Citation: 5A_288/2020 E. 3.2

3.2. S'agissant de la suspension de ses paiements, la recourante se plaint tout d'abord de la violation de l'art. 9 Cst. dans l'établissement des faits. Elle reproche à l'autorité cantonale d'avoir ignoré que, au moment de la requête de faillite, elle était en procédure avec les collectivités publiques au sens de l'art. 167 de la loi fiscale du 10 mars 1976 du canton du Valais en vue d'obtenir une remise des impôts 2014 à 2017 et que le non-paiement de ces poursuites ne résulte donc pas d'une suspension des paiements. Elle précise que les décisions sur la remise d'impôts n'ont été rendues que les 23 juillet 2019 et 20 août 2019, soit après la requête de faillite. Elle soutient que, en conséquence, les créances d'impôt n'étaient ni incontestées ni exigibles à ce moment-là et qu'elles ne sont pas pertinentes pour appliquer l'art. 190 al. 1 ch. 2 LP. La recourante affirme en outre qu'on ne peut pas faire de pronostic sur le résultat des poursuites en réalisation de gage immobilier, de sorte que celles-ci ne constituent pas un indice de suspension des paiements ou d'insolvabilité. Elle reproche également à l'autorité cantonale de s'être appuyée sur le seul indice des poursuites émanant de collectivités publiques pour retenir la suspension des paiements, en ignorant que d'autres à prendre en considération selon la jurisprudence fédérale n'existaient pas en l'occurrence. Elle conclut que si l'on rétracte les huit poursuites payées ou éteintes, les cinq poursuites périmées, les deux poursuites faisant l'objet d'une action en libération de dette, les six poursuites pour les impôts 2014 à 2017 et les deux poursuites au stade de la réalisation pouvant encore donner lieu à des saisies fructueuses, il ne reste que deux poursuites pour la somme de 14'477 fr. (D.________ SA et E.________) au stade de l'opposition. Toujours en lien avec la condition de la suspension des paiements, la recourante se plaint ensuite de la violation de l'art. 190 al. 1 ch. 2 LP en tant que l'autorité cantonale n'a pas examiné le caractère durable de cette suspension exigé par la jurisprudence fédérale. Or, les décisions sur la remise d'impôts n'étaient pas encore entrées en force et l'autorité cantonale aurait dû constater qu'il y avait un indice que les poursuites pour les impôts 2014 à 2017 seraient payées après le refus de la remise vu qu'elles l'avaient été pour F.________ SA et qu'une remise d'impôts lui avait été accordée pour les années 2007 et 2013 tant par le canton que par la commune. S'agissant de son insolvabilité, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir confondu cette notion avec celle de la suspension des paiements et prétend que l'insolvabilité peut toujours faire l'objet de mesures de la part des organes de la SA. Elle affirme en outre que l'autorité cantonale s'est livrée à une extrapolation du résultat de la réalisation de sa parcelle pour retenir son insolvabilité. Elle plaide que, dans tous les cas, elle n'est ni insolvable ni surendettée en se fondant sur ses recettes entre 2015 et 2018 et sur le fait que l'actionnariat peut renflouer les caisses et assumer certaines dettes. La recourante expose encore qu'il serait manifestement abusif d'exiger d'elle de déposer une garantie de 63'000'000 fr. dans le cadre de la révocation de l'art. 174 al. 2 LP et que, dans tous les cas, l'autorité cantonale n'a pas examiné cette question en retenant son insolvabilité. Elle termine en opposant le caractère restrictif du prononcé de la faillite sans poursuite préalable et que l'autorité cantonale n'a pas tenu compte de ses arguments sur ce point.