Citation: 6B_1345/2021 E. 7.2

7.2. En l'espèce, c'est tout d'abord en vain que le recourant se réfère à l'Opinion dissidente commune aux juges Costa, Zupancic et Türmen dans l'affaire Üner c. Pays-Bas. On relèvera, d'une part, que le requérant n'a pas invoqué de violation de l'art. 14 CEDH dans cette affaire et, d'autre part, que les juges, dans leur opinion dissidente, précisent eux-mêmes qu'ils ne soutiennent "évidemment pas que [les] instruments internationaux [...] feraient obstacle à toute expulsion de tout étranger, à l'instar des nationaux qui [...] ne peuvent être expulsés. Ce serait absurde." (§ 9). Pour le surplus, par son argumentation, le recourant méconnaît que la CourEDH a reconnu que le droit national pouvait accorder un traitement de faveur à ses nationaux, ou aux personnes venant de pays avec lesquels il a les liens les plus étroits, sans constituer pour autant de sa part une discrimination prohibée par l'art. 14 CEDH (cf. arrêt de la CourEDH, Abdulaziz, Cabales et Balkandali c. Royaume-Uni, du 28 mai 1985, série A n° 94, § 84 s.; cf. ATF 136 II 120 consid. 3.3.3; 130 II 137 consid. 4.2; arrêt 2C_354/2011 précité consid. 2.7.2 et les références citées; cf. aussi arrêt 2A.627/1996 du 9 avril 1997 consid. 2cc). Or, en l'occurrence, la Constitution fédérale ne prévoit l'expulsion que pour les personnes de nationalité étrangère (art. 121 al. 2 Cst.), l'art. 25 Cst. prévoyant que les Suisses et les Suissesses ne peuvent être expulsés du pays. Il s'ensuit que le grief du recourant est rejeté dans la mesure où il est recevable.