Citation: 6B_277/2017 E. B

Par arrêt du 2 février 2017, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté le recours formé par X.________ contre cette ordonnance. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. Par jugement du 23 janvier 2015, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a condamné X.________, pour vol, dommages à la propriété d'importance mineure, violation de domicile et menaces qualifiées, à une peine privative de liberté de 9 mois, sous déduction de 246 jours de détention avant jugement, ainsi qu'à une amende de 100 fr., et a ordonné à son endroit un traitement institutionnel des troubles mentaux au sens de l'art. 59 CP. Dans le cadre de la procédure ayant abouti à ce jugement, X.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique. Dans un rapport du 8 octobre 2014, les experts ont retenu le diagnostic de schizophrénie paranoïde continue, pouvant être considéré comme grave en ce sens qu'il engendrait un handicap sévère dans les capacités adaptatives de l'expertisé dans son quotidien, notamment par rapport à sa faculté de pouvoir vivre de manière autonome, ainsi qu'un retard mental léger, qui contribuait à l'amenuisement de ses ressources psychiques. Ils ont estimé que le risque de récidive pouvait être qualifié d'élevé pour des infractions de même nature en cas de décompensation psychotique ou de perte d'étayage. Enfin, les experts ont préconisé la mise sur pied d'une mesure sous la forme d'un traitement des troubles mentaux en milieu ouvert, indiquant qu'un tel placement apporterait à l'expertisé les soins dont il avait besoin et lui permettrait de développer des aptitudes plus adaptées à la vie quotidienne ainsi que de mieux gérer ses angoisses. B.b. Par décision du 14 avril 2015, l'Office d'exécution des peines (ci-après : OEP) a ordonné le placement institutionnel de X.________ à la prison A.________, à B.________, avec effet rétroactif au 23 janvier 2015, avec un traitement thérapeutique auprès du Service de médecine et psychiatrie pénitentiaire. Le 18 août 2015, sur la base des conclusions prises par la Commission interdisciplinaire consultative (ci-après : CIC) au terme de son avis du 28 avril 2015, l'OEP a ordonné le placement institutionnel de X.________ au sein de l'EMS C.________, dès le 19 août 2015, avec un traitement thérapeutique auprès du Dr D.________. B.c. Par décision du 24 novembre 2015, l'OEP a autorisé X.________ à bénéficier d'un quota de sorties de deux fois quatre heures par mois, sur une période de deux mois, étant précisé que si au terme de ces deux mois le bilan était favorable, le prénommé pourrait formuler une nouvelle demande pour bénéficier de sorties hebdomadaires dont la durée pourrait se situer autour du même quota d'heures. Par décision du 15 janvier 2016, l'OEP a adressé une mise en garde à X.________ en raison de ses manquements au cadre, des bouteilles d'alcool vides ayant été découvertes dans sa chambre et la direction de l'EMS ayant signalé, dans un rapport du 30 novembre 2015, que le prénommé avait tenté d'introduire de l'alcool dans l'institution. A la suite de ces événements, l'OEP a également rejeté les demandes de X.________ tendant, d'une part, à l'octroi d'un congé exceptionnel de dix heures pour le 16 janvier 2016 dans le but d'accompagner son amie à l'aéroport et, d'autre part, à pouvoir se rendre au Portugal, étant souligné que le prénommé n'était pas autorisé à quitter le territoire suisse. L'autorité d'exécution a enfin suspendu les congés octroyés au terme de la décision du 24 novembre 2015, ce jusqu'au 29 février 2016. Elle a indiqué que ceux-ci pourraient reprendre d'office au terme de ce délai, si aucun nouvel événement contrevenant aux conditions assortissant la mesure thérapeutique institutionnelle n'était signalé dans l'intervalle, pour autant qu'il n'y ait pas de contre-indications médicales et que la situation concernant les papiers d'identité de l'intéressé ait été clarifiée. B.d. Dans un courrier du 17 novembre 2015, le Dr D.________ a indiqué que X.________ faisait l'objet d'entretiens réguliers sur le plan médical et infirmier. Il ne présentait pas de comportements pathologiques, se tenait à l'écart des autres et ne participait pas aux activités proposées. Le patient avait des contacts très suivis avec sa famille, au point que la direction de l'EMS devait régulièrement recadrer les soeurs de l'intéressé en raison de leurs multiples demandes auprès de l'institution. Le Dr D.________ a ajouté que X.________ se positionnait alors en victime de la justice, banalisait les faits reprochés, contestait être malade, ne se remettait pas en question et justifiait son comportement violent par ce qu'il considérait comme étant normal dans son pays. Il a en outre relevé que les capacités de mentalisation très limitées du prénommé ne donnaient pas de perspectives favorables quant au travail thérapeutique, mais que le patient était en revanche "compliant" au traitement médicamenteux. Il pensait ainsi qu'une libération conditionnelle était encore prématurée. B.e. Dans un rapport du 10 décembre 2015 rédigé à l'intention de la CIC, la direction de l'EMS a exposé que X.________ ne comprenait pas le sens de son placement ni de la mesure qui lui avait été imposée. Il niait ses difficultés relationnelles et sa compréhension au point que les diverses stratégies utilisées par le personnel de l'institution pour l'accompagner dans cette réalité étaient la plupart du temps vouées à l'échec. Une relation participative et respectueuse pour l'accompagner dans les décisions du quotidien n'avait pas pu être construite, dans la mesure où le prénommé assimilait toute action de l'institution à un processus injuste dont il se sentait victime. Il concentrait toute son énergie à attirer l'attention sur lui, en multipliant les démarches extérieures, dans le but de faire lever la mesure thérapeutique institutionnelle. Par ailleurs, depuis son arrivée, X.________ n'avait pas manifesté de motivation pour s'inclure dans un processus d'occupation ou d'apprentissage socio-thérapeutique et ses contacts avec les autres résidents restaient mitigés. Il réagissait en opposition à toutes les propositions qui lui étaient faites et se montrait très peu capable de trouver ou d'accepter des compromis qui lui permettraient de progresser. Il expliquait alors qu'il avait accepté son placement à l'EMS en espérant qu'une attente de quelques mois lui permettrait de recouvrer une liberté totale. S'il consentait quelques efforts pour respecter les règles de base, il semblait néanmoins jouer avec le cadre en permanence. En définitive, selon la direction de l'EMS, X.________ était incapable d'entrer dans un processus participatif afin de progresser dans sa mesure.