Citation: 1C_155/2022 E. 4.4

4.4. Dans l'arrêt entrepris, le Tribunal administratif fédéral a confirmé l'appréciation du service spécialisé. Celui-ci a estimé que la recourante ne présentait pas un niveau suffisant d'intégrité, de fiabilité, de crédibilité, de conscience des normes et du danger compte tenu de l'extrême sensibilité de sa fonction. Le risque de pressions ou de menaces sur la recourante ou sur sa famille ne pouvait être écarté. Les instances précédentes se sont notamment fondées sur les déclarations de l'époux dans le cadre de la procédure pénale ouverte à son encontre, sur le résultat de la perquisition au domicile commun (découverte entre autres d'un pistolet d'alarme acquis illégalement, un couteau à ouverture automatique, un gilet tactique de police, un faux passeport diplomatique [...], un faux permis de conduire [...], une fausse carte [...]; une photocopie du permis de séjour avec une date d'émission, de validité et un numéro de série modifiés), ainsi que sur le comportement de la recourante. Les instances précédentes ont ainsi tenu compte des déclarations de son époux d'origine de V.________ qui, pour expliquer à la police la présence des faux documents (faux passeport diplomatique [...], faux permis de conduire [...], fausse carte [...]), a exposé qu'il voulait préserver son anonymat sur Internet, mais également qu'en 2013 l'organisation X.________ avait pris possession de sa maison familiale à V.________ et que, depuis lors, il avait des soucis avec eux; l'époux de la recourante a précisé que son anonymat sur Internet constituait une solution pour se protéger et protéger sa famille. Pour les instances précédentes, ces éléments étaient troublants et suffisaient à semer le doute quant à la nature réelle des activités de l'époux de la recourante, dont on ne pouvait pas exclure le caractère clandestin ou illégal plus important que celui retenu par les autorités pénales (cf. arrêt attaqué consid. 4.2 et 4.4.1). A ces éléments, l'instance précédente a ajouté que l'époux de la recourante avait changé d'identité après le mariage, faisant apparaître qu'il cherchait ainsi, d'une façon ou d'une autre, à faire table rase sur son passé à V.________. Le Tribunal administratif fédéral a également mis en avant le fait que l'époux de la recourante est informaticien et se présente comme un expert informatique et que, par conséquent, il existait un risque de fuite volontaire ou non d'informations, au vu des problèmes que ce dernier a déclaré rencontrer avec l'organisation X.________ (cf. arrêt attaqué consid. 4.4.1). L'instance précédente a encore exposé, de manière détaillée, que le contenu de la plainte pénale du 14 octobre 2021 de la recourante contre son époux (notamment pour des menaces d'enlèvement de leur fille commune et des menaces de mort à l'encontre de la recourante, proférées à plusieurs reprises dès juillet 2020) suffisait à démontrer les pressions concrètes et réelles que celui-ci pouvait exercer sur elle, en particulier en usant de leur fille commune. Le Tribunal administratif fédéral a notamment précisé que même un divorce n'empêcherait pas son époux de continuer à exercer une forme de pression sur la recourante au travers de leur fille (cf. arrêt attaqué consid. 4.4.2). Les instances précédentes ont enfin également souligné le comportement de la recourante qui n'a pas immédiatement informé son employeur de la perquisition du 3 juin 2020 (cf. arrêt attaqué consid. 4.2 et 4.4.3).