Citation: 6B_179/2014 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a procédé à une appréciation détaillée de la crédibilité des déclarations de l'intimée et du recourant. En substance, elle a retenu s'agissant de l'intimée, que celle-ci avait spontanément révélé les faits à ses deux thérapeutes. Ses déclarations avaient été claires, déterminées et constantes depuis le début de l'enquête jusqu'aux débats d'appel. Les thérapeutes de l'intimée, qui la suivaient déjà avant son hospitalisation, avaient déclaré que l'intimée ne leur avait jamais menti et qu'elles n'avaient aucune raison de mettre en doute sa crédibilité. Elles n'avaient jamais eu le sentiment que l'intimée pouvait manipuler, mentir, fabuler ou halluciner. Même si l'intimée s'était décrite comme « complétement dans les choux », les thérapeutes avaient confirmé qu'il n'y avait eu aucun épisode d'hallucination ou de confusion chez celle-ci durant son hospitalisation, ni de delirium tremens. La cour cantonale a encore relevé que l'intimée n'avait aucun mobile pour inventer les faits, en particulier, il n'existait aucun élément au dossier pour étayer la thèse du complot avancée par le recourant. Il ressortait des différents documents médicaux concernant l'intimée que son état s'était aggravé après les faits, avec l'apparition d'une sensation d'être constamment touchée et un rejet de son corps. Elle avait en outre demandé à changer de chambre le 10 novembre 2010 en raison de « flash » et tenté de fuguer les 6, 7 et 8 novembre 2010 pour être retrouvée alors qu'elle allait en direction des rails du train. Elle avait été hospitalisée à deux reprises à l'approche des audiences de première instance en raison d'un état d'anxiété exacerbée. En définitive, l'intimée qui était certes « dans les choux » comme elle le disait elle-même, n'avait pas été victime d'hallucination, n'avait aucun mobile pour accuser faussement le recourant, sa souffrance liée aux abus allégués était réelle et les professionnels qui s'étaient occupés d'elle avant et pendant son hospitalisation avaient affirmé qu'elle ne leur avait jamais menti et n'avaient jamais douté de la véracité de ses propos. En ce qui concerne la crédibilité des déclarations du recourant, la cour cantonale a, en résumé, retenu que le recourant avait nié de manière constante les faits qui lui étaient reprochés durant toute la procédure jusqu'aux débats d'appel. Le recourant avait tendance à se poser en donneur de leçon, notamment s'agissant du fonctionnement de la clinique alors qu'il n'avait que très peu d'expérience en psychiatrie. Il avait également de la peine à suivre les directives. Il avait laissé l'intimée avoir des contacts avec l'extérieur lors de son hospitalisation alors que les médecins l'avaient interdit et il avait spontanément déclaré avoir envoyé un SMS à une patiente ne se souvenant plus si c'était à l'intimée ou à une autre, attitude surprenante de la part d'un infirmier en psychiatrie. A une autre occasion, il avait contresigné une prescription médicale erronée, ce qui lui avait valu une lettre de la direction. En relation avec ces différents événements, la cour cantonale a souligné la difficulté du recourant à se rendre compte qu'il avait commis une erreur ou qu'il avait enfreint les règles. La cour cantonale a encore indiqué que, même si le recourant avait été décrit par certains témoins comme une personne consciencieuse et empathique, il n'en demeurait pas moins qu'il ne s'exprimait pas avec le moindre respect ou la moindre empathie envers l'intimée. Il avait notamment expliqué que l'intimée lui avait fait la bise à une occasion et avait déclaré « je n'ai vraiment pas apprécié car elle m'avait fait chier toute la journée. Elle n'arrêtait pas de sortir. [...] En plus, vous pensez que j'aurais eu envie d'embrasser une personne qui pue de la bouche, le tabac, l'alcool et les benzo ». Les deux thérapeutes de l'intimée avaient en outre souligné que le contact avec les collègues féminines était délicat car le recourant n'avait pas de limites, était de suite très proche et tenait des propos ou des blagues désagréables. Personne ne s'était toutefois plaint de gestes déplacés. Enfin, pour expliquer les accusations de l'intimée, le recourant s'était posé en victime d'un complot, prétendant qu'on voulait lui faire payer son attitude vis-à-vis de la clinique. Toutefois, aucun élément au dossier n'avait étayé sa position. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale a retenu qu'aucun élément au dossier ne permettait de mettre en doute la version de l'intimée.