Citation: 6B_1015/2017 E. B

Par jugement du 14 juin 2017, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté l'appel formé par X.________ contre ce jugement, a admis celui formé par le ministère public et a réformé celui-ci en ce sens que X.________ est condamné, pour tentative de brigandage qualifié et infraction à la LArm, à une peine privative de liberté de quatre ans, sous déduction d'un jour de détention avant jugement. Elle a confirmé le jugement pour le surplus. La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. De nationalité suisse, X.________ est né en 1974 en Serbie. Il a suivi le gymnase et l'école de commerce dans ce pays, avant de s'installer en Suisse en 1992. Il y a d'abord travaillé comme ouvrier durant quelques années, avant d'être engagé, en 1997, chez G.________ SA, société pour laquelle il a oeuvré pendant plus de 10 ans. Parallèlement, il a suivi des cours du soir en informatique. Par la suite, il a travaillé en qualité de courtier en assurances et crédits, tout en exerçant une activité accessoire d'agent de sécurité, pour laquelle il a été licencié en 2014. Il vit avec son épouse et leurs deux enfants. Le casier judiciaire suisse de X.________ ne comporte aucune inscription. B.b. B.b.a. Le 26 mars 2013, peu après 10 h, A.________ a été violemment agressé par B.________ dans sa bijouterie de la rue H.________ à I.________. Ce dernier a été interpellé par la police avant d'avoir pu emporter des valeurs. Les investigations menées par le ministère public ont permis l'interpellation d'autres participants à ce forfait, soit C.________, D.________, E.________ et F.________. Un sixième individu, J.________, a été interpellé dans la région lyonnaise et jugé en France sur délégation des autorités judiciaires helvétiques. Par jugement du 26 novembre 2014, le Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne a condamné B.________, C.________, D.________, E.________ et F.________, pour tentative de brigandage qualifié pour les trois premiers, pour complicité de brigandage qualifié pour le quatrième et pour complicité de brigandage simple pour le dernier, pour leur implication dans la tentative de brigandage commise le 26 mars 2013, à des peines privatives de liberté respectives de sept, cinq et quatre ans, 20 mois avec sursis durant quatre ans et 14 mois avec sursis pendant quatre ans. Le 9 juin 2015, la Cour d'appel pénale a rejeté les appels formés contre ces condamnations, qu'elle a intégralement confirmées. Lors des débats qui ont eu lieu entre le 4 et le 6 novembre 2014, B.________ a déclaré aux juges, juste avant la clôture de la procédure probatoire, que la personne qui lui avait décrit la bijouterie le 26 mars 2013, avant qu'il ne passât à l'acte, n'était pas D.________, comme il l'avait indiqué auparavant, mais "une personne de l'Est avec un fort accent". Ses propos ont été confirmés par D.________, lequel n'a cependant pas voulu identifier ce tiers. Compte tenu de ces déclarations, corroborées par certains éléments du dossier, une nouvelle procédure pénale a été ouverte pour identifier la personne dont B.________ et D.________ avaient fait état. Celle-ci a finalement été identifiée comme étant X.________. La cour cantonale a retenu que les faits s'étaient déroulés de la manière suivante. B.b.b. Le 23 mars 2013, C.________ et E.________ ont rencontré D.________ et X.________ dans un bar à K.________. Le rendez-vous avait pour but initial de discuter de crédits que D.________ avait la possibilité d'obtenir. Lors de la discussion, C.________, D.________ et X.________ ont évoqué l'idée de commettre un brigandage dans une bijouterie de I.________. Leur choix s'est porté sur celle d'A.________, qui présentait l'avantage de se trouver au premier étage d'un immeuble, donc à l'abri des regards. Elle était en outre tenue par une personne seule et âgée. La date de l'opération a été fixée au 26 mars 2013. C.________ a proposé qu'un ami, J.________, se joigne à eux. Les trois hommes sont convenus de se retrouver le 25 mars 2013 dans le bar "L.