Citation: 5A_850/2022 E. A

A.a. A.________ (1979), de nationalité française, et B.________ (1988), de nationalité française également, sont les parents non mariés de C.________, née en juillet 2019. A.________ a également une fille aînée de seize ans, qui vit auprès de lui; B.________ est mère de deux enfants issus d'une précédente relation, nés en 2011 et 2013, qui vivent avec elle. Les parties se sont séparées à une date indéterminée, mais vraisemblablement aux alentours de la naissance de leur fille C.________. A.________ passait alors du temps avec celle-ci à raison d'une heure un dimanche toutes les deux semaines, au domicile familial de U.________ (France voisine) et en présence de B.________. A.b. Le 1 er septembre 2020, A.________ a déposé devant les autorités françaises une requête tendant à ce qu'il soit statué sur les modalités d'exercice de l'autorité parentale et sur la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant C.________. Il alléguait notamment que son ex-compagne ne lui accordait que de " très rares " droits de visite, à son domicile à elle; celle-ci affirmait pour sa part que son ex-compagnon n'avait pas les capacités éducatives pour prendre en charge sa fille, invoquant des problèmes de toxicomanie, d'abus d'alcool et une instabilité psychologique. Les parties ont finalement trouvé un accord sur l'ensemble des mesures relatives à C.________ et ont déposé des conclusions communes lors d'une audience tenue le 31 août 2021 devant le Tribunal judiciaire de Y.________ (France). Par jugement du 21 septembre 2021, le Juge aux affaires familiales de ce dernier tribunal a homologué l'accord intervenu entre les parties. Il a notamment constaté que l'autorité parentale à l'égard de l'enfant était exercée en commun par B.________ et A.________; a rappelé que cet exercice en commun commandait la concertation et l'accord des parents quant aux décisions importantes à prendre concernant leur fille et leur imposait de s'informer réciproquement quant à l'organisation de sa vie et de préserver les relations de l'autre parent avec elle; a fixé la résidence habituelle de l'enfant au domicile de B.________; a réglé le droit de visite et d'hébergement de A.________ (fins de semaines paires du samedi 12h00 au dimanche 18h00; moitié des vacances scolaires) et arrêté la contribution alimentaire en faveur de l'enfant à 500 euros par mois. A.c. Dans l'intervalle et consécutivement à leur séparation, les parties ont décidé de vendre la maison familiale et chargé une agence immobilière de procéder à ces démarches. Une promesse de vente a été signée en septembre 2021. A.d. Courant juillet 2021, B.________ a informé A.________ qu'elle avait été engagée par D.________ à V.________ (Suisse) à compter du 1 er août 2021. Depuis le 16 septembre 2021, B.________ est domiciliée à W.________ (Suisse) avec ses trois enfants. A.e. Le 24 septembre 2021, B.________ a communiqué à A.________ sa nouvelle adresse afin de venir récupérer C.________ pour l'exercice de son droit de visite, conformément au jugement du 21 septembre 2021, l'informant par ce biais de son déménagement en Suisse. A.________ a demandé s'il s'agissait d'une adresse provisoire, ajoutant ce qui suit: " Parce que t'éloigner à plus de 100km de ton logement est un peu inquiétant. Nous n'en avons pas parlé, je n'en ai pas été informé, la convention reçue cette semaine est claire à ce sujet. Je ne veux pas de conflit mais ce genre de décision unilatérale est clairement mal venu. ( sic!) " Sur quoi B.________ a répondu: " A.________, la maison est vendue... je vis à 1h de chez toi, où est le souci ? ( sic!) " A.f. Les 25 septembre et 9 octobre 2021, A.________ a déposé deux plaintes pénales contre B.________ auprès du commissariat central de X.________ (France). Il a déclaré à la police qu'il avait été " victime de non présentation d'enfant le 25-09-20 ( sic!) à U.________ ", précisant qu'avant le jugement du 21 septembre 2021, il ne voyait sa fille qu'un dimanche sur deux pendant une heure en présence de la mère. A.g. Par requête du 25 octobre 2021, A.________ a saisi le juge aux affaires familiales, sollicitant la modification du jugement du 21 septembre 2021 en ce sens que la garde exclusive de sa fille lui soit attribuée et que la résidence principale de l'enfant soit fixée à son domicile, sa mère étant en outre tenue de lui verser une contribution d'entretien de 400 euros par mois. A.________ a ultérieurement exposé, extraits de décisions judiciaires à l'appui, qu'au cours de sa précédente relation, son ex-compagne avait déjà quitté son domicile alors situé dans le pays de Gex pour s'installer en région parisienne avec ses deux premiers enfants, sans en informer leur père et obtenir son accord, alors que ce dernier détenait pourtant l'autorité parentale conjointe. A.g.a. Une audience s'est tenue devant le Tribunal de première instance de Y.________ (France) le 1 er février 2022, à laquelle B.________ ne s'est pas présentée, ni personne en son nom, son conseil étant arrivé en retard en raison d'autres audiences. A.g.b. Par jugement du 1 er mars 2022, le juge aux affaires familiales a rejeté une demande de réouverture des débats déposée par B.________ le 8 février 2022, fixé la résidence habituelle de C.________ chez son père, la mère se voyant accorder un droit de visite et étant astreinte à une contribution d'entretien de 150 euros. Ce jugement a été déclaré exécutoire nonobstant appel. Le tribunal français a retenu sa compétence en raison du fait que le déplacement d'enfant avait eu lieu en fraude des droits du père. Sur le fond, il a en particulier relevé que le comportement de B.________ méconnaissait les droits de A.________, dès lors qu'au-delà d'un simple changement de résidence, le déménagement avait eu des conséquences sur le quotidien de l'enfant ainsi que sur la distance la séparant de son père. Faute de comparution, B.________ n'avait pas expliqué les raisons de ce déménagement; elle avait pourtant parfaitement connaissance de l'obligation de consulter son ex-compagnon, la résidence de ses deux premiers enfants ayant déjà été confiée à leur père pour des raisons identiques. A.g.c. B.________ a appelé de ce jugement et a notamment conclu à la constatation de l'incompétence du Tribunal de première instance de Y.________ (France) en faveur du Tribunal suisse, à ce que la résidence de C.________ soit fixée chez elle, à ce que le père bénéficie d'un droit de visite en milieu neutre, à l'exclusion de tout droit d'hébergement, à ce qu'il verse une contribution d'entretien de 600 euros par mois en faveur de l'enfant et contribue à ses frais de garde et de scolarité à hauteur de 80%. La Cour d'appel française n'a pas encore rendu son arrêt. A.h. Le 12 mars 2022, A.________ a déposé une nouvelle plainte pénale contre B.________ pour non représentation d'enfant à une personne ayant le droit de la réclamer. Dans un courrier du 22 mars 2022, A.________ a exposé à B.________, par avocats interposés, que, malgré le jugement qui venait d'être rendu, il n'avait aucune nouvelle d'elle et donc de sa fille. Par courrier du 5 avril 2022 adressé à la Procureure de la République, se prévalant du jugement du 1 er mars 2022, il a indiqué qu'il entendait déposer à nouveau plainte contre son ex-compagne pour le même motif, exposant faire face à une situation d'enlèvement d'enfant.