Citation: 8C_148/2023 E. A

A.a. A.________, né en 1970, a été engagé dès le 1er octobre 2019 par les Transports publics genevois (ci-après: TPG) en qualité d'ingénieur sécurité des technologies de l'information et de la communication. A.b. Le 19 octobre 2020, A.________ a envoyé un courriel à B.________, directeur des systèmes d'information et télécommunication, avec copie à son supérieur C.________ ainsi qu'à une tierce personne, s'exprimant notamment comme suit: "[J'ai été] mis, par toi, D.________, E.________....devant ce qui me semble juste une humiliation de devoir me justifier devant cette personne que vous déifier [sic], à savoir F.________ pour, valider mes choix (...). Vous me demandez de valider une architecture big-data auprès d'un gars qui ne bite que dalle au big-data. C'est ce que j'ai fait Mardi après-midi en aillant [sic] l'impression de le sucer pour qu'il accepte de me donner son extrême-onction. Mais où est-on là?". Le 16 septembre 2021, A.________ a fait une présentation PowerPoint en visioconférence au sujet de l'avancement de l'un de ses projets. La dernière partie de sa présentation était intitulée "Gouvernance du projet un suicide en «live»". Des pastilles représentant un Jolly Roger (drapeau de pirates avec une tête de mort et deux tibias) étaient apposées en regard des mentions "Une direction qui ne communique pas =" et "Un adjoint de la direction qui ne communique pas =". La présentation s'achevait par la phrase "Je me barre!" écrite en très gros caractères. Le même jour, A.________ a envoyé, à 22h58, à la présidente du conseil d'administration des TPG, G.________, un courriel intitulé "Alors comment fait-on quand un collaborateur est à deux doigts de se trancher la gorge?" en indiquant: "Vous pensez réellement que le sujet est une blague?" et en affirmant notamment: "Je ne peux accepter de pourrir mes projets par manque de lucioles... (au lecteur de trouver l'anagramme de luciolle) ". À 23h12, il lui a envoyé un second courriel, qui commençait en ces termes: "Madame la Présidente, si je vous ai fait parvenir le précédent courriel, c'est que c'est le seul moyen d'attirer de cette structure l'attention que j'apprécie, les TPG.... Malheureusement, ma sensibilité pour faire grandir les TPG n'est pas la même que ma direction informatique...Ce courriel se veut un appel à l'aide pour éviter que ce conn...ard...de DSI [directeur des systèmes d'information] ne me tue par sa gestion et sa langue de put...e...et tue l'ensemble de nos collègues au service informatique.". Le lendemain matin du 17 septembre 2021, A.________ a envoyé un courriel à C.________, B.________ et au service des absences, à teneur duquel "psychologiquement [s]a direction [l'avait] tué". Il avait été pris en charge aux urgences de l'hôpital H.________ durant la nuit, de sorte qu'il ne pourrait se présenter au bureau. A.________ a été en arrêt de travail pour cause de maladie du 17 septembre 2021 au 31 mars 2022. Les TPG lui ont coupé les accès informatiques. En octobre 2021, alors qu'il était en arrêt de travail pour cause de maladie, l'intéressé a posté des commentaires (en anglais) au sujet d'une publication parue sur le réseau social professionnel LinkedIn mentionnant notamment qu'il était dommage que les TPG eussent une perspective aussi limitée de ce qu'ils pouvaient apporter aux Genevois. Le 9 novembre 2021, l'employé s'est adressé à I.________, responsable conseil des ressources humaines, par courriel en mettant en copie le directeur général des TPG ainsi qu'un autre directeur. Il reprochait aux ressources humaines de "valider le principe appliqué par [s]a hiérarchie de faire de [lui] un collaborateur de seconde zone", notamment en raison du blocage de ses accès informatiques. Il avait été la cible de harcèlement moral, dont les ressources humaines se rendaient "complices". I.________ lui a répondu le 16 novembre 2021 et l'a invité à fournir tout élément factuel à même d'étayer ses allégations nouvelles de harcèlement. De plus, il avait le droit, s'il s'estimait victime de harcèlement psychologique, de s'adresser au groupe de confiance, dont il avait reçu la documentation lors de son entrée en fonction et les coordonnées étaient rappelées. Le 17 novembre 2021, A.________ a envoyé un courriel au directeur général des TPG, avec copie à B.________ et I.________, en indiquant que le "traquenard" que ce dernier lui avait tendu le 16 novembre 2021 n'était "pas cool, mentionnant au passage la "fourberie" de trois personnes dont B.________. Dans un autre courriel adressé quelques minutes auparavant, à 1h12 du matin, à I.________, il était affirmé que B.________ "[gérait] sa position en usant d'une langue de pute". A.c. Par courrier du 19 novembre 2021, les TPG ont informé A.________ de leur intention de résilier les rapports de travail avec effet immédiat au sens de l'art. 74 du statut du personnel du 1er janvier 1999 (ci-après: SP). Un délai au 29 novembre 2021 lui a été accordé pour faire valoir son droit d'être entendu par écrit. Par décision du 10 décembre 2021, déclarée exécutoire nonobstant recours, les TPG ont résilié les rapports de service avec effet immédiat et fin du droit au traitement le 28 février 2022.