Citation: 7B.206/2005 02.02.2006 E. 2

La recourante invoque en premier lieu la violation de l'art. 260 LP et de la jurisprudence relative à cette disposition, en tant plus particulièrement qu'elle prévoit que le créancier qui sollicite la cession ne peut pas l'obtenir lorsqu'elle porte sur une prétention dirigée contre lui-même (ATF 113 III 135 consid. 3b et la jurisprudence citée; cf. Jean-Luc Tschumy, Quelques réflexions à propos de la cession des droits de la masse au sens de l'art. 260 LP, in JdT 1999 II p. 39 et les références ad n. 30). 2.1 Selon la décision attaquée, la créancière A.________ n'avait, à aucun moment, fait part à l'office de sa volonté d'admettre la revendication et d'inverser en conséquence son rôle dans le procès pendant, mais dans sa plainte, en revanche, elle avait fait valoir que telle était son intention. La Commission cantonale de surveillance en a déduit que si l'office avait refusé à juste titre d'accorder la cession à ladite créancière sur la base de la jurisprudence précitée, elle-même se devait par contre - en vertu de son devoir d'établir les faits d'office et de tenir compte des nova, admissibles en procédure genevoise de plainte - d'accorder la cession requise sous la condition résolutoire stipulée par la plaignante. 2.2 A l'appui de son grief, la recourante soutient que l'intention de la créancière précitée ne constitue pas un fait et qu'en outre elle n'est pas pertinente. Elle a tort sur les deux points. En effet, les faits peuvent non seulement appartenir au monde extérieur, tels un événement naturel ou un acte humain, mais également au psychisme de l'individu, tels une intention ou un sentiment (J.-F. Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. II, Berne 1990, n. 4.3 ad art. 63 OJ et les références de doctrine). La constatation de l'intention de la créancière en cause d'admettre la revendication et d'inverser son rôle dans le procès pendant relève donc du fait. Elle est en outre pertinente, dès lors que la cession sollicitée dépend impérativement de la concrétisation de cette intention. La recourante ne conteste pas par ailleurs la faculté pour l'autorité cantonale de tenir compte de faits nouveaux. Il s'ensuit que le premier grief doit être rejeté.