Citation: 6B_654/2018 E. B

Par jugement du 6 mars 2018, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté les appels formés par X.X.________ et par le ministère public contre ce jugement. La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. X.X.________, de nationalité suisse, est née en 1965 à A.________. Elle a été mariée à B.X.________, qui s'est donné la mort en 2001, avec lequel elle a eu un fils, Y.X.________. Sociologue de formation, elle a travaillé quelques années en qualité de conseillère pédagogique à 40, puis à 50%, activité qui lui rapportait environ 2'500 fr. par mois. Elle a toutefois cessé cette activité dès l'année 2006, afin de s'occuper de ses parents C.C.________ et D.C.________, dont elle était la fille unique. En 2008, C.C.________, qui était atteinte de la maladie de Parkinson, a été placée en EMS. Elle est décédée au mois de novembre 2013. Ensuite de ce décès, X.X.________ a continué à s'occuper de son père, qui avait subi diverses opérations de la hanche nécessitant des hospitalisations et qui bénéficiait de diverses aides à domicile pour des soins et les repas. Elle recevait ce dernier deux fois par semaine pour le repas de midi et s'occupait de l'amener à ses traitements, dans la mesure où il ne se déplaçait qu'avec difficulté et présentait des risques de chute. Elle s'occupait également de réceptionner son courrier et de lui préparer ses paiements, disposant de procurations sur ses comptes. Pour ce faire, elle était annuellement rémunérée à hauteur de 40'000 à 50'000 fr. par l'intéressé, dont la fortune était estimée à 2'441'229 fr. en avoirs bancaires, à 1'879'615 fr. de fortune en titres et à 587'520 fr. de fortune immobilière à sa valeur fiscale, constituée d'une villa à E.________ et d'une villa à F.________. D.C.________ payait aussi les vacances de X.X.________, ainsi que celles de son fils, et finançait ponctuellement divers achats ou dépenses de ces derniers. Le casier judiciaire de X.X.________ est vierge. B.b. Au mois de juin 2014, X.X.________ a rédigé un faux testament olographe au nom de sa mère C.C.________. Cet écrit, faussement daté du 6 février 2006, lui attribuait la propriété de la part d'un appartement que sa mère possédait à G.________, l'usufruit en étant dévolu à D.C.________. Ce document prévoyait également que la part d'héritage due à X.X.________ devait demeurer en usufruit au prénommé. Il a été transmis à la Justice de paix du district d'Aigle le 10 juin 2014 et a été homologué deux jours plus tard. Ce faux testament a été fait par l'intéressée, selon ses dires, à la demande de son père, lequel lui aurait dit que cela les avantagerait fiscalement et que cela n'aurait pas d'incidence pour elle, dès lors qu'elle était la seule héritière. D.C.________ lui aurait également précisé qu'au vu de son âge, il ne se remarierait pas. A cette époque, il lui avait versé un montant de 50'000 fr. constituant une part de l'héritage de C.C.________. Le 22 octobre 2014, D.C.________ a déclaré à X.X.________ qu'il avait l'intention de se remarier. Celle-ci, craignant qu'une potentielle nouvelle épouse en veuille à l'argent de son père, s'était notamment renseignée auprès d'une aide-soignante s'occupant de celui-ci. Obsédée par l'éventuel remariage de son père, elle a discuté de cette question avec diverses personnes de son entourage - dont son ami de l'époque, H.________, et I.________ - auxquelles elle avait notamment précisé qu'elle avait peur pour son héritage ainsi que pour celui de son fils. Elle a songé à engager un détective privé et a espionné son père en s'introduisant à son insu dans son domicile, alors qu'elle le soupçonnait d'entretenir une relation avec l'une des personnes lui préparant ses repas. A cette occasion, elle était accompagnée de son fils et de H.________, qui avaient attendu dehors, et avait demandé à ce dernier de ne rien dire, dès lors que si son père l'apprenait, elle pourrait avoir des ennuis relatifs à l'héritage. X.X.________ a en outre parlé à J.