Citation: 2C_1037/2017 E. 5.3

5.3. Compte tenu de la gravité du comportement du recourant, l'instance précédente pouvait se montrer spécialement rigoureuse dans l'évaluation du risque de récidive. Il convient à cet égard de relever d'emblée que, contrairement à ce que le recourant semble soutenir, il n'est pas possible de qualifier les actes délictueux susmentionnés de simples erreurs de jeunesse, étant rappelé que la condamnation pénale du 1 er mai 2015 porte sur des faits commis à l'âge adulte (cf. à cet égard arrêt 2C_974/2015 du 5 avril 2016 consid. 3.3). Quoi qu'en dise le recourant, son âge lors de la commission de l'infraction n'est de toute façon pas déterminant en soi pour apprécier le risque de récidive (arrêt 2C_991/2017 du 1er février 2018 consid. 5.3), ni d'ailleurs le fait de n'avoir pas été condamné pénalement à plus de deux reprises. Au contraire, un risque de récidive s'impose d'autant plus en l'occurrence que les infractions de viol et de contrainte sexuelle susmentionnées ont été commises durant le sursis avec délai d'épreuve de deux ans dont le recourant avait bénéficié lors de sa condamnation du 8 novembre 2010. Comme le relève l'instance précédente, le recourant a ainsi fait fi du but préventif et dissuasif de cette première sanction en commettant ultérieurement un crime beaucoup plus grave, jetant par là-même un réel discrédit sur sa véritable capacité à se conformer à l'ordre juridique helvétique. Le fait que le recourant n'a plus commis d'infractions après 2012 ne permet pas de considérer le contraire. C'est le moins que l'on puisse attendre de lui compte tenu des poursuites pénales engagées à son encontre et du sursis de quatre ans assortissant la peine privative de liberté de deux ans à laquelle il a été condamné le 1 er mai 2015 (cf. ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; arrêt 2C_644/2015 du 27 août 2015 consid. 4.4). C'est pour le reste en vain que le recourant invoque le sursis complet que les juges pénaux lui ont accordé le 1 er mai 2015, sursis qui démontrerait, selon lui, qu'il ne constitue pas de menace actuelle et réelle pour l'ordre public. A cet égard, il sied de rappeler, à l'instar du Tribunal cantonal, que les juges pénaux ont, plus de trois ans après la survenance des faits incriminés, révoqué le sursis octroyé au recourant le 8 novembre 2010 d'une part et ont fixé le délai d'épreuve de la nouvelle peine à quatre ans, soit proche du maximum de cinq ans prévu par la loi, d'autre part. Or, le risque de récidive est l'un des critères déterminants pour fixer la durée du délai d'épreuve (cf. notamment arrêt 6B_423/2013 du 27 juin 2013 consid. 5.1). Il ressort en outre des constatations de fait du Tribunal cantonal - non contestées par le recourant - que la relative clémence de la sanction du 1 er mai 2015 découle exclusivement de la violation du principe de célérité durant l'enquête pénale. Le recourant ne peut dès lors rien déduire en sa faveur du jugement pénal du 1 er mai 2015, avec lequel le jugement attaqué n'aurait de toute façon pas dû coïncider en tout point (cf. supra consid. 5.1). Il en va évidemment de même du versement, à la victime, d'une indemnité pour réparation du tort moral. Ce versement constituait, contrairement à ce que semble croire le recourant, un aspect de la condamnation pénale (cf. arrêt 2C_801/2012 du 23 février 2013 consid. 4.3).