Citation: 1B_357/2018 E. 2.2

2.2. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. Il est tout d'abord incontestable que, faute d'appel, la recourante ne peut plus prétendre à la reconnaissance de prétentions civiles supérieures à celles retenues en sa faveur dans le jugement de première instance, ce qu'elle semble d'ailleurs admettre (cf. ad 5 et 6 p. 6 du mémoire de recours). Une décision n'est de plus pas arbitraire du seul fait que l'appréciation qui y est effectuée ne corresponde pas à l'aspiration souhaitée par la personne requérante ou qu'elle ne rappelle pas les principes juridiques permettant d'ordonner un séquestre. Il n'est en effet pas contesté que cette mesure tend à garantir une éventuelle allocation en faveur de la recourante du montant des confiscations et/ou de la créance compensatrice qui pourraient être ordonnées à l'issue de la procédure pénale (art. 263 al. 1 let. d CPP, 70, 71 et 73 CP); la recourante a d'ailleurs parfaitement su développer une argumentation afin de tenter de démontrer que les mesures retenues dans le jugement de première instance ne suffiraient pas/plus à garantir ses prétentions. La recourante soutient en substance que l'action en dissolution des deux sociétés immobilières intentées en France par les deux sociétés intimées serait un fait nouveau, imposant une nouvelle appréciation des mesures ordonnées (cf. ad 3 p. 19 du mémoire de recours). Si cette procédure particulière est peut-être effectivement nouvelle en soi, la recourante ne saurait en revanche prétendre qu'elle ignorait tout des démarches intentées en France par les deux sociétés intimées afin d'obtenir des garanties pour leurs propres prétentions, notamment en lien avec les sociétés immobilières en cause. Une telle constatation découle tout d'abord du fait que la recourante ne se prévaut pas d'une décision des autorités pénales suisses ordonnant le séquestre conservatoire des parts sociales des deux sociétés immobilières françaises, respectivement d'une demande d'entraide adressée aux autorités françaises afin d'obtenir cette mesure. Les seules décisions figurant au dossier s'agissant de saisies conservatoires en lien avec les parts des sociétés immobilières ont été rendues, les 6 février 2008 et 25 novembre 2013, dans un cadre civil par des autorités françaises statuant sur requête des deux sociétés intimées (cf. les décisions y relatives du Juge de l'exécution près du Tribunal de Grande Instance de Paris [pièces 200'071 et 200'121]); faute d'y être partie, la recourante ne saurait donc en tirer en principe aucun droit. Le tribunal de première instance a de plus relevé expressément cette configuration particulière dans son jugement : "Les fonds C.C.________ et D.C.________ [et non les autorités pénales] ont requis et obtenu la saisie de plusieurs actifs des prévenus sis à l'étranger : [...] parts de la Société civile immobilière F.________ 1, détenant un appartement à Paris; parts de la Société civile immobilière F.________ 2, détenant un second appartement à Paris" (cf. ad let. B/m.b p. 59 de ce prononcé). Vu ces différents éléments - que ne pouvait donc ignorer la recourante à la réception du jugement du 9 mai 2017 -, il apparaît que les autorités françaises n'ont pas été saisies par les autorités pénales suisses - notamment au cours de l'instruction - de requête afin de faire séquestrer les parts sociales en cause. Eu égard notamment au principe de souveraineté, cette constatation permet de douter de la portée de la confiscation ensuite ordonnée par un jugement suisse sur ces mêmes biens, qu'on rappellera sis en France (pour un rappel sur les principes applicables en la matière, voir ATF 137 IV 33 consid. 9.4 p. 49 ss); il en va de même par rapport aux effets qui pourraient être donnés au séquestre prononcé simultanément sur ces objets (MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit commentaire, Code de procédure pénale, 2e éd. 2016, n° 3 ad art. 263 CPP). Ces mesures n'offrant vraisemblablement aucune garantie, il appartenait à la recourante de demander aux autorités pénales genevoises, au cours de la procédure, la saisie des autorités françaises par le biais de l'entraide pénale internationale. Elle pouvait aussi, le cas échéant, contester, par la voie de l'appel, la proportion qui lui avait été allouée (0.1 %), respectivement le défaut de prise en compte, lors de sa fixation, de l'éventuelle diminution du dommage pour les sociétés intimées qui pourrait découler des procédures civiles de recouvrement intentées - antérieurement - en France par ces dernières. La recourante ne saurait en revanche obtenir une modification du jugement de première instance sur cette question par le biais d'une procédure de séquestre complémentaire postérieure audit prononcé. Au regard de ces considérations, l'autorité précédente pouvait donc sans violer le droit fédéral ou procéder de manière arbitraire, rejeter en l'état la demande de séquestre complémentaire.