Citation: 1P.236/2001 25.06.2001 E. 2

2.- a) Saisi d'un recours de droit public dirigé contre une condamnation pénale, le Tribunal fédéral ne revoit l'appréciation des preuves que sous l'angle de l'arbitraire; il ne lui appartient pas de substituer sa propre appréciation à celle du juge de la cause. A cet égard, la présomption d'innocence, garantie actuellement par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 par. 2 CEDH, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence rendue à propos de l'art. 4 aCst. L'entrée en vigueur de l'art. 9 Cst. , qui prohibe l'arbitraire, n'a rien changé au pouvoir d'examen du Tribunal fédéral dans ce domaine (ATF 127 I 38). Le recourant doit démontrer qu'à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves, le juge aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles sur sa culpabilité (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40/41, 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88, 120 Ia 31 consid. 2e p. 38 et 4b p. 40). L'appréciation des preuves est arbitraire lorsqu'elle heurte d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral n'invalide la solution retenue par le juge de la cause que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective ou adoptée sans motifs objectifs. L'appréciation doit apparaître arbitraire tant dans ses motifs que dans son résultat. Il ne suffit pas qu'une solution différente puisse être tenue pour également concevable ou apparaisse même préférable (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 40/41 et les arrêts cités). b) La recourante reprend son argumentation à décharge. Elle relève que, selon la responsable de la boutique, il arrivait deux ou trois fois par an que le fournisseur omette le bulletin de livraison. M.________ avait varié dans ses déclarations et s'était trouvée seule avec le colis, entre le départ de la précédente collègue, le 16 mars 1999 à 16h30 et l'arrivée de la recourante le lendemain en début d'après-midi. En dépit de cette argumentation, dont le caractère appellatoire n'échappe pas à la cour de céans, la recourante ne parvient pas à démontrer que la version des faits retenue en dernière instance soit arbitraire. Le Tribunal de police, puis la cour cantonale, se sont fondés sur un faisceau d'indices reposant non seulement sur le caractère peu vraisemblable de l'absence du bulletin de livraison, mais aussi sur les déclarations de la collègue de la recourante. Celles-ci ont certes varié, mais pas sur les points essentiels que sont la présence du bulletin de livraison et sa conformité avec le contenu du colis. Ces explications, qui font état de l'ouverture de quatre premiers colis avec une collègue, de la mise à part du cinquième - en raison du départ de cette collègue - et de son ouverture le lendemain, avec la recourante, correspondent aux directives de la société. Tel n'est pas le cas en revanche de la version de la recourante, qui aurait dû interpeller immédiatement le fournisseur et la responsable en cas de livraison incomplète ou en l'absence de bulletin de livraison. Elle prétend l'avoir fait, mais cela est contesté par la responsable elle-même. Enfin, le caractère fantaisiste des explications de la recourante, à propos d'un premier relevé manuscrit établi avec sa collègue (fait contesté par cette dernière) et d'un nouveau document établi par la seule recourante en raison d'un "détail", le premier document ayant au surplus disparu, apparaît comme un élément à charge supplémentaire. Cela étant, la condamnation de la recourante ne saurait être qualifiée d'arbitraire.