Citation: 7B_65/2023 E. 5.6.3

5.6.3. En l'espèce, on peut donner acte à la recourante que le point de départ du délai de prescription court à partir du dernier acte de blanchiment. Elle ne peut en revanche pas être suivie lorsqu'elle prétend que la prescription aurait couru à partir du dernier acte de blanchiment précédant les deux virements litigieux. Il résulte en effet de la décision querellée que, dans une quatrième phase, les fonds se trouvant auprès d'une banque en Russie avaient été ventilés sur des comptes bancaires de sociétés offshore auprès d'établissements sis notamment en Moldavie et en Suisse. Ainsi, deux montants de 410'000 USD respectivement 447'354 USD ont été crédités les 6 et 13 février 2008 sur le compte bancaire de la recourante en Suisse; ces fonds provenaient des relations bancaires de I.________ SRL pour le premier et de J.________ SRL pour le second, toutes deux auprès de K.________ SA sise en République de Moldavie (cf. 105 al. 2 LTF). Ainsi, quand bien même les noms des sociétés concernées apparaissent sur les documents bancaires, la provenance d'un pays tiers suffit dans le cas d'espèce à considérer que ces deux versements - qui font suite à d'autres opérations financières - font partie du modus operandi décrit par le MPC et constituent par conséquent des actes de blanchiment; il convient ainsi de tenir compte de ces deux versements pour déterminer le point de départ du délai de prescription. Au vu de ces éléments, contrairement à ce que soutient la recourante, les derniers actes de blanchiment - qui sont les deux versements dont il est question ci-dessus - sont suffisamment décrits. Dès lors que les deux montants ont été crédités les 6 et 13 février 2008 sur le compte de la recourante, le délai de prescription a commencé à courir le 14 février 2008, voire le 7 février 2008 (dans la version la plus favorable à la recourante, la question de savoir si l'infraction de blanchiment constitue une unité juridique ou naturelle au sens de l'art. 98 let. b ou c CP pouvant demeurer indécise [cf. ATF 136 IV 188 consid. 9.1 et 9.2]). Dans la mesure où la Cour des plaintes a rendu la décision querellée le 7 février 2023, la prescription de l'action pénale, respectivement du droit de prononcer une créance compensatrice, n'était pas encore acquise.