Citation: 6B_2/2024 E. 2.3.6

2.3.6. Il s'agit maintenant d'analyser si le recourant remplit les conditions cumulatives du cas de rigueur au sens de l'art. 66a al. 2 CP. En l'espèce, la cour cantonale a relevé que le recourant était arrivé en Suisse à l'âge adulte, en 2018 seulement. Il ne disposait d'aucun titre de séjour et faisait l'objet d'une décision de renvoi, ses chances d'insertion légale dans le pays étant nulles. Au titre de ses relations familiales, il ne faisait valoir que ses visites quotidiennes à sa mère, laquelle était arrivée en Suisse il y avait très peu de temps, alors qu'il indiquait ne plus avoir de contacts avec son père. Les contacts avec ses parents pourraient néanmoins se poursuivre au Kosovo, où ceux-ci pourraient rendre visite au recourant. Il avait encore de nombreux membres de sa famille et des amis au Kosovo, où il semblait retourner régulièrement. Son expulsion vers son pays d'origine ne l'exposait ainsi pas à une situation personnelle grave. La première condition du cas de rigueur n'étant pas remplie, il se justifiait de prononcer l'expulsion du recourant de Suisse pour une durée de 5 ans. Cette appréciation doit être confirmée. En effet, sous l'angle de la garantie du respect de sa vie privée d'abord, le recourant ne peut pas justifier d'une intégration réussie. Il n'est arrivé en Suisse qu'en 2018 et a travaillé dans notre pays sans autorisation entre mars 2019 et janvier 2022. Ayant fait l'objet d'une décision définitive et exécutoire de renvoi de Suisse, il ne dispose à l'heure actuelle d'aucun titre de séjour valable, un ultime délai pour quitter notre pays lui ayant été fixé au 30 avril 2022. Un éventuel droit à des cours séjours en Suisse, sans être soumis à l'obligation de visa, ne lui est d'aucune aide pour démontrer une intégration réussie dans notre pays. Le recourant ne fait également état d'aucune intégration sociale ou associative particulière en Suisse. Force est dès lors de constater qu'il ne peut pas se prévaloir du droit au respect de sa vie privée au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH. Sous l'angle de sa vie familiale, il sied de relever que le recourant est célibataire et n'a pas d'enfants. Il n'a plus de contacts avec son père et aucun de ses frères vit dans notre pays. Certes, la mère du recourant vit en Suisse. Il ne s'agit toutefois pas de la famille dite nucléaire au sens de la jurisprudence, le recourant étant âgé de 28 ans. Par ailleurs, la mesure n'empêchera pas le recourant d'entretenir des contacts avec elle par le biais des moyens de télécommunication modernes. Pour le reste, le recourant ne fait qu'opposer sa propre appréciation des preuves à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci aurait versé dans l'arbitraire. Le recourant échoue ainsi à démontrer une ingérence dans sa vie familiale au sens de l'art. 8 CEDH. Au vu de ce qui précède, l'expulsion du recourant ne le placerait pas dans une situation personnelle grave. Partant, la première des conditions cumulatives de l'art. 66a al. 2 CP n'est pas réalisée.