Citation: 6B_1297/2015 E. 2.2.2

2.2.2. La cour cantonale a retenu que toutes les précautions adoptées dès que le recourant avait décidé de quitter le domicile des J.________ attestaient d'une préméditation de l'acte homicide. En revanche, il ne ressort pas des considérants du jugement attaqué que le recourant aurait prémédité son acte avant de quitter la maison de ses amis. En conséquence, les éléments invoqués par le recourant pour démontrer l'absence de préméditation avant la nuit en question (achat d'une nouvelle voiture, circonstances de la soirée chez J.L.________, voiture équipée de pneus d'été alors que de la neige était annoncée) ne sont pas pertinents. Par ailleurs, autant qu'il soutient être rentré chez lui sans la moindre assurance de pouvoir se trouver seul avec son épouse, le recourant n'établit pas que cette circonstance était probable, ou encore qu'il n'aurait pas fait le déplacement depuis K.________ à moins d'être absolument certain de pouvoir mener à bien son projet homicide. Cet argument n'est dès lors pas décisif. En se prévalant du fait qu'un divorce aurait servi ses intérêts financiers, d'où il en déduit l'absence de mobile, le recourant omet que ce n'est pas un mobile financier qui a été retenu, mais bien plutôt des sentiments de vengeance et de colère liés à la situation de séparation et à la perspective éventuelle d'un divorce. Par ailleurs, que le recourant ait pris, après l'homicide, les dispositions nécessaires pour placer son fils ne signifie pas impérativement que la dissimulation de son acte n'avait d'autre but que de gagner le temps nécessaire pour mettre son enfant " à l'abri " - sans qu'il n'établisse, d'ailleurs, le danger que celui-ci aurait couru -, à l'exclusion de la volonté d'échapper aux conséquences de son crime. Du reste, il ressort du dossier (art. 105 al. 2 LTF) que le recourant a admis avoir pris contact avec la Légion étrangère, expliquant que ce projet n'avait pas abouti dès lors qu'il était âgé de plus de 40 ans (procès-verbal d'audition du 11 décembre 2012, p. 9). Il a également déclaré avoir voulu " camoufler les choses pour conserver la possibilité de garder F.________ près de [lui] et de l'élever. " (procès-verbal d'audition du 10 janvier 2013, p. 6). Enfin, on ne saurait nécessairement déduire que l'incapacité de travail du recourant dès le 3 décembre 2012 était liée à la souffrance causée par son geste ou à la dissimulation de celui-ci. Le stress de voir l'étau se resserrer autour de lui pouvait, par hypothèse, également expliquer l'état psychique du recourant. Considérant ce qui précède, la version des faits du recourant ne s'impose pas au regard des preuves disponibles.