Citation: 6B_1198/2020 E. 2.3

2.3. Dans l'examen de la crédibilité du récit de l'intimée, la cour cantonale a tout d'abord relevé que celle-ci n'avait manifestement pas cherché à présenter la situation de la manière la plus avantageuse pour elle. Elle n'avait en particulier pas caché sa toxicomanie, le fait qu'elle suivait toujours un traitement de substitution à la méthadone et qu'elle avait, malgré ce traitement, consommé de l'héroïne quelques mois auparavant, ainsi qu'au lendemain des faits reprochés au recourant. Elle avait également spontanément exposé qu'il lui était par le passé arrivé d'entretenir des relations sexuelles pour obtenir de l'argent en vue d'acquérir des stupéfiants tout en précisant que cela remontait à une quinzaine d'années. Ces révélations peu flatteuses allaient dans le sens d'un récit authentique. La cour cantonale a ensuite constaté que l'intimée avait décrit les actes qu'elle reprochait au recourant de manière claire et constante. Les pleurs constatés lors de ses auditions trahissaient en outre la réelle émotion qui devait l'étreindre à l'évocation des faits. Son récit était nuancé et ne révélait aucun indice d'exagération ni d'animosité excessive. Ses déclarations comportaient en outre et surtout de nombreux détails concrets sur le déroulement des événements. L'intimée avait en particulier expliqué avec précision sa tentative désespérée d'échapper à une pénétration en proposant une fellation au recourant et son dégoût lorsque ce dernier avait introduit sa verge dans sa bouche. Elle avait également pu décrire précisément la manière dont il l'avait malgré tout finalement pénétrée et la résignation qui s'en était suivie. La cour cantonale a considéré que les différents détails que l'intimée avait pu donner, ainsi que la manière crue et spontanée dont ils avaient été révélés, n'étaient pas compatibles avec un récit construit et artificiel. Cette impression se renforçait encore à la lecture d'autres déclarations de l'intimée : " En tout je pense que ça a duré 15 minutes, mais ce sont les pires de toute ma vie " ou encore " Si j'ai lavé mes vêtements, c'est parce que tout cela me rappelait les faits. Je me suis également douchée. Tout cela sentait ". Par ailleurs, la cour cantonale a considéré que la version de l'intimée ne contenait aucune incohérence majeure. Le fait que l'intimé ait affirmé que le recourant avait dû forcer " un peu " pour la pénétrer n'était pas incompatible avec l'absence de lésions vaginales constatée par les médecins et cela d'autant moins qu'elle avait également précisé que le recourant avait préalablement lui-même humidifié son sexe pour parvenir à ses fins. La version de l'intimée apparaissait d'autant plus crédible, cohérente et convaincante qu'elle trouvait également appui dans d'autres éléments du dossier. Son ancienne curatrice avait en effet rapporté qu'elle avait vu l'intimée juste après les faits, que cette dernière lui avait alors dit qu'elle avait été agressée sexuellement, qu'elle était dans un état de stress complet et inhabituel, qu'elle pleurait, donnait des détails, était choquée, triste, mais aussi en colère contre l'auteur de l'agression. Les médecins de l'Unité psychiatrique ambulatoire du CHUV à M.________, qui suivaient l'intimée depuis le mois de février 2009, avaient de leur côté également attesté qu'elles avaient, depuis l'agression, constaté une dégradation de son état psychique sous la forme d'une recrudescence de ses angoisses avec une accélération de la pensée et une désorganisation de son état psychique.