Citation: 1B_404/2015 E. 3

La Chambre pénale de recours a rejeté le recours interjeté contre le refus du Ministère public de désigner Me Jacques Emery comme avocat d'office du recourant parce que ce dernier n'avait pas établi être indigent au sens de l'art. 132 al. 1 let. b CPP et que sa cause ne présentait pas de difficultés sur le plan des faits ou du droit qu'il ne serait pas en mesure de surmonter seul. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir apprécié de manière arbitraire les faits pertinents pour juger de la difficulté de la cause et de la violation de l'art. 115 al. 1 let. b LEtr en ignorant les nombreuses contradictions qui existaient entre les deux inspecteurs de police d'une part et entre sa version des faits et celle des policiers d'autre part sur la question de la mise à disposition de son passeport. On ne voit cependant pas en quoi il ne serait pas en mesure de dénoncer seul ces contradictions de fait et en quoi l'assistance d'un avocat d'office serait nécessaire pour sauvegarder ses intérêts. Le fait qu'il mette en cause la probité des inspecteurs de police au motif qu'ils auraient saisi l'argent qu'il détenait lors de son arrestation sans en faire mention dans le procès-verbal ne rend pas davantage la cause complexe d'un point de vue factuel ou juridique. Pour le surplus, le recourant ne prétend pas que la cause présenterait des difficultés de fait ou de droit en lien notamment avec l'application de la Directive européenne sur le retour, qui justifieraient la nomination d'un défenseur d'office. Cela étant, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que la condition relative à la nécessité d'une assistance d'office n'était pas réalisée, sans qu'il soit besoin d'examiner si la motivation retenue pour conclure que le recourant n'était pas indigent échappe ou non à la critique.