Citation: 2A.429/2003 26.11.2003 E. 4

Le recourant est arrivé en Suisse pour la première fois en 1980 et n'a pas tardé à exercer une activité lucrative, sans toutefois disposer d'autorisations de séjour ni de travail. Dès lors, selon ses dires, il aurait vécu une dizaine d'années en Suisse. Ce n'est qu'en 2001 que l'intéressé a entrepris des démarches afin de régulariser sa situation. Depuis lors, il jouit d'une simple tolérance, ce qu'on ne saurait assimiler à un séjour régulier. Compte tenu de la jurisprudence rappelée ci-dessus (consid. 3), la durée du séjour en Suisse du recourant ne peut être considérée comme déterminante, dans l'application de l'art. 13 lettre f OLE. En outre, l'intéressé n'a pas seulement violé la législation concernant le statut des étrangers, comme tous les travailleurs clandestins, en entrant, séjournant et travaillant en Suisse sans autorisation. Il est également entré en Suisse alors qu'il tombait sous le coup d'une interdiction d'entrée dans ce pays. C'est du reste pour cela qu'il a été condamné à huit jours d'emprisonnement le 30 juin 1982. Par ailleurs, l'intéressé ne peut pas se prévaloir d'une intégration socio-professionnelle remarquable, même s'il a pratiquement toujours travaillé dans le même secteur d'activité (la restauration). De plus, le fait que le recourant maîtrise le français au bout d'une dizaine d'années passées en Suisse romande n'est pas exceptionnel et ne saurait être considéré comme la preuve d'une intégration particulièrement poussée. En outre, même s'il a noué des liens avec la population locale - ce qui paraît normal en une dizaine d'années - , sa relation avec la Suisse, où il s'est découvert quinze cousins depuis son audition du 19 septembre 2001, n'apparaît pas spécialement étroite. En revanche, l'intéressé a gardé des attaches importantes avec sa patrie où vivent notamment sa femme - dont rien au dossier ne prouve qu'il aurait divorcé - ainsi que ses cinq enfants et où il est du reste retourné à plusieurs reprises. Force est de considérer qu'il pourrait se réintégrer sans trop de difficultés en Turquie, d'autant plus qu'il y a vécu jusqu'à son départ pour la Suisse. On ne saurait conclure de ce qui précède que la situation de l'intéressé constitue un cas personnel d'extrême gravité.