Citation: 1C_298/2007 07.03.2008 E. 1

8.1 En vertu de l'art. 19 al. 1 LAT, un terrain est réputé équipé lorsqu'il est desservi de manière adaptée à l'utilisation prévue par des voies d'accès et par des conduites auxquelles il est possible de se raccorder sans frais disproportionnés pour l'alimentation en eau et en énergie, ainsi que pour l'évacuation des eaux usées. Les infrastructures doivent ainsi être adaptées aux possibilités de construire offertes par le plan de zones. Un bien-fonds ne peut dès lors être considéré comme équipé, si, une fois construit conformément aux règles du plan d'affectation, son utilisation entraîne un accroissement du trafic qui ne peut être absorbé par le réseau routier et s'il provoque des atteintes nuisibles ou incommodantes dans le voisinage (ATF 119 Ib 480 consid. 6a p. 488; André Jomini, Commentaire LAT, n° 20 ad art. 19). Lorsqu'un plan d'affectation est à ce point précis qu'il permet d'appréhender les problèmes de trafic, il est conforme au principe de la coordination que la question de l'équipement soit résolue au stade de l'adoption du plan d'affectation et non au stade ultérieur de l'autorisation de construire (ATF 120 Ib 436 consid. 2d/bb p. 452; 118 Ib 66 consid. 2a p. 73; Robert Wolf, Kommentar zum Umweltschutzgesetz, n° 92 ad art. 25 LPE). 8.2 Les deux habitations collectives (soit douze logements au total), accompagnées d'un garage souterrain et de places de parc extérieures, telles que projetées en l'espèce, représentent une installation fixe nouvelle au sens des art. 7 al. 7 de la loi fédérale du 7 octobre 1983 sur la protection de l'environnement (RS 814.01; LPE) et 2 al. 1 de l'ordonnance du 15 décembre 1986 sur la protection contre le bruit (RS 814.41; OPB), qui ne peut être construite, à teneur de l'art. 25 al. 1 LPE, que si les immissions sonores causées par le bruit de ces seules installations ne dépassent pas les valeurs de planification dans le voisinage; l'autorité qui délivre l'autorisation peut exiger un pronostic de bruit. Quant à l'art. 36 al. 1 OPB, il dispose que l'autorité d'exécution détermine les immissions de bruit extérieur des installations fixes ou ordonne leur détermination si elle présume que les valeurs limites d'exposition y relatives sont dépassées ou qu'elles pourraient l'être. Ces deux normes n'imposent pas toujours un pronostic de bruit ou une détermination individuelle des immissions; elles laissent un certain pouvoir d'appréciation à l'autorité compétente, en fonction du niveau prévisible des immissions de bruit. En l'espèce, ainsi que le rappelle le Tribunal administratif, le rapport justificatif précise que le chemin des Créneaux et le chemin du Pontet qui bordent le périmètre sont des dessertes très faiblement chargées en trafic et que le quartier est à l'écart des nuisances du trafic de transit ainsi que d'activités économiques gênantes pour le voisinage. Les recourants n'exposent pas en quoi l'autorité d'exécution aurait eu des raisons de présumer que les valeurs limites d'exposition au bruit pourraient être dépassées. Ils se contentent en effet de déclarer, sans autre explication, que "l'augmentation du bruit moyen du trafic journalier dépassera 30 % environ" et que le problème du trafic automobile était devenu très gênant dans ce quartier depuis deux ans. Dans ces conditions, le grief est irrecevable.