Citation: 6B_751/2020 E. B

Par arrêt du 29 avril 2020, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a rejeté l'appel formé par A.________ contre ce jugement et a confirmé celui-ci. La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. A.________ est née en 1961 en Tunisie. Elle s'est installée à Genève en 2001. Elle y a obtenu son brevet d'avocat en 2010 puis s'est installée à son compte en 2011. B.b. En mai 2011, les sociétés C.________ Sàrl - gérée par D.________ - et E.________ SA - administrée par F.________ - ont requis deux autorisations de construire des immeubles sur la commune de X.________. Dans le courant du mois de juillet de la même année, A.________, avocate, a été consultée par plusieurs voisins, dont les époux G.________, H.________ et I.________, propriétaires d'appartements en PPE, et deux propriétaires de villas, pour s'opposer à ces requêtes. Par la suite, les deux propriétaires de villas se sont retirés de la procédure. Le 6 septembre 2011, B.________, propriétaire d'une villa jumelle de celle de l'un des propriétaires précités, s'est jointe à eux et a également mandaté A.________. Cette dernière a entrepris des démarches communes les concernant. B.c. Par actes séparés des 25 mars et 27 mai 2013, A.________ a formé recours contre les autorisations de construire délivrées en février 2013 en faveur de E.________ SA et en avril 2013 en faveur de C.________ Sàrl. Un autre groupe de propriétaires, au sein duquel figurait également B.________, défendu par l'avocat J.________, a fait de même. B.d. Le 5 août 2013, le Tribunal administratif de première instance a rejeté la demande de retrait d'effet suspensif formée par les promoteurs. Une requête de récusation présentée par A.________ au nom de ses mandants a en revanche été admise. Sur le fond, les recours ont été rejetés le 14 novembre 2013 s'agissant de la cause impliquant C.________ Sàrl et le 15 novembre 2013 s'agissant de la procédure concernant E.________ SA. Sur le premier jugement, le nom de B.________ était mentionné tant au sein des recourants défendus par A.________ que parmi ceux assistés par l'avocat J.________. Le 10 janvier 2014, A.________ a formé recours au nom des époux G.________, H._________ et I.________, ainsi que pour le compte de de B.________, contre ces jugements, auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice genevoise (ci-après : CJCA). B.e. B.________ a, par courrier du 7 février 2014, informé A.________ de sa volonté de "démissionner définitivement" de ces recours, dont les coûts excédaient ses capacités financières. A.________ a confirmé, par pli du 28 février 2014, en avoir pris note, ajoutant que B.________ recevrait prochainement copie des actes de retrait des recours. Elle a, le 11 mars 2014, informé la CJCA du retrait du recours de B.________, dont elle indiquait ne plus défendre les intérêts. B.f. A.________ a reçu ou facturé différents montants à titre d'honoraires. Pour la période antérieure à janvier 2012, elle a reçu à tout le moins un total de 14'167 fr. 90 de la part de ses mandants K.________, L.________, M.________, des époux G.________ et des époux H.________. B.________ s'est pour sa part acquittée d'une provision de 4'000 fr., en trois versements, les 9 septembre, 27 septembre et 19 octobre 2011, ainsi que d'un reliquat de 724 fr. 50 le 25 mai 2012, soit un total de 4'724 fr. 50. Après la résiliation du mandat, A.________ a, par courrier du 25 février 2014, rappelé à B.________ ses notes de frais et honoraires des 16 mai 2013 et 15 janvier 2014, ainsi que l'existence d'un solde dû de 4'552 francs. Seul un montant de 400 fr. à titre de participation à l'avance de frais de première instance avait été payé par B.________. B.g. Surprise par le montant réclamé, B.________ a consulté l'avocat N.________. Ce dernier a, par pli du 6 mars 2014 adressé à A.