Citation: 9C_621/2008 15.04.2009 E. 4

4.1 Sur le fond, le recourant reproche au Tribunal des assurances du canton de Vaud d'avoir procédé à une constatation manifestement inexacte et incomplète des faits qui ne tient pas compte de l'ensemble des pièces médicales versées au dossier. La juridiction cantonale se serait fondée presque exclusivement sur le rapport médical du docteur C._________ et aurait méconnu la portée des rapports établis en cours de procédure par les docteurs J.________, A.________ et N.________. Elle n'aurait pas non plus tenu compte de l'issue des stages professionnels auxquels il avait participé. 4.2 Se fondant sur les conclusions du docteur C._________, la juridiction cantonale a considéré que la capacité résiduelle de travail du recourant était nulle dans l'activité habituelle de maçon, mais entière dans une activité adaptée à son état de santé. Elle a assimilé à cet avis le point de vue du docteur N.________, qui, sans prendre position sur le taux de capacité résiduelle, a reconnu que la reprise d'une activité adaptée était exigible. Si elles admettaient une diminution de la capacité de travail, les opinions des docteurs J.________ et A.________, moins étayées, émanaient de deux praticiens qui s'exprimaient en qualité de médecins traitants, de sorte qu'il y avait lieu de leur accorder moins de poids. 4.3 En l'occurrence, les critiques adressées à l'encontre de cette appréciation sont justifiées. Le rapport du docteur C._________ est le seul - hormis un avis dénué de motivation objective exprimé par le Service médical régional de l'AI (SMR) - qui reconnaît une pleine capacité de travail dans une activité adaptée. Et encore faut-il nuancer la portée de cette conclusion, dans la mesure où ce médecin n'a pas exclu que le rendement du recourant puisse être diminué dans l'exercice d'une activité adaptée et où il a signalé les risques possibles d'une évolution négative de la symptomatologie. Tous les avis médicaux rendus ultérieurement ont admis que l'atteinte à la santé affectait, dans une mesure plus ou moins importante, la capacité de travail du recourant. Le docteur J.________ a indiqué une diminution de rendement de 20 à 30 %, alors que le docteur A.________ a fait état d'une capacité résiduelle de travail de 50 % dans une activité adaptée. Quant au docteur N.________, il a estimé que la reprise d'une activité lucrative était exigible, sans indiquer à quel taux cette reprise devait avoir lieu. Quand bien même ces renseignements émanaient de médecins traitants du recourant, ils ne pouvaient être simplement écartés pour ce motif, dès lors qu'ils tendaient à corroborer les réserves exprimées antérieurement par le docteur C._________. Qui plus est, un examen chronologique détaillé de la situation médicale objective met en évidence une aggravation progressive de la symptomatologie et l'installation d'un syndrome douloureux chronique (rapport du docteur A.________ du 19 juin 2006; voir également l'attestation médicale - produite en procédure cantonale - du docteur F.________ du 19 novembre 2007). Enfin, la juridiction cantonale ne pouvait faire l'impasse sur les informations récoltées au cours des stages professionnels auxquels le recourant avait participé. Confirmant les observations des praticiens consultés, elles mettaient en relief que les limitations fonctionnelles du recourant ne lui permettaient pas d'obtenir un rendement satisfaisant dans le cadre d'une activité simple et légère, malgré une collaboration et un comportement qualifiés pourtant de parfaitement adéquats. 4.4 Sur le vu de ce qui précède, il n'était pas possible de retenir, au degré de la vraisemblance prépondérante, que le recourant disposait d'une capacité de travail entière dans une activité adaptée. En cela, le Tribunal des assurances a établi les faits d'une façon manifestement inexacte. Compte tenu de l'incertitude quant à la capacité résiduelle de travail du recourant sur le plan somatique et de l'apparition d'une composante psychosomatique à la symptomatologie, il convient de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il complète l'instruction sous la forme d'une expertise pluridisciplinaire (rhumatologique et psychiatrique). En revanche, il n'appartient pas à la Cour de céans de désigner l'expert, un tel choix étant du ressort de l'assureur, l'assuré pouvant, au besoin, faire valoir des raisons pertinentes de récusation de l'expert et présenter des contre-propositions (art. 44 LPGA).