Citation: 6P.2/2005 11.02.2005 E. B

En résumé, la cour cantonale a retenu les faits suivants: B.a M.X.________, né le 1er février 1969, est d'origine irakienne. Il a été torturé et incarcéré à l'âge de 17 ans en raison des activités politiques de son père, qui était un opposant au régime de Saddam Hussein. Il s'est d'abord réfugié en Iran, avec sa femme et ses enfants. De retour en Irak, la famille a été à nouveau victime de persécutions, de sorte que M.X.________ et sa femme ont décidé de venir en avril 1998 en Suisse, où ils ont obtenu l'asile politique; leurs trois enfants les ont rejoints un an plus tard. Très rapidement après son arrivée dans notre pays, M.X.________ a fait l'objet d'un suivi psychiatrique. La police a dû intervenir à plusieurs reprises pour faire cesser les disputes familiales. Après la naissance du quatrième enfant, en 2003, la relation du couple s'est encore détériorée, M.X.________ dirigeant principalement son agressivité contre son épouse. B.b Camarade de jeu de K.X.________, L.Y.________, née le 24 novembre 1991, s'est rendue le 28 juin 2000 dans l'appartement de la famille X.________ pour jouer avec son amie. Alors que les deux fillettes s'amusaient à s'hypnotiser avec un collier dans la chambre de J.________, M.X.________ a envoyé sa fille hors de la pièce, puis a demandé à L.Y.________ de se coucher sur le sol et a appuyé ses genoux sur les jambes de l'enfant. Il lui a touché le visage, la tête et les oreilles, puis, par-dessus ses vêtements, la poitrine et le ventre. Il a passé ses mains sur ses jambes, relevant sa robe jusque vers les mi-cuisses, sans toutefois lui toucher le sexe et le bas ventre. Ensuite, il lui a donné de petits baisers sur les lèvres, en lui disant "Toi ouvrir bouche", ce qu'elle a fait. L.Y.________ a alors interrompu le jeu pour rejoindre K.X.________. M.X.________ a recommencé les mêmes attouchements et baisers, une seconde fois lorsque l'enfant est revenue dans la chambre de J.________, puis, une troisième fois, dans sa chambre et celle de sa femme. Embarrassée et apeurée par le comportement de M.X.________, la fillette a prétexté l'heure tardive pour rentrer chez elle. Arrivée à la maison, L.Y.________ a immédiatement raconté à sa mère les événements, qu'elle a répétés à son frère et à son père. Interrogée par la police le lendemain, elle a confirmé son récit. Lors de cette audition, elle a ajouté avoir vu M.X.________, à une reprise, agir de la même manière avec K.X.________, soit la toucher sur tout le corps et passer ses lèvres sur les siennes, ce qui avait provoqué les rires de celle-ci. A la suite de ces événements, L.Y.________ a été suivie par N.________, psychologue-psychothérapeute auprès de l'office médico-pédagogique valaisan. Celle-ci a considéré les propos de L.Y.________ comme crédibles, vu que ceux-ci étaient modérés et que L.Y.________ n'avait aucun intérêt à perdre sa camarade de jeu. Elle a en outre constaté que L.Y.________, un mois après les faits, présentait des symptômes apparentés à un stress post-traumatique (troubles du sommeil, maux de ventre, peur de rencontrer ses voisins, de sortir de chez elle, de mourir dans son sommeil, nervosité). B.c M.X.________ a contesté s'être rendu coupable d'actes d'ordre sexuel sur L.Y.________. Selon lui, le soir en question, toute sa famille se serait trouvée dans l'appartement. Il serait intervenu dans le jeu des fillettes en voyant que L.Y.________ voulait endormir K.X.________ en faisant tourner un petit collier au-dessus de ses yeux. Trouvant ce jeu dangereux (sa fille aînée ayant perdu un oeil par un éclat d'un projectile en Irak), il aurait saisi le collier des mains de L.Y.________, ce qui l'aurait vexée. Il lui aurait alors proposé de continuer le jeu sans collier et lui aurait montré comment faire, en lui passant les mains sur le visage, le haut du corps, les épaules et les bras et en lui posant finalement un baiser sur le front avant de sortir de la chambre. Interrogé une seconde fois en juillet 2001, M.X.________ est partiellement revenu sur ses déclarations, en particulier sur le fait qu'il a montré ou non les gestes d'hypnose sur L.Y.________ et sur la présence du reste de la famille dans l'appartement.