Citation: 1B_14/2022 E. 4.2

4.2. Le recourant s'en prend à l'appréciation de la Chambre pénale de recours qui est parvenue à la conclusion qu'il existait, à ce stade de la procédure, des soupçons d'infraction d'usure, voire d'escroquerie. Il met en doute les " problèmes de mémoire " B.________, qui résulteraient uniquement d'un certificat médical établi par le médecin-traitant de ce dernier. Il reproche à l'autorité précédente de n'avoir pas tenu compte du refus du plaignant de produire une copie de l'entier de son dossier médical pour la période pénale en cause. Il soutient en outre que la prétendue " disproportion " entre le prix payé pour les travaux et la valeur usuelle se fonderait exclusivement sur une expertise privée produite par le plaignant, qui se baserait sur des " prix du marché " ne ressortant d'aucun document officiel et dont on ignorerait complètement la source. Le recourant perd de vue qu'il n'appartient pas au juge de la détention provisoire d'examiner en détail l'ensemble des considérations de fait, pas plus que de procéder à une appréciation complète des éléments à charge et à décharge; il lui incombe uniquement de vérifier, sous l'angle de la vraisemblance, que le maintien en détention avant jugement repose sur des indices de culpabilité suffisants (cf. ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 316 consid. 3.1). Or, tel est le cas en l'espèce à ce stade de l'enquête. En effet, il peut être admis que la disproportion entre le prix payé et la valeur des travaux effectués pour le compte du plaignant, âgé de plus de 80 ans au moment des faits et souffrant de troubles de la mémoire et cognitifs ainsi que d'une fragilité psychologique, de même que le nombre de factures qui lui ont été adressées, soit 23 factures entre le 5 août et le 26 août 2020, reflètent des indices suffisants à l'encontre du prévenu, ce d'autant plus que ce dernier a déjà fait l'objet d'une condamnation pour des infractions contre le patrimoine. S'agissant du certificat médical attestant des troubles dont souffre le plaignant, il s'agit, quoi qu'en dise le recourant, d'un indice qui ne fait que renforcer les soupçons retenus à son encontre. Quant à l'expertise privée produite par le plaignant, il s'agit également d'un élément parmi d'autres, dont la Chambre des recours pénale pouvait tenir compte. Le recourant se prévaut enfin du témoignage d'un certain " C.________ ". Or, le contenu des déclarations de ce dernier telles qu'elles sont retranscrites dans le mémoire de recours, outre que celles-ci ne ressortent pas de l'arrêt entrepris sans que le recourant ne démontre l'arbitraire de leur omission, n'est pas propre à faire apparaître le raisonnement opéré par la Chambre pénale de recours comme arbitraire ou d'une quelconque manière contraire au droit. Il est pour le surplus rappelé que c'est au juge du fond et non à celui de la détention qu'il incombera d'apprécier la culpabilité de l'intéressé ainsi que la valeur probante des différentes déclarations et pièces du dossier. Compte tenu de ce qui précède, la condition des charges suffisantes posée à l'art. 221 al. 1 CPP est réalisée. Sur ce point également, le recours est mal fondé.