Citation: 6B_514/2024 E. 3.7

3.7. Le recourant conteste l'appréciation opérée par la cour cantonale s'agissant de l'analyse du cas de rigueur et affirme que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emporteraient pas sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. En l'espèce, sous l'angle du droit à la vie privée, il ressort de l'arrêt entrepris que le recourant est arrivé en Suisse en 2012, à l'âge de 31 ans. En tant qu'il se borne à affirmer qu'il dispose d'une bonne intégration, le recourant ne fait qu'offrir sa propre appréciation des preuves de manière appellatoire et, partant, irrecevable. Au demeurant, il n'apparaît pas qu'il dispose de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. Bien qu'il ait exercé plusieurs emplois depuis 2013, force est de constater qu'entre 2016 et 2019 il a également bénéficié à plusieurs reprises du chômage ainsi que de prestations d'aide sociale. À l'époque de son arrestation, le recourant ne travaillait plus et son dernier emploi temporaire datait de trois mois auparavant. Il n'avait pas de logement propre et était endetté à hauteur de 40'000 francs. Concernant ses antécédents, le recourant a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales, lesquelles dénotent d'une absence de respect pour l'ordre juridique suisse. S'agissant de ses perspectives de réintégration, le recourant fait valoir que sa proche parenté vit à Z.________ et qu'il n'entretiendrait plus aucun contact avec les membres de sa famille restés au Sénégal. Il sied toutefois de relever que ses chances de socialisation et d'insertion professionnelle n'apparaissaient en tout cas pas plus faibles au Sénégal qu'en Suisse, étant rappelé qu'il est au bénéfice d'un brevet d'étude professionnelle (BEP) en ouvrage métallique obtenu en 2008. En tant qu'il se plaint du fait que les juges cantonaux auraient omis de s'intéresser au marché du travail ou à la situation sociale et politique du pays, son argumentation ne répond pas aux exigences de motivation découlant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF, de sorte qu'elle est irrecevable. Sous l'angle de sa vie familiale, il faut tenir compte du fait que le recourant est père de deux enfants nés en 2014 et 2015 qui vivent en Suisse. Il est séparé de la mère des enfants depuis l'été 2018 et une procédure de divorce est pendante. Avant son arrestation, le recourant bénéficiait d'un droit de visite usuel sur ses enfants et devait s'acquitter de contributions d'entretien en faveur de ceux-ci. Les enfants sont actuellement placés auprès de l'Institution F.________ à Sion. À suivre l'intervenante en protection de l'enfance en charge de la situation, le recourant semble avoir de bonnes relations avec eux et être impliqué dans leur vie en ayant à coeur de les épauler au quotidien. Il se montre soutenant face à leurs difficultés et a développé un "réel lien avec eux". Cela étant, il faut rappeler qu'il ne fait plus ménage commun avec eux, à tout le moins de manière régulière, depuis l'été 2018, et qu'il a été condamné pénalement pour de "mauvais traitements" à leur endroit. Par conséquent, il est douteux que le recourant puisse se prévaloir d'une relation étroite et effective avec ses enfants et donc d'un droit à la protection de sa vie familiale au sens de l'art. 8 CEDH.