Citation: 6A.43/2003 07.08.2003 E. 2

2.1 La recourante fait l'objet d'un internement au sens de l'art. 42 CP. Le but premier de l'internement au sens de cette disposition est d'assurer la sécurité publique contre les délinquants d'habitude, insensibles aux autres sanctions pénales; cette mesure vise donc d'abord à protéger le public contre des délinquants incorrigibles et socialement dangereux en empêchant la commission de nouvelles infractions, et non à la resocialisation du délinquant, même si celle-ci ne doit pas être négligée (ATF 118 IV 10 consid. 3a p. 12). 2.2 L'art. 42 ch. 3 al. 2 CP prévoit qu'après une durée égale à la moitié de la peine, mais d'au moins deux ans, l'interné qui s'est bien comporté pourra être occupé en dehors de l'établissement. Exceptionnellement, cet allégement pourra être accordé à d'autres internés, si leur état l'exige. Cette disposition introduit pour l'interné la possibilité de bénéficier du régime de la semi-liberté. Il en ressort clairement que l'octroi de la semi-liberté est subordonné à deux conditions cumulatives: d'une part, l'interné doit avoir accompli la moitié de sa peine mais au moins deux ans; d'autre part, il doit s'être bien conduit en détention. On trouve deux conditions cumulatives similaires à l'art. 37 ch. 3 al. 2 CP, qui régit la semi-liberté pour les peines de réclusion et d'emprisonnement. Selon la jurisprudence rendue à propos de cette dernière disposition, la réunion des deux conditions cumulatives ne signifie pas pour autant que la semi-liberté doive nécessairement être accordée. Il s'agit en effet d'une faculté à propos de laquelle l'autorité d'exécution jouit d'un pouvoir d'appréciation étendu. L'autorité doit procéder à une évaluation en tenant compte du but de la mesure et de l'ensemble des circonstances. Elle doit prendre en considération les effets favorables de la semi-liberté, mais également les risques inhérents à cette mesure; elle doit en particulier apprécier l'évolution suivie par le détenu, mais également tenir compte de son caractère, lequel résulte des expériences précédentes (ATF 116 IV 277 consid. 3a p. 278). Cette jurisprudence vaut aussi pour l'art. 42 ch. 3 al. 2 CP. En d'autres termes, pour octroyer la semi-liberté selon les exigences du droit fédéral, l'autorité doit examiner, outre les deux conditions cumulatives précitées, si un pronostic favorable peut être posé quant au comportement futur de l'interné.