Citation: 8C_303/2018 E. 6.3

6.3. En l'occurrence on ne saurait partager le point de vue de la CNA, selon lequel le niveau de qualification 3 (connaissances professionnelles spécialisées) s'impose au motif que l'assurée avait fait carrière dans l'entreprise qui l'employait car elle travaillait en qualité de cheffe d'équipe. Si le manque de formation, l'expérience professionnelle peu diversifiée et les faibles capacités d'adaptation dans un autre domaine d'activité ne peuvent entrer en considération pour qualifier d'irréaliste l'exercice d'une activité adaptée (cf. consid. 5.1 supra), on ne peut toutefois s'abstenir d'en tenir compte lorsqu'il s'agit d'indiquer le niveau de qualifications requises pour le poste de travail. Il convient ainsi de prendre comme référence une activité simple et répétitive. Par ailleurs on ne comprend pas pourquoi la CNA s'est référée à la branche des industries manufacturières (ligne 15-37 du tableau TA1), dès lors que l'activité exigible ne ressortit pas particulièrement à cette branche. Il y a lieu bien plutôt de se fonder sur une activité simple et répétitive, exercée par une femme, selon le tableau TA1 (total), niveau de qualification 4, de l'ESS 2004. Cela étant il y a lieu de retenir un gain de 3'893 fr. compte tenu d'une pleine capacité de travail et d'adapter ce montant en fonction de la durée hebdomadaire de travail dans les entreprises suisses en 2004 (41,6 heures), ce qui donne un montant de 4'048 fr. (3'893 : 40 x 41,6) Par ailleurs il n'y a pas de motif de mettre en cause le taux d'abattement de 5 % retenu par la CNA, de sorte que le revenu d'invalide doit être fixé à 3'845 fr. En comparant ce montant au revenu sans invalidité de 7'113 fr., on obtient un taux d'invalidité (arrondi) de 46 % ([7'113 - 3'845] : 7'113 x 100 = 45,94 %). Cela étant, l'intimée a droit, à compter du 1 er février 2004, à une rente d'invalidité fondée sur un taux d'incapacité de gain de 46 % au lieu de 100 %.