Citation: 8C_454/2023 E. A

A.a. A.________, né en 1971, originaire du Portugal, a travaillé comme manoeuvre à plein temps pour B.________ depuis le 1 er mars 2004. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 12 juin 2009, il est tombé d'un échafaudage d'une hauteur d'environ 1,60 mètres, ce qui a entraîné une fracture malléolaire externe droite de type Weber B, traitée par ostéosynthèse et suivie en août 2010 d'une algodystrophie de stade 1 de la cheville droite, ainsi qu'une fracture du processus latéral du talus gauche, traitée conservativement puis, suite à l'apparition d'une arthrose de la sous-talienne gauche, par arthrodèse. Par décision du 20 janvier 2020 entrée en force, la CNA a nié le droit de l'assuré à une rente d'invalidité, en retenant que celui-ci disposait d'une pleine capacité de travail dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles (pas de port de charges de plus de 10 kg, de station debout prolongée et de longs trajets, surtout en terrain accidenté), et lui a alloué une indemnité pour atteinte à l'intégrité (IPAI) de 25 %. A.b. Le 30 janvier 2020, l'assuré a subi une entorse en inversion de la cheville gauche et une fracture de la malléole postérieure gauche ensuite d'une glissade. Entre le 16 et le 30 septembre 2020, il a séjourné à la Clinique romande de réadaptation (CRR). Dans leur rapport de sortie du 1 er octobre 2020, les médecins de ce centre ont posé, en sus des affections traumatiques, des diagnostics secondaires, parmi lesquels une gonarthrose prédominant au compartiment médial du genou droit. Ils ont estimé que l'état de santé était stabilisé et ont retenu les limitations fonctionnelles suivantes: pas de port de charges de plus de 5-10 kg, ni de positions statiques debout prolongées et contraignantes pour les chevilles (escaliers, échelles, accroupissement, marche prolongée, terrain irrégulier). Le pronostic de réinsertion dans une activité respectant ces restrictions fonctionnelles était théoriquement favorable, même si "le poids et la durée des facteurs non-médicaux [étaient tels] qu'une reprise d'une quelconque activité sembl[ait] actuellement peu probable". Dans un rapport du 15 février 2021, le docteur C.________, spécialiste en chirurgie et médecin d'arrondissement de la CNA, a retenu que l'assuré bénéficiait d'une entière capacité de travail dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles retenues au terme du séjour à la CRR, et qu'une indemnisation plus ample de l'atteinte à l'intégrité ne se justifiait pas. Le 11 mai 2022, le docteur D.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur et médecin d'arrondissement de la CNA, a confirmé l'existence d'une pleine capacité de travail dans une activité adaptée aux restrictions fonctionnelles décrites par les médecins de la CRR. Par décision du 13 juin 2022, confirmée sur opposition le 17 octobre 2022, la CNA a une nouvelle fois nié le droit de l'assuré à une rente d'invalidité et a refusé de lui octroyer une IPAI supplémentaire.