Citation: 6B_852/2009 17.12.2009 E. 1

Le recourant conteste sa condamnation pour escroquerie dans les deux premiers cas mentionnés ci-dessus (consid. A.a et A.b). La tromperie n'aurait pas de caractère astucieux. 1.1 Le juge pénal n'a pas à accorder sa protection à celui qui est tombé dans un piège qu'un peu d'attention et de réflexion lui aurait permis d'éviter. Selon la jurisprudence, la tromperie est astucieuse au sens de l'art. 146 CP non seulement lorsque l'auteur recourt à un édifice de mensonges, à des manoeuvres frauduleuses ou à une mise en scène, mais aussi lorsqu'il donne simplement de fausses informations, si leur vérification est impossible, ne l'est que difficilement ou ne peut raisonnablement être exigée, de même que si l'auteur dissuade la dupe de vérifier ou prévoit, en fonction des circonstances, qu'elle renoncera à le faire en raison d'un rapport de confiance particulier (ATF 133 IV 256 consid. 4.4.3 p. 264 s. et les réf.). Celui qui promet une prestation sans avoir l'intention de l'exécuter agit astucieusement parce qu'en promettant, il donne le change sur ses véritables intentions, ce que la dupe est dans l'impossibilité de vérifier (ATF 118 IV 359 consid. 2 p. 361). Une co-responsabilité de la dupe n'exclut l'astuce que dans des cas exceptionnels (ATF 135 IV 76 consid. 5.2, spéc. p. 81). 1.2 Lors de la location de matériel de sonorisation et d'éclairage, le recourant voulait, dès le départ, tromper la victime (arrêt entrepris, consid. B.1, p. 2). Cette constatation de fait (cf. ATF 132 IV 112, consid. 3.1, p. 116 et la réf.) lie la cour de céans (art. 105 al. 1 LTF). Elle ne peut avoir d'autre sens que l'intention de ne pas s'acquitter du loyer convenu. Par ailleurs, le matériel a été loué en deux fois. Il s'agissait à chaque fois d'un montant de 500 fr. environ. De tels contrats peuvent être considérés comme des opérations courantes dans le négoce en question. Pour ce motif déjà, le commerçant n'avait pas à prendre des précautions particulières. Il avait d'autant moins à le faire que le recourant était accompagné d'un client régulier. On ne saurait, dans ces conditions, reprocher aux autorités cantonales d'avoir retenu l'astuce. Pour le surplus, le recourant reproche en vain à la cour cantonale d'avoir retenu de manière arbitraire (art. 9 Cst. en corrélation avec l'art. 97 al. 1 LTF) qu'il s'était « fait accompagner » d'un client régulier pour obtenir ce matériel. Pour les motifs exposés ci-dessus, déterminer plus précisément si le recourant a simplement profité, au moment de signer un contrat, de la présence de cette personne ou s'il a lui-même créé cette opportunité en vue de l'exploiter est sans pertinence pour l'issue du litige, ce qui exclut le grief d'arbitraire (v. sur cette notion, p. ex.: ATF 135 V 2 consid. 1.3 et les références p. 4 et 5; 134 I 140 consid. 5.4 et les arrêts cités p. 148). 1.3 Quant aux billets d'avion, le recourant discute le comportement de l'employée de l'agence de voyage, qui aurait manqué aux devoirs de prudence les plus élémentaires en ne prenant aucune mesure pour vérifier son identité. Les procédures de contrôle usuelles en matière de cartes de crédit (numéro, date limite de validité, code CVV; cf. arrêt non publié du 22 juillet 2005, 6S.90/2005) auraient été négligées. Le recourant s'est, par téléphone, fait passer pour un tiers, qu'il savait avoir acheté, auprès de la même agence de voyage, un billet d'avion pour Malaga quelques jours auparavant. Il a expliqué avoir réservé auprès d'une compagnie aérienne quatre autres vols pour la même destination, mais que cette compagnie exigeait, pour délivrer les billets, une copie de sa pièce d'identité, qu'il était dans l'impossibilité de produire parce qu'il se trouvait sur les pistes de ski (arrêt entrepris, consid. B.3, p. 3). L'employée savait qu'un billet avait déjà été réservé et apparemment payé au moyen de sa carte de crédit par le tiers (arrêt entrepris, consid. 4, p. 16). Le recourant a donc tout d'abord dissimulé son identité en usurpant celle de ce dernier. En précisant qu'il était dans l'impossibilité de fournir une copie d'une pièce d'identité en raison de sa situation, il a ensuite découragé l'employée de vérifier plus avant ses coordonnées. Mais, surtout, il a exploité habilement, à son avantage, ce qu'il savait de la commande précédente passée par le client de l'agence de voyage. Cette information précise sur la destination du vol ne pouvait que conforter l'employée de l'agence dans la certitude qu'elle avait à faire à la même personne et la détourner de réitérer les vérifications de ses coordonnées de paiement. L'astuce réside dans le fait d'avoir présenté subtilement à la dupe une situation dans laquelle ces vérifications avaient déjà été effectuées auparavant et apparaissaient ainsi inutiles.