Citation: 2P.183/2006 07.08.2006 E. 2

2.1 Dans son recours de droit administratif, le recourant invoque la violation de l'art. 8 CEDH; dans son recours de droit public, il fait valoir la violation de son droit d'être entendu et l'application arbitraire de dispositions de la loi cantonale vaudoise sur la juridiction et la procédure administrative (LJPA). Dans les deux recours, il reproche à la juridiction cantonale d'avoir omis de tenir compte de nouveaux faits et moyens de preuve. En l'espèce, il y a lieu de joindre les recours qui concernent le même état de fait et qui sont dirigés contre la même décision. 2.2 L'étranger n'a en principe pas de droit à l'octroi d'une autorisation de séjour. Le recours de droit administratif n'est donc pas recevable (art. 100 al. 1 let. b ch. 3 OJ), à moins que ne puisse être invoquée une disposition particulière du droit fédéral ou d'un traité international, accordant le droit à la délivrance d'une telle autorisation (ATF 131 II 339 consid. 1 p. 342). Dans le cas présent, le recourant, ressortissant éthiopien, peut se prévaloir d'un droit à l'octroi d'une autorisation de séjour en vertu de l'art. 8 CEDH, sa fille étant de nationalité suisse et l'arrêt attaqué ayant des incidences sur ses liens avec elle. Par conséquent, il convient d'entrer en matière sur le recours de droit administratif. La violation des droits constitutionnels invoqués pouvant être examinée dans le cadre de cette voie de droit (ATF 129 II 497 consid. 5.2 p. 520/521; cf. aussi ATF 132 II 188 consid. 2.1 p. 193), le recours de droit public, subsidiaire (art. 84 al. 2 OJ), est manifestement irrecevable. 2.3 Comme exposé dans l'arrêt du Tribunal fédéral du 26 mai 2005 (2A.58/2005 et 2P.42/2005), pour pouvoir invoquer l'art. 8 CEDH et s'opposer à la séparation d'avec sa fille, la relation entre le recourant - qui ne bénéficie que d'un droit de visite - et celle-ci doit être étroite et effective. Il faut qu'il existe des liens familiaux vraiment forts, soit particulièrement intenses, dans les domaines affectif et économique pour que l'intérêt public à une politique restrictive en matière de séjour des étrangers et d'immigration passe au second plan (ATF 120 Ib 1 consid. 3c p. 5, 22 consid. 4a p. 25). Le recourant soutient, en substance, que la juridiction cantonale aurait violé son droit d'être entendu en se fondant sur l'état de fait existant au moment où le Tribunal fédéral a statué, soit le 26 mai 2005, et en refusant d'ordonner un deuxième échange d'écritures permettant de prouver les faits nouveaux, à savoir l'emploi "stable", retrouvé dès le 7 février 2006, les versements de la pension alimentaire et l'exercice régulier de son droit de visite à raison de deux à trois fois par mois. De l'avis du recourant, l'arrêt serait arbitraire dans son résultat. La juridiction cantonale s'est expressément référée au nouvel emploi du recourant et à sa contribution à l'entretien de son enfant. Elle a considéré, au terme d'une appréciation anticipée des preuves (cf. ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157 et les arrêts cités), que les circonstances de fait déterminantes n'avaient pas subi de modifications notables depuis l'arrêt du Tribunal fédéral du 26 mai 2005. Le recourant a certes trouvé un emploi de garçon d'office, le 7 février 2006. Toutefois, il séjournait alors illégalement en Suisse et était, de son propre aveu, exposé à des mesures de contraintes, si bien que sa situation économique reste précaire. Par ailleurs, même si l'on admet que le recourant contribue depuis quelques mois à l'entretien de sa fille et qu'il la voit maintenant régulièrement deux à trois fois par mois, cela ne suffit pas pour retenir un changement significatif de la situation dans le domaine affectif et pour qualifier sa relation avec sa fille de particulièrement intense au sens de la jurisprudence citée. Partant, en s'abstenant d'ordonner un deuxième échange d'écritures et en confirmant le refus de l'octroi d'une autorisation de séjour, la juridiction cantonale n'a violé ni l'interdiction de l'arbitraire, ni le droit d'être entendu du recourant, ni l'art. 8 CEDH.