Citation: 5A_89/2023 E. B

Suite à l'échec de la conciliation, B.________ et A.________ ont ainsi introduit devant le Tribunal de première instance du canton de Genève (ci-après: le tribunal) le 27 janvier 2017 une demande dirigée contre C.________, E.________ et D.________ visant en substance à faire respecter l'exercice de différentes servitudes, dont la servitude de passage pour entretien, et à en inscrire d'autres. Par mémoire de réponse du 31 octobre 2017, C.________, E.________ et D.________ ont conclu au déboutement de leurs parties adverses; sur demande reconventionnelle, ils ont pris différentes conclusions tendant à faire cesser l'usurpation et certaines violations de leurs droits de propriété ainsi qu'à faire respecter l'étendue des servitudes grevant leurs propriétés. Pour des raisons évidentes de simplification, l'intégralité des chefs de conclusions formulés par les parties - une cinquantaine de part et d'autre - n'est pas reprise, étant rappelé que seule reste litigieuse la servitude de passage pour entretien et précisé que C.________ n'est plus concernée par la discussion. B.a. Au sujet de cette dernière servitude, B.________ et A.________ ont conclu, à l'encontre de D.________, à ce qu'il soit dit et constaté que le bâtiment cadastré sous no 1236 et sis sur la parcelle no 915 empiète sur son assiette et à ce que D.________ soit en conséquence condamnée à procéder ou faire procéder à la démolition de la partie de ce bâtiment constitutive de l'empiétement, ce dans un délai de 60 jours. Ils ont par ailleurs conclu à ce qu'il soit ordonné à D.________, sous la menace des conséquences prévues par l'art. 292 CP, de respecter la servitude de passage d'entretien en lui faisant interdiction de construire, utiliser, stationner, entreposer, délaisser sur l'assiette de ladite servitude tout hangar, avant-toit, véhicule automobile, engin agricole ou de chantier, meuble meublant, amas de bois, outils, matériel divers, poubelles ou autres déchets de jardin ou détritus. D.________ a conclu à ce qu'il soit dit et constaté que la servitude de passage pour entretien de jardin est non carrossable, l'usage de tout véhicule étant ainsi interdit sur son assiette; elle a également requis que le couple B.________ et A.________ ou leurs ayants-droit soient condamnés à respecter ladite servitude, interdiction leur étant faite d'utiliser tout véhicule sur son assiette. B.b. Le tribunal a procédé à une inspection locale le 14 mai 2018 (let. A.b). Plusieurs témoins ont été entendus. B.c. Par jugement du 26 octobre 2020, statuant sur demande principale du couple B.________ et A.________, le tribunal a notamment condamné D.________ à procéder, à ses frais, à l'enlèvement du bâtiment no 1236 érigé sur la parcelle no 915 en lui impartissant pour ce faire un délai de 60 jour à compter de la décision (ch. 2) et fait interdiction à la précitée d'entreposer, construire ou installer tout objet empêchant l'accès et l'exercice à pied ou à véhicule de la servitude de passage pour entretien RS 15388 grevant la parcelle no 915 (ch. 3). B.d. B.________ et A.________ ont fait appel de ce jugement, sollicitant notamment l'annulation du ch. 3 de son dispositif et concluant à ce qu'il soit ordonné à D.________ de respecter la servitude de passage pour entretien dans les mêmes termes que formulés dans leurs conclusions soumises au premier juge, interdiction lui étant singulièrement faite de délaisser tout hangar, et/ou avant-toit sur l'assiette de la servitude. D.________ a conclu au rejet de l'appel et notamment à la confirmation du ch. 3 de son dispositif. Elle a par ailleurs déposé un appel joint, concluant à ce que B.________ et A.________ soient condamnés à respecter la servitude de passage pour entretien de jardin en faisant interdiction d'utiliser tout véhicule sur l'assiette de dite servitude. Statuant le 20 décembre 2022, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: la cour cantonale) a confirmé le jugement de première instance.