Citation: 5A_787/2020 E. 1.2.3

1.2.3. En l'espèce, le recourant apparaît comme nommable de la société acquéreuse de l'immeuble, dont il est également l'associé gérant, dans la clause d'emption du contrat de vente dont la validité dépend de la décision de l'autorité de protection de l'adulte (cf. clause III p. 4). L'arrêt attaqué produit ainsi directement ses effets à son égard, en vertu du droit matériel, et les conditions restrictives posées par la jurisprudence précitée sont en l'occurence remplies. En effet, la légitimation du recourant ne peut pas dépendre des conclusions qui ont ouvert l'instance gracieuse et, malgré les conclusions divergentes, la litispendance ne s'en trouve pas multipliée entre plusieurs parties (cf. PIOTET, Quelle portée conférer à l'intervention accessoire indépendante en matière contentieuse et en matière gracieuse? in JdT 2020 II p. 125 ss). Partant, il faut retenir que le recourant a participé à la procédure cantonale en concluant à l'irrecevabilité du recours du requérant, ce qu'il était en droit de faire en tant qu'intervenant accessoire indépendant. Ses conclusions ont en outre été rejetées par l'instance cantonale. Il a dès lors qualité pour recourir. Les arguments des intimés, qui contestent cette qualité, ne sont pas convaincants: en tant qu'ils soutiennent que le recourant n'est pas touché par la décision attaquée, qui n'invalide pas le contrat de vente mais annule les décisions rendues en première instance, ils omettent de tenir compte du fait que ces décisions sont précisément une condition de validité du contrat conclu par la personne au bénéfice d'une curatelle; en tant qu'ils soutiennent que, l'acte de vente étant de toute façon caduc, le recourant n'a plus d'intérêt à recourir, ils omettent de tenir compte du fait que cette caducité concerne la réalisation d'une condition du contrat qu'il n'appartenait pas à l'autorité de protection de l'adulte d'examiner; enfin, lorsqu'ils prétendent que la désignation d'un nommable n'est qu'une faculté pour l'acheteuse de se substituer à un tiers qui ne confère aucun intérêt digne de protection, ils ne peuvent pas être suivis, le recourant étant manifestement privé d'un avantage économique.