Citation: 6B_229/2021 E. 1

B.a. A.________ est né en 1993 à U.________. Ressortissant italien au bénéfice d'un permis d'établissement, il a effectué sa scolarité obligatoire en Suisse jusqu'en huitième année. Il a ensuite suivi un préapprentissage de poseur de sols pendant deux ans, qui s'est terminé prématurément, notamment en raison de son absentéisme. Il a alors effectué différents stages en entreprise mais n'a pas pu obtenir de place d'apprentissage en raison, d'après lui, de ses lacunes théoriques. Il a ensuite travaillé au C.________, activité qu'il a abandonnée car il avait retrouvé du travail sur un chantier. Avant sa mise en détention provisoire dans le cadre de la présente cause, il n'avait aucune activité lucrative et émargeait à l'aide sociale. Célibataire, il est le père d'une enfant née en 2013. Il voyait régulièrement sa fille avant son incarcération, à raison de trois fois par semaine, et aidait financièrement la mère de cette dernière lorsque ses moyens le lui permettaient. Ses parents, ses frères et soeurs ainsi que des tantes vivent en Suisse, plus particulièrement dans la région U.________. A.________ a expliqué qu'il ne s'était plus rendu en Italie depuis l'âge de 16 ou 17 ans, qu'il maîtrisait moyennement l'italien et qu'il n'avait plus que des tantes avec lesquelles il n'entretenait que peu de contacts dans ce pays. A l'audience d'appel, il a expliqué qu'il continuait son suivi psychiatrique en détention, que le traitement se passait bien, qu'il l'aidait à comprendre comment gérer ses pulsions et qu'il avait l'intention de poursuivre un tel suivi en dehors de la prison et de rester abstinent à l'alcool. Il a reconnu qu'il continuait à consommer du cannabis en détention, parce que la prison était dure. Il a enfin dit qu'il avait gardé son appartement et entrepris des démarches pour trouver un travail à sa sortie de détention; il voudrait avoir une vie normale et s'occuper de sa fille. A.________ a des dettes pour environ 30'000 fr. de factures et frais de justice impayés. B.b. Le casier judiciaire suisse de A.________ contient les inscriptions suivantes: - 24 mai 2012, Tribunal des mineurs de Lausanne, 8 jours de privation de liberté DPMin dont 5 jours avec sursis pour lésions corporelles simples et vol d'usage; - 3 juin 2013, Ministère public de l'arrondissement du Nord vaudois, peine pécuniaire de 30 jours-amende à 40 fr. et amende de 300 fr. pour opposition aux actes de l'autorité, vol d'usage d'un véhicule automobile et conduite d'un sans le permis de conduire requis; - 31 août 2016, Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne, peine privative de liberté de 6 mois avec sursis pendant 3 ans, prolongé d'une année le 12 décembre 2017, et amende de 800 fr., pour contrainte sexuelle; - 1er septembre 2017, Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, peine pécuniaire de 120 jours-amende à 30 fr. et amende de 600 fr. pour violation grave des règles de la circulation routière, opposition ou dérobade aux mesures visant à déterminer l'incapacité de conduire, violation des obligations en cas d'accident, conduite d'un véhicule défectueux, vol d'usage d'un véhicule automobile et conduite d'un véhicule automobile malgré le refus, le retrait ou l'interdiction de l'usage du permis; - 1er novembre 2017, Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, 100 jours-amende à 20 fr. pour dommages à la propriété et lésions corporelles simples; - 12 décembre 2017, Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, peine pécuniaire de 30 jours-amende à 20 fr. et amende de 500 fr. pour voies de fait (partenaire hétérosexuel ou homosexuel) et menaces (partenaire hétérosexuel ou homosexuel); - 24 octobre 2018, Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, peine pécuniaire de 40 jours-amende à 30 fr. et amende de 1000 fr. pour vol d'importance mineure, dommages à la propriété et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants. B.c. Le 5 octobre 2020, la Direction de la Prison de la Croisée a rendu un rapport au sujet de la détention de A.________. Il en ressort essentiellement que le comportement de l'intéressé répond entièrement aux attentes. B.d. En cours d'instruction, A.________ a été soumis à une expertise psychiatrique, confiée au Département de psychiatrie du CHUV. Les experts ont rendu un rapport daté du 1er novembre 2019, dont il ressort que l'intéressé présente une accentuation de certains traits de personnalité, une utilisation nocive pour la santé d'alcool ainsi qu'un syndrome de dépendance au cannabis, actuellement abstinent dans un environnement protégé. En raison de l'impulsivité qui le caractérise ainsi que de sa consommation d'alcool qui potentialise cette impulsivité et favorise un passage à l'acte, les experts ont estimé qu'au moment des faits, la responsabilité de A.