Citation: 1C_398/2023 E. 3.3.2

3.3.2. Le recourant ne conteste pas réellement avoir eu connaissance des conséquences de l'abus subi en 1984-1985 en 2010 au plus tard. Il se contente d'affirmer que la date à prendre en compte pour le calcul du délai de péremption serait le mois de juillet 2012 car les lésions corporelles simples seraient survenues non pas au moment où il s'est confié sur l'abus subi mais au moment de son incapacité de travail en juillet 2012. A le suivre, le fait de s'exprimer sur l'abus subi ne correspondrait pas au caractère reconnaissable de l'atteinte. Partant, le recourant se contente d'opposer appellatoirement sa propre appréciation à celle de l'instance précédente, sans nullement démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Il ne démontre en particulier pas en quoi la cour cantonale aurait procédé par arbitraire en se fondant sur les déclarations qu'il avait faites devant la police et sur les rapports de sa psychologue et de son psychiatre pour retenir que l'atteinte à sa santé psychique était connue en 2010 au plus tard. En effet, selon l'art. 25 al. 1 LAVI, la demande d'indemnisation et de réparation morale doit être introduite à compter du moment où la victime a eu connaissance de l'infraction. Il ne peut être déduit de ce texte qu'il y a lieu d'attendre que toute victime - consciente de son mal-être et des raisons de celui-ci - se décide de contacter un centre LAVI, et surtout d'amorcer un suivi médical et d'être en incapacité de travail pour faire courir le délai prévu par la loi. Le moment de la survenance des lésions et de leur prise de conscience - à partir duquel le délai commence à courir - doit être distingué des mesures entreprises, ou non, pour les soigner et d'une incapacité de travail. La cour cantonale n'a par conséquent pas apprécié les faits de manière arbitraire ni violé le droit fédéral en jugeant que la demande d'indemnisation déposée en juin 2016 était tardive.