Citation: 9C_377/2008 09.02.2009 E. 3

3.1 L'analyse des mensurations de l'intéressée (taille, poids, indice de masse corporelle) réalisée à partir des pièces produites par l'expert et le médecin traitant a conduit les premiers juges à écarter le rapport du docteur K.________ au motif qu'il reposait sur des prémisses erronées. S'il est vrai que l'analyse en question met en évidence des mesures différentes, elle ne revêt cependant pas l'importance que lui confère la juridiction cantonale et ne justifie en tout cas pas la mise à l'écart de l'expertise. En effet, quelle que soit l'origine des différences mentionnées (évolution dégressive de la taille consécutive à un tassement de la colonne vertébrale, amélioration ou péjoration de la prise de poids en relation avec les troubles nutritionnels, inexactitudes résultant de la méthode utilisée pour mesurer la taille compte tenu des renseignements transmis par le médecin traitant à ce propos, etc.), il apparaît qu'elles ont servi de prétexte à une querelle doctrinale concernant la définition médicale de la cachexie déjà présente dans le jugement de renvoi du 20 avril 2005. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral de trancher cette controverse, d'autant moins qu'il importe peu de savoir idéalement à partir de quel indice de masse corporelle un malade remplit les critères diagnostics d'une telle atteinte dès lors que cela ne prouve pas qu'un praticien se soit trompé dans ses mensurations et que seuls le substrat organique ainsi que ses répercussions sur la capacité de travail sont déterminants pour l'évaluation de l'invalidité (cf. ATF 132 V 65 consid. 3.4 p. 69 et les références). 3.2 Dans le même sens, il n'y avait pas lieu d'écarter l'avis du docteur M.________ au motif que ce dernier aurait fondé l'intégralité de son argumentation sur la capacité de l'intéressée à accomplir quotidiennement certaines activités récréatives (promener son chien, faire ses courses, les repas, de la broderie, des mots-croisés). Il est vrai que ce genre d'activités n'est pas comparable à une activité lucrative. Il n'en demeure pas moins que cela constitue une indication utile sur l'état d'esprit de l'intimée et l'aptitude de celle-ci à accomplir certaines tâches particulières. De surcroît, contrairement à ce qui est affirmé, cet argument n'est pas le seul à avoir guidé l'analyse de l'expert. Il se combine effectivement aux constatations médicales objectives qui, loin d'idéaliser la situation, mentionnent les séquelles réelles du traitement suivi sans en atténuer l'importance (insuffisance pondérale, importante amyotrophie généralisée, troubles de l'alimentation, etc.). 3.3 Une appréciation correcte du dossier médical aurait dû conduire la juridiction cantonale à constater que le seul point de divergence parmi les avis médicaux recueillis portait sur la capacité résiduelle de travail. Compte tenu de la jurisprudence relative à la valeur probante des rapports médicaux, qu'ils citent correctement, les premiers juges ne pouvaient suivre sans autre les conclusions du médecin traitant à ce propos dès lors que celui-ci n'a jamais produit que de brefs certificats médicaux (dans lesquels ne figuraient ni l'anamnèse, ni les plaintes de sa patiente, ni les résultats de ses propres observations ou examens) ou réponses, certes précises, mais se rapportant à des questions spécifiques (cf. consid·3.1), sans jamais motiver les raisons qui l'ont conduit à reconnaître à l'intéressée une incapacité totale de travail. A l'opposé, il apparaît que le travail du docteur K.________ est très fouillé et repose sur le dossier du service d'oncologie de l'Hôpital X.________, un status clinique détaillé, de nombreux résultats d'examens et d'analyses réalisés à la demande de l'expert, l'observation du comportement de l'intimée durant l'expertise et les informations communiquées par celle-ci. Ces éléments ont aussi fait l'objet d'une appréciation motivée qui a abouti à une conclusion réaliste et cohérente. Le faible taux de capacité de travail retenu (35 %) et la brève description d'une activité adaptée (position assise, travail de précision, petite manufacture, sans charge communicationnelle) indiquent au demeurant qu'il a été tenu compte d'un handicap important (faible poids lié à la difficulté à s'alimenter entraînant une fatigabilité; difficultés d'élocution, surdité constituant des limitations dans les relations sociales). On ajoutera qu'aucun élément du dossier médical ne contredit valablement ces conclusions qui sont au contraire corroborées par les observations du docteur M.________.