Citation: 6B_115/2023 E. 1.2

1.2. Contrairement au recourant, qui soutenait avoir tiré les coups de feu en direction de la rivière et du sol, la cour cantonale a retenu que le recourant n'avait pas visé le sol. En effet, il était établi que les projectiles avaient traversé des panneaux situés à hauteur d'homme. De plus, une promeneuse avait retrouvé, quelques heures après les faits, un projectile sur la promenade des Orpailleurs, de sorte qu'au moins un des tirs avait été effectué en direction de ladite promenade ou, à tout le moins, y avait été dévié en raison d'un ricochet sur un obstacle. La cour cantonale a également considéré que les tirs effectués en direction de la rivière étaient très problématiques, dans la mesure où il y a, entre la rivière et le lieu depuis lequel le recourant avait tiré des coups de feu, un chemin en terre emprunté par des piétons, notamment des promeneurs d'animaux, soit une zone fréquentée. Sur le plan objectif, la cour cantonale a donc retenu que le recourant ne pouvait exclure, au moment de tirer, qu'un coup atteignît mortellement un tiers et que le fait de tirer, à hauteur d'homme, sur un chemin régulièrement fréquenté par des piétons et des cyclistes signe une mise en danger évidente de la vie. Il ne ressortait pas de l'instruction que le recourant eût visé quelqu'un, mais la probabilité d'un geste maladroit de sa part ou de celle de son ami était substantielle, dans la mesure où ils étaient tous deux très alcoolisés. En tant qu'il faisait noir au moment des faits, le recourant n'avait en outre aucun moyen de s'assurer qu'il n'y avait personne avant de tirer. De plus, la probabilité que des promeneurs d'animaux, des piétons ou des cyclistes se fussent trouvés dans la zone était élevée, dès lors notamment qu'il était minuit et que, le jeudi soir, les gens sortaient fréquemment plus tard des établissements publics. La présence d'une tierce personne au moment des tirs n'était certes pas démontrée, mais elle n'était pas exclue et il existait une probabilité sérieuse qu'un promeneur eût pu être touché par un projectile au niveau d'une zone vitale, qu'il se fût retrouvé sur la trajectoire directe de la balle ou qu'il eût été atteint par ricochet, et que sa vie eût ainsi été mise en péril, de sorte que le danger causé par le recourant était bien concret. En outre, la cour cantonale a retenu que la condition d'immédiateté était réalisée, dans la mesure où, dans le cadre de l'utilisation d'une arme à feu, le comportement à l'origine du danger et la concrétisation du danger sont simultanés. Sur le plan subjectif, la cour cantonale a considéré que celui qui, avec conscience et volonté, tire des coups de feu au niveau d'une zone de promenade avec une arme à feu tient nécessairement pour possible qu'il puisse mettre la vie d'autrui en danger et l'accepte. Elle a jugé que le comportement du recourant traduisait une absence totale de scrupules puisqu'il n'avait eu aucune hésitation à mettre en danger la vie des usagers du domaine public en tirant à hauteur d'homme sur un lieu de promenade, en ville, en état d'alcoolisation et par amusement. Elle a ainsi retenu que c'était au prix de créer un danger de mort pour quiconque se trouvait aux alentours mais non dans l'intention de tuer que le recourant avait tiré les coups de feu.