Citation: 4A_453/2022 E. A

A.a. Depuis le 1er juillet 1986, B.________ et C.________ (ci-après: les locataires, les demandeurs ou les intimés) sont locataires d'une arcade destinée à l'usage commercial d'environ 55 m 2 et sise à Genève (ci-après: l'arcade). L'art. 6 du contrat de bail prévoit que " [...] [l]a cession du bail ne sera autorisée que pour de justes motifs et seulement si le cessionnaire exerce la même activité que le locataire, et s'il possède les capacités morales, professionnelles et financières pour assurer la marche normale de l'entreprise. Le bailleur peut exiger la production des conditions de la cession. " Conformément au procès-verbal de conciliation du 12 décembre 2007, l'échéance du bail a été fixée au 31 mars 2013 avec un renouvellement ultérieur tacite de cinq ans en cinq ans. Le loyer annuel s'élève à 13'220 fr., hors charges. A.b. Par courrier du 14 février 2014, la régie a informé les locataires que A.________ SA (ci-après: la bailleresse, la défenderesse ou la recourante) était la nouvelle propriétaire de l'arcade. A.c. Dans l'arcade, les locataires exploitent un salon de coiffure à l'enseigne "... " (ci-après: le salon). Ils ont entièrement aménagé les locaux et réalisé les travaux d'entretien nécessaires depuis la conclusion du bail. A.d. Par courrier du 27 septembre 2019, les locataires ont sollicité de la bailleresse l'autorisation de procéder au transfert de leur bail en faveur de D.________ (ci-après: le locataire reprenant; rectification d'office selon l'art. 105 al. 2 LTF) dès le 1 er novembre 2019. Ils ont joint à leur demande la convention de remise de commerce conclue entre le locataire reprenant et B.________ le même jour, prévoyant un prix de vente du fonds de commerce de 40'000 fr. À la demande de la régie, les locataires ont transmis divers documents complémentaires. Il en ressort notamment que le locataire reprenant, de nationalité suisse, bénéficie d'un salaire mensuel net moyen de plus de 7'500 fr., qu'il ne fait l'objet d'aucune poursuite ni acte de défaut de biens et qu'il disposait d'une fortune de plus de 60'000 fr. au 31 octobre 2019. L'un des courriels de E.________, par lequel celle-ci a remis divers documents à la régie, mentionne que la locataire avait réduit son activité commerciale de façon intentionnelle, et ce au détriment de la demande de sa clientèle, dans la mesure où un commerce ne pouvait être géré avec le même dynamisme à 60 ans qu'à 40 ans. A.e. Par courrier du 12 novembre 2019, la bailleresse a refusé le transfert du bail au motif que les chiffres avancés n'étaient pas en adéquation avec la comptabilité résultant de l'activité du fonds de commerce, de sorte qu'elle considérait que le prix de 40'000 fr. constituait un pas-de-porte. Après une réunion, la bailleresse a maintenu sa décision. D'après son expérience, le matériel remis avait une valeur résiduelle maximale de 10'000 fr. S'agissant de la reprise de clientèle, soit le goodwill, il ne pouvait s'élever à 30'000 fr. au regard du chiffre d'affaires réalisé en 2017, qui était inférieur à 1'000 fr. par mois. A.f. Le 9 décembre 2019, les locataires ont transmis à la bailleresse un inventaire établi par E.________ indiquant la valeur vénale de chacune des installations présentes dans le salon de coiffure, pour un montant total de 56'530 fr. Ils lui ont imparti un délai au 23 décembre 2019 pour accepter le transfert de bail. A.g. Le 12 décembre 2019, la bailleresse a persisté dans les motifs de son refus, ajoutant que le locataire reprenant n'avait jamais exercé le métier de coiffeur alors qu'il comptait générer un chiffre d'affaires de 120'000 fr. pour l'année 2020, et ce quand bien même celui des locataires n'atteignait pas le montant de 10'000 fr. Selon elle, le prix de la remise de commerce était ainsi lié au loyer extrêmement bas de l'arcade.