Citation: 6B_410/2017 E. 1

A.d. A la suite de son internement, X.________ a été soumis à plusieurs expertises psychiatriques. Le Dr A.________ a ainsi conduit une expertise privée, à la demande de X.________, entre 2006 et 2007. Ce psychiatre, tout en critiquant les erreurs comprises dans l'anamnèse de l'expertise réalisée en 1998, a posé le diagnostic de trouble mixte de la personnalité comportant des traits de personnalité obsessionnelle et immature, ainsi que des traits dépendants et pervers. Selon lui, X.________ ne présentait pas un caractère de dangerosité important, la violence dont il avait fait preuve par le passé étant modérée, si bien qu'il ne compromettait pas la sécurité publique. Le Dr A.________ a alors préconisé que l'intéressé soit contraint au suivi d'un traitement psychothérapeutique qui pourrait progressivement lui permettre notamment d'assouplir ses mécanismes de défense, même si X.________ s'y refusait et que son trouble était difficilement traitable. En 2006, le Conseil de surveillance psychiatrique a relevé que X.________ demeurait dans le déni des faits à l'origine de ses deux dernières condamnations. Hormis un suivi entre 1998 et 2001, le prénommé s'était refusé à tout traitement psychothérapeutique au motif que cela équivaudrait, selon lui, à une reconnaissance de sa culpabilité et de sa maladie. En 2008, la Dresse B.________, experte psychiatre, a diagnostiqué chez X.________ un trouble mixte de la personnalité qualifié de grave, avec des traits paranoïaques, narcissiques et pervers. Selon l'experte, le discours du prénommé était centré principalement sur l'injustice liée à son incarcération et à l'internement, sur les multiples recours interjetés et sur le préjudice subi. Sa logique paranoïaque s'étendait également à toute idée de prise en charge psychothérapeutique qui signifierait, selon lui, la reconnaissance de délits qu'il persistait à nier. Il n'émettait spontanément ni culpabilité ni empathie pour ses victimes, dont il ne reconnaissait ni la gravité des atteintes ni la souffrance, allant même jusqu'à menacer de déposer plainte à leur encontre au motif qu'elles auraient menti. X.________ constatait son absence d'évolution, voire un renforcement de son idée selon laquelle il était victime d'injustices multiples et ne manifestait aucune intention de travailler sur lui-même, bien qu'étant conscient de l'impasse dans laquelle il demeurait. Les facteurs de dangerosité étaient liés au fait que les délits avaient débuté à l'adolescence déjà et avaient été d'une gravité croissante. Le grave trouble de la personnalité dont souffrait X.________ faisait obstacle à toute prise en charge et à toute perspective évolutive, compte tenu de l'incapacité de l'intéressé à y adhérer, totalement ou partiellement. Aucun traitement médicamenteux n'était par ailleurs envisageable. Dès lors, le risque de récidive inhérent à la pathologie était toujours présent, car inchangé en l'absence de soins, si bien que l'internement demeurait nécessaire. A.e. Dans un rapport du 16 décembre 2009, le Service médical des Etablissements de C.________ (ci-après : la Prison C.________), où X.________ était alors détenu, a relaté que, depuis son arrivée dans cet établissement, le prénommé bénéficiait d'un suivi thérapeutique à quinzaine mené par deux psychologues. Le patient venait aux entretiens et investissait bien l'espace qui lui était proposé. Il souhaitait une psychothérapie pour parler de lui-même, comprendre ce qui s'était passé dans son existence, tout en précisant qu'il ne désirait pas une thérapie centrée sur la reconnaissance des faits. Dès lors, il profitait du suivi pour parler de son histoire personnelle, notamment d'événements de son enfance particulièrement douloureux et relevait l'aspect bénéfique de ce travail. Le 11 septembre 2010, le Service médical de la Prison C.________ a rendu un nouveau rapport indiquant que si, à ses débuts, le travail thérapeutique avait été vécu comme bénéfique par X.________, les thérapeutes avaient progressivement constaté que cet échange n'avait pas permis un authentique travail introspectif. Le 22 août 2011, ce même service a confirmé que X.