Citation: 6B_91/2020 E. 2.2

2.2. Il y a lieu de suivre la cour cantonale lorsqu'elle retient l'absence d'intérêt du recourant à la constatation immédiate de la prétendue violation qu'il invoque. Comme elle l'a relevé, le recourant ne se prévaut pas d'une violation de la CEDH et d'un droit à un recours effectif fondé sur l'art. 13 de cette convention. Le recourant n'indique pas non plus avoir subi un préjudice dont il demanderait réparation, puisqu'il conclut uniquement à ce qu'il soit constaté que sa détention a contrevenu à l'art. 75 CP du 7 décembre 2018 au 26 septembre 2019. Selon lui, son intérêt découle du lien de causalité entre la violation alléguée et le pronostic défavorable retenu par la cour cantonale. Or l'examen d'une demande de libération conditionnelle se fonde exclusivement sur les conditions de l'art. 86 CP. La question de savoir si le plan d'exécution de la sanction prévu par l'art. 75 al. 3 CP a été élaboré dans les délais ou non n'est pas préjudicielle à celle de savoir si les exigences de l'art. 86 CP sont remplies. A juste titre, le recourant ne réclame pas que sa libération conditionnelle soit ordonnée au motif que son PES a été avalisé tardivement. Au demeurant, dans la détermination du pronostic, la cour cantonale s'est fondée sur une évaluation globale de la situation présente et passée. Les antécédents, les infractions graves commises encore récemment à de multiples reprises et l'absence totale de prise de conscience ont joué un rôle important dans son appréciation (consid. 3.1 infra). La cour cantonale a constaté que la mise en place d'un PES plus tôt n'y aurait de toute évidence rien changé, sans que le recourant n'expose concrètement le contraire. L'autorité précédente a également retenu que les objectifs fixés dans le PES étaient quelque peu accessoires, hormis en ce qui concernait la question de l'amendement, encore totalement absent chez le recourant à ce jour. Ainsi, compte tenu des éléments qui ont conduit au refus de la libération conditionnelle du recourant ainsi que du contenu du PES qui a finalement été avalisé, il n'apparaît pas, de toute façon, que l'établissement de ce plan dans de meilleurs délais aurait permis une appréciation différente du pronostic. En définitive, même à supposer que l'Etat aurait tardé à mettre en place un plan d'exécution de la sanction, le recourant ne justifie pas de son intérêt à la constatation d'une violation de l'art. 75 al. 3 CP dans le cadre d'une contestation de la décision de refus de la libération conditionnelle. La cour cantonale pouvait dès lors conclure à l'irrecevabilité de cette conclusion.