Citation: 1B_13/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, la cour cantonale a retenu que le risque de fuite restait concret, nonobstant la durée de l'incarcération et le solde de peine à purger. Le recourant ne conteste pas avoir quitté la Suisse en mai 2019 pour s'installer en Roumanie, où il dispose d'un logement. Il ne nie pas non plus que sa compagne, qu'il a épousée selon la tradition gitane, vit dans ce pays. La cour cantonale a en outre relevé que lors de l'audience d'appel, le prévenu avait confirmé qu'il projetait de s'établir durablement en Roumanie, expliquant notamment avoir pris la décision d'émigrer pour échapper à l' "enchaînement de [ses] condamnations" et à un "passif" qu'il n'arrivait plus à surmonter. Ces éléments apparaissent suffisants pour retenir un risque concret de fuite. L'arrêt attaqué ne prête pas le flanc à la critique sur ce point. Le recourant se contente d'ailleurs d'affirmer que ses liens avec la Suisse sont forts, effectifs, concrets et prépondérants et se limite à faire état d'appels téléphoniques à sa mère et à des destinataires en Suisse, dont il ne précise pas l'identité. Il soutient que son solde de peine théorique (avant une possible libération conditionnelle) serait d'environ 6 mois, ce qui serait "bien trop bas" pour retenir un risque de fuite. Cette argumentation est toutefois insuffisante à faire admettre l'invraisemblance du risque de fuite, vu l'intensité de celui-ci. Le recourant relève encore que son éventuelle extradition de la Roumanie vers la Suisse est possible. Il perd cependant de vue que le fait que le risque de fuite puisse se réaliser dans un pays qui pourrait donner suite à une requête d'extradition de la Suisse n'est pas déterminant pour nier le risque de fuite (ATF 145 IV 503 consid. 2.2).