Citation: 4A_26/2023 E. 2.2.2

2.2.2. La réponse déposée en première instance est effectivement réduite à la portion congrue. Les recourants s'étaient contentés d'alléguer que Y.________ n'était plus propriétaire de l'objet du bail et que la résiliation répondait à un besoin propre. Devant l'autorité de céans, les recourants jouent la carte des faits notoires: le rendement des loyers serait notoirement justifié; les loyers litigieux se situeraient notoirement dans les limites des loyers usuels du quartier. Le Tribunal fédéral ne peut guère suivre cette thèse, qui entremêle le fait et le droit et adopte des prémisses factuelles qui sont tout sauf notoires. Les recourants ne sauraient se dispenser d'alléguer et de prouver les faits propres à contrer la réduction de loyer demandée, soit à établir que les loyers litigieux ne procurent pas un rendement excessif, respectivement se situent dans la norme de la localité ou du quartier (ATF 121 III 163 consid. 2d/aa p. 165 et ATF 122 III 257 consid. 4b, pourtant cités par les recourants). Les recourants voudraient retourner contre le locataire un argument qu'il avait brandi à titre subsidiaire: il les soupçonnait de vouloir relouer les locaux pour plus de 2'000 fr. par mois (soit d'avoir exercé un congé économique abusif) et avait apparemment produit une offre de logement similaire pour 2'200 fr. Le caractère abusif du loyer ne peut être exclu par le simple fait qu'une telle offre est émise sur le marché pour un bien supposé comparable. On ne saurait interpréter l'argument du locataire comme un aveu du caractère non abusif du loyer, tant s'en faut, puisqu'il réclame précisément une baisse. En bref, les recourants se heurtent encore et toujours aux lacunes de leur écriture de première instance, et ils ont beau jeu de prétendre avoir été victimes d'un raisonnement "farfelu", "ahurissant" ou "renversant" de la part du Tribunal des baux. Ils sont bien en peine d'établir le début d'une violation du droit fédéral. L'art. 317 CPC n'a pas vocation à remédier aux excès de confiance d'un justiciable qui, après s'être cru sûr de son bon droit, voudrait utiliser l'appel pour remédier à une erreur de pronostic. Les recourants objectent encore que la pièce 104 contient des offres postérieures au jugement de première instance, si bien qu'elle serait nouvelle au sens de l'art. 317 al. 1 CPC. Le moyen de preuve en question rassemble une série d'offres d'appartements à louer, dans un cercle géographique s'étendant notamment d'Echallens à Froideville en passant par Epalinges. Sans examiner si elles entrent dans les notions de "localité" et de "quartier", ce qui semble sérieusement discutable (cf. art. 269a let. a CO; ATF 136 III 74 consid. 2.2.1; 123 III 317 consid. 4b/ee), l'on constatera que la recherche d'offres a été faite le 11 mai 2022, soit après le jugement de première instance; toutefois, cela ne préjuge pas de la date d'émission desdites offres. De toute façon, le coeur du problème réside dans le fait que les recourants n'ont pas soulevé le moyen de défense de l'art. 269a let. a CO dans leur réponse à la demande et qu'ils n'ont pas introduit en temps utile les allégations et moyens de preuve pertinents. Les griefs concernant la seconde branche du litige doivent ainsi être rejetés dans la (faible) mesure de leur recevabilité.