Citation: 1C_203/2020 E. 1

L'instante précédente n'en est cependant pas restée au constat que l'enchaînement chronologique des faits conduisait à cette présomption. Elle a souligné que celle-ci était renforcée par de nombreux éléments. Elle a indiqué que la recourante avait elle-même admis que leur couple avait rencontré des difficultés déjà lors de la communication des premières dettes de son ex-époux, de l'annonce de la vasectomie subie par son ex-époux et de l'impossibilité d'y remédier malgré deux opérations chirurgicales. Certes, comme l'a souligné la recourante, le Tribunal fédéral a indiqué que l'absence de descendance directe n'est pas en soi un critère suffisant pour aboutir à la conclusion que l'intéressé a fourni des déclarations mensongères (cf. arrêt 1C_377/2017 du 12 octobre 2017 consid. 2.2.3). Toutefois, dans cette affaire, la différence d'âge entre les époux était telle qu'une descendance commune n'était pas envisageable et ce, dès le début de la relation. Tel n'est manifestement pas le cas en l'espèce, la volonté exprimée des époux étant, dès le début de leur mariage, de pouvoir fonder une famille. L'ex-époux a par deux fois subi une opération chirurgicale afin de rétablir sa fertilité en 2005 et 2006. La recourante a indiqué que la situation financière difficile de son ex-époux empêchait de recourir à l'adoption. Ce dernier a mis l'accent sur la détérioration progressive de leur relation en raison de l'impossibilité pour le couple d'avoir des enfants et a nié l'existence d'un événement particulier qui aurait été la cause de leur désunion. Il ressort donc des déclarations concordantes des deux ex-époux que la question de la descendance revêtait une importance particulière qui a porté atteinte au lien conjugal et la recourante avait connaissance de ce fait au moment de la signature de la déclaration commune. Le Tribunal administratif fédéral a également mis en évidence que le certificat médical du 28 février 2018 déposé en cause fait état de problèmes neurologiques et psychiques ayant joué un rôle important dans la séparation du couple. Comme le souligne le Tribunal administratif fédéral, les problèmes conjugaux à l'origine des difficultés neurologiques et psychiques existaient vraisemblablement avant la signature de la déclaration commune en octobre 2010. Dans ces circonstances, l'instance précédente a pris en compte l'ensemble de ces éléments qui renforcent la présomption établie et n'a pas excédé son pouvoir d'appréciation (cf. arrêts 1C_588/2017 du 30 novembre 2017 consid. 5.3.2; 1C_121/2014 du 20 août 2014 consid. 2.1.2). Le simple fait que la recourante aurait pu convenir avec son ex-époux de poursuivre leur union conjugale durant au moins deux ans, afin de bénéficier de la présomption ne suffit pas à démontrer que l'instance précédente a abusé de son pouvoir d'appréciation en appliquant la présomption. Enfin, la recourante, sans soutenir qu'un événement extraordinaire serait survenu qui serait susceptible d'expliquer une détérioration rapide du lien conjugal, souligne que la venue d'un agent de l'Office des poursuites en janvier 2011 annonçant que les dettes de son ex-époux s'élevaient à 200'000 francs avait " accéléré la demande de divorce ". Elle reproche au Tribunal administratif fédéral de ne pas avoir suffisamment tenu compte de cet événement, ni des efforts substantiels fournis pour tenter d'éponger les dettes de son ex-époux qui de surcroît lui avait caché la réalité de sa situation financière. L'instante précédente a démontré de manière pertinente que, sans vouloir minimiser l'aide financière apportée par la recourante, la relation conjugale était déjà détériorée au moment de la déclaration de vie commune et que l'ampleur des dettes contractées n'était pas la cause de la désunion. Le médecin, psychiatre et psychothérapeute FMH, atteste que la recourante a été suivie " à sa consultation de neurologie-psychiatrie en 2010 et en 2011 pour des problèmes neurologiques (vasculaires, migraine, parésie) et psychiques (anxiété, stress, problèmes conjugaux importants) qui ont joué un rôle important dans la séparation et le divorce du couple ". L'interprétation du certificat, soutenue par la recourante, selon laquelle les problèmes neurologiques seraient apparus en 2010 et les problèmes psychologiques en 2011 n'est pas convaincante. Le certificat médical indique sans équivoque que la recourante a été suivie en 2010 et 2011 pour des problèmes neurologiques et psychiques ayant joué un rôle dans le divorce. Ces problèmes étaient donc antérieurs à la signature de la déclaration intervenue en fin d'année 2010. Or, la découverte de l'ampleur des dettes remonte à janvier 2011, date à laquelle la recourante avait déjà consulté son médecin notamment pour les problèmes évoqués ci-dessus. Le Tribunal administratif fédéral a souligné que l'annonce de la situation financière de l'ex-époux en janvier 2011, situation qu'elle connaissait en partie, ne peut à l'évidence pas expliquer l'état de santé de la recourante en 2010, mais a pu avoir pour effet de péjorer un état préexistant.