Citation: 5P.314/1999 01.09.2000 E. 2

2.- La recourante prétend que le tribunal de district a fait preuve d'arbitraire en attribuant les enfants à leur père principalement sur la base du rapport d'expertise, sans tenir suffisamment compte des autres circonstances. a) L'autorité cantonale a considéré, à l'instar du juge de première instance, que l'intimé paraissait mieux à même d'offrir aux enfants une vie bien structurée et organisée, dans un cadre sécurisant, ainsi qu'un bon équilibre familial. La mère se montrait plus vague à ce sujet; de plus, sa situation financière était actuellement très limitée en raison des études de doctorat qu'elle avait entreprises. Le tribunal a aussi retenu que le droit de visite se déroulerait en meilleure harmonie si les enfants étaient provisoirement attribués à leur père, celui-ci ne manifestant, contrairement à la mère, aucune appréhension à laisser les fillettes à son conjoint pour le week-end et les vacances. Certes, l'épouse avait évolué favorablement depuis les deux dernières années et personne ne contestait son attachement à ses filles, l'expert ayant du reste déclaré que les deux parents lui semblaient capables de s'occuper des enfants de manière adéquate. Il convenait toutefois de donner la préférence au père, conformément aux conclusions du rapport d'expertise, car la mère paraissait moins déterminée dans ses entreprises et plus influençable que son mari, ce qui risquait de déstabiliser les enfants. Par ailleurs, les études dans lesquelles l'épouse s'était engagée ne lui laisseraient guère de disponibilité pour s'occuper de ses deux filles; or, celles-ci demandaient plus de soins et d'attention que d'autres enfants. Compte tenu de ces éléments, il convenait de maintenir l'attribution des enfants à leur père. b) Dans une argumentation essentiellement appellatoire, donc irrecevable (cf. ATF 117 Ia 412 consid. 1c p. 414 s.; 107 Ia 186), la recourante tente vainement de remettre en cause cette opinion. Elle expose en substance, mais sans rien démontrer, que le tribunal aurait accordé une importance démesurée au rapport d'expertise, lequel présenterait des lacunes, ne serait pas motivé et aurait un caractère entièrement subjectif. Elle soutient en outre - ce qui n'est pas contesté - qu'elle est une excellente mère, qui s'est toujours occupée de ses filles avec compétence et dévouement. Elle prétend par ailleurs, sans chercher à le démontrer, qu'il serait erroné d'affirmer qu'elle ne s'est pas organisée pour accueillir ses enfants et que ses études ne la rendent guère disponible pour les prendre en charge. Enfin, la décision attaquée accorderait, à ce stade de la procédure, un poids excessif au principe de la stabilité. Pour autant qu'elles soient recevables au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, ces allégations n'établissent pas en quoi l'arrêt attaqué serait en contradiction avec la situation effective ou ne reposerait pas sur des motifs objectifs. La recourante semble perdre de vue que le Tribunal fédéral, saisi d'un recours de droit public, n'a pas à substituer son appréciation à celle de l'autorité cantonale. Au demeurant, la recourante n'établit pas en quoi la décision d'attribuer la garde des enfants à leur père durant la procédure de divorce serait insoutenable dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15; 124 I 247 consid. 5 p. 250; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités): s'il est vrai que pour la durée de la procédure de divorce, il n'y a pas encore à déterminer chez quel parent le droit des enfants à des soins et à une éducation optimums est le mieux assuré pour l'avenir (ATF 111 II 223 consid. 3), le critère de l'équilibre affectif et psychologique n'en demeure pas moins essentiel également à ce stade. Le moyen apparaît dès lors mal fondé, en tant que recevable.