Citation: 4A_401/2023 E. B

B.a. Par acte du 13 juin 2014, la patiente a saisi le Tribunal de première instance du canton de Genève d'une demande en paiement à l'encontre des Établissements A.________ pour un montant initial de 2'041'249 fr., réduit par la suite à 1'026'027 fr., avec intérêts. Elle a allégué que sa prise en charge en mai 2011 avait été effectuée en violation des règles de l'art et du devoir de diligence, les Établissements A.________ ayant commis plusieurs fautes graves, en particulier en raison des délais d'attente. Elle a notamment fait valoir un dommage corporel et matériel. A la demande du Tribunal, une expertise judiciaire a été réalisée le 28 mars 2018 par le Dr D.________, chef du service des Urgences (art. 105 al. 2 LTF) de l'Hôpital X.________. Il a conclu qu'aucun manquement ne pouvait être reproché aux Établissements A.________ compte tenu d'une part, de la difficulté particulière à établir le diagnostic s'agissant d'une occlusion basilaire en raison de son évolution progressive et insidieuse et, d'autre part, de la saturation du service des urgences ce jour-là. En outre, la relation entre la rapidité de l'intervention et le pronostic n'était pas clairement établie; il était impossible de définir rétrospectivement dans quelle mesure l'incident critique aurait pu être évité. Le Tribunal a également entendu plusieurs témoins, dont le Dr E.________, neurologue et employé des Établissements A.________ ayant examiné la patiente. Par jugement du 24 avril 2019, le Tribunal a débouté la patiente de toutes ses conclusions, en suivant les conclusions de l'expert. Par arrêt du 28 février 2020, la cour cantonale a annulé ce jugement, admis la responsabilité des Établissements A.________ et renvoyé la cause au Tribunal pour décision sur la question du dommage. B.b. A la suite de l'arrêt de renvoi, le Tribunal a ordonné la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise aux fins d'apprécier l'état de la patiente et son incapacité de travail. Elle a été réalisée le 19 septembre 2021 par le Prof. F.________ et le Dr G.________, médecin-chef et assistant au H.________. Ils ont rendu un rapport complémentaire le 28 janvier 2022. Par jugement du 18 août 2022, le Tribunal a condamné les Établissements A.________ à verser à la patiente plusieurs montants, certains avec intérêts, d'une somme totale de 156'505 fr. Il a retenu, sur la base de la seconde expertise, qu'une part de 15 % du préjudice subi était imputable aux Établissements A.________. B.c. Tant la patiente que les Établissements A.________ ont formé appel à l'encontre de ce jugement auprès de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève. Par arrêt du 8 juin 2023, la cour cantonale a annulé tous les chiffres du dispositif du jugement entrepris, hormis ceux concernant les frais et dépens. Statuant à nouveau, elle a condamné les Établissements A.________ à verser à la patiente les montants de 5'233 fr. 55 et 7'421 fr. 75 (à titre de frais médicaux passés et futurs), de 116'980 fr. et 147'687 fr. (à titre de dommage ménager passé et futur), de 46'354 fr. et 22'799 fr. (à titre de perte de gain passée et future), et 30'000 fr. (à titre d'indemnité pour tort moral), certains montants portant intérêts. Elle a confirmé le jugement pour le surplus et débouté les parties de toutes autres conclusions.