________ n'était plus suivi sur le plan psychiatrique ou psychologique et que celui-ci n'avait pas autorisé les soignants à faire état du contenu de l'entretien qu'il avait eu avec eux à la suite de la demande du rapport du Service de l'application des peines et des mesures. A.f. Dans le cadre du réexamen de la libération conditionnelle de son internement, X.________ a été soumis à une nouvelle expertise réalisée par le Dr D.________, psychiatre-psychothérapeute, qui a rendu son rapport le 15 novembre 2012. Il en est ressorti que, globalement, le discours de l'intéressé concernant sa situation pénale était toujours le même et consistait en une argumentation systématique relative aux "injustices" qu'il aurait subies. Le risque de réitération de comportements sexuels et violents était, selon l'expert, de degré moyen à élevé. Celui-ci constatait notamment que les traitements entrepris depuis 2008 n'avaient pas engendré d'évolution de l'état de santé de l'expertisé en ce qui concernait le volet psychiatrique. Il n'y avait pas eu non plus d'évolution s'agissant de la prise de conscience de la gravité de ses actes, du repentir, du vécu de la mesure, de l'intégration de la sanction et de l'adhésion au traitement. En raison de la personnalité de l'expertisé, des circonstances dans lesquelles il avait commis l'infraction et de son vécu, il restait toujours sérieusement à craindre qu'il ne commette de nouvelles infractions portant gravement atteinte à l'intégrité physique, psychique ou sexuelle d'autrui. L'expertisé présentait avant tout un grave trouble de la personnalité conjugué à une immaturité du développement psycho-sexuel et souffrait de probables séquelles de traumatismes cranio-cérébraux. Étant donné les caractéristiques des troubles - notamment la dimension psychopathique, une possible touche de lésion cérébrale - la pathologie de l'expertisé, prise dans son ensemble, se trouvait également à la frontière de l'appellation de trouble mental grave. Aussi, un internement demeurait nécessaire vu l'absence d'évolution et les facteurs de risque de réitération. Une prise en charge psychiatrique spécialisée dans le domaine forensique avait été instaurée à plusieurs reprises, sans succès jusqu'alors. Les échecs répétés desdites prises en charge ne pouvaient qu'aller dans le sens d'un pronostic de plus en plus défavorable en ce qui concernait leurs chances de pouvoir favoriser une évolution de l'expertisé. Plus le temps passait, plus ce genre de mesure avait tendance à devenir "une vue de l'esprit", les modalités d'application étant particulièrement limitées. A.g. Par jugement du 22 avril 2013, le TAPEM a rejeté la demande de libération conditionnelle de l'internement présentée par X.________. Cette décision a été confirmée par la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise, le 28 juin 2013. Par arrêt du 12 décembre 2013 (6B_826/2013), le Tribunal fédéral a rejeté, dans la mesure où il était recevable, le recours interjeté par X.________ contre cette décision. Enfin, par décision du 31 mai 2016, la Cour européenne des droits de l'Homme a déclaré irrecevable la requête formée par le prénommé à cet égard. Par jugement du 5 mars 2015, le TAPEM a rendu une décision refusant à nouveau la libération conditionnelle de l'internement de X.________. A.h. Selon le rapport du Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires du 10 août 2015, X.________ a refusé systématiquement toute consultation psychiatrique, malgré l'obligation à laquelle il était astreint en la matière. A.i. Le 30 septembre 2015, X.________ a été transféré dans l'établissement de E.________, où il a, dans un premier temps, bénéficié d'une prise en charge psychologique volontaire. Le rapport du Centre neuchâtelois de psychiatrie du 12 octobre 2016 a cependant indiqué que le prénommé faisait montre d'une absence de réelle demande thérapeutique et qu'il rejetait les charges retenues contre lui, ne profitant pas véritablement des entretiens pour opérer une remise en question particulière. A.j. Durant l'audience tenue le 8 décembre 2016 par le TAPEM, X.________ a déclaré que le suivi thérapeutique dont il avait bénéficié en prison ne l'aidait pas du tout et qu'il y avait mis fin. Selon lui, il ne souffrait d'aucun problème psychiatrique. Peut-être présentait-il un problème relatif à sa personnalité, ce qui restait à déterminer. L'intéressé a persisté à nier les actes pour lesquels il avait été condamné.