Citation: 2C_54/2022 E. 6.1

6.1. Selon l'art. 50 al. 1 LEtr (la LEI n'étant pas applicable, cf. supra consid. 3), après dissolution de la famille, le droit du conjoint d'un ou d'une citoyenne suisse à l'octroi d'une autorisation de séjour, ainsi qu'à la prolongation de sa durée de validité en vertu de l'art. 42 LEtr subsiste dans deux situations: premièrement, lorsque l'union conjugale a duré au moins trois ans et que l'intégration du conjoint étranger est réussie (cf. let. a) et, secondement, lorsque la poursuite du séjour en Suisse s'impose pour des raisons personnelles majeures (cf. let. b). L'art. 50 al. 2 LEtr précise que les raisons personnelles majeurs visées à l'art. 50 al. 1 let. b LEtr sont notamment données lorsque le conjoint étranger est victime de violence conjugale, que le mariage a été conclu en violation de la libre volonté d'un des époux ou que la réintégration sociale dans le pays de provenance semble fortement compromise. Selon la jurisprudence, de telles raisons personnelles majeures doivent cependant entretenir un lien avec l'union conjugale dissoute ou, du moins, avec le séjour en Suisse effectué au titre du regroupement familial (cf. ATF 137 II 345 consid. 3.2.3; aussi arrêt 2C_13/2012 du 8 janvier 2013 consid. 4.3). Il en découle notamment que, lorsqu'une personne étrangère s'est séparée de son conjoint suisse sans pouvoir se prévaloir, à ce moment-là, d'un quelconque droit à la poursuite du séjour à l'aune de l'art. 50 al. 1 LEtr, par exemple parce qu'il n'y avait alors pas encore de vie commune d'une durée de trois ans et qu'il n'existait alors aucune raison personnelle majeure justifiant un droit de demeurer en Suisse, elle ne peut ensuite plus se prévaloir de l'art. 50 LEtr, car un droit à la prolongation de l'autorisation de séjour ne saurait naître après coup au sens de cette disposition (" nicht wieder aufleben "; cf. ATF 140 II 289 consid. 3.6.1 et arrêt 2C_365/2010 du 22 juin 2011 consid. 3.5). En d'autres termes, la personne étrangère ne peut invoquer une situation nouvelle, postérieure à la dissolution de l'union conjugale, pour justifier un éventuel droit de demeurer en Suisse en application de l'art. 50 al. 1 LEtr (cf. arrêts 2C_590/2010 du 29 novembre 2010 consid. 2.5.3 et 2C_365/2010 du 22 juin 2011 consid. 3.6).