Citation: 4A_184/2018 E. B

Par requête de conciliation du 19 juin 2013, X.________ a ouvert action contre U.________ SA. Faute de conciliation, l'employée a porté sa demande devant la Chambre patrimoniale cantonale du canton de Vaud le 15 novembre 2013. Elle concluait au paiement en sa faveur de 25'000 fr. à titre d'indemnité pour licenciement abusif, 385'645 fr.60 à titre d'heures supplémentaires, 6'077 fr.75 à titre de complément de salaire pour décembre 2012 et 1'430 fr. à titre de vacances non prises, avec les intérêts moratoires correspondants; s'y ajoutaient des conclusions en remise d'un certificat de travail conforme aux exigences du CO ainsi que d'une attestation LACI conforme à ses revenus. Par jugement du 8 mai 2017, la Chambre patrimoniale cantonale a dit que la défenderesse devait fournir à la demanderesse un certificat de travail conforme aux exigences du CO et rejeté les autres et plus amples prétentions de l'employée. Les premiers juges ont considéré que X.________ n'avait pas réussi à présenter des indices suffisants pour faire apparaître comme non réel le motif avancé par l'employeuse pour la licencier, qu'elle n'avait pas établi le lien entre le congé et des prétentions en protection de la personnalité qu'elle aurait formulées, ni prouvé que sa vie, sa santé ou son intégrité personnelle auraient été atteintes par l'attitude de sa supérieure hiérarchique. L'employée n'avait pas non plus droit au salaire auquel elle prétendait pour décembre 2012, car, tout en concédant que son incapacité de travail n'avait pas perduré au-delà du 31 octobre 2012, elle n'avait alors pas offert ses services à l'employeuse. S'agissant des heures supplémentaires qu'elle soutenait avoir exécutées, leur quotité (7'980,25 d'après ses allégations) ne pouvait être déterminée et l'employée ne les avait jamais annoncées auparavant. Par ailleurs, la demanderesse ne disposait pas d'un droit aux vacances au-delà du 31 octobre 2012. Enfin, une attestation LACI n'avait pas à être établie, dès lors qu'aucune des prétentions salariales de l'employée n'avait été admise. X.________ a interjeté appel, en reprenant pour l'essentiel les conclusions de sa demande, tout en ramenant la somme réclamée au titre des heures supplémentaires à 340'418 fr.40 et en renonçant à sa conclusion en paiement des vacances non prises. Statuant le 14 février 2018, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté l'appel. Les motifs de cet arrêt seront évoqués ci-après dans la mesure utile.