Citation: 5A_441/2024 E. B

B.a. B.a.a. Le 21 avril 2021, A.________ et B.________ ont expédié à l'attention du tribunal un acte intitulé "Requête de conciliation du 10 décembre 2019 déposée au nom de M. A.________ et Mme B.________. Courrier d'accompagnement du dépôt d'une action au fond". Il était ensuite mentionné qu'était déposée une "action" des précités contre C.________ puis ajouté ce qui suit: "Vous trouverez dans les lignes suivantes quelques explications concernant le dépôt de la présente action ainsi que les circonstances des présentes." Ils ont notamment avancé que la litispendance avait été établie lors du dépôt de la requête de conciliation, le 10 décembre 2019, que les parties avaient ensuite renoncé à la procédure de conciliation, qu'ainsi l'autorité de conciliation n'était pas compétente du point de vue fonctionnel pour traiter de l'affaire. Ils avaient dès lors "retiré la requête de conciliation afin de déposer cette même demande auprès du Tribunal de céans comme instance de jugement de première instance". Ne disposant pas de l'exemplaire original de ladite requête, resté dans le dossier du juge conciliateur, ils ont annexé une copie de celle-ci à leur acte, en priant le tribunal de verser l'original à son dossier. Ils ont conclu préalablement à ce qu'il soit dit que la requête de conciliation qu'ils joignaient à leur acte valait action contre C.________, valablement déposée auprès du Tribunal de première instance de Genève et était recevable, à ce qu'il soit constaté que la litispendance courait depuis le 10 décembre 2019, et à ce que soit ordonné à l'autorité de conciliation l'apport du dossier de conciliation (procédure C/28079/2019) à la "présente procédure". Ils ont ensuite reproduit les conclusions prises dans la requête de conciliation du 10 décembre 2019 "qui constitu[ait] désormais l'action des demandeurs". Ils ont précisé que la valeur litigieuse était d'environ 2 millions de francs. Le numéro de procédure C/28079/2019 a été apposé par le greffe, sur une trace de correcteur "typex" de façon manuscrite, en première page de l'exemplaire original de la demande. C.________, après avoir requis et obtenu du tribunal la limitation de la procédure à la question du respect du délai de péremption de l'action, a conclu au rejet des conclusions préalables et à celui des conclusions principales de A.________ et B.________, respectivement à l'irrecevabilité de celles-ci. Elle a produit un avis de droit, et soutenu en substance que la demande introduite le 21 avril 2021 ne respectait pas le délai de péremption d'une année, prévu par l'art. 494 al. 3 CC, qui avait couru depuis le mois de juin 2019. A.________ et B.________ se sont déterminés sur la question du respect du délai. Ils ont conclu principalement au déboutement de C.________ de ses conclusions, exceptions et objections, à la constatation que la litispendance existait depuis le 10 décembre 2019, à ce que soit ordonnée la poursuite de la procédure, à ce qu'il soit imparti un délai à C.________ pour sa réponse au fond, à ce qu'il soit ordonné à la Justice de paix de produire l'inventaire de la succession de feu E.________ dressé par le notaire H.________, à ce que soit redéfinie la valeur litigieuse de la procédure sur la base de l'inventaire précité, et subsidiairement à la constatation que la demande de retrait qu'ils avaient formulée le 23 mars 2021 soit "déclarée non contraignante", à l'annulation de la "décision de classement" de l'organe de conciliation du 24 mars 2021, à la poursuite de la procédure de conciliation. Ils ont notamment allégué que les parties avaient convenu qu'ils pourraient déposer une action directement au tribunal. Ils ont offert à titre de preuve de certains de leurs allégués l'audition des parties, ainsi que des déclarations de témoins, à savoir leur avocat et une greffière de l'autorité de conciliation. C.________ s'est encore déterminée. Elle a persisté dans ses conclusions, et conclu au rejet de celles formulées par A.________ et B.________ dans leur écriture consacrée au respect du délai. Elle a notamment contesté avoir accepté davantage que renoncer à la procédure de conciliation, affirmant que ni la question de la saisine subséquente du tribunal et ses modalités, ni le maintien du lien d'instance n'avaient fait l'objet d'un accord. B.a.b. Par ordonnance du 20 septembre 2022, le tribunal a rejeté les réquisitions de preuve, clos les débats sur la question du respect du délai de péremption de l'introduction de l'action au fond, et réservé la suite de la procédure. Il a retenu, par appréciation anticipée des preuves, que les auditions requises n'étaient pas susceptibles d'apporter des éléments complémentaires pour trancher la question litigieuse, au regard des écritures et des pièces produites. À l'audience du tribunal du 28 novembre 2022, les parties ont plaidé, persistant dans leurs conclusions respectives. B.b. Par jugement du 12 juin 2023, le tribunal a débouté A.________ et B.________ de toutes leurs conclusions dans la mesure où elles étaient recevables (ch. 1), a arrêté les frais judiciaires à 46'000 fr. mis à la charge des précités solidairement entre eux, et compensés avec l'avance opérée, dont le solde leur a été restitué (ch. 2), a condamné ceux-ci à verser à C.________ 44'625 fr. à titre de dépens (ch. 3), et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4). B.c. Par arrêt du 28 mai 2024, statuant sur l'appel formé le 16 août 2023 par A.________ et B.________, la cour de justice a confirmé le jugement entrepris, sauf en ce qui concerne les chiffres 2 et 3 de son dispositif, qu'elle a annulés et réformés en ce sens que les frais judiciaires de première instance ont été arrêtés à 20'000 fr., compensés avec l'avance opérée, acquise à l'Etat de Genève, mis à la charge de A.________ et B.________, solidairement entre eux, les Services financiers du Pouvoir judiciaire étant invités à restituer aux précités 40'000 fr., et que ceux-ci ont été condamnés solidairement à verser à C.________ 22'000 fr. à titre de dépens de première instance.