Citation: 4A_296/2021 E. 5.4

5.4. La motivation de l'arrêt attaqué, pour le moins laconique, ne permet pas de déterminer les motifs qui ont guidé la cour cantonale et les éléments sur lesquels elle a fondé sa décision. Aussi la recourante n'était-elle pas en mesure de pouvoir l'attaquer en connaissance de cause. Les dispositions du droit cantonal genevois auxquelles se réfère l'autorité précédente dans la décision entreprise ne permettent pas d'y voir plus clair et de savoir comment le montant de l'indemnité alloué à titre de dépens a été arrêté. En effet, la mention de l'art. 88 RTFMC, disposition qui se rattache indubitablement au barème fixé à l'art. 85 al. 1 RTFMC, laisse de prime abord penser que la cour cantonale a fixé le montant de l'indemnité sur la base dudit barème. L'autorité précédente ne s'est toutefois en aucune manière référée à celui-ci, sans doute parce qu'elle n'était pas en mesure de chiffrer la valeur litigieuse, celle-ci ayant seulement été considérée par les juges cantonaux comme supérieure à 30'000 fr. Ceci tendrait dès lors plutôt à retenir que le montant des dépens a été fixé conformément à l'art. 85 al. 2 RTF et que l'art. 88 RTFMC était ainsi hors de cause. Il n'est cependant guère possible de déterminer clairement la manière dont la juridiction cantonale a arrêté l'indemnité allouée à titre de dépens et la Cour de céans ne peut vérifier si ladite indemnité demeure dans les limites du pouvoir d'appréciation dont jouit à cet égard l'autorité précédente. Il appert en outre que la cour cantonale a fait preuve d'un mutisme complet en ce qui concerne la note de frais présentée par la recourante. L'autorité précédente a en effet totalement passé sous silence le fait que la recourante avait présenté une note d'honoraires se montant à 46'299 fr. 80. Elle a également fait fi des observations déposées par les parties relativement à la question des dépens dans leurs courriers respectifs des 8, 24, 25 et 30 mars 2021. Force est pourtant de relever que la recourante, afin d'étayer sa note de frais détaillée et d'obtenir le montant qu'elle réclamait à titre de dépens, avait exposé diverses circonstances particulières justifiant, à ses yeux, de lui allouer le montant qu'elle avait articulé à titre de dépens. Dans son courrier du 8 mars 2021, l'intéressée avait notamment relevé qu'elle avait dû se déterminer dans l'urgence sur pas moins de 119 allégués; que les requérants avaient largement modifié leurs conclusions dans leur réplique; que ceux-ci avaient produit 84 pièces, certaines d'entre elles étant de surcroît volumineuses ou en anglais; que les requérants avaient refusé de produire certaines pièces, en invoquant le secret des affaires, ce qui avait compliqué la tâche de la recourante; que celle-ci avait dû faire face à quatre parties adverses, lesquelles invoquaient chacune des prétentions reposant sur un fondement juridique distinct. A la lecture de l'arrêt entrepris, force est de constater que la cour cantonale ne s'est nullement prononcée sur lesdites circonstances particulières invoquées par la recourante. Contrairement à ce que semblent soutenir les intimés, la simple mention, dans l'état de fait de l'arrêt entrepris, des divers courriers adressés par les parties à la cour cantonale ne permet pas de retenir que celle-ci aurait tenu compte des circonstances particulières alléguées par la recourante au sujet de la question des dépens, ni a fortiori d'aboutir à la conclusion qu'elle les aurait jugées implicitement non pertinentes. Il sied par ailleurs de souligner que la juridiction cantonale ne pouvait pas, nonobstant le fait qu'elle avait jugé irrecevables les faits nouveaux allégués par les parties dans la réplique, la duplique et leurs écritures postérieures, purement et simplement ignorer la note de frais produite par la recourante et les explications détaillées fournies par l'intéressée pour justifier ses honoraires. C'est le lieu également de préciser que les deux arrêts de la cour cantonale auxquels font allusion les intimés dans leur réponse ne permettent pas d'établir l'existence d'une pratique bien définie de la Cour de justice en ce qui concerne le montant des dépens généralement alloué dans des procédures similaires à la présente cause. Il y a ainsi lieu d'admettre que les circonstances particulières invoquées par la recourante exigeaient de la cour cantonale qu'elle motive, ne serait-ce que de façon succincte, sa décision sur les dépens, en se prononçant notamment sur les circonstances particulières mises en avant par la recourante. Ne l'ayant pas fait, l'autorité précédente a ainsi enfreint le droit d'être entendue de la recourante, ce d'autant que la Cour de céans n'est pas en mesure de déterminer les critères sur lesquels elle s'est fondée pour fixer le montant de l'indemnité allouée à titre de dépens.