Citation: 9C_80/2017 E. 5.2

5.2. Les fautes que le recourant impute à B.________ et à E.________ ne sont pas de nature à interrompre le lien de causalité entre ses négligences - du reste admises - et le dommage encouru par la caisse de compensation intimée. Tout d'abord, du point de vue formel, le recourant était administrateur unique de la société avec un droit de signature individuelle. Ainsi, il aurait pu aisément se renseigner périodiquement sur la marche des affaires, ce qui inclut notamment la surveillance du paiement des cotisations sociales paritaires (arrêt 9C_657/2015 du 19 janvier 2016 consid. 5.3 et les références), et prendre les mesures appropriées pour effectuer ces paiements. Le fait que - comme allégué par le recourant - les comptes individuels 2007-2009 n'indiquaient pas de dette concernant les cotisations arriérées ne lui est d'aucun secours. En effet, celui-ci n'établit pas qu'il a été empêché de prendre connaissance autrement de la situation comptable de la société. Au contraire, selon les constatations du tribunal cantonal (cf. consid. 12 du jugement du 30 septembre 2015), qui lient le Tribunal fédéral (cf. consid. 2 ci-dessus), il apparaît qu'il était bel et bien au courant des difficultés financières de la société, ce qui aurait dû l'inciter à vérifier si les paiements litigieux avaient été effectués. Ensuite, on ne peut pas suivre le recourant lorsqu'il affirme avoir été trompé par des manoeuvres fallacieuses de B.________ et E.________ dans la mesure où ceux-ci lui ont présenté des comptes 2007-2009 erronés visant à lui cacher le défaut de paiement à l'égard de la caisse de compensation. Le recourant aurait dû se renseigner bien avant sur la situation comptable de la société sans attendre la transmission de ces documents en octobre 2010, ce qui démontre qu'il ne s'est à aucun moment soucié de la situation comptable de la société. L'incertitude sur la date de la production des comptes 2007-2009 relevée par le recourant ne change rien à ce qui précède et est sans influence sur le sort du litige. En outre, le fait que B.________ ait opéré - sans raison apparente - des versements au propriétaire allégué de la société n'est pas non plus un argument en faveur du recourant. Compte tenu de ses pouvoirs, une fois remarquée l'existence de ces versements, il aurait pu sans difficultés retirer la procuration en faveur de B.________.