Citation: 5P.333/2001 11.12.2001 E. 3

3.- a) Par contrat du 11 décembre 1999, l'intimé a vendu à la recourante une halle de tennis gonflable pour le prix de 80'000 fr., dont 13'000 fr. avaient été déjà payés au moment de la signature; le solde (67'000 fr.) devait être acquitté "par acomptes au fur et à mesure de l'encaissement des parts, dons, subventions [...], mais au plus tard au 30 avril 2004". Le 26 décembre 1999, la halle a été entièrement détruite par l'ouragan "Lothar" et n'a pas été remplacée. Au cours de l'année 2000, la recourante a opéré deux versements, en sorte que le solde s'élève à 40'408 fr.85, somme qui fait l'objet de la présente poursuite. L'autorité inférieure a tout d'abord considéré que la dissolution de la société poursuivie, votée à l'unanimité des membres présents le 31 mai 2001, avait eu pour effet de rendre exigible à cette date la créance (résiduelle) de l'intimé. Une telle décision a mis un terme aux démarches visant à encaisser les "parts, dons et subventions", lesquelles ne revêtaient un sens que dans la perspective de la réalisation du but statutaire, c'est-à-dire la pratique du tennis pendant la saison d'hiver dans une halle du type de celle qui a été vendue. b) La question est controversée de savoir si, pour justifier la mainlevée provisoire de l'opposition, la créance doit être exigible à la date du dépôt de la réquisition de poursuite ou bien à celle de la notification du commandement de payer (à ce sujet: D. Staehelin, in: Kommentar zum SchKG, vol. I, N. 77 ad art. 82 LP et les nombreuses citations). Ce point peut rester indécis en l'espèce, car en toute hypothèse la date retenue par les magistrats d'appel - à savoir le 31 mai 2001 - est postérieure tant à la première (8 janvier 2001 au plus tard) qu'à la seconde (11 janvier 2001). La décision attaquée ne fournit pas d'autres éléments qui permettraient, par substitution de motifs (ATF 122 I 257 consid. 5 p. 262 et les arrêts cités), de la soustraire au reproche d'arbitraire: on ne peut rien déduire, en particulier, du procès-verbal de l'assemblée générale du 24 octobre 2000, qui se rapporte au principe de la dette, ni même de l'inscription de celle-ci au bilan de la société poursuivie (D. Staehelin, ibidem, N. 71; Panchaud/Caprez, Die Rechtsöffnung, 2e éd., § 1 n° 18).