Citation: 5A_74/2024 E. B

B.a. Le 6 octobre 2022, B.________ a saisi le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant du canton de Genève (ci-après : le Tribunal de protection) d'une demande tendant à ce qu'un droit de visite lui soit réservé sur l'enfant C.________ à raison d'un week-end sur deux du vendredi après l'école au dimanche soir à 18h00 ainsi que la moitié des vacances scolaires. B.b. Lors de l'audience du 25 janvier 2023, le Tribunal de protection a entendu les parties et une collaboratrice du Service d'évaluation et d'accompagnement de la séparation parentale (ci-après : le SEASP). Celle-ci a indiqué qu'elle s'était entretenue avec l'enfant qui avait déclaré avoir envie de voir son beau-père, avec lequel elle avait un lien fort, l'avait toujours appelé "papa", ne se souvenait pas l'avoir appelé autrement et le considérait comme tel. L'enfant avait ajouté aimer faire des activités et du sport avec lui et avoir beaucoup joué avec lui, surtout pendant le confinement. Selon la collaboratrice du SEASP, l'enfant s'était habituée à ne plus voir celui-ci; il en allait de même des enfants de ses demi-soeur et frère, bien qu'ils lui manquaient tous énormément. L'intervenante a encore relevé que l'enfant n'avait pas l'air d'avoir de craintes au sujet de son beau-père, ni de l'exercice d'un droit de visite. B.c. Le SEASP a établi un rapport d'évaluation sociale le 8 février 2023, après avoir entendu la mineure et les parties et pris des renseignements auprès des enseignantes de l'enfant et du médecin généraliste du beau-père. Il ressort de ce rapport que les parties s'opposaient dans un important conflit conjugal et que leur séparation avait coïncidé avec une rupture du lien entre l'enfant et l'intéressé. Ce dernier avait tenu un rôle important dans la vie de l'enfant, qui lui était très attachée, l'appelait " papa ", manifestait l'envie de le voir et de partager des activités avec lui comme elle avait l'habitude de le faire auparavant. Il ne ressortait des propos de l'enfant aucune inquiétude quant à l'idée de le revoir. Malgré les réticences de la mère à instaurer des relations non surveillées, celle-ci avait permis à l'enfant de penser de manière autonome en lui permettant d'exprimer ses besoins, tout en se différenciant de sa mère. Les enseignantes de l'enfant avaient déclaré que celle-ci était épanouie en classe et suivait sa scolarité sans difficulté, qu'elle entretenait de bonnes relations avec ses camarades, que la mère de l'enfant était leur seule interlocutrice, qui s'investissait dans le suivi scolaire de sa fille, et qu'elles ne connaissaient pas B.________, qui n'était pas très présent dans le discours de la mineure. Les craintes de la mère concernant une consommation excessive d'alcool de son époux n'avaient pas été corroborées par le médecin traitant de celui-ci, qui avait relevé que les résultats des tests sanguins ne correspondaient pas à un alcoolisme chronique, mais à une consommation quotidienne modérée et dans la norme, ce que son patient reconnaissait lui-même. Quant aux craintes de la mère s'agissant de la prise en charge de sa fille par son époux, il apparaissait que ce dernier avait l'habitude de s'occuper de l'enfant de manière régulière, même s'il n'était pas le père qu'elle aurait souhaité pour sa fille. Aucune défaillance n'avait pu être relevée dans les compétences du beau-père à prendre en charge l'enfant. Le SEASP a ainsi conclu à ce qu'un droit de visite soit accordé à l'intéressé, tout en précisant qu'au vu des inquiétudes persistantes de la mère et dans l'optique de renouer un lien de confiance entre les " parents ", il semblait opportun d'organiser dans un premier temps les passages de l'enfant par l'intermédiaire du Point Rencontre; il a ainsi recommandé d'instaurer un droit de visite progressif et en a précisé les modalités. Le 20 mars 2023, la Chambre de surveillance de la Cour de justice (ci-après : la Cour de justice) a admis le recours pour déni de justice formé par B.________ le 21 décembre 2022 et invité le Tribunal de protection à rendre sans délai une décision sur mesures provisionnelles ou sur le fond. B.d. Par ordonnance du 23 mars 2023, suivant les recommandations du SEASP, le Tribunal de protection a notamment réservé à B.________ un droit de visite sur l'enfant devant s'exercer pendant un mois, à raison de 4 heures à quinzaine le samedi avec passage au Point Rencontre, puis pendant deux mois, à raison de 8 heures à quinzaine le samedi avec passage au Point Rencontre, puis pendant trois mois, une nuit à quinzaine du vendredi 16h00 au samedi 18h00, ainsi que quatre semaines de vacances par année sans dépasser une semaine consécutive, puis un week-end sur deux du vendredi 16h00 au dimanche 18h00 ainsi que quatre semaines de vacances sans dépasser deux semaines consécutives, fait instruction à B.________ de remettre les résultats de prise de sang concernant une consommation d'alcool, à l'issue du délai de trois mois, lorsque le passage par le Point Rencontre ne serait plus en vigueur, instauré une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles entre B.________ et l'enfant, désigné deux intervenants en protection de l'enfant aux fonctions de curateurs, et déclaré l'ordonnance immédiatement exécutoire. Le Tribunal de protection a retenu que la mineure avait noué des liens de nature filiale avec son beau-père, qu'elle appelait " papa " et qu'elle considérait comme tel depuis de nombreuses années, et qui était devenu pour elle une personne de référence pour laquelle elle éprouvait un fort attachement. Sur la base de ces éléments, le Tribunal de protection a considéré qu'il était dans l'intérêt de la mineure d'entretenir des liens avec l'intéressé et a ainsi réservé un droit de visite à ce dernier. B.e. Par acte déposé le 1er mai 2023 auprès de la Cour de justice, la mère a interjeté un recours contre cette ordonnance, en concluant à son annulation et au rejet des conclusions prises par B.________. Par décision du 11 mai 2023, le Président de cette même autorité a admis la requête en restitution de l'effet suspensif déposée par la mère, décision confirmée par arrêt du 23 août 2023 du Tribunal fédéral (cause 5A_423/2023). B.f. Par décision du 13 décembre 2023, la Cour de justice a rejeté le recours formé par la mère, débouté les parties de toutes autres conclusions, mis les frais judiciaires, arrêtés à 600 fr., à la charge de l'intéressée, et l'a condamnée à verser les sommes de 200 fr. aux Services financiers du pouvoir judiciaire à titre de frais judiciaires de recours, et de 800 fr. à B.________ à titre de dépens.