Citation: I 567/04 16.11.2005 E. 5

Pour rendre leurs conclusions, les médecins du COMAI ont procédé à un examen clinique complet de l'assurée et se sont adjoints les services d'un médecin-psychiatre, le docteur B.________. Ce dernier a retenu un probable syndrome somatoforme douloureux persistant et un antécédent d'épisode dépressif en rémission actuelle sous traitement. Il a relevé que l'enfance marquée par un travail précoce et la responsabilité d'aînée d'une nombreuse fratrie au sein d'un milieu modeste pouvaient être à l'origine de la symptomatologie douloureuse. D'après l'expert-psychiatre, l'émigration en Suisse semble avoir constitué une fragilisation supplémentaire pour l'assurée qui avait déjà été confrontée à celle de son père, lequel a été victime d'un accident professionnel à l'étranger. Le contexte était encore alourdi par l'emprisonnement de son frère et le fait que l'assurée avait dû prendre à sa charge l'une de ses nièces. Compte tenu de ce contexte et des antécédents dépressifs, l'expert a considéré qu'il était important de « légitimer » la patiente dans sa symptomatologie douloureuse en lui reconnaissant une capacité de travail diminuée, dont la part psychiatrique pouvait compter pour 50 %. Dans leur appréciation globale du cas, les experts ont mentionné que l'assurée avait été en mesure d'effectuer un travail relativement lourd pendant plusieurs années. Par la suite, elle avait fait preuve, au cours du stage au COPAI, d'un rendement tout à fait satisfaisant ainsi que d'une volonté à travailler. Le collège d'experts s'est éloigné de l'avis du consultant en psychiatrie, dans la mesure où il a estimé que l'assurée possédait encore des ressources, à savoir une bonne cohésion familiale, le soutien de ses filles et de son mari, un âge relativement jeune et une probable capacité de cuisinière. Il a conclu que la capacité de travail de l'assurée était de 70 % dans une activité adaptée, excluant les travaux lourds et les ports de charges supérieures à 15 kg ainsi que les mouvements répétitifs en porte-à-faux du rachis. Ce taux se situait entre celui de 50 % retenu par son médecin traitant et celui de 100 % retenu par le docteur L.________. Dans ce contexte, on ne saurait suivre l'argumentation de la recourante d'après laquelle il conviendrait de prendre isolément en considération le rapport établi par le psychiatre B.________ pour le COMAI. En effet, le but de l'expertise pluridisciplinaire est d'obtenir une collaboration entre différents praticiens et d'éviter les contradictions que pourraient entraîner des examens trop spécialisés, menés indépendamment les uns des autres. En l'espèce, il convient de s'attacher à la discussion globale menée par les experts du COMAI plutôt qu'aux rapports forcément sectoriels et limités des différents spécialistes consultés en cours d'expertise (arrêt T. du 4 juillet 2005 [I 228/04]).