Citation: C 149/05 30.01.2007 E. 5

En l'espèce, on ne peut pas retenir que l'intimée avait déjà la ferme intention de partir en Espagne avant de résilier son contrat de travail pour la fin août 2003. A cet égard, le contenu de la notice téléphonique du 22 janvier 2004 d'un collaborateur de l'ORP sur laquelle le SAMT se fonde pour l'affirmer n'y suffit pas, d'autant moins qu'il n'existe pas d'autre élément venant confirmer cette affirmation. Dans cette mesure, le SAMT ne peut en tirer aucune conclusion quant à l'aptitude au placement de l'intimée. Le seul fait pour un assuré de se trouver au chômage par sa propre faute ne relève pas d'un manque de disponibilité et de disposition à accepter un travail convenable selon l'art. 15 LACI. Contrairement à ce que voudrait le SAMT, cette circonstance n'est pas ici de nature à influer sur la solution du litige. Il est vrai que la question de l'aptitude au placement doit donner lieu à une appréciation globale de tous les facteurs objectifs et subjectifs déterminants quant aux chances d'engagement d'un assuré (cf. ARV 1989 n° 1 p. 56 consid. 3b [arrêt P. du 17 juin 1988, C 82/87]). Cela étant, on ne voit pas que la juridiction cantonale aurait violé le droit fédéral en jugeant que les autres éléments mis en avant par le SAMT - même pris dans leur ensemble - ne suffisaient pas à mettre en doute la réelle volonté de l'assurée de trouver un travail durant la période de disponibilité concernée. On rappellera que si l'aptitude au placement peut certes être niée en cas de refus réitéré d'accepter un travail convenable notamment (cf. ATF 125 V 58 consid. 6a, 123 V 216 consid. 3 et la référence), il faut qu'on se trouve en présence de circonstances tout à fait particulières (par exemple si malgré une suspension antérieure de son droit à l'indemnité, un assuré persiste dans la violation de ses obligations). De telles circonstances faut défaut. Il pourrait en aller différemment si, à côté des assignations de l'ORP, S.________ n'avait entrepris aucune démarche personnelle pour trouver un emploi ou que ses recherches étaient à ce point insuffisantes ou dépourvues de tout contenu qualitatif qu'elles étaient inutilisables (voir sur ces divers points, DTA 1996/1997 n° 8 p. 31 consid. 3 et n° 19 p. 101 consid. 3b). Dans cette hypothèse en effet, on devrait nier la volonté de l'intimée de trouver un travail. Le dossier, qui ne contient aucune pièce y relative, ne permet toutefois pas de le savoir, si bien qu'on ne saurait en l'état confirmer ou nier l'aptitude au placement de l'intimée. Puisque ni le SAMT, ni les premiers juges n'ont examiné cette question en pleine connaissance de tous les aspects déterminants du cas, il convient de renvoyer la cause au SAMT afin qu'il éclaircisse le point sus-mentionné et statue à nouveau. Dans cette mesure seulement, le recours se révèle bien fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: