Citation: 6S.144/2003 13.06.2003 E. B

Statuant par jugement du 20 septembre 2002 sur le recours de A.________, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois l'a libérée des chefs d'accusation de violation du devoir d'assistance ou d'éducation et de voies de fait qualifiées. Pour le reste, elle a confirmé le prononcé de première instance. Il en ressort, en résumé, les éléments suivants. B.a A.________ est la mère de deux enfants, B.________, née en 1990 et C.________, né en 1993. Dès le printemps 1997 et jusqu'en janvier 1998, A.________ a régulièrement frappé ses enfants, à mains nues, avec une spatule, un bâton ou une ceinture, pour les corriger en raison de leur désobéissance. Durant la même période, elle leur a fait prendre des bains d'eau froide, allant parfois jusqu'à maintenir leur tête sous l'eau leur laissant croire qu'ils allaient se noyer, ce dans le but de chasser le diable censé habiter leur corps. B.b Depuis le début du mois de février jusqu'au milieu du mois de mars 1998, les actes de violence de A.________ sur ses enfants se sont amplifiés, tant par leur fréquence que par leur intensité. En plus des objets qu'elle employait déjà auparavant, elle les a frappés avec un cordon électrique utilisé à la manière d'un fouet et formant une boucle à l'une de ses extrémités. B.c Le 19 mars 1998, alors qu'on lui avait retiré le droit de garde sur ses enfants, A.________ les a enlevés de l'hôpital où ils étaient hospitalisés. Elle les a cachés dans son appartement jusqu'à ce que la police les y retrouve le 21 mars 1998. B.d Entre le 24 et le 31 décembre 1998, A.________ et sa soeur, D.________, ont frappé à mort E.________, fille de D.________, née en 1987. Celle-ci avait provoqué la colère de sa mère pour des futilités. En effet, elle s'était servie dans son armoire et n'avait pas exécuté à satisfaction les tâches ménagères qui lui avaient été attribuées. Elle a aussi fait part de sa volonté de quitter l'appartement et a vraisemblablement été impolie avec sa mère. Très en colère, cette dernière a alors commencé à frapper violemment sa fille, sur tout le corps et notamment le visage, au moyen d'un cordon électrique doublé muni d'un noeud à l'une de ses extrémités. A un moment donné, l'enfant est tombée par terre, mais les coups ont continué, D.________ ne pouvant plus se contrôler. Après un certain temps, elle a appelé A.________ et celle-ci a également commencé à frapper sa nièce, avec un autre cordon ou une ceinture. Les deux femmes, qui ont ainsi agi séparément et à tour de rôle pendant une demi-heure en tout cas, ont frappé E.________ jusqu'à ce que l'enfant, qui pleurait doucement, cessât ses gémissements et ne bougeât plus. Les deux autres filles de D.________, F.________, née en 1990, et G.________, née en 1994, ont assisté à toute la scène. B.e Après le décès de E.________, les deux femmes n'ont plus quitté l'appartement, où elles sont restées terrées, volets fermés, avec les deux fillettes et le cadavre de l'enfant jusqu'à l'intervention de la police, le soir du 15 janvier 1999. Elles ont interdit à F.________ et G.________ de quitter l'appartement et de se rapprocher des portes ou des fenêtres. Lorsque les filles manifestaient l'envie de sortir, elles étaient frappées, notamment au moyen d'un cintre en bois. Elles étaient également attachées à leur lit lorsque les deux mères ne pouvaient les surveiller. Toute la famille a vécu principalement dans la chambre où reposait E.________, n'en sortant que pour aller faire leur toilette. En raison de l'épuisement des réserves alimentaires, les enfants n'ont pas été suffisamment nourries durant les derniers jours avant l'intervention de la police. B.f Le 15 janvier 1999, à la suite de leur interpellation, les deux soeurs ont dénoncé P.________ comme étant l'auteur du meurtre de E.________.