Citation: 9C_347/2020 E. 6.2

6.2. Dans le domaine du droit de l'assurance-invalidité, le point de départ pour évaluer les troubles psychiques (cf. ATF 141 V 281; 143 V 409; 143 V 418; 145 V 215) est l'ensemble des constatations médicales effectuées par les médecins psychiatres (ATF 141 V 281 consid. 2.1 p. 285). Ces médecins - qu'ils exercent leur activité en qualité d'experts ou non - doivent motiver leurs diagnostics et décrire l'incidence de ceux-ci sur la capacité de travail de l'intéressé de telle manière que les organes chargés de l'application du droit (soit l'administration ou le juge en cas de litige) soient en mesure d'apprécier définitivement cette capacité (ATF 140 V 193 consid. 3.2 p. 195 s.) à l'aune des indicateurs développés dans l'ATF 141 V 281 (ATF 145 V 361 consid. 4.3 p. 367). Si le diagnostic d'épisode dépressif sévère posé en l'occurrence par le docteur B.________ selon un système de classification médicale reconnu peut certes, en soi, suggérer un certain degré de gravité susceptible d'occasionner des limitations dans les fonctions de la vie courante (cf. ATF 141 V 281 consid. 2.1.2 p. 286 s.), d'autres éléments semblent toutefois infirmer cette conclusion. Ainsi, comme le soutient l'institution de prévoyance recourante, la dépression dont souffre l'assurée au moment de la rédaction de son rapport par le psychiatre traitant est liée à l'annonce de son licenciement dans un contexte de harcèlement professionnel de la part de ses collègues et d'un manque de soutien de la part de ses supérieurs ainsi que des ressources humaines de son entreprise. De surcroît, le docteur B.________ a retenu un épisode dépressif et non un trouble dépressif récurrent. Dans de telles circonstances, le rapport du psychiatre traitant ne suffit pas pour démontrer d'emblée que la gravité du diagnostic retenu ne serait pas liée seulement au contexte professionnel, auquel cas elle pourrait peut-être s'amender à court ou moyen terme, mais altère durablement les fonctions de la vie courante. Les organes chargés de l'application du droit ne pouvaient ainsi se dispenser d'analyser les ressources dont disposait l'assurée au moyen de la grille d'évaluation normative et structurée développée par la jurisprudence. Les premiers juges ont considéré d'une manière générale que les informations fournies par le docteur B.________ permettaient à l'office AI d'effectuer une appréciation prenant en compte les indicateurs jurisprudentiels. Ils n'ont toutefois eux-mêmes procédé à aucune constatation précise à cet égard ni à aucun examen particulier. Ils se sont contentés de dresser la liste des indicateurs pertinents d'une part et de faire état des observations du psychiatre traitant d'autre part sans même tenter d'en faire le rapprochement. Un tel rapprochement ne ressort pas davantage de la décision administrative litigieuse ou de l'avis du docteur D.________ sur lequel repose cette décision. On relèvera en outre que les indications succinctes communiquées par le docteur B.________ dans son rapport du 16 mai 2018 ne permettent pas d'effectuer l'examen en question. Ces indications apparaissent émaner pour l'essentiel des déclarations de l'assurée sans qu'on ne discerne une évaluation objective et motivée des limitations fonctionnelles effectives qui justifieraient une incapacité totale de travail. Compte tenu de ce qui précède, il convient d'annuler le jugement entrepris ainsi que la décision administrative litigieuse et de renvoyer la cause à l'administration pour complément d'instruction et nouvelle décision.