Citation: 1C_96/2022 E. 3.2

3.2. Devant l'instance précédente, Patrimoine Suisse (entité suisse) s'est prévalue d'une violation de la législation fédérale sur la forêt. La cour cantonale a considéré que cet aspect pouvait entrer dans le champs d'application de ses statuts, qui englobent les domaines de la protection du paysage, de la nature et de l'environnement ainsi que la sauvegarde du patrimoine (cf. art. 2 ch. 4 des statuts), et relevait de l'accomplissement d'une tâche de la Confédération au sens de l'art. 2 LPN. Au stade de la recevabilité, la cour cantonale soulignait cependant que le caractère forestier d'une partie de la parcelle n o 238 était litigieux. La qualité pour recourir fondée sur l'art. 12 LPN pouvait en revanche d'emblée être admise sous l'angle de la loi fédérale sur la protection des eaux du 24 janvier 1991 (LEaux; RS 814.20), dont la violation était également invoquée: la parcelle n o 238 se situait en zone A u de protection des eaux et le projet litigieux avait sur ce point fait l'objet d'une autorisation spéciale délivrée par le département cantonal compétent (DTE/DGE/DIRNA/HG) en exécution d'une tâche de la Confédération. Sur cette base et rappelant l'exigence de "spécialisation statutaire" (sur cette notion, cf. LAURENT PFEIFFER, La qualité pour recourir en droit de l'aménagement du territoire et de l'environnement, thèse, 2013, p. 197 s. et les références), l'instance précédente a considéré que Patrimoine Suisse ne pouvait, à l'appui de son pourvoi, invoquer que la violation de dispositions légales régissant ses domaines de spécialisation. Aussi les griefs en lien avec l'application du règlement communal des constructions étaient-ils irrecevables. Sur le fond, le Tribunal cantonal est entré en matière sur le grief de violation de la LEaux et l'a rejeté. S'agissant de la critique portant sur la violation de la loi fédérale sur les forêts du 4 octobre 1991 (LFo; RS 921.0) et se référant à l'avis de la Direction cantonale des ressources et du patrimoine naturels, Inspection des forêts du 16 e arrondissement (DGE/FORET), la cour cantonale a jugé que la surface boisée de 380 m 2 sur la parcelle n o 238 ne pouvait être qualifiée de forêt au sens du droit fédéral. Par ailleurs et suivant en cela le préavis de la Direction cantonale des ressources et du patrimoine naturels, Biodiversité et paysage (DGE/BIODI), l'instance précédente a nié l'existence d'un biotope au sens des art. 18 ss LPN.