Citation: 4A_131/2008 25.06.2008 E. A

A.a Dame Y.D.________ (la locataire) a pris à bail, à compter du 1er juillet 1996, un dépôt situé dans la halle sud d'un immeuble, à M.________ (Genève), laquelle comprend deux autres dépôts loués à des tiers. Le contrat, d'une durée initiale de trois ans, se renouvelait ensuite tacitement et pouvait être résilié en tout temps, moyennant un préavis de six mois. Par avenant du 15 novembre 1996, le loyer mensuel a été porté à 1'680 fr., charges comprises. A une date indéterminée, la Fondation V.________ (ci-après: la Fondation) a acquis l'immeuble précité et octroyé à la Coopérative X.________ (ci-après: la Coopérative ou la bailleresse) un droit de superficie de 60 ans, avec prolongation éventuelle de 30 ans. La Coopérative a pour but la gestion et l'administration des unités locatives du bâtiment sis à M.________, la maintenance et la revalorisation de ses bâtiments et la mise à disposition de locaux à des coopérateurs exerçant des activités industrielles ou artisanales compatibles avec le but poursuivi par la Fondation. A.b Il a été retenu que l'époux de dame Y.D.________, A.D.________, a aménagé et exploité dans les locaux loués un atelier de mécanique automobile, à l'enseigne garage W.________. Dès janvier 2000, ce dernier s'est adjoint les services d'un mécanicien, B.________, lequel a, dans un premier temps, sous-loué la moitié des locaux. A partir de 2005, époque où A.D.________ a été victime d'un accident de travail, B.________ les a sous-loués dans leur totalité et s'est acquitté de l'entier du loyer. Depuis lors, A.D.________, n'est plus présent dans l'atelier que certains jours par mois et s'occupe de quelques clients, alors que dame Y.D.________ vient, généralement le samedi, nettoyer le bureau, tout en tenant la comptabilité de son époux. A.c En automne 2004, l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT) est intervenu dans l'immeuble M.________ à la suite de doléances émanant d'une entreprise qui y est installée. Lors d'une visite sur place, un collaborateur de l'OCIRT a relevé toute une série de lacunes dans divers domaines: en matière de santé et sécurité au travail (absence de vue sur l'extérieur, sanitaires en nombre insuffisant, mauvaise ventilation, émanations d'odeurs et de bruit); en matière de protection de l'environnement (problème d'évacuation des polluants en toiture, construction sauvage de mezzanines); en matière de prévention des incendies (longueur des voies d'évacuation, sens d'ouverture des portes, balisage et éclairage des secours, moyens de lutte contre le feu, résistance au feu des couloirs d'évacuation). Le collaborateur de l'OCIRT a consigné ses constatations dans une lettre qu'il a adressée à la Coopérative le 25 octobre 2004, dont il a délivré copie tant à la police des constructions du Département genevois de l'aménagement, de l'équipement et du logement (DAEL) qu'à la Sécurité civile du Département cantonal de justice, police et sécurité (DJPS). Les locaux loués par dame Y.D.________ connaissent les mêmes problèmes que les autres locaux du bâtiment s'agissant des sorties de secours, de la ventilation, de l'absence de vue sur l'extérieur et du manque de parois anti-feu. Il a été constaté que la Coopérative entend créer dans l'immeuble en question un couloir traversant qui permette l'évacuation d'urgence.