Citation: 5P.425/2000 23.01.2001 E. 3

3.- Le recourant soutient principalement que la commission de taxation a commis arbitraire en se déclarant compétente. Aux termes de la loi, en effet, elle doit statuer "en cas de contestation relative au montant des honoraires" (art. 42 al. 1 de la loi sur la profession d'avocat); or, en l'espèce, le mandant n'avait pas contesté la note d'honoraires en cause. Le recourant invoque aussi une violation du droit d'être entendu et de la liberté personnelle du pupille. a) Le curateur de représentation, selon l'art. 392 ch. 2 CC notamment, représente son pupille à l'égard de tous les tiers lorsqu'il remplace le représentant légal (général) d'un mineur ou d'un interdit. Son pouvoir de représentation découle de la loi et non de la volonté du représenté. Le pouvoir de représentation du curateur investi d'un mandat spécial est toutefois limité aux affaires dont il est chargé (Schnyder/Murer, Berner Kommentar, n. 18 ad art. 392 CC). Du fait de son pouvoir légal de représentation, le curateur a qualité pour agir au nom du représenté. En l'espèce, le curateur de représentation a reçu mission d'examiner toute action utile à la sauvegarde des intérêts du pupille, notamment l'opportunité de demander la modération, c'est-à-dire la taxation, de la note d'honoraires et débours du curateur de gestion. La teneur exacte de ce mandat est certes discutable, mais il n'est pas insoutenable, partant arbitraire, de considérer que le curateur de représentation peut aussi entreprendre des démarches de sauvegarde des intérêts de son pupille. C'est dès lors à bon droit, en vertu des pouvoirs dont il était investi, que le curateur de représentation a déposé une demande de taxation pour le compte de son pupille. Il y avait donc bien contestation, par le représentant qualifié du mandant, de la note d'honoraires du recourant mandataire. La saisine de la commission de taxation et, du même coup, sa compétence étaient par conséquent justifiées. b) Quant au grief de violation du droit d'être entendu, à supposer que le recourant soit en droit d'en invoquer la garantie dont bénéficie un tiers, il est infondé. En effet, dès l'instant où le représentant officiel du pupille est en droit, conformément au mandat de l'autorité tutélaire, d'agir en son nom, la question du droit du pupille d'être entendu ne se pose plus, le curateur agissant valablement pour le compte de celui-ci, à tout le moins dans une affaire d'ordre patrimonial, comme en l'espèce (taxation d'honoraires professionnels), qui ne concerne pas l'exercice d'un droit strictement personnel. c) Il en va de même pour le grief d'atteinte à la liberté personnelle, à supposer là aussi que le recourant soit en droit de s'en prévaloir lui-même. Même si la curatelle ne limite en principe pas l'exercice des droits civils, la requête de taxation du curateur de représentation n'en demeure pas moins valable et fonde, dès lors, la compétence de la commission de taxation. Le recours doit donc rejeté dans la mesure où il est recevable.