Citation: 6B_277/2017 E. 1

La cour cantonale a estimé que, depuis le printemps 2016, le recourant avait semblé s'être enfin conformé aux directives de l'établissement. Il avait d'ailleurs à nouveau pu bénéficier d'élargissements progressifs sous la forme de congés de plus en plus longs et fréquents. Le fait que le Juge d'application des peines n'eût pas fait mention des dernières décisions d'octroi de congés, rendues par l'autorité d'exécution en novembre et décembre 2016, n'était pas déterminant, dès lors que ces décisions avaient été rendues après la clôture de l'instruction par ce magistrat, mais, surtout, car il n'était pas contesté que le recourant poursuivait son exécution de mesure de manière satisfaisante depuis mai 2016 et qu'il était donc admis qu'il bénéficiait régulièrement d'élargissements supplémentaires sous la forme de congés de plus en plus fréquents et de plus en plus longs. En définitive, si le comportement du recourant depuis le printemps 2016 était donc réjouissant, les événements qui avaient ponctué les premiers mois de son placement à l'EMS ne pouvaient être ignorés au stade du pronostic qu'il convenait d'établir en vue d'une éventuelle libération conditionnelle. Sur le plan de la maladie et du traitement, la cour cantonale a considéré que le recourant acceptait sa médication et faisait preuve de "compliance" dans ce domaine. Celui-ci avait expliqué que cette médication l'aidait et lui faisait du bien, tout en admettant avoir déjà demandé à son médecin de réduire le dosage et en indiquant qu'il souhaitait passer de cinq à deux médicaments quotidiens, à moyen terme. Ces éléments étaient révélateurs de la prise de conscience tout à fait relative de l'intéressé au sujet de l'importance de sa médication pour sa stabilité psychique. Toutefois, ce qui apparaissait le plus inquiétant concernait le travail thérapeutique, dans lequel l'investissement du recourant était plus que limité. Malgré les diagnostics concordants des deux experts psychiatres, le recourant ne se sentait pas vraiment concerné par ses maladies. En l'absence de reconnaissance de sa pathologie, on pouvait craindre que le recourant n'accepte la médication prescrite que dans l'objectif de répondre aux attentes qu'il pensait être celles de la justice et de pouvoir ainsi obtenir le plus rapidement possible un élargissement de régime. On pouvait ainsi attendre une certaine évolution de l'intéressé dans ce domaine. Selon la cour cantonale, le risque de récidive générale était modéré, mais le risque de récidive pour des actes de même nature était important concernant des personnes avec lesquelles le recourant entretiendrait des liens affectifs. Ce risque de récidive spéciale n'était pas lié à la seule personne de l'ex-épouse du recourant, mais pourrait concerner toutes les personnes avec lesquelles celui-ci entretiendrait des relations affectives particulières, soit sa famille ou sa nouvelle compagne. Au demeurant, le risque de récidive était également influencé par l'environnement socio-familial et la consommation d'alcool. Or, ces deux facteurs n'étaient pas maîtrisés. La famille du recourant n'apparaissait pas comme un élément stabilisant, l'EMS dans lequel celui-ci séjournait ayant déjà dû recadrer à plusieurs reprises ses soeurs en raison de leurs multiples demandes. S'agissant de la consommation d'alcool, on ne pouvait que s'inquiéter du discours réducteur du recourant, lequel n'avait aucune conscience de la nécessité d'élaborer une stratégie en vue de maintenir une abstinence à l'alcool en dehors du milieu protégé dans lequel il évoluait.