Citation: 6B_1017/2009 14.06.2010 E. 1

Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir constaté les faits de manière manifestement inexacte et en violation de l'interdiction de l'arbitraire. Il soutient que l'autorité cantonale disposait, pour déterminer son revenu annuel, de plusieurs données chiffrées qui ne concordaient pas entre elles. Dans ces circonstances, elle aurait dû ordonner une expertise comptable pour établir sa capacité contributive. En ne procédant pas ainsi, elle s'est fondée sur des chiffres aléatoires et ses constatations de fait ont été établies de manière arbitraire. Une décision est arbitraire et donc contraire à l'art. 9 Cst. lorsqu'elle viole clairement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou contredit de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables. Il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son résultat (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4 s.; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148 et les arrêts cités). A cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale apparaisse également concevable ou même préférable (ATF 128 II 259 consid. 5 p. 280 et les arrêts cités). Les autorités cantonales disposaient de plusieurs décisions successives de la justice civile, qui toutes étaient parvenues à la conclusion que le recourant disposait de moyens suffisants pour s'acquitter de sa dette alimentaire. On ne saurait leur faire grief de les avoir prises en considération. Par ailleurs, elles ne se sont pas contentées de reprendre les conclusions des autorités civiles et n'ont pas méconnu la différence, invoquée par le recourant, entre les deux rapports comptables qui leur avaient été soumis. Ainsi, il ressort de l'arrêt attaqué que le Tribunal de police a entendu l'auteur de l'un de ces rapports et a procédé à une nouvelle estimation des revenus du recourant, laquelle l'a amené à conclure que celui-ci disposait de revenus suffisants pour satisfaire à ses obligations. Dans ces circonstances, on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale de s'être fondée sur des chiffres aléatoires. Par ailleurs, le recourant ne conteste pas l'appréciation à laquelle se sont livrées les autorités cantonales, se limitant à tirer argument de la différence entre les deux rapports comptables. Au surplus, le recourant se prévaut d'un arrêt de la Cour de cassation civile neuchâteloise rendu plusieurs mois après l'échéance du délai de recours cantonal et qu'il avait transmis à l'autorité cantonale. Il soutient que cette décision montre que le jugement de première instance repose sur une erreur manifeste, erreur que l'autorité cantonale aurait dû rectifier. C'est à juste titre que l'autorité cantonale a refusé de prendre en considération le jugement invoqué par le recourant, au motif qu'elle était liée par les faits constatés dans le jugement de première instance, de sorte que le recourant ne pouvait pas être admis à présenter des faits ou des moyens de preuve nouveaux. L'argument tiré par le recourant de la possibilité réservée à la cour cantonale de rectifier des inadvertances manifestes tombe à faux. En effet, ne pouvant pas prendre connaissance du moyen de preuve nouveau qui, de surcroît, lui était communiqué après l'expiration du délai de recours, l'autorité cantonale ne pouvait de toute évidence pas en conclure que les constations des juges de première instance reposaient sur une inadvertance manifeste. Enfin, c'est en vain que le recourant soutient que l'autorité cantonale aurait dû préférer violer un principe de procédure cantonal plutôt que le principe constitutionnel de l'arbitraire, faute de quoi il suffirait de se prévaloir de l'arbitraire pour rendre inopérant un principe fondamental régissant la procédure pénale. Ce grief est donc mal fondé.