Citation: 5D_90/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, l'ARMC a considéré en substance que le premier juge avait violé le droit d'être entendu du débiteur poursuivi en omettant de transmettre à ce dernier, avant de statuer, les observations du créancier du 29 septembre 2020, le privant ainsi de la possibilité de se déterminer. Elle a cependant retenu que le débiteur poursuivi ne pouvait se prévaloir de la violation de cette garantie (s'agissant du principe de l'égalité des armes, par identité de motifs), car il avait lui-même créé le contexte dans lequel son droit avait été violé. Il savait en effet que l'audience se tiendrait le 30 septembre 2020, que les débats sur les requêtes auraient lieu oralement, qu'il avait envoyé ses déterminations au Tribunal civil par courrier du 28 septembre 2020 (deux jours avant l'audience) et qu'ainsi, si le créancier poursuivant répondait le 29 septembre 2020, le premier juge aurait dû soit juger la cause en l'absence des parties, dès lors qu'il ne pouvait plus demander au débiteur poursuivi une détermination, soit repousser l'audience. Il fallait encore relever que, le 30 septembre au matin, alors que le début de la séance était prévu à 10h05, il avait par ailleurs reçu du Tribunal civil les observations du créancier poursuivant. Dans ce contexte particulier, il aurait dû se rendre à l'audience puisqu'il devait s'attendre, comme mentionné ci-avant, à une détermination rapide du créancier poursuivant sur ses observations du 28 septembre 2020. Si lui-même - ou son mandataire - s'y était présenté, il aurait eu l'occasion de protester contre les observations du 29 septembre 2020 du créancier poursuivant avant que la décision du 16 novembre 2020 ne soit rendue. Par son comportement, il avait provoqué la situation dans laquelle il s'était retrouvé, et ce, de manière dolosive, ce qui était constitutif d'un abus de droit.