Citation: 6B_754/2023 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a relevé à titre préliminaire que les déclarations constantes de D.A.________ et du recourant, les inscriptions au journal de l'Hospice général et le témoignage de F.________ permettaient de tenir pour établi que la vie du couple était, depuis plusieurs années, émaillée de disputes et que les faits du 20 août 2019 s'étaient déroulés dans un contexte de conflit conjugal récurrent, ce que le recourant avait finalement admis. Bien qu'en minimisant leur intensité, il avait reconnu que le mariage arrangé avait engendré de grandes difficultés pour le couple, qui se trouvait dans une situation si conflictuelle que son épouse souhaitait le quitter. De son côté, en sus d'avoir évoqué ce conflit conjugal lors de ses auditions dans le cadre de la présente procédure, D.A.________ avait révélé que sa vie de couple se passait mal et qu'elle avait peur de son mari car il était jaloux, s'énervait et criait. Elle avait également fait part de son désir de séparation, qu'elle refoulait toutefois par crainte. D.A.________ ne retirait aucun bénéfice à s'adresser de la sorte à des tiers, dont F.________, en 2018, soit plusieurs mois avant les faits ayant donné lieu à l'interpellation du recourant. Ses déclarations à cet égard étaient donc considérées comme parfaitement crédibles. D.A.________ s'était également montrée constante sur les violences physiques et verbales subies depuis le mariage, précisant qu'il en était allé ainsi même lorsqu'elle était enceinte. Ce récit avait été confirmé par l'assistante sociale G.________, ainsi que par le contenu du rapport d'intervention médicale du 20 août 2019. L'on voyait mal quel aurait été l'intérêt de D.A.________ de mentir à ce sujet à ses interlocuteurs alors même que son mari avait été interpellé, respectivement était déjà détenu, et qu'elle avait décidé de ne pas déposer plainte pénale à son encontre. Bien au contraire, faire de telles déclarations ne pouvait qu'être préjudiciable vu les menaces émanant notamment de la famille du recourant. Il n'était pas étonnant qu'elle se fût sentie capable de se livrer à des personnes de confiance (une assistante sociale et un médecin), après avoir été libérée de la présence et de l'ascendant du recourant. Que divers intervenants sociaux et professionnels n'eussent jamais constaté de violences conjugales ou intrafamiliales n'était pas déterminant en lui-même, puisque, par définition, de tels actes et leurs stigmates étaient dissimulés aux yeux des tiers. Les éléments du dossier tendaient à indiquer que le recourant se chargeait de manière générale de la gestion des affaires de la famille, se rendant en majorité seul aux rendez-vous fixés par les divers intervenants ou recevant ces derniers au domicile familial. Rien n'indiquait à première vue que D.A.________ aurait été empêchée de sortir de chez elle par son mari. Elle ne s'était plainte qu'à une seule reprise en 2018 que ce dernier était jaloux des autres hommes et colérique, ce qui ne signifiait pas encore qu'elle était totalement privée de sa liberté de mouvement, mais permettait d'entrevoir la dynamique de couple, marquée par des facteurs culturels forts. Il convenait toutefois de relever à cet égard que la tendance inverse avait été constatée par un intervenant, qui avait décrit, en 2018, D.A.________ comme "très forte et revendicatrice", tandis que le recourant semblait très fragile et pleurait très facilement. Cet élément ne conduisait toutefois pas à conclure que le recourant n'avait pas pu se rendre coupable de violences intrafamiliales, mais permettait de saisir une instabilité émotionnelle et psychologique, dont il avait lui-même admis souffrir. Les époux se trouvaient dans une situation psychologique et sociale particulièrement précaire et difficile compte tenu de leur passé migratoire, de leur vécu dans leur pays d'origine, du fondement de leur mariage et du fossé culturel entre l'éducation qu'ils avaient tous deux reçue en Afghanistan et les usages de leur pays d'accueil.