Citation: 4A_323/2021 E. 4.2

4.2. Les demandeurs prônent derechef l'application du délai plus long de l'action pénale (quinze ans). Cela étant, ils ne se risquent pas à contrer le raisonnement des juges cantonaux, dont on ne peut affirmer qu'il serait entaché d'une erreur manifeste (sur l'art. 60 al. 2 CO, cf. ATF 136 III 502 consid. 6.1 et 6.3.1). Peu importe que les décisions genevoises de classement aient concerné le seul défendeur et le directeur de la succursale bancaire genevoise. Car ce sont les mêmes accusations, n'ayant débouché sur aucune incrimination, qui ont simplement été étendues à la défenderesse dans le procès civil: le premier jugement évoque un pur « copié/collé » de l'état de fait décrit dans la plainte de 2008, complété par l'adjonction du nom de la défenderesse. Dans ces circonstances, il faut en rester au délai de prescription décennal retenu par les juges d'appel, étant entendu que l'art. 127 CO, soi-disant aussi applicable au défendeur, n'instaure pas un délai de prescription plus long. Pour le surplus, les demandeurs ne critiquent pas sérieusement les constatations situant le départ de la prescription en février 1986: ils se retranchent encore et toujours derrière la vague affirmation qu'une investigation eût été nécessaire, sans expliquer comment elle aurait pu être fructueuse, ni indiquer un potentiel dies a quo ultérieur (sans compter l'échec de leur grief ciblant l'appréciation anticipée des preuves, cf. consid. 5.4.4 infra). Et ils ne contestent pas l'absence d'actes interruptifs. Ils insistent encore sur le fait que la découverte de la supercherie n'aurait eu lieu que tardivement, ce qui ne modifie en rien le raisonnement tenu, puisque cette question importe tout au plus pour l'art. 60 al. 1 CO.