Citation: 1B_175/2016 E. 3.1

3.1. Le Président de la Chambre pénale a jugé que la demande de récusation fondée sur le mode d'élection des membres du ministère public, dont le requérant ne prétendait pas avoir eu connaissance qu'au début mars 2016, et sur des irrégularités dénoncées à la fin 2015, n'avait pas été présentée sans délai, comme l'exige l'art. 58 al. 1 CPP, c'est-à-dire dans les six ou sept jours au maximum qui ont suivi la connaissance des causes invoquées de récusation et qu'elle était de ce fait irrecevable. Se prononçant sur le fond, il a jugé que le simple fait qu'en sa qualité de député et membre de la Commission de justice du Grand Conseil, l'avocat B.________ avait participé à l'élection de la Procureure Gwénaëlle Gattoni, sans qu'on sache s'il a voté en sa faveur ou non, ne saurait conduire à la récusation de cette magistrate, d'autant plus qu'il n'intervient pas dans le cadre de la procédure litigieuse, mais qu'il représenterait uniquement une personne visée à l'occasion d'une autre procédure, par une plainte ou dénonciation émanant de A.________. S'agissant des irrégularités commises par la police, il a relevé que la Procureure avait déjà pris position à leur sujet et qu'aucun acte de procédure de la police ou du ministère public n'avait fait l'objet d'un recours dans le délai de dix jours prévu par l'art. 396 al. 1 CPP, de sorte qu'en l'état, on ne saurait conclure à l'existence d'erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constitutives de violations graves des devoirs de la Procureure mise en cause, propres à justifier sa récusation. La décision attaquée repose ainsi sur une double motivation qu'il appartenait au recourant de contester par une argumentation répondant aux exigences déduites des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF, sous peine de voir son recours déclaré irrecevable.