Citation: 5A_90/2018 E. 5.3

5.3. Les arguments du recourant ne sauraient convaincre de l'arbitraire de la décision querellée, tant il est vrai qu'elle se fonde sur de la jurisprudence constante. Celle-ci a au demeurant été correctement rappelée par la Juge déléguée et l'on peut donc sans autre s'y référer (cf. arrêt querellé, consid. 6.2 p. 20-21). L'argument que le recourant croit pouvoir tirer du considérant 7.2 - qui consiste au demeurant en une subsomption - de l'arrêt 5A_137/2017, rendu à trois juges dans une affaire soumise à l'art. 98 LTF, n'y change rien. Le recourant perd en effet de vue que, dans cette affaire, l'épouse souhaitait voir appliquer la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent en lieu et place de la méthode concrète choisie par la cour cantonale. C'est en lien avec cet état de fait, inverse à celui de la présente espèce, qu'il faut comprendre la phrase mise en exergue par le recourant: si, en présence de situations financières favorables, il choisit d'appliquer la méthode du minimum vital, respectivement si l'application de la méthode concrète est contestée, le juge doit s'interroger sur l'existence ou non d'une quote-part d'épargne. C'est bien ce qu'a en l'occurrence fait la Juge déléguée. Pour le surplus, s'agissant de la villa conjugale et du chalet sis à U.________, le recourant ne précise pas le montant des fonds, provenant de l'épargne des époux, qui auraient été investis dans ces immeubles. Quant aux montants de 6'666 fr. et 3'549 fr. allégués au titre de la prévoyance individuelle liée pour la seule année 2015, ils ne suffisent à l'évidence pas pour retenir que les époux réalisaient des économies durant le mariage, le recourant n'exposant notamment pas l'état des comptes de 3e pilier A des époux pour la période pertinente. Quoi qu'il en soit, le recourant ne saurait, à ce stade, tirer argument de ces faits, qu'il déduit de la déclaration fiscale 2015 et de ses annexes (pièce 52c), dès lors qu'il n'apparaît pas qu'il les aurait allégués devant l'autorité cantonale. La Juge déléguée ne saurait par ailleurs se voir reprocher d'avoir violé la maxime inquisitoire sociale de l'art. 272 CPC - et non pas des débats comme indiqué à tort au consid. 2.3 et 2.4 de la décision querellée par référence à un arrêt concernant le droit antérieur à l'entrée en vigueur du CPC -, tant il est vrai que dite maxime ne dispense pas la partie, ce d'autant lorsqu'elle est assistée d'un avocat, de présenter l'état de fait déterminant (parmi plusieurs, arrêts 5A_645/2016 du 18 mai 2017 consid. 3.2.3; 5A_2/2013 du 6 mars 2013 consid. 4.2). En ce qui concerne enfin l'argument déduit du régime matrimonial de la séparation de biens auquel les époux sont soumis, on le comprend difficilement dès lors qu'on ne saurait parler d'un déplacement de patrimoine qui anticiperait la liquidation du régime matrimonial comme le soutient le recourant (à ce sujet cf. ATF 121 I 97 consid. 3b). La dissolution du lien conjugal n'entraîne en effet pas de liquidation proprement dite du régime matrimonial de la séparation de biens, puisque les patrimoines des époux sont demeurés distincts (cf. DESCHENAUX/STEINAUER/BADDELEY, Les effets du mariage, 3ème éd. 2017, n° 1626 p. 911 et les références). Infondé, le moyen doit être rejeté.