Citation: 4A_183/2007 18.09.2007 E. 3

Sur le premier point soulevé par la recourante, il convient d'observer que la cour cantonale a interprété le contrat du 1er octobre 2001 en déterminant la commune et réelle intention des parties, sans s'arrêter aux expressions ou dénominations inexactes dont elles ont pu se servir, soit par erreur, soit pour déguiser la nature véritable de la convention (cf. art. 18 al. 1 CO; ATF 132 III 268 consid. 2.3.2, 626 consid. 3.1). Cette recherche de la volonté réelle des parties est qualifiée d'interprétation subjective (ATF 132 III 626 consid. 3.1; 131 III 606 consid. 4.1). Lorsque, comme en l'espèce, le juge parvient, sur la base de l'interprétation subjective, à se convaincre d'une commune et réelle volonté des parties, il pose une constatation de fait, qui peut être remise en cause en soulevant le grief d'appréciation arbitraire des preuves (cf. ATF 132 III 368 consid. 2.3.2; 129 III 118 consid. 2.5). En l'occurrence, la Chambre civile a retenu que les prestations promises par l'intimé selon le contrat du 1er octobre 2001 étaient des prestations d'architecte, en particulier des calculs techniques et la surveillance de travaux, en relation avec les travaux de béton armé et de maçonnerie confiés à A.________ SA, suivant le devis du 1er octobre 2001. Pour ce faire, la cour cantonale s'est fondée sur le témoignage de B.________, sur la lettre adressée le 31 décembre 2001 par la recourante à l'intimé, ainsi que sur les déclarations du marbrier chargé de la pose du dallage par la recourante. Il est vrai que ce dernier témoignage n'est pas déterminant à lui seul, dans la mesure où le poseur de dalles se borne à relever que, à une date non précisée, l'intimé ne s'est pas comporté envers lui comme un architecte. Pour sa part, B.________ a déclaré que la recourante avait confié à l'intimé, pour des honoraires de 20'000 fr., les calculs techniques relatifs aux travaux devisés ainsi que la surveillance de ceux-ci. Il a précisé que les parties avaient traité le jour même où il avait présenté l'intimé à la recourante. L'argument de la recourante selon lequel le témoin n'aurait assisté qu'à la négociation du contrat tombe dès lors à faux. Certes, B.________ s'est par la suite disputé avec la recourante. Cela ne suffit toutefois pas pour écarter les déclarations du témoin direct de la conclusion du contrat litigieux. Ce témoignage correspond également à une certaine logique puisque la recourante a, de manière concomitante, chargé A.________ SA des travaux de gros oeuvre et conclu un contrat avec l'intimé qui avait, justement, devisé lesdits travaux. Enfin, en tant qu'élément postérieur au contrat, le courrier du 31 décembre 2001 adressé à l'intimé par la recourante, constitue un indice de la volonté réelle des parties (cf. ATF 132 III 626 consid. 3.1 in fine et les arrêts cités). Comme la cour cantonale le relève pertinemment, la recourante elle-même, dans ce courrier intervenu avant la première modification contractuelle, fait un lien entre les travaux de gros oeuvre confiés à A.________ SA et les prestations d'architecte promises par l'ingénieur, qui se voit expressément rappeler que le paiement du montant de 20'000 fr. a été convenu «pour l'attribution de [ses] compétences dans ce domaine [du gros oeuvre]». Au surplus, contrairement à ce que la recourante soutient, l'établissement d'un «devis général» par l'intimé, après les premières modifications demandées par le maître de l'ouvrage, n'est en rien déterminant pour juger de l'étendue des prestations convenues le 1er octobre 2001. Il s'ensuit que la Chambre civile ne s'est pas livrée à une appréciation arbitraire des preuves en retenant que le montant de 20'000 fr., prévu dans le contrat du 1er octobre 2001, rémunérait les prestations de l'intimé en relation avec les travaux de béton armé et de maçonnerie confiés à A.________ SA, et non des prestations d'architecte en relation avec tous les travaux de transformation de l'immeuble de la recourante.