Citation: 6B_559/2020 E. B

Par arrêt du 11 mars 2020, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a partiellement admis l'appel formé par A.________ contre ce jugement et a réformé celui-ci en ce sens que la prénommée est condamnée, pour injure, tentatives de contrainte et contrainte, à une peine pécuniaire de 45 jours-amende à 50 fr. le jour, avec sursis durant trois ans, peine complémentaire à celle prononcée le 22 avril 2015. La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. A.________ est née en 1963. Son casier judiciaire fait état d'une condamnation, en 2012, ainsi que d'une condamnation, en 2015, pour des infractions à la législation sur la circulation routière. B.b. Entre 2010 et juin 2017, A.________ était la propriétaire et habitante d'un appartement - au 3e étage de l'immeuble - sis sous celui dans lequel, en novembre 2013, B.________ a emménagé avec son fils alors âgé de 19 mois. Dès l'arrivée de B.________, un conflit de voisinage a éclaté entre les deux femmes. A.________ se plaignait de nuisances sonores en provenance de l'appartement du 4e étage. Selon elle, les bruits étaient causés en particulier par l'abaissement des stores, par l'aspirateur et par des pas dans l'appartement. Le conflit s'est envenimé jusqu'au dépôt, par B.________, de deux plaintes pénales à l'encontre de sa voisine, les 18 avril 2016 et 13 mars 2017. A l'appui de ses plaintes pénales, B.________ a déposé un document dans lequel elle relatait les agissements de sa voisine ainsi que leurs altercations depuis son arrivée dans l'immeuble (ci-après : le "journal du conflit"), ainsi qu'un enregistrement vidéo des propos de A.________ du 12 mars 2017. B.c. En novembre et décembre 2013, alors qu'elle venait d'emménager, B.________ a rapporté, dans son "journal du conflit", six épisodes au cours desquels A.________ s'était montrée agressive et l'avait sermonnée quant au bruit, au rangement de la cave et au stationnement dans le parking. B.d. Le 20 février 2014, A.________ est venue sonner à la porte de l'appartement du 4e étage, en l'absence de B.________, et a menacé sa femme de ménage de revenir armée d'un fusil si le bruit ne cessait pas. B.e. Le 23 mars 2014, alors que B.________ sortait de son appartement, A.________ est venue la menacer de la faire expulser de l'immeuble, vociférant à son endroit, ce qui a effrayé le fils de l'intéressée. B.f. Le 3 avril 2014, A.________ a tambouriné à la porte de l'appartement de B.________, en proférant des insultes, alors même que celle-ci était absente. La femme de ménage de cette dernière, ainsi que son fils, ont eu peur. B.g. En juin 2014, A.________ a tenté de pénétrer de force dans l'appartement de B.________, tout en proférant des insultes à son encontre. Sous la menace d'un appel à la police, A.________ a regagné son appartement. B.h. Le 17 avril 2015, A.________ a filmé B.________, alors que cette dernière se trouvait, avec son père, sur le parking de l'immeuble. B.i. Le 1er mai 2015, A.________ a écouté derrière la porte palière de B.________, laquelle recevait des invités. Prise sur le fait, elle est rapidement retournée dans son appartement. B.j. Le 27 juin 2015, en bas de l'immeuble, A.________ a insulté deux amies de B.________ qui sortaient de l'immeuble avec leurs enfants respectifs. Quelques instants plus tard, alors que B.________ et ses amies se trouvaient sur le parking, A.________ a proféré de nouvelles insultes, en se tenant à quelques centimètres de B.________, avant de tenter de s'en prendre physiquement à elle, puis à l'une de ses amies. Le lendemain, A.________ a déposé une lettre manuscrite dans la boîte à lettres de B.________, lui demandant les références de son assurance-responsabilité civile. Elle a également écrit ce qui suit : "je vous suggère de calmer vos humeurs et votre tempérament agressif. Votre « acting-out » relève d'un état irraisonné... Agression physique + menaces de nerf avec injures devant des enfants et des personnes adultes atterrées par l'expression de votre flot de paroles et d'agitations". B.k. Le 29 novembre 2015, B.________ s'est trouvée face à A.________, sur son palier, laquelle écoutait derrière sa porte. Cette dernière a regagné rapidement son appartement, mais est revenue quelques minutes plus tard tambouriner violemment contre sa porte, tout en l'insultant et en la menaçant. B.l. Le 5 décembre 2015, vers 19 h, A.________ a frappé de nombreuses fois à la porte de B.________, tout en l'insultant. B.m. Le 22 décembre 2015, la police s'est présentée chez B.________, à la suite d'un appel de A.________ concernant du tapage nocturne. B.n. Le 15 janvier 2016, A.________ a poursuivi sa voisine dans les escaliers de l'immeuble, tout en l'insultant. B.o. Le 15 février 2016, A.________ a derechef insulté B.________ et a menacé cette dernière de la faire expulser de l'immeuble. Elle l'a saisie par le bras, puis l'a lâchée en s'apercevant qu'un témoin assistait à la scène. B.p. Le 12 mars 2017, vers 18 h, alors que B.________ se trouvait chez elle avec son fils, A.________ est venue frapper violemment contre sa porte et l'a traitée de "connasse", de "salope" et de "pute", lui ordonnant de "fermer sa gueule". Cette scène a été filmée par B.________ et l'enregistrement a été versé à la procédure. B.q. A.________ est en outre venue frapper ou sonner à la porte de B.________ à de nombreuses reprises le 16 mars 2014, à deux reprises le 1er juin 2014, à l'automne 2014, le 11 avril 2015, le 2 mai 2015, le 25 novembre et le 7 décembre 2015. Le 21 juin 2015, A.________ a déchiré des papiers et les a posés sur son paillasson. Le 26 novembre 2016, elle a invectivé B.________, alors que cette dernière se trouvait à la cave avec son père. Le 29 décembre 2016, elle a tenu des propos insultants à son encontre auprès du représentant de la régie, annonçant qu'on lui avait conseillé de frapper sa voisine de manière à ce que les blessures ne se voient pas. Les périodes sans incident correspondaient à celles durant lesquelles A.________ était absente de l'immeuble.