Citation: 4P.64/2000 07.08.2000 E. 2

2.- Invoquant les art. 9 et 29 Cst. , la recourante reproche à la Cour de cassation civile un déni de justice matériel et l'arbitraire dans l'appréciation des preuves suite à un nouvel établissement des faits, violant ainsi une règle cantonale de procédure ayant trait à son pouvoir d'examen, soit l'art. 415 du Code de procédure civile neuchâteloise (ci-après: CPC/NE). La recourante se réfère d'abord à la jurisprudence de la Cour de cassation civile, selon laquelle celle-ci est liée par les constatations de fait du premier juge sauf arbitraire, c'est-à-dire sauf lorsque le juge a dépassé les limites de son large pouvoir d'appréciation des preuves, par exemple en admettant un fait dénué de toute preuve ou en rejetant un fait indubitablement établi. En conséquence, si le juge de première instance écarte comme mal fondées ou non prouvées les allégations d'une partie, une critique de cette appréciation des preuves ne légitimerait en aucun cas la Cour de cassation à revoir les faits comme le ferait en revanche une cour d'appel (RJN 1983 67). La recourante relève ensuite que, dans son premier jugement, le Tribunal des prud'hommes a procédé de manière détaillée à une appréciation de la valeur probatoire de chacun des éléments avancés par l'intimé, avant de retenir objectivement sa version des faits et de se convaincre de l'inexistence d'un contrat de travail et de l'absence de toutes circonstances permettant raisonnablement d'admettre que le candidat était en droit de penser qu'il était engagé. Or, dans son arrêt, la cour cantonale aurait systématiquement réexaminé des indices avant de conclure, contrairement au premier juge, à ce que l'intimé pouvait de bonne foi croire à son engagement par la recourante. Celle-ci estime, en substan-ce, que le fait d'admettre que l'intimé a été invité à se présenter dans les locaux de l'entreprise le 25 mars 1997 à 08 h.00 serait en contradiction parfaite avec le dossier officiel. La cour cantonale aurait également dénaturé le témoignage du titulaire du poste à repourvoir, qui aurait déclaré avoir reçu l'ordre de se préparer à accueillir l'intimé le 25 mars. S'agissant de l'annulation du rendez-vous prévu ce jour, la version de la cour cantonale, qui considère le comportement de la recourante comme peu habituel, serait insoutenable. En retenant que le directeur des recherches avait admis avoir fait naître de faux espoirs par son attitude positive envers l'intimé, et qu'il avait admis avoir rédigé, à l'intention de la cheffe du personnel, un mémo en vue de décommander le candidat, la cour cantonale se serait fondée sans motivation objective sur des éléments contredisant manifestement la situation effective. Enfin, la cour cantonale aurait arbitrairement révisé l'appréciation par le premier juge, d'une part, du comportement de l'intimé qui avait conclu un contrat de bail et contacté différentes personnes pour leur faire part de son engagement, d'autre part, de l'application par la recourante de sa procédure d'engagement du personnel.