Citation: 6P.32/2004 13.08.2004 E. 3

Le recourant soutient en outre que l'arrêt attaqué est entaché d'arbitraire sur plusieurs points. Il cherche tout d'abord à remettre en question la fiabilité des déclarations de la victime, en se référant à une attestation de son médecin traitant, qui considère comme plausible qu'elle ait pu présenter des états psychiques aigus associés à une perception inadéquate de la réalité, ce qui serait confirmé par le fait qu'elle ait dans un premier temps déclaré que deux hommes, savoir le recourant et le témoin Y.________, l'avaient sodomisée contre son gré. Le recourant estime d'autre part que l'autorité cantonale ne disposait d'aucun élément certain, ni même probable pour déterminer l'état de la victime après sa perte de conscience. Enfin, le recourant considère comme arbitraire l'appréciation faite de sa propre attitude pendant les débats, qualifiée par l'autorité cantonale de peu convaincante alors qu'il a toujours nié avoir usé de contrainte envers la victime. 3.1 Une décision est arbitraire et donc contraire à l'art. 9 Cst. lorsqu'elle viole clairement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou contredit de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables, il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son résultat; à cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale apparaisse également concevable ou même préférable (ATF 128 II 259 consid. 5 p. 280; 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, une décision est entachée d'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un moyen de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des déductions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). 3.2 L'autorité cantonale a fondé sa conviction quant à l'absence de consentement de la victime aux rapports entretenus avec le recourant sur plusieurs éléments. Elle a tout d'abord pris en considération l'état de santé de la victime, dont il n'est pas contesté qu'elle avait perdu connaissance quelques minutes auparavant et qui, après avoir été réanimée, tremblait de tous ses membres, ainsi que cela ressort des déclarations du témoin Y.________, qui a par ailleurs jugé son état suffisamment critique pour suggérer à son ami de faire appel à une ambulance ou à la police. Au surplus, un rapport médical indique que la victime présentait encore des séquelles, sous forme de somnolence, plusieurs heures après son évanouissement. L'autorité cantonale a ensuite relevé qu'il ressort des déclarations du chauffeur de taxi qui l'a prise en charge quelques minutes après les faits que la victime lui a déclaré avoir été violée peu auparavant, ce qui l'a amené à faire appel à la police, auprès de laquelle a été déposée la plainte qui est à l'origine de la présente procédure. Certes, la victime a à cette occasion, déclaré avoir été abusée par deux hommes, affirmation sur laquelle elle est revenue ultérieurement, ce qui dénote effectivement l'existence d'une certaine confusion de son esprit à ce moment-là. C'est toutefois le seul point sur lequel les déclarations de la victime ont varié. Par ailleurs, sa version des faits est corroborée par d'autres éléments de preuve, tels que les déclarations du témoin Y.________ et celles du chauffeur de taxi, les constatations relatives à l'état physique de la victime dans les heures qui ont suivi les faits dénoncés, la souffrance authentique de la victime constatée par l'autorité de jugement au cours de la procédure, ainsi que l'effort que représentait pour elle le dépôt de plainte et la poursuite de la procédure pénale, qui l'obligeait notamment à avouer sa toxicomanie, de sorte que l'on conçoit difficilement pour quelles raisons elle y aurait consenti dans le seul but de porter préjudice au recourant, qui ne prétend lui-même pas qu'elle aurait eu des raisons de chercher à lui nuire. Dans ces circonstances, on ne saurait qualifier d'insoutenable le choix fait par l'autorité cantonale de considérer comme plus crédible la version des faits de la victime que celle du recourant qui repose sur ses seules affirmations. Dès lors, la décision attaquée n'étant pas arbitraire dans son résultat, ce grief est également mal fondé et le recours de droit public doit être rejeté.