Citation: 6B_946/2015 E. 1.6

1.6. La garantie de l'anonymat prévue aux art. 149 al. 2 let. a et 150 CPP ne saurait d'emblée être incompatible avec les garanties déduites du droit d'être entendu en matière d'écoutes téléphoniques. Pour chaque mesure de protection, le droit d'être entendu des parties, en particulier les droits de la défense du prévenu, doit précisément être garanti (cf. art. 149 al. 5 CPP). En l'espèce, les conversations enregistrées ont pu être traduites une nouvelle fois en audience contradictoire en présence des parties. Cela étant, l'anonymat du traducteur initial, respectivement le manque d'informations sur sa personne ne justifient pas d'écarter les retranscriptions du dossier. Enfin, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur la critique relative à la prétendue participation - avant les auditions menées par le ministère public - d'autres traducteurs. En effet, le recourant tire une déduction de fait sur la base d'une seule phrase issue du rapport de police (" nos interprètes n'étant pas de langue maternelle française, il n'est pas toujours aisé d'en comprendre le sens à la première lecture, ni à la seconde ") et sortie de son contexte. Cela ne suffit pas à démontrer l'implication effective de plusieurs traducteurs, ni a fortiori le caractère arbitraire de l'établissement des faits par l'autorité cantonale, grief que le recourant ne soulève même pas.