Citation: 4A_478/2022 E. A

A.a. A.________ (ci-après: la patiente ou la recourante), née en 1946, exerçait la profession de médecin généraliste lorsqu'elle a consulté le Service B.________ de l'Hôpital fribourgeois (HFR), site de U.________ (ci-après: l'hôpital ou l'intimé), en raison de troubles cognitifs. Le 20 janvier 2014, elle s'est rendue à une première consultation auprès du Dr C.________ (ci-après: le médecin-chef), médecin-chef du Service D.________ de l'hôpital. Elle a indiqué à ce médecin que son frère, âgé de 50 ans, souffrait d'une probable démence précoce et qu'elle prenait plusieurs médicaments, soit sur ordonnance soit en automédication, à savoir du Topamax (25 mg/jour), du Cipralex, du Vesicare, de l'Eltroxine et des dérivés de l'ergot de seigle. Le 8 avril 2014, le médecin-chef et E.________ (ci-après: la neuropsychologue), neuropsychologue responsable du Service B.________, ont établi un rapport médical, y concluant que " [l]'ensemble de [leurs] investigations [était] évocateur d'un processus neurodégénératif, probablement de type Alzheimer ". Ils ont préconisé la prise d'Aricept et prévu de refaire un bilan dans les six mois, un rendez-vous ayant été fixé au 7 octobre 2014. La patiente a refusé de prendre le traitement d'Aricept et a préféré consulter le Centre hospitalier... (ci-après: F.________). Elle a remis son cabinet médical et cessé de travailler au 30 juin 2014. A.b. Le 13 novembre 2014, à la consultation du Centre G.________ de F.________, qu'elle sollicitait pour une seconde opinion, la patiente a indiqué, pour la première fois, prendre également du Buscopan et de la Spasmo-Urgénine, ainsi que de l'Euthyrox, du Citalopram, de l'Adactone et du Dafalgan (complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF). F.________ a observé que l'évaluation clinique de la patiente n'apportait pas d'arguments en faveur d'un processus dégénératif débutant. Il a toutefois recommandé de procéder à un bilan d'évolution et mentionné que le traitement de Topamax était, selon la dose, connu pour ses effets délétères sur la cognition et pouvait contribuer au tableau cognitif de la patiente. Le 5 décembre 2014, le Service H.________ de F.________ a rendu un rapport médical dans lequel il a retenu que la stabilité de l'évaluation neuropsychologique sur les dix mois précédents et l'IRM cérébrale presque normale étaient plutôt rassurants, mais que la durée du suivi était trop courte, une maladie neurodégénérative restant à envisager. Il a proposé de compléter le bilan par un PET-scan et d'arrêter la prise de Topamax, précisant qu'un processus neurodégénératif héréditaire ne pouvait être exclu. Le rapport du Centre G.________ du 10 décembre 2014 indiquait que la patiente avait constaté la résolution de ses troubles cognitifs suite à l'arrêt de la prise de Topamax. Il n'a toutefois pas exclu de processus neurodégénératif débutant et proposé à la patiente de la revoir pour un bilan un an plus tard. Le 3 février 2015, après que la patiente a été soumise à un PET-scan cérébral qui n'avait pas révélé d'arguments en faveur d'une maladie neurodégénérative, le diagnostic de maladie d'Alzheimer a été écarté. Le 13 janvier 2016, le Centre G.________ a confirmé que la patiente ne présentait plus aucun trouble cognitif et avait parfaitement récupéré des effets induits par les médicaments. A.c. La patiente et l'hôpital ont, d'un commun accord, mandaté le Prof. Dr I.________ (ci-après: l'expert commun), spécialiste en neurologie. Selon son expertise, la patiente ne souffrait ni de la maladie d'Alzheimer, ni d'une autre maladie neurodégénérative; ses troubles cognitifs étaient dus à la combinaison de facteurs médicamenteux (Topamax, anticholinergiques) avec le plus probablement la composante d'un syndrome d'apnée du sommeil (complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF). La patiente a mandaté seule un expert privé, le Prof. Dr J.________ (ci-après: l'expert privé), spécialiste en neurologie. Selon lui, la patiente souffrait de déficits cognitifs d'origine multifactorielle (Topamax, Vesicare, dépression, apnée du sommeil, peut-être contribution thyroïdienne), sans qu'un début de maladie neurodégénérative ne soit exclu (complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF).