Citation: 5A_107/2022 E. 4

Les recourants relèvent que, selon la jurisprudence, un retrait du droit de déterminer le lieu de résidence n'est envisageable que si d'autres mesures ont été vouées à l'échec ou apparaissent d'emblée insuffisantes (arrêts 5A_775/2021 du 20 octobre 2021 consid. 3.3; 5A_131/2021 du 10 septembre 2021 consid. 4.2.1; 5A_318/2021 du 19 mai 2021 consid. 3.1.1 et les références) et font valoir que, en l'espèce, cette condition d' ultima ratio ne serait pas réalisée. Ainsi, la décision attaquée retiendrait l'option d'un placement à W.________ comme la seule envisageable alors qu'une alternative, à savoir un retour à domicile de l'enfant avec l'instauration d'un protocole précis de besoin et d'encadrement, tant au niveau infirmer qu'au niveau éducatif, aurait été évoqué par la DGEJ. Selon les recourants, cette dernière solution impliquerait certes un encadrement moins lourd que celui de W.________ mais aurait pour mérite de susciter l'adhésion de tous les intervenants. Les recourants font en outre valoir qu'ils ne s'opposent pas à l'admission de leur fils à W.________, même pour cinq jours par semaine, mais qu'ils refusent en revanche que l'enfant passe ses nuits au sein de cet établissement et qu'il y passe également ses week-ends. La motivation fournie par les recourants s'inscrit dans le cadre de l'art. 310 al. 1 CC qui dispose que, lorsqu'elle ne peut éviter autrement que le développement de l'enfant ne soit compromis, l'autorité de protection de l'enfant retire l'enfant aux père et mère ou aux tiers chez qui il se trouve et le place de façon appropriée. La question de la réalisation des conditions du retrait du droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant et du placement de celui-ci - et, singulièrement, le respect des principes de proportionnalité et de subsidiarité dont les recourants se prévalent - relève toutefois du fond et il serait prématuré, à ce stade, de statuer sur ce point, le recours sur le fond étant actuellement pendant devant l'autorité cantonale. Par ailleurs, si, au stade de l'examen de la question de l'effet suspensif, l'estimation des chances de succès au fond joue certes un rôle, l'examen doit être conduit prima facie. En l'espèce, la cour cantonale a relevé que les besoins très spécifiques de l'enfant nécessitaient un encadrement particulier, que la DGEJ, qui préconisait le placement, avait relevé que les parents ne pouvaient offrir l'encadrement nécessaire à domicile et que les recommandations médicales n'avaient pas toujours été respectées par ceux-ci à domicile, tant s'agissant du suivi que des soins. Or, sur la base d'un examen prima facie, il n'apparaît pas, et les recourants ne l'établissent pas, que le raisonnement de l'autorité cantonale pourrait être taxé d'arbitraire. Pour le surplus, l'argumentation des recourants est dénuée de pertinence en tant qu'elle se focalise sur un placement de l'enfant à W.________, dès lors que, comme déjà relevé précédemment, l'autorité de protection n'a pas ordonné le placement de celui-ci dans cet établissement mais qu'elle a uniquement confié la tâche à la DGEJ de le placer au mieux de ses intérêts. Il suit de ce qui précède que, pour autant que recevable, la critique des recourants doit être rejetée.