Citation: 6B_1022/2010 07.12.2010 E. 2

Même si l'interruption de l'exécution de la peine était admissible sous l'angle de la subsidiarité, il faudrait encore l'envisager sous celui du principe de la proportionnalité. A cet égard, est décisive la comparaison des intérêts en présence, soit la mise en balance de l'intérêt public à l'exécution des peines, à l'égalité de traitement des détenus dans le système pénitentiaire et à la crédibilité de la justice pénale, face à l'intérêt privé du recourant d'obtenir un traitement médical adéquat au bénéfice d'une interruption de l'exécution de la peine. Dans le cas particulier, il convient de se référer à l'arrêt du 26 août 2010 en ce qui concerne cette comparaison des intérêts contradictoires (cf. arrêt 6B_599/2010 consid. 5.2.2). Comme l'a retenu la cheffe du département dans sa décision administrative du 30 novembre 2010, toutes les composantes de l'intérêt public à l'exécution ininterrompue de la peine sont réunies in casu, sous réserve de l'impératif sécuritaire à court terme. En effet, le recourant se trouve dans une situation de santé telle qu'il est dans l'incapacité de porter atteinte à la sécurité d'autrui, tant en raison de sa faiblesse que du mode opératoire utilisé pour les infractions constatées, supposant une longue préparation et un grand degré d'organisation. Quant à l'intérêt privé du recourant, il est particulièrement réduit dans la mesure où sa situation est quasiment la même que celle d'un patient libre hospitalisé dans un état très grave. Sa condition actuelle s'apparente à celle d'un malade non détenu soumis au règlement de l'établissement hospitalier. Cela en tous cas dans la première phase du traitement qui, de l'avis du Président de la Société médicale du Valais, doit durer au minimum trois semaines, mais vraisemblablement bien davantage, selon une autre opinion prise en considération par la jurisprudence (cf. arrêt 6B_599/2010 consid. 6 p. 11). C'est dire que pendant plusieurs semaines, le seul intérêt privé prépondérant du recourant est celui de la sauvegarde de sa vie et de sa santé en milieu hospitalier. De plus, le fait de suivre le traitement nécessaire au cours de l'exécution de la peine, et non pas en interruption d'exécution, aura pour effet de ne pas retarder la fin de celle-ci (YASMINA BENDANI, CR, CPI, art. 92, N. 25 et la référence).