Citation: 5A_903/2023 E. 4.3

4.3. L'on relèvera d'abord que déterminer si la recourante est fondée à invoquer la violation du droit d'être entendu de sa fille peut rester ici indécis, les critiques qu'elle soulève devant être écartées. Il s'agit en effet de souligner qu'une curatrice a été nommée à l'enfant - conformément à l'art. 9 al. 3 LF-EEA - et que celles-ci se sont rencontrées; la mineure a donc bien été entendue dans le contexte de la présente procédure, ce que la recourante ne conteste d'ailleurs pas. Les remarques qu'elle formule quant à la nature prétendument lacunaire des déterminations de la curatrice, laquelle fonderait la violation alléguée, relèvent essentiellement de sa propre appréciation (ainsi: caractère insuffisant d'une seule rencontre; résumé trop succinct de l'audition de l'enfant; défaut de prise en compte de l'opposition de l'enfant) et se révèlent ainsi insuffisantes. Quant à l'audition à laquelle a procédé le SEASP, si celle-ci a certes été effectuée dans le contexte d'une autre procédure, cet élément n'est cependant pas déterminant au regard des conditions d'application de l'art. 13 al. 2 CLaH80, telles que résumées plus haut. D'une part, la fille des parties n'est âgée que de dix ans et se trouve ainsi en-deça de l'âge limite auquel la jurisprudence considère que la maturité pour saisir les enjeux de la procédure de retour peut être retenue. D'autre part, la recourante ne conteste pas que l'enfant se trouve dans un conflit de loyauté et souligne elle-même son état de fragilité, également noté par la curatrice en référence à un rapport médico-psychologique daté du 2 juin 2021. Dans cette mesure, l'expression d'une volonté autonome - parfois admise dans le cas d'enfants plus jeunes que la moyenne généralement retenue par le Tribunal fédéral - apparaît difficilement concevable. La violation alléguée ne peut ainsi être retenue.