Citation: 4C.71/2000 26.09.2000 E. A

A.- A compter du 2 janvier 1983, F.________ a été engagé en qualité de serveur par X.________ S.A., société exploitant une pizzeria; il percevait un salaire fixe de 660 fr. par mois auquel s'ajoutait un montant variable correspondant à un pourcentage de son chiffre d'affaires. Avant l'entrée en vigueur de la Convention collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants et cafés du 6 septembre 1988 (CCNT 1988), le directeur d'alors de la société précitée, P.________, avait voulu changer le mode de rémunération et instaurer un système de paiement de salaires assorti d'un treizième salaire comme cela était prévu par ladite convention. Certains employés se sont opposés à ce nouveau système de rémunération qu'ils considéraient comme moins avantageux que celui en vigueur jusqu'alors. Le 18 décembre 1989, une assemblée extraordinaire s'est tenue afin d'examiner la situation. A la suite de cette réunion, P.________ a adressé à ses employés un courrier libellé comme il suit: "Monsieur, En assemblée extraordinaire, en date du 18 décembre 1989, nous nous sommes réunis pour analyser l'ensemble des salaires pour les employés rémunérés jusqu'alors sur la base des taxes de service, en pourcentage par rapport au chiffre d'affaires de chacun. Selon l'art. 28 al. 3, (CCNT), dès le 1er janvier 1990, Monsieur P.________ envisageait de changer le système de rémunération en attribuant un salaire mensuel fixe à chaque employé. Après débat et discussion, et d'un commun accord entre l'employeur et chaque salarié, il a été convenu ce qui suit: 1) Monsieur P.________ renonce à changer le système de rémunération pour le personnel de service qui continuera à être payé au pourcentage par rapport au chiffre d'affaires de chacun. 2) En contrepartie de l'avantage accordé, l'employé soussigné renonce à l'application de l'art. 34 al. 1, c'est-à-dire au versement d'un treizième salaire dans les proportions prescrites par la CCNT à la fin de chaque année de travail. Le présent accord a valeur de contrat de travail pour les points soulevés, et ne pourra faire l'objet d'aucune action en justice". F.________ a approuvé cette proposition en signantcette écriture sous la mention "Bon pour accord". Les salaires annuels bruts perçus de 1994 à 1998 par le travailleur ont été les suivants: En 1994: 55 003 fr.35(:12 = moyenne: 4583 fr.60) En 1995: 55 334 fr.70 (moyenne: 4611 fr.20) En 1996: 53 559 fr.10 (moyenne: 4463 fr.25) En 1997: 58 251 fr.10 (moyenne: 4854 fr.25) En 1998: 55 037 fr.75 (moyenne: 4586 fr.50). Le 30 janvier 1999, F.________ a résilié son contrat de travail pour le 28 février 1999. Il a reçu son salaire jusqu'à la fin février 1999. Son dernier salaire mensuel brut s'est élevé à 4744 fr.90.