Citation: 8C_226/2018 E. 4.2

4.2. Pour fixer le revenu d'invalide, il convient donc de se référer aux statistiques salariales comme le prévoit la jurisprudence. Il y a lieu d'admettre qu'au regard du large éventail d'activités physiques ou manuelles simples que recouvrent les secteurs de la production et des services, un certain nombre d'entre elles correspondent à des travaux légers pouvant être effectués en position essentiellement assise. Le salaire de référence est celui auquel peuvent prétendre les hommes effectuant des tâches physiques ou manuelles simples dans le secteur privé, soit en 2014, 5'312 fr. par mois (ESS 2014, TA1_skill-level, niveau de compétence 1). Après ajustement de ce salaire à la moyenne de 41,7 heures de la durée hebdomadaire du travail dans les entreprises en 2015 et à l'évolution des salaires nominaux (+ 0,4 % en 2015; voir Indice des salaires nominaux 2011-2017, T1.10; site internet de l'Office fédéral de la statistique (OFS) : https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/travail-remuneration/salaires-revenus-cout-travail/evolution-salaires.asset detail.5128920.html [consulté le 28 janvier 2019], on obtient un revenu de 5'559 fr. 20 par mois, soit 66'718 fr. 90 par an. S'agissant du taux d'abattement, la juridiction cantonale n'a pas confirmé, dans le jugement en matière d'assurance-invalidité (cause S1 16 162) le taux de 10 % retenu par l'office AI en raison des seules limitations fonctionnelles de l'assuré mais a fixé ce dernier à 15 % pour tenir compte également de l'âge de l'assuré (60 ans et 11 mois au moment de la naissance d'un éventuel droit à la rente). Le point de savoir si, dans le domaine de l'assurance-accidents obligatoire, le critère de l'âge constitue un critère d'abattement ou si, dans ce domaine, l'influence de l'âge sur la capacité de gain doit être prise en compte uniquement dans le cadre de la réglementation particulière de l'art. 28 al. 4 OLAA n'a pas encore été tranché par le Tribunal fédéral (voir les arrêts 8C_227/2017 du 17 mai 2018 consid. 5, in SVR 2018 UV n° 40 p. 145; 8C_439/2017 du 6 octobre 2017 consid. 5.6.4, in SVR 2018 UV n° 15 p. 50 et 8C_754/2015 du 26 février 2016 consid. 4.3, in SVR 2016 UV n° 39 p. 131) et peut encore demeurer indécis en l'espèce. En l'occurrence, le recourant vit en Suisse depuis 1978 et il dispose de bonnes connaissances orales de la langue française. Il a eu un parcours professionnel varié auprès de huit employeurs, de sorte qu'on peut admettre qu'il dispose d'une certaine capacité d'adaptation sur le plan professionnel susceptible, le cas échéant, de compenser les désavantages compétitifs liés à son âge, surtout dans le domaine des emplois non qualifiés qui sont, en règle générale, disponibles indépendamment de l'âge de l'intéressé sur le marché équilibré du travail (arrêts 8C_403/2017 du 25 août 2017 consid. 4.4.1; 8C_805/2016 du 22 mars 2017 consid. 3.4.3). Au regard de ce qui précède, un taux d'abattement de 10 % apparaît justifié au regard uniquement du handicap résultant du fait que la capacité de travail de l'assuré est limitée à un travail exercé essentiellement en position assise. Dans ces conditions, le revenu d'invalide doit être fixé à 60'047 fr. (66'718 fr. 90- [10 % x 66'718 fr. 90]). En comparant ce montant au revenu sans invalidité non contesté de 62'720 fr., on obtient un taux d'invalidité (arrondi) de 4 % ([62'720 fr. - 60'047 fr.] : 62'720 fr. x 100 = 4,26 %), soit un taux insuffisant pour ouvrir droit à une rente d'invalidité de l'assurance-accidents (art. 18 al. 1 LAA).