Citation: 5P.319/2006 29.11.2006 E. 1

4.2 L'autorité précédente n'est pas davantage tombée dans l'arbitraire en niant l'existence d'une décision attaquable, ni, partant, commis de déni de justice en refusant d'enregistrer le recours. Aux termes de l'art. 420 al. 2 CC, les décisions de l'autorité tutélaire, en l'occurrence en matière de protection de l'enfant (Geiser, in: Basler Kommentar, vol. I, 3e éd., n. 13 ad art. 420 CC; Andreas Schwarz, Die Vormundschaftsbeschwerde, thèse Zurich 1968, p. 52), peuvent faire l'objet d'un recours à l'autorité de surveillance; une telle voie est aussi ouverte lorsqu'elle a statué, non pas à la suite d'une requête, mais en vertu de son pouvoir général de surveillance (Geiser, ibidem, n. 12). En l'espèce, il est indéniable que l'intervention du premier juge s'inscrit dans le cadre des art. 307 ss CC; pour autant, cela ne signifie pas que toutes les mesures prises dans ce contexte seraient sujettes à recours auprès de l'autorité de surveillance (cf. Geiser, ibidem, n. 11; Schwarz, op. cit., p. 48-49 et 53-54; imprécis: Deschenaux/Steinauer, Personnes physiques et tutelle, 4e éd., p. 387/388 n. 1015). L'audience du 26 juin 2006 avait été provoquée pour faire le point sur le droit de visite, dont l'exercice avait rapidement occasionné des difficultés et - sous réserve d'une prise de contact le 18 juin 2006 - était interrompu depuis Pâques 2006. Sur la base des suggestions de la représentante du Service du Tuteur général, la Présidente du Tribunal tutélaire s'est bornée à offrir sa médiation dans le conflit opposant les parents (cf. Schwarz, op. cit., p. 49), afin d'aboutir à une solution permettant de réactiver le droit de visite prévu par le jugement de divorce (définitif), en faisant appel à la bonne volonté et à l'esprit de coopération des intéressés; par ailleurs, il ne ressort pas du procès-verbal que ces derniers - spécialement la mère - se seraient opposés à une telle démarche, que ce soit dans son principe ou dans ses modalités. Quoi qu'en disent les recourants, la lettre du 28 juin 2006, par laquelle la Présidente du Tribunal tutélaire a signifié à la mère que les "enfants doivent reprendre le droit de visite avec leur père", ne corrobore pas le caractère décisionnel du procès-verbal; la juge n'a fait que rappeler la mère à ses devoirs, tels qu'ils découlaient du jugement de divorce du Tribunal de première instance, sans rien y ajouter. Enfin, l'argument déduit de la condamnation "en tant que de besoin" du père s'agissant des contacts de ses enfants avec M.________ et du lieu du droit de visite n'est pas déterminant; la Présidente du Tribunal tutélaire s'est limitée à prendre acte d'un engagement unilatéral de l'intéressé, et de surcroît relatifs à des points qui ne faisaient pas l'objet du jugement de divorce; que le procès-verbal puisse alors revêtir la valeur d'un jugement n'est pas discutable, même si on peut s'interroger sur la sanction d'un pareil engagement.