Citation: 5A_423/2016 E. A

A.B.________ est née C.________ le 29 juin 1964 à Lausanne. Elle a été inscrite au registre de l'État civil vaudois comme étant uniquement la fille de G.C.________ (1943), la filiation paternelle n'étant pas établie. La Justice de paix du Cercle de Lausanne a confié à l'Office du Tuteur général (ci-après : OTG) la curatelle de l'enfant A.C.________, en vue d'une recherche de paternité. Dans ce cadre, la gendarmerie vaudoise a procédé, le 24 novembre 1964, à l'audition de H.F.________, en qualité de père présumé. A.a. Par demande du 4 août 1965, G.C.________ et sa fille A.C.________ ont ouvert action en paternité à l'encontre de H.F.________. Cette procédure a pris fin par la signature d'une convention alimentaire disposant notamment que H.F.________ verserait la somme de 9'000 fr. à titre de contribution aux frais d'entretien de l'enfant A._______, de sa naissance jusqu'à ses 18 ans. Cette convention a été approuvée par la Justice de paix du Cercle de Lausanne le 18 mars 1966. A la suite du mariage de sa mère en 1966, A.C.________ a été élevée par ses grands-parents maternels jusqu'au mois d'août 1967, puis a été placée au sein d'un home pour enfants, jusqu'à sa majorité. A.b. Le 21 décembre 1982, A.C.________ a demandé à l'assistante sociale auprès de l'OTG des détails sur son père. L'assistante sociale lui a raconté, le 28 décembre 1982, ce qu'elle avait lu sur son passé et lui a mentionné le nom de son père. A l'âge de 25 ans, A.C.________, devenue B.________, a souhaité rencontrer son père. L'assistante sociale de l'OTG a alors écrit à H.F.________ le 9 août 1990. Une première rencontre a été organisée en septembre 1990. Dans les années qui ont suivi, A.B.________ et H.F.________ ont entretenu de bonnes relations et se sont vus régulièrement; ils s'appelaient "papa" et "ma fille". Lors d'une de leurs rencontres, à une date indéterminée, H.F.________ a expliqué à sa fille le contexte de sa naissance, les raisons pour lesquelles il ne l'avait pas assumée et qu'il avait "payé pour elle", se référant à la convention alimentaire. Durant ces années, A.B.________ n'a jamais demandé à H.F.________ de se soumettre à une expertise ADN, par peur de ternir leur relation privilégiée. A.c. H.F.________ est décédé le 9 septembre 2013. Une séance d'ouverture de testament s'est tenue le 17 octobre 2013, à laquelle ont comparu la fille du défunt, D.E.________, la compagne du défunt et A.C.________, qui aurait appris lors de cette séance qu'elle n'était pas la fille légitime du défunt. Par requête du 13 novembre 2013, A.C.________ a requis, par voie de mesures provisionnelles, qu'ordre soit donné de prélever de la matière organique sur le corps de feu H.F.________, en vue d'établir l'existence d'un lien de filiation avec elle-même. Par ordonnance du 17 février 2014, il a été fait droit à cette requête et un prélèvement ADN sur le corps de feu H.F.________ a été ordonné, à charge pour A.C.________ de mettre en oeuvre l'expertise génétique tendant à établir un lien de filiation et d'en assumer les frais. A la suite de la demande du 5 août 2014 de A.C.________, le Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) lui a remis, le 12 septembre 2014, les résultats de l'expertise privée en lien de parenté; ceux-ci font état d'une probabilité de paternité de 99,99%, soit une paternité pratiquement prouvée entre feu H.F.________ et A.B.________.