Citation: 6B_1250/2021 E. 2.6.2

2.6.2. La cour cantonale a admis qu'une expulsion mettrait le recourant dans une situation personnelle grave, eu égard à sa femme et sa fille qui vivaient en Suisse. La première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP était ainsi réalisée. En revanche, elle a écarté les allégations du recourant selon lesquelles il aurait quitté la Gambie au motif qu'il aurait été accusé d'être homosexuel. Le recourant invoque un établissement arbitraire des faits s'agissant des motifs l'ayant poussé à fuir son pays. Il reproche ainsi à l'autorité cantonale d'avoir nié toute force probante à l'avis de recherche (P 84/2) en raison du fait que le document indiquait qu'il mesurait 1 m 56, alors que la cour cantonale n'aurait jamais mesuré le recourant, ce qui rendait l'appréciation de celle-ci arbitraire. Le recourant se contente de substituer, de manière appellatoire, sa propre appréciation à celle de la cour cantonale sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Contrairement à ce qu'il prétend, la cour cantonale n'a pas nié la force probante de l'avis de recherche sur la seule base de la taille mentionnée, mais aussi en raison du lieu de naissance (V.________), lequel ne correspondait pas aux propres déclarations du recourant et aux éléments ressortant des autres documents officiels versés à la procédure qui indiquaient tous W.________. En outre, l'avis de recherche n'était qu'un des nombreux éléments que la cour cantonale a pris en compte pour apprécier les déclarations du recourant et les pièces produites à l'appui. Dès lors, le recourant ne démontre pas en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement écarté les allégations du recourant en relation avec sa prétendue homosexualité et la persécution qu'il risquerait de subir en Gambie pour ce motif. Le recourant prétend que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en lui reprochant de n'avoir allégué les éléments relatifs à son homosexualité que lors des débats de première instance. Pour autant que l'on comprenne le grief du recourant, il soutient que cela reviendrait à exiger de lui qu'il ait débarqué à Lampedusa en possession des documents idoines et qu'il les ait possédés jusqu'à son arrestation. La cour cantonale ne suppose pas cela. Elle dit seulement que, en admettant que le recourant ait bien déposé une demande d'asile après son arrivée en Italie au mois de décembre 2016 en invoquant des persécutions, alors aurait-il pu produire dans la présente procédure copie des documents attestant de cette demande d'asile, ce qu'il n'avait pas fait. Cela ne rend pas arbitraire l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle le recourant n'était pas crédible en prétendant avoir reçu les pièces attestant des risques encourus en Gambie seulement après l'audience de première instance. Se référant à un courrier du 9 février 2021 (P 51/2), le recourant indique que la cour cantonale aurait faussement retenu qu'il n'avait pas établi avoir déposé une demande d'asile en Suisse. S'agissant d'un simple courrier du conseil du recourant adressé au SEM au sujet d'une "demande de traitement d'une demande d'asile", on ne voit pas en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant que le recourant n'avait pas suffisamment établi avoir déposé une demande d'asile en Suisse en raison de son homosexualité, alors qu'il ressortait par ailleurs du jugement du 3 décembre 2020 (non définitif) qu'il avait expliqué sa présence dans ce pays uniquement par le fait qu'il avait une compagne à Genève qui était enceinte. Enfin, c'est de manière purement appellatoire et partant irrecevable que le recourant affirme que ses déclarations au sujet des motifs l'ayant amenés à fuir la Gambie seraient constantes et étayées par des pièces probantes. En définitive, les considérations du recourant ne suffisent pas à rendre arbitraire l'appréciation globale opérée par la cour cantonale, qui a déduit de l'ensemble des éléments du dossier que les pièces produites en appel par le recourant étaient des faux et que ses allégations relatives aux persécutions en Gambie en raison de sa prétendue homosexualité n'étaient pas crédibles. Les griefs du recourant sont rejetés, dans la mesure de leur recevabilité.