Citation: 1P.535/2004 11.10.2004 E. 1

3.2 L'affaire porte sur un trafic de stupéfiants aux ramifications internationales, qui comprend la production de la drogue en Amérique latine, son traitement et son acheminement par le truchement de "mules" en Europe, la vente de la drogue, le blanchiment du produit de celle-ci, y compris la remise de sommes importantes à des trafiquants en Italie. Le recourant et ses complices occupent une position relativement élevée dans l'organisation mise en place. S'il devait être reconnu coupable des faits mis à sa charge, le recourant pourrait être exposé à une peine de réclusion de plusieurs années, compte tenu également de ses antécédents défavorables. Une procédure d'instruction de près de trois ans est assurément longue. Elle peut s'expliquer par la complexité de l'affaire, le grand nombre de faits à éclaircir, de témoins à entendre, d'informations à vérifier. Même si la limite de ce qui est compatible avec l'art. 31 al. 1 Cst. se rapproche, on peut admettre qu'en l'état, le principe de la proportionnalité est encore respecté. 3.3 L'instruction préparatoire est terminée depuis le 8 juin 2004. Depuis cette date, la détention a été maintenue uniquement pour les besoins du jugement. En l'occurrence, la détention devrait être prolongée jusqu'au 28 février 2005, date de l'audience de jugement, soit pour une durée de neuf mois. Un tel délai - pour lequel aucune justification n'a été apportée - est manifestement disproportionné (arrêt 1P.540/ 2002, précité consid. 4.3; cf. l'arrêt 1P.750/1999 du 23 décembre 1999, consid. 2d/ee, concernant également une cause portée devant le Tribunal d'accusation). Il convient d'inviter les autorités cantonales à prendre les mesures nécessaires pour que le recourant puisse être jugé à bref délai. Le recours doit être admis sur ce point.