Citation: 2P.266/2001 15.11.2001 E. 1

1.- a) Propriétaire d'un bateau, G.________ dispose depuis 1993 de deux places d'amarrage dans le port communal de Crans-près-Céligny. Le 3 avril 2000, la Municipalité de ladite commune (ci après: la Municipalité) a écrit à G.________ pour l'informer que ses places d'amarrage ne lui seraient plus accordées à l'avenir et qu'il devait procéder à l'enlèvement de son bateau dans un délai échéant le 31 mars 2001. La Municipalité faisait valoir que l'intéressé habitait en France depuis plusieurs années et qu'il naviguait peu ou pas du tout alors que plusieurs personnes domiciliées dans le village, prioritaires pour les emplacements de bateau, étaient dans l'attente d'une place d'amarrage. Ce courrier ne mentionnait pas de voie ni de délai de recours. Le 11 décembre 2000, la Municipalité a réitéré à G.________ les termes de sa lettre du 3 avril 2000, toujours sans indiquer ni voie ni délai de recours. Par l'intermédiaire de son conseil, G.________ a demandé, le 19 février 2001, à la Municipalité de lui indiquer la base réglementaire de la décision prise à son encontre. Le 26 février 2001, la Municipalité lui a adressé le règlement du port en précisant que la mise à disposition d'emplacements se faisait pour une année civile avec une possibilité de dénonciation pour les deux parties. Elle retenait avoir toute autorité pour disposer des places d'amarrage lorsque les propriétaires n'habitaient plus dans le canton de Vaud et, à plus forte raison, lorsqu'ils résidaient à l'étranger. Elle rappelait également que les personnes domiciliées dans la commune étaient prioritaires et qu'il existait une liste d'attente de 15 à 20 personnes. Enfin, la Municipalité conseillait à G.________ de louer une place d'amarrage dans un port privé jouxtant celui de Crans-près-Céligny, ajoutant qu'en cas de non évacuation du bateau le 31 mars 2001 elle se verrait obligée de procéder à son enlèvement et à sa mise en fourrière et que, une année après, elle pourrait le mettre en vente aux enchères. b) Par arrêt du 12 septembre 2001, le Tribunal administratif du canton de Vaud a déclaré irrecevable le recours déposé le 14 mars 2001 par G.________ contre la "décision" de la Municipalité de Crans-près-Céligny du 26 février 2001. c) Agissant par la voie du recours de droit public pour violation des art. 9 et 29 Cst. , G.________ demande au Tribunal fédéral, avec suite de dépens, d'annuler l'arrêt du Tribunal administratif. d) Le Tribunal fédéral s'est uniquement fait produire le dossier du Tribunal administratif.