Citation: 7B_29/2023 E. 4.3.2

4.3.2. Les documents Bericht, daté du 23 septembre 2019, et Kurzbericht, daté du 18 octobre 2019, contiennent certes une incohérence au niveau des dates. Il ressort en effet, comme on l'a vu, du second document que l'Administration des douanes a commandé à l'Institut forensique de Y.________ l'analyse de la marchandise interceptée. Or, le Bericht, qui se fonde sur le Kurzbericht, est daté antérieurement à ce dernier. S'il est vrai qu'on ne sait en réalité pas pourquoi les dates ne correspondent pas, on peut supposer que le document Bericht a commencé à être rédigé, au moyen d'un formulaire, le 23 septembre 2019, au moment de l'ouverture de la procédure douanière contre le recourant, et que ce document a ensuite été finalisé après la réception du Kurzbericht, sans que la date ait été modifiée ensuite, ce qui concorderait d'ailleurs avec le fait que la date figurant sur le numéro de référence soit la même. Cela est en outre cohérent avec le fait que l' annonce de l'Administration des douanes à la police U.________ a été faite le 16 décembre 2019, à savoir après la date figurant sur le Kurzbericht. Quoi qu'il en soit, cette simple erreur n'est pas en soi de nature à remettre en cause la validité des documents en question. Au delà de cette incohérence, on ne discerne, contrairement à ce que fait valoir le recourant, aucun autre élément critiquable, les griefs de l'intéressé à leur égard étant dénués de tout fondement. En réalité, le Kurzbericht du 18 octobre 2019 a été établi par l'Institut forensique de Y.________. Il s'agit d'une organisation de la police cantonale et communale de Y.________, dont il est notoire qu'elle procède habituellement à ce type d'analyse. Selon le rapport, l'analyse de la marchandise et le document ont été réalisés par une spécialiste de la Centrale analytique et contrôlés par un expert dans l'examen de produits stupéfiants. Il a donc été établi par des personnes expérimentées et compétentes en matière de dépistage de produits stupéfiants, de sorte que c'est en vain que le recourant tente de contester la fiabilité de la méthode ou du processus utilisés pour procéder à l'analyse de la substance saisie. Par ailleurs, s'il est certes succinct, le rapport détaille de manière claire que trois sur les cinq sachets de substance ont été analysés et que l'analyse a donné comme résultat que ces sachets contenaient du LSD, ainsi que du 1cP-LSD. De plus, il précise que le 1cP-LSD n'est pas listé dans l'ordonnance du DFI du 30 mai 2011 sur les tableaux des stupéfiants, des substances psychotropes, des précurseurs et des adjuvants chimiques (OTStup-DFI; RS 812.121.11), au contraire du LSD, qui figure quant à lui à l'annexe 5 (tableau d) de cette ordonnance. Enfin, le fait que le rapport indique qu'il ne constitue pas une expertise et que des examens plus approfondis peuvent être demandés n'est pas propre à le décrédibiliser. Cette question relève de surcroît de l'appréciation des preuves, que l'autorité de céans ne revoit que sous l'angle de l'arbitraire. On précise qu'au vu de la gravité modeste des faits et de la peine infligée au recourant - on rappelle que celui-ci a été condamné à une peine pécuniaire de cinq jours-amende avec sursis -, la mise en oeuvre d'une analyse complémentaire de la substance saisie apparaît disproportionnée et sa seule absence n'est de toute manière pas de nature à invalider ou à rendre illicite les résultats d'analyse litigieux. Il demeure loisible au recourant de relever cet éventuel manquement dans le cadre de son grief visant à remettre en cause l'appréciation des preuves de la part de l'autorité de jugement (cf. consid. 4.2.2 supra), qui sera examiné ci-dessous (cf. consid. 5.3 infra).