Citation: 5A_954/2021 E. 5.2.4

5.2.4. En l'espèce, la recourante se contente de reprendre les arguments déjà soulevés en instance cantonale, sans toutefois expliquer en quoi les faits sur lesquels l'autorité cantonale s'est fondée auraient été établis de manière inexacte au sens de l'art. 97 al. 1 LTF (cf. supra consid. 2.2.1), ni en quoi précisément l'autorité précédente aurait méconnu le droit (cf. supra consid. 2.1). Son grief se révèle par conséquent irrecevable. Au demeurant, quand bien même les éléments soulevés seraient avérés, le grief devrait de toute manière être rejeté. S'agissant tout d'abord du besoin de soutien évoqué par la recourante, celle-ci perd de vue que l'analyse effectuée dans le cadre de l'art. 13 al. 1 let. b CLaH 80 vise à déterminer si l'on peut répondre aux besoins fondamentaux de l'enfant dans l'État de la résidence habituelle et que le tribunal n'a pas à comparer les conditions de vie que chaque parent ou chaque État est susceptible d'offrir (Guide de bonnes pratiques, § 60, p. 40 s, et les références). Ainsi, contrairement à ce qu'elle semble penser, des conditions de vie plus modestes ou un soutien éducatif limité dans l'État de la résidence habituelle ne suffisent pas à établir l'exception de risque grave ( ibid.). Au demeurant, l'intéressée n'expose pas en quoi, compte tenu du fait qu'elle dispose du droit de garde au sens du droit hondurien, elle serait empêchée, en cas de nécessité, de s'installer dans un endroit du pays disposant de davantage de facilités pour la prise en charge de l'enfant. En tant qu'elle mentionne la dangerosité du pays de la résidence habituelle de l'enfant, la recourante se limite par ailleurs à des considérations générales et paraît ignorer que l'examen du risque grave lié aux circonstances au sein de l'État de la résidence habituelle doit porter sur la gravité de la situation politique, économique ou sécuritaire et sur son impact sur l'enfant, et qu'une allégation portant uniquement sur la situation politique, économique ou sécuritaire au sein de l'État de la résidence habituelle n'est généralement pas suffisante pour donner lieu à l'application de l'exception de risque grave (Guide de bonnes pratiques, § 61, p. 42, et les références). Ainsi, en l'espèce, une conjoncture qui pourrait paraître instable dans certaines régions du Honduras ou l'existence de corruption dans ce pays ne suffisent pas encore pour affirmer qu'une fois l'enfant retourné dans ce pays et accompagné de ses proches, sa situation personnelle pourrait être plus inquiétante que celle d'autres enfants vivant au Honduras. Ce dernier élément est du reste d'autant moins vrai que l'enfant et ses parents ont déjà vécu dans ce pays pendant des années sans y être inquiétés (cf. arrêt de la CourEDH du 6 décembre 2005, Eskinazi et Chelouche c. Turquie, n° 14600/05, p. 28).