Citation: U 45/02 13.11.2002 E. 4

4.1 Selon le recourant, il ne fait pas de doute que les divers événements accidentels dont il a été victime sont à l'origine de ses problèmes au genou gauche. Il en veut pour preuve les avis de son médecin traitant et du chirurgien qui l'a opéré (le docteur D.________), d'après lesquels, en dehors de la chondrite de stade II du condyle fémoral interne, il n'existerait chez lui pas d'autres lésions dégénératives (cf. les lettres des médecins précités des 31 août 1999 et 18 mai 2000). Devant des conclusions si divergentes de celles des médecins mis en oeuvre par la CNA, les premiers juges auraient dès lors dû, à tout le moins, ordonner une expertise. Pour sa part, l'intimée s'est fondée essentiellement sur l'avis du docteur F.________, de sa division de médecine des accidents qui retient, d'une part, que les chutes survenues en décembre 1998 et en avril 1999 n'auraient, selon toute vraisemblance, entraîné que de simples contusions au genou gauche et, d'autre part, que la forme de la déchirure du ménisque et l'existence d'une chondrite du condyle fémoral interne excluraient l'origine traumatique de l'atteinte. 4.2 En l'occurrence, ces prises de position comportent une interprétation radicalement opposée des lésions constatées chez l'assuré ensuite de l'arthroscopie pratiquée au mois de juillet 1999. Dans ces conditions, on ne saurait simplement trancher entre ces avis, comme l'ont fait les premiers juges, en donnant la préférence à celui, apparemment plus motivé, des uns par rapport à celui, émis de manière plus succinte, des autres, dès lors qu'aucun d'entre eux ne permet de dire en quoi l'opinion contraire serait erronée. Par ailleurs, s'agissant de «déchirures du ménisque» - ce qui est le cas en l'espèce -, l'origine maladive ou dégénérative de la lésion est soumise à des exigences de preuve plus élevées que celles de la règle de la vraisemblance (cf. art. 9 al. 2 let. c OLAA aux termes duquel une telle lésion est assimilée à un accident pour autant qu'elle n'est pas «manifestement» imputable à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs). En l'état du dossier, on doit admettre qu'un complément d'instruction est de nature à clarifier ces points. Partant, il se justifie de renvoyer la cause à la juridiction cantonale pour qu'elle procède à un complément d'instruction sous la forme d'une expertise médicale judiciaire.