Citation: 6A.39/2005 18.08.2005 E. 1

B.b X.________ a été incarcéré le 29 mars 2005 aux Salles d'arrêts de Lausanne en vue de l'exécution de sa peine en régime de semi-détention. Le 31 mars 2005, ce régime a toutefois été révoqué, du fait qu'il s'était avéré que l'intéressé n'exerçait plus d'activité professionnelle depuis le 16 mars 2005, et ce dernier a été transféré à la Prison de la Croisée, à Orbe. L'exécution de la peine, dont les deux tiers ont été atteints le 17 juillet 2005, expirera le 26 septembre 2005. B.c Dans son rapport du 14 avril 2005, la Direction de la Prison de la Croisée a préavisé favorablement la libération conditionnelle de X.________, à la condition toutefois qu'il puisse vivre légalement en Suisse et fournisse un contrat de travail. En substance, elle a motivé ce préavis par le bon comportement de l'intéressé en détention, par le fait qu'il avait toujours travaillé en Suisse et souhaitait s'inscrire dans une agence de travail temporaire pour retrouver un emploi et par le fait qu'il vivait en concubinage depuis 4 ans et élevait la fille de son amie, relevant encore qu'il admettait les infractions commises. Le Service pénitentiaire, dans un préavis du 23 mai 2005, s'est en revanche opposé à la libération conditionnelle de X.________, estimant que le risque de récidive qu'il présentait était supérieur à celui qui est inhérent à tout élargissement anticipé. Il a notamment observé qu'un premier sursis avait dû être révoqué et que l'octroi d'un second sursis, en 2003, n'avait pas empêché l'intéressé de récidiver. En particulier, la menace d'une expulsion ne l'avait pas incité à se conformer à l'ordre juridique du pays. Ces éléments ainsi que le caractère rapproché de certaines récidives induisaient au pessimisme quant à un bon comportement futur de l'intéressé en liberté. De plus, les projets, au demeurant peu concrets, de l'intéressé ne pourraient se réaliser, dès lors que ce dernier ne serait plus autorisé à travailler en Suisse. Le fait d'exercer une activité professionnelle, comme le fait d'avoir une concubine dont il disait élever la fille, ne l'avaient d'ailleurs pas empêché de tomber dans la délinquance, étant par ailleurs rappelé que l'intéressé avait lui-même deux filles avec lesquelles il n'entretenait pas de contact et pour lesquelles il ne payait rien. Le membre visiteur suppléant de la Commission de libération s'est entretenu le 31 mai 2005 avec X.________. Dans son rapport du 6 juin 2005, il a relevé que le discours de l'intéressé s'apparentait à une plaidoirie, dans laquelle on avait peine à percevoir de réels sentiments et de véritables regrets, d'autant que l'intéressé ne s'attardait pas sur ses délits, qu'il disait certes reconnaître et regretter mais dont il reportait grandement la faute sur d'autres. Cette position de victime se retrouvait du reste tout au long du récit qu'il faisait de sa vie socio-professionnelle en Suisse. L'intéressé avait par ailleurs beaucoup de peine à comprendre les règles de notre société et à s'y conformer, ne voulant visiblement pas apprendre à les respecter. Le membre visiteur indiquait qu'il ne mettait pas en doute les capacités professionnelles de l'intéressé. L'amendement discutable de ce dernier, sa grande difficulté à se conformer aux règles de notre société et sa situation administrative incertaine en Suisse, le conduisaient toutefois à préaviser négativement la libération conditionnelle.