Citation: 6B_1025/2021 E. B

Par arrêt du 13 juillet 2021, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise a rejeté le recours formé par A.________ SA contre l'ordonnance précitée. Il en ressort les éléments suivants. B.a. A.________ SA est une société anonyme de droit suisse dont le siège est à U.________. Son but social consiste dans l'exploitation de tout établissement public. C.________ en est l'administrateur unique. B.b. B.________ est le propriétaire de l'immeuble sis rue V.________, U.________. B.c. Le 30 septembre 2011, A.________ SA et B.________ ont conclu un contrat de bail portant sur les locaux professionnels - affectés à l'exploitation d'un restaurant appelé " D.________ " - au rez-de-chaussée de l'immeuble précité. B.d. Depuis, à tout le moins, le mois de mai 2019, B.________ et A.________ SA sont en litige concernant les locaux loués, le premier reprochant au second d'avoir accumulé un retard important dans le paiement des loyers et le second faisant grief au premier de l'avoir privé de la possession des lieux. B.e. Dans ce contexte, le 12 décembre 2019, A.________ SA a déposé plainte pénale contre B.________ des chefs de violation de domicile et d'appropriation illégitime. L'actif de la société était le fonds de commerce à l'enseigne restaurant " D.________ ". Dès la fin de l'année 2018, l'exploitation de l'établissement n'avait plus permis de dégager suffisamment de liquidités pour s'acquitter de certains loyers. Elle avait ainsi fait part à B.________ de son intention de vendre le fonds de commerce afin de régler notamment l'arriéré de loyers; des démarches concrètes avaient été effectuées à ces fins. Or, par pli du 12 juin 2019, B.________ l'avait mise en demeure de régler les montants dus sous 30 jours et informée de son opposition à tout transfert du contrat de bail ainsi qu'à la cession de l'usage des locaux à un tiers. Le 1er juillet 2019, B.________ avait saisi le Tribunal des baux et loyers (ci-après TBL) d'une requête en expulsion et demande en paiement, avant de constater, dans une lettre du 12 septembre 2019, que la résiliation du contrat de bail du 1er mai 2019 n'avait pas été faite correctement; il avait retiré sa requête quelques jours plus tard. Ainsi, à partir du 12 septembre 2019 à tout le moins, il savait que le contrat de bail était toujours en vigueur. Ce nonobstant, A.________ SA a relevé, dans sa note de plaidoirie devant le TBL du 9 septembre 2019, que l'arcade était occupée par un nouveau locataire. Alors que, selon elle, le mis en cause n'avait aucun pouvoir de disposition au vu du bail en cours, il avait permis à un tiers de s'accaparer un fonds de commerce ne lui appartenant pas, puisque les nouveaux locataires avaient repris l'enseigne lui appartenant. Enfin, le nouveau congé notifié par B.________, le 13 septembre 2019, avait été contesté devant l'autorité compétente, le 11 octobre 2019. B.f. Parallèlement, B.________ a déposé plainte pénale, le 24 janvier 2020, contre C.________, A.________ SA et E.________, pour contrainte, voire tentative de contrainte, à la suite d'un commandement de payer, notifié le 17 janvier 2020, à la demande des susnommés, tendant au recouvrement d'un montant de 700'000 fr. censé être dû au titre de " fonds de commerce à l'enseigne " Restaurant D.________ " rue V.________, U.________ ". Cette plainte fait l'objet d'une procédure pénale. B.g. Entendu par la police le 22 juillet 2020, B.________ a contesté les faits reprochés. F.________ avait succédé à A.________ SA dans la location des locaux, un contrat de bail signé le 19 juillet 2019 étant entré en vigueur le 1er août 2019. Lors de la prise de possession des locaux par ce nouveau locataire, l'arcade était vide et avait été remise en état à ses frais, en particulier s'agissant du nettoyage. L'arcade avait été abandonnée par A.________ SA; les employés et les fournisseurs n'étaient plus payés. C.________ avait débarrassé les locaux de tout ce qui avait de la valeur et avait quitté définitivement la Suisse. Pour le surplus, il se référait au courrier rédigé par son conseil le jour même et signé par ses soins dans les locaux de la police, accompagné des pièces justificatives. Dans le cadre du litige lié aux locaux loués, il avait requis un inventaire auprès de l'Office des poursuites, lequel l'avait exécuté, le 21 juin 2019, et avait estimé le montant des biens à 21'000 francs. A.________ SA avait abandonné l'arcade et entrepris de soustraire des biens portés à l'inventaire, ce dont il avait informé l'office, le 10 juillet 2019. L'office s'était ainsi rendu sur place avec les services de police, avait mis fin au déménagement et changé le cylindre de la serrure. Les clefs de l'arcade lui ont été remises. Il s'était alors chargé de la faire nettoyer et vider avant de la louer à F.________ à compter du 1er août 2019. A.________ SA devait encore la somme de 21'600 fr. au titre de loyers impayés. Ainsi, selon B.________, il ne s'était pas introduit de son propre chef dans l'arcade prise à bail par A.________ SA, mais à la suite de l'intervention de l'office secondé par la police au vu de l'activité illicite de la société qui avait entrepris de vider les locaux de biens saisis, constitutif d'une infraction pénale. Les cylindres avaient été changés sous l'égide de l'office, de sorte que la société avait perdu la possession des locaux et donc leur maîtrise effective. Il avait reloué l'arcade à un tiers dans le but de diminuer son dommage, étant relevé que A.________ SA s'était approprié illicitement les biens de valeur, en main de l'office, et avait abandonné les autres restés dans l'arcade, en violation de son obligation de restitution. Il avait été contraint d'engager des dépenses supplémentaires pour remettre les locaux en état d'être loués. B.h. Par jugement du 27 mai 2020, produit par le mis en cause, le TBL a déclaré irrecevable la demande en paiement et en libération des sûretés déposée par B.________ à l'encontre de A.________ SA, faute de compétence ratione materiae. Il en ressortait notamment que la prise d'inventaire avait été obtenue pour le non-paiement des loyers d'avril et mai 2019 et que la locataire s'en était acquittée, les 19 et 25 juin 2019. Le 25 septembre 2019, la locataire avait mis en demeure le bailleur de mettre fin immédiatement à l'occupation des locaux; elle estimait que le bailleur avait loué l'arcade à un tiers illicitement, dès lors que son propre bail n'avait pas encore pris fin. B.i. Par pli du 30 juillet 2020, B.________ a précisé que G.________, nouvel administrateur de A.________ SA, avait expliqué, lors d'une audience devant le Tribunal de première instance, que la société n'avait pas d'autre activité que celle de gestion. Cette déclaration confirmait que A.________ SA avait fait déréliction de l'arcade et n'avait plus d'activité conforme à son but statutaire, de sorte qu'il n'avait pas pu faire main basse sur le fonds de commerce.