Citation: 5A_95/2024 E. 5.2

5.2. L'art. 49 CPC ne fixe pas de délai pour solliciter la récusation, mais précise qu'elle doit être requise " aussitôt " après la connaissance du motif invoqué, ce qui rejoint les exigences des art. 36 al. 1 LTF et 58 al. 1 CPP (arrêts 5A_508/2022 du 8 décembre 2022 consid. 4.1.2; 4A_172/2019 du 4 juin 2019 consid. 4.1.3 et la référence). En matière civile, le Tribunal fédéral a laissé ouverte la question de savoir si " aussitôt " pouvait signifier plus de dix jours (arrêt 4A_600/2015 du 1er avril 2016 consid. 6.3); il a en revanche jugé qu'une requête formée quarante jours après la connaissance du motif de récusation était manifestement incompatible avec l'art. 49 al. 1 CPC (arrêt 4A_104/2015 du 20 mai 2015 consid. 6). En matière pénale, les réquisits temporels de l'art. 58 al. 1 CPP sont considérés comme satisfaits lorsque la demande de récusation est déposée dans les six et sept jours qui suivent la connaissance de la cause de récusation, tandis qu'ils ne le sont pas lorsqu'elle est formée trois mois, deux mois, deux à trois semaines ou vingt jours après que son auteur a pris connaissance du motif de récusation (arrêts 1B_65/2022 du 18 mars 2022 consid. 3.1; 1B_367/2021 du 29 novembre 2021 consid. 2.1 et les arrêts cités). La cour cantonale n'est donc pas tombée dans l'arbitraire (sur le pouvoir d'examen de la Cour de céans sur cette question : cf. supra, consid. 2.1 et 2.3) en considérant que le recourant avait tardé à agir, en déposant sa requête le 31 août 2023 alors qu'il avait affirmé avoir acquis la quasi-certitude de la connivence entre les intéressés le 25 mai précédent, soit plus de trois mois après avoir eu connaissance du motif de récusation. Le fait qu'il ait encore dû " glaner " quelques informations n'y change rien. Pour le reste, il laisse intactes les constatations selon lesquelles il n'a apporté aucun élément concret et sérieux susceptible d'infirmer les déclarations de la magistrate selon lesquelles elle s'était récusée pour le traitement de la dénonciation à la Commission du barreau ou propre à démontrer que celle-là se serait saisie de cette affaire. Lorsqu'il affirme notamment à cet égard que " l'invocation d'articles spécifiques et pertinents du code civil, du code de procédure civile, et de la Constitution fédérale, dans quatre mémoires dont deux de 13 pages chacune, avec un total de 32 preuves à l'appui ne peux que constituer une initiative marquée par sa matérialité et son sérieux ", sa critique est appellatoire (cf. supra, consid. 2.1 et. 2.3).