Citation: 8C_42/2023 E. 8.3.3

8.3.3. En l'occurrence, c'est en violation du droit fédéral que E.________ a été considéré comme faisant partie intégrante de l'unité familiale d'assistance des recourants. En effet, dès lors qu'il était majeur et qu'il disposait de revenus (de remplacement) propres, E.________ devait pourvoir seul à ses besoins. Certes, en vivant sous le même toit que sa mère et le partenaire de cette dernière, il profitait de certains avantages de la vie commune, en particulier quant aux frais de loyer et de nourriture. En contre-partie, dès lors qu'il était encore scolarisé et qu'il disposait de revenus de remplacement, il y a lieu de présumer qu'il devait dédommager sa mère pour la tenue du ménage. En revanche, considérer que toutes les ressources de E.________ devaient être portées au compte des revenus des recourants, est arbitraire. D'une part, cela reviendrait à priver E.________ de la libre disposition de ses biens, respectivement à créer une obligation de soutien de sa part en faveur de sa mère, laquelle n'existe que pour autant que sa situation économique soit favorable ("pour autant qu'il vive dans l'aisance"; cf. art. 328 al. 1 CC). En outre, une éventuelle obligation de soutien à ses parents est de nature civile et ne peut donc être réclamée que par le biais d'un tribunal civil et non par l'adoption d'une décision administrative en matière d'aide sociale. Or, comme l'ont relevé les premiers juges, les revenus de remplacement de E.________ devaient servir à son propre entretien et au financement de sa scolarité. Ce n'est que si le montant de ses revenus avait dépassé la couverture de ses besoins qu'on pouvait admettre que E.________ eût été dans l'obligation de soutenir sa mère, mais seulement pour la part dépassant la couverture de ses propres besoins.