Citation: 5A_74/2024 E. 8.3.1

8.3.1. En l'espèce, les critiques de la recourante s'agissant tout d'abord de l'existence de circonstances exceptionnelles ne sauraient prospérer. Certes, la Cour de justice a considéré que le manque d'implication n'était pas de nature à " limiter " les relations personnelles, donnant ainsi l'impression que le droit de l'intimé était par principe acquis, alors qu'il reste précisément exceptionnel dans le cas de l'art. 274a CC. Il n'en demeure pas moins qu'à l'instar de ce que la Cour de justice a estimé, les particularités du cas d'espèce constituent des circonstances exceptionnelles. L'enfant, née en octobre 2013, a été adoptée par la recourante et accueillie à Genève en août 2014. L'intimé - qui entretenait une relation amoureuse avec la recourante depuis le mois d'août 2012 déjà - a emménagé à Genève avec cette dernière et l'enfant, à tout le moins lors de l'été 2018, avant de se marier avec l'intéressée en mars 2019. Si les parties se sont définitivement séparées fin 2022, l'enfant a tout de même vécu plusieurs années avec le conjoint de sa mère, qu'elle appelait " papa ", et avec qui elle a établi un lien particulièrement étroit, de nature filiale, selon les faits constatés par la Cour de justice qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF). Il ne ressort en revanche pas des constatations cantonales que la mineure adoptée monoparentalement aurait une autre figure paternelle que l'intimé dans sa vie. Même si, comme la recourante le prétend, l'implication de l'intimé s'est limitée à des jeux, des activités sportives et des loisirs, l'importante figure d'attachement que représente l'intimé pour l'enfant démontre que, tout au long de ces années, l'intéressé a su, tel un père, se montrer disponible tant sur le plan temporel qu'émotionnel. La relation socio-affective étant ici déterminante, on ne saurait reprocher à la Cour de justice d'avoir considéré que les liens entre l'enfant et son beau-père étaient suffisamment étroits pour constituer des circonstances exceptionnelles. Quant à la seconde condition, à savoir l'intérêt de l'enfant, force est de constater que la recourante ne s'en prend pas véritablement aux motifs de la décision querellée (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF). Elle ne remet en effet pas en question l'appréciation de la Cour de justice qui a estimé que d'une part, le lien que l'intimé avait créé avec l'enfant apparaissait bénéfique à celle-ci et à son bon développement et que d'autre part, si l'intimé n'avait pas souhaité participer au projet d'adoption, comme le soutenait la recourante, il n'en demeurait pas moins qu'à cette époque, il était déjà avec la recourante et qu'au fil du temps et de sa relation avec elle, il avait tissé de forts liens avec l'enfant, et qu'il était dès lors dans l'intérêt de cette dernière de maintenir le lien (cf. supra consid. 3). Elle ne remet pas davantage en cause l'envie exprimée par l'enfant lors de son audition de voir son beau-père et de partager des activités avec lui (cf. supra let. B.c), laquelle constitue un critère primordial. Quant au grief de la recourante concernant le conflit opposant les parties - inhérent à toute séparation -, il n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation qui précède. Si le conflit a été qualifié d'important par le SEASP, il n'apparaît pas, au vu des faits constatés par la Cour de justice, dont l'arbitraire n'a pas été démontré (art. 105 al. 1 LTF), revêtir une intensité telle qu'il exclurait tout intérêt de l'enfant à poursuivre sa relation avec son beau-père. Quant à son argumentation relative au comportement prétendument dangereux et inquiétant de l'intimé, elle apparaît irrecevable, en tant qu'elle repose sur des faits qui s'écartent de ceux retenus dans la décision entreprise (cf. supra consid. 2.2; art. 106 al. 2 LTF). On relèvera encore que l'ordonnance du 23 mars 2023, confirmée par la décision litigieuse, a, d'une part, fait instruction à l'intimé de remettre les résultats de prise de sang concernant sa consommation d'alcool, lorsque le passage par le Point Rencontre ne serait plus en vigueur et, d'autre part, institué une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles, ce qui devrait être de nature à rassurer la recourante sur ce point. Partant, les critiques de la recourante sont impropres à démontrer que la Cour de justice aurait abusé du pouvoir d'appréciation (art. 4 CC) qui était le sien dans le cadre de l'application de l'art. 274a CC (cf. supra consid. 2.1 et 8.2.4), en considérant que les conditions pour accorder un droit de visite en faveur de l'intimé étaient réalisées. Pour autant que recevable, son grief doit donc être rejeté.