Citation: 1P.194/2005 04.04.2005 E. B

Le 21 janvier 2005, le Juge d'instruction a demandé une nouvelle prolongation de la détention préventive, jusqu'au 30 avril 2005. Il invoquait la complexité de l'enquête et le nombre d'infractions commises. Bien que cinq inspecteurs aient été affectés à l'enquête, des rapports de synthèse devaient encore être établis. A.________ s'est opposé à cette nouvelle prolongation: il avait collaboré à l'enquête; les actes d'enquête encore nécessaires ne le concernaient manifestement plus: depuis de nombreux mois, aucun acte d'instruction n'avait été effectué le concernant. Le risque de collusion avait déjà été nié dans le précédent arrêt de la Chambre d'accusation. Le risque de récidive n'était pas concret, car il se trouvait amoindri, physiquement et psychiquement, par sa détention. Le risque de fuite n'était pas vraisemblable, car il vivait depuis de nombreuses années en Suisse, où il avait toutes ses attaches. D'autres mesures moins contraignantes que la détention devaient être envisagées. Enfin, le principe de la proportionnalité était violé: la détention durait depuis 19 mois, tous les actes d'enquête avaient été effectués, et on ne pouvait maintenir le prévenu en détention pour les besoins d'une enquête dirigée contre d'autres personnes. Par arrêt du 14 février 2005, la Chambre d'accusation a autorisé la prolongation de la détention jusqu'au 30 avril 2005. S'agissant des risques de fuite et de récidive, la cour cantonale s'est référée à son arrêt du 6 octobre 2004. Le principe de la proportionnalité était toujours respecté, s'agissant notamment d'un brigandage portant sur plusieurs dizaines de kilos d'or et de platine, et de tentatives d'agression afin d'obtenir de l'argent. La durée de la détention était imputable au nombre et à la complexité des infractions, et à l'implication de nombreux participants; le dossier pourrait être clôturé prochainement.