Citation: 5A_269/2024 E. B

B.a. Par décision superprovisionnelle du 6 décembre 2022, suivant les recommandations formulées au terme du rapport précité, l'APEA a retiré provisoirement aux parents le droit de déterminer le lieu de résidence de C.________ et chargé l'OPE de la placer une fois que son maintien en milieu hospitalier ne serait plus nécessaire. Cette décision a été confirmée par décision provisionnelle du 22 décembre 2022, l'APEA instituant de surcroît une curatelle au sens de l'art. 308 al. 1 et 2 CC, chargeant l'OPE de mettre en oeuvre le droit aux relations personnelles des parents à raison de deux visites accompagnées par semaine au sein de l'association "E.________" et exhortant les parents à se soumettre sans délai à un test capillaire visant à évaluer leur consommation de stupéfiants. B.a.a. Les expertises toxicologiques réalisées ont permis d'écarter toute consommation récente d'héroïne par les parents. Seule une consommation de Sevre-Long, un traitement opiacé de substitution, a pu être mise en évidence pour la mère, respectivement de Sevre-Long et de diazépam pour le père. B.a.b. Deux bilans de situation (23 mars 2023, 10 mai 2023) ont été établis par la curatrice. Il en ressort le climat de tension dans lequel se déroulaient les visites, la difficulté des parents à comprendre la prise en charge de l'enfant en raison de sa prématurité, leur collaboration défaillante avec les professionnels impliqués ainsi que leur attitude revendicatrice. Des améliorations étaient certes relevées à l'issue de son second rapport, mais la curatrice recommandait néanmoins le maintien du dispositif en place. Un éventuel retour de l'enfant au domicile de ses parents devait à son sens être assorti de mesures de soutien ambulatoires, par le biais d'interventions régulières de professionnels du domaine médical et socio-éducatif à domicile. B.b. Par décision provisionnelle du 25 juillet 2023, l'APEA a maintenu le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence de C.________, tout en prévoyant d'ores et déjà un retour progressif de l'enfant chez ses parents, d'abord à raison d'une journée par semaine pendant quatre semaines, puis de deux journées par semaine pendant deux semaines et de deux journées et d'une nuit par semaine pendant deux semaines, avec le passage du centre médico-social (CMS) ou de l'OPE à domicile. Elle a également ordonné une évaluation pédiatrique de l'enfant. Lors de la visite accompagnée du 24 août 2023, A.________ et B.________ ont quitté la structure d'accueil en emmenant leur fille, sans autorisation et malgré l'opposition des intervenants. L'intervention de la police a été nécessaire pour retrouver et ramener l'enfant à sa famille d'accueil. B.c. Par décision superprovisionnelles du lendemain, l'APEA a retiré aux parents leur droit aux relations personnelles avec leur fille, ce avec effet immédiat. B.d. Par décision provisionnelle du 19 octobre 2023, l'APEA a rétabli les relations personnelles entre les parents et l'enfant à raison de cinq visites à quinzaine, accompagnées par l'association "F.________", puis, en cas de retour positif, à raison de deux journées par semaine durant deux semaines au domicile parental, puis, en fonction de l'évolution de la situation, à raison de trois journées et d'une nuit dans la semaine durant deux semaines, à charge pour l'OPE d'assurer le passage d'un professionnel lors des visites chez les parents et de transmettre à l'autorité un bref rapport au terme de chaque étape prévue. L'APEA a par ailleurs retiré l'effet suspensif à un éventuel recours. A.________ et B.________ ont recouru contre cette décision le 2 novembre 2023. B.d.a. Le même jour, l'OPE informait l'APEA de son refus et de celui de l'association "F.________" d'intervenir au domicile des parents. L'attitude du père (menaces à l'encontre de la curatrice, laissant entendre qu'il pourrait l'étrangler tant il était fâché contre elle; propos inquiétants tenus à l'égard de l'enfant, l'intéressé indiquant qu'il allait "la vendre pour ses organes"; invectives contre l'interprète, au point que celle-ci ne souhaite plus intervenir; refus de signer le contrat avec l'association précitée et d'accepter la présence de la curatrice lors des visites) et son opposition à respecter la décision de l'APEA ne permettaient pas de mettre en place le dispositif prévu. La sécurité des intervenants ne pouvait en effet être garantie et le climat entourant les visites n'était pas propice à la présence d'un enfant en bas âge. La curatrice recommandait par ailleurs la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique de A.________ afin d'évaluer les possibilités de visite entre lui et sa fille, voire à tout le moins que soit exigé de sa part un suivi psychiatrique axé sur le traitement de la violence; elle suggérait également d'envisager la suspension des relations personnelles entre le père et sa fille. La curatrice a établi le 24 janvier 2024 un nouveau rapport de situation à l'attention de l'APEA. Un élargissement des visites entre la mère et sa fille était recommandé à raison de trois heures à chaque quinzaine par l'intermédiaire du Point Rencontre; des visites libres n'étaient cependant pas envisageables à ce stade en raison de l'incapacité apparente de la mère à s'interposer face à son époux en cas de besoin. La curatrice maintenait la recommandation de la suspension des relations personnelles entre le père et sa fille, tout comme l'établissement d'une expertise psychiatrique le concernant. B.d.b. Le 26 février 2024, l'APEA a chargé l'OPE de mettre en oeuvre la seconde phase de l'élargissement du droit de visite des parents telle que prévue par sa décision du 19 octobre 2023 (visites au domicile des parents à raison de deux jours par semaine). La preuve du suivi psychiatrique/gestion de colère du père était requise. Les nouvelles modalités de relations personnelles (deux jours par semaine) ont été appliquées dès le 4 mars 2024, toutefois sans passage d'un professionnel, vu les risques sécuritaires évoqués plus haut. B.d.c. Par arrêt du 25 mars 2024, la Présidente de l'autorité de recours en matière de protection de l'enfant et de l'adulte du Tribunal cantonal du Valais (ci-après: la présidente ou l'autorité cantonale) a annulé et réformé la décision rendue par l'APEA le 19 octobre 2023, décidé que le lieu de résidence de l'enfant appartenait à l'APEA (1), limité les relations personnelles entre l'enfant et sa mère à des visites de trois heures chaque quinzaine au Point Rencontre (2) et les a suspendues entre l'enfant et son père (3). L'APEA était par ailleurs chargée de mettre en oeuvre une expertise relative aux compétences parentales de celui-ci (4), lequel était sommé d'entreprendre une thérapie axée sur la gestion de la violence (5); les curatelles éducative et de surveillance des relations personnelles étaient maintenues (6).