Citation: 5P.102/2000 18.04.2000 E. 2

2.- Le recourant prétend qu'en déclarant son appel irrecevable l'autorité cantonale serait tombée dans l'arbitraire. Plus précisément, il lui reproche d'avoir - au demeurant sans motivation - écarté au profit de la procédure de mesures provisionnelles la procédure accélérée, dont l'art. 382 CPC frib. dispose clairement qu'elle s'applique dans les cas où le droit fédéral exige, comme en l'espèce, une procédure simple et rapide. a) Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et incontesté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision soit arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, ou si elle a été adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît concevable, voire même préférable (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 129 consid. 5b p. 134 et les arrêts cités). b) Contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale a solidement motivé sa décision d'appliquer la procédure de mesures provisionnelles dans le cadre de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants (RS 0.211. 230.02). Elle s'est en effet référée au but de cette convention - qui est d'assurer le retour immédiat des intéressés (art. 1 let. a) -, à l'obligation imposée aux Etats contractants de mettre en oeuvre les mesures appropriées pour réaliser cet objectif en recourant à leur procédure d'urgence (art. 2), au délai de six semaines imparti pour statuer (art. 11 al. 2), à la suspension, dans l'intervalle, des procédures portant sur le fond du droit de garde (art. 16) et à la nature de la décision au regard de la convention (art. 19) et de la loi fédérale d'organisation judiciaire (cf. ATF 123 II 419 consid. 1a p. 421). On ne voit par ailleurs pas en quoi ces considérations violeraient - qui plus est de façon insoutenable - l'art. 382 CPC frib. Cette disposition n'impose l'application de la procédure accélérée que lorsque le droit fédéral prévoit l'application d'une procédure simple et rapide. Or, en l'occurrence, la Convention de la Haye renvoie sans autres explications aux procédures d'urgence des Etats contractants (art. 2). En l'absence de dispositions cantonales édictées en la matière, les juges cantonaux, ainsi appelés à combler une lacune, pouvaient dès lors choisir le type de procédure le plus approprié pour réaliser les objectifs de la convention.