Citation: 5A_466/2019 E. 3.3

3.3. Il appert ainsi que la cour cantonale ne s'est pas dispensée d'examiner si l'épouse avait la possibilité effective de se procurer le revenu hypothétique pris en compte. Elle n'a certes pas vérifié quelle était la situation concrète du marché du travail dans la région géographique de la recourante, mais elle a retenu que si son âge, sa formation et son parcours professionnel constituaient des obstacles, ils ne rendaient pas totalement vaines ses recherches de travail comme employée de bureau, puis a arrêté le montant du salaire réalisable sur la base de données statistiques, comme l'admet la jurisprudence. Contrairement à ce que prétend la recourante, il ne peut dès lors lui être reproché d'avoir omis d'examiner l'une des deux conditions cumulatives posées à l'imputation d'un revenu hypothétique. Par ailleurs, la recourante ne tente pas de démontrer que la cour cantonale aurait constaté incomplètement ou inexactement les faits de la cause. Elle se borne à soutenir que l'on cherche en vain dans l'arrêt querellé les éléments sur lesquels l'autorité précédente s'est fondée pour admettre que ses perspectives professionnelles ne sont pas illusoires et, en particulier, que cette juridiction n'a pas "démontré" quelles sont concrètement les possibilités professionnelles qui lui sont offertes en tant qu'employée de bureau à 60%. C'est pourtant à elle qu'il appartient en premier lieu de prouver qu'elle n'est pas en mesure de gagner 2'200 fr. nets par mois, ou qu'on ne peut l'exiger d'elle (cf. arrêts 5A_808/2018 du 15 juillet 2019 consid. 4.3; 5A_749/2016 du 11 mai 2017 consid. 5; 5A_96/2016 du 18 novembre 2016 consid. 3.1). Or, elle se contente d'alléguer que les moyens de preuve administrés en instance cantonale ont mis en évidence ses échecs systématiques dans toutes ses tentatives pour retrouver un emploi, même avant la séparation, et que ce constat ne cache pas un manque de dynamisme ou d'effort de sa part, mais démontre simplement que, compte tenu de son parcours professionnel atypique et de son âge, le marché du travail actuel et local ne lui offre aucune perspective concrète: ces considérations d'ordre général ne sont pas suffisantes pour qualifier d'arbitraires les conclusions des juges cantonaux. De surcroît, il n'apparaît pas que la recourante ait soulevé ces critiques en appel, alors même que le raisonnement du premier juge pour lui imputer un revenu hypothétique se fonde, à quelques détails près, sur les mêmes éléments que ceux retenus dans l'arrêt attaqué. On ne saurait dès lors considérer que seule la motivation de celui-ci lui donnait l'occasion de soulever des griefs sur ce point (cf. supra consid. 2.3). Autant qu'il est recevable, le moyen est par conséquent mal fondé.