Citation: 5A_934/2023 E. 4.2

4.2. Pour autant qu'il soit suffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF), le grief soulevé par la recourante est à l'évidence infondé. Ses critiques, de nature largement appellatoire, laissent en effet intactes les constatations de l'autorité cantonale, qui a retenu, d'une part, que le mari avait quitté le domicile conjugal à la suite de problèmes familiaux importants qui avaient impacté sa santé et, d'autre part, que son installation dans son nouvel appartement ne pouvait être que temporaire. Les juges précédents ont à cet égard estimé que, selon les photographies produites, une pièce de ce logement était apparemment occupée par deux places de travail de collaborateurs et qu'une autre comprenait un matelas posé à même le sol, une armoire et une chaise; l'on peinait dès lors à concevoir que, pour le mari, une installation à cet endroit puisse être définitive, que ce soit du point de vue des nécessités liées à son travail ou par comparaison avec son précédent cadre de vie. Il était en outre sans pertinence que l'échéance du bail soit fixée au 31 mars 2024, dès lors que, vu l'urgence relative dans laquelle il se trouvait de conclure un contrat pour un nouveau logement, il pouvait difficilement exiger du bailleur de renoncer à toute durée minimale. Comme le disait elle-même l'épouse, le mari lui avait d'ailleurs demandé avec passablement d'insistance de quitter la maison familiale pour qu'il puisse s'y installer et utiliser les locaux pour son activité professionnelle. En mars 2023, elle lui avait du reste écrit qu'elle s'était engagée à chercher un nouveau logement, " sans pour autant garantir un déménagement prochain ". Pour l'autorité cantonale, ces éléments démontraient bien que le départ du domicile conjugal du mari n'avait pour lui qu'un caractère provisoire. Comme il n'avait pas abandonné définitivement l'immeuble des époux, celui-ci revêtait encore la qualité de logement de famille. Hormis répéter quasiment textuellement ce qu'elle avait déjà invoqué sans succès devant la cour cantonale et de faire valoir sa propre opinion, ce qui n'est pas admissible (cf. supra consid. 2.1), la recourante n'apporte aucun élément qui permettrait de considérer que l'autorité cantonale serait, ce faisant, tombée dans l'arbitraire. Contrairement à ce qu'elle prétend, un immeuble ne perd pas ses caractéristiques de logement familial lorsque les époux ne vivent plus ensemble, le séjour d'un conjoint dans un autre endroit, indépendamment de sa durée, ne signifiant pas encore qu'il n'a plus besoin du logement en question. Le départ définitif d'un conjoint du domicile familial ne doit en effet être admis que sur la base d'indices sérieux. En l'occurrence, il n'était pas insoutenable de considérer que le mari avait au contraire montré sa volonté de ne pas abandonner ce logement. A cet égard, il convient en particulier de relever que, selon les constatations de l'autorité précédente, un projet de convention avait été établi entre les époux avant le dépôt de la requête de mesures protectrices de l'union conjugale, projet qu'ils n'avaient pas signé, bien que des échanges soient encore intervenus entre eux à ce sujet en février-mars 2023; or, ledit projet prévoyait que le mari s'installerait au domicile conjugal et qu'une partie de l'immeuble serait à nouveau utilisée pour les activités de sa société, l'épouse s'engageant à effectuer des démarches pour trouver un logement convenable dans les mois suivant la signature de l'accord. Autant qu'il est recevable, le grief est par conséquent mal fondé.