Citation: 4A_540/2015 E. 3.4.2

3.4.2. A l'instar de l'hypothèque (art. 824 al. 1 CC), le gage mobilier peut garantir une créance actuelle, future, conditionnelle ou simplement éventuelle (ATF 71 II 262 consid. 1 p. 264; BAUER, op. cit., n° 55 ad art. 884 CC; ZOBL/THURNHERR, op. cit., n° 234 s. ad art. 884 CC et les réf. citées). S'agissant du nantissement (art. 884 CC), jurisprudence et doctrine majoritaire admettent que le gage est constitué et prend rang dès que la possession de l'objet grevé est transférée au créancier, et non pas quand la créance future prend naissance (ATF 51 II 273 consid. 2 p. 278 s.; STEINAUER, op. cit., n° 3132; ZOBL/THURNHERR, op. cit., n° 239 ad art. 884 CC; OFTINGER/BÄR, op. cit., n° 123 ad art. 884 et n° 13 ad art. 893 CC, qui réservent un accord spécial des parties; apparemment contra TUOR ET ALII, Das Schweizerische Zivilgesetzbuch, 14 e éd. 2015, p. 1333 n. 9; critique, FOËX, op. cit., p. 141 s.). Dans la pratique bancaire, certaines conditions générales prévoient que le droit de gage ne naît qu'avec la créance. Un auteur est d'avis que cette solution s'impose déjà par interprétation du contrat de gage préformulé; en effet, la banque n'entend pas d'emblée mettre la main sur les valeurs patrimoniales du client alors qu'aucune affaire de crédit n'est encore en vue (CHRISTIAN THALMANN, Das Pfand- und Verrechnungsrecht nach den Allgemeinen Geschäftsbedingungen der Banken, in SAS 1989 p. 141 s.). Un autre auteur opère une distinction entre le moment où le gage prend naissance du fait de la possession et le moment, ultérieur, où il peut être invoqué, soit lorsque la créance de la banque est née (BAUER, op. cit., n os 56 et 85 ad art. 884 CC).