Citation: 4C.226/2000 06.02.2001 E. 1

d) Conformément à l'art. 272 al. 2 let. c CO, le juge doit, en particulier, se fonder sur la situation personnelle, familiale et financière des parties, ainsi que sur leur comportement. Ce dernier critère n'entre en ligne de compte que dans la mesure où l'attitude du locataire ne constitue pas, au sens de l'art. 272a al. 1 let. a et b CO, un cas d'exclusion d'une prolongation de bail à la suite d'un congé donné pour cause de demeure due à un retard dans le paiement du loyer (art. 257d CO) ou de violation grave par le locataire de son devoir de diligence ou des égards dus aux voisins (art. 257f al. 3 et 4 CO). Cependant encore faut-il que les faits reprochés au locataire atteignent un certain degré de gravité (David Lachat, Le bail à loyer, p. 502, n. 3.7; voir également Engel, Contrats de droit suisse, 2e édition, p. 212), les violations du contrat qui procèdent d'une bagatelle n'étant pas à prendre en considération (Higi, Commentaire zurichois, n. 180 ad art. 272 CO). En l'espèce, s'il est constant que les défendeurs contreviennent à une clause du contrat de bail en hébergeant un chien dans leur appartement, il n'en demeure pas moins que la présence de l'animal en question n'a eu aucune incidence à l'égard des autres locataires et qu'il n'a entraîné ni nuisances ni dégradations de l'immeuble, selon les témoignages rapportés dans l'arrêt attaqué. D'autre part, il faut relever que le chien considéré, de race Yorkshire, est de petite taille et qu'il ne paraît guère plus gros qu'un chat, animal dont la présence n'est pas prohibée d'après les faits constatés de manière à lier le Tribunal fédéral par l'autorité cantonale (art. 63 al. 2 OJ). On reproche donc aux locataires une violation purement formelle du contrat; celle-ci a déjà été sanctionnée par la résiliation du bail, mesure qui constitue en soi un avertissement sérieux pour les autres locataires de l'immeuble qui seraient tentés d'accueillir un chien dans leur appartement. Dès lors, on ne peut sérieusement faire le grief à l'autorité cantonale d'avoir surtout pris en considération la situation personnelle des locataires et le fait que l'animal incriminé était un facteur stabilisant pour leur fils aîné. Quant à la durée du bail (art. 272 al. 2 let. b CO), conclu en été 1995, on ne voit pas qu'elle constitue en l'occurrence un élément faisant apparaître comme trop longue la prolongation litigieuse. En d'autres termes, la Chambre des recours n'est pas sortie des limites fixées par la loi en confirmant une prolongation de bail de deux ans. Le recours principal doit être rejeté. En ce qui concerne le recours joint: