Citation: 9C_54/2010 19.10.2010 E. 4

Selon le principe de la proportionnalité qui sous-tend les art. 8 et 21 LAI, l'assuré n'a droit qu'aux mesures de réadaptation nécessaires propres à atteindre le but visé mais non aux mesures qui seraient les meilleures dans son cas. La loi veut, en effet, assurer la réadaptation seulement dans la mesure où elle est nécessaire et suffisante dans le cas particulier. En outre, il doit exister un rapport raisonnable entre le coût et l'utilité du moyen auxiliaire (proportionnalité au sens étroit; ATF 131 V 167 consid. 3 p. 170). Contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, le prix du moyen auxiliaire requis par l'intimé n'est pas modique puisqu'il représente plus du double du montant-limite de 400 fr. fixé dans l'annexe à l'OMAI, en-dessous duquel le coût d'acquisition d'un moyen auxiliaire est à la charge de l'assuré (voir aussi ULRICH MEYER, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung [IVG], 2ème éd., p. 227). Aussi, les premiers juges ne pouvaient-ils pas faire l'économie de l'examen de l'amélioration de rendement escompté grâce au moyen auxiliaire requis. Compte tenu de ce qui précède, le jugement entrepris doit être annulé. Il n'y a toutefois pas lieu de renvoyer la cause aux premiers juges pour qu'ils examinent si l'efficacité de la réadaptation de l'intimé pourrait être améliorée grâce à la prise en charge d'un système de télécommande des portes. En effet, selon les constatations des premiers juges, l'intimé n'est nullement empêché d'accéder à son logement depuis l'extérieur en l'absence d'une télécommande pour le contrôle de l'ouverture des portes. Pour passer les deux portes automatiques commandées par un bouton et par une serrure avec son fauteuil roulant, il doit faire plusieurs manoeuvres. L'accès est certes inconfortable mais reste cependant possible. Il découle de ces constatations succinctes mais suffisantes que le système de télécommande ne constitue pas un moyen auxiliaire indispensable à l'ouverture des portes et à leur passage - bien qu'il puisse être utile et augmenter le confort de l'intimé - car ce dernier peut ouvrir les portes manuellement. Par conséquent, il y a lieu de nier le caractère nécessaire et approprié du moyen auxiliaire demandé pour l'accomplissement des travaux habituels. En arrivant à la conclusion contraire, la juridiction cantonale a violé le droit fédéral. Le recours doit par conséquent être admis.