Citation: 8C_539/2023 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, contrairement à ce qu'a retenu la juridiction cantonale (cf. consid. 5.2 du jugement attaqué, p. 38), la demande formulée par la recourante ne pouvait pas être rejetée au motif que celle-ci n'avait pas explicitement invoqué l'art. 6 par. 1 CEDH et la jurisprudence y relative et qu'il s'agissait uniquement d'une requête de preuve. D'une part, l'écriture comprenait une requête claire et expresse tendant à la tenue d'une audience publique (cf. art. 61 let. a LPGA). D'autre part, si la possibilité d'être entendue pouvait être interprétée comme une demande tendant à la comparution ou à une interrogation personnelle, elle pouvait également être comprise comme la volonté d'exposer, ou de faire exposer par l'intermédiaire de son avocat, l'importance des atteintes à la santé de la recourante (arrêt 8C_402/2023 du 19 février 2024 consid. 2.3). Les premiers juges se réfèrent à l'arrêt du Tribunal fédéral 9C_335/2021 du 9 février 2022, dans lequel celui-ci avait admis l'interprétation d'une demande d'audition publique comme une réquisition de preuve. En l'espèce, toutefois, les premiers juges ont tout de même dû consacrer deux pages du jugement attaqué à examiner s'ils étaient saisis ou non d'une requête de débats publics (cf. consid. 5.1 et 5.2 du jugement attaqué, p. 37-38). Force est donc de constater qu'ils avaient un doute "sérieux" sur la nature de la demande. En pareilles circonstances, il leur appartenait à tout le moins d'inviter la recourante à préciser ses intentions, comme l'a admis le Tribunal fédéral dans d'autres situations analogues (parmi d'autres: arrêts 9C_601/2022 du 6 juin 2023 consid. 2.3; 9C_349/2022 du 22 novembre 2022 consid. 2.3; 8C_722/2019 du 20 février 2020 consid. 3.2).