Citation: 6B_1126/2023 E. 10.2

10.2. En résumé, la cour cantonale a considéré que la recourante réalisait toutes les hypothèses mentionnées à l'art. 112 CP avec une intensité particulièrement marquée. Avec une brutalité et une cruauté atroces, elle avait ôté la vie à une enfant de deux ans et demi, vulnérable et sans défense. Elle lui avait fait vivre un calvaire terrifiant dans sa propre chambre, soit dans un endroit où elle se sentait en sécurité et où elle aurait dû être en totale sécurité. Ainsi l'avait-elle rouée d'une trentaine de coups violents et douloureux - au minimum -, avant de l'asphyxier, démontrant toute sa détermination meurtrière. La petite fille s'était débattue, mais la recourante avait persisté en maintenant l'obstruction de sa bouche et de son nez suffisamment longtemps pour qu'elle perde connaissance - soit pendant une minute -, puis pendant de longues minutes jusqu'à ce que mort s'ensuive, D.________ ayant dû se voir mourir selon les explications des experts. Alors que la recourante était lucide au moment des faits et aurait ainsi pu faire le choix de s'arrêter à tout moment, elle n'avait eu aucune pitié face à l'enfant qui avait tenté de lutter pour sa survie. II était évident qu'il aurait été très facile pour la recourante de ne pas passer à l'acte et de respecter la norme enfreinte. Peu après son acte meurtrier, la recourante n'avait pas perdu ses moyens, cherchant à faire passer son crime pour un accident en simulant une chute du lit afin d'éviter de devoir assumer ses actes. Elle avait ensuite poursuivi sa nuit comme si de rien n'était, entretenant même une relation sexuelle avec son compagnon après le retour de celui-ci à la maison, et tenté de repousser le moment de la découverte du corps le matin. De surcroît, la recourante avait sacrifié la vie de cette enfant pour un mobile aussi futile qu'égoïste, mettant un terme aux pleurs et sollicitations d'une fillette qu'elle ne supportait pas et dont elle refusait de s'occuper. La cour cantonale a conclu que la culpabilité globale de la recourante était extrêmement lourde, étant rappelé au surplus qu'aucune diminution de la responsabilité n'était donnée. En ce qui concerne les facteurs liés à l'auteur, la cour cantonale a relevé qu'au cours la procédure, la recourante avait montré un comportement très froid et avait donné l'impression de ne pas être impactée et d'être insensible, ce qui avait été noté à plusieurs reprises dans les procès-verbaux des auditions. Elle n'avait pas bien collaboré à l'enquête, jouant notamment sur les mots et revenant sur ses déclarations. Elle s'était obstinée à nier sa culpabilité malgré tous les éléments à charge contre elle, ce qui montrait son absence de prise de conscience et de remords quant à ses agissements délictueux abjects. De plus, elle n'avait pas hésité à accuser à tort G.________, puis C.________. Aussi, la cour cantonale a conclu, au regard de la faute extrêmement lourde de la recourante, de sa mauvaise collaboration à la procédure et de l'absence de circonstances atténuantes, que la culpabilité de la recourante était d'une si grave et rare intensité que seule une privation de liberté à vie devait être prononcée à titre de sanction.