Citation: U 334/01 10.06.2002 E. 4

4.- Sur le plan psychique, les docteurs C.________ et B.________ ont attesté d'un état dépressif marqué, dont ils ont admis qu'il était en relation de causalité naturelle avec l'accident du 20 mai 1997. Le docteur D.________ a quant a lui posé le diagnostic de trouble dépressif moyen avec syndrome somatique et anxiété généralisée. Il ne se prononce pas sur l'influence de cette affection sur la capacité de travail du recourant, ni sur la question du rapport de causalité naturelle avec l'accident, mais propose qu'une expertise psychiatrique soit mise en oeuvre. Les premiers juges ont renoncé à cette mesure d'instruction, au motif que l'accident était de gravité moyenne et ne pouvait pas être la cause adéquate de troubles psychiques. Le jugement entrepris est toutefois mal fondé sur ce point également, pour les motifs qui suivent. Dans un arrêt M. non publié du 4 janvier 1984 (U 11/83), antérieur à la jurisprudence établie par l'ATF 115 V 138 consid. 6, le Tribunal fédéral des assurances a considéré que la perforation d'un oeil par un fil de fer rouillé, ayant entraîné la cécité de cet oeil, était une lésion grave; il a admis l'existence d'un rapport de causalité adéquate entre l'accident et les troubles psychiques développés ultérieurement par l'assuré. Plus récemment, le Tribunal fédéral des assurances a laissé ouverte la question de savoir si une lésion oculaire entraînant la perte d'un oeil devait être classée dans la catégorie des accidents graves ou dans celle des accidents de gravité moyenne (RAMA 2000 no U 364 p. 87). Cette question peut être laissée ouverte en l'espèce. En effet, il résulte incontestablement de la jurisprudence précitée que l'existence d'un rapport de causalité adéquate entre l'accident subi par le recourant et ses troubles psychiques ne peut pas être écartée d'emblée. Par conséquent, la question de la causalité naturelle se pose à titre préalable. Sur ce point, les renseignements médicaux figurant au dossier sont insuffisants pour ce prononcer, de sorte que l'intimée devra mettre en oeuvre une expertise psychiatrique. Cette dernière sera intégrée dans une expertise pluridisciplinaire comprenant également les examens ophtalmologiques et neurologiques requis (consid. 3b supra).