Citation: 7B_16/2022 E. 4.1

4.1.1 Aux termes de l'art. 429 al. 1 let. a CPP, si le prévenu est acquitté totalement ou en partie ou s'il bénéficie d'une ordonnance de classement, il a droit à une indemnité pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure. L'indemnité couvre en particulier les honoraires d'avocat, à condition que le recours à celui-ci procède d'un exercice raisonnable des droits de procédure. Savoir si le recours à un avocat procède d'un exercice raisonnable des droits de procédure et si, par conséquent, une indemnité pour les frais de défense selon l'art. 429 al. 1 let. a CPP peut être allouée au prévenu, est une question de droit fédéral que le Tribunal fédéral revoit librement (ATF 142 IV 45 consid. 2.1; 142 IV 163 consid. 3.2.1). C'est en premier lieu aux autorités pénales qu'il appartient d'apprécier le caractère raisonnable de l'activité de l'avocat et elles disposent dans ce cadre d'un pouvoir d'appréciation considérable. Le Tribunal fédéral s'impose par conséquent une certaine retenue lors de l'examen de l'évaluation faite par l'autorité précédente; il n'intervient que lorsque celle-ci a clairement abusé de son pouvoir d'appréciation et que les honoraires alloués sont hors de toute proportion raisonnable avec les prestations fournies par l'avocat (ATF 142 IV 163 consid. 3.2.1; arrêts 6B_591/2022 du 4 mai 2023 consid. 4.1.2; 6B_380/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.2.1). 4.1.2 Selon la jurisprudence, l'Etat doit en principe indemniser la totalité des frais de défense, ceux-ci devant toutefois demeurer raisonnables compte tenu de la complexité et de la difficulté de l'affaire (ATF 142 IV 163 consid. 3.1.2). D'après la jurisprudence toujours, l'indemnité doit correspondre au tarif usuel du barreau applicable dans le canton où la procédure se déroule (ATF 142 IV 163 consid. 3.1.2; arrêts 6B_591/2022 du 4 mai 2023 consid. 4.1.3; 6B_1459/2021 du 24 novembre 2022 consid. 4.1.3). Au demeurant, lorsqu'un tarif cantonal existe, il doit être pris en considération pour fixer le montant de l'indemnisation selon l'art. 429 al. 1 let. a CPP et sert de guide pour déterminer ce qu'il convient d'entendre par frais de défense usuels (cf. ATF 142 IV 163 consid. 3.1.2). L'Etat n'est de surcroît pas lié par une convention d'honoraires passée entre le prévenu et son avocat (ATF 142 IV 163 consid. 3.1.2 et l'arrêt cité; arrêts 6B_1459/2021 précité, ibidem; 6B_380/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.2.2). Dans le canton du Valais, la LTar prévoit un système d'indemnisation reposant sur un mécanisme forfaitaire (cf. arrêts 6B_646/2022 du 18 janvier 2023 consid. 3.1.2; 6B_380/2021 précité, consid. 2.3.2). A teneur de l'art. 27 al. 1 LTar/VS, les honoraires sont fixés entre un minimum et un maximum prévus par la loi, d'après la nature et l'importance de la cause, ses difficultés, l'ampleur du travail, le temps utilement consacré par le conseil juridique, et la situation financière de la partie. L'art. 29 al. 1 LTar/VS précise en outre que dans les causes qui ont nécessité un travail particulier, notamment lorsque le mandat a dû être exécuté en partie en dehors des heures de travail, que les moyens de preuve ont été longs et difficiles à réunir ou coordonner, que le dossier de la procédure probatoire a pris une ampleur considérable, que les questions de fait ou de droit ont été spécialement compliquées, que le conseil juridique représente plusieurs parties ou que son client est opposé à plusieurs parties, l'autorité peut accorder des honoraires d'un montant supérieur à celui prévu par le tarif. D'après l'art. 36 al. 1 LTar/VS, en cas de procédure devant l'autorité pénale, les honoraires sont fixés de 550 à 5'500 fr. devant le ministère public (let. d) et de 550 à 3'300 fr. devant le tribunal de district (let. f). La loi valaisanne fixe ainsi, comme l'autorise la jurisprudence (cf. ATF 143 IV 453 consid. 2.5.1; 141 I 124 consid. 4.3; arrêt 7B_284/2023 du 20 septembre 2023 consid. 2.4.1), un émolument forfaitaire pour les honoraires d'avocat et non un tarif horaire, le juge devant uniquement effectuer une appréciation sur la base de critères généraux, dans le cadre des limites prescrites, le temps utilement consacré par l'avocat ne constituant ainsi que l'un des divers critères d'évaluation du forfait (cf. ATF 143 IV 453 consid. 2.5.1; cf. aussi arrêt 6B_380/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.2.2). 4.2 La violation du droit cantonal ne constitue pas en tant que tel un motif de recours au Tribunal fédéral (cf. art. 95 LTF). La partie recourante peut uniquement se plaindre de ce que l'application du droit cantonal par l'autorité précédente consacre une violation du droit fédéral au sens de l'art. 95 let. a LTF, en particulier qu'elle est arbitraire (art. 9 Cst.) ou contraire à d'autres droits constitutionnels (ATF 145 I 108 consid. 