Citation: 5P.38/2004 16.04.2004 E. 3

Devant la Chambre des recours du Tribunal cantonal, la recourante a fait valoir que le président du tribunal d'arrondissement avait procédé à une appréciation arbitraire des preuves, contraire à l'art. 9 Cst., en retenant que la condition de l'urgence prévue à l'art. 101 CPC/VD n'était pas remplie. Elle prétendait avoir rendu vraisemblables et la mise en danger du tilleul en cause et l'urgence à agir, se référant à cet égard à l'avis des spécialistes qui considéraient que le jaunissement des feuilles dudit arbre était dû au dépôt des fûts, pierres et détritus au pied de celui-ci. La recourante n'établit pas avoir, en instance cantonale de recours, invoqué un grief recevable au sens de l'art. 444 al. 1 ch. 3 CPC/VD et, surtout, fait la démonstration que le juge de première instance avait écarté de façon arbitraire, selon la jurisprudence déterminante (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; JdT 2001 III 128 ss), les avis d'experts qu'elle avait produits au profit d'autres avis imputant le jaunissement des feuilles à d'autres facteurs que ceux avancés par elle. Elle a prétendu simplement que, sur la base des avis produits, le juge avait arbitrairement considéré que la condition d'urgence prévue à l'art. 101 CPC/VD n'était pas réalisée. En tant que la recourante faisait valoir ainsi une mauvaise appréciation des preuves administrées et une application arbitraire de la disposition cantonale précitée, son recours était irrecevable au regard de l'art. 444 al. 1 ch. 3 CPC/VD, conformément à ce qui a été relevé plus haut (consid. 2). En jugeant ainsi, la Chambre cantonale n'est donc nullement tombée dans l'arbitraire, et c'est à tort que la recourante lui reproche de n'avoir pas examiné ses arguments.