Citation: 4P.222/2001 30.01.2002 E. 5

5.- La recourante invoque en dernier lieu la violation de son droit d'être entendue, en ce que le Tribunal arbitral aurait reconnu à tort que les frères C.________, D.________, E.________ étaient légitimés à offrir la résiliation du contrat du 10 février 1995 en son nom. a) La recevabilité de ce grief est douteuse. Selon l'art. 190 al. 2 let. d LDIP, une sentence arbitrale peut être attaquée "lorsque l'égalité des parties ou leur droit d'être entendues en procédure contradictoire n'a pas été respecté"; ce motif de recours sanctionne les seuls principes impératifs de procédure prévus par l'art. 182 al. 3 LDIP, notamment celui du droit d'être entendu proprement dit, dont le contenu n'est pas différent de celui consacré à l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 119 II 386 consid. 1b p. 388; 117 II 346 consid. 1a p. 347, relatif à la jurisprudence rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst.). La violation d'autres règles de procédure, notamment du règlement d'arbitrage choisi par les parties, ne suffit pas, du moins lorsqu'elle ne conduit ni à une inégalité entre les parties, ni à une violation de leur droit d'être entendues, ni à une atteinte à l'ordre public (ATF 117 II 346 consid. 1a p. 347). b) En l'espèce, la recourante ne se plaint pas d'une atteinte à ses droits de partie devant le Tribunal arbitral, mais reproche à ce dernier d'avoir retenu, sur la foi des pièces produites, que les frères C.________, D.________, E.________ étaient légitimement habilités à la représenter dans le cadre de la résiliation du contrat d'exclusivité du 10 février 1995. Ce faisant, la recourante confond l'appréciation des preuves avec la garantie du droit d'être entendu, étant précisé que l'appréciation anticipée de celles-ci ne constitue pas une atteinte à ce dernier, selon la jurisprudence déduite de l'art. 4 aCst. , qui conserve toute sa valeur sous l'empire du nouveau droit (ATF 124 I 241 consid. 2 p. 242; 124 V 180 consid. 1a et les arrêts cités; Bernard Corboz, Le recours au Tribunal fédéral en matière d'arbitrage international, in SJ 2002 II p. 23). En conséquence, le grief de violation de l'art. 190 al. 2 let. d LDIP doit être rejeté, dans la mesure où il est recevable.