Citation: 6B_865/2018 E. 1

B.a. Durant son mandat à la tête de la F.________, le supérieur direct de A.________ était le ministre de l'intérieur G.________. A.________ avait notamment pour subordonnés O.________, U.________ ainsi que les frères V.________ et W.________. O.________, gynécologue, était son ami d'enfance et il l'avait lui-même nommé sous-directeur de la F.________, d'abord à la tête de la Division X.________, dès le 1er août 2005 mais avec effet rétroactif, puis à celle de la Division Y.________, dès le 13 janvier 2006 jusqu'au 16 mars 2007. Le deuxième était un agent de longue date de la F.________ et, en dernier lieu, chef de la Y.________. les frères V.________ et W.________ étaient conseillers en sécurité. G.________ avait, quant à lui, notamment sous ses ordres Z.________, conseiller en sécurité dans le domaine de la lutte contre les enlèvements et le crime organisé, employé au sein du Ministère de l'intérieur. Le directeur général du système pénitentiaire de l'époque était AA.________ depuis le 7 novembre 2005. BB.________, chef assesseur en matière de sécurité au sein du système pénitentiaire du 1er mai 2006 au 15 novembre 2007, dépendait notamment de lui. B.b. La I.________ est un établissement carcéral sis dans la commune de CC.________, à une trentaine de kilomètres de C.________. A l'époque des faits, la prison comptait 1800 détenus et les autorités en avaient depuis longtemps perdu le contrôle, à l'instar d'autres établissements de détention. Celle-là était de fait dirigée par un Comité d'ordre et de discipline (COD), présidé par DD.________ et composé de détenus influents qui s'adonnaient depuis l'établissement lui-même à des activités criminelles relevant notamment du trafic de stupéfiants, d'extorsions et d'enlèvements. On se réfère, quant à la topographie des lieux, à la vue aérienne reproduite en page 10 de l'arrêt de la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton de Genève, du 27 avril 2018 ainsi qu'au document correspondant de taille originale figurant au dossier. B.c. Sous l'égide de la Direction générale du Système pénitentiaire, un plan intitulé " Plan des opérations H.________ 2006 " a été établi, en vue de la reprise du contrôle de l'établissement. B.c.a. A teneur de ce plan, les institutions appelées à intervenir étaient, outre le Système pénitentiaire, la F.________, le Ministère de la défense nationale, le ministère public et le bureau du Procureur des droits de l'homme ( Procurador de los derechos humanos; PDH). Le commandement de l'opération incombait au directeur général du Système pénitentiaire, chargé du contrôle direct de l'exécution du plan, tandis que l'unité d'élite des gardiens de prison devait assurer la protection des détenus et les transférer au centre de contrôle d'identité, dans l'établissement voisin de EE.________. Le plan comportait trois phases. La première, dite de positionnement, contrôle et transfert, prévoyait qu'après la sécurisation du périmètre de la prison par la F.________ et l'armée, le signal du début de l'opération serait donné par l'explosion de quatre charges puis les détenus rassemblés, de manière pacifique, sur la place principale de la prison. A 07h40 puis 07h50, quatre groupes d'élite des gardiens de prison, chacun renforcé par cinq agents de la F.________, devaient prendre position pour surveiller et contrôler les détenus, puis les faire sortir un à un après un contrôle d'identité. Les détenus devaient alors être remis aux agents de la F.________ en vue de leur transfert à EE.________. La seconde phase du plan était celle de la fouille de la prison, vidée de ses occupants, par les employés du Système pénitentiaire, leur sécurité étant assurée par des agents de la F.________. Enfin, la troisième phase consistait en la réorganisation du centre de détention de FF.________. Selon les points 6 ss du plan, la F.