Citation: 6B_951/2023 E. 1.2.1

1.2.1. Il y a tentative lorsque l'auteur a réalisé tous les éléments subjectifs de l'infraction et manifesté sa décision de la commettre, alors que les éléments objectifs font, en tout ou en partie, défaut (art. 22 al. 1 CP; ATF 140 IV 150 consid. 3.4; 137 IV 113 consid. 1.4.2; 131 IV 100 consid. 7.2.1). Il y a donc tentative de meurtre, lorsque l'auteur, agissant intentionnellement, commence l'exécution de cette infraction, manifestant ainsi sa décision de la commettre, sans que le résultat ne se produise (cf. ATF 140 IV 150 consid. 3.4; arrêts 6B_1093/2023 du 8 novembre 2023 consid. 2.1.4; 6B_900/2022 du 22 mai 2023 consid. 2.1.4, non publié in ATF 149 IV 266). Selon la jurisprudence, les deux formes de dol (direct et éventuel) s'appliquent également à la tentative (ATF 122 IV 246 consid. 3a; 120 IV 199 consid. 3e; arrêt 6B_1093/2023 précité consid. 2.1.4). La nature de la lésion subie par la victime et sa qualification d'un point de vue objectif est sans pertinence pour juger si l'auteur s'est rendu coupable de tentative de meurtre. En effet, celle-ci peut être réalisée alors même que les éléments objectifs de l'infraction font défaut. Il n'est ainsi pas même nécessaire que la victime soit blessée pour qu'une tentative de meurtre soit retenue dans la mesure où la condition subjective de l'infraction est remplie. L'auteur ne peut ainsi valablement contester la réalisation d'une tentative de meurtre au motif que le coup qu'il a donné à la victime n'aurait causé que des lésions corporelles simples et que la vie de celle-ci n'aurait pas été mise en danger (arrêts 6B_1093/2023 précité consid. 2.1.4; 6B_264/2022 du 8 mai 2023 consid. 2.2; 6B_1116/2022 du 21 avril 2023 consid. 1.4).