Citation: 1C_521/2022 E. 4.4

4.4. Sous l'angle constructif et fonctionnel, la cour cantonale a également estimé que la configuration du projet conduisait à reconnaître l'existence de deux bâtiments distincts. L'arrêt cantonal retient que les deux corps sont d'un volume identique, pouvant être celui d'un bâtiment individuel (21x12 m pour une hauteur d'environ 17 m), ce qui plaide également en faveur de l'existence de deux bâtiments distincts. A cela s'ajoute qu'à l'intérieur, la conception architecturale peut être assimilée à celle de deux immeubles distincts et séparés: chaque corps de bâtiment dispose de sa propre entrée et de son propre ascenseur; il n'y a pas non plus de liaisons internes dans les étages et au niveau des attiques. Que cette séparation stricte découlerait, comme l'affirme la recourante, de la "volonté de permettre une exposition au soleil Sud-Est à Sud-Ouest pour tous les appartements" ou encore que la conception choisie permettrait de faciliter l'aménagement intérieur des bâtiments, dès lors qu'il conviendrait de "réfléchir en termes géométriques simples, en l'occurrence en plusieurs rectangles se trouvant dans deux plus grands rectangles" n'enlève rien à la stricte séparation intérieure objectivement constatée par l'instance précédente. Or le seul confort des futurs résidents ou encore des motifs liés à des facilités de construction n'apparaissent pas comme étant des critères pertinents pour déterminer la présence d'un ou de deux bâtiments en lien avec la question de l'ordre des constructions. Toujours en lien avec l'aspect fonctionnel, la recourante soutient encore qu'il conviendrait de donner une portée prépondérante au critère des locaux en commun et de l'aspect technique de ceux-ci; et de souligner dans ce cadre la présence d'un unique local technique, d'une seule conciergerie et d'un local à vélos et poussette au rez-de-chaussée, autant d'éléments qui démontreraient l'interdépendance des deux parties du bâtiment. Ces explications ne mettent cependant pas en échec l'appréciation de l'instance précédente. Ces différents locaux communs au rez-de-chaussée sont en effet distribués dans l'un ou l'autre des corps de bâtiment: le local à vélo se situe intégralement dans la partie sud, qui n'est reliée à l'autre partie, où se trouve le local technique, que par une porte coupe-feu; la conciergerie est située dans la partie nord, son accès est très éloigné de la partie sud et ses dimensions modestes (8,5 m²). On peut avec le Tribunal cantonal déduire sans arbitraire de cette situation que ces différents locaux n'apparaissent pas comme des éléments de liaison entre les deux parties du projet, lesquelles ne se trouvent ainsi que dans un rapport fonctionnel tenu et artificiel.