Citation: 4C.97/2006 06.06.2006 E. A

A.a Par contrat de travail du 1er mai 1997, A.________ (le demandeur), ressortissant grec né en 1962, a été engagé comme "Relationship Manager", i.e. gérant de fortune, par X.________ SA, succursale de Genève, (la défenderesse), filiale du groupe américain Y.________Corporation. Les rapports de travail ont débuté le 1er septembre 1997. Le salaire de base du travailleur, qui se montait initialement à 130'400 fr., plus 9'400 fr. de frais de représentation, s'est élevé à 160'400 fr. à partir du 1er mars 2001, sans compter les frais de représentation. Le contrat de travail prévoyait en particulier que le demandeur était "eligible to participate" à un programme de bonus incitatif (Incentive Compensation Plan, ICP), comportant pour moitié un "bonus structuré", pour l'autre un "bonus discrétionnaire". Audit contrat était joint un "Employee handbook", faisant office de conditions générales d'emploi, lequel précisait, sous l'intitulé "Bonus/ Stock Option Plans", que les cadres pouvaient "participer à un programme de bonus ainsi qu'à un programme d'acquisition d'options sur actions, dépendant du résultat de l'entreprise et de la performance individuelle". A.________ a été incorporé au "Département Clientèle grecque" de la défenderesse. A.b Le 15 juin 1999, le demandeur s'est vu offrir aux conditions du "Stock Option Plans" 4'500 options sur les actions de la société-mère Y.________Corporation. Ces options ne pouvaient être exercées que de façon différée, soit à raison de tranches de 20 %, la première venant à maturité en juin 2000, la deuxième en juin 2001, la troisième en juin 2002, la quatrième en juin 2003 et la cinquième en juin 2004. La défenderesse a déduit la totalité de l'impôt à la source dû en raison de l'octroi des options, par 42'651 fr., du salaire du travailleur de décembre 1999, après lui avoir accordé des avances sur salaires. Au titre de bonus ICP, le demandeur a encaissé 18'250 fr. en 1998, 29'065 fr. en 1999 et 34'000 fr. en 2000, sans qu'il soit distingué entre la partie du bonus qui était "structurée" et celle qui était "discrétionnaire". A.c Le 1er août 2000, la défenderesse, en prévision du départ à la retraite du chef du département grec dans lequel travaillait le demandeur, a engagé B.________, né en 1958, qui a pris la direction de ce département à compter du 1er avril 2001. Ce dernier a imprimé audit département un style "plus orienté vers la productivité des portefeuilles". Il a réparti la masse sous gestion laissée par son prédécesseur et un démissionnaire au profit de deux gérants fraîchement engagés, rompant avec la pratique constante d'alors, ce qui a provoqué un grand mécontentement. En août 2001, B.________ a demandé à tous les gérants de son département de communiquer à sa secrétaire la liste de leurs clients les plus importants, afin que X.________ Athènes puisse contacter directement lesdits clients - au nombre de 200 à 300 - sous plis postaux banalisés. Cette manière de faire tranchait avec celle de son prédécesseur, très à cheval en matière de confidentialité. Le style de management de B.________ a entraîné le départ successif de trois gérants, la démission d'une assistante, le transfert interne d'une autre et le licenciement de deux secrétaires. Il a été retenu que B.________ se montrait particulièrement dur avec le demandeur, qu'il discriminait dans l'attribution des portefeuilles et des tâches à responsabilité, harcelait constamment et dont il souhaitait le départ. En janvier 2002, A.________ s'est plaint oralement auprès de B.________ de la répartition inégale des portefeuilles et du fait qu'un gérant de fortune de X.________ Athènes se soit permis d'entrer en contact en Grèce avec un de ses clients. Ces entretiens se sont mal déroulés, à telle enseigne que les prénommés n'ont plus communiqué que par courriels. B.________ s'est alors mis à rédiger des mémos faisant état du travail insatisfaisant du demandeur, qu'il a glissés dans le dossier personnel du travailleur, à l'insu de celui-ci. Le 11 juillet 2002, A.________ a porté les difficultés qui l'opposaient à B.________ auprès du service de "Compliance", lequel a ouvert une enquête interne, qui a abouti à la conclusion que ce dernier était apte à gérer le département dont il avait la charge. La défenderesse a également soumis à son réviseur externe la question de la compatibilité avec le secret bancaire de l'envoi d'une liste de clients à sa filiale à Athènes. Le réviseur, après avoir consulté la Commission fédérale des banques, a blanchi B.________ du soupçon de violation du secret bancaire, ce dont il a fait part à la défenderesse le 28 août 2002. Par pli du 30 août 2002, la défenderesse, sous la plume de Z.________, supérieur direct de B.________, a licencié le demandeur pour la fin octobre 2002, en le libérant immédiatement de son obligation de travailler. En raison d'une incapacité de travail de A.________ survenue durant le délai de congé, les rapports contractuels ont pris fin le 30 novembre 2002. Jusqu'à cette date, le travailleur a touché son salaire de base.