Citation: 2A.482/2000 02.11.2000 E. 2

2.- a) L'art. 13 lettre f OLE, selon lequel un étranger n'est pas compté dans les nombres maximums fixés par le Conseil fédéral, a pour but de faciliter la présence en Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient comptés dans ces nombres maximums, mais pour lesquels cet assujettissement paraîtrait trop rigoureux par rapport aux circonstances particulières de leur cas et pas souhaitable du point de vue politique. Cette disposition dérogatoire présente un caractère exceptionnel et implique que les conditions pour reconnaître un cas de rigueur soient appréciées restrictivement (ATF 124 II 110 consid. 2 p. 112 et la jurisprudence citée). b) En l'espèce, il n'est pas contesté que le recourant est arrivé en Suisse clandestinement à l'âge de dix ans et qu'il a des difficultés relationnelles, notamment avec de jeunes enfants; cela lui a valu d'être condamné pénalement et l'oblige à suivre un traitement psychiatrique. A cet égard, le fait que la seconde affaire pénale soit de nouveau en instruction n'est pas décisif pour l'appréciation d'un cas de rigueur au sens de l'art. 13 lettre f OLE, de sorte qu'il n'y a pas lieu de donner suite à la demande de suspension de la procédure présentée pas le recourant. Pour le reste, le Tribunal fédéral peut se rallier à la motivation contenue sur ce point dans la décision attaquée (art. 36 al. 3 OJ), ainsi que dans son arrêt précédent du 15 février 2000, pour constater que le recourant ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'une exception aux mesures de limitation au sens de l'art. 13 lettre f OLE. Par ailleurs, il y a lieu de confirmer la jurisprudence, selon laquelle les séjours illégaux en Suisse ne sont pas pris en compte (arrêts non publiés du 9 août 1995 en la cause Ademaj et du 6 juillet 1995 en la cause Prieto Mendoza), même lorsque, comme en l'espèce, il s'agit d'enfants qui dépendent à ce sujet entièrement de leurs parents. Il est vrai que la demande pour obtenir une autorisation de séjour sur la base de l'art. 13 lettre f OLE a été formulée à la suite de la décision du 9 mars 1999 de la Commission cantonale de recours de police des étrangers; celle-ci avait en effet retenu que si les actes commis par le recourant étaient graves sous l'angle de l'intérêt public, un renvoi de Suisse serait inopportun, compte tenu du contexte personnel très particulier de l'intéressé (atmosphère de violence familiale obligeant l'autorité tutélaire à intervenir, développement mental incomplet qui le rend incapable de gérer ses affaires et de se passer de secours permanents). Comme l'a relevé toutefois le Département intimé, si la situation personnelle du recourant et son état de dépendance nécessite qu'il poursuive son traitement médical en Suisse, cette circonstance devra être prise en considération lors de l'examen de la question du renvoi au Portugal, le cas échéant dans le cadre d'une autorisation de séjour pour raisons médicales fondée sur l'art. 33 OLE. c) En définitive, le Département fédéral de justice et police n'a donc pas violé le droit fédéral, ni abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant d'exempter le recourant des mesures de limitation.