Citation: U 18/02 09.07.2002 E. 1

b) Au vu de son déroulement et de ses conséquences, l'accident assuré entre, comme l'ont à juste titre considéré les premiers juges - et comme en convient également le recourant - dans la catégorie des accidents de gravité moyenne. C'est donc seulement si l'un des critères déterminants posés par la jurisprudence s'est manifesté de manière particulièrement marquante ou si plusieurs de ces critères se trouvent soit cumulés, soit réunis de façon frappante, que l'existence d'un lien de causalité adéquate pourra être admise (ATF 115 V 140 sv. consid. 6c/bb, 409 sv. consid. 5c/bb). c) En l'espèce, les critères déterminants que sont, selon la jurisprudence citée ci-dessus, les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident, la gravité des lésions subies, la durée et le degré de l'incapacité de travail, la durée anormalement longue du traitement médical et les douleurs persistantes dues aux seules atteintes à la santé physique, ainsi que les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident, font défaut. D'une part, le déroulement de la chute du recourant d'un mur de 2,5 mètres de haut n'a pas fait l'objet d'une description ou de précisions particulières, ni dans les déclarations d'accident des employeurs, ni par la suite. On ne saurait donc retenir aucune circonstance de nature à faire apparaître la chute en cause comme particulièrement dramatique ou impressionnante. D'autre part, les lésions dont le docteur A.________ de la Z.________ a fait état le jour même de la chute ne sauraient être qualifiées de sérieuses (cf. rapport du 20 mai 1996); il n'a constaté qu'une plaie frontale gauche, un hématome et des éraflures à la face dorsale de la main droit dans la région métacarpienne et phalangienne, un hématome du tiers inférieur de la jambe droit ainsi qu'une contusion thoracique. Hormis la contusion au niveau de la main droite, les autres atteintes physiques se sont rapidement résorbées sans laisser de séquelles. D'autre part, quelques mois après l'intervention chirurgicale de janvier 1994, les médecins ont considéré que le recourant pouvait recommencer son activité professionnelle. Ainsi, le chirurgien C.________ a fixé la date de la reprise du travail pour la fin du mois de mai 1994. Les examens effectués lors du séjour du recourant à la Clinique de réadaptation de W.________ ont également permis de retenir que le recourant disposait d'une capacité de travail de 100 % dans une activité de l'industrie ne nécessitant pas une préhension précise à droite dès le 25 août 1994. Par ailleurs, en l'absence de toute séquelle physique liée à l'accident ou à l'opération de janvier 1994, les médecins consultés n'ont pu expliqué la persistance des douleurs du patient autrement que par l'influence de troubles psychogènes sur son état de santé. Selon le docteur D.________, spécialiste en chirurgie de la main, et la doctoresse E.________, la suppression totale de la fonction du pouce n'est pas explicable ni radiologiquement, ni cliniquement, ni par l'examen neurologique du 3 août 1994; il semble qu'un certain trouble de l'adaptation psychique joue un rôle (rapport du 25 août 1994). Dans un rapport médical final du 14 décembre 1994, le docteur I.________ a également constaté que le recourant souffrait de troubles psychogènes surajoutés qui pouvaient se traduire par une élimination mentale du pouce. De même, les experts de la Permanence de T.________ sont d'avis que les douleurs physiques du patient s'inscrivent dans le cadre d'une névrose d'assurance ou, plus probablement dans le cadre d'une perturbation pathologique de la personnalité et estiment qu'un traitement psychiatrique s'impose au regard de son état de santé (rapport du 16 février 1998). Sur la base de ces constatations médicales, on doit par conséquent conclure que c'est en raison de ses problèmes d'ordre psychique, qui sont passés au premier plan dès 1994, que le recourant n'a plus repris le travail. La doctoresse G.________ lui a du reste reconnu une incapacité de travail de 100 % dès le 10 novembre 1997 en raison d'une atteinte à la santé mentale. Quant au traitement médical lié à la limitation fonctionnelle du pouce droit du recourant, il a effectivement pris fin à sa sortie de la clinique de W.________, le 24 août 1994. Dans ces conditions, l'on ne saurait considérer que l'incapacité de travail, les douleurs ou le traitement médical liés aux seules atteintes à la santé physique du recourant, à l'exclusion des affections psychiques, ont été particulièrement longs. Dès lors, c'est à juste titre que les premiers juges ont admis que l'intimée n'était pas tenue de verser des prestations pour les conséquences de l'affection de nature psychique dont est atteint le recourant, celle-ci n'ayant pas été causée, de manière adéquate, par l'accident du 16 novembre 1992.