Citation: 5A_180/2019 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, il faut admettre avec la cour cantonale qu'en sa qualité d'avocat, le recourant ne pouvait ignorer la nécessité d'apporter une attention toute particulière à la date de réception de la décision du Tribunal de première instance, ceci afin d'être en mesure de calculer correctement l'échéance du délai de recours (cf. notamment arrêts 4A_52/2019 du 20 mars 2019 consid. 3.3; 4A_442/2009 du 17 novembre 2009 consid. 2). Ainsi, lorsqu'il a pris connaissance dudit jugement le 17 octobre 2018, à savoir le lendemain de la notification effectuée en mains de son épouse, le recourant aurait dû s'assurer de la date de sa notification, et non se contenter, comme il l'explique lui-même, de croire " de bonne foi que dit jugement avait été reçu par son épouse le 17 octobre 2018". A cet égard et contrairement à ce qu'il soutient, le seul fait qu'il ait reçu le pli non pas via son Etude d'avocats mais à son domicile personnel ne change rien au fait qu'en sa qualité d'avocat, il devait savoir que procéder à la vérification précitée fait partie des précautions élémentaires lorsque l'on entend interjeter recours. De même, la circonstance selon laquelle le pli a été réceptionné par son épouse et non par lui personnellement, et qu'il se trouverait dans une situation familiale qu'il qualifie d'extrêmement délicate, est également dépourvu de pertinence. En outre, le fait que la restitution de délai ne porte que sur un seul jour n'a pas non plus d'incidence sur l'issue du litige. En tant que le recourant prétend qu'il n'aurait pas pu s'attendre à ce que la décision soit notifiée à ce moment-là, puisque contrairement à ce que requiert l'art. 84 al. 1 (recte: al. 2) LP, la notification a eu lieu non pas cinq jours, mais cinq semaines après l'audience de mainlevée, il y a lieu de relever, d'une part, que le délai de cinq jours prévu par l'art. 84 al. 2 LP n'est qu'un délai d'ordre (arrêts 5A_203/2017 du 11 septembre 2017 consid. 5.3; 5A_209/2012 du 28 juin 2012 consid. 2 non publié in ATF 138 III 483) et, d'autre part, que dans la mesure où il savait qu'une procédure était pendante, le recourant devait de toute manière s'attendre à ce qu'un jugement lui soit notifié. Au demeurant, il perd de vue que l'on ne se trouve pas dans une situation dans laquelle il aurait été empêché d'agir durant toute la durée du délai de recours, mais au contraire dans un cas où il a pris connaissance à temps du jugement de première instance et calculé de manière erronée ledit délai de recours, faute d'avoir procédé aux vérifications élémentaires qui s'imposaient à lui eu égard à sa qualité d'avocat. Au surplus, on ne peut suivre le recourant, en tant qu'il semble sous-entendre que la question de la légèreté de la faute, au sens de l'art. 148 CPC, devrait être interprétée plus ou moins strictement en fonction de circonstances qui ont trait au fond du litige, voire des chances de succès du recours qu'il a introduit tardivement. Enfin, il omet que la garantie d'un procès équitable ne dispense pas les plaideurs d'agir dans le respect des règles de procédure légitimement imposées dans l'intérêt d'une administration efficace de la justice et dans l'intérêt des autres parties au procès (ATF 132 I 134 consid. 2.1 p. 137; 131 II 169 consid. 2.2.3 p. 173). Dans ces conditions, la cour cantonale n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en écartant l'existence d'une faute légère au sens de l'art. 148 CPC.