Citation: 2D_19/2022 E. 5.1.2

5.1.2. Sans minimiser les troubles dépressifs et cognitifs dont souffre le recourant, son état de santé ne remplit pas les conditions exceptionnelles permettant de retenir une violation de l'art. 3 CEDH. S'agissant de la dépression récurrente de l'intéressé, il n'est pas contesté que des structures médicales existent en Turquie, et en particulier dans sa ville d'origine, de sorte que l'on ne voit pas pourquoi ses troubles ne pourraient pas être pris en charge en cas de retour dans son pays. Quant au processus neurodégénératif dont il souffre, il ressort des constatations cantonales qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) que celui-ci ne se trouve qu'à son début et qu'il ne s'agit que d'un "affaiblissement cognitif". Sous cet angle, et compte tenu des infrastructures médicales précitées, on ne voit pas - et le recourant ne le démontre pas non plus - en quoi il serait confronté à un rapide déclin de son état de santé en cas de renvoi en Turquie. Certes, selon le rapport médical du 10 juin 2020, un risque d'évolution dudit processus vers une démence n'est pas écarté et il n'existe à l'heure actuelle, selon l'Organisation mondiale de la santé, aucun traitement qui permette de guérir ou même de modifier l'évolution progressive de la démence (cf. OMS, Dementia: A Public Health Priority, 2012, p. 7 [disponible sur https://www.who.int]; fait notoire pouvant être pris en compte; cf. ATF 143 IV 380 consid. 1.2). L'absence de traitement contre la démence ne saurait toutefois justifier la poursuite du séjour du recourant en Suisse en tant que seule issue humainement envisageable, ce d'autant que, comme indiqué, seul un début de processus neurodégénératif a été constaté. Le fait qu'une telle maladie ne soit actuellement pas guérissable ne constitue en effet pas une situation qui soit propre à la Turquie, mais à l'ensemble des nations, de sorte que, sous cet angle, la santé du recourant n'est pas exposée à un danger de déclin plus important en Turquie qu'en Suisse et que l'intéressé ne peut donc pas se prévaloir valablement de l'art. 3 CEDH. Quant aux soins et au soutien pouvant être apportés en cas de dégradation des fonctions cognitives du recourant, il ressort de l'arrêt attaqué qu'il existe une association Alzheimer dans sa ville d'origine qui serait apte à lui prodiguer soins et assistance gratuite, ce qu'il ne conteste pas sous l'angle de l'arbitraire (cf. supra consid. 2.2). Enfin, comme on l'a vu (cf. supra consid. 4.2), la mère, les trois soeurs et les deux frères du recourant résident encore en Turquie, si bien que l'on peut partir du principe qu'il pourra également compter sur leur soutien, du moins il ne prétend ni a fortiori ne démontre le contraire.