Citation: 1P.518/2001 24.08.2001 E. 3

3.- Le recourant ne conteste pas l'existence de charges suffisantes à son encontre. Il nie en revanche la persistance d'un risque de récidive propre à justifier son maintien en détention. a) L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un détenu peut, en principe, maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Selon la jurisprudence, le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités; voir aussi, arrêt de la CourEDH dans la cause Clooth c. Belgique, du 12 décembre 1991, Série A vol. 225, § 40). Cependant, en présence de graves actes de violence, il n'y a pas lieu de se montrer trop exigeant dans l'admission d'un risque de récidive, sous peine d'exposer les victimes potentielles à un danger dont la responsabilité ne saurait être assumée; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par d'autres moyens que le maintien en détention, tels que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine p. 271 et les arrêts cités). b) Dans le cas particulier, les faits reprochés au recourant peuvent objectivement être qualifiés de graves. Il ressort en effet des pièces du dossier qu'après avoir agressé verbalement dans la rue sa victime, N.________ lui a assené un coup de poing à la tempe, puis il l'a menacée avant de chercher à la frapper à plusieurs reprises au moyen de son couteau. Le fait qu'il ne soit pas parvenu à l'atteindre ne minimise en aucune façon la gravité des actes qui lui sont imputés, car seule la fuite de A.________ a permis d'éviter une issue plus sérieuse et dommageable. De même, le fait que le recourant a croisé plusieurs fois sa victime sur la voie publique après les faits incriminés sans incident n'est pas plus de nature à atténuer la gravité des actes qui lui sont reprochés et à exclure tout risque de récidive. Au contraire, N.________ a proféré des menaces à l'endroit du Juge d'instruction, qui sont à l'origine de son incarcération et qui confirment, s'il en était, son caractère potentiellement dangereux. Par ailleurs, le comportement du recourant lors de ses auditions tend à démontrer que celui-ci n'a pas pris conscience de la gravité de ses actes, même s'il a présenté des excuses à sa victime, qui l'ont amenée à retirer sa plainte. Compte tenu de ces circonstances et du fait que le recourant a été condamné le 13 décembre 1996 à une amende de 200 fr. pour lésions corporelles simples, l'autorité intimée pouvait, sans violer les art. 10 al. 2 Cst. et 5 § 1 let. c CEDH, retenir que ce dernier était potentiellement dangereux et qu'un avis d'expert était nécessaire pour écarter toute récidive. Le recours est dès lors mal fondé en tant qu'il porte sur l'existence d'un risque de réitération; le maintien en détention se justifiant pour ce seul motif, il n'y a pas lieu d'examiner si les besoins de l'enquête imposeraient également cette mesure.