Citation: 4A_260/2024 E. 5.5

5.5. Dans la quatrième et dernière branche du moyen considéré, les recourantes se lancent dans de longues explications, souvent redondantes, visant à démontrer que le Tribunal arbitral aurait violé le principe de l'égalité des parties à leur détriment. Elles se plaignent de ce que le Tribunal arbitral aurait octroyé injustement une prolongation de délai aux intimées, tout en rejetant une demande similaire présentée par elles. Elles font aussi grief aux arbitres d'avoir admis, à tort, certaines déterminations déposées tardivement par les intimées et d'avoir accepté la nouvelle prétention formée par ces dernières quelques semaines avant l'audience finale. Les intéressées critiquent en outre le rejet par le Tribunal arbitral de leur requête tendant à ce qu'elles puissent introduire une nouvelle demande et produire certaines pièces nouvelles. Elle déplorent enfin le fait que le Tribunal arbitral a écarté leur requête visant à ce que les intimées réécrivent leur mémoire de plaidoiries finales. Force est de constater que les recourantes formulent ici des critiques de nature essentiellement appellatoire, comme si elles plaidaient devant une juridiction pouvant revoir la cause avec une pleine cognition. Argumenter ainsi, c'est méconnaître la nature du recours en matière civile visant une sentence arbitrale internationale et le pouvoir d'examen fort limité dont le Tribunal fédéral jouit en ce domaine. La recevabilité du grief apparaît dès lors des plus douteuses. Quoi qu'il en soit, les recourantes méconnaissent l'art. 182 al. 4 LDIP et font fi du principe de la bonne foi, en vertu duquel il n'est pas admissible de garder en réserve des griefs concernant des vices de procédure qui auraient pu et dû être invoqués immédiatement. Elles auraient en effet dû formuler immédiatement des objections en ce sens auprès des arbitres à l'encontre des diverses décisions procédurales qu'elles critiquent dans leur mémoire de recours. En tout état de cause, on voit mal comment les circonstances alléguées par les recourantes puissent être de nature à justifier à elles seules l'annulation de la sentence attaquée dès lors que les intéressées ne démontrent pas véritablement en quoi l'issue du procès aurait pu être différente si les prétendues violations du principe d'égalité des parties n'avaient pas été commises. Indépendamment de ce qui précède, la Cour de céans considère que les éléments avancés par les intéressées dans leur mémoire de recours ne permettent pas de retenir que le Tribunal arbitral aurait effectivement traité les parties de manière inégale. Alléguer des inégalités de traitement est une chose, établir leur existence en est une autre. Or, sur le vu du dossier de l'arbitrage et des explications fournies par les intimées dans leur réponse - qui ne sont pas véritablement contredites par leurs adversaires dans leur réplique -, les reproches adressés aux arbitres n'apparaissent pas fondés. A le supposer recevable, le moyen considéré ne peut dès lors qu'être rejeté.