Citation: 1P.224/2001 25.06.2001 E. 3

3.- De l'avis des recourants, le Tribunal administratif aurait commis une grave erreur d'appréciation, portant sur un fait essentiel, assimilable à une violation du droit au sens de l'art. 43 OJ. Cette disposition s'applique uniquement au recours en réforme et non au recours de droit public. Il faut cependant en comprendre que les recourants reprochent au Tribunal administratif une constatation arbitraire d'un fait déterminant pour l'issue de la cause. Les recourants exposent à ce propos que l'état de fait de l'arrêt attaqué indique erronément que la demande d'autorisation de construire présentée par les recourants (DD 17472) prévoirait un toit à quatre pans, alors que le projet des recourants concerne une surélévation à toit plat. Cette erreur aurait vicié l'appréciation du Tribunal administratif sur deux points. Premièrement, la cour cantonale se serait fondée sur ce fait pour rejeter la requête de suspension de la procédure jusqu'à droit connu sur la demande DD 14472. Deuxièmement, le Tribunal administratif aurait injustement mis en doute les intentions véritables des recourants, en leur reprochant à tort de s'opposer à un projet identique au leur. S'agissant de la forme du toit projeté selon l'autorisation DD 17472, l'arrêt attaqué est entaché d'une erreur manifeste. En effet, les plans annexés à la procédure DD 17472 montrent clairement que les recourants envisagent de surélever leurs propres maisons d'un niveau, mais en gardant la forme d'un toit plat. Ces plans indiquent un bâtiment surmonté d'un toit à quatre pans, mais il s'agit précisément de celui des intimés, comme l'atteste la mention ("Autorisation de construire DD 94683") apposée en regard. La méprise du Tribunal administratif sur ce point ne conduit toutefois pas à l'admission du recours, car elle n'a pas influé sur le sort de la cause. Le Tribunal administratif pouvait sans arbitraire rejeter la demande de suspension présentée par les recourants car, contrairement à ce que ceux-ci soutiennent, les préavis successifs de la commission d'architecture ne se contredisent pas. En outre, le Tribunal administratif a rejeté le grief tiré de l'art. 14 LCI, en se fondant sur le rapport établi par la société Amsler et Bombeli. Cette motivation se suffisait à elle-même. Il n'était pas nécessaire d'y ajouter une quelconque critique à l'égard des recourants, que l'on ne saurait soupçonner de vouloir interdire aux autres ce qu'ils réclament pour eux-mêmes.