Citation: 6B_722/2008 23.03.2009 E. 1

2.1.2.2 Selon les constatations cantonales, le brigandage de la poste de Hunzenschwil s'est déroulé, le 12 novembre 2002 peu après 5 heures du matin et a duré environ une heure. Le natel du recourant a été localisé par l'antenne de Rupperswil de 4 heures 22 à 6 heures 08 et par celle de Niederlenz à 6 heures 10, deux lieux situés à proximité immédiate de Hunzenschwil. Le portable de son fils, B.X.________, a été localisé de 4 heures 21 à 6 heures 09 par l'antenne de Schafisheim, toute proche du lieu du brigandage. Entre 4 heures 09 et 6 heures 35, les deux hommes ont eu 13 contacts téléphoniques, dont 6 jusqu'à 4 heures 37, un à 5 heures 33 et 6 à partir de 6 heures 07. En outre, un appel du natel du recourant à celui de son fils B.X.________ a été localisé à 6 heures 20, à Neuenhof, soit dans la localité où les retraits au moyen des postcards dérobées à Hunzenschwil ont été effectués à 6 heures 24 et 25. Entre 4 heures 46 et 5 heures 31, le recourant a également eu 5 conversations avec un tiers inconnu. 2.1.2.3 Au regard de la conversation téléphonique échangée entre le père et le fils X.________ à 5 heures 33, il est probable qu'un des deux hommes se trouvait à l'extérieur de la poste pour faire le guet alors que l'autre était à l'intérieur du bâtiment avec un troisième protagoniste. Reste que la Cour criminelle n'a pas déterminé précisément quels actes ont été commis par ces deux coaccusés dans le cadre de ce brigandage. Elle a simplement admis la participation du recourant en se basant sur les relevés téléphoniques, l'absence d'explication convaincante quant à ces données et sa mauvaise situation financière. Elle a retenu, sans qu'une violation du droit fédéral ne soit invoquée à ce sujet, que les intéressés avaient agi en qualité de coauteurs. Dans ces conditions, elle n'avait pas à examiner plus avant, ni à déterminer précisément le rôle de chacun des protagonistes et le lieu de leur présence respective durant le brigandage, étant précisé qu'en cas de coactivité, une personne peut être considérée comme auteur d'une infraction, même si elle n'en est pas l'auteur direct, c'est-à-dire si elle n'a pas accompli elle-même tous les actes décrits dans la disposition pénale. Cela résulte naturellement du fait qu'une infraction, comme toute entreprise humaine, n'est pas nécessairement réalisée par une personne isolée, mais peut procéder d'une action commune avec une répartition des tâches (ATF 120 IV 17 consid. 2d p. 23 s.). Le grief de motivation insuffisante est donc rejeté. 2.2 Le recourant invoque l'arbitraire et une violation du principe « in dubio pro reo ». Il relève, en bref, qu'il n'existe pas de preuves directes de sa participation au brigandage d'Hunzenschwil et que les relevés téléphoniques sont insuffisants pour établir sa culpabilité (cf. infra consid. 2.2.2). Il prétend également avoir prêté son portable à son fils à l'époque de l'infraction et reproche à l'autorité cantonale de ne pas avoir retenu cette version des faits (cf. infra consid. 2.2.3). 2.2.1 Tel qu'il est soulevé, le grief revient à se plaindre d'une violation du principe "in dubio pro reo" en tant que règle de l'appréciation des preuves, donc, en définitive, d'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41). Sous peine d'irrecevabilité, le recourant doit par conséquent démontrer, conformément à l'art. 106 al. 2 LTF, que la décision attaquée, sur le point contesté, est non seulement discutable ou même critiquable, mais manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153). 2.2.2 La Cour criminelle a admis la culpabilité du recourant en se basant sur des éléments objectifs et pertinents, à savoir les relevés téléphoniques attestant, d'une part, de sa présence sur les lieux et au moment de l'infraction et, d'autre part, de ses contacts avec son compère au moment des faits. On peut également relever, comme indice à charge, que le recourant s'est retrouvé, selon les relevés téléphoniques, à plusieurs reprises, avec d'autres comparses, sur les lieux et aux heures auxquelles différents brigandages ont été commis (cf. supra consid. A et B), ce qui ne saurait être qu'une simple coïncidence. Enfin, sa situation financière était précaire, puisqu'il était au chômage. Le fait que la Cour cantonale n'ait pas disposé d'autres éléments, tels que des traces matérielles, des déclarations de témoins ou des coaccusés, ne permet pas d'infirmer cette appréciation des preuves, ni de la considérer comme douteuse ou insuffisante. Le grief est donc infondé. 2.2.3 Selon les constatations cantonales, le recourant a déclaré avoir prêté son natel à son fils B.X.________ qui aurait commis une erreur en le prêtant à son tour à des étrangers. La Cour criminelle a jugé que ces explications n'étaient pas crédibles. Elle a admis en effet qu'il était surprenant que le fils louât le portable de son père à des inconnus, que les déclarations faites ne pouvaient expliquer les nombreux appels entre les téléphones des prévenus et que les affirmations de B.X.________ s'agissant du prêt de ses natels à des tiers s'étaient avérées fausses. L'argumentation du recourant est irrecevable dans la mesure où elle repose sur des éléments nouveaux (cf. supra consid. 1.2). Elle l'est également dans la mesure où l'intéressé ne fait que reprendre sa version des faits, en opposant son appréciation des éléments à celle des juges cantonaux et en qualifiant la décision attaquée d'arbitraire dans la mesure où elle ne va pas dans le sens de sa thèse (cf. supra consid. 2.2.1). Pour le reste, l'autorité précédente pouvait, sans arbitraire, écarter les déclarations de l'intéressé au vu des éléments qu'elle a exposés. Le grief est donc vain.