Citation: 5A_1015/2021 E. A

A.a. B.________ Ltd est active dans le négoce de matières premières. Elle a son siège à U.________ depuis le 10 décembre 2015. Avant cette date, elle avait son siège aux V.________. D.________ SA, également active dans le négoce de produits pétroliers, a son siège à W.________. C.________ en est le directeur. A.b. B.________ Ltd et D.________ SA sont en litige depuis plusieurs années en lien avec une transaction de pétrole intervenue entre 2011 et 2012, suite à laquelle B.________ Ltd estime avoir subi un dommage. Les sociétés A.________, active dans l'affrètement de bateaux, et E.________ Ltd sont également impliquées dans cette affaire. Plus précisément, le 14 décembre 2011, B.________ Ltd a acquis de D.________ SA une cargaison de pétrole à livrer à une société tierce dans un port turkmène. Ce contrat ayant été résilié en raison d'un retard de livraison, B.________ Ltd a revendu la cargaison en avril 2012 à E.________ Ltd. Selon la première, la seconde a pris livraison de la cargaison sans la lui payer entièrement, le solde dû s'élevant à près de 1'900'000 fr. B.________ Ltd soutient que E.________ Ltd était une société-écran utilisée par C.________, directeur avec signature individuelle de D.________ SA, pour s'approprier la cargaison sans la payer (cf. état de fait de l'arrêt 6B_1272/2021 du 28 avril 2022). A.b.a. Dans ce cadre, B.________ Ltd a notamment engagé, en août 2012 à W.________, des poursuites à l'encontre de C.________ et D.________ SA, portant sur 1'858'649 fr. 86, au titre d'un accord conclu le 8 mai 2012. C.________ et D.________ SA ont formé une plainte LP suite à la réception des commandements de payer, faisant valoir que ces poursuites étaient abusives, et partant nulles, raison pour laquelle elles devaient être radiées du registre des poursuites. Cette plainte a été rejetée par la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Genève, décision confirmée par arrêt du Tribunal fédéral du 5 mars 2013(arrêt 5A_890/2012). Ce dernier a relevé qu'aucun élément du dossier ne permettait de retenir que B.________ Ltd avait agi à des fins étrangères à la procédure de poursuite ou dans le seul dessein de porter atteinte à la réputation des poursuivis. A.b.b. B.________ Ltd a en outre déposé, le 5 octobre 2012, auprès du Ministère public de Genève, une plainte pénale pour escroquerie et vol, visant notamment C.________ et les sociétés qu'il contrôle, à savoir D.________ SA, A.________ et E.________ Ltd. Elle a fait valoir qu'elle avait subi un dommage, chiffré en dernier lieu à 1'970'432,53 USD en raison de la soustraction de la cargaison de pétrole et à 1'955'506,20 USD au titre de frais d'avocats. Par acte d'accusation du 4 juin 2021, C.________ a été renvoyé devant le Tribunal de police de Genève pour y répondre d'escroquerie, subsidiairement d'abus de confiance. A.b.c. B.________ Ltd allègue que, par l'intermédiaire de différentes sociétés sous son contrôle, dont D.________ SA et A.________, C.________ a engagé contre elle une série de procédures à l'étranger et qu'il vise par cette stratégie à la contraindre à retirer sa plainte pénale et les poursuites qu'elle a engagées en Suisse. A.c. Parallèlement aux procédures précitées, D.________ SA a déposé contre B.________ Ltd, le 17 juillet 2015, par devant la Cour suprême des Caraïbes orientales (V.________), une demande concluant à ce que cette autorité enjoigne B.________ Ltd, de cesser toute action en lien avec les faits de la cause en Suisse ou ailleurs, de cesser de rendre publiques ses demandes calomnieuses à son égard ou à celui de C.________ et de retirer sa plainte pénale et ses allégations auprès de l'office, constate que D.________ SA ne lui devait rien et lui alloue des dommages et intérêts. D.________ SA a notamment fait valoir qu'un litige avait surgi entre elle, son directeur, B.________ et E.________ Ltd en lien avec la transaction de pétrole intervenue entre 2011 et 2012. Dans ce cadre, B.________ Ltd avait fait notifier à D.________ SA et C.________ des commandements de payer injustifiés, qui " étaient rendus publics ", ce qui portait atteinte à la réputation des précités, à l'instar du dépôt de la plainte pénale. Deux jugements des 17 et 18 mars 2020, dont la reconnaissance est requise dans la présente cause, ont été rendus dans cette procédure par la Cour suprême des Caraïbes orientales. A.c.a. Selon la première de ces décisions, la cour précitée a fait interdiction " de manière immédiate et permanente " à B.