Citation: 1B_321/2021 E. A

A la suite d'une dénonciation du Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (ci-après : MROS), le Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) a ouvert, le 25 novembre 2020, une instruction pénale contre inconnu pour blanchiment d'argent (art. 305bis CP; cause P/22262/2020). Ce même jour, le séquestre auprès de la Banque C.________ SA de la relation n° XXX, dont la société B.________ (Panama) était titulaire, a été ordonné. Interdiction a été faite à la banque de communiquer la mesure. Par lettre du 27 janvier 2021, A.________, ayant droit économique de B.________, a requis du Ministère public l'accès au dossier. Cette demande a été refusée le 2 février suivant "pour des motifs inhérents aux développements de la procédure elle-même"; à ce stade, les parties n'avaient pas encore été entendues et les preuves principales n'avaient pas encore été administrées. Le 16 février 2021, A.________ a sollicité de la Banque C.________ SA différentes informations, dont une copie de ses échanges avec le Ministère public dans le cadre de la procédure P/22262/2020. Le Ministère public a rappelé, par lettre du 19 février 2021, à l'avocat du précité que le dossier n'était pas consultable, de sorte qu'il ne pouvait requérir de la banque une copie des éléments de la procédure. Par courrier du 25 février 2021, A.________ et B.________ ont requis, auprès du Ministère public, l'accès à "tout document synthétisant la raison de l'ouverture d'une procédure pénale" et "exposant l'étendue et le motif du séquestre opéré", ainsi qu'une confirmation que l'autorité de poursuite pénale ne s'opposait pas à la demande de reddition de compte qu'ils avaient adressée à la banque. Ce même jour, le Ministère public a expliqué avoir été saisi d'une communication de soupçons de blanchiment d'argent déposée par un établissement bancaire auquel A.________ avait été présenté comme client potentiel, relation bancaire qui n'avait finalement pas été ouverte; sur la base de cette communication, le MROS avait requis des informations complémentaires auprès d'autres banques, soit la Banque C.________ SA et l'établissement bancaire D.________ SA. Selon le Ministère public, des entrées de fonds pour des sommes importantes (environ EUR 1,1 million) avaient été mises en lumière en 2016 - "dont une partie a[vait] transité sur le compte de E.________ Ltd (BVI) auprès de l'[établissement bancaire D.________ SA] sur un compte de B.________ (Panama) " - lesquelles pourraient constituer le produit d'actes de gestion déloyale qualifiée. Le Ministère public a encore indiqué que ces transactions suspectes avaient donné lieu à une seconde communication de soupçons de blanchiment d'argent dont il avait également été saisi; la documentation sur laquelle se fondaient ces communications était constituée de pièces bancaires dont A.________ disposait. Le Ministère public a pris note du souhait du précité de collaborer à l'établissement des faits et l'a prié de lui indiquer ses disponibilités pour être entendu à compter du 10 mai 2021. Le 26 février 2021, la Banque C.________ SA a communiqué à ses clients les documents bancaires demandés, à l'exclusion de ceux relatifs à la procédure pénale. Par courrier du 5 mars 2021, A.________ et B.________ ont requis la levée du séquestre sur le compte bloqué pour les montants (i) de USD 70'000.- - crédités le 22 décembre 2015 -, (ii) de EUR 400'000.- - reçus le 28 janvier 2016 -, ainsi que (iii) des fruits de la gestion opérée par la Banque C.________ SA. Les deux précités indiquaient avoir compris des explications du Ministère public que la procédure concernait les fonds provenant de la société E.________ Ltd (EUR 702'760.-) au motif qu'ils seraient le produit d'une supposée gestion déloyale qualifiée; aucun soupçon ne visait les sommes dont ils entendaient obtenir la libération, dès lors qu'ils ne provenaient pas de la société E.________ Ltd. B.________ a précisé devoir financer ses frais d'avocat et de traduction en lien avec la défense de ses intérêts, raison pour laquelle elle sollicitait la levée du séquestre sur les montants susmentionnés. Par décision du 11 mars 2021, le Ministère public a rejeté cette demande. Il a rappelé, en référence au contenu de son courrier du 25 février 2021, avoir été saisi d'une seconde communication de soupçons de blanchiment d'argent, laquelle visait les valeurs faisant l'objet de la demande de levée du séquestre. Le Ministère public a rappelé attendre de connaître les disponibilités de A.________ pour être entendu.