Citation: 1P.526/2004 11.11.2004 E. 2

Le jugement de condamnation repose pour l'essentiel sur le témoignage à charge de Y.________. Celui-ci a déclaré avoir sous-loué son appartement à l'accusé qui se livrait au trafic de cocaïne. Il a dit avoir vu, à la fin du mois d'octobre ou au début du mois de novembre 2002, le recourant se partager avec un comparse 1,5 kg de cocaïne dans cet appartement. Il y aurait également trouvé, en avril 2002, 2 kg de cocaïne appartenant au recourant. Celui-ci a toujours contesté ces accusations, que Y.________ a toujours maintenue, y compris à l'audience de jugement. Le recourant fait valoir que le témoignage de Y.________ ne serait confirmé par aucun autre élément. Il reproche au Tribunal correctionnel, puis à la Cour de cassation, confrontés à deux versions différentes des faits, d'avoir opté unilatéralement en faveur de celle de Y.________. Or, ce dernier aurait fluctué dans ses déclarations et menti sciemment sur certains points de l'affaire, que le recourant ne tient pas pour secondaires, contrairement aux autorités cantonales. Cela priverait de toute crédibilité les accusations à charge portées par Y.________. Le juge pénal peut fonder sa conviction sur un témoignage ou sur des indices, pourvu que son appréciation à cet égard ne soit pas arbitraire. Il peut également, dans les mêmes conditions, tenir pour vraies et crédibles les déclarations d'un témoin, même si elles sont contestées par l'accusé. En l'occurrence, le recourant met en exergue le fait que Y.________ aurait menti s'agissant de l'époque où il aurait mis son appartement à sa disposition, du montant du loyer, de sa présence dans l'appartement, de sa propre activité dans la vente de drogue, de sa consommation, ou de son train de vie. Force est de constater, avec la Cour de cassation, que ces éléments ne sont pas déterminants. Le témoin a effectivement varié sur ces points, sans doute pour minimiser sa propre activité délictuelle - pour laquelle, il a été condamné à une peine de trente mois de réclusion, au demeurant. Sur l'essentiel de ce qui concerne le recourant toutefois, ses déclarations ont été constantes et précises. On ne saurait dès lors reprocher au Tribunal correctionnel, puis à la Cour de cassation pénale, de leur avoir accordé une valeur probante plus grande qu'aux dénégations du recourant. Au demeurant, le recourant a reconnu lui-même avoir écoulé de la cocaïne dans les lieux publics qu'il fréquentait, pour une quantité d'au moins 310 g de cocaïne. Son train de vie était de surcroît sans rapport avec la très modeste allocation qu'il recevait des services sociaux. Outre le témoignage de Y.________, il existait ainsi d'autres éléments à charge, dont les autorités cantonales pouvaient tenir compte dans une appréciation globale de la culpabilité du recourant. Eu égard à la cognition restreinte du Tribunal fédéral en la matière, la solution retenue par la cour cantonale n'est assurément pas arbitraire.