Citation: 6B_714/2015 E. 2.4

2.4. Une condamnation à une peine d'emprisonnement de douze mois prononcée en juillet 2010 pour brigandage ne peut être considérée comme d'importance si minime que l'écoulement du temps aurait suffi à lui faire perdre toute importance dans le cadre de l'appréciation du risque de récidive. De surcroît, la réitération d'actes délinquants est survenue un an seulement après une précédente condamnation, ce qui dénote une prise de conscience très marginale. Dans le cadre de son appréciation globale des circonstances du cas d'espèce, le juge doit procéder à une évaluation de l'ensemble du comportement du condamné pendant le délai d'épreuve, et non seulement de son comportement en relation avec le nouveau crime ou délit (ATF 128 IV 3 consid. 4b p. 8; 103 IV 138 consid. 2 p. 139). Il était donc pertinent de relever, à l'appui du pronostic, que le recourant présentait encore des tendances à la violence dès lors qu'il avait pris part à l'expédition punitive du 31 octobre 2011 dont les faits ne sont pas contestés, même si ce comportement n'avait pas de caractère pénal. Par ailleurs, lorsque la cour cantonale indique maintenir le dispositif du jugement de première instance sur la question de la révocation du sursis, cela ne signifie pas pour autant, comme l'invoque pourtant le recourant, que sa décision se fonde sur les mêmes motifs que ceux retenus par le Tribunal criminel. La cour cantonale ne s'est en effet jamais référée aux considérants des premiers juges pour appuyer sa propre motivation. La cour cantonale n'a pas non plus méconnu la question de l'effet dissuasif de la nouvelle peine. En effet, elle a déduit des circonstances prises en compte dans son appréciation que la seule exécution de la nouvelle peine ne suffisait pas à renverser le pronostic. Enfin, la cour cantonale a précisé que le fait que la situation personnelle du recourant aurait considérablement évolué ne changeait rien à son constat. Cette appréciation n'est pas critiquable, notamment au regard du caractère récent de cette évolution qui ne permet pas d'apprécier la réalité et la mesure de l'amendement du recourant. En définitive, la cour cantonale a pris en considération tous les éléments pertinents et n'en a omis aucun au moment d'établir le pronostic relatif au comportement futur du recourant. L'ensemble des circonstances permettait, sans excès ni abus du pouvoir d'appréciation, de retenir un pronostic défavorable justifiant la révocation du sursis. Il ne saurait dès lors être fait grief à la cour cantonale de ne pas avoir examiné la possibilité d'une mesure subsidiaire au sens de l'art. 46 al. 2 CP.