Citation: U 77/02 16.05.2002 E. 3

3.- La notion d'invalidité est, en principe, identique en matière d'assurance-accidents, d'assurance militaire et d'assurance-invalidité; dans ces trois domaines, elle représente la diminution permanente ou de longue durée, résultant d'une atteinte à la santé assurée, des possibilités de gain sur un marché du travail équilibré qui entrent en ligne de compte pour l'assuré (ATF 119 V 470 consid. 2b, 116 V 249 consid. 1b et les arrêts cités). L'uniformité de la notion d'invalidité, qui doit conduire à fixer pour une même atteinte à la santé un même taux d'invalidité, règle la coordination de l'évaluation de l'invalidité en droit des assurances sociales (ATF 126 V 293 consid. 2d; RAMA 2001 n° U 410 p. 73, 2000 n° U 406 p. 402). Des divergences ne sont toutefois pas à exclure d'emblée. En effet, les divers assureurs sociaux demeurent tenus de procéder chacun de manière indépendante à l'évaluation de l'invalidité dans chaque cas et ne peuvent se borner à reprendre sans autre examen le degré d'invalidité fixé par un autre assureur. Ils ne peuvent toutefois pas ignorer purement et simplement l'évaluation de l'invalidité à laquelle a procédé un autre assureur social dans une décision entrée en force (ATF 126 V 293 consid. 2d déjà cité). Il convient de s'en écarter lorsqu'elle n'est pas du tout convaincante ou entachée d'inobjectivité, si elle repose sur une erreur de droit ou une appréciation insoutenable, ou encore se fonde sur des mesures d'instruction sommaires et superficielles (ATF 126 V 292 consid. 2b et 294 consid. 2d; RAMA 2000 n° U 402 p. 390 et n° U 406 p. 402). En l'espèce, l'office AI a reconnu au recourant une invalidité de 50 % à partir du 1er septembre 1997, considérant qu'avant le terme du délai de carence d'une année à compter du 15 septembre 1996, il avait repris son activité habituelle de dessinateur technique à mi-temps. Au plan temporel, la décision de l'AI touche une période antérieure à celle visée par la décision attaquée, allouant au recourant une rente d'invalidité à partir du 1er décembre 1998; au plan matériel, elle est basée sur la perte de gain dans l'activité habituelle, compte tenu de la reprise de cette activité à partir du 19 mai 1997, et non sur la perte de gain au regard d'un revenu exigible postérieurement dans une activité adaptée. L'intimée pouvait ainsi s'écarter de cette décision; au demeurant, l'Office AI a entrepris la révision de celle-ci.