Citation: 4A_4/2021 E. 2

Après une tentative de conciliation infructueuse, l'employée a déposé, le 26 mars 2019, une demande devant le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève tendant à la constatation du caractère abusif du licenciement et à la condamnation de l'employeuse au paiement de la somme nette de 37'500 fr., intérêts en sus. En substance, la demanderesse a allégué avoir été licenciée en raison du conflit professionnel qui opposait son époux à C.________, administrateur-président de l'employeuse. Elle s'était vu notifier son licenciement deux jours après avoir rappelé à l'employeuse qu'elle était tenue de protéger sa personnalité. Il s'agissait dès lors d'un congé-représailles, qui justifiait, de l'avis de l'intéressée, une indemnité pour licenciement abusif correspondant à six mois de salaire. Dans sa réponse, l'employeuse a conclu au rejet de la demande. Au cours de l'audience de débats d'instruction tenue le 9 décembre 2019, les parties ont indiqué ne pas avoir d'éléments nouveaux ni d'offres de preuves supplémentaires à faire valoir. A l'issue de celle-ci, le Tribunal a ouvert les débats principaux qu'il a ajournés au 4 février 2020 en vue de procéder à l'audition des parties et à celle de quatre témoins. Interpellée lors des débats principaux sur le point de savoir si elle avait fait opposition au congé avant la fin des rapports de travail, l'employée a indiqué notamment ce qui suit: (...) je constate que mon courrier (...) comportant l'opposition au congé n'a pas été produit et j'offre de le déposer maintenant. (...) Je précise que le courrier d'opposition a été envoyé sous pli recommandé à A.________ SA en date du 27 novembre 2018 et qu'il est fait mention de ce courrier dans les pièces produites dans la procédure. Ce courrier a juste été omis lors de la rédaction de la demande. Je relève également que A.________ SA n'avait pas soulevé cette question dans sa réponse". Statuant par jugement du 7 avril 2020, le Tribunal a débouté la demanderesse des fins de sa demande. Après avoir déclaré le courrier du 27 novembre 2018 irrecevable, il a considéré que l'employée n'avait ni allégué ni prouvé avoir fait opposition au licenciement avant la fin du délai de congé (art. 336b al. 1 CO).