Citation: 9C_286/2008 06.11.2008 E. 1

4.2.2 Il n'en va pas différemment s'agissant de la nécessité de la seconde mesure d'instruction préconisée par le docteur S.________, selon lequel "un avis d'un spécialiste en psychiatrie pourrait être envisagé". L'expert a mentionné l'éventualité de requérir l'avis d'un psychiatre en indiquant que certains signes (trouble du sommeil, anhédonie, tristesse, isolement social et labilité émotionnelle) pouvaient faire évoquer la présence d'un syndrome anxio-dépressif. Le diagnostic d'état dépressif réactionnel avait cependant déjà été posé par le docteur V.________ en 1996 et confirmé par le docteur G.________ dans son expertise du 28 mai 1998, de sorte que la mesure envisagée n'apparaissait pas nécessaire pour confirmer une atteinte que le docteur S.________ tenait pour probable. Compte tenu par ailleurs des autres éléments au dossier retenus par la juridiction cantonale, rien ne permettait de considérer que l'état de santé psychique de la recourante s'était péjoré depuis la première expertise de 1998. En particulier, les premiers juges ont constaté que la recourante n'a pas consulté de spécialiste en psychiatrie depuis cette époque, mais a suivi un traitement médicamenteux prescrit par son médecin traitant. Celui-ci n'a en outre pas fait état d'une aggravation de l'état de santé de sa patiente sur le plan psychique, mais uniquement de problèmes somatiques pour justifier une modification de la rente (cf. rapport du 3 octobre 2003). A cet égard, on précisera que la juridiction cantonale n'a certes pas suivi l'avis du docteur V.________ sur la capacité de travail résiduelle de la recourante, en tenant compte du fait que le médecin traitant est généralement enclin, en raison de la confiance qui l'unit à son patient, de prendre parti pour lui en cas de doute. Contrairement à ce que prétend la recourante, cela ne l'empêchait toutefois pas de se fonder sur d'autres éléments des rapports du médecin traitant pour apprécier l'état de santé de l'assurée. Interpellé par l'intimé peu après l'ouverture de la procédure de révision, le médecin traitant était le mieux à même, dans un premier temps, de renseigner l'administration sur l'évolution de l'état de santé de la recourante. Le fait qu'il n'a pas mentionné de changement au niveau de la symptomatologie psychique, sans qu'on puisse par ailleurs déduire des autres éléments au dossier une péjoration de l'état dépressif présenté par la recourante, constituait donc une circonstance suffisante pour exclure une telle modification, au degré de la vraisemblance prépondérante. Dans ces circonstances, les premiers juges étaient en droit de renoncer à compléter l'instruction de la cause par la mesure évoquée par le docteur S.________, dès lors que celle-ci n'était pas susceptible, compte tenu des autres pièces médicales au dossier, de les amener à modifier leur opinion. L'argumentation de la recourante, qui se limite à alléguer que la mesure en cause semblait nécessaire, ne suffit dès lors pas pour remettre en cause l'appréciation anticipée des preuves effectuée par la juridiction cantonale.