Citation: 5A_413/2022 E. 1

Les époux étaient certes séparés en âge d'une douzaine d'années, mais cette différence n'était pas significative au point de considérer d'emblée qu'une relation amoureuse et sincère était impossible entre eux. De même, si leur vie commune avait cessé quelques semaines seulement après leur mariage, l'on ne pouvait retenir que leur séparation résultât de la mise en oeuvre, par le mari, d'un plan arrêté avant la célébration de celui-ci, soit celui de quitter l'appelante dès l'obtention du droit de séjourner en Suisse. Il semblait plutôt, sur le vu des échanges épistolaires des parties, que celles-ci s'étaient heurtées à des difficultés engendrées, notamment, par des espoirs déçus de part et d'autre. Le mari n'avait en effet eu de cesse, après la séparation et pendant plusieurs mois, de répéter à l'épouse qu'il éprouvait des sentiments à son égard et qu'il espérait encore parvenir à sauver leur couple. Le ton employé était demeuré affectueux et, si l'intimé avait pu apparaître insistant, il ne s'était à aucun moment montré agressif ou menaçant. Selon deux des témoins, le mari était très abattu après la séparation, alors qu'habituellement, il était d'humeur joyeuse. Les déclarations d'un autre témoin, que l'appelante reprochait au Tribunal de ne pas avoir prises en compte, n'étaient pas de nature à infirmer ce qui précédait. Ledit témoin avait certes expliqué que le mari lui avait dit qu'il voulait retourner à Cuba après avoir travaillé à Genève durant six mois, sans toutefois être en mesure de préciser s'il entendait y aller pour des vacances "ou autre". Ce seul élément ne permettait pas de retenir que l'intimé eût planifié de se marier dans le seul but de pouvoir venir en Suisse, avec l'intention de quitter très rapidement l'appelante. L'achat d'un billet d'avion aller-retour La Havane/Genève, dont celle-ci faisait grand cas, ne suffisait pas non plus à établir que l'intimé n'eût aucune intention de former une communauté conjugale avec elle. De plus, elle se prévalait à tort des prétendus mensonges du mari concernant la procédure de divorce contre sa précédente épouse et la nationalité de celle-ci: s'il s'était montré évasif à propos de ladite procédure, celle-ci avait cependant abouti au prononcé d'un jugement de divorce. Selon les pièces du dossier, il n'avait pas non plus menti s'agissant de la nationalité de son ex-épouse qui, comme il l'avait dit, était espagnole. Aucun mensonge portant sur des éléments essentiels qui, s'ils avaient été connus de l'appelante, auraient pu la dissuader d'épouser l'intimé ne pouvait dès lors être retenu. Sur le vu de ces circonstances, l'analyse de la situation effectuée par le Tribunal n'était pas critiquable et cette autorité avait à juste titre considéré que les conditions de l'art. 105 al. 4 LTF n'étaient pas rem-plies.