Citation: 4A_450/2013 E. B

Le 27 janvier 2006, Y.________ Engineering, se fondant sur les clauses d'arbitrage insérées dans les trois contrats susmentionnés, a déposé une requête d'arbitrage dirigée contre X.________. Dans leur dernier état, ses conclusions tendaient à ce que X.________ fût condamnée à lui payer un total de 9'652'264,67 euros, intérêts en sus. En date du 24 avril 2006, X.________ a produit sa réponse en vue d'obtenir une sentence qui imputerait à Y.________ Engineering la responsabilité exclusive de l'échec de leur projet commun et en tirerait les conséquences sur le plan financier. Elle a pris, à cet effet, des conclusions reconventionnelles visant également Y.________. Chacune des parties a alors désigné un juriste de son pays comme arbitre et les deux coarbitres ont choisi un avocat suisse en qualité de président du Tribunal arbitral. Ce choix a été ratifié, le 25 juillet 2006, par la Cour d'arbitrage de la CCI. Le 7 février 2013, celle-ci a nommé un nouveau président en raison du décès du président en fonction. Y.________ ayant refusé de prendre part à la procédure arbitrale pendante, X.________ a retiré une partie de ses conclusions reconventionnelles, le 16 juillet 2007. Elle les a réintroduites, avec d'autres conclusions, en déposant le même jour une requête d'arbitrage séparée visant Y.________ et Y.________ Engineering, recherchées solidairement pour un montant total arrêté en dernier ressort à 53'166'884,26 euros. Dans leur réponse du 24 septembre 2007 à ladite requête, les deux sociétés italiennes ont excipé de l'incompétence du Tribunal arbitral à l'égard de Y.________ et conclu, sur le fond, au rejet des prétentions de X.________. Les deux procédures arbitrales ont ensuite été consolidées et Y.________, tout en maintenant son exception d'incompétence, a accepté d'y participer en tant que codéfenderesse aux demandes reconventionnelles ( Co-Respondent to Counterclaims ). Le 31 juillet 2013, le Tribunal arbitral a rendu sa sentence finale, qui couvre 752 pages et dont le dispositif comporte 29 chefs. Par une décision majoritaire, il a nié sa compétence à l'égard de Y.________ et rejeté, en conséquence, toutes les demandes reconventionnelles dans la mesure où elles visaient cette société (ch. 1 du dispositif). En outre, comme sa décision d'incompétence découlait de ce que Y.________ n'avait jamais été partie aux contrats du 25 janvier 2001, le Tribunal arbitral a également rejeté les conclusions par lesquelles X.________, soutenant au contraire que Y.________ et Y.________ Engineering étaient toutes deux parties à ces contrats et revêtaient donc la qualité de consorts nécessaires, l'avait invité à rejeter la totalité des conclusions prises par Y.________ Engineering à son encontre, motif pris du défaut de légitimation active ( locus standi ) de cette société (ch. 2 du dispositif). Sur le fond, le Tribunal arbitral a admis partiellement les diverses prétentions élevées par Y.________ Engineering et par X.________. Statuant à la majorité, il a, en revanche, rejeté intégralement la conclusion reconventionnelle de X.________ n° 3.9 tendant au paiement de 13'130'001,75 euros à titre de dommages-intérêts consécutifs au retard pris par Y.________ et Y.________ Engineering dans l'exécution et l'achèvement du projet (ch. 22 du dispositif). Chacun des deux coarbitres a émis une opinion dissidente; l'une de ces opinions a trait, notamment, à la question de la compétence ratione personae du Tribunal arbitral et au problème des dommages-intérêts pour cause de retard réclamés par X.________.