Citation: I 194/01 22.02.2002 E. 4

4.- a) Le recourant reproche aux premiers juges de s'être fondés à titre principal sur le questionnaire rempli le 29 mai 2000 par le docteur M.________. Il fonde l'essentiel de son argumentation sur l'appréciation du dossier médical de l'intimée par son médecin-conseil, qu'il cite de la manière suivante : il s'agit de diagnostics subjectifs [rachialgies et sciatalgies] qui doivent être rendus plausibles par des diagnostics objectifs [séquelles de 2 cures de hernie discale, le docteur Z.________ parle d'un syndrome d'arachnoïtide post-opératoire dans un rapport intermédiaire du 23 février 1990 par exemple]; les diagnostics d'arthrose et de troubles posturaux sont trop vagues et donc non probants en l'état. Les atteintes à la santé physique sont mal documentées ici et le taux d'incapacité de travail de 100 % pour l'activité de concierge [à mi-temps] mal étayé. b) En ce qui concerne l'évaluation de l'invalidité de l'intimée dans une activité lucrative exercée à mi-temps, tant le recourant que la juridiction cantonale ont procédé à une évaluation médico-théorique de son invalidité. En effet, la décision administrative litigieuse du 14 février 2000 se fonde sur le taux d'incapacité de travail de 75 % retenu par le docteur M.________ dans le rapport médical du 28 août 1998 et fixe ainsi le taux d'invalidité à 37.5 % pour l'activité lucrative (50 % de 75 %). De leur côté, les premiers juges ont pris en compte le taux d'incapacité de travail de 100 % dans tout travail extérieur (y compris la conciergerie), tel qu'attesté par le médecin traitant de l'assurée dans le document du 29 mai 2000 produit en cours de procédure. Sur cette base, ils ont conclu à une invalidité de 50 % pour l'activité lucrative exercée à mi-temps (50 % de 100 %). c) Il n'y a aucune raison, toutefois, de ne pas procéder, en l'espèce, selon la méthode générale de comparaison des revenus. aa) En ce qui concerne le revenu d'invalide, il y a lieu d'abord de déterminer le type d'activité lucrative que l'intimée pourrait raisonnablement exercer à temps partiel. Si l'on s'en tient au rapport du docteur M.________ du 28 août 1998, l'assurée n'arrive plus à assumer même le mi-temps de l'emploi de concierge. Elle ne peut pas effectuer des travaux lourds ni travailler longtemps debout et/ou assise et son incapacité de travail est de 75 %. Il résulte de ce rapport que les affections dont souffre l'intimée sont des lombosciatalgies sur troubles statiques et dégénératifs rachidiens et qu'elles ont des conséquences quant à la détermination des activités exigibles. On ne saurait, sans autres preuves, s'en tenir aux réponses du docteur M.________ du 29 mai 2000 au questionnaire que lui a soumis le mandataire de l'intimée. D'autant moins que les déclarations du médecin traitant ne coïncident pas avec le diagnostic posé par lui dans le rapport du 28 août 1998 et qu'elles ont une moindre valeur probante en raison du rapport de confiance qui lie celui-ci à son patient (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc; comp. ATF 124 I 175 consid. 4). Il est donc nécessaire que le recourant mette en oeuvre une expertise, par exemple auprès d'un spécialiste en orthopédie. Dès lors il se justifie de renvoyer la cause au recourant pour qu'il procède à une instruction complémentaire sur le point de savoir dans quelle mesure, au moment - déterminant en l'occurrence (ATF 121 V 366 consid. 1b et les arrêts cités) - où la décision administrative litigieuse du 14 février 2000 a été rendue, l'intimée subissait une diminution de sa capacité de travail en raison des affections dont elle est atteinte. Il importera également de déterminer si et, cas échéant, dans quelles activités elle pourrait être incapable de travailler, subsidiairement quelles sont les activités exigibles. bb) En ce qui concerne le revenu que l'intimée, sans invalidité, aurait pu réaliser en l'an 2000 si elle avait oeuvré en qualité de concierge des écoles, il ressort du questionnaire pour l'employeur du 3 septembre 1998 que le revenu annuel AVS était en 1997 de 34 160 fr. (y compris le 13ème salaire) pour une activité à 50 %. Il n'y a pas eu d'augmentation de salaire en 1998. Alors que l'évolution des salaires dans l'administration publique a été négative en 1999, elle fut de 1.0 % en 2000 (La Vie économique, 9-2001 p. 85, tabelle B 10.2). Au moment déterminant, le salaire annuel AVS à prendre en compte dans la comparaison des revenus était donc de 34 501 fr.