Citation: 5A_480/2023 E. 5.2.2

5.2.2. La recourante semble omettre qu'il appartenait au juge d'apprécier la situation au regard de l'ensemble des éléments à sa disposition, après s'être interrogé notamment sur le point de savoir si des passifs ont été omis et si les actifs ont été surévalués par le débiteur (cf. supra consid. 4.1 et 4.2). Pour sa part, la recourante devait fournir des explications, certes rudimentaires, sur les mesures d'assainissement envisagées, leur faisabilité et les conséquences financières attendues (cf. supra consid. 4.2). Le juge ne pouvait se baser sans autre examen sur le pronostic qu'elle a elle-même établi quant à ses perspectives d'assainissement, sans quoi cela reviendrait à accorder un droit presque inconditionnel à l'octroi du sursis concordataire provisoire, ce qui, nonobstant le fait que cet octroi ne doit pas être soumis à des exigences élevées, serait contraire à l'art. 293a al. 3 LP (arrêt 5A_556/2021 et 5A_557/2021 du 20 septembre 2022 consid. 5.3.2 in fine; dans le même sens GASSER/POSSA, Kompetenzverteilung zwischen Konkurs- und Nachlassgericht, in PCEF 61/2023 78 ss). En tant que la recourante soutient que la présente cause permet au Tribunal fédéral de clarifier sa jurisprudence concernant le "degré de vraisemblance" requis, elle omet que pour contester le point de savoir si le degré de la preuve exigé par le droit fédéral est atteint dans le cas particulier, elle doit soulever un grief d'établissement arbitraire des faits répondant aux exigences du principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF; arrêt 5A_891/2021 du 28 janvier 2022 consid. 6.1.2 in fine). C'est donc uniquement sous cet angle qu'il convient d'examiner sa critique. A cet égard, force est de constater que par son argumentation, au demeurant essentiellement appellatoire et qui repose sur une lecture partielle de l'arrêt entrepris, la recourante ne parvient pas à démontrer l'arbitraire des faits retenus en instance cantonale (cf. supra consid. 2.2). Elle ne s'en prend par ailleurs pas de manière topique aux considérations de la juridiction précédente relatives aux rentrées d'argent " attendues " de 2'898'000 fr. en lien avec des relations commerciales avec trois clients déterminés, pour lesquelles la cour cantonale a considéré, au terme de son appréciation des preuves, que les explications fournies n'étaient pas réalistes (cf. arrêt cantonal p. 20 s.), autrement dit, qu'elle n'avait pas rendu vraisemblables les faits allégués. S'agissant des considérations relatives au plan d'assainissement provisoire proposé (cf. arrêt cantonal p. 22 s.), elle se contente d'explications générales sur la prise en compte des dettes et des créances entre sociétés-soeurs, ce qui n'est pas suffisant au regard des exigences de motivation requises (cf. supra consid. 2.1 et 2.2). En définitive, ses arguments ne permettent pas de considérer que l'autorité cantonale aurait abusé du large pouvoir d'appréciation dont elle dispose - notamment parce qu'elle se serait fondée sur des éléments dénués de pertinence - en retenant, au terme d'une motivation circonstanciée (cf. arrêt cantonal p. 19-25) qu'elle ne présente manifestement aucune perspective d'assainissement au regard des faits retenus relativement aux nouvelles opportunités alléguées en deuxième instance.