Citation: 5A_540/2022 E. 3.1

3.1. La cour cantonale a jugé que les allégations de l'intéressé à ce sujet n'étaient guère convaincantes et étaient contredites par le contenu du dossier. La complexité (organisée) de sa situation financière la rendait impossible à cerner précisément, ce que le recourant devait se laisser imputer. Les juges cantonaux ont ainsi considéré qu'il convenait à cet égard de se référer au seul indicateur fiable du dossier, à savoir les dépenses de la famille, et de les confronter aux revenus déclarés par l'appelant depuis 2015. Dès cette dernière année, le recourant avait renoncé à son forfait fiscal pour déclarer à l'administration fiscale des revenus compris entre 103'944 fr. et 189'692 fr. jusqu'en 2019. Or il était établi sur la base du dossier et non contesté par le recourant qu'en 2018, les dépenses de la famille s'étaient élevées à 433'558 fr. (soit une dépense moyenne de 36'130 fr. par mois) pour un revenu déclaré de 161'990 fr. Au cours des six premiers mois de l'année 2019, les parties avaient procédé à des dépenses pour un total d'au minimum 176'541 fr. à savoir un montant mensuel de près de 29'500 fr. Le recourant avait assurément allégué avoir utilisé sa fortune pour subvenir aux besoins de sa famille, fortune qui serait désormais épuisée. Cependant, son argumentation ne convainquait pas et était contredite par les pièces du dossier. Si les avis de taxation mentionnaient effectivement une diminution de fortune entre 2015 et 2017, les déclarations fiscales relatives aux années 2018 et 2019 faisaient en revanche état, depuis 2017, d'une augmentation de la fortune imposable de l'ordre du million. En 2018, le recourant avait déclaré pour la seule fortune mobilière un montant de 2'984'977 fr., montant porté à 3'341'467 fr. en 2019, à savoir une augmentation de plus de 350'000 fr., sans explication utile de sa part. Certains documents fiscaux produits attestaient certes que la fortune mobilière de l'intimée avait diminué avant la séparation des parties; le recourant n'avait toutefois pas établi que cette fortune aurait servi à payer les dépenses courantes de la famille. Il ressortait enfin du dossier que le recourant avait envisagé de prêter la somme de 1'000'000 fr. à un ami dans le cadre d'un " projet " non précisé, lequel ne s'était finalement pas réalisé; il avait par ailleurs prêté à sa compagne en janvier 2020 un montant de 1'100'000 fr., sans pouvoir fournir d'explications précises quant à l'affectation de cette somme. Ces éléments n'étaient pas compatibles avec l'épuisement allégué des revenus et de la fortune de l'intéressé. Sur la base de ces différentes constatations, la cour cantonale a retenu que les revenus perçus par le recourant lui avaient permis d'assumer les dépenses de la famille à hauteur de 36'000 fr. par mois en 2018 et de 29'500 fr. par mois durant les six premiers mois de l'année 2019; aucune indication concrète ne permettait de considérer qu'il ne disposerait plus de revenus similaires actuellement. Son revenu pouvait ainsi être estimé entre 30'000 et 36'000 fr. par mois.