Citation: 1C_503/2012 E. A

Le 21 juillet 2004, une altercation est survenue entre X.________ et Y.________. A un moment donné, Y.________ a asséné, au moyen d'un couteau suisse, plusieurs coups à X.________. Alors même que celui-ci implorait son agresseur, assis à califourchon sur lui, de l'épargner, Y.________ ne s'est arrêté que parce qu'un voisin, qui passait par là en voiture, est intervenu. X.________ a ainsi subi des lésions au niveau du cou, du bras, du thorax du ventre et du dos. Le rapport médical établi par l'institut universitaire de médecine légale retient que la vie de l'intéressé a été mise en danger, notamment en raison du type d'instrument utilisé et des endroits visés présentant un risque élevé de lésion des structures vitales. Depuis son agression, X.________ souffre de troubles psychologiques graves. Selon le Département universitaire de psychiatrie adulte des hospices cantonaux, l'incapacité de travail prolongée de l'intéressé était principalement motivée par des raisons d'ordre psychiatrique, celui-ci souffrant d'un état dépressif persistant lié à la perte de son intégrité physique et psychique ainsi que d'un stress post-traumatique secondaire lié à la violence de l'agression subie. Une expertise psychiatrique réalisée pour le compte de la SUVA le 30 octobre 2006 a abouti à des conclusions similaires. La pathologie évoquée semble par ailleurs avoir conduit X.________ à une consommation excessive d'alcool ainsi qu'à un geste suicidaire grave en septembre 2004: l'intéressé s'est planté un couteau dans le thorax à travers sa main droite, s'infligeant à cette occasion une coupure au niveau de l'index et du médius provoquant une section des tendons. On ignore à l'heure actuelle si la reconstruction chirurgicale du membre concerné et si la réadaptation postopératoire ont pu avoir lieu. Dans la dernière expertise psychiatrique de X.________ figurant au dossier et datée du 29 février 2008, il est relevé que l'intéressé, qui semble avoir fait deux autres tentatives de suicide en 2007, est plus calme et plus posé, que le syndrome de stress post-traumatique ne semble plus avoir un degré cliniquement significatif et que sa consommation d'alcool a pu être réduite. L'expert ne retient plus que les diagnostics de troubles dépressifs récurrents, actuellement en rémission, sous traitement, et une personnalité émotionnelle labile, de type impulsif. L'incapacité totale de travail se prolongeant, principalement pour des raisons d'ordre psychiatrique, X.________ s'est ensuite vu octroyer une rente entière d'invalidité à compter du 1er juillet 2005 à hauteur de 100 %, plus tard diminuée de moitié au vu de la gravité caractérisée de son propre comportement, constatée en dernière instance par le Tribunal des assurances dans un arrêt du 20 juin 2008.