Citation: 5A_156/2023 E. 4.2

4.2. La critique tombe à faux. Contrairement à ce que soutient le recourant, le dépôt en temps utile d'une demande de récusation n'empêche pas le magistrat visé de continuer à exercer ses fonctions dans la procédure en cours tant que l'autorité compétente pour statuer sur la demande n'a pas rendu sa décision, dès lors que même si la récusation devait finalement être prononcée, l'auteur de la demande de récusation est suffisamment protégé par la possibilité qui lui est donnée de requérir l'annulation des actes auxquels le magistrat ou l'autorité récusé a procédé ou a participé (art. 51 al. 1 CPC; arrêts 5A_327/2021 du 26 juillet 2021 consid. 3.3 et la référence; 5A_283/2015 du 28 mai 2015 consid. 2 et la référence; cf. aussi arrêts 5A_842/2016 du 24 mars 2017 consid. 2 i.f. et les références; 5A_579/2013 du 11 novembre 2013 consid. 4.2.2 et les références). Par ailleurs, l'arrêt que le recourant cite (arrêt 1B_191/2020 du 26 août 2020) a simplement admis, dans le cas d'espèce et à titre d'exception, que la même autorité puisse statuer tant sur la question de la récusation d'un magistrat que sur celle de l'interdiction de postuler d'un avocat dans la procédure litigieuse, au motif que ces questions étaient étroitement liées et que l'autorité en cause était, respectivement serait aussi sur recours, compétente pour statuer sur les deux questions (consid. 2). Cet arrêt n'interdit donc nullement, par principe, que les deux questions soient examinées séparément par deux autorités distinctes, ce d'autant moins lorsque, comme en l'espèce, les autorités compétentes pour statuer sur les questions litigieuses ne sont pas les mêmes. On ne saurait donc voir un quelconque motif de nullité de la décision de la Juge itinérante, celle-ci étant, au regard de la jurisprudence récente citée dans l'arrêt attaqué (ATF 147 III 351 consid. 6.3), en tant qu'autorité chargée de la conciliation, compétente pour trancher la capacité de postuler de l'avocat du recourant dans les procédures 10 2020 739 et 10 2022 318. Pour le surplus, on ne saurait reprocher au Tribunal cantonal d'avoir considéré que cette question devait être traitée avant qu'il ne soit statué sur la demande de récusation et, partant, d'avoir refusé de suspendre la procédure de recours pendante devant lui. En effet, l'éventuelle incapacité de postuler du représentant de la partie qui sollicite la récusation entraînerait l'irrecevabilité de la demande de récusation déposée par le falsus procurator, sous réserve de ratification par la partie concernée ou par un éventuel nouveau représentant (art. 132 CPC par analogie; cf. ATF 147 III 351 consid. 6.2.1 et 6.3; arrêt 5A_407/2021 du 6 mai 2022 consid. 1.2.1). Infondée, la critique doit être rejetée.