Citation: 4A_160/2021 E. 5.2.3

5.2.3. Quant au motif pour lequel les experts ont estimé qu'un test de grossesse ne s'imposait pas dans le cas d'espèce, il a été exposé et n'apparaît pas insoutenable. D'ailleurs, à supposer qu'il eût été effectué, un test de grossesse n'eût rien changé, qu'il s'imposât avant la toute première prise de Roaccutane ou avant la prise des 30 derniers comprimés: l'enfant a en effet été conçu dans le courant du dernier mois de traitement, soit entre le 31 août et le 3 septembre 2006 selon le rapport d'expertise médicale (p. 28; complément d'office sur la base du dossier). S'agissant par ailleurs de la prescription d'un moyen contraceptif, préconisée dans l'information destinée aux professionnels déjà citée, la cour cantonale a constaté, sur la base des notes de consultation médicale de septembre 2005, que la demanderesse avait affirmé à la doctoresse lors de leur entretien qu'elle suivait déjà un traitement contraceptif. Les recourants ne soutiennent pas que ceci serait éminemment faux et n'expliquent pas non plus pourquoi la doctoresse aurait dû tout de même prescrire un traitement contraceptif. Sur ce point également, l'expertise ne constate aucune violation des règles de l'art et ses conclusions n'apparaissent pas entachées d'un défaut à ce point évident ou reconnaissable que les juges ne pouvaient l'ignorer. Il s'ensuit que l'expertise judiciaire n'était pas dénuée de valeur probante et que l'autorité précédente pouvait légitimement s'y référer pour asseoir son jugement. Nulle trace d'arbitraire, par conséquent, dans l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale.