Citation: 4A_170/2023 E. A

A.a. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA), association de droit suisse ayant son siège à Zurich, est la structure faîtière du football au niveau international. Elle dispose d'un pouvoir disciplinaire sur les fédérations nationales de football, les joueurs ou les officiels qui méconnaîtraient ses règles, en particulier son Code d'éthique (ci-après: CEF). Depuis l'an 2000, A.________, domicilié dans l'État U.________, préside la Fédération B.________ - de Football (FB F), laquelle est affiliée à la FIFA. A.b. Dans un document diffusé le 25 avril 2020 sur sa chaîne YouTube, le journaliste C.________ a fait état d'allégations d'abus sexuels systématiques qui auraient été commis au sein de la FB F. Le 30 avril 2020, le journal britannique G.________ a publié un article indiquant que A.________ aurait contraint plusieurs joueuses de football du Centre technique national de U.________ à entretenir des rapports sexuels avec lui. Le 4 mai 2020, G.________ a fait paraître un nouvel article mentionnant que l'intéressé niait toutes les accusations portées à son endroit. Le même jour, A.________ s'est adressé au Président de la FIFA afin de lui faire part de ses observations sur l'" opération de démolition " menée à son encontre par le journal précité. Le 11 mai 2020, la Chambre d'instruction de la Commission d'éthique de la FIFA a ouvert une procédure disciplinaire à l'encontre de A.________ en raison de potentielles violations du CEF. Le lendemain, elle a fait savoir à ce dernier qu'un Comité ad hoc avait été constitué afin de procéder localement à toutes les mesures d'instruction nécessaires. Le 18 mai 2020, A.________ a déposé une plainte pénale en France pour diffamation publique à l'encontre de C.________. Le 25 mai 2020, à la suite de la publication du rapport établi le 21 mai 2020 par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) - qui avait été chargé de mener une enquête indépendante sur les structures de la FB F et sur les allégations d'abus sexuels commis au Centre technique national de U.________ - et des recommandations émises par l'organisation Human Rights Watch (HRW) dans un document rendu public le 22 mai 2020, la Présidente de la Chambre d'instruction de la Commission d'éthique de la FIFA a suspendu provisoirement A.________ de toute activité liée au football pour une durée de 90 jours. Cette mesure a été prolongée le 19 août 2020 pendant 90 jours supplémentaires. Le 5 août 2020, E.________ Ltd, société chargée de mener une enquête numérique sur requête de la Chambre d'instruction de la Commission d'éthique de la FIFA, a rendu son rapport final, dans lequel elle a notamment souligné que plusieurs allégations d'abus sexuels avaient été formulées via les réseaux sociaux bien avant avril 2020. Le 7 août 2020, G.________ a publié un nouvel article révélant, en particulier, que le dénommé F.________, lequel avait travaillé au Centre technique national de U.________ avant 2014, avait indiqué avoir été témoin d'abus sexuels commis par A.________ sur de jeunes joueuses de football. Le 10 août 2020, une thérapeute a fait savoir à la Chambre d'instruction de la Commission d'éthique de la FIFA que sa clinique fournissait, depuis mai 2020, des services de traumatologie aux témoins et victimes de prétendus abus sexuels commis au sein du Centre technique national de U.________. Le 13 août 2020, la Fédération Internationale des Associations de Footballeurs Professionnels (FIFPRO) a transmis à la Chambre d'instruction de la Commission d'éthique de la FIFA un document dans lequel elle indiquait avoir obtenu les noms de 34 victimes supposées d'abus sexuels commis par 10 auteurs et complices, parmi lesquels figurait A.________. Entre le 18 mai et le 21 août 2020, le Comité ad hoc a publié six rapports intermédiaires relatant les résultats de ses investigations. Sur la base des informations contenues dans le sixième rapport intermédiaire, la Chambre d'instruction de la Commission d'éthique de la FIFA a ouvert, le 21 août 2020, une enquête préliminaire à l'encontre d'autres officiels de la FB F. Le 14 octobre 2020, la Commission d'éthique de la FIFA a publié son rapport final. Elle a abouti à la conclusion que A.________ avait enfreint plusieurs dispositions du CEF, en se livrant à des actes d'abus et de harcèlement sexuels sur des joueuses de football mineures, en menaçant des victimes et des témoins potentiels et en abusant de sa position au sein de la FB F. Le 16 novembre 2020, un tribunal de l'État U.________ a mis un terme, faute d'éléments suffisants, à la procédure pénale qui avait été ouverte à l'encontre de A.________. Une fois l'instruction close, la Chambre de jugement de la Commission d'éthique de la FIFA a rendu sa décision le 18 novembre 2020. Retenant que A.________ avait violé les art. 23 (protection de l'intégrité physique et mentale) et 25 (abus de pouvoir) du CEF pour des actes de harcèlement et d'abus sexuels commis sur des joueuses de football, y compris des mineures, ainsi que des abus de pouvoir liés à sa fonction, elle lui a interdit à vie d'exercer toute activité en lien avec le football à un niveau national et international et lui a infligé, de surcroît, une amende de 1'000'000 fr.