Citation: 7B_644/2024 E. 1

B.f. Par ordonnance de jonction du 14 décembre 2023, le Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois a joint les deux procédures ouvertes contre A.________ les 10 juin 2022 et 28 août 2023 (cf. let. B.c et B.e supra). L'enquête était instruite pour lésions corporelles simples qualifiées (moyen dangereux), voies de fait, agression, dommages à la propriété, injure, menaces, contravention à la LStup, infraction à la loi fédérale sur les armes, les accessoires d'armes et les munitions (LArm) et à la loi fédérale sur les explosifs (LExpl). B.g. Dans son rapport du 18 décembre 2023, la Direction de la Prison B.________ (ci-après: la Direction de la prison) a donné un préavis favorable à la libération conditionnelle de A.________. Dans son rapport du même jour, la Fondation vaudoise de probation a notamment exposé qu'eu égard au parcours pénal de l'intéressé, de son amendement pouvant à tout le moins être qualifié de modéré, de son bon comportement en détention et de sa motivation à retrouver une vie hors de la délinquance, elle se positionnait favorablement s'agissant de la libération conditionnelle. Elle a toutefois suggéré que celle-ci soit subordonnée à la mise en place d'une assistance de probation et de contrôles d'abstinence de l'intéressé et a précisé qu'il serait bénéfique pour lui d'intégrer un groupe de soutien thérapeutique au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ou au Centre Prévention de l'Ale. Ce suivi lui permettrait de travailler sur la gestion de ses émotions et frustrations afin de pouvoir contrer son risque de récidive d'actes violents. B.h. La Direction de la prison a rendu plusieurs décisions de sanction à l'endroit de A.________, durant sa détention. Le 13 novembre 2023, elle a prononcé une amende de 25 fr. en raison d'un test positif au THC et le 3 janvier 2024, une amende de 50 fr. en raison d'un positif au cannabis et aux benzodiazépines. Le 19 février 2024, elle a prononcé un avertissement car le prénommé avait pris une seconde douche dans la journée, ce qui n'était pas autorisé. B.i. B.i.a. Dans sa saisine du 17 janvier 2024, l'Office d'exécution des peines (ci-après: OEP) a proposé au juge d'application des peines de refuser de libérer conditionnellement A.________. Il a notamment relevé le fait que le prénommé n'avait que partiellement respecté les mesures de substitution dont il avait bénéficié après sa libération le 18 mai 2021 et que ses projets d'avenir étaient insuffisamment concrets, l'intéressé souhaitant retourner vivre chez sa soeur, se réinscrire au Centre social régional (CSR) afin d'obtenir l'aide sociale et reprendre un apprentissage dans le domaine du bâtiment. L'OEP a considéré qu'un élargissement anticipé serait inopportun, compte tenu notamment du risque de récidive important en termes de violence, d'un manque d'amélioration du comportement de A.________ en détention et de ses projets d'avenir évasifs. B.i.b. Entendu le 22 février 2024 par la JAP, A.________ a déclaré regretter les actes qu'il avait commis contre son ex-compagne. Il a admis avoir mal agi, indiquant qu'il n'aurait jamais dû lever la main sur elle et qu'il aurait dû mettre un terme à la relation plus tôt. Il a exprimé des regrets "s'agissant des stupéfiants" car il avait "perdu beaucoup de temps par rapport à sa fille". Il avait également des regrets par rapport à lui-même, mais pensait que la détention l'avait rendu plus mature et lui avait fait prendre conscience de certaines choses. Questionné sur ce qu'il avait entrepris pour remédier à son problème de violence, A.________ avait expliqué avoir bénéficié dans le cadre des mesures de substitution à la détention provisoire, dès le 18 mai 2021, d'un suivi d'abstinence et d'un suivi addictologique auprès d'un psychologue, qui avaient duré près de six mois. Par la suite, il avait trouvé un travail comme livreur et il avait été plus compliqué pour lui d'aller aux rendez-vous, mais il ne consommait plus. A.