Citation: 4A_188/2018 E. 2.3

2.3. Il est vrai que la motivation des magistrats précédents est ambiguë, et même parfois inappropriée, notamment lorsqu'ils relatent que l'employeuse n'avait pas été informée, pendant une période déterminée, des problèmes de dos récurrents de l'employé. Cependant, le déroulement des faits qui vient d'être exposé montre que ces lacunes ne sont pas suffisantes pour que l'on puisse qualifier d'arbitraire (dans le résultat) la décision prise par la cour cantonale. D'une part, l'employé, malgré les demandes de l'AI et les nombreuses sollicitations de l'employeuse, a toujours insisté pour continuer à travailler et il n'a pas, ou peu, collaboré avec l'employeuse. D'autre part, celle-ci a activement recherché des solutions dans l'intérêt de son employé : - dès que l'employeuse a su qu'il avait de sérieux problèmes de santé, elle a immédiatement cherché à le mettre en contact avec l'office AI afin de discuter d'une reconversion (mais l'employé a retardé les démarches qui étaient prises dans son intérêt); -elle a demandé à l'employé de lui fournir un document de son médecin établissant son incapacité à travailler à plein temps sans limitation (l'employé, qui pensait pouvoir continuer à travailler, n'y a pas donné suite); -elle l'a ensuite enjoint de prendre contact avec son propre médecin pour qu'il établisse un rapport et, si nécessaire, un arrêt de travail; -elle a recherché activement des solutions pour que l'employé reprenne son activité et, notamment, aménagé ses horaires pour réduire (à quatre heures par jour) son temps de travail; -enfin, pour que l'employé bénéficie de conditions de travail plus favorables, l'employeuse a accepté de l'affecter auprès des gros avions et des appareils qui bénéficiaient de tapis roulants.