Citation: 1P.304/2003 10.06.2003 E. B

Par ordonnance du 3 décembre 2002, la Chambre d'accusation a rejeté une demande de mise en liberté: l'enquête n'avait pas permis de déterminer où étaient passés les fonds détournés; des auditions de plaignants et une expertise psychiatrique étaient en cours; le prévenu avait joué des montants importants dans des casinos en France et ne s'était pas exprimé complètement sur les sommes dépensées. Un risque de collusion existait, notamment avec les personnes suscepti-bles d'avoir bénéficié des largesses du prévenu, ainsi qu'un risque de fuite. Une nouvelle demande de mise en liberté a été rejetée par ordonnance du 23 avril 2003: le prévenu prétendait avoir remis les sommes confiées - sans reçu - à K.________, gestionnaire dans la même banque, lequel devait les investir à taux élevés; toutefois, pour une vingtaine d'investisseurs au moins, il était apparu que l'argent n'avait pas été remis immédiatement à K.________. Le nom de ce dernier n'avait d'ailleurs pas été évoqué lorsque les investisseurs avaient demandé en vain d'être remboursés. Le prévenu avait un train de vie élevé, et on ignorait toujours où étaient passées les sommes confiées. Le versement d'une caution de 100'000 fr. était inefficace à l'égard du risque de collusion. Le risque de fuite a lui aussi été confirmé.