Citation: 4P.188/1999 07.02.2000 E. 2

2.- a) En l'espèce, la recourante n'invoque que l'interdiction de l'arbitraire, découlant de l'art. 4 aCst. , en vigueur au moment de la décision cantonale. Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohibé par l'art. 4 aCst. , ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b; 124 I 247 consid. 5; 124 V 137 consid. 2b). S'agissant plus précisément de l'appréciation des preuves et de l'établissement des faits, la décision est arbitraire si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables. b) En l'espèce, la cour cantonale s'est demandée si un employé qui prend ses vacances au mois de janvier est supposé, dans le doute, avoir pris les vacances de l'année déjà écoulée ou les vacances de l'année en cours; elle a estimé qu'il fallait conclure qu'en s'absentant en janvier 1996, le demandeur prenait les vacances afférentes à 1995. La recourante taxe cette constatation d'arbitraire. L'argument critiqué par la défenderesse, qui figureau considérant 4 de la décision attaquée, se rapporte cependant exclusivement à la discussion qui conduit à rejeter la prétention du travailleur à une indemnité pour des vacances non prises. Comme cette décision (rejet de la prétention du travailleur) est entièrement favorable à la recourante, on ne voit pas quel intérêt celle-ci pourrait avoir à remettre en cause l'argumentation qui a abouti à ce résultat. Faute de tout intérêt pratique actuel, le grief paraît irrecevable (sur l'exigence d'un intérêt pratique actuel: cf. ATF 125 I 394 consid. 4a; 124 I 231 consid. 1b; 123 II 285 consid. 4 et les arrêts cités). Il reste à se demander si, comme le soutien la recourante, cette argumentation critiquée aurait néanmoins joué un rôle dans sa condamnation à paiement. La cour cantonale a retenu que l'employé, lequel prenait habituellement ses vacances en janvier, ne l'avait pas fait en janvier 1997; elle a également admis qu'il n'avait pas pris de vacances à une autre période durant cette année, mis à part quelques jours isolés. Sur tous ces points, la recourante n'invoque ni ne démontre l'arbitraire. Il en résulte nécessairement qu'en décembre 1997, le travailleur avait droit à ses vacances annuelles pour l'année 1997; comme il avait donné congé pour le 30 juin 1998, il avait également droit, en 1998, à la moitié des vacances annuelles. Dès l'instant où il n'est pas contesté que les vacances convenues étaient de 4 semaines par an, la cour cantonale en a déduit que le demandeur pouvait prendre, du 19 décembre 1997 à fin janvier 1998, 6 semaines de vacances. On cherche vainement où résiderait l'arbitraire de l'autorité cantonale. Il reste certes le sort de ces quelques jours de congé isolés pris durant l'année 1997. A supposer qu'on doive les imputer sur les vacances, cela signifierait tout au plus que l'employé, en décembre 1997, revendiquait quelques jours de vacances en trop. Ce motif n'a cependant jamais été allégué à l'appui du licenciement, de sorte que cette question est sans pertinence pour dire si les motifs invoqués par l'employeur justifiaient ou non une résiliation immédiate. Au demeurant, on peut penser sans arbitraire que si l'employé avait revendiqué des jours de vacances auxquels il n'avait pas droit, l'employeur n'aurait pas manqué de le faire valoir à l'époque du congé. On ne voit donc pas en quoi l'argument critiqué serait de nature à faire apparaître la décision attaquée, c'est-à-dire la condamnation de la recourante à paiement, comme arbitraire dans son résultat.