Citation: 7B_14/2025 E. 2.3.2

2.3.2. S'agissant des charges pesant sur lui quant à la commission d'infractions contre la victime 1, le recourant se plaint essentiellement d'arbitraire dans l'appréciation des preuves par la cour cantonale. Il ne parvient toutefois pas à démontrer en quoi il était manifestement insoutenable de considérer que si la victime 1 n'avait pas prononcé un mot, c'était parce qu'elle n'était pas assez rassurée. L'autorité précédente a en effet justifié son raisonnement en se fondant sur le fait que les propos de l'enfant avaient été rapportés non seulement par sa mère, mais aussi par sa grand-mère. Elle a ajouté que la personne qui s'en occupait à la structure d'accueil avait rapporté les mêmes accusations, "proférées dans une situation de dévoilement qui paraissait crédible", à savoir deux enfants qui expliquaient à cette dernière que la victime 1 - décrite comme discrète - leur avait dit que son père lui mettait son "zizi [...] dans la bouche", puis qu'elle s'était montrée totalement fermée, pleurait et réclamait sa maman. Au vu de ces éléments, il n'apparaît pas insoutenable de considérer que le silence de la victime 1, âgée de moins de 5 ans lors de l'audition, était dû au fait qu'elle n'était pas rassurée; à cet égard, le recourant se contente d'opposer sa propre version des faits à celle retenue par la cour cantonale. Pour le surplus, l'autorité cantonale a ajouté qu'en raison du silence de l'enfant auditionnée, les faits avaient dû être reconstitués à l'aide des déclarations de la mère de l'enfant, mais que cela ne permettait pas simplement de les écarter. Cette appréciation peut être confirmée. En effet, au vu des éléments précités, et en particulier du stade précoce de l'instruction, des déclarations du recourant et de celles des autres personnes entendues sur ce point, l'autorité précédente était fondée à considérer qu'il était plausible que le recourant se soit rendu coupable d'infractions graves contre l'intégrité sexuelle de la victime 1. Pour le reste, l'argumentation du recourant n'est pas convaincante. En effet, s'agissant des "autres éléments relevés par l'autorité intimée" - dont la nature n'est par ailleurs pas précisée par le recourant, mais dont on peut supposer qu'il s'agit des infractions prétendument commises contre la victime 2 -, c'est à tort que celui-ci estime qu'ils ne sont pas en lien direct avec sa mise en détention. Il ressort en effet de l'état de fait établi par la cour cantonale - dont l'arbitraire n'a pas été démontré - que le recourant fait l'objet d'une procédure pénale pour des infractions commises au préjudice d'à tout le moins trois victimes. Il apparaît ainsi logique que l'autorité précédente ait analysé l'existence de soupçons suffisants en lien avec toutes les infractions qui lui sont reprochées, et non pas uniquement avec celles qui concernent les victimes 1 et 3. Sur ce point, le recourant se contente de soutenir que l'autorité précédente ne pouvait pas se baser sur ces "autres éléments" pour fonder des soupçons suffisants de culpabilité et n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause le raisonnement de la cour cantonale. Enfin, on relève que les éléments avancés par le Ministère public pour demander la mise en détention du recourant ne ressortent pas de l'état de fait cantonal et que le recourant ne se plaint pas, à cet égard, d'une omission arbitraire des faits; partant, l'argument du recourant, selon lequel ces "autres éléments" ne seraient pas invoqués par le Ministère public, est irrecevable (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF). Il s'ensuit que la juridiction cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant qu'il existait en l'espèce des soupçons de culpabilité suffisants en lien avec la commission d'infractions graves portant atteinte à l'intégrité sexuelle des victimes 1 et 2.