Citation: 8C_46/2018 E. A

A.________, né en 1958, possède un certificat fédéral de capacité (CFC) de vendeur. Il travaille depuis 1975 au service de la société B.________ et a été promu gérant du magasin B.________ à U.________ en 2005. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accidents auprès de la Swica Assurances SA (Swica). Le 25 août 2009, A.________ a fait une chute d'une centaine de mètres lors d'une randonnée en montagne. Il en est résulté un polytraumatisme (fracture ouverte du tibia-péroné Gustilo stade III à gauche; fractures de l'arc antérieur des 3ème, 4èmeet 5ème côtes à droite, des arcs postérieurs des 10èmeet 11ème côtes à droite avec contusion pulmonaire et hémothorax; atélectasie du poumon basal droit; fracture de l'apophyse transverse de L5 gauche; entorse de la cheville droite stade II; plaie frontale de 2 cm et plaie occipitale; perte de l'incisive centrale et latérale droite). La Swica a pris en charge le cas. L'assuré a subi diverses interventions chirurgicales. L'évolution, lente-ment favorable, a été marquée par un retard de consolidation de la fracture. Le 15 février 2010, l'assuré a repris à 50 % son travail de gérant de magasin à U.________, mais en raison d'un rendement insuffisant, la direction de la société B.________ l'a muté peu après dans un autre établissement à un poste de vendeur avec moins de responsabilités, sans modification de salaire. Swica a confié une expertise rhumatologique et psychiatrique au Bureau d'expertise médicales de Vevey [BEM] (rapport du 31 octobre 2012). Selon les experts, il existait des limitations fonctionnelles pour toute activité mettant en charge le membre inférieur gauche. Bien que l'assuré eût exprimé son souhait de rester dans son poste actuel de vendeur en rayon, ce travail était moins adapté que celui de gérant de magasin (l'incapacité de travail était de 25 % dans la première activité, respectivement de 10 % dans la seconde). Un travail respectant toutes les limitations décrites était exigible en plein. Ces conclusions ont fait l'objet d'une discussion entre Swica, l'assuré, l'employeur, et un conseiller en réadaptation professionnelle de l'assurance-invalidité (AI). A la suite de cette discussion, A.________ a été licencié de son poste de gérant au 31 mars 2013 et réengagé en qualité de chef de rayon à 100 % avec une incapacité de travail de 25 % prise en charge par Swica. Un nouveau bilan de la situation était prévu s'il se trouvait dans l'impossibilité d'assumer ce poste en plein à partir du 1er janvier 2014. Après une nouvelle intervention chirurgicale, A.________ n'a pas pu reprendre son travail de chef de rayon au-delà de 75 %. L'employeur lui a alors proposé une modification de son contrat de travail à un taux d'activité réduit de 50 % dès le 1er mai 2014, ce que le prénommé a accepté. Entre-temps, à la demande de Swica, la doctoresse C.________, rhumatologue au BEM, a réexaminé l'assuré. Dans son rapport du 14 avril 2014, elle a indiqué que la situation était stabilisée, mais sans retour à un statu quo ante compte tenu d'un dommage permanent à la jambe gauche. Dans le poste actuel de vendeur, non adapté en raison notamment de la position debout prolongée qui aggravait l'oedème de la jambe, la capacité de travail de l'assuré ne dépassait pas 50 %. Comme gérant de succursale, elle se montait à 80 %. Dans un poste de travail en position alternée, ne nécessitant pas de s'agenouiller et de travailler en terrain instable, elle atteignait 90 %. Le taux d'atteinte à l'intégrité s'élevait au total à 15 %. Par décision du 20 novembre 2015, Swica a mis fin aux indemnités journalières au 30 avril 2014. Elle a octroyé à l'assuré une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 15 %, mais refusé de lui allouer une rente provisoire de l'assurance-accidents compte tenu d'un degré d'invalidité de 9,35 %. Elle a retenu en outre qu'en absence de droit à une rente, le traitement médical de soutien dont l'assuré avait besoin au-delà du 30 novembre 2015 était à charge de l'assureur-maladie. Saisie d'une opposition, la Swica l'a écartée dans une nouvelle décision du 6 avril 2016.