Citation: 5C.24/2000 04.07.2000 E. 6

6.- Enfin, le recourant soutient qu'il serait en l'occurrence "totalement illogique" de reconnaître la compétence des autorités suisses, dans la mesure où, notamment, les deux époux sont musulmans et ont signé un contrat de mariage prévoyant des modalités de divorce. a) Aux termes de l'art. 60 LDIP, lorsque les époux ne sont pas domiciliés en Suisse et que l'un deux est suisse, les tribunaux du lieu d'origine sont compétents pour connaître d'une action en divorce ou en séparation de corps, si l'action ne peut être intentée au domicile de l'un des époux ou si l'on ne peut raisonnablement exiger qu'elle le soit. Ainsi qu'il ressort de la formulation de cette disposition, l'époux étranger d'un conjoint suisse bénéficie aussi du for d'origine (Dutoit, op.cit., n. 2 ad art. 60 p. 160). b) En l'espèce, l'autorité cantonale a considéré que ce for entrait en ligne de compte dans la mesure où le mari était originaire de Rossemaison (JU) et les deux parties domiciliées à l'étranger. De plus, il ressortait de l'avis de l'Institut suisse de droit comparé que la dissolution du mariage des parties était entrée en force de chose jugée selon le droit libanais et que, l'union conjugale n'existant plus en octobre 1998, l'intimée ne pouvait pas introduire son action en divorce au Liban, où elle était alors domiciliée. De même, elle ne pouvait pas introduire action en Jordanie, lieu de domicile du mari, dans la mesure où cet Etat connaissait également le système de la répudiation. L'exception d'incompétence devait par conséquent être également rejetée. Cette argumentation peut être confirmée. Il convient en effet d'admettre, en se fondant sur les constatations de la cour cantonale, qu'au moment de l'introduction de la demande en divorce (cf. ATF 116 II 9 consid. 5), aucun des époux n'était domicilié en Suisse; en outre, l'un des deux au moins à la nationalité suisse. D'un point de vue matériel, les conditions requises par l'art. 60 LDIP apparaissent également réalisées. L'arrêt entrepris doit par conséquent être confirmé sur ce point.