Citation: 1C_312/2019 E. 3.2

3.2. Les recourants font valoir que le projet litigieux empiète à plusieurs endroits tant sur la distance réglementaire que sur la future limite résultant de la LRou. Selon eux, le rattachement de la bande de terrain au domaine public et l'élargissement de la chaussée publique vont entraîner le déplacement de la limite des constructions découlant de l'art. 36 LRou puisque le milieu effectif de la chaussée va se rapprocher de la parcelle n° 1963. Ils estiment cependant qu'il est difficile d'être plus précis puisqu'il n'y a pas d'indication sur le plan de la distance résultant de l'art. 36 LRou par rapport à l'axe de la voie publique projetée ainsi que sur la distance de 5 m réglementaire par rapport à la future propriété. Ils prétendent que le raisonnement et la conclusion de la cour cantonale sont arbitraires, vu ces lacunes des plans. Ils se plaignent aussi à cet égard d'une violation du droit d'être entendu et sollicitent une instruction de ces éléments avec détermination des parties. Cette argumentation est toutefois insuffisante à démontrer l'arbitraire du raisonnement de l'instance précédente. En effet, il ne paraît pas insoutenable de retenir, comme l'a fait la cour cantonale, que l'art. 17 du règlement communal ne s'applique pas en l'espèce car on ne se trouve pas en présence d'une voie publique "projetée" puisque la voie publique existe déjà et restera telle qu'elle est; l'instance précédente a ensuite considéré que c'était l'art. 36 LRou qui trouvait application; or cette disposition fixe la limite des constructions par rapport à l'axe de la chaussée "délimitée par les voies de circulation", ce qui ne prend pas en compte les trottoirs. Comme en l'occurrence, la voie de circulation ne va pas être modifiée puisque l'élargissement prévu permettra la construction d'un trottoir uniquement, le Tribunal cantonal pouvait considérer, sans arbitraire, que l'implantation des trois bâtiments à 7 m de distance par rapport à l'axe médian de la route était conforme à l'art. 36 LRou. Pour ce faire, il s'est d'ailleurs fondé sur la limite des constructions selon l'art. 36 LRou qui a été tracée sur le plan de situation pour enquête (plan 64), daté du 13 décembre 2017 et établi par le géomètre officiel. Le dossier n'est donc pas lacunaire sur ce point, de sorte qu'il n'y a pas non plus de violation du droit d'être entendu. Mal fondés, les griefs doivent être rejetés.