Citation: 4P.247/2004 01.02.2005 E. 3.2

3.2.1 La recourante fait tout d'abord grief à la cour cantonale de n'avoir pas retenu que l'intimé avait exprimé son intention de changer de comportement pour pousser son employeur à le licencier. A cet égard, les précédents juges ont relevé que les parties divergeaient sur le contenu de l'entretien du 13 janvier 2003 entre l'employeur, la responsable de son personnel et l'intimé, au cours duquel il a été question de licenciement, et ont cité le contenu de la lettre du 14 janvier 2003 de la recourante à l'intimé, auquel ce dernier n'a pas réagi sur le moment. Ultérieurement, l'intimé a contesté, devant le Tribunal des prud'hommes, l'intention de vouloir se faire licencier. Sur ce point, la cour cantonale a retenu qu'il n'était pas établi que l'intimé ait sciemment accumulé les arrivées tardives à seule fin d'obtenir ce résultat et de ne pas être pénalisé par l'assurance-chômage. Cette allégation ne reposait que sur le courrier de l'employeur à son collaborateur, qui ne pouvait être considéré comme le résumé objectif de l'entretien du 13 janvier 2003, vu les déclarations "inconciliables" des parties au sujet de celui-ci. La recourante fait valoir à ce propos la déposition de la responsable du personnel, qui avait assisté à l'entretien, et celle d'une employée qui a rapporté que l'intimé expliquait ses retards par des "excuses ironiques", en rapport avec le souhait de se faire licencier. Appréciant librement les preuves - conformément à l'art. 343 al. 4 CO, qui consacre le principe inquisitoire dans les litiges dont la valeur litigieuse ne dépasse pas 30'000 fr. -, la cour cantonale pouvait, au vu de l'ensemble des circonstances et de l'attitude respective des deux parties, ne pas retenir comme décisives les déclarations de la proche collaboratrice de l'employeur et de l'une de ses ouvrières, sans pour autant verser dans l'arbitraire, grief qui doit en conséquence être rejeté. Il n'était en effet pas insoutenable de considérer qu'un malentendu était né du refus de l'employeur de trouver un accord sous la forme d'un licenciement ordinaire pour mettre fin aux relations de travail, ce d'autant plus que l'employé, comme l'a souligné la cour cantonale, donnait satisfaction, ce qui devait ôter toute crainte quant à la qualité de son travail pendant les deux mois de préavis du délai de congé. 3.2.2 La recourante reproche ensuite à la cour cantonale de n'avoir pas sanctionné le fait que l'intimé n'avait pas informé ses supérieurs hiérarchiques des difficultés qu'il rencontrait, ce qui, sans excuser son attitude, pouvait l'expliquer en partie, suivant l'avis des précédents juges qui en ont tenu compte dans l'appréciation de la notion de justes motifs. Sur ce point, la recourante s'en prend essentiellement à l'interprétation de l'art. 337 CO par la cour cantonale, d'une façon irrecevable dans le cadre du recours de droit public, alors que l'état de fait de la décision entreprise mentionnait les difficultés rencontrées par le travailleur, et dont la plupart étaient connues de l'employeur. Ainsi, ce dernier savait que son employé avait été victime d'un accident qui avait entraîné une opération à fin 2002-début 2003, que le grand-père de celui-ci était décédé au mois de janvier 2003, ce qui avait affecté l'intimé, et que les modifications des conditions de travail préoccupaient celui-ci, puisqu'il avait tout d'abord refusé de signer l'avenant, avant de s'y résoudre le 16 janvier 2003. Enfin, la cour cantonale a retenu en fait que si l'intimé avait consulté un médecin le 14 mars 2003, il n'avait remis aucun certificat médical à son employeur, se bornant à expliquer à la responsable du personnel qu'il se sentait fatigué, sans préciser l'état d'hyper-angoisse constaté par le médecin. Dans la mesure où les critiques de la recourante ne traitent pas de l'application de l'art. 337 CO au cas de l'intimé, elles s'avèrent en partie infondées (connaissance par l'employeur de l'accident, de l'opération, du décès du grand-père, des hésitations à signer l'avenant comportant les nouvelles conditions de travail) et en partie inaptes à faire qualifier d'arbitraires les constatations de la cour cantonale (ignorance de la maladie du grand-père, du diagnostic d'hyper-angoisse) quant aux faits sur la base desquels elle a examiné la notion de justes motifs, contenue à l'art. 337 CO. 3.3 Il s'ensuit que le grief d'arbitraire dans l'appréciation des faits et des preuves doit être écarté dans la mesure de sa recevabilité, ce qui entraîne le rejet du recours de droit public dans la mesure où il est recevable.