Citation: 1P.166/2001 22.03.2001 E. 1

b) En l'espèce, le recourant est formellement mis en cause pour avoir participé à un trafic de stupéfiants portant, à tout le moins, sur une quantité comprise entre 620 g et un kilo de cocaïne. Cela ressort en particulier des déclarations de B.________ qui a fait état, dans un premier temps, d'une commande d'un kilo de drogue, ce qu'il a confirmé lors d'une confrontation avec le recourant. B.________ a certes varié sur les quantités effectivement remises, ainsi que sur le prix payé et le solde encore dû, mais, à ce stade de l'enquête, les charges sont manifestement suffisantes, même si le rôle du recourant n'a pu être complètement élucidé. Si l'arrêt attaqué mentionne plusieurs kilos de drogue, cela se rapporte à l'ensemble du trafic dans lequel le recourant peut n'être que partiellement impliqué. c) La présomption d'innocence (art. 6 par. 2 CEDH, 32 al. 1 Cst.) empêche l'autorité de désigner une personne comme coupable, sans réserve et sans nuance, en préjugeant de l'appréciation des faits par le juge du fond. Au stade de la détention préventive, l'autorité doit faire état de soupçons suffisants sans pour autant tenir la culpabilité de l'inculpé pour définitivement acquise (ATF 124 I 327 consid. 3c p. 331/ 332). En l'espèce, la considération selon laquelle le recourant "s'expose à une lourde peine privative de liberté", précédée de la mention des "actes qui lui sont reprochés" est suffisamment prudente et nuancée; elle ne fait en aucune manière ressortir que la cour cantonale aurait préjugé du fond.