Citation: I 846/05 24.05.2006 E. 5

5.1 Sur le plan psychiatrique, les médecins de la Clinique W.________ ont attesté un syndrome douloureux somatoforme persistant et un épisode dépressif modéré sans syndrome somatique (rapport du 31 août 1998). Dans leur rapport du 22 juin 1999, les docteurs G.________ et B.________ du Département T.________ ont posé un diagnostic pratiquement similaire en y ajoutant la présence de troubles de la personnalité à traits paranoïaques. De l'avis de ces experts, les examens cliniques ont mis en évidence une personnalité extrêmement rigide et méfiante, avec une extrême pauvreté des affects rejoignant les conclusions des tests psychologiques - pratiqués par la psychologue N.________ -, qui soulignaient le caractère psychotique et paranoïaque du recourant. Sa capacité de travail n'était dès lors que de 20 %. De son côté, le docteur C.________ a fait état d'une dysthymie entraînant une incapacité de travail de 20 % à 30 % au maximum. S'estimant dans l'impossibilité de faire une évaluation rétroactive, il a néanmoins souligné, sur la base de l'anamnèse, que l'état de santé psychique du recourant s'est amélioré après la naissance de son enfant - née en juin 1999 - et la diminution du conflit de couple, soit au plus tard au début de l'année 2000. A son avis, le recourant ne présentait pas de trouble de la personnalité. En particulier, il ne partageait pas les conclusions des tests psychologiques pratiqués par la psychologue N.________ dans le cadre de l'expertise de ses confrères du Département T.________, dans la mesure où ces examens mettaient en évidence une structure psychotique franche. L'expert a aussi exclu le diagnostic de trouble somatoforme douloureux au regard des critères exposés par Mosimann (cf. RSAS, 1999, p. 1 ss et 105 ss). 5.2 En l'occurrence, le rapport de cet expert répond aux exigences posées par la jurisprudence en la matière et revêt une pleine valeur probante (cf. références citées au consid. 4.2). Au demeurant, l'appréciation de ce spécialiste est convaincante et ne saurait être mise en doute par les conclusions antérieures de ses confrères. Le recourant ne conteste d'ailleurs pas le diagnostic posé par ce psychiatre, pas plus que la capacité de travail fixée, dans la mesure où elle n'est admise qu'à partir de l'année 2000. 5.3 Pour les années antérieures (1997 à 1999), le docteur C.________ a pertinemment relevé, sur la base des pièces médicales du dossier, divers éléments permettant de nier l'existence d'un trouble somatoforme douloureux invalidant. En particulier, il a observé une relativement bonne intégration sociale chez l'assuré. Il a aussi constaté des divergences entre les douleurs invoquées et le comportement observé ainsi qu'un probable profit secondaire. Par ailleurs, la collaboration du recourant était qualifiée de très moyenne. Selon les critères posés par la jurisprudence, l'ensemble de ces éléments exclut effectivement le caractère invalidant des troubles somatoformes douloureux (cf. ATF 131 V 49, consid. 1.2), si bien qu'ils ne sont pas propres, en l'espèce, à fonder le droit à une rente de l'assurance-invalidité. 5.4 Si l'expert C.________ a critiqué le diagnostic de trouble de la personnalité à traits paranoïaques posé par ses confrères du Département T.________, il n'a en revanche pas fourni suffisamment d'explications pertinentes susceptibles de l'écarter. Toutefois, on ne saurait considérer, en raison de cette atteinte, qu'un effort de volonté en vue de réintégrer un processus de travail, n'est pas exigible de la part du recourant (ATF 127 V 294). En effet, selon les experts du Département T.________, si la genèse de la structure de la personnalité du recourant est difficile à établir, ils l'expliquent néanmoins par les absences du père, la répétition, depuis l'enfance, des séparations dans sa famille provoquées par les besoins économiques et la migration. Ainsi, présent de longue date, le trouble de la personnalité à traits paranoïaques ne l'a pas empêché d'exercer durant de nombreuses années une activité lucrative à plein temps. Au demeurant, les experts ne déduisent pas de cette affection, une incapacité de travail corrélative indépendante du trouble somatoforme douloureux. Il en va d'ailleurs de même du trouble dépressif modéré attesté tant par les experts du Département T.________ que par les médecins de la Clinique W.________ qui est par ailleurs amélioré par la prise d'antidépresseurs. Cela étant, on doit considérer que l'intéressé n'a jamais présenté de troubles psychiques entravant sa capacité de travail de plus de 30 % d'un temps complet.