Citation: 5A_30/2024 E. 3.3

3.3. La recourante expose que c'est à regret qu'elle a déposé pénale contre son mari et engagé une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale. En effet, elle aurait préféré, pour le bien de sa fille, qu'il ne se soit rien passé, que sa famille ne soit pas " explosée ", que les enfants aient de bons contacts avec leur père et que son couple ait perduré. Elle ajoute qu'auparavant, elle n'avait jamais eu l'intention de se séparer de son mari, d'autant plus que leur fils, qu'ils avaient tous deux désiré, était né en décembre 2021. Selon la recourante, elle n'aurait aucun intérêt divergent de celui de sa fille, ne tirant aucun " gain secondaire " ni avantage des révélations de celle-ci et ayant au contraire tout perdu, sans compter les souffrances subies par l'enfant. Elle rappelle que la mineure a également fait des révélations à la crèche, qui les a trouvées inquiétantes et a adressé un signalement au Service de protection des mineurs (SPMi), lequel a considéré que la situation était suffisamment grave pour effectuer une dénonciation à la police. Le Tribunal de première instance avait aussi pris la situation au sérieux, puisqu'il lui avait accordé la garde exclusive des enfants et réservé au père un droit de visite limité à une heure par semaine, auprès de Therapea; des mesures d'éloignement avaient de plus été prescrites. Or, l'intimé n'avait pas contesté cette ordonnance. La recourante affirme encore qu'elle a sollicité la garde exclusive des enfants dans le seul but de les protéger et que si un conflit d'intérêts était avéré, on ne comprenait pas pourquoi la décision de nomination d'un curateur n'avait été prise que le 7 juin 2023, soit cinq mois après le dépôt de sa plainte pénale.