Citation: 1C_367/2019 E. 3.3

3.3. Dès lors que la jurisprudence rappelée au consid. 3.2 ci-dessus admet que la présomption d'obtention frauduleuse de la naturalisation facilitée peut être renversée soit en rendant vraisemblable la survenance d'un événement postérieur extraordinaire, soit en l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune, l'arrêt attaqué renferme deux motivations indépendantes et suffisantes pour sceller le sort de la cause. Dans un tel cas de figure, la jurisprudence exige de la partie recourante, sous peine d'irrecevabilité, de démontrer que chacune d'entre elles est contraire au droit (cf. art. 42 al. 2 LTF; ATF 138 III 728 consid. 3.4 p. 735; 136 III 534 consid. 2 p. 535 s.). Dans le cas particulier, après s'être livré à un exposé appellatoire de sa propre version des faits, lequel ne démontre en particulier pas l'arbitraire dans les constatations de l'instance précédente, au mépris des exigences de motivation des art. 42 al. 2 LTF, respectivement 106 al. 2 LTF (cf. ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; arrêt 1C_488/2019 du 24 janvier 2020 consid. 2), le département s'en prend, sur le fond, exclusivement à la qualification d'événement extraordinaire de la décompensation psychotique dont a été victime B.________, comme le souligne d'ailleurs l'intimée, sans toutefois conclure à l'irrecevabilité du recours. Dans ce cadre, le DFJP fait en particulier valoir que ce type de crise serait récurrent, sans toutefois pointer d'élément du dossier permettant de s'en convaincre; pris isolément, l'épisode de 2008 apparaît à cet égard insuffisant. Quoi qu'il en soit, dès lors que le recours est muet s'agissant de la motivation alternative adoptée par le Tribunal administratif fédéral, selon laquelle l'intimée ne pouvait avoir conscience de la gravité des difficultés conjugales lors de la signature de la déclaration commune en mai 2009, celui-ci doit être déclaré irrecevable. En effet, cette dernière motivation était à elle seule susceptible de conduire à l'admission du recours de l'intimée devant l'instance précédente, de sorte qu'il appartenait au département de la contester valablement, au stade de son recours fédéral, en se conformant aux exigences de l'art. 42 al. 2 LTF (cf. ATF 138 III 728 consid. 3.4 p. 735; 136 III 534 consid. 2 p. 535 s.).