Citation: 1B_474/2020 E. A

A.a. Par jugement rendu le 20 mai 2020 par le Tribunal correctionnel du canton de Genève, A.________ a été déclaré coupable de faux dans les titres et condamné à une peine privative de liberté de 24 mois (sous déduction de 8 jours de détention avant jugement) avec sursis. Il a été acquitté de l'accusation de tentative d'escroquerie. L'appel formé par A.________ et l'appel joint du Ministère public genevois, sont actuellement pendants devant la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice du canton de Genève. À teneur de l'acte d'accusation, il était reproché à A.________ d'avoir, entre 2009 et 2017, dans le canton de Vaud, alors qu'il s'occupait, en sa qualité d'avocat et avec la société B.________ SA, de la gestion et location des immeubles appartenant à sa soeur, C.________ et à la société D.________ SA, falsifié des baux et formules officielles pour tromper des nouveaux locataires sur les loyers payés par les locataires précédents, permettant ainsi l'encaissement de loyers plus élevés, ainsi que d'avoir produit une partie de ces documents dans le cadre d'une procédure devant le Tribunal des baux du canton de Vaud, en 2017. A.b. Au cours de l'instruction devant le Ministère public, des perquisitions ont eu lieu dans les locaux de B.________ SA, ainsi que chez A.________. Les documents saisis ont été, en partie, versés à la procédure et le solde, porté à l'inventaire. Le Ministère public a, par décision motivée du 8 octobre 2018, refusé d'ordonner l'expertise sollicitée par A.________ visant à déterminer que les montants des loyers mentionnés dans les documents argués de faux étaient légitimes. Par arrêt du 14 février 2019, la Chambre pénale de recours a déclaré irrecevable le recours déposé par A.________, faute de préjudice irréparable. Le 6 août 2019, le Tribunal fédéral a rejeté le recours formé par A.________ contre l'arrêt précité (cause 1B_129/2019). A.c. Dans l'intervalle, A.________ a été renvoyé en jugement devant le Tribunal correctionnel, par acte d'accusation du 12 mars 2019. Par pli du 18 mars 2019, signé par Sabina Mascotto en qualité de présidente du Tribunal correctionnel, le prévenu a été informé que les débats auraient lieu les 27 et 28 août 2019; il était en outre invité à lui faire savoir rapidement s'il souhaitait obtenir une copie de la procédure. Par courrier du 27 mars 2019, Sabina Mascotto a indiqué à A.________ que le dossier n'était plus en mains du Tribunal correctionnel en raison du recours pendant au Tribunal fédéral (cause 1B_129/2019) et l'a invité à lui faire savoir s'il souhaitait obtenir une copie de la procédure. Au dossier figure un document intitulé "Demande de photocopie", daté du 27 mars 2019 et signé par une greffière au Tribunal pénal, ainsi libellé: "Svp besoin d'une copie urgente car le dossier doit partir au Tribunal fédéral. Gardez 1 copie scannée car il faudra refaire des copies pour les juges et les parties. [...]". Par lettre du 28 mars 2019, A.________ a confirmé à la Présidente du Tribunal correctionnel qu'il souhaitait recevoir une copie de la procédure. Cette demande est restée sans réponse. A.d. Le 3 mai 2019, A.________ a demandé la récusation de Sabina Mascotto, au motif qu'elle avait été pendant des années avocate spécialisée dans la défense des locataires et membre actif de l'ASLOCA. Par arrêt du 25 juillet 2019, la Chambre pénale de recours a déclaré la requête irrecevable car tardive, subsidiairement infondée. Le Tribunal fédéral a rejeté, par arrêt 1B_447/2019 du 30 décembre 2019, le recours formé par A.________. A.e. Par lettre du 20 janvier 2020, A.________, se référant à son pli du 28 mars 2019, a demandé une copie numérotée de la procédure. Le lendemain, Sabina Mascotto a informé les parties que les débats, entretemps annulés en raison de la procédure de récusation, auraient lieu du 11 au 13 mai 2020 (reportés ensuite du 18 au 20 mai 2020); elle a ajouté qu'une copie de la procédure était à la disposition de A.________ au greffe du Tribunal. A.f. Saisie de diverses réquisitions de preuve formées par A.________, Sabina Mascotto a, le 9 mars 2020, partiellement rejeté celles-ci. En particulier, elle a rejeté la requête d'expertise, au motif que cet acte d'instruction n'apparaissait pas nécessaire dans le cadre de l'infraction de faux dans les titres visée par l'acte d'accusation et que, par ailleurs, il appartenait au juge, et non à l'expert, de déterminer le loyer non abusif qui, selon la jurisprudence, devait être fixé sur la base du critère du rendement de la chose louée. Elle a encore indiqué que, corollairement, des ordres de dépôt seraient notifiés pour la production des pièces nécessaires au calcul de rendement. Le 9 mars 2020, le Tribunal des baux et loyers (TBL) a communiqué à Sabina Mascotto, conformément à sa requête, une ordonnance de preuve "type" détaillant la liste des pièces qu'il ordonnait au bailleur de produire pour procéder au calcul du rendement de la chose louée. Le 16 mars 2020, A.________ a informé le Tribunal correctionnel qu'en l'espèce, la méthode de calcul de rendement n'était pas applicable, contrairement à celle visant à déterminer les loyers usuels dans la zone concernée, raison pour laquelle il sollicitait une expertise sur ce point. Par lettre du lendemain, A.________ a sollicité l'audition de divers témoins. Sabina Mascotto a rejeté, les 6 et 15 avril 2020, les réquisitions de preuve et la demande d'expertise car elles n'étaient pas nécessaires au jugement, ainsi que, le 23 avril 2020, la demande d'audition de deux autres témoins. A.g. Parallèlement aux échanges susmentionnés, le conseil de A.________ a demandé à Sabina Mascotto, le 11 mars 2020, à pouvoir consulter la procédure en mains du Tribunal correctionnel, ce qu'il a fait le surlendemain. En raison de l'épidémie de la Covid-19, l'accès au Tribunal pénal a été restreint dès mi-mars 2020. Par lettre du 5 mai 2020, Sabina Mascotto a fait parvenir aux parties copie des derniers éléments versés à la procédure, précisant qu'il leur était loisible de venir consulter le dossier, sur demande préalable, afin de vérifier qu'ils avaient reçu tous les documents, voire demander copie de certaines pièces. Le lendemain, la greffière a envoyé aux conseils de A.________ un lot de "copies de certaines pièces portées à l'inventaire ". Le 6 mai 2020, les conseils de A.________ ont, par lettre adressée à Sabina Mascotto, relevé que selon le site Internet du Tribunal pénal, la consultation des dossiers dans les locaux était limitée aux dossiers non scannés et aux urgences; s'il n'était pas possible de leur remettre une copie scannée du dossier ou de leur envoyer systématiquement ce qui y était versé, ils sollicitaient de pouvoir le consulter dans son état définitif avant jugement. Sabina Mascotto a répondu, le 7 mai 2020, que le dossier n'était pas scanné et que les deux classeurs du Tribunal seraient mis à la disposition de la défense durant une heure. Les conseils de A.________ ont pu consulter le dossier le 8 mai 2020. Par pli du 12 mai 2020, le Tribunal correctionnel a envoyé aux parties "une sélection de pièces" tirées des documents figurant à l'inventaire de la procédure. Le dossier a, à nouveau, été mis à la disposition de la défense pour consultation, le 15 mai 2020.