Citation: 5A.22/2006 13.07.2006 E. A

A.a X.________, alors citoyen de la République démocratique du Congo, est arrivé pour la première fois en Suisse le 4 décembre 1991; il a été renvoyé dans son pays d'origine en octobre 1992 au terme d'une procédure d'asile. De retour en Europe, l'intéressé a contracté mariage en France, le 3 janvier 1994, avec Y.________, une ressortissante suisse de quinze ans son aînée dont il avait fait la connaissance en tant que requérant d'asile. Le couple a regagné la Suisse le 14 février 1994. Une autorisation de séjour annuelle a dès lors été délivrée au mari et a été régulièrement renouvelée jusqu'au 14 février 1999. A.b Le 23 février 1998, X.________ a déposé une demande de naturalisation facilitée fondée sur son mariage avec la prénommée. Les époux ont signé, le 8 mars 1999, une déclaration écrite aux termes de laquelle ils confirmaient vivre en communauté conjugale effective et stable, résider à la même adresse et n'envisager ni séparation, ni divorce. Ils ont aussi attesté avoir connaissance du fait que la naturalisation facilitée ne pouvait pas être octroyée lorsque, avant ou pendant la procédure administrative, la communauté conjugale effective n'existait plus, notamment si l'un des conjoints demandait le divorce ou la séparation, et que si cet état de fait était dissimulé, la naturalisation pouvait être annulée ultérieurement. Par décision du 22 avril 1999, X.________ s'est vu accorder la naturalisation facilitée en application de l'art. 27 de la loi fédérale du 29 septembre 1952 sur l'acquisition et la perte de la nationalité suisse (ci-après: LN; RS 141.0). A.c Le 9 mai 2001, l'Office fédéral des étrangers (actuellement l'Office fédéral des migrations [ODM]) a informé l'intéressé qu'il se voyait contraint d'examiner s'il y avait lieu d'annuler sa naturalisation facilitée, compte tenu du très bref laps de temps qui s'était écoulé entre la décision d'octroi du 22 avril 1999 et la séparation d'avec son épouse survenue, selon les renseignements en sa possession, le 1er mai 2000; il lui était donné la possibilité de présenter des observations à ce sujet, accompagnées d'éventuels documents en relation avec sa séparation ou son divorce. Dans ses déterminations du 11 juin 2001, X.________ a notamment affirmé, par l'intermédiaire de son avocat, qu'il n'avait pas fait de déclarations mensongères, ni dissimulé de faits essentiels au Département fédéral de justice et police (DFJP) et qu'au moment où il avait demandé la nationalité suisse, ainsi que lorsqu'il l'avait reçue, il vivait effectivement en communauté conjugale avec son épouse, son couple ne connaissant en outre pas de difficultés matrimoniales. Il a ajouté que la vie commune avait duré plus d'une année encore après la décision de naturalisation facilitée, que ses difficultés conjugales étaient apparues au printemps 2000 et que les époux vivaient séparés depuis le mois de mai de cette année-là; un projet de convention matrimoniale avait été élaboré en juillet 2000, mais il n'avait pas été homologué, et des pourparlers avaient été initiés avec son épouse "en vue de formaliser les modalités de leur vie séparée". Après avoir rappelé les circonstances de leur rencontre, l'intéressé a encore souligné qu'il avait dû renoncer à la nationalité de son pays d'origine après l'acquisition de la nationalité suisse, "conformément aux prescriptions du droit congolais (ex-Zaïre)".