Citation: 4A_282/2017 E. 3.1

3.1. Force est ici de constater que, dans l'arrêt de renvoi, le Tribunal fédéral a retenu que le prix figurant dans le courrier de l'acheteur du 21 août 2008 reposait " sur ses propres calculs " (le réviseur ayant effectué sa nouvelle évaluation sur la base des seules remarques de l'acheteur), que ce prix n'était pas correct (i.e. pas calculé par un réviseur conformément à la convention), que de nombreuses irrégularités entachaient le calcul du prix (arrêt de renvoi consid. 3.6.4), que le vendeur ne pouvait être contraint de s'y fier " aveuglément " et que seul le prix calculé par le réviseur " en application de la méthode de calcul figurant à l'annexe 3 (...) [pouvait être imposé] au vendeur et à/aux acquéreur (s) " (arrêt de renvoi consid. 3.2). Cela étant, la Cour de céans a jugé, d'une part, que seule une expertise judiciaire permettrait d'établir le prix correct du certificat d'actions. D'autre part, en retenant que le vendeur ne pouvait pas savoir si le prix figurant dans la proposition du 21 mai 2008 correspondait ou non au prix qui résulterait d'une application correcte de la méthode prévue par les parties, le Tribunal fédéral a, matériellement, jugé - même s'il n'a pas statué formellement sur l'exécution dans son dispositif - que l'offre de l'acheteur n'était pas valable et que l'exception d'inexécution était admise. Autrement dit, on ne peut retenir rétrospectivement que l'acheteur a valablement offert (le 21 août 2008) de verser un prix conforme à la convention d'actionnaires, au motif que le montant (soit le résultat du calcul entrepris par le réviseur) qu'il proposait se révèle finalement (au moment où l'expert judiciaire rend son rapport) égal ou même supérieur au prix correct (calculé par l'expert conformément à la méthode convenue). Un éventuel comportement abusif du vendeur (ici non pertinent) est toutefois réservé (cf. GREGOR WIGET, Die Durchsetzung von Ansprüchen aus synallagmatischen Verträgen nach zürcherischer Zivilprozessordnung, 1980, p. 32, et les auteurs cités, qui traite de la dation en vue du paiement qui implique la même problématique). Partant, les autorités précédentes n'avaient plus, après le prononcé de l'arrêt de renvoi, le droit de revenir sur la question de l'exception d'inexécution ni d'entreprendre de nouvelles constatations à cet égard.