Citation: 4A_151/2023 E. B

B.a. L'employée a déposé une requête de conciliation le 11 janvier 2022 puis, face à l'échec de la conciliation, a porté la cause devant le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève. Elle réclamait à l'employeuse 62'555 fr. au total, en faisant notamment valoir que son licenciement immédiat était injustifié. Elle alléguait avoir été accusée injustement du vol de 1'000 euros. Questionnée pendant plus de deux heures par deux personnes du service de sûreté de son ex-employeuse, soit par C.________ et D.________, elle disait avoir subi une très forte pression et avoir finalement avoué tout ce que ses deux interrogateurs « voulaient entendre ». Elle sollicitait l'audition de D.________ comme témoin. Ce dernier est non seulement un cadre responsable du service de sûreté de l'employeuse, mais il préside en outre le groupe 3 du tribunal prud'homal. Aussi, par ordonnance du 8 juin 2022, le tribunal spécialisé a-t-il réattribué la cause au groupe 4. Il a invoqué aussi bien l'art. 10 al. 2 LTPH (Loi genevoise sur le Tribunal des prud'hommmes; rs/GE E 3 10) que l'art. 10 RTPH (Règlement genevois du Tribunal des prud'hommmes; rs/GE E 2 05.44). Au pied de l'ordonnance figurait la possibilité d'un recours à la Cour de justice dans les 10 jours. Aucun recours n'a été déposé dans ce délai. La cause a été réaffectée au groupe 4. Dans sa réponse du 26 août 2022, l'employeuse a conclu au préalable à l'incompétence du groupe 4 de la juridiction prud'homale et au transfert de la cause au groupe 3. Elle a plaidé n'agir qu'à ce stade au motif qu'un recours contre l'ordonnance précitée aurait été de toute façon vain, faute de parvenir à établir un préjudice difficilement réparable. Sur le fond, elle a requis le déboutement de l'employée. Elle a aussi sollicité l'audition de D.________ en tant que témoin. Par jugement du 27 septembre 2022, le groupe 4 du Tribunal des prud'hommes, « statuant sur compétence quant au groupe », lui a donné raison. En conséquence, il a réattribué la cause au groupe 3, en indiquant qu'un appel pouvait être déposé dans les 30 jours. B.b. Statuant le 30 janvier 2023, la Cour de justice genevoise, par sa Chambre des prud'hommes, y a vu une décision concernant la récusation. Elle a traité l'acte de l'employée comme un recours stricto sensu formé en temps utile plutôt que comme un appel. Elle a ensuite réformé le jugement entrepris, en ce sens qu'elle a déclaré irrecevable la conclusion préalable prise par l'employeuse dans sa réponse du 26 août 2022. Partant, elle a renvoyé la cause au groupe 4 du Tribunal des prud'hommes pour poursuite de la procédure.