Citation: 4C.302/2000 26.01.2001 E. 3

3.- a) La recourante soutient principalement que la cour cantonale a retenu l'existence d'une relation contractuelle entre elle et la défenderesse, la recourante revêtant la qualité d'assignée qui s'est fait connaître comme telle au sens de l'art. 468 al. 1 CO. Partant, la Cour d'appel aurait dû aussi constater que l'engagement de la demanderesse était soumis à une condition suspensive, laquelle ne s'est pas réalisée, si bien que l'intimée n'avait dès lors aucun droit aux sommes versées. Par ailleurs, l'interprétation que l'autorité cantonale a faite des termes de la lettre du 19 juillet 1994 serait contraire aux règles de la bonne foi. b) Les arguments de la recourante sont infondés déjà au motif que, contrairement à ce qu'elle prétend, la cour cantonale n'a pas retenu que les parties avaient été liées par une relation contractuelle. La Cour d'appel relève en effet, au considérant 3 de l'arrêt critiqué, que la lettre du 19 juillet 1994 "peut être considérée comme une offre de reprise par la demanderesse de la dette de son fils envers les autres associés (...)". Ce considérant sous-entend qu'il y avait un lien contractuel entre Carter Wenger, fils de la demanderesse, et ses associés. La défenderesse