Citation: 6B_1281/2022 E. 4.2

4.2. Dans son recours, le recourant souligne que les autorités cantonales n'auraient pas remis en question sa version, selon laquelle il aurait eu une connaissance parfaite de son arme, qu'il aurait été certain de la maîtriser et qu'il aurait exclu qu'un tir mortel pût se produire. Il ne remet pas en question le déroulement des faits, le tir étant selon lui parti lors d'un affrontement physique alors qu'il aurait voulu assommer sa victime pour lui soustraire de la drogue. Il considère toutefois que serait privé de tout fondement le fait de lui reprocher qu'il aurait dû savoir qu'une pression de 2,48 kg suffisait à faire feu et que, par conséquence, cela serait revenu à accepter de tirer une balle dans la tête de sa victime. Le recourant ne conteste pas que l'arme était chargée, désassurée et prête à faire feu et qu'il avait le doigt sur la détente tandis qu'il frappait violemment la victime. Contrairement à ce qu'il soutient, la cour cantonale ne lui reproche pas qu'il aurait dû savoir qu'une pression de 2,48 kg suffisait pour faire feu; elle a souligné qu'il avait déclaré avoir une parfaite maîtrise de son arme et qu'il savait dès lors d'expérience qu'un tir pouvait être déclenché par une pression relativement faible, hypothèse dont il s'est accommodé en frappant violemment, doigt sur la gâchette, la victime avec le canon de son arme chargée et prête à faire feu. C'est du reste ce que le recourant a déclaré devant la cour cantonale, soit qu'il avait expérimenté lors de ses entraînements avec cette arme qu'il "fallait appuyer un peu et le coup partait assez facilement". La cour cantonale a donc, à bon droit, tenu compte tant de la probabilité, connue du recourant, de la réalisation du risque que comportait cette manipulation d'arme que de l'importance de sa violation du devoir de prudence en maintenant son doigt sur la gâchette d'une arme chargée (cf. supra consid. 3.1.5).