Citation: 4C.130/2001 12.02.2002 E. B

B.- Par demande déposée devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois le 22 décembre 1994, dame N.________, J.________ et T.________, agissant solidairement entre eux et en qualité de cessionnaires de la masse en faillite de X.________ S.A., ont conclu au paiement par l'unique administrateur de la société, C.________, de la somme de 200 000 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 12 janvier 1993. Il a été établi que les comptes annuels 1987 et 1988 ont été clos avec du retard, n'ont pas été révisés et n'ont pas été soumis à l'approbation d'une assemblée générale. Pour les exercices 1989 à 1992, l'administrateur n'a pas fait dresser les comptes annuels avant l'ouverture de la faillite. Selon l'expertise judiciaire ordonnée en cours de procédure, des comptes correctement établis auraient montré que la société se trouvait déjà surendettée en 1987 et 1988, mais il n'y a à ce stade aucun rapport de causalité avec le dommage, parce que la société est dans l'intervalle revenue à meilleure fortune. En revanche, des comptes correctement établis (comprenant en particulier une provision pour les procès pendants) auraient montré, à la fin de l'exercice 1991, que la société était surendettée de 166 642 fr. et que le bilan devait être déposé. La cour cantonale a retenu qu'en omettant de le faire à ce moment-là, l'administrateur avait causé à la société un dommage équivalant au moins aux 200 000 fr. réclamés par les demandeurs, étant rappelé que le découvert total de la faillite s'est élevé à 723 914 fr.20. En conséquence, la Cour civile, par jugement du 24 juillet 2000, a condamné C.________ à payer aux demandeurs, solidairement entre eux, la somme de 200 000 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 12 janvier 1993.