Citation: 1P.58/2000 20.06.2000 E. A

A.- Le mercredi 4 juin 1997, vers 01h20, un incendie a partiellement détruit la façade nord et le pan nord de la toiture de la villa occupée par les époux D.________ et leurs deux enfants, à O.________. L'alarme a été donnée par la voisine, G.________, qui a déclaré avoir entendu un bruit sourd suivi d'un crépitement avant de voir des étincelles, puis des flammes en provenance du tas de bois empilé contre la paroi nord de la villa. G.________ a immédiatement téléphoné à sa voisine alors que son mari alertait les pompiers. L'origine criminelle du sinistre a été établie, le feu ayant été intentionnellement bouté à des sacs de "pives" qui ont enflammé les stères de bois entassés contre la paroi susmentionnée. Interrogée à ce sujet, X.D.________, qui était seule dans la maison avec ses deux enfants, a déclaré avoir reçu un appel téléphonique anonyme le même soir à minuit. Elle a par ailleurs affirmé avoir fait l'objet, depuis 1994, de plusieurs menaces de mort par téléphone de la part du Front islamique du Salut, le dernier appel ayant eu lieu environ six mois auparavant. Le 6 juin 1997, les pompiers ont dû intervenir à deux reprises au domicile des époux D.________, la première fois vers 12h30 pour maîtriser un début d'incendie dû à une obstruction du tuyau d'évacuation de la hotte de ventilation, consécutive au premier incendie, la seconde fois aux environs de 16h30, pour circonscrire un sinistre qui s'était déclaré dans un débarras sis au premier étage de la villa et qui a endommagé le pan sud du toit. X.D.________ a indiqué s'être rendue en début d'après-midi avec son mari à Fontainemelon pour visiter un appartement afin d'y loger pendant la durée des travaux de rénovation de leur maison. Celui-ci l'a raccompagnée à O.________ à 15h30 avant de regagner son bureau. Après le départ des ouvriers de l'entreprise chargée d'effectuer le nettoyage de la villa, vers 15h45, elle est montée au premier étage pour prendre des vêtements déposés dans le débarras. Ce dernier n'étant pas alimenté en électricité, elle s'est éclairée à l'aide d'une bougie qu'elle a déposée sur un petit meuble en bois qui se trouvait juste devant l'entrée. Elle venait de sortir deux sacs remplis d'habits et une corbeille à linge contenant des sous-vêtements et des chaussettes, lorsqu'elle a ressenti une crise cafard et a décidé de partir. Après avoir fermé la porte du local et éteint la bougie, elle a quitté la villa en compagnie de son fils cadet pour se rendre chez une amie, à La Joux-du-Plâne. Les pompiers ont été avertis vers 16h30 que la maison des époux D.________ était la proie des flammes. L'inspecteur de police chargé de l'enquête, Yves Kummer, a précisé avoir nourri des soupçons à l'encontre de X.D.________ à l'issue du troisième incendie parce qu'aucune trace de cire n'avait été retrouvée sur les lieux du sinistre et que le feu avait pris à environ 1,50 mètre du lieu où celle-là avait déclaré avoir posé la bougie; il a en outre indiqué qu'à partir de cet instant, ses rapports avec la prévenue avaient changé, que celle-ci était devenue agressive et tendue et qu'il n'était plus possible de discuter avec elle. X.D.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique de la part du Dr François Vuille, à Neuchâtel. Selon le rapport établi par ce praticien le 27 mai 1999, elle souffrirait d'un trouble délirant persistant, de nature à perturber ses capacités de jugement et de détermination par rapport à l'appréciation de la réalité.