Citation: 6B_637/2018 E. 2.3

2.3. Le recourant se prévaut de son droit de ne pas s'auto-incriminer et reproche à la cour cantonale d'avoir retenu à son encontre une mauvaise collaboration ainsi qu'une absence de prise de conscience dans la mesure où il a toujours contesté les faits, ce qui excluait toute possibilité de faire preuve de regrets ou de présenter des excuses. Or, de jurisprudence constante, le droit de ne pas s'auto-incriminer n'exclut pas la possibilité de considérer comme un facteur aggravant de la peine le comportement du prévenu qui rend plus difficile l'enquête pénale par des dénégations opiniâtres, dont on peut déduire une absence de remords et de prise de conscience de sa faute (cf. ATF 141 IV 61 consid. 6.1.1 p. 66 s.; 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20; voir également l'arrêt 6B_663/2014 du 22 décembre 2017 consid. 27.7). C'est donc sans violer le droit fédéral que la cour cantonale a retenu que les dénégations du recourant dénotaient une totale absence de prise de conscience de sa faute, élément pertinent pour la fixation de la peine. Le recourant reproche à la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte du fait qu'il avait un travail. Cet élément n'a pas été méconnu par la cour cantonale, qui le mentionne expressément à la p. 16 de l'arrêt attaqué. Peu importe que cet élément apparaisse dans la partie faits de l'arrêt attaqué; la cour cantonale n'était en effet pas tenue de le répéter au stade de la fixation de la peine car le jugement forme un tout et on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent. Par ailleurs, le recourant ne précise pas en quoi cette circonstance devrait influencer particulièrement la peine. Le recourant invoque une comparaison avec un cas tranché en 2007. Le Tribunal fédéral a eu l'occasion de rappeler à maintes reprises que toute comparaison d'une peine avec celles prononcées dans d'autres affaires était délicate, vu les nombreux paramètres entrant en ligne de compte. Les disparités en cette matière s'expliquent normalement par le principe de l'individualisation des peines, voulu par le législateur; elles ne suffisent pas en elles-mêmes pour conclure à un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 141 IV 61 consid. 6.3.2 p. 69). La comparaison invoquée est sans pertinence en l'espèce. Pour le surplus, il n'apparaît pas que la cour cantonale aurait méconnu les différents éléments déterminants et il n'apparaît pas qu'elle en aurait négligé certains ni qu'elle aurait accordé une importance excessive à d'autres. Dans ces circonstances, peu importe que, comme le relève le recourant, la peine prononcée corresponde au seuil de l'infraction aggravée, la cour cantonale n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation et c'est sans violer le droit fédéral qu'elle a confirmé la peine privative de liberté de 3 ans infligée au recourant.