Citation: 2C_899/2017 E. 4.3.2

4.3.2. En l'occurrence, c'est à juste titre que l'autorité précédente a considéré que des arguments d'intérêt public importants plaidaient en faveur de l'éloignement de Suisse du recourant. Le fait est que ce dernier a été condamné en dernier lieu à une peine privative de liberté de vingt-quatre mois pour viols, contraintes sexuelles et commission en commun en 2016. En 2013, deux mois seulement avant de se marier avec la recourante, il s'est en effet introduit avec un copain dans la chambre de son amie et a violé cette dernière avec brutalité à plusieurs reprises. Comme l'a relevé l'instance précédente, de tels actes portent une atteinte très grave aux valeurs fondamentales de l'ordre juridique helvétique. Commis par le recourant à l'âge de 28 ans, alors que celui-ci était père d'une fille d'une dizaine d'années, ils ne peuvent évidemment pas être qualifiés de simple " erreur de jeunesse ". À cela s'ajoute que cette infraction contre l'intégrité sexuelle a été perpétrée alors même que le SPoMi avait déjà menacé le recourant de révoquer son autorisation d'établissement en cas de récidive. Depuis son arrivée en Suisse, le recourant n'a en fait cessé d'occuper la justice pénale en raison d'infractions parfois très graves, non seulement en tant que mineur, mais surtout depuis son entrée à l'âge adulte. On comprend mal que l'intéressé tente de minimiser ses fautes en invoquant une responsabilité pénale limitée, due à divers troubles psychiques, ainsi que le lien qu'il avait avec la victime du viol qu'il a commis. À l'instar de l'instance précédente, on ne voit pas en quoi ces éléments seraient déterminants pour apprécier à la baisse la dangerosité du recourant et conduire à un pronostic favorable quant à son comportement futur (cf. arrêt 2C_974/2015 du 5 avril 2016 consid. 3.3). Bien au contraire, ils semblent mettre en lumière une tendance du recourant à minimiser la gravité des actes qu'il a commis. Au vu de ce qui précède, le recourant ne saurait simplement se prévaloir d'un bon comportement durant six ans (entre 2007 et 2013), ni d'ailleurs d'un éventuel repentir ou d'une éventuelle prise de conscience de ses actes. Le fait est qu'il a persévéré dans la délinquance en commettant, en 2013, un crime encore plus grave que les précédents et que l'on ne saurait tirer des conclusions déterminantes de l'attitude du recourant afin d'évaluer sa dangerosité, compte tenu du contrôle étroit des autorités pénales sur lui et du risque de révocation du sursis qui assortit le reste de la peine prononcée (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128; arrêt 2C_27/2017 du 7 septembre 2017 consid. 4.4). Il convient à cet égard de relever, comme le souligne l'arrêt attaqué, que la prétendue volonté du recourant de modifier son comportement s'est uniquement manifestée dans le cadre de la poursuite de son séjour en Suisse.