Citation: 1B_358/2022 E. 3.4.2

3.4.2. En l'espèce, la Chambre pénale de recours s'est rapportée à sa jurisprudence (ATA/1065//2015 du 6 octobre 2015 consid. 5c et d qui se réfère à d'autres arrêts: ATA/188/2011 du 22 mars 2011; ATA/533/2008 du 28 octobre 2008), selon laquelle le placement en régime de sécurité renforcée ne constitue pas une sanction, mais une mesure visant à sauvegarder la sécurité collective et à réduire les risques de troubles au sein de l'établissement; l'autorité précédente en a déduit qu'il s'agissait d'une décision au sens de l'art. 4 de la loi cantonale du 12 septembre 1985 sur la procédure administrative (LPA/GE; rsGE E 5 10), susceptible de recours auprès de la Chambre administrative. Pour sa part, le recourant se borne à soutenir que la décision de le placer en régime de sécurité renforcée - qui restreint sa liberté personnelle de manière importante - constituerait " une décision ou une mesure relative à l'exécution de la détention préventive ", susceptible de recours auprès de la Chambre pénale de recours. Il ne démontre cependant pas le caractère arbitraire de la jurisprudence cantonale, établie de longue date, sur laquelle s'est fondée cette dernière autorité pour se déclarer incompétente, respectivement n'allègue aucun motif qui aurait commandé qu'elle s'en écarte. Pour le surplus, force est de constater que la mesure de placement en régime de sécurité renforcée au sens de l'art. 50 RRIP ne suppose aucune faute de l'intéressé et ne requiert pas qu'une infraction au règlement ait été commise, au contraire des sanctions prévues à l'art. 47 RRIP. Le placement en régime de sécurité renforcée au sens de l'art. 50 RRIP figure d'ailleurs sous le titre III " Règles particulières ", alors que l'art. 47 RRIP, se trouve au chapitre X " Discipline et sanctions ", sous le titre II intitulé " Régime normal de la détention ". Dès lors, il n'apparaît pas insoutenable de distinguer ces deux mesures et de considérer que le placement litigieux n'est pas de nature pénale, mais qu'il revêt le caractère d'une mesure particulière ne relevant pas de l'exécution de la détention provisoire, respectivement qu'il constitue une décision administrative, susceptible d'un recours auprès de la Chambre administrative. Cette interprétation est en tout cas défendable, même si une autre solution aurait également pu être concevable, voire préférable. En tout état de cause, le recourant ne démontre pas concrètement en quoi le résultat auquel abouti l'arrêt entrepris serait arbitraire. En effet, la Chambre pénale de recours a déclaré son recours irrecevable, tout en transmettant la cause à la Chambre administrative (cf. art. 64 al. 2 LPA/GE). Son recours sera donc examiné au fond par une autorité de recours. A cet égard, le recourant fait valoir que la Chambre administrative ne saurait trancher des questions relevant du domaine pénal, respectivement que la procédure prévue par le CPP lui conférerait des droits plus étendus que la procédure administrative. Il cite, à titre d'exemple, l'art. 393 al. 2 let. c CPP, qui prévoit que le recours peut être formé pour inopportunité, ce qui n'est pas le cas devant la Chambre administrative (cf. art. 61 LPA). Or, il ne prétend pas avoir recouru pour ce motif; on ne distingue pour le surplus pas en quoi l'illicéité de son placement en régime de sécurité renforcée alléguée sur le fond constituerait une question d'opportunité. Il apparaît au contraire qu'elle relève du droit. Quant au principe de célérité, le recourant se contente de le mentionner, sans véritablement en tirer de conséquences concrètes. Ce grief est donc mal fondé.