Citation: 2C_298/2024 E. 6.2

6.2. Le point de savoir si la recourante devait être qualifiée d'unique employeuse, ou si elle devait, au contraire, être qualifiée de co-employeuse, au côté de son père, peut rester en l'espèce indécis, quoi qu'en dise la recourante. Tout d'abord, l'objet de la contestation (sur cette notion cf. ATF 143 V 19 consid. 1.1; 142 I 155 consid. 4.4.2) est limité au principe du prononcé d'une amende administrative contre la recourante, en application de l'art. 9 al. 2 let. f LDét (cf. supra consid. 3). Or, comme on l'a vu, la recourante pouvait être qualifiée d'employeuse de sorte qu'une amende pour non-respect des salaires minimaux prévus par le contrat type de travail cantonal pouvait être prononcée à son encontre. Dans ce contexte, le point de savoir si la recourante et son père étaient co-solidairement responsables de la dette salariale envers les employés dépasse le cadre du présent litige. Ensuite, si la recourante voulait tirer argument d'une éventuelle qualité de co-employeuse pour s'opposer au montant de la sanction, en particulier sous l'angle de la proportionnalité, elle devait le motiver. Or, comme on l'a vu, elle ne conteste plus la quotité de l'amende, mais seulement son principe même. Quoi qu'il en soit, la Cour de justice s'est fondée sur l'ensemble des circonstances de la cause et notamment sur la gravité de la faute de la recourante et sa situation financière, afin de fixer le montant de l'amende. La sanction a ainsi été individualisée.