Citation: 5P.299/2003 23.09.2004 E. 2

Le recourant se plaint de la violation de son droit d'être entendu, sous son aspect de droit à une décision motivée. 2.1 Dès lors que le recourant ne se plaint pas d'une violation du droit cantonal de procédure, le mérite de son grief doit être examiné à la lumière de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). Le droit à une décision motivée est une composante du droit d'être entendu. Il impose au juge l'obligation de motiver sa décision de manière à ce que son destinataire puisse la comprendre et l'attaquer utilement s'il y a lieu et à ce que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision; il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les arguments invoqués par les parties et il peut passer sous silence ce qui, sans arbitraire, lui paraît à l'évidence non établi ou sans pertinence (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102 s.; 121 I 54 consid. 2c p. 57 et les arrêts cités). D'après l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, sous peine d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Cette disposition consacre le principe d'allégation (Rügeprinzip). En vertu de ce principe, le Tribunal fédéral n'a pas à examiner si un grief formulé par le recourant pourrait être fondé à un autre titre que celui qu'il a expressément indiqué (cf. ATF 110 Ia 1 consid. 2a in fine p. 4; 122 I 70 consid. 1c p. 73, 168 consid. 2b p. 172/173). Selon l'art. 86 al. 1 OJ, le recours de droit public n'est ouvert qu'à l'encontre des décisions prises en dernière instance cantonale, ce qui signifie notamment que seuls sont recevables devant le Tribunal fédéral les moyens qui, pouvant l'être, ont été présentés à l'autorité cantonale de dernière instance (épuisement des griefs; cf. en général, ATF 123 I 87 consid. 2b p. 89; 120 Ia 19 consid. 2c/aa p. 24; 119 Ia 88 consid. 1a p. 90/91; cf. en relation avec le droit d'être entendu, ATF 118 Ia 110 consid. 3 p. 112). 2.2 Le recourant fait valoir que l'autorité cantonale aurait violé son droit à une décision motivée en ce qui concerne son implication dans le scandale de l'"Irangate". 2.2.1 La cour cantonale a expressément examiné l'affirmation de l'article selon laquelle le recourant a été associé au scandale de l'Irangate, la journaliste laissant entendre qu'il n'aimait pas évoquer ces faits et qu'il n'a jamais été "blanchi" en raison d'un manque de coopération des autorités suisses et du secret bancaire. Elle a considéré que cette affirmation constituait une certaine atteinte à l'honneur. Comme le fait reproché, soit la "vague implication dans l'Irangate", était exact et bien que la présentation en soit tendancieuse (en raison des termes de "scandale" et de "blanchir"), la cour cantonale a toutefois admis que cette manière partisane de présenter les faits était encore acceptable eu égard à la liberté de la presse. 2.2.2 Lorsqu'il soutient que les intimés n'ont jamais prouvé qu'il baissait le ton de plusieurs crans quand on évoquait cette affaire - et que, partant, la suggestion qui en découlait devait être considérée comme illicite -, le recourant ne s'en prend pas à un défaut de motivation de l'arrêt au sens de l'art. 29 al. 2 Cst., mais critique l'appréciation des preuves effectuée par la cour cantonale, qui tient cet élément pour établi. Son grief est par conséquent infondé.