Citation: 6B_910/2023 E. 3.4

3.4. Dans son raisonnement, la cour cantonale a considéré que les deux éducatrices partageaient la même responsabilité vis-à-vis des très jeunes enfants dont elles assuraient la garde. Dans chacun des cas reprochés, les victimes s'étaient retrouvées pieds et poings liés devant les autres enfants dont une, pour le moins, avait été clairement marquée par la situation comme le montrait l'enregistrement audio. Les déclarations de G.________ établissaient que les enfants avaient été maintenus ligotés sur une durée de plusieurs minutes. Comme le montraient les images, les liens étaient suffisamment serrés pour annihiler tout déplacement des enfants. Ils avaient manifestement été noués dans ce but précis, ce que confirmaient les explications de G.________ à ce sujet. S'agissant de très jeunes enfants, la situation présentait une intensité certaine, ce d'autant qu'elle s'était déroulée devant d'autres camarades qui conservaient leur liberté de mouvement. L'effet de la stigmatisation était important et caractérisait l'intensité élevée de l'atteinte à la liberté de mouvement des enfants concernés. Il fallait par ailleurs observer que les déclarations de G.________ et les images permettaient d'exclure qu'il s'agissait d'un jeu. Au contraire, les liens avaient été noués à titre de punition, pour réprimer l'envie de courir des enfants concernés. Du reste, la recourante ne le prétendait pas, ni sa coprévenue. La cour cantonale a constaté que le caractère illicite du comportement dénoncé était établi. Les éléments constitutifs objectifs de l'infraction de séquestration étaient réunis. La cour cantonale s'est ensuite penchée sur l'examen des conditions subjectives. En ce qui concernait la première situation, force était de constater, sur la base des faits retenus, que la recourante, présente aux côtés de sa collègue, n'était pas intervenue. Elle n'avait manifesté aucun signe de désapprobation. Au contraire, elle avait interagi avec B.________ en rigolant, lui signifiant ainsi son approbation. Compte tenu de la position de garante qui était indiscutablement la sienne vis-à-vis des enfants, la recourante se devait d'intervenir et de mettre fin aux agissements de sa collègue. En ne le faisant pas, alors qu'elle avait toute latitude pour le faire, elle ne s'était donc pas simplement montrée complice des agissements en cause. Elle y avait pleinement adhéré. La cour cantonale a considéré que la forme atténuée de participation relative à la complicité était indéniablement réalisée.