Citation: 1P.87/2006 24.02.2006 E. 2

Le recourant affirme trouver dans l'arrêt attaqué des incohérences et contradictions par rapport au dossier. 2.1 Dans son arrêt, la Cour d'appel pénal a mentionné plusieurs éléments pour fonder sa conviction. Elle a notamment constaté que les circonstances du viol dénoncé par la victime étaient constantes (durant toute l'enquête) et claires, ses déclarations contenant des détails renforçant la crédibilité du récit. La Cour a également rappelé le contexte du trafic de cocaïne dans lequel la victime avait été impliquée par le recourant, et le très grand nombre d'appels téléphoniques et messages SMS qui lui avaient été adressés en février 2004 par le recourant, dont certains contenaient des menaces car elle lui devait de l'argent; la victime avait peur du recourant, qui l'avait importunée à plusieurs reprises pour obtenir ses faveurs et des relations sexuelles. La Cour a retenu comme indice confortant sa conviction certaines déclarations d'un témoin, également toxicomane, à qui la victime s'était confiée en évoquant l'agression sexuelle; de même, la consultation d'un médecin par la victime, pour examiner les conséquences de relations sexuelles non protégées, a été considérée comme un indice probant. La Cour d'appel pénal a rappelé que le recourant contestait la crédibilité de la victime en relevant notamment que, contrairement à ce que cette dernière avait affirmé, ils s'étaient rencontrés à plusieurs reprises après la fin de l'année 2003; en outre, la victime n'avait pas pu donner la date exacte du viol. Sur le premier point, la juridiction cantonale a considéré que le milieu de la drogue étant relativement restreint à Bulle, il était plausible que la victime ait revu le recourant par hasard après le viol - elle admet d'ailleurs l'avoir croisé inopinément chez D.________ - sans que cela n'entraîne une perte de crédibilité de ses accusations. Sur le second point, la Cour a retenu que l'on pouvait s'étonner de ce que la victime ne se rappelât pas avec précision de la date de l'agression sexuelle, mais elle était fortement dépendante de la drogue, ce qui était de nature à diminuer ses capacités mémorielles; elle a du reste été ensuite incapable de se souvenir de la date de son arrestation. Enfin, à propos des déclarations que le témoin C.________ aurait faites au recourant, lors d'un entretien téléphonique postérieur au jugement de première instance, la Cour d'appel pénal a considéré que, si ce témoin avait à cette occasion édulcoré ou modéré les propos clairs qu'elle avait auparavant tenus devant la police et le tribunal, cela ne changeait rien à la réalité du comportement ambigu et déplacé du recourant à l'égard des femmes toxicomanes qui avaient été en contact avec lui pour obtenir de la drogue. Le recourant, en demandant la production de l'enregistrement de la conversation, ne prétendait du reste pas que C.________ serait revenue sur les faits mêmes qu'elle avait décrits. 2.2 Le recourant rappelle que, dans son mémoire d'appel, il avait déjà dénoncé certaines contradictions qu'il avait décelées dans les déclarations de la victime en cours d'instruction. Se référant aux considérants de l'arrêt attaqué, il fait notamment valoir que le témoignage de D.________ - peu précise au sujet des confidences qu'elle avait recueillies de la victime - a été mal apprécié, car jugé probant uniquement dans la mesure où il confortait la version de la victime; que les déclarations d'un autre témoin (E.________), qui aurait vu le recourant au domicile de la victime en mars 2004, ont été omises; qu'il est impensable que la victime ait pu subir un outrage aussi traumatisant qu'un viol sans pouvoir en donner la date; qu'enfin il aurait fallu tenir compte du revirement du témoin C.________. Par son argumentation, le recourant ne parvient pas à démontrer que l'appréciation des preuves par la Cour d'appel pénal serait arbitraire. Les juges cantonaux ont exposé en détail quels éléments du témoignage de D.________ ils retenaient. Ils ont expliqué pour quels motifs il n'était pas déterminant d'établir si le recourant et la victime s'étaient rencontrés après le viol. Ils ont donné les raisons pour lesquelles l'impossibilité, pour la victime, de fournir la date de l'agression n'entachait pas la crédibilité de ses déclarations. Enfin, ils ont considéré que sur la base de la dernière offre de preuve du recourant, il n'était pas question d'un revirement, sur les aspects décisifs, du témoin C.________. Sur ces différents points, l'arrêt attaqué n'est en rien insoutenable. Au reste, le recourant ne critique pas les autres éléments sur lesquels la Cour d'appel pénal s'est fondée pour admettre la culpabilité du recourant. Les griefs du recourant se révèlent ainsi mal fondés, ce qui entraîne le rejet du recours de droit public.