Citation: I 319/05 14.08.2006 E. 4.2

4.2.1 Selon la jurisprudence, un litige sur le droit éventuel à une rente d'invalidité n'est pas susceptible d'affecter d'une manière particulièrement grave la situation juridique de l'intéressé; en revanche, il a une porté considérable pour l'assuré (arrêts M. du 19 avril 2005, I 83/05, consid. 3.2.2; W. du 12 octobre 2004, I 386/04, consid. 4.2; H. du 7 septembre 2004, I 75/04 [résumé in : REAS 2004 p. 317], consid. 3.3). Si, en l'espèce, il est incontestable - et incontesté - que l'intéressé n'est pas en mesure d'agir seul dans la procédure d'opposition, il faut néanmoins examiner si l'assistance d'un avocat était nécessaire, compte tenu des possibilités éventuelles de l'intéressé de bénéficier de l'assistance de personnes de confiance ou de spécialistes oeuvrant au sein d'institutions sociales. Ce point doit être tranché au regard de la difficulté du cas. 4.2.2 Dans le cas particulier, l'assuré a été soumis à une expertise pluridisciplinaire confiée au docteur M.________, médecin-chef à l'Hôpital X.________, (rapport du 18 septembre 2003). Dans le cadre de cette expertise, une évaluation psychiatrique a été effectuée par le docteur A.________, médecin-chef au Centre Médico-psychologique Y.________ (rapport du 6 janvier 2003). Ces investigations ont révélé l'existence d'un syndrome douloureux chronique panrachidien sous la forme d'un trouble somatoforme persistant avec présence de signes d'inorganicité, ainsi que d'une discopathie dégénérative C5-C6 et de troubles de la statique rachidienne (hyperlordose lombaire et attitude scoliotique lombaire gauche, inégalité de longueur des membres inférieurs sur séquelles d'une fracture de la jambe gauche compliquée d'infection dans l'enfance). Selon les experts, ces troubles empêchent l'intéressé d'exercer des travaux lourds tels ceux qu'il effectuait dans son ancienne profession. Seul un travail léger sans port de charges lourdes ni mouvements répétitifs de torsion et/ou de rotation du tronc, ou en porte-à-faux était possible, et encore avec une capacité de 70 % seulement. Sur cette base, l'office AI a accordé à l'assuré, dans un premier temps, une orientation professionnelle et un soutien dans ses recherches d'emploi (décision du 10 novembre 2003). Ensuite, sur une simple information de l'intéressé qui alléguait une aggravation de l'atteinte à la santé, l'office AI lui a alloué une demi-rente fondée sur une incapacité de gain de 57 % (décision du 13 août 2004), sans même instruire le point de savoir quelles étaient les incidences de cette aggravation sur la capacité de travail. Il apparaît ainsi que l'état de fait et les questions de droit relatives notamment au caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux rendaient la cause particulièrement complexe. Par ailleurs, il est indéniable que l'issue de la procédure engagée a une portée considérable pour l'intéressé. Dans ces conditions, la Cour de céans ne saurait se rallier au point de vue de l'office recourant selon lequel l'intervention d'un avocat dans la procédure d'opposition n'était pas nécessaire. Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.