Citation: 2C_662/2023 E. 1.2.3

1.2.3. Les recourantes 3 à 5, qui constituent des entreprises actives dans le domaine de la construction dans le canton de Neuchâtel, peuvent en revanche toujours se prévaloir d'un intérêt virtuel digne de protection à l'annulation des art. 6 al. 2 et 9 al. 1 LCMP/NE, dispositions qui n'ont, pour leur part, pas été annulées par l'arrêt 2C_587/2023 précité. La première de ces deux normes est en effet susceptible de restreindre la liberté d'organisation de ces entreprises lorsqu'elles soumissionnent, voire de les empêcher de participer à certains appels d'offres dès lors qu'elle autorise le pouvoir adjudicateur à limiter ou à exclure le recours à la sous-traitance et/ou au travail temporaire dans ses différents appels d'offres. Quant à la seconde norme, qui oblige les soumissionnaires employant au moins 20 personnes à fournir dans certains cas à l'adjudicateur une analyse dite "vérifiée" au sens de la loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes (Loi sur l'égalité, LEg; RS 151.1), afin d'attester qu'elles respectent le principe de l'égalité salariale, elle pourrait contraindre les sociétés potentiellement concernées - dont les recourantes 3 à 5 - à devoir engager des frais supplémentaires avant d'obtenir un marché public neuchâtelois. Il convient par conséquent de reconnaître que les recourantes précitées ont qualité pour recourir contre les art. 6 al. 2 et 9 al. 1 LCMP/NE en application de l'art. 89 al. 1 LTF.