Citation: 9C_761/2012 E. 5.4

5.4. Concernant le caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux persistant, il n'y a pas lieu de s'écarter du point de vue des premiers juges, selon lequel l'état douloureux n'était pas d'une gravité telle au regard des critères jurisprudentiels déterminants - correctement exposés dans le jugement entrepris (cf. ATF 132 V 65 consid. 4.2.2 p. 71 sv.) - qu'il empêchait le recourant de fournir l'effort d'exigibilité en vue de surmonter sa douleur et de réintégrer le monde du travail. En effet, l'épisode dépressif léger jugé sans répercussion sur la capacité de travail par les experts de V.________ ne permettait pas de conclure à l'existence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée (cf. ATF 130 V 352 consid. 2.2.3 p. 354; 132 V 65 consid. 4.2.2 p. 71). En ce qui concerne les autres critères développés par la jurisprudence, seul celui de la perte sociale dans toutes les manifestations de la vie est contesté par le recourant. Il ressort des différents éléments anamnestiques recueillis que l'apparition des troubles n'a pas modifié les habitudes sociales du recourant, son étayage relationnel se limitant aux contacts qu'il entretient avec sa famille. On ne peut, dès lors, parler de perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. Les constatations de la juridiction cantonale portant sur l'état psychique cristallisé et l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art, n'étant pas remises en cause par l'intéressé, il n'y a pas lieu de s'en écarter (cf. art. 105 al. 2 LTF). La juridiction cantonale a limité la portée de son examen au sujet du caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux en laissant ouverte la question d'un droit éventuel à une demi-rente avant l'année 2007. Or, il n'apparaît pas qu'il existait à l'époque des limitations psychiatriques telles qu'elles auraient pu conduire à un résultat différent. En effet, le diagnostic de dysthymie (dépression chronique) retenu à l'époque par les experts de l'Hôpital psychiatrique Y.________ (cf. rapport du 26 mars 2004) ne permettait pas de fonder une comorbidité psychiatrique indépendante selon la jurisprudence (cf. ATF 130 V 352 consid. 3.3.1 in fine p. 358). Dès lors, la juridiction cantonale aurait dû constater qu'avant 2007 déjà, le trouble douloureux somatoforme ne présentait pas un caractère suffisamment grave pour empêcher le recourant de fournir l'effort de volonté raisonnablement exigible pour exercer partiellement une activité professionnelle et ainsi réintégrer le marché du travail. Il convient par conséquent de compléter les constatations des premiers juges sur ce point (cf. art. 105 al. 2 LTF; supra consid. 1). Cela n'a toutefois aucune conséquence pour le recourant, puisque l'intimé a renoncé à réclamer les prestations perçues sans fondement juridique jusqu'au moment du prononcé de sa décision du 22 avril 2010 (cf. également art. 25, 2ème phrase, LPGA).