Citation: 8C_361/2022 E. 4

La cour cantonale a relevé que les experts de CEMEDEX avaient fait état d'un traumatisme cranio-cérébral sévère, avec hémorragie sous-arachnoïdienne et corticale, ainsi que de fractures multiples. Sous l'angle psychiatrique, ils avaient posé les diagnostics de trouble dépressif récurrent (épisode moyen à sévère), de trouble de l'adaptation chronique post-traumatique et de syndrome douloureux somatoforme persistant. Selon les experts, ces atteintes à la santé physique et psychique de l'intimée étaient en relation de causalité naturelle avec l'accident du 23 juin 2013. Les juges cantonaux ont constaté que la recourante avait toutefois nié le lien de causalité adéquate entre cet accident et les affections psychiques de l'intimée; se fondant uniquement sur les atteintes somatiques, elle avait considéré que l'intéressée disposait d'une capacité de travail de 80 %, avec une diminution de rendement de 20 %, dans une activité adaptée, ce qui conduisait à l'octroi d'une rente d'invalidité fondée sur un taux de 33 %. Procédant à l'examen du lien de causalité adéquate entre l'accident et les troubles psychiques de l'intimée, les premiers juges ont retenu que la symptomatologie de cette dernière avait pris la forme d'une atteinte à la santé psychique propre, distincte du tableau clinique du traumatisme cranio-cérébral, de sorte qu'il convenait d'examiner le lien de causalité adéquate à l'aune des critères en matière de troubles psychiques. Ce faisant, le tribunal cantonal a indiqué que selon la recourante, l'accident de circulation du 23 juin 2013 était de gravité moyenne stricto sensu, ce que l'intimée n'avait pas remis en cause. Il a ensuite retenu que cinq critères jurisprudentiels étaient remplis, ce qui était suffisant pour admettre le lien de causalité adéquate. L'intimée, en incapacité totale de travail, avait ainsi droit à une "rente entière d'invalidité" et à une IPAI de 50 %, qui couvrait également ses affections psychiques. La juridiction cantonale a encore retenu que l'intimée pouvait prétendre à des intérêts moratoires de 5 % l'an sur la rente d'invalidité et l'IPAI, dès le 1 er octobre 2021 s'agissant de la rente d'invalidité et dès le 19 mars 2019 s'agissant de l'IPAI.