Citation: 6B_351/2020 E. B

Par arrêt du 14 février 2020, la Chambre pénale de recours de la Cour de Justice genevoise a rejeté le recours formé par A.________ SA à l'encontre de l'ordonnance précitée. Les faits sont en substance les suivants. B.a. Dans sa plainte pénale du 8 novembre 2019, A.________ SA, entité du "groupe C.________" ayant notamment pour but la création, la fabrication et la commercialisation de produits horlogers, a exposé que son administrateur délégué, D.________, avait fait la connaissance de B.________, avocat grec, dans le cadre d'un voyage à but non professionnel en Allemagne, en 2007. Visiblement intéressé par le "groupe C.________", B.________ avait, par la suite, régulièrement approché D.________ et l'avait revu à plusieurs reprises dans le cadre d'événements organisés à E.________et à F.________, dans un contexte non professionnel. En 2007 toujours, D.________ avait, par "geste commercial", accepté de vendre quatre montres de la marque "C.________" à B.________ à un prix considérablement réduit, réservé en principe aux distributeurs de la marque en question. En parallèle, D.________, qui travaillait à l'époque sur un projet d'acquisition d'une usine en Biélorussie, pour le compte de A.________ SA, avait demandé à B.________ de trouver une étude d'avocats en Biélorussie susceptible de l'accompagner pour un projet d'acquisition d'usine dans ce pays. Ce dernier lui avait présenté cinq études d'avocats et avait pris part au voyage destiné à les rencontrer. Il avait été rémunéré à hauteur de 5'000 fr. pour ses services. En quatre occasions en 2007 et 2008, B.________ s'était rendu au siège de A.________ SA, à G.________, pour récupérer les montres qu'il avait acquises. Le 31 décembre 2008, deux factures d'un montant de 9'720 fr., respectivement de 86'000 fr. lui avaient été envoyées par A.________ SA, lesquelles demeuraient toutefois impayées au moment du dépôt de la plainte pénale. B.b. Au début du mois de février 2009, A.________ SA avait, à sa grande surprise, reçu neuf factures - toutes établies en date du 6 février de cette année - à son siège de la part de l'étude d'avocat de B.________. Elles se rapportaient, aux dires de A.________ SA, à quatre prétendus dossiers sur lesquels le prénommé était censé avoir travaillé, pour un montant total de 146'472.23 euros. Or, à l'exception de la présentation des cinq études biélorusses évoquées plus haut, aucun mandat pour la société ne lui avait été confié. B.________ ne disposait, au surplus, ni de la structure, ni des compétences nécessaires pour créer un réseau de filiales en Europe. Celui-ci tentait visiblement de se soustraire au paiement des montres qui lui avaient été vendues en excipant de la compensation. Ayant contesté le fondement de ces factures et jugeant l'attitude de B.________ inacceptable, D.________ lui avait, le 17 mai 2009, adressé une nouvelle facture relative à l'achat des quatre montres précédemment évoqué, d'un montant de 239'300 fr., conforme au prix du marché, estimant que la réduction qui lui avait été consentie n'avait plus lieu d'être. Cette facture demeurait elle aussi impayée. Sans nouvelles de B.________, A.________ SA avait ensuite "laissé cette histoire de côté", sans plus y prêter attention. B.c. Le 5 février 2019, A.________ SA a reçu du Tribunal de première instance de Genève (ci-après: le TPI) une convocation pour retirer un acte judiciaire, qui s'est avéré être une décision de la Cour d'appel d'Athènes du 28 août 2018, rendue à la suite d'une procédure introduite par B.________ en Grèce et dont elle disait découvrir l'existence. L'action introduite par ce dernier était, selon A.________ SA, exclusivement fondée sur les neufs factures susmentionnées, totalement "fantaisistes" et sur les faux "time-sheets" qu'il avait établis. Pour des raisons "difficilement compréhensibles", les documents liés à la procédure introduite en Grèce par le précité, expédiés par la voie de l'entraide judiciaire internationale, n'étaient jamais parvenus à la connaissance de "sa direction". Enfin, le 28 juin 2019, par le biais de son conseil, B.________ a déposé une requête auprès du TPI, fondée sur le jugement grec évoqué plus haut, qui a conduit au séquestre de son compte bancaire détenu auprès de la Banque H.________, à concurrence de 472'901 fr. 70, et de ses biens contenus dans ses locaux, à G.________. B.d. A.________ SA faisait valoir en bref, dans sa plainte pénale, que B.________ avait astucieusement amené la justice grecque à reconnaître une créance à son encontre, au moyen de factures "totalement fantaisistes" et de faux "time-sheets". A l'appui de sa plainte, A.________ SA a, notamment, produit une copie du jugement n° xxx de la Cour d'appel d'Athènes du 28 août 2018 accompagné d'une traduction officielle, en français. Il en ressort que B.________ a introduit une action en paiement contre A.________ SA devant le Tribunal de Grande Instance d'Athènes le 15 novembre 2011 et formé appel le 9 novembre 2015 contre le jugement rendu par ledit tribunal le 9 avril 2015. Une copie du mémoire d'appel, une citation à comparaître à une audience - fixée initialement le 21 février 2017 mais ajournée en raison de l'absence de A.________ SA -, et un "acte de fixation d'audience" ont été valablement notifiés à A.________ SA par les autorités grecques, le 1er juin 2017. A.________ SA n'a pas comparu à l'audience finale qui s'est tenue le 20 février 2018.