Citation: 8C_617/2020 E. A

A.a. A.________, né en 1975, travaillait depuis le 1 er avril 2005 comme chauffeur de camion au service de l'entreprise B.________ SA. Le 22 juillet 2005, il a été victime d'un accident de moto, au cours duquel il a subi un traumatisme du genou droit ayant nécessité plusieurs interventions chirurgicales. Le cas a été pris en charge par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), auprès de laquelle il était assuré obligatoirement contre le risque d'accident. Sur le plan professionnel, l'assuré a bénéficié d'une reconversion en tant que chauffeur de car, laquelle a été prise en charge par l'assurance-invalidité. A.b. Le 26 novembre 2008, A.________ a chuté de la ridelle hydraulique d'un camion et a subi une contusion lombaire et du genou droit, qui ont entraîné une incapacité totale de travail. La CNA a pris en charge le cas. Par décision du 20 juillet 2009, confirmée sur opposition le 29 octobre 2009, la CNA a mis un terme à ses prestations d'assurance (indemnités journalières et frais de traitement) avec effet au 22 juillet 2009. Par décision du 26 novembre 2009, confirmée sur opposition le 10 février 2010, elle a en outre nié le droit de l'assuré à une rente d'invalidité en raison de son atteinte au genou droit. A.c. Alors qu'il avait été engagé depuis le 1er février 2011 par l'entreprise C.________ SA en tant que chauffeur de car à plein temps et qu'il était en incapacité de travail pour cause de maladie (lombalgies) depuis le 21 décembre 2011, A.________ a subi le 3 septembre 2012 un nouvel accident de moto, lequel a provoqué une fracture des bases des métacarpiens 3-5 à droite, une contusion de la nuque et du thorax ainsi que du coude et du pied droits. La CNA a pris en charge le cas. Dans un rapport d'examen final du 22 août 2014, le docteur D.________, spécialiste en chirurgie orthopédique FMH et médecin d'arrondissement de la CNA, a considéré la situation comme stabilisée. L'ancienne activité de chauffeur n'était plus exigible mais l'assuré avait une pleine capacité de travail (en termes d'horaires et de rendement) dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles. Constatant que la comparaison entre le revenu sans invalidité de chauffeur de car et le revenu hypothétique d'invalide dans une activité adaptée aboutissait à un taux d'invalidité de 8,46 %, la CNA a, par décision du 3 mars 2016, nié le droit de l'assuré à une rente d'invalidité et lui a octroyé une indemnité pour atteinte à l'intégrité fondée sur un taux de 10 %. A.d. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) du genou droit réalisée le 30 novembre 2016 ayant mis en évidence une chondropathie fémoro-patellaire, l'assuré a de nouveau été opéré au genou le 1er mars 2017 (arthroscopie avec débridement de l'atteinte cartilagineuse rétro-patellaire et apport de PRP dans le tendon rotulien). Le 3 mai 2017, la CNA a confirmé la prise en charge de la rechute à partir du 3 novembre 2016. Dans un rapport du 16 mars 2018, le docteur E.________, spécialiste en médecine physique et réadaptation du Service médical régional de l'assurance-invalidité (SMR), a constaté qu'il n'existait pas d'indice médical objectif d'une aggravation des troubles de la colonne vertébrale, en particulier lombaire, ni de l'état de la main droite depuis 2014, date de la dernière appréciation médicale du SMR qui avait conclu à une stabilisation de l'état de santé à l'époque. En revanche, l'assuré présentait une aggravation au niveau du genou droit en raison d'une chondropathie de stade IV de la rotule droite, pour laquelle il était prévu en avril 2018 un traitement chirurgical qui aurait pour conséquence une longue rééducation de l'ordre de neuf à douze mois. Dans son rapport final du 27 mars 2018, le docteur F.________, spécialiste en médecine générale auprès du SMR, a confirmé l'appréciation du docteur E.________ et a proposé de procéder à une révision dans les dix-huit mois en cas d'octroi d'une rente. Le 30 avril 2018, le docteur G.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et en médecine du sport, a procédé à un débridement de la lésion cartilagineuse rotulienne par arthrotomie parapatellaire externe avec plastie spongieuse. Par décision du 20 septembre 2018, l'Office AI a alloué à l'assuré une rente entière d'invalidité à partir du 1er novembre 2017. A.e. Dans un rapport du 25 janvier 2019, le docteur H.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et en traumatologie et médecin d'arrondissement de la CNA, a constaté que subjectivement, l'assuré annonçait une tendance à la réapparition de douleurs au niveau du genou droit le limitant dans ses activités mais qu'objectivement, l'examen clinique était plutôt rassurant avec une absence d'épanchement, une excellente mobilité et une rotule bien mobile. Il a précisé que la réapparition de douleurs persistant au-delà d'une période de six mois post-opération laissait envisager l'éventualité d'un résultat incertain, mais qu'il était encore trop tôt pour apprécier le résultat clinique et qu'une nouvelle imagerie ne présentait pas de sens avant une année suivant la dernière intervention, ceci en raison des artéfacts post-opératoires. Une IRM du genou droit de l'assuré réalisée le 25 février 2019 afin de tirer le bilan de l'évolution consécutive à la greffe cartilagineuse rotulienne a fait état de remaniements opératoires au niveau cartilagineux rotulien de la crête avec quelques irrégularités légèrement hétérogènes localement, néanmoins sans déplacement évident ni oedème osseux notable. Par ailleurs, aucune anomalie au niveau du genou n'a été relevée. Après avoir pris connaissance des résultats de l'IRM, le docteur H.________ a estimé, le 6 mai 2019, que la situation était stabilisée et qu'il n'y avait pas de modification de l'exigibilité. Après avoir informé l'assuré, par courrier du 16 mai 2019, qu'elle mettait fin au paiement des soins médicaux et de l'indemnité journalière avec effet au 31 mai 2019, la CNA a nié le droit de l'assuré à une rente d'invalidité par décision du 23 mai 2019, confirmée sur opposition le 18 juin 2019.