Citation: 1B_295/2019 E. 5.2

5.2. En l'espèce, il ressort de l'arrêt entrepris que la police a été chargée de localiser les potentiels lésés et de les entendre sur les circonstances de l'octroi des prêts. Si une partie des personnes dont le nom figure dans les livrets de compte a été déjà interrogée, l'analyse du téléphone de l'époux de la recourante a mis en évidence une centaine de notes de crédit établies entre novembre 2013 et novembre 2018, pour un montant de l'ordre de 200'000 fr. (cf. arrêt entrepris, p. 7), qu'il s'agit de recouper avec les données ressortant des livrets de compte séquestrés. Ainsi, dans la mesure également où la recourante conteste l'existence de pressions exercées pour obtenir des remboursements, de même que le rôle actif joué par son époux dans ce cadre, la cour cantonale a estimé qu'il convenait d'éviter que celle-là prenne contact avec les emprunteurs, que ce soit pour orienter leur témoignage, voire les inciter à quitter le pays ou partir dans la clandestinité. Par ailleurs, le rôle des époux dans la venue des compatriotes de la recourante en Suisse n'était pas encore clairement établi. La recourante ne développe aucune argumentation propre à remettre en cause le risque d'atteinte à la recherche de la vérité. En particulier, il n'est pas suffisant de prétendre, comme le fait la recourante, que les lésés ne quitteront certainement pas leur travail pour un " motif aussi futile qu'une déposition à la police ". Par ailleurs, il ressort des déterminations du Ministère public que l'instruction se poursuit sans relâche, plusieurs auditions devant se tenir à brève échéance tant à la police qu'au Ministère public. A ce stade précoce de l'enquête et vu les actes d'instruction prévus à bref délai, le risque de collusion apparaît indéniable. On ne saurait en effet écarter le risque que la recourante ne mette sa liberté à profit pour tenter d'influencer ou d'intimider les personnes qui doivent encore être entendues. La cour cantonale n'a donc pas violé l'art. 221 al. 1 let. b CPP en retenant le risque de collusion.