Citation: 1C_560/2021 E. 4.3

4.3. Devant la cour cantonale, dans ses observations du 16 juin 2021, la DAEC a admis avoir à tort retenu que les recourants ne s'étaient pas déterminés sur un éventuel refus de l'autorisation spéciale. Les intéressés s'étaient en effet exprimés devant elle à ce propos par actes des 26 février et 2 juillet 2020. La DAEC admettait une irrégularité sous l'angle du droit d'être entendu. Dans son arrêt du 9 août 2021, la cour cantonale a cependant considéré que cette violation du droit d'être entendu était réparée devant elle, dès lors qu'elle disposait de la même cognition que les autorités précédentes et que la DAEC avait pris position sur les écritures précédemment ignorées, estimant cependant que le résultat de sa décision demeurait inchangé. Sur le fond, la cour cantonale a confirmé que le projet ne pouvait être autorisé ni en application de l'art. 24c de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700) ni sur la base de l'art. 24 LAT, disposition dont l'application est subsidiaire à la précédente. Les recourants ne discutent pas sérieusement - et quoi qu'il en soit pas de manière suffisamment motivée (cf. art. 106 al. 2 LTF) - la guérison, devant le Tribunal cantonal, de la violation de leur droit d'être entendus commise par les autorités inférieures. Ils soutiennent en revanche qu'en ne leur transmettant les déterminations de la DAEC, de même que les observations de la commune du 30 mars 2021, qu'"à titre d'information", la cour cantonale aurait, elle aussi, violé leur droit d'être entendus. Ils affirment qu'en raison de cette indication, ils ne pouvaient percevoir - n'étant alors pas assistés - qu'il leur était loisible de se déterminer spontanément sur ces écritures. A la lecture des moyens développés à l'appui de leur recours cantonal, on s'étonne cependant d'une telle argumentation. En effet, quand bien même les recourants agissaient alors encore sans mandataire, ceux-ci se sont spécialement, et de manière fine, prévalus de la violation du droit d'être entendu commise à leurs dépens par la DAEC, soutenant notamment que ce vice ne saurait être guéri devant le Tribunal cantonal, sous peine de leur faire perdre une instance (cf. recours cantonal du 19 février 2021). Or, une telle motivation dénote à l'évidence une certaine connaissance de la matière, si bien que les recourants ne sauraient avantageusement s'abriter derrière l'absence de mandataire pour justifier leur silence lors de la communication, le 17 juin 2021, des déterminations de la DAEC; on pouvait s'attendre d'eux qu'ils se déterminent spontanément s'ils l'estimaient nécessaire (cf. ATF 138 I 484 consid. 2.4); cela est d'autant plus vrai que la direction cantonale prend, dans cette écriture, position sur leurs observations précédemment ignorées, répondant ainsi précisément à leurs griefs formulés devant le Tribunal cantonal. A cela s'ajoute que l'arrêt cantonal n'a été rendu que le 29 août 2021, laissant aux recourants le temps suffisant pour prendre position ou à tout le moins interpeller le Tribunal cantonal pour la fixation d'un délai de réplique (au sujet du délai de réplique, cf. arrêts 1C_221/2021 du 27 septembre 2021 consid. 3.1; 1C_270/2020 du 4 mars 2021 consid. 5.1). Dans ces conditions et faute de réaction des recourants, il faut inférer qu'il a en l'occurrence été renoncé à l'exercice du droit de réplique (cf. arrêts 1C_270/2020 du 4 mars 2021 consid. 5.1; 1C_338/2020 du 19 janvier 2021 consid. 2.3). Ces mêmes considérations sont également valables en ce qui concerne la communication, effectuée le 1er avril 2021, des observations de la commune, au sujet de laquelle le recours n'est d'ailleurs guère étayé. Enfin, par surabondance, on relèvera que le recours est également muet quant aux moyens susceptibles d'influer la cause sur le fond, que les recourants envisageaient de soulever en réplique, spécialement s'agissant de l'application des art. 24 et 24c LAT; ils ne discutent au demeurant pas les considérations développées par le Tribunal cantonal à ce sujet. Cela scelle également le sort du grief (cf. ATF 143 IV 380 consid. 1.4.1; arrêts 1C_327/2019 du 11 juin 2020 consid. 4.1 et les arrêts cités).