Citation: 7B_835/2024 E. 3.3.3

3.3.3. La cour cantonale n'a pas davantage vu un motif de récusation du Procureur général suppléant dans le fait d'avoir statué dans une procédure concernant la recourante, après qu'un autre Procureur eut refusé de donner suite à des plaintes précédemment déposées par cette dernière, alors que les deux Procureurs avaient forcément des liens professionnels. Sur ce point également, l'appréciation des juges cantonaux résiste aux critiques de la recourante, qui se borne à soutenir, de manière appellatoire, que "l'inimitié et la partialité" dont aurait fait preuve le Procureur général Pierre Aubert à son égard en rejetant ses plaintes auraient "influencé, d'une manière ou d'une autre, son demi-frère, le Procureur général suppléant Nicolas Aubert, lors de l'instruction de la plainte pénale qu['elle] a déposée le 17 avril 2024". Comme on l'a vu ci-avant, on ne saurait reprocher à l'autorité précédente d'avoir retenu que les deux Procureurs n'étaient pas demi-frères. Par ailleurs, comme cela a été rappelé à la recourante (cf. arrêt attaqué, p. 7), des décisions ou des actes de procédure qui se révèlent par la suite erronés ne fondent pas en soi une apparence objective de prévention, selon la jurisprudence; seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constitutives de violations graves des devoirs de la personne en cause, peuvent fonder une suspicion de partialité, pour autant que les circonstances dénotent que cette dernière est prévenue ou justifient à tout le moins objectivement l'apparence de prévention. Il appartient en outre aux juridictions de recours normalement compétentes de constater et de redresser les erreurs éventuellement commises dans ce cadre. La procédure de récusation n'a donc pas pour objet de permettre aux parties de contester la manière dont est menée l'instruction et de remettre en cause les différentes décisions incidentes prises par la direction de la procédure (ATF 143 IV 69 consid. 3.2; arrêts 7B_677/2023 du 24 novembre 2023 consid. 3.2; 7B_189/2023 du 16 octobre 2023 consid. 2.2.1). In casu, la demande de récusation apparaissait, de ce point de vue, également mal fondée, de sorte que c'est à juste titre que la cour cantonale l'a rejetée.