Citation: 4D_37/2018 E. 4.2

4.2. La Chambre des recours ne s'est pas prononcée sur ce grief, se bornant à relever que la motivation du premier juge était conforme à la jurisprudence et au large pouvoir d'appréciation de celui-ci. Ce n'est pas suffisant. En effet, le moyen n'apparaissait pas d'emblée dénué de fondement. La prise de connaissance de correspondances par l'avocat n'est pas une activité qui, par principe, ne relèverait pas de l'accomplissement d'une défense d'office et n'aurait ainsi pas à être rémunérée quelles que soient les circonstances. Or, en l'occurrence, la décision fixant l'indemnité due au conseil d'office aboutissait à refuser toute rétribution de cette activité, indistinctement pour l'ensemble de la correspondance en cause, alors que les heures comptabilisées à ce titre représentaient plus de 10% de la totalité des heures figurant dans les listes des opérations et correspondaient à la lecture de 152 pièces (15,2 heures : 0,1 heure) si l'on se fonde sur lesdites listes. Au demeurant, la jurisprudence cantonale appliquée par le premier juge n'exclut une rétribution que pour la "lecture cursive et brève, ne dépassant pas les quelques secondes pour un avocat correctement formé" (CREC 2 août 2016/297 consid. 3.3). Or, le premier juge a refusé de rémunérer la prise de connaissance de tous les courriers, courriels et fax au motif qu'une durée de 0,1 heure - soit 6 minutes - était indiquée pour chacune de ces correspondances dans les listes des opérations présentées par les conseils d'office. Dans ces circonstances, il n'était manifestement pas exclu que la réduction des heures rémunérées opérée par le premier juge consacrât une application arbitraire de la loi. Par ailleurs, le recourant avait dûment motivé le grief tiré d'une violation arbitraire de l'art. 122 al. 1 let. a CPC et de l'art. 2 al. 1 RAJ/VD, qu'il fondait sur les particularités d'une cause impliquant l'échange de courriers, parfois longs et complexes, entre plusieurs parties. Ainsi, pour démontrer l'amplitude exceptionnelle de l'affaire et l'importance de la correspondance reçue, le recourant avait produit à l'appui de son recours du 5 février 2018 un bordereau de pièces comportant en particulier la demande, l'expertise privée ainsi que l'ensemble des fax et courriers entrants reçus du 28 octobre 2016 au 20 décembre 2017. Il s'ensuit que la Chambre des recours civile se devait d'examiner le grief soulevé. En s'en abstenant, elle a violé le droit d'être entendu du recourant.