Citation: 7B_257/2024 E. 2.3.2

2.3.2. Certes, il semble pouvoir être attendu du Ministère public qu'il choisisse avec soin les documents qu'il produit lors d'une procédure devant le TMC à laquelle il sait qu'un tiers au sens de l'art. 105 al. 1 let. f CPP pourrait être partie. Cela étant, la violation du droit d'être entendu invoquée en lien avec le refus d'accès à certaines pièces figurant au dossier du TMC doit en l'occurrence être écartée. En effet, la recourante ne conteste tout d'abord pas que son droit d'accès au dossier peut, le cas échéant, être limité vu son statut (cf. art. 105 al. 2 CPP). Le TMC a fait usage de cette possibilité, puisqu'il lui a refusé, le 20 juillet 2023, la transmission de certaines pièces produites par le Ministère public à l'appui de ses requêtes de levée des scellés, au motif qu'en tant que tiers à la procédure, elle n'avait pas accès au dossier principal. Le TMC a ensuite expressément relevé qu'il pouvait confirmer l'existence de soupçons suffisants, "sans même devoir s'appuyer sur le contenu des pièces essentielles qui [avaient] été mises à disposition du Tribunal mais non de [la recourante]" (cf. consid. 15 p. 14 de l'ordonnance entreprise), ce que cette dernière ne conteste pas. En particulier, elle ne fait pas état de passages de l'ordonnance attaquée qui pourraient ne pas être fondés sur les pièces dont elle-même disposait; elle semble au contraire reprocher à l'autorité précédente de n'avoir pas vérifié, sur la base d'autres éléments, ceux avancés par le Ministère public dans ses requêtes de levée des scellés (cf. notamment ch. 36 p. 11 et ch. 47 p. 13 du recours). Certes, l'appréciation quant aux soupçons suffisants de la commission d'infractions par le prévenu semble fondée essentiellement sur les requêtes déposées par le Ministère public. Le raisonnement de ce dernier - confirmé par le TMC (cf. consid. 14 s. p. 15 s. de l'ordonnance attaquée) - ne se base en revanche pas uniquement sur les plaintes déposées, lesquelles peuvent comporter une appréciation subjective, mais se réfère également à une dénonciation MROS, dont la recourante ne prétend pas ignorer le contenu essentiel (cf. son résumé figurant dans l'ordonnance de séquestre du 25 août 2022; art. 108 al. 4 CPP); une telle dénonciation intervient quand le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent - organisme géré par l'Office fédéral de la police (cf. art. 23 al. 1 de la loi fédérale du 10 octobre 1997 concernant la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme [LBA; RS 955.0]) -, à la suite généralement d'une communication (cf. en particulier art. 9 LBA), estime qu'il existe des soupçons fondés permettant de présumer une infraction au sens notamment de l'art. 305bis CP (cf. art. 23 al. 4 LBA). L'intervention de cette autorité, en sus des plaintes pénales, suffit, dans le cadre de l'examen qui prévaut en matière de levée des scellés (voir ATF 150 IV 239 consid. 3.4; arrêt 7B_661/2023 du 21 mai 2024 consid. 2.3 et l'arrêt cité), à conférer une vraisemblance suffisante à l'existence de soupçons de la commission d'infractions, pour le moins de blanchiment d'argent. Sur le fond, l'appréciation émise ne prête d'ailleurs pas le flanc à la critique. En particulier, le propre de l'infraction susmentionnée est généralement de multiplier les transferts d'argent vers d'autres entités afin de rendre la traçabilité des fonds plus difficile; ces virements peuvent en particulier intervenir ultérieurement à la période pénale relative aux autres infractions reprochées au prévenu. Or la recourante ne développe aucune argumentation visant à expliquer les importants paiements qu'elle a effectués en faveur du prévenu (cf. également consid. 7 p. 10 de l'ordonnance attaquée), à qui il est notamment reproché d'avoir exploité des données confidentielles d'une des parties plaignantes pour développer ses propres activités. Elle ne conteste pas non plus ses liens avec la mère du prévenu et être active dans le même domaine que les parties plaignantes.