Citation: 2A.649/2005 02.03.2006 E. 1

2.3 Il apparaît en effet que, par l'ensemble de son comportement, le recourant n'a cessé de démontrer son absence de volonté ou son inaptitude à s'adapter à l'ordre établi en Suisse et qu'il remplit de la sorte la cause d'expulsion prévue par l'art. 10 al. 1 lettre b LSEE. En outre, le recourant a multiplié les mesures dilatoires en déposant plusieurs demandes d'asile politique - le cas échéant sous une fausse identité - dont il ne pouvait ignorer le caractère abusif: de son propre aveu, il n'est pas retourné dans son pays d'origine alors qu'il savait devoir quitter la Suisse. Il ne s'est nullement conformé à la décision d'interdiction d'entrée prononcée contre lui par les autorités lucernoises et il a dû être renvoyé de ce canton par train et sous escorte. Enfin, le recourant est demeuré en Suisse entre novembre 1998 et avril 2001 sous couvert d'une manoeuvre frauduleuse, puis postérieurement au 8 mars 1999 quand bien même il n'y possédait plus aucun titre, qu'il a alors tenté de s'en ménager un dans le canton de Lucerne en invoquant des projets de mariage pour le moins lointains, puis, après l'échec de cette tentative, en déposant une nouvelle demande d'asile manifestent abusive. La répétition de ces comportements montre que le recourant est prêt à user de tous les moyens pour parvenir à ses fins. Cette attitude en fait un étranger indésirable au sens de l'art. 10 al. 1 lettre b LSEE. Sa mauvaise situation financière confirme cette conclusion. Enfin, le recourant admet (dossier de l'Office cantonal, pièce 8, chiffre 8) que sa dernière activité lucrative a débuté en 1996 et n'a duré que six à huit mois, alors que, jusqu'à fin février 1999, il avait la possibilité juridique d'exercer une profession. Le recourant n'a séjourné régulièrement en Suisse qu'entre juin 1987 et novembre 1988, août 1991 et mars 1999 et de juillet 2001 à mars 2003, soit un peu moins de dix ans; il n'y a en effet pas lieu de tenir compte de la période correspondant à la seconde procédure d'asile, dans la mesure où celle-ci présentait un caractère frauduleux (ATF 130 II 39 consid. 3 p. 42). Le recourant ne saurait faire état d'une bonne intégration professionnelle dans notre pays. Il affirme avoir travaillé au Tessin "de façon parfaitement stable" jusqu'à la fin des années 1990, mais n'en rapporte pas la preuve. Il ressort du dossier que sa dernière activité lucrative a débuté en 1996 pour ne durer que de six à huit mois. Le recourant ne démontre pas d'avantage s'être crée en Suisse un réseau significatif de relations sociales. Enfin, il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de vingt-sept ans. L'intérêt du recourant à demeurer en Suisse se fonde uniquement sur son mariage. Quant à son épouse, arrivée en Suisse en 1991, son parcours professionnel est inconnu; une attestation de l'Office cantonal du 22 août 2003 la désigne comme étant "sans profession" et mentionne qu'elle a connu une période de chômage mais qu'elle a retrouvé, début 2005 un emploi à 80% comme préparatrice de commandes à la Coop. Elle ne peut donc ni se prévaloir d'une intégration professionnelle particulièrement remarquable, ni soutenir qu'elle aurait acquis en Suisse une formation ou des connaissances dont elle ne pourrait plus faire usage si elle devait suivre le recourant à l'étranger (cf. arrêt du 11 novembre 2005, 2A.540/2005 consid. 3.2.3). Il n'est pas d'avantage établi qu'elle posséderait à Genève des fortes attaches familiales ou un important réseau de relations sociales. Enfin, elle est, comme son mari, originaire du Kosovo. Tout bien pesé, l'intérêt privé de ces époux à pouvoir vivre leur vie de couple en Suisse ne saurait prévaloir contre l'intérêt public à l'éloignement du recourant. Enfin, si la décision querellée apparaît ainsi fondée sous l'angle de l'art. 7 al. 1 en combinaison avec l'art. 10 al. 1 lettres a et b LSEE, elle l'apparaît tout autant, par identité de motifs, du point de vue de l'art. 8 par. 2 CEDH.