Citation: 4A_523/2007 18.02.2008 E. 4

4.1 Aux termes de l'art. 285 al. 1 CO, lorsque le maintien du bail est devenu insupportable pour le bailleur parce que le fermier, nonobstant une protestation écrite du bailleur, persiste à enfreindre son devoir de diligence, le bailleur de locaux commerciaux peut résilier le contrat moyennant un délai de congé minimum de trente jours pour la fin d'un mois. Selon la jurisprudence relative à l'art. 257f al. 3 CO, applicable à l'art. 285 CO dès lors que le contenu des deux dispositions est similaire, la résiliation suppose ainsi cumulativement une violation du devoir de diligence du locataire, un avertissement écrit préalable du bailleur, la persistance du locataire à ne pas respecter son devoir en relation avec le manquement évoqué par le bailleur dans sa protestation, le caractère insupportable du maintien du contrat pour le bailleur et, enfin, le respect d'un préavis de trente jours pour la fin d'un mois (arrêt 4C.306/2003 du 20 février 2004, reproduit in SJ 2004 I p. 439, consid. 3.1). L'art. 257f CO n'oblige pas exclusivement à un usage diligent et prévenant, mais de façon générale à un usage de la chose louée qui soit conforme au contrat. Ainsi, la disposition interdit aussi des usages contraires au contrat ou oblige à un usage conforme au contrat même si la violation de l'obligation ne se manifeste pas sous la forme d'un manque de diligence ou d'égards (ATF 123 III 124 consid. 2a p. 126 s.). Les principes généraux de l'interprétation des contrats sont déterminants pour apprécier l'existence et la portée de stipulations explicites ou tacites concernant l'utilisation de la chose (ATF 132 III 109 consid. 2 p. 111). Pour justifier une résiliation anticipée, la violation persistante par le locataire de son devoir de diligence doit rendre le maintien du contrat insupportable, ce qui suppose une certaine gravité du manquement reproché. La question de savoir si le maintien du bail est devenue insupportable ne se détermine pas selon des critères abstraits, mais en fonction de l'ensemble des circonstances concrètes du cas d'espèce. Cet examen relève ainsi du pouvoir d'appréciation du juge (art. 4 CC; arrêt 4C.306/2003 du 20 février 2004, reproduit in SJ 2004 I p. 439, consid. 3.5). Conformément à sa pratique, le Tribunal fédéral ne substitue alors sa propre appréciation à celle de l'instance inférieure qu'avec une certaine retenue et n'intervient que si celle-ci a abusé de son pouvoir d'appréciation, c'est-à-dire si elle a retenu des critères inappropriés, si la décision rendue aboutit à un résultat manifestement injuste ou à une iniquité choquante (ATF 132 III 758 consid. 3.3 p. 762). 4.2 Aux termes de développement auxquelles il convient de renvoyer dans leur intégralité (art. 109 al. 3 LTF), la cour cantonale a en l'occurrence considéré que l'instruction de la cause ainsi que les pièces produites établissaient que la fermière n'avait pas respecté d'importantes obligations contractuelles, malgré les reproches qui lui avaient été adressés à ce sujet par la bailleresse. La recourante reproche aux précédents juges d'avoir retenu des violations contractuelles qui ne figuraient pas dans la lettre de mise en demeure du 13 juillet 2004. A cet égard, la cour cantonale est parvenue à la conclusion que ladite mise en demeure était assez complète en ce sens qu'elle reprenait pour ainsi dire les principaux griefs formulés antérieurement tout en visant expressément les précédents courriers qui en faisaient part dans le détail et à réitérées reprises; les juges cantonaux en ont déduit que la fermière était donc parfaitement informée des violations du contrat que lui reprochait la bailleresse, à peine de résiliation du bail. Dans son recours au Tribunal fédéral, la recourante ne fait que se référer à la structure de la lettre du 13 juillet 2004 et à invoquer les règles de la bonne foi et le principe de la confiance, ce qui ne suffit pas à démontrer en quoi le raisonnement de la cour cantonale prêterait le flanc à la critique.