Citation: 1C_320/2022 E. 2.2

2.2. Avec son recours à la Cour des plaintes, la recourante a produit une procuration en faveur de son avocat signée par F.________, ainsi qu'un "Certificate of incumbency" du 18 février 2022 confirmant notamment l'existence de la recourante en tant que société sise à X.________ ainsi que le nom de son directeur, soit F.________. Elle a également produit un "Certificate of good standing" du même jour, attestant de l'existence de la société. Le 11 avril 2022, la Cour des plaintes a invité la recourante à produire jusqu'au 22 avril suivant des documents indiquant l'identité du signataire de la procuration produite, ainsi que des documents établissant que le signataire en question est habilité à représenter la société recourante. A défaut d'une telle production, le recours serait déclaré irrecevable. Le 14 avril 2022, l'avocat de la recourante fit savoir que ces documents étaient en préparation mais que cela pouvait prendre plus de temps; il relevait que l'OFJ, après avoir requis les mêmes documents, avait rendu ses décisions de clôture avant l'échéance du délai imparti, laissant entendre qu'ils n'étaient plus nécessaires. La Cour des plaintes a accordé une prolongation de délai et l'avocat de la recourante a produit, le 4 mai 2022, une copie du passeport de F.________, un "Certificate of incumbency" du 21 avril 2022 ainsi qu'une copie certifiée conforme de l'extrait du "Register of directors" de la "BVI financial Services Commission", mentionnant F.________ comme directeur de la société. L'avocat de la recourante relevait que les mêmes documents avaient été jugés suffisants dans le cadre d'une précédente procédure (RR_1, arrêt du 4 décembre 2019) devant la Cour des plaintes. Dans son arrêt, la Cour des plaintes considère qu'aucun des documents produits (y compris le "Register of directors" susmentionné) n'établissait que F.________ disposait du pouvoir d'engager la société par sa signature. Il résulte de ce qui précède que la recourante a tenté de donner suite à l'ordre de production de la Cour des plaintes, celle-ci n'ayant mentionné les documents utiles que de manière générale. Les "Certificates of incumbency" semblent a priori pouvoir être considérés comme des documents officiels indiquant les membres de la direction et les personnes habilitées à engager la société ( www.yyy.asp, cité par la recourante, consulté le 23 juin 2022). La Cour des plaintes considère que seul un document officiel comme un extrait du registre du commerce pouvait être pris en considération. On ne comprend toutefois pas pourquoi elle ne l'a pas fait savoir clairement à la recourante au cours de l'échange de lettres qui a précédé l'arrêt attaqué. Sur le vu des documents nombreux et a priori pertinents fournis par la recourante, l'instance précédente aurait à tout le moins dû précisément indiquer quels documents devaient encore être fournis, afin de permettre à la recourante de s'exécuter ou de se déterminer sur la pertinence de cette exigence. L'avocat de la recourante a en outre relevé que les documents produits avaient été jugés suffisants dans de cadre d'une procédure ayant abouti à un arrêt de la Cour des plaintes du 4 décembre 2019. L'arrêt attaqué ne répond toutefois nullement à cet argument et ne satisfait pas non plus sous cet angle à l'obligation de motiver. Au vu des documents produits et des objections soulevées par la recourante, l'arrêt attaqué apparaît insuffisamment motivé et consacre un formalisme excessif, faute d'avoir préalablement et explicitement indiqué à la recourante les documents qui étaient exigés d'elle.