Citation: 6B_644/2020 E. 2.2.2

2.2.2. Quant au contenu de ces témoignages, le recourant objecte que contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, trois seulement parmi ces six personnes avaient affirmé avoir compris l'expression litigieuse au sens retenu par la cour cantonale (le voeu que l'événement se reproduise). Deux avaient entendu le commentaire au sens ironique voulu par le recourant et le dernier l'avait appréhendé de manière littérale mais dans le sens du souhait de disposer de plus d'informations sur des événements du type de celui commenté. La cour cantonale n'a toutefois pas conféré à ces témoignages la portée que voudrait leur reconnaître le recourant. En effet, si la cour cantonale s'y est référée, c'est uniquement comme un élément parmi d'autres fournissant des indications sur la manière dont le message du recourant avait été perçu par son lectorat (arrêt entrepris consid. 5.2 p. 18 s.), singulièrement si ces destinataires avaient, outre le message du recourant et le titre de l'article de presse, pris connaissance du contenu même de l'article de " 20 minutes ". Elle en a déduit que la très large majorité des personnes qui avaient réagi au commentaire du recourant en étaient restés au titre, qui apparaissait d'ailleurs en caractère gras sur le " profil " Facebook, de même que sur le compte Twitter du recourant (arrêt entrepris, consid. 5.2 p. 18 s.). Or, sur ce point précis, le recourant se limite à taxer cette conclusion de " purement spéculative " et à affirmer qu'elle ne se fonderait sur aucun élément du dossier (mémoire de recours, p. 13). Ce faisant, il ne discute pas précisément la motivation de la décision cantonale, qui a souligné que parmi les personnes ayant réagi à la publication du recourant, une seule avait mentionné le fait que l'article en question relatait, en réalité, " un règlement de compte à propos de l'honneur d'une famille " et que cette intervention n'avait rencontré aucun écho au vu des autres commentaires qui l'avaient suivie (arrêt entrepris consid. 5.2 p. 19). Insuffisamment motivé au regard des exigences accrues déduites de l'art. 106 al. 2 LTF, ce moyen n'est pas recevable. On peut, dès lors, se limiter à relever, au demeurant, que des réactions telles que " 300 personnes dans une mosquée, fusillade 1 mort... c'est une blague ", " Encore et encore ! ", " C'est tout beaucoup de travail pour si peu enfin c'est un bon début " ou encore " 2 par 2 ça irait plus vite " et " le chargeur était pas rempli ? " (arrêt entrepris consid. 3.14 p. 15) suggèrent bien plus une réaction hâtive au titre de " 20 minutes " qu'une lecture de l'intégralité de cette publication et des réflexions approfondies sur la violence imputable aux membres de telle ou telle communauté en Suisse. L'appréciation des témoignages opérée par la cour cantonale n'apparaît, en tout cas, pas insoutenable. Pour le surplus, comme on l'a vu (v. supra consid. 2.2.1), de tels éléments de preuve ne restreignent pas le pouvoir d'appréciation du juge dans l'analyse juridique du sens à conférer au message.