Citation: 7B_768/2024 E. 2.3

2.3. En l'espèce, l'autorité précédente a considéré que par son raisonnement, le procureur intimé n'insinuait pas que tous les "Juifs" étaient, par essence, "fuyants", mais constatait que les personnes de cette confession pouvaient a priori bénéficier de la "Loi du retour", laquelle octroyait à tout (e) Juif ou Juive le droit d'immigrer en Israël; les implications inhérentes à une telle réflexion s'apparentaient ainsi à celles concernant n'importe quel ressortissant étranger, prévenu en Suisse, disposant de papiers qui lui permettraient de retourner à tout moment dans son pays d'origine. Selon la cour cantonale, même si l'argument avait pu paraître peu convaincant au recourant, en particulier dans la mesure où il niait toute attache avec l'État d'Israël, il n'en demeurait pas moins un critère pouvant, dans certaines circonstances, être pris en compte dans l'évaluation du risque de fuite. Elle a encore ajouté que le procureur intimé n'érigeait pas non plus ce constat en "axiome" puisqu'il avait considéré d'autres éléments - éludés par le recourant - sans faire primer l'un par rapport aux autres, pour étayer le risque de fuite retenu contre ce dernier, soit l'absence de domicile en Suisse et la possibilité d'un départ vers V.________; c'était ainsi la combinaison de tous ces éléments qui avait conduit le procureur intimé à soutenir un risque de fuite auprès du TMC et non exclusivement la confession du recourant. L'autorité précédente est ainsi parvenue à la conclusion qu'elle ne décelait aucun "antisémitisme" latent du procureur intimé, ni, plus généralement, une quelconque intention discriminatoire laissant supposer une inimitié à l'égard du recourant. Elle a par ailleurs relevé que le recourant plaidait en vain une inégalité de traitement insoutenable avec le sort du co-prévenu pour nourrir une vraisemblance d'inimitié. Elle a ainsi rejeté la demande de récusation.