Citation: 1C_388/2021 E. 3.3

3.3. Les recourants reprochent à la Cour de justice d'avoir dressé les faits arbitrairement en ce sens qu'elle n'aurait pas compris le raisonnement tenu par le TAPI dans son premier jugement du 19 mars 2020. Selon eux, la Cour de justice aurait dû analyser la problématique de la distance à la lisière de l'accès au garage et des murs de soutènement prévus par le projet sous l'angle de l'art. 11 al. 2 let. c LForêts et non l'art. 11 al. 2 let. b LForêts. Ces éléments étant à une distance de moins de 10 m de la lisière forestière (cf. art. 11 al. 2 let. c LForêts), ils ne pouvaient bénéficier d'aucune dérogation. On ne distingue en premier lieu pas ce qui justifierait d'annuler l'arrêt entrepris au motif que la Cour de justice n'aurait pas " compris " le raisonnement tenu par le TAPI. En effet, en procédure administrative genevoise, les autorités de recours, soit aussi bien le TAPI que la Cour de justice (lorsque la loi prévoit deux instances judiciaires de recours), ont le même pouvoir d'examen (cf. art. 61 al. 1 de la loi cantonale sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 [LPA; rsGE E 5 10]); cela permettait à la Cour de justice de statuer d'une manière divergente des premiers juges sur la base du dossier et des faits admis par le jugement attaqué, peu importe qu'elle ait compris ou non le raisonnement juridique opéré par ces derniers. Au demeurant, le TAPI a certes fait application de l'art. 11 al. 2 let. c LForêts s'agissant du bâtiment projeté. Il a toutefois également mentionné l'art. 11 al. 2 let. b LForêts, considérant que si la rampe d'accès - située à moins de 10 m de la lisière forestière - répondait à la définition d'une CDPI au sens de cette disposition, aucune dérogation n'avait été accordée à ce titre par le DT. Il n'est donc pas " choquant " que la Cour de justice ait considéré que - dès lors que la rampe d'accès ne répondait pas à la définition d'une CDPI - l'application de l'art. 11 al. 2 let. b LForêts était infondée. Cela étant, il faut concéder aux recourants que l'argumentation de la Cour de justice n'est pas des plus claires. S'agissant tout d'abord du bâtiment projeté, on comprend de l'arrêt entrepris qu'il tombe sous le coup de la dérogation prévue à l'art. 11 al. 2 let. c LForêts, ce qui n'est pas contesté. En ce qui concerne ensuite l'accès au garage et les murs de soutènement, l'autorité précédente a considéré qu'ils ne constituaient pas une CDPI au sens de l'art. 11 al. 2 let. b LForêts, sans parler expressément de dérogation pour ces aménagements. Il n'en demeure pas moins que le projet, qui se situe à moins de 20 m de la lisière de la forêt, a été autorisé dans sa globalité par le DT; cette décision a ensuite été confirmée par la Cour de justice. C'est donc que les autorités précédentes ont considéré que les conditions de la dérogation figurant à l'art. 11 al. 2 LForêts étaient en l'espèce réalisées. Cela est suffisant sous l'angle du droit d'être entendus des recourants (cf. ATF 146 IV 297 consid. 2.2.7; 141 V 557 consid. 3.2.1); cette réflexion ne leur a en effet pas échappé, puisqu'ils ont précisément attaqué l'arrêt cantonal sur ce point. Pour le reste, il n'est en tout cas pas arbitraire de considérer, comme l'a expliqué le DT dans ses déterminations, que les aménagements litigieux, dépourvus de toiture et contigus au bâtiment principal qu'ils desservent, entrent dans la définition d'un léger agrandissement des constructions existantes au sens de l'art. 11 al. 2 let. b LForêts, de sorte qu'une dérogation, même implicite, à la limitation générale de l'al. 1 pouvait également leur être accordée. A l'instar de ce qu'a relevé le département précité (cf. déterminations du 17 janvier 2022), et sans que cela ne soit contesté par les recourants, ces aménagements viennent en effet s'implanter sur un revêtement de sol déjà présent sur les quatre côtés de la villa à démolir située sur la parcelle no 4135 (cf. plan de niveaux et d'arbres) et sur un chemin de passage également existant, se situant à moins de dix mètres de la lisière de la forêt et desservant le bien-fonds précité ainsi que les parcelles nos 16386 et 16377.