Citation: 2C_395/2021 E. 10.3.8

10.3.8. La recourante ne formule aucun grief qui permette d'arriver à une autre conclusion. Elle tente notamment en vain de tirer profit du fait qu'elle n'a jamais interdit aux propriétaires genevois de construire une seconde IDI coaxiale dans leurs bâtiments et de l'affecter à autre chose qu'un raccordement au téléréseau. Une telle argumentation, qui tend à démontrer qu'elle n'aurait jamais disposé d'un droit exclusif d'utiliser les IDI coaxiales en Ville de Genève, ne convainc en effet pas. Ce qui est en l'occurrence décisif est qu'en refusant de partager les IDI coaxiales connectées à son téléréseau, la recourante a limité de facto les débouchés d'autres entreprises, car, comme l'a constaté le Tribunal administratif fédéral, les propriétaires étaient forcément réticents à construire plusieurs IDI coaxiales dans leurs bâtiments, étant entendu qu'un tel investissement augmenterait sensiblement les coûts de construction de leurs immeubles. C'est pour le reste en vain que la recourante tente de minimiser la portée de son comportement en affirmant n'avoir jamais attaché d'importance à son droit d'utilisation exclusive des IDI coaxiales. Un tel argument se heurte en effet aux constatations de fait contenues dans l'arrêt attaqué, qui, comme on l'a vu, retient que la recourante a fait en sorte d'imposer un strict respect de ses conditions commerciales durant la période sous enquête. Il en va de même de la critique de la recourante selon laquelle elle n'aurait pas été responsable de l'échec commercial du système "Supermédia" développé par l'intimé qui, d'après elle, découlerait du caractère obsolète de cette technologie. Le Tribunal administratif fédéral a en effet établi d'une manière qui lie la Cour de céans (cf. art. 105 al. 1 LTF) que l'intéressée avait bel et bien été l'une des causes de la mauvaise fortune de l'intimé. Il n'est dès lors même pas nécessaire de se demander si la recourante a adopté un comportement contraire à l'art. 7 al. 2 let. e LCart en laissant simplement croire aux propriétaires qu'ils ne pouvaient pas utiliser leurs IDI coaxiales à d'autres fins qu'un raccordement au téléréseau, ni, partant, d'examiner si un tel comportement était par exemple propre à limiter - à tout le moins de manière potentielle - les débouchés et le développement technologique d'autres entreprises (cf. sur la suffisance d'une atteinte potentielle à la concurrence, cf. AMSTUTZ/CARRON, in Basler Kommentar - Kartellgesetz, 2e éd. 2021, nos 128 ss et 146 ad art. 7 LCart; STÄUBLE/SCHRANER, op. cit., nos 77 ss ad art. 7 LCart; CLERC, op. cit., no 88 ad art. 7 I LCart).