Citation: 4P.307/1999 05.04.2000 E. 2

2.- a) Les juges cantonaux ont tout d'abord relevé que la demanderesse reprenait en appel sa thèse, selon laquelle le congé n'avait pu déployer d'effets avant qu'elle n'en ait eu connaissance à son retour de vacances. Pourtant, les jurisprudences cantonales et la doctrine qu'elle a citées sont antérieures à un arrêt non publié du Tribunal fédéral du 7 avril 1994 dans la cause 4C.448/1993, qui réfute de lege lata ces précédents et les arguments de ces auteurs. Comme la demanderesse n'a présenté aucun moyen qui devrait inciter la cour cantonale à s'écarter de la jurisprudence fédérale, c'est avec raison que le Tribunal des prud'hommes a retenu qu'il n'était pas interdit de donner le congé pendant les vacances du travailleur et que cette période ne suspendait pas automatiquement le délai de résiliation du contrat. En outre, l'employeur n'a pas abusé de son droit en notifiant le congé le 18 décembre 1998, car il n'a pas été établi qu'il aurait été informé que la demanderesse se trouvait alors en Inde. Il incombait à la travailleuse de s'organiser afin de pouvoir prendre connaissance de son courrier pendant la durée de son absence. Du reste, elle avait la possibilité matérielle de connaître le contenu de la lettre de congé, dès l'instant où elle s'est entretenue téléphoniquement avec son fils après le 21 décembre 1998, date à laquelle il avait réceptionné ce courrier. De l'avis de la cour cantonale, la lettre de congé, qui est parvenue dans la sphère d'influence de la demanderesse avant le 31 décembre 1998, a donc déployé ses effets pour la fin du mois de janvier 1999. La Chambre d'appel a enfin jugé, à l'instar des premiers juges, que, dès l'instant où le délai de congé avait été prolongé de 10 jours par l'employeur, la période d'incapacité de travail de la demanderesse survenue du 7 au 17 janvier 1999 n'avait pas repoussé le congé en février 1999. b) La recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir violé l'art. 4 aCst. (en vigueur au moment de la décision attaquée) en ayant appliqué arbitrairement les art. 329a à 329d CO ainsi que l'art. 335 CO. Elle allègue que la doctrine dominante et de nombreux précédents soutiennent le point de vue que l'employeur, qui a donné son assentiment à la prise de vacances par le travailleur, doit s'attendre à ce que celui-ci en profite pour s'absenter sans plus se soucier de ce qui a trait à son emploi; partant, la lettre de licenciement adressée au travailleur pendant les vacances de l'intéressé ne doit prendre effet qu'au moment où son destinataire peut réellement en avoir connaissance, soit à son retour de vacances. Précisant que le délai de congé a pour but de faciliter la recherche par le travailleur d'un nouveau poste, la demanderesse affirme que le délai de congé lui restant après son retour à Genève n'était que de 21 jours. On ne saurait en effet prétendre qu'elle pouvait faire des recherches de travail en Inde. Comme, sitôt rentrée en Suisse, elle a été encore incapable de travailler jusqu'au 17 janvier 1999, il lui restait en réalité moins de deux semaines pour retrouver du travail, ce qui serait totalement insuffisant.