Citation: 9C_763/2017 E. 5.2

5.2. La mise en évidence d'une appréciation des preuves insuffisante et inconciliable avec le principe légal de l'art. 61 let. c in fine LPGA ne conduit pas automatiquement à l'annulation du jugement cantonal. Au contraire, le Tribunal fédéral peut lui-même constater les faits déterminants et les apprécier (art. 105 al. 2 LTF) lorsqu'il est en mesure de le faire comme cela est le cas en l'occurrence. Si, comme le fait valoir le recourant, ses médecins traitants, donc ceux de l'hôpital D.________, ont fait état de troubles psychiques, on constate cependant qu'ils ne leur ont pas attribué d'effets incapacitants déterminants pour la période en cause (consid. 2 supra) sous l'angle du droit des assurances sociales, à l'exception du docteur C.________. Ainsi, tant le docteur F.________, spécialiste en médecin interne, que le docteur G.________, spécialiste en psychiatrie et en psychothérapie, qui a examiné le recourant lors de son séjour à la Clinique romande de réadaptation organisé par l'assureur-accidents (respectivement rapport du 28 juillet 2014 et consilium psychiatrique du 11 juin 2014) ont diagnostiqué un trouble de l'adaptation avec réaction mixte anxieuse et dépressive, sans effet sur la capacité de travail. De leur côté, dans leurs rapports successifs à l'assureur-accidents (du 31 juillet 2014) et à l'intimé (du 23 novembre 2014), les docteurs H.________ et I.________ ont attesté une incapacité de travail d'abord entière ("Le patient n'est pas apte à travailler actuellement"; 31 juillet 2014), puis de 50 % (en lien avec une "diminution du rendement et de l'efficacité dans son travail; 28 novembre 2014) due à des troubles psychiques (respectivement réaction aigüe à un facteur de stress et épisode dépressif léger à moyen, sans syndrome somatique, et état de stress post-traumatique). Le 2 avril 2015, ils ont diagnostiqué un état de stress post-traumatique et un trouble mixte de l'adaptation, avec réaction mixte, anxieuse et dépressive, qui induisaient depuis 2013 "une incapacité à 100 % médicalement attestée"; ils ont cependant précisé qu'il n'existait pas de diminution de rendement au niveau du travail du point de vue psychique, la capacité de travail devant cependant être limitée dans un premier temps à 50 %, en fonction des difficultés à marcher et des douleurs au niveau du genou. Aussi, au mois d'avril 2015, les médecins traitants ne retenaient plus de diminution du rendement du travail, voire une incapacité de travail pour des motifs essentiellement psychiques. Or, lorsque dans son rapport du 4 décembre 2015, le docteur C.________ reprend les diagnostics posés précédemment, mais atteste une incapacité de travail de 100 %, alors que l'état de santé est, selon lui, resté stationnaire, il ne motive nullement son appréciation différente de celle de ses confrères. Dans son rapport subséquent du 9 août 2016, invité à se prononcer sur l'existence des éléments diagnostics d'un état de stress post-traumatique, le médecin expose que l'assuré présente des angoisses et une hypervigilance aux abords des lieux lui rappelant l'accident et qualifie les symptômes de "handicapants", sans préciser toutefois qu'ils provoquent une incapacité de travail. Ensuite, dans son rapport du 10 août 2017, le médecin modifie le diagnostic en retenant celui d'épisode dépressif moyen et estime la capacité de travail "à 20-30 %". Dans leur ensemble, ces avis médicaux n'emportent pas la conviction: l'attestation d'une incapacité de travail n'est nullement motivée par rapport aux appréciations précédentes et la modification du diagnostic ("chronification de l'état dépressif suite au syndrome de stress post-traumatique") n'est pas fondée sur des explications convaincantes et suffisantes. En définitive, en retenant que l'assuré ne présentait pas de pathologie psychique entraînant une limitation de sa capacité de travail vers la fin de l'année 2015, la juridiction cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire. Il n'y a pas lieu de s'écarter de cette constatation.