Citation: 6A.20/2003 02.05.2003 E. 1

Le tribunal correctionnel a suspendu cette peine au profit d'un internement dans un établissement approprié (art. 43 ch. 1 al. 2 CP). Il a constaté que, depuis trente ans, l'accusé s'en prenait à de jeunes gens et avait subi neuf condamnations entre janvier 1965 et septembre 1993, essentiellement pour attentat à la pudeur des enfants ainsi que pour des infractions contre le patrimoine. Il a relevé que les années de détention n'avaient pas suffi à infléchir le comportement de l'accusé, de sorte que l'exécution de la peine ne suffisait pas à prévenir le danger que représentait l'accusé. Ledit jugement a été confirmé le 21 février 1996 par la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois. B.b La Commission de libération s'est prononcée à trois reprises sur le cas de X.________, à savoir en date des 4 février 1999, 10 avril 2000 et 4 juillet 2001. A chaque fois, elle lui a refusé la libération à l'essai, estimant qu'il convenait de poursuivre le traitement psychiatrique, car le risque d'un comportement dangereux ne pouvait être écarté. B.c Le 29 janvier 2002, le Département universitaire de psychiatrie adulte (DUPA) a procédé à une nouvelle expertise. Selon cette dernière, le recourant présente un "trouble de la préférence sexuelle de type pédophilie", avec des traits de personnalité "de type paranoïaque" (tendance rancunière tenace, caractère soupçonneux, sens tenace et combatif de ses propres droits légitimes, attitude de perpétuelle référence à soi-même avec surévaluation de sa propre importance, ébauche de préoccupations par des explications sans fondement à type de conspiration) et de "type dyssocial" (une certaine indifférence envers les sentiments d'autrui, mépris des normes, règles et obligations sociales, très faible tolérance à la frustration, incapacité importante à éprouver de la culpabilité ou à tirer un enseignement des sanctions, tendance nette à blâmer autrui). Aux dires des experts, la situation de X.________ n'a dès lors pas évolué et sa dangerosité potentielle semble bien établie (tant en matière d'actes d'ordre sexuel avec des enfants que dans les domaines touchant le patrimoine), le risque étant augmenté, dans le premier cas, au vu de la capacité certaine de l'intéressé à se mettre dans des situations favorables pour commettre de tels actes, en s'attirant la sympathie de ses victimes et de leurs proches. X.________ montre toujours une faible capacité de contrôle sur ses mouvements impulsifs (agressivité notamment) et présente peu ou pas de disposition à réfléchir sérieusement à ses troubles. Les experts relèvent que X.________ rejette toute forme de traitement qui lui est proposée (thérapie de groupe pour agresseurs sexuels) à son lieu d'internement; la thérapie par hypnose qu'il propose n'est pas clairement établie et même plutôt contre-indiquée pour ce type d'affection psychiatrique. Selon l'appréciation des experts, le refus de s'engager dans une démarche thérapeutique selon les modalités proposées doit être compris comme une difficulté à effectuer une réelle réflexion sur le forfait commis. Au vu de tous ces éléments, les experts ont conclu à un pronostic défavorable à très défavorable. B.d Se fondant sur le rapport d'expertise psychiatrique et se référant aux préavis - tous négatifs - des différents intervenants (à savoir de la direction des établissements de la plaine de l'Orbe, de la Commission interdisciplinaire consultative concernant les délinquants nécessitant une prise en charge psychiatrique, du Service pénitentiaire et du membre visiteur), la Commission de libération a jugé le 16 août 2002 qu'une libération à l'essai apparaissait nettement prématurée et a ordonné la poursuite de la mesure d'internement pour une durée indéterminée.