Citation: 6B_1248/2019 E. 3.3

3.3. Le recourant ne démontre pas que les faits auraient été arbitrairement établis par la cour cantonale sur ce point. Son argumentation est donc irrecevable dans la mesure où elle s'écarte de l'état de fait de l'autorité précédente, par lequel le Tribunal fédéral est lié (cf. art. 105 al. 1 LTF). Il en va ainsi lorsque celui-ci affirme qu'il n'aurait pu de lui-même transférer l'argent de clients de la banque et qu'il aurait dû recourir, pour ce faire, à de faux ordres. S'il ressort bien de l'arrêt attaqué que le recourant a inscrit des informations mensongères dans les fichiers de la banque et a créé de faux ordres de paiement censés concrétiser certaines instructions de D.________, il n'apparaît pas que ces indications et documents auraient été nécessaires pour disposer des fonds concernés, mais qu'ils auraient tout au plus été utilisés pour dissimuler par la suite les opérations indues (cf. arrêt attaqué, p. 75). On ne se trouve ainsi pas dans la situation où l'auteur obtient un pouvoir matériel de disposition sur les valeurs confiées grâce à une tromperie astucieuse parce que les pouvoirs à lui conférés ne suffisent pas (cf. sur ce point ATF 111 IV 130 consid. 1 p. 132 ss; cf. plus récemment l'arrêt 6B_819/2018 du 25 janvier 2019 consid. 3.9.2 à propos de la distinction entre l'escroquerie et l'abus de confiance). Le recourant relève que l'acte d'accusation mentionne que les fonds de B.________, C.________ Ltd et D.________ lui ont été confiés, alors qu'ils l'ont été à la banque. On ignore ce que le recourant entend déduire de cette remarque, étant précisé que la mention de l'art. 350 al. 1 CPP dans son mémoire de recours ne saurait tenir lieu de grief motivé à satisfaction au regard de l'art. 42 al. 2 LTF. Au demeurant, l'acte d'accusation décrit bien quel était le rôle du recourant au sein de la banque et précise que celui-ci était responsable des comptes ouverts par B.________, C.________ Ltd et D.________, de sorte qu'il n'en découle aucune ambiguïté concernant les rapports ayant existé entre les différents intéressés. Le recourant conteste ensuite qu'une infraction d'abus de confiance pût lui être imputée en application de l'art. 29 let. c CP, en affirmant qu'il n'aurait pas disposé d'un pouvoir de décision indépendant dans le secteur d'activité dont il avait la charge, ayant été au bénéfice d'une signature collective à deux. Ce dernier aspect n'est toutefois nullement déterminant pour imputer une infraction d'abus de confiance au recourant (cf. ATF 106 IV 20 consid. 2c p. 23 s'agissant de l'organe d'une personne morale). Pour le reste, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant avait la charge de gérer les fonds placés à la banque par B.________, C.________ Ltd et D.________, et qu'il pouvait de facto disposer seul de ces avoirs. L'autorité précédente n'a donc aucunement violé le droit fédéral en considérant que l'intéressé pouvait, sur la base de l'art. 29 let. c CP, être condamné pour abus de confiance qualifié. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.