Citation: 5A_202/2022 E. 5.1

5.1. Selon l'autorité précédente, il existe des doutes sérieux quant à la recevabilité de l'allégué nouveau de l'appelant, selon lequel la crédirentière pourrait retirer de sa fortune un revenu de 1 à 1,5% par année lui permettant d'assumer partiellement ses charges. Elle estime cependant que la question peut rester ouverte, car même recevable, cet allégué ne conduirait pas à la prise en compte d'un tel rendement, pour les motifs suivants. D'une part, comme l'a retenu le Tribunal civil, le montant perçu par l'épouse à la suite du partage de l'avoir LPP du mari est destiné à sa prévoyance vieillesse. Ce capital a certes été versé sur un compte librement disponible et non pas crédité, comme il aurait dû l'être en principe, à l'avoir de prévoyance auprès de l'institution de prévoyance ou de libre passage de l'intéressée (art. 22c al. 2 LFLP), auquel cas les intérêts rémunératoires du capital sont ajoutés à celui-ci et ne peuvent être perçus par la personne bénéficiaire avant qu'elle ait atteint l'âge de la retraite. Pour les juges précédents, il n'y a aucune raison qu'il en aille différemment en l'espèce, bien que le capital ait été versé sur un compte non bloqué. D'autre part, même s'il fallait retenir que la crédirentière pourrait être astreinte à investir son avoir de vieillesse, l'on ne saurait exiger d'elle, vu la nature de ce capital, qu'elle le place autrement que sur un compte d'épargne. La jurisprudence fédérale citée par l'appelant, qui concerne le rendement exigible de la fortune ordinaire et non du capital perçu au titre de la liquidation des avoirs de prévoyance, ne s'applique donc pas; or, il est notoire que depuis quelques années, les banques ne servent que de très faibles taux d'intérêt, ce qui représenterait, pour un capital de l'ordre de 550'000 fr., un rendement annuel compris entre 55 fr. et 137 fr. 50, autrement dit négligeable.