Citation: 7B.51/2002 22.03.2002 E. 2

2.- Lorsque la poursuite est dirigée contre une personne morale ou une société, les actes de poursuite sont notifiés à son représentant, à savoir, s'il s'agit d'une société anonyme, à un membre de l'administration, à un directeur ou à un fondé de procuration (art. 65 al. 1 ch. 2 LP). Lorsque ces personnes ne sont pas rencontrées à leur bureau, la notification peut être faite à un autre employé (art. 65 al. 2 LP). En l'espèce, comme l'a relevé l'autorité cantonale de surveillance, les créanciers ne se sont pas conformés à leur obligation, découlant de l'art. 65 LP, d'indiquer dans leur réquisition de poursuite le nom et le domicile du représentant de la poursuivie (ATF 119 III 57). La poursuite ne devait pas pour autant être annulée, car même en présence d'une telle mention, le fonctionnaire postal chargé de la notification n'aurait pas été en mesure de procéder à la notification du commandement de payer en mains de l'administrateur ou du directeur, dès lors que ceux-ci ne possédaient pas de bureau au siège de la société. Or, en pareil cas, la notification pouvait valablement intervenir au domicile du siège statutaire inscrit au registre du commerce, en mains du détenteur de ce domicile (ATF 120 III 64 consid. 3). Selon les constatations de la décision attaquée, dont la Chambre de céans n'a pas à s'écarter comme le voudrait la recourante, le commandement de payer litigieux a bien été notifié à la détentrice du domicile du siège statutaire, en mains d'une employée qui l'a ensuite remis à un administrateur de celle-ci. Si l'acte n'est pas parvenu à la poursuivie dès sa notification, il est en tout cas parvenu dans sa sphère et, comme le retient encore à juste titre la décision attaquée, les (mauvaises) dispositions prises par la poursuivie ne sauraient constituer un vice de notification susceptible d'entraîner la nullité de celle-ci. Il résulte de ce qui précède que le grief de violation de l'art. 65 LP est mal fondé. Le recours doit par conséquent être rejeté.