Citation: 1P.47/2003 17.03.2003 E. 1

3.3 Le chanvre saisi se prête, à raison de sa forte teneur en THC, à un usage illicite (cf. ATF 125 IV 185). Il reste à déterminer si le séquestre devait être levé parce que la recourante se proposait de l'écouler dans un but licite. Ce point est sans rapport avec celui de savoir si le chanvre a été cultivé en vue d'un usage illicite, ce qu'il appartiendra au juge du fond de trancher, le cas échéant (cf. les arrêts 1P.489/1997 et 1P.287/1998, précités). Le séquestre de chanvre doit être levé lorsqu'il est possible d'en tirer un produit ne présentant pas les caractéristiques d'un stupéfiant - par exemple, de la bière (arrêt 1P.489/1997, précité) ou de l'huile essentielle (arrêt 1P.287/1998) - à condition que toutes les garanties soient données quant à l'usage licite ultérieur. 3.3.1 La recourante a demandé la levée du séquestre en se prévalant d'une commande passée le 11 novembre 2002 par la société C.________ S.A. (ci-après: C.________), portant sur la livraison de 50 kg d'huile essentielle de chanvre - soit un produit qui ne se prête pas à un usage comme stupéfiant (cf. arrêt 1P.287/1998, consid. 2c/bb) -, pour un prix de 2500 fr. le kg, soit 125'000 fr. au total. A l'appui de sa plainte adressée au Tribunal cantonal, elle a fait valoir l'offre de la société D.________, prête à distiller 26 tonnes de chanvre, pour un prix de 36'000 fr., auquel s'ajouteraient les frais de main-d'oeuvre (à raison de 260 heures de travail prévues). Le Tribunal cantonal a jugé ces offres insuffisantes: faute de moyens, le financement de la distillation ne serait pas assuré et la livraison à C.________ ne pourrait se faire que de manière échelonnée. En outre, il n'était pas sûr que 26 tonnes de chanvre soient nécessaires à la distillation, certains éléments pouvant laisser à penser que la moitié seulement de cette quantité pourrait suffire. La recourante critique cette appréciation, en expliquant qu'il lui sera possible de payer les frais de distillation au fur et à mesure des livraisons à C.________. Il s'agit là cependant de pures conjectures que la commande du 11 novembre 2002 ne permet pas de confirmer. De même, la recourante n'indique pas la quantité de chanvre qui lui serait nécessaire pour exécuter la commande. La demande de levée du séquestre porte sur 25 tonnes du chanvre séquestré, alors qu'il semble que la moitié de cette quantité serait suffisante pour produire 50 kg d'huile essentielle. Il subsiste ainsi un doute quant à l'utilisation du solde de chanvre lequel se prête sans autre préparation à un usage illicite. Faute d'indications plus précises, on se trouve ainsi dans une situation de fait analogue à celle ayant conduit au prononcé de l'arrêt du 17 août 1998 (1P.287/1998). Le grief est mal fondé.