Citation: I 547/02 15.07.2003 E. A

Par décision du 11 mai 1993, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après : office AI) a mis P.________ au bénéfice d'une rente entière d'invalidité, avec effet rétroactif à partir du 1er décembre 1992, en fonction d'un taux d'invalidité de 100 %. La rente a été maintenue dans le cadre de deux révisions successives (1994 et 1997). Selon les constatations de l'époque, notamment celles des docteurs A.________ et C.________, respectivement médecin adjoint et médecin assistant du/au service de neurologie du Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV), il présentait une dystonie axiale (région lombaire gauche) et un status après hémilaminectomie L4-L5 gauche en août 1991, la situation devant être réexaminée par leur confrère, le docteur B.________, à l'issue d'un traitement d'une durée de deux mois (rapport du 10 février 1993). Dans l'intervalle, le docteur D.________, spécialiste en médecine interne et en maladies rhumatismales, a posé le même diagnostic et fixé à 100 % l'incapacité de travail de l'assuré dans sa profession de maçon. Compte tenu des douleurs constantes présentées par l'assuré et du peu d'effet des traitements administrés, il ne voyait «pas d'autre issue que l'attribution d'une rente chez ce patient», et proposait une réévaluation de la situation dans le délai d'une année (rapport du 2 avril 1993). Pour sa part, le docteur B.________, médecin associé au service de neurologie du CHUV, a exclu que l'assuré puisse reprendre son ancienne profession de maçon, tout en préconisant un changement d'activité immédiat, avec comme seule limitation le port de charges (rapport du 14 mai 1993). Dans le cadre d'une nouvelle révision du droit à la rente, l'assuré a été soumis à une expertise pluridisciplinaire confiée à la Clinique X.________. Dans leur rapport du 27 juillet 2000, les docteurs E.________, directeur médical, et la doctoresse F.________, médecin assistante, ont posé le diagnostic de lombalgies chroniques sur troubles statiques, status après hémilaminectomie L4-L5 gauche en 1991 pour suspicion de hernie et trouble factice non exclu. L'assuré présentait une capacité de travail entière dans une activité adaptée évitant le port de charges dépassant 20 kilos et permettant une alternance des positions. Il n'y avait pas eu d'évolution radiologique depuis 1992 et, cliniquement, il n'y avait pas de limitation fonctionnelle majeure. Se fondant sur les conclusions des experts, l'office AI a supprimé la rente de l'assuré à partir du 1er juillet 2001, au motif qu'il était en mesure d'exercer une activité lucrative adaptée à son état de santé, lui permettant de réaliser plus de la moitié du gain qu'il aurait pu obtenir s'il n'était pas devenu invalide (décision du 15 mai 2001).