Citation: 1P.224/2001 25.06.2001 E. A

A.- A.D.________ et B.D.________ sont copropriétaires des parcelles n°5393 et 5583 du Registre foncier d'Anières, au lieu-dit "Champs Lingots". Ces bien-fonds sont classés dans la cinquième zone à bâtir, destinée aux villas, régie par l'art. 19 al. 3 de la loi genevoise d'application de la LAT, du 4 juin 1987 (LALAT). La parcelle n°5393 forme avec les parcelles voisines n°5390, 5391 et 5392 un lotissement de quatre maisons d'habitation, soit deux paires de maisons mitoyennes, occupant chacune l'une de ces parcelles. Ces maisons ne comptent qu'un niveau et sont surmontées d'un toit plat. A.A.________ est propriétaire de la parcelle n°5390, les époux B.________ de la parcelle n°5391 et les époux C.________ de la parcelle n°5392. Le 10 décembre 1996, les époux D.________ ont demandé au Département des travaux publics et de l'énergie du canton de Genève (devenu dans l'intervalle le Département de l'aménagement, de l'équipement et du logement; ci-après: le Département cantonal) l'autorisation de surélever leur maison d'un niveau surmonté d'un toit à quatre pans (procédure DD 94683). Mis à l'enquête publique, ce projet a suscité l'opposition de A.A.________ et des époux B.________, ainsi que de E.________. Les préavis des services cantonaux ont été favorables, alors que la commune d'Anières a émis des réserves, notamment pour ce qui concernait le caractère esthétique du projet. Le 23 juillet 1997, le Département cantonal a écarté les oppositions et octroyé l'autorisation de construire, y compris une dérogation à la norme de rapport des surfaces, selon l'art. 59 de la loi genevoise sur les constructions et les installations diverses, du 14 avril 1988 (LCI). Le 4 avril 2000, la Commission cantonale de recours en matière de constructions du canton de Genève (ci-après: la Commission cantonale) a admis le recours formé par A.A.________, ainsi que les époux B.________ et C.________, contre la décision du 23 juillet 1997, qu'elle a annulée au motif que le Département cantonal n'aurait pas procédé à l'examen de la statique du bâtiment litigieux. Les époux D.________ ont recouru contre cette décision auprès du Tribunal administratif du canton de Genève. En cours de procédure, A.A.________ et consorts ont déposé une demande préalable de construire, portant sur la surélévation de leurs propres maisons, dont le toit resterait plat (procédure DD 17472). Dans le cadre de cette procédure, la commission d'architecture a, le 5 décembre 2000, émis un préavis favorable, en indiquant ce qui suit: "A l'évidence, cette proposition incite à poursuivre de manière cohérente l'opération de transformation, voire d'agrandissement des villas, tout en sauvegardant l'unité du langage architectural". Par arrêt du 13 février 2001, après avoir procédé à une inspection locale et joint à la procédure un rapport technique établi le 8 mai 2000 par la société Amsler et Bombeli S.A., ainsi qu'une contre-expertise établie le 10 novembre 2000 par la société Geos Ingénieurs Conseils S.A., le Tribunal administratif a admis le recours formé par les époux D.________ contre la décision du 4 avril 2000, qu'il a annulée.