Citation: 8C_88/2024 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, la recourante reprend, pour une large part, une argumentation similaire à celle qu'elle avait déjà soulevée en instance précédente. Or la cour cantonale a écarté ces critiques de manière convaincante et sans arbitraire. Constatant que l'expert psychiatre du SMEX avait longuement exposé le parcours de vie de la recourante - notamment sa fuite de la guerre en Bosnie et son vécu en Suisse - ainsi que le suivi psychiatrique dont elle avait bénéficié depuis lors, les juges cantonaux ont considéré que l'anamnèse était suffisamment complète et que les indications imprécises relatives à l'âge de la mère, respectivement à la situation des frères ne portaient pas à conséquence pour l'appréciation médicale de la capacité de travail, point de vue auquel on se peut rallier. En outre, les juges cantonaux ont constaté que même si l'expert psychiatre n'avait pas consacré une rubrique spécifique aux plaintes exprimées par la recourante, il en avait indiqué la nature à divers endroits de son rapport. On peut notamment renvoyer la recourante au chiffre III.3 du volet psychiatrique du rapport intitulé "Entretien/anamnèse structurée", dans lequel l'expert fait bien mention des troubles de celle-ci et du contexte de leur apparition. Ensuite, à l'inverse de ce que soutient la recourante, le docteur H.________ s'est bien exprimé sur l'évolution de son état psychique, ce qui ressort des constatations cantonales. Ainsi, il a reconnu que la recourante avait vraisemblablement présenté à l'époque de l'expertise du CEMed un épisode dépressif moyen et expliqué pourquoi il retenait depuis une amélioration des symptômes sous la forme d'une dysthymie (page 36 du rapport d'expertise). En ce qui concerne les raisons pour lesquels il s'écartait du diagnostic d'état de stress post-traumatique, il a indiqué qu'il n'en avait relevé aucun signe caractéristique chez la recourante en l'absence de flashbacks, de comportement d'évitement, ou de cauchemars récurrents (contrairement à ce qui avait été le cas pour celle-ci dans les trois années suivant son arrivée en Suisse). En particulier, elle sortait et se déplaçait seule, était allée en avion en Bosnie en 2018 et en Turquie en 2019, prenait des cafés en terrasse avec ses copines, faisait les courses avec ses enfants, et regardait des films sans éprouver des attaques de panique par des faits de guerre. Le docteur H.________ a également observé qu'elle ne rapportait aucun stimuli réveillant brusquement le souvenir ou la reviviscence du traumatisme ni n'avait manifesté de signe neurovégétatif en faveur d'un état anxieux durant l'examen; comme facteurs déclenchant les attaques de panique, la recourante décrivait la crise sanitaire, ses douleurs ou son opération. On ne voit pas en quoi ces explications seraient "peu claires"; elles apparaissent au contraire dûment motivées. Pour terminer, on relèvera que si chacun des experts a réalisé son expertise de manière séparée, leurs conclusions respectives ont fait l'objet d'une évaluation consensuelle qui a intégré les aspects psychiques et somatiques. Or, la recourante ne soulève aucune critique à l'encontre des constatations médicales des experts I.________ et J.________ qui n'ont retenu aucune limitation fonctionnelle. En définitive, l'argumentation de la recourante, qui ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle des juges cantonaux, ne remet pas en question l'arrêt cantonal en tant qu'il reconnaît une pleine valeur probante au rapport d'expertise du SMEX.