Citation: 8C_656/2022 E. 4.1

4.1. Dans sa décision sur opposition du 20 septembre 2021, la recourante s'était appuyée principalement sur les appréciations médicales de son médecin d'arrondissement, la doctoresse E.________. Aux termes de son appréciation du 29 juin 2020, cette praticienne a notamment relevé que subjectivement, l'assuré déclarait d'importantes douleurs, mentionnant ne rien pouvoir faire avec sa main gauche. Objectivement, la doctoresse E.________ constatait une absence d'amyotrophie du membre supérieur gauche et aucun signe objectif d'un SDRC encore actif. Elle observait par contre un col de cygne marqué au niveau du 3e doigt et nettement moins prononcé au niveau des 2e et 4e doigts. La force était nettement diminuée au test de Jamar. Toutefois, il existait d'importantes autolimitations au cours de l'examen, de même que des tremblements induits et des discordances. Sur le plan médical, l'état de santé était stabilisé. La doctoresse E.________ retenait les limitations fonctionnelles suivantes: activités s'exerçant essentiellement avec la main droite chez cet assuré droitier, la main gauche pouvant uniquement servir d'aide mais ne pouvant pas effectuer d'activités manuelles; pas d'activités au froid mais une activité s'exerçant à l'intérieur. Dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles, l'assuré pouvait travailler à 100 % sans diminution de rendement. Dans l'ancienne activité et dans toutes les activités bimanuelles, la capacité de travail était nulle. Dans une appréciation séparée du même jour, la doctoresse E.________ a évalué le taux d'atteinte à l'intégrité à 6 %. Elle a exposé que dans la table 1 des atteintes à l'intégrité résultant de troubles fonctionnels des membres supérieurs, il n'y avait aucune atteinte des doigts qui correspondait à un taux d'indemnité pour atteinte à l'intégrité. Cela étant, par analogie, et au vu du manque de mobilité du 3e doigt, elle a considéré que l'assuré présentait des séquelles correspondant à l'image 10 de la table 3 (Révision 2000), à savoir une amputation du 3e doigt, ce qui conduisait à retenir une atteinte à 6 %. Dans son rapport du 6 septembre 2021, la doctoresse E.________ a confirmé son appréciation après avoir pris position sur les rapports médicaux présentés par l'intimé, notamment ceux qui concernaient l'indemnité pour atteinte à l'intégrité. Elle se distanciait de l'avis du docteur C.________, qui retenait que l'intimé présentait des séquelles correspondant à un taux d'indemnité pour atteinte à l'intégrité de 20 % selon la table 3 et la position 32, parce que cela correspondait à une amputation des doigts II, III et IV; quant à l'estimation de l'atteinte à l'intégrité de 50 % des docteurs F.________ et G.________ du Centre d'antalgie de l'Hôpital D.________, qui suivaient l'intimé depuis le 20 novembre 2019, elle correspondait à une amputation totale de tout le membre supérieur au niveau de l'épaule. La doctoresse E.________ ne pouvait ainsi pas se rallier à ces conclusions très divergentes qui ne reposaient pas sur les constatations cliniques objectives mais se basaient essentiellement sur les plaintes subjectives de l'intimé, lequel mentionnait ne plus pouvoir rien faire avec son bras gauche; or cela n'était objectivement pas possible, puisqu'il ne présentait pas d'amyotrophie de son membre supérieur.