Citation: 4P.178/2004 12.10.2004 E. 4

La recourante se plaint également d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. 4.1 Elle commence par mentionner l'art. 196 LPC gen., qui pose le principe de la libre appréciation des preuves en procédure civile cantonale. Elle ne démontre cependant nullement en quoi cette disposition offrirait une protection supérieure à celle découlant de la Constitution fédérale. Le grief sera donc examiné exclusivement à la lumière de l'art. 9 Cst. 4.2 Selon la jurisprudence, l'arbitraire prohibé par cette disposition ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution que celle retenue par l'autorité cantonale pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 128 I 81 consid. 2 p. 86, 273 consid. 2.1; 127 I 60 consid. 5a p. 70; 126 III 438 consid. 3 p. 440). S'agissant de l'appréciation des preuves et des constatations de fait, l'autorité tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1). Il appartient au recourant d'établir la réalisation de ces conditions en tentant de démontrer, par une argumentation précise, que la décision incriminée est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 I 185 consid. 1.6; 122 I 70 consid. 1c p. 73). Enfin, pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 173 consid. 3.1 et les arrêts cités). 4.3 La recourante soutient que la cour cantonale a arbitrairement apprécié les preuves en retenant que la situation difficile dans laquelle elle s'était trouvée (isolement progressif, agressivité, baisse de performance) serait liée à la dépression dont elle souffre depuis 1995 et à la déception résultant de sa non-promotion au poste de cheffe de rubrique. Elle estime au contraire que le comportement que lui a reproché son employeur trouve son origine dans les actes de harcèlement qu'elle aurait subis sur son lieu de travail. A l'appui de cette thèse, la recourante cite une série de témoignages, notamment les déclarations de son médecin-traitant. Elle reproche aux juges cantonaux d'avoir accordé une importance prépondérante aux déclarations de B.________, sans avoir motivé les raisons pour lesquelles ils avaient écarté les autres témoignages. Une telle argumentation ne permet en aucun cas de démontrer l'arbitraire. Contrairement à ce que laisse entendre la recourante, la cour cantonale n'a pas tenu comme prépondérante la version soutenue par un témoin isolé, alors que toutes les autres déclarations seraient allées dans un sens inverse. En effet, plusieurs témoignages reproduits dans l'arrêt attaqué confirment la position retenue par l'autorité cantonale, selon laquelle les difficultés de la recourante ne provenaient pas d'actes de harcèlement sur le lieu de travail, mais de son état dépressif et de sa non-promotion au poste de cheffe de la rubrique football. On peut citer, à titre d'exemple, D.________, qui a indiqué qu'à son avis la recourante faisait un travail moins fiable depuis son mariage. C.________ a confirmé avoir eu de bons contacts professionnels avec la recourante jusqu'à ce qu'il assume la direction du bureau, en mars 1995. E.________, l'autre collaboratrice de l'intimée, a déclaré n'avoir jamais souffert d'être une femme dans l'agence et n'avoir pas eu le sentiment que la recourante avait été harcelée à l'agence. F.________, journaliste sportif et ami de la recourante, a indiqué que celle-ci lui avait fait part à plusieurs reprises de ses frustrations professionnelles. A son avis, B.________, qui est un homme très humain et qui a toujours fait preuve de fair-play à l'égard de la recourante, aurait dû être plus clair et lui expliquer qu'elle ne pourrait pas être le numéro 1 de la rubrique football tant qu'il y serait. Compte tenu de ces éléments, la cour cantonale, chargée d'apprécier les preuves, était libre de choisir parmi les déclarations des différents témoins, la version qui lui paraissait la plus crédible, sans tomber dans l'arbitraire. Au demeurant, on ne voit pas qu'il serait contraire à l'art. 9 Cst. de préférer les déclarations de témoins ayant travaillé dans l'agence, plutôt que celles du médecin-traitant de la recourante. D'ailleurs, si celle-ci a confirmé les plaintes de sa patiente, qui se sentait persécutée par ses collègues de travail, elle a également souligné qu'elle n'avait pas assisté aux faits qui étaient relatés par la recourante. Par conséquent, ce n'est pas de manière insoutenable qu'il a été constaté que l'origine des difficultés relationnelles et de la baisse de la qualité du travail de la recourante provenait de son état dépressif et de la déception liée à la non-promotion survenue en 1995. Dans ces circonstances, le recours ne peut qu'être rejeté.