Citation: 5C.106/2005 06.09.2005 E. A

A.a Y.________, né le 12 juillet 1959, travaillait notamment comme carreleur et maçon. Le 8 avril 1994, il a signé une proposition d'assurance de prévoyance libre auprès de X.________ Société suisse d'assurances sur la vie, dont le préambule était ainsi libellé en substance: "Le proposant est tenu de répondre de façon précise et complète à toutes les questions qui lui sont posées. Le signataire de la proposition est responsable des conséquences de réponses inexactes et incomplètes [...] Des omissions ou des réponses inexactes donnent le droit à X.________ de se départir du contrat selon art. 6 de la Loi sur le contrat d'assurance du 2 avril 1908". La proposition d'assurance contenait des questions écrites numérotées et groupées par matière. Les questions 12 à 22 se rapportaient à l'état de santé de la personne à assurer. Y.________ a répondu par la négative à toutes ces questions, en particulier aux deux questions suivantes: "13.1 Présentez-vous actuellement une affection quelconque? 14.1 Avez-vous déjà souffert de l'une des maladies mentionnées ci- dessous: (...) affection des yeux (...)?". Au-dessus de la signature que Y.________ a apposée au bas de la formule de proposition, il était précisé: "Je déclare avoir répondu aux questions de façon complète et conforme à la vérité." A.b Le 19 avril 1994, X.________ a accepté la proposition et établi une police d'assurance n° xxxxx qui prévoyait les prestations suivantes: capital de 100'000 fr. en cas de décès par suite de maladie ou d'accident avant le 7 avril 2014; rente annuelle de 30'000 fr. payable à l'échéance d'un délai d'attente de 24 mois et jusqu'au 7 avril 2024 en cas d'incapacité de gain par suite de maladie ou d'accident; libération du paiement des primes, d'un montant annuel de 1'639 fr.10, en cas d'incapacité de gain, après un délai d'attente de 3 mois. A.c Y.________ porte des lunettes depuis l'âge de 30 ans. Le 4 juillet 1991, il a consulté le Dr B.________, spécialiste FMH en maladie et chirurgie des yeux, en raison d'une rougeur oculaire intermittente. C'était son premier contrôle ophtalmologique. Le médecin a constaté une diminution progressive de la vision, en particulier de l'oeil droit, mettant en évidence, "dans la rétine périphérique, un aspect givré de la rétine correspondant à des lésions dégénératives de la rétine périphérique non spécifique". Le 10 juillet 1991, il a dès lors pratiqué une photocoagulation au laser argon à droite autour d'une plaque de givré rétinien. Le 18 du même mois, il a procédé à un contrôle et a spécifié, sur le dossier du patient, "E.O" (en ordre). Le 16 septembre 1991, Y.________ s'est rendu chez le même médecin à la suite d'une projection de sable de ciment dans l'oeil. L'évolution, après ablation du corps étranger de la cornée droite, s'est révélée favorable. Le 24 août 1993, Y.________ a consulté en urgence le Dr B.________, à nouveau en raison d'une rougeur oculaire gauche intermittente et de cause inconnue. Le médecin a prescrit un traitement anti-inflammatoire de surface. Le 6 septembre 1993, il a qualifié la situation de "normale". Consulté à nouveau en urgence le 15 mars 1994 par Y.________ en raison d'une "migraine", le Dr B._______ a, le 18 du même mois, procédé à un examen plus approfondi. Le 18 avril 1994, après avoir posé le diagnostic de cataracte de type juvénile, nécessitant par son atteinte fonctionnelle ("diminution de la vision à 30 % de la vision potentielle") une intervention chirurgicale, il a pratiqué une biométrie, soit un examen préopératoire. Le 20 avril 1994, Y.________ a sollicité des prestations de l'assurance invalidité, indiquant comme cause de l'atteinte à sa santé la "diminution de vision". Le 8 juin suivant, le Dr B.________ a adressé à la commission AI un rapport dans lequel il a relevé que, depuis le début de l'année, la vision de l'intéressé était "franchement trouble" et que cela occasionnait "une fatigue visuelle importante" et "une photophobie gênante". Il a également rapporté ses constatations faites lors de l'examen du 18 avril 1994 et indiqué qu'une opération chirurgicale était de nature à améliorer la capacité de travail de l'intéressé. Le 7 juillet 1994, le médecin a procédé avec succès à l'opération de la cataracte. Statuant le 29 juillet 1994, la caisse cantonale de compensation a accordé à Y.________ les mesures de réadaptation sollicitées, soit la couverture de l'opération précitée et le traitement post-opératoire ("mesure médicale"), ainsi que deux paires de lunettes ("moyens auxiliaires optiques"). Par décision du 23 août 1994, la même autorité a octroyé à Y.________ des indemnités journalières de 146 fr. pour la période du 7 juillet au 31 décembre 1994, "pour autant que l'incapacité de travail atteigne 50 % au moins". A.d Au mois de février 1997, Y.________ a été victime d'un accident de karting et a souffert depuis lors de douleurs au niveau de la colonne cervicale. Il a été opéré le 12 juin 1997 d'une hernie discale cervicale et a été mis au bénéfice d'une rente entière de l'assurance invalidité, fondée sur un taux d'invalidité de 75 % avec effet rétroactif au 1er février 1998 et pour une durée indéterminée. Informée de la survenance et des conséquences de cet accident, X.________ a informé Y.________ qu'il serait libéré de l'obligation de payer les primes de l'assurance conclue auprès d'elle à compter du 17 mai 1997 et que la rente annuelle serait exigible dès le 17 février 1999. De juillet 1997 à mars 1999, elle a versé au Crédit Suisse, en mains duquel la police avait été remise en nantissement, les primes de risque d'un montant de 2'586 fr.50. Du 23 mars au 5 octobre 1999, elle a versé au Banco Espirito, auprès duquel la police avait ensuite été remise en nantissement, les montants de 17'125 fr. 20 et de 600 fr. 60 à titre de rente d'invalidité et de remboursement de primes.