Citation: U 307/05 08.01.2007 E. 6

6.1 La recourante soutient que les conclusions de l'expert judiciaire ne sont pas convaincantes. En particulier, le fait que l'intimée n'avait jamais souffert du dos avant l'événement accidentel n'est pas pertinent en ce qui concerne la question de la causalité. Il ressort de l'anamnèse que l'instabilité lombaire est ancienne, ce qui permettait de dénier à l'atteinte tout caractère traumatique. Du reste, les radiographies effectuées après l'événement du 27 mai 2000 n'ont pas mis en évidence de lésions osseuses, lesquelles accompagnent nécessairement une hernie discale traumatique. Par ailleurs, l'événement accidentel n'a été que de gravité très moyenne. Même s'il avait vraisemblablement déclenché la hernie discale, il n'était pas propre à la provoquer. Or, en présence d'une influence étiologique partielle, il faut considérer que les troubles engendrés par un traumatisme ne pouvaient s'étendre au-delà d'une période comprise entre six mois et une année, de sorte qu'en mettant un terme à ses prestations avec effet au 13 mars 2001, la recourante avait correctement tenu compte des principes médicaux et jurisprudentiels applicables au cas d'espèce. 6.2 Avec la recourante, il faut admettre qu'en l'absence de réelle motivation ou explication sur la persistance des troubles, les réponses de l'expert apparaissent dictées par le principe «post hoc ergo propter hoc», auquel le Tribunal fédéral des assurances n'accorde aucune valeur probante (cf. ATF 119 V 341 sv. consid. 2b/bb; RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv. consid. 3b; comp. RAMA 2003 no U 489 p. 359 in fine consid. 3.2). Par ailleurs, l'expert n'a pas exposé concrètement le mécanisme du cisaillement du disque L4-L5, auquel il attribue l'origine de la hernie discale paramédiane dont souffre l'assurée. Il a ainsi donné une explication générale à la survenance de cette affection, en indiquant qu'un choc sur la colonne lombaire pouvait être à l'origine d'un cisaillement du disque qui permet ensuite la constitution d'une hernie discale pour en conclure que la thèse de l'origine accidentelle de l'instabilité lombaire prédominait en l'occurrence. Pris isolément, pareil avis émanant d'un expert judiciaire pourrait emporter la conviction du juge, dès lors que son rapport propose une origine apparemment cohérente et plausible aux troubles de l'assurée, cela sous réserve de sa valeur probante. Tel n'est cependant plus le cas lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions contraires, aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert. 6.3 Dans le cas d'espèce, l'avis du docteur R.________ ainsi que les objections du docteur K.________ sont propres à mettre en doute les conclusions de l'expert judiciaire. 6.3.1 S'appuyant sur la littérature médicale, le docteur K.________ a estimé que l'étiologie de la discopathie lombaire, dont l'un des aboutissants est l'hernie discale, est multifactorielle. Il expose qu'elle inclut des facteurs biomécaniques, héréditaires, environnementaux, immunologiques et biochimiques, la prédisposition génétique étant le facteur prépondérant. Compte tenu de la simple contusion du dos subie par l'intimée, de l'absence de symptômes lombosciatalgiques juste après le traumatisme et du fait que l'intimée n'était pas asymptomatique avant l'accident, ce praticien a conclu que la lombosciatique qui s'était développée après l'accident reflétait une pathologie discale chronicisée depuis longue date. Elle représentait une entité maladive autonome et l'influence d'un choc direct sur son décours ne pouvait être taxée que de coïncidence ou, en admettant l'hypothèse d'une aggravation imputable à cette contusion, elle n'avait été que passagère, la pathologie sous-jacente assurant après brève échéance le relais étiologique. Par conséquent, il était parfaitement licite de conclure au rétablissement du statu quo sine avant la spondylodèse pratiquée le 15 mars 2001. 6.3.2 Pour sa part, le docteur R.________, lequel a pratiqué l'intervention du 15 mars 2001, affirmait, dans une lettre adressée le 8 août 2002 à la mandataire de l'intimée, que plusieurs documents parlaient de sérieux épisodes répétitifs de blocages dès les années 1990, que l'accident déclaré représentait un traumatisme mineur pour la région lombaire, que les radiographies montraient une instabilité ancienne avec signe radiologique chronique, tout ceci ayant débouché sur une indication de spondylodèse L4-L5 pratiquée le 15 mars 2001. Il ajoutait que cette intervention n'était jamais effectuée en cas d'instabilité aiguë traumatique, mais bien dans des situations extrêmement chronicisées. Ce médecin paraît certes s'être ravisé - mais de manière peu convaincante - en indiquant, toujours dans une lettre adressée à la mandataire de l'intimée (cf. lettre du 30 mai 2003), qu'il s'était peut-être trompé en mentionnant un épisode de lombosciatalgies survenu en 1990.