Citation: 9C_752/2014 E. 4.2

4.2. On relèvera à cet égard que le fait pour un médecin de ne pas s'exprimer sur l'existence d'une incapacité de travail ne signifie en soi pas nécessairement que cette incapacité n'existe pas. Bien que le docteur E.________ ait effectivement considéré en l'occurrence qu'il n'était pas possible de se prononcer sur cette question, il en a expliqué la raison par le seul fait que l'assuré n'avait pas exercé d'activité lucrative, ni avant ni après l'accident. Ce médecin a d'ailleurs précisé qu'au vu des séquelles traumatiques importantes constatées, il était nécessaire d'obtenir un bilan neuropsychologique afin d'apprécier la situation de manière plus approfondie, ce qui laisse supposer qu'il n'était pas en mesure de se déterminer avec la précision suffisante sur les éléments nécessaires à l'évaluation du cas qui lui était présenté. De même, le fait que la neuropsychologue n'a pas précisé la date à laquelle est apparue l'incapacité de travail n'implique pas forcément que cette incapacité soit survenue lors de la réalisation de l'examen car, comme l'a relevé la juridiction cantonale, la praticienne a fait état de déficits neuropsychologiques parfaitement compatibles avec les déficits résultant d'un traumatisme crânio-cérébral sévère; cela permet raisonnablement d'envisager que leur apparition ainsi que leur effet sur la capacité de travail coïncidaient avec la survenance de l'accident. Cette conclusion est encore renforcée par le contenu du rapport d'IRM du 17 février 2012 selon lequel le recourant souffrait de très importantes séquelles traumatiques frontales bilatérales "comparables" à celles de 2009 et par le contenu du rapport du 26 juillet 2012 du docteur B.________ selon lequel l'assuré souffrait d'un syndrome psycho-organique post-traumatisme crânio-cérébral et présentait "depuis lors" certains troubles identiques à ceux présentés en 2009 (irritabilité, état dépressif et agressivité). Il n'en va pas différemment du fait d'entreprendre des investigations médicales complémentaires seulement en juillet 2012 dès lors qu'au vu des constatations des premiers juges à propos du diagnostic et de l'incapacité de travail, dont le recourant n'établit pas le caractère manifestement inexact, cet élément ne saurait en soi signifier que l'état de santé du recourant se serait temporairement amélioré entre 2009 et 2012. L'anosognosie (incapacité pour un patient de reconnaître la maladie ou la perte de capacité fonctionnelle dont il est atteint) dont souffrait déjà l'assuré en 2009peut en outre expliquer que le docteur B.________ n'a pas adressé tout de suite son patient au docteur E.________.