Citation: 4A_341/2009 06.10.2009 E. 4

4.1 Dans un dernier moyen, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir violé son droit d'être entendue en omettant d'attirer son attention sur le fait que le loyer litigieux serait examiné uniquement sous l'angle du rendement net de la chose louée (art. 269 CO) et que, faute pour elle d'avoir produit les pièces nécessaires au calcul de ce rendement, ses conclusions seraient purement et simplement rejetées. A son avis, les juges cantonaux auraient dû tout au plus annuler le jugement de première instance et renvoyer la cause au Tribunal des baux afin de lui permettre, notamment, de démontrer l'impossibilité de produire lesdites pièces. 4.2 Considéré dans le contexte de l'argumentation développée par la recourante, cet ultime grief apparaît pour le moins singulier. La bailleresse a, en effet, toujours soutenu que, s'agissant d'un appartement sis dans un immeuble ancien, la hiérarchie des critères déterminants pour décider du caractère abusif ou non du loyer initial devait être inversée et la préférence accordée au critère des loyers comparatifs. Or, c'est bien ce critère que les deux juridictions cantonales ont appliqué en l'espèce: la première, à titre principal; la seconde, à titre surabondant. Et la recourante a eu l'occasion de formuler ses observations à ce sujet. Dès lors, on peine à discerner en quoi il lui serait d'une quelconque utilité de pouvoir établir qu'elle n'était pas en mesure de produire les pièces indispensables pour calculer le rendement net de la chose louée, autrement dit pour appliquer un critère qui, selon sa propre thèse, doit céder le pas à celui qui a été appliqué par les deux instances précédentes. Il est, au demeurant, douteux que la recourante soit de bonne foi en formulant le grief en question. C'est le lieu de rappeler que les intimés avaient requis la production, par elle, des pièces nécessaires au calcul du rendement net de la chose louée; que, par décisions des 7 février et 15 mai 2007, confirmées le 13 juin 2007, la présidente du Tribunal des baux avait ordonné la production de ces pièces; que toutefois, la bailleresse, arguant du caractère non pertinent du critère du rendement net en l'espèce, avait refusé de donner suite à ces injonctions. Dans ces conditions, venir soutenir, une fois connu le sort du procès, que l'on n'a pas été mis en mesure de démontrer l'impossibilité de produire les pièces pertinentes, comme le fait aujourd'hui la recourante, confine à la témérité.