Citation: 6S.45/2004 10.03.2004 E. 2.4

2.4.1 Cas n. 1 (selon l'ordonnance de renvoi et la pièce 27 [p. 4 ss] du dossier cantonal, soit un rapport de la police de sûreté du 10 septembre 2002): En janvier 2001, dans le but de rompre sa solitude, Y.________ a fait paraître une annonce dans un hebdomadaire romand. Le recourant y a répondu en se présentant comme administrateur de sociétés. Ils ont plusieurs fois mangé ensemble. Au cours des rendez-vous, le recourant narrait avec détails et conviction l'étendue de ses possibilités financières. Il jouissait d'une certaine aura auprès de Y.________. Il savait se montrer galant, lui faisant notamment porter un bouquet de quinze roses Baccarat. Le 28 mars 2001, prétextant manquer momentanément de liquidités, il a sollicité 20'000 francs de Y.________. Il devait agir rapidement pour décrocher une bonne affaire, soit le rachat d'une carrosserie en faillite. Le 29 mars 2001, Y.________ lui a remis l'argent. Elle a versé ce montant en raison de l'amitié qu'elle portait au recourant et de la promesse d'obtenir 5'000 francs d'intérêts. Il n'a jamais eu l'intention de la rembourser. Pour la faire patienter, il lui a remis le 13 avril 2001 deux lettres de change de 13'000 francs chacune, qu'il savait non couvertes. 2.4.2 Le recourant ne développe pas une argumentation autre que celle évoquée plus haut (consid. 2.2.1). En l'espèce, l'astuce est bien réalisée. Le recourant a d'abord répondu à une annonce de la dupe. Il a entretenu une relation amicale avec elle et l'a ainsi mise en confiance. Il s'est fait passer pour un homme d'affaires. La dupe n'avait aucune raison de douter de la sincérité du recourant et encore moins de sa capacité civile. Ensuite, il a prétexté un manque de liquidités et une bonne affaire à saisir rapidement. Il a de plus fait miroiter un gain de 5'000 francs. Il a ainsi joué de la confiance qu'il avait réussi à créer et a encore amoindri la méfiance de la dupe par la promesse d'un gain. De tels éléments excluent d'imputer à celle-ci une coresponsabilité qui disculperait le recourant. Son grief est infondé.