Citation: 6B_683/2021 E. 6.4

6.4. Dans une argumentation prolixe et peu compréhensible, mêlant indistinctement critiques de fait et de droit, le recourant conteste s'être rendu coupable par coaction du "délit de chauffard". En bref, il reproche à la cour cantonale une constatation manifestement inexacte des faits, ainsi qu' une méconnaissance de la notion de coactivité. La cour cantonale a retenu, dans une première motivation, que le recourant avait "personnellement et activement" commis le "délit de chauffard" par transgression des art. 60 al. 6 OCR et 4 al. 1 LCR, en jetant divers objets sur la chaussée lors de la course-poursuite. Dans une seconde motivation,elle a retenu que le recourant avait pleinement participé, comme coauteur, à la course-poursuite, en donnant à son comparse conducteur des indications sur l'itinéraire à emprunter et en incitant à la fuite à tout prix. La décision cantonale est fondée sur une double motivation. En l'occurrence, le recourant s'en prend uniquement à la seconde motivation. Sans remettre en cause le déroulement des faits, il soutient qu'en sa qualité de passager, il n'avait pas la maîtrise du véhicule et qu'un prétendu rôle de copilote ne saurait lui être imputé. Il affirme, sur la base de l'interprétation personnelle de ses propres déclarations, que le plan partagé en commun avec son comparse n'aurait porté que sur la seule attaque de l'automate à billets ("cas 9") et non pas sur la course-poursuite subséquente, "même au stade du simple dol éventuel", ou encore que les comportements respectifs du recourant et de son comparse lors de leur interpellation permettraient de déduire qu'il n'y avait pas de projet commun entre eux. Ce faisant, le recourant présente sa propre appréciation des preuves, sans toutefois articuler une argumentation satisfaisant aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. Ce procédé, purement appellatoire, est irrecevable. En revanche, le recourant ne conteste pas la première motivation de la cour cantonale. Il ne critique pas l'application de l'art. 90 al. 3 et 4 LCR sous un autre angle que la notion de coactivité. Même quand il affirme qu'il n'aurait pas, par actes concluants, accepté de courir un grand risque d'accidents pouvant entraîner de graves blessures ou la mort, il se réfère à l'épisode en coactivité. Lorsqu'il dénonce l'arbitraire du raisonnement fondé sur l'art. 60 al. 6 OCR et qu'il soutient que cette "incrimination" n'aurait "pas été soulevée par les autorités précédentes", ses griefs sont insuffisamment motivés (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF). A cet égard, on ne discerne aucune violation de l'art. 344 CPP, dans la mesure où la cour cantonale a réservé l'application des art. 4 al. 1 LCR et 60 al. 6 OCR pour le jet d'objets sur la chaussée par un courrier adressé aux parties préalablement à l'audience d'appel (cf. jugement entrepris, p. 13, qui renvoie à la pièce 140). Partant, il est douteux que cette argumentation satisfasse aux exigences de motivation requises, faute de discuter les deux pans de la motivation cantonale. Eût-elle été recevable, la critique selon laquelle le "délit de chauffard" ne pourrait être "matériellement" commis que par une seule personne à la fois, soit le conducteur (en lien avec cette question, cf. notamment ATF 126 IV 84 consid. 2b p. 87 et 2d p. 90; A. BUSSY / B. RUSCONI / Y. JEANNERET / ET AL., Code suisse de la circulation routière, 4ème éd. 2015, no 5.5 ad art. 90 LCR), serait de toute manière vaine, puisque le recourant ne discute pas la réalisation du "délit de chauffard" en lien avec le jet d'objets sur la chaussée. Or, celui-ci suffit déjà à retenir sa culpabilité, en tant qu'auteur direct, pour ce chef d'infraction. En effet, la cour cantonale n'a retenu qu'une seule infraction au sens de l'art. 90 al. 3 LCR à l'encontre du recourant. Peu importe, dès lors, le volet coactivité du "délit de chauffard".