Citation: 4A_660/2014 E. 3

Il est ainsi nécessaire d'examiner les chances de succès des moyens développés par la recourante à l'appui de ses conclusions d'appel. Le crédit ouvert par la banque était destiné à une société anonyme dont les époux F.X.________ et H.X.________ étaient censément tous deux actionnaires et administrateurs. Leur intérêt personnel et matériel, dans cette affaire, semblait donc indiscutable; d'un point de vue économique, par leur engagement solidaire souscrit le 13 octobre 1988, ils n'intercédaient pas pour un tiers débiteur mais ils agissaient aux fins de leur propre activité commerciale. Pour autant que la situation réelle correspondît à cette apparence, l'engagement solidaire était incontestablement valable et opposable, en particulier, à l'épouse F.X.________ (cf. arrêt 4C.24/2007 du 26 avril 2007, consid. 5, SJ 2008 I 29). A supposer qu'il y eût divergence entre la réalité et l'apparence mais que la banque ignorât de bonne foi cette divergence, l'engagement n'en était pas moins valable en vertu du principe de la confiance qui régit l'interprétation des déclarations et manifestations de volonté entre cocontractants (cf. ATF 135 III 410 consid. 3.2 p. 412; 133 III 675 consid. 3.3 p. 681). En première instance, F.X.________ a offert de prouver que sa fonction d'administratrice présidente de U.________ SA, telle qu'inscrite sur le registre du commerce, était simulée et qu'elle-même n'avait en réalité aucun rôle ni intérêt dans la gestion de cette société. Elle offrait au surplus de prouver que cette simulation était connue de la banque. En appel, elle fait grief au Tribunal de première instance d'avoir indûment refusé l'administration des preuves offertes sur ces deux allégations, et elle réitère l'offre de preuves. Elle énumère six témoins dont elle requiert la citation et l'interrogatoire. L'un d'eux est son époux H.X.________, trois autres sont de proches amis du couple, et une cinquième personne est une ancienne collègue de l'appelante. Le sixième témoin, dont la fonction et la position ne sont pas plus précisément rapportées, était « cocontractant au sein [de la banque] ». Seul ce sixième témoin pourrait éventuellement déposer avec quelque force probante au sujet de ce que la banque connaissait ou ignorait au moment où elle a reçu l'engagement solidaire des époux X.________. Mais la connaissance que l'appelante impute à la banque semble d'emblée invraisemblable. On ne discerne pas comment le collaborateur de la banque aurait pu connaître, sinon par les auteurs de l'engagement solidaire, que l'un de ceux-ci, en réalité et contrairement à l'inscription portée sur le registre du commerce, ne prenait aucune part aux affaires de la société. On ne discerne pas non plus pour quel motif les époux auraient communiqué une information qui était de nature à compromettre l'octroi du crédit. Cela n'est pas expliqué dans le mémoire d'appel. De plus, à supposer que ce collaborateur ou ancien collaborateur de la banque eût réellement connu ce fait, et néanmoins prêté son concours à l'ouverture du crédit, il est très improbable qu'il vienne clairement avouer en justice une collusion peu conforme à ses devoirs professionnels. Dans ces conditions, la procédure probatoire requise par la recourante ne présente que des chances de succès très réduites, à tout le moins nettement inférieures aux risques d'échec. Il s'ensuit que l'appel semble également voué à l'échec. En pareille situation, un plaideur raisonnable et procédant à ses propres frais ne persisterait pas à contester la validité de l'engagement de codébiteurs solidaires. Au regard de la jurisprudence précitée relative à l'art. 117 let. b CPC, la décision présentement attaquée se révèle conforme à cette disposition, ce qui entraîne le rejet du recours.