Citation: I 541/00 28.08.2001 E. 1

a) Le juge des assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle que soit leur provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Pour apprécier la valeur probante d'un rapport médical, il doit vérifier que les points litigieux ont fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prend également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et les conclusions de l'expert sont dûment motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). Par ailleurs, les moyens de preuve ressortant de la procédure menée devant l'assureur social peuvent être considérés comme suffisants par le juge, qui renoncera à mettre en oeuvre de nouvelles mesures d'instruction. Toutefois, dans ce cas, l'appréciation anticipée des preuves est soumise à des exigences sévères; en cas de doute, même léger, sur le caractère pertinent ou complet des rapports médicaux figurant au dossier, le juge doit faire procéder lui-même à une expertise ou renvoyer la cause à l'assureur social pour instruction complémentaire (ATF 122 V 162 consid. 1d). b) Dans son rapport médical, le docteur W.________ a retenu un taux d'incapacité de travail largement supérieur à celui qui ressort des rapports des doctoresses T.________ et B.________. Il a suggéré aux premiers juges de mettre en oeuvre une "expertise neutre", faisant notamment valoir que les conclusions de l'intimé ne correspondaient pas à la réalité et que les plaintes de sa patiente étaient corroborées par un examen clinique manifestement pathologique. Dans son rapport médical du 17 mars 1998 et sa lettre du 14 mars 2000 au Tribunal des assurances du canton de Vaud, il n'a toutefois décrit ni l'anamnèse, ni les plaintes de la recourante, ni les observations cliniques auxquelles il a procédé. Ces documents ne sont donc revêtus que d'une valeur probante restreinte. Il en va de même du rapport médical annexé au recours devant l'autorité de céans, lequel ne décrit pas de constatations objectives et semble se fonder essentiellement sur les déclarations de l'assurée ("capacité réelle décrite par la patiente"). En revanche, les rapports médicaux établis par les doctoresses T.________ et B.________ font état des plaintes de la recourante, décrivent l'anamnèse, les examens pratiqués, les constatations objectives qui en ont résulté et le diagnostic posé. Leurs conclusions sont claires et concordent dans une large mesure. Certes, la doctoresse T.________ a examiné la recourante pour la dernière fois le 31 mars 1998, de sorte qu'un délai relativement long s'est écoulé entre le dernier examen rhumatologique et la décision litigieuse du 3 novembre 1999. Toutefois, cette praticienne a précisé qu'elle ne jugeait pas nécessaire de revoir la recourante pour se prononcer sur son incapacité de travail. De plus, on cherche en vain dans le rapport du 19 septembre 2000 du docteur W.________ la description d'une péjoration de l'état de santé de la patiente; le rapport médical du 23 septembre 1999 de la doctoresse B.________ ne décrit pas davantage une telle péjoration, mais déclare stationnaire l'état de santé de la recourante. Ainsi les rapports médicaux des doctoresses T.________ et B.________ revêtent-ils une valeur probante suffisante pour pouvoir se prononcer, sans procéder à de nouvelles mesures d'instruction, sur la capacité de travail résiduelle de la recourante. Ils indiquent que cette dernière souffre effectivement de séquelles de son accident, mais qu'elle conserve au moins une pleine capacité de travail pour tous les travaux légers ainsi qu'une capacité limitée pour les travaux lourds. Vu cette capacité de travail résiduelle, elle peut encore réaliser, comme ouvrière dans une usine, un revenu supérieur au 60 % de celui qu'elle pourrait obtenir sans atteinte à sa santé, et n'a donc pas droit à une rente d'invalidité. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :