Citation: 5A_347/2013 E. 1

Concernant précisément le refus de célébrer le mariage (art. 97a CC), l'autorité précédente a repris à l'appui de son raisonnement les éléments de fait développés par l'Office de l'état civil. Elle a acquis la conviction, sur la base d'un faisceau d'indices, que la fiancée avait en réalité pour but d'obtenir, au moyen du mariage, une autorisation de séjour. Elle a constaté qu'il existait une très grande différence d'âge entre les fiancés, à savoir 31 ans, que leur rencontre avait été organisée par un cousin de la fiancée vivant en Suisse à l'époque des faits, que la fiancée était entrée en Suisse illégalement au moyen de passeurs et que chacun ne connaissait que très peu d'éléments de la vie de l'autre. La fiancée n'a pas connaissance du montant du salaire de son fiancé, ni de ce qu'il fait concrètement dans la vie, pas plus qu'elle ne sait avec qui il a été marié précédemment; ce dernier ne s'est pas non plus intéressé à la " vie antérieure " de sa fiancée. Les juges cantonaux ont retenu que la fiancée avait des difficultés à s'exprimer en français, n'avait pas toujours compris les questions qui lui ont été posées, ni même été en mesure de donner le nom de l'école où elle est censée suivre des cours à raison de trois fois par semaine. En outre, les fiancés n'auraient pas d'autre projet commun que de se marier, pas plus qu'ils ne partageraient d'intérêt commun. Tenant compte de l'ensemble de ces éléments, la cour cantonale a considéré que la recourante entendait éluder les règles sur le séjour des étrangers et non fonder une communauté conjugale. Le fait que le projet de mariage existe depuis plus d'une année et qu'il n'a pas été abandonné ne serait pas déterminant, car on peut concevoir une volonté durable des intéressés d'éluder les dispositions de la LEtr. Pour ces motifs, les juges cantonaux ont confirmé la décision de l'Office de l'état civil.