Citation: 5A_143/2024 E. 6

Le recourant soulève également un grief d'application arbitraire des art. 8 CC et 55 CPC, au motif qu'il appartenait à l'intimée de démontrer que toutes les conditions pour l'obtention d'une contribution d'entretien en sa faveur étaient réalisées et, en particulier, d'établir le train de vie mené jusqu'à la cessation de la vie commune. Dans le cadre de la méthode dite en deux étapes avec répartition de l'excédent désormais imposée par le Tribunal fédéral (cf. ATF 149 III 441 consid. 2.5; 148 III 293 consid. 4.4), il appartient au débirentier de rapporter la preuve (respectivement, en procédure sommaire, de rendre vraisemblable) que durant la vie commune, le train de vie du crédirentier était inférieur à celui qui résulte d'un partage d'un montant équivalent entre les époux de l'excédent actuel de la famille (cf. ATF 148 III 293 consid. 4.4 et les références; arrêt 5A_80/2023 du 11 octobre 2023 consid. 5.3; voir également ATF 144 III 285 consid. 3.3 concernant la preuve par le débirentier de la réalisation par les époux d'une part d'épargne). A cet effet, le débirentier peut notamment rendre vraisemblable que les ressources actuelles de la famille sont supérieures à celles d'avant la séparation pour des charges similaires ou qu'une épargne était réalisée du temps de la vie commune (cf. ATF 148 III 293 consid. 4.4; 144 III 285 consid. 3.3; arrêts 5A_476/2023 du 28 février 2024 consid. 3.2.2; 5A_144/2023 du 26 mai 2023 consid. 4.6). Vu ce qui précède, le recourant ne saurait ainsi reprocher à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement appliqué le droit fédéral en lui faisant supporter les conséquences de l'absence d'allégation et de preuve du dernier train de vie commun des époux. Au demeurant, il convient de relever que l'art. 8 CC n'est pas directement applicable (cf. ATF 118 II 376 consid. 3), dès lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont ordonnées à la suite d'une procédure sommaire (art. 271 let. a CPC), avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degré de la preuve à la simple vraisemblance (ATF 138 III 97 consid. 3.4.2; 127 III 474 consid. 2b/bb et les références; arrêts 5A_622/2020 du 25 novembre 2021 consid. 3.2.1; 5A_466/2019 du 25 septembre 2019 consid. 4.2). Il s'ensuit que le grief est infondé.