Citation: 1C_485/2018 E. 3

La Cour administrative s'est référée à la jurisprudence du Tribunal fédéral selon laquelle la simple affiliation d'un juge à un parti politique, auquel appartient également une partie à la procédure, ne suffit pas à mettre objectivement en doute l'impartialité de ce magistrat si elle ne s'accompagne pas d'autres éléments permettant d'admettre qu'elle puisse exercer une influence négative sur l'issue de la procédure. Elle a constaté que le Juge instructeur B.________ n'avait pas participé à la décision de son parti d'ouvrir une procédure disciplinaire à l'encontre de A.________ et que la Commission thématique des affaires juridiques du Parti socialiste vaudois, dont il est le président, n'a aucune compétence disciplinaire et prépare des réponses aux consultations à l'attention du Comité directeur. Elle a en outre relevé que le Juge instructeur B.________ se récuserait d'office si la Commission de recours interne au parti, dont il est membre, devait être saisie dans le cadre de la procédure disciplinaire. A la lecture des griefs soulevés dans la demande de récusation, elle a constaté que A.________ ne faisait valoir aucun élément concret qui permettrait de retenir que le Juge instructeur B.________ serait tenté d'examiner la cause avec un préjugé défavorable à son égard du seul fait qu'il soit membre du même parti politique, voire qu'il y exerce la fonction de Président de la Commission thématique des affaires juridiques, ni n'invoque des circonstances exceptionnelles qui pourraient donner à penser qu'il pourrait subir une influence de la formation politique à laquelle il appartient. Le recourant considère pour sa part que les fonctions occupées par le Juge instructeur B.________ au sein du Parti socialiste vaudois vont bien au-delà de la simple qualité de membre dans la mesure où il siège au sein de l'autorité disciplinaire supérieure du parti et préside la Commission thématique des affaires juridiques qui, selon les statuts, participe à la définition des objectifs politiques et à l'orientation générale du parti. Ces circonstances, mises en relation avec l'animosité démontrée par le Parti socialiste à son égard dans le cadre de la procédure disciplinaire ayant abouti à sa suspension provisoire du parti, auraient dû amener la Cour administrative à craindre que ce magistrat ne soit influencé dans le traitement et le jugement de la cause et à ordonner sa récusation.