Citation: 6B_416/2019 E. 4.6

4.6. Le recourant conteste que le transfert des fonds litigieux sur son compte en Suisse eût été propre à entraver l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de valeurs patrimoniales concernées. A cet égard, la cour cantonale a indiqué que, en transférant les montants reçus de la société C.________ sur un compte joint auprès de la Banque F.________ à Dubaï puis à nouveau auprès de la Banque B.________ à U.________ afin de réinvestir ceux-ci dans un bien immobilier appartenant à son fils, le recourant avait agi dans le but de couper tout lien entre ses actes de gestion déloyale et les valeurs patrimoniales obtenues, ce qui était propre à en compliquer la confiscation. Il était patent que le recourant avait cherché à endormir la vigilance de la Banque B.________, puisque ce dernier n'y avait pas immédiatement transféré les montants concernés, mais avait tout d'abord fait transiter ceux-ci par un premier compte joint à Dubaï. En outre, dès lors que AA.________ Llc avait une raison sociale proche de celle de l'employeur du recourant et que les fonds versés sur les comptes joints de ce dernier provenaient d'une société cliente de A.________ Ltd, soit C.________, dont l'épouse de l'intéressé - co-titulaire des comptes en question - détenait 20% du capital-actions, le procédé utilisé était susceptible de masquer l'arrière-plan illégitime des valeurs transférées dans les établissements bancaires. Le recourant se réfère à l'arrêt publié aux ATF 144 IV 172 et affirme que le transfert des fonds litigieux en Suisse n'aurait en rien entravé leur identification, leur découverte ou leur confiscation. Dans la jurisprudence précitée, le Tribunal fédéral a indiqué que la question de savoir si un comportement était propre à entraver la confiscation de valeurs patrimoniales obtenues par la commission d'un crime devait être examinée au regard du cas d'espèce (cf. ATF 144 IV 172 consid. 7.2.2 p. 175). Or, en l'occurrence, le recourant a transféré les montants litigieux, en un unique versement, sur un compte joint en Suisse servant à l'épargne de son couple. Ce transfert lui a permis d'affirmer, comme il le fait encore devant le Tribunal fédéral, que la somme en question constituait de l'épargne lui appartenant ainsi qu'à son épouse, tout en contestant son lien avec les montants obtenus de la part de la société C.________. Peu importe que le transfert n'eût pas, en l'espèce, produit de résultat pratique (cf. ATF 124 IV 274 consid. 2 p. 276), puisqu'il était propre à entraver l'identification, la découverte ou la confiscation des valeurs concernées (cf. ATF 144 IV 172 consid. 7.2.2 p. 174), en faisant apparaître celles-ci comme l'épargne du couple du recourant sans lien avec ses activités à Dubaï.