Citation: 8C_120/2023 E. 5.3.2

5.3.2. Les premiers juges ont exposé de manière convainquante les raisons pour lesquelles les médecins urgentistes de l'Hôpital B.________ avaient pu manquer, à tort, de suspecter un traumatisme crânio-cérébral et de procéder aux examens nécessaires pour le constater. On ajoutera que le rapport établi par l'Hôpital B.________ à la suite de cette consultation est, sur ce point, particulièrement sommaire, puisqu'il se limite, sous "anamnèse", à constater "Pas de TC ni PC", sans autre commentaire. Il ne constitue pas, dans ce contexte, un indice décisif permettant d'exclure un traumatisme cranio-cérébral, compte tenu des autres moyens de preuve au dossier. En ce qui concerne la première mention au dossier d'une commotion cérébrale, celle-ci figure dans une déclaration d'accident signée par l'intimée le 24 juin 2019. Par ailleurs, la médecin traitante de l'intimée, la doctoresse C.________, a décrit précisément, dans un rapport du 2 juin 2020, ses constatations du 11 juin 2019, avec notamment une position algique de la tête et du cou, avec raideur de la nuque et incapacité à bouger le bras droit, ainsi que des "maux de tête en casque". Elle a précisé que trois longues consultations avaient eu lieu les 14 juin, 27 juin et 4 juillet 2019, lors desquelles l'intimée s'était plainte d'une forte sensibilité à la lumière, avec port continu de lunettes de soleil et difficultés à bouger les yeux, ainsi que d'une forte sensibilité au bruit. Dès le 14 juin 2019, elle avait signalé des nausées, avec des troubles de l'appétit. Il n'y avait plus eu de consultation entre le 4 juillet 2019 et le 21 août 2019, en raison des périodes de vacances et parce que l'intimée avait besoin de repos. Lors de la consultation du 21 août 2019, celle-ci avait décrit une fatigue persistante pendant les 15 premiers jours après la dernière consultation; elle n'avait pas quitté son domicile et avait fait état de maux de tête permanents pendant la journée et la nuit, avec de brèves interruptions sur un jour ou deux. Compte tenu de ces observations, le docteur D.________ ne convainc pas dans la mesure où il semble fonder son appréciation sur l'absence de consultations en raison de symptômes d'un traumatisme cranio-cérébral dans les suites immédiates de l'accident (cf. aussi arrêts 8C_565/2022 du 23 mars 2023 consid. 3.2.2; 8C_418/2022 du 1er mars 2023 consid. 3.1.1 et U 75/07 du 23 octobre 2007 consid. 4.2.1).