Citation: 1B_544/2022 E. A

A.a. B.________ SA, dont le siège est à la rue U.________ à Genève, est en particulier active dans le commerce de pierres précieuses. Elle exploite notamment la bijouterie C.________, laquelle se trouve à l'adresse susmentionnée. Quant à A.________ Limited, il s'agit d'une société sise à Hong Kong (Chine), également active dans le commerce de pierres précieuses. Gemological Institute of America (ci-après : GIA), à New York (Etats-Unis d'Amérique) est un institut de référence dans le domaine de la gemmologie, compétent pour classifier et identifier des diamants, ainsi que pour délivrer les certificats d'identification nécessaires à leur commerce. A.b. Le 28 septembre 2018, vers midi, la police a été informée du vol de 24 diamants ronds - allant de 5.47 à 21.14 carats - au sein de la bijouterie C.________ pour une valeur de 16 à 18 millions de francs suisses; ces pierres n'étaient pas accompagnées de leurs certificats GIA. Ce même jour, le gérant de la bijouterie a déposé plainte. Il a produit deux documents énumérant les diamants volés, ainsi que des copies de leurs certificats GIA; il en ressort en particulier que le diamant rond de 21.14 carats - numéro de certificat xxx - figure sur une liste à l'en-tête de la société D.________ SA, dont le siège se trouve également à la rue U.________ à Genève. Le 5 octobre 2018, B.________ SA, par l'intermédiaire de son administrateur président, a déposé plainte. Elle a, en parallèle, également informé GIA du vol dont elle avait été la victime, lui adressant une liste des diamants volés, ainsi que leurs numéros de certificat. A la mi-avril 2019, GIA a informé la police de la découverte d'un sixième diamant provenant du lot dérobé à Genève; les pièces retrouvées préalablement par l'institut avaient, pour la plupart, été retaillées et leur numéro de sérié effacé; en ce qui concernait la nouvelle pierre, il s'agissait d'un diamant rond taillé 20.33 carats, numéro de certificat xxx, lequel pesait initialement 21.14 carats (ci-après le diamant n° xxx); cette pierre avait été envoyée par E.________ de la société A.________ Limited. Selon les explications fournies à la police par le conseil de E.________, celui-ci avait acquis le diamant au début du mois de mars 2019 auprès d'un couple dont il ne savait rien pour un montant de USD 600'000.-; aucun contrat n'avait été signé, les ventes à Hong Kong se concluant par une poignée de mains et le mot "Mazal" (soit "marché conclu" en yiddish, expression servant de laissez-passer dans les quartiers diamantaires); le certificat reçu avec la pierre a été produit (cf. le rapport de renseignement du 4 juillet 2019). Par courrier du 18 avril 2019, GIA a informé B.________ SA et A.________ Limited que le diamant rond de 20.33 carats, qui lui avait été soumis par la seconde précitée, était identique ou substantiellement similaire ("the same or substantially similar") à celui déclaré perdu ou volé ("lost or stolen") par B.________ SA avec le numéro de certificat xxx. Dès lors que les deux sociétés en revendiquaient la propriété et qu'au vu des accords signés par les parties avec GIA, celui-ci était compétent pour résoudre de tels litiges, un délai de soixante jours a été imparti aux deux sociétés pour faire parvenir à GIA un accord ou entamer une procédure judiciaire visant à identifier le propriétaire légitime. Le 17 juin 2019, A.________ Limited a introduit une action devant les tribunaux de Hong Kong, concluant en substance à la constatation de son droit de propriété sur le diamant n° xxx; cette procédure était, au 20 septembre 2022, toujours pendante. B.________ SA et D.________ SA ont, le 24 juillet 2019, introduit une action devant la Cour suprême de l'Etat de New York afin de faire constater que A.