Citation: 1B_387/2014 E. 2.2

2.2. Le recourant critique l'appréciation de l'instance précédente qui a estimé que les conditions de détention du recourant entre le 2 juillet 2014 et le 16 septembre 2014 ne portaient pas atteinte à la garantie de la dignité humaine. L'intéressé relève que la durée de son séjour (77 jours) s'approche, à 13 jours près, de la durée indicative de trois mois fixée par la jurisprudence pour admettre que les conditions de détention incriminées ne peuvent plus être tolérées. Le recourant invoque également de sérieux problèmes de santé physique et psychique; il précise qu'il a séjourné au secteur de psychiatrie et de psychothérapie du Centre de soins hospitaliers (CSH) de Marsens du 19 mai 2014 au 12 juin 2014 pour mise à l'abri d'idées suicidaires et que ces idées sont apparues chez lui à tout le moins durant le mois d'octobre 2014. Le cumul de ces éléments auraient rendu la détention subie par le recourant incompatible avec le niveau inévitable de souffrance inhérent à toute mesure de privation de liberté. Selon les constatations non contestées de l'instance précédente, le recourant a passé 77 jours consécutifs (du 2 juillet au 16 septembre 2014) avec cinq autres personnes dans une cellule prévue pour trois. Bénéficiant d'une promenade quotidienne de 50 minutes, il était ainsi confiné dans un espace individuel vraisemblablement inférieur à 3.83 m 2 pendant près de 23 heures sur 24. Se fondant sur la jurisprudence précitée du Tribunal fédéral, l'instance précédente a, à juste titre, relevé que la détention de 77 jours dans de telles circonstances ne représentait pas un traitement dégradant portant atteinte à la dignité du prévenu. Quoi qu'en pense le recourant, la période de détention critiquée par le recourant est en effet sensiblement inférieure au seuil indicatif de trois mois fixé par la jurisprudence.