Citation: 4A_523/2022 E. 4.3

4.3. Le recourant ne s'en prend pas à cette motivation. S'il a certes allégué les postes de son décompte, sa critique consiste à reprocher au locataire une inconsistance de sa contestation du décompte allégué, qu'il qualifie de "défense de façade sans début de justification crédible". C'est toutefois à la partie chargée du fardeau de la preuve, en l'occurrence le bailleur requérant l'expulsion, d'alléguer et prouver le solde dû, dont dépend la validité de la résiliation, alors que le requis peut se contenter de contester l'allégué. Le requérant doit alors produire les pièces nécessaires à en apporter la preuve. Il importe peu que, à réception de l'avis comminatoire, le locataire ait eu le temps de consulter les pièces justificatives originales et d'en contrôler l'exactitude. Dès lors que le locataire a contesté la validité du congé dans la procédure d'expulsion, qu'il remet en cause le montant du solde dû, il appartient au demandeur de l'établir et le juge doit s'en convaincre au degré de la certitude pour pouvoir, si les autres conditions sont remplies, prononcer l'expulsion. En tant que le recourant se plaint de violation par la cour cantonale de la maxime des débats, au motif de l'absence d'allégation de l'objection de compensation, son grief est sans influence sur l'appréciation topique sus-exposée. Quant à la question de savoir si le bailleur savait que le locataire avait introduit une action en contestation du congé devant la commission de conciliation lorsque lui-même a déposé sa requête d'expulsion, elle est comme le recourant le soutient, sans pertinence. Au vu de ce qui précède, le recours doit donc être rejeté pour ce motif, sans qu'il soit besoin de se pencher sur le motif tiré de l'annulation du congé pour violation des règles de la bonne foi (art. 271 CO), que la cour cantonale a traité "par souci d'exhaustivité".