Citation: 4A_445/2021 E. 5.5

5.5. Le recourant invoque que l'action en responsabilité litigieuse n'avait jamais eu aucune chance d'aboutir et procédait d'une analyse juridique erronée. Il conteste un à un les cinq arguments de la cour cantonale. Premièrement, les précisions apportées par la cour cantonale au sujet de l'initiative et de l'utilisation de l'avis de droit du 12 janvier 2009 seraient superflues, dans la mesure où seul importerait le fait que ledit avis avait été établi par l'intimé en sa qualité de mandataire. Deuxièmement, il serait faux de retenir que l'action en responsabilité délictuelle serait en principe admise par la jurisprudence, une telle responsabilité constituant selon lui une exception extrêmement marginale qui ne saurait être envisagée que lorsque le plaideur adopte clairement un comportement immoral, intentionnel ou de négligence grave au sens de l'art. 41 CO et sait ou devait savoir que sa position était indéfendable. Or, la position de D.________ n'avait clairement pas été indéfendable, dans la mesure où elle avait été instituée héritière par la défunte. Il ne pourrait par ailleurs rien être déduit de son opposition à la participation à une séance de négociation, celle-ci n'ayant été possible que plus de trois ans après le dépôt de l'action en annulation. Troisièmement, à supposer que D.________ eût douté de la pertinence de son argument quant à l'incapacité de discernement de la défunte, elle n'aurait manifestement pas commis un acte illicite dès lors que sa position était largement défendable. Il serait par ailleurs possible de s'appuyer sur le jugement du Tribunal civil, qui démontrerait l'existence de doutes quant à la capacité de discernement de la défunte. Quatrièmement, le fait que la défunte avait désigné le seul recourant comme héritier de l'appartement litigieux ne permettrait aucunement d'excuser la violation du devoir de diligence commise par l'intimé, dès lors que celui-ci réclamait au nom et pour le compte de son client les montants des loyers dudit appartement, lesquels étaient dus à la succession. Cinquièmement, c'était l'intimé qui aurait convaincu le recourant d'interjeter appel, dans la mesure où il aurait ouvertement remis en question l'appréciation du tribunal et où il aurait indiqué: " nous devons déposer un appel ". Il serait donc erroné de considérer que la causalité naturelle eût été dépassée. L'intimé, en n'établissant pas le montant du dommage du recourant et en ne s'interrogeant même pas sur les questions de légitimation, aurait manifestement violé son devoir de diligence.