Citation: 7B_33/2025 E. 6.4

6.4. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique et le recourant ne développe aucune argumentation propre à le remettre en question. S'agissant de l'enquête en lien avec le trafic de drogues, le risque de collusion apparaît indéniable. On ne saurait en effet ignorer que le trafic en cause touche un grand nombre de protagonistes et que d'autres personnes impliquées pourraient encore être identifiées. En outre, dans le cadre d'une instruction portant sur un tel trafic, les enquêteurs doivent souvent procéder par recoupement des informations obtenues par différents biais pour déterminer l'étendue du réseau et le rôle des personnes impliquées (cf. arrêts 1B_416/2018 du 3 octobre 2018 consid. 2.3; 1B_534/2017 du 12 janvier 2018 consid. 5.4). Les actes d'instruction mentionnés par le Ministère public et repris par l'autorité précédente, qui permettent au demeurant d'écarter tout reproche relatif à l'absence d'informations précises sur les mesures d'instruction à effectuer, se révèlent ainsi nécessaires. Certes, l'enquête concernant le recourant a débuté il y a près d'un an (cf. l'ordonnance d'ouverture d'enquête pour infraction qualifiée à la LStup du 6 février 2024) et de nombreuses mesures (mesures de surveillance) ont été ordonnées avant sa mise en détention. Le Ministère public a toutefois expliqué à ce sujet que le volume des données devant encore être analysées dans le cadre de l'extraction du téléphone mobile du recourant était extrêmement important, "bien plus important que ce qui est usuel de voir dans de telles affaires". Il a d'ailleurs qualifié ce travail de "titanesque nécessitant de très nombreuses heures de travail". Le Ministère public a ajouté qu'il en allait de même des données ressortant des données rétroactives et qu'il était en outre probable que d'autres actes d'enquête soient ensuite rendus nécessaires par les éventuels éléments découverts dans le cadre de cette analyse (cf. demande de prolongation de la détention déposée le 8 novembre 2024 par le Ministère public, p. 3). Dans ces conditions, il se justifie, compte tenu des actes encore à effectuer, de préserver la recherche de la vérité et d'éviter que le recourant profite de sa liberté pour tenter d'influencer ou d'accorder les déclarations des autres personnes pouvant être concernées par le trafic de drogue en cause ou pour tenter de cacher d'éventuels délits qui n'auraient pas encore été découverts. S'agissant des aveux que le recourant met en avant, ils ne suffisent pas en soi à exclure tout risque de collusion, dans la mesure où le recourant pourrait protéger d'autres personnes et/ou tenter d'éviter des actes d'instruction complémentaires pouvant révéler d'autres infractions. Il incombe d'ailleurs aux autorités de vérifier la crédibilité des aveux (cf. art. 160 CPP); elles doivent ainsi notamment continuer à interroger le prévenu et/ou administrer d'autres moyens de preuve, afin en particulier de prévenir le risque de faux aveux (arrêts 1B_578/2020 du 30 novembre 2020 consid. 3.2; 1B_488/2018 du 5 novembre 2018 consid. 2.4).