Citation: 6B_17/2024 E. 2.6

2.6. Le recourant conteste la réalisation de l'élément subjectif de l'infraction de lésions corporelles simples par négligence. Il critique le raisonnement de la cour cantonale ( cf. supra consid. 2.2) selon lequel il lui revenait de prendre des mesures de précaution supplémentaires. À titre liminaire, le recourant affirme de manière purement appellatoire et donc irrecevable que la vue vers l'arrière de son véhicule n'était pas clairement masquée, alors que la cour cantonale a retenu sans arbitraire que tel était le cas ( cf. supra consid. 2.3). Pour le surplus, le raisonnement de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique. Il est établi que le recourant savait au moment de procéder à sa manoeuvre de recul que l'intimée 3 et ses enfants étaient en train de rentrer en direction de leur domicile. Il s'attendait ainsi à les voir arriver et avait par conséquent conscience qu'un enfant, âgé de trois ans au moment des faits, se trouvait derrière son véhicule et avançait dans la même direction. Il savait également que l'enfant ne tenait pas les mains de sa mère et marchait à distance de celle-ci. Dès lors qu'il avait croisé l'intimé 1 quelques secondes avant de procéder à la marche arrière et qu'il avait dû attendre que celui-ci se déporte sur le côté pour pouvoir passer, il n'ignorait pas non plus que l'enfant puisse se trouver au milieu du chemin sur lequel il circulait. Compte tenu de ces éléments et au vu de la jurisprudence précitée ( cf. supra consid. 2.5.3), la cour cantonale était fondée de retenir que le recourant, avant d'effectuer sa marche arrière, se devait de prendre des mesures de précaution supplémentaires - telles que vérifier les angles morts - et ne pouvait dès lors pas se fier uniquement à l'absence de signal sonore ainsi qu'au fait qu'il n'ait rien vu ni dans ses rétroviseurs extérieurs ni sur l'écran de sa caméra de recul. Son comportement constitue par conséquent une violation des règles de la prudence qui fonde une négligence. La cour cantonale a de plus relevé à juste titre qu'eu égard aux circonstances décrites ci-avant et du fait que la manoeuvre avait été effectuée à proximité d'un virage qui masquait en partie la visibilité du recourant sur le chemin piéton, ce dernier aurait dû faire preuve d'une prudence toute particulière. En effet, dès lors que la situation n'était pas exempte de risques, il lui revenait soit d'attendre que la famille l'ait dépassé avant d'entamer sa marche arrière ou alternativement de solliciter son épouse pour vérifier l'absence de danger tel que l'exige l'art. 17 al. 1 OCR. Quoiqu'en dise le recourant, ce sont les circonstances évaluées dans leur ensemble qui auraient dû l'amener à prendre des précautions particulières. Ainsi, en s'abstenant de toute vérification supplémentaire, le recourant a bien violé de manière fautive son devoir de prudence résultant des art. 26 al. 2 LCR, 36 al. 4 LCR et 17 al. 1 OCR. Il s'ensuit que la condamnation du recourant du chef de lésions corporelles simples par négligence ne viole pas le droit fédéral. Partant, ce grief doit être rejeté.