Citation: 5P.316/1999 22.02.2000 E. 5

5.- La Cour de justice a admis, dans le calcul des charges mensuelles de l'intimé, une somme globale de 512 fr. 20 (352 fr. + 164 fr.20) à titre de remboursement de deux crédits couvrant notamment des dépenses d'ameublement. La recourante se plaint d'arbitraire à ce sujet. Selonlespiècesdudossier, deux prêts ont été consentis au mari en mars 1999, l'un d'un montant de 13'500 fr. , l'autre de 1'400 fr., remboursables dès mai 1999 en 48 mensualités de 353 fr.05, respectivement 9 mensualités de 164 fr.20. L'autorité cantonale a considéré que le remboursement de crédits contractés du temps de la vie commune ou pour acquérir un modeste mobilier destiné à garnir le nouveau logement du mari constituaient des dépenses légitimes, qui venaient s'ajouter à son entretien courant. En l'espèce, il ne s'agit toutefois pas de crédits contractés durant la vie commune, le mari ayant quitté le domicile conjugal au cours de l'été 1998. Par ailleurs, le total des emprunts équivaut à près de 14'900 fr. Un tel montant apparaît à l'évidence excessif pour l'acquisition d'un "modeste mobilier" et par rapport au revenu net de l'intimé, arrêté par l'autorité cantonale à 3'287 fr. par mois; les factures qu'il a produites concernant ses achats de meubles font du reste état d'un montant de moins de 4'000 fr. Il convient en outre de relever que le mari bénéficiait, jusqu'au 15 mars 1999, d'un appartement meublé dont le loyer était de 1'000 fr. par mois charges comprises, soit seulement 70 fr. de plus que le coût de son logement actuel (non meublé). Dès lors qu'il ne résulte pas du dossier qu'il ait été contraint de déménager, les frais supplémentaires occasionnés par ce changement d'habitation ne sont imputables qu'à lui-même. Selon la doctrine, les dettes contractées dans le seul intérêt personnel de l'un des conjoints ou après la séparation ne doivent pas être prises en compte (P.-H. Steinauer, La fixation des contributions d'entretien dues aux enfants et au conjoint en cas de vie séparée, in RFJ 1992 p. 3 ss, spéc. p. 7, n. 12 et les auteurs cités). La Cour de justice a dès lors fait preuve d'arbitraire en retenant, dans les frais fixes vitaux du mari, une somme de 512 fr.20 à titre de remboursement de ses emprunts. Compte tenu de la situation modeste des parties, cette erreur dans la détermination de la capacité contributive de l'intimé ne peut conduire qu'à un résultat insoutenable (ATF 125 I 10 consid. 3a p. 15, 166 consid. 2a p. 168; 125 II 129 consid. 4b p. 134). L'arrêt attaqué doit donc être annulé sur ce point.