Citation: I 118/05 21.09.2006 E. A

S.________, né en 1966, a travaillé depuis le 7 février 2000 comme ouvrier de construction et notamment comme grutier qualifié au service de l'entreprise X.________ SA. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA). A la suite d'une chute survenue le 21 février 2000, il s'est fracturé le radius distal droit ainsi que la tête du radius gauche et a présenté une incapacité totale de travail à compter du même jour. Opéré les 21 et 24 février 2000, il a subi une réduction sanglante ainsi qu'une ostéosynthèse du radius distal droit et de la tête du radius gauche (rapports des 1er mars, 8 et 20 mai, 26 juin, 24 juillet, 28 août 2000, 9 février et 25 mai 2001 du docteur W.________ [spécialiste en chirurgie orthopédique]). La CNA a pris en charge les frais de traitements médicaux et les indemnités journalières. S.________ a repris l'exercice de son métier à 50 % dès le 24 juillet 2000, puis à 60 % à partir du 28 août suivant, avant de réduire son taux d'occupation à 50 % à compter du 29 janvier 2001 et de cesser toute activité lucrative dès le 13 juin 2001. Le 15 juin suivant, il a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité. Procédant à l'instruction de celle-ci, l'Office AI du canton de Fribourg (ci-après : l'office AI) a recueilli l'avis du docteur W.________ (rapport du 25 juin 2001) et de la doctoresse B.________ (spécialiste en médecine générale et médecin traitant [rapports des 10 et 11 septembre 2001]). Il a en outre requis la production du dossier médical constitué par la CNA. Selon le docteur Y.________ (médecin d'arrondissement de la CNA), S.________ présentait alors les séquelles d'une fracture intra-articulaire comminutive du radius distal droit et d'une fracture de la tête radiale gauche constitutives d'une atteinte à l'intégrité physique de 15 %. En raison de ces troubles, il subissait une importante limitation fonctionnelle du poignet droit et une légère limitation au niveau du coude gauche. Bien que la force de préhension fût conservée, le port de charges à chaque bras était limité à 10 kg, de sorte que le métier d'ouvrier de construction n'était raisonnablement plus exigible. En revanche, l'assuré était à même d'exercer en plein le métier de grutier ou une activité de type industriel léger (rapports des 13 et 20 juin 2001). De son côté, le médecin traitant était d'avis que l'assuré n'était plus à même d'exercer le métier de grutier mais qu'en revanche, il disposait d'une capacité entière de travail dans un poste sans port de charges excédant 10 kg au niveau des membres supérieurs, sans effort soutenu et prolongé de la main droite, ni exposition au froid (rapports des 10 septembre et 17 octobre 2001 de la doctoresse B.________). Dans un rapport sur la réadaptation professionnelle de l'assuré daté du 31 mars 2002, l'office AI a également considéré que S.________ n'était plus à même d'exercer le métier de grutier mais qu'il pouvait en revanche accomplir des travaux limitant le port de charges et ne requérant pas une dextérité particulière, soit des activités de production légère par exemple de surveillance de production, de petit montage ou de conditionnement. Dans un rapport daté du 2 mai 2002, le docteur Y.________ a confirmé son avis précédent, notamment s'agissant de la capacité de travail raisonnablement exigible de l'assuré et en particulier comme grutier. Par décision du 16 octobre 2002, la CNA a accordé à S.________ une indemnité d'un montant de 16'020 fr. pour atteinte à l'intégrité physique correspondant à un taux de 15 %; en outre, elle l'a mis au bénéfice d'une rente fondée sur un degré d'invalidité de 22 % à partir du 1er juin 2002. En regard de l'état de santé médicalement constaté, elle a considéré que l'assuré n'était plus à même de travailler comme grutier (cf. courrier du 2 novembre 2001 de la CNA), mais qu'en revanche, l'exercice en plein d'une activité lucrative industrielle légère, ne sollicitant pas excessivement les membres supérieurs et ne requérant pas le port de charges lourdes, était raisonnablement exigible de sa part. De son côté, l'office AI a nié le droit à la rente de l'assuré, le degré d'invalidité que celui-ci présente (17 %) étant insuffisant pour ouvrir droit à la prestation (décision du 18 novembre 2002). S.________ ayant formé opposition contre les décisions précitées, l'instruction des dossiers fut poursuivie. Dans deux rapports datés des 3 juillet 2003 et 8 août 2003, le médecin d'arrondissement de la CNA a fait état d'une aggravation du status de l'assuré en ce sens que la mobilité du coude gauche et la force de préhension des deux mains avaient diminué. L'activité de grutier n'était désormais exigible qu'au sol, car l'assuré n'était plus à même d'accéder à la cabine de commandes. Pour le reste, il a renvoyé à son rapport du 20 juin 2001, non sans toutefois requérir l'avis de spécialistes aux fins d'évaluer si l'ablation du matériel d'ostéosynthèse pouvait améliorer la mobilité du coude gauche. Le 1er septembre 2003, le docteur K.________ (spécialiste en chirurgie orthopédique) a ainsi diagnostiqué un raidissement du coude gauche sur status post-ostéosynthèse de la tête du radius gauche et sur status post-ostéosynthèse du radius distal droit. En regard du poignet droit, il a indiqué que l'assuré présentait un conflit essentiellement mécanique qu'une ablation du matériel d'ostéosynthèse ne résoudrait pas et préconisé un traitement symptomatique par prise concomitante d'antalgiques. S'agissant du coude gauche, il a constaté un flexum de 45° nécessitant le port d'une attelle dynamique et le suivi de séances de physiothérapie afin que l'assuré puisse éventuellement recouvrer une meilleure mobilité; en cas d'évolution défavorable du status, il a envisagé de procéder à une intervention chirurgicale susceptible de livrer une éventuelle explication mécanique aux troubles en cause.