Citation: 6B_575/2015 E. 2.3.2

2.3.2. Le courrier que l'avocat du recourant a adressé au Tribunal de première instance le 19 décembre 2011 est ainsi rédigé: " 2. Un autre document attire l'attention: La pièce 27 du même chargé complémentaire de la demanderesse [i. e. le courrier du 3 mai 2009 produit dans le bordereau de pièces de l'intimée du 18 décembre 2011] (annexe C) et la pièce 23 du chargé complémentaire du défendeur [i. e. le courrier du 3 mai 2009 produit dans le bordereau de pièces du recourant] du 18 décembre 2011, déposé le 17 octobre 2011(annexe D), sont identiques à ce détail près que la pièce 23 ne porte pas le timbre humide réceptio n (' Reçu le 4 Mai 2009 '). Le défendeur découvre ce timbre pour la première fois dans le chargé complémentaire précité de la défenderesse ". Ce passage, qui décrit certes des faits de manière objectivement exacte, à savoir une divergence entre deux documents, doit néanmoins être situé dans son contexte. Avant d'attirer l'attention des juges civils sur la pièce litigieuse, le recourant les a en effet rendus attentifs, dans le même courrier, au fait qu'une autre pièce produite par l'intimée ne serait pas authentique (à savoir le courriel du 2 mai 2009, supra consid. A), pour conclure qu'il se devait de porter à leur connaissance " ces faits d'une extrême importance ". On ne saisit donc pas l'intérêt du recourant à informer les juges civils des différences existant entre les deux versions du courrier litigieux, si ce n'est à insinuer que celle produite par l'intimée serait un faux, soupçon qu'il venait également de formuler à l'égard d'une autre pièce déposée par l'intimée, dans le cadre d'une procédure civile portant sur la prétendue mauvaise exécution de son mandat. Dans cette mesure, et même si le recourant ne l'a pas expressément formulé ainsi, l'on ne peut reprocher à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu que, par son courrier du 19 décembre 2011, le recourant entendait accuser l'intimée d'avoir produit un faux document. Cela est d'ailleurs corroboré par les explications données ultérieurement par l'intéressé, qu'il reproche précisément à la cour cantonale de ne pas avoir rapportées: par courriers des 19 mars 2012 et 17 septembre 2012 adressés au Procureur général de la République et canton de Genève, le recourant a en effet clairement affirmé que les déclarations de l'intimée quant à la pièce litigieuse étaient mensongères. A supposer enfin, comme le prétend le recourant, que la divergence entre les deux versions du courrier du mois de mai 2009 ne lui soit apparue que le 18 octobre 2011, date du dépôt de la pièce par l'intimée, il ne démontre cependant pas en quoi cette circonstance serait déterminante pour le sort de la cause (consid. 2.2.3 supra). Ainsi, il ne prétend pas qu'avant de s'adresser aux juges civils le 19 décembre 2011, il n'aurait pas été en mesure de s'assurer de la véracité de ses accusations auprès de B.________, auteur du courrier litigieux, qui, selon ses déclarations, était une personne qui venait dîner chez lui, et avec laquelle il pouvait donc parfaitement entrer en contact.