Citation: 1P.36/2007 02.05.2007 E. 3

La recourante se plaint d'une violation du principe de la présomption d'innocence et d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et la constatation des faits. 3.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst., ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue en dernière instance cantonale que si elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou si elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. Il ne suffit pas que la motivation de la décision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 17; 131 I 217 consid. 2.1 p. 219, 57 consid. 2 p. 61; 129 I 173 consid. 3.1 p. 178). L'appréciation des preuves est en particulier arbitraire lorsque le juge de répression n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9). Il en va de même lorsqu'il retient unilatéralement certaines preuves ou lorsqu'il rejette des conclusions pour défaut de preuves, alors même que l'existence du fait à prouver résulte des allégations et du comportement des parties (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). Il ne suffit pas qu'une interprétation différente des preuves et des faits qui en découlent paraisse également concevable pour que le Tribunal fédéral substitue sa propre appréciation des preuves à celle effectuée par l'autorité de condamnation, qui dispose en cette matière d'une grande latitude. En serait-il autrement, que le principe de la libre appréciation des preuves par le juge du fond serait violé (ATF 120 Ia 31 consid. 2d p. 37 s.). 3.2 La présomption d'innocence est garantie par l'art. 6 ch. 2 CEDH et par l'art. 32 al. 1 Cst., qui ont la même portée. Elle a pour corollaire le principe "in dubio pro reo", qui concerne tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves. En tant que règle de l'appréciation des preuves, ce principe, dont la violation n'est invoquée que sous cet angle par la recourante, signifie que le juge ne peut se déclarer convaincu d'un état de fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuve laisse subsister un doute sérieux et insurmontable quant à l'existence de cet état de fait (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Le Tribunal fédéral ne revoit les constatations de fait et l'appréciation des preuves que sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37 s.). Il examine en revanche librement la question de savoir si, sur la base du résultat d'une appréciation non arbitraire des preuves, le juge aurait dû éprouver un doute sérieux et insurmontable quant à la culpabilité de l'accusé; dans cet examen, il s'impose toutefois une certaine retenue, le juge du fait, en vertu du principe de l'immédiateté, étant mieux à même de résoudre la question (cf. arrêts non publiés 1P.454/2005 du 9 novembre 2005, consid. 2.1; 1P.428/2003 du 8 avril 2004, consid. 4.2 et 1P.587/2003 du 29 janvier 2004, consid. 7.2). 3.3 En l'occurrence, dans une écriture prolixe, la recourante soutient en substance que les chiffres avancés par la B.________ sont faux et que les remboursements n'étaient pas moins importants lorsqu'elle était en congé ou en vacances. Elle fonde ces allégations sur une comparaison entre un "listing" informatique de 2001 et le "tableau annuel des remboursements" établi par l'intimée. Vérification faite, il est exact que certains montants figurant sur le listing de 2001 sont plus élevés que les valeurs reproduites dans le "tableau annuel". Comme l'intimée l'explique de manière convaincante dans sa détermination, il semble qu'il ait échappé à la recourante que le listing de 2001 ne se limite pas aux remboursements effectués à la caisse du service clients, mais qu'il recense également les retours de bouteilles vides effectués par l'intermédiaire de l'appareil de remboursement automatique. Cet élément n'est toutefois pas déterminant, dans la mesure où la recourante ne peut de toute façon pas tirer argument en sa faveur des différences entre les deux documents précités. En effet, les différences de valeurs n'ont pas seulement été relevées en ce qui concerne les semaines de vacances de la recourante, mais pratiquement pour chaque semaine de l'année en cause. De même, ces différences ne concernent que rarement des jours de congé de la recourante. Celle-ci ne saurait dès lors reprocher à l'intimée d'avoir artificiellement réduit certains montants pour démontrer que le volume des remboursements diminuait fortement lors de ses vacances ou de ses jours de congé. Au contraire, la plupart des montants réduits dans le "tableau annuel" concernent des jours de présence de la recourante à la caisse du service clients. Elle est donc malvenue de se prévaloir de ces différences pour dénier toute valeur probante aux tableaux produits par l'intimée, ces derniers étant du reste fondés sur le journal informatique de caisse et sur les copies de tickets de caisse également versés au dossier. Quoi qu'il en soit, les chiffres non contestés par la recourante suffisent largement à démontrer que les remboursements diminuaient de manière spectaculaire lorsqu'elle était absente. L'autorité intimée n'a donc pas procédé à une appréciation arbitraire des preuves à cet égard. Pour le surplus, la recourante se borne à critiquer les constatations de faits concernant son train de vie et sa présence à la caisse du service clients, sans démontrer en aucune manière conformément aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ que, sur la base de l'ensemble des éléments de preuve soumis aux juges cantonaux, il était manifestement insoutenable ou, autrement dit, absolument inadmissible, de retenir ces faits. 3.4 Dans ces circonstances, il y a lieu de constater que la Chambre pénale n'a pas usé de son pouvoir d'appréciation des preuves de manière arbitraire. Dès lors qu'au terme de cette appréciation des preuves exempte d'arbitraire il ne subsiste pas de doute sérieux et irréductible quant à la culpabilité de la recourante, le grief tiré de la violation de la présomption d'innocence doit être rejeté.