Citation: 1C_357/2023 E. 4.3

4.3. Les recourants soutiennent que les constructions litigieuses n'ont rien de disgracieux et l'éventuelle suppression de celles-ci n'exercerait aucune influence sur l'aspect visuel de la parcelle n° 49. La Cour de céans fait précisément preuve de retenue s'agissant de savoir si une construction ou une installation est de nature à compromettre l'aspect ou le caractère d'un site, d'une localité, d'un quartier ou d'une rue (ATF 115 Ia 114 consid. 3d; arrêt 1C_383/2021 du 13 septembre 2022 consid. 2.2.1). Les quatre réduits présenteraient en façade nord un front de 14,20 mètres de longueur sur 2,70 mètres de hauteur sans aucune ouverture. Ils prolongeraient d'un quart la longueur des garages en façade est. Ce constat pouvait amener les juges cantonaux à les qualifier de plutôt disgracieux. À tout le moins, compte tenu de la retenue dont elle doit faire preuve, la Cour de céans n'a aucune raison de s'écarter de l'appréciation de la cour cantonale qui repose sur les éléments du dossier et les constatations relevées à l'occasion de l'inspection locale. Le fait que la voisine directe n'a pas formé opposition au projet lors de la mise à l'enquête publique ne permet pas de tenir cette appréciation pour arbitraire, ce d'autant qu'elle n'a pas de vue directe depuis sa maison sur la façade nord des réduits. Au surplus, la Municipalité de Bassins a justifié la remise en état des lieux non pas par des motifs d'esthétiques, mais en raison de l'atteinte portée par les ouvrages litigieux au caractère inconstructible de la zone de verdure. Les réduits et le couvert ne peuvent pas être assimilés à des aménagements de type paysagers, piétonniers ou de jeux, seuls autorisés dans la zone de verdure dans laquelle ils devraient prendre place dans le nouveau plan d'affectation communal. L'atteinte que ces ouvrages porteraient à la vocation inconstructible de la zone de verdure n'est pas négligeable, en raison notamment de leurs dimensions. Le fait qu'ils s'inscriraient dans le prolongement de deux garages et de trois places de parc existantes ne permet pas de la qualifier de mineure, comme voudraient le faire croire les recourants. Ils augmenteraient la surface construite en zone de verdure de manière conséquente. La Municipalité de Bassins et la Cour de droit administratif et public n'ont ainsi pas fait preuve d'arbitraire dans l'application de l'art. 105 al. 1 LATC en faisant prévaloir l'intérêt public à l'application stricte du caractère inconstructible de la zone de verdure sur l'intérêt des recourants à pouvoir conserver les réduits et le couvert et à pouvoir installer des panneaux photovoltaïques sur leur toiture. Les recourants ne remettent au surplus pas en cause l'argumentation de la cour cantonale en lien avec leur bonne foi. En l'absence de tout grief à ce propos, il n'appartient pas à la Cour de céans d'examiner d'office ce qu'il en est et si l'arrêt attaqué est conforme à l'art. 5 al. 3 Cst. (cf. art. 106 al. 2 LTF).