Citation: 6B_236/2013 E. 3.2.3

3.2.3. Les opérations sur les risques de change étaient courantes dès le développement de X.________ sur le marché européen en 2006, les contrats conclus étant facturés en euros, alors que ses comptes étaient tenus en dollars. Même si, comme celle-ci le soutient, elle était plutôt prudente, il n'en reste pas moins que les opérations de couverture de risque de change futur sont, par nature, spéculatives selon les déclarations d'un témoin. Or, des opérations spéculatives sont nécessairement susceptibles de générer des pertes. De plus, ainsi que la cour cantonale le relève, sans que la recourante ne le conteste, l'intimé ne peut être tenu responsable du retournement d'un marché qualifié de fluctuant et volatile. Le simple fait que des pertes, même importantes, auraient résulté des agissements de l'intimé ne permet donc, en soi, pas de retenir la commission d'une infraction. F.________ n'a en outre pas indiqué qu'il était interdit de spéculer, mais que cela n'était pas possible en dehors de transactions liées à l'activité de la recourante et que le risque de change dans les transactions sur le marché des changes devait être systématiquement couvert (cf. recours n. 15 p. 9). Or, selon les constatations cantonales, qui ne sont pas remises en cause par la recourante (art. 105 al. 1 LTF), le contrat contesté par cette dernière et portant sur un montant de 30 millions d'euros concernait l'activité de financement du négoce et il était couvert par un contrat de livraison de biocarburant (cf. arrêt entrepris consid. 6.2 et 6.3 p. 39). F.________ a également déclaré que des opérations spéculatives auraient forcément été découvertes lors de séances dévolues à l'examen des avis bancaires et H.________ a rapporté que les positions Forex prises par l'intimé étaient connues et en lien avec des opérations commerciales identifiées (cf. arrêt entrepris consid. 6.2 p. 38). Il y a dès lors lieu d'admettre que si des opérations jugées contraires à la politique et aux intérêts de la société par son directeur F.________ avaient été découvertes, les agissements de l'intimé auraient été immédiatement contestés. En définitive, il ne peut être reproché à la cour cantonale d'avoir estimé que le classement de la procédure se justifiait et ainsi, d'avoir considéré à tort qu'il n'y avait pas de doute que l'intimé serait acquitté s'il devait être traduit devant une autorité de jugement en raison de ses agissements sur le marché Forex. Le grief de violation de l'art. 319 CPP doit être rejeté.