Citation: 6B_76/2024 E. 3.2.2

3.2.2. Selon la cour cantonale, il était établi qu'au niveau interne, le recourant ne bénéficiait pas de pouvoirs pour engager juridiquement C1.________ SA. Aucun élément ne permettait toutefois de considérer que cette absence de pouvoirs aurait été communiquée à B.________ Sàrl. Certes, ceux-ci avaient rencontré à une reprise D.________. Rien n'indiquait toutefois qu'il leur ait été dit à cette occasion que seul celui-ci détenait le pouvoir décisionnel réel et que le recourant ne pouvait en aucun cas engager C1.________ SA. Le fait que ce dernier n'ait pas signé le contrat du 8 mars 2011 avait à cet égard d'autant moins de signification que les deux personnes qui y avaient apposé leur paraphe - de même que sur la promesse de vente du 9 décembre 2010 - n'avaient, de leur propre aveu, aucune tâche au sein de la société et n'étaient manifestement que des prête-noms au service de D.________ et des investisseurs qu'il représentait. L'on ne voyait pas non plus que d'autres éléments auraient dû permettre à B.________ Sàrl de se rendre compte de l'absence de pouvoirs du recourant. Ainsi, ce dernier se présentait sur les réseaux sociaux comme le " founder " de C2.________ LP, dont dépendait C1.________ SA, ce qui permettait à des tiers non avertis d'en déduire un certain poids décisionnel. La brochure relative à C2.________ LP qu'il avait remise aux architectes mentionnait par ailleurs qu'il était pressenti pour devenir l'un des directeurs principaux, avec H.________, signataire du contrat, de la succursale suisse à constituer, avec entre autres pour fonction de superviser tous les professionnels travaillant sur le processus de planification et de construction. Il ne contestait en outre pas avoir été l'unique interlocuteur de B.________ Sàrl, tout au long de leur collaboration et ce jusqu'à la contestation de la facture, le 6 décembre 2011. Il avait en particulier participé à toutes les réunions de travail en qualité de représentant de C1.________ SA, avait été présenté comme tel aux tiers, notamment aux ingénieurs qui étaient intervenus sur le projet, avait été le destinataire principal, si ce n'était unique, de toute la correspondance, de même que des factures d'acompte, sans jamais corriger ce statut, l'eut-il considéré comme erroné, ou indiquer qu'il devait prendre des instructions ou recueillir l'approbation de supérieurs. La cour cantonale a considéré que l'on ne pouvait à cet égard reprocher à B.________ Sàrl de ne pas avoir procédé à des vérifications plus poussées de ses pouvoirs. D'une part, le recourant lui avait été présenté par un ami banquier, ce qui créait un climat de confiance particulier. L'absence d'inscription de C1.________ SA au registre du commerce l'empêchait par ailleurs de se référer à celui-ci pour vérifier les pouvoirs de son interlocuteur. Cette absence d'inscription n'était toutefois pas de nature à susciter la suspicion, dans la mesure où la brochure de C2.________ LP annonçait la création d'une entité suisse et que tout (le nom, avec la référence au lieu de construction de la résidence hôtelière, l'adresse, le numéro de téléphone suisse et la signature de la promesse de vente, sachant que la vente définitive ne pourrait vraisemblablement pas se faire au nom d'une entité " offshore ") laissait à penser que C1.________ SA était la concrétisation de ce projet (ce que le recourant avait du reste confirmé, ajoutant qu'il était prévu qu'elle soit domiciliée chez F1.________ SA).