Citation: 8C_32/2024 E. 4.1

4.1. En l'espèce, les premiers juges ont constaté qu'il n'était pas douteux, eu égard à son handicap - à savoir un autisme sévère nécessitant aide et surveillance continue dès la naissance et pour la plupart des actes ordinaires de la vie, y compris les contacts sociaux -, que l'assuré n'était personnellement pas apte à prendre la mesure de son atteinte à la santé, à plus forte raison d'agir en conséquence en temps utile et qu'il était incapable d'effectuer une démarche administrative quelconque ou même de charger un tiers d'agir en son nom. Force était dès lors d'admettre que l'intimé ne pouvait pas connaître les faits ayant établi son droit aux prestations au sens de l'art. 48 al. 2 let. a LAI. Les premiers juges ont ensuite examiné si la connaissance de ces faits par les parents de l'assuré conduisait à nier, en l'espèce, le droit à des prestations arriérées en faveur de l'intimé. Ils ont constaté que les parents de l'assuré n'étaient devenus ses représentants légaux qu'à compter de la décision de la Justice de paix du district d'Aigle dans sa séance du 25 août 2022, date à laquelle ils avaient été nommés co-curateurs de représentation et de gestion, avec pouvoir de représentation envers les tiers. Or jusqu'à cette date fixant leur mandat officiel, les parents de l'assuré n'avaient été que des tiers, au sens de l'art. 66 RAI, auxquels la jurisprudence refuse précisément un devoir d'agir, du moins tant et aussi longtemps qu'ils ne sont pas chargés d'une représentation légale de l'ayant droit. Partant, la juridiction cantonale a considéré que l'on ne pouvait imputer ni à l'assuré, qui n'en était objectivement pas capable personnellement, ni à ses parents, qui n'en avaient pas l'obligation en tant que tiers, faute de représentation légale, le devoir de procéder en temps utile au dépôt de la demande de prestations. Le point de départ du délai de douze mois pour faire valoir le droit aux prestations avait débuté le 25 août 2022. Dès lors que la demande formelle du 25 mars 2022 avait été déposée avant le point de départ de ce délai de douze mois, par des parents qui en avaient le droit en tant que tiers énumérés à l'art. 66 RAI, elle satisfaisait à la condition de l'art. 48 al. 2 LAI, de sorte que les prestations arriérées pouvaient être allouées pour une période plus longue que la règle des douze mois.