Citation: 6S.2/2004 06.04.2004 E. A

Le 28 décembre 2000 vers minuit, X.________, né en 1943, a apostrophé un groupe de jeunes dont il croyait, par erreur, qu'ils faisaient disparaître des fiches de contravention sur des véhicules et a fait des remarques désobligeantes sur ce comportement. Après une altercation, X.________ et l'un des jeunes, Y.________, en sont venus à se bousculer réciproquement, sans qu'ait pu être déterminé lequel des deux avait le premier porté la main sur l'autre. Sur la suite des événements, les versions des deux protagonistes divergent. X.________ a affirmé tantôt que Y.________ avait une chope dans la main tantôt que celle-ci se trouvait sur le capot de la voiture et que Y.________ avait menacé de la lui mettre "sur la gueule". X.________ n'a toutefois pas pu dire s'il avait effectivement reçu un coup asséné avec cet objet mais a déclaré s'être retrouvé au sol dans un état comateux. Pour sa part, Y.________ a affirmé avoir repoussé énergiquement son adversaire, qui a chuté sur le trottoir. C'est cette dernière version qui a été retenue. Alors que X.________ se relevait, l'un des autres jeunes, Z.________ s'est approché de lui dans le but de calmer les choses. X.________ lui a alors décoché un coup de couteau dans l'abdomen puis est arrivé derrière Y.________, qui s'était penché sur son ami pour lui porter secours, et lui a également porté un coup de couteau au niveau du bas du dos, avant de prendre la fuite. Il a ensuite été rattrapé, désarmé et projeté contre un mur par Y.________. Il a encore été frappé par un autre individu. Aux débats devant l'autorité de jugement, X.________ a soutenu qu'au moment où il a porté des coups de couteau à ses adversaires, il souffrait d'une commotion cérébrale causée soit par sa chute sur le trottoir soit par le coup de chope prétendument reçu. S'agissant de la situation personnelle de X.________, on peut noter que celui-ci a eu une enfance difficile, marquée par le comportement d'un père alcoolique et violent. A la suite du décès accidentel de son second enfant et de sa séparation, suivie du divorce, d'avec son épouse, il a souffert d'une grave dépression au printemps 1996. Il a été admis à l'hôpital psychiatrique de Cery où a été posé un diagnostic de dépression réactionnelle associée à une encéphalopathie par hypovitaminose sur abus d'alcool chronique. X.________ a ensuite suivi un traitement psychothérapeutique avec prise d'Antabus, qui lui a permis d'améliorer son état et de respecter une abstinence, avec des rechutes ponctuelles. Il a toutefois continué à souffrir d'un état anxieux avec des composantes dépressives chroniques, nécessitant un traitement par médicaments antidépresseurs en continu. En outre, à la suite des faits à l'origine de la présente cause, X.________ a été suivi par un psychiatre qui a posé le diagnostic de troubles dépressifs récurrents, personnalité labile sur le plan émotionnel, type impulsif avec dépendance à l'alcool en rémission partielle. Au vu de la problématique d'impulsivité et de faible tolérance à la frustration pouvant amener des passages à l'acte lors de périodes d'éthylisation, le psychiatre a fait procéder à un bilan par des consultants en alcoologie, bilan dont il ressort notamment que l'accusé a pu stopper sa consommation d'alcool sans traitement spécifique et qu'il dit avoir pris des mesures pour éviter d'être à nouveau impliqué dans des bagarres, à savoir éviter de consommer dans des lieux publics.