Citation: I 287/99 02.05.2000 E. 4

4.- La théorie du droit à la substitution de la prestation a été développée par la jurisprudence tout d'abord dans le domaine des moyens auxiliaires (ATF 111 V 213-214 consid. 2b et 2c). Elle a, par la suite, été étendue aux mesures médicales (ATF 120 V 285 consid. 4a) ainsi qu'aux frais de transport dans le cadre de la formation professionnelle initiale (ATF 120 V 292 consid. 3c). Ce droit permet à l'assuré qui, par exemple, a opté pour un traitement ou un moyen auxiliaire dont le coût n'incombe normalement pas à l'assurance-invalidité - alors qu'il aurait pu prétendre le remboursement des frais d'autres mesures - de se faire rembourser, dans certaines circonstances, le traitement ou le moyen auxiliaire choisi. Cela suppose notamment que la substitution ait pour objet deux prestations d'assurance différentes qui soient interchangeables quant à leur fonction (VSI 1999 p. 181 consid. 5 et les arrêts cités). Le point de savoir si le droit à la substitution de la prestation s'applique aussi en matière de reclassement a été laissé indécis dans plusieurs arrêts récents (Plädoyer 1999 no 6 p. 81 consid. 4; arrêts non publiés V. du 3 août 1998, I 348/97, et E. du 6 juillet 1994, I 157/93). Cette question n'a pas non plus besoin d'être tranchée en l'espèce, dès lors que la solution préconisée par les premiers juges n'a, en réalité, rien à voir avec ce droit tel qu'il a été défini par la jurisprudence citée ci-dessus. En effet, ce qui est en cause, c'est le droit de l'intimé d'interrompre la mesure de reclassement dans une profession donnée - dessinateur en chauffage-pourcommencerl'apprentissaged'untoutautremétier-opticien-auxfraisdel'assurance-invalidité. Or,dedeuxchosesl'une : ou bien cette nouvelle formation correspond aux conditions légales prévues par l'art. 17 al. 1 LAI et elle doit alors être entièrement prise en charge par l'assurance-invalidité car un reclassement seulement partiel serait contraire à la loi (arrêt non publié B. du 1er septembre 1992, I 331/91, consid. 4a), ou bien elle n'y répond pas, et l'intimé qui a interrompu sa formation perd tout droit aux prestations de l'assurance-invalidité. Mais on ne peut choisir une solution intermédiaire comme le voudrait apparemment la juridiction cantonale, qui avait déjà soutenuunraisonnementsemblabledanslacauseI157/93. Acetégard, l'argumentationsoutenueparl'officedanssonrecoursestpertinente : un assuré mis au bénéfice d'une mesure de reclassement et qui l'interrompt ne peut pas disposer à sa guise des indemnités journalières qui lui seraient encore dues si, par hypothèse, il avait mené sa première formation jusqu'à son terme.