Citation: 1C_133/2018 E. 3.2

3.2. Devant le Tribunal cantonal, la municipalité a reconnu que le projet était notamment composé de rez-de-chaussées surplombés de mezzanines. Elle a toutefois estimé que celles-ci, dès lors qu'elles étaient ouvertes sur le rez-de-chaussée, ne pouvaient être qualifiées d'étages supplémentaires. La commune a par ailleurs indiqué que cette conception résultait d'une nécessité d'adaptation à la différence de hauteur du terrain naturel entre la partie nord-ouest des constructions et leur partie sud-est. Confirmant cette interprétation, le Tribunal cantonal a jugé que l'on ne se trouvait pas en présence d'un étage supplémentaire prohibé par l'art. 7 let. a RPPA. Quoi qu'en disent les recourants, l'appréciation des autorités précédentes résiste au grief d'arbitraire. Tout d'abord, au vu de la rédaction de l'art. 7 let. a, al. 2 RPPA, on peut supposer que l'objectif poursuivi par le législateur communal est prioritairement la réalisation de constructions basses - restriction ayant un effet visible sur l'environnement - et non pas, en tant que tel, d'interdire strictement, et en toutes circonstances, un étage supplémentaire; la mise entre parenthèse de l'indication "rez-de-chaussée" plaide en ce sens. La notion de construction basse se trouve par ailleurs également et indirectement définie par l'art. 7 let. e RPPA, prévoyant, pour le secteur B1, une hauteur maximale au faîte, mesurée au centre du bâtiment depuis le sol naturel, de 5 m, contre 8 m pour le secteur B. Or, en l'espèce, les recourants ne prétendent pas que cette hauteur maximale aurait été dépassée. A la lumière des plans, il n'apparaît par ailleurs pas déraisonnable de retenir, avec le Tribunal cantonal, que le projet présentera, vu de l'extérieur, le gabarit d'une construction basse, au niveau de chacune des façades, en raison de la pente du terrain et de l'inclinaison de la toiture projetée (cf. plans "façades & coupes" "plans, façades et coupes" du 8 décembre 2015). Cette configuration particulière du terrain - que la cour cantonale a constatée de visu lors de l'inspection locale - permet d'ailleurs, à tout le moins dans le cadre d'un examen limité à l'arbitraire, de justifier objectivement la réalisation de ces mezzanines, afin d'assurer un accès de plain-pied aux locaux depuis chacune des façades. Que ces mezzanines soient susceptibles d'accueillir l'activité administrative des futurs exploitants/artisans, au vu de leurs dimensions (allant jusqu'à 51,10 m 2, selon les recourants), ne permet pas non plus de tenir pour arbitraire la solution de l'instance précédente; en effet, rien n'autorise à conclure qu'une telle exploitation contreviendrait aux autres objectifs de la zone B1, en particulier qu'elle serait génératrice de nuisances (art. 7 let. a, al. 1 RPPA) ou qu'elle présenterait, pour un autre motif, une incompatibilité avec l'habitat (art. 7 let. a, al. 2 RPPA). Dans ces conditions, même si une interprétation littérale plus restrictive de l'art. 7 let. a, al. 2 RPPA eût aussi été défendable, la solution à laquelle aboutit le Tribunal cantonal n'apparaît arbitraire ni dans ses motifs ni dans son résultat.