Citation: 6B_31/2023 E. 2.6

2.6. L'argumentation de la cour cantonale doit être suivie. Certes, il est vrai, comme le souligne le recourant, que le montant total des infractions d'escroquerie n'est pas particulièrement élevé (moins de 15'000 fr.), que le recourant n'a porté atteinte qu'à des intérêts pécuniaires, et que la cour cantonale a qualifié sa faute de légère (concernant l'ouverture du compte B.________ et les dissimulations des montants perçus en 2018), respectivement de très légère (en lien avec la dissimulation du versement perçu en 2019). Il n'en demeure pas moins que l'intérêt public à l'expulsion du recourant est important. En effet, comme relevé à juste titre par la cour cantonale, ce dernier a porté préjudice à la collectivité publique, abusant, à plusieurs reprises et avec une certaine persévérance, du droit à l'aide sociale dont il bénéficiait afin d'améliorer son train de vie. Les agissements pour lesquels le recourant a été condamné font par ailleurs suite à une autre condamnation en 2014, par laquelle, comme souligné par la cour cantonale, le recourant avait déjà fait assumer à la collectivité publique ses responsabilités ne payant pas, durant des nombreuses années et de manière fautive, les contributions d'entretien dues pour ses filles aujourd'hui majeures, lesquelles avaient été prises en charge par les services sociaux pour un montant global de plus de 121'000 fr. (cf. s upra Faits let. B.b). Cet antécédent - démontrant une tendance marquée du recourant à chercher à se soustraire à ses obligations financières - ne l'a toutefois pas dissuadé de commettre les faits à la base de la présente procédure, ce qui dénote un certain mépris de l'ordre juridique suisse et laisse craindre que, loin d'amender son comportement avec les années passées en Suisse, le recourant se permet davantage d'enfreindre les lois de son pays d'accueil à mesure que passe le temps. Le fait qu'il ait remboursé une bonne partie des montants perçus indûment (plus de 7'500 fr. au 4 novembre 2022) ou que la cour cantonale ait octroyé le sursis à l'exécution de la peine (en considérant son pronostic de récidive comme non défavorable) n'y change rien. Pour le reste, le recourant ne conteste pas son absence de prise de conscience des faits qui lui sont reprochés. Enfin, comme déjà mentionné, il est à rappeler que le recourant a émargé à maintes reprises à l'aide sociale, en particulier sur une période de quelques 4 ans entre 2005 et 2009, sa dette sociale s'élevant à plus de 163'000 francs. A cet égard, on peut relever qu'une telle dette sociale pourrait permettre une révocation de son autorisation d'établissement sur la base de l'art. 63 al. 1 let. c LEI (cf. arrêts 2C_769/2021 du 11 mai 2022 consid. 4.6; 2C_47/2014 du 5 mars 2014 consid. 2.1). Concernant l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, on peut relever la longue durée de son séjour dans ce pays (quelques 30 ans) ainsi que le fait que ses enfants (et petits-enfants), notamment sa fille mineure, y vivent. Cependant, le recourant ne fait pas ménage commun avec cette dernière ni dispose de la garde sur celle-ci - étant précisé qu'il n'est plus avec la mère -, se bornant à la prendre en charge régulièrement. Comme l'a signalé l'autorité précédente, des contacts resteront possibles entre le recourant et sa fille mineure, ainsi que le reste de sa famille demeurant en Suisse, par le biais de moyens de télécommunication modernes et rien n'empêchera ceux-ci de lui rendre visite en Algérie, sa fille mineure pouvant même s'y rendre seule compte tenu du fait qu'elle sera très prochainement âgée de 16 ans. Rappelons que la mesure d'expulsion est de durée limitée. Dans cette mesure, l'intérêt du recourant à demeurer en Suisse en raison de ses liens familiaux peut être relativisé. S'agissant des perspectives de réintégration du recourant dans son pays d'origine, celles-ci ne seront pas moindres que son intégration actuelle en Suisse. Le recourant a en effet grandi en Algérie, pays qu'il a quitté à l'âge de 21 ans seulement. Dès lors, on peut supposer qu'il parle la langue du pays, quand bien même le jugement cantonal ne contient aucune constatation de fait à cet égard. Le recourant conserve également en Algérie une grande partie de sa famille. À ce sujet, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu qu'il se rendait régulièrement en Algérie pour visiter sa famille et qu'il voyageait régulièrement dans ce pays. Cependant, le recourant reconnaît être retourné dans son pays d'origine "huit fois" entre 2015 et 2019, dont trois fois en 2019 pour visiter ses parents malades. On peut donc supposer que le recourant a des contacts réguliers avec sa famille. Ces éléments devraient faciliter la réintégration du recourant dans le pays qu'il a quitté à l'âge adulte et dans lequel vivent des membres de sa famille proche. En se prévalant du fait qu'il n'aurait pas d'attaches particulières avec l'Algérie et pas ou très peu de contacts avec sa famille d'origine, le recourant procède de manière appellatoire. On ne voit pour le reste pas ce qui empêcherait le recourant de s'insérer économiquement dans ce pays, étant précisé qu'il ne peut de toute manière pas revendiquer en Suisse une expérience ou une carrière professionnelle particulière. Enfin, le recourant ne discute pas le fait que son intégration en Suisse soit très limitée, que ce soit au niveau social, économique ou professionnel, et ce malgré sa présence dans ce pays depuis une trentaine d'années.