Citation: 9C_359/2007 08.05.2008 E. 3

3.1 Selon le Tribunal cantonal des assurances sociales, l'office AI s'était fondé sur les rapports médicaux des docteurs L.________ et V.________ pour allouer la rente d'invalidité. Dans ces documents, les médecins avaient conclu tous deux à une totale incapacité de travail dans quelque activité que ce soit. Sur la base de deux rapports médicaux concordants, l'office AI pouvait dès lors légitimement considérer que l'assurée était incapable d'exercer la moindre activité. Certes, il aurait peut-être été opportun, à l'époque, de la soumettre à une expertise médicale supplémentaire. Cependant, en présence de deux rapports médicaux aux conclusions similaires, on ne saurait considérer que l'instruction menée avait été lacunaire et que la décision prise sur cette base était manifestement erronée. En outre, à l'époque de la décision initiale de rente, jamais le diagnostic de fibromyalgie ou de troubles somatoformes douloureux n'avaient été même évoqués, de sorte que l'office AI n'avait alors aucune raison de procéder à une expertise rhumatologique et/ou psychologique. En l'absence d'un motif valable de reconsidération, de même que d'un motif de révision, le droit à la rente devait être maintenu. 3.2 Selon le recourant, sans examen plus détaillé des éléments fondant les conclusions des docteurs L.________ et V.________ dans leurs rapports médicaux des 16 et 18 novembre 1999, particulièrement en l'absence de rapports complémentaires annexes étayant les conclusions des médecins traitants de l'intimée, l'instruction devait être considérée comme lacunaire. En effet, les circonstances du cas d'espèce étaient particulières en raison de l'ancienneté de l'événement à l'origine des lésions et des plaintes de l'intimée signalées par ces médecins - soit un accident de la circulation survenu en 1977 -, ainsi que du parcours professionnel mené à satisfaction par l'assurée pendant des années dans le cadre d'une réadaptation par elle-même. Une instruction médicale correctement menée aurait permis de constater à l'évidence que les éléments fournis par les médecins traitants reposaient essentiellement sur les données anamnestiques communiquées par la patiente et sur les plaintes subjectives émises par elle. 3.3 Certes, l'instruction qui a amené à l'origine l'administration à accorder à l'intimée une rente d'invalidité entière se révèle aujourd'hui incomplète; toutefois, ainsi que l'ont retenu les premiers juges, le recourant n'a pas démontré que celle-ci eût été alors lacunaire à un point tel que la décision prise sur cette base apparaisse manifestement erronée. Les griefs, en définitive fort succincts, développés dans le recours n'y peuvent rien changer. Ainsi, le fait de ne pas avoir étudié la possibilité de mesures de réadaptation professionnelle, en présence d'un certificat médical mentionnant que de telles mesures n'étaient pas indiquées et un second précisant qu'une activité adaptée à l'invalidité était difficilement imaginable en raison des deux pôles touchés, genou et colonne cervicale, ne permet pas de qualifier la décision initiale de rente de manifestement erronée. Il en va de même, au regard des certificats médicaux des deux médecins traitants, de l'absence de rapports complémentaires visant à étoffer les diagnostics que ceux-ci avaient retenus. Selon l'avis même du docteur F.________, médecin auprès du SMR, il y avait bien à l'époque de la décision initiale de rente des atteintes objectives. Mal fondé, le recours doit par conséquent être rejeté.