Citation: I 454/04 04.10.2005 E. 3.4

3.4.1 A la suite du projet de décision du 1er février 2002, qui avisait la recourante que l'intimé n'entrerait pas en matière sur sa nouvelle demande, le docteur R.________, par lettre du 12 mars 2002, a invité l'office AI à reconsidérer sa position. Il faisait état d'une aggravation de l'état de santé de sa patiente depuis l'automne 2001. Produisant copie des rapports du docteur L.________ du 30 janvier 2002 et du docteur D.________ du 21 février 2002, il indiquait que les conclusions du docteur D.________ étaient qu'actuellement la patiente était dans l'incapacité totale de travailler, et que vraisemblablement elle le resterait quels que soient les traitements envisagés. De l'avis du docteur R.________, la recourante était incapable de travailler à 100 % pour une durée indéterminée. La lettre du docteur R.________ du 12 mars 2002 ne répond pas à toutes les exigences de preuve posées par l'art. 87 al. 3 RAI dans le sens de ce qui a été exposé au consid. 3.2 ci-dessus. Il s'agit d'un compte rendu sur l'état de santé actuel de la patiente, fondé sur les constatations effectuées par le docteur D.________ dans son rapport du 21 février 2002. Les considérations médicales du médecin traitant portent essentiellement sur l'incapacité de travail de la recourante. Ainsi que le relèvent avec raison les premiers juges, le docteur R.________ n'explique pas en quoi il y aurait eu aggravation de l'état de santé depuis l'automne 2001 par rapport à l'examen du professeur G.________ dans son expertise du 15 janvier 1999 et à l'examen du docteur N.________ dans son expertise du 6 novembre 2000. 3.4.2 Dans son rapport du 30 janvier 2002, le docteur L.________ indique que la patiente s'est présentée chez lui le 30 novembre 2001 de sa propre initiative avec un syndrome douloureux huméro-scapulaire droit. Après avoir exposé les problèmes de santé de l'assurée et le status au 30 novembre 2001, il a relevé sous la rubrique consacrée à l'appréciation et aux gestes diagnostiques que la patiente, comme le décrit l'évaluation psychosomatique, se focalisait sur ces douleurs et qu'elle était convaincue d'être la victime d'une « erreur médicale ». Le docteur L.________, spécialiste en anesthésiologie et médecin à la Consultation de la douleur de l'hôpital U.________, ne pense pas que les douleurs de la patiente « proviennent du psychisme » comme cela lui aurait été dit à plusieurs reprises. Il avoue qu'il n'arrive pas à cerner clairement l'étiologie du syndrome algique. De son côté, le docteur D.________, dans son rapport du 21 février 2002, indique que la patiente s'était présentée pour un consilium le 20 février 2002 à sa consultation. A son avis, il est possible que, malgré les observations des IRM de juin 1999 et décembre 2000, il y ait encore actuellement un état de rupture de la coiffe. Sur la base de son examen clinique, il partage l'opinion du professeur G.________ qui conclut qu'il n'y a vraisemblablement pas de capsulite rétractile. En revanche, le docteur D.________ pense que la coiffe des rotateurs n'est pas fonctionnelle. Les douleurs paraissent réelles. Selon lui, la description d'une tendinopathie au niveau de la coiffe des rotateurs sur l'IRM correspond peut-être à un tissu inflammatoire résiduel qui n'a pas cédé aux différents traitements chirurgicaux proposés. Il est clair aussi que la douleur est ressentie de manière très vive et que la limitation fonctionnelle correspond en partie à une réaction spastique, antalgique. Dans les différents avis donnés, il retient en particulier celui du docteur M.________, qui relève « une constellation symptomatique qui va dans le sens d'un conflit sous-acromial avec un syndrome neuro-méningé ». Un traitement test de mobilisation est proposé. Le docteur D.________ n'a pas réussi à savoir s'il avait été suivi de manière régulière. Ces propositions datent d'un an et pour sa part, il ferait les mêmes propositions. Si l'on ne renverse pas le cercle vicieux algique, ce praticien, spécialiste en chirurgie orthopédique, ne pense pas que l'on arrivera à enrayer cette évolution fonctionnellement catastrophique, qu'elle soit sur une base somatique pure ou psychosomatique. Dans tous les cas pour l'instant, la recourante apparaît dans l'incapacité totale de travailler. Son handicap l'empêche même d'effectuer de nombreuses tâches dans son ménage. Que ce soit le docteur L.________ dans son rapport du 30 janvier 2002 ou le docteur D.________ dans son rapport du 21 février 2002, aucun de ces spécialistes ne rendent plausible une modification déterminante des faits (art. 87 al. 3 et 4 RAI) par rapport à l'examen du professeur G.________ dans son expertise du 15 janvier 1999 et à l'examen du docteur N.________ dans son expertise du 6 novembre 2000. A juste titre, les premiers juges relèvent que la déclaration du docteur D.________, selon laquelle la patiente est pour l'instant dans l'incapacité totale de travailler, ne suffit pas à elle seule à rendre plausible une possible aggravation de l'état de santé de la recourante depuis la décision du 29 décembre 2000 de rejet de la demande, qui a acquis force de chose décidée. L'ensemble des faits évoqués par les docteurs L.________ et D.________ ne sont pas suffisants pour admettre que la recourante a rendu plausible une modification susceptible d'influer sur le droit aux prestations.