Citation: 1B_200/2009 11.08.2009 E. 3

La recourante ne conteste pas l'existence de charges suffisantes à son encontre. Elle nie en revanche la persistance d'un risque concret de collusion et le danger de récidive. 3.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours. Tel est le cas par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou pour prendre contact avec des témoins ou d'autres prévenus, afin de tenter d'influencer leurs déclarations (ATF 132 I 21 consid. 3.2 p. 23; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 132 I 21 consid. 3.2 p. 23; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). 3.2 Dans le cas particulier, la recourante est soupçonnée d'avoir participé, comme co-auteur ou complice, à plusieurs cambriolages et d'avoir recelé un peu plus de 200 bijoux de provenance douteuse. La police effectue actuellement des recherches sur la provenance de ces bijoux et procède à des analyses rétroactives de communications par téléphones portables afin de déterminer les liens entre les inculpés et d'autres personnes arrêtées ou recherchées dans le cadre de nombreux cambriolages commis par des ressortissants géorgiens. Si l'activité délictueuse de la recourante est avérée, elle suppose vraisemblablement la participation d'autres acteurs qui pourraient être découverts par les mesures d'instruction précitées. Il est dès lors nécessaire que la recourante ne puisse pas communiquer auparavant avec ces personnes. L'intéressée fait certes valoir qu'il ne saurait exister de risque de collusion avec des personnes déjà détenues; quant aux personnes recherchées, elle relève que leur identité n'est ni mentionnée, ni établie. Il serait cependant contraire au bon déroulement de l'enquête que l'autorité pénale dévoile le nom des individus sur lesquels elle porte ses soupçons, afin d'éviter que l'inculpée ne puisse entrer en contact avec ceux-ci avant les confrontations prévues. Dans ces circonstances, il apparaît qu'un risque de collusion concret peut être admis. Le maintien en détention est donc justifié pour ce motif, ce qui rend superflu l'examen du bien-fondé du risque de réitération également retenu. 3.3 La recourante allègue qu'elle n'a pas été entendue par le Juge d'instruction depuis le 11 mai 2009, soit depuis plus de deux mois, et que rien n'empêchait celui-ci d'organiser les confrontations évoquées par la Chambre d'accusation. Il ressort du dossier que l'instruction suit son cours, plusieurs personnes ont notamment été interpelées, voire arrêtées, et diverses perquisitions ont eu lieu; en outre, du 27 mai au 30 juin 2009, l'instruction contradictoire a été suspendue au motif que l'affaire était complexe et d'un certaine gravité, s'agissant de vols en bande et par métier, subsidiairement de recel par métier. Dans ces conditions, rien ne permet de supposer que les autorités pénales genevoises ne vont pas continuer, à ce stade, de procéder avec diligence et convoquer sous peu la recourante pour les audiences de confrontations.