Citation: I 444/05 23.08.2006 E. A

Alléguant souffrir de dépression grave, S.________, née en 1952, a déposé le 16 octobre 1998 une demande de prestations de l'assurance-invalidité tendant à l'octroi d'une rente auprès de l'Office cantonal de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après: l'office AI). Interpellé par ledit office, le docteur N.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, et médecin traitant de la prénommée, a confirmé dans un rapport du 28 décembre 1998 l'existence depuis le début de l'année 1996 d'un épisode dépressif majeur sans caractéristique psychotique, ayant entraîné une incapacité totale de travail depuis le 14 juin 1996. Une série d'événements graves était à l'origine de l'état psychique de l'assurée (chômage, hémiplégie de son compagnon, décès accidentel de son fils unique suivi d'une procédure de recherche en paternité à l'encontre de celui-ci intentée par une femme inconnue). Dans un rapport complémentaire daté du 25 février 2000, le docteur N.________ a indiqué qu'il n'avait pas revu sa patiente depuis le 15 janvier 1999, date à laquelle elle était apparue très améliorée. Cela étant, l'incapacité de travail était demeurée à son avis totale jusqu'au 15 septembre 1999, dans la mesure où les causes de l'affection avaient persisté. Le rapport signalait également que l'assurée était atteinte d'une borréliose de Lyme. En fait, S.________ a été hospitalisée du 27 janvier au 19 février 1999 dans le service de dermatologie de l'Hôpital X.________ où elle a été traitée par Rocéphine pour une maladie de Lyme avec atteinte cutanée atypique. Consulté le 31 août suivant par l'assurée, le docteur A._________, spécialiste de cette maladie, a constaté que celle-ci était encore active et a prescrit une nouvelle cure de Rocéphine (rapport du 30 septembre 1999). Dans un rapport ultérieur du 15 novembre 2000, celui-ci a posé le diagnostic de status après maladie de Lyme de stade II avec fibromyalgie et troubles du système nerveux central. Des douleurs diffuses au niveau musculaire, tendineux et périarticulaire, associées à une asthénie et des troubles de la concentration l'empêchaient de reprendre une activité lucrative. L'office AI a alors confié au Centre d'observation médical de l'assurance-invalidité (COMAI) la réalisation d'une expertise pluridisciplinaire. D'après le rapport établi le 26 juin 2002, S.________ souffrait principalement d'un syndrome douloureux somatoforme persistant de type fibromyalgie, d'un trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission, et d'un trouble de la personnalité à traits masochiques. La capacité résiduelle de travail de l'assurée ne dépassait pas 30 % dans une activité légère n'impliquant pas de charges physiques importantes. Après avoir soumis le dossier médical à son médecin-conseil, le docteur L._________, l'office AI a, par décision du 25 mars 2003, confirmée sur opposition le 15 septembre suivant, rejeté la demande de prestations, motif pris que le trouble somatoforme douloureux présenté par l'assurée ne revêtait pas un degré de gravité suffisant pour lui reconnaître un caractère invalidant au sens de la jurisprudence.