Citation: 1B_103/2022 E. 2.1

2.1. Selon l'art. 75 al. 4 CPP, outre les cas d'information obligatoire prévus aux alinéas précédents, la Confédération et les cantons peuvent astreindre ou autoriser les autorités pénales à faire d'autres communications à des autorités. De telles dérogations au secret de fonction nécessitent une base légale formelle (STEINER/ARN, Commentaire romand CPP, 2ème éd. 2019, n° 38 ad art. 75). Intitulé "Droits et devoirs de communication" et faisant expressément référence à l'art. 75 al. 4 CPP, l'art. 19 LVCPP a la teneur suivante: 1 Les autorités pénales ne peuvent communiquer à d'autres autorités fédérales ou cantonales, à l'exclusion des autorités de poursuite pénale, des informations sur les procédures pénales qu'elles conduisent que si l'intérêt public à ce que ces informations soient communiquées l'emporte sur l'intérêt des parties à voir leurs droits de la personnalité respectés. 2 Le Ministère public avise le président du Tribunal cantonal de toute enquête pénale dirigée contre un magistrat ou un collaborateur de l'ordre judiciaire. 3 Les parties sont informées de la communication, sauf si un intérêt public prépondérant exige que celle-ci demeure secrète. Cette disposition, figurant dans une loi au sens formel, constitue une clause générale permettant la communication d'informations par les autorités pénales à des autorités administratives. Son application nécessite toutefois une pesée d'intérêts dans chaque cas particulier (STEINER/ARN, op. cit. n° 39 ad art. 75). Le recourant ne conteste d'ailleurs pas l'existence même d'une base légale à la mesure contestée. Son argumentation porte exclusivement sur le respect de la proportionnalité.