Citation: U 339/02 02.02.2004 E. 3

3.1 Les docteurs F.________ et D.________ ont exposé qu'une dermo-hypodermite infectieuse était le plus souvent causée par des staphylocoques ou des streptocoques, dont toute atteinte à l'intégrité de l'épiderme pouvait constituer une porte d'entrée. Parmi ces atteintes, les médecins du Centre Y.________ ont cité des excoriations, dans le cadre d'ulcères chroniques des membres inférieurs, une blessure par un agent externe ou une plaie chirurgicale; ils ont toutefois ajouté que la porte d'entrée la plus fréquente consistait en une fissure minime, par exemple dans le cadre d'une macération inter-orteils due à une mycose. Dès lors, toujours selon les docteurs F.________ et D.________, les excoriations sur des lésions d'eczéma du mollet gauche de l'assuré et la mycose inter-orteils constatées lors de sa dernière hospitalisation, de même que la blessure survenue le 26 janvier 2000, constituaient autant de portes d'entrées possibles des germes à l'origine de son atteinte à la santé. 3.2 Selon les premiers juges, le fait que l'infection se soit développée rapidement après la lésion par un clou, le 26 janvier 2000 permet d'attribuer à cette affection un caractère plus concret et précis qu'aux autres causes possibles mentionnées par les médecins du Centre Y.________, plus théoriques. Cette argumentation, qui reprend pour l'essentiel le point de vue du docteur G.________, ne saurait être suivie. D'une part, le rapport de sortie du Centre Y.________ du 11 février 2000 fait état d'atteintes tout à fait concrètes à l'épiderme de l'assuré, en décrivant notamment le développement de lésions eczématiformes très prurigineuses du membre inférieur gauche, par endroits excoriées, dès le mois de décembre 1999, ainsi que l'existence de mycose inter-orteils - concernant la blessure par un clou, en revanche, les doctoresses C.________ et D.________ n'ont constaté ni plaie, ni abcès sous-cutané. D'autre part, les causes maladives envisagées par les docteurs F.________ et D.________ revêtent un caractère d'autant plus concret qu'elles ont déjà entraîné, selon toute vraisemblance, deux épisodes de dermo-hypodermite en septembre et novembre 1998, le temps écoulé depuis la lésion accidentelle du 18 février 1998 rendant improbable l'origine accidentelle de ces affections. Dans ces conditions, le rapport de connexité temporel mis en évidence par le médecin traitant de l'assuré permet tout au plus de tenir la lésion par un clou survenue le 26 janvier 2000 pour l'une des causes possibles de l'affection en cause. Il ne suffit pas, en revanche, à rendre cette cause plus probable qu'une atteinte d'origine maladive. Partant, le lien de causalité naturelle litigieux n'est pas établi au degré de la vraisemblance prépondérante, requis lors de l'appréciation des preuves en matière d'assurance sociale (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2).