Citation: 6B_804/2019 E. 1.3

1.3. Invoquant une violation de la présomption d'innocence le recourant s'en prend en réalité au rapport de causalité retenu entre la négligence qui lui est imputée et l'incendie. Le comportement imputé au recourant est le fait de n'avoir pas procédé aux sondages qui s'imposaient dans les six semaines suivant l'entreposage du fourrage. Il s'agit d'une infraction d'omission improprement dite (commission par omission). Pour savoir si le lien de causalité est donné dans un tel cas, il faut procéder par hypothèse et se demander si l'accomplissement de l'acte omis aurait, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, évité la survenance du résultat qui s'est produit, pour des raisons en rapport avec le but protecteur de la règle de prudence violée. Pour l'analyse des conséquences de l'acte supposé, il faut appliquer les concepts généraux de la causalité naturelle et de la causalité adéquate (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.1 p. 265 et les arrêts cités). L'existence de cette causalité dite hypothétique suppose une très grande vraisemblance; autrement dit, elle n'est réalisée que lorsque l'acte attendu ne peut pas être inséré intellectuellement dans le raisonnement sans en exclure, très vraisemblablement, le résultat (ATF 116 IV 182 consid. 4a p. 185 et les références citées). La causalité adéquate est ainsi exclue lorsque l'acte attendu n'aurait vraisemblablement pas empêché la survenance du résultat ou lorsqu'il serait simplement possible qu'il l'eût empêché (arrêts 6B_948/2017 du 8 mars 2018 consid. 4.1). Il n'appert pas, et le recourant ne le prétend d'ailleurs pas, que la température du fourrage qui a pris feu aurait pu s'élever de manière extrêmement rapide au point que son évolution ne soit pas détectée par des sondages réguliers. Par conséquent, si le recourant avait dûment procédé aux sondages, il aurait selon toute vraisemblance constaté une augmentation dangereuse de la température du fourrage entreposé dans sa grange, ce qui lui aurait permis de prendre des mesures, notamment celles préconisées par la directive de l'Association des Etablissements cantonaux d'assurance incendie mentionnées au consid. 1.2 ci-dessus, propres à éviter que l'incendie se déclare. Ainsi, l'accomplissement de l'acte dont l'omission est imputée au recourant aurait très vraisemblablement permis d'éviter l'incendie. Le lien de causalité entre le comportement du recourant et le dommage est donc donné et la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en le reconnaissant coupable d'incendie par négligence.