Citation: 9C_256/2018 E. 4.2

4.2. Le recourant ne peut pas non plus être suivi lorsqu'il affirme que les allégements prévus par le droit fiscal s'agissant des bénéfices de liquidation (voir en particulier l'art. 37b LIFD) seraient applicables par analogie en matière de perception des cotisations dues au titre de l'AVS. Le droit fiscal et le droit des assurances sociales constituent en effet deux domaines distincts de la législation suisse, dont le contenu est défini en première ligne par le législateur, en fonction des objectifs de politique fiscale et de politique sociale que celui-ci se fixe. A défaut d'une disposition dans la LAVS prévoyant la transposition des principes consacrés par la réforme de l'imposition des entreprises II pour la détermination du revenu soumis aux cotisations de l'AVS, les règles fiscales ne sauraient trouver à s'appliquer dans le domaine du droit des assurances sociales. A cet égard, l'argumentation du recourant selon laquelle la LAVS serait une "loi subalterne" à la loi sur la réforme de l'imposition des entreprises II du 23 mars 2007, si bien que les modifications introduites par cette dernière devraient s'appliquer de manière automatique à toutes les "lois subalternes de façon pyramidale", ne résiste pas non plus à l'examen. Il s'agit de lois fédérales occupant toutes deux le même rang dans la hiérarchie des normes du droit suisse. En matière de perception des cotisations sociales, le bénéfice résultant de la liquidation d'une entreprise doit être traité selon la législation sur l'AVS. A cet égard, selon l'art. 17 RAVS, est réputé revenu provenant d'une activité lucrative indépendante au sens de l'art. 9 al. 1 LAVS, tout revenu acquis dans une situation indépendante provenant de l'exploitation d'une entreprise commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou sylvicole, de l'exercice d'une profession libérale ou de toute autre activité, y compris, notamment, les bénéfices en capital et les bénéfices réalisés lors du transfert d'éléments de fortune au sens de l'art. 18 al. 2 LIFD. Les directives de l'OFAS précisent que les bénéfices de liquidation imposés selon l'art. 37b LIFD sont soumis intégralement à cotisations et doivent être communiqués par les autorités fiscales avec les autres revenus provenant de l'activité indépendante (ch. 1089.4 DIN). L'art. 17 RAVS formalise une harmonisation entre le droit de l'AVS et le droit fiscal sur la notion de revenu d'une activité indépendante. Ainsi, tous les revenus d'une activité indépendante soumis à l'impôt fédéral direct sont en principe également soumis à cotisations. Dans ce cadre, l'art. 9 al. 3 LAVS, en relation avec l'art. 23 RAVS, prévoit que le revenu provenant d'une activité indépendante est déterminé par les autorités fiscales cantonales en se fondant sur la taxation passée en force de l'impôt fédéral direct (arrêt 9C_162/2014 du 31 juillet 2014 consid. 3.1). Les données des autorités fiscales cantonales lient les caisses de compensation (art. 23 al. 4 RAVS). Le caractère obligatoire de ces données ne concerne que la fixation du revenu déterminant et n'englobe donc pas la question de savoir si et dans quelle mesure celui-ci est soumis à cotisations (ATF 121 V 80 consid. 2c p. 82 s.). Dès lors, il appartient aux caisses de compensation de déterminer l'étendue des cotisations qui doivent être prélevées sur les revenus dont l'autorité fiscale a fait état, au regard du droit de l'AVS. En application des dispositions pertinentes de la LAVS (supra consid. 2), les bénéfices de liquidation d'une entreprise doivent être soumis intégralement à cotisations, si bien que le recourant ne saurait se prévaloir d'une application analogique de l'allègement fiscal introduit par l'art. 37b LIFD, auquel la LAVS ne renvoie précisément pas.