Citation: 6B_31/2021 E. 2.4.2

2.4.2. Invoquant une constatation arbitraire des faits, le recourant énumère une série de faits que la cour aurait omis, censés démontrer une coresponsabilité de la dupe qui exclurait l'astuce. A ce titre, le recourant soutient que la cour cantonale ne mentionnerait pas les déclarations de R.________, ancienne employée de la Banque G.________. Sur ce point, la cour cantonale s'est référée aux développements des premiers juges, qui ont souligné que R.________ avait notamment déclaré douter de la réalité des contacts du recourant (cf. jugement entrepris p. 20, qui renvoie à la page 20 du jugement du tribunal correctionnel). Dès lors, le grief tombe à faux. Par ailleurs, le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir apprécié, dans le cadre de l'infraction d'escroquerie, les déclarations de K.________ et J.I.________, celles-ci étant seulement mentionnées en lien avec le rejet des réquisitions de preuves du recourant. Le recourant perd toutefois de vue que le jugement forme un tout et que l'on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent (cf. arrêts 6B_38/2021 du 14 février 2022 consid. 5.3.1; 6B_94/2021 du 29 septembre 2021 consid. 6.3; 6B_687/2020 du 21 janvier 2021 consid. 5.4). Dès lors, peu importe que la cour cantonale n'ait pas expressément rappelé, au stade de l'examen de la réalisation de l'art. 146 CP, ce qu'elle avait déjà relevé en examinant les réquisitions de preuves du recourant, soit, en substance, que les déclarations des représentants de la banque I.________ suffisaient à considérer que ceux-ci ne fondaient pas beaucoup d'espoir dans la réunion qui était prévue avec le recourant (cf. jugement entrepris, p. 17). Infondés, les griefs sont partant rejetés. Pour le reste, le recourant met en avant le fait que B.________ SA disposait d'une masse d'avoir sous gestion de l'ordre de 80'000'000 fr. soit cinq fois moins que les 400'000'000 EUR dont il était question, que le recourant disposait d'une longue expérience dans la finance et que celui-ci s'était déclaré "étonné" par l'ampleur des montants en jeu, éléments qui auraient dû conduire C.________ à mettre en oeuvre des vérifications minimales, ne serait-ce qu'exiger un extrait des poursuites, d'autant qu'il savait que d'autres professionnels de la branche avaient refusé de verser une avance au recourant. La cour cantonale aurait arbitrairement omis de mentionner tous ces points. Le recourant ne démontre toutefois pas, conformément aux exigences de motivation accrue (cf. art. 106 al. 2 LTF), en quoi ces faits auraient fait l'objet d'une omission arbitraire, étant rappelé que l'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties (cf. supra consid. 2.1.2). Il ne démontre pas non plus en quoi la décision serait arbitraire dans son résultat (cf. supra consid. 2.1.1). En effet, même en prenant en compte ces éléments, ceux-ci ne sont pas déterminants quant à la réalisation de l'astuce, pour les motifs suivants. Le comportement du recourant s'apparentait à une mise en scène, puisqu'il a savamment orchestré divers entretiens avec les représentants d'une banque et C.________, allant même jusqu'à prétendre organiser des rencontres entre les intéressés et ses prétendus clients fortunés aux Emirats arabes unis. Il a par ailleurs donné de fausses informations à cet égard prétendant qu'il se réjouissait de les accueillir à Dubaï où tout était prêt (art. 105 al. 1 LTF), informations dont la vérification n'était pas possible ou alors que difficilement, l'identité des prétendus clients et intermédiaires étant volontairement tenue secrète alors même que la rencontre devait se dérouler moins d'une semaine plus tard. En outre, le recourant pouvait prévoir que C.________ renoncerait à effectuer des vérifications en raison du rapport de confiance particulier qu'il avait envers E.________, qui lui avait vanté le réseau du recourant. A cet égard, les assurances données par E.________ à C.________ rien qu'au sujet de "l'extraordinaire" réseau du recourant suffisaient déjà, au vu des circonstances, à le dissuader de procéder à des vérifications. Peu importe, dès lors, les divers griefs que le recourant formule en lien avec les déclarations de E.________, qui aurait donné des assurances plus nuancées que celles que la cour cantonale aurait (arbitrairement, selon lui) retenues. Au demeurant, il ne fait qu'opposer sa propre appréciation des preuves à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci aurait versé dans l'arbitraire, procédé qui est appellatoire et partant irrecevable. Il n'y a pas de place pour une coresponsabilité de la dupe qui exclurait l'astuce. L'astuce n'est exclue que si la dupe n'a pas procédé aux vérifications élémentaires que l'on pouvait attendre d'elle au vu des circonstances concrètes. Or, en l'espèce, le recourant a habilement exploité le facteur temps en exigeant subitement de la part de C.________ le versement d'une avance sur commission de 250'000 EUR, soit quelques jours à peine avant la réunion prévue à Dubaï, alors que les deux représentants de la banque I.________ se trouvaient déjà aux Emirats arabes unis, fût-ce aussi pour un autre motif. Même si ceux-ci ne fondaient pas beaucoup d'espoir dans cette rencontre et ne faisaient pas confiance au recourant (art. 105 al. 1 LTF), cela n'excluait pas que C.________ perçoive leur venue comme dénotant un certain intérêt. De la sorte, le recourant plaçait C.________ devant le choix de verser immédiatement le montant réclamé, ou risquer de faire échouer la rencontre, laquelle était susceptible d'aboutir à la conclusion d'une affaire. L'urgence excluait la mise en oeuvre de vérifications de la part de C.________. A cela s'ajoute encore l'exploitation, par le recourant, de l'opacité de la situation - anonymat de ses prétendus clients étrangers et du neveu censé servir d'intermédiaire, us et coutumes locaux -, laquelle empêchait aussi C.________ d'entreprendre des vérifications élémentaires. Par ailleurs, le recourant a exploité la relation de confiance entre C.________ et E.________, celui-ci l'ayant référé à celui-là. Dans ces circonstances, il ne pouvait être exigé de C.________ qu'il procédât à des vérifications. Cela vaut d'autant plus que le recourant a donné une (fausse) assurance à C.________ en signant une convention de restitution de l'avance de 250'000 EUR, pour le cas où aucun placement financier n'interviendrait auprès de la banque jusqu'à la date convenue, alors qu'il n'avait aucune intention d'exécuter sa prestation (art. 105 al. 1 LTF, cf. jugement entrepris p. 24, supra consid. 2.3). Les circonstances qui précédent excluaient toute autre vérification (indirecte) en lien avec la solvabilité du recourant, contrairement à ce que celui-ci soutient. Lorsqu'il met en évidence le comportement "absolument irrationnel" de C.________, qui "aurait dû concevoir des doutes", le recourant propose sa propre appréciation des preuves, sans démontrer en quoi celle opérée par la cour cantonale serait arbitraire. Il en va de même lorsqu'il se réfère, de manière purement appellatoire, à "l'éventuelle erreur évitable" de C.________. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant la réalisation d'une tromperie astucieuse.