Citation: 5P.458/2005 18.04.2006 E. 5

En l'espèce, la Cour de justice a déclaré irrecevable le recours déposé par Me F.________ au nom de A.X.________. Elle s'est référée à sa décision relative aux mesures de sûretés, dans laquelle elle avait constaté que la prénommée n'avait pas confirmé, lors de sa comparution personnelle le 6 avril 2005, avoir confié la défense de ses intérêts à l'avocat libanais Me Y.________, lequel aurait mandaté Me F.________; au contraire, elle avait affirmé ne pas connaître ce dernier et ne pas avoir conféré ni signé la procuration du 18 août 2004 produite devant le Tribunal fédéral. Elle avait en outre déclaré ne pas connaître S.________, de sorte que la validité de sa reconnaissance du 17 février 2005 apparaissait pour le moins douteuse, et tout ignorer des procédures intentées en Suisse contre sa belle-soeur. La juridiction cantonale en avait conclu que A.X.________ n'était pas partie à la procédure, qu'elle n'était pas valablement représentée par son avocat, que l'élection de domicile en l'étude de celui-ci était dépourvue de valeur et que tous les actes accomplis par elle étaient nuls et sans effets. Dans la procédure en désignation d'un représentant, l'autorité cantonale a admis que A.X.________ n'avait pas non plus conféré valablement à l'avocat ayant recouru en son nom la faculté de procéder et qu'elle n'avait pas non plus ratifié les actes de celui-ci lors de son audition le 6 avril 2005; elle a estimé que, même si un nouvel avocat s'était constitué, il n'était pas nécessaire d'examiner s'il disposait d'un mandat valable, car il eût fallu que le recours ait été ratifié dans le délai de recours, ce qui n'avait pas été le cas. La recourante, représentée désormais par son tuteur, expose plusieurs griefs; elle soutient notamment que la Cour de justice a arbitrairement reconstitué les faits et apprécié les déclarations qu'elle a faites lors de son audition le 6 avril 2005. 5.1 De jurisprudence constante, les autorités cantonales jouissent d'un large pouvoir en matière de constatation des faits et d'appréciation des preuves. Le Tribunal fédéral n'intervient du chef de l'art. 9 Cst. que si la constatation ou l'appréciation critiquée se révèle arbitraire, à savoir manifestement insoutenable ou en contradiction évidente avec le dossier (ATF 128 I 81 consid. 2 p. 86; 128 II 182 consid. 3d p. 186; 127 I 38 consid. 2a p. 41); encore faut-il que la décision attaquée en soit viciée dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9). 5.2 Le grief apparaît fondé. Lors de son audition, la recourante - âgée de 88 ans - a dit tour à tour qu'elle avait intenté un procès contre la femme de son frère, estimant «normal d'avoir quelque chose dans le cadre de la succession» de celui-ci, puis ne savait pas si une procédure était pendante en Suisse, puis l'ignorait ou ne se souvenait plus. Ces propos contradictoires ne permettaient pas à l'autorité cantonale de considérer que l'intéressée était encore capable de discernement et de nier qu'elle avait mandaté Me F.________, ou d'admettre qu'elle avait révoqué la procuration en faveur de celui-ci; cela d'autant plus qu'elle avait fait ces déclarations en présence de son fils R.X.________ et de Me F.________, qui l'assistaient tous deux selon le rubrum du procès-verbal, et qu'une requête d'expertise de sa capacité de discernement avait été présentée au tribunal. Dans ces conditions, il incombait à la cour cantonale d'instruire d'office cette question, dont dépendait la recevabilité de l'appel cantonal. Il s'ensuit que le recours doit être accueilli pour ce motif déjà et l'arrêt attaqué annulé. Il devient dès lors superflu d'examiner les autres griefs de la recourante, dont l'intimée soutient par ailleurs qu'ils reposeraient sur des pièces nouvelles irrecevables.