Citation: 2C_654/2019 E. 2.1

2.1. La Cour de justice a fait une application nuancée et précise de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI, en tant qu'elle a jugé que les faits invoqués n'étaient pas constitutifs de violence conjugale au sens de cette disposition, de sorte que l'on peut se référer aux considérants de l'arrêt attaqué (art. 109 al. 3 LTF). En particulier, pour retenir l'absence du degré de gravité de la violence conjugale, la Cour de justice a apprécié les divers moyens de preuve à sa disposition, à savoir les certificats médicaux, attestations des associations consultées et des témoignages écrits. Il est au demeurant noté que certains de ces documents ne font que rapporter les propos de la recourante et que d'autres ont été établis après que l'Office de la population eut fait savoir à la recourante, le 18 août 2016, qu'il entendait révoquer son autorisation de séjour; quant au témoignage de la voisine, il atteste de ce que le conjoint s'est énervé à une reprise. La Cour de justice n'a pas nié que celle-ci ait pu faire l'objet d'une certaine violence physique et psychologique. Ainsi, les hématomes constatés dans un certificat médical étaient compatibles avec la description des événements donnée par la recourante (que le conjoint conteste); il en va de même pour le pouce tordu. Toutefois, l'intensité et la fréquence des violences n'était pas établie. De même, si l'époux avait pu menacer l'intéressée après qu'il eut appris l'existence d'une prétendue relation extraconjugale et si une certaine anxiété et nervosité étaient prouvées, les pièces fournies ne permettaient pas d'établir une situation de violence psychologique intense et répétée. D'ailleurs, la recourante avait repris la vie commune au printemps 2018, quand bien même elle était indépendante financièrement et avait conclu un bail à son nom. A l'instar de ce qu'ont conclu les juges précédents, ces éléments démontrent que l'intéressée n'est pas gravement perturbée par les violences alléguées. La recourante critique la densité des violences requises par la jurisprudence quant à l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI: il faut toutefois admettre que, sans légitimer en aucune façon la violence conjugale, n'importe quel conflit ne peut pas permettre au conjoint étranger de prolonger son autorisation de séjour, car telle n'a pas été la volonté du législateur.