________", à I.________, à proximité immédiate de la bijouterie visée, afin de discuter de la suite des opérations. C.________ et E.________ sont ensuite repartis en direction de I.________. Sur le chemin du retour, C.________ a demandé à E.________ de lui apporter sa montre de marque Rolex et des gants en latex le 25 mars 2013, en vue du brigandage. Dans l'après-midi du 25 mars 2013, C.________ a rejoint J.________ et F.________ à M.________. Les deux premiers nommés ont expliqué au troisième leur projet concernant la bijouterie. F.________, qui avait accepté la veille de loger J.________, a également été d'accord de prêter sa voiture le lendemain. Le même jour, en fin de journée, C.________, J.________, E.________, D.________ et X.________ se sont retrouvés au bar "L.________". E.________ a donné à C.________ les gants en latex et sa montre Rolex. Celle-ci devait servir de leurre pour aborder le bijoutier et pénétrer dans son commerce. J.________ a suggéré à ses comparses de s'adjoindre les services d'un tiers devant aller seul agresser A.________ et lui dérober sa marchandise. Ainsi, aucun des participants à la discussion ne pourrait être reconnu par le bijoutier ou des tiers. Tous ont accepté et B.________ a été contacté. C.________, J.________, D.________ et X.________ sont convenus de se retrouver le lendemain matin, à 9 h, au bar "N.________", afin de discuter des derniers détails de l'opération. B.b.c. Le 26 mars 2013, vers 1 h du matin, C.________ et J.________ sont allés chercher B.________ en France. Sur le chemin du retour en Suisse, ils lui ont expliqué leur projet. Ils lui ont en particulier exposé qu'il aurait pour tâche d'attacher et de bâillonner le bijoutier, qui était une personne âgée, puis de lui dérober sa marchandise. Le 26 mars 2013, vers 9 h, C.________, B.________ et J.________ sont arrivés à I.________. Ils ont retrouvé X.________ au bar "N.________". D.________ était pour sa part en retard et avait envoyé un SMS à X.________ pour l'en avertir. Une discussion s'est tenue pour finaliser l'opération. C.________ et J.________ ont une nouvelle fois expliqué à B.________ qu'il devait se rendre à la bijouterie et demander au bijoutier d'évaluer la montre Rolex. Une fois à l'intérieur, il bâillonnerait le bijoutier au moyen d'une chaussette et de ruban adhésif et l'attacherait avec des ligatures en plastique. Il se servirait des gants en latex pour éviter de laisser des empreintes, ainsi que d'un spray lacrymogène pour maîtriser le bijoutier. Une fois ce dernier attaché, B.________ s'emparerait de l'argent et des bijoux qui se trouvaient dans un coffre puis rejoindrait ses comparses. X.________ a pour sa part expliqué à B.________ la situation de la bijouterie, l'emplacement du coffre et des clés de celui-ci. Pendant la discussion, D.________ a rejoint le groupe et les acolytes se sont répartis les rôles de la manière suivante : le dernier nommé resterait à la place O.________ pour faire le guet; J.________ se posterait vers le haut de la rue H.________ pour faire le guet et prévenir B.________ par téléphone cellulaire en cas de problème; C.________ se trouverait dans le véhicule automobile, au niveau de la place P.________, en attendant le retour de J.________ et de B.________ après l'exécution de l'opération; les trois comparses devaient ensuite retrouver D.________ et X.________ au centre commercial de Q.________ pour le partage du butin. Une fois la discussion terminée, chacun a rejoint son poste. B.b.d. Vers 10 h, B.________ a abordé A.________ alors que ce dernier s'apprêtait à entrer dans l'immeuble où se trouve sa bijouterie. Il lui a déclaré qu'il souhaitait faire estimer la montre qu'il portait. A.________ l'a invité à monter dans la bijouterie. A l'intérieur, il a examiné la montre, puis a suggéré à B.________ de se rendre chez un confrère. Il a ensuite raccompagné celui-ci à la porte de la bijouterie. Avant qu'A.________ n'ouvre la porte, B.