Citation: 1C_64/2025 E. 2.2

2.2. Le TAF a constaté tout d'abord que ni le SEM ni le recourant n'avaient apporté la preuve de l'exactitude de la date de naissance, ce dernier n'ayant pas pu produire de documents d'identité (consid. 4.2). Il a tenu pour singulier que le recourant n'ait pas été en mesure de déposer le moindre document permettant d'appuyer ses déclarations relatives à son âge. Le recourant avait expliqué n'avoir jamais possédé de passeport, qu'il n'était pas réaliste de se procurer un tel document «à l'âge de 10 ans» et que «des gens au Maroc, même à 30 ans» n'avaient pas de carte d'identité. Ces explications ne sauraient convaincre de son impossibilité de prouver son âge. Suivant les informations à disposition du Tribunal, la carte d'identité nationale marocaine est obligatoire et peut être obtenue à tout âge, le cas échéant sous la forme électronique, tout comme le passeport marocain. Certes, vu les prétendues conditions de vie du recourant, il ne saurait lui être fait grief de ne pas avoir requis de telles pièces avant son départ. L'absence de démarches concrètes après ce départ ne s'expliquait en revanche pas, le recourant semblant avoir été pleinement conscient de la nécessité de disposer de pièces d'identité et en mesure de les obtenir (consid. 4.3). Les circonstances entourant son départ du Maroc étaient marquées par une imprécision et des contradictions significatives. Ainsi, lors de son audition pour RMNA, il avait déclaré avoir quitté clandestinement son pays entre 2018 et 2019, tout en indiquant ne pas se souvenir de son âge exact à cette époque («peut-être 12, 13 ou 11 ans»), avant de situer ce départ «vers les 12-13 ans», soit entre 2019 et 2020. Lors de son audition sur les motifs d'asile, il a déclaré avoir quitté le Maroc en 2020 ou 2021, précisant «plutôt 2021», ajoutant «il y avait encore le Corona». Cette dernière déclaration contredisait la version de son audition pour RMNA, selon laquelle il se trouvait déjà en Europe («en Espagne») au début de la pandémie. Dans le «questionnaire Europa» rempli à son arrivée au centre fédéral, il avait donné une autre version encore, indiquant avoir quitté son pays d'origine le 24 août 2023 (consid. 4.4). Les explications avancées pour justifier les imprécisions constatées dans son récit, à savoir son jeune âge au moment de quitter le Maroc, un parcours de vie difficile, la consommation de substances psychotropes ou l'expérience d'événements traumatisants, étaient insuffisantes. Le recourant avait été en mesure de fournir des informations cohérentes et d'une certaine précision sur bien des points, notamment sur les durées de ses séjours dans divers pays européens, son âge approximatif («dans les 15 ans») lors de son arrivée en Italie, ainsi que l'année du décès de ses parents, soit 2018, correspondant à la fin de sa sixième année de scolarité. De par sa manière de répondre aux questions posées, notamment son aplomb, il était plutôt apparu comme une personne dotée de capacités intactes. Ses imprécisions suggéraient ainsi plutôt une intention de maintenir une confusion dans son récit, afin d'éviter l'apparition d'incohérences en lien avec la date de naissance alléguée. Ces éléments justifiaient le scepticisme de l'autorité inférieure quant à la crédibilité de ses affirmations concernant sa minorité, ce d'autant plus que celui-ci avait expressément admis avoir fourni des informations erronées quant à sa date de naissance au cours de son parcours migratoire, cela au gré de ses besoins, reconnaissant en particulier avoir «beaucoup menti» aux autorités grecques. Il était ainsi au courant des réalités et de ce qui était attendu de lui et son défaut de collaboration à l'obtention de documents d'identité ou de renseignements précis pouvait lui être opposé (consid. 4.5).