Citation: 5C.310/2001 28.01.2002 E. 3

3.- La recourante invoque en premier lieu les art. 285 et 286 al. 2 CC. a) aa) A l'appui, la recourante reproche d'abord à la Cour de justice d'avoir retenu que les revenus mensuels de l'ex-époux avaient passé de 10'000 fr. à 5'000 fr. En se contentant des comptes produits par l'ex-époux et de l'analyse de l'Autorité de surveillance pour écarter les doutes formulés par le juge du divorce, de même qu'en manquant de se rapporter aux constatations de fait ainsi qu'au pronostic effectué par ce juge du divorce, l'autorité intimée avait procédé à une "appréciation contraire aux pièces produites et aux témoignages entendus dans le cadre de la procédure" et violé l'art. 286 al. 2 CC. bb) En réalité, l'argumentation de la recourante tend exclusivement à remettre en cause l'appréciation des preuves à laquelle la Cour de justice a procédé pour estimer le revenu actuel du demandeur. Ce grief est ainsi irrecevable. b) aa) La recourante se plaint ensuite de ce que la Cour de justice n'a pas examiné si la diminution des revenus du demandeur était essentielle et durable. Aux yeux de la recourante, la baisse ne saurait être essentielle dès lors que, d'après elle, le bénéfice du demandeur a augmenté entre la procédure de divorce et celle en modification du jugement de divorce. De même, cette réduction ne peut être qualifiée de durable, puisque leur fils aura terminé son apprentissage dans deux ans, ce qui allégera les charges du demandeur. Enfin, toujours selon la recourante, la Cour de justice était tenue de retenir le témoignage du représentant de l'Association genevoise des médecins, selon lequel l'application du "Tarmed" impliquera une augmentation du revenu des médecins généralistes. bb) Ce grief est certes recevable dans la mesure où la recourante soutient que la Cour de justice a failli à son devoir d'examiner les critères posés par la jurisprudence à l'application de l'art. 286 al. 2 CC, à savoir la présence d'un changement important et durable. Il est toutefois mal fondé, dès lors qu'en constatant que les revenus du débirentier ont baissé de manière "significative", soit de moitié, et que sa fortune a disparu, la Cour de justice a conclu à une modification importante. De même, en considérant qu'aucune amélioration n'est prévisible, l'autorité intimée a implicitement relevé que la baisse est durable. Par ailleurs, on ne saurait lui reprocher de ne pas avoir tenu compte sous cet angle de l'accès prochain de X.________ à l'autonomie. En effet, elle a retenu que celui-ci est à la charge de son père à raison de 345 fr. par mois, de sorte que l'éventuelle suppression de toute contribution d'entretien du demandeur en faveur de son fils ne constituerait de toute façon pas un changement important au sens de la jurisprudence. Pour le surplus, ce moyen revient à contester l'appréciation des preuves, de sorte qu'il est irrecevable. c) La recourante prétend enfin que la Cour de justice devait examiner s'il peut être exigé de l'ex-époux un effort raisonnable pour assurer les contributions d'entretien fixées par le juge du divorce, par exemple une diminution de ses charges professionnelles, lesquelles sont, de l'avis de la recourante, exceptionnellement élevées au vu de son revenu. Ici également, l'argumentation touche exclusivement à l'appréciation des preuves, si bien qu'elle est irrecevable.