Citation: 7B_57/2022 E. 6

6.1 L'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF subordonne la qualité pour recourir de la partie plaignante à la condition notamment que la décision attaquée puisse avoir des effets sur le jugement de ses prétentions civiles. Constituent de telles prétentions celles qui sont fondées sur le droit civil et doivent en conséquence être déduites ordinairement devant les tribunaux civils. Il s'agit principalement des prétentions en réparation du dommage et du tort moral au sens des art. 41 ss CO (ATF 146 IV 76 consid. 3.1; 141 IV 1 consid. 1.1). En revanche, n'appartiennent pas à cette catégorie les prétentions fondées sur le droit public (ATF 125 IV 161 consid. 2b). De jurisprudence constante, en effet, la partie plaignante n'a pas de prétention civile si, pour les actes reprochés au prévenu, une collectivité publique assume une responsabilité de droit public exclusive de toute action directe contre l'auteur (ATF 146 IV 76 consid. 3.1; 138 IV 86 consid. 3.1; 133 IV 228 consid. 2.3.3). 6.2 En l'espèce, l'arrêt attaqué n'a pas formellement tranché la question de la qualité de partie plaignante de la recourante, qu'elle a laissée indécise, considérant qu'il convenait de toute manière de rejeter le recours sur le fond (cf. arrêt entrepris, p. 5). Dès lors, ni la recourante, ni a fortiori le recourant ne sont légitimés à attaquer la motivation de l'arrêt cantonal sur ce point. Leurs griefs à cet égard, qui ne sont pas de nature à conduire à une décision juridiquement plus favorable, sont par conséquent irrecevables. Quant à la question de savoir si la recourante dispose de la qualité de partie plaignante, respectivement d'un intérêt juridique à la réforme de la décision attaquée, en tant qu'elle porte sur l'ordonnance de non-entrée en matière, au sens de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF, elle peut demeurer indécise au vu de ce qui suit. 6.3 Les recourants concluent en particulier à l'annulation de l'arrêt entrepris et de l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 18 août 2022 par le Ministère public, respectivement à ce que la Juge D.________ soit reconnue coupable d'atteinte à l'honneur, "notamment en application des art. 173 et suivants du Code pénal (CP), notamment pour calomnie, le cas échéant, pour diffamation, le cas échéant pour injure". Ils réclament à ce titre la réparation de leur tort moral ainsi que le paiement d'une juste indemnité pour les dépenses occasionnées par la procédure au sens de l'art. 433 CPP. Or la Juge D.________ est une magistrate de l'Etat de Fribourg et les reproches des recourants se rapportent à un comportement qu'elle aurait adopté dans l'exercice de sa fonction, de sorte que seul ce canton répond d'un éventuel dommage, les prénommés ne disposant d'aucune action directe contre cette magistrate (cf. art. 6 de la loi fribourgeoise du 16 septembre 1986 sur la responsabilité civile des collectivités publiques et de leurs agents [LResp; RSF 16.1]; cf. ATF 146 IV 76 consid. 3.1; arrêts 7B_397/2023 du 5 décembre 2023 consid. 1.2.2; 6B_1235/2022 du 30 novembre 2022 consid. 4). Pour le surplus, outre qu'aucune des hypothèses visées à l'al. 2 de l'art. 433 CPP n'est réalisée en l'espèce, du moins les recourants ne le prétendent pas, il est relevé que les frais d'avocat ne constituent pas des prétentions civiles au sens de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF (cf. parmi de nombreux arrêts: 6B_1450/2021 du 28 avril 2023 consid. 1.3.1; 6B_1345/2019 du 9 décembre 2019 consid. 2.2), susceptibles de fonder la qualité pour recourir auprès du Tribunal fédéral de celui les réclamant. Les recourants, qui ne consacrent aucun développement à ces questions, ne démontrent par conséquent pas avoir la qualité pour recourir sur le fond en application de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF. Partant, il n'y a pas lieu de se prononcer sur leur argumentation développée en lien avec le bien-fondé de l'arrêt entrepris confirmant la décision de non-entrée en matière rendue le 18 août 2022. Cela rend également sans objet leur conclusion en constatation de l'acceptation tacite, par la Juge D.________, de la levée de son immunité au sens des art. 111 LJ et 173 LGC, respectivement leur conclusion tendant à ce que l'autorité compétente lève son immunité au sens de ces dispositions, puisqu'elles n'ont une pertinence qu'en cas d'instruction pénale. Il en va de même de la demande des recourants tendant à la constatation de la "nullité absolue" de l'ordonnance de non-entrée en matière du 18 août 2022, de l'ordonnance rendue le 25 octobre 2022 et de l'arrêt entrepris, au motif que ces décisions seraient affectées des "vices les plus graves". En tant que les développements des recourants à cet égard ne visent en réalité qu'à établir leurs accusations, respectivement à ce que l'instruction se poursuive, ils ne se prévalent d'aucun moyen qui peut être séparé du fond et leurs griefs ne sauraient non plus fonder leur qualité pour recourir. En tout état de cause, les recourants ne font valoir aucun vice particulièrement grave (cf. les considérants qui suivent) qui affecterait les décisions précitées et qui justifierait leur nullité absolue, celle-ci n'étant admise qu'à des conditions très restrictives (sur ces conditions: cf. ATF 148 IV 445 1.4.2; 147 IV 93 consid. 1.4.4; 147 III 226 consid. 3.1.2) 6.4 L'hypothèse visée à l'art. 81 al. 1 let. b ch. 6 LTF n'entre pas non plus en considération. En effet, dans la mesure où les recourants relèvent notamment qu'un "avocat dispose bien du droit de demander à une autorité pénale impartiale et indépendante d'examiner si l'utilisation par la magistrate en cause du terme sexiste dans un acte de procédure officiel est constitutive d'une infraction pénale", ils n'invoquent pas une violation de leur droit de porter plainte au sens des art. 30 à 33 CP; ils contestent en réalité la décision attaquée sur le fond, ce qu'ils ne sont pas légitimés à faire. Il en va de même de la mise à leur charge des frais et de la dénonciation du recourant à la Commission du Barreau, qui sanctionnerait, selon eux, leur droit de porter plainte. Quoi qu'ils en disent, leurs critiques à cet égard n'ont aucun lien avec une éventuelle violation des art. 30 à 33 CP; tel qu'ils présentent leurs griefs, les recourants tentent en réalité d'obtenir, de manière détournée, ce qu'ils veulent sur le fond, soit la condamnation de la Juge D.________, ce qui n'est pas admissible.