Citation: 4P.225/2004 15.02.2005 E. 3

3.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst., ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1; 128 II 259 consid. 5 p. 280/281). En ce qui concerne l'appréciation des preuves et l'établissement des faits, le juge tombe dans l'arbitraire si, sans raison sérieuse, il omet de prendre en considération un élément de preuve propre à modifier la décision, s'il se fonde sur un moyen manifestement inapte à apporter la preuve, s'il a, de manière évidente, mal compris le sens et la portée d'un moyen de preuve ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il en tire des constatations insoutenables. Le grief tiré de l'appréciation arbitraire des preuves ne peut être pris en considération que si son admission est de nature à modifier le sort du litige, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il vise une constatation de fait n'ayant aucune incidence sur l'application du droit (ATF 129 I 8 consid. 2.1 et les arrêts cités). 3.2 Dans leur premier grief, les recourants admettent que l'un d'eux (i.e. A.________) est intervenu à trois reprises au cours des tractations, mais nient que l'on puisse en tirer une conclusion quant à la responsabilité personnelle dudit recourant. Toutefois, ils se gardent bien de rappeler que A.________ était propriétaire du terrain sur lequel l'immeuble - à l'origine de l'intervention financière des demandeurs - devait être construit. Il s'ensuit qu'il était directement intéressé à l'affaire et qu'il était partie prenante à l'opération immobilière dans le cadre de laquelle les intimés ont avancé des fonds. Aussi ne voit-on pas comment les juges cantonaux auraient pu commettre l'arbitraire en retenant que A.________ était débiteur aux côtés de la société recourante dont il était l'administrateur, du moment que sa participation à l'affaire était indispensable, que rien ne pouvait être décidé sans son accord (lequel était nécessaire pour que des tiers acceptent d'investir des fonds dans l'opération projetée) et que ses intérêts et ceux de X.________ SA coïncidaient parfaitement. La circonstance que le recourant précité a agi personnellement à plusieurs reprises est particulièrement révélatrice de cet état de choses. Les recourants font grand cas du fait que, dans une communication émanant de l'architecte et datée du 16 décembre 1995, il est question du mandat confié par "le pool des constructeurs W.________ par l'intermédiaire de A.________". Outre qu'il s'agit d'un fait nouveau irrecevable, cet élément n'a aucune incidence particulière. En effet, tout en étant partie prenante dans l'opération et débiteur solidaire, le recourant précité pouvait jouer dans le même temps un rôle de coordinateur à l'égard de l'architecte, sans que ses obligations à l'égard des demandeurs en soient affectées. D'ailleurs, la note d'honoraires de ce mandataire a été contestée par A.________ personnellement. En trois lignes, les recourants soutiennent que le témoignage du sous-directeur de V.________ G.________ devrait être écarté. A défaut de toute motivation, il est exclu d'entrer en matière. Pour le surplus, il est extravagant d'affirmer que A.________ aurait agi en son nom par le fait d'une inadvertance, dès lors qu'il était le premier intéressé à la réalisation du projet immobilier. 3.3 Les recourants, rappelant les exigences de V.________, reprochent à la cour cantonale de ne pas avoir poursuivi ses investigations. Elle aurait ainsi dû constater que les opérations requises par le registre foncier ne nécessitaient que la signature de A.________ et celle d'un certain H.________, lequel avait mis en contact le demandeur D.________ avec le défendeur A.________. Enfin, à propos des 52`000 fr. versés par les intimés, il aurait fallu rechercher comment cet apport de fonds avait été géré et utilisé. Cette argumentation est sans conteste appellatoire. Les recourants ne démontrent aucunement, pour les constatations de fait incriminées, comment les preuves administrées auraient dû, à leur sens, être correctement appréciées. Le moyen, en tant qu'il est fondé sur l'existence d'une relation de société simple entre les parties, relève de l'application du droit fédéral, d'où son irrecevabilité en vertu de la subsidiarité absolue du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ). 3.4 Les recourants font état des conséquences du refus de financement opposé par la banque et de la situation critique qui en est résulté pour eux. Ils allèguent avoir proposé aux intimés d'adresser leurs soumissions au nouveau constructeur. En l'absence de toute argumentation permettant de discerner en quoi ces considérations seraient pertinentes et auraient dû faire l'objet d'un examen de la part de l'autorité cantonale, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur ces points (art. 90 al. 1 let. b OJ). 3.5 Au sujet des montants accordés à Y.________ SA et à B.________ pour rémunérer les études qu'ils ont réalisées, les recourants soutiennent que les factures de ces deux demandeurs étaient succinctes, au point qu'il leur était impossible de se déterminer valablement sur les créances invoquées. Les recourants n'expliquent même pas pour quels motifs ils ne seraient pas débiteurs, à l'endroit de ces intimés, respectivement des montants de 12'786 fr. et 17'253 fr. Partant, le grief, qui ne répond pas aux exigences strictes de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, est irrecevable.