Citation: 6B_166/2020 E. 1

Après une hospitalisation à E.________ d'une durée de six mois pour des troubles du comportement, A.________ a été placée, le 11 avril 2016, dans une institution à F.________. Ce placement a été entrecoupé de six séjours à l'Hôpital psychiatrique de G.________, notamment en raison d'épisodes hétéro-agressifs envers le personnel et parfois envers les résidents, consistant en particulier en menaces, intimidations, insultes, jets d'objets, coups de poing ou de pied. B.b. Dans la nuit du 4 au 5 novembre 2017, A.________ s'est munie d'une paire de ciseaux qu'elle avait prise à la cuisine et s'est rendue, à l'insu du personnel de veille, dans la chambre d'un autre résident, H.________, autiste né en 1991. Alors que ce dernier devait vraisemblablement dormir, A.________ lui a porté plusieurs coups de ciseaux au niveau de la gorge, avant de retourner vaquer à ses occupations. Vers 9 h 30, tandis qu'elle discutait avec l'une des personnes assurant son encadrement, A.________ a calmement exposé à son interlocutrice qu'elle avait planté des ciseaux dans le cou de H.________. L'employée s'est alors précipitée dans la chambre du jeune homme et l'a trouvé prostré, avec du sang sur le cou et les vêtements. Peu après, A.________ a expliqué qu'elle avait voulu tuer le prénommé car celui-ci "n'était pas important", mais que, s'étant ravisée au cours de l'acte, elle avait arrêté de l'agresser. B.c. B.________, mère de H.________, a déposé plainte le 7 décembre 2017. B.d. Une expertise psychiatrique a été réalisée par le Dr I.________. Dans le rapport du 31 octobre 2018, celui-ci a, s'agissant de A.________, posé le diagnostic de trouble envahissant du développement, de retard mental léger à moyen, d'anxiété généralisée et de troubles du sommeil non spécifié. Il a conclu qu'au moment de l'agression celle-ci avait eu la capacité d'apprécier le caractère illicite de son acte, mais que sa capacité à se déterminer d'après cette appréciation avait été fortement limitée par son trouble du développement et ses problèmes psychiatriques. Les capacités volitives de A.________ n'étaient alors pas complètement abolies, puisque cette dernière avait pu consciemment choisir sa victime en fonction de critères de vulnérabilité. L'intéressée avait brièvement imaginé des alternatives à l'agression, mais avait ensuite été emportée par son impulsivité, sa confusion psychique et son incapacité à ressentir de l'empathie pour H.________.