Citation: 1B_161/2017 E. 2.2

2.2. En l'occurrence, le raisonnement de l'autorité précédente se fonde sur les écritures du 3 février 2017 de l'avocat d'office. Or, si celles-ci ont été déposées dans le cadre d'une procédure relative à une même problématique (requête de changement d'avocat du 31 janvier 2017), les circonstances étaient alors différentes de celles qui prévalaient au moment où l'autorité précédente a statué. Au 3 février 2017, le jugement du 25 janvier 2017 n'avait pas encore été rédigé, respectivement dès lors notifié aux parties. L'avocat pouvait ainsi à juste titre déclarer qu'il attendait cet acte pour prendre contact avec son mandant et décider des suites à donner à l'annonce d'appel déposée le 26 janvier 2017. En revanche, au jour de la décision attaquée - le 27 mars 2017 -, la situation n'est manifestement plus la même : le jugement de première instance motivé a été notifié le 27 février 2017 aux parties et le délai pour déposer la déclaration d'appel est arrivé à échéance le 20 mars 2017. Le Président de la Cour d'appel pénal ne pouvait donc pas se limiter à se référer au seul courrier du 3 février 2017 du défenseur d'office pour considérer que la perte de confiance alléguée par le recourant ne reposait sur aucun élément objectif. Il lui appartenait de prendre en compte les nouvelles circonstances susmentionnées, ainsi que, le cas échéant, d'instruire la cause, notamment en interpellant l'avocat d'office (cf. art. 6 al. 1 et 13 let. d CPP; Jeanneret/Kuhn, Précis de procédure pénale, 2013, n. 4089). Cela étant, eu égard au principe d'économie de procédure, il n'y a pas lieu de renvoyer la cause à l'autorité précédente, le Tribunal fédéral disposant des éléments pour statuer. Ainsi, l'avocat d'office du recourant lui aurait rendu visite le 6 mars 2017 pour faire le point sur les suites à donner à l'annonce d'appel. Le 9 mars 2017 - soit dans l'hypothèse de la visite susmentionnée, trois jours après -, le recourant a posté la requête de changement d'avocat d'office à l'origine de la présente cause. Il y a également confirmé sa volonté de "faire recours" contre le jugement du 25 janvier 2017, mais avec l'assistance d'un autre avocat. Cependant aucune déclaration d'appel déposée en temps utile ne figure au dossier; on ne trouve pas non plus de demande de l'avocat de se faire relever de son mandat d'office dans un délai permettant un changement de conseil; enfin, la procédure d'appel a été rayée du rôle le 27 mars 2017. Au regard de ces circonstances - notamment chronologiques -, il ne peut plus être retenu que le recourant continue à bénéficier d'une défense efficace de la part de son mandataire d'office dont la volonté semble de ne pas poursuivre son mandat (cf. au demeurant la teneur du courrier du 20 mars 2017). Il n'y a pas non plus lieu de considérer que la nomination de Jeton Kryeziu en tant qu'avocat d'office violerait le principe de la bonne foi, dès lors qu'on ignore les raisons du changement intervenu en début de procédure. Partant, en refusant le changement d'avocat d'office, le Président de la Cour d'appel pénal a violé le droit fédéral et ce grief doit être admis.