Citation: 2C_54/2022 E. 7.4.1

7.4.1. Ainsi qu'on l'a déjà dit, lorsqu'une mesure de droit des étrangers porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'art. 8 CEDH, cette disposition commande de procéder à une pesée des intérêts qui suppose d'apprécier l'ensemble des circonstances et, notamment, de tenir compte des conséquences d'un éventuel renvoi vers le pays de provenance de la personne concernée (supra consid. 7.3.1). Dans ce cadre, il y a notamment lieu d'évaluer les conséquences d'ordre médical négatives qu'un renvoi pourrait avoir pour la personne concernée qui se prévaut d'une maladie ou d'une infirmité (cf. arrêts de la CourEDH Hasanbasic contre Suisse, § 54, ainsi que Emre contre Suisse du 22 mai 2008, n° 42034/04, § 71). Les autorités doivent en particulier procéder à une pesée des intérêts qui intègre la question de la faisabilité et de l'exigibilité du renvoi lorsqu'il existe des signes que la personne étrangère, dont elles envisagent le non-renouvellement ou la révocation du titre de séjour, sera exposée à un danger concret pour sa santé en cas de retour dans son pays d'origine en raison d'une nécessité médicale. Elles ne peuvent reporter le traitement d'une telle question à une éventuelle procédure ultérieure portant spécifiquement sur l'exécution du renvoi au sens de l'art. 83 LEtr (désormais LEI), étant précisé que, si une personne étrangère doit de toute manière pouvoir rester en Suisse en tant que personne admise à titre provisoire au sens de cette disposition, il ne se justifie en principe pas de lui refuser le renouvellement de son titre de séjour, respectivement de le révoquer, car une telle mesure n'est de toute manière pas apte à atteindre le but visé, soit un éloignement de Suisse (cf. ATF 135 II 110 consid. 4.2; arrêts 2C_766/2019 du 14 septembre 2020 consid. 6.3; 2C_459/2018 du 17 septembre 2018 consid. 5.6; 2C_396/2017 consid. 7.6; 2C_120/2015 du 2 février 2016 consid. 3.3; 2C_750/2011 du 10 mai 2012 consid. 3.3).