Citation: 6B_61/2015 E. 4.3.1

4.3.1. On comprend tout d'abord que l'autorité précédente a jugé probantes les déclarations de B.________ qui a en substance affirmé être tombé des nues en s'apercevant en octobre 2009 seulement que les montants transférés des comptes de A.________ SA à ceux de C.________ SA entre 2007 et 2009, dans le seul but invoqué de s'acquitter des salaires des employés de C.________ SA prêtés à A.________ SA, avaient en réalité été utilisés par le recourant à d'autres fins. B.________ a déclaré être la personne qui engageait le personnel de A.________ SA et de C.________ SA. L'instruction n'a pas établi - comme elle l'aurait dû - qui décidait du paiement des salaires, notamment quant au mode de paiement et au fait que ceux-ci soient ou non déclarés. B.________ a néanmoins reconnu que les compléments de salaire au noir admis par lui étaient versés aux employés " à sa demande " (arrêt attaqué, p. 11, 2e tiret). On ne peut que tirer de ces déclarations que B.________ n'était à tout le moins pas étranger aux questions d'engagement et de paiement des employés de A.________ SA et de C.________ SA. B.________ a déclaré que C.________ SA servait à A.________ SA pour obtenir du personnel en payant moins de charges et que l'argent versé sur le compte de C.________ SA par A.________ SA servait uniquement à payer le personnel de C.________ SA et les charges sociales afférentes dans le cadre de la mise à disposition dudit personnel. B.________ connaissait la situation de la trésorerie et des comptes bancaires de A.________ SA (arrêt, p. 28 ch. 3.3.2). Cela signifie qu'il devait voir que ces comptes étaient très clairement débités, chaque mois, durant près de trois ans, de plusieurs dizaines de milliers de francs, quasiment toujours en chiffres ronds, en faveur de C.________ SA (p. ex. 20'000 fr. en mai 2007 alors que le recourant travaillait pour A.________ SA depuis moins de six mois; 20'000 fr. en juin 2007, 20'000 fr. en juillet 2007 etc, cf. arrêt attaqué, p. 17). De tels transferts ne correspondent clairement pas à des paiements de salaires déclarés, ceux-ci étant rarement en chiffres ronds au vu notamment des charges sociales les grevant. B.________ n'a pas réagi. Le recourant soumettait à B.________ toutes les factures (arrêt attaqué, p. 14 let. h c). Or aucune des factures relatives à des salaires ne correspond aux montants transférés des comptes de A.________ SA à C.________ SA durant près de trois ans. Les montants indiqués dans la plainte, censés correspondre aux prestations fournies mensuellement par C.________ SA à A.________ SA ne correspondent ni de près ni de loin aux montants transférés des comptes de A.________ SA à C.________ SA pour les mois en question (respectivement pièces 13 à 15 et arrêt attaqué, p. 16 - 18). Ces aspects n'auraient pas dû échapper à B.________, qui connaissait les comptes de A.________ SA et à qui étaient soumises toutes les factures. B.________ dit avoir pris conscience des problèmes de trésorerie de A.________ SA au début de l'été 2008 (arrêt attaqué, p. 4 let. b). Il était donc attentif aux comptes de cette société à ce moment-là. Que des débits de plusieurs dizaines de milliers de francs aient continué régulièrement à être opérés, sans correspondre à aucune facture, ni à des montants destinés à acquitter des salaires déclarés ne devrait pas lui avoir échappé. Le contrat de travail du recourant a été résilié le 27 avril 2009 pour fin juin 2009 (arrêt attaqué, p. 5). Des transferts des comptes de A.________ SA à ceux de C.________ SA ont toutefois continué à être effectués par le recourant à hauteur de 85'000 fr. en avril 2009, 29'776 fr. 76 en mai 2009, 17'100 fr. en juin 2009, 10'000 fr. en août 2009. Ici encore, B.________, aurait dû avoir connaissance de ces débits, effectués même après le départ du recourant de l'entreprise en juin 2009. Dans ces circonstances, il est inconcevable de penser que B.________ ne se serait pas rendu compte que les montants importants quasiment toujours en chiffres ronds débités très régulièrement des comptes de A.________ SA en faveur de C.________ SA pendant près de trois ans (selon l'acte d'accusation pour un total de 1'448'810 fr.) ne correspondaient ni à des charges de salaires déclarées, ni aux factures de C.________ SA pour le personnel prêté à A.________ SA, factures qui lui étaient soumises et qui, selon B.________ était le seul motif de transfert admis de A.________ SA à C.________ SA. Au vu de ce qui précède, l'autorité précédente a fait preuve d'arbitraire en accordant du crédit aux déclarations de B.________, sans expliquer plus avant comment cela avait pu se passer compte tenu des connaissances qu'avait celui-ci des comptes et de la trésorerie.