Citation: 6S.141/2003 04.07.2003 E. B

Ce jugement retient, en résumé, ce qui suit. B.a Né en 1970 au Liberia, X.________ serait le septième d'une fratrie de dix-sept enfants. Il aurait suivi durant trois semestres des cours d'économie à l'Université de Monrovia, avant d'interrompre sa formation en raison de la guerre. Il se serait alors enfui en Sierra Leone, où il se serait engagé dans une faction rebelle et aurait combattu durant cinq ans, avant de déserter en 1996. Il est arrivé en Suisse en août de la même année, muni de faux papiers, et a occupé divers emplois par le biais d'agences de travail intérimaire. Après le rejet de sa demande d'asile, en 1999, il a regagné le Liberia et serait retourné se battre dans divers pays africains, avant de déserter à nouveau. Il est alors revenu en Suisse, en août 2000, muni d'une carte d'identité ivoirienne, et a déposé une nouvelle demande d'asile. Il a été relevé qu'aux débats, X.________ avait frappé le tribunal par son intelligence hors du commun. Connaissant parfaitement son dossier, il avait suivi l'instruction point par point, donnant des explications détaillées sur chacun de ceux-ci, y compris ceux qui ne le concernaient pas. Il avait montré un caractère manipulateur et sa crédibilité était sujette à caution. Le casier judiciaire suisse de X.________ est vierge et les renseignements obtenus sur son compte sont sans particularité. Détenu préventivement depuis le 3 avril 2001, il s'est bien comporté; il n'a pas fait l'objet de sanction disciplinaire et a donné satisfaction dans son travail. Le 28 septembre 2001, soit en cours de détention, X.________ a épousé une ressortissante italienne au bénéfice d'un permis C, avec laquelle il avait cohabité depuis le début de l'année 2001. B.b A la fin 1999, Y.________ s'est établi dans un immeuble de la rue de Genève à Lausanne, où il a sous-loué des appartements. Ceux-ci ont servi de plaque tournante aux trois accusés, qui, en association, ont développé à des degrés comparables un trafic de cocaïne de moyenne importance, portant sur quelques centaines de grammes de cette drogue, dans lequel chacun a joué un rôle actif non négligeable. Il a été retenu qu'il s'agissait d'une association de structure horizontale, comprenant trois individus, qui agissaient en fonction de leurs aptitudes respectives, mais étaient néanmoins en tout temps interchangeables. X.________ a par ailleurs effectué, par l'intermédiaire de la Western Union, de nombreux versements d'argent en Afrique, dont la majeure partie, soit quelque 8000 francs, provenait de la vente de cocaïne. Des transferts de fonds en Afrique ont également été effectués par Y.________. B.c Le tribunal a retenu que les accusés s'étaient livrés, en bande au sens de l'art. 19 ch. 2 let. b LStup, à un trafic de cocaïne portant sur une quantité de cette drogue susceptible de mettre en danger la santé de nombreuses personnes au sens de l'art. 19 ch. 2 let. a LStup, écartant en revanche, au bénéfice du doute, la circonstance aggravante du métier au sens de l'art. 19 ch. 2 let. c LStup. Il les a également reconnus coupables de blanchiment d'argent au sens de l'art. 305bis CP, relevant qu'il existait une certaine solidarité de fait entre les accusés, impliqués de manière égale dans les transferts. Les peines différenciées infligées aux accusés ont essentiellement été justifiées par les circonstances personnelles propres à chacun d'eux. Tous trois ont en outre été condamnés à l'expulsion, sans sursis, faute de pouvoir émettre un pronostic favorable quant à leur comportement futur en Suisse.