Citation: 4A_88/2019 E. A

A.a. Jusqu'au 3 novembre 2008 (date de la résiliation de son contrat de distribution), C.________ SA - société inscrite au registre du commerce de Genève, active notamment dans la représentation et le commerce d'appareils électroniques - était l'un des distributeurs agréés de A.________ SA - société de droit français sise à U.________ active notamment dans la distribution et la commercialisation de chaînes de télévision - pour le territoire français. A.________ SA (ci-après également : A1.________) fournit à ses distributeurs des cartes destinées à décrypter le signal audiovisuel des chaînes de télévision proposées dans son catalogue. Ces cartes sont " nationales ", ce qui signifie que les cartes françaises ne devraient pas permettre le décryptage sur le territoire suisse, et inversement. En réalité, les cartes françaises qui étaient obtenues par C.________ SA pouvaient être utilisées par les clients situés en Suisse. Il ne résulte pas de la procédure que des dispositions contractuelles auraient interdit aux abonnés d'utiliser une carte française en Suisse. A.b. B.________, actionnaire et administrateur unique de C.________ SA, a réalisé la vente d'abonnements (et procédé au renouvellement de ceux-ci) à des clients domiciliés en Suisse, alors qu'il n'a jamais disposé d'autorisation de A1.________ pour le représenter sur ce territoire et que, depuis novembre 2008, il n'était plus distributeur agréé du groupe. Il procédait de la manière suivante : pour recevoir les cartes permettant de décrypter les chaînes souhaitées, il concluait des abonnements au nom de clients fictifs, mais en indiquant une adresse réelle en France (27 abonnements ont ainsi été conclus avec des clients [fictifs] domiciliés à Annemasse et 128 abonnements avec des clients [fictifs] domiciliés à Ambilly). Il recevait les cartes permettant le décryptage et les remettait à ses clients (réels) en Suisse. Les cartes étaient activées par A1.________ lorsque le prix de l'abonnement correspondant (" prix officiel A1.________ ") lui était versé, de sorte que toutes les cartes reposaient sur un abonnement payé. B.________ facturait aux clients suisses des montants supérieurs à ceux prévus par A1.________ pour les abonnements fournis à ses clients. Il versait le " prix officiel A1.________ " à A1.________ et conservait la différence en la justifiant par la fourniture de services supplémentaires octroyés aux clients concernés (ces services n'ont toutefois pas été établis). Selon les constatations cantonales, les informations sur le type d'abonnement conclu (soit 78 abonnements examinés dans le cadre de la procédure cantonale) et les montants payés ne sont disponibles que pour quatre clients, soit une infime partie de la totalité des clients ayant conclu un (ou des) abonnement (s). L'un d'eux (D.________) a par exemple payé 999 fr. pour un abonnement annuel xxx; sur ce montant, B.________ a reversé 420 fr. à A1.________, soit le prix officiel qui aurait été facturé par celui-ci. Un autre client (E.________) a payé 2'400 fr. (pour une année) pour l'abonnement " yyy " (au " prix officiel A1.________ " de 1'200 fr./an); si cette carte lui permettait effectivement d'obtenir le décryptage souhaité (" yyy "), elle n'avait coûté que 192 fr. (montant reversé à A1.________) à B.________, celui-ci ayant en réalité " détourné " une carte (" zzz ") censée être délivrée exclusivement à une tierce personne disposant déjà d'un abonnement auprès de A1.________ (cette carte lui permettant, si elle le désirait, de bénéficier à un prix très avantageux du décryptage pour un second écran à son domicile). A.c. Par courrier du 10 mars 2009, A1.________ a mis C.________ SA en demeure de cesser son activité. Il lui a rappelé que leur relation contractuelle avait pris fin le 3 novembre 2008, qu'elle n'était pas non plus autorisée à renouveler les abonnements et il a relevé qu'elle avait surfacturé ses prestations, les prix pratiqués ne correspondant pas aux tarifs officiels. Il l'a également sommée de cesser de faire référence à A1.________. Malgré une nouvelle sommation datée du 24 juin 2009, B.________ a continué à utiliser les signes distinctifs et les marques de A1.________, se faisant ainsi indûment passer pour un revendeur officiel. A.d. Le 17 décembre 2010, A1.________ a déposé une plainte pénale à l'encontre de B.________. Trois clients de C.________ SA ont effectué la même démarche. Par ordonnance pénale du 26 octobre 2011 entrée en force, le Ministère public a reconnu que B.________ était coupable d'escroquerie, d'infraction à la loi sur la concurrence déloyale, d'infraction à la loi sur la protection des marques, ainsi que d'infraction à la loi sur le droit d'auteur. Il l'a condamné à une peine pécuniaire de 150 jours-amende (au bénéfice d'un sursis pendant un délai d'épreuve de trois ans) et à une amende de 5'200 fr.