Citation: 9C_461/2008 17.09.2008 E. B

Appuyé par le docteur K.________, généraliste bénéficiaire d'une autorisation du Conseil d'Etat genevois pour l'exploitation d'un centre pour personnes toxicodépendantes, l'assuré a déféré la décision litigieuse au Tribunal cantonal genevois des assurances sociales; il concluait à l'octroi d'une rente d'invalidité et de mesures d'ordre professionnel sous la forme d'un reclassement. Le nouveau médecin traitant contestait les conclusions de l'office AI, fondées sur celles du docteur B.________, qui reposaient elles-même sur un dossier médical très incomplet (absence du dossier du service genevois d'application des peines et mesures). Il estimait que son patient souffrait d'un trouble développemental traumatique (selon Van der Kolk), d'une personnalité émotionnellement labile de type impulsive (selon la CIM-10) ou d'un état limite (selon Bergeret) ou d'une personnalité antisociale (selon le DSM IV), d'une probable dépression masquée et d'une polypharmacodépendance en rémission vraisemblablement partielle dont l'impact sur la capacité de travail était très difficile à cerner, raison pour laquelle une évaluation par un psychiatre spécialisé dans le traitement des toxicomanes et un stage d'observation étaient nécessaires (rapport du 17 janvier 2007). Sollicité, le professeur H.________, Institut de médecine légale de l'Hôpital X.________, auteur d'une première expertise réalisée dans le cadre d'une incarcération de l'intéressé (cf. jugement du Tribunal de police du canton de Genève du 22 février 2002) concluant à l'existence d'un trouble de la personnalité émotionnellement labile de type borderline et de traits de personnalité dyssociale en plus des syndromes de dépendance à plusieurs produits stupéfiants, a précisé que la toxicomanie dont souffrait M.________ était secondaire au trouble de la personnalité qui n'était cependant pas assimilable à une maladie mentale (rapport du 3 avril 2007). La juridiction cantonale a aussi mandaté le docteur F.________, psychiatre, pour la réalisation d'une expertise. Celui-ci a conclu à une pleine capacité de travail dans l'emploi de mécanicien malgré l'existence d'un trouble de dépendance au cannabis, aux benzodiazépines et aux opiacés et d'un trouble de la personnalité antisociale, mais pas borderline (rapport du 20 février 2008). S'il pouvait rejoindre l'avis de l'expert quant aux diagnostics énoncés, le docteur K.________ a néanmoins contesté les conclusions relatives à la répercussion des troubles psychiques sur la capacité de travail de son patient qui s'élevait au mieux à 25%; seuls un stage d'évaluation professionnelle et une expertise réalisée par un psychiatre addictologue pouvait trancher la controverse (rapport du 13 mars 2008). Considérant implicitement que le dossier médical était complet en accordant une pleine valeur probante à l'expertise du docteur F.________, les premiers juges ont nié le caractère invalidant des troubles de la personnalité dont souffrait l'assuré (jugement du 29 avril 2008).