Citation: 5P.134/2004 19.05.2004 E. 4

Invoquant une violation arbitraire des art. 8 CC et 82 LP, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement admis que l'intimé a rendu vraisemblable sa libération en objectant la compensation. 4.1 L'autorité cantonale a admis le moyen libératoire pris de la compensation et refusé la mainlevée provisoire pour les motifs suivants: "En l'espèce, l'appelant a d'emblée invité l'intimée à faire face à ses responsabilités en posant un nouveau coffre à son domicile. Il l'a depuis lors toujours tenue pour responsable de son dommage et n'a eu de cesse d'en obtenir le remboursement. Son dommage n'a jamais été remis en cause par les assurances concernées et il ne saurait être remis en cause en l'état. Son existence est donc avérée, même s'il pouvait civilement en être tenu pour responsable. De son côté, l'intimée n'a pas réfuté sa responsabilité, dans un premier temps tout au moins, étant prête à s'en remettre à son assurance si celle-ci admettait le sinistre. Cela ne s'est pas avéré car les pièces nécessaires, selon l'assurance de l'intimée, n'ont pas été retrouvées, étant observé qu'il était fait référence à une transaction commerciale remontant à 1984. Eu égard à ces éléments, il y a lieu de considérer que l'appelant a rendu vraisemblable le motif de compensation et qu'il ne se contente pas de simples allégués de circonstances puisqu'il se propose de les faire valoir en justice, ce qui, en terme de frais engagés, lui en coûtera plus que s'il n'avait consenti à la présente poursuite". 4.2 Comme le relève à juste titre la recourante, ce dernier motif est insoutenable. Le simple fait qu'une partie se propose de faire valoir des "éléments" en justice ne permet pas de considérer qu'il ne s'agit plus d'allégations insuffisantes à rendre vraisemblable, en mainlevée provisoire, le moyen libératoire soulevé (cf. notamment Pra 2003 71 375 consid. 2.3 et les références). Il n'en demeure pas moins qu'en l'espèce la cour cantonale a par ailleurs considéré qu'au vu des éléments constatés sur la base des pièces déposées à l'appui de la demande civile, l'intimé a rendu vraisemblable la créance opposée en compensation. Or, la recourante ne critique pas cette motivation conformément aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, lequel impose de démontrer, par une argumentation précise, en quoi la décision attaquée repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêt cités). Elle ne conteste pas que l'intimé l'a d'emblée invitée à faire face à ses engagements en posant un nouveau coffre et l'a depuis lors toujours tenue pour responsable de son dommage, qu'elle-même n'a pas réfuté sa responsabilité, dans un premier temps du moins, et s'en est remise à son assurance, laquelle a refusé d'entrer en matière sur le sinistre. Elle critique les conclusions qu'en ont tirées les juges intimés, à savoir la vraisemblance de la créance compensante, mais se contente d'opposer - de façon appellatoire - sa propre appréciation de la situation, qui plus est, en se fondant sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt attaqué (cf. supra consid. 3).