Citation: 8C_718/2022 E. 7.3

7.3. En second lieu, la recourante fait grief aux juges précédents d'avoir tenu pour probant et suffisant l'avis d'inaptitude à la fonction de garde-frontière prononcé par le docteur E.________, alors que celui-ci s'était contenté d'établir un courriel de trois lignes, qu'il ne l'avait jamais examinée personnellement, pas plus qu'il n'avait pris contact avec ses médecins traitants. Il apparaissait par ailleurs invraisemblable que le médecin-conseil ait été en mesure d'examiner le bien-fondé des restrictions somatiques en cause au regard du dossier médical, ayant répondu directement par courriel le jour même à la demande de l'intimée. De plus, c'était de manière arbitraire que les juges précédents n'avaient accordé aucun crédit à la parole de la doctoresse D.________, qui avait attesté par écrit le 20 septembre 2021 que ses propos au sujet des restrictions somatiques empêchant sa patiente de porter l'équipement de garde-frontière avaient été "faussement notées" dans le procès-verbal du 17 septembre 2020. La recourante dénonce encore un renversement du fardeau de la preuve par le Tribunal administratif fédéral. Enfin, elle lui reproche de n'avoir accordé aucune pertinence aux pièces médicales qu'elle avait produites. Selon l'art. 11 al. 2 let. a OPers, le service médical compétent a notamment pour tâche de procéder, sur mandat des unités administratives, à l'appréciation de l'aptitude des employés pendant la durée des rapports de travail. Il traite les données sensibles concernant la santé qui sont nécessaires à cette évaluation (cf. art. 28 al. 1 let. b LPers). Pour des raisons de protection de données, seules les conclusions sur l'aptitude ou l'inaptitude à exercer le travail peuvent être communiquées à l'employeur; celui-ci n'a pas le droit de connaître les raisons de l'inaptitude (voir art. 28 al. 2 LPers; cf. arrêt précitée 8C_387/2022 du 21 août 2023 consid. 5.2.4). Il s'ensuit que c'est en conformité avec le droit fédéral que le docteur E.________ n'a pas établi un rapport détaillé mais s'est limité à informer l'intimée de ses conclusions sur l'aptitude de la recourante à exercer la fonction de garde-frontière. Pour le surplus, il n'était pas arbitraire pour le Tribunal administratif fédéral de considérer que l'intimée n'avait aucun motif pertinent de s'écarter du constat d'inaptitude émanant de son service médical compétent. Sur ce point, les critiques de la recourante s'épuisent dans de simples interrogations ou suppositions. L'attestation de la doctoresse D.________ n'y change rien. Enfin, contrairement à ce que soutient la recourante, le fait que le Tribunal administratif fédéral a jugé que l'intimée pouvait tirer dudit constat d'inaptitude les conséquences qui s'imposaient sur les rapports de travail la liant avec la recourante et qu'il aurait été loisible à cette dernière de fournir une attestation établissant que son état de santé ne faisait plus obstacle à l'exercice de sa fonction ne constitue pas un renversement du fardeau de la preuve. Au sujet de son aptitude à travailler comme garde-frontière, quoi qu'en dise la recourante, les pièces médicales qu'elle a produites en instance de recours consistant en un compte-rendu d'examens radiologiques pour un bilan de rhumatisme psoriasique effectué les 18 juin et 28 septembre 2020 sont non seulement tardives mais de surcroît non concluantes.