Citation: 1C_437/2015 E. 6.3

6.3. La recourante se plaint uniquement d'une atteinte au paysage. Selon elle, la cour cantonale aurait admis que l'apport de matériaux d'excavation sur une hauteur de quelque 9 mètres défigurerait définitivement le panorama visible depuis le village en direction du lac. La recourante se méprend toutefois sur le sens des considérants de l'arrêt attaqué. En effet, lorsque la cour cantonale expose ceci, elle décrit en réalité la position des recourants (arrêt attaqué, consid. 7a), mais n'en est pas encore au stade de sa propre appréciation, celle-ci figurant au consid. 7c. La cour cantonale retient au contraire que le dépôt formera un écran visuel et anti-bruit pour les habitations voisines de l'autoroute, sans leur masquer l'horizon. Elle constate que le projet n'induira pas d'atteinte paysagère significative. La recourante oppose ainsi sa propre appréciation, une atteinte selon elle avérée au paysage et une vue sur le lac prétendument masquée, à celle des premiers juges. Ce faisant, elle conteste l'état de fait de l'arrêt attaqué. Le Tribunal fédéral statue en principe sur la base des faits établis par l'autorité précédente (art. 105 al. 1 LTF), sous réserve des cas prévus à l'art. 105 al. 2 LTF. Selon l'art. 97 al. 1 LTF, la partie recourante ne peut critiquer la constatation de faits que si ceux-ci ont été établis en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF ou de manière manifestement inexacte - en particulier en violation de l'interdiction constitutionnelle de l'arbitraire (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 137 III 226 consid. 4.2 p. 234) - et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Si le recourant entend se prévaloir de constatations de faits différentes de celles de l'autorité précédente, il doit expliquer de manière circonstanciée en quoi les conditions d'une exception prévue par l'art. 97 al. 1 LTF seraient réalisées. A défaut, il n'est pas possible de tenir compte d'un état de fait divergent de celui retenu dans l'acte attaqué. En particulier, le Tribunal fédéral n'entre pas en matière sur des critiques de type appellatoire portant sur l'état de fait ou sur l'appréciation des preuves (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; 139 II 404 consid. 10.1 p. 445; 137 II 353 consid. 5.1 p. 356 et les arrêts cités). La recourante n'expose pas en quoi sa version devrait s'imposer par rapport à celle des premiers juges. Elle se borne en effet à se plaindre d'arbitraire sans même tenter de démontrer que la vue sur le lac serait réellement cachée. Or, selon la visualisation 3D n° 6, la vue d'un point aval du village n'offre pas de dégagement sur le lac; il apparaît que, de cet endroit, la butte masquera effectivement l'autoroute mais restera moins élevée que la forêt sise direction lac qui, elle seule, limite déjà actuellement l'horizon à l'arrière-plan. En admettant qu'il faille s'élever un peu plus dans le village de Coinsins pour voir le lac, la butte générée par le dépôt de matériaux apparaîtra plus basse encore et entravera d'autant moins la vue. La présence de la forêt comme barrière visuelle déjà existante et plus élevée que la future butte ressort également des vues n° 7 et 8. L'obstruction de la vue sur le lac n'est ainsi pas démontrée. La recourante échoue également à remettre en cause les constatations des premiers juges, selon lesquelles la réalisation de la butte améliorerait la situation par la création d'un écran devant l'autoroute. Enfin, alors qu'elle évoquait une atteinte à la vue de l'aval vers l'amont de la commune dans le cadre du grief de violation de son droit d'être entendue, la recourante n'expose pas en quoi la nouvelle butte affecterait le paysage à cet égard. Elle indique brièvement que la zone de coteau située entre la future butte et le village est protégée. Elle omet, ce faisant, de s'en prendre à la teneur de l'arrêt attaqué, qui retient que cette protection consiste uniquement à maintenir le coteau en une affectation non constructible. La recourante échoue ainsi également à démontrer une atteinte au paysage en ce sens. Le grief de violation de l'autonomie communale - basé sur cette seule prétendue atteinte au paysage - est ainsi mal fondé.