Citation: 1P.77/2003 14.04.2003 E. 2

La contestation porte sur l'appréciation anticipée de deux preuves offertes par le recourant, soit la production de photographies de la cave du logement d'Aigle, d'une part, et l'interrogatoire du Dr. Graf, d'autre part. 2.1 Le recourant soutient que le seul élément vérifiable, dans les déclarations de sa fille, consistait dans sa description de la cave, de sorte qu'il importait d'examiner si un établi pouvait effectivement s'y trouver, et d'examiner aussi si l'aménagement des lieux permettait un acte sexuel à l'abri des regards. Le recourant tient pour probable que s'il avait pu prouver l'impossibilité d'installer un établi, la conviction du Tribunal correctionnel en eût été modifiée. Ainsi que le constate l'arrêt attaqué, le Tribunal correctionnel disposait déjà, pour apprécier la force probante à reconnaître aux dires de la victime, de l'expertise du Dr. Graf et des témoignages de plusieurs personnes à qui elle s'était confiée. Dans le cadre d'une appréciation de l'ensemble de ces preuves déjà administrées, les accusations élevées par la victime pouvaient être jugées dignes de foi en dépit d'une éventuelle erreur ou imprécision au sujet de l'établi, objet qui n'avait aucune rôle essentiel dans les faits constitutifs de l'infraction. La présence de simples parois à claire-voie n'était pas non plus une circonstance propre à exclure ou à rendre hautement invraisemblable le comportement imputé à l'accusé. Au regard de cette situation, il n'était donc nullement arbitraire de considérer la preuve offerte comme dépourvue de pertinence. Sur ce point, le recourant se borne d'ailleurs à opposer sa propre opinion à celle des précédents juges, ce qui ne satisfait pas aux exigences précitées relatives à l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 2.2 Le recourant fait valoir que dans la procédure préliminaire aux débats, le Président du Tribunal correctionnel a implicitement admis la nécessité d'interroger le Dr. Graf, puisqu'il l'a convoqué conformément à sa demande; il tient pour incompréhensible que le tribunal soit ensuite revenu sur cette appréciation pour refuser une nouvelle convocation de cet expert, alors que celui-ci ne s'était pas présenté. A son avis, la continuation du procès n'était pas réellement urgente et le renvoi des débats n'était donc pas un inconvénient suffisamment grave pour justifier ce refus. Enfin, il conteste que la différence des missions confiées à chacun des experts soit propre à expliquer la différence de leurs diagnostics.