Citation: 5A_57/2007 16.08.2007 E. 3

La recourante se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits. 3.1 Saisi d'un recours en matière civile, le Tribunal fédéral conduit son raisonnement sur la base des faits établis par l'autorité précédente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en écarter que si ceux-ci ont été retenus de façon manifestement inexacte, à savoir arbitraire au sens de l'art. 9 Cst (FF 2001 p. 4135) ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui entend s'écarter des constatations de l'autorité précédente doit expliquer de manière circonstanciée en quoi les conditions d'une exception prévue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient réalisées, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un état de fait qui diverge de celui contenu dans la décision attaquée (cf. ATF 130 III 138 consid. 1.4). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut être présenté à moins de résulter de la décision de l'autorité précédente (art. 99 al. 1 LTF). 3.2 La recourante soutient que la cour a arbitrairement retenu qu'elle pouvait réaliser un revenu hypothétique de 3'000 fr. par mois. A l'appui de ce grief, elle expose que les juges ont considéré à tort qu'elle pouvait, d'une part, augmenter le produit de la location de ses biens immobiliers sis à Londres et en Grèce et, d'autre part, mettre une partie de la maison de Genève en location. Selon elle, son seul revenu provient de la location de son appartement londonien, qui s'élève à 1'600 fr. 3.2.1 Concernant la maison de vacances en Grèce, la question de savoir si les juges précédents ont versé dans l'arbitraire en refusant de déduire du revenu locatif les charges alléguées par la recourante peut rester ouverte. En effet, la prise en compte d'un revenu locatif présuppose que l'on puisse exiger de la recourante et des enfants qu'ils renoncent à y passer des vacances. Tel n'est pas le cas en l'espèce dans la mesure où la recourante a droit à maintenir le train de vie élevé dont elle bénéficiait durant la vie commune (cf. ATF 129 III 7 consid. 3.1). En conséquence, les juges cantonaux ont versé dans l'arbitraire en tenant compte, dans les ressources de la recourante, d'un revenu hypothétique découlant de la location de la propriété en Grèce. 3.2.2 La recourante fait grief à l'autorité cantonale d'avoir constaté qu'elle pouvait augmenter ses revenus par la mise en location d'une partie de la maison de Genève. En l'espèce, dès lors qu'elle ne dispose que d'un droit d'habitation (art. 777 CC), elle ne peut remettre à bail une partie de la maison sans l'autorisation de la propriétaire (Steinauer, Les droits réels, III; 3e éd., 2003, n° 2498 et 2506b). Les juges précédents n'ont pas constaté l'existence d'un tel accord. Contrairement à ce qu'affirme l'intimé dans sa réponse, il ne ressort pas non plus de l'arrêt attaqué que la recourante loue effectivement certaines des pièces de la maison. Dans ces conditions, il était arbitraire de tenir compte d'un revenu hypothétique découlant de la remise à bail d'une partie de l'immeuble en question. 3.2.3 Concernant l'appartement londonien, la recourante affirme que les juges précédents ont retenu à tort qu'elle pourrait en retirer un revenu plus élevé que le loyer actuel de 1'600 fr. Cette critique tombe à faux. En effet, la cour cantonale, si elle a en premier lieu estimé que l'intéressée pouvait retirer des revenus locatifs mensuels de 3'000 fr., a ensuite finalement fixé la contribution compte tenu du revenu de 2'000 fr., comprenant les 1'600 fr. du loyer de Londres et 400 fr. pour la maison de vacances en Grèce. En définitive, l'unique revenu de la recourante dont l'autorité cantonale devait tenir compte pour la fixation des contributions d'entretien vient de la location de l'appartement londonien, ce qui représente 1'600 fr. par mois. 3.3 S'agissant des revenus de l'intimé, la recourante affirme que la cour cantonale aurait dû retenir un revenu mensuel de 25'000 fr. au lieu de 20'000 fr. parce que l'intimé occulte ses revenus, qu'il est actuellement au sommet de sa carrière et qu'il dispose de dix ans de travail devant lui. Elle reproche en outre aux juges précédents d'avoir constaté qu'à la retraite de l'intimé, les revenus de celui-ci baisseraient à 17'500 fr.; selon elle, compte tenu des rentes AVS et des 2ème et 3ème piliers qui s'ajouteront au rendement de sa fortune mobilière et immobilière, les revenus de l'intéressé seront supérieurs à 20'000 fr. dès cette date. Lorsqu'elle affirme que le revenu de l'intimé avoisine actuellement les 25'000 fr., la recourante ne fait qu'opposer son appréciation à celle de la cour cantonale, sans démontrer que celle-ci serait insoutenable. Elle se fonde en outre sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt attaqué (cf. consid. 3.1 supra), la cour cantonale n'ayant pas constaté que l'intimé cachait ses revenus, qu'il était au sommet de sa carrière et qu'il allait continuer son activité professionnelle encore une dizaine d'années. L'autorité précédente a au contraire constaté que ce dernier allait cesser de travailler au début de l'année 2008 et qu'à partir de ce moment, le cumul de la rente AVS mensuelle de 1'857 fr. et de la rente LPP donnerait un montant vraisemblablement inférieur à 5'000 fr. Bien que le montant de la rente LPP ne soit pas précisé, si l'on tient compte des revenus de la fortune mobilière et immobilière qui s'élèvent à 16'500 fr. par mois et de la rente AVS, les revenus de l'intimé devraient également s'approcher des 20'000 fr. dès l'âge de la retraite. Il était dès lors arbitraire de la part de la cour cantonale de retenir une baisse de revenu à 17'500 fr. pour cette période. 3.4 Concernant les charges de l'intimé, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir tenu compte d'un montant de 3'738 fr. d'impôts car les contributions d'entretien dues à elle-même et à leurs deux enfants communs auront pour effet de faire baisser cette charge fiscale. A son avis celle-ci devait être estimée à 2'500 fr. Il ne peut être entré en matière sur ce grief dans la mesure où il est fondé sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt attaqué (cf. consid. 3.1 supra).