Citation: 6B_749/2022 E. 7.3.4

7.3.4. La cour cantonale a jugé que le recourant n'aurait pas pris son arme avec lui pour aller voir sa famille s'il n'avait pas eu l'intention de lui faire du mal. Pour sa part, il soutient qu'il a emporté son arme parce qu'elle lui procurait de l'assurance et qu'il l'a ensuite exhibée devant son épouse et son fils pour qu'ils l'écoutent. Pour attester son propos, il fait référence au rapport d'expertise privée (duquel il ressort ce qui suit: " Il n'est pas exclu qu'il ait totalement méconnu le danger de bascule hétéro-destructrice, dans le vécu central victimaire qui était le sien. Encore une fois, monsieur A.________ ne voit pas sa propre dimension agressive, encore moins haineuse inconsciente. Il se perçoit essentiellement comme vulnérable et victime. Dans ce type de situation passionnelle au sens large, on a souvent tendance à interpréter comme de la mauvaise foi ce qui relève en fait d'une telle méconnaissance de soi [...] . Autrement dit, il n'est pas exclu qu'il ait sollicité "une discussion" sans en avoir imaginé les suites dramatiques possibles. C'est d'ailleurs une occurrence fréquemment repérée en criminologie clinique. ") et au rapport d'expertise judiciaire (duquel il ressort ce qui suit: " Et si effectivement sa femme l'humiliait et le rabaissait dans sa qualité de mari, père et chef de famille, il a pu vivre des blessures narcissiques constantes, mais inélaborables en raison de ses faibles compétences psychiques pour verbaliser et exprimer ce qu'il se passait en lui. Dans cette hypothèse et si les évènements se sont déroulés comme l'expertisé le stipule, "intimider" avec son arme était peut-être une manière de vouloir rétablir l'ordre, par un agir concret qui se substitue à son incapacité à se faire entendre et respecter par la parole. "). D'emblée, il est relevé que le rapport d'expertise privée fait état d'une simple hypothèse (" il n'est pas exclu "), alors que le rapport d'expertise judiciaire est soumis à la condition de la véracité des propos du recourant (" Dans cette hypothèse et si les événements se sont déroulés comme l'expertisé le stipule "). En cela déjà, on ne voit pas en quoi la cour cantonale aurait été liée par l'appréciation des experts et ainsi, aurait fait preuve d'arbitraire en retenant que le recourant n'aurait pas pris son arme avec lui pour aller voir sa famille s'il n'avait pas eu l'intention de lui faire du mal, d'autant plus qu'il ne s'agit que d'un élément parmi d'autres lui ayant permis de forger sa conviction. À cela s'ajoute que le passage du rapport d'expertise privée cité par le recourant a été écarté, à juste titre, par la cour cantonale (cf. supra consid. 1.4.3).