Citation: 5A_512/2023 E. 8.3

8.3. A l'appui de son grief, le recourant soutient que la Cour de justice a fait preuve d'arbitraire " dans l'affectation du montant de CHF 2'495.- ". Il affirme que l'autorité cantonale se contredit en retenant à tort qu'il contribue à l'entretien des enfants à raison de 2'455 fr. et que la pension de 2'495 fr. qu'il a versée jusqu'au 31 octobre 2022 l'était essentiellement au titre de loisirs et de vacances des enfants chez leur mère, étant au contraire établi que cette somme servait à couvrir leurs coûts directs, dont les factures étaient alors payées par l'intimée. Contrairement à ce qu'avance le recourant, l'arrêt attaqué ne constate pas qu'il " contribue " aux frais des enfants pour un montant de 2'455 fr. par mois. L'autorité précédente estime en réalité qu'une répartition stricte de l'entretien des enfants en fonction des ressources financières des parents implique que le père y consacre une telle somme, constatation que le recourant a échoué à remettre en cause (cf. supra consid. 7.3). La cour cantonale ne retient pas non plus que la contribution de 2'495 fr. par mois versée spontanément par le mari servait à financer les loisirs ou vacances des enfants, mais relève qu'en mettant à la charge de celui-ci une contribution d'un montant à peu près équivalent, les enfants bénéficient d'une part d'excédent de plus de 1'100 fr., jugée appropriée (cf. supra consid. 8.2). Or, le recourant n'entreprend pas d'établir que ce montant aurait été arbitrairement constaté, ni que l'autorité précédente aurait outrepassé son pouvoir d'appréciation de manière choquante en considérant qu'une telle somme était adéquate. Dans la mesure où le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement réparti la part d'excédent revenant aux enfants entre les parents, sa critique n'apparaît pas valablement étayée. Citant un arrêt 5A_564/2021 du 21 février 2022 consid. 5, il affirme que " le Tribunal fédéral a toujours considéré que l'autorité cantonale versait dans l'arbitraire si elle omettait de partager par moitié la part de l'excédent à charge du parent recourant qui revenait aux enfants ", ce qui serait le cas en l'espèce. Non seulement, contrairement à ce qu'il laisse entendre, cette affaire ne constitue pas un arrêt de principe (cf. art. 58 al. 1 du Règlement du Tribunal fédéral du 20 novembre 2006 [RS 173.110.131] cum art. 27 al. 3 LTF), mais encore, le recourant use une fois de plus d'un procédé appellatoire, inadmissible dans le cadre d'un recours dans lequel seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels. Il estime, en bref, que l'autorité cantonale est tombée dans l'arbitraire en lui faisant supporter l'entretien des enfants deux fois, soit une première fois en raison du montant de 2'455 fr. qu'il doit assumer à ce titre et une seconde fois compte tenu des 1'250 fr. qu'il doit verser à l'intimée. Réitérant sa critique, qui a déjà été rejetée (cf. supra consid. 6.2), selon laquelle les charges relevant de l'excédent, sans compter qu'elles n'étaient pas prouvées, auraient été comptabilisées à double, il prétend que les enfants se voient ainsi allouer 96,15% de l'excédent lorsqu'ils sont chez leur mère alors que, selon la jurisprudence, ils ont le droit de bénéficier du même montant auprès des deux parents, vu la garde alternée. Cette argumentation ne satisfait manifestement pas aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF, de sorte qu'elle est irrecevable, étant précisé que rappeler le principe d'une répartition par moitié de la part d'excédent des enfants lorsque les parents les prennent en charge de manière égale ne constitue pas un grief dûment motivé en rapport avec l'argumentation de l'autorité cantonale concernant cette répartition (cf. supra consid. 8.2); à toutes fins utiles, il convient aussi de relever qu'il est parfaitement admissible d'attribuer, en équité, un montant forfaitaire à titre de part d'excédent, sans qu'il soit nécessaire d'établir un besoin particulier (arrêts 5A_468/2023 du 29 janvier 2024 consid. 13.2; 5A_382/2021 du 20 avril 2022 consid. 6.2.1.3, non publié in ATF 148 III 353). Par ailleurs, lorsque le recourant soutient de manière appellatoire, en renvoyant tout au plus à des numéros d'allégués et de pièces, que la cour cantonale a constaté les faits de manière inexacte en omettant de retenir la part d'épargne qu'il a alléguée et prouvée, ses critiques sont également irrecevables faute d'être suffisamment motivées (cf. supra consid. 2.2), étant rappelé qu'il n'appartient pas au Tribunal fédéral de rechercher les éléments pertinents qui ressortiraient des pièces en question et de procéder une nouvelle fois à l'appréciation des preuves administrées (parmi plusieurs: arrêts 8C_291/2024 du 2 septembre 2024 consid. 5.3; 5A_945/2022 du 2 avril 2024 consid. 6.3; 9C_273/2022 du 23 août 2022 consid. 5.3). Tel est en particulier le cas des allégations du recourant selon lesquelles, entre 2018 et 2020, les économies sur ses revenus se sont élevées à un montant mensuel moyen de 14'516 fr. et que, compte tenu des frais liés à l'existence de deux ménages distincts, il subsisterait une épargne de 8'667 fr. par mois. En tant que le recourant prétend en outre que le solde disponible du couple après couverture des coûts directs des enfants serait de 5'847 fr. 33 (14'514 - 8'666,66) pour la période du 1er février 2021 au 31 octobre 2022 et de 6'310 fr. (14'514 - 8'666,66) pour la période postérieure, il s'écarte par ailleurs en tous points des constatations de l'arrêt attaqué, de sorte qu'il n'y a pas non plus lieu de tenir compte de ses allégations. De toute manière, l'autorité cantonale n'a pas réparti la totalité de l'excédent constaté, dont le recourant n'a en outre pas démontré qu'il aurait été arbitrairement retenu. Or, celui-ci ne prétend pas (art. 106 al. 2 LTF) que la part d'excédent revenant aux enfants pour assurer leurs loisirs et vacances habituels lorsqu'ils sont chez leur mère, arrêtée à un peu plus de 1'100 fr. chacun - au lieu des 2'314 fr. obtenu selon le principe des "petites têtes" -, relèverait d'un usage arbitrairement abusif du large pouvoir d'appréciation dont le juge du fait dispose en la matière (art. 4 CC). Insuffisamment motivé, le grief est ainsi entièrement irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).