Citation: 7B_644/2024 E. B

Par arrêt du 1er mai 2024, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois a admis le recours formé par le Ministère public central du canton de Vaud (ci-après: le Ministère public) contre l'ordonnance du 18 mars 2024. Elle a réformé l'ordonnance entreprise en ce sens qu'elle a refusé la libération conditionnelle de A.________. Elle a en outre ordonné la réintégration du prénommé en détention et l'exécution du solde de la peine privative de liberté. Il ressort en substance de cet arrêt les éléments suivants. B.a. Antérieurement à la condamnation qu'il exécutait au moment de sa libération, A.________ avait été condamné le 6 août 2015 à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 30 fr. le jour, avec sursis pendant 2 ans et à une amende de 300 fr. pour conduite en état d'incapacité et pour contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup). Il avait en outre été condamné le 24 mai 2016 à une peine privative de liberté de 90 jours pour rixe et le 13 avril 2018 à une peine privative de liberté de 30 jours pour mise d'un véhicule automobile à disposition d'un conducteur sans le permis requis. B.b. A.________ a été placé en détention provisoire du 2 septembre au 23 décembre 2016 (en lien avec les faits décrits sous let. B.d ci-dessous). Après s'être enfui et avoir été plusieurs mois en fuite, il a été interpellé le 5 septembre 2018 et placé à nouveau en détention provisoire jusqu'au 9 septembre 2019, puis en exécution anticipée de peine jusqu'à sa libération, le 18 mai 2021, au profit de mesures de substitution qui ont pris fin le 18 novembre 2021. Entre le 30 octobre 2019 et le 24 août 2020, A.________ a fait l'objet de quatre sanctions disciplinaires; une fois parce que sa soeur lui avait amené un colis contenant des produits stupéfiants, deux fois en raison de résultats de ses tests de dépistage positifs au cannabis, voire à la benzodiazépine, et à une occasion parce qu'il avait refusé de se soumettre aux règles d'hygiène en lien avec la crise sanitaire. Entre le 25 octobre 2018 et le 30 avril 2021, A.________ a en outre fait l'objet de vingt autres sanctions disciplinaires, notamment pour consommation de stupéfiants. B.c. Le 10 juin 2022, le Ministère public a ouvert une instruction contre A.________ pour des faits survenus le 5 juin 2022, à U.________. En particulier, le prénommé avait insulté et menacé de mort trois hommes qui avaient discuté avec son ex-compagne. Plus tard dans la soirée, en compagnie d'autres personnes, il avait attendu l'un des trois hommes au bas d'un immeuble et lui avait donné des coups, avait menacé d'en tuer un autre et avait brisé la vitre d'entrée dans l'immeuble en question. Pour ces faits, A.________ a été détenu provisoirement entre le 30 juin et le 25 août 2022. Durant cette période, il a fait l'objet d'une sanction disciplinaire en raison d'un résultat positif lors d'un test de dépistage aux produits stupéfiants. B.d. Par jugement du 10 octobre 2022, le Tribunal criminel de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-après: le tribunal criminel) a condamné A.________ à une peine privative de liberté de 5 ans (sous déduction de 483 jours de détention provisoire, 617 jours d'exécution anticipée de peine, 6 jours pour l'exécution des mesures de substitution et 15 jours pour détention dans des conditions illicites) pour lésions corporelles graves, lésions corporelles simples, lésions corporelles simples qualifiées, menaces, menaces qualifiées, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et infraction grave à la LStup. Parmi les faits à l'origine de cette condamnation, A.________ avait participé, avec son frère, à l'écoulement de l'intégralité des quantités de stupéfiants importées par leur père, à savoir 34,275 kg de haschisch et 190,25 kg de marijuana, déduction faite de 12 kg de haschisch et 6 kg de marijuana qui avaient été volés et de 20 kg de marijuana albanaise de mauvaise qualité qui n'avaient pas pu être écoulés. A.________ avait personnellement vendu 22,4 kg de marijuana et 9,6 kg de haschich pour un chiffre d'affaires minimum de 200'000 fr. et était impliqué dans le stockage de 15 kg de haschisch pour un chiffre d'affaire de 37'500 francs. Il avait en outre possédé 22 g de cocaïne, dont 3,4 g de substance pure, en 2016. A.