Citation: 8C_112/2023 E. 6

Dans un ultime grief, le recourant soutient encore que c'est manifestement à tort que les juges cantonaux ont considéré qu'il y avait lieu d'accorder une pleine valeur probante aux différents rapports établis par la doctoresse E.________ puisque dans la cause 8C_401/2019 du 9 juin 2020 tranchée par le Tribunal de céans, une valeur probante avait été accordée au médecin spécialiste de l'assuré et non au médecin-conseil de la caisse intimée. Ce n'est pas parce que dans un cas différent de celui en l'espèce, les juges ont accordé plus de poids à l'avis d'un spécialiste qu'aux médecins-conseils de l'intimée que cela doit toujours en être ainsi. En effet, selon une jurisprudence constante, l'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son origine, ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 134 V 231 consid. 5.1; 125 V 351 consid. 3a). Dans le cas précité, les juges cantonaux avaient dénié toute valeur probante aux appréciations des médecins de la CNA, expliquant qu'on était en droit d'attendre de ces derniers soutenant l'origine non accidentelle des lésions au niveau de l'épaule de l'intimé, qu'ils étayent leur point de vue et qu'ils fournissent des explications circonstanciées sur le processus non traumatique qu'ils estimaient être à l'origine des atteintes constatées, ainsi que les raisons pour lesquelles le mécanisme accidentel n'aurait objectivement pas pu causer l'ensemble de ces atteintes, ce qu'ils n'avaient apparemment pas fait. En l'espèce, la cour cantonale s'est dite cependant convaincue par l'avis du médecin d'arrondissement de l'intimée, lequel n'était pas mis en doute par celui du docteur C.________, ce dernier fondant ses constatations sur une hypothèse différente quant au déroulement de l'accident, à savoir l'existence d'une torsion du genou, ainsi que sur l'absence de douleurs avant l'accident et sur leur persistance plus de trois mois après l'accident, ce qui relevait d'une argumentation "post hoc ergo propter hoc", insuffisante pour justifier à elle seule l'origine accidentelle d'une lésion méniscale. Dans ces circonstances, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, se fonder sur l'avis du médecin d'arrondissement de la CNA. En outre, dès lors qu'elle était parvenue à juste titre à la conclusion que l'avis du docteur C.________ n'était pas de nature à mettre en doute la fiabilité et la pertinence de l'appréciation de la doctoresse E.________, la cour cantonale n'avait pas le devoir de mettre en oeuvre une expertise (cf. ATF 135 V 465 consid. 4).