Citation: 4A_81/2018 E. 6.2

6.2. En revanche, elle plaide que son représentant D.________ donnait des ordres de transfert uniquement par l'adresse électronique D.________@...ru. L'état de fait serait incomplet, en ce sens qu'il aurait fallu constater que l'adresse @gmail.com n'avait jamais été utilisée pour des ordres de transfert. La recourante n'indique pas sur la base de quelle (s) allégation (s) et moyens de preuve précis un tel fait aurait dû être retenu. Quoi qu'il en soit, l'arrêt attaqué constate que D.________ utilisait l'adresse D.________@...ru lorsqu'il adressait des ordres de transfert à la banque, mais que son adresse @gmail.com était aussi régulièrement utilisée dans le cadre des communications électroniques de B.________ SA et A.________ SA avec la banque. Cela peut impliquer que l'utilisation de cette dernière adresse pour passer des ordres de transfert était inusuelle. Cependant, rien n'indique que la décharge signée en 2005 ou un document contractuel ultérieur aurait réservé l'utilisation d'adresses e-mail spécifiques. Une telle réserve ne saurait non plus découler de la pratique décrite dans l'arrêt, qui constate également que différentes adresses électroniques ont été utilisées par les représentants de B.________ SA et A.________ SA dans le cadre de leurs communications avec la banque. En bref, rien n'indique que les parties auraient convenu tacitement que des adresses électroniques spécifiques devaient être utilisées pour les ordres de virement. La recourante ne le prétend du reste pas. La banque était donc habilitée à exécuter un ordre transmis au moyen d'une adresse électronique dont était titulaire la personne dotée de la signature individuelle pour les deux relations bancaires, et qui était fréquemment utilisée pour les communications concernant les deux sociétés.