Citation: 1B_357/2017 E. 2.4

2.4. En l'occurrence, la cour cantonale a considéré que la condition de l'indigence n'était pas réalisée. Sa motivation repose principalement sur le défaut d'information de la part de la recourante sur cette question; en particulier, son indigence ne serait pas démontrée car la recourante avait fait état, le 3 novembre 2016, d'un travail débutant le 28 suivant et que le décompte de l'Hospice général produit à l'appui de sa requête du 16 décembre 2016 datait d'août 2016. Certes, on peut attendre d'un requérant, assisté de plus au moment du dépôt de sa demande par un mandataire professionnel, de produire un minimum de pièces attestant du bien-fondé de sa requête, notamment sur le plan de l'indigence. L'art. 7 du règlement cantonal du 28 juillet 2010 sur l'assistance juridique et l'indemnisation des conseils juridiques et défenseurs d'office en matière civile, administrative et pénale (RAJ; RS/GE E 2 05.04), dont se prévaut la recourante, rappelle d'ailleurs cette obligation. Ainsi, la personne requérante doit fournir les renseignements et pièces nécessaires à l'appréciation des mérites de sa cause et de sa situation personnelle (art. 7 al. 1 RAJ) et elle doit justifier de sa situation financière (art. 7 al. 2 1ère phrase RAJ). Si la personne requérante ne respecte pas ces obligations ou ne fournit pas dans les délais impartis les renseignements ou pièces qui lui sont réclamés, sa requête sera déclarée infondée (art. 7 al. 3 RAJ). Cela étant, on ne peut reprocher en l'espèce à la recourante d'avoir considéré que les éléments figurant au dossier et la pièce produite à l'appui de sa requête (décompte de l'Hospice général d'août 2016) permettaient d'établir son indigence. La cour cantonale n'a d'ailleurs pas ignoré les documents se trouvant dans le dossier pénal puisqu'elle fonde son appréciation sur les propos tenus le 3 novembre 2016 par la recourante (annonce d'un emploi à partir du 28 novembre 2016); la juridiction précédente en a donc déduit l'exercice d'une activité lucrative au moment du dépôt de l'assistance judiciaire en décembre 2016. Disposant d'une pleine cognition en fait et en droit, la cour cantonale ne pouvait cependant limiter son examen à cette seule circonstance et devait prendre en considération les autres éléments figurant au dossier, notamment ceux subséquents; la recourante n'a d'ailleurs pas manqué de les lui transmettre au cours de la procédure cantonale de recours (cf. ad E.c et consid. 3.2 de l'arrêt attaqué). L'examen des pièces permet de retenir que la recourante était en août 2016 au bénéfice de l'assistance sociale. De plus, agissant par l'intermédiaire d'une mandataire professionnelle, la recourante n'a plus fait mention d'un travail dans sa requête d'assistance judiciaire, respectivement en outre dans son recours cantonal. A ce stade déjà, on peut dès lors douter de la réalité de la prise d'emploi envisagée au début novembre 2016. Cette première appréciation est ensuite confortée par les déclarations tenues par la recourante le 22 février 2017, à savoir qu'elle est sans emploi, que malgré son inscription auprès de différentes sociétés d'intérim, elle peine à trouver un travail et perçoit des prestations de l'Hospice général. En tout état de cause, la seule perspective d'un travail - annoncée honnêtement - ne saurait suffire pour considérer que la condition de l'indigence n'est pas réalisée. Il s'ensuit que, dans la mesure où la cour cantonale entendait tout de même se fonder sur les propos tenus le 3 novembre 2016 - pourtant contredits par la suite de la procédure -, elle ne pouvait, sauf à violer le principe de l'arbitraire ou le droit d'être entendue de la recourante, ne pas l'interpeller préalablement sur sa situation financière, notamment en lui demandant de fournir des informations complémentaires sur ce travail et de produire, le cas échéant, une fiche de salaire ou une décision plus récente de l'Hospice général. Ce n'est qu'en l'absence de réponse à une telle interpellation dans le délai imparti que la cour cantonale aurait pu ensuite reprocher à la recourante un manque de collaboration (arrêts 5A_327/2017 du 2 août 2017 consid. 6.2; 6B_569/2017 du 12 juillet 2017 consid. 3). La manière de procéder de la juridiction précédente paraît d'autant plus formaliste que la question de l'indigence (art. 136 al. 1 let. a CPP) n'avait jamais été évoquée expressément précédemment pour justifier le rejet de l'assistance judiciaire. Ainsi, la décision du Ministère public du 19 décembre 2016 se fonde sur l'art. 136 al. 2 let. c CPP et son courrier du 21 décembre 2016 sur l'art. 136 al. 1 let. b CPP. Or, l'examen de ces dispositions présuppose généralement que les conditions - précédentes - posées par cette même disposition soient réalisées, à savoir celles de l'art. 136 al. 1 let. a et b CPP pour une éventuelle application ensuite de l'art. 136 al. 2 let. c CPP, respectivement celle de l'art. 136 al. 1 let. a CPP pour entrer en matière sur celle posée à la lettre b de cette même disposition. Cette question n'a pas non plus été explicitement abordée au cours de la procédure de recours cantonal, puisque la recourante a constaté que son indigence n'était pas remise en cause (cf. ad 35 de son mémoire cantonal) et que le Ministère public a confirmé ses précédentes motivations. Au regard de ces considérations, il ne peut être reproché à la recourante d'avoir cru qu'elle avait rempli ses obligations en matière de collaboration à l'établissement de sa situation financière. En le niant, la Chambre pénale de recours viole le droit fédéral et ce grief doit être admis. L'admission de ce grief - de nature formelle - entraine l'annulation de l'arrêt entrepris et le renvoi de la cause à l'autorité précédente pour qu'elle interpelle la recourante sur cette problématique, puis rende une nouvelle décision.