Citation: 6B_161/2022 E. 2.2.1

2.2.1. La cour cantonale a retenu que les premières déclarations du recourant, qui étaient les plus crédibles, permettaient d'asseoir le constat selon lequel celui-ci avait quitté le canton de Neuchâtel en octobre 2018 pour s'installer à V.________. Les déclarations ultérieures, faites devant le tribunal de police, selon lesquelles le recourant serait resté dans son appartement situé à la rue Q.________ à U.________ jusqu'à fin juillet 2019 n'avaient pas la même crédibilité. La cour cantonale comprenait mal pourquoi le recourant aurait attendu aussi longtemps pour rejoindre le Jura alors que son fils avait commencé l'école dans ce canton en août (au plus tard en septembre) 2018, qu'il avait lui-même commencé l'exploitation du restaurant D.________ à V.________ (au moins à temps partiel selon les dires du recourant) et qu'il n'avait plus aucune activité dans le canton de Neuchâtel (référence étant faite à un courrier du 20 janvier 2021 émanant du recourant dans lequel il relevait qu'il avait dû changer de domicile en raison de l'exclusion scolaire de son fils à U.________ en septembre 2018). Le recourant avait en outre lui-même signalé que le bail de son logement de la rue Q.________ à U.________ ne courait que jusqu'en décembre 2018 (le recourant ne faisait à aucun moment état d'une possible reconduction). Il avait également admis que le restaurant de V.________ était exploité le vendredi et le week-end et la cour cantonale voyait dès lors mal qu'il aurait recherché activement un autre emploi dans le canton de Neuchâtel, alors même qu'il indiquait ne pas vouloir travailler trop loin de chez lui. Enfin, il résultait des relevés de compte du recourant qu'entre le 1 er octobre 2018 et le 30 juin 2019, les opérations au bancomat (retraits, versements) avaient été réalisées à V.________ ou à proximité, non seulement le week-end, mais également les autres jours de la semaine, aucune opération n'ayant été opérée depuis la ville de U.________. Devant la cour cantonale, le recourant avait certes expliqué qu'il avait déménagé à la fin du mois de juillet 2019 car les services sociaux lui avaient "coupé les vivres" et sa compagne avait trouvé un nouvel appartement à X.________. Confronté aux constats précédents, l'argument ne convainquait pas la cour cantonale. La date mentionnée, qui correspondait précisément à la fin de la période visée par l'acte d'accusation, semblait davantage avoir été choisie par la défense à des fins stratégiques pour échapper aux conséquences d'une condamnation. Elle ne correspondait d'ailleurs pas aux déclarations faites précédemment par le recourant. Celui-ci avait affirmé qu'il avait dû attendre pour quitter le canton de Neuchâtel parce que les services jurassiens compétents n'avaient pas avalisé sa demande de transfert. Dans cette hypothèse, un départ à fin juillet 2019 n'aurait aucun sens, le recourant signalant lui-même qu'il n'avait reçu l'accord des autorités jurassiennes que trois mois plus tard, soit le 21 octobre 2019 (pour exploiter un établissement à X.________). Dans un document daté du 19 mars 2021 envoyé au tribunal de police, le recourant exposait une version encore différente, en affirmant que, si son fils était entendu, il pourrait attester qu'ils étaient domiciliés à la rue Q.________ à U.________ entre décembre 2018 et avril 2019. Enfin, l'argument de la défense selon lequel la matraque saisie à l'aéroport de Zurich devait être livrée à la rue Q.________ à U.________ (en avril 2019) démontrerait que le recourant résidait toujours à cette adresse durant cette période ne convainquait pas la cour cantonale. Le recourant avait toujours affirmé n'avoir pas commandé lui-même cet objet. Il avait déclaré que son fils aurait pu le faire. Dans ces conditions, la cour cantonale peinait à saisir en quoi l'envoi de cet objet à l'adresse précitée plaiderait en faveur de la thèse défendue par le recourant (le fait qu'il aurait effectivement habité à cette adresse jusqu'en juillet 2019) : il semblait en effet que le fils avait tout intérêt à faire livrer sa commande à U.________, que son père ait habité dans le Jura (le fils pouvait alors se rendre à U.________ et prendre possession de l'objet sans que personne ne le remarque) ou à U.________ (le fils évitait au moins que la nouvelle compagne de son père lui pose des questions au sujet de son colis).