Citation: 1B_390/2018 E. 3

Sur le fond du litige, on ne peut certes à ce stade exclure tout lien de connexité entre les infractions dénoncées à l'encontre du prévenu intimé et les versements opérés par la recourante afin de permettre à l'intimée C.________ SA d'acquérir les parcelles en cause. Cela vaut en particulier s'agissant de l'infraction d'escroquerie qui punit également celui - éventuellement en l'occurrence le prévenu intimé - qui a le dessein de procurer à un tiers - soit peut-être à l'intimée C.________ SA - un enrichissement illégitime (art. 146 al. 1 CP). Cela étant, la question du fondement juridique du séquestre - en vue de la confiscation (cf. art. 263 al. 1 let. d CPP) ou afin de garantir le prononcé d'une éventuelle créance compensatrice (cf. art. 71 al. 3 CP) -, peut rester en l'état indécise. En effet, le montant des prétentions émises par la recourante et reconnues à ce stade - 8'226'543 fr. 72- était garanti, au jour du jugement cantonal, par les saisies opérées, notamment celle portant sur le solde du prix de vente estimé de la parcelle n° 1 : Parcelle n° 1 Prix de vente estimé CHF 46'000'000.00 Charges hypothécaires selon extrait du Registre foncier (cf. consid. 2 ci-dessus) - CHF 35'800'000.00 Solde du prix de vente CHF 10'200'000.00 Parcelle n° 1 Prix de vente estimé CHF 46'000'000.00 Charges hypothécaires selon extrait du Registre foncier (cf. consid. 2 ci-dessus) - CHF 35'800'000.00 Solde du prix de vente CHF 10'200'000.00 Peu importe dès lors que la valeur fiscale (2'181'000 fr. [cf. ad consid. 3 de l'arrêt attaqué p. 9]) - et non celle vénale, généralement plus élevée - des parcelles nos 93, 472 et 473 - également séquestrées - ne couvre peut-être pas les charges hypothécaires les concernant (selon la recourante, 2'991'926 fr. [cf. p. 5 du mémoire de recours]); le grief de violation du droit d'être entendu soulevé en lien avec un défaut de prise en compte de cet élément peut donc être écarté. Sous l'angle du principe de proportionnalité, le séquestre de ces trois parcelles permet en revanche de retenir que les prétentions de la recourante bénéficiaient d'une garantie supplémentaire si d'éventuelles autres charges - notamment des intérêts - devaient encore être portées en déduction du solde du prix de vente. Partant, au 25 juin 2018, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, confirmer les séquestres ordonnés par le Ministère public afin de garantir le montant reconnu du préjudice allégué par la recourante.