Citation: 1B_231/2019 E. 3

La Chambre des recours pénale a jugé qu'il existait une présomption suffisamment sérieuse de culpabilité contre A.________ du chef de tentative de meurtre. Il était en effet constant que celui-ci avait donné des coups de couteau à B.________ et que la vie de ce dernier avait été mise en danger de ce fait. Divers éléments au dossier laissaient en outre penser que le recourant avait excédé les limites de la légitime défense, en poursuivant son assaillant sur plusieurs dizaines de mètres, le couteau à la main, puis en lui portant à tout le moins un coup au moyen de cette arme. La cour cantonale a laissé au surplus indécise la question de savoir si le prévenu avait ou non réagi dans un état excusable d'excitation ou de saisissement. Le recourant n'émet aucune critique en lien avec l'appréciation de la cour cantonale en ce qui concerne les coups de couteau donnés à son agresseur et l'excès de légitime défense qui lui est imputé; il lui reproche en revanche de ne pas avoir examiné ni, a fortiori, retenu qu'il aurait agi dans un état excusable d'excitation ou de saisissement au sens de l'art. 16 al. 2 CP, excluant toute punissabilité du chef de tentative de meurtre. Ce faisant, il perd de vue qu'il n'appartient pas au juge de la détention d'examiner si les coups de couteau qu'il a donnés à son agresseur résultent de la légitime défense ou d'un état d'excitation ou de saisissement excusable, questions qui seront tranchées par le juge du fond (arrêt 1B_49/2014 du 19 février 2014 consid. 2.2). Sur ce point, la jurisprudence à laquelle il fait référence dans son mémoire et dans sa réplique ne dit pas autre chose; tout au plus, réserve-t-elle le cas dans lequel il ressort de manière hautement vraisemblable du dossier qu'un fait justificatif est réalisé (arrêt 1B_180/2014 du 10 juin 2014 consid. 3.3 et les arrêts cités). L'état de saisissement dans lequel le recourant dit s'être trouvé lorsqu'il a donné les coups de couteau à B.________ repose sur ses seules déclarations dont il appartiendra au juge du fond d'apprécier la crédibilité. En l'état du dossier remis au Tribunal fédéral, il ressort que le recourant a poursuivi son agresseur sur plusieurs dizaines de mètres, muni du couteau avec lequel il venait d'être gravement blessé. Par ailleurs, il est établi que B.________ a reçu deux coups de couteau, l'un à la jambe droite et l'autre dans le dos au niveau de l'omoplate gauche. Dans ces circonstances, il ne saurait être fait grief à la cour cantonale de ne pas avoir tenu pour manifeste ou hautement vraisemblable que le recourant s'était trouvé dans un état excusable lorsqu'il a donné les coups de couteau à son agresseur. Le recours est donc mal fondé en tant qu'il porte sur l'existence de sérieux soupçons de culpabilité à son encontre du chef d'accusation de tentative de meurtre.