Citation: 6B_1435/2017 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a exposé que D.________ s'était fondé sur l'aiguille du tachymètre bloquée sur 80 km/h afin d'estimer la vitesse du motocycle au point de collision. Or, l'expert judiciaire avait expliqué que, pour que cette appréciation fondée sur le tachymètre fût probante, il aurait fallu, d'une part, connaître le rapport de vitesse engagé et, d'autre part, que l'indicateur du compte-tours eût également été bloqué sur une valeur compatible avec les deux paramètres précédents. Il avait en outre indiqué que les déformations visibles sur la partie inférieure du flanc droit du véhicule du recourant n'étaient pas compatibles avec une vitesse de collision de 72 km/h, ni avec le poids du motocycle, lesquels avaient été pris en compte de manière erronée par D.________. Il avait encore précisé que les traces de freinage et la chute confirmaient que les roues s'étaient bloquées, de sorte que la vitesse affichée au compteur ne pouvait pas correspondre à la vitesse de collision du motocycle, lequel avait subi deux chocs consécutifs. F.________ avait également estimé que le rapport de D.________, qui contenait des incohérences et des inexactitudes majeures, devait être écarté. Même si l'intéressé avait été mandaté par l'assureur du motocycliste, ses arguments étaient similaires à ceux de l'expert judiciaire. Il avait ainsi exposé, de manière documentée, que la méthode utilisée par D.________ n'était pas fiable, dès lors que plusieurs éléments n'étaient pas réunis, dont un choc pratiquement frontal, l'absence d'indication concernant un second choc ou encore le fait que le véhicule ne se fût pas retourné. Il avait aussi constaté que l'énergie de déformation déterminée était trop élevée. Selon la cour cantonale, les déterminations de D.________ sur les conclusions de l'expert judiciaire et sur celles de F.________ n'étaient pas non plus convaincantes. Celui-ci avait expliqué que le tachymètre du motocycle était pourvu d'un moteur "pas à pas" commandant la position de l'aiguille, laquelle était activement rapprochée de la position "zéro" en cas de coupure du contact mais, en cas de coupure brusque de l'alimentation, ne pouvait qu'être modifiée par d'autres forces. Or, en l'occurrence, il était établi que le motocycle s'était couché sur le flanc droit, qu'il avait subi un double choc et que la jauge d'essence avait été détruite. Le tableau de bord de l'engin avait donc subi des forces potentiellement propres à modifier la position des aiguilles des compteurs et jauge malgré la coupure d'alimentation qui aurait suivi le premier choc. L'autorité précédente a enfin estimé que les critiques de D.________ concernant les "crash tests" utilisés comme référence par l'expert judiciaire et par F.________ - lesquels avaient tous deux indiqué que les traces observées sur le fourgon n'étaient pas compatibles avec une collision à 72 km/h - étaient également infondées. Selon elle, D.________ lui-même avait tenu compte d'une charge erronée pour le motocycle. Par ailleurs, l'expert judiciaire s'était référé à son expérience ainsi qu'aux "crash tests" disponibles, tout en précisant que, comme la plupart de ces tests ne correspondaient pas exactement au cas d'espèce, les vitesses de collision retenues s'inscrivaient dans un créneau relativement important. En définitive, pour la cour cantonale, D.________ s'était fondé sur une méthode non fiable pour estimer la vitesse du motocycle impliqué dans l'accident, contrairement à l'expert judiciaire, qui s'était basé sur les traces de freinage et de ripage au sol ainsi que sur les dégâts observés sur le motocycle et le fourgon.