Citation: 9C_809/2014 E. 4.1

4.1. Lorsqu'une appréciation repose sur une évaluation médicale complète, telle que l'expertise réalisée par le docteur J.________, il appartient à la partie recourante, si elle entend remettre en cause l'évaluation d'un expert, de faire état d'éléments objectivement vérifiables ignorés dans le cadre de l'expertise et suffisamment pertinents pour en remettre en cause les conclusions ou en établir le caractère objectivement incomplet. L'office recourant ne fait toutefois pas mention de tels éléments. Contrairement à ce qu'il allègue, le diagnostic posé par le docteur J.________ est fondé sur les critères d'un système de classification reconnu, à savoir la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes de l'OMS (CIM-10; voir ATF 130 V 396). L'expert a classé la pathologie de la recourante sous le code F 33.8 (autres troubles dépressifs récurrents) et expliqué de façon circonstanciée et plausible les raisons pour lesquelles il a procédé de cette manière (p. 19 de l'expertise), si bien qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause le diagnostic retenu par ce médecin. S'agissant de l'hypothèse d'un éventuel surdosage médicamenteux avancée par l'office recourant au cours de la procédure cantonale, ce grief n'apparaît pas non plus pertinent. Il convient en effet de constater qu'une analyse des concentrations plasmatiques des médicaments pris par l'intimée (Cipralex®et Trittico®) a été réalisée à la demande du docteur D.________ et que les résultats se sont situés dans les intervalles thérapeutiques (cf. rapport d'analyse du 20 juin 2014 et avis du docteur D.________ du 3 juillet 2014). Quant à l'éventuelle présence de facteurs psychosociaux ou socioculturels qui imprégneraient le tableau clinique, force est de constater que l'office recourant se contente de citer des extraits de rapports médicaux, sans chercher à expliquer plus avant les raisons pour lesquelles il estime que des facteurs étrangers à l'invalidité influencent de manière concrète la situation de l'intimée. A cet égard, on précisera néanmoins que s'il ne fait guère de doute que la décompensation psychique de l'intimée trouve principalement son origine dans son licenciement, rien ne permet de penser que, plusieurs années après les faits et compte tenu de la persistance des troubles, cet événement exerce encore un rôle déterminant. Dans la mesure où, pour le reste, l'office recourant, qui semble fonder le point de vue qu'il défend sur l'appréciation du SMR, ne tente pas d'expliquer par une argumentation précise les raisons pour lesquelles l'avis du SMR ou d'un autre médecin serait objectivement mieux fondé que celui du docteur J.________, il ne se justifie pas d'écarter du dossier le rapport établi par ce médecin.