Citation: 1P.773/2003 14.01.2004 E. 3

Dans la présente affaire, le maintien de la détention n'est motivé que par le risque de réitération. Selon les renseignements fournis par le dossier, le recourant est un consommateur invétéré de stupéfiants, par ailleurs enclin à commettre des actes punissables de nature très variée, tels qu'injures et menaces, coups, désordres sur la voie publique ou dans les transports publics, vols sans effraction, ou tentative d'utiliser l'imitation grossière d'un billet de banque. Contrairement à ce que semble retenir le Tribunal cantonal, en dépit des désagréments et du sentiment d'insécurité que l'attitude du recourant peut causer dans l'opinion publique, la détention préventive ne peut pas être longuement maintenue dans le seul but de remédier à cette situation car les actes en cause ne sont pas suffisamment graves. Le recourant est toutefois aussi prévenu de s'être livré au trafic de stupéfiants de mai 2002 à mai 2003, en revendant environ 53 g de cocaïne. Le recourant conteste ce trafic, mais il ne met pas en doute l'existence d'indices de culpabilité pertinents. En outre, selon les renseignements recueillis par le Juge d'instruction, le traitement de 360 kg de chanvre, marchandise volée en septembre 2003, peut aboutir à la production de 45 kg de marijuana si la teneur en stupéfiant est élevée. Ce vol constitue lui aussi le commencement d'un trafic de stupéfiants. Certes, le recourant affirme que les six individus impliqués dans l'entreprise avaient convenu de se partager le chanvre et de l'affecter à leur propre consommation, mais même si l'on s'en tient à cette version des faits, le recourant a adopté un comportement actif destiné à procurer des stupéfiants non seulement à lui-même, mais aussi à des tiers. Compte tenu que sa situation économique est précaire et qu'il reconnaît devoir "disposer quotidiennement de marijuana pour sa consommation personnelle", les autorités intimées peuvent légitimement redouter qu'il n'abuse de son éventuelle mise en liberté pour s'engager dans de nouveaux trafics de stupéfiants, lorsque l'occasion s'en présentera. Du point de vue de l'intérêt public, ce risque-ci constitue un motif valable de prolonger la détention préventive.