Citation: 6B_1257/2021 E. 1.3.1

1.3.1. A l'inverse de ce que soutient le recourant, l'expert psychiatre ne s'est tout d'abord pas fondé sur la méthode d'expertise dite intuitive (à ce sujet, voir IVANA BABIC, Das psychiatrische Gutachten im Strafverfahren, 2019, p. 244 ch. 2.3; MARIANNE HEER, Juristische Anforderungen an psychiatrische Gutachten, in: Heer/Habermeyer/Bernard (éd.), 2017, Forum Justiz & Psychiatrie 2, p. 105 ss, 106). Interrogé sur l'usage d'outils actuariels lors des débats du 4 janvier 2021, l'expert a, selon les faits constatés par la cour cantonale, répondu que "l'évidence clinique" lui avait paru suffisante pour évaluer le risque de récidive et parvenir à une conclusion. En usant de l'expression "évidence clinique", l'expert n'a, quoi qu'en dise le recourant, pas fait référence à une évaluation intuitiviste, mais au modèle anglo-saxon de l'"evidence-based medecine" (EBM). Cette méthode d'expertise implique l'utilisation consciencieuse, explicite et judicieuse des meilleures données actuelles pour prendre des décisions concernant le risque de récidive. En d'autres termes, l'expert psychiatre s'est déclaré lors des débats du 4 janvier 2021 suffisamment renseigné par ses entretiens de plusieurs heures avec le recourant, complétés par les preuves issues de la recherche systématique, et a indiqué qu'il avait renoncé pour ce motif à solliciter une évaluation du risque actuariel. En se limitant à affirmer que l'expert aurait dû mettre en oeuvre des outils actuariels (respectivement semi-actuariels), le recourant se limite pour le surplus à substituer son appréciation à celle de l'expert, sans mettre en évidence d'éléments concrets qui auraient dû conduire la cour cantonale à douter de la méthode d'expertise et de son application au cas concret. Les outils actuariels ne sont en effet qu'une aide, parmi d'autres, à la disposition - s'il l'estime nécessaire - de l'expert pour évaluer le risque de récidive (arrêt 6B_1294/2021 du 10 janvier 2022 consid.1.5.2 et les références, notamment à l'arrêt 6B_424/2015 du 4 décembre 2015 consid. 3.3; BABIC, op. cit., p. 272 s. ch. 4.1; HEER, op. cit., p. 109). La critique du recourant, pour autant qu'elle est recevable, ne résiste par conséquent pas à l'examen.