Citation: 5A_503/2023 E. 3.4

3.4. En l'espèce, la recourante ne conteste pas le raisonnement de l'autorité précédente en tant qu'elle a estimé que dans la mesure où l'époux était en droit d'utiliser ses acquêts dans les limites de l'art. 208 CC, il ne se justifiait pas, en l'état, en mesures protectrices de l'union conjugale, qu'il l'informe sur les transactions qu'il avait pu effectuer depuis le 1er janvier 2019. Au contraire, la recourante ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle de l'autorité cantonale dans une démarche purement appellatoire, partant irrecevable. Quant à l'art. 208 CC dont elle se prévaut à plusieurs reprises, elle n'expose pas, conformément aux exigences légales (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1), en quoi son application serait ici arbitraire. La recourante ne remet pas non plus en cause, à tout le moins valablement, les constatations de l'autorité cantonale sur lesquelles celle-ci fonde son raisonnement, à savoir qu'elle n'a pas allégué que son époux aurait procédé à des libéralités entre vifs depuis le 1er janvier 2019 ou aliéné des biens d'acquêts dans le but de compromettre sa participation à ceux-ci. En effet, son affirmation selon laquelle les documents fournis par l'intimé auraient démontré des aliénations de biens d'un montant de 3'000'000 CHF depuis le compte personnel de celui-ci détenu auprès de Banque F.________ SA s'écarte de l'arrêt entrepris - selon lequel les avoirs présents sur les comptes personnels de l'époux ouverts auprès de Banque F.________ SA, sur lesquels il avait fait transférer 10'000'000 USD depuis le compte joint des parties, n'avait pas diminué de manière significative (20'057'304 USD au 31 décembre 2020 et 17'121'913 USD au 31 juillet 2022) compte tenu de l'ampleur de la fortune des parties - sans que l'on trouve trace d'un quelconque grief d'établissement arbitraire des faits, motivé à satisfaction (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1). Sa critique consistant à prétendre péremptoirement que son intérêt digne de protection serait évident, au vu des transferts effectués par l'intimé visant à vider les comptes joints et du nouveau domicile dont celui-ci se prévaut en X.________, est également irrecevable. La recourante soutient encore que son incapacité à alléguer des aliénations proviendrait du refus de son époux de la renseigner et que lui dénier l'accès à ces informations pour la période concernée sous ce prétexte serait arbitraire. Cette assertion démontre le caractère hypothétique de son intérêt à obtenir ces renseignements et n'est pas de nature à qualifier d'insoutenable, dans les circonstances de la présente espèce, le raisonnement de la cour cantonale, qui a considéré que son intérêt à connaître le montant des avoirs présents sur les comptes personnels de l'époux afin de prouver ses prétentions dans la liquidation du régime matrimonial, était limité à la date du 14 décembre 2022. Au vu de ce qui précède, il n'y a pas lieu de compléter les faits tels que requis par celle-ci, ceux-ci portant sur l'évolution des comptes joints des parties de fin 2019 à juillet 2022 (cf. infra consid. 4.4 pour le surplus). Partant, la recourante échoue à démontrer que l'autorité cantonale aurait versé dans l'arbitraire. Sa critique, pour autant que recevable, doit être rejetée.