Citation: 5A_286/2022 E. 3.1

3.1. Constatant que le maintien du placement des enfants en foyer n'était manifestement plus indiqué, la juge déléguée a souligné que les experts ne se positionnaient cependant pas en faveur de la suppression de la mesure de protection prévue par l'art. 310 CC, mais estimaient qu'un retour des enfants chez leur père était plus favorable qu'un placement en foyer. Selon la magistrate cantonale, le père ne remplissait pourtant pas les critères d'octroi de la garde, à défaut d'évolution de l'attitude qui avait auparavant motivé le refus de la lui attribuer: ses compétences éducatives étaient partielles et son discours disqualifiant envers la mère était loin de favoriser les contacts entre celle-ci et les enfants. D'après les experts, seuls des suivis thérapeutiques sur le long terme pourraient modifier la dynamique dysfonctionnelle familiale; or ces suivis n'avaient pas commencé ou n'en étaient qu'à leur début. La juge déléguée en a déduit qu'il apparaissait dès lors vraisemblable que l'attribution de la garde au recourant conduirait à un éloignement définitif de C.A.________ vis-à-vis de sa mère et à une rupture du lien entre celle-ci et D.A.________. Les compétences du recourant sur le plan matériel pouvaient néanmoins justifier une délégation provisoire de la prise en charge des enfants au quotidien, tâche que la DGEJ n'était pas en mesure d'assumer. Cette solution, admise par la jurisprudence cantonale, n'apparaissait pas contradictoire au stade des mesures provisionnelles, étant précisé que le principe de précaution commandait de maintenir la mesure la plus forte, tout en l'adaptant aux circonstances de l'espèce, ce afin de permettre à la DGEJ de garder la main et de bénéficier d'une réactivité plus rapide si la situation venait à se détériorer.