Citation: 4A_201/2016 E. A

A.a. X.________ SA (ci-après: X.________), à Genève, est une société qui est active notamment dans l'affrètement d'avions et dont l'administrateur unique est l'ancien pilote A.________. Il a été retenu que cette société ne possède elle-même aucun avion ni équipage complet; lorsqu'un client affrète un avion avec équipage auprès d'elle, elle doit s'en procurer auprès de tiers prestataires, en passant par un ou plusieurs intermédiaires. Z.________, société sise à... (Danemark), est active dans la logistique, spécialement celle d'urgence et de secours. Elle fait partie du groupe international Z.________, qui est l'un des leaders mondiaux en matière de logistique. A.b. Le 12 avril 2011, Z.________, agissant par l'employé B.________, a téléphoné à C.________, qui agissait comme directeur commercial de X.________, en indiquant à ce dernier qu'elle devait envoyer, par voie aérienne et de façon urgente, des voitures blindées et du matériel médical humanitaire depuis Sharjah ou Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, à Benghazi, en Libye, pour le compte du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Z.________ a indiqué à X.________ que le vol devait avoir lieu aussi vite que possible (" as soon as possible (ASAP) ", ce qui voulait dire au plus tard le 19 avril 2011. Z.________ ignorait que X.________ devait passer par plusieurs intermédiaires pour organiser le vol de transport envisagé. Par deux courriels du 13 avril 2011, X.________ a indiqué à Z.________ qu'un avion de type iliouchine II-76 était disponible à Sharjah pour le lendemain et lui a adressé une offre écrite comportant la mention " ASAP " à la case prévue pour la date du vol. Le 14 avril 2011, Z.________ a confirmé à X.________ le vol de Sharjah à Benghazi et donné des détails sur la cargaison. Le 14 avril 2011, Z.________, désignée comme affréteur (" charterer "), et X.________, désignée comme transporteur ou fréteur (" carrier "), ont signé un contrat rédigé en anglais intitulé " Aircraft charter agreement ", qui portait sur un vol de Sharjah à Benghazi le 17 avril 2011 à 12h., moyennant paiement de 184'900 dollars américains (USD). Le contrat, établi sur une formule type comportant des conditions générales préformulées par X.________, prévoyait, sous le libellé " Special conditions & remarks ", que (1) le vol était soumis à des autorisations " Charter subject to Flight Permissions " et que (2) le paiement devait être effectué 48 heures avant le vol. Ledit contrat stipulait à son art. 4 les conditions de sa résiliation: ainsi, si la résiliation intervenait moins de 12 heures avant le vol ou si l'accord était résilié en vue d'obtenir un transport alternatif, le fréteur était en droit de conserver l'entier du prix du vol. Selon l'art. 7, tandis que le fréteur fera tous les efforts raisonnablement exigibles en vue du transport de la marchandise sur le vol indiqué dans le contrat, aucune garantie n'est donnée par celui-ci que le transport sera effectué par le vol indiqué dans le contrat. Au cas où la marchandise n'est pas transportée sur le vol spécifié dans le contrat, le fréteur exclut toute responsabilité pour les inconvénients en résultant pour l'affréteur (complétement en vertu de l'art. 105 al. 2 LTF). L'art. 9 accorde la possibilité au fréteur de modifier la date et l'heure du vol prévu par le contrat, en cas de circonstances hors de son contrôle. D'après l'art. 11, le fréteur n'est pas responsable du retard causé directement ou indirectement par toute cause de toute nature qui échapperait à son contrôle. A.c. Le 15 avril 2011, Z.________ a effectué le paiement de 184'900 USD, qui a été crédité le 17 avril 2011 sur le compte bancaire indiqué par X.________. Egalement le 15 avril 2011, X.________ a informé Z.