Citation: 6B_372/2014 E. 3.4.3

3.4.3. Il n'est pas exclu d'atténuer la peine de l'auteur atteint directement par les conséquences de son acte au point qu'une sanction serait inappropriée (cf. en relation avec l'ancien art. 66bis CP: ATF 121 IV 162 consid. 2e p. 175 s.). Selon la jurisprudence, qui demeure applicable sous l'empire de l'art. 54 CP, toutefois, plus la faute est lourde, plus les conséquences touchant l'auteur doivent être graves et il convient de partir de l'idée que l'auteur d'un homicide intentionnel ne peut bénéficier d'une atténuation de peine au titre de cette norme que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles (arrêts 6B_373/2009 du 22 septembre 2009 consid. 3.3.2; 6P.140/2006 du 10 novembre 2006 consid. 14.3.1). En l'espèce, non seulement la décision entreprise ne constate d'aucune manière que la mesure dans laquelle le recourant est affecté par la mort de son fils dépasserait la douleur que tout père éprouve à la perte d'un enfant, mais la cour cantonale a aussi souligné, en se référant à l'expertise psychiatrique, que la souffrance dont le recourant fait état paraît davantage se situer au plan de l'humiliation, de la blessure narcissique (il ne peut se reconnaître dans la personne d'un meurtrier), qu'à celui de la perte d'un objet d'amour (jugement entrepris, consid. 4.3.11, p. 17). Ces considérations, en regard de la culpabilité jugée « d'une rare gravité », suffisaient à exclure l'application de l'art. 54 CP sans plus amples développements.