Citation: 4A_472/2022 E. 5.3

5.3. La recourante dénonce ensuite une transgression de l'art. 61 aLCA. Selon elle, l'assurée devait « démontrer les circonstances concrètes de sa situation permettant de retenir qu'il lui était impossible de trouver un emploi dans sa profession habituel[le], ce à quoi elle a[vait] manifestement failli ». La cour cantonale aurait fait fi de l'absence de toute circonstance de ce type. Son raisonnement revient à affirmer que l'art. 61 aLCA serait inapplicable en raison de la pandémie. Un tel grief ne saurait davantage prospérer. La recourante méconnaît que c'est sur elle que repose le fardeau de la preuve (consid. 4.3 supra). Et d'ailleurs, l'autorité précédente n'est pas restée dans le doute quant au point de savoir si l'assurée pouvait concrètement retrouver un emploi dans sa profession: elle a répondu à cette question par la négative, si bien que l'art. 8 CC n'entrait plus en considération (cf. ATF 130 III 591 consid. 5.4). Quant à l'argument selon lequel l'art. 61 aLCA serait vidé de sa substance du fait de la pandémie, il est inconsistant: la COVID-19 n'est ici qu'un épiphénomène. L'assurée a certes développé une phobie à cause de cette maladie, mais elle aurait tout aussi bien pu contracter sans cette pandémie une maladie entraînant les mêmes limitations sans que le raisonnement ne s'en trouve modifié. Comme les juges cantonaux l'ont fort bien exposé, ses perspectives de retrouver un emploi sans pouvoir ne serait-ce que se présenter à un entretien d'embauche, réceptionner des objets extérieurs ou avoir un simple contact humain direct sont inexistantes, si on les met en perspective avec son âge, sa formation et la profession qu'elle a exercée durant plus de vingt-cinq ans. On ne discerne rien, dans les arrêts cités par la recourante, qui ôte quoi que ce soit à la justesse de ce raisonnement fondé sur les critères préconisés par une jurisprudence constante (cf. supra consid. 4.2). En bref, le Tribunal fédéral ne constate aucune violation de l'art. 61 aLCA.