Citation: 4A_256/2018 E. A

A.a. En été 2004, l'entreprise générale de construction X.________ SA (ci-après: l'entreprise générale) a élaboré un projet immobilier portant sur la construction de cinq villas contiguës (A-B-C-D-E) dans la commune de... (GE). Le 4 août 2004, elle a conclu un contrat d'entreprise générale avec les époux C.________, par lequel elle s'engageait à construire une villa «C» au prix forfaitaire de 602'540 fr. (TVA incluse). Le contrat renvoyait au Code des obligations et à la Norme SIA 118. Deux contrats similaires ont été conclus respectivement le 19 août 2004 avec les époux D.________ pour la construction d'une villa « D» au prix forfaitaire de 609'320 fr. et le 6 septembre 2004 avec les époux E.________ pour la construction d'une villa «E» au prix forfaitaire de 608'580 fr. La villa C des époux C.________ a été réceptionnée le 20 décembre 2005, la villa D des époux D.________ le 19 janvier 2006 et la villa E des époux E.________ le 1er mars 2006. A.b. Le 22 juin 2008, une importante inondation s'est produite dans le sous-sol de la villa des époux E.________, impliquant l'intervention en urgence d'une société de dépannage sanitaire qui a pompé les eaux pendant cinq heures. Par courrier électronique du 24 août 2008, les époux D.________ ont signalé à l'entreprise générale l'existence de plusieurs défauts affectant leur villa, notamment des traces d'humidité au sous-sol. Dans sa réponse du 25 août 2008, l'entreprise générale a proposé d'effectuer un constat sur place, après avoir précisé que la villa avait été livrée depuis plus de deux ans. Le 28 novembre 2008, les époux E.________ ont adressé à l'entreprise générale un courrier électronique dans lequel ils se plaignaient notamment de l'évacuation difficile des eaux de leur villa depuis plusieurs mois, ce qui avait provoqué des dégâts d'eau et l'émanation d'odeurs nauséabondes. Ils requéraient la résolution du problème dans les plus brefs délais et le remboursement des frais d'entretien engendrés par ce problème. Le 8 avril 2009, les propriétaires des cinq villas ont conclu des contrats d'entretien annuel des canalisations. A.c. Par courrier du 12 juillet 2009, les propriétaires des villas B, C, D et E ont adressé à l'entreprise générale un avis commun et général de tous les défauts présents dans leurs villas respectives. Concernant les canalisations, ils ont notamment indiqué avoir subi deux inondations, la dernière [recte: première] fois en juin 2008. Depuis lors, deux nouvelles inondations moins importantes s'étaient produites au niveau de la buanderie; les éviers étaient bouchés ou émettaient des bruits de refoulement imminent. Une infiltration d'eau dans la cave de la villa des époux E.________ était à déplorer depuis janvier 2009. Dans sa réponse du 16 juillet 2009, l'entreprise générale a rappelé aux propriétaires concernés qu'il était nécessaire de mettre en place un contrat d'entretien annuel ou bisannuel des canalisations afin de réduire le risque d'encombrement. Elle a en outre indiqué avoir constaté l'existence d'une contrepente entre la cuisine et la canalisation principale de la villa E des époux E.________; ce problème avait été signalé à l'entreprise concernée « qui fer[ait] le nécessaire pour y remédier». Elle a également précisé qu'elle relançait les entreprises concernées pour s'occuper des travaux liés aux infiltrations d'eau dans la cave des époux E.________. Concernant les légères traces de moisissures dans les angles des murs des villas des époux D.________ et E.________, il s'agissait d'un probable manque d'aération. A.d. Par courrier du 1er juillet 2011, les époux E.________ ont mis l'entreprise générale en demeure d'entreprendre les travaux nécessaires de réfection des canalisations dans un délai de 20 jours, faute de quoi ils feraient appel à un avocat. Dans sa réponse du 2 septembre 2011, l'entreprise générale a indiqué qu'elle effectuerait les travaux de réfection de la canalisation située dans le radier du sous-sol, affirmant avoir tenté toutes les alternatives possibles (passage d'une caméra dans la canalisation, curage, pose d'une ventilation supplémentaire, remplacement de la descente des eaux usées depuis la dalle du rez jusqu'au radier) avant d'entamer de tels travaux de réfection. Elle a encore précisé qu'elle reprendrait contact avec les propriétaires dès le retour de vacances du responsable de l'entreprise de maçonnerie afin d'élaborer un « planning réaliste» des travaux à effectuer. Une nouvelle inondation est survenue le 10 mars 2012 dans la villa des époux E.