Citation: 6B_1237/2017 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a exposé que le recourant n'avait pas respecté les directives fixées par l'Office de probation, puisqu'il avait manqué de nombreux rendez-vous avec l'agent de probation, violant ainsi la première règle de conduite fixée dans le jugement du 22 août 2014. Le recourant avait indiqué à celui-ci qu'il ne voyait pas le sens du suivi de probation, et n'avait par ailleurs accepté aucune des pistes qui lui étaient proposées, par exemple des consultations conjugales ou des mesures d'insertion professionnelle. Le recourant n'avait pas davantage respecté la deuxième règle de conduite fixée dans le jugement du 22 août 2014. Il avait manqué de nombreux rendez-vous chez le psychologue, lequel avait relevé dans ses rapports une absence de coopération de la part de l'intéressé, ainsi que son défaut de motivation pour une démarche thérapeutique. En outre, le recourant n'avait pas pris le traitement psychotrope prescrit par le Dr A.________, médecin du Centre médico-psychologique pour adultes. Dans ses recommandations, le psychologue avait relevé qu'au vu du peu d'implication du recourant, la poursuite du traitement n'était pas une réponse adaptée pour prévenir un risque de récidive. Il avait ajouté ce qui suit : "Nous avons bien repéré des problèmes chez [le recourant], en particulier sa difficulté à s'insérer sur le plan social, mais comme il ne s'attribue qu'une responsabilité très réduite dans les activités pour lesquelles il a été sanctionné, et que par ailleurs il n'adopte pas une position de demande d'aide, le maintien de ce suivi ne semble pas pertinent. Cela l'est d'autant moins qu'il contribue à alimenter chez le [recourant] un sentiment de persécution, dans la mesure où il ne comprend pas le sens et n'en admet pas l'utilité." Le recourant avait de surcroît consommé des produits stupéfiants, notamment du cannabis, comme cela ressortait des rapports médicaux de l'Hôpital B.________ du 10 décembre 2015 et du 6 juin 2016. Selon le rapport de l'Office de probation du 2 août 2016, à compter du 6 juin 2016, l'intéressé ne s'était plus présenté aux rendez-vous appointés pour le contrôle de l'urine. Il avait ainsi violé la troisième règle de conduite fixée dans le jugement du 22 août 2014. Il avait pourtant été averti, par courrier du 22 avril 2015 du Juge pénal, des conséquences de sa consommation de produits stupéfiants. Selon l'autorité précédente, le risque sérieux de récidive était avéré, puisqu'il ressortait du courrier du ministère public du 25 janvier 2017 que le recourant avait admis avoir commis de nouvelles infractions d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, soit avoir, à plusieurs reprises, à compter du mois d'août 2016, entretenu des relations sexuelles avec une mineure. Le recourant avait à nouveau minimisé sa responsabilité, en considérant que les faits reprochés restaient de peu de gravité. Or, ces nouveaux faits constituaient à tout le moins une diminution sensible des perspectives d'amendement du recourant et leur importance ne devait pas être minimisée. La cour cantonale a encore exposé que la situation personnelle du recourant était inquiétante, puisque sa consommation de produits stupéfiants l'empêchait d'accomplir la formation d'horloger qu'il suivait par le passé. L'intéressé n'avait aucune perspective professionnelle future puisqu'il avait refusé, à deux reprises, d'entreprendre une mesure d'insertion professionnelle. Il ne travaillait pas et émargeait à l'aide sociale. Le recourant était au bénéfice d'une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine depuis le 1er octobre 2014. Bien qu'il ressortait du courrier de sa curatrice du 2 décembre 2016 que le recourant était collaborant et se présentait aux rendez-vous, sa situation personnelle s'était encore dégradée. Dans un courriel du 4 avril 2017, l'agent de probation indiquait que le recourant avait dû quitter son appartement en raison de plusieurs disputes, notamment avec le propriétaire de l'immeuble. Il relevait également que la dernière analyse d'urine relative à la consommation de cannabis, réalisée en novembre 2016, avait été positive, comme toutes les analyses effectuées à compter d'octobre 2014. En définitive, la cour cantonale a estimé que la révocation du sursis, respectivement l'exécution des peines, demeurait la seule mesure utile, aucune autre intervention, moins incisive, n'étant envisageable.