Citation: 7B.40/2000 15.02.2000 E. 3

3.- Les divers griefs soulevés par la recourante à l'encontre de la décision attaquée ne résistent pas à l'examen. a) Contrairement à ce que la recourante soutient en se prévalant de violation de l'art. 136 LP, l'autorité cantonale n'a pas méconnu, ni mal appliqué la jurisprudence selon laquelle la remise d'un chèque vaut paiement comptant si l'office peut vérifier aussitôt que la provision est suffisante et que le montant est payé le même jour (ATF 91 III 66 consid. 1b p. 68; Gilliéron, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 3e éd., Lausanne 1993, p. 233). Selon les constatations de l'arrêt attaqué, la recourante n'a pas été en mesure d'établir immédiatement l'approvisionnement de son compte, puisqu'elle a dû d'abord inviter deux banques à lui confirmer - par télécopie - qu'elle disposait d'un montant suffisant. Le préposé aux enchères n'a donc pas été en mesure de vérifier aussitôt que la provision sur le compte du signataire du chèque était suffisante. b) La recourante ne démontre pas en quoi consisteraient la violation de l'art. 52 ORFI et l'excès du pouvoir d'appréciation qu'elle invoque dans ce contexte. Contrairement à ce qu'elle affirme, le préposé aux enchères n'a nullement modifié indûment le ch. 10 let. c des conditions de vente. Cette disposition prévoyait le paiement de deux fois le montant de 339'000 fr.; or il est constant que cette condition a été respectée, certes en deux temps, mais sans interruption de la séance d'enchères. c) A ce propos, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir violé les art. 60 al. 2 et 61 al. 1 ORFI, et commis un excès du pouvoir d'appréciation, en retenant que le préposé était en droit de déroger à la procédure d'adjudication et de suspendre la séance d'enchères. Il faut relever que la recourante ne s'est pas opposée sur-le-champ à la procédure adoptée lors de la séance d'enchères, qu'elle s'y est donc soumise et qu'elle est par conséquent mal venue de la critiquer après coup, parce que son issue ne lui a finalement pas été favorable. De toute façon, rien dans les dispositions invoquées n'interdisait de procéder comme il a été fait en l'espèce. Le texte même de l'art. 60 al. 2 ORFI autorise une certaine marge d'appréciation en n'exigeant pas la simultanéité parfaite du paiement avec l'adjudication, mais en prévoyant seulement que l'immeuble ne sera adjugé qu'"après que le paiement ou les sûretés auront été fournis ("nur nach deren Leistung"/"solo dopo queste prestazioni"). Quant au déroulement sans interruption des enchères (art. 61 al. 1 ORFI), l'autorité cantonale considère à bon droit que s'il a été jugé qu'un refus de suspendre la séance d'enchères pour permettre à un acquéreur potentiel d'aller chercher de l'argent à la banque ne constitue pas une violation de l'art. 129 al. 1 LP (ATF 100 III 16), cela ne signifie pas encore une interdiction de procéder à une telle suspension. Au demeurant, il est constant que le préposé se trouvait face à deux acquéreurs potentiels disposant de fonds en suffisance et étant en mesure de procéder à un paiement immédiat. Dans ces circonstances, l'autorité cantonale de surveillance n'a pas entériné ou commis elle-même un abus du pouvoir d'appréciation en confirmant la décision du préposé d'adjuger l'immeuble au dernier enchérisseur, adjudication qui permettait de surcroît d'obtenir le meilleur prix possible conformément à l'exigence posée par l'art. 134 al. 1 LP. d) Quant au grief de violation de l'art. 60 ORFI soulevé en relation avec le considérant 5 par. 2 de la décision attaquée, il porte sur un motif subsidiaire, avancé par surabondance. Il n'y a donc pas lieu de s'y arrêter.