Citation: U 11/03 28.11.2003 E. 4

4.1 Se fondant sur la table 8 concernant l'atteinte à l'intégrité pour les complications psychiques de lésions cérébrales, le docteur A.________ a estimé que les troubles neuropsychologiques et comportementaux présentés par l'assuré correspondaient à la description de l'atteinte moyenne figurant au chiffre 3.4 de ladite table («nette diminution des performances d'une ou de plusieurs fonctions cognitives» et «nette altération de la personnalité»), ce qui porte le taux de l'indemnité pour atteinte à l'intégrité à 50 %. 4.2 On ne voit pas de motif sérieux de s'écarter de l'estimation du médecin de la CNA. Pour rendre ses conclusions, le docteur A.________ s'est basé sur les résultats de deux comptes-rendus d'examens neuropsychologiques, l'un effectué par le service médical de la Clinique de B.________ durant le stage de rééducation de l'assuré, l'autre par le neuropsychologue R.________ de l'Hôpital Y.________ dans le cadre d'une requête de mise sous curatelle. Du premier rapport (du 17 décembre 1997), il ressort que S.________ souffre, à côté d'un analphabétisme préexistant, d'une réduction nette de ses capacités d'apprentissage du langage et de mémorisation («deutlich eingeschränkte sprachliche Lernfähigkeit; «eingeschränkte sprachliche Frischgedächtnis»), ainsi que d'une diminution marquée de l'attention («ausgeprägten Schwankungen der Aufmerksamkeit») mais pas de déficit moteur; tout bien considéré, ses troubles cognitifs ont été évalués comme étant de gravité «moyenne» («die Befunde weisen auf eine Mittelschwere Störung hin»). Quant à R.________, il a fait état de troubles exécutifs modérés, ainsi que d'un sévère déficit mnésique dans les deux modalités, tout en soulignant que la dyscalculie également observée chez S.________ provenait plutôt d'un manque de connaissances au préalable (rapport du 7 septembre 1999). Or, ces constatations, si elles indiquent assurément l'existence de troubles importants de certaines des fonctions cognitives de l'assuré, demeurent cependant encore assez éloignées des symptômes caractéristiques d'une «atteinte grave» qui, elle, se manifeste par une «perturbation sévère de presque toutes les fonctions cognitives (sévères troubles de l'attention, sévères troubles du langage ou sévères troubles des fonctions exécutives» (chiffre 3.5. de la table 8). Il ne justifie pas, partant, d'augmenter le taux de l'indemnité pour atteinte à l'intégrité à 70 %, voire à 80 %, comme le voudrait le recourant. Sur ce point, le certificat médical qu'il a produit en cours de procédure cantonale ne lui est d'aucun secours dans la mesure où il ne fait que rappeler l'apparition de problèmes comportementaux déjà pris en compte dans les suites psychiques d'une atteinte moyenne. Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.