Citation: 4A_411/2021 E. 6.2

6.2. En invoquant que C.________ n'aurait " pas exercé de contrat de courtage pour [la venderesse] ", ne disposant pas des " connaissances nécessaires en matière immobilière suisse ", que cette société était donc un " investment manager " de la venderesse et qu'elle a représenté celle-ci dans la conclusion d'un contrat de courtage tacite avec elle, la demanderesse a fait porter la discussion sur la représentation et l'étendue du mandat conféré par la venderesse à C.________. La cour cantonale a relevé que la défenderesse avait expliqué au Tribunal civil que C.________ était sa courtière pour la vente de ses immeubles. Elle a retenu que C.________ avait été l'interlocutrice de D.________ et que c'est celui-ci qui avait informé la demanderesse que des immeubles étaient à vendre à Genève. La cour cantonale a refusé de déduire de la première lettre d'intention de l'acheteuse, adressée à C.________ le 29 septembre 2016 et contresignée par celle-ci, que C.________ aurait agi en tant que représentante de la venderesse en ce sens qu'elle aurait conclu un contrat de courtage au nom de celle-ci avec la demanderesse. La cour cantonale a estimé qu'il était normal que le nom de la venderesse ne fût pas apparu dans la première phase des négociations. La cour cantonale a également refusé de déduire de la seconde lettre d'intention du 9 janvier 2017 que C.________ aurait manifesté agir au nom de la venderesse pour conclure un contrat de courtage entre celle-ci et la demanderesse. Dès octobre 2016, la demanderesse savait quelle était la propriétaire des immeubles puisqu'elle a reconnu avoir consulté les extraits du registre foncier. Pourtant, durant les dix mois de négociations, la demanderesse n'a jamais contacté la réelle propriétaire, ni pour clarifier la position de C.________, ni pour s'assurer pour elle-même un contrat de courtage. Enfin, comme la demanderesse reconnaissait elle-même qu'elle ignorait la relation exacte entre C.________ et la venderesse, la cour cantonale a considéré que la demanderesse ne pouvait en déduire de façon générale que celle-là agissait forcément comme représentante de la venderesse, autrement dit qu'elle pouvait l'engager pour n'importe quel acte juridique, comme celui consistant à conclure un contrat de courtage entre la venderesse et elle. La cour cantonale a donc retenu qu'il n'était pas prouvé que C.________ aurait manifesté la volonté de conclure au nom de la venderesse un contrat de courtage avec la demanderesse. Elle a ensuite réfuté l'argument de la demanderesse, qui soutenait que C.________ avait été contrainte de la mandater parce qu'elle n'aurait pas eu les connaissances nécessaires en matière immobilière suisse. En effet, elle a constaté que cette absence de connaissances n'était pas prouvée. En définitive, la cour cantonale a été convaincue que la demanderesse, pressentant une bonne affaire et une possibilité de gain importante, avait effectivement déployé une activité en vue de la vente des immeubles, mais qu'elle ne s'était pas assurée que la venderesse entendait bien la mandater comme courtière, que ce soit directement ou par l'intermédiaire de C.________. La demanderesse n'a pas fait preuve d'un minimum de rigueur et tente, en vain, de convaincre de l'existence d'un contrat de courtage avec la venderesse par des constructions juridiques complexes.