Citation: 5A_8/2023 E. 4.1

4.1. Sur ce point, l'autorité précédente a souligné que, s'agissant des revenus et charges du bâtiment concerné, l'époux avait fait valoir dans son mémoire d'appel que, depuis le 1er septembre 2018, sa mère versait 1'100 fr. par mois et que sa tante versait 500 fr., soit un total de loyers de 1'600 fr. L'intéressé avait ajouté qu'auparavant, sa tante versait aussi 1'100 fr., soit un total de 2'200 fr. par mois, et avait précisé que cette réduction de loyer avait été imposée par la perte de revenu de celle-ci. Il avait encore allégué que sa tante était décédée le (...) mars 2021 et que la succession de cette dernière s'était engagée à payer les loyers en tout cas jusqu'à fin du mois d'août 2021, étant précisé qu'une décision devait encore être prise pour la suite. Il faisait valoir qu'il risquait de percevoir uniquement le loyer de sa mère, soit 1'100 fr. par mois, car il n'était pas possible de remplacer sa tante par un autre locataire du fait que les deux dames vivaient en commun sous forme de colocation et qu'il n'y avait qu'une seule cuisine. Dans ses remarques finales, il ajoutait que, selon une estimation immobilière du 5 décembre 2000, la valeur locative de ce bâtiment, qui n'avait pas été rénové depuis lors, équivalait à 19'200 fr. à l'époque, à savoir 1'600 fr. par mois. La juridiction cantonale a indiqué que l'épouse faisait valoir que la situation patrimoniale de la tante de son époux était saine et ceci malgré ses problèmes de santé, et qu'avec ses rentes de la caisse de compensation et de la caisse de pension, elle bénéficiait d'un revenu annuel net de 61'603 fr. Elle alléguait qu'elle aurait dû donner son consentement à la réduction de loyer accordée de manière délibérée par l'époux à sa tante et qu'en l'absence d'un tel accord, la réduction de loyer ne lui était pas opposable. L'autorité cantonale a estimé que l'épouse ne pouvait pas se voir imposer la réduction de loyer octroyée à bien plaire par l'époux à sa tante. Cependant, depuis le décès de cette dernière, il convenait de retenir le montant de 1'600 fr., qui correspondait à la valeur locative du marché. Pour le surplus, si l'époux souhaitait accepter un montant de 1'100 fr. pour le loyer de la part de sa mère, cela était son droit, mais cela ne devait pas se faire au détriment de l'épouse. Il convenait dès lors de retenir un montant de 2'200 fr. jusqu'au décès de la tante, soit jusqu'au 31 mars 2021, et un montant de 1'600 fr. à compter du 1er avril 2022. Cela étant, on relèvera d'emblée que, au vu du raisonnement de la juridiction cantonale, la mention du 1er avril 2022 par celle-ci résulte manifestement d'une erreur et qu'il faut en réalité retenir la date du 1er avril 2021. Cela est également corroboré par le tableau de calcul des contributions d'entretien établi par l'autorité concernée, qui comprend le montant des revenus immobiliers de l'époux pris en compte pour plusieurs périodes distinctes.