Citation: 6B_808/2022 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a procédé, vu le contexte de huis clos, à un examen des propos du recourant et de l'intimée, les a confrontés aux autres éléments au dossier et a évalué leur crédibilité. S'agissant de l'intimée, la cour cantonale a retenu qu'elle avait de manière constante donné une version précise des événements survenus au cours du week-end des 14 et 15 juillet 2018, que son récit devant les autorités pénales correspondait globalement aux déclarations faites aux médecins et à ses collègues, ce qui était un gage de sincérité, et qu'elle avait d'emblée indiqué avoir été menacée de la diffusion de ses photos et vidéos intimes, humiliée, injuriée et pénétrée par voie anale. La cour cantonale a relevé que l'intimée avait expliqué que la peur engendrée par les menaces de diffusion l'avait conduite à se laisser faire et à adopter certains comportements contradictoires, tels qu'accompagner le recourant à sa voiture, payer l'essence ou préparer à manger, que c'était sous cette menace constante - avec la peur que le recourant devienne violent - qu'elle avait accepté de se brûler et de se soumettre aux différents actes d'ordre sexuels sollicités, qu'elle avait toutefois dans un premier temps montré son désaccord par la parole, des pleurs et des insultes - manifestant en particulier son refus de la sodomie en demandant au recourant d'arrêter, en criant de douleur et en bougeant, ce qui ne pouvait avoir échappé à ce dernier. La cour cantonale a estimé que ces déclarations étaient accréditées par le message envoyé par le recourant à un ami à l'issue du week-end où il se déclarait content de s'être "mal comporté sinon elle aurait gagné". La cour cantonale a souligné que c'est avec constance que l'intimée avait détaillé le fonctionnement de la relation toxique du couple; elle avait admis avoir déjà subi des humiliations et rapports anaux par le passé - qu'elle avait alors acceptés -, mais avait expliqué que le week-end en question, elle avait opposé au recourant un "non" général et avait eu peur de lui à la suite de ses premières menaces, en particulier après qu'il l'avait obligée à se brûler avec une cigarette. Pour la cour cantonale, la vive réaction de l'intimée à son retour au travail le lundi suivant plaidait indubitablement pour la survenance d'événements traumatisants, les collègues de l'intéressée ayant témoigné qu'elle se trouvait en état de choc et en pleurs, une collègue la décrivant comme "hystérique" et pleurant sans arrêt. La cour cantonale est parvenue à la conclusion que les menaces de diffusion de contenus intimes étaient accréditées par les déclarations des collègues de l'intimée, par le rapport médical du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) qui avait examiné l'intéressée le lundi 16 juillet 2018 et enfin par un message qu'elle avait reçu du recourant à l'issue du week-end lui signifiant qu'il n'effacerait pas ses vidéos. La crédibilité de l'intimée était renforcée par le constat de la psychologue consultée à plusieurs reprises attestant de la persistance chez sa patiente de symptômes compatibles avec le syndrome de stress post-traumatique ainsi que d'une amnésie dissociative et d'un développement de symptômes anxio-dépressifs. Enfin, selon la cour cantonale, le fait de ne pas avoir accablé le recourant dans ses déclarations plaidait également en faveur de la crédibilité de l'intimée. A cet égard, la cour cantonale a relevé que les omissions de cette dernière en lien avec l'achat de vaseline à la Coop et l'appel téléphonique à sa mère ne diminuaient pas la force probante du récit pris dans sa globalité. S'agissant des déclarations du recourant, la cour cantonale a relevé que son récit avait évolué au fil des auditions, qu'il avait en effet reconnu les différents épisodes évoqués par l'intimée, leur donnant cependant un sens différent, qu'il avait également fait des déclarations contradictoires au sujet de la pratique de la sodomie au sein du couple ainsi que sur les événements qui s'étaient déroulés après que l'acte avait été interrompu. Ses déclarations avaient également divergé s'agissant du moment où le couple s'était couché le samedi. Enfin, le recourant avait donné trois versions différentes concernant la menace de diffusion d'images. Le rapport d'expertise psychiatrique du recourant concluait à un trouble de la personnalité narcissique et du développement psychosexuel; il en ressortait que le recourant était une personne autocentrée qui présentait un manque d'empathie et estimait normal que sa compagne se soumette et soit avilie pour lui prouver son amour. Ce diagnostic confortait la version donnée par l'intimée. En définitive, la cour cantonale a considéré que les déclarations constantes et circonstanciées de l'intimée étaient crédibles et que les dénégations du recourant n'emportaient pas conviction. Elle a ainsi tenu pour établis les faits tels que décrits par l'intimée et qui résultaient de l'acte d'accusation.