Citation: 4A_100/2019 E. 4.3

4.3. A ce propos, le recourant soutient que la cour cantonale a versé dans l'arbitraire en retenant qu'il avait reçu des instructions qui lui imposaient de se rendre immédiatement au chevet de l'enfant. En premier lieu, l'autorité précédente a constaté que E.________ - chef du service ORL - avait répété à de nombreuses reprises à son équipe et au recourant que "les consultations par téléphone étaient interdites, que si un médecin recevait un appel de l'extérieur, il devait dire au patient de venir à l'hôpital B.________ et s'il recevait un appel de l'intérieur, le médecin ORL devait impérativement se déplacer". Le recourant expose s'être déterminé en procédure sur l'allégué correspondant de son adverse partie de la manière suivante: " Admis sous réserve de précisions. Il est entendu que la consigne donnée oralement est qu'en cas d'urgence signalée par l'infirmière au médecin de garde, ce dernier doit se rendre immédiatement au chevet du patient concerné. En l'espèce, la notion d'urgence fait cruellement défaut et celle d'immédiatement doit être tempérée ". Il ne l'aurait ainsi pas admis sans réserve. Cela étant, la cour cantonale n'a pas arbitrairement constaté que tel fût le cas; tout au plus n'est-elle pas revenue sur les distinctions introduites par le recourant, ce qui n'est pas déterminant puisqu'elle pouvait asseoir sa conviction sur les déclarations de E.________. Quant à savoir si le recourant a mal compris cette consigne - ce qui ne peut être retenu, faute d'avoir été constaté dans l'arrêt attaqué qui ne souffre d'aucun arbitraire à ce sujet -, cela n'eût rien changé au sort du litige: si l'on comprend bien le recourant, l'infirmière devait spécifier qu'il s'agissait d'une urgence pour que le médecin ORL soit contraint de se déplacer. Pareille conception ne laisse pas d'interroger sur les compétences du recourant, qui sont précisément au coeur du litige. Finalement, l'arrêt attaqué ne constate pas que l'employé a intentionnellement, c'est-à-dire en toute conscience et volonté, violé cette consigne, de sorte que les développements qu'il y consacre dans son recours ne sont pas pertinents. La cour cantonale a également constaté que E.________ avait demandé expressément au recourant de prendre contact avec le chef de clinique de garde au moindre problème. Certes, il ne s'agissait pas d'instructions spécifiques à la situation de l'enfant opéré le 13 mars 2016. Cependant, on ne discerne guère en quoi cet élément serait déterminant. Il n'y a pas lieu de corriger l'arrêt attaqué sur ce point. L'autorité précédente constate encore qu'il existait des consignes du service d'ORL et de chirurgie cervico-faciale, régulièrement répétées lors des colloques auxquels le recourant participait, qui imposaient de voir le patient en cas de saignement après opération des amygdales. Celles-ci faisaient suite à la survenance d'un cas dramatique en 2003. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir admis l'existence de ce cas. Il concède toutefois que deux témoins y ont fait référence. Il n'y a dès lors rien à y redire sous l'angle de l'arbitraire.