Citation: 6B_912/2022 E. 3.2.3

3.2.3. Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir constaté que les déclarations contradictoires de l'intimée impliquaient leur manque de crédibilité. Il relève tout d'abord que l'intimée a commencé par dire que les attouchements auraient débuté alors qu'elle se trouvait debout au centre du bus, pour finir par déclarer qu'ils auraient débuté alors qu'elle était assise à côté de lui. Il y voit une contradiction incompatible avec la décision de l'intimée de s'asseoir à ses côtés après les prétendus premiers attouchements. Confrontée à cette incohérence, l'intimée a indiqué que le bus était presque plein et que les passagers étaient serrés lorsqu'elle a senti pour la première fois que le recourant lui touchait les fesses, de sorte qu'elle n'avait pas été en mesure d'affirmer que les gestes étaient intentionnels. La cour cantonale, après avoir précisé que l'intimée avait été entendue un an après les faits et avait été traumatisée par ceux-ci, a jugé que ces explications étaient convaincantes et que ces fluctuations ne conduisaient pas à la conclusion que l'ensemble de l'épisode serait inventé. Sous l'angle de l'arbitraire, cette analyse peut être confirmée, étant précisé que les déclarations de l'intimée n'apparaissent pas contradictoires, puisqu'elle a distingué entre les attouchements qu'elle avait identifiés comme intentionnels et ceux qu'elle ne pouvait affirmer l'être. Le recourant relève ensuite que l'intimée a commencé par dire qu'elle était assise côté couloir, pour finir par déclarer qu'elle était assise côté fenêtre. Comme l'a relevé la cour cantonale, elle n'a en réalité jamais été incohérente. Lors de sa seconde audition du 9 mars 2021, soit un an après les faits, elle n'a pas affirmé avoir été assise côté fenêtre, mais a déclaré: " Côté fenêtre si je me souviens bien. Pour répondre à la juge, je prends ce bus tous les jours (ouvrables) ". Nuancer son propos de la sorte est plutôt un indice de crédibilité. Le recourant relève encore que l'intimée a déclaré ne pas avoir voulu le regarder, mais qu'elle l'a pourtant formellement identifié. Avec la cour cantonale, il est constaté qu'il n'en résulte pas une contradiction propre à décrédibiliser l'intimée. Si elle a bien déclaré qu'elle " ne voulais pas trop le regarder ", alors que la police lui demandait une description détaillée de son agresseur, cela n'implique pas encore qu'elle ne l'a pas fait suffisamment pour être en mesure de le reconnaître, en particulier après les faits, alors qu'il se faisait contrôler. Finalement, le recourant relève que l'intimée a indiqué lors de son audition du 9 mars 2021 l'avoir recroisé dans le bus à plusieurs reprises depuis les faits (" Avez-vous déjà recroisé le prévenu dans le bus? Oui. À chaque occasion, je me retrouve en crise de panique et en pleurs "). Il soutient pourtant avoir été en incapacité de travail d'avril à décembre 2020 et ne plus avoir pris le bus durant cette période. Ce faisant, il invoque des éléments qui ne ressortent pas du jugement attaqué et dont il ne soutient pas qu'ils auraient arbitrairement été omis, de sorte que son grief est irrecevable. À cela s'ajoute qu'il ne discute aucunement les arguments pertinemment soulevés par la cour cantonale (jugement attaqué consid. 7.2, p. 15 in fine).