Citation: 4A_523/2022 E. 4.2

4.2. Dans son appréciation, la cour cantonale n'a pas suivi le premier juge, qui avait considéré que le dossier ne contenait pas d'indices selon lesquels les montants facturés seraient faux ou manifestement exagérés. Elle a exposé que le locataire a contesté devoir le moindre solde de charges au bailleur et le bien-fondé des factures fournies, notamment la consommation d'eau et de mazout. Elle a encore retenu que le bailleur, en réponse à cette contestation, n'a pas fourni d'argument relatif à la contestation par le locataire du décompte de charges litigieux et des décomptes précédents. Enfin la cour cantonale a retenu que tandis que le bailleur réclamait au locataire un solde de 627 fr. 15, le locataire avait pour sa part intenté contre le bailleur une procédure tendant à obtenir le remboursement de près de 10'000 fr. qu'il estime avoir payés en trop au titre d'avances de charges depuis 2016. La cour cantonale a exposé que le bailleur devait alléguer et démontrer pour quelles raisons il était clair que les griefs formulés par le locataire contre le bailleur étaient sans pertinence, et qu'on ne pouvait se contenter de la simple vraisemblance comme l'avait fait le premier juge. Enfin la cour cantonale a considéré que, s'agissant d'un décompte de charges, les acomptes ne sont pas systématiquement insuffisants pour couvrir les charges, et que cela n'était pas évident vu la nature et le contenu des objections du locataire. En comparant le décompte de charges établi en 2021 à celui pour la période du 1 er juillet 2021 au 30 juin 2022, la cour cantonale relève que le second fait état, après déduction des acomptes versés et du montant réclamé en 2021, de 627 fr. 15, d'un solde en faveur du locataire de 57 fr. 10. Ainsi pour la seconde période jusqu'à l'été 2022, le solde complet en faveur du locataire s'élevait à 684 fr. 25. La cour cantonale en conclut que l'existence d'un solde de charges et son montant ne sont pas clairs.