Citation: 1P.598/2001 25.03.2002 E. 3

3.1 Le recourant reproche au Tribunal correctionnel de n'avoir constaté que de façon insuffisamment précise la date à laquelle il a prétendument commencé son activité coupable. Il est incontesté que le recourant a été vu à deux reprises en compagnie de G.________, la première fois en août 1998; G.________ a été arrêté en avril 1999, dans le cadre d'une enquête dirigée contre un réseau de trafiquants de stupéfiants, après quoi la police a constaté que son téléphone mobile était encore utilisé pour des conversations avec des trafiquants en Suisse alémanique. Les recherches concernant cette utilisation ont mis en évidence que le recourant détenait l'appareil et semblait se livrer lui aussi à ce trafic. Le jugement est certes imprécis sur le point dont est discussion; il permet néanmoins de reconnaître que les juges ont situé le début de l'activité imputée au recourant dans une période comprise entre sa première rencontre attestée avec G.________ et l'arrestation de ce dernier. Cette constatation échappe au grief d'arbitraire, compte tenu des éléments d'appréciation disponibles; pour le surplus, elle comporte effectivement une certaine équivoque, mais il n'en résulte pas que l'infraction en cause soit elle-même douteuse. 3.2 L'argumentation présentée met aussi en doute que les deux téléphones trouvés l'un sur le recourant, lors de sa propre arrestation, l'autre à son domicile, aient été utilisés par lui. Il ne prétend toutefois pas avoir allégué, dans l'enquête pénale ou devant le Tribunal correctionnel, qu'une autre personne ait fait usage de ces appareils. Dans ces conditions, les juges pouvaient retenir sans arbitraire, sur la base du seul fait que le recourant possédait les appareils lors de son arrestation, qu'il en était aussi l'utilisateur. Il convient de souligner que le silence du prévenu peut, au besoin, être pris en considération pour apprécier la force de persuasion des éléments à charge, dans des situations qui appellent assurément une explication de sa part, sans que cela ne constitue une atteinte à son droit de se taire et de ne pas témoigner contre soi-même (arrêt 1P.641/2000 du 24 avril 2001, consid. 3, RUDH 2001 p. 115).