Citation: 6B_78/2014 E. A

Le 8 mai 2013, vers 21 heures, A.________ est tombé du 2ème étage de l'appartement dans lequel étaient domiciliées son amie, B.________, et la mère de celle-ci, C.________, sis à U.________. Il est décédé le lendemain des suites d'un traumatisme crânien. Le 27 mai 2013, X.________, mère du défunt, a déposé plainte pénale contre inconnu, pour assassinat, voire meurtre, omission de prêter secours et séquestration. Elle estimait, en substance, que les circonstances ayant conduit au décès de son fils, alors âgé de dix-neuf ans, devaient être élucidées, parce qu'elle ne pouvait croire à un suicide; le comportement qu'aurait eu son fils le soir du 8 mai 2013, tel que décrit par C.________, ne correspondait pas à son naturel heureux. Le 18 juin 2013, la police a procédé à l'audition de C.________ et de B.________. Elles ont déclaré, en ce qui concerne le déroulement des faits le 8 mai 2013, que A.________ avait passé la soirée chez elles. Après le repas, d'humeur d'abord joyeuse, voire euphorique, il était devenu très triste, avait parlé de son père, dont il déplorait l'absence, déclarant que la vie n'avait pas de sens, qu'il était capable de se tuer et qu'il voulait s'en aller. C.________ l'ayant contredit, il s'était mis en colère; il avait empêché son amie d'appeler des secours, en jetant le téléphone par terre, où il s'était brisé. C.________ et sa fille avaient verrouillé la porte d'entrée pour éviter que A.________ ne sorte dans l'état dans lequel il se trouvait. C.________ avait essayé de le retenir par le bras; se libérant de cette emprise, il avait ouvert la fenêtre de la cuisine, s'était mis debout sur l'encadrement et avait sauté. Elles avaient appelé au secours avant de descendre rapidement au bas de leur immeuble pour rejoindre le prénommé. La police a également entendu D.________, qui a expliqué s'être trouvé, le soir du 8 mai 2013, attablé à une terrasse située à proximité de l'immeuble dans lequel habitaient les prénommées. Il avait entendu des cris, a priori de femme, et regardé aux alentours. Il avait vu une personne suspendue dans le vide et retenue par une autre personne; celle-ci avait alors lâché l'individu qui se trouvait dans le vide et un cri strident avait retenti. D.________ n'avait pas vu comment la personne s'était retrouvée dans cette situation, car tout était allé très vite. Choqué, ne pouvant d'emblée imaginer que quelqu'un ait envie de sauter dans le vide de son plein gré, il avait d'abord pensé à un jeu, puis à un règlement de comptes. Il s'était par la suite ravisé, après qu'un ami, également présent, lui avait rapporté que des agents de police arrivés sur les lieux moins de dix minutes après la chute avaient évoqué un suicide. Il s'était alors dit que c'était possible. Après que le Ministère public du canton de Genève a informé la plaignante qu'il allait prochainement clore l'instruction, X.________ a demandé à être entendue. Elle a également sollicité l'audition de sa voisine E.________, de F.________, de G.________, de H.________ et de I.________. Elle a encore requis la réalisation d'un bilan sanguin de son fils, afin de vérifier s'il avait consommé des psychotropes ou un sédatif, voire avait été empoisonné. Par ordonnance du 21 août 2013, le Ministère public a refusé les actes d'enquête complémentaires sollicités par la plaignante et ordonné le classement de la procédure.