Citation: 5A_607/2016 E. 1

Par arrêt du 25 mai 2016, la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, le recours interjeté le 18 mars 2016 par B.A.________ et C.A.________, partant, elle a confirmé la décision de la Justice de paix de l'arrondissement de la Broye du 21 janvier 2016 ordonnant la levée de la curatelle au sens de l'art. 308 al. 2 CC qui avait été instituée en faveur de l'enfant mineure E.________ - fille des parents divorcés D.________ et A.A.________, née le 27 juin 2001 - en vue d'organiser les relations personnelles entre E.________ et ses grands-parents paternels, B.A.________ et C.A.________, et relevant la curatrice de son mandat. En fait, la cour cantonale a constaté que les époux D._______ et A.A.________ et leur fille E.________ avaient quitté la Suisse en 2002 pour s'installer au Portugal, puis en 2004 au Brésil, chez les parents de A.A.________, B.A.________ et C.A.________. Le père de E.________ avait été incarcéré au Portugal en mars 2005 pour un double homicide et condamné en 2008 à une peine privative de liberté de 25 ans qu'il purge actuellement. En janvier 2007, la mère et la fille ont quitté le Brésil pour se réinstaller en Suisse, où elles vivent dorénavant. Par décision du 4 septembre 2012, la Justice de paix avait instauré une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l'art. 308 al. 2 CC en faveur de l'enfant E.________, ayant pour objet notamment d'organiser, respectivement de planifier les relations personnelles entre E.________ et ses grands-parents paternels. En droit, la cour de protection de l'enfant et de l'adulte a retenu que le père de E.________ était incarcéré depuis 2008, en sorte que ces circonstances exceptionnelles pouvaient justifier l'octroi d'un droit de visite en faveur des grands-parents paternels afin de combler l'absence du père (art. 274a CC). Néanmoins, les juges cantonaux ont considéré que l'enfant avait quitté le Brésil en 2007, alors qu'elle n'avait que 5 ans et qu'elle n'a plus eu de réels contacts avec ses grands-parents paternels depuis lors, sous réserve de quelques contacts épistolaires auxquels E.________ n'a pas donné suite, en dépit de la mesure de curatelle. La cour cantonale a relevé que même lorsque les grands-parents étaient venus en Suisse pour rencontrer E.________, celle-ci n'avait pas souhaité les voir, refusant de reprendre contact avec eux quelle que soit les modalités proposées par le Service de l'enfance et de la jeunesse (SEJ). L'autorité précédente a retenu que les demandes des grands-parents généraient des tensions chez E._______, néfastes à son développement. Dès lors que les grands-parents ne s'étaient plus manifestés, qu'ils ne s'étaient pas opposés à la levée de la curatelle lorsque cela avait été proposé par le SEJ, et que l'enfant, âgée dorénavant de presque 12 ans, a déclaré de manière claire et constante qu'elle ne souhaitait plus avoir de contacts avec eux, quand bien même la mère ne s'opposait pas à ces relations, la cour cantonale a jugé peu souhaitable d'imposer à E.________ ces relations personnelles, partant, que la curatelle n'avait plus de raison d'être. Les juges cantonaux ont encore précisé que le recours des grands-parents s'apparentait à un réquisitoire contre la mère de E.________ et avait été rédigé par le père, au vu de l'écriture manuscrite.