Citation: 4A_188/2022 E. A

A.a. La société C.________ SA, ayant notamment pour but le commerce de dispositifs médicaux et d'implants, était dotée d'un capital-actions de 100'000 fr., entièrement libéré. D.________ en était l'administrateur président et son principal actionnaire. B.________ a quant à lui occupé la fonction d'administrateur, avec signature individuelle, du 15 octobre 2014 au 3 novembre 2016. C.________ SA était une start-up qui souhaitait se développer en Suisse. Son financement était assuré par D.________. Depuis sa création jusqu'au mois de juin 2016, celui-ci a versé plusieurs milliers de francs par mois sur le compte de la société, à l'exception du mois de mai 2016 où aucun versement n'est intervenu. Des montants ont également été crédités par " Filial E.________ " sur le compte de la société du 5 février au 18 avril 2016. Ces différents apports financiers ont permis à C.________ SA de disposer de liquidités pour s'acquitter de ses charges, à tout le moins jusqu'au mois d'avril 2016. Le bilan intermédiaire de la société au 31 décembre 2015, établi en mai 2016, fait état d'actifs sous forme d'argent liquide à hauteur de 10'533 fr. 30 et de " machines et appareils " à hauteur de 3'240 fr. 74. Les passifs, s'élevant au total à 288'078 fr. 35, comprennent notamment une dette envers D.________ de 158'850 fr. 37 et le capital social de 100'000 fr. Le découvert s'élève à 274'304 fr. 31. Au 31 décembre 2016, le bilan intermédiaire de C.________ SA présente un découvert de 357'892 fr. 92 et aucun produit. Il fait état d'une dette envers D.________ de 218'727 fr. 93 et d'une créance d'une filiale de C.________ SA, " Filial E.________ ", de 68'860 fr. A.b. A.________ SA est une société active dans le domaine du leasing de biens mobiliers. Les 3 décembre 2015 et 13 janvier 2016, elle a conclu deux contrats avec C.________ SA portant sur le leasing de matériel informatique et d'une licence d'utilisation d'un logiciel. Les 7 décembre 2015 et 28 janvier 2016, A.________ SA paraissait s'être acquittée de factures de fournisseurs des objets précités, pour des montants de 15'814 fr. 80 et 13'334 fr. 60. Selon la cour cantonale, l'instruction n'a pas permis d'établir si ces montants avaient effectivement été payés par A.________ SA aux fournisseurs. Dès le 13 mai 2016, A.________ SA a adressé des rappels à C.________ SA concernant le paiement des mensualités de ces contrats. Elle a ensuite résilié ces contrats, en réclamant le paiement des montants de 14'601 fr. 20 et de 12'997 fr. 65. A.c. Le 12 mai 2016, B.________ a adressé un courriel à D.________, lui demandant s'il avait prévu de transférer dans les prochains jours de nouveaux fonds sur le compte de la société, car il était en manque d'argent pour payer notamment le leasing informatique (résumé de la traduction libre figurant dans l'arrêt attaqué). Par courriel du 17 mai 2016, D.________ a répondu que les investisseurs avec qui il avait initié ce projet avaient arrêté le financement. Il était par conséquent obligé de " geler " le projet et de résilier les contrats en cours. Toutes les activités seraient transférées en xxx (idem). Le 18 mai 2016, B.________ a écrit à D.________ qu'il avait bien compris qu'en ce moment, il n'avait plus la possibilité d'obtenir ou de transférer des fonds complémentaires à la société suisse. B.________ a évoqué la solution de la mise en faillite immédiate de la société (idem). Le 30 mai 2016, D.________ a répondu qu'il n'avait pas réussi à trouver d'investisseurs. Il a ajouté que la crise en xxx l'avait ruiné, ce qu'il ne pouvait pas prévoir (idem). A.d. Au moment de la clôture des comptes au mois de mai 2016, C.________ SA et D.________ ont signé une convention, par laquelle ce dernier a déclaré postposer l'entier de sa créance de 158'850 fr. 37, afin d'éviter de devoir déposer un avis de surendettement au juge. A.e. Par courriel du 3 juin 2016, D.________ a informé B.________ de sa décision de " geler " C.________ SA (idem). A.f. Par courrier recommandé du même jour, B.________ a déposé auprès du Président du Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois un avis de surendettement concernant C.________ SA, qu'il a complété le 29 juillet 2016. Par décision du 10 octobre 2016, le Président a rejeté la requête de faillite de C.________ SA, en considérant que l'insolvabilité de la société n'avait pas été prouvée, ni même rendue vraisemblable.