Citation: 5A_935/2021 E. 5

Dans un dernier moyen, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement ignoré le grief, soulevé en appel, selon lequel les cotisations versées pour sa prévoyance liée devaient être soustraites de son solde disponible. Pour un salarié, les cotisations des assurances de troisième pilier n'ont pas à être prise en compte dans le calcul du minimum vital (arrêt 5A_608/2011 du 13 décembre 2011 consid. 6.2.3). En tant que ces assurances servent à la constitution d'une épargne, il peut néanmoins en être tenu compte au moment de répartir l'excédent (arrêt 5A_973/2021 du 8 août 2022 consid. 4.2 et la référence). Le principe de l'égalité de traitement des époux en cas de vie séparée ne doit en effet pas conduire à ce que, par le biais du partage par moitié de leur revenu global, se produise un déplacement de patrimoine qui anticiperait la liquidation du régime matrimonial, le train de vie mené durant la vie commune constituant la limite supérieure du droit à l'entretien (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b; 115 II 424 consid. 3, 114 II 26 consid. 8). S'il est établi que les époux n'ont pas consacré, durant la vie commune, la totalité du revenu à l'entretien de la famille, il y a par conséquent lieu de déduire du solde disponible la part de revenu alors destinée à la constitution de la fortune (voir ATF 147 III 265 consid. 7.3; arrêt 5A_979/2021 du 2 août 2022 consid. 4.2.1; 5A_112/2020 du 28 mars 2022 consid. 6.2). Le recourant ne prétend cependant pas qu'en dépit des frais supplémentaires inhérents à la constitution de deux ménages distincts, le partage de l'entier de l'excédent ferait bénéficier l'intimée d'un niveau de vie plus élevé que celui mené avant la séparation. Quoi qu'il en soit, la juridiction d'appel n'a pas traité cette question, sans que le recourant lui reproche d'avoir commis un déni de justice formel prohibé par l'art. 29 Cst. Autant qu'elle est recevable, la critique est par conséquent infondée.