Citation: 6B_190/2014 E. 4.2.2

4.2.2. Il est incontesté que c'est bien Y.________ qui a fait venir A.________ et B.________ à D.________ dans l'après-midi du 13 août 2012. Les déclarations des trois prénommés citées par la recourante le démontrent. En revanche, l'argumentation développée pour affirmer que l'intention de Y.________ était d'inciter ses amis à accomplir un acte délictueux déterminé à son encontre ne peut pas être suivie. On peut certes déduire des éléments cités par la recourante que Y.________ a peut-être voulu faire comprendre à ses compagnons qu'elle pourrait répondre à d'éventuelles avances de leur part; il leur a ainsi raconté sur place, à la garderie, qu'il venait d'entretenir des relations sexuelles avec elle, puis les a par la suite laissés seuls tous les trois dans le local de la piscine remplie de boules; selon ses déclarations, il a même pensé "qu'il allait se passer quelque chose de l'ordre du sexuel" et que son "but était de faciliter les choses". Ces faits et déclarations ne suffisent cependant pas à démontrer que Y.________ a encouragé A.________ et B.________ à commettre avec la recourante des actes d'ordre sexuel contre son gré. En premier lieu, il résulte des indications des deux derniers prénommés qu'ils ont eu l'idée d'un rapprochement plus intime avec la jeune fille seulement au moment où ils se trouvaient seuls avec elle dans la piscine remplie de boules. A.________ a déclaré: "L'idée [de tenter ma chance] ne m'est pas venue tout de suite. Elle m'est venue quand nous étions dans la salle et que nous nous touchions tous les trois. Y.________ était déjà sorti à ce moment-là. Nous n'avions pas prévu qu'il sorte pour nous laisser le champ libre. L'idée m'est venue quand nous étions tous les trois, dans le noir" (procès-verbal du Tribunal des mineurs du 27 novembre 2012, p. 5). B.________ a confirmé ces propos, en déclarant avoir agi "sur le coup", soit, dans le contexte, après qu'il s'est retrouvé avec les deux autres jeunes dans le local de la piscine (procès-verbal du Tribunal des mineurs du 20 novembre 2012, p. 2). La recourante oppose en vain à ces déclarations l'argument selon lequel il est peu concevable que les protagonistes n'aient pas conçu déjà au stade de leur discussion avec Y.________ l'idée de pouvoir obtenir des faveurs de sa part, en vertu de "l'expérience générale de la vie au sujet d'adolescents placés dans une situation identique". Elle expose en effet sa propre interprétation des faits, en faisant fi des déclarations concordantes de A.________ et B.________. Il en va de même lorsque la recourante soutient que seule la mention par Y.________ de la relation intime qu'il venait d'avoir avec elle avait pu influencer de manière directe A.________ pour que celui-ci passât à l'acte. Cette interprétation est contredite par les déclarations de celui-ci, selon lesquelles il n'avait eu l'idée d'un rapprochement physique avec la jeune fille qu'au moment de se trouver avec elle et B.________ à jouer à trois dans la piscine remplie de boules. En second lieu, le fait que Y.________ avait compris ou, du moins, avait dû se rendre compte, comme l'a retenu la juridiction cantonale, que les trois autres intéressés entreprendraient des actes d'ordre sexuel, ne démontre pas qu'il avait conscience que ses amis allaient adopter un comportement illicite, en passant outre la volonté de la recourante de ne pas dépasser un certain stade de rapprochement physique. Que l'intimé ait éteint la lumière au moment de quitter le local en question ou ait par la suite redouté l'arrivée de la police, comme le fait valoir la recourante, n'y change rien. L'action d'éteindre la lumière n'a pas la portée décisive qu'elle semble vouloir lui donner: d'une part, les autres intéressés ont chacun déclaré avoir éteint la lumière avant de se coucher dans la piscine remplie de boules (procès-verbaux du Tribunal des mineurs du 20 novembre 2012, p. 2, et du 27 novembre 2012, p. 3), de sorte que l'intervention de l'intimé n'est pas clairement établie. On ne voit pas, d'autre part, que l'extinction de la lumière constituerait un acte si déterminant que, sans celui-ci, les événements auraient pris une tournure différente. Quant à la crainte de voir la police intervenir, l'intimé a expliqué qu'il savait que lui et ses compagnons n'avaient rien à faire dans la garderie, ce qui apparaît convaincant au regard déjà des événements antérieurs à la survenance des faits délictueux.