Citation: 4P.274/2006 18.04.2007 E. 4

A l'appui de son troisième grief, la recourante énumère dans un complet désordre une série de constatations qui auraient été retenues arbitrairement par l'autorité cantonale. 4.1 X.________ soutient que la Cour de justice aurait constaté de manière insoutenable que l'intimée ne devait pas présumer que les valeurs patrimoniales transitant sur le compte γ provenaient d'un crime, cela alors que Z.________ n'avait pas procédé à l'identification de l'arrière-plan économique de la relation d'affaires qu'elle avait conclue avec C.________. Le moyen a en réalité trait à l'appréciation des fautes qu'aurait commises l'intimée. Ressortissant au droit fédéral (ATF 115 II 285 consid. 1a), il peut être examiné en instance de réforme, de sorte qu'il est irrecevable au vu de la subsidiarité absolue du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ). 4.2 Pour la recourante, l'autorité cantonale aurait affirmé de façon grossièrement erronée qu'il n'y avait pas de corrélation directe et immédiate entre les crédits et les débits du compte γ. Faute d'indiquer les pièces qui contrediraient cette constatation, la critique est totalement irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ). 4.3 La Cour de justice aurait fait montre d'arbitraire en constatant que le compte γ n'était pas un compte de passage typique. La recourante allègue qu'il s'agissait au contraire d'un compte de "Grand Passage", caractéristique du blanchiment d'argent. Elle se demande encore s'il s'agissait bien là d'un placement typique d'une banque de gestion de fortune. A cet égard, il a été retenu ce qui suit, sans que l'arbitraire soit démontré. Les débits enregistrés sur le compte γ ne succédaient pas immédiatement aux sommes qui y avaient été créditées et ils portaient souvent sur des montants inférieurs à celles-ci; il n'était pas inhabituel que les nouveaux clients de l'intimée fassent d'abord usage du trafic des paiements assuré par Z.________ avant de lui confier ultérieurement des fonds à gérer; enfin, C.________ a toujours laissé des avoirs non négligeables (i.e. entre 2'000'000 US$ et 6'000'000 US$) sur les deux comptes qu'il détenait à Z.________. Ces éléments factuels retirent tout arbitraire à la constatation critiquée. 4.4 La recourante prétend que la cour cantonale a raisonné à l'envers en ayant écrit, à la page 22 de l'arrêt cantonal, "en l'absence de blanchiment, l'intimée ne devait soupçonner son client d'office ...". La Cour de justice aurait ainsi présupposé comme fait admis l'absence de blanchiment. La recourante a tronqué le passage incriminé, puisque les juges cantonaux ont retenu que Z.________ n'avait pas de soupçons à avoir d'office contre C.________ "en l'absence d'indices de blanchiment". Le prétendu présupposé de l'autorité cantonale est inexistant. 4.5 En admettant que l'intimée n'avait aucun devoir d'exiger de C.________ la production de documents écrits à propos des commissions pétrolières que celui-ci disait percevoir d'affaires conclues à W.________, la cour cantonale aurait apprécié arbitrairement les faits. A l'appui de sa thèse, la recourante invoque des Recommandations émises par le Groupe d'action financière sur la blanchiment de capitaux (GAFI) mises à jour en 1996, envers lesquelles l'arrêt déféré serait en complet décalage. X.________ fait part encore de ses craintes qu'une confirmation de l'arrêt cantonal amène le GAFI à considérer que la Suisse soit un Etat récalcitrant à lutter contre la criminalité économique. Derechef, la critique ressortit pour l'essentiel à un problème de droit, à savoir la manière dont les manquements à la diligence qui pourraient être reprochés à l'intimée doivent être appréciés, d'où son irrecevabilité (art. 84 al. 2 OJ). S'agissant des Recommandations du GAFI, la recourante ne précise même pas, au mépris de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, avoir présenté des allégations, selon les formes de la procédure cantonale, en établissant le contenu. Quant au rapport que la Suisse entretient avec le GAFI, groupe rassemblant en particulier des représentants des Etats membres du G-7, créé en 1989 à Paris lors d'un sommet desdits Etats, il relève de la politique internationale menée par la Confédération, domaine complètement étranger au différend de droit privé divisant les plaideurs. Le moyen est irrecevable. 4.6 A suivre la recourante, la Cour de justice aurait totalement occulté le fait que H.________ et I.________ ont été inculpés en France de blanchiment aggravé pour le même complexe de faits. La critique n'est qu'une simple reprise du grief examiné au ch. 2.1.3 ci-dessus. Il n'y a pas lieu d'y revenir.