Citation: 5A_374/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, au vu de l'existence de la plainte déposée le 18 octobre 2021, il est patent que le commandement de payer est parvenu à la recourante et qu'il a donc produit ses effets, même à retenir une notification irrégulière. Toutefois, la recourante n'a pas allégué à quelle date elle en a effectivement pris connaissance. Il n'est pas non plus établi si elle a formé opposition. En effet, l'autorité de surveillance a considéré, mais seulement de manière sommaire dans sa décision sur effet suspensif, que tel était le cas, étant donné que la recourante avait allégué dans sa requête que " l'exécution immédiate de la décision à l'origine de la plainte aurait pour effet de vider la cause de son objet puisque le créancier pourrait requérir, voire obtenir la mainlevée de l'opposition formulée contre le commandement de payer dont la notification est viciée et donc nulle ". Toutefois, dans ses observations du 9 novembre 2021, l'office a affirmé " ne pas avoir reçu à ce jour une déclaration de la plaignante formant opposition ". La recourante n'a pas réagi à ce courrier, pas plus qu'à celui du 11 novembre 2021 de l'autorité de surveillance informant les parties que la cause était gardée à juger. Or, si la recourante n'a pas formé d'opposition, son inaction couvre l'éventuel vice de notification du commandement de payer (cf. arrêt 7B.161/2005 du 31 octobre 2005 consid. 2.2). Cependant, pour les raisons qui suivent, il n'y a pas lieu de trancher la question de savoir si, en n'établissant pas si la recourante a formé opposition, l'autorité de surveillance a violé la maxime inquisitoire régissant la procédure de plainte, de sorte qu'il faudrait annuler la décision attaquée et renvoyer la cause pour instruction. En effet, il ressort des faits de la cause que le commandement de payer a été reçu par l'avocat de la recourante le 8 octobre 2021 et que cette dernière, représentée par ce même avocat, a déposé une plainte contre la notification qu'elle estimait irrégulière par acte expédié le 18 octobre 2021, soit dix jours après dite réception. Ce délai correspond à celui dans lequel le poursuivi doit former plainte (art. 17 al. 2 LP), mais aussi à celui dans lequel il doit faire opposition au commandement de payer (art. 74 al. 1 LTF). Or, alors qu'elle prétend ne pas avoir initialement, le 23 mars 2021, donné de procuration à cet avocat portant sur la réception, pour son compte, d'actes de poursuite, la recourante ne s'est nullement prévalue du fait que le délai de dix jours pour déposer sa plainte aurait commencé à courir postérieurement au 9 octobre 2021, soit le lendemain de la réception par cet avocat du commandement de payer litigieux, au motif que le point de départ de ce délai dépendrait de sa propre connaissance effective du commandement de payer et de son contenu, la seule connaissance de son avocat, dont le mandat ne s'étendait initialement pas à cet objet, ne lui étant en revanche pas imputable. Au contraire, elle s'est expressément fondée sur la date du 8 octobre 2021 pour démontrer le respect du délai de plainte au sens de l'art. 17 al. 2 LP. L'autorité de surveillance s'est aussi fondée sur cette date pour vérifier si le délai pour former plainte avait été respecté (cf. consid. 1), sans que la recourante émette la moindre critique à cet égard. Partant, étant donné que, à suivre le discours de la recourante, elle a dû donner un nouveau mandat à son avocat pour la représenter dans la procédure visant à contester la notification du commandement de payer et que, au vu de son propre calcul du délai, ce mandat a été donné le 8 octobre 2021, soit le même jour où cet avocat a reçu le commandement de payer, le délai pour former opposition au commandement de payer a, lui aussi, commencé à courir le 9 octobre 2021, soit le lendemain de la connaissance effective, par la recourante, du contenu du commandement de payer. Il est arrivé à échéance le jour où la plainte a été déposée. Partant, la recourante n'a aucun intérêt digne de protection à ce qu'il soit examiné si les exigences légales en matière de notification du commandement de payer ont été respectées et, le cas échéant, à le notifier à nouveau. Cette motivation entraîne le rejet de l'entier de ses griefs.