Citation: 5P.339/2004 11.11.2004 E. 3

3.1 Invoquant l'arbitraire, le recourant reproche d'abord au Tribunal civil d'avoir fixé sa capacité contributive de 700'000 fr. sur la base du témoignage de C.________. Il explique que celui-ci a été administrateur de sa société Y.________ SA jusqu'au 21 décembre 2001, qu'il s'est mêlé de ses difficultés conjugales dès 2000, qu'il ignore tout de l'exercice 2001 puisque les comptes ont été établis en 2002, qu'il ne peut par conséquent témoigner de sa capacité contributive durant les années 2001 et 2002, que ses déclarations ont d'ailleurs été contredites par le nouvel administrateur de la société selon lequel la chute du chiffre d'affaires intervenue dès 2000 est due à l'évolution boursière et à des problèmes conjoncturels et que la société Y.________ est tombée en faillite le 2 août 2004. La critique du recourant est irrecevable dans la mesure où elle se fonde sur des faits nouveaux, tels que l'ingérence de C.________ dans ses difficultés conjugales, le fait que celui-ci ne pourrait pas témoigner pour l'exercice 2001 et le prononcé de la faillite de la société Y.________ SA en date du 2 août 2004 (cf. supra, consid. 1.3). Pour le reste, elle est de nature purement appellatoire et donc irrecevable. En effet, le recourant ne démontre pas, conformément à l'art. 90 al. 1 let . b OJ, en quoi les autorités cantonales se seraient fondées arbitrairement sur le témoignage de C.________ (cf. supra, consid. 2.2 et 2.3). 3.2 Le recourant reproche ensuite au Tribunal civil de s'être fondé sur le bilan provisoire de sa société établi au 31 décembre 2000, alors même qu'il disposait d'éléments plus probants au dossier, tels que le rapport de révision du 18 février 2002 selon lequel la société a subi des pertes dès 2000, son salaire passant de 574'000 fr. en 1999 à 188'640 fr. en 2000, puis à 30'000 fr. en 2001 et les notifications d'impôts de 2002 s'élevant à zéro pour la société et lui-même. 3.2.1 Le Tribunal civil a relevé que l'entreprise du recourant, la société Y.________ SA, a réalisé un bénéfice de 147'661 fr. 55 en 1998 et de 621'441 fr. 08 en 1999, que le recourant a perçu des bonus bruts de 100'000 fr. pour 1998 et de 382'000 pour 1999 et que ces montants se sont ajoutés à son salaire brut s'élevant à 574'000 fr. en 1999. Selon le bilan provisoire du 31 décembre 2000, la société a subi une perte de 630'554 fr. 77 en 2000. C.________, l'ancien administrateur de la société, a expliqué ces pertes essentiellement par la hausse de frais divers englobant des dépenses privées; il a également relevé que le recourant a été moins assidu à son travail et n'a pas géré son entreprise correctement. La société a également acquis, le 18 mai 2000, un lot de copropriété pour le prix de 900'000 fr. Dans un courrier du 21 mai 2001, C.________ a indiqué que l'hypothèque de 540'000 fr., établie initialement au nom de la société, a finalement été reprise par le recourant le 16 octobre 2000 et que les fonds propres de 360'000 fr. ont été financés par la société. Le Tribunal civil a encore constaté que, selon le frère du recourant, ce dernier pourrait gagner 400'000 USD par an s'il était assidu au travail, que, selon sa mère, il n'a pas diminué son train de vie et que, selon les extraits des comptes produits, le recourant a continué à mener un train de vie élevé. Sur la base de ces éléments, le Tribunal a estimé que, durant les années 2000 et 2001, le recourant a disposé d'une capacité contributive d'environ 700'000 fr. par année, en ne tenant compte que des bonus et du salaire. Examinant les critiques du recourant, la Chambre des recours a jugé qu'il n'était pas arbitraire d'accorder une force probante au témoignage de l'ancien administrateur, celui-ci ne travaillant plus dans l'entreprise et étant dès lors plus objectif que celui du nouvel administrateur, ainsi qu'au bilan provisoire de la société établi au 31 décembre 2000. 3.2.2 Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir apprécié certaines pièces plutôt que d'autres figurant au dossier, ce qui ne suffit manifestement pas à faire admettre l'arbitraire allégué. En effet, le recourant n'indique pas en quoi le bilan provisoire de l'année 2000 ne serait pas pertinent pour fixer sa capacité contributive dès le mois de mai 2001. Ceci est d'autant plus incompréhensible que ce bilan fait état d'une perte de 630'554 fr., alors que, selon le recourant, celle-ci ne se monte qu'à 473'383 fr. d'après le bilan définitif. Par ailleurs, le recourant ne démontre pas en quoi l'admission de son grief pourrait avoir une incidence sur la décision attaquée, dès lors que la pièce contestée n'est qu'un moyen de preuve parmi d'autres - à savoir les bénéfices de la société en 1998 et 1999, le salaire réalisé en 1999, les témoignages de C.________ et des membres de sa famille, les extraits comptables témoignant d'un train de vie élevé et la reprise de l'hypothèque - ayant permis d'estimer sa capacité contributive. Dans ces conditions, le recours ne satisfait pas aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 lit. b OJ, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en matière.