Citation: 1B_233/2021 E. 4

La Chambre pénale de recours a rappelé que pour pouvoir prétendre à l'octroi de l'assistance judiciaire en vertu de l'art. 136 CPP, la cause ne devait pas être dénuée de toute chance de succès. Elle a considéré que le recourant sollicitait l'octroi de l'assistance judiciaire pour demander la reprise de la procédure pénale qu'il avait initiée le 5 août 2020 auprès des autorités genevoises. Or, faute d'explications claires et circonstanciées, tant dans son courrier du 20 janvier 2021 que dans son recours du 3 février 2021, notamment quant aux motifs qu'il entendait faire valoir, il n'était pas possible de déterminer si cette démarche serait ou non vouée à l'échec. Partant, c'était à bon droit que le Ministère public avait retenu que l'intéressé ne remplissait pas, en l'état, les conditions d'octroi de l'assistance judiciaire gratuite. Le recourant ne conteste pas avoir requis l'assistance judiciaire pour les besoins de la reprise de la procédure pénale qu'il avait initiée le 5 août 2020. Il ne remet pas davantage en cause le fait que l'octroi de l'assistance judiciaire puisse dépendre des chances de succès d'une telle démarche. Il lui appartenait ainsi d'exposer clairement les faits de nature à rendre vraisemblable que les conditions posées à l'ouverture, respectivement à la reprise d'une instruction pénale par les autorités genevoises étaient réunies et qu'une action civile déposée en Suisse ne serait pas vouée à l'échec (cf. art. 136 al. 1 let. b CPP). La déclaration de constitution de partie civile et la requête d'aide juridique formées le 20 janvier 2021 auprès du Ministère public ne satisfaisaient manifestement pas ces exigences en tant qu'elles ne contenaient aucun exposé des faits et que le recourant se bornait à chiffrer son préjudice entre 850 et 950 millions d'euros sans étayer le fondement de ses prétentions. La Chambre pénale de recours n'a pas davantage fait preuve d'arbitraire en considérant que le recours du 3 février 2021 n'avait pas permis d'éclaircir la situation et de déterminer si la démarche visant à la reprise de la procédure pénale initiée à la suite de la plainte pénale du 5 août 2020 était vouée à l'échec. Il ne suffisait en effet pas d'évoquer les infractions pénales susceptibles d'entrer en considération et de prétendre avoir été spolié de plusieurs centaines de millions d'euros. Le recourant devait également exposer les faits qui rendaient vraisemblables non seulement une telle spoliation mais encore les montants dont il prétendait avoir été dépouillé et qui auraient été transférés en Suisse. Il se réfère certes dans sa plainte du 5 août 2020 à des versements prétendument faits à des banques suisses entre 2004 et 2012 et issus de détournements de fonds reçus en donation, impliquant des membres du Grand-Duché de Luxembourg, des anciens ministres ou des officiers publics luxembourgeois. Il n'a produit aucun élément de preuves qui viendrait étayer ses allégations en annexe à son recours cantonal. Il n'indique pas davantage les pièces pertinentes que la Cour de justice aurait arbitrairement omis de prendre en considération. La seule référence à des versements à des banques suisses provenant de fonds détournés est contenue dans une attestation testimoniale d'un ami proche du recourant établie en février 2014 et produite pour la première fois devant le Tribunal fédéral. Or, la Cour de céans ne saurait prendre en compte cette pièce, indépendamment de son éventuelle pertinence, en vertu de l'art. 99 al. 1 LTF qui prohibe, sous réserve d'une hypothèse non réalisée en l'espèce, la présentation de faits nouveaux ou de preuves nouvelles. En définitive, le recourant échoue à démontrer que la Chambre pénale de recours aurait retenu de manière arbitraire, au regard des éléments dont elle disposait, être dans l'incapacité de déterminer si la démarche pour laquelle il sollicitait l'octroi d'un avocat d'office avait ou non des chances de succès et en confirmant que l'assistance judiciaire ne pouvait pas lui être octroyée en l'état.