Citation: 4C.345/2002 03.03.2003 E. A

A.a Le 20 février 1981, la Banque B.________ a accordé à M.________, moyennant le nantissement d'une police d'assurance-vie en risque pur, un crédit en compte courant de 100 000 fr. à taux variable (no X.________) pour une durée indéterminée; le taux annuel était d'abord de 5,75 % , puis de 6 % dès le 1er mars 1981, plus une commission trimestrielle de 0,25% sur le débit le plus élevé. M.________, qui est titulaire d'un brevet d'avocat (art. 64 al. 2 OJ), a signé le même jour les conditions générales de la Banque B.________, celles applicables aux crédits en compte courant débiteur et un acte de nantissement général. Selon l'art. 2 des conditions générales de la banque précitée, toute contestation d'un extrait de compte doit être présentée immédiatement après la réception de l'avis correspondant, mais au plus tard dans le délai fixé par la banque; le dommage résultant d'une réclamation tardive est à la charge du client. L'art. 9 ch. 1, sous l'intitulé "comptes courants", dispose qu'à défaut d'une réclamation présentée dans le délai d'un mois, les extraits des comptes sont tenus pour approuvés; l'approbation expresse ou tacite du relevé de compte emporte celle de tous les articles qui y figurent ainsi que des réserves éventuelles de la banque. Quant à l'art. 11, il prévoit que la banque se réserve le droit de cesser ses relations d'affaires avec effet immédiat pour de justes motifs et, en particulier, d'annuler des crédits promis ou accordés, auquel cas le remboursement de toutes créances sera immédiatement exigible; les conventions contraires demeurent réservées. A teneur de l'art. 6 des conditions applicables aux crédits de la Banque B.________ (comptes courants débiteurs), le crédit est exigible de plein droit et sans délai notamment en cas de retard de plus de trente jours dans le paiement des intérêts, amortissements, commissions ou autres accessoires. D'après l'art. 7 des mêmes conditions, dans le cas où la banque doit exercer une poursuite, ainsi que dans le cas de demeure du titulaire, les intérêts sont dus à un taux supérieur de 2 % au taux en vigueur à ce moment. Le 24 décembre 1981, la limite de crédit a été augmentée à 150 000 fr., les clauses et conditions antérieures de la ligne de crédit restant valables pour cette augmentation, ainsi que les conditions générales, les conditions applicables aux crédits et l'acte de nantissement. A.b La Banque A.________, issue de la fusion entre la Banque B.________ et la Banque C.________, a repris la ligne de crédit accordée à M.________, le numéro du compte devenant Y.________. Le 6 février 1996, la Banque A.________ et M.________ ont signé un avenant, d'après lequel celui-ci s'engageait à souscrire une police d'assurance risque décès de 150 000 fr. et à amortir la dette par paiement mensuel de 1000 fr., la première fois le 30 juin 1996. Il était précisé dans cet avenant que "toutes les autres clauses et conditions régissant (le) financement demeur(ai)ent inchangées jusqu'à nouvel avis". Dans le même document, M.________ a reconnu, par sa signature sous la rubrique "bon pour accord", le solde débiteur indiqué au 6 février 1996, par 155 446 fr.15. Il est établi que M.________ ne s'est jamais conformé aux amortissements convenus. Il n'a plus effectué aucun versement sur le compte courant Y.________ depuis la fin mars 1998. Le 29 septembre 1998, la Banque A.________ a demandé à M.________, dont le compte présentait un dépassement de 11 539 fr. en regard d'une limite de crédit de 123 000 fr., de "régulariser la situation" jusqu'au 12 octobre 1998. Le 15 octobre 1998, la banque a informé le prénommé qu'en vertu de l'acte de nantissement général elle bloquait désormais ses avoirs et autres biens déposés à la Banque A.________, singulièrement le dossier titre Z sur lequel était déposée la police d'assurance-vie destinée à garantir le crédit en compte courant. Il a été retenu que du 15 octobre 1998 au 12 mai 2000, la Banque A.________ n'a pas envoyé à M.________ de relevés relatifs à son compte ni d'avis de dépassement de la ligne de crédit. Le 12 mai 2000, la Banque A.________, par courrier A (art. 64 al. 2 OJ), a informé M.________ que son compte présentait un dépassement de 53 744 fr.85 en regard d'une limite de crédit de 103 000 fr. et l'a requis de régulariser sans délai la situation, à défaut de quoi la banque dénoncerait au remboursement le crédit accordé et procéderait au recouvrement des montants dus. Cette écriture étant restée sans suite, la Banque A.________, le 8 juin 2000, a dénoncé au remboursement immédiat et intégral le compte dont le solde débiteur, en capital, intérêts, frais et commissions, serait, selon un bouclement indicatif, de 157 634 fr.15 au 15 juin 2000. Il était imparti à M.________ un délai au 15 juin 2000 pour payer ce montant; passé ce délai, la banque informait son client que, sans autre avis, la créance serait recouvrée par la voie de l'exécution forcée.