Citation: 1B_159/2009 26.08.2009 E. 2

Invoquant notamment son droit d'être entendue, la recourante reproche à la Chambre d'accusation de n'avoir pas indiqué pour quelles causes ses comptes avaient été saisis, les motifs retenus s'appliquant exclusivement aux cinq inculpés. Elle estime arbitraire de soutenir que ses comptes pourraient faire l'objet d'une confiscation ou d'une créance compensatrice. 2.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu consacré à l'article 29 al. 2 Cst. le devoir pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre et la contester utilement s'il y a lieu, et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Pour répondre à ces exigences, il suffit que l'autorité mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision; elle n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les arguments invoqués par les parties. Il n'y a violation du droit d'être entendu que si l'autorité ne satisfait pas à son devoir minimum d'examiner les problèmes pertinents (ATF 133 III 439 consid. 3.3 p. 445; 130 II 530 consid. 4.3 p. 540). 2.2 Dans son recours cantonal, la recourante a clairement expliqué que ses deux comptes bancaires étaient selon elle sans rapport avec les faits poursuivis, puisqu'ils servaient à recevoir des pensions, des montants d'entretien et des allocations familiales. Il est vrai que le compte xxx est alimenté par une contribution d'entretien versé par l'ex-mari de la recourante. Y sont toutefois également versés quelque 9000 fr. par mois provenant de l'inculpé B.________, à titre d'entretien de la recourante. Or, l'ordonnance attaquée explique clairement que les rétributions excessives qu'auraient perçues les inculpés auraient pu profiter à leur famille également; on ne saurait dès lors exclure que les sommes versées par B.________ sur le compte de la recourante soient d'origine délictueuse, ce qui peut justifier la mesure attaquée. Certes, l'ex-mari de la recourante est apparemment sans rapport avec l'infraction poursuivie. Si tel était le cas, la recourante pourrait demander du Juge d'instruction une levée partielle du séquestre, à concurrence des montants dont l'origine délictueuse peut être d'emblée exclue. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral de décider si et dans quelle mesure une telle levée se justifie. Toutefois, compte tenu du renvoi à la cour cantonale qui doit être prononcé pour les motifs qui suivent, la Chambre d'accusation pourrait examiner la question, si elle estime en particulier que le recours cantonal est suffisamment motivé sur ce point. 2.3 La recourante a également clairement expliqué que le compte yyy servait à recevoir les prestations du Service cantonal genevois d'allocations familiales. Force est de constater que l'ordonnance attaquée est totalement muette à ce propos, alors même que l'argument n'était pas dénué de pertinence. Il y a lieu, par conséquent, d'admettre le recours sur ce point et de renvoyer la cause à la Chambre d'accusation pour qu'il soit statué sur cette question.