________ de pulsions qu'elle avait à propos de son père, soit que "le pousser en bas des escaliers, c'est ni vu ni connu". Elle a également parlé à son fils de ses intentions de faire passer la mort de son père pour un accident à cinq reprises, entre la fin du mois d'octobre et le 5 novembre 2014. Le 29 octobre 2014, X.X.________ a à nouveau parlé de remariage avec son père, en présence de Y.X.________. Tous deux avaient déclaré à leur parent que si celui-ci se remariait, ils n'assisteraient pas à la cérémonie. Lors de cette discussion, D.C.________ aurait déclaré que cette histoire était une blague de sa part. Y.X.________ a indiqué que sa mère et lui avaient régulièrement parlé de ce remariage à cette époque et que celle-ci lui avait dit que son grand-père était un manipulateur, qu'il leur faisait du chantage, qu'il les tenait par l'argent et qu'il n'avait aucune reconnaissance pour ce qu'elle avait fait pour lui. Le 31 octobre 2014, X.X.________, estimant que son père ne respectait pas son engagement de ne pas se remarier, a rédigé un second faux testament. Selon ses dires, son but était de rétablir ses droits dans le cadre de la succession de sa mère en cas de remariage de son père. Ce document, faussement daté du 7 avril 2006, prévoyait notamment que la part de l'appartement de G.________ précité serait exclusivement dévolue à X.X.________ et que, en cas de remariage de D.C.________, la quotité disponible serait restituée à sa fille. Le 2 novembre 2014, le prénommé est venu manger chez sa fille et celle-ci a derechef abordé le sujet de son remariage, au cours d'une discussion enflammée. Elle lui a alors parlé du testament précité et D.C.________ a accepté de signer une lettre de transmission à la justice de paix, après quoi ce dernier aurait déclaré à sa fille "qu'il épouserait une pute, qu'il l'obligerait à venir à son mariage, qu'il la tenait par l'argent et qu'elle mangerait dans sa main". Le lendemain, X.X.________ a transmis à la Justice de paix du district d'Aigle ce second faux testament, que cette autorité a homologué le 7 novembre 2014. Le 4 novembre 2014, X.X.________ a retiré un montant de 10'000 fr. du compte de D.C.________, faisant usage de sa procuration et déposant cet argent dans un safe à son nom. En cours d'enquête, elle a expliqué qu'elle avait agi de la sorte à la demande de son père, qui souhaitait remettre 6'000 fr. à Y.X.________, le solde étant destiné à un marbrier, puis a finalement déclaré que 9'000 fr. devaient être remis à son fils. Le lendemain, un montant de 11'200 fr. a été débité du compte K.________ de D.C.________, par un bulletin d'ordre de paiement rempli de la même main que ceux des trimestres précédents, payés par X.X.________. B.c. Le 5 novembre 2014, D.C.________ s'est rendu chez sa fille pour le repas de midi, au cours duquel le sujet du remariage a encore été abordé. Il a précisé n'avoir encore personne dans sa vie, mais X.X.________ a persisté à lui poser des questions à ce sujet, auxquelles il n'a pas répondu. Y.X.________ est ensuite arrivé et le sujet a été repris. D.C.________ aurait alors précisé qu'il voulait une femme non par amour, mais "pour lui tenir la main le soir à la maison", qu'il était prêt à payer pour ce service, soit qu'il se payerait une prostituée. X.X.________ a répondu qu'elle regrettait d'avoir arrêté de travailler pour s'occuper de lui et qu'elle reprendrait une activité. Elle a encore demandé à son père de pouvoir disposer de l'une des villas dont il était propriétaire, ce à quoi elle estimait avoir droit après avoir suivi des travaux de rénovation de ladite villa en 2011. D.C.________ a refusé et a précisé qu'il avait été marié à C.C.________ sous le régime de la séparation de biens. Il aurait en outre reproché à sa fille d'avoir déjà reçu 800'000 fr. depuis l'année 2006. Enfin, il aurait traité X.X.________ et Y.X.________ de voleurs et de profiteurs et leur aurait dit qu'ils étaient paniqués. Blessé par cette remarque, Y.X.