Citation: 6B_750/2022 E. 1.6.2

1.6.2. Le raisonnement du recourant ne peut toutefois être suivi. Selon les faits retenus en instance cantonale, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), le recourant avait en effet adopté, depuis un certain temps déjà, une attitude digne d'une personne qui se considérait comme étant intouchable et toute puissante, court-circuitant les procédures de recrutement pour choisir les détenues qui travailleraient avec lui. Il avait instauré un système de récompense propre à favoriser certaines détenues, faisant en sorte qu'elles jettent leur dévolu sur lui. Il avait ainsi réussi vis-à-vis de certaines détenues, dont les intimées, à renforcer le lien de dépendance structurelle qui existait du fait de sa fonction de chef de cuisine, cela afin d'obtenir des faveurs sexuelles. Son système de récompense mis en place, le recourant n'a en outre pas hésité à se livrer à des actes d'ordre sexuel avec les intimées. S'il doit certes être reconnu que ces dernières avaient pu avoir une attitude équivoque et provocatrice envers lui, il doit toutefois être relevé que, contrairement à ce que soutient le recourant, les actes d'ordre sexuel résultaient à chaque fois de sa propre initiative. C'est exclusivement lui qui demandait aux intimées de venir dans l'économat ou dans l'espace frigorifique y attenant, voire qui se rendait dans leur cellule, et qui y établissait le contact sexuel. A cela s'ajoutaient les spécificités du milieu carcéral et l'état de vulnérabilité qui en découlait, ce que le recourant ne pouvait ignorer au regard notamment de son brevet d'agent de détention. Dans l'impossibilité d'avoir des moments intimes avec des personnes de l'extérieur, les intimées souffraient d'un manque affectif et sexuel. Elles étaient également confrontées à une rivalité marquée avec les autres détenues. Ces différents éléments impactaient les intimées, détenues, en les rendant d'autant plus dociles face à leur chef, le recourant. La mise à profit du rapport de dépendance était en particulier caractérisé par des propos que le recourant ne conteste pas avoir tenus, attestant qu'il abusait sciemment de sa supériorité. Il a ainsi déterminé l'intimée 2 à lui prodiguer une fellation en lui rappelant qu'il lui avait permis de travailler davantage et, lorsqu'elle s'est exécutée, il l'a encore invitée, en lui tenant la tête, à penser à ce qu'il faisait pour elle. Il a par la suite tenté d'obtenir de nouvelles fellations de la part de l'intimée 2, qu'il enjoignait au demeurant à taire les faits, en lui disant notamment "pourquoi pas si je t'aide beaucoup". Les intimées ont par ailleurs montré des signes de résistance. L'intimée 2 a toujours enlevé les mains du recourant pour l'empêcher de la toucher, a tenté de le repousser ou encore lui a affirmé qu'elle avait ses règles pour le dissuader de se livrer à d'autres actes. L'intimée 3 a, pour sa part, dit au recourant qu'il ne fallait pas la toucher, qu'elle n'était pas à l'aise avec la situation, et a refusé de lui prodiguer des fellations.