Citation: 1C_347/2022 E. 4.3

4.3. A l'appui de leur raisonnement, à la teneur largement appellatoire, partiellement nouvelle et difficilement compatible avec les exigences des art. 99 al. 1 et 106 al. 2 LTF, les recourants se fondent sur des extrapolations approximatives et ne parviennent pas à démontrer que la motivation de la décision attaquée serait insoutenable. La cour cantonale a procédé à une inspection locale consacrée notamment à la problématique de la détermination du terrain naturel. Dans son arrêt, elle a clairement expliqué et déterminé les différentes hauteurs des points de référence. Elle se fonde sur des documents officiels et non sur de simples déductions, comme le prétendent les recourants. En premier lieu, dans le projet initial, le géomètre a calculé les cotes d'altitude en fonction de l'état existant. Il est arrivé à la conclusion que s'agissant du bâtiment C, le point le plus défavorable est le point n° 20 à 421.61 mètres alors que le point n° 24 est à 422.70 mètres. Les recourants ont contesté ce calcul en arguant du fait qu'il n'était pas possible de se fonder sur le terrain existant, mais qu'il convenait, au vu de la jurisprudence du Tribunal cantonal sur ce point, de prendre en compte le terrain sans le remblaiement effectué il y a 80 ans. Or, comme l'a souligné la cour cantonale, l'existence d'un remblai devant la façade sud du chalet empêchait de mesurer l'altitude du terrain naturel réel. De plus, les plans d'origine du chalet fournis par les recourants ne donnaient aucune indication sur les mouvements de terre qui auraient été effectués depuis lors, notamment au moment de la construction du garage au sud-ouest de la parcelle. Ainsi, les informations contenues dans ces plans ne permettaient pas d'établir, même de manière approximative, le niveau du terrain actuel réel. En outre, la requérante a déposé, en cours de procédure, de nouveaux plans prenant en compte le terrain naturel supposé, à l'époque de la construction du chalet, tel qu'il était allégué par les recourants. Ce document fixe l'altitude du point n° 24 à 421.71 mètres. Ainsi, le point n° 20, situé à 421.61 mètres, demeure l'altitude la plus défavorable au sens de l'art. 74 RGA. Le Tribunal cantonal a également relaté en détail comment le géomètre avait procédé pour arriver à la conclusion que, même en prenant le terrain naturel tel qu'allégué par les recourants, il est improbable que le point n° 24 soit plus bas que le point n° 20, sauf à considérer que la parcelle soit en forme de cuvette, ce que contredit la topographie observée lors de la vision locale et ce que les recourants n'ont jamais allégué. Cette analyse est en outre corroborée par les données issues des sondages de reconnaissance effectués sur la parcelle n° 156, telles qu'elles résultent du rapport géotechnique établi le 24 septembre 2020 par le Bureau d'ingénieurs et géologues Tissières SA, à Martigny, qui révèlent la présence de différentes couches de remblai non seulement sur la façade ouest du chalet, mais sur toute la parcelle. Ainsi, c'est au terme d'une inspection locale et d'un examen minutieux, exempt d'arbitraire, que la cour cantonale est arrivée à la conclusion que le point n° 20 constitue bien le point le plus défavorable au sens de l'art. 74 RGA. Le grief relatif au nombre d'étages qui, selon les recourants, ne serait pas règlementaire, compte tenu du non-respect du terrain naturel n'est pas davantage fondé. La cour cantonale a indiqué de manière soutenable que, même si l'on devait prendre en compte le terrain naturel «réel» inférieur d'un mètre, deux niveaux seulement seraient visibles sous la corniche conformément aux art. 10 et 74 RGA. Quant au moyen tiré d'une violation de l'art. 69 RGA, il doit également être rejeté dès lors que la détermination du terrain naturel, établie sans arbitraire, a pour conséquence que cette disposition est respectée.