Citation: 2C_1046/2020 E. 7.2

7.2. Un tel examen suppose toutefois que l'ensemble des questions juridiques puissent être traitées sur la base des faits retenus dans l'arrêt attaqué, dès lors qu'il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'établir les faits et d'apprécier les preuves (cf. art. 105 al. 1 LTF). Or, tel n'est pas le cas en l'espèce. En effet, on ignore tout d'abord la situation de l'épouse du recourant et du couple, de sorte qu'on ne peut pas confirmer la réalisation des conditions à un regroupement familial fondé sur l'ALCP (sur ces conditions, cf. ATF 144 II 1; 139 II 393; 130 II 113). Ensuite, l'arrêt entrepris contient très peu d'informations au sujet de la condamnation pénale de janvier 2017, de la dangerosité du recourant que l'on peut en déduire et du risque de récidive, qui est pourtant un élément déterminant sous l'angle de l'art. 5 annexe I ALCP (cf. supra consid. 6.2). Le Tribunal cantonal a en effet refusé les requêtes du recourant tendant à la production du dossier pénal, ainsi que du dossier relatif à l'exécution de la peine, au motif notamment que le risque de récidive n'était pas un élément important dans le cadre d'un examen fondé sur le droit interne (arrêt entrepris, point 8.2.2 p. 12). Il n'a en outre pas examiné, ni apprécié les pièces figurant au dossier qui pourraient renseigner sur le point de savoir si le recourant constitue une menace réelle et actuelle d'une certaine gravité pour l'ordre et la sécurité publics. A tort, comme le relève le recourant, dont la critique relative aux faits (cf. supra consid. 4) apparaît dès lors également bien fondée. Au sujet du risque de récidive, l'arrêt entrepris fait uniquement état des rapports de probation des 28 mai et 26 septembre 2018, qui ont retenu que le risque était faible. Cette indication pourrait plaider en faveur du recourant. On ne saurait toutefois tirer de conclusion sur la base de ce seul élément, qui n'a pas été actualisé. En définitive, établir si le recourant constitue une menace actuelle et réelle d'une certaine gravité pour l'ordre et la sécurité publics requiert un examen circonstancié (cf. sur tous les éléments à prendre en compte, ATF 139 II 121 consid. 5.3 et les arrêts cités), qui nécessite de disposer d'informations beaucoup plus détaillées et précises que celles contenues dans l'arrêt attaqué. Au surplus, quand bien même ces informations résulteraient déjà du dossier, il n'appartiendrait pas au Tribunal fédéral d'apprécier pour la première fois la portée de pièces au sujet desquelles le Tribunal cantonal ne s'est pas prononcé.