Citation: 1P.157/2003 20.03.2003 E. 5

Le recourant prétend que les besoins de l'instruction ne justifieraient pas son maintien en détention. 5.1 L'un des buts de la détention préventive est d'empêcher le prévenu d'entrer en contact avec des témoins, des experts, des complices ou toute autre personne impliquée dans la procédure en vue de les amener à faire de fausses déclarations. Il ne suffit pas qu'une entente complice soit objectivement possible; le fait qu'un prévenu non détenu entre en relation avec une personne impliquée dans la procédure est en effet un risque inhérent à toute enquête pénale qui ne peut, par conséquent, être totalement exclu. L'autorité qui entend justifier la détention par le risque de collusion doit donc démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un risque concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à altérer la manifestation de la vérité (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). Si le danger de collusion est en règle générale plus important au début d'une procédure pénale (ATF 107 Ia 138 consid. 4g p. 144), il peut toutefois subsister après la clôture de l'enquête lorsque les circonstances font sérieusement craindre que le prévenu n'abuse de sa liberté pour empêcher ou altérer la manifestation de la vérité devant l'autorité de jugement, voire de recours (ATF 117 Ia 257 consid. 4c p. 261). 5.2 En l'occurrence, on ne voit pas en quoi la libération immédiate du recourant serait de nature à entraver les investigations en cours auprès des établissements bancaires dans lesquels il prétend avoir ouvert des comptes en son nom ou au nom de sociétés offshore dont lui-même, son père ou tout autre membre de sa famille serait le ou les ayants droit économiques. Il ne ressort par ailleurs pas du dossier que des contrôles bancaires s'étendraient à d'autres établissements. En revanche, il reste encore à contrôler la réalité des relations d'affaires qui auraient justifié, selon le recourant, le versement de la somme litigieuse sur le compte ouvert auprès de la banque A.________, à Lausanne; il n'est au surplus nullement exclu que l'enquête porte sur d'autres versements effectués sur ce compte, pour lesquels une demande d'assistance est pendante. Certes, la simple éventualité d'une entente complice ne suffit pas pour conclure à l'existence d'un risque de collusion. Il apparaît cependant que la police de sûreté vaudoise a entendu le responsable de la société L.________, à Rome, à qui le recourant prétend avoir acheté du matériel médical pour 2,8 millions de dollars américains, matériel revendu avec un bénéfice qui aurait été reversé sur le compte litigieux; or, si cette personne a déclaré effectivement connaître un dénommé K.________, elle a en revanche nié avoir effectué la moindre transaction avec lui. Dans ces conditions, il existe un risque concret que le recourant ne cherche à prendre contact avec ses prétendus clients pour les amener à faire des déclarations corroborant ses dires, s'il devait être remis en liberté. La détention du recourant se justifiant pour ce motif, il n'y a pas lieu d'examiner si elle s'impose également en raison d'un risque de fuite. Pour les raisons évoquées au considérant 3.2 ci-dessus, l'éventualité d'une libération sous caution n'entre pas en ligne de compte.