Citation: 2C_429/2021 E. 5.6

5.6. Reste enfin à examiner le principe de la proportionnalité au sens étroit, soit le rapport raisonnable entre le but visé et les intérêts privés compromis. Sous cet angle, les recourants font valoir que leur intérêt personnel, y compris sous l'angle de l'intérêt supérieur de l'enfant au sens de l'art. 3 CDE, à ne pas porter le masque facial réside dans l'entrave à la communication - verbale ou non verbale - avec autrui et, partant, à leur épanouissement en tant qu'adolescents. Ils se prévalent à cet égard des effets indésirables des masques, y compris sur le plan psychologique. Ils s'appuient pour ce faire sur une étude de l'université de Witten/Herdecke intitulée "Corona children studies "Co-Ki": First results of a Germany-wide registry on mouth and nose covering (mask) in children", sur le rapport conjoint de l'OMS et de l'UNICEF du 21 août 2020 et sur les orientations provisoires de l'OMS concernant le port du masque du 5 juin 2020, sur des lettres ouvertes du Président de l'Association Santé Suisse du 22 juillet 2020 et de l'association ALETHEIA du 10 février 2021, ainsi que sur une intervention orale d'un député français du 17 novembre 2020. Ils se prévalent également de diverses décisions judiciaires étrangères en lien avec l'obligation du port du masque à l'école. Ils reprochent enfin au Tribunal cantonal de ne pas avoir "sérieusement" pris en compte les inconvénients potentiels liés au port du masque et d'avoir fait passer l'intérêt supérieur de l'enfant au second plan, au profit de chiffres "se voul[an]t alarmants". Selon eux, il n'y aurait pas de rapport raisonnable entre les effets négatifs relevés et le résultat escompté du point de vue de l'intérêt public à la lutte contre la propagation du virus, si bien que l'obligation de porter celui-ci serait manifestement disproportionnée.