Citation: 4A_436/2020 E. 7.1.1

7.1.1. Pendant plus de deux ans, jusqu'à l'appel de marge, la recourante n'a pas émis la moindre contestation ou réserve à propos des opérations exécutées par la banque sur la base de ses instructions. En tant que cliente partie à des contrats OTC avec l'intimée, elle n'a jamais remis en cause le prix des options que la banque lui décomptait. Elle n'a à aucun moment cherché à savoir comment étaient valorisées les options placées dans son portefeuille, ni à connaître le détail de calcul des premiums liés à toutes les transactions sur options opérées durant cette période. Ce n'est que lorsque les risques de la stratégie spéculative décidée par elle-même se sont réalisés et qu'un litige est survenu avec la banque que la recourante a changé d'attitude et voulu contrôler toute l'activité bancaire depuis le début des relations contractuelles, émettant l'hypothèse d'une rémunération cachée et donc indue perçue par l'intimée. Or, il n'est guère douteux que le rassemblement des pièces et informations réclamées à présent par la recourante, portant sur toutes les données relatives aux paramètres utilisés pour valoriser les options et calculer les premiums pour chaque transaction sur plusieurs années, exigerait un travail considérable de la part de la banque, lequel apparaît disproportionné dans les circonstances de l'espèce. L'élément nouveau que constitue l'effondrement de l'euro à la suite de l'abandon du taux plancher est un facteur non imputable à l'intimée et ne saurait justifier en lui-même que la banque fournisse des explications sur la manière dont les options étaient valorisées et les primes calculées durant la longue période en jeu. En tout état de cause, il ne suffit pas non plus, dans le présent contexte, d'émettre une simple hypothèse - la perception de commissions occultes - pour bannir la disproportion entre l'éventuel intérêt de la cliente à la reddition de compte sur ce laps de temps et l'intérêt de l'intimée à ne pas avoir à reconstituer une quantité très importante de données bancaires.