Citation: 5A_476/2023 E. 4.2

4.2. Le recourant reproche à la Cour de justice d'avoir tenu compte de la moitié du minimum vital LP de l'enfant, afférente à la mère, dans les contributions d'entretien dues par le père, alors que, selon la jurisprudence, en cas de garde alternée, chaque parent doit assumer l'entretien courant des enfants lorsqu'il en a la garde. Or ce montant de 200 fr. (400 fr. / 2) correspondait en réalité aux seuls frais dont s'acquittait effectivement la mère, les autres frais étant intégralement pris en charge par le père. En outre, ce montant était couvert par les allocations familiales attribuées à la mère, ce dont la Cour de justice ne faisait arbitrairement pas mention. La Cour de justice avait aussi omis de retrancher de la quotité disponible attribuée à l'enfant - devant servir à s'acquitter des frais afférents au train de vie - les frais de loisirs et les frais médicaux non couverts, pris en charge par le père exclusivement. En définitive, par ses calculs, la Cour de justice avait attribué à la mère, au titre de contribution d'entretien en faveur de l'enfant, une somme totale de 1'080 fr. (allocations familiales et contribution d'entretien), alors qu'elle ne s'acquittait que d'un montant de 200 fr. correspondant à la moitié du minimum vital LP de l'enfant, lequel était au demeurant couvert par les allocations familiales qu'elle percevait. Le recourant relève que, de son côté, il ne disposait que d'un montant de 550 fr. (moitié de la quotité disponible attribuée à l'enfant), sur lequel il devait s'acquitter de la moitié du minimum vital LP et de tous les frais de l'enfant, y compris ceux ressortant du train de vie (loisirs, frais médicaux non couverts notamment). Cela revenait dès lors à créer un déséquilibre, en ce sens que la contribution d'entretien versée en mains de l'épouse dépassait les frais dont elle s'acquittait effectivement en faveur de l'enfant, y compris s'agissant du train de vie, avec pour conséquence que le résultat était choquant. Compte tenu des circonstances et de la prise en charge de l'intégralité des frais de l'enfant par son père, la Cour de justice aurait dû renoncer à faire bénéficier la mère de la moitié de la part de l'excédent dévolue à l'enfant. Ainsi, la contribution d'entretien en faveur de l'enfant aurait dû se limiter à la contribution de prise en charge, à hauteur de 320 fr. jusqu'au 31 août 2023, respectivement 360 fr. à compter du mois de septembre 2023, l'intégralité des autres frais étant couverts, soit par les allocations familiales, soit par la prise en charge directe du père.