Citation: 2P.335/2004 05.01.2005 E. 1

6.1.3 Dans ces conditions, il est pour le moins douteux que l'intéressé entretienne des liens suffisamment étroits et effectifs avec ses enfants pour exciper le droit à une autorisation de séjour de l'art. 8 par. 1 CEDH. La question peut néanmoins rester indécise. En effet, serait-il recevable, le recours de droit administratif n'en devrait pas moins être rejeté, car l'ingérence constituée par l'éloignement de l'intéressé s'avère conforme au droit. 6.2 Une ingérence dans l'exercice du droit au respect de la vie privée et familiale est en effet possible, selon l'art. 8 par. 2 CEDH, lorsqu'elle est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. La question de savoir si, dans un cas d'espèce, les autorités de police des étrangers sont tenues d'accorder une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 CEDH doit être résolue sur la base d'une pesée de tous les intérêts privés et publics en présence (ATF 125 II 633 consid. 1e; 122 II 1 consid. 2; 120 Ib 1 consid. 3c, 22 consid. 4a). 6.2.1 Selon les faits constatés par le Tribunal administratif, le recourant n'a pas de travail et il émarge depuis plusieurs années à l'assistance sociale, le montant de l'aide versée ascendant au 30 septembre 2002 à 164'625 fr. En outre, ses perspectives de gain sont aléatoires, car il est sans formation et il n'a jamais exercé de manière régulière une activité lucrative. Il réalise donc le motif d'expulsion prévu à l'art. 10 al. 1 lettre d LSEE. Le fait qu'il ait déposé une demande de prestations d'invalidité n'y change rien: à supposer qu'elle soit seulement fondée et qu'elle donne lieu au versement d'une rente avec effet rétroactif, une telle demande n'est en effet pas de nature à éponger la dette du recourant à l'égard de l'aide sociale; bien plus, il est même douteux que l'éventuelle rente d'invalidité qui pourrait, le cas échéant, lui être servie, soit seulement propre à lui garantir une autonomie financière le mettant à l'abri de l'assistance publique, vu ses lacunes de cotisations (il n'est venu en Suisse qu'à l'âge de 28 ans) et le montant selon toute vraisemblance faible des cotisations qui ont été versées pendant sa présence en Suisse (il n'a jamais exercé d'activité lucrative de manière stable). Pour le surplus, l'instruction de la demande de prestations d'invalidité ne nécessite pas la présence de l'intéressé en Suisse, comme l'ont pertinemment relevé les premiers juges. 6.2.2 Par ailleurs, les mauvais renseignements fournis par la police au sujet du recourant permettent de conclurent que ce dernier ne veut pas ou n'est pas capable de s'adapter à l'ordre établi au sens de l'art. 10 al. 1 lettre b LSEE. Il ne remet du reste pas en cause les reproches qui lui sont adressés à ce titre. 6.2.3 Compte tenu de l'ensemble des circonstances du cas, l'intérêt privé du recourant à pouvoir demeurer en Suisse ne saurait donc l'emporter sur l'intérêt public à son renvoi: ayant passé de nombreuses années dans son pays d'origine, il s'est montré incapable de s'intégrer en Suisse et tombe aujourd'hui sous le coup de deux motifs d'expulsion malgré les sursis qui lui ont été accordés pour améliorer et stabiliser sa situation. Il n'allègue d'ailleurs pas avoir tissé de liens particulièrement forts avec la Suisse, hormis ses relations avec ses enfants dont on a cependant vu qu'elles n'étaient en réalité guère intenses, du moins pas au point de justifier le renouvellement de son autorisation de séjour. A cet égard, il sied de souligner que le recourant n'est pas expulsé et qu'il lui sera dès lors loisible de visiter ses enfants dans le cadre de séjours touristiques, les modalités du droit de visite pouvant être aménagées quant à sa fréquence et à sa durée. 6.3 En tant qu'il est recevable, le recours de droit administratif est donc manifestement mal fondé; il doit ainsi être rejeté selon la procédure simplifiée de l'art. 36a OJ, sans qu'il soit nécessaire d'ordonner un échange d'écritures.