Citation: 6B_1136/2023 E. 2.10.1

2.10.1. En rapport avec l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, il sied de tenir compte, tout d'abord, de la longue durée du séjour de l'intéressé dans ce pays, du fait qu'il y est arrivé à l'âge de quatorze ans et du fait que les membres de sa famille y vivent. Le recourant invoque la présence de ses enfants mineurs en Suisse et du lien "fort et positif" qu'il a avec eux. Si l'on peut admettre que l'expulsion est certes susceptible de porter atteinte aux relations entre celui-ci et ses enfants, il convient de relever qu'elle n'empêchera pas le recourant d'entretenir des contacts avec ses enfants par le biais des moyens de télécommunications modernes, voire par le biais de visites occasionnelles de ceux-ci au Nigéria. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir omis certains éléments qui seraient de nature à "rendre l'expulsion particulièrement attentatoire [à ses] intérêts". Or, contrairement à ce qu'il soutient, la cour cantonale a tenu compte du fait qu'il n'avait quasiment pas vécu au Nigéria, que sa connaissance de la culture et de la langue était limitée et que ses attaches se trouvaient principalement en Suisse. En tant qu'il soutient que son intégration en Suisse est bonne, son appréciation se heurte cependant à certains faits retenus par le jugement attaqué, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF). Le recourant soutient qu'une expulsion empêcherait le suivi médical mis en place avec la mesure institutionnelle. Il fait valoir qu'en cas d'expulsion, il est à craindre qu'il perde tout bénéfice apporté par le traitement institutionnel. Le recourant perd cependant de vue que son expulsion n'interviendra qu'après l'exécution de la mesure, soit, en cas de succès de la mesure, dès que son état justifie de lui donner l'occasion de faire ses preuves en liberté (cf. art. 62 al. 1 CP). Pour le surplus, rien n'indique que, si nécessaire, ses problèmes de santé ne pourront pas également être suivis dans son pays d'origine.