Citation: 5A_809/2023 E. 5.2.2

5.2.2. Concernant le suivi médical de l'enfant, la recourante estime en substance qu'il est manifestement inexact de retenir qu'elle avait multiplié les demandes d'intervention et de bilan auprès de divers professionnels de santé en agissant seule. Sur plusieurs pages, elle explique notamment que sur les vingt et une interventions constatées par l'APEA, seuls dix-neuf intervenants devaient être pris en compte vu que deux avaient été mentionnés à double, que plusieurs de ces intervenants n'avaient en réalité jamais vu l'enfant et que certains avaient été sollicités uniquement pour obtenir des informations et du soutien ou pour faire un bilan. Se référant à des recommandations de la Haute Autorité de santé française et à un rapport suisse sur l'autisme, elle souligne que le fait de devoir faire appel à plusieurs spécialistes afin de poser un diagnostic correct dans le cas d'un enfant souffrant d'un trouble du spectre autistique n'était pas " quelque chose de rare " et qu'au moment où le retrait de l'autorité parentale avait été décidé le 15 décembre 2022, elle avait finalement trouvé la solution thérapeutique la plus efficiente pour l'enfant. Selon la recourante, l'on ne pouvait pas admettre dans ces circonstances qu'elle avait été dans l'incapacité de remplir ses devoirs parentaux au moment du retrait de l'autorité parentale. Ce retrait n'avait fait que retarder la prise en charge thérapeutique de l'enfant puisque celle-ci n'avait pu commencer que le 11 avril 2023. De plus, sur décision de la tutrice, la Dresse F.________ avait été démise de son rôle de pédopsychiatre de l'enfant et une autre avait été désignée. L'amélioration de la situation relevée par l'OPE n'avait donc pas de lien avec la nomination de la tutrice mais résultait des solutions qu'elle avait elle-même trouvées. En ne tenant pas compte des mesures qu'elle avait mises en place dès la fin septembre 2022 quand elle avait enfin pu débuter un suivi auprès de la Dresse F.________, après que celle-ci fut de retour d'un congé sabbatique, la juridiction précédente avait non seulement constaté les faits de manière manifestement inexacte, mais avait en plus mal appliqué le droit puisqu'il ne fallait pas " oublier que le retrait de l'autorité parentale constitue une ultima ratio et qu'il est nécessaire au surplus que le motif de retrait soit durable ". Il en allait de même lorsque cette autorité lui reprochait de n'avoir pas jugé le suivi de psychomotricité prioritaire ou de ne pas l'avoir organisé puisque, comme elle l'avait déjà exposé dans la procédure, la demande devait, selon les informations en sa possession, passer par l'école ou une autorité. Or, tant l'APEA que l'OPE n'avaient rien entrepris jusqu'à l'automne, préférant lui reprocher les démarches qu'elle entreprenait tout en refusant d'assurer le suivi médical de l'enfant. Toujours selon la recourante, l'on ne pouvait pas non plus suivre la juridiction précédente lorsqu'elle admettait que sa manière de procéder montrait une incapacité à organiser, prioriser et prendre en charge le suivi médical de l'enfant puisque c'étaient les circonstances qui l'avaient amenée " à devoir intervenir de manière intensive ". Au contraire, ses démarches étaient la démonstration de sa capacité à assurer le suivi médical de son fils. Dès lors que la recourante admet avoir sollicité pas moins de dix-neuf intervenants et qu'elle ne conteste pas avoir agi seule, sans consulter préalablement le réseau, elle ne saurait être suivie lorsqu'elle qualifie d'arbitraire le constat de la cour cantonale selon lequel elle avait multiplié les demandes d'intervention et de bilan. Sa considération - qui prend exclusivement appui sur des recommandations générales sur l'autisme - en lien avec la nécessité de faire appel à plusieurs intervenants pour poser un diagnostic chez un enfant souffrant d'un tel trouble afin de justifier son " intervention intensive " apparaît par ailleurs infondée, dans la mesure où les démarches qu'elle admet avoir entreprises sont, pour la plupart, postérieures au diagnostic posé par la Dresse E.________ fin 2021. De plus, outre le fait qu'elles reposent essentiellement sur des faits non constatés dans l'arrêt querellé et non étayés par des pièces (cf. supra consid. 2.2), ses explications selon lesquelles elle avait mis en place la meilleure solution thérapeutique pour son fils et que les mesures prises par les autorités n'avaient fait que retarder sa prise en charge ne font qu'aller dans le sens de l'appréciation cantonale selon laquelle la recourante tentait de garder à tout prix le contrôle et mettait en doute les compétences professionnelles des intervenants sociaux. Force est donc de considérer que la recourante échoue à remettre en cause les motifs retenus par les juges cantonaux à l'appui de son incapacité d'assurer le suivi médical de l'enfant.