Citation: 2C_210/2024 E. 5.3

5.3. Les recourants se plaignent en premier lieu du fait que la Cour de justice a fondé sa décision sur un nombre limité d'éléments, en écartant de manière arbitraire certains allégués et moyens de preuve déterminants pour l'issue du litige. Contrairement à ce qu'invoquent les recourants, on ne voit pas en quoi l'appréciation des preuves fouillée à laquelle a procédé la Cour de justice serait arbitraire. Notamment, c'est sans arbitraire que la Cour de justice a écarté les offres de preuve portant sur la location de containers en 2021, sur la location d'un appartement à Y.________ à partir d'avril 2022 ainsi que les attestations d'hébergement de leur amie Mme H.________ qui leur a loué un logement dès février 2021 et son témoignage en audience de première instance le confirmant. En effet, ces preuves étaient sans pertinence puisque postérieures à la période pertinente. Au demeurant et contrairement à ce que font valoir les recourants, il n'importe pas de savoir si ces éléments de preuves permettaient de démontrer leur volonté de s'établir en Suisse, cet élément n'étant pas un critère en l'espèce déterminant (cf. infra consid. 6.4). En outre, l'instance précédente a pu considérer sans arbitraire que les différentes pièces produites en lien avec le bail à V.________ n'établissaient en rien que ce logement avait effectivement été occupé par les recourants. Cette déduction n'a rien d'insoutenable, contrairement à ce qu'affirment de manière appellatoire les recourants. On ne voit notamment pas en quoi le fait de louer un petit studio ou d'indiquer cette adresse sur diverses factures serait propre à prouver que le logement était effectivement occupé durant la période litigieuse. A cela s'ajoute que, selon l'état de fait de la décision entreprise, les personnes interrogées lors de l'investigation menée le 4 août 2021 par l'Office cantonal avaient indiqué aux enquêteurs que le logement était attenant à un local à caractère professionnel, et était inoccupé depuis des années. Les recourants s'en prennent encore à la constatation selon laquelle il n'avait pas été prouvé que l'état de santé de C.A.________ l'empêcherait de résider en Suisse. Or, comme les recourants l'indiquent eux même, cette question n'est pas pertinente dans le cadre de la présente affaire de sorte que l'arbitraire doit être écarté, pour ce motif déjà. En tant qu'ils critiquent encore les considérations de l'instance précédente concernant la qualité du logement loué à V.________, les recourants ne peuvent pas non plus être suivis. Ils ne contestent en effet pas que le logement était un studio situé dans un chantier naval, d'une seule chambre. Sur cette base, on ne peut pas reprocher à la Cour de justice d'avoir déduit, de manière insoutenable, "que l'on peine à imaginer que les recourants y ait effectivement vécu et transféré le centre de leurs intérêts durant plus de deux ans et ce alors que parallèlement, l'épouse du recourant louait en France voisine un appartement de plus de 100 m2 avec terrasse". Dans ce contexte, les recourants se plaignent encore du fait que la Cour de justice ne se soit pas prononcée et n'ait pas retenu, sans la moindre explication, que le recourant 1 exerçait une activité lucrative en Suisse, d'abord comme indépendant puis comme employé de sa société, alors qu'il l'avait prouvé par pièces. Avec les recourants, il convient de constater que la décision entreprise est muette concernant l'activité lucrative exercée par le recourant, et mentionne uniquement que la scolarisation en Suisse de la recourante n'est pas de nature à démontrer qu'ils séjournaient à Genève. Déterminer si l'exercice d'une activité lucrative en Suisse était un critère en l'espèce pertinent et qui aurait dû conduire la Cour de justice à admettre le recours formé contre l'arrêt du Tribunal de première instance sera examinée ci-après, en tant que cette question relève du droit (cf. infra consid. 6.7).