Citation: 5A_281/2023 E. 9.3

9.3. En l'espèce, l'autorité cantonale a rendu une décision motivée sur le recours déposé par la recourante contre l'ordonnance d'exécution forcée du 28 décembre 2022. Elle a notamment jugé que la juge de paix était l'autorité compétente pour statuer d'office sur les mesures d'exécution telles qu'ordonnées, que la décision du 25 août 2021 était définitive et exécutoire et que les mesures litigieuses étaient conformes aux art. 267 et 343 al. 3 CPC. Si la recourante estime que cette décision est erronée, il ne suffit pas, comme elle le fait, de prétendre qu'un de ses moyens n'a pas été examiné. Elle doit soulever un grief de droit matériel pour attaquer les motifs que l'autorité cantonale a jugé pertinents et suffisants pour statuer. Le seul moyen que la recourante soulève dans cette critique, notamment en invoquant l'arbitraire et la violation du droit d'être entendu, et qui ne fait l'objet d'aucune motivation dans l'arrêt attaqué est la violation de l'art. 12 let. c LLCA. Néanmoins, la recourante n'a plus d'intérêt à se prévaloir d'une quelconque cause de révocation de l'administrateur officiel de la succession, étant donné que, par décision du 12 juillet 2023, la juge de paix a pris acte de la démission de Me O.________ de ses fonctions et a nommé à sa place Me K.________ en qualité d'administrateur officiel. Son recours sur ce point est dans cette mesure d'emblée irrecevable. Au demeurant, dans son recours cantonal, la recourante n'a pas soulevé ce grief. Elle s'est bornée, uniquement dans son exposé des faits, à mentionner que, dans son courrier du 22 novembre 2022, elle se plaignait de l'incapacité de postuler de l'administrateur officiel et que, antérieurement à la décision du 25 août 2021, elle avait déjà signalé le conflit d'intérêts dans lequel se trouvait l'administrateur officiel et que le compte bancaire sur lequel elle devait verser les avoirs qu'elle détient appartient à celui-ci. Ainsi, non seulement l'autorité cantonale ne peut se voir reprocher une violation de l'art. 29 al. 2 Cst. pour n'avoir pas statué sur un grief qui n'a pas été soulevé conformément aux exigences de motivation du recours, mais la question de la révocation de l'administrateur officiel n'est pas pertinente au stade de l'exécution des mesures de sûreté. Par surabondance, la question de la révocation de l'administrateur a déjà été tranchée par arrêt cantonal du 8 mars 2022 et l'art. 12 let. c LLCA n'est pas applicable en l'espèce dans la conduite de la procédure gracieuse, les membres de l'hoirie n'étant pas les clients de l'avocat qui agit en qualité d'administrateur officiel (arrêt 2P.77/2006 du 13 septembre 2006 consid. 5.2). Il suit de là que le grief de violation du droit d'être entendu est irrecevable. Dans le prolongement de ce qui précède, il sied encore de trancher deux points: premièrement, la recourante se plaint de la violation de l'art. 12 let. c LLCA dans le présent recours (ch. 9, p. 33 ss.). Toutefois, ce grief doit être déclaré irrecevable, faute non seulement d'intérêt mais aussi d'avoir été soulevé devant l'autorité cantonale (cf. art. 75 al. 1 LTF et supra consid. 8.1). Secondement, elle se plaint aussi du fait que l'ordonnance d'exécution ordonne la remise des actifs de la succession sur un compte appartenant à l'administrateur officiel, alors que la décision du 25 août 2021 ordonnait cette remise sur un compte bancaire de la justice de paix. Cependant, la recourante ne dénonce encore une fois aucune application arbitraire des art. 335 ss CPC à cet égard. Dans tous les cas, la décision résisterait au reproche de violation de l'art. 9 Cst.; la recourante se méprend en effet sur la portée de ce changement qui, contrairement à ce qu'elle semble prétendre, ne modifie pas le créancier de l'obligation de faire mais seulement une modalité d'exécution, soit le lieu d'exécution. Au surplus, dans son arrêt du 8 mars 2022, même si elle n'a pas elle-même modifié le lieu d'exécution, l'autorité cantonale a, contrairement au juge de paix, maintenu l'administration d'office de la succession et l'administrateur nommé dans cette fonction et relevé, dans sa motivation, que la recourante devait " remettre à l'administrateur tous les biens de la succession en [sa] possession " (cf. p. 23 de l'arrêt précité et p. 10 de l'arrêt attaqué).