________ lui aurait rétorqué qu'il n'avait pas besoin de son argent et qu'il ne voulait plus le voir, puis est monté dans sa chambre. Quant à la prénommée, elle a ressenti cette discussion comme une nouvelle trahison de son père envers elle et sa mère et a, dès ce moment, été déterminée à tuer D.C.________, ne supportant plus ce qu'elle avait perçu comme une volonté de la fouler, notamment eu égard à son héritage - à tout le moins concernant celui de sa mère, mais probablement également celui du prénommé -, ne pouvant admettre d'en être privée compte tenu de tout ce qu'elle avait fait pour lui. Après ces événements, D.C.________ s'est reposé puis, vers 15 h, X.X.________ l'a emmené chez le physiothérapeute. Elle a ensuite contacté son fils par téléphone et lui a dit qu'elle était très fâchée contre son père, qu'elle n'en pouvait plus et qu'elle était arrivée à un point de non-retour. Y.X.________ a immédiatement compris qu'elle souhaitait tuer D.C.________ - dès lors qu'elle avait déjà évoqué ce projet précédemment - et lui a répondu qu'il ne voulait pas "se salir les mains". Après la séance de physiothérapie, père et fille se sont rendus à la Banque L.________ pour retirer 1'000 fr. sur le compte de D.C.________ - selon les dires de X.X.________ avec l'accord de ce dernier - puis sont allés faire quelques achats. Celui-ci a ensuite ramené la prénommée chez elle puis a regagné son domicile vers 17 h 15. Y.X.________ est allé voir sa mère, qui lui a confirmé qu'elle entendait tuer son père le soir-même. Il lui a à nouveau signifié qu'il ne voulait pas se "salir les mains" ni gâcher son avenir et a tenté de l'en dissuader, mais l'intéressée a insisté pour qu'il l'accompagne, en lui disant qu'elle ne pouvait plus continuer comme cela, que "c'était son père ou elle" et qu'il devait l'aider et la protéger. Y.X.________ a ainsi accepté d'accompagner sa mère dans son expédition pour lui prêter main forte. B.d. En début de soirée, après avoir mangé, Y.X.________ et X.X.________ ont, sur idée de cette dernière qui avait imaginé un plan durant l'après-midi, enfilé des habits sombres et peu dommageables, pour le cas où ils devraient ensuite s'en débarrasser. X.X.________ a remis à son fils des gants en latex afin qu'il ne laisse pas d'empreintes sur place et tous deux ont laissé leur téléphone portable à domicile, afin de ne pas être repérés sur les lieux. Ils ont en outre emporté des chaussures de rechange. Le plan échafaudé par X.X.________ était d'attirer D.C.________ hors de son domicile, afin de le pousser dans les escaliers devant sa maison pour le tuer. Les deux intéressés se sont donc rendus en voiture au domicile de ce dernier et ont parqué le véhicule dans la zone industrielle de E.________, toute proche, afin que celui-ci ne soit pas repéré par les voisins. X.X.________ a élaboré un scénario plus précis, durant le trajet à pied jusqu'à la villa de D.C.________. Ainsi, elle a sonné à la porte et évoqué une tentative de suicide de Y.X.________. Inquiet pour son petit-fils, D.C.________ est sorti de la maison, puis sa fille a dit avoir vu une tache au bas des marches des escaliers jouxtant la maison, afin de détourner son attention sur celui-ci. Pendant ce temps, Y.X.________, qui se cachait dans l'angle de la maison opposé aux escaliers, a rejoint sa mère qui lui avait lancé un regard, puis tous deux ont violemment poussé leur parent. Ce dernier a chuté au-dessus des marches pour atterrir lourdement, se retrouvant assis au bas des escaliers. Il a alors demandé qui l'avait poussé et s'est relevé en chancelant. Y.X.________ lui a répondu que c'était lui, puis est descendu au bas des escaliers pour pousser son grand-père au sol, celui-ci se retrouvant sur le dos à proximité du bas des escaliers. X.X.________ a alors ramassé la canne anglaise de son père dans les escaliers puis l'a tendue à son fils qui, la saisissant par le bas, a frappé le haut du crâne de son grand-père. Ensuite de ce premier coup, D.C.________ s'est retourné sur le ventre et a mis ses deux mains sur sa tête pour se protéger, en disant : "Y.X.________, tu vas aller en prison", puis : "Je voulais seulement vous aider". Y.X.