Citation: 8C_8/2010 04.11.2010 E. 5

En l'occurrence, que l'on examine les circonstances du cas à l'aune de la jurisprudence sur le traumatisme psychique comme le voudrait le recourant ou à la lumière des critères objectifs tirés de l'ATF 115 V 133 comme l'ont fait les premiers juges, on doit dans les deux cas nier l'existence d'un rapport de causalité adéquate. 5.1 Un traumatisme psychique constitue un accident lorsqu'il est le résultat d'un événement d'une grande violence survenu en présence de l'assuré et que l'événement dramatique est propre à faire naître une terreur subite même chez une personne moins capable de supporter certains chocs nerveux. Mais seuls des événements extraordinaires propres à susciter l'effroi et entraînant des chocs psychiques eux-mêmes extraordinaires remplissent la condition du caractère extraordinaire de l'atteinte et, partant, sont constitutifs d'un accident (ATF 129 V 402 consid. 2.1 p. 404). Selon la jurisprudence, en effet, un traumatisme psychique devrait normalement, selon l'expérience générale de la vie, être surmonté au bout de quelques semaines ou mois (ATF 129 V 177 consid. 4.3. et les références p. 185). A été ainsi qualifié d'accident le traumatisme subi par une assurée qui se trouvait sur une petite île en Thaïlande lors du tsunami du 26 décembre 2004 (arrêt U 548/06 du 20 septembre 2007, in SVR 2008 UV n° 7 p. 22) ou encore celui du conducteur de locomotive qui s'est rendu compte d'avoir écrasé une personne qui s'était jetée sous sa machine (arrêt U 93/88 du 20 avril 1990, in RAMA 1990 n° U 109 p. 300). 5.2 En l'espèce, le fait d'avoir été mordu au pouce par une personne séropositive et porteuse d'une hépatite C ne présente pas les caractéristiques d'un événement extraordinaire propre à engendrer des troubles psychiques avec une incapacité de gain durable. Certes, le recourant est resté quelque temps dans l'incertitude d'une éventuelle contamination du virus HIV et de l'hépatite C. Il a cependant tout de suite été suivi médicalement et ses craintes ont pu être écartées assez rapidement (en décembre 2005, voire au plus tard en juin 2006). Quoi qu'en dise le recourant, on doit retenir que le traumatisme causé par un tel événement, devait normalement, selon l'expérience générale de la vie, être surmonté au plus tard à l'annonce des résultats médicaux définitifs qui ont confirmé la séronégativité. Les troubles psychiques qui ont fait l'objet d'un traitement médical à partir d'octobre 2006 et l'incapacité de gain qui s'en est suivie ne peuvent dès lors être considérés comme résultant d'une manière adéquate, et dans une certaine mesure caractéristique, des faits considérés (voir également les considérations médicales sur la personnalité du recourant contenues dans le rapport du docteur C.________ du 30 mars 2008). Le Tribunal fédéral a d'ailleurs déjà été amené à nier le caractère traumatisant d'un événement présentant des circonstances similaires (voir ATF 129 V 402). Il s'agissait dans cette affaire d'une employée d'exploitation d'un hôpital qui avait développé des troubles psychiques après s'être piquée, lors de la manipulation d'une poubelle, avec une aiguille sous-cutanée utilisée pour faire une injection à une patiente séropositive et atteinte d'une hépatite C. 5.3 Quant au résultat auquel sont parvenus les premiers juges en examinant la causalité adéquate sous l'angle des critères applicables aux troubles psychiques consécutifs à un accident de gravité moyen-ne, il n'est pas critiquable. Au regard du déroulement de l'agression, celle-ci ne peut pas être qualifiée de particulièrement impressionnante. On ne peut pas non plus parler d'une durée anormalement longue du traitement médical (selon des déclarations contradictoires au dossier la trithérapie préventive aurait duré un mois ou au plus six mois). Enfin, comme on l'a déjà dit, le fait que l'assuré a craint une contamination du virus HIV à la suite de la morsure de la jeune femme ne saurait être assimilée à l'existence d'une lésion corporelle grave propre à entraîner des troubles psychiques au-delà d'une période limitée dans le temps. Le recours se révèle par conséquent mal fondé.