Citation: 9C_782/2014 E. 6.3.3

6.3.3. 6.3.3.1. Comme l'a mis en évidence la juridiction cantonale, il existe, sous l'angle de la réalité économique, une identité économique manifeste entre B.________ SA et A.________ SA. Nonobstant la dualité de personnes à la forme, il apparaît, eu égard à la complémentarité des activités, à la structure de l'actionnariat, à la composition des conseils d'administration ou encore aux éléments constitutifs de l'identité visuelle (adresse, papier à lettre), que B.________ SA et A.________ SA constituaient dans les faits une entité unique. 6.3.3.2. Cela étant, la juridiction cantonale a à juste titre considéré que cette dualité n'était pas constitutive d'un abus de droit dans le cas d'espèce. La règle prohibant l'abus de droit autorise certes le juge à corriger les effets de la loi dans certains cas où l'exercice d'un droit allégué créerait une injustice manifeste; cependant, son application doit demeurer restrictive et se concilier avec la finalité, telle que le législateur l'a voulue, de la norme matérielle applicable au cas concret (cf. ATF 107 Ia 206 consid. 3b p. 211). En l'occurrence, l'existence parallèle des sociétés B.________ SA et A.________ SA est un héritage issu du passé de ces entreprises. On ne saurait voir dans la structure en présence la volonté de la première société de se substituer à la seconde dans le dessein d'empêcher l'assujettissement des travailleurs employés par B.________ SA. L'absence d'abus impose, en conséquence, de respecter la dualité juridique de chaque société.