Citation: 5A_777/2023 E. 4.2

4.2. Selon l'arrêt attaqué, l'épouse reprochait au Tribunal d'avoir retenu que le mariage était "l ebensprägend ", à raison. En effet et comme l'avait paradoxalement retenu le premier juge dans un premier temps, les époux avaient tous deux travaillé durant leur union jusqu'en 2010, année au cours de laquelle le mari avait démissionné, et il ne ressortait pas de la procédure que le couple souhaitait que le mari cesse toute activité professionnelle afin de se consacrer à la tenue du ménage et à l'éducation des enfants. Au contraire, celui-ci avait effectué une formation d'ingénieur en informatique avec l'intention de retrouver un emploi, avait effectué des remplacements ponctuels et alléguait chercher un emploi depuis de nombreuses années. Ce n'était donc pas l'union des époux qui avait eu une influence sur la situation financière du mari. Le Tribunal avait pourtant considéré qu'en dépit de ce qui précédait, l'épouse avait accepté que le mari subvienne aux besoins de la famille en nature, ce qui justifiait l'octroi d'une contribution d'entretien. Or, il ne ressortait pas de la procédure que le mari subvenait aux besoins de la famille en nature. Il n'était en particulier pas établi qu'il s'était occupé de manière prépondérante du ménage et des enfants, ni davantage que s'il avait continué à travailler. Il fallait constater en particulier que les enfants fréquentaient pleinement le parascolaire et la cantine scolaire à tout le moins dans le courant de l'année 2019, sans qu'aucun élément du dossier ne permette de retenir qu'il en était allé autrement les autres années, ce qui ne plaidait pas en faveur de la prise en charge des enfants par le mari en lieu et place d'une activité lucrative. La Cour de justice a ainsi jugé qu'il ne pouvait pas être considéré que le mari avait sacrifié sa carrière professionnelle en faveur de l'union conjugale et des enfants. Le fait que le jugement de première instance indiquait qu'il avait cessé de travailler pour s'occuper des enfants en 2010 ne permettait pas de retenir ce fait pour établi, l'épouse remettant précisément en cause et à raison la réalité de ce fait. Il s'ensuivait que le mariage n'avait pas eu d'impact décisif sur la vie du mari, ce qui permettait d'exclure tout droit au versement d'une contribution d'entretien en sa faveur.