Citation: 7B_104/2023 E. 6.4

6.4. En l'espèce, le moyen de pression utilisé par le recourant pour amener B.________ Capital SA en liquidation à signer l'accord du 30 mai 2011 consistait dans la menace implicite - admise selon la jurisprudence (cf. consid. 6.3 supra) - de ne jamais restituer à B.________ Capital SA en liquidation le prix de la revente de la marchandise que le recourant avait encaissé et conservé sans droit sur le compte de sa société. L'extrait des déclarations de M.________ repris par le recourant selon lesquelles il n'y avait eu selon lui aucune "pression" ou "menace" ne modifie pas cette appréciation. Ainsi, de peur de ne pas percevoir le montant de la revente de la marchandise, de plus de USD 4 millions, B.________ Capital SA en liquidation a signé l'accord en question, lequel prévoyait le remboursement précité moyennant que celle-ci verse un montant de USD 2.5 millions et reconnaisse que l'exécution de l'accord vaille quittance pour solde de tout compte à l'égard de la société du recourant I.________ Ltd. La menace portait donc sur un dommage sérieux. C'est en vain que le recourant soutient qu'il aurait toujours eu "l'intention de restituer une partie du prix de revente de la marchandise après compensation des montants qui lui étaient légitimement dus". En effet, sur ce point, la cour cantonale a retenu que même si une créance en faveur du recourant était retenue, elle se monterait au plus à USD 1.4 million. Or ce montant est bien inférieur aux USD 2.5 millions réclamés dans le cadre de la convention litigieuse, étant rappelé que B.________ Capital SA en liquidation a dû également s'acquitter du montant de la lettre de crédit. L'exécution de l'accord aurait dès lors de toute manière lésé le patrimoine de B.________ Capital SA en liquidation. Sur le plan subjectif, et compte tenu des éléments évoqués sous les considérants 2.2 et 3.2, on ne saurait reprocher à l'autorité précédente d'avoir retenu que le recourant avait agi avec un dessein d'enrichissement illégitime. Compte tenu des manoeuvres qu'il a employées pour détourner la marchandise de B.________ Capital SA en liquidation, respectivement pour encaisser et conserver - sans droit - sur le compte de sa propre société le prix de revente de la marchandise acquise par cette dernière société, il n'est pas insoutenable de considérer qu'en obtenant la signature de E.________ sur la convention du 30 mai 2011, le recourant était fermement résolu à pousser cette dernière, par la menace implicite de ne pas lui restituer le prix de vente, à lui verser le solde de sa prétendue créance qui n'était en réalité pas due, du moins pas la totalité. Il apparaît dès lors que le recourant réalisait tous les éléments subjectifs du crime prévu et réprimé par l'art. 156 ch. 1 CP.