Citation: 1B_67/2010 26.03.2010 E. 4

La recourante se plaint aussi d'une violation du principe de célérité. Elle reproche au Juge d'instruction de ne pas avoir apporté une diligence particulière à la poursuite de la procédure, de ne pas avoir encore interrogé la dénommée "X.________" qui aurait mis formellement en cause la recourante et d'avoir fait entendre seulement trois témoins les 12, 13 et 15 janvier 2010. 4.1 En vertu du principe de célérité, une incarcération peut être disproportionnée lors d'un retard injustifié dans le cours de la procédure pénale (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1 p. 151; 123 I 268 consid. 3a p. 273; 116 Ia 147 consid. 5a; 107 Ia 257 consid. 2 et 3). Il doit toutefois s'agir d'un manquement particulièrement grave, faisant au surplus apparaître que l'autorité de poursuite n'est plus en mesure de conduire la procédure à chef dans un délai raisonnable (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1 p. 151 s.). Le caractère raisonnable de la durée d'une procédure pénale s'apprécie selon les circonstances particulières de la cause, eu égard en particulier à la complexité de l'affaire, au comportement du requérant et à celui des autorités compétentes, ainsi qu'à l'enjeu du litige pour l'intéressé (ATF 133 I 270 consid. 3.4.2 p. 281 et les arrêts cités). La célérité particulière à laquelle un détenu a droit dans l'examen de son cas ne doit pas nuire aux efforts des magistrats pour accomplir leur tâche avec un soin voulu (arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme du 5 novembre 2009, Shabani contre Suisse, n° 29044 § 65; du 11 décembre 2007, Pêcheur contre Luxembourg, n° 16308/02 § 62). 4.2 En l'occurrence, l'instruction en est à ses débuts et n'a jusqu'à présent pas connu de période d'inactivité susceptible de contrevenir à l'art. 5 par. 3 CEDH. La police, sous la direction du Juge d'instruction, a régulièrement fait progresser le dossier en entendant divers protagonistes. La prévenue a par ailleurs été entendue à trois reprises. Le Tribunal cantonal a relevé que des mesures d'instruction étaient actuellement en cours visant à établir avec précision l'étendue de l'activité délictueuse imputée à la recourante, qu'un fournisseur présumé dans le canton de Zurich devait être entendu et que tous les clients de la recourante n'avaient pas encore été identifiés. A ce stade et dans ces conditions, c'est à tort que la recourante prétend que le principe de célérité a été violé.