Citation: 1C_335/2020 E. 6.1

6.1. A l'examen du dossier, il apparaît que les questions d'intégration, en lien notamment avec l'inscription de St-Gingolph à l'ISOS, ont été dûment prises en comptes par le dossier d'enquête, spécialement par la notice d'impact sur l'environnement (cf. NIE, ch. 3.9 s., p. 28 ss). Ce document retient en particulier qu'en redonnant un caractère plus naturel à la Morge et surtout plus d'espace à son embouchure l'impact du projet est positif sur le paysage. L'entrée de la Morge dans le Léman correspondra mieux à l'image que l'on se fait d'un affluent qui peut développer un petit delta. La NIE souligne que l'emprise du projet se situe entièrement dans le périmètre environnant III (PE III) "Cours de la Morge encaissé marquant la frontière entre la Suisse et la France". Ce périmètre est répertorié dans la catégorie "a" avec un objectif de sauvegarde "a" qui préconise la sauvegarde de l'état existant en tant qu'espace agricole ou libre pour sa qualité de signification en tant que frontière. La qualité significative du PE III restera cependant inchangée, en phase d'exploitation. L'impact du projet sur le périmètre bâti, les monuments et l'archéologie sera nul (cf. NIE, ch. 3.10, p. 28 ss). Dans le cadre de l'instruction du projet, ces éléments ont été soumis aux différents services cantonaux spécialisés, lesquels ont, dans ce cadre, délivrés les préavis nécessaires. Par ailleurs, comme l'indiquait le Service cantonal du développement territorial (ci-après: SDT) au stade de la procédure d'autorisation (cf. préavis du SDT du 14 mars 2019) et comme le confirme céans l'OFEV, un chemin pédestre principal homologué empruntait l'ancienne passerelle piétonne sise à l'amont de la confluence avec le lac (cf. rapport technique, ch. 2.6.1, p. 23); or cette dernière ne peut être maintenue pour des raisons de sécurité (cf. rapport technique ch. 2.10, p. 35 ss; ch. 5.3.1, p. 60 ss), ce qui n'est d'ailleurs pas discuté par le recourant; la reconstruction d'une passerelle, en permettant le maintien de ce chemin, répond ainsi à l'intérêt public à la création et à l'entretien de ces itinéraires, principe ancré dans la Constitution fédérale (cf. art. 88 Cst.) et dont la concrétisation est assurée par la loi fédérale du 4 octobre 1985 sur les chemins pour piétons et les chemins de randonnée pédestre (LCPR; RS 704); celle-ci prévoit notamment, à son art. 7 al. 1, que si les chemins pour piétons et les chemins de randonnée pédestre figurant dans les plans doivent être supprimés en tout ou en partie, il faut pourvoir à un remplacement convenable par des chemins existants ou à créer, en tenant compte des conditions locales (à ce propos, voir également OFROU et Suisse Rando, Obligation de remplacement des chemins de randonnée pédestre, guide de recommandation à l'égard de l'art. 7 LCPR, 2012; en droit cantonal, cf. art. 10 de la loi valaisanne sur les itinéraires de mobilité de loisirs du 14 septembre 2011 [LIML; RS/VS 704.1]). La NIE qualifie également la nouvelle passerelle d'itinéraire de mobilité douce. A ce titre et compte tenu de sa situation au bord du lac Léman, la réalisation de cet ouvrage répond, comme l'indique céans la commune, à des intérêts liés à la promotion du tourisme et au développement territorial souhaité par la planification directrice du canton du Valais pour les rives du Léman (cf. plan directeur cantonal du Valais, fiche de coordination A.15).