Citation: 4A_336/2022 E. B

Dans le cadre de ce procès principal, les défendeurs n os 1 et 2 (ci-après: les défendeurs ou les intimés) ont requis l'appel en cause, notamment, de A.________ (ci-après: A.________ ou l'appelée en cause), concluant à ce que celle-ci fût condamnée à les relever à concurrence du montant de 350'000 euros. Ils ont allégué que l'appelée en cause, à laquelle le demandeur avait conféré une autorisation de gestion de son compte ouvert auprès de la banque aux Bahamas, donnait les ordres de gestion à dite banque, le défendeur n o 2 ne contestant pas avoir participé aux choix opérés dans la gestion du compte. Ultérieurement, ils ont fait valoir que la compétence territoriale pour l'appel en cause était fondée sur les art. 8b et 129 de la loi fédérale du 18 décembre 1987 sur le droit international privé (LDIP; RS 291), puisque, s'ils devaient être condamnés à indemniser le demandeur, la diminution de leur patrimoine due à l'acte illicite qui leur était reproché produirait son résultat à Genève, mais ils n'ont pas développé la question de l'application de la clause d'élection de for, contenue dans le mandat de gestion entre le demandeur et A.________, à leur appel en cause. A.________ s'est opposée à l'admission de la requête d'appel en cause. Ayant son siège à Maurice, elle a, notamment, fait valoir qu'elle ne pouvait être attraite à Genève en application de la LDIP. Subsidiairement, elle a relevé que la demande principale ne présentait aucun lien de connexité avec les prétentions élevées contre elle dans l'appel en cause, puisqu'elle s'était limitée à offrir ses services à la société de domiciliation du défendeur n o 2 pour que celui-ci pût, à travers elle, gérer les actifs du demandeur déposés dans la banque aux Bahamas. Ultérieurement, elle a également soutenu que les défendeurs n'avaient pas allégué de façon suffisante l'existence d'un acte illicite à sa charge, ni offert de moyens de preuve quant à leur prétention de 350'000 euros à son encontre. Le demandeur s'en est rapporté à justice quant à l'admissibilité de l'appel en cause. Après l'annulation de son premier jugement par la Cour de justice du canton de Genève pour violation du droit d'être entendu de l'appelée en cause, à laquelle la demande principale n'avait pas été communiquée, le Tribunal de première instance a derechef admis la requête d'appel en cause de A.________ par jugement du 22 novembre 2021. Statuant le 21 juin 2022, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a rejeté le recours, au sens des art. 319 ss CPC, déposé par l'appelée en cause. Les considérants seront exposés dans la partie " en droit ".