________ devait apporter le soutien, tel que demandé par la Direction générale du Système pénitentiaire, pour prendre le contrôle du périmètre et en interdire l'accès, assister les gardiens lors du recensement général des détenus, assurer leur sécurité, veiller à ce que les soins nécessaires soient dispensés à d'éventuels blessés, voire organiser leur évacuation et établir un périmètre de sécurité en cas de mort d'homme. Vingt agents devaient renforcer le groupe d'élite des gardiens de prison et dix policiers des forces régulières devaient être postés aux points de contrôle. Des unités canines devaient également intervenir, pour la recherche de drogue ou objets interdits. En cas d'utilisation d'armes à feu par les détenus, les gardiens de prison, les agents de la F.________ et le personnel militaire étaient autorisés à faire usage des moyens nécessaires, y compris de leurs propres armes, dans les limites de la légalité. A tout moment, les droits de l'homme et les lois en vigueur devaient être respectés. B.c.b. La cour cantonale a tenu pour acquis aux débats qu'en marge de la préparation de l'opération, GG.________, conseiller (assesseur) auprès du Système pénitentiaire, avait reçu pour mission de déployer une activité de renseignement et d'établir une liste des membres les plus importants du COD, sous prétexte de les isoler du reste de la population carcérale et de les transférer dans une autre prison. Au cours d'une séance préparatoire qui a eu lieu dans les bureaux de G.________ le 24 septembre 2006, à laquelle O.________ a assisté, les photographies de ces détenus ont été visionnées. Egalement le 24 septembre 2006, HH.________, chef du District central de la F.________, a émis un ordre de service intitulé " Soutien au Système pénitentiaire dans le contrôle, l'inspection et le re[m]placement de détenus du Centre de Réinstauration Constitutionnelle FF.________ ". Cet ordre détaillait l'affectation des forces de l'ordre, notamment celles de la F.________, en vue de la mise en oeuvre du plan, dans le respect du cadre juridique, notamment des droits de l'homme, ce qui devait être rappelé par les officiers à leurs subalternes. HH.________ revêtait le rôle de coordinateur et inspecteur général de l'opération et son sous-commissaire, II.________, celui d' " agent responsable ". Cet ordre consacrait cependant des modifications du plan initial (nombre et constitution des équipes; perte de la direction de l'opération par le Système pénitentiaire au bénéfice de la F.________; points d'entrée dans le pénitencier). Divers documents étaient annexés à l'ordre de service, dont un croquis du centre pénitentiaire et un tableau énumérant les responsables des diverses équipes de la F.________ appelées à intervenir. Les noms de A.________, O.________ ou encore U.________ n'y étaient pas évoqués. Ces documents mentionnaient également la répartition des différentes forces par couleurs. C'est ainsi que 160 hommes de la F.________ auxquels avait été attribué le secteur proche du point B formaient l'équipe bleue. Sur le croquis annexé à l'ordre de service, deux points d'entrée étaient prévus, l'un correspondant au point désigné par un A sur la vue aérienne, soit la porte principale, et un à la hauteur de l'entrée B sur la dite vue aérienne. Une troisième entrée/sortie au point C n'était alors pas envisagée. Deux nouvelles modifications sont ensuite intervenues, dans la mesure où, au moment de l'opération, une ouverture supplémentaire a été pratiquée, au point C, affectée au passage des prisonniers en vue de leur transfert à EE.________, de sorte que l'entrée B était désormais déchargée, et que l'heure du début de l'entrée des forces de l'ordre a été avancée. Le transfert du commandement de l'opération à la F.________ a aussi été formalisé, dès avant le lancement de celle-ci, en ce sens que JJ.________, chef de poste, a dû signer un document attestant de ce qu'il avait reçu le " bureau " de commandement de la prison le jour même, à 4h35. B.c.c. La version officielle du déroulement de l'opération, résultant notamment de deux rapports du 25 septembre 2006 à A.________ et au ministère public, était qu'au début de celle-ci, des détenus avaient actionné des armes à feu. Lors de l'échange de coups de feu qui s'en était suivi, le détenu KK.________ avait été touché au pied et avait dû être transféré aux urgences de l'Hôpital LL.________, où il avait été admis, sous bonne garde. En outre, sept détenus avaient trouvé la mort. A 10h34, des représentants de l'agence no 20 MM.