Citation: 1C_485/2020 E. 3.2.1

3.2.1. Les recourants reprochent à la cour cantonale de ne pas avoir ordonné un complément d'expertise à réaliser par la CFMH pour que celle-ci "échelonne" les différents secteurs du parc et leur attribue des besoins de protection distincts. A cet égard, la cour cantonale a exposé dans le détail les raisons pour lesquelles, conformément aux constatations des experts de la CFMH, en dépit de l'existence de parties distinctes le composant, la villa et son parc devaient être considérés comme un monument à part entière formant une unité indissociable. Elle a ainsi estimé que les questions que les recourants souhaitaient voir examinées - en particulier la valeur intrinsèque des différents éléments du parc (cf. consid. 6d/cc p. 40), pris isolément - avaient en réalité déjà été traitées dans l'expertise. Elle a surtout considéré que ces questions n'étaient pas déterminantes, jugeant à l'instar des experts que l'unité formée par ces éléments méritait en soi une protection. Les recourants persistent à faire valoir que les différentes parties du parc présentent des degrés d'intérêt différents. Or, comme on l'a vu ci-dessus - et l'on peut ici largement renvoyer au considérant qui précède -, ceci n'a été dénié ni par la CFMH ni par les premiers juges, qui ont examiné chaque élément séparément, mais ont jugé non décisives leurs éventuelles valeurs individuelles au vu de la valeur d'ensemble du parc. Les recourants ne discutent ainsi pas les véritables motifs qui ont conduit les premiers juges à rejeter la demande de complément d'expertise. Ils font en effet abstraction des constatations de la cour cantonale selon lesquelles la CFMH a sciemment refusé d'échelonner et d'attribuer des degrés de protection distincts à chacune des parties du parc, considérant que toutes participent de l'oeuvre d'art totale du point de vue patrimonial que, du point de vue de la CFMH, c'est l'ensemble qui exigerait un besoin de protection maximum. Ils se contentent d'affirmer de façon appellatoire que les différentes parties du parc devaient se voir attribuer des besoins de protection distincts. De façon paradoxale, les recourants exposent que le parc, "même considéré comme une oeuvre d'art totale formant un tout inséparable, peut être composé de plusieurs parties dont l'intérêt est variable". Or ce faisant, ils renversent sans le dire le raisonnement de la CFMH repris par la cour cantonale, savoir que, même composé de plusieurs parties dont l'intérêt est variable, le parc doit être considéré comme une oeuvre d'art totale formant un tout inséparable. En d'autres termes, l'expertise, comme l'a constaté la cour cantonale, examinait déjà les intérêts et valeurs des différentes parties du parc, ce qui ne l'a pas empêchée de conclure que l'ensemble lui-même, considéré comme un tout, comportait une valeur patrimoniale exceptionnelle. En cela, les recourants entendent simplement substituer leurs vues à celles des experts et des premiers juges, sans démontrer une violation de leur droit d'être entendus dans le fait que l'expertise dont les conclusions leur déplaisent n'ait pas été approfondie. Que la cour cantonale ait au surplus abordé la question sous d'autres angles, notamment le fait qu'il ne fallait pas examiner la valeur du parc en le considérant comme de simples abords de la villa, mais bien comme un monument à part entière, ne saurait remettre en cause ce qui précède. Quant à la nécessité, alléguée par les recourants, de fractionner l'étendue de la protection en vertu du principe de la proportionnalité, il s'agit d'une question de droit qui relève de l'appréciation du juge, qui peut statuer sur cette question indépendamment des conclusions de l'expertise.