Citation: 1B_109/2018 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, l'ensemble des éléments invoqués par le recourant ne permet pas de conclure à une apparence de prévention de l'intimé envers lui, qui justifierait sa récusation. Les craintes du recourant ne reposent pas sur des circonstances objectives, mais sur des impressions purement subjectives. En effet, il ne ressort des pièces du dossier aucun indice qui présagerait que le Procureur aurait adopté une attitude déplacée ou partiale durant l'instruction. Comme relevé par l'instance précédente, les termes " pour les moins inquiétantes " utilisés par le magistrat pour qualifier les déclarations faites par le recourant lors de l'audience ne constituent pas un motif de prévention. En particulier, on ne saurait y voir une appréciation prématurée quant à la culpabilité du recourant. Quoi qu'en pense le recourant, il ne ressort pas du procès-verbal d'audition que le Procureur aurait usé de la contrainte ou obtenu des informations ou des déclarations de façon illégale. Le recourant soutient que la faute de frappe commise dans l'écriture de son prénom, ainsi que le fait d'avoir sciemment omis d'indiquer "monsieur" devant son nom constitueraient des indices de prévention. Ce raisonnement ne saurait être suivi, dès lors qu'il s'agit vraisemblablement d'une erreur dactylographique, respectivement d'une omission involontaire, comme l'a à juste titre retenu la cour cantonale. A tout le moins, ces seuls faits, isolés et sans aucune gravité, ne sauraient être considérés comme des indices suffisants pour admettre la requête de récusation (cf. ATF 143 IV 69 consid. 3.2 p. 74 s.; 141 IV 178 consid. 3.2.3 p. 180). La question de la suspension de la procédure selon l'art. 55a CP a été traitée correctement par le Procureur qui n'a donné aucune assurance à ce sujet. Comme l'a justement retenu l'instance précédente, celui-ci pouvait parfaitement informer ultérieurement les parties de son intention de poursuivre l'action pénale, la suspension étant une simple faculté qui lui est offerte et non une obligation (cf. DUPUIS ET AL., Petit Commentaire - Code pénal, 2012, no 10 ss ad art. 55a CP). Enfin, le Procureur s'est comporté comme n'importe quel magistrat qui entend poursuivre l'action pénale et mettre un prévenu en accusation. En effet, le rôle du procureur durant l'instruction l'amène nécessairement à prendre position sur l'état du dossier, en particulier sur les charges retenues, et donc aussi au détriment du prévenu. Dès lors, tant qu'il le fait dans les règles de la procédure, comme tel semble être le cas à la lecture du dossier, il n'y a pas matière à récusation. Sous cet angle, on ne peut pas non plus lui reprocher de mener la procédure pénale rapidement (cf. art. 5 CPP). Le recourant soutient enfin que le Procureur aurait perdu son impartialité ensuite de la plainte pénale qu'il a déposée contre lui pour diffamation et contrainte. Ce fait n'a pas, d'un point de vue objectif, pour effet de faire naître une apparence de prévention du magistrat en cause; en décider autrement reviendrait à ouvrir à chaque prévenu la possibilité d'influencer la composition des autorités en déposant des plaintes vis-à-vis du magistrat dont ils récusent la participation (ATF 134 I 20 consid. 4.3.2 p. 22). Enfin, le grief d'abus de droit et d'arbitraire (art. 9 Cst.) a trait au contenu de l'ordonnance pénale. Il est à ce titre irrecevable (cf. consid. 1). Ce moyen de droit et les autres griefs invoqués par le recourant doivent donc être soulevés dans le cadre d'une opposition à l'ordonnance pénale ou à celle de classement.