Citation: 6B_533/2023 E. 3.5

3.5. En ce qui concerne le grief de violation de l'art. 90 al. 3 et 4 LCR, les circonstances invoquées par le recourant, à savoir que sa voiture, une Audi RS6, était très performante et qu'il ne la conduisait que pour la troisième fois, ne sauraient être considérées comme exceptionnelles au point de renverser la présomption de la réalisation de l'élément subjectif de l'infraction réprimée par l'art. 90 al. 3 LCR. La configuration du cas d'espèce n'a rien de comparable aux constellations évoquées par la jurisprudence dans lesquelles il est possible de nier l'existence d'une intention en relation avec un dépassement très important de vitesse autorisée (consid. 3.1.2 supra). Au contraire, on doit plutôt considérer que celui qui cherche à faire une démonstration de la puissance de sa voiture agi intentionnellement sous l'angle de l'art. 90 al. 3 et 4 LCR, la brève durée de l'accélération n'y changeant rien (cf. arrêt 6B_83/2022 du 8 août 2023 consid. 4). En l'espèce, selon ses déclarations, le recourant avait voulu "pousser vraiment la voiture en accélération", mais n'avait pas regardé le compteur de vitesse. Loin de plaider en sa faveur, ce dernier élément révèle un grave manque de diligence dont on peut déduire une acceptation de l'éventualité de la réalisation du résultat (consid. 3.1.3 supra). Ainsi, au regard des faits retenus sans arbitraire, il sied de retenir que le recourant s'était accommodé du fait de réaliser un très grand dépassement de vitesse. Aussi, faute pour le recourant de pouvoir se prévaloir de circonstances exceptionnelles justifiant l'excès de vitesse constaté, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en concluant qu'il avait agi intentionnellement.