________. A.e. Le 25 mai 2012, les propriétaires des villas C, D et E ont imparti à l'entreprise générale un ultime délai au 5 juin 2012 pour effectuer les travaux de réfection nécessaires qui n'avaient toujours pas été accomplis, nonobstant l'engagement pris en ce sens. L'entreprise générale a indiqué le 5 juillet 2012 qu'elle ferait passer une caméra dans les canalisations le 10 juillet 2012. Cet examen a révélé la défectuosité d'un joint entraînant des bouchons et limitant l'évacuation des eaux usées. L'entreprise générale a communiqué ce résultat aux propriétaires le 17 août 2012, en précisant qu'un rendez-vous serait fixé en septembre avec les entreprises concernées pour rechercher une solution adéquate et pallier les problèmes d'évacuation. Elle ajoutait que « le défaut constaté ayant été annoncé dans les délais de garantie, [elle prendrait] les mesures nécessaires pour une remise en état de fonctionnement selon la Norme SIA 118». Elle relevait toutefois que les problèmes d'écoulement depuis la cuisine de la villa des époux E.________ provenaient de la présence de boules de graisse alimentaire dans les canalisations et que toute nouvelle intervention sur lesdites canalisations pour les mêmes causes serait directement facturée aux précités. A.f. Le 19 décembre 2012, les propriétaires ont mis l'entreprise générale en demeure de transmettre pour le 10 janvier 2013 un planning précis des interventions prévues pour remédier au problème d'évacuation des eaux, à défaut de quoi ils agiraient par toutes voies de droit utiles. L'entreprise générale a indiqué le 4 février 2013 qu'elle refusait d'intervenir sur les canalisations et de prendre en charge les frais y relatifs, au motif que la prescription quinquennale prévue par la Norme SIA 118 en matière de défauts était acquise depuis décembre 2010, respectivement janvier 2011, soit cinq ans après la réception des villas concernées. A une date indéterminée, l'entreprise générale a signé une déclaration de renonciation à se prévaloir de l'exception de prescription à l'égard des propriétaires jusqu'au 31 décembre 2014, pour autant qu'elle ne soit pas acquise au 15 mars 2013. A.g. Par acte du 24 avril 2013, les propriétaires des cinq villas ont saisi le Tribunal de première instance du canton de Genève d'une requête de preuve à futur visant à mettre en oeuvre une expertise judiciaire. Le Tribunal a fait droit à cette requête. Dans son rapport du 28 février 2014, l'expert a constaté que le plan du sous-sol et des canalisations dressé pour l'exécution des travaux des villas C, D et E n'était pas conforme aux règles de l'art: il prévoyait en effet une pente insuffisante de 1,5% pour l'écoulement des eaux usées, alors que les normes en la matière imposaient une pente minimale de 2%, idéale de 3% et maximale de 5%. Le réseau de canalisations n'était pas non plus conforme aux règles de l'art, la pente moyenne de 1,13% mesurée étant insuffisante pour un écoulement d'eaux usées. Il existait en outre une contrepente, ce qui n'était pas admissible au vu des normes en la matière; il en résultait des stagnations d'eaux usées en quatre endroits, sans que celles-ci s'expliquent par un dépôt de matière; une pente minimale de 2% aurait été nécessaire. L'expert a proposé trois variantes pour remédier aux défauts. La variante B consistait dans la création d'une cheminée de visite pour les eaux usées et le pompage de celles-ci depuis le sous-sol de chaque villa vers une nouvelle canalisation à enterrer devant les villas. Cette solution, dont l'expert estimait le coût à 200'000 fr., présentait l'avantage de limiter l'étendue de la réfection des lieux, sans présenter un risque d'affaiblissement de l'étanchéité du dallage comme la variante A et sans entraîner une dévaluation de la valeur des villas comme la variante C. Les frais d'expertise se sont élevés à 10'800 fr. A.h. Le 4 juillet 2014, l'entreprise générale a indiqué aux propriétaires qu'elle ne partageait pas entièrement les conclusions de l'expert, de sorte qu'elle n'entrerait pas en matière sur leurs prétentions, qui étaient selon elle périmées, voire prescrites.