Citation: 6P.9/2004 22.04.2004 E. 1

5.4.1 Le recourant peut faire valoir une inégalité de traitement injustifiée dans la fixation de la peine. Des comparaisons ne sont cependant possibles que dans des cas limités, en règle générale lorsque plusieurs coaccusés sont jugés dans la même procédure pour des infractions commises en commun (cf. ATF 121 IV 202 consid. 2d/bb p. 204; 116 IV 292). La poursuite pénale incombe en principe aux cantons (art. 123 al. 3 Cst. et 343 CP), qui peuvent développer des pratiques différentes relatives aux peines infligées pour certains délits. Ce risque est inhérent à la structure fédéraliste de la Suisse et ne viole pas la Constitution. Le principe de l'égalité de traitement ne joue donc qu'un rôle limité sur le plan intercantonal (ATF 124 IV 44 consid. 2c p. 47). Le principe de l'individualisation des peines et le large pouvoir d'appréciation reconnu en cette matière à l'autorité cantonale conduisent aussi à l'intérieur du canton à une certaine inégalité, qui est acceptée par le législateur. Le poids différent accordé à certains critères peut être la conséquence de l'indépendance de divers juges d'un même canton, du cadre légal de la peine relativement large, de la libre appréciation des preuves ainsi que du pouvoir d'appréciation accordé au juge du fond. Les différences résultant de ces circonstances ne heurtent pas l'art. 63 CP. Dans la mesure où la peine reste dans le cadre légal, qu'elle est fondée sur tous les critères pertinents et qu'elle ne constitue pas un abus du pouvoir d'appréciation, les différences existant entre les pratiques à l'intérieur d'un canton doivent être considérées comme une expression du système juridique suisse. Au demeurant, les cas qui apparaissent semblables peuvent se distinguer sur des points essentiels pour la fixation de la peine. Une comparaison entre des peines suppose que le juge possède, pour les cas concernés, une connaissance exacte des éléments déterminants pour fixer la peine (ATF 123 IV 150 consid. 2a p. 153). En outre, la jurisprudence a toujours affirmé la primauté du principe de la légalité sur le principe de l'égalité. Le fait qu'une autorité cantonale applique la loi de manière erronée n'oblige pas les tribunaux des autres cantons ni le Tribunal fédéral à faire de même. Il ne suffit pas que la loi ait été mal appliquée dans un cas pour prétendre à un droit à l'égalité dans l'illégalité (ATF 124 IV 44 consid. 2c p. 47). 5.4.2 Il s'ensuit que la cour pénale valaisanne ne saurait être liée par un arrêt rendu par la Cour de cassation pénale du canton de Vaud. Comme le recourant ne cite pas d'autre décision de la cour pénale valaisanne et que cette dernière n'est en rien liée pas les décisions rendues dans un autre canton, la seule question qui se pose est donc de savoir si la peine litigieuse viole ou non le droit fédéral. Le recourant ne mentionne en définitive aucun élément important, propre à modifier la peine, qui aurait été omis ou pris en considération à tort. Il convient dès lors d'examiner si, au vu des circonstances, la peine infligée apparaît exagérément sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. En l'espèce, il s'est rendu coupable d'un brigandage, d'un vol et de deux incendies intentionnels. Dans l'accomplissement de tous ces actes, il a été guidé par le dessein de s'enrichir, ce qui démontre un manque total de moralité et fait craindre qu'il ne se laisse à nouveau tenter à la première occasion. Depuis les faits, il n'a manifesté aucun signe concret de repentir. Dans ces circonstances, la faute du recourant ne peut être qualifiée que de grave; elle justifie une peine sévère. La peine de quatre ans, trois mois et dix jours n'apparaît dès lors pas sévère à un point tel qu'il faille conclure à un abus du large pouvoir d'appréciation accordé à l'autorité cantonale.