Citation: 1P.880/2005 17.05.2006 E. B

Cette ordonnance retient, en substance, ce qui suit. B.a Le 9 décembre 2004, X.________ Sàrl a déposé plainte pénale contre inconnu. Elle exposait que, la veille, un couple s'était présenté dans le magasin pour acheter une bague; l'homme avait manipulé à plusieurs reprises les modèles qui lui étaient présentés; après le départ du couple, le vendeur avait constaté la disparition d'un solitaire d'une valeur de 760 francs. Le 14 décembre 2004, B.________ présent au moment des faits, a formellement reconnu le couple sur présentation d'une planche de 12 photographies. Le 10 décembre 2004, Y.________ SA a déposé une plainte similaire, du fait qu'une bague sertie de diamants d'une valeur de 110'000 US$ lui avait été dérobée, le 8 décembre 2004 également, selon le même mode opératoire que celui susdécrit. Le 29 janvier 2005, Z.________ a aussi déposé plainte pénale, pour le vol d'une montre d'une valeur de 120'000 francs. B.b A.________ a été interpellé le 12 septembre 2005 par la police, dans la bijouterie K.________ à Zurich, en compagnie du dénommé C.________, dont le signalement correspondait à l'individu ayant dérobé la montre précitée. Selon un rapport de police du 13 septembre 2005, une tentative de vente de ladite montre avait été opérée le 7 février 2005 à Tel-Aviv, le signalement de l'auteur correspondant à celui de A.________. Entendu à cette même date, A.________, marchand de diamants, a déclaré être, depuis une année environ, en relation d'affaires avec C.________, ce dernier ayant des connexions avec la Russie. Il lui avait vendu des montres pour une somme totale de 180'000 US$, contre deux chèques américains, respectivement de 120'000 et 60'000 US$, qui s'étaient toutefois avérés être des effets volés. Il lui avait réclamé à plusieurs reprises le paiement de sa créance en liquide. Finalement, C.________ lui avait demandé de le rejoindre le 12 septembre 2005 à Zurich, où il résidait. Ils avaient déjeuné ensemble, puis étaient allés boire un café, en attendant que "l'argent soit prêt". Après quoi, ils s'étaient rendus dans la bijouterie d'un ami de C.________, où ils avaient été interpellés. B.c Le 14 septembre 2005, A.________ a été inculpé du vol des deux bagues dérobées au préjudice de X.________ Sàrl, respectivement de Y.________ SA, à raison de ses similitudes physiques avec les signalements communiqués par les représentants des plaignantes. Il a contesté les faits qui lui étaient reprochés, alléguant qu'à la date des vols il se trouvait en Israël. B.d Par ordonnance du 16 septembre 2005, la Chambre d'accusation a libéré provisoirement A.________. Elle a observé que l'employé de la bijouterie X.________ Sàrl avait formellement reconnu le couple impliqué dans le vol du solitaire et que l'homme représenté sur la photographie n'était visiblement pas l'inculpé. De plus, il ne ressortait pas des passeports de ce dernier, dont deux étaient périmés, qu'il serait entré en Suisse en 2004 et 2005. Enfin, l'inculpé avait fourni des explications plausibles quant à sa présence aux côtés de C.________ le jour de leur interpellation. En l'état de la procédure, la prévention de commission des infractions en cause n'apparaissait donc pas suffisante, étant toutefois relevé que l'enquête ne faisait que commencer. Néanmoins, la condition préalable à la prolongation du mandat d'arrêt faisait ainsi défaut. B.e Le 20 septembre 2005, B.________, de X.________ Sàrl, et D.________, de Y.________ SA, présents au moments des faits incriminés, ont identifié, sur présentation d'une planche de 6 photographies, deux individus comme ressemblant à l'auteur des vols, dont A.________. B.f Le 27 septembre 2005, le juge d'instruction a disjoint de la cause concernant C.________ (P/2081/2005) celle concernant A.________ (P/16764/2005) et communiqué cette dernière au Procureur général, estimant que l'instruction préparatoire était terminée. B.g Dans sa décision du 3 octobre 2005, le Procureur général a justifié le classement qu'il a ordonné "faute de prévention suffisante". Saisie d'un recours tendant au prononcé d'un non-lieu, la Chambre d'accusation cantonale a estimé que les conditions de l'octroi d'une telle mesure n'étaient pas réalisées.