________ du ministère public s'étaient présentés dans le secteur dit de " NN.________ " et avaient établi des procès-verbaux relatifs à la présence de sept cadavres de détenus. En effet: le corps de R.________ gisait à l'étage de sa maison; ceux de OO.________ (portant un T-shirt jaune) et de PP.________ avaient été trouvés au rez-de-chaussée de la maison; les cadavres de DD.________ et de QQ.________ se trouvaient sous un abri attenant à la bâtisse, décrit par certains comme un poulailler; les deux dernières victimes, N.________ et RR.________, avaient été découvertes plus loin, dans le secteur des ateliers. B.d. En bref, après avoir statué sur diverses questions préjudicielles, la cour cantonale a retenu, en substance, ce qui suit à propos de l'opération H.________. B.d.a. Les sept détenus de FF.________ évoqués dans l'acte d'accusation ont été victimes d'homicides, planifiés dans le cadre d'une action parallèle (ou " Plan B ") à l'opération H.________. Le plan initial avait subi des modifications majeures, la direction des opérations ayant été confiée à la F.________, alors que les gardes du système pénitentiaire étaient écartés. Si des subordonnés (HH.________ et II.________) avaient formellement assumé la direction officielle des opérations, A.________ n'en était pas moins présent le 25 septembre 2006 et, en sa qualité de directeur général de la F.________, il en restait le chef, susceptible de donner n'importe quelle instruction, à tout agent de la police, laquelle serait aussitôt exécutée. Il avait assumé, durant l'opération, une responsabilité non seulement politique mais aussi de supervision et avait donné des ordres très concrets, pour ne pas dire " opérationnels " en instruisant O.________ de pénétrer dans l'enceinte au point B. Il avait également supervisé " la partie intérieure et extérieure " et effectué un parcours afin de s'assurer que les hommes présents faisaient les choses correctement. Suite au changement de plan, A.________ était ainsi à la tête de l'opération et, comme décrit dans l'acte d'accusation, il avait la maîtrise de la situation. Ce changement de plan avait pour objectif de permettre la mise en oeuvre du plan B. La réalisation d'une ouverture supplémentaire dans la clôture du pénitencier au point C, par où les détenus ont été acheminés vers l'établissement de EE.________, laissait le champ libre au commando, à l'entrée B, opportunément située aux pieds de la maison de R.________, et l'heure du début de l'opération avait aussi été avancée. Par ailleurs, en marge des préparatifs de l'opération H.________, GG.________, numéro trois du système pénitentiaire, avait été requis d'identifier et dresser la liste des 25 membres les plus influents du COD. Lors d'une réunion qui avait eu lieu le 24 septembre 2006, veille de l'opération, cette liste avait été présentée au Ministère de l'intérieur, en présence notamment de O.________. Les détenus visés ou certains d'entre eux avaient été identifiés sur photo. Le plan B a été exécuté par un commando d'hommes fortement armés, encagoulés, dont certains seulement portaient un uniforme, contrairement aux règles, notamment telles qu'elles découlaient de l'ordre de service de HH.________. Le commando avait pénétré l'enceinte de la prison au tout début de l'opération par l'entrée B. Ce groupe d'individus comprenait singulièrement Z.________ et U.________, les frères V.________ et W.________ ainsi que SS.________, identifié entre autres par O.________. Par la suite, les scènes de crime ont été maquillées pour alimenter la version de l'affrontement armé. Les mesures usuelles en vue d'éviter leur contamination ainsi que pour préserver les preuves, notamment sur les cadavres, n'ont pas été prises, pas plus que des enquêtes (internes à la F.________ ou diligentées par le ministère public), n'ont sérieusement été menées afin d'identifier les auteurs des tirs mortels. La cour cantonale a ainsi mis en évidence la pose d'une arme hors d'état de tirer sous le cadavre de R.________, celle d'une grenade dans les mains ou une poche de cadavre, le fait que DD.________ et OO.________ ont été rhabillés, le second après sa mort, ou encore le manquement aux règles en matière de levée de corps et d'autopsie mis en exergue par les médecins-légistes TT.