Citation: 5A_724/2018 E. 3.1.3

3.1.3. L'autorité cantonale doit, à réception d'un appel joint, appliquer l'art. 312 CPC par analogie. L'application analogique de cette disposition - qui concerne la notification de l'appel à l'intimé ainsi que le droit de réponse de celui-ci - se justifie dès lors que l'appel joint constitue lui-même un appel, formé par la partie intimée contre l'appelant principal. Celui-ci est ainsi en droit de se déterminer sur cette écriture ainsi que le lui garantit son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst. et 53 al. 1 CPC; ATF 138 III 568 consid. 3.1 et la doctrine citée). L'autorité d'appel doit dès lors notifier l'appel joint à l'appelant principal en invitant celui-ci à se déterminer (art. 312 al. 1 CPC par analogie) dans un délai de trente jours (art. 312 al. 2 CPC par analogie), avec indication des conséquences d'un défaut (art. 147 al. 3 CPC; ATF 138 III 568 consid. 3.1 et la doctrine citée; arrêt 5A_851/2015 du 23 mars 2016 consid. 3.1). L'autorité cantonale peut uniquement renoncer à cette démarche lorsque l'appel joint est manifestement irrecevable ou infondé (art. 312 al. 1 in fine CC; ATF 143 III 153 consid. 4.5; arrêt 5A_618/2012 du 27 mai 2013 consid. 4.3.2). Sont manifestement infondées les écritures qui, de manière aisément reconnaissable, ne contiennent pas de critiques pertinentes de la décision de première instance ou qui, d éjà lors d'un examen sommaire, se révèlent dépourvues de chances de succès (ATF 143 III 153 consid. 4.6).