Citation: 6B_1431/2019 E. 1.4.2

1.4.2. En l'espèce, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, dès lors que celui-ci s'est livré au trafic de stupéfiants. Il y a lieu de relever à cet égard que la Cour européenne des droits de l'Homme estime que, compte tenu des ravages de la drogue dans la population, les autorités sont fondées à faire preuve d'une grande fermeté à l'encontre de ceux qui contribuent à la propagation de ce fléau (cf. arrêts CourEDH K. M. c. Suisse du 2 juin 2015 [requête n° 6009/10] § 55; Dalia c. France du 19 février 1998, Recueil CourEDH 1998-I 76 § 54; cf. aussi arrêt 6B_1299/2019 précité consid. 3.4.8). Par ailleurs, la peine privative de liberté à laquelle a été condamné le recourant dépasse largement une année, ce qui aurait, cas échéant, pu permettre une révocation de son autorisation d'établissement sur la base de l'art. 63 al. 1 let. a cum art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019 : LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement). Concernant l'intérêt du recourant à pouvoir demeurer en Suisse, il convient tout d'abord de relever que celui-ci se prévaut de différents éléments qui ne ressortent pas de l'état de fait de la cour cantonale, par lequel le Tribunal fédéral est lié (cf. art. 105 al. 1 LTF), en particulier s'agissant de la situation de sa compagne péruvienne ou de ses rapports avec ses filles. L'argumentation du recourant est, dans cette mesure, irrecevable (cf. art. 97 al. 1 LTF). Il en va également ainsi lorsque le recourant affirme que "toutes ses attaches familiales" seraient en Suisse - puisque ses trois filles, ses parents et son frère vivent dans son pays d'origine -, ou que des motifs d'ordres sanitaire et professionnel l'auraient poussé à s'adonner au trafic de stupéfiants. Par ailleurs, le recourant revient sur sa situation personnelle et administrative actuelle. Il ne démontre pas que l'un ou l'autre des éléments dont il se prévaut aurait été oublié par la cour cantonale ou pourrait revêtir un poids décisif dans la pesée des intérêts effectuée en relation avec l'application de l'art. 66a al. 2 CP. Au demeurant, le parcours du recourant, en particulier son absence d'antécédents, a bien été considéré par la cour cantonale et ressort de l'état de fait du jugement attaqué. S'agissant de la situation du recourant en lien avec sa compagne et leur enfant à naître, on peut relever ce qui suit. Il n'y a pas atteinte à la vie familiale si l'on peut attendre des personnes concernées qu'elles réalisent leur vie de famille à l'étranger. L'art. 8 CEDH n'est pas a priori violé si le membre de la famille jouissant d'un droit de présence en Suisse peut quitter ce pays sans difficultés avec l'étranger contraint de partir. En revanche, si le départ du membre de la famille pouvant rester en Suisse ne peut d'emblée être exigé sans autres difficultés, il convient de procéder à la pesée des intérêts prévue par l'art. 8 par. 2 CEDH (cf. ATF 144 I 91 consid. 4.2 p. 96; 140 I 145 consid. 3.1 p. 147). En l'occurrence, il ne ressort pas du jugement attaqué que la compagne du recourant, d'origine péruvienne, ne pourrait pas suivre celui-ci à l'étranger afin d'y mener une vie familiale. De surcroît, l'intéressée s'est engagée dans un projet de mariage alors qu'elle connaissait la situation du recourant, en particulier le risque d'expulsion encouru. Elle a ainsi pris le risque de devoir vivre sa vie de couple, voire de famille, à l'étranger, si elle n'entendait pas être séparée du recourant (cf. par exemple en ce sens les arrêts 2C_158/2019 du 12 avril 2019 consid. 5.4; 2C_269/2015 du 2 décembre 2015 consid. 3.2). Enfin, le recourant ne peut être suivi lorsqu'il affirme que son expulsion constituerait une "grave atteinte à sa liberté" en raison de l'inscription ordonnée, par voie de conséquence, dans le Système d'information Schengen. En effet, l'intéressé ne prétend même pas qu'il aurait, de près ou de loin, le projet de se rendre dans l'un ou l'autre des pays concernés. Compte tenu de la gravité des infractions commises dans le domaine des stupéfiants, du fait que le recourant a vécu la majeure partie de sa vie en République dominicaine, des perspectives qu'il conserve de se réintégrer dans ce pays - où il dispose de nombreux liens familiaux, notamment avec ses trois filles -, et de la possibilité qui existe de mener une vie de famille dans son pays d'origine avec sa nouvelle compagne et l'enfant à naître, l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer en Suisse. L'expulsion, ordonnée pour une durée de cinq ans, s'avère conforme au principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH.