Citation: 1C_91/2021 E. 3.3

3.3. Selon l'arrêt attaqué, le recourant circulait sur la voie de gauche de l'autoroute A5 en direction de Zurich, à hauteur de Luterbach. Il s'est déplacé sur la voie de droite, a dépassé trois véhicules puis s'est à nouveau rabattu sur la voie de gauche à une vitesse d'environ 100-110 km/h, obligeant la voiture qui le précédait à freiner. Comme l'a relevé la cour cantonale, le recourant soutient implicitement qu'il ne circulait pas initialement sur la voie de gauche, mais déjà à droite en direction de Berne et que, se rendant compte de son erreur, il a uniquement changé de présélection. Avec l'instance précédente, force est de constater que, même s'il se défend d'avoir eu cette intention, le recourant a procédé à une manoeuvre qui équivaut à un dépassement par la droite. Sur le plan objectif, les conditions d'un dépassement interdit par la droite sont en effet réalisées. Le recourant n'a pas simplement devancé les trois voitures par la droite - ce qu'autorise en l'espèce l'art. 36 al. 5 let. b OCR -, mais les a contournées. Son véhicule a déboité sur la droite, a dépassé les trois véhicules, puis s'est immédiatement rabattu sur la gauche. Selon la jurisprudence, l'interdiction du dépassement par la droite est une règle fondamentale de la circulation, dont la violation entraîne une mise en danger considérable de la sécurité routière, avec un risque d'accident important. Celui qui circule sur l'autoroute doit pouvoir être certain qu'il ne sera pas dépassé par la droite. En particulier, le dépassement par la droite sur l'autoroute, où les vitesses sont élevées, représente une grave mise en danger abstraite des autres usagers de la route; ceux-ci peuvent en effet être surpris par la manoeuvre et amenés à un freinage intempestif (ATF 126 IV 192 consid. 3; arrêts 1C_280/2012 du 28 juin 2013 consid. 3.3 et 1C_93/2008 du 2 juillet 2008 consid. 2.3 in JdT 2008 I 473). L'appréciation de la cour cantonale sur ce point doit être confirmée. Comme l'instance précédente l'a retenu, en changeant deux fois de présélection, dans un court laps de temps, et sur des voies allant dans des directions différentes, le recourant a commis une faute grave. Le conducteur du véhicule le précédent aurait en effet pu être surpris par un véhicule le devançant par la droite pour prendre une présélection différente de la sienne, avant de changer subitement de direction et de se rabattre devant lui. En l'occurrence, même si elle peut sembler sévère, cette appréciation ne viole pas le droit fédéral. Il n'est en effet pas contesté que le recourant était conscient de la présence des trois véhicules qui le précédaient et qu'il les a devancés sur une voie de présélection différente avant de se rabattre aussitôt devant le dernier véhicule. L'intéressé a adopté un comportement dont le caractère dangereux ne pouvait pas lui échapper. Cette manoeuvre était d'autant plus dangereuse que la circulation était rapide et relativement dense, ce qui impliquait une plus grande discipline et des égards redoublés de la part du recourant. Le conducteur de la dernière voiture devancée a d'ailleurs été contraint de freiner. Il y a donc là, à tout le moins, une négligence grossière de la part du recourant.