Citation: 1B_10/2007 26.02.2007 E. 5

Le recourant nie l'existence d'un risque de récidive. Selon lui, le vice du jeu serait une chose, la commission de nouveaux brigandages une autre. En outre, il conteste ne pas avoir mis en place les conditions d'un suivi psychiatrique à sa sortie de prison. 5.1 L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un prévenu peut en principe maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, l'existence d'un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par une autre mesure moins incisive que le maintien en détention propre à atteindre le même résultat, telle que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine et 2e p. 270/271 et les arrêts cités). 5.2 En l'espèce, la Chambre d'accusation s'est en particulier référée aux conclusions de l'expertise psychiatrique ordonnée, pour retenir que le risque de récidive était concret, dès lors que les graves infractions reprochées au recourant étaient en lien direct avec le trouble dont il souffrait, à savoir le besoin d'argent pour assouvir son vice du jeu. On ne discerne pas quels motifs auraient permis aux autorités cantonales de se distancier de l'avis émis par l'expert, le recourant n'en avançant lui-même aucun. La Chambre d'accusation pouvait donc retenir l'existence d'un risque de récidive. 5.3 Dans son expertise du 1er septembre 2006, l'expert a indiqué qu'un suivi psychiatrique pouvait diminuer le risque de voir le recourant commettre d'autres actes punissables. Il n'était pas nécessaire que le recourant soit hospitalisé, le traitement pouvant se faire de manière ambulatoire. Lors de l'audience du 14 décembre 2006, l'attention de l'expert a été attirée sur le fait que le recourant était en instance de divorce et qu'il risquait de se retrouver seul s'il devait être mis en liberté. L'expert avait en effet indiqué dans son expertise qu'une situation familiale stable diminuerait le risque de récidive. L'expert a répondu qu'une situation de solitude pourrait engendrer chez lui un état de dépression, ce qui pourrait l'amener à recommencer à jouer et à se retrouver dans une situation de besoins financiers. L'expert a cependant réaffirmé que le risque de récidive pourrait être atténué sous condition d'un suivi psychiatrique. Il a souligné que le recourant devrait se soumettre à un suivi de psychothérapie adaptée à une pathologie de dépendance au jeu. Il a encore précisé que certains psychiatres privés étaient spécialisés dans ce domaine et a fourni le nom d'une institution s'occupant de ce genre de troubles. 5.4 L'ordonnance attaquée retient quant à elle que depuis l'audition de l'expert le 14 décembre 2006, le recourant n'a entrepris aucune démarche quelconque pour approcher un psychiatre ou une institution afin de mettre sur pied un traitement tel que préconisé. Le risque de réitération demeurait donc concret, ce d'autant plus que la procédure de divorce suivait son cours. 5.5 Or, lors de sa demande de mise en liberté du 7 décembre 2006, le recourant avait produit une lettre du département de psychiatrie, service de psychiatrie adulte, secteur 4-Pâquis des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) qui confirmait qu'il pouvait être suivi dès sa libération provisoire à leur Consultation et qui prévoyait même la possibilité d'un traitement incluant des rapports à l'autorité judiciaire. Lors de l'audience du 14 décembre 2006, sur question du mandataire du recourant, l'expert a indiqué que des services de consultation de psychiatrie ambulatoire secteur Pâquis pouvaient s'occuper de la pathologie liée au jeu et du trouble de la personnalité de l'expertisé. Dans ces conditions, on ne peut pas reprocher au recourant de ne pas avoir entrepris de démarches conformément aux indications de l'expert. La Chambre d'accusation ne pouvait donc pas s'appuyer sur ce motif pour maintenir la détention du recourant. Le recours doit dès lors être admis sur ce point et la décision attaquée annulée. Il n'en résulte pas nécessairement que le recourant doive être remis en liberté. En effet, il découle de ce qui précède que le risque de réitération existe. L'autorité cantonale devra néanmoins réexaminer la légalité de la détention provisoire, en tenant compte de l'offre du recourant de se soumettre à un suivi psychiatrique auprès des HUG, de sa situation personnelle et familiale et des modalités, suivant lesquelles le traitement pourrait être dispensé.