Citation: 6B_528/2021 E. 3.4.4

3.4.4. Inversement, les éléments relatifs à la vie professionnelle durant l'année suivant la libération du recourant, à sa vie familiale, ainsi que les effets psychiques dûment attestés, même s'ils sont apparus " modérés " à la forme à la cour cantonale, parlent, de toute évidence, en faveur d'une atteinte d'une certaine gravité. La cour cantonale a exposé que ces circonstances justifiaient que l'indemnité allouée soit augmentée de 2'200 fr., de 27'800 fr. à 30'000 francs. Cela suggère la conclusion que cet ensemble de circonstances n'aurait été compensé que par une augmentation de 7 fr. 90 du montant journalier de référence, à 107 fr. 90. Dans une telle hypothèse, et en l'absence de tout autre facteur de réduction, l'allocation d'une indemnité n'excédant que de très peu la moitié du montant de référence de 200 fr. (107 fr. 90 = 30'000 / 278) ne pourrait manifestement plus être tenue pour équitable. Par ailleurs, il convient de rappeler qu'au-delà d'une certaine durée la privation de liberté d'un prévenu socialement intégré emporte presque nécessairement des conséquences négatives aux plans professionnel et familial. La seule mention générique de ces catégories, la seconde en particulier, sans autre précision, ne renseigne donc pas nécessairement de manière suffisante sur la gravité de l'atteinte ayant résulté de la privation de liberté pour en apprécier la juste mesure au stade de la fixation de l'indemnité. Tel est précisément le cas en l'espèce, où le recourant intégré professionnellement alléguait, sur le plan familial, non seulement qu'il avait été séparé des siens, mais que sa femme et ses enfants n'avaient pas pu disposer des moyens suffisants pour se rendre sur son lieu de détention (notamment en raison des difficultés financières ayant résulté de sa mise en détention puis de la perte de son travail), de sorte qu'il semble n'avoir pu bénéficier d'aucune visite de leur part durant de nombreux mois, ni être présent au moment de la naissance de sa fille, ni aux côtés de son épouse ensuite de cette naissance qu'il affirme prématurée et qu'il se serait trouvé d'autant plus isolé et inquiet qu'il ne parlait que w.________ et v.________ et savait sa famille dans les difficultés. Dans la mesure où elles ne sont pas déjà constantes (v. p. ex. en relation avec les problèmes linguistiques du recourant, supra consid. 1.4.4), dûment établies, de telles circonstances influenceraient nécessairement de manière non négligeable le montant de l'indemnité à allouer pour réparer le tort moral, si bien que le refus d'administrer des preuves sur ce point apparaît arbitraire.