Citation: 6S.684/2000 22.03.2001 E. A

A.- Le 29 septembre 1999, le Tribunal criminel du district de Lausanne a condamné P.________, arrêté le 29 novembre 1997, à seize ans de réclusion et à l'expulsion du territoire suisse pendant quinze ans pour contravention et infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants, organisation criminelle et blanchiment qualifié d'argent. S'agissant de la situation personnelle de l'intéressé, le Tribunal criminel a indiqué qu'il était né le 3 septembre 1974 en Albanie, d'où il est ressortissant. Le Tribunal criminel a ensuite exposé ses origines familiales et son parcours jusqu'à son arrivée en Suisse en avril 1997 à la faveur du dépôt d'une demande d'asile. Enfin, il a relevé qu'il était célibataire, sans personne à charge, et qu'aucune inscription ne figurait à son casier judiciaire suisse. Quant aux faits relatifs au trafic de stupéfiants, le Tribunal criminel a considéré que P.________ avait acquis au moins 3,05 kg d'héroïne relativement pure. Après avoir rajouté des produits de coupage, l'intéressé avait revendu 5,9 kg d'héroïne d'une pureté comprise entre 8,4 et 9,5%. En outre, il avait acquis 650 g de cocaïne, qu'il avait revendue, après coupage, à hauteur de 900 g. Enfin, il avait acquis et revendu quelques centaines de pilules d'ecstasies. Le bénéfice total de ce trafic se montait au moins à 233'075 fr. Au surplus, le Tribunal criminel exposait ce qui suit: "Le Tribunal a de surcroît acquis la conviction (...) que P.________ a entamé des négociations, en vue de l'achat de 4 kg d'héroïne au prix de 25'000 ou 26'000 fr. l'unité. L'un des fournisseurs de P.________ lui explique en effet au téléphone le 20 novembre 1997, à 0008, qu'il va recevoir dans deux ou trois jours de la marchandise directement depuis la Turquie, plus précisément 40 pièces qui correspondent dans leur langage codé à 40 kilos et c'est dans ce cadre-là que P.________ dit qu'il prendra alors '4 pains' = 4 kilos.. " Le Tribunal criminel a encore retenu que P.________ avait réalisé les trois circonstances aggravantes prévues à l'art. 19 ch. 2 LStup (soit quantité de stupéfiants pouvant mettre en danger la santé de nombreuses personnes, affiliation à une bande, trafic par métier et gain important). En particulier, il a relevé que P.________ était à la tête d'une organisation d'une dizaine de revendeurs, souvent interchangeables, et qu'il se fournissait chez des compatriotes basés à Berne et Zurich, avec lesquels il achetait également souvent en commun pour obtenir de meilleurs prix. Par ailleurs, le Tribunal criminel a considéré que P.________ s'était rendu coupable de blanchiment d'argent au sens de l'art. 305bis CP en transférant en Albanie les sommes provenant d'actes illicites. Enfin, le Tribunal criminel a retenu que P.________ avait participé à une organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP, ce qui conduisait également à aggraver l'infraction de blanchiment d'argent en vertu de la lettre a du chiffre 2 de l'art. 305bis CP. S'agissant de la fixation de la peine, le Tribunal criminel a encore précisé les éléments suivants: "(P. ________) s'est livré à un très important trafic de stupéfiants sur la période concernée, ne l'a cessé qu'en raison de son arrestation, faisait partie d'une bande et plus encore d'une véritable organisation criminelle. Son casier judiciaire suisse est certes vierge, mais il est arrivé dans notre pays en avril 1997 seulement. Sous le prétexte d'une requête d'asile politique, il a très rapidement fait partie d'un réseau de trafiquants, si tant est qu'il n'en faisait pas déjà partie avant! La culpabilité de P.________ est extrêmement lourde. En l'espace de quelques mois, il a trafiqué de grosses quantités de produits stupéfiants sans égard aucun pour son prochain, à savoir les toxicomanes suisses, ne recherchant que son profit, bien plus, coupant massivement la drogue relativement pure qu'il achetait, ne tenant aucun compte des risques d'overdose qui guettaient ses clients, lorsqu'ils se fourniraient ailleurs. Son rôle de chef (...) est également une circonstance à charge, de même que le fait qu'il remplisse les conditions des trois (circonstances) aggravantes cumulativement de l'infraction à la LStup. (...) Il n'est pas lui-même consommateur et il n'a agi que dans un dessein de lucre. Il a usé de son intelligence et de son charme pour utiliser les services de jeunes femmes, ainsi que de sa coaccusée. Sa persistance à nier l'évidence, à mentir et surtout à revenir sur ses aveux d'une part démontre son appartenance à une organisation criminelle où prévaut la loi du silence et, d'autre part, ses menaces qui ont été vues à l'audience de jugement envers ses acolytes venus témoigner, font partie également des éléments à charge (...). Les regrets de circonstance émis à la clôture des débats ne peuvent être pris en considération comme éléments à décharge, car ils n'avaient aucun accent de sincérité, si ce n'est sur son sort à lui. (...)"