Citation: I 176/06 26.02.2007 E. 5

5.1 En l'espèce, les experts du COMAI ont indiqué que les plaintes rapportées par l'assurée depuis de nombreuses années portaient sur des douleurs diffuses musculo-squelettiques touchant principalement le rachis ainsi que les articulations des épaules, des genoux et des chevilles. Les radiographies de la colonne cervico-lombaire montraient de discrets troubles de la statique et dégénératifs lombaires qui n'expliquaient que difficilement l'ensemble de la symptomatologie douloureuse et son intensité. Celle-ci paraissait non spécifique, à savoir qu'il n'y avait pas d'élément pour une origine tumorale, métabolique ou inflammatoire qui pouvait expliquer les douleurs, en particulier une connectivite ou une spondyloarthropathie. Malgré l'absence de signes comportementaux, il était possible de retenir le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant sous forme de fibromyalgie avec extension des douleurs au niveau des quatre quadrants du corps, la présence de 18 points de fibromyalgie et de céphalées, sans anomalies biologiques décelables. D'un point de vue purement rhumatologique, la capacité de travail était préservée dans une activité adaptée, pour autant que l'assurée ne soit pas contrainte d'effectuer des travaux lourds avec port de charges. Par contre, l'activité de femme de ménage semblait difficilement exigible et non adaptée à son état physique, en raison du travail lourd qu'elle implique. L'assurée souffrait par ailleurs de troubles psychiques. Elle présentait en effet un trouble dépressif récurrent, l'épisode actuel étant jugé moyen à sévère, sans symptômes psychotiques. La symptomatologie survenait dans un climat de conflit conjugal et était probablement exacerbée par une personnalité à traits dépendants et histrioniques. L'atteinte à la santé physique mais surtout psychique conduisait à une diminution de la capacité de travail de l'assurée de l'ordre de 50 %. Les experts étaient d'avis que la capacité de travail dans une activité lourde de femme de chambre était nulle, mais ne concluaient pas d'emblée à une incapacité de travail totale et définitive. 5.2 Rien ne justifie en l'occurrence de s'écarter des constatations et conclusions de l'expertise du COMAI. Celle-ci opère une distinction claire et précise entre la symptomatologie douloureuse, qui n'entraîne pas en elle-même d'incapacité de travail dans une activité adaptée, et les troubles psychiques, singulièrement l'état dépressif. C'est ainsi à juste titre que les premiers juges ont admis en l'espèce l'existence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée, propre à entraîner une limitation de la capacité de travail de l'assurée. Les arguments du recourant et de l'OFAS ne sauraient rien y changer. Certes, il est exact que selon la doctrine médicale, sur laquelle se fonde le Tribunal fédéral, les états dépressifs constituent des manifestations (réactives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'ils ne sauraient, en principe, faire l'objet d'un diagnostic séparé, sauf à présenter les caractères de sévérité susceptibles de les distinguer sans conteste d'un tel trouble (ATF 130 V 352 consid. 3.3.1 in fine p. 358; voir aussi arrêt I 805/04 du 20 avril 2006, consid. 5.2.1 et les références, confirmé par les arrêts I 224/06 du 3 juillet 2006, consid. 1.2, I 297/05 du 17 juillet 2006, consid. 3.1, I 156/05 du 24 août 2006, consid. 2, I 582/05 du 5 octobre 2006, consid. 2, I 767/05 du 17 novembre 2006, consid. 6 et I 290/06 du 22 janvier 2007, consid. 2). En l'espèce, un lien de cause à effet entre la fibromyalgie et l'état dépressif touchant l'assurée ne ressort nullement de l'expertise. Au contraire, l'anamnèse a révélé dans le cas particulier une prédisposition de l'assurée à développer des épisodes dépressifs à répétition. Le caractère fluctuant de cette pathologie ressort d'ailleurs de diverses pièces médicales versées au dossier. Ainsi, les docteurs R.________ (rapport du 7 septembre 2001) et O.________ (rapport du 9 mai 2003) faisaient état d'une pleine capacité de travail sur le plan psychiatrique en 2001 et 2003, alors que le docteur A.________ mettait en évidence en 2002 une décompensation de l'état dépressif chronique (rapport du 27 mai 2002). A défaut d'éléments contraires, et conformément aux conclusions de l'expertise, il convient de retenir que l'assurée dispose d'une capacité de travail réduite de moitié en raison principalement d'un état dépressif récurrent, dont l'épisode actuel, de degré moyen à sévère, a débuté au mois de septembre 2003 (rapport du docteur O.________ du 6 décembre 2004) et perdurait près de deux ans plus tard (rapports des docteurs A.________ du 1er juillet 2005 et O.________ du 4 juillet 2005). En tant que le calcul du degré d'invalidité et le moment de la naissance du droit à la rente ne sont par ailleurs pas contestés, ni contestables, la Cour de céans ne peut que confirmer le jugement entrepris. Mal fondé, le recours doit par conséquent être rejeté.