Citation: 6B_770/2017 E. 3.2

3.2. Le recourant soutient que, après que l'intimé eut aperçu suffisamment à l'avance un groupe de personnes alcoolisées traversant la chaussée hors d'un passage pour piétons, celui-ci aurait dû s'attendre à ce que l'un de ces individus adopte un comportement fautif. Selon lui, l'intimé aurait ainsi dû fortement ralentir afin de pouvoir s'arrêter en cas de besoin. L'argumentation du recourant, tendant à démontrer un manque d'anticipation de la part de l'intimé, tombe à faux. Rien ne permet en effet de conclure que l'intimé ne se serait pas comporté au volant de manière à ne pas gêner ni mettre en danger ceux qui utilisent la route conformément aux règles établies, comme le prescrit l'art. 26 al. 1 LCR. Il ne ressort pas davantage de l'arrêt attaqué que le comportement des piétons aurait dû laisser penser à l'intimé que l'un d'eux pourrait se comporter de manière incorrecte. Le simple fait que les intéressés eussent paru "éméchés" et qu'ils se rendissent dans une discothèque ne permettait pas à lui seul de redouter que l'un d'eux puisse subitement revenir sur ses pas après avoir traversé, afin de se poster devant le véhicule. Quoi qu'il en soit, il ressort de l'état de fait de la cour cantonale que l'intimé a ralenti et s'est déporté sur la piste de gauche à l'approche des piétons en question, afin de tenir compte de leur position. On ne voit pas, partant que celui-ci aurait dû de surcroît, comme le soutient le recourant, "rouler au pas, voire même s'arrêter" à l'approche des intéressés. Ainsi, rien ne permet de considérer que l'intimé aurait roulé à une vitesse excessive - celle-ci fût-elle même de 50 km/h comme le soutient le recourant - ni violé d'une autre manière son devoir de prudence. Il n'apparaît pas davantage que l'intimé ne serait pas constamment resté maître de son véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de la prudence, comme le lui imposait l'art. 31 al. 1 LCR, ni qu'il n'aurait pas voué son attention à la route et à la circulation. Il ressort au contraire de l'arrêt attaqué que l'intéressé a observé le groupe de piétons traversant la chaussée, s'est déporté sur la voie de gauche à son approche tout en réduisant sa vitesse. Contrairement à la version des événements que tente de dessiner le recourant, le choc ne s'est ainsi pas produit au bord de la chaussée, car ce dernier n'avait pas achevé sa traversée de la route et n'aurait pas prêté attention au trafic, ni parce que l'intimé aurait conduit à une vitesse impropre à une prompte réaction. L'impact a eu lieu au milieu de la piste de gauche de la double voie, dans le sens de circulation de l'intimé, soit, selon les constatations de la police, à plus de 4 mètres du trottoir de droite. Aucun élément ne permet, à cet égard, de considérer que l'intimé aurait pu éviter le recourant en vouant davantage d'attention au comportement de ce dernier ni qu'il aurait pu, par une conduite ou une manoeuvre différente, ne pas percuter l'intéressé après qu'il eut couru pour se placer devant sa voiture. Compte tenu de ce qui précède, il n'apparaît pas que l'intimé aurait violé fautivement les règles de prudence que les circonstances lui imposaient et qui découlaient en particulier des art. 26 et 31 LCR. Au demeurant, à supposer même qu'une telle négligence fautive eût pu être reprochée à l'intimé, son comportement n'apparaîtrait de toute manière pas comme la cause adéquate de l'accident. En effet, le raisonnement de la cour cantonale, selon lequel le comportement du recourant s'impose comme la cause la plus probable et la plus immédiate du choc, ne prête pas le flanc à la critique. L'attitude du recourant, qui après avoir traversé la chaussée n'a pas seulement fait un pas en arrière ni trébuché, mais a couru sur plusieurs mètres afin de se placer sur la voie de gauche, devant le véhicule de l'intimé, constitue une circonstance extraordinaire et exceptionnelle. Un tel comportement, irrationnel et imprévisible, aurait ainsi rompu le lien de causalité entre un éventuel manque de prudence de l'intimé et l'accident. Il découle de ce qui précède que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en estimant que les éléments constitutifs d'une infraction à l'art. 125 CP n'étaient pas remplis. Le grief doit être rejeté.