Citation: I 421/05 10.02.2006 E. 2

Faisant exclusivement porter son argumentation sur la nécessité de mettre en oeuvre une expertise judiciaire, le recourant soutient implicitement que les éléments médicaux figurant au dossier sont contradictoires et ne permettent pas de trancher la question de son aptitude à reprendre une activité dès le 1er juillet 2004. 2.1 L'administration a principalement fondé ses décisions du 24 juin 2004 sur le rapport d'expertise du docteur Z.________ qui, fouillé, étayé et motivé, a pleine valeur probante au regard des critères posés par la jurisprudence (cf. ATF 125 V 352 ss consid. 3). L'expert n'a pas retenu de syndrome douloureux somatoforme persistant, ni de syndrome post-commotionnel sur le plan physique. Notant l'existence d'un comportement hyperalgique s'estompant avec l'éloignement du regard du médecin, il estimait que les plaintes douloureuses véhiculaient avant tout une demande d'aide. Sur le plan psychique, le praticien a relevé la disparition de l'état de stress post-traumatique cliniquement significatif, l'angoisse, l'évitement, la réticence et les blocages, signes essentiels de la manifestation du trouble, étant absents du récit des événements de 2001. Il constatait par ailleurs un certain nombre de contradictions dans le comportement du recourant qui avait manifesté la volonté de reprendre son métier, malgré le fait que son agression se soit déroulée dans un tel contexte, et qui avait déménagé à Y.________, village de passage comptant de nombreux douaniers rappelant singulièrement de mauvais souvenirs à une personne désireuse de fuir le monde de peur d'être agressée et traumatisée par plusieurs arrestations et incarcérations par les forces de l'ordre. Le docteur Z.________ a également mis en doute la sévérité des troubles dépressifs antérieurs. Il ne contestait pas l'existence de signes de souffrance réelle et authentique, tels le sentiment de honte. Toutefois, au contraire d'un patient souffrant de dépression sévère, supportant habituellement tout, pensant mériter le pire en raison de son auto-perception extrêmement dépréciative, l'intéressé avait démontré posséder les ressources et l'énergie nécessaires pour mettre un terme dans un délai très bref à ses différentes hospitalisations (trois jours). Il relativisait par ailleurs les symptômes apparents de la dépression (ralentissement moteur et verbal important, souffrance morale intense, auto-dévalorisation, absence d'envie, insomnie, etc.), relevant à ce propos que le ralentissement moteur, critère majeur et objectif de la sévérité d'un état dépressif, était sous contrôle de la volonté. Le recourant se déplaçait en effet à l'aide d'une canne, mais la boiterie s'estompait et le pas s'accélérait, lorsqu'il croyait ne plus être observé. L'expert notait encore une nette exagération dans certaines allégations (l'intéressé, qui ne mangerait qu'un jour sur cinq et ne dormirait qu'une à trois heures par nuit, n'était pas dans un état de fatigue physique et nerveuse, ni de maigreur qui seraient les siens si ses dires correspondaient à la réalité). Le praticien, se demandant s'il ne fallait pas plutôt y voir un état de crise aigu, mais bref du type troubles de l'adaptation favorisé par des éléments de la personnalité, a cependant conclu à la présence d'un trouble dépressif récurrent, dont il qualifiait l'épisode actuel de léger, au pire de moyen. Considérant que les différents rapports médicaux figurant au dossier ne donnaient pas suffisamment d'éléments permettant d'étayer le trouble mixte de la personnalité diagnostiqué, le docteur Z.________ a préféré retenir une possible personnalité dépendante. Il n'avait pas relevé de comportements passifs-agressifs, n'avait pas ressenti le côté grandiose et hautain de la relation avec l'autre, volet habituellement bien perceptible de la personnalité narcissique, et avait considéré les nombreux points obscures et contradictoires caractérisant le récit biographique du recourant. Il n'excluait toutefois pas la présence d'autres traits de la personnalité, l'examen n'ayant pas permis de l'affirmer à un degré de vraisemblance suffisant. 2.2 C'est à tort que le recourant s'est prévalu des certificats de ses médecins traitants, déposés au stade de l'opposition, pour contredire le rapport du docteur Z.________. En effet, tant le docteur D.________ que les docteurs K.________ et B.________ n'ont pas remis en cause les conclusions de l'expertise. Au contraire, le premier a confirmé qu'il n'existait pas d'atteinte objective suffisante sur le plan physique pour justifier une incapacité de travail, alors que les seconds étaient d'avis que l'appréciation du cas était adéquate sur le plan psychiatrique. Certes, ces derniers ont précisé que certains passages du rapport pourraient être discutés, mais que cela ne changerait pas les conclusions de base concernant le diagnostic, ainsi que l'utilité d'un projet de réinsertion professionnelle progressif.