Citation: I 737/04 22.08.2005 E. 5

En l'espèce, le dossier contient de nombreux avis médicaux. Toutefois, comme on le verra ci-dessous, ils ne sont pas suffisamment complets ou probants pour juger de la capacité de travail du recourant. Dans ces conditions et contrairement à l'opinion des premiers juges, le rapport Y.________ ne fournit pas les éléments complémentaires nécessaires pour juger de la capacité de travail du recourant. D'une part, les organes d'observation professionnelle ont seulement pour fonction de compléter les données médicales et non de se substituer à elles (cf. supra consid. 3); d'autre part, en l'absence d'avis médical sur les troubles dont se plaint l'intéressé, les maîtres de réadaptation du CIP n'ont procédé qu'à une évaluation théorique de la capacité de travail du recourant (rapport du 20 décembre 2001, p. 20). 5.1 Sur le plan physique, le docteur B.________ n'a attesté qu'une seule fois, dans un rapport du 9 août 1997, une capacité de travail dans une activité légère. Par la suite, il a fait état d'une aggravation des lombalgies ainsi que de sciatalgies fréquentes (rapports des 20 septembre 1999 et 23 mai 2000) et a en outre fait observer que le recourant était incapable de travailler même dans une activité légère (rapport du 23 mai 2000). Il est vrai que cette aggravation des troubles physiques est infirmée par les docteurs P.________ et M.________ qui considèrent que les rachialgies chroniques dont souffre le recourant ne se sont que légèrement modifiées depuis octobre 1997 (rapport des docteurs P.________ et M.________ du 12 février 2003; rapport des docteurs A.________ et E.________ du Département de médecine interne de l'Hôpital Z.________ du 11 mars 1998). Cependant, les médecins de l'Hôpital Z.________ ne se sont jamais exprimés sur la capacité de travail du recourant, si bien que leurs rapports ne permettent pas encore de conclure que F.________ est pleinement capable de travailler dans une activité adaptée. Dans un nouveau rapport intermédiaire du 30 avril 2002, le docteur B.________ a diagnostiqué, pour la première fois, un syndrome vertigineux récidivant et a attesté une totale incapacité de travail. Dès lors que le dossier ne contient aucun autre avis médical probant relatif à l'incidence de cette affection sur la capacité de travail du recourant, l'appréciation du docteur B.________ ne saurait pour ce motif également être écartée. A la lumière de ces éléments, on constate que les renseignements médicaux du dossier sont contradictoires s'agissant de l'aggravation des troubles du recourant et qu'ils ne permettent pas de statuer en toute connaissance sur sa capacité de travail résiduelle au regard des atteintes purement somatiques. 5.2 Certes, sur le plan psychiatrique, le docteur C.________ a indiqué qu'il n'était pas en mesure de fournir des indications sûres au sujet de la capacité de travail de son patient en l'absence d'un examen complémentaire, lequel n'a toutefois pas eu lieu. Pour sa part, la doctoresse S.________, psychiatre, a posé le diagnostic d'état dépressif moyen à sévère et considère que les capacités professionnelles du recourant sont très réduites (certificat du 9 novembre 2002). Ce dernier avis rendait nécessaire, sans aucun doute, une instruction complémentaire aux fins de déterminer dans quelle mesure précise les troubles psychiques constatés affectent la capacité de travail du recourant (cf. ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références ainsi que ATF 127 V 298 consid. 4c in fine). 5.3 Cela étant, l'office AI et la juridiction cantonale ne disposaient pas de suffisamment d'éléments pour statuer en connaissance de cause et rejeter en l'état la demande de prestations. Il conviendra donc d'effectuer une instruction complémentaire sous la forme d'une expertise pluridisciplinaire qui devra évaluer la capacité de travail du recourant et indiquer, cas échéant, les activités qui peuvent être raisonnablement exigées de F.________. Le dossier sera renvoyé dans ce but à l'office AI.