Citation: I 706/04 11.05.2005 E. 5

Cela étant, quelles que puissent être les divergences qui opposent les docteurs G.________ et A.________, force est de constater que le trouble somatoforme dont est affectée la recourante ne présente pas un caractère invalidant au regard des principes jurisprudentiels exposés ci-dessus. 5.1 L'existence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée doit être niée. Certes, les docteurs G.________ et A.________ ont-ils tous deux retenu l'existence d'un trouble dépressif majeur, lequel se trouvait d'ailleurs à un stade plus ou moins avancé de rémission. Or, selon la doctrine médicale (cf. notamment Dilling/Mombour/Schmidt [éd.], Internationale Klassifikation psychischer Störungen, ICD-10 Kapitel V [F], 4ème édition, p. 191) sur laquelle se fonde le Tribunal fédéral des assurances, les états dépressifs constituent des manifestations (réactives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'ils ne sauraient faire l'objet d'un diagnostic séparé (ATF 130 V 358 consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, op. cit., p. 81, note 135). Quant aux troubles ou traits de la personnalité relevés par les médecins précités, ils ne présentent pas en l'espèce un caractère de gravité tel qu'ils devraient être assimilés à de véritables atteintes à la santé psychique ayant valeur de maladie. 5.2 Reste à examiner la présence éventuelle d'autres critères, dont le cumul permet d'apprécier le caractère invalidant du trouble somatoforme. S'il convient de tenir pour établie la présence d'un processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable, on ne saurait par contre considérer que la recourante subit une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. Elle a en effet déclaré à la doctoresse A.________ que sa vie sociale demeurait normale, puisqu'elle voyait régulièrement ses amis et les membres de sa famille et retournait régulièrement dans son pays d'origine pour les vacances. Elle conservait également des contacts privilégiés avec ses deux filles, particulièrement avec la cadette dont elle s'était rapprochée depuis l'interruption de son activité lucrative. Au regard de l'ensemble des pièces versées au dossier, il n'y a pas davantage lieu de conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique, ou à l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art. Sur ce dernier point, le docteur G.________ a d'ailleurs souligné que malgré des capacités introspectives limitées, une thérapie de soutien pourrait être bénéfique à l'assurée. Or, il ne ressort pas du dossier qu'une telle mesure ait été entreprise, malgré la volonté exprimée par la recourante. 5.3 Sur le vu de ce qui précède, il apparaît que le trouble somatoforme ne se manifeste pas avec une sévérité telle que, d'un point de vue objectif, la mise en valeur de la capacité de travail de la recourante ne peut plus être raisonnablement exigée de sa part. La mise en oeuvre d'une expertise complémentaire en vue d'éclaircir la situation ne se justifie pas.