Citation: 8C_750/2021 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, comme le fait à juste titre valoir le recourant, les raisons avancées par la cour cantonale pour ne pas reprendre les termes du barème tel qu'il est conçu ne sont pas fondées. La Cour de céans a déjà eu l'occasion de dire qu'en tant que ce barème prévoit que la durée de la suspension est en fonction de la durée du délai de congé, l'égalité de traitement entre les administrés dans son application est assurée par la prise en considération des circonstances du cas d'espèce au cours de la période considérée dans son ensemble (arrêt 8C_708/2019 précité). Les situations comparées dans le recours, d'ailleurs repris de ce même arrêt, l'illustrent bien. Partant, c'est à tort que la cour cantonale a considéré que le respect de l'égalité de traitement impose de fixer la suspension proportionnellement au nombre de mois durant lesquels l'assuré n'a pas fourni de recherches suffisantes et non pas à la durée du délai de congé. Il reste à examiner si, à l'instar de ce qu'ont retenu les juges cantonaux, le cas de l'intimé présente des singularités justifiant de s'écarter de la sanction minimale qui lui a été appliquée (6 jours) et qui est prévue par le barème pour les administrés ayant effectué un nombre de recherches insuffisantes pendant un délai de congé de deux mois. Sous l'angle de l'obligation générale de diminuer le dommage ancré à l'art. 17 al. 1 LACI, celui qui requiert des prestations a l'obligation de postuler régulièrement à un emploi durant la période précédant son inscription à l'assurance-chômage, même en l'absence de renseignement à ce propos (cf. consid. 2.1 supra; arrêt 8C_21/2015 du 3 mars 2015 consid. 3.5 et les références citées; voir également BORIS RUBIN, Commentaire de la loi sur l'assurance-chômage, 2014, n° 9 ad. art. 17 al. 1 LACI). Dans le contexte de la pandémie de coronavirus et des restrictions ordonnées le 16 mars 2020, il n'y avait aucune dérogation en matière d'obligation de rechercher un emploi (voir l'ordonnance du 20 mars 2020 sur les mesures dans le domaine de l'assurance-chômage en lien avec le coronavirus (COVID-19 [Ordonnance COVID-19 assurance-chômage; RS 837.033]), mais cette situation particulière avait conduit l'OCE à réduire les exigences quant au nombre de recherches d'emploi à effectuer par rapport à ce qui était demandé normalement. Selon les faits retenus par la cour cantonale - qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) -, l'intimé ne peut pas se prévaloir d'avoir entrepris des recherches d'emploi entre le 22 avril 2020, date de la signification de la résiliation de son contrat de travail, et le 27 mai 2020. Or si les termes employés par l'ORP dans son courrier du 20 mai 2020 pouvaient certes être compris par l'intimé en ce sens qu'il était renoncé, vu les effets de la pandémie, à exiger un nombre précis de recherches d'emploi ("nous ne formulons aucune exigence concernant la quantité de vos démarches, mais comptons sur vous pour agir au mieux"), ils ne dédouanaient pas celui-ci de l'obligation de faire des recherches d'emploi. En tout état de cause, ils ne sauraient justifier l'absence de toute recherche d'emploi jusqu'au 20 mai 2020, contrairement à ce qu'a considéré la cour cantonale. Dès lors que l'intimé n'a fait qu'une seule démarche jusqu'à la fin mai 2020 et quatre en juin 2020 alors qu'il en était requis au moins trois en mai et cinq en juin, on doit admettre qu'en réduisant la suspension à 3 jours, la cour cantonale a substitué sa propre appréciation à celle de l'administration sans motif pertinent (cf. consid. 3.3. supra).