Citation: 1C_347/2022 E. 3.2

3.2. Les recourants déduisent tout d'abord de l'art. 24 LATC que les communes ne seraient plus autonomes dans la désignation de la méthode de calcul des places de stationnement, car le droit cantonal fixe clairement le nombre de places de parc autorisées. L'art. 104 RGA, qui autorise deux places de stationnement par logement, serait ainsi contraire à cette disposition et à l'art. 40 RLATC. Dans un arrêt auquel les recourants étaient parties et qui concernait un projet de construction dans le même quartier, le Tribunal fédéral a laissé indécise la question de savoir si les prescriptions prévues par le règlement communal en matière de places de stationnement étaient compatibles avec celles des normes professionnelles auxquelles les art. 24 LATC et 40a RLATC renvoient au motif que le résultat auquel étaient parvenues les autorités cantonales était compatible avec ces normes (arrêt 1C_78/2021 du 1 er avril 2022 consid. 6.2). Il peut en aller de même en l'occurrence et pour les mêmes raisons. En effet, l'interprétation défendue par l'instance cantonale de recours selon laquelle la règle de l'art. 104 RGA, qui prévoit deux places de parc par logement, est applicable, nonobstant les art. 24 LATC et 40a LATC, n'est pas insoutenable. La référence aux normes VSS figure à l'art. 24 LATC, disposition qui a pour but de définir le contenu des plans d'affectation. Ces normes ne se limitent pas à chiffrer le nombre de places de stationnement par mètre carré ou par habitation. Elles aménagent en faveur de l'autorité qui les applique une liberté d'appréciation pouvant conduire, en raison de l'intérêt public, à une offre de cases de stationnement plus élevée ou plus faible que celle obtenue en appliquant la norme. Elles précisent entre autres que l'établissement de l'offre maximale en cases de stationnement admissible doit s'appuyer sur la situation locale particulière et se déduire des objectifs de politique d'aménagement ainsi que des conditions de charge admissibles du réseau routier et du voisinage, de protection de l'environnement, de protection du site, etc. (ch. 6.4). En l'occurrence, les places de stationnement disponibles dans le quartier sont limitées et il s'agit d'une circonstance dont il peut être tenu compte pour s'écarter des valeurs indicatives fixées dans les normes professionnelles (arrêt 1C_477/2009 du 17 juin 2010 consid. 5.4). Par ailleurs, comme l'a souligné la Municipalité, la typologie des bâtiments, qui offre de vastes appartements dans un quartier résidentiel, justifie également la fixation de deux places de parc par appartement dès lors que le quartier n'offre pas la possibilité de parquer un second véhicule hors de la propriété. La proximité de la gare de Corseaux et d'un arrêt de bus desservi deux fois par heure ne modifie pas fondamentalement cette appréciation et ne permet pas de limiter le nombre de places de parc. Même si le nombre de places de parc surnuméraires est relativement élevé par rapport à celui qui prévaudrait selon les recourants, l'arrêt attaqué qui confirme le projet de l'intimée sur ce point ne consacre pas une solution arbitraire ou insoutenable dans son résultat.