Citation: 5A_844/2014 E. 3.1

3.1. L'autorité cantonale a constaté que la vie commune des parties avait duré huit ans et que les époux n'avaient pas eu d'enfants. Elle a également relevé que, durant la vie commune, la recourante ne dépendait pas financièrement de son mari puisqu'elle avait travaillé pendant quatre ans et demi et qu'elle avait perçu des prestations de l'assurance-chômage pendant deux ans supplémentaires. Après la séparation et son retour au Canada, elle avait subvenu à ses besoins en exerçant différents emplois à raison de quelques heures par semaine. Elle avait ainsi notamment travaillé pour l'employeur qui l'occupait avant son départ pour la Suisse, lequel avait attesté qu'elle avait dû "repartir à zéro" compte tenu de son absence de plus de deux ans. Elle avait également loué une chambre de son appartement à hauteur de 600 CAD et avait de surcroît attendu une année et demi après le dépôt de la requête en divorce pour réclamer une contribution d'entretien. La cour cantonale ne voit dès lors pas comment une contribution qui ne se justifiait pas à l'époque de la séparation pourrait se justifier cinq ans plus tard. Elle a donc considéré comme douteux que la condition du déracinement culturel soit remplie en l'espèce et a estimé que, même si l'on devait l'admettre, la recourante n'avait de toute façon pas établi à satisfaction de droit que ce déracinement aurait eu un impact décisif sur sa situation financière, de sorte que le principe du clean break était pleinement applicable. En outre, dans la mesure où les premiers juges n'avaient fixé aucune contribution d'entretien sur la base de l'art. 125 CC, l'instance précédente a estimé qu'on ne saurait leur reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire dans la fixation de l'ampleur de la contribution d'entretien et l'établissement du minimum vital en retenant pour son calcul la "prestation de base octroyée dans le cadre du programme d'aide sociale pour un adulte n'ayant aucune contrainte"et non le niveau de vie au Canada. Elle a de surcroît constaté que la recourante ne faisait qu'affirmer, sans pour autant le démontrer, que la prestation de base précitée ne visait pas à couvrir l'ensemble des besoins vitaux de la personne qui la perçoit. Elle a ensuite relevé par surabondance que, même si l'on se fondait sur le chiffre allégué par la recourante à titre de charges, lequel dépassait ses revenus à raison de 479 fr. 35 par mois, les premiers juges avaient fait abstraction des revenus pouvant être tirés de la location de la maison à U.________ (Canada) que la recourante louait à son père pour 800 CAD par mois jusqu'à son décès en 2009. Elle n'avait en outre pas démontré à satisfaction qu'elle ne mettait plus à disposition de tiers la location de l'une des chambres de son appartement. Finalement, elle n'avait pas non plus exposé en quoi sa situation se serait modifiée au point de justifier la nécessité d'une contribution financière alors qu'elle était parvenue à subvenir à son propre entretien jusqu'alors.