Citation: 6B_361/2021 E. 3.3

3.3. Il n'est pas contesté que les messages de l'enfant et du chanoine produits par le recourant à l'appui de ses demandes de révision constituent des faits nouveaux, jamais portés précédemment à la connaissance des premiers juges. Ils portent au surplus sur une question décisive et déterminante, puisque les juges de l'époque se sont fondés, essentiellement, sur les propos de l'enfant B.________ pour retenir que le recourant lui avait fait sucer son sexe et lui avait infligé des actes de sodomie. Face à deux versions contradictoires d'une même personne (témoin, victime, prévenu), le juge doit expliquer les raisons qui l'ont amené à retenir une version plutôt qu'une autre. La cour cantonale a d'emblée écarté la rétractation de B.________, au motif que l'inspirateur ou l'auteur intellectuel de l'écrit n'était pas véritablement B.________, mais le recourant, usant, le cas échéant, d'un tiers; elle expliquait à cet égard que l'auteur de la lettre n'était pas identifiable et que le recourant n'avait donné aucune information sur les circonstances entourant cette rétractation. En retenant que le revirement de B.________ avait une origine douteuse, la cour cantonale a versé dans l'arbitraire. Elle ne pouvait en effet arriver à cette conclusion, alors que la lettre était signée, en se limitant à dire que le recourant n'avait donné aucune information sur le contexte du revirement. Il incombait à la cour cantonale d'entrer en matière sur la demande de révision pour éclaircir les raisons qui avaient amené B.________ à revenir sur ses accusations de l'époque, par exemple en interpellant le recourant ou en interrogeant B.________. Dans le second jugement, la cour cantonale a confirmé que les rétractations de B.________ étaient floues et d'origine douteuse et n'étaient en conséquence pas propres à ébranler les constatations faites par les premiers juges. Pourtant, l'appréciation de la cour cantonale, selon laquelle la rétractation de B.________ est d'origine douteuse, était contredite par les déclarations écrites du chanoine, qui attestait que B.________ reconnaissait avoir accusé à tort le recourant et qui proposait d'expliquer le contexte de ce revirement. La cour cantonale ne pouvait dans ces conditions écarter le témoignage du chanoine au seul motif que celui-ci se bornait à exprimer un sentiment d'un tiers. Cette objection n'est en effet pas pertinente, dans la mesure où il s'agissait dans un premier temps uniquement d'établir les circonstances du dévoilement. En définitive, la cour cantonale ne pouvait pas, au stade de l'examen préalable, affirmer que les motifs de révision invoqués étaient manifestement mal fondés. Elle devait entrer en matière sur les demandes de révision et ordonner des mesures d'instruction complémentaires pour éclairer les circonstances entourant la rétractation de B.________. Le recourant avait d'ailleurs requis l'audition des auteurs des messages. Cette mesure d'instruction ne pouvait dans la configuration d'espèce être écartée sans violer le droit d'être entendu du recourant, dont il invoque également la violation.