Citation: 5A_358/2023 E. 5.3.1

5.3.1. Dans le prolongement de la critique précédente (cf. consid. 5.2.1), les recourants exposent qu'en réalité la question d'une éventuelle renonciation à la servitude ne se posait pas et que les les époux C.________ l'avaient construite comme prétexte pour obtenir la radiation de la servitude dans le seul but d'agrandir la surface utilisable de leur jardin. La question pertinente était donc uniquement celle de savoir s'il existait des motifs objectifs pour avancer de seulement 80 cm la haie déjà existante, correspondant à la largeur de l'assiette de la servitude. Or, de tels motifs faisaient défaut, dans la mesure où l'aspect visuel resterait le même et qu'au contraire, un tel avancement aurait pour conséquence de rendre le Chemin N.________ encore plus dangereux pour les piétons et serait susceptible de causer des dégâts aux véhicules. L'ordonner, alors qu'il n'était pas nécessaire, contrevenait non seulement à l'art. 734 CC, mais également au principe de proportionnalité consacré à l'art. 36 Cst. Dans ce contexte, les recourants reprochent encore à la Cour de justice d'avoir violé leur droit d'être entendus garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. et leur droit à la preuve selon l'art. 8 CC en omettant de tenir compte de plusieurs faits qu'ils avaient allégués et prouvés. Ils font valoir que ces éléments seraient pertinents pour la résolution du litige dans la mesure où ils démontraient que l'exercice de la servitude pouvait continuer et que la suppression du passage existant n'était pas nécessaire pour permettre au Chemin N.________ de retrouver son aspect d'origine. Ils invoquent en outre une violation de l'art. 734 CC en tant que la Cour de justice aurait considéré que " les intimés C.________ [avaient] apporté la preuve de la renonciation ".