Citation: 1C_449/2018 E. A

Le lieu-dit Maula Ferran, sur le territoire de la commune de Montreux, se situe approximativement entre les villages (ou quartiers) de Chernex, au sud, et Chaulin, au nord. A cet endroit, entre des secteurs construits (quartiers de villas notamment) s'étend un vaste compartiment de terrain qui n'est pas bâti, à l'exception de quelques maisons isolées (aux lieux-dits Maula Ferran, L'Epine, La Cour de Chaulin). Ces terrains, sur les hauts de la ville (à 640 m d'altitude environ), sont essentiellement en nature de prairie (pré-champ), avec trois massifs forestiers. Ces terrains ont d'abord été classés, par le plan des zones de la commune de Montreux entré en vigueur le 15 décembre 1972 (ci-après: PGA 1972), en zone sans affectation spéciale, les possibilités de construire étant alors limitées aux bâtiments nécessaires à l'exploitation agricole du sol et à ceux dont l'implantation était imposée par leur destination. Le 7 mai 1985, le Conseil communal de Montreux a adopté une modification du plan de zones pour la création de zones agricoles et de zones intermédiaires dans différentes parties du territoire communal. Dans le secteur de Maula Ferran, le conseil communal a décidé de classer certaines parcelles en zone intermédiaire (partie sud), d'autres en zone agricole (partie centrale et supérieure) et la plupart des parcelles déjà bâties en zone à bâtir de faible densité. Par décision du 8 avril 1987, le Conseil d'Etat du canton de Vaud n'a approuvé que partiellement la modification du plan des zones dans ce secteur; la commune a été invitée à y reprendre l'étude de l'aménagement, soit en créant une zone agricole par l'institution du périmètre provisoire (cf. art. 53 de la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions du 4 décembre 1985 [LATC; RS/VD 700.11], dans sa version en vigueur jusqu'au 31 octobre 2018 [ci-après: aLATC]), soit par le classement du secteur en zone intermédiaire soumis à péréquation (cf. art. 51 aLATC). Les autorités communales ont ensuite préparé une nouvelle modification du plan des zones; celui-ci classe en "zone intermédiaire avec péréquation" tout le secteur sur lequel portait le refus du Conseil d'Etat. Cette nouvelle zone intermédiaire a été adoptée par le conseil communal le 25 mars 1992 et approuvée par l'exécutif cantonal le 17 juillet 1992.