Citation: 4A_437/2017 E. 5.1

5.1. Sous l'angle procédural, l'assurance reproche à la cour précédente d'avoir calculé la part principale de la perte de gain (celle liée à l'activité agricole du lésé), en se fondant sur un chiffre - 3'000 heures, i.e les heures de travail annuelles que le lésé ne pouvait plus effectuer suite à l'accident et pour lesquelles il prétend avoir droit à une indemnisation - qui n'a pas été valablement allégué par le demandeur. Selon la cour cantonale, le lésé " allègue de manière implicite un nombre d'heures travaillées annuelles de 3'000 avant l'accident ". Le constat est imprécis puisque le paragraphe de la demande auquel l'autorité précédente renvoie mentionne explicitement le chiffre de 3'000 (heures) (complètement d'office selon l'art. 105 al. 2 LTF). Le passage contenu à l'" Article 33 de la demande " se présente en effet comme suit: " Son revenu annuel, calculé selon le principe du dommage normatif prérappelé ci-dessus, et au tarif fixé par la jurisprudence, représente un montant annuel de 90'000.-- (cf. rapport d'enquête sociale du 18 décembre 2007 de l'Office AI de Berne (PJ No 10), soit 3'000 heures x CHF 30.--. " Ce paragraphe n'est pas allégué dans la partie " En fait " du mémoire, mais dans sa partie " En droit ", qui comporte plusieurs autres " articles " dans lesquels le demandeur procède au calcul des divers postes de son préjudice (complètement d'office selon l'art. 105 al. 2 LTF). On peut toutefois d'emblée relever que le chiffre litigieux n'a pas échappé à la défenderesse puisque celle-ci, dans les nouveaux allégués de sa réponse, s'est explicitement prononcée sur ce point, en affirmant que la " durée normale " du travail d'un agriculteur était de l'ordre de 2'130 heures/année, que le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de retenir un chiffre de cet ordre de grandeur (2'060 heures) et qu'il est donc question d'un " nombre d'heures significativement moins important que les quelques '3'000 heures' annuelles dont se prévaut présentement le demandeur (...) (demande: art. 33; appréciation du Tribunal) " (complètement d'office selon l'art. 105 al. 2 LTF). Cela étant, la cour précédente aurait été excessivement formaliste si elle avait rejeté la demande sur ce point pour défaut de motivation sans avoir au préalable invité le demandeur à préciser ses allégués (cf. art. 56 CPC; sur la prise en compte du comportement procédural de la partie adverse, cf. arrêt 5D_42/2007 du 18 février 2008 consid. 2.1). La cour cantonale, procédant à une appréciation des preuves, est alors parvenue à la conviction que le demandeur travaillait à raison de 3'000 heures par an avant l'accident. La défenderesse ne soutient pas que l'autorité précédente aurait retenu ce point de fait en sombrant dans l'arbitraire (art. 9 Cst.) et il n'y a donc pas lieu de s'y arrêter.