Citation: 6B_1383/2017 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a exposé que les déclarations des parties divergeaient concernant la nature des opérations effectuées. Le recourant avait soutenu avoir vendu une toile de S.________ ainsi que la "C.________" pour 275'000 fr., tandis qu'A.________ avait indiqué avoir versé à l'intéressé la somme de 316'000 fr. à titre de prêt pour une durée de trois mois, en échange de sa participation dans la vente du tableau "D.________", les deux autres toiles lui ayant été remises contre un franc symbolique. Selon l'autorité précédente, cette divergence n'était pas déterminante, dès lors qu'A.________ avait, quoi qu'il en soit, versé au recourant une somme comprise entre 275'000 et 316'000 francs. Ce dernier avait fait miroiter au prénommé un juteux bénéfice en cas de vente de la "D.________", le déterminant ainsi à lui verser de l'argent. S'agissant de la "O.________", le recourant avait prétendu l'avoir vendue pour 12'000 fr. à I.________. Or, même si ce tableau n'avait pas garanti un prêt mais avait été vendu, comme le soutenait le recourant, ce dernier avait obtenu de l'argent de I.________ en échange de cette prétendue toile de J.________. La cour cantonale a par ailleurs indiqué que le recourant avait remis à ses deux cocontractants des certificats d'authenticité accompagnant les toiles. Selon elle, A.________ - qui n'était pas un spécialiste d'art et qui n'avait jamais effectué d'opération dans ce domaine - pouvait se fier à un tel document. Il en allait de même s'agissant de I.________, pour qui la "O.________" ne faisait que garantir un prêt, si bien que le certificat d'authenticité devait suffire à endormir sa méfiance. De tels titres étaient, pour la cour cantonale, aptes à garantir l'origine d'une oeuvre, puisque leur but était précisément de prévenir les fraudes. En conséquence, A.________ et I.________ pouvaient en toute bonne foi se fier à ces documents remis par le recourant. Ce dernier avait par ailleurs fourni une police d'assurance-chose à A.________. Celle-ci faisait état d'une prime annuelle de 19'931 fr. 60 pour cinq tableaux entreposés dans une chambre forte à la banque et assurés pour une valeur de 17'350'000 francs. Le recourant avait en outre établi et signé un document intitulé "Valeur des oeuvres figurant ci-dessous", dans lequel il estimait la prétendue toile de S.________ "B.________" à 850'000 fr. et la "C.________" à 700'000 francs. Mise en relation avec ce document, la police d'assurance était de nature à inspirer confiance à un acheteur. Le recourant s'était gardé de révéler à A.________ et à I.________ les prix payés pour acquérir les toiles litigieuses, ou encore le fait que les prétendus tableaux de J.________ avaient été achetés sur Internet. Il ne leur avait pas non plus avoué que certains tableaux se trouvant chez lui n'étaient pas authentiques. Selon l'autorité précédente, A.________ faisait confiance au recourant, car il s'agissait d'un antiquaire ayant pignon sur rue et dont I.________ avait, à sa demande, vérifié la probité, notamment auprès de F.________, qui possédait également des toiles de maîtres et avec lequel celui-ci faisait affaires. A.________ avait déclaré qu'à l'époque des faits, 300'000 fr. ne représentaient pas beaucoup d'argent pour lui, de sorte qu'il avait prêté cette somme au recourant dans l'idée de réaliser une bonne affaire avec la vente de la "D.________". En définitive, pour l'autorité précédente, on ne pouvait reprocher à A.________ et à I.________ d'avoir fait preuve de légèreté dans le cadre des transactions impliquant les tableaux litigieux. Le recourant avait astucieusement trompé les prénommés en leur faisant accroire - par la production de certificats d'authenticité et de la police d'assurance, ainsi qu'en taisant certains éléments qu'il était le seul à connaître - que les toiles étaient authentiques, alors que lui-même devait, à tout le moins, nécessairement nourrir des doutes à ce sujet.