Citation: 6B_825/2023 E. B

Par jugement du 15 mai 2023, la Cour pénale II du Tribunal cantonal du Valais, statuant sur appel de A.A.________, l'a partiellement admis, a constaté l'entrée en force de chose jugée des chiffres 1, 5, 7 et 11 du dispositif du jugement du 26 avril 2021, renumérotés 1, 5, 6 et 13, et a réformé le jugement du 26 avril 2021 en ce sens que, après avoir constaté une violation du principe de célérité, elle a reconnu la prénommée coupable d'abus de confiance et d'appropriation illégitime et l'a condamnée à une peine pécuniaire de 180 jours-amende à 300 fr. le jour, ainsi qu'à une amende de 3'000 fr. (2), la peine pécuniaire étant assortie du sursis pendant 4 ans (3) et la peine privative de liberté de substitution en cas de non-paiement fautif de l'amende étant fixée à 10 jours (4). Elle a attribué à B.A.________ le "Doggy John" d'environ 40 cm de couleurs bleue-rouge, les appareils électroménagers, les ustensiles de cuisine, les casseroles en cuivre et les bouteilles de vin (7). Elle a provisoirement attribué à B.A.________ les autres objets séquestrés selon inventaire du 23 février 2017, à l'exception des biens mentionnées aux points 5, 6 et 7, y compris les trois petits "Doggy John" consignés auprès de feu F.D.________, et a imparti à A.A.________ un délai de 30 jours courant dès la notification du jugement pour introduire une action civile, précisant qu'à défaut, ces objets seraient définitivement attribués à B.A.________ (8). Elle a enfin renvoyé les prétentions civiles du prénommé au for civil (9) et statué sur les frais et indemnités (10, 11, 12, 14 et 15). Les faits pertinents retenus par le jugement cantonal sont en substance les suivants. B.a. A.A.________ et B.A.________ se sont mariés en 2002 sous le régime de la séparation de biens au sens des art. 247 et ss CC et se sont séparés en 2012. Par décision de mesures protectrices de l'union conjugale du 16 janvier 2013, le Tribunal cantonal a pris acte de la suspension de la vie commune des époux A.________, a attribué provisoirement la jouissance du chalet C.________, à U.________, à l'épouse et a condamné B.A.________ à lui verser, à compter du 18 juin 2012, une contribution de 35'000 fr., comprenant 9'000 fr. destinés à couvrir les frais d'entretien du chalet. Par décision de mesures provisoires du 27 mai 2015, le Tribunal cantonal a attribué la jouissance du chalet C.________ à B.A.________ et a supprimé la contribution de l'épouse dès le 27 mai 2014. A la suite d'une décision du Tribunal fédéral du 12 janvier 2016, les effets de cette décision ont été reportés et les parties sont convenues de la remise des clés du chalet à mi-mai 2016. B.b. Par décision de mesures immédiates du 18 mai 2016, le Tribunal de Sierre a fait interdiction à A.A.________ de se rendre au chalet C.________ et d'emporter ou faire emporter quelque objet que ce soit, lui a donné l'ordre de remettre sans délai les clés au notaire, Me G.________, le tout sous la menace des sanctions de l'art. 292 CP, et a mandaté ce notaire pour réaliser un inventaire des biens mobiliers se trouvant dans le chalet. Le 31 mai 2016, Me G.________ a établi l'inventaire, qu'elle a remis au juge le 17 juin 2016. Ce document a été communiqué aux parties le 20 juin 2016. Le 4 août 2016, B.A.________ a déposé plainte pénale contre A.A.________ pour vol et s'est constitué partie plaignante. B.c. Le 23 juin 2016, le juge de district a ordonné à A.A.________ de quitter le chalet pour le 30 juillet 2016, B.A.________ étant en cas d'inexécution autorisé à faire appel à la force publique. Constatant qu'il n'existait aucune décision portant sur l'attribution de la jouissance du mobilier, le juge a estimé qu'il ne lui appartenait pas de compléter sur ce point les décisions dont l'exécution était sollicitée de sa part. Partant, il a décrété que A.A.________ n'était autorisée à emmener que ses effets personnels, à l'exclusion du mobilier, sous la menace des sanctions de l'art. 292 CP. Le Tribunal cantonal a, le 25 août 2016, rejeté le recours formé par A.A.________ contre cette décision et a refixé au 30 septembre 2016 le délai imparti pour libérer le chalet. Cette nouvelle échéance n'a pas été respectée en raison du recours formé par A.A.________ contre la décision cantonale, que le Tribunal fédéral a rejeté au terme de son arrêt du 11 octobre 2016. B.d. Entre octobre et novembre 2016, A.A.________ a chargé un tiers de transporter divers biens meubles provenant du chalet C.________ dans des locaux qu'elle avait loués à W.________. A.A.________ a expédié les clés du chalet au mandataire de son époux le 23 novembre 2016. B.A.________ a, le 2 décembre 2016, déposé une nouvelle plainte pénale pour vols et insoumission à une décision de l'autorité. Le 23 février 2017, le procureur a délivré un mandat de perquisition des locaux loués par A.A.________ et de séquestre des biens entreposés par celle-ci. B.e. En décembre 2010, B.A.________ avait acquis de l'artiste H.________ - I.________ de son nom d'artiste - une sculpture en bronze représentant un crâne humain, ainsi que quatre "Doggy John" pour le prix total de 33'000 euros. Il s'est acquitté du prix par débit de son compte bancaire auprès de J.________. B.A.________ prétend que I.________ lui avait en outre offert trois petits "Doggy John". En 2015, A.A.________ a vendu à F.D.________, gérant de la boutique K.________ sise à la rue V.________, à U.________, trois sculptures de l'artiste I.________ pour le prix de 20'000 fr., à savoir le crâne et deux "Doggy John" d'environ 40 cm, un beige et un aluminium-métal. Celui-ci a vendu le "Doggy John" de couleur aluminium-métal à une cliente pour le prix de 10'000 francs. Par ailleurs, A.A.________ a remis à F.D.________ en consignation dans le but de les vendre un "Doggy John" noir et rouge d'environ 40 cm et trois petits "Doggy John". En décembre 2015, B.A.________ a constaté que le crâne et l'un des "Doggy John" de l'artiste I.________ étaient exposés dans la vitrine de la boutique K.________. Au printemps 2016, il a interrogé F.D.________, sur la provenance de ces objets, qui lui a répondu qu'il les avait acquis auprès de A.A.________. Le 23 mai 2018, le procureur a ordonné la mise sous séquestre des six sculptures de I.________ encore en possession de F.D.________ (un "skull", un "Doggy John" dans les couleurs rouge/bleu, un "Doggy John" dans les couleurs beige, trois petits chiens "Doggy John"). B.f. Pour le nettoyage du tunnel d'accès privatif à son chalet, B.A.________ avait fait l'acquisition d'une balayeuse-nettoyeuse-aspirateur à trois roues, d'une valeur de 15'000 fr. à 20'000 francs. Il avait chargé L.________ d'effectuer les travaux de nettoyage, qui s'en est acquitté jusqu'à la séparation des parties. En 2016, A.A.________ a vendu l'appareil pour un prix compris entre 5'000 et 7'000 francs. B.g. Le chalet comprenait une salle de sport, dans laquelle trônaient des installations sportives. Durant son séjour, A.A.________ a disposé d'un rameur et d'un appareil de musculation. Elle prétend les avoir fait évacuer à la déchetterie, après avoir constaté qu'ils avaient été endommagés à la suite d'un dégât d'eau survenu en juin 2012.