Citation: 1B_483/2018 E. 2.4

2.4. Conformément au principe de la proportionnalité ancré à l'art. 36 al. 3 Cst., le juge de la détention doit ensuite examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention. Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Le juge de la détention n'est en particulier pas limité par la liste énoncée à l'art. 237 al. 2 CPP et peut également, le cas échéant, assortir la/les mesure (s) de substitution de toute condition propre à en garantir l'efficacité (ATF 142 IV 367 consid. 2.1 p. 370). Le recourant soutient que les mesures de substitution ordonnées à son encontre - dont l'impossibilité de disposer de ses papiers d'identité afin de pouvoir se rendre à l'étranger - entraveraient sa réinsertion socio-professionnelle, notamment en lui faisant encourir le risque de perdre son emploi. La cour cantonale n'a pas ignoré les désagréments liés aux mesures de substitution ordonnées, tant sur le plan de l'avenir professionnel du recourant que sur celui de l'atteinte alléguée à sa santé. Elle a cependant considéré, à juste titre, que vu le risque de fuite existant et l'absence d'autres mesures moins incisives propres à le pallier - le recourant n'en proposant au demeurant aucune autre -, ces mesures demeuraient proportionnées. En tout état de cause, le principe de proportionnalité ne saurait être violé du seul fait que les mesures ordonnées entraînent pour le recourant certaines contraintes, caractéristique inhérente à leur prononcé vu le but poursuivi, à savoir empêcher ou réduire un risque existant. Le principe susmentionné est d'autant moins violé par leur mise en oeuvre qu'elles tendent aussi à prévenir et à réduire les atteintes à la liberté personnelle qui découlent d'un placement en détention avant jugement. On relève en outre que les mesures en cours n'empêchent pas le recourant de suivre les traitements nécessaires à son état de santé. I l n'a pas non plus dû mettre un terme à son activité professionnelle à la suite d'un premier refus de restitution de ses papiers d'identité en septembre 2017 (cf. les courriers relatifs aux démarches entreprises dans ce sens); le recourant ne prétend d'ailleurs pas que son employeur - a priori un ami proche (cf. l'ordonnance du Tmc du 27 février 2017 consid. 9 p. 6) - aurait ignoré au moment de l'engager sa situation particulière, respectivement les limites que celle-ci pouvait impliquer.