Citation: 5A_913/2020 E. 5.1

5.1. En l'espèce, le juge précédent a retenu, en bref, que la personne concernée souffre d'une schizophrénie chronique et que la lecture du dossier démontre que la prétendue " indépendance " de l'intéressé dans sa gestion administrative et financière, voire dans sa vie personnelle, n'existe manifestement pas; en outre, ses dettes sont essentiellement des crédits à la consommation qu'il a contractés avant 2014 et dont le remboursement n'a pas été possible faute de moyens financiers, et non par la faute de son curateur actuel. C'est donc à juste titre que l'APEA a considéré que les conditions qui justifient la mesure de curatelle sont toujours d'actualité. Au demeurant, l'arrêt 5A_764/2014 que le Tribunal fédéral a rendu le 3 octobre 2014 n'a pas annulé la décision de l'APEA du 16 juin 2014; celle-ci levait certes une mesure de curatelle décidée en septembre 2013, mais pour en instituer une nouvelle avec un cercle de tâches plus étendu. Le magistrat précédent a encore constaté que la personne concernée n'a fait valoir aucun grief au sujet de l'examen ou de l'approbation des comptes et n'a pas prétendu qu'ils seraient incomplets ou ne tiendraient pas compte de l'inventaire, ou encore qu'ils ne correspondraient pas aux pièces comptables justificatives. L'intéressé critique le contenu des rapports d'activité du curateur en se bornant à opposer sa propre vision de la situation aux constatations de ce dernier, qui sont pour l'essentiel étayées par des pièces du dossier. Quant aux nombreux reproches à l'endroit du curateur, ils sont injustifiés; quoi qu'il en soit, ils devraient être invoqués à l'appui d'une action en responsabilité, et non pas dans le recours contre la décision d'approbation des comptes. En dépit des relations difficiles entre la personne concernée et son curateur, rien ne démontre que celui-ci, curateur professionnel bénéficiant d'une grande expérience, serait incapable d'accomplir correctement son mandat, bien au contraire. Enfin, vu l'importante activité déployée par le curateur, la rémunération fixée par l'APEA est pleinement justifiée; pour le surplus, le fait de mettre cette rétribution à la charge de la commune de domicile de l'intéressé, qui reste tenu de la rembourser s'il revient à meilleure fortune, est conforme au système légal.