Citation: 9C_428/2022 E. 4.2

4.2. De plus, à l'inverse de ce que soutient la recourante, la doctoresse C.________ a constaté "en temps réel" la dégradation de l'état de santé de l'intimé puisque, soupçonnant un trouble bipolaire, elle l'a adressé dès janvier 2006 au Département de psychiatrie de l'hôpital E.________ pour avis (correspondance de la doctoresse C.________ du 18 janvier 2006). Aussi, le chef de clinique du Département de psychiatrie de l'hôpital E.________ a évalué l'assuré à son retour de l'étranger, les 7 mars, 5 avril et 26 avril 2006. Le psychiatre a diagnostiqué un trouble affectif bipolaire, des traits de personnalité schizoïde et un transvestisme fétichiste; le nouvel état de l'intimé, depuis septembre 2005, était caractérisé par un changement d'humeur, avec diminution de sommeil sans diminution de l'énergie, présence d'irritabilité, de conflits interpersonnels et de prise de décisions impulsives (rapport d'évaluation du 7 mars, 5 avril et 26 avril 2006). La doctoresse C.________ a ensuite demandé l'admission de l'assuré au Centre de thérapies brèves de l'hôpital E.________ du 17 juillet au 10 août 2006 (pour un état dépressif sévère, avec une symptomatologie psychotique de persécution). Dans ces circonstances, en présence d'un assuré qui n'a pas consulté immédiatement sa psychiatre traitante lors de son épisode hypomaniaque en septembre 2005, car il se sentait euphorique et avait le (faux) sentiment d'un changement d'humeur positif, la juridiction cantonale pouvait retenir sans arbitraire que l'incapacité de travail - d'au moins 20 % - dont la cause est à l'origine de l'invalidité au sens de l'art. 23 al. 1 let. a LPP est survenue en janvier 2006 au plus tard. C'est à ce moment-là que la doctoresse C.________ a saisi le département de l'hôpital E.________ pour une évaluation psychiatrique complète de l'intimé, ensuite de la dégradation de son état de santé. Il n'y a pas lieu de s'écarter de l'appréciation des premiers juges.