Citation: 1A.18/2000 27.06.2000 E. 1

1.- Selon l'arrêt attaqué, la loi 7846-I abrogeant la loi 7471 est un plan d'affectation au sens des art. 12 ss LALAT (cf. aussi art. 14 ss de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire [LAT; RS 700]). Les organisations recourantes le contestent: il s'agit pour elles seulement d'une décision prise dans le cadre de la procédure relative à la loi 7471, la nature de plan d'affectation de cette dernière loi étant quant à elle évidente. Dans le canton de Genève, il appartient en effet en principe au Grand Conseil d'adopter les plans d'affectation fixant ou modifiant les limites des zones (art. 12, 15 ss LALAT). Cela étant, que l'on traite ou non la loi 7846-I comme un plan d'affectation, le litige porte en définitive sur la réglementation du mode d'utilisation du sol dans le périmètre de la loi 7471, donc sur le contenu du plan d'affectation devant régir ce secteur (cf. art. 14 al. 1 LAT). En vertu de l'art. 34 al. 3 LAT, seule la voie du recours de droit public est en principe ouverte, devant le Tribunal fédéral, contre les décisions cantonales relatives aux plans d'affectation. La jurisprudence admet cependant qu'une décision relative à l'adoption d'un plan d'affectation fasse l'objet d'un recours de droit administratif, lorsque l'application du droit fédéral de la protection de l'environnement, ou d'autres prescriptions fédérales spéciales en matière de protection des biotopes, des forêts, etc. , est en jeu, notamment quand le plan se rapporte à un projet concret (ATF 125 II 10 consid. 2a p. 13; 123 II 88 consid. 1a p. 91, 231 consid. 2 p. 233; 121 II 72 consid. 1b p. 75 et les arrêts cités). Dans le cas particulier, la contestation porte uniquement sur le sort d'une zone sportive déjà adoptée, compte tenu de la volonté de l'autorité de planification d'annuler une mesure prise par elle précédemment, ou plus précisément sur la procédure à suivre en pareil cas (procédure applicable à la révision des plans d'affectation ou règles générales sur le réexamen ou le retrait d'une décision administrative avant le jugement définitif de l'autorité de recours à ce sujet). Le litige ne concerne donc pas les exigences formelles et matérielles auxquelles était soumise l'adoption de cette zone sportive, en fonction des particularités de son emplacement, le cas échéant des milieux naturels à préserver; ces questions font l'objet d'autres recours au Tribunal fédéral, actuellement suspendus (causes 1P.350/1998 et 1A.140/1998). Les organisations recourantes ne prétendent du reste pas que l'arrêt attaqué, concernant l'abrogation de la zone sportive, compromettrait l'application des prescriptions fédérales sur la protection de l'environnement, des biotopes, des forêts, etc. : elles se bornent à invoquer des règles de procédure administrative. Le Tribunal administratif n'a au demeurant pas exclu une nouvelle décision du Grand Conseil, sur le même projet de loi, à l'issue d'une procédure adéquate. Il n'y a donc aucun motif de déroger à la règle de l'art. 34 al. 3 LAT; c'est du reste, en l'occurrence, la voie du recours de droit public qui a été choisie à titre principal, le recours de droit administratif ayant un caractère accessoire. Le grief de violation de l'art. 58 PA - disposition qui permet, dans une procédure de recours administratif fédéral, à l'autorité inférieure de procéder à un nouvel examen de la décision attaquée - n'a aucune influence sur la recevabilité de l'un ou l'autre recours: cette disposition est en effet manifestement inapplicable à la procédure devant une autorité cantonale de recours (cf. art. 1er al. 3 PA). Il s'ensuit que le recours de droit administratif est d'emblée irrecevable.