Citation: U 410/01 22.11.2002 E. 1

2.3 Examinant ensuite les critères jurisprudentiels permettant de qualifier d'adéquat le rapport de causalité entre des troubles psychiques et un accident de gravité moyenne, les premiers juges ont retenu, en substance, que l'accident du 22 août 1995, bien qu'inhabituel, n'apparaissait pas dramatique ou particulièrement impressionnant, que la lésion physique subie (fracture-tassement du mur antérieur de la troisième vertèbre lombaire sans trouble neurologique), bien que d'une certaine gravité, n'était pas de nature à entraîner habituellement des troubles psychiques et n'avait nécessité qu'une hospitalisation de huit jours. Le traitement médical, sans particularité ni complication, et conduit selon les règles de l'art, n'a pas eu une durée anormalement longue et, rapidement, les plaintes de l'assuré se sont révélées difficilement objectivables, les troubles psychiques, qui ont prolongé son incapacité de travail, devenant prédominant. Les premiers juges ont, pour ces motifs, nié l'existence d'un rapport de causalité adéquate en l'espèce. 2.4 A titre de comparaison, la seule circonstance, mise en évidence par le recourant, qu'il se serait senti menacé d'être écrasé par l'engin de chantier après en avoir été éjecté, ne confère pas à l'accident le caractère impressionnant reconnu, par exemple, dans le cas d'un ouvrier tombé devant un rouleau compresseur dont la progression s'est poursuivie, écrasant ses jambes, jusqu'à la hauteur du ventre, ses efforts désespérés pour se dégager demeurant vains (arrêt non publié L. du 20 novembre 1989 [U 84/86]; le cas d'espèce s'apparente en effet plutôt, sous cet angle, à celui d'un conducteur de camionette, victime d'une fracture par tassement du mur antérieur de la onzième vertèbre dorsale après que son véhicule eut fait des tonneaux, et pour lequel les caractères dramatique ou impressionnant de l'accident ont été niés (arrêt non publié M. du 21 décembre 1998 [U 157/98]). L'on peut certes admettre, contrairement à l'avis des premiers juges, que le critère des douleurs physiques persistantes paraît être donné en l'occurrence; selon les constatations du docteur C.________, en effet, l'assuré présente, ensuite de la fracture-tassement avec déformation cunéiforme d'une vertèbre, des douleurs permanentes même au repos (rapport d'estimation de l'atteinte à l'intégrité, du 4 mai 1999). Cette circonstance, qui doit cependant être relativisée dans la mesure où un élément superfétatoire aggravant artificiellement le tableau des lombosciatalgies droites est clairement mis en évidence par les constatations du docteur I.________, spécialiste FMH en neurologie (rapport du 9 mars 1999), ne permet toutefois pas à elle seule de qualifier d'adéquate la causalité en l'espèce. Pour le surplus, le recourant n'allègue aucun élément concret susceptible de remettre en cause l'appréciation des premiers juges quant aux autres critères jurisprudentiels. A cet égard, le recourant ne peut, en particulier, rien déduire en sa faveur de la durée de son hospitalisation au service de traumatologie K.________, qui n'a guère excédé une semaine. Il convient, par ailleurs, de relever qu'à l'issue du séjour à la Clinique Z.________, soit une année environ après l'accident, plus aucune mesure thérapeutique, même sous forme de physiothérapie, n'était indiquée (rapport du 16 septembre 1996). Les interventions médicales subséquentes, soit en particulier les consultations neurologiques, n'ont eu, pour l'essentiel, sur le plan physique, qu'un caractère investigatif (rapports du docteur I.________, des 30 octobre 1996 et 29 juillet 1997). Les pièces médicales figurant au dossier ne permettent pas non plus d'établir que d'autre mesures médicales liées aux conséquences physiques de l'accident, notamment en raison de difficultés ou de complications importantes apparues en cours de guérison, auraient anormalement prolongé la durée du traitement ou encore que ce dernier aurait entraîné, par suite d'erreur, une aggravation notable des séquelles de l'accident. Enfin, le recourant a démontré une capacité de travail à plein temps, dans une activité adaptée au sein de l'entreprise J.________ SA du 2 septembre au 20 décembre 1996, soit une année environ après l'accident. En l'absence de tout indice d'une aggravation postérieure de son état de santé physique, il faut retenir que son inactivité subséquente peut, tout au plus, être rapportée aux troubles psychiques dont il est affecté. 2.5 Il résulte de ce qui précède que l'on ne saurait faire grief aux premiers juges d'avoir nié que les troubles psychiques du recourant fussent en relation de causalité adéquate avec l'accident du 22 août 1995. Le recours doit, en conséquence être rejeté, sans qu'il soit nécessaire, pour le surplus, d'examiner l'argumentation développée par le recourant à propos de la causalité naturelle.