Citation: 6B_177/2021 E. 3.3.2

3.3.2. L'appréciation de la cour cantonale doit être suivie. En l'espèce, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, compte tenu de la nature et de la gravité des infractions commises, notamment le viol ayant porté atteinte à un bien juridique essentiel, à savoir l'intégrité sexuelle. Sa culpabilité a été qualifiée de très lourde. En outre, un pronostic défavorable a été posé à son égard, découlant de son défaut de prise de conscience, de son absence totale de scrupules et de son mépris à l'égard de la victime. La peine privative de liberté de 3 ans et 6 mois à laquelle le recourant a été condamné dépasse largement une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation d'établissement sur la base de l'art. 63 al. 1 let. a cum art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147, selon lequel constitue une " peine privative de liberté de longue durée " au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019 : LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement). A cela s'ajoute que le recourant a déjà été condamné à cinq reprises. Les infractions figurant dans son casier judiciaire ont porté atteinte à plusieurs biens juridiquement protégés et révèlent un mépris persistant du recourant pour les lois et l'ordre juridique suisse. Dans la discussion de son intérêt à demeurer en Suisse, le recourant oppose son appréciation des critères déterminants à celle de la cour cantonale, de sorte que ses développements apparaissent appellatoires dans une large mesure, partant irrecevables. On se limitera dès lors à constater que l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse est certes également important, puisque ce dernier a essentiellement grandi dans ce pays et que les membres de sa famille y vivent. Cependant, comme l'a retenu l'instance cantonale, le recourant ne voit pas beaucoup ses filles et échange avec elles par SMS et messagerie. Ainsi, la cour cantonale pouvait conclure qu'il pourra conserver ce genre de relation avec elles en cas d'expulsion, surtout que sa fille cadette ne veut plus le voir comme il l'a déclaré aux débats de première instance et d'appel. En outre, il ressort du jugement attaqué que le recourant n'a pas de formation professionnelle achevée, qu'il travaille dans le domaine des plafonds acoustiques et que, malgré cela, il a accumulé des dettes à hauteur de 75'000 fr. d'arriérés de pensions alimentaires dus au BRAPA et 25'000 fr. d'arriérés d'impôts, ainsi que d'autres dettes pour des frais judiciaires, si bien que sa situation financière en Suisse n'apparaît pas favorable. Au surplus, il convient de relever que le recourant exerce son activité professionnelle en qualité d'indépendant ce qui lui permettra de travailler dans son pays d'origine également, de sorte que, comme cela ressort du jugement entrepris, ses possibilités de réintégration en Italie n'apparaissent pas mauvaises. Par ailleurs, contrairement à ce qu'il soutient, la présence d'oncles et des tantes en Italie et surtout, le fait qu'il parle l'italien pouvaient être retenus par la cour cantonale comme des éléments susceptibles de favoriser son installation et sa réintégration en Italie. Enfin, en tant qu'il soutient que l'instance cantonale aurait voulu exclure " la réalité du réseau social et amical du recourant en Suisse ", il ne motive nullement l'établissement arbitraire des faits sous cet angle, de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'écarter des faits constatés dans le jugement entrepris. En définitive, au regard de la persistance du recourant à violer l'ordre juridique suisse, de la gravité des faits pour lesquels il a été condamné et du danger qu'il représente pour l'ordre juridique suisse - la cour cantonale ayant constaté qu'il ne montrait aucun remord par rapport à ses actes - mais également de ses possibilités de réinsertion dans son pays d'origine, l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emporte sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. La cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en ordonnant l'expulsion du recourant, l'une des conditions pour une application de l'art. 66a al. 2 CP faisant ainsi défaut. Pour le surplus, le recourant ne discute pas la durée de la mesure prononcée à son encontre. Enfin, il n'invoque pas d'atteinte à sa vie privée et familiale (art. 8 CEDH et 13 Cst.).