Citation: 4C.449/2004 09.03.2005 E. B

B.a Durant leur mariage, le demandeur et dame A.________ ont obtenu de la banque X.________ trois lignes de crédit en relation avec l'exploitation de leurs établissements. Selon confirmation de la banque du 7 avril 1992, les crédits octroyés s'élevaient respectivement à 250'000 fr. (en compte courant no ... et/ou sous forme d'émission de garantie), 300'000 fr. (en compte courant no ... rubr. "W.________" et/ou sous forme d'avance ferme) et 150'000 fr. (en compte courant no ...-1 rubr. "V.________"). Ces crédits étaient notamment garantis par le nantissement de diverses polices d'assurance, ainsi que par les cautionnements solidaires de la Coopérative W.________ (ci-après: W.________) à hauteur de 360'000 fr. (pour le compte no ...) et de V.________ à hauteur de 150'000 fr. (pour le compte no ...). Par acte du 7 avril 1992, les époux A.________ ont par ailleurs cédé à X.________ le produit de la remise du commerce sis place de la Palud, y compris tous les droits accessoires et de préférence. B.b Entre 1992 et 1994, X.________ a demandé à plusieurs reprises au demandeur et à son épouse de lui remettre leurs comptes pour consultation. Il leur a également adressé les relevés de leurs lignes de crédit. En mars 1994, la banque a constaté des difficultés d'exploitation en raison du différend opposant les époux au sujet de la reprise de leurs commerces. Elle leur a imparti un délai échéant successivement au 31 mai puis au 15 juillet 1994 pour lui présenter une solution définitive et acceptable concernant cette reprise. Par lettre recommandée du 1er septembre 1994, constatant l'absence de consensus, X.________ a dénoncé les trois crédits au remboursement et mis en demeure les époux A.________ d'effectuer le paiement des soldes dans un délai échéant au 30 septembre 1994. B.c Parallèlement, dans le cadre de la procédure de divorce, dame A.________, assistée de son avocat et de fiduciaires, a entrepris des démarches auprès de Z.________ tendant à l'obtention de crédits pour la reprise des commerces exploités avec le demandeur. Entre mars 1994 et mai 1995, Z.________ a formulé diverses propositions de garanties et offres de crédits. Cette banque a accordé à dame A.________ à fin 1994 une ligne de crédit de 100'000 fr. représentant la contre-valeur du chèque du même montant émis à l'ordre du demandeur. Fin mars 1995, la situation comptable de dame A.________ faisait état d'une forte dégradation des affaires en général, en dépit des restructurations entreprises. Informée de cette situation, Z.________ a alors dénoncé au remboursement le crédit en compte courant déjà octroyé à dame A.________, dont le solde correspondait à 104'293 fr. 40. Z.________ a en outre déclaré ne plus être disposée à offrir des facilités de crédit. B.d Au 30 juin 1995, l'extrait du compte no ... adressé par X.________ au demandeur et à son ex-épouse mentionne un solde débiteur de 220'498 fr. 40. Ce relevé précise qu'à défaut de contestation dans le délai d'un mois, il est considéré comme approuvé. Par lettre recommandée du 21 juillet 1995, adressée en copie au défendeur, X.________ a mis en demeure les ex-époux A.________ de lui rembourser, dans un délai échéant au 15 août 1995, l'intégralité des soldes de leurs comptes courants arrêtés au 30 juin 1995, intérêts et commission en sus, savoir 220'498 fr. 40 (compte no ...), 106'239 fr. 65 (compte no ...) et 230'380 fr. 30 (compte no ...). Mentionnant l'échec des pourparlers avec Z.________ pour la reprise de ses engagements et se référant à sa mise en demeure du 1er septembre 1994, X.________ a déclaré vouloir ainsi "redénoncer" l'entier de ses crédits. Par courriers des 4 août et 27 novembre 1995 adressés la banque à X.________, le défendeur s'est étonné de la mise en demeure du demandeur. Il a indiqué que son client et lui-même s'étaient fondés sur les assurances données par dame A.________ et l'avocat de celle-ci pour procéder à une liquidation amiable et que, vu notamment le montant qu'il avait perçu de Z.________, le demandeur pensait que la situation était réglée. Aux déclarations du défendeur, X.________ a répondu que, n'ayant pas été partie à la liquidation du régime matrimonial, il n'avait jamais envisagé de libérer le demandeur, même partiellement, de la solidarité le liant à son ex-épouse dans le cadre des crédits octroyés. Par ailleurs, se référant à la cession du 7 avril 1992, X.________ a réclamé au demandeur la somme versée par Z.________. Le 19 janvier 1996, X.________ a réitéré sa mise en demeure aux ex-époux A.________, leur fixant un ultime délai au 31 janvier 1996 pour rembourser les montants réclamés le 21 juillet 1995. Le 27 février 1996, sur requête de X.________, le demandeur s'est vu notifier trois commandements de payer les montants en question, sous déduction des acomptes versés par dame A.________. Le demandeur a fait opposition totale aux trois poursuites. Au printemps 1996, V.________ et W.________ ont payé le solde des crédits cautionnés et libéré le demandeur à due concurrence de sa qualité de codébiteur solidaire.