Citation: 1B_65/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, les éléments avancés à l'appui de la requête de récusation du Président du Tribunal de police se sont déroulés lors de l'audience de jugement et étaient connus depuis ce jour-là; le dépôt de la demande de récusation, formulée le lendemain de la séance et de la communication orale du dispositif du jugement, est ainsi intervenu dans le délai tenu pour compatible avec l'art. 58 al. 1 CPP et la jurisprudence y relative (arrêt 1B_536/2021 du 28 janvier 2022 consid. 3.2). Au demeurant, le recourant soutenait entre autres griefs dans ses observations sur les déterminations du Président du Tribunal de police que le très bref laps de temps écoulé entre la clôture des débats et la lecture du dispositif du jugement laissait transparaître que l'intimé s'était déjà forgé son opinion sur sa culpabilité ainsi que sur la nature et la quotité de la peine sans égard aux éléments plaidés en sa faveur à l'audience en lien notamment avec sa situation personnelle. Ce motif de récusation ne pouvait pas être connu avant la clôture des débats même si l'intimé avait déjà laissé entendre que la peine prononcée dans l'ordonnance pénale était trop clémente. Le reproche ainsi fait au recourant de ne pas l'avoir invoqué avant que le Président du Tribunal de police ne suspende l'audience pour délibérer n'est dès lors pas fondé. La Chambre des recours pénale a donc considéré à tort et en violation de l'art. 58 al. 1 CPP que la demande de récusation était tardive et, partant, irrecevable. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'examiner en première et unique instance si les circonstances évoquées par le recourant en lien avec le déroulement de l'audience de jugement et la notification de son dispositif fondent objectivement l'apparence d'une prévention de la part du Président du Tribunal de police au sens de l'art. 56 let. f CPP.