Citation: 6B_211/2008 23.06.2008 E. C

Ce jugement retient, en résumé, ce qui suit. C.a Le 27 mars 2002, vers 22 heures 30, X.________ et Y.________ se trouvaient dans un établissement public à Evolène. Ils ont commandé deux bières, puis sont montés à l'étage pour jouer au billard. A un moment donné, Y.________ est descendu et a sélectionné de la musique sur le juke-box se trouvant à proximité du bar, où était notamment assis D.________, avant de remonter. Ce dernier a été contrarié par le choix musical de Y.________ et en a fait la remarque à la sommelière, E.________. Vers 23 heures, C.________ et F.________, qui rentraient du travail, sont entrés dans l'établissement. C.________, ami d'enfance de D.________, a salué ce dernier et discuté un moment avec lui. Sur ces entrefaites, sont entrés A.________ et B.________, qui avaient préalablement fréquenté d'autres établissements publics. A peu près au même moment, X.________ et Y.________, qui avaient terminé leur partie de billard, sont descendus et se sont assis au bar. Une vive discussion s'est engagée entre X.________ et D.________ au sujet des choix musicaux. Elle s'est envenimée et a dégénéré. C.b S'agissant du début et du déroulement de la bagarre qui a suivi, les protagonistes et témoins ont fait des déclarations confuses et divergentes. Selon X.________, D.________ se serait approché de lui, l'aurait insulté et invité à se battre à l'extérieur, ce qu'il aurait refusé. Son agresseur l'aurait alors empoigné et projeté à terre. Il se serait relevé et défendu en lui donnant une claque du revers de la main. Sur quoi, D.________, puis A.________, B.________ et une quatrième personne, voire une cinquième et une sixième, se seraient précipités sur lui et l'auraient roué de coups. D.________ a admis qu'il s'était "engueulé" avec X.________, que tous deux s'étaient mutuellement provoqués, puis repoussés, sans toutefois tomber. Ils se seraient ensuite empoignés par les vêtements et X.________ lui aurait assené un coup de poing sur la joue gauche. Il se serait défendu en lui donnant plusieurs coups de poing. X.________ l'aurait alors invité à régler leurs comptes dehors. A.________ et B.________ ne seraient intervenus que pour les séparer. C.c Sur la base d'une appréciation des preuves, l'autorité cantonale a retenu que les faits s'étaient déroulés de la manière suivante. Lorsque X.________ et Y.________ sont redescendus s'asseoir au bar, D.________, sous l'influence de l'alcool et irrité par leur choix musical, s'en est pris à X.________ durant une dizaine de minutes, cherchant à le pousser à bout. Le ton est monté et les intéressés se sont mutuellement provoqués, en des termes qui n'ont pu être établis. Sur quoi, D.________ a demandé à X.________ de sortir pour régler leurs comptes, ce que ce dernier a refusé de faire. D.________ a alors saisi X.________, par le pull ou par sa chaînette, et l'a projeté à terre. X.________ a repoussé l'attaque en donnant à son adversaire une claque du revers de la main. A un moment donné, D.________ s'est adressé en patois à A.________ et à B.________, qui se sont approchés. Tous deux sont ensuite intervenus dans la bagarre. C.d S'agissant de la participation de A.________, B.________ et C.________ à la bagarre, les protagonistes ont fait des déclarations contradictoires. Selon X.________, A.________, B.________ et C.________, voire une ou deux autres personnes, se sont joints à D.________ pour le frapper. A.________ et B.________ ont soutenu n'être intervenus que pour séparer les protagonistes. C.________ a nié avoir pris part à la bagarre, disant avoir uniquement tenté de retenir D.________ en dehors du cercle des participants. Face à ces versions divergentes et aux déclarations imprécises des autres personnes entendues, l'autorité cantonale, après les avoir analysées, est parvenue à la conclusion qu'il subsistait un doute sérieux sur le point de savoir si A.________ et B.________ s'étaient alliés à D.________ pour frapper X.________ ou s'ils n'étaient intervenus que pour séparer ces derniers. Retenant cette seconde hypothèse, parce que plus favorable aux deux accusés, elle les a acquittés en application de l'art. 133 al. 2 CP. S'agissant de C.________, elle a tenu pour établi qu'il n'avait pas pris part à la bagarre, mais s'était borné à tenter de retenir D.________. Elle l'a dès lors également acquitté.