Citation: 5P.370/2000 12.12.2000 E. 2

2.- La recourante reproche au Bureau de lui avoir dénié le droit à l'assistance judiciaire partielle pour le motif qu'elle n'est pas indigente. Elle se plaint à cet égard d'une violation de l'art. 29 al. 3 Cst. a) Pour prétendre à l'assistance judiciaire, en vertu de l'art. 29 al. 3 Cst. , le requérant doit être indigent: il ne peut assumer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter atteinte au minimum nécessaire à son entretien (ATF 120 Ia 179 consid. 3a p. 181; 119 Ia 11 consid. 3a p. 12). Le Tribunal fédéral revoit librement la notion d'indigence; il n'examine cependant que sous l'angle restreint de l'arbitraire - et pour autant que la critique réponde aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ - les constatations de fait de l'autorité cantonale (ATF 124 I 304 consid. 2c p. 306; ATF 120 et 119 précités). b) L'autorité cantonale a retenu que, selon le budget mensuel qu'elle a elle-même établi, la requérante dispose d'un revenu de 6'800 fr. et doit faire face à des dépenses qui s'élèvent à 6'617 fr., ce qui lui laisse un excédent de 183 fr. La recourante prétend que ce dernier montant ne lui permet pas de payer en une seule fois l'avance de frais de 9'000 fr. Cet argument tombe à faux. La recourante oublie que l'assistance judiciaire lui a été refusée parce qu'elle possède des économies qui lui permettent d'assumer largement l'avance de frais requise. A cet égard, le Bureau a considéré que l'intéressée dispose d'une fortune mobilière d'un montant de 26'887 fr. (valeur au 9 juin 2000) qui ne présente pas le caractère d'une réserve de secours destinée à couvrir des besoins vitaux futurs. A l'appui de ses considérations, il a invoqué deux motifs. D'une part, les liquidités en cause, qui s'élevaient à plus de 56'000 fr. en février 1999, n'ont servi, jusqu'à ce jour, qu'à effectuer des versements ponctuels en faveur d'un garage (22'000 fr.) et d'une assurance-vie (10'000 fr.), et non à satisfaire des besoins vitaux. D'autre part, le fait que le budget établi par la requérante fasse apparaître un solde positif démontre que les revenus de l'intéressée sont suffisants pour couvrir ses besoins vitaux. A cette opinion, la recourante objecte - péremptoirement - ne pas voir en quoi le caractère ponctuel des versements exclurait que ceux-ci aient servi à des besoins vitaux. Elle prétend en outre que ces derniers sont plus élevés et argue que son budget a été calculé "au plus juste". Une telle critique ne répond manifestement pas aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76; 124 I 247 consid. 5 p. 250; 122 I 70 consid. 1c p. 73). La recourante ne convainc pas plus lorsque, se référant à la jurisprudence du Tribunal fédéral (cf. ATF 106 Ia 82), elle soutient qu'il aurait fallu ajouter aux dépenses du ménage "les frais présumés de procédure", lesquels absorberaient, en l'espèce, la quasi-totalité, voire l'entier, de ses économies. Elle fonde en effet cette argumentation sur un fait, à savoir le montant supposé des frais de procédure (20'000 fr.), dont elle n'établit pas qu'il aurait été allégué et arbitrairement omis en instance cantonale. Partant, sa critique est irrecevable (ATF 107 Ia 265 consid. 2a p. 265-266 et l'arrêt cité). Il en va de même lorsqu'elle tente de tirer argument du fait que son mari n'exercerait que sporadiquement son droit de visite. Pour le surplus, l'arrêt attaqué ne fait état d'aucune circonstance qui donnerait à penser qu'il serait déraisonnable d'obliger la recourante à utiliser sa fortune pour payer l'avance de frais, parce que celle-là revêtirait le caractère d'une réserve de secours (cf. sur ce point: arrêts du 11 février 1994 dans la cause 5P.520/1993 et du 6 mai 1994 dans la cause 1P.640/1992, cité in Plädoyer 1/95 p. 53 et les références; cf. aussi: arrêt du 29 mai 1990 dans la cause 4P.97/1990; Pierre Gapany, Assistance judiciaire et administrative dans le canton du Valais, in RVJ 2000 p. 128).