Citation: I 893/05 17.10.2006 E. A

P.________, né en 1940, a exercé la profession de menuisier-ébéniste jusqu'au 1er février 1999. A cette date, il s'est blessé à l'avant-bras gauche avec une scie circulaire. Il a été opéré le jour même à l'Hôpital X.________ pour une plaie profonde de l'avant-bras gauche, avec section des corps charnus et des tendons des muscles long extenseur radial du carpe, court extenseur radial du carpe et extenseur commun des doigts. L'accident a été annoncé à la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA), qui a pris en charge les suites de celui-ci. Le 4 février 2000, le docteur M.________, médecin d'arrondissement de la CNA, a fait état d'une bonne cicatrisation, mais de douleurs persistantes, d'un manque de force et de récupération du bras gauche dans le schéma corporel, avec un manque de mobilité active sans substrat organique vraiment objectivable en dehors de la douleur. Il a proposé une hospitalisation à la Clinique Y.________, en vue de permettre la réintégration du bras gauche dans le schéma corporel. P.________ a séjourné à la Clinique Y.________ du 8 au 29 mars 2000. Les docteurs I.________ et B.________ y ont posé les diagnostics de douleurs chroniques et limitation fonctionnelle du membre supérieur gauche, syndrome épaule-main à gauche, traumatisme de l'avant-bras gauche le 1er février 1999 (section musculo-tendineuse des long et court extenseur radiaux du carpe et de l'extenseur commun des doigts). Durant les thérapies, l'assuré s'était montré coopérant, mais rapidement limité par les douleurs. Les docteurs I.________ et B.________ avaient toutefois constaté de grandes variabilités des amplitudes actives et passives au cours des différents exercices et l'utilisation du bras gauche lorsque l'assuré n'était pas en «situation thérapeutique». Bien qu'objectivement, les médecins n'avaient pas constaté de déficit moteur ou de limitation passive significative (hormis pour l'épaule), l'assuré n'intégrait pas son membre supérieur gauche dans son schéma corporel et ne l'utilisait pratiquement pas lors des observations en ateliers professionnels ou durant les thérapies. Sur le plan psychiatrique, aucune psychopathologie n'avait été mise en évidence (rapport des docteur I.________ et B.________ du 7 avril 2000). Le 2 août 2000, le docteur M.________ a réexaminé l'assuré et décrit plusieurs signes de non-organicité. Il a proposé une reprise du travail à 50 % comme menuisier, avec limitation des ports de charges à des poids légers à moyens dans un premier temps, puis une reprise du travail à 100 % dès le 15 septembre 2000 (rapport du 4 août 2000). Par décision du 14 septembre 2000, la CNA a mis fin aux prestations allouées à l'assuré, avec effet dès le 1er octobre 2000. A la suite d'une opposition de l'assuré, elle a confié au docteur H.________, spécialiste en chirurgie plastique et reconstructive et en chirurgie de la main, le soin de réaliser une expertise. Ce médecin a fait état de manifestations sévères d'aggravation de la symptomatologie par l'assuré, sans pouvoir préciser s'il s'agissait d'une attitude délibérée ou découlant d'une atteinte à la santé psychique. De son point de vue, la capacité de travail était nulle, vue l'exclusion fonctionnelle du membre supérieur gauche, mais l'incapacité de travail ne découlait pas d'une atteinte à la santé d'origine accidentelle (rapport du 2 juillet 2001). La CNA a maintenu sa décision du 14 septembre 2000, par décision sur opposition du 11 septembre 2001. Entre-temps, P.________ avait déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité, le 25 février 2000. L'instruction de la cause a été confiée à l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg. Mandaté par cet office pour réaliser une expertise psychiatrique, la doctoresse O.________ n'a pas mis en évidence d'atteinte à la santé psychique. Selon ce médecin, un trouble somatoforme douloureux pourrait entrer en considération, dans l'hypothèse où les plaintes de l'assuré ne seraient pas explicables par une atteinte à la santé physique. Il n'y avait toutefois pas lieu de retenir une incapacité de travail en relation avec son état de santé psychique (rapport du 30 avril 2003). Par décision du 17 mars 2004, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : l'Office AI) a alloué à l'assuré une rente entière d'invalidité pour la période du 1er février 2000 au 31 août 2000, puis une demi-rente d'invalidité jusqu'au 30 septembre 2000. Il a nié le droit à une rente pour la période postérieure. P.________ s'est opposé à cette décision, en produisant un rapport établi le 22 avril 2004 par le docteur V.________, son médecin traitant, qui attestait une incapacité de travail totale en raison des suites de l'accident du 20 février 1999. Par décision sur opposition du 31 août 2004, l'Office AI a maintenu son refus d'allouer des prestations pour la période postérieure au 30 septembre 2000.