Citation: 6B_852/2009 17.12.2009 E. 4

En ce qui concerne la durée de la privation de liberté, le recourant relève que la cour cantonale a, par deux fois mais de manière indépendante, jugé que la substitution de la qualification de filouterie d'auberge à celle d'escroquerie (v. supra consid. B) demeurait sans incidence sur la quotité de la peine. Il lui reproche de n'avoir pas examiné si, considérées conjointement, ces deux nouvelles qualifications ne devaient pas néanmoins jouer un rôle. 4.1 Les principes régissant la fixation de la peine ont été rappelés dans un arrêt récemment publié (ATF 134 IV 17 consid. 2.1 et les références citées). Il suffit d'y renvoyer, en soulignant que le juge dispose, sur ce point, d'un large pouvoir d'appréciation. 4.2 Contrairement à ce que paraît penser le recourant, il s'agit moins, au regard du droit fédéral, de déterminer si la cour cantonale était tenue de réduire la quotité de la peine en raison des nouvelles qualifications, que d'examiner si la sanction de dix mois de privation de liberté, procède d'un excès ou d'un abus du pouvoir d'appréciation. Dans cette perspective, le nombre des infractions et le concours (art. 49 CP) d'escroqueries, de filouteries d'auberge et d'un faux dans les titres parlent en faveur d'une culpabilité lourde, comme l'a retenu à juste titre l'autorité de première instance (jugement, consid. 4, p. 14). Il en va de même de la nature des délits commis, qui tendaient à obtenir principalement des prestations de confort et de luxe (voyages, séjours hôteliers, électronique de divertissement coûteuse). Même si les sommes en cause, sans être négligeables, ne sont pas particulièrement importantes, les éléments précités plaideraient, en eux-mêmes, en faveur d'une peine d'autant plus sévère que les antécédents du recourant ne sont pas bons. Le jugement de première instance, auquel l'arrêt entrepris renvoie quant aux faits (arrêt entrepris, consid. B., p.2), mentionne sept condamnations depuis 1994, notamment pour escroquerie, tentative d'escroquerie, escroquerie par métier et faux dans les titres (Tribunal correctionnel de Lausanne, 23 mars 1994, 14 mars 1997 et 22 mars 1999), lésions corporelles simples (Procureur général du canton de Genève, 7 novembre 2003) et filouterie d'auberge (Tribunal de police de Genève, 14 décembre 2006), à côté d'autres infractions en matière de LCR, de LStup et de LSEE. Partant de l'infraction la plus grave jugée dans la présente procédure (art. 49 al. 1 CP), soit l'escroquerie, passible de cinq ans de privation de liberté (art. 146 ch. 1 CP), les autorités cantonales ont fixé, avec une quotité de dix mois, une peine encore modérée. Cette sanction tient amplement compte d'une responsabilité pénale appréciée - malgré l'absence de toute expertise psychiatrique - comme moyennement diminuée (jugement de première instance, consid. 4, p. 14) ainsi que du concours rétrospectif (art. 49 ch. 2 CP) avec les infractions jugées à Genève au mois de décembre 2006.