Citation: 6B_147/2021 E. 3.4

3.4. Le recourant se plaint enfin d'une violation de l'art. 63 al. 2 CP au motif que la cour cantonale n'a pas ordonné la suspension de la peine en application de cette disposition. En vertu de l'art. 63 al. 2 CP, si la peine n'est pas compatible avec le traitement, le juge peut suspendre, au profit d'un traitement ambulatoire, l'exécution d'une peine privative de liberté ferme prononcée en même temps que le traitement. Le principe est que la peine est exécutée et que le traitement ambulatoire est suivi en même temps. La suspension de la peine est l'exception (ATF 129 IV 161 consid. 4.1 et 4.3 p. 162 ss; arrêt 6B_992/2017 du 11 décembre 2017 consid. 2.1.2). Elle doit se justifier suffisamment par des motifs thérapeutiques. Une suspension doit être ordonnée si la perspective de succès du traitement est considérablement compromise par l'exécution de la peine privative de liberté prononcée. La thérapie doit être privilégiée lorsqu'un traitement immédiat offre de bonnes chances de réinsertion, lesquelles seraient clairement entravées ou réduites par l'exécution de la peine. En outre, il faut tenir compte, d'une part, des effets de l'exécution de la peine, des perspectives de succès du traitement ambulatoire ainsi que des efforts thérapeutiques déjà consentis et, d'autre part, de l'exigence de politique criminelle de réprimer les infractions proportionnellement à la faute, respectivement d'exécuter en principe les peines qui ont force de chose jugée. Sous l'angle du principe de l'égalité de traitement, le besoin de traitement doit être d'autant plus marqué que la peine suspendue est d'une longue durée. Un traitement ambulatoire ne saurait être ordonné pour éviter l'exécution d'une peine ou la différer indéfiniment (ATF 129 IV 161 consid. 4.1 p. 163; arrêt 6B_992/2017 du 11 décembre 2017 consid. 2.1.2). La cour cantonale a noté que le risque de récidive du recourant était évalué comme moyen pour les faits de nature sexuelle et élevé pour le risque global et que les experts étaient d'avis que le traitement recommandé était compatible avec l'exécution d'une peine privative de liberté. Le recourant se contente de prétendre que l'on voit mal comment il pourrait poursuivre son traitement pour les addictions s'il devait être incarcéré, qu'une incarcération ne garantit pas la possibilité de poursuivre ses traitements avec autant d'assiduité, de régularité et qu'un changement de thérapeute serait sans doute nécessaire, de sorte qu'une incarcération serait de nature à anéantir tous ses efforts. Non seulement l'argumentation du recourant sur ce point ne repose sur aucun élément ressortant de l'arrêt attaqué mais elle va même à l'encontre de l'avis de experts, auquel le recourant ne fait qu'opposer sa propre vision des choses, ce qui n'est de toute évidence pas suffisant. Etant ainsi admis que la peine n'est pas incompatible avec le traitement ambulatoire, force est de constater qu'un des éléments de l'art. 63 al. 2 CP n'est pas donné et que cette disposition n'est pas applicable. Mal fondé, ce grief doit donc être rejeté sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres arguments du recourant à ce propos.