Citation: 1C_174/2023 E. 2

La décision litigieuse est une décision d'irrecevabilité rendue en dernière instance cantonale, dans une cause de droit public au sens de l'art. 82 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110) ne tombant pas sous le coup d'une des exceptions prévues à l'art. 83 LTF, de sorte que la voie du recours en matière de droit public est en principe ouverte. Saisi d'un recours en matière de droit public, le Tribunal fédéral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF); il n'examine cependant la violation de droits fondamentaux que si ce grief a été invoqué et motivé par la partie recourante (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF); l'acte de recours doit, sous peine d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés et préciser de façon circonstanciée en quoi consiste la violation (ATF 145 I 121 consid. 2.1). En l'espèce, la Cour administrative a déclaré irrecevable le recours déposé par A.________ et sa soeur contre la décision du Conseil de la magistrature du 30 mai 2022 au motif qu'elles ne disposaient pas, en tant que plaignantes, de la qualité pour former un recours au sens de l'art. 112 al. 2 du Code fribourgeois de procédure et de juridiction administrative contre le classement de leur plainte. La Cour administrative s'en est tenue à la jurisprudence constante du Tribunal fédéral selon laquelle le dénonciateur n'a pas qualité pour former un recours en matière de droit public contre la décision de l'autorité de surveillance de ne pas donner suite à une dénonciation ou à une plainte (ATF 139 II 279 consid. 2.3; 135 II 145 consid. 6.1; 133 II 468 consid. 2), de sorte que son prononcé d'irrecevabilité ne consacre aucune violation de l'art. 111 LTF qui exige des autorités cantonales qu'elles reconnaissent la qualité de partie à la procédure devant elles à quiconque a qualité pour recourir devant le Tribunal fédéral en vertu du principe de l'unité de la procédure. La recourante ne le prétend d'ailleurs pas. Elle n'invoque pas l'application arbitraire de règles de droit cantonal qui iraient au-delà des exigences de l'art. 111 LTF en lien avec la qualité pour recourir des dénonciateurs. Elle affirme, dans une argumentation essentiellement appellatoire, que l'irrecevabilité de leur recours cantonal enfreindrait le principe d'égalité devant la loi posé à l'art. 8 al. 1 Cst. et consacrerait une discrimination inadmissible au regard de l'art. 8 al. 2 Cst. par rapport à leur mère et à leur autre soeur qui étaient assistées d'un avocat dans la procédure de partage, alors qu'elles-mêmes n'avaient pas les moyens financiers de s'assurer la défense d'un mandataire professionnel, respectivement que la qualité pour recourir aurait dû leur être reconnue sur la base de l'art. 7 Cst. qui exige que la dignité humaine soit respectée et protégée. Non conformes aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF, les griefs de nature constitutionnelle sont donc irrecevables. Au demeurant, comme l'a relevé à juste titre la Cour administrative, le jugement du Tribunal civil d'arrondissement du 26 février 2021 pouvait en principe faire l'objet d'un appel. C'est dans ce cadre que la recourante devait faire valoir ses droits si elle s'estimait lésée par ce jugement et considérait que la procédure de partage n'avait pas été conduite de manière régulière. Dans la mesure où elle disposait d'une voie de droit effective pour sauvegarder ses intérêts, elle dénonce en vain une violation des art. 7, 8 al. 1 et 2 Cst. dans la décision de l'autorité de surveillance de classer la plainte déposée conjointement avec sa soeur, respectivement dans le refus de la Cour administrative de leur reconnaître la qualité pour recourir contre cette décision.