Citation: 1C_349/2023 E. 3.3

3.3. En l'espèce, le Tribunal cantonal a relevé que la DGE-BIODIV s'était déterminée sur la question d'un éventuel biotope dans le cadre de la procédure de recours. Il a en outre procédé à une inspection locale en présence notamment de cette autorité cantonale spécialisée, ainsi que de biologistes mandatés par les recourants et la constructrice. Les parties ont encore produit des rapports complémentaires à ce sujet, postérieurement à l'audience (note faunistique établie par le bureau S.________ du 30 juin 2022 et son complément du 27 septembre 2022; rapport du bureau T.________ d'août 2022). Au vu des différents rapports produits et surtout des constats faits par la DGE sur place, le Tribunal cantonal s'est estimé suffisamment renseigné. En substance, la cour cantonale a constaté que, dans la "note faunistique" du 30 juin 2022 (produite spontanément par les opposants), les deux biologistes du bureau S.________ proposent une analyse sommaire des enjeux "nature" liés au projet. Ces derniers évoquent la possibilité que la parcelle, qui n'est pas éclairée, offre un terrain de chasse pour les chauves-souris et que certains vieux arbres comportant des trous soient occupés par cet animal. Sur la base de ces constatations, ces biologistes recommandent de procéder à un suivi spécifique concernant les chauves-souris et une recherche de colonies potentiellement présentes dans les bâtiments riverains, ainsi qu'à une étude de l'importance de la parcelle dans une trame noire plus globale, reliant les massifs forestiers du nord de la ville au lac Léman. Cette note a encore été complétée le 27 septembre 2022. Au vu des différents rapports produits et surtout des constats faits par la DGE sur place, le Tribunal cantonal a considéré qu'il convenait de confirmer l'appréciation de l'autorité cantonale spécialisée selon laquelle, faute d'éléments indiquant avec un degré de vraisemblance suffisant la présence d'un biotope digne de protection, il n'y avait pas lieu d'ordonner une expertise portant sur cette question. Dans ses déterminations, l'OFEV estime, quant à lui, que la question de savoir si un biotope digne de protection se trouve sur la parcelle litigieuse n'a pas été suffisamment examinée. Il considère qu'on ne peut affirmer qu'aucune colonie de chauves-souris ne se trouve sur la parcelle concernée ou que cette parcelle ne joue pas un rôle important pour une telle colonie logée dans le quartier, en particulier comme terrain de chasse. L'OFEV relève que "l'expertise" de S.________ du 30 juin 2022 souligne d'emblée les conditions de terrain de chasse très favorables que présente le site. En outre, l'OFEV affirme avoir connaissance, dans les environs immédiats de la parcelle litigieuse, de la présence récente du ver luisant (Lampyris noctiluca) dont les exigences très spécifiques quant à son habitat (éclairage artificiel le plus faible possible) correspondent en partie aux exigences des chauves-souris. Selon l'OFEV, il existerait en l'espèce un faisceau d'indices que la parcelle offrirait des conditions très favorables aux besoins alimentaires des chauves-souris. Par ailleurs, les investigations chiroptérologiques proposées par S.________ ne seraient pas disproportionnées.