Citation: 8C_576/2022 E. 4.3

4.3. Sur la question de l'abattement, les juges cantonaux ont retenu que l'intimé était âgé de 52 ans au moment de la naissance du droit éventuel à la rente et qu'avant la survenance de son accident, il avait travaillé dans des domaines variés puis avait accompli plusieurs stages dans le cadre des mesures de réadaptation, de sorte qu'il disposait d'une certaine capacité d'adaptation sur le plan professionnel, laquelle était susceptible, le cas échéant, de compenser les désavantages compétitifs liés à son âge. S'agissant des années de service, celles-ci ne constituaient pas un élément susceptible d'avoir un effet sur le montant du salaire auquel il pourrait prétendre sur le marché du travail; au moment de la survenance de son accident, il occupait un poste de concierge depuis cinq ans, ce qui n'était pas une durée assez longue, en règle générale, pour bénéficier de conditions particulières liées à l'ancienneté. Quant au handicap, il ressortait de l'instruction médicale que les restrictions de l'intimé étaient en définitive compatibles avec l'exercice d'une activité adaptée, dès lors qu'il pouvait exercer cette activité à plein temps. Un abattement de 10 % avait néanmoins été retenu par l'office AI compte tenu des limitations fonctionnelles qui subsistaient, entravant l'assuré dans ses postures et sa mobilité (pas d'accroupissement, pas d'escaliers, pas de marche en terrain accidenté, pas de station debout prolongée, alternance des positions de manière fréquente). Le principe et la quotité de cet abattement étaient ainsi motivés, d'une part, par le fait que les formations et les expériences professionnelles de l'assuré avaient précisément relevé de champs d'activités requérant de la mobilité physique et des changements de postures constants, soit des capacités qui lui faisaient aujourd'hui défaut de manière objectivement propre à l'entraver dans les activités relevant de ses compétences acquises, et, d'autre part, en raison des écueils et des échecs rencontrés dans le cadre des mesures de réadaptation professionnelle qui avaient entravé le succès escompté de cette dernière. A cela s'ajoutait que les limitations fonctionnelles en question étaient induites par les atteintes à la santé causées par l'accident de 2012. Dans ces circonstances, l'intimée ne pouvait pas se contenter de nier l'octroi d'un abattement au seul motif d'une capacité de travail théoriquement recouvrée, sans prendre en compte les limitations fonctionnelles qui subsistaient, dès lors qu'elles avaient été précisément induites par l'accident assuré. Si, selon la jurisprudence, il n'était certes pas opportun d'effectuer un abattement en cas de mesures professionnelles conduites avec succès, tel n'était pas le cas de l'intimé, qui n'avait pas été réadapté de manière telle qu'il ne connaissait plus de diminution de rendement dans une activité réputée adaptée. Compte tenu de la nature des entraves affectant l'exercice des compétences acquises d'un assuré de 53 ans, le taux d'abattement de 10 % retenu par l'office AI, dûment motivé, paraissait adéquat en l'espèce.