Citation: 4C.10/2004 29.04.2004 E. 5

Les demandeurs soutiennent par ailleurs qu'en ne retenant pas l'allégué 286 de la réplique et la pièce à laquelle il renvoie - la déclaration des frères W.________ dans la procédure en institution d'un contrôle spécial, selon laquelle X.________ était frustré par l'absence de pouvoir décisionnel -, les juges cantonaux auraient commis une inadvertance manifeste au sens des art. 55 let. d et 63 al. 2 OJ. 5.1 Il y a inadvertance au sens de l'art. 63 al. 2 OJ lorsque l'autorité cantonale a ignoré, mal lu, transcrit inexactement ou incomplètement une pièce versée au dossier (ATF 130 III 45 consid. 1 et les arrêts cités). Il n'y a toutefois pas inadvertance lorsque la constatation résulte d'une appréciation des preuves. Dès l'instant où une constatation de fait repose sur l'appréciation, même insoutenable, d'une preuve, d'un ensemble de preuves ou d'indices, une inadvertance est exclue. Il ne peut en effet être remédié à une mauvaise appréciation des preuves par la voie prévue à l'art. 55 al. 1 let. d OJ (ATF 118 III 1 consid. 1 p. 2 et les références). 5.2 Sous le couvert de l'inadvertance manifeste, les demandeurs cherchent à nouveau à remettre en cause l'appréciation des preuves effectuée par l'autorité cantonale. Celle-ci a pris en considération les déclarations des demandeurs, la déposition de JW.________, de V.________ et de U.________ pour aboutir à la conclusion que les demandeurs, quand bien même ils ne participaient pas aux grandes options stratégiques, n'avaient pas une position de simples exécutants. La cour cantonale n'a pas mentionné l'allégué 286 de la réplique contenant la déclaration des frères W.________ faite dans le cadre de la requête en institution d'un contrôle spécial. Cela ne signifie toutefois pas encore qu'elle en ait ignoré l'existence. Comme elle estimait que les autres éléments de preuve figurant au dossier lui permettait de conclure que les demandeurs n'occupaient pas qu'une simple position d'exécutants, l'autorité cantonale a implicitement considéré que l'allégué et la pièce en question n'étaient pas de nature à modifier sa conviction. Le grief d'inadvertance manifeste dans la constatation de faits n'est donc pas fondé. Il s'agissait en fait d'une appréciation anticipée des preuves, qui ne peut donner matière à un recours en réforme.