Citation: 4P.84/2001 17.07.2001 E. 3

3.- a) Il ne sera pas tenu compte de l'affirmation du recourant selon laquelle, contrairement à ce que constate la décision du 22 février 2001, il n'aurait jamais donné son accord à une suspension de la procédure. En effet, en instance de recours de droit public, les constatations de fait, comme l'appréciation des preuves, ne peuvent être attaquées que si elles sont arbitraires, ou opérées en violation de garanties de procédure, telles que la violation du droit d'être entendu (cf. ATF 118 Ia 28 consid. 1b). Comme le recourant n'expose même pas que l'une de ces conditions serait remplie, sa critique de la constatation incriminée est irrecevable. b) C'est à raison que le recourant a affirmé qu'une décision qui subordonne l'exécution d'un jugement à l'avènement d'une condition ne met pas fin à la procédure d'exécution, de sorte qu'il s'agit d'une décision incidente (ATF 117 Ia 336 consid. 1a). Partant, le recours de droit public n'est recevable contre une telle décision que s'il peut en résulter un préjudice irréparable (art. 87 al. 2 OJ). En tant qu'il est fondé sur l'art. 9 Cst. et invoque l'arbitraire, le recours doit démontrer l'existence d'un dommage irréparable entraîné par la décision attaquée ou, à tout le moins, le risque de la survenance d'un tel préjudice. Or, le recourant - qui nie à tort l'application de la restriction de l'art. 87 al. 2 OJ - ne dit rien à ce sujet, et n'explique pas quel est le risque de dommage irréparable auquel il est exposé. Le recours fondé sur l'art. 9 Cst. doit donc être déclaré irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 122 I 70 consid. 1c). c) Le recours invoque le retard injustifié sanctionné à l'art. 29 al. 1 Cst. Dans sa jurisprudence publiée, le Tribunal fédéral a jugé que les recours qui étaient fondés sur l'art. 4 aCst. , dans lesquels était allégué un retard injustifié constitutif d'un déni de justice formel, n'étaient pas soumis aux restrictions de l'art. 87 OJ (ATF 117 Ia 336 consid. 1a). Dans un arrêt non publié du 23 mai 2000 dans la cause 1P.301/2000, consid. 4, le Tribunal fédéral a toutefois estimé que l'exigence du dommage irréparable devait également s'appliquer aux recours basés sur l'art. 29 al. 1 Cst. La question peut rester indécise puisqu'il est abusif pour le recourant de soutenir que la décision de suspension cause un retard injustifié, dès l'instant où il s'est déclaré d'accord avec la prise d'une décision de cette nature. De toute manière, il n'apparaît pas que le recourant se soit plaint d'un retard injustifié ou d'un déni de justice avant le dépôt de son recours.