Citation: 4A_420/2024 E. 5.3.2

5.3.2. L'expertise a en l'occurrence démontré que le coût du projet avait significativement augmenté, passant de 19'061'234 fr. 40 au moment de la conclusion du contrat à 25'639'865 fr. à la fin des travaux. L'expert a spécifiquement exposé que les nombreuses modifications du projet ayant été apportées en cours de réalisation, soit notamment les travaux de maçonnerie, les installations électriques, les menuiseries, les équipements d'exploitation, les aménagements extérieurs, les divers et les imprévus, avaient fait l'objet de multiples détails d'exécution. Ces modifications avaient été étudiées, dessinées et intégrées dans les plans généraux d'exécution. Elles avaient en outre nécessité une coordination avec les autres mandataires ainsi qu'une surveillance des travaux sur le chantier. Selon l'expert, il était évident que ces modifications et ces ajouts, dont l'évolution était portée à la connaissance de la recourante, avaient généré des prestations d'architecte complémentaires qui ne pouvaient être réfutées et qui ne pouvaient être comprises dans le montant forfaitisé, l'intimé ayant informé la recourante à plusieurs reprises, certes oralement, du surplus de prestations qu'il était amené à réaliser. La cour cantonale a considéré qu'il s'agissait d'une modification de commande par rapport à l'objet du contrat initialement convenu, ce qui constituait une exception à la rémunération forfaitaire de l'architecte. La recourante avait en effet notablement modifié le projet initial notamment par l'augmentation de son volume, l'ajout d'escaliers, la modification des avant-toits, des aménagements extérieurs et intérieurs. Ces modifications étaient importantes par rapport au projet initial puisqu'elles avaient eu pour corollaire une augmentation des coûts de construction de plus de 6 millions de francs et un allongement de la durée des travaux de plus d'une année. Malgré l'importance de la construction en cause, un accroissement de 34,5 % des coûts était notable et n'était évidemment pas prévu dans l'estimatif des coûts du projet initial annexé au contrat, sur lequel les parties s'étaient basées pour arrêter les honoraires forfaitaires de l'intimé. La cour cantonale a considéré que l'argument de la recourante selon lequel les modifications en cause ne concernaient pas l'intimé, qui n'avait exécuté aucune prestation complémentaire, n'était prouvé par aucune pièce et tendait à la mauvaise foi. En effet, l'expertise relevait que les modifications ordonnées avaient donné lieu à un surplus de prestations de la part de l'architecte, soit l'étude des modifications demandées, les dessins et l'intégration dans les plans d'exécution, de même que les mises à l'enquête, la coordination avec les autres mandataires et la surveillance. Si la recourante se prévalait d'avoir effectué elle-même des aménagements intérieurs, elle ne contestait pas que les tâches susmentionnées aient été effectuées par l'intimé, qui ne pouvait s'obliger à effectuer des prestations d'une telle ampleur gratuitement contrairement à ce que la recourante semble penser. La cour a encore ajouté qu'en commandant, respectivement en acceptant, les prestations supplémentaires de l'architecte pour la construction du chalet, la recourante avait tacitement renoncé à ce que la forme écrite s'applique aux modifications du contrat (arrêt attaqué p. 29/30).