Citation: 1C_321/2020 E. 2.2

2.2. En l'espèce, la commune a déposé sa réponse au recours le 16 décembre 2019. Dans un deuxième échange d'écritures, les recourants ont formulé une réplique spontanée le 17 février 2020. La commune a dupliqué, par courrier du 30 mars 2020, reçu le 3 avril 2020 par le mandataire des recourants. Le Tribunal cantonal a rendu son arrêt le 29 avril 2020 et le mandataire des recourants l'a reçu le 6 mai 2020. Les recourants soutiennent qu'ils pouvaient déposer une réponse à la duplique de la commune dans les 20 jours dès la fin de la suspension des délais prononcée le 20 mars 2020 par le Conseil fédéral (ordonnance du 20 mars 2020 sur la suspension des délais dans les procédures civiles et administratives pour assurer le maintien de la justice en lien avec le coronavirus; RO 2020 849), soit dès le 19 avril 2020. Ce grief doit être d'emblée rejeté. En effet, l'art. 1 de l'ordonnance du 20 mars 2020 précise que la suspension des délais ne s'applique que pour les délais légaux ou les délais fixés par les autorités ou par les tribunaux. Or en l'espèce, le droit inconditionnel à la réplique qui découle de l'art. 29 al. 2 Cst. n'est ni un délai légal, ni un délai fixé par un tribunal. Les recourants, représentés par un avocat, ne démontrent pas avoir reçu copie des déterminations de l'intimée trop tardivement pour pouvoir y réagir avant la reddition de l'arrêt cantonal. Cette écriture a en effet été reçue 23 jours avant l'arrêt cantonal. Conformément à la jurisprudence, un tel délai suffit. Aussi la cour cantonale n'a pas violé le droit d'être entendu des recourants en statuant 23 jours après leur avoir transmis la duplique de l'autorité intimée. Cela est d'autant plus vrai que les recourants n'ont pas demandé au Tribunal cantonal de leur fixer un délai de détermination, ce qui aurait alors démontré leur intention de faire usage de leur droit. S'ajoute encore à cela qu'il ressort du dossier que le mandataire des recourants a reçu l'arrêt le 6 mai 2020. Or aucune détermination ou requête provenant des recourants n'avait été envoyée au Tribunal cantonal à cette date-là.