Citation: 6B_1248/2021 E. 2.2.9

2.2.9. Le recourant prétendait qu'il ignorait la situation fiscale dans laquelle se trouvait l'intimé lors des négociations, ne l'ayant apprise que tardivement. Or il ressortait d'un arrêt 4A_313/2018 rendu le 17 décembre 2018 par la Ire Cour de droit civil du Tribunal fédéral - concernant un litige entre A.________ et sa cliente au sujet du remboursement par celle-ci des frais engagés par celui-là notamment dans la procédure pénale - que le recourant et ses confrères italiens avaient considéré, en avril 2008, que si aucun accord n'était signé avec l'intimé, une procédure pénale en Italie pour infedele patrocinio (délit de l'avocat trahissant les intérêts de son client) devait être envisagée, présentant cette démarche comme un moyen détourné pour récupérer les honoraires litigieux et pour démontrer son éventuelle connivence avec la partie adverse; ce procédé faisait partie d'une stratégie mise en place en 2007 déjà, dans laquelle il était notamment question que les autorités fiscales se saisissent du dossier de l'intimé, ruinant ainsi nécessairement sa réputation. Par ailleurs, lors de son audition par la police en 2012, le recourant avait lui-même indiqué qu'en raison de l'échec des pourparlers en 2008, il avait mis en oeuvre les procédures décidées fin 2007 déjà avec ses confrères italiens, soit une procédure de séquestre au Tessin et les dénonciations à l'Ordre des avocats de Milan et au Parquet de Milan, afin de mettre en avant le comportement scandaleux de l'intimé (cf. let. B.g supra). Compte tenu de ces éléments de fait, il pouvait être retenu que le recourant était conscient de la situation fiscale de l'intimé durant les négociations, à tout le moins dès avril 2008. Ce dernier point ne faisait que renforcer le fait que l'intimé était subjectivement fondé à penser être l'objet de pressions injustifiées, persuadé que le recourant et son ancienne cliente utilisaient cette information pour l'intimider.