Citation: 5A_244/2020 E. 1.2.2

1.2.2. La recourante est d'avis que le refus du juge cantonal de prononcer des sûretés au sens de l'art. 264 al. 1 CPC l'expose à un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF: en effet, ce refus entraînerait pour elle la perte de la garantie de sa prétention en dommages-intérêts dus en cas de mesures provisionnelles injustifiées, qui ne pourra pas être réparée si, à l'issue de la procédure au fond selon l'art. 264 al. 2 CPC, elle obtient gain de cause. Le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de juger que le refus (total ou partiel) d'ordonner des sûretés en garantie des dépens prévue par les art. 99 à 101 CPC, lequel prive la partie attraite en justice d'une protection légalement prévue, est susceptible de constituer un préjudice d'ordre juridique au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (parmi plusieurs: arrêt 4A_121/2018 du 10 septembre 2018 consid. 5 et les arrêts cités). Un tel constat doit également s'imposer face à une décision refusant les sûretés de l'art. 264 al. 1 CPC, ce d'autant que la question de savoir si la recourante a droit à des sûretés à l'encontre des mesures provisionnelles considérées ne pourra plus être examinée ultérieurement avec le fond. Quoi qu'en dise l'intimée, il y a ainsi lieu d'entrer en matière.