________ l'a violemment saisi au niveau du cou, l'a fait tomber au sol et l'a traîné dans une autre pièce située en face de l'entrée. A cet endroit, il s'est mis à califourchon sur le bijoutier, lequel s'est débattu. B.________ l'a frappé et lui a violemment enfoncé une chaussette dans la bouche, ce qui a entraîné un décollement du dentier d'A.________, avant de mettre du ruban adhésif autour de sa tête afin de maintenir la chaussette dans sa bouche. Au moyen des ligatures en plastique, il a attaché la main droite d'A.________ à des fils électriques et la main gauche à un petit meuble. N'arrivant plus à respirer, le prénommé a fini par perdre connaissance. Une alarme sonore s'est entre-temps déclenchée. B.________ a pris les clés du bijoutier et a parcouru la bijouterie à la recherche du coffre. Craignant d'être appréhendé, il a finalement renoncé et a quitté la bijouterie. Il a ensuite été appréhendé par la police tandis qu'il tentait de sortir de l'immeuble. Lorsque les policiers sont arrivés dans la bijouterie, A.________ gisait inconscient au sol. Son pantalon était souillé d'urine. Un agent de police a enlevé le bâillon et a alors constaté que les dentiers du prénommé, enfoncés dans sa gorge, obstruaient ses voies respiratoires. Après que le policier les eut retirés, A.________ a pu respirer faiblement. Il a par la suite été transporté d'urgence à l'Hôpital R.________. B.b.e. A 10 h 10, dans l'attente de l'arrivée de ses comparses, X.________ a acheté un billet de loterie au kiosque du centre commercial de Q.________. Une minute plus tard, D.________ lui a téléphoné. Vers 10 h 20, D.________ a retrouvé X.________ à Q.________ et les deux hommes ont attendu leurs comparses en vain. Ils ont finalement quitté le centre commercial pour reprendre leurs activités professionnelles. Le 27 mars 2013, à 12 h 28, D.________ [A.] a téléphoné à X.________ [B.], la conversation s'étant déroulée comme il suit : "A. S.________, ça va ? Je suis pas encore allé les voir. Mais bon ça fait chier, une histoire de merde. Tu as lu le journal aujourd'hui ou pas ? (Conversation coupée, reprise juste après) B. Allo? Oui ça a coupé. Tu peux parler ? A. Pas trop, mais tu veux faire quoi ? B. T'es où ? A. A la maison. B. Quand tu sors, tu peux m'appeler ? A. Ouais, je passerai te voir. B. Toute façon j'ai quelque chose pour toi, je veux t'expliquer." Les deux hommes ont encore eu une conversation téléphonique un peu plus tard, en début de soirée. B.b.f. Selon les constatations médicales, A.________ a souffert de nombreuses lésions physiques. Compte tenu de la présence de signes et de symptômes d'hypoxie cérébrale caractérisée - soit une perte de connaissance et une fuite d'urine -, les médecins ont conclu à une mise en danger concrète de la vie de l'intéressé du point de vue médico-légal. Depuis son agression, A.________ ne peut plus exercer son activité professionnelle comme auparavant. Les séquelles physiques et psychologiques lourdes laissées par l'agression l'ont obligé à interrompre son activité professionnelle pendant pratiquement toute l'année ayant suivi les faits, puis à reprendre celle-ci à un taux très réduit. A cela se sont ajoutés des troubles psychologiques de type syndrome post-traumatique, lesquels conduisent notamment l'intéressé à subir des attaques de panique et à être souvent sur le "qui-vive". Il a dû aménager son temps de travail pour se sentir moins en danger et modifier ses habitudes de vie en profondeur. Il ne peut en particulier plus s'adonner à la voile. A.________ présente par ailleurs une fatigabilité plus grande qu'auparavant et ne peut tenir longtemps une position sans ressentir de la douleur, ce qui le contraint à des périodes de repos fréquentes. Enfin, sur le plan cognitif, il souffre de troubles de l'attention, de la concentration et de la mémoire qui n'existaient pas à cette intensité avant l'agression. B.c. En 2015, X.________ a détenu un bâton tactique télescopique et un poing américain dont la possession est prohibée.