________ était légèrement diminuée. Le risque que ce dernier commette des délits de même nature que ceux déjà commis antérieurement était élevé s'il venait à consommer de l'alcool de façon importante. En cas d'abstinence, le risque était moyen. Les experts n'ont recommandé aucune mesure ou traitement. Dans le chapitre «discussion», le rapport d'expertise relève notamment que l'intéressé présente une impulsivité marquée et que lorsqu'il désire obtenir quelque chose, la satisfaction de la pulsion prime au détriment des règles sociales. Il est également précisé qu'il présente des difficultés à se projeter dans le futur et à prendre en considération la conséquence de ses actes. Cela étant, à dires d'expert, A.________ ne présentait pas de critères suffisants pour retenir un diagnostic de trouble de la personnalité. B.e. Le Service de médecine et psychiatrie pénitentiaires a indiqué, dans un rapport du 8 mai 2020, que A.________ était suivi depuis le début de son incarcération et ce de façon mensuelle. Ce dernier se présentait régulièrement aux entretiens dont il était demandeur, il investissait l'espace thérapeutique, se montrait adéquat et compliant durant les entretiens. Il se montrait en outre désireux de continuer le suivi à sa libération. Le 8 janvier 2020, A.________ s'était adressé à la Fondation du Levant afin de bénéficier d'une prise en charge ambulatoire à sa sortie de prison. B.f. Le 12 avril 2019, vers 03h50, à Lausanne, alors qu'il était alcoolisé (0,71 mg/I à 04h15), A.________ a repéré B.________, qu'il ne connaissait pas, à la rue V.________ et l'a suivie jusqu'à l'entrée de son immeuble de la rue W.________, en lui faisant plusieurs compliments sur son physique tandis qu'elle marchait devant lui. Devant la porte, A.________ a abordé B.________ en lui demandant si elle vivait là et lui a déclaré de but en blanc : «on va le faire». Alors que B.________ avait composé le code d'entrée et ouvert la porte de l'immeuble, A.________, qui se trouvait alors à côté d'elle, s'est engouffré à sa suite. La jeune femme lui a demandé de partir et de la laisser, et a tenté de le repousser de ses mains et de lui refermer la porte au nez, sans succès. A.________ l'a immédiatement plaquée contre un mur et a repoussé son bras lorsqu'elle a essayé d'agripper la poignée et rouvrir la porte d'entrée afin de prendre la fuite. A.________ a ensuite passé une main par l'encolure du t-shirt de B.________ et une autre par-dessous l'habit pendant qu'il la maintenait contre le mur avec ses jambes et le poids de son corps. Il lui a caressé avec insistance et serré la poitrine à même la peau tout en lui enjoignant de se laisser faire. Puis, A.________ a déchiré le collant de B.________ au niveau de l'entrejambe et passé avec insistance sa main sur les parties génitales de celle-ci. Afin de le calmer et de le convaincre de la laisser ressortir, B.________ a alors raconté à A.________ qu'elle avait trop bu et qu'elle avait besoin d'air frais. Celui-ci ne lui a cependant pas répondu et est au contraire devenu plus insistant, de sorte que B.________ - qui s'était montrée plutôt expectante jusque-là pour ne pas le mécontenter - a pris conscience qu'elle ne réussirait pas à lui faire entendre raison et a commencé à se débattre plus ardemment, tentant de le repousser avec ses deux mains et lui balançant des coups de pieds, notamment dans et entre les jambes. Elle a finalement réussi à se soustraire de son emprise un bref instant et s'est précipitée vers l'ascenseur situé à l'opposé de la porte d'entrée. A.________ l'a retenue par les poignets tout en essayant de la tirer au sol. Toujours dans l'intention de la mettre par terre, il l'a poussée dans le dos et lui a donné un coup sur la tête, ce qui a eu pour effet de faire tomber la jeune femme sur ses genoux. Comprenant que si elle restait dans cette position, elle ne pourrait pas s'en sortir, B.________ s'est immédiatement relevée. A nouveau, A.________ l'a poussée et plaquée contre le mur, et il a repris ses attouchements au niveau de sa poitrine et son entrejambe. Par la déchirure qu'il avait précédemment faite dans son collant, A.________ a écarté la culotte de la jeune femme et lui a inséré un doigt dans le vagin, en faisant des mouvements de va-et-vient. Ensuite, comme elle se débattait toujours, A.________ lui a asséné un second coup de poing sur la tête, ce qui l'a à nouveau fait tomber à genoux. La jeune femme s'est alors mise à crier très fort. A.________ a continué quelques secondes encore à lui imposer des attouchements puis lui a donné un dernier coup sur la tête qui lui a effleuré la joue, avant de prendre la fuite. A la suite à l'agression, B.________ a souffert de douleurs à la mâchoire et à la tête, d'une ecchymose et de quelques dermabrasions sur le membre supérieur gauche.