Citation: 6P.2/2005 11.02.2005 E. 1

Toutefois, la question de savoir si les éléments extérieurs retenus en tant que révélateurs du contenu de la conscience et de la volonté autorisent à admettre que l'auteur a agi par dol éventuel relève du droit. Ainsi, lorsque l'autorité cantonale a déduit l'élément subjectif du dol éventuel sur la base d'éléments extérieurs, faute d'aveux de l'auteur, les questions de fait et de droit interfèrent sur certains points. Le Tribunal fédéral peut dès lors revoir, dans une certaine mesure, si ces éléments extérieurs ont été correctement appréciés au regard de la notion juridique du dol. En conséquence, le juge doit exposer ces éléments extérieurs le plus exhaustivement possible, afin que l'on puisse discerner ce qui l'a conduit à retenir que l'auteur a envisagé le résultat dommageable et s'en est accommodé (cf. ATF 125 IV 242 consid. 3c p. 252; 121 IV 249 consid. 3a/aa p. 253; Martin Schubarth, Einheitsbeschwerde, PJA 1992 p. 849 ss, spéc. 851 s.). En l'occurrence, la cour cantonale a admis que le recourant avait conscience du caractère sexuel de ses actes, car il s'était isolé pour commettre ses agissements, d'abord en éloignant sa fille, puis en attirant L.Y.________ dans sa chambre, à l'abri des regards et qu'il avait recommandé à l'enfant de n'en parler à personne. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. Il découle également de ces faits que le recourant avait, à tout le moins, accepté de commettre des actes d'ordre sexuel sur L.Y.________. Contrairement à ce que croit le recourant, le fait qu'il a commis les mêmes actes sur sa fille ne saurait le disculper. On ne saurait en effet en déduire qu'il n'avait pas conscience du caractère illicite de son comportement avec L.Y.________. 7.3.2 Le recourant invoque une erreur de droit au sens de l'art. 20 CP, soutenant qu'il se croyait en droit d'agir, dès lors qu'il avait eu le même comportement sur sa propre fille qui avait rigolé. A teneur de l'art. 20 CP, le juge peut atténuer librement la peine ou y renoncer, voire prononcer un acquittement (ATF 120 IV 313), lorsque le prévenu a commis un crime ou un délit alors qu'il avait des raisons suffisantes de se croire en droit d'agir. Pour qu'il y ait erreur de droit, il faut donc que l'auteur ait agi en se croyant en droit de le faire. La question relève du fait, de sorte qu'elle est soustraite à l'examen du Tribunal fédéral (art. 277bis al. 1 PPF). Si cette condition est réalisée, il faut encore que l'auteur ait eu "des raisons suffisantes" de se croire en droit d'agir; il s'agit d'une question de droit que le Tribunal fédéral examine donc librement (art. 277bis al. 2 PPF). En l'occurrence, comme vu ci-dessus, il ressort des constatations cantonales que le recourant avait conscience du caractère sexuel de ses actes, de sorte qu'il n'a pas pu se croire en droit d'agir. Le grief soulevé doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. 7.3.3 Enfin, le recourant soutient qu'il a agi sous l'empire d'une erreur sur les faits (art. 19 CP), dans la mesure où il ne s'est pas rendu compte que L.Y.________ interpréterait ses gestes différemment que sa fille et qu'elle serait perturbée. Ce grief est infondé, vu que, définissant un délit de mise en danger abstrait, l'art. 187 CP n'exige pas que l'enfant soit effectivement perturbé (cf. consid. 7.1). Partant, l'intention ne doit pas porter sur cet élément, et il est donc sans importance que le recourant se soit rendu compte ou non du malaise éprouvé par la fillette. Comme vu ci-dessus, il faut et il suffit que le recourant ait eu conscience du caractère sexuel de ses actes, ce que l'arrêt attaqué a retenu.