Citation: 1B_193/2020 E. 3

La recourante conteste l'existence de charges suffisantes d'actes de violence physique à l'encontre de sa voisine, avec qui elle reconnaît être en conflit, ou de ses enfants. Il n'y aurait aucun indice concret qui permettrait de considérer qu'elle aurait commis une infraction qui justifierait sa détention provisoire. Le seul fait qui lui est reproché et qui a conduit à son arrestation est celui d'avoir demandé à E.________ de retarder son départ au travail pour écraser les enfants de sa voisine avec sa voiture. Ce fait serait constitutif d'une tentative inachevée d'instigation d'autrui à la commission d'une infraction. Il ne saurait être retenu tant qu'elle n'aura pas été confrontée à son compagnon. Ainsi, en l'absence de charges suffisantes de la commission d'une infraction, elle devrait être libérée immédiatement sans condition. Ce raisonnement ne saurait être suivi. La recourante est mise en cause pour avoir incité sa fille de dix ans à frapper le fils de sa voisine, âgé de douze ans, alors qu'il attendait le bus pour se rendre à l'école, ainsi que pour avoir insulté et menacé de mort sa voisine. A ces accusations, qui n'ont pas été infirmées en l'état du dossier par les personnes entendues comme témoins, viennent s'ajouter celles d'avoir incité son compagnon à écraser les enfants de ses voisins avec sa voiture puis, constatant l'échec de sa démarche, de lui avoir adressé des menaces de mort. Le fait que la recourante nie les faits et n'ait pas encore été confrontée à son compagnon ne suffit pas à mettre en doute ces accusations ou la crédibilité de leur auteur. Vu qu'il n'avait pas donné suite aux incitations de sa compagne, mettant ainsi à néant la menace qui planait sur les enfants des voisins, on peut comprendre qu'il n'ait pas immédiatement réagi avant de se rendre à la police pour dénoncer ces faits. A tout le moins, on ne saurait voir dans cette circonstance un indice du caractère mensonger de ces accusations. En tant que la recourante conteste l'existence de soupçons suffisants de la commission des infractions qui lui sont reprochées, le recours est mal fondé.