Citation: 4C.446/2006 26.03.2007 E. A

Par contrat non daté, les époux Y.________ ont remis un appartement à bail à X.________ SA, pour un loyer mensuel de 4'250 fr. plus 400 fr. de charges. Conclu pour une durée de deux ans, le contrat débutait le 1er mai 2001 et se terminait le 30 avril 2003. Il se renouvelait ensuite d'année en année, sauf avis de résiliation donné quatre mois à l'avance pour la prochaine échéance. L'appartement a été occupé par un employé de X.________ SA et sa famille, A.________, dont le nom figurait également sur le contrat de bail, en dessous de celui de X.________ SA, et qui s'est acquitté directement du loyer auprès des époux Y.________. Par courrier du 26 juillet 2001, X.________ SA a informé les bailleurs que A.________ était désormais en possession d'un permis B et leur a demandé d'établir un avenant au contrat de bail, prévoyant que le prénommé en serait le seul locataire. Les époux Y.________ n'ont pas donné suite à cette requête, affirmant en audience n'en avoir jamais eu connaissance. Par lettre du 5 février 2002, A.________ a fait savoir aux époux Y.________ que sa famille et lui allaient tout prochainement quitter la Suisse, précisant que "j'ai déjà parlé avec ma compagnie et ils m'ont assuré qu'ils n'auraient aucun problème à suivre le contrat signé par la maison". Le 24 avril 2002, un état des lieux s'est tenu en présence de l'épouse de A.________, de dame Y.________ et de B.________, employée de la société C.________ Sàrl, entreprise spécialisée dans la relocation de cadres de multinationales, qui avait été mandatée par X.________ SA pour trouver un logement à A.________. Les personnes présentes ont constaté que l'appartement était vide, en bon état et parfaitement nettoyé. Dame Y.________ qui, selon B.________, projetait d'effectuer des travaux de réfection de la villa, n'a pas jugé utile d'établir un état des lieux de sortie. Le jeu de clé en possession des A.________ a par ailleurs été restitué aux bailleurs. Les A.________ ont quitté l'appartement litigieux à la fin du mois d'avril 2002. Dans les mois qui ont suivi, X.________ SA, qui était toujours en possession d'une clé du logement, s'est mise en quête d'un repreneur et a fait procéder à des visites de l'appartement. Au mois d'octobre 2002, C.________ Sàrl a fait paraître à plusieurs reprises des annonces de relocation dans la presse. Selon B.________, la société était également chargée d'effectuer des visites de l'appartement et de proposer l'objet à louer à d'autres multinationales. Ces démarches n'ont donné aucun résultat. Par lettre du 28 mars 2003, X.________ SA a informé les époux Y.________ de ce que "nous faisons suite à la conversation téléphonique que vous avez eue avec (...) le 21 mars et avons été surpris de constater que le bail n'avait pas été résilié et que vous considérez qu'il était au nom de X.________. La copie du bail en notre possession mentionne «X.________ SA M. A.________»; le bail a été signé par la société parce que la famille A.________ n'était pas en Suisse lors de la signature. Lorsqu'ils sont arrivés, nous vous avons envoyé un courrier le 26 juillet 2001 pour vous demander de modifier le bail au nom des A.________ (...) et nous sommes partis du principe que cela avait était fait. Mme A.________ a été en contact constant avec vous au sujet de leur déménagement de sorte que vous saviez que la maison serait à louer. Aussi, conformément aux prescriptions légales en matière de bail, un état des lieux a été effectué lors du départ des A.________ durant la première moitié de l'année 2002. Avec (...) votre accord, nous avons recouru en 2002 aux services de C.________ afin de présenter la maison à des repreneurs potentiels, avons fait paraître deux annonces dans la presse et informé (...) que cet appartement était libre, malheureusement sans résultat. Par la présente, nous confirmons l'expiration du bail de deux ans pour X.________ SA et M. A.________ pour le 30 avril 2003". Le 24 avril 2003, X.________ SA a adressé aux époux Y.________ une lettre dans laquelle elle leur exposait notamment que "pour le bon déroulement des choses et afin que nous puissions avoir accès à la maison en tout temps, vous (sic) voudrions que vous donniez une clé à Mme B.________ de C.________ pour les visites futures, lorsqu'elle viendra montrer la maison demain 25 avril (...)". Interrogés sur ces événements en cours d'instance, les époux Y.________ ont expliqué avoir pensé que puisqu'elle avait conservé les clés, X.________ SA avait l'intention de poursuivre la location de l'appartement après le départ des A.________, afin d'y placer un autre employé. Ce ne serait que lors de leur entretien au mois de mars 2003 qu'ils auraient réalisé que celle-ci n'avait pas l'intention de continuer le bail. Ils ont alors également cherché à relouer leur appartement et y sont parvenu avec effet au 1er mars 2004, pour un loyer mensuel de 3'750 fr. plus 300 fr. de charges, ainsi que 100 fr. pour la location de deux places de parc. A compter du 1er mai 2003, X.________ SA ne s'est plus acquittée du loyer. Par lettre du 12 juin 2003, reçue le 14 suivant, elle a restitué la clé de l'appartement en sa possession aux bailleurs. Par ordonnance du 4 juillet 2003 rendue à l'instance des époux Y.________, qui ne voulaient pas que X.________ SA puisse inférer que la remise de la clé soit interprétée comme l'acceptation d'une résiliation du bail, le Juge de paix du cercle de Montreux a ordonné la consignation de cet objet. Le 16 juillet 2003, les époux Y.________ ont fait notifier à X.________ SA un commandement de payer la somme de 13'950 fr. avec intérêt à 7 % dès le 1er juin 2003 (loyers bruts échus impayés pour la période du 1er mai au 31 juillet 2003). X.________ SA y a formé opposition totale, qui a en dernier lieu été levée provisoirement par décision de la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal vaudois du 11 mars 2004. Le 22 avril 2004, les époux Y.________ ont fait notifier à X.________ SA un nouveau commandement de payer les sommes de 32'550 fr. avec intérêt à 7 % l'an dès le 1er novembre 2003 et 32 fr. (loyers bruts échus impayés pour la période du 1er août 2003 au 29 février 2004 et frais rejet). X.________ SA y a derechef formé opposition totale.