Citation: 6B_8/2024 E. 5.2.1

5.2.1. À cet égard, la cour cantonale indique ne pas douter que le recourant aime profondément son fils et n'a pas la volonté de lui nuire. Elle relève qu'il savait cependant que l'enfant souffrait d'un retard psychoaffectif qui pouvait impacter son avenir et nécessitait des mesures. Il avait des contacts réguliers avec l'équipe éducative et a eu des entretiens avec les différents directeurs des institutions. Ces personnes lui ont expliqué les difficultés rencontrées par son fils; elles ont abordé le thème des rapports de l'enfant avec chacun de ses parents et ont tenté d'inviter le recourant à modifier son comportement. Comme ces discussions étaient sans influence, des mesures contraignantes ont dû être prises. Par décision du 30 octobre 2015, interdiction a été signifiée au recourant d'approcher son fils à moins de 50 cm ( recte : 50 m) en-dehors de son droit de visite. Le 22 mars 2016, le foyer de U.________ lui a adressé une mise en garde. Le directeur de la structure dans laquelle le droit de visite surveillé du père se déroulait a suspendu les rencontres. Par décisions des 22 avril et 18 juillet 2016, le Président du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois a, sur requête du SPJ, prononcé une interdiction d'approcher du foyer et a étendu l'interdiction d'approcher l'enfant hors du droit de visite à une distance de 200 m. Par ailleurs, le recourant avait pris connaissance d'abord du rapport d'évaluation sociale du 27 novembre 2014 qui recommandait le retrait de son droit de visite, puis de l'expertise de la Dresse F.________ du 30 mars 2016 qui mettait en évidence le comportement globalement inadéquat du père à l'égard de son fils et la nécessité de stopper ses interférences dans le travail des professionnels en charge de l'enfant. C'est d'ailleurs en raison de son inadéquation dans ses rapports avec ce dernier que, par ordonnance du 28 novembre 2014, son droit de visite a été suspendu et qu'il s'est plus tard déroulé sur décision judiciaire de façon surveillée pendant une période. Au vu de l'avis unanime du personnel éducatif, du SPJ, de l'expert et des autorités judiciaires, le recourant ne pouvait qu'être conscient que ses agissements pouvaient mettre en danger le développement psychique de son fils et a accepté cette éventualité pour le cas où elle se produirait. Les experts ont certes mis en évidence une distorsion cognitive massive, qui se manifestait notamment par le fait que le recourant pensait être adéquat dans sa relation avec son fils, alors que l'expertise pédopsychiatrique avançait le contraire. Ils ont néanmoins estimé que la capacité du recourant d'apprécier le caractère illicite de ses actes était intacte et que sa capacité de discernement n'était que légèrement diminuée en raison d'un contrôle des impulsions problématique. Partant, la cour cantonale conclut que l'élément subjectif est réalisé au stade du dol éventuel.