Citation: 1C_280/2023 E. 4.5

4.5. Les recourants se fondent à tort sur le fait que leur parcelle est inscrite en zone à bâtir dans la carte de synthèse du plan directeur cantonal concernant le secteur d'Albeuve et fait partie du territoire d'urbanisation pour exiger qu'elle demeure en zone constructible ou qu'il soit fait abstraction de l'art. 36 al. 3 LAT. En effet, cette carte ne fait que reproduire les surfaces de l'ancienne commune d'Albeuve classées en zone à bâtir, dont on a vu qu'elles étaient caduques depuis le 1 er janvier 1988. Il n'est nullement établi qu'elle serait le fruit d'un examen précis de l'auteur du plan directeur cantonal; quoi qu'il en soit, le fait qu'elle inclue la parcelle des recourants dans les terrains pour lesquels une mise en zone pouvait être envisagée ne dispensait pas la commune d'examiner, lors de la révision de son plan d'aménagement local, s'il convenait de la classer en zone constructible à la lumière des principes régissant la LAT. Le territoire d'urbanisation constitue un cadre qui pose les limites de l'extension des zones à bâtir à l'horizon du plan directeur (20 à 25 ans). Les classements en zone à bâtir de terrains situés à l'intérieur du territoire d'urbanisation ne peuvent pas se faire automatiquement mais doivent remplir les critères de la LAT et en particulier ceux relatifs au dimensionnement des zones à bâtir qui comprennent notamment la réponse au besoin prévisible pour les quinze années suivantes (cf. rapport d'examen de l'Office fédéral du développement territorial du 9 avril 2019, p. 19). Le Conseil fédéral a d'ailleurs approuvé le territoire d'urbanisation déterminé dans le plan directeur cantonal comme périmètre d'investigation pour l'urbanisation en précisant qu'il ne valait pas zone à bâtir (ibidem, p. 20). Cela étant, les recourants se prévalent en vain du fait que leur parcelle est inscrite en zone à bâtir dans la carte de synthèse du plan directeur cantonal pour conclure qu'elle devrait être classée en zone constructible dans le nouveau plan d'aménagement local. A tout le moins, une telle implantation ne liait pas l'autorité de recours chargée d'examiner la conformité du plan d'aménagement local; sur ce point, l'arrêt attaqué est conforme à la jurisprudence de la Cour de céans (cf. arrêt 1C_361/2020 du 18 janvier 2021 consid. 4.5).