Citation: 1C_532/2022 E. 3.1

3.1. Tant les recourants que la cour cantonale se fondent sur la jurisprudence développée dans l'ATF 145 I 156. Selon cet arrêt, l'examen de la conformité à la zone des bâtiments placés directement ou très près de la limite d'une zone autre que celle dans laquelle ils sont situés, exige aussi la prise en compte de leurs effets sur l'espace environnant. Si, d'après l'expérience générale de la vie, on ne doit s'attendre à aucun effet ou seulement à des effets insignifiants sur la zone voisine, il suffit que le projet soit conforme à la zone dans laquelle il se situe. Si, en revanche, les effets sur une zone voisine sont probables, le projet de construction doit respecter à la fois les règles de la zone de construction dans laquelle il est érigé et celles de la zone voisine (consid. 6.3). Les circonstances du cas d'espèce sont déterminantes pour savoir si et dans quelle mesure la constructibilité d'un terrain en zone à bâtir affecte simultanément les terrains agricoles voisins. Tel est le cas d'éléments de construction qui dépassent les limites de la zone, comme les avants-toits ou les balcons, les zones de circulation ou les jardins situés devant des bâtiments d'habitation. Il faut aussi tenir compte de l'impact de la construction sur l'utilisation agricole du fonds voisin, au vu du mode de culture et des conditions topographiques (consid. 6.4). La construction de grands bâtiments, tels que des habitations directement sur la limite avec la zone agricole ou très proches de celle-ci comporte dans la plupart des cas un impact sur les terres agricoles adjacentes. Les bâtiments qui empiètent sur la zone agricole ne sont pas admissibles à défaut de conformité à la zone, à moins qu'ils ne servent à des fins agricoles ou qu'une dérogation puisse être accordée (art. 24 ss LAT). Il peut en aller différemment pour les petits bâtiments tels que les bâtiments auxiliaires simples, les clôtures ou les portails (consid. 6.5).