Citation: 1A.18/2000 27.06.2000 E. 2

2.- Aux termes de l'art. 88 OJ, ont qualité pour recourir, par la voie du recours de droit public, les particuliers ou les collectivités lésés par des arrêtés ou décisions qui les concernent personnellement ou qui sont d'une portée générale. Selon l'interprétation que la jurisprudence a donnée de cette disposition, il faut que le recourant soit atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts propres et juridiquement protégés; le recours de droit public formé pour sauvegarder l'intérêt général, ou visant à préserver de purs avantages de fait, est en revanche irrecevable (ATF 125 I 474 consid. 1d p. 477; 125 II 440 consid. 1c p. 442; 124 I 159 consid. 1c p. 161; 123 I 41 consid. 5b p. 42 et les arrêts cités - cf. aussi l'arrêt P. du 3 avril 2000, destiné à la publication, dont il ressort que la jurisprudence relative à l'art. 88 OJ est maintenue, aussi dans le cas du recours pour arbitraire, après l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution fédérale le 1er janvier 2000). Le WWF Suisse agit manifestement, dans la présente affaire, en tant qu'organisation d'importance nationale à but idéal, qui se voue à la protection de la nature, du paysage et de l'environnement. A ce titre et en vertu d'une réglementation spéciale adoptée pour assurer la sauvegarde de ces intérêts généraux, cette organisation a en principe qualité pour agir contre les décisions cantonales par la voie du recours de droit administratif, le cas échéant, même si elle n'a pas directement un intérêt digne de protection à en obtenir l'annulation ou la modification (cf. art. 103 let. c OJ en relation avec l'art. 12 de la loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage [LPN; RS 451] et l'art. 55 de la loi fédérale sur la protection de l'environnement [LPE; RS 814. 01]; cf. aussi l'ordonnance relative à la désignation des organisations habilitées à recourir dans les domaines de la protection de l'environnement ainsi que de la protection de la nature et du paysage [ODO; RS 814. 076]). Mais comme, précisément en pareil cas, elle vise alors à sauvegarder l'intérêt général, indépendamment d'une atteinte à ses intérêts propres et juridiquement protégés - lesquels pourraient éventuellement être invoqués si l'organisation dénonçait un déni de justice formel à son détriment, ou une violation de ses droits de partie à la procédure devant le Tribunal administratif, ce qu'elle ne fait pas en l'occurrence -, elle ne remplit pas les conditions de l'art. 88 OJ et elle ne peut donc pas agir par la voie du recours de droit public quand celle du recours de droit administratif n'est pas ouverte. Dans la présente cause, la qualité pour recourir doit ainsi être déniée au WWF Suisse. Quant au WWF Genève, il ne donne aucune indication sur la structure selon laquelle il est organisé. A supposer qu'il soit constitué en association, on ne voit pas en quoi il serait directement touché dans ses intérêts propres et juridiquement protégés; il apparaît bien plutôt qu'il défend les mêmes intérêts généraux que le WWF Suisse, aux côtés duquel il recourt en tant qu'organe ou représentant régional (cf. ATF 118 Ib 296 consid. 1c p. 300). Le WWF Genève ne prétend du reste pas agir en vue de sauvegarder ses propres intérêts juridiquement protégés, ni les intérêts de ses membres, lesquels seraient eux-mêmes, en majorité ou en grand nombre, personnellement touchés au sens de l'art. 88 OJ (à propos de la qualité pour recourir des associations, cf. ATF 125 I 71 consid. 1b/aa p. 75, 369 consid. 1a p. 372; 122 I 90 consid. 2c p. 92 et les arrêts cités). Il en découle que la qualité pour recourir fait également défaut à cette section cantonale de l'organisation d'importance nationale. Le recours de droit public est en conséquence lui aussi irrecevable.