Citation: 1B_248/2014 E. 4.3

4.3. Conformément au principe de proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient ensuite d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention. Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si celles-ci permettent d'atteindre le même but. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f) et l'interdiction d'entretenir des relations avec certaines personnes (let. g). Le Tribunal cantonal a expliqué pour quelles raisons les mesures de substitution évoquées par l'expert, à savoir l'obligation de se soumettre à un suivi psychothérapeutique et à une assistance de probation, ne permettaient pas en l'état d'exclure tout risque de récidive. L'instance précédente a en effet relevé qu'aucune ébauche concrète des modalités d'application de ces mesures n'avait été formulée. Au vu du dossier, l'instance précédente a estimé que le suivi psychothérapeutique devait être mis en place au cours de détention, de manière à ce que les jalons de ce suivi soient déjà posés de manière crédible au moment de la libération et que l'assistance de probation puisse s'y greffer naturellement. L'appréciation de la cour cantonale ne viole pas le droit fédéral. En effet, au vu de la gravité et de la répétition des infractions contre l'intégrité sexuelle de la victime, il convient de s'assurer que la libération du prévenu se fasse avec les meilleures garanties possibles pour éviter toute récidive. L'expert indiquait à cet égard que le traitement pouvait être mis en place pendant l'exécution de la peine, c'est-à-dire en détention. Outre le fait qu'aucun suivi psychothérapeutique n'a été mis en oeuvre à ce jour, l'instance précédente relevait également à juste titre qu'on ignorait le réel niveau de l'adhésion et de la réceptivité du recourant à une telle mesure. La future mise en place d'un tel traitement ne saurait ainsi conduire à la libération immédiate du recourant. Les remords et les excuses exprimés par l'intéressé, la motivation alléguée de se soumettre à un tel traitement et le fait qu'il a lui-même été victime d'un abus sexuel ne permettent pas de modifier cette appréciation.