Citation: 4A_488/2022 E. B

B.a. En 2009, F.________, fils d'E.________, a fondé une raison individuelle "F.________,...", qui a repris les actifs et passifs du commerce de son père E.________, exploité sous le nom de E.________,..., respectivement E.________ & Söhne. Le 10 mai 2010, la société C.________ AG a repris les actifs et passifs du commerce de F.________. Celui-ci est l'actionnaire unique de la société et président du conseil d'administration, avec signature individuelle. Son père E.________, qui a continué à travailler pour la société anonyme, était également membre du conseil d'administration, avec pouvoir de signature individuelle, mais il a définitivement quitté le conseil d'administration le 18 avril 2016. Déjà avant la fondation de la société anonyme, F.________ travaillait étroitement avec son père, et ce depuis une dizaine d'années. B.b. La société anonyme a effectué trois livraisons de porcs les 10 novembre 2010 et 3 et 16 mars 2011, pour un montant de 187'071 fr. Ni la qualité de créancière de la société anonyme, ni le montant dû ne sont contestés. B.c. Le 13 décembre 2019, C.________ AG a ouvert une action en paiement contre les deux fils, par requête de conciliation, puis, le 10 juin 2020, elle a déposé sa demande devant le Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine, concluant à leur condamnation solidaire à lui payer le montant de 187'071 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 23 juin 2011. Même si elle n'assignait en justice que les deux fils, la société anonyme invoquait toujours que ceux-ci formaient avec leur père une société simple. Les défendeurs ont contesté l'existence d'une société simple et soutenu que les livraisons de porcs n'étaient destinées qu'à leur père. Par jugement du 21 mai 2021, le Tribunal civil a condamné solidairement les deux fils à payer à la société demanderesse le montant de 187'071 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 23 juin 2011. Il a admis que la demanderesse devait être protégée dans sa bonne foi, puisque, par ses organes, elle avait acquis la conviction que les deux fils formaient avec leur père une société simple. Statuant sur l'appel des deux fils, le Tribunal cantonal l'a rejeté et a confirmé le jugement de première instance. La motivation en sera reprise dans les considérants de droit.