Citation: 8C_164/2009 18.03.2010 E. 5

5.1 Entendu par les premiers juges le 11 juin 2008, le docteur G.________ a exposé qu'il tenait pour certaine l'existence d'un rapport de causalité naturelle entre l'accident assuré et les symptômes dont souffrait encore l'assurée. Il a précisé qu'il considérait le traumatisme subi comme relativement important, compte tenu de la perte de connaissance et de l'état d'agitation dans lequel l'assurée s'était trouvée à son réveil (qui avait nécessité une mise sous sédation avec intubation). Un premier scanner cérébral, immédiatement après l'accident, s'était avéré normal. Un second avait été pratiqué en juillet 2005 et avait révélé une atrophie cérébrale, c'est-à-dire un élargissement des ventricules. Cette différence s'expliquait par le fait que les lésions occasionnées par un traumatisme cranio-cérébral n'étaient pas visibles immédiatement après ce dernier, mais seulement après quelques mois. L'atrophie constatée ne constituait pas une simple variation anatomique préexistant à l'accident, dès lors que le premier scanner ne l'avait pas mise en évidence. Les deux examens pratiqués permettaient de mesurer la taille des ventricules par rapport à celle du crâne et les résultats obtenus pouvaient être comparés entre eux. Enfin, en ce qui concerne les troubles psychiques de l'assurée, notamment son irritabilité et son angoisse, le docteur G.________ les a qualifiés de psycho-organiques, en ce sens qu'ils étaient induits par l'état permanent dans lequel elle se trouvait, qui conduisait à un affaiblissement général et à une diminution de sa capacité de résistance. 5.2 Entendu le même jour, le docteur A.________ a exposé que l'assurée souffrait de trois types de troubles neuropsychologiques. D'abord, des problèmes attentionnels à la fois diffus (fluctuations de la concentration) et plus spécifiques, sous forme d'hémi-extinction visuelle. Ce dernier élément constituait un indice assez fort de séquelles organiques d'un traumatisme et démontrait que le système attentionnel était touché. En second lieu, l'assurée souffrait de problèmes de type exécutif relatifs à la mémoire de travail, en soit peu spécifiques. Enfin, elle présentait une fatigabilité lorsqu'elle était confrontée à une charge de travail, qui laissait penser que les troubles du système attentionnel étaient d'origine traumatique. L'encéphalopathie, bien que légère sur le plan médical, avait un impact d'autant plus important que l'activité professionnelle de l'assurée nécessitait des ressources attentionnelles importantes. Le docteur A.________ a précisé qu'après un traumatisme cranio-cérébral, l'imagerie pouvait ne rien montrer dans un premier temps; une atrophie pouvait se développer par la suite, mais, en règle générale, pas en cas de traumatisme mineur. Il a suggéré qu'un spécialiste en imagerie médicale revoie les deux examens qui avaient été pratiqués, pour vérifier si une atrophie s'était réellement développée. Une réduction de la capacité de travail de l'assurée était dans l'ordre des choses après le traumatisme subi. Enfin, le docteur A.________ a précisé que le trouble affectif d'origine mixte qu'il avait diagnostiqué comportait une composante post-traumatique. De son point de vue, la relation de causalité naturelle entre les troubles constatés et l'accident était probable. 5.3 Ces deux avis médicaux contredisent l'expertise établie par les docteurs R.________, B.________ et U.________. Les premiers juges les ont écartés, notamment en ce qui concerne l'hypothèse d'une atteinte organique d'origine accidentelle (atrophie cérébrale) au motif, d'une part, que le docteur A.________ avait précisé qu'une telle atrophie ne survenait pas, en règle générale, en cas de traumatisme mineur, et d'autre part, que les experts R.________, B.________ et U.________ avaient exclu l'origine post-traumatique de l'atrophie cérébrale constatée en juillet 2005. Cette argumentation ne peut toutefois pas être suivie. En effet, le docteur A.________ n'a pas exclu le développement d'une atrophie cérébrale après un traumatisme cranio-cérébral mineur, mais uniquement précisé que telle n'était pas la règle, en suggérant de recueillir un nouvel avis médical pour éclaircir la question. Par ailleurs, ni les médecins du Centre Z.________, ni les docteurs H.________ et T.________ n'ont indiqué pourquoi les premiers examens cérébraux pratiqués après l'accident n'avaient pas mis en évidence une atrophie cérébrale, dans l'hypothèse où celle-ci serait d'origine congénitale, comme ils le soutiennent.