Citation: 6B_567/2016 E. 4

L'art. 173 ch. 1 CP réprime le comportement de celui qui, s'adressant à un tiers et connaissant la fausseté de ses allégations, accuse une personne ou jette sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à l'honneur. Selon la jurisprudence, le comportement ainsi punissable suppose une allégation de fait objectivement propre à exposer la personne visée au mépris d'autrui; un simple jugement de valeur, dépréciatif, n'est pas suffisant (ATF 117 IV 24 consid. 2c p. 29 i.m.). Lorsqu'une affirmation comporte un jugement de valeur qui n'est pas exprimé de manière abstraite mais en relation avec des faits précis, cette affirmation mixte est assimilée à une allégation de fait (ATF 121 IV 76 consid. 2a/bb p. 83 i.i.; arrêt 6B_395/2009 du 20 octobre 2009, consid. 3.2.2). La Cour de justice s'est en l'espèce référée à ces principes, lesquels ne sont en eux-mêmes pas contestés. Selon la Cour, la phrase prétendument dite par la partie plaignante à sa fille est une allégation de fait et elle est associée à un jugement de valeur dépréciatif, selon lequel cette partie maltraite psychologiquement son enfant. En dépit de l'opinion contraire que le recourant développe devant le Tribunal fédéral, accuser une mère de maltraiter psychologiquement son enfant est objectivement de nature à rendre cette mère méprisable aux yeux de quiconque prend connaissance de cette accusation. D'un point de vue également objectif, la phrase que le recourant imputait à la partie plaignante, censément adressée à sa fille, peut effectivement être perçue comme un acte de maltraitance psychologique. Le contexte d'une procédure de séparation judiciaire lourdement conflictuelle n'y change rien; il importe également peu que cet acte de maltraitance, considéré isolément, soit éventuellement inapte à entraîner de très graves conséquences. Le recourant reproche aussi à la Cour de justice de s'être focalisée sur le mot " maltraiter " présent dans l'ordonnance pénale qui valait acte d'accusation, plutôt que d'après le sens général du texte déterminant, à apprécier dans son ensemble. Le recourant s'abstient toutefois d'indiquer quels sont les éléments que la Cour a éventuellement omis de prendre en considération dans la lettre du 22 avril 2013, lettre qui est à l'origine de la poursuite pénale mais qui n'est pas intégralement reproduite dans l'arrêt attaqué, et qui étaient, le cas échéant, de nature à atténuer la portée dépréciative de l'allégation présentement discutée. Au regard des critères consacrés par la jurisprudence relative à l'art. 173 ch. 1 CP (ATF 117 IV 24, loc. cit.), le recourant conteste vainement que cette allégation soit répréhensible.