Citation: C 248/05 25.10.2006 E. 5

5.1 En fait, il convient de retenir que l'intimé a poursuivi le spectacle Z.________ au-delà du 2 février 2003, date à laquelle prenait fin son contrat de durée déterminée avec l'association W.________. Ainsi que cela ressort des documents produits par celui-ci en annexe aux indications de la personne assurée pour les mois de février, mars, mai et juin 2003, il a facturé à Y.________ les représentations des 1er et 2 février 2003 à B.________, du 14 février 2003 à C.________ et des 21 et 22 février 2003 à D.________. Il a également facturé à Y.________ l'aide à la mise en scène du spectacle "E.________", les répétitions du 3 au 31 mars 2003, les régies le 27 à F.________ et le 29 mars 2003 à G.________, ainsi que les régies du 9 au 11 mai 2003 à H.________. D'autre part, l'assuré a travaillé en gain intermédiaire auprès de la société Q.________ en juin 2003. 5.2 Pour trancher le litige, il y a lieu dès lors d'examiner si l'intimé, dont les activités se rapportent au monde du spectacle, a recherché un emploi durable (supra, consid. 3.2). 5.2.1 Il convient tout d'abord de relever que les annulations et report de spectacles qui se sont produits ne sont pas déterminants en ce qui concerne l'aptitude au placement de l'intimé. Les premiers juges ont constaté que les deux semaines de représentations de "S.________" prévues début mars 2003 à I.________ avaient été annulées, que les deux semaines de préparation de "T.________" à J.________ prévues fin mars 2003 n'avaient pas eu lieu pour des raisons budgétaires, et que le projet de spectacle "K.________", qui devait assurer à l'intimé un emploi à temps complet, avait été reporté en 2005, raison pour laquelle celui-ci avait été engagé pour monter ce spectacle depuis le mois de septembre 2004, et non pas plus tôt comme cela était prévu (audience du 25 avril 2005). Toutefois, contrairement à ce qu'ils semblent croire, ces circonstances ne permettent pas de tirer de conclusions sur l'aptitude au placement de l'assuré. 5.2.2 En ce qui concerne le mois de février 2003, l'intimé n'a pas produit de preuves de recherches personnelles en vue de trouver un emploi. En ce qui concerne mars 2003 et les mois qui ont suivi, l'intimé a transmis à l'ORP ses recherches d'emploi par courrier électronique. Il indique notamment qu'il a eu un entretien avec le Centre O.________ le 14 mars 2003 et qu'il a rencontré le responsable de l'Ensemble L.________ le 20 mars 2003; le 28 mars 2003, il a fait des offres d'emploi auprès du Cinéma U.________ à F.________; le 29 mars 2003, il a eu un entretien avec la directrice du Théâtre Bb.________ à G.________; le 14 avril 2003, l'intimé a pris rendez-vous avec le Théâtre Cc.________, à Oo.________; le 16 avril 2003, l'assuré a rencontré la directrice du Théâtre P.________, à Rr.________ et il a proposé ses services; au cours du mois d'avril 2003, il a également pris contact avec le Théâtre Dd.________ à D.________ et avec l'administratrice du Théâtre Ee.________; les 9 et 10 mai 2003, durant les régies effectuées à H.________, il a fait des offres d'emploi au théâtre Ff.________ et rencontré un responsable du théâtre Gg.________; le 19 mai 2003, il a également rencontré un responsable du Théâtre M.________ à Nn.________, et au cours du même mois un représentant du théâtre Hh.________; le 17 juin 2003, l'intimé a eu une séance de travail auprès de V.________, à Oo.________, qui l'a officiellement engagé pour la musique de "Ii.________" en novembre 2003; le 10 juillet 2003, il a vu un responsable de TMS (technique de Spectacle) dans le cadre du Festival Jj.________, qui lui a proposé la gestion d'une des scènes en juillet 2004; il a vu l'administrateur du théâtre Kk.________ le 8 août 2003, un responsable du théâtre Ll.________ le 15 août 2003 et de la Compagnie Mm.________ le 20 août 2003. Ces recherches d'emploi ne comprennent aucun justificatif d'aucune sorte et sont dès lors inutilisables (arrêts B. du 6 mars 2006 [C 6/05] et S. du 12 juillet 2005 [C 106/04]). Le fait que l'intimé a produit ultérieurement des attestations du Théâtre P.________ du 2 avril 2004, du Centre O.________ du 3 juin 2004, du Théâtre N.________ du 7 juin 2004, du Théâtre M.________ du 18 juin 2004 et de la société Q.________ du 24 septembre 2004 n'y change rien. A la suite de la décision du 22 septembre 2003, par laquelle l'ORP a déclaré l'assuré inapte au placement à partir du 1er février 2003, l'intimé a continué de transmettre ses recherches d'emploi par courrier électronique jusqu'à décembre 2003. Là encore, ces recherches d'emploi ne comprennent aucun justificatif d'aucune sorte et sont ainsi inutilisables. 5.2.3 Par la suite, l'intimé a produit les preuves de recherches personnelles pour les mois de mars, avril, mai, juin, juillet et août 2004. Toutefois, celles-ci sont postérieures à la décision du Service de l'emploi du 3 février 2004. Elles ne sauraient être prises en considération, le juge ne devant tenir compte que des faits existant au moment où la décision litigieuse a été rendue (ATF 121 V 366 consid. 1b et les arrêts cités). 5.2.4 Il n'est dès lors pas établi que l'intimé ait recherché un emploi durable. Même si l'on tenait compte des attestations ci-dessus du 2 avril, des 3, 7 et 18 juin et du 24 septembre 2004, celles-ci ne permettent pas de conclure qu'il ait recherché un emploi fixe. Le fait qu'il exerce des activités dans le monde du spectacle ne le dispensait pas de son obligation de diminuer le dommage, à laquelle il n'a pas satisfait (DTA 2003 n° 8 p. 114 consid. 3.2). C'est donc à juste titre que l'ORP et le Service de l'emploi ont nié son aptitude au placement dès le 1er février 2003.