Citation: 1C_6/2019 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, le retrait du permis de conduire du recourant se fonde sur l'art. 16b al. 2 let. e LCR, soit un retrait de sécurité dont le but est d'exclure de la circulation un conducteur multirécidiviste jugé inapte à la conduite (ATF 139 II 95 consid. 3.4.2 p. 104). Ce type de retrait est généralement étendu pour des raisons évidentes de protection de la circulation à toutes les catégories, sous-catégories et catégories spéciales de permis mentionnées à l'art. 3 OAC (arrêt 1C_531/2017 du 13 avril 2018 consid. 2.2 qui rappelle également que la doctrine majoritaire plaide pour une extension de cette mesure à toutes les catégories, cf. BUSSY/RUSCONI/JEANNERET/KUHN/MIZEL/ MÜLLER, Code suisse de la circulation routière commenté, 4e éd. 2015, n° 3.7 ad art. 16d LCR; CÉDRIC MIZEL, Droit et pratique illustrée du retrait du permis de conduire, 2015, § 17 let. g, p. 126 s. et § 75 p. 553; RÜTSCHER/D'AMICO, in NIGGLI/PROBST/WALDMANN [édit.], Basler Kommentar, Strassenverkehrsgesetz, 2014, n. 11 ad art. 16d LCR; contra : PHILIPPE WEISSENBERGER, Kommentar Strassenverkehrsgesetz und Ordnungsbussengesetz, 2e éd. 2015, n° 18 ad art. 16d LCR, lequel considère que le retrait des catégories spéciales [G et M] nécessite une motivation expresse). La cour cantonale n'a cependant pas limité son examen au rappel de ce principe, mais a procédé à la vérification de la pesée des intérêts effectuée par la CMA. La juridiction précédente a ainsi relevé les éléments pouvant entrer en considération dans le cas d'espèce, à savoir les infractions en cause - qui ne se limitent pas à des excès de vitesse (inattention, vitesse inadaptée, perte de maîtrise et refus de priorité) -, les faits en lien avec l'avertissement sévère de 2014 (s'être arrêté à un endroit gênant les autres usagers de la route), le défaut d'antécédents en matière de conduite de véhicule agricole et la nécessité professionnelle du recourant à pouvoir conduire de tels véhicules. Elle a ensuite considéré qu'aucune circonstance ne justifiait de déroger au principe rappelé ci-dessus, à savoir que le retrait du permis de sécurité s'applique à toutes les catégories de véhicules, y compris celles spéciales. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique, notamment quant au poids donné à certains éléments - en particulier la sécurité - par rapport à d'autres, dont le défaut d'infraction au volant d'un véhicule agricole. Le recourant ne prétend en outre pas que des circonstances auraient été omises lors de la pesée des intérêts. Il ne soutient pas non plus qu'une partie des infractions réalisées - y compris celle en lien avec l'avertissement sévère de 2014 - ne pourrait pas être effectuée avec un véhicule agricole, en particulier lorsque celui-ci circule, avec peut-être une vitesse limitée, sur le réseau routier "public" ou "agricole". S'il affirme que des conditions pourraient être assorties à la conduite de tels véhicules, il n'en a proposé aucune dans son mémoire cantonal (cf. p. 16 s. de cette écriture) et ne soutient pas que celle envisagée dans un arrêt cantonal vaudois (circulation uniquement sur les terres agricoles exploitées) serait adaptée à son propre cas, reconnaissant en effet devoir circuler, même si peut-être que "brièvement[,] sur des routes publiques" (cf. notamment ad 3 p. 6 et p. 14 de son mémoire cantonal et p. 32 de son recours fédéral). Eu égard au but du retrait du permis dans le cas d'espèce, on ne saurait dès lors reprocher à l'autorité précédente d'avoir fait primer la sécurité des autres usagers de la route. Partant, la cour cantonale pouvait, sans violer le principe de proportionnalité ou faire preuve d'arbitraire, confirmer l'extension du retrait de sécurité du permis de conduire du recourant aux catégories spéciales G et M (art. 33 al. 4 let. a OAC).