Citation: 4P.205/2000 06.03.2001 E. A

A.- X.________ S.A. (ci-après: X.________) a engagé, le 25 mars 1997, B.________, né en 1962, en qualité d'agent de sécurité auxiliaire, payé à l'heure. Ancien garde-frontière, celui-ci avait été membre d'un syndicat du personnel de la Confédération. Le "Règlement d'entreprise" de X.________, adopté le 1er janvier 1998, prévoit à son article 3 lettre e qu'"aucun document de X.________ ou d'un de ses clients ne peut être copié, reproduit, diffusé ou sorti des locaux de la société, sans l'accord écrit de la direction". Le 1er mai 1998, B.________ a été engagé comme personnel fixe pour un salaire mensuel de 4100 fr. brut. Le 1er janvier 1999, il a été promu responsable d'un site et son salaire mensuel a été porté à 4400 fr. brut. En juin 1999, B.________ et son collègue de travail, C.________, ont adhéré au Syndicat Interprofessionnel des Travailleurs et des Travailleuses (ci-après: SIT), à Genève, auprès duquel ils s'étaient plaints des conditions de travail chez X.________. Lors de l'assemblée générale organisée par le SIT le 19 juillet 1999, ils ont été désignés "représentants du personnel", chargés de solliciter une rencontre avec la direction de X.________ dans le but d'améliorer les conditions de travail, notamment par la conclusion d'une Convention collective de travail (CCT). Par courrier du 21 juillet 1999, le SIT a informé X.________ de ces décisions. Celle-ci n'a pas réagi à ce courrier, mais a présenté, le 23 juillet 1999, un nouveau concept de gestion intitulé CAPE (pour: Confidentialité, Attitude, Pro-activité, Efficacité), puis a fait savoir au SIT, le 12 août 1999, qu'elle ne voyait pas l'utilité d'une rencontre, dès lors qu'elle respectait la loi. Le 2 septembre 1999, le SIT a sollicité à nouveau une rencontre avec X.________, faute de quoi "il serait alors forcé de recourir à des mesures syndicales". Le 20 septembre 1999, X.________ a adressé à B.________ une mise en garde contre toute initiative prise sous l'influence dudit syndicat, tel un débrayage, et contre tout dommage pouvant en résulter. Le 27 septembre 1999, le directeur de X.________ s'est posté à l'entrée du lieu prévu pour la tenue d'une assemblée générale du SIT, afin de vérifier l'identité et le nombre de personnes y participant. Lors de cette observation, il était en contact téléphonique avec l'administrateur de X.________. Le 29 septembre 1999, le SIT a adressé à X.________ la liste des revendications de son personnel et la proposition de conclure une CCT. Le même jour, X.________ a signifié à B.________ son licenciement pour fin novembre 1999, tout en le libérant immédiatement de l'obligation de travailler. Cette décision était motivée par une faute professionnelle grave reprochée à B.________ qui avait remis à son employeur, le 24 septembre 1999, la photocopie d'un document appartenant à un client de X.________, lequel prévoyait de ne plus reconduire le contrat de surveillance avec cette société. Le 5 octobre 1999, B.________ s'est opposé à son licenciement, estimant que cette mesure abusive et disproportionnée était liée à son activité syndicale. Le 7 novembre 1999, B.________ a trouvé un nouvel emploi pour un salaire mensuel de 4150 fr. brut.