Citation: 4C.59/2006 27.06.2006 E. B

Le 13 mai 2004, O.________ a ouvert action contre X.________ SA devant la juridiction des prud'hommes du canton de Genève. Sa demande tendait au paiement de diverses sommes au total de 65'086 fr.25 qu'elle réclamait en conséquence de son licenciement, avec intérêts au taux de 5% par an dès cette date. Contestant toute obligation, la défenderesse a conclu au rejet de la demande. Elle a pris des conclusions reconventionnelles tendant au paiement de 100'000 fr. à titre de dommages-intérêts. Statuant par un jugement du 4 juillet 2005, le Tribunal des prud'hommes a retenu que le licenciement immédiat était injustifié. La demanderesse n'aurait pas dû se dessaisir de la liste hors des locaux de travail; néanmoins, elle avait agi selon les instructions de A.________ qui était son supérieur, de sorte qu'elle n'avait pas violé le devoir de fidélité à respecter envers la défenderesse. Elle s'était d'ailleurs trouvée dans une situation difficile en raison des tensions créées par le conflit des deux administrateurs. Elle avait droit à ce qu'elle aurait gagné si l'autre partie avait respecté le délai de congé, compte tenu de la période d'incapacité de travail, plus le salaire correspondant aux vacances non prises, soit au total la somme brute, soumise aux déductions sociales, de 22'065 fr.50; elle avait en outre droit à une indemnité nette de 10'000 fr. correspondant à deux mois de salaire. Ces sommes portaient intérêts selon la demande. Le tribunal a rejeté la demande reconventionnelle au motif qu'il n'existait aucune preuve d'un quelconque dommage et que, au surplus, la travailleuse n'avait commis aucune faute suffisamment grave.