Citation: 8C_906/2014 E. 5.1

5.1. La recourante invoque une violation des art. 25 al. 2, première phrase, LPGA et 95 LACI, ainsi que de l'art. 9 Cst. Elle conteste le point de vue de la juridiction précédente, selon lequel l'intimée a fait preuve de la diligence que l'on était en droit d'attendre en réagissant dans l'année qui a suivi l'apparition des indices de l'activité délictueuse de son collaborateur, quand bien même elle n'a pas décelé les agissements de celui-ci pendant plus de douze ans. La recourante voit dans cette appréciation une violation de l'art. 25 al. 2, première phrase, LPGA, et des différentes dispositions qui enjoignent à l'organe de compensation de l'assurance-chômage d'effectuer des mesures de contrôle, comme l'art. 83 al. 1 let. c, cbis et d LACI, ainsi que les art. 109a et 109b OACI (RS 837.02) ou qui prescrivent aux caisses de chômage la tenue et la présentation périodique de comptes, comme l'art. 81 al. 1 let. e LACI en liaison avec l'art. 108 OACI. En outre, la recourante critique les constatations du jugement attaqué en faisant valoir que la cour cantonale a fait totalement abstraction des faits pertinents ressortant de la procédure pénale. Se référant aux témoignages de C.________, de A.________ et D.________, elle soutient que les systèmes de contrôle de la caisse et du SECO étaient lacunaires voire inexistants et que les graves carences organisationnelles découvertes à l'occasion des agissements incriminés ont conduit à une réorganisation du service en cause. L'intéressée infère de cela que la caisse n'a pas fait preuve de la diligence que l'on était en droit d'attendre en ne découvrant l'activité délictueuse de son collaborateur qu'au mois de janvier 2008, soit plus de douze ans après le début de ses agissements. Par ailleurs, la recourante conteste le point de vue de la cour cantonale, selon lequel les déclarations du témoin D.________ au sujet de l'absence de contrôle sur l'activité du collaborateur indélicat doivent être appréhendées avant tout à l'aune de l'art. 82 al. 1 LACI qui règle la responsabilité des fondateurs des caisses envers la Confédération. En admettant implicitement que les faits sont de nature à engager la responsabilité de la caisse envers la Confédération, la juridiction précédente concède que la caisse n'a pas fait preuve de l'attention exigible. Enfin, la recourante voit une contradiction dans le jugement attaqué en tant que les premiers juges ont retenu que le but de l'art. 25 al. 2 LPGA n'est pas de rendre difficile à l'excès la restitution des prestations en offrant à leur bénéficiaire une protection inversement proportionnelle à la gravité d'un comportement délictueux dont elle a bénéficié, tout en indiquant que le but de cette disposition est d'obliger l'administration à faire preuve de diligence et de protéger l'assuré au cas où celle-ci manquerait à son devoir de diligence.