Citation: 6S.40/2006 17.02.2006 E. C

C.a Le 8 octobre 2004, X.________ a circulé au volant d'un véhicule alors qu'il se trouvait sous l'influence de l'alcool (au moins 3,83 g/kg). Par ordonnance pénale du 3 novembre 2004, le Ministère public du canton de Neuchâtel l'a condamné à trois mois d'emprisonnement ferme et à une amende de 300 francs. Les 13 janvier et 22 janvier 2005, X.________ a conduit en état d'ivresse (2,04 g/kg et 1,94 g/kg), alors qu'il était sous le coup du retrait de son permis de conduire. Par jugement du 16 septembre 2005, le Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds l'a condamné à quatre mois d'emprisonnement et 250 francs d'amende. Ces dossiers ont été transmis au président du Tribunal correctionnel du district de La Chaux-de-Fonds afin qu'il statue sur l'éventuelle suspension de ces peines au profit de la mesure en cours. C.b Dans un rapport du 17 février 2005, le Dr A.________ a déclaré qu'il avait vu X.________ à cinq reprises et que celui-ci avait manqué trois rendez-vous. Compte tenu de l'irrégularité du suivi et de la nouvelle condamnation pour conduite en état d'ivresse, il a conclu que "le traitement ambulatoire montre ses limites" et que "l'exécution des peines devait être envisagée", ajoutant que "l'alternative des travaux d'intérêt général lui paraissait la meilleure option, toujours dans l'esprit éducatif qui sous-tendait la plupart des traitements obligatoires". Dans une attestation du 15 septembre 2005, la Fondation neuchâteloise pour la prévention et le traitement des addictions indique que X.________ suivait régulièrement le traitement au Disulfiram (Antabus) qu'il avait commencé le 15 février 2005 auprès du Centre neuchâtelois d'alcoologie. Lors de son audition du 16 septembre 2005, le représentant du service de probation a déclaré qu'il suivait X.________ depuis le début du mois d'août 2005 et que l'évolution de ce dernier était en tous points favorable. L'épisode du mois de novembre 2005 avait eu un effet déclencheur salutaire. Le réseau mis en place avait pu constater que l'intéressé s'investissait énormément dans son traitement, qu'il en respectait le cadre, notamment en se rendant régulièrement aux entretiens fixés. C.c Par ordonnance du 20 septembre 2005, le président du Tribunal correctionnel du district de La Chaux-de-Fonds a refusé de suspendre, au profit de la mesure en cours, la peine de trois mois d'emprisonnement prononcée le 3 novembre 2004 par le Ministère public et celle de quatre mois d'emprisonnement infligée par le Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds. En revanche, il a maintenu le traitement ambulatoire actuel et la mesure de patronage et décidé que les peines prononcées les 2 novembre 2000, 7 février 2002, 5 septembre 2002 et 19 décembre 2003 pouvaient demeurer suspendues. En substance, il s'est référé au rapport du 17 février 2005 du médecin traitant, qui constatait que le traitement ambulatoire avait trouvé ses limites. Il a considéré que même s'il était possible que X.________ ait quelque peu changé depuis ce constat, datant de février 2005, il n'en demeurait pas moins que sa situation restait précaire, dès lors qu'il n'était pas intégré professionnellement, que la formation qu'il disait suivre ne l'occupait qu'une demi-journée par semaine et que son mariage, datant du 15 février 2005, avait été décidé sous la pression des autorités administratives en matière d'asile. Rappelant qu'un avertissement lui avait été adressé au mois d'août 2004, il a constaté que X.________ peinait à prendre conscience des limites s'imposant à tout un chacun. Pour conclure, il a déclaré que l'exécution des peines n'était pas de nature à mettre en péril le traitement en cours, ni la réinsertion sociale de l'intéressé, qui était somme toute très limitée.