Citation: 5A_995/2022 E. 6.3

6.3. En l'espèce - et indépendamment de la recevabilité des griefs soulevés, la recourante ne démontrant pas en quoi ils auraient une portée propre par rapport aux dispositions de droit fédéral, tel que l'art. 389 CC, dont elle ne soulève à aucun moment l'application arbitraire (art. 9 Cst.) -, force est de constater qu'elle ne remet pas en question le fait que la curatelle repose sur une base légale (art. 36 al. 1 Cst.), soit les art. 394 et 395 CC, et qu'elle répond à un intérêt public, soit l'assistance et la protection de la personne ayant besoin d'aide (art. 36 al. 2 Cst.; Droit de la protection de l'adulte, Guide pratique COPMA, 2012, n° 1.10, p. 5). S'agissant de la condition de proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), c'est de manière purement appellatoire que la recourante soutient que la mesure instituée ne respecterait pas ce principe sous l'angle de l' aptitude. L'intéressée se limite en effet à contredire les constatations litigieuses par ses propres allégations, soutenant que la curatelle de représentation et de gestion ne serait pas destinée à la protéger elle, mais plutôt le patrimoine successoral de ses enfants et de son époux qui sont à l'origine du signalement, ce qui est irrecevable. Au demeurant, la mesure telle qu'instituée apparaît apte à produire les résultats escomptés, à savoir empêcher la recourante, lors de ses décompensations maniaques, de réaliser des dépenses inconsidérées et de prendre des engagements contraires à ses intérêts. Il en va de même de ses critiques relatives à la nécessité de la mesure, la recourante se contentant notamment de soutenir que son incapacité à gérer ses biens ne saurait justifier une curatelle la privant de la faculté d'accéder à ses biens et de rappeler les bons résultats générés ces dernières années par son mandat de gestion; ces critiques sont donc également irrecevables. Au surplus, à l'instar de ce que l'autorité cantonale a implicitement considéré, une curatelle d'accompagnement apparaît à ce stade clairement insuffisante et impropre à atteindre le but précité, dès lors que, contrairement à une curatelle de représentation (art. 394 al. 2 CC), une telle mesure ne permet pas de limiter l'exercice des droits civils de la personne concernée (art. 393 al. 2 CC). Enfin, en tant que la recourante se borne à soutenir que la mesure litigieuse lui causerait " plus de mal que de bien ", celle-ci ayant eu un impact négatif sur son bien-être et sa santé, elle se fonde sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt cantonal et ne démontre pas un établissement arbitraire de ceux-ci, de sorte que la critique est également irrecevable.