Citation: 6B_386/2023 E. 2.4

2.4. Comme susmentionné, la menace doit toutefois atteindre une intensité suffisante pour être propre à amener un destinataire raisonnable à adopter un comportement qu'il n'aurait pas eu s'il avait eu toute sa liberté d'action (cf. supra consid. 1.1.3), ce qui est le cas en l'espèce. Outre la menace de la perte de son emploi, le courrier litigieux sous-entend également, en cas de poursuite de son action par l'ancien directeur, la menace d'une forte résistance du personnel au projet "Ambition", comme le recourant l'admet lui-même. En effet, comme relevé par la cour cantonale, vu l'utilisation du pronom indéterminé et l'anonymat, rien ne permettait au lecteur moyen d'identifier à première vue que le courrier était l'oeuvre d'un seul homme, ce dernier pouvant avoir été celui qui s'exprimait pour un groupe. Ainsi, en lisant le courrier dans son ensemble, celui-ci évoque une vraisemblable opposition généralisée des collaborateurs au projet "Ambition" (" C.________, ton projet on en veut pas "), potentiellement malveillante (" Tu veux voir qui est le plus fort...Mets la en fonction ton AMBITION...Tu verras...ABE "), ou un sabotage du projet. Or, dans le milieu carcéral, les conséquences d'une opposition de plusieurs gardiens, en lien par ailleurs avec un projet concernant leurs horaires de travail, pourrait avoir des conséquences néfastes sur la sûreté de l'établissement pénitentiaire, ces derniers ayant notamment comme mission d'encadrer et de surveiller les détenus. À cela s'ajoute, comme relevé à juste titre par la cour cantonale, que l'ancien directeur risquait de perdre en crédibilité auprès de sa hiérarchie et/ou du public en cas d'incidents dans le cadre de sa fonction, entraînant inévitablement des répercussions négatives pour sa carrière pouvant aller jusqu'à son licenciement ou sa démission forcée. Cela était d'autant plus vrai que ce dernier se trouvait en sa période d'essai. Ainsi, les termes de la lettre écrite par le recourant et les menaces qu'elle évoque sont objectivement suffisamment graves pour faire plier une personne raisonnable, de sensibilité moyenne, se trouvant dans la situation de l'intéressé, et propres ainsi à l'entraver dans sa liberté d'action. Du reste, il sied de préciser que l'ancien directeur a été heurté par les propos du recourant et a effectivement redouté des actes de sabotage du projet (cf. supra consid. B.c en fait).