Citation: 5A_499/2023 E. 5.3

5.3. La recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement retenu que le montant de la contribution d'entretien prévue dans la convention ratifiée par le TPAE le 30 septembre 2015 serait de 800 fr. pour chaque enfant et non pas pour les deux. Les juges précédents ne se sont toutefois pas fondés sur cette décision pour arrêter les contributions d'entretien litigieuses, qu'ils ont recalculées sur la base de chiffres actualisés. Contrairement à ce que soutient la recourante, selon laquelle cette mention erronée laisserait subodorer qu'elle ne s'occupe pas des enfants de manière significative, le grief n'a donc aucune incidence sur l'issue du litige, en sorte qu'il est irrecevable. Il en va de même en tant que la recourante soutient que les loyers de ses domiciles antérieurs à celui qu'elle occupe actuellement auraient été arbitrairement constatés, dès lors qu'elle n'indique pas en quoi, ni a fortiori ne démontre, que ces charges auraient une quelconque influence sur son budget nouvellement établi par l'autorité cantonale. Quant à la prétendue violation de l'art. 276 CC, les arguments de la recourante ne sont pas convaincants. Elle se borne à soutenir, en bref, qu'elle s'occupe des enfants 40-50% du temps et que le disponible de l'intimé, qui bénéficie de surcroît des allocations familiales, est deux à trois fois supérieur au sien, même en tenant compte des impôts et des frais extrascolaires. Cette assertion ne trouve toutefois aucune assise dans les constatations de fait de l'arrêt attaqué, sans que la recourante se plaigne d'arbitraire à ce sujet (art. 106 al. 2 LTF). Elle ne saurait en outre tirer argument du fait que les parties s'occuperaient des enfants dans une mesure équivalente pour justifier la suppression des contributions mises à sa charge puisqu'au contraire, lorsque les parents se partagent la garde, tous deux doivent participer à l'entretien financier des enfants (parmi plusieurs: arrêts 5A_645/2022 du 5 juillet 2023 consid. 6.1.2; 5A_316/2022 du 17 janvier 2023 consid. 8.2 et l'autre référence). La part de prise en charge de la recourante est certes supérieure à celle qui résulte de l'octroi d'un droit de visite usuel en cas d'attribution exclusive de la garde. Or, le Tribunal fédéral a considéré qu'il n'était pas arbitraire de répartir l'entretien en espèces d'un enfant entre les parents selon le taux de prise en charge de chacun d'eux, dans un cas où celui qui n'avait pas la garde de l'enfant s'en occupait un jour par semaine en plus d'un week-end sur deux et de la moitié des vacances (arrêt 5A_117/2021 du 9 mars 2022 consid. 4.3, publié in FamPra.ch 2022 p. 1031). Une répartition des coûts des enfants a cependant bien été effectuée par l'autorité cantonale, la recourante ne devant supporter que leurs frais essentiels, ceci en dérogation au principe selon lequel il incombe au parent non gardien de subvenir exclusi-vement et entièrement à l'entretien en espèces (cf. supra consid. 6.1.2). Sur la base des faits constatés (art. 105 al. 1 LTF), on ne voit pas en quoi le montant de la participation financière de la recourante relèverait d'un abus du pouvoir d'appréciation de l'autorité cantonale. Elle ne fait d'ailleurs valoir aucun élément propre à remettre en cause cette appréciation. Par ailleurs, on ne discerne pas non plus de violation du droit fédéral en rapport avec les allocations familiales, celles-ci ayant été à juste titre déduites des coûts d'entretien des enfants (cf. par ex. l'arrêt 5A_615/2022 du 6 novembre 2023 consid. 5.1 et les autres références). Infondé, le grief doit dès lors être rejeté, autant qu'il est suffisamment motivé (art. 42 al. 2, 106 al. 2 LTF).