Citation: 6B_264/2022 E. 1.3

1.3. En substance, la cour cantonale a relevé, considérant que le déroulement des événements se fondait en grande partie sur les déclarations des personnes présentes sur les lieux, à titre liminaire, que les témoignages de C.________ et D.________ apparaissaient globalement crédibles. Outre que ceux-ci n'avaient manifestement pas cherché à accabler le recourant, affirmant notamment qu'il s'était montré sympathique et serviable durant la soirée, ils n'avaient pas de bénéfice concret à protéger l'intimé, le premier cité étant ami avec ce dernier depuis trois mois, la seconde ne le connaissant pas avant les faits et n'ayant pas gardé contact depuis lors. S'agissant du témoignage de E.________, ex-compagne du recourant, la cour cantonale a indiqué adopter une position plus mesurée, dès lors que celle-ci avait manifestement des raisons d'en vouloir au recourant, ainsi qu'en attestaient les messages échangés avec ce dernier quelques heures avant les faits litigieux. Le caractère inutilement accablant de certains de ses propos, soit notamment les violences qu'elle attestait avoir elle-même subies, de même que le récit des coups que le recourant aurait portés à sa propre soeur, qui s'écartaient de l'objet de son interrogatoire, quand bien même ils étaient contrebalancés par des éléments positifs concernant l'intéressé, devaient amener à considérer ses déclarations avec une certaine retenue. Ainsi, l'allégation selon laquelle le recourant aurait exhibé avec fierté la lame ensanglantée de son couteau ne serait notamment pas retenue comme établie. Cela étant, en tant que ses déclarations se recoupaient avec celles de C.________ et D.________ - avec lesquels elle n'entretenait aucun lien - ou venaient corroborer des éléments matériels figurant au dossier, celles-ci constituaient de forts éléments à charge, considérant qu'en tant que témoin indirect des faits, la probabilité qu'elle invente de toute pièce certains détails apparaissait très faible. Sur le fond, la cour cantonale a retenu qu'il était établi, par les déclarations des parties, corroborées par celles des témoins C.________ et D.________, que le recourant avait exprimé concrètement son énervement lorsque les trois amis avaient décidé de quitter les lieux, celui-là craignant que ceux-ci ne débarrassent pas leurs affaires. D.________ et l'intimé s'étaient d'ailleurs accordés pour dire que le recourant, qui était alors quelque peu aviné, avait déjà commencé à manifester des signes d'agacement plus tôt dans la soirée, supportant mal qu'ils ne rigolent pas à ses blagues. Il était également établi, les parties et C.________ s'entendant sur ce point, que l'intimé s'était ensuite adressé à son ami pour commenter l'intervention du recourant, ce que ce dernier n'avait pas apprécié, ayant le sentiment qu'on se moquait de lui, ce qui était manifestement le cas, vu la référence à "Calimero". S'en était suivi un échange d'insultes entre les parties, sans qu'il ne soit possible de déterminer qui l'avait initié, ce qui n'était toutefois pas déterminant. Les esprits s'étaient, en tout état, échauffés et les parties s'étaient retrouvées face à face. La cour cantonale a ensuite retenu que le recourant s'était alors saisi de son couteau, qui était jusqu'alors rangé dans son pantalon. La thèse, soutenue par celui-ci, selon laquelle il aurait toujours eu l'arme en main, dès lors qu'il continuait à couper des morceaux de viande pour picorer, ne pouvait en effet être suivie. Tout d'abord, tant l'intimé que D.________ avaient affirmé, dès leurs premières déclarations, que l'intéressé avait déjà fini de manger à leur arrivée sur les lieux. Ils avaient ajouté avoir proposé des saucisses au recourant, que ce dernier avait refusées selon les dires de la témoin précitée. Cet élément, d'apparence périphérique, constituait en réalité un indice relevant, dès lors que, couplé aux constatations faites par les policiers sur les lieux, il venait attester de ce que le recourant n'avait pas laissé de nourriture sur les lieux de l'altercation, seules des saucisses ayant été retrouvées à cet endroit. En outre, D.________ et l'intimé avaient affirmé, de manière constante, ne pas avoir vu le couteau durant la soirée. Les déclarations de C.________, selon lesquelles le recourant aurait sorti celui-ci à la vue de tous, ne suffisaient pas à mettre en doute ces affirmations, celui-là ayant d'ailleurs immédiatement relativisé ses propos en soulignant qu'il avait été l'interlocuteur privilégié du recourant, si bien qu'on pouvait légitimement admettre que l'arme ait échappé à l'attention des autres personnes présentes sur les lieux. D'ailleurs, le simple fait que C.________ ait jugé bon, au moment d'entendre le ton monter entre les parties, d'avertir son ami de la présence de l'arme, élément corroboré par l'intimé, venait en soi attester de ce qu'il ne tenait pas pour acquise la connaissance, par ce dernier, de l'existence de l'objet. La crédibilité du recourant, en tant qu'il soutenait que le couteau se trouvait constamment dans sa main ou posé sur le grill, était encore entachée par le fait que C.________ avait été en mesure de décrire précisément l'emplacement du couteau au moment où le précité s'en était saisi, soit au niveau de sa ceinture, sur sa droite, emplacement qui avait été décrit de manière identique par E.