Citation: 8C_441/2017 E. 4.1

4.1. Au terme du second examen de l'assurée, le docteur D.________ a constaté que le trouble dépressif diagnostiqué antérieurement était en rémission partielle, tandis l'ESPT ne s'était pas amendé. Les symptômes de cette atteinte étaient peut-être moins intenses qu'au début, ils se réactivaient néanmoins facilement à l'exposition d'indices du traumatisme psychique initial; A.________ restait dans un état d'alerte relativement élevé. Sur la question du lien de causalité naturelle avec l'agression du 26 février 2011, l'expert a d'abord confirmé sa précédente opinion, à savoir qu'il considérait cet événement comme un facteur de stress suffisant pour provoquer des troubles psychiques et en particulier un ESPT - l'assurée en présentait d'ailleurs la clinique typique. Toutefois, a-t-il expliqué ensuite, cette agression n'était pas comparable à une situation de stress extrême (torture, désastre, camps de concentration, exposition prolongée à des situations représentant un danger vital) où "on [pouvait] admettre qu'il n'[était] pas nécessaire d'invoquer une vulnérabilité personnelle pour expliquer une persistance des troubles". Or il existait une fragilité préexistante pour un trouble de type anxieux chez l'assurée. En particulier, quelques années avant l'accident, cette dernière avait présenté un trouble panique avec agoraphobie s'exprimant par des attaques de panique et des conduites d'évitement, soit des manifestations qui se recoupaient avec les symptômes de l'ESPT survenu par la suite. Le docteur D.________ estimait donc que depuis le 26 février 2015, soit quatre ans après la survenance du traumatisme, les facteurs étrangers à l'accident étaient la cause prépondérante de la persistance et de la gravité des troubles psychiques actuels de A.________ avec un degré de vraisemblance plus grand que 75 %. Par ailleurs, il était d'avis que l'on ne pouvait attendre d'un traitement une amélioration significative de son état qui était désormais stabilisé. Seule une thérapie de soutien paraissait indiquée dans cette situation qui allait probablement rester fixée pour une longue durée. Enfin, les intrusions et l'activation neurovégétative étaient suffisamment fréquentes pour induire une fatigabilité ainsi que des troubles attentionnels et de concentration, de sorte qu'il considérait justifié le maintien d'une incapacité de travail de 50 % dans l'activité administrative actuelle de l'assurée.