Citation: 8C_468/2022 E. 6

La recourante invoque une violation de l'art. 31 al. 1 let. d LACI ainsi que de la jurisprudence du Tribunal fédéral en la matière. Elle fait valoir que la cour cantonale a totalement inversé la logique législative et jurisprudentielle en entérinant le procédé suivi par l'OCE consistant à attendre l'issue de la procédure de consultation et à rendre une décision "rétrospective" sur la base de circonstances "établies" et non pas "vraisemblables". Cela revenait à supprimer la condition de la vraisemblance du caractère temporaire de la RHT posée par l'art. 31 al. 1 let. d LACI et à admettre qu'une analyse rétrospective des circonstances était possible, ce qui était contraire à la jurisprudence et à la doctrine. Par ailleurs, la procédure d'examen des conditions légales par l'autorité cantonale était censée être menée rapidement. Or, la prise de décision était intervenue pratiquement quatre mois après le dépôt du préavis de RHT. La recourante critique également l'approche préconisée par le SECO dans ses directives, dont elle conteste la conformité avec le système légal, et relève que, selon un arrêt C 292/03 du 2 novembre 2004, la circonstance qu'un employeur envisage un licenciement collectif ne fait pas obstacle à la vraisemblance du caractère temporaire de la perte de travail. Au demeurant, le but de la consultation des travailleurs était également le maintien des emplois. Finalement, la recourante soutient qu'une analyse prospective des circonstances à prendre en considération au moment de sa demande de RHT aurait conduit à lui reconnaître un droit à l'indemnité. En effet, la rentabilité de la société était bonne: comme l'avait déclaré le témoin C.________, les résultats d'exploitation de l'année 2019 avaient été positifs et jugés satisfaisants par le propriétaire de l'hôtel. Malgré la situation liée à la crise sanitaire, les liquidités de la société étaient suffisantes; aucun salaire n'était resté impayé. Les réservations de chambre pour 2020 et 2021 s'étaient poursuivies jusqu'à l'annonce de la procédure de consultation en juillet 2020; les occupants louant des chambres à l'année étaient restés dans l'hôtel. Il n'existait donc aucun indice évident ou manifeste indiquant que l'hôtel allait cesser son activité dans le contexte de la pandémie avant que le conseil d'administration n'ait pris la décision définitive de fermer l'hôtel et de licencier son personnel le 7 juillet 2020.