Citation: 5P.107/2005 13.07.2005 E. 1

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 131 II 58 consid. 1 p. 60; 130 II 65 consid. 1 p. 67). 1.1 En matière de divorce, les décisions de mesures provisionnelles prises en dernière instance cantonale peuvent faire l'objet d'un recours de droit public (ATF 126 III 261 consid. 1 p. 263; art. 86 al. 1 OJ). Déposé en temps utile, compte tenu de la suspension des délais prévue par l'art. 34 al. 1 let. a OJ, le présent recours est donc recevable au regard des art. 86 al. 1 et 89 al. 1 OJ. 1.2 Saisi d'un recours de droit public pour arbitraire, le Tribunal fédéral ne prend en principe pas en considération les allégations de fait, les preuves et les moyens de droit qui n'ont pas été soumis à l'autorité cantonale: nouveaux, ils sont irrecevables (pour l'interdiction des nova en fait: ATF 119 II 6 consid. 4a p. 7; 118 III 37 consid. 2a p. 39; pour l'interdiction des nova en général: cf. Walter Kälin, Das Verfahren der staatsrechtlichen Beschwerde, 2ème éd., Berne 1994, p. 369 ss). Il s'ensuit que, pour statuer sur un grief d'application arbitraire du droit, le Tribunal fédéral se fonde sur l'état de fait retenu dans la décision attaquée, à moins que le recourant n'établisse que l'autorité cantonale a constaté les faits pertinents de manière inconstitutionnellement inexacte ou incomplète (ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26 et arrêts cités). Les précisions ou compléments apportés à l'état de fait dans l'acte de recours sont irrecevables s'ils ne constituent pas des griefs de constatation arbitraire des faits motivés conformément aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Par ailleurs, le Tribunal fédéral n'examine le grief d'arbitraire qu'au regard des arguments discutés devant l'autorité cantonale et de ceux qui étaient si patents qu'ils auraient manifestement dû être pris en considération d'office (Kälin, op. cit., p. 370 s.); sous cette dernière réserve, les arguments nouveaux sont irrecevables. En l'espèce, il n'y a dès lors pas lieu d'entrer en matière sur le grief de violation arbitraire des art. 2 et 4 CC (ch. 4.4.1c de l'acte de recours), sur le moyen pris de l'état de santé de l'épouse (ch. 4.4.2 de l'acte de recours), sur celui pris du montant de l'entretien de base de deux adultes vivant en communauté domestique (ch. 4.4.3a de l'acte de recours), sur le grief relatif à l'absence de prise en compte d'un revenu hypothétique de l'épouse à défaut d'une rente d'invalidité (ch. 4.4.3d de l'acte de recours), sur les griefs en relation avec l'entretien de la fille cadette des parties (ch. 4.4.4 de l'acte de recours) et sur le moyen pris du concubinage de l'épouse (ch. 4.4.6 de l'acte de recours), qui n'ont pas été soulevés à l'appui du pourvoi cantonal en nullité. 1.3 Par ailleurs, en vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, sous peine d'irrecevabilité (ATF 123 II 552 consid. 4d p. 558), contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques prétendument violés et préciser en quoi consiste la violation invoquée. Il en résulte que, lorsqu'il est saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'applique pas le droit d'office. Il n'a pas à vérifier si la décision attaquée est en tous points conforme au droit. Il n'examine que les griefs de nature constitutionnelle invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (ATF 130 I 26 consid. 2.1 p. 31; 125 I 71 consid. 1c p. 76, 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). Le justiciable qui exerce un recours de droit public pour arbitraire (art. 9 Cst.) ne peut dès lors pas se borner à critiquer la décision attaquée comme il le ferait dans une procédure d'appel, où l'autorité de recours jouit d'un libre pouvoir d'examen; il ne peut pas se contenter d'opposer son opinion à celle de l'autorité cantonale, mais doit au contraire démontrer, en discutant de manière précise la motivation de la décision attaquée, que celle-ci se fonde sur une application du droit ou sur une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). C'est exclusivement au regard de griefs ainsi formulés que le Tribunal fédéral examine si la motivation de l'autorité cantonale est arbitraire (sur cette notion: ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 173 consid. 1.1 p. 175). Dans le cas présent, le recourant n'indique pas en quoi l'autorité cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant un taux d'incapacité de travail de l'intimée de 60 % sur la base des certificats médicaux produits au dossier, en ne constatant pas que l'intimée n'aurait rien fait depuis six ans pour se réinsérer professionnellement, en considérant que l'état de santé de l'intimée l'empêche de recouvrer à court terme une complète autonomie financière ou en considérant qu'une union qui a duré de 1980 à 1998 est un mariage de longue durée au regard de l'art. 125 CC. Dans son mémoire, le recourant ne cherche donc pas à démontrer le caractère insoutenable du raisonnement suivi par l'autorité cantonale; il se borne au contraire à opposer son propre point de vue à celui de l'autorité cantonale. Ses critiques sont donc purement appellatoires et, partant, inadmissibles dans un recours de droit public. Dès lors, faute d'être motivé conformément aux exigences de l'art. 90 al. 1 OJ, le recours doit être déclaré irrecevable.