Citation: 5A_70/2024 E. 6.4

6.4. En l'espèce, la Cour d'appel civile a arrêté les disponibles des parties aux montants suivants: du 15 août au 31 décembre 2023, 562 fr. 50 pour le père et 6'781 fr. 05 pour la mère puis, depuis le 1er janvier 2024, 593 fr. 70 pour le père et 6'781 fr. 05 pour la mère. Le disponible de la mère représentait ainsi environ 92% du disponible total des parties. Dans de telles circonstances, on ne saurait reprocher à la juridiction précédente d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation (cf. supra consid. 2.3) en jugeant que l'importante disproportion entre les disponibles de chacun des parents justifiait de mettre l'entier de l'entretien financier des enfants à la charge de leur mère, ceci tant durant leur minorité (cf. supra consid. 6.3.1) qu'après leur majorité (cf. supra consid. 6.3.2). Ceci d'autant moins que comme l'a relevé la cour cantonale, même en couvrant l'intégralité des coûts directs des enfants, l'excédent de la mère, après paiement des contributions d'entretien, demeurait largement supérieur à celui du père (soit, chaque mois, 3'184 fr. 25 de plus que l'excédent du père pour la période du 15 août au 31 décembre 2023, puis 2'980 fr. 45 de plus dès le 1er janvier 2024). En tant que la recourante se plaint de ce que, dans son raisonnement, la cour cantonale aurait tenu compte en faveur de l'intimé du fait que le revenu de celui-ci était hypothétique, la recourante semble méconnaître que le caractère hypothétique du revenu du père a été souligné par l'autorité cantonale dans une argumentation superfétatoire, partant, non décisive, après qu'il avait aussi été relevé que les revenus de l'ex-épouse étaient en réalité supérieurs à ceux qui avaient été pris en compte dans le calcul de son disponible - puisque les diverses participations de son employeur étaient supérieures aux frais effectifs qu'elle assumait -, constatation que la recourante ne critique pas. De surcroît, dans le calcul des disponibles respectifs des parties, la cour cantonale a dûment tenu compte de l'intégralité du revenu (hypothétique) de l'intimé (cf. arrêt cantonal consid. 18 p. 29, mis en relation avec la p. 94 du jugement de première instance). Enfin, l'issue du présent grief n'est pas différente après avoir ajouté aux charges de la recourante les 33 fr. 05 par mois dont il a été question précédemment, à savoir le solde de sa prime d'assurance-maladie non pris en charge par son employeur (cf. supra consid. 4.2 in fine). Cette correction ne réduit en effet que de manière insignifiante l'importante disproportion entre les disponibles des parties. En définitive, c'est en conformité au droit fédéral que l'entier des coûts directs des enfants a été mis à la charge de la recourante.