Citation: 5A_934/2023 E. 5

La recourante s'en prend en outre vainement au refus de l'autorité précédente de lui attribuer la jouissance du logement conjugal, décision qui serait à son sens arbitraire. S'appuyant sur le contrat de vente de l'immeuble, selon lequel cette maison devait être exclusivement réservée au logement de la famille, elle soutient qu'on ne saurait lui dénier le droit de demander le respect de cette clause sous prétexte que pendant dix ans, elle n'avait pas critiqué l'utilisation partielle des locaux à des fins professionnelles. Selon elle, l'autorité cantonale aurait méconnu le fait qu'à l'époque, elle était intéressée à l'entreprise, qu'elle avait même fondée, et qu'ensuite des difficultés survenues entre les parties, leur accord de renoncer à l'affectation totale de la maison à des fins d'habitation avait perdu tout son sens. Par ces affirmations, la recourante substitue cependant sa propre appréciation à celle des juges précédents, ce qui ne remplit pas les exigences de motivation accrues tirées de l'art. 106 al. 2 LTF. Elle ne démontre pas non plus que l'autorité cantonale serait tombée dans l'arbitraire en estimant que le nouvel appartement de l'intimé n'était pas adapté à l'activité professionnelle de celui-ci. Elle se contente d'affirmer que cette opinion serait démentie par le fait que l'intimé y déploie depuis près de deux ans une activité professionnelle, selon elle fructueuse, et que ses collaborateurs, qui travaillent partiellement à distance, n'ont pas besoin de locaux spacieux; elle ajoute que s'il l'avait jugé utile, l'intimé aurait pu sans difficulté louer des locaux mieux adaptés dans la région. Par ces allégations, la recourante ne démontre pas non plus en quoi il était insoutenable de considérer que la jouissance du logement conjugal apportait objectivement plus d'avantages à l'intimé, compte tenu de ses besoins professionnels. Dans la mesure où elle soutient en outre que la référence au fils des parties serait sans pertinence, celui-ci étant majeur et ayant son propre domicile, sa critique n'apparaît pas décisive, la cour cantonale n'ayant formulé ce motif que par surabondance. En définitive, l'autorité précédente ne peut se voir reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire ni manifestement abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que le premier critère posé par la jurisprudence permettait de décider de l'attribution du logement conjugal au mari. Comme les griefs de la recourante visant le raisonnement de la cour cantonale sur ce point se sont révélés mal fondés, autant que suffisamment motivés, il n'y a pas lieu d'examiner les critiques qu'elle oppose aux développements que les juges précédents ont consacrés au second critère, qui est subsidiaire (cf. supra consid. 3.1).