Citation: 5P.194/2003 10.07.2003 E. 4

4.1 La recourante se plaint en premier lieu du caractère "totalement arbitraire" du chiffre de 3'600 fr. par mois retenu par les juges cantonaux au titre de revenus de l'intimé : si la cour cantonale voulait vraiment se baser sur les revenus retenus dans son précédent arrêt du 27 avril 2001, diminués "dans une proportion raisonnable" (cf. lettre E.b.d supra) compte tenu d'une capacité de gain de l'ordre de 70% (cf. lettre E.b.b supra), elle aurait dû rajouter le montant de l'indemnité journalière à concurrence de 30%, soit 1'773 fr. par mois (197 fr. x 30 jours x 30%), ce qui porterait les revenus de l'intimé à 5'373 fr. par mois, donc le disponible à 2'653 fr. et donc la pension revenant à la recourante à 1'742 fr. 50. En second lieu, la recourante fait grief aux juges cantonaux d'avoir, tout en considérant ne pas pouvoir admettre comme conformes à la réalité les résultats des comptes 2002 produits par l'intimé, retenu que les revenus de ce dernier avaient diminué de quelque 25% : l'intimé ayant la charge de la preuve selon l'art. 8 CC, la Cour de justice aurait dû "conclure à ce que celui-ci avait échoué dans l'apport d'une quelconque preuve comme quoi sa situation financière se serait obérée". Or la décision de la cour cantonale aboutirait au contraire en définitive à faire supporter à la recourante l'absence de preuves fournies par l'intimé quant à sa situation financière. Enfin, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir accordé crédit aux certificats médicaux du Dr X.________, en omettant de tenir compte du fait que ce médecin est un voisin depuis environ 25 ans de l'intimé, qu'il est médecin généraliste spécialisé en médecine physique et rééducation et que depuis une année et demi, il a été totalement incapable de guérir son patient. Il serait ainsi arbitraire de retenir comme valables les deux seuls certificats médicaux produits, dont tout laisserait à penser qu'ils ne correspondent pas réellement à la situation de l'intimé; dans le meilleur des cas, en effet, on peut penser que celui-ci a largement pu abuser de l'amitié du Dr X.________, jouer au malade imaginaire ou faire durer sa maladie. 4.2 Par les griefs résumés ci-dessus, la recourante ne fait pas la démonstration que l'arrêt attaqué serait arbitraire, en particulier dans son résultat. Sur le vu des éléments exposés dans l'arrêt attaqué, il n'apparaît pas arbitraire de retenir que l'intimé fait face à des problèmes de santé (dépression) qui affectent sa capacité de gain en ce sens que ses revenus ont diminué d'environ un quart par rapport au chiffre de 4'837 fr. qui avait été pris en compte dans l'arrêt du 27 avril 2001. En effet, l'incapacité partielle de travail est attestée par des certificats médicaux, et il n'apparaît pas arbitraire de considérer qu'un médecin généraliste est actuellement en mesure de reconnaître chez un patient qu'il connaît bien un état dépressif et de lui prodiguer les soins nécessaires (cf. lettre E.b.b supra); les griefs formulés à cet égard par la recourante reviennent seulement à opposer de manière irrecevable (cf. consid. 3 supra) sa propre thèse à celle des juges cantonaux, notamment sur la base d'affirmations de fait qui ne sont nullement étayées. La diminution de la capacité de gain de l'intimé est en outre corroborée par la diminution incontestable du chiffre d'affaires et du bénéfice brut de son commerce, attestée par son comptable externe (cf. lettre E.a.a supra). Ainsi que l'a relevé l'autorité cantonale (cf. lettre E.b.b supra), cette diminution n'est que partiellement compensée par les prestations de l'assurance perte de gain, quelles que puissent être les raisons de cette situation (définition du cas d'assurance, délai d'attente, etc.). En effet, les indemnités journalières perçues par l'intimé ne totalisaient que 4'432 fr. 50 selon les comptes 2001 et 9'160 fr. 50 selon les comptes 2002, ce qui infirme la thèse de la recourante selon laquelle les juges cantonaux auraient dû rajouter dans leur calcul des indemnités journalières à concurrence d'un montant nettement plus important. Dans ces circonstances, l'admission par la cour cantonale d'une chute de revenus d'environ 25% apparaît à tout le moins soutenable. Comme on vient de le voir, cette constatation de fait procède d'une appréciation d'un faisceau d'éléments de preuve, de sorte que la recourante ne saurait reprocher aux juges cantonaux de lui avoir fait supporter l'absence de preuves fournies par l'intimé quant à sa situation financière.