Citation: 4A_292/2022 E. 7.2.3

7.2.3. En troisième lieu, les sociétés recourantes se plaignent de ce que certains faits " prouvés par pièces " n'auraient été retenus ni par l'autorité de première instance ni par la cour cantonale. A cet égard, elles soulignent que le jugement de première instance constatait uniquement que l'administrateur intimé était l'ayant droit économique des sociétés L.________, M.________, N.________ et O.________, lesquelles avaient consenti divers prêts à D.________ qui avaient été postposés pour une durée limitée avant d'être produits dans le cadre de la faillite de cette dernière. Elles avaient dès lors requis, dans leur mémoire d'appel, un complètement de l'état de fait en faisant valoir que l'administrateur intimé connaissait, à l'époque, la situation financière obérée de D.________, au motif qu'il lui avait accordé, via diverses sociétés lui appartenant, plusieurs prêts dont les intérêts n'étaient pas payés. Les intéressées prétendaient aussi que l'administrateur intimé avait envisagé la situation de défaut de paiement de D.________ lorsqu'il avait consenti, en septembre 2010, un prêt supplémentaire à celle-ci via sa société O.________, au vu des intérêts payables mensuellement et des pénalités de retard importantes prévues. Semblable argumentation tombe à faux. Force est de relever que les sociétés recourantes n'ont pas formulé d'allégations, de manière conforme aux règles procédurales, relatives aux modalités ou aux conditions afférentes aux prêts consentis par diverses sociétés dont l'administrateur intimé est l'ayant droit économique. Les sociétés demanderesses n'ont pas davantage allégué, dans le respect des exigences procédurales, que l'administrateur intimé avait connaissance de la situation financière obérée de D.________ au moment où les prêts en question avaient été accordés. Dans sa réponse du 27 novembre 2015, l'administrateur intimé avait certes allégué que plusieurs sociétés qui lui étaient proches avaient octroyé des prêts à D.________ d'un montant total supérieur à 20'000'000 fr. et avait offert, à titre de moyens de preuve, les productions de créances de celles-ci dans la faillite de D.________. Les sociétés recourantes ne se sont pourtant pas déterminées sur les allégations de l'administrateur intimé. Quoi qu'il en soit, il n'appartenait pas aux autorités cantonales de se plonger dans les pièces du dossier pour en extraire certains faits non allégués. Dans ces circonstances, on ne saurait leur reprocher de n'avoir pas tenu compte de faits non allégués, ressortant prétendument de pièces figurant au dossier (ATF 147 III 440 consid. 5.3; arrêt 4D_57/2013 du 2 décembre 2013 consid. 3.3).