Citation: 4A_4/2018 E. 4

Le Tribunal de première instance a tenu sept audiences consacrées à des débats d'instruction et à l'administration de preuves, celles-ci consistant dans l'interrogatoire d'organes des parties et dans l'audition de témoins. Le 25 février 2016, à l'issue de la dernière de ces audiences, le tribunal a imparti des délais pour le dépôt de mémoires finals. Le 17 mai suivant, la défenderesse a informé le tribunal qu'elle avait déposé plainte pénale contre les organes de W.________ SA; elle a produit cette plainte et ses annexes, y compris un rapport d'expertise privée destiné à établir les malfaçons de la marchandise livrée. Le tribunal a jugé cette preuve irrecevable parce qu'introduite tardivement. Contrairement à l'opinion de la défenderesse, ce jugement est entièrement conforme à l'art. 229 CPC relatif à l'introduction de faits et de moyens de preuve nouveaux. Selon la jurisprudence concernant cette disposition, les parties ne jouissent en principe, en procédure ordinaire, que de deux occasions d'alléguer des faits et d'offrir des preuves; en l'occurrence, la défenderesse pouvait le faire d'abord lors de l'échange d'écritures initial, c'est-à-dire dans son mémoire de réponse à la demande, et ensuite, pour la dernière fois, lors des débats d'instruction (cf. ATF 144 III 67 consid. 2 p. 68). Une offre de preuve plus tardive n'était recevable qu'aux conditions restrictives énoncées à l'art. 229 al. 1 CPC, dont la défenderesse ne prétend pas qu'elles fussent accomplies.