Citation: 6B_909/2015 E. 2.2.2

2.2.2. En l'espèce, les autorités cantonales pouvaient tenir compte de la longue durée de détention pour s'écarter du montant de référence de 200 fr. par jour, applicable aux courtes durées de détention. La cour cantonale n'a, par ailleurs, pas mésusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que l'impact de la détention sur le recourant, qui était déjà incarcéré pour une durée de 15 mois, était nécessairement moindre que sur une personne qui n'avait jamais été arrêtée, même si ses conditions de détention s'étaient durcies par rapport au régime d'exécution de peine auquel il était auparavant soumis, qu'il n'avait encore jamais subi de prélèvements ni d'examen corporel approfondi et qu'il s'était vu privé de liberté quelques jours avant Noël. En effet, le fait que ses conditions de vie n'ont pas considérablement changé, d'un point de vue professionnel et social, du fait de sa mise en détention provisoire justifie une réduction de l'indemnité (cf. arrêt 6B_196/2014 du 5 juin 2014 consid. 1.4). De même n'était-il pas erroné de retenir que les conséquences négatives de la gravité des accusations portées contre le recourant devaient être relativisées dans la mesure où celui-ci avait déjà été condamné à une peine privative de liberté pour des infractions d'une gravité certaine. La frustration et le sentiment d'injustice que le recourant soutient avoir ressenti sont communs à toute personne placée en détention avant qu'une décision d'acquittement ou de classement ne soit rendue, de sorte que ces sentiments ne constituent pas encore des facteurs aggravants. La cour cantonale pouvait également retenir que la médiatisation de l'affaire avait été toute relative puisque l'identité des protagonistes n'avait pas été dévoilée dans l'article paru dans la presse et que le cercle des personnes qui avaient pu faire le lien entre la bagarre intervenue dans les cuisines de la prison de A.________ était demeuré circonscrit à la prison. S'agissant des conditions de détention à la prison de A.________, réputées difficiles, il appartient au prévenu de faire état des effets concrets que ces circonstances ont eues sur sa personne (arrêt 6B_928/2014 précité consid. 5.2). La seule évocation, par le recourant, de la surpopulation carcérale ne saurait dès lors suffire à justifier une augmentation de l'indemnité. En tous les cas, il faut rappeler que l'ampleur de la réparation morale dépend avant tout de la gravité des souffrances physiques ou psychiques consécutives à l'atteinte subie (ATF 130 III 699 consid. 5.1 p. 704 s. et les arrêts cités). Or, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que le recourant aurait spécialement mal vécu sa détention provisoire ni qu'elle lui aurait causé des souffrances particulières, et le recourant n'établit pas que l'absence d'une telle constatation de fait serait arbitraire.