Citation: 6B_975/2024 E. B

Par jugement du 22 octobre 2024, la Cour pénale du Tribunal cantonal jurassien a admis partiellement l'appel formé par A.A.________ et classé la procédure pénale ouverte contre l'appelant sous la prévention de pornographie, infraction prétendument commise le 30 janvier 2022 à U.________ (France) au préjudice de B.________. Par le même jugement, elle a admis l'appel joint du Ministère public jurassien et réformé le jugement attaqué en ce sens qu'elle a condamné A.A.________ à une peine privative de liberté d'ensemble de 13 ans, sous déduction de 977 jours de détention subie avant jugement (rappelant que ce dernier exécutait sa peine de manière anticipée depuis le 24 octobre 2022), à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 10 fr., à une amende de 800 fr., la peine privative de liberté de substitution étant de huit jours en cas de non-paiement fautif de l'amende. Elle a confirmé le jugement de première instance pour le surplus. En résumé, la condamnation pour tentative d'assassinat repose sur les faits suivants: A.A.________ et B.________ ont entamé une relation sentimentale en 2017. Ils ont vécu en ménage commun pendant quatre ans, de 2018 jusqu'à leur séparation en 2021. Une fille est issue de leur relation, C.________, née en 2019. Peu après leur rupture, un lourd conflit les a opposés quant à l'attribution de la garde et à la fixation des modalités du droit de visite de leur fille, conflit qui n'a cessé de s'aggraver. Apeurée par le comportement de A.A.________, en particulier lors de la prise en charge de leur fille, B.________ lui a annoncé, le 13 février 2022, qu'elle ne le laisserait plus exercer son droit de visite jusqu'à ce que l'autorité judiciaire compétente statue sur cette question. Cet événement a marqué un tournant majeur dans leur conflit. Le 18 février 2022, A.A.________ a agressé son ex-compagne, entre 22h05 et 22h10, alors que celle-ci quittait le restaurant où elle travaillait en tant que sommelière. Il a surgi derrière elle, l'a immobilisée en plaçant son avant-bras gauche autour de son cou et a tenté de la frapper à hauteur de la poitrine avec un couteau qu'il tenait dans sa main droite. Elle est ensuite tombée à genoux. A.A.________ lui a alors demandé si elle croyait vraiment qu'il accepterait de ne plus voir leur fille, puis il a tenté de lui porter des coups de couteau au flanc droit. Elle s'est débattue et elle a essayé de s'emparer dudit couteau avec sa main droite, mais elle est uniquement parvenue à en saisir la lame, ce qui lui a occasionné une importante blessure au pouce. Elle s'est finalement retrouvée à terre, épaules contre le sol. A.A.________ l'a maintenue dans cette position en s'agenouillant sur elle, au niveau de l'abdomen. Il a fait plusieurs gestes en piqué avec son couteau en direction du haut de son corps, la blessant ainsi au visage, au thorax et aux deux membres supérieurs. À un moment donné, il a placé son couteau sur son cou et a exécuté un mouvement latéral de gauche à droite qui lui a provoqué une entaille d'une longueur d'environ 10 cm et d'une profondeur de 2 cm. Du point de vue médico-légal, aucune des blessures subies par B.________ n'était de nature à mettre sa vie en danger, sous réserve, toutefois, d'une prise en charge médicale adéquate et rapide. Alerté par les cris de B.________, un habitant d'un immeuble voisin est sorti de chez lui et a demandé à A.A.________ de cesser ses agissements, lequel a alors quitté les lieux. Le samedi matin, il s'est spontanément présenté dans les locaux de la police municipale de V.________.