Citation: 6S.167/2003 10.07.2003 E. B

Statuant le 28 avril 2003 sur appel des deux condamnés, le Tribunal de police de l'arrondissement de La Côte a rejeté celui de X.________, en retenant à son encontre une violation des art. 27 al. 1 et 35 al. 3 LCR, et partiellement admis celui de Y.________, réduisant à 60 francs le montant de l'amende infligée à cette dernière. Ce jugement retient, en résumé, ce qui suit: Le 18 décembre 2002, vers 08h 45, un accrochage est intervenu entre les véhicules de X.________ et de Y.________, à Crans, au droit du chemin de la Gare, côté lac, sur la route principale dite route du Lac. L'avant du véhicule X.________ a heurté l'arrière gauche du véhicule Y.________, alors que ce dernier obliquait à gauche selon son sens de marche pour enfiler le chemin de la Gare. Il a été relevé que ce virage est relativement serré, car la manoeuvre finale équivaut à un demi-tour, mais qu'il s'agit dans un premier temps d'obliquer à angle droit, et non d'effectuer un quasi tourner-sur-route sur la chaussée principale, dont la ligne continue s'interrompt au droit du chemin de la Gare pour permettre cette manoeuvre. Y.________a déclaré avoir enclenché son indicateur de direction gauche. Juste avant de tourner ou au moment d'obliquer, elle avait vu le véhicule X.________ qui allait la dépasser, ce qui l'avait effrayée et incitée à s'arrêter et à tenter de se remettre quelque peu à droite. X.________ a contesté que Y.________ait enclenché à temps son indicateur de direction, soutenant ne l'avoir vu qu'au tout dernier moment, alors qu'il dépassait. Auparavant, il avait eu l'impression que le véhicule le précédant était totalement arrêté, sans indication de direction, ce qui l'avait décidé à dépasser sans klaxonner, en empiétant probablement quelque peu sur la ligne continue. Le tribunal a retenu qu'il n'avait pas de raison de douter que la conductrice Y.________avait enclenché son indicateur à temps. De toute manière, le conducteur X.________ ne pouvait dépasser sans autre, mais devait soit s'arrêter derrière le véhicule aux intentions imprécises, soit le dépasser avec précaution, c'est-à-dire très lentement et après avoir klaxonné. Sur la base des faits retenus, le tribunal a considéré que le conducteur X.________ devait se voir reprocher une violation des art. 27 al. 1 et 35 al. 3 LCR, sa faute étant toutefois peu grave. Quant à Y.________, elle avait adopté un comportement peu clair au moment de se présélectionner, ce qui avait contribué à désorienter le conducteur qui la suivait, et avait ainsi contrevenu à l'art. 36 al. 1 LCR. La responsabilité de l'accrochage incombait pour ¾ au conducteur X.________ et pour ¼ à la conductrice Y.________.