Citation: 6P.100/2004 17.08.2004 E. 5

La recourante se plaint des lésions corporelles par négligence mises à sa charge (art. 125 CP) en relation avec une violation des règles de la circulation routière (art. 36 al. 4 LCR et 17 al. 1 OCR). Elle articule de la sorte une critique qui touche à l'application du droit fédéral et qui doit être soulevée dans un pourvoi (art. 269 al. 1 PPF). On déduit de l'art. 268 ch. 1 PPF que le pourvoi en nullité au Tribunal fédéral revêt un caractère subsidiaire par rapport aux voies de recours de droit cantonal et suppose donc l'épuisement préalable des instances et voies de droit cantonales permettant de faire réexaminer librement l'application du droit fédéral. En particulier, si, pour des motifs de procédure cantonale, une autorité n'examine pas un moyen et n'entre pas en matière sur le problème de fond qu'il soulève, il n'y a pas eu sur ce point d'épuisement des instances cantonales. Autrement dit, dans la mesure où plusieurs moyens ont été déclarés irrecevables par l'autorité cantonale, ils ne peuvent être soumis au Tribunal fédéral dans le cadre d'un pourvoi en nullité, l'exigence de l'épuisement des voies de droit cantonales n'étant pas respectée (ATF 123 IV 42 consid. 2a p. 44/45). En l'espèce, la Cour de cassation neuchâteloise a relevé que la recourante dans son recours cantonal contestait uniquement le fait d'avoir heurté la victime et ne remettrait pas en cause, si ce fait devait être établi, sa condamnation sur le fond. Elle a ainsi décidé de se consacrer uniquement aux critiques relatives à l'établissement des faits et à l'appréciation des preuves et de ne pas examiner les questions de droit pénal sur le fond (cf. arrêt attaqué, consid. 3a p. 3). Comme la Cour de cassation neuchâteloise a refusé d'entrer en matière sur le fond, il n'y a pas eu d'épuisement des instances cantonales sur les questions que la recourante soulève à ce propos dans son pourvoi. Celui-ci est par conséquent irrecevable. A noter que la recourante n'a pas contesté le refus d'entrer en matière, ce qu'elle aurait uniquement pu faire dans son recours de droit public (cf. ATF 123 IV 42 consid. 2a p. 45). Au surplus, la recourante s'en prend aussi à l'établissement des faits, ce qu'elle n'est pas habilitée à faire dans un pourvoi (ATF 126 IV 65 consid. 1 p. 66/67).