Citation: 7B_747/2023 E. 2.6.2

2.6.2. Le recourant s'en prend à l'appréciation des preuves et à l'établissement des faits par la cour cantonale s'agissant du caractère crédible des déclarations de l'intimée 1. Pour l'essentiel, l'argumentation proposée repose toutefois sur une vaste rediscussion des mêmes éléments appréciés par la cour cantonale, auxquels le recourant oppose sa propre lecture. Elle est essentiellement appellatoire et, partant, irrecevable dans le recours en matière pénale (art. 106 al. 2 LTF). Il en va en particulier ainsi lorsque le recourant soutient que la cour cantonale aurait omis, respectivement n'aurait pas pris en compte le comportement et les réactions "contradictoires" de l'intimée 1 lors de l'épisode de la douche, les déclarations "fluctuantes" de cette dernière quant au moment à partir duquel elle se serait douchée seule, les "imprécisions" et les "lacunes" du récit de l'intimée 1 au sujet de la fréquence des actes dénoncés ainsi que des lieux dans lesquels ils se seraient produits. Quoi qu'il en soit, il n'était pas insoutenable de retenir que lors des actes d'ordre sexuel décrits par l'intimée 1, celle-ci avait pu pleurer et se sentir effrayée, puis entrer dans le déni et chercher à leur donner un sens acceptable, en pensant qu'il pouvait s'agir d'une façon pour le recourant de lui témoigner son affection. Le recourant oublie que lors d'événements traumatisants, comme ceux relatés par l'intimée 1, il n'est pas rare que les victimes se retrouvent dans un état de choc et de sidération entraînant des efforts de refoulement, respectivement de déni (ATF 147 IV 409 consid. 5.4.1); cela vaut d'autant plus lorsque les actes en question émanent d'un adulte censé veiller sur la victime et lui prodiguer affection et sécurité. Il n'était pas non plus insoutenable de considérer que les déclarations de l'intimée 1 au sujet des actes d'ordre sexuel dans la douche n'étaient pas véritablement contradictoires. Premièrement, dès lors que le recourant n'était - selon ses propres déclarations et celles de l'intimée 2 - plus censé doucher l'enfant à partir de ses cinq ans et demi [à la fin 2007], il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'elle déclare avoir été surprise de le voir entrer dans la salle de bain lors des premiers actes d'ordre sexuel (qui auraient eu lieu entre 2009 et 2010). Deuxièmement, au vu du fait que l'intimée 1 n'avait plus besoin du recourant pour se laver durant la période pénale, les déclarations de cette dernière - selon lesquelles il lui avait donné des douches jusqu'en janvier 2010 et ne lui lavait que le sexe - n'étaient pas non plus surprenantes. À tout le moins, et quoi qu'en disent le recourant, la motivation de la cour cantonale sur ces points n'apparaît ni insuffisante ni insoutenable. En outre, le recourant se méprend lorsqu'il soutient que les premiers juges auraient perçu les déclarations de la victime quant à l'épisode de la douche comme un élément défavorable à la crédibilité de cette dernière. Bien au contraire, ceux-ci ont relevé que le recourant avait admis avoir lavé les parties intimes de l'enfant alors qu'il n'était plus censé la doucher, excluant ainsi qu'il ait pu s'agir d'un acte d'hygiène (cf. p. 28 du jugement du Tribunal correctionnel). Enfin, la cour cantonale n'a pas ignoré que l'intimée 1 n'avait pas pu chiffrer le nombre d'occurrences des actes d'ordre sexuel et qu'elle n'avait pu décrire que deux épisodes. Par ailleurs, la cour cantonale a tenu compte du fait que l'intimée 1 avait - à une reprise et sans autre détail - désigné de manière "erronée" sa chambre à coucher comme lieu où des actes d'ordre sexuel s'étaient produits. Or il ne faut pas oublier que, selon les connaissances scientifiques, les événements traumatiques sont traités différemment des événements quotidiens; des distorsions de la mémoire et des pertes de mémoire peuvent ainsi survenir, notamment en raison d'une tendance au refoulement (arrêt 6B_257/2020 du 24 juin 2021 consid. 5.4.2 et les références citées). Aussi n'y avait-il rien d'insoutenable à considérer que les quelques contradictions et lacunes dans le récit de l'intimée 1 n'étaient pas surprenantes, ce d'autant plus que les faits auraient eu lieu - à de nombreuses reprises - lorsque celle-ci n'était âgée que de sept ou huit ans. Partant, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en considérant que les éléments mis en exergue par le recourant n'étaient pas de nature à entamer la forte crédibilité de l'intimée 1.