Citation: 6B_745/2022 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a relevé que, depuis son arrivée en Suisse en 2007, le recourant n'avait pas développé de réseau social ni professionnel, outre son mariage en 2011 avec la mère de ses enfants. Son intégration pouvait être considérée comme inexistante, alors qu'il avait passé plus de 11 ans à U.________ avant son incarcération. Vu le contenu du dossier et la nature des faits qui lui étaient reprochés, il ne pouvait pas être retenu que le recourant aurait incarné une figure paternelle pour ses enfants, ni qu'il aurait eu une relation suivie avec eux, ce d'autant que les 2 cadettes n'avaient pas encore 2 ans au moment de son incarcération. A cela s'ajoutait que la mère du recourant et la majeure partie de sa famille résidaient toujours à V.________, pays avec lequel le recourant avait conservé un lien fort puisqu'il avait rapatrié son épouse et ses 4 enfants entre 2017 et 2018 et qu'il souhaitait, à terme, y retourner. La cour cantonale a ensuite exposé que, selon les rapports médicaux produits par le recourant, son état de santé se serait stabilisé consécutivement à la prise de son traitement et qu'il n'y aurait plus eu d'épisode psychotique depuis l'arrêt de celui-ci, soit depuis des mois. Elle a cependant considéré que le recourant ne saurait de ce fait se prévaloir d'une "guérison" pour justifier l'absence d'intérêt public à son expulsion: bien que les documents produits attestaient d'une amélioration de son état, rien ne permettait d'arriver à une telle conclusion, ce d'autant qu'aucun diagnostic ne semblait finalement avoir été posé et qu'à teneur du rapport de suivi médico-psychologique établi en mai 2021, la rémission rapide et complète des symptômes psychotiques dans le cadre d'un trouble délirant n'était guère habituelle. La cour cantonale a retenu que l'intérêt public présidant à l'expulsion du recourant était très important, compte tenu de la nature et de la gravité des infractions commises. Il devait par ailleurs être tenu compte des nombreux antécédents du recourant et du risque élevé de récidive d'actes de violence qu'il présentait avant la prise de son traitement, ainsi que l'avaient souligné les experts. Bien qu'un tel risque s'avérait amoindri du fait de son évolution favorable, un nouveau passage à l'acte ne pouvait pas être exclu, en particulier en cas de consommation importante d'alcool et d'autres toxiques, comme l'avaient relevé ses psychologues. En définitive, la cour cantonale a estimé que la seule présence de ses enfants - avec qui il n'avait plus de contact depuis plusieurs années - sur sol helvétique ne suffisait pas pour l'emporter sur l'intérêt public à son expulsion, le recourant s'étant rendu coupable d'infractions sérieuses contre l'intégrité sexuelle et physique ainsi que contre la liberté. Elle a également retenu que le recourant ne saurait se prévaloir du respect du droit à sa vie privée au sens de l'art. 8 CEDH en l'absence d'une quelconque intégration en Suisse, étant rappelé que la présence d'un enfant mineur ne suffisait pas à elle seule à faire prévaloir l'intérêt privé à demeurer en Suisse et que la relation pourra être maintenue notamment grâce aux moyens de communication modernes. Au vu de l'ensemble de ces éléments, la cour cantonale a ainsi considéré que le recourant ne se trouvait pas dans une situation personnelle grave et que, au demeurant, l'intérêt public à son expulsion, compte tenu des infractions commises, l'emportait clairement sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. Rien ne permettait par ailleurs de supposer que sa réintégration dans son pays d'origine serait compromise, ce d'autant qu'il avait lui-même indiqué vouloir retourner vivre à V.________.