Citation: 1C_327/2024 E. 4.2

4.2. Les recourants font premièrement grief à la présidente suppléante d'avoir considéré que le bâtiment avait été démoli en quasi-totalité, sur la base de photographies faites par la commune le 17 janvier 2024. Ils soutiennent n'avoir pas été conviés à cette vision locale, n'avoir pas reçu le procès-verbal et les photographies prises, ni avoir été invités à se déterminer sur ces éléments. Ces photographies ont été prises par le service technique communal, puis transmises au Tribunal cantonal par courrier du 26 janvier 2024 de la préfecture dans le cadre de ses déterminations sur le recours. Il ne ressort pas du dossier qu'une inspection locale aurait été ordonnée, de sorte que les photographies ont ainsi servi de moyens de preuve en tant que "documents des autorités" (cf. art. 46 al. 1 let. a CPJA). La lecture de l'écriture de la préfecture en question du 26 janvier 2024 permet de constater qu'elle était également adressée en copie aux recourants qui ont ainsi pu en prendre connaissance. Bien qu'il soit possible que les annexes n'aient pas été mises en copie du courrier, un exemplaire de ces déterminations a néanmoins encore été transmis aux recourants par le Tribunal cantonal. Ceux-là ne soutiennent d'ailleurs pas le contraire, mais se plaignent de n'avoir pas été formellement invités à se déterminer. Or, l'autorité judiciaire n'avait aucune obligation de fixer aux recourants, qui étaient représentés par un mandataire professionnel, un délai pour déposer d'éventuelles observations et devait uniquement leur laisser un laps de temps suffisant pour le faire (cf. ATF 146 III 97 consid. 3.4.1), ce qu'elle a fait en ne rendant sa décision que le 22 avril 2024. Au demeurant, le principe de la bonne foi commandait aux recourants de se manifester auprès de l'autorité aussitôt qu'ils auraient dû s'apercevoir qu'il manquait certaines pièces, à savoir lorsqu'ils ont pris connaissance de cette écriture sans les annexes qui y étaient mentionnées. Ils ne sauraient ainsi se plaindre d'une violation de leur droit d'être entendu.