Citation: 9C_797/2017 E. 4.3

4.3. En l'espèce, si le docteur C.________ n'a certes pas exactement suivi la grille d'évaluation normative et structurée selon l'ATF 141 V 281, son expertise permet cependant une appréciation de l'état de santé de l'intimé à la lumière des indicateurs déterminants (cf. ATF 141 V 281 consid. 2, 4 et 8 p. 285 ss, 296 ss et 309) auxquels il s'est en partie référé. Le médecin a tout d'abord fait état d'un trouble dépressif récurrent, épisode moyen (F33.1 selon ICD-10), et d'un état de stress post-traumatique chronique (F43.1 selon ICD-10), en motivant ces diagnostics en fonction des éléments cliniques qu'il a mis en évidence. Il a aussi clairement établi la péjoration du tableau clinique, puisqu'il a indiqué que la capacité de travail de l'intimé était désormais nulle, en raison de la chronicisation de l'état de stress post-traumatique qui a entraîné une "dépression grave avec caractéristiques psychotiques qui est devenue récurrente et qui se trouve être d'intensité moyenne actuellement". L'expert a donné des indications sur le degré de gravité des symptômes et des limitations fonctionnelles inhérents à son diagnostic en expliquant concrètement la nature de ceux-ci. Sous l'angle de l'indicateur "comorbidités", on constate que le médecin a relevé une interaction des deux diagnostics posés. En ce qui concerne le succès du traitement, l'expert a souligné que le traitement psychothérapeutique suivi depuis 2007 "n'est pas suffisant pour faire face à l'ampleur des éléments post-traumatiques résiduels"; une amélioration thérapeutique semble donc encore possible. A cet égard, on relèvera que l'argumentation de l'office recourant sur le caractère invalidant du trouble dépressif de l'intimé ne correspond pas à la jurisprudence actuelle; il faut en effet tenir compte de tels troubles dans le cadre d'un examen global des atteintes à la santé psychique selon la grille d'évaluation normative et structurée, sans que le critère de la résistance à la thérapie soit déterminant à lui seul (ATF 143 V 409 consid. 4.4 p. 414). Par ailleurs, lors de son appréciation des ressources personnelles de l'assuré, si le docteur C.________ a certes relevé l'absence d'arguments en faveur d'un trouble de la personnalité, il a toutefois fait état d'un émoussement émotionnel, d'un "détachement par rapport aux autres", de mécanismes de défense, ainsi que d'un "évitement des activités (reste principalement à son domicile) et des lieux (évite les lieux publics avec des gens qui le regardent) pouvant déclencher des réactions d'agressivité mais aussi des pertes de connaissances avec perturbations neurovégétatives". Il ressort ensuite des constatations de l'expert quant au contexte social que l'intimé présente une "impossibilité à s'intégrer dans la vie sociale", qu'il n'a pas d'amis et que les relations familiales et conjugales sont difficiles. Quant à la cohérence du comportement de l'assuré, finalement, le médecin a mis en évidence une limitation uniforme des niveaux d'activité dans tous les domaines comparables de la vie (atteinte au fonctionnement social et aux capacités occupationnelles, notamment), ainsi que de lourdes souffrances, l'assuré étant pris dans une "spirale de dévalorisation narcissique en lien avec les traumatismes subis". Compte tenu dès lors de l'ensemble des éléments mis en évidence par l'expert, il apparaît que les répercussions fonctionnelles sur la capacité de travail de l'intimé (100 % d'incapacité de travail) sont établies, même si d'autres options thérapeutiques que celles suivies jusqu'à présent par l'assuré devraient être envisagées. Le grief tiré de l'absence de valeur probante de l'expertise du docteur C.________ est mal fondé; son rapport permet d'évaluer, au regard des nouveaux principes applicables en la matière, la pertinence du diagnostic de trouble de stress post-traumatique et son caractère invalidant.