Citation: 4C.244/2001 09.01.2002 E. 2

2.- La défenderesse reproche à la cour cantonale d'avoir violé le droit fédéral en méconnaissant que la Caisse de chômage, à concurrence du montant des indemnités de chômage versées, est devenue titulaire de la créance du salarié en vertu de la subrogation prévue à l'art. 29 LACI et que, en conséquence, cette créance devait être réduite d'autant. Selon les montants indiqués par la Chambre des prud'hommes, que la cour cantonale a faits siens, le demandeur, ensuite du licenciement immédiat injustifié, a droit à son salaire pour les mois de mars, avril, mai et juin 2000, soit à 16 480 fr. (4 x 4120 fr.); en outre, la part proportionnelle du treizième mois de salaire est de 2060 fr., de sorte que, au total, la créance du demandeur fondée sur l'art. 337c al. 1 CO est de 18 540 fr. Le montant de 9785 fr.10, que la défenderesse a été condamnée à payer à la Caisse de chômage, représente les indemnités de chômage versées au demandeur de mars à juin 2000. Le montant de 8754 fr.90 représente la part de salaire non couverte par l'assurance chômage. Ainsi, en condamnant la défenderesse à payer 8754 fr.90 au demandeur, la cour cantonale n'a nullement méconnu la subrogation dont bénéficie la Caisse de chômage en vertu de l'art. 29 LACI, car ce montant n'était pas dû à la Caisse de chômage. Au montant de 18 540 fr. s'ajoute une indemnité selon l'art. 337c al. 3 CO, soit trois mois de salaire ou 12 360 fr. Pour tenir compte de la limite maximum des prétentions du salarié devant la juridiction des prud'hommes (20 000 fr.), les juges précédents ont réduit cette indemnité à 11 245 fr.10. La Caisse de chômage ne saurait faire valoir une quelconque subrogation quant à cette indemnité, qui ne correspond pas à un salaire. L'indemnité fondée sur l'art. 337c al. 3 CO est donc entièrement due au demandeur, dans les limites prévues par la procédure cantonale. Le grief est mal fondé.