Citation: 9C_282/2021 E. 5

A l'examen du questionnaire du 24 février 2019, il apparaît que les constatations de fait du jugement entrepris sont lacunaires dans la mesure où les déclarations du recourant relatives à l'exercice d'une activité lucrative indépendante à mi-temps pour la société B.________ SA, dont le siège est à U.________, lui rapportant un revenu annuel estimé à 30'000 fr., n'ont pas été mentionnées et que la juridiction cantonale n'en a pas été tenu compte dans son appréciation. Or ces déclarations ne pouvaient pas être totalement ignorées, car elles seraient susceptibles d'influer sur le sort de la cause (cf. art. 97 al. 1 LTF). En l'état du dossier, il n'est pas établi si le recourant a effectivement exercé une activité lucrative, comme il l'avait indiqué dans le questionnaire du 24 février 2019, puis en instance cantonale (écriture du 5 mai 2020), où il avait précisé avoir travaillé comme indépendant du 1er janvier 2017 jusqu'au 31 mai 2019. L'intimée a fait fi de cette information et a affilié le recourant comme personne sans activité lucrative dès le 1er janvier 2017. Or en vertu de son devoir d'instruction au sens de l'art. 43 LPGA, il appartenait à l'intimée à tout le moins d'interpeller le recourant sur le bien-fondé de ses déclarations et lui donner l'occasion de rendre vraisemblable l'exercice d'une activité indépendante en Suisse, voire à l'étranger. Suivant la réponse (une activité exercée en Suisse ou dans un pays de l'Union européenne, substantiellement ou non), la caisse intimée est ou non compétente pour prélever des cotisations (cf. art. 4 et 8 LAVS; art. 13 § 1 et § 3 du Règlement [CE] no 883/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale, RS 0.831.109.268.1). Il convient dès lors de renvoyer la cause à l'intimée pour qu'elle complète l'instruction sur ce point. Partant, le jugement attaqué du 29 avril 2021, la décision sur opposition du 19 décembre 2019 de même que les décisions du 3 février 2020 afférentes aux années 2018 et 2019 seront annulés, la cause étant renvoyée à la caisse intimée afin qu'elle fasse la lumière sur ce qui précède, puis le cas échéant fixe les cotisations qui seraient éventuellement dues. Dans ce contexte, on relèvera que la perception de cotisations liées à l'exercice d'une activité lucrative dans un pays de l'Union européenne ne serait en principe pas compatible avec le versement de cotisations pour personne sans activité lucrative en Suisse (cf. art. 11 § 3 du Règlement no 883/2004).