Citation: 4C.82/2006 27.06.2006 E. 2

2.1 La cour cantonale a considéré tout d'abord que le Tribunal de première instance avait rendu, en date du 8 septembre 2004, un jugement au fond, et non une décision procédurale. Se référant au principe de la bonne foi, elle a conclu toutefois que ce jugement ne jouissait pas de l'autorité de la chose jugée. En effet, appliquant par analogie la jurisprudence relative à l'indication inexacte des voies de recours, les juges genevois ont estimé que le demandeur, même représenté par un avocat, pouvait se fier à l'indication - erronée - figurant dans le jugement du 8 septembre 2004, selon laquelle la nullité de l'assignation entraînait «l'irrecevabilité de la demande, et non le déboutement du demandeur de ses conclusions», et que, par conséquent, il était fondé à renoncer à appeler dudit jugement et à opter pour le dépôt d'une nouvelle demande. 2.2 Selon le défendeur A.________, la Cour de justice a violé le droit fédéral en rejetant l'exception de chose jugée sur la base du principe de la bonne foi alors qu'elle avait admis, dans un premier temps, que le jugement du 8 septembre 2004 jouissait de l'autorité de la chose jugée. A suivre le premier défendeur, la cour cantonale ne pouvait accorder la protection de la confiance à une partie dont le conseil pouvait se rendre compte de l'inexactitude du dispositif d'irrecevabilité en consultant simplement la législation applicable. D'après les défendeurs B.________ SA, C.________ et D.________, le jugement du 8 septembre 2004, qui constate l'inexistence d'un droit, est doté de l'autorité de la chose jugée et la cour cantonale ne pouvait écarter cette fin de non-recevoir en recourant au principe de la bonne foi. Au demeurant, la Cour de justice aurait mal appliqué ce principe, qui ne permet de déroger qu'au droit de procédure et non à un droit de fond; elle aurait par ailleurs omis de procéder à une pesée des intérêts.