Citation: 8C_33/2010 17.12.2010 E. 5

5.1 Contrairement à ce que prétend la recourante, l'expert judiciaire a clairement pris position sur la divergence d'opinion entre les docteurs G.________ et W.________ et étayé les raisons pour lesquelles il rejoignait les conclusions du premier plutôt que du second. Le docteur P.________ a confirmé que le problème principal du genou gauche de M.________ résidait dans la présence d'une gonarthrose. Sur la base de son examen, il a toutefois jugé les conséquences de cette atteinte sur la capacité de travail de moindre importance que ne l'a fait le docteur W.________. Il a en effet constaté un écart entre ses constatations cliniques et les plaintes, une grande variation dans la mobilité ainsi qu'une quasi absence d'atrophie musculaire. Il a également relevé que l'imagerie radiologique montrait des interlignes articulaires préservées et que l'assurée n'avait jamais présenté d'épanchement articulaire ou d'«hydrops», phénomènes caractéristiques d'une gonarthrose décompensée. Ces éléments l'ont amené à conclure que l'état du genou gauche de l'assurée demeurait compatible avec une activité adaptée en position assise dans la mesure décrite par le docteur G.________. A l'instar des premiers juges, on ne voit pas de motif de s'écarter de cette expertise, qui contient une discussion et des conclusions motivées, d'autant que le docteur P.________ était justement requis, en tant qu'expert, à départager les docteurs G.________ et W.________ sur la question du taux d'activité exigible. 5.2 L'autorité cantonale était également fondée à retenir que la capacité de travail de la recourante dans une activité adaptée est entière. L'expert judiciaire a certes évoqué une diminution de rendement de 25 % (voir la page 23 de son rapport où il déclare : «[...] cette activité [en position assise] pourrait être exercée à temps complet sans diminution de rendement, je pense cependant du fait de la lenteur de déplacement de l'assurée que l'on pourrait envisager une diminution de rendement de l'ordre de 25 % tout au plus»). Toutefois, outre que la formulation employée laisse indiquer qu'il s'agit plus d'une proposition de la part de l'expert que d'une conclusion médicale, le contexte dans lequel s'inscrit cette déclaration permet d'admettre que le docteur P.________ n'a pas envisagé de réduction dans l'exercice de l'activité adaptée en elle-même. D'ailleurs, l'activité qu'il préconise est un travail essentiellement en position assise et sans grands déplacements, de sorte que l'on ne comprendrait pas que la lenteur de pas de l'assurée soit de nature à entraîner une diminution de rendement de cette ampleur. Quoi qu'il en soit, il ressort des considérants du jugement attaqué que l'autorité cantonale n'a pas totalement fait abstraction de ces difficultés à l'occasion de la fixation du revenu d'invalide (en opérant un abattement de 15 %). Au plan de la capacité de travail, il n'y a pas lieu d'en tenir compte davantage. 5.3 Il reste à examiner le grief de la recourante selon lequel l'abatte-ment de 15 % appliqué sur le salaire d'invalide ne serait pas adéquat. Celui-ci doit être écarté. On doit en effet admettre qu'une telle réduction accorde suffisamment de poids aux circonstances personnelles et professionnelles dont il y a lieu de tenir compte dans son cas, à savoir ses limitations fonctionnelles - circonscrites au genou gauche -, à son âge et à ses années d'ancienneté auprès de son ancien employeur. Le manque de formation professionnelle ne peut être considéré comme un critère déterminant au regard de la nature des activités encore exigibles. On ajoutera que l'étendue de l'abattement (justifié dans un cas concret) constitue une question typique relevant du pouvoir d'appréciation, qui est soumise à l'examen du juge de dernière instance uniquement si la juridiction cantonale a exercé son pouvoir d'appréciation de manière contraire au droit, soit si elle a commis un excès positif ou négatif de son pouvoir d'appréciation ou a abusé de celui-ci (cf. ATF 132 V 393 consid. 3.3 p. 399), ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Il s'ensuit que le calcul effectué par la juridiction cantonale pour établir le revenu d'invalide à 41'751 fr. 90 ne prête pas flanc à la critique. Il n'en va pas différemment des constatations relatives au revenu sans invalidité de 57'829 fr. 20. La recourante ne soulève d'ailleurs aucune critique sur ce point. 5.4 Le degré d'invalidité fixé par les premiers juges à 27,80 % doit être arrondi à 28 % (voir ATF 130 V 121). Le recours doit être rejeté dans ce sens.