Citation: 5C.251/1999 14.03.2000 E. 4

4.- Le recourant conteste la quotité des contributions d'entretien allouées à ses enfants. a) Selon l'art. 156 al. 2 aCC, la contribution du parent à l'entretien des enfants qui ne lui sont pas confiés est réglée d'après les dispositions sur les effets de la filiation. Elle doit correspondre aux besoins de l'enfant ainsi qu'à la situation et aux ressources des père et mère, compte tenu de la fortune et des revenus de l'enfant (art. 285 al. 1 aCC). Lorsque l'un des parents a une capacité contributive supérieure à celle de l'autre, il peut être tenu de subvenir à l'entier du besoin en argent de l'enfant si l'autre remplit son obligation essentiellement en nature (ATF 120 II 285 consid. 3a/cc p. 290). La fixation de la contribution d'entretien relève du pouvoir d'appréciation du juge, qui se prononce en tenant compte de toutes les circonstances importantes, selon les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). Le Tribunal fédéral se montre réservé en la matière: il n'intervient que si l'autorité cantonale s'est fondée sur des éléments qui ne sont pas pertinents, ou a omis de tenir compte de facteurs essentiels, ou bien encore si le montant arrêté apparaît manifestement inéquitable dans le cas particulier (ATF 107 II 406 consid. 2c p. 410). b) Autant que le recourant prétend que le montant de 1'500 fr. dépasse les besoins d'enfants de moins de 10 ans, sa critique est irrecevable, dès lors qu'elle se fonde sur un fait qui ne ressort pas de l'arrêt entrepris (cf. supra, consid. 2). Au demeurant, si les contributions d'entretien doivent effectivement rester dans les limites des besoins objectifs des enfants, il ne faut pas perdre de vue que ces besoins sont fonction du niveau de vie des parents (JdT 1993 I 162 consid. 3b p. 165), dont il n'est pas établi qu'il serait modeste en l'espèce. Sous cet angle, quand bien même l'on retiendrait, pour le paiement des assurances et la participation au loyer, un montant de 500 fr. pour les deux enfants, le solde de 2'500 fr. - certes élevé - destiné à assurer, selon les termes du recourant, "la subsistance, les habits et les loisirs" ne paraîtrait pas manifestement excessif. Par ailleurs, eu égard notamment aux capacités financières fort différentes des deux parents, il n'apparaît pas inéquitable de faire supporter de telles pensions au seul recourant et de considérer que l'intimée fournit sa contribution en nature, à savoir par les soins qu'elle prodigue chaque jour à ses enfants. Le recourant dispose en effet de 7'447 fr. net par mois, impôts payés. Il a en outre perçu mensuellement, pour la période d'août 1996 à août 1997, 1'100 fr. à titre de primes sur les résultats, revenu dont l'autorité cantonale a retenu qu'il était garanti, régulièrement versé et, assurément, plus élevé à partir du mois d'août 1997. Après allocation des aliments, il lui reste ainsi encore, en tout cas, 5'547 fr. pour couvrir son minimum vital de 4'728 fr., largement compté. L'intimée ne perçoit quant à elle que 3'500 fr. net par mois. Même dans l'hypothèse la plus favorable au recourant, à savoir après exclusion des minima vitaux des enfants, ce montant suffit tout juste à couvrir le minimum vital de l'intimée (cf. infra, consid. 5b). Enfin, c'est en vain que, incluant dans les revenus de sa femme les contributions en faveur des enfants, le recourant invoque le "résultat pour le moins choquant" auquel aboutirait leur versement. Il méconnaît que les pensions en faveur des enfants sont destinées uniquement à couvrir les besoins de ces derniers et ne sauraient être utilisées par le parent attributaire pour couvrir son propre entretien ou améliorer son propre train de vie (ATF 115 Ia 325 consid. 3 p. 326/327; arrêt de la IIe cour civile du 3 mars 1992, in SJ 1992 p. 381, consid. 3b; Hegnauer/Schneider, Droit suisse de la filiation, 3e éd., n. 23.02, p. 156). Elles ne sauraient dès lors être intégrées dans les revenus du parent qui a la garde des enfants.