Citation: 5A_59/2024 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la cour cantonale a retenu qu'en sus de ses revenus locatifs, le débirentier avait réalisé, jusqu'en décembre 2019 en tout cas, des gains accessoires de 1'500 fr. par mois. En dépit de l'incapacité de travail dont il se prévalait, en raison de problèmes de dos survenus dès septembre 2019, il n'avait pas démontré qu'il n'avait pas été en mesure de continuer de réaliser des gains accessoires en 2020. Les certificats médicaux qu'il avait produits n'étaient en effet nullement motivés, ne posaient aucun diagnostic, ne faisaient pas état de l'opération chirurgicale qu'il disait avoir subie et étaient muets sur les éventuelles limitations fonctionnelles observées, de sorte qu'ils étaient impropres à établir ses allégations. L'affection dont il se plaignait (problèmes de sténose lombaire, canal étroit au niveau des lombaires au bas du dos) pouvait certes se révéler, à première vue, peu compatible avec l'accomplissement de travaux de rénovation comme plâtrier-peintre. Elle ne l'avait toutefois pas empêché de poursuivre des travaux d'entretien extérieur pour le compte de son bailleur et elle n'apparaissait pas d'emblée incompatible avec d'autres activités occasionnelles rémunérées, notamment celle de guérisseur qu'il exerçait encore en 2018 pour un revenu mensuel net moyen de 970 fr. Il avait également été actif, durant une quinzaine d'années, dans la géobiologie, à raison d'un mandat par mois qui lui rapportait de 300 fr. à 400 fr., mais il avait interrompu cette activité pour s'occuper des enfants du temps de la vie commune avec leur mère. Compte tenu de ses obligations d'entretien, l'on pouvait attendre de lui que, confronté à l'impossibilité de mener à bien son activité indépendante de plâtrier-peintre, récemment entreprise, il reprenne et augmente les activités accessoires qu'il exerçait auparavant dans l'attente du résultat de sa demande de réinsertion professionnelle. Par conséquent, le revenu hypothétique de 1'200 fr. par mois qui lui avait été imputé de ce chef jusqu'en mars 2021 devait être confirmé. A l'instar du premier juge, l'autorité cantonale a ensuite considéré qu'à partir d'avril 2021, il pouvait être attendu du débirentier, dessinateur de formation, qu'il travaille à plein temps dans un bureau d'ingénieurs ou d'architectes, pour un salaire mensuel net estimé à 3'825 fr. sur la base du contrat-type de travail existant pour ce type d'activité. Il n'avait en effet pas établi que les problèmes de dos dont il se plaignait entraîneraient des limitations fonctionnelles incompatibles avec l'exercice de cette profession, ce d'autant moins qu'il avait formulé une demande de réinsertion professionnelle auprès de l'assurance-invalidité, en manifestant son souhait de reprendre une activité dans l'architecture. Son âge, soit 55 ans en avril 2021, n'était pas non plus à lui seul un obstacle à l'exercice de cette profession, dont les exigences sur le plan physique étaient relativement peu élevées. Enfin, concernant l'éloignement de ce milieu professionnel, qu'il invoquait, la cour cantonale a relevé qu'il avait déclaré, le 16 juillet 2019, avoir été mandaté comme architecte pour une petite étude et avoir travaillé en parallèle sur un projet de transformation d'un appartement; en 2019, il avait de plus rénové seul son chalet et, de 2017 à 2018, il avait élaboré le projet, dessiné les plans et exécuté les travaux de rénovation du cabinet dans lequel travaillait son ex-compagne. Il bénéficiait ainsi d'une expérience, certes sporadique, mais récente dans le métier pour lequel il était formé. Il projetait en outre de reprendre cette activité depuis 2019 et sa demande de réinsertion professionnelle, de sorte qu'en lui imputant un revenu hypothétique de ce chef à partir d'avril 2021, le juge de district avait laissé au défendeur plus d'un an pour, le cas échéant, actualiser ses compétences en souscrivant de nouveaux mandats ou en effectuant des stages pratiques, étant rappelé que rien n'indiquait qu'il ait été, durant cette période, incapable de travailler comme dessinateur pour des raisons de santé. L'appelant échouait ainsi à démontrer que la reprise de cette activité à plein temps ne serait pas raisonnablement exigible. Selon l'autorité précédente, l'on ne pouvait davantage conclure que le revenu qui lui avait été imputé à ce titre n'était pas concrètement réalisable. A cet égard, l'appelant se bornait à se référer à " la situation économique actuelle ", qu'il qualifiait de " très difficile", alors que, d'après les statistiques fédérales, le taux de chômage en Suisse, après avoir atteint un pic en 2020, avait de nouveau diminué en 2021, et qu'une forte reprise économique s'était amorcée à partir du printemps 2021. Les chiffres annuels moyens du chômage avaient connu une baisse notable dans presque toutes les branches économiques, y compris celle du " bâtiment et génie civil " et, par rapport à 2020, le taux de chômage dans la catégorie des travailleurs âgés de 50 à 64 ans avait légèrement augmenté mais était resté dans la moyenne nationale. Par conséquent, des motifs conjoncturels ne suffisaient pas à nier les perspectives concrètes d'emploi de l'intéressé. Amené à renseigner l'autorité cantonale sur sa situation personnelle en avril 2023, celui-ci ne prétendait du reste pas avoir effectué une quelconque recherche d'emploi ni, a fortiori, avoir jamais essuyé un refus. Dans ces circonstances, il n'y avait pas lieu de renoncer à exiger de lui la reprise de l'activité ainsi définie, ni de prolonger le délai accordé pour ce faire.