Citation: 4A_374/2021 E. 6.2

6.2. Le recourant fait valoir que le Tribunal arbitral est sorti du cadre que lui fixaient les conclusions, en prononçant la réduction partielle de la rémunération due au mandataire alors que les intimés s'étaient contentés de réclamer la suppression totale des honoraires du mandataire. Il estime qu'une demande tendant à la réduction partielle des honoraires aurait dû faire l'objet d'une conclusion subsidiaire spécifique. Tel qu'il est présenté, le grief ne saurait prospérer. En l'espèce, les arbitres ont relevé que les demandeurs concluaient au remboursement intégral des honoraires versés au recourant et qu'ils n'avaient pas pris de conclusions subsidiaires tendant à la réduction partielle de la rémunération due à l'intéressé. Ils ont considéré, de manière défendable, que le principe de " qui peut le plus peut le moins " leur permettait d'allouer une proportion de réduction inférieure à ce que la partie demanderesse sollicitait, l'absence de conclusion subsidiaire ne devant ainsi pas aboutir au rejet pur et simple de la demande. La partie demanderesse ne pouvait toutefois pas se contenter de faire valoir une violation du mandat, mais devait fournir les éléments nécessaires permettant d'apprécier la mesure de la rupture de l'équilibre des prestations résultant des violations du contrat imputables au mandataire (sentence, n. 229 s.). Pareille solution n'apparaît pas critiquable. Force est en effet d'observer que le Tribunal arbitral n'est pas sorti du cadre fixé par la conclusion des demandeurs - lesquels réclamaient le paiement de 11'300'000 euros, intérêts en sus, sans autre précision - en leur allouant la somme de 2'825'000 euros. Les arrêts auxquels fait allusion le recourant (arrêts 4A_444/2019 du 21 avril 2020 consid. 4.3.3 et 4A_412/2019 du 27 avril 2020 consid. 8.3.2), qui ont été rendus dans des affaires ne relevant pas du domaine de l'arbitrage international, ne lui sont d'aucun secours. Par ailleurs, le point de savoir si les allégations des demandeurs et les preuves produites par eux permettaient ou non au Tribunal arbitral de réduire la rémunération due au mandataire comme il l'a fait est une question qui ne ressortit pas au grief visé par l'art. 190 al. 2 let. c LDIP et qui, partant, échappe à la cognition de la Cour de céans. Aussi est-ce en vain que le recourant fait valoir que le principe a majore minus ne saurait libérer la partie demanderesse de ses obligations d'alléguer, de motiver et de prouver ses prétentions. Il s'ensuit le rejet du moyen considéré.