Citation: U 179/03 07.07.2004 E. 4

4.1 Les premiers juges ont principalement fondé leur appréciation sur l'expertise judiciaire. Ils ont écarté l'avis du docteur W.________ au motif, notamment, que celui-ci avait rendu son rapport sans avoir disposé de l'IRM lombaire de janvier 2001 ayant révélé la présence d'une petite hernie discale; sans autre explication, ils ont considéré que ses commentaires sur l'expertise judiciaire et ses conclusions n'étaient pas de nature à modifier celles du docteur B.________. 4.2 Aux termes de son rapport, l'expert judiciaire a posé le diagnostic de lombosciatalgies bilatérales, prédominant du côté gauche. Selon lui, le lien de causalité entre l'accident du 17 décembre 1999 et l'état de l'assurée à la date de l'expertise était vraisemblable. Certes, celle-ci souffrait de troubles dégénératifs du rachis dorso-lombaire, antérieurs à l'accident; toutefois ceux-ci étaient restés asymptomatiques jusque-là. Fréquents dans la classe d'âge de l'assurée, cette affection dégénérative ne pouvait expliquer à elle seule la symptomatologie présentée par l'intéressée. Il était difficile de préciser si ces troubles se seraient manifestés sans la survenance de l'accident. Toutefois, il paraissait arbitraire à l'expert de considérer que le statu quo sine avait été atteint quatre mois après l'accident et il lui semblait qu'on était en présence d'une aggravation durable d'un état antérieur par l'accident. En tant que secrétaire et dans toute autre activité, l'assurée présentait une incapacité de travail de 50 %; on ne pouvait en effet supposer que l'état antérieur jouât un rôle sur la capacité de travail, puisqu'au moment de l'accident elle travaillait et ne présentait aucun symptôme lombaire. Sans réelle motivation ou explication sur la persistance des douleurs, d'un point de vue somatique, les réponses de l'expert apparaissent dictées par le principe «post hoc ergo propter hoc», auquel la Cour de céans n'accorde aucune valeur probante (cf. ATF 119 V 341 ss consid. 2b/bb; RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv consid. 3b; comp. RAMA 2003 no U 489 p. 359 in fine consid. 3.2). Les conclusions du rapport confirment cette analyse. En effet, selon l'expert, en dehors de tout autre cause non somatique, on devait attribuer l'atteinte à la santé à l'accident du 17 décembre 1999, dans la mesure où l'assurée ne souffrait pas de son dos avant celui-ci, même si elle présentait un état dégénératif de son rachis lombaire. En outre, les remarques finales du docteur B.________ reposent essentiellement sur le fait de douleurs exprimées par la patiente, alors que l'expert en a relevé le caractère éminemment subjectif, celles-ci pouvant être la manifestation d'une souffrance somatique ou psychique. Au vu de ces éléments, les réponses données par l'expert ne sont pas de nature à emporter la conviction. En outre, dans le cadre d'une expertise, il ne suffit pas de déclarer que la détermination du statu quo sine par un autre expert est arbitraire et qu'il appartient à l'assureur-accidents de rapporter la preuve de la disparition de la causalité naturelle. 4.3 De son côté, au terme de son expertise du 18 février 2001, le docteur W.________ a posé les diagnostics de contusions simples dorso-lombaires, de lombo-cruralgies gauches sur troubles statiques et dégénératifs du rachis lombaire sans syndrome irritatif ou déficitaire sensitivo-moteur et de périarthrite de la hanche gauche. L'assurée avait fait une chute de sa hauteur dans les escaliers et avait présenté des douleurs diffuses de la fesse, de la colonne et des trapèze. La radiologie n'avait pas révélé de lésions osseuses récentes, mais des troubles dégénératifs multiples pluri-étagés dorso-lombaires. Par la suite, l'assurée s'était plus plainte de douleurs lombaires basses, avec des irradiations dans la cuisse gauche. Les lombo-cruralgies qu'elle présentait étaient à mettre sur le compte des troubles dégénératifs de son rachis lombaire bas, associées à des douleurs de types périarthrite de la hanche gauche. Le rapport de causalité entre l'accident, les troubles et les plaintes évoquées par l'assurée était donné durant une période de quatre mois environ de manière probable; au-delà le rapport de vraisemblance n'était plus que possible.