Citation: 6B_1371/2017 E. 1.4.3

1.4.3. En l'espèce, il est constant que le comportement du recourant, au vu des manquements précités, ainsi que celui d'Y.________, lui-même à l'origine du tir fatal, représentent les causes concomitantes du décès de C.________. Le recourant pointe toutefois le comportement d'Y.________, en faisant valoir qu'il a violé des règles de prudence élémentaires, dès lors qu'il s'est saisi de son FASS 90 sans effectuer le contrôle personnel de sécurité (CPS) destiné à déceler la présence de munition, qu'il l'a manipulé sans le considérer comme chargé et qu'il a pointé le canon de l'arme sur la victime, partant sur une personne qu'il ne voulait pas toucher (cf. le document intitulé " Bases pour l'instruction pour moniteurs de tir, moniteurs jeunes tireurs, jeunes tireurs " [Form 27.219] ch. 4.2 et 4.3). Le recourant considère que ce comportement doit être qualifié d'exceptionnellement téméraire et d'insensé au point de reléguer au second plan les manquements qui lui sont imputables et de rompre le lien de causalité. Tel n'est toutefois pas le cas. S'il est vrai que le comportement du recourant ne représente pas la cause directe et immédiate du décès de la victime, il n'en demeure pas moins qu'il a lui-même créé un risque inadmissible pour autrui en entreposant son arme au mépris des règles de prudence élémentaires et qu'il a rendu de ce fait le drame possible. Les deux éléments déterminants pour admettre une rupture du lien de causalité résident dans l'imprévisibilité de la cause concomitante et dans son importance manifestement prépondérante par rapport aux autres facteurs à prendre en considération. Ils ne sont pas réalisés en l'espèce, puisque le recourant, en tant que fantassin dans l'infanterie, ne pouvait ignorer que la manipulation d'une arme à feu comporte un danger d'accident grave. Il ne pouvait pas non plus exclure qu'en conservant son arme comme il l'a fait, sachant de surcroît qu'il vivait en colocation, un tiers pourrait s'en emparer à son insu et la manipuler de façon imprudente. Le risque était d'autant plus grand que l'arme était immédiatement fonctionnelle et munitionnée. Le fait qu'aucune cartouche n'était chambrée ou que le sélecteur de tir était en position de sûreté ne relativise guère le risque en cause. Quoi qu'il en soit, aussi dangereux et imprudent que se soit avéré le comportement d'Y.________, il n'était pas à ce point extraordinaire et inattendu qu'il eût fallu le qualifier d'imprévisible au regard du danger créé par le recourant lui-même. Le comportement du prénommé comptait au contraire parmi les risques qu'il lui incombait d'anticiper et que les règles de prudence qu'il a lui-même violées visent à prévenir. Or, à défaut d'être imprévisible, ce même comportement ne saurait reléguer à l'arrière-plan les propres manquements du recourant, qui demeurent en tout état à la base de l'enchaînement fatal à C.________. Qui plus est, le respect des règles prudence qui s'imposaient au recourant en tant que détenteur de l'arme aurait permis, avec une vraisemblance confinant à la certitude, d'empêcher l'accident, puisqu'Y.________ n'aurait pas pu avoir en mains une arme fonctionnelle et munitionnée, ni encore moins tirer sur la victime. A contrario, le comportement du recourant, de par le risque qu'il a créé et qui s'est concrétisé avec le décès de la victime, constitue un facteur dont on ne saurait faire abstraction en l'espèce. Le présent cas se distingue à cet égard des précédents dont le recourant se prévaut dès lors en vain (cf. ATF 115 IV 100 consid. 3 p. 103 s.; arrêt 6B_177/2017 du 6 septembre 2017 consid. 4.6.2), la rupture du lien de causalité ayant de surcroît été déniée dans l'un d'entre eux (arrêt 6B_315/2016 du 1 er novembre 2016 consid. 5.4.2). En définitive, le grief s'avère mal fondé et le recours doit être rejeté.