Citation: 1B_237/2018 E. 4.3

4.3. Conformément au principe de la proportionnalité ancré à l'art. 36 al. 3 Cst., le juge de la détention doit examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention (ATF 142 IV 367 consid. 2.1 p. 370; 141 IV 190 consid. 3.1 p. 192). Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution la fourniture de sûretés (let. a), la saisie des documents d'identité et autres documents officiels (let. b), l'assignation à résidence (let. c), l'obligation de se présenter régulièrement à un service administratif (let. d), l'obligation d'avoir un travail régulier (let. e), l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f) et/ou l'interdiction d'entretenir des relations avec certaines personnes (let. g). L'art. 237 al. 3 CPP précise que, pour surveiller l'exécution de ces mesures, le tribunal peut ordonner l'utilisation d'appareils techniques qui peuvent être fixés à la personne sous surveillance. A cet égard, la cour cantonale a retenu que l'expert préconisait, en cas de condamnation, un placement en institution, considérant qu'un traitement ambulatoire serait insuffisant en l'espèce. La prise en charge psychothérapeutique auprès du Service de médecine pénitentiaire - préconisé par l'expert en sus d'un soutien offrant des repères stables, ainsi que la mise en place d'un suivi socio-judiciaire par le Service de probation - ne paraît ainsi pas susceptible d'assurer qu'en cas de libération, le risque de réitération aurait diminué dans une mesure suffisante afin de garantir la sécurité publique; on peut d'ailleurs d'autant plus en douter que le recourant assure n'avoir pas entamé un tel suivi (cf. p. 19 s. de son recours). S'il affirme être prêt à suivre un traitement, ainsi qu'à être placé dans un premier temps en institution, il ne donne toutefois aucune indication sur les possibilités immédiates existant à cet égard, éléments qui, le cas échéant, pourraient permettre d'avoir une autre appréciation du risque de récidive. Au regard des graves troubles dont souffre le recourant et du défaut de suivi thérapeutique en l'état, les autres mesures de substitution proposées ne paraissent pas à même de réduire d'une manière suffisante le danger retenu. En particulier, une interdiction de fréquentation des bars ou discothèques est difficilement vérifiable, dans la mesure au demeurant où tous les lieux potentiels pourraient être ciblés. De plus, les contrôles d'une interdiction de consommation d'alcool et/ou relatifs à une assignation à résidence le soir et la nuit ne permettent que de constater une éventuelle violation desdites interdictions, mais n'empêchent pas la commission d'éventuelle infraction. Or, vu la gravité du bien juridiquement protégé en cause et en l'absence de tout traitement, il y a lieu à ce stade de privilégier la sécurité publique.