Citation: 1B_364/2009 05.01.2010 E. 5

Le recourant se plaint finalement de la durée excessive de la détention préventive. 5.1 En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 par. 3 CEDH, toute personne mise en détention préventive a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou d'être libérée pendant la procédure pénale. Une durée excessive de la détention constitue une limitation disproportionnée de ce droit fondamental qui est notamment violé lorsque la durée de la détention préventive dépasse la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre. Dans l'examen de la proportionnalité de la durée de la détention, il y a lieu de prendre en compte la gravité des infractions faisant l'objet de l'instruction. Le juge peut maintenir la détention préventive aussi longtemps que celle-ci n'est pas très proche de la durée de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation (ATF 132 I 21 consid. 4.1 p. 27; 128 I 149 consid. 2.2 p. 151; 107 Ia 256 consid. 2 et 3 p. 257 ss et les références). Il convient d'accorder une attention particulière à cette limite, car le juge de l'action pénale pourrait être enclin à prendre en considération, lors de la fixation de la peine, la durée de la détention préventive à imputer selon l'art. 51 CP (ATF 133 I 168 consid. 4.1 p. 170 et les arrêts cités). Selon la jurisprudence concordante du Tribunal fédéral et de la Cour européenne des droits de l'homme, la proportionnalité de la durée de la détention doit être examinée au regard de l'ensemble des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF 133 I 168 consid. 4.1 p. 170 s.; ATF 132 I 21 consid. 4.1 p. 28; 124 I 208 consid. 6 p. 215; 123 I 268 consid. 3a p. 273). 5.2 En l'occurrence, le recourant a été notamment inculpé de brigandage, éventuellement de brigandage qualifié, de recel ainsi que d'infraction à la LEtr. Le brigandage est passible d'une peine pécuniaire comprise entre 180 jours-amende au moins et dix ans de peine privative de liberté au plus (art. 140 ch. 1 CP); le brigandage qualifié est puni d'une peine privative de liberté d'un an au moins si son auteur s'est muni d'une arme à feu ou d'une autre arme dangereuse (art. 140 ch. 2 CP) et de deux ans au moins si son auteur l'a commis en qualité d'affilié à une bande formée pour commettre des brigandages ou des vols ou si sa façon d'agir dénote qu'il est particulièrement dangereux (art. 140 ch. 3 CP). En raison du concours d'infraction, la peine maximale serait de quinze ans (cf. art. 49 al. 1 CP). Le recourant fait valoir que la notion de brigandage qualifié ne saurait être retenue, dans la mesure où les auteurs ont utilisé une arme factice. Ce point peut rester indécis vu que le comportement des auteurs du brigandage peut également être constitutif de brigandage qualifié au sens de l'art. 140 ch. 3 CP. Le recourant soutient certes que son casier judiciaire est vierge. On peut néanmoins relever que les faits qui lui sont reprochés concrètement sont d'une gravité certaine, les auteurs étant poursuivis pour avoir commis des actes de violence physique envers le lésé, lui provoquant de graves blessures à la tête. Dans ces conditions, il apparaît que la durée de la détention préventive déjà subie par le recourant, soit huit mois à ce jour, est encore compatible avec la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation, même si le juge du fond devait retenir que le prévenu n'a agi qu'en tant que complice s'agissant du brigandage. Il s'ensuit que le principe de proportionnalité est respecté. Par ailleurs, le recourant ne conteste pas que l'enquête progresse avec diligence. Du reste, la Juge d'instruction a communiqué aux parties son intention de prononcer la clôture de l'instruction le 29 novembre 2009. Le principe de la célérité est ainsi respecté. C'est en vain que l'intéressé se plaint que l'un des autres prévenus a demandé une expertise psychiatrique, ce qui risquerait de prolonger la durée de l'instruction de plusieurs mois. Cet éventuel allongement de la procédure n'est en effet pas imputable aux autorités mais au comportement d'un prévenu. Il n'est au demeurant pas établi en l'état.