Citation: 6B_751/2023 E. 1.3.1

1.3.1. S'agissant du premier élément constitutif de l'infraction de mise en danger de la vie d'autrui, soit la mise d'autrui dans un danger de mort imminent, le recourant conteste, d'une part, que la perte d'une roue de voiture en roulant ferait courir un risque de perte de maîtrise important à l'usager dudit véhicule et créerait un danger pour celui-ci. Il allègue que la cour cantonale ne dispose d'aucune connaissance particulière en matière de véhicule automobile et se réfère à un courrier d'un responsable de garage, à un rapport britannique, à des forums, à des vidéos et à diverses statistiques. Ce faisant, le recourant ne parvient toutefois pas à établir que la cour cantonale aurait apprécié les faits de manière arbitraire en constatant que l'intimée avait très rapidement eu beaucoup de mal à rouler normalement. En effet, les sources sur lesquelles se fonde le recourant ne concernent pas la situation concrète de l'intimée le soir du 14 janvier 2020 et une probabilité statistiquement faible de perte de maîtrise du véhicule ne rend pas arbitraire le fait de retenir que, dans les circonstances concrètes du cas d'espèce, l'intimée a effectivement eu beaucoup de mal à rouler normalement. De plus, le recourant ne fait qu'affirmer, de manière appellatoire et donc irrecevable, que les véhicules sont conçus pour pouvoir circuler sur trois roues sans perte de maîtrise. D'autre part, le recourant conteste avoir causé un risque concret d'accident qui aurait pu causer la mort de l'intimée. Il reproche à la cour cantonale de n'avoir cessé d'aggraver les faits qui lui sont reprochés et considère que des données statistiques sont le meilleur moyen de déterminer les risques de mort en cas d'accident. Il soutient que l'intimée n'aurait pas croisé d'autres usagers de la route et allègue qu'aucun élément au dossier ne laisserait le supposer, que l'intimée n'aurait jamais fait la moindre déclaration dans ce sens, que les faits se seraient déroulés après 21 h en plein hiver, que la distance parcourue par l'intimée aurait été inférieure à 1 km et qu'il ne saurait être question de collision frontale avec un bus ou un camion dès lors qu'il n'en circulerait pas à cette heure-là. Ce faisant, le recourant se contente d'opposer sa version des faits à celle constatée par la cour cantonale, qui a retenu que l'intimée avait repris son véhicule pour regagner son domicile en milieu de soirée, qu'elle allait entreprendre un trajet d'une certaine longueur, qu'elle avait croisé d'autres usagers de la route et que les possibilités de sortie de route périlleuses ne manquaient pas sur le trajet parcouru. La critique du recourant est donc appellatoire et, partant, irrecevable. S'agissant en outre des statistiques en cas de conduite à basse vitesse invoquées par le recourant, à teneur desquelles les chances de survie d'un piéton s'élèveraient à environ 94 % en cas de collision frontale avec un véhicule roulant à une vitesse de 30 km/h, et de l'argument du recourant selon lequel les chances de survie du conducteur du véhicule seraient bien plus élevées, le recourant omet de prendre en compte la vitesse de l'autre véhicule en cas de collision frontale. Enfin, l'arrêt 1B_535/2012 du 28 novembre 2012 invoqué par le recourant ne lui est d'aucun secours, dès lors notamment que les états de fait ne sont pas semblables et qu'en l'espèce, la cour cantonale a constaté, sans arbitraire, que l'intimée avait croisé d'autres usagers de la route. Partant, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant que le recourant avait mis l'intimée dans un danger de mort imminent.