Citation: 1B_276/2022 E. 3.2

3.2. S'agissant de la gravité de la cause, la cour cantonale a considéré que la peine encourue, de 100 jours de peine privative de liberté, potentiellement augmentée de 45 jours-amende en cas de révocation du sursis antérieur - par le Ministère public lui-même dans un premier temps (art. 355 al. 3 let. c CPP) ou par le Tribunal de police dans un second temps (art. 355 al. 3 let. d CPP) - dépasserait les limites de ce que l'on peut qualifier de cas de peu de gravité (art. 132 al. 3 CPP). Cette appréciation est conforme au droit fédéral. Les circonstances du cas d'espèce commandaient, quoi qu'il en soit, l'assistance d'un défenseur d'office. Contrairement à l'avis de l'instance précédente, la cause n'est pas dépourvue de toute complexité. En effet, le recourant a fait l'objet d'un jugement rendu le 18 janvier 2022 par le Tribunal des mineurs. Or l'ordonnance pénale rendue par le Ministère public le lendemain le 19 janvier 2022 concerne des faits antérieurs au jugement rendu par le Tribunal des mineurs. De plus, le recourant a fait l'objet d'une précédente ordonnance pénale du 24 avril 2021, rendue peu après qu'il a atteint sa majorité. La cause présente ainsi une certaine complexité liée à cette chronologie particulière des faits et à l'intervention quasi simultanée de deux instances distinctes, dont la juridiction des mineurs. La présente procédure pénale porte de plus sur quatre infractions protégeant des biens juridiques de nature différente. Or, les règles sur le concours (art. 49 CP) et la jurisprudence y relative ne sont pas simples à comprendre pour une personne non juriste (cf. arrêt 1B_360/2020 du 4 septembre 2020 consid. 2.4 et les réf. cit.). De plus, la cause n'est pas dénuée de toute complexité dès lors que le recourant conteste les accusations de violence et menaces sur des fonctionnaires ainsi que les coups de pied dans le véhicule des agents de sécurité. Quant à la difficulté subjective de la cause, il faut prendre en considération les éléments suivants: le recourant, ressortissant nicaraguayen, est arrivé en Suisse en 2018 à l'âge de 15 ans; il a une connaissance lacunaire du français; il a notamment dû se faire traduire les actes de procédure; il avait moins de 19 ans au moment du dépôt de la demande d'assistance judiciaire; il présente un équilibre psychologique fragile, celui-ci ayant été témoin direct et indirect de multiples situations de violence au Nicaragua, dont une tentative d'assassinat sur son père (cf. jugement du 18 janvier 2022 du Tribunal des mineurs ch. 51, 53, 55 p. 26 s.); sa thérapeute a diagnostiqué une dépression légère (cf. jugement précité du Tribunal des mineurs ch. 62 p. 29). Contrairement à l'avis de l'instance précédente, la présence d'un interprète n'apparaît pas suffisante, au regard des circonstances particulières du cas d'espèce. Elle ne permet pas de préparer l'audience devant le Tribunal de police, en particulier en cas de réquisitions de preuve. On relèvera en outre que, dans le cadre de la procédure devant la juridiction des mineurs, le Juge des mineurs a instauré une mesure d'assistance personnelle du recourant ainsi qu'un traitement ambulatoire auprès d'une association (cf. jugement précité du Tribunal des mineurs ch. 52 p. 26). Compte tenu de tous ces éléments, la nomination d'un avocat d'office apparaissait nécessaire à la sauvegarde des intérêts du recourant.