Citation: 4A_196/2014 E. 2.3

2.3. Le contrat d'architecte du 25 septembre 2002 signé par les plaideurs mentionnait que la rémunération des intimés serait basée d'après le coût de construction de la villa « selon la catégorie d'ouvrage IV », qui correspondait, à dire d'expert, à une « maison de type courant ». L'annexe 6 de ce contrat, qui arrêtait le coût de l'ouvrage déterminant les honoraires à 650'000 fr., précisait que si ce coût devait être dépassé en raison de commandes supplémentaires ou de modifications du projet, les honoraires supplémentaires seraient calculés sur les coûts complémentaires aux mêmes conditions que celles décrites dans ladite annexe, étant précisé que toute modification du projet demandée par les recourants ferait l'objet d'une facture complémentaire. A lire le contrat et l'annexe précitée, les recourants devaient objectivement saisir que les honoraires, arrêtés à 117'273 fr. à partir d'un coût de construction de 650'000 fr., allaient augmenter en valeur si le prix de l'ouvrage devait lui-même s'élever. L'interprétation des recourants selon laquelle les honoraires étaient ainsi fixés forfaitairement se heurte de plein fouet à la teneur de l'annexe 6 du contrat, qui fait allusion à des commandes additionnelles et à des modifications du projet de construction susceptibles de générer des honoraires supplémentaires. Le 1er septembre 2003, soit près d'un an après la passation du contrat d'architecte, les intimés ont indiqué aux recourants, au moyen d'un tableau intitulé « devis général et contrôle du coût », que le coût total de la construction se montait désormais à 1'234'436 fr.10, prix incluant, sous la rubrique « frais secondaires et comptes d'attente », notamment un poste d'honoraires d'architecte de 117'273 fr. dans le « compte d'attente pour honoraires ». L'expert judiciaire a expliqué que, suite à divers choix des recourants, la villa, qui devait initialement correspondre à un bâtiment économique de catégorie IV, s'était transformée en une maison luxueuse, qui devait être classée entre la catégorie V « répondant à des exigences individuelles » et la catégorie VI « répondant à des exigences exceptionnelles ». Le fait que le montant d'honoraires de 117'273 fr. figurait dans un « compte d'attente » montrait clairement aux recourants qu'il ne s'agissait pas d'un montant définitif, comme ils devaient s'y attendre au vu de la hausse, par rapport au montant arrêté dans le contrat d'architecte, de près de 90% du prix de l'ouvrage, laquelle était due, selon l'expert, au choix par les maîtres de détails et de matériaux luxueux. Les recourants font grand cas du décompte final du 20 octobre 2004. En pure perte. Derechef, le montant d'honoraires indiqué de 117'273 fr. y est comptabilisé dans un « compte d'attente », ce qui doit logiquement signifier qu'il s'agit d'une inscription comptable provisoire. D'ailleurs, la note d'honoraires des architectes du même jour relève que le solde dû de 5'277 fr.05 se rapporte à un acompte. Les recourants ne s'étant pas acquittés de ce solde, les intimés les ont relancés à trois reprises, soit les 19 janvier, 6 février et 21 juin 2006, chaque fois en requérant expressément le versement de l'acompte du 20 octobre 2004. En outre, dans les deux dernières relances, les architectes ont informé les recourants qu'une facture finale d'honoraires leur serait bientôt adressée, sans que cela ne suscite aucune réaction de ces derniers. Il s'agit là d'un indice significatif qu'ils avaient compris que le montant de 5'277 fr.05 dont le paiement était exigé sans délai n'était qu'une avance à valoir sur la somme totale d'honoraires dus, laquelle serait déterminée ultérieurement. L'interprétation objective des déclarations et comportements des parties conduit sans conteste à admettre que les honoraires fixés dans le contrat du 25 septembre 2002 et ses annexes ne l'avaient pas été à forfait, soit indépendamment de l'évolution future du coût de construction de la villa. Le moyen est dénué de fondement.