________ a alors continué à frapper D.C.________, qui essayait de se protéger, à la tête et aux mains, avec le dos de la canne, laquelle s'est brisée sous la violence des coups et a laissé des empreintes dans la chair du crâne du dernier nommé. X.X.________ est allée chercher un parapluie, avec lequel elle a également frappé son père à la tête et aux mains, avec une force suffisante pour que cet objet se brisât également. A un moment, Y.X.________ s'est arrêté de frapper et a pris le pouls de son grand-père, qu'il n'a pas senti, mais a constaté que l'intéressé respirait encore. Pendant ce temps, X.X.________ a remarqué que la montre "Sécutel" de son père s'était mise en marche et, sachant que l'alarme allait être donnée, a dit à son fils qu'il fallait achever D.C.________ afin que tous deux ne soient pas dénoncés. Elle est alors remontée dans la maison et a entendu l'appel de l'opératrice "Sécutel", sachant donc que les voisins allaient intervenir une fois l'alarme donnée. X.X.________ est revenue avec une écharpe que Y.X.________ avait offerte à son grand-père pour Noël, puis tous deux l'ont enroulée autour du cou de ce dernier, toujours couché à terre sur le ventre. D.C.________ a tenté de dire quelque chose, mais ses propos étaient inaudibles. X.X.________ a tenté de serrer l'écharpe mais n'en a pas eu la force. Son fils a pris le relais et a serré jusqu'à ce que tous deux vissent s'affaisser l'avant-bras droit de D.C.________, qu'il avait tenu relevé jusqu'alors. La mère et le fils ont ensuite ramassé les morceaux de canne et de parapluie qui jonchaient le sol, ainsi que l'écharpe, puis ont fui par un vieux sentier afin d'éviter de croiser quelqu'un. Ils ont regagné leur voiture, changé de chaussures puis déposé leurs affaires ensanglantées dans le coffre. Ensuite, X.X.________ a conduit jusqu'à leur domicile, où ils ont constaté plusieurs appels en absence des voisins de D.C.________. La prénommée les a rappelés puis s'est changée pour repartir à E.________ et s'est débarrassée de sa veste, de ses bottes et des chaussures de son fils dans une rivière, tandis que Y.X.________ est allé jeter le reste de leurs effets personnels dans la poubelle d'un village voisin. Le décès de D.C.________ a été constaté le 5 novembre 2014 à 23 h 08. Il était consécutif à une asphyxie mécanique sur une personne déjà victime de multiples lésions traumatiques et hémorragiques du cuir chevelu et du massif facial essentiellement. Le prénommé a notamment souffert de nombreuses plaies et ecchymoses, ainsi que de fractures du massif facial, du sternum et des côtes. B.e. Le soir des faits, X.X.________ est donc retournée sur les lieux du forfait et a feint d'apprendre la mort de son père, tout en s'interrogeant faussement sur ses circonstances. Dès lors qu'elle se sentait mal, elle a été emmenée à l'hôpital - après avoir été réconfortée par les voisins et les ambulanciers - où son fils l'a rejointe. Dès le lendemain, tous deux ont élaboré un alibi commun et couché sur papier une version correspondante, en vue de leur audition par la police. X.X.________ a en outre raconté à plusieurs tiers, dont les voisins alertés par le "Sécutel" le soir des faits, que son père voulait se remarier et qu'elle craignait qu'une femme malintentionnée n'en voulût à son argent, leur confiant qu'elle avait découvert que son père lui avait fait boire de l'alcool lorsqu'elle était enfant, afin qu'elle dorme et le laisse tranquille avec sa maîtresse, ou que celui-ci avait appelé une soeur de sa femme "chérie", causant une rupture des relations entre les deux soeurs. B.f. D.C.________ avait caché divers lingots d'or et métaux précieux, estimés à près de 270'000 fr., dans sa villa de E.________. Ces objets ont été déplacés par Y.X.________ et X.X.________ dans un safe au nom de cette dernière, selon les dires des deux intéressés, avec l'accord de D.C.________, lors de l'une de ses opérations médicales en octobre 2013. En cours d'enquête, ceux-ci ont allégué que D.C.________ leur avait fait cadeau de ces lingots. Le 28 novembre 2014, X.X.