Citation: 2P.50/2000 01.05.2000 E. 2

2.- a) Selon l'art. 100 al. 1 lettre b ch. 3 OJ, le recours de droit administratif n'est pas recevable en matière de police des étrangers contre l'octroi ou le refus d'autorisations auxquelles le droit fédéral ne confère pas un droit. D'après l'art. 4 de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE; RS 142. 20), les autorités compétentes statuent librement, dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, sur l'octroi ou le refus d'autorisations de séjour ou d'établissement. En principe, l'étranger n'a pas de droit à l'octroi d'une autorisation de séjour. Ainsi, le recours de droit administratif est irrecevable, à moins que ne puisse être invoquée une disposition particulière du droit fédéral ou d'un traité, accordant le droit à la délivrance d'une telle autorisation (ATF 124 II 289 consid. 2a p. 291, 361 consid. 1a p. 363 et les arrêts cités). De même, la voie du recours de droit administratif est fermée contre la décision de refus d'approbation des autorités administratives fédérales lorsqu'elle l'aurait été contre une décision cantonale refusant l'autorisation. b) Les recourants se fondent sur l'art. 8 CEDH. aa) Un étranger peut, selon les circonstances, se prévaloir du droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par cette disposition pour s'opposer à l'éventuelle séparation de sa famille et obtenir ainsi une autorisation de séjour. Encore faut-il cependant que la relation entre l'étranger et une personne de sa famille ayant le droit de s'établir en Suisse (en principe nationalité suisse ou autorisation d'établissement) soit étroite et effective (ATF 124 II 361 consid. 3a p. 366; 122 II 1 consid. 1e p. 5, 289 consid. 1c p. 292; 120 Ib 1 consid. 1d p. 3, 6 consid. 1 p. 8, 16 consid. 3a p. 21 et 257 consid. 1c p. 259). Le Tribunal fédéral considère comme relations familiales propres à conférer le droit à une autorisation de séjour en vertu de l'art. 8 CEDH, avant tout les relations entre époux, ainsi que celles entre parents et enfants mineurs vivant en ménage commun (ATF 120 Ib 257 consid. 1d p. 261). Ainsi, l'art. 8 CEDH est applicable lorsqu'un étranger peut faire valoir une relation intacte avec son enfant bénéficiant du droit de résider en Suisse, même si ce dernier n'est pas placé sous son autorité parentale ou sous sa garde du point de vue du droit de la famille; un contact régulier entre le parent et l'enfant, par exemple par l'exercice du droit de visite, peut le cas échéant suffire (ATF 120 Ib 1 consid. 1d p. 3; 119 Ib 81 consid. 1c p. 84; 118 Ib 153 consid. 1c p. 157). Toutefois, selon la jurisprudence, ni l'étranger, ni la personne de sa famille avec laquelle il entretient une relation étroite et effective, ne peuvent invoquer l'art. 8 CEDH lorsque celle-ci ne possède pas une autorisation d'établissement mais une autorisation de séjour, à moins qu'elle ne puisse prétendre à un droit de présence en Suisse, c'est-à-dire à un droit certain à l'obtention d'une autorisation de séjour (ATF 119 Ib 91 consid. 1c p. 93 en la cause Gül; plus récemment, ATF 122 II 385 consid. 1c p. 389). bb) En l'occurrence, conformément à la jurisprudence précitée qu'il n'y a pas lieu de modifier, l'enfant N.________ ne peut se prévaloir de la protection de l'art. 8 CEDH à l'égard de son père car elle ne bénéficie elle-même que d'une autorisation de séjour annuelle. Son recours est donc irrecevable. cc) Réciproquement, et pour le même motif, le recourant ne peut invoquer cette disposition envers sa fille, ni, du reste, envers son épouse. En revanche, il convient d'examiner s'il peut s'en prévaloir à l'égard de l'enfant M.S.________, de nationalité suisse. Selon le rapport établi par l'Office cantonal fribourgeois des mineurs le 5 janvier 1999, S.M.________ exerce régulièrement son droit de visite depuis janvier 1997 et s'y "investit réellement", de sorte que l'on peut considérer, à l'instar de la décision attaquée, que ces relations sont suffisamment étroites et effectives pour bénéficier de la protection de l'art. 8 CEDH. Le recours de droit administratif du recourant est donc recevable en tant qu'il se prévaut de ses liens avec son fils. Il est en revanche irrecevable dans la mesure où il invoque ses relations avec son épouse actuelle et leur fille, aucune d'elles n'ayant le droit de s'établir en Suisse. c) Enfin, le recours de droit administratif est irrecevable, au vu de l'art. 100 al. 1 lettre b ch. 1 OJ, en tant qu'il est dirigé contre la confirmation du refus de l'Office fédéral des étrangers de réexaminer la décision d'interdiction d'entrée en Suisse. Il en va de même dans la mesure où il concerne le refus de donner suite à la dénonciation visant l'Office fédéral des étrangers, car les recourants n'ont aucun des droits reconnus à la partie (art. 71 PA). d) Encore doit-on relever que la décision attaquée ne peut faire l'objet d'un recours de droit public, car elle a été rendue par une autorité fédérale (art. 84 al. 1 OJ).