________ Ltd d'intenter toute action contre D.________ SA auprès de toute juridiction que ce soit en lien avec la dette prétendument due par E.________ Ltd, de rendre publique la demande en paiement contre D.________ SA ou C.________ en lien avec la dette précitée que B.________ Ltd avait fait précédemment valoir auprès de l'office ou de déclarer publiquement que D.________ SA a une dette à son égard, qu'elle ne veut pas la payer ou qu'elle a procédé à des actions délibérées pour éviter de la payer. B.________ Ltd était condamnée à retirer dans les 14 jours ses allégations faites à l'office concernant D.________ SA ou C.________, étant précisé qu'il était constaté que D.________ SA n'était responsable d'aucune dette pour quelque raison que ce soit envers B.________ Ltd en lien avec le litige avec E.________ Ltd. B.________ Ltd a en outre été condamnée à verser à D.________ SA les sommes de 4'276'356 USD pour le préjudice subi par cette dernière du fait de ses calomnies, 105'000 fr. pour les frais et dépenses encourus par D.________ SA en lien avec les procédures que cette dernière avait introduites en Suisse, ainsi que 121'051 fr. 21 et 33'890.50 GBP pour le préjudice en lien avec les frais et dépenses encourus en lien avec la procédure d'arbitrage LCIA. Cette décision ne contient aucune discussion du fond du litige mais uniquement une description de la procédure. Il ressort de ses considérants que, suite au dépôt de la demande par D.________ SA le 17 juillet 2015, un délai de sept jours a été imparti à B.________ Ltd pour déposer sa réponse. Dans sa réponse du 25 février 2016, celle-ci a contesté la compétence de l'autorité saisie, suite à quoi la " demanderesse a obtenu un jugement en l'absence de réponse en date du 18 mars 2016", qualifié de " jugement par défaut ". D.________ SA a alors déposé, le 30 août 2016, une demande en évaluation des " dommages et intérêts et autres réparations ", puis, le 12 juin 2019, une demande en rejet de la contestation de compétence. B.________ Ltd a pour sa part requis le 28 juin 2019 l'annulation du jugement par défaut. Suite à cela, le juge caribéen a ordonné le 18 juillet 2019 aux parties de " convenir d'une ordonnance d'instruction " concernant leurs diverses demandes et a ordonné à B.________ Ltd de verser 3'500 USD dans les 14 jours. Selon le jugement, celle-ci s'est alors trouvée en " défaut de paiement de la décision sur les frais et de communication avec sa partie adverse concernant l'ordonnance d'instruction ". Sur requête de D.________ SA, le juge a alors octroyé à celle-ci le 27 septembre 2019 une " décision de défau t ". Considérant que B.________ Ltd était en défaut d'agir selon cette décision, elle a été déboutée de sa participation à la procédure et sa contestation de compétence ainsi que sa demande en annulation ont été radiées. A.c.b. La deuxième décision condamne B.________ Ltd au paiement des frais de celle-ci concernant " la demande de décision de défaut ", fixés à 13'439.27 USD, et des frais " concernant la demande d'évaluation des frais, qui sont sommairement fixés au montant de 7'581 USD ", le tout payable dans les 14 jours. La motivation de cette décision est similaire à celle de la première. A.d. A.d.a. Le 25 mai 2020, D.________ SA a obtenu du Tribunal de première instance de Genève (ci-après: tribunal) le séquestre en sa faveur des actifs de B.________ Ltd en mains de la banque G.________, succursale de W.________, et H.________ (Suisse) SA à hauteur de 4'439'308 fr. 76. A.d.b. Le 10 juillet 2020, D.________ SA a fait notifier à B.________ Ltd un commandement de payer, poursuite n° xxx, pour les montants suivants: 4'439'308 fr. 76 plus intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1er avril 2020 ensuite des " jugements de la Eastern Carribbean Supreme Court datés du 17 mars 2020 et rendus le 18 mars 2020, cause yyy, condamnation au paiement de dommages et intérêts, frais de procédures et dépens ", 2'003 fr. 20 au titre de frais de procès-verbal de séquestre et 7'000 fr. de dépens selon ordonnance de séquestre. Opposition a été formée à ce commandement de payer.