________ et Y.X.________ se sont rendus au safe où ils avaient précédemment déposé ces valeurs et en ont fait l'inventaire, puis ont caché celles-ci dans divers jeux d'enfant, dans le galetas de leur domicile, où lesdites valeurs ont été retrouvées par les enquêteurs. Au début du mois de décembre 2014, X.X.________ a consulté une psychologue, à qui elle a dit que les circonstances de la mort de son père étaient étranges, avant de lui parler de la prétendue volonté de remariage de ce dernier avec une femme pouvant le dépouiller. Alors qu'elle avait par le passé toujours évoqué positivement D.C.________ auprès de cette thérapeute, X.X.________ lui a alors parlé avec colère des maîtresses de son père et du fait qu'il l'avait faite boire lorsqu'elle était enfant afin qu'elle ne se souvienne de rien lorsqu'il était avec une jeune femme. B.g. Le 16 décembre 2014, devant l'évidence de certaines preuves matérielles, X.X.________ a avoué les faits et a été arrêtée. Selon des témoignages recueillis en cours d'enquête, X.X.________ semblait très dévouée à son père et celui-ci heureux de l'aide de cette dernière, même si quelques témoins proches de la prénommée avaient indiqué que l'intéressé était exigeant et manifestait peu sa reconnaissance à sa fille, laquelle était épuisée par la situation. X.X.________ a soutenu, durant ses auditions, que son père était en réalité un tyran jamais satisfait de ce qu'elle faisait, un manipulateur qui exerçait sur elle une forme de chantage, notamment en lien avec l'argent qu'il lui versait et qui provenait d'ailleurs d'une fraude fiscale. Selon elle, elle devait "tout lui faire" depuis son enfance, D.C.________ lui ayant dit à plusieurs reprises qu'il la tenait par l'argent. Il l'aurait par ailleurs violentée physiquement et psychiquement sa vie durant, tout comme il l'aurait fait avec sa mère. X.X.________ a en outre prétendu avoir subi des abus sexuels graves de la part de son père, entre l'âge de 9 et 15 ans, qu'elle a résumés dans une lettre du 21 mars 2015 adressée au ministère public, exposant notamment qu'en l'absence de sa mère, celui-ci se masturbait devant elle, lui léchait la poitrine, la faisant se promener nue dans la maison, lui demandait de lui sucer le sexe ou de lui montrer ses fesses et la frappait, ce qui lui procurait du plaisir. B.h. En cours d'instruction, X.X.________ a été soumise à une expertise psychiatrique. Le Dr M.________, psychiatre et psychothérapeute, a rendu un rapport le 13 janvier 2016 ainsi qu'un rapport complémentaire le 29 août 2016. Il a en outre été entendu par le tribunal de première instance le 20 septembre 2017. L'expert a en substance retenu que X.X.________ souffrait d'un trouble mixte de la personnalité, sur un mode dépressif, avec une accentuation de la composante paranoïaque, vraisemblablement sous une forme décompensée, au moment des faits. Il ressortait de la synthèse des éléments d'anamnèse de l'enfance un climat familial fortement perturbé, la prénommée ayant décrit l'absence de barrière inter-générationnelle au sein de la famille, avec un père qui aurait franchi le tabou de l'inceste à plusieurs reprises, avec des passages à l'acte sur plusieurs années. La question de la crédibilité de ces éléments se posait, au vu de la personnalité de X.X.________. Certains paramètres cliniques pointaient une personnalité ayant été exposée à la violence de façon directe. La prénommée s'était montrée initialement incapable de décrire formellement les comportements sexuels à son égard et affichait une perplexité dans le contact. Elle s'effondrait à ce moment en pleurs avec une tonalité enfantine, comme si la petite fille de l'époque exprimait une souffrance et une tristesse longtemps enfouies. Elle laissait l'expert nommer les actes, sans pouvoir réellement les verbaliser, ce qui était courant chez les sujets ayant subi un ou plusieurs traumatismes. La personne qui simulait aurait habituellement présenté beaucoup moins de difficulté à exprimer le détail des actes, ce qui n'avait pas été le cas. En définitive, sur le plan cognitif, X.X.