________ et UU.________ ainsi que, avant eux, le PDH. B.d.b. La cour cantonale a reconstitué comme suit le déroulement de la première partie de la matinée du 25 septembre 2006, soit le laps de temps durant lequel les sept homicides de détenus ont été perpétrés, (étant rappelé qu'à compter de 10h30 une conférence de presse était donnée et que les représentants du ministère public s'affairaient alors à l'établissement des procès-verbaux relatifs à la découverte des sept cadavres). B.d.b.a. Aux environs de trois heures du matin, les agents affectés à la sécurité de O.________ sont venus le chercher à son domicile, ainsi qu'ils en avaient reçu l'instruction. Ils y ont été rejoints par les frères V.________ et W.________, lourdement armés, ainsi que le frère de O.________, VV.________, lequel ne faisait partie d'aucune institution appelée à intervenir, notamment pas de la F.________. Il était pourtant revêtu d'un gilet marqué " Police " (en anglais). B.d.b.b. Les deux paires de frères et les gardes sont partis en direction de FF.________, s'arrêtant à une station d'essence proche où A.________ s'est également rendu. O.________, les frères V.________ et W.________ ainsi que U.________ et ses hommes étaient aussi présents. VV.________ devait en être également, ayant pris la route avec son frère ainsi que V.________ et W.________. Ces protagonistes ont ensuite poursuivi leur chemin, ralliant FF.________ aux environs de 4h00. B.d.b.c. Une réunion a eu lieu devant l'enceinte de la prison, à laquelle ont participé A.________, G.________, AA.________ et BB.________, de même que O.________, V.________ et W.________, Z.________, U.________ et d'autres individus cagoulés et armés. Les intéressés ont été observés discutant, penchés sur une carte. A.________ a montré à O.________ des vues aériennes de l'installation carcérale, lui a remis un ruban bleu et l'a instruit de se joindre " au groupe du Nord ", à proximité du terrain de football, soit, en réalité de se joindre au groupe au point B, à l'Est. A.________ a aussi dit à O.________ de le tenir au courant de tout ce qui se passerait. B.d.b.d. Selon le plan officiel, le bleu était la couleur affectée à 160 hommes de la F.________ auxquels avait été attribué le secteur proche du point B. A.________ arborait ce signe distinctif alors qu'il n'est pas entré au point B, de même que son garde WW.________, qui l'avait reçu à la station-essence. Plusieurs hommes du commando ont porté un ruban bleu, tant au cours de l'opération officielle que de la mise en oeuvre du plan B (notamment W.________ et les hommes du groupe de Z.________). Le port du ruban bleu donnait ainsi une apparence de légitimité à la présence des hommes du commando. B.d.c. L'opération a démarré aux environs de 6h00. A.________, selon son propre récit, a pénétré dans l'enceinte par l'entrée principale (point A), à la tête d'un groupe d'une dizaine d'hommes, soit deux hauts gradés de l'armée, un photographe et ses gardes du corps. Il a traversé l'installation, passant par l'église, au centre, pour atteindre le point C, au sud, avant de longer la clôture en direction de l'entrée B, d'où il est remonté jusqu'à la maison de R.________. A 7h38, A.________ était sur la butte (une photo montre VV.________ s'éloignant de lui) devant la maison de R.________, qu'il a atteinte à 7h40. De 7h41 à 7h43 au moins, il s'est entretenu avec O.________, Z.________ et U.________ devant la propriété. La cour cantonale a relevé que A.________ n'avait pas montré la moindre réaction au moment où, selon ses explications, il aurait été informé par Z.________ qu'il y avait eu une confrontation et des morts, heureusement uniquement du côté des insurgés. A.________, pénétrant dans l'enceinte de la propriété de R.________, avait observé la présence d'un cadavre à l'intérieur de la maison et d'un autre à l'extérieur, dans le poulailler attenant. Il était ensuite reparti en direction de la place de l'église, à un moment indéterminé mais proche de 8h00, heure à laquelle il traversait la rue des ateliers. Dès 8h02 et jusqu'à 8h35 au moins, il était sur la place centrale, en compagnie notamment de G.