Citation: 4A_488/2022 E. 3

Dans l'arrêt attaqué, la cour cantonale a commencé par rappeler la motivation de son arrêt du 19 avril 2017 et celle de l'arrêt du Tribunal fédéral du 18 juin 2018 (arrêt 4A_253/2017), rendus dans la précédente affaire concernant le solde de factures de 426'000 fr. dû à E.________ (cf. Faits A.b). En bref, elle y avait retenu que la confiance du tiers, E.________, devait être protégée parce que les comportements respectifs des fils, qui étaient apparus de manière soutenue aux côtés de leur père dès juin 2006, dans le cadre des relations commerciales entretenues de longue date entre les deux familles de A.________ et de E.________, manifestaient de façon suffisamment claire l'existence d'une société simple en rapport avec le commerce de porcs dès juin 2006. En s'impliquant aussi bien dans le paiement des factures que dans le plan de règlement par tranches, les fils, désormais propriétaires des locaux abritant le commerce lui-même, avaient démontré vis-à-vis de l'extérieur leur participation à l'entreprise. Ensuite, en ce qui concerne les trois livraisons de novembre 2010 et mars 2011 présentement litigieuses, la cour cantonale a considéré que le fait que le créancier soit désormais la société anonyme, et non plus E.________ personnellement, ne changeait rien à la bonne foi dans l'apparence de société simple créée par les débiteurs, soit le père et ses deux fils. D'une part, la bonne foi de E.________ - qui pouvait croire en l'existence d'une société formée par le père et ses deux fils dans le cadre de la précédente procédure - est transposable à la société anonyme pour les livraisons en question: d'un côté, son fils F.________ travaillait étroitement avec lui depuis une dizaine d'années avant la fondation de la société anonyme; de l'autre, E.________ avait continué à travailler pour la société anonyme, dont il était membre du conseil d'administration, au bénéfice de la signature individuelle. D'autre part, la bonne foi est demeurée inchangée entre le moment déterminant pour la créance de 426'000 fr., soit le 3 juin 2009, et la période des livraisons de 187'071 fr., soit entre novembre 2010 et mars 2011, puisque la cour avait déjà admis que le père et ses fils avaient, par leurs comportements persistants, créé l'apparence d'une société simple de juin 2006 à juin 2009 et que ce n'est que près de deux ans après, le 9 mai 2011, soit postérieurement aux livraisons en cause, que l'un des fils (A.________) avait écrit à E.________ pour lui dire qu'il n'était pas concerné par cette affaire et qu'il fallait s'adresser directement à son père. Durant la période déterminante, le père et ses deux fils présentaient l'apparence d'être organisés en société simple. La cour cantonale a ensuite réfuté les griefs des défendeurs appelants. Sur le dernier de ceux-ci, elle a souligné "au surplus que, contrairement à ce qu'avancent les appelants, l'intimée n'a jamais affirmé dans ses mémoires ou lors de la séance du 14 janvier 2021 avoir entretenu une relation contractuelle avec D.________ exclusivement. "Tout au contraire, E.________ et F.________ ont, de manière constante, déclaré avoir toujours été persuadés que les appelants et leur père exploitaient ensemble leur commerce d'engraisseur".