Citation: 4A_556/2014 E. 3

Le Tribunal des baux a constaté de nombreux défauts. Examinant la situation de chaque appartement en particulier, il a déterminé dans quelle proportion les défauts recensés impliquaient une réduction du loyer concerné. En définitive, il a d'une part condamné la recourante à verser à 27 locataires une somme à titre de réduction de loyer "pour le passé", soit pour la période courant jusqu'au 31 octobre 2012, mois au cours duquel l'audience de jugement s'était tenue. Il a d'autre part accordé "pour le futur" à 16 locataires une réduction de loyer chiffrée en pourcentage (entre 15% à 45%), à partir du 1 er novembre 2012 jusqu'à l'exécution de travaux précis dans les divers appartements. La Cour d'appel a confirmé ce jugement. La recourante prend des conclusions qui, pour être comprises, nécessitent de se référer au corps du jugement rendu par le Tribunal des baux. Elle vise en substance à diminuer les taux de réduction appliqués aux loyers passés, soit pour la période antérieure au 1 er novembre 2012, s'agissant de 25 des 27 locataires concernés. Elle ne prend en revanche aucune conclusion concernant les réductions de loyer octroyées "pour le futur", c'est-à-dire à compter du 1 er novembre 2012. Vu l'issue du grief, il n'y a pas à s'interroger plus avant sur la portée précise de ces conclusions. Contrairement à l'autorité de première instance, la Cour d'appel a retenu que les fentes dans les vitres de balcon ne constituaient pas un défaut; elle a néanmoins confirmé les réductions de loyer retenues par l'autorité de première instance, estimant que ces fentes avaient joué un rôle extrêmement réduit dans les taux retenus, alors que des défauts nettement plus importants affectaient les appartements. La recourante plaide que l'autorité précédente aurait dû retrancher 4% sur les taux de réduction, dès lors que dans un cas précis, les fentes constituaient un des trois défauts retenus par l'autorité de première instance pour justifier une réduction de 12,5%. La recourante part de la prémisse que ces trois défauts étaient équivalents; or, rien de tel n'a été retenu, et la recourante ne démontre pas que ce serait le cas. Peu importe, au demeurant. Pour statuer sur le grief, il faudrait prendre en compte l'ensemble des défauts constatés dans chaque appartement individuellement, puis examiner au cas par cas si l'autorité précédente a abusé de son pouvoir d'appréciation lorsqu'elle a fixé les taux de réduction. Or, la recourante se limite à affirmer globalement et sans autre précision que les taux de réduction appliqués dans l'arrêt entrepris dépasseraient largement la limite admissible en comparaison avec des exemples tirés de la jurisprudence, exemples qu'elle omet toutefois de préciser. Elle ajoute que la réduction ferait arbitrairement fi des loyers très modiques; toutefois, elle ne dit mot pour justifier les taux de réduction qu'elle estime appropriés. Un tel procédé ne satisfait pas aux exigences de motivation d'un recours (art. 42 al. 2 LTF). Il n'y a pas à entrer en matière.