Citation: 6S.801/1999 27.01.2000 E. 1

d) La Cour de cassation du Tribunal fédéral, qui n'interroge pas elle-même les accusés ou les témoins et qui n'établit pas les faits, est mal placée pour apprécier l'ensemble des paramètres pertinents pour individualiser la peine; son rôle est au contraire d'interpréter le droit fédéral et de dégager des critères et des notions qui ont une valeur générale. Elle n'a donc en aucune façon à substituer sa propre appréciation à celle du juge de répression. Elle ne peut intervenir, en considérant le droit fédéral comme violé, que si ce dernier a fait un usage vraiment insoutenable de la marge de manoeuvre que lui accorde le droit fédéral (ATF 123 IV 150 consid. 2a p. 152 s.). En fixant la peine maximum à 20 ans de réclusion (art. 19 ch. 1 dernier alinéa; art. 35 CP), le législateur a manifesté sa volonté de réprimer sévèrement les cas graves de trafic de stupéfiants. Il a été retenu en l'espèce que le recourant occupait une position dominante dans un réseau de trafiquants parfaitement organisé, qu'il avait agi par métier, dans un but exclusif d'enrichissement et que ses antécédents étaient défavorables. Son activité a été intense et a porté sur une quantité exceptionnellement importante de drogue particulièrement dangereuse (374, 365 kg d'héroïne). Une telle activité dominante dans une organisation conçue pour se livrer régulièrement au trafic d'héroïne par dizaines de kilos correspond manifestement à l'hypothèse que le législateur avait en vue lorsqu'il a fixé la peine maximum. Dans ces circonstances, les juges cantonaux n'ont pas outrepassé leur large pouvoir d'appréciation en prononçant une peine complémentaire de 16 ½ ans de réclusion.