Citation: 1B_549/2020 E. 3.3

3.3. Conformément au principe de la proportionnalité ancré à l'art. 36 al. 3 Cst., il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention (règle de la nécessité). Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. En présence d'un risque de fuite, une saisie des documents d'identité, une assignation à résidence - mesure que ne propose d'ailleurs pas la recourante - et la présentation régulière à un poste de police ne sont pas de nature à empêcher une personne de s'enfuir à l'étranger, voire de passer dans la clandestinité (ATF 145 IV 503 consid. 3.2 p. 510 et 3.3.2 p. 512). Une interdiction de quitter le territoire suisse, ou un autre périmètre déterminé, couplée à une surveillance électronique, ne constitue pas non plus en l'espèce une mesure suffisante au regard de l'intensité du risque de fuite. Il faut ainsi prendre en considération qu'une surveillance électronique ne permet pas de prévenir la fuite de la recourante, mais uniquement de la constater a posteriori. Il n'est en effet pas exclu que le porteur d'un dispositif de surveillance électronique puisse fuir et, notamment, passer une frontière avant que les forces de l'ordre ne parviennent à l'arrêter, en particulier en cas de résidence proche d'une frontière, comme en l'espèce (cf. ATF 145 IV 503 consid. 3.3 p. 511 s.). On ne voit pas plus que la situation de la recourante, qui se prévaut de son statut de jeune mère, imposerait une autre appréciation. A cet égard, il est relevé qu'elle est actuellement incarcérée à la Prison de la Tuilière, établissement doté d'un secteur mère-enfant permettant aux femmes détenues d'accueillir leurs enfants en bas âge.