Citation: 2C_429/2021 E. 5.4

5.4. Les recourants contestent tout d'abord que le port du masque soit apte à atteindre le but d'intérêt public visé. Selon eux, la contribution des masques à la propagation moins rapide du coronavirus ne serait pas établie, faute de données scientifiques solides à cet sujet. Ils affirment par ailleurs que la courbe épidémique des cas diminuait déjà avant l'introduction de la mesure litigieuse, ce qui démontrerait que cette dernière n'avait pas freiné le virus. Ils ajoutent à cela que des failles dans l'efficacité des masques auraient été mises en évidence dans des émissions de la Radio Télévision Suisse et que les masques ne seraient de toute façon pas utilisés de manière correcte par les élèves. Il y a lieu de rappeler que, lorsque l'évaluation d'une mesure dépend de connaissances techniques controversées, le Tribunal fédéral n'admet une violation du principe de proportionnalité que si l'inaptitude de cette mesure à atteindre le résultat recherché paraît manifeste (ATF 128 I 295 consid. 5b/cc). Sous cet angle, la jurisprudence a déjà eu l'occasion de considérer que, sur la base des connaissances du moment, le port du masque facial - préconisé par l'OFSP et recommandé par l'OMS - était apte à atteindre le but d'intérêt public visé, à savoir la réduction de la propagation du coronavirus (cf. arrêt 2C_793/2020 précité consid. 5.3.3 et les références citées, destiné à la publication; cf. également arrêts 2C_183/2021 précité consid. 6.3.4, destiné à la publication, et 2C_228/2021 précité consid. 5.4.4). Il n'était pas exclu qu'une mauvaise utilisation du masque puisse avoir des effets contreproductifs, voire donner un faux sentiment de sécurité; cela ne signifiait toutefois pas que le port du masque constituait une mesure inapte à protéger les personnes de la transmission du virus, mais seulement qu'il fallait expliquer à celles-ci de quelle manière se protéger efficacement (ibid.). Quoiqu'en disent les recourants, les statistiques épidémiques dont ils se prévalent ne parviennent pas à démontrer le contraire, puisqu'elles attestent bien d'une diminution - et non pas d'une augmentation - des cas depuis le 31 octobre 2020. Quant aux tests menés par la Radio Télévision Suisse, s'ils font état de défaillances, surtout des masques en tissu (qui ne sont soumis à aucune norme de qualité légalement contraignante; art. 105 al. 2 LTF), ils ne permettent pas pour autant de conclure à l'inefficacité de la mesure contestée. Dans ces circonstances, sur la base des connaissances actuelles et des arguments avancés par les recourants, le Tribunal fédéral ne voit aucune raison de s'écarter de son constat pris dans l'arrêt 2C_793/2020 (cf. également arrêts 2C_183/2021 précité consid. 6.3.4; 2C_228/2021 précité consid. 5.4.4, destinés à la publication). Au surplus, dans l'éventualité où il serait démontré que le port du masque n'aurait aucun effet sur la propagation du virus, ou si cette propagation devenait inexistante avec le temps, les autorités cantonales seraient amenées à reconsidérer cette mesure, conformément à l'art. 40 al. 3 LEp. Il convient ainsi d'écarter le grief des recourants quant à la règle de l'aptitude.