Citation: 1B_144/2022 E. 2.2

2.2. En l'occurrence, la Chambre pénale de recours a écarté toutes les pièces complémentaires produites par le recourant postérieurement au dépôt de son recours, hormis les déterminations du 10 août 2021 expressément autorisées. Il s'agissait pourtant de pièces nouvelles, dont ce dernier ne pouvait pas se prévaloir à l'appui de son recours et dont la cour cantonale devait en principe tenir compte, puisqu'elles figuraient au dossier de la procédure pénale au moment où elle a statué; le fait que le Ministère public n'avait pas dupliqué et que l'instruction était close ne faisait pas obstacle à leur prise en compte (cf. arrêt 1B_368/2014 du 5 février 2015 consid. 3.3). Le droit d'être entendu du recourant n'a dès lors pas été respecté. Suivant la jurisprudence, une telle violation entraîne en principe l'annulation de la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recours sur le fond (ATF 144 I 11 consid. 5.3). Le droit d'être entendu n'est toutefois pas une fin en soi; il constitue un moyen d'éviter qu'une procédure judiciaire ne débouche sur un jugement vicié en raison de la violation du droit des parties de participer à la procédure, notamment à l'administration des preuves. Lorsqu'on ne voit pas quelle influence la violation du droit d'être entendu a pu avoir sur la procédure, il n'y a pas lieu d'annuler la décision attaquée (ATF 143 IV 380 consid. 1.4.1; pour un cas d'application, arrêt 1B_14/2022 du 8 février 2022 consid. 3.2). En l'occurrence, les pièces complémentaires qui n'ont pas été prises en compte se rapportent à la procédure pénale conduite en Angola à l'encontre du recourant et tendent pour l'essentiel à démontrer les graves irrégularités qui affecteraient dite procédure pénale, l'illégalité de sa mise en détention et la confiscation arbitraire des avoirs et des biens immobiliers de la société F.C.________ Ltd à laquelle les autorités angolaises auraient procédé. Or, la Chambre pénale de recours a indiqué qu'il ne lui appartenait pas, en tant que juge du séquestre, de se prononcer sur le système judiciaire d'un Etat avec lequel la Confédération avait passé un mémorandum d'entente sur l'entraide judiciaire en matière pénale et que, au stade du séquestre, les faits mis en avant par les autorités angolaises permettaient de retenir la vraisemblance de l'infraction de gestion déloyale. Ce faisant, elle a procédé à une appréciation anticipée des preuves dont le caractère arbitraire n'a pas été démontré. Les pièces qu'elle aurait dû tenir pour recevables portent ainsi sur des éléments non pertinents pour le sort du présent séquestre et ne l'amèneraient pas à changer d'avis. Dans ces conditions, un renvoi de la cause serait une vaine formalité et conduirait à prolonger inutilement la procédure. Il n'y a dès lors pas lieu d'annuler l'arrêt entrepris pour ce motif. Pour les mêmes raisons, le moyen pris d'un excès négatif du pouvoir d'appréciation tombe à faux.