Citation: 6B_1460/2022 E. 7.4

7.4. Cela étant, il y a lieu de constater, avec les recourants, que l'état de fait cantonal ne permet pas de déterminer les circonstances de leur interpellation. Tout au plus comprend-on que n'ayant pas respecté les sommations de la police, ils ont dû être interpellés, puis évacués. Les ordonnances de condamnation font pourtant état de ce que chacun des recourants a opposé aux forces de l'ordre " une résistance physique, afin d'éviter l'évacuation, en s'agrippant aux autres ", alors que le rapport de police du 16 décembre 2019 fait état de ce que l'intervention des sapeurs-pompiers a été nécessaire, " afin de couper les chaînes et cadenas avec une cisaille hydraulique à accus, des pinces monseigneur et une meule ", sans pour autant préciser qui aurait été à l'origine de cette intervention. Le jugement cantonal est ainsi lacunaire, dans la mesure où il ne permet pas au Tribunal fédéral de contrôler le respect de la disposition légale appliquée, autrement dit de contrôler si le comportement - présentant par hypothèse une certaine intensité (ATF 133 IV 97 consid. 4.2) - des recourants est suffisant pour retenir une entrave à un acte officiel au sens de l'art. 286 CP, ou si au contraire, leur comportement est constitutif d'un simple refus d'obtempérer non punissable en vertu de cette même disposition (ATF 127 IV 115 consid. 2). Il convient d'annuler le jugement attaqué et de renvoyer la cause à la cour cantonale pour qu'elle complète l'état de fait s'agissant des éléments précités (art. 112 al. 3 LTF).