Citation: 6B_778/2013 E. 1

B.b. Suite à une requête de l'Office d'application des peines du 13 novembre 2007 et à un préavis de la Commission de la dangerosité du 2 novembre 2007, l'exécution du solde de la peine a été suspendue par jugement du 9 avril 2008 au profit d'un traitement institutionnel au sens de l'art. 59 CP. Le Tribunal a fondé sa décision en particulier sur une expertise psychiatrique délivrée par le Dr A.________ le 10 mars 2008. L'intéressé souffrait de schizophrénie paranoïde, maladie psychiatrique chronique et incurable qui nécessitait un traitement. Il n'était pas suffisamment conscient de sa maladie et de la gravité des infractions dont il avait été reconnu coupable pour que l'on puisse attendre de lui qu'il se soumette volontairement ou dans le cadre d'une mesure ambulatoire au traitement médicamenteux, à la psychothérapie et à l'encadrement qui lui étaient indispensables pour que son état demeure stabilisé et pour que le risque de récidive soit réduit autant que possible. X.________ a été placé au Foyer du Parc à Couvet dès le 6 mai 2008 afin d'y subir cette mesure. Le 16 juillet 2010, X.________ a été placé en milieu fermé jusqu'au 16 août 2011, pour avoir importuné une jeune fille au pair à la sortie d'un train, en tentant de l'embrasser et de lui prodiguer des caresses par-dessus ses vêtements. B.c. Dans un rapport d'expertise du 21 septembre 2010, le Dr B.________ a confirmé le diagnostic de schizophrénie paranoïde qui était clairement en lien avec le risque de récidive. Il a constaté comme seule évolution, la stabilisation de la maladie, dans le cadre thérapeutique avec une meilleure socialisation, même si l'expertisé cherchait encore à transgresser le cadre de manière ponctuelle. La prise de conscience de son trouble par l'intéressé n'était cependant que partielle dans la mesure où il l'attribuait encore "passablement" à la consommation de substances illicites et d'alcool. Par ailleurs, s'il reconnaissait l'utilité du cadre mis en place, il niait celle du traitement neuroleptique. L'expert a affirmé qu'un suivi ambulatoire était totalement insuffisant pour répondre aux exigences de prévention de récidive, mais qu'en revanche le risque devenait faible avec un encadrement strict, une surveillance de l'abstinence de produits stupéfiants et d'alcool ainsi qu'une surveillance stricte des déplacements et des consignes claires quant aux relations autorisées avec le sexe opposé. Le placement au Foyer du Parc et le cadre mis en place étaient pleinement adaptés à la situation de l'intéressé. Finalement, l'expert a indiqué que le trouble psychiatrique de X.________ exigera certainement durant de nombreuses années, voire à vie, un suivi psychiatrique et un encadrement thérapeutique et socio-éducatif. Dans un rapport du 29 octobre 2012, le Dr C.________ qui assure le suivi psychiatrique de X.________ dans le cadre de la mesure thérapeutique a conclu que l'on pouvait constater une évolution positive chez l'intéressé. Son état psychique, quoique parfois fluctuant (épisode de recrudescence de sa symptomatologie en mars 2012), restait néanmoins stable. Il gardait une abstinence aux toxiques. Il continuait à travailler régulièrement et n'avait pas récidivé. Une étape consistant à intégrer un appartement protégé pouvait être envisagée à condition qu'il se soumette très régulièrement à des prises de sang pour contrôler sa compliance médicamenteuse, étant précisé qu'il s'y était soustrait en mai et juillet 2012. Dans un rapport du 6 novembre 2012, le Foyer du Parc a exposé que X.________ avait cherché à se soustraire à la prise de son traitement neuroleptique et avait refusé des prises de sang sous divers prétextes. Il avait des difficultés à respecter le programme de sorties. Finalement, il avait indiqué qu'il ne souhaitait du reste plus intégrer un appartement protégé. Enfin, la personne en charge de la mesure de protection de l'adulte dont il bénéficie, trouvait que tant que l'intéressé n'arrivait pas à concevoir et à accepter qu'il était atteint d'une maladie incurable qui nécessitait un traitement, certainement à vie, il était difficile d'imaginer une autre prise en charge que celle mise en place. B.d. En date du 19 avril 2013, l'Office d'application des peines et mesures (OAPM), suite à un préavis négatif de la Commission de la dangerosité, a refusé la libération conditionnelle de X.________. Il a considéré que le risque de récidive restait présent et que seul un cadre strict et soutenant était à même de prévenir toute nouvelle infraction.