Citation: 8C_458/2023 E. 4.2

4.2. Reconnaissant une pleine valeur probante à l'expertise du CEMed, les juges cantonaux ont exposé qu'au plan somatique, aucun rapport médical au dossier ne justifiait que l'on retienne la persistance d'une incapacité de travail au-delà de septembre 2019. La doctoresse J.________, médecin praticienne traitante de la recourante, avait admis une pleine capacité dans une activité dès août 2019. Elle était certes revenue sur cette évaluation dans un certificat du 9 décembre 2021, en constatant une capacité de travail de 50 %, mais elle n'avait donné aucune explication sur cette nouvelle appréciation, laquelle n'était étayée par aucun nouveau diagnostic que les experts auraient ignoré. Du point de vue psychiatrique, la doctoresse H.________ attestait une capacité de travail de 50 %, qu'elle imputait au diagnostic de personnalité paranoïaque. L'experte psychiatre avait toutefois bien motivé les raisons pour lesquelles elle n'avait pas retenu cette atteinte. Dans un rapport du 19 décembre 2020, la doctoresse H.________ s'était contentée de faire valoir que la durée d'une expertise serait insuffisante pour détecter un tel trouble, reprochant implicitement à sa consoeur de ne pas avoir pris connaissance de ses notes de consultation, lesquelles contiendraient de nombreux exemples de manifestations paranoïaques. Selon la jurisprudence, la conduite de l'expertise, notamment le choix de contacter ou non un médecin traitant, était toutefois laissée au libre arbitre de l'expert. Par ailleurs, la doctoresse H.________ n'avait jamais évoqué de symptômes concrètement observés. Elle avait certes décrit dans un rapport du 3 juillet 2020 une attitude de méfiance, soupçonneuse et hostile, manifestée par une virulence déclarée, des plaintes répétées et une réserve sourde et hostile handicapant la recourante dans ses relations. Cela étant, aucun des médecins ou des intervenants ayant suivi l'intéressée n'avait rapporté une attitude hostile ou une défiance de sa part. Aucune difficulté relationnelle n'était signalée avec son entourage. Aucun problème n'avait été relevé dans le rapport de stage de G.________. Compte tenu de ces éléments, l'avis isolé de la psychiatre traitante quant au diagnostic de personnalité paranoïaque ne convainquait pas. Pour le reste, les experts avaient procédé à une analyse des critères dégagés par la jurisprudence pour admettre le caractère invalidant d'un trouble sans étiologie claire. En ce qui concernait les ressources de la recourante, la psychiatre traitante les avait elle-même constatées. Les lacunes - à savoir des oublis et la nécessité de prendre des notes - relatées dans le rapport de stage de G.________ ne remettaient pas en cause l'aptitude à la reprise du travail, à défaut d'être imputables à une affection médicale. En conclusion, la juridiction cantonale a indiqué s'en tenir aux conclusions du SMR, qui avait admis une incapacité de travail complète dans toute activité de février 2018 à septembre 2019, puis une capacité de 50 % de septembre 2019 à septembre 2020 dans une activité adaptée. Après calcul du degré d'invalidité par comparaison des revenus, les premiers juges ont confirmé la décision de l'intimé du 4 avril 2022 en tant qu'elle portait sur le droit à la rente. Ils ont en outre jugé que le refus par l'intimé de mesures professionnelles était également conforme au droit, dès lors que la capacité médico-théorique de la recourante était redevenue entière. De plus, son degré d'invalidité n'ouvrait pas le droit à des mesures de reclassement et elle avait déjà bénéficié de telles mesures sous la forme de coaching.