Citation: 1P.544/2000 14.12.2000 E. 4

4.- Le recourant reproche en outre à l'autorité intimée d'avoir commis un déni de justice formel en n'entrant pas en matière sur le grief tiré de la violation du droit d'avertir un proche de son interpellation au motif arbitraire qu'il ne concernait pas une intervention de la police, au sens des art. 16 à 22 LPol, susceptible de faire l'objet d'une plainte auprès du Procureur général en application de l'art. 114A CPP gen. , mais qu'il relèverait de l'art. 107A CPP gen. Les art. 16 à 22 LPol ne renferment aucune disposition qui consacrerait le droit des personnes retenues au poste de police à des fins d'identification d'aviser des proches de leur interpellation. Par ailleurs, la plainte prévue par l'art. 114A CPP gen. est une voie de droit spécifique, de nature administrative, qui est ouverte contre les interventions de la police énumérées aux art. 16 à 22 LPol (cf. SJ 1986 p. 284 consid. 3 p. 286; Gabriel Aubert, Les interventions de la police en droit genevois, Genève 1985, p. 22). Elle n'exclut pas le dépôt d'une plainte pénale, d'une action civile ou disciplinaire ou d'une éventuelle action en responsabilité contre l'Etat à raison d'autres actes d'intervention de la police qui ne seraient pas couverts par ces dispositions ou pour faire valoir des droits qui ne découleraient pas expressément de celles-ci (cf. Mémorial des séances du Grand Conseil 1982, p. 394). Dans ces conditions, l'autorité intimée pouvait, au terme d'une interprétation certes formaliste mais encore soutenable du droit cantonal, admettre que le droit de la personne retenue au poste de police à des fins d'identification d'avertir un proche ne résultait pas des art. 16 à 22 LPol et que sa violation éventuelle ne pouvait pas être examinée dans le cadre de la plainte prévue par l'art. 114A CPP gen. ; en ne statuant pas sur ce grief, la Chambre d'accusation n'a pas commis un déni de justice formel ni violé le droit d'être entendu du recourant. Sur ce point, le recours se révèle mal fondé.