Citation: 2C_444/2023 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, la Cour de justice retient que la demande d'asile a de toute évidence été déposée dans le but de retarder l'exécution du renvoi et conclut, à juste titre, que les conditions de l'art. 75 al. 1 let. f LEI sont remplies. La Cour de justice mentionne également que "rien n'indique que [le recourant] ne pourra pas être entendu par le Secrétariat d'Etat aux migrations durant l'été et qu'une décision ne pourra être prise avant le mois de septembre". Le dossier ne contient aucun élément qui permettrait de penser le contraire et le recourant n'a pas remis en question, sous l'angle de l'arbitraire, les faits constatés par l'autorité précédente sur ce point. Au demeurant, et bien qu'il s'agisse de faits nouveaux en principe irrecevables (art. 99 LTF), on relèvera que l'appréciation de la Cour de justice a été confirmée par la suite puisque la procédure d'asile en cause a été définitivement close par un arrêt du Tribunal administratif fédéral du 28 août 2023 (arrêt E-4442/2023 [art. 105 al. 2 LTF]), confirmant le rejet de la demande d'asile prononcée par le Secrétariat d'Etat aux migrations le 20 juillet 2023. Par ailleurs, ce dernier élément révèle que, même s'il avait fallu admettre que la Cour de justice n'avait pas suffisamment instruit la question de la durée potentielle de la procédure d'asile, une admission du recours et un renvoi de la cause pour instruction complémentaire sur ce point aurait été une vaine formalité et contraire au principe d'économie de procédure. Enfin, il ressort de l'arrêt attaqué que la nationalité du recourant avait été établie et que deux laissez-passer avaient déjà été émis en sa faveur par les autorités marocaines. L'organisation de son retour au Maroc pourrait être reprise après le rejet de sa demande d'asile sans obstacles dirimants. Le recourant n'indique pas quel élément, autre que la procédure d'asile, pourrait faire obstacle à son renvoi dans un avenir proche. Certes, le 8 septembre 2023, de violents tremblements de terre au Maroc, au sud de Marrakech dans le Haut Atlas, ont causé la mort de milliers de personnes. Ce fait nouveau peut exceptionnellement être pris en compte (cf. supra consid. 2.2). Il n'appert toutefois pas que ce séisme aurait touché l'ensemble du pays. En particulier, tout le nord et le nord est du Maroc, notamment la capitale, Rabat, et Casablanca (destination du premier vol de l'intéressé) n'ont pas été significativement affectés par celui-ci et, hormis dans les zones touchées, proches de l'épicentre, les infrastructures du pays ont été épargnées. Cet évènement ne rend donc pas impossible le renvoi du recourant dans son pays d'origine. Les griefs de violation des art. 80 al. 6 LEI et 5 par. 1 let. f CEDH sont partant infondés.