Citation: 5C.37/2000 24.07.2000 E. 4

4.- Le recourant prétend aussi qu'il n'y a pas eu accord concordant des parties sur le nantissement de l'assurance perte de gain. Invoquant le principe de la confiance, il se réfère à son courrier à la Z.________ du 8 avril 1991, dans lequel il a déclaré mettre en gage la police "risque pur" n° ...'..., et à l'accusé de réception de la banque, qui utilise les termes d'assurance "risque-décès". L'autorité cantonale a considéré sur ce point que l'expression "risque pur" est utilisée dans le domaine des assurances sur la vie pour distinguer les polices d'assurance en cas de décès sans épargne et celles, dites "mixtes", dans lesquelles le risque de décès est assuré en parallèle avec un plan d'épargne, et non pour distinguer les assurances-vie des assurances en cas de perte de gain. L'emploi des mots "risque pur" n'avait dès lors pas pour effet d'exclure les assurances complémentaires. De plus, le demandeur avait remis à la banque la police n° ...'... dans son entier; or, sur la première page de cette police, il était notamment mentionné que l'assurance complémentaire en cas de maladie et d'invalidité en faisait partie intégrante. Dès lors, si le demandeur avait réellement eu l'intention de limiter le gage à la seule assurance en cas de décès, il aurait dû l'expliciter plus clairement. Cette opinion doit être confirmée. Contrairement à ce que soutient le recourant, on pouvait en effet attendre de lui, bien qu'il ne soit pas un spécialiste des assurances, qu'en tant que notaire habitué à rédiger des actes juridiques, il exprime sa volonté de manière précise; ce d'autant plus que les différentes assurances conclues avec l'intimée étaient contenues dans un livret relié, qui a de ce fait été intégralement remis à la banque. Que celle-ci ait utilisé les termes "risque-décès", et non pas "perte de gain" dans son accusé de réception ne permet pas non plus d'affirmer que l'accord excluait le nantissement des assurances complémentaires. L'interprétation des déclarations des parties faite par la cour cantonale est conforme au principe de la confiance et ne viole nullement le droit fédéral (sur le principe de la confiance: cf. ATF 125 III 305 consid. 2b p. 308/309, 435 consid. 2a/aa p. 436/437 et les arrêts cités; sur son contrôle dans un recours en réforme: cf. ATF 125 III 305 consid. 2b p. 308 et les références).