Citation: 4P.84/2000 27.10.2000 E. 5

5.- La recourante invoque, par ailleurs, une mauvaise appréciation des preuves en ce qui concerne trois dossiers. Elle perd de vue, ce faisant, que l'art. 9 Cst. ne sanctionne pas la mauvaise appréciation des preuves, mais uniquement l'appréciation arbitraire, c'est-à-dire insoutenable, de celles-ci. Pour le surplus, les motifs qu'elle développe pour étayer son grief appellent les quelques remarques suivantes: a) Procédure d'assainissement UBS La recourante s'emploie à démontrer que la Commission de taxation aurait dû calculer ses honoraires en fonction de la "valeur litigieuse" qui correspond, selon elle, à la différence entre l'endettement de ses clients envers l'UBS, soit plus de 6 500 000 fr., et leurs actifs estimés par la banque à quelque 3 000 000 fr. Le problème qu'elle soulève n'a rien à voir avec l'appréciation des preuves. Il ressort, en effet, de la décision attaquée que l'autorité intimée a procédé, sur ce point, à une interprétation de la notion de "valeur litigieuse", telle qu'elle est définie par les us et coutumes de l'ODA. Le grief touchant l'appréciation des preuves est, dès lors, irrecevable en tant qu'il a trait à cette question. b) Z.________S. A. Selon la recourante, A.Y.________ n'aurait pas été actionné en responsabilité d'administrateur. Il aurait choisi une procédure aléatoire, mais bon A.hé pour essayer de faire annuler la poursuite qui le pénalise dans ses activités professionnelles. Au demeurant, sa situation se serait améliorée, grâce notamment à l'héritage qu'il viendrait de faire. Il aurait de surcroît refusé antérieurement une proposition transactionnelle de l'avocate ne couvrant même pas les frais d'une étude. On cherche en vain comment rattacher de telles allégations, d'ailleurs en partie nouvelles, au moyen pris de l'appréciation arbitraire des preuves. Le grief de ce chef est donc irrecevable sur ce point également. c) Divers La Commission de taxation observe, à cet égard, que les pièces présentées en vrac par la recourante concernent les honoraires réclamés par celle-ci pour la période du 31 janvier 1995 au 13 septembre 1999. Du point de vue juridique, elle estime que l'avocate n'est pas en droit de réclamer des honoraires pour l'activité qu'elle a déployée durant cette période, dans la mesure où elle s'est résumée à la facturation de ses prestations, soit un travail qui entre dans les frais généraux de l'étude que le tarif horaire de base prend déjà en considération, ainsi qu'à la reddition de compte, laquelle est expressément prévue par l'art. 400 al. 1 CO et constitue une obligation que le mandataire est tenu d'exécuter en tout temps. La recourante ne critique pas l'argumentation juridique retenue par l'autorité intimée. En revanche, elle soutient qu'il était contraire aux pièces du dossier, notamment à la carte journalière de travail non contestée par les intimés, de réduire ses activités à la facturation et à la reddition de compte. A l'appui de ses dires, elle énumère, à la page 7 de son mémoire de recours, les autres prestations qu'elle aurait effectuées durant la période sus-indiquée et ultérieurement. Le recours revêt ici un caractère appellatoire manifeste. En particulier, la recourante se contente de relater l'objet et la nature de ses prétendues activités, sans que l'on sache si elle l'a déjà fait devant la Commission de taxation, étant précisé que sa requête du 10 janvier 2000 ne contient rien de concret à ce sujet. Le recours sera donc rejeté sur ce point, si tant est qu'il soit recevable.