Citation: 4A_26/2014 E. 4.4

4.4. L'intimée prétendait avoir droit à des commissions sur les chiffres d'affaires réalisés par A.A.________ et par A.B.________, mentionnée comme l'une des filiales du groupe A.________ dans le contrat du 1er août 2005. Suite à une ordonnance du 13 septembre 2011, la recourante a produit 47 classeurs contenant les factures émises par ces sociétés. Après les enquêtes, l'intimée a déposé un mémoire où elle augmentait de 413'600 EUR ses conclusions initiales; elle a ensuite déclaré renoncer à cette amplification. Le tribunal de première instance a jugé que l'intimée n'avait pas droit à des commissions sur les chiffres d'affaires générés par ces deux sociétés. Il n'était pas démontré qu'elle ait joué un rôle dans le rachat de A.A.________ ou dans les commandes passées auprès de celle-ci; par ailleurs, il n'était pas établi que A.B.________ ait livré les deux constructeurs concernés par le contrat, soit D.________ et C.________. Le juge a condamné la recourante à de pleins dépens. Saisie du grief de violation de l'art. 176 aLPC/GE, la Cour de justice a développé l'argumentation suivante: le premier juge avait ordonné par erreur l'entier de la facturation des deux sociétés précitées, alors que la réquisition de l'intimée portait sur les relevés de facturation complets de ces sociétés à l'égard des clients D.________ et C.________. La recourante aurait pu limiter la production de pièces en signalant que l'ordonnance allait au-delà de la réquisition, ce qu'elle avait omis de faire. Quoi qu'il en soit, la réquisition n'était pas extravagante dès lors que le litige portait sur le point de savoir si l'intimée avait droit à des commissions sur le chiffre d'affaires de ces deux sociétés. Même si le tribunal avait finalement répondu par la négative, la demande de la partie adverse ne pouvait être qualifiée de manifestement inutile.