Citation: 5P.50/2003 19.06.2003 E. A

A.a Le 21 décembre 1993, N.________ (ci-après: le preneur) a conclu avec la Y.________ Assurances, Société Suisse d'Assurances (ci-après: l'assurance), une assurance responsabilité civile concernant sa voiture de marque Mercedes pour la période allant du 6 décembre 1993 au 9 avril 1998. Le 9 juillet 1994 vers 17 h. 45, alors qu'il circulait au volant de son véhicule sur un tronçon de route rectiligne comportant deux voies de circulation dans chaque sens, le preneur a été impliqué dans un accident avec deux voitures de tourisme, qui s'est déroulé en résumé comme il suit: roulant sur la voie de gauche derrière une voiture de marque VW Jetta, à une vitesse légèrement supérieure aux 80 km/h. autorisés, il s'est subitement déplacé vers la droite, de sorte que les deux véhicules se sont retrouvés en parallèle. Comme la Mercedes se trouvait à une distance insuffisante de l'autre voiture, elle l'a heurtée sur le flanc droit. Le preneur ayant donné un coup de volant à droite, son véhicule a touché le trottoir, ce qui l'a renvoyé sur la gauche où il a heurté à nouveau la VW Jetta, projetant ce véhicule contre une voiture BMW qui arrivait en sens inverse sur la voie de gauche. Le conducteur de la VW Jetta est décédé tandis que celui de la BMW et ses deux passagers ont été blessés. Par arrêt du 11 mars 1996, la Cour correctionnelle avec jury du canton de Genève a condamné le preneur, pour homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence, à la peine de douze mois d'emprisonnement avec sursis pendant trois ans. La Cour de cassation genevoise a rejeté le pourvoi du condamné le 22 novembre 1996. Par arrêt du 17 février 1997, le Tribunal fédéral a également rejeté, dans la mesure où il était recevable, le pourvoi en nullité formé par le preneur contre cette décision. A.b Le 6 octobre 1998, l'assurance a fait notifier au preneur un commandement de payer la somme de 36'000 fr. plus intérêts à 5% dès le 9 juillet 1994, auquel celui-ci a fait opposition. En août 1999, elle a informé le preneur qu'elle faisait valoir contre lui son droit de recours à hauteur de 20% des indemnités versées aux lésés de l'accident du 9 juillet 1994. Elle lui a proposé de s'acquitter d'un acompte de 1'000 fr., étant disposée à discuter les modalités de remboursement. Le preneur a refusé, niant avoir commis une faute grave au sens de l'art. 14 al. 2 LCA. Le 11 août 1994, l'assurance lui a fait notifier un second commandement de payer, pour un montant de 150'000 fr. plus intérêts à 5% dès le 9 juillet 1994, qui a également été frappé d'opposition.