Citation: 5A_358/2023 E. 5.2.1

5.2.1. En lien avec la renonciation à la servitude, les recourants soutiennent d'abord qu'il était arbitraire de considérer que la suppression de la servitude était nécessaire pour la plantation d'une haie le long du Chemin N.________ et pour redonner un aspect bucolique à ce chemin. Ils indiquent ensuite que le texte de la " notice explicative " ne prévoyait pas explicitement la suppression de la servitude et le croquis " avant et après " ne contenait pas non plus d'indice en ce sens. Le dessin qui y figurait ne montrait pas la bande de terrain longeant le jardin des intimés C.________ sur laquelle se trouve l'assiette de la servitude. Par ailleurs, le terme général " le long " du Chemin N.________ ne déterminait pas exactement l'emplacement de la haie mais signifiait uniquement qu'entre le jardin des intimés C.________ et le Chemin N.________, une haie devait être plantée. En tout état de cause, dans la mesure où la " notice explicative " concernait la demande d'autorisation de construire, à savoir une procédure administrative, elle n'était pas pertinente pour la " question civile " de savoir si les recourants avaient renoncé à leur servitude. La Cour de justice ne pouvait pas non plus se baser sur une prétendue absence de mention de la servitude de passage dans les plans relatifs à l'autorisation de construire complémentaire, dans la mesure où ces documents avaient un caractère administratif et ne concernaient pas le droit civil. Les déclarations des intimés et du témoin K.________ sur lesquelles la Cour de justice avait fondé son appréciation étaient en outre contredites par plusieurs éléments factuels qui s'étaient passés peu de temps après les discussions en 2012. Ainsi, en premier lieu, les messages échangés entre 2011 et 2015 par les parties, qui étaient détaillés, précis et exhaustifs, ne mentionnaient pas de renonciation à la servitude. En deuxième lieu, l'architecte mandaté pour la demande d'autorisation de construire n'avait pas évoqué la nécessité de supprimer la servitude, mais s'était uniquement limité à soulever la problématique en 2015, démontrant qu'une telle discussion n'avait pas eu lieu avant. Il n'était pas plausible que le seul professionnel impliqué n'avait pas rendu les parties attentives à une éventuelle incompatibilité entre le projet et la servitude si celle-ci devait effectivement être crainte. En troisième lieu, les intimés C.________ avaient laissé libre l'assiette de la servitude et avaient construit une grille métallique permanente pour séparer leur jardin du passage à pied objet de la servitude en sollicitant même une autorisation pour construire cette grille, ce qui montrait qu'ils partaient de l'idée que la servitude devait être respectée. Selon les recourants, ces éléments, de par leur proximité temporelle avec les discussions menées en 2012, " restitu[ai]ent plus fidèlement le contenu de [ces] discussions que les déclarations et témoignage de Mme K.________ intervenus plus tard (2017 et 2022), pour les besoins de la cause ". La Cour de justice avait ainsi versé dans l'arbitraire en omettant de les prendre en compte dans son appréciation. Les recourants relèvent en outre, à la suite de ces considérations, sans apporter de plus amples explications, que la Cour de justice avait contrevenu aux art. 18 CO et 157 CPC en établissant mal la volonté et l'intention des parties et que, partant, elle avait violé l'art. 736 al. 1 CC en considérant qu'ils auraient renoncé à la servitude.