Citation: 9C_766/2023 E. 5.2

5.2. Concernant le revenu avec invalidité, arrêté à 67'070 fr. (consid. 4 supra), le recourant critique uniquement le taux d'abattement de 10% opéré sur celui-ci. Il allègue en substance qu'un abattement de 20% au minimum devait être appliqué afin de prendre en considération une augmentation de ses limitations fonctionnelles, sous la forme d'un "nouveau port de charge maximal (3 à 5 kg) ". Il fait valoir que dans la mesure où un abattement de 10% avait déjà été opéré par l'office intimé dans sa décision du 22 janvier 2014 afin de tenir compte d'une "limitation maximale du port de charge de 15 kg", cet abattement n'est plus "justifiable" actuellement, puisque la limitation maximale du port de charge est désormais de 3 à 5 kg, selon la décision de l'office intimé du 17 novembre 2021. Par son argumentation, le recourant ne démontre pas en quoi la juridiction cantonale aurait violé le droit fédéral par un abus ou un excès (positif ou négatif) de son pouvoir d'appréciation en considérant que les limitations fonctionnelles l'affectant étaient pour l'essentiel restées les mêmes dans l'intervalle séparant l'expertise des Hôpitaux universitaires genevois (HUG) de 2013 (rapport du 18 novembre 2013) et celle du BEM de 2021, si bien que l'abattement de 10% était actuellement encore justifié. En effet, selon l'expertise diligentée par l'office AI auprès des HUG en 2013, l'activité exigible de l'assuré devait se faire "sans port de charge", les experts ayant à cet égard exclu tout port de charge, sans se référer à un poids maximal (cf. rapport du 18 novembre 2013, ch. 3.2 p. 11). En ce que les experts du BEM ont mentionné l'absence de "charges de plus de 3-5 kilos par le membre supérieur droit" au sein des caractéristiques que l'activité doit revêtir pour être considérée comme adaptée (rapport de la doctoresse B.________, spécialiste en médecine interne générale et en pneumologie, et du docteur C.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, du 12 juillet 2021, p. 58), ils n'ont ainsi pas fait état d'une limitation fonctionnelle plus grave que celle attestée par les médecins des HUG en 2013. Par ailleurs, âgé de 52 ans au moment où il a été constaté que l'exercice d'une activité adaptée était médicalement exigible (cf. rapport d'expertise des HUG du 18 novembre 2013, ch. 3.3 p. 11; sur le moment où la question de la mise en valeur de la capacité [résiduelle] de travail pour un assuré proche de l'âge de la retraite sur le marché de l'emploi doit être examinée, voir ATF 138 V 457 consid. 3.3), l'assuré n'avait pas encore atteint l'âge à partir duquel la jurisprudence considère généralement qu'il n'existe plus de possibilité réaliste de mise en valeur de la capacité résiduelle de travail sur un marché du travail supposé équilibré (sur ce point, voir ATF 143 V 431 consid. 4.5.2). C'est ainsi en vain que le recourant se réfère à l'ATF 138 V 457. Il ne s'en prend en effet pas à la constatation des premiers juges, fondée sur le rapport d'expertise des HUG du 18 novembre 2013, selon laquelle sa capacité de travail dans une activité adaptée était déjà entière en 2013.