Citation: 5A_429/2024 E. 3.4

3.4. Les considérations portant sur la responsabilité exclusive de l'épouse d'impliquer les enfants dans le conflit familial et de compromettre ainsi leur développement reposent exclusivement sur les courriers adressés par les enfants et leur psychologue à la cour cantonale. Or la lecture de ces courriers ne mène pas à un tel constat. En particulier, elle ne conduit pas à considérer qu'en informant ses filles de la décision sur leur scolarité contenue dans l'ordonnance de mesures protectrices du 24 novembre 2022 et qui devait être mise en oeuvre pour le 1er janvier 2023, l'intimée avait pour but de les amener à écrire au juge unique, respectivement poursuivait un autre but que celui de lui permettre d'apprécier l'opportunité d'un appel contre dite ordonnance comme soutenu par celle-ci en appel et admis par la cour cantonale. En tant que le recourant voit dans cette communication un acte de manipulation de l'intimée à son encontre, il se limite à exprimer sa propre compréhension des faits. Dès lors qu'il n'apporte aucun autre élément susceptible de démontrer qu'il disposerait d'une meilleure capacité à favoriser les contacts entre ses filles et son épouse, sa critique laisse intacte l'appréciation cantonale relative à l'absence de caractère déterminant en l'espèce de ce critère. Le recourant livre également sa propre compréhension des faits lorsqu'il soutient que le souhait de ses filles de maintenir le mode de garde actuel serait influencé par leur désir de ne pas changer d'école. Une telle compréhension ne résulte ni des propos qu'elles ont tenus lors de leur audition devant le juge unique ni de leurs courriers adressés à celui-ci. L'on ne perçoit du reste pas, faute pour le recourant de l'expliquer, pour quelle raison le maintien des enfants à l'école privée dépendrait objectivement du mode de garde adopté, la décision de sortir les enfants de leur école pour les mettre à l'école publique ayant été justifiée par des motifs financiers et non en raison de l'attribution de la garde. Il sera par ailleurs observé que le souhait des enfants concernant leur garde avait déjà été exprimé le 4 mai 2022 au président, de sorte que l'on ne saurait retenir que la décision de les placer à l'école publique, prise dans l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 24 novembre 2022, aurait influencé ce souhait. Le recourant échoue en outre à remettre en cause l'appréciation cantonale quant à l'importance pour la stabilité des enfants du maintien de la situation de garde antérieure, son allégation péremptoire selon laquelle il était faux et arbitraire de retenir que le système mis en place fonctionnait et convenait bien aux enfants étant à cet égard inopérante. Finalement, le recourant n'expose pas en quoi le caractère prétendument erroné de la considération du juge unique relative à l'inquiétude de la pédiatre que suscitait la présence de E.________ à son domicile serait décisive pour l'attribution de la garde des enfants, étant de surcroît observé qu'il paraît douteux que cette considération repose sur la pièce 26 comme semble le prétendre le recourant, l'intimée précisant à cet égard dans sa réponse qu'elle découlait d'un signalement de la pédiatre du 23 août 2023. Il résulte de ce qui précède que le recourant échoue à démontrer que le maintien de la garde exclusive des enfants à la mère, fondé sur le souhait exprimé par les enfants lors de leurs auditions et sur le critère de la stabilité, constituerait un abus du pouvoir d'appréciation devant être qualifié d'arbitraire.