Citation: 6B_1092/2023 E. 2.3.2

2.3.2. S'agissant du prêt d'un montant de 50'000 fr. octroyé par l'intimé 3, la cour cantonale a retenu que peu importait finalement qu'à un certain moment, le recourant eût peut-être eu la réelle intention de racheter l'entreprise de la dupe. Le fait était que l'intimé 3 avait été mis en confiance par les discussions intervenues dans le cadre de ce rachat et que la proposition de racheter son entreprise au travers d'une société, F.________ SA, qui paraissait avoir toute la solvabilité nécessaire au moment des discussions, l'avait conforté dans la capacité financière de son cocontractant. C'étaient donc précisément ces rapports et ces échanges qui avaient construit la confiance trompée par la suite. Cette confiance avait été confortée, comme dans le cas concernant l'intimé 2, par l'apparence d'homme d'affaires averti et fortuné qu'affichait le recourant, ainsi que son caractère de " beau-parleur ". Enfin, dans le cas de l'intimé 3, le recourant avait produit, avant que le lésé ne concédât le prêt et pour gagner la confiance de celui-ci, un faux document émanant en apparence de G.________, qui avait pour objectif d'attester de sa capacité financière. L'intimé 3 avait ainsi pu légitimement penser qu'il pouvait sans risque accorder au recourant un prêt à court terme pour pallier un manque très transitoire de liquidités, par le prêt de 50'000 fr. au total les 27 et 28 août 2009, contre une reconnaissance de dette signée le 27 août 2009 et prévoyant un remboursement au 5 octobre 2009. Ensuite, il y avait eu, en décembre 2009, des échanges de courriels contenant des relances d'un côté et des promesses de remboursement de l'autre. En janvier puis février 2010, il avait produit deux faux extraits de compte visant à rassurer le lésé sur sa capacité financière. À la suite de cela, il y avait encore eu plusieurs promesses de la part du recourant, qu'il n'avait jamais tenues. Enfin, après un rendez-vous convenu en 2010 auquel le recourant ne s'était jamais présenté, l'intimé 3 avait appris quelques temps plus tard que celui-là avait quitté la Suisse pour immigrer à W.________, sans annonce préalable. L'on ne pouvait reprocher à l'intimé 3 de ne pas avoir pris des précautions supplémentaires pour éviter la tromperie dont il avait été victime. En effet, en dissimulant qu'il n'avait aucune possibilité et intention de rembourser le prêt consenti compte tenu de sa situation financière obérée, en exploitant le lien créé à l'occasion d'échanges pour le rachat de l'entreprise de l'intimé 3 et en faisant état de fonds ou d'une fortune par le biais de faux documents, le recourant avait eu un comportement astucieux qui réalisait tous les éléments constitutifs de l'escroquerie. À cela s'ajoutait que, de façon générale, les extraits des registres de l'office des poursuites qui figuraient au dossier contenaient des montants conséquents. Toutefois, la plupart des commandements de payer avaient été notifiés bien après le départ du recourant à l'étranger. C'était en effet dans le courant de l'été 2010, soit au moment où l'ensemble des créanciers n'avaient plus eu de nouvelles de la part du recourant et avaient compris qu'ils ne seraient pas payés, qu'ils avaient engagé des poursuites. Il n'était ainsi pas exclu qu'il y eût dans le lot d'autres dupes, mais surtout, l'on ne pouvait reprocher à l'intimé 3 de ne pas avoir fait preuve de la vigilance nécessaire voire d'avoir fait preuve de légèreté, dès lors qu'il était manifeste qu'un grand nombre de créanciers avaient, à tort, à cette époque, accordé leur confiance au recourant, qui bénéficiait manifestement d'une confiance accrue de la part de ses cocontractants. Enfin, même si les extraits de compte falsifiés n'étaient pas à l'origine du prêt consenti, leur production par le recourant avait bien eu pour but de conforter la dupe dans son erreur et d'éviter que celui-ci n'engageât d'autres démarches pour récupérer son dû. Ce faisant, il avait donc manifestement porté préjudice aux intérêts pécuniaires du lésé.