Citation: 6S.736/2000 28.11.2000 E. 1

droit fédéral comme violé - que si elle repose sur des considérations étrangères à la disposition applicable, si elle ne prend pas en compte les critères découlant de celle-ci ou si l'autorité cantonale s'est montrée à ce point sévère ou clémente que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 119 IV 195 consid. 3b p. 198; 118 IV 97 consid. 2a p. 100; 116 IV 279 consid. 2a p. 280 et les arrêts cités). La décision concernant le sursis doit être moti- vée de manière à ce que la Cour de cassation puisse con- trôler la correcte application de l'art. 41 CP. b) L'arrêt attaqué explique que les actes très graves commis par la recourante, de manière réitérée malgré l'ouverture d'enquêtes et des mises en garde, le déni partiel de ses actes par celle-ci et le fait qu'elle en a rejeté la responsabilité sur son enfant ne permet- tent pas de poser un pronostic favorable. Il mentionne donc clairement les motifs du refus du sursis, comme l'exige l'art. 41 ch. 2 al. 2 CP, contrairement à ce que soutient la recourante. La situation personnelle de la recourante et son absence d'antécédents ayant été largement évoqués par les juges cantonaux au stade de la fixation de la peine, il est manifeste que ceux-ci avaient ces éléments à l'esprit lorsqu'ils ont statué sur le sursis. Il ressort des constatations de fait cantonales que, malgré des retraits de la garde sur son enfant, puis l'ouverture d'une instruction pénale, la recourante a continué à occasionner de graves sévices à sa fille. C'est donc à tort qu'elle prétend qu'on ne trouve pas de trace de mises en garde dans le jugement. Qu'il soit attribuable à la diminution de respon- sabilité de la recourante admise par l'expertise, ne change rien au fait que la recourante persiste à nier ses actes graves et à en rejeter la responsabilité sur son enfant. Il est par ailleurs manifeste que ce n'est pas parce que le sursis a été accordé à son époux que la recourante, si elle n'en remplit pas les conditions, pourrait en bénéficier. Les éléments retenus par la cour cantonale pour refuser le sursis sont pertinents. Ils dénotent que la recourante n'a aucunement pris conscience de la gravité de ses actes. Sur la base de ces éléments, il n'y avait certes pas d'abus du pouvoir d'appréciation à conclure que, nonobstant l'absence d'antécédents judiciaires de la recourante, un pronostic favorable ne pouvait être posé. Savoir si la cour de cassation cantonale pouvait