Citation: 4D_4/2015 E. 4

A l'appui du recours constitutionnel, le défendeur conteste que la demanderesse ait refusé d'entrer dans une relation sentimentale ou amicale avec lui. Il fait état d'un courriel qu'elle lui a adressé le 24 août 2009, rédigé comme suit: Coucou Tout d'abord, désolée si tu as mal pris le message mais l'excitation du moment a fait que j'ai envoyé que ça mais l'émotion y était mais les sms pas facile à ressentir ça ... ALORS je veux te remercier infiniment car c'est grâce à toi que j'ai eu mon AP et me réjouis d'aller jouer lundi prochain ... Selon la Cour d'appel, ce texte reflète la position délicate qui était celle de la demanderesse, désireuse de repousser les avances de son chef sans provoquer de réactions préjudiciables. Les lettres « AP » y sont lues « augmentation de pourcentage » de l'activité salariée. Le défendeur se plaint d'arbitraire; il affirme que les lettres « AP » signifient « autorisation de parcours » et que la phrase se rapporte à une prochaine partie de golf. Contrairement à son opinion, même selon sa propre acception de l'acronyme « AP », le document ne suffit pas à établir de manière certaine et indiscutable que la demanderesse ait accepté d'entrer avec lui dans une relation étrangère à l'activité professionnelle. Conformément à l'appréciation des juges d'appel, la première phrase dénote l'embarras de la demanderesse. Pour le surplus, le défendeur ne prétend pas avoir allégué et prouvé, dans le procès, que celle-ci ait effectivement joué au golf avec lui, ou qu'elle se soit adonnée à d'autres loisirs en sa compagnie. Le grief d'arbitraire est ici privé de fondement.