Citation: 2C_110/2020 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, il ressort des constatations cantonales, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.2), que la communauté conjugale formée par la recourante et feu son époux en Suisse a été extrêmement brève, puisqu'elle n'a duré que trois jours. On ne saurait considérer qu'une telle communauté conjugale remplisse les conditions de durée nécessaire à la reconnaissance d'un cas de rigueur personnel au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr. En effet, comme on l'a vu (cf. supra consid. 4.2), la présomption selon laquelle le décès du conjoint de l'étranger est de nature à justifier un cas de rigueur personnel trouve son fondement dans le fait qu'un tel décès détruit une union conjugale vécue en Suisse et que le conjoint étranger survivant doit, à cause dudit décès, abandonner les conditions de vie qu'il menait jusqu'alors en Suisse avec son conjoint décédé. A cet égard, force est de constater que la recourante et feu son époux ont été mariés de 1977 à 2003. Cette vie conjugale a toutefois été vécue au Kosovo, et non pas en Suisse. Par ailleurs, à la suite de son divorce, l'intéressée a vécu seule au Kosovo, alors que ses enfants et d'autres proches parents se sont établis en Suisse. Depuis 2014, elle se rend dans ce pays dans le cadre de séjours touristiques. En résumé, la recourante mène depuis de nombreuses années sa propre vie au Kosovo, et les liens qu'elle a entretenu avec les membres de sa famille établis en Suisse, voire avec feu son époux, l'ont été depuis son pays d'origine, à l'exception de séjours touristiques. Elle n'a dès lors pas, avant son second mariage, mené en Suisse une vie telle que, en trois jours d'union conjugale dans ce pays, l'abandon de celle-ci aurait des conséquences importantes sur sa vie privée et familiale. La recourante pourra du reste toujours faire des séjours touristiques en Suisse, comme par le passé. Enfin, quoi qu'elle en pense, c'est la vie commune du couple en Suisse consécutivement à son mariage, et non pas dans un autre pays, qui est déterminante sous l'angle de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr (cf. supra consid. 4.1). L'autorité précédente pouvait dès lors, sans violer le droit fédéral, considérer que la communauté conjugale vécue au Kosovo n'avait pas à être prise en considération dans le cas d'espèce. Partant, c'est à bon droit que le Tribunal cantonal a considéré que le décès de l'époux de la recourante, pour pénible qu'il soit, ne constituait pas un cas de rigueur personnel au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr, au regard de la brièveté de la vie conjugale.