Citation: 1B_51/2010 15.03.2010 E. 3

Le recourant reproche à la Chambre d'accusation d'avoir violé son droit d'être entendu et la présomption d'innocence en retenant qu'il était manifestement venu en Suisse dans le but d'y commettre des infractions, sans fournir la moindre motivation à l'appui de cette affirmation. Le grief relatif à la présomption d'innocence, ainsi que celui relatif à la durée de la détention, n'ont toutefois pas besoin d'être examinés en l'espèce, la décision attaquée devant de toute manière être annulée pour les motifs suivants. 3.1 L'ordonnance de prolongation de la détention du recourant ne répond en effet pas aux exigences de l'art. 112 al. 1 let. b LTF. Pour ce faire, les décisions susceptibles d'un recours au Tribunal fédéral doivent notamment indiquer clairement les faits qui sont établis et les déductions juridiques qui sont tirées de l'état de fait déterminant (ATF 135 II 145 consid. 8.2 p. 153 et les références citées). Or la décision attaquée est dépourvue de tout état de fait. Savoir quels sont les faits déterminants revêt une importance particulière dans la mesure où le Tribunal fédéral est en principe lié par ceux arrêtés par la dernière instance cantonale en vertu de l'art. 105 al. 1 LTF. Un état de fait insuffisant empêche l'application des règles de droit pertinentes à la cause. Un tel manquement constitue donc une violation du droit que le Tribunal fédéral peut constater d'office (cf. ATF 135 II 145 consid. 8.2 précité). 3.2 De plus, le recourant invoque l'art. 29 al. 2 Cst. en relation avec son grief relatif à la présomption d'innocence, faisant valoir son droit à obtenir une décision motivée. L'ordonnance de la Chambre d'accusation contient certes une brève motivation en relation avec les motifs de la détention. Elle indique notamment que le risque de fuite est évident, l'inculpé étant de nationalité étrangère et en situation irrégulière en Suisse. De même, le risque de récidive pouvait être retenu compte tenu de la situation personnelle de l'accusé, lequel était manifestement venu en Suisse dans le but d'y commettre des infractions. Cette motivation est toutefois insuffisante au regard des art. 29 al. 2 Cst. et 112 al. 1 let. b LTF. Le recourant fait en effet notamment valoir qu'il n'a absolument pas été établi dans le cadre de l'instruction préparatoire qu'il était venu en Suisse pour y commettre des infractions. Or, en l'absence d'un état de fait auquel il est possible de rattacher la détermination juridique et de renseignements qui permettraient de justifier les mesures litigieuses, le Tribunal fédéral n'est pas en mesure de vérifier l'appréciation faite des risques de réitération et de fuite invoqués sans devoir se plonger dans le dossier cantonal. De ce point de vue également, les exigences posées à l'art. 112 al. 1 let. b LTF ne sont pas réunies.