Citation: 8C_740/2022 E. 4.3.2

4.3.2. S'agissant de la période comprise entre le 1 er avril 2010 et le 30 septembre 2018, l'appréciation de l'experte précitée ne résiste pas non plus à l'examen. Comme souligné par le recourant, l'incapacité de travail retenue de 50 % durant cette période n'est pas suffisamment motivée. En outre, cette évaluation fait fi de nombreux éléments faisant douter d'une telle incapacité de travail durant l'intégralité de ladite période en raison des seuls troubles psychiques de l'intimé. Selon l'anamnèse psychiatrique effectuée par l'experte psychiatre elle-même, l'intimé a certes présenté des difficultés d'ordre psychique dès mars 2010, se manifestant par une irritabilité et une intolérance à la frustration. Ces troubles ont entraîné une prise en charge psychiatrique et psychothérapeutique associée à une médication à base d'antidépresseurs et d'anxiolytiques. Ils sont toutefois survenus dans le contexte de tensions importantes dans le couple de l'intimé, lesquelles ont culminé avec une rupture définitive - à l'initiative de sa compagne - en février 2011, provoquant des idées suicidaires chez l'intimé. Ses médecins traitants l'ayant suivi durant cette période ont fait état d'un état dépressif moyen, mais sans pour autant attester une quelconque incapacité de travail. Les médecins de la Clinique H.________, où il a séjourné entre le 25 août 2010 et le 14 septembre 2010, n'ont retenu aucune pathologie psychique majeure. Pour sa part, le docteur D.________ a relevé, dans son rapport d'expertise du 13 septembre 2012, l'absence d'une pathologie psychiatrique justifiant une baisse de la capacité de travail. Selon l'intimé, son état de santé psychique s'est amélioré à partir de mars 2014 ensuite d'un nouveau suivi psychologique débuté en juin 2013, avec l'acceptation de sa séparation de couple et l'interruption de son traitement médicamenteux. Par la suite, son dossier ne mentionne aucune rechute sur le plan psychiatrique avant une nouvelle prise en charge initiée le 1 er octobre 2018. Entre 2012 et 2019, l'intimé a par ailleurs exercé plusieurs activités professionnelles. En sus d'activités salariées à temps partiel, il a assuré la gestion de la boulangerie de sa fille entre 2014 et 2019. Il a indiqué avoir progressivement perdu l'envie et la capacité de travailler pour cette boulangerie et n'avoir pas pu empêcher sa faillite. L'ensemble de ces éléments - non pris en compte par la doctoresse G.________ dans son analyse - mettent sérieusement à mal son évaluation de la capacité de travail de l'intimé, en particulier entre mars 2014 et octobre 2018. Au vu de ce qui précède, les juges cantonaux ne pouvaient pas non plus se fonder sur l'expertise de l'experte psychiatre pour retenir une incapacité de travail de 50 % sur le plan psychique entre le 1 er avril 2010 et le 30 septembre 2018.