Citation: 5A_125/2021 E. 3

Le recours est dirigé contre une décision rejetant une requête d'effet suspensif. Une telle décision n'a pas terminé l'instance introduite devant le Tribunal cantonal; elle est au contraire incidente aux termes de l'art. 93 al. 1 LTF (ATF 137 III 522 consid. 1.2; arrêts 5A_901/2020 du 21 janvier 2021 consid. 1.2; 5A_663/2019 du 29 août 2019 consid. 3). Le recours en matière civile immédiat au Tribunal fédéral contre une décision incidente notifiée séparément, qui ne porte pas sur la compétence ou la récusation visées par l'art. 92 LTF, n'est recevable que dans les hypothèses limitativement prévues par l'art. 93 al. 1 let. a ou b LTF, partant, suppose alternativement la réalisation de la condition de l'existence d'un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF), ou aux conditions cumulatives que l'admission du recours puisse conduire immédiatement à une décision finale qui permette d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (art. 93 al. 1 let. b LTF). A moins qu'il ne soit manifeste que l'une des conditions (alternatives) d'entrée en matière prévues à l'art. 93 al. 1 let. a ou b LTF est remplie, il appartient à la partie recourante d'alléguer et d'établir que la décision incidente peut lui causer un préjudice irréparable ou que son recours permettrait de mettre fin au litige (ATF 137 III 324 consid. 1.1), faute de quoi le recours est déclaré irrecevable (ATF 134 III 426 consid. 1.2 p. 429; 133 III 629 consid. 2.4.2 p. 633). En l'espèce, la recourante, qui a reconnu la nature incidente de la décision entreprise, discute la qualification de l'arrêt dont est recours, mais n'examine les conditions de recevabilité de son recours qu'au regard de l'art. 93 al. 1 let. a LTF. Les conditions cumulatives posées par l'art. 93 al. 1 let. b LTF ne paraissent manifestement pas remplies, en sorte que cette hypothèse doit d'emblée être écartée. Quant à l'existence d'un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF), selon la jurisprudence, un tel préjudice n'est réalisé que lorsque la partie recourante subit un dommage qu'une décision favorable sur le fond ne fera pas disparaître complètement; il faut en outre un dommage de nature juridique, tandis qu'un inconvénient seulement matériel, résultant par exemple d'un accroissement de la durée et des frais de la procédure, est insuffisant (ATF 137 III 380 consid. 1.2.1; 134 III 188 consid. 2.2; 133 III 629 consid. 2.3.1). En l'occurrence, la recourante expose que " l'application immédiate " de l'ordonnance du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant causerait un préjudice très important à ses enfants car ils seraient notamment astreints à débuter une thérapie avec un nouvel intervenant et à reprendre des relations personnelles avec leur père, ce qui serait de nature à leur causer du tort. Ce faisant, la recourante, par son argumentation appellatoire, ne démontre en réalité aucun préjudice irréparable encouru par les enfants, dès lors que la thérapie avec les précédents intervenants pourrait être reprise et que le droit de visite du père est encadré. En revanche, la suspension de l'exécution de l'ordonnance contestée est de nature à causer aux intéressés un préjudice irréparable, dès lors que - même en cas de succès du recours au fond -, l'exercice des prérogatives parentales dont le père et les enfants auraient été frustrés pendant la période écoulée ne pourrait pas être compensé rétroactivement (ATF 137 III 475 consid. 1 et les références).