Citation: 8C_554/2018 E. 8

8. Compte tenu de tout ce qui vient d'être dit, on ne discerne pas d'inégalité de traitement injustifiée entre le cas de A.________ Sàrl et d'autres affaires concernant des centrals d'appel pour taxis. L'élément commun à tous les chauffeurs de taxi qui sont rattachés à un central d'appel est que leur activité est facilitée par le fait que les commandes de clients leur sont transmises par ce central. Mais la qualification du statut en matière d'assurances sociales d'un chauffeur de taxi compte tenu de son rattachement à un central d'appel déterminé ne s'épuise pas dans ce constat et nécessite un examen concret de la situation à l'aune des critères jurisprudentiels rappelés ci-avant (cf. consid. 3 supra). Dans le cas neuchâtelois cité par la recourante, la cour de droit public cantonale a considéré qu'au regard de la structure organisationnelle de la société simple qui gérait le central téléphonique auquel dix chauffeurs étaient rattachés (logos communs sur les voitures, quittances, cartes de visite) ainsi que de la volonté affichée de celle-ci d'offrir un service complet de transport de personnes et de marchandises, lesdits chauffeurs devaient assurer des exigences qualitatives minimales et contribuaient, par leur comportement et leurs prestations, à faire rayonner la société, ce qui était révélateur d'une relation de subordination comparable avec un rapport salarié. Aussi bien a-t-elle jugé que le chauffeur concerné exerçait une activité dépendante au service de la société simple nonobstant la présence de certains éléments plaidant en faveur de son indépendance (pas d'interdiction de concurrence, risque d'encaissement, horaire relativement libre). Or dans le présent cas, force est de constater que le rôle attribué à A.________ Sàrl par la réglementation communale se limite à la réception et la diffusion des commandes téléphoniques concernant les taxis A afin d'en assurer la coordination. Les commandes sont transmises au taxi A le plus proche et passées au suivant en cas de refus de course, en assurant une égalité de traitement entre tous les exploitants A (individuels et compagnies de taxi, ce qui représente en tout - d'après les allégations de l'intimée non remises en cause par la recourante - deux cent cinquante véhicules). A cet égard, il n'y a aucune similitude avec l'autre arrêt cité par la recourante (8C_189/2017 du 19 juin 2017). Par ailleurs, A.________ Sàrl n'a aucun droit de regard sur l'exécution des courses et n'a aucun intérêt propre à ce que les exploitants A en fassent le plus possible puisqu'elle a l'interdiction de poursuivre un but lucratif (art. 44 PARIT), que tous les abonnés financent son infrastructure par le biais de la contribution mensuelle, et que ce n'est pas elle qui encaisse les gains des chauffeurs de taxi A et leur verse une compensation pour leur activité. Enfin, A.________ Sàrl est tenue d'admettre tous les exploitants A à titre d'abonnés et ne peut pas résilier elle-même le contrat d'abonnement, ni prendre des sanctions contre eux. En d'autres termes, dans le contexte qui lui a été assigné, elle n'a pas les attributs caractéristiques d'un employeur.