Citation: 5A_388/2018 E. 6.2.2

6.2.2. En marge de son examen du critère du dommage (cf. supra consid. 5.5.2) la cour cantonale a rejeté les griefs des appelants en lien avec le principe de la compensatio lucri cum damno. Elle a notamment relevé que selon les constatations de l'expert, la conservation ou le réinvestissement dans les titres acquis n'aurait pas permis, même en les conservant jusqu'à la date de l'expertise, soit 6 ans après les faits, de reconstituer la perte en capital subie du fait de la baisse de ceux-ci entre les années 2007 et 2008. En effet, au mois d'avril 2014, un grand nombre de valeurs sous-jacentes des reverse convertible acquises se situait encore bien en-dessous du niveau auquel elles culminaient lors de l'acquisition de ces produits, seuls deux sous-jacents sur sept ayant retrouvé un cours similaire, voire supérieur. Ainsi, à dire d'expert, même sur une période de 3 à 5 ans, le capital avait été irréversiblement entamé et le risque que la valeur des actions acquises par le biais des reverse convertible ne remonte pas au niveau de leur prix d'acquisition avant fort longtemps devait être considéré comme très élevé. La Cour d'appel civile a considéré que, quoi qu'il en soit, on ne saurait évaluer le dommage en prenant rétrospectivement en compte la valeur la plus élevée atteinte par chaque titre jusqu'au 20 juin 2017, comme le recourant le suggérait. A cela s'ajoutait que l'expert avait relevé qu'en cas de gestion conforme au RATu, la valeur du portefeuille de titres se serait élevée à 35'346'729 fr. au 28 août 2008, soit à un montant supérieur à la valeur de 32'615'831 fr. 24 qu'il faudrait prendre en compte selon les appelants pour apprécier les résultats de leur gestion. En conséquence, même en suivant le raisonnement erroné des appelants, la gestion litigieuse n'aurait procuré aucun avantage par rapport à une gestion conforme à la réglementation tutélaire, bien au contraire. Les appelants ne pouvaient ainsi rien déduire de l'évolution positive des cours boursiers.