Citation: 6B_984/2014 E. B

Par jugement du 8 septembre 2014, le Juge unique de la Cour pénale II du Tribunal cantonal du Valais a admis l'appel de X.________ et réformé le jugement attaqué. Il a reconnu l'intéressé coupable d'abus de confiance et de gestion déloyale et l'a condamné à 240 jours-amende à 180 fr. le jour, sous déduction de la détention avant jugement, avec sursis pendant deux ans. En résumé, il s'est fondé sur les faits suivants: B.a. A.________, administrateur unique de B.________ SA, et X.________ ont fait connaissance en 2005. Par acte du 17 avril 2007, B.________ SA, X.________ et C.________ ont constitué la société D.________ SA. A.________ et X.________ ont été nommés en qualité de président et de secrétaire du conseil d'administration. A.________ était en charge du secteur administratif. X.________ était pilote à temps complet. Il s'occupait des réservations, du planning, du marketing et de l'organisation des vols. E.________ tenait la comptabilité de la société. La société disposait de deux avions Piper Cheyenne III, immatriculés aux Etats-Unis et stationnés à W.________. B.b. La licence de X.________ lui permettait de piloter sur le territoire suisse des appareils immatriculés au registre américain des aéronefs, lors de vols non commerciaux. D.________ SA a donc constitué une association, le Club F.________. En principe, seuls les membres de ce club, dont la cotisation annuelle s'élevait à un montant de l'ordre de 100 fr. ou de 200 fr., bénéficiaient, après un délai de trente jours, de la faculté de commander un vol. Le membre du Club F.________ réservait le vol auprès de la société D.________ SA ou de X.________. Il s'acquittait du prix auprès de celle-ci, parfois de X.________. B.c. Dès le 1 er octobre 2007, X.________ a travaillé comme pilote pour D.________ SA pour un salaire mensuel brut de 7'500 fr. A la suite de dissensions entre A.________ et X.________, D.________ SA a signifié son congé à ce dernier le 29 septembre 2008, pour le 31 octobre 2008. Elle a cependant libéré, avec effet immédiat, le travailleur de son activité de pilote. Le 3 octobre 2008, l'assemblée générale de D.________ SA, à laquelle X.________ a participé, a désigné, à la majorité des voix attribuées aux actions représentées, A.________ en qualité d'administrateur unique. X.________ n'a dès lors plus participé au conseil d'administration. B.d. Le 6 août 2008, X.________ s'est déplacé à Y.________, aux commandes du Piper Cheyenne III N22UP. Après avoir déposé ses clients dans la station grisonne, il est rentré. Le 10 août suivant, il a ramené les intéressés au terme de leur séjour. Les clients ont payé à X.________ le prix du transport, à savoir 7'200 fr., avant le décollage. X.________ a versé ce montant à la banque émettrice de sa carte de crédit personnelle Visa. Il ne l'a pas, pour autant, déduit du montant de ses frais professionnels, qu'il a réclamés à son employeur. Il n'a pas rédigé les rapports de vols afférents à ces deux déplacements et n'a pas rempli les " bons de transport/livraison " y relatifs. Pour ces faits, la cour cantonale a reconnu X.________ coupable d'abus de confiance. Elle a considéré que l'intéressé avait agi comme auxiliaire de l'encaissement, en tant que représentant direct de son employeur, D.________ SA. Le montant versé par les clients constituait une valeur patrimoniale confiée qu'il devait remettre à son employeur; il ne pouvait le verser sur son propre compte. B.e. A compter du 20 septembre 2008, X.________ a oeuvré comme pilote indépendant, sous la raison G.________, à l'insu de D.________ SA. Les 20, 23, 24, 29, 30 septembre, 1 eret 2 octobre 2008, il a disposé du Piper Cheyenne III N22UP. Aux commande de cet appareil, il a effectué, pour son propre compte, différents transports de passagers, conformément aux contrats conclus avec H.________, K.________ SA, L.________, M.________ SA et N.________. Sa mère, O.________, qui exécutait toutes les tâches administratives relatives à l'activité de son fils, procédait à la facturation des prestations. Le produit des vols était versé sur un compte auprès de la banque P.________, dont elle était titulaire, alors que X.________ en était l'ayant droit économique. Pour ces faits, la cour cantonale a reconnu X.________ coupable de gestion déloyale. Elle a considéré qu'en qualité d'administrateur (jusqu'au 3 octobre 2008) et d'employé de la société D.________ SA, X.________ devait veiller à accroître le patrimoine de la société et qu'il ne pouvait pas réaliser des transports pour son propre compte ou celui d'une entreprise tierce, sans violer son devoir de fidélité (cf. ATF 105 IV 307).