Citation: 6B_72/2017 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a fait siens les termes du rapport d'expertise concluant que les révélations de la victime paraissaient fortement crédibles. En particulier, l'experte avait souligné que les éducateurs du foyer dans lequel séjournait l'intimée 2 avaient remarqué un changement dans son comportement et dans son habillement. Ce changement d'attitude avait également été constaté par la mère de la victime. Durant la période en question, l'experte avait mis en évidence des consommations d'alcool, des épisodes d'automutilation et une hospitalisation pour des douleurs abdominales non somatiques en 2008. Elle avait également indiqué que les éducateurs du foyer ne considéraient pas la victime comme une affabulatrice et que les circonstances qui entouraient ses révélations constituaient des éléments qui parlaient en faveur de la crédibilité du discours. En particulier, les caractéristiques spécifiques, la particularité du contenu, le contenu relatif aux motivations de la déclaration ainsi que les éléments concernant le délit appuyaient plutôt la crédibilité des déclarations de l'expertisée. Comme l'avait souligné l'experte, l'intimée 2 n'hésitait pas à dire qu'elle ne savait pas ou qu'elle ne savait plus, elle reconnaissait qu'elle avait menti par peur qu'on ne la croie pas quand elle avait parlé d'une première relation sexuelle avec un garçon. L'experte avait expliqué l'absence de douleur ressentie pendant les abus par une dissociation rencontrée chez les victimes d'abus sexuels. Elle avait conclu que la victime présentait une symptomatologie avec un état de stress post-traumatique au sens de la CIM10 et avait mis en lumière la présence des quatre vécus prévalant chez les victimes d'abus sexuels. La cour cantonale a également signalé deux éléments, mis en évidence par l'experte, en défaveur de la crédibilité. Premièrement, l'intimée 2 avait rapporté garder une distance avec les garçons depuis les faits alors que le rapport du foyer mentionnait que tel n'était pas le cas. Secondement, dans l'analyse de la vidéo, la victime avait donné moins de détails sur les faits, contrairement aux autres éléments qui avaient été racontés, cet aspect ressortant toutefois moins durant les entretiens de l'expertise, ce qui avait permis de relativiser le caractère plus sommaire des premières déclarations. En définitive, comme l'a souligné la cour cantonale, l'experte était arrivée à la conclusion que le témoignage et les propos de l'intimée 2 paraissaient fortement crédibles.