Citation: 5D_55/2022 E. 3.4

3.4. L'on relèvera d'abord que la décision de mesures provisionnelles du 28 septembre 2021 n'a imputé aucun frais judiciaires à la recourante. Seule entre ainsi en ligne de compte la prise en charge de ses frais d'avocat. La recourante reconnaît ensuite elle-même qu'elle s'est limitée, le 8 octobre 2021, à annoncer vouloir déposer une requête d'assistance judiciaire (" une demande de bénéfice de l'assistance judiciaire vous sera adressée par un prochain courrier "), ce qu'elle n'a fait que près de trois semaines plus tard, à savoir le 27 octobre 2021, en déposant le formulaire ad hoc accompagné des pièces justificatives et en réclamant l'effet rétroactif au 7 octobre 2021. Ce n'est donc qu'en date du 27 octobre 2021 que l'autorité cantonale était en mesure de statuer sur la requête, a fortiori sur son éventuel effet rétroactif. Si l'on peut se questionner sur les raisons pour lesquelles la requête d'assistance judiciaire a été rejetée par le premier juge après l'annulation des mesures provisionnelles requises par la recourante, il n'en demeure pas moins que, comme le constate à juste titre la cour cantonale, de nombreux éléments attestaient de la capacité de discernement de B.________ au jour du dépôt de la requête d'assistance judiciaire de sa mère, lesquels étaient alors à la disposition de celle-ci. Dans ces conditions, l'autorité cantonale n'apparaît pas avoir arbitrairement excédé de son pouvoir d'appréciation en considérant, certes rétrospectivement, que la requête introduite par la recourante était fondée sur un motif émotionnel défendable, mais que ses chances de succès étaient cependant plus faibles que le risque d'une issue défavorable. L'on peut certes admettre que la recourante ait dû consulter une avocate dans l'urgence, sans peut-être immédiatement pouvoir déposer sa requête d'assistance judiciaire; celle-ci pouvait néanmoins l'être à brève échéance, circonstance permettant de fixer antérieurement le moment auxquelles les chances de succès de la requête qu'elle avait déposée devaient être évaluées. Enfin, que les requêtes de mesures superprovisionnelles de B.________ aient été rejetées à deux reprises n'apparaît pas déterminant pour affirmer que la procédure initiée par la recourante n'était pas dépourvue de chance de succès: dans la mesure où la mort de la jeune femme était envisageable à brève échéance, il n'était pas déraisonnable de rejeter les requêtes qu'elle avait déposées, dans le contexte de la nécessité de statuer à très bref délai.