Citation: 6B_130/2017 E. 3.4

3.4. Dans son appréciation de la proportionnalité du moyen de défense, l'autorité précédente a retenu que le coup de poing porté par l'intimé au recourant représentait une réaction simultanée à l'attaque et que l'enchaînement rapide des évènements ne lui laissait guère d'autre choix que de porter un tel coup pour se défendre de façon efficace. Jugeant la réaction de l'intimé proportionnée, elle a considéré que les conséquences tragiques du coup, soit une cécité bilatérale permanente, n'étaient pas pertinentes. Par surabondance, la cour cantonale a relevé que le rapport médical établi le 9 juillet 2014 par le Dr J.________ retenait qu'un traumatisme d'une telle gravité résultait d'un impact sur le crâne qui devait avoir été causé par un choc d'une violence exceptionnelle. Considérant que les lésions constatées chez le recourant résultaient de sa chute, à l'issue de laquelle sa tête a heurté le sol, et non du coup de poing en tant que tel, la cour cantonale a jugé que cet élément permettait d'apprécier encore davantage le caractère proportionné de l'acte de défense. Pour appuyer cette appréciation, l'intimé fait quant à lui valoir, dans ses observations, que l'instrument avec lequel le recourant l'avait attaqué, qui s'est avéré être une cuillère à café, aurait très bien pu être un couteau. Le jugement querellé n'évoque toutefois pas l'hypothèse d'une confusion entre de tels objets. Il ressort en outre des déclarations de l'intimé en cours d'instruction qu'il avait vu que l'objet que tenait le recourant n'était pas un couteau (procès-verbal d'audition de l'intimé du 1 er novembre 2013, p. 3 R. 4). L'intimé ne saurait donc en tirer quoi que ce soit en sa faveur. Cela étant, il ressort du jugement entrepris (art. 105 al. 1 LTF), que l'intimé est actif dans le domaine de la sécurité depuis une trentaine d'années, qu'il pratique de longue date des sports de combat et qu'il a suivi diverses formations dispensées à l'interne par ses employeurs successifs. La cour cantonale n'en a pas tenu compte et n'a pas non plus pris en considération la retenue que l'on pouvait attendre de l'intimé en raison de ses qualités professionnelles (supra consid. 3.1). Malgré ses qualités et sa longue expérience professionnelle, l'intimé n'a ni cherché à repousser le recourant, ni à le maîtriser, mais l'a directement frappé au visage, soit en un endroit particulièrement vulnérable (cf. arrêt 6B_926/2009 du 15 décembre 2009 consid. 3.4). Le jugement querellé retient en outre (art. 105 al. 1 LTF) qu'ensuite du coup de poing qui lui a été porté, le recourant est tombé à terre et que sa tête a lourdement heurté le sol. Au bénéfice du doute, la cour cantonale était fondée à retenir en faveur de l'intimé que le choc d'une violence exceptionnelle décrit par le Dr J.________ résultait de la chute et non du coup de poing. Pour autant, cet élément ne revêt pas la portée que lui confère la cour cantonale s'agissant de l'appréciation de la proportionnalité de la réaction du recourant. Il ne saurait conduire à minimiser la violence du coup que révèle en tout état l'enchaînement factuel retenu par les juges précédents, étant rappelé que le coup a été de surcroît porté en un endroit particulièrement vulnérable. C'est également à tort que la cour cantonale a jugé non pertinentes les lésions subies par le recourant dans l'appréciation de la proportionnalité de la réaction de l'intimé, dès lors que les effets de l'acte de défense comptent parmi les critères d'appréciation. Pareilles conséquences devaient donc elles aussi, aux côtés des qualités professionnelles de l'intimé, de la retenue qu'elle lui imposait et du fait qu'il a porté au recourant un violent coup à la tête, être prises en considération pour apprécier la proportionnalité de la réaction de l'intimé. Or, ces différents éléments contrebalancent ceux retenus par la cour cantonale. Ils amènent à retenir que ce dernier a réagi de façon disproportionnée et a excédé les limites de la légitime défense.