Citation: 6B_396/2022 E. 6.7.2

6.7.2. En l'espèce, s'agissant de l'atteinte à sa vie privée, il y a lieu d'admettre, comme l'a retenu la cour cantonale, que le recourant ne peut pas se prévaloir de liens spécialement intenses avec la Suisse. En effet, ce dernier n'est pas né et n'a pas grandi en Suisse. Il est arrivé en Suisse, il y a environ seize ans et ses liens tant sociaux que professionnels ne paraissent pas supérieurs à ceux qui résulteraient d'une intégration ordinaire. Il est également resté très lié avec son pays d'origine, dans lequel il retourne très régulièrement et en faveur duquel il a créé une association caritative. S'agissant de l'atteinte à sa vie familiale, il ressort du jugement attaqué que le recourant faisait ménage commun avec sa concubine suisse et leur enfant, né en 2020. Le couple aurait pour projet de se marier. Même s'il ne ressort pas du jugement attaqué qu'il dispose de l'autorité parentale sur son fils F.________, il y a lieu d'admettre qu'il entretient une relation étroite et effective avec lui. L'art. 8 CEDH ne trouve en principe pas application dans le cas de concubins, sous réserve de conditions particulières. La question de savoir si sa relation avec sa concubine peut être assimilée à une véritable union conjugale pour bénéficier de la protection de l'art. 8 par. 1 CEDH peut demeurer ouverte. De toute manière, le recourant ne peut pas se prévaloir d'une atteinte à sa vie familiale, que ce soit en raison des liens entretenus avec sa compagne ou leur enfant commun, dès lors que le départ de ceux-ci pouvait être exigé sans autres difficultés. En effet, comme souligné par la cour cantonale, la langue officielle du Burkina Faso est également le français, sa compagne a déclaré avoir été séduite par les projets que le recourant souhaitait concrétiser dans son pays d'origine. De plus, au moment de faire un enfant avec le recourant, elle avait connaissance des faits qui lui étaient reprochés et n'ignorait pas qu'il était menacé d'expulsion. S'agissant de F.________, son jeune âge lui permettait de s'intégrer facilement dans le pays d'origine de son père. Au vu de ce qui précède, la première condition de l'art. 66a al. 2 CP fait défaut.