Citation: 2C_1047/2019 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, il ressort des constatations cantonales (art. 105 al. 1 LTF) que le recourant a, depuis sa majorité, été condamné à quatre [recte: cinq; cf. supra consid. A.c.] reprises, et qu'il a notamment totalisé deux ans et demi de peine privative de liberté. Deux de ces condamnations, à savoir celles du 13 octobre 2008 et du 14 octobre 2014, ont par ailleurs été infligées pour des infractions graves, à savoir des crimes contre la LStup, envers lesquelles le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux (ATF 139 II 121 consid. 5.3 p. 126 et les arrêts cités; cf. également, sur les violations présentant un degré de gravité moins élevé mais qui, par leur répétition malgré des avertissements et des condamnations successives, peuvent être qualifiées de "très graves", ATF 137 II 297 consid. 3 p. 302). A cet égard, le recourant n'expose pas - et on ne le voit pas - en quoi il serait arbitraire, de la part de l'autorité cantonale, de retenir que sa toxicomanie ne saurait relativiser un tel trafic, dont l'envergure dépasse la couverture de ses besoins personnels en stupéfiants et dont le mobile apparaît, selon toute vraisemblance, être l'appât du gain. A la gravité des infractions commises par le recourant s'ajoute le fait, comme l'a souligné l'autorité précédente, que l'intéressé a persévéré dans la délinquance, nonobstant plusieurs avertissements du Service cantonal et une mise en garde très claire du Tribunal cantonal. Certes, la condamnation la plus grave date de 2008. Toutefois, elle n'a pas suffit à écarter le recourant de la délinquance. En effet, ce dernier a récidivé durant le délai d'épreuve des sursis qui lui avaient été accordés en 2008 et 2011, mais également durant l'exécution de sa peine, alors qu'il était en semi-liberté (cf. supra consid. A.c). Une telle attitude dénote, même s'il ne veut pas le reconnaître, une incapacité totale à s'adapter à l'ordre juridique suisse et à saisir les occasions de s'amender qui lui avaient été offertes. Sur le vu de ces éléments, le fait que le recourant n'ait plus commis d'infractions depuis mars 2015 (et non pas depuis 2014, comme il l'affirme) ne saurait jouer un rôle déterminant, ce d'autant plus que l'intéressé savait qu'une procédure pouvant mener à la révocation de son autorisation avait été amorcée dès février 2015. Dans ces conditions, c'est en vain que le recourant affirme qu'il ne présente pas un danger pour l'ordre juridique suisse et qu'une mesure plus apte et moins incisive que la révocation de son autorisation d'établissement aurait dû être prise. D'une part, il perd de vue qu'il a déjà fait l'objet de trois avertissements de la part du Service cantonal et qu'il a été totalement imperméable à ceux-ci, si bien que l'on ne voit pas en quoi il en irait différemment d'un quatrième avertissement. D'autre part, un remplacement de son autorisation d'établissement par une autorisation de séjour ne saurait entrer en ligne de compte, cette mesure, prévue à l'art. 63 al. 2 LEI, n'ayant été introduite que le 1er janvier 2019 (RO 2017 6521) et ne s'appliquant dès lors pas en l'espèce (cf. 126 al. 1 LEI; ATF 136 V 24 consid. 4.3). Enfin, quoi qu'il en pense, il convient de retenir que la révocation est manifestement apte à atteindre le but d'intérêt public visé, à savoir la prévention des infractions pénales et l'éloignement de Suisse du recourant (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.1 p. 288; 135 I 153 consid. 2.2.1 p. 156).