Citation: 1P.633/2000 29.01.2001 E. A

A.- Les art. 15A à 15G de la loi genevoise sur l'extension des voies de communication et l'aménagement des quartiers ou localités, du 9 mars 1929 (LExt.), régissent les plans d'utilisation du sol et les règlements d'application que les conseils municipaux sont compétents pour adopter selon l'art. 30 al. 1 let. p de la loi genevoise sur l'administration des communes, du 13 avril 1984 (LAC). En matière communale, le droit d'initiative peut porter notamment sur les "études d'aménagement du territoire communal", dans les limites du droit fédéral et cantonal (art. 36 al. 1 let. d LAC). En décembre 1997, un groupe de citoyens de la Ville de Genève a lancé une initiative populaire municipale, intitulée "Sauvons nos parcs". Cette initiative tendait à ce que le Conseil municipal de la Ville de Genève prenne une délibération "ayant pour objet de compléter le plan d'utilisation du sol de la Ville de Genève et son règlement d'application conformément aux art. 15A et 15C LExt. et 30 al. 1 let. p LAC, en affectant à des espaces verts inconstructibles, au sens de l'art. 15B al. 1 let. b LExt. , tous les parcs et promenades publics (y compris les quais) et espaces de verdure, privés ou propriété d'une collectivité publique, lorsqu'ils sont ouverts au public ou existent en vertu d'un plan d'affectation du sol (tel le parc des Contamines, objet de la votation de juin 1997), d'une autorisation de construire ou de tout autre acte officiel, sur le territoire de la Ville de Genève, sous réserve, en ce qui concerne la Campagne Rigot (parcelles numéros 2182, 2183 et 2184) de la reconstruction du collège Sismondi au bas du parc, en bordure du chemin Rigot. En conséquence, aucune construction nouvelle, y compris la création de voies de circulation, de parkings ou d'installations sportives, ne sera admise sur ces espaces verts, sous réserve de constructions de peu d'importance nécessaires à l'entretien de ces espaces ou d'aménagements légers, tels que des espaces de jeu pour enfants ou une buvette, toute dérogation éventuelle devant être soumise à l'approbation du Conseil municipal". Le 25 mars 1998, le Conseil d'Etat du canton de Genève a constaté que l'initiative avait abouti. Le 2 septembre 1998, le Conseil administratif de la Ville de Genève a présenté au Conseil municipal un rapport concluant à ce que l'initiative, incompatible avec le droit cantonal, soit déclarée nulle. Le 2 décembre 1998, le Conseil municipal de la Villede Genève a adopté une proposition de délibération déclarant valide l'initiative. Par arrêté du 26 juillet 2000, le Conseil d'Etat a admis, dans la mesure où il était recevable, le recours formé par Mark Muller et la Chambre genevoise immobilière contre la délibération du 2 décembre 1998. Il a déclaré nulle l'initiative, au motif que celle-ci heurterait les prescriptions du droit cantonal sur l'aménagement du territoire, tant à raison de l'objectif poursuivi que des moyens prévus pour l'atteindre.