Citation: 6B_598/2022 E. 2.3

2.3. Le recourant soutient que le contenu du message ne présentait pas un degré de gravité suffisant pour être constitutif de menaces au sens de l'art. 181 CP; ceci d'autant plus qu'il n'entendait pas contraindre son épouse à rester mariée puisqu'il di[sait] "lui rendre sa liberté". En l'espèce, comme on l'a vu, la cour cantonale a constaté que les menaces liées aux velléités de l'intimée de mettre un terme au mariage avaient été retranscrites dans un message aux termes duquel le recourant menaçait l'intimée de punition divine. Il ressort du jugement attaqué que la cour cantonale a retenu que cette menace, mise par écrit, ne faisait pas simplement référence à la manière dont le Divin apprécierait le comportement de la victime mais bien à l'éventualité qu'elle pourrait être punie, si elle venait à prendre la décision d'annuler le mariage. L'instance précédente n'a pas jugé que l'envoi de ce message était, à lui seul, constitutif de tentative de contrainte, mais devait être mis en relation avec les menaces de mort qui avaient été proférées par oral, à plusieurs reprises, par le recourant. Ce raisonnement de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique. Comme susmentionné (cf. supra consid. 2.1.1), lorsque l'auteur importune la victime de manière répétée durant une période prolongée, chaque acte devient, au fil du temps, susceptible de déployer, sur la liberté d'action de la victime, un effet d'entrave comparable à celui de la violence ou de la menace. En effet, l'intensité requise par l'art. 181 CP peut résulter du cumul de comportements divers ou de la répétition de comportements identiques sur une durée prolongée. Étant donné que le comportement du recourant doit s'apprécier au regard de l'ensemble des circonstances (ATF 141 IV 437 consid. 3.2.2), les menaces de mort proférées, de manière répétée, par le recourant envers l'intimée confèrent un poids particulier au message en question. Il ressort par ailleurs des faits du jugement entrepris, dont le recourant ne démontre pas l'arbitraire, que ce dernier n'a eu de cesse d'enchaîner des comportements et des attitudes violents envers son ex-épouse, ce pendant plusieurs mois, ou en tout cas depuis que le mariage a été officialisé (cf. jugement attaqué consid. 8.2). Il a également, à une reprise, menacé de se trancher la gorge avec un couteau. Ainsi, le message en question, mis en lien avec ces multiples actes déployés sur une période prolongée, était propre à contraindre l'intimée à maintenir le lien conjugal malgré sa volonté d'y mettre un terme. Le fait que l'intimée ne soit finalement pas restée avec le recourant n'y change rien. Il en va de même du fait qu'elle n'aurait jamais expressément déclaré s'être sentie contrainte par quoi que ce soit. Il est rappelé que le moyen de contrainte doit être propre à impressionner une personne de sensibilité moyenne et à l'entraver d'une manière substantielle dans sa liberté de décision ou d'action (c f. supra consid. 2.1). La question de savoir si le comportement a effectivement obligé la victime à faire, à ne pas faire ou à laisser faire n'est pertinente qu'au moment d'examiner si l'infraction est consommée. En d'autres termes, il suffit que le moyen de contrainte soit propre à créer un tel résultat, ce qui est le cas en l'espèce. Ainsi, lorsque le recourant soutient que l'intimée avait pu mener, sans aucun problème, la procédure de séparation rapidement - en précisant qu'il avait consenti à dite procédure et qu'une convention avait pu être signée à l'automne 2018 déjà - il se fonde sur des éléments qui ne sont pas pertinents. Au demeurant, ces faits ne ressortent pas du jugement attaqué, sans que le recourant démontre l'arbitraire de leur omission, de sorte que son argumentation est de toute manière irrecevable sous cet angle. Il en va de même lorsqu'il soutient qu'il n'aurait jamais rappelé l'intimée et ne serait jamais retourné au domicile conjugal.