Citation: 4C.301/2000 12.02.2001 E. A

A.- a) Par contrat de bail du 20 mars 1996, la Banque Paribas (Suisse) S.A. a loué à la société X.________ une surface d'environ 894 m2 située au rez-de-chaussée d'un immeuble dont elle était propriétaire au chemin de la Colline 6-8, à Lausanne. A l'instar des autres bâtiments du quartier, cet immeuble, vétuste, est voué, dans sa partie inférieure, à l'artisanat, à l'industrie ou au commerce et, dans sa partie supérieure, à l'habitation. Le loyer mensuel net a été fixé à 1200 fr. Conclu pour une période de quatre mois, du 1er avril au 31 juillet 1996, avec un préavis de résiliation d'un mois, le contrat s'est ensuite renouvelé de mois en mois. Il prévoit notamment que le bailleur a le droit de résilier le bail sans délai et d'exiger la libération des locaux dans le délai de trente jours au cas où la société propriétaire déciderait d'effectuer des travaux majeurs dans l'immeuble ou de vendre celui-ci. Les locaux en question sont utilisés pour la fabrication et le stockage de matières premières et d'éléments préfabriqués en ciment, béton ou similipierre. M.________ y a exercé cette activité, dans un premier temps, comme associé d'une société en nom collectif qu'il avait constituée avec son père, puis sous la forme d'une raison individuelle. Il aurait exécuté des travaux d'équipement électrique et sanitaire pour quelque 30 000 fr. dans les locaux pris à bail. b) Le 10 juillet 1997, C.________ et D.________ ont acquis l'immeuble précité ainsi que d'autres biens-fonds dans le même quartier. Ils ont fait rénover les étages du bâtiment aménagés en appartements. Les nouveaux propriétaires ont également décidé de transformer les locaux occupés par M.________ en parking de 29 places pour répondre à la demande des locataires et des habitants du quartier. La location desdites places, à raison de 120 fr. chacune, devait leur procurer un rendement de 3480 fr. par mois. Les bailleurs ont pris contact avec M.________ afin de lui proposer des locaux de remplacement, à titre provisoire. Ils allèguent lui avoir offert de louer le local sis au chemin de la Colline 5, qu'il occupait avant 1996 et qui se trouve en face des locaux loués par lui, mais l'intéressé conteste avoir reçu une telle offre et la réalité de celle-ci n'a pas été établie. Au printemps 1998, vraisemblablement dans le courant du mois de mars, M.________ s'est vu proposer par les bailleurs un local situé au sous-sol de l'immeuble dans lequel il exerce son activité professionnelle. Il s'agit d'un ancien dépôt de bus, inoccupé depuis longtemps, qui serait accessible moyennant réfection d'une rampe d'accès existante, mais qui nécessiterait un rafraîchissement, de même que l'installation de l'électricité et la réfection de l'isolation. Par lettre du 30 mars 1998 de leur gérant, C.________ et D.________ ont résilié le bail de M.________ pour le 30 juin 1998. Ils lui ont confirmé, à cette occasion, leur offre - valable jusqu'à fin avril 1998 - de lui louer les locaux du sous-sol pour une durée de cinq ans, moyennant un loyer de 2500 fr. par mois, dès que la rampe d'accès serait terminée. c) Le 20 avril 1998, M.________ a saisi la Commission de conciliation en matière de baux à loyer du district de Lausanne en vue d'obtenir, principalement, l'annulation du congé et, subsidiairement, une prolongation du bail. Il résulte d'une note datée du 22 avril 1998, rédigée, en partie en tout cas, de la main de D.________, que des discussions relatives à la conclusion d'un contrat de bail ont à nouveau eu lieu avec le locataire. On peut inférer de ce document que deux sortes de location ont été envisagées: la location d'une surface de 600 m2, pour un loyer mensuel qui serait porté de 2300 fr. à 2700 fr. sur cinq ans, ou celle d'une surface de 890 m2, pour un loyer mensuel qui serait porté de 3300 fr. à 3700 fr. sur cinq ans. En revanche, le document n'indique pas si cette double proposition est négociable, ni de quels locaux il s'agit. La Commission de conciliation a tenu séance le 9 juillet 1998. Elle a entendu les parties, dont le représentant des bailleurs qui a fait état de la volonté de ceux-ci de réaménager les locaux litigieux en places de parking et de la rupture définitive des pourparlers entre parties. Sur quoi, après avoir tenté en vain la conciliation, la Commission a constaté la validité de la résiliation et prolongé le bail d'une année, soit jusqu'au 30 juin 1999.