Citation: 6B_666/2021 E. B

Par arrêt du 3 mai 2021, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté le recours formé par A.________ SA à l'encontre de la décision du ministère public du 6 novembre 2020. Les faits suivants ressortent de cette décision. B.a. La société D.________ SA est détenue à 20 % par E.________ SA, à 40 % par A.________ SA et à 40 % par F.________ SA. D.________ SA détient elle-même trois sociétés: G.________ SA en liquidation, H.________ SA en liquidation et I.________ SA. À l'époque des faits, les frères B.B.________ et C.B.________ étaient administrateurs uniques et actionnaires à 50 % de F.________ SA SA. J.________ s'est occupé durant plusieurs années de la comptabilité de D.________ SA et de ses sociétés filles. B.b. Le 15 décembre 2016, le ministère public a ouvert une instruction (dans la procédure P/23810/2016) contre J.________ pour abus de confiance (art. 138 CP), escroquerie (art. 146 CP) et faux dans les titres (art. 251 CP), pour avoir, à U.________, de 2010 à décembre 2016, alors qu'il tenait la comptabilité des sociétés D.________ SA, H.________ SA, G.________ SA, I.________ SA, K.________ SA, L.________ SA et M.________ SA, et disposait à ce titre d'une procuration sur les comptes bancaires ouverts au nom de ces sociétés auprès de N.________: premièrement, pour son propre profit : - ouvert deux comptes bancaires à son nom, qu'il avait fait précéder du nom d'un fournisseur des sociétés précitées, en l'occurrence O.________ respectivement P.________, donnant ainsi l'apparence, dans les relevés bancaires, que les virements effectués en faveur de ces comptes l'étaient au bénéfice des fournisseurs concernés; - donné des instructions à N.________ de débiter l'un ou l'autre des comptes bancaires des sociétés précitées en faveur des comptes bancaires à son nom, précédés des mentions O.________ ou P.________; - inscrit dans la comptabilité des sociétés les mouvements de fonds ci-dessus comme des frais des fournisseurs concernés; - s'être approprié les fonds ainsi détournés pour un montant total de l'ordre de 4'200'000 francs; deuxièmement, au profit de B.B.________ et C.B.________ : - instruit N.________ d'effectuer des virements au débit de l'un ou l'autre des comptes des sociétés précitées en faveur de B.B.________ et/ou C.B.________; - couvert des détournements de fonds au préjudice desdites sociétés en faveur de B.B.________ et/ou C.B.________ au moyen de faux documents, notamment de fausses factures, qu'il avait confectionnées lui-même pour partie; troisièmement, au profit des sociétés H.________ SA et al. : - entré de fausses écritures comptables afin de comptabiliser au titre de frais de fournisseurs, des salaires non déclarés, de sorte à éviter le paiement des charges sociales. J.________ était en outre prévenu, à titre complémentaire, de blanchiment d'argent (art. 305bis CP) et de gestion déloyale (art. 158 CP) en lien avec les sommes détournées, et de fausse communication aux autorités chargées du Registre du commerce (art. 253 CP). B.c. Dans la même procédure P/23810/2016, B.B.________ et C.B.________ ont été entendus par le ministère public, le 24 janvier 2017, en qualité de prévenus d'abus de confiance (art. 138 CP) et instigation de faux dans les titres (art. 24 et 251 CP), pour avoir demandé à leur comptable, J.________, d'instruire N.________ en vue d'effectuer des virements, en leur faveur, au débit de l'un ou l'autre des comptes des sociétés H.________ SA, I.________ SA, G.________ SA, D.________ SA, L.________ SA et M.________ SA, et d'avoir couvert ces détournements au moyen de faux documents, notamment de fausses factures que J.________ avait dû confectionner à leur demande. B.d. Par ordonnance du 15 mars 2017, le ministère public a ordonné la disjonction du volet relatif à la prévention de B.B.________ et C.B.________, qui était désormais traité sous le numéro de procédure P/5661/2017, dans laquelle A.________ SA et E.________ SA ont conservé leur qualité de parties plaignantes. La disjonction était décidée dans l'intérêt de la bonne administration de la justice, le respect du principe de célérité et la reconnaissance des faits par J.________. B.e. Par lettres datées des 31 juillet et 4 novembre 2020, A.________ SA a requis la jonction des procédures P/5661/2017 et P/23810/2016, la mise en prévention des frères B.________ pour abus de confiance et faux dans les titres s'agissant des faits relevant de la procédure P/23810/2016 et l'instruction de l'implication des précités dans les détournements commis par J.________. Il apparaissait selon elle évident que les frères B.________ étaient impliqués dans ces détournements. À l'issue de l'audience d'instruction du 5 novembre 2020, E.________ SA a demandé que la procédure P/5661/2017 soit jointe à la procédure P/23810/2016. B.f. Les requêtes de jonction de cause (de E.________ SA) et d'extension de la prévention pénale à B.B.________ et C.B.________ dans la procédure P/23810/2016 (de A.________ SA) ont été rejetées par le ministère public le 6 novembre 2020. Cette autorité a retenu qu'aucun élément concret ne démontrait que B.B.________ et C.B.________ étaient au courant des détournements commis par J.________.