Citation: 2C_665/2022 E. 3.2.2

3.2.2. L'argumentation de la recourante fondée sur l'art. 14 CEDH, en lien avec l'existence d'une discrimination à rebours par rapport aux ressortissants de l'Union européenne qui peuvent se prévaloir d'un droit au regroupement familial issu de l'art. 42 al. 2 let. b LEI, n'est pas non plus suffisante. En effet, le regroupement familial inversé issu de l'art. 42 al. 2 let. b LEI suppose que l'étranger soit titulaire d'une autorisation de séjour durable délivrée par un Etat avec lequel la Suisse a conclu un accord sur la libre circulation des personnes, ce qui n'est pas le cas du Kosovo. Par conséquent, conformément à la pratique du Tribunal fédéral, il y a lieu d'admettre que la problématique évoquée par la recourante, consistant en une discrimination indirecte en lien avec les citoyens de l'UE et de l'AELE, ne lui confère pas de manière défendable un droit à séjourner en Suisse. Le fait que le Tribunal fédéral ait critiqué ce point et demandé au législateur de modifier cette situation (ATF 136 II 120 consid. 3.5.3 in fine) ne justifie pas en l'état d'entrer en matière sous l'angle de l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, celui-ci ayant pour l'instant renoncé à modifier l'art. 42 al. 2 LEI (cf. arrêts 2C_978/2021 du 11 août 2022 consid. 1.2; 2C_836/2019 du 18 mars 2020 consid. 2). Le dépôt en 2019 d'une initiative parlementaire concernant le droit au regroupement des membres de la famille des ressortissants suisses et son traitement actuel par le Parlement n'y change rien (initiative parlementaire n° 19.464, "Regroupement familial. Supprimer toute discrimination subie en raison du droit interne"; BO 2021 N 1149 ss.).