Citation: 8C_195/2015 E. 3.2

3.2. Selon la jurisprudence, les erreurs de traitement peuvent être constitutives d'un accident (art. 4 LPGA) dès lors qu'il s'agit de confusions ou de maladresses grossières et extraordinaires, voire d'un préjudice intentionnel avec lequel personne ne comptait ni ne devait compter. Il s'agit en principe d'atteintes survenues à l'occasion d'actes médicaux: l'acte médical comme tel ou le traitement médicamenteux est la cause directe de l'atteinte à la santé (pour une casuistique, voir GHISLAINE FRÉSARD-FELLAY, in: Droit suisse de la sécurité sociale, Volume II, 2015, p. 344; ALEXANDRA RUMO-JUNGO/ANDRÉ PIERRE HOLZER, Bundesgesetz über die Unfallversicherung [UVG], 4ème éd. 2012, p. 34 s.; ANDRÉ LARGIER, Schädigende medizinische Behandlung als Unfall, Zurich 2002, p. 99 ss). Il est dès lors pour le moins douteux que l'omission d'ordonner une hospitalisation pour des motifs psychiatriques, même si elle résulte d'une grossière erreur d'appréciation, puisse être constitutive d'un accident en cas de suicide ultérieur du patient. En l'occurrence, le docteur D.________ a proposé une hospitalisation à son patient pour le protéger en cas de réapparition de ses idées suicidaires. Devant le refus de ce dernier, il a dû procéder à une appréciation des risques encourus et l'a laissé rentrer chez lui, non sans avoir convenu au préalable de certaines mesures de précaution (consigne donnée au patient d'appeler le service des urgences en cas de réapparition des idées suicidaires sans attendre une prochaine consultation médicale; consigne donnée à l'assuré de lui téléphoner le vendredi 16 mars 2012 dans tous les cas et consigne donnée au patient de l'appeler dans une plage horaire convenue, le 15 mars 2012, en cas de besoin). Au vu de ce qui précède, on ne saurait quoi qu'il en soit pas parler d'une erreur grossière d'appréciation du docteur D.________.