Citation: 5A_2/2023 E. 1

Dans son rapport du 17 juin 2020, H.________ SA a indiqué que le prêt consenti par B.________ ayant été transféré à G.________ LLC sous forme d'un apport en capital et compte tenu de l'art. 5 du contrat de prêt du 7 novembre 2013, celui-ci ne pouvait être remboursé que par une diminution du capital social ou un produit de liquidation de G.________ LLC. Ces conditions n'étant pas réalisées, les sommes versées à B.________ en 2017 correspondaient à des distributions indues devant être restituées conformément à l'art. 678 al. 2 CO. Une créance à l'encontre de ce dernier devait donc être comptabilisée dans les comptes de A.________ SA à ce titre. Les comptes 2013 à 2018 rectifiés de A.________ SA ont été approuvés par l'assemblée générale, étant précisé que B.________ a voté contre et C.________, usant de sa voix prépondérante, pour. Une action en annulation de ces décisions est actuellement pendante par-devant les juridictions civiles. A.e.b. A teneur de son bilan 2016 corrigé, les fonds propres nets de A.________ SA s'élevaient à 3'841'260 fr. 40 au 31 décembre 2016 (564'582 fr. 38 d'actifs circulants + 10'031'135 fr. 98 d'actifs immobilisés, dont 4'955'000 fr. de participations dans ses filiales - 6'754'457 fr. 96 de fonds étrangers). A.f. Par courrier du 1 er juillet 2021, A.________ SA a mis B.________ en demeure de lui restituer la somme de 2'495'337 fr. avant le 8 juillet 2021. A.g. Le 26 juillet 2021, A.________ SA a requis du Tribunal de première instance de Genève (ci-après: tribunal) le séquestre à concurrence de 2'296'500 fr., de divers biens appartenant à B.________, séquestre qui a été ordonné le même jour. Par jugement du 23 septembre 2021, le tribunal a admis l'opposition du séquestré et a révoqué en conséquence l'ordonnance de séquestre, au motif que A.________ SA n'avait pas rendu vraisemblable l'existence d'une créance en restitution fondée sur l'art. 678 al. 1 CO. Par arrêt du 27 janvier 2022, la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: cour de justice) a rejeté le recours interjeté par A.________ SA. En substance, elle a confirmé l'irrecevabilité, car produit tardivement, du rapport de H.________ SA du 17 juin 2020 et l'appréciation selon laquelle la recourante n'avait pas rendu vraisemblable une créance fondée sur l'art. 678 al. 2 CO, en particulier le fait que les versements effectués en mains de l'intimé en 2017 seraient intervenus en disproportion évidente avec sa situation économique, étant précisé que seule l'année 2017 était pertinente, et que les versements litigieux étaient intervenus sur l'initiative de la recourante, compte tenu des courriels échangés le 12 juillet 2017. A.h. En vue de l'assemblée générale de A.________ SA, I.________ SA, organe de révision, a établi un rapport le 23 septembre 2021, à teneur duquel les versements effectués en mains de B.________ en 2017 constituaient des distributions indues au sens de l'art. 678 al. 2 CO et devaient être restituées. Les états financiers clos le 31 décembre 2019, validant cette créance en restitution, dépendaient toutefois de l'issue de la procédure en annulation des décisions prises lors de l'assemblée générale du 17 décembre 2020. Il ressort du procès-verbal de cette assemblée générale que I.________ SA a précisé que les appréciations contenues dans son rapport étaient fondées sur les explications fournies par l'ancien conseil de A.________ SA.