Citation: 8C_576/2022 E. 4.2

4.2. En ce qui concernait le revenu d'invalide, les juges cantonaux se sont fondés sur les salaires statistiques ressortant de l'ESS 2018, table TA1, ligne "total", hommes, niveau de compétences 2. Ils ont constaté, sur la base du curriculum vitae de l'intimé, que celui-ci avait entrepris un apprentissage de peinture en carrosserie (1983), sans obtention du certificat fédéral de capacité, et qu'il disposait d'un certificat de responsable d'immeubles du CEFIL (centre d'études et de formation intégrée du Léman; 2001), ainsi que d'un perfectionnement pratique en intendance (2004) et en entretien des espaces verts et des aménagements extérieurs (2007). Au titre de ses expériences professionnelles comptaient, outre celles de la conciergerie et de l'intendance exercées avant l'accident, des activités variées, telles que peintre en carrosserie, monteur de cloisons, livreur-installateur, opérateur-régleur, laborantin de maintenance. Après son accident, entre le 16 septembre 2013 et le 24 mars 2014, l'intimé avait bénéficié, dans le cadre des mesures de réadaptation de l'AI, d'une préformation en bureautique en atelier, d'une mesure de réentraînement au travail et d'une formation de gérant immobilier auprès de l'USPI (Union suisse des professionnels de l'immobilier). Selon un rapport du 25 mars 2014, l'intéressé avait pu acquérir les bases nécessaires afin d'effectuer un cursus de reconversion professionnelle en qualité de gérant d'immeubles mais avait des difficultés dans la prise de notes, dans la gestion d'une certaine quantité d'informations et dans le processus d'apprentissage (manque de méthodologie). Du 2 septembre 2015 au 20 avril 2016, trois modules de formation auprès de l'USPI ainsi qu'une mesure d'accompagnement/coaching avaient été entrepris. Par la suite, l'intimé avait suivi le module "Immotechnique" (construction et maintenance/surveillance d'immeuble/planification des travaux de maintenance/connaissances techniques du bâtiment - analyses et actions), pour lequel il avait échoué aux examens à deux reprises. Il avait également entrepris à compter du 1 er juin 2016 auprès de la Régie du C.________ SA un stage pratique, qui avait toutefois été interrompu pour des raisons médicales. Dans la mesure où il avait été remarqué que l'intimé manquait de compétences en communication, un stage de conseiller en placement lui avait été proposé, sans succès faute de compétences pour l'activité commerciale. Enfin, une nouvelle formation de gérant d'immeubles auprès de l'Hôpital D.________ avait été mise en oeuvre, laquelle avait également échoué faute d'intégration. Il en avait été de même d'un stage en serrurerie. Force était de constater, selon les premiers juges, que l'intimé ne se trouvait pas dans la situation particulière où il aurait travaillé de nombreuses années dans le même domaine d'activités avant son atteinte à la santé et où une activité dans un autre domaine n'entrerait pratiquement plus en ligne de compte, conditions requises par la jurisprudence pour s'écarter de la valeur médiane des salaires statistiques et se référer aux salaires mensuels de secteurs particuliers, voire d'une branche particulière. Pour cette raison déjà, la référence par la recourante au salaire statistique de la branche "activités immobilières" (ligne 68) apparaissait contraire au droit. En tout état de cause, il découlait des notes explicatives de la nomenclature (NOGA 2008) que les activités visées par la ligne 68 de la table étaient des activités de marchands ou d'agents immobiliers qui requéraient un niveau de formation élevé et apportaient aux utilisateurs des connaissances et compétences spécialisées. Or l'intimé ne disposait pas d'une telle formation, ayant échoué aux examens du module "Immotechnique" de l'USPI, et il manquait de compétences en communication comme dans le démarchage commercial, ce qui avait été démontré concrètement dans le cadre des stages.