Citation: 5P.363/2000 12.02.2001 E. 2

2.- Le Tribunal fédéral examine d'office et avec une pleine cognition la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 126 I 81 consid. 1 p. 83; 125 I 253 consid. 1a p. 254, 412 consid. 1a p. 414; 125 II 86 consid. 2c p. 93, 293 consid. 1a p. 299 et les arrêts cités). a) L'arrêt rendu par la Chambre des recours est une décision finale rendue en dernière instance cantonale. Formé en temps utile - compte tenu de la suspension des délais prévue à l'art. 34 al. 1 let. b OJ -, le recours est en principe recevable au regard des art. 84 ss OJ, dans la mesure où il est dirigé contre cette décision. b) Le recourant conclut en outre à l'annulation du jugement rendu par la Cour civile. En dérogation à la règle de l'art. 89 OJ, il est certes loisible au recourant d'attendre que l'autorité de recours ait rendu son arrêt pour attaquer avec ce dernier la décision de l'autorité inférieure sur les points qu'elle a elle-même définitivement tranchés (jurisprudence dite de "Dorénaz"; ATF 94 I 459 consid. 2 p. 461 ss, confirmé et précisé in ATF 111 Ia 353 consid. 1b p. 354; voir aussi ATF 126 II 377 consid. 8b p. 395 et les arrêts cités). Les griefs soulevés par le recourant à l'encontre du jugement de la Cour civile n'en sont pas moins irrecevables. En effet, en tant qu'il se plaint d'une répartition insoutenable du fardeau de la preuve (art. 8 CC), sa critique relève du recours en réforme, lequel est en l'occurrence ouvert (art. 43 al. 1, 84 al. 2 OJ). Pour le surplus, le recourant reproche à l'autorité cantonale de première instance d'avoir arbitrairement apprécié les preuves concernant l'évaluation du coût des travaux, et en particulier l'expertise ordonnée à cette fin; il soutient en outre que la constatation selon laquelle le tableau de répartition des frais envoyé à la demanderesse en août 1988 valait devis est entachée d'arbitraire. Or, dans un arrêt publié aux ATF 126 I 257, le Tribunal fédéral a posé qu'en procédure civile vaudoise, le recours en nullité est ouvert pour appréciation arbitraire des preuves, celle-ci constituant la violation d'une règle essentielle de procédure (consid. 1 p. 258 ss). Le recourant aurait donc dû soumettre ses griefs d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et la constatation des faits à la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois avant de saisir le Tribunal fédéral. En agissant directement par la voie du recours de droit public, il a dès lors violé la règle de l'épuisement préalable des instances cantonales, posée à l'art. 86 al. 1 OJ. Au demeurant, savoir si le tableau de répartition des frais envoyé à la demanderesse valait ou non devis n'est pas une question de fait, mais de droit (cf. infra consid. 4b). Dans la mesure où il tend à l'annulation du jugement de la Cour civile, le recours est dès lors entièrement irrecevable.