Citation: 1P.777/2003 23.01.2004 E. 1

Cette question peut demeurer indécise. Le recourant perd en effet de vue que la détention préventive n'est pas exclue du seul fait que l'inculpé est simultanément détenu sur la base d'un ordre d'écrou destiné à exécuter une peine prononcée définitivement pour des délits antérieurs; dans un tel cas, la détention préventive revêt un caractère subsidiaire par rapport à la détention en vue d'exécution et ne déploie ses effets que si cette dernière venait à être interrompue (arrêt 1P.267/1988 précité, reproduit à la SJ 1988 p. 456). Même si l'ordre d'écrou délivré le 11 août 2003 par le Service d'application des peines et mesures devait toujours constituer un titre de détention valable, la détention préventive se justifierait néanmoins en l'état, à titre subsidiaire, aussi longtemps que la procédure de révocation de la suspension de l'exécution de la peine infligée au recourant par arrêt de la Cour d'assises du 7 février 2003 n'est pas définitivement liquidée (voir aussi à ce sujet, les arrêts 1P.225/2002 du 25 juin 2002, consid. 2.3.1, paru aux ATF 128 I 184, et 1P.646/2003 du 22 décembre 2003, consid. 4). Pour le surplus, E.________ ne discute pas la base légale de la détention préventive, ni l'existence de charges suffisantes contre lui; il ne saurait sérieusement contester la présence d'un danger concret de fuite s'il était remis en liberté provisoire, dès lors qu'il a profité du fait qu'il se trouvait sans surveillance pour quitter la clinique dans laquelle il était hospitalisé pour se rendre en France. La détention préventive se justifie donc en tous les cas, fût-ce à titre subsidiaire, et ne consacre aucune violation de la liberté personnelle garantie à l'art. 10 Cst.