Citation: I 321/04 18.07.2005 E. 3

3.1 La juridiction cantonale a pris à son compte les conclusions de l'expertise judiciaire et retenu que l'intimé souffrait d'une atteinte à la santé psychique qui le rendait incapable de mettre en valeur une quelconque capacité de gain sur le marché du travail. En ce qui concerne la date du début du droit à la rente, elle s'est fondée sur l'appréciation du médecin traitant qui avait fait état d'une incapacité de travail totale depuis le 4 avril 1996. En conséquence, elle a jugé que l'intimé avait droit à une rente entière d'invalidité avec effet au 1er avril 1997. 3.2 L'OCAI critique la valeur probante de l'expertise judiciaire, plus particulièrement l'appréciation de la problématique psychiatrique; sous cet angle, il reproche aux experts de s'être borné à déclarer que la capacité de travail de l'assuré était nulle depuis plusieurs années sans autre précision qu'une date assortie d'un point d'interrogation. A cet égard, il fait grief aux premiers juges de s'être fondés sur l'appréciation du médecin traitant, spécialiste en médecine générale, pour fixer le début de l'incapacité de travail d'un point de vue psychique au 4 avril 1996. L'OFAS s'en prend également à la valeur probante de l'expertise et à l'appréciation de celle-ci par les premiers juges. Ainsi, l'éventuelle péjoration de l'état de santé, intervenue entre l'expertise du docteur S.________ et celle des docteur R.________ et O.________, ne serait pas expliquée, ces derniers indiquant seulement que l'état dépressif serait réactionnel à la douleur et rendrait l'intéressé incapable de travailler à tout jamais, sans aucun développement. Font également défaut tout pronostic en cas de traitement psychiatrique mené selon les règles de l'art et toute précision sur les ressources psychologiques de l'assuré lui permettant de surmonter la douleur. Par ailleurs, toute l'argumentation des premiers juges relative aux troubles somatoformes douloureux tombe à faux, dès lors que l'expertise judiciaire ne pose pas un tel diagnostic. Les premiers juges auraient dû également examiner si l'estimation médicale de l'incapacité de travail prenait en considération des facteurs étrangers à l'invalidité, comme le mentionnent le rapport du COPAI et l'appréciation du docteur S.________. Enfin, le début de l'incapacité de travail, ne peut être que postérieure au rapport du docteur S.________. Sur la base de ces éléments, la décision d'octroyer une rente entière d'invalidité n'est pas conforme au droit.