Citation: I 794/04 01.05.2006 E. 7

Sur le plan médical, seuls les docteurs J.________ (rapport du 19 février 2002) et V.________ (rapport du 22 avril 2002) se sont déterminés au sujet de l'incapacité ménagère subie par la recourante. Dans la mesure où le premier ne fait pas état d'une incapacité ménagère totale dans ses rapports des 10 novembre 2000 et 18 juillet 2001, les conclusions contraires qu'il prend dans son rapport du 19 février 2002 ne sauraient être décisives pour l'issue du présent litige, cela d'autant moins que selon la jurisprudence, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). Quant au docteur V.________, il indique dans son rapport du 22 avril 2002 que les troubles cardiaque et diabétique empêchent la recourante d'effectuer tous les gros travaux de nettoyage. Sur le plan articulaire, il observe en revanche que la gêne évoquée par le docteur J.________ dans son rapport du 10 novembre 2000 ne signifie pas que l'assurée ne soit pas en mesure d'accomplir les tâches ménagères. Il déduit des constatations des docteurs S.________ et M.________ - "status dans les limites de la norme" (cf. rapport du 4 juillet 2001) - que l'affection rhumatismale de la recourante était alors calme. Soulignant le caractère fluctuant de ces derniers troubles, il indique qu'il appartient à la recourante d'adapter l'accomplissement de ses travaux ménagers à son état de santé. Enfin, il met en évidence le caractère contradictoire des déclarations de l'intéressée laquelle se prévaut d'une incapacité ménagère de 100 % en même temps qu'elle admet être à même de préparer des repas simples et de remettre en ordre sa cuisine. Ce faisant, le docteur V.________ ne fournit aucune appréciation médicale personnelle au sujet de la capacité ménagère de la recourante. Or et contrairement à l'avis de ce dernier, la tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé de l'assuré et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités celui-ci est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de ce dernier (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1) dans le cadre d'une activité aussi bien lucrative que ménagère. A défaut d'avis médical pertinent au sujet de la capacité ménagère de la recourante et d'une enquête corrélative convaincante, il y aurait en principe lieu de faire procéder par un médecin à une nouvelle estimation des empêchements subis par l'assurée dans l'accomplissement de ses activités habituelles. Cependant, en regard de l'évolution de l'état de santé de cette dernière, un renvoi du dossier en ce sens équivaudrait à faire établir une évaluation médico-théorique de son incapacité ménagère, ce qui est contraire à la jurisprudence (cf. consid. 6.2 supra). En revanche, sur la base des constatations du rapport d'enquête économique sur le ménage et de l'état de santé de l'assurée tel qu'il ressort des rapports médicaux au dossier à l'époque de la décision litigieuse, il est légitime d'admettre que l'empêchement qu'elle subit dans le domaine de l'"Alimentation" s'élève à tout le moins à 50 % ce qui porte à 40,5 % le pourcentage global des empêchements subis par le recourante sur le plan ménager. Il en résulte un degré d'invalidité de 70 % au moins, lui ouvrant droit à une rente entière.