Citation: 1B_121/2009 05.06.2009 E. 6

Le recourant conteste ensuite l'existence d'un danger de fuite. Il fait valoir qu'il est très attaché à sa femme et à ses enfants, dont l'aîné fréquente les écoles valaisannes, qu'il n'a aucun contact avec l'étranger et qu'il est admis à séjourner en Suisse en qualité de réfugié, pays dans lequel il perçoit de l'assurance-invalidité ses seules ressources. 6.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que la gravité de l'infraction, le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'État qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître un tel danger non seulement possible, mais également probable (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Lorsqu'elle admet l'existence d'un risque de fuite, l'autorité doit en outre examiner s'il ne peut être contenu par une mesure moins rigoureuse (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 123 I 268 consid. 2c p. 271; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67; 102 Ia 379 consid. 2a p. 381/382 et les arrêts cités). 6.2 Les charges qui pèsent contre le recourant sont graves (cf. consid. 7.2 ci-dessous). S'il devait être reconnu coupable de ces chefs d'accusation, il serait exposé à une lourde peine privative de liberté. L'intéressé est de nationalité irakienne, ainsi que son épouse. Celle-ci a fait part de son intention de reprendre la vie commune avec son époux, après sa libération, et de retourner avec sa famille en Irak pendant trois mois, pour y passer les vacances d'été. Dans ces conditions, la tentation de se soustraire par la fuite à une longue peine de prison ne peut être écartée, et l'on peut douter que le fait que son fils fréquente l'école primaire en Valais suffise à faire revenir le recourant en Suisse. De plus, celui-ci ne semble pas être bien intégré; il peine à adopter les moeurs helvétiques et critique tout particulièrement la place des femmes dans la société, ce qui pourrait l'inciter, comme l'a relevé le Tribunal cantonal, à quitter ce pays et veiller à ce que sa famille ne regagne pas cette destination au terme de leurs vacances à l'étranger. La Cour cantonale pouvait ainsi admettre, sans mésuser de son pouvoir d'appréciation, qu'il existait un risque concret de fuite. Le recourant estime que la saisie de ses documents d'identité serait une mesures amplement suffisante pour le détourner de prendre la fuite. La fourniture de sûretés, comme le préconise le Tribunal cantonal, serait "illusoire" puisqu'il ne dispose d'aucune fortune et que ses revenus suffisent juste à lui assurer le minimum vital. Il n'est pas nécessaire de débattre ces questions ici, étant donné que le maintien en détention du recourant se justifie en tous les cas jusqu'à ce que le traitement proposé par l'expertise médico-légal psychiatrique ait produit les premiers résultats tendant à pallier le risque de réitération (cf. consid. 5 ci-dessus). Il appartiendra le cas échéant au Juge d'instruction de déterminer la nature et le montant des sûretés à fournir (cf. art. 77 CPP/VS).