Citation: 4A_225/2015 E. 1.1

1.1. Le 15 mai 2007, les époux A.B.________ et B.B.________ ont conclu un contrat d'entreprise avec A.________ pour la construction d'une maison sur une parcelle dont ils sont propriétaires à Blonay. L'exécution de ce contrat a donné naissance à un différend entre les parties: l'entreprise allemande a requis et obtenu l'inscription d'une hypothèque légale des artisans et entrepreneurs sur la parcelle en question au début mars 2009; puis elle a ouvert action contre les époux B.________, le 25 juin 2009, en vue d'obtenir l'inscription définitive de cette hypothèque et le paiement du solde de sa créance. Les défendeurs se sont opposés à l'admission de la demande en invoquant plusieurs défauts de l'ouvrage, générateurs de moins-values. L'expert nommé par la présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-après: la présidente) ayant déploré le fait qu'il ne disposait pas des plans d'installation et d'autres documents relatifs à la construction litigieuse, la présidente, saisie d'une double requête des défendeurs, a rendu, le 6 mars 2013, une ordonnance par laquelle elle a, notamment, sommé la demanderesse d'établir "un dossier complet de révision" dans les 60 jours et de le remettre à l'expert. A ce défaut, elle désignerait un architecte pour qu'il établisse ce dossier aux frais de l'entreprise défaillante, laquelle pourrait être invitée à en faire l'avance. Un appel interjeté par la demanderesse contre cette ordonnance a été rejeté. Les époux B.________ s'étant plaints de l'inaction de leur adverse partie, la présidente, par ordonnance du 8 août 2014, a désigné un architecte qu'elle a chargé d'établir le dossier complet de révision. Elle a invité les défendeurs à faire l'avance des frais d'exécution, arrêtés à 30'000 fr., et dit que les frais et dépens suivraient le sort de la cause au fond. Les deux parties ont attaqué cette ordonnance. Par arrêt du 28 novembre 2014, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours de la demanderesse. En revanche, elle a admis celui des défendeurs, dans la mesure de sa recevabilité, et a réformé l'ordonnance du 8 août 2014 en ce sens que l'avance des frais d'exécution, par 30'000 fr., a été mise à la charge de la demanderesse.