________, accusé réception du courrier du 25 février 2014 et contesté que sa mandante fût débitrice de la prénommée. Il a demandé un relevé de l'activité déployée et des heures consacrées au mandat, ainsi que la copie d'un éventuel accord relatif à la fixation des honoraires, respectivement d'un forfait, sa mandante lui ayant indiqué que, "malgré ses multiples demandes de clarification", aucun accord n'avait été trouvé à ce propos. Il a également requis à plusieurs reprises une copie du dossier. A.________ n'y a pas donné suite, invoquant plusieurs raisons formelles successives. Elle a cependant communiqué copie de deux courriers de B.________, le premier du 6 septembre 2011 dans lequel cette dernière sollicitait la possibilité de payer la provision de manière échelonnée, et un second du 25 février 2013 lui demandant de "déployer [sa] diligence dans le traitement [des] recours, notamment sur le plan financier". Dans un courrier adressé le 14 avril 2014 à l'avocat N.________, A.________ a encore précisé que si B.________ contestait être sa débitrice, elle-même n'aurait d'autre choix que d'emprunter la voie judiciaire pour faire constater sa créance. Mise en demeure par l'avocat N.________ le 8 mai 2014 de lui remettre l'intégralité du dossier de B.________ sous peine de voir le Bâtonnier saisi, et à la suite d'un entretien téléphonique du 20 juin 2014, A.________ a finalement indiqué renoncer, par gain de paix, à exiger le paiement de sa note d'honoraires et autres frais de procédure. B.h. Après le retrait du recours de B.________, les époux G.________, H.________ et I.________ ont expressément demandé à A.________ de négocier une transaction avec la partie adverse, cela "dans une fourchette de CHF 5'000.- par famille". A.________ a, par courrier électronique du 20 mars 2014, adressé à D.________ un projet de transaction prévoyant le versement par C.________ Sàrl, soit pour elle D.________, d'un montant encore indéterminé aux époux G.________, H.________ et I.________, en contrepartie du retrait des recours. Le même jour, elle a indiqué à D.________ que B.________ ne figurait plus dans le "groupe de recourants". Le lendemain, A.________ a envoyé à D.________ une version définitive de la convention, datée du 17 mars 2014, mentionnant également B.________ mais ne précisant toujours pas le montant de l'indemnité à verser. A.________ et D.________ se sont ensuite retrouvés, le même 21 mars 2014, en début d'après-midi, dans les locaux de la CJCA, où tous deux ont signé une transaction, laquelle prévoyait le versement d'une somme de 75'000 fr. aux recourants pour solde de tout compte, "à titre de dédommagement de leurs frais de justice, émoluments, honoraires et frais d'avocat". A.________ y était expressément mentionnée comme agissant au nom des époux G.________, H.________, I.________, et de B.________. Le 21 mars 2014, D.________ a procédé à un retrait bancaire de 75'000 fr. au débit de son compte privé. Cette somme a été remise à A.________. Le 3 avril 2014, F.________ a versé la moitié de ce montant, soit 37'500 fr., à D.________. Au nom des époux G.________, H.________, I.________, et de B.________, A.________ a, le 21 mars 2014, informé la CJCA du retrait des recours, vu l'accord intervenu entre les parties. Par décision du 7 avril 2014, le juge délégué de la CJCA a rayé du rôle la cause concernant E.________ SA et a fixé en faveur de cette dernière une indemnité de procédure de 800 fr., mise conjointement et solidairement à la charge des recourants, y compris de B.________. L'avocat de E.________ SA a, par courriers séparés du 5 juin 2014 adressés aux époux G.________, H.________, I.________, et à B.________, demandé le versement de la somme de 800 fr. due conformément à la décision de la CJCA. B.i. Le 14 janvier 2015, B.________ a déposé plainte contre A.________, pour gestion déloyale. Elle indiquait avoir appris, en recevant la décision de la CJCA du 7 avril 2014 et le courrier de l'avocat de E.________ SA, que son recours avait été retiré, sans qu'elle en connût alors les motifs, puis, en discutant durant l'été avec l'architecte responsable du projet et un voisin, qu'un accord financier avait été conclu sans qu'elle en fût informée, les autres parties ayant chacune touché 5'000 francs.