Citation: 1P.614/2004 23.12.2004 E. A

Le 21 mai 2002, le Procureur général du canton de Genève a renvoyé X.________ et Y.________ devant le Tribunal de police du canton de Genève comme prévenus de diffamation, pour avoir adressé le 28 juillet 2001 au Président de la Fondation C.________ un courrier dans lequel ils qualifiaient l'Institut International de Promotion et de Prestige, partie civile, d'organisation criminelle et l'accusait du vol de documents et d'adresses appartenant à l'association E.________, dont ils étaient respectivement le président et le secrétaire général. Par un jugement préparatoire du 8 octobre 2002, ce tribunal a autorisé les prévenus à apporter la preuve de la vérité selon l'art. 173 ch. 2 CP. A l'audience du 21 novembre 2002, il a entendu divers témoins de la défense et de la partie civile. Nonobstant l'opposition de cette dernière, il a renvoyé la cause pour permettre l'audition de deux autres témoins de la défense qui, bien que dûment cités, n'avaient pas comparu. A l'audience du 22 mai 2003, ces témoins ont derechef fait défaut et le tribunal a alors refusé un nouveau renvoi. Statuant le même jour au fond, il a reconnu les prévenus coupables de diffamation. Il a infligé des peines d'emprisonnement de quinze jours à X.________ et de dix jours à Y.________, avec sursis durant trois ans. Par arrêt rendu le 27 octobre 2003 sur appel des condamnés, la Chambre pénale de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: la Chambre pénale ou la cour cantonale) a confirmé ce jugement, après avoir entendu l'un des deux témoins défaillants à l'audience de jugement de première instance, A.________. Statuant le 25 mars 2004, le Tribunal fédéral a admis le recours de droit public formé par X.________ et Y.________ contre cet arrêt qu'il a annulé. Il a estimé en substance que la Chambre pénale avait violé l'art. 29 al. 1 et 2 Cst. en rejetant l'appel sans indiquer clairement les raisons pour lesquelles elle refusait une nouvelle assignation du second témoin défaillant, B.________. Bien que dûment convoquée à l'audience de la Chambre pénale fixée le 14 juin 2004, celle-ci ne s'est pas présentée. Au terme d'un nouvel arrêt du 20 septembre 2004, cette autorité a confirmé le jugement du Tribunal de police du 22 mai 2003. Elle a refusé de renvoyer les débats afin d'entendre B.________ par voie de commission rogatoire, estimant que ce témoignage ne pouvait être d'aucune utilité.