Citation: 5A_787/2017 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a tout d'abord jugé que l'appréciation du juge genevois, qui ne prêtait pas le flanc à la critique, ne pouvait plus être remise en cause par le recourant dans le cadre de la présente procédure. Il lui appartenait en effet d'entreprendre le jugement du 19 juin 2014 dans les formes et délais légaux, ce qu'il n'avait pas fait. Les juges précédents ont ensuite examiné si, depuis le prononcé du jugement précité, les circonstances de fait avaient ou non changé d'une manière essentielle et durable, ou si des faits qui avaient fondé le choix des mesures dont la modification était sollicitée s'étaient révélés faux au sens de la jurisprudence. Il était en l'espèce établi que depuis son retour en Suisse en mars 2015, le recourant bénéficiait de prestations de l'aide sociale et que son loyer et son assurance maladie étaient pris en charge par la collectivité. Ces éléments ne permettaient toutefois pas de conclure qu'il serait, pour des raisons médicales, durablement incapable d'exercer l'activité de commerce de véhicules qui était la sienne avant son départ pour le Liban. Si le recourant avait bien allégué qu'il avait des problèmes de santé depuis des années, il ne les décrivait toutefois pas précisément, pas plus qu'il ne précisait quand et comment ces problèmes de santé avaient commencé à se manifester, respectivement avaient évolué, alors que c'était sur lui que pesait le fardeau de la preuve (art. 8 CC). Le fait qu'il avait sollicité le 24 mars 2016 des prestations auprès de l'Office de l'assurance -invalidité ne permettait pas de confirmer ses allégués. Dit office avait en effet, le 19 avril 2017, jugé nécessaire de le soumettre à un examen médical approfondi (médecine générale/interne, psychiatrie et rhumatologie), ce qui démontrait qu'il ne disposait d'aucune preuve de son incapacité de gain. La cour cantonale a encore relevé que l'intimée avait déposé en cause une carte de visite au nom de son mari, portant l'en-tête " F.________ ", avec pour illustration deux voitures de marque G.________ et la mention des cantons de Neuchâtel, Berne, Zurich et Bâle, ainsi que du numéro de téléphone xxx xxx xx xx. Or, le recourant n'avait pas déclaré que cette carte était une ancienne carte de visite, dont il se servait à l'époque où sa santé lui permettait encore d'être actif dans le secteur de l'automobile, avant son départ pour le Liban. Il avait au contraire allégué que " sa raison sociale de l'époque ne correspond[ait] pas audit document ", tout en admettant que le numéro xxx xxx xx xx correspondait à son actuel raccordement. Dans son écriture du 14 avril 2016, le recourant s'étonnait que ce numéro figure sur un document qu'il ne reconnaissait pas comme ayant pu le concerner. Il paraissait toutefois peu probable qu'un tiers ait créé la carte de visite en question à son insu. Il apparaissait au contraire plus vraisemblable qu'il utilisait cette carte dans le cadre d'une activité lucrative indépendante, après son retour en Suisse en mars 2015. Dans ces conditions, il y avait lieu de considérer que le recourant n'avait pas rendu vraisemblable qu'il n'était plus en mesure de réaliser un revenu mensuel de 5'500 fr.