Citation: 2P.238/2006 11.01.2007 E. 2

2.1 Invoquant les art. 27 et 36 Cst., le recourant fait valoir que le retrait de son autorisation de pratiquer pour une durée de trois mois viole le principe de la proportionnalité. Pareille durée de suspension mettrait en péril la pérennité de son entreprise et le conduirait à la faillite. 2.2 Selon l'art. 27 Cst., la liberté économique est garantie (al. 1); elle comprend notamment le libre choix de la profession, le libre accès à une activité économique lucrative privée et son libre exercice (al. 2). Cette liberté protège toute activité économique privée, exercée à titre professionnel et tendant à la production d'un gain ou d'un revenu (cf. Message du Conseil fédéral du 20 novembre 1996 relatif à une nouvelle Constitution fédérale, in FF 1997 I p. 1 ss, p. 176), telle celle de médecin ou de pysiothérapeute (arrêt 2P.169/2004 du 7 février 2005, consid. 2.2; ATF 118 Ia 175 consid. 1). Aux termes de l'art. 36 Cst., toute restriction d'un droit fondamental doit être fondée sur une base légale; les restrictions graves doivent être prévues par une loi; les cas de danger sérieux, direct et imminent sont réservés (al. 1); toute restriction d'un droit fondamental doit être justifiée par un intérêt public ou par la protection d'un droit fondamental d'autrui (al. 2); toute restriction d'un droit fondamental doit être proportionnée au but visé (al. 3); l'essence des droits fondamentaux est inviolable (al. 4). L'interdiction faite au recourant d'exercer l'activité de physiothérapeute pendant trois mois constitue une restriction grave à sa liberté économique et doit reposer sur une loi au sens formel (cf. art. 36 al. 1 Cst.). En outre, le Tribunal fédéral examine librement et avec plein pouvoir d'examen si l'exigence de l'intérêt public (art. 36 al. 2 Cst.) et de la proportionnalité (cf. art. 36 al. 3 Cst.) sont respectés (cf. ATF 123 I 212 consid. 3a p. 217; 122 I 236 consid. 4a p. 244 et les références citées). 2.3 La mesure litigieuse se fonde sur les art. 6 al. 2 et 108 ss de la loi genevoise du 11 mai 2001 sur les professions de la santé (LPS/GE; K 3 05), en vertu desquels, dans les cas graves, dûment constatés et qualifiés comme tels par la commission de surveillance des professions de la santé, le Conseil d'Etat peut ordonner la radiation temporaire ou définitive pour les physiothérapeutes inscrits dans le registre cantonal, ayant commis, de façon répétée, des infractions aux lois et règlement en vigueur.