Citation: 6B_471/2024 E. 2

S'agissant de l'infraction de l'art. 177 CP, l'autorité cantonale a jugé que le terme "nazi" inséré dans le courriel que la recourante avait adressé à son avocat le 1 er juin 2020 constituait objectivement une injure. Par ailleurs, l'avocat de la recourante n'était pas un confident nécessaire, car il n'y avait en l'occurrence aucune circonstance particulière qui permettait de déroger au principe selon lequel l'avocat de l'auteur devait être qualifié de tiers à qui les propos litigieux étaient rapportés. Le terme de "nazi", de plus exprimé en majuscules, allait manifestement au-delà de ce qui était nécessaire à l'évacuation des émotions que la recourante disait avoir subies ensuite de l'incident du 1 er juin 2020. Ce terme ne pouvait manifestement rien amener de constructif ni quant à la résolution des problèmes d'ordre personnel, ni même s'agissant des procédures judiciaires en cours. Ainsi, il excédait ce qui pouvait être indiqué pour la compréhension du conflit familial par l'avocat de la recourante, même en prenant en considération le caractère émotionnel qui entourait immanquablement les questions liées à la prise en charge des enfants mineurs. En conséquence, l'avocat de la recourante, récipiendaire du courriel dans lequel cette dernière traite son mari de nazi, constituait bel et bien un tiers au sens de la jurisprudence relative à l'art. 177 CP. S'agissant de l'infraction de l'art. 179 quarter CP, l'autorité cantonale a jugé que la recourante invoquait sans succès une erreur sur l'illicéité au sens de l'art. 21 CP en déclarant qu'elle ignorait le caractère condamnable de ses actes. D'une part, le fait de filmer une personne avec qui l'on était en conflit et un lieu clos sans autorisation devait naturellement susciter chez l'auteur le sentiment d'un acte répréhensible. En outre, compte tenu des circonstances mouvementées dans lesquelles elle avait agi, la recourante ne pouvait qu'appréhender l'illicéité de son comportement. À cet égard, la liste des rapports d'intervention de la Police municipale de U.________ qu'elle avait déposée aux débats ne lui était d'aucun secours, car les interventions qui y étaient décrites se rapportaient presque exclusivement à des conflits de voisinage avec la propriétaire de la maison jouxtant la sienne. La seule intervention en relation avec son mari ne mentionnait pas que la police l'aurait autorisée à filmer ce dernier ou l'intérieur de son domicile contre son gré. Enfin, tenter de se dédouaner en invoquant l'art. 15 CP et soutenant avoir été elle-même agressée n'était pas admissible, étant précisé qu'il n'était nullement établi que son mari avait eu une attitude vindicative à son égard, notamment il n'était pas établi que l'intimé aurait poussé la recourante lors des faits.