Citation: 1C_452/2016 E. 3.3

3.3. Les recourants contestent pour leur part que le secteur Moléson/ Gottettaz présente un intérêt architectural et historique; ils affirment que sur un périmètre de 27'000 m 2 aucun bâtiment ne ferait l'objet d'une mesure de protection; aucun édifice ne serait porté à un quelconque inventaire cantonal et même fédéral; tel était à tout le moins le cas "au moment où la municipalité a statué". A comprendre les recourants, ceux-ci reprochent à l'instance précédente de n'avoir jugé de l'intérêt patrimonial du quartier qu'à l'aune de son recensement à l'ISOS, pourtant postérieur (1 er octobre 2015) à la délivrance de l'autorisation de construire, lors de la séance municipale du 26 avril 2015; selon eux, les juges cantonaux auraient ce faisant violé le principe de la non-rétroactivité des lois. Les recourants perdent cependant de vue que c'est au terme d'un examen circonstancié de l'ensemble des circonstances que le Tribunal cantonal a reconnu l'intérêt patrimonial du quartier en cause. Ainsi, si les juges cantonaux se sont certes référés à l'ISOS pour asseoir leur position, il n'en demeure pas moins qu'ils se sont également fondés sur le rapport établi par l'historienne de l'architecture, C.C.________, pour qualifier d'ensemble bâti de qualité le secteur Moléson/Gottettaz; ce document décrit d'ailleurs soigneusement l'intérêt historique du quartier au regard des différentes étapes de son urbanisation; il met également en évidence l'intérêt architectural du secteur, dont il identifie les différentes caractéristiques. Le Tribunal cantonal s'est par ailleurs convaincu de l'importance de la préservation du quartier lors de l'inspection locale. Cette appréciation n'est cependant pas réellement discutée par les recourants; ceux-ci ne remettent en particulier pas en cause les conclusions du rapport C.C.________ ni les constatations faites par la cour cantonale lors de l'inspection locale. Rien ne commande par conséquent de nier au secteur les qualités architecturales et historiques qui lui ont été reconnues par les juges précédents. Cela est d'autant plus vrai - point que les recourants ne contestent pas non plus - que, dans le cadre de la procédure séparée d'établissement d'un nouveau plan de quartier, la déléguée communale à la protection du patrimoine bâti a confirmé que la protection du secteur allait dans le sens des préoccupations du Service de l'urbanisme de la Commune de Lausanne. L'intérêt patrimonial du quartier concerné pouvait dès lors et somme toute être reconnu indépendamment de son recensement selon la méthode ISOS. Quoi qu'il en soit, lorsque se pose, dans le cadre de l'exécution d'une tâche cantonale - comme en l'espèce -, une question en lien avec l'ISOS, ce dernier ne déploie pas d'effet directement contraignant (cf. art. 6 al. 1 et 2 LPN; THIERRY LARGEY, La protection du patrimoine bâti, in RDAF 2012 p. 281 ss, n. 4.2 p. 293 ss); on ne saurait dès lors parler, comme le font les recourants, d'application rétroactive d'une loi: dans un tel contexte l'ISOS n'intervient qu'en tant qu'expression d'un intérêt fédéral de protection du patrimoine ( ibidem). A ce titre, il appartient au juge d'en tenir compte dans la pesée des intérêts exigée en matière de préservation des sites ( ibid.); il ne peut ainsi pas être fait grief à la cour cantonale de s'être en l'occurrence également référée à l'inventaire fédéral pour confirmer l'intérêt patrimonial du secteur.