Citation: 4A_481/2020 E. A

A.________ Sàrl (ci-après: l'employeuse, la recourante) est une société de droit suisse, sise à Genève, ayant pour but notamment l'exploitation d'une pharmacie et dont F.D.________ est l'associée gérante. En vertu du contrat du 30 mai 2014, B.________ (ci-après: l'employée, l'intimée) a travaillé pour la recourante dès le 1er juin 2014 en qualité de pharmacienne responsable pour une durée initiale de 7 mois, renouvelable selon entente entre les parties. Son salaire mensuel brut convenu était de 6'720 fr. pour un taux d'occupation de 80%. Aux termes de son contrat, elle était notamment responsable de la gestion du stock de marchandises. Durant les deux premières années, le contrat pouvait être résilié par chacune des parties en respectant un préavis de trois mois pour la fin d'un mois. Au cours du printemps 2015, l'employée s'est vu reprocher plusieurs manquements par l'employeuse. Ainsi, le 13 janvier 2015, l'employeuse, par l'époux de l'associée gérante, H.D.________, a indiqué à l'employée que le chiffre d'affaires qu'elle réalisait ce jour-là ne correspondait pas à ses objectifs. Le 12 février 2015, le Service du pharmacien cantonal a inspecté la pharmacie et a rendu un rapport d'inspection le 16 février 2015 faisant état d'éléments non-conformes. Par email du 10 mars 2015, l'employeuse a prié l'employée de prendre les mesures nécessaires à la mise en conformité de la pharmacie aux exigences du Service du pharmacien cantonal. L'employeuse a en outre exigé une amélioration rapide de la gestion du stock par l'employée, à qui elle a imparti un délai d'une semaine pour présenter une liste de mesures propres à réaliser ce but. Par email du 16 mars 2015, l'employée a informé l'employeuse du fait que son médecin envisageait de la mettre en arrêt maladie et qu'il lui avait fixé un nouveau rendez-vous la semaine suivante. L'employée a indiqué qu'elle ferait son possible pour assumer son travail, consciente de l'embarras que sa maladie pourrait provoquer pour l'employeuse. Du 24 mars au 26 avril 2015, l'employée s'est trouvée en incapacité totale de travailler pour cause de maladie, puis, du 27 avril au 3 mai 2015, en incapacité à 50%. Le 24 avril 2015, une inspection de suivi a été diligentée par le Service du pharmacien cantonal et a constaté qu'une seule des dix mesures exigées le 10 mars 2015 restait à mettre en oeuvre. Le Service a imparti un délai au 30 mai 2015 à la pharmacie pour corriger ce point. Par email du 13 mai 2015, l'employeuse a reproché à l'employée le défaut d'encaissement de " tiers-payants " datant de début 2015, constatant que cela n'avait toujours pas été fait. Par email du 29 juin 2015, l'employeuse a indiqué à l'employée que le chiffre d'affaires du jour n'était pas du tout au niveau de ses attentes et lui a demandé de faire preuve de plus de diligence, en répondant à son téléphone hors des heures de travail, en répondant à son email du 10 mars 2015, en tenant un chiffre d'affaires acceptable, en s'assurant de la présence en continu d'une personne dans l'espace de vente, en envoyant en fin de chaque journée le chiffre d'affaires journalier, le nombre de clients et la période de facturation et en préparant une proposition de stock pour la garde suivante et l'envoyant à l'employeuse avant le mercredi soir suivant. Dans une note manuscrite non datée, F.D.________ a indiqué à l'employée de remettre un médicament soumis à ordonnance sans poser de question, se référant à un entretien téléphonique avec le médecin. Le 27 juillet 2015, le médecin de l'employée a délivré un certificat médical certifiant que l'employée était suivie à sa consultation depuis fin février 2015 pour des raisons de santé engendrées par des difficultés relationnelles avec ses employeurs. Les répercussions de ces conflits professionnels sur son état de santé avaient nécessité une prise en charge multidisciplinaire avec un suivi et traitement psychologiques toujours en cours. Par email du 7 août 2015 à l'employée, l'employeuse a relevé qu'elle n'avait pas reçu de réponse à son email du 10 mars 2015, ni à son rappel du 29 juin 2015. Elle n'avait pas non plus reçu de proposition de stock pour la garde de nuit du mois de juillet. Elle a encore reproché le fait que des articles avaient été vendus au prix d'achat du fait d'un manque total d'application lors de la saisie des articles. elle demandait " pour la dernière fois " de faire preuve de plus de diligence dans son travail et de répondre à ses demandes, téléphones et emails. Le 10 août 2015, l'employeuse a engagé un pharmacien adjoint à 80% avec effet au 1er septembre 2015. Le 13 août 2015, le conseil de l'employée a contacté l'employeuse par courrier pour faire état des difficultés rencontrées par l'employée sur son lieu de travail, et qui pouvaient être de nature à engager la responsabilité de l'employée sur le plan pharmaceutique, dont: - Le fait que F.D.________ prodiguait sans droit des conseils en matière de vente de médicaments et remettait des produits thérapeutiques à des clients qui n'avaient pas d'ordonnance médicale et/ou sans les faire viser par la pharmacienne responsable; - Que F.D.________ faisait établir des ordonnances par son médecin traitant de façon à délivrer des médicaments, en particulier à sa famille à l'étranger, ceci dans le but d'en obtenir le remboursement par son assurance maladie. Elle procédait de la même façon pour ses médicaments destinés à son propre usage, dont elle se servait librement dans le stock; - Que F.D.________ avait incité à plusieurs reprises l'employée à délivrer des médicaments sous ordonnance à des clients qui n'en avaient pas et ceci sous la menace d'un licenciement si celle-ci ne devait pas obtempérer. Le courrier faisait également état de " traitements infiniment discutables " réservés à l'employée sur le plan humain, qui se voyait gravement maltraitée. Dans un document non signé du 14 août 2015, E.________, psychologue, a indiqué suivre l'employée depuis avril en raison d'un état anxio-dépressif présent et invalidant, dans un contexte de stress au travail. La psychologue relevait la difficulté de l'employée de faire face à des situations qui engageaient son éthique et sa déontologie professionnelles, ainsi qu'à une ambiance de travail publiquement humiliante. Elle avait à quelques reprises dû consulter en urgence. Ce document avait été revu et signé par le Dr G.________. Par courrier du dimanche 30 août 2015, transmis également par email le même jour à 21h00 au conseil de l'employée, l'employeuse a intégralement contesté les faits mentionnés dans le courrier du 13 août 2015, et a communiqué à l'employée son licenciement pour fautes graves avec effet immédiat. Au titre des motifs invoqués à l'appui de celui-ci figuraient notamment: - les manquements aux devoirs et responsabilités incombant au rôle de pharmacien responsable en référence à l'inspection des Services du pharmacien cantonal du 12 février 2015; - la remise de médicaments sans ordonnance ou le défaut de signature sur ordonnance; - une mauvaise gestion du stock engendrant des pertes financières; - l'absence de réponse aux messages de sa hiérarchie; - l'absence d'une attitude proactive de vente aux clients induisant un chiffre d'affaires insuffisant; - d'autres manquements s'inscrivant dans la durée et étant apparus durant le printemps 2015. L'employée s'est trouvée en incapacité totale de travailler pour cause de maladie du 31 août au 12 octobre 2015.