Citation: 4A_559/2017 E. 3.2.4

3.2.4. Enfin, les recourants, à qui incombait le fardeau de la preuve du préjudice irréparable que la décision attaquée était censée leur causer, ont échoué dans leur tentative d'établir la chose, étant rappelé que la réalisation de cette condition doit être examinée par rapport à la décision de première instance, à savoir l'ordonnance du Tribunal du 8 mars 2017 (cf. consid. 1.2 ci-dessus). De ce point de vue, autrement dit sous l'angle de la recevabilité du recours en matière civile, les critiques qu'ils adressent directement à la cour cantonale (recours, n. 41-49), en particulier au regard de la condition plus souple du préjudice difficilement réparable visé par l'art. 319 let. b ch. 2 CPC (arrêt 4A_416/2017, précité, consid. 4.2, 2e §), ne sont, dès lors, pas déterminantes. Pour justifier sa décision de révoquer l'ordonnance du 13 décembre 2016 et, partant, de renoncer à entendre les témoins proposés par les parties - au nombre de seize du côté des recourants contre un seul pour les intimés -, le premier juge, nouvellement saisi de la cause, a procédé à une appréciation anticipée des preuves qui l'a convaincu de ce que l'affaire était déjà suffisamment instruite et à même d'être jugée sans que des preuves testimoniales fussent nécessaires à cette fin. C'est le lieu de rappeler, à ce propos, que le juge est autorisé à effectuer une appréciation anticipée des preuves déjà disponibles et, s'il peut admettre de façon exempte d'arbitraire qu'une preuve supplémentaire offerte par une partie serait impropre à ébranler sa conviction, refuser d'administrer cette preuve (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299 et les arrêts cités). Or, les recourants laissent intacte cette argumentation. Ils ne font pas valoir, en particulier, que le Tribunal ne pourrait pas statuer en l'état, c'est-à-dire sans entendre leurs témoins, sur l'exception de chose jugée et, si besoin est, sur le fond. Sans doute insistent-ils sur le risque que plusieurs de leurs témoins ne puissent plus être entendus au cas où leur audition viendrait à n'être ordonnée qu'en cas d'annulation de la décision finale qui, par hypothèse, rejetterait leur demande, soit dans un futur lointain. Toutefois, il ne suffit pas de citer les noms et l'âge de chacun des témoins, référence à l'espérance de vie moyenne à l'appui, pour démontrer l'existence d'un préjudice irréparable au sens restrictif que la jurisprudence attribue à cette notion juridique. Il eût fallu indiquer, à tout le moins, à propos de quelles allégations de fait en relation avec le différend opposant les parties, tel ou tel témoin aurait dû être interrogé, de manière à ce que le Tribunal fédéral puisse se convaincre, à l'occasion d'un examen effectué prima facie, de la pertinence des témoignages requis. Dans ce contexte, c'est à tort que les recourants accordent de l'importance à l'arrêt 4A_478/2011 du 30 novembre 2011, consid. 1.1, dès lors qu'il y était question d'un autre cas de figure, à savoir l'administration de preuves en urgence dans le cadre d'une procédure de preuve à futur. Il est d'ailleurs permis de se demander pour quelle raison les recourants, si soucieux du risque auquel ils disent s'exposer de ne pas pouvoir faire entendre comme témoins des personnes effectivement âgées, n'ont pas usé des possibilités que leur offrait, respectivement leur offre toujours, l'ancienne législation genevoise de requérir la déposition provisoire de certains témoins avant d'introduire leur demande (art. 250 aLPC), voire de solliciter pendente lite l'audition d'urgence de l'un ou l'autre de ceux-ci (art. 205 al. 1 aLPC), au besoin par voie de commissions rogatoires, ce qu'il leur est loisible de faire pendant toute la durée de la procédure, au demeurant, et donc encore à l'heure actuelle (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de procédure civile du canton de Genève du 10 avril 1987, vol. II 2007, nos 3 et 6 ad art. 205 aLPC). Cela étant, force est de constater que la condition du préjudice irréparable, fixée à l'art. 93 al. 1 let. a LTF, n'est pas réalisée en l'espèce. Il suit de là que le présent recours est manifestement irrecevable, ce qui peut être constaté selon la procédure simplifiée prévue par l'art. 108 al. 1 let. a LTF.