Citation: 6B_1100/2018 E. 1.2

1.2. La recourante A.________ SA (recourante 1) reproche à l'intimé de s'être rendu coupable de contrainte (art. 181 CP), d'une part, en lui adressant divers factures et rappels ainsi qu'en lui faisant notifier, le 26 octobre 2016, un commandement de payer portant sur une dette injustifiée. D'autre part, elle se plaint, également sous l'angle de la contrainte (art. 181 CP), que l'intimé a refusé, entre le 18 novembre 2016 et le 19 avril 2017, d'annuler la poursuite malgré le paiement intégral du montant qui en faisait l'objet. Il s'agit là de deux infractions distinctes, dès lors que les moyens de pression utilisés par l'intimé ne sont pas identiques, de même que les dates de commission et le but poursuivi par l'intimé, ce but consistant dans le premier cas, en le paiement par la recourante 1 des opérations réalisées dans le cadre de l'affaire n° 4 et, dans le second cas, en le paiement de ses créances à l'égard de B.B.________ et C.B.________ (recourants 2 et 3), correspondant aux affaires n° 1 à 3. Au moment d'exposer les prétentions civiles qu'elle entend faire valoir contre l'intimé, la recourante 1 explique qu'elle souhaite obtenir la restitution du montant de 3359 fr. 75 qu'elle avait versé à l'Office des poursuites, les 17 et 18 novembre 2016, à la suite de la notification du commandement de payer litigieux. Elle prétend avoir été contrainte de le faire " pour préserver sa réputation sur le marché et envers ses filiales ". Il y a lieu d'admettre que le dommage allégué résulte directement de la première infraction dont l'intéressée prétend avoir été victime, de sorte que le recours est recevable en tant qu'il porte sur le classement de la procédure pour contrainte, en lien avec l'envoi de factures et de rappels ainsi que de la notification litigieuse d'un commandement de payer à la recourante 1 en date du 26 octobre 2016. En revanche, dans la mesure où la recourante 1 soutient que le refus de l'intimé d'annuler la poursuite, jusqu'en avril 2017, " soulignait la menace d'un dommage potentiel pouvant se chiffrer en millions de francs " (cf. mémoire de recours, ch. 19 p. 9), ses explications ne suffisent nullement à démontrer l'existence d'un dommage effectivement subi en lien avec le maintien de la poursuite durant plusieurs mois après son paiement et la contrainte qui aurait été commise à cet égard. Il ne ressort par ailleurs pas de l'arrêt entrepris que le prétendu refus d'annuler la poursuite a eu pour conséquence que la recourante 1 avait payé, pour le compte des recourants 2 et 3, les montants qui faisaient l'objet des poursuites dirigées à leur encontre. Faute de démontrer l'existence de prétentions civiles à cet égard, le recours est irrecevable.