Citation: 4P.76/2004 19.07.2004 E. 1

3.1 Les recourants se fondent sur les garanties offertes par la Constitution fédérale, sans se prévaloir de la violation d'une règle de droit cantonal de procédure qui leur offrirait une protection supérieure. C'est donc exclusivement à la lumière de l'art. 29 al. 2 Cst. que leur grief sera examiné (ATF 126 I 15 consid. 2a et les arrêts cités). La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu consacré à l'art. 29 al. 2 Cst. le devoir pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Pour répondre à ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision; il n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les arguments invoqués par les parties. Il n'y a violation du droit d'être entendu que si l'autorité ne satisfait pas à son devoir minimum d'examiner et de traiter les problèmes pertinents (ATF 129 I 232 consid. 3.2 p. 236; 126 I 97 consid. 2b p. 102 s.). 3.2 Après avoir souligné que l'établissement des faits les plus importants (étanchéité et pérennité de l'ouvrage) impliquait l'audition de témoins et surtout la désignation d'un expert - le juge ne possédant pas les connaissances spéciales requises sur ces questions -, les juges cantonaux ont relevé que l'expert avait évalué très précisément le coût de la réfection sur une question précise (soit la numéro neuf), prenant en compte l'environnement, le cadre et le coût de l'ouvrage. Ils ont ensuite exposé que la cour n'avait aucune raison de substituer son opinion à celle de l'expert sur cette question technique, ce d'autant plus que la contestation à propos des constatations de fait de l'expert était insuffisamment motivée. 3.3 Force est de constater que les recourants fondent leur argumentation sur une prémisse erronée, dans la mesure où ils sortent la réponse, apportée par l'expert à la question numéro onze, de son contexte. En effet, à la question numéro dix, posée par les recourants, l'expert s'est vu demander si les travaux nécessaires pour rendre l'ouvrage acceptable ne comprenaient pas, en particulier, le dépôt du granit afin d'installer une étanchéité "lourde" de type toiture, l'enlèvement du béton, la mise en place de cette étanchéité, la protection des fers avec des résines synthétiques, la pause de pipettes conformément aux règles de l'art, avec résolution des problèmes d'écoulement, enfin la repose du béton et de granit. Il a répondu que ces travaux semblaient disproportionnés et qu'il pensait que seuls les travaux décrits sous la question numéro neuf étaient nécessaires. A la question numéro onze, l'expert était requis de chiffrer, poste par poste, les différents travaux nécessaires à l'obtention d'un ouvrage conforme aux règles de l'art et à ce que les maîtres de l'ouvrage pouvaient raisonnablement attendre au vu de l'adjudication, en particulier de dire si le granit pouvait supporter une dépose et une repose, si la dépose du granit entraînerait une destruction, impliquant de nouveaux matériaux et enfin de chiffrer, le cas échéant, le coût d'une telle opération. Il a évalué les travaux de réfection qu'il avait suggérés en réponse à la question numéro neuf à 18'000 fr. et ceux évoqués par les recourants à la question numéro dix à 112'000 fr., montants auxquels s'ajoutait la réfection du fronton circulaire de la plage, pour un coût de 2'000 fr. Il découle de ce qui précède que l'expert n'a en aucun cas proposé deux types de travaux nécessaires pour rendre l'ouvrage conforme aux règles de l'art, seuls ceux décrits en réponse à la question numéro neuf revêtant ce caractère, à l'exclusion de ceux évoqués par les recourants. Tout porte à croire que c'est dans ce sens que l'expert a qualifié ceux-ci de "disproportionnés". Dans ces circonstances, la lecture de l'arrêt entrepris permettait parfaitement de comprendre qu'en affirmant suivre l'expert, les juges cantonaux se référaient à la seule solution proposée par celui-ci. La critique des recourants ne résiste ainsi pas à l'examen, pas plus que celle, fondée sur la même prémisse erronée, selon laquelle la cour cantonale ne serait pas entrée en matière sur le grief selon lequel il n'appartient pas à un expert de se prononcer sur le caractère prétendument "disproportionné" d'une des solutions avancées. Leur grief doit ainsi être rejeté. Cela étant, la question de savoir si, en se ralliant à l'avis de l'expert, les juges cantonaux ont appliqué arbitrairement le droit cantonal, ce qu'invoquent également les recourants, sera examinée ci-après (cf. consid. 4).