Citation: 2A.612/1999 30.06.2000 E. B

B.- La Société a alors porté sa cause devant la Chambre administrative du Tribunal cantonal du canton du Jura (ci-après: le Tribunal cantonal) qui, par arrêt du 29 novem- bre 1999, a admis le recours et constaté que la Société pou- vait sans autorisation officielle ordonner le travail du di- manche et qu'elle pourrait être autorisée à occuper du per- sonnel féminin le dimanche, "pour autant que les conditions des ordonnances d'application de la nouvelle loi sur le tra- vail le permettent toujours". Le Tribunal cantonal a notam- ment estimé qu'en plus des touristes de passage, les Fran- ches-Montagnes accueillaient de nombreux vacanciers séjour- nant hors des structures hôtelières, pour qui l'acquisition de biens de première nécessité, le cas échéant le dimanche matin, constituait une priorité. Il a relevé que, dans le ma- gasin concerné de la Société, la gamme et le nombre des pro- duits non touristiques ne l'emportaient pas largement sur les autres et qu'au contraire, le chiffre d'affaires de ce maga- sin pour le mois de mai 1999 démontrait que les articles ne servant pas aux touristes représentaient seulement une petite partie des ventes. Le magasin précité était donc une entre- prise satisfaisant aux besoins du tourisme. En outre, dans le domaine de la vente de détail, une grande partie du personnel était constituée par des femmes. C'était d'ailleurs le cas de la Société dont le personnel féminin représentait les trois quarts de ses employés. Dès lors, le travail des femmes était conforme à l'usage de la profession. Il convenait par consé- quent d'autoriser la Société à occuper du personnel féminin le dimanche, d'autant plus qu'elle s'était engagée à ne re- courir alors qu'à des volontaires qui bénéficieraient au de- meurant d'un supplément de rémunération.