Citation: I 612/00 19.02.2001 E. 4

4.- a) Le juge des assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle que soit leur provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Avant de conférer pleine valeur probante à un rapport médical, il s'assurera que les points litigieux ont fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prend également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et enfin que les conclusions de l'expert sont dûment motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). Les moyens de preuves ressortant de la procédure menée devant l'assureur social peuvent être considérés comme suffisants par le juge, qui renoncera alors à mettre en oeuvre de nouvelles mesures d'instruction. Toutefois, dans ce cas, l'appréciation anticipée des preuves est soumise à des exigences sévères. En cas de doute, même léger, sur le caractère pertinent ou complet des rapports médicaux figurant au dossier, le juge doit faire procéder lui-même à une expertise ou renvoyer la cause à l'assureur social pour instruction complémentaire (ATF 122 V 162 consid. 1d). b) D'après la doctoresse E.________, les atteintes à la santé physique de la recourante ne l'empêchent pas d'exercer sa profession (prise de position du 15 juin 2000). Cet avis a été émis après un complément d'instruction portant plus spécialement sur les maladies cardiaques et coronariennes dont font état les certificats médicaux produits par la recourante. Convaincant, il prend en considération l'ensemble des documents médicaux figurant au dossier. Les premiers juges pouvaient à bon droit le suivre. En revanche, ils ne pouvaient, sans autre mesure d'instruction, retenir que la recourante présentait une incapacité de travail de 50 % en raison de troubles psychosomatiques. Certes, les certificats médicaux produits par la recourante sont-ils trop sommaires pour emporter la conviction. De même, le rapport du docteur M.________, succinct, ne prend pas en considération les antécédents médicaux de l'intéressée et n'a de ce fait qu'une valeur probante réduite. Toutefois, on voit mal comment le service médical de l'intimé a pu lui-même déterminer un taux d'incapacité de travail de 50 % sans avoir eu de contact direct avec l'assurée. Par ailleurs, ce service semble s'être fondé sur des circonstances postérieures à la décision litigieuse, tout en affirmant que les documents médicaux produits après cette décision n'apportaient aucun nouvel élément de fait. Dès lors, les premiers juges auraient dû considérer que la question du recouvrement total ou partiel, par la recourante, de sa capacité de travail, n'était pas suffisamment éclaircie. Mais il ne leur était pas possible de déterminer le taux de son invalidité sans procéder à d'autres investigations. Le jugement attaqué sera par conséquent annulé et le dossier de la cause renvoyé à l'intimé pour instruction complémentaire sur les troubles psychiques présentés par la recourante au moment de la décision litigieuse, et sur leur influence sur sa capacité de travail. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances p r o n o n c e :