Citation: 5A_721/2024 E. A

A.a. A la suite d'un signalement le 29 janvier 2024 du Dr B.________ du Centre médical C.________ mentionnant de possibles maltraitances, l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte de Delémont (ci-après: l'APEA) a ouvert une instruction en vue de potentielles mesures à prendre en faveur de A.________ (ci-après: la personne concernée ou la recourante), née en 1935. A.b. Dans son rapport d'évaluation sociale du 24 mai 2024, l'assistante sociale a relevé que la personne concernée vivait seule avec sa fille dans une maison dont elle détenait l'usufruit et dont ses enfants étaient copropriétaires. Elle a indiqué que lors de la visite à domicile, elle avait observé des conditions de vie parfaitement adéquates. Au niveau de sa santé, elle a exposé qu'elle était suivie par le Dr B.________. Le rapport relève que si la personne concernée estimait ne pas rencontrer de problèmes particuliers, hormis des difficultés de mobilité en raison de sa hanche et d'un manque d'équilibre, et ne pas avoir besoin de soins à domicile ni d'aides familiales, ses filles l'aidant pour les courses et le ménage, tel n'était pas le cas du Dr B.________ qui indiquait au contraire, dans son attestation médicale du 10 avril 2024, qu'elle avait besoin d'aide pour sa représentation légale, la gestion de ses revenus et/ou biens, ainsi que pour les aspects médicaux et qu'elle était incapable de discernement durablement. S'agissant de la gestion de ses affaires, l'assistante sociale a indiqué dans son rapport que, selon le registre des poursuites, la personne concernée n'avait pas de dettes. Au cours de son mariage, c'était son mari qui gérait leurs affaires financières et administratives; depuis la maladie de ce dernier, sa fille D.________ la soutenait, étant encore précisé que ses deux filles détenaient des procurations à la banque. L'assistante sociale a encore indiqué que si la personne concernée savait qu'elle avait un compte auprès de la Banque E.________, elle était restée en revanche confuse sur la détention d'autres comptes, ne sachant pas où se trouvaient ses relevés bancaires. Le rapport indique encore que les extraits de comptes transmis à l'assistante sociale faisaient état de retraits pour plus de 20'000 fr. entre le 16 janvier 2024 et le 4 avril 2024, qu'elle percevait une rente de 2'120 fr. et que la vente de terrains agricoles lui avait procuré un capital de 64'180 fr. 25 en décembre 2023, passé à 48'604 fr. 40 quatre mois plus tard. Dans son rapport, l'assistante sociale a également précisé que la personne concernée ne semblait jamais avoir géré ses affaires administratives et financières de façon autonome. Lors de l'entretien, elle était apparue confuse et avait reconnu être soutenue par ses enfants, notamment sa fille D.________. Si elle déclarait n'avoir aucun problème de santé, cette appréciation était contredite par l'attestation médicale du Dr B.________. Le retrait régulier de sommes conséquentes soulevait par ailleurs d'importants questionnements, notamment par rapport à un possible abus de faiblesse. L'assistante sociale a encore ajouté que la personne concernée n'avait pas pu dans un premier temps donner d'informations claires à ce sujet; celle-ci l'avait ensuite rappelée pour expliquer qu'elle allait chercher de l'argent pour payer ses factures dans un discours qui semblait comme préparé. Le rapport indique que l'intéressée refuse catégoriquement une mesure de protection. Au terme de son évaluation, l'assistante sociale a relevé un état de faiblesse (âge et santé) et un besoin de soutien dans les domaines médical et de la gestion financière et administrative. Elle a également indiqué que le Dr B.________ avait retenu une incapacité de discernement durable et confirmé, à l'instar des soins à domicile, l'existence d'un important conflit familial, de sorte que le soutien nécessaire ne pouvait être apporté par l'entourage familial. A.c. La personne concernée a été entendue par l'APEA le 18 juin 2024 et s'est encore déterminée par l'intermédiaire de son mandataire le 3 juillet 2024.