Citation: 4D_57/2013 E. 3.3

3.3. En l'occurrence, la recourante a allégué les faits suivants dans sa demande simplifiée: - Z.________ a délivré le 24 janvier 2007 une procuration à Me Y.________, solidairement avec d'autres avocats; - le mandat s'est terminé le 17 mai 2011, avec décompte du 15 juin 2011; - la cliente ne s'est pas acquittée des montants réclamés, soit 22'541 fr. 90 et 2'068 fr. 40, montants qui restent dus à ce jour. Les autres allégués concernent essentiellement des éléments de procédure. A l'audience, la recourante a introduit un allégué supplémentaire, selon lequel elle avait adressé régulièrement à sa cliente des situations détaillées et factures précises, qui intégraient les versements encaissés pour le compte de la cliente. Les pièces concernées ont été produites. Les décomptes invoqués par la recourante comprennent un listing détaillé des opérations accomplies et frais encourus, avec la date, le temps consacré et l'indication d'un tarif horaire de 300 fr. Les prestations recensées consistent en "lettres", "exploits au tribunal", "rédactions de mémoire", "réquisitions de poursuite" ou autres "consultations". Quand bien même la procédure simplifiée connaît des allègements formels, elle ne dispense pas les parties du devoir d'alléguer les faits, oralement ou par écrit, cas échéant avec l'aide du juge, du moins dans l'hypothèse générale de l'art. 247 al. 1 CPC. Même en adoptant une interprétation large, l'on ne saurait trouver dans les allégations de la recourante une référence au contenu des décomptes produits, si ce n'est quant aux montants réclamés. Dès lors, en ne tenant pas compte de faits non allégués découlant de pièces produites, l'autorité cantonale n'a pas fait preuve de formalisme excessif (sur cette notion, cf. par ex. ATF 135 I 6 consid. 2.1; 132 I 249 consid. 5 p. 253). L'on ne se trouve pas dans une situation où le justiciable aurait introduit une allégation topique mais un peu trop générale, que le juge pourrait être amené à faire préciser; l'affaire citée par la recourante, au demeurant fondée sur l'ancien droit cantonal, ne lui est d'aucun secours. Du reste, quand bien même l'on voudrait suivre la recourante et tenir pour allégué le contenu des décomptes produits, il faudrait constater que ceux-ci ne livrent pas les éléments factuels nécessaires pour fixer une rémunération au sens de l'art. 394 al. 3 CO (à ce sujet, cf. ATF 135 III 259 consid. 2.2; 117 II 282 consid. 4c). En effet, ils ne révèlent pas en quoi consistaient précisément les litiges dans lesquels l'avocat est intervenu et quelles opérations il a dû effectuer - à tout le moins les plus importantes d'entre elles -, respectivement quels degrés de difficulté les affaires revêtaient. La procédure simplifiée n'implique bien évidemment pas que le juge doive se plonger dans les pièces du dossier pour tenter d'y trouver des faits, d'autant moins lorsque la cause ne relève pas de la maxime inquisitoire prévue à l'art. 247 al. 2 CPC (cf. arrêt 4A_701/2012 du 19 avril 2013 consid. 1.2.1).