Citation: 1B_117/2022 E. 4.3

4.3. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. La recourante fonde tout d'abord l'essentiel de son argumentation sur l'hypothèse que son recours cantonal contre le refus de retirer des pièces du dossier serait toujours pendant. Or, selon les faits retenus par l'autorité précédente (cf. ad let. C p. 5), une décision sur cette question a été rendue le 3 décembre 2021 par la Chambre des recours pénale (arrêt n° xxx); la recourante ne remet d'ailleurs pas en cause cette constatation de fait. La question de l'opportunité de statuer sur le séquestre préalablement à un prononcé sur l'exploitabilité des moyens de preuve ne se posait donc plus au moment où la cour cantonale - qui dispose d'une pleine cognition en fait et en droit (cf. art. 393 al. 2 CPP; ATF 141 IV 396 consid. 4.4. p. 405; arrêt 1B_318/2021 du 25 janvier 2022 consid. 4.1) - s'est prononcée dans la présente cause, ce qui suffit pour écarter la violation du droit d'être entendu soulevée à cet égard. En raison de ce même arrêt, la cour cantonale a, à juste titre, retenu dans la présente cause que les griefs relatifs à l'exploitation des preuves avaient été traités; dès lors qu'ils avaient été écartés dans une cause parallèle, elle pouvait, sans violer le droit fédéral ou procéder de manière arbitraire, se référer à l'ensemble des éléments de preuve figurant au dossier pour apprécier la levée du séquestre. Un tel examen par le Tribunal fédéral ne s'impose pas non plus dans la présente cause, faute d'être l'objet du présent litige (cf. ATF 142 I 155 consid. 4.4.2 p. 156). En l'absence d'une motivation fondamentalement différente de celle soulevée dans le recours du 6 octobre 2021 (cf. la reprise quasiment mot à mot de cette écriture) et des considérants de l'arrêt du 3 décembre 2021, le caractère illicite des moyens de preuve contesté n'est au demeurant de loin pas d'emblée manifeste, ce que le défaut de contestation au Tribunal fédéral de l'arrêt précité par la recourante semble confirmer. La recourante ne développe ensuite aucune argumentation propre à remettre en cause les éléments ayant permis à l'autorité précédente de considérer - non pas qu'elle serait coupable des faits reprochés - mais que la chienne visée par le séquestre ordonné était D.________. Ainsi, la recourante n'apporte pas la démonstration - notamment par des références à des pièces au dossier - de l'opération prétendument subie par la chienne F.________ à l'endroit où se trouvait la puce électronique suisse de la chienne D.________. La recourante ne remet pas non plus en cause les indications données par l'analyste pour expliquer le défaut de concordance ADN. Elle n'explique enfin pas les références au prénom "D.________" ressortant de ses messages. La cour cantonale pouvait dès lors, sans violer le droit fédéral ou procéder à une appréciation arbitraire des moyens de preuve à disposition, considérer que la chienne placée sous séquestre était D.________. Etant ensuite incontesté que celle-ci appartient à l'intimée, sa restitution en faveur de cette dernière s'imposait. Avec la recourante, il faut certes constater que les prétentions relatives à l'animal séquestré ne sont pas "incontestées" au sens de l'art. 267 al. 2 CPP. A rigueur de texte, un maintien du séquestre serait donc indiqué jusqu'à "la clôture de la procédure". Concrétisant le principe de proportionnalité, la jurisprudence a cependant régulièrement retenu qu'un séquestre doit être levé lorsque la procédure s'éternise. Or cette question doit s'apprécier au gré des circonstances de chaque cas d'espèce. S'agissant ici d'un séquestre portant sur un animal vivant, la question de la durée de la procédure - et par voie de conséquence celle du maintien du séquestre - doivent être examinées différemment qu'en présence de saisie d'objets inanimés ou de valeurs patrimoniales. Si la conservation d'une oeuvre d'art se conçoit aisément jusqu'à la clôture de la procédure - y compris si la mesure perdure depuis près de cinq ans (cf. pour un exemple l'arrêt 1B_667/2021 du 19 avril 2022 consid. 2) -, le principe de proportionnalité impose une appréciation différente pour des animaux vivants - notamment ceux dont la valeur est avant tout affective -, placés auprès de tiers. En l'espèce, la chienne concernée par la mesure litigieuse est hébergée dans un refuge depuis janvier 2021 et les responsables de l'institution ont attiré l'attention des autorités, en octobre 2021 déjà, sur le fait qu'un séjour prolongé porterait une atteinte inexorable au comportement et à la santé de l'animal. Dans ces conditions, la cour cantonale pouvait, en février 2022, lever le séquestre litigieux sans violer le droit fédéral. Le principe de la proportionnalité pouvait, dans les circonstances très particulières du présent cas, l'emporter sur une application stricte de la loi.