________ a indiqué avoir renoncé à faire un suivi auprès du Centre Prévention de l'Ale à sa libération en mai 2021, car il pensait qu'il n'aurait plus de problèmes de violence. Il a reconnu n'avoir pas non plus demandé de suivi depuis son retour en détention, avant d'ajouter qu'il réalisait aujourd'hui qu'il avait un problème avec la violence, précisant que lorsqu'il buvait de l'alcool, il devenait plus virulent. Interrogé sur sa consommation de produits stupéfiants et d'alcool, il a notamment expliqué qu'après sa sortie de détention en 2022, alors qu'il avait perdu son travail et son logement, il consommait de l'alcool tous les jours, soit une à trois bières par jour la semaine et de l'alcool fort le week-end, et fumait du CBD la journée et deux ou trois joints le soir. Au sujet des deux enquêtes encore ouvertes contre lui, A.________ a confirmé qu'il reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés. II a indiqué qu'à sa sortie de détention, il voulait travailler et se réinsérer. À cet égard, il avait produit deux promesses d'embauche. A terme, il désirait faire une formation dans le domaine des panneaux solaires, sans toutefois reprendre d'apprentissage car il avait trop de dettes à payer. Il souhaitait s'éloigner de ses anciennes fréquentations et s'établir ailleurs qu'à V.________, même s'il serait obligé d'aller vivre dans un premier temps chez sa soeur et sa mère, dans cette ville. S'agissant de son implication dans le suivi de règles de conduite, A.________ a indiqué être prêt à tout faire pour ne plus commettre d'erreur et pour être auprès de sa fille et s'engager à respecter scrupuleusement les conditions qui lui seraient imposées. Il a toutefois indiqué craindre qu'il lui soit parfois difficile de se rendre aux rendez-vous, à cause de son travail, expliquant que c'était pour cette raison qu'il en avait manqué dans le cadre des mesures de substitution ordonnées par le passé. B.i.c. Dans son préavis du 26 février 2024, le Ministère public central, Division affaires spéciales, a indiqué se rallier au préavis de l'OEP tendant à refuser la libération conditionnelle. B.i.d. Dans ses déterminations, A.________ a conclu à sa libération conditionnelle à compter du 21 mars 2024, assortie d'une assistance de probation pendant toute la durée du délai d'épreuve ainsi que de règles de conduite sous forme de contrôle d'abstinence et d'un suivi thérapeutique lui permettant de travailler sur la gestion de ses émotions et frustrations. B.i.e. Dans son ordonnance du 18 mars 2024 par laquelle la JAP a libéré conditionnellement A.________ (cf. let. A supra), celle-ci a relevé qu'eu égard à ses antécédents et aux enquêtes en cours, le prénommé présentait visiblement un "potentiel de violence extrêmement préoccupant" et avait démontré "son incapacité à respecter notre ordre juridique". Elle a qualifié l'amendement du condamné de "très limité" et a relevé qu'au vu des sanctions disciplinaires dont il avait fait l'objet, son comportement en détention n'était pas exempt de tout reproche. La première juge a néanmoins considéré "non sans hésitation et uniquement sous l'angle du pronostic différentiel" que la poursuite de la peine ne permettrait vraisemblablement pas de diminuer la dangerosité du condamné et qu'un élargissement anticipé assorti de conditions présentait plus d'avantages dans sa situation qu'une sortie "sèche" sans aucune prise en charge au terme de sa peine. Selon la JAP, une libération conditionnelle permettrait la mise en place d'un cadre strict (assistance de probation, suivi addictologique, contrôles réguliers d'abstinence et suivi thérapeutique afin de travailler sur la gestion de ses émotions et de ses frustrations et contrer ainsi son risque de récidive violente), lequel apparaissait absolument nécessaire afin de réduire le risque de récidive que présentait l'intéressé, et cela pendant une période suffisamment longue, à savoir plus d'une année. Elle ajoutait que A.________ avait des projets d'avenir sérieux, concrets et réalistes puisqu'il disposait de contrats d'engagement et qu'il pourrait dans un premier temps loger chez sa soeur et sa mère.