Citation: 4A_394/2022 E. 4

Dans un dernier grief, le recourant soutient que la cour cantonale aurait " violé la jurisprudence en matière de valeur probante d'une expertise " en s'écartant d'une expertise complète, précise et cohérente, sans raisons suffisantes, ni motivation satisfaisante. Les conditions établies par la jurisprudence pour se distancer des conclusions de l'expert, bien plus formé dans le domaine que les juges, ne seraient pas remplies. En outre, la cour cantonale aurait manqué de cohérence en suivant l'expertise sur certains points, tout en l'écartant sur d'autres. Enfin, l'expertise n'était pas remise en question par la partie adverse, laquelle n'avait pas demandé de contre-expertise. Or, comme on l'a vu, la cour cantonale a chaque fois expliqué avec soin et de manière convainquante les raisons pour lesquelles elle s'écartait de l'expertise. Ces raisons constituent des motifs valables de s'en distancer. Le recourant ne saurait ainsi lui reprocher de s'en être écartée sans raisons suffisantes ou sans motivation satisfaisante. D'ailleurs, si le juge doit motiver son appréciation quant à l'expertise, cette exigence issue du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) et du devoir général de motiver une décision, n'implique pas qu'il s'épanche sur tous les détails de son raisonnement; il peut se contenter d'en livrer les traits essentiels (arrêt 4A_440/2021 du 25 mai 2022 consid. 4.2 et l'arrêt cité). Tel a manifestement été le cas en l'espèce. En outre, le seul fait que la cour cantonale ait suivi l'expertise sur certains postes, et non sur d'autres, n'est pas critiquable, dès lors qu'elle a exposé à satisfaction son appréciation. Enfin, le fait que les intimés n'ont pas requis de contre-expertise n'est pas suffisant pour admettre que la cour cantonale devait d'emblée faire siennes toutes les conclusions de l'expert.