Citation: 5A_479/2023 E. 5.2.1

5.2.1. En particulier, elle affirme que la cour cantonale s'est principalement penchée sur les chiffres contenus dans ses observations du 24 avril 2023 et leurs annexes (D. 17 et D. 18), mais n'a pas tenu compte de ses observations du 4 mai 2023 (D. 20). Elle n'aurait en outre pas indiqué clairement si elle tenait compte des facturations prévues de 340'017 fr. (D. 17 et D. 18) envers les sociétés-soeurs de la recourante, mais dès lors qu'elle faisait part de ses doutes à l'égard de ces facturations, il semblait que tel n'était pas le cas. Ce faisant, elle aurait apprécié les faits de manière arbitraire puisqu'il avait été allégué et prouvé que contrairement à ses sociétés-soeurs, la recourante n'avait pas vocation à facturer à des tiers, mais seulement aux autres sociétés du groupe. La cour cantonale ne pouvait ignorer ce fait ou à tout le moins aurait-elle dû motiver pour quelle raison il ne pouvait être pris en compte. Elle se fourvoyait également lorsqu'elle indiquait que le montant allégué de 340'017 fr. ne figurait pas sous forme de dette dans le plan de trésorerie des deux sociétés-soeurs. Dans le plan de trésorerie desdites sociétés figuraient "les charges contenues sous rubrique «dépenses fournisseurs divers» pour des montants respectivement de CHF 2'451'728.17 pour C.________ SA et de CHF 4'139'729.31 pour A.________ SA". La cour cantonale avait donc manifestement retenu un état de fait erroné en considérant que les factures précitées n'étaient pas comprises dans ces montants, "alors qu'aucun élément ne lui permettait d'affirmer une telle chose". La recourante ajoute qu'à la lecture de l'arrêt attaqué, l'on "croit comprendre qu'il aurait fallu séparer les paiements opérés en faveur de tiers et ceux en faveur de la société recourante, car membre de la holding A.________ SA", ce qui entrerait en contradiction avec l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle les quatre sociétés du groupe sont juridiquement distinctes l'une de l'autre et que l'approche devait rester atomiste. Selon la recourante, contrairement à ce qui ressortait de l'arrêt querellé, le seul fait que les rentrées d'argent en sa faveur proviennent de ses sociétés-soeurs ne permettait pas de retenir qu'il n'existe manifestement aucune perspective d'assainissement. Seul pourrait-il être concédé que ces perspectives étaient étroitement liées à la solvabilité et à la viabilité des sociétés-soeurs, à savoir des questions qui ne pouvaient pas être tranchées à ce stade dans la mesure où un recours était également pendant concernant ces sociétés. La recourante soutient en outre avoir satisfait à ses obligations en alléguant les éléments nécessaires et en produisant les pièces permettant de rendre largement vraisemblable le fait que l'on pouvait compter sur des perspectives d'assainissement. L'arrêt cantonal serait particulièrement sévère à son égard, sachant que dans un arrêt récent (ARMC.2018.83 du 14 décembre 2018), la même autorité rappelait à quel point le sursis provisoire devait être admis largement, et l'avait donc accordé, dans un cas où la situation était bien plus grave que la sienne. Dans cette affaire, il avait été retenu qu'il n'était pas possible d'établir le bilan précis de la société en cause ni le compte de ses poursuites, que les pièces fournies devaient être considérées avec circonspection et qu'un "chiffre d'affaires équivalant à 2,5 fois le chiffre d'affaires actuel devrait être réalisé pour atteindre un équilibre entre les charges et les produits"; malgré tous ces éléments, qui traduisaient manifestement une situation bien plus grave que la sienne, l'autorité cantonale avait rappelé que la pratique en matière d'octroi du sursis provisoire, afin d'éviter de prononcer la faillite quand un espoir (même très mince) subsiste qu'un tel sursis permette à la société de préparer un assainissement qui pourrait peut-être la sauver. La recourante soutient enfin que la présente cause permettrait au Tribunal fédéral de clarifier sa jurisprudence, en particulier s'agissant du degré de vraisemblance auquel est tenu le débiteur pour démontrer qu'il n'existe pas manifestement aucune perspective d'assainissement, ce d'autant que l'institution de l'ajournement de faillite a été intégrée dans la procédure concordataire depuis le 1er janvier 2023, ce qui nécessiterait de dégager des principes jurisprudentiels clairs en lien avec cette modification législative. En l'occurrence, la recourante estime en particulier que l'autorité cantonale a violé l'art. 293a al. 3 LP en lui reprochant de n'avoir pas fourni des documents permettant d'établir le principe et les modalités de la facturation du montant de 340'017 fr. cité plus haut, puisqu'elle n'était tenue qu'à la vraisemblance.