Citation: 1B_347/2019 E. 3

Sur le fond, la recourante conteste l'existence d'un risque de fuite. Elle relève qu'elle n'a tenté de fuir ni directement après les faits, ni lorsque son père a été interpellé, ni lorsqu'elle a été remise en liberté en février 2018, ni enfin lors du dépôt de l'acte d'accusation, alors même qu'elle connaissait dès sa première audition la gravité des faits qui lui étaient reprochés. Faute de moyens financiers et de papiers d'identité (son passeport est échu depuis 2003 et sa carte d'identité a été déposée avec son recours cantonal), elle ne pourrait s'enfuir à l'étranger; elle affirme n'avoir pas de liens avec sa demi-soeur en France. La recourante se prévaut encore de l'arrêt du Tribunal fédéral rendu à l'égard de son père (1B_75/2019 du 7 mars 2019) dans lequel il est relevé que l'intéressé a d'importantes attaches avec la Suisse; en cas de fuite à l'étranger, il serait exposé à une demande d'extradition et serait donc obligé de vivre dans la clandestinité, ce qui ne serait pas compatible avec son âge et son état de santé. Ces considérations pourraient s'appliquer a fortiori à la recourante puisque sa situation financière est encore plus précaire (elle bénéficie du revenu d'insertion) et qu'elle est mariée à un citoyen suisse qui a toutes ses attaches en Suisse. Sa présence serait nécessaire en appel pour défendre la thèse qu'elle a toujours soutenue, une fuite pouvant être comprise comme un aveu de culpabilité.