Citation: 4C.321/2006 01.05.2007 E. A

A.a En février 2001, X.________, jardinier-paysagiste indépendant à V.________, a acquis de Y.________ SA, à W.________, pour le prix de 98'000 fr., un élévateur à nacelle produit par la société italienne A.________ Srl. Il a pris possession de l'engin en avril 2001 et l'a utilisé pour ses activités professionnelles, en particulier pour l'élagage d'arbres. Le solde du prix de vente a été versé en mai 2001. Hormis quelques défaillances électriques et des problèmes de peinture, l'élévateur a donné satisfaction jusqu'au 21 juin 2002. Ce jour-là, lors de travaux de taille dans une propriété de U.________, il a basculé avec ses deux occupants - X.________ et un autre jardinier-paysagiste - qui ont été précipités au sol d'une hauteur de huit mètres. Il n'y a eu ni mort, ni blessé, ni dégâts autres que ceux causés à la machine. La première partie du mât était en position verticale, voire légèrement penchée, et la partie supportant la nacelle était à l'horizontale quand l'engin a basculé. Une séance d'essais a été effectuée dans un atelier mécanique de la région en présence de X.________, d'un responsable de Y.________ SA et d'un représentant de la SUVA. La nacelle a été remise dans la même configuration, sur un terrain plat et goudronné, les occupants étant remplacés par du lest. A chaque fois que la machine était dans une certaine position, elle basculait. Il n'est pas établi que X.________ ait effectué un service d'entretien ou une révision sur la machine entre l'acquisition de celle-ci et l'accident du 21 juin 2002. A.b En date du 10 juillet 2002, le conseil de X.________ a adressé une lettre recommandée à Y.________ SA ainsi qu'à Z.________ SA, à T.________, société qui venait d'être désignée comme agent général, pour la Suisse, de la société italienne précitée. Il leur a indiqué que l'appareil en question souffrait d'un problème de conception évident auquel il n'était pas possible de remédier en "boutiquant" les circuits électriques ou d'autres installations. Aussi entendait-il que la venderesse ou l'agent exclusif le reprenne et lui en rembourse le prix. Il ajoutait ceci: "je précise qu'on se situe bien au-delà d'un simple problème de garantie au sens du Code des obligations. On a en effet affaire à une machine qui ne s'avère pas conforme et qui pourrait causer des blessures ou morts d'hommes". Une copie de cette lettre a été adressée le même jour à A.________ Srl. Par courrier du 15 juillet 2002, la Suva a interpellé la société italienne pour lui indiquer que les essais effectués avaient démontré que l'élévateur présentait de graves défauts de conception et de fiabilité en l'état et pour exiger des explications relatives aux dysfonctionnements constatés. Z.________ SA a écrit au conseil de X.________, le 23 juillet 2002, pour lui signaler qu'elle n'était pas partie au contrat de vente, lequel avait été passé alors qu'elle n'était pas encore le distributeur exclusif de A.________ Srl pour la Suisse, de sorte qu'elle ne pouvait être tenue pour responsable de l'accident survenu. Dans sa réponse du 25 juillet 2002, le destinataire de ladite lettre a contesté cette conclusion en se prévalant de la loi fédérale sur la responsabilité du fait des produits. Par lettre du 19 septembre 2002, la Suva a indiqué au conseil de X.________ que la proposition du constructeur italien, à savoir une remise en état de la machine, lui semblait être la meilleure solution pour régler ce différend. Le lendemain, le conseil de Y.________ SA a transmis à celui de l'acheteur l'offre, faite par A.________ Srl, de réparer la nacelle à ses frais en Italie, en assumant le coût du transport de l'engin, sans que cette offre puisse être tenue pour une reconnaissance de responsabilité de sa part. A.c En l'état, l'utilisation de la machine litigieuse n'est pas autorisée par la Suva. Toutefois, lorsqu'une machine telle qu'un élévateur à nacelle est vendue en Suisse, le vendeur n'a pas à requérir l'autorisation de la Suva. Il doit s'assurer que la machine réponde aux exigences légales suisses, lesquelles reprennent les exigences européennes. X.________ a produit le certificat de garantie ainsi que la "déclaration de conformité" qui sont annexés au prospectus émis par A.________ Srl concernant la nacelle.