Citation: 4D_46/2022 E. 4.4

4.4. La cour cantonale a retenu que la recourante était soumise à la CCT sur la base d'une double motivation, chacune suffisant à sceller le sort de cette problématique. Or, lorsque la décision attaquée comporte plusieurs motivations indépendantes dont chacune suffit à sceller le sort de la cause ou d'une partie de celle-ci, il appartient au recourant, sous peine d'irrecevabilité, de s'attaquer conformément aux art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF à chacune d'entre elles, et, pour obtenir gain de cause, de démontrer que ces motivations sont contraires au droit (ATF 142 III 364 consid. 2.4; 138 III 728 consid. 3.4; 136 III 534 consid. 2). Toutefois, la recourante n'a pas critiqué la première motivation des juges cantonaux, en lien notamment avec le fait qu'elle était membre de B.________ et qu'elle admettait elle-même sur son site internet être signataire de la CCT. Son moyen devrait dès lors être déclaré irrecevable. En tout état de cause, la recourante ne parvient pas à démontrer le moindre arbitraire dans la seconde motivation de la cour cantonale. La recourante ne conteste pas que l'activité qu'elle déploie généralement a trait au domaine de la voirie, mais soutient que la CCT ne s'appliquerait pas à ce domaine. Or, elle se limite à présenter sa propre interprétation de la CCT s'agissant de son application à des lieux " fermés ". Elle se fonde notamment sur la seconde partie de l'art. 2 al. 1 CCT, laquelle n'a toutefois pas été constatée par la cour cantonale; la recourante ne demande pas de complètement de l'état de fait à cet égard et n'allègue, ni ne démontre, l'avoir invoquée déjà auparavant. La recourante propose également, en quelques lignes, sa propre lecture de l'annexe 5 de la CCT. Pourtant, le contenu de la CCT tel que constaté par la cour cantonale, liant le Tribunal fédéral, ne permet en aucun cas de retenir que le balayage mécanique de voirie serait uniquement soumis à la CCT dans certains cas particuliers. Au final, force est de constater que la cour cantonale, qui a présenté une argumentation détaillée et pertinente, n'a pas sombré dans l'arbitraire en retenant que la CCT s'appliquait à la recourante, y compris pour ses employés occupés dans le domaine de la voirie. Dès lors, il importe peu que la cour cantonale aurait omis de constater, malgré les allégués fournis par la recourante à cet égard, que l'employé C.________ était actif dans le domaine de la voirie.