Citation: 5A_809/2023 E. 4.2.4

4.2.4. La recourante fait en outre valoir qu'en relevant qu'elle devait prendre la mesure de la charge d'un enfant à plein temps sous sa responsabilité afin d'éviter qu'elle ne se trouve dépassée, comme cela fut le cas avant le placement de l'enfant, la cour cantonale oubliait qu'avant le placement, le diagnostic de TSA n'était pas posé et que c'était surtout ce trouble qui avait conduit au placement. La situation était désormais tout autre puisqu'elle s'était " énormément formée dans le domaine de l'autisme " et était soutenue depuis plus d'un an, de sorte qu'elle ne serait plus dépassée par le comportement de son fils. Dès lors, rien ne justifiait d'attendre des mois avant de permettre à elle et à son fils de vivre ensemble. Il ne faisait " aucun doute " qu'elle était capable de s'occuper convenablement de son fils au quotidien et d'être à l'écoute de ses besoins, comme cela avait été constaté dans plusieurs documents, à savoir dans le rapport de l'OPE d'automne 2021, le rapport de la directrice de l'association O.________, le rapport d'expertise lui-même et les observations de la Dresse F.________ de décembre 2022 et de l'été 2023, que la cour cantonale avait totalement mis de côté sans en expliquer les raisons. La recourante ajoute que subordonner le retour à domicile de l'enfant à l'examen de sa stabilité afin que le développement et la sécurité de l'enfant soient assurés était sujet à interrogation, dès lors qu'il ne semblait pas que la notion de " stabilité " ait été développée par les expertes. En l'état, cette condition paraissait remplie puisque son état psychique ne posait pas de problème particulier, comme le montrait le certificat médical établi par le Dr P.________, et qu'elle disposait d'un suivi de soutien parental et d'un suivi psychologique. Rien ne permettait aujourd'hui au tribunal de remettre en question sa stabilité, compte tenu de son état psychique actuel et de son suivi, ou de penser que le développement de l'enfant serait en danger. Une telle critique s'épuise en des considérations péremptoires selon lesquelles la recourante ne serait plus dépassée, serait à l'écoute de son fils et serait en mesure de s'en occuper quotidiennement. Cet avis n'est étayé par aucun élément probant. L'arrêt entrepris ne fait pas état de tels constats dans les rapports que la recourante cite sans soulever des griefs d'arbitraire correspondants (art. 105 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.2), le rapport de la directrice de l'association O.________ n'étant même pas mentionné dans l'arrêt querellé. Ces rapports étant antérieurs au diagnostic de TSA léger de la mère et à la mise en place de son suivi thérapeutique, ils ne permettraient de toute manière pas de conclure que, grâce à son suivi, la recourante peut désormais s'occuper de son fils au quotidien. Pareil constat ne résulte pas non plus des documents de " décembre 2022" et de l" été 2023" de la Dresse F.________, cette médecin soulignant au contraire dans son rapport du 15 septembre 2023 qu'il serait indiqué de diminuer rapidement la charge de visite et l'intensité que représente la journée du dimanche, trop remplie pour une mère souffrant de TSA (arrêt cantonal, consid. Q.k), ce qui contredit l'avis de la recourante sur sa capacité actuelle de prendre en charge l'enfant à plein temps. Quoi qu'en dise la recourante, le rapport d'expertise ne permet pas d'abonder dans son sens, étant donné qu'il recommande un élargissement progressif du droit aux relations personnelles de manière à l'accompagner dans une prise en charge adéquate de l'enfant. Les " interrogations " exprimées par la recourante en lien avec la notion de " stabilité " ne sont en outre guère compréhensibles, dès lors qu'elle relève elle-même qu'il est ici question de sa stabilité psychique et qu'elle n'expose pas en quoi sa stabilité actuelle - qu'elle fonde sur un certificat médical du Dr P.________ sans que l'arrêt entrepris ne fasse état d'un tel constat de ce médecin (art. 105 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.2) - rendrait inutile que l'on réexamine ce point au fur et à mesure de l'élargissement du droit aux relations personnelles.