Citation: 4P.141/2000 17.10.2000 E. 5

5.- a) Enfin, le recourant estime que la cour cantonale a fait preuve d'arbitraire en lui attribuant la rupture des pourparlers, qu'elle date du 31 juillet 1997. A son avis, les motifs avancés dans l'arrêt attaqué pour justifier cette rupture ne reposent en outre sur aucun élément du dossier. b) La constatation selon laquelle le recourant a rompu les pourparlers à l'issue de la rencontre chez Me Christen du 31 juillet 1997 est effectivement entachée d'arbitraire. Certes, lors de cette réunion, les parties ne sont pas parvenues, pour un motif indéterminé, à conclure un contrat de superficie. Rien n'indique toutefois qu'à ce moment-là, le recourant ait décidé de ne plus poursuivre la discussion. Au contraire, il a encore rencontré l'intimé le 20 août 1997, puis, par l'intermédiaire de son avocat, lui a fixé un ultimatum pour conclure le contrat de superficie. Du reste, aucun des motifs énoncés par la cour cantonale n'est propre à expliquer une rupture des pourparlers de la part du recourant; en réalité, il s'agit à chaque fois de raisons qui plaident en faveur du maintien des négociations. Au demeurant, comme le recourant le fait remarquer à juste titre, lesdits motifs constituent autant de procès d'intention. En effet, la cour cantonale ne les relie jamais à un ou des faits déterminés. Ainsi, par exemple, la politique du fait accompli reproché au recourant se heurte au témoignage de Corazzini, qui affirme avoir "pris sur lui" d'ordonner la pose des canalisations après les sondages nécessaires à l'établissement de l'assiette de la servitude; au considérant 5 de son arrêt, la Chambre civile relève d'ailleurs expressément que ces travaux ont été exécutés à la demande de l'architecte. L'attribution au recourant de la rupture des pourparlers apparaît d'autant plus insoutenable que le conseil de l'intimé a rédigé, le 17 septembre 1997, une lettre dans laquelle il déclare expressément que son mandant l'a chargé de notifier au mandataire du recourant que les pourparlers sont rompus. Manifestement, la cour cantonale ne pouvait à ce sujet se contenter de qualifier ce courrier de réponse "malhabile" à la lettre de l'avocat du recourant du 8 septembre 1997. Savoir qui a rompu les pourparlers est un élément important pour déterminer si une culpa in contrahendo peut être retenue à la charge de l'une des parties. La constatation entachée en l'espèce d'arbitraire étant propre à influer sur l'issue du litige, il se justifie dès lors d'admettre le recours dans la mesure de sa recevabilité et d'annuler l'arrêt attaqué. Il appartiendra à la cour cantonale de se prononcer sur le caractère fautif ou non de la rupture des pourparlers signifiée par l'intimé en date du 17 septembre 1997.