Citation: 5P.231/2003 19.08.2003 E. 2

La recourante reproche d'abord à la Cour de justice d'avoir fait preuve d'arbitraire en fixant le montant de la contribution due par l'intimé sur la base des critères applicables à l'entretien après le divorce, au lieu de s'en tenir au standard de vie des époux durant la vie commune. La référence faite par l'autorité cantonale à l'arrêt paru aux ATF 128 III 65 serait selon elle sans pertinence, dès lors qu'elle travaille déjà à plein temps et qu'il n'est pas allégué qu'elle pourrait faire des efforts pour augmenter son revenu. Elle se plaint en outre sur ce point d'une violation de l'art. 29 al. 1 Cst. 2.1 Aux termes de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge fixe la contribution pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre. Le montant de cette contribution se détermine en fonction des facultés économiques et des besoins respectifs des époux, le train de vie mené jusqu'à la cessation de la vie commune constituant la limite supérieure du droit à l'entretien (ATF 118 II 376 consid. 20b p. 378). Selon la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur une reprise de la vie commune, les critères applicables à l'entretien après le divorce doivent être pris en considération pour évaluer l'entretien et, en particulier, la question de la reprise ou de l'augmentation de l'activité lucrative d'un époux (ATF 128 III 65 consid. 4a p. 67). Cela signifie d'une part que, outre les critères posés précédemment par la jurisprudence, le juge retiendra les éléments indiqués de façon non exhaustive à l'art. 125 al. 2 CC et, d'autre part, qu'il y a lieu d'apprécier la situation sous l'angle du principe dit du "clean break", en encourageant autant que possible l'indépendance économique des conjoints (cf. arrêts du Tribunal fédéral 5P.46/2003 du 2 juin 2003; 5P.333/2002 du 19 décembre 2002; 5P.90/2002 du 1er juillet 2002, in FamPra 2002 813). 2.2 Dans le cas particulier, l'autorité cantonale ne saurait se voir reprocher d'avoir arbitrairement méconnu ces principes (sur la notion d'arbitraire: ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 273 consid. 2.1 p. 275 et les arrêts cités). Contrairement à ce que prétend la recourante, la jurisprudence selon laquelle il se justifie de tenir compte de la réglementation applicable en cas de divorce lorsque, comme en l'espèce, il n'existe plus de perspective sérieuse de réconciliation entre les conjoints, ne vise pas seulement la question de la reprise ou de l'augmentation de l'activité lucrative d'un époux mais concerne, plus généralement, la fixation de la contribution d'entretien. La référence à l'arrêt paru aux ATF 128 III 65 n'apparaît donc pas insoutenable. Se fondant sur cette jurisprudence, la Cour de justice a considéré qu'en l'occurrence, l'épouse ne pouvait réclamer une pension pour elle-même car elle disposait de revenus suffisants pour son entretien. La recourante ne prétend pas, ni a fortiori ne démontre, que cette opinion serait arbitraire (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 128 III 50 consid. 1c p. 53; 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les références). Dans la mesure où elle soutient, au demeurant d'une façon essentiellement appellatoire, qu'elle-même et les enfants ne disposeraient plus du même train de vie qu'avant la séparation du couple, son grief tombe dès lors à faux. L'art. 29 al. 1 Cst. n'apparaît pas non plus violé, ce grief n'étant du reste pas motivé (art. 90 al. 1 let. b OJ).