Citation: 8C_604/2007 07.04.2008 E. 5

5.1 Lorsque le revenu d'invalide est évalué sur la base des statistiques salariales, la mesure dans laquelle les salaires ressortant des statistiques doivent être réduits dépend de l'ensemble des circonstances personnelles et professionnelles du cas particulier (limitations liées au handicap, âge, années de service, nationalité/catégorie d'autorisation de séjour et taux d'occupation). Une déduction ne doit pas être opérée automatiquement mais seulement lorsqu'il existe des indices qui montrent que l'assuré n'est en mesure, en raison de l'un ou l'autre de ces éléments, de mettre en valeur sa capacité de travail résiduelle qu'avec des perspectives de gain inférieures à la moyenne. Il convient d'évaluer globalement l'influence de tous les facteurs sur le revenu d'invalide, la déduction globale maximum admise étant de 25 % (ATF 126 V 75; consid. 3b publié à la RAMA 2002 U 467 p. 513 de l'arrêt ATF 128 V 174). 5.2 Cette évaluation ressortit en premier lieu à l'administration, qui dispose pour cela d'un large pouvoir d'appréciation. Le juge doit faire preuve de retenue lorsqu'il est amené à vérifier le bien-fondé d'une telle appréciation. L'examen porte alors sur le point de savoir si une autre solution que celle que l'autorité, dans le cas concret, a adopté dans le cadre de son pouvoir d'appréciation et en respectant les principes généraux du droit, n'aurait pas été plus judicieuse quant à son résultat. Pour autant, le juge ne peut, sans motif pertinent, substituer son appréciation à celle de l'administration; il doit s'appuyer sur des circonstances de nature à faire apparaître sa propre appréciation comme la mieux appropriée (ATF 126 V 75 consid. 6 p. 81, 123 V 150 consid. 2 et les références p. 152; arrêt M. du 30 avril 2007, I 381/06, consid. 6.1). 5.3 On doit en l'occurrence donner raison à la recourante. L'âge, la nationalité, les années de service auprès de l'ancien l'employeur et le taux d'occupation exigible ne constituent pas, dans le cas de A.________, des éléments susceptibles d'avoir un effet sur le montant du salaire que celui-ci pourrait prétendre sur le marché du travail. Le prénommé est encore relativement jeune et titulaire d'une autorisation d'établissement (cf. arrêt S. du 16 avril 2002, I 640/00, consid. 4d/bb [résumé in : REAS 2002 p. 308]). Au moment de son accident, il travaillait pour son employeur depuis 4 ans, ce qui n'est pas une durée assez longue, en règle générale, pour bénéficier de conditions particulières liées à l'ancienneté (de telles conditions n'ont d'ailleurs pas été alléguées). Enfin, il serait en mesure d'exercer une activité à plein temps. Restent ses limitations fonctionnelles, qui justifient assurément une réduction du salaire statistique. En évaluant leur effet à 10 %, la recourante n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation. En elles-mêmes, ces limitations ne présentent en tout cas pas des caractéristiques si contraignantes qu'elles devraient se voir accorder une pondération encore plus importante que celle effectuée par la recourante. Or, les premiers juges ont porté la déduction de 10 à 15 pour cent sans l'étayer par une argumentation distincte, sauf à dire qu'un taux de 15 % est conforme à la jurisprudence. A cet égard, leur jugement ne saurait donc être confirmé. Cela étant, le calcul de l'invalidité de la recourante se révèle néanmoins inexact dans la mesure où elle n'a pas effectué la comparaison des revenus au moment déterminant de l'ouverture du droit éventuel à la rente comme l'exige la jurisprudence (ATF 128 V 174 consid. 4a p. 175) - in casu 2004 -, mais à celui de la décision sur opposition. Sous réserve du taux de déduction du salaire statistique, les premiers juges ont correctement déterminé les termes des revenus avec et sans invalidité de l'intimé en 2004, si bien qu'on peut s'y référer. En définitive, il y a lieu de fixer le revenu d'invalide de A.________ à 51'532 fr. par an [57'258 - 10 %] au lieu de 48'669 fr. 50 (jugement entrepris) ou 52'792 fr. (décision sur opposition de Helsana), ce qui conduit à un degré d'invalidité arrondi au pour cent de 10 % [57'041 - 51'532 : 57'041 x 100 = 9,657]. Par conséquent, celui-ci a droit à une rente d'invalidité LAA de 10 % dès le 1er mai 2004 (art. 18 al. 1 LAA).