Citation: 4A_244/2022 E. A

A.a. D.________ (ci-après: le client), de nationalité belge et domicilié en Belgique, a souhaité acquérir un véhicule en Belgique, en raison de prix avantageux dans ce pays, au moyen d'avoirs bancaires qu'il détenait en Suisse. Ne désirant toutefois pas, pour des raisons fiscales, faire transiter ses avoirs de Suisse en Belgique, il a, avant fin janvier 2012, contacté et rencontré la société B.________ SA (ci-après: la société fiduciaire), qui exploite un bureau fiduciaire à Genève. Le 25 janvier 2012, la société fiduciaire a commandé à un garage en Belgique, pour le compte du client, un véhicule pour le prix de 53'690 euros. Après avoir été provisionnée par le client, elle s'est acquittée dudit prix le 30 mars 2012. A.b. Le 19 mars 2012, le client et la société fiduciaire ont conclu un " contrat de mandat - de prête nom ", dont le préambule mentionnait que le client était propriétaire du véhicule mais que, pour des raisons de discrétion, il désirait que celui-ci fût immatriculé en Suisse au nom de la société fiduciaire. Aux termes de cette convention, la société fiduciaire devait faire immatriculer et assurer le véhicule en son nom, le client en demeurant le propriétaire et étant seul habilité à l'utiliser. Elle s'engageait en outre à ne pas répondre aux demandes officielles des autorités suisses ou étrangères si cela allait à l'encontre des intérêts du client, à moins qu'elle ne risque que des mesures ne fussent prises à son encontre. A.c. La société fiduciaire a redirigé le client vers la société C.________ Sàrl (ci-après: la société de courtage) en vue de faire assurer le véhicule. Celle-ci s'occupait de faire assurer tous les véhicules des clients de la société fiduciaire depuis plusieurs années, les sociétés ayant conclu à cette fin un contrat le 19 avril 2013. En avril 2012, le client et son épouse ont rencontré l'associé gérant de la société de courtage. À cette occasion, le client a montré ses documents d'identité belges. La société de courtage savait que le véhicule devait être assuré par la société fiduciaire " au bénéfice de cette dernière comme détentrice du véhicule et d[u client] comme bénéficiaire économique " et a confirmé que le client ne lui avait jamais dit qu'il avait l'intention de s'établir en Suisse. Le 30 avril 2012, une proposition d'assurance, portant l'en-tête de E.________ SA (ci-après: la compagnie d'assurances) et comportant le timbre humide et la signature de l'associé gérant de la société de courtage, a été établie pour le véhicule. Faisant suite à cette proposition d'assurance, une police d'assurance sur le papier en-tête de et signée par la compagnie d'assurances a été établie le 24 mai 2012, la société fiduciaire y étant mentionnée comme preneuse d'assurance et détentrice du véhicule. Dite police prévoyait une assurance en casco complète sur la base d'une valeur vénale majorée du véhicule arrêtée à 96'100 fr. En cas de dommage total, les conditions générales d'assurance indiquaient que l'indemnité correspondait à un pourcentage de la valeur à neuf, lequel se situait entre 74 % et 82 % pour un véhicule dans sa troisième année. Elles prévoyaient par ailleurs que, si le détenteur du véhicule avait un " domicile étranger au début du contrat ", il ne bénéficiait pas de la couverture d'assurance et que, si le détenteur transférait le stationnement du véhicule à l'étranger, " l'assurance s'étei[gnait] à la fin de la période d'assurance en cours ". A.d. Le 30 juillet 2014, le client a été victime du vol avec violence du véhicule, lequel était stationné en Belgique. Une déclaration de sinistre à l'attention de la compagnie d'assurances a été cosignée par le client en tant que conducteur le 8 août 2014 et par la société fiduciaire en qualité de preneuse d'assurance le 21 août 2014. Le 18 septembre 2014, la compagnie d'assurances a indiqué à la société fiduciaire qu'elle refusait de couvrir le sinistre au motif que le détenteur du véhicule, soit le client, était domicilié à l'étranger. A.e. Estimant avoir commis une erreur professionnelle, la société de courtage a annoncé le sinistre à son assureur en responsabilité civile professionnelle, soit A.________ S.A. (ci-après: l'assureur RC ou la recourante). Le contrat d'assurance conclu par celles-ci prévoyait une franchise de 5'000 fr. en cas de réclamation. L'assureur RC a nié l'existence d'une faute professionnelle, dans la mesure où aucun assureur sis en Suisse n'aurait couvert le dommage résultant du vol du véhicule. La société de courtage a contesté cette position. Le 16 janvier 2015, l'assureur RC a informé la société de courtage qu'elle refusait de couvrir le sinistre.