Citation: 6P.197/2006 23.03.2007 E. 5

Le recourant soutient en outre qu'un certain nombre de constatations de fait ont été retenues de manière arbitraire. 5.1 Il s'agit en premier lieu de la détermination des faits que les autorités cantonales ont considérés comme vrais et de ceux dont elles ont admis qu'ils relevaient du fantasme. Le recourant se contente de soutenir que le critère retenu, savoir le temps auquel le fait est relaté dans ses écrits, est totalement gratuit et corroboré par rien, de sorte que l'on peut douter que ce grief soit motivé d'une manière suffisante pour satisfaire aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Par ailleurs, l'autorité cantonale explique que les faits relatés au passé dans le journal du recourant ont été finalement admis par celui-ci et sont de surcroît étayés par de nombreuses photos. Il n'était donc pas arbitraire de les considérer comme réels tout en mettant le recourant au bénéfice du doute pour les actes décrits au futur. Dans la mesure où il est recevable, ce grief est donc mal fondé. 5.2 Le recourant soutient en outre qu'il est arbitraire de prétendre qu'il refuse tout traitement, alors qu'il ressort du jugement de première instance qu'il se soumet volontairement à un traitement médical pour délinquants sexuels. Il estime que s'il ne s'était pas mépris sur cet élément de fait l'expert aurait conclu que l'internement ne se justifiait pas, de sorte que cette mesure est également arbitraire. Il y a lieu de relever tout d'abord que la question de savoir si l'internement a été ordonné en violation, fût-elle arbitraire, des règles qui régissent cette mesure relève de l'application du droit fédéral et ne peut donc pas être examinée dans le cadre d'un recours de droit public, eu égard au caractère subsidiaire de celui-ci (art. 84 al. 2 OJ et 269 al. 1 PPF). En outre, l'autorité cantonale a admis à juste titre qu'il n'y avait aucune contradiction entre les faits constatés en première instance à propos de sa volonté de se soumettre à un traitement médical. En effet, il a été constaté d'une part que le recourant ne veut pas de traitement psychiatrique et d'autre part qu'il a accepté des entretiens mensuels avec un psychiatre et une infirmière, tels qu'ils sont proposés à toutes les personnes prévenues d'actes d'ordre sexuel. Il est toutefois précisé qu'il s'agit d'entretiens et non d'une thérapie et que l'on ne saurait considérer que le recourant, qui n'a émis aucune demande spécifique de soins par rapport aux comportements qui lui sont reprochés, se soit investi dans un traitement. Ce grief est donc également mal fondé. 5.3 Le recourant soutient par ailleurs que le fait de retenir une contrainte est en flagrante contradiction avec les constatations du dossier. L'argumentation du recourant sur ce point porte exclusivement sur le contenu du jugement de première instance, ce qui n'est pas admissible dans le cadre d'un recours de droit public, qui n'est recevable qu'à l'encontre de décisions prises en dernière instance cantonale (art. 86 al. 1 OJ). L'autorité cantonale a rejeté le grief que le recourant avait formulé devant elle à ce propos au motif qu'il était irrecevable. Or le recourant ne s'en prend pas à cette motivation, qui seule pouvait être remise en question devant l'autorité de céans. Son recours est donc irrecevable sur ce point. 5.4 Le recourant reproche également aux juges cantonaux d'avoir retenu la cruauté, ce qui est selon lui arbitraire car cela entre en contradiction avec les constatations du tribunal de première instance. Sur ce point également, le recourant, qui développe par ailleurs une argumentation de nature appellatoire, s'en prend exclusivement à la motivation du jugement de première instance, de sorte que ce grief est irrecevable pour les mêmes motifs que le précédent. 5.5 Le recourant soutient en outre que l'arrêt attaqué est contradictoire car il le condamne pour des actes dirigés contre A.________ et B.________ alors que le jugement de première instance admet que celles-ci n'ont rien subi directement. D'une part, sur ce point encore, le recourant attaque directement le jugement de première instance, ce qui n'est pas acceptable. Par ailleurs, le recourant ne montre pas en quoi les faits retenus seraient arbitraires ou contradictoires puisqu'il n'apparaît pas et que le recourant ne montre pas qu'il lui serait reproché d'avoir fait subir des actes aux deux fillettes en question. Ce qui lui est reproché est d'avoir mêlé ces deux amies de sa fille aux actes qu'il commettait sur celle-ci. Enfin, s'agissant de B.________, l'autorité cantonale a admis qu'aucun acte n'avait été commis à son encontre puisque le recourant, qui lui avait demandé s'il pouvait lui embrasser la vulve, y avait renoncé suite à son refus. C'est la raison pour laquelle a seule été retenue dans ce contexte la tentative d'actes d'ordre sexuel. Dès lors, mal fondé et totalement dénué de pertinence dans la mesure où il pourrait être recevable, ce grief ne peut également qu'être rejeté. 5.6 Le recourant considère, enfin, que les faits à l'origine de sa condamnation pour viol sont arbitraires au motif que l'autorité cantonale a constaté que la pénétration vaginale de l'enfant s'était avérée impossible en raison de la dimension du vagin. Contrairement à ce que soutient le recourant, les constatations de l'autorité cantonale sur ce point ne sont pas contradictoires. En effet, d'une part, l'autorité cantonale a repris la constatation des juges de première instance selon laquelle le recourant s'était trouvé dans l'impossibilité physique d'introduire totalement son sexe dans celui de sa fille et d'autre part elle a retenu, sur la base des écrits du recourant, qu'il y avait eu une pénétration partielle de son pénis dans le vagin de sa fille. Par ailleurs, pour les motifs exposés au consid. 5.1 ci-dessus, c'est en vain que le recourant soutient qu'il est arbitraire de tenir pour vrais les faits relatés dans ses écrits. Par conséquent, les éléments de fait contestés, qui reposent sur des constatations qui échappent au grief d'arbitraire, ne sont pas contradictoires puisqu'il est parfaitement concevable que le recourant, qui ne pouvait pas pénétrer totalement sa fille en raison de la taille de son vagin, soit néanmoins parvenu à une pénétration partielle. La question de savoir si celle-ci suffit pour réaliser la qualification de viol relève de l'application du droit fédéral et ne peut pas être examinée dans le cadre du présent recours de droit public. Ce dernier grief est donc également mal fondé et le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.