Citation: 6F_2/2020 E. 4.1

4.1. Une telle approche est erronée. L'arrêt 6B_865/2018 a été rendu à cinq juges, par voie de circulation, la tenue d'aucune audience publique n'ayant été demandée. Il s'ensuit que cette décision a été rendue à l'unanimité (art. 58 LTF). Or, la LTF ne prévoit pas, dans une telle hypothèse, que le contenu des avis émis en cours de circulation puisse être rendu public. Plus même, si un projet de loi a récemment été soumis au Parlement, tendant à introduire la possibilité, pour un juge dont l'opinion a été minorisée lors des débats, d'obtenir qu'elle soit mentionnée dans la décision rendue (dissenting opinion), une telle possibilité n'aurait été ouverte que dans l'hypothèse d'une délibération publique et d'une opinion divergeant sur l'issue de la procédure et non seulement sur sa motivation (opinion concurrente; Message du Conseil fédéral relatif à la modification de la loi sur le Tribunal fédéral [LTF], du 15 juin 2018, FF 2018 4713 ss, ch. 1.2.5 p. 4727 s.; objet n° 18.051), ni le Conseil des Etats ni le Conseil national n'ont accepté d'entrer en matière (décision du Conseil national du 5 mars 2020, BO/CN 2020 156 s.; décision du Conseil des Etats du 17 décembre 2019, BO/CE 2019 1207 s.). Hors des procédures fédérales jugées en audience publique, la loi ne laisse ainsi aucune place à l'exégèse des opinions individuelles des juges, au-delà de l'avis exprimé à l'unanimité par le corps constitué dans les considérants de l'arrêt. Juges et greffiers sont tenus au secret (HEIMGARTNER/WIPRÄCHTIGER, in Basler Kommentar Bundesgerichtsgesetz, 3e éd. 2018, no 34 ad art. 58 LTF). En effet, c'est l'oralité (et généralement la publicité) de la procédure dans laquelle sont rendus les arrêts du Tribunal fédéral qui doit tendre aux mêmes buts que la possibilité offerte par les " dissenting opinions ". On ne saurait aller au-delà des garanties de transparence existant en cas de décision prise à la majorité, lorsque la décision l'a été à l'unanimité. En définitive, la démarche du demandeur en révision, qui tend, sous couvert de récusation, à mettre en cause le dispositif de l'arrêt dont la révision est demandée par une critique de ses considérants sous l'angle de l'arbitraire, de la présomption d'innocence et de la portée de l'arrêt de renvoi, ne constitue pas l'un des moyens de révision énumérés limitativement dans la loi, mais tend à un réexamen ou à la reconsidération en fait et en droit. Les moyens ainsi articulés apparaissent irrecevables, sous ce premier angle.