Citation: 5A_82/2024 E. 3.1

3.1. L'autorité cantonale a tout d'abord déclaré irrecevables les explications factuelles données par la recourante dans son recours, au motif que celle-ci ne les avait pas fait valoir en première instance. S'agissant de la réduction du temps des opérations et de la suppression de certaines d'entre elles (soit 6h40 pour la prise de connaissance de courriers qui n'impliquaient qu'une brève lecture cursive, 1h30 pour des avis de transmission adressés par courriels), l'autorité cantonale a jugé qu'il s'agissait d'une cause de mesures protectrices de I'union conjugale et d'une note intermédiaire, celle-ci supposant encore une rémunération supplémentaire, que le montant alloué à ce titre était déjà élevé et qu'il appartenait aussi à la recourante d'informer son mandant qu'elle ne pouvait lui consacrer tout le temps souhaité pour lui expliquer le déroulement de la procédure. En outre, le relevé de la recourante montrait, sur plus de six pages, une multitude d'opérations, plusieurs souvent indiquées le même jour, ce qui apparaissait, dans son ensemble, excessif. En reprenant cette liste, on constatait que le premier juge avait retranché les opérations chaque fois qu'il avait vu la mention " reçu et examiné " et celle " transmis dito " simultanément le même jour. Selon l'autorité cantonale, on ne discernait aucun arbitraire dans cette démarche sur le plan factuel, tant il était vrai que la lecture d'une lettre ou d'un e-mail ne prenait pas les 5 ou 10 minutes systématiquement facturées pour des opérations de ce genre. Concernant le temps imparti à la rédaction des réponses sur requêtes en mesures protectrices de I'union conjugale et en protection de la personnalité, l'autorité cantonale a jugé que 3 heures étaient raisonnables compte tenu de la nature provisionnelle de la cause et de la faible complexité de la cause pour un avocat expérimenté. Elle a précisé que la réduction du temps de travail de 3h30 était d'autant plus justifiée que les réponses portaient uniquement sur les faits, lesquels étaient allégués en complément de ceux allégués par la partie adverse et ne contenaient aucune partie "droit". Quant à l'élaboration d'un bordereau, l'autorité cantonale a considéré que son nombre de pages élevé, 74 en l'occurrence, ne pouvait justifier de retenir une durée plus élevée, dès lors qu'elle constituait un travail de secrétariat. Sur la base de ces éléments, elle a conclu que la réduction du temps consacré aux opérations était justifiée et elle a confirmé I'indemnité d'office allouée en première instance.