Citation: 7B_1219/2024 E. 4.3

4.3. Le recourant conteste l'existence de forts soupçons s'agissant des infractions de menaces, contrainte, mise en danger de la vie d'autrui et délit contre la LArm. Il reproche en substance à la cour cantonale de s'être fondée principalement sur les déclarations de la partie plaignante et d'avoir ignoré plusieurs éléments - tels que ses propres déclarations et celles de son père, l'absence de découverte de l'arme à feu et de tout élément probant, ainsi que le rapport administratif du 11 juillet 2024 au sujet des événements du 22 décembre 2023 - qui constitueraient, selon lui, des éléments à décharge. Il estime qu'aucun motif vraisemblable ne justifierait de prolonger sa détention provisoire. Par cette argumentation, le recourant conteste l'appréciation des preuves à laquelle la cour cantonale a procédé. Or, dans son arrêt du 18 mars 2024 auquel elle se réfère, la cour cantonale n'a pas ignoré les dénégations du recourant ni les éléments qu'il évoque. En particulier, elle n'a pas omis que l'arme avec laquelle il aurait menacé la partie plaignante n'avait jamais été retrouvée et que les déclarations du père du recourant ne contredisaient pas sa version des faits. Elle a toutefois relevé que le recourant avait donné des explications très vagues quant au déroulement des faits, qu'il avait refusé d'indiquer aux enquêteurs les codes d'accès de son téléphone et que les déclarations de sa soeur et de son père n'apportaient que peu d'éléments pertinents au sujet des faits litigieux. Elle a ajouté que la partie plaignante avait, pour sa part, décrit de manière précise, compréhensible et cohérente le déroulement des faits et que ses déclarations étaient appuyées par plusieurs éléments, à savoir les déclarations de sa mère et les messages du recourant, desquels il ressortait que celui-ci voulait "rencontrer ses frères pour que [la partie plaignante] pleure ensuite toute sa vie". De plus, la partie plaignante avait confié à la police une balle correspondant à l'arme décrite et au stock de munitions retrouvé chez les parents du recourant. En outre, ce dernier avait été interpellé par la police le 22 décembre 2023, alors qu'il était en train de suivre la voiture de la partie plaignante. La cour cantonale a enfin relevé qu'il y avait de grandes similitudes entre les faits décrits par la partie plaignante et ceux commis par le recourant au préjudice de son ex-compagne, pour lesquels il avait été condamné (cf. let. A.b supra; arrêt du 18 mars 2024, pp. 15-16 consid. 9.2). Au regard de l'ensemble de ces éléments, on ne saurait faire reproche à la cour cantonale d'avoir considéré qu'à ce stade de l'enquête les déclarations de la partie plaignante apparaissaient crédibles, respectivement que des indices sérieux de menaces avec une arme à feu, de mise en danger de la vie et de contrainte à l'égard de cette dernière demeuraient, du moins apparaissaient vraisemblables. Contrairement à ce que prétend le recourant, le fait que le Ministère public envisagerait de renvoyer la partie plaignante en jugement pour violation du devoir d'assistance et d'éducation ainsi que pour voies de fait à réitérées reprises ne permet pas d'amoindrir les soupçons de commission des infractions précitées qui pèsent sur lui. Quant aux propos - prétendument contradictoires - de la partie plaignante au sujet de l'endroit où se trouvait la munition dans son armoire, ils n'apparaissent pas déterminants à ce stade au regard des nombreux autres éléments propres à corroborer ses déclarations. Par ailleurs, c'est en vain que le recourant se prévaut du fait que des munitions de même type ont été retrouvées au domicile de son père. On ne voit pas en quoi cet élément plaiderait en défaveur de la crédibilité de la partie plaignante et le recourant n'entreprend aucune démonstration à cet égard. S'agissant enfin des événements du 22 décembre 2023, le recourant ne cherche pas à remettre en cause le raisonnement pertinent de la cour cantonale à ce sujet. Il ne conteste en effet pas que le rapport de la police, s'il ne fait certes état d'aucun comportement dangereux du recourant, n'exclut pas qu'il ait pu commettre les faits tels que relatés par la partie plaignante. En tant qu'il prétend le contraire, le recourant ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, ce qui est insuffisant sous l'angle de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 147 IV 73 consid. 4.1.2). On rappellera quoi qu'il en soit qu'il n'appartient pas au juge de la détention provisoire d'examiner en détail l'ensemble des considérations de fait, pas plus que de procéder à une appréciation complète des éléments à charge et à décharge; il lui incombe uniquement de vérifier, sous l'angle de la vraisemblance, que le maintien en détention avant jugement repose sur des indices de culpabilité suffisants. Or tel est le cas en l'espèce. Même à ce stade relativement avancé de l'instruction, il peut être admis que les déclarations convergentes de la partie plaignante et de sa mère, les messages du recourant, la munition remise aux enquêteurs et qui est de même calibre que celle retrouvée chez le père de ce dernier, l'intervention de police du 22 décembre 2023, les déclarations de C.________ et les antécédents du recourant constituent des indices suffisants pour justifier son maintien en détention s'agissant des infractions de menaces, contrainte, mise en danger de la vie d'autrui et délit contre la LArm.