Citation: 6P.55/2004 10.08.2004 E. 2

2.1 Le séquestre pénal ordonné par une autorité d'instruction est une mesure conservatoire provisoire fondée sur le droit cantonal de procédure, destinée à préserver les objets ou valeurs que le juge du fond pourrait être amené à confisquer ou qui pourraient servir à l'exécution d'une créance compensatrice. C'est donc par la voie du recours de droit public que peut et doit agir celui qui entend se plaindre d'une telle mesure (ATF 128 I 129 consid. 1 p. 131; 126 I 97 consid. 1 p. 99 ss, notamment consid. 1a p. 100 et 1c p. 102). 2.2 La décision par laquelle le juge prononce, maintient ou refuse un séquestre pénal constitue une décision incidente, dont la jurisprudence admet qu'elle peut entraîner un dommage irréparable au sens de l'art. 87 al. 2 OJ (ATF 126 I 97 consid. 1b p. 100; voir également ATF 128 I 129 consid. 1 p. 131). L'arrêt attaqué lève à concurrence de 608 francs par mois dès le 16 mai 2003 le séquestre des avoirs de l'intimé et écarte en outre les conclusions des recourantes tendant à obtenir une extension du séquestre. Il a ainsi pour effet de diminuer d'autant la valeur des avoirs de l'intimé destinés à garantir le recouvrement de la créance compensatrice que pourrait ordonner le juge du fond et sur laquelle les recourantes fondent l'espoir d'une allocation selon l'art. 60 CP. L'arrêt attaqué est ainsi susceptible d'entraîner un dommage irréparable pour les recourantes, qui ont un intérêt personnel, juridique, actuel et pratique à son annulation. Le présent recours de droit public est donc recevable sous l'angle des art. 87 et 88 OJ. 2.3 Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel qui sont invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (cf. art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 III 626 consid. 4 p. 629 et la jurisprudence citée). Sous peine d'irrecevabilité, le recourant doit donc non seulement indiquer quels sont les droits constitutionnels qui, selon lui, auraient été violés, mais démontrer, pour chacun d'eux, en quoi consiste cette violation.