Citation: 7B_426/2023 E. 2.4.2

2.4.2. Le recourant conteste l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle le moyen était disproportionné pour atteindre le but visé. Il fait valoir qu'en raison du caractère à bien plaire du versement de la contribution d'entretien en faveur de C.________, il aurait eu la faculté d'en interrompre le paiement à tout moment. Ce faisant, il se fonde toutefois sur des éléments qui ne sont pas pertinents. À cet égard, il va jusqu'à prétendre que la "proposition" de subordonner la poursuite du paiement de ladite contribution d'entretien à la signature de la convention de divorce par l'intimée aurait été même "favorable" à cette dernière, puisque la fille majeure "n'aurait pas été tenue de mener une procédure judiciaire pour faire valoir ses droits". Outre que ces faits, non constatés dans le jugement attaqué, sont présentés de manière appellatoire et sont irrecevables sous cet angle, une telle argumentation s'avère contradictoire avec l'indication du recourant, figurant quelques lignes plus haut dans son acte de recours, selon laquelle la signature de la convention n'aurait pas eu nécessairement comme conséquence la poursuite du paiement de la contribution d'entretien à sa fille majeure (cf. recours, p. 5). On ne voit dès lors pas de rapport interne de connexité entre l'objet de la menace et l'exigence formulée. Concernant le caractère illicite de la menace de ruiner financièrement l'intimée, tel que retenu par la cour cantonale, le recourant soutient en vain que, de manière générale, en l'absence de signature d'une convention de divorce, les parties poursuivraient habituellement la procédure de divorce, lors de laquelle ils useraient de tous les moyens légaux pour obtenir gain de cause, ce qui pourrait causer des coûts élevés à l'une ou l'autre des parties. En effet, dans ces conditions, certains hésiteront néanmoins à engager ou à poursuivre une telle procédure longue et coûteuse qui pourrait s'enliser et préféreront signer une convention de divorce, même si celle-ci ne leur est pas entièrement favorable. En l'occurrence, au vu de la teneur du message litigieux, le recourant ne se limitait pas, comme il l'allègue, à "énumér[er] les risques financiers d'une procédure de divorce", risques qui, selon lui, seraient "inhérents à n'importe quel procès". Outre le fait qu'il mentionnait explicitement qu'il consacrerait toute son énergie à "ruiner" l'intimée, et ce dans une guerre sans prisonnier dont celle-ci ne se relèverait pas - ce qui peut laisser entendre qu'il ferait traîner inutilement la procédure -, il évoquait également les conséquences ("les ruines") que le refus de signature aurait sur les relations de l'intimée avec ses filles. La menace utilisée était donc propre à inciter la destinataire à adopter le comportement souhaité (signature de la convention de divorce). Par ailleurs, en soi, faire une offre transactionnelle n'est pas illicite, mais peut le devenir lorsque l'auteur tente d'obtenir plus que ce à quoi il a droit, en menaçant la partie adverse d'un dommage sérieux ; il y a en effet inadéquation entre le moyen employé et le but visé (ATF 132 IV 112 consid. 4.4; DUPUIS ET AL., Petit Commentaire, Code pénal, 2e éd. 2017, n° 29 ad art. 181 CP), ce qui est le cas en l'espèce.