Citation: 8C_65/2020 E. 4

En l'espèce, la Chambre des assurances sociales a constaté que l'intimé avait été sanctionné à trois reprises pour ne pas s'être présenté à des entretiens de conseil sans excuse valable, les 15 août 2017, 29 (recte: 28) août 2017 et 20 septembre 2018, ainsi qu'à une occasion parce qu'il avait répondu de manière tardive et incomplète à une assignation pour un emploi en mars 2018. Il lui était encore reproché de ne pas avoir donné suite à une proposition d'emploi, en ne transmettant pas son curriculum vitae à un employeur qui le lui avait demandé en octobre 2018 et de n'avoir procédé à aucune recherche d'emploi en septembre et octobre 2018. Au vu des pièces produites par l'intimé, les juges cantonaux ont toutefois constaté qu'il avait correctement effectué ses recherches pour ces deux mois, tout en précisant qu'il aurait pu être sanctionné pour ne pas avoir remis en temps utile les formulaires de recherches d'emploi. Ils ont ensuite retenu que même en prenant en compte la sanction pour les faits du 20 septembre 2018 - dont la décision qui lui était rattachée n'était pas encore entrée en force -, le comportement général de l'intimé ne justifiait pas la décision d'inaptitude au placement. Ses manquements s'étaient échelonnés sur 14 mois et leur gravité apparaissait relative. Il avait manqué les deux entretiens de conseil d'août 2017 alors qu'il était fragile, stressé et dispersé après une période de maladie. En outre, il avait expliqué ne pas avoir donné suite à l'assignation à postuler pour un emploi et à la proposition d'emploi au motif que les horaires de travail ne lui permettaient pas d'exercer la garde partagée de son fils et qu'il ne voulait pas travailler le soir ou avec des horaires variables. Si cette excuse n'était pas acceptable, elle expliquait son comportement et permettait de retenir qu'il avait la volonté réelle de trouver un emploi compatible avec sa vie de famille et sa situation financière, qui ne lui permettait pas de payer quelqu'un pour garder son fils.