Citation: I 853/05 28.12.2006 E. 5

5.1 Dans l'état de fait du jugement entrepris, les premiers juges mentionnent notamment le rapport du 12 septembre 2002 du docteur P.________, ainsi qu'un rapport du 16 mai 2003 du Service médical régional de l'assurance-invalidité (SMR). Selon ce service, l'examen réalisé par le docteur P.________ ne révélait aucun élément nouveau sur le plan médical. L'intimé, puis les premiers juges, en ont déduit qu'il n'y avait aucune raison de s'écarter de la décision sur opposition du 9 mars 2001 de la CNA. 5.2 Au terme de l'examen pratiqué le 12 septembre 2002, le docteur P.________ a posé le diagnostic de possible rupture de la coiffe des rotateurs, en précisant que le docteur L.________ envisageait une nouvelle intervention chirurgicale. Il s'agissait d'éléments de fait nouveaux, dont la CNA n'avait pas connaissance lorsqu'elle s'était prononcée en 2001. Le docteur P.________ a par ailleurs précisé que l'assuré pouvait encore exercer «une certaine activité professionnelle», dans un travail d'atelier ou comme chauffeur, sans utilisation continue du membre supérieur gauche et permettant l'alternance des positions, en soulignant toutefois qu'il était difficile d'indiquer le rendement exigible. Par la suite, le docteur L.________ a diagnostiqué une large rupture de la coiffe des rotateurs et pratiqué une ténodèse du long chef du biceps et une acromioplastie de l'épaule gauche; il a attesté une incapacité de travail totale dans toute activité, jusqu'au 12 juin 2003. Dans ces conditions, les observations du SMR d'après lesquelles aucun éléments nouveau ne permettait, en mai 2003, de s'écarter de l'appréciation effectuée précédemment par la CNA sont manifestement erronées. Le SMR, dont les médecins n'ont pas examiné l'assuré, se réfère d'ailleurs principalement au rapport du 12 septembre 2002 du docteur P.________, sans mentionner d'aucune manière le diagnostic de lésion de la coiffe des rotateurs ni le projet d'intervention chirurgicale annoncé par ce médecin et que le docteur L.________ a finalement concrétisé le 22 novembre 2002. On doit en conclure que les premiers juges ont statué sur la base d'un état de fait manifestement incomplet, en particulier en ce qui concerne l'évolution de la situation médicale depuis la décision sur opposition du 9 mars 2001 de la CNA. Il leur appartiendra par conséquent de reprendre l'examen du dossier, en prenant en considération toute la documentation médicale réunie par la CNA, et de statuer sur la base d'un état de fait complet. Ils répondront à l'argumentation de l'assuré relative à la valeur probante du rapport de stage au centre Z.________, et examineront dans quelle mesure les constatations du docteur H.________, en septembre 2003, relatives à une amélioration de l'état de l'épaule gauche de l'assuré, permettent de retenir une capacité de travail résiduelle dans une activité adaptée; enfin, il détermineront s'il y a lieu de s'écarter de la nouvelle décision rendue par la CNA le 25 septembre 2003, ou dans le cas contraire, si l'assuré peut prétendre une rente limitée dans le temps pour la période antérieure à cette décision.