Citation: 1B_564/2018 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, on peut certes s'étonner des circonstances entourant la rédaction de la note, qui paraît vraisemblablement avoir été rédigée ultérieurement au 26 juin 2018, voire à la suite de l'intervention du recourant. La cour cantonale n'a d'ailleurs pas non plus écarté une telle hypothèse, ayant en substance considéré que peu importait que "la note ait été rédigée le jour de l'appel téléphonique ou quelques jours plus tard". Cette constatation permet aussi d'écarter le défaut allégué de prise en compte des griefs soulevés en lien avec l'absence de procès-verbal (art. 78 al. 1 CPP) ou de note relative à l'appel téléphonique litigieux (art. 76 al. 1 CPP; cf. ad 12 ss p. 5 du mémoire de recours). L'appréciation effectuée ensuite à cet égard par la cour cantonale peut également être confirmée, à savoir que ce mode de procéder - appel téléphonique et note y relative - serait-il constitutif d'une faute de la part de l'intimée, cela ne saurait être considéré comme une erreur particulièrement lourde permettant de retenir une grave violation de ses devoirs qui démontrerait une prévention à l'égard du recourant. Une telle constatation s'impose d'autant plus que cette démarche ne paraît pas avoir été répétée par l'intimée. Il ne peut pas non plus être reproché à l'intimée d'avoir tenté de dissimuler ses actes (appel effectué et/ou contenu de la conversation alors tenue). En effet, le comptable n'a pas prétendu avoir été prié de ne pas contacter le recourant à ce propos, ce que le premier a d'ailleurs fait. Le recourant a également pu obtenir l'audition en tant que témoin du comptable. Lors de cette séance - effectuée en contradictoire -, le recourant a pu faire valoir ses droits et les propos tenus lors de la conversation téléphonique ont pu être clarifiés : le témoin a ainsi confirmé que les questions posées - d'ordre général - avaient trait à la signification d'un compte courant actionnaire et qu'il y avait eu un contact écrit préalable pour fournir certains documents. Cela permet également de considérer que les propos échangés ne paraissent pas d'emblée sans lien avec l'ordre de dépôt, datant certes de mars 2016. On ne saurait donc voir dans l'invocation de cet ordre un prétexte "boiteux" pour justifier le téléphone. En tout état de cause, lorsqu'il apparaît au cours d'une instruction que des pièces demandées pourraient manquer, une vérification auprès de l'expéditeur s'impose, peu importe la date de l'ordre de dépôt ou celle de l'envoi des documents requis. Un motif de récusation ne découle en tout cas pas en l'occurrence de l'éventuelle absence de tenue d'un index, le recourant ne soutenant d'ailleurs pas qu'il appartiendrait à l'intimée - analyste - de le tenir (cf. ad 46 ss p. 9 s. de son mémoire). Au regard de ces éléments, la cour cantonale a retenu, à juste titre, que l'intimée n'avait utilisé aucun procédé déloyal à l'encontre du recourant ou effectué d'erreurs particulièrement lourdes et répétées, susceptibles de constituer une violation grave de ses devoirs. La Chambre pénale de recours pouvait par conséquent, sans violer le droit fédéral, rejeter la requête de récusation.