Citation: 6B_840/2024 E. 7.5

7.5. Le recourant souligne que le pli à notifier était adressé à " A.________ ", alors qu'il était détenu sous le nom de " B.________", ce qui ressort sans ambiguïté du dossier cantonal. On peut noter, dans cette perspective, que les correspondances adressées par le tribunal d'arrondissement en cours de procédure aux autorités pénitentiaires allemandes, les directeurs d'établissements de détention en particulier, mentionnaient expressément tant l'alias sous lequel l'intéressé était détenu que le nom sous lequel il était désigné dans la procédure suisse, du moins jusqu'au 22 mars 2012 (v. dossier cantonal, p. 1280, 1285, 1286, 1287, 1290, 1291, 1298). Rien n'indique, en revanche, que tel aurait été le cas de l'envoi du mandat de comparution du 8 mai 2012, adressé personnellement au recourant sous le seul nom de " A.________ " (cf. art. 87 al. 4 CPP). Même en partant de la prémisse que l'agent de détention qui a réceptionné ce pli recommandé a fait son travail conformément à ses devoirs, rien ne permet de conclure qu'il connaissait ou devait personnellement connaître d'autres identités du recourant ou que ce dernier l'aurait instruit personnellement de refuser l'envoi. En réalité, on ignore à peu près tout des circonstances concrètes dans lesquelles le pli a été retourné au tribunal. On ignore ainsi qui a apposé le timbre " Zurück unbekannt verzogen " puis raturé ce dernier mot et qui a coché l'indication " Annahme verweigert ". La rature en question suggère que son auteur a voulu exprimer que le destinataire du pli n'était pas " parti sans laisser d'adresse " mais bel et bien inconnu à celle indiquée. On ne peut exclure a priori qu'un employé du service pénitentiaire a considéré le dénommé " A.________ " comme inconnu dans un lieu où il était détenu officiellement sous un autre nom et que la poste ait dès lors considéré que la réception était refusée pour ce motif, sans que l'intéressé ait même eu connaissance d'un envoi. Compte tenu des interventions successives d'agents postaux et pénitentiaires, on ne peut même plus présumer que la date figurant sous la mention " Annahme verweigert " correspondrait effectivement à celle du jour où le recourant aurait, par hypothèse, été personnellement atteint (cf. art. 85 al. 4 let. b CPP). La conclusion à laquelle est parvenue la cour cantonale, qui ne peut reposer sur la présomption invoquée à l'appui de son raisonnement et n'est étayée par aucun élément concret est insoutenable. Elle prive indûment le recourant de son droit à être jugé en contradictoire.