Citation: 1C_736/2024 E. 2

Dirigé contre une décision rendue dans le domaine du droit public des constructions, le recours est recevable comme recours en matière de droit public conformément aux art. 82 ss LTF, aucune des exceptions prévues à l'art. 83 LTF n'étant réalisée. 2.1 En tant que riverains de l'avenue de l'Industrie, A.A.________ et B.A.________ SA sont particulièrement touchés par le refus de restituer l'effet suspensif au recours qu'ils ont déposé contre la décision du Conseil d'État qui approuve les aménagements projetés par la Commune de Monthey sur cette artère, de sorte qu'ils ont la qualité pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF. Il n'en va pas de même de la Société C.________. La qualité pour recourir d'une association suppose qu'elle soit touchée dans ses intérêts dignes de protection de la même manière qu'un particulier ou, à défaut, qu'elle agisse pour la sauvegarde des intérêts de ses membres. Dans ce cas, il faut que la défense de l'intérêt de ses adhérents figure parmi ses buts statutaires et que la majorité de ceux-ci, ou du moins une grande partie d'entre eux, soit personnellement touchée par l'acte attaqué (cf. ATF 148 I 160 consid. 1.4.2; 145 V 128 consid. 2.2). Selon l'art. 42 al. 2 LTF, il incombe à la partie recourante d'alléguer les faits qu'elle considère comme propres à fonder sa qualité pour recourir (cf. ATF 148 IV 155 consid. 1.1; 141 IV 284 consid. 2.3). La Société C.________ ne prétend pas être propriétaire de parcelles ou de locaux commerciaux donnant sur la rue du Coppet ou sur l'avenue de l'Industrie et être ainsi touchée comme un particulier par l'arrêt attaqué; elle ne démontre pas davantage que la majorité ou à tout le moins une grande partie de ses membres seraient touchés par les travaux de réaménagement litigieux et par le refus de restituer l'effet suspensif au recours formé contre la décision d'approbation du Conseil d'État. Elle n'a dès lors pas la qualité pour recourir. 2.2 La décision entreprise ne met pas fin à la procédure de recours pendante devant la Cour de droit public et revêt un caractère incident. Elle ne porte ni sur la compétence ni sur une demande de récusation (cf. art. 92 LTF) et tombe ainsi sous le coup de l'art. 93 LTF. Elle ne peut être attaquée par un recours au Tribunal fédéral qu'à la condition qu'elle cause un préjudice irréparable à leur destinataire, l'hypothèse prévue par l'art. 93 al. 1 let. b LTF étant ici d'emblée exclue. Un préjudice ne peut être qualifié d'irréparable au sens de la disposition précitée que s'il cause un inconvénient de nature juridique, qui ne puisse pas être ultérieurement réparé ou entièrement réparé par une décision finale favorable à la partie recourante (cf. ATF 149 II 170 consid. 1.3; 147 III 159 consid. 4.1). Il incombe à cette dernière d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision incidente lui cause un tel dommage, à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF 141 IV 284 consid. 2.3). À cet égard, A.A.________ et B.A.________ SA font essentiellement valoir que le refus de restituer l'effet suspensif leur causerait un préjudice irréparable étant donné que, même en cas d'admission de leur recours au fond, les travaux entrepris ne pourraient pas être annulés. Le risque qu'il soit renoncé à exiger une remise en état des lieux en cas d'admission du recours en raison du dommage qu'il causerait à la Commune de Monthey doit être raisonnablement écarté. Les aménagements prévus sur l'avenue de l'Industrie, respectivement au droit de la parcelle n° 833, seuls en cause en l'occurrence, sont aisément amovibles, sans frais excessifs. La Commune de Monthey, maîtresse de l'ouvrage, est une collectivité publique dont la solvabilité ne saurait être mise en cause; elle ne pourrait de bonne foi se prévaloir des coûts d'une éventuelle remise en état des lieux pour s'y opposer. Le fait que ni le Conseil d'État ni la Cour de droit public n'aient expressément rendu la Commune de Monthey attentive au fait qu'elle procéderait aux travaux à ses risques et périls ne conduit pas à une autre appréciation. Les recourants font encore valoir que, même s'ils obtenaient gain de cause au fond et qu'un ordre de démolition des aménagements litigieux était ordonné, des conséquences irréparables se seront probablement produites dans l'intervalle, sans donner aucune précision à leur sujet comme il leur appartenait de le faire (cf. ATF 141 IV 284 consid. 2.3), dès lors que de telles conséquences ne sont pas d'emblée évidentes. Cela étant, on doit admettre que A.A.________ et B.A.________ SA ont échoué à établir le préjudice irréparable auquel ils seraient exposés si les travaux d'aménagement projetés sur l'avenue de l'Industrie, respectivement au droit de la parcelle n° 833, étaient exécutés avant que le Tribunal cantonal n'ait statué au fond. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'examiner d'office si les conditions d'un préjudice irréparable sont établies (cf. ATF 141 IV 284 précité).