________, sans qu'il soit possible d'établir son emploi du temps jusqu'à la conférence de presse qui a eu lieu aux environs de 10h30. B.d.d. A la suite de l'ordre donné à O.________ de se rendre à l'entrée B, le groupe d'hommes qui s'y trouvait était composé de O.________, des membres de sa garde, soit en tout cas de XX.________, YY.________ et ZZ.________, ainsi que, comme déjà dit, de Z.________, U.________, des frères V.________ et W.________, SS.________ et d'autres hommes encore, dont tous ne portaient pas l'uniforme officiel mais bien, pour la plupart, le ruban bleu. B.d.e. Parmi ces hommes, se trouvait également - en manches courtes et revêtu du gilet marqué " Police " en langue anglaise - le frère de O.________, VV.________, qui n'appartenait pourtant pas à la F.________, pas plus qu'à aucune autre entité appelée à être présente à FF.________ ce jour-là. B.d.f. Tandis que VV.________, installé dans la guérite, et l'agent YY.________ demeuraient sur place, le reste du commando a traversé le grillage et entrepris l'ascension de la pente jusqu'à la maison de R.________. Il est plausible que O.________ ou ses gardes, contrairement à une partie du commando, ne soient pas entrés dans la maison (6h30-35). Le commando, dont O.________ faisait partie et auquel il donnait des instructions, a ensuite investi la rue des ateliers, où DD.________, intercepté hors champs, a été ramené, contraint de se déshabiller avec d'autres détenus, et identifié par l'un des frères V.________ et W.________, caméra au poing, qui le montre du doigt, O.________ assistant à la scène. Il était alors entre 7h02 et 7h04. Peu après (7h11 et 7h12), O.________ a montré comment utiliser la pince hydraulique. B.d.g. Dans ce même secteur et dans cette même tranche horaire, O.________ a assisté à la capture de OO.________ (le " gros basané " portant un haut jaune) et a ordonné par téléphone que l'on recherchât R.________. B.d.h. La cour cantonale n'a pu établir où O.________ se trouvait entre 7h12 et 7h40, heure à laquelle il se tenait au niveau de la maison de R.________ avec le reste du commando, notamment Z.________ et U.________, lors de l'arrivée de A.________. Elle a néanmoins retenu que le retour de O.________ à hauteur de la bâtisse était intervenu suffisamment tôt pour qu'il fût présent au moment de l'exécution de DD.________. B.d.i. Quant à l'homicide de R.________, la cour cantonale n'a pas retenu que A.________ se serait trouvé dans la maison au moment où cette victime avait été ramenée de EE.________ et qu'il aurait suivi R.________ dans les escaliers de sa maison avant que des tirs ne retentissent. La cour cantonale n'a pas non plus pu situer avant 8h00 le moment de la matinée où R.________ avait trouvé la mort, celui-ci n'ayant été forcé par deux hommes (dont W.________) à retourner à sa résidence, où se trouvaient deux cadavres et O.________, qu'après 8h43 mais avant 10h30. Alors que O.________ s'éloignait, le prisonnier a été exécuté par des hommes du commando, ce qui n'a provoqué aucune réaction négative du patron de la Y.________ lorsqu'il a entendu les coups de feu. A.________ n'était, en revanche, pas présent. B.d.j. La cour cantonale a également retenu que le dossier ne permettait pas d'identifier davantage les circonstances exactes de la mort des détenus, N.________ notamment. Aucun élément ne désignait O.________ ou A.________ comme ayant personnellement exécuté l'une ou plusieurs des sept victimes. En revanche, celui-là faisait bel et bien partie du commando de tueurs, auquel il donnait des instructions, et qui comprenait son propre frère. Il avait en outre personnellement participé à des moments cruciaux de la mise en oeuvre du plan B. B.d.k. De nombreux autres éléments constituaient des indices du rôle actif joué par O.________ au sein du commando criminel. Il était ainsi présent à la séance préparatoire du 24 septembre 2006, lors de laquelle les photographies des cibles avaient été visionnées. Les documents annexes au plan H.________ ne mentionnaient pas ce protagoniste parmi les intervenants auxquels un rôle précis était attribué. L'intéressé avait été incapable de donner une explication plausible à sa présence et plus généralement, le dossier ne permettait pas d'expliquer par une fonction officielle sa présence à FF.