Citation: I 549/03 17.11.2003 E. 3

3.1 Le litige porte sur le point de savoir si l'invalidité du recourant s'est modifiée, entre le 17 février 1997 (date de la décision d'octroi d'une demi-rente) et le 18 octobre 2000 (moment où la décision litigieuse a été rendue), de manière à ouvrir droit à une rente entière. 3.2 La décision du 17 février 1997 était fondée pour l'essentiel sur les rapports du docteur A.________ des 10 avril et 12 septembre 1996. Le recourant présentait alors une rupture de la coiffe des rotateurs de l'épaule gauche et, après une intervention chirurgicale du 12 avril de la même année, son état de santé entraînait une incapacité de travail de 50 % dans son ancienne profession de machiniste. 3.3 La décision du 18 octobre 2000, par laquelle l'OAI a refusé une révision de la demi-rente d'invalidité, a été fondée en particulier sur l'avis du docteur A.________ (rapport du 21 janvier 1998 et rapport complémentaire du 22 août 2000). Dans son premier rapport, ce médecin a indiqué que les résultats du contrôle de l'épaule gauche de son patient étaient globalement superposables à ceux qui avaient été obtenus lors du précédent contrôle, une année auparavant. Sur le plan strictement orthopédique, il a ainsi confirmé une incapacité de travail de 50 %. Néanmoins, ce praticien a indiqué «qu'une invalidité complète devrait être envisagée» en raison des autres affections du recourant qui ont notamment donné lieu à deux interventions (opération d'une tumeur digestive en août 1997 et opération de la prostate en octobre 1997). Dans son rapport du 22 août 2000, le médecin prénommé n'a constaté aucune aggravation au niveau de l'épaule gauche et a réitéré son évaluation de la capacité de travail à raison de 50 % dans une profession adaptée, tout en précisant, par ailleurs, que l'assuré se plaignait de gonalgies bilatérales à prédominance droite et de douleurs au niveau de la cheville gauche et du dos. Il a considéré que l'apparition de ces dernières plaintes était récente et, se trouvant dans la perspective d'un rapport complémentaire à celui qu'il avait effectué le 21 janvier 1998, il n'a pas soumis son patient à d'autres examens spécifiques. 3.4 Lors de la procédure de recours devant la juridiction cantonale, l'assuré a déposé une expertise privée du docteur C.________ du 10 janvier 2001 (examens radiologiques), fondée sur une consultation du 17 octobre 2000. Ce médecin a conclu à une incapacité de travail de 100 % comme machiniste, et de 50 à 0 % dans un travail sans efforts ni décollement de l'épaule gauche. L'imagerie médicale lui a permis de déceler, en sus de l'atteinte à l'épaule gauche provoquant un handicap important, une épicondylite radiale au coude gauche, de l'arthrose au coude droit, une instabilité (responsable de diverses chutes) au niveau du genou gauche, des pincements et boursouflures internes au genou droit, ainsi qu'un début d'arthrose sous-astragalienne avec excroissances osseuses au pied droit. Dès lors, en tenant compte des atteintes signalées les 21 janvier 1998 et 22 août 2000 par le docteur A.________ (que ce soit au niveau de l'appareil digestif, de la prostate, ou au niveau des genoux, des chevilles et du dos), ainsi que des affections mises en évidence par le docteur C.________ lors de la consultation du 17 octobre 2000, il apparaît que l'assuré a présenté de nouveaux troubles physiques avant la décision litigieuse. En effet, bien que le rapport du docteur C.________ ait été rédigé le 10 janvier 2001, ses observations et conclusions attestent de l'existence de nouvelles affections durant la période déterminante comprise entre le 17 février 1997 et le 18 octobre 2000. Les premiers juges ont ainsi admis à tort une modification de son état de santé uniquement postérieure à la date de ladite décision. Par conséquent, suivant l'avis de l'expert E.________ (rapport du 6 septembre 2002), l'état somatique de l'assuré doit faire l'objet d'investigations aux fins de déterminer dans quelle mesure les nouveaux troubles constatés influencent sa capacité de travail et respectivement sa capacité de gain. A cet égard, et comme l'ont retenu les premiers juges, une expertise pluridisciplinaire devra être mise en oeuvre. Vu ce qui précède, le dossier doit être renvoyé à l'intimé pour nouvelle décision, après qu'il ait complété l'instruction au sens des considérants.