Citation: 5A_337/2015 E. 5.3.1

5.3.1. A teneur de l'art. 2 al. 2 CC, l'abus manifeste d'un droit n'est pas protégé par la loi. La règle prohibant l'abus de droit permet au juge de corriger les effets de la loi dans certains cas où l'exercice d'un droit allégué créerait une injustice manifeste (ATF 135 III 162 consid. 3.3.1; 134 III 52 consid. 2.1 et les références). L'existence d'un abus de droit se détermine selon les circonstances concrètes du cas, en s'inspirant des diverses catégories mises en évidence par la jurisprudence et la doctrine (ATF 138 III 425 consid. 5.2; 401 consid. 2.4.1; 135 III 162 consid. 3.3.1; 129 III 493 consid. 5.1; 121 III 60 consid. 3d). L'emploi dans le texte légal du qualificatif " manifeste " démontre que l'abus de droit doit être admis restrictivement (ATF 139 III 24 consid. 3.3; 135 III 162 consid. 3.3.1; STEINAUER, Le Titre préliminaire du Code civil, in Traité de droit privé suisse, tome II/1, 2009, n. 570: en cas de doute, pas d'abus de droit). Les cas typiques d'abus de droit sont l'absence d'intérêt à l'exercice d'un droit, l'utilisation d'une institution juridique contrairement à son but, la disproportion manifeste des intérêts en présence, l'exercice d'un droit sans ménagement ou l'attitude contradictoire (ATF 129 III 493 consid. 5.1; 127 III 357 consid. 4c/bb).