Citation: 1B_21/2008 11.04.2008 E. 2

Le recourant estime que le Juge d'instruction aurait gravement violé son droit d'être entendu en prononçant tardivement la mise en prévention, ce qui l'aurait privé des droits de partie garantis à l'art. 42 CPP/FR. Le Juge d'instruction avait en mains, dès le mois de février 2006, le rapport de la commission d'enquête et connaissait par conséquent la nature du problème et l'identité des personnes éventuellement impliquées. Ce défaut de mise en prévention aurait permis d'instruire durant 18 mois sans respecter les droits de la défense. L'avis du 23 juillet 2007, l'accès tardif au dossier, la diffusion du communiqué de presse malgré l'opposition des prévenus, seraient des indices supplémentaires de la prévention dont le magistrat ferait preuve à leur égard. S'agissant des déclarations faites à la presse, le Juge d'instruction, après avoir diffusé un communiqué écrit, aurait donné de nombreuses interviews en commentant et amplifiant les informations, violant ainsi l'art. 72 al. 2 CPP/FR. Le but du communiqué de presse étant d'exculper publiquement l'une des personnes mises en cause, Dominique de Buman, dans la perspective des élections fédérales auxquelles il se présentait, il suffisait de se limiter à cette seule information. Le Juge d'instruction avait aussi précisé, dans sa lettre du 23 juillet 2007, qu'une nouvelle audition des prévenus n'était "pas nécessaire", donnant ainsi l'impression qu'il estimait avoir achevé son enquête et acquis une conviction de culpabilité.