Citation: 6B_800/2014 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a jugé que le faisceau d'indices réunis ne laissait subsister aucun doute raisonnable. Si la victime souffrait notamment de troubles de la mémoire et présentait un taux d'alcoolémie de 1,55 pour mille lorsqu'elle a été entendue par la police deux heures après les faits, elle n'en avait pas moins donné immédiatement des détails précis (agresseur parlant un très mauvais français même s'ils se comprenaient ; signalement : 40 ou 50 ans, type de l'Est, 170/175 cm, trapu, cheveux noirs mi-longs, barbe assez longue de même couleur, blouson de sport et caleçon sous son pantalon). Elle avait reconnu son agresseur sur la photo prise par un policier qui s'était rendu, au terme de l'audition, au campement, qui était presque vide, et y avait rencontré X.________. Elle avait à nouveau reconnu son agresseur de dos sur les lieux où elle s'était rendue avec la police. Si elle n'avait pas été en mesure d'identifier X.________ formellement sur planche-photo lors d'une nouvelle audition environ une année plus tard, elle avait estimé que son agresseur ressemblait à la photo n° 8 (X.________) et confirmé qu'il était bien la personne qu'on lui avait montrée sur la photo le jour de l'agression. Elle avait aussi indiqué, lors d'une confrontation (30 juin 2013), que X.________ ressemblait beaucoup à son agresseur, même s'il lui était difficile d'être complètement affirmative. Selon la cour cantonale, ces hésitations s'expliquaient par l'écoulement du temps et par le fait que X.________ avait modifié ses caractéristiques physiques (barbe et coiffure). Rien ne donnait à penser que A.________ pourrait délibérément mettre en cause un innocent et la prudence dont elle avait fait preuve durant ses auditions plaidait en sens contraire. Aucun indice n'avait confirmé l'alibi invoqué par le recourant. Alors que la plaignante avait notamment fondé l'identification de son agresseur sur la veste de celui-ci, X.________ avait confirmé qu'il s'agissait bien de son vêtement et n'avait pas convaincu en expliquant qu'il avait pu le prêter. La question de la langue n'était pas déterminante. Si X.________ n'était que difficilement en mesure de tenir une conversation en français et ne pouvait échanger que des mots basiques, il était en mesure d'offrir une bière. Les explications du témoin B.________ sur ce point ne permettaient pas de conclure que le prévenu aurait été incapable de discuter quelques minutes avec A.________ alors que celle-ci avait toujours indiqué que son agresseur parlait « un très mauvais français » et qu'il ressortait clairement de l'instruction que le contenu de la conversation était peu élaboré. L'appréciation par la plaignante de la durée de la conversation pouvait être exagérée dès lors qu'elle n'avait pas été en mesure d'en indiquer le contenu au-delà des deux phrases mentionnées et qu'il était courant que la perception du temps par les victimes fût faussée. Enfin, le prévenu avait à nouveau commis des actes de violence physique dans le contexte d'une agression à caractère sexuel, ce qui montrait qu'il était capable de violence.