Citation: 9C_664/2017 E. 4

L'argumentation développée par l'assuré est infondée. En effet, l'office intimé ainsi que le tribunal cantonal pouvaient légitimement se référer aux rapports du CEMed et du SMR pour exiger du recourant qu'il se soumette à une période d'abstinence. Quoi qu'en dise l'assuré, l'existence d'erreurs ou imprécisions relatives à des éléments anamnestiques tels que le lieu d'origine ou de naissance et la formation professionnelle de l'expertisé ainsi qu'à l'omission d'indiquer la survenance d'une maladie à l'âge de neuf mois n'est pas déterminante pour trancher la question litigieuse et n'a aucune incidence sur la valeur probante des rapports évoqués, comme l'a déjà mentionné la juridiction cantonale. L'assuré n'explique d'ailleurs pas en quoi le travail des experts aurait été faussé par ces erreurs ou imprécisions. Il se borne à reprocher à ces experts de ne pas avoir remarqué qu'il n'était pas en état d'être soumis à des investigations médicales. On relèvera à cet égard qu'il importe peu, voire pas du tout en l'occurrence, que lesdites erreurs ou imprécisions puissent trouver leur source dans un état de confusion ou de délire psychotique dans lequel se serait potentiellement retrouvé le recourant lors de la réalisation de l'expertise dans la mesure où les conclusions des experts concernant l'exigibilité d'une période d'abstinence visaient précisément à aménager un contexte d'expertise qui permette la récolte de données fiables afin de pouvoir poser un diagnostic précis et d'en analyser correctement la répercussion sur la capacité de travail. Le fait que les experts du CEMed n'aient pas eu accès au rapport d'expertise des services psychiatriques C.________ ne remet pas plus en question la valeur probante de leur propre rapport conformément à ce que les premiers juges ont constaté. Contrairement à ce qu'affirme l'assuré, on relèvera d'abord que les médecins du CEMed n'ignoraient pas totalement l'opinion des médecins des services psychiatriques C.________ dès lors que ces derniers étaient intervenus non seulement à titre d'experts dans les procédures relatives à la protection de l'enfant et de l'adulte mais aussi à titre de psychiatres traitants dans la procédure de l'assurance-invalidité et que les informations communiquées dans leurs rapports réguliers à l'attention de l'office intimé, connus des experts du CEMed, se retrouvent pour l'essentiel à l'identique dans leur rapport d'expertise. On ajoutera de surcroît que, comme l'ont relevé les premiers juges, les médecins des services psychiatriques C.________ ne se sont pas attachés à déterminer l'origine de la symptomatologie psychotique (c'est-à-dire à savoir si cette symptomatologie était liée causalement à l'utilisation du cannabis ou si cette symptomatologie et l'utilisation du produit stupéfiant étaient deux entités diagnostiques différentes) dans la mesure où les conséquences bio-psycho-sociales qui les intéressaient étaient exactement les mêmes dans les deux cas. Or pouvoir déterminer l'origine des symptômes psychotiques est un élément essentiel pour l'assurance-invalidité (cf. arrêt 9C_618/2014 du 9 janvier 2015 consid. 5.2-5.4 et les références) et est justement l'objectif visé par la mise en place d'une période d'abstinence. On peut dès lors déduire de ce qui précède que l'avis des médecins des services psychiatriques C.________ renforce les conclusions des médecins du CEMed.