Citation: 4A_440/2021 E. 5.2

5.2. En l'espèce, on ne saurait faire fi des singularités du cas. Le recourant a certes rapidement montré les signes d'une lésion par "coup du lapin"; le diagnostic de traumatisme cranio-cervical avec contusion de la colonne cervicale et thoracique n'est pas un sujet de discussion. Le litige porte sur la causalité entre l'accident et les nouveaux troubles signalés en avril-mai 2008, sachant qu'au 22 décembre 2005, le recourant avait retrouvé une pleine capacité de travail sans adaptation nécessaire (sous réserve de l'épisode consécutif à la chute de l'échafaudage) et qu'il a cessé de consulter pour des cervicalgies entre novembre 2006 et février 2008. La cour cantonale s'est appuyée sur l'extrait suivant d'un rapport de la Société Suisse de Neurologie (SCHNIDER, ANNONI ET ALII, Symptomatologie après le traumatisme d'accélération cranio-cervicale [coup du lapin, 'whiplash-associated disorder'], in Bulletin des médecins suisses/Schweizerische Ärtztezeitung 2001 p. 288 s. ad question 4, version allemande dans la revue précitée, 2000 p. 2219) : "Une aggravation secondaire de symptômes, par exemple de nucalgies, lors de situations de stress, reste possible dans les semaines, voire les mois qui suivent l'accident. Par contre, l'apparition de nouveaux symptômes après un intervalle asymptomatique est peu probable. Cependant, il est possible que des troubles de la mémoire ou de la concentration soient constatés seulement lors de la reprise professionnelle ou de l'augmentation du temps de travail." Le recourant ne commente pas cette observation scientifique, qui est certes de nature générale, mais pouvait être prise en compte dans l'appréciation de la causalité naturelle dès lors qu'aucune explication ne justifiait, dans le cas concret, la longueur en soi inhabituelle du temps de latence. Au contraire, les experts qui ont passé au peigne fin le dossier du recourant ont pointé ce caractère atypique. Aussi n'était-il pas arbitraire de faire prévaloir cet avis scientifique sur celui émis par les experts, et la cour cantonale pouvait-elle légitimement s'étonner que les troubles de la mémoire et de la concentration ne fussent pas survenus à la reprise de l'activité professionnelle mais dans une période de chômage ultérieure, où ces facultés sont en principe moins sollicitées. Le recourant objecte que d'autres médecins (soit les docteurs M1.________, M2.________ et M3.________) au fait de la chronologie des événements auraient eux aussi retenu un lien de causalité naturelle entre l'accident et les nouveaux troubles. L'arrêt attaqué précise tout au plus que la première mention des nouveaux troubles se trouve dans un rapport établi en mai 2008 par le Dr M1.________. On cherche en vain des constatations selon lesquelles les spécialistes précités auraient retenu un lien de causalité après s'être fondés sur les mêmes informations et la même documentation que les experts. Cela suffit à rejeter l'argument. Tel est, au demeurant, le sort dévolu à l'entier du grief déployé contre le temps de latence.