Citation: 5A_276/2019 E. 6.3

6.3. Il appert ainsi que contrairement à ce que prétend le recourant, l'autorité cantonale a calculé la contribution d'entretien due à l'intimée en se fondant sur les dépenses indispensables au maintien de son niveau de vie durant la vie commune. Le premier juge avait estimé que l'épouse, vu ses revenus et ses charges, pouvait vraisemblablement couvrir son train de vie antérieur au moyen de ses propres ressources. La Cour de justice a considéré qu'il n'en était rien pour le motif suivant: dès lors qu'à l'exception de sa participation aux frais de vacances, l'épouse n'utilisait pas ses revenus pour son propre entretien durant la vie commune, le maintien de son niveau de vie impliquait qu'elle puisse continuer à disposer d'un solde équivalent, déduction faite de la moitié de l'augmentation des charges totales des époux liées à la séparation. Le recourant ne démontre pas que ce raisonnement serait arbitraire. Il se borne à prétendre qu'il ferait fi de la méthode établie de longue date par le Tribunal fédéral en cas de situation favorable des époux et que le résultat "du syllogisme juridique" de la Cour de justice serait arbitraire. A l'appui de ce moyen, il soutient que les charges supportées par l'épouse durant la vie commune comprenaient aussi les coûts des séjours linguistiques des enfants. Ce faisant, il ne démontre pas qu'il était insoutenable de retenir qu'il s'agissait là, à l'instar de ses donations, de dépenses effectuées par l'intimée avec le solde de ses revenus et non de frais liés à son entretien. Dans la mesure où il prétend, de surcroît, qu'il était arbitraire de se fonder sur les seules déclarations de l'épouse pour retenir qu'elle ne réalisait pas d'économies, cette allégation est purement appellatoire, partant irrecevable; en outre, le recourant n'expose pas en quoi elle serait pertinente en l'espèce. Pour le surplus, le recourant se contente de soutenir que le calcul effectué par la Cour de justice est contraire à la jurisprudence relative à la méthode du train de vie, sans expliciter son grief plus avant et sans que l'on puisse discerner en quoi l'autorité précédente aurait appliqué cette jurisprudence de manière choquante. Il en va ainsi en tant qu'il invoque l'arrêt 5A_137/2017 du 29 juin 2017 consid. 4.1, en affirmant que la cour cantonale a effectué un calcul qui ne répond en aucun cas aux critères posés par le Tribunal fédéral. Certes, le recourant ajoute à cet égard que la juridiction précédente n'a en particulier pas pris en compte, pour le maintien du train de vie de l'épouse, le montant des dépenses incompressibles de celle-ci (5'198 fr.), augmenté de tous ses frais effectifs. Pour autant qu'elle soit intelligible, cette critique revient à reprocher à la cour cantonale d'avoir retenu qu'en l'occurrence, le train de vie de l'appelante durant la vie commune ne se limitait pas au montant de ses charges effectives puisque celles-ci étaient alors presque toutes assumées par le mari, et que l'épouse disposait par conséquent librement de la quasi intégralité de ses revenus. Or le recourant n'explique pas clairement pourquoi cette constatation serait arbitraire, se limitant à opposer sa propre appréciation à celle de l'autorité précédente. On ne voit pas non plus en quoi son allégation, selon laquelle les coûts liés au 3e pilier et aux formations continues de l'intimée sont déjà comptabilisées dans son bilan commercial et n'ont pas à être prises en considération une seconde fois dans ses charges, aurait une incidence sur l'issue du litige, l'autorité précédente n'ayant de toute manière pas intégré ces coûts auxdites charges. Enfin, le recourant prétend vainement que la méthode de calcul employée dans l'arrêt attaqué est "exotique, n'a nulle part trouvé l'agrément du Tribunal fédéral et n'existe que par la fantaisie de la Cour de justice". Selon lui, cette autorité serait partie du principe que tout le salaire de l'intimée, à l'exception d'un montant symbolique afférent aux vacances, a été considéré comme devant "soutenir" le train de vie de l'intéressée, toutes ses charges, sauf lesdits frais de vacances, devant être supportées par lui. Cette façon de résumer le raisonnement de l'autorité cantonale - qui a en réalité estimé que le niveau de vie antérieur de l'épouse ne correspondait pas seulement à ses frais d'entretien, mais comprenait en outre le montant presque intégral de son salaire - ne permet pas de considérer que le résultat auquel est parvenue la Cour de justice serait arbitraire. Il n'est en particulier nullement démontré que la contribution d'entretien de 3'000 fr. par mois allouée à l'intimée permettrait à celle-ci de bénéficier d'un train de vie supérieur à celui mené durant la vie commune ou à celui du recourant (cf. supra consid. 6.1). En tant qu'il est suffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF), le grief se révèle par conséquent mal fondé.