Citation: I 338/02 14.01.2003 E. 1

Si, dans certains cas d'espèce, la jurisprudence a nié l'existence d'une incapacité de travail significative résultant de troubles somatoformes douloureux en l'absence de comorbidité psychiatrique grave (VSI 2000 p. 156), elle a rappelé à diverses reprises que cet arrêt ne peut être interprété en ce sens que des troubles de ce type ne seraient susceptibles de fonder une invalidité au sens de la LAI qu'en relation avec une telle comorbidité (arrêts non publiés Q. du 8 août 2002 [I 783/01] et L. du 6 mai 2002 [I 275/01]). Un tel schématisme, qui procède d'une mauvaise compréhension des motifs de l'arrêt publié dans VSI 2000 p. 156, ne saurait, en effet, s'accorder avec la complexité de la problématique du caractère invalidant des troubles somatoformes douloureux, qui justifie les exigences posées à l'adresse de l'expert par la jurisprudence précitée. 3.3 Selon les constatations de l'expert en psychiatrie, l'assuré présente un trouble douloureux associé à la fois à des facteurs psychologiques (personnalité évitante à traits paranoïaques) et à une affection médicale générale chronique, sous la forme de gonalgies droites justifiant, sur le plan psychiatrique, une incapacité de travail maximale de 33 1/3 %. Ce diagnostic, posé à l'issue de deux entretiens et sur la base de l'étude du dossier ainsi que des résultats de tests psychologiques est étayé d'une discussion approfondie. Les constatations de l'expert mettent notamment en évidence les nombreux traitements médicaux (meniscectomie partielle interne, ponctions, injections intra-articulaires de stéroïdes, physiothérapie, ostéotomie de valgisation du tibia) subis par l'assuré depuis 1994 et demeurés tout au moins partiellement sans effet sur l'affection du genou, qualifiée de chronique. L'ensemble de ces circonstances, même en l'absence de comorbidité psychiatrique avérée, de perte d'intégration sociale et d'un profit tiré de la maladie, n'en cumule pas moins la plupart des critères posés par la jurisprudence précitée. En ce qui concerne les circonstances susceptibles de justifier le refus d'une rente, si l'expert relève des divergences entre les douleurs décrites et le comportement observé et si, en partie tout au moins, les plaintes très démonstratives de l'assuré l'ont apparemment laissé insensible, ces éléments ont été pris en compte dans l'évaluation de la capacité résiduelle de travail, pour laquelle l'expert distingue clairement le facteur constitué par le trouble douloureux des composantes d'exagération et de simulation pure et simple des symptômes. On ne saurait, en conséquence, faire grief aux premiers juges d'avoir retenu les conclusions du docteur H. dont le rapport répond, pour le surplus, à toutes les exigences permettant de lui reconnaître pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3, 122 V 160 consid 1c). Le recours se révèle infondé sur ce point.