Citation: 6P.133/2003 24.11.2003 E. 1

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours de droit public qui lui sont soumis (ATF 127 III 41 consid. 2a p. 42). 1.1 L'art. 88 OJ ne reconnaît la qualité pour agir par la voie du recours de droit public qu'à celui qui est atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés. De jurisprudence constante, celui qui se prétend lésé par un acte délictueux n'a pas qualité pour recourir sur le fond contre une décision pénale de classement, de non-lieu ou d'acquittement (cf. ATF 121 IV 317 consid. 3b p. 324 et les références citées). La loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infraction (LAVI; RS 312.5) a cependant renforcé les droits de procédure des personnes victimes d'une infraction en leur ouvrant, sous certaines conditions, la faculté de recourir contre un classement ou un non-lieu. La qualité pour recourir de la victime par la voie du recours de droit public se fonde alors directement sur l'art. 8 al. 1 let. c LAVI (ATF 128 I 218 consid. 1.1 p. 219). Cette disposition exige que le recourant ait subi une atteinte directe à l'intégrité corporelle, sexuelle ou psychique, du fait de l'infraction dénoncée (art. 2 al. 1 LAVI), qu'il ait été partie à la procédure auparavant et que la décision attaquée touche ses prétentions civiles ou puissent avoir des effets sur ces dernières. 1.2 Selon l'arrêt attaqué, le recourant a reçu un coup, est tombé, a perdu connaissance et a ensuite été conduit à l'hôpital où on lui a fait quatre points de suture à la tête. Le certificat médical mentionne une contusion et un hématome avec lacération de la peau au niveau occipitotemporal côté droit. Dans son recours, le plaignant invoque aussi d'importantes séquelles psychologiques et des céphalées dues à l'altercation. L'atteinte à son intégrité physique semble ainsi présenter une importance suffisante pour justifier sa qualité de victime au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI. Le recourant a manifestement participé à la procédure cantonale dès lors qu'il a déposé plainte et provoqué par son recours la décision attaquée. On ne peut lui reprocher de ne pas avoir pris de conclusions civiles, puisque la cause n'a pas été portée devant une autorité de jugement. Il indique dans son mémoire qu'il entend faire valoir des prétentions civiles fondées sur les art. 46 et 47 CO et il est manifeste que l'ordonnance de classement est de nature à exercer une influence négative sur celles-ci. Le recourant a donc qualité pour former un recours de droit public en application de l'art. 8 al. 1 let. c LAVI.