Citation: I 440/05 30.10.2006 E. 6

En l'espèce, il n'est pas contesté que l'assurée a besoin, pour des raisons relevant de l'atteinte à la santé, d'une prothèse oculaire en résine de synthèse plutôt que d'une prothèse en verre (cf. consid. 5.1). Sur le vu des pièces versées au dossier, un seul fournisseur proposant des prothèses en matière synthétique a adhéré à la convention concernant la remise de prothèses oculaires. Il s'agit de l'Institut X.________. De son côté, l'oculariste D.________, qui a fourni la prothèse, n'a pas adhéré à ladite convention. L'oculariste D.________ fournit des prothèses en résine de synthèse avec empreinte tridimensionnelle du globe oculaire et forme anatomique. En l'occurrence, c'est justement ce type de prothèse oculaire que le docteur I.________ , spécialiste en ophtalmologie et médecin traitant, a prescrit à l'assurée le 26 janvier 2004. Dans un certificat du 31 mai 2005, produit par l'assurée à l'appui de son recours de droit administratif, ce spécialiste a attesté qu'une prothèse synthétique réalisée sur mesure - en lieu et place d'une prothèse confectionnée de manière semi-industrielle - était nécessaire pour éviter des ulcérations et une possible infection de la cornée, en raison de la surface oculaire fragile et irrégulière. Sur le vu de cet avis médical - sur lequel l'office AI a eu l'occasion de se déterminer dans le cadre de l'échange d'écritures mis en oeuvre par le Tribunal fédéral des assurances -, il apparaît que l'assurée présente un état de santé particulier qui nécessite un besoin accru de réadaptation. Par ailleurs, le fait que l'AI ait payé antérieurement, sans réserve, les prothèses fabriquée par l'oculariste D.________ sur ordonnance du Dr I.________ revêt une signification particulière. Manifestement l'AI n'a alors pas rendu attentif la recourante au fait que cette prestation ne pourrait éventuellement plus être prise en charge dans cette mesure. En outre, elle ne fournit aucune indication permettant de considérer que d'autres fabricants seraient en mesure de livrer ces prothèses de type particulier, médicalement indiquées partant appropriées et nécessaires, au prix du tarif conventionnel. Aussi ne saurait-on présumer, en l'espèce, qu'une prothèse synthétique remise sur la base des montants tarifaires maximums - à savoir une prothèse oculaire de confection semi-industrielle - permet, dans le cas particulier, d'atteindre le but de la réadaptation d'une manière adéquate. Cela étant, l'office AI et la juridiction cantonale n'étaient pas fondés à nier le droit de l'assurée à la prise en charge par l'assurance-invalidité de l'intégralité des frais de remise d'une prothèse oculaire en résine de synthèse avec empreinte tridimensionnelle du globe oculaire et forme anatomique. Aussi, le recours de C.________ se révèle-t-il bien fondé.