Citation: 5A_706/2017 E. 1

A.c. Par décision du 19 janvier 2011, la Justice de paix du district de Lausanne (ci-après: la Justice de paix) a accepté en son for la mesure de tutelle. Compte tenu de l'entrée en vigueur du nouveau droit de la protection de l'adulte et de l'enfant au 1 er janvier 2013, elle a dit que la mesure était remplacée de plein droit, dès cette date, par une curatelle de portée générale au sens de l'art. 398 CC et a nommé E.________, cheffe de groupe à l'Office des curatelles et tutelles professionnelles (ci-après: OCTP), en qualité de curatrice. Selon avis de nomination du 6 mars 2015, le mandat de curatelle de portée générale a été transféré à B.________, assistante sociale à l'OCTP. A.d. A.________ a été admise dès le 1 er février 2016 à la fondation F.________ à U.________. Lors du réseau du 17 mars 2016, sa tante G.________ a remis en cause le séjour de sa nièce dans ce foyer, qui ne lui permettait pas de passer les fins de semaine dans sa famille d'accueil et dont les exigences étaient trop élevées. Par e-mail du 21 mars 2016, A.________ a écrit en ces termes à H.________, cheffe de secteur auprès de la fondation: " [...] J'ai réfléchi par rapport à ce bilan et je pense que mon entourage m'influence et j'ai place ici même si cela signifie me battre contre eux [...] ". A la demande de sa tante, A.________ a été transférée au foyer I.________ en août 2016. A.e. Par courrier reçu le 5 septembre 2016 par la Justice de paix, A.________ a sollicité de pouvoir être entendue, faisant état d'un absentéisme intolérable de sa curatrice. Le 13 septembre 2016, E.________ a répondu qu'elle ne pouvait rejoindre ces propos, indiquant que B.________, dont les modalités et jours de travail avaient été notifiés à A.________ tant au moment de sa nomination qu'en cours de l'exécution du mandat, travaillait à 60%, répondait rapidement aux sollicitations et collaborait régulièrement avec l'entourage et l'institution où résidait l'intéressée, l'OCTP répondant en tout temps aux questions et pouvant agir en l'absence de la curatrice désignée. A.f. Par courrier du 29 octobre 2016, adressé à qui de droit, J.________ a écrit que A.________ et sa famille l'avaient approchée et lui avaient fait la demande - qu'elle avait acceptée compte tenu de son parcours familial et professionnel l'ayant amenée à côtoyer des structures spécialisées et des personnes ayant des besoins particuliers - de reprendre la curatelle. Elle ajoutait que, très au fait du travail en réseau avec divers intervenants, elle pensait pouvoir apporter à l'intéressée un soutien et une aide dans sa vie de tous les jours, en collaboration avec l'équipe éducative et la famille d'accueil. A.g. Par e-mail du 14 décembre 2016, B.________ a écrit à G.________ qu'elle avait rencontré le jour même sa nièce, qui se sentait embarrassée par la situation actuelle en lien avec la demande de changement de curatrice, lui avait fait part de certains éléments importants, souhaitait reporter la séance prévue le lendemain avec J.________ et sa tante et voulait sa présence pour " représenter la neutralité (hors famille, hors foyer) ". La curatrice ayant suggéré à A.________ qu'une autre personne soit présente, il avait été décidé que la cheffe de groupe E.________ se joindrait à elles pour la réunion. G.________ n'a pas donné suite à cet e-mail. A.h. Par courrier du 15 décembre 2016, A.________ a écrit à la Justice de paix qu'elle souhaitait bénéficier d'une curatelle de portée générale privée et voulait voir nommer comme nouvelle curatrice J.________, qui habitait à proximité de sa famille d'accueil. Elle ajoutait qu'elle souhaitait bénéficier de la curatelle d'une personne qui lui soit plus proche et lui apporte un soutien, une aide et des conseils réguliers. Elle estimait que J.________ avait les aptitudes et qualités personnelles nécessaires pour remplir cette tâche et que ses récentes rencontres avec elle l'avaient décidée à faire ce choix. Elle précisait encore que sa famille était d'accord et que J.________ n'entendait pas être rémunérée, sous réserve du remboursement de ses frais effectifs qui seraient pris en charge par sa famille. A.i. Le 19 janvier 2017, la Dresse K.________ a attesté que A.________ bénéficiait d'un suivi depuis le 15 février 2016 dans le cadre d'un encadrement psychosocial. Elle poursuivait en ces termes: " [...] Mme A.