Citation: 6P.45/2003 17.06.2003 E. 1

La gravité de la faute est le critère essentiel à prendre en considération dans la fixation de la peine et le juge doit l'évaluer en fonction de tous les éléments pertinents, notamment ceux qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir le résultat de l'activité illicite, le mode d'exécution, l'intensité de la volonté délictuelle et les mobiles, et ceux qui concernent l'auteur, soit les antécédents, la situation personnelle et le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale (ATF 127 IV 101 consid. 2a p. 103; 122 IV 241 consid. 1a p. 243; 118 IV 21 consid. 2b p. 24 s.; 117 IV 112 consid. 1; 116 IV 288 consid. 2a). Concernant la situation personnelle de l'auteur, le juge doit prendre en compte sa vulnérabilité face à la peine, soit son état de santé et son âge, ses obligations familiales, sa situation professionnelle, les risques de récidive etc. (ATF 102 IV 231 consid. 3 p. 233; 96 IV 155 consid. 3 p. 179). 2.2 En l'espèce, les lésions du recourant ne sont pas de nature à accroître sa sensibilité à la peine de manière telle qu'elles justifieraient une atténuation de celle-ci. En effet, selon la jurisprudence, la vulnérabilité face à la peine n'entre en considération, comme circonstance atténuante, que lorsqu'elle s'écarte du principe de la sensibilité commune à la douleur, comme par exemple en présence de lourdes maladies, de psychoses claustrophobiques ou de surdimutité (cf. arrêt non publié du Tribunal fédéral du 26 mars 1996, 6S.703/1995; cf. Bruns, Das Recht der Strafzumessung, 2. Auflage, Köln etc., 1985, p. 197 s.; Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Allgemeiner Teil II, Berne 1989, § 7 n. 53 ss; Arzt, Strafzumessung: Revolution in der Sackgasse, Recht 1994, p. 141 et 153). Selon les constatations cantonales, le recourant souffre d'une perte d'amplitude d'environ 80 % du nerf fémoral gauche, d'importantes douleurs névralgiques et d'une diminution de la force musculaire ainsi que d'une atrophie des muscles de la cuisse. Il ne s'agit pas d'une maladie lourde au sens où l'entend la jurisprudence précitée ou de problèmes difficilement gérables en milieu carcéral. En effet, le recourant peut toujours se mouvoir et exercer des activités ordinaires. Il sera par ailleurs tenu compte de son handicap et de ses douleurs dans le cadre de l'exécution de la peine. Partant, le grief du recourant selon lequel il n'a pas été tenu compte de son état de santé lors de la fixation de la peine tombe à faux, cet élément étant, dans le cas présent, sans pertinence dans l'application de l'art. 63 CP. 2.3 Au surplus, le recourant n'invoque aucun autre grief en relation avec la peine. Il ne cite aucun élément important, propre à modifier la peine, qui aurait été omis ou pris en considération à tort. Enfin, les éléments retenus ci-dessus (cf. supra, consid. A.b) attestent d'une lourde culpabilité et la peine infligée de 11 ans de réclusion n'apparaît pas sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. En conclusion, le pourvoi doit être rejeté.