Citation: 2P.40/2001 12.07.2001 E. A

A.- Par convention du 26 mai 1995, X.________ s'est associé à Bernard Rohrbasser, qui était alors préfet du district de la Veveyse, dans le but de produire et de commercialiser des sacs à ordures écologiques en jute plastifié. Aux termes de la convention, le premier nommé était responsable "des liens commerciaux avec l'usine de production", située au Viêt-nam, tandis que le second devait assurer la finition et la commercialisation des sacs à ordures; Bernard Rohrbasser s'engageait également à avancer les fonds nécessaires à la réalisation du projet. Entre juin 1994 et août 1997, X.________ et Bernard Rohrbasser se sont fréquemment rencontrés pour discuter de la marche à suivre et faire le point sur l'état d'avancement du projet. Certaines de ces rencontres se sont déroulées dans les locaux de la préfecture de la Veveyse, à Châtel-St-Denis (ci-après : la préfecture). Pour les besoins du projet, X.________ s'est également rendu à deux reprises au Viêt-nam, en 1995 et 1996. Ces démarches n'ont toutefois débouché sur aucune réalisation concrète et les intentions manifestées par les associés dans la convention précitée du 26 mai 1995 sont restées à l'état de simple projet. Estimant que Bernard Rohrbasser l'avait trompé par de fausses promesses répétées, X.________ lui a demandé d'être indemnisé pour les dépenses engagées et le temps qu'il avait consacré au projet. Devant le refus de l'intéressé de lui donner satisfaction, X.________ a mis en cause la responsabilité de l'Etat de Fribourg, en soutenant que Bernard Rohrbasser lui avait causé de manière illicite un préjudice dans l'exercice de ses fonctions de préfet de la Veveyse. Conformément à la procédure préalable instituée par la loi fribourgeoise du 16 septembre 1986 sur la responsabilité civile des collectivités publiques et de leurs agents (ci-après : LResp), il a fait valoir par écrit auprès du Conseil d'Etat du canton de Fribourg (ci-après : le Conseil d'Etat) ses prétentions financières, en chiffrant son dommage à 184'068 fr. Le 1er février 1999, le Conseil d'Etat a refusé de donner suite à cette demande. Pour l'essentiel, il a considéré que, dans le cadre de ses relations d'affaires avec X.________, Bernard Rohrbasser n'avait pas agi dans l'exercice de ses fonctions de préfet de la Veveyse mais à titre purement personnel et privé, ce qui excluait toute responsabilité de l'Etat de Fribourg.