Citation: 6B_639/2023 E. 3.3.1

3.3.1. En l'espèce, bien que le recourant réside en Suisse depuis huit ans, il y séjourne de manière illégale et a fait l'objet d'une précédente condamnation en 2019 pour séjour illégal, rixe et exercice d'une activité lucrative sans autorisation. Partant, il ne peut être accordé qu'un faible poids à ces huit années passées en Suisse. Par ailleurs, contrairement à ce qu'il allègue de manière purement appellatoire, sa maîtrise du français est imparfaite. Il n'a en outre effectué que de petits emplois pour aider sa famille ou des tiers, et fréquente essentiellement des personnes de même origine que lui. Même s'il souhaite dorénavant prendre une part active à l'activité économique de la Suisse, une telle volonté ne s'est pas manifestée au cours des huit années de séjour dans ce pays, le recourant n'ayant pas cherché à régulariser sa situation. Au vu de ces éléments, le recourant n'a pas tissé de liens sociaux ou professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Le recourant allègue en outre que son expulsion porterait atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par les art. 13 Cst. et 8 CEDH, dans la mesure où toute sa famille, avec laquelle il entretiendrait des liens très forts, résiderait en Suisse, et qu'il projetterait d'épouser sa compagne. Célibataire et sans enfant, le recourant dispose certes de plusieurs membres de sa famille, qui résident légalement en Suisse, et a le projet de se marier avec son amie titulaire d'un permis C. Toutefois, ces derniers ne font pas partie de la famille dite nucléaire, de sorte que, à défaut d'invoquer d'autres éléments, l'expulsion du recourant ne paraît pas le placer dans une situation personnelle grave sous l'angle d'une atteinte à son droit au respect de la vie familiale. Au demeurant, même si l'intéressé entretient des liens étroits avec sa famille, il n'expose pas en quoi il serait empêché de maintenir des contacts réguliers avec ses proches depuis son pays d'origine, vu les moyens de communication modernes. Enfin, le recourant invoque la grande instabilité politique, sociale et économique au Venezuela et considère qu'un renvoi dans ce pays le mettrait dans une situation personnelle très grave. Sur ce point, il avance la violence, l'insécurité, les menaces, les différentes pénuries de nourriture, de médicaments et des services essentiels, ainsi que la précarité des droits fondamentaux, qui rendraient la situation de son pays d'origine chaque jour plus précaire. En l'espèce, le recourant se borne toutefois à exposer la situation générale prévalant dans son pays d'origine, sans autre développement. Or, le recourant a passé la majeure partie de sa vie au Venezuela, pays dans lequel il a grandi, obtenu un baccalauréat et débuté une formation universitaire. Si le recourant exprime son souhait de parfaire ses connaissances et d'obtenir un diplôme, il n'explique pas que de tels projets seraient difficiles à réaliser dans son pays d'origine, de sorte qu'il y dispose de possibilités de réintégration. Par ailleurs, si l'on comprend des développements succincts du recourant que celui-ci invoque une atteinte à sa santé et à sa sécurité en raison de l'état de violence prévalant dans son pays d'origine, il ne formule cependant aucun grief tiré de l'art. 3 CEDH, ou d'autres normes internationales, en particulier le principe de non-refoulement, et n'expose pas de motifs sérieux et avérés qu'il risquerait d'être l'objet de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi au Venezuela (sur les exigences en la matière, cf. arrêts de la CourEDH F.G. contre Suède du 23 mars 2016, par. 113; Saadi contre Italie du 28 février 2008, par. 125 et 128; Chahal contre Royaume-Uni du 15 novembre 1996, par. 74 et 96; arrêt 6B_1214/2022 du 2 octobre 2023 consid. 3.4). Au demeurant, même à supposer que l'on puisse entrevoir un tel risque, celui-ci ne serait pas actuel et concret, compte tenu de la durée de la peine privative de liberté à laquelle le recourant a été condamné et qui doit être exécutée avant l'expulsion (cf. art. 66c al. 2 CP). Partant, cet élément ne constituerait pas, en toute hypothèse et à ce jour, un obstacle au prononcé de l'expulsion. Il s'ensuit que l'expulsion ne place pas le recourant dans une situation personnelle grave, de sorte que la première condition de l'art. 66a al. 2 CP n'est pas réalisée.