Citation: 4A_302/2023 E. 4.2

4.2. Selon l'arrêt attaqué, le motif avancé par l'employeuse pour justifier le licenciement était réel. L'employé avait proposé à une potentielle nouvelle agente des modalités de collaboration défavorables à son employeuse sur le plan économique, puisqu'elles exposaient cette dernière à verser à cette agente une rémunération plus élevée pour la même production d'affaires, ce dont l'employé avait conscience. Il avait ainsi violé son devoir de fidélité. Le manquement en cause, sans apparaître particulièrement grave, contrastait néanmoins clairement avec la loyauté que l'on pouvait attendre d'un cadre de l'entreprise, si bien qu'il se révélait propre, malgré l'ancienneté et les qualités reconnues de l'employé, à ébranler les rapports de confiance à la base du contrat de travail. De ce point de vue, le licenciement n'avait donc rien d'abusif. Selon l'autorité précédente, la manière dont le licenciement avait été signifié ne lui conférait pas non plus ce caractère. Il était douteux que le manquement reproché à l'employé soit grave au point de lui conférer le droit d'être entendu afin de défendre sa position, parce que son honneur serait compromis. Ce manquement, au demeurant non relevant pénalement, ne s'inscrivait pas dans un environnement particulièrement sensible, mais se rapportait au système d'agence d'une grande assurance, où des considérations de concurrence et de stratégie avaient notoirement cours. L'employé ne prétendait pas non plus avoir été stigmatisé par son employeur à l'égard de collègues ou de tiers. Quoi qu'il en soit, la dénonciation sur laquelle s'appuyait l'employeuse apparaissait plutôt crédible, elle était particulièrement détaillée et circonstanciée, les faits relatés étaient globalement exacts et non contestés par l'employé; dans ces conditions, selon la cour cantonale, l'on ne voit pas ce que le travailleur aurait pu dire ou produire comme pièces qui aurait modifié l'appréciation de l'employeuse quant à la rupture des rapports de confiance. Enfin, pour discourtois qu'il était en ceci que l'employé n'avait pas pu s'exprimer, l'entretien de licenciement n'était pas pour autant abusif.