Citation: U 371/06 21.09.2007 E. 4

4.1 Dans son expertise du 1er juillet 2003, le docteur B.________ a retenu, comme diagnostics relevant de son domaine de compétence, une maculopathie cicatricielle bilatérale, plus marquée à l'oeil droit qu'à l'oeil gauche et secondaire à une choriorétinopathie séreuse centrale (épithéliopathie rétinienne diffuse), ainsi que des migraines ophtalmiques classiques. Pour lui, ces deux affections étaient clairement reliées à l'accident. Selon l'expérience médicale, une exposition au stress et une élévation du taux de cortisone et d'adrénaline dans le sang étaient des facteurs associés au développement d'une choriorétinopathie. Or, l'assuré avait subi un traumatisme crâniocérébral assez important de nature à entraîner un tel effet. Cet accident n'avait fait toutefois que décompenser un état antérieur. Pour cette atteinte, le statu quo ante était partiellement rétabli au jour de l'examen, même si d'autres épisodes de décompensation n'étaient pas à exclure dans l'avenir, et il ne subsistait pas d'incapacité de travail de ce chef. Par ailleurs, F.________ n'avait jamais été sujet à des céphalées accompagnées de troubles visuels, responsables aujourd'hui de phases de prostration plus ou moins longues limitant fortement sa capacité de travail. Le pronostic à cet égard dépendait avant tout de l'application d'un traitement efficace qui n'avait cependant pas encore été trouvé chez l'assuré. 4.2 De leur côté, les médecins du Centre Z.________ ont procédé à des examens spécifiques sur le plan orthopédique, neurologique et psychiatrique, renvoyant à l'expertise du docteur B.________ pour les problèmes d'ordre ophtalmologique. Ils ont posé les diagnostics de probable syndrome post-commotionnel après distorsion cervicale simple (degré I à II selon la Québec Task Force), de migraines post-traumatiques, ainsi que de hernie discale et de compression foraminale L4-L5. Bien qu'ils aient admis, comme conséquences résiduelles de l'accident, la persistance de céphalées post-traumatiques ainsi que d'un syndrome post-commotionnel, ils ont exprimé l'avis que l'importance de ces troubles et leur répercussion sur la capacité de travail de l'assuré ne pouvaient être mis en rapport de causalité avec l'événement accidentel. Ils ont évalué la capacité de travail de l'assuré dans son ancienne profession à 100%. 4.3 En l'occurrence, on doit constater que les médecins du Centre Z.________ n'ont pas entièrement repris à leur compte les conclusions de leur confrère ophtalmologue : ils n'ont que rapporté l'opinion de ce dernier sur les problèmes strictement visuels de l'assuré, sans évoquer le diagnostic de "migraines ophtalmiques" que celui-ci avait retenu, ni les considérations qu'il avait émises à ce sujet (voir la page 22 de leur rapport d'expertise). En vérité, ils ont substitué leur propre appréciation du cas à celle du docteur B.________ puisqu'ils ont eux aussi fait état de "céphalées post-traumatiques" et donné leur avis (opposé) sur la question de la causalité naturelle entre celles-ci et l'accident. Ils n'ont toutefois pas exposé les raisons qui les ont conduits à se distancer des conclusions du docteur B.________ et à nier l'existence d'un tel lien de causalité. De même, alors que l'expert ophtalmologue a souligné le caractère invalidant de ces migraines, ils n'ont pas expliqué pourquoi ils admettaient une capacité de travail entière, sans diminution de rendement et sans limitation. Faute de motivation sur ces points, les conclusions des médecins du Centre Z.________ ne sauraient être suivies. Et à défaut d'éléments permettant de mettre en doute la fiabilité des conclusions du docteur B.________, il y a lieu de s'y tenir. 4.4 Il n'est pas non plus possible de confirmer le raisonnement des premiers juges en ce qui concerne les effets des troubles en cause sur la capacité de travail du recourant. Le docteur B.________ a certes précisé qu'il était rare qu'une personne souffrant de migraines ne voie pas sa situation améliorée grâce aux traitements disponibles sur le marché; cela étant, il a aussi souligné que les traitements prodigués n'avaient pas eu le résultat escompté et qu'un éventuel pronostic favorable "ne pourra(it) donc être donné qu'après une durée de traitement adéquate, en accord avec le neurologue traitant de M. F.________" (pages 4 et 5 de son rapport d'expertise). On ignore, en l'état du dossier, si un traitement a été ou non entrepris, et pourquoi la situation serait restée inchangée depuis lors. Quoi qu'il en soit, la juridiction cantonale ne pouvait, sans autres informations à ce sujet, partir de l'hypothèse que l'assuré avait recouvré sa capacité de travail antérieure parce que "ces migraines ophtalmiques, aussi gênantes qu'elles soient, devraient pouvoir être jugulées par une quelconque thérapie" (page 22 du jugement entrepris). Aussi longtemps où ces circonstances ne sont pas élucidées, on ne peut pas admettre qu'au moment de la suppression des prestations d'assurance par l'intimée, l'état de santé du recourant ne nécessitait plus de traitement médical et lui permettait de reprendre à plein temps son ancienne activité professionnelle. Dans ce contexte, on rappellera qu'à teneur de l'art. 21 al. 4 LPGA, ce n'est qu'après une sommation légale que les prestations d'assurance pourraient éventuellement être réduites ou refusées si l'assuré se soustrait ou s'oppose, ou encore ne participe pas spontanément, dans les limites de ce qui peut être exigé de lui, à un traitement raisonnablement exigible et susceptible d'améliorer notablement sa capacité de travail. Il convient par conséquent de renvoyer la cause à l'intimée afin qu'elle procède aux éclaircissements nécessaires et, en fonction des résultats obtenus, statue à nouveau sur le droit de l'assuré aux prestations litigieuses.