Citation: 6B_781/2024 E. 2.3.6

2.3.6. Par conséquent, la cour cantonale pouvait retenir, au regard de l'ensemble des circonstances concrètes déterminantes (exploitation de son statut d'adulte et de figure paternelle, du lien familial et affectif l'unissant à l'intimée, de la relation de confiance privilégiée avec elle, de la dépendance émotionnelle, sociale et financière de l'intimée et de sa famille par rapport à lui, de l'infériorité cognitive et émotionnelle de la victime, des pressions implicites et explicites qu'il avait fait subir à celle-ci), que le recourant avait, en instrumentalisant des liens familiaux, exercé sur l'intimée des pressions psychiques et l'amenant à une situation sans issue relevant de la violence dite structurelle, laquelle était constitutive d'un moyen de contrainte. La cour cantonale pouvait du reste estimer, sans arbitraire, que la violence structurelle avait existé durant toute la période incriminée, même si la victime avait pris certaines initiatives et répondu à des avances. En effet, comme l'a à juste titre rappelé l'autorité précédente, confronté aux gestes ambigus d'un enfant, un adulte doit rappeler l'interdit et mettre fin aux approches d'une adolescente pour laquelle il représente une figure d'autorité. Au contraire, en l'espèce, le recourant, par son comportement, a laissé entendre à l'intimée que les actes sexuels étaient normaux. La cour cantonale pouvait ainsi considérer, sans arbitraire, que c'était le recourant qui avait, dès le départ, apporté le trouble dans l'esprit de la victime - qui était fragile et désemparée - et qui était à l'origine du " dérapage "; qu'il l'avait placée peu à peu sous sa coupe, l'amenant à subir des actes d'ordre sexuel de plus en plus graves et à faire des choses qu'elle n'aurait jamais faites s'il ne l'avait pas initiée à ces pratiques et si elle ne s'était pas trouvée sous son emprise et qu'elle n'aurait manifestement jamais librement consenti aux actes subis sans ce contexte particulier. L'autorité précédente pouvait également retenir, sans arbitraire, qu'âgée d'à peine 14 ans au début des faits en cause, l'intéressée n'avait pas atteint la maturité intellectuelle, cognitive, émotionnelle et sexuelle lui permettant de se positionner clairement et adéquatement par rapport à cette situation ambiguë et inadaptée, de même que par rapport à ses ressentis physiques, comme le confirmaient certaines de ses déclarations: elle ne savait pas pourquoi elle allait se frotter à lui; elle avait " envie ", mais ne savait pas de quoi. Dans le contexte précité, l'attitude avenante de l'intimée ne signifiait en aucun cas qu'elle était à même de saisir la portée de la situation et de s'opposer au comportement de plus en plus entreprenant, grave et oppressant du recourant, mais qu'elle était piégée dans ce processus sexualisé initié par une personne qu'elle aimait. Même dans l'hypothèse où l'intimée aurait déjà entretenu des relations sexuelles par le passé, comme semble supposer le recourant, il ne peut nullement être considéré, sur la base de l'état de fait cantonal, qu'elle était expérimentée en la matière. Tel était en revanche le cas du recourant, qui était âgé d'une quarantaine d'année de plus, ce qui constitue un écart très significatif, et était marié.