Citation: 9C_468/2008 26.11.2008 E. 1

4.3 En réalité, la situation médicale de l'intimé a fait l'objet de deux évaluations probantes, l'une du docteur B.________ (cf. rapports des 13 avril 2006 et 7 décembre 2006 et déclarations du 31 mars 2008) et l'autre du docteur P.________ (rapport du 7 mars 2007), qui concordent quant au diagnostic (principal) posé (lombalgies chroniques dans un contexte de spondylolisthésis L5-S1) et les limitations fonctionnelles qui en découlent. La seule divergence déterminante du point de vue de l'assurance-invalidité entre les deux appréciations médicales porte sur l'incapacité de travail de l'intimé dans sa profession de dessinateur-électricien - considérée par la juridiction cantonale comme pleinement adaptée -, de 50 % pour le neurochirurgien et de 20 % pour le rhumatologue. Face à cette divergence, les premiers juges ont donné leur préférence aux conclusions du docteur B.________. Les motifs avancés par la juridiction cantonale pour ce faire ne résistent cependant pas à l'examen. En premier lieu, le fait que le spécialiste de X.________ n'a pas pris en considération une lésion du disque adjacent n'est pas déterminant, dès lors que la constatation des premiers juges sur l'existence d'une telle atteinte apparaît insoutenable. Ils se sont en effet fondés sur une simple hypothèse avancée la première fois par le docteur B.________ le 31 mars 2008, qui ne peut être vérifiée en l'état par des éléments objectifs. Contrairement à ce qu'a retenu l'autorité cantonale de recours, ni la dose de morphinomimétique prise par l'intimé, ni la discussion scientifique sur ce type d'atteinte dont le neurochirurgien a fait état de manière très vague ne constituent des éléments susceptibles de tenir en l'espèce pour établie - même au degré de la vraisemblance prépondérante - ladite lésion. Le fait que l'intimé souffre de douleurs - ce que corrobore la prise de médicaments visant à atténuer celles-ci - ne donne encore aucune indication quant à leur origine. De même, la référence, sans plus de précisions, à une discussion scientifique sur le sujet du "adjacent disc disease" ne suffit pas en soi pour confirmer dans le cas concret l'hypothèse d'une surcharge du disque adjacent. En second lieu, la nécessité d'une dose plus élevée que la normale de morphinomimétique (cf. déclarations du docteur B.________) - mentionnée par la juridiction cantonale pour conclure à une incapacité de travail de 50 % - constitue un indice important pour apprécier la réalité des douleurs dont se plaint l'intimé. Il ne s'agit en revanche pas d'un fait qui permette d'évaluer la mesure dans laquelle l'intimé est ou non capable d'exercer son activité professionnelle et, partant, de se prononcer sur la divergence qui oppose le docteur B.________ à son confrère P.________ sur ce point. Il en va de même des autres circonstances prises en compte par les premiers juges: ni le fait que l'intimé a aménagé ses tâches afin d'être en mesure de les assumer, ni l'attestation de l'employeur qui l'estime incapable de travailler pendant plus de quatre heures par jour ne constituent des éléments susceptibles de se prononcer en faveur de l'une ou l'autre évaluation médicale de la capacité de travail. Comme l'a rappelé la juridiction cantonale, il appartient au médecin de porter un jugement sur l'état de santé de l'assuré et d'indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités celui-ci est (in)capable de travailler; les indications de l'employeur ou les efforts déployés par l'assuré ne peuvent pas remplacer, infirmer ou confirmer les conclusions médicales sur la capacité de travail. 4.4 En conséquence de ce qui précède, on constate qu'à défaut de reposer sur des motifs objectifs et convaincants, l'appréciation des preuves de la juridiction cantonale - qui a conduit à écarter l'avis du docteur P.________ et constater une incapacité de travail de 50 % - est contraire aux règles sur la libre appréciation des preuves. Le jugement entrepris doit dès lors être annulé et la cause renvoyée à l'autorité cantonale de recours pour qu'elle procède conformément au droit. Afin de trancher la divergence qui oppose les docteurs B.________ et P.________ sur un point essentiel pour apprécier le droit aux prestations de l'intimé, elle pourra par exemple les interpeller pour que chacun se prononce sur l'opinion et les objections de l'autre ou mettre en oeuvre une expertise judiciaire. Le recours doit être admis dans ce sens.