Citation: I 271/06 27.04.2007 E. 3

3.1 Pour mettre fin au versement de la rente, l'intimé s'est fondé sur l'art. 53 al. 2 LPGA, à teneur duquel l'assureur peut revenir sur les décisions ou les décisions sur opposition formellement passées en force lorsqu'elles sont manifestement erronées et que leur rectification revêt une importance notable. 3.2 La recourante conteste que les conditions présidant à la reconsidération d'une décision passée en force soit remplies en l'espèce. Elle souligne tout particulièrement le fait que la décision initiale n'était pas sans nul doute erronée, d'autant qu'il n'est pas établi que l'administration aurait pris en compte, en 1996, d'éléments étrangers à l'invalidité (à l'instar de facteurs psychosociaux ou socioculturels) pour allouer la rente. A la lumière des conclusions des médecins du Centre d'accueil et de traitement psychiatrique Y.________ (cf. rapport du 11 octobre 1995), elle fait remarquer que les interruptions de travail étaient exclusivement dues à son état de santé. En effet, le tableau clinique correspondait à un syndrome de stress post-traumatique consécutif à l'accident professionnel qui s'est manifesté par une symptomatologie dépressive, accompagnée de somatisations multiples. Elle ajoute que les doctoresses C.________ et P.________ n'ont jamais attribué la symptomatologie exclusivement ou de façon prépondérante à ses origines sociales ou culturelles. 3.3 Bien que les doctoresses C.________ et P.________ eussent fait état de difficultés liées à l'acculturation dans leur rapport du 11 octobre 1995, on ne saurait en déduire pour autant que la décision initiale d'octroi de rente était manifestement erronée pour ce seul motif. En effet, au regard des autres avis médicaux rédigés à l'époque (rapports des docteurs B.________ et S.________ du 24 juin 1994, et M.________ du 18 décembre 1996), on doit admettre que l'incapacité de travail découlait principalement d'un état de stress post-traumatique intense ainsi que d'un syndrome douloureux somatoforme persistant, le facteur socioculturel n'ayant pas eu l'importance que l'administration semble lui attacher. Par ailleurs, il n'y a pas matière à dire aujourd'hui, à la lecture du dossier de l'intimé, que l'incidence des problèmes de santé de la recourante sur sa capacité de travail n'aurait pas été élucidée à satisfaction à l'époque où la rente avait été allouée. Au demeurant, tous les médecins consultés à l'époque avaient attesté une incapacité totale de travailler. Dans ces conditions, la reconnaissance d'une invalidité ne procédait pas d'une erreur manifeste, si bien que la rente ne pouvait pas être supprimée en application de l'art. 53 al. 2 LPGA.