Citation: I 694/99 23.05.2000 E. 1

degré d'invalidité du recourant à 70 %, sans indiquer les motifs qui l'ont conduite à retenir ce taux plutôt qu'un autre. Se fondant sur ce prononcé, la Caisse de compen- sation de la Société suisse des entrepreneurs a alloué une rente entière d'invalidité au recourant, à partir du 1er juillet 1992, par décision du 1er juillet 1993. b) En l'espèce, lorsqu'elle a rendu sa décision de rente, le 1er juillet 1993, l'AI était suffisamment infor- mée de la nature des troubles subis par le recourant, ainsi que de leurs conséquences sur sa capacité de gain, aussi bien dans l'activité de maçon que dans un emploi adapté à son handicap. En effet, l'office régional avait mentionné, dans son rapport du 14 janvier 1993, les genres d'activités que le docteur R.________, médecin d'arrondissement de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), tenait pour encore exigibles dans son appréciation du 2 décembre 1992. Par ailleurs, la CNA avait communiqué à l'AI une copie de sa décision du 24 mai 1993, par laquelle elle avait alloué au recourant une rente d'invalidité de 25 %. La CAI semble ne pas avoir suffisamment tenu compte, à l'époque, du fait que la notion d'invalidité est, en prin- cipe, identique en matière d'assurance-accidents, d'as- surance militaire et d'assurance-invalidité. Dans ces trois domaines, elle représente la diminution permanente ou de longue durée, résultant d'une atteinte à la santé assurée, des possibilités de gain sur le marché du travail équilibré qui entre en ligne de compte pour l'assuré (ATF 119 V 470 consid. 2b, 116 V 249 consid. 1b et les arrêts cités). En outre, contrairement à ce que le recourant allègue, il n'est pas établi qu'elle a retenu des facteurs qui sont étrangers à l'invalidité, tels que le manque d'instruction ou la méconnaissance de la langue française, dès lors qu'elle ne s'était pas prononcée sur ce point et n'avait pas non plus déterminé les revenus que le recourant aurait pu tirer d'une activité adaptée à son handicap (cf. art. 28 al. 2 LAI). Enfin, la CAI n'avait pas davantage examiné, en 1993, si la capacité de gain du recourant était réduite en raison d'affections préexistantes à l'accident du 26 juil- let 1991, ce qui aurait pu conduire à une appréciation de l'invalidité différente de celle de la CNA. En tout état de cause, la méthode d'évaluation de l'invalidité du recourant, telle qu'elle a été appliquée en 1993, n'était manifestement pas conforme à la loi. Quant au taux d'invalidité supérieur à 66 2/3 % (en l'occurrence de 70 %), il apparaît largement excessif, compte tenu des re- venus que l'assuré aurait pu réaliser dans une activité légère, dans différents secteurs de l'industrie, selon l'évaluation de la CNA du 24 mai 1993. Dès lors, on doit admettre que la décision de rente du 1er juillet 1993 était sans nul doute erronée au sens de la jurisprudence (cf. consid. 1b ci-dessus), ce qui justifie sa révocation par voie de reconsidération.