Citation: 6B_627/2024 E. 1.4

1.4. La cour cantonale a considéré que la violation grave de la LStup commise par le recourant franchissait très largement le seuil de 18 grammes de cocaïne considéré comme suffisant pour mettre en danger la santé de nombreuses personnes. En outre, il était notoire que le stupéfiant en question était considéré par la communauté scientifique comme faisant partie des plus dangereux sur le plan sanitaire et social. Partant, l'atteinte à la santé et à la sécurité publique causée par le comportement du recourant devait être qualifiée de très importante. De plus, son casier judiciaire suisse comportait de nombreuses infractions dont la faible intensité était tempérée par le fait que le recourant n'était arrivé en Suisse qu'en 2017. Il s'ensuivait que le seuil de gravité nécessaire pour qu'une expulsion fusse par exception possible au regard de l'art. 5 § 1 de l'Annexe I ALCP était atteint. En outre, un lien d'une intensité exceptionnelle avec la Suisse apparaissait nécessaire pour qu'il puisse être renoncé à une telle expulsion sur la base de l'art. 66a al. 2 CP. Le séjour du recourant en Suisse devait être qualifié de bref, dans la mesure où celui-ci n'y résidait légalement que depuis le 25 janvier 2020. L'intégration professionnelle et économique du recourant était minimale. Sans ressources financières, il n'avait pas travaillé depuis 2021, vivant depuis lors du modeste salaire de sa compagne et de revenus criminels. Le fait qu'il s'évertuait, avec succès, à apprendre le français et à acquérir d'autres connaissances en prison était louable, mais insuffisant à constituer un lien étroit avec la Suisse. Enfin, ses perspectives de réintégration sociale étaient manifestement plus importantes au Portugal ou en Guinée-Bissau, d'autant qu'il y possédait de la famille. Les seuls liens notables du recourant avec la Suisse étaient sa fille et, dans une moindre mesure, sa concubine. Il ne pouvait en effet être exigé de celles-ci qu'elles s'établissent au Portugal avec celui-ci au mépris du droit fondamental absolu de tout suisse à résider dans sa patrie. Cependant, le tribunal de police avait retenu avec pertinence qu'une résidence du recourant au Portugal permettait de réduire suffisamment l'atteinte portée à son droit fondamental à la vie de famille au vu de la proximité géographique de cet État avec la Suisse, permettant des vacances communes, et des moyens de communication modernes. Cela valait d'autant plus qu'en sa qualité de citoyen européen, il était libre de travailler et de s'établir sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne, y compris en France voisine, pourvu qu'il y travaillât légalement. En conclusion, l'intérêt public à l'expulsion du recourant prévalait nettement sur l'intérêt privé de celui-ci à demeurer en Suisse. Partant, c'était à juste titre que le tribunal de police l'avait expulsé pour la durée minimale de cinq ans.