Citation: 5A_413/2022 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, la recourante ne parvient pas à démontrer que l'autorité cantonale aurait retenu à tort qu'il n'existait pas d'indices suffisamment forts permettant de conclure que l'intimé n'avait, dès le début, aucune intention de fonder une véritable union conjugale, mais, bien plutôt, que son intention était d'éluder les dispositions sur l'admission et le séjour des étrangers. Pour l'essentiel, son argumentation consiste en effet à discuter les éléments de fait retenus et leur appréciation, en opposant ses propres version et interprétation des constatations figurant dans l'arrêt attaqué. Tel est notamment le cas lorsqu'elle fait valoir que l'état civil d'homme marié de l'intimé n'est apparu que plus d'un an et demi après qu'il eut entamé une relation avec elle, qu'il a fait usage de fraude et de corruption pour obtenir un divorce rapide à Cuba afin de se rendre en Suisse et instrumentaliser le mariage en vue de l'obtention d'un titre de séjour, que, pour y parvenir, il a menti à l'Ambassade suisse à La Havane, d'abord en présentant un jugement de divorce qu'il savait entaché de vices irréparables, puis en dissimulant sciemment l'existence de membres de sa famille en Europe, afin de ne pas alerter les autorités suisses sur son souhait d'immigrer et éliminer ainsi des obstacles potentiels à sa venue en Suisse, et qu'il a ensuite présenté le jugement de divorce frauduleux à l'état civil suisse. Il en va de même de ses allégations selon lesquelles le comportement de l'intimé a changé de manière abrupte juste avant de se rendre en Suisse, puis sur place, au point que son comportement avait été complétement déplacé le soir de la célébration du mariage et qu'elle s'était retrouvée à faire appel aux autorités pénales face à sa violence, que son réflexe, alors qu'elle lui faisait part des difficultés insupportables dont elle subissait les conséquences, avait été de partir en Espagne en lui demandant de l'aide pour obtenir un visa Schengen, qu'il avait choisi de rester en Europe et non de retourner à Cuba, qu'il avait dans un premier temps acheté un aller-retour Genève-Cuba, ce alors qu'il prétendait vouloir vivre auprès d'elle, qu'il avait fait part de ses plans financiers à l'un des témoins, plans qui lui auraient permis de retourner vivre à Cuba, enfin, qu'il s'était opposé au divorce, de sorte que le délai de deux ans de l'art. 114 CC lui avait permis de retarder une éventuelle procédure et de rester en Suisse avant qu'un jugement fût prononcé, étant encore précisé que, depuis cinq ans dans ce pays sans aucun titre de séjour, il vivait de l'aide sociale. Ce faisant, la recourante perd de vue que le Tribunal fédéral n'est pas une cour d'appel et que les critiques appellatoires n'ont pas leur place dans un recours en matière civile (cf. supra consid. 2.3). Ce n'est donc que pour autant que la recourante démontre que la Cour de justice n'a pas suffisamment tenu compte d'indices, énoncés dans l'arrêt entrepris et devant conduire à l'admission d'un mariage fictif, qu'il conviendrait d'entrer en matière sur le grief. Or, si elle énonce bien un certain nombre d'indices figurant dans la décision attaquée, lesquels, selon elle, établissent que le mariage n'a eu pour but que de permettre à l'intimé d'éluder les dispositions sur l'admission et le séjour des étrangers, celui-ci rejetant toute idée de former une communauté conjugale, elle ne démontre nullement en quoi les indices en question l'emporteraient sur ceux énoncés par la cour cantonale allant en sens contraire. Quoi qu'en dise la recourante, les faits qu'elle met en exergue, considérés dans leur ensemble, ne sont pas tels qu'ils permettent d'admettre que l'intimé devait éprouver un besoin impérieux et pressant d'éluder les dispositions sur l'admission et le séjour des étrangers, ni qu'il n'avait pas la volonté de fonder une véritable communauté conjugale. Par son argumentation, la recourante se borne en définitive à affirmer le contraire; elle ne fait apparaître, ce faisant, aucune violation du droit fédéral. Cela est d'autant plus vrai qu'elle ne dit mot à propos de la réalisation, in casu, du résultat souhaité, alors qu'il s'agit d'une condition sur laquelle la preuve doit porter (cf. supra consid. 5.1). Elle n'établit nullement que la séparation intervenue au sein du couple peu de temps après le mariage a été voulue par l'intimé du seul fait qu'il avait obtenu, par cette union, la seule chose qu'il visait, à savoir le droit de demeurer en Suisse et, le cas échéant, d'y exercer une activité lucrative sans subir de restrictions administratives (permis de séjour et de travail). Il suit de là qu'en retenant, sur la base des faits qu'elle a constatés, considérés dans leur ensemble, que l'intimé, en contractant mariage avec la recourante, entendait fonder une communauté conjugale et ne visait pas à éluder les règles sur l'admission et le séjour des étrangers, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral. Le grief de violation de l'art. 105 ch. 4 CC doit ainsi être rejeté.