Citation: 1B_427/2015 E. 2.3

2.3. Le recourant a été condamné en première instance pour un brigandage qu'il ne conteste pas avoir commis ainsi que pour des actes préparatoires de brigandage. Il s'agit d'infractions graves pour laquelle la jurisprudence autorise le juge de la détention à se montrer moins strict dans l'appréciation du risque de réitération compte tenu du danger représenté pour la sécurité publique. Le recourant a commis un nouveau brigandage alors qu'il avait été condamné en novembre 2000 pour des faits analogues à une peine de prison de six ans, démontrant ainsi que cette peine n'a pas eu l'effet d'amendement durable escompté. Il conteste au surplus en vain que l'absence de revenus puisse lui être opposée à charge. Comme l'a relevé la cour cantonale, le recourant a quitté son emploi comme chauffeur poids-lourd auprès de l'entreprise B.________ AG en décembre 2013 car le travail était trop dur et il n'a plus travaillé depuis lors. Il n'a produit aucune attestation de son ancien employeur ou d'une autre entreprise active dans le domaine qui serait disposée à le prendre à son service à sa sortie de prison. L'affirmation du recourant selon laquelle il pourra facilement retrouver un emploi à sa sortie de prison se limite ainsi à de pures allégations dont la cour cantonale pouvait légitimement mettre en doute la crédibilité compte tenu des circonstances. La Chambre pénale de recours n'a certes pas tenu compte du fait que l'épouse travaille et réalise un revenu mensuel de l'ordre de 2'000 fr. à 2'500 fr. Cette source de revenu est toutefois insuffisante pour admettre que le recourant ne commettra pas un nouveau brigandage, de sorte que l'omission de prendre en compte cette circonstance n'influence pas la conclusion à laquelle la cour cantonale a abouti sur la base des autres circonstances. Le gain de son épouse ne l'a au demeurant pas dissuadé de commettre le brigandage pour lequel il a été condamné en première instance. Enfin, le recourant ne touchera une rente AVS à titre anticipé au mieux qu'au mois de juin 2016 de sorte que cette possibilité de revenu additionnel ne saurait être prise en compte pour juger d'un éventuel risque de récidive durant la procédure d'appel. Cela étant, on ne saurait reprocher d'avoir considéré que la tentation de commettre de nouveaux délits contre le patrimoine était concrète. On ne voit au surplus pas les mesures de substitution qui pourraient être ordonnées pour pallier le risque de récidive. La décision attaquée qui ordonne le maintien du recourant en détention pour ce motif durant la procédure d'appel ne viole ainsi pas le droit fédéral.