Citation: 8C_441/2023 E. 5.2

5.2. Selon les faits constatés par les juges cantonaux - qui lient le Tribunal fédéral (cf. consid. 2.2 supra) - la recourante n'a mis en place aucun système de contrôle du temps de travail de ses collaborateurs pour lesquels elle a requis des indemnités en cas de RHT. Elle ne le conteste pas. Il est également constant que son attention a été attirée à maintes reprises sur son obligation d'effectuer un contrôle du temps de travail. Le préavis de RHT, la décision de l'intimé du 18 mars 2020 ainsi que les décomptes de mars à mai 2020 mentionnaient clairement que la recourante devait instaurer un tel contrôle (au moyen par exemple de cartes de timbrage ou de rapports sur les heures) portant sur les heures de travail fournies quotidiennement, les heures perdues pour des raisons économiques et tout autre type d'absence. Ces informations détaillées ne pouvaient pas laisser penser à un employeur consciencieux qu'il pouvait être renoncé à l'introduction d'un système permettant d'attester les heures effectives de travail quotidiennes. La recourante admet d'ailleurs avoir cherché à installer un tel système. En tant qu'elle soutient que l'administration aurait été saturée au début de la crise sanitaire, à tel point qu'il n'aurait pas été possible de se renseigner auprès de l'intimé, elle s'écarte des faits retenus dans l'arrêt entrepris, sans expliquer, conformément aux exigences de motivation posées par la loi, en quoi les constatations des premiers juges seraient manifestement inexactes ou incomplètes (cf. consid. 2.2 supra). Au demeurant, rien n'indique qu'à cette période, le site internet et/ou les lignes téléphoniques de l'intimé aient été surchargés au point que la recourante n'aurait pas pu obtenir des renseignements. Ainsi, malgré la crise sanitaire et les difficultés qui y étaient liées, la recourante a été dûment informée de ses obligations de contrôle du temps de travail. Il lui était en outre loisible de requérir de plus amples informations auprès de l'intimé, notamment au moment où elle aurait pris conscience des entraves liées à la mise en place d'un système de contrôle. On ajoutera qu'il n'était pas exigé qu'elle aménageât un système complexe et/ou coûteux. Les heures de travail ne doivent en effet pas nécessairement être enregistrées mécaniquement ou électroniquement; une présentation suffisamment détaillée et un relevé quotidien en temps réel des heures de travail au moment où elles sont effectivement accomplies suffisent (arrêt 8C_699/2022 du 15 juin 2023 consid. 5.1.2 et les arrêts cités). On ne voit pas que les difficultés engendrées par la crise sanitaire aient pu faire obstacle à un simple relevé quotidien des heures de travail. Au vu de tout ce qui précède, c'est à bon droit que la cour cantonale a considéré que la recourante avait commis une négligence grave excluant sa bonne foi, de sorte que sa demande de remise devait être rejetée, sans qu'il soit nécessaire de trancher le point de savoir si la restitution des indemnités l'exposait à une situation économique difficile. Peu importe également de savoir si l'intimé s'est prononcé ou non sur cette seconde condition. L'arrêt attaqué échappe ainsi à la critique et le recours doit être rejeté.