Citation: 5A_794/2008 09.04.2009 E. 2

Invoquant le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.), la recourante fait valoir trois moyens, l'un ayant trait à la réduction de la contribution d'entretien, l'autre relatif à l'établissement du revenu du mari et le dernier concernant l'évaluation du train de vie du couple. 2.1 Dans son premier moyen, la recourante se borne à affirmer qu'il était arbitraire, alors que le jugement du Tribunal de première instance prévoyait une pension mensuelle de 3'000 fr., de réduire la contribution à 1'800 fr. par mois, en ajoutant à la charge de l'intimé les impôts pour la période du 1er avril au 31 décembre 2006. Elle se plaint en outre du fait que la cour cantonale a distingué, concernant la prise en charge des impôts, une première période, soit jusqu'à fin 2006, durant laquelle l'intimé doit assumer la charge fiscale de l'épouse en sus de la contribution d'entretien, et une période ultérieure pour laquelle la pension a été fixée en tenant compte de sa charge fiscale, au seul motif que l'intimé avait demandé que les conjoints fussent taxés séparément. Autant que l'on puisse inférer que, par sa première critique, la recourante entend se plaindre en réalité de l'interdiction de la reformatio in pejus, elle invoque un principe - selon lequel une autorité de recours ne peut pas modifier l'arrêt attaqué au détriment de la partie qui a recouru, sauf si la partie adverse a interjeté un recours joint (ATF 134 III 151 consid. 3.2 p. 158) - relevant au premier chef des règles cantonales de procédure, qui peuvent l'admettre ou le rejeter et qui en déterminent la portée (arrêts 4A_37/2009 du 24 mars 2009 consid. 2; 6B_622/2008 du 13 janvier 2009 consid. 6.1; 4A_73/2008 du 4 juin 2008 consid. 6). Dès lors que la recourante ne fait état d'aucune application arbitraire de ce principe, sa critique est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). Au demeurant, elle ne tente même pas la démonstration chiffrée que la contribution fixée par le Tribunal de première instance aurait été effectivement diminuée par la Cour de justice. Est tout aussi irrecevable la seconde critique par laquelle la recourante se plaint de ce que l'autorité cantonale a fixé la contribution pour les deux périodes suivantes en incluant sa propre charge fiscale, au motif que l'intimé avait demandé une taxation séparée dès le 1er janvier 2007. Elle n'explique en effet pas en quoi l'autorité cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en retenant qu'une taxation séparée allait être opérée sur la base de la requête du mari, motif pris de la séparation du couple; elle ne prétend du reste pas non plus qu'elle aurait été en mesure de s'opposer à une telle taxation séparée. 2.2 La recourante soutient en outre que le revenu mensuel de l'intimé a été arrêté arbitrairement par l'autorité cantonale à un montant inférieur à celui qu'elle considère comme déterminant et qu'elle chiffre à 19'000 fr. En substance, la Cour de justice a constaté que les époux - qui travaillaient tous deux dans l'entreprise du mari - étaient convenus dès les années 1980 de ne prélever qu'une partie de leurs salaires respectifs et de laisser le solde sur le compte actionnaire de l'entreprise. Elle a dès lors considéré que seul le salaire réellement perçu était déterminant pour fixer la contribution d'entretien nécessaire au maintien du train de vie effectif, et non le salaire déclaré. Elle a ainsi imputé au mari, pour l'avenir, un revenu de près de 12'000 fr. par mois, égal à celui réalisé pendant la vie commune. La recourante ne conteste pas que, du temps de la vie commune, les parties aient touché des salaires inférieurs à ceux déclarés. Elle affirme cependant péremptoirement que celles-ci bénéficiaient de revenus plus importants que les salaires prélevés et qu'elles acquittaient leurs dépenses au travers du compte courant de la société, dont les pièces révélaient qu'il avait diminué de 240'509 fr. en 2006. Ce faisant, elle s'en prend à l'appréciation des preuves de manière irrecevable, dans la mesure où elle ne mentionne pas expressément les pièces auxquelles elle fait allusion et se contente d'opposer ses propres allégations aux constatations de l'arrêt attaqué, sans même tenter de démontrer d'arbitraire à ce sujet (art. 106 al. 2 LTF). Sans étayer sa critique, elle reproche ensuite à l'autorité cantonale de ne pas avoir retenu le salaire déclaré de 19'000 fr. comme revenu «hypothétique» (en réalité: réel), et ce sans aucune motivation. Par sa critique, la recourante ne motive nullement en quoi l'autorité cantonale aurait arbitrairement violé le droit fédéral en considérant que le revenu déterminant pour fixer la contribution d'entretien était celui effectivement perçu durant la vie commune, ce revenu suffisant à satisfaire à l'obligation d'entretien au regard du train de vie mené jusqu'alors par les époux. 2.3 La recourante fait aussi grief à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement établi le train de vie antérieur des époux, en particulier le sien, faisant valoir qu'il aurait été plus élevé. Pour fixer la pension, l'autorité cantonale s'est inspirée des critères valables pour l'entretien après divorce de l'art. 125 CC; elle a considéré que la recourante pouvait prétendre à maintenir le train de vie antérieur à la séparation; elle a déterminé celui-ci sur la base des revenus et des charges des parties et a ensuite calculé la contribution due par l'époux en conséquence. La recourante ne conteste pas que le standard de vie qui prévalait durant le mariage constitue également la limite supérieure de l'entretien convenable (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1 p. 8/9). Elle se contente de formuler des allégations à ce sujet, sans chercher à démontrer qu'elle bénéficiait réellement d'un niveau de vie notablement supérieur à celui établi par la juridiction cantonale. Il en va ainsi quand elle soutient que les parties vivaient non seulement de leurs salaires, mais aussi des prélèvements opérés sur le compte courant de la société, ou quand elle affirme qu'elle bénéficiait de toute une série d'avantages pris en charge par la société. En tant que sa critique se fonde sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt cantonal, et qu'elle ne contient aucune motivation sur le caractère arbitraire des faits constatés (art. 106 al. 2 LTF), elle est irrecevable.