Citation: 6P.41/2006 12.05.2006 E. A

Par jugement du 20 juin 2005, le Tribunal criminel de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois a notamment condamné X.________, pour assassinat, brigandage en bande, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, à dix-neuf ans de réclusion, sous déduction de la détention préventive. Cette condamnation repose, en bref, sur les faits suivants: A.a Issu de parents algériens, sixième de huit enfants, de nationalité française, X.________ est né en 1979. En 1989, son père les a abandonnés. X.________ a grandi dans une cité HLM de la banlieue de Montpellier. Il a été scolarisé jusqu'à 16 ans, âge de son renvoi définitif. Confronté à un environnement violent, il s'est rapidement affirmé comme petit délinquant, caïd de quartier et trafiquant de shit, parfois porteur d'une arme à feu. En revanche, ses frères et soeurs n'ont pas connu la même évolution et ont suivi des formations. X.________ a pratiqué des arts martiaux pendant trois ans. Il se décrit comme doué dans la maîtrise de ces techniques de combat, expliquant qu'il lui est facile de frapper du pied un adversaire à la tête, même sans échauffement préalable. Il a expérimenté les arrestations policières, la détention et le placement en foyer durant une année. Après avoir tenté en vain différents stages professionnels, il a suivi, de 1997 à 1999, une formation de boulanger qu'il a interrompue avant d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle. De 1999 à 2000, il a travaillé en Allemagne dans un restaurant exploité par l'une de ses soeurs. Il a abruptement mis fin à cette activité après s'être disputé avec son beau-frère, qui lui reprochait de fumer sur son lieu de travail. Revenu à Montpellier, il a repris sa vie de délinquant. Même s'il n'a pas été condamné pour ces faits, il a admis s'être adonné aux cambriolages, au vol de voitures, au racket, etc. En 2002, il a travaillé quatre mois comme ouvrier avant de mettre fin à cette activité parce qu'il en était lassé. Arrivé en Suisse le 6 mars 2002, il a exercé divers emplois, avant de se retrouver fautivement au chômage dès le 1er février 2003. Du 1er juin 2002 au 26 mars 2003, il a bénéficié de l'aide sociale. De manière générale, il a éprouvé de grandes difficultés à conserver un emploi sans entrer rapidement en conflit, jusqu'à la rupture, avec les personnes qui l'encadraient ou avaient autorité sur lui. A.b X.________ a déjà fait l'objet des condamnations suivantes: - le 9 novembre 2001, le Tribunal correctionnel de Belfort l'a condamné à deux mois d'emprisonnement avec sursis, pour dégradation ou détérioration grave d'un bien appartenant à autrui et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique; - le 15 mai 2002, la même autorité l'a condamné à deux mois d'emprisonnement, pour dégradation grave du bien d'autrui commise en réunion, peine remise par décret de grâce collective du 10 juillet 2002; - le 2 septembre 2002, le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois l'a condamné à 700 fr. d'amende, pour contravention à la LStup. A.c Le 1er juin 2003, dans un train circulant entre Estavayer-le-Lac et Yvonand, le mineur A.________ a donné un coup de poing à P.________, âgé de 15 ans. X.________ lui a demandé son téléphone portable, avant de le lui arracher. Un peu plus tard, les deux agresseurs, accompagnés d'un troisième homme, se sont rendus vers leur victime. L'un d'eux l'a menacée de la percer avec un couteau et ils ont exigé son porte-monnaie. A.d Le même jour, X.________ et A.________ remontaient le train circulant entre Yvonand et Yverdon, pour rejoindre leurs amis, dont Y.________, installés en compartiment fumeurs. Ils sont passés à proximité de Z.________, né en 1984, assis seul, qui avait posé son lecteur CD sur une tablette. X.________ s'est emparé de cet objet, avant de poursuivre son chemin. Z.________ est descendu du train à Yverdon. Comme X.________ et A.________ s'en prenaient physiquement à lui, il a blessé superficiellement ce dernier à la cuisse droite avec son couteau. X.________, Y.________ et B.________ se sont alors déchaînés contre lui, le frappant en alternance, sans relâche et avec une extrême violence, au moyen des poings, des pieds, d'une sacoche, ainsi qu'en lui lançant des pierres, ceci pendant environ deux minutes. Dès le début des assauts conjugués des comparses, la victime n'a plus esquissé le moindre geste défensif. Elle s'est tassée sous les coups, a perdu toute mobilité et est demeurée totalement inerte, cherchant uniquement à protéger sa tête. Alors que B.________ et X.________ avaient cessé leurs assauts et que Z.________ demeurait inerte, Y.________ s'est emparé du couteau de la victime et l'a poignardée au flanc droit, la touchant au poumon et au foie. La lame a pénétré dans le corps sur une profondeur de 15 à 17 cm. Z.________ est décédé le 6 juin 2003. Selon le rapport d'autopsie, le décès est survenu suite à des lésions provoquées par un objet contondant ayant frappé la tête ou contre lequel la tête s'est heurtée. La lésion provoquée par le coup de couteau qui a, entre autres, transpercé le foie, aurait été mortelle sans intervention médicale rapide et a pu jouer un certain rôle dans l'enchaînement fatal. A l'audience, l'un des experts a précisé que les lésions cérébrales mortelles provenaient d'une contusion directe pouvant aussi bien résulter d'un seul coup très violent que de plusieurs coups assénés soit avec une pierre, soit avec la sacoche, soit encore avec les poings nus ou les pieds. A.e Les 27 juillet et 22 novembre 2003, X.________ a insulté et menacé des surveillants de prison. A.f En cours de procédure, X.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique. Le médecin a diagnostiqué un trouble de la santé mentale et conclu à la pleine responsabilité de l'intéressé au moment des faits.