________ Limited n'avait pas acquis le diamant n° xxx de façon régulière et d'en obtenir la restitution. Par décision du 4 mai 2020, la Division commerciale de cette juridiction s'est déclarée incompétente, le fait d'envoyer le diamant n° xxx pour notation à New York n'étant pas suffisant pour y créer un for; le diamant n° xxx devait ainsi rester en possession de GIA dans l'attente d'un accord des parties ou d'instructions du tribunal de Hong Kong, lequel était compétent à raison de la matière. A la suite de l'appel déposé par B.________ SA, la Division d'appel de la Cour suprême de l'Etat de New York a retenu, le 6 avril 2021, que tant les juridictions hongkongaises que celles suisses étaient compétentes, précisant que ces dernières étaient préférables ("Both Hong Kong and Switzerland are adequate alternative forums with Switzerland being the preferred one"); il a été ordonné que le diamant n° xxx reste en possession de GIA dans l'attente d'un accord des parties ou d'instructions d'un tribunal compétent. Le 29 novembre 2019, B.________ SA a requis auprès du Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) qu'il émette une commission rogatoire en vue de faire séquestrer le diamant n° xxx auprès de GIA; B.________ SA craignait que cette pierre ne soit remise à A.________ Limited à l'issue de la procédure hongkongaise. Par ordonnance du 20 décembre 2019, le Ministère public a ordonné le séquestre, en mains de GIA, du "diamant rond taillé 20.33 carats, numéro de certificat xxx, lequel pesait initialement 21.14 carats"; cette décision a été notifiée à l'institut par la voie de l'entraide. Par courrier du 23 novembre 2020, B.________ SA a sollicité du Ministère public qu'il atteste, au regard de la procédure et des pièces en sa possession, du fait qu'elle était la légitime propriétaire du diamant n° xxx. Le Ministère public a, le 16 décembre suivant, répondu comme suit : "Sur votre demande, le Ministère public de Genève vous confirme que le diamant rond de 20.33 carats, dont le poids initial était de 21.14 carats (numéro de certificat : xxx) est la propriété de B.________ SA. Ce diamant faisait partie du lot de diamants, tous propriété de B.________ SA, et qui lui ont été dérobés à Genève entre les 24 et 26 septembre 2018". Selon le courrier du 2 juillet 2021 adressé au Ministère public de la part de B.________ SA, la lettre précitée avait été transmise, par l'intermédiaire de son avocat new-yorkais, à GIA afin de récupérer le diamant n° xxx; l'institut n'ayant pas donné suite à cette demande, B.________ SA sollicitait du Ministère public qu'il confirme la teneur de son courrier et invite GIA à lui restituer le diamant n° xxx, au besoin par le biais d'une demande d'entraide. Par requête du 27 décembre 2021, B.________ SA a introduit une action mobilière contre A.________ Limited, assortie d'une demande de mesures superprovisionnelles et provisionnelles, auprès du Tribunal de première instance de la République et canton de Genève (ci-après : le Tribunal de première instance), concluant à ce qu'il soit fait interdiction à A.________ Limited de se dessaisir du diamant n° xxx et/ou d'instruire ou d'autoriser GIA à se dessaisir deladite pierre. Ce même jour, le Tribunal de première instance a fait droit à la requête sur mesures superprovisionnelles. Le 7 avril 2022, la demande a été déclarée irrecevable, faute de compétence à raison du lieu. B.________ SA a retiré l'appel formé contre cette décision. Par ordonnance du 10 mai 2022, le Ministère public a notamment ordonné le séquestre, "en vue de [sa] restitution[...] à B.________ SA", du "diamant rond de 20.33 carats, dont le poids initial était de 21.14 carats (numéro de certificat : xxx), étant précisé que cette pièce pourrait se trouver, à l'heure actuelle, en mains de GIA New York". Il a considéré qu'il ressortait de la procédure que ce diamant était la propriété de B.________ SA et faisait partie du lot de diamants, tous propriétés de B.________ SA, qui lui avait été dérobé à Genève entre les 24 et 26 septembre 2018. Cette décision a été transmise à l'Office fédéral de la justice.