________ le jour des faits, ce qui lui laissait la liberté d'action de s'adonner à la mise en oeuvre du plan B. Enfin, certaines de ses déclarations étaient auto-incriminantes en raison de leur caractère peu crédible ou contradictoire (v. arrêt entrepris, consid. 4.7.2.3 p. 117). La cour cantonale en a conclu que le bras droit de A.________, son ami d'enfance qu'il avait engagé à la F.________, était à la (co-) tête du groupe d'hommes qui avait mis à exécution le plan criminel parallèle à l'opération officielle H.________, sous cette double direction. B.d.l. Le déroulement des événements conduisait en outre à la conclusion que A.________ était lui-même nécessairement informé de l'existence du plan B et de ce qu'il devait être mené à bien par le commando. Il avait en effet tout au moins accepté (en réalité: autorisé) le transfert de responsabilité de l'opération à la F.________, changement qui répondait à la seule logique de permettre la mise en oeuvre du plan parallèle. En effet, aucune explication répondant à un objectif avouable ne ressortait du dossier ni n'avait été avancée par les divers protagonistes. Ce transfert de responsabilité conférait à A.________ la maîtrise finale, ce qui lui avait permis de laisser le champ libre au commando de tueurs en n'entreprenant rien pour empêcher sa présence ou ses agissements et constituait incidemment un signal dissuasif pour tout intervenant susceptible de s'interposer. Cette modification l'avait notamment mis en position de donner des instructions touchant directement à la composition ou à la direction dudit commando, ce qu'il avait fait en y dépêchant son bras droit et les frères V.________ et W.________. Ce changement au plan originel, de même que les autres modifications intervenues (ouverture d'un troisième point d'entrée pour laisser libre l'entrée B; avancement de l'heure du début de l'opération pour donner aux tueurs l'avantage de la semi-pénombre de l'aube), avaient pour but de favoriser le passage à l'acte. Ensuite, confronté à plusieurs membres du commando à la station-service et, surtout, à l'ensemble du groupe lors de la séance devant le pénitencier, A.________ n'avait pris aucune mesure en vue d'écarter ces hommes, ou à tout le moins d'élucider les motifs de leur surprenante et inquiétante présence. Cela se serait d'autant moins expliqué, en cas d'ignorance de ce qui se tramait, que certains n'avaient rien à faire là, encore moins dans un équipement de type paramilitaire, que A.________ affirmait avoir fait de l'assainissement des pratiques policières l'objectif majeur de son mandat et que le nettoyage social était notoirement courant. Troisièmement, le simple fait que A.________ avait instruit O.________ de se joindre au commando, et au minimum autorisé les frère V.________ et W.________ à le faire aussi, signifiait nécessairement qu'il savait ce qu'ils allaient faire, puisqu'il n'avait aucune raison d'agir de la sorte, aucune fonction officielle, aucun rôle licite, n'incombant à ses proches collaborateurs ce jour-là selon le plan officiel, tant et si bien qu'il avait été incapable de fournir une explication plausible à cet égard. En ce qui concernait les frères V.________ et W.________, la cour cantonale a relevé que A.________ avait passablement varié au sujet de ses rapports avec eux, mais avait fini par concéder devant le Tribunal criminel, qu'ils étaient ses conseillers, qu'il rencontrait une fois par mois, voire davantage. O.________ avait également insisté à plus d'une reprise sur le fait que les frères V.________ et W.________ étaient les conseillers de A.________ qui était leur chef. Or, l'explication de l' "audit " à réaliser par les frères V.________ et W.________, dont ni le contenu ni le résultat n'ont jamais été explicités, ni a fortiori documentés, était tout à fait invraisemblable. En prolongement, le fait que O.________, ayant rejoint le groupe sur instruction de son patron, y avait aussitôt trouvé sa place à la (co-) tête de celui-ci, ne pouvait être le fruit du hasard et établissait un lien d'autant plus fort entre A.