Citation: 6S.80/2003 05.05.2003 E. 3

3.1 En l'espèce, la Cour de cassation cantonale fonde essentiellement son refus d'accorder le sursis sur l'attitude du recourant durant l'enquête et lors de l'audience. Elle lui reproche de ne pas avoir hésité à mettre en cause Y.________ en fournissant des précisions sur l'activité délictueuse de celui-ci et de s'être empressé de se retrancher derrière l'absence de souvenirs lorsqu'il était interrogé sur ses propres infractions, comportement qui révèle, selon elle, un défaut de conscience de l'illicéité de l'acte. S'il est vrai que le manque de scrupules ou l'absence de prise de conscience de l'illicéité de l'acte commis constituent un élément défavorable dans l'examen du pronostic, le juge ne saurait se fonder sur ce seul élément pour refuser le sursis, mais doit procéder à une appréciation d'ensemble et examiner tous les critères pertinents pour déterminer l'adéquation d'une peine assortie du sursis (cf. ci-dessus consid. 2.3 dernier §), appréciation globale qui fait en l'espèce défaut: 3.2 En premier lieu, les premiers juges n'ont pas du tout examiné si la révocation du sursis pouvait suffire à détourner le recourant de la délinquance comme l'exige la jurisprudence. La Cour de cassation cantonale a tenté de suppléer à cette lacune en précisant: "On relèvera par surabondance que c'est également sans arbitraire que le Tribunal a implicitement estimé que seule l'exécution de deux peines fermes était adéquate en l'espèce". Or, cette simple affirmation de la Cour de cassation cantonale, qui repose sur la seule analyse du dossier, ne saurait remplacer un examen complet et détaillé de la question. 3.3 La Cour de cassation cantonale a intégré dans son arrêt le certificat médical du médecin du recourant dont elle ne conteste pas le bien-fondé et qui atteste que le recourant avait stoppé sa consommation de Dormicum, recherchait activement du travail et présentait des perspectives favorables sur le plan personnel, mais a estimé que ce document ne modifiait en rien l'appréciation du Tribunal, notamment pour le motif que, s'agissant du vol et du recel, le fait d'être dépendant ou non d'un somnifère ne saurait changer grand chose dans l'émission du pronostic. Il appartenait à la Cour de cassation cantonale d'apprécier si et dans quelle mesure ces nouveaux éléments pouvaient influencer le pronostic. Dans ce contexte, il n'était pas possible de méconnaître purement et simplement le fait que le recourant avait cessé de consommer des médicaments, d'autant plus que les juges de première instance avaient déclaré que l'accusé avait agi principalement pour se procurer de l'argent et qu'il avait utilisé celui-ci pour satisfaire sa consommation de drogue ou de médicaments. Il n'était pas non plus possible d'ignorer sans autres l'évolution positive du recourant et le fait qu'il recherchait activement du travail alors que les premiers juges lui reprochaient justement d'être sans emploi et de ne pas avoir assigné comme témoin ses parents ou son amie pour établir qu'il avait changé du tout au tout et qu'il était prêt à faire face à ses obligations.