Citation: 1B_615/2020 E. 2.4.3

2.4.3. Certes, la Cour de justice ne peut pas être rejointe lorsqu'elle laisse entendre que sa pratique impose de ne pas considérer un séquestre comme disproportionné, en raison de l'écoulement du temps, tant qu'il est maintenu depuis moins de huit ans. On observera toutefois que l'instruction n'a en l'espèce pas uniquement porté sur les actes ayant conduit au séquestre du compte du recourant, C.________ ayant également été renvoyé en jugement, aux termes de l'acte d'accusation du 13 juillet 2020 - lequel a également été notifié au recourant -, en raison d'autres infractions que le prévenu aurait commises alors qu'il travaillait comme gestionnaire auprès de l'intimée. En particulier, il est aussi reproché à C.________, sous le chef de gestion déloyale aggravée, d'avoir modifié en février 2013 le profil d'investissement du compte dont disposait une cliente (F.________) auprès de l'intimée en élevant le seuil de tolérance au risque (" [d']agressive " à " very agressive "), puis d'avoir procédé, dans le courant de l'année 2014, à des opérations de change très spéculatives sur le compte en question, lesquelles auraient entraîné des pertes et des frais à hauteur de 188'091 USD. Ces actes auraient été commis dans le but de percevoir des commissions de 14'164 USD que le prévenu se serait appropriées par le biais de la société E.________ Ltd. Par ailleurs, C.________ est également renvoyé en jugement des chefs d'escroquerie, subsidiairement de gestion déloyale aggravée, pour avoir donné, entre juillet 2013 et janvier 2014, des instructions erronées à des collaborateurs de l'intimée en leur demandant d'inscrire E.________ comme apporteur d'affaires de trois autres clients, entraînant l'intimée à verser par erreur le montant de 11'432.05 USD à titre de commissions sur le compte de E.________ auprès de D.________. En outre, il lui est également reproché d'avoir commis un faux dans les titres en lien avec la falsification des signatures de représentants de E.________, qui aurait permis au prévenu d'ouvrir un compte le 29 juillet 2014 au nom de cette société auprès de l'intimée, en vue d'y recueillir des commissions dont il pourrait disposer. La nature des infractions en cause laisse supposer que l'enquête a nécessité un travail d'investigation et des mesures d'instruction potentiellement complexes à appréhender et à mettre en oeuvre, sans que le recourant soutienne à cet égard que des raisons objectives justifiaient la disjonction de la procédure (cf. art. 30 CPP) s'agissant des actes ayant conduit au séquestre de son compte bancaire. Cela étant, il n'est pas d'emblée manifeste que la procédure ait été menée au mépris des exigences de célérité (cf. art. 5 al. 1 CPP), ni, à tout le moins, que sa conduite sur le plan temporel ait engendré plus que les " temps morts " déjà relevés par l'autorité précédente, en particulier à la suite du second avis de prochaine clôture adressé aux parties le 14 septembre 2018.