Citation: 6B_850/2017 E. 2.4.2

2.4.2. Au moment de qualifier le caractère intentionnel de l'infraction, la cour cantonale a écarté les explications du recourant, jugées alambiquées, selon lesquelles son infection à l'hépatite B aurait pu le faire apparaître comme faux séropositif au test VIH, retenant, en dépit des dénégations de l'intéressé, qu'il savait avoir été testé positif en 2006 ou 2007. Par ailleurs, elle a également souligné que rien ne permettait de supposer qu'un "porteur sain" de ce virus ne pouvait pas le transmettre en cas de relation sexuelle. Indépendamment de la question du risque statistique de contamination, la cour cantonale a ainsi retenu, en fait, de manière non arbitraire, que le recourant était séropositif et le savait. Même à supposer qu'il ait pu nourrir d'éventuels doutes sur sa contagiosité, et malgré l'absence de tout élément sérieux et concret susceptible de le conforter dans cette opinion erronée, il aurait dû s'abstenir de relations non protégées, respectivement informer préalablement sa partenaire de son état. En d'autres termes, la cour cantonale a retenu que le recourant savait son comportement à risque et qu'en n'optant ni pour l'abstinence ni pour l'information préalable de sa partenaire, il avait accepté, pour le cas où il se produirait, le risque de l'infecter. Cette conclusion n'apparaît pas contraire au droit fédéral. De surcroît, en plus des circonstances générales retenues par la jurisprudence pour retenir le dol éventuel dans ce genre d'hypothèse, le recourant a entretenu des relations sexuelles non protégées avec sa partenaire non informée durant de nombreuses années, ce qui n'a pu qu'augmenter le risque dans une approche globale, même si ce risque apparaît statistiquement faible, considéré pour chaque rapport séparément. En outre, le recourant avait été suivi depuis 2008 par un médecin-traitant et même la gynécologue de son épouse lui avait demandé de faire un test VIH. Ces éléments permettent aussi de considérer, sans arbitraire, qu'il n'ignorait pas les risques de contamination liés à sa séropositivité mais les avait acceptés pour le cas où il se réaliseraient. Au surplus, c'est en vain que le recourant soutient que son comportement devait être examiné à l'aune de sa culture d'origine et de son état d'esprit, qu'il sous-entend insouciant. On ne voit pas en quoi ces points le dispensaient de faire preuve de prudence. Enfin, en tant qu'il invoque un "mobile familial" - dès lors que les relations non protégées avaient pour but premier la conception d'enfants dans un cadre matrimonial -, il apparaît au contraire que cette circonstance devait l'amener à faire preuve d'autant plus de précaution. Mal fondé, le grief doit être rejeté.