Citation: 5A_445/2024 E. 3.1

3.1. En l'espèce, le magistrat cantonal a constaté que l'ordonnance du premier juge avait été notifiée au recourant le (lundi) 8 avril 2024, de sorte que le délai d'appel expirait le (jeudi) 18 avril 2024; selon l'extrait du suivi des envois de la Poste, l'envoi recommandé contenant l'acte d'appel a été trié en vue de sa distribution le (vendredi) 19 avril 2024 à 19h43 et distribué le (lundi) 22 avril suivant à 6h50. Cela étant, le juge précédent a interpellé la mandataire de l'appelant le 1er mai 2024, en se référant au mémoire d'appel daté du 18 avril 2024; il a exposé que l'enregistrement vidéo, envoyé le lendemain par courrier électronique, ne comportait pas " d'éléments permettant d'établir le dépôt en temps utile du pli, à savoir l'indication de la date et de l'heure du dépôt " et lui a imparti un délai au 9 mai 2024 pour se déterminer à ce sujet. Par courrier du 7 mai 2024, la mandataire de l'appelant a expliqué que son moyen de preuve avait été annoncé avant l'expiration du délai de recours et que son mémoire avait été déposé le 18 avril 2024 à 18h45 dans une boîte postale dont la dernière levée était à 19h00; en outre, elle a produit deux pièces nouvelles, à savoir deux captures d'écran de téléphone portable ( i.e. les données relatives à l'enregistrement vidéo et la photographie de cette vidéo). En droit, le juge précédent, après avoir constaté la teneur du suivi de l'envoi en cause, a rappelé que l'écriture de l'appelant était présumée avoir été remise à la poste le 19 avril 2024 seulement et a examiné si cette présomption avait été renversée. Il a considéré que tel n'était pas le cas. Il ressort de la vidéo qu'une enveloppe a été déposée dans une boîte aux lettres postale; l'enregistrement ne contient toutefois aucune indication quant à la date et à l'heure à laquelle la vidéo a été réalisée, qui prouverait que l'acte a bien été déposé en temps utile. Les pièces produites le 7 mai 2024 sont en outre tardives, partant irrecevables; en effet, l'invitation à se déterminer, du 1er mai 2024, visait à permettre à l'intéressé de prendre position sur l'enregistrement vidéo déjà versé au dossier, et non de produire de nouveaux moyens de preuve destinés à suppléer au défaut de force probante du moyen de preuve annoncé et produit; la production a posteriori de pièces complémentaires ne peut ainsi être admise aux fins de conférer une valeur probante à la pièce annoncée qui en était initialement dépourvue.