Citation: 4A_539/2019 E. 7

La demanderesse conteste la pertinence de ce raisonnement. Elle soutient qu'au moment du congé litigieux, elle était seule partenaire contractuelle de Z.________, à l'exclusion de ses filles, avec cette conséquence que contrairement au jugement d'appel, elle a qualité pour agir seule en annulation du congé et en prolongation du contrat. Certes, la demanderesse reconnaît que ses filles sont devenues parties au contrat de bail à loyer lors du décès de leur père. A son avis toutefois, les quatre parties à ce contrat ont dans l'intervalle tacitement convenu que la relation contractuelle se poursuivrait seulement entre Z.________ et elle-même, de sorte que les filles sont devenues étrangères à cette relation. La demanderesse se réfère à un précédent où le locataire défunt avait laissé pour héritiers son épouse qui habitait le logement pris à bail et leurs deux fils adultes qui n'habitaient plus ce logement. Lorsque la veuve, par sa curatrice, eut résilié le contrat plus de vingt ans après le décès, les fils se prétendirent vainement co-locataires à titre d'héritiers de leur père; il fut au contraire jugé qu'ils étaient tacitement sortis de la relation contractuelle et que celle-ci n'avait perduré qu'entre le bailleur et leur mère (arrêt 4A_258/2014 du 8 juillet 2014, consid. 1.3). La Cour de justice a discuté et rejeté cette argumentation. La Cour constate en fait que A.X.________, actuellement âgée de vingt-sept ans, « vit entre le logement familial et son propre appartement », ce par quoi il faut comprendre qu'elle continue d'habiter par intermittence le logement de sa mère. Agée de vingt-deux ans, B.X.________ « vient d'entreprendre des études universitaires [et elle ne sera donc] indépendante que dans quelques années »; elle habite donc elle aussi ce logement. Selon la Cour, les deux filles conservent ainsi un intérêt au maintien du bail, ce qui exclut une sortie tacite de la relation contractuelle. Le Tribunal fédéral peut adhérer à cette appréciation juridique; il est en effet vrai qu'au regard du principe de la confiance qui régit l'interprétation des manifestations de volonté entre cocontractants (cf. ATF 144 III 93 consid. 5.2.3 p. 98; 135 III 410 consid. 3.2 p. 412), rien, dans le comportement, l'attitude ou la situation de A.X.________ ou de B.X.________, n'a pu ni n'a dû être compris de bonne foi par Z.________ comme le signe d'une volonté de sortir de la relation contractuelle. La demanderesse se réfère aussi inutilement à un autre précédent dont le Tribunal fédéral n'a pas connu, mentionné par la Cour de justice, où la veuve du locataire défunt avait conclu avec le bailleur un avenant selon lequel elle serait désormais seule locataire, avenant que les autres héritiers - les enfants du défunt - avaient tacitement approuvé. Ainsi, nonobstant l'opinion contraire de la demanderesse, ses filles sont demeurées locataires de l'appartement, avec pour conséquence qu'elles devaient conjointement avec elle intenter les actions en annulation du congé ou en prolongation du contrat, ou, à défaut, être attraites dans le procès en qualité de défenderesses, à l'instar de Z.________ et dès la procédure de conciliation. A titre subsidiaire, la demanderesse développe une argumentation difficilement intelligible où elle affirme avoir représenté ses filles A.X.________ et B.X.________ au stade de la procédure de conciliation. Elle ne prétend cependant pas que la requête introductive de cette procédure eût été signée aussi en leurs noms, de telle manière qu'une volonté de les représenter fût reconnaissable par l'autorité saisie et par l'adverse partie. La demanderesse ne prétend pas non plus que ses filles aient personnellement comparu ou qu'elles se soient fait explicitement représenter à l'audience de conciliation, conformément à l'art. 204 CPC. En droit des obligations, l'art. 32 al. 2 CO permet qu'une personne soit éventuellement représentée à l'insu du tiers cocontractant; en revanche, il n'est pas admis qu'une personne soit représentée de manière occulte dans un procès civil, y compris au stade de la procédure de conciliation. Enfin, la demanderesse ne prétend pas davantage avoir mentionné ses filles en qualité de parties adverses dans la requête de conciliation, conformément à l'art. 202 al. 2 CPC.