Citation: 8C_461/2023 E. 4.3.1

4.3.1. 4.3.1.1. En l'occurrence, on ne saurait confirmer le point de vue de la cour cantonale sur l'avis des docteurs D.________ ainsi que des docteurs J.________ et K.________. Contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, les considérations du docteur D.________ ne confirment en aucun cas les conclusions du docteur C.________, bien au contraire. Le docteur D.________ a fait des constatations médicales fondées sur un examen clinique de l'assuré à peine deux semaines après l'accident ainsi que sur l'IRM du genou gauche et l'arthro-IRM de la hanche gauche. Il a indiqué que l'assuré marchait avec deux cannes anglaises et présentait une boiterie très marquée du membre inférieur gauche; ce dernier se plaignait de douleurs antéro-médiales persistantes du genou gauche et de douleurs assez marquées au niveau de la racine de la cuisse gauche. Le genou présentait une discrète chondropathie rotulienne ainsi qu'une petite déchirure de la corne antérieure du ménisque externe mais pas d'autre lésion visible hormis une importante contusion articulaire cliniquement évidente. Au niveau de la hanche gauche, une déchirure du labrum acétabulaire antéro-supérieur avec des dégâts cartilagineux du cotyle et des signes d'enthésopathie des muscles ischio-jambiers était visible sur l'arthro-IRM. Le docteur D.________ en a conclu que toutes ces atteintes pouvaient être consécutives à un choc axial (lequel ne s'était pas produit à basse énergie compte tenu de l'état des véhicules après le choc [avant gauche du bus détruit et voiture en sens inverse complètement détruite] et de la vitesse cumulée des véhicules entrés en collision [env. 100 km/h]) qui n'avait heureusement pas entraîné de fracture ou de luxation articulaire. Il s'est ainsi avéré que les lésions au membre inférieur gauche ne se sont pas limitées au genou comme l'avait initialement retenu le docteur C.________ et que le choc avait à tout le moins décompensé les atteintes constatées au niveau du genou et de la hanche gauches qui s'étaient manifestées consécutivement à l'accident du 14 janvier 2021. Aussi, même à supposer l'implication chez l'assuré de troubles dégénératifs préexistants, leur origine exclusivement maladive n'a pas été établie. Partant, même s'il existait un état maladif antérieur, l'assureur-accidents est tenu de prendre en charge les suites de l'accident aussi longtemps que le statu quo sine vel ante n'est pas rétabli (cf. consid. 3 supra). 4.3.1.2. Selon le professeur J.________ et le docteur K.________, la haute énergie du traumatisme subi par l'assuré et le mécanisme similaire à celui d'un "dashboard [knee] injury" (atteinte du ligament croisé postérieur du genou causée par un impact contre le tableau de bord) avait pu créer la lésion cartilagineuse de la rotule même en l'absence d'hématome, d'instabilité ou d'oedème. Jusqu'à preuve du contraire, le traumatisme subi par l'assuré était même, selon ces médecins, responsable de cette lésion et du déclenchement des douleurs. Il en allait pareillement pour l'atteinte au niveau de la hanche. Selon les médecins précités, les lésions labrales pouvaient être d'origine traumatique en présence de luxation de hanche ou de mécanisme en compression axiale comme celui subi par l'assuré (et pas seulement en cas de choc très violent ou en cas de luxation comme l'affirmait le docteur C.________), et pouvaient se trouver tant au niveau postérieur qu'au niveau supérieur ou antérieur (et non pas seulement au niveau postérieur comme le faisait valoir le docteur C.________). Quant aux dégâts cartilagineux du cotyle et les signes d'enthésopathie des muscles ischio-jambiers mis en évidence lors de l'arthro-IRM du 2 février 2021, les docteurs J.________ et K.________ ont relevé qu'en l'absence d'imagerie pré-traumatique, il était impossible de dire s'il avaient été causés par l'accident, tout en précisant que la haute énergie du traumatisme avait pu décompenser, stimuler, augmenter ou créer ces lésions. Contrairement à ce que retient la cour cantonale, l'avis des docteurs J.________ et K.________ n'est pas évasif mais affirme simplement que les lésions révélées par l'imagerie médicale à la suite de l'accident peuvent avoir été causées par l'accident, voir seulement déclenchées ou aggravées, ce qui suffit, au sens de la jurisprudence, pour que l'assureur-accidents soit tenu de prendre en charge les suites de cet événement aussi longtemps que le statu quo sine vel ante n'est pas rétabli.