Citation: 1P.522/2004 11.10.2004 E. 3.1

Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151, 123 I 31 consid. 3c p. 36, 117 Ia 257 consid. 4c p. 261). L'autorité doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer, et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (cf. ATF 123 I 31 consid. 2b p. 33/34, 116 Ia 149 consid. 5 p. 152). 3.2 La Chambre d'accusation est certes muette quant aux actes d'instruction qui devraient encore être effectués, et dont le résultat pourrait être mis en péril par la libération du prévenu. Le juge d'instruction s'est pour sa part référé à un rapport du 22 juillet 2004 dont le recourant n'a apparemment pas eu connaissance. Il ressort toutefois clairement de la procédure que les explications du recourant quant à son degré de participation au brigandage ne sont pas considérées comme plausibles, et que l'autorité de poursuite désire par ailleurs pouvoir identifier les auteurs du brigandage qui n'ont pas pu être arrêtés; elle cherche également à localiser le butin. Il est dès lors vraisemblable que le prévenu puisse profiter de sa libération pour essayer de se mettre en contact avec les autres prévenus afin de coordonner leur version des faits dans un sens qui lui soit favorable. Le risque existe également qu'il tente de joindre les auteurs non encore identifiés, afin notamment de récupérer une partie du butin. Le risque de collusion, entendu comme un risque d'altération des preuves, est indéniable.