Citation: 5C.285/2000 26.06.2001 E. 1

Dans le même temps, il a fait l'objet de commandements de payer pour un montant total de 11'700 fr., auxquels il a systématiquement fait opposition. De 1992 à 1999, il a en outre délivré pour plus de 150'000 fr. d'actes de défaut de biens. Son épouse a également reçu des commandements de payer et a délivré des actes de défaut de biens pour un montant total de près de 260'000 fr. Selon l'autorité cantonale, son engagement dès le 1er février 2000 comme "directeur manager" de la succursale en Suisse d'une société britannique ne changeait rien à sa situation, car il continuait en réalité à exercer sa profession de façon complètement indépendante sous le couvert d'une position de salarié. On ne peut ainsi nier que le recourant, par son penchant à une gestion durablement déraisonnable, ne se procure pas les moyens d'existence nécessaires, pour lui comme pour sa famille. Il apparaît que cette mauvaise gestion trouve sa cause dans la négligence du recourant, dans sa légèreté, sa faiblesse de volonté ou d'autres motifs semblables (ATF 92 II 141). L'autorité cantonale a en effet retenu, à l'instar du juge pénal en 1993, l'instabilité professionnelle de l'intéressé, sa propension à prendre ses désirs pour des réalités au détriment d'autrui et son incapacité chronique à gérer ses affaires. Sa situation requiert donc bien un encadrement important. Certes, cette assistance lui est actuellement assurée par un conseil légal gérant et coopérant. Une telle mesure est toutefois inadaptée, comme le démontre l'absence d'amélioration, voire même la péjoration de sa situation depuis 1995, en raison notamment de son manque de collaboration. Dans ces conditions, seule l'interdiction semble propre à empêcher le comportement économiquement déraisonnable du recourant, ce qui est le but de protection recherché.