Citation: 5D_5/2018 E. 3.3

3.3. En l'espèce, le grief du recourant est infondé dans la mesure où le Juge Adrian Urwyler est intervenu dans deux procédures séparées, pendantes devant des autorités distinctes, ayant un état de fait différent et posant des questions juridiques sans rapport entre elles. Dans l'affaire ayant donné lieu à l'arrêt du 5 décembre 2017, il s'agissait de statuer sur quatre recours déposés le 11 novembre 2017 à l'encontre de quatre prononcés de mainlevée définitive rendus le 19 octobre 2017 par la Présidente du Tribunal civil de la Gruyère en lien avec les poursuites n° s a'aaa'aaa, b'bbb'bbb, c'ccc'ccc et d'ddd'ddd de l'Office des poursuites de la Gruyère diligentée à l'instance de l'Etat du Valais, par l'Office cantonal du contentieux financier, sur la base de décisions rendues, respectivement, le 2 décembre 2016 par le Juge de l'application des peines et mesures du canton du Valais, le 24 mai 2015 par la Juge du district de Monthey, le 23 septembre 2016 par la Chambre civile du Tribunal cantonal du Valais, et le 23 août 2016 par la Cour pénale I du Tribunal cantonal du Valais. La dénonciation formée le 22 novembre 2017 devant le Conseil de la magistrature tend à l'ouverture d'une enquête contre tous les magistrats (fribourgeois) qui sont intervenus " dans l'affaire A.________ ", contre X.________, Procureur général du canton de Fribourg, ainsi que contre Y.________, Conseiller national. L' "affaire A.________ ", telle que résumée dans la dénonciation, est liée à la procédure de divorce ayant opposé le recourant et son ex-épouse B.________ et ses suites, partant nullement aux procédures de mainlevée diligentées par l'Etat du Valais. Non seulement ne s'ancrent-elles pas dans le même contexte factuel, mais les questions juridiques posées dans les deux procédures sont indépendantes et ne relèvent pas de la compétence de la même autorité. Pour le surplus, le grief doit être écarté, dans la mesure où, vu la jurisprudence susmentionnée, un juge ne peut pas être récusé pour le simple motif que, dans une procédure antérieure, il a eu à trancher en défaveur du recourant. Par surabondance, il sera relevé que la possibilité que l'un des membres du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg siège au sein du Conseil de la magistrature résulte expressément de l'art. 126 al. 1 let. c Cst./FR, qui dispose que " le Conseil de la magistrature comprend un membre du Tribunal cantonal ", et ne saurait empêcher le membre concerné de continuer à fonctionner comme juge cantonal ordinaire. L'élection par le Grand Conseil (art. 126 al. 2 1ère phr. Cst./FR et art. 93 al. 1 1ère phr. de la loi sur la justice [LJ; RSF 130.1]), du Juge Adrian Urwyler en qualité de membre du Conseil de la magistrature a par ailleurs dûment été publiée au Bulletin officiel des séances du Grand Conseil (séance du 11 mai 2016, p. 1050).