Citation: 2C_338/2022 E. 4.6

4.6. En l'occurrence, c'est à juste titre que le Tribunal administratif fédéral a retenu qu'il appartenait à la recourante de démontrer de manière crédible l'existence des violences invoquées. Or, cette instance a constaté, d'une manière qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), que la recourante n'avait pas réussi à établir l'existence de violences conjugales d'une intensité suffisante, au regard de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI. Selon l'arrêt attaqué, la relation de la recourante avec son époux a certes connu des tensions dès le début de la vie commune, mais sans pour autant s'inscrire dans un schéma durable de pouvoir et domination à l'encontre de celle-ci. En effet, d'après les constatations de l'arrêt querellé, les violences physiques alléguées par la recourante ne sont pas documentées si ce n'est par quelques photos versées au dossier montrant des égratignures sur son dos et un bleu sous son oeil droit, sans renseigner en rien sur l'origine, les circonstances ou encore l'auteur de ces blessures. D'ailleurs, la plainte pénale déposée par la recourante à l'encontre de son époux, dans le cadre de laquelle ces clichés ont été produits, a été classée - sans que l'intéressée ne recourt contre cette décision -, en raison des incohérences dans son récit qui rendaient peu crédibles les faits qu'elle reprochait à son mari. En outre, toujours selon les constatations du Tribunal administratif fédéral, le rapport de consultation de Solidarité femmes et les attestations médicales produites par la recourante mentionnent uniquement de manière générale que la recourante aurait subi des violences physiques de la part de son époux sans toutefois décrire les actes en question et sont, pour le surplus, basés exclusivement sur ses propres déclarations. S'agissant des violences psychologiques alléguées, il ressort de l'arrêt attaqué que les attestations médicales produites, qui posent un diagnostic de stress post-traumatique chez la recourante, doivent être relativisées, car elles ont été établies plusieurs années après la survenance des événements déterminants et sur la seule base des déclarations de la recourante. De plus, toujours selon le Tribunal administratif fédéral, il est probable que les troubles constatés aient d'autres origines que la seule relation conflictuelle au sein de son couple, la recourante ayant une relation de dépendance conflictuelle avec son oncle qui vit en Suisse et chez lequel elle a résidé un temps. Enfin, les juges précédents ont souligné que la recourante n'avait pas quitté le domicile conjugal en raison des violences répétées de son mari, contrairement à ce qu'elle prétendait, puisque c'était son époux qui avait pris l'initiative de la séparation et avait introduit une requête de mesures protectrices de l'union conjugale.