Citation: I 460/04 24.10.2005 E. 5

Compte tenu des contradictions qui ressortent du dossier médical, on ne saurait confirmer en l'état le résultat auquel les premiers juges sont parvenus. En effet, l'intimé n'a bénéficié d'un suivi psychiatrique régulier qu'à partir du 10 décembre 2001, en l'occurrence auprès de la Fondation X.________ (cf. rapport des docteurs V.________ et P.________, du 5 août 2002), si bien que la reconnaissance d'une incapacité totale de travail pour les deux années précédentes peut susciter certains doutes. Ceux-ci sont renforcés par le fait que la doctoresse L.________, généraliste et médecin traitant, qui avait attesté la présence d'un état anxio-dépressif réactionnel en octobre 1999, avait précisé que cette affection psychique n'avait aucune répercussion sur la capacité de travail de l'intimé (cf. rapport du 31 mai 2001). Comme on l'a vu, les avis médicaux dont l'administration disposait au moment où elle a rendu sa décision litigieuse, le 28 octobre 2002, étaient contradictoires sur plusieurs points essentiels, singulièrement la gravité de l'état dépressif, les conséquences de cette affection sur la capacité de travail de l'intimé et le moment à partir duquel ce trouble a présenté un caractère entièrement invalidant. Contrairement aux médecins du SMR Léman qui ont interpellé leurs confrères de la Fondation X.________ (cf. lettre du 23 octobre 2002), l'office AI en charge de l'instruction de la cause n'a pas cherché à faire toute la lumière sur ces divergences de vues, mais il a préféré statuer en l'état sans établir les faits pertinents. Ce faisant, l'administration ne connaissait pas l'étendue réelle de la capacité de travail de l'intimé, de même qu'elle ignorait si les affections psychiques en cause pouvaient le cas échéant constituer une comorbidité psychiatrique grave au trouble somatoforme douloureux de l'intimé, susceptible de le rendre invalidant aux conditions posées par la jurisprudence (cf. ATF 130 V 352). En pareilles circonstances, les premiers juges auraient dû renvoyer la cause à l'office AI afin qu'il reprenne l'instruction de la demande de prestations, en prenant un nouvel avis psychiatrique. Le jugement attaqué doit dès lors être réformé en ce sens.