) Bien que les rapports des deux médecins (rapports des 4 décembre 1996 et 4 juin 1997 du docteur A.________; rapport du 18 juin 1998 du docteur B.________) soient relativement succincts, ils remplissent les exigences posées par la jurisprudence en matière de preuve : ils ont été établis à la suite d'examens spécialisés (notamment un rapport de fonctions pulmonaires), prennent en compte les plaintes de la patiente et apparaissent clairs dans l'exposé du contexte médical. En fait, le diagnostic des deux spécialistes, qui concluent l'un comme l'autre à l'existence d'un syndrome obstructif chronique sévère, est identique, ce que relève du reste le docteur B.________ en précisant "qu'il y a accord avec le Dr A.________ et moi-même quant à l'estimation objective de la sévérité de l'atteinte fonctionnelle pulmonaire" (lettre du 21 février 2001). Seule l'appréciation qu'ils font des conséquences de cette atteinte sur l'exercice éventuel d'une activité lucrative est diamétralement opposée. D'un côté, le docteur B.________ estime que la recourante bénéficie d'une capacité de travail à 100 % à condition que l'activité en question reste purement sédentaire. De l'autre, le médecin traitant déduit du résultat des tests pratiqués par son confrère que la capacité de travail réelle de la patiente "est effondrée"; il certifie d'un arrêt complet de travail depuis le 21 mai 1997. Au vu des conclusions contradictoires des deux avis médicaux à disposition dans le cas d'espèce, il n'est pas possible de trancher en connaissance de cause le point de savoir si la recourante subit une incapacité de travail sur le plan professionnel et, le cas échéant, dans quelle mesure. Dans ces conditions, il apparaît nécessaire de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il procède à une instruction complémentaire sous la forme d'une expertise médicale. Le recours se révèle donc bien fondé dans sa conclusion subsidiaire et le jugement entrepris doit être annulé.