Citation: U 308/06 26.07.2007 E. 1

5.3.2 En juin 1995, le docteur J.________ a examiné l'assuré et posé le diagnostic de céphalées post-traumatiques. A l'époque déjà, il soulignait qu'une composante tensionnelle influençait l'état de santé de l'assuré et faisait part de ses craintes relatives au développement d'une sinistrose. Par la suite, lors du séjour à la Clinique Y.________, les médecins ont relevé que la coopération de l'assuré était tellement limitée qu'elle rendait impossible l'évaluation précise de sa capacité résiduelle de travail. En l'absence de toute atteinte organique pouvant expliquer de telles plaintes, le recourant alléguait des fourmillements dans les bras et des douleurs dorsales, avec parfois la sensation de perdre sa jambe; il ne s'est d'ailleurs pas présenté à plusieurs rendez-vous à des postes d'entraînement, en raison de dorsalgies. Le 23 août 1998, le docteur P.________ précisait que l'assuré lui avait décrit des céphalées, des vertiges, des cervico-brachalgies bilatérales accompagnées de dorsalgies étagées et de lombalgies, à la fois statiques et dynamiques avec des irradiations douloureuses dans le membre inférieur gauche. Quelques mois auparavant, une consultation au Service de rhumatologie des hôpitaux universitaires genevois avait par ailleurs amené les docteurs Pessina et Perret à poser le diagnostic de syndrome douloureux chronique, sans mettre en évidence de substrat organique à ces douleurs (rapport du 24 février 1998). Après que le docteur B.________ eut nié la persistance d'un syndrome post-commotionnel et attribué les symptômes présentés par l'assuré à des troubles psychiques, dont l'existence a été confirmée par le docteur O.________, les médecins du COMAI ont à leur tour insisté sur l'importance que revêtaient les atteintes à la santé psychique du recourant. Ils ont notamment souligné le fait qu'ils avaient observé de nombreux signes de non-organicité des plaintes du recourant, qui ne pouvaient être expliqués par un syndrome post-traumatique. Quand bien même le docteur K.________ atteste la persistance d'un tel syndrome, ces constatations médicales démontrent que l'assuré a présenté des plaintes qui n'appartiennent que partiellement au tableau clinique typique d'un syndrome post-traumatique; il a développé des troubles psychiques relativement rapidement après l'accident, qui ont pris une importance prédominante dans l'évolution de son état de santé. On note dans ce contexte qu'il présentait déjà une personnalité pré-morbide avant l'accident, comme l'ont constaté les docteur O.________ et K.________. Il convient par conséquent d'analyser la question de la causalité adéquate d'après les critères posés par la jurisprudence en matière de troubles psychiques (cf. consid. 4.1 supra). 5.4 L'accident subi par le recourant est de gravité moyenne et s'est déroulé dans des circonstances banales. Il a entraîné un traumatisme cranio-cérébral, mais aucune lésion organique. L'assuré est d'ailleurs sorti d'hôpital le jour même ou le lendemain de l'accident; il a subi une longue incapacité de travail, ainsi que des douleurs persistantes pendant une longue durée, sans toutefois qu'on puisse les rattacher à un substrat organique. Il n'y a pas eu d'erreur dans le traitement médical. Dans ces conditions, les critères posés par la jurisprudence pour admettre le rapport de causalité adéquat entre l'accident assuré et les atteintes à la santé du recourant ne sont pas remplis et ce dernier ne peut prétendre des prestations de l'assurance-accidents pour la période litigieuse.