Citation: 4A_182/2007 28.09.2007 E. B

B.a Le 30 septembre 1999, la Commune a actionné Y.________ en paiement de 1'713'948 fr., avec intérêts à 5% l'an dès le 1er octobre 1999, devant la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud. La défenderesse a conclu à libération et, reconventionnellement, au paiement de la somme de 49'357 fr. 95 plus intérêts, correspondant au solde impayé de ses honoraires. B.b En cours d'instance, une expertise technique a été confiée à D.________, ingénieur et docteur ès sciences techniques, qui a déposé son rapport principal le 16 juin 2003 et un rapport complémentaire le 23 janvier 2004. L'expert a considéré que l'appréciation donnée par C.________ dans son rapport du 16 avril 1990, à savoir la mise hors de cause de la défenderesse pour les deux effondrements du mois d'avril 1988, était correcte. Selon l'expert, l'exécution préconisée par la défenderesse des sondages complémentaires aurait permis de reconnaître de manière adéquate l'accident géologique; les mesures appropriées auraient ainsi été prises afin d'éviter de nouvelles ruptures. S'agissant du montant des dommages de chacun des trois glissements, l'expert a exposé n'avoir aucun élément pour les chiffrer et a relevé que cela ne faisait pas partie de sa mission. B.c En cours d'instance, une expertise comptable a été confiée à E.________, expert-comptable, qui a déposé son rapport le 31 mars 2005. Selon l'expert, les travaux effectués après la rupture de la digue sont à comprendre comme le dommage affectant la demanderesse; ce sont en conséquence les coûts du projet 2 qui constituent le dommage, le projet 1, même s'il a été détruit, représentant l'investissement que la demanderesse avait décidé de réaliser. L'expert chiffre ainsi le dommage en capital total à 3'353'696 fr. 55, ce montant comprenant le coût de construction du projet 2 (2'521'704 fr. 30), les intérêts intercalaires (101'682 fr. 75) et le coût d'investissement perdu des 51 places d'amarrage en plus qui avaient été construites dans le projet 1 (730'309 fr. 80). En déduisant de ce dommage total les indemnités versées par les assurances à la demanderesse (1'651'100 fr.), le montant du dommage non couvert s'élève ainsi à 1'792'596 fr. 55. B.d Par jugement du 24 février 2006, la Cour civile a rejeté les conclusions de la demanderesse et a entièrement fait droit aux conclusions reconventionnelles de la défenderesse. Elle a considéré en bref que la responsabilité de la défenderesse était limitée au premier effondrement de la digue et que la demanderesse n'avait pas établi le montant du dommage causé par ce premier effondrement; en particulier, les experts C.________ et E.________ avaient estimé de manière globale le dommage résultant des trois effondrements successifs, de telle sorte qu'il n'était pas possible de déterminer le dommage découlant du premier effondrement seulement.