Citation: I 531/04 11.07.2005 E. A

V.________, né en 1946, a travaillé en qualité de chauffeur poids lourds jusqu'en 1997. Il a été licencié à la suite d'un retrait du permis de conduire et n'a pas repris d'activité lucrative. Invoquant une maladie des mains, il s'est annoncé auprès de l'assurance-invalidité le 20 novembre 1997, en vue d'obtenir un reclassement dans une nouvelle profession et une rente. Dans le cadre de l'instruction, l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après : l'Office AI) a recueilli les avis de la doctoresse P.________, spécialiste FMH en chirurgie plastique et reconstructive et en chirurgie de la main (rapports du 8 janvier 1998 et du 8 juillet 1999) ainsi que des docteurs I.________, spécialiste FMH en chirurgie plastique et reconstructive, et L.________, médecin généraliste FMH (rapport du 24 septembre 2001), tous deux du Service médical régional AI (ci-après : SMR). Dans ses rapports des 8 janvier 1998 et 8 juillet 1999, la doctoresse P.________ a diagnostiqué chez l'assuré la maladie de Dupuytren bilatérale très sévère touchant les paumes et les rayons digitaux des deux mains. Elle a également relevé que la maladie n'a cessé d'évoluer depuis 1986, nécessitant de très nombreuses opérations. Elle a de plus indiqué que l'assuré avait subi l'amputation de la moitié de la phalange distale du pouce et de la totalité de la phalange distale de l'index à la suite d'un accident dont il a été victime à l'âge de huit ans. Selon la doctoresse P.________, l'assuré est totalement incapable d'exercer son travail de chauffeur poids lourds dès le 27 novembre 1997. En revanche, elle a souligné que le patient peut exercer une activité dans laquelle il n'a pas besoin de porter de lourdes charges, à l'instar d'un emploi de chauffeur de taxi. De leur côté, les docteurs I.________ et L.________ ont diagnostiqué au terme de leurs examens une maladie de Dupuytren des deux mains et des deux pieds (rapport du 24 septembre 2001). Ils relèvent que l'assuré a une pleine capacité de travail pour autant qu'il ne soit pas appelé à accomplir des travaux nécessitant le port de lourdes charges, une force accrue de serrage, l'exposition au froid et les longs déplacements à pied. Dans son rapport intermédiaire du 27 février 2002, l'Office AI a estimé que l'assuré n'a plus les facultés d'adaptation nécessaires pour entreprendre une nouvelle formation et que des mesures de reclassement dans une nouvelle profession ne peuvent être prises en considération. Il a également considéré que la capacité de travail de V.________ est totale dans une activité adaptée à son état de santé. Pour établir le revenu d'invalide, l'Office AI a retenu trois emplois dans le secteur industriel, qui lui procureraient un gain de 50'001 francs. En comparant avec le revenu annuel moyen de 61'685 fr. sans atteinte à la santé, l'Office AI est parvenu à un taux de 19 %, si bien qu'il a rejeté la demande de prestations par décision du 15 avril 2002.