Citation: I 823/02 20.03.2003 E. 4

4.1 Initialement, le recourant s'est vu allouer une rente d'invalidité au motif qu'il présentait des troubles physiques invalidants (décision du 2 février 1994). Lors de la première révision du droit à la rente de l'intéressé, le maintien de celle-ci a été motivé par la présence, en outre, de troubles psychiques invalidants. Dès lors, il convient d'examiner si l'invalidité du recourant a subi une modification propre à influencer son droit à la rente, en comparant les faits tels qu'ils se présentaient en 1995 à ceux régnant en 1999. 4.2 A l'instar de l'intimé, les premiers juges ont considéré que l'invalidité du recourant s'était modifiée de manière à justifier la suppression de son droit à la rente, motif pris que l'affection psychique dont il était atteint avait disparu et qu'à elles seules, les suites post-traumatiques de son atteinte à l'épaule droite n'en justifiaient pas le maintien. De son côté, le recourant fait valoir qu'il souffre toujours d'insomnies, que sa capacité de travail est limitée aux activités domestiques et que son épaule droite se luxe à chaque effort de sorte qu'aucune activité professionnelle n'est possible. Il en conclut qu'il présente toujours un syndrome douloureux chronique et qu'il ne s'est produit aucune amélioration de son état de santé propre à fonder la suppression de sa rente. 4.3 A l'appui de leur point de vue, l'administration et les premiers juges se sont fondés sur un avis du 12 octobre 2001 du docteur H.________, médecin psychiatre au centre de santé familiale de X.________. Aux termes de ce rapport, le recourant se montre d'humeur euthymique, bien orienté et tient un discours clair, sans dramatisation ni exacerbation des plaintes. Il ne présente pas de signe de simulation, ni prédisposition à la somatisation ou altération de type psychotique ou de l'instinct de conservation. Il souffre d'épisodes d'insomnies initiales modérées, traitées ponctuellement par l'administration d'une médication appropriée. Il ne présente pas de psychopathologie ou trouble de la personnalité et son incapacité de travail ressortit exclusivement du contexte orthopédique. 4.4 En principe, le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les références). En ce qui concerne, par ailleurs, la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 4.5 Le rapport du docteur H.________ est établi de manière circonstanciée, en considération des antécédents médicaux et à l'issue d'un examen complet du recourant. Il ne contient pas de contradiction et ses conclusions ne sont infirmées par aucun avis médical. Le diagnostic posé est clair, motivé et se fonde sur l'ensemble des plaintes de l'intéressé. En particulier, il prend en considération les insomnies dont ce dernier fait état dans son recours. Toutefois, le docteur H.________ les considère pas comme étant de nature à justifier une incapacité de travail de l'assuré. Sur ce point, la doctoresse E.________, médecin conseil de l'assurance-invalidité, précise qu'un trouble du sommeil, même nécessitant une médication adéquate, ne cause pas d'incapacité de travail (cf. rapport du 5 mars 2002). Contrairement à ce que le recourant laisse entendre, il n'y a pas lieu de s'écarter des conclusions du rapport du docteur H.________. Il convient dès lors de retenir qu'il ne présente plus de troubles psychiques invalidants et que sa capacité de travail n'est affectée que par l'atteinte à son épaule droite. Selon les pièces versées au dossier, cette dernière affection entraîne une incapacité totale de travail du recourant dans son ancienne profession. Dans une activité adaptée, il dispose en revanche d'une capacité entière de travail. Le recourant conteste ce point de vue et fait valoir que l'atteinte à son épaule droite lui occasionne une incapacité entière de travail dans toute profession. Ses allégations se heurtent cependant aux conclusions médicales probantes. 4.6 Sur le vu de ce qui précède, on doit admettre que la capacité de travail du recourant s'est améliorée dans la mesure où elle n'est plus entravée que par des troubles physiques entraînant une incapacité de gain de 30% (cf. arrêt non publié du 21 mai 2001 en la cause L. [I 482/00], consid. 3b), ce qui est insuffisant pour justifier le maintien de son droit à la rente. Dès lors, c'est à juste titre que l'administration et les premiers juges ont considéré que le degré d'invalidité du recourant s'était modifié de manière propre à justifier la suppression de ce droit à compter du 1er décembre 1999. Sur le vu de ce qui précède, le jugement entrepris n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.