Citation: I 113/06 07.03.2007 E. 4

4.1 L'administration et les premiers juges ont repris à leur compte les conclusions de l'expertise du docteur S.________ et ont ainsi tenu pour établi que la recourante présentait une capacité de travail de 60 % dans son ancienne activité de psychologue. Pour sa part, la recourante conteste les conclusions du docteur S.________, leur opposant celles auxquelles est parvenue son psychiatre traitant, la doctoresse F.________, dans un rapport du 6 février 2005. 4.2 Posant un diagnostic au regard des critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux DSM IV édité par l'Association des psychiatres américains (American Psychiatric Association), l'expert S.________, dans son rapport du 15 mars 2004, a retenu, sur l'axe I, un état dépressif majeur récidivant de gravité légère à moyenne et un trouble somatoforme indifférencié. Sur l'axe II, il a indiqué une personnalité passive-dépendante à traits histrioniques «décompensés». Sur l'axe III, il s'est référé aux spécialistes concernés. Sur l'axe IV, il a mentionné un divorce, des difficultés sentimentales et des problèmes professionnels. Selon le docteur S.________, l'assurée ne pouvait être considérée comme une simulatrice, une affabulatrice et la souffrance physique et psychique paraîssait bien réelle dans le continuum d'une histoire personnelle tant affective que professionnelle marquée par l'échec, la résignation, le sacrifice de soi et les faibles ressources adaptatives. L'expert a indiqué partager en partie le point de vue de la recourante selon lequel elle n'était pas apte à travailler à plus de 20 % en tant qu'indépendante. En revanche, il a conclu que dans une activité en institution, dans un environnement plus «sécurisé», il était loisible d'exiger de l'assurée un taux d'activité d'au moins 60 %. L'expert ajoutait que ce taux correspondait à celui que la recourante assumait auprès du docteur W.________ et qu'elle aurait continué à assumer si ce dernier n'avait pas connu de problèmes. 4.3 Dans son rapport du 6 février 2005, la doctoresse F.________ pose le diagnostic de trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère (F 33.2), trouble de la personnalité, non spécifié et personnalité dépressive (F 60.9). Elle constate une thymie régulièrement triste, un ralentissement psychomoteur actuellement minime, des sentiments de culpabilité et des difficultés à se projeter dans un avenir proche. Selon le médecin, l'assurée, qui présente régulièrement une idéation suicidaire, vit dans un retrait social assez important, ayant peu d'amis et aucun contact avec d'anciens collègues. L'assurée présente en outre des difficultés dans la gestion du stress, une perte de confiance et des sentiments de dévalorisation. La doctoresse F.________ conclut à une capacité de travail nulle dans l'activité de psychologue, précisant que l'assurée a pris conscience du fait que continuer à soigner des personnes atteintes de troubles psychiques serait synonyme d'autodestruction et d'un manque complet de conscience professionnelle. 4.4 La juridiction cantonale a retenu à juste titre qu'il n'existait aucun motif de s'écarter des conclusions de l'expertise du docteur S.________, lesquelles, dûment motivées, répondent aux critères jurisprudentiels (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352) qui permettent de leur reconnaître pleine valeur probante. A cet égard, il convient de rappeler qu'au vu de la divergence consacrée par la jurisprudence entre un mandat thérapeutique et un mandat d'expertise (ATF 124 I 170 consid. 4 p. 175; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 676/05 du 13 mars 2006, consid. 2.4; I 783/05 du 18 avril 2006, consid. 2.2; U 58/06 du 2 août 2006, consid. 2.2; I 835/05 du 29 août 2006, consid. 3.2; I 879/05 du 27 septembre 2006, consid. 3.3; I 633/06 du 7 novembre 2006, consid. 3), on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée par l'administration ou le juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait qu'un ou plusieurs médecins traitants ont une opinion contradictoire. Il n'en va différemment que si ces médecins traitants font état d'éléments objectivement vérifiables ayant été ignorés dans le cadre de l'expertise psychiatrique et qui sont suffisamment pertinents pour remettre en cause les conclusions de l'expertise. Or, tel n'est pas le cas en l'espèce, dès lors que les conclusions pour le moins succinctes de la doctoresse F._________ ne reposent sur aucune constatation dont l'expert S.________ n'aurait pas déjà tenu compte dans son expertise détaillée. Le recours est par conséquent mal fondé.