________, donneur d'ordre, et ledit groupe. La cour cantonale a encore souligné l'absence de réaction de A.________ lorsque, à 7h40, après avoir croisé VV.________, il avait été informé de ce qu'il y avait eu des morts et avait lui-même constaté la présence de deux corps, sans réagir, en particulier sans s'assurer que les mesures conservatoires appropriées face à ce type de situation aient été prises. Enfin, il avait permis que les scènes de crimes soient manipulées, ce qui avait contribué à couvrir les faits en accréditant la thèse du conflit armé. B.e. Dans la suite, la cour cantonale a souligné que la seule connaissance par le recourant du plan criminel ne suffisait pas à fonder une responsabilité pénale. Elle a dès lors recherché, au stade de la qualification, quel comportement pouvait lui être reproché. B.e.a. La cour cantonale a relevé, à ce sujet, que A.________ ne s'était pas contenté de laisser agir le commando dont il connaissait la mission. Il avait apporté une première contribution essentielle en autorisant les changements de plan officiel, soit l'attribution du commandement de l'opération à la F.________ plutôt qu'au système pénitentiaire, ce qui avait nécessité une décision, soit une contribution matérielle. Lors de la rencontre devant la prison, A.________ et les autres protagonistes s'étaient penchés sur une carte, le premier montrant à O.________ des vues aériennes des lieux et celui-ci étant informé, selon ses propres déclarations, du changement de plan. A.________ avait alors remis à son ami le ruban bleu le désignant aux yeux de tous les intervenants du plan officiel comme l'une des personnes dont la présence sur les lieux et plus particulièrement dans le secteur du point B, était légitime. La cour cantonale a mis en évidence que O.________ n'était pas censé intervenir, selon ledit plan officiel, et que les deux protagonistes avaient été incapables de fournir une explication plausible à sa présence. A.________ avait instruit O.________ de se rendre au point B, opportunément déchargé du transit des prisonniers par la création du point C et où l'on sait que le bras droit de A.________ avait tout naturellement pris sa place à la tête du commando, aux côtés de Z.________. A.________ avait également autorisé les frères V.________ et W.________ - ses collaborateurs directs - à participer à l'opération criminelle. La thèse de la présence de ces personnes accoutrées et équipées comme des mercenaires pour réaliser un " audit " était totalement invraisemblable et l'on ne pouvait imaginer, comme pour O.________, que les deux hommes auraient décidé de se joindre aux tueurs sans l'accord de leur patron. A.________ avait, de plus, apporté un soutien psychologique aux tueurs, les confortant dans l'idée qu'ils pouvaient agir sans crainte, en particulier lorsqu'il était arrivé à la hauteur de la maison de R.________ et que, ayant constaté que le plan criminel avait commencé à être déployé, deux détenus ayant été exécutés, il avait par son comportement montré qu'il s'accommodait de l'activité criminelle telle qu'elle s'était déroulée jusque-là; celle-ci pouvait se poursuivre. En définitive, il avait couvert toute l'opération de son autorité, apportant ainsi une contribution causale essentielle, sans laquelle les faits n'auraient pu se dérouler. B.e.b. Pour autant, l'on ignorait s'il était seul ou avec d'autres à l'origine de la décision de procéder à des actes de nettoyage social au cours de l'opération H.________ ou s'il s'était contenté d'en prendre note, lorsqu'elle lui avait été communiquée, et d'accepter d'y prêter son concours. En tout cas, il n'y avait pas d'élément objectif concret permettant de retenir avec certitude qu'il avait participé à l'élaboration du plan parallèle. Il n'était pas établi non plus qu'il fût resté tout au long de l'opération en contact avec le groupe par le truchement de O.________. De même, le dossier ne permettait-il pas d'identifier un mobile, hormis qu'il ne pouvait s'agir d'une motivation altruiste. La cour cantonale en a conclu, au bénéfice du doute, que le comportement du recourant relevait de la complicité d'assassinat, la réalisation de la circonstance aggravante de l'art. 112 CP n'étant pas douteuse.