Citation: 1P.458/2003 29.08.2003 E. 2

Tel est le premier grief du recourant. Celui-ci considère que l'expertise a été ordonnée dans le cadre de l'art. 13 CP et qu'il conviendrait, dans le cadre de la détention préventive, de demander aux experts s'il existe encore un risque de commission de nouvelles infractions du même genre contre la plaignante, si l'engagement de se faire suivre par un médecin est crédible, et si la sécurité de la plaignante peut ainsi être assurée. Selon l'expertise, le recourant aurait agi dans des circonstances particulières de crise et de tension dues à la rupture avec son ancienne amie, de sorte qu'il y aurait lieu de se demander si de telles circonstances peuvent encore se reproduire onze mois plus tard. 2.1 Garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. (et, en matière de détention préventive, par les art. 31 Cst., 5 par. 4 et 6 CEDH), le droit d'être entendu permet au justiciable de proposer des preuves et de participer à leur administration. Ce droit ne concerne que les éléments qui sont déterminants pour l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes, lorsque le fait dont les parties veulent rapporter l'authenticité n'est pas important pour la solution du cas, que les preuves résultent déjà de constatations versées au dossier, et lorsque le juge parvient à la conclusion qu'elles ne sont pas décisives pour la solution du litige ou qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135). 2.2 En l'occurrence, l'expertise a été mise en oeuvre non seulement pour déterminer le degré de responsabilité de l'accusé et l'opportunité d'une mesure au sens des art. 43 et 44 CP, mais aussi pour apprécier le risque de récidive. Les experts relèvent ainsi que le recourant aurait agi après avoir été rejeté par son ex-amie, pris par la nécessité impérieuse de recouvrer son intégrité narcissique. Le recourant souffrirait d'un trouble dyssocial se manifestant par "un refus de l'autorité, un mépris des lois, un sentiment que le monde doit être soumis à la loi intérieure de la personne, une absence de culpabilité et un refus de toute responsabilité dans les faits qui lui sont reprochés". Ce trouble exposerait le recourant à reproduire des comportements identiques et le risque de récidive ne pourrait être exclu. Il serait douteux que les six mois passés en détention aient eu un impact sur sa personnalité, le recourant n'ayant pas "tiré d'enseignement particulier" des précédents qui l'ont déjà amené en milieu carcéral. Au sujet de l'application de l'art. 43 CP, les experts relèvent que le trouble dyssocial n'est pas accessible à un traitement psychiatrique et/ou psychologique, et qu'un traitement imposé n'aurait guère de chance d'aboutir.