Citation: I 23/01 28.11.2001 E. 3

3.- Il reste à déterminer si la décision administrative litigieuse doit être confirmée, pour le motif substitué que les conditions d'une reconsidération de la décision de rente du 15 juillet 1994 sont remplies (consid. 1b supra). a) Le revenu sans invalidité retenu à cette époque par l'Office AI du canton de Berne - 60 710 fr. en 1993 - est correct, sous réserve d'une adaptation de ce montant à l'évolution des salaires nominaux entre 1993 et 1994 (+ 1,5 %; La Vie économique 1996/12, p. 13 table B4.4). Cela conduit à un revenu hypothétique de 61 620 fr. (montant arrondi), ou 5135 fr. par mois. En revanche, il y a lieu de réexaminer le montant du revenu d'invalide sur lequel s'était fondé l'Office AI du canton de Berne, sur la base du rapport établi par l'entreprise X.________. b) aa) Selon la jurisprudence, le revenu d'invalide doit être évalué avant tout en fonction de la situation professionnelle concrète de l'intéressé. En l'absence d'un revenu effectivement réalisé - soit lorsque l'assuré, après la survenance de l'atteinte à la santé, n'a pas repris d'activité ou alors aucune activité adaptée, normalement exigible -, le revenu d'invalide peut être évalué sur la base des données statistiques telles qu'elles résultent des enquêtes suisse sur la structure des salaires, publiées par l'Office fédéral de la statistique (ATF 124 V 322 consid. 3b/aa). Dans ce cas, on réduira le montant des salaires ressortant de ces données en fonction des empêchements propres à la personne de l'invalide, par exemple certaines limitations liées au handicap, à l'âge, à la nationalité, à la catégorie de permis de séjour ou au taux d'occupation. Il n'y a toutefois pas lieu d'opérer des déductions distinctes pour chacun des facteurs entrant en considération, mais il convient plutôt de procéder à une évaluation globale des effets de ces facteurs sur le revenu d'invalide, compte tenu de l'ensemble des circonstances du cas concret. La jurisprudence n'admet pas de déduction globale supérieure à 25 % (ATF 126 V 78 consid. 5). bb) Le recourant n'a pas repris d'activité lucrative. Le rapport établi par X.________, permet de mieux cerner sa capacité de travail résiduelle, mais ne fournit pas d'indication fiable sur le revenu qu'il pouvait réaliser, en 1994, en utilisant pleinement cette capacité de travail. En effet, le recourant pouvait travailler dans d'autres secteurs que celui dans lequel X.________ était active; par ailleurs, les indications fournies par une seule entreprise ne sont pas forcément représentatives des salaires pratiqués sur le marché du travail. L'absence de fiabilité des données salariales mises en cause ressort du reste clairement d'une comparaison avec les données statistiques de l'enquête suisse sur la structure des salaires 1994. D'après cette publication, le salaire mensuel brut (valeur centrale) auquel pouvaient prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives dans le secteur privé était de 4127 fr. en 1994, dans les secteurs de la production et des services (table A 1.1.1). De tels secteurs offrent un large éventail d'activités simples et répétitives, de sorte qu'un nombre significatif d'entre elles sont adaptées aux problèmes physiques du recourant. Comme les salaires bruts standardisés tiennent compte d'un horaire de travail de 40 heures, soit une durée hebdomadaire inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 1994 (41, 9 heures; cf. La Vie économique 1996/12, p. 12, table B3.2), ce montant doit être porté à 4323 fr. En procédant à un abattement maximum de 25 % - mais un taux de 15 % serait plus approprié - pour tenir compte en particulier de la nationalité étrangère du recourant et de son empêchement à effectuer des travaux lourds ou en position agenouillée, on obtient un revenu d'invalide de 3242 fr. par mois (montant arrondi), nettement supérieur a celui retenu par l'Office AI du canton de Berne. Compte tenu d'un revenu sans invalidité de 5135 fr. par mois et d'un revenu d'invalide de 3242 fr. par mois, le recourant présentait en 1994 un taux d'invalidité de 37 % (montant arrondi), inférieur à celui ouvrant droit à une rente d'invalidité (consid. 1a supra). Fondée sur des données salariales erronées, la décision du 15 juillet 1994, par laquelle l'Office AI du canton de Berne avait alloué au recourant une demi-rente d'invalidité, pour un taux d'invalidité de 59 %, était donc manifestement erronée. Sa rectification revêt par ailleurs une importance notable, dans la mesure où elle conduit à supprimer la demi-rente allouée au recourant. C'est dès lors pour ce motif substitué qu'il y a lieu de confirmer le jugement attaqué. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances, prononce :