Citation: I 600/03 30.11.2004 E. 4.2

4.2.1 Dans son rapport du 20 septembre 2001, le docteur S.________ a suspecté la présence, à côté du trouble douloureux, d'une dysthymie ou d'un trouble thymique induit par l'alcool. En particulier, il a attesté que les tests psychométriques n'indiquaient pas la présence d'une dépression significative sur le vu de l'hétéro-évaluation, alors que l'auto-évaluation révélait une dépression sévère. De son côté, le docteur T.________, chef de la Clinique D.________, a attesté l'existence d'un épisode dépressif moyen nécessitant un traitement médicamenteux (rapport du 29 décembre 1999). Le diagnostic de trouble dépressif récurrent a été confirmé par les docteurs C.________ et B.________, médecins à la Clinique D.________, dans un rapport du 29 mai 2002. 4.2.2 La différence de diagnostic posé par le docteur S.________, d'une part, et le docteur T.________, d'autre part, n'est toutefois pas déterminante pour l'issue du présent litige. En effet, même si l'on se fonde sur le diagnostic du docteur T.________, force est de considérer que l'intimé souffre d'un épisode dépressif moyen, de sorte que la présence manifeste d'une comorbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée importantes, au sens de la jurisprudence, doit être niée. Par ailleurs, le cumul d'autres critères présentant une certaine intensité et constance n'apparaît pas réalisé en l'espèce. En effet, même si l'intimé vit quelque peu dans une situation de retrait, on ne saurait conclure à l'existence d'une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, du moment que l'intéressé rencontre régulièrement des amis et cultive des contacts cordiaux avec la famille de son épouse. En outre, les médecins dont les avis ont été versés au dossier ne font état d'aucune autre affection corporelle chronique distincte. L'existence d'un état psychique cristallisé marquant simultanément l'échec et la libération du processus de résolution du conflit psychique ne saurait non plus être admise, puisque, selon les médecins consultés, il existe une relation entre le refus de la rente notifié le 3 avril 2002 et la recrudescence des troubles constatés (cf. le rapport des docteurs C.________ et B.________, du 29 mai 2002). Enfin, dans la mesure où les médecins font état de non observance au traitement (cf. les rapports des docteur S.________, du 20 septembre 2001, et C.________ et B.________, du 29 mai 2002), on ne saurait admettre l'existence d'un échec des traitements pratiqués conformément aux règles de l'art, en dépit de la motivation et des efforts de la personne assurée pour surmonter les effets des troubles somatoformes douloureux. Cela étant, les troubles présentés n'entraînent pas une limitation de la capacité de travail pouvant conduire à une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI et l'office recourant était fondé à nier le droit de l'intimé à des prestations par sa décision du 3 avril 2002. Le recours se révèle ainsi bien fondé.