Citation: 1P.16/2007 19.03.2007 E. 1

3.1 La jurisprudence reconnaît au juge un important pouvoir d'appréciation dans la constatation des faits et leur appréciation, qui trouve sa limite dans l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2a p. 38; 118 Ia 28 consid. 1a p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral n'intervient en conséquence pour violation de l'art. 9 Cst. que si le juge a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il admet ou nie un fait pertinent en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et éléments du dossier, lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte, lorsque les constatations de fait sont manifestement fausses ou encore lorsque l'appréciation des preuves se révèle insoutenable ou qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 58, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 81 consid. 2 p. 86; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). 3.2 La cour cantonale a retenu que les observations faites sur place par la police ne permettaient pas d'infirmer les déclarations de l'intimé suivant lesquelles Y.________ ne serait apparu dans le faisceau de ses feux de route qu'une dizaine de mètres avant le choc fatal et qu'il se serait subitement déplacé du bord de la chaussée vers le centre de celle-ci, en écartant les bras. Elle a ajouté que l'état d'ébriété dans lequel se trouvait la victime rendait plausible cette version des faits, de sorte que X.________ devait être libéré de la prévention d'homicide par négligence. Elle a en outre considéré que l'on ne saurait reprocher au prévenu d'avoir ébloui la victime avec ses feux de route, dans la mesure où il est probable que celle-ci se trouvait hors du champ de vision de X.________, pour en conclure que celui-ci n'était pas en mesure de remarquer la présence d'un individu. Elle a confirmé le non-lieu du chef de prévention de violation simple des règles de la circulation routière. Les recourants tiennent cette appréciation des faits pour arbitraire au regard des résultats de la reconstitution effectuée par la gendarmerie cantonale quelques jours après l'accident, qui aurait démontré qu'un piéton cheminant sur la bande cyclable était clairement visible par une voiture circulant à 70 km/h, feux de route enclenchés, et des propos tenus par l'intimé, qui a précisé que la victime se trouvait sur la bande cyclable. Celui-ci aurait ainsi dû apercevoir Y.________ s'il avait fait preuve de la diligence requise, de sorte qu'il devait être renvoyé en jugement pour homicide par négligence. 3.3 L'absence de traces de freinage sur les lieux de l'accident tend à démontrer que X.________ n'a vu le piéton qu'au dernier moment. Reste à savoir si c'est en raison d'une inattention fautive de l'intimé en relation de causalité adéquate avec le décès de la victime. Faute de témoins, la cour cantonale a tenu pour plausibles les déclarations de l'intimé selon lesquelles Y.________ serait apparu soudainement à une dizaine de mètres devant le véhicule, avant de se déplacer vers le centre de la chaussée. Comme cela ressort des constatations faites par la gendarmerie lors de la reconstitution, l'intimé aurait été en mesure de voir le piéton et de réagir en conséquence si celui-ci avait cheminé normalement le long de la route. Il n'est nullement établi qu'il en irait de même si Y.________ avait débouché du talus situé en contre-bas de la chaussée ou s'il venait de se relever, comme X.________ en a eu l'impression. Cette éventualité n'est pas incompatible avec les constatations faites par la gendarmerie sur place, puis quelques jours après l'accident; elle est également plausible au vu de l'état d'ébriété avancé dans lequel se trouvait la victime au moment des faits. Il ne suffit pas qu'une autre solution soit également envisageable pour considérer l'appréciation des faits retenue comme arbitraire. Compte tenu du pouvoir d'examen restreint dévolu au Tribunal fédéral, on ne saurait dire que l'arrêt attaqué violerait l'art. 9 Cst.