Citation: I 380/06 05.04.2007 E. 6

6.1 A l'appui de sa décision de refus de rente, l'office AI a considéré, en se fondant sur les conclusions d'un stage d'observation professionnelle mis en place du 5 avril au 2 mai 2004 et d'un examen psychiatrique effectué le 25 août 2004 par le Service médical régional de l'AI (SMR), que le recourant disposait d'une capacité de travail exigible de 100 % dans une activité adaptée à ses problèmes cervicaux. La comparaison des revenus effectuée sur la base de ces éléments aboutissait à un degré d'invalidité de 16 %, insuffisant pour donner droit à une rente de l'assurance-invalidité. 6.2 Dans l'opposition qu'il a formée à l'encontre de cette décision, B.________ a relevé que les certificats médicaux établis depuis l'accident démontraient clairement une évolution défavorable de son état de santé. Il était par ailleurs contradictoire de conclure à une pleine capacité de travail dans une activité adaptée sur la base du rapport établi à la suite du stage d'observation professionnelle, alors même que ledit rapport indiquait que les capacités physiques d'apprentissage et d'adaptation ne permettaient pas d'envisager une réintégration professionnelle dans un circuit économique normal. Bien qu'il soit patent que les douleurs persistantes et leurs conséquences sur la vie quotidienne l'empêchaient de suivre un programme de réadaptation et de retrouver une activité professionnelle adaptée, l'appréciation de l'office AI ne tenait pas compte de cette réalité. 6.3 En l'espèce, l'issue du litige au fond dépend du point de savoir si l'assuré présente une diminution de gain suffisamment importante pour donner droit à une rente de l'assurance-invalidité. L'établissement du degré d'invalidité présuppose en particulier une évaluation concrète de l'état de santé physique, mentale ou psychique de l'assuré et de la capacité de travail raisonnablement exigible en résultant (art. 6 LPGA). Pour ce faire, l'administration ou le juge apprécie librement les preuves médicales qu'il a recueillies, sans être lié par des règles formelles, en procédant à une appréciation complète et rigoureuse des preuves. Si les rapports médicaux sont contradictoires, l'autorité concernée ne peut trancher l'affaire sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale plutôt qu'une autre (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352). Or les griefs formulés par le recourant à l'appui de son opposition tendent à remettre en question l'appréciation des faits opérée par l'office AI dans sa décision de refus de rente, en déplorant la non-prise en compte de plusieurs pièces médicales et une interprétation erronée des résultats du stage d'observation professionnelle. Au vu de la motivation plutôt fragmentaire développée par l'office AI à l'appui de sa décision, ces griefs n'apparaissent pas de prime abord dénués de pertinence, puisqu'ils sont de nature à jeter un doute sur le bien-fondé et l'exhaustivité de l'évaluation menée par l'office AI. Qui plus est, compte tenu de la nature de l'atteinte dont souffre le recourant (symptomatologie douloureuse sans substrat organique avéré) et des contradictions apparentes relevées dans l'opposition, l'évaluation du degré d'invalidité apparaît dans le cas d'espèce comme une question délicate et ne peut manifestement se faire au cours de l'examen sommaire réservé à l'autorité chargée d'examiner le droit à l'assistance judiciaire et de l'appréciation anticipée des preuves à laquelle elle peut se livrer dans ce cadre. En pareilles circonstances, cet examen doit être laissé à l'autorité chargée de statuer au fond. Pour ces raisons, l'office AI, puis les premiers juges, n'étaient pas fondés à considérer comme vouée à l'échec l'opposition du recourant. Aussi convient-il d'annuler le jugement attaqué, ainsi que la décision administrative, sans qu'il faille par ailleurs examiner d'autres arguments soulevés par le recourant, et de renvoyer le dossier à l'office AI pour qu'il examine les autres conditions du droit à l'assistance judiciaire gratuite, notamment celle de l'assistance nécessaire ou indiquée d'un conseil juridique.