Citation: 4A_420/2022 E. 5.5.1

5.5.1. Dans un second pan de son argumentation, le recourant soutient que le TAS aurait dû reconnaître, en vertu des règlements édictés par la FIFA, la compétence de la CSJ FIFA et, partant, la sienne pour connaître de la créance invoquée en compensation dans la présente affaire. A cet égard, il fait valoir que l'art. 17 RSTJ réserve expressément la possibilité de déposer une demande reconventionnelle et permet donc, a fortiori, à une partie de faire valoir une prétention par voie de compensation. Il expose aussi qu'aucune disposition statutaire ou réglementaire de la FIFA ne limite d'une quelconque façon le droit d'une partie de former des demandes reconventionnelles, raison pour laquelle rien ne permet, en l'occurrence, d'exclure la compétence de la CSJ FIFA et, par voie de conséquence, celle du TAS pour examiner la prétention qu'il a opposée en compensation. Le recourant fait en outre valoir que la Formation aurait de toute manière dû se déclarer compétente pour statuer sur la créance invoquée en compensation, en vertu du principe selon lequel " le juge de l'action est le juge de l'exception ", ou en appliquant, par analogie, l'art. 377 al. 1 CPC. Se référant à l'arrêt 4A_482/2010 rendu le 7 février 2011, il observe que le Tribunal fédéral a reconnu que la tendance était à la généralisation dudit principe en matière d'arbitrage international. Il soutient ensuite qu'aucun élément ne permet d'inférer de la volonté des parties qu'elles auraient voulu soustraire à la compétence de la CSJ FIFA et du TAS la prétention opposée en compensation dans la présente affaire. Procédant dans la foulée à sa propre interprétation de l'art. 377 al. 1 CPC, il prétend que cette norme revêt un caractère obligatoire, raison pour laquelle le tribunal arbitral saisi est tenu de se déclarer compétent pour examiner une créance invoquée en compensation. A titre subsidiaire, il s'évertue à démontrer que les éventuelles exceptions à l'application de l'art. 377 al. 1 CPC ne sauraient entrer en ligne de compte en l'espèce. Plus subsidiairement encore, il affirme que le TAS aurait dû se déclarer compétent même dans l'hypothèse où l'art. 377 al. 1 CPC constituerait une norme potestative.