Citation: 1C_675/2020 E. 1

Le recourant conteste avoir menti, relevant qu'il n'avait pas l'intention de se séparer et que c'est son ex-femme qui a entamé la procédure de divorce. Il a continué à faire des efforts pour essayer de conserver leur mariage ou de maintenir la meilleure relation possible avec son ex-épouse pour le bien de sa famille. Il a accepté le divorce de peur d'être agressé à nouveau et pour éviter que ses enfants ne souffrent davantage de la situation. Il relève n'entretenir depuis lors aucune relation sentimentale. Il dit ignorer également que son ex-épouse avait informé les autorités bernoises en février 2019 qu'elle souhaitait se séparer. Il conteste avoir dit à la police n'envisager plus aucun avenir avec sa femme, invoquant une erreur de traduction. L'agression dont il a fait l'objet de la part de son ex-épouse le lendemain de la signature de la déclaration de vie commune est l'évènement extraordinaire qui aurait conduit au divorce. Cette argumentation, largement appellatoire, n'est pas de nature à expliquer les raisons pour lesquelles la séparation des époux est intervenue si peu de temps après la déclaration de vie commune, censée attester de la réalité et de la solidité du lien conjugal, et l'octroi de la naturalisation facilitée, alors qu'il s'agit d'un élément déterminant permettant de présumer que la naturalisation facilitée a été obtenue frauduleusement selon la jurisprudence évoquée dans la décision attaquée (cf. ATF 135 II 161 consid. 3 p. 166). Il importe peu que le recourant ait consenti des efforts pour tenter de maintenir son mariage et rester proche de sa famille, que son ex-épouse ait été à l'origine de la procédure de divorce ou qu'il envisageait encore un avenir après l'agression subie le jour suivant la signature de la déclaration de vie commune. Ces éléments ne sont pas pertinents, au vu des faits relevés par le Tribunal administratif fédéral, pour démontrer que l'union conjugale était stable et orientée vers l'avenir lors de la signature de la déclaration de vie commune et de l'octroi de la naturalisation facilitée. L'autorité précédente n'a pas retenu, comme le prétend le recourant, que le couple connaissait des problèmes, respectivement se disputait, tous les mois depuis 2018, ou qu'il aurait frappé son ex-femme. Elle s'est bornée à reprendre les propos - au demeurant non contestés - du recourant selon lesquels les époux avaient entrepris cette année-là une thérapie à la suite de laquelle la situation s'était encore dégradée, pour en conclure, de manière soutenable, que le couple était en proie à des difficultés à tout le moins depuis cette date (consid. 6.4) et à mentionner que le recourant s'était violemment disputé avec son ex-épouse le lendemain de la signature de la déclaration (consid. 7.2), ce qui n'est pas contestable puisqu'il a déposé plainte pour voies de fait. On ne saurait déduire de cette mention qu'elle aurait retenu que le recourant avait frappé son ex-épouse. Enfin, le Tribunal administratif fédéral n'a pas fait preuve d'arbitraire en retenant, sur la base des éléments précités, que la relation de couple était déjà entamée avant la déclaration de vie commune, au point que son ex-épouse envisageait une séparation en février 2019, et en refusant de voir dans l'accès de violence dont le recourant a été victime le lendemain de la signature de la déclaration de vie commune un évènement extraordinaire qui aurait conduit au divorce. En définitive, les arguments du recourant ne permettent pas de retenir que le Tribunal administratif fédéral aurait violé le droit fédéral en confirmant l'annulation de sa naturalisation facilitée.