Citation: 4A_520/2021 E. 5.4.2

5.4.2. En l'espèce, il ressort de la décision rendue par la Commission de récusation du CIAS (n. 53-56) que le conseil qui représentait le recourant devant le TAS a eu connaissance, dès le 2 octobre 2020, du fait que l'arbitre incriminé avait été désigné dans d'autres procédures auxquelles était partie l'intimée et de la circonstance selon laquelle l'étude d'avocats dans lequel ce dernier exerce ses activités avait conseillé l'intimée en matière de protection des données, dès lors que ces informations avaient été divulguées par l'arbitre mis en cause dans le cadre d'autres procédures arbitrales impliquant le mandataire du recourant. Selon la jurisprudence, la connaissance de telles circonstances par le conseil du recourant est imputable à son mandant directement (arrêt 4A_110/2012 du 9 octobre 2012 consid. 2.2.2). Par conséquent, les règles de la bonne foi exigeaient du recourant, sinon qu'il sollicite la récusation de l'arbitre concerné dans le délai de sept jours fixé par l'art. R34 du Code après avoir pris connaissance de ces informations, à tout le moins, pour remplir son devoir de curiosité, qu'il demande formellement au TAS, dans le respect dudit délai, des précisions complémentaires au sujet des circonstances révélées par l'arbitre. En l'occurrence, il est établi que le recourant a attendu, sans raison valable, la fin de l'audience tenue le 13 octobre 2020, soit 11 jours plus tard, avant de demander aux membres de la Formation de compléter leurs déclarations d'indépendance. Dans ces conditions, il y a lieu d'admettre que l'intéressé est forclos à remettre en cause la régularité de la composition de la Formation dès lors que ce dernier n'a pas satisfait à son devoir de curiosité. Que la Commission de récusation du CIAS soit entrée en matière sur la demande de récusation qui lui était soumise n'y change rien, dans la mesure où le Tribunal fédéral n'est pas lié par une telle décision. Il suit de là que le grief soulevé par le recourant est frappé de forclusion.