Citation: 5A_508/2021 E. 8.3.2

8.3.2. 8.3.2.1. En tant qu'il se réfèrent à l'art. 97 CO, les recourants perdent de vue que si cette disposition, applicable en l'espèce, pose le principe selon lequel la faute est présumée, il n'en demeure pas moins que selon la jurisprudence, c'est bien aux héritiers qu'il appartient d'apporter la preuve des faits permettant de constater que les trois autres conditions de la responsabilité civile des exécuteurs testamentaires à leur égard sont réunies (ATF 142 III 9 consid. 4.1), étant rappelé que cette responsabilité s'apprécie comme celle d'un mandataire. C'est ainsi à bon droit que la juridiction précédente a retenu qu'il leur incombait de prouver le dommage dont ils se prévalaient, tant s'agissant de son existence que de son montant (art. 42 al. 1 CO; parmi plusieurs, arrêt 4A_480/2021 du 9 novembre 2022 consid. 4.1), respectivement qu'ils devaient supporter les conséquences de l'absence de preuve y relative, conformément à la règle habituelle sur le fardeau de la preuve consacrée à l'art. 8 CC (ATF 143 III 1 consid. 4.1). Quant aux dispositions de droit cantonal qu'ils citent, elles ne font l'objet d'aucun grief de nature constitutionnelle, de sorte que la critique, au demeurant peu motivée, est irrecevable (cf. supra consid. 2.2.1, 2e §). 8.3.2.2. Les recourants ne peuvent pas non plus être suivis lorsqu'ils soutiennent que le montant du dommage constaté par l'expert T.________ aurait dû leur être alloué au motif qu'il s'agirait d'une question de fait et que le juge ne peut en principe pas s'écarter d'un rapport d'expertise. Selon la jurisprudence, dire s'il y a eu dommage et quelle en est la quotité est une question de fait. C'est en revanche une question de droit de dire si la notion juridique du dommage a été méconnue et de déterminer si l'autorité cantonale s'est fondée sur des principes de calcul admissibles pour le fixer (ATF 139 V 176 consid. 8.1.3). En outre, il revient au seul juge, et non à l'expert, de tirer les conséquences juridiques d'une expertise. Les raisons pour lesquelles il s'écarte de l'expertise, ce qu'il doit motiver, se rapportent donc par nature à la constatation des faits et non aux appréciations juridiques qui y figurent éventuellement (arrêt 5A_700/2021 du 16 septembre 2021 consid. 3.2 et les références). En l'occurrence, l'autorité cantonale était liée par la méthode de calcul du dommage indiquée par le Tribunal fédéral dans l'arrêt de renvoi au consid. 5.4.4. C'est ainsi à juste titre que les juges appelés à statuer après renvoi ont vérifié si l'expertise judiciaire figurant au dossier tendait à prouver des faits pertinents pour déterminer le dommage conformément aux exigences de l'arrêt de renvoi, ce qu'ils ont nié au motif que l'expertise T.________ partait du postulat que les titres auraient dû être immédiatement liquidés, contrairement à la notion juridique de dommage telle que définie dans l'arrêt de renvoi. 8.3.2.3. Pour le surplus, les recourants ne s'en prennent nullement à l'arrêt querellé, en tant qu'il retient qu'ils n'ont pas cherché à remettre en question en appel le raisonnement du Tribunal de première instance selon lequel l'expertise T.________ ne contenait pas les éléments permettant de calculer le dommage conformément aux considérants de l'arrêt de renvoi (cf. supra consid. 8.1.2). En particulier, ils ne font pas valoir, ni a fortiori ne démontrent, que la constatation de fait selon laquelle ils n'avaient pas expliqué, en appel, en quoi cette expertise était propre à établir le dommage de la manière dont l'exigeait l'arrêt de renvoi serait manifestement inexacte, de sorte que cette constatation lie le Tribunal fédéral (cf. supra consid. 2.3.1). Ils ne prétendent pas non plus que l'autorité cantonale aurait violé l'art. 311 al. 1 CPC en jugeant que leur appel était insuffisamment motivé sur ce point (cf. supra consid. 2.2.1 et 2.4, 2e §). Faute pour les recourants d'avoir soulevé et motivé à suffisance de droit un grief en appel à cet égard, ils sont forclos à s'en prévaloir devant la Cour de céans (cf. supra consid. 2.4). Il ne se justifie donc pas de se pencher sur les explications qu'ils tentent de fournir à ce propos dans leur recours fédéral. Les mêmes considérations valent pour leur critique selon laquelle l'expertise privée S.________ aurait été écartée sans motifs pertinents, la Cour de justice leur ayant aussi reproché un défaut de motivation de l'appel à ce propos, sans qu'ils ne s'en prennent de manière topique à l'arrêt entrepris sur ce point dans leur recours fédéral. Par leur argumentation largement appellatoire, les recourants ne parviennent par ailleurs pas à démontrer qu'il était arbitraire de retenir que la preuve du montant dommage, calculé conformément à la méthode préconisée par l'arrêt de renvoi, n'avait pas été fournie, eu égard aux autres éléments du dossier - recevables - dont ils affirment qu'ils ont été écartés à tort, à savoir en particulier, les déclarations des parties et des témoins ainsi que des faits " établis au pénal ". Enfin, les recourants ne font pas valoir que les juges précédents auraient dû déterminer équitablement le montant exact du dommage en application de l'art. 42 al. 2 CO, et il ne ressort au demeurant pas de l'arrêt entrepris qu'ils l'auraient invoqué devant la juridiction précédente; il n'y a donc pas lieu d'examiner cette question (cf. supra consid. 2.2.1 et 2.4; cf. au sujet de l'exception prévue par cette disposition, qui s'applique de manière restrictive, arrêts 4A_480/2021 du 9 novembre 2022 consid. 5.1 et les références; 4A_396/2015 du 9 février 2016 consid. 6.2). Il ne se justifie pas non plus de juger si le tribunal aurait pu administrer d'office une expertise, étant d'ailleurs relevé que, même devant le Tribunal fédéral, les recourants persistent à en nier la nécessité, ce qui exclut déjà toute possibilité d'en faire le reproche aux autorités précédentes (dans le même sens arrêt 4A_431/2015 du 19 avril 2016 consid. 5.2.2).