Citation: 5A_795/2013 E. 8.2

8.2. En l'espèce, les recourants omettent de retenir que la procédure pénale - ouverte pour séquestration et enlèvement, à savoir des infractions contre la liberté et non contre la vie - n'a certes abouti ni à un acquittement, ni à un non-lieu, mais qu'elle a d'emblée été classée en raison du contexte familial houleux consécutif aux divergences relatives aux soins dont le disposant avait besoin et aux médecins à consulter. Au demeurant, l'issue de la procédure pénale n'est pas pertinente à elle seule pour déterminer si l'épouse a effectivement tenté de donner la mort au testateur ( cf. supra consid. 8.1). Il ressort de l'arrêt attaqué que, au contraire, l'intention de nuire de l'épouse n'a pas pu être établie ( cf. supra consid. 4.4). Que les agissements de l'épouse aient ou non été adéquats d'un point de vue médical, le fait que l'épouse ait été soucieuse d'apporter les bons soins à son mari et qu'elle ait été attentive à son état a été confirmé par les différents témoignages, notamment celui de l'ami K.________. Il ne ressort donc nullement des faits de l'arrêt entrepris que l'épouse a tenté de mettre la vie de son époux en danger, ni a fortiori qu'elle a tenté de lui donner la mort, de surcroît de manière intentionnelle. Le grief tiré de l'art. 540 al. 1 ch. 1 CC au motif que l'épouse aurait attenté à la vie du disposant est par conséquent mal fondé. S'agissant du motif tiré du ch. 3, dès lors que les recourants ont plaidé l'annulation du testament public tiré du vice de la volonté au sens de l'art. 519 al. 1 ch. 2 CC et qu'ils n'invoquent pas d'autres circonstances ayant mené à la prétendue erreur du disposant, singulièrement postérieures à la rédaction du testament - telle que la plainte pénale pour abus de confiance consécutive au transfert de la somme de 20 millions de francs sur un compte individuel de l'épouse, qui s'est soldée sans inculpation de celle-ci -, le motif d'indignité de l'art. 540 al. 1 ch. 3 CC se confond en tous points avec celui de nullité (art. 519 al. 1 ch. 2 CC; cf. supra consid. 8.1). Il s'ensuit que leur grief doit aussi être rejeté, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés ci-dessus (consid. 7.3) qui ont conduit au rejet de l'action en annulation du testament.