Citation: 7B_609/2023 E. 2.4.1

2.4.1. Comme l'a relevé l'autorité cantonale, le recourant a fait le choix unilatéral de quitter la Suisse pour partir à l'étranger du jour au lendemain sans aucune raison valable. Sur ce point, il a simplement indiqué qu'il rencontrait des difficultés à U.________ en raison de mauvaises fréquentations, mais ne s'est, selon les faits retenus, jamais réellement expliqué à cet égard. Il n'a en outre pas demandé à l'autorité d'exécution si ce départ était compatible avec sa mesure, respectivement son suivi probatoire et ses règles de conduite, alors qu'il avait été invité par le SPI à faire une demande formelle en ce sens. Il ne lui a pas non plus demandé si les modalités assortissant sa libération conditionnelle pouvaient être organisées depuis l'étranger. De surcroît, il a quitté la Suisse quand bien même le SPI l'avait averti des possibles conséquences de son départ, à savoir l'exécution du solde de sa peine. Après son départ, le recourant n'a pratiquement plus donné de nouvelles jusqu'au 20 octobre 2022, soit pendant près de deux mois. Dans ces circonstances, c'est sans arbitraire que la cour cantonale a considéré que l'interruption de la collaboration du recourant s'inscrivait dans la durée et n'était pas momentanée, ce d'autant plus qu'il avait indiqué vouloir s'installer durablement en Espagne. De plus, quoi qu'en dise le recourant, celui-ci n'a jamais réellement coopéré avec les intervenants depuis l'Espagne. En effet, selon l'état de fait de l'autorité cantonale - non remis en cause sur ce point par le recourant -, il n'a pas fourni son adresse dans ce pays et n'a jamais transmis de contrat de travail, alors même qu'il avait indiqué qu'il allait le faire. Au demeurant, avant son départ déjà, le recourant n'avait pas totalement respecté les modalités de son suivi probatoire, dès lors qu'il ressort de l'état de fait cantonal qu'il avait annulé deux rendez-vous et n'avait pas arrêté sa consommation d'alcool et de cannabis. Il n'avait en outre pas justifié ses manquements, malgré les requêtes expresses du SAPEM, laissant celles-ci sans réponse. Ainsi, au regard des éléments qui précèdent, il y a lieu de constater, avec l'autorité cantonale, une absence totale de coopération de la part du recourant et le fait que celui-ci s'est soustrait de manière durable à sa mesure, ainsi qu'aux obligations imposées par ses règles de conduite. Par conséquent, on doit admettre que le recourant n'a pas respecté le cadre thérapeutique et probatoire établi et que les mesures assortissant sa libération conditionnelle sont devenues impossibles à exécuter.