Citation: 8C_567/2022 E. 5.3

5.3. Ces griefs tombent à faux. Contrairement à ce que soutien le recourant, il n'existe en l'espèce aucune divergence dans les rapports médicaux de nature à mettre en doute l'évaluation médicale de l'intimée. Il convient tout d'abord de tenir compte du fait que lors du séjour à la CRR en octobre 2020, le recourant avait été observé aux ateliers professionnels lors desquels il avait exercé plusieurs activités; dans ce contexte, les spécialistes de la réadaptation professionnelle avaient estimé qu'une activité non sédentaire était envisageable, avec alternance des positions et petits déplacements, sans port de charges lourdes. Comme retenu à juste titre par la cour cantonale, les conclusions - motivées et convaincantes - des médecins de cette clinique concernant la capacité de travail du recourant dans une activité adaptée se fondent sur des examens cliniques complets et documentés, qui rendent compte de manière claire et détaillée de ses restrictions fonctionnelles et de ses ressources. De son côté, le docteur E.________ a établi le rapport final du 20 janvier 2021 en pleine connaissance de l'anamnèse, notamment des rapports des spécialistes de la CRR, et en prenant en considération aussi les plaintes du recourant. En effet, il a détaillé la situation médicale actuelle et a reconnu que les douleurs chroniques dont souffrait le recourant auraient certainement diminué son rendement de 10 à 20 % au travail; une baisse de rendement de 15 % a donc été retenue par la CNA. Cela étant, le fait que le docteur C.________ n'a indiqué qu'un pourcentage minimal de capacité de travail dans son rapport du 24 novembre 2020 ne constitue pas un élément susceptible d'affecter l'appréciation médicale du docteur E.________ puisqu'il s'agit d'un pourcentage minimal qui n'exclut pas une capacité de travail plus élevée. En ce sens, les rapports des deux médecins précités ne sont pas contradictoires entre eux mais, au contraire, tiennent tous deux pleinement compte de l'état de santé du recourant. Par ailleurs, avant même le séjour du recourant à la CRR en 2020, le docteur E.________ - ainsi qu'un autre médecin, le docteur F.________ - s'étaient déjà exprimés dans le sens d'une pleine capacité de travail en tant qu'aide-comptable. Quant à la doctoresse G.________, elle s'est en fait limitée à indiquer de manière brève et sans motivation ni précision que "[L]e rapport de la CRR Sion retient [...] une capacité de travail de 50 % avec des limitations positionnelles. Le rapport du médecin d'arrondissement SUVA [...] conclut à l'inverse à une capacité entière avec limitation et diminution de rendement. Il apparaît que compte tenu des séquelles visibles (flessum rotation externe-limitation lombaire) et invisibles stables (douleurs alléguées/neuropathie associée) le doute devrait bénéficier au patient avec une capacité de travail avec adaptation de poste estimable entre 50 et 60 %". Cet avis médical, qui ne contient de surcroît aucune critique à l'encontre des évaluations de la CRR et du médecin d'arrondissement, n'est pas propre à mettre en cause la décision de la CNA. On précisera que, selon une jurisprudence constante, un rapport médical ne peut se voir attribuer une valeur probante que si, entre autres conditions, l'appréciation de la situation médicale est claire et que les conclusions sont dûment motivées (ATF 134 V 231 consid. 5.1; 125 V 351 consid. 3a). Ces conditions ne sont manifestement pas remplies en l'espèce. La doctoresse G.________ a également considéré, à tort, que le docteur C.________ avait évalué la capacité de travail du recourant à 50 %, alors qu'il s'agissait en fait d'une capacité minimale qui n'excluait pas une capacité plus élevée. Enfin, il convient de souligner que, contrairement à ce que prétend le recourant, la simple appréciation personnelle de la personne assurée sur sa capacité de travail ne saurait être susceptible de remettre en cause une appréciation médicale interne complète et dûment motivée; comme on l'a vu (cf. consid. 4 supra), le jugement sur l'incapacité de travail doit en effet être porté par les médecins. Pour ces raisons, l'arrêt attaqué ne prête donc pas le flanc à la critique car il est amplement motivé et repose sur des faits établis conformément au droit fédéral. Par conséquent, il n'y a pas lieu d'ordonner une nouvelle expertise sur la capacité de travail du recourant ni de réévaluer la rente d'invalidité fixée par l'autorité inférieure.