Citation: 6B_782/2020 E. B

Par arrêt du 20 mai 2020, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a partiellement admis l'appel formé par A.________ contre ce jugement et l'a réformé en ce sens que le prénommé est condamné pour rixe et lésions corporelles simples à une peine pécuniaire de 40 jours-amende à 30 fr. le jour avec sursis pendant deux ans. Elle a également renvoyé B.B.________ à agir par la voie civile. La cour cantonale a retenu les faits suivants: B.a. Le 17 août 2017, vers 1h30 du matin, B.B.________ discutait avec deux amies de A.________, en insistant lourdement pour qu'elles prennent un verre avec son groupe d'amis, ce qu'elles ont refusé. A.________ est arrivé à vélo pendant cette discussion et est intervenu pour demander à B.B.________ de laisser les jeunes femmes tranquilles. Le ton est rapidement monté entre eux, et ils en sont venus aux mains; si B.B.________ a poussé son antagoniste au niveau de la poitrine, il ressort des témoignages et déclarations recueillis que c'est A.________ qui a porté le premier coup, au visage de B.B.________, lui ouvrant la lèvre et le faisant chuter au sol. Des échanges de coups ont suivi. B.b. Le déroulement de la bagarre est confus, étant notamment relevé que les témoignages et déclarations des protagonistes sont tous contredits sur l'un ou l'autre point par la teneur des images de vidéo-surveillance. La cour cantonale a retenu comme établi qu'à un moment donné, C.B.________ est intervenu pour soutenir son frère et a porté un coup à A.________, puis, peu après, un coup à la tête au moyen d'une barre de fer. En se relevant, A.________ a réussi à s'emparer de la barre de fer, mais n'a porté aucun coup avec; il s'est saisi d'une barrière de sécurité, étant relevé que s'il affirme l'avoir fait pour se protéger, ce geste, qui n'apparaît pas sur les images versées à la procédure, a été perçu par un témoin comme relançant la bagarre alors qu'elle s'achevait. A.________ a finalement chuté au sol, où les frères B.________ lui ont encore donné des coups, lui faisant perdre connaissance avant de quitter les lieux. B.c. Les trois protagonistes ont fait l'objet, dans les heures qui ont suivi, de constats de lésions par le Centre Universitaire de Médecine Légale (CURML). Ils présentaient les lésions suivantes, pouvant entrer chronologiquement avec les faits décrits et qui n'avaient pas mis en danger la vie des expertisés. B.c.a. B.B.________: - des ecchymoses au niveau de la joue gauche et de l'avant-bras droit; - deux plaies croûteuses respectivement au niveau de la lèvre inférieure gauche et de l'angle buccal gauche, avec ulcération de la muqueuse buccale dans leur continuité; - des dermabrasions au niveau de l'abdomen à droite, du coude droit, de l'avant-bras gauche et des jambes. L'ensemble du tableau lésionnel était compatible avec une hétéro-agression, tel que relaté par l'expertisé, soit une bagarre avec notamment réception d'un coup de poing au niveau de la mâchoire à gauche. B.c.b. C.B.________: - des ecchymoses au niveau des cuisses; - des dermabrasions croûteuses au niveau du cuir chevelu, du membre supérieur droit et du 4ème doigt à gauche. Le tableau lésionnel était compatible avec une bagarre, telle que relatée par l'expertisé. B.c.c. A.________: - deux plaies suturées, à bord irréguliers, au niveau du cuir chevelu; - des ecchymoses au niveau du cuir chevelu, du visage et du membre supérieur droit et de la jambe droite; - des dermabrasions au niveau du cuir chevelu, du visage et du membre supérieur droit, de la main gauche et de la jambe gauche. Les cliniciens ont en outre constaté une fracture intra-articulaire de la base de la deuxième phalange de l'index droit. La relecture du CT-scanner, effectué aux urgences des HUG le 17 août 2017, a par ailleurs mis en évidence : - une solution de continuité et un hématome des parties molles de la région frontale droite; - une solution de continuité et un hématome des parties molles de la région pariétale médiane postérieure. La présence de deux zones distinctes de tuméfaction hématique parlait en faveur d'au minimum deux coups reçus. Une recherche toxicologique effectuée à 03h05 avait montré la présence d'alcool éthylique dans le sang de A.________, à raison de 20 mmol/l, correspondant à 0.92 g/kg. L'ensemble du tableau lésionnel était compatible avec une hétéro-agression, telle que relatée par l'expertisé, avec notamment des coups portés avec les pieds et/ou un/des objet/s contondant/s (tels qu'une barre métallique ou une bouteille intacte par exemple) au niveau de la tête et du visage. A.________ a été en arrêt de travail à 100 % entre le 12 septembre 2017 et le 25 février 2018. B.d. Les frères B.________ ont fait l'objet d'ordonnances pénales entrées en force. B.B.________ a été condamné, pour rixe et violation grave des règles de la circulation routière, à une peine pécuniaire de 120 jours-amende, assortie du sursis et d'une amende de 1'200 francs. C.B.________ a été condamné, pour rixe, à une peine pécuniaire de 90 jours-amende, assortie du sursis et d'une amende de 1'260 francs.