Citation: 6B_631/2024 E. 2.3

2.3. De manière générale, le recourant se borne à opposer sa propre appréciation des preuves à celle opérée par la cour cantonale, sans toutefois démontrer en quoi son raisonnement serait manifestement insoutenable, en se fondant notamment sur des faits qui ne ressortent pas du jugement entrepris ou qui ne sont pas susceptibles d'influer sur le sort de la cause. Il en va en particulier ainsi lorsqu'il remet en question la nature des relations familiales de l'intimée 1, qu'il indique que s'il avait voulu se débarrasser de son Iphone, il aurait plutôt soutenu à la police qu'il l'avait oublié dans le train ou qu'il se l'était fait dérober, que si l'intimée 2 avait été confrontée à des images ou vidéos à caractère pornographique, cela aurait pu être après avoir cliqué d'elle-même sur des publicités de cette nature, que si elle avait été victime de viols à répétition durant deux années, cela aurait inévitablement causé des lésions bien plus visibles, à commencer par une déchirure beaucoup plus caractéristique de l'hymen, que des épisodes de sodomie auraient laissé des stigmates plus importants sur le corps d'un si jeune enfant, que s'il avait menacé l'intimée 1, elle ne l'aurait pas laissé garder sa fille sans surveillance et ne lui aurait pas donné les clés de son nouvel appartement ou que si E.E.________ avait été battue, sa mère l'aurait forcément remarqué et ne serait pas restée passive. Par ailleurs, on peine à comprendre l'argument du recourant tendant à dire que l'intimée 2 subirait un important conflit parental car elle serait ambivalente dans ses propos (lorsqu'elle décrirait son père de "jeune et pas jeune" ou de "gentil à l'extérieur et méchant à l'intérieur"). Les allégations du recourant selon lesquelles les recherches et consultations de sites pornographiques pourraient être le fait d'un tiers, qui aurait été précédemment en possession d'un des ordinateurs analysés, ou de l'intimée 1 ou du frère de celle-ci, sont uniquement destinées à accréditer sa version des faits et ne repose sur aucun élément tangible susceptible de démontrer l'arbitraire de l'appréciation de la cour cantonale. Contrairement à ce qu'affirme le recourant, le fait de ne pas avoir retrouvé du contenu pédopornographique durant l'enquête ne suffit pas à cet égard. Le recourant ne démontre pas non plus l'arbitraire du raisonnement cantonal, lorsqu'il propose des scénarios alternatifs pour expliquer les origines de l'anomalie morphologique vaginale de l'intimée 2 (cf. rapport du 19 octobre 2021 du Département de gynécologie et obstétrique du RHNe) - infections intimes à répétition, pénétration digitale et non pénienne, etc. - et les connaissances de cette dernière de la "mécanique sexuelle" qui résulteraient de la confrontation à des vidéos à caractère pornographique et non d'une expérience vécue. Le recourant cite encore certains passages des rapports médicaux et des procès-verbaux d'audition en les sortant de leur contexte ou en les retranscrivant de façon partielle pour affirmer qu'ils corroboreraient sa version. Ce faisant, il ne parvient pas non plus à démontrer le caractère prétendument arbitraire de l'appréciation des preuves effectuée par la cour cantonale. Pour le surplus, le recourant se contente de mettre en exergue des ambivalences, des variations et/ou des légères imprécisions dans les déclarations de l'intimée 2, qui portent, quoi qu'il en dise, sur des éléments secondaires et dont l'autorité précédente a de manière générale tenu compte, sans parvenir à remettre en cause l'appréciation des preuves effectuée par cette autorité, respectivement la version des faits donnée par la victime. Pour le reste, la cour cantonale pouvait, conformément au principe de la libre appréciation des preuves (art. 10 al. 2 CPP), se fonder sur un faisceau d'indices convergents pour retenir la culpabilité du recourant. À cet égard, le recourant perd de vue que lorsque, comme en l'espèce, l'autorité cantonale a forgé sa conviction quant aux faits sur la base d'un ensemble d'éléments ou d'indices convergents, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux pris isolément soit à lui seul insuffisant; bien plutôt, l'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble (arrêt 6B_1370/2023 du 7 août 2024 consid. 2.1.1 et les références citées). Or le recourant ne démontre pas qu'il était insoutenable - et il n'apparaît pas que tel soit le cas - de considérer, sur la base du rapprochement de l'ensemble des éléments retenus par la cour cantonale (cf. supra consid. 2.2), que les faits s'étaient déroulés comme les intimées 1 et 2 les décrivaient et que le recourant en était l'auteur. Enfin, au vu de ce qui précède, il n'a pas lieu de douter des déclarations de l'intimée 2 concernant les violences subies par sa demi-soeur qui a saigné du nez au moins une fois à la suite d'un coup porté par son père.