Citation: 6B_987/2018 E. 1.2

1.2. En l'espèce, l'autorité précédente a estimé que l'intimé - en vélo - avait été gêné dans sa progression par la manoeuvre de la recourante - en voiture - et qu'il avait dû se déporter sur la gauche, vu la direction empruntée par la recourante. Elle a ensuite retenu que le motocycliste suivait de très près la voiture de la recourante, lui cachant la présence de l'intimé en face. De la sorte l'intimé n'avait pu anticiper la présence du motocycliste en raison de l'obstruction de la voiture. L'autorité précédente a ensuite refusé de retenir que l'intimé aurait parcouru 120 mètres en quatre secondes, mais admis tout au plus qu'il roulait vite. L'ensemble de ces éléments constituaient un faisceau d'indices concordants suffisant, fondant l'intime conviction de l'autorité précédente que la recourante avait bien coupé la route à l'intimé, l'amenant à se déporter sur sa gauche, à percuter le motocycliste et à chuter d'où les lésions subies. Sans cette manoeuvre, la chaîne des événements successifs ayant pour résultat les lésions subies par l'intimé ne se serait pas produite. Le comportement de la recourante était donc bien la cause sine qua non de l'atteinte à l'intégrité corporelle de l'intimé. Il était par ailleurs conforme au cours ordinaire des choses et à l'expérience générale de la vie de considérer qu'en refusant la priorité à l'intimé alors que celui-ci circulait vite, la recourante l'avait contraint à effectuer une manoeuvre d'évitement au risque de percuter un autre usager de la route et de subir de la sorte de telles lésions. L'autorité précédente a dès lors jugé que le comportement de la recourante était en lien de causalité adéquate avec les lésions subies par l'intimé, même si le comportement du motocycliste en était également à l'origine. Le comportement de ce dernier n'était pas d'une importance telle qu'il s'imposait comme la cause la plus probable et la plus immédiate des lésions subies par l'intimé, reléguant à l'arrière-plan l'acte de la recourante. L'autorité précédente a conclu que le comportement de la recourante était bien la cause naturelle et adéquate de l'atteinte à l'intégrité corporelle subie par l'intimé, les autres éléments constitutifs de l'art. 125 al. 1 CP étant réalisés, ce qui n'était pas contesté.