Citation: 6B_210/2019 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que le caractère laconique des trois attestations litigieuses était susceptible de tromper un lecteur tiers sur l'identité du titulaire des investissements qui y étaient mentionnés. Le document du 11 janvier 2010 - lequel faisait référence à son utilisation par les auditeurs de la banque A.________ - ne pouvait être compris autrement que comme dressant une liste de titres appartenant à cette dernière. La manière équivoque dont étaient rédigées les deux autres attestations, adressées à la banque A.________, sans que le nom du titulaire du compte y figurât, ne pouvait que laisser croire aux tiers - soit des employés de H.________ et de la Banque F.________ auxquels celles-ci étaient en définitive destinées - que le compte no xxx appartenait à la banque A.________. De même, l'omission de mentionner l'existence du droit de gage grevant les titres faisant l'objet des attestations était de nature à donner une fausse image du patrimoine concerné aux tiers auxquels ces documents étaient destinés. Il s'agissait donc de faux intellectuels. Concernant la valeur probante accrue des documents, la cour cantonale a relevé que deux attestations avaient été rédigées sur du papier au logo de la banque dépositaire, tandis que la troisième l'avait été sur papier à en-tête de celle qui avait requis une confirmation pour ses auditeurs. Les trois pièces avaient en outre été signées non par un employé subalterne, mais par le chargé de relation au sein de la banque G.________ SA, lequel s'était successivement présenté comme "Director", "Head of Russia and Central Asia" et "Executive Director - Head of Russia and Central Asia", soit comme une personne occupant une fonction dirigeante dans l'établissement. Ces attestations étaient destinées à être intégrées à une comptabilité, soit celle de la banque A.________ ou celle du "I.________" de C.________. Elles revêtaient donc une force probante accrue et constituaient des titres au sens de la loi et de la jurisprudence. Sur le plan subjectif, la cour cantonale a indiqué que le recourant savait que les titres évoqués étaient déposés au nom de C.________ et non de la banque A.________. Il savait également que ceux-ci étaient grevés d'un droit de gage en faveur de la banque G.________ SA. Compte tenu de son expérience professionnelle et indépendamment de ses connaissances juridiques, il ne pouvait lui échapper que, dans l'idée d'attester l'existence d'actifs pour une comptabilité, le contenu des attestations était lacunaire et de nature à tromper un tiers car ne donnant qu'une vue partielle de la réalité. Même en prêtant au recourant une certaine naïveté, celui-ci devait savoir, compte tenu du contexte, que la manière avec laquelle les attestations étaient rédigées laisserait croire à un tiers que la banque A.________ était titulaire du compte no xxx et qu'il s'agissait précisément du but poursuivi. La banque G.________ SA avait en effet, peu auparavant, mis un terme à une structure qui faisait apparaître la banque A.________ comme la titulaire d'avoirs appartenant en réalité à C.________. L'autorité précédente a ajouté qu'il ne pouvait avoir échappé au recourant que les documents litigieux permettaient au prénommé non seulement de dissimuler aux yeux des tiers des avoirs dont il revendiquait par ailleurs la titularité, mais encore de taire l'existence de prêts et d'apparaître comme plus riche qu'il n'était. En rendant des services à C.________, le recourant avait quant à lui pu consolider sa position au sein de la banque G.________ SA, faire fructifier ses affaires et celles de sa famille, ainsi qu'en témoignaient les montants des bonus qui lui avaient été accordés, le versement d'une somme de 100'000 EUR par C.________ et l'aide de ce dernier pour mener des opérations "peu claires" et non déclarées fiscalement.