________. La cour cantonale a encore souligné qu'au moment où la dispute avait éclaté, la plancha électrique était éteinte depuis une heure et demie, de sorte qu'il était peu probable que le recourant ait continué, durant toute cette période, à se délecter de viande froide, étant rappelé que le recourant avait confirmé ne pas avoir fait usage du grill jetable. S'agissant du coup de couteau donné au niveau du cou de l'intimé, la cour cantonale a relevé qu'aucune des personnes présentes sur les lieux n'avait concrètement été en mesure d'indiquer à quel moment celui-ci avait été asséné. Tandis que l'intimé n'en avait pris connaissance qu'à l'issue de l'altercation, le recourant avait exposé l'avoir peut-être asséné au moment de basculer en arrière, dans un mouvement involontaire. Seul C.________ avait situé ledit coup en amont de la chute des parties au sol, le décrivant comme le premier acte physiquement agressif. Il n'avait toutefois pas été constant sur ce point, dès lors qu'il avait initialement évoqué un étranglement et qu'il avait par la suite admis que sa description du coup de couteau relevait d'une déduction, précisant avoir observé la scène depuis la gauche du recourant, soit du côté opposé à l'arme. Une chose était certaine, la lésion causée au cou de l'intimé était bel et bien imputable au recourant et la thèse du coup involontaire n'emportait pas conviction. En effet, outre le fait que cette version avait été développée pour la première fois par le recourant en première instance, ce qui justifiait d'ores et déjà de l'apprécier avec retenue, les caractéristiques et la localisation de la plaie, mesurant 15 cm et se prolongeant jusqu'à l'arrière de l'oreille de l'intimé, la rendaient peu compatible avec le geste décrit par le recourant. La question de savoir si le coup avait été porté lorsque les parties se faisaient face, debout, ou lors de l'altercation, à terre, pouvait souffrir de demeurer ouverte, ces deux variantes entrant, en tout état, dans le spectre de l'accusation. La cour cantonale a, en outre, estimé qu'il était établi que la majorité des lésions avait été infligée lorsque les parties s'étaient retrouvées au sol. A cet égard, le recourant affirmait avoir été projeté à terre par un coup de tête de l'intimé, qui l'aurait assommé. Celui-ci contestait, quant à lui, l'existence du coup de tête et affirmait avoir poussé son opposant à l'aide de ses deux mains, version corroborée par les déclarations de C.________. Certes, les pièces médicales attestaient de ce que la lésion causée à la lèvre du recourant pouvait être mise en lien avec le coup de tête. La compatibilité de ladite lésion avec un coup de pied de type "penalty", évoqué de manière constante par l'intimé, n'avait toutefois pas été examinée et n'apparaissait au demeurant pas improbable, étant précisé que lors de son entretien avec les experts psychiatriques du CURML, le recourant avait lui-même évoqué un coup de pied de l'intimé, qu'il avait directement mis en lien avec sa blessure. On voyait, en tout état, mal ce qui aurait amené l'intimé à inventer l'existence d'un tel coup, de nature incriminante, étant relevé que la probabilité qu'il ait ce faisant cherché à déjouer, par anticipation, l'argument du recourant fondant une légitime défense apparaissait hautement invraisemblable. Le recourant ne pouvait, pour le surplus, tirer argument du fait que l'intimé n'avait pas fait mention du "penalty" lors de son entretien avec les experts du CURML, dont il fallait relever qu'il était intervenu aux alentours de 8h30 le lendemain de son agression, consécutivement à l'opération qu'il avait subie en urgence pour lui éviter, de justesse, une issue fatale, ce qui pouvait justifier un récit lacunaire. En outre, l'argumentation du recourant selon laquelle il aurait été assommé, censée corroborer le coup de tête qu'il affirmait avoir reçu, se heurtait à la temporalité des événements. En effet, tout portait à croire que si le recourant avait effectivement perdu connaissance, même durant quelques secondes, le couteau lui serait tombé des mains ou aurait à tout le moins échappé brièvement à son contrôle. Or, durant les quelques 15 à 40 secondes qu'avait duré l'action au sol, selon l'estimation donnée par C.________ et le recourant, celui-ci avait eu le temps de frapper l'intimé, énergiquement et à de nombreuses reprises, ce qui venait attester d'un comportement entreprenant. Ainsi, il convenait de nier l'existence du coup de tête et de retenir que c'était bien en le repoussant avec ses deux mains que l'intimé avait entraîné la chute du recourant. La cour cantonale a, par ailleurs, indiqué également retenir, dans le prolongement de ce qui précédait, la version de C.________ et de l'intimé selon laquelle celui-ci avait été entraîné au sol par le recourant et ne s'était pas jeté volontairement sur le précité. En effet, outre la lésion à la lèvre discutée plus tôt et la blessure au doigt qu'il s'était manifestement infligée lui-même avec son couteau, le recourant ne présentait, en lien avec les événements, que des dermabrasions au bras et à la jambe gauche, ainsi que des ecchymoses au niveau de la jambe gauche. Or, si comme le recourant l'affirmait, l'intimé s'était assis sur lui dans l'idée de le battre, force était de constater que celui-là aurait souffert de plus amples lésions, dont certaines à tout le moins auraient été situées sur la zone du thorax, qui aurait alors été directement exposée. En outre, l'intimé s'était relevé en premier et avait immédiatement fui en courant, ce qui était attesté par les parties et le témoin C.________.