________ est suivie pour un retard de développement sur le plan psychique. Parmi les problèmes résultant de son déficit neuropsychique, nous notons des difficultés attentionnelles et d'apprentissage. Les compétences psychologiques de la patiente sont perturbées en raison de sa symptomatologie anxieuse et dépressive, se manifestant de manière récurrente. Elle présente également des difficultés lorsqu'il s'agit de se confronter au milieu environnemental et familial, ayant de la peine à gérer ses émotions. Nous estimons que Mme A.________ présente une grande fragilité lorsqu'il s'agit de faire face aux situations de stress ainsi qu'aux stimuli lors des contacts interpersonnels, même concernant l'entourage familial. En outre, elle présente une grande difficulté à gérer ses émotions dans le cadre de la sphère relationnelle et ses décisions sont souvent prises de manière peu réfléchie (changement de curateur, lieu de vie et réseau médical). Au vu des éléments mentionnés ci-dessus, il nous semble qu'un encadrement psychosocial adapté aux problèmes de la patiente serait favorable afin de diminuer les risques d'une péjoration de son état de santé psychique [...]. " A.j. Par lettre confidentielle du 26 janvier 2017, cosignée par E.________ et adressée à l'autorité de protection en vue de l'audience prévue le 31 janvier 2017, B.________ a fait part de ses préoccupations quant à la demande de A.________. En substance, elle expliquait que celle-ci lui avait fait part, à plusieurs reprises, de ses hésitations quant au changement de curateur, de sa crainte que la situation avec sa tante ne s'envenime et que celle-ci ne cesse de l'aider financièrement via le fonds familial, raison pour laquelle elle " acceptait beaucoup de choses ". L'intéressée lui avait indiqué qu'elle avait besoin d'aller " à son rythme ", ce que sa tante ne comprenait pas toujours. Elle avait précisé que ce n'était pas elle qui avait rédigé la lettre demandant un changement de curateur, qu'elle ne savait pas si elle aurait écrit ce courrier si son entourage ne le lui avait pas proposé et qu'elle " [ se] demandai[t] s'il n'existerait pas un moyen de se protéger de [sa] tante ". Questionnée sur les motifs qui la poussaient à demander ce changement, A.________ avait répondu que J.________ serait un peu comme sa sauveuse et qu'elle pourrait lui donner un appartement ainsi qu'un travail. La curatrice observait que le fait de confier un mandat à un curateur privé, lié à une partie de la sphère familiale de A.________, représentait peut-être un danger pour les intérêts de celle-ci. Elle s'opposait au changement requis, d'autant que sa relation avec l'intéressée était bonne, la jeune femme se confiant facilement et entretenant avec elle des rapports cordiaux et agréables. A.k. Dans un rapport de janvier 2017, H.________ a noté que, selon l'équipe éducative du foyer où résidait A.________, celle-ci avait souvent une attitude de déni vis-à-vis de ses difficultés et qu'elle avait besoin d'un accompagnement, de consignes et d'un cadre très clair; un an après son admission, la jeune femme possédait un réseau médical, professionnel et relationnel qu'il était important de conserver. A.l. Lors de l'audience du 31 janvier 2017, A.________, qui revenait d'un week-end dans sa famille d'accueil, a confirmé sa demande de changement de curateur, expliquant qu'elle se sentirait plus à l'aise avec une curatrice privée qui serait davantage disponible pour elle. J.________ était à son avis quelqu'un de neutre, ce qui permettait d'éviter les influences et les conflits d'intérêts, et ne connaissait pas directement sa famille, mais faisait partie de la même communauté religieuse; sa curatrice avait interprété à tort que sa demande de changement de curateur ne venait pas d'elle-même mais provenait d'une influence familiale. Elle a également indiqué qu'elle ne souhaitait plus vivre en foyer. J.________ a quant à elle confirmé qu'elle acceptait d'être la nouvelle curatrice de la personne concernée et a émis l'avis qu'une institution n'était peut-être pas le lieu le plus adéquat pour A.________, un environnement plus familial semblant préférable. B.________ s'est étonnée des propos tenus en audience par A.________, lesquels différaient du discours qu'elle avait avec elle, en particulier quant au fait qu'elle ne se sentirait pas bien au sein de son institution. Elle s'interrogeait quant à une possible autonomie de la personne concernée, qui ne serait selon elle pas adéquate, et relevait l'existence d'un conflit de loyauté avec la famille et des discours ambivalents, voire contradictoires, de l'intéressée lorsqu'elle revenait de son week-end.