Citation: H 244/04 21.02.2006 E. 1

Quant à l'OFAS, il fait valoir que la mauvaise situation financière de la société n'était pas due à un manque passager de liquidités mais à un manque de compétitivité, comme l'a laissé entendre l'intimé au cours de son audition devant la Commission cantonale genevoise de recours en matière d'AVS/AI le 19 novembre 2002. Aussi, en laissant augmenter l'arriéré de cotisations par la poursuite de l'exploitation, l'administrateur a fait supporter à la caisse le risque d'un échec financier. Par ailleurs, en emménageant dans des locaux plus coûteux, l'intéressé a préféré augmenter les charges de la société plutôt que de s'acquitter des cotisations encore dues. Au demeurant, ce déménagement n'a pas assaini la situation en augmentant le chiffre d'affaires, mais a précipité la chute de l'entreprise après une période d'à peine plus d'une année. Aussi, les mesures prises par l'intimé ne sont-elles pas de nature à exclure sa responsabilité au sens de l'art. 52 aLAVS. 4.2 Contrairement au point de vue de la juridiction cantonale, il ne suffit pas que l'administrateur ait pris certaines mesures en vue d'assainir la société pour qu'il soit libéré de l'obligation de réparer le préjudice causé à la caisse. Il faut bien plutôt examiner si, au moment où il a pris des mesures nécessitant le report du paiement des cotisations, l'employeur avait des raisons sérieuses et objectives de penser qu'il pourrait s'acquitter de sa dette dans un délai raisonnable. A cet égard, le fait que l'intimé a cru qu'il pourrait assurer la survie de la société grâce à l'apport de la somme de 250'000 fr. ne permet pas encore de considérer qu'il existait des raisons sérieuses et objectives de croire au règlement des cotisations en souffrance. Au demeurant, l'intéressé lui-même avait des doutes au sujet de la viabilité de la société, puisqu'il a laissé entendre, lors de son audition devant la Commission cantonale genevoise de recours en matière d'AVS/AI, que le marché était devenu très compétitif. Quoi qu'il en soit, comme l'a constaté la juridiction cantonale - de manière qui lie le Tribunal fédéral des assurances (cf. consid. 1) -, la société a rencontré dès 1997 d'importantes difficultés de paiement, au point qu'elle ne s'est plus acquittée des cotisations AVS/AI dans les délais et n'a même plus fourni les attestations de salaires annuels en temps utile. Aussi, lorsqu'il a pris le risque d'augmenter les charges de la société - en emménageant dans des locaux plus coûteux - au détriment des cotisations encore dues, l'employeur n'avait-il pas de raisons sérieuses et objectives de penser qu'il pourrait, malgré ce choix, s'acquitter de sa dette dans un délai raisonnable. En outre, on ne voit pas pourquoi le fait que le montant des cotisations encore dues était relativement peu élevé justifiait que l'intimé retardât leur paiement en vue de faire face à une augmentation des charges de la société. Cela étant, on ne saurait partager le point de vue de la juridiction cantonale, selon lequel l'intimé ne doit pas répondre du préjudice qu'il a causé à la recourante en retardant intentionnellement le paiement des cotisations dues.