Citation: 4P.73/2005 13.07.2005 E. B

B.a Le 4 mai 2002, C.________ a cédé à M.B.________ ses droits à l'endroit de A.________. Les 28 et 29 octobre 2002, E.B.________ et P.B.________ ont à leur tour cédé à M.B.________ leurs droits à l'encontre de A.________. B.b Après avoir vainement tenté la conciliation, M.B.________ a ouvert action le 10 décembre 2002 contre A.________ devant le Juge du district de Sion. Le demandeur a réclamé au défendeur le paiement de 157'500 fr. plus intérêts à 5 % dès le 5 octobre 2001. Le défendeur a conclu à libération Par jugement du 24 janvier 2005, la Cour civile II du Tribunal cantonal valaisan a condamné le défendeur à verser au demandeur la somme de 150'000 fr. avec intérêts à 5 % dès le 6 octobre 2001. En substance, la cour cantonale a retenu que la demande ne pouvait avoir qu'un fondement contractuel. Elle a considéré que le défendeur a seul négocié et conclu l'échange de devises avec D.________ et qu'il était prévu qu'il touche un pourcentage de la commission de change. Pour les juges cantonaux, C.________ et le défendeur sont ainsi liés par un contrat de commission au sens des art. 425 ss CO. A.________, de par son métier, devait être sensibilisé aux risques d'arnaque, si bien que l'on pouvait attendre de lui qu'il prenne des mesures élémentaires de précaution. Pour ne pas l'avoir fait, il a violé son devoir de diligence (art. 398 al. 2 CO par renvoi de l'art. 425 al. 2 CO). D'après l'autorité cantonale, C.________ a lui-même conclu avec le demandeur un contrat de commission analogue à celui qu'il a passé avec le défendeur, de sorte que M.B.________ détient une créance en dommages-intérêts à l'encontre du premier nommé. Et la Cour civile d'ajouter de manière sibylline que "la dette de C.________ à l'égard du demandeur constitue un dommage dont le défendeur doit répondre". Le manquement reproché au défendeur à son devoir de diligence étant la cause adéquate du préjudice invoqué, les conditions de sa responsabilité sont réalisées, ce qui signifie qu'il doit être déclaré débiteur du demandeur, cessionnaire des droits de C.________, de la somme perdue de 150'000 fr. Les magistrats valaisans ont toutefois rejeté la prétention du demandeur en paiement du gain manqué, par 7'500 fr., faute de relation de causalité adéquate avec le comportement du défendeur. A suivre la cour cantonale, bien que les conditions de l'échange de devises proposé par les italiens eussent dû éveiller des soupçons dans l'esprit de C.________ et bien que ce dernier eût pris un risque en incitant notamment le demandeur à investir dans l'opération de change, aucune réduction du montant des dommages-intérêts par le jeu de l'art. 44 al. 1 CO ne pouvait entrer en ligne de compte. Enfin, l'autorité cantonale a nié que le contrat de commission conclu entre C.________ et le défendeur soit nul au sens de l'art. 20 CO parce que l'argent investi n'aurait pas été déclaré fiscalement.