Citation: 6B_654/2018 E. 1.2.1

1.2.1. La cour cantonale a repris à son compte l'appréciation des preuves à laquelle s'étaient livrés les premiers juges à cet égard. Il en ressortait que malgré la consultation de plusieurs thérapeutes avant les événements du 5 novembre 2014, la recourante n'avait jamais fait état d'abus sexuels. Elle ne s'était pas davantage ouverte à des proches, alors même que l'une de ses cousines lui avait confié avoir été victime d'actes d'ordre sexuel de la part de D.C.________. En outre, elle avait cherché à instrumentaliser des témoins, en les orientant sur leur déposition, au point que le ministère public avait dû intervenir à plusieurs reprises pour lui demander de ne plus contacter ceux-ci. L'ensemble des déclarations de la recourante montrait une intention de noircir le tableau concernant son père. Il résultait par ailleurs des expertises - judiciaire et privée - que D.C.________ exerçait une relation d'emprise sur sa fille et que cette dernière avait bien été victime de maltraitance, à tout le moins psychologique. Ce lien familial perverti avait abaissé les barrières inter-générationnelles, favorisant un climat incestuel. Les témoignages de P.________ et de Q.________ constituaient des éléments prouvant un comportement sexuel inadéquat de la part de D.C.________. Les relations de ce dernier avec la recourante avaient ainsi été empreintes de perversité et de violence psychologique durant la jeunesse de l'intéressée. L'autorité précédente a ajouté que la recourante n'avait jamais pu ou voulu parler, dans le cadre de la procédure, des faits constitutifs des prétendus abus sexuels. Lorsqu'elle s'était exprimée devant l'expert judiciaire, elle n'avait pas réellement pu verbaliser les actes, laissant celui-ci les nommer. En outre, elle avait fait preuve des mêmes difficultés devant les experts privés et avait mis l'accent sur ce qu'elle décrivait comme une sorte de jubilation et de cynisme de la part de son père face à l'humiliation, plutôt que sur les actes sexuels qu'elle aurait subis. Les accusations portées par la recourante contre son père, s'agissant de graves abus sexuels, restaient floues et reposaient en définitive sur le seul récit manuscrit qu'elle avait rédigé le 21 mars 2015 à l'attention du ministère public. Dans ce document, l'intéressée avait décrit des tentatives de pénétration et des fellations, éléments qu'elle n'avait pas évoqués devant les experts - s'étant alors limitée à parler de caresses de son père en l'absence de sa mère - et qui auraient pourtant été les plus graves. On devait dès lors nécessairement se demander si ces accusations n'avaient pas été formulées pour les besoins de la cause. L'expert judiciaire avait indiqué que certains paramètres cliniques allaient dans le sens d'une personnalité ayant été exposée à la violence de façon directe et que la recourante décrivait un tableau clinique qui restait cohérent dans le sens d'une perversion familiale assez étendue. Il avait toutefois décrit les mécanismes de contrôle de l'intéressée, avec une tendance à la dramatisation émotionnelle. Il avait notamment relevé que celle-ci savait mettre à contribution son intelligence et ses études de sociologie pour construire un récit dans lequel elle pouvait mettre en lumière ce qu'elle estimait être à son avantage. Si elle se plaignait certainement à juste titre d'une perversion familiale, il apparaissait également que cette perversion déteignait sur son propre fonctionnement. La recourante était habile et pouvait montrer différents visages, avec des manifestations émotionnelles dramatisées. En raison de mécanismes visant à dénigrer ou à contrôler autrui, elle disposait d'une capacité à manipuler. Selon l'expert, il fallait également comprendre qu'en raison d'aspects de distorsion relationnelle et de manipulation, celle-ci savait donner une vision dramatisée de sa situation. Dès lors, ses descriptions, certainement pertinentes sous certains aspects, pouvaient également découler de mécanismes d'amplification, ces mécanismes incluant les représentations qu'elle donnait d'elle-même et d'autrui. En définitive, la cour cantonale a considéré que les contradictions relatives aux prétendus abus sexuels, les nombreuses tentatives de la recourante de présenter les faits en sa faveur, sa tendance à la manipulation, soulignée à plusieurs reprises dans l'expertise judiciaire et ressortant également de son comportement en cours d'instruction, devaient conduire à écarter l'éventualité qu'elle eût subi de graves abus sexuels de la part de son père. Il était néanmoins établi, comme l'avaient relevé de manière convergente les expertises judiciaire et privée, que l'intéressée avait subi une maltraitance psychologique, sa personnalité étant marquée par divers traumatismes.