Citation: 2C_641/2023 E. 5.2

5.2. Concernant l'existence de raisons familiales majeures et la pesée des intérêts, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant, âgé de 15 ans, dispose d'une bonne santé. Il a passé toute sa vie et sa scolarité au Togo, pays dans lequel il a une vie stable et où il suit des études avec succès. A cet égard, le recourant bénéficie de l'aide financière de sa mère, qui lui permet d'être scolarisé dans une école privée catholique avec l'objectif de décrocher un baccalauréat. Il peut compter au Togo sur la présence de ses grands-parents, de son oncle maternel et d'une voisine, chez laquelle il se rend et qui lui fait parfois à manger. Toujours selon cet arrêt, si l'oncle précité se serait montrer violent à au moins une occasion par le passé, en assénant une claque au recourant, il n'est pas établi qu'il aurait encore un comportement inapproprié, la mère du recourant l'ayant même qualifié de "modèle pour son fils". En dépit des déclarations du grand-père du recourant qui se dit fatigué et chez lequel le recourant vit actuellement, il n'est pas non plus démontré que celui-ci, âgé de 50 ans, ne serait plus en mesure de s'occuper de l'intéressé. La prise en charge du recourant dans son pays d'origine reste donc garantie. En définitive, l'arrêt attaqué ne mentionne pas d'élément qui permettrait de retenir l'existence d'une modification importante des circonstances au Togo qui justifierait la venue en Suisse du recourant. Comme déjà constaté, le recourant ne remet pas en question les faits constatés par l'autorité précédente sous l'angle de l'arbitraire. Ceux-ci lient dès lors le Tribunal fédéral (cf. supra consid. 2). Le recourant et sa mère communiquent par Skype et Viber en moyenne deux fois par mois et celle-ci est venue lui rendre visite à deux reprises au Togo, pour des séjours de trois semaines, en 2016 et 2022. Cette relation, qui n'apparaît pas particulièrement intense, n'en est pas moins effective. Le recourant est toutefois âgé de 15 ans et, selon la jurisprudence, un déménagement constitue un déracinement pour les jeunes de plus de 13 ans, qui les expose à des difficultés d'intégration considérables (arrêts 2C_882/2022 du 7 février 2023 consid. 4.7; 2C_476/2022 du 1er novembre 2022 consid. 5.4.1 et les arrêts cités). Il est également dans l'intérêt du recourant de pouvoir terminer les études commencées au Togo. Aux intérêts privés de celui-ci à demeurer dans son pays d'origine s'ajoute également l'intérêt public que revêt une politique migratoire restrictive, ainsi que l'intérêt public lié à la création de conditions cadres favorables à l'intégration des étrangers (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.1). Ces intérêts en faveur d'un refus d'une autorisation de séjour au recourant priment les intérêts de celui-ci - y compris sous l'angle de l'art. 3 CDE - et de sa mère à pouvoir vivre ensemble en Suisse, pays dans lequel se trouvent aussi son demi-frère et sa demi-soeur. Le fait que le recourant ait vécu avec sa mère au Togo jusqu'au départ de celle-ci en janvier 2014, soit pendant plus de cinq ans, ne saurait être décisif. En effet, un cadre de vie stable a depuis lors pu être mis en place pour le recourant dans ce pays, dans lequel il vit sans sa mère depuis plus de neuf ans et avec laquelle il n'a plus que des contacts limités. Par ailleurs, les contacts entre le recourant et sa mère pourront, comme par le passé, être maintenus par le biais des moyens de télécommunications modernes et par le biais de séjours de la mère au Togo. Le recourant expose essentiellement vouloir vivre auprès de sa famille, composée de sa mère et de son demi-frère et de sa demi-soeur, ce qui ne suffit pas pour reconnaître une raison familiale majeure (cf. supra consid. 4.1). Par ailleurs, il invoque en vain la faible durée du dépassement du délai de l'art. 47 al. 1 LEI et les raisons du non-respect de celui-ci, qui ne sauraient être déterminants dans la pesée des intérêts. En particulier, ces éléments sont sans effets sur les risques de difficulté d'intégration susmentionnés. Dans ces conditions, il n'était pas contraire à l'art. 8 par. 2 CEDH de confirmer le refus de regroupement familial différé.