Citation: 4P.138/2003 17.09.2003 E. 2

La décision attaquée, qui refuse la mise en oeuvre de l'expertise judiciaire requise par les recourants, ne constitue qu'une simple étape du procès en libération de dette. Il s'agit donc d'une décision incidente (ATF 129 III 107 consid. 1.2.1; 123 I 325 consid. 3b p. 327; 122 I 39 consid. 1 p. 41). Le jugement critiqué n'ayant trait ni à la compétence de l'autorité intimée, ni à sa composition, le recours immédiat prévu par l'art. 87 al. 1 OJ n'est pas ouvert. A teneur de l'art. 87 al. 2 OJ, le recours contre une décision incidente de la nature du jugement attaqué n'est recevable que si, par son objet, elle est de nature à causer aux recourants un préjudice irréparable. Cette disposition, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er mars 2000, est applicable quel que soit le droit constitutionnel invoqué. Pour qu'un dommage soit irréparable au sens de l'art. 87 al. 2 OJ, la décision incidente doit causer à l'intéressé un préjudice juridique que la décision finale, par hypothèse favorable à celui-ci, ne ferait pas entièrement disparaître. Est exposé à un tel dommage le justiciable qui court le risque d'une atteinte à sa position juridique quant aux voies de droit à sa disposition, par l'impossibilité d'un contrôle constitutionnel. Un dommage de pur fait, tel que la prolongation de la procédure ou un accroissement des frais de celle-ci, n'est pas considéré comme un dommage irréparable de ce point de vue (ATF 129 III 107 consid. 1.2.1; 127 I 92 consid. 1c; 126 I 97 consid. 1b, 207 consid. 2; 123 I 325 consid. 3c). En l'espèce, il n'apparaît pas que le refus d'ordonner l'expertise sollicitée entraîne pour les recourants un préjudice irréparable. En effet, à supposer que la décision au fond leur soit favorable, ils n'auront en fin de compte subi aucun dommage, si bien qu'il ne se justifie pas, pour des raisons d'économie de procédure, que le Tribunal fédéral statue à l'heure actuelle sur la mise en oeuvre du moyen de preuve invoqué. Si la décision au fond devait être défavorable aux recourants, ces derniers pourraient, en déposant un recours de droit public au Tribunal fédéral contre le jugement au fond, se plaindre d'une violation du droit d'être entendu ou d'arbitraire; dans l'hypothèse où ledit recours serait admis, les juges cantonaux, après avoir vu casser leur décision, pourraient toujours ordonner l'expertise présentement requise. En résumé, il ne peut résulter du jugement cantonal aucun dommage irréparable pour les recourants, de sorte que le recours est irrecevable au regard de l'art. 87 al. 2 OJ.