Citation: I 331/02 11.12.2002 E. 2

En l'espèce, le litige porte sur le point de savoir si l'intimée a droit à une rente entière d'invalidité pour la période du 1er avril 1998 au 31 octobre 2002. Il s'agit d'examiner si elle subit une incapacité de gain à la suite d'une atteinte à sa santé psychique. 2.1 Se fondant sur le rapport d'expertise du 25 juillet 2000 du docteur R.________, spécialiste en psychiatrie et en psychothérapie, la juridiction cantonale a considéré que l'assurée présentait une atteinte à la santé psychique invalidante, motif pris qu'il n'était pas raisonnablement exigible de l'intéressée qu'elle reprenne une activité lucrative avant le terme de ses études universitaires. Selon les premiers juges, il s'agit de préserver le caractère thérapeutique de ces dernières et de favoriser ainsi la réinsertion professionnelle de l'intéressée en lui permettant de recouvrer une pleine capacité de travail. 2.2 Il ressort du rapport susmentionné que l'assurée souffre d'une perturbation de type schizo-affectif. Selon le docteur R.________, cette affection n'entrave pas de façon constante la capacité de travail de l'intéressée. En effet, celle-ci ne s'est pas montrée incapable de travailler, mais elle n'a pas trouvé d'emploi. Une activité de photographe ou d'employée de bureau est raisonnablement exigible. La reprise du travail est envisageable mais pas indispensable étant donné que l'intéressée est sans emploi. En outre, étant donné qu'elle a été encouragée à réaliser son projet universitaire, il est difficile d'exiger qu'elle reprenne une activité lucrative avant le terme de ces études. Dès lors, il est souhaitable qu'elle ne reprenne un travail qu'après la fin de son cursus universitaire, car l'aboutissement de ce projet est la manière optimale de maintenir son équilibre psychique, ainsi que de favoriser son retour futur et définitif à l'emploi. Il convient dès lors de l'aider à poursuivre cette formation en lui octroyant les subsides nécessaires de manière à favoriser sa réinsertion professionnelle. 2.3 L'assurée souffre ainsi d'un trouble psychique. Cependant, comme le relève le docteur R.________, cette affection n'entraîne pas d'incapacité de travail. En effet, l'intimée est en mesure d'exercer à plein temps une activité de photographe ou de secrétaire. En outre, il est raisonnablement exigible qu'elle mette à profit cette capacité en exerçant les compétences dont elle dispose dans les activités précitées. Cela étant, il y a lieu d'admettre que l'assurée est en mesure de réaliser un revenu comparable à celui qu'elle obtenait avant d'interrompre, de son plein gré, toute activité lucrative en 1994. Par conséquent, elle ne subit pas d'incapacité de gain ouvrant droit à une rente d'invalidité. Dans ces circonstances, les répercussions financières liées à un éventuel report de la reprise de l'activité lucrative, afin d'achever des études universitaires et de favoriser une nouvelle orientation professionnelle ne relèvent pas de l'assurance-invalidité. Au demeurant, en tant que l'intéressée dispose déjà d'une formation professionnelle, il lui appartient au premier chef d'atténuer le mieux possible les conséquences de son invalidité (ATF 113 V 28 consid. 4a et les références), en mettant à profit sa capacité de travail.