Citation: 4A_278/2024 E. 3.2

3.2. Dans l'arrêt attaqué, la cour cantonale constate que les recourants et l'intimée sont actifs dans le même domaine d'activités - le secteur du divertissement pour enfants - et qu'ils s'adressent, en partie, à un public identique. Les prestations proposées par les parties relèvent de la consommation courante, étant précisé qu'elles ne sont pas particulièrement onéreuses. Même si les parties exercent leur activité fixe dans des lieux différents, il n'en demeure pas moins qu'elles opèrent dans un secteur géographique restreint et qu'elles proposent des services à une clientèle relativement mobile. Dans ces conditions, la cour cantonale estime qu'il y a lieu de se montrer plus strict lors de l'examen du risque de confusion entre les signes litigieux. Poursuivant son analyse, la cour cantonale précise que le signe distinctif de l'intimée est constitué de deux parties, à savoir le terme " YATOU ", d'une part, et le mot " LAND ", d'autre part. Le second terme, tiré de l'anglais, revêt un caractère descriptif puisqu'il signifie " pays ". En revanche, l'emploi du mot " YATOU " ne décrit pas l'activité exercée par l'intimée. Le terme en question, issu de la contraction de l'expression française "y a tout" dans le secteur du divertissement pour enfants, s'il n'est pas entièrement fantaisiste, revêt une certaine originalité, raison pour laquelle le signe "YATOULAND" jouit d'une force distinctive moyenne. Sur le plan visuel, les signes " YATOULAND " et " YATOO " présentent une racine commune, qui se distingue seulement par une lettre (" YATO U "/ YATO O), leur sonorité étant identique, l'un se prononçant à la française et l'autre à l'anglaise. Selon la cour cantonale, même si les recourants ont ajouté les termes "FAMILY CENTER" ou "Fitness & Santé" dans leurs signes, cela ne suffit pas à les distinguer de celui de l'intimée, vu le caractère distinctif plutôt faible de telles adjonctions. De même, si le graphisme des logos respectifs des parties est relativement différent, que ce soit en termes de couleurs ou au niveau des caractères typographiques utilisés, de telles différences n'excluent toutefois pas la filiation évidente entre la racine commune des signes concernés ainsi que leur sonorité similaire. Dans ces conditions, l'intimée, qui emploie le signe "YATOULAND", lequel existe depuis 2006 tandis que le signe " YATOO " n'est utilisé que depuis 2021, est en droit d'interdire aux recourants (exception faite de C.________ SA qui est exclusivement active dans le domaine du sport pour adultes) d'utiliser ce dernier signe en relation avec des services de divertissement en Suisse romande.