Citation: 1C_265/2021 E. 3.4

3.4. Il est par ailleurs observé qu'en vertu de l'art. 151a al. 1 let. a de la loi fribourgeoise sur les communes (LCo; RS/FR 140.1), le préfet dispose de la compétence d'ouvrir, sur dénonciation ou d'office, une enquête à l'égard du conseil communal, notamment lorsque la bonne administration de la commune se trouve menacée. Dans ce cadre, selon l'art. 151c al. 1 LCo, le préfet prend, en cas d'urgence, les mesures provisoires qui permettent d'assurer la gestion de la commune. Or, il peut être déduit des circonstances d'espèce que la nomination des conseillers communaux intérimaires était intervenue à la suite de la démission de plusieurs conseillers communaux élus, ce qui paraît précisément de nature à compromettre la conduite des affaires communales jusqu'à l'entrée en fonction de nouveaux membres du Conseil communal, celui-ci ne comportant même plus la moitié des membres prévus par la loi (cf. art. 54 al. 1, 60, 64 al. 1 et 82 LCo), et partant à justifier la désignation par le Préfet de conseillers communaux intérimaires. En cela, la situation doit être distinguée de l'institution d'une commission administrative au sens de l'art. 151e al. 1 let. b LCo, qui relève de la compétence du Conseil d'État, lorsque, au terme de l'enquête du Préfet, la collectivité en cause refuse ou est incapable de se conformer aux injonctions préfectorales ou n'est plus en mesure d'accomplir ses tâches. Cela étant, il n'apparaît pas, à première vue, que l'on puisse considérer que le Préfet était incompétent pour procéder à la nomination litigieuse. Il ne se justifie dès lors pas à ce stade de constater la nullité des décisions en cause, que ce soit la nomination de membres intéri-maires du Conseil communal ou les décisions rendues par le Conseil communal ad interim. Le grief doit ainsi être rejeté.