Citation: 5A_125/2025 E. 3

La cour cantonale a rappelé qu'était uniquement contestée la décision du 28 octobre 2024 par laquelle la juge de paix avait déclaré ne pas être compétente pour connaître de l'action en constatation de la nullité d'une résiliation d'un mandat liant la personne concernée à son conseil, opérée par la curatrice le 23 août 2024. L'autorité précédente a relevé qu'elle s'était vue limitée dans ses droits civils selon ordonnance de mesures provisionnelles du 14 mai 2024, puisqu'à titre provisoire, l'exercice des droits civils lui avait été retiré pour tout acte l'engageant personnellement, et notamment s'agissant de la conclusion de contrats. Par ailleurs, il était établi, par l'expertise psychiatrique du Dr D.________ du 10 septembre 2024, que la personne concernée n'était pas capable de discernement s'agissant de la gestion de ses intérêts financiers et personnels, de même que pour désigner un représentant dans ce cadre. En d'autres termes, elle présentait une absence de discernement pour désigner un mandataire qui la représenterait "en recours", n'ayant a fortiori pas la capacité d'ester en justice dans la présente procédure. Elle ne pouvait donc pas donner procuration à son avocat pour qu'il mène la procédure en son nom. S'agissant de contester la décision du 28 octobre 2024, la recourante aurait pu recourir par l'entremise de sa curatrice, qui était sa représentante légale, ou par le mandataire que cette dernière aurait mandaté, ce qui n'avait pas été fait. En l'occurrence, il ne s'agissait pas de priver la personne concernée de ses droits de recourir, mais bien de la protéger de l'abus de tiers agissant contre ses intérêts, dès lors que rien n'indiquait qu'elle ait l'intention de contester la décision du 28 octobre 2024 précitée, qui ne concernait pas la curatelle en tant que telle, mesure à laquelle elle s'était en revanche opposée. La procuration datée du 30 janvier 2024 était insuffisante à cet égard compte tenu des circonstances intervenues dans l'intervalle (limitation provisoire de l'exercice des droits civils; constat, par un expert, de son absence de capacité de discernement pour protéger ses intérêts et désigner un représentant) et aucune procuration actualisée n'avait en outre été produite pour corriger ce vice. La Chambre des curatelles a ainsi estimé que son recours était irrecevable, son avocat ne disposant pas, faute de procuration, du pouvoir de représenter la personne concernée.