Citation: 4A_587/2019 E. 6

Devant le Tribunal fédéral, le demandeur admet que l'art. 328 al. 2 CO « est tout à fait général et ne dit pas spécifiquement quelles mesures de précaution doivent être prises par un employeur pour échapper à sa responsabilité ». Le demandeur invoque l'art. 41 al. 1 de l'ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies professionnelles (OPA; RS 832.30). Cette règle prescrit que les objets et matériaux doivent être transportés et entreposés de façon qu'ils ne puissent pas se renverser, tomber ou glisser, et par là constituer un danger. Selon l'argumentation présentée, la règle a été violée du fait même que deux palettes ont basculé et sont tombées. Il est vrai que l'événement survenu le 12 décembre 2012 s'inscrit manifestement parmi ceux que l'art. 41 al. 1 OPA a pour but prévenir. Toutefois, cette règle n'est pas moins « générale » que l'art. 328 al. 2 CO. Elle ne prescrit pas « spécifiquement », elle non plus, les mesures à appliquer pour la prévention des renversements, chutes et glissements d'objets ou matériaux. La Cour d'appel juge avec raison que cette même règle n'institue pas de responsabilité causale de l'exploitant, c'est-à-dire indépendante de toute faute, par suite des chutes d'objets ou de matériaux qui surviennent au cours de l'exploitation. La Cour juge aussi avec raison que le travailleur recherchant l'employeur doit alléguer et prouver l'inobservation d'une mesure exigible selon l'art. 328 al. 2 CO.