Citation: C 153/01 11.12.2001 E. 3

3.- a) En dehors des exigences minimales prévues à l'art. 103 LACI, la procédure de recours cantonale en matière d'assurance-chômage est réglée par le droit cantonal (cf. art. 103 al. 6 LACI). Sont applicables en l'espèce les art. 59 ss. du Règlement d'exécution de la loi en matière de chômage, du 3 décembre 1984 (RSGE J 2 20.01). En vertu de l'art. 65 al. 2 de ce règlement, les autorités cantonales de recours peuvent notamment ordonner la comparution personnelle du recourant et l'audition des témoins. Subsidiairement (cf. art. 64 al. 2 RSGE J 2 20.01), l'art. 23, 1ère phrase LPAGE prévoit que les parties dont l'interrogatoire a été ordonné comparaissent personnellement. b) En l'occurrence, la commission était fondée à ordonner la comparution personnelle de la recourante conformément à l'art. 65 al. 2 du règlement susmentionné. Toutefois, la convocation du 16 janvier 2001 à l'audience de la commission mentionne certes que celle-ci a "ordonné une comparution personnelle des parties", mais elle précise ensuite que si les parties désirent s'exprimer oralement devant la commission, elles ont la possibilité de le faire lors de la séance. On peut donc en déduire a contrario que la partie qui renonce à faire usage de cette possibilité n'a pas l'obligation de comparaître personnellement. Et cela d'autant moins lorsque, comme en l'occurrence, elle est représentée par un avocat, faculté qui résulte de son droit d'être entendue (ATF 119 Ia 261 consid. 6a i.f. et les références). Dès lors, si la commission attachait une telle importance à la comparution personnelle et à l'interrogatoire de la recourante, elle aurait dû le mentionner sans ambiguïté dans la citation à l'audience d'instruction. c) Cela étant, la sanction du défaut de comparution personnelle ne saurait consister dans l'irrecevabilité du recours qui n'est prévue ni par l'art. 65 al. 2 du règlement cantonal, ni par l'art. 23 LPAGE. Certes, l'art. 24 al. 2 LPAGE prévoit que l'autorité peut le cas échéant déclarer irrecevables les conclusions des parties qui refusent de produire des pièces ou autres renseignements indispensables pour qu'elle puisse prendre sa décision. Cette disposition ne vise toutefois pas le cas du défaut de comparution personnelle d'une partie, si bien qu'elle ne constitue pas une base légale suffisante pour la décision d'irrecevabilité de l'instance cantonale de recours. Par conséquent, la commission devait de toute manière entrer en matière et statuer en l'état du dossier. d) Dans ces conditions, il y a lieu d'admettre que les premiers juges ont appliqué de manière arbitraire le droit de procédure cantonale, de sorte que leur jugement doit être annulé. En conséquence, l'affaire sera renvoyée aux premiers juges pour qu'ils reprennent l'instruction du recours et rendent un nouveau jugement.