Citation: 5P.137/2002 27.05.2002 E. 3

3.- La recourante se plaint en définitive d'arbitraire dans la constatation des charges de l'intimé. a) Le Tribunal fédéral se montre réservé dans le domaine de l'appréciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconnaît en la matière à l'autorité cantonale. Il n'y a violation de l'art. 9 Cst. que lorsque cette appréciation est manifestement insoutenable, en contradiction flagrante avec les pièces du dossier ou repose sur une inadvertance évidente (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40); tel est également le cas lorsque le juge a méconnu des preuves pertinentes ou n'en a arbitrairement pas tenu compte (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88). b) La recourante reproche d'abord à la Chambre civile d'avoir arbitrairement retenu à titre d'impôts pour l'année 1998 un montant de 2'930 fr., alors même que l'intimé a produit un récapitulatif de ses dépenses et revenus, dont il résulte une charge fiscale de 1'638 fr. 35. Ce grief tombe à faux. Le montant litigieux a été arrêté sur la base du bordereau 1998 (pièce 18 du chargé produit par l'intimé; cf. arrêt de la Cour de justice, p. 5, § 2), dont il appert que les impôts du poursuivi pour l'année 1998 se sont élevés à 35'163 fr., ce qui représente effectivement un montant mensuel de 2'930 fr. Il n'est pas arbitraire de se fonder sur un tel document. Celui-ci revêt un caractère officiel, alors que la pièce établie par l'intimé n'a que la valeur d'une allégation, au demeurant infirmée par les déclarations ultérieures du prénommé. c) La recourante prétend ensuite qu'il est insoutenable de tenir compte du poste "intérêts de dettes" (629 fr. 75), dès lors que l'intimé a déclaré, en comparution personnelle du 28 mars 2000, ne pas avoir contracté de nouvelles dettes depuis la faillite. Devrait-on admettre ce grief, le recours ne saurait pour autant être admis. Pour que l'arrêt attaqué puisse être annulé, la solution litigieuse doit en effet être arbitraire dans son résultat (ATF 127 I 54 consid. 2 p. 56; 125 I 166 consid. 2a p. 168). Or, en l'espèce, si l'on devait imputer des charges (9'526 fr. 30) le montant de 629 fr. 75, il ne resterait à l'intimé, compte tenu de ses revenus (9'200 fr. 40), qu'un solde disponible d'environ303 fr. Dans de telles circonstances, il n'apparaît pas insoutenable de constater le non-retour à meilleure fortune, ce d'autant plus que la recourante concède qu'un montant supplémentaire de 900 fr. devrait être laissé à disposition de l'intimé. De son propre aveu, dans l'hypothèse d'un solde disponible de 1'900 fr., l'intimé n'aurait en effet pu économiser que 1'000 fr. par mois.