Citation: 1B_104/2023 E. 2

Selon les art. 78 et 92 al. 1 LTF, une décision prise en dernière instance cantonale relative à la récusation d'un juge pénal peut faire immédiatement l'objet d'un recours en matière pénale nonobstant son caractère incident. Dans la partie de son mémoire consacrée aux motifs du recours, la recourante reprend des griefs qu'elle adressait dans une précédente cause à l'égard du Premier Procureur C.________, qui sont dénués de toute pertinence pour juger de la récusation du Juge au Tribunal des mesures de contrainte Julien Maillefer. En conséquence, il n'en sera pas tenu compte. Dans la partie de son mémoire relative aux faits pertinents et à leur mauvaise appréciation, la recourante reproche à l'intimé d'avoir violé son droit d'être entendue et son droit à une procédure équitable, de ne pas avoir pris en considération sa volonté de ne pas être représentée par Me B.________ "vu les antécédents très clairs" et d'avoir mis sa santé physique en danger "suite à une opération et à l'interruption du traitement". Il ne suffit pas d'énumérer les reproches adressés à l'intimé pour respecter les exigences de motivation des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF. La recourante ne développe aucune argumentation en lien avec la violation alléguée de son droit d'être entendue et de son droit à un procès équitable. Elle n'indique en particulier pas quelle attitude ou décision, constitutive d'une violation des art. 29 al. 1 et 2 Cst., aurait été adoptée ou prise par l'intimé et serait de nature à mettre en doute son indépendance et son impartialité. Le premier grief est insuffisamment motivé et, partant, irrecevable. La recourante n'indique pas quelle disposition ou quel devoir de sa charge l'intimé aurait transgressés en acceptant contre son gré que l'avocate-stagiaire attachée à l'étude de son avocat d'office l'assiste à l'audience du 2 novembre 2022 en l'absence de Me B.________. Si les avocats-stagiaires ne peuvent assister un prévenu en tant que défenseur d'office en vertu de l'art. 127 al. 5 CPP, cette disposition n'interdit pas qu'ils puissent assurer tout ou partie de la défense d'un prévenu, en "se substituant à" ou "en excusant" l'avocat en charge et sous la responsabilité de ce dernier (cf. arrêt 6B_659/2017 du 6 mars 2018 consid. 2.1 cité par MAURICE HARARI, in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2 e éd. 2019, n. 64 ad art. 127 CPP, p. 695). La Chambre pénale de recours a par ailleurs relevé, sans que la recourante ne le conteste, qu'au moment de l'audience, la demande de révocation de son défenseur d'office avait été rejetée par le Ministère public et que le recours formé contre cette décision était toujours pendant, de sorte qu'elle était toujours assistée de Me B.________ et que l'intimé devait en tenir compte s'agissant d'un cas de défense obligatoire. Là encore, le recours est insuffisamment motivé, respectivement infondé.