Citation: 4F_7/2018 E. B

B.a. Le 25 avril 2013, M.X.________ a ouvert action contre les quatre héritières en validation du séquestre et en paiement devant le Tribunal de première instance de Genève, conclusions qu'elle a modifiées par la suite pour tenir compte de deux nouveaux séquestres obtenus et exécutés. En définitive, elle a conclu au paiement des arriérés de ses rentes de 14'000 fr. et 6'000 fr. par mois depuis le décès de son ex-époux et à la condamnation des défenderesses héritières à lui verser le montant de 14'000 fr. par mois jusqu'à son décès, rente viagère transmissible, et 6'000 fr. par mois à titre de dommages-intérêts jusqu'à son décès, mais au maximum jusqu'au 31 décembre 2032, la rente due en vertu de l'art. 125 CC n'étant pas transmissible et le défaut de conclusion d'un contrat d'assurance-vie lui causant un dommage de 6'000 fr. par mois; subsidiairement, elle a conclu au paiement de 20'000 fr. par mois à titre de dommages-intérêts jusqu'à son décès, mais au maximum jusqu'au 31 décembre 2032, ainsi qu'au paiement des arriérés. La seconde épouse et sa fille ont considéré qu'en cas de prédécès, l'assurance-vie était censée libérer entièrement la succession de toute dette à l'égard de M.X.________, mais que celle-ci avait préféré renoncer à l'assurance-vie pour économiser les primes, en comptant mourir avant son ex-époux. Les deux filles majeures s'en sont rapportées à justice. En 2015, O.X.________ a versé à la demanderesse le montant de 155'000 fr., correspondant à un quart des arriérés de juin 2012 à décembre 2014. B.b. Par jugement du 18 juin 2015, le Tribunal de première instance a condamné les quatre héritières, conjointement et solidairement, à verser à la demanderesse une rente mensuelle de 15'000 fr. par mois du 4 juillet 2015 jusqu'au décès de celle-ci, sous déduction de la somme de 153'076 fr. 65 (ch. 1). Statuant sur l'appel principal de la seconde épouse et de sa fille et sur l'appel joint de la demanderesse, la Cour de justice du canton de Genève a, par arrêt du 30 septembre 2016, réformé ce ch. 1 et condamné les quatre héritières, conjointement et solidairement, à payer à la demanderesse la somme unique de 5'523 fr. 35 (à titre d'arriérés) et une rente mensuelle de 15'000 fr. à compter du mois de septembre 2016 jusqu'au décès de la demanderesse, mais au plus tard jusqu'au 31 décembre 2032. Elle a déclaré irrecevables les appels joints des deux filles du premier lit. B.c. Statuant le 1er septembre 2017 sur le recours en matière civile interjeté par la seconde épouse et sa fille, le Tribunal fédéral l'a rejeté dans la mesure où il était recevable (arrêt 4A_639/2016). Après avoir considéré que, légalement, la contribution d'entretien de l'art. 125 CC s'éteint au décès notamment du débiteur et également, sauf convention contraire, en cas de remariage, alors que le capital (ou la rente qui le remplace) dû au titre de la liquidation du régime matrimonial est transmissible aux héritiers (consid. 4), le Tribunal fédéral a examiné tout d'abord si le défunt avait violé son engagement contractuel en ne concluant pas une assurance-vie au bénéfice de son ex-épouse et écarté tous les griefs que les recourantes soulevaient à ce propos (consid. 5), puis examiné leur grief de l'absence de lien de causalité entre la violation de cet engagement (consid. 6) et enfin traité de leur grief selon lequel l'ex-épouse aurait renoncé à la conclusion de l'assurance-vie et subsidiairement de la faute concomitante de celle-ci (consid. 7). Les motifs qu'il a retenus seront exposés ci-après (consid. 2.2).