Citation: 6P.71/2004 18.02.2005 E. 2.1

2.1.1 Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir retenu qu'il avait accordé des remises d'intérêts aux frères P.________, à L.________, à K.________ et à M.________ sur la base des seules déclarations de ces derniers. Selon lui, ces témoignages seraient en effet peu crédibles. Les frères P.________ l'auraient accusé pour se venger du fait qu'il les avait lui-même confondus dans l'affaire des dessous de table. Le témoignage de L.________, qui est le cousin de X.________, serait suspect, compte tenu des liens de parenté qu'il a avec X.________ et du fait que X.________ lui aurait accordé depuis 1989 des remises d'intérêts pour des dizaines de milliers de francs. Le fils de K.________ a été condamné pour homicide par négligence pour avoir effectué une injection d'héroïne qui fut mortelle au fils du recourant, de sorte qu'il est totalement impensable qu'il ait accordé une remise d'intérêts à K.________. Enfin, d'après le recourant, la cour cantonale a retenu de manière arbitraire qu'il avait accordé une remise d'intérêts à M.________. Selon l'art. 336 al. 4 du code de procédure pénale jurassien, qui renvoie à l'art. 293 CPP/JU, le tribunal apprécie librement le résultat de l'administration des preuves sur la base des débats et du dossier. Selon le système de l'intime conviction, le juge peut rejeter tel témoignage qu'il juge suspect ou admettre telle déposition, qui lui apparaît digne de foi. Il lui suffit de motiver sa décision. En l'espèce, la cour cantonale explique, dans chaque cas, de manière convaincante, les raisons qui l'ont conduite à retenir les témoignages des débiteurs concernés. Le recourant se borne à mettre en cause la crédibilité des témoins, notamment en raison des rancoeurs que ceux-ci auraient nourri à son encontre. Il ne soulève cependant aucune contradiction avec d'autres éléments du dossier, qui serait de nature à mettre en cause l'appréciation des preuves par la cour cantonale. En ce qui concerne M.________, il ressort du passage cité par le recourant (arrêt attaqué, p. 60) que l'avance de 90'000 francs concerne bien un crédit en marchandises, destiné à l'achat de porcelets pour l'exploitation d'une porcherie. Les déclarations de M.________ n'apparaissent dès lors pas contradictoires. Mal fondés, les griefs du recourant doivent être rejetés. 2.1.2 Le recourant soutient que la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en considérant que le fait qu'il avait agi en accord avec le bureau ne changeait rien à la violation de son obligation de gestion. Ce faisant, il critique l'application du droit fédéral, ce qu'il n'est pas habilité à faire dans le cadre du recours de droit public. Son grief est dès lors irrecevable. 2.1.3 Le recourant invoque la violation du droit d'être entendu, dès lors que le juge d'instruction l'avait renvoyé devant le Tribunal correctionnel pour avoir laissé X.________ procéder à des remises d'intérêts et non pour avoir lui-même accordé des remises d'intérêts. Il n'aurait pas pu en conséquence se défendre en connaissance de cause. Selon la jurisprudence, un manquement au droit d'être entendu est toutefois réparé si la partie a bénéficié de la faculté de s'expliquer librement devant une autorité supérieure (ATF 124 V 389 consid. 5a p. 392). Sous l'angle du droit d'être entendu, le grief du recourant doit donc être écarté, vu que le tribunal correctionnel de première instance et le tribunal cantonal ont entendu le recourant sur ces chefs d'accusation. Il n'y a pas lieu, par ailleurs, d'examiner si le tribunal de première instance a violé le droit de procédure cantonal en retenant à l'encontre du recourant une infraction ne figurant pas dans l'acte d'accusation, dès lors que le recourant n'a pas invoqué une application arbitraire du droit cantonal. Mal fondé, le grief du recourant doit donc être rejeté.