Citation: I 250/02 25.10.2002 E. 1

Prétendre, comme le font les premiers juges, que l'office AI se serait déterminé sur le fond - implicitement à tout le moins - dès lors qu'il s'est référé expressément aux conclusions de l'expertise du docteur L.________ pour proposer le refus du rétablissement de l'effet suspensif et, par conséquent, au rejet sur le fond, ne saurait sérieusement être retenu. Dans son préavis du 18 janvier 2002, le recourant n'a fait qu'évoquer brièvement les conclusions du docteur L.________ pour apprécier les prévisions sur l'issue du litige au fond - lesquelles peuvent être prises en compte dans la pesée des intérêts respectifs de l'administration et de l'intéressé, à laquelle il y a lieu de procéder pour décider du rétablissement de l'effet suspensif d'un recours (ATF 110 V 45 consid. 5b et les arrêts cités). Il ne s'est en revanche pas, et ce conformément à l'injonction de l'autorité de recours de première instance, déterminé sur le litige au fond, singulièrement sur le maintien de la rente d'invalidité de l'intimé. 2.2 La violation du droit d'être entendu du recourant doit être confirmée pour une autre raison encore. A l'appui de son recours cantonal, l'intimé a produit deux certificats médicaux (des 27 et 29 novembre 2001), émanant respectivement des docteurs V.________, psychiatre et psychothérapeute, et Y.________, spécialiste FMH en médecine interne, qui ne se trouvaient pas au dossier AI. Or, les premiers juges se sont fondés sur l'avis du docteur V.________ pour admettre la nécessité d'une instruction complémentaire et donc le renvoi de la cause à l'administration, sans même donner à l'office AI l'occasion de se prononcer sur le recours et, en particulier, sur ces nouvelles pièces médicales. Dans la mesure où le recourant n'a pas eu la possibilité de se déterminer sur ce nouveau moyen de preuve - dont l'autorité cantonale s'est pourtant prévalue dans son jugement -, son droit d'être entendu n'a pas été respecté. Pour le surplus, on ne voit pas en quoi, comme le font valoir les premiers juges, le recourant commettrait un abus de droit en invoquant la violation du droit d'être entendu. Le fait que la commission cantonale disposait du dossier complet et qu'à son avis le recourant ne pouvait lui apporter aucune précision sur l'affaire, ne la dispensait nullement de respecter les droits de partie de ce dernier. 2.3 Compte tenu de la violation non négligeable du droit d'être entendu commise par l'autorité cantonale, elle ne saurait être réparée devant la Cour de céans, étant rappelé que la réparation d'un tel vice en procédure fédérale ne peut avoir lieu qu'exceptionnellement (ATF 126 I 72, 126 V 132 consid. 2b et les références). L'affaire doit donc être renvoyée à la juridiction cantonale pour qu'elle statue à nouveau, - cas échéant, au préalable sur la question du rétablissement de l'effet suspensif - après avoir donné au recourant la possibilité de s'exprimer sur le recours de l'assuré et sur les nouvelles pièces que ce dernier a produites.