Citation: 8C_158/2024 E. 5

En l'espèce, les premiers juges ont constaté que le recourant avait, de longue date, donné la priorité à l'exercice d'une activité indépendante. Le contexte présenté par le recourant (" Mon objectif est de retrouver au plus vite un mandat, et dès cet instant je repasserai comme unique employé de la Sàrl ") et ses réponses au questionnaire du Pôle aptitude au placement (" Recommencer au plus vite mon activité précédente à mon dernier travail dans la start-up, à savoir soit un projet de consultant, soit une activité d'intérim management. Dès que je trouverai ce projet je repasserai comme employé de B.________ "; " Revenir dans le marché des projets de consulting "; " Comme dans mon introduction je vais revenir employé de B.________ dès que je signe un nouveau mandat ") montraient selon eux une ferme intention de privilégier son activité indépendante. Le recourant avait déclaré de manière explicite qu'il entendait prioritairement reprendre son activité de consultant sur mandats et il résultait de ses réponses qu'il avait pour objectif de retrouver des mandats lui permettant d'être l'unique employé de B.________ Sàrl. La cour cantonale a par ailleurs relevé que son activité salariée n'était pas durable et qu'il n'avait jamais décidé de ne plus exercer comme indépendant pour des mandats de sa propre société, à défaut de quoi il aurait liquidé B.________ Sàrl. La cour a également considéré qu'avant de s'inscrire au chômage, le recourant n'avait effectué que six recherches d'emploi, ce qui montrait une faible motivation pour un emploi salarié. Il avait en outre affirmé lors d'entretiens à l'ORP qu'il "réseautait" afin de trouver des mandats de consulting. Les juges cantonaux ont considéré que les explications du recourant quant au fait qu'il serait prêt à accepter un emploi salarié apparaissaient être le fruit d'une réflexion consécutive à la réception de la décision sur opposition et non de sa volonté première. Ce n'était que plus tard qu'il avait manifesté davantage une volonté d'être employé salarié, mais sans focaliser ses recherches d'emploi essentiellement dans cet axe. Le recourant n'avait ainsi pas abandonné l'idée de son activité indépendante et n'avait pas non plus manifesté une volonté de continuer son activité indépendante de consultant à titre accessoire hors des horaires usuels de travail ou uniquement afin de pallier temporairement un manque de revenus. Sur cette base, la cour cantonale a considéré que le recourant n'avait pas démontré au degré de la vraisemblance prépondérante qu'il était prêt à renoncer à son activité indépendante par le truchement de B.________ Sàrl. L'exercice d'une activité indépendante relevait d'une aspiration professionnelle de longue date et non d'une réaction à sa mise au chômage ou d'une intention de vouloir diminuer le dommage en résultant. Elle a ainsi nié l'aptitude au placement du recourant, rejeté son recours et confirmé la décision sur opposition du 20 février 2023.