Citation: 6B_1120/2023 E. B

Par arrêt du 10 août 2023, la Cour pénale I du Tribunal cantonal du Valais a très partiellement admis l'appel formé par A.________. Compte tenu de la violation du principe de célérité, elle a réformé le jugement du 12 mars 2021 en ce sens qu'elle a réduit la peine pécuniaire à 20 jours-amende à 110 fr. le jour et a renoncé à lui infliger une amende. En substance, elle a retenu les faits suivants: B.a. B.________, fondateur de la section C.________ du Valais en 1999, a été député au parlement valaisan et conseiller national. En 2013, il est entré au Conseil d'État du canton du Valais. Au printemps 2017, il a été candidat à sa réélection, dont les premier et second tours ont eu lieu respectivement le 5 mars et le 19 mars. Il n'a pas été réélu. B.b. Dans le cadre de la campagne qui a précédé l'élection, a été créée une page Facebook initialement intitulée " B.________ dégage ", puis " Printemps valaisan, le Valais c'est aussi nous ". De nombreux messages et photographies y ont été publiés, principalement pendant le premier trimestre 2017. B.c. Entre le 11 février et le 17 mars 2017, A.________, sous le pseudonyme " A.A.________ ", en a publié un certain nombre dont un tweet du 12 mars laissant croire qu'il émanait de B.________ et comportant le texte suivant: " Je ne suis pas raciste parce que le racisme est un crime. Et le crime c'est pour les noirs @couponsluilavoie @degageB.________ ". Ces faits ont été retenus à sa charge dans l'ordonnance pénale du 21 août 2020 tenant lieu d'acte d'accusation. Cet acte lui avait aussi imputé d'autres faits, pour lesquels le juge de première instance a constaté la prescription dans son jugement du 12 mars 2021. A.________ a admis que le tweet n'émanait pas de B.________, mais qu'il l'avait créé lui-même au moyen d'un moteur accessible par internet permettant de générer de faux tweets. Il a aussi admis que des gens ont pu croire que le tweet émanait de B.________, alors que d'autres ont pu comprendre que tel n'était pas le cas. Le message a suscité des réactions sur le profil Facebook de A.________. Ainsi, en réponse à une intervention de D.________, le prénommé écrit: "Je veux être poursuivi en justice." E.________ a posé la question de savoir si c'était vraiment une blague, ce qu'elle disait espérer ajoutant: " Par contre c'est un peu chaud et diffamant non de publier au nom de quelqu'un des propos incriminants? Attention... ". A.________ a admis que les différentes publications dénoncées par B.________ pouvaient laisser supposer que celui-ci était raciste, ce qu'il a confirmé lors des débats de première instance. Aux débats d'appel, il a cependant précisé que cet avis ne concernerait pas le tweet litigieux. Quant aux motifs de ces publications, A.________ a notamment déclaré que c'était une campagne électorale, qu'il avait voulu faire de l'humour, qu'il avait cherché à imiter les procédés de C.________, que sa volonté était de faire passer un message, soit qu'il ne fallait pas élire à nouveau B.________, que ce n'était pas quelqu'un de bien pour le canton. Il prétend n'avoir jamais dit ou écrit que B.________ était raciste. Selon lui, on pouvait tout dire à un politicien car il devait supporter beaucoup plus. B.d. Le 20 juin 2017, B.________ a déposé une plainte pénale "contre le dénommé A.A.________ dont la photographie sur la page Facebook permettra l'identification", reprenant notamment le texte ci-dessus (cf. supra consid B.c ab initio). À réception de la plainte, le 21 juin 2017, le procureur général a décerné un mandat d'investigation avant ouverture d'instruction chargeant la police d'identifier l'auteur des comptes Facebook/Twitter dénoncés, à le localiser et à déterminer la date des publications incriminées. Le rapport administratif de police daté du 22 juin 2017 a estimé vraisemblable que le compte du profil Facebook "A.A.________" soit celui utilisé par A.________.