Citation: I 229/01 09.10.2001 E. 4

4.- a) Dans ses déterminations sur le recours, l'office AI du Valais fait observer que l'intimée souffre de fibromyalgie, ainsi que les docteurs C.________ et D.________ l'ont attesté (rapport du 29 juin 1998). A ce sujet, l'office se réfère à l'opinion du docteur E.________, médecin-chef du Service ambulatoire de la Clinique Z.________, qui estime que la fibromyalgie peut être assimilée à un trouble somatoforme, plus particulièrement au syndrome douloureux somatoforme persistant (Revue médicale de la Suisse romande, n° 6/2001, pp. 443 ss, spécialement p. 446). Cela exposé, l'office AI du Valais remarque qu'on ignore la mesure dans laquelle le syndrome douloureux influencerait en l'espèce le degré de la capacité de travail attesté par les experts C.________ et D.________. Néanmoins, comme ces derniers ont mentionné en premier lieu ledit syndrome dans la liste des affections qu'ils ont diagnostiquées chez l'intimée, l'office estime que ce point a occupé une place prépondérante dans leur appréciation du cas. b) Ainsi que l'office AI du Valais l'admet à juste titre au terme de son préavis, la gravité du syndrome douloureux et son éventuel caractère invalidant n'a pas été instruite à satisfaction. En effet, en l'absence d'une expertise psychiatrique répondant aux exigences posées par la jurisprudence (cf. VSI 2000 p. 155 consid. 2c), il est impossible de se prononcer sur l'incapacité de travail que ledit syndrome douloureux est éventuellement susceptible d'entraîner chez l'intimée (VSI 2000 p. 160 consid. 4b). En conséquence, il était prématuré de statuer sur le droit à la rente en l'état du dossier, si bien que les premiers juges ont annulé à bon droit les décisions des 10 mars et 17 novembre 2000. La juridiction cantonale de recours a omis de se prononcer sur la décision du 27 mars 2000 dont l'intimée avait pourtant également requis l'annulation (cf. écriture du 20 avril 2000). Le sort de cette décision est toutefois lié à celui de la décision du 10 mars 2000, dès lors qu'elle porte sur des rentes complémentaires pour enfant. Pour les motifs exposés ci-dessus et par économie de procédure, il convient aussi de l'annuler. c) En conséquence, la cause sera renvoyée à l'office AI du Jura (art. 55 LAI, 40 al. 3 RAI) afin qu'il reprenne l'instruction de la cause et statue à nouveau. S'il devait s'avérer que les faits invoqués dans un échange de lettres des 22 et 28 juin 2001 entre l'intimée et l'office AI du Valais sont survenus avant le 10 mars 2000, jour où la première décision litigieuse a été rendue, le recourant en tiendra également compte (cf. ATF 121 V 366 consid. 1b et les arrêts cités). Par ailleurs, les circonstances qui avaient amené l'intimée à réduire son activité lucrative en 1987 n'ont pas été suffisamment éclaircies, de sorte qu'il n'est pas non plus possible, en l'état, de se prononcer sur la méthode d'évaluation de l'invalidité qui est applicable au cas d'espèce (cf. ATF 117 V 194).