Citation: 5A_479/2015 E. 3.2.2

3.2.2. Selon l'art. 209 CC, il y a lieu à récompense, lors de la liquidation, entre les acquêts et les biens propres d'un même époux lorsqu'une dette grevant l'une des masses a été payée de deniers provenant de l'autre (al. 1). Une dette grève la masse avec laquelle elle est en rapport de connexité ou, dans le doute, les acquêts (al. 2). Lorsqu'une masse a contribué à l'acquisition, à l'amélioration ou à la conservation de biens appartenant à l'autre masse, la récompense, en cas de plus-value ou de moins-value, est proportionnelle à la contribution fournie et elle se calcule sur la valeur de ces biens à la liquidation ou à l'époque de leur aliénation (al. 3). La contribution à l'acquisition d'un bien peut s'effectuer antérieurement, simultanément ou postérieurement à celle-ci (VALÉRIE HAAS, La créance de plus-value et la récompense variable dans le régime de la participation aux acquêts, 2005, p. 24 s.; cf. ég. ELISABETH ESCHER, Wertveränderung und eheliches Güterrecht, 1989, p. 71 s.; HAUSHEER/REUSSER/GEISER, Berner Kommentar, vol. II.1.3.1, 1992, no 13 ad art. 206 CC, en lien avec l'amortissement d'une dette hypothécaire). En l'espèce, il n'est pas contesté que l'immeuble en cause, qui a été acquis avant mariage, fait partie des biens propres de la recourante, conformément à l'art. 198 ch. 2 CC. Il ressort des faits constatés dans l'arrêt attaqué (art. 105 al. 1 LTF) que le prêt litigieux a contribué à l'acquisition de l'appartement, de sorte qu'il grevait également les biens propres (art. 209 al. 2 CC). La recourante admet que le prêt a été remboursé durant le mariage au moyen d'acquêts et que ses acquêts comprennent une " créance en participation à l'acquisition de ses biens propres (appartement de [...]) - remboursement de son père " (cf. supra consid. 3.1). Le remboursement du prêt constitue dès lors une contribution en lien avec l'acquisition de l'immeuble. Dans ces circonstances, il ne se justifie pas de distinguer le remboursement du prêt de l'amortissement d'une dette hypothécaire. Partant, la cour cantonale a à juste titre admis que les acquêts de la recourante avaient une récompense variable envers ses biens propres (art. 209 al. 3 CC). Pour le surplus, il n'y a pas lieu de revoir le calcul effectué par le premier juge et confirmé par l'autorité précédente, la recourante n'émettant pas de critique à ce propos. Partant, le grief de violation de l'art. 209 al. 3 CC est infondé, dans la mesure de sa recevabilité.