Citation: 4D_54/2015 E. B

B.a. La locataire a cité le bailleur en conciliation par requête du 6 janvier 2014. La commission de salubrité de la commune d'Aigle a visité les locaux et le galetas de l'immeuble le 28 février 2014. Dans son rapport du 14 mars 2014, elle a confirmé l'existence des dégâts d'eau invoqués par la locataire, qu'elle a attribués au mauvais état de la ferblanterie et aux nombreux jours constatés entre les tuiles. La locataire a déposé une demande le 27 mars 2014 devant le Tribunal des baux du canton de Vaud. Dans ses dernières conclusions, elle a exigé que cette autorité ordonne au bailleur de faire effectuer sans délai les travaux nécessaires pour mettre fin aux infiltrations d'eau puis de remettre en état les murs endommagés, respectivement que l'autorité saisie réduise le loyer mensuel net de 40% dès le début du contrat (1 er août 2006) et condamne le bailleur à restituer les loyers versés en trop, les montants dus étant "déconsignés" en faveur de la locataire. Le bailleur a conclu au rejet de l'action. Il a opposé en compensation une créance de 30'860 fr. correspondant au manque à gagner prétendument subi pour avoir été empêché de créer deux chambres dans les combles. B.b. Le contrat de bail a pris fin le 31 juillet 2014, après que le bailleur eut résilié celui-ci et que l'autorité de conciliation eut émis le 16 mai 2012 une proposition de jugement qui est entrée en force. Les appartements ont été restitués le 25 juillet 2014. B.c. Statuant par jugement du 5 septembre 2014, la Présidente du Tribunal des baux a constaté que la conclusion I tendant à l'élimination des défauts était privée d'objet. Elle a réduit le loyer mensuel net de 30% pour la période du 6 juillet 2011 au 31 juillet 2014. En conséquence, elle a condamné le bailleur à payer 12'454 fr. 85 à la locataire à titre de loyers versés en trop compte tenu de la réduction accordée. Enfin, elle a ordonné que les loyers consignés soient entièrement libérés en faveur de la locataire, en paiement partiel du montant dû. La Présidente a constaté en fait que deux des quatre pièces et une des deux cuisines étaient touchées par des infiltrations d'eau. Elle a notamment relevé que dans le salon de l'appartement au premier étage, un des angles était fortement atteint; le plâtre s'était effrité et était tombé par plaques sur quasiment toute la hauteur du mur. Des taches de moisissure oranges étaient apparues. En outre, certaines planches du plafond s'étaient affaissées au centre du salon, de sorte que des fuites d'eau survenaient en cas d'intempéries. Dans l'appartement du deuxième étage, des cloques et traces de moisissure oranges entachaient toute la hauteur d'un des murs du salon. Des traces de coulure d'eau brunâtres s'étendaient sur toute la hauteur d'un autre mur de cette pièce, sur une largeur de plus d'un mètre. Par ailleurs, au plafond de la cuisine se trouvait un tuyau d'évacuation d'une ancienne cheminée par lequel s'écoulait de l'eau en cas d'averse. Une odeur d'humidité était perceptible dans ces pièces. La locataire devait constamment prendre des dispositions en plaçant des récipients aux deux endroits où s'écoulaient des fuites d'eau en cas de pluie ou fonte de neige. L'intensité des nuisances variait en fonction des conditions climatiques. B.d. Le bailleur a déféré cette décision à la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois, qui l'a confirmée par arrêt du 4 juin 2015.