Citation: 6B_943/2021 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a exposé, en substance, que le stratagème mis en place par le recourant dans le but de pouvoir commander et se faire livrer, sur facture, de nombreuses bouteilles de vin, champagne ou prosecco ainsi que du matériel informatique qu'il n'avait en réalité par l'intention de payer, était constitutif d'une tromperie astucieuse. En particulier, il ne pouvait pas être reproché aux commerçants de ne pas avoir d'emblée procédé à de plus amples vérifications. Au stade de la prise de contact et des premières commandes, aucun élément ne pouvait les amener à douter de l'identité de leur cocontractant ou de la solvabilité de la société derrière laquelle il se cachait. La vérification de la solvabilité d'un potentiel client ne constituait pas une pratique commerciale usuelle dans le domaine, au contraire. Le système bien rôdé du recourant et la rapidité avec laquelle il effectuait ses commandes visait, ou à tout le moins avait manifestement pour effet, d'empêcher les entreprises de se rendre compte suffisamment tôt que les paiements n'étaient pas intervenus, étant relevé à cet égard qu'en sus des délais en matière de transferts bancaires, la pratique commerciale usuelle en Suisse consistait à adresser un, voire plusieurs rappels au débiteur avant de considérer définitivement la facture en souffrance. En définitive, le recourant avait parfaitement su déceler les failles des pratiques commerciales de ses fournisseurs, bien qu'actifs dans des domaines variés, et, par la mise en oeuvre de divers stratagèmes, les utiliser à son avantage dans le but de s'enrichir illégitimement. Le nombre important d'escroqueries à son actif dénotait, en outre, une certaine sophistication dans ses agissements.