Citation: 1P.215/2000 24.07.2000 E. A

A.- Les époux B.________ ont fondé, en 1992, la société D.________ , dont ils détenaient l'entier du capital-actions de 100'000 fr., divisé en 1000 actions nominatives de 100 fr. En 1994, ils ont changé la raison sociale de cette société qui est devenue X.________, dont ils étaient les actionnaires et les administrateurs. Le 5 septembre 1994, la Banque cantonale vaudoise (ci-après: la Banque) a augmenté le compte de crédit ouvert au nom des époux B.________ de 3'250'000 fr. à 3'700'000 fr. En contrepartie, la Banque a exigé la remise en gage, par la société A.________ dont les époux B.________ étaient les actionnaires et les administrateurs, de la totalité du capital-actions de X.________. Conformément à cet accord, les époux B.________ ont remis à la Banque, en janvier 1995, un certificat d'actions n° 1, correspondant à 900 actions portant les n° 1 à 900, dont dame B.________ était la propriétaire et un certificat d'actions n° 2, correspondant à 100 actions, portant les n°s 901 à 1000, dont B.________ était le propriétaire. Ces conditions ont été renouvelées le 8 mars 1995. En 1996, les époux C.________ ont accepté de reprendre une partie du capital-actions de X.________ et d'entrer dans le Conseil d'administration. Le 31 octobre 1996, X.________ a changé de raison sociale pour s'appeler désormais Y.________. Le capital-actions de 100'000 fr. était divisé en 1000 actions nominatives d'une valeur de 100 fr. chacune. Les époux B.________, d'une part, et les époux C.________, d'autre part, ont passé une convention, le 28 juillet 1997, selon laquelle les époux B.________ cédaient aux époux C.________ 500 actions nominatives entièrement libérées de Y.________ (art. 1 de la convention). Ces actions, portant les n°s 501 à 1000 étaient représentées par huit certificats d'actions. Le prix de vente, fixé à 150'000 fr., devait être réglé en trois versements de 50'000 fr. chacun, le premier à la signature de la convention, le deuxième le 30 septembre 1997 au plus tard, le troisième le 30 novembre 1997 au plus tard (art. 2 de la convention). Il a été convenu de déposer les actions cédées auprès de la fiduciaire S.________; 150 actions seraient remises après la conclusion de la convention, 150 actions après le paiement de la deuxième partie du prix de vente et 200 actions après le paiement du solde du prix (art. 3 de la convention). Si l'acquéreur ne versait pas les deuxième et troisième parties du prix de vente, les actions seraient restituées dans un délai d'un mois au vendeur ou à leurs ayants droit, l'acquéreur devant en outre s'acquitter d'une indemnité de 5000 fr. par tranche d'actions (art. 5 de la convention). C.________ a reçu, après la conclusion de la convention, deux certificats d'actions correspondant à 150 actions désignées par les n°s 726 à 800 et 501 à 575. Le 10 octobre 1997, il a versé aux époux B.________ un montant de 25'000 fr. En raison de difficultés financières, il n'a pu verser le solde dû, soit 75'000 fr., dans les délais prévus par la convention. Le 4 juin 1998, la Banque a accordé à A.________ un crédit d'un montant de 500'000 fr. En contrepartie, les époux B.________ ont dû remettre en nantissement 1000 actions nominatives de Y.________, à raison de 900 actions par dame B.________ et 100 actions par B.________, ces titres étant transférés du compte afférent au crédit accordé le 5 septembre 1994. Les époux B.________ ont remis à la Banque huit certificats d'actions, portant les n°s 1, 2, 4, 5, 7, 8, 9 et 10, correspondant à 850 actions portant les n°s 1 à 250, 251 à 500, 576 à 650, 651 à 725, 801 à 875, 876 à 950, 951 à 975 et 976 à 1000. Samuel B.________ était désigné comme propriétaire du certificat n° 1, dame B.________ comme propriétaire du certificat n° 2, C.________ comme propriétaire des certificats n°s 4, 5 et 9, et dame C.________ comme propriétaire des certificats n°s 7, 8 et 10. Ayant appris, le 18 août 1998, que les époux B.________ lui avaient vendu des actions de X.________ alors que celles-ci étaient remises en gage à la Banque, sans l'avertir de ce fait, C.________ a, le 3 septembre 1998, déposé plainte pénale contre eux, ainsi qu'à l'encontre de S.________, notamment pour escroquerie, abus de confiance, faux dans les titres et gestion déloyale. Le 31 mars 1999, le Juge d'instruction de La Côte a reconnu à la Banque la qualité de partie civile à la procédure. Le 6 janvier 2000, C.________ a requis le Juge d'instruction d'ordonner la saisie conservatoire des titres et garanties détenus par la Banque. Le 11 janvier 2000, le Juge d'instruction a rejeté cette requête. Le 9 mars 2000, le Tribunal d'accusation du Tribunal du canton de Vaud a admis le recours formé par C.________ contre cette décision qu'il a annulée. Le Tribunal d'accusation a estimé le séquestre justifié notamment pour clarifier le dommage que la Banque prétendait avoir subi par le fait que le prix de vente des actions litigieuses ne lui avait pas été reversé. Il a invité le Juge d'instruction à procéder dans ce sens.