Citation: 4A_138/2024 E. 3.4

3.4. L'argumentaire de la recourante ne saurait emporter la conviction de la Cour de céans. À titre liminaire, il doit être relevé que, contrairement à ce que soutient la recourante, la cour cantonale a constaté la réelle et commune intention des parties, en se fondant non seulement sur le contrat de travail litigieux mais aussi sur le comportement ultérieur des parties. C'est à ce titre qu'elle a pris en considération les circonstances entourant les réductions réitérées et la suppression momentanée de la prime de sécurité pendant les rapports de travail, attendu qu'il n'aurait pas été permis de se référer à ce comportement dans le contexte d'une interprétation selon le principe de la confiance (cf. supra consid. 3.1.1). Il était en tout état de cause exclu de suivre l'approche que prône la recourante en référence à l'intitulé de la disposition contractuelle litigieuse et au montant qui y est prévu, une interprétation purement littérale du contrat étant d'autant plus inadmissible sous l'angle de l'interprétation subjective qu'elle est prohibée en cas d'interprétation objective (cf. ATF 136 III 186 consid. 3.2.1; 135 III 295 consid. 5.2). Dès lors que l'interprétation à laquelle s'est livrée l'instance précédente ressortait aux constatations de fait, la recourante se devait d'en établir le caractère arbitraire. Or, par sa critique, la recourante ne fait que substituer son appréciation des preuves administrées à celle opérée par l'instance précédente, ce qui constitue une démarche appellatoire. La recourante ne conteste au demeurant pas - contrairement à ce que requiert l'art. 42 al. 2 LTF (cf. ATF 142 III 364 consid. 2.4; arrêt 4A_417/2022 du 25 avril 2023 consid. 7) - la motivation indépendante, suffisante à sceller cette partie du litige, selon laquelle, en l'absence d'invocation de l'art. 324a CO, le fait que la prime de sécurité ait été réduite en cas de maladie du travailleur établit la dépendance de son versement à l'appréciation de l'employeuse. Dans cette mesure, le grief de la recourante est irrecevable. S'agissant de l'application des art. 322 et 322d CO par l'instance précédente, la critique de la recourante manque sa cible, du moment qu'elle se focalise sur le caractère régulier du versement de la prime de sécurité. En effet, ainsi que cela ressort de la jurisprudence citée (cf. supra consid. 3.1.2), ce qui distingue la gratification du salaire réside en ce que son versement dépend totalement ou au moins partiellement du bon vouloir de l'employeur. Les échéances auxquelles une prime a pu ou dû être versée ne peuvent être déterminantes à cet égard. On ne décèle partant pas de violation du droit fédéral dans le fait que la prime litigieuse ait été qualifiée de gratification, dès lors que la volonté de soumettre le versement de ladite prime à l'appréciation de l'employeuse a valablement été établie par la cour cantonale. Sur ce plan, le grief de la recourante doit en conséquence être rejeté.