Citation: 8C_171/2023 E. 4

En substance, la cour cantonale a considéré qu'à partir d'octobre 2017 et dans les mois qui ont suivi, le recourant avait présenté une recrudescence temporaire de douleurs déjà connues dans le cadre de sa reprise de travail, mais sans aggravation objective de son état de santé. Cet épisode douloureux avait d'ailleurs été pris en compte dans les procédures précédentes, le Tribunal fédéral ayant ce nonobstant confirmé la stabilisation de l'état de santé du recourant ainsi que le caractère exigible de l'exercice d'une activité adaptée à 100 %. Par la suite, la situation était restée stable avec des douleurs connues à la cheville. Ce n'était qu'à partir de l'année 2020, que les médecins avaient fait état d'une aggravation de l'état de santé du recourant avec la survenue d'une embolie pulmonaire liée à une thrombose veineuse au niveau du membre inférieur droit et d'un névrome de Morton à droite qui ont exacerbé les phénomènes douloureux et péjoré l'état psychique. Toujours selon la cour cantonale, bien que les docteurs K.________ et L.________ eussent fait état d'un lien de causalité partiel entre ces atteintes et l'accident et que leurs considérations ne parussent pas d'emblée dénuées de fondement, il fallait garder à l'esprit que ces problèmes étaient survenus vingt ans après l'accident initial. On ne pouvait donc les relier à celui-ci au degré de la vraisemblance prépondérante. Pour terminer, la cour cantonale a observé que les médecins s'étaient surtout inquiétés de la surmédication du recourant. A ce sujet, le docteur J.________ avait indiqué que les médicaments antalgiques avaient bien été prescrits en relation avec l'accident de mars 2000, que leur dosage avait augmenté considérablement entre avril et décembre 2018 [recte 2019] et que l'indication était douteuse. Selon la cour cantonale, les raisons de cette augmentation n'étaient pas clairs. A cette période, aucune situation particulière n'était rapportée dans les documents médicaux et le recourant avait cessé son activité inadaptée de chauffeur de poids lourds. Dans ces conditions, la surmédication et le cortège de symptômes qui lui était associé (dont la fatigue et la somnolence diurne) n'étaient pas liés à l'accident de mars 2000. En définitive, la cour cantonale a jugé que c'était à bon droit que l'intimée avait nié une aggravation de l'état de santé du recourant en lien de causalité avec l'accident de mars 2000 dans une mesure susceptible de justifier, dès novembre 2017 ou plus tard, la reprise du versement des indemnités journalières et subsidiairement l'augmentation de la rente LAA déjà allouée. En ce qui concernait la conclusion tendant à la révision de l'indemnité pour atteinte à l'intégrité, le recourant était invité à s'adresser à la CNA dès lors que celle-ci n'avait pas statué sur ce point dans sa décision initiale.