Citation: 2C_467/2024 E. 5.2.2

5.2.2. En l'occurrence, il ressort de l'arrêt attaqué que le séjour de la recourante a été entrecoupé de très longues périodes d'inactivité et de chômage et qu'elle n'est jamais parvenue à se créer une situation professionnelle stable, puisqu'elle n'a travaillé qu'en 2011 et en 2017 sur 13 ans de présence en Suisse. Il en ressort également qu'elle a émargé à l'assistance publique dès avril 2011 déjà et qu'elle a perçu jusqu'en août 2024 des prestations sociales pour un montant qui dépasse 220'000 fr. L'objection de la recourante, déjà formulée devant l'instance précédente, expliquant que cette situation est due à ses problèmes de santé ne peut pas être retenue à elle seule. La recourante a en effet perçu des prestations d'aide sociale bien avant de déposer sa première demande de rente invalidité en 2015 et il ne ressort pas de l'arrêt attaqué qu'elle aurait cherché, après la décision de refus de rente du 2 juillet 2018 - qu'elle n'a du reste pas remise en cause - à exercer une activité lucrative adaptée à son état de santé, afin de réduire sa dépendance à l'aide sociale, bien que l'AI l'ait reconnue capable de travailler à 90 %. Il faut en conclure que sa présence en Suisse fait peser un poids considérable sur les finances publiques. En ce qui concerne l'intérêt privé de la recourante, sur le plan personnel, il y a lieu de retenir, à l'instar de l'arrêt attaqué, qu'elle a certes vécu en Suisse treize années, mais que, comme le démontrent cependant l'absence d'emploi stable et son importante dépendance à l'aide sociale durant cette période, elle n'est pas particulièrement bien intégrée en Suisse et rien au dossier ne permet d'affirmer le contraire. Sur le plan familial en outre, la recourante n'a pas de famille en Suisse, de sorte qu'un retour au Portugal n'emporte pas de conséquences négatives à cet égard. Quant aux autres conséquences potentielles de son renvoi en Suisse, la recourante fait valoir qu'elle ne pourra pas bénéficier des mêmes soins que ceux dispensés en Suisse. Elle soutient qu'en raison du système de santé portugais déficient et faute de moyens financiers, son état de santé s'aggravera. Elle perd de vue que le simple fait que le système de santé ou de sécurité sociale d'un autre pays ne soit pas comparable à celui de la Suisse et que les soins médicaux y soient d'un niveau moindre qu'en Suisse n'implique pas pour autant que l'étranger puisse se prévaloir d'un droit de séjour fondé sur l'art. 8 CEDH. Pour le surplus, la recourante ne démontre pas qu'en raison de son état de santé lié à son diabète, elle devrait faire face, en raison de l'accès difficile aux traitements adéquats au Portugal, à un risque réel d'être exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé entraînant des souffrances intenses ou à une réduction significative de son espérance de vie. Il n'y a par conséquent pas lieu d'accorder un poids particulier aux difficultés de santé que rencontrera la recourante à son retour au Portugal.