Citation: 4P.121/2005 01.09.2005 E. 3.2

3.2.1 Revenant, en premier lieu, sur le problème de la légitimation passive de Y.________ SA, le recourant reproche à l'autorité intimée de n'avoir pas admis l'existence d'une violation de l'art. 4 al. 2, 2ème phrase, du Code de procédure civile vaudois (CPC vaud.) dont serait entachée la constatation de fait topique du jugement rendu en première instance. Selon lui, la Cour civile, en retenant qu'il "n'est pas prouvé qu'elle [i.e. Y.________ SA] ait repris le mandat de révision de Z.________", aurait ignoré un passage du rapport d'expertise, reproduit sous chiffre 9 du mémoire de recours, qui attesterait la réalité d'une telle reprise. Celle-ci serait, de surcroît, corroborée par une affirmation expresse formulée par X.________ SA dans un mémoire d'appel relatif à un procès de même nature mené à Genève, écriture qui aurait été ignorée par les deux juridictions vaudoises. 3.2.2 La violation alléguée a trait à l'application du droit de procédure cantonal. Partant, le Tribunal fédéral examinera uniquement si la Chambre des recours en a exclu l'existence de manière arbitraire (cf. consid. 2 ci-dessus). 3.2.3 Aux termes de l'art. 4 al. 2, 2ème phrase, CPC vaud., le juge "peut tenir compte des faits révélés par une expertise écrite". Le texte même de cette disposition s'oppose déjà à l'admission des deux griefs formulés. S'agissant du premier, à supposer que le fait à prouver soit attesté par le passage de l'expertise écrite auquel le recourant se réfère, il ne ressort pas de la disposition citée que la Cour civile aurait dû en tenir compte, puisqu'il y est dit qu'elle peut le faire. Le recourant ne prétend pas, à cet égard, ni ne démontre que la jurisprudence vaudoise interpréterait le verbe pouvoir dans le sens de devoir. Quant au second grief, le moyen de preuve invoqué par le recourant - un mémoire d'appel produit dans un autre procès - n'a rien à voir avec l'expertise écrite dont il est question dans la disposition susmentionnée. Quoi qu'il en soit, le fait litigieux n'étant pas pertinent en droit pour la solution du litige, le recourant n'a aucun intérêt à se plaindre de ce qu'il n'a pas été constaté, fût-ce arbitrairement. Aussi bien, comme les intimés nos 2-6 le soulignent avec raison dans leur réponse, le fait que Y.________ SA ait continué, dès sa constitution en 1992, à exécuter pour Z.________ des travaux de révision n'est pas déterminant pour trancher la question de savoir si X.________ SA avait engagé sa responsabilité envers les souscripteurs et les futurs acquéreurs de ses titres eu égard aux circonstances dans lesquelles elle avait émis les trois emprunts par obligations litigieux en 1987, 1988 et 1990. La réponse à cette question dépend bien plutôt des effets qu'il convient d'attribuer à la cession par X.________ SA à Y.________ SA de la partie d'entreprise "révision" avec actifs et passifs au 1er janvier 1992. Il y a lieu de se demander si la créance invoquée par le recourant devant les juridictions vaudoises était ou non incluse dans cette cession. Ce problème n'a rien à voir avec le fait que Y.________ SA se soit vu ou non confier par Z.________, en 1992, les travaux de révision effectués précédemment par X.________ SA. Au demeurant, les moyens soulevés par le recourant en rapport avec la question de la légitimation passive de Y.________ SA seraient privés d'objet si ceux qui se rapportent au lien de causalité naturelle, dont l'existence a été niée par la Cour civile, venaient à être écartés. C'est ce qu'il reste à examiner. 3.3 Dans un second groupe de moyens, le recourant formule différentes critiques quant aux considérations des juridictions vaudoises sur la question du rapport de causalité qui doit exister entre le vice affectant le prospectus d'émission et le dommage invoqué pour que la responsabilité des auteurs du prospectus, prévue par l'art. 752 aCO, soit engagée (sur le problème de la causalité, qui demeure le même sous l'empire du nouveau droit, cf., parmi d'autres: Bernard Corboz, La responsabilité des organes en droit des sociétés, Bâle 2005, n. 37 ss ad art. 752 CO avec de nombreuses références).