Citation: 1P.259/2000 18.05.2000 E. 4

4.- Il en va de même du risque de réitération. a) Celui-ci peut être retenu lorsque le pronostic quant à la commission de nouvelles infractions se révèle très défavorable, et lorsque les délits à redouter sont de nature grave. On ne saurait, pour prolonger la détention préventive, se fonder sur de simples hypothèses, ou sur la commission éventuelle d'infractions bénignes (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62). b) Le recourant relève qu'il suit une psychothérapie depuis plus d'une année afin de comprendre les raisons de sa dépendance à l'alcool et au cannabis, ainsi que le fond dépressif de sa personnalité. Les experts attesteraient de sa volonté de changer. Le risque de réitération doit toutefois être évalué sur la base des données actuelles. Or, selon le rapport d'expertise établi le 5 avril 2000 par de l'Institut universitaire de médecine légale, le recourant est décrit comme souffrant encore d'une grave dépendance chronique à l'alcool et au cannabis, dont il a régulièrement augmenté sa consommation depuis l'âge de 18 ans. Selon ce même rapport, une psychothérapie de soutien "pourrait atténuer le danger de récidive", ou le risque de rechute dans la consommation d'alcool ou de cannabis. En dépit des démarches constructives entreprises par le recourant, qui paraissent témoigner d'une volonté de s'améliorer, le recourant doit toujours être tenu pour dépendant de l'alcool et du cannabis. Par ailleurs, même si un emploi lui a été offert en qualité d'aide-jardinier, on ne saurait perdre de vue qu'il a vécu pendant de nombreuses années avec comme seule source de revenus un trafic qui lui procurait d'importants bénéfices. On ne saurait donc exclure en l'état que le recourant ne soit tenté de commettre des infractions semblables à celles pour lesquelles il est actuellement poursuivi, en particulier s'il a conservé des liens avec des membres du réseau auquel il participait.