Citation: 1C_443/2020 E. 5.2

5.2. En l'espèce, il ressort du dossier que le projet de rehaussement de la digue de Plans-Mayens vise à pérenniser l'approvisionnement en eau potable et en eau d'irrigation pour l'ancienne commune de Chermignon sur le long terme et aussi à assurer l'approvisionnement des communes voisines durant les périodes de pénurie. L'augmentation de la capacité de stockage constitue à court terme l'amélioration principale à réaliser pour garantir l'approvisionnement en eau potable: le projet litigieux répond ainsi à un intérêt public important (voir aussi infra consid. 6.2). D'après le rapport selon l'art. 47 de l'ordonnance sur l'aménagement du territoire du 28 juin 2000 (OAT; RS 700.1), rédigé à l'appui du projet de modification partielle du PAZ, la retenue de Plans-Mayens est l'endroit le plus opportun pour implanter une réserve supplémentaire, de par sa position géographique en amont des utilisateurs, de par la digue préexistante et de par la topographie de vallon marqué permettant le rehaussement de la digue. Sur cette base, les services cantonaux concernés ont estimé que l'emplacement de l'ouvrage pouvait être considéré comme imposé par sa destination. Un examen plus approfondi de solutions alternatives n'a pas été effectué au stade de l'élaboration du rapport de planification et de la demande de défrichement. La variante proposée par les recourants a fait, par la suite, l'objet d'une analyse par les autorités cantonales appelées à statuer sur les oppositions et le recours. Les services cantonaux se sont aussi prononcés. Les autorités sont arrivées à la conclusion que le site de Plans-Mayens restait le plus optimal de la région et ont ainsi écarté l'utilisation des eaux du barrage de Zeuzier. De plus, d'un point de vue forestier, l'OFEV a relevé, à juste titre, que la variante évoquée par les recourants de l'utilisation des eaux du barrage de Zeuzier impliquerait aussi des défrichements puisqu'elle suppose l'aménagement de conduites d'eau sur une distance de plus de 5 km, en particulier en zone forestière. Les recourants ont d'ailleurs précisé eux-mêmes à propos de la variante Zeuzier que "les zones touchées se trouvent dans l'Ertense, soit dans une zone isolée par opposition au lac de Plans-Mayens qui se trouve au coeur du tissu habité et touristique". Du point de vue de la protection de la nature et du paysage, l'OFEV peut être suivi lorsqu'il avance qu'il est préférable de préserver une zone isolée et de concentrer les atteintes techniques dans des endroits où elles sont déjà présentes, en évitant ainsi d'intervenir dans un compartiment paysager intact. Par ailleurs, en ce qui concerne les exigences de protection de la nature et du paysage qui doivent être respectées pour pouvoir autoriser un défrichement, l'OFEV a relevé que la décision attaquée avait examiné les impacts du projet sur la nature et le paysage et évoqué les mesures de compensation prévues; ces mesures, détaillées dans la notice d'impact sur l'environnement (ch. 5.11 et 12) et précisées dans les préavis des services cantonaux, étaient à même de compenser les atteintes engendrées par le rehaussement de la digue. Dans ces conditions particulières liées tant à la spécificité du projet qu'à l'intérêt public important à sa réalisation, le Tribunal cantonal n'a pas violé le droit fédéral en jugeant que les autorités cantonales n'avaient pas à examiner de façon plus circonstanciée la variante proposée par les recourants, celle-ci n'apportant aucun avantage significatif au niveau de la conservation de la forêt et de la protection de la nature et du paysage. Les motifs ayant conduit les autorités locales à choisir la solution litigieuse l'emportent sur l'intérêt au maintien de la forêt.