Citation: 4C.168/2000 27.03.2001 E. A

A.- Le 15 avril 1994, le notaire Y.________ a instrumenté un acte par lequel X.________ S.A. vendait à M.________ 4443 m2 de terres viticoles, pour le prix total de 111'075 fr., payable au plus tard le 30 juin 1994. Avant la signature de l'acte, le notaire a présenté aux parties un plan, daté du 14 avril 1994, établi par un géomètre. M.________ affirme qu'ayant vu ce plan, il a immédiatement signalé que le tracé proposé ne correspondait pas à l'alignement des ceps de vigne et il a demandé au notaire de faire rectifier le plan. La venderesse était représentée par dame T.________, qui, entendue plus tard en qualité de témoin, s'est exprimée de la manière suivante au sujet de l'intervention de M.________: "il y a eu un problème de plan où l'on disait qu'une limite était en discussion, le demandeur voulant la changer". Le notaire a alors immédiatement téléphoné au géomètre, devant les parties, pour lui demander si la modification requise par l'acheteur était possible; le géomètre a répondu affirmativement. L'acte a ensuite été signé par les parties. Le même jour, le notaire a envoyé aux parties une copie libre de l'acte, ainsi qu'une lettre dans laquelle il écrivait ceci: "Lors de l'instrumentation de l'acte, M. M.________ a demandé que la nouvelle limite suive l'alignement des ceps de vigne, ce qui n'était pas le cas du plan de fractionnement qui m'avait été remis. Vérification faite séance tenante avec le géomètre, il s'avère que cela est possible sans changement de surface. Le géomètre a donc été chargé de modifier son plan et d'aborner en conséquence.. " Le 20 avril 1994, le géomètre a établi un nouveau plan, qui suivait l'alignement des ceps. Le notaire a ensuite adressé aux parties une lettre, datée du 24 mai 1994, contenant le passage suivant: "Au moment de l'instrumentation de l'acte, M. M.________ a demandé que la nouvelle limite suive l'alignement des ceps de vigne. Le géomètre a donc été chargé séance tenante de modifier son plan de fractionnement. Il a dès lors établi le plan provisoire, daté du 20 avril 1994, dont vous trouverez inclus photocopie. Cette modification de limite suppose en définitive une emprise réduite à quelques mètres carrés sur la parcelle ... contrairement à ce que le géomètre m'avait laissé entendre lors de notre entretien téléphonique du 15 avril dernier. Il en découle que la modification de limite entraînerait un échange mètre par mètre portant sur une surface de 1319 m2. Vous voudrez bien me faire savoir, à bref délai, si je dois préparer cet échange ou non.. " Par courrier du 30 mai 1994, X.________ S.A. a répondu qu'elle n'était pas disposée à procéder à l'échange proposé. M.________ a indiqué au notaire, par lettre du 13 juin 1994, qu'il conditionnait le versement du prix de vente à l'échange de terrains nécessaire pour que le tracé puisse suivre l'alignement des ceps. A l'échéance du 30 juin 1994, le prix fixé dans l'acte n'a pas été payé.