Citation: 6B_786/2024 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a retenu, d'une part, que le recourant avait un intérêt privé à demeurer en Suisse, dans la mesure où cela faisait une dizaine d'années qu'il y vivait. Néanmoins, elle a également retenu qu'il n'avait pas établi de liens particuliers avec la Suisse en dehors de son cercle amical. Il n'avait en outre plus été intégré professionnellement ou associativement depuis 2017, mais avait repris une activité auprès d'une association ayant pour but d'offrir du travail aux personnes sans emploi. La cour cantonale a considéré que cette activité constituait un prélude à une réintégration professionnelle. Cela étant, le recourant ne semblait pas très attaché à la Suisse, vu le projet qu'il avait de s'installer au Maroc avant le décès de sa femme. Enfin, même si ses consultations auprès d'un psychiatre avaient connu des intermittences, la cour cantonale a retenu que le recourant avait un intérêt privé à continuer le suivi entrepris dans un cadre stable à court, moyen, voire long terme. Elle a néanmoins également évoqué le fait que des consultations auprès de psychiatres étaient aussi possibles au Maroc. D'autre part, sous l'angle de l'intérêt public à son expulsion, la cour cantonale a rappelé que le recourant a fait, durant la dizaine d'années pendant lesquelles il a vécu en Suisse, l'objet de dix condamnations, pour des infractions à la législation sur le séjour et l'établissement des étrangers, mais aussi des menaces, des voies de fait, injures et dommages à la propriété, voire encore des violences ou menaces contre les autorités et les fonctionnaires, des lésions corporelles simples (y compris avec usage d'un moyen dangereux) et la soustraction d'une chose mobilière. La cour cantonale a signalé que ces précédentes atteintes à la propriété (dommages à la propriété et soustraction d'une chose mobilière) semblaient procéder de la malveillance (rayer une porte et jeter trois téléphones portables appartenant à un tiers). Certes, la liste des objets dérobés à F.________ se composait de biens non alimentaires hétéroclites de relativement peu de valeur chacun, l'atteinte à l'intégrité corporelle touchait, quant à elle, un bien juridique important. La cause attaquée constituait d'ailleurs une récidive spécifique de délit contre l'intégrité corporelle d'autrui. En outre, la cour cantonale a souligné la force des coups portés contre son amie, apparemment pour une question d'argent en lien avec un état d'alcoolisation important. Elle a ajouté que, dans la soirée du 29 janvier 2022, le recourant présentait une dangerosité particulière, puisque juste après être sorti d'un établissement public, un témoin avait attesté de la présence d'un couteau en ses mains, et que deux couteaux avaient ensuite été retrouvés par la police. La cour cantonale a rappelé que brandir une lame en état d'ivresse pouvait conduire à des drames. Elle a également relevé que cette scène s'était produite avant le décès de l'épouse du recourant, de sorte qu'elle ne pouvait la mettre en relation avec le chagrin et la confusion liée à ce deuil. Enfin, elle n'a pas partagé l'appréciation du tribunal de police selon laquelle l'exécution d'une peine privative de liberté de huit mois influait sur le pronostic de réitération à l'égard du recourant. En effet, d'après elle, le dossier montrait que le recourant avait exécuté de courtes peines privatives de liberté parce qu'il n'avait pas été en mesure de s'acquitter de jours-amende antérieurement prononcés à son encontre, alors même que les peines pécuniaires précédentes auraient de toute manière dû le détourner de la délinquance. Pour ces raisons, la cour cantonale a retenu que le recourant représentait une menace sérieuse pour la sécurité publique. L'intérêt public à son expulsion l'emportait ainsi sur son intérêt privé - existant mais modéré - à demeurer en Suisse.