Citation: 5A_469/2023 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a estimé, s'agissant tout d'abord de la violation de l'obligation d'entretien reprochée au recourant, qu'on ne pouvait le suivre dans ses allégations concernant la répartition des tâches durant la vie commune. En effet, lors de l'audience d'appel, l'intimée avait exposé de manière détaillée, en citant le nom des mamans de jour et les lieux où elles habitaient, comment les enfants étaient pris en charge à cette époque. Elle avait en outre produit en première instance des documents attestant de l'inscription des filles au système d'accueil de jour, trois fois par semaine, dès mars 2014 pour D.A.________, alors âgée de 4 ans, et dès mai 2015 pour E.A.________, alors âgée d'une année et demie. Elle avait indiqué en audience d'appel que l'inscription s'était faite pour trois jours car elle ne travaillait pas l'après-midi et pouvait s'occuper des enfants. Au vu de ces éléments et des explications convaincantes de l'intimée, on ne pouvait retenir que le recourant s'était occupé de ses filles durant la vie commune. La bonification pour tâches éducatives AVS avait du reste entièrement été attribuée à l'intimée selon la convention passée entre les parties le 12 mars 2019. Pour la période après la séparation, la cour cantonale a constaté qu'il ressortait d'un courrier du BRAPA du 21 juin 2021 qu'au 31 juillet 2021, le montant dû par le recourant au BRAPA était de 21'250 fr., le recourant remboursant des montants entre 50 et 200 fr. par mois, de manière irrégulière. Le recourant avait déclaré en audience d'appel qu'il ne s'acquittait toujours que d'un montant entre 100 et 200 fr. par mois pour l'entretien de ses filles. Sa dette n'avait donc pas cessé de croître. La situation était d'autant plus choquante que l'intimée avait non seulement dû s'occuper seule de ses filles depuis leur naissance, D.A.________ présentant en outre des troubles particuliers, mais en plus, le recourant, depuis la séparation des parties il y avait plus de six ans, n'avait pas fait les efforts nécessaires pour tenter de subvenir aux besoins de ses enfants mineures alors qu'il connaissait leur situation financière précaire. La durée de cette inaction était particulièrement longue. Même à ce jour, le recourant continuait de soutenir qu'il n'était pas en mesure de faire le nécessaire pour ses filles, ce qui confirmait son manque de volonté de subvenir à l'entretien de ses enfants. Dans ces conditions, l'appréciation de l'autorité de première instance, selon laquelle le recourant avait manqué à son obligation d'entretien envers sa famille, pouvait être confirmée. Pour ce motif déjà, la cour cantonale a jugé qu'il apparaissait justifié de renoncer au partage des avoirs de prévoyance professionnelle des parties. La cour cantonale a pour le surplus relevé que le recourant avait été condamné pour lésions corporelles simples qualifiées, menaces qualifiées ainsi que pour violation du devoir d'assistance ou d'éducation. Si la relation du recourant avec sa fille D.A.________ semblait aujourd'hui s'être améliorée, ce qui était dans l'intérêt de tous, il n'en demeurait pas moins que les faits retenus par l'ordonnance pénale du 30 octobre 2017 étaient graves et les menaces contre l'intimée sérieuses. Cet élément contribuait également à considérer qu'un partage serait inéquitable. L'autorité de première instance avait en outre relevé à juste titre qu'il restait au recourant encore de nombreuses années pour cotiser au vu de son âge, ce qui lui permettrait de se constituer un avoir LPP, étant précisé que le montant litigieux ne s'élevait qu'à 18'545 fr. 50 ([{37'606,95 + 515,90}: 2] - 515,90). Le refus de partager les avoirs des parties ne vidait ainsi pas le principe de son sens dans le cas d'espèce.