Citation: 4A_488/2022 E. 4.4.3

4.4.3. Dans leurs critiques, les recourants ne reviennent que sur deux points, traités dans la motivation supplémentaire de la cour cantonale ("au surplus"). En tant qu'ils entendent déduire des déclarations faites par F.________ à l'audience du 14 janvier 2021 que la société anonyme n'a pas pu croire en 2010 et 2011 qu'elle traitait avec le père et ses fils en société simple, ils méconnaissent, d'une part, que la connaissance de E.________ suffit et, d'autre part, que, selon le principe de la confiance, c'est l'interprétation objective de leurs comportements qui est décisive pour savoir si le cocontractant pouvait en déduire qu'il traitait avec une société simple, cette question relevant du droit. Le grief d'appréciation arbitraire des preuves (art. 9 Cst. et 97 al. 1 LTF) est donc sans pertinence et on ne décèle aucune violation de l'art. 8 CC. Quant aux citations tirées des mémoires en justice de la société anonyme demanderesse, qui sont évidemment postérieures à l'époque de la conclusion des trois contrats de livraison, elles ne sauraient, à elles seules, conduire à une interprétation objective différente des manifestations de volonté, par actes concluants, du père et des deux fils au moment de leur conclusion. Dans un dernier grief, de violation de l'art. 543 CO et de la protection de la bonne foi, les recourants soutiennent que la société anonyme, créancière, devait, en cas de doute, clarifier la situation, autrement dit rechercher qui était véritablement son ou ses cocontractants. Ce faisant, ils perdent de vue que la question ne relève pas de la bonne foi de E.________, ni au sens de l'art. 3 al. 1 CC, ni au sens du droit à la protection de la bonne foi de l'art. 3 al. 2 CC, mais de l'interprétation objective de leur comportement et de celui de leur père dont tout cocontractant, placé dans les mêmes conditions que E.________, pouvait et devait raisonnablement déduire qu'ils étaient engagés. Vu les développements qui précèdent, on ne peut partager le sentiment du mandataire des recourants, qui, sur la base de faits différents, craint un détournement du système et des délais des art. 285 ss LP.