Citation: 1C_184/2022 E. 6.2

6.2. En l'espèce, les recourants soutiennent que les aménagements litigieux devraient être tolérés compte tenu de leur ampleur modeste, de l'absence d'impact visuel réel démontré et du faible bénéfice sur le paysage en cas de suppression. S'agissant du principe de la proportionnalité, les dérogations à la règle ne sont toutefois pas mineures, dans la mesure où elles ont pour objets la démolition et l'évacuation d'un abri à voitures ainsi que le retrait de la surface bitumeuse de l'accès à une habitation. L'argument des recourants selon lequel les dérogations seraient mineures au regard d'autres constructions - ayant un impact plus important sur la séparation du bâti et du non-bâti qui perdurent dans les environs - ne résiste pas à l'examen. Il n'est en effet nullement établi que ces installations auraient été réalisées de manière illégale. Au demeurant, à supposer que tel soit le cas, les recourants ne pourraient de toute manière rien en tirer en leur faveur, car le principe de la légalité prévaut sur celui de l'égalité de traitement. Par ailleurs, les intérêts publics majeurs que constituent la préservation des zones non constructibles et la distinction fondamentale entre espace bâti et non bâti l'emportent sur l'intérêt des recourants à maintenir les travaux effectués qui ne sont pas conformes à l'affectation de la zone. Contrairement à ce que soutiennent les recourants, l'intérêt à maintenir habitées des zones excentrées et le fait que "les recourants seraient quotidiennement exposés aux événements climatiques ayant un impact sur leurs véhicules et leurs possibilités de déplacement" ne suffisent pas à modifier cette appréciation. Les recourants affirment enfin que les coûts qu'occasionnerait la remise en état seraient importants. Ils n'ont toutefois pas fait valoir cet argument dans leur recours cantonal ou dans leurs déterminations pour s'opposer aux mesures de remise en état, de sorte qu'il ne saurait être fait grief à l'autorité précédente d'avoir procédé à une pesée incomplète ou arbitraire des intérêts en n'en faisant pas expressément état. Au demeurant, les coûts de remise en état, que les recourants ne chiffrent pas, leur sont essentiellement imputables puisqu'ils sont liés à des travaux qui ont été réalisés sans permis de construire et en toute connaissance de l'illégalité des constructions. Ils ne sauraient ainsi prétendre faire primer leur intérêt financier sur l'intérêt public au rétablissement d'une situation conforme au droit.