Citation: 1C_160/2021 E. 4.4

4.4. Face à cette argumentation, les recourants font fi de l'interprétation littérale de l'art. 24 LEDP et tentent d'y opposer une analyse historique de cette disposition, selon laquelle le délai de l'alinéa 1 serait de pure logistique électorale. Ils soutiennent que les listes du premier tour avec les candidats présentés lors de ce dernier participeraient automatiquement au second tour. Ils prétendent que l'art. 24 al. 9 LEDP ne permettrait pas d'y voir une volonté du législateur de radier la candidature d'un candidat qui aurait fait défaut au court délai pour déposer la liste pour le second tour. Ce faisant, les recourants perdent de vue que l'art. 34 Cst. ne prescrit aucune procédure particulière s'agissant de l'organisation d'un scrutin d'élection. Ils oublient que l'art. 24 LEDP relève de la pure procédure d'organisation d'un scrutin électoral et ne touche pas au contenu même des droits politiques; il s'agit d'une norme de procédure et d'organisation dont le Tribunal fédéral examine l'application, à l'instar de l'établissement des faits, sous l'angle de l'arbitraire (consid. 3 ci-dessus). Or les recourants ne démontrent pas que l'instance précédente aurait fait preuve d'arbitraire en confirmant la décision de refuser la liste déposée tardivement. Il ne saurait en outre être considéré que l'obligation de déposer une liste de candidature dans le délai visé à l'art. 24 al. 1 LEDP serait contraire à la garantie des droits politiques au sens des art. 34 al. 1 Cst. et 44 al. 1 Cst-GE. En effet, l'art. 24 al. 1 LEDP prévoit un délai de dépôt dont le non-respect entraîne le refus de la liste de candidature, que ce soit pour les nouveaux candidats ou pour ceux ayant déjà participé au premier tour de l'élection. Ce délai est applicable à tous et permet non seulement d'avancer dans la procédure électorale mais aussi d'assurer une égalité de traitement. La LEDP ne prévoit pas que le candidat qui a participé au premier tour posséderait un droit inconditionnel à participer à un second tour. Le fait que d'autres cantons prévoient des législations différentes importe peu pour apprécier la situation sous l'angle du droit genevois. Au demeurant, lorsque les recourants font valoir que "le fait que la conséquence de la radiation de la candidature ne soit pas clairement énoncée dans la loi, contrairement à la mention de la radiation à l'art. 24 al. 5 in fine LEDP démontre que telle n'était pas l'intention du législateur", ils perdent de vue que leur liste n'a pas été radiée, mais qu'elle a été refusée en raison d'un dépôt tardif.