Citation: 4A_96/2020 E. B

Après une tentative de conciliation infructueuse, l'employée a assigné l'employeuse, le 25 mars 2011, devant la Chambre patrimoniale cantonale du canton de Vaud. En substance, elle a conclu à ce qu'il soit constaté qu'elle avait été victime de mobbing et d'une atteinte illicite à sa personnalité et a réclamé le paiement de différents montants correspondant au dommage qu'elle prétendait avoir subi en raison du mobbing dont elle avait été victime ainsi que le versement d'une indemnité pour tort moral d'un montant symbolique d'un franc. La défenderesse a conclu au rejet de la demande et, reconventionnellement, à la constatation que l'employée avait violé son devoir de discrétion envers elle et porté une atteinte illicite à sa personnalité en raison des déclarations faites aux médias au sujet du harcèlement qu'elle estimait avoir subi et de la gestion défaillante du groupe A.________ en matière de sécurité alimentaire. En cours d'instance, une expertise a été confiée au Dr J.________, médecin psychiatre-psychothérapeute FMH. Celui-ci a rendu son rapport le 30 août 2016 et un rapport complémentaire le 6 mars 2017. Au cours de la procédure, une expertise relative à la problématique des prestations de prévoyance professionnelle a également été mise en oeuvre. Par jugement du 21 juin 2018, la Chambre patrimoniale cantonale a débouté intégralement la demanderesse et a rejeté la demande reconventionnelle. En substance, elle a retenu que la demanderesse avait été victime de mobbing. Cependant, les premiers juges ont considéré que la défenderesse avait pris des mesures en vue de désamorcer le conflit opposant la demanderesse à son supérieur hiérarchique direct, de sorte qu'elle avait respecté ses devoirs découlant de l'art. 328 CO. La défenderesse avait en effet tenté de trouver un autre poste pour la demanderesse en lui proposant de la transférer ailleurs. Celle-ci avait également eu l'occasion de s'adresser à la société F.________ au cours de l'année 2008, ayant alors bénéficié de plusieurs consultations avec une psychologue-psychothérapeute. Enfin, la défenderesse avait aussi mandaté en 2009 la société I.________ SA afin qu'elle réalise une expertise sur le harcèlement allégué par la demanderesse.