Citation: 4C.244/1999 22.02.2000 E. A

A.- André Curchod, Jean-Marie Fleury et Jean-Jacques Bocion étaient actionnaires et administrateurs de trois sociétés anonymes créées afin de mener à bien un projet de construction d'un hôtel en Côte d'Ivoire, au lieu-dit «La Baie des Sirènes». Approché par Bocion, William Meier devint actionnaire des trois sociétés le 30 septembre 1987. En compagnie de Bocion, Meier contacta son ami Joseph Stutz qui, quelques mois plus tard, accepta d'être le cinquième partenaire dans cette affaire. Des dissensions surgirent entre les actionnaires à propos de la gestion menée par Curchod. Le 15 novembre 1989, les cinq actionnaires conclurent une convention dont les deux premiers articles ont la teneur suivante: «ARTICLE 1 MM. MEIER et STUTZ renoncent à toute revendication quelle qu'elle soit pour les faits rappelés dans le préambule, contre les société (sic) GRAND BEREBY SA et BAIE DES SIRÈNES SA ou contre les actionnaires et les administrateurs de ces deux sociétés. Ils s'engagent, en outre, à tout mettre en oeuvre pour le succès de la BAIE DES SIRÈNES SA. Ils donnent décharge au Conseil d'Administration de la BAIE DES SIRÈNES SA pour l'exercice se terminant le 30 septembre 1988. ARTICLE 2 De son côté, M. CURCHOD s'engage sans réserve à trouver les fonds en vue du financement du solde des travaux et des pertes d'exploitation 30 septembre 1989 (sic) ainsi que celles éventuellement subséquentes et ceci sans faire appel à ses coactionnaires, signataires de la présente convention.» Le même jour, Bocion et Meier, d'une part, et Stutz, d'autre part, signèrent le document suivant: «Nous soussignés, Jean-Jacques BOCION et William MEIER, reconnaissons par la présente devoir, conjointement et solidairement, à M. Joseph STUTZ, la somme de FS 1.500.000,-- (Un million cinq cents (sic) mille francs suisses), payable d'ici cinq ans à dater de la signature de la présente. M. Joseph STUTZ accepte que Messieurs Jean-Jacques BOCION et William MEIER s'acquittent envers lui de la dette de FS 1.500.000,--, en le faisant participer, sans mise de fonds de sa part, à une opération immobilière de leur choix, de laquelle M. Joseph STUTZ devra retirer une somme forfaitaire nette de FS 1.500.000,-- dans un délai de cinq ans, dès la signature de la présente, et ceci, quel que soit le résultat de cette opération immobilière.» En décembre 1990, Stutz ouvrit une action en paiement devant le Tribunal de première instance d'Abidjan. En avril 1991, il déposa, devant le Procureur général du canton de Genève, une plainte pénale pour escroquerie et faux dans les titres contre Curchod et Fleury. Sur conseil de Fleury, Bocion rédigea une lettre à l'intention de Stutz, datée du 2 décembre 1991; il y indiquait que les procédures précitées étaient engagées en violation de la convention du 15 novembre 1989 et qu'en conséquence, il s'estimait libéré de sa promesse, faite parallèlement à la convention, de payer 1 500 000 fr. à Stutz. Selon deux conventions du 13 décembre 1991 signées en présence de Bocion, Meier et Stutz cédèrent à Curchod les actions qu'ils détenaient dans les trois sociétés anonymes, moyennant le paiement d'une somme de 300 000 fr. pour chacun d'eux. Ils renonçaient à toute autre prétention à l'encontre de Curchod et des trois sociétés. Stutz s'engageait par ailleurs à retirer toutes les procédures judiciaires introduites en Suisse et en Côte d'Ivoire. Les deux conventions réser-