Citation: 5P.131/2006 25.08.2006 E. 1

Le Tribunal fédéral examine librement la recevabilité des moyens de droit qui lui sont soumis (ATF 131 I 153 consid. 1 p. 156; 131 II 571 consid. 1 p. 573; 130 I 312 consid. 1 p. 317 et les arrêts cités). 1.1 Le recours en réforme est en principe recevable contre les décisions qui règlent le droit des parents d'entretenir des relations personnelles avec l'enfant (art. 44 let. d OJ), pour autant toutefois qu'elles soient finales au sens de l'art. 48 al. 1 OJ. Tel n'est pas le cas d'une ordonnance de mesures provisionnelles telle que celle entreprise. Seule est dès lors ouverte la voie du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ). Le présent recours est aussi recevable sous l'angle des art. 86 al. 1 et 89 al. 1 OJ, dès lors qu'il a été formé en temps utile contre une décision prise en dernière instance cantonale, les griefs soulevés, notamment l'application arbitraire du droit, ne pouvant faire l'objet du recours en nullité cantonal de l'art. 444 al. 1 CPC/VD. 1.2 En tant que mère contestant l'octroi d'un droit de visite surveillé au père, la recourante a manifestement la qualité pour recourir selon l'art. 88 OJ. L'intimé doute toutefois qu'elle ait encore un intérêt au recours. Il se demande si l'octroi de l'effet suspensif par le Tribunal fédéral a suspendu la durée de validité de trois mois de l'ordonnance de mesures provisionnelles du 16 décembre 2005. Dans l'hypothèse où tel ne serait pas le cas, il soutient que celle-là serait devenue caduque et que, partant, le présent recours serait sans objet. L'intimé a déjà soulevé cet argument dans sa détermination sur la requête d'effet suspensif, vainement toutefois. Se référant aux avis des spécialistes figurant au dossier, lesquels déconseillaient tous que le père revoie l'enfant avant la fin de l'expertise, le Président de la cour de céans a jugé que cet impératif de statu quo commandait, dans l'intérêt de l'enfant et du bon déroulement de l'expertise, d'accorder l'effet suspensif au recours. Il découle de telles considérations que la suspension du droit de visite s'est prolongée au-delà des trois mois prévus par le droit de procédure cantonal. D'ailleurs, se conformant à cette décision, le Juge de paix a annulé la séance du 17 mai 2006 appointée pour renouveler l'ordonnance de mesures provisionnelles. Dans ces conditions, la recourante dispose bel et bien d'un intérêt actuel au recours.