Citation: 7B_65/2023 E. 4.2

4.2. En l'espèce, l'autorité précédente a appliqué le droit suisse à la prescription du droit de confisquer le produit de l'infraction de blanchiment d'argent. Il ressort de la décision querellée que l'infraction principale - à savoir l'escroquerie au préjudice du Trésor russe - a été commise dans les mois voire semaines précédant les versements litigieux opérés les 6 et 13 février 2008. Dès lors ni l'action pénale, ni le droit de l'autorité russe de confisquer le produit de cette infraction n'étaient prescrits - en vertu du droit russe - au moment des actes d'entrave décrits ci-dessus; les recourants ne le soutiennent d'ailleurs pas. S'agissant des actes de blanchiment, il résulte de l'arrêt attaqué que ceux-ci peuvent être décomposés en quatre phases, la dernière consistant en la ventilation sur des comptes, notamment par deux versements dont il est question ci-dessus sur des comptes bancaires en Suisse. C'est dès lors de manière appellatoire et, partant, irrecevable (cf. art. 106 al. 2 LTF), que la recourante soutient que les actes de blanchiment d'argent présumés auraient eu lieu exclusivement en Russie. Dans la mesure où la prescription de la prétention en confiscation étrangère n'était pas acquise lors de la commission des derniers actes d'entrave en Suisse, la poursuite pénale pour blanchiment d'argent pouvait intervenir selon le droit suisse. Contrairement à ce que soutient la recourante - qui fonde à tort son argumentation sur la prescription de l'infraction principale -, cela signifie que le délai de prescription de l'infraction de blanchiment d'argent, de même que celui du droit de confisquer le produit de cette infraction, s'analysent selon le droit suisse. L'autorité précédente n'a dès lors pas violé le droit fédéral en examinant la question de la prescription à la lumière du droit suisse.