Citation: 4A_302/2008 20.11.2008 E. 1

B.________ et C.________ ont formé opposition à défaut. Le Tribunal de première instance a déclaré l'opposition irrecevable pour cause de tardiveté, décision confirmée par arrêt de la Cour de justice. Le Tribunal fédéral a rejeté un recours de droit public contre l'arrêt cantonal (cause 4P.7/2007). Y.________ a interjeté appel du jugement en tant que son action contre A.________ avait été rejetée. Elle a retiré ce recours par la suite. X.________ a également appelé du jugement du 19 mai 2004, concluant à son annulation, sauf pour ce qui concerne le rejet de l'action contre A.________, et au déboutement de Y.________ des conclusions qu'elle dirigeait contre lui. Pour sa part, Y.________ a formé appel incident sur les intérêts, demandant à ce qu'ils soient calculés à partir du 20 avril 1993, et non depuis le 29 mai 1996. La Cour de justice a rendu son arrêt le 16 mai 2008. Elle a d'abord donné acte à Y.________ du retrait de l'appel dirigé contre A.________ et, partant, a confirmé le jugement attaqué dans la mesure où il libérait ce défendeur. Puis, elle a constaté que le jugement condamnatoire rendu par défaut contre B.________ et C.________ était entré en force. Enfin, rejetant l'appel de X.________ et admettant l'appel incident de Y.________, elle a annulé le jugement rendu contre X.________ et, statuant à nouveau, l'a condamné, conjointement et solidairement avec B.________ et C.________, à verser à Y.________ la somme de 5'900'000 USD avec intérêts à 18% l'an dès le 20 avril 1993. En résumé, la Cour de justice est d'avis que le contrat du 14 mars 1993 et son avenant du 16 mars 1993 sont une construction juridique choisie en raison de l'interdiction du droit musulman de contracter des emprunts avec intérêts, qu'ils constituent en réalité un contrat de prêt assorti d'une cession d'actions à titre de garantie, que les fonds mis à disposition devaient être remboursés à première réquisition au-delà du délai de 90 jours dès la conclusion de la convention, que le remboursement requis n'est pas intervenu et que X.________, en tant que débiteur solidaire, doit dès lors désintéresser Y.________. En ce qui concerne la date à partir de laquelle des intérêts moratoires sont dus, la Chambre civile retient que ceux-ci courent dès le 20 avril 2003, date de la remise des fonds, au motif que X.________ aurait commis un acte illicite en violant, par tromperie, son devoir de renseigner D.________ au sujet de la contestation de l'aval du billet à ordre émis par B.________.