Citation: 6B_1348/2017 E. D

Statuant sur renvoi le 12 octobre 2017, la Chambre pénale d'appel et de révision a ordonné l'internement de X.________ (art. 64 al. 1 let. b CP) et confirmé pour le surplus l'arrêt du 4 février 2016. En substance, elle a retenu que seul un internement était envisageable dès lors qu'il n'y avait aucun espoir que X.________, qui demeurait dans le déni et persistait à se présenter comme une victime, puisse dans les cinq ans changer son mode de fonctionnement pour réduire le risque de récidive. Eu égard au pronostic qui était très sombre et aux actes déjà commis, et même si la peine privative de liberté prononcée était d'une certaine durée, la sécurité publique devait primer, de sorte qu'une mesure d'internement au sens de l'art. 64 al. 1 CP devait être prononcée. Les pièces suivantes ont été versées à la procédure. D.a. Les Drs D.________ et E.________ ont dressé un rapport d'expertise complémentaire, daté du 3 juillet 2017, aux termes duquel ils ont confirmé les troubles diagnostiqués le 22 avril 2015. L'attitude de l'intéressé apparaissait toutefois moins dogmatique lors de cette deuxième évaluation, et il avait également décrit plus précisément les circonstances de l'agression de B.________ avec en premier lieu la dimension de perte de contrôle, dont il n'avait jamais parlé auparavant. Cela amenait les experts à modifier les conclusions auxquelles ils étaient parvenus dans leur expertise de 2015. Si la composante dyssociale de son trouble de la personnalité ne répondait effectivement pas ou peu aux traitements psychiatriques actuels, il en allait différemment des caractéristiques impulsives et de perte de contrôle (capacité d'inhibition). Bien qu'il faille s'attendre à un travail thérapeutique de très longue durée, eu égard au grave trouble de personnalité de l'expertisé, et que l'issue de ce travail thérapeutique spécifique demeurait incertaine, une mesure thérapeutique en milieu fermé, au sens de l'art. 59 al. 3 CP, pourrait être indiquée dans le cas de X.________ de manière à faire évoluer le risque de récidive, qualifié d'élevé, et portant sur des agressions contre l'intégrité corporelle d'autrui. D.b. A teneur d'une décision de la direction de la prison G.________ du 20 mars 2017, le placement de X.________ en régime de sécurité renforcée avait été ordonné pour une durée de trois mois, soit du 22 mars au 21 juin 2017. Le 17 mars 2017, l'intéressé s'était dirigé vers un agent de détention avec une fourchette taillée en pointe par ses soins. Auparavant, entre le 30 novembre 2014 et le 17 mars 2017, il avait été sanctionné, entre autres, par un total de 50 jours de placement en cellule forte en relation avec onze incidents, à savoir notamment la possession d'un objet prohibé (un rasoir modifié en arme retrouvé dans sa cellule). D.c. X.________ s'était en outre vu notifier une sanction le 2 mai 2017 à l'établissement pénitentiaire de H.________. A teneur du rapport d'incident, il avait, à l'atelier de travail, crié " je vais vous niquer, je vais trouver une lame et je vais buter quelqu'un! ". L'agent de détention avait constaté qu'il cherchait alors un outil du regard.