Citation: 5A_24/2018 E. 4.4.2

4.4.2. Contrairement à ce que prétend la recourante, le fait " qu'un avocat bien installé qui diminue son temps de travail de moitié ne voie pas même ses revenus se diminuer de moitié, puisqu'il va conserver les affaires les plus lucratives ou les plus intéressantes " ne saurait être qualifié de notoire, au sens de la jurisprudence (ATF 143 IV 380 consid. 1.1.1). Cela étant, la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en retenant que l'époux avait rendu vraisemblable qu'en 2016, en travaillant deux fois moins que les années précédentes, ses revenus effectifs avaient été divisés par six. En effet, à cet égard, elle s'est limitée à affirmer, de manière toute générale, que les revenus réalisés par l'époux en 2016 " n'étaient pas incompatibles avec ceux qu'il obtenait en travaillant deux fois plus " et qu'il était notoire que, " compte tenu de frais fixes pratiquement équivalents, celui qui travaille à un taux supérieur à la moyenne réalise des revenus proportionnellement plus élevés que celui qui ne travaille qu'à temps partiel ", mais n'a nullement indiqué sur quels éléments du dossier elle s'est fondé pour retenir qu'une diminution par six des revenus était rendue vraisemblable en l'espèce. A cet égard, il faut relever que le seul fait que l'époux doive faire face à des frais fixes ne permet pas à lui seul de déterminer dans quelle proportion ses revenus ont diminué. Le montant de ses revenus dépend notamment du chiffre d'affaires réalisé et du montant des frais fixes. En l'occurrence, on ignore le montant des frais fixes - ainsi que des autres frais - dont l'époux s'est acquitté, de même que le montant du chiffre d'affaires réalisé en 2016, et on ne sait pas non plus si l'époux a facturé cette année-là l'ensemble des prestations qu'il a effectuées, la cour cantonale n'ayant mentionné aucun de ces éléments. La cause doit donc être renvoyée à l'autorité cantonale pour qu'elle détermine le montant des revenus de l'époux pour l'année 2016 qu'il convient de prendre en considération pour calculer la contribution d'entretien. Il faut encore relever que selon la jurisprudence, si les allégations d'un indépendant sur le montant des revenus ne sont pas vraisemblables ou si les pièces produites ne sont pas convaincantes, l'autorité peut se fonder sur d'autres indices pour établir ses revenus (cf. supra consid. 4.1). Dans sa réponse au recours, l'intimé expose qu'il n'y a pas lieu de lui imputer un revenu hypothétique. Quoi qu'il en soit, dans la mesure où la recourante ne prétend pas qu'un revenu hypothétique aurait dû être imputé à son époux, seule la question du revenu effectif devra être examinée dans le cadre du renvoi.