Citation: 2C_905/2021 E. 1

Elle a néanmoins jugé que le recourant ne pouvait se prévaloir de relations sociales approfondies avec d'autres personnes que les membres de sa famille proche qui ne faisaient pas partie du noyau familial auquel s'étend la garantie du respect de la vie familiale au sens des art. 8 CEDH. Il n'était pas marié avec son amie, qui n'avait du reste entamé sa relation avec le recourant qu'en 2019 alors que la décision de révocation de l'autorisation d'établissement avait déjà été prononcée et qu'elle pouvait donc s'attendre à ce que ce dernier ne reste pas en Suisse. A l'issue de sa scolarité obligatoire, le recourant n'avait en outre pas effectué de formation professionnelle ou d'études. Il n'avait suivi que des stages de courte durée. Jusqu'à son engagement par la même entreprise pour une durée indéterminée prévu initialement à partir du 1er avril 2020 et finalement concrétisé dès le 15 mars 2021, il n'avait pas été en mesure d'exercer de façon suivie une activité lucrative et n'avait pas effectué de formation avant l'échéance de son autorisation d'établissement le 30 août 2013, alors qu'il était âgé de 23 ans, hormis un seul emploi exercé du 1er juin 2008 au 31 juillet 2009. La réintégration dans le pays d'origine serait vraisemblablement difficile dans un premier temps, mais pas insurmontable, puisque le recourant était jeune et en bonne santé et ne retournerait pas dans un pays qui lui est parfaitement étranger, sa grand-mère pouvant le soutenir notamment en l'introduisant dans son propre cercle de relations sociales. Ses possibilités d'intégration et de retour étaient intactes. Enfin, les visites et les moyens de communication modernes lui permettraient de maintenir des contacts réguliers avec les membres de sa famille vivant en Suisse. Il est vrai que le recourant vit depuis longtemps en Suisse et que la révocation de son autorisation d'établissement doit dans ces conditions n'être prononcée que pour des motifs impérieux. De tels motifs sont en l'espèce remplis, le recourant ayant été condamné à trois ans de privation de liberté pour trafic aggravé de stupéfiant. Sur le plan économique, social et personnel en outre, il ne peut pas se prévaloir de motifs qui permettent de contrebalancer la gravité des actes pénaux pour lesquels il a été condamné. Enfin, rien ne s'oppose à son retour au Maroc, comme l'a constaté à juste titre l'instance précédente. C'est par conséquent à bon droit que l'instance précédente a confirmé que l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emportait sur son intérêt privé au maintien de son autorisation d'établissement en Suisse.