Citation: 5P.446/1999 28.03.2000 E. 3

3.- La recourante prétend enfin que la décision attaquée viole l'art. 8 CEDH, dans la mesure où elle l'empêche d'avoir une vie de famille au sens de cette disposition. a) La suppression du droit de garde des père et mère constitue une atteinte grave au respect de la vie privée et familiale au sens de l'art. 8 par. 2 CEDH. En droit suisse, cette ingérence des autorités publiques dans l'exercice des droits parentaux est prévue aux art. 310 ss CC. Dans la mesure où l'application de ces dispositions suppose une pesée d'intérêts de la part des autorités cantonales, le Tribunal fédéral fait preuve de retenue en revoyant leurs décisions, ce qui équivaut à se cantonner pratiquement sur le terrain de l'arbitraire (ATF 120 II 384 consid. 5 p. 387-388 et les références). b) En l'espèce, l'autorité cantonale de surveillance a estimé que les violences physiques et verbales de la mère envers sa fille, de même que son manque de coopération avec les services sociaux justifiaient le maintien de la mesure litigieuse, ce qui ne paraît pas insoutenable; d'autant qu'il est établi que l'enfant est prise en charge de manière adéquate dans sa famille maternelle, avec laquelle elle a noué de bons rapports affectifs et qui s'emploie à faciliter les relations mère-enfant. Au demeurant, la recourante se contente surtout de se plaindre de la distance qui la sépare de sa fille: or, il s'agit d'un grief nouveau, qui ne peut être pris en compte (cf. supra consid. 2b in fine). Le moyen tiré de la violation de l'art. 8 CEDH se révèle ainsi mal fondé, autant qu'il est recevable (art. 90 al. 1 let. b OJ).