Citation: 6B_1153/2018 E. 2.6

2.6. Se prévalant également d'une violation de son droit d'être entendu, le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir nié toute force probante aux deux expertises privées qu'il a produites. Il ressortirait de celles-ci que le test Phadebas, qui aurait été utilisé par le CURML dans le cadre de son analyse du 26 juillet 2017, ne serait pas un test spécifique à la salive et qu'il serait connu pour donner des réactions faussement positives, le test en question ne faisant que détecter l'amylase, une enzyme digestive également présente dans les sécrétions vaginales, la matière fécale ou la sueur. Ces expertises privées établiraient également qu'il n'était pas envisageable que le sexe de C.________ ait pu être léché dans la mesure où un test spécifique à la salive (test R-SID Saliva), pratiqué directement sur le sexe de l'enfant, aurait détecté jusqu'au nanolitre de salive. L'expertise privée n'a pas la même valeur probante qu'une expertise judiciaire, l'expert mandaté par une partie n'étant ni indépendant ni impartial. Ainsi, les résultats issus d'une expertise privée réalisée sur mandat du prévenu sont soumis au principe de la libre appréciation des preuves et sont considérés comme de simples allégués de parties (ATF 142 II 355 consid. 6 p. 359). Le juge n'en est pas moins tenu d'examiner si l'expertise privée est propre à mettre en doute, sur les points litigieux importants, l'opinion et les conclusions de l'expert mandaté par l'autorité (ATF 141 IV 369 consid. 6.2 p. 374 et les références citées; arrêt 6B_986/2015 du 23 août 2016 consid. 3.5.3). En l'espèce, la cour cantonale a exposé les raisons pour lesquelles il n'y avait selon elle pas matière à tenir compte des rapports d'expertise produits par le recourant. Ainsi, elle a, d'une part, relevé que ceux-ci émanaient d'instituts américains privés ( J.________), qui ne jouissaient pas du même crédit qu'un institut tel que le CURML, lequel collabore régulièrement avec les autorités judiciaires suisses, et qui de surcroît n'avaient pas eu accès au dossier. D'autre part, la cour cantonale a observé que ces rapports d'expertise se limitaient à une critique méthodologique de l'expertise réalisée le 26 juillet 2017 par le CURML, sans remettre en cause la conclusion de celle-ci, à savoir la présence de salive du recourant sur la face avant de la culotte de la victime. Cela étant, dès lors en particulier que, dans ses conclusions, le rapport d'expertise du 26 juillet 2017 évoque clairement la présence de salive du recourant sur la culotte de C.________ (cf. dossier cantonal, P. 29/4, p. 3), on ne distingue pas d'arbitraire dans l'appréciation des preuves opérée par la cour cantonale, les rapports d'expertise produits n'ayant au surplus pas plus de valeur que des allégués de parties.