Citation: 7B_6/2023 E. 2.4

2.4. En l'espèce, la cour cantonale a procédé à un examen des propos de la victime et du recourant, les a confrontés aux autres éléments au dossier et a évalué leur crédibilité. Elle s'est ainsi livrée à une appréciation détaillée des dires des deux protagonistes, exposant les motifs pour lesquels elle a accordé foi à la version des faits donnée par la victime. S'agissant de la victime, la cour cantonale a en substance retenu que ses déclarations étaient précises et détaillées, exemptes de toute incohérence et ne faisaient "ressortir aucun trouble de la pensée ou autre délire". Il n'y avait aucune raison de mettre en doute la version des faits de la victime, qui malgré sa consommation de stupéfiants le soir des faits et sa schizophrénie diagnostiquée, était restée constante. Sur la base du rapport des médecins légistes et des déclarations de la victime à ce sujet, la cour cantonale a en effet estimé que rien ne laissait suspecter que le contenu de sa plainte était le résultat d'un "délire psychique ou d'un discours altéré par les stupéfiants". L'autorité précédente a ajouté que plusieurs éléments corroboraient le récit de la victime, respectivement ne permettaient pas de le remettre en doute. Tout d'abord, on ne pouvait pas déduire de l'absence de traces ADN sur les mains, les poignets et la bouche de la victime que les faits n'auraient pas pu se produire comme elle les avait exposés. Ensuite, le tableau lésionnel était compatible avec ses déclarations et confirmait son récit d'un viol tenté en usant de la force et de la masse du corps de l'auteur. En outre, si la temporalité des faits présentée par la victime lors de l'audience d'appel n'était pas entièrement compatible avec les images de vidéo-surveillance, la cour cantonale a considéré que ces séquences ne permettaient pas de remettre en cause la crédibilité de la victime, ni de se convaincre d'une impossibilité temporelle que les faits tels que décrits se soient effectivement déroulés de la manière dont la victime l'avait expliqué. A cela s'ajoutait que le témoignage de C.________, qui avait recueilli les premières déclarations de la victime quelques minutes seulement après les faits, corroborait les propos de cette dernière et contredisait ceux du recourant. La cour cantonale a encore relevé qu'elle peinait à voir l'intérêt que la témoin, qui ne connaissait pas la victime, aurait pu avoir à mentir et que le fait que le recourant ait rapidement quitté les lieux à son arrivée traduisait manifestement qu'il n'avait pas la conscience tranquille. La victime n'avait d'ailleurs pas eu le temps d'élaborer un scénario fantaisiste à l'arrivée de la témoin et celle-ci avait confirmé que celle-là était en pleurs et avait peur. Les émotions relatées correspondaient ainsi bien davantage à celles d'une femme ayant subi une tentative de viol qu'à une toxicomane s'étant disputée pour des raisons financières. Quant aux déclarations du recourant, la cour cantonale a relevé qu'elles étaient contradictoires, et pas seulement sur la question de son éventuelle fuite au moment de l'arrivée de la témoin. Il avait en effet d'abord prétendu que c'était la victime qui avait quitté les lieux pour aller acheter de la drogue et qu'à son retour, une dispute avait éclaté du fait qu'elle avait perdu l'argent qu'il lui avait donné. Or, cette thèse était contredite par les images de vidéo-surveillance le montrant s'absenter seul pendant une dizaine de minutes. Confronté à celles-là, il avait d'ailleurs modifié sa version des faits, prétendant cette fois avoir remis l'argent à la victime avant leur arrivée dans le hall d'immeuble, être parti chercher de la drogue et s'être disputé avec la victime à son retour en apprenant qu'elle l'avait perdu. La cour cantonale a ajouté que le recourant n'avait pas non plus été constant sur le montant qu'il aurait remis à la victime et s'était plusieurs fois prévalu de "souvenirs embrumés" par la consommation de stupéfiants, affirmant que sa seule certitude était finalement qu'il n'avait pas "fait d'avances" à la victime ni ne l'avait "touchée". Enfin, la cour cantonale a relevé qu'il avait utilisé le plus clair de ses auditions à expliquer pourquoi les autres personnes mentaient, alors qu'il était le seul à dire la vérité. En définitive, la cour cantonale a considéré qu'au vu des déclarations crédibles de la victime, de l'ensemble des preuves et de la version du recourant qui n'emportait pas conviction, les faits tels que rapportés par la victime étaient établis.