Citation: 4A_512/2023 E. 4.3

4.3. En retenant que la requête en récusation n'avait pas pour objet les procédures d'interprétation des arrêts précités, lesquelles relevaient de la compétence des juges ayant rendu ces arrêts, la Délégation a répondu négativement à la requête de récusation à cet égard. Elle n'a de toute évidence pas admis implicitement la demande de récusation sur ce point. En outre, elle était manifestement compétente pour se déterminer sur la requête de récusation qui lui était soumise et se devait d'expliquer son appréciation. Par ailleurs, même si l'art. 334 al. 1 CPC ne précise pas explicitement que la requête d'interprétation doit être traitée par les magistrats ayant rendu la décision à interpréter, la recourante ne démontre pas que la Délégation aurait violé le droit fédéral à cet égard. Au contraire, il semble évident que, dans la mesure du possible, le (s) juge (s) qui a (ont) rendu une décision est (sont) ensuite celui (ceux) qui doi (ven) t l'interpréter (cf. ATF 143 III 520 consid. 6.2; cf. également IVO SCHWANDER, in Schweizerische Zivilprozessordnung - Kommentar, t. II, 2e éd. 2016, n° 9 ad art. 334, p. 2539). Si MARTIN H. STERCHI considère que la question de la composition de l'autorité appelée à interpréter une décision est laissée ouverte par le droit fédéral et qu'il appartient aux cantons de régler ce point (Berner Kommentar, t. II, 2012, n° 3 ad art. 334 CPC), la recourante ne tente pas de démontrer que le droit cantonal genevois aurait traité différemment la question de la composition de l'autorité chargée de traiter des requêtes d'interprétation, et que la Délégation l'aurait violé de manière arbitraire. La recourante allègue encore que la Délégation aurait donné un sens insoutenable au courrier du 21 juin 2023. Selon la recourante, il faudrait retenir que la juge D.________, non mentionnée dans ce courrier, était écartée également s'agissant des procédures d'interprétation, et que la juge B.________ les présiderait. Certes, par lettres des 1er et 19 juin 2023, la recourante a demandé à ce que lui soient communiqués tant les noms des magistrats chargés du recours contre l'ordonnance du 3 mars 2023, que ceux qui traiteront les requêtes en interprétation. La réponse du 21 juin 2023 cite les magistrats en charge de la cause C/17279/19 (demande en paiement), parmi lesquels ne figure pas D.________, en précisant que B.________ est la présidente. Toutefois, la recourante ne fait que proposer sa propre interprétation de cette réponse. Elle ne parvient pas à démontrer que celle effectuée par la Délégation, à savoir que ce courrier informait uniquement de la composition amenée à traiter du recours, et non celle - déjà connue - des requêtes en interprétation, serait arbitraire. Au vu des considérations qui précèdent, cette appréciation n'est en aucun cas insoutenable. Les griefs de la recourante doivent être rejetés.