Citation: 2D_6/2017 E. 2.2

2.2. La Cour de justice a, en l'occurrence, indiqué que la société adjudicataire avait démontré que le prix de ses offres couvrait le prix des matériaux et la main-d'oeuvre, sans présenter de risques pour l'entreprise. Les mandataires de la Ville avaient par ailleurs réalisé des analyses de prix afin de déterminer si la société adjudicataire était en mesure de fournir les prestations demandées tout en respectant les conditions sociales de travail. Il avait ainsi été confirmé que la société adjudicataire avait correctement analysé les heures de travail nécessaires. Celle-ci avait par ailleurs déclaré bénéficier de rabais importants de la part de ses fournisseurs au vu du volume de ses commandes. Elle avait en outre précisé ne pas faire de bénéfice sur le marché en question, sans pour autant travailler à perte. Dans ces conditions, la différence de prix entre les offres de la recourante et celles de la société adjudicataire ne pouvait seule être expliquée, comme le soutenait la recourante, par le paiement de salaires inférieurs à ceux prévus par la CCT-SOR. La recourante se bornait à substituer sa propre analyse et ses propres calculs, hypothétiques, à ceux des mandataires de la Ville et semblait considérer son offre comme une "offre étalon" permettant de déterminer le caractère admissible ou non des offres concurrentes. Or, les écarts théoriques auxquels aboutissait la recourante étaient sans pertinence pour déterminer si la société adjudicataire pouvait être considérée comme étant en mesure d'exécuter correctement le mandat au prix offert. Une telle motivation suffit au regard des exigences posées par la jurisprudence. La recourante pouvait en effet saisir les motifs qui ont guidé l'autorité et attaquer sa décision à bon escient sur cette base, ce qu'elle a d'ailleurs fait. Mal fondé, son grief doit être rejeté. Le point de savoir si la rémunération de ses employés par la société adjudicataire est ou non conforme à la CCT-SOR sous l'angle de l'arbitraire dans l'application du droit cantonal relève quant à lui du fond, non du droit d'être entendu.