Citation: 6B_936/2020 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a constaté qu'à l'exception des déclarations du recourant, qui n'étaient pas crédibles, tous les éléments du dossier convergeaient et conduisaient à éliminer tout doute sur l'implication de celui-ci dans les faits reprochés. L'appréciation des preuves effectuée en première instance était convaincante. Il était établi que le recourant s'était rendu dans le magasin E.________ SA le 7 juillet 2017 pour dérober divers biens, dont les parfums retrouvés le jour même tant dans la sacoche laissée sur place, que sur sa personne. Dans sa fuite et afin de conserver une partie du butin, il avait asséné un coup de poing sur la joue droite de la partie plaignante, la faisant chuter au sol, et lui avait marché sur le bras, lui causant les lésions décrites dans l'acte d'accusation, lesquelles étaient par ailleurs attestées par les rapports médicaux des 19 et 26 février 2018. S'agissant des traces dactyloscpiques et d'ADN - prélevées sur un parfum contenu dans la sacoche abandonnée et sur la doublure interne d'un bonnet -, la cour cantonale a observé que bien que celles-ci aient été pleinement exploitables, leur valeur probante restait limitée. S'agissant de la trace ADN (bonnet), seuls 7 marqueurs sur 16 pouvaient correspondre au recourant. Néanmoins, un transfert secondaire était peu probable. La concordance était donc vraisemblable mais constituait tout au plus un indice supplémentaire de l'implication du recourant. S'agissant de la trace digitale (annulaire droit du recourant), elle avait été mise en évidence sur l'emballage en plastique d'un parfum. Cette trace était suffisamment bonne pour que la correspondance soit qualifiée d'identification. Il était ainsi établi que le recourant avait touché un parfum qui avait été laissé sur place. En tout état, si cette trace avait pu constituer un élément important au début de l'instruction, celle-ci n'était plus indispensable à une reconnaissance de culpabilité, vu les nombreux éléments du dossier. S'agissant des déclarations du recourant, si celui-ci restait globalement constant, ses déclarations recelaient de multiples incohérences et éléments non véridiques ou invérifiables. Ses explications quant au but de son acquisition étaient fluctuantes et peu cohérentes. Son récit était peu plausible. Sa description des prétendus vendeurs, si elle restait constante, ne permettait pas de les identifier. Le recourant avait modifié ses déclarations en fonction des éléments qui lui étaient présentés. Il en allait ainsi de ses liens avec G.________, deuxième personne interpelée par la police le jour des faits, le recourant ayant d'abord déclaré qu'il était un ami, avant de préciser qu'il s'agissait d'un inconnu. Il en allait de même de la couleur du sac à dos avec lequel il avait été interpellé, laquelle avait changé après qu'il avait été confronté aux déclarations de la partie plaignante. Ses explications étaient contredites par les éléments matériels du dossier. Il indiquait n'avoir jamais mis les pieds dans le magasin E.________ SA, sans pour autant pouvoir expliquer la présence de la trace ADN sur le bonnet, et alors qu'il s'y était rendu le 24 avril 2018 pour menacer la partie plaignante (ordonnance pénale entrée en force). La crédibilité du recourant était quasiment inexistante. Il tentait de nier toute implication, n'hésitant ni à modifier ses déclarations ni à déformer à son avantage des éléments relevant d'une procédure déjà jugée. Quant à la partie plaignante, ses déclarations étaient cohérentes et corroborées par des éléments objectifs. Entendue le jour des faits par la police et presque deux mois plus tard par le ministère public, elle n'avait corrigé que quelques aspects en expliquant sa confusion par le choc ressenti, ce qui était compréhensible au regard des circonstances. Elle avait notamment indiqué de manière constante que l'auteur avait la tête couverte, ce qui l'avait marquée, en plein été, quand bien même elle n'avait pas été précise sur la description du couvre-chef. Si elle n'avait pas pu identifier le recourant ni sur photographie ni de visu, en raison de la barbe de celui-ci, elle avait immédiatement reconnu sa voix, qui l'avait marquée, l'individu s'étant de plus exprimé en français. Même si elle ne l'avait pas reconnu sur image, alors qu'elle avait ensuite déclaré que le recourant venait régulièrement au magasin, cette incohérence n'entachait pas sa crédibilité. Celle-ci avait en effet pu être encore choquée et il était plus difficile d'identifier quelqu'un sur une photographie qu'en personne. Les déclarations du témoin H.________ étaient globalement crédibles. Entendue le lendemain de la commission de l'infraction, elle avait déclaré avoir assisté aux faits dans le magasin avant de croiser l'auteur dans la rue, accompagné d'une seconde personne, dont la description correspondait à G.________. Elle a confirmé ses déclarations trois ans plus tard, même si ses souvenirs étaient moins précis, vu l'écoulement du temps. Elle n'avait alors pas pu identifier le recourant. Ne pas tenter de charger absolument le recourant était cependant un signe de crédibilité. S'agissant de l'habillement du recourant, la cour cantonale a considéré, sur la base des déclarations du recourant, de la partie plaignante et du témoin H.________, que celui-ci portait plusieurs vêtements en couches superposées. Contrairement à ce qu'il prétendait, il en avait ajouté ou retiré certains afin de modifier son apparence et brouiller les pistes après son forfait. Il n'était ainsi pas déterminant qu'aucun pull bleu clair ne soit visible sur les photographies de son interpellation.