Citation: 5A_911/2016 E. 3.4

3.4. Il ressort des propos tenus par les parties lors de leur comparution personnelle le 8 mars 2016 qu'il était effectivement prévu que leurs enfants poursuivent leurs études en France. Ainsi que le relève à juste titre la recourante, la cour cantonale ne pouvait cependant, sans arbitraire, retenir que les parties avaient convenu que ces études seraient entreprises à Y.________ et non à Z.________: le fait que la recourante ait indiqué avoir renoncé à cette ville, sans que cette phrase puisse être placée dans son contexte, ne permet pas sans autre d'attester ce projet; les parties ne l'ont par ailleurs jamais évoqué ainsi en audience, se contentant d'affirmer la volonté de leurs enfants d'étudier " en France ", sans citer une ville précise. Contrairement toutefois à ce qu'affirme la recourante, l'on ne saurait considérer son séjour à Z.________ comme temporaire et exclure ainsi d'emblée la modification demandée. Ses déclarations en audience ont été relativement floues et contradictoires sur ce point. Elle a en effet d'abord indiqué qu'il était " quasi " certain qu'elle et ses enfants rentreraient à X.________ une fois les études de ceux-ci terminées; elle demeurerait avec eux à Z.________ dans l'intervalle, tout en relevant que son fils devrait régulièrement effectuer des stages et des cours à l'étranger, sans cependant s'exprimer sur les conséquences de ces déplacements sur leur lieu de séjour. Sur question de son mandataire, la recourante a ensuite tenté de faire apparaître la situation comme étant provisoire, allant même jusqu'à laisser supposer l'imminence de son retour à X.________, en indiquant, au sujet de sa fille: " même si la Faculté a l'air de lui convenir, elle a d'autres problèmes qui font que je pense que nous allons rentrer " ainsi qu'en mentionnant qu'elle n'avait déposé qu'une demande d'autorisation de séjour provisoire en France et que l'appartement qu'elle louait ne correspondait pas à ses attentes. Elle a néanmoins précisé que la situation restait encore floue pour elle et qu'elle n'avait pas vraiment de calendrier établi sur son retour. Vu les propos tenus par la recourante devant le Tribunal, il apparaît que la durée de son établissement à Z.________ avec ses enfants n'est pas déterminable. A supposer au demeurant que ce déplacement soit limité à la durée des études des enfants, à savoir au minimum quatre ans, il ne saurait être considéré comme temporaire. Même s'il était apparemment prévu que les enfants des parties effectuent leurs études en France, cet élément n'a par ailleurs pas pu être pris en compte au moment de fixer la contribution d'entretien en 2011, dans la mesure où il s'agissait uniquement d'un projet, qui ne devait se concrétiser que dans plusieurs années. Dans ces conditions, l'intimé était donc fondé à réclamer une modification du montant de la contribution d'entretien, les coûts supportés par l'intimée à Z.________ étant moins élevés que ceux qu'elle faisait valoir à X.________, singulièrement le montant de son loyer.