Citation: 5A_932/2021 E. 3.2

3.2. Le recourant reproche pour l'essentiel à la Cour d'appel d'avoir fait prévaloir un régime d'exception et de ne pas être partie du postulat selon lequel en présence d'une autorité parentale conjointe, il faut examiner en priorité si l'instauration de la garde alternée est possible et compatible avec le bien de l'enfant. Il passe ensuite en revue les différents critères d'attribution de la garde et soutient que la cour cantonale aurait arbitrairement accordé un poids particulier aux critères de la stabilité, de l'opinion de l'enfant et de la relation avec ses parents, tout en omettant sans justification objective d'autres éléments d'appréciation comme la disponibilité effective des parents et le maintien de la fratrie. Il estime qu'il faut s'interroger sur la stabilité du milieu familial puisque son frère est désormais la moitié de son temps chez lui, de sorte que D.________ ne le verra que de manière exceptionnelle. Par ailleurs, le critère de la stabilité étant lié à celui de la prise en charge personnelle par le parent, il n'avait que peu d'importance s'agissant d'une enfant de quatorze ans qui passait l'essentiel de son temps hors de la maison, occupée par ses cours, ses entraînements et ses compétitions de natation. Vu ses nombreuses absences, sa présence à la maison coïncidait en réalité avec ses propres horaires et il avait d'ailleurs pour habitude d'aider ses enfants pour les devoirs, de préparer les repas et de manger avec eux. Pour ce qui est de la disponibilité des parents, il reproche à la Cour d'appel d'avoir omis de tenir compte des occupations politiques et universitaires de l'intimée qui la rendaient en réalité beaucoup moins disponible pour ses enfants que ce qui avait été retenu. Il reproche également à l'autorité cantonale de ne pas s'être interrogée sur l'obligation qui incombe désormais à l'intimée de reprendre une activité lucrative qui plus est à temps plein, ce qui la rendra d'autant moins disponible. Pour sa part, il ne travaillait en présentiel qu'à 40% et était donc à la maison le reste du temps. Il était également disposé à réduire son temps de travail. Or, ces éléments avaient été balayés par la cour cantonale. Il était également arbitraire de retenir que D.________ avait un intérêt évident à passer plus de temps avec le parent dont elle se sentait le plus proche à savoir sa mère dans la mesure où, vu son emploi du temps, elle ne passait en réalité que très peu de temps avec chacun de ses parents. Le critère d'une relation plus étroite avec l'un des parents retenu n'était au demeurant pas un critère d'appréciation pertinent selon la jurisprudence. S'agissant de l'avis exprimé par D.________ en faveur de l'attribution d'une garde exclusive à sa mère, il estime que les arguments avancés par la jeune fille ne sauraient convaincre dans la mesure où ils se limitaient à des problèmes organisationnels, à savoir notamment qu'elle était actuellement véhiculée essentiellement par sa mère. Or, cette situation ne saurait perdurer dès lors que l'intimée sera prochainement tenue de reprendre une activité lucrative. On ne pouvait, selon lui, retenir qu'une garde exclusive était favorable pour le développement harmonieux et équilibré de l'enfant sur la base de motifs exclusivement organisationnels. Enfin, l'appartenance à une fratrie revêtait une importance particulière en l'espèce puisque les deux enfants étaient des adolescents et qu'ils demeuraient très proches l'un de l'autre. Le recourant en conclut, au vu de l'ensemble des critères qui précèdent, que l'instauration d'une garde alternée était tout à fait envisageable et en aucun cas contraire au bien de l'enfant.