Citation: 2A.214/2005 26.04.2005 E. 5

5.1 L'art. 137 lettre b OJ dispose que la demande de révision d'un arrêt du Tribunal fédéral est "recevable" lorsque le requérant a connaissance subséquemment de faits nouveaux importants ou trouve des preuves concluantes qu'il n'avait pas pu invoquer dans la procédure précédente. Un fait doit être qualifié de nouveau au sens de cette disposition s'il existait déjà lorsque l'arrêt a été rendu, mais qu'il n'a pas été porté à la connaissance du Tribunal fédéral (ATF 121 IV 317 consid. 2 p. 322; Jean-François Poudret/Suzette Sandoz-Monod, op. cit., n. 2.2.3 ad art. 137, p. 27). Un fait est important s'il est propre à entraîner une modification de l'état de fait à la base du jugement et, ainsi, une modification de l'arrêt du Tribunal fédéral en faveur du requérant (ATF 127 V 353 consid. 5b p. 358; 121 IV 317 consid. 2 p. 322; Jean-François Poudret/Suzette Sandoz-Monod, op. cit., n. 2.2.2 ad art. 137, p. 27). Par ailleurs, la loi fédérale d'organisation judiciaire n'autorise la révision que si le requérant a été dans l'impossibilité d'invoquer les faits en cause dans la procédure ayant conduit à l'arrêt du Tribunal fédéral dont la révision est demandée ou dans une procédure cantonale de révision. Cette impossibilité implique que le requérant a fait preuve de toute la diligence que l'on pouvait exiger d'un plaideur consciencieux pour réunir tous les faits et moyens à l'appui de sa cause (Jean-François Poudret/Suzette Sandoz-Monod, op. cit., n. 2.2.5 ad art. 137, p. 29; cf. aussi ATF 108 V 170 consid. 1 p. 171/172; 98 II 250 consid. 3 p. 255; 76 I 130 consid. 3 p. 136; Elisabeth Escher, Revision und Erläuterung, in Prozessieren vor Bundesgericht, Bâle 1998, p. 271 ss, n. 8.21 p. 279; Georg Messmer/Hermann Imboden, Die eidgenössischen Rechtsmittel in Zivilsachen, Zurich 1992, n. 34, p. 49/50). 5.2 Le 22 décembre 2004, le Professeur Van Gijseghem a émis un avis critique sur l'expertise du Dr Matthews versée au dossier de la procédure pénale précitée contre le requérant. Le 8 février 2005, le requérant a demandé que l'avis du Professeur Van Gijseghem soit joint à ce dossier. Le 14 mars 2005, le Juge I du district de Monthey a admis cette demande et mis en oeuvre une expertise de crédibilité des témoignages des enfants en cause dans cette procédure pénale. Lors de son recours du 10 mars 2005 au Tribunal fédéral, l'intéressé a produit l'avis du Professeur Van Gijseghem. En revanche, il n'a pas fait état de sa démarche du 8 février 2005. On peut dès lors se demander si la décision du Juge I du district de Monthey du 14 mars 2005 qui donne suite à cette démarche constitue vraiment un fait nouveau au sens de l'art. 137 lettre b OJ. Cette question peut rester indécise, car la présente demande de révision doit de toute façon être rejetée pour une autre raison. 5.3 La prise en compte de l'avis du Professeur Van Gijseghem et la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise de crédibilité n'ont pas d'incidence sur l'application de l'art. 8 par. 1 CEDH. En effet, cela ne change rien au fait qu'il n'existe pas une relation étroite et effective entre le requérant et sa fille. D'ailleurs, l'intéressé dit bien que cette relation a cessé dès la fin de la vie commune. Ainsi, on ne peut pas considérer que le fait nouveau invoqué par le requérant soit important. Les conditions de l'art. 137 lettre b OJ ne sont donc pas remplies.