Citation: 6B_633/2007 30.11.2007 E. 1

3.2 Le recourant n'invoque expressément la présomption d'innocence que dans sa composante relative à l'appréciation des preuve (Mémoire, p. 5). Il reproche aux autorités cantonales de s'être fondées uniquement sur le contenu du rapport de police, les déclarations d'un inspecteur de police entendu comme témoin ainsi que les premières déclarations de ses coaccusés, qui se sont cependant rétractés par la suite, alors qu'aucune preuve matérielle (photographie, document vidéo ou empreintes digitales) ne l'incriminerait et qu'aucun échange de drogue n'avait jamais été observé. 3.2.1 En l'absence de preuve matérielle, la cour cantonale s'est fondée sur les éléments convergents qu'elle a retenus du contenu concordant du rapport de police, du témoignage d'un inspecteur de police et des déclarations de Z.________ et Y.________, lors de leurs auditions respectives par la police, puis le juge d'instruction. Cette manière de procéder n'est pas contraire à la présomption d'innocence dans son principe. Il convient uniquement d'examiner sous l'angle de l'arbitraire les griefs du recourant en relation avec les différents éléments de preuve retenus par les autorités cantonales à sa charge. 3.2.2 La cour cantonale a tout d'abord écarté la version des faits du recourant selon laquelle il aurait été occupé le 27 juillet 2006, soit au moment de l'interpellation de Y.________ et Z.________, par un travail « au noir ». Le recourant se borne à alléguer sur ce point que la somme de 115 francs 50 retrouvée sur lui lors de son interpellation le soir même proviendrait de cette activité. Cette argumentation essentiellement appellatoire ne trouve aucun appui dans le dossier de la cause et ne permet pas de démontrer en quoi la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire en ne retenant pas cet alibi, d'ailleurs démenti par les déclarations des autres intéressés, le rapport de police et l'inspecteur entendu comme témoin. Il ne peut rien déduire de plus en sa faveur du fait qu'il n'était pas en possession d'un téléphone portable ou d'une somme plus importante lors de son arrestation au soir du 27 juillet 2006, l'intervalle entre celle-ci et celle de Y.________ et Z.________, l'après-midi, lui ayant laissé tout loisir de s'en séparer. 3.2.3 Le recourant objecte que ses deux comparses ont rétracté leurs premières déclarations le désignant comme la personne qui leur avait remis les quantités d'héroïne en leur possession lors de leur arrestation. Saisie du même grief, la cour cantonale l'a rejeté en faisant siens les considérants de l'autorité cantonale de première instance (arrêt entrepris, consid. 2.2 p. 6/9) reproduits dans l'état de fait de son arrêt (arrêt entrepris, consid. B.c, p. 2/9 ss). La Cour correctionnelle a nié toute crédibilité à ces rétractations en relevant qu'il était fort peu vraisemblable que Y.________ aurait pu se tromper, comme il l'a ensuite avancé, dès lors que selon ses propres déclarations, il connaissait le recourant pour avoir séjourné en prison en même temps que lui. La cour cantonale a également relevé que ces premières déclarations, qui étaient confirmées par le rapport de police, étaient non seulement formelles mais spontanées (arrêt cantonal, consid. 2.2 p. 6/9). Ainsi motivé, le choix opéré par les autorités cantonales entre ces récits divergents apparaît d'autant moins arbitraire que les versions initialement présentées à trois reprises et séparément par les coaccusés du recourant (v. procès-verbaux des auditions de Z.________ et Y.________ par la police judiciaire, des 27 et 28 juillet 2006, puis par le Juge d'instruction, le 28 juillet 2006) concordaient sur de nombreux points, ce qui tend également à en démontrer la véracité. On peut enfin relever que l'explication fournie par Z.________ devant l'autorité cantonale de première instance (jugement de première instance, p. 4), selon laquelle il se serait trompé au moment de reconnaître le recourant sur une planche photographique en raison de sa mauvaise compréhension de la langue italienne, dans laquelle il a été initialement interrogé, n'est guère convaincante ne serait-ce que parce qu'il a répété ces déclarations lors de son audition par le juge d'instruction le 28 juillet 2006, en présence cette fois d'un interprète de langue albanaise, ce qui exclut toute difficulté de compréhension. Cela étant, la cour cantonale pouvait retenir sans arbitraire l'implication du recourant en se fondant notamment sur les premières déclarations de ses comparses, même si, comme il le soutient, les rétractations de ces derniers ne devaient pas être expliquées par d'éventuelles menaces qu'il aurait proférées à l'adresse des intéressés. Le grief est infondé. 3.2.4 L'argumentation développée par le recourant à propos du contenu du rapport de police et des déclarations de l'inspecteur entendu comme témoin porte moins sur les éléments de fait retenus à sa charge sur la base de ces preuves que sur les circonstances qui ont conduit la police à renoncer à étayer son dossier par des éléments de preuve supplémentaires, telles des photographies ou des prises de vue vidéo. Il tente d'en tirer argument sur le plan de la crédibilité du témoignage et du contenu du rapport de police. Cette argumentation de nature essentiellement appellatoire est largement irrecevable. Pour le surplus, le fait que la drogue était stockée dans un bois, où paraissent avoir eu lieu les échanges, explique suffisamment l'absence de photos ou d'autres prises de vues pour que cette circonstance marginale ne remette d'aucune façon en question la crédibilité de ces preuves, également confirmées par les premières déclarations des coaccusés du recourant. Ce dernier ne remet d'ailleurs pas spécifiquement en cause les constatations de fait de la cour correctionnelle reprises par la cour cantonale (arrêt cantonal, consid. B.c p. 2/9 et consid. 2.2 p. 6/9) selon lesquelles, c'est sa propre trace qui avait été suivie par un chien policier lors de la saisie dans le bois du premier lot de 90,5 grammes d'héroïne, qui présentait la même structure chimique que celle retrouvée sur ses comparses le jour de leur arrestation. Or ces indices, qui confortent les autres constatations de la police, permettent d'établir l'existence d'un lien entre le recourant, les 90,5 grammes de drogue retrouvés dans le bois et les quantités d'héroïne remises à Z.________ et Y.________, malgré l'absence de photographies ou d'autres preuves matérielles. Enfin, le recourant ne tente pas de démontrer qu'il aurait été arbitraire de déduire des éléments ainsi constatés que l'ampleur de son activité atteignait celle d'un « semi-grossiste ». Il ne mentionne en effet - au demeurant sans motivation suffisante (v. supra consid. 2) -, l'objection qu'un seul échange de drogue aurait pu être établi qu'à l'appui du grief de violation de l'art. 47 CP (Mémoire, p. 9; v. infra consid. 4.3). Cette constatation de l'ampleur de son activité lie par conséquent la cour de céans (art. 105 al. 1 en corrélation avec les art. 97 al. 1 et 106 al. 2 LTF). 3.3 Il résulte de ce qui précède que le recourant ne démontre pas en quoi l'état de fait sur lequel repose l'arrêt cantonal procéderait d'une appréciation arbitraire des preuves et violerait la présomption d'innocence. Le recours est infondé, dans la faible mesure où il est recevable, sur ce point.