Citation: 1P.536/2000 03.01.2001 E. 2

2.- Invoquant les art. 9 Cst. et 6 § 2 CEDH, le recourant se plaint à divers titres d'une appréciation arbitraire des preuves et d'une violation de l'adage "in dubio pro reo". a) En tant qu'elle a trait à la constatation des faits et à l'appréciation des preuves, la maxime "in dubio pro reo" est violée lorsque l'appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuve laisse subsister un doute insurmontable sur la culpabilité de l'accusé (ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Saisi d'un recours de droit public mettant en cause l'appréciation des preuves, le Tribunal fédéral examine seulement si le juge cantonal a outrepassé son pouvoir d'appréciation et établi les faits de manière arbitraire (ATF 124 I 208 consid. 4p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). Une constatation de fait n'est pas arbitraire pour la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle de l'accusé; encore faut-il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable, en contradiction flagrante avec la situation effective, qu'elle constitue la violation d'une règle de droit ou d'un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30), ce qu'il appartient au recourant d'établir (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). En tant que règle sur la répartition du fardeau de la preuve, la maxime "in dubio pro reo" signifie qu'il incombe à l'accusation d'établir la culpabilité du prévenu et non à ce dernier de démontrer son innocence. Elle est violée lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que l'accusé n'a pas prouvé son innocence ou lorsqu'il résulte à tout le moins de la motivation du jugement que le juge s'est inspiré d'une telle répartition erronée du fardeau de la preuve pour condamner (ATF 120 Ia 31 consid. 2c p. 37; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). Le Tribunal fédéral examine librement cette question (ATF 120 Ia 31 consid. 3d p. 38). L'art. 32 al. 1 Cst. , qui consacre spécifiquement la notion de la présomption d'innocence, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence rendue en application de l'art. 4 aCst. (FF 1997 I 1 ss, notamment p. 188/189). b) En l'espèce, les premiers juges se sont fondés sur les constatations techniques du Service de l'identité judiciaire, qui font état d'un cambriolage simulé, sur le résultat des visites effectuées aux résidences du recourant, qui ont permis de retrouver deux vêtements de marque déclarés volés à la police et auprès de C.________, ainsi que sur les déclarations à charge de B.________, pour conclure à la culpabilité du recourant des chefs d'accusation d'escroquerie, de crime manqué d'escroquerie et d'induction de la justice en erreur. De même, ils se sont déclarés convaincus que le recourant s'était rendu coupable de recel sur la base des témoignages concordants de F.________, de G.________, de H.________ et de I.________. Ils n'ont donc pas conclu à sa culpabilité parce qu'il n'aurait pas établi son innocence. On ne saurait déduire pareille conséquence du seul fait qu'ils ont relevé que le recourant avait persisté à nier toute implication dans les infractions qui lui étaient reprochées. Le recours est manifestement mal fondé sur ce point. c) Le recourant voit une lacune, dans la motivation du jugement de première instance, dans le fait que les juges se sont déclarés convaincus que B.________ avait dit la vérité sans indiquer les éléments sur lesquels ils avaient forgé leur conviction. Il ne précise toutefois pas le principe ou la disposition de droit constitutionnel ou conventionnel qui aurait été violé. Quoi qu'il en soit, la recevabilité de ce grief au regard des exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ peut rester indécise car il est de toute manière infondé. En effet, les premiers juges ont tenu les dernières déclarations à charge de B.________ pour probantes parce que les constatations faites par le Service de l'identité judiciaire et le résultat des visites domiciliaires venaient les conforter. Ils ont donc indiqué les raisons pour lesquelles ils se sont déclarés convaincus que B.________ avait dit la vérité. La motivation du jugement de première instance n'était ainsi nullement lacunaire ou insuffisante, comme l'a d'ailleurs retenu à juste titre l'autorité intimée. Les premiers juges se sont par ailleurs fondés sur les constatations du Service de l'identité judiciaire, qui ont permis d'établir que le cambriolage avait été simulé, ainsi que sur le résultat des visites domiciliaires opérées aux domiciles du recourant, qui ont abouti à la découverte de deux vêtements de marque qui figuraient sur la liste des objets annoncés volés à la police auprès de C.________, pour conclure à un simulacre de vol commis par le recourant. Ce dernier ne prétend pas que les constatations du Service de l'identité judiciaire seraient erronées ou que les premiers juges en auraient tiré des conclusions fausses en retenant que le cambriolage avait été simulé. De même, il ne conteste pas qu'une robe et un manteau de luxe annoncés volés ont été retrouvés à son domicile. Il reproche aux premiers juges de s'être fondés sur la dernière version des faits donnée par son coaccusé alors que celui-ci avait fait précédemment des déclarations fausses ou contradictoires. On peut se demander si les circonstances évoquées ci-dessus n'étaient pas déjà en soi suffisantes pour conclure à la culpabilité du recourant. Peu importe en définitive. Le fait que B.________ ait cherché à minimiser son rôle dans la tentative d'escroquerie mise en place par A.________, en déclarant avoir agi sans contrepartie financière et en taisant le fait qu'il connaissait E.________, voire même qu'il avait un lien de parenté éloigné avec ce dernier, n'est pas de nature à mettre en doute la crédibilité des accusations portées contre le recourant. La simulation du cambriolage étant établie, les premiers juges pouvaient au demeurant sans arbitraire admettre que seul un familier des lieux pouvait avoir agi sans éveiller l'attention des occupants de la maison présents le soir des faits et du chien berger allemand et écarter la thèse d'une tierce intervention à laquelle seraient mêlé B.________ et un éventuel complice. La production tardive au dossier du carnet d'adresses de E.________ et la destruction des procès-verbaux des écoutes téléphoniques ne permettent pas de remettre en cause cette appréciation. Il en va de même du fait, au demeurant non établi, que l'enquête aurait été menée exclusivement à charge dès lors que le Tribunal correctionnel du district d'Echallens a ordonné une instruction complémentaire - qui s'est révélée négative - destinée à vérifier l'allégationdu recourant suivant laquelle il aurait été victime d'une machination orchestrée par B.________ de concert avec un complice. On ne voit enfin pas en quoi les accusations portées par le fils adoptif du recourant, J.________, contre B.________ au sujet d'un prétendu trafic de cocaïne, seraient de nature à jeter un doute sur les déclarations de celui-ci concernant l'escroquerie à l'assurance reprochéeà A.________. d) En définitive, ce dernier ne parvient pas à démontrer qu'un examen objectif de l'ensemble des éléments de la cause aurait dû inciter les premiers juges à douter de sa culpabilité, ni, partant, que ces derniers auraient violé sous cet angle la maxime "in dubio pro reo" en rendant contre lui un jugement de condamnation, ni enfin que la cour cantonale aurait elle-même violé ce principe en confirmant ce jugement.