Citation: 6B_1351/2023 E. 2.2

2.2. En l'espèce, le recourant ne conteste pas la confiscation et la destruction des supports informatiques et des données illicites, mais demande à pouvoir récupérer les fichiers licites qui se trouvent sur ces supports. La cour cantonale a constaté qu'un effacement ciblé des données était extrêmement complexe et que le tri exigerait des investissements considérables. Selon le rapport informatique de la police de sûreté du canton de Fribourg, les supports informatiques saisis contiennent en effet plusieurs centaines de milliers d'images et photos illicites; la police qualifie la quantité d'images retrouvées de "hors norme" (rapport p. 18). Le recourant se contente d'affirmer que ce mode de faire est praticable pour les autorités qui l'auraient déjà mis en oeuvre en faveur de B.A.________. Il n'expose toutefois pas en quoi les constatations de la cour cantonale quant aux difficultés que représenterait le tri des données seraient arbitraires, pas plus qu'il ne fournit d'indications précises sur les documents qu'il désire récupérer, qui permettraient de faire des recherches ciblées. C'est en vain que le recourant fait valoir que les supports pourraient être remis à son avocat qui pourrait faire lui-même le tri des données. En effet, il s'agit de données personnelles sensibles, dont le traitement doit respecter des exigences strictes de sécurité et dont la sous-traitance obéit à des conditions précises (cf. notamment art. 5 let. c, 8 et 9 de la loi fédérale sur la protection des données, LPD; RS 235.1). Ainsi, suivant la cour cantonale, on doit considérer que le travail de séparation des données licites et illicites exigerait un investissement considérable et qu'il est donc disproportionné par rapport à la valeur des données que le recourant entend récupérer. En effet, comme vu ci-dessus, la cour cantonale a constaté, sans arbitraire, que les données figurant sur les supports informatiques pouvaient facilement être récupérées auprès des autorités administratives et des établissements financiers. La cour cantonale n'a donc pas violé l'art. 69 CP ni le principe de la proportionnalité en refusant de séparer les données licites de celles qui sont illicites et de restituer au recourant les données licites.