Citation: 7B_1170/2024 E. A

A.a. En 2016, le Ministère public central du canton de Vaud, Division criminalité économique, (ci-après: le Ministère public) a découvert que des sociétés actives dans le domaine de la construction avaient mis en place une vaste fraude consistant à obtenir des indemnités indues en trompant la Caisse de chômage grâce à la déclaration d'employés fictifs et à l'augmentation injustifiée des tarifs horaires, du nombre d'heures de travail effectuées ou des périodes d'indemnisation des employés réels. Dans le cadre de cette enquête, le Ministère public a ouvert une instruction contre différents protagonistes - à savoir des chefs d'entreprises, des membres du syndicat J.________, ainsi que des prétendus employés - pour s'être partagé des indemnités perçues indûment. A.b. Le 15 mars 2017, la Police de sûreté vaudoise a établi un rapport dénonçant A.________ et B.________, en leur qualité d'administrateurs de la société C.________ SA. Le rapport mentionnait que le second aurait quitté la Suisse le 1 er décembre 2014 pour une destination inconnue. Il ressort d'un rapport de la Police de sûreté fribourgeoise du 15 janvier 2020 que B.________ avait été contrôlé en Suisse la dernière fois le 20 décembre 2014 et semblait vivre en U.________ Le 4 avril 2017, le Ministère public a décidé d'étendre l'instruction à A.________ pour la déclaration d'employés fictifs à la Caisse cantonale de chômage. Le 13 juillet 2017, l'instruction a été étendue pour emploi répété d'étrangers sans autorisation et gestion fautive. A.________ a été interpellé le 25 avril 2017 et placé en détention provisoire jusqu'à sa libération le 31 mai 2018. A.c. Le 21 novembre 2017, dans le cadre d'une enquête distincte PE17.xxx, le Ministère public a ouvert une instruction pénale contre B.________, en sa qualité d'administrateur de la société C.________ SA, pour ne pas avoir tenu sa comptabilité, ni déclaré les salaires versés à un employé de septembre 2013 à janvier 2014, ainsi que pour avoir annoncé des employés fictifs auprès de la Caisse cantonale vaudoise de compensation AVS, entre le 25 septembre 2013 et la faillite de la société le 8 avril 2014. Le même jour, le Ministère public a requis la Police cantonale de signaler B.________ au RIPOL sous la rubrique "Recherche du lieu de séjour". Le 8 janvier 2019, l'instruction menée contre B.________ a été étendue à la déclaration d'employés fictifs à la Caisse cantonale de chômage. A.d. Le 20 septembre 2019, le Ministère public a reçu une lettre scannée et adressée par courriel, dans laquelle l'auteur - qui prétendait être B.________, domicilié à V.________ (U.________) - affirmait que tous les employés de la société C.________ SA avaient effectivement travaillé pour celle-ci; il a déclaré assumer la totale responsabilité par rapport à son ancienne entreprise, ses anciens employés et les éventuelles erreurs qui auraient pu être commises. Le 29 novembre 2019, A.________, par son défenseur, a produit un courrier du 24 octobre 2019 émanant prétendument de B.________, domicilié à W.________ (U.________), et adressé à la Caisse de compensation AVS de la Fédération des entreprises romandes; il en résultait que l'auteur de la lettre déclarait vouloir libérer A.________ de toutes ses charges et prendre l'entière responsabilité des dettes de l'entreprise. Par courrier du 17 juillet 2023, la défenseure de B.________ a indiqué qu'elle n'était jamais parvenue à communiquer avec son client qui résidait en U.________ et ne maîtrisait pas le français. Elle a contesté la validité du courrier produit par A.________, s'étonnant qu'un courrier émanant prétendument de son client ait été, d'une part, rédigé dans un français parfait, voire académique, et, d'autre part, adressé en copie au défenseur de A.________, un coprévenu, et non à elle directement. Par courrier du 20 juillet 2023, en réponse à une requête du conseil de B.________, le Ministère public a indiqué qu'il n'entreprendrait aucune démarche par voie d'entraide judiciaire internationale aux fins de recueillir les déclarations de son client dans la mesure où son lieu de séjour était inconnu. A.e. Par courrier du 8 janvier 2024, A.________ a requis l'audition de B.________. Dans sa réponse du 9 janvier 2024, le Ministère public s'est référé à son courrier du 20 juillet 2023. A.________ a réitéré sa requête les 30 avril et 12 juillet 2024. A.f. Par ordonnance du 14 février 2024, le Ministère public a joint l'enquête instruite contre B.________ à celle concernant A.________ considérant que les causes étaient connexes.