Citation: 5A_715/2018 E. B

B.a. Par télécopie du 13 décembre 2017, reçue par le Tribunal civil à 15h56 le même jour, Me Romain Jordan, déclarant être en charge des intérêts de A.________ SA, a sollicité le report de l'audience du lendemain à une date ultérieure, " en raison d'un impératif professionnel soudain impliquant [sa] présence à l'étranger ". Il se disait conscient que cette requête n'intervenait qu'à la veille de l'audience, mais tenait à assurer le juge que " cette indisponibilité [était] aussi soudaine qu'impérative ". Il précisait qu'il n'avait été constitué que " très récemment " et qu'il ne lui était ainsi " pas possible d'instruire un collaborateur ou un stagiaire de ce dossier ". Invitées à présenter immédiatement des observations au sujet de cette demande de report d'audience, les poursuivantes ont conclu à son rejet par fax du 13 décembre 2013 à 17h43. Par fax adressé aux parties le 13 décembre 2017 à 17h59, le Tribunal civil a rejeté la demande de renvoi d'audience et, en substance, a rappelé au mandataire son droit de déposer une détermination écrite jusqu'à l'heure de l'audience, ou de se faire représenter par un associé, un collaborateur ou un stagiaire à cette audience. B.b. Par fax du 14 décembre 2017 reçu par le Tribunal civil à 11h24, le mandataire de A.________ SA a réitéré sa demande de renvoi d'audience. Il précisait qu'il avait dû se rendre au sud de la France le 13 décembre 2017 dans le cadre d'un dossier de succession internationale particulièrement sensible et qui défrayait la chronique médiatique française, ne pouvant en dire plus en raison du secret professionnel et renvoyant le juge à lire les articles correspondants. Il n'avait été constitué que trois jours plus tôt et avait dû se rendre en France sans pouvoir instruire sa collaboratrice ou l'un de ses stagiaires, la complexité du dossier empêchant un stagiaire d'assimiler un dossier et de formuler une défense en quelques heures. Le mandataire indiquait que la convocation n'avait été notifiée à B.________ que le 7 décembre 2017, à son domicile en France. N'ayant pas reçu de réponse à son précédent courrier, Me Jordan a adressé une brève détermination au Tribunal civil par fax du 14 décembre 2017 à 14h00, dans laquelle il exposait les motifs pour lesquels il estimait que les poursuivantes n'étaient pas valablement représentées et n'avaient pas la qualité pour agir. B.c. A l'audience du 14 décembre 2017 à 14h15, dans la procédure concernant A.________ SA, les poursuivantes se sont à nouveau opposées au renvoi et le juge a décidé que l'audience se déroulerait comme prévu. La poursuivie n'était ni présente, ni représentée. Le même jour, à 16h00, le Tribunal civil a aussi tenu audience dans la procédure concernant B.________; celui-ci n'était ni présent, ni représenté.