Citation: U 145/04 16.08.2005 E. 4.2

4.2.1 Les accidents subis par la recourante ont engendré des contusions et une entorse de la cheville droite. Hormis l'existence de lésions dégénératives préexistantes, les examens pratiqués après ces accidents, en particulier l'IRM réalisée le 17 août 2001, ont révélé une musculature et un squelette normaux, sans signe d'oedème ou d'inflammation et, en particulier, sans contusion ou fracture osseuse décelable, ni collection intra-musculaire. La juridiction cantonale en a déduit, en se référant sur ce point au rapport établi le 30 octobre 2001 par le docteur P.________, que les accidents subis par l'assurée n'avaient pas entraîné d'aggravation durable ou déterminante de la discopathie dont elle était atteinte, et qu'elles n'avaient plus d'influence sur les symptômes constatés au-delà du 31 octobre 2001. Elle a notamment considéré, de manière convaincante, que les traumatismes des parties molles tels que ceux qu'avait subis l'assurée étaient tout au plus capables de provoquer une simple aggravation, limitée dans le temps, d'une pathologie vertébrale dégénérative préexistante et qu'ils n'exerçaient aucune influence dans l'évolution des dorsalgies chroniques, en l'absence de lésion structurelle. Dans ce contexte, les critiques adressées par la recourante au rapport établi par le docteur P.________, ne suffisent pas à écarter les conclusions de ce praticien et à justifier la mise en oeuvre d'une expertise complémentaire. Certes, ces critiques ne sont pas totalement dépourvues de fondement, compte tenu notamment du caractère très succinct de la motivation du rapport litigieux et de sa référence à l'existence d'un volumineux utérus myofibromateux dont l'influence a par la suite été sérieusement mise en doute (rapport du 13 mars 2003 du docteur H.________). Mais rien n'indique que ce dernier élément ait revêtu pour le docteur P.________ l'importance déterminante que lui attribue la recourante. Le docteur P.________ disposait en effet d'examens objectifs démontrant l'absence de lésions durables entraînées par les accidents des 26 juin et 15 août 2001 et sur lesquels il pouvait appuyer ses conclusions. 4.2.2 La recourante, se référant aux rapports établis par la doctoresse U.________, fait valoir que les atteintes à la santé préexistantes aux accidents des 26 juin et 15 août 2001 n'auraient à l'évidence, sans ces accidents, jamais pris l'ampleur qu'elles avaient. Elle fait valoir, en particulier, qu'elle ne présentait aucune plainte avant ces événements et qu'une discopathie peut fort bien rester asymptomatique; elle ajoute que la boiterie engendrée par des douleurs post-contusionnelles du bassin peut entretenir des dysbalances musculaires très douloureuses et invalidantes si un traitement de rééducation approprié n'est pas entrepris rapidement. Il convient cependant d'objecter à cette argumentation que la juridiction cantonale n'a pas contesté le rôle joué par les accidents en tant que facteurs déclenchant des symptômes, mais a nié que ces accidents fussent encore à l'origine des douleurs après le 31 octobre 2001. L'ampleur et surtout la persistence des symptômes au-delà du 31 octobre 2001 (la doctoresse U.________ a soigné la recourante jusqu'en mai 2003) sont en effet sans rapport avec le caractère bénin des accidents subis et des atteintes objectives qu'ils ont entraînées. Certes, la démarche boiteuse de la recourante a pu engendrer des dysbalances musculaires douloureuses, mais cette circonstance est tout au plus possible et ne saurait être tenue pour établie au degré de la vraisemblance prépondérante. Par ailleurs, le fait que la recourante n'a pas fait état de douleurs dans les mois qui ont précédé l'accident du 26 juin 2001 n'est qu'un indice insuffisant pour admettre l'«évidence» du lien de causalité litigieux ou sa vraisemblance prépondérante. En concluant à une telle évidence et en invoquant pour principale motivation l'absence de symptômes avant l'accident du 26 juin 2001, la doctoresse U.________ fonde en réalité son argumentation, pour l'essentiel, sur un raisonnement de type «post hoc, ergo propter hoc» insuffisant à établir une relation de causalité entre un accident assuré et une atteinte à la santé (cf. ATF 119 V 341 consid. 2b/bb, RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv. consid. 3b).