Citation: 9C_830/2016 E. 5.2

5.2. A l'appui de ce grief, l'office recourant soutient que la dysthymie ou le trouble dépressif, épisode actuel léger, diagnostiqués par l'experte judiciaire ne sont pas incapacitants. Il omet toutefois de mentionner que l'experte a également retenu d'autres diagnostics (troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool, avec syndrome amnésique, et dysfonctionnement exécutif marqué) et précisément relevé que c'était l'ensemble de ces atteintes, conjuguées aux limitations fonctionnelles attestées sur le plan somatique par les experts du CEMed, qui justifiait une incapacité de travail complète, alors que la dépression à elle seule n'aurait pas suffi au moment de l'expertise. On constate donc que l'experte a accordé une importance appropriée au trouble dépressif récurrent, sans qu'il se justifie de s'écarter de son appréciation sur le plan des assurances sociales. L'office recourant ne convainc pas non plus lorsqu'il affirme que le trouble dépressif diagnostiqué chez l'intimé aurait un caractère réactionnel à son licenciement et son divorce et ne serait dès lors pas déterminant. Si tel était le cas du premier épisode dépressif dont a souffert l'intimé en 1996, consécutivement à son divorce, celui-ci semble s'être résorbé spontanément. Des années plus tard, à partir de 2007, l'assuré a cependant présenté un deuxième épisode dépressif distinct, que l'experte met en lien avec des comorbidités algiques et addictives et qui répond aux conditions jurisprudentielles pour admettre alors une incapacité de travail (cf. ATF 127 V 294 consid. 4a p. 294).