Citation: 6B_1318/2015 E. 1.2

1.2. Un billet de loterie peut présenter plusieurs valeurs différentes selon la configuration qui se présente. Il a une valeur vénale, correspondant au prix demandé par le commerçant lors de sa vente. Il peut avoir une valeur en cas de revente éventuelle, cette valeur étant différente selon que l'on connaît ou ignore le gain éventuel que le billet contient. Enfin, une fois gratté, il a également une valeur qui correspond au gain éventuellement inscrit et qui peut être directement encaissé auprès de tout commerçant. En l'occurrence, l'autorité précédente a constaté que le recourant avait dérobé les billets dans le but d'obtenir les gains qu'ils pouvaient représenter, ce qu'il a par ailleurs fait. Il s'agit d'une constatation de fait (cf. ATF 141 IV 369 consid. 6.3 p. 375), dont le recourant n'invoque, ni ne démontre l'arbitraire. Le Tribunal fédéral est tenu par cette constatation de fait (cf. art. 97 al. 1 et art. 105 al. 1 LTF). Il s'en suit que l'élément patrimonial déterminant ici pour trancher de l'application de l'art. 172ter CP, soit l'élément patrimonial visé par l'auteur, était la valeur que le billet pouvait revêtir une fois gratté auprès d'un commerçant et non seulement la valeur que le billet non gratté aurait eu à l'achat ou lors d'une éventuelle revente. L'autorité précédente a constaté que le recourant souhaitait un gain aussi important que possible et que, dans son esprit, le vol pouvait l'enrichir, pour chaque cas, d'un montant supérieur à 300 francs. Une telle volonté exclut l'application de l'art. 172ter CP, sans qu'il n'y ait besoin de déterminer, dans ce cadre, la valeur vénale du billet, question en l'espèce non pertinente.