Citation: 1B_506/2019 E. 4.2

4.2. En l'espèce, la recourante a proposé l'assignation à résidence chez sa soeur à Genève, l'interdiction de périmètre autour de la villa de son concubin ainsi que tout autre lieu de résidence de celui-ci, l'interdiction de contacter celui-ci par téléphone, messages, courriels ou tout autre moyen, le suivi d'un traitement thérapeutique orienté sur ses troubles mixtes de la personnalité et sur sa consommation d'alcool et, au besoin, le contrôle du respect des injonctions précédentes par des moyens électroniques. La cour cantonale a retenu que la recourante avait débuté un suivi psychiatrique en novembre 2017, mais avait rapidement montré qu'elle s'en désintéressait, puisqu'elle annulait régulièrement les rendez-vous fixés et qu'elle ne s'y était finalement plus présentée du tout à partir de mai 2018, malgré les relances du médecin. Elle a estimé que cette mauvaise volonté affichée faisait craindre un manque de compliance à tout futur traitement, même dispensé en liberté. Elle a rappelé qu'en l'absence d'un traitement médical authentiquement investi, il était impossible de compter sur le respect par la recourante d'une interdiction de consommer de l'alcool ou de prendre contact avec le père de sa fille; en outre, même si la recourante entreprenait un tel suivi en détention provisoire, cela ne signifierait pas qu'elle pourrait être libérée, puisqu'il faudrait encore que le traitement soit suivi d'effets observables. La cour cantonale a ajouté qu'en l'état la recourante avait adopté un comportement problématique en prison, malgré un changement de division, en jouant un rôle actif dans l'émergence de conflits interpersonnels, en exerçant une influence négative, méprisante et rabaissante à l'encontre des autres détenues, par des menaces ou des insultes et en sollicitant régulièrement le service médical et le service social, ce dernier de manière jugée agressive. L'appréciation de l'instance précédente, à laquelle la recourante ne répond pas vraiment, peut être suivie. En effet, les mesures de substitution proposées, qui ne reposeraient que sur la volonté de l'intéressée de s'y conformer, paraissent insuffisantes au regard de l'intensité du risque de récidive. L'interdiction de contact et la limitation des déplacements sont par ailleurs difficiles à contrôler. Par conséquent, la Chambre des recours pénale pouvait retenir, sans violer le droit fédéral, qu'aucune mesure de substitution n'était propre en l'occurrence à réduire le risque de réitération existant à ce stade de l'enquête. Enfin, du point de vue temporel, vu la gravité des infractions pour lesquelles la recourante a été mise en prévention et la durée de la détention provisoire déjà subie, le principe de la proportionnalité est encore respecté.