Citation: 6B_804/2019 E. 1.2

1.2. La cour cantonale s'est fondée sur une directive de l'Association des Etablissements cantonaux d'assurance incendie pour déterminer si le recourant s'était conformé aux règles de prudence qu'il devait respecter. S'agissant de l'entreposage de fourrage, cette directive prévoit que " la température des matières stockées telles que le foin et le regain doit être surveillée régulièrement au moyen d'une sonde pendant six semaines au moins après l'engrangement. Si la température atteint 55°C, il faut prendre d'autres mesures, par exemple aspirer les gaz produits par la fermentation, percer des trous d'aération et aménager des tranchées. Si la température dépasse 70°C, il faut alerter immédiatement les sapeurs-pompiers en raison du risque d'auto-inflammation ". Il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant a engrangé son fourrage le 26 mai 2017, soit moins de six semaines avant l'incendie qui s'est déclaré le 27 juin 2017. Il devait donc exercer une surveillance régulière et ne peut pas se prévaloir du fait que lors du troisième contrôle la sonde était moins chaude, raison pour laquelle il dit avoir arrêté les contrôles. Le recourant, au demeurant au bénéfice d'une expérience de commandant du feu, n'a contesté connaître ni la directive de l'Association des Etablissements cantonaux d'assurance incendie ni la manière de mesurer la température des stockages de fourrage à l'aide d'une sonde, qui est détaillée dans le règlement intitulé " connaissances de base des corps de sapeurs-pompiers ". Il n'a néanmoins pas procédé au nombre requis de sondages puisqu'il a déclaré avoir sondé le foin à deux endroits, voire à trois ou quatre places, alors que le règlement imposait de sonder à un ou même plusieurs endroits chacune des 27 bottes de foin. Par ailleurs, les sondages effectués l'ont été au moyen d'une sonde défectueuse, qui ne permettait qu'une appréciation très approximative de la température. Le recourant lui-même ne prétend pas qu'il aurait été en mesure de déterminer si la limite des 55°C était atteinte puisqu'il se contentait d'un contrôle manuel sur la longueur de la sonde lui permettant d'estimer que la température devait être inférieure à 60°C (cf. arrêt attaqué p. 7 ch. 3.2.2 1er §). L'appréciation des preuves de la cour cantonale est exempte d'arbitraire.