Citation: 8C_219/2024 E. 6.2.2

6.2.2. Les faits constatés par le tribunal pénal - qui correspondent dans une large mesure à ceux retenus par la cour cantonale - se fondent sur les déclarations circonstanciées de l'un des principaux protagonistes (D.________), confirmées pour l'essentiel par C.________ lui-même. Il est ainsi notamment établi que celui-ci, à la vue du recourant qui remontait la rue dans sa direction, s'est dirigé vers lui avec l'intention manifeste de le frapper, au vu des propos que lui a prêtés D.________ ("Je vais le sécher"), dont il n'y a pas lieu de douter. Quand bien même on ne peut pas exclure que de brefs éclats verbaux aient précédé le premier coup - comme constaté par les premiers juges sur la base des témoignages de E.________ et F.________ -, on ne saurait en déduire que le recourant a contribué à envenimer la situation, puisque C.________ s'est approché de lui déjà dans le but d'en découdre et de le molester. En outre, tout indique que le recourant s'est retrouvé dans la même rue que D.________ par hasard, alors qu'il rentrait chez lui. Aucun élément ne permet de retenir qu'il marchait dans sa direction et celle de C.________ dans l'idée de se confronter une nouvelle fois à D.________. Lorsqu'il est arrivé à leur hauteur, c'est d'ailleurs C.________ qui s'est avancé vers lui, et non pas lui qui s'est rapproché de D.________. Par ailleurs, il ne connaissait pas et n'avait jamais vu C.________ auparavant, de sorte que même s'il avait aperçu D.________ dans la rue en amont - ce qui n'est pas établi -, il ne pouvait pas s'attendre, en continuant simplement son chemin en direction de son domicile, à être victime d'une agression de la part d'un inconnu, malgré l'altercation l'ayant opposé à D.________ plus tôt dans la soirée. On ne voit pas non plus qu'il aurait eu la moindre possibilité de prendre la fuite pour échapper à l'agression imprévisible, gratuite et très violente de C.________. En somme, on ne peut pas retenir qu'il aurait pu et dû se rendre compte du danger que représentait son agresseur et qu'il aurait pu s'y soustraire, ni que son comportement était de nature à entraîner une telle agression. Dans ces conditions, l'intimée et le tribunal cantonal ont violé le droit fédéral en réduisant les prestations en espèces en application de l'art. 49 al. 2 let. a OLAA. Le fait que l'agression du recourant, par une personne qui lui était inconnue, soit indirectement liée à une altercation qu'il avait eue plus tôt dans la soirée avec D.________, ne suffit pas à considérer que cette disposition serait pertinente en l'espèce. Il s'ensuit que le recours doit être admis, avec pour conséquence l'annulation de l'arrêt attaqué et de la décision sur opposition du 22 juillet 2022.