Citation: 5A_456/2022 E. 4.1

4.1. La cour cantonale a constaté que l'acte d'achat du bien immobilier du 10 novembre 2003 indiquait expressément une acquisition inégale de celui-ci entre les parties, à hauteur de 90% pour l'intimé et de 10% pour la recourante. Ces quotes-parts avaient été dûment inscrites au registre foncier. Il s'ensuivait que les parties avaient pris des dispositions conventionnelles dérogeant au système légal des art. 646 al. 2 CC ou 533 al. 1 CO, de sorte que le partage de la plus-value ne devait pas s'effectuer par moitié entre les parties, mais en fonction de leurs quote-parts. Le seul fait que la recourante aurait une " faible connaissance en matière immobilière " ne suffisait pas à retenir que les dispositions prises devant notaire ne correspondaient pas à la réelle et commune volonté des parties. Il en allait de même du fait que les parties étaient formellement débitrices solidaires de la dette hypothécaire, dès lors qu'il n'était pas contesté que l'intimé s'était acquitté seul, durant la vie commune et après la séparation, de l'entier des intérêts hypothécaires y afférents, de même que des charges et des frais d'entretien, à savoir les montants mensuels de 3'596 fr. et 1'083 fr. Par ailleurs, contrairement à ce que soutenait la recourante, une société simple ne pouvait pas être retenue du fait que son apport financier pour l'acquisition du bien en question serait équivalent à celui de l'intimé. En effet, cette acquisition avait été financée par les fonds propres des parties provenant de leurs avoirs de prévoyance professionnelle, respectivement à hauteur de 70'635 fr. par la recourante et de 55'377 fr. par l'intimé. Cela étant, celui-ci avait également financé les travaux effectués initialement pour augmenter la valeur du bien de 75'898 fr. 40, qui pouvaient être qualifiés d'investissements, ainsi que les frais de notaire et de droit d'enregistrement de 28'891 fr. Il avait donc investi une part plus importante dans ce bien immobilier. Compte tenu de ces éléments, la recourante n'avait pas établi que les parties avaient convenu de répartir la plus-value immobilière à parts égales entre elles, de sorte que le premier juge pouvait partager celle-ci en fonction des quotes-parts de copropriété formellement convenues entre les parties.