Citation: 1C_64/2017 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, la recourante soutient essentiellement qu'en vertu du ch. 6.1 de la directive cantonale une dérogation n'entre en ligne de compte que lorsque le projet de construction ne peut être modifié; selon elle, les pièces versées au dossier démontreraient que des variantes du projet permettant le respect d'une distance de 10 m à la forêt seraient possibles (cf. partie Fait, let. A.), de sorte que cette condition ne serait pas réalisée. Par ailleurs, à la suivre, dès lors que le hangar litigieux est destiné à accueillir des cars et des véhicules automobiles, qui contiennent du carburant, le projet présenterait un danger d'incendie particulier pour la forêt. Ce faisant, la recourante perd cependant de vue que la dérogation accordée repose sur des motifs objectifs liés à la configuration des lieux. Le respect d'une distance de 10 m engendrerait, comme l'a constaté l'ingénieur du SFP sur place, des difficultés pour manoeuvrer les cars postaux : le respect de cette distance implique en particulier des pentes incompatibles avec les porte-à-faux importants de ces véhicules. Le projet dérogatoire, outre qu'il permet, quant à lui, d'éviter cette problématique, facilite et rationalise le parcage des autocars par une implantation de la halle litigieuse perpendiculaire à la route de xxx. Par ailleurs, les variantes permettant le respect d'une distance de 10 m supposent la création de grands aménagements extérieurs (murs de soutènement, enrochement, etc.), ce qui, de l'avis de l'OFEV, pose notamment des problèmes d'ordre paysager. L'office fédéral a encore exclu l'existence d'un danger particulier d'incendie, se référant à cet égard à l'avis de l'Office cantonal du feu (OCF; cf. autorisation de construire du 20 janvier 2015, ch. 2.1, p. 6), qui n'a émis aucune remarque particulière à cet égard. Ce point de vue est de surcroît partagé par le SFP, selon lequel la dérogation octroyée n'augmente pas le risque d'incendie; le permis de construire est à cet égard d'ailleurs assorti d'une série de mesures préventives, à l'instar, notamment, de l'interdiction du dépôt de matériel en lisière de forêt ( ibidem, ch. 2.3 p. 8). La seule présence de carburant dans les réservoirs des véhicules, alléguée par la recourante, ne saurait suffire à jeter le doute sur les avis concordants des différents organes étatiques spécialisés. La recourante ne fournit enfin aucun élément permettant de supposer qu'une implantation à moins de 10 m porterait atteinte aux fonctions paysagères de la forêt ou encore que son accès et son entretien s'en trouveraient compromis, ce que le SFP a nié aux termes de son préavis (ibid.), dont il n'y a partant pas lieu de s'écarter.