Citation: 6B_420/2022 E. 2.3.2

2.3.2. S'agissant des conditions à réaliser pour l'octroi de la libération conditionnelle, le recourant ne discute pas expressément la qualification du risque de récidive. Il ne conteste pas non plus que les biens juridiques en cause (notamment: vie et intégrité corporelle) sont de grande valeur. Il rappelle en vain le changement d'attitude relevé par les différents intervenants depuis son transfert aux EEPB (travail à la bibliothèque, suivi psychothérapeutique, etc.), dès lors que cet aspect a été pris en compte par la cour cantonale, sous ses différentes facettes et les progrès ont été salués. Cela étant, la cour cantonale a relevé que ce changement positif de comportement n'était intervenu qu'en juillet 2019, de sorte que, au vu notamment du travail de longue haleine préconisé par les spécialistes, le pronostic demeurait défavorable. Le recourant ne se prononce pas sur la relative courte durée écoulée depuis le changement de comportement relevé, mais se contente, dans une large mesure, de se prévaloir d'une analyse de la dangerosité et du risque de récidive qui relèverait de la "fiction", dès lors qu'il n'envisage pas une mise en liberté mais un transfèrement dans un établissement pénitentiaire français. Il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur cette argumentation au vu du considérant précédent. Alors qu'en 2007 le pronostic était qualifié de "redoutable", le positionnement du recourant concernant les délits commis était encore considéré comme préoccupant en 2017, le SPI relevant un déficit d'introspection. Le recourant annonçait alors ne pas vouloir parler de ses crimes, dont il expliquait la commission par un déclic, ne parvenant pas à résoudre le problème autrement. En été 2017 et avril 2018, le risque de récidive a encore été qualifié de moyen à élevé, notamment en raison des dimensions psychopathique et perverse de sa personnalité, de ses faibles capacités de remise en question, de la rigidité de son fonctionnement psychique et de l'absence de démarche de soin. Si parmi les nombreux facteurs énumérés pour qualifier le risque de récidive en 2018, celui du refus de soin a évolué favorablement dès juillet 2019, il n'en demeure pas moins que la prise de conscience du recourant était encore totalement ou presque totalement absente en 2020. De plus, le recourant avait déclaré avoir initié le suivi psychothérapeutique dans un premier temps uniquement pour l'obtention de la libération conditionnelle. En 2020, la thérapie devait d'ailleurs se poursuivre sur un mode plus introspectif et dépasser le stade de l'échange (cf. supra let. B.c.e). Le recourant ne remet pas en cause le fait qu'il a longtemps dissimulé ses crimes, se déclarant innocent, pour reconnaître en être l'auteur après plusieurs années, tout en refusant de communiquer à ce sujet (arrêt entrepris let. B.d.d, B.d.e et B.d.g). Il ne conteste pas davantage que la prise de conscience était encore totalement ou presque totalement absente en 2019 et 2020 (arrêt entrepris let. B.g). Cela étant, et au vu des différents troubles diagnostiqués chez le recourant et du travail thérapeutique envisagé sur le long terme afin de diminuer le risque de récidive portant notamment sur des infractions de violence avec acharnement, il ne saurait prétendre à une libération conditionnelle au seul motif qu'il a entrepris un suivi psychiatrique bimensuel depuis juillet 2019 dans la configuration d'espèce. En tant que le recourant déduit du refus de le libérer conditionnellement, un refus de le transférer dans une prison qui serait plus proche de sa fille, il s'en prend à un aspect qui outrepasse le cadre de la présente procédure (cf. art. 80 al. 1 LTF), de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur les griefs y relatifs (cf. principe de la bonne foi, droit au respect de sa vie privée et familiale, etc.). Au vu de ce qui précède, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, considérer que les conditions pour octroyer la libération conditionnelle n'étaient pas réalisées.