Citation: 6B_1326/2022 E. 4.3

4.3. Il ressort du jugement attaqué que le recourant n'a jamais pris conscience de la gravité de ses actes, allant jusqu'à affirmer avoir pensé qu'il ne risquait qu'une simple amende (cf. jugement attaqué consid. 3.3.2 p. 18) ou qu'il ne commettait que des simples contraventions routières (cf. jugement attaqué consid. 4.3 p. 23). De plus, comme souligné par l'autorité précédente, il n'a pas assumé son comportement, aussi aberrant que dangereux, accusant son comparse pour se disculper. Contrairement à ce que soutient le recourant, ce dernier n'a jamais collaboré avec les autorités et a continué à se soustraire à ses responsabilités tout au long de la procédure. A ce propos, la cour cantonale a relevé que, encore au stade de l'appel, le recourant persistait à nier l'évidence et allait jusqu'à soutenir qu'il aurait demandé à plusieurs reprises à son comparse de stopper le véhicule pendant la course-poursuite, ce qui traduisait une absence complète de remise en question. C'est en vain que le recourant invoque que le fait de ne pas avoir admis les faits ou d'avoir changé de version ne saurait être retenu contre lui pour établir un pronostic. En effet, l'absence de prise de conscience et de remise en question, constituent des éléments susceptibles de justifier un pronostic défavorable (cf. supra consid. 4.1 in fine). On ne saurait ainsi faire grief à la cour cantonale d'avoir accordé une importance particulière à ces éléments. Au demeurant, la cour cantonale n'a pas ignoré l'absence d'antécédents du recourant. En effet, elle a considéré que cet élément permettait de tempérer le pronostic, le rendant mitigé plutôt que défavorable (cf. jugement attaqué consid. 6.3 p. 28 deuxième paragraphe). Elle a également rappelé que l'absence d'antécédents était un élément neutre dans le cadre de l'appréciation de la culpabilité lors de la fixation de la peine. La cour cantonale a pour le reste expliqué que, pour des motifs de prévention spéciale, il apparaissait indispensable que le recourant exécute une partie de la peine privative de liberté afin de favoriser une prise de conscience de la gravité de son comportement, et ce pour autant que le solde de la peine soit suffisamment significatif pour présenter un caractère dissuasif, et cela avec un délai d'épreuve d'une longue durée afin de diminuer le risque de récidive. Elle a souligné qu'il existait en effet des doutes très importants quant au comportement que le recourant était susceptible d'adopter à l'avenir et que sa récente activité en qualité d'intérimaire ne permettait pas d'infléchir favorablement cette appréciation. La cour cantonale a ainsi pris en compte la situation personnelle et professionnelle du recourant, celle-ci étant par ailleurs détaillée dans la partie "en fait" du jugement. Il importe peu que l'autorité précédente n'ait pas expressément rappelé tous les éléments saillants de sa situation au stade de la fixation de la peine, dans la mesure où le jugement forme un tout et on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments y figurant (arrêts 6B_849/2022 du 21 juin 2023 consid. 4.3.1; 6B_808/2022 du 8 mai 2023 consid. 5.3; 6B_252/2022 du 11 avril 2023 consid. 5.3). En tant qu'il se plaint de l'effet de la peine sur son avenir, il sera rappelé que, selon la jurisprudence, l'effet de la peine sur l'avenir du condamné, en tant qu'élément de prévention spéciale, ne permet que des corrections marginales, la peine devant toujours rester proportionnée à la faute (arrêts 6B_849/2022 précité consid. 4.3.1; 6B_1317/2022 du 27 avril 2023 consid. 5.5; 6B_252/2022 précité consid. 5.1). Du reste, selon la jurisprudence, il est inévitable que l'exécution d'une peine ferme d'une certaine durée ait des répercussions sur la vie professionnelle et financière du condamné (arrêts 6B_1520/2022 du 5 septembre 2023 consid. 3.2.3; 6B_849/2022 précité consid. 4.3.1; 6B_252/2022 précité consid. 5.1). Les critiques du recourant à ce sujet sont infondées. En définitive, le recourant n'explique pas en quoi les circonstances dont il se prévaut (absence d'antécédents, situation personnelle, professionnelle et financière) suffiraient à contrebalancer l'absence de prise de conscience et de remise en question quant à la gravité de ses actes ainsi que son attitude générale durant la procédure - éléments qui revêtent un caractère déterminant - et en quoi ces éléments pourraient ainsi renverser le pronostic. Il apparaît dès lors que la cour cantonale a suffisamment pris en considération les éléments favorables que le recourant met en exergue en octroyant un sursis partiel au sens de l'art. 43 CP. Le fait que ce dernier n'ait pas commis de nouvelles infractions depuis son interpellation et qu'il ne dispose plus du droit de conduire ne change rien à cette appréciation. Compte tenu de l'ensemble des éléments, la cour cantonale n'a pas abusé de son large pouvoir d'appréciation ni violé le droit fédéral en refusant le sursis complet.