Citation: 5A_782/2016 E. 5.2

5.2. Le recourant reproche à la Juge déléguée de ne pas avoir examiné, ni même mentionné, les conditions posées par la jurisprudence. En particulier, elle n'avait pas examiné s'il était raisonnablement possible d'exiger qu'il augmente son revenu et s'il en avait la possibilité effective. L'arrêt attaqué ne précisait pas comment il pourrait augmenter ses revenus, alors qu'il s'est fait licencier; il ne précisait pas non plus quel emploi serait envisageable pour lui permettre de percevoir le revenu hypothétique qui lui avait été imputé. En outre, les circonstances liées à son âge ne faisaient l'objet d'aucune motivation, alors qu'il était âgé de plus de 52 ans, et qu'il s'agissait là d'un handicap notoire sur le marché du travail. L'imputation d'un revenu hypothétique était d'autant plus insoutenable qu'il n'avait pas renoncé de son plein gré à son ancien emploi et qu'il avait retrouvé un nouvel emploi très rapidement, lequel lui offrait des perspectives d'avenir à moyen terme nettement plus stables que des indemnités journalières de l'assurance-chômage. Dans ces conditions, il était inéquitable de lui imputer un revenu hypothétique, alors que toute personne raisonnable aurait accepté l'emploi qui lui avait été proposé, même moins bien rémunéré, plutôt que de se retrouver au chômage. Il relève en outre que c'est la charge financière d'un enfant qui, très régulièrement, justifie l'imputation d'un revenu hypothétique; or, en l'occurrence, le couple n'avait pas eu d'enfant. Cela étant, dès lors que la Juge déléguée avait retenu que les moyens des époux suffisaient pour couvrir leurs minima vitaux respectifs, il était arbitraire de lui imputer un revenu hypothétique. En effet, selon la jurisprudence, une telle imputation n'était possible que si les besoins effectifs et prouvés des deux époux n'étaient pas couverts. Or, même en tenant compte de son salaire actuel et effectif, les charges des parties étaient largement couvertes par les revenus des deux époux et il subsistait même un solde positif. L'intimée n'avait au demeurant pas démontré, ni même allégué, qu'elle avait besoin d'une contribution d'entretien de 4'600 fr. pour subvenir à ses besoins ou maintenir son train de vie. Non seulement l'arrêt querellé violait de manière crasse l'art. 176 CC, mais il choquait aussi manifestement le sentiment d'équité. Compte tenu de la pension litigieuse, l'intimée percevrait un revenu mensuel de plus de 7'000 fr., alors qu'il devrait se contenter d'à peine 2'300 fr. Si l'on voulait retenir un revenu hypothétique, seul un revenu correspondant au montant qu'il aurait perçu de l'assurance-chômage pourrait être admissible, soit un salaire de l'ordre de 8'645 fr. bruts par mois, soit environ 7'300 fr. nets par mois, ce qui donnerait droit à une contribution d'entretien de 2'500 fr. en faveur de l'intimée. Enfin, le recourant reproche à la Juge déléguée d'avoir commis l'arbitraire en ne lui laissant aucun délai pour tenter d'augmenter ses revenus ou, à tout le moins, pour prendre ses dispositions pour assumer la contribution à laquelle il a été astreint. Une exception à l'octroi d'un délai d'adaptation ne se justifiait pas. Il avait en effet fait tout son possible pour continuer à exercer l'emploi qu'il avait auparavant, mais n'avait pas pu éviter un licenciement. C'était ainsi contre son gré qu'il avait dû quitter cet emploi et rien ne pouvait lui être reproché à cet égard. Son taux d'occupation n'avait pas baissé, en ce sens qu'il était accaparé à 100% par son activité. Il poursuivait toutefois à concurrence de 20% une partie de son activité professionnelle comme " formation imposée ". Contrairement à ce qu'avait arbitrairement retenu la Juge déléguée, il n'exerçait dès lors pas une activité à 60%. Cela étant, le refus de lui octroyer un délai d'adaptation se justifiait d'autant moins qu'il s'était vu imputer un revenu hypothétique correspondant quasiment au double de ses revenus effectifs actuels.