Citation: U 282/02 10.02.2004 E. 5

5.1 En ce qui concerne le diagnostic de syndrome cervical douloureux chronique, le recourant soutient qu'il est atteint d'une lésion du ligament alaire causée par son accident de vélo, ainsi que l'auraient retenu les docteurs H.________, E.________ et I.________, de même que les docteurs F.________ et L.________. 5.2 A la lecture des rapports émis par ces médecins, on constate que la doctoresse E.________ ne faisait que suspecter une lésion du ligament alaire à droite (rapport du 4 février 1999), tandis que le docteur I.________ émettait des réserves quant à la nature traumatique d'une telle lésion (rapports des 3 et 25 janvier 2000); pour sa part, le docteur F.________ faisait état d'une instabilité C1/2, sans toutefois se prononcer sur les causes de celle-ci - ni mentionner le diagnostic de lésion du ligament alaire - (rapport du 26 mai 1999 et courrier du 17 juin suivant); enfin, le docteur H.________ s'est contenté d'indiquer que «l'IRM parle en faveur d'une instabilité latérale C1-C2, probablement consécutive au traumatisme crânio-cervical de 1995» sans motivation plus précise (rapport du 27 janvier 2000). Ces avis ne sont donc pas de nature à mettre en doute l'appréciation du docteur J.________, sur laquelle se sont fondés les experts de la Policlinique Y.________ pour rendre leurs conclusions. 5.3 Le docteur L.________ est le seul parmi les nombreux spécialistes qui se sont penchés sur la situation du recourant à affirmer l'existence d'une rupture du ligament alaire droit dont l'origine serait très probablement l'accident du 28 octobre 1995. Toutefois, son appréciation repose sur une analyse critique de l'expertise du 6 février 2001, et non pas sur des constatations médicales objectives; comme il l'admet du reste lui-même (complément du 1er mars 2002), «sans vouloir essayer d'apporter une preuve positive du diagnostic», il a cherché à remettre en cause l'avis du docteur J.________. Son rapport, qui, au demeurant, ne remplit pas les critères jurisprudentiels relatifs à la valeur probante d'un rapport médical, notamment parce que le praticien n'a pas examiné le recourant, ne saurait donc suffire pour établir, au degré de la vraisemblance prépondérante, l'existence d'une lésion du ligament alaire, ni, partant, d'une relation de causalité naturelle entre cette atteinte et l'accident du 28 octobre 1995. Cela étant, c'est en vain que le recourant tente d'opposer les considérations émises par le docteur L.________ à celles du docteur J.________. En effet, les critiques formulées par le premier nommé à l'égard de l'avis de son confrère reposent essentiellement sur de nouvelles hypothèses. D'une part, le docteur L.________ se fonde sur «une lecture personnelle» du dossier radiologique qui, comme il le souligne, ne «coïncide pas nécessairement avec les rapports radiologiques originaux». Ainsi, il est le seul à constater un désalignement de l'apophyse épineuse de C2 qui n'a jamais été décrite dans le dossier médical du recourant, laquelle démontrerait l'inexactitude de l'avis du docteur J.________ quant à une anomalie congénitale. L'argumentation du neurologue repose, d'autre part, sur une reconstruction hypothétique du déroulement de l'accident relative à la position de la tête au moment du choc au sol qui n'apparaît pas plus convaincante que l'explication du docteur J.________. En particulier, on ne comprend pas pourquoi si, comme l'a admis ce dernier, le recourant était tombé en avant la tête en rotation droite, il serait difficile, comme le fait valoir le docteur L.________, d'expliquer les éraflures et l'impact traumatique de l'épaule gauche (p. 10 de son rapport du 25 octobre 2001). Enfin, à l'instar des premiers juges, on constate que la divergence soulevée par le docteur L.________ quant à la vitesse à laquelle roulait le recourant au moment de son accident n'est pas non plus déterminante, dès lors que celle-ci ne constitue pas en l'espèce, aux dires du médecin, une modification fondamentale des données. Si une vitesse plus élevée rend davantage plausible, selon lui, une lésion cervicale structurale, on ne saurait toutefois y voir une circonstance remettant fondamentalement en cause les appréciations médicales antérieures au dossier qui indiqueraient une vitesse inférieure; au demeurant si celle-ci est mentionnée par certains spécialistes ayant examiné le recourant, aucun ne se fonde toutefois sur cet élément pour étayer son avis. Dans ces circonstances, il n'y a pas lieu de s'écarter des conclusions de l'expertise du 6 février 2001. Le dossier est par ailleurs suffisamment instruit au plan médical, si bien que d'autres mesures probatoires s'avèrent superflues.