Citation: 6B_86/2024 E. 3.5

3.5. La cour cantonale a retenu que le recourant avait passé une partie non négligeable de son adolescence en Suisse. Les années durant lesquelles il avait demeuré sur le territoire suisse avaient sans doute été marquantes pour lui, mais elles constituaient, en terme de durée, une période équivalente à celle qu'il avait passée au Kosovo. Le recourant n'était pas stable sur le plan professionnel. Après avoir échoué à son certificat fédéral de capacité en 2016 - finalement obtenu en 2019 - il avait bénéficié de l'aide sociale au cours de l'année 2017. Durant ce temps, il s'était adonné à un trafic de stupéfiants, infraction pour laquelle il avait été condamné pénalement. Il fallait retenir en sa faveur qu'entre 2021 et 2022, il avait enchaîné des emplois temporaires et avait même partiellement remboursé l'aide sociale perçue en 2017. Il était actuellement sans activité lucrative et dépendait entièrement de son père. Il avait cessé de s'acquitter de l'intégralité de ses factures depuis la fin 2022 et accusait un endettement de 17'018 fr. 95, selon l'extrait du registre des poursuites. Il entretenait des contacts en Suisse aussi bien avec son père que sa soeur cadette avec lesquels il vivait, mais n'avait toutefois ni compagne ni enfant vis-à-vis desquels une protection accrue de la vie familiale s'imposait. Hormis la présence de sa famille, le recourant ne pouvait pas se prévaloir de liens particulièrement étroits avec la Suisse. L'intégration et l'insertion sociales du recourant étaient inférieures à la moyenne dès lors qu'il n'avait pas développé un cercle social particulièrement solide, qu'il ne faisait partie d'aucune association et qu'il ne voyait plus ses amis. L'absence de contacts avec sa famille vivant au Kosovo et en Bulgarie ne constituait pas un élément suffisant pour admettre qu'il se trouvait dans une situation personnelle grave en cas de retour dans l'un de ses pays d'origine. L'état de santé du recourant n'était pas non plus de nature à s'opposer à une expulsion pénale hors du territoire suisse. Celui-ci n'était en effet plus soumis à aucun traitement médical visant à soigner la dépression et les angoisses dont il prétendait souffrir. Au demeurant, le site du DFAE indiquait, s'agissant des soins médicaux, que ceux-ci étaient assurés tant au Kosovo qu'en Bulgarie. La cour cantonale n'a pas retenu, au vu des éléments précités, qu'une expulsion mettrait le recourant dans une situation personnelle grave, de sorte que la première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP n'était ainsi pas satisfaite. En outre, elle a estimé que l'intérêt public à son expulsion l'emportait sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse. Le recourant avait des antécédents judiciaires particulièrement nombreux dès lors qu'il avait déjà été condamné à sept reprises - dont deux fois à des peines de prison ferme - avant le jugement du 30 juin 2021 et qu'une procédure pénale ouverte à son encontre était encore pendante. L'assistance de probation dont il avait bénéficié en 2021 n'avait pas suffi à le détourner de la délinquance dans laquelle il s'était installé au cours de la dernière décennie. Le risque de récidive était significatif, ce qui constituait un critère important sous l'angle de l'art. 66a al. 2 CP. Au vu du nombre, de la nature et de la diversité des infractions commises, force était de constater que le recourant représentait une menace réelle pour la Suisse.