Citation: 1C_264/2022 E. 3.1

3.1. La recourante estime qu'il ne saurait y avoir de récidive dans la mesure où les précédents visés (procédures I-4640 et I-5121) étaient des infractions à la LCI et non pas à la LDTR. Procédant à une répartition du montant de l'amende en fonction de la loi applicable, elle arrive à la conclusion que, l'art. 137 al. 2 LCI prévoyant un montant maximum de 20'000 fr., la violation à la LDTR serait sanctionnée par une amende de 80'000 fr. quand bien même il n'y aurait pas eu précédemment d'infractions à la LDTR. Comme l'a souligné la cour cantonale, il est reproché à la recourante d'avoir effectué des travaux de rénovation sans autorisation et d'avoir encaissé, suite à ces travaux, des loyers en trop pour 212'501 fr. 50. La recourante a donc, lors d'une même activité délictueuse, réalisé les éléments constitutifs de deux infractions, dont l'une est la conséquence de l'autre. Il s'agit de travaux effectués sans autorisation, contraires à la LCI et dont les conséquences sont constitutives d'une infraction réprimée par la LDTR, entraînant l'obligation de restitution des loyers perçus en trop. Dès lors, l'autorité précédente, pouvait sans arbitraire considérer que le département était fondé à retenir la circonstance aggravante de la récidive, la recourante ayant déjà deux antécédents au moment du prononcé de la décision, qui sanctionnaient l'exécution de travaux sans autorisation et l'exécution de travaux non conformes à l'autorisation de construire. Que ces travaux n'aient pas entraîné la perception de loyers indus n'est pas pertinent pour la notion de récidive. Enfin, la recourante ne saurait, en fonction du montant de l'amende, faire des hypothèses quant aux montants relatifs à la violation de la LCI, respectivement de la LDTR: la recourante a commis une seule et même activité délictueuse, prohibée par des lois différentes, mais pour lesquelles le législateur cantonal a prévu un renvoi s'agissant de l'application des mesures et sanctions administratives sous réserve des peines plus élevées prévues par le CP. L'autorité cantonale n'a donc pas versé dans l'arbitraire en retenant la récidive comme motif d'aggravation de la peine.