Citation: 1A.186/2000 01.09.2000 E. 5

5.- La recourante invoque le principe de la spécialité. Le résultat des investigations menées en Suisse aurait été publié en détail dans la presse argentine, et une remise sous scellés serait insuffisante pour prévenir les fuites, assimilables selon elle à des défauts graves de la procédure au sens de l'art. 2 let. a EIMP. Les informations seraient ainsi accessibles à l'administration fiscale. a) Consacré en matière d'entraide judiciaire à l'art. 76 EIMP, le principe de la spécialité empêche l'Etat requérant d'utiliser les renseignements et documents remis à d'autres fins que la répression des infractions pour lesquelles la Suisse a accordé sa collaboration, en particulier pour les besoins de procédures fiscales. Toutefois, de même que seule la personne poursuivie peut se prévaloir des vices de procédure mentionnés à l'art. 2 EIMP - pour autant qu'elle en subisse concrètement les conséquences, ATF 125 II 356 précité -, seule la personne susceptible de subir les conséquences d'une violation de ce principe a qualité pour s'en prévaloir. Elle n'est donc pas habilitée à soulever cet argument au bénéfice de tiers, faute de disposer d'un intérêt suffisant (arrêt non publié du 2 avril 1992 dans la cause J.). Le principe de la spécialité tend également à protéger la souveraineté de l'Etat requis, mais le particulier n'a pas non plus qualité pour agir dans ce sens. b) En l'espèce, la banque F.________ ne prétend pas qu'une procédure fiscale serait en cours, ou risquerait d'être ouverte à son encontre. Par ailleurs, elle n'a pas, comme cela est relevé ci-dessus, qualité pour agir au nom de ses clients qui, par hypothèse, courraient un tel risque. Si des informations ont été indûment communiquées à la presse, cela ne signifie d'ailleurs pas encore que l'Etat requérant envisage une utilisation des documents remis par la Suisse dans le cadre de procédures fiscales. L'argument doit donc, lui aussi, être écarté.