Citation: 7B_810/2024 E. 4.3

4.3. En l'espèce, l'autorité cantonale a exposé que les experts relevaient de manière convaincante que seule une mesure thérapeutique institutionnelle au sens de l'art. 59 CP dans un établissement approprié pouvait procurer les soins et le traitement indispensables pour diminuer le risque de rechutes aiguës dans la maladie et contenir le risque de récidive d'actes répréhensibles qui pouvaient en résulter. Ils avaient en outre précisé que la mesure devait être mise en oeuvre dès que possible et préférablement avant jugement, afin d'apporter les soins et le traitement requis et éviter l'effet délétère de la détention en milieu carcéral sur l'expertisée. L'autorité précédente a ensuite rappelé que le TMC avait enjoint au Ministère public de prendre contact avec l'OSAMA afin de faire le nécessaire pour placer le plus rapidement possible la prévenue dans un établissement d'exécution de mesures, en précisant qu'un tel placement serait alors ordonné par lui-même au titre d'une mesure de substitution et que tant qu'un tel placement ne serait pas possible, la détention provisoire devait se poursuivre. Le 17 juin 2024, le Ministère public avait pris contact avec l'OSAMA, qui lui avait répondu le 19 juin 2024 qu'aucune place n'était disponible à ce titre avant la fin de l'année 2024, voire le début de l'année 2025. Dans sa détermination du 21 juin 2024, le Ministère public avait confirmé que des démarches étaient en cours avec E.________. La Juge cantonale en a conclu que les éléments au dossier ne permettaient pas de retenir qu'un établissement était à disposition pour accueillir la recourante, de sorte que la mesure thérapeutique institutionnelle prônée à juste titre par les experts ne saurait en l'état être mise en oeuvre. Cela étant, compte tenu de l'avis des experts et du fait que devaient être protégées la vie et l'intégrité physique de personnes, la Juge cantonale a considéré, à la suite du TMC, que la libération de la recourante ne pouvait pas intervenir sans sa prise en charge par une institution psychiatrique spécialisée et sécurisée, tel que l'Établissement fermé de E.________. Dans ces conditions, c'était de manière conforme au droit que le TMC avait considéré que seul un placement de la recourante dans un établissement à même d'offrir une prise en charge institutionnelle pouvait intervenir à titre de mesure de substitution. Dès lors qu'aucune autre mesure de substitution n'était de nature à parer le risque sérieux de récidive d'actes hétéro-agressifs, le TMC pouvait sur le principe, dans l'attente d'un tel placement, prolonger la détention provisoire de la recourante.