Citation: 1B_326/2017 E. 2.5

2.5. La recourante conteste ensuite l'existence de charges suffisantes à son encontre. Elle affirme qu'aucun élément du dossier ne permet de démontrer qu'elle savait que la drogue se trouvait dans la voiture et qu'elle a commis une quelconque infraction. Ni les prévenus ni les témoins entendus ne l'ont mise en cause. Elle se prévaut également du fait qu'elle n'a pas participé au rendez-vous entre son compagnon et le correspondant de ce dernier en Suisse; le premier aurait en effet affirmé qu'il se trouvait seul à l'extérieur du café, plus précisément dans la véranda (espace fumeur) en train de fumer une cigarette lorsqu'il a rencontré le second. Enfin, après plus sept mois de détention, les indices retenus à son encontre ne seraient plus suffisants. A ses yeux, le seul reproche qu'on pourrait formuler à son encontre est de ne pas avoir empêché son compagnon de commettre l'infraction litigieuse. Certes, les personnes interrogées dans le cadre de l'enquête n'ont pas impliqué la recourante dans le trafic de cocaïne portant sur plusieurs kilos. Il n'en demeure pas moins qu'à ce stade de l'enquête, il existe un faisceau d'indices suffisants quant à sa participation au trafic de stupéfiants litigieux. Comme relevé par l'instance précédente, elle a en effet effectué le trajet avec son compagnon depuis la Hollande entre les 17 et 18 janvier 2017 dans un véhicule transportant six "pucks" de cocaïne (au total plus de 7 kilos) emballés dans des collants lui appartenant. De plus, lors de leur arrestation, le 18 janvier 2017, 1'250 grammes de cette drogue ont été découverts sur le siège passager avant du véhicule. Comme souligné par le Ministère public, ces 1'250 grammes de drogue n'étaient pas dissimulés, mais à la vue de tout occupant du véhicule. En outre, les photographies retrouvées dans le téléphone portable de la prévenue montrant cette dernière et son compagnon avec des liasses de billets d'euros équivalant à des sommes importantes et une liste comptable constituent également de tels indices. La recourante insiste en vain sur le fait que son compagnon a affirmé qu'elle n'était pas présente lorsqu'il aurait rencontré son correspondant. Les déclarations de celui-ci quant à l'innocence de la prévenue doivent en effet être in terprétées avec circonspection vu la relation amoureuse qu'ils entretiennent depuis plusieurs années. Quoi qu'en pense la recourante, les indices précités peuvent encore être considérés comme suffisants pour justifier son maintien en détention provisoire même plus de sept mois après son arrestation. Sa détention est d'autant plus justifiée en l'espèce qu'il ressort de l'arrêt attaqué que d'autres mesures d'instruction doivent encore être administrées et que le Tmc a également retenu l'existence d'un risque de collusion à l'égard des autres protagonistes du trafic de stupéfiants. C'est dès lors à juste titre que la Cour de justice a retenu l'existence de charges suffisantes, sans qu'il y ait à ce stade à procéder à une appréciation complète des preuves à charge et à décharge (ATF 137 IV 122 consid. 3.2 p. 126).