Citation: 5F_2/2015 E. 4

La requérante fait valoir, comme deuxième motif de révision, qu'elle aurait appris le 20 janvier 2015 que son époux n'était pas employé de la société F.________ depuis le 1er juillet 2010, mais depuis le 6 novembre 2014 seulement. Elle s'en doutait déjà durant la procédure, mais n'en avait aucune preuve, l'époux ayant par ailleurs produit " sciemment un faux certificat de travail ", " dans le dessein de faire croire qu'il habitait et travaillait à U.________, si bien qu'il entretenait des relations personnelles avec l'enfant C.________ et qu'il exerçait la garde effective sur cet enfan t ". Elle produit des pièces nouvelles, à savoir des traductions d'un certificat de travail établi par la société F.________ le 12 janvier 2015 et d'un courrier du 20 janvier 2015 du Fond de protection sociale du Ministère du travail et de la protection sociale. Elle produit aussi une plainte pénale qu'elle a elle-même déposée contre l'intimé pour faux dans les titres le 11 février 2015. Selon la requérante, si ces documents avaient été connus de la Chambre des curatelles et du Tribunal fédéral, il aurait été retenu que son époux ne travaillait pas au Bélarus depuis le 1er juillet 2010, mais seulement depuis novembre 2014, que par conséquent il ne vivait pas au Bélarus - puisqu'il travaillait en Russie ou en Suisse -, et qu'il n'exerçait donc pas la garde effective sur l'enfant au moment où celui-ci est venu en Suisse. Or, cet élément serait pertinent, puisque l'absence d'exercice effectif du droit de garde au moment du déplacement constitue un cas d'exception au retour au sens de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80. Si le Tribunal fédéral savait que le père se trouvait la plupart du temps en Suisse et en Russie, qu'il ne travaillait ni ne vivait au Bélarus, il n'aurait pas retenu que celui-ci exerçait de manière effective son droit de garde durant 50% de son temps. Il aurait constaté que le bien-être psychologique et l'intérêt supérieur de l'enfant commandaient qu'il réside en Suisse, où il pourrait vivre avec l'un de ses parents; autrement dit, il en aurait déduit que son retour est intolérable au sens de l'art. 13 al. 1 let. b CLaH80. La requérante explique enfin que l'on ne saurait lui reprocher un manque de diligence, puisqu'elle a attiré l'attention de l'autorité cantonale sur le fait que son mari travaillait en Russie et en Suisse. Sans qu'il faille se pencher sur la question de la provenance des traductions présentées et sur la requête de production des documents originaux, il faut relever d'emblée que lesdites pièces ne peuvent constituer un moyen de preuve nouveau au sens de l'art. 123 al. 2 let. a LTF. Elles sont en effet toutes datées de 2015, donc postérieures à l'arrêt dont la révision est requise (cf. supra consid. 2; art. 123 al. 2 let. a in fine LTF). Au demeurant, quand bien même le père aurait commencé à travailler pour la société F.________ en novembre 2014, il faut relever que ce fait n'est pas déterminant. La Chambre des curatelles a retenu que l'enfant vivait à U.________ et que ses parents passaient tout au plus la moitié de leur temps dans cette ville, où ils possèdent chacun un appartement. Elle a constaté que le père entretenait des relations personnelles régulières avec l'enfant, et que la mère ne pouvait tirer avantage de son comportement illégal pour dire qu'il n'y avait pas de garde effective de la part du père, une absence d'un mois et demi étant insuffisante. Le seul fait qu'il n'aurait pas exercé d'activité lucrative pour la société F.________ à U.________ ne suffit pas, en soi, à remettre en cause le fait qu'il passait au maximum la moitié de son temps dans cette ville et qu'il exerçait effectivement son droit de garde au sens de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80, ni de retenir que le retour de l'enfant au Bélarus serait intolérable au sens de l'art. 13 al. 1 let. b CLaH80.