Citation: 8C_139/2018 E. 5.3.1

5.3.1. En ce qui concerne la situation médicale au moment de la suppression de la rente, elle est documentée par l'expertise du docteur E.________ du 26 janvier 2016 et son rapport complémentaire du 24 mars 2016, lesquels se fondent sur le dossier médical de la recourante, une entrevue avec cette dernière en date du 11 août 2015 et le matériel d'observation (vidéos et photos de la recourante). L'expert a indiqué que ce que l'on voyait sur les pièces résultant de la surveillance était en contradiction avec les allégations de la recourante, laquelle se plaignait de douleurs persistantes, tant au niveau cervical que lombaire, ainsi que de nombreuses limitations. En effet, elle y apparaissait capable de se mouvoir librement, sans boiterie. D'autre part, elle était capable d'utiliser ses deux membres supérieurs dans des activités réputées contraignantes, avec des mouvements répétitifs, des postures avec élévation des bras au-dessus des épaules, des mouvements de tête sans limitation et tout ceci tant en piétinant sur place qu'en se déplaçant. En outre, le fait de porter un casque intégral de moto, chose qui était particulièrement difficile pour des patients souffrant d'un syndrome cervical post-traumatique, semblait ici possible et ceci à plusieurs dates différentes. L'argument avancé par la recourante d'une accentuation des douleurs à la fatigue ne semblait, selon l'expert, pas non plus confirmé par la vidéo du mois d'octobre 2014 puisque l'assurée semblait capable de fonctionner normalement tant à la fin de la journée du 25 octobre que le lendemain. Sur la base des constatations découlant des observations effectuées, l'expert a conclu à une capacité de travail de l'assurée de 80 % comme vendeuse dans un magasin de vêtements (correspondant à l'activité exercée avant l'accident) ainsi que dans toute activité de bureau sédentaire et légère. En l'espèce, le docteur E.________ a précisé qu'il était difficile de fixer une date à partir de laquelle le statu quo sine ou ante avait été médicalement atteint chez la recourante car la réponse à cette question reposait avant tout sur l'observation empirique des capacités fonctionnelles de la recourante. Il a cependant expliqué qu'il s'était fondé sur le dossier mis à sa disposition (lequel était constitué du résultat de l'observation de l'assurée mais aussi de photos antérieures à l'observation trouvées sur internet). Or, les premiers éléments documentant un status fonctionnel compatible avec une amélioration significative de l'état de santé de la recourante (correspondant à un statu quo sine) dataient du 1er septembre 2008. Le docteur E.________ a ainsi proposé de retenir cette date comme étant celle où l'assurée avait retrouvé une capacité de travail de 80 %. Dans son rapport complémentaire du 24 mars 2016, le docteur E.________ a cependant précisé que l'incapacité de travail de 20 % était uniquement due aux troubles dégénératifs sans lien de causalité naturelle avec l'accident du 30 septembre 1996. L'expert a encore précisé que les vidéos lui ayant été soumises tendaient à montrer que les restrictions et limitations fonctionnelles de la recourante n'étaient que peu importantes. Il convenait néanmoins de veiller à ce que la recourante puisse changer occasionnellement de posture. Elle devait également pouvoir s'arroger des pauses, même de brève durée, de façon fréquente. Finalement, elle devait éviter le port de charges lourdes et de façon répétitive. La marche ou le travail en terrain accidenté ou sur des échelles devait également être limité.