Citation: 6B_963/2008 26.03.2009 E. 2

Le recourant soutient que la cour cantonale n'a pas tenu compte du fait que le trouble psychique mis en évidence par l'expert s'identifie à une détresse profonde qui imposait une atténuation de la peine. 2.1 Conformément à l'art. 48 let. a ch. 2 CP dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2007, le juge atténue la peine si l'auteur a agi dans une détresse profonde. Reprise sans modification de l'ancien art. 64 CP, la disposition n'a pas de portée distincte de sorte que la jurisprudence y relative conserve sa pertinence. La différence réside plutôt dans le fait que l'art. 48 CP rend l'atténuation obligatoire lorsqu'une des conditions énumérées dans la disposition est remplie alors que l'ancien droit ne prévoyait que la faculté pour le juge d'atténuer la peine. Selon la jurisprudence, il y a détresse profonde lorsque l'auteur est poussé à transgresser la loi pénale par une situation proche de l'état de nécessité, c'est-à-dire que, sous la pression d'une détresse particulièrement grave, il croit ne pouvoir trouver une autre issue que dans la commission de l'infraction. La détresse peut être de nature morale ou matérielle (ATF 107 IV 94 consid. 4a). Dans ce dernier cas, la simple gêne ou l'existence de difficultés matérielles ne suffisent pas. Il faut encore cette relation causale particulière avec une détresse psychique très grave. En outre, le bénéfice de cette circonstance atténuante ne peut être accordé que si l'auteur a respecté une certaine proportionnalité entre les motifs qui le poussent à agir et l'importance du bien qu'il lèse. Autrement dit, l'auteur doit s'être comporté d'une façon que la morale ne réprouve pas totalement. En revanche, l'absence de faute antérieure n'est pas exigée (ATF 110 IV 10 consid. 2). 2.2 Selon l'expert, le recourant ne souffre pas de troubles de la personnalité qui auraient valeur de maladie psychique selon la classification CIM-10. En revanche, il présente les caractéristiques d'une personnalité évitante, en particulier dans ses relations avec son épouse, ce qui relève de troubles de l'adaptation que la CIM-10 définit comme suit sous chiffre F43-2: "Etats de détresse et de perturbation émotionnelle, entravant habituellement le fonctionnement et les performances sociales, survenant au cours d'une période d'adaptation à un changement existentiel important ou à un événement stressant (...) Ses manifestations sont variables et comprennent : une humeur dépressive, une anxiété, une inquiétude (ou l'association de ces manifestations), un sentiment d'incapacité à faire face, à faire des projets, ou à supporter la situation actuelle, ainsi qu'une certaine altération du fonctionnement quotidien (...) Aucun de ces troubles n'est suffisamment grave ou marqué pour justifier un diagnostic plus spécifique" (expertise p. 12). La CIM-10 précise que le trouble débute habituellement dans le mois qui suit la survenue d'un événement stressant ou d'un changement particulièrement marquant dans la vie du sujet et ne persiste guère au-delà de six mois, sauf s'il s'agit d'une réaction dépressive prolongée ce qui, de l'avis de l'expert, n'est pas le cas du recourant.