Citation: 6P.96/2001 15.10.2001 E. 7

7.- Le recourant conteste enfin la mesure d'internement. a) Selon l'art. 43 ch. 1 al. 2 CP, si, en raison de son état mental, le délinquant compromet gravement la sécurité publique et si cette mesure est nécessaire pour prévenir la mise en danger d'autrui, le juge ordonnera l'internement. Un tel internement concerne aussi bien les délinquants particulièrement dangereux qui ne sont accessibles à aucun traitement, que ceux qui nécessitent un traitement et sont aptes à être traités mais dont on peut craindre qu'ils ne commettent de graves infractions s'ils font l'objet d'un traitement ambulatoire ou s'ils sont soignés dans un hôpital ou un hospice (ATF 123 IV 1 consid. 3b, 100 consid. 2; 121 IV 297 consid. 2b). L'appréciation de la nécessité de cet internement doit être effectuée tant sous l'angle de la sécurité (protection de la société à l'égard des délinquants dangereux) que des perspectives de guérison (traitement en vue de la guérison et de la libération) (ATF 123 IV 100 consid. 2; 121 IV 297 consid. 2b). b) Selon les faits retenus par l'arrêt attaqué, le recourant associe un trouble de la personnalité grave à un caractère impulsif et imprévisible, ce qui le rend particulièrement dangereux. Les effets d'un traitement psychiatrique - à supposer qu'il soit réalisable à l'avenir - ne seraient pas de nature à atténuer la menace que représente le recourant pour la société. Sur le plan médical, les experts préconisent le maintien d'une abstinence de prise de produits stupéfiants, celle-ci n'étant toutefois que très difficilement réalisable en ambulatoire. Enfin, les experts ont souligné le fort risque de récidive si le recourant demeurait livré à lui-même ou s'il n'était pas étroitement surveillé. Dans ces conditions, force est de reconnaître que le recourant compromet gravement la sécurité publique et que l'internement est nécessaire pour prévenir la mise en danger d'autrui, d'autant que les biens juridiques menacés sont importants, dès lors qu'il s'agit de l'intégrité corporelle et de la vie. A cet égard, il n'est pas déterminant qu'il ne se soit attaqué qu'à la vie de sa compagne, dans la mesure où cela n'exclut pas qu'il constitue un danger pour l'intégrité corporelle ou la vie d'autres personnes, par exemple d'une autre partenaire. Enfin, le fait qu'il ne pourrait être libéré au plus tôt après huit années passées sans alcool et sans drogue, ne présente pas, à supposer même que ce soit le cas, une garantie suffisante de guérison, d'autant que ses actes de violence ne résultent pas exclusivement de son alcoolisme.