Citation: 1P.41/2003 13.03.2003 E. 2

Invoquant l'art. 9 Cst., les recourants se plaignent d'une appréciation arbitraire des preuves. La cour cantonale a considéré comme suspecte leur attitude consistant à maintenir des relations avec des clients douteux, à exiger des paiements par chèques - au lieu de virements bancaires -, et à transférer immédiatement les montants crédités alors que ceux-ci l'étaient sous réserve de bonne fin, réserve dont la portée ne pouvait pas échapper aux recourants. Ces derniers relèvent qu'ils étaient eux-mêmes sceptiques quant à la couverture des chèques, qu'ils avaient à plusieurs reprises demandé confirmation de la banque quant à la disponibilité des fonds crédités, que celle-ci avait donné des assurances à ce sujet, qu'ils ignoraient que la réserve de "bonne fin" impliquait la possibilité de redébiter de leur compte en cas de défaut de couverture, et que le transfert sur le CCP était justifié par des raisons de sécurité et par l'absence d'intérêts sur le compte bancaire. L'arrêt attaqué méconnaîtrait par ailleurs la négligence commise par la banque en créditant des montants provenant de chèques non vérifiés. 2.1 Une décision est arbitraire, au sens de l'art. 9 Cst., lorsqu'elle viole gravement une règle de droit ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. La décision doit apparaître arbitraire tant dans ses motifs que dans son résultat (ATF 128 I 273 consid. 2.2 p. 275, 126 I 168 consid. 3a p. 170 et la jurisprudence citée).