Citation: 5A_530/2019 E. 3.2.1

3.2.1. En l'espèce, les biens séquestrés consistent en 137 oeuvres d'art, lesquelles, de l'aveu même du recourant, sont de styles, d'époques, d'origines culturelles et de techniques très différents. Ainsi que l'a relevé l'autorité cantonale, leur estimation nécessite à l'évidence une connaissance spécifique du domaine et du marché de l'art. Le recourant n'a d'ailleurs pas contesté en instance cantonale que l'Office ne disposait pas des compétences particulières nécessaires à cette estimation, constat qu'il ne remet au demeurant pas en cause devant la Cour de céans. Il prétend toutefois en substance que l'Office pouvait tout de même surseoir à mettre en oeuvre une expertise au stade de l'établissement du procès-verbal de séquestre et effectuer une estimation " provisoire " ou " sommaire ". Il se réfère au caractère incertain de la créance - qui plus est fiscale - au stade du séquestre et au fait que les biens séquestrés seront à nouveau estimés lors de la conversion du séquestre en saisie définitive. De tels arguments ne portent pas. Si l'auteur que le recourant cite est certes d'avis que l'office qui exécute un séquestre doit tenir compte du degré de certitude de la créance qui en est à l'origine, il indique cependant que " cela est particulièrement vrai " lorsque doivent être prises les mesures de sûretés ou de conservation prévues aux art. 98 à 103 LP et que, pour le reste, les autres dispositions concernées par le renvoi de l'art. 275 LP s'appliquent de la même manière qu'en matière de saisie, à l'exception de diverses dispositions, parmi lesquelles il ne mentionne toutefois pas l'art. 97 al. 1 LP (Michel Ochsner, Exécution du séquestre, in Jdt 2006 II 77, spéc. p. 94). Il souligne au contraire le caractère indispensable de l'estimation requise par l'art. 276 al. 1 LP, motifs pris qu'elle sert de fondement à la délimitation de la portée du séquestre (art. 97 al. 2 et 275 LP), qu'elle permet au débiteur (ou à un tiers séquestré) de solliciter la fourniture de sûretés (art. 277 LP) et qu'elle contribue au respect de l'ordre du séquestre des biens de nature différente (art. 95 et 275 LP; Ochsner, op. cit., p. 116; sur les buts de l'estimation : supra, consid. 3.1.2). Le recourant ne saurait par ailleurs faire une généralité de l'arrêt publié aux ATF 106 III 100 et prétendre qu'une estimation précise peut être repoussée jusqu'au moment de la saisie. Cette jurisprudence mentionne le cas particulier - non réalisé en l'espèce - du séquestre générique qui porte sur des biens qui n'ont pu être désignés que par leur genre, tant dans l'ordonnance que dans le procès-verbal de séquestre, et dont l'individualisation et, partant l'estimation, sont reportées au moment de la saisie.