Citation: K 78/04 15.03.2005 E. 3

Les appréciations de l'AI et de l'assurance-maladie sont contradictoires. En effet, dans sa communication du 21 janvier 2004, l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud a retenu que la recourante présentait une incapacité de travail durable à partir du 11 mars 2002, justifiant le versement d'une rente entière d'invalidité depuis le 1er mars 2003. Quant à l'intimée, elle a supprimé le paiement des indemnités journalières dès le 1er août 2002, estimant que la recourante avait recouvré une pleine capacité de travail à ce moment-là. La notion d'incapacité de travail de l'assurance-maladie et celle d'incapacité de gain de l'assurance-invalidité ne se recouvrent pas. Toutefois, bien que l'assurance-maladie ne soit pas liée par l'évaluation de l'invalidité à laquelle l'AI a procédé (cf. ATF 114 V 291 consid. 2b), il n'en demeure pas moins que l'écart entre l'une et l'autre évaluation de l'incapacité est dans le cas particulier tel que l'on ne saurait en faire abstraction. Il y a bien plutôt lieu de déterminer les causes qui ont pu conduire à une appréciation à tel point divergente et d'établir si elle se justifie par le seul fait de la notion spécifique d'incapacité dans les deux domaines. Vu ce qui précède et comme dans l'affaire qui a donné lieu à l'arrêt publié au RAMA 1986 n° K 696 p. 423, le dossier de la cause doit être renvoyé à l'autorité judiciaire de première instance afin que, notamment, sur la base du dossier de l'assurance-invalidité qui n'a pas été produit en procédure cantonale (alors que la recourante avait annoncé le dépôt d'une demande de rente), elle procède à une instruction complémentaire et rende un nouveau jugement. En ce sens, le recours est bien fondé, sans qu'il soit nécessaire, à ce stade, d'examiner plus avant la valeur probante des avis médicaux versés au dossier.