Citation: 1B_166/2020 E. 3.3

3.3. L'instance précédente peut au surplus être intégralement suivie dans son raisonnement quant à l'absence de carences manifestes du défenseur d'office et à l'exécution régulière de son mandat. S'agissant en effet de la transmission d'informations à la mère et à l'amie du recourant - qui fait l'objet de la plainte pénale déposée le 30 janvier 2020 -, l'intimé n'avait pas été contredit lorsqu'il avait affirmé que c'était à la demande du recourant qu'il avait contacté par téléphone les deux précitées pour les informer, conformément à son habitude, au sujet de la détention provisoire de son client, de son état de santé et de la probable durée de l'enquête policière. Il avait ainsi certifié ne pas avoir abordé le fond du dossier avec elles et avait expliqué de manière plausible que cela était d'autant plus facile qu'il n'avait pas de dossier à disposition, ni d'informations quant aux quantités de stupéfiants qui auraient fait l'objet du trafic reproché au recourant. En l'état, la perception subjective et les déductions de ses interlocutrices, en l'occurrence des proches du recourant, étaient donc insuffisantes à établir les manquements imputés au défenseur d'office (cf. ordonnance attaquée, p. 7, 1er paragraphe). Il ressortait en outre des déterminations du Ministère public et des pièces produites au dossier que l'accès au dossier et la participation aux auditions des coprévenus avaient d'emblée été refusées à leurs défenseurs, compte tenu d'un important risque de collusion. Néanmoins, l'intimé avait affirmé, sans être contredit par le recourant, que lui-même et son stagiaire avaient continué à suivre les auditions de police auxquelles ils avaient été conviés depuis le mois de janvier 2020 (cf. ordonnance attaquée, p. 6, 3ème paragraphe). Enfin, alors même que le recourant refuse toute collaboration avec son actuel défenseur d'office, il faut admettre avec la cour cantonale que cette seule circonstance ne porte pas atteinte à son droit à une défense efficace. Un tel refus ne pouvait pas être décisif au moment de déterminer si la dégradation de la relation de confiance justifiait un changement de défenseur d'office, pas plus que le dépôt d'une plainte pénale contre ce dernier, élaborée par les soins d'un confrère qui entendait prendre sa place (cf. ordonnance attaquée, p. 7, 3ème paragraphe).