Citation: 2C_66/2020 E. 5.2

5.2. On relèvera tout d'abord que les recourants n'expliquent à aucun moment à quels impôts ils font référence. Néanmoins, sur le vu de l'arrêt entrepris, qui cite l'art. 82 al. 1 LCP/GE, c'est de l'impôt sur les gains immobiliers dont les recourants semblent demander la déduction à titre de provision. Or, à teneur de l'art. 80 LCP/GE (cf. art. 12 al. 1 LHID), l'impôt sur les bénéfices et gains immobiliers a pour objet le bénéfice net provenant de l'aliénation d'immeubles ou de parts d'immeubles sis dans le canton, ainsi que certains gains que ces immeubles procurent sans aliénation (par exemple, en application de l'art. 80 al. 5 LCP/GE, un transfert de la fortune privée dans la fortune commerciale ou de la fortune commerciale à la fortune privée). Un élément essentiel de cet impôt est ainsi l'aliénation d'un immeuble au sens de l'art. 12 al. 2 LHID. Par conséquent, en l'absence d'aliénation, aucun impôt sur les gains immobiliers n'est en principe dû. Or, il convient de rappeler que toutes les dettes du contribuable peuvent être déduites, à la condition d'exister au moment déterminant et de ne pas être seulement potentielles (cf. consid. 3.1 ci-dessus; également art. 56 al. 2 LIPP/GE). Seules les dettes grevant effectivement la substance économique du patrimoine du contribuable sont déductibles. Tel est le cas s'il y a un risque sérieux que celui-ci doive s'en acquitter (arrêt 2C_555/2010 du 11 mars 2011 consid. 2.2 et les références). Ainsi, dans la mesure où les recourants désirent déduire une provision, sur trois ans, relative à l'impôt sur les gains immobiliers qui serait réalisé en cas d'aliénation de l'ensemble de leur biens immobiliers, ils ne sauraient être suivis. Ces impôts latents ne sont en effet que purement potentiels et soumis à la condition de la vente des immeubles (ou éventuellement au transfert dans leur fortune privée), vente (ou transfert) qui pourrait tout à fait ne jamais avoir lieu.