Citation: 4A_319/2020 E. A

A.________ (ci-après: l'employée ou la travailleuse) a été engagée par B.________ (ci-après: l'employeuse) dès le 1er juin 2015 pour une durée indéterminée en qualité d'aide-soignante. Le 1er février 2017, l'employée a envoyé une vidéo à caractère pédopornographique, accompagnée du commentaire " faites attention à vos maris ", aux membres d'un groupe Whatsapp comprenant plusieurs de ses collègues de travail. Dans cette vidéo, un homme adulte commet une série d'actes sexuels sur une fillette allongée sur un lit. L'employeuse et neuf de ses collaborateurs ont déposé plainte pénale à l'encontre de l'employée à raison de ces faits. Le 14 mars 2017, le directeur de l'employeuse a indiqué à l'employée que la vidéo incriminée avait suscité beaucoup d'émotions au sein de l'équipe soignante. Afin d'assurer un bon climat de travail et d'éviter des conflits entre les collaboratrices, il priait l'employée de ne plus venir travailler le temps qu'une solution au problème soit trouvée, en précisant que les heures de travail planifiées seraient rétribuées selon le plan établi. Par courrier électronique du 5 avril 2017, l'employeuse a demandé au Ministère public de la tenir informée de l'avancement de la procédure ouverte à l'encontre de la travailleuse, dès lors qu'elle attendait de connaître le sort de la procédure pénale pour décider de la poursuite des rapports de travail avec l'employée. Par courrier du 27 avril 2017, le directeur de l'employeuse a répondu au conseil mandaté par l'employée que celle-ci avait été libérée de son obligation de travailler afin d'éviter tous conflits sur le lieu de travail et qu'il attendait de connaître le résultat de l'instruction pénale pour décider de la suite. Le 22 mai 2017, il s'est enquis une nouvelle fois, auprès du Ministère public, de l'évolution de la procédure pénale. En date du 29 mai 2017, le Ministère public a rendu une ordonnance pénale condamnant l'employée à une peine pécuniaire de 15 jours-amende, à 30 fr. le jour, avec sursis pendant deux ans. A la suite de l'opposition à l'ordonnance pénale formée par la travailleuse, le Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers l'a, par jugement du 9 novembre 2017, reconnue coupable de pornographie au sens de l'art. 197 al. 4 CP et l'a condamnée à une peine de 15 jours-amende, à 20 fr. le jour, avec sursis pendant deux ans. L'appel interjeté par l'employée a été rejeté. Le recours en matière pénale formé auprès du Tribunal fédéral contre l'arrêt cantonal a été rejeté dans la mesure de sa recevabilité (arrêt 6B_926/2018 du 23 novembre 2018). Le 2 juin 2017, l'employeuse a résilié le contrat de travail de l'employée avec effet immédiat, vu la teneur de l'ordonnance pénale dont elle avait reçu la copie la veille.