Citation: 8C_70/2022 E. 6.4

6.4. En l'espèce, les docteurs H.________ et K.________ n'ont pas repris à leur compte le diagnostic de névrose post-traumatique attesté par le médecin traitant du recourant, le docteur G.________. Ils sont d'accord pour dire que le recourant présente une diminution de la capacité de travail de 20 % dans toute activité autre que celle de conducteur d'engin à raison de troubles psychiques, même si les deux psychiatres ne posent pas le même diagnostic (épisode dépressif léger pour le premier, stress post-traumatique pour le second). Ils retiennent également l'existence d'un lien de causalité naturelle entre ces troubles et l'accident assuré. Quant au lien de causalité adéquate, il a été implicitement admis par l'intimée, qui a octroyé l'indemnité en capital. Toutefois, comme on vient de le voir (cf. consid. 6.1 supra), ce mode de liquidation du cas d'assurance suppose d'examiner si la mesure est susceptible de favoriser le recouvrement de la capacité de travail de l'assuré compte tenu de l'ensemble des circonstances liées à sa personnalité et de la nature de l'accident. Au regard de l'évolution qu'a connue la pratique psychiatrique, il y a lieu de se montrer strict à cet égard. Or, à la lecture du rapport du docteur H.________, force est de constater que ce médecin d'arrondissement a porté son examen sur la question de la causalité naturelle et de la capacité de travail du recourant (comme cela ressort d'ailleurs du motif de l'examen mentionné en préambule de son rapport), mais qu'il n'a pas dirigé son analyse du cas sur la question de l'efficacité du versement d'une indemnité en capital. A elle seule, la constatation du docteur H.________, selon laquelle la situation juridique compliquée du recourant et l'inquiétude de celui-ci au sujet de ses perspectives financières et de réinsertion professionnelle sont des facteurs de frein pour la résolution de ses symptômes dépressifs, est insuffisante pour en déduire un pronostic favorable quant à une reprise du travail par le biais de l'art. 23 LAA (pour un exemple contraire voir l'arrêt U 88/91 du 10 décembre 1991). En l'absence d'un pronostic dûment fondé permettant de considérer que le versement d'une indemnité en capital constituerait en l'espèce une mesure efficace pour favoriser la résolution des troubles psychiques en cause, c'est à tort que la cour cantonale a admis que les conditions d'application de l'art. 23 LAA étaient réunies. Cela étant, au regard des éléments déjà admis par l'intimée et sur lesquels il n'y a pas lieu de revenir (cf. consid. 2 supra), celle-ci n'est pas libérée de son obligation de prester pour ces troubles et il lui appartient d'examiner le droit à une rente d'invalidité qui en découle (art. 18 LAA) ainsi que le droit éventuel du recourant à une indemnité pour atteinte à l'intégrité sur le plan psychique (art. 24 LAA; art. 36 al. 1 et 3 OLAA; ATF 124 V 29).