Citation: 6B_1136/2023 E. 1

B.b. Sur le plan personnel, A.A.________ a rencontré, en 2014, à l'âge de 26 ans, D.________ qui était alors âgée de 17 ans. Le couple a deux enfants: B.A.________, né en 2015, et C.A.________, né en 2016. Du temps de la vie commune, D.________ a plusieurs fois séjourné en foyer d'urgence à la suite de violences exercées contre elle par A.A.________. En mai 2018, à la suite d'un énième épisode de violence, elle s'est réfugiée au Foyer L.________ avec ses deux enfants. Le 10 octobre 2018, les concubins ont passé une convention extra-judiciaire, aux termes de laquelle A.A.________ s'est vu attribuer la jouissance du logement commun, ainsi que la garde des enfants. L'intéressé a ensuite déménagé dans une villa à V.________, puis à W.________ dans un appartement. Il est ensuite parti à X.________, où il est resté jusqu'à sa mise en détention dans le cadre de la présente affaire, le 29 mars 2020. De juin 2019 à mars 2020, A.A.________ a exécuté une peine de prison en semi-détention, se rendant à la prison tous les soirs pour y passer la nuit. B.c. A l'audience d'appel, il a indiqué que c'était difficile d'être en détention, privé de ses enfants, et que cela avait eu un effet choc sur lui d'être enfermé "24 heures sur 24". Il travaillait à l'étage, étant responsable du couloir et distribuant les repas. Il n'avait plus d'idées suicidaires, dès lors qu'il pouvait désormais voir ses enfants, ceux-ci venant le visiter entre une et deux fois par mois. Il avait consulté un psychiatre, mais estimait qu'il n'avait pas besoin de traitement psychiatrique, si ce n'est une fois à l'extérieur, pour assurer sa stabilité, précisant qu'il contestait le contenu du rapport d'expertise et qu'il n'était pas d'accord avec les diagnostics des experts. A.A.________ a expliqué devoir "travailler des choses", soit son problème de bégaiement et son stress. A sa sortie de prison, il envisageait de travailler pour payer ses dettes, précisant avoir pris contact avec son maître d'apprentissage, et demanderait un droit de visite sur ses enfants une fois par mois. S'il était expulsé, il laisserait les enfants avec leur mère. Il a ajouté que toute sa famille vivait en Suisse, à l'exception de sa mère et de sa demi-soeur qui vivaient à New York, et qu'il n'avait personne au Nigéria. Son frère venait le voir régulièrement en prison et son père était malade. B.d. Le casier judiciaire de A.A.________ fait état des condamnations suivantes: - 11.04.2014, Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois, conduite d'un véhicule sans permis, contravention à l'ordonnance sur les règles de la circulation, contravention à l'ordonnance sur la vignette, conduite d'un véhicule défectueux, peine pécuniaire de 60 jours-amende à 30 fr. le jour; - 30.10.2014, Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois, conduite d'un véhicule sans permis, peine privative de liberté de 60 jours; - 22.01.2015, Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal de Fribourg, lésions corporelles simples, voies de fait, menaces, contrainte, violation des règles de la circulation, violation grave des règles de la circulation, circulation sans permis, circulation sans assurance, usage abusif de permis ou de plaques, peine privative de liberté de 24 mois, sursis à l'exécution de la peine portant sur 18 mois, délai d'épreuve de 5 ans, et amende de 1'000 fr.; sursis partiel révoqué par le Tribunal de police de Genève; - 08.05.2015, Tribunal de police de l'arrondissement de l'Est vaudois, délits contre la loi fédérale sur les stupéfiants, conduite d'un véhicule automobile sans permis, peine privative de liberté de 60 jours; - 06.12.2016, Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois, faux dans les certificats, violation des règles de la circulation routière, conduite d'un véhicule sans permis, contravention à l'ordonnance sur la circulation routière, emploi d'étrangers sans autorisation, peine privative de liberté de 90 jours et amende de 300 fr.; - 12.12.2018, Ministère public du canton de Fribourg, faux dans les titres, peine pécuniaire de 30 jours-amende à 140 fr. le jour; - 30.01.2019, Ministère public de l'arrondissement de La Côte, faux dans les certificats, conduite d'un véhicule sans permis, peine pécuniaire de 60 jours-amende à 140 fr. le jour; - 21.02.2019, Ministère public de l'arrondissement de La Côte, faux dans les titres, peine pécuniaire de 60 jours-amende à 140 fr. le jour; - 01.06.2022, Tribunal de police du canton de Genève, conduite sans permis, conduite sans assurance, usage abusif de permis et de plaques, non restitution de permis et de plaque, révocation du sursis accordé le 22.01.2015 par la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal de Fribourg, peine privative de liberté d'ensemble de 20 mois. B.e. Les enfants de A.A.________ viennent lui rendre visite en prison. Ces visites sont appréciées tant des enfants que du père. Selon le rapport de détention établi par la prison M.________, A.A.________ se comporte en chef et donne des ordres aux autres détenus, ce qui lui vaut régulièrement d'être recadré. Bien que souriant et poli avec le personnel, il a fait l'objet de deux sanctions disciplinaires, l'une pour n'avoir pas obtempéré aux injonctions des surveillants, l'autre à la suite d'une altercation avec un codétenu qu'il a agressé. B.f. En cours d'instruction, A.A.________ a été soumis à une expertise psychiatrique. Les experts ont notamment retenu que l'expertisé était susceptible de commettre de nouvelles infractions de même nature que celles déjà commises, mais également des nouvelles infractions. Le risque de récidive était étroitement lié à l'évolution des pathologies psychiatriques de l'intéressé et pouvait être considéré comme élevé. Les experts ont conclu qu'un traitement médical était nécessaire et pouvait agir sur le risque de récidive. Il pouvait être constitué d'un traitement médicamenteux adapté, d'un suivi psychiatrique et psycho-éducationnel régulier et d'une prise en charge dans un lieu de vie structurant, par exemple, avec un encadrement par des éducateurs et du personnel soignant dans un foyer psychiatrique. A la question de savoir si on pouvait sérieusement craindre que l'expertisé commette d'autres infractions du genre de celles énumérées à l'article 64 al. 1 CP, les experts ont répondu par l'affirmative. Ils ont précisé que l'expertisé était susceptible de commettre d'autres infractions, en lien surtout avec les caractéristiques de ses traits de personnalité antisociaux, de même que sa déficience intellectuelle. Il se pouvait que les circonstances dans lesquelles il avait commis certaines infractions (p.ex. violence physique ou psychique, menaces, etc.) se répètent en cas de manque de surveillance étroite ou de supervision, par exemple, lors des événements de vie très stressants. Les experts ont également considéré, en résumé, qu'au vu des éléments, l'expertisé pouvait être susceptible de nuire à ses enfants psychologiquement, ou encore physiquement. Dans ce contexte, il était préférable qu'il puisse recevoir des visites de ses enfants sous surveillance d'une tierce personne, jusqu'à ce que son évolution clinique s'améliore manifestement; des conseils éducationnels étaient également indiqués pour qu'il puisse avoir des comportements appropriés et adaptés devant ses enfants; il était impératif que la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse puisse compléter son enquête et, si indiqué, mettre en place les mesures pertinentes.