Citation: U 359/04 20.12.2005 E. A

G.________, née en 1958, a exercé la profession de chauffeur d'autocar, puis de poids lourd, en Suisse dès le 23 septembre 1991. A ce titre, elle était assurée contre les accidents professionnels et non professionnels par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). A.a Auparavant, elle avait subi, en 1982/1983, une double méniscectomie (rapport du 30 septembre 1997 du docteur W.________, spécialiste en chirurgie orthopédique) et avait été victime, en novembre 1983, d'un accident (coups et blessures) non pris en charge par la CNA. A cette occasion, elle souffrit d'une distorsion de la colonne cervicale avec persistance d'une hypoacousie droite et de troubles labyrinthiques. Elle perçut une indemnité pour incapacité permanente partielle de 13 %, en raison de maux de tête intermittents, de crises de vertige et des troubles ORL (cf. rapport d'examen médical contradictoire du 21 avril 1997 des docteurs L.________, médecin expert à Aa.________ et V.________, diplômé d'études relatives à la réparation juridique du dommage corporel, à Ab.________ et rapports du 12 janvier 1999 des docteurs V.________, et A.________, expert auprès de la Cour d'appel, à Ac.________). A.b Le 17 juillet 1994 (premier accident), alors que G.________ était passagère d'un véhicule automobile, une voiture percuta latéralement celui-ci en brûlant un signal de stop. L'assurée subit un choc direct sur le côté droit causant une entorse cervicale de même que des contusions (bras droit, omoplate). Le 28 juillet 1994, le docteur J.________, spécialiste en ophtalmologie, constata la présence de petits corps flottants dans son humeur vitrée, sans gravité et en principe sans rapport avec l'accident; le pronostic oculaire était en principe tout à fait bon. Le 5 octobre 1994, le docteur B.________, spécialiste ORL, fit état d'otalgie droite, d'hypoacousie et d'acouphènes. Pour sa part, le docteur U.________, spécialiste en neurologie, diagnostiqua surtout un syndrome cervical modéré, avec des vertiges (rapports des 3 novembre et 23 décembre 1994). Du 30 janvier au 3 mars 1995, G.________ séjourna à la clinique Xb.________. Y furent constatés, notamment, de légers troubles de l'équilibre, une hypoacousie à droite, un trouble des fonctions neuropsychologiques minime à léger, des troubles de la vue avec mouches volantes, de même que des problèmes psychologiques indépendants de l'accident (rapport de sortie du 24 mars 1995). Le 7 juin 1995, le docteur I.________, spécialiste ORL et de chirurgie cervico-faciale, diagnostiqua une légère hypoacousie de perception susceptible d'évoluer vers un hydrops endolymphatique retardé de l'oreille droite, une telle évolution pouvant se voir à la suite d'un TCC. Il fallait donc en tenir compte à long terme (rapport du 15 juin 1995). Dans un rapport du 13 juin 1995, le docteur W.________ signala que toutes les plaintes avaient disparu, parallèlement à l'amélioration de l'état psychique de l'intéressée. Le traitement était terminé et la capacité de travail entière dès le 5 juin 1995. G.________ a été engagée dans l'intervalle comme chauffeur de poids lourd par l'entreprise Xa.________ S.A. Le 3 août 1995, la CNA a clos le dossier et mis un terme au paiement des frais médicaux. A.c Le 6 juin 1996, G.________ fut victime d'un accident lui occasionnant une entorse à la cheville gauche, sans fracture. Cet événement a été pris en charge par la CNA à titre de rechute de l'accident du 17 juillet 1994 (rapport du 3 juin 1997 du docteur M.________, médecin d'arrondissement de la CNA). G.________ présenta une incapacité de travail de trois semaines. A.d En décembre 1996, l'assurée signala la réapparition d'une symptomatologie sous forme de vertiges, céphalées et limitations du rachis cervical (deuxième rechute annoncée en janvier 1997). Le 24 février 1997, le docteur W.