Citation: 6B_514/2024 E. 3.5

3.5. La cour cantonale a retenu que le recourant était arrivé en Suisse à l'âge de 31 ans en qualité de requérant d'asile, après avoir grandi et effectué toute sa scolarité dans son pays d'origine. Il s'est marié le 21 avril 2015, avec une ressortissante suisse, avec laquelle il a eu deux enfants, âgés de huit et dix ans lors de la reddition de l'arrêt cantonal. Il avait obtenu une autorisation de séjour de type B au titre du regroupement familial qui était arrivée à échéance le 15 décembre 2021. Aucun autre membre de sa famille ne résidait en Suisse et il vivait séparé de son épouse et de ses enfants depuis le 26 août 2018 soit depuis plus de 5 ans. Une procédure de divorce était pendante entre les conjoints et leurs enfants étaient placés auprès de l'Institution F.________ à Sion. Le recourant ne les voyait qu'une fois par mois sur son lieu de détention et ne leur téléphonait qu'une fois par semaine. De l'avis de l'intervenante en protection de l'enfance en charge de la situation, le recourant était impliqué dans la vie de ses enfants, se montrait soutenant, dans la mesure de ses possibilités, face à leurs difficultés et avait développé un réel lien avec eux. La cour cantonale a cependant relevé que le recourant avait néanmoins été récemment condamné pénalement pour de "mauvais traitements" à leur endroit. || avait par ailleurs déjà fait l'objet d'une autre condamnation pénale au début de l'année 2014, alors que sa requête d'asile venait d'être rejetée. Au niveau professionnel, il était au bénéfice d'un BEP en ouvrage métallique acquis dans son pays d'origine. Depuis son arrivée en Suisse et jusqu'à son incarcération, il avait travaillé comme ouvrier agricole durant trois ans, avant d'exercer plusieurs emplois, toujours à titre temporaire, entrecoupés de périodes de chômage, comme constructeur métallique, concierge ou manoeuvre dans le domaine de la construction. Il s'était également engagé comme sapeur-pompier. À l'époque de son arrestation, il était toutefois sans emploi, ne percevait aucune indemnité de chômage, n'avait pas de logement à son propre nom, en raison de ses dettes (40'000 fr.) faisant l'objet de saisies, et logeait soit chez des amis, soit chez son épouse. Compte tenu de tous ces éléments, il n'était pas possible d'admettre que l'intéressé bénéficiait d'une bonne intégration en Suisse, même s'il y résidait depuis quasiment dix ans au moment de son incarcération. En outre, quand bien même son expulsion l'éloignerait de ses enfants et pourrait constituer une atteinte à ses droits garantis par l'art. 8 par. 1 CEDH, la seule présence de ceux-ci en Suisse ne suffisait pas encore à faire obstacle à son renvoi dans son pays d'origine dans la mesure où il ne faisait pas ménage commun avec eux depuis plus de cinq ans et n'entretenait pas de relations personnelles très étroites avec eux, du moins depuis son entrée en détention. De surcroît, un éloignement du territoire suisse ne serait pas de nature à modifier fondamentalement sa relation avec eux puisqu'il pourrait continuer à entretenir des contacts périodiques avec eux par l'intermédiaire des moyens de communication modernes. La cour cantonale n'a pas retenu, au vu des éléments précités, qu'une expulsion mettrait le recourant dans une situation personnelle grave, de sorte que la première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP n'était ainsi pas satisfaite. S'agissant de ses possibilités de réinsertion dans son pays d'origine, la cour cantonale a relevé que le recourant y était né, y avait passé son enfance et sa jeunesse, y avait effectué toute sa scolarité, puis y avait travaillé et obtenu un diplôme professionnel. Il ne l'avait ensuite quitté qu'à 31 ans, si bien qu'il était parfaitement familiarisé avec son mode de vie, sa culture, sa langue et son monde du travail. I| apparaissait ainsi que ses perspectives de réinsertion dans son État de provenance n'étaient pas inexistantes, quand bien même ses parents ainsi que ses frères et soeurs n'y habitaient plus et qu'il ne semblait avoir conservé aucun contact avec les autres membres de sa parenté (tantes, cousins) qui y résidaient toujours. Toujours selon la cour cantonale, les infractions pour lesquelles il était condamné, en particulier une tentative de meurtre, étaient très graves et sa culpabilité était très lourde. Il bénéficiait certes d'un certain intérêt à demeurer en Suisse compte tenu de la durée de son séjour dans le pays avant son incarcération et du fait que ses enfants y vivaient. Cela étant, les intérêts présidant à son expulsion étaient plus importants compte tenu de la gravité des faits qui lui étaient reprochés. En effet, il s'en était pris, notamment, à l'un des biens juridiques le plus précieux, à savoir la vie, pour lequel il convenait, selon la jurisprudence, de se montrer particulièrement strict. Un tel comportement était en outre couplé à une absence de prise de conscience de la gravité de ses actes, ce qui n'augurait véritablement rien de bon pour le futur, les experts judiciaires retenant d'ailleurs un risque de récidive non négligeable puisqu'ils l'avaient qualifié de léger à moyen pour le même type d'infractions que celles commises. La cour cantonale a ainsi estimé que le recourant représentait toujours une sérieuse menace pour l'ordre et la sécurité de la Suisse et que l'intérêt public à son expulsion était dès lors prépondérant.