Citation: 8C_726/2023 E. 6.2

6.2. La recourante reproche à la juridiction cantonale d'avoir arbitrairement suivi les conclusions de l'expertise judiciaire alors que celles-ci seraient contradictoires, en partie fondées sur des généralisations et insuffisamment motivées. Elle relève tout d'abord que le professeur P.________ avait pris position sur l'aspect psychique - outrepassant ainsi son domaine de compétence - ce qui l'avait amené à conclure dans un premier temps à une totale incapacité de travail dans toute activité professionnelle alors que l'experte psychiatre avait pour sa part affirmé qu'une reprise de travail dans une activité adaptée était possible à 100 % sur le plan psychiatrique. La recourante soutient également que les conclusions du professeur P.________ seraient essentiellement basées sur la littérature médicale, tenant peu compte du dossier médical constitué au cours des années, où les divers médecins ayant procédé à des expertises avaient constaté de manière régulière la présence d'incohérences et d'autolimitations. La recourante cite son médecin-conseil, le docteur R.________, lequel s'est exprimé en ces termes à l'égard de l'expertise du professeur P.________: "On a l'impression que les conclusions de cet expert sont le fait de la revue de littérature, certes exhaustive, mais qui a le défaut de ne pas être personnalisée et finalement de ne pas concerner Monsieur A.________". La recourante fait enfin grief aux premiers juges d'avoir arbitrairement suivi l'expert P.________ sur la capacité résiduelle de travail de 50 % mais pas sur la diminution de rendement de 12,5 % également retenue par ce dernier, donnant l'apparence de retenir ce qui les arrangeait et d'assumer ainsi une tâche ressortant expressément du domaine de l'expert médical. Quant au revirement de l'expert lui-même entre son rapport d'expertise du 23 décembre 2022 et son complément du 8 septembre 2023 concernant la capacité de travail de l'intimé, la recourante fait valoir qu'il n'était pas admissible, sauf à faire naître des doutes sur la valeur probante de l'expertise.