Citation: 6B_236/2013 E. A

X.________, dont le siège est à Londres, est spécialisée dans le négoce des biocarburants (biodiesel et bioéthanol). Sa succursale sise à Genève est chargée du marketing, du développement et des relations commerciales avec les banques, la clientèle internationale et les fournisseurs. X.________ a connu une croissance rapide jusqu'en 2006, mais elle a enregistré une lourde perte en 2007. A.________ a été le directeur financier de la succursale genevoise de X.________ du 2 mai 2005 au 31 décembre 2007. Il a été libéré de son obligation de travailler dès le 9 octobre 2007, mais il lui a été rappelé qu'il ne pourrait rejoindre une autre société de trading qu'à l'issue de son contrat de travail. A.a. X.________ a déposé plainte pénale contre A.________ le 17 janvier 2008 et s'est constituée partie civile, ainsi que sa succursale de Genève. A.a.a. Elle lui a reproché d'avoir envoyé, le 4 octobre 2007, à un employé de la société B.________ - compagnie utilisatrice de biocarburant, à la fois concurrente, fournisseur et cliente de X.________ - quatre courriels auxquels étaient joints des tableaux des transactions effectuées en 2007, contenant en particulier la liste des acheteurs et fournisseurs de X.________ en éthanol et biodiesel, les quantités vendues et les "stock positions". A.________ avait encore envoyé à B.________, le 9 octobre 2007, la liste de tous les clients de X.________. La découverte de ces envois avait été difficile car A.________ avait effacé ses courriers électroniques ainsi que les fichiers de démarrage de son ordinateur. X.________ avait en outre appris que, le 6 novembre 2007, durant son délai de congé, A.________ avait envoyé à divers contacts non identifiés un courriel comportant une photo de lui dans son jet privé, portant l'adresse "A.________@B.________.com". A.a.b. Le 29 janvier 2008, X.________ a produit deux nouveaux courriers électroniques envoyés les 14 mai et 29 juin 2007 à B.________, ayant pour objet son éventuelle arrivée dans la société. Les marges effectuées par X.________ sur le marché du biodiesel et les stocks de la compagnie étaient indiqués. La vente de la société était également mentionnée et ses modalités, de même que ses actifs et sa valeur - données destinées à calculer ce que A.________ percevrait en tant qu'actionnaire de X.________, respectivement, perdrait en cas de départ, et souhaiterait le cas échéant récupérer. A.a.c. Le 26 février 2008, A.________ a été inculpé d'infraction aux art. 158, 162 et 144 bis CP en raison des faits précités. A.b. Le 12 décembre 2008, X.________ a déposé une seconde plainte à l'encontre de A.________. Elle lui a reproché d'avoir spéculé sur le marché des devises Forex, entre mai et août 2007, à l'insu de ses dirigeants et en dépit de la politique conservatrice ayant cours au sein de l'entreprise. Il avait pris des positions pour 135'200'000 euros alors que le risque de change se montait uniquement à 51 millions d'euros. Les positions additionnelles de 84'200'000 euros étaient donc spéculatives. Il avait en outre dissimulé ces positions en détruisant des fichiers tant matériels qu'informatiques. Il avait mis en danger la santé de la société, qui connaissait des problèmes de liquidités, les taux de change étant, de surcroît, à la baisse. A.c. Le 27 février 2012, le Ministère public a informé les parties qu'il entendait classer la procédure et les a invitées à présenter leurs éventuelles réquisitions de preuve. X.________ a sollicité l'audition de deux employés de la société C.________ SA qui était intervenue à la suite de la destruction des données effectuées par A.________ ainsi que l'audition de D.________, directeur de la succursale genevoise de X.________ jusqu'en novembre 2011. Elle a également demandé des audiences complémentaires portant sur le résultat d'une commission rogatoire effectuée à Paris, relative à la saisie de documents auprès de la banque E.________.