Citation: 4A_64/2022 E. 6.7

6.7. Les réflexions qui précèdent appellent également le rejet du grief relatif au droit d'être entendu soulevé par la recourante. Celle-ci reproche, en effet, à tort au Tribunal arbitral d'avoir réinterprété et modifié son argumentation en omettant d'examiner si l'immixtion de l'intimée n. 2 dans le contrat de consortium était susceptible d'être caractérisée par le non-respect de l'obligation de ne pas faire ancrée à l'art. 9.5 et 9.6 dudit contrat, comme elle l'avait soutenu lors des plaidoiries orales durant la procédure arbitrale. Comme il le relève à juste titre dans sa réponse au recours, le Tribunal arbitral a qualifié l'allégation de l'intéressée d'une inexécution d'une prétendue obligation de ne pas faire comme étant une interférence délictuelle et a traité cette question dans sa sentence partielle. Il n'a dès lors manifestement pas omis de traiter l'argument avancé par la recourante mais l'a qualifié de façon différente en termes juridiques. C'est le lieu du reste de préciser, comme le relèvent les deux intimées, que la recourante elle-même avait évoqué une éventuelle responsabilité délictuelle de l'intimée n. 2. Il s'ensuit logiquement le rejet du moyen tiré du droit d'être entendu, puisque l'argumentation prétendument ignorée est en fait étroitement liée à des questions que le Tribunal arbitral a dûment traitées. Aussi, sous le couvert d'une violation de son droit d'être entendue, la recourante s'en prend en réalité au raisonnement juridique tenu par les arbitres, ce qui n'est pas admissible. A titre superfétatoire, il appert des considérations émises ci-dessus par la Cour de céans que les éléments prétendument ignorés par le Tribunal arbitral n'étaient de toute manière pas de nature à influer sur le sort du litige. Au vu de ce qui précède, le Tribunal arbitral ne s'est pas déclaré à tort incompétent à l'égard de l'intimée n. 2. Il s'ensuit le rejet du recours.