Citation: I 152/01 11.09.2001 E. 1

1.- a) Lorsqu'elle est saisie d'une nouvelle demande, l'administration doit commencer par examiner si les allégations de l'assuré sont, d'une manière générale, plausibles. Si tel n'est pas le cas, l'affaire est liquidée d'entrée de cause et sans autres investigations par un refus d'entrée en matière. A cet égard, l'administration se montrera d'autant plus exigeante pour apprécier le caractère plausible des allégations de l'assuré que le laps de temps qui s'est écoulé depuis sa décision antérieure est bref. Elle jouit sur ce point d'un certain pouvoir d'appréciation que le juge doit en principe respecter. Ainsi, le juge ne doit examiner comment l'administration a tranché la question de l'entrée en matière que lorsque ce point est litigieux, c'est-à-dire quand l'administration a refusé d'entrer en matière en se fondant sur l'art. 87 al. 4 RAI et que l'assuré a interjeté recours pour ce motif. Ce contrôle par l'autorité judiciaire n'est en revanche pas nécessaire lorsque l'administration est entrée en matière sur la nouvelle demande (ATF 109 V 114 consid. 2b). b) Par sa décision du 10 mai 1999, l'office avait refusé d'entrer en matière sur la nouvelle demande du 19 janvier 1999 parce que l'assuré n'avait pas rendu plausible que son invalidité s'était modifiée de manière à influencer ses droits. En revanche, statuant le 30 mars 2000 sur la nouvelle demande, accompagnée de pièces médicales nouvelles, présentée par l'assuré le 26 avril 1999, il l'a rejetée au motif que la situation de fait était identique à celle qui prévalait en 1996. C'est dès lors à tort que les premiers juges, saisis d'un recours dirigé contre cette dernière décision, se sont bornés à examiner si les conditions formelles posées par l'art. 87 al. 3 et 4 RAI étaient remplies. C'est au regard des conditions de la révision du droit à la rente (art. 41 al. 1 LAI), applicables par analogie à l'examen des conditions matérielles d'une nouvelle demande (VSI 1999 p. 85 consid. 2b et la référence citée) qu'ils auraient dû examiner le recours. c) Il sied toutefois de relever que les conclusions prises par le recourant devant la cour de céans, qui tendent principalement à l'octroi d'une rente et subsidiairement au renvoi de la cause à l'autorité cantonale de recours, ont trait au fond du litige et non à la seule question de l'entrée en matière sur la nouvelle demande. De même, l'argumentation qu'il a développée en première instance comme devant la cour de céans tend à démontrer qu'une évolution de son état de santé ayant une influence sur sa capacité de gain est non seulement plausible, mais avérée. Partant, la cour de céans peut, sans violer son droit d'être entendu, examiner si les conditions matérielles d'une révision sont remplies en l'espèce, la cause étant par ailleurs, comme on le verra ci-après, en état d'être jugée (ATF 125 V 370 consid. 4a et les références citées).