Citation: C 59/06 16.08.2006 E. 4

4.1 Selon l'art. 24 al. 3 LACI, première phrase, est réputée perte de gain la différence entre le gain assuré et le gain intermédiaire, ce dernier devant être conforme, pour le travail effectué, aux usages professionnels et locaux. 4.2 En l'espèce, il est incontesté que le gain réalisé par l'intimé en janvier et février 2004 n'est pas un salaire conforme aux usages professionnels et locaux pour un designer. Il reste donc à examiner si l'intéressé a réalisé un travail de designer ou un travail de stagiaire. Dans son opposition à la décision de restitution du 24 mai 2005, l'intimé a affirmé d'emblée que ses recherches d'emploi avaient débouché sur l'obtention d'un stage dans un atelier de designer en qualité de « designer industriel-stagiaire ». Cet état de fait a été confirmé par l'employeur qui, dans sa lettre du 30 août 2005, a précisé que le stage avait pour but d'évaluer les compétences du stagiaire et de le familiariser avec le fonctionnement de l'entreprise. Durant cette période, le stagiaire travaille comme assistant des designers. Le responsable de l'ORP a mentionné, dans le procès-verbal d'entretien de conseil du 2 juin 2005, que l'intimé n'avait rien caché concernant sa situation de stagiaire. Aucun élément ne contredit cette version des faits. Seul le recourant estime que, durant les deux premiers mois de l'année 2004, l'intimé aurait travaillé comme designer. Cette appréciation du seco ne suffit pas à établir, au degré de la vraisemblance prépondérante, que l'intimé a travaillé comme designer durant cette période. Le fait que le stagiaire soit engagé ultérieurement pour une activité ordinaire ne laisse pas présumer que la période de stage était une période d'activité ordinaire non déclarée comme telle. 4.3 Dès lors qu'il est impossible d'établir que l'intimé a exercé une activité de designer et non d'assistant-designer, il convient d'admettre, avec les premiers juges, que le versement initial des indemnités de chômage pour les mois de janvier et février 2004 ne présentait pas de caractère manifestement erroné. Cette appréciation est encore confortée par le fait que l'on pouvait envisager le stage de l'intimé comme un « stage professionnel » destiné en premier lieu à lui fournir une première expérience professionnelle (voir les art. 64a al. 1 let. b LACI et 97a OACI ainsi que la Circulaire MMT I 6). Une des conditions mise à la reconsidération d'une décision passée en force n'étant pas donnée, la restitution des indemnités versées en janvier et février 2004 ne peut pas être exigée, si bien que le recours est infondé.