Citation: 1C_145/2024 E. 2.2

2.2. Les recourants reprochent à la cour cantonale d'avoir omis de constater qu'ils avaient allégué que le juge intimé avait oeuvré en qualité d'avocat au sein de l'étude G.________ de mars 2013 jusqu'à son entrée en fonction au Tribunal de première instance en juillet 2021 et que la cour cantonale avait ainsi ignoré, dans son examen, la durée de la relation professionnelle antérieure (8 ans) et le temps écoulé entre la fin des rapports professionnels et le début de la procédure judiciaire litigieuse. En l'occurrence, le Tribunal cantonal a bien constaté que le juge intimé avait travaillé en tant qu'avocat au sein de l'étude G.________ à Delémont de 2013 jusqu'à sa prise de fonction au Tribunal de première instance en juillet 2021 (cf. arrêt attaqué consid. 3.2). En réalité, en reprochant à l'instance précédente d'avoir ignoré ces éléments, les recourants critiquent l'appréciation juridique des faits. Il s'agit d'une question de droit qui sera examinée avec le fond. Les recourants critiquent également le fait que la cour cantonale n'aurait pas retenu qu'ils avaient affirmé, dans leur détermination du 8 janvier 2024, que le juge intimé aurait dû se récuser spontanément, sur la base de l'art. 40 al. 1 de la loi cantonale de procédure et de juridiction administrative et constitutionnelle du 30 novembre 1978 (Code de procédure administrative; RS/JU 175.1). Les recourants ne démontrent cependant pas, et on ne voit pas d'emblée, en quoi un complément de l'arrêt sur ce point serait susceptible d'influer sur le sort de la cause. Les recourants reprochent encore à l'instance précédente de ne pas avoir retenu que l'étude G.________ constituerait une petite structure, composées que de trois avocats. Il est douteux que cet élément de fait soit recevable, dès lors qu'il est allégué de manière purement appellatoire par les recourants. Quoi qu'il en soit, cet élément n'apparaît pas décisif dans le cas d'espèce pour les motifs exposés ci-dessous (consid. 3.3). Enfin, les recourants font grief à la cour cantonale de ne pas avoir constaté que Me G.________ était intervenu dans le dossier pour le compte de la Municipalité de Delémont en juin 2022 (cf. lettre du 17 juin 2022 dans laquelle Me G.________ informe le Tribunal de première instance qu'il a été chargé de défendre les intérêts de la Municipalité), soit 11 mois après la fin de la collaboration entre cet avocat et le juge intimé en juillet 2021. Cet élément n'apparaît pas déterminant dès lors que cette procédure (CA_1) n'était alors pas dirigée par le juge intimé. Il n'y a dès lors pas lieu de compléter l'arrêt entrepris sur ce point.