Citation: I 622/06 16.05.2007 E. 6

6.1 L'office recourant se fonde sur les mêmes éléments que la juridiction cantonale. Il ne remet pas en question le bien fondé de la jurisprudence, ni la valeur probante de l'expertise ou les diagnostics retenus dans celle-ci. Il conteste par contre l'appréciation du caractère invalidant de la fibromyalgie. Il soutient que l'état dépressif, dont l'intensité attestée correspond à un épisode actuel moyen, est à mettre en relation avec la survenance des douleurs à la fin des années 1980 et des facteurs socio-culturels consécutifs à une émigration difficile, de sorte que, constituant essentiellement une manifestation réactionnelle typique qui accompagne la fibromyalgie, il ne peut être considéré comme une comorbidité psychiatrique. Il tient le même raisonnement au sujet de la modification durable de la personnalité qui n'a jamais empêché l'intéressée de poursuivre diverses activités. Il estime aussi que les critères retenus par la jurisprudence pour apprécier le caractère invalidant de la fibromyalgie, à l'exception de la chronicité des affections corporelles et du processus maladif s'étendant sur plusieurs années, ne sont pas réunis. A ce propos, il considère que l'intimée qui continue de bénéficier du soutien de sa famille, de se promener et de faire du stretching ou qui a maintenu une activité lucrative jusqu'en 2004 ne subit pas une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. Il considère également que dans la mesure où l'intimée a interrompu le suivi psychiatrique et ne prend qu'irrégulièrement les médicaments prescrits, qu'elle reconnaît du reste être efficaces contre les douleurs et l'anxiété, on ne peut parler d'échec des traitements ou de cristallisation de l'état psychique.