Citation: B 53/00 09.08.2001 E. 5

5.- a) Sous réserve du respect des dispositions impératives et relativement impératives régissant la matière, c'est la volonté des parties qui fait règle quant à la durée du contrat de travail (cf. Pierre Engel, Contrats de droit suisse, 2e éd. Berne 2000, p. 356). Pour déterminer si il y a eu effectivement accord entre les parties, il y a lieu de rechercher d'abord leur réelle et commune intention (art. 18 al. 1 CO), le cas échéant empiriquement, sur la base d'indices. En l'occurrence, le témoignage écrit de B.________ - ancien directeur de X.________ SA qui disposait de la signature individuelle -, vient confirmer les déclarations du recourant, selon lesquelles la durée prévue du contrat s'étendait jusqu'à la fin des travaux de montage des parois et plafonds de Y.________, retouches et finitions comprises. Partant, on doit admettre que les rapports de travail n'avaient pas pris fin le 10 décembre 1992 comme le prétend la fondation, ni même le 31 décembre 1992, dates dont on ne voit pas, au demeurant, à quoi elles correspondent dans le cours du déroulement du chantier. Devant l'instance cantonale, l'intimée soutenait encore que les parties au contrat auraient mis un terme à leurs relations par accord mutuel le 10 décembre 1992, comme cela est possible, indépendamment du caractère déterminé ou indéterminé de la durée du travail convenu (cf. Brunner/Bühler/Waeber, op. cit. , note 14 ad art. 335 CO). L'existence d'une volonté commune de rompre le contrat avant son échéance n'est toutefois pas établie dans le cas particulier. A cet égard, l'avis de sortie de l'institution de prévoyance du 7 janvier 1993 ne saurait, contrairement à l'opinion de l'intimée, tenir lieu de preuve pour une résiliation conventionnelle. Tout au plus un tel avis indique-t-il que l'employeur pensait - à tort, comme cela s'est avéré par la suite - que le chantier ne nécessiterait plus l'intervention du recourant. D'ailleurs, dans un questionnaire à l'intention de l'AI que l'employeur a rempli plus tard, le 16 août 1994, c'est la date du 16 février 1993 qui a été mentionnée comme terme du contrat de travail. b) Il découle de ce qui précède qu'au moment de l'accident, le 23 janvier 1993, les rapports de travail entre X.________ SA et le recourant subsistaient, si bien que ce dernier était obligatoirement assuré en prévoyance professionnelle (art. 10 al. 2 LPP). Le recours est bien fondé, ce qui justifie l'annulation du jugement entrepris et le renvoi de la cause aux premiers juges afin qu'ils examinent les autres conditions mises au droit à une rente d'invalidité puis rendent un nouveau jugement.