Citation: 9C_41/2016 E. 3.2

3.2. En tant que l'autorité judiciaire de première instance a déduit des rapports successifs du CEMed des 23 mai 2011 et 28 avril 2014 que le syndrome post-thrombique dont souffrait l'assurée avait entraîné une incapacité entière de travail (dans toute activité) depuis octobre 2009, elle a procédé à une constatation manifestement inexacte des faits. En mentionnant au terme de l'expertise du 23 mai 2011 que l'état de santé de l'assurée sur le plan somatique était resté inchangé depuis son rapport du 4 mars 2010, le docteur E.________ n'a pas "confirmé ainsi l'incapacité de travail à 100 % depuis octobre 2009" (jugement entrepris p. 22 consid. 21). Si le médecin a certes indiqué que l'examen angiologique était sans changement depuis son appréciation de mars 2010 - actuellement un syndrome post-thrombotique ilio-fémoral gauche avec un syndrome obstructif iliaque persistant expliquant l'oedème et la sensation de tension prédominant au niveau de la cuisse -, il a conclu que "ce syndrome post-thrombotique [n'était] pas incapacitant dans une activité professionnelle adaptée avec des positions variées, sans orthostatisme prolongé et avec des possibilités de repos" (expertise du 23 mai 2011, p. 15). Comme l'a relevé l'expert angiologue, "[c]eci avait déjà été la conclusion en mars 2010", puisque dans son rapport du 4 mars 2010, il avait considéré que ledit syndrome ne devait pas compromettre la reprise d'une activité professionnelle, suffisamment variée pour éviter les positions debout ou assise prolongées. Aussi, les médecins du CEMed ont-ils fait état d'un degré d'incapacité de travail "resté stable depuis février 2010" - dont ils n'ont cependant pas précisé l'étendue - sur le plan angiologique et de la "persistance d'une incapacité de travail entière sur le plan psychique" (expertise du 23 mai 2011, p. 19). En fait, ce n'est que lors de sa troisième évaluation que le docteur E.________ a retenu que le syndrome post-thrombotique semblait invalidant et précisé qu'il lui paraissait désormais douteux que l'assurée pût envisager la reprise d'une activité professionnelle quelconque dans le futur (rapport du 28 avril 2014, p. 17). Compte tenu de ces observations médicales, la constatation d'une incapacité totale de travail - même dans une activité adaptée - en raison de la seule atteinte somatique de l'assurée depuis octobre 2009 relève d'une inexactitude manifeste et ne saurait lier le Tribunal fédéral (consid. 1 supra).