Citation: 6B_244/2023 E. 2.2.3

2.2.3. Le recourant reproche tout d'abord à la cour cantonale de n'avoir considéré que deux quittances portant l'indication "E1.________" datées des 16 octobre et 28 novembre 2014, en éludant la fiche de séquestre no 60008, laquelle ferait également état d'un document indiquant "E1.________ + A paye 5700.- 24.10.2015" (no 3), un carnet de quittances dont certaines préimprimées munies de signatures qui attesteraient du paiement de dettes intitulées "Borgjet" ou "Borgji" (no 10) et un grand nombre d'autres quittances (no 13) totalisant près de 238'000 francs. La cour cantonale aurait ignoré les quittances figurant au dossier et leur aurait arbitrairement nié toute force probante. Il relève que ces documents sont en majorité munis de signatures qui se distingueraient de la sienne et qui démontreraient qu'il aurait réussi, malgré le caractère mafieux du prêt, à se faire confirmer ses remboursements à plusieurs reprises. Interrogé précisément sur ce dernier point par le ministère public, le recourant a aussi affirmé qu'aucun document n'avait été signé à l'octroi du prêt ou lors des remboursements, tout se faisant, selon la tradition, sans signature, sur la base de la confiance (dossier cantonal, p.-v. aud. 26.01.21 p. 3). Il ressort, par ailleurs, d'un bref examen des pièces transmises par le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois (v. supra consid. C in fine), que le document No 3 constitue une simple liste intitulée "dette + Saler Paye par A.A.________", dont on ignore par qui elle a été établie et qui n'est pas contresignée par les éventuels bénéficiaires des paiements. On comprend ensuite aisément que le terme "Borxhi", sous ses multiples graphies (Borgii, Bordji, Borgjet) renvoie à la notion de dette; qu'il figure sur de nombreuses quittances, y compris en lien avec la mention de travaux ou de salaires, ne suffit donc pas à établir la réalité du prêt allégué. Si le vocable "E1.________" figure sur certaines "quittances", il est dans certains cas mis en lien avec un prénom ("F1.________"; "G1.________"; pièces N os 3 et 13), un nom ("H1.________"; pièce No 13) ou avec l'indication "Fourniture", respectivement "Materiell" (pièce No 4), ce qui n'étaie pas non plus l'allégation du recourant selon laquelle le terme "E1.________" renverrait toujours à une organisation criminelle auprès de laquelle il aurait contracté un prêt. En définitive, la valeur probante des pièces en question, dont on ignore concrètement par qui elles ont été rédigées et signées, apparaît en tout point comparable à celle reconnue par les autorités cantonales à celles qu'elles ont mentionnées expressément (v. supra consid. 2.2 in fine). On ne saurait, dès lors, reprocher à la cour cantonale de s'être arbitrairement dispensée de rechercher plus activement des éléments à décharge dans les pièces séquestrées, qui n'apparaissent pas non plus sérieusement aptes à établir la réalité de l'organisation et du prêt "mafieux".