Citation: 6B_939/2020 E. 2.2

2.2. La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir retenu qu'elle se rendait souvent en Bosnie et Herzégovine. L'autorité précédente avait détourné le sens des déclarations de la grand-mère paternelle de B.________, E.________, en constatant que celle-ci avait affirmé sans réserve que l'appelante se rendait en Bosnie, en car ou en avion, " souvent, une fois par an ou chaque année et demi " (jugement attaqué, p. 13). Or la teneur exacte des déclarations de E.________ était la suivante: " B.________ et A.________ allaient en Bosnie-Herzégovine, et même avec la grand-mère avant son décès. Ils allaient à Sarajevo, en car ou en avion. Je ne sais pas s'ils allaient souvent, une fois par an, ou chaque année et demi " (jugement de première instance du 4 décembre 2019, p.10). Certes, la formulation de la cour cantonale ci-dessus ne retranscrit pas exactement le sens des déclarations du témoin. Néanmoins, dans l'appréciation de l'existence d'un cas de rigueur, elle a retenu que si l'appelant prétendait n'être allée en Bosnie et Herzégovine que trois fois en 30 ans, ce moyen était toutefois contredit par le témoin E.________, grand-mère paternelle du fils de l'appelante, qui faisait état de voyages à destination de Sarajevo à intervalles sensiblement plus rapprochés, même si elle ne pouvait les quantifier (jugement attaqué, p. 27). Cette constatation n'est pas critiquable au regard de la déclaration du témoin reproduite ci-dessus. En ce sens, il n'apparaît pas que la cour cantonale se soit fondée sur des faits manifestement erronés dans l'examen du cas de rigueur. La recourante fait également grief à la cour cantonale d'avoir constaté qu'elle était restée en contact avec sa famille vivant toujours dans son pays d'origine. Or, comme on vient de le voir, il n'était pas insoutenable de retenir que la recourante se rendait presque chaque année en Bosnie et Herzégovine. Par ailleurs, la recourante elle-même soutenait avoir transféré une part significative des sommes indûment perçues en faveur de ses oncles et tantes en Bosnie et Herzégovine. Certes, elle a exposé qu'elle avait envoyé de l'argent à sa famille uniquement afin de respecter le souhait de feue sa mère. Cela étant, il n'était pas encore insoutenable de déduire du rapprochement de ces éléments (voyages réguliers dans son pays d'origine et envoi de sommes d'argent conséquentes) que la recourante disposait d'un réseau familial dans ce pays. Enfin, la recourante soutient que c'est à tort que la cour cantonale a retenu qu'elle parlait la langue de son pays d'origine alors qu'elle n'en avait qu'une maîtrise rudimentaire. Or la cour cantonale a constaté, ainsi que la recourante l'a affirmé, que celle-ci parlait le bosniaque avec le vocabulaire d'un enfant de dix ans, mais qu'elle pouvait se faire comprendre dans cette langue (jugement attaqué, p. 27). La cour cantonale a toutefois considéré que l'on pouvait attendre d'elle qu'elle renoue avec la langue de son pays d'origine. En cela, on ne voit pas en quoi les constatations cantonales seraient entachées d'arbitraire. Sur le vu de ce qui précède, le grief de violation de l'interdiction de l'arbitraire est rejeté.