Citation: 1C_355/2019 E. 4.2.4

4.2.4. Face à ce raisonnement, les recourants se contentent d'affirmer qu'il n'existe aucune circonstance particulière qui devrait conduire à l'application de l'art. 26 al. 2 LaLAT. Ils avancent aussi que l'application de l'art. 26 al. 2 LaLAT dans ce cas particulier conduirait à porter une atteinte considérable tant à l'intérêt public prévu par la LPRLac de préservation des parcelles et leur végétation qu'à leurs intérêts privés (perte de vue sur le lac). Ce faisant, les recourants ne répondent pas réellement à l'argumentation approfondie et circonstanciée de la cour cantonale qui explique pourquoi elle a appliqué le régime de la zone 4B protégée à la configuration particulière des lieux. Il ressort en effet clairement de l'art. 26 al. 2 LaLAT que cette disposition vise à faire bénéficier les projets de règles de construction de la zone adjacente. L'application de cette norme dérogatoire implique donc que les principes qui régissent une zone s'effacent au profit de celle voisine. Dans la mesure où le projet litigieux a été mis au bénéfice de l'art. 26 al. 2 LaLAT, il n'est pas insoutenable de considérer que cette disposition entraîne l'application des prescriptions de la zone 4B protégée au détriment de celles prévues non seulement par la zone 5 mais aussi par la LPRLac, étant rappelé que celle-ci ne régit pas la partie de la parcelle située en zone 4B protégée. Cela est d'autant plus compréhensible que la zone 4B protégée et la zone protégée des rives du lac constituent deux zones à protéger au sens de l'art. 17 LAT (art. 29 al. 1 LaLAT). Ainsi, les recourants ne parviennent pas à démontrer le caractère arbitraire de l'argumentation de la Cour de justice, telle qu'exposée ci-dessus au considérant 4.2.3. De surcroît, il faut rappeler que, confronté à une décision cantonale fondée sur le droit cantonal et raisonnablement motivée, le Tribunal de céans s'impose une certaine retenue dans l'appréciation de circonstances locales dont les autorités cantonales ont une meilleure connaissance que lui (cf. ATF 138 II 77 consid. 6.4 p. 89; 137 II 152 consid. 5.4.1 p. 163; 121 III 75 consid. 3c p. 79). L'instance précédente était ainsi en droit d'admettre de manière soutenable que les règles de construction relatives à la zone 4B protégée trouvaient application en l'espèce par le biais de la dérogation de l'art. 26 al. 2 laLAT et que la LPRLac ne s'appliquait pas au projet litigieux.