Citation: 1C_55/2019 E. 6.1

6.1. Au contraire de ce que prétendent les recourants, c'est bien au terme d'un examen circonstancié de l'ensemble des circonstances que le Tribunal cantonal a considéré que le bâtiment en cause pouvait être démoli. Précisant qu'il n'était pas protégé par la LPNMS puisque ni classé (art. 52 ss LPNMS) ni porté à l'inventaire (art. 49 ss LPNMS) et que le département compétent avait renoncé à prendre des mesures conservatoires à son égard (art. 47 LPNMS), la cour cantonale a relevé que sa démolition ne requérait pas une autorisation spéciale cantonale au sens de l'art. 120 LATC. Cela étant, elle s'est ensuite prononcée sur les qualités de l'immeuble en question. Elle a ainsi jugé que bien que dignes d'intérêts, les éléments relevés par le SIPAL - en particulier le patio - ne revêtaient pas des qualités architecturales et patrimoniales suffisantes pour imposer à la propriétaire le maintien du bâtiment sur la base de l'art. 86 LATC et de la réglementation communale; le bâtiment n'était plus adapté à l'usage qui était le sien à l'origine et aucune piste sérieuse n'existait pour une autre utilisation des volumes existants qui permettrait la conservation des éléments intéressants de la construction, tout en permettant à la propriétaire d'obtenir un rendement acceptable de son immeuble. Pour arriver à ce constat, et au fait qu'une reprise de l'utilisation du bâtiment dans sa configuration actuelle nécessiterait d'importants travaux, le Tribunal cantonal s'est non seulement fondé sur le préavis de la Déléguée à la protection du patrimoine bâti, mais également sur son inspection locale, sur les propos tenus par la propriétaire, sur les pièces produites par cette dernière, tout en tenant compte des avis du SIPAL; il a ainsi laissé indécise la question de savoir laquelle des autorités précitées serait compétente pour se prononcer. Les recourants ne sauraient dès lors se borner à prétendre, de manière appellatoire, que les juges cantonaux se seraient entièrement remis à l'avis de la déléguée précitée, dont ils contestent la compétence, et sur lequel se serait fondée une décision communale insuffisamment motivée, sans toutefois élever formellement un grief à l'encontre des considérations émises sur ce point par la cour cantonale. Ils ne peuvent pas non plus prétendre que cette autorité se serait uniquement intéressée à la charge financière que constituerait l'obligation de maintenir l'immeuble dans sa configuration actuelle. Il en va de même de la prétendue absence de preuve des travaux de rénovation à entreprendre; la seule référence au courrier de M.________ évoquant des possibilités de mises en location " sans aucun travail de rénovation ", de surcroît daté de septembre 2003, n'est à cet égard pas pertinente, respectivement suffisante pour taxer d'arbitraires les considérations cantonales. Par ailleurs, comme l'ont relevé les juges précédents, lorsque se pose, dans le cadre de l'exécution d'une tâche cantonale, respectivement communale - comme en l'espèce, - une question en lien avec l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale à protéger en Suisse (ci-après: l'ISOS), ce dernier ne déploie pas d'effet directement contraignant. Dans un tel contexte, l'ISOS n'intervient qu'en tant qu'expression d'un intérêt fédéral de protection du patrimoine. A ce titre, il appartient au juge d'en tenir compte dans la pesée des intérêts exigée en matière de préservation des sites (cf. arrêt 1C_452/2016 du 7 juin 2017 consid. 3.3 et la référence citée). C'est précisément ainsi qu'a procédé la cour cantonale: elle a néanmoins considéré que l'ISOS n'apportait pas d'éléments nouveaux en ce qui concernait l'intérêt architectural et historique du bâtiment dont la démolition était prévue et que - s'agissant d'un domaine relevant des tâches communales et cantonales - il n'y avait pas lieu de le suivre à la lettre. Il faut au demeurant rappeler que l'objectif de protection A attribué par l'ISOS au secteur en question n'emporte pas une interdiction absolue de démolir (cf. arrêt 1C_279/2017 du 27 mars 2018 consid. 4.3.2 et la référence citée).