Citation: 5A_593/2014 E. 4.2.2

4.2.2. Une fois les dépenses nécessaires au maintien du train de vie antérieur établies, la jurisprudence fédérale retient que l'époux créancier doit dans un deuxième temps se laisser imputer ce qu'il est en mesure de couvrir avec ses propres revenus (cf. supra consid. 4.1 in fine). A cet égard, la cour cantonale a considéré que durant la vie commune 18% du train de vie du couple était assumé par l'épouse et 82% par le mari dans la mesure où le compte bancaire destiné à couvrir l'ensemble des dépenses de la famille était alimenté à hauteur de 10'000 fr. (18%) par mois par la première et 45'000 fr. (82%) par mois par le second. Elle a par conséquent déduit du montant correspondant selon elle au train de vie antérieur de l'épouse la part de 18% qu'elle en assumait avec son propre revenu et a considéré que le solde devait être couvert par le mari. Cependant, même si l'on admet que la clé de répartition retenue par la cour cantonale était effectivement celle appliquée par le couple durant la vie commune, aucun élément dans l'arrêt entrepris ne permet de déterminer si l'épouse est actuellement à même d'assumer son train de vie dans une mesure plus large que les 18% retenus. Ceci est toutefois vraisemblable compte tenu du fait que ces 18% correspondaient à un versement mensuel de 10'000 fr. sur le compte commun des époux, à savoir un montant inférieur au salaire perçu par l'intimée. Pour établir le train de vie des parties durant la vie commune, l'autorité cantonale s'est notamment fondée sur un revenu mensuel moyen de l'épouse de 12'577 fr., correspondant au revenu moyen perçu par cette dernière entre 2008 et 2010. L'arrêt entrepris ne contient toutefois aucune indication quant au revenu perçu actuellement par l'intimée. Selon la jurisprudence fédérale (cf. supra consid. 4.1), le train de vie antérieur constitue la limite supérieure du droit à l'entretien. Or, l'autorité cantonale n'a aucunement établi la part de son train de vie antérieur que l'épouse est aujourd'hui en mesure d'assumer avec ses propres revenus. Ce faisant, il existe un risque que la contribution d'entretien qui a été allouée à l'épouse lui permette d'atteindre un niveau de vie supérieur à celui dont elle bénéficiait durant l'union conjugale, ce qui serait contraire à la jurisprudence susmentionnée. Il s'ensuit que les griefs du recourant sur ce point sont également fondés. En définitive, la cause doit être retournée à la Cour de justice afin qu'elle détermine les dépenses actuellement nécessaires à l'intimée pour lui permettre de maintenir le train de vie dont elle bénéficiait durant la vie commune, qu'elle détermine le revenu actuel de l'épouse et qu'elle examine si le train de vie antérieur de celle-ci tel qu'elle l'aura établi peut être couvert par ses propres revenus. Si tel n'est pas le cas, il conviendra de calculer à nouveau la contribution due par le recourant à l'entretien de son épouse en tenant compte du revenu actuel de cette dernière.