Citation: 4P.110/2001 17.07.2001 E. A

A.- a) D.________, requérant d'asile du Kosovo, a été engagé le 29 mai 1995, en qualité d'aide de cuisine, par Y.________ S.A., société qui exploitait un restaurant à l'enseigne "Z.________". Il résulte des fiches de salaires du travailleur qu'il a touché mensuellement, du 1er juin 1995 au 30 juin 1996, un salaire brut de 2900 fr. et un salaire net de 2091 fr.70., après déduction notamment des impôts à la source et d'une retenue de 290 fr. par mois pour requérant d'asile. Le 1er juillet 1996, X.________ S.A. (ci-après: X.________) a repris l'exploitation de l'établissement public précité et confirmé à D.________ qu'il était engagé aux mêmes conditions que précédemment. Selon les fiches de travail établies par X.________, D.________ a ainsi continué à percevoir par mois la même rémunération brute et nette. Dès le mois de mai 1997, une retenue mensuelle de l'ordre de 300 fr. pour les repas pris dans le restaurant s'est ajoutée aux différentes déductions. A partir d'août 1997 et jusqu'à la fin de son engagement, les fiches de salaire indiquent que D.________ a touché un salaire mensuel brut de 2675 fr. ainsi que 225 fr. à titre de treizième salaire. Avec l'accord de son employeur, D.________ a résilié son contrat de travail pour le 30 novembre 1999 et quitté définitivement la Suisse pour retourner dans son pays le 14 décembre 1999. b) Le 7 avril 2000, D.________, représenté par le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (ci-après: SIT), a ouvert action contre X.________ devant le Tribunal des prud'hommes de Genève, réclamant le paiement de 12 405 fr.85, plus intérêts à 5% dès le 1er avril 2000, d'une part à titre de différence entre les salaires perçus par le travailleur et les salaires minimaux prévus par les différentes conventions collectives de travail applicables dans le domaine de l'hôtellerie et de la restauration et, d'autre part, à titre de treizième salaire, somme qui se décomposait ainsi: 422 fr.90 pour 1995, 1643 fr.75 pour 1996, 3047 fr.55 pour 1997, 3680 fr. pour 1998 et 3611 fr.65 pour 1999. X.________ a conclu à libération, affirmant que le salarié avait reçu des salaires nets, en espèces, de 2500 fr. en 1996, 2700 fr. en 1997 et 2800 fr. en 1998 et 1999. Pour étayer ses dires, elle a produit un chèque de 2800 fr., qui a été encaissé le 6 avril 1999 par le demandeur. Par jugement du 6 octobre 2000, le Tribunal des prud'hommes a fait entièrement droit aux conclusions de la demande. Il a retenu que la défenderesse n'avait pas prouvé avoir versé en espèces à son ex-employé des montants supérieurs à ceux mentionnés dans ses fiches de salaire, de sorte que, sur la base des salaires minimaux prévus par les conventions collectives de travail applicables, le demandeur avait été privé de rémunérations mensuelles et de treizièmes salaires dont le total dépassait le montant réclamé.