Citation: 6B_115/2023 E. 1.3.2

1.3.2. Le recourant conteste l'existence d'un danger de mort concret et imminent. En substance, il allègue qu'il se serait trouvé loin des habitations, qu'il n'y aurait eu personne à proximité immédiate, notamment au moment des coups de feu qu'il a tirés, qu'il n'aurait visé "personne en particulier", qu'il n'aurait souhaité ni blesser ni tuer personne et qu'aucune arme à feu n'aurait été pointée à proximité d'un individu. Selon lui, l'arme à feu aurait été dirigée contre une butte et contre des panneaux, à proximité immédiate de l'Arve, de sorte que, contrairement à ce qu'avait retenu la cour cantonale, les coups de feu n'auraient pas été tirés de manière aléatoire. Le recourant considère que le fait qu'une promeneuse a retrouvé une douille le lendemain des faits ne démontrerait pas qu'une personne se serait trouvée à proximité immédiate au moment des tirs et en situation de danger de mort imminent. Il soutient que, malgré l'ivresse importante qu'ils présentaient lui et son ami, il aurait démontré une grande attention à la sécurité, dans la mesure où il aurait pris le soin de transporter l'arme déchargée jusqu'au lieu du tir. Il invoque que la probabilité de mise en danger de la vie d'autrui était inférieure à 50 %, dans la mesure où son ami et lui auraient pris le soin de vérifier que personne ne se trouvait dans les bois situés dans la direction des tirs. Enfin, il soutient que, contrairement à ce qu'aurait retenu la cour cantonale, le simple fait de manipuler une arme à feu ne créerait pas nécessairement une situation de danger de mort concrète et immédiate et qu'il n'aurait pointé son revolver ni sur une partie vitale du corps d'autrui ni sur une personne à courte distance. Dans la mesure où, en cas d'utilisation d'une arme à feu, il est admis qu'il y a mise en danger de la vie d'autrui si l'auteur tire un coup de feu, sans viser personne, et que quelqu'un pourrait être frappé mortellement par un ricochet de la balle, où la cour cantonale a retenu qu'un promeneur aurait pu être atteint par ricochet et où le recourant ne démontre pas le caractère arbitraire de cette constatation, son grief doit être écarté. La critique du recourant est par ailleurs purement appellatoire, en ce qu'il avance qu'aucun passant n'aurait été présent au moment des faits et que la probabilité que le bien juridique soit lésé n'atteindrait pas 50 %; ce faisant, il ne fait que substituer son appréciation des faits à celle de la cour cantonale, qui a retenu qu'il existait une probabilité sérieuse qu'un promeneur eût pu être touché par un projectile, et n'en démontre pas le caractère arbitraire. Le recourant ne remet pas en cause la possibilité élevée que des promeneurs aient été présents, au vu notamment du fait que les faits se sont déroulés un jeudi soir. Il n'établit du reste nullement comment son ami et lui auraient pu vérifier que personne ne se trouvait dans les bois situés dans la direction des tirs, dans la mesure où il faisait nuit. Par ailleurs, il n'est pas critiquable de retenir un lien de connexité direct entre le comportement du recourant, soit des tirs réitérés à hauteur d'homme et de nuit en ville, et le danger créé, de sorte que la cour cantonale pouvait retenir l'existence d'un danger imminent. C'est en vain que le recourant invoque qu'il n'aurait visé "personne en particulier" et qu'il n'aurait souhaité ni blesser ni tuer personne, dès lors que c'est précisément ce qui distingue l'infraction ici litigieuse d'autres infractions telle que la tentative d'homicide. Le prétendu soin dans la manipulation de l'arme avant la commission des faits litigieux n'est en outre pas pertinent, dans la mesure où il n'influe en rien sur le danger créé lors des tirs. Le grief doit donc être rejeté, dans la mesure où il est recevable.