Citation: 6B_152/2014 E. 3.6.3

3.6.3. S'agissant des faits reprochés à l'intimé E.A.________, l'autorité précédente a pris acte que trois gardiens l'accompagnaient lorsqu'il a ramené le recourant en cellule et donc, selon le recourant, lorsqu'il a été remis dans la même cellule toujours munie du câble avec lequel il avait tenté quelques heures plus tôt de se pendre et des propos l'incitant au suicide proférés par l'intimé E.A.________. Les autorités précédentes n'ont pas identifié ces gardiens, ni ne les ont entendus afin qu'ils s'expriment notamment sur ce que les personnes présentes lors du transfert, en particulier l'intimé E.A.________, savaient de la tentative de suicide qui avait eu lieu quelques heures auparavant, sur la manière dont la remise en cellule s'est passée et sur le comportement de l'intimé E.A.________ à l'égard du recourant à cette occasion puis au cours de la nuit. En omettant d'identifier puis d'entendre ces témoins, les autorités précédentes ont violé le droit du recourant à une enquête approfondie et effective consacré par l'art. 3 CEDH et l'obligation d'instruire d'office découlant de l'art. 6 CPP. L'instruction devra également être complétée à cet égard. Face à deux versions contradictoires, dont l'une émise par un intimé refusant de révéler l'identité des personnes présentes au moment des faits, les autorités précédentes ne pouvaient retenir, sans autre mesure d'instruction, qu'il n'existait aucun soupçon justifiant une mise en accusation au sens de l'art. 319 al. 1 let. a CPP ou que les éléments constitutifs d'une infraction n'étaient pas réunis (art. 319 al. 1 let. b CPP). Ce faisant, elles ont violé cette disposition.