Citation: 5A_741/2021 E. 4.2

4.2. Dans la mesure où la recourante conteste le caractère probant du certificat médical produit par le demandeur, au motif qu'il n'émane ni d'un psychiatre, ni d'un psychologue et qu'il ne contient pas d'explications sur sa tardiveté, le grief apparaît d'emblée mal fondé. La cour cantonale n'a en effet pas méconnu ces éléments. Elle en a déduit qu'à lui seul, ledit certificat n'était guère probant, ce que la recourante reconnaît d'ailleurs expressément. Sa critique est dès lors sans pertinence. Pour le surplus, son argumentation, pour autant qu'elle soit recevable, ne suffit pas à démontrer que les faits relatifs à l'état psychique de l'intimé auraient été arbitrairement constatés. Elle expose en substance que la confirmation de son attestation par le médecin traitant de celui-ci, bien que catégorique, ne revêtait logiquement pas non plus une force probante suffisante, que ce généraliste s'est contredit sur les dates des consultations, pour lesquelles aucune preuve n'a de plus été rapportée - si bien qu'il est permis de douter qu'il ait réellement été consulté à l'époque indiquée - et qu'il a diagnostiqué une dépression chez son patient en janvier 2018 alors qu'à ce moment-là, celui-ci ne disposait pas encore des résultats de son test de paternité. Elle ajoute que, bien qu'une dépression nécessite un suivi régulier, l'intimé n'a été traité par un psychologue qu'en janvier 2019, soit un an après ses prétendus doutes. Ce faisant, la recourante se contente d'opposer sa propre appréciation des preuves et des faits à celle de la cour cantonale, ce qui ne suffit pas à démontrer l'arbitraire (art. 106 al. 2 LTF). Tel est en particulier le cas lorsqu'elle reproche à cette autorité d'avoir admis que les déclarations du médecin traitant de l'intimé étaient crédibles, bien qu'il soit généraliste. Il en va de même dans la mesure où elle expose que l'intimé n'a jamais été mis en arrêt de travail, alors que son métier de gardien de piscine nécessitait une certaine santé mentale et impliquait de nombreuses responsabilités, soutenant en outre que, contrairement à l'affirmation arbitraire de l'autorité précédente, il n'aurait nullement transgressé son obligation de diligence en renonçant à travailler s'il avait réellement été atteint dans sa santé psychique: de nature appellatoire, ces allégations n'établissent en rien le caractère prétendument insoutenable des constatations de l'arrêt entrepris concernant l'état dépressif du demandeur lorsqu'il a éprouvé des doutes sur sa paternité. Il ressort d'ailleurs des faits constatés que son médecin traitant a alors voulu lui prescrire un arrêt de travail, ce qu'il a refusé, la perspective de rester seul à la maison dans son état étant impossible pour lui. Est également appellatoire, et par conséquent irrecevable, l'argument selon lequel l'intimé n'aurait pas pu réserver des vacances avec sa fille s'il avait réellement été dans un état totalement dépressif ou aboulique. Le juge précédent pouvait en effet retenir, sans faire preuve d'arbitraire, que cet état affectait la capacité du demandeur à effectuer des démarches administratives, comme l'avait déclaré son médecin traitant, de sorte que la réservation en question ne contredisait pas les difficultés de l'intéressé à se résoudre à agir en justice. De même, en tant que la recourante prétend que le médecin interrogé a simplement mentionné les démarches administratives à titre d'exemple, elle se borne à faire valoir sa propre appréciation des déclarations de ce praticien, sans rien démontrer. Que l'intimé ait eu besoin d'un suivi psychologique en 2019 alors que, selon son médecin traitant, il allait mieux dès le mois de septembre 2018 ne démontre pas non plus que le diagnostic posé par celui-ci ne soit pas fiable. Supposé suffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF), le moyen doit donc être rejeté.