Citation: 4P.179/2004 11.01.2005 E. 3

3.1 A l'appui de son premier moyen, le recourant affirme que, contrairement à l'avis de la Chambre des recours, la Cour civile a bel et bien retenu à son encontre une erreur de diagnostic à propos des symptômes dont a été affecté le cheval dès le 8 février 1996. Il prétend que la cour cantonale, dans ce cadre, a apprécié arbitrairement les preuves pour n'avoir pas tenu compte que l'expert, dans son rapport complémentaire et à l'audience de jugement, avait modifié le diagnostic qu'il avait posé dans son rapport principal et en fin de compte rejoint le diagnostic établi par le défendeur, étant précisé toutefois que ce dernier a parlé, de manière inappropriée, de réaction anaphylactique au lieu d'hypersensibilité. Le recourant reproche à tout le moins à la Cour civile un défaut de motivation contraire au droit d'être entendu. 3.2 Le point de savoir si un praticien a établi un diagnostic contraire aux règles de la médecine - humaine ou vétérinaire - et, par conséquent, enfreint son devoir de diligence, est une question qui a trait à l'application du droit fédéral (ATF 120 Ib 411 consid. 4a). En vertu de la subsidiarité absolue du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ), cet aspect ne peut être examiné dans la présente instance, du moment que la voie de la réforme est ouverte en l'occurrence et que le recourant l'a d'ailleurs exercée. S'agissant des causes possibles de la réaction dont a souffert le cheval après la vaccination de rappel du 7 février 1996, la Cour civile n'a pas ignoré que l'expert a hésité entre une infection post-vaccinale et une hypersensibilité au vaccin, pour finir par privilégier ce dernier diagnostic. Elle a fait très clairement état des incertitudes de l'expert à ce sujet au considérant 19 let. b, en page 29 de son jugement. Il a été constaté, sans que l'arbitraire soit invoqué sur ce point, que le recourant a posé le 8 février 1996 le diagnostic de "tuméfaction musculaire aseptique de type anaphylactique tardif". L'expert a retenu, lui, une hypersensibilité au vaccin n'ayant pas entraîné de réaction purement anaphylactique (cf. considérant 19 c/aa, page 31 in medio du jugement déféré), c'est-à-dire apparaissant immédiatement, quelques minutes après le contact avec l'antigène, sous la forme d'urticaire, d'asthme ou d'un choc anaphylactique, lequel se caractérise par une réaction allergique foudroyante, parfois mortelle (cf. sur ces points, Larousse médical 1995, p. 53 ad Anaphylaxie et p. 499 ad Hypersensibilité). Dès l'instant où le défendeur n'a jamais parlé d'hypersensibilité au vaccin, il n'était pas insoutenable de constater que son diagnostic ne correspondait pas à celui finalement adopté par l'expert, qui a écarté la possibilité que le cheval ait été atteint exclusivement d'une anaphylaxie ou hypersensibilité immédiate à un antigène (réaction d'hypersensibilité de type I) (Larousse médical 1995, p. 499 ibidem). Le défendeur soutient qu'il a parlé improprement de réaction anaphylactique au lieu d'hypersensibilité. L'anaphylaxie étant un type de réaction d'hypersensibilité, comme on vient de le voir, on peine à comprendre l'argument du recourant, qui heurte le bon sens. Au sujet du prétendu défaut de motivation reproché à la cour cantonale, le grief, à considérer que le jugement du 18 décembre 2002 comporte 58 pages, dont 14 pages sont consacrées à la retranscription des explications de l'expert judiciaire et 15 pages à la subsomption, est dépourvu de tout fondement.