Citation: 5A_593/2014 E. 3.2

3.2. Le recourant considère que l'arrêt cantonal est arbitraire dans son résultat en tant qu'il fixe une contribution d'entretien sans que la question de savoir si son montant était effectivement nécessaire pour maintenir le train de vie antérieur de l'intimée et couvrir le coût de l'entretien des enfants ait été examinée. Il reproche à la cour cantonale d'être partie d'emblée du principe que l'intimée pouvait prétendre à une contribution à son entretien avant même d'examiner quel était le train de vie du couple durant la vie commune et sans analyser si l'intimée disposait de revenus lui permettant d'assurer seule ce train de vie. Sauf à violer arbitrairement le principe selon lequel le maintien du train de vie antérieur constitue la limite supérieure du droit à l'entretien, la cour cantonale ne pouvait dès lors se contenter de répartir les revenus réalisés par les parties selon un pourcentage censé refléter une prétendue convention conclue durant la vie commune. Elle aurait plutôt dû, dans un premier temps, établir les dépenses concrètes nécessaires au maintien du train de vie de l'intimée et, ensuite, examiner si celle-ci est en mesure de maintenir son train de vie avec ses propres revenus. Or tel était le cas, l'intimée disposant de ressources qui excèdent largement le montant nécessaire au maintien de son train de vie antérieur. La décision entreprise permettait ainsi, de manière arbitraire, à l'intimée de jouir d'un niveau de vie supérieur à celui qui était le sien avant la séparation. Elle conduisait en outre à un transfert de fortune qui anticipait sur la liquidation du régime matrimonial, ce qui était prohibé par la jurisprudence. S'agissant plus particulièrement du point de savoir si l'intimée est en mesure de maintenir son train de vie avec ses propres revenus, le recourant fait grief à l'autorité cantonale de s'être arbitrairement fondée sur un revenu mensuel net moyen de 12'577 fr. réalisé entre 2008 et 2010, alors même que la pension a été fixée dès juillet 2013 et qu'il ressort des pièces produites que les revenus de l'intimée ont augmenté depuis 2011 pour atteindre au moins 18'359 fr. par mois en moyenne. La constatation des juges précédents relative aux revenus mensuels moyens de l'intimée était donc manifestement inexacte et partant arbitraire. En ce qui concerne les dépenses indispensables au maintien du train de vie antérieur de l'intimée, le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir pris en considération le fait que celle-ci avait admis en procédure cantonale que ses dépenses mensuelles se limitaient au maximum à 9'503 fr. 20. Il s'agissait là d'un aveu judiciaire dont l'omission consacrait une violation de l'interdiction de l'arbitraire et du droit d'être entendu. La cour cantonale n'avait, quoi qu'il en soit, procédé à aucune estimation concrète du train de vie antérieur de l'intimée, l'arrêt attaqué ne comportant aucune indication relative aux charges de cette dernière, alors même qu'elle avait établi un budget et produit les pièces y relatives. L'arrêt entrepris était de ce point de vue lacunaire; il ne contenait en effet aucune justification permettant de comprendre pour quelles raisons les juges précédents s'étaient écartés de l'estimation faite par l'intimée, qui supportait pourtant le fardeau de la preuve de ses dépenses. L'arrêt entrepris consacrait au surplus une autre violation de l'interdiction de l'arbitraire en tant que la cour cantonale avait omis de déduire la charge fiscale du couple du revenu mensuel net disponible des parties pour la période 2008-2010. L'omission de prendre en compte cette charge - s'élevant à 14'000 fr. par mois selon les pièces produites - exerçait une influence directe sur le montant de la contribution d'entretien. En ce qui concerne les enfants, le recourant fait grief aux juges précédents d'avoir fixé la contribution qui leur est due en appliquant, sans aucune motivation, un pourcentage " abstrait et linéaire ", qui, de manière arbitraire, ne tient compte ni des besoins effectifs et concrets des enfants ni du fait qu'il participe, à hauteur de 40%, à leur prise en charge en nature durant l'exercice de son large droit de visite. On ne comprenait en outre pas, à la lecture de l'arrêt, pour quels motifs les deux enfants devraient jouir d'une pension identique alors qu'il n'est pas contesté que les charges effectives de C.________, scolarisé en collège public, sont inférieures à sa soeur, qui fréquente une école privée. Il y avait donc lieu de fixer la pension de C.________ en fonction de ses besoins concrets, soit 2'600 fr. par mois.