Citation: 7B_14/2025 E. 4.4

4.4. En l'espèce, c'est avec raison que la cour cantonale a considéré qu'aucune mesure de substitution n'entrait en considération. Tout d'abord, en lien avec une éventuelle hospitalisation et obligation de suivre les soins ordonnés par le CNP, la cour cantonale a relevé, et le recourant ne le conteste pas, que ce dernier était déjà hospitalisé au moment où il aurait commis certaines des infractions qui lui sont reprochées. Pour ce seul motif déjà, on ne saurait retenir qu'une hospitalisation serait apte à empêcher le recourant de commettre de nouvelles infractions. Ensuite, en accord avec la cour cantonale, on relève qu'une éventuelle interdiction d'entretenir des relations intimes serait vaine et particulièrement difficile à contrôler, en particulier parce qu'une relation intime a précisément lieu dans la sphère privée des personnes impliquées. Pour le surplus, contrairement à ce que soutient le recourant, l'appréciation de l'autorité cantonale, selon laquelle une interdiction d'entretenir des relations sexuelles serait inopérante, ne prête pas le flanc à la critique. On ne saurait en effet ignorer que le recourant a fait preuve d'un comportement problématique lié à des activités d'ordre sexuel et qu'il a notamment admis vouloir assouvir "son côté voyeur", de telle sorte qu'il n'est pas insoutenable de considérer que ses pulsions ne sont pas facilement maîtrisables. L'argument du recourant selon lequel il ne souhaiterait pas "reconstruire rapidement une relation" et le fait qu'il "confirme [...] sa volonté à vouloir se soumettre à de telles mesures de substitution" ne suffit pas. Ensuite, s'agissant de l'interdiction de consommer de l'alcool, il ne ressort pas de l'état de fait cantonal que le recourant aurait commis les infractions reprochées sous l'emprise de celui-ci, de telle sorte qu'on ne saurait retenir qu'une interdiction de consommer de l'alcool serait propre à parer quelque risque que ce soit. En tout état de cause, il ressort de l'arrêt cantonal que le recourant a tenté de soigner son alcoolisme à plusieurs reprises, sans succès, ce qui ne fait que renforcer l'argument de l'autorité précédente selon lequel une telle mesure serait, en l'état, inopérante. Enfin, le recourant a invoqué un grief d'arbitraire, selon lequel l'autorité intimée n'aurait pas tenu compte "à sa juste valeur" de la question de son hospitalisation. À cet égard, on relève que la cour cantonale a retenu qu'au moment des décisions d'ouverture et d'extension de l'instruction pénale, celui-ci était hospitalisé "depuis deux mois" pour des problèmes de dépendance à l'alcool (cf. arrêt entrepris, faits B, p. 3). Elle a également ajouté que le recourant estimait important de pouvoir poursuivre son hospitalisation actuelle (cf. arrêt entrepris, faits D, p. 5) et qu'il était bien sûr souhaitable que celui-ci persévère dans les premiers soins qu'il a demandés (cf. arrêt entrepris, p. 11). Au vu de ces éléments et de la jurisprudence précitée (cf. consid. 2.1.1 supra), il apparaît que la cour cantonale a bien tenu compte de l'importance d'une hospitalisation pour le recourant, dès lors qu'elle y fait référence à plusieurs reprises, précisant qu'il était important que le recourant continue à se faire soigner, ainsi qu'il l'avait demandé. On ne discerne dès lors aucune constatation manifestement inexacte des faits ni appréciation arbitraire des preuves. Le fait que la cour cantonale ait considéré - de manière fondée - que le maintien en détention provisoire, dans l'attente d'une expertise, prévalait sur l'hospitalisation volontaire du recourant ne permet pas de déduire qu'elle aurait omis de tenir compte de cette dernière; il lui incombait en effet de mettre en balance les intérêts en cause quant à la détention provisoire du recourant, ce qu'elle a fait, en tenant compte de tous les éléments pertinents. On ne discerne ainsi aucune violation du principe de la proportionnalité.