Citation: 5P.51/2001 02.04.2001 E. 4

4.- a) La recourante reproche également à la cour cantonale d'avoir arbitrairement refusé de faire application de l'art. 186 al. 2 LPC/GE pour le motif que la Financière Y.________ est un tiers par rapport à Y.________ (cf. consid. 2b supra). Elle expose que les comptes requis ne le sont pas de la Financière Y.________, dont on ignore tout de l'existence voire de la structure juridique, mais du défendeur - qui avait au surplus pris l'engagement de les produire (cf. lettre D supra) avant de se raviser en invoquant le secret des affaires -, de sorte qu'il y a lieu d'appliquer l'art. 186 al. 2 LPC/GE. La production de ces comptes serait en effet capitale pour l'issue du litige dès lors qu'elle devrait prouver que le dessin litigieux a été acquis pour 250'000 FF au maximum, et qu'à ce prix-là, le défendeur ne peut se prévaloir d'un quelconque droit sur ledit dessin. La conclusion insoutenable de l'autorité cantonale reviendrait à accepter qu'un homme d'affaires avisé n'ait pas à produire des pièces utiles à la solution du litige simplement parce que les opérations qu'il fait pour son compte le sont sous couvert de sociétés écran; a fortiori cela devrait-il être exclu lorsqu'il s'agit d'une société de personnes dont les associés ont par essence le droit de consulter les livres et papiers. b) Même si l'on devait considérer que les pièces requises le sont du défendeur lui-même et non d'un tiers, l'arrêt attaqué n'apparaît pas arbitraire en tant qu'il refuse de tenir pour avéré, sur la seule base de l'art. 186 al. 2 LPC/GE, le fait que le dessin litigieux aurait en réalité été acquis pour 250'000 FF. En effet, la cour cantonale a exposé de manière circonstanciée les éléments - en particulier la déposition faite par Z.________ lors de son audition sous la foi du serment le 2 février 1999 - qui l'ont conduite à retenir que le dessin de Matisse litigieux avait été vendu à la Financière Y.________ pour un prix oscillant entre 700'000 FF et 800'000 FF, le lot de neuf pièces étant acquis pour un prix de 2'500'000 FF (arrêt attaqué, consid. 5; cf. consid. 2c supra). L'autorité cantonale ne se trouvait ainsi pas dans la situation classique visée par l'art. 186 al. 2 LPC/GE, dans laquelle le refus d'une partie de produire une pièce utile à la solution du litige constitue l'unique élément dont dispose le juge pour décider si le fait allégué par la partie adverse peut être tenu pour avéré. En l'espèce, les juges cantonaux disposaient au contraire, pour constater le prix de vente effectif du dessin litigieux, d'autres éléments de preuve que le seul refus du défendeur de produire - pour autant que l'on pût le lui imposer - les comptes de la Financière Y.________. En appréciant l'ensemble de ces éléments, la cour cantonale a ainsi procédé à une véritable appréciation des preuves, dont la recourante ne démontre pas le caractère arbitraire.