Citation: 7B_993/2023 E. 5.3.2

5.3.2. La Chambre pénale a retenu que les troubles psychiques du recourant - jeune adulte souffrant de divers troubles au sens de la CIM-10 - ne s'opposaient pas à sa détention, quand bien même l'intéressé avait évoqué des idées suicidaires au cours de la période en cause. Quoi qu'il en soit, il n'avait pas attenté à sa vie au cours des placements en cellule de réflexion, qui avaient en outre été de courte durée et au cours desquels le recourant n'était pas resté seul. Ce raisonnement doit être confirmé. La cour cantonale s'est à juste titre appuyée sur le rapport du 12 janvier 2023 des médecins de l'Unité des soins psychiatriques de P.________. Il ressort de ce document qu'il n'y avait pas de critère pour une hospitalisation en milieu aigu; le risque de suicide était moyen chez ce patient qui faisait du chantage au suicide; il devait être évalué par les médecins du centre de détention où il serait placé en cellule de réflexion (cf. arrêt querellé, p. 5 à 7). Comme l'a relevé la cour cantonale, le rapport est sans équivoque. Ainsi, contrairement à ce que soutient le recourant, les médecins n'ont jamais préconisé d'hospitalisation en milieu psychiatrique aigu. Pour le surplus, ce rapport a été établi durant la période en cause et le recourant ne conteste pas ses conclusions. La Chambre pénale était en outre fondée à relever la durée limitée de l'isolement du recourant à O.________; celle-ci s'est révélée brève, à savoir moins de quatre jours pour les deux premiers séjours et 13 heures pour le troisième. De même, selon les constatations cantonales, au cours de ces placements, le recourant a eu l'occasion de faire une promenade quotidienne d'une heure en compagnie d'un éducateur ou d'un agent et a reçu une quinzaine de visites du personnel médical (quotidiennement par un infirmier et à six reprises par un médecin psychiatre) et une de sa mère; ont en outre été effectués trois "contrôles de vie" au cours de la nuit du 12 au 13 janvier 2023 vu l'obstruction de la caméra de la cellule par le recourant. Lorsqu'il a été laissé seul les 29 décembre 2022, 12 et 17 janvier 2023, le recourant a revêtu une tenue anti-suicide. La cour cantonale a enfin souligné, sans que le recourant le critique, que ces éléments démontraient qu'une attention particulière avait été portée à ce qu'il n'attente pas à sa vie, ce qui justifiait le caractère dépouillé de la cellule. A cet égard, le recourant ne soutient pas que son état de santé se serait détérioré de façon significative au cours de la période donnée; au contraire, il ne remet pas en cause le fait que les trois placements à O.________ lui avaient permis de s'apaiser suffisamment et de se décider à reprendre les médicaments préconisés en vue de pouvoir retourner sans risque au N.________. Au vu de ces éléments décrits de manière circonstanciée et alors qu'une hospitalisation en milieu psychiatrique aigu n'était pas recommandée, la cour cantonale n'a pas violé le droit constitutionnel et conventionnel en considérant que les troubles psychiques du recourant ne s'opposaient pas aux trois courts placements en cellule de réflexion assortis d'un suivi médical en lieu et place d'une hospitalisation et que ceux-ci n'étaient pas constitutifs de mauvais traitements.