Citation: 5A_484/2020 E. 5.2

5.2. En l'espèce, l'autorité cantonale a constaté que l'appelante, qui était diplômée de l'Université de Montréal en psychologie et en études supérieures spécialisées en promotion de l'activité physique, se trouvait à la charge des services sociaux. Selon ce qui ressortait du site Internet - désormais inactif - de " F.________ ", elle avait travaillé en qualité d'instructrice en conditionnement physique au Canada. En 2011, elle avait créé l'entreprise susnommée, laquelle était encore active au début de l'année 2016. Selon ce qui ressortait d'une décision du 27 avril 2016, cette activité avait été jugée non viable par les services sociaux. L'appelante avait été en incapacité de travail avant la naissance de sa fille, soit du 1er mai au 31 juillet 2016. Les deux étaient suivies par un médecin psychiatre et pédosychiatre, qui avait notamment déclaré à l'audience du 25 mars 2019 que la mère avait souffert de dépression post-partum, mais que cet épisode dépressif ne pouvait, à son avis, pas se reproduire à l'avenir. Dans un certificat médical du 8 décembre 2017, ledit médecin avait constaté que sa patiente avait récupéré l'entier de ses capacités. La cour cantonale a également retenu que, comme le fils des parties fréquente la garderie lorsqu'il n'est pas à l'école et qu'il ne prend pas ses repas de midi à la maison, il ne pouvait être considéré que la capacité de gain de la mère fût entièrement entravée par la prise en charge de l'enfant. Au demeurant, durant la vie commune, celle-ci exerçait une activité indépendante, puisqu'elle avait créé son entreprise en 2011. Elle n'avait pas mis fin à cette activité après la naissance de son fils et ne l'avait interrompue qu'en 2016, soit lorsque celui-ci avait trois ans, non pas pour s'occuper personnellement de lui, mais parce que cette activité n'était pas économiquement viable. A u vu de l'exercice de la garde alternée et de l'âge de l'enfant, les juges cantonaux ont estimé que la capacité de gain de la recourante n'était entravée qu'à hauteur de 25%. On ne pouvait en effet tenir compte de la prise en charge de sa fille pour établir les coûts indirects de son fils. Eu égard à son expérience, sa formation, son âge (40 ans) et son absence de problèmes de santé, l'autorité cantonale a jugé que l'appelante était en mesure de travailler dans le domaine sportif, notamment en donnant des cours aux particuliers. Il ressortait du site Internet Salarium que le salaire médian brut, versé douze fois l'an à une femme de 40 ans titulaire d'un permis d'établissement, avec une formation universitaire, travaillant 31,5 h par semaine (42 h x 75%) dans la branche économique de l'enseignement (cat. 85), dans le domaine du service aux particuliers (cat. 51) ou dans une entreprise de moins de vingt employés, sans fonction de cadre, s'élevait à 4'753 fr. par mois, ce qui représentait un salaire mensuel net de 4'040 fr. 05 (4'753 fr. - 15%).