Citation: 5A_364/2023 E. 3.2

3.2. Le recourant taxe d'arbitraire (art. 9 Cst.) l'interprétation faite par le juge cantonal de la convention passée en appel le 29 avril 2021. Après avoir exposé les circonstances entourant la procédure d'appel au cours de laquelle dite convention avait été signée, l'époux affirme qu'à cette époque, il ne s'attendait " pas du tout " à ce qu'on lui reconnaisse au mois de janvier 2022, soit 9 mois plus tard, le droit à une rente d'invalidité Al entière et une rente d'invalidité LPP, encore moins rétroactivement au 1er novembre 2019. Dans les domaines " complexes et incertains de la santé et des assurances sociales où toutes les questions médicales sont soumises à des groupes d'experts tant elles sont sensibles et difficiles ", il était " tout à fait choquant " de considérer qu'il aurait été en mesure de prévoir, au moment de la signature de la transaction judiciaire du 29 avril 2021, la reconnaissance de son invalidité complète rétroactivement au 1er novembre 2019. En se limitant à retenir que, dans la mesure où il avait déposé, le 21 février 2019, une demande de prestations Al, il pouvait s'attendre à ce que le droit à une rente d'invalidité lui soit reconnu avec effet rétroactif, l'instance précédente avait négligé " de manière surprenante " le vaste catalogue des prestations de l'assurance-invalidité, comprenant notamment les mesures de réadaptation. Compte tenu du principe selon lequel la réinsertion professionnelle était la règle et l'octroi d'une rente d'invalidité complète l'exception, l'instance précédente avait ainsi manifestement violé l'interdiction de l'arbitraire en retenant que la reconnaissance de l'invalidité du recourant le 14 janvier 2022 rétroactivement au 1er novembre 2019 était prévisible et ne constituait dès lors pas un fait nouveau au sens de l'art. 179 CC justifiant la modification des contributions d'entretien. Le recourant reproche également au juge cantonal de n'avoir pas exposé pour quelle raison le moment de la notification de la décision de l'Office AI pouvait être considéré comme déterminant pour les parties ou pour l'autorité qui avait ratifié la convention. Il était " évident " qu'en réservant " tous leurs droits à partir du moment où cette décision [la décision de l'Office AI] aura[it] été notifiée ", les parties entendaient rendre plus aisée la modification de cette convention provisoire. Le juge cantonal aurait donc dû retenir qu'au vu de la situation instable, incertaine et difficile à évaluer que l'époux traversait, celui-ci s'était réservé le droit de demander la modification des contributions d'entretien rétroactivement au jour où l'invalidité lui serait reconnue. Il était dès lors choquant de refuser la modification de cette convention au motif que les possibilités de modifier des mesures protectrices de l'union conjugale ou des mesures provisionnelles seraient limitées, alors que l'intention des parties était précisément de s'entendre provisoirement afin que leur situation soit réexaminée une fois que la décision de l'Office Al serait rendue.