Citation: 6B_1082/2017 E. 3.3.1

3.3.1. La nullité absolue d'une décision peut être invoquée en tout temps devant toute autorité et doit être constatée d'office. Elle ne frappe que les décisions affectées des vices les plus graves, manifestes ou du moins facilement reconnaissables et pour autant que sa constatation ne mette pas sérieusement en danger la sécurité du droit. Sauf dans les cas expressément prévus par la loi, il ne faut admettre la nullité qu'à titre exceptionnel, lorsque les circonstances sont telles que le système d'annulabilité n'offre manifestement pas la protection nécessaire. Des vices de fond d'une décision n'entraînent qu'exceptionnellement sa nullité. Entrent avant tout en considération comme motifs de nullité l'incompétence fonctionnelle et matérielle de l'autorité appelée à statuer, ainsi qu'une erreur manifeste de procédure (ATF 138 II 501 consid. 3.1; 138 III 49 consid. 4.4.3; 137 I 273 consid. 3.1). Comme cela ressort de la jurisprudence précitée, toute violation de la loi ne constitue pas un vice grave entraînant la nullité de la décision. Il est patent que le grief soulevé par le recourant n'appartient pas à cette catégorie d'exception. Dans le canton de Vaud, l'art. 11 LEP/VD prévoit que le juge d'application des peines prend les décisions postérieures à l'entrée en force du jugement pénal. Le recourant relève à juste titre que l'art. 26 LEP/VD donne des compétences au juge d'application des peines en matière de libération conditionnelle; en outre, il est vrai que " s'agissant de l'exécution d'une peine assortie du sursis ", le juge d'application des peines est compétent " pour prolonger le délai d'épreuve, lever l'assistance de probation ou en ordonner une nouvelle, modifier les règles de conduites imposées, les révoquer ou en imposer de nouvelles (art. 95 al. 4 CP) " (cf. art. 28 al. 7 let. a LEP/VD) seulement dans les cas prévus à l'art. 95 al. 3 CP, à savoir lorsque " le condamné se soustrait à l'assistance de probation, s'il viole les règles de conduite ou si l'assistance de probation ou les règles de conduite ne peuvent pas être exécutées ou ne sont plus nécessaires ". Si la compétence du juge d'application des peines pour compléter le jugement correctionnel du 16 février 2015 peut donner lieu à discussion, il est exclu d'y voir un motif de nullité absolue, réservée à des vices graves et manifestes.