Citation: 2C_998/2018 E. 5.1.5

5.1.5. Selon les juges précédents, la recourante n'a pas démontré que sa prise en charge avait subi des changements à ce point importants que sa venue en Suisse corresponde à une nécessité impérative. Il apparaissait en effet que sa grand-mère, à qui elle avait été confiée par son père, n'était âgée que de 68 ans et était toujours en mesure d'offrir protection et assistance à sa petite-fille. Les deux certificats médicaux figurant au dossier à son sujet faisaient certes état de pathologies (hypertension et angine pectoris instable), mais celles-ci étaient susceptibles de traitement ou pouvaient à tout le moins être gérées. Par ailleurs, la conclusion de ces certificats, selon laquelle la grand-mère était incapable de s'occuper de la recourante, était sujette à caution, car non motivée. Ces certificats semblaient avoir été établis pour l'occasion, puisqu'il n'apparaissait pas que la grand-mère aurait été suivie pour la période précédant la demande d'entrée et de séjour de la recourante. Enfin, depuis la date de leur établissement plus de trois ans auparavant, les juges précédents n'avaient reçu aucune information laissant penser que la grand-mère n'avait depuis lors pas été en mesure d'offrir protection et assistance à sa petite-fille qui, au vu de son âge, était désormais en mesure d'envisager une vie de plus en plus indépendante. Il fallait aussi tenir compte du fait que la recourante avait toujours vécu au Kosovo, qu'elle y avait suivi toute sa scolarité et qu'elle n'était nullement livrée à elle-même dans son pays, dès lors que sa grand-mère était toujours vivante. Sa vie sociale s'était jusqu'à présent intégralement déroulée au Kosovo et ses connaissances du français étaient inexistantes ou du moins très limitées. Sa venue en Suisse impliquerait l'obligation de s'adapter à un mode de vie différent de celui suivi jusqu'alors, ce qui pourrait être vécu comme un déracinement et conduire à des problèmes d'intégration.