Citation: 9C_222/2024 E. 5.2.1

5.2.1. Comme l'ont dûment exposé les juges précédents, le délai de 30 jours accordé aux parties par l'art. 57a al. 3 LAI pour faire part de leurs observations concernant les préavis rendus par les offices AI conformément à l'art. 57a al. 1 LAI est un délai légal non prolongeable (cf. arrêt 8C_557/2023 du 22 mai 2024 consid. 5.3.1), ce que l'assurée ne conteste du reste pas. À cet égard, l'argumentation de la recourante, à l'appui d'une constatation manifestement inexacte des faits, selon laquelle elle n'aurait pas sollicité une prolongation du délai légal de 30 jours, dès lors qu'elle avait déposé des objections le 1er novembre 2021, ne peut pas être suivie, au regard déjà de la demande de prolongation y figurant ainsi que de ses courriers successifs du 3 décembre 2021 et des 7 et 25 janvier 2022, dans lesquels elle requiert expressément "une prolongation de délai". Elle affirme à ce propos que dans la mesure où elle avait respecté le délai légal, elle devait pouvoir, dans un deuxième temps, disposer du temps nécessaire afin de "compléter ses objections et [obtenir] un nouveau moyen de preuve, à savoir un rapport d'expertise privée confiée au [docteur] B.________, en vue d'établir l'absence de valeur probante de l'expertise [diligentée auprès de CEMEDEX SA]", sous peine d'être "privé[e] de la garantie du double degré de juridiction". L'argumentation de la recourante n'est pas pertinente dès lors déjà qu'elle n'a pas complété ses objections dans le délai accordé par l'intimé au 31 janvier 2022, ne serait-ce qu'en indiquant ce qu'elle contestait dans l'expertise de CEMEDEX SA. En effet, en janvier 2022, l'assurée s'est limitée à indiquer qu'un premier examen clinique aurait lieu avec le docteur B.________ le 24 janvier 2022 (correspondance du 7 janvier 2022) et à réitérer sa demande de prolongation de délai au 30 avril 2022 (correspondances des 7 et 25 janvier 2022). La seule communication de la prise d'un rendez-vous avec le docteur B.________ ne suffit pas encore à établir que l'assurée avait effectivement entrepris des démarches pour produire le rapport médical annoncé dans sa correspondance du 3 décembre 2021. En outre on rappellera, à la suite de la juridiction cantonale, que le droit de faire administrer des preuves n'empêche pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 145 I 167 consid. 4.1; 140 I 285 consid. 6.3.1). C'est en l'occurrence ce qu'a fait l'office intimé, après avoir indiqué à la recourante, le 3 février 2022, qu'elle n'avait apporté aucun élément permettant de mettre en doute la valeur probante de l'expertise qu'il avait diligenté et le bien-fondé de sa position. La conclusion de l'instance précédente, selon laquelle il appartenait cas échéant à la recourante de contester l'appréciation des preuves par une motivation adéquate compte tenu aussi de sa représentation par un avocat spécialisé de surcroît, doit dès lors être confirmée. Au demeurant, l'argumentation de la recourante ne met pas en évidence que les premiers juges auraient méconnu la portée de l'art. 57a al. 3 LAI, ni qu'ils auraient mal compris les raisons pour lesquelles le législateur a instauré cette règle légale, voire que celui-ci entendait faire une distinction entre un délai pour déposer des objections et un délai pour compléter ses objections.