Citation: I 79/03 07.05.2003 E. 5

Le recourant oppose à ces conclusions celles de son médecin traitant, le docteur C.________, généraliste. Selon ce médecin, l'assuré souffre de lombalgies chroniques sur troubles statiques du rachis dorso-lombaire et séquelles de maladie de Scheuermann, de cervicalgies chroniques post-traumatiques sur trouble du rachis cervico-dorso-lombaire, de tachycardie supraventriculaire récidivante. Il présente en outre un status après fracture, un tassement probablement traumatique de D4-D5, un status après lithiase urinaire et un status après prostatite. Ces affections entraînent une incapacité de travail totale selon son rapport du 15 mai 1995, partielle (50 %) aux termes de son rapport du 30 avril 2001 (voir également certificat médical du 23 janvier 2003). Par ailleurs, le recourant se fonde sur divers rapports psychiatriques. Ainsi, selon les médecins du Centre psycho-social de Payerne (rapport du 9 juillet 1997), l'assuré présente un syndrome douloureux persistant chez une personnalité de structure psychotique dont il résulte une incapacité entière de travail de durée indéterminée à partir du 5 novembre 1994, laquelle n'est pas susceptible d'amélioration par des mesures médicales. Selon le rapport du 2 mai 2002 du Département universitaire de psychiatrie adulte du canton de Vaud et celui du 27 mai 2002 du Centre hospitalier universitaire vaudois, le recourant présente, du point de vue psychiatrique, un trouble somatoforme douloureux persistant et souffre au premier plan d'une personnalité psychotique à traits caractériels et paranoïaques qui entrave de manière importante son fonctionnement social, familial et professionnel, ainsi que sa santé physique, un soutien psychologique régulier se révélant souhaitable. Pour autant, ces avis ne sauraient prévaloir sur les conclusions des expertises des docteurs B.________ et A.________. Dans la mesure où le docteur C.________ rattache aux affections physiques qu'il constate, une incapacité de travail entière (rapport du 15 mai 1995), puis seulement partielle (avis du 30 avril 2001), sans pour autant faire état d'une amélioration de l'état de santé de l'assuré, son avis n'est pas dépourvu de toute contradiction. Au vu de sa qualité de médecin traitant, le juge peut et doit en outre tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). C'est en vain également que le recourant se fonde sur l'avis du Département universitaire de psychiatrie adulte du canton de Vaud (rapport du 2 mai 2002) et du Centre hospitalier universitaire vaudois (rapport du 27 mai 2002), selon lesquels les troubles psychiques dont il souffre entravent sa réinsertion professionnelle, étant donné qu'ils ne font état d'aucune incapacité de travail. Au demeurant, de telles conclusions seraient, en tout état de cause, démenties par la capacité de travail effectivement mise à profit par l'assuré depuis 1999. Enfin, étant donné que le diagnostic posé par les médecins du Centre psycho-social de Payerne (rapport du 9 juillet 1997) correspond à celui des médecins du Département universitaire de psychiatrie adulte du canton de Vaud et de ceux du Centre hospitalier universitaire vaudois (rapports du 2 mai 2002 et du 27 mai 2002), il apparaît que les troubles psychiques présentés par l'assuré ne se sont pas modifiés depuis 1997. Compte tenu du fait que malgré cette affection, le recourant a exercé une activité lucrative dès 1999, les conclusions des médecins du Centre psycho-social de Payerne selon lesquelles le recourant souffre de troubles psychiques entraînant une incapacité entière de travail ne sauraient revêtir une valeur probante décisive. Cela étant, c'est à juste titre que l'office et la juridiction cantonale se sont fondés sur les conclusions des expertises des docteurs A.________ et B.________ pour déterminer la capacité de travail du recourant. Selon ces rapports, et en particulier celui du docteur B.________, l'atteinte à la santé psychique de l'assuré entraîne une réduction de 20 à 25 % maximum de sa capacité de travail dans une activité adaptée. Cette dernière est susceptible d'être augmentée à 80 voire 100 % moyennant des mesures médicales.