Citation: 4P.112/2004 04.06.2004 E. 2.2

La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir fait une application arbitraire de l'art. 18 al. 1 CO en ne recherchant pas quelle était la commune et réelle intention des parties avant d'interpréter la clause litigieuse selon le principe de la confiance. Cette interprétation subjective l'eût conduite à constater que les deux parties considéraient que ladite clause instituait un "délai net". Quoi qu'il en soit, l'autorité intimée, en interprétant la clause en question selon le principe de la confiance, s'était arbitrairement dispensée de procéder à un examen des circonstances du cas concret. Il lui avait, en outre, échappé que la règle "in dubio contra stipulatorem" ne l'autorisait pas à procéder à une interprétation extensive ne ressortant pas du texte de la clause controversée. Selon la recourante, la cour cantonale serait également tombée dans l'arbitraire en condamnant l'employeur à verser le salaire du mois de mars 2003, alors même que l'intimé n'avait jamais offert clairement ses services. Les arrêts sur lesquels elle s'est appuyée pour ce faire concerneraient, en effet, des hypothèses étrangères aux données du cas concret. La recourante voit enfin une contradiction irréductible dans la solution retenue par les juges cantonaux. En effet, soit l'intimé pouvait considérer de bonne foi que le congé devait lui être signifié pour la fin d'un mois, auquel cas il lui appartenait de faire connaître son opposition le 4 février 2003 déjà, à réception du congé; soit l'intimé n'a eu connaissance que le 24 mars 2003 du fait que la résiliation ne respectait pas le contrat, auquel cas la cour cantonale devait admettre que les parties avaient la réelle et commune intention de respecter un délai de congé net. 2.3 Avant d'examiner ces différents griefs, il sied de rappeler que, selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1; 128 II 259 consid. 5 p. 280/281).