Citation: 5A_861/2014 E. 4

En substance, la recourante fait valoir les griefs d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application des art. 163, 176 et 285 CC, affirmant que la méthode de calcul des contributions d'entretien à laquelle a eu recours l'autorité précédente est insoutenable; le résultat serait aussi arbitraire. Elle estime choquant de s'écarter de la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent, qui a pourtant été confirmée dans la première partie de l'arrêt cantonal. Par ailleurs, son train de vie aurait été établi de façon arbitraire, sur la base d'une liste approximative des dépenses du couple durant la vie commune, et sans tenir compte de l'augmentation des charges liées à la séparation. Par exemple, l'autorité cantonale aurait pris en considération, dans le budget de l'épouse, la moitié des frais de logement antérieurs à la séparation, alors qu'elle s'acquitte désormais seule de toutes les charges liées au logement conjugal. Les frais d'assurance responsabilité civile et ménage, de protection juridique, d'assurance ECA, de Billag, de taxation feu, de ramonage et de taxe de déchets ont aussi été divisés par deux, alors qu'ils sont entièrement à sa charge depuis la séparation. Il serait en outre insoutenable d'établir son budget en divisant par deux celui de la famille avant la séparation, sous déduction des dépenses des enfants estimées à 25 %. Quant au budget qu'elle a elle-même produit, la recourante expose qu'il n'est pas représentatif du train de vie antérieur des époux, puisqu'il ne fait parfois état que des dépenses de l'épouse et des enfants (primes d'assurance-maladie, frais de véhicule, soins corporels, etc.), à l'exclusion des postes de charge équivalents de l'époux; pour chaque poste, le document produit indiquerait clairement s'il concerne l'ensemble de la famille (par exemple, le logement) ou uniquement l'épouse et les enfants. Enfin, la charge fiscale n'a pas été prise en considération, alors qu'elle est loin d'être négligeable, s'agissant d'un revenu supérieur à 12'000 fr. Concernant les besoins des enfants, il serait insoutenable de les évaluer à 36'500 fr. par an, puisque cela correspond à leur strict minimum vital (minima vitaux de 9'600 fr., primes d'assurance-maladie 2'592 fr., frais de garde 24'000 fr. par an), alors que le niveau de vie du couple a été considéré comme très favorable, le juge d'appel ayant même indiqué qu'il fallait évaluer largement les besoins des enfants (arrêt entrepris p. 14 § 2). La recourante souligne que l'autorité cantonale a évalué son train de vie et celui des enfants à un montant global de 7'604 fr. 16 de charges mensuelles ([54'750 + 36'500] / 12; arrêt entrepris p. 13 § 2), à savoir un montant inférieur au minimum vital élargi des trois membres de la famille, évalué par la même autorité à 7'940 fr. (arrêt entrepris p. 6 § 7).