________ a également été condamné pour les violences qu'il avait commises sur son ex-compagne. En particulier, le 23 mai 2015, il avait donné plusieurs gifles à celle-ci, l'avait étranglée jusqu'à ce qu'elle vomisse et l'avait traitée notamment de "pute". Le 9 juillet 2015, il l'avait insultée et fait tomber au sol (provoquant un choc de l'arrière de la tête sur le bitume) en lui fauchant les jambes, avant de lui asséner des coups de pied dans le ventre et des coups de poing au visage. Le 15 juillet 2015, il lui avait donné des gifles au visage et un coup à la hauteur du nez. Le 26 juillet 2015, il l'avait saisie et bousculée en direction de policiers présents sur place, puis l'avait saisie au cou et avait commencé à l'étrangler. Malgré les tentatives des policiers de le repousser, A.________ avait continué de serrer la gorge de son ex-compagne, l'empêchant de bien respirer. Il avait fallu l'intervention de trois policiers pour qu'il lâche prise, après avoir été maîtrisé au sol; un policier avait été blessé à cette occasion. En 2015, A.________ avait régulièrement menacé son ex-compagne de la tuer, de la rendre handicapée, lui disant qu'elle finirait en chaise roulante. Fin juillet/début août 2016, il l'avait frappée et l'avait fait tomber en lui faisant une "balayette", avant de lui donner un coup de pied à l'estomac. Le 30 août 2016, après l'avoir insultée, il l'avait attrapée par la nuque et l'avait projetée au sol. Il s'était mis sur elle et avait commencé à l'étrangler. Il l'avait enfin saisie par les pieds, l'avait soulevée en l'air et l'avait projetée plus loin. Le 2 septembre 2016, il s'était approché d'elle, l'avait frappée et lui avait dit "tu fais quoi sale pute, je vais te tuer, je vais te briser, je vais te niquer ta race, je vais te rendre handicapée". Il l'avait mise par terre et l'avait tabassée avec les pieds et les mains. Il lui avait donné des coups de tête pendant près de dix minutes jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. A.________ avait cessé ses agissements uniquement en raison de l'intervention de la police. Le corps de la victime était couvert de multiples hématomes, ecchymoses et dermabrasions, notamment au visage, mais aussi sur le cou, le thorax, l'abdomen, le dos, les bras, les cuisses et les fessiers. Elle avait par ailleurs présenté d'importantes lésions externes des deux oreilles ainsi qu'une volumineuse perforation tympanique gauche post-traumatique et une surdité transmissionnelle de degré modéré résiduelle de l'oreille gauche. Dès 2016 et jusqu'à son incarcération en septembre 2018, A.________ avait adressé divers messages de menaces de mort à son ex-compagne. Le tribunal criminel avait alors qualifié la culpabilité de A.________ de très lourde. Non seulement s'était-il livré à un important trafic de stupéfiants en bande et par métier par appât du gain, mais il avait en outre choqué par le côté détestable, violent et dangereux des infractions commises au préjudice de son ex-compagne. Il avait présenté des excuses de façade, ses regrets étaient exclusivement égocentrés et il n'avait opéré aucune remise en question. Malgré les chances qui lui avaient été données, il préférait se complaire dans l'inaction et l'illicéité. Il rejetait la faute sur les autres. Le risque de récidive en l'absence de toute prise en charge psycho-sociale était alors élevé et inquiétant; il s'agissait d'un multirécidiviste. Le tribunal criminel n'avait pas été en mesure de déceler des éléments à décharge. B.e. Le 28 août 2023, le Ministère public a ouvert une instruction contre A.________ pour avoir, à V.________, injurié un homme, l'avoir menacé de mort verbalement et au moyen d'une arme de poing et lui avoir asséné un coup de poing au visage. Cette instruction a par la suite été étendue pour, à tout le moins entre le 26 août et le 23 septembre 2023, acquisition, possession et port sans droit d'un revolver d'alarme de marque Bruni, modèle New 380 L, calibre 9 mm et acquisition et détention sans droit d'un pétard Black widow ainsi que pour la consommation de stupéfiants (résine de cannabis).