Citation: 5A_469/2023 E. 5.4

5.4. Outre qu'elle se fonde en partie sur des faits et des arguments qui ont été déclarés irrecevables (cf. supra consid. 2.2), une telle motivation manque sa cible en tant que le raisonnement des juges précédents n'est pas valablement discuté. Le recourant se contente largement de reprendre les arguments qu'il a développés sans succès en appel, ce qui n'est pas admissible (art. 42 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1). Le recourant perd de vue qu'il n'incombe pas au Tribunal fédéral de procéder à une nouvelle appréciation des éventuels justes motifs de refus du partage. Il lui appartenait au contraire de démontrer que la cour cantonale avait outrepassé son pouvoir d'appréciation en constatant qu'il avait gravement, soit de manière choquante, violé son obligation d'entretien envers sa famille. Sur ce point, il se contente toutefois de nier toute valeur probante aux pièces produites par l'intimée pour démontrer qu'il ne s'occupait pas personnellement de ses enfants, sans toutefois parvenir à démontrer un quelconque arbitraire dans l'appréciation des faits sur ce point. Ses allégations selon lesquelles les inscriptions au système d'accueil de jour avaient pour l'essentiel été signées par l'intimée uniquement, ce qui pouvait refléter une volonté unilatérale de la mère de faire garder ses enfants pour les sociabiliser ou encore que ces fiches de garde sur quelques mois pouvaient s'expliquer par une situation exceptionnelle due notamment à des problèmes de santé ou une prise d'emploi momentanée (CDD) par le père relèvent de pures conjectures qui, à défaut d'être prouvées, ne sauraient démontrer un quelconque arbitraire dans l'appréciation des preuves. Quant aux considérations du recourant relatives à l'interprétation qu'il conviendrait de donner à l'ordonnance pénale du 30 octobre 2017, elles sont sans pertinence. En effet, quand bien même on suivrait l'argumentation du recourant selon laquelle l'enfant D.A.________ était " extrêmement pénible à gérer ", que les faits ressortant de l'ordonnance pénale en question étaient isolés puisqu'il n'avait été condamné qu'à cette seule reprise et qu'il était avéré que la relation avec sa fille s'était améliorée, il n'en demeure pas moins qu'il a été condamné pénalement pour des lésions corporelles simples qualifiées, des menaces qualifiées ainsi que pour violation du devoir d'assistance ou d'éducation en raison des violences qu'il a faites subir à sa fille aînée entre mars 2016 et le 9 septembre 2016 et des menaces proférées à l'encontre de son épouse à la même période. Compte tenu des faits reprochés au recourant, on ne saurait faire grief à la cour cantonale de les avoir intégrés à son appréciation de la situation, le Tribunal de céans ayant d'ailleurs déjà admis que des violences physiques et psychologiques pouvaient, parmi d'autres faits, être retenues pour justifier le refus du partage des avoirs de prévoyance (cf. en ce sens: ATF 145 III 56 consid. 6). Quant à la disproportion dans le montant des avoirs LPP respectifs des parties dont le recourant entend tirer parti, on rappellera qu'elle doit être reléguée au second plan dans la situation exceptionnelle où, comme en l'espèce, le refus de prévoyance est lié à un manquement grave de l'un des époux à son obligation de contribuer à l'entretien de la famille (cf. ATF 145 III 56 consid. 6). Enfin, le recourant ne remet nullement en cause l'avis des juges précédents selon lequel il lui reste encore de nombreuses années pour cotiser au vu de son âge, ce qui lui permettra de se constituer un avoir LPP alors qu'il s'agit également d'un élément à prendre en compte pour refuser le partage des avoirs de prévoyance. Certes, il faut garder à l'esprit que le partage par moitié des avoirs de prévoyance doit demeurer la règle et que la possibilité de s'écarter de ce principe motif pris d'une violation par un époux de son obligation d'entretenir la famille doit demeurer circonscrite aux situations particulièrement choquantes. Or, considérant l'ensemble des circonstances prises en compte par la Cour d'appel, à savoir en particulier le manque d'implication du recourant s'agissant de l'entretien financier et en nature de sa famille ainsi que les violences qu'il a exercées sur celle-ci, il y a lieu d'admettre que la cour cantonale n'a pas excédé son pouvoir d'appréciation en excluant le partage des avoirs de prévoyance dans le cas d'espèce. Autant que recevable, le grief est rejeté.