Citation: 5A_59/2020 E. 2.1

2.1. L'autorité supérieure de surveillance a retenu, à la suite du premier juge, que les demandes de prolongation de délai constituaient un indice que la requête de seconde expertise avait un caractère dilatoire. Selon elle, même si le juge pouvait refuser une prolongation de délai qu'il considérait dilatoire, le caractère abusif d'une attitude apparaissait avec le temps écoulé et la multiplication des requêtes de toutes sortes faisant durer la procédure sans raison sérieuse. On pouvait considérer que des requêtes de prolongation de délai étaient déjà des indices. Le fait que le recourant fût assisté d'un avocat pour le paiement des honoraires duquel il n'avait pas requis l'assistance judiciaire démontrait notamment qu'il était capable de mobiliser des ressources financières. Le fait qu'il se prétendît courtier bancaire et alléguait effectuer de très nombreux voyages à l'étranger allait également dans ce sens. L'autorité précédente a ajouté que les prolongations de délai n'avaient pas été requises au motif que le recourant n'était pas en mesure de s'acquitter de l'avance de frais, mais parce que celui-ci était prétendument à l'étranger ou en voyage. Or, à l'appui des demandes de prolongation, le conseil du recourant n'avait joint aucune preuve destinée à les étayer. Du reste, devant elle, il ne fournissait pas non plus de preuve à cet égard. L'autorité supérieure de surveillance a ensuite examiné si, outre les prolongations de délai requises, le recourant avait adopté un comportement dilatoire en ne permettant pas à l'expert mandaté en janvier 2019 d'accéder à ses locaux jusqu'à la révocation de la seconde expertise rendue huit mois plus tard. Elle a jugé que tel était le cas et, en conséquence, que l'autorité inférieure avait, sans violer le droit, mis fin à la procédure de seconde estimation qui n'était au demeurant pas un droit dans la poursuite en réalisation de gage, l'estimation n'ayant qu'une importance secondaire; dans les cas où une expertise nécessitait un délai démesuré pour le poursuivant, il fallait s'en tenir à une estimation sommaire. A cet égard, elle a retenu que, selon le procès-verbal des opérations, l'expert mis en oeuvre avait demandé plusieurs fois des prolongations de délai pour déposer son rapport, expliquant n'avoir pu accéder aux locaux. Par ailleurs, l'intimée n° 1 s'était opposée à toute nouvelle prolongation le 4 juillet 2019, et, alors qu'il avait été informé le 5 juillet 2019 par l'autorité inférieure de surveillance qu'aucune nouvelle prolongation de délai ne serait accordée, le recourant avait de nouveau incité l'expert à demander une telle prolongation le 27 août 2019 sous prétexte que le prêt serait remboursé. Elle a considéré que, la présence personnelle du recourant n'étant pas indispensable, celui-ci aurait pu organiser, en l'espace de huit mois, un accès aux locaux pour l'expert et il aurait dû prendre des disposition à ces fins. Elle a précisé que les voyages à l'étranger que le recourant alléguait non seulement n'étaient pas établis mais n'étaient pas une explication valable. Les négociations qu'il invoquait ne justifiaient en outre aucun retard, étant donné que l'ensemble des créanciers poursuivants n'y avaient pas consenti; au demeurant, de telles négociations n'apparaissaient pas sérieuses puisque aucune somme n'avait été payée. L'autorité supérieure de surveillance a déduit de ces éléments que les demandes de report avaient pour seul but d'éviter, ou de retarder, la réalisation forcée et n'étaient justifiées par aucun empêchement valable du recourant, étant précisé que les pièces produites par l'office témoignaient aussi d'une attitude générale très peu collaborante du recourant.