Citation: 6B_247/2020 E. 3.3

3.3. Le recourant indique que, dans le cadre de l'expertise psychiatrique, il a obtenu un score de 18/40 sur l'échelle de psychopathie de Hare, alors qu'une dangerosité ne serait reconnue qu'à partir d'un seuil de 25/40. Il ne ressort cependant pas expressément du rapport d'expertise qu'une dangerosité du sujet ne serait pas avérée en-dessous d'un tel score, mais seulement que celui-ci constitue le seuil européen, lequel est variable selon le type de milieu socioculturel (cf. pièce C-33'496 du dossier cantonal, p. 21). Il n'en demeure pas moins que, comme le relève le recourant, les experts ont tout d'abord indiqué que le risque de commission d'infractions violentes pouvait "apparaître comme limité du fait de l'absence avérée d'antécédents violents". Ils ont cependant ajouté que le recourant avait fait part à l'agent infiltré de fantasmes meurtriers cruels, qu'il faisait preuve d'un goût ancien pour les faits divers meurtriers, et que l'intéressé montrait donc un intérêt "pour les fantasmes meurtriers cruels et sadiques". Les experts ont précisé qu'il ne s'agissait pas en soi d'un facteur de risque de passage à l'acte, mais que, chez le recourant, "une telle fantasmatique morbide [pouvait] apparaître comme un facteur de risque de passage à l'acte violent". Ils ont conclu que le risque de récidive s'agissant d'actes criminels devait être considéré comme très important, malgré une "évaluation statistique rassurante" (cf. Ibid., p. 25 s.). Le recourant en déduit que les experts auraient conclu à l'existence d'un risque de récidive élevé uniquement en raison des éléments recueillis par l'agent infiltré, dont il conteste l'exploitabilité. Or, comme le rappelle d'ailleurs le recourant, les experts psychiatres ont été auditionnés durant les débats d'appel et spécifiquement amenés à s'exprimer sur l'influence éventuelle des éléments obtenus par ce biais sur leurs conclusions. Les experts ont déclaré avoir eu connaissance de l'existence de l'agent infiltré et avoir tenu compte de la relation qui s'était nouée avec le recourant. Ils ont confirmé avoir interrogé l'intéressé à propos de ses fantasmes morbides, dont l'existence n'avait aucunement été niée. Ils ont ajouté que leur rapport se fondait essentiellement sur les déclarations faites par le recourant lorsqu'il avait été interrogé, que des questions relatives à ses fantasmes - ce qui comprenait également son appétence pour les émissions criminelles, rapportée par son ex-épouse - avaient été posées et que l'intéressé avait "confirmé" et "repris" lesdits fantasmes (cf. PV d'audience du 18 novembre 2019, p. 13 s.; arrêt attaqué, p. 59 s.). Il n'apparaît donc nullement que les experts auraient basé leur appréciation sur des propos rapportés par l'agent infiltré afin de retenir l'existence d'un risque de récidive supérieur à celui qui ressortait des seules évaluations standardisées, mais qu'ils ont au contraire directement interrogé l'intéressé afin de tirer leurs conclusions. Le recourant ne peut davantage être suivi lorsqu'il prétend que ses fantasmes morbides auraient uniquement visé à "donner le change" dans le cadre d'une conversation avec un co-détenu - en l'occurrence l'agent infiltré -, puisque l'existence de ceux-ci a été confirmée devant les experts. Pour le reste, le recourant ne s'attaque pas - au moyen d'une argumentation répondant aux exigences de motivation découlant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF - aux autres conditions de la mesure litigieuse. L'internement du recourant pouvait donc, indépendamment des éléments recueillis par l'agent infiltré, être ordonné.