Citation: 6B_1197/2015 E. 2.5

2.5. En relation avec le mobile, le recourant ne saurait tirer argument du fait que la cour cantonale a considéré que l'émotion violente ou le profond désarroi invoqués n'étaient de toute façon pas excusables pour en déduire qu'elle admettait que ces circonstances étaient réalisées: en effet, il ressort clairement de l'arrêt querellé que l'égoïsme du recourant l'a emporté sur toute autre considération, excluant ainsi toute émotion violente ou profond désarroi. Au reste, il importe peu que le geste du recourant n'ait pas été totalement dénué d'affect, car la responsabilité restreinte, l'émotion ou des particularités de caractère n'excluent pas la qualification d'assassinat (arrêts 6B_687/2012 du 21 février 2013 consid. 2.3; 6S.21/2003 du 11 mars 2003 consid. 2.1 in fine et les références citées). En l'espèce, même à admettre que le recourant aurait agi sous le coup d'une certaine émotion, il n'en demeure pas moins que ses mobiles, soit le fait de ne pas supporter de perdre le contrôle sur la femme qu'il considérait lui appartenir et de refuser qu'elle puisse refaire sa vie après leur rupture, étaient purement égoïstes. Enfin, que la victime puisse encore nourrir des sentiments à l'égard du recourant et espérer pouvoir se remettre avec lui un jour s'il résolvait ses problèmes de violence ne constitue certainement pas un comportement blâmable, de nature à fonder une haine homicide. Comme l'a relevé la cour cantonale, aucun élément du dossier n'indiquait que la victime se serait jouée de lui, qu'elle l'aurait brimé ou humilié. Le comportement du recourant - menacer, harceler et agresser physiquement au point de mettre en danger de mort A.________ - était seul à l'origine de la situation conflictuelle et ambigüe dont il se prévaut (consid. 1.3 supra). Le recourant était ainsi prêt, pour satisfaire ses besoins égoïstes, à sacrifier la vie d'un être humain dont il n'avait pourtant pas eu à souffrir.