________ du nouveau plan de vol avec départ le 17 avril 2011 à 9h.45 de Sharjah et une arrivée à 16h. à Benghazi. Le 17 avril 2011, Z.________ a acheminé les marchandises à transporter à l'aéroport de Sharjah; elle a alors appris qu'aucun vol n'était prévu pour Benghazi et qu'une autorisation pour un tel vol n'avait pas été requise. Dans le cadre d'échanges de courriels survenus les 17 et 18 avril 2011, X.________ a déclaré à Z.________ que l'avion n'était certes pas à Sharjah, mais qu'il était garé à l'aéroport de Fujairah, également aux Emirats Arabes Unis. Z.________ a alors demandé à sa société soeur aux Emirats Arabes Unis de vérifier cette information; cette dernière lui a répondu que l'avion de type iliouchine II-76 n'était pas à l'aéroport de Fujairah. Z.________ a alors perdu confiance en X.________. Le soir du 18 avril 2011, X.________ a informé Z.________ qu'un problème technique empêchait l'iliouchine de voler avant le 20 avril 2011 et a proposé à celle-ci une solution de rechange avec un avion de type DC-8. Z.________, qui subissait une forte pression du HCR pour transporter les marchandises à Benghazi, a fait savoir à X.________, le 18 avril 2011 à 21h.52, qu'elle devait voler avec n'importe quel appareil le 19 avril 2011 afin d'éviter une résolution du contrat qui la liait aux Nations Unies. Le 19 avril 2011, à 9h.05, Z.________ a écrit par courriel à X.________ qu'elle ne voulait plus de promesse sans résultat, que le transport devait s'effectuer le jour même parce que les Nations Unies menaçaient d'annuler leur contrat avec Z.________ et qu'elle exigeait une réponse dans l'heure qui suivait. Le 19 avril 2011, à 10h.55, X.________ a averti Z.________ qu'elle cherchait un autre avion DC-8 et qu'elle attendait des réponses claires au sujet de l'appareil de type iliouchine. Toujours le 19 avril 2011, à 16h.44, une conversation téléphonique s'est tenue en anglais entre B.________, pour Z.________, et C.________, pour X.________, laquelle a fait l'objet d'une retranscription écrite de quatre pages. Le sens à attribuer à cette conversation fait l'objet de divergences entre les parties. Il a été constaté que, dans son dernier propos, B.________ a requis de C.________ " quelque chose à communiquer " au HCR dans les heures suivantes (" something in the next few hours which I can pass on to them "). Derechef le 19 avril 2011, à 19h01, B.________, pour Z.________, a informé téléphoniquement C.________, pour X.________, que Z.________ devait recevoir " quelque chose de très, très convaincant " (" something very, very convincing ") avant le lendemain 20 avril 2011 à 09h.00, faute de quoi elle mettrait fin au contrat du 14 avril 2011 (" or I'm afraid the deal is off "). X.________ ayant indiqué à Z.________ qu'elle projetait à ce stade de se procurer un avion de remplacement de type DC-8, propriété de la compagnie aérienne U.________, B.________ a pris langue avec un représentant de cette compagnie qu'il connaissait, lequel lui a précisé qu'il n'y avait aucun contrat entre U.________ et X.________. Par conversation téléphonique du 20 avril 2011 à 12h.07, Z.________ a résilié le contrat qu'elle avait passé avec X.________, au motif que le rapport de confiance n'existait plus. Le même jour, à 13h.37, Z.________ a confirmé par écrit à X.________ la résiliation de l'accord précité et lui a fait savoir que le vol avait été confié à un autre opérateur. Elle a requis de X.________ le remboursement du montant de 184'900 USD dans un délai au 26 avril 2011 au plus tard. X.________ a adressé quelques heures plus tard à Z.________ un document intitulé " crew briefing " concernant un vol avec un DC-8, mais celle-ci n'a pas souhaité conclure un nouvel accord avec celle-là. N'ayant reçu aucun remboursement, Z.________ a envoyé un rappel à X.________ le 4 mai 2011, qui est resté sans effet.