Citation: 1B_159/2017 E. 5.1

5.1. En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 § 3 CEDH, toute personne qui est mise en détention préventive a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou d'être libérée pendant la procédure pénale. Ce droit fondamental est violé lorsque la durée de la détention provisoire dépasse la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre. L'art. 212 al. 3 CPP prévoit ainsi que la détention provisoire ou pour des motifs de sûreté ne doit pas durer plus longtemps que la peine privative de liberté prévisible. Le juge peut dès lors maintenir la détention préventive aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation. Il convient d'accorder une attention particulière à cette limite, car le juge - de première instance ou d'appel - pourrait être enclin à prendre en considération dans la fixation de la peine la durée de la détention préventive à imputer selon l'art. 51 CP (ATF 139 IV 270 consid. 3.1 p. 275 et les arrêts cités). Le recourant méconnaît qu'il n'est pas poursuivi pour de simples menaces ou injures, mais aussi pour une tentative d'enlèvement (art. 260 bis CP) ainsi que des actes d'ordre sexuel sur sa fille (art. 187 et 189 CP). Les peines prévues pour ce genre d'infractions sont nettement supérieures à la durée de la détention subie jusque-là, de sorte que le principe de proportionnalité n'est pas violé sous cet angle.