Citation: 4A_59/2024 E. 6

Dans un ultime moyen, le recourant se plaint d'une violation de l'art. 16 al. 5 et de l'art. 18 al. 2 CCNT. Il vise ici le constat de la cour cantonale selon lequel, dans le cadre de sa demande, le recourant s'est contenté, s'agissant de ses prétentions liées à des jours de repos et jours fériés non pris, de formuler un montant sans en détailler ou en exposer le contenu. Les juges cantonaux en ont retenu que le recourant n'avait pas collaboré activement à l'établissement des faits et qu'il n'était pas possible, sur la base des calculs de celui-ci, de déterminer à quelles dates il n'aurait pas pu prendre ses jours de repos et jours fériés et les motifs pour lesquels ces jours n'auraient pas pu être pris. Selon le recourant, l'instance précédente aurait dû prendre en considération le non-respect des obligations de l'intimée quant à l'enregistrement du temps de travail et l'admission par celle-ci d'une dette au titre de jours de vacances non pris. Sur cette base et du fait de sa position de partie faible au contrat, le recourant estime que les juges cantonaux auraient dû retenir qu'il devait bénéficier d'un allègement du fardeau de la preuve. Aussi, dès lors qu'une des fiches d'heures qu'il avait produite attesterait du fait qu'il n'a pas pu prendre les jours de repos prévus par la CCNT, ni les jours fériés, il n'y aurait pas eu lieu d'établir plus précisément les faits, ceux-ci permettant l'application de calculs au prorata prévus par la CCNT. Il prétend en conséquence qu'il ne pouvait lui être reproché un défaut de collaboration. On comprend de la motivation de l'arrêt querellé que plus que d'avoir véritablement manqué au devoir de collaborer à la preuve, la cour cantonale reproche en définitive au recourant de ne pas avoir satisfait à la charge de la motivation des allégués ( Substanziierungslast der Tatsachenbehauptungen; onere di sostanziare le allegazioni). Les juges cantonaux expriment en effet clairement que le seul élément factuel sur lequel le recourant entendait rattacher ses prétentions en indemnisation de jours fériés et jours de repos non pris consistait en une formule de calcul qui n'était pas explicitée dans les écritures. Comme l'a relevé la jurisprudence, la procédure probatoire ne sert pas à remplacer ou à compléter des allégations manquantes, mais présuppose au contraire de telles allégations (ATF 144 III 67 consid. 2.1). C'est dès lors en vain que le recourant se prévaut d'un allègement du fardeau de la preuve et se réfère aux pièces qu'il avait versées à la procédure, puisqu'il ne remet pas en cause qu'il n'a pas émis d'allégations suffisantes à soutenir ses conclusions en indemnisation de jours fériés et de jours de repos non pris. Ce grief tombe donc à faux.