Citation: 4A_96/2023 E. 3.5

3.5. En somme, la recourante se limite à présenter sa propre appréciation des preuves, sans parvenir à démontrer le moindre arbitraire dans le raisonnement opéré par les juges cantonaux. Ce dernier est détaillé, convaincant, et tient compte de l'ensemble des éléments pertinents. En particulier, la recourante ne saurait leur reprocher de ne pas avoir pris en considération le fait qu'elle a été constituée en société anonyme, ou son but, car cela ne permet manifestement pas d'exclure un accord quant à un remboursement, notamment à l'issue de la promotion immobilière de Y.________, surtout au vu des éléments qui suivent. Dans son message du 22 mai 2016, rédigé le jour de la conclusion du troisième contrat litigieux, l'intimé évoque expressément différents prêts qu'il a effectués pour le projet de Y.________, en particulier, " un prêt chirographaire " et un " prêt supplémentaire ". Ensuite, le 14 août 2018, il a clairement proposé à C.________, s'agissant des " prêts de gré à gré " à la recourante, qu'elle les lui rembourse de manière anticipée, avant l'échéance fixée à la fin du mois de septembre 2018, dès lors que la promotion était terminée. Dans sa réponse du lendemain, C.________ n'a ni contesté le remboursement, ni l'échéance. Ces messages sont intervenus avant la rupture du 14 septembre 2018. S'il est vrai que ceux des 2 et 5 novembre 2018 de C.________ ont été rédigés après la rupture, elle y affirme d'elle-même, sans équivoque, qu'elle remboursera l'intimé même si cela demandera un peu plus de temps, et qu'elle avait bien l'intention de lui rendre ce qu'il lui avait prêté. Son intention de rembourser - tout comme la demande de remboursement anticipé de l'intimé - ne concernait évidemment pas le prêt hypothécaire de 8'000'000 fr., puisqu'il avait déjà été entièrement remboursé à cette époque, ce qu'elle a d'ailleurs relevé dans son message du 5 novembre 2018, en précisant qu'elle lui avait " déjà rendu une première partie ". Si les parties étaient réellement convenues de dons, C.________ n'aurait pas manqué de le rappeler à l'intimé (d'abord en réponse à la demande anticipée de remboursement formulée par l'intimé le 14 août 2018, puis d'autant plus par la suite, après leur rupture), au lieu de lui confirmer qu'elle allait lui rembourser les montants prêtés comme elle l'avait déjà fait pour le prêt hypothécaire. En outre, la cour cantonale n'a pas retenu de manière insoutenable que les prêts litigieux étaient de nature différente que les autres dons ou éventuels abandons de créances. Elle a en effet précisé qu'ils visaient à la réalisation professionnelle de C.________ en tant qu'indépendante dans le domaine de l'immobilier. D'ailleurs, le prêt hypothécaire de 8'000'000 fr., intégralement remboursé, avait lui aussi trait au projet immobilier. Cela n'était pas le cas, notamment, s'agissant du financement de E.________ SA, puisque cela concernait l'exploitation d'un centre de beauté, même s'il s'agissait globalement de l'activité professionnelle de l'intéressée. De plus, la presque totalité des donations et éventuels abandons de créances, dissimulés ou non, est intervenue de nombreuses années avant les contrats litigieux. Le seul don effectué postérieurement à ces derniers, soit un diamant en 2017, est manifestement d'une nature différente. Ainsi, l'existence de donations et d'éventuels abandons de créances, dissimulés ou non, ne saurait faire apparaître comme insoutenable l'appréciation selon laquelle, s'agissant des prêts litigieux, d'un montant total conséquent, les parties n'avaient pas l'intention de dissimuler des donations. Les considérations de la cour cantonale en lien avec l'absence de garanties pour les prêts litigieux sont tout aussi exemptes d'arbitraire. Le parcours professionnel de l'intimé n'y change rien, surtout au vu de la relation particulière qu'il entretenait avec C.________ depuis de nombreuses années. En outre, il importe peu que l'intimé aurait prétendu dans un premier temps, selon la recourante, que les contrats bénéficiaient de garanties. Enfin, s'agissant des raisons de la rupture, la recourante se contente, une fois encore, d'opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, en se fondant surtout sur les déclarations faites en audience par C.________, lesquelles doivent être appréciées avec circonspection. Quant au courrier du 14 septembre 2018 de l'intimé, il ne démontre pas que celui-ci n'envisageait pas le remboursement initialement convenu. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas sombré dans l'arbitraire en retenant que la réelle et commune intention des parties était de conclure des contrats de prêt, sujets à remboursement, et non de dissimuler des donations.