Citation: 9C_701/2017 E. 7.1

7.1. En ce qui concerne tout d'abord la crainte fondée, la recourante soutient que la CPP-bâtiment l'aurait contrainte à adhérer à la Caisse Retabat en la menaçant, à défaut, de la dénoncer aux autorités valaisannes pour l'empêcher d'être sous-traitante dans tous les marchés publics. Au regard de l'art. 30 al. 2 CO, selon lequel la crainte de voir invoquer un droit ne peut être prise en considération que si la gêne de la partie menacée a été exploitée pour extorquer à celle-ci des avantages excessifs, on peut se demander si les faits invoqués constituent réellement une menace au sens de la loi, l'exercice par la CPP-bâtiment d'un droit dont elle disposerait n'en étant pas une. Quoi qu'il en soit, et outre le fait qu'il s'agirait d'une menace venant d'un tiers et non de la partie ayant contracté avec la recourante (cf. art. 29 al. 2 CO), la recourante s'en prévaut uniquement en relation avec la déclaration d'adhésion en 2001. Elle ne prétend pas que cette contrainte aurait perduré tout au long des douze années suivantes, pendant lesquelles elle a, selon les constatations de la juridiction cantonale, prélevé les cotisations prévues par le règlement (art. 13 du règlement) auprès de ses employés puis les a reversées à l'intimée. On constate par ailleurs - toujours en complétant les faits établis par la juridiction cantonale (consid. 2.1 supra) - que la recourante a saisi en automne 2013 le Tribunal du travail du canton du Valais d'une demande visant notamment à faire interdiction à la CPP-construction de diffuser un projet de lettre du 1er octobre 2013 (sur le respect d'obligations découlant de la législation cantonale sur les marchés publics), cette conclusion ayant été admise par le tribunal (jugement du 15 octobre 2013). Il convient dès lors d'admettre qu'au plus tard à ce moment-là, la crainte de la recourante quant à une "inscription de l'entreprise sur la liste des entreprises ne respectant pas les CCT" était dissipée, puisqu'elle a pris les mesures nécessaires, de son point de vue, pour réagir contre une éventuelle atteinte à sa réputation. Elle s'est toutefois prévalue d'une crainte fondée - en relation avec le comportement de la CPP-bâtiment en 2001 - pour la première fois dans la procédure cantonale initiée par sa demande datée du 2 novembre 2015. A ce moment-là, le délai prévu par la loi (art. 31 al. 1 et 2 CO) pour faire valoir un vice du consentement (une année dès que l'erreur a été découverte ou dès que la crainte s'est dissipée), à l'échéance duquel le contrat conclu sous l'empire d'une crainte fondée est tenu pour ratifié, était en tout état de cause dépassé. Quant aux prétendues menaces, de la part de l'AVE et de l'intimée, "de poursuites et de l'inscription de l'entreprise sur la liste des entreprises ne respectant pas les CCT", il n'apparaît pas, sous l'angle de l'art. 31 CO, qu'elles aient concerné l'époque postérieure à la conclusion du contrat d'affiliation; l'allégation selon laquelle l'erreur aurait été maintenue jusqu'en novembre 2014 n'est fondée sur aucun élément concret, les circonstances invoquées en relation avec une constatation incomplète des faits pertinents par la juridiction cantonale étant essentiellement liées au prétendu comportement de la "Commission professionnelle paritaire". Au demeurant, l'envoi d'un commandement de payer ne relève en principe pas d'une menace au sens de l'art. 30 CO, puisque, comme déjà exposé, la crainte de voir invoquer un droit ne peut être prise en considération qu'exceptionnellement, aux conditions prévues par l'al. 2 de cette disposition (BRUNO SCHMIDLIN, in Commentaire romand, Code des obligations I, 2 e éd. 2012, n° 17 s. ad art. 29-30 CO).