Citation: 4A_89/2020 E. 6

La Cour d'appel constate qu'une altercation s'est produite le 30 juin 2017 entre un cadre de l'entreprise - le père de l'administrateur de la défenderesse - et le demandeur. Celui-ci a alors insulté, empoigné et poussé son supérieur. L'administrateur l'a ensuite averti que de nouvelles insultes ou voies de fait entraîneraient son licenciement immédiat. Selon les allégués de la défenderesse, le congé litigieux est motivé par un nouvel incident survenu le 10 juillet 2017, à ses dires une « récidive caractérisée ». Le contremaitre ayant ordonné au demandeur de porter du matériel, celui-ci a refusé au motif qu'il n'était pas engagé pour ce travail; il a ensuite quitté le chantier. Cette version des faits est contestée: selon le demandeur, celui-ci a quitté le chantier parce qu'il se sentait malade, afin de se rendre chez le médecin. Il a effectivement consulté le médecin, lequel a établi un certificat d'incapacité de travail. Sur le plan des faits, la Cour d'appel juge que la preuve de cet incident du 10 juillet 2017 n'est pas apportée, en particulier parce que le contremaitre, bien que plusieurs fois convoqué, ne s'est pas présenté pour témoigner. Le Tribunal de prud'hommes n'a pu recueillir que des témoignages indirects qui ne sont pas jugés suffisamment précis et concluants. Au stade de l'appréciation juridique, la Cour retient que le congé litigieux ne se justifie ni par le manquement du demandeur effectivement survenu le 30 juin 2017, la défenderesse ayant alors renoncé à un licenciement abrupt motivé par ce manquement, ni par un hypothétique manquement ultérieur.