Citation: 8C_510/2018 E. 6

Les arguments avancés par la recourante ne sont pas susceptibles d'établir sa bonne foi. En effet, même si lors de son inscription au chômage elle n'avait pas saisi exactement la notion du domicile, au sens de l'assurance-chômage, il pouvait raisonnablement être exigé de sa part qu'elle mentionne le lieu où elle réside à titre principal plutôt que sa résidence secondaire ou, en cas d'incertitudes, qu'elle se renseigne ou indique les deux adresses. Dans tous les cas, le rappel de l'obligation de domicile en Suisse lors de la séance d'information collective aurait dû susciter auprès de la recourante le doute que son domicile français pouvait constituer un obstacle à la reconnaissance de son droit à l'indemnité. Ensuite, en tant que la recourante se prévaut des déclarations de l'ORP, elle invoque des faits qui n'ont pas été constatés par la juridiction cantonale. Quoi qu'il en soit, la collaboratrice aurait également déclaré - selon l'acte de recours - que l'on ne pouvait pas déduire de l'inscription à l'ORP un droit à l'indemnité de chômage, de sorte que cet argument ne plaide pas en faveur de la thèse de la recourante. Quant aux liens qu'elle entretenait avec la ville de Lausanne et, de manière générale, avec la Suisse, ils sont plutôt de nature à remettre en cause la question de sa résidence habituelle, sur laquelle il n'y a toutefois plus lieu de revenir à ce stade de la procédure. Enfin, l'équivalence des indemnités de chômage suisse et française n'est de loin pas établie. En conclusion, si l'on peut inférer des pièces mentionnées par la recourante (décomptes de salaire; formulaire "obligation d'entretien envers des enfants") qu'elle n'entendait pas cacher son adresse en France, il n'en reste pas moins qu'en donnant uniquement celle de sa résidence secondaire en Suisse dans les formulaires de l'ORP et de la caisse de chômage, elle a commis une négligence grave de nature à exclure sa bonne foi, au sens de la jurisprudence. Par conséquent le jugement attaqué n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.