Citation: 1A.300/2005 24.01.2006 E. 3.1

Selon l'art. 14 CEEJ, la demande d'entraide doit notamment indiquer son objet et son but (ch. 1 let. b), ainsi que l'inculpation et un exposé sommaire des faits (ch. 2). Ces indications doivent permettre à l'autorité requise de s'assurer que l'acte pour lequel l'entraide est demandée est punissable selon le droit des Parties requérante et requise (art. 5 ch. 1 let. a CEEJ), qu'il ne constitue pas un délit politique ou fiscal (art. 2 al. 1 let. a CEEJ), que l'exécution de la demande n'est pas de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité, à l'ordre public ou à d'autres intérêts essentiels du pays (art. 2 let. b CEEJ), et que le principe de la proportionnalité est respecté (ATF 118 Ib 111 consid. 4b et les arrêts cités). Le droit interne (art. 28 EIMP) pose des exigences équivalentes, que l'OEIMP précise en exigeant l'indication du lieu, de la date et du mode de commission des infractions (art. 10 OEIMP). 3.2 Sans être particulièrement détaillée, la demande d'entraide et ses compléments permettent aisément de comprendre l'objet de l'entraide requise. Il est expliqué que B.________ a été condamné en 2000 puis en appel en 2001, pour fraude en matière de TVA. Il s'était soustrait à l'exécution de la peine et n'avait pu être arrêté qu'en décembre 2003. Les documents saisis en ses mains faisaient état de l'implication de quatre sociétés luxembourgeoises par l'intermédiaire desquelles il pourrait recycler le produit de la fraude. Par ailleurs, la présence d'un gestionnaire de la banque suisse ainsi qu'un rapport de gestion de portefeuille permettaient également de suspecter une activité de recyclage. Ayant appris que B.________ était aussi l'ayant droit des comptes de la recourante, l'autorité requérante a étendu sa démarche à ces avoirs. Contrairement à ce que soutient la recourante, l'autorité requérante n'a pas à rendre vraisemblables les soupçons dont elle fait état, ni même à indiquer pour quelle raison elle a été amenée à s'intéresser aux comptes visés; le fait que B.________ en soit le bénéficiaire constitue un motif d'ailleurs suffisant et l'on comprend, dans ce contexte, que l'autorité requérante désire savoir si le produit des sommes détournées a pu y aboutir. Pour le surplus, l'autorité requérante donne les renseignements dont elle dispose, s'agissant de l'époque à laquelle l'infraction a été commise, et du montant total du préjudice subi. En dépit des objections de la recourante, l'autorité suisse requise n'a pas à vérifier l'exactitude de ces renseignements.