Citation: 8C_719/2021 E. 3

La cour cantonale est arrivée à la conclusion que la recourante n'avait pas fait l'objet d'une discrimination à l'embauche en raison de son genre mais qu'elle avait été écartée en raison de son profil, sa participation dès 2015 au groupe de travail chargé de la révision de l'ordonnance sur la chasse ayant été très mal perçue, notamment par le corps des gardes-faune. Selon la cour cantonale, l'attitude de l'intimée dans le traitement du dossier de la recourante était critiquable. En effet, elle n'avait nullement motivé sa décision de non-engagement, se contentant d'indiquer que son choix s'était porté sur des candidatures dont les compétences correspondaient davantage aux exigences du poste. Selon les juges cantonaux, une telle motivation ne permettait pas à la recourante de comprendre la décision et avait renforcé, de manière compréhensible, ses doutes quant à la raison véritable du refus d'embauche. Ils ont rappelé que lors de sa première postulation en 2011 en réponse à une offre d'emploi rédigée au masculin, la recourante avait dû endurer des commentaires sexistes de deux gardes-faunes ainsi qu'une remarque maladroite d'un chef de service. Par la suite, elle s'était vu refuser à plusieurs reprises le poste malgré des qualités indéniables. Dans le cadre de l'échange d'écritures, l'intimée ne s'était pas montrée beaucoup plus explicite, se contentant de manière vague de soutenir que les relations entre la recourante et l'intimée ne pouvaient pas être qualifiées de bonnes. Elle s'était même permis de formuler des attaques personnelles, critiquant les compétences relationnelles de la recourante alors que celles-ci n'avaient jamais été remises en question auparavant, bien au contraire. Sur la base de ces constatations, la cour cantonale a conclu que le devoir de motiver au sens de l'art. 27 al. 2 LPers/FR avait clairement été violé par l'intimée. Toutefois, cette violation pouvait être considérée comme réparée dès lors que la recourante avait obtenu une motivation complète dans le cadre de la procédure de recours cantonale; elle avait ainsi pu comprendre, au travers des différents échanges d'écritures et d'une séance par-devant le juge délégué, les raisons pour lesquelles elle n'avait pas été engagée.