Citation: 5A_413/2022 E. 4

Invoquant l'interdiction de l'arbitraire et du formalisme excessif, la recourante reproche d'abord à la Cour de justice de l'avoir empêchée de prouver "les motifs" de l'art. 105 ch. 1 CC, respectivement d'exercer son droit à l'annulation du mariage au sens de cette disposition, en considérant que le jugement de divorce cubain produit par l'intimé pouvait être reconnu en Suisse et que seule l'ex-épouse de celui-ci était légitimée à en contester la reconnaissance; elle soutient que de toute manière, il appartenait à l'autorité cantonale d'examiner d'office la conformité du jugement de divorce cubain avec les principes de l'ordre public procédural suisse. Celle-ci ne pouvait dès lors se fonder uniquement sur l'art. 65 LDIP, sans mentionner les art. 25 ss LDIP, singulièrement l'art. 27 al. 2 let. a et b LDIP, ni établir le contenu du droit cubain au sens de l'art. 16 LDIP. L'attestation de l'ex-épouse de l'intimé du 11 septembre 2019, produite bien après l'introduction de la procédure, ne satisfaisait pas aux conditions de l'art. 29 al. 1 let. c LDIP et ne prouvait aucunement que le tribunal cubain avait été en contact avec l'intéressée, condition exigée pour qualifier une citation de régulière. L'autorité précédente aurait encore violé l'art. 317 al. 1 CPC en déclarant tardive son allégation selon laquelle l'intimé avait corrompu le tribunal cubain afin d'obtenir rapidement le divorce.