Citation: 6B_1167/2021 E. 3.2.4

3.2.4. Il convient tout d'abord de relever que ni le droit fédéral, ni le droit cantonal n'imposent que l'autorité se fonde sur une expertise pour prononcer le placement d'un détenu en secteur de sécurité renforcée ou pour en prolonger le placement, contrairement à ce qui est prévu concernant le prononcé d'une mesure thérapeutique ou d'un internement ou le changement de sanction (art. 56 al. 3 CP), ainsi que s'agissant de l'examen de la libération et de la levée de la mesure ou de l'internement (art. 62d al. 1 et 2 et 64b al. 1 et 2 let. b CP) ou encore en cas de doute sur la responsabilité de l'auteur (art. 20 CP). En l'occurrence, il ne s'agit donc pas d'examiner si l'autorité cantonale a refusé une nouvelle expertise en violation du droit mais uniquement d'examiner la force probante des deux expertises en cause, soit une question d'appréciation des preuves (cf. ATF 105 IV 161 consid. 2), que le Tribunal fédéral n'examine que sous l'angle de l'arbitraire. Contrairement à ce que soutient le recourant, le simple écoulement du temps entre l'établissement des expertises et la décision attaquée n'est pas suffisant pour estimer que les premières sont obsolètes. A tout le moins, il n'est pas propre à démontrer qu'il était manifestement insoutenable de retenir qu'elles étaient toujours actuelles. Le recourant prétend en outre que sa situation serait totalement différente depuis l'établissement des expertises dès lors qu'elles auraient été effectuées alors qu'il était en détention préventive et dans le cadre de la procédure pénale ayant abouti à sa condamnation. Depuis lors, il aurait débuté l'exécution de sa peine, aurait été transféré dans un autre établissement et aurait passé plus de deux ans en section de sécurité renforcée. Le recourant ne démontre toutefois pas en quoi ces éléments auraient pu avoir une influence sur le diagnostic posé par les experts ou le constat de sa dangerosité. Il ne prétend d'ailleurs pas avoir entamé une quelconque démarche visant à modifier son comportement. En outre, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement apprécié les faits et moyens de preuve en retenant qu' " à bien lire le rapport d'évaluation, le positionnement adopté par le recourant lors de l'évaluation criminologique de 2020 indiquait plutôt que le diagnostic posé par les experts dans la procédure au fond était toujours d'actualité. " L'évaluation criminologique n'indiquerait aucunement que le diagnostic posé par les experts de 2014 serait toujours d'actualité, ce qu'elle n'aurait par ailleurs pas vocation à faire. Isolant une phrase de la motivation cantonale, l'argument du recourant procède d'une lecture partielle et biaisée de celle-ci. Replacée dans son contexte, on comprend qu'il s'agit de l'appréciation de la cour et non de celle des auteures de l'évaluation criminologique. La cour cantonale indique ainsi que les auteures de l'évaluation ont constaté que le positionnement du recourant sur les faits qui lui étaient reprochés n'avait pas changé depuis son jugement en 2016 et que cette absence d'évolution était à mettre en lien avec le grave trouble de la personnalité diagnostiqué par les experts dans la procédure au fond. La cour cantonale en déduit, ensuite, qu'en raison de cette absence d'évolution le diagnostic posé par les experts apparaissait toujours d'actualité. Dès lors, contrairement à ce qu'affirme le recourant, la cour cantonale n'a aucunement retenu que l'évaluation criminologique prononçait un diagnostic ou se prononçait sur son actualité. Par ailleurs, s'il est certes exact que seul un expert médical peut poser un " diagnostic ", le point de savoir s'il existe des doutes quant à l'actualité d'une expertise et si une nouvelle expertise est nécessaire relève de la compétence du juge. Ainsi, l'argumentation du recourant n'est pas propre à démontrer qu'il était manifestement insoutenable de retenir que les expertises étaient toujours pertinentes. Son grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.