Citation: 5A_51/2025 E. 3.2.2

3.2.2. En l'occurrence, la recourante expose que les professionnels de la DGEJ, respectivement de la protection de l'enfance, ont clairement et expressément indiqué qu'un droit de visite surveillé par le Point Rencontre n'était pas un droit de visite médiatisé et que, dans un contexte d'abus, ce n'était pas indiqué. En présence d'un avis aussi limpide, toute personne raisonnable aurait par conséquent recouru, si elle en avait eu les moyens, afin d'éviter la mise en oeuvre d'un droit de visite surveillé. Lui refuser l'assistance judiciaire dans de telles circonstances serait choquant et irait à l'encontre de tout sentiment de justice. Il serait en effet difficile de concevoir qu'une mère, totalement convaincue que sa fille a été abusée sexuellement par son père, puisse s'accommoder de ce que les recommandations de la DGEJ soient écartées au profit d'une solution désignée spécifiquement comme contre-indiquée. Cette argumentation est toutefois impropre à démontrer que l'autorité précédente aurait arbitrairement abusé du large pouvoir d'appréciation qui est le sien en retenant, au terme d'un examen sommaire rétrospectif, que les perspectives de succès du recours cantonal lui paraissaient faibles, étant rappelé que, même en présence de soupçons d'abus sexuels, la suspension du droit aux relations personnelles constitue l'ultima ratio et ne peut être ordonnée, dans l'intérêt de l'enfant, que si d'autres mesures moins incisives, telles que la mise en oeuvre d'un droit de visite surveillé ou accompagné, ne sont pas possibles (ATF 122 III 404 consid. 3b et c; 120 II 229 consid. 3b/aa et cc; arrêts 5A_489-504/2019 du 24 août 2020 consid. 5.1; 5P.33/2001 du 5 juillet 2001 consid. 3a; 5P.226/1999 du 19 juillet 1999 consid. 5b; 5P.413/1998 du 4 décembre 1998 consid. 2b). Sur le vu des recommandations de la DGEJ, qui préconisait la mise en place de visites médiatisées tout en rappelant que le délai d'attente était long avant que celles-ci puissent débuter, le premier juge a ordonné une telle mesure et, dans l'intervalle, l'exercice d'un droit de visite - restreint - par l'intermédiaire du Point Rencontre, pour éviter la rupture des liens entre le père et la fille. L'autorité cantonale a certes expressément relevé que les visites "surveillées" au Point Rencontre n'offraient pas les mêmes garanties que les visites "médiatisées" auprès d'Espace Contact. Compte tenu des principes jurisprudentiels susmentionnés, c'est cependant sans arbitraire qu'elle a estimé qu'au regard du principe de la proportionnalité, les chances de succès du recours, qui visait à supprimer tout droit aux relations personnelles jusqu'à ce qu'un droit de visite médiatisé puisse être mis en place, soit pendant environ une année, étaient faibles, les rencontres temporaires par l'intermédiaire de Point Rencontre n'apparaissant en l'occurrence pas susceptibles de compromettre le développement de l'enfant. La recourante ne cherche au demeurant pas à démontrer que l'autorité cantonale se serait écartée des principes juridiques reconnus en la matière ou aurait tenu compte de circonstances qui ne jouaient pas de rôle dans le cas particulier. Le grief de violation arbitraire de l'art. 117 let. b CPC apparaît par conséquent infondé, autant qu'il est suffisamment motivé.