Citation: 1C_734/2021 E. 4.2.2

4.2.2. En l'espèce, la cour cantonale a considéré que la CMNS n'avait pas à émettre de préavis en vertu de l'art. 5 al. 2 let. c, e et f RPMNS car l'immeuble appelé à être démoli ne faisait pas l'objet d'un plan de site, qu'il se situait intégralement en dehors du périmètre de protection des rives du Rhône qu'il jouxtait et que, ni la parcelle concernée par la procédure, ni les bâtiments limitrophes n'appartenaient à un ensemble figurant dans la liste visée à l'art. 90 al. 4 LCI. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. Les recourants se contentent d'ailleurs uniquement d'affirmer, de façon appellatoire, que la cour cantonale aurait dû consulter une seconde fois la CMNS "pour un projet qui s'inscrit au sein de bâtiments protégés", sans soutenir que l'immeuble litigieux serait porté à l'inventaire, qu'il serait classé ou qu'il serait situé en zone protégée. Cette remarque manque par conséquent de pertinence. Pour le reste, les recourants ne peuvent rien tirer du fait que le conseiller d'Etat en charge du département avait, par arrêté du 16 juin 2016, rejeté la demande de I.________ d'inscrire à l'inventaire l'usine Stern, nonobstant le préavis favorable de la CMNS, considérant, dans la pesée des intérêts, la prépondérance de la pénurie de logements sévissant à Genève. L'usine n'étant pas inscrite à l'inventaire et ne faisant l'objet d'aucune mesure de protection patrimoniale, le RPMNS ne prévoit pas que la CMNS soit à nouveau consultée dans le cadre d'une procédure de démolition et d'autorisation de construire. Enfin, comme l'a relevé la cour cantonale, si la CMNS avait été consultée dans le cadre du projet de surélévation de l'immeuble voisin sis sur la parcelle n° 145, c'était parce que ledit bâtiment avait fait l'objet d'une mise à l'inventaire limitée aux façades originelles, ce qui n'était pas le cas de l'usine Stern. Par conséquent, les recourants ne parviennent pas à démontrer que la cour cantonale a fait preuve d'arbitraire en constatant qu'il n'y avait pas lieu de recueillir le préavis de la CMNS. Le grief doit être rejeté dans la faible mesure de sa recevabilité.