Citation: I 616/06 24.09.2007 E. 4

A l'instar de l'administration, la juridiction cantonale a nié que les conditions d'une révision au sens de l'art. 17 LPGA fussent remplies. Elle a en revanche retenu que les conditions d'une reconsidération de la décision du 24 février 1998 étaient réalisées et confirmé la suppression de la rente à partir du 1er octobre 2001. Seul ce dernier point étant contesté, il convient d'examiner si la décision du 24 février 1998 était manifestement erronée. 4.1 Les premiers juges ont considéré que la décision initiale de l'intimé était manifestement erronée, dès lors que l'administration avait reconnu le recourant totalement incapable de travailler alors qu'aucun rapport médical n'attestait une incapacité de travail complète dans toute activité lucrative - le rapport du COPAI ne pouvant pas remplacer une évaluation médicale -. Par ailleurs, l'OCAI n'avait pas examiné si la mise en oeuvre de mesures de réadaptation était exigible, ni procédé à une comparaison des revenus. La juridiction cantonale a examiné les répercussions de la capacité de travail résiduelle du recourant dans une activité adaptée sur sa situation économique. Elle a déduit de la comparaison des revenus avant et après invalidité, compte tenu d'un abattement de 25 % sur le revenu d'invalide, qu'il présentait un taux d'invalidité de 33 %. 4.2 Comme le relève le recourant, les constatations des premiers juges sont en contradiction manifeste avec les rapports médicaux se trouvant au dossier. En effet, le docteur A.________ a indiqué que toute activité professionnelle nécessitant des efforts physiques ou sollicitant l'appareil ostéoarticulaire de manière répétée était formellement contre-indiquée, de même que l'exposition à des substances ou poussières irritantes pour les voies respiratoires. Le médecin précisait que la capacité de travail ne pouvait être améliorée par des mesures médicales et que des mesures professionnelles n'étaient pas indiquées. Le docteur L.________ était d'avis qu'une activité professionnelle suivie était incompatible avec les douleurs osseuses et musculaires du recourant dès lors qu'elles nécessitaient des changements de position trop fréquents. Quant aux experts du COPAI, ils ont attesté que le rendement de l'assuré n'était pas exploitable, compte tenu de son manque de résistance et de force physique. Par ailleurs, l'examen de ses capacités d'apprentissage et d'adaptation montrait qu'il ne pouvait pas être réadapté dans des tâches plus légères physiquement mais aussi plus exigeantes intellectuellement. Seule une activité en atelier protégé, adaptée aux possibilités restreintes de l'assuré, était envisageable. Ainsi, il appert des pièces médicales ainsi que du rapport de stage COPAI recueillis à l'époque de la décision initiale de rente, que la capacité de travail du recourant était nulle aussi bien dans son ancienne profession que dans une activité plus légère. Par conséquent, son degré d'invalidité se confondant avec celui de l'incapacité de travail, il était superflu, en pareil cas, de procéder à une comparaison des revenus avec et sans invalidité (cf. ATF 104 V 136 consid. 2b). D'autre part, en retenant que l'OCAI n'a pas examiné la question de la priorité de la réadaptation sur la rente, les premiers juges ont fait une appréciation manifestement inexacte des rapports médicaux et du rapport du COPAI (cf. les passages en italique au point 4.2). 4.3 Au vu de ce qui précède, il n'apparaît pas que la décision initiale de rente du 24 février 1998, par laquelle l'OCAI a alloué au recourant une rente entière d'invalidité, fût manifestement erronée. Par conséquent, en admettant que les conditions de l'art. 53 al. 2 LPGA étaient remplies en l'espèce, la juridiction cantonale a violé le droit fédéral. Partant, le recours s'avère bien fondé.