Citation: 4A_386/2016 E. 3.2.3

3.2.3. En raison des conséquences choquantes que pourrait parfois entraîner l'application stricte de la fiction de réception du courrier, le juge peut faire échec à celle-ci en se fondant sur les règles de l'abus de droit (art. 2 al. 2 CC). Tel est le cas lorsque la banque profite de la fiction de réception du courrier pour agir sciemment au détriment du client, ou lorsqu'après avoir géré un compte pendant plusieurs années conformément aux instructions orales du client, la banque s'en écarte intentionnellement alors que rien ne le laissait prévoir, ou encore lorsqu'elle sait que le client n'approuve pas les actes communiqués en banque restante (arrêts précités 4A_42/2015 consid. 5.2; 4A_262/2008 consid. 2.3 et les références citées). Une négligence comparable doit être assimilée à la lésion intentionnelle (GUGGENHEIM/GUGGENHEIM, Les contrats de la pratique bancaire suisse, 5 e édition 2014, p. 131 s. n. 360 et la note de bas de page 96). Le Tribunal fédéral a ainsi jugé qu'une négligence grave rendait inopposable au client la clause de banque restante dans un cas où la banque avait exécuté un ordre dont la signature était totalement illisible (arrêt 4C.81/2002 du 1 er juillet 2002 consid. 4.3 et la jurisprudence citée).