Citation: 1P.546/2000 14.12.2000 E. C

C.- A raison de ces faits, C.________ a déposé le 30 juin 1998, auprès du Procureur général du canton de Genève (ci-après, le Procureur général), trois plaintes contre les interventions de la police, au sens de l'art. 114A du Code de procédure pénale genevois (CPP gen.), valant aussi plaintes pénales pour arrestations et détentions illicites. Il concluait à la constatation de la violation des art. 17, 20 et 24 de la loi genevoise sur la police du 26 octobre 1957 (LPol), à la constatation de l'illicéité de ses arrestations et détentions prolongées successives, à l'allocation d'une indemnité équitable de 3'000 fr., à la destruction du matériel photographique et dactyloscopique recueilli lors de ses interpellations et à l'ouverture d'une instruction pénale. Par ordonnance du 29 juillet 1999, notifiée le 5 mai 2000, le Procureur général a classé les plaintes pénaleset a constaté pour le surplus que les art. 16 à 22 LPol n'avaient pas été violés. C.________ a recouru le 16 mai 2000 contre cette décision auprès de la Chambre d'accusation du canton de Genève (ci-après, la Chambre d'accusation ou la cour cantonale) en invoquant le non-respect des exigences de notification et de motivation de l'art. 114B al. 1 CPP gen. ainsi que la violation des art. 17 et 20 LPol et 116 CPP gen. Il concluait notamment à titre subsidiaire à la production de la procédure pénale P/5360/1998 ouverte sur ordre du Procureur général à la suite de sa deuxième interpellation au Parc des Cropettes. A l'audience de plaidoiries du 21 juin 2000, il a requis, outre son audition, l'apport au dossier du procès-verbal de son interrogatoire par la police et des enquêtes de la gendarmerie le concernant. Statuant par ordonnance du 3 juillet 2000, la Chambre d'accusation a rejeté le recours et confirmé la décision attaquée. Elle a considéré que la motivation unique de l'ordonnance de classement, malgré le dépôt de plusieurs plaintes, était suffisante pour que C.________ puisse utilement faire valoir ses droits devant elle et a rejeté en conséquence la conclusion subsidiaire du recours tendant à ce que le Procureur général motive succinctement sa décision après avoir recueilli les observations écrites du Chef de la police. Elle n'est par ailleurs pas entrée en matière sur les griefs relevant de l'équipement des locaux ou des droits de la personne entendue dans la mesure où ils ne concernaient pas une intervention de la police au sens des art. 16 à 22 LPol. Sur le fond, elle a considéré que les interpellations successives du plaignant étaient justifiées non seulement pour vérifier son identité, mais également pour prévenir de nouveaux troubles à l'ordre public, les conditions dans lesquelles ces opérations sont intervenues étant au surplus proportionnées et conformes aux art. 17, 18 et 20 LPol. Elle a enfin estimé que les conditions d'un classement en opportunité des plaintes pénales étaient réunies.