Citation: 1B_404/2017 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, le risque de réitération ne saurait être retenu s'agissant d'éventuelles infractions en lien avec un trafic de cannabis. La cour cantonale retient que les plants et le matériel ont été détruits et que le bail à loyer de la ferme dans laquelle le recourant vivait et s'adonnait à la culture a été résilié. Dans de telles circonstances, on ne peut suivre les juges cantonaux lorsqu'ils considèrent qu'un risque concret de récidive existe à l'échelle de temps couverte par la détention provisoire. Ils indiquent eux-mêmes dans l'arrêt attaqué retenir un risque "à terme". Une telle évaluation du risque de récidive appartiendra en réalité au juge de fond, alors qu'en l'état une activité de culture et de trafic serait particulièrement difficile à mettre en place à court terme. A cela s'ajoute que le recourant n'a pas d'antécédents en matière de trafic de stupéfiants. En ce qui concerne les infractions à la LCR, avec la cour cantonale, on peut retenir que le risque de récidive est bien concret vu les antécédents du recourant, qui a fait l'objet de six condamnations en huit ans (dont de réitérées violations graves de la circulation routière ainsi que de la conduite en incapacité de conduire et/ou malgré un retrait de permis). Ce comportement systématiquement illicite compromet en effet sérieusement la sécurité d'autrui au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP. Le recourant propose, à titre de mesure de substitution, qu'il lui soit imposé de se faire véhiculer pour ses déplacements. Ce faisant, il élude complètement ses antécédents, en particulier s'agissant de conduite sans permis. Il n'expose pas en quoi il serait désormais plus enclin à respecter une éventuelle interdiction de conduire qui, dans les faits, équivaut aux mesures de retrait de permis dont il a fait l'objet et qu'il a régulièrement enfreintes. En l'état, le recourant ne démontre d'aucune façon avoir pris conscience du caractère illicite et dangereux de tels actes. Il n'offre non seulement aucune garantie crédible de respect d'une mesure d'interdiction de conduire, mais, de surcroît, il ne prétend pas non plus être en mesure de rester abstinent aux stupéfiants. A cet égard, une mesure de contrôle d'abstinence impliquerait la collaboration de l'intéressé. Or, celui-ci n'a jusqu'à présent pas même signifié une intention de cesser sa consommation de cannabis en cas de libération. En définitive, le recourant ne propose aucune mesure de substitution sérieuse à sa détention. Le Ministère public a au demeurant indiqué que l'enquête touche actuellement à son terme (pièce 73 susmentionnée). Il n'y a pas lieu d'avoir de doutes quant à la rapidité de l'instruction encore à venir et à la prompte fixation d'une date de jugement. Si tel devait ne pas être le cas, des mesures de substitution - plus crédibles et fermes que ce que propose actuellement le recourant - pourraient être examinées par les instances amenées à se déterminer sur une nouvelle prolongation de la détention. En résumé, s'il n'est plus justifié, en l'état, de maintenir le recourant en détention provisoire pour éviter tout risque de collusion ni pour éviter une récidive liée à un commerce de cannabis, il apparaît que la détention demeure justifiée par le risque de récidive d'infractions graves à la circulation routière.