Citation: 6P.90/2005 26.08.2005 E. 9

Se plaignant d'une violation de l'art. 41 ch. 1 CP, le recourant reproche à la Cour de cassation de ne pas avoir accordé le sursis à l'expulsion. 9.1 L'octroi ou le refus du sursis à l'expulsion dépend exclusivement du pronostic relatif au comportement futur du condamné en Suisse; les chances de resocialisation ne jouent ici pas de rôle. Pour poser ce pronostic, le juge doit procéder à une appréciation d'ensemble de tous les éléments pertinents. Outre les circonstances de l'acte, doivent être pris en compte les antécédents et la réputation de l'intéressé ainsi que tous les éléments qui permettent de tirer des conclusions pertinentes quant à son caractère et à son comportement futur. Il n'est pas admissible d'accorder une importance prépondérante à certains des éléments à prendre en considération et d'en négliger d'autres, voire de ne pas en tenir compte (ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 111). Pour le surplus, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que sa décision ne sera annulée que si elle apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on puisse lui reprocher d'en avoir abusé (ATF 119 IV 195 consid. 3b p. 198). 9.2 Selon l'arrêt attaqué, le recourant n'a pas d'antécédents, a reconnu ses fautes et cherche à travailler. Il persiste toutefois à vouloir oeuvrer sur la place financière genevoise, soit dans le domaine où il a commis des infractions et où son incompétence a été relevée. De plus, lors de la procédure, il a adopté une attitude irritante en essayant de reporter la faute sur les actionnaires, dont les manquements étaient pourtant sans aucune mesure avec ses errements. Il a de surcroît, en instance de recours, tenu des propos qui laissaient entendre qu'il avait agi sous l'influence de tiers et ne reconnaissait toujours pas son entière responsabilité. Enfin, alors qu'il gagnait encore bien sa vie, il n'a rien fait pour rembourser l'important préjudice financier qu'il a causé. Au vu de ces éléments, la possibilité d'un pronostic favorable pouvait être niée sans violation du droit fédéral. Il n'y avait en tout cas aucun abus du pouvoir d'appréciation à considérer qu'un tel pronostic ne pouvait être émis. Le grief du recourant doit donc être rejeté.