Citation: 2A.326/2000 30.10.2000 E. 1

Or, il s'agit d'un domaine où la jurisprudence se montre particulièrement rigoureuse (cf. ATF 122 II 433 consid. 2c p. 436). La protection de la collectivité publique face au développement du marché de la drogue constitue incontestablement un intérêt public prépondérant justifiant l'éloignement de Suisse d'un étranger qui s'est rendu coupable d'infraction grave à la loi sur les stupéfiants. Les étrangers qui sont mêlés au commerce des stupéfiants doivent donc s'attendre à faire l'objet de mesures d'éloignement (arrêt non publié du 26 février 1998 en la cause Mustafa, consid. 5b). En outre, il n'est pas possible, au vu du dossier, de considérer que, désormais, tout risque de récidive peut être raisonnablement exclu. Au contraire, le recourant ne s'est jamais soumis à une thérapie en profondeur et il s'est investi au minimum lors de son placement au Centre X.________, mesure à laquelle les experts-psychiatres étaient pourtant favorables. On peut ainsi craindre une rechute, bien que l'intéressé ait apparemment évolué de façon positive depuis sa sortie de prison. Par ailleurs, le recourant est en Suisse depuis 1991. Toutefois, la durée de ce séjour n'est pas déterminante. En effet, le Tribunal fédéral a déjà admis l'expulsion d'un étranger titulaire d'une autorisation d'établissement, condamné à trois ans d'emprisonnement pour trafic de stupéfiants, qui était en Suisse depuis plus de dix ans (arrêt non publié du 15 janvier 1997 en la cause Haliti, consid. 2c). De plus, le recourant a vécu dans son pays d'origine durant quelque dix-sept ans et il y a encore des attaches familiales importantes. L'impossibilité pour l'intéressé de poursuivre son séjour en Suisse pourrait certes s'avérer lourde de conséquences pour sa femme, qu'elle le suive ou non à l'étranger. Cependant, l'intérêt public à l'éloignement de Suisse du recourant l'emporte sur l'intérêt de ce dernier à pouvoir continuer à vivre en Suisse avec sa femme, dont les condamnations pénales démontrent au surplus une mauvaise intégration. Ainsi, en confirmant le refus de prolonger l'autorisation de séjour de l'intéressé, le Tribunal administratif n'a pas violé le droit fédéral. Dès lors, il n'est pas nécessaire d'examiner si, en outre, la conduite du recourant, dans son ensemble, et ses actes permettaient de conclure qu'il ne voulait pas s'adapter à l'ordre établi en Suisse (cf. l'art. 10 al. 1 lettre b LSEE).