Citation: 7B_807/2023 E. B

B.a Le 13 mars 2023, A.________ a sollicité du Ministère public "la mise à l'écart de toute la procédure avant l'intervention de son avocate d'office". Il a notamment exposé qu'il aurait dû être mis au bénéfice d'une défense d'office obligatoire dès sa première audition le 10 février 2022 et qu'un défenseur aurait dû participer à cette audition et aux auditions subséquentes. Le 15 mars 2023, il a confirmé ses conclusions. B.b Par courrier du 20 juillet 2023, le Ministère public a répondu qu'il appartenait au juge du fond de se déterminer sur l'élimination ou non de pièces du dossier. Il n'était en particulier pas question d'écarter l'entier de la procédure, comme le prévenu le demandait. Le procureur a constaté qu'aucune preuve indirecte ou dérivée ne découlait de l'audition de A.________ du 10 février 2022 et que sa requête était "bancale" et dépourvue de justification. B.c A.________ a saisi l'Autorité de recours en matière pénale du Tribunal cantonal neuchâtelois (ci-après: l'Autorité de recours), reprochant au Ministère public d'avoir commis un déni de justice en ne statuant pas sur ses requêtes des 13 et 15 mars 2023, le courrier du 20 juillet 2023 ne constituant pas une décision. Il se plaignait en outre d'avoir été interrogé le 10 février 2022 sans l'assistance d'un mandataire alors que son affaire relevait clairement d'un cas de défense obligatoire et de n'avoir pas eu la possibilité d'assister aux auditions de B.________ et de C.________. Il en déduisait que les procès-verbaux des 10 février, 23 février et 17 mai 2022 avaient été obtenus illégalement et qu'ils devaient être retranchés du dossier pénal. Selon lui, il en allait de même du rapport de police "pollué" du 20 avril 2022; toutes ces preuves étaient inexploitables. B.d Par arrêt du 19 septembre 2023, l'Autorité de recours a rejeté le recours de A.________ en tant qu'il visait le retranchement du procès-verbal de l'interrogatoire du 10 février 2022, celui relatif à l'interrogatoire de C.________ du 23 février 2022 et le rapport de police du 20 avril 2022. Elle a en revanche admis le recours de A.________ en tant qu'il visait le retranchement du procès-verbal de l'audition de B.________ du 17 mai 2022, considérant qu'après l'ouverture de l'instruction le 28 avril 2022, A.________ aurait dû bénéficier d'une défense obligatoire. Un représentant devait lui être désigné et devait être informé de l'audition du 17 mai 2022 avec la possibilité d'y participer.