Citation: 6B_58/2016 E. 3.2

3.2. Le recourant conclut que sa seule présence sur les lieux de l'agression ne suffit pas pour conclure qu'il a approuvé les actes commis et à retenir la coactivité en l'absence d'une participation effective, de sorte que sa condamnation viole les art. 12 et 25 CP. Est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de manière déterminante, avec d'autres personnes à la décision de commettre une infraction, à son organisation ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des participants principaux. Il faut que, d'après les circonstances du cas concret, la contribution du coauteur apparaisse essentielle à l'exécution de l'infraction. La seule volonté quant à l'acte ne suffit pas; il n'est toutefois pas nécessaire que le coauteur ait effectivement participé à l'exécution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La coactivité suppose une décision commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement être expresse, mais peut aussi résulter d'actes concluants, le dol éventuel quant au résultat étant suffisant. Il n'est pas nécessaire que le coauteur participe à la conception du projet; il peut y adhérer ultérieurement. Il n'est pas non plus nécessaire que l'acte soit prémédité; le coauteur peut s'y associer en cours d'exécution. Ce qui est déterminant, c'est que le coauteur se soit associé à la décision dont est issue l'infraction ou à la réalisation de cette dernière, dans des conditions ou dans une mesure qui le font apparaître comme un participant non pas secondaire, mais principal (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.1 p. 155; 130 IV 58 consid. 9.2.1 p. 66; 125 IV 134 consid. 3a p. 136; 120 IV 17 consid. 2d p. 23). Il ressort des constatations de la cour cantonale que le recourant et ses amis ont convenu de s'en prendre à la victime à un endroit peu fréquenté afin qu'elle leur remette de la drogue. Ils n'ont échafaudé aucun plan et n'entendaient pas recourir à la violence, l'effet de groupe devant être suffisant pour déterminer la victime qui n'avait aucun moyen de résister. Ils n'ont pas envisagé l'hypothèse où celle-ci ne serait pas en possession de marijuana. Néanmoins, lorsque la victime est parvenue à quelque 50 cm du groupe, B.________ lui a immédiatement asséné un coup de pied à la hauteur de la poitrine, qui l'a fait tomber assise, après quoi ses agresseurs lui ont demandé si elle détenait de la drogue et l'ont fouillée à la suite de sa réponse négative. La victime a alors été rouée de plus d'une vingtaine de coups. Contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale a retenu, d'une manière qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) les griefs d'arbitraire et d'établissement inexact des faits ayant été rejetés, qu'il avait activement pris part à l'agression en frappant la victime. Par ailleurs, le recourant a lui-même admis avoir pensé que la vie de cette dernière pourrait être mise en danger. En outre la cour cantonale a relevé que les agresseurs étaient conscients que leur victime n'était pas en mesure de réagir de manière appropriée pour prévenir les coups et que l'intervention d'un tiers était à court voire moyen terme exclue compte tenu du lieu choisi pour l'attaque. Il est ainsi établi que le recourant n'ignorait pas le risque vital encouru par la victime. Dès lors, en prenant part à l'agression il n'a pu qu'accepter l'éventualité qu'elle entraîne le décès de la victime de sorte que l'élément subjectif de l'infraction est réalisé. Comme par ailleurs son implication dans l'infraction le fait apparaître comme un participant principal et non secondaire, sa condamnation en tant que coauteur de meurtre ne viole pas le droit fédéral.