Citation: 1S.2/2006 13.02.2006 E. A

Le 15 octobre 2004, le Ministère public de la Confédération a ouvert une enquête de police judiciaire contre les ressortissants russes A.________, B.________ et C.________ pour blanchiment d'argent. Il leur est reproché d'avoir reçu et écoulé des valeurs patrimoniales provenant de détournements de fonds publics commis en Russie à partir de 1995 par D.________, lequel s'était vu confier, en sa qualité de directeur général de la société E.________, d'importants travaux de construction en relation avec l'aménagement de la ceinture autoroutière de la ville de Moscou. Il aurait établi et signé des contrats de sous-traitance fictifs avec plusieurs sociétés et des protocoles de travaux fictifs. Les fonds ainsi détournés, estimés à quelque 103 milliards de roubles, auraient été transférés sur le compte de la société F.________ ouvert auprès d'une banque moscovite, puis reversés sur des comptes notamment détenus par B.________ et A.________ auprès de la banque G.________, à Genève, après avoir transité par les comptes ouverts auprès de cet établissement au nom des sociétés offshore H.________ et I.________, dont B.________ est l'ayant droit économique avec en particulier le frère de D.________, J.________. B.________ vit en Suisse depuis 1992 avec sa femme et son fils. Il possède deux chalets à Anzère, acquis en 1997 et 2002, pour les prix respectifs de 650'000 fr. et 530'000 fr., dont l'un est au nom de son fils. Au bénéfice d'une autorisation de séjour et de travail annuelle, il exploite à Aigle une entreprise de transports sous la raison sociale K.________, dans laquelle travaillent également son épouse, son fils et son frère A.________. Il déclare un salaire brut d'environ 60'000 fr. par année. Il dispose d'un appartement à Moscou et d'une maison en Espagne, acquise en août 1999 par sa femme X.________ pour la somme de 119'962 euros. Le 16 novembre 2004, le Ministère public de la Confédération a procédé à une perquisition des résidences valaisannes des frères A.________ et B.________ et de C.________, des bureaux de la société Fiduciaire M.________, à Anzère, ainsi que des locaux occupés par la société K.________, à Aigle. Il a également entendu le même jour les frères A.________ et B.________ en qualité de prévenus. B.________ a été arrêté le 8 juin 2005 sur mandat du Ministère public de la Confédération et placé en détention préventive sous l'inculpation de blanchiment d'argent. Au terme d'une décision prise le 8 juillet 2005, le Ministère public de la Confédération a rejeté une demande de mise en liberté provisoire déposée par B.________. Par arrêt du 25 août 2005, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-après: la Cour des plaintes) a rejeté le recours formé contre cette décision. Statuant le 12 octobre 2005 sur recours du prévenu, le Tribunal fédéral a annulé cet arrêt, a rejeté la demande de libération immédiate de B.________ et a transmis la cause au Juge d'instruction fédéral comme objet de sa compétence (cause 1S.38/2005). Ce magistrat a rejeté la demande de mise en liberté provisoire au terme d'une décision prise le 15 novembre 2005, que B.________ a déférée à la Cour des plaintes. Le Ministère public de la Confédération a transmis à cette autorité avec ses observations un tirage des pièces librement accessibles aux parties à la procédure, un résumé des pièces recueillies depuis ses précédentes déterminations du 10 août 2005 sur lesquelles il s'est fondé pour justifier sa décision de refus de mise en liberté et qu'il entendait garder secrètes pour ne pas compromettre l'enquête, ainsi qu'une table des matières caviardée des pièces qu'il refusait de divulguer aux parties pour les besoins de l'instruction. Par arrêt du 13 décembre 2005, la Cour des plaintes a rejeté la plainte. Elle a admis l'existence de charges suffisantes à l'encontre de B.________. Elle a en outre considéré que la détention préventive se justifiait par un risque de collusion et un danger de fuite. Elle a estimé enfin que la mesure attaquée était proportionnée tant au regard de la peine à laquelle le prévenu pourrait être condamné qu'au regard de la manière dont la procédure était conduite.