Citation: 8C_39/2019 E. 10.2

10.2. La question de savoir si la réglementation précitée de la LAFam - qui ne s'applique en principe qu'aux relations intercantonales - vaut aussi pour l'application de la coordination européenne peut rester indécise. En effet, la réponse à cette question ne s'impose pas de façon évidente. Il en va de même de la question de savoir si l'art. 68 par. 2, 3ème phrase du règlement n° 883/2004 ("Toutefois, il n'est pas nécessaire de servir un tel complément différentiel pour les enfants résidant dans un autre Etat membre, lorsque le droit aux prestations en question se fonde uniquement sur le lieu de résidence") revêt ou non le caractère d'une norme potestative ("Kann-Bestimmung") qui donnerait à l'Etat non prioritaire la faculté de verser le complément différentiel dans les circonstances du cas d'espèce. Sous l'angle de la reconsidération, on ne peut donc dire que le versement des prestations en cause était manifestement erroné. La recourante ne fait en tout cas pas la démonstration du contraire mais se borne à donner son point de vue juridique, sans référence aucune aux conditions auxquelles la loi subordonne la révocation de décisions par voie de reconsidération. En l'espèce, le versement par la caisse du complément différentiel était peut-être erroné mais ne l'était pas manifestement.