Citation: 6B_178/2023 E. 2.2

2.2. La cour cantonale n'a pas ignoré les deux interventions du matin et que le recourant en avait conçu de la crainte ou tout au moins une certaine appréhension. Elle ne les a pas taxées d'insignifiantes non plus. Elle a cependant relevé que lors de la première le ton était demeuré courtois et que lors de la deuxième aucune menace n'avait été proférée contre le recourant ou à l'égard d'autres policiers. La menace de se servir d'une arme n'avait du reste pas paru suffisamment sérieuse pour que les policiers s'en alarment particulièrement, ce qui ressortait des déclarations de F.________ (agente venue en soutien du recourant lors de la seconde intervention du matin) et du rapport administratif établi par la police cantonale le 26 juin 2020 (jugement sur appel, consid. 4.1.5 et 4.1.6 p. 9 s.). La cour cantonale a, du reste, aussi souligné à ce propos que selon B.________, D.________ n'avait manifesté aucune intention de s'attaquer physiquement à lui ou à son collègue, notamment pas avec le couteau qu'il savait être en sa possession (jugement sur appel, consid. 4.1.3 p. 9). Que le voisin ou la voisine de D.________ ait pu être alarmé, voire terrorisé, en apprenant que celui-ci détenait une arme à feu et menaçait de s'en servir ne renseigne que peu sur la réaction qui pouvait être attendue du recourant, qui se présente comme un policier chevronné. La cour cantonale n'a pas non plus simplement "fait fi" de la résistance opposée par D.________ lors de la prise de son bras gauche. Elle a exposé que cette résistance ne ressortait pas de la vidéo de surveillance et que l'on n'y voyait pas non plus le recourant utiliser le poids de son corps pour faire plier ce même bras (jugement sur appel consid. 4.1.4 p. 9). Elle a toutefois tenu pour établi qu'une fois D.________ au sol, le recourant avait tenté d'attraper son poignet gauche mais qu'il avait résisté et ne s'était pas plié aux sommations (jugement sur appel consid. 4.1.6 p. 10). La circonstance que D.________ a pu pratiquer la boxe n'apparaît, en outre, pas déterminante, rien n'indiquant que le recourant aurait pu avoir connaissance de cette pratique sportive lors de l'intervention soit avant qu'elle lui soit révélée par le dossier de la cause. Pour le surplus, si le recourant a bien requis que l'avis d'un spécialiste des techniques policières soit demandé afin de déterminer la proportionnalité de son comportement, cette réquisition de preuve a été rejetée par le ministère public au motif qu'il s'agissait d'une question de droit (ordonnance du 20 avril 2020; dossier cantonal p. 231), puis par le juge de première instance pour le même motif (dossier cantonal p. 335) ainsi que par la direction de la procédure d'appel (ordonnance du 5 septembre 2022; dossier cantonal p. 554), sans que cette demande ait été réitérée à l'audience d'appel (procès-verbal de l'audience du 13 septembre 2022; dossier cantonal p. 566). Il s'ensuit que le moyen est irrecevable faute d'épuisement des voies de droit cantonales (art. 80 al. 1 LTF; arrêt 6B_161/2022 du 15 février 2023 consid. 1). Il résulte de ce qui précède que même supposé recevable, l'argumentaire du recourant ne serait, de toute manière, pas de nature à démontrer que la décision entreprise reposerait sur un état de fait insoutenable et serait arbitraire dans son résultat.