Citation: 4A_70/2024 E. 5.1

5.1. En l'espèce, la cour cantonale a constaté que la bailleresse avait résilié le bail litigieux pour son besoin propre, pour trois raisons : d'une part, les standards techniques de sécurité des locaux abritant ses agences de U.________, K.________ et X.________ n'étaient plus suffisants et il s'agissait de transformer l'immeuble de la rue (...) afin de les accueillir; les précédents locaux posaient problème en matière d'hygiène; le regroupement de ses agences en même temps que la création d'un centre de compétences répondait aussi à des raisons économiques pertinentes (économies d'échelle, amélioration de l'accueil de la clientèle, augmentation constante des coûts de la construction). Le motif avancé était donc réel. Il ne s'agissait pas d'un subterfuge. Que la bailleresse n'ait pas encore demandé de permis de construire était sans pertinence, étant observé que si la bailleresse avait demandé et obtenu ce permis avant la résiliation de bail, en août 2021, il aurait déjà perdu sa validité du fait de la durée de la procédure initiée par la locataire. Il était clair que ce projet supposait le départ de la locataire. Comme la bailleresse entendait utiliser elle-même l'ensemble des locaux, il devait être évident pour la locataire qu'elle ne pourrait pas les occuper pendant les travaux. La bailleresse n'avait pas eu de comportement contradictoire ou déloyal au moment du congé; s'agissant des événements qui avaient suivi l'audience de conciliation, ils ne pouvaient être mis en rapport avec cette résiliation qui remontait à six mois auparavant. Finalement, il n'y avait aucune disproportion manifeste des intérêts en présence. Le besoin propre de la bailleresse d'utiliser les locaux était clairement établi et la locataire ne se trouvait pas dans une situation difficile. Partant, le congé n'était pas contraire aux règles de la bonne foi.