Citation: U 281/02 02.02.2004 E. 4

4.1 A la lecture de l'expertise en cause, on constate que le docteur G.________ est parti de l'hypothèse que l'assuré avait été exposé quasi quotidiennement à des vibrations pendant près de 20 ans pour admettre que la maladie de Kienböck dont souffrait celui-ci résultait de manière prépondérante (50 % ou plus) de son activité professionnelle. Or, une fois l'expertise rendue le 11 décembre 2000, la recourante a entrepris diverses investigations avec l'accord de la juridiction cantonale pour déterminer de manière plus précise les activités de l'assuré depuis son entrée au service de l'entreprise X.________. Il ressort des déclarations faites dans ce cadre par l'assuré à la CNA le 2 avril 2001 que dès le début de son apprentissage en décembre 1977 jusqu'en 1987, son temps de travail se partageait entre 50 % de travaux manuels impliquant le maniement de divers outils tels que pelle, pioche, marteau-piqueur, dame mécanique, et 50 % de travaux sur les machines (rouleau vibrant, trax, rouleau compresseur, pelleteuse); il n'était toutefois pas en mesure de préciser les taux d'occupation consacrés à ces différentes activités. J.________ a par ailleurs exposé qu'à partir de 1987, il avait travaillé à plus de 80 % comme machiniste, le reste de son temps de travail étant consacré à des travaux avec pelle, pioche et engins vibrants; dès 1994, la part des activités impliquant l'utilisation de grandes machines a encore augmenté. Interrogés par la juridiction cantonale, les témoins L.________ et M.________ ont confirmé que l'assuré avait effectivement utilisé de nombreux engins vibrants de manière quotidienne, mais pendant une durée variable, à raison de 50 % de son temps d'activité depuis le début de son apprentissage en 1977 jusqu'en 1987 (procès-verbaux d'audience du 21 mai 2002). Comme le fait à juste titre valoir la CNA, on peut admettre que le temps consacré par l'assuré aux travaux manuels (50 %) ne comportait pas uniquement des tâches impliquant une exposition à des vibrations, dès lors que les ouvriers du génie civil effectuent également des travaux préparatoires tels que la mise en place du chantier ou de certains engins. En revanche, on ne saurait retenir le chiffre absolu de 25 % de temps d'exposition à des vibrations avancé par le docteur N.________ dans son rapport du 2 avril 2001, puisqu'il ne correspond pas aux déclarations signées par l'assuré, pourtant confirmées par celles des témoins L.________ et M.________. Les déclarations des responsables de l'entreprise X.________, I.________ et H.________ ne sauraient pas non plus être pertinentes, dès lors qu'ils ne travaillaient pas encore pour cet employeur entre 1977 et 1987. Au vu de ces constatations, il y a lieu de retenir que le temps consacré par J.________ à l'utilisation d'engins vibrants a varié entre 30 % à 50 % de son temps de travail, de décembre 1977 au début de l'année 1987, avant de passer à moins de 20 % pendant les 8 années suivantes.