Citation: 8C_560/2020 E. 2.5.4

2.5.4. Sous l'angle matériel, les premiers juges ont retenu que les experts du CEMed avaient exposé de manière convaincante les motifs qui les avaient amenés à se distancer des conclusions de leurs confrères du ZMB, lesquels expliquaient la hernie discale C5/C6 par une instabilité à la colonne cervicale consécutive à l'accident de 2004. Selon les experts du CEMed, aucun signe d'instabilité n'avait été objectivement décelé et aucune modification n'avait été révélée par les IRM dans les trois ans après l'accident; en revanche, les clichés diagnostiques réalisés préalablement à l'intervention du 13 septembre 2007 faisaient état de modifications dégénératives aux étages C5/C6 et C6/C7, qui parlaient en faveur de lésions dégénératives antérieures au traumatisme du 4 septembre 2004; enfin, l'absence de toute lésion anatomique post-traumatique avérée permettait de mettre en doute l'existence d'un lien de causalité davantage que possible avec l'accident. Selon la juridiction cantonale, les experts du CEMed avaient conclu avec logique que l'instabilité post-traumatique postulée par les experts du ZMB à partir de supposées lésions ligamentaires procédait d'une simple hypothèse nullement objectivée sur les plans clinique et radiologique. Les experts du ZMB avaient eux-mêmes reconnu qu'il n'était pas possible de démontrer de façon concluante, sur le plan clinique, une instabilité existante dans le domaine du rachis cervical, et ils n'avaient avancé leur thèse qu'au motif de l'absence d'une autre explication à l'existence de la hernie C5/C6, eu égard à l'ampleur de celle-ci et à l'âge de la recourante. Les juges cantonaux ont relevé qu'il n'était d'ailleurs pas rare que des personnes de l'âge de la recourante (45 ans en 2007) développent des hernies cervicales importantes, et que les conditions posées par la jurisprudence pour admettre, à titre exceptionnel, l'origine traumatique d'une hernie discale n'étaient pas réunies. Il était en outre sans incidence que selon les experts du ZMB, une IRM fonctionnelle pratiquée immédiatement après l'accident aurait pu permettre de constater une instabilité post-traumatique, dès lors notamment qu'une fracture et toute autre forme de lésion accidentelle avaient été exclues lors des investigations radiologiques effectuées le jour de l'accident. La protrusion minime C5/C6 révélée à l'IRM du 19 juillet 2005 ne traduisait qu'un état constitutionnel maladif, et les conclusions divergentes du docteur D.________ sur cette question n'emportaient pas conviction, puisque celui-ci était parti des hypothèses nullement étayées que la recourante avait subi un traumatisme en hyperflexion de la colonne cervicale lors de son agression de 2004 et que la minerve qu'elle portait avait faussé les radiographies réalisées après l'accident. La cour cantonale a considéré qu'un statu quo sine avait en tous les cas été atteint sur le plan cervical lorsque la recourante avait entamé une activité à temps complet le 1 er août 2009, l'accident de 2004 n'ayant dès cette date plus joué aucun rôle dans ses plaintes d'ordre cervical. Ce statu quo sine s'était maintenu jusqu'à la rechute consécutive à l'intervention du 11 mai 2015, qui avait justifié l'octroi de prestations de manière temporaire.