Citation: 5A_206/2024 E. 4.2.2

4.2.2. Toujours sous l'angle de l'arbitraire, la recourante poursuit en soutenant que le juge cantonal aurait mal appliqué la jurisprudence publiée aux ATF 138 III 565, laquelle commandait de rejeter la requête d'effet suspensif déposée par l'intimé. C'était en effet elle qui avait exercé la garde exclusive des enfants pendant quatre ans, avant la décision de l'autorité de protection et le changement subit de la garde. Dès lors qu'aucun motif ne nécessitait de prolonger cette situation provisoire auprès du père, le contexte initial, déterminant, devait en conséquence être rétabli. Il était par ailleurs exclu de faire perdurer une situation qui nuisait manifestement au bien des enfants en raison du risque de changements successifs et rapprochés de leur lieu de vie. Certes, au moment de l'ouverture de la procédure de modification des mesures protectrices de l'union conjugale ayant donné lieu à la décision attaquée devant le tribunal cantonal, la garde des enfants était exclusivement exercée par la recourante, situation qui devrait conduire à un retour de ceux-ci chez elle au regard de la situation décrite dans l'arrêt publié aux ATF 138 III 565. Il n'en demeure pas moins que, contrairement à l'état de fait décrit dans l'arrêt sus-cité, l'autorité de protection du lieu de domicile des enfants a placé ceux-ci chez l'intimé à titre provisionnel au cours de la procédure et que ce placement perdure depuis plus d'un an. L'admission de la requête d'effet suspensif en vue d'éviter un risque de changements successifs et rapprochés des lieux de vie des enfants n'apparaît ainsi pas arbitraire au regard du principe tiré de l'arrêt précité, consistant à maintenir les choses en l'état et à ainsi laisser l'enfant auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence pour la durée de la procédure d'appel.