Citation: 4A_449/2022 E. 4.7

4.7. L'entreprise recourante conteste qu'un avis des défauts ait été valablement donné. En vain. L'arrêt attaqué retient qu'une liste de retouches a été dressée puis envoyée à l'entreprise le 14 octobre 2014, suivie d'une liste de réserves établie les 27 août et 15 septembre 2015. Cette dernière, contenant 33 points concernant l'entreprise, a été dressée le 15 septembre 2015 et signée par l'intéressée. Ces listes, poursuit la cour d'appel, décrivent précisément les défauts soulevés et expriment de façon claire que la prestation fournie n'est pas conforme au contrat, ce dont les défendeurs tiennent l'entreprise pour responsable. L'on ne discerne pas, dans les griefs du recours, ce qui conduirait à remettre en cause les constatations factuelles de la cour d'appel. Il faudrait démontrer un arbitraire, et pour ce faire, il ne suffit pas de plaider le contraire de ce qu'affirme l'autorité précédente. Encore une fois, la référence aux propos tenus par les témoins ou les parties n'insuffle aucun sentiment d'arbitraire dans ces constatations factuelles. Et l'on ne voit pas en quoi la conclusion juridique qui en est tirée - soit un avis de défauts matériellement valable - transgresserait d'une quelconque façon le droit fédéral ou la norme SIA-118. La cour d'appel n'a pas sombré dans l'arbitraire non plus en constatant que l'entreprise refusait d'éliminer des défauts dont elle ne s'estimait pas responsable sans rémunération complémentaire (ce que la recourante feint d'ignorer), en s'appuyant notamment sur un courrier du 23 septembre 2015. Cette missive chiffre clairement le coût des réparations (« travaux ») attendues par les défendeurs. Il importe peu qu'un tel courrier ait été rédigé à des fins transactionnelles - ce qu'évoque d'ailleurs l'arrêt attaqué: cela ne modifie en rien la conclusion qui en a été tirée. La recourante a beau jeu de se plaindre du fait qu'elle n'a soi-disant pas été interpellée pour éliminer les défauts, alors que le constat de son refus d'accomplir les retouches nécessaires est non seulement exempt d'arbitraire, mais également implacable. Qu'elle ait accepté d'effectuer quelques retouches - comme le précise l'arrêt attaqué - n'est pas de nature à l'ébranler, non plus que les témoignages et déclarations brandis par la recourante. Dans ce contexte factuel qui lui est défavorable, la recourante plaide inutilement que les défendeurs auraient modifié indûment leur droit formateur en optant d'abord pour la réfection de l'ouvrage, puis subitement pour une réduction de prix. La cour d'appel n'a nullement transgressé le droit fédéral ni méconnu l'art. 169 de la norme SIA-118, comme l'atteste le considérant 6 de son arrêt.