Citation: 7B_356/2024 E. 2.4

2.4. La recourante ne produit aucune pièce susceptible d'établir que les économies dont elle et son mari disposaient au 30 juin 2019 auraient été depuis lors consommées. Elle se limite pour l'essentiel à fournir les extraits de janvier à juin 2019 des comptes ouverts au nom de son époux auprès de la banque D.________, desquels il ressort qu'ils détenaient au 30 juin 2019 une fortune de plus de EUR 110'000 (cf. pièces 107/1 ch. 2 du dossier cantonal). Ces documents - les mêmes que produits devant l'autorité précédente - ne permettent pas d'en déduire qu'elle ou son époux aurait utilisé les avoirs litigieux depuis le 30 juin 2019, respectivement les aurait affectés dans la mesure alléguée au paiement de leurs frais de défense pour la procédure de première instance. Contrairement à ce que prétend la recourante, le fait qu'une partie des honoraires de leurs avocats respectifs ait été acquittée au moyen des comptes susmentionnés avant le 30 juin 2019 ne suffit pas à démontrer que le solde de ces frais aurait, par la suite, également été versé au moyen de ces mêmes comptes. Son argumentation ne va, en réalité, pas au-delà de la simple présentation de sa propre version des faits et appréciation des preuves. Elle est de nature appellatoire et, partant, irrecevable. En tout état, la recourante ne conteste pas que le devoir réciproque d'assistance et d'entretien découlant des art. 159 al. 3 et 163 CC implique de tenir compte des revenus et de la fortune du conjoint, quelle que soit la nature du procès (cf. consid. 2.2.3 supra; voir également arrêt 4A_423/2012 du 10 septembre 2012 consid. 2.2 et les références citées). C'est donc à bon droit que le Président de la cour d'appel a, d'une part, tenu compte de ce capital dans l'examen de l'indigence de la recourante et, d'autre part, qu'il a - faute pour cette dernière d'avoir prouvé l'utilisation de ces fonds après le 30 juin 2019 (par exemple avec une copie des extraits de ces comptes bancaires actualisés) - considéré qu'elle détenait encore actuellement un capital dépassant les EUR 110'000. Quant au caractère suffisant de cette somme pour dénier à la recourante une défense d'office, cette dernière présente à nouveau sa propre appréciation des faits sans démontrer que ceux retenus par la cour cantonale seraient arbitraires. Certes, les honoraires dont le couple serait débiteur pour la procédure de première instance, dont le solde non réglé au 30 juin 2019 dépasserait les 110'000 fr. ([99'300 fr. + 59'234 fr.] - EUR 40'959.60), épuiseraient le capital disponible, avant même l'ajout des frais prévisibles pour la procédure d'appel. Toutefois, à défaut d'avoir démontré que les coûts du mandataire de son époux étaient dus et qu'ils auraient été acquittés au moyen des avoirs des comptes litigieux, on ne saurait reprocher au Président de la cour d'appel de ne pas les avoir pris en considération. De surcroît, il appartiendrait à l'époux de la recourante de solliciter, s'il y avait lieu, une défense d'office, étant relevé qu'on ignore quoi qu'il en soit si une telle demande a été déposée pour la procédure d'appel et, le cas échéant, son issue. Pour le reste, la recourante ne démontre pas que les économies litigieuses ne permettraient pas de couvrir les frais de son procès en appel sans entamer les ressources nécessaires à son entretien. Le prononcé attaqué ne contient pas de constatations relatives aux revenus et aux charges du couple, sans que la recourante soulève de grief d'omission des faits à cet égard. Elle se contente au stade du recours de se référer à ses déclarations et à celles de son époux devant le Tribunal correctionnel au sujet de leur situation financière, sans fournir aucun document à cet appui. Quoi qu'il en soit, le montant de la fortune mobilière, même après déduction du solde dû pour ses honoraires de première instance, reste largement supérieur à celui que la jurisprudence permet de considérer comme une "réserve de secours" destinée à couvrir les besoins futurs (cf. consid. 2.2.3 supra). Cela vaut d'autant plus que les frais de défense prévisibles de la recourante en appel devraient être notablement inférieurs à ceux de la première instance. La recourante ne démontre pas le caractère insoutenable de cette appréciation. Il en va de même s'agissant de la dette dont elle s'est reconnue débitrice devant le Tribunal correctionnel. Avec la cour cantonale, on ne perçoit pas en quoi le paiement de celle-ci affecterait ses économies disponibles; la recourante ne prétend en effet pas qu'elle se serait engagée à l'honorer au moyen des comptes abritant le capital litigieux et tel n'apparaît en outre pas être le cas (cf. jugement du 28 août 2023 du Tribunal correctionnel, pp. 124-125).