Citation: 6B_152/2014 E. 2.4

2.4. L'arrêt attaqué retient que le recourant était suivi en psychiatrie et bénéficiait d'un traitement médicamenteux. Au moment des faits, il l'avait toutefois interrompu en raison du ramadan. Le 19 août 2011, vers 17 h 15, le recourant a été placé en cellule d'isolement, transformée pour l'occasion en cellule forte. Le réfrigérateur et la télévision avaient ainsi été retirés. Le câble de la télévision, sortant du mur, était resté en place. Selon le recourant, une table aurait aussi été laissée dans la cellule. A la suite de sa mise en cellule, le recourant a menacé de se pendre auprès du gardien et intimé D.________, qui avait préparé la cellule, s'il ne voyait pas le directeur. Il n'a pas mis cette menace à exécution, mais l'a réitérée auprès du gardien et intimé B.________. Celui-ci déclare lui avoir rétorqué que c'était sa décision. Le recourant affirme qu'il lui aurait dit "tu n'as qu'à te pendre, cela fera bien rigoler tes victimes". Vers 18 h 40, le recourant a été découvert pendu et inconscient dans sa cellule. Il a été emmené en ambulance aux HUG vers 20 h 00. Le recourant est revenu à la prison vers 23 heures, le même jour. L'intimé E.A.________ a indiqué l'avoir ramené en cellule en compagnie de trois autres gardiens. Le recourant dit avoir cheminé sous les insultes de surveillants. Alors qu'il revenait de l'hôpital après une tentative de pendaison, aucune mesure n'a été prise pour éviter une récidive. Il a été replacé dans la même cellule où pendait le même câble d'alimentation, quelque peu raccourci après avoir été coupé pour le libérer à la suite de sa première tentative de pendaison. L'intimé E.A.________ aurait alors dit au recourant "regarde, on t'a laissé une surprise. Cette fois-ci, j'espère que tu mourras". Durant la nuit, le même gardien se serait posté régulièrement devant la porte pour lui dire "t'es toujours pas mort, pends-toi connard". Le recourant a récidivé, dans une autre cellule, le 22 août 2011. Les conditions de détention dénoncées par le recourant, à l'encontre d'un détenu qui revient des urgences de l'hôpital après avoir tenté de se pendre tant et si bien qu'il en a perdu conscience (arrêt entrepris, p. 3), que l'on remet dans la même cellule d'isolement, où a été laissé le câble avec lequel il avait tenté de se pendre, et que l'on incite à se suicider pendant toute la nuit, dépassent clairement le niveau d'humiliation ou d'avilissement propre à toute privation de liberté. De telles conditions, si elles étaient avérées, pourraient constituer un traitement prohibé par l'art. 3 CEDH. Les allégations du recourant ne se révèlent pas d'emblée contredites par des faits clairement établis. Le recourant a donc qualité pour recourir contre l'arrêt attaqué.