Citation: 1C_53/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, afin de démontrer leur bonne foi, les recourants exposent que l'autorité cantonale avait connaissance depuis près de 30 ans de la présence d'une entreprise commerciale sur leur parcelle et qu'elle l'a tolérée. Certes, comme cela ressort de l'arrêt entrepris, l'Etat de Vaud, en l'occurrence l'ancien Département des travaux publics, de l'aménagement et des transports, par son Service des eaux et de la protection de l'environnement, avait connaissance de l'activité non conforme à l'affectation de la zone développée par les recourants sur leur parcelle, respectivement a toléré l'exercice de celle-ci moyennant la réalisation par les intéressés d'ouvrages de protection de l'environnement (sols et eaux), et ceci depuis 1994 au moins. Il n'en demeure pas moins, toujours selon l'arrêt attaqué, que l'autorité en charge de l'aménagement du territoire, n'a jamais délivré aux recourants de permis de construire en rapport avec l'activité commerciale de leur société ni autorisé un changement d'affectation de leur parcelle. Ainsi, si l'autorité cantonale a ordonné des travaux de sécurisation des places de stationnement sis sur la parcelle n o 1203, aucun élément n'indique qu'elle serait intervenue auparavant en donnant des assurances concrètes auxquelles se seraient fiés les recourants pour exercer leur activité commerciale. Les recourants ne prétendent pas non plus qu'ils ignoraient que ladite activité nécessitait l'aval du département compétent (cf. art. 22 LAT et 103 et 120 al. 1 let. a de la loi vaudoise du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions [LATC; BLV 700.11] qui leur en faisait déjà l'obligation). Le Service de l'aménagement du territoire du Département des travaux publics était pourtant déjà intervenu en admettant le 1 er mars 1984 une demande préalable concernant la création d'un appartement dans la maison existante sise sur la parcelle n o 1203. Les recourants ne sauraient dans ce contexte se prévaloir de leur bonne foi. L'éventuelle absence de coordination entre les services de l'Etat alléguée par ces derniers ne permet pas de modifier cette appréciation (cf. arrêt 1C_537/2011 du 26 avril 2012 consid. 2.3.3). Quant au caractère prétendument disproportionné de l'ordre de remise en état, il ressort de l'arrêt entrepris que l'activité commerciale développée sur la parcelle des recourants a eu pour effet d'altérer radicalement le caractère des lieux, la concentration de véhicules, de machines de chantier ainsi que de dépôts de matériaux divers sur une surface importante de la parcelle tranchant fortement avec le milieu agricole environnant (cf. arrêt entrepris, p. 27). Ces aménagements constituent une modification d'affectation importante. Au surplus, le déplacement de l'activité commerciale, respectivement du matériel précité peut certes compliquer momentanément l'exercice de l'activité de la société I.________ Sàrl, mais il ne constitue pas un obstacle à long terme. En tout état de cause, l'intérêt purement économique des recourants ne saurait avoir le pas sur l'intérêt public poursuivi par l'ordre de remise en état, à savoir le respect de la séparation de l'espace bâti et non bâti ainsi que la limitation des constructions et l'exclusion des activités commerciales en zone agricole.