Citation: 4C.98/2007 29.04.2008 E. A

A.a Y.________, né le 6 octobre 1937, a pratiqué depuis 1973 à ... (VD) en tant que spécialiste FMH en médecine interne. Dans le courant de l'année 1977, il s'est soucié de prévoir les conditions de sa retraite et s'est adressé pour ce faire à A.________, agent de X.________, Société suisse d'assurance sur la vie SA (ci-après: X.________ Assurance ou la compagnie). Le 5 septembre 1977, X.________ Assurance lui a adressé, sous la signature de son agent général B.________ à Lausanne, un courrier énonçant trois propositions d'assurance prévoyant notamment le versement d'une rente viagère dès l'âge de 60 ou 65 ans. Y.________ a renoncé à l'idée de souscrire une assurance de rente viagère pour donner la préférence au versement d'un capital fixe au jour de sa retraite ou, en cas d'invalidité, d'une rente annuelle de 60'000 fr. Le 1er novembre 1977, Y.________ a signé une proposition de X.________ Assurance relative à une assurance-vie. Cette proposition indiquait, sous le chapitre des prestations de l'assurance, qu'un capital de 750'000 fr. était assuré en cas de décès avant l'échéance "ou de vie à l'échéance contractuelle"; le début du contrat était fixé au 1er septembre 1978, l'échéance contractuelle au 1er septembre 2002, la durée étant ainsi de 24 ans; la rubrique "Tarif (voir tableau)" portait la mention "LL"; sur la même page figurait ce tableau, dont il ressortait qu'en cas d'assurance "vie entière au décès" (tarif dit L), le capital assuré était versé uniquement en cas de décès de la personne assurée avant l'échéance contractuelle; en revanche, aucun capital n'était versé en cas de vie de la personne assurée à l'échéance contractuelle (art. 64 al. 2 OJ). Les autres prestations de l'assurance contenues dans la proposition concernaient, pour le cas d'incapacité de travail de l'assuré, le versement d'une rente annuelle de 60'000 fr. pour une durée de 24 ans, après un délai d'attente de 90 jours. En outre, une participation aux excédents était prévue sous la forme d'une augmentation du capital assuré (bonus). La prime annuelle était fixée à 20'935 fr. 20. Y.________ a conservé la copie de cette proposition. Ce document portait la signature de l'agent de la compagnie A.________ et le timbre humide "X.________ assurance vie"; il précisait en outre, au-dessus de la signature de l'agent, que celui-ci transmettrait l'original à la compagnie et que si X.________ Assurance était prête à conclure un contrat avec les prestations demandées, elle constaterait les droits et devoirs dans une police (art. 64 al. 2 OJ). L'exemplaire original de ladite proposition a été modifié par X.________ Assurance en ce sens que tant l'échéance contractuelle que la durée figurant sous la rubrique des prestations, en regard de la mention "ou de vie à l'échéance contractuelle", ont été entièrement biffées. A.b Le 12 décembre 1977, X.________ Assurance a établi une police d'assurance No 410'669 en faveur de Y.________. Il n'existe aucun exemplaire de ce document. A une date indéterminée, mais postérieure au 12 décembre 1977, Y.________ a sollicité une modification de l'assurance conclue par la police No 410'669 sous la forme d'une diminution du capital assuré de 750'000 fr. à 710'000 fr. Le 2 juin 1978, X.________ Assurance a établi une nouvelle police d'assurance intitulée "Vie entière au décès avec droit aux prestations supplétives" portant le No 410'669, prenant effet le 1er avril 1978 et destinée à remplacer celle établie sous même référence le 12 décembre 1977. Cette police prévoyait, en cas de décès, le versement d'un capital de 710'000 fr. et, en cas d'invalidité, l'exonération des primes après 60 jours de carence ainsi que le versement d'une rente annuelle après 90 jours de carence, cela jusqu'au 1er avril 2002. Le montant chiffré de la rente n'était pas indiqué. La prime annuelle à charge de Y.________ était fixée à 19'337 fr. Enfin, la police se référait aux chapitres A, B et D des conditions générales de l'assurance dans leur édition de 1976, lesquelles prévoyaient notamment que si la teneur de la police ou de ses avenants ne concordait pas avec ce qui avait été convenu, le preneur devait en demander la rectification dans un délai de quatre semaines dès la réception de l'acte, faute de quoi la teneur était réputée acceptée. Y.________ a pris le soin de contrôler le contenu de cette police. Il ne lui a pas échappé que le montant de la rente annuelle en cas d'invalidité n'était pas indiqué. A sa demande, X.________ Assurance lui a adressé un duplicata de la police mentionnant le montant exact de la rente, soit 60'000 fr. par an. Y.________ n'a en revanche pas manifesté son désaccord avec d'autres points de la police. A.c Y.________ s'est régulièrement acquitté auprès de X.________ Assurance de la prime requise. Il a reçu un état de son bonus en 1981, 1984 et 1987. Le 26 mars 2002, X.________ Assurance lui a indiqué que son bonus s'élevait à 311'690 fr. au 1er avril 2002. Le 30 juillet 2002, Y.________ a réclamé à X.________ Assurance le paiement des sommes de 750'000 fr. et de 311'690 fr., sous déduction du remboursement d'un prêt de 120'000 fr. et de 4'500 fr. à titre d'intérêts. X.________ Assurance a répondu que le capital assuré de 710'000 fr. était stipulé en cas de décès uniquement et que la valeur de rachat de l'assurance au 1er novembre 2002 s'élevait à 475'721 fr. 10, sous déduction de 124'500 fr. à titre de remboursement d'un prêt et d'intérêts. Par courrier du 4 septembre 2002, Y.________ a requis le rachat de la police No 410'669 au 30 septembre 2002, précisant s'être résolu à cette extrémité afin de limiter son dommage. Il maintenait pour le surplus sa position telle qu'il l'avait précédemment exprimée et insistait sur le fait que sa requête n'impliquait aucune reconnaissance du point de vue de X.________ Assurance. Le 2 octobre 2002, X.________ Assurance a fait parvenir à Y.________ le décompte définitif du rachat de la police No 410'669, laissant une valeur de rachat et des excédents de 469'975 fr. 40 au 30 septembre 2002. La somme de 351'221 fr. 20 a ensuite été versée à l'intéressé.