Citation: 4C.328/2003 23.03.2004 E. 4

En l'occurrence, le demandeur ne conteste pas, avec raison (art. 335 CO), la faculté pour l'employeur de se séparer d'un travailleur dont il ne serait pas content des prestations. Il soutient toutefois que c'est à tort que la cour cantonale aurait considéré que son licenciement était en l'espèce fondé sur un tel motif. A l'appui de son recours, le demandeur cherche à démontrer qu'il possédait en réalité toutes les qualifications requises pour assumer à satisfaction le poste pour lequel il avait été engagé. Selon lui, l'appréciation de la cour cantonale serait fondée sur une confusion entre le métier d'"horloger rhabilleur", qui est un métier de réparation, et celui de "carrossier", qui est un métier de production. Il aurait été débauché puis engagé comme "horloger rhabilleur" et le fait qu'il ne soit pas suffisamment performant comme "carrossier" n'aurait aucune pertinence. Les carences professionnelles évoquées par la société ne constitueraient qu'un prétexte pour éviter à celle-ci d'avoir à respecter ses obligations contractuelles, soit le versement d'un salaire plus élevé aux USA. Cette conclusion serait renforcée par la raison mentionnée dans la lettre de congé, soit une restructuration, ainsi que par le fait que l'employeur aurait mis en concurrence deux personnes pour le même poste. Cette argumentation, dirigée uniquement contre le motif de licenciement retenu dans la décision attaquée, s'épuise en une vaine critique des constatations de fait de la cour cantonale. Celle-ci a admis que rien ne permettait de penser qu'il y aurait eu tromperie dès le départ, en ce sens que la défenderesse n'aurait jamais eu ni l'intention d'envoyer le demandeur en Floride, ni celle de négocier ultérieurement un salaire aux USA calculé selon les normes suisses. Elle a estimé que seul le fait que l'employé ne correspondait finalement pas aux espoirs placés en lui pouvait expliquer le licenciement d'un travailleur payé presque un an pour se former. S'il était possible que la défenderesse ait accéléré le licenciement pour éviter un départ aux USA suivi à brève échéance d'un congé, le but de la résiliation du contrat n'était pas d'éviter une augmentation de salaire promise, mais de se séparer en temps utile d'un employé ne correspondant pas au profil du poste promis. Le Tribunal fédéral est lié par ces constatations de fait dans la présente procédure (art. 63 al. 2 OJ). Sur la base de ces éléments de fait, on ne discerne dans le raisonnement de la cour cantonale aucune violation du droit fédéral, singulièrement des art. 336 al. 1 let. c et d CO invoqués par le demandeur. Le recours doit être rejeté.