Citation: 5A_967/2023 E. 5.2

5.2. La recourante conteste le constat de la Chambre civile selon lequel les travaux sur le domicile conjugal s'étaient déroulés entre 2003 et 2006 alors que l'intimé n'avait pas encore hérité de l'immeuble, l'acte de partage datant du mois de juin 2006, de sorte que lesdits revenus issus de la location de cet immeuble et ayant financé ces travaux ne lui appartenaient pas et ne pouvaient constituer des acquêts. Elle soutient que "tous les travaux longuement décrits ont eu lieu ultérieurement". A l'appui de son argumentation, elle relève que les pièces versées à la procédure, également par l'intimé, et retenues par la Chambre civile dans les faits, à savoir notamment tant les échanges d'e-mails que les décomptes financiers avaient démontré "au vu de tous les échanges" que les travaux avaient eu lieu postérieurement. Une telle motivation est insuffisante à infirmer les constatations de la Chambre civile, la recourante n'exposant aucunement en quoi les pièces qu'elle énumère démontreraient une date des travaux postérieure à 2006, puisqu'il ressort de la partie "en fait" de son recours que les pièces n os 93 à 103 attestent uniquement des revenus locatifs bruts annuels perçus entre 2006 et 2020. A supposer que les pièces énumérées feraient état d'autre chose que les revenus locatifs, il appartenait à la recourante de l'affirmer et d'indiquer clairement de quelle pièce cela ressort et non au Tribunal de céans de passer en revue les nombreuses pièces qu'elle cite à titre de preuve. Quant aux pièces nos 32 à 35 également évoquées par la recourante, seule la pièce no 34 intitulée "divers échanges d'e-mails" fait état de travaux sur le domicile conjugal postérieurs à juin 2006. Or ce document comporte uniquement une suite de dates constituant vraisemblablement un résumé des travaux qui auraient été effectués sur divers immeubles dont on ne connaît ni le contexte ni l'auteur. On ne peut donc attacher aucune valeur probante à ce document et, par conséquent, il ne peut pas être reproché à la Chambre civile de ne pas en avoir tenu compte. Le même raisonnement vaut s'agissant du constat de la Chambre civile selon lequel les pièces produites attestaient du fait que c'était bien l'augmentation de l'hypothèque, soit des biens propres, qui avait permis à l'intimé de financer les travaux de transformation de la carrosserie. Là encore, la recourante se contente d'affirmer avoir démontré dans le cadre de la procédure que les acquêts avaient financé l'amortissement et le paiement des charges hypothécaires et que les loyers avaient permis d'assumer les charges liées à l'entretien et à l'amélioration des appartements de l'immeuble. Or, à l'appui de ses allégations, elle ne mentionne que des pièces qui font, selon elle, état des revenus locatifs bruts annuels perçus entre 2006 et 2020 et qui ne sont en conséquence pas de nature à infirmer les faits retenus par la Chambre civile. Il suit de ce qui précède que c'est à bon droit que dite autorité a dénié toute participation de la recourante à la plus-value prise par les biens immobiliers de l'intimé.