Citation: 5A_113/2024 E. 3.4

3.4. En tant que l'argumentation de la recourante se fonde sur les déclarations écrites des sous-traitants ainsi que sur l'expertise rendue " dans le cadre de la procédure de preuves à futur ", elle ne saurait être prise en compte (cf. supra consid. 1.3). De même, le renvoi à la détermination sur l'appel des intimés ne satisfait pas aux exigences de motivation et n'est dès lors pas admissible (cf. supra consid. 2.1; cf. aussi ATF 138 IV 47 consid. 2.8.1; 134 I 303 consid. 1.3). Enfin, l'arrêt querellé ne fait pas état d'un quelconque " récapitulatif des factures ouvertes " ni d'aucun " arrêté de compte " qui auraient été produits comme moyens de preuve, seules les demandes d'acomptes, les factures des entreprises sous-traitantes et trois " courriers informatifs " étant mentionnés à ce titre. Cela étant, la recourante se plaint de ce que la cour cantonale lui a en définitive reproché l'absence d'allégués et d'offres de preuve suffisants. Elle perd toutefois de vue qu'il n'est en rien critiquable d'exiger de l'entrepreneur qu'il établisse précisément les prestations réalisées jusqu'à la résiliation du contrat et que, faute d'allégation et de preuve suffisantes, on en déduise, comme l'ont fait les juges précédents, qu'il n'est pas possible d'en déterminer la valeur (cf. supra consid. 3.1). Dans cette mesure, les arguments que la recourante entend tirer de l'absence de contestation détaillée de ses allégués par les intimés tombe à faux. Ce n'est en effet qu'en présence d'allégués suffisants qu'il aurait été possible de tenir les prestations de la recourante pour établies en cas de contestation insuffisante, puis d'en fixer le prix et donc de déterminer le montant du gage. Or, sauf à énoncer sans autre description les pièces censées prouver ses prestations, dont certaines ne sont même pas mentionnées dans l'arrêt attaqué, la recourante s'abstient de désigner quels seraient les allégués permettant de déterminer précisément les travaux effectivement réalisés et le matériel livré que la cour cantonale aurait arbitrairement lu ou ignoré. S'agissant notamment de l'allégation des factures des sous-traitants portant, selon l'arrêt attaqué, sur un montant total, elle ne démontre pas que ses parties adverses et le tribunal auraient obtenu les informations qui leur étaient nécessaires au sens de la jurisprudence (cf. ATF 144 III 519 consid. 5.2.1.2; arrêt 4A_164/2021 du 21 décembre 2021 consid. 3.2 et les autres références). Par ailleurs, pour ce qui est des témoignages des quatre sous-traitants entendus par le juge de district, la cour cantonale a exposé les motifs qui empêchaient selon elle de leur accorder une valeur probante. Il appartenait donc à la recourante d'en démontrer l'arbitraire. Or elle se contente de relever que les sous-traitants ont déposé "sous les sanctions proscrivant un faux témoignage" et de se référer, sans plus ample explication, au procès-verbal de l'audience du 9 septembre 2021. Ce faisant, elle ne réfute nullement de manière argumentée le fait que lesdits sous-traitants, qui étaient toujours en attente de paiements, avaient manifestement un intérêt à la cause. Au vu de ce qui précède, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir outrepassé son pouvoir d'appréciation en retenant que l'inscription de l'hypothèque légale devait être limitée aux travaux dont l'exécution et les prix avaient été reconnus par les intimés, la recourante ayant échoué à prouver quelles prestations elle avait concrètement fournies. Autant que recevable, le grief est rejeté.