Citation: 6B_658/2008 06.02.2009 E. 3

Le recourant conteste sa condamnation pour agression pour différents motifs. Il relève qu'il n'a pas porté lui-même le coup de couteau blessant l'un des membres de la bande rivale et fait valoir qu'il n'était pas présent à ce moment. 3.1 Se rend coupable d'agression au sens de l'art. 134 CP celui qui participe à une agression dirigée contre une ou plusieurs personnes au cours de laquelle l'une d'entre elles ou un tiers a trouvé la mort ou subi une lésion corporelle. L'agression se caractérise ainsi comme une attaque unilatérale de deux personnes au moins, dirigée contre une ou plusieurs victimes, qui se contentent de se défendre. L'auteur doit participer à l'agression, sans qu'il soit forcément nécessaire qu'il commette des actes d'exécution. L'agression doit entraîner, pour la personne agressée ou un tiers, la mort ou une lésion corporelle. Celles-ci doivent résulter de l'agression ou des événements qui l'ont suivi immédiatement (cf. ATF 106 IV 253 consid. 3f). En effet, de même que dans le cas de la rixe (art. 133 CP), l'infraction est exclue si le rapport de causalité n'est pas suffisamment étroit (CORBOZ, Les infractions en droit suisse, N. 12 ad 133 CP et 11 ad 134 CP). Enfin, si l'auteur doit participer intentionnellement à l'agression, il n'est toutefois pas nécessaire qu'il veuille ou accepte qu'une personne soit tuée ou blessée. 3.2 En l'espèce, les conditions de l'agression sont réalisées. A.________, B.________ et le recourant ont attaqué une bande rivale, composée d'une vingtaine de personnes, qui ont pris la fuite. Selon l'état de fait cantonal, le recourant n'est pas resté en dehors de la bagarre, mais a poursuivi les fuyards, de sorte qu'il faut admettre qu'il a participé à l'agression. Peu importe à cet égard que le recourant ne soit pas l'auteur du coup de couteau qui a blessé C.________, membre de la bande rivale. L'agression est en effet une infraction de mise en danger abstraite; la participation de l'auteur à une agression suffit pour qu'il soit punissable, sans égard à sa responsabilité s'agissant de la lésion survenue. B.________ a blessé C.________ alors que le recourant était en train de poursuivre les membres de la bande rivale; il n'était dès lors pas présent, à proximité immédiate. Toutefois, le coup de couteau est dans un rapport étroit avec l'attaque de la bande rivale, puisque deux membres de cette bande étaient revenus en arrière pour s'en prendre à B.________ et que le coup de couteau est intervenu à ce moment. Ces éléments suffisent pour considérer que le recourant a participé à l'agression puisqu'une des personnes de la bande rivale a été blessée. Peu importe dès lors qu'il n'ait pas été à proximité immédiate à ce moment. Le recourant soutient enfin qu'il n'avait pas l'intention d'agresser la bande rivale; il fait valoir qu'il ne portait pas d'arme et ignorait que ses comparses étaient armés. L'arrêt cantonal retient, au contraire, que le recourant s'est rendu au parc dans le but de mener une expédition punitive à l'encontre d'une bande rivale. Par son argumentation, le recourant s'écarte donc de l'état de fait cantonal, sans pour autant en démontrer l'arbitraire, de sorte que son grief est irrecevable. Par ailleurs, il est sans importance que les participants aient été ou non armés, puisque l'agression consiste en un assaut physique, qui n'implique pas nécessairement l'usage d'une arme. Au demeurant, l'intention du recourant n'a pas besoin de porter sur la lésion subie par C.________, dès lors que la mort et la lésion sont une circonstance objective de punissabilité. Le recourant n'est en effet pas condamné pour avoir blessé C.________, mais pour avoir participé à une action collective hostile ayant entraîné une lésion corporelle. Au vu des faits retenus, c'est à juste titre que la cour cantonale a retenu le recourant coupable d'agression. Les griefs soulevés doivent être rejetés dans la mesure où ils sont recevables.