Citation: U 300/06 22.06.2007 E. 5

La juridiction cantonale a repris à son compte les conclusions des docteurs N.________ et D.________. Elle a ainsi retenu qu'il n'existait pas de rapport de causalité naturelle entre l'accident du 8 août 1997 et les troubles lombaires du recourant. 5.1 Pour le docteur N.________, il n'y avait pas d'évidence clinique d'une décompensation et même si une décompensation post-traumatique était théoriquement possible, une discussion sur ce point était superflue en l'absence d'évidence clinique ou radiologique d'un tel phénomène (rapport du 7 août 2002). 5.2 Il ressort de l'appréciation du docteur D.________ du 14 janvier 2004 que la spondylolisthésis sur lyse isthmique était déjà identifiable sur la radiographie de la colonne lombaire de l'assuré prise le lendemain de l'accident. On pouvait dès lors exclure une étiologie traumatique à sa source (non pas seulement en raison du fait qu'il s'agit d'une lésion exceptionnelle) mais également parce qu'il existait un discret glissement vertébral, qui dans le cadre d'une lyse isthmique traumatique ne se développe qu'au fil du temps. En outre, le pincement discal L5/S1 exprimait la discopathie sous-jacente qui accompagne fréquemment le phénomène de spondylolisthésis isthmique. On pouvait également exclure une étiologie traumatique indirecte (douleurs lombaires provoquées par la boiterie induite par les deux pathologies du membre inférieur droit à savoir incongruence articulaire, puis nécrose de la tête fémorale et problématique fémoro-rotulienne suite à la fracture patellaire). A cet égard, la doctrine médicale et les récentes expériences menées par les chercheurs démontraient que le phénomène de boiterie n'était pas responsable de l'émergence des lombalgies. Dans le cas de l'assuré, il n'était pas possible de documenter une progression du glissement vertébral antérieur de L5 sur S1. En d'autres termes, il n'y avait pas sur le plan radiologique de démonstration objective d'une péjoration de la situation au niveau lombaire. Par ailleurs, il était difficile d'admettre que la boiterie fût impliquée dans l'émergence des lombalgies. S'il était exact que l'assuré avait développé avant la mise en place de sa prothèse de la hanche une boiterie importante, la normalisation de la marche suite à cette opération ne s'était pas soldée par un amendement progressif des lombalgies, ce qui aurait dû se produire pour le moins au courant de l'année 2001, puisque l'opération avait eu lieu le 19 novembre 2000. Enfin, à la lecture du rapport d'expertise du COMAI on était en droit de s'interroger rétrospectivement sur l'impact clinique réel du spondylosthésis sur lyse isthmique de L5 dans la mesure où à l'heure actuelle, et ce malgré la persistance des plaintes, il n'existait plus aucun signe clinique évocateur d'un syndrome lombo-vertébral, voire lombo-articulaire. Le docteur D.________ en a déduit qu'il n'était pas établi, au degré de la vraisemblance prépondérante, que les troubles lombaires qui se sont installés dans l'évolution ayant fait suite à l'accident du 8 août 1997 représentent une complication indirecte de ce traumatisme. En outre, pour le moins actuellement, il n'était pas certain que cette pathologie - asymptomatique - soit impliquée dans l'étiologie des plaintes de l'assuré. En réponse aux avis exprimés par les docteurs B.________ et O.________ au cours de la procédure cantonale, le docteur D.________ a exposé que le diagnostic de spondylolisthésis n'était apparu pour la première fois que le 26 février 1999 (rapport du docteur I.________). Il n'était pas possible de savoir quand les douleurs lombaires s'étaient manifestées, mais on pouvait conclure d'autres rapports médicaux (celui du 19 mars 2001 du docteur J.________ et celui du 14 mai 2001 [recte: 22 mai 2001 relatant une consultation de policlinique du 14 mai 2001] du docteur E.________) qu'elles étaient apparues après un intervalle libre d'environ un an. Or, pour admettre qu'un rachis lombaire soit impliqué dans un traumatisme, il fallait que les troubles suggérant cette idée se développent rapidement après l'accident. Si ce délai était de plusieurs jours, voire de semaines, il était pratiquement impossible d'étayer le lien de cause à effet entre l'événement traumatique et les symptômes subséquents. L'argument décisif qui parlait indubitablement contre l'idée d'une décompensation traumatique du spondylolisthésis préexistant découlait donc de l'analyse de l'anamnèse et de la simple logique (rapport complémentaire du 1er février 2006).