Citation: 5P.117/2006 01.05.2006 E. 2

Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir limité son examen à l'arbitraire, ce qui serait constitutif d'un déni de justice formel contraire à l'art. 29 al. 1 Cst. ou d'une violation de son droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. Il se plaint en outre d'une interprétation arbitraire de l'art. 20 de la loi fribourgeoise du 11 mai 1891 concernant l'exécution de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LELP/FR; RS/FR 28.1). 2.1 Selon la jurisprudence, l'autorité qui restreint son pouvoir d'examen à l'arbitraire alors que le droit applicable lui attribue un contrôle complet de la décision attaquée viole le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. ou commet un déni de justice formel contraire à l'art. 29 al. 1 Cst. (ATF 131 II 271 consid. 11.7.1 p. 303-304 et les arrêts cités). 2.2 Dans son arrêt, l'autorité cantonale expose, en droit, que sa cognition est limitée à l'arbitraire conformément à l'art. 299a al. 2 let. b CPC/FR et précise ce qu'il y a lieu d'entendre par arbitraire. Elle procède ensuite, sur cette base, à l'examen des critiques du recourant et conclut que celui-ci n'a pas satisfait à son obligation de tenter de démontrer l'arbitraire de l'appréciation du premier juge et que, dans cette mesure, on peut sérieusement douter de la recevabilité de son recours. Elle ajoute encore que le recours devrait être rejeté, à supposer qu'il soit recevable. En effet, à l'évidence, l'appréciation du premier juge retenant que, sous l'angle de la vraisemblance, l'intimé paraît bien établi en Suisse et que le recourant n'a pas fourni d'indices concrets d'un risque élevé de fuite en France ou en Chine, résistait au grief d'arbitraire. Or, d'après l'art. 20 LELP/FR, la décision du Président du tribunal d'arrondissement, qui connaît de l'opposition à l'ordonnance de séquestre au sens de l'art. 278 LP (al. 1 let. g), est susceptible d'appel au Tribunal cantonal (al. 2, 1ère phr.), dont la Cour d'appel revoit librement la cause en fait et en droit, quelle que soit la valeur litigieuse (al. 2, 2e phr.). C'est donc à bon droit que le recourant reproche à cette dernière autorité d'avoir restreint son pouvoir d'examen à l'arbitraire et, partant, d'avoir commis un déni de justice formel ou violé son droit d'être entendu.