Citation: 5A_19/2020 E. 6

La recourante, partant de son postulat que le jugement de divorce russe ne statue pas sur la question de l'entretien des filles, dénonce une violation de son droit d'être entendue et de celui de ses filles (art. 29 al. 2 Cst.) et de leur droit à un accès à la justice (art. 11, 29a et 30 Cst.; art. 23 Cst. genevoise), dès lors que le juge d'appel aurait privé les mineures d'une décision exécutoire fixant, en termes de principe, quotité, dies a quoet exigibilité, leurs créances alimentaires. Commet un déni de justice formel et viole donc l'art. 29 al. 1 Cst., notamment l'autorité qui n'applique pas ou applique d'une façon incorrecte une règle de procédure, fermant ainsi l'accès à la justice au particulier qui normalement y aurait droit, se refuse à statuer ou ne le fait que partiellement, n'établit pas entièrement les faits ou n'examine qu'une partie de la requête (arrêts 5A_578/2010 du 19 novembre 2010 consid. 2.1; 5A_279/2010 du 24 juin 2010 consid. 3.3 et les arrêts cités). La jurisprudence a déduit de l'art. 29 al. 2 Cst. le devoir pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Pour répondre à ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, apparaissent pertinents (ATF 142 III 433 consid. 4.3.2; 141 IV 249 consid. 1.3.1). En l'occurrence, la cour cantonale, ainsi qu'il a déjà été exposé ci-dessus, a retenu comme vraisemblable, contrairement à ce que soutient la recourante, que le jugement de divorce russe se prononce sur l'entretien des enfants (cf. supra consid. 4). Il apparaît que la Chambre civile a examiné la question de l'entretien des filles, à titre provisionnel, sur plusieurs pages avant de conclure à l'absence de nécessité de fixer à nouveau des contributions d'entretien (cf. supra consid. 3). Sur cette base, la recourante était en mesure de contester la décision attaquée en connaissance de cause - ce qu'elle a d'ailleurs fait -, de sorte que le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) et du droit à un accès à la justice (art. 11, 29a et 30 Cst.; art. 23 Cst. genevoise) fondé sur un prétendu refus ou oubli de statuer sur cette question et d'établir les faits en relation avec celle-ci est infondé.