Citation: 1C_407/2020 E. 9

Les recourantes invoquent l'art. 5 LFo, aux termes duquel les défrichements sont en principe interdits (al. 1). Cette critique - bien qu'exprimée en fin de recours - est en réalité à mettre en lien avec le grief portant sur le caractère prétendument vicié du PDCn, les recourantes affirmant en effet que les exigences de protection forestière n'auraient pas été prises en compte dans l'analyse multicritère mise en oeuvre, au stade du PDCn, pour la sélection des sites. De même, la priorité aurait été donnée au parc éolien du Mollendruz au détriment d'autres sites identifiés par le PDCn, pourtant situés hors des aires forestières. Tout d'abord et pour les motifs développés au consid. 5 ci-dessus, il n'y a pas lieu de revenir sur les critères de sélection des sites éoliens définis dans le PDCn ni sur le choix concret du site du Mollendruz (voir également arrêt 1C_628/2019 du 22 décembre 2021 consid. 2.2). Ensuite, le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de confirmer que le PDCn n'instaurait pas de priorité dans la réalisation des parcs éoliens (cf. arrêt 1C_628/2019 du 22 décembre 2021 consid. 2.2 et 3.3). Enfin, l'art. 7 LFo règle la compensation du défrichement; cette disposition vise à favoriser dans certaines situations, à la place d'une compensation en nature, des mesures équivalentes en faveur de la protection de la nature et du paysage (cf. art. 7 al. 2 LFo), l'art. 5 al. 4 LFo précisant qu'en cas de défrichement, les exigences de protection de la nature et du paysage doivent être respectées (cf. Rapport de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil des Etats du 3 février 2011, FF 2011 ch. 3.3 p. 4097 et ch. 4.1 p. 4104 ss). Comme l'a, à juste titre, souligné le Tribunal cantonal, cette réglementation correspond à celle de l'art. 18 al. 1 ter LPN (cf. arrêt 1C_391/2014 du 3 mars 2016 consid. 5.5). Or, en l'espèce, le plan d'affectation et l'autorisation de défrichement ont été coordonnés; les impacts sur l'avifaune ont été évalués selon des critères analogues, les mesures de compensation prévues étant liées tant aux atteintes aux biotopes qu'au défrichement d'une partie du pâturage boisé (à noter qu'il n'a pas été opté pour un reboisement compensatoire, la surface forestière augmentant dans la partie jurassienne du canton, selon la décision de la DGE du 6 août 2018; cf. art. 7 al. 2 let. a LFo; à ce propos, voir également Rapport de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil des Etats du 3 février 2011, FF 2011 ch. 4.1 p. 4104 s.). Il convient dès lors d'examiner ces mesures, respectivement les atteintes qu'elles visent à compenser, pour chacune des espèces et biotopes concernés.