Citation: H 77/00 18.09.2000 E. 4

4.- a) Le recourant expose que, jusqu'au 31 décembre 1994, les charges liées à l'exploitation de son bureau fiduciaire concernaient aussi bien l'activité indépendante de comptable qu'il exerçait que l'activité de boursier communal déployée, à titre de salarié, pour le compte de différentes communes de la région Y.________. Or, selon lui, c'est à tort que la caisse et les premiers juges se sont fondés sur les décisions de taxation fiscale pour déterminer son revenu net d'indépendant, car la répartition des charges d'exploitation du bureau fiduciaire entre les activités dépendante et indépendante est sans importance du point de vue fiscal, l'ensemble des revenus étant imposables sans égard à leur provenance, tandis qu'elle est déterminante sur le plan des assurances sociales. En outre, comme les frais d'acquisition de son salaire ne peuvent, soutient-il, pas être portés en déduction de celui-ci, mais qu'ils "doivent cependant (bien) être pris en considération quelque part", le recourant fait valoir que les charges d'exploitation du bureau fiduciaire sont à répercuter, en totalité, sur l'exercice de son activité indépendante. Ce point de vue est erroné. b) En premier lieu, il est faux de prétendre que les frais professionnels d'une activité salariée ne peuvent, de façon générale, pas être déduits du salaire soumis à l'AVS. En effet, d'après l'art. 9 al. 1 RAVS, dans sa version (déterminante en l'occurrence) en vigueur jusqu'au 31 décembre 1996, pour les salariés qui supportent eux-mêmes entièrement ou partiellement les frais généraux résultant de l'exécution de leurs travaux, soit notamment pour les voyageurs de commerce, les représentants d'assurance, les ouvriers à domicile, ces frais peuvent être déduits s'il est prouvé qu'ils s'élèvent au moins à 10 pour cent du salaire versé (sur la manière de prouver ces frais, cf. ATF 104 V 57; RCC 1990 p. 42 consid. 4). Cette question sort toutefois de l'objet de la présente contestation, qui porte seulement sur les cotisations personnelles du recourant en relation avec l'exercice de son activité indépendante, à l'exclusion de son activité salariée. En second lieu, s'il est exact que la répartition des charges d'exploitation du bureau fiduciaire entre ces deux activités, telle qu'opérée par le fisc, ne lie pas le juge des assurances sociales (parce que cette répartition est effectivement, au contraire de ce qui est le cas pour le calcul des cotisations personnelles, sans pertinence en matière d'impôt fédéral direct), il n'en demeure pas moins que les premiers juges ont considéré que les revenus nets d'indépendant communiqués par le fisc correspondaient bien aux revenus de l'activité indépendante soumis à cotisations (cf. consid. 4a du jugement attaqué). Il s'agit-là d'une constatation de fait qui lie la Cour de céans (cf. supra consid. 2). En effet, les charges d'exploitation du bureau fiduciaire ont en réalité été imputées pour chacune des deux activités considérées (dépendante et indépendante) grosso modo en proportion des revenus bruts générés par celles-ci (cf. les comptes d'exploitation versés au dossier fiscal); or, en l'absence d'indications plus précises sur la nature de ces activités et sur les charges qui leur sont liées, cette façon de procéder est admissible, du moment que le recourant n'a apporté aucun élément propre à démontrer que cette clé de répartition serait manifestement inexacte, se bornant a soutenir que les charges doivent être répercutées en totalité sur son activité indépendante. Il y a d'autant moins de raison de s'écarter des constatations des premiers juges que, bien qu'ayant été invité à trois reprises par ceux-ci à se déterminer sur la proposition formulée en procédure cantonale par la caisse, le recourant, qui est pourtant comptable de formation, s'est limité à faire valoir - de manière également erronée - que les taxations fiscales étaient provisoires, sans critiquer concrètement leur contenu, en particulier la clé de répartition qu'elles sanctionnent. c) Enfin, l'arrêt rendu le 1er février 1982 par la Cour de céans dans une affaire qui opposait déjà le recourant à l'intimée n'est d'aucun secours à celui-ci. A l'époque, l'annulation du jugement entrepris et le renvoi de la cause à la caisse de compensation étaient justifiés parce que le statut de cotisant de l'assuré dans ses différentes activités était litigieux et devait faire l'objet d'un nouvel examen, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui : les parties ne contestent en effet plus que, jusqu'au 31 décembre 1994, parallèlement à son activité indépendante de comptable, le recourant exerçait l'activité de boursier communal à titre de salarié. Le recours est mal fondé.