Citation: 1B_328/2016 E. 3.3

3.3. S'agissant de l'application de l'art. 132 al. 1 let. b CPP, l'instance précédente a laissé indécise la question de l'indigence du recourant. Elle a par ailleurs estimé que la cause ne semblait pas de peu de gravité dès lors que l'intéressé était exposé, sur la base de l'ordonnance pénale, à une peine privative de liberté de 75 jours, augmentée de 90 jours-amende en raison de la révocation d'un sursis accordé précédemment. Au vu du raisonnement qui va suivre, il n'est pas nécessaire d'approfondir ces questions. En l'occurrence, il est reproché au recourant d'avoir dérobé le sac à main de la plaignante - lequel se trouvait dans sa voiture - alors qu'elle était en train de jeter des bouteilles à un point de récupération du verre. Après qu'elle aurait crié " au voleur ", le recourant lui aurait rendu son sac avant de prendre la fuite; il aurait été rattrapé par le fils de la plaignante; le recourant aurait également séjourné illégalement en Suisse. Contrairement à ce que prétend celui-ci, la cause ne présente pas, sur le plan des faits et du droit, de difficultés qu'il ne pourrait pas surmonter sans l'aide d'un avocat. Le recourant qui s'exprime en français a en effet admis les faits qui lui sont reprochés. Bien qu'il souffre d'un trouble anxieux nécessitant une médication, il a été capable de s'expliquer sur ces faits simples et leurs circonstances. Par ailleurs, l'exposé de sa situation personnelle et administrative n'apparaît pas compliqué. Le fait que certaines de ses déclarations sur sa situation soient - selon ses dires - incomplètes ou en contradiction avec des pièces du dossier ne permet pas de considérer qu'il est incapable d'assumer une défense sans l'assistance d'un avocat. Dans la mesure où le recourant s'est adressé utilement à des intervenants sociaux pour l'aider à rédiger son opposition, il ne peut être suivi lorsqu'il prétend qu'il n'aurait pas été à même de requérir seul les documents qu'il a produits dans le cadre de la procédure d'opposition (attestations du Centre social protestant et des Hôpitaux Universitaire de Genève). Ensuite, le recourant s'efforce de démontrer que le dossier comporterait des difficultés juridiques liées à la question de sa responsabilité au moment des faits et à l'application des circonstances atténuantes du repentir sincère ou de l'infraction d'importance mineure. Ces questions ne présentent toutefois pas de difficultés particulières en l'espèce et elles constituent des questions courantes de droit pénal que tout tribunal est en mesure de traiter correctement. Enfin, le fait que le Ministère public ait, après l'intervention de l'avocat du recourant, rendu le 8 juillet 2016 une nouvelle ordonnance dans laquelle les motifs du prononcé d'une courte peine sont étayés de manière circonstanciée ne permet pas de considérer que les conditions de l'art. 132 al. 2 CPP seraient réalisées. Dans ces circonstances, l'instance précédente n'a pas violé le droit fédéral en confirmant le refus du Ministère public d'octroyer l'assistance judiciaire au recourant.