Citation: 4P.61/2004 09.09.2004 E. A

Par contrat du 15 octobre 1988, W.________ SA, actuellement X.________ SA (ci-après: X.________), a engagé A.________ comme chef comptable pour le groupe Z.________. Dès 1996, le système informatique se saturait. A.________ manquait d'ordre dans la tenue des comptes. En 1997, un arriéré de l'ordre de 500'000 fr. était dû à l'assurance de prévoyance professionnelle. Le solde de caisse était inférieur d'environ 50'000 fr. aux liquidités effectives, ce qui n'est apparu qu'à la clôture de l'exercice 1998. Au début de ce dernier, X.________ a acquis un nouveau système informatique, auquel A.________ ne s'est pas adapté; il a pris du retard dans l'établissement des comptes. Le 4 décembre 1998, le réviseur de X.________, Y.________ SA (ci-après: Y.________), l'a interpellé sur une différence de 63'000 fr. entre la comptabilité et les liquidités en caisse pour l'exercice 1997. Des investigations ont eu lieu, en collaboration avec A.________ et Y.________, qui n'ont pu établir avec précision le montant de cette différence provenant de la non-comptabilisation de factures payées. Le retard pris par A.________ s'est accentué en 1999, et à la clôture de cet exercice, une différence notable subsistait entre le montant comptabilisé en caisse et les liquidités effectives de l'entreprise. De plus, un montant de 113'000 fr. avait été comptabilisé sur le compte transitoire de la TVA, pour des motifs non élucidés. Au début 2000, A.________ a été invité à fournir des explications sur les mancos de caisse. Une comptabilité analytique a été introduite et une comptable engagée pour épauler A.________ dans son activité. Celle-là a procédé à la saisie des pièces comptables pour l'exercice 1999, et à la création d'une liste des débiteurs et fournisseurs, jusqu'alors inexistante. Elle a dû aussi réorganiser la caisse principale et constituer un livre de caisse, A.________ admettant qu'il ne l'avait jamais tenu, par manque de temps. De son côté, A.________ a découvert des factures payées mais non comptabilisées, qui, en raison de leur montant, n'expliquaient pas les mancos constatés. Le 20 mars 2000, le comptable s'est vu notifier un délai au 7 avril 2000 pour revoir les comptes jusqu'en 1997. Il a retrouvé une différence de 15'000 fr. alors que, pour son employeur, elle était évaluée à 80'000 fr. Le 12 avril 2000, les comptes n'avaient toujours pas été revus, A.________ exposant qu'il n'avait pu respecter les délais fixés parce que Y.________ ne lui avait pas remis diverses écritures. A la même période, il a été momentanément en incapacité de travail pour subir une intervention chirurgicale à la mâchoire. En juillet 2000, tant la banque que l'assurance LPP de X.________ ont réclamé au groupe Z.________ la régularisation de ses comptes. De vifs reproches ont été adressés à A.________ pour les faits susmentionnés, ainsi que pour l'acquisition d'un véhicule pour l'un des sous-directeurs de la société. Le 9 août 2000, l'employé fut victime d'un accident entraînant une incapacité de travail totale jusqu'au 22 octobre, partielle jusqu'au 28 novembre, puis de nouveau totale jusqu'au 8 janvier 2003. Le 29 novembre 2000, Y.________ a établi un rapport concernant le contrôle des caisses pour l'exercice 1999, révélant un manco de 80'000 fr. environ, remontant à 1997. Le 30 novembre 2000, l'employeur licencia avec effet immédiat A.________ pour mauvaise exécution de son travail, non-respect des instructions données par le réviseur, faux en écriture, abus d'alcool pendant les heures de travail le vendredi après-midi, engagement de personnel "au noir", paiement de factures personnelles au moyen des liquidités de la caisse principale et obtention d'avances sur salaire sans l'accord de la direction. A.________ a contesté son licenciement.