Citation: 5A_377/2022 E. A

A.a. A.________ est une citoyenne suisse et saoudienne résidant à U.________. B.________ est un citoyen saoudien domicilié à V.________, où il exerce la profession d'avocat. A.b. A.________ a mandaté B.________ pour défendre ses intérêts dans le cadre de la succession de son époux décédé en 2004. Ensuite d'un litige entre les parties portant sur les honoraires dus en exécution de conventions datées des 27 août 2004 et 30 janvier 2005, B.________ a ouvert action devant les tribunaux saoudiens. A.c. A.c.a. Par jugement du 19 février 2017, numéroté 38182114 et intitulé " Rémunération pour immobilier ou autre ", le Tribunal de Djeddah a condamné A.________ au paiement de 4'093'750 SAR en faveur de B.________. Il a été fait référence à un contrat conclu par les parties, au fait que la première n'avait produit aucun document attestant de fautes commises par le second dans l'exécution de celui-ci, et aux conclusions de l'expertise mise en oeuvre portant sur les prestations exécutées et les honoraires dus à ce titre. Une décision (" Endossements ") a été rendue le 26 octobre 2017 par la Cour d'appel de La Mecque. Celle-ci a annulé le jugement du 19 février 2017 et renvoyé l'affaire à l'autorité inférieure pour " l'ajout d'une mention en marge du dossier " ainsi qu'à " un autre juge pour examen ". A.c.b. Par jugement du 27 février 2019, le Tribunal de Djeddah, faisant suite à une action en justice de B.________ du 20 novembre 2017, a condamné A.________ au paiement de 4'093'750 SAR en faveur de celui-ci. Il en ressort que les parties ont conclu un accord sur les montants que s'engageait à payer A.________ à B.________ au titre des honoraires pour les prestations fournies par celui-ci et/ou leur mode de calcul, notamment un pourcentage de la part de la première dans la succession de feu son époux. Il a par ailleurs été constaté comment les parties avaient exécuté cet accord, les montants reçus par A.________ dans ladite succession et les procédures judiciaires intervenues depuis lors opposant les parties au sujet des honoraires. Enfin, le tribunal s'est fondé également sur le résultat de l'expertise mise en oeuvre pour évaluer les honoraires dus. A.________ a été représentée dans cette procédure et a pu faire valoir ses moyens par écrit ainsi qu'en audience. Au pied du jugement, les parties ont été informées de la possibilité de faire " opposition " dans un délai de trente jours, que le tribunal leur notifierait la décision à réception de laquelle ledit délai commencerait à courir, et qu'à défaut d'opposition, la décision deviendrait définitive et exécutoire. Aux termes d'une " fiche de suivi " du Tribunal de Djeddah du 1 er avril 2019, en ce qui concernait " l'opposition " formée par A.________ à l'encontre du jugement du 27 février 2019, la cause a été renvoyée au Tribunal de Djeddah le 1 er avril 2019. A teneur d'une annexe au jugement du 27 février 2019, datée du 2 avril 2019 et signée le 4 avril 2019 par le Président du Tribunal de Djeddah, A.________ n'avait pas formé de recours dans le délai imparti, de sorte que son droit " d'opposition " s'était éteint et le jugement était entré en force de chose jugée, confirmé et signé. Il était demandé à toutes les autorités et instances gouvernementales de faire exécuter le jugement par tous les moyens légaux, y compris l'usage de la force. A.c.c. A.c.c.a. Aux termes de sa décision du 10 septembre 2019, la Cour d'appel de La Mecque a examiné la requête de " réexamen " du jugement du 27 février 2019 formée par A.________ le 2 septembre 2019. Elle a renvoyé la cause à l'autorité précédente, avec les deux remarques suivantes : celle-ci devait (1) appliquer les dispositions de l'art. 189/1 de la Loi sur les procédures civiles et (2) examiner l'argument soulevé par la précitée, selon lequel un jugement avait déjà été rendu dans cette affaire et annulé (cause "enregistrée " le 20 avril 2010), ainsi que l'impact de cette dernière décision sur le jugement du 27 février 2019. A.c.c.b. Le Tribunal de Djeddah a rendu une décision le 9 octobre 2020. Il y est fait référence à la requête de réexamen de A.________ du 2 septembre 2019, aux deux remarques précitées et, sans autres précisions, à des " notes d'appel ", mais non à une opposition formée par celle-ci en avril 2019. Quant à la première remarque, le tribunal a " répondu " qu'un jugement serait rendu à la fin de l'audience. Pour ce qui est de la seconde, il a exposé avoir examiné le jugement précédent numéroté 38182114 (cf. supra let. A.c.a). Il n'en ressortait aucun effet sur ce qui avait été statué. Il s'agissait certes d'une seule affaire. Cela étant, ce jugement précédent avait été cassé. Que le demandeur poursuive la même action que celle précédemment tranchée ou intente une nouvelle action, cela ne portait pas préjudice à son droit à une nouvelle action en justice pour faire valoir ses droits. C'était ce qui allait intervenir dans l'action en justice dont le jugement avait été cassé. Si celle-ci était jugée, elle le serait en tant que nouvelle procédure. Enfin, le tribunal a dit qu'après avoir ainsi répondu aux remarques, il prononçait le renvoi de la cause devant la Cour d'appel.