Citation: 6B_3/2018 E. A

A.a. A.________, société écossaise fondée par B.________ qui en est l'unique actionnaire, était active dans le négoce de l'acier avec la Russie. Son but consistait à acheter de l'acier au groupe russe C.________ et de le revendre sur le marché européen, en recourant aux services d'un agent, D.________ et de l'employé de cette société, X.________. E.________ et E.________ GmbH (ci-après : E.________), dont F.________ est le directeur, font partie d'un groupe actif dans le négoce d'acier. A.b. Le 19 juin 2012, A.________ a déposé une plainte pénale contre X.________ pour escroquerie, faux dans les titres et blanchiment d'argent. Elle a expliqué que, entre 2000 et 2007, la société G.________ achetait de l'acier à C.________ puis le revendait à des sociétés européennes telles que E.________, par l'intermédiaire de D.________ et de l'employé de celle-ci, X.________. Entre 2007 et 2008, A.________ avait déployé la même activité que celle décrite pour G.________. En novembre 2000, cette dernière société avait conclu deux contrats d'agence avec D.________. L'un obligeait notamment D.________ à négocier le prix d'achat de l'acier aux conditions les plus favorables à G.________ tandis que l'autre prévoyait la vente de l'acier à des clients subséquents. Les obligations de D.________ vis-à-vis de A.________ étaient "sensiblement les mêmes". Entre 2000 et 2008, X.________ avait développé une activité parallèle pour le compte de E.________, en contradiction avec les intérêts de G.________ et de A.________. Pour chaque transaction conclue avec E.________, le prénommé et F.________ négociaient la quantité, la qualité et le prix de l'acier en prévoyant que 3% environ du prix seraient reversés à X.________, à titre de commission. E.________ recevait à chaque fois deux factures, l'une venant de G.________ et de A.________ pour un montant total d'environ 97% du prix convenu et l'autre correspondant à la commission de X.________, soit le solde de 3%, qui était versé à des sociétés I.________ puis, à partir de 2007, J.________, toutes deux propriété de F.________ et dont le but était de servir d'intermédiaire dans la facturation avec la société K.________, remplacée en 2009 par L.________ SA, dont l'ayant droit économique était X.________. K.________ établissait la facture sur instruction de ce dernier, laquelle était ensuite transmise à I.________ ou à J.________. Ces sociétés établissaient alors une nouvelle facture, transmise à E.________, qui s'en acquittait. I.________ et J.________ payaient quant à elles K.________ à hauteur de 85 à 90% sur des comptes bancaires en Suisse, utilisés par X.________ pour ses dépenses personnelles. Les 10 à 15% restants étaient reversés à une société dont l'ayant droit économique était F.________. Selon A.________, X.________ avait ainsi utilisé ses positions d'employé de D.________ et d'expert en matière de "trading" d'acier pour lui faire croire qu'il agissait dans son intérêt en concluant des contrats de vente avec E.________. Bien qu'il eût un devoir de diligence et de loyauté à son égard, il l'avait maintes fois trompée en l'incitant à se satisfaire d'un prix 3% inférieur à celui convenu avec E.________. A.________ avait donc été dans l'erreur et avait accepté un prix inférieur à celui qu'elle aurait dû encaisser. En une année, le dommage de cette société, soit une non-augmentation de l'actif, s'était élevé à 1'600'817 EUR 77. Enfin, selon A.________, les fonds détournés puis versés sur des comptes bancaires en Suisse provenaient des infractions commises à son préjudice. Le système de facturation opaque, par le truchement de sociétés intermédiaires, avait permis d'entraver l'identification de l'origine et la découverte des valeurs patrimoniales ainsi que leur confiscation.