Citation: 5C.274/2006 18.12.2006 E. 2

La défenderesse dénonce une violation de l'art. 8 CC; elle reproche à l'autorité cantonale d'avoir refusé d'ordonner les mesures probatoires qu'elle avait requises au sujet de la rupture des relations personnelles entre les parties et de s'être ralliée à la version des demandeurs selon laquelle la désunion trouvait son origine dans le comportement de son mari. 2.1 En l'espèce, la Cour de justice a retenu que le relâchement, puis la rupture, des relations personnelles entre la mère et ses deux enfants trouvaient leur origine dans les altercations ayant éclaté entre ceux-ci et le nouvel époux de celle-là. Les circonstances de ces événements démontraient que tant les enfants que le mari endossaient une part de responsabilité dans la survenance de ces disputes, sans qu'il y ait lieu de rechercher lequel des protagonistes y avait contribué de manière prépondérante. Par conséquent, la rupture des relations personnelles ne pouvait être imputée à la seule faute des demandeurs. Comme les faits constatés permettaient de conclure que la désunion n'incombait pas exclusivement à ces derniers, l'ouverture d'enquêtes et l'audition du mari ne s'avéraient pas nécessaires. 2.2 Comme le souligne la défenderesse elle-même, le refus d'ordonner l'ouverture d'enquêtes est le résultat d'une appréciation anticipée des preuves. Or, la jurisprudence a rappelé à maintes reprises que la norme en discussion ne s'oppose pas à un tel procédé (cf. parmi l'abondante casuistique: ATF 131 III 222 consid. 4.3. p. 226; 129 III 18 consid. 2.6 p. 25). Il s'ensuit que le moyen est dépourvu de fondement. Au demeurant, l'autorité précédente n'a nullement admis que la rupture des relations personnelles était exclusivement imputable au mari de la défenderesse; elle a retenu, au contraire, qu'aussi bien les demandeurs que l'intéressé avaient "une part de responsabilité dans la survenance de ces disputes".