Citation: 5A_242/2023 E. 1.1.1

1.1.1. Le recours en matière civile n'est en principe ouvert que si la valeur litigieuse minimale de 30'000 fr. est atteinte (art. 74 al. 1 let. b LTF). C'est le montant litigieux devant la dernière instance cantonale qui est déterminant (art. 51 al. 1 let. a LTF) et l'autorité cantonale de dernière instance doit mentionner celui-ci dans son arrêt (art. 112 al. 1 let. d LTF). Lorsque les conclusions ne tendent pas au paiement d'une somme d'argent déterminée, le Tribunal fédéral fixe la valeur litigieuse selon son appréciation (art. 51 al. 2 LTF; ATF 140 III 571 consid. 1.2). Ce contrôle d'office ne supplée toutefois pas au défaut d'indication de la valeur litigieuse: il n'appartient pas en effet au Tribunal fédéral de procéder lui-même à des investigations pour déterminer cette valeur, si elle ne résulte pas d'emblée des constatations de la décision attaquée (art. 105 al. 1 LTF) ou d'autres éléments ressortant du dossier (ATF 140 III 571 consid. 1.2; 136 III 60 consid. 1.1.1). Conformément à l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, le recourant doit ainsi donner les éléments suffisants pour permettre au Tribunal de céans d'estimer aisément la valeur litigieuse, sous peine d'irrecevabilité. Le Tribunal fédéral n'est toutefois lié ni par l'estimation de la partie recourante ou un accord des parties, ni par une estimation manifestement erronée de l'autorité cantonale (ATF 140 III 571 consid. 1.2; 136 III 60 consid. 1.1.1). 1.1.1.1. La valeur litigieuse relative aux restrictions légales à la propriété foncière se détermine de la même manière que dans les contestations portant sur l'existence d'une servitude: elle correspond à l'augmentation de valeur que la cessation des atteintes procurerait au bien-fonds qui les subit, ou, si elle est plus élevée, à la diminution de valeur que la cessation ferait subir au bien-fonds qui cause ces atteintes (voir ATF 45 II 402 consid. 1; arrêts 5A_653/2019 du 28 octobre 2019 consid. 1.1.1.1; 5A_774/2017 du 12 février 2018 consid. 1.2.4 et la référence; 5A_29/2015 du 5 juin 2015 consid. 1.1.1.1 et les références; 5A_749/2007 du 2 juin 2008 consid. 1.2). S'agissant plus particulièrement d'immissions d'arbres ou de plantations, la jurisprudence retient ainsi que la valeur litigieuse équivaut à l'augmentation de valeur que leur abattage ou écimage procurerait au fonds qui subit les atteintes ou, si elle est plus élevée, à la diminution de valeur qu'il entraînerait pour le fonds à l'origine des immissions. Elle ne correspond pas au coût de l'arrachage et de l'écimage de la plantation en cause (arrêts 5A_653/2019 précité loc. cit.; 5A_29/2015 précité loc. cit.; 5C.200/2005 du 21 octobre 2005 consid. 1.2 non publié in ATF 132 III 6). 1.1.1.2. En l'espèce, la cour cantonale a constaté que la valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF était indéterminée. Elle a néanmoins admis qu'il pouvait être retenu sur la base des allégations de l'appelante, non contestées par les intimés, que cette valeur était supérieure à 10'000 fr. La recourante soutient que, compte tenu de l'importance des nuisances dont elle se plaint (utilisation excessive et abusive de la servitude de passage, invasion de racines et rhizomes de bambous, dépassement de la hauteur limite d'une haie des voisins) et du prix au m2 du terrain sur la commune de U.________, notoirement élevé et avoisinant les 15'000 fr. pour une villa, " les mesures sollicitées sont susceptibles d'éviter une moins-value de [sa] parcelle, respectivement de favoriser une plus-value de celle-ci qui, à défaut de pouvoir être chiffrée avec exactitude, dépasse très largement la limite imposée par l'art. 74 LTF ". Elle ajoute à titre subsidiaire que le devis daté du 22 mars 2023 pour l'arrachage et l'écimage de la haie de bambous produit à l'appui de son mémoire permet également d'admettre que la valeur plancher est atteinte. Comme le relève elle-même la recourante, le coût des travaux d'arrachage et d'écimage des bambous n'est pas déterminant au regard de la jurisprudence précitée ( supra consid. 1.1.1.1), de sorte que cette motivation doit être d'emblée écartée. Cela étant, la recourante n'établit nullement le prix de 15'000 fr. du m2 qu'elle allègue - ce fait ne pouvant être qualifié de " notoire ", cf. sur cette notion ATF 143 IV 380 consid. 1 et les références; 135 III 88 consid. 4.1) - ni ne précise en quoi la prise en compte des m2 serait pertinente pour apprécier la diminution de valeur de son fonds en raison des atteintes invoquées. Elle se limite ainsi à affirmer que la valeur litigieuse de 30'000 fr. serait dépassée, sans apporter de constatations ou d'éléments concrets d'appréciation permettant de vérifier cette affirmation. Dès lors que le Tribunal fédéral n'est pas en mesure de constater d'emblée et avec certitude que la valeur requise est atteinte, ni ne dispose de constatations ou d'éléments permettant de fixer lui-même cette valeur, le recours en matière civile est irrecevable au regard de l'art. 74 al. 1 let. b LTF.