Citation: U 38/04 03.03.2005 E. 4

4.1 Les premiers juges ont retenu les conclusions des docteurs J.________ et R.________ : le premier était le seul expert au sens strict du terme dans ce dossier et avait confirmé à plusieurs reprises ses conclusions; le second venait appuyer les conclusions du docteur J.________. Les conclusions du docteur V.________ devaient être relativisées à l'extrême, car il était associé au docteur K.________, médecin conseil de la recourante; celles des médecins du COMAI étaient écartées, au motif que cette expertise avait été mise en oeuvre dans un but autre que celui de l'assurance-accidents. En fait, la juridiction cantonale s'est contentée d'évoquer succinctement des considérations d'ordre formel, qu'elle a rattachées à la valeur probante des expertises au dossier. Elle n'a pas discuté ou du moins pas sérieusement le contenu matériel des rapports qui lui étaient soumis. 4.2 Aux termes de son troisième rapport, le docteur J.________ a posé le diagnostic de cervico-brachialgies post-traumatiques et d'impotence globale du membre supérieur droit. Alors qu'il avait évoqué dans son rapport précédent (auquel il renvoyait) la présence d'un état dépressif et de nombreux troubles psychosomatiques qui y étaient associés, il a attribué les plaintes de l'intimée exclusivement à l'accident. Par ailleurs, la section relative à l'appréciation du cas (même par renvoi interposé) est pour partie consacrée à l'histoire médicale de l'assurée (anamnèse) et pour partie aux traitements possibles; elle ne contient pas d'analyse personnelle ou de discussion de fond. De surcroît, en sus du caractère lacunaire de la discussion du cas, le docteur J.________ s'est contenté de répondre par oui ou par non à sept des huit questions spécifiques posées par la recourante selon le schéma habituel, tout en ajoutant qu'aucune activité n'était envisageable pour l'assurée (expertise du 14 avril 2000 in fine). Dans ce cadre, il a réaffirmé, sans autre consultation complémentaire ou consilium spécialisé pour les troubles psychiques mentionnés dans le rapport du 14 juin 1999, que les plaintes de l'assurée et les troubles constatés étaient dus de façon certaine et exclusive à l'événement du 5 mai 1995. Sans réelle motivation ou explication sur la persistance des douleurs, d'un point de vue somatique, même au regard de ses précédentes appréciations, les conclusions et réponses de l'expert apparaissent dictées par le principe «post hoc ergo propter hoc», auquel la Cour de céans n'accorde aucune valeur probante (cf. ATF 119 V 341 ss consid. 2b/bb; RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv consid. 3b; comp. RAMA 2003 no U 489 p. 359 in fine consid. 3.2).