Citation: 7B_747/2023 E. 2.5

2.5. D.C.________ (ci-après: l'intimée 1) et de ceux du recourant et a fourni des explications circonstanciées sur les raisons qui l'ont conduite à retenir la version de celle-là (cf. pp. 18 à 24 de l'arrêt attaqué). En substance, la cour cantonale a relevé que le discours de l'intimée 1 était dense et cohérent; il était ancré dans le temps, précis sur le type d'actes subis et mesuré. L'intimée 1 avait relaté avec précision le premier épisode, qui avait eu lieu dans la salle de bain, ainsi que celui sur le canapé; les interactions et émotions décrites étaient adéquates au regard de son récit et le langage utilisé était authentique. Certes, l'intimée 1 n'avait pas pu chiffrer le nombre d'occurrences, mais cela n'avait rien d'inhabituel en cas d'actes répétés, d'autant plus lorsque ceux-ci étaient anciens et remontaient à l'enfance. Quant aux contradictions relevées par le Tribunal correctionnel et par la défense dans le discours de l'intimée 1, la plupart n'avaient guère de poids ou n'étaient qu'apparentes. En définitive, seule une incohérence demeurait inexplicable, soit l'évocation par l'intimée 1 de sa chambre à coucher comme lieu de commission des faits. Cette "indication erronée" ne prêtait toutefois pas à conséquence; il était constant que les erreurs ou incohérences légères dans le récit d'une victime n'étaient pas nécessairement défavorables à sa crédibilité. Par ailleurs, on ne pouvait pas retenir que l'intimée 1 avait une propension au mensonge et/ou à l'histrionisme, telle qu'elle serait capable d'inventer de fausses accusations. Au contraire, le processus de dévoilement des faits était particulièrement probant et la réalité du récit de la jeune femme était confortée par certains éléments du dossier. Les motifs mis en avant par l'intimée 1 pour expliquer son silence (peur de ne pas être crue par sa mère, que celle-ci cesse de l'aimer et la trouve "sale", que le recourant s'en prenne à son père et la peur de celui-là) étaient plausibles, vu la constellation familiale et la personnalité du recourant. Enfin, il n'apparaissait pas que l'intimée 1 ait pu tirer un quelconque bénéfice d'une dénonciation mensongère. Quant à la crédibilité du recourant, la cour cantonale a relevé que celui-ci avait attribué les accusations portées contre lui à une "manipulation" de B.C.________ (ci-après: l'intimée 2 ou la mère de l'intimée 1), ce qui ne résistait pas à l'examen. De plus, il ne s'était pas montré particulièrement sincère au cours de la procédure; il avait notamment longtemps affirmé qu'il douchait l'intimée 1 durant la période incriminée - apparemment pour accréditer la thèse d'un malentendu -, avant de concéder que l'intimée 2 lui avait demandé de cesser de laver l'enfant. En outre, s'il avait reconnu avoir frappé l'intimée 1 ainsi que son demi-frère, tout en minimisant les faits, sa sincérité tenait davantage au fait qu'il ne percevait pas le caractère pénal de son comportement qu'à sa volonté de collaborer. À cela s'ajoutait que, comme tout prévenu, le recourant avait un intérêt direct à mentir. Enfin, l'absence de diagnostic de pédophilie ne constituait pas, contrairement à ce que l'intéressé soutenait, une preuve à sa décharge. La cour cantonale a ainsi retenu que l'intimée 1 jouissait d'une crédibilité "très forte", ce dont il était possible de se convaincre, notamment sur la base de son audition filmée et du procès-verbal de l'audience de confrontation, tandis que la crédibilité du recourant était "moyenne" et certainement "moindre" que celle de l'intimée 1. La cour cantonale a dès lors considéré que le recourant avait usé de moyens d'ordre tant physique que psychique pour contraindre l'intimée 1 à subir des actes d'ordre sexuel. S'agissant du premier épisode intervenu dans la douche, l'intimée 1 avait décrit comment le recourant avait fait usage de la force alors qu'elle tentait de lui résister, en s'accrochant au robinet tandis qu'il la tirait par le bras. S'agissant des autres occurrences, le recourant avait usé de pression psychologique sur l'intimée 1 en exploitant sa position d'adulte de référence, l'affection et la crainte qu'il lui inspirait - s'il s'était d'abord montré attentionné et affectueux envers elle, il l'avait ensuite harcelée, réprimée sans cesse et frappée -, ainsi que sa supériorité physique et cognitive face à une enfant de sept ou huit ans qui ne percevait que de manière confuse l'inadéquation du comportement qui lui était imposé. En outre, le recourant avait tiré profit du fait que, sur toute la période pénale, l'intimée 1 était livrée à lui dans le logement familial, sa mère étant absente et son petit frère n'étant alors qu'un bébé. La cour cantonale a conclu que le recourant avait brisé la faible résistance que l'intimée 1 pouvait lui opposer.