Citation: 8C_272/2023 E. 7.1

7.1. En ce qui concerne le poste de chef (fe) de secteur, la cour cantonale a exposé que les onze annuités accordées à C.________ résultaient de la prise en compte de quatorze années d'activité professionnelle pondérées comme suit: une première activité de six ans, de septembre 1998 à juillet 2005, en qualité de consultant senior auprès de la société D.________, pondérée à 70 %, à laquelle s'ajoutait une seconde activité de sept ans et huit mois, d'août 2005 à avril 2013, comme consultant senior auprès de l'entreprise E.________ SA, pondérée à 80 %, ce qui aboutissait à un total de dix ans et onze mois, arrondis, selon la pratique de l'intimé, à onze annuités. La première activité de consultant senior, fonction de cadre confirmé selon la convention collective nationale appliquée par l'employeur, consistait à développer des logiciels informatiques RH pour des entreprises. Le taux de 70 % s'expliquait par l'absence de niveau de responsabilité égale à celle de chef de secteur et de connaissance de fond en matière d'assurances sociales suisses. La seconde activité était une activité de consultant externe travaillant sur mandat pour le développement du projet SIRH, devant permettre l'application intégrée de gestion des ressources humaines, de gestion des salaires et de l'administration du personnel de toute l'administration cantonale. Mille deux cents membres du personnel avaient dû être formés à l'utilisation de SIRH. Dans ce cadre, C.________ avait participé à la mise en place de la solution "paie", ainsi que des modules de gestion des absences, des assurances et de la décentralisation des actes. Il avait été l'un des interlocuteurs principaux pour le compte de l'OPE pour les différents modules du progiciel, en particulier pour celui-de la paie pour lequel il était fortement impliqué, que ce soit dans la formation des utilisateurs ou pour toute demande d'assistance technique ou de développement; il avait intégré les applications du progiciel SIRH et s'était ensuite assuré des développements et de la maintenance de l'outil après sa mise en exploitation, laquelle avait eu lieu le 1er janvier 2007, les autres modules ayant été déployés jusqu'en 2010. Cette activité avait été pondérée à 80 %, en l'absence de connaissance de fond en matière d'assurances sociales. Quant à la recourante, colloquée en classe 22 avec trois annuités, son activité de taxatrice avait été reconnue comme utile au nouveau poste avec une pondération à 25 %, celle de gestionnaire en ressources humaines à 50 % et celle de commise administrative 6 à 75 %, compte tenu notamment de l'absence d'expérience de cadre. En outre, les juges cantonaux ont relevé que l'intimé aurait dû appliquer le code 9 à son engagement comme cheffe de secteur, en l'absence de formation de niveau Bachelor, mais il avait privilégié, à titre dérogatoire, la prise en compte des années d'expérience au SPAP, service dans laquelle elle allait être promue, pour éviter d'appliquer le code en question et fixer son traitement directement en classe 22. Cela étant, le choix de l'employeur lui avait permis de bénéficier d'un supplément de traitement. Selon les premiers juges, l'expertise et les connaissances approfondies du système SIRH que possédait C.________ ainsi que sa longue expérience d'un niveau de responsabilité de cadre avaient été prises en compte de manière proportionnée pour pondérer son expérience professionnelle antérieure. Pour la recourante, son expérience dans le même service, mais à des fonctions comportant moins de responsabilités, avait également été prise en compte pour combler l'absence de niveau de formation plutôt que dans le nombre d'annuités. Il fallait donc conclure que des motifs objectifs et proportionnés pour fixer le traitement de l'un et de l'autre justifiaient les différences de rémunération, sans constituer une discrimination fondée sur le sexe. Quant à B.________, les juges cantonaux ont retenu que quatre ans après sa nomination à la fonction de commis administratif 6, il avait remplacé la recourante dans sa fonction de cheffe de secteur, du 17 novembre 2016 au 31 mai 2019. Il avait donc totalisé 17 années d'activité au SPAP à la date de sa promotion et acquis une expérience concluante de remplaçant de la cheffe de secteur d'une durée de trois ans. S'agissant de la pondération de ces activités, l'employeur avait pris en compte à 75 % celle de commis administratif 6 et à 25 % celle de gestionnaire en ressources humaines. En comparaison, la recourante, dont l'expérience de gestionnaire en ressources humaines avait été pondérée à 50 % et celle de commise administrative 6 à 75 %, ne totalisait que neuf années d'activité au SPAP au moment de sa nomination. En conséquence, si une discrimination devait être constatée, cela ne serait pas en défaveur de la recourante dont l'activité de gestionnaire en ressources humaines, identique à celle de son collègue, avait été prise en compte avec une pondération supérieure.