Citation: 4A_252/2021 E. 3.3

3.3. En l'espèce, contrairement à ce que le premier juge avait considéré, la cour cantonale a retenu que le loyer du mois de juin 2020, payable mensuellement d'avance, était échu le 31 mai 2020 et qu'il convenait donc d'accorder aux locataires un délai comminatoire de 90 jours, comme le prévoyait l'art. 2 de l'ordonnance. Or, l'avis comminatoire avait été notifié aux locataires le 24 juin 2020, de sorte que le délai de paiement tant pour les loyers d'avril et de mai que pour celui de juin 2020 arrivait à échéance le 22 septembre 2020. Au vu du fait que les locataires avaient versé le loyer du mois de juin 2020 le 28 août 2020, la résiliation du bail intervenue le 21 août 2020 est intervenue trop tôt, de sorte que sa validité ne saurait être considérée comme claire. Dans la mesure où la procédure d'expulsion portait uniquement sur le non-paiement du loyer du mois de juin 2020 et où les conditions de l'expulsion ne semblaient dès lors pas remplies, le premier juge ne pouvait entrer en matière sur la requête de la bailleresse.