Citation: 1B_59/2020 E. 5.1

5.1. A cet égard, le Tmc a considéré en substance que les infractions retenues contre l'employé de la recourante (notamment escroquerie par métier, abus de confiance aggravé, gestion déloyale simple, gestion déloyale aggravée et faux dans les titres) et commises en son sein constitueraient les crimes préalables; le produit des infractions n'ayant pu être tracé, il pourrait donc y avoir eu des actes d'entrave afin de soustraire ces valeurs patrimoniales de la mainmise des autorités pénales. Selon l'autorité précédente, il appartiendra au Ministère public d'établir les mouvements opérés par les fonds détournés et de déterminer si un acte d'entrave intentionnel - éventuellement par omission, par manque de surveillance ou par défaut d'instruction - a été réalisé et, le cas échéant, par qui (le[s]quel[s] de ses employés). Le Tmc a encore relevé que le défaut d'examen du chef de prévention de blanchiment par les tribunaux pénaux saisis s'agissant de l'employé ne permettait pas d'écarter une telle hypothèse, vu l'absence de mention de cette infraction dans l'acte d'accusation et les raisons données dans l'ordonnance de disjonction (cf. consid. 3.2.1 p. 10 s. de l'ordonnance attaquée). Selon l'autorité précédente, il ressortait du communiqué de presse de la FINMA que, s'agissant d'une relation d'affaires d'une personne politiquement exposée, de nombreux manquements dans le dispositif de lutte contre le blanchiment d'argent avaient été constatés, y compris et surtout dans le système de contrôle et de gestion des risques; ces carences organisationnelles pouvaient avoir laissé suffisamment de place à l'employé de la recourante pour commettre ses infractions, ce qui permettait d'envisager l'application de l'art. 102 al. 2 CP. Le Tmc a précisé que le Rapport litigieux portait sur l'objet de l'enquête pénale, à savoir la désorganisation de la banque au moment de la commission des infractions (cf. consid. 3.2.1 p. 11 de la décision entreprise).