Citation: 8C_499/2014 E. 4.3

4.3. La recourante invoque une violation de la libre appréciation des preuves et du principe inquisitoire inscrit à l'art. 61 let. c LPGA, selon lequel le tribunal cantonal des assurances établit avec la collaboration des parties les faits déterminants pour la solution du litige et il administre les preuves nécessaires et les apprécie librement. Elle fait valoir que les considérations de la cour cantonale au sujet du caractère non réaliste de l'exercice d'une activité correspondant au niveau de qualification 3 ne reposent sur aucun motif concret, la simple affirmation du caractère irréaliste étant insuffisante. Or, pour remettre en cause l'appréciation de l'assureur-accidents sur le niveau de qualification de l'activité exigible, la juridiction précédente aurait dû interpeller les parties sur ce point ou, à tout le moins, mentionner dans le jugement attaqué des éléments de preuve démontrant le caractère irréaliste d'une activité correspondant au niveau de qualification 3. En particulier, il lui était loisible de s'informer auprès de l'entreprise Bâti-Service - auprès de laquelle l'assuré avait été placé par l'OAI - au sujet du montant du salaire que l'intéressé aurait pu réaliser à la fin de son stage et par la suite. Par ailleurs, des renseignements au sujet du salaire réalisable au terme du stage auraient pu être requis auprès de l'OAI, en particulier de son service de reclassement professionnel. En ce qui concerne le niveau de qualification professionnelle déterminant, la recourante mentionne un certain nombre d'arrêts dans lesquels le Tribunal fédéral a retenu le niveau de qualification 3 et elle invoque la jurisprudence selon laquelle la valeur statistique correspondant au niveau de qualification 4 recouvre un large éventail d'activités variées et non qualifiées, n'impliquant pas de formation particulière et compatibles avec des limitations fonctionnelles peu contraignantes (arrêt 9C_444/2010 du 20 décembre 2010 consid. 2.3). En l'occurrence, la recourante soutient qu'étant donné ses qualifications et qualités professionnelles, l'intimé est très vraisemblablement à même de réaliser, dans le secteur du bâtiment, un salaire relevant du niveau de qualification 3. En particulier, l'intéressé est titulaire d'un CAP et d'un BEP en électromécanique et il a travaillé en qualité de monteur en chauffage et ventilation de 1990 à 1998, puis comme monteur en piscines. En outre, après la survenance de l'atteinte à la santé, il a bénéficié d'une mesure de reclassement mise en oeuvre par l'OAI en vue de devenir technicien du bâtiment, formation qui aurait dû, selon les spécialistes de la réadaptation, lui permettre de briguer un poste de cadre intermédiaire. Au surplus, l'intimé a de nombreuses connaissances, ainsi que beaucoup d'expérience dans le domaine du bâtiment et il possède des compétences en matière commerciale, comme cela ressort du rapport de réadaptation professionnelle du 2 avril 2008.