Citation: 6B_143/2019 E. 3.4.2

3.4.2. En l'espèce, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, dès lors que celui-ci s'est livré à un trafic de stupéfiants. A cet égard, on rappellera que la Cour européenne des droits de l'Homme estime que, compte tenu des ravages de la drogue dans la population, les autorités sont fondées à faire preuve d'une grande fermeté à l'encontre de ceux qui contribuent à la propagation de ce fléau (cf. arrêts CourEDH K.M. c. Suisse du 2 juin 2015 [requête no 6009/10] § 55; Dalia c. France du 19 février 1998, Recueil CourEDH 1998-I 76 § 54; cf. aussi arrêt 6B_1329/2018 précité consid. 2.4.2). La peine privative de liberté à laquelle a été condamné le recourant dépasse une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019 : LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement). On peut également relever que le recourant a, avant sa condamnation par la cour cantonale, fait l'objet d'un avertissement de la part de la police des étrangers, condition dont il est généralement admis qu'elle doit être observée pour pouvoir révoquer l'autorisation d'un étranger issu de la deuxième génération (cf. arrêts 6B_209/2018 précité consid. 3.3.3 destiné à la publication; 6B_724/2018 du 30 octobre 2018 consid. 2.3.3 et les références citées), c'est-à-dire d'un étranger dont l'expulsion doit en principe - au regard de l'art. 66a al. 2 2ème phrase CP - être prononcée avec davantage de retenue. Il apparaît par ailleurs que le recourant était un jeune homme lorsqu'il est arrivé en Suisse et qu'il ne peut s'y prévaloir d'une intégration exemplaire. Celui-ci a émargé à l'aide sociale et le jugement attaqué ne fait pas état - hormis son activité professionnelle - d'éléments qui permettraient de conclure à l'existence de liens particulièrement intenses avec le pays d'accueil. Rien ne permet de penser que sa réintégration en République dominicaine serait particulièrement difficile, dès lors qu'il a grandi dans ce pays, en maîtrise la langue et y possède de la famille. Le temps écoulé depuis la commission des infractions n'est, pour le reste, pas important. Enfin, il convient de relever, d'une part, que le recourant a été condamné à plusieurs reprises par le passé - y compris pour des infractions en matière de stupéfiants -, ce qui révèle un défaut de prise de conscience ainsi qu'un mépris persistant de l'ordre juridique suisse et, d'autre part, que sa situation financière apparaît totalement obérée. Le recourant soutient que plusieurs éléments plaidant en faveur d'une application de l'art. 66a al. 2 CP n'auraient pas été "suffisamment appréciés" par la cour cantonale. Il se prévaut cependant à cet égard d'aspects - comme son intégration professionnelle, la présence de sa famille en Suisse, la formation en cours d'emploi entreprise - qui ressortent tous du jugement attaqué. Contrairement à ce que suggère le recourant, de tels éléments - en particulier la présence d'une famille en Suisse - doivent être considérés dans le cadre d'une pesée d'intérêts et ne sauraient, à eux seuls, commander une application automatique de l'art. 66a al. 2 CP. La durée du séjour en Suisse du recourant peut certes être qualifiée de "considérable", sans que cet aspect ne soit en soi décisif. Il en va de même s'agissant de la présence de ses enfants en Suisse. Concernant l'enfant né en 2008, dont le recourant n'a pas la garde, il n'est pas nécessaire que ce dernier soit habilité à résider durablement en Suisse. Le droit de visite pourra en effet être exercé dans le cadre de brefs séjours - étant rappelé que le recourant bénéficie de la nationalité italienne -, voire assuré par le biais de moyens de communication modernes (cf. ATF 144 I 91 consid. 5.1 p. 96 s. et les références citées). S'agissant de la fille née en 2018, il apparaît que sa mère - avec laquelle le recourant vit en concubinage - est ressortissante de République dominicaine et vit en Suisse au bénéfice d'une autorisation de séjour. On ne voit pas ce qui empêcherait la mère et la fille - née en 2018 et qui ne peut donc être considérée comme étant enracinée en Suisse - de suivre le recourant dans son pays d'origine. L'intéressé ne prétend d'ailleurs pas que sa concubine pourrait rencontrer des difficultés pour quitter la Suisse (cf. ATF 144 I 91 consid. 4.2 p. 96 et les références citées). Il se contente de relever, à cet égard, que la "scolarisation est de meilleure qualité en Suisse", ce qui ne représente aucunement un obstacle pour un établissement de la famille en République dominicaine. Pour le reste, l'argumentation du recourant, selon laquelle il risquerait de rencontrer des difficultés pour trouver un emploi en République dominicaine, s'écarte de l'état de fait de la cour cantonale, par lequel le Tribunal fédéral est lié (cf. art. 105 al. 1 LTF). Elle est, partant, irrecevable. Au demeurant, le recourant se forme actuellement dans le domaine du traitement de surface, secteur dans lequel on ne voit pas qu'il puisse être particulièrement malaisé de se réintégrer. En définitive, compte tenu de la gravité de l'infraction sanctionnée, de l'intégration médiocre du recourant en Suisse et de son mépris persistant pour l'ordre juridique de ce pays, l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé de ce dernier à y demeurer. L'expulsion, ordonnée pour une durée de cinq ans seulement, s'avère conforme au principe de la proportionnalité.