Citation: 4A_348/2009 06.01.2010 E. A

A la fin des années 1990, X.________ SA (ci-après: X.________) et Y.________ SA (ci-après: Y.________), deux sociétés étatiques roumaines ayant repris de la Compania T.________ les droits et obligations découlant du contrat conclu à cet effet, ont confié au consortium composé de la société finlandaise V.________ Limited (ci-après: V.________; alors dénommée A.________ Ltd), de la société allemande B.________ GmbH (ci-après: B.________; société absorbée en 2006 par W.________ GmbH) et d'un tiers l'exécution de travaux en vue de la réhabilitation et de la modernisation d'une unité d'une centrale électrique sise en Roumanie. En vertu d'une clause ad hoc insérée dans le contrat en question, les différends relatifs à l'exécution de celui-ci devaient être soumis, au préalable, à un adjudicator, le professeur R.________, qui rendrait une décision à leur sujet. La partie non satisfaite de la décision prise par ce spécialiste pourrait saisir un tribunal arbitral de trois membres statuant sous l'égide de la Chambre de Commerce Internationale (CCI). Le siège de l'arbitrage était fixé à Zurich. Se fondant sur une disposition des conditions générales du contrat, V.________ et B.________, estimant que les deux sociétés roumaines n'avaient pas effectué à temps les paiements stipulés, ont suspendu l'exécution du contrat entre le 17 mai 2000 et le 13 janvier 2003.