Citation: 6B_210/2010 08.06.2010 E. 1

Le recourant se plaint d'une violation du principe in dubio pro reo découlant de la présomption d'innocence garantie par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 ch. 2 CEDH. Il soutient qu'une appréciation exempte d'arbitraire des éléments de preuve aurait dû conduire les juges cantonaux à admettre l'existence de doutes sérieux quant au fait qu'il est l'auteur des infractions retenues. 1.1 Tel qu'il est soulevé, le grief revient à invoquer une violation du principe in dubio pro reo comme règle de l'appréciation des preuves, donc, en définitive, à se plaindre d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. De jurisprudence constante, une décision, respectivement une appréciation, n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable. Il faut qu'elle soit manifestement insoutenable ou, autrement dit, absolument inadmissible, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4/5; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148 et les arrêts cités). Sous peine d'irrecevabilité, l'arbitraire allégué doit par ailleurs être démontré conformément aux exigences accrues de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). 1.2 Les juges cantonaux ont relevé que, le jeudi 28 mai 2009 dans l'après-midi, l'un des plaignants, A.________, alors qu'il se trouvait dans un trolleybus, avait reconnu le recourant comme étant l'auteur d'un vol de 400 fr. dont il avait été victime le 2 avril 2009 et avait alerté la police par téléphone. Lorsque cette dernière avait intercepté le trolleybus, une dizaine de minutes plus tard, le recourant en était sorti par la porte arrière et avait traversé précipitamment la chaussée, avant d'être interpellé. En outre, la plupart des plaignants, auxquels la police avait, dans un premier temps, soumis un lot de photographies, puis présenté le recourant derrière une vitre sans tain, avaient reconnu, à des degrés divers, celui-ci comme étant l'auteur de l'infraction dont ils avaient été victimes. Ainsi, sur le lot de photographies, l'une des victimes d'escroquerie et l'une des victimes de vol, celle qui avait alerté la police dans le bus, avaient identifié formellement le recourant comme étant l'auteur, cinq victimes d'escroquerie et trois victimes de vol avaient déclaré qu'il ressemblait fortement à l'auteur, trois victimes d'escroquerie et une victime de vol avaient indiqué qu'il présentait certaines ressemblances avec l'auteur. Derrière la vitre sans tain, l'une des victimes d'escroquerie avait identifié formellement le recourant et les huit autres l'avaient reconnu à des degrés divers; l'une des victimes de vol, en précisant ne pouvoir être catégorique une année après les faits, avait déclaré que la taille et l'apparence du recourant correspondaient à celles de l'auteur, une autre avait indiqué que ce dernier avait la même corpulence et la même taille et que son visage était ressemblant, une troisième avait confirmé la forte ressemblance sans pouvoir être affirmative à 100 %, une quatrième avait reconnu le recourant à 70 % car il avait la même taille, le même visage et environ le même âge que l'auteur, et la cinquième avait confirmé à 100 % qu'il s'agissait bien de l'auteur. A cela s'ajoutait que les infractions retenues avaient été commises en un même lieu, durant une même période et selon un mode opératoire identique ou similaire. 1.3 Il résulte de ce qui précède que les juges cantonaux ont forgé leur conviction sur la base d'un faisceau d'indices concordants. En pareil cas, comme le recourant le rappelle lui-même, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux pris isolément soit à lui seul insuffisant. L'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble et il n'y a pas arbitraire si l'état de fait retenu pouvait être déduit de manière soutenable du rapprochement de divers éléments ou indices. Partant, c'est en vain que le recourant s'emploie à rediscuter séparément chacun des indices pris en compte, en vue de faire admettre qu'aucun d'eux n'emporte la conviction. Cela d'autant plus qu'il ne parvient pas à démontrer de contradictions manifestes entre les déclarations des plaignants dont il se prévaut, mais ne peut guère arguer que de certaines hésitations, nuances ou divergences, inévitables plusieurs mois, voire plus d'une année, après les faits et compte tenu des circonstances dans lesquelles les infractions litigieuses ont été commises. 1.4 Sur la base du lot de photographies, deux des quatorze plaignants ont identifié formellement le recourant comme étant l'auteur, huit ont déclaré qu'il lui ressemblait fortement et les quatre autres ont indiqué qu'il présentait certaines ressemblances avec l'auteur. Derrière la vitre sans tain, l'un des plaignants a identifié formellement le recourant, huit l'ont reconnu à des degrés divers et les cinq autres ont tous fait état de ressemblances. Les quatorze infractions retenues ont toutes été commises à Neuchâtel, entre le début mai 2008 et la fin avril 2009, selon un mode opératoire identique ou similaire, presque toujours au préjudice de personnes plutôt âgées. Lorsque la police a intercepté le bus, le recourant, dont il n'est pas établi qu'il aurait eu un autre motif sérieux de le faire, a quitté le véhicule, par la porte arrière, et entrepris de s'éloigner précipitamment. Sur le vu de l'ensemble de ces éléments convergents, il n'était pas arbitraire, c'est-à-dire manifestement insoutenable, et non seulement discutable ou critiquable (cf. supra, consid. 1.1), de conclure qu'il n'existe pas de doutes sérieux et irréductibles quant au fait que le recourant est l'auteur des infractions litigieuses. Le grief est donc infondé.