Citation: 7B_108/2023 E. 4.3.1

4.3.1. En l'espèce, dans son arrêt préparatoire du 12 avril 2022, l'autorité précédente a relevé que le Tribunal correctionnel avait classé à raison la procédure s'agissant des infractions potentiellement commises entre 1 er janvier 1990 et le 30 septembre 1992 ainsi que de celles prétendument commises au-delà du 24 juin 1996, au motif notamment qu'elles étaient prescrites. Elle a jugé - ce qui n'est pas remis en cause par le recourant - que seules les éventuelles infractions non prescrites commises en Suisse entre le 1 er octobre 1992 et le 31 décembre 1994 ainsi qu'entre le 1 er janvier 1996 et le 24 juin 1996 seraient soumises à son examen. Procédant à cet examen dans l'arrêt entrepris, l'autorité précédente a, sur la base de nombreux éléments qu'elle a largement exposés aux pages 28 et suivantes de son arrêt, dont les témoignages de tiers ainsi que des médecins de l'intimée, analysé les propos du recourant et ceux de l'intimée et a évalué leur crédibilité respective; elle a également étudié l'ensemble des pièces versées au dossier et a fourni des explications circonstanciées sur les raisons qui l'ont conduite à écarter la version du recourant et à retenir celle de l'intimée. Elle a, en substance, relevé que cette dernière s'était exprimée avec sincérité et constance; le très long processus de dévoilement n'était pas de nature à détruire la crédibilité de ses propos; l'intimée avait manifesté, au cours de la procédure, des émotions d'une grande ampleur lors de ses différentes auditions; il n'était en outre pas envisageable que l'intimée impute au recourant, par haine ou erreur, les faits d'un tiers (son violeur lorsqu'elle avait 22 ans et son harceleur en 2014), puisqu'elle avait parlé des abus subis alors qu'elle avait 18 - 19 ans. La cour cantonale a également précisé que le dossier ne présentait aucun indice de troubles psychologiques autres que ceux relevant du traumatisme en lien avec les faits; les médecins de l'intimée avaient également confirmé le caractère vraisemblable du processus de dévoilement qui avait suivi; un désir d'aider sa mère ou de renforcer sa position procédurale dans le cadre de la procédure civile en lien avec une obligation d'entretien par le recourant devait être exclu, dès lors que la mésentente du couple était largement antérieure au dépôt de plainte - en avril 2017 - et que deux décisions judiciaires civiles étaient intervenues avant l'ouverture de la présente procédure; une haine tenace envers son beau-père n'était pas non plus crédible puisqu'elle avait parlé de viols à son médecin et à son ami D.________ près de 14 ans avant de s'adresser à la justice. En définitive, nonobstant quelques hésitations et lacunes, l'autorité précédente a considéré que les déclarations de l'intimée étaient globalement crédibles.