Citation: 5A_433/2020 E. 4.2.2

4.2.2. Pour la période du 1er juin 2019 au 31 décembre 2019, la Juge déléguée a considéré que la recourante réalisait un revenu généré par l'activité de location d'une chambre sur la plateforme Airbnb qu'elle a arrêté à 2'700 fr. par mois. Dans son recours en matière civile, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir confirmé à tort l'argumentation du premier juge selon lequel cette location était une activité accessoire qui ne la libérait pas de son obligation de trouver un emploi pour subvenir à ses besoins et de ne pas avoir analysé ses arguments tendant à démontrer qu'il s'agissait au contraire bien d'une activité principale. Elle se contente toutefois de lister les activités quotidiennes qu'implique la location litigieuse, d'affirmer qu'elle l'exerce depuis presque trois ans et que les revenus qu'elle en tire sont dans la moyenne des salaires dans le domaine de l'hôtellerie, de sorte qu'il s'agirait bien d'une activité principale. Par son argumentation, elle ne s'en prend dès lors aucunement à la motivation de la Juge déléguée qui a retenu qu'elle n'avait pas satisfait à son obligation de motivation au sens de l'art. 311 al. 1 CPC dans la mesure où elle s'était contentée d'affirmer que son activité correspondait à un taux de 40% sans discuter les arguments du premier juge. Selon ce dernier, cette activité ne pouvait pas être considérée comme principale dans la mesure où elle ne lui procurait aucune stabilité eu égard au faible revenu généré et à l'absence de garantie qu'elle puisse se perpétuer étant donné que les parties s'étaient entendues pour mettre le domicile conjugal en vente. Son grief est en conséquence irrecevable. La recourante ne s'en prend pas non plus valablement à la motivation cantonale s'agissant du revenu qu'elle tire de cette activité accessoire. La Juge déléguée s'est en effet fondée sur l'historique des transactions produit par la recourante lequel fait état d'un montant perçu de la part de Airbnb de 33'256 fr. 30 et a considéré qu'il apparaissait vraisemblable qu'il se fût agi des gains nets réalisés, frais déjà déduits. Elle a également considéré que les titres produits par la recourante ne permettaient pas de rendre vraisemblable le paiement effectif des charges dont elle se prévalait, hormis pour des taxes de séjour d'un montant de 153 fr. En conséquence, elle a considéré que le revenu mensuel net réalisé par la recourante dans le cadre de son activité accessoire était de 2'700 fr. ([33'256 fr. 30 - 153 fr.] / 12). Or, la recourante se contente de soutenir que l'on " peine à comprendre l'origine " de ce montant de 2'700 fr. sans développer de grief d'arbitraire quant au calcul effectué par la juge cantonale. On ne saurait davantage tenir compte de l'argumentation de la recourante selon laquelle elle n'aurait plus réalisé de revenus depuis mars 2020 en raison de la pandémie de Covid-19 et que les parties avaient reçu une offre d'achat pour la maison dans laquelle elle louait la chambre en question qu'ils avaient acceptée, de sorte qu'elle ne percevra plus ce revenu à l'avenir. Il s'agit en effet de faits nouveaux qui ne peuvent pas être pris en compte par la Cour de céans (cf. supra consid. 2.2) mais qu'elle devra cas échéant faire valoir dans une nouvelle requête de mesures provisionnelles ou dans la procédure au fond. La recourante admet d'ailleurs que les pièces produites à l'appui de ces allégations sont nouvelles. Quant aux charges admises pour cette activité, elle soutient qu'il serait aberrant et absurde de considérer qu'une activité hôtelière n'engendrerait que des frais de 153 fr. par mois et que les pièces qu'elle avait produites étaient les mêmes que celles fournies à l'administration fiscale cantonale, de sorte qu'elles " devraient suffire " pour considérer qu'elle assumait des charges supérieures à 153 fr. Une telle motivation est manifestement insuffisante à démontrer un quelconque arbitraire dans la motivation cantonale, ce d'autant que la recourante n'a même pas chiffré les charges dont elle se prévaut ni énoncé clairement les pièces susceptibles d'en attester.