Citation: I 368/99 15.02.2000 E. 4

4.- Il est établi que le kératocône bilatéral dont est atteinte l'intimée ne peut être corrigé qu'au moyen de lentilles de contact spéciales, améliorant considérablement son acuité visuelle, contrairement au port de lunettes, qui ne lui permet pas d'obtenir une vision suffisante pour son activité professionnelle et sa vie au quotidien. Les premiers juges en ont conclu qu'une correction de l'affection oculaire par des moyens auxiliaires optiques n'est plus possible et que les verres de contact constituent le complément important des mesures médicales, à savoir les kératoplasties, dès lors qu'ils permettent une correction satisfaisante de la vision de l'oeil. a) Selon la jurisprudence (arrêt B. précité du 16 mars 1998, consid. 2d non publié aux ATF 124 V 7), on ne peut vraiment parler de "complément important" qu'en présence d'un rapport qualifié entre la mesure médicale et la nécessité de fournir un moyen auxiliaire. Cela est vérifié lorsque l'efficacité d'une mesure médicale requiert la remise d'un moyen auxiliaire. En cas d'aggravation des troubles de la cornée après une kératoplastie, c'est à un expert (art. 69 al. 2 deuxième phrase RAI) de dire si la remise de nouveaux verres de contact est requise par l'efficacité de la greffe de cornée ou par l'aggravation des troubles de la cornée (arrêt B. du 16 juin 1998, I 101/97). Cette jurisprudence a été confirmée dans l'arrêt I 272/98 précité. b) En l'espèce, l'intimée a déclaré dans son recours cantonal que c'est à cause de la récidive du kératocône bilatéral que le défaut visuel est devenu tel qu'il ne peut plus être corrigé par des verres de lunettes. Or, la question de la récidive du kératocône bilatéral, signalée par le docteur I.________ dans un certificat médical du 18 juillet 1997, nécessite une instruction complémentaire. En effet, en l'état du dossier, on ignore quelle est l'efficacité des greffes de cornée subies à l'oeil droit en 1973 et à l'oeil gauche en 1981, question pourtant décisive pour statuer sur l'existence d'un rapport qualifié entre les kératoplasties de 1973 et 1981 et la nécessité de fournir des lentilles de contact spéciales. Cela nécessite donc une instruction complémentaire, comportant le concours d'un expert. Pour cette raison, le jugement attaqué et la décision administrative litigieuse doivent être annulés et la cause renvoyée à l'office AI pour qu'il mette en oeuvre une expertise et rende une nouvelle décision.