Citation: 5A_22/2023 E. 6.2

6.2. En l'espèce, il est constant que la mère détient la garde exclusive de l'enfant. Le père a en outre vainement contesté la constatation de l'autorité cantonale, selon laquelle il lui était effectivement possible de réaliser un revenu suffisant pour couvrir ses charges et celles liées à ses nouvelles responsabilités familiales. Or, même sous le nouveau droit, le parent qui ne prend pas en charge l'enfant ou qui ne s'en occupe que partiellement doit en principe subvenir à son entretien financier (arrêt 5A_727/2018 du 22 août 2019 consid. 4.3.3). Bien qu'âgé de 14 ans lorsque l'arrêt attaqué a été rendu et ne requérant plus les mêmes soins et surveillance qu'en 2018, l'enfant des parties nécessite encore une prise en charge au quotidien, conformément à la jurisprudence (arrêts 5A_450/2020 du 4 janvier 2021 consid. 5.4; 5A_690/2019 du 23 juin 2020 consid. 6.3.2; 5A_727/2018 précité consid. 4.3.3). De plus, dans le cas où le parent gardien dispose d'une capacité financière, encore faut-il qu'il bénéficie d'un excédent sensiblement plus important que celui de l'autre parent pour que sa participation à l'entretien en espèces de l'enfant puisse entrer en ligne de compte (cf. supra consid. 6.1; arrêt 5A_727/2018 du 22 août 2019 consid. 4.3.2.2; CHRISTIANA FOUNTOULAKIS, Commentaire bâlois, 7e éd. 2022, n° 22 ad art. 285 CC). Dès lors que l'arrêt entrepris retient, sans que le recourant se plaigne d'arbitraire à ce sujet, que la mère n'a aucune formation, qu'elle n'a jamais exercé d'activité professionnelle et qu'elle bénéficie de l'aide sociale, tout comme au moment du divorce, il n'apparaît pas que sa capacité financière soit supérieure à celle du recourant. Dans ces conditions, l'autorité précédente ne peut se voir reprocher d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation (sur ce point, cf. ATF 147 III 265 consid. 8.1 in fine et les références) en considérant que rien ne justifiait de déroger au principe selon lequel le parent qui n'a pas la garde de l'enfant doit assurer l'entier de son entretien en espèces. Le recourant se borne du reste à soutenir que la cour cantonale "entend dès lors officiellement fixer une absence d'exigence de prise d'emploi de toute mère ayant obtenu la garde des enfants, quelle que [sic] soit l'âge des enfants (notoirement absent du domicile en scolarité) au motif que la prise en charge en nature équivaut à la prise en charge financière". Cette affirmation ne permet pas de remettre en cause la décision prise par les juges précédents, en conformité avec la jurisprudence susmentionnée, de dispenser l'intimée de contribuer à l'entretien en espèces de l'enfant, en plus de ses prestations en nature, étant encore rappelé à cet égard que celles-ci ne se limitent pas à la surveillance, pendant la journée, d'un enfant qui ne peut être laissé seul et que l'entretien en nature n'est pas fourni uniquement durant les heures où il est habituellement possible d'exercer une activité professionnelle, mais également le matin, le soir, la nuit et les week-ends (arrêt 5A_727/2018 précité consid. 4.3.3 et les références). La référence du recourant à l'art. 74 al. 2 let. a LTF ne lui est par ailleurs d'aucun secours, cette disposition, qui permet de déclarer le recours en matière civile recevable même lorsque la valeur litigieuse minimale requise par l'art. 74 al. 1 LTF n'est pas atteinte, étant en l'occurrence sans pertinence. En tant qu'il est suffisamment motivé (art. 42 al. 2 LTF), le grief est ainsi infondé.