Citation: 6B_503/2018 E. B

Statuant sur appel principal de X.________ (concluant à l'acquittement du chef d'assassinat) et sur appel joint du ministère public portant exclusivement sur la quotité de la peine, la Cour pénale du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel a, par jugement du 1er février 2018, rejeté le premier et partiellement admis le second. Elle a porté la peine privative de liberté à 20 ans, celle-ci n'étant pas complémentaire aux peines prononcées antérieurement. Pour le surplus, elle a confirmé le jugement de première instance. B.a. En substance, la condamnation du chef d'assassinat repose sur les faits suivants. X.________ et A.A.________ se sont rencontrés en France en décembre 2013, se sont mariés en juin 2014 et se sont installés en Suisse le même été. Ils ont rapidement connu des problèmes conjugaux. Le couple s'est séparé le 13 décembre 2014 et A.A.________, mise à la porte du domicile conjugal (à D.________) par son mari, a été accueillie par l'intermédiaire d'une association au Foyer E.________. Dès la mi-décembre, elle s'est présentée à des entretiens d'embauche et a consulté un avocat en vue d'engager une procédure de séparation. Le couple s'est échangé des SMS, dont il ressort notamment que A.A.________ souhaitait récupérer des affaires au domicile conjugal et demandait qu'un rendez-vous soit fixé à cet effet. Le couple s'est rencontré le 6 janvier 2015 vers 17h55 à F.________ et s'est rendu au domicile de X.________ à D.________, avec la voiture de A.A.________. Juste avant le trajet, A.A.________ a appelé sa mère et lui a indiqué qu'elle allait ramener son mari à son domicile pour y reprendre ses affaires. Ce soir-là, à l'ancien domicile conjugal, la situation a dégénéré pour un motif indéterminé. X.________ a saisi la victime au cou et l'a étranglée, jusqu'à perte de connaissance, la faisant chuter au sol et a rempli d'eau la baignoire pour y plonger la victime qui s'est noyée. Après avoir ressorti le corps de la baignoire, il lui a rasé les cheveux dans un geste d'humiliation. Il a laissé le corps au sol dans l'appartement et a quitté les lieux pour déplacer la voiture de la victime à proximité du foyer où elle avait trouvé refuge. Il est revenu au domicile avec sa propre voiture et a déplacé le corps dans le coffre de celle-ci. Il a roulé jusqu'à G.________ (France) et, arrivé en bordure d'un chemin de forêt, il y a déposé le corps nu de la victime, face contre terre. Il a pratiqué encore des entailles sur le corps au moyen d'un couteau pour faire couler le sang afin d'attirer les animaux sauvages. Il a quitté les lieux, a brûlé les cheveux de la victime, puis est retourné chez lui pour procéder à un nettoyage minutieux. Le lendemain, X.________ s'est rendu au travail et a fait une recherche internet portant sur les termes " avis de recherche suisse ". Dans la soirée, il a appelé le raccordement de sa femme puis a envoyé trois SMS au même numéro, il a appelé le 117 en s'inquiétant de la disparition de sa femme et est ensuite allé manger avec un collègue à qui il n'a pas fait part de la situation. Le 9 janvier 2015, contacté par la police, il a indiqué qu'il se rendrait au poste. Comme il ne s'est pas exécuté, la police s'est présentée à son domicile vers 16h00. Pourtant présent, il n'a pas répondu. A 17h00, il est sorti de son appartement et la police, restée sur les lieux, l'a interpellé. Des recherches de grande ampleur n'ont pas permis de retrouver la victime pendant plus de deux mois. Le 14 mars 2015, des promeneurs ont découvert dans une forêt près de G.________ le corps de A.A.________, nue et la tête rasée, en état de décomposition avancée. B.b. Interrogé par la police le 17 mars 2015 à 14h00, X.________ a admis avoir tué sa femme. Il a confirmé cette déclaration dans la soirée, de même que le 19 mars 2015 (à la police), le 20 mars 2015 (au procureur) et le 27 mars 2015 (à la police). Entendu le 14 avril 2015, il a déclaré ne rien avoir à ajouter ou à modifier à sa déclaration du 27 mars 2015. Il est revenu sur ses aveux le 27 avril 2015. Il a notamment indiqué qu'il s'était accusé d'être responsable du décès pour protéger son épouse. Le 7 septembre 2015, une lettre anonyme est arrivée au ministère public, laquelle faisait état d'un complot ourdi entre A.A.________ et sa famille pour soutirer de l'argent à X.________; ensuite de son arrestation, A.A.________ aurait été tuée car elle voulait tout révéler à la police. Des recherches ont permis de déterminer que X.________ avait remis ce courrier à un tiers pour qu'il le poste depuis H.________. B.c. Le 25 janvier 2016, le Centre hospitalier régional universitaire de Besançon (en France, ci-après: CHRUB) a dressé un rapport d'autopsie médico-légale du corps de la victime (autopsie réalisée le 16 mars 2015). D'après ce rapport, des blessures dans le thorax, dues à des coups d'arme blanche, ayant provoqué une hémorragie peuvent être à l'origine du décès. Une manoeuvre de strangulation manuelle a pu être associée au processus mortel. Le Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après: CURML) a livré son rapport d'expertise médico-légale le 29 juillet 2016. Selon ce rapport, la cause du décès n'est pas établie. Au vu des lésions observées, une asphyxie par strangulation peut être évoquée. Compte tenu de l'altération cadavérique du corps et des modifications importantes des lésions par la prédation, il est impossible de déterminer leur rôle dans l'enchaînement fatal et le mécanisme à leur origine. La datation précise du décès est impossible; il peut être survenu dans la période allant du 6 janvier à environ début mars 2015. B.d. X.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique. Il ressort du rapport établi le 16 novembre 2015 qu'il présente un trouble de la personnalité narcissique ainsi que des traits de personnalité dyssociale. Au moment des faits, il n'y avait ni irresponsabilité, ni responsabilité partielle. Le risque était faible pour les actes violents et très élevé pour des infractions mineures, à savoir principalement des infractions à la LCR. B.e. Par ordonnance du 25 octobre 2017, la Présidente de la Cour pénale a rejeté la requête de preuve formulée par la défense, visant à identifier et auditionner un dénommé " I.________ ", qui aurait aperçu A.A.________ les 7 et 8 janvier 2015 au Foyer E.________.