Citation: 1B_3/2007 13.02.2007 E. 7

Le recourant conteste l'existence d'un risque de collusion. 7.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). 7.2 En l'espèce, les autorités cantonales souhaitent éviter tout risque de collusion avec les déposants dont les identités sont activement recherchées, en vue de leur audition. Le recourant soutient que ce risque serait écarté puisque les personnes indiquées par le Juge d'instruction dans son courrier du 15 janvier 2007 ont été interrogées. Or, il ne ressort pas du dossier que les déposants aient déjà été entendus. Dans ses observations, le Juge d'instruction a au contraire précisé que les actes d'instruction sollicités étaient en cours d'exécution. En outre, le fait que les personnes arrêtées pour trafic de drogue n'ont pas mis en cause le recourant n'est pas relevant et ne rend nullement superflu les investigations à l'égard des autres déposants. La saisie des tableaux excel et l'impossibilité consécutive du recourant d'entraver l'enquête sur ce point, ne sont pas davantage des éléments pertinents, puisque ce sont les auditions des déposants qui sont visées. Au vu de ce qui précède, il existe donc effectivement un risque que le recourant ne tente, en cas de libération, de prendre contact avec les personnes à entendre. Le risque de collusion apparaît suffisamment concret.