Citation: I 467/04 23.02.2006 E. 4

Au regard des principes qui viennent d'être développés ci-dessus, on doit constater que le dossier ne contient aucune pièce médicale permettant de se prononcer en connaissance de cause sur le caractère invalidant de la fibromyalgie présentée par l'assuré. Se fondant sur les prises de position qu'elle a requises auprès des différents médecins traitants, la juridiction cantonale a admis que les critères requis par la jurisprudence étaient en l'espèce remplis. S'il est vrai qu'elle a invité les docteurs A.________, R.________, E.________ et C.________ à remplir un questionnaire afin de déterminer si les différents critères posés par la jurisprudence en matière de troubles somatoformes douloureux étaient présents chez l'assuré, il convient de constater que ledit questionnaire n'appelait que des réponses par oui ou par non et que les données fournies par les médecins précités ne contenaient aucun développement circonstancié sur ces différents points. On ne saurait dès lors tenir pour établi, sur la base de ces seuls documents, que les douleurs de l'assuré sont d'une intensité telle qu'elles entraînent une diminution de la capacité de travail de 50 %, d'autant plus que les rapports du docteur C.________ (des 18 février et 24 novembre 2003), sur lesquels repose principalement la définition du taux d'incapacité de travail retenu par les premiers juges, ne sauraient être considérés comme convaincants. Non motivé, ce taux ne pouvait, sans de plus amples explications, emporter la conviction des premiers juges. On rappellera en effet qu'il convient de se montrer exigeant quant à la motivation qui doit figurer dans un rapport médical, en particulier lorsque sont mis en évidence des facteurs limitatifs de nature psychique à la capacité de travail d'un assuré. Par ailleurs, cette appréciation, émise par un spécialiste en psychiatrie, ne repose à l'évidence pas sur une évaluation consensuelle de la situation, telle que le requérait pourtant la nature de la pathologie diagnostiquée. Il convient par conséquent de renvoyer la cause à l'office AI pour qu'il en complète l'instruction, notamment par une expertise pluridisciplinaire qui devra comporter, en tout cas, un volet rhumatologique et psychiatrique. Il incombera aux experts appelés à se prononcer de fournir tous les éléments permettant de déterminer avec précision l'incidence de la fibromyalgie sur la capacité de travail de l'assuré à la lumière des considérations émises dans le présent arrêt.