Citation: 1C_244/2015 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, il y a lieu tout d'abord de relever que les exemples jurisprudentiels cités par la cour cantonale ne sont pas dénués de toute pertinence. En effet, ils concernent des agressions perpétrées généralement à l'arme blanche et ayant eu des impacts importants tant physiques que psychologiques pour la victime (cf. le consid. 8d du jugement attaqué); de telles circonstances ne sont pas éloignées de celles qui prévalent dans le cas d'espèce concernant la recourante. Celle-ci ne le prétend d'ailleurs pas, ne se référant en particulier pas à d'autres cas similaires où l'indemnisation aurait été supérieure; elle relève uniquement la différence du chef d'infraction retenu dans ces exemples (lésions corporelles), l'omission de prendre en considération cet élément - soit la tentative d'assassinat subie -, la fuite du prévenu pendant douze ans, ainsi que ses problèmes psychologiques, ceux-ci ayant notamment entraîné son internement en 2010. Cependant, aucune de ces circonstances n'a été ignorée par l'autorité précédente lors de la fixation de l'indemnité à 10'000 fr., montant correspondant par ailleurs à la somme la plus élevée allouée dans les exemples cités. Ainsi, elle a relevé expressément la tentative d'assassinat contre la recourante. Puis, elle a indiqué quelles étaient en l'occurrence les conséquences (1) physiques (les coupures, le pneumothorax, l'hospitalisation découlant de l'agression, la récupération intervenue à la suite de ces blessures, sous réserve de l'incapacité d'ouvrir totalement la main droite et la cicatrice visible sur le front) et (2) psychologiques subies par la recourante (les insomnies, les cauchemars, la peur constante éprouvée - sentiment qui a perduré en raison de l'arrestation du prévenu uniquement plusieurs années après -, la dépression; cf. consid. 10 p. 19 de l'arrêt entrepris). De manière ensuite cohérente avec ses réflexions relatives à l'absence de lien de causalité entre l'agression de 1997 et les troubles ayant entraîné la perte de gain alléguée subie dès 2007 (cf. consid. 6 p. 15 ss de l'arrêt attaqué), la cour cantonale a retenu, à juste titre, que l'hospitalisation alors en cours ne pouvait pas influencer le montant de l'indemnité pour tort moral (cf. consid. 10 p. 19 du jugement cantonal). Il en résulte que l'appréciation effectuée par la Chambre administrative, qui se fonde sur l'entier des éléments invoqués par la recourante, n'est pas contraire au droit fédéral, ni a fortiori arbitraire. Partant, ce grief doit être rejeté.