Citation: 5P.336/2004 10.03.2005 E. 3

3.1 La recourante se plaint aussi d'arbitraire dans la fixation du revenu professionnel de l'intimé, évalué à 20'070 fr.90 par mois. Elle reproche en particulier à l'autorité cantonale d'avoir pris en compte un bonus individuel de 55'980 fr. alors qu'à fin 2003, son mari aurait perçu à ce titre un montant de 91'363 fr. Invoquant des pièces produites en appel, elle affirme avoir prouvé que le document sur lequel le tribunal s'est fondé pour déterminer la rémunération de l'intimé a été établi conformément aux indications de celui-ci et ne correspond pas à ses gains effectifs, d'après elle plus élevés: la moyenne des revenus de son mari de 1999 à 2003 serait en effet de 25'730 fr.40 par mois. 3.2 Selon l'autorité cantonale, le mari a exposé qu'il avait cessé son activité au sein du conseil d'administration de X.________ en automne 2002 et qu'il avait quitté la direction du département d'audit de cette société à fin septembre 2003. Ces déclarations ont été confirmées par un témoin, qui a précisé qu'il était usuel, au sein de cette entreprise, que les chefs de département soient remplacés par des employés plus jeunes. En outre, l'intimé n'a pas mis un terme à ses activités précitées peu avant l'introduction de la présente procédure, mais depuis un certain temps déjà. Il ne paraît donc pas avoir agi dans le but de nuire à son épouse. Partant, il n'y a pas lieu de prendre en compte un revenu différent de celui qu'il réalise actuellement, à savoir 240'850 fr.80 net par an, ou 20'070 fr.90 par mois. Il convient toutefois d'ajouter à cette somme le produit mensuel de ses titres, par 1'613 fr.30. Le revenu déterminant pour arrêter le montant de la contribution d'entretien est ainsi de 21'684 fr.20 par mois. 3.3 Ce résultat n'apparaît pas arbitraire. Du moins, la recourante ne démontre pas que ce soit le cas (art. 90 al. 1 let. b OJ). En particulier, elle n'établit pas en quoi la constatation du Tribunal d'arrondissement, selon laquelle l'intimé a dû mettre un terme à ses activités de responsable en raison de son âge, serait insoutenable. Le message électronique auquel elle se réfère, adressé par son mari à un ami le 14 décembre 2003, confirme bien que, depuis le 1er octobre 2003, l'intéressé ne s'occupe plus du département audit; quant aux dires de celui-ci, selon lesquels il a repris la responsabilité du "Middle Market" pour la Suisse romande et est passablement occupé par ses clients ainsi que plusieurs gros appels d'offres, ils ne permettent pas de conclure que les juges cantonaux auraient arbitrairement apprécié les preuves sur ce point. Dans la mesure où la recourante soutient qu'il convient de se fonder, non pas sur le certificat de salaire établi par l'employeur de son mari pour 2003, mais sur la moyenne des revenus, selon elle plus élevés, réalisés par celui-ci au cours des cinq années précédentes, son grief se révèle dès lors appellatoire et ne peut donc être pris en considération. Il en va de même de ses allégations concernant le bonus réellement payé à l'intimé. Le montant de 91'363 fr. qu'elle voudrait voir prendre en compte se rapporte en effet à l'exercice 2002-2003. L'autorité cantonale ne saurait par conséquent se voir reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire en retenant, pour la période allant de 2003 à 2004, la somme de 55'980 fr. figurant dans le certificat délivré par l'employeur du mari. La recourante prétend certes que cette attestation aurait été rédigée conformément aux souhaits de l'intimé. Le fait que les chiffres contenus dans ce document correspondent à ceux indiqués par le mari et que celui-ci ait demandé une attestation de salaire "selon la présentation qui [lui] serait nécessaire" ne suffit cependant pas à affirmer qu'il s'agirait d'un certificat de complaisance. Au demeurant, les mesures protectrices de l'union conjugale sont ordonnées à la suite d'une procédure sommaire avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degré de la preuve à la simple vraisemblance. Il suffit donc que les faits soient rendus vraisemblables (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb p. 478 et les références). Le grief se révèle ainsi mal fondé, dans la mesure où il est recevable.