Citation: 1C_644/2012 E. 5.2.2

5.2.2. En l'occurrence, il est discutable que le Tribunal cantonal n'ait pas attendu le rapport de l'expert mandaté par le DSE, malgré les doutes de la CFNP quant à la stabilité de la zone hors périmètre d'exploitation et à la nécessité pour la sécurité de porter une atteinte supplémentaire à l'objet IFP. Ce faisant, le tribunal s'est en effet passé de l'avis obligatoire de cette autorité spécialisée, jugeant quant à lui que les expertises au dossier démontraient de manière suffisante l'existence d'un risque d'instabilité rocheuse en dehors du périmètre actuel de la carrière (cf. consid. 2 et 6 de l'arrêt attaqué). Or, d'après les observations de l'OFEV du 11 mars 2013, il ne serait en l'état pas possible de se prononcer sur les conséquences concrètes d'une intervention dans la partie avale sur le secteur amont, quelle que soit la nature de l'intervention. Des divergences entre les différents rapports démontreraient que la question des relations statiques et dynamiques entre les secteurs est insuffisamment étudiée et comprise. L'OFEV a dès lors indiqué ne pas être en mesure, sur le vu des expertises figurant au dossier, de se déterminer de façon concluante sur les mesures d'assainissement requises, ni sur la zone (périmètre actuel, avec ou sans extension) qui doit être traitée pour assurer une stabilité à long terme. Une expertise supplémentaire, voire des compléments d'étude, seraient ainsi nécessaires, à une échelle dépassant largement le seul secteur de l'éboulement, respectivement du dièdre instable. Dans ces conditions, il apparaît que le Tribunal cantonal ne pouvait faire l'économie d'une nouvelle expertise pour clarifier la question des instabilités hors périmètre, même s'il est patent que, au regard du caractère urgent de la situation, l'affaire devait être jugée le plus rapidement possible (cf. courrier de la cheffe du DSE au tribunal du 30 août 2012). Il ne faut en effet pas perdre de vue que, même si la protection des hommes et des biens contre des dangers importants répond à un intérêt national au moins équivalent à celui de la protection de la nature (art. 6 al. 2 LPN; cf. ATF 115 1b 472 consid. 2e/dd p. 492) et peut, cas échéant doit, justifier une intervention dans un site classé à l'IFP, il reste l'obligation de ménager l'objet "le plus possible" (art. 6 al. 1 LPN). Il est pour cela indispensable d'évaluer les solutions alternatives. Une aggravation de l'atteinte au site des Monts d'Arvel ne pourra ainsi être admise pour des raisons de sécurité que si un risque d'éboulement peut être établi dans la partie située hors du périmètre de l'exploitation ou si l'atteinte est clairement nécessaire à la sécurisation de la partie avale.