Citation: 6B_470/2023 E. 2.3

2.3. La cour cantonale a considéré en définitive que, nonobstant les dénégations du recourant, au vu notamment des antécédents de C.________ et du signalement par les autorités françaises de la préparation de la commission d'un crime en bande, ses rencontres avec B.________, qui était un ami, les longs trajets entre Marseille et la Suisse (ou la région frontalière proche de la Suisse) pour des entretiens relativement brefs, la proximité temporelle des déplacements à U.________ et dans les environs de X.________ avec la rencontre du 13 janvier 2017 à Z1.________, l'absence d'explications cohérentes, voire les mensonges sur les motifs de ces déplacements, les précautions prises par B.________, notamment par l'utilisation d'un véhicule de location et les mesures d'évitement de contre-filature lors de la rencontre du 20 février 2017, convainquaient que les faits s'inscrivaient dans une activité criminelle visant la commission de brigandages. Cette conviction avait été celle des autorités vaudoises qui avaient condamné B.________ pour infractions à l'art. 260bis al. 1 let. d CP, condamnation qui avait été confirmée par le Tribunal fédéral (arrêt 6B_405/2021 du 24 novembre 2021). Ces évènements, pour les moins singuliers, soutenaient très fortement l'hypothèse qu'un passage à l'acte était bel et bien prévu le 20 février 2017. B.________ devait sans doute avoir une part active dans la commission des brigandages prévus dans les différents lieux qu'ils avaient repérés un mois plus tôt. L'intéressé aurait eu, au moins, le rôle du chauffeur, C.________ étant interdit d'entrée en Suisse depuis sa condamnation en 2014. Vraisemblablement cependant, B.________ aurait également pénétré à l'intérieur des établissements visés et aurait été un auteur des violences qui s'en seraient suivies, au vu des objets découverts dans son véhicule. Quoi qu'en disaient les différents intéressés, il était invraisemblable que le recourant eût ignoré l'existence de C.________ et son expérience dans le domaine du braquage. B.________ et le recourant, qui se connaissaient depuis plus d'une dizaine d'années, avaient noué des liens étroits qui les avaient conduits à échanger sur tous les sujets. Cela étant, il n'était pas crédible que, lors des différents repérages effectués par le duo, B.________ n'eût pas mentionné la personne pour laquelle ils prenaient tous deux des risques. Il n'était pas non plus plausible que B.________ n'eût pas informé son comparse que leurs repérages portaient sur des établissements dans lesquels C.________ avait, sans doute, déjà commis des brigandages en 2011 et 2012 et qu'il était dès lors question d'agir à nouveau de la sorte. La conversation WhatsApp du 8 mars 2018 démontrait que le recourant était parfaitement au courant des craintes de son ami quant à la surveillance mise en place sur lui. Par surabondance, on devait encore se référer à la singulière rencontre au soir du 20 février 2017 entre B.________ et le recourant, qui ne laissait subsister aucun doute irréductible quant à la connaissance du recourant du ou des brigandages qui allaient débuter, compte tenu de la venue de C.________ depuis Marseille. La cour cantonale a partagé la conviction du premier juge selon laquelle le recourant aurait eu, lui aussi, un rôle actif dans la commission du ou des brigandages. Le contenu des objets perquisitionnés dans le véhicule de B.________ démontrait effectivement que plusieurs personnes auraient été impliquées. Il suffisait à cet égard de constater la présence de quatre bas de femme, usuellement utilisés lors de braquages pour se dissimuler le visage. En outre, en plus d'avoir effectué les repérages, le recourant avait été aperçu le soir du 20 février 2017 en compagnie de B.________, alors qu'un rendez-vous avait visiblement été convenu entre eux. Or, le comportement singulier du recourant, qui s'était subrepticement défait d'une valise argentée, alors que B.________ se savait suivi par la police et que l'opération avait avorté, était lourdement incriminant. Ces éléments permettaient ainsi, a posteriori, de lever définitivement tout doute irréductible sur les réelles connaissances et motivations du recourant lorsqu'il effectuait des visites d'établissements bancaires ou postaux en compagnie de B.________. Il s'agissait de repérages en vue de la commission de brigandages à main armée.