Citation: 8C_267/2024 E. 3.3

3.3. Le recourant reproche aux premiers juges de ne pas avoir examiné ses conditions de vie et celles de sa famille, ses revenus et la situation financière de ses enfants en vue d'évaluer les conséquences concrètes du décès de son épouse sur les plans personnel et financier. En l'absence de mesures d'instruction idoines, l'instance précédente n'aurait pas été fondée à retenir que la perception d'une rente de veuf n'aurait eu aucune influence sur la vie familiale du recourant. Si elle avait procédé aux vérifications nécessaires, elle aurait constaté que son fils cadet, A.C.________, vivait toujours avec lui et qu'il avait repris une formation requérant un soutien financier. Son fils demeurant à sa charge en vertu de l'art. 276 CC, l'octroi d'une rente de veuf éviterait au recourant d'être contraint d'exercer une activité professionnelle et lui permettrait d'assumer l'entretien de son fils, lequel pourrait terminer sa formation. Le versement d'une rente de veuf aurait ainsi une incidence sur l'organisation de la vie familiale du recourant. Le recourant soutient en outre que son épouse, gravement impotente ensuite de son accident en 2014, aurait été dans l'impossibilité de s'occuper des enfants. Il aurait ainsi été contraint de se rendre disponible et se serait lui-même retrouvé en invalidité. Il aurait organisé sa vie quotidienne en fonction de l'existence des prestations de l'assurance-accidents sur lesquelles il pouvait compter, en particulier une rente de veuf en cas de décès de son épouse. En l'absence d'une telle rente, ainsi qu'en raison des difficultés à réintégrer le marché du travail à son âge et compte tenu de son invalidité, il serait dans une situation économique délicate qui serait le résultat des choix opérés après l'accident de son épouse. Dès lors qu'une femme dans sa situation aurait perçu une rente de veuve, le refus de lui allouer une rente de veuf emporterait violation de l'art. 8 CEDH en lien avec l'art. 14 CEDH.