Citation: 5C.75/2003 09.07.2003 E. A

A.a P.O.________ et ses soeurs étaient propriétaires indivis de l'article 242 plan no 6 de la commune de X.________. Après division du bien-fonds en deux parcelles portant, au nouvel état, les nos 242 et 1738, ils ont, par acte authentique du 10 mars 1988, conclu avec S.________ SA une promesse de vente et d'achat de l'immeuble no 242 et concédé à la société un droit d'emption sur celui-ci. S.________ SA s'est engagée à accorder au propriétaire du no 1738 un droit de passage à pied et pour tous véhicules sur le n° 242, dont l'assiette serait fixée ultérieurement. S.________ SA a exercé son droit d'emption en signant le 31 octobre 1989 une convention qui prévoyait également la constitution d'une servitude de passage à pied et à tous véhicules à charge de la parcelle no 242, selon un plan annexé. Le 14 décembre 1989, la réquisition d'inscription de cette servitude a été adressée au registre foncier; le plan annexé consistait en un projet de verbal de géomètre signé par les parties sur lequel était indiqué grossièrement le tracé de la servitude. L'inscription a été opérée sous le libellé servitude de passage à pied et à véhicule, CH 242 D 1738, avec la référence PJ 20444-X.________. Par la suite, P.O.________, qui était devenu propriétaire unique du no 1738, est intervenu fréquemment auprès de S.________ SA pour que l'assiette définitive de la servitude soit déterminée. A.b Par acte authentique du 27 août 1996, S.________ SA a divisé le no 242 (désigné ci-après par le qualificatif ancien) en quatre immeubles portant, au nouvel état, les nos 242, 2817, 2762 (non concerné par le présent litige) et 2809. La servitude n'a été reportée que sur l'article 2817 d'une surface de 143 m2 correspondant au tracé initial du passage figurant sous PJ 20444-X.________. P.O.________ n'a pas été interpellé au sujet de ce report. Par ce même acte, S.________ SA a vendu les immeubles nos 2762 et 2809 à neuf personnes, qui, le même jour, ont soumis la parcelle no 2809 au régime de la propriété par étages, dont elles ont vendu des unités à seize acquéreurs. S.________ SA est demeurée propriétaire des articles 242 et 2817. A.c Le 15 octobre 1997, P.O.________ a fait tracer un plan de route, puis, le 26 février 1998, une variante de celui-ci. A.d Le 16 janvier 1998, alors que la construction d'un immeuble (chalet A.________) sur la parcelle no 2809 était prévue pour le printemps suivant, P.O.________ a saisi le Juge du district de Sierre d'une requête tendant à faire interdiction à H.________ SA, administratrice de la copropriété par étages, et à S.________ SA d'entreprendre des modifications ou constructions sur les parcelles nos 2809 et 2817. Le 18 mars suivant, se référant au plan du 15 octobre 1997, S.________ SA a informé le juge que la construction telle qu'autorisée ne compromettait pas la mise en place du passage provisoire. Lors de l'audience du 24 mars 1998, l'architecte de S.________ SA a confirmé que l'immeuble n'empiétait pas sur le passage. S.________ SA s'est en outre engagée à ne prétériter en rien la possibilité d'aménagement du chemin revendiqué par P.O.________, sous la condition que celui-ci ouvre action au fond jusqu'au 1er mai 1998. P.O.________ n'a pas introduit de demande dans ce délai.