Citation: 6B_166/2009 26.05.2009 E. 2

2.1 Dans un grief d'ordre formel, à examiner en premier lieu, les recourants se plaignent d'une violation de leur droit d'être entendus. Ils reprochent aux autorités cantonales d'avoir rejeté les réquisitions de preuves tendant à démontrer que F.________ SA commandait à ses techniciens opérant sur des installations en duplex de ne pas mettre en panne les ascenseurs adjacents lors d'intervention dans les gaines afin de ne pas déplaire à la clientèle. En ce sens, ils se réfèrent au témoignage de C.________, anciennement employé par l'entreprise. Ils se fondent également sur les déclarations de D.________, responsable de service auprès de F.________ SA, qui a indiqué que les procédures de sécurité prises par son employeur étaient beaucoup moins lourdes que celles de la concurrence; en particulier, il a précisé qu'avant les événements, il n'existait pas d'instruction générale intimant aux techniciens de mettre en panne les ascenseurs adjacents en cas d'intervention dans les trémies. 2.2 Garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'être entendu permet au justiciable de participer à la procédure probatoire en exigeant l'administration des preuves déterminantes (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16 et les arrêts cités). Ce droit ne s'étend toutefois qu'aux éléments pertinents pour décider de l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes, lorsque le juge parvient à la conclusion qu'elles ne sont pas décisives pour la solution du litige ou qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion. Ce refus d'instruire ne viole le droit d'être entendu des parties que si l'appréciation anticipée de la pertinence du moyen de preuve offert, à laquelle le juge a ainsi procédé, est entachée d'arbitraire (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242, 274 consid. 5b p. 285 et les arrêts cités; sur la notion d'arbitraire, voir ATF 127 I 60 consid. 5a p. 70). 2.3 Procédant à la constitution du dossier, le juge d'instruction a requis l'avis d'un expert du Service suisse d'inspection. Selon le rapport en résultant, l'installation en cause est caractérisée par le fait que trois ascenseurs contigus sont insérés dans une gaine commune et sans qu'une cloison courant sur toute la longueur de la trémie ne les sépare les uns des autres. Malgré ces particularités, elle n'en demeure pas moins conforme aux normes de sécurité applicables in casu, usuelle - en particulier dans les établissements similaires à l'hôtel G.________ - et reconnaissable par les professionnels au premier coup d'oeil. En présence de telles installations, les usages de la profession recommandent aux techniciens de mettre en panne les ascenseurs adjacents afin de prévenir les risques liés aux courses non contrôlées de ces derniers. L'expert ajoute que ces instructions sont reprises dans le livret "Sécurité et VSA" connu de toute la profession. Le magistrat instructeur a également recueilli les dépositions de H.________, D.________, A.________ et E.________, respectivement responsable de service, coordinateur de sécurité et techniciens auprès de F.________ SA. Les parties civiles ont en outre produit les témoignages de plusieurs collègues et amis de la victime. A leur lecture, aucune de ces pièces ne corrobore l'existence d'une instruction générale au sein de l'entreprise F.________ SA incitant les techniciens de maintenance intervenant sur des installations en duplex à laisser en service les ascenseurs adjacents. En revanche, il en ressort que B.________ était réputé pour ne tolérer aucun risque dans l'exercice de son métier. Dans ces circonstances et compte tenu du fait qu'il avait la charge d'une famille de quatre personnes, on saisit mal les motifs pour lesquels il aurait accepté de travailler durant plusieurs années au service d'un employeur négligeant la sécurité de son personnel. L'adoption ultérieure au décès de ce dernier d'une directive interne contraignant expressément les techniciens intervenant sur des installations en duplex de mettre hors service les ascenseurs adjacents démontre le contraire. Cela étant, on ne distingue aucun indice concret permettant d'envisager que l'appréciation du Tribunal d'accusation aurait pu être modifiée par des mesures d'instruction supplémentaires. On ne voit pas davantage qu'en refusant de procéder à celles-ci, les juges auraient procédé de manière arbitraire à une appréciation anticipée des preuves, en retenant que rien au dossier n'indiquait que F.________ SA aurait ordonné à ses employés d'intervenir sur des installations en duplex en laissant fonctionner les ascenseurs adjacents par souci de satisfaire sa clientèle. Le grief tiré d'une violation du droit d'être entendu se révèle mal fondé.