Citation: 4A_131/2008 25.06.2008 E. 2

D'après l'arrêt attaqué, le congé du 28 avril 2005 a été valablement notifié. La cour cantonale a retenu que la réalité du motif de congé invoqué par la bailleresse, soit la non-conformité des bâtiments aux exigences légales de sécurité relatives à la police du feu, a été régulièrement prouvée. Toutefois, a poursuivi l'autorité cantonale, la locataire a allégué, sans être contredite, que les baux des deux autres locataires de la halle sud n'avaient pas été résiliés. Or il ne serait guère concevable que des travaux d'envergure, tels la création d'un couloir traversant d'évacuation et la pose de parois anti-feu, puissent être menés à bien sans que l'ensemble de la halle soit préalablement libérée de tous ses occupants. Aux yeux des magistrats genevois, il aurait ainsi paru logique de prévoir la remise en état de la halle sud dans son ensemble, faute d'explications claires imposant une solution différente. Ils en ont conclu que la bailleresse n'avait pas établi que les travaux à exécuter concernaient seulement les locaux loués à la locataire ou qu'ils ne pouvaient pas être réalisés sans que le bail de la précitée soit préalablement résilié. Ils ont donc jugé que la résiliation de bail du 28 avril 2005 était contraire à la bonne foi, comme l'entend l'art. 271 al. 1 CO.