4.4.1). Pour être considérée comme arbitraire, la violation d'une loi cantonale doit être manifeste et reconnue d'emblée. Il y a arbitraire dans l'application du droit lorsque la décision attaquée est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire préférable; pour que cette décision soit annulée, encore faut-il qu'elle se révèle arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son résultat (ATF 145 I 108 consid. 4.4.1; 143 I 321 consid. 6.1; arrêts 7B_14/2022 du 15 août 2023 consid. 5.2.2; 6B_644/2022 du 9 février 2023 consid. 4.1). 4.3 Il n'est en l'espèce pas contesté que l'affaire en cause portait sur une simple infraction contre l'honneur, respectivement que les questions de fait et de droit en lien avec l'infraction dénoncée ne présentaient pas de difficulté particulière. Ces éléments ont été pris en considération par les autorités précédentes. Celles-ci ont toutefois également tenu compte d'autres critères, en particulier du caractère extrêmement conflictuel des rapports entre les familles de B.B.________ de C.B.________ et de A.________, du volume important du dossier de la cause et du temps utilement consacré par les avocats sur l'affaire, qui sont des critères qui peuvent se déduire sans arbitraire des art. 27 al. 1 et 29 LTar/VS, pour parvenir à la conclusion - sans que l'on puisse y déceler un quelconque abus du large pouvoir d'appréciation dont elles disposent en la matière - qu'il y avait lieu de s'écarter des montants maximums prévus par l'art. 36 al. 1 let. d et f LTar (arrêt 6B_380/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.4.2) en ce qui concerne l'avocat de B.B.________. Quant à l'indemnité octroyée au mandataire de C.B.________, Me E.________, les autorités précédentes l'ont fixée en deçà des montants maximums cumulés prévus par l'art. 36 al. 1 let. d et f LTar, en pesant l'ensemble des éléments évoqués à l'art. 27 al. 1 LTar. Certains actes de procédure ont certes été jugés prolixes par les autorités précédentes et le temps d'intervention de Me E.________ s'est déroulé sur une courte période (ce dernier s'est manifesté le 14 avril 2020 en qualité de mandataire de C.B.________ [cf. ordonnance entreprise, p. 5]). Ces éléments ont toutefois également été pris en considération. En effet, à propos du temps utilement consacré par Me E.________, le juge de première instance, suivi par la cour cantonale, a considéré qu'il devait être réduit "aux environs de 20 heures" (au lieu des 30h alléguées), tandis qu'il a réduit ce temps à une "trentaine d'heures" (au lieu de 70h) s'agissant du défenseur de B.B.________. C'est donc qu'un certain nombre des démarches effectuées par les avocats des prénommés ont été jugées superflues. Cela étant, au vu des circonstances précitées et des opérations effectuées (étude du volumineux dossier de la cause, rédaction de quelques lettres ou déterminations, entretiens clients [ordonnance du 11 août 2020, p. 28 s. à laquelle se réfère l'ordonnance entreprise]), le nombre d'heures retenu n'apparaît pas exagéré pour le traitement de cette cause. Quant au taux horaire prétendument appliqué de 300 fr. (TVA comprise), supérieur au tarif horaire usuel des avocats valaisans de 260 fr., l'autorité précédente a relevé que le recourant méconnaissait que ce dernier montant s'entendait TVA en sus et que le juge de première instance avait précisément arrondi son évaluation, fondée sur une approximation ("aux environs de 20 heures", "une trentaine d'heures"). Le recourant ne s'attaque pas à cette appréciation, qui n'apparaît au demeurant pas insoutenable, dans la mesure où cela reviendrait à retenir, à un tarif horaire de 260 fr., plus la TVA, soit environ 280 fr. de l'heure, un décompte de quelque 21h30, respectivement 32h d'activité pour Me E.________ et Me F.________. En tout état, les montants de 6'400 fr. et 9'400 fr., TVA et débours compris, destinés à rémunérer l'activité des avocats précités, dans le cadre d'une procédure pénale, dans un contexte très conflictuel ayant donné lieu à une ordonnance de classement de plus de trente pages, ne peuvent pas être tenus pour arbitraires, quand bien même les questions de fait et de droit en lien avec l'infraction dénoncée ne présentaient pas de difficulté particulière. 4.4 Sur le vu de ce qui précède, il n'apparaît pas que la cour cantonale ait versé dans l'arbitraire ni abusé du large pouvoir d'appréciation qui lui est reconnu en ce qui concerne la fixation des indemnités à forme de l'art. 429 al. 1 let. a CPP allouées à B.B.________ et C.B.________. Les griefs du recourant, mal fondés, doivent ainsi être écartés.