Citation: 6S.237/2003 02.09.2003 E. 1

3.2 Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir pris en considération, pour fixer la peine, des critères étrangers à l'art. 63 CP et d'avoir interprété à ses détriments des circonstances qui lui étaient favorables. 3.2.1 En premier lieu, il fait grief à l'autorité cantonale d'avoir retenu en sa défaveur son passé sans faille, qui aurait dû au contraire, selon lui, constituer un élément favorable. Or, en tant qu'infirmier, le recourant avait pour mission de veiller sur A.________ et de lui prodiguer des soins. Au lieu de cela, profitant de sa position et connaissant plus que quiconque l'état de faiblesse de la jeune fille, il a abusé d'elle. Sa faute apparaît d'autant plus grave au vu de sa formation de qualité et de son expérience professionnelle. En revanche, sur le plan des antécédents judiciaires, le recourant n'a subi aucune condamnation. L'autorité cantonale a jugé que le passé professionnel et personnel sans faille du recourant jouait en sa faveur. Il n'y a donc aucune contradiction dans la motivation de l'autorité cantonale. Infondé, le grief du recourant doit être rejeté. 3.2.2 Deuxièmement, le recourant fait grief à l'autorité cantonale d'avoir retenu en sa défaveur, en violation du principe de la présomption d'innocence, le fait qu'il a contesté les charges qui pesaient sur lui et qu'il n'a pas adressé de lettre de regrets à la partie civile. La présomption d'innocence implique le droit, pour l'accusé, de se taire ou de fournir uniquement des preuves à sa décharge (art. 32 al. 1 Cst.; 6 ch. 2 CEDH; art. 14 ch. 3 let. g du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, RS 0.103.2). En d'autres termes, l'accusé a le droit de nier; il ne saurait en revanche induire en erreur les autorités pénales, rejeter la faute sur autrui ou tenter de mauvaise foi de charger les témoins ou la victime, voire de les faire passer pour des menteurs; celui qui use de tels moyens pour se soustraire à une condamnation ou en atténuer la rigueur manifeste par là un manque particulier de scrupules. En l'espèce, le recourant ne s'est pas contenté de nier les faits. Il a accusé sa victime et a tenté de faire passer son agression sexuelle pour un rapport provoqué par celle-ci, faisant de sa victime la personne qui avait pris l'initiative. Cette manière de faire montre un manque particulier de remords, ce qui entraîne à juste titre une augmentation de la peine. Infondé, le grief du recourant doit être écarté. 3.2.3 Enfin, le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir retenu en sa défaveur le fait qu'il travaillait toujours comme infirmier. L'autorité cantonale relève que le recourant qui avait annoncé dès les premières démarches de l'enquête son intention irrévocable de quitter son métier d'infirmier - ce qui montrait d'une certaine manière qu'il se sentait responsable des faits - avait poursuivi sa carrière professionnelle d'infirmier. Elle en déduit de la part du recourant une absence de repentir et de volonté de changer. Ce raisonnement ne viole nullement l'art. 63 CP. Il est en effet tout à fait licite de tenir compte du comportement de l'accusé après l'infraction dans la mesure où celui-ci révèle la personnalité de l'auteur. Infondé, le grief du recourant doit être rejeté. 3.3 En définitive, au vu de l'ensemble des circonstances, la peine de deux ans d'emprisonnement infligée au recourant n'apparaît pas sévère à un point tel qu'il faille conclure à un abus du large pouvoir d'appréciation accordé à l'autorité cantonale. Cette dernière a motivé de manière suffisante la peine, et le recourant n'invoque aucun élément, propre à la modifier, qu'elle aurait omis ou pris en considération à tort. Le grief de violation de l'art. 63 CP est dès lors infondé.