Citation: 8C_757/2023 E. 11.1

11.1. Vu ce qui précède, la juridiction cantonale a basé sa décision uniquement sur les avis très brefs des médecins conseils de l'intimée, qui ne sont par ailleurs pas spécialisés dans les pathologies pulmonaires. Ces avis sont fermement contredits par les appréciations circonstanciées des spécialistes et experts réputés dans ce domaine, émises après avoir examiné le recourant, ainsi que par des analyses médicales. En outre, la cour cantonale a établi le parcours professionnel du recourant en Suisse ainsi qu'une éventuelle exposition professionnelle à l'amiante de manière incomplète, en omettant de tenir compte de certaines activités et indices parlant en faveur d'une telle exposition ou en les écartant sans motifs pertinents. Contrairement à ce que prétend le recourant, on ne peut pas constater, en l'état de l'instruction, qu'il avait été exposé à l'amiante durant sa carrière professionnelle en Suisse. On ne peut toutefois pas davantage le nier. L'instruction étant manifestement insuffisante compte tenu des éléments contradictoires au dossier, il appartiendra à l'intimée de reprendre de manière plus détaillée l'anamnèse professionnelle du recourant, en particulier auprès des entreprises concernées, et en entendant si nécessaire des témoins (autres employés, par exemple). Le point de savoir si d'autres collègues du recourant auprès de certains employeurs ont également présenté des problèmes pulmonaires potentiellement en lien avec leur activité professionnelle, notamment une asbestose, devra également être vérifié. Par ailleurs, face aux avis médicaux contradictoires (cf. consid. 9 supra), une expertise médicale est nécessaire en vue de préciser le diagnostic et de déterminer si l'atteinte pulmonaire dont souffre le recourant est causée ou non par l'amiante.