Citation: 4A_22/2023 E. 7.3.2

7.3.2. Le Tribunal fédéral n'a jamais tranché la question de savoir si la violation du principe de célérité peut être assimilée à une atteinte à l'ordre public procédural (cf. arrêt 4A_668/2020 du 17 mai 2021 consid. 4.2). L'intéressé ne fournit du reste aucune référence doctrinale étayant sa position. Quoi qu'il en soit, point n'est besoin de pousser plus avant l'examen de cette question, dès lors que la sentence incriminée ne saurait être taxée d'incompatible avec l'ordre public procédural pour cause de non-respect dudit principe. Pour apprécier si une cause a été jugée dans un délai raisonnable, il convient de tenir compte de l'ensemble des circonstances du cas concret et, singulièrement, de l'étendue et de la complexité de l'affaire, tant au niveau factuel que juridique, de la nature de la procédure et de son enjeu pour le justiciable, ainsi que du comportement des parties et de celui du tribunal (arrêt 4A_412/2021 du 21 avril 2022 et les références citées). En l'occurrence, si la cause présentait à l'évidence une importance certaine pour le recourant, il appert qu'elle revêtait une complexité non négligeable tant s'agissant des faits que du droit. Les intimés soulignent en outre que leur adversaire a assorti son appel d'une requête urgente de mesures provisionnelles, laquelle a nécessité un échange d'écritures. Le TAS a ensuite dû se prononcer, de manière incidente, sur diverses questions d'ordre procédural. On relèvera par ailleurs que le recourant n'a rien trouvé à redire aux sept premiers reports du délai imparti à la Formation pour rendre sa sentence, puisqu'il n'a attendu que le 22 novembre 2022 pour dénoncer pareil retard. Tout bien considéré, à l'aune de l'ensemble des circonstances, il apparaît ainsi que la durée de la procédure arbitrale, inférieure à deux ans, n'est pas déraisonnable et ne conduit nullement à une contradiction insupportable avec le sentiment de justice. Si cette durée est certes longue par rapport à celle d'autres affaires tranchées par le TAS, elle demeure cependant raisonnable pour les cas de manipulations de rencontres sportives, lesquels impliquent généralement une procédure d'instruction plus complexe. Au vu de ce qui précède, le recours ne peut qu'être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.