Citation: 9C_573/2008 19.03.2009 E. 5

Le litige porte sur le point de savoir si le tribunal cantonal a violé le droit fédéral en admettant, sur la base du dossier dont il disposait, que les affections psychiques dont souffre la recourante n'avaient entraîné une incapacité de travail qu'à partir du printemps 2007 au plus tôt. Pour résoudre cette question, il s'agit de déterminer si les premiers juges ont établi les faits de manière manifestement inexacte ou en violation du droit (art. 97 al. 1 LTF). L'évaluation de la capacité de travail exigible, par la juridiction cantonale, constitue une question de fait qui lie le Tribunal fédéral (consid. 1.2 ci-dessus). A cet égard, la recourante méconnaît le fait que la fixation de la gravité d'un trouble dépressif et de son évolution est, par essence, toujours le fruit de l'exercice du pouvoir d'appréciation. C'est ainsi que le caractère fiable de constatations psychiatriques est notoirement très limité, en particulier lorsque les diagnostics portent sur des troubles dépressifs, somatoformes ou dissociatifs. Dans le cas d'espèce, les juges cantonaux ont établi les faits déterminants sur la base d'une expertise judiciaire. Si la recourante entendait s'en prendre à leurs constatations de faits, il lui aurait alors incombé d'énoncer les motifs impératifs, au sens où la jurisprudence l'entend (consid. 2 supra), pour lesquelles la juridiction cantonale aurait dû s'écarter des conclusions de l'expertise judiciaire qu'elle avait ordonnée. Or l'argumentaire que la recourante développe ne lui est d'aucun secours, car elle oppose en définitive l'avis de psychiatres qui s'étaient précédemment exprimés dans un sens plutôt favorable à sa cause à celui de l'expert judiciaire, au lieu d'exposer en quoi ce dernier aurait failli à sa tâche en ne retenant une incapacité de travail qu'à partir du printemps 2007 (cf. let. i p. 15 du rapport d'expertise). On ajoutera aussi, à propos du rapport d'expertise privée du docteur I.________ dont il est question au consid. 12 de l'ordonnance du 25 septembre 2007, que ce document a été établi peu de temps après ladite ordonnance, le 2 octobre 2007. La recourante n'en a pourtant pas abordé le contenu devant la juridiction cantonale et cette pièce n'a pas été discutée dans le jugement attaqué du 30 mai 2008. Ce rapport ne peut donc plus être présenté en procédure fédérale (art. 99 al. 1 LTF). Il s'ensuit que le tribunal des assurances n'a pas violé le droit fédéral en constatant l'existence d'une incapacité de travail qu'à partir du printemps 2007, à la lumière du rapport d'expertise judiciaire du docteur A.________. La solution que le tribunal a donnée au litige, en application de l'ancien art. 29 LAI, n'apparaît dès lors pas critiquable, étant précisé qu'il aurait été superflu, contrairement à ce que la recourante soutient, d'examiner en l'état la question du caractère invalidant du trouble fibromyalgique. Le recours est mal fondé.