Citation: 1P.522/2004 11.10.2004 E. B

Le 27 juillet 2004, le juge d'instruction a requis auprès de la Chambre d'accusation du Tribunal cantonal neuchâtelois la prolongation pour six mois de la détention de A.________ et des autres détenus. Le déroulement de l'opération n'était pas encore exactement connu. C.________ refusait de dévoiler l'identité du "Corse", et prétendait ignorer l'endroit où l'or avait été acheminé. A.________ en savait plus qu'il ne voulait le dire; il connaissait le déroulement du brigandage et tout donnait à penser qu'il pouvait avoir pris une part active dans l'opération, ne serait-ce que comme "appui logistique". Il existait un risque de collusion, A.________ et C.________ devant connaître les auteurs du brigandage. De très nombreux actes d'instruction avaient été effectués, et d'autres investigations apparaissaient nécessaires, notamment pour identifier les auteurs encore inconnus; ces investigations étaient mentionnées dans les observations produites le 21 juillet précédent à propos d'un autre recours pendant auprès de la Chambre d'accusation. Par arrêt du 12 août 2004, la Chambre d'accusation a autorisé la prolongation requise, jusqu'au 17 février 2005. Il existait des présomptions de culpabilité suffisantes et les investigations en cours pour découvrir tous les auteurs du brigandage et retrouver l'or volé pourraient être entravées en cas de libération des prévenus. La prolongation de la détention n'apparaissait pas disproportionnée compte tenu de la peine encourue par chacun des prévenus. Le juge d'instruction devrait toutefois procéder à une appréciation raisonnable de la nécessité de poursuivre ses investigations; il devrait en outre notifier sans tarder aux prévenus les faits qui leur étaient reprochés.