Citation: 4A_629/2014 E. 4.1

4.1. Confronté à un litige sur l'interprétation d'une convention, le juge doit tout d'abord s'efforcer de déterminer la commune et réelle intention des parties, sans s'arrêter aux expressions ou dénominations inexactes dont elles ont pu se servir, soit par erreur, soit pour déguiser la nature véritable de la convention (art. 18 al. 1 CO). S'il y parvient, le juge procède à une constatation de fait qui ne peut être contestée, en instance fédérale, que dans la mesure restreinte permise par l'art. 97 al. 1 LTF. Déterminer ce que les parties savent ou veulent au moment de conclure relève en effet de la constatation des faits (ATF 140 III 86 consid. 4.1 p. 91). Au stade des déductions à opérer sur la base d'indices, lesquelles relèvent elles aussi de la constatation des faits (ATF 136 III 486 consid. 5 p. 489; 128 III 390 consid. 4.3.3 in fine p. 398), le comportement que les cocontractants ont adopté dans l'exécution de leur accord peut éventuellement dénoter de quelle manière ils l'ont eux-mêmes compris, et révéler par là leur réelle et commune intention (ATF 132 III 626 consid. 3.1 p. 632; 129 III 675 consid. 2.3 p. 680). Peu avant le 31 décembre 2010, les demandeurs ont proposé une prolongation de la convention pour une durée indéterminée. Selon la défenderesse, cette démarche confirme que ses auteurs n'avaient alors aucun droit à une rémunération, qu'ils en étaient conscients, et qu'ils leur importait de sauvegarder l'expectative née du descriptif de juillet 2010 en obtenant que la date d'échéance fût éliminée de la convention. En dépit de l'opinion ainsi développée, la proposition des demandeurs ne dénote pas avec une complète certitude que la convention fût alors comprise par tous les cocontractants, sans équivoque, en ce sens que le droit à une rémunération dépendît en toute hypothèse d'un contrat de fourniture conclu avant la date d'échéance. La Cour d'appel n'a donc pas arbitrairement omis de constater la volonté commune des parties.