Citation: I 340/01 30.04.2002 E. 2

2.- a) Il résulte du rapport du COMAI et des rapports du docteur C.________ que le recourant a présenté une incapacité de travail de 100 % du 21 juillet 1988 au 30 septembre 1993, attribuable à des divers troubles physiques, et que dès le 1er octobre 1993 - date à partir de laquelle la CNA lui a alloué une rente pour une incapacité de gain de 25 % - il était apte à travailler à 70 % dans une activité de substitution légère, la reprise de son ancienne occupation étant exclue. En particulier, le psychiatre consultant du COMAI avait confirmé les conclusions des deux premières expertises de la doctoresse B.________ (21 octobre 1990 et 11 mars 1992), dont il ressortait que l'assuré ne présentait aucun trouble psychique susceptible de diminuer sa capacité de travail. b) Dans son troisième rapport d'expertise du 12 avril 1999, la doctoresse B.________ a retenu un état régressif caricatural, sans aucun trouble psychopathologique sous-jacent, et diagnostiqué un processus d'invalidation avec majoration des symptômes physiques et régression psychique pour des raisons psychologiques. Elle a précisé qu'il n'y avait pas de maladie psychiatrique ou de trouble de la personnalité au sens rigoureux des manuels de référence et de classification des troubles mentaux et a conclu à l'exigibilité de toute activité adaptée, en ajoutant que "compte tenu du tableau présenté d'invalidité de fait, aucune activité ne sera réalisée par cet assuré". Dans son rapport d'expertise du 11 mars 1992, la doctoresse B.________ avait d'ailleurs relevé que l'explication de cette "invalidité de fait" ne résidait pas dans le champ médical, mais dans le domaine familial, affectif et social, ainsi que dans l'attente d'un certificat médical d'incapacité de travail pour prolongation du permis de séjour. Il résulte sans ambiguïté de cette appréciation que le recourant ne présente pas d'affection psychique proprement dite susceptible de diminuer sa capacité de travail (ATF 127 V 294). c) C'est en vain, dans ce contexte, que le recourant conteste l'actualité des rapports des médecins de la CNA et du COMAI en ce qui concerne ses problèmes psychologiques et qu'il se réfère à cet égard au rapport d'expertise psychiatrique du 12 avril 1999, pour en conclure qu'une rente de l'assurance-invalidité doit lui être octroyée. Le point de vue de la doctoresse B.________, selon lequel il est illusoire de penser qu'il retrouvera une activité lucrative et que, partant, une prise en charge par l'assurance-invalidité est souhaitable, n'est - en l'absence d'un diagnostic de troubles psychiques proprement dits - d'aucun secours au recourant. Il est, en effet, étranger à la notion d'invalidité définie à l'art. 4 LAI. d) Par ailleurs, le recourant ne saurait valablement opposer aux conclusions de l'expert et des médecins de l'OAI celles de ses médecins traitant, les docteurs D.________ (rapport du 12 mai 1997) et E.________ (rapports du 24 décembre 1998), pour les motifs, pertinents, avancés par les premiers juges, auxquels il sera renvoyé par économie de procédure. e) Le recourant ne saurait rien non plus tirer de l'appréciation du 27 octobre 1997 du docteur F.________ de l'hôpital psychiatrique X.________, selon laquelle sa capacité de travail est nulle en raison d'un trouble somatoforme douloureux persistant et son droit à une rente AI complète doit être envisagée. Il ressort cependant d'une lettre explicative du 4 juillet 1998 du docteur F.________, adressée à l'OAI, que le diagnostic précité a été retenu faute d'avoir pu réunir des informations suffisantes sur le recourant pour aboutir à un diagnostic de personnalité satisfaisant. En particulier, le patient omettait de donner des indications le concernant; il entrait en colère chaque fois que les médecins essayaient de connaître les différentes étapes de sa vie; enfin la relation thérapeutique a été difficile et le personnel se sentait terrorisé. Dans ces circonstances, en dépit des allégations du recourant, le rapport du 27 octobre 1997 du docteur F.________ n'est pas de nature à faire doute du bien-fondé de l'appréciation du dossier médical à laquelle ont procédé les premiers juges. f) Eu égard aux conclusions conjointes des médecins du COMAI, du docteur C.________ et de la doctoresse B.________ - dont la valeur probante est incontestable (ATF 125 V 352 consid. 3a et 353 sv consid. 3b/bb et ee) - il y a ainsi lieu de retenir que le recourant présentait une incapacité de travail de 100 % du 21 juillet 1988 (date de son accident) jusqu'au 30 septembre 1993. A partir de là, l'incapacité de travail dans une activité adaptée légère était de 30 %.