Citation: 4C.45/2003 28.04.2003 E. A

A.a L'hoirie X .________, propriétaire d'un immeuble à R.________, a remis à bail aux époux A.________ les locaux du café-restaurant de Y.________, avec ses dépendances. Selon le contrat de bail du 7 janvier 1994, conclu pour la durée du 1er février 1994 au 30 juin 1999, le loyer mensuel, incluant les frais de chauffage et d'eau chaude, s'élevait à 2'000 fr. du 1er février au 30 avril 1994, 3'000 fr. du 1er mai au 31 décembre 1994 et 3'700 fr. dès le 1er janvier 1995. Selon l'art. 6 du bail (art. 64 al. 2 OJ), le propriétaire s'engageait à remettre "le mobilier figurant dans l'inventaire dans un état permettant l'usage et l'exploitation prévus contractuellement". D'après l'art. 15b du même contrat, le propriétaire "ne garantit pas la longévité des installations (...) et du mobilier mentionnés sous chiffre 15; le locataire déclare les connaître et les reprendre dans leur état actuel". L'art. 15c précisait que "le loyer étant fixé en conséquence de l'état des machines et du mobilier", le remplacement des machines et éventuellement du mobilier serait assumé par le locataire lorsque le coût par objet est inférieur à 5'000 fr. et par le propriétaire si l'objet a un coût supérieur, mais avec possibilité pour celui-ci de répercuter le 11 % de l'investissement annuel sur le loyer, moyennant préavis d'un mois et usage de la formule officielle. Les époux A.________ ont investi environ 40'000 fr. pour l'acquisition de matériel d'exploitation. Après quelques mois de gestion, ils ont constaté que le mobilier mis à leur disposition par le bailleur était de piètre qualité et ne leur permettait pas d'assurer la marche des affaires. Ils ont rapidement accusé du retard dans l'acquittement de leur loyer. A.b Le 13 novembre 1995, les bailleurs, assistés de la gérante de l'immeuble, et les locataires, accompagnés par le représentant de leur fiduciaire, ont passé un accord au terme duquel, "afin de compenser le mobilier défectueux et qui n'a pas pu être repris par M. et Mme A.________, un abaissement de 550 fr. par mois (était) consenti sur le loyer mentionné dans le contrat de bail, à partir du 1er janvier 1995". L'accord prévoyait aussi que chaque partie s'emploierait à trouver un nouveau tenancier; les locataires s'engageaient plus particulièrement à rechercher "activement un remplaçant aux mêmes conditions que les leurs" et à quitter les lieux dès qu'un remplaçant serait trouvé. L'arriéré de loyers, qui s'élevait à 12'150 fr. au 30 novembre 1995, devait être comblé par des paiements mensuels de 4'685 fr. à partir de cette date. Le solde serait payé par cession du montant qu'un repreneur pourrait être amené à verser aux locataires. Ceux-ci, conformément à l'accord précité, ont présenté un remplaçant en la personne de D .________, moyennant l'obtention du bail par ce dernier. La négociation a cependant échoué parce que les bailleurs considéraient que le contrat devait être repris aux conditions fixées le 7 janvier 1994, soit avec un loyer mensuel de 3'700 fr., charges comprises, alors que les époux A.________ estimaient que leur successeur devait bénéficier du loyer réduit le 13 novembre 1995 à 3'150 fr. par mois. D .________ a renoncé, au motif que sa banque n'était disposée à lui octroyer un crédit que si le loyer était de 3'150 fr. par mois. En été 1996, un autre amateur s'est présenté, qui n'a pas obtenu le financement nécessaire. Enfin, H.________ a repris l'exploitation du café-restaurant depuis le 1er octobre 1997, après avoir acheté le mobilier et le matériel du couple A.________.