Citation: 5A_844/2014 E. 5

Vu l'absence d'enfant commun ainsi que la durée de la vie commune, laquelle a pris fin après huit ans, seule la possibilité d'un éventuel déracinement culturel peut en l'espèce être envisagée pour déterminer si le mariage a eu une influence concrète sur la situation de la recourante. Cette dernière fait à cet égard valoir à juste titre qu'elle vivait au Canada lors de sa rencontre avec l'intimé et semble avoir quitté son pays d'origine dans la seule perspective de son mariage avec celui-ci. Il apparaît cependant que la recourante est repartie librement au Canada dès sa séparation d'avec son conjoint et a pu facilement se réintégrer dans ce pays puisqu'elle a été en mesure de retrouver un emploi auprès de son ancien employeur dès son retour en juin 2009. Dans ces circonstances, on ne saurait admettre que le mariage a en l'espèce eu une influence suffisante sur la vie de la recourante pour que les conditions d'un déracinement culturel soient considérées comme remplies. Dans la mesure où le mariage n'a pas eu une influence concrète sur la situation financière de la recourante, celle-ci doit en principe être replacée dans la situation qui était la sienne avant le mariage. En l'occurrence, elle a rapidement pu retrouver un emploi auprès de son ancien employeur. Il est vrai que, compte tenu de son absence de plusieurs années, elle n'a pas été en mesure de retrouver un poste avec un salaire équivalent à celui qu'elle percevait précédemment, ce qui aurait pu justifier le versement d'une contribution d'entretien. Il apparaît cependant qu'une fois rentrée au Canada en juin 2009, la recourante a subvenu de manière autonome à ses besoins et n'a requis pour la première fois une contribution d'entretien qu'en novembre 2011, à savoir près de deux ans et demi après la séparation. On peut dès lors effectivement considérer qu'elle a été en mesure de subvenir seule à ses besoins durant cette période. L'argument que la recourante entend tirer du retrait de son avoir LPP est du reste irrecevable dans la mesure où il n'a pas été soulevé devant l'instance précédente et ne satisfait par conséquent pas au principe de l'épuisement des griefs (cf. supra consid. 2.3). Compte tenu de ce qui précède, il apparaît que la cour cantonale n'a pas violé l'art. 125 CC en refusant d'allouer une contribution d'entretien à la recourante dès lors que le mariage n'a pas eu d'influence concrète sur sa situation. Ce constat scelle le sort du recours sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres griefs de la recourante.