________ constata que l'évolution était mauvaise (syndrome cervical tenace, fort irritant). L'IRM, les radiographies de la colonne cervicale et le scanner du rachis cervical étaient normaux. A.e Le 23 mars 1997, elle fit une chute à son domicile et se blessa au pied droit (contusion du métatarse, sans fracture). Cet événement (deuxième accident), pris en charge par la CNA, l'a rendue inapte au travail du 26 mars au 12 mai 1997. Le 10 juin 1997, l'employeur a résilié le contrat de travail avec effet au 30 juin 1997. Du 30 juin au 20 août 1997, l'assurée séjourna à nouveau à la clinique Xb.________. Les médecins constatèrent la présence d'une cupulo- lithiase post-traumatique dont le pronostic était généralement bon, des vertiges de position paroxystiques bénins, une hypoacousie droite et des troubles sensitifs du MSD. L'assurée n'était plus apte à conduire des véhicules de transport de personnes. Elle pouvait travailler dans une activité adaptée (rapport de sortie du 4 septembre 1997). Depuis lors, elle n'a pas repris le travail. A.f Le 7 septembre 1997, G.________ chuta à son domicile sur les deux genoux, à la suite d'un vertige (troisième accident). Une arthroscopie fut pratiquée sur le genou droit (rapport opératoire du 30 septembre 1997 du docteur W.________). Le 14 décembre 1997, dans les mêmes circonstances, l'assurée fit une chute sur le genou droit (quatrième accident). Le docteur C.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, pratiqua une arthroscopie des deux genoux, une pattelectomie partielle et une transposition de la TTA du genou droit et constata une importante arthrose fémoro-patellaire externe au genou droit (compte-rendu opératoire du 20 octobre 1998). Par la suite, il procéda à trois nouvelles interventions chirurgicales. Le 28 mars 2001, le docteur M.________ considéra que l'état consécutif à l'accident du 17 juillet 1994 était stabilisé. L'effet délétère au niveau de la colonne cervicale était éteint et le statu quo sine atteint. La seule séquelle en était la lithiase canalaire post-traumatique diagnostiquée en août 1997 à la clinique Xb.________, entraînant une inaptitude à la conduite de véhicules de transport de personnes dans le cadre professionnel ainsi que tout travail mettant en fonction l'équilibre (rapport du 9 mai 2001). A.g Le 8 juin 2001, G.________ chuta chez elle (accident no 5) et souffrit de contusions (côtes, genou gauche; rapport du 23 juillet 2001 du docteur C.________). Procédant à une expertise oto-neurologique sur mandat de la CNA, le docteur I.________ constata une seule anomalie, au demeurant discrète, soit une prédominance nystagmique lors de l'épreurve calorique. Celle-ci n'expliquait pas les épisodes de vertiges. L'hypothèse d'un hydrops endolymphatique retardé de l'oreille droite était clairement écartée (rapport du 10 septembre 2001). Selon le docteur M.________, l'assurée présentait une discrète réduction de la mobilité du genou gauche et un status multi-opéré au niveau des deux genoux (rapport du 16 avril 2002). Après s'être adjoint les avis des docteurs S.________, spécialiste en neurologie/électroencéphalographie (des 24 janvier et 27 avril 2002), E.________, spécialiste en chirurgie orthopédique/traumatologie (du 15 janvier 2002), O.________, spécialiste en angiologie (du 9 avril 2002) et R.________, spécialiste en ophtalmologie (du 8 mai 2002), le docteur M.________ conclut qu'il n'existait pas de pathologie pouvant expliquer les vertiges et que les céphalées s'étaient corrigées par l'adaptation ophtalmologique; on évoquait le terme de possible sinistrose (rapport complémentaire du 13 juin 2002). La CNA confia une expertise au docteur T.________, spécialiste en chirurgie de l'équipe médicale de médecine des accidents de sa division principale (rapport du 6 août 2002). Par décision du 30 septembre 2002, la CNA mit fin aux prestations d'assurance (indemnité journalière et frais de traitement) avec effet au 31 octobre 2002, au motif que les troubles subsistant au-delà de cette date n 'étaient plus attribuables aux accidents de 1994 et 1997, mais à un état maladif préexistant. L'opposition de G.________ fut rejetée par décision du 17 avril 2003.