________ n'avait aucunement souffert d'une grave altération de l'état de conscience, d'hallucinations ou de délires au moment des faits, les médicaments et l'alcool qu'elle déclarait avoir consommés durant les semaines ayant précédé les faits n'ayant joué aucun rôle significatif sur sa faculté de prendre conscience du caractère illicite de son acte. Par ailleurs, en raison de son fonctionnement intellectuel de haut niveau, elle était restée en mesure de distinguer le licite de l'illicite, de sorte qu'elle avait été en mesure de saisir le caractère illicite de son acte. Sur le plan volitif, il fallait par contre prendre en considération la présence d'un trouble de la personnalité, certainement décompensé sur un mode dépressif et paranoïaque au moment des faits. Même si ce trouble ne constituait pas une grave maladie mentale, il apparaissait que X.X.________ avait été déstabilisée par la dynamique pathologique avec son père, au point de se sentir menacée dans son vécu de souffrance difficile à contenir. Son degré de liberté intérieure avait pu être diminué par le retour d'une souffrance longtemps clivée et non-verbalisée, qui avait pu lui donner le sentiment d'être légitimée à agir comme elle l'avait fait pour diminuer son mal-être psychique. Il fallait également comprendre qu'en raison d'aspects de distorsion relationnelle et de manipulation, l'intéressée savait donner une vision dramatisée de sa situation. Elle savait pertinemment qu'il était à son avantage de décrire un état "le plus perturbé possible". Ses descriptions, certainement pertinentes sous certains aspects, pouvaient également découler de mécanismes d'amplification. Ces mécanismes incluaient les représentations qu'elle donnait d'elle-même et d'autrui. En tenant compte de tous ces aspects et en procédant à la pondération qui s'imposait au vu de la personnalité de X.X.________, ses facultés à se déterminer au moment des faits avaient été légèrement diminuées. Enfin, même si cette dernière disposait d'un profil de personnalité avec des caractéristiques pathologiques que l'on rencontrait chez de nombreux sujets commettant des délits, il était question d'un drame privé, de sorte que l'expert a retenu un faible risque de réitération de comportements violents et délictueux. B.i. Le 26 juillet 2017, X.X.________ a produit un rapport d'expertise privée réalisée par les Drs N.________ et O.________, psychiatres. Tous deux ont été entendus par le tribunal de première instance le 20 septembre 2017. Selon eux, le portrait que X.X.________ faisait de son père présentait, chez celui-ci, toutes les caractéristiques du pervers narcissique, utilisant à la fois la manipulation et l'autoritarisme. A l'extérieur, l'intéressé apparaissait comme un homme respecté, charmant, généreux, mais avec la prénommée, outre l'inceste allégué, il semblait avoir instauré des relations empreintes d'un sadisme moral, émaillées de frustrations et de vexations. Chaque fois que sa fille avait exprimé des sentiments vrais, des émotions sincères, D.C.________ les aurait cassés par des paroles blessantes, moqueuses ou dénigrantes. Ce que X.X.________ décrivait était crédible, les changements de voix et la tension dans son corps quand elle rapportait les phrases blessantes de son père pouvant difficilement être simulés. Outre la violence physique et psychologique, X.X.________ décrivait une atmosphère familiale incestuelle, où son père l'avait rendue témoin de sa vie sexuelle. En lui parlant de sa vie intime avec sa mère et en exhibant devant elle une liaison extra-conjugale, il avait réalisé une transgression inter-générationnelle. X.X.________ faisait également état d'abus sexuels de la part de son père, un certain nombre d'éléments donnant à penser que ce récit était crédible, dont sa difficulté à parler de l'inceste, même devant les experts, son récit fixé sur ce qui pouvait sembler un détail - les jolies robes -, une inversion de la culpabilité et sa méfiance, puis sa colère face au compagnon de son mari.