Citation: BGE 147 IV 145 E. 1.3

Le Tribunal fédéral a déjà eu, à quelques reprises, l'occasion d'examiner le fonctionnement de l'art. 70 CPP. Il a tout d'abord reconnu le rôle important de pont ("Brückenfunktion") joué par les médias entre l'activité judiciaire et le grand public, et plus particulièrement la fonction de garde ("Wächterrolle"), tenue par les chroniqueurs judiciaires, pour le contrôle par le public de l'activité judiciaire ( ATF 143 I 194 consid. 3.1 p. 199; ATF 141 I 211 consid. 3.3.1.1 p. 215; arrêt 1B_87/2018 du 9 mai 2018 consid. 2.3.2). Le Tribunal fédéral a d'ailleurs relevé que l'art. 70 al. 3 CPP, qui permet au tribunal d'autoriser, à certaines conditions, les chroniqueurs judiciaires à assister à des débats tenus à huis clos, conduit à constater que BGE 147 IV 145 S. 152 ceux-ci bénéficient d'une position plus favorable par rapport au grand public ( ATF 141 I 211 consid. 3.3.1.2 p. 215 s.). Cela dit, le Tribunal fédéral a constaté que lorsqu'un tribunal exclut le public sur la base de l'art. 70 al. 1 CPP, cela vise également les chroniqueurs judiciaires. Cette disposition constitue en principe une base légale suffisante pour exclure le public - dont les chroniqueurs judiciaires - d'une audience ( ATF 143 I 194 consid. 3.4.2 p. 202). Par ailleurs, le Tribunal fédéral a indiqué que lorsqu'un chroniqueur judiciaire ne se soumet pas aux exigences du tribunal au sens de l'art. 70 al. 3 CPP, il ne remplit pas les conditions d'entrée et reste exclu de l'audience ( ATF 137 I 209 consid. 4.7 p. 214 s.).