Citation: 4C.417/2006 16.03.2007 E. A

X.________ Sàrl exploite à Genève le cabaret-dancing «...». Elle a engagé Y.________ dès le 1er juillet 1999 en qualité d'exploitant responsable et de barman, moyennant un salaire mensuel brut de 6'000 fr. Les associés de la société étaient alors A.________ et B.________; le premier nommé s'occupait plus spécialement de la gestion de l'établissement. Selon le registre du commerce, A.________ et B.________ disposaient de la signature collective à deux, alors que Y.________ était inscrit comme fondé de procuration avec signature collective à trois. Par arrêté du 1er juillet 2002, le Département de justice, police et sécurité du canton de Genève (ci-après: le DJPS) a accordé l'autorisation d'exploiter le «...» à Y.________, titulaire du certificat de capacité exigé par la loi cantonale sur la restauration, le débit de boissons et l'hébergement; il était précisé que l'exploitant devait gérer l'établissement de façon personnelle et effective, le prête-nom étant strictement interdit. Y.________ travaillait de 21 h 30 à 5 h 30 environ. Il était le seul barman jusqu'en octobre 2002; par la suite, un second barman, C.________, a été engagé. A.________ était présent tous les soirs. Il fixait les horaires et les vacances, faisait la caisse à la fermeture, concluait les contrats avec les artistes. Les deux associés s'occupaient des commandes et de la comptabilité. Même si Y.________ avait son mot à dire, A.________ et B.________ décidaient toujours en définitive. Dès le 19 mars 2003, le «...» a été fermé pendant quatre jours sur ordre de la police. Par décision du 21 mars 2003, le DJPS a prolongé la fermeture du cabaret-dancing pour une durée de quatre mois, suspendu la validité du certificat de capacité de Y.________ pendant six mois et infligé une amende administrative de 8'000 fr. solidairement à A.________, Y.________ et X.________ Sàrl. Ces mesures étaient motivées par le fait qu'un trafic de cocaïne, organisé par C.________, avait eu lieu dans l'établissement. Par courrier du 27 mars 2003, X.________ Sàrl a licencié Y.________ avec effet immédiat, en invoquant la responsabilité du collaborateur dans la fermeture du cabaret-dancing. Le 14 avril 2003, le travailleur a contesté l'existence de justes motifs de résiliation immédiate du contrat.