Citation: 4C.68/1999 05.07.2000 E. 7

7.- La cour cantonale s'est écartée sur plusieurs points des principes posés par la convention collective. a) Elle a calculé la rémunération due en rapport avec le travail supplémentaire en établissant le nombre d'heures que le salarié devait fournir chaque année. Elle a retenu comme travail supplémentaire les heures dépassant ce total annuel. Cette méthode n'est pas conforme à la convention collective, qui prévoit que le travail supplémentaire se cal- cule non pas sur une base annuelle, mais sur une base hebdomadaire (art. 9 CCT). Il y a donc lieu de déterminer la durée du travail accompli chaque semaine par le demandeur et de compter comme travail supplémentaire chaque heure dépassant le maximum de 47 heures. b) La cour cantonale a retenu que le travail s'effectuait sur 44,36 semaines en 1990 et 42 semaines dès 1991. Ce calcul ne tient aucun compte de la convention collective, qui prévoit 4 semaines de vacances, des congés hebdomadaires (le dimanche et environ deux demi-journées de congé chaque semaine) et 8 jours fériés (art. 11 al. 3 CCT). Ainsi, le travail se répartit sur 48 semaines (52 semaines moins 4 semaines de vacances), sous réserve des congés hebdomadaires inclus dans la semaine et des jours fériés survenant dans l'année. c) La cour cantonale a inclus, dans le calcul des heures à fournir annuellement, celles correspondant à des absences pour cause de maladie et de service militaire. Or, à l'évidence, des jours d'absence pour cause d'empêchement de travailler ne sauraient être comptabilisés comme des jours de travail dans le cadre du calcul du travail supplémentaire accompli chaque semaine. Ces jours doivent être retranchés de la durée du travail accompli par le salarié et indemnisés dans le cadre des art. 324a et 324b CO, ainsi que des art. 24 ss de la convention collective. d) La cour cantonale a considéré comme impossible de déterminer quelles heures supplémentaires (c'est-à-dire dépassant le maximum hebdomadaire conventionnel) ont été accomplies la nuit, le samedi ou le dimanche. Elle a dès lors procédé à une évaluation forfaitaire, en se fondant implicitement sur l'art. 42 al. 2 CO. Elle a eu tort. En effet, en appréciant la force probante des relevés détaillés établis par l'expert, elle pouvait déterminer avec suffisamment de précision la durée des dépassements de l'horaire hebdomadaire de travail et leur répartition dans la semaine. Comme ce calcul précis est possible sur la base de l'appréciation des preuves, la cour cantonale devait s'y livrer plutôt que de recourir à une évaluation forfaitaire.