Citation: 2C_365/2020 E. 4.4

4.4. La recourante tente de contester l'appréciation effectuée par l'autorité précédente en se fondant sur des faits qui n'ont pas été retenus par cette autorité, comme par exemple les prétendus liens de certains témoins de la procédure pénale avec son époux. Or, il n'y a pas lieu de prendre en compte des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt entrepris (cf. consid. 2.1 ci-dessus). Certes, durant la procédure, la recourante a produit divers documents médicaux attestant notamment d'une atteinte à sa santé psychique. Il convient néanmoins de retenir que le Tribunal administratif fédéral a procédé à une appréciation des moyens de preuve produits. La recourante ne conteste pas cette appréciation et il n'y a donc pas lieu d'y revenir (art. 105 al. 1 LTF). On relèvera malgré tout qu'une solution contraire n'aurait à tout le moins pas été choquante, compte tenu en particulier du fait que le jugement pénal a été prononcé en application du principe in dubio pro reo (principe qui n'a au demeurant pas de portée plus large que l'interdiction de l'arbitraire [ATF 145 IV 154 consid. 1.1 p. 156 et les références]). L'appréciation des preuves effectuée doit toutefois être considérée comme étant dénuée d'arbitraire. En effet, si l'on ne doit pas minimiser les rapports médicaux (qui font en particulier état d'un syndrome post-traumatique) et ceux des centres de consultation, il convient néanmoins, comme l'a fait l'autorité précédente de manière pleinement soutenable, de relever qu'ils sont pour le moins peu probants pour traiter de la question des violences conjugales, puisque le rapport du centre de consultation LAVI fait référence à des infractions qui n'étaient pas prouvées et que les rapports médicaux ont été établis sur les seules déclarations de la recourante, postérieurement à la séparation. L'ensemble de ces éléments de fait, apprécié sans arbitraire par le Tribunal administratif fédéral, exclut donc l'existence d'un cas de violence conjugale au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEtr. A cela s'ajoute, tel que l'a justement relevé l'autorité précédente que, lorsqu'un mariage est célébré rapidement et qu'il échoue après peu de temps car les époux se sont mépris sur leur partenaire respectif et le comportement de celui-ci, il ne saurait être question de contrainte psychologique pertinente au sens de l'art. 50 al. 2 LEtr (arrêt 2C_293/2017 du 30 mai 2017 consid. 3.1 et la référence). Or en l'espèce, les époux se sont mariés environ neuf mois après s'être connus sur un site de rencontre et se sont séparés à peine plus d'une année après la célébration de leur union. La recourante cite ensuite diverses jurisprudences, qu'elle estime semblables à sa cause et pertinentes en l'espèce. Il en va ainsi en premier lieu d'un arrêt du Tribunal administratif fédéral, dans lequel l'absence de condamnation pénale avait été considérée comme non pertinente pour reconnaître des violences conjugales (arrêt du Tribunal administratif fédéral C-6450/2012 du 30 juillet 2014). Cet arrêt ne lui est cependant d'aucun secours, dans la mesure où l'absence de condamnation faisait suite à un retrait de plainte de la part de la personne étrangère (arrêt du Tribunal administratif fédéral C-6450/2012 du 30 juillet 2014 consid. 6.2.2). L'arrêt 2C_361/2018 du 21 janvier 2019, également cité par la recourante, ne lui est pas plus profitable. Si, dans cet arrêt, le Tribunal fédéral avait effectivement constaté que les certificats médicaux et attestations du centre de consultation LAVI suffisaient à retenir l'existence de violences conjugales d'une intensité suffisante au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr, il n'y était pas question de procédure pénale et notamment pas d'une absence totale de condamnation de l'époux, comme c'est le cas dans la présente cause. Dans l'arrêt précité, le Tribunal fédéral avait en outre constaté que l'autorité de première instance avait elle-même reconnu l'existence de violence, mais pas d'une intensité suffisante, ce qui n'est pas le cas en l'occurrence, l'autorité précédente ayant nié l'existence de maltraitances systématiques unilatérales envers la recourante. Dans l'arrêt 2C_922/2019 du 26 février 2020, s'il était rappelé que l'ensemble des éléments de preuve devait être pris en compte (arrêt 2C_922/2019 du 26 février 2020 consid. 3.4), il n'était cependant pas question d'un jugement pénal libérant l'époux de la recourante de toute infraction (cf. arrêt 2C_922/2019 du 26 février 2020 consid. 5.1). Or en l'espèce, la prise en compte de l'ensemble des faits, arrêtés sans arbitraire par l'autorité précédente, et en particulier le jugement pénal relatif à l'époux de la recourante, ainsi que la valeur probante relative des divers documents remis, doit conduire à confirmer la position du Tribunal administratif fédéral.