Citation: 5C.63/2004 09.06.2004 E. 2

La recourante invoque une violation des art. 8 CC et 51 al. 1 let. c OJ. 2.1 L'art. 8 CC confère à la partie chargée du fardeau de la preuve la faculté de prouver ses allégations dans les contestations relevant du droit civil fédéral (ATF 115 II 300 consid. 3 p. 303), pour autant qu'elle ait formulé un allégué régulier selon le droit de procédure, que les faits invoqués soient juridiquement pertinents au regard du droit matériel et que l'offre de preuve correspondante satisfasse, quant à sa forme et à son contenu, aux exigences du droit cantonal (ATF 126 III 315 consid. 4a p. 317; 122 III 219 consid. 3c p. 223/224 et les références). Cette disposition ne prescrit cependant pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent être ordonnées, ni ne dicte au juge comment il doit former sa conviction. Ainsi, il n'y a pas violation de l'art. 8 CC si une mesure d'instruction est refusée à la suite d'une appréciation anticipée des preuves, le juge pouvant rejeter les allégations et les offres de preuve d'une partie parce que sa conviction est déjà assise sur les preuves rassemblées, de manière que le résultat de leur appréciation ne puisse plus être modifié; seul le moyen tiré d'une appréciation arbitraire des preuves, à invoquer dans un recours de droit public, est alors recevable (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 25 et les arrêts cités). L'art. 51 al. 1 let. c OJ prévoit notamment que la décision de l'autorité cantonale doit mentionner le résultat de l'administration des preuves et indiquer les dispositions légales appliquées. Le Tribunal fédéral examine d'office, avant d'entrer en matière, si cette condition est réalisée. Il appartient toutefois au recourant qui requiert le renvoi de la cause à l'autorité cantonale d'établir que le vice relevé par lui a influé sur le jugement au fond (ATF 119 II 478 consid. 1c et les auteurs cités). 2.2 A l'appui de son grief, la recourante fait valoir que la cour cantonale a uniquement retenu de l'expertise L.________ que les causes du dommage étaient à rechercher dans le mode d'exécution des travaux adopté par la recourante et dans la vétusté de l'immeuble des intimés; elle reproche à l'autorité cantonale d'avoir omis la précision, selon laquelle le fait de laisser la surface de la chaussée sans revêtement bitumineux pendant tout un hiver, sans assurer l'évacuation par un drainage de l'eau de ruissellement, était à l'origine des dégâts subis par l'immeuble A. et B.________. Elle souligne que cette omission aurait permis de retenir que l'expertise L.________ corroborait les résultats de l'expertise M.________, selon laquelle la fouille réalisée par la recourante serait à l'origine de l'humidité persistante invoquée par les intimés, et d'écarter l'avis de P.________ SA, pourtant confirmé par les témoignages et l'expert T.________. Par cette critique, la recourante s'en prend en réalité à l'appréciation des preuves à laquelle la cour cantonale a procédé, ce qui est inadmissible dans le cadre d'un recours en réforme. Elle a par ailleurs soulevé le même grief dans le recours de droit public déposé en parallèle.