Citation: 4A_302/2023 E. 4.4

4.4. Le recourant dénonce encore une violation de l'art. 336 CO; sans plus de succès. Il ne conteste pas que les suggestions faites à F.________ exposaient l'intimée à verser une rémunération plus élevée pour une même production d'affaires par cette agente. L'arrêt attaqué retient qu'il avait conscience de cette conséquence. Ce comportement était donc économiquement préjudiciable à l'intimée, n'en déplaise au recourant qui évoque en pure perte "un marché aussi complexe que concurrentiel", le caractère théorique d'une semblable conclusion ainsi qu'une hypothétique production d'affaires supplémentaire liée à ce procédé. Sur cette base, l'autorité précédente n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en jugeant que l'employé, qui occupait une fonction de cadre, avait violé son devoir de fidélité et que cette violation était propre à entamer la confiance de l'employeuse. Le fait que le recourant était un bon employé, tout comme le fait qu'il n'est pas démontré qu'il aurait tiré profit du procédé suggéré à F.________ n'enlèvent rien à cette violation. Contrairement à ce que le recourant prétend, il n'y a pas non plus de disproportion grossière entre les intérêts en présence. Adossé à ce motif, le licenciement ne peut donc être considéré comme abusif. Le fait que l'employeuse n'ait pas permis à l'employé de s'expliquer avant que le congé lui soit notifié ne permet pas non plus de conclure à un licenciement abusif. La jurisprudence l'a encore rappelé récemment (arrêt 4A_117/2023 du 15 mai 2023 consid. 3.4.2). Les arrêts cités par le recourant au soutien de sa thèse concernent des cas bien spécifiques, qui n'ont rien à voir avec la présente espèce. Dans l'arrêt 4A_694/2015 du 4 mai 2016, l'employée était accusée d'un vol au préjudice d'un résident de l'établissement médico-social où elle travaillait. Le Tribunal fédéral a jugé que les investigations menées par l'employeuse quant à ces faits à caractère pénal étaient insuffisantes et que les modalités de son entretien préalable avec l'employée étaient aussi critiquables, en ce sens que celle-ci n'avait pas pu réellement défendre son honneur. Quant à l'ATF 132 III 115, il concernait le cas très particulier d'un employé congédié quelques mois avant qu'il ne prenne sa retraite, après 44 années de bons et loyaux services, alors que le fonctionnement de l'entreprise ne commandait pas une telle mesure et sans que l'employeur n'ait cherché une solution qui soit socialement plus supportable pour l'intéressé. Il n'y a rien dans le cas d'espèce qui présente une quelconque similarité avec ces affaires. Le Tribunal fédéral n'a donc nulle raison d'intervenir dans l'exercice du pouvoir d'appréciation dont la cour cantonale a fait usage pour conclure à l'absence de caractère abusif du congé considéré.