Citation: 4C.57/1999 15.05.2000 E. 6

6.- En conséquence, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les parties avaient valablement convenu l'exécution de travaux complémentaires portant sur les montants de 30 445 fr.55, 44 150 fr. et 99 493 fr.55 (groupes a, b et c), et que le défendeur devait paiement de ces sommes. 7.- Il reste à examiner les griefs se rapportant à l'exécution du mur nord des garages (groupe d). a) La cour cantonale a considéré à ce propos que les deux experts estimaient que le prix facturé n'était pas surfait. L'expert Felber admettait que ce prix correspondait au prix de revient augmenté de 20 % pour risques et bénéfices conformément aux décisions prises par la direction des travaux et le maître de l'ouvrage en novembre 1987. Cela était confirmé par l'instruction dont il résultait que le mode de calculation du coût avait été déterminé en accord avec les demanderesses, l'architecte Sgarzi, l'ingénieur Saraga et le défendeur, de sorte qu'il n'y avait aucune déduction à opérer. b) Le défendeur attaque à nouveau en vain les constatations souveraines des premiers juges (art. 63 al. 2 OJ) lorsqu'il conteste avoir approuvé la plus-value découlant du mode d'exécution du mur nord des garages, en alléguant que la façon de déterminer le coût n'aurait pas été définie suffisamment clairement. En ce qui concerne la réduction de prix qu'il prétend, à raison de un tiers, le défendeur n'indique pas, en outre, quel principe de droit fédéral aurait été violé et pourquoi. Sur ce point, le recours se heurte à l'art. 55 al. 1 let. c OJ, la conséquence de ce défaut étant l'irrecevabilité (Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral, in SJ 2000 II p. 46; voir aussi ATF 121 III 397 consid. 2a p. 400; 120 II 280 consid. 6c). c) Cela étant, il est vrai que les deux experts ont admis le principe d'une responsabilité précontractuelle des demanderesses et de la direction des travaux pour violation de leur devoir de diligence. Si on le comprend bien, le défendeur entend tirer argument de cette violation pour obtenir une réduction d'un tiers du prix qui lui a été facturé. Autrement dit, il prétendrait à une indemnisation pour le préjudice qui en serait soi-disant résulté pour lui sur la base des art. 97 ss et 364 al. 1 CO (Gauch, op. cit., n. 853). Si on se place dans une telle perspective, force est de constater qu'il appartient au maître de l'ouvrage d'établir les éléments concrets de son dommage conformément à l'art. 42 al. 1 CO, auquel renvoie l'art. 99 al. 3 CO (cf. ATF 123 III 241 consid. 3a; 123 III 16 consid. 4d; 120 II 296 consid. 3b). Il en va de même dans l'hypothèse de l'art. 42 al. 2 CO, qui ne dispense pas le lésé d'alléguer et d'établir, dans la mesure où on peut l'attendre de lui, toutes les circonstances qui militent pour la survenance d'un dommage et qui permettent de l'évaluer (ATF 122 III 219 consid. 3). Or le défendeur ne présente aucun élément qui permettrait de supposer qu'il aurait subi un dommage, et le jugement déféré ne renferme aucune constatation à ce propos. Il ressort au contraire des constatations de fait des premiers juges que le défendeur n'a subi aucun préjudice dans la mesure où un ouvrage différent a été réalisé d'entente entre les parties et où les écarts de coût qui en sont résultés provenaient d'une autre conception de l'ouvrage en question. En d'autres termes, le maître de l'ouvrage ne semble pas avoir subi une diminution de patrimoine dans la mesure où il doit simplement payer le prix des travaux qui ont été effectués et qui ne peuvent être comparés à ceux primitivement prévus. Ainsi, il n'apparaît pas que le jugement déféré soit contraire au droit fédéral en tant qu'il a reconnu le défendeur débiteur de la somme de 28 802 fr.80.