Citation: 1B_51/2014 E. 4.3.1

4.3.1. Les mesures de substitution proposées ne paraissent pas suffisantes pour parer tout danger de réitération. Tout d'abord, il y a lieu de constater que, pendant dix ans, le recourant a érigé son comportement gravement délinquant en mode de vie social, sexuel, voire "conjugal". Dans de telles circonstances, l'adoption d'un fonctionnement différent apparaît particulièrement difficile à mettre en place. Au demeurant, si les experts ont indiqué qu'un suivi psychiatrique et psychothérapeutique pourrait avoir un effet favorable en vue d'une diminution du risque de récidive, ils ont aussi ajouté qu'un tel effet était lié à la prise de conscience de l'expertisé. Or, tel ne semble pas le cas en l'espèce, constatation également relevée par le Procureur général (cf. p. 2 de ses observations). En effet, après pourtant près de trois ans d'instruction, une année de détention et plus de deux ans de thérapie, le recourant n'a consenti à indemniser ses victimes qu'à l'approche des audiences de jugement (cf. la convention signée par une victime le 16 décembre 2013) ou lors de la séance (cf. le procès-verbal de ladite audience, p. 11). Ce comportement est un indice supplémentaire permettant de douter que le traitement suivi à ce jour ait diminué d'une manière significative le danger de réitération; il est encore rappelé qu'en octobre 2013, sa propre thérapeute ne fait que rapporter les impressions du recourant s'agissant d'un possible changement. Quant aux deux autres mesures proposées, en particulier celle interdisant des activités en contact avec des mineures, la Présidente de la Cour d'appel pénale a relevé avec raison qu'il n'est pas possible d'en assurer le contrôle; cela vaut d'autant plus que, si le recourant n'a plus à ce jour de fonction d'enseignant, il continue d'exercer dans le même domaine que celui où il a commis les infractions reprochées. Il apparaît ainsi qu'au regard des conséquences graves découlant des infractions commises - notamment les traumatismes qu'ont subis et que ressentent encore aujourd'hui ses nombreuses victimes (cf. en particulier les déclarations de celles-ci, ainsi que de la mère d'une d'entre elles figurant au procès-verbal des audiences des 16 et 17 décembre 2013 [p. 4, 5, 8, 9, 14 et 16 ss], ainsi que les attestations médicales présentées par l'une d'elles [pièces du dossier pénal 200/2 annexes 3a et 3b, ainsi que 202/2]) -, il s'impose de privilégier la sécurité publique sur la liberté personnelle du recourant. Au demeurant, il ressort du rapport psychiatrique que le genre de traitement préconisé peut être suivi en détention; cela semble d'ailleurs avoir été le cas lors de la détention avant jugement (cf. p. 2 de son mémoire d'appel). Cette mesure ne paraît pas non plus propre à empêcher le recourant de poursuivre son activité de dramaturge, puisqu'il ne prétend pas que celle-ci devrait être exercée dans un lieu déterminé (cf. p. 8 du mémoire susmentionné). Partant, l'autorité précédente a retenu à juste titre qu'aucune mesure de substitution ne permettait d'exclure le risque de récidive, notamment d'actes de même nature dont les conséquences sont d'une extrême gravité.