Citation: 5A_935/2021 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement considéré que l'on ne pouvait retenir, même au degré de la vraisemblance, que les parties étaient convenues que l'épouse devrait travailler à plein temps durant le mariage. Cette constatation, effectuée par le juge précédent lors de son examen portant sur l'octroi d'un éventuel délai d'adaptation à l'épouse pour retrouver une activité lucrative - étant établi qu'au moment de la séparation, elle ne percevait aucun revenu -, n'est toutefois pas décisive: quand bien même serait-elle insoutenable, retenir le contraire ne suffirait toutefois pas à démontrer que le type de mariage concrètement vécu et convenu par les conjoints n'impliquait pas de niveau de vie commun (cf. supra consid. 3.1). Selon les constatations de l'arrêt entrepris, qui ne sont pas remises en cause, les époux se sont mariés le 17 juin 2019 et se sont séparés le 25 novembre 2020. S'ils n'ont pas eu d'enfant et que leur vie commune a été relativement brève, rien ne laisse supposer qu'ils n'aient jamais constitué une communauté conjugale, sous une forme ou une autre, ni contribué, en espèces ou en nature, à leur entretien mutuel. Le recourant ne le démontre de toute façon pas. En tant qu'il soutient, en particulier, que dès le début du mariage, ils sont convenus que tous d'eux travailleraient et participeraient aux charges du ménage, il ne rapporte aucunement la preuve qu'ils auraient tenu des comptes séparés ou n'auraient pas mené une réelle vie de couple, autrement dit, qu'ils auraient vécu dans une indépendance totale, respectivement sans mener le même train de vie; ce d'autant qu'il résulte des faits constatés que durant la vie commune, l'épouse n'a exercé qu'une activité accessoire, temporairement de surcroît. Le recourant prétend en outre en vain que les critères de l'art. 125 al. 2 CC, en particulier la répartition des tâches durant le mariage (ch. 1), la durée de celui-ci (ch. 2), ainsi que l'âge et l'état de santé des époux (ch. 4) auraient dû jouer un rôle prépondérant dans l'examen du droit de l'intimée à une contribution d'entretien. Il méconnaît en effet que la jurisprudence consacrée à l'ATF 128 III 65, qui admet que le juge doit prendre en considération, dans le cadre de l'art. 163 CC, les critères applicables à l'entretien après le divorce (art. 125 CC) vise les situations dans lesquelles le juge doit modifier la convention conclue pour la vie commune, en ce sens que celui des époux qui, jusque-là, n'avait pas exercé d'activité lucrative, ou seulement dans une mesure restreinte, pourra, selon les circonstances, se voir contraint de le faire ou d'étendre son activité, notamment en raison du fait que les revenus de l'autre conjoint ne suffiront plus à couvrir les frais supplémentaires entraînés par l'existence de deux ménages (cf. supra consid. 3.1). En imputant un revenu hypothétique à l'intimée, l'autorité cantonale n'a pas manqué de se conformer à cette jurisprudence. Autant qu'il est suffisamment motivé, le grief est par conséquent infondé. Pour les mêmes motifs, tel est aussi le cas des critiques, fondées peu ou prou sur une argumentation identique, que le recourant adresse au juge précédent concernant le principe du partage de l'excédent entre les époux. A cet égard, et dans la mesure où il se réfère à un arrêt du Tribunal fédéral présentant, selon lui, plusieurs similitudes avec la présente espèce (5A_912/2020), il y a lieu de relever que dans cette affaire, examinée sous l'angle de l'arbitraire, les conclusions du mari tendant au partage de l'excédent des époux ont été rejetées faute de motivation suffisante, de sorte que le recourant ne peut rien en tirer en sa faveur. Quant à l'allégation selon laquelle l'intimée bénéficierait, en cas de partage, d'un niveau de vie supérieur à celui qui était le sien durant la vie commune, elle n'est nullement démontrée (art. 106 al. 2 LTF).