Citation: 5P.8/2000 08.05.2000 E. 4

4.- Le recourant soutient que, selon la jurisprudence française, la mauvaise foi sanctionnée par la nullité de l'assurance est caractérisée par l'intention de tromper l'assureur et ne saurait résulter du seul fait que le proposant a répondu inexactement à une demande précise figurant dans le questionnaire. En se contentant d'affirmer "gratuitement" que l'assuré est de mauvaise foi s'il répond faussement à une question claire, l'intimée n'aurait ainsi, en l'espèce, pas rapporté la preuve requise. Partant, en retenant que le recourant était de mauvaise foi, la Chambre civile aurait violé de manière insoutenable le droit français sur la répartition du fardeau de la preuve. a) La cour cantonale a relevé que l'hépatite B est une maladie importante, même si elle peut passer complètement inaperçue, et touche notoirement certains groupes à risques tels que les toxicomanes; elle est suffisamment grave pour que l'homme moyen, qui en a été atteint, n'ait pas l'ombre d'une hésitation pour la signaler, lorsque, moins de trois ans après la fin de l'affection, on lui demande s'il a subi une atteinte au foie. Dans de telles conditions, l'omission de la signaler ne pouvait être qu'intentionnelle. b) Il s'agit là d'une présomption de fait, laquelle consiste à tenir pour établis, en l'absence de preuve, les faits qui sont conformes au cours ordinaire des choses, à l'expérience générale de la vie, et que le juge n'a pas de raison de mettre en doute, sauf preuve contraire (Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. II, n. 4.3.3 ad art. 43 OJ). Son existence relève, par principe, de l'appréciation des preuves; une telle présomption constitue en effet une forme de la preuve par indices (ATF 117 II 258 consid. 2b p. 258 s.; Poudret, op. cit. , loc. cit.) et est en outre régie, à l'instar de l'objet de la preuve, par la lex fori (Knoepfler/Schweizer, Droit international privé suisse, 2e éd., nos 657 et 666, p. 293). Dans ce contexte, le grief pris de l'application arbitraire du droit français en matière de répartition du fardeau de la preuve tombe dès lors à faux. Autant que le recourant prétend, pour le surplus, que l'appréciation des preuves sur ce point précis serait insoutenable, en contradiction flagrante avec le résultat des enquêtes, son recours est irrecevable, faute de répondre aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il omet en effet de démontrer, par une argumentation précise, que les constatations querellées ne trouvent aucune assise dans le dossier (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495; 118 Ia 64 consid. 1b p. 67; 117 Ia 10 consid. 4b p. 11/12).