Citation: 6P.20/2004 28.04.2004 E. 8

Le recourant reproche à la Cour de cassation vaudoise de ne pas avoir tenu compte de la circonstance atténuante de la provocation injuste au sens de l'art. 64 al. 6 CP pour ce qui concerne les événements du 31 juillet 1999. Compte tenu de l'admission du pourvoi pour les lésions corporelles simples qualifiées infligées à K.________ (supra, consid. 7.3), le présent grief n'a de portée que par rapport à la seconde phase du combat, à l'origine de la condamnation du recourant pour rixe (art. 133 CP) et lésions corporelles simples qualifiées (art. 123 ch. 2 al. 1 CP) pour le coup de couteau porté à J.________. Selon l'art. 64 al. 6 CP, le juge pourra atténuer la peine lorsque le coupable aura été entraîné par la colère ou par une douleur violente, produite par une provocation injuste ou une offense imméritée. Selon la jurisprudence, la provocation injuste et l'offense imméritée doivent avoir provoqué au plus profond de l'auteur une émotion intense et une réaction psychologique personnelle et spontanée (ATF 104 IV 232 consid. Ic p. 237/238). Elles ne sauraient toutefois excuser le comportement de l'auteur de manière systématique. En effet, pour que cette circonstance atténuante soit opérante, il s'impose, à l'instar de celle de la détresse profonde (cf. ATF 107 IV 94 consid. 1c p. 97), de respecter une certaine proportionnalité entre la cause d'irritation qui pousse l'auteur à l'acte et l'importance du bien qu'il lèse. En l'espèce, il ressort des constatations cantonales que les événements du 31 juillet 1999 se sont inscrits dans un contexte général de provocations et de violences entre les deux familles, dont le recourant était lui-même pour partie responsable. Cette situation empêche d'envisager une provocation injuste au sens de l'art. 64 CP à l'égard du recourant. De plus, s'agissant des lésions subies par J.________, le recourant a d'abord pris la fuite puis s'est ravisé et est revenu combattre avec son couteau en défiant verbalement ses adversaires. On ne saurait donc parler, en dépit du bref laps de temps entre la fuite et le revirement du recourant, de réaction spontanée de sa part. Les conditions requises pour appliquer l'art. 64 al. 6 CP ne sont par conséquent pas réalisées. Le grief est infondé.