Citation: 2C_369/2022 E. 5.4

5.4. Enfin, il convient d'emblée de relever que l'intéressé ne peut valablement invoquer l'art. 8 CEDH, qui garantit le droit au respect de la vie privée et familiale, pour demeurer en Suisse. Selon la jurisprudence, l'étranger doit avoir résidé légalement depuis plus de dix ans en Suisse ou, si la durée de la résidence est inférieure à dix ans, avoir fait preuve d'une forte intégration en Suisse, pour se prévaloir de manière soutenable du droit au respect de la vie privée garanti par l'art. 8 CEDH (cf. ATF 144 I 266). Or, en l'espèce, l'intéressé réside certes depuis onze ans en Suisse, mais les deux premières années l'ont été au bénéfice d'une autorisation de séjour pour études et ne peuvent donc, conformément à la jurisprudence, pas être prises en considération sous l'angle de l'art. 8 CEDH (cf. ATF 144 I 266 consid. 3.9). A cela s'ajoute que les années passées en Suisse au bénéfice d'une simple tolérance de séjour, à savoir en l'espèce celles entre novembre 2014 et juin 2017, ne sont pas déterminantes pour le calcul de la durée du séjour légal dans ce pays (cf. arrêt 2C_701/2021 du 8 mars 2022 consid. 8.1 et les arrêts cités). Enfin, force est de constater que, depuis le 14 décembre 2017, le recourant ne réside en Suisse qu'à la faveur d'un titre de séjour obtenu frauduleusement, comme cela a été jugé par arrêt définitif du 13 mai 2019 rendu par la Cour d'appel pénale du canton de Genève (cf. supra consid. 1.2). Dans ces conditions, l'intéressé ne saurait en aucun cas se prévaloir de la durée de son séjour pour tenter de déduire un droit à demeurer en Suisse de l'art. 8 CEDH. Quant au comportement frauduleux précité, qui constitue à lui seul un motif de révocation de l'autorisation de séjour en application des art. 23 al. 1 OLCP et 62 al. 1 let. a LEI, auquel s'ajoute sa condamnation en 2014 pour recel (cf. supra consid. 1.1), ils ne permettent manifestement pas de retenir l'existence d'une forte intégration en Suisse (cf. ATF 144 I 266 consid. 3). Au surplus, s'agissant de la protection de la vie familiale garantie par l'art. 8 CEDH, quand bien même le recourant ne s'en prévaut pas, il suffit de relever qu'aucun membre de sa famille ne réside en Suisse, qui plus est au bénéfice d'un droit de séjour durable dans ce pays, de sorte qu'il ne peut rien tirer de cette disposition (ATF 139 I 330 consid. 2.1).