Citation: 4A_458/2018 E. B

B.a. Le 27 mars 2012, l'employé a saisi la Chambre patrimoniale du canton de Vaud d'une action dirigée contre X.________ Sàrl et contre Y.________ LLC, succursale de yyy [sic]. Les prétentions émises en dernier lieu par le demandeur étaient les suivantes: 1) Réduction injustifiée de son salaire entre octobre et décembre 2011: - solde afférent au salaire de base: 81'950 fr. 40 - solde relatif aux frais de représentation ( Brokers rep. allowance) : 14'461 fr. 80 2) Frais professionnels divers : leasing du véhicule, téléphone mobile, essence et repas 21'744 fr. 00 3) Bonus 2008: - délivrer 8'742 actions, subsidiairement payer USD 64'601.30 - dividendes USD 22'029.85 bonus 2011 : 30'000 fr. 00 4) Dommage LPP différence sur les cotisations employeur entre l'ancien régime et le nouveau régime - année 2011: 36'358.00 - 1er trimestre 2012: 9'089.50 45'447 fr. 50 5) Licenciement immédiat injustifié : - solde de salaire jusqu'au 6 avril 2012: 155'455 fr. 35 - indemnité pour frais d'assurance-maladie: USD 1'250. 00 - vacances 2012: 17'625 fr. 50 - indemnité pour congé injustifié: (art. 337c al. 3 CO) 310'910 fr. 70 L'employé a en outre requis la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer dans la poursuite en cours. La Caisse cantonale de chômage a déposé une demande d'intervention contenant des conclusions en paiement de 8'572 fr. 80, soit l'équivalent des indemnités versées du 12 janvier au 6 avril 2012. Les deux défenderesses ont conclu au rejet des demandes. Elles ont opposé en compensation des créances découlant du fait que l'employé avait restitué avec retard les clés de l'appartement mis à sa disposition et avait occasionné des frais de remise en état. Une expertise financière a été mise en oeuvre. Statuant le 27 décembre 2016, la Chambre patrimoniale vaudoise a partiellement admis les demandes. En substance, elle a jugé que le demandeur avait été employé par X.________ Sàrl et par Y.________ LLC. La première avait signé le contrat de travail, édicté les « Terms and conditions » intégrés au contrat et envoyé les lettres de résiliation au demandeur. La seconde avait envoyé les bulletins de salaire et apparaissait comme employeuse sur le certificat de prévoyance professionnelle ainsi que sur les attestations de salaire destinées au fisc. Aussi devaient-elles répondre solidairement des dettes découlant du contrat de travail. Concernant les prétentions du demandeur elle a statué comme il suit: (reprise de l'ordre énoncé ci-dessus) 1) Le travailleur ne pouvait émettre aucune prétention du fait de la réduction de salaire qui avait été valablement appliquée entre octobre et décembre 2011. 2) Il avait droit au remboursement de frais professionnels par 21'743 fr. 95. 3) Il n'avait aucune prétention au titre de bonus pour les années 2008 et 2011. 4) Le changement non consenti d'institution de prévoyance et la baisse du montant des cotisations LPP fondait une prétention de 36'438 fr. 35. 5) Le licenciement immédiat était injustifié. Le travailleur avait droit au salaire (réduit) qu'il aurait touché jusqu'au 31 mars 2012, soit 26'640 fr. 20 bruts, sous déduction des cotisations sociales usuelles. Il avait en outre droit à 1'250 USD pour la participation à ses frais d'assurance-maladie, ainsi qu'à 486 fr. 50 pour les vacances 2012 non prises. Enfin, une indemnité de 16'455 fr. 65 devait lui être allouée au titre de l'art. 337c al. 3 CO. Quant aux défenderesses, elles pouvaient opposer en compensation une créance de 23'623 fr. 35 liée au bail contracté pour le demandeur, à déduire des montants alloués au demandeur. La caisse de chômage étant subrogée aux droits de l'employé, les défenderesses devaient lui rembourser 6'942 fr. 30 pour les indemnités versées entre le 12 janvier et le 31 mars 2012, à déduire de ce qui avait été alloué au demandeur. Enfin, la Chambre a ordonné la mainlevée définitive de l'opposition au commandement de payer. B.b. L'employé a fait appel de cette décision, suite à quoi X.________ Sàrl et Y.________ LLC ont déposé un appel joint. Le Tribunal cantonal vaudois a partiellement admis l'un et l'autre. En substance, l'autorité d'appel a statué comme il suit: (reprise de l'ordre énoncé ci-dessus) 1) La réduction de salaire appliquée entre octobre et décembre 2011 était justifiée dans son principe, mais trop importante (réforme du jugement). L'employé avait droit à un complément de salaire, soit 15'405 fr. 30 (3 x 5'135 fr. 10) à titre de salaire brut soumis aux cotisations sociales et 2'718 fr. (3 x 906 fr.) à titre de «frais de représentation». 2) Il avait droit au remboursement de frais professionnels par 21'579 fr. 94 (et non 21'743 fr. 95 comme retenu par les premiers juges). 3) Il ne pouvait prétendre à aucun bonus pour les années 2008 et 2011 (confirmation du jugement). 4) Il ne pouvait pas davantage être indemnisé pour le changement d'institution de prévoyance et la baisse des cotisations (réforme du jugement). 5) Le congé immédiat était injustifié (confirmation du jugement). L'employé avait droit au salaire fixe qu'il aurait touché jusqu'au 31 mars 2012, soit 57'745 fr. 05 bruts, soumis aux cotisations sociales, dont à déduire 17'272 fr. 10 pour les frais de logement déjà pris en charge (réforme quant aux montants). Il avait en outre droit à 1'250 USD pour la participation à ses frais d'assurance-maladie, ainsi qu'à 486 fr. 50 pour les vacances 2012 non prises (confirmation du jugement). Enfin, une indemnité de 15'395 fr. 15 devait lui être allouée au titre de l'art. 337c al. 3 CO (réforme quant au montant). Les défenderesses pouvaient opposer en compensation une créance de 10'746 fr. (et non de 23'623 fr. 35 comme retenu par les premiers juges). La caisse de chômage était subrogée à concurrence de 6'942 fr. 30 (confirmation du jugement). L'opposition formée dans la poursuite en cours devait être définitivement levée (confirmation du jugement).