Citation: 4A_559/2016 E. 5.2

5.2. Il résulte de l'état de fait déterminant (art. 105 al. 1 LTF) que moins de trois mois après avoir conclu un contrat de travail avec la défenderesse le demandeur a créé sa propre société sans que l'employeuse en ait été avertie. Cette société M.________, dont le demandeur et un autre employé de la défenderesse étaient alors les associés gérants avec signature collective à deux, a un but lucratif, son objectif principal étant la réalisation de bénéfices comme l'atteste son inscription au registre du commerce. Deux jours après sa création, la société M.________ a conclu avec N.________ SA une convention sur l'organisation d'un salon à Genève sur le thème du bébé et de la petite enfance. Puis la société M.________ a sous-traité à la défenderesse la création du site internet de ce salon, tâche dont le recourant reconnaît qu'elle entrait en concurrence avec le nouveau domaine d'activité de l'employeuse. L'employeuse ne savait pas que cette sous-traitance avait été organisée par deux de ses employés, dont le demandeur, lequel, engagé à plein temps, ne mettait ainsi pas toutes ses forces au service de l'employeuse, en violation crasse de son devoir de fidélité. Les associés gérants ont en outre mis en place pendant la durée des rapports de travail un véritable écran de fumée pour masquer leur activité économique au profit de la société M.________; on en veut pour preuve que la défenderesse a été invitée à adresser sa facture de sous-traitante à un tiers dénommé C.________ pour ne pas attirer l'attention de son secrétariat sur l'identité des mandants. Le 7 juillet 2011, la défenderesse, toujours dans l'ignorance du rôle joué par le demandeur au sein de la société M.________, l'a licencié pour le 30 novembre 2011 en ayant invoqué la mauvaise conjoncture économique. Comme on l'a vu, la société a appris le 19 août 2011 que le recourant était actif au sein de la société M.________ et que celle-ci lui avait sous-traité la conception d'un site internet. On doit admettre avec la cour cantonale que le comportement déloyal du demandeur est particulièrement grave et qu'il a engendré une perte du rapport de confiance que présupposent les rapports de travail, à telle enseigne que l'on ne pouvait exiger de la défenderesse le maintien de ceux-ci durant les trois mois restants du délai de congé. Le moyen est sans fondement.