Citation: 1C_180/2014 E. B

Par courrier du 14 septembre 2011, l'ODM a informé A.________ qu'il devait examiner s'il y avait lieu d'annuler la décision d'octroi de la naturalisation facilitée compte tenu de la séparation du couple en janvier 2010 et de la procédure tendant à officialiser cette situation. L'intéressée s'est déterminée le 12 octobre 2011, expliquant que son ex-époux l'avait agressée le 6 décembre 2009; si ce n'était pas la première fois qu'il était violent, elle avait décidé que ce serait la dernière, ayant alors porté plainte et quitté le domicile conjugal. Le 16 décembre 2011, B.________ a été entendu. Il a déclaré que leur couple allait bien jusqu'en 2008, époque où son ex-femme lui avait dit ne plus l'aimer et vouloir se séparer. Il a affirmé qu'ensuite tout était rentré dans l'ordre jusqu'en décembre 2009; leur couple était donc effectif et stable au moment de la naturalisation. S'il a reconnu avoir insulté et poussé son ex-épouse le 6 décembre 2009 - seul événement particulier intervenu postérieurement à la décision d'octroi de la nationalité -, il a contesté les autres accusations de violence, relevant que son ex-conjointe avait déposé plainte afin de se débarrasser de lui. A.________ s'est déterminée une nouvelle fois le 22 février 2012. Elle a relevé que les premières difficultés conjugales étaient apparues en 2005, que son ex-mari l'avait agressée physiquement pour la première fois en 2006, que leurs problèmes avaient continué après la naissance de leur fils, qu'elle avait déposé une demande de séparation en 2008, mais qu'à la suite de consultations conjugales, leur couple avait retrouvé la stabilité. Elle a déclaré que l'épisode du 6 décembre 2009 lui avait fait réaliser l'impossibilité de continuer la vie en commun. Selon l'intéressée, le court laps de temps entre l'octroi de la naturalisation et la séparation de fait n'était qu'une pure coïncidence. Après avoir obtenu l'assentiment des autorités cantonales, l'ODM a, le 28 août 2012, annulé la naturalisation facilitée accordée à A.________. L'autorité a constaté qu'en raison de l'enchaînement logique et chronologique des événements, l'intéressée ne vivait pas en communauté conjugale effective et stable lors de l'octroi de la naturalisation facilitée et qu'elle n'avait apporté aucun élément permettant de mettre en doute la présomption découlant de cet enchaînement rapide.