Citation: 6B_143/2007 25.06.2007 E. B

Saisie d'un appel du condamné, la Chambre pénale de la Cour de justice du canton de Genève, statuant le 19 mars 2007, l'a admis partiellement. Elle a annulé le prononcé d'expulsion en application du nouveau droit plus favorable entré en vigueur le 1er janvier 2007, tout en confirmant la peine privative de liberté dans son principe et sa quotité. Cet arrêt repose en substance sur les faits suivants. B.a Le 19 novembre 2005, A.________, de nationalité espagnole, a été contrôlée en provenance de Sao Paulo à la douane de l'aéroport international de Genève. Elle a été trouvée en possession de 5,897 kilos de cocaïne d'un taux de pureté oscillant entre 79,6 et 85,2%. Entendue par la police, elle a expliqué avoir déjà effectué de précédents voyages pour le compte du trafiquant nigérian qui l'avait envoyée à Sao Paulo où la drogue lui avait été livrée par un autre nigérian. Elle devait recontacter ce dernier ainsi que B.________, qui devait effectuer le voyage suivant. Ce dernier a été interpellé le 21 novembre 2005 à l'aéroport de Genève. Il arrivait de Sao Paulo mais n'était pas porteur de drogue. A.________ a accepté de collaborer avec la police, qui a mis en place une surveillance en vue d'interpeller un certain "C.________" qu'elle devait contacter sur son téléphone mobile en Suisse. B.b Le 19 novembre 2005 à 19h50, A.________ a appelé le dénommé C.________ depuis une cabine téléphonique de l'aéroport. Celui-ci a raccroché sans parler et un autre interlocuteur a rappelé. Après plusieurs conversations téléphoniques avec le dénommé C.________, A.________ a reçu pour instruction de se rendre à Zurich et de se faire envoyer de l'argent par un contact en Espagne, qui s'est révélé être D.________, son propre mari, nigérian lui-aussi. A.________ s'est rendue à Zurich le lendemain, après avoir retiré de l'argent à la Banque E.________. Elle a pris une chambre à l'hôtel Ibis près de l'aéroport de Kloten, puis s'est rendue dans une cabine téléphonique à proximité et a appelé à plusieurs reprises le dénommé C.________. Ce dernier lui a fixé un rendez-vous lors d'un appel téléphonique à 17h25, mais A.________ l'ayant informé qu'elle ne pouvait y aller en taxi faute d'argent, elle a reçu à 17h48 l'instruction de se rendre à un arrêt de bus situé près de son hôtel. Vers 18h10, une voiture conduite par F.________, dans laquelle se trouvait X.________, est passée devant l'arrêt de bus puis a fait marche arrière pour s'arrêter à la hauteur de A.________. X.________ a ouvert la portière et a appelé "A.________" à plusieurs reprises, tandis que F.________ sortait du véhicule, déchargeait A.________ de sa valise pour la placer dans le coffre de la voiture. F.________ et X.________ ont alors été interpellés par la police. B.c La cour cantonale a jugé qu'il existait un faisceau d'indices de culpabilité suffisant à l'encontre de X.________. Il avait été interpellé au lieu de rendez-vous fixé par le dénommé C.________ en se présentant à A.________ comme ce dernier. Ses explications sur sa rencontre avec F.________ et les circonstances dans lesquelles il aurait été requis par C.________ d'aller chercher A.________ avaient varié tout au long de l'instruction, sa dernière version, selon laquelle C.________ le lui aurait demandé après 15h00 mais deux ou trois heures avant la rencontre (18h10) étant impossible. Le lieu de rendez-vous définitif n'avait en effet été fixé qu'après l'appel de 17h25. Enfin, X.________ avait déjà été interpellé à Zurich au mois de novembre 2000 sous une fausse identité (H.________) alors qu'il entrait en contact avec une mule. Il s'était déjà justifié à cette occasion en alléguant avoir été requis par une connaissance non identifiable d'aller chercher l'amie de cette dernière, obtenant un non-lieu sur le chef d'accusation de violation de la LStup. Sur le plan subjectif, la cour cantonale a retenu qu'il était parfaitement conscient d'être mêlé à un trafic de stupéfiants.