Citation: 8C_500/2023 E. 5

La juridiction cantonale a retenu que le recourant n'était pas parvenu à rendre vraisemblable que son épouse était incapable d'exercer une activité lucrative pour des motifs de santé. Dans son attestation du 30 mars 2022, la doctoresse E.________, médecin traitante de l'épouse, avait fait état d'un trouble dépressif récurrent ainsi que d'un trouble mixte de la personnalité à traits dépendants et émotionnellement labile, avec présence d'hallucinations acoustico-verbales et visuelles; ces troubles entraînaient une incapacité totale de travail au vu de leur gravité et de leur chronicité. Cette médecin n'avait toutefois pas attesté ladite incapacité de manière argumentée. Elle avait en effet admis que le trouble dépressif était en rémission et avait décrit au docteur C.________, quelques mois auparavant, que le trouble mixte de la personnalité était stabilisé. La situation avait du reste fait l'objet d'un examen approfondi de la part de cet expert, lequel avait explicitement admis la possibilité pour l'épouse d'accomplir une activité simple, comme celle de femme de ménage, tout en relevant la présence de facteurs étrangers à l'invalidité limitant les chances de réinsertion. Toujours selon la juridiction cantonale, l'intéressée, âgée de 36 ans au moment de la décision de l'intimée, ne parlait presque pas le français, malgré sa présence en Suisse depuis plus de dix ans, ne disposait d'aucune formation et n'avait jamais travaillé en Suisse. Elle pourvoyait en outre à l'éducation de ses deux enfants, nés en 2011 et 2014. Si ces éléments étaient de nature à compliquer la recherche d'une activité lucrative, ils n'empêchaient toutefois pas une mise à profit de la capacité de gain dans une activité ne requérant pas de qualifications particulières. Il lui incombait, cas échéant, de prouver pour le futur, par des recherches d'emploi concrètes et sur la durée, qu'une mise en valeur n'était pas possible sur le marché du travail. En l'état, elle n'avait pas démontré de réelle volonté de travailler; il ne figurait au dossier que trois réponses négatives à des offres spontanées effectuées en mai 2018. Sa présence auprès du recourant, afin de lui prodiguer des soins, n'était pas de nature à entraver l'exercice d'une activité à mi-temps; les éléments au dossier ne permettaient pas de déduire qu'une présence continue était nécessaire, mais plaidaient au contraire en faveur d'une aide ponctuelle, compatible avec l'exercice d'une activité à temps partiel. Il en allait de même de l'éducation des enfants, en âge scolaire et dont la surveillance pouvait au besoin être assurée temporairement par le recourant. Pour le reste, le montant du revenu hypothétique de l'épouse, par 18'096 fr., fixé par l'intimée devait être confirmé. Un délai de six mois avait par ailleurs été prévu pour permettre à la femme du recourant d'entreprendre des démarches en vue de trouver un emploi, ce qui était largement suffisant.