Citation: 5A_143/2024 E. 5

Le recourant se plaint aussi d'une constatation manifestement inexacte des faits (art. 9 Cst.), en ce sens qu'après avoir considéré qu'il n'avait pas allégué les faits pertinents pour déterminer le niveau de vie antérieur de la famille, la cour cantonale s'est abstenue d'établir ces faits, soit les revenus et les charges des époux durant la vie commune, alors que, vu l'augmentation sensible des revenus des parties après la séparation, l'examen du respect de la limite supérieure de l'entretien le lui imposait. Il reproche ainsi à l'autorité cantonale de s'être limitée à constater qu'elle n'était pas en mesure de vérifier si le montant cumulé des disponibles actuels des conjoints dépassait leur précédent train de vie et d'avoir néanmoins conclu que, compte tenu des frais supplémentaires occasionnés par l'existence deux ménages distincts, chaque époux avait droit à la moitié des ressources globales actuelles, en omettant d'examiner si l'augmentation de leurs revenus était compensée par l'accroissement de leurs charges. Il s'efforce ensuite de démontrer, par différents calculs, que les contributions d'entretien allouées à l'intimée lui permettent de bénéficier d'un train de vie très largement supérieur à celui qui prévalait avant la séparation. En tant que le recourant soutient qu'il appartenait à la Cour d'appel de rechercher les faits pertinents utiles à l'établissement du dernier train de vie des parties, il se plaint en réalité d'une violation de la maxime inquisitoire prévue à l'art. 272 CPC. Or, s'il mentionne ce principe dans la partie de son recours consacrée au fardeau de la preuve, que la cour cantonale aurait renversé en mettant à sa charge l'établissement du niveau de vie des époux durant la vie commune (cf. infra consid. 6), il ne démontre pas, au moyen d'un grief dûment motivé, que la disposition précitée aurait été arbitrairement violée; il ne le prétend du reste pas (art. 106 al. 2 LTF). Pour le surplus, dans la mesure où il reproche à l'autorité précédente d'avoir arbitrairement omis de retenir certains faits relatifs au niveau de vie des époux avant la séparation, allégués en première instance ainsi qu'en appel et, s'agissant de leurs précédentes charges, "ressortant en grande partie des pièces produites en première instance et listées dans l'appel du 1er septembre 2023, mais arbitrairement non retenues dans la décision attaquée", son grief est irrecevable, faute de répondre aux exigences de motivation déduites de l'art. 106 al. 2 LTF. En particulier, il ne critique pas la motivation des juges précédents selon laquelle, s'il avait bien allégué en première instance, de manière toute générale, que l'épouse pourrait maintenir son niveau de vie antérieur en travaillant à plein temps, il n'avait jamais calculé précisément à quel montant s'élèverait, selon lui, ce standard, de sorte que ses allégués à ce sujet, présentés en appel, devaient être qualifiés de pseudo nova, dont il n'exposait aucunement qu'il aurait été dans l'impossibilité de les formuler devant le Président et qui, partant, étaient irrecevables. Il n'y a dès lors pas non plus lieu d'entrer en matière sur les calculs effectués par le recourant, en partie fondés sur ces faits nouveaux. Le moyen est par conséquent entièrement irrecevable.