Citation: 1A.140/2002 11.09.2002 E. 5

Les recourants invoquent enfin le principe de la proportionnalité. Le verdict rendu en 1996, puis l'arrêt de la Cour de cassation, auraient rendu sans objet la demande d'entraide. Par ailleurs, la transmission en bloc de tous les documents saisis, sans aucun tri, serait inadmissible, d'autant plus que l'autorité requérante ne demande plus que la levée des blocages de comptes qui avaient été ordonnés. 5.1 Contrairement à ce que semblent soutenir les recourants, le premier verdict - annulé pour vice de forme - puis les décisions de la Cour de cassation ne rendent pas l'entraide sans objet. Seule pourrait avoir cet effet une décision d'acquittement, de non-lieu, ou une renonciation à toute poursuite (art. 5 EIMP). Or, même s'il subsiste quelques incertitudes sur la juridiction qui sera finalement saisie, l'Etat requérant a clairement manifesté sa volonté de mener à terme les procédures en cours; tant le Procureur que la commission d'enquête ont, le 14 mars 2001, confirmé leur intérêt pour les renseignements recueillis en Suisse, le maintien des blocages opérés en Suisse étant mentionné à titre supplémentaire. 5.2 Quant à l'absence de tri des documents à transmettre, la cour cantonale rappelle à juste titre que les intéressés ne peuvent se contenter de se plaindre d'une transmission en bloc; il leur appartient d'indiquer quelles pièces ne doivent pas être transmises, et pour quels motifs (ATF 126 II 258 consid. 9b/aa). Force est de constater qu'à aucun stade de la procédure, y compris dans leur recours de droit administratif, les recourants n'ont satisfait à ce devoir de collaboration, alors même que l'occasion leur en avait été donnée. Le grief doit par conséquent être écarté.