Citation: 5A_269/2024 E. 3.2

3.2. L'autorité cantonale a d'abord rappelé les raisons ayant motivé le placement initial de l'enfant (soupçon de consommation de drogue à l'endroit des recourants, finalement écarté par des examens toxicologiques ultérieurs; soupçon de violences au sein du couple et de la famille élargie des recourants; mise en doute de la capacité des recourants à s'occuper de l'enfant de manière adéquate, vu sa santé fragile, et collaboration difficile avec les intervenants, bien qu'essentielle au regard de cette dernière circonstance particulière). Sans mettre en cause l'attachement des recourants pour leur fille, la présidente a ensuite constaté que des doutes subsistaient actuellement quant à leur faculté de l'accueillir et de la prendre en charge sans mettre en péril son développement. La curatrice avait certes noté des progrès de la part des parents dans son second bilan du 10 mai 2023, mais avait estimé toutefois que ceux-là étaient insuffisants pour permettre un retour de l'enfant auprès de sa famille. Suite au rapport précité, les intéressés avaient d'ailleurs recommencé à ignorer les remarques qui leur étaient faites, à s'isoler et à se montrer agressifs envers les intervenants de "E.________", allant jusqu'à enlever leur fille en août 2023, ce qui avait nécessité une intervention policière pour la retrouver. Or la capacité de prendre soin de la mineure de manière adéquate, constante et régulière, de même que la nécessité d'une collaboration effective avec le réseau - encore déficiente jusqu'à présent - était ici particulièrement importante, non seulement en raison du très jeune âge de l'enfant, mais également de sa santé fragile, les problèmes rencontrés à sa naissance étant en effet susceptibles d'entraîner des troubles du développement moteur et cognitif nécessitant un accompagnement régulier. A cela s'ajoutaient plusieurs éléments permettant de sérieusement mettre en doute la capacité des recourants d'offrir un cadre de vie adéquat pour la mineure, à savoir notamment: les préoccupations liées aux violences au sein du couple (plainte de la recourante à l'encontre de son époux, finalement retirée; menace de celui-ci d'enlever les enfants formulée en novembre 2022), voire aussi de la famille élargie (menaces de mort proférées par la belle-mère de la recourante à son encontre); l'agressivité manifestée par les parties à l'égard des intervenants de "E.________"; les comportements agressifs et menaçants adoptés par le recourant après l'annonce de la décision du 19 octobre 2023 (menaces proférées à l'encontre de la curatrice et de l'interprète; propos inquiétants concernant sa fille). Se référant à ces différentes circonstances, l'autorité cantonale a conclu qu'en tant qu'aucune mesure moins incisive que le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant à ses parents n'était à même de protéger efficacement celle-ci, il fallait admettre que son placement était conforme aux principes de proportionnalité et de subsidiarité et devait ainsi être maintenu.