Citation: 5A_431/2024 E. 5.1

5.1. A la lecture du certificat de salaire 2022 du recourant, la juge unique a constaté que le montant annualisé de son revenu - tel que retenu sur ses décomptes mensuels de salaire - ne figurait pas au chiffre 1 dudit document. Néanmoins et quoi qu'en dît le recourant, il était manifeste que celui-ci n'avait pas été rémunéré en 2022 sur la seule et unique base d'un bonus versé à hauteur de 86'866 fr. L'argumentation du recourant, qui s'opposait à ce qu'il fût tenu compte des montants de 298'363 fr. et 70'769 fr., mentionnés aux chiffres 2 et 5 du certificat, n'était pas convaincante. Premièrement, si le recourant expliquait que le montant de 70'769 fr. ( "Droits de participation selon annexe") ne lui aurait jamais été versé par son employeur et constituerait en réalité un "élément de fortune conditionnel", soit une "expectative", ce montant était englobé dans la somme de 395'107 fr., représentant le salaire net à reporter sur la déclaration d'impôt (ch. 11 du certificat de salaire). S'agissant de la somme de 298'363 fr. remise en cause par le recourant, la juge unique a constaté en premier lieu que tous les montants explicités sous le chiffre 2.3 du certificat comportaient la mention " non payé ". Au sujet de cette indication, le recourant expliquait que certains de ces montants représenteraient des retenues effectuées par son employeur, par exemple à titre de " différentiel d'impôt supplémentaire dû à l'étranger ", à hauteur de 5'888 fr., ou à titre de " différentiel d'impôt payé directement par l'employeur [...] sur les droits de participation " à hauteur de 17'438 fr., et que ces sommes ne lui auraient jamais été versées par son employeur, ce qui expliquerait qu'elles comportent la mention " non payé ". Cette thèse tombait à faux et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, le montant de 229'527 fr. - inscrit comme " Salaire proforma FX " en page 2 du certificat de salaire 2022 - comportait également la mention " non payé "; or, le recourant ne contestait pas avoir perçu une telle somme, expliquant même que celle-ci représenterait le " salaire versé par BAT UK, converti en francs suisses ". En outre, il était incohérent pour le recourant de prétendre que son employeur prélèverait sur ses revenus un " différentiel d'impôt sur les droits de participation " à hauteur de 17'438 fr., tout en alléguant n'avoir jamais perçu la somme de 70'769 fr. inscrite à titre de droit de participation sur son certificat de salaire. D'autre part, si le recourant expliquait que le montant de 45'510 fr., inscrit dans le certificat de salaire au titre de " Proforma Pmts divers non payé ", représenterait la charge de ses frais de logement à Londres et, par conséquent, qu'il ne devrait pas être considéré comme du revenu, il n'en demeurait pas moins qu'une telle charge était assumée par l'employeur du recourant, de sorte que de tels frais ne devraient pas non plus figurer dans son budget mensuel si l'on devait suivre son raisonnement. Que ces frais soient considérés comme un poste du revenu ou qu'ils soient retirés du budget mensuel du recourant ne changeait rien. Il convenait ainsi d'en tenir compte à titre de revenus et d'inclure la charge correspondante dans son minimum vital. Conformément à ce qui ressortait du certificat de salaire 2022 de l'époux, la juge unique a considéré qu'il convenait de retenir que le revenu annuel net de l'intéressé s'était élevé à 409'507 fr. au total pour l'année en question, soit un montant mensuel net moyen de 34'125 fr. 60 (409'507/12). Elle a rappelé qu'en mesures protectrices de l'union conjugale, il était statué en procédure sommaire et que, sous l'angle de la vraisemblance, le recourant n'avait pas su démontrer que les montants contenus à titre de revenu dans son certificat de salaire 2022 ne devaient pas être considérés comme tels. De même, il n'avait pas produit sa déclaration fiscale 2022, laquelle aurait éventuellement pu étayer ses assertions, la maxime inquisitoire illimitée ne dispensant pas les parties de collaborer à la procédure. En tout état de cause, un revenu de la quotité retenue apparaissait vraisemblable dans la mesure où, comme le recourant l'admettait à juste titre, celui-ci occupe un poste à responsabilités au sein d'une société internationale, que celle-ci semble prôner une politique salariale attractive et évolutive et, enfin, que les chiffres - moins importants - retenus par la présidente à titre de revenu mensuel de l'époux l'avaient été sur la base de pièces concernant une période entachée par la pandémie de Covid-19, soit l'année 2021, ce qui avait probablement eu des répercussions négatives sur les résultats de l'entreprise, respectivement sur les accessoires salariaux perçus par ses employés.