Citation: 6B_1429/2019 E. 2.5

2.5. La cour cantonale a exposé que le contrat d'entreprise conclu le 5 juillet 2017 entre D.________ Sàrl et la recourante portait sur des travaux de charpente, de couverture, de plafonds, de ferblanterie notamment, pour un montant total de 305'000 francs. Ce contrat n'évoquait pas les acomptes ou leur affectation. Une "facture" no 20151134 du 12 juillet 2017 de 100'000 fr., adressée par D.________ Sàrl à la recourante, indiquait sous "libellé" : "1ère demande d'acompte selon contrat du 5 juillet 2017". L'adresse du chantier mentionné était "E.E.________". L'ordre de virement de la banque de la recourante, du 24 juillet 2017, indiquait que les 100'000 fr. avaient été débités d'un compte "F.E.________". Par la suite, dans sa lettre du 23 octobre 2017 à D.________ Sàrl, la recourante avait précisé : "vous avez reçu un acompte d'un montant de 100'000 fr. pour la réservation et la commande de la charpente", tout en la priant de lui faire parvenir une copie de la commande. Dans son courrier du 16 novembre 2017, elle avait rappelé que l'acompte était destiné à la réservation et à la commande de la charpente. Selon l'autorité précédente, il ne ressortait pas du contrat du 5 juillet 2017 ni de la demande d'acompte du 12 juillet 2017 que les 100'000 fr. en question dussent être affectés à la commande de la charpente et qu'ils ne pouvaient pas être utilisés par l'entreprise de l'intimé dans un autre but, même s'il était évident que ladite commande devait être honorée. Le fait que la somme de 100'000 fr. eût été débitée d'un compte en lien avec la construction de E.________ n'était pas suffisant. Ce n'était que par la lettre du 23 octobre 2017 que la recourante avait clairement indiqué que la somme litigieuse devait, selon elle, être affectée à la commande de la charpente. La cour cantonale a encore exposé qu'il ressortait du relevé du compte bancaire de D.________ Sàrl qu'avant le versement des 100'000 fr., crédités le 2 août 2017, ledit compte présentait un solde de 3'053 fr. 70. Le 24 août 2017, la recourante avait encore versé 10'000 fr., relatifs à un chantier à G.________. Le 31 août 2017, le solde du compte était de 5'033 fr. 30. Des factures avaient été payées avec les 100'000 fr. litigieux, dont des salaires. Depuis le début de l'année 2017 et jusqu'au versement litigieux, la recourante avait versé 310'692 fr. 80 sur le compte bancaire de D.________ Sàrl. L'intimé avait produit des factures datées de la fin de l'année 2017 pour des travaux qui avaient été exécutés précédemment et qui avaient été pour partie payés. Il avait encore adressé, le 30 octobre 2017, une facture de 24'327 fr. relative au chantier de E.________. La recourante avait répondu que celle-ci ne la concernait pas, n'était pas justifiée et ne correspondait à aucune commande signée. La recourante avait quant à elle dressé divers décomptes de chantiers pour 2016 et 2017. Il y apparaissait, s'agissant d'un chantier de H.________, que le montant adjugé à forfait selon le contrat était de 147'000 fr., somme qui devait être réduite à 127'345 fr. eu égard aux travaux réalisés. 110'000 fr. avaient été versés le 31 décembre 2016 puis 32'500 fr. le 20 avril 2017. La recourante avait affirmé qu'un solde de 15'154 fr. 55 lui était dû. Pour un chantier de I.________, la recourante avait expliqué que le montant adjugé était de 39'000 fr., que trois acomptes avaient été payés, pour un total de 52'047 fr. 20, ce qui ne pouvait qu'interpeller puisque ce montant était supérieur à celui adjugé à forfait selon le contrat. Un solde en faveur de la recourante, à hauteur de 13'047 fr. 20, aurait ainsi subsisté. Selon la recourante, le montant total qui lui était dû par D.________ Sàrl, concernant des chantiers de J.________, H.________, I.________ et G.________, était de 111'178 fr. 25. Les parties étaient donc en désaccord sur les montants qui seraient dus et il était impossible de déterminer quelle somme aurait encore dû être payée. En revanche, il était établi que plusieurs contrats d'entreprise avaient été conclus entre D.________ Sàrl et la recourante et que de nombreux acomptes avaient été versés pour des sommes importantes, cela concernant divers chantiers en cours. En outre, pour l'autorité précédente, il fallait relever que K.________ - actuel associé gérant de la recourante - avait été administrateur président de D.________ Sàrl jusqu'au 5 décembre 2016, l'intimé ayant jusqu'à cette date assuré la fonction d'associé gérant secrétaire. La société avait été radiée du Registre du commerce fribourgeois et réinscrite dans le canton de Vaud le 8 mai 2017, à la suite de son déménagement à L.________, l'intimé en étant alors associé gérant secrétaire avec signature individuelle. D.________ Sàrl et la recourante avaient toutes deux été domiciliées à la même adresse à L.________, la même personne assurant le secrétariat des deux entreprises. La personne en question était en outre la grand-mère de la fille de l'intimé. Pour la cour cantonale, il ressortait de cet "imbroglio" que K.________, administrateur de la recourante, ne pouvait que connaître en 2017 la situation de D.________ Sàrl, société qu'il avait quittée en décembre 2016. En définitive, il ne pouvait être retenu que l'acompte litigieux de 100'000 fr. dût être spécifiquement affecté à la commande de la charpente pour le chantier de E.________.