Citation: 8C_493/2017 E. 3.2

3.2. Examinant ensuite la question du rapport de causalité adéquate entre l'agression et les troubles psychiques, les premiers juges ont retenu que l'intimée avait reçu un coup de poing violent au visage qui avait provoqué une fracture d'enfoncement du plancher de l'orbite gauche, s'étendant à la paroi latérale et interne du sinus maxillaire et atteignant le canal du nerf infra-orbitaire, avec hémato-sinus et présence de fragments osseux intra-sinusien. Il y avait aussi une fracture déplacée des os du nez et une fracture sous-jacente de la cloison nasale. Au vu de la violence de cette agression, caractérisée par les lésions importantes au visage, les juges l'ont classée dans les accidents de gravité moyenne, à la limite de l'accident grave. Les juges cantonaux ont admis que les circonstances concomitantes ne pouvaient pas être considérées comme particulièrement dramatiques ou impressionnantes en raison de la brièveté de l'agression et de la perte immédiate de connaissance qui s'en est suivie. En revanche, sur la base de l'expertise du docteur G.________, ils ont retenu que le critère de la gravité ou de la nature particulière des lésions physiques était rempli et que les lésions subies étaient propres, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. En effet, l'atteinte au nerf trijumeau provoquait des douleurs faciales neurogènes aiguës se présentant sous forme d'électricité, de brûlures ou d'élancements très intenses, de brève durée et invalidantes. En ce qui concerne la durée du traitement médical, elle a été anormalement longue. Le traitement antalgique devra être administré la vie durant. Quant à l'incapacité de travail due aux seules lésions physiques, elle a aussi été particulièrement longue. En définitive, sur les sept critères établis par la jurisprudence, quatre étaient remplis. De surcroît, deux d'entre eux - la gravité ou la nature particulière des lésions physiques, ainsi que la persistance des douleurs - se sont manifestés avec une grande intensité. Pour les premiers juges, la causalité adéquate devait en conséquence être retenue.