Citation: 4C.270/2002 11.02.2003 E. A

Y.________ SA (ci-après: la Banque) est membre active de la bourse suisse et de la SOFFEX (Swiss options and Financial Futures Exchange AG). La société X.________ AG est spécialisée dans les conseils en matière financière, notamment dans le secteur boursier. Par lettre du 25 novembre 1997, la Banque a confirmé à X.________ AG qu'elle lui confiait, à partir du 1er novembre 1997, le mandat d'exploiter et de développer ses contacts clients afin d'effectuer pour ces derniers, au nom de la Banque, des transactions en bourse électronique. A cet effet, elle mettait à sa disposition une infrastructure de bureau complète à Neuchâtel tout d'abord et, dès le 1er juin 1998, à Zurich où un bureau au nom de la Banque devait être ouvert. La rémunération de X.________ AG devait s'élever à 50% du volume des courtages réalisés par son intermédiaire ainsi qu'à 50% des droits de garde prélevés sur les titres déposés par son entremise. X.________ AG supporterait toutes les charges salariales et assumerait également les conséquences financières de ses erreurs. Elle s'engageait en outre à ne pas exercer d'autres activités financières à l'exception des mandats de gestion qu'elle avait déjà. La lettre précisait enfin que l'accord était dénonçable "en tout temps avec un préavis de 6 mois à partir du 31.12.1998" et que "dans l'hypothèse où l'infrastructure complète ne serait pas à Zurich dès le 1er juin 1998, le présent accord de collaboration pourrait être dénoncé par X.________ AG avec effet immédiat". A cette lettre étaient jointes des listes de clients pour lesquels il était fixé des tailles maximums de transactions journalières. Par lettre du 11 avril 1998, X.________ AG, se référant à un entretien du 9 de ce mois, a confirmé à la Banque qu'elle désirait mettre fin au contrat du 25 novembre 1997, cela au plus tard le 31 décembre 1998. Le 14 avril 1998, la Banque a répondu que le contrat pouvait prendre fin la première fois le 30 juin 1999, mais qu'elle n'était pas opposée à une résiliation amiable pour autant qu'elle soit indemnisée du dommage subi. La Banque soulignait en outre que, compte tenu de la volonté de X.________ AG de mettre fin au contrat de façon prématurée, elle interrompait les démarches entreprises en vue d'ouvrir un bureau à Zurich le 1er juin 1998. Elle ajoutait: "si vous souhaitez que nous les poursuivions, vous voudrez bien nous en faire part immédiatement. Sans réponse de votre part dans les 48 heures, nous admettrons que nous ne devons pas les poursuivre. Il va de soi que si à l'issue de ce délai vous décidiez de poursuivre nos relations contractuelles, le délai du 1er juin 1998 en serait reporté d'autant". Le 18 avril 1998, X.________ AG s'est déterminée sur cette dernière lettre en déclarant résilier le contrat pour le plus prochain terme. Elle disait se mettre au bénéfice de l'art. 404 al. 1 CO pour s'autoriser à résilier le contrat immédiatement, ajoutant que si cette disposition légale n'était pas applicable, elle résilierait le contrat hors délai si les limites des transactions qui lui étaient autorisées n'étaient pas portées, dans les 48 heures, à 150 millions de francs. Dans son courrier du 21 avril 1998, la Banque a contesté le point de vue juridique exprimé par X.________ AG. Le 27 du même mois, elle a augmenté les limites des transactions autorisées. Par lettre du 7 mai 1998, la Banque a interpellé X.________ AG pour savoir si les démarches relatives au bureau de Zurich devaient être poursuivies, rappelant que, le cas échéant, elle-même disposerait d'une prolongation du temps prévu pour l'installation dudit bureau. Le 14 mai 1998, X.________ AG a écrit à la Banque qu'elle n'était pas d'accord avec une suspension, alléguant avoir toujours voulu se conformer au contrat qu'elle avait dénoncé. Alors que la Banque lui avait encore proposé de faire tout son possible pour ouvrir le bureau de Zurich dans les meilleurs délais, X.________ AG, par lettre du 29 mai 1998, lui a fait savoir que leur collaboration prendrait fin si un bureau à Zurich, où elle pourrait commencer son travail, ne lui était pas désigné jusqu'au 1er juin 1998 à 19 heures. Comme ce bureau n'a pas pu être ouvert pour cette date, la collaboration entre la Banque et X.________ AG a pris fin au début juin 1998.