Citation: 6P.197/2006 23.03.2007 E. 10

Le recourant soutient que l'application de l'art. 191 CP, retenu à son encontre pour avoir léché le sexe de sa fille alors que celle-ci ne parlait pas encore, doit être faite avec réserve, car la commission d'un tel acte sur une personne incapable de discernement ne lui cause qu'un préjudice relativement faible par rapport à celui qui le subit en étant conscient. On saisit mal quel grief le recourant entend tirer de cette argumentation. En effet, si le législateur a adopté une disposition spécifique destinée à protéger notamment les personnes incapables de discernement contre ceux qui voudraient profiter de cet état pour commettre sur elles des actes d'ordre sexuel, c'est bien parce qu'il estime qu'elles subissent de ce fait un préjudice, dont la gravité apparaît manifeste eu égard à l'importance de la peine prévue pour cette infraction, savoir la réclusion pour dix ans au plus ou l'emprisonnement. Par ailleurs, le fait que le recourant cherche à se prévaloir de la prétendue moindre importance du préjudice subi par sa fille à raison des actes subis dans sa prime enfance, alors même qu'il est évident que ce sont précisément ceux-ci qui ont contribué à briser sa personnalité et à la façonner de manière à ce qu'elle devienne un objet destiné à assouvir les pulsions sexuelles de son père, montre bien à quel point celui-ci fait fi de la souffrance qu'il a infligée à sa victime.