Citation: 5P.104/2002 13.05.2002 E. 2

2.- a) Les recourants se plaignent d'arbitraire dans l'appréciation des preuves, reprochant à l'autorité cantonale d'avoir admis que leur père avait eu l'intention de léser ses créanciers (cf. art. 288 LP). Ils font valoir que, conformément à l'art. 130 CPC/FR, le juge ne peut fonder sa décision que sur des faits formellement allégués par les parties; en l'occurrence, les juridictions cantonales ont retenu "un fait comme établi [à savoir l'intention de porter préjudice aux créanciers], alors qu'il n'est fondé sur aucune allégation des parties et sur aucun moyen de preuve administré". b) Il ressort du jugement de première instance que le Tribunal civil de la Sarine, après avoir successivement examiné les conditions de l'art. 288 LP, a notamment estimé que la preuve de l'"intention dolosive" du donateur avait été rapportée. Or, dans leur recours cantonal, les défendeurs n'ont pas remis en cause les faits - dont les constatations relatives au dessein poursuivi par le débiteur (cf. Jaeger, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, t. III, N. 1C ad art. 289 aLP) - tels qu'ils avaient été établis par les premiers juges. Il s'ensuit que, faute d'avoir été soulevé en instance d'appel, le grief est nouveau, partant irrecevable dans un recours de droit public pour arbitraire (ATF 119 Ia 88 consid. 1a p. 90/91; 118 III 37 consid. 2a p. 39 et les arrêts cités). Quant à l'appréciation juridique de ces faits, c'est-à-dire leur qualification juridique (arrêt 4C.168/1993 du 16 novembre 1993, consid. 3b, in: SJ 1995 p. 794), elle doit être discutée dans un recours en réforme, ouvert en l'occurrence (cf. Schüpbach, Droit et action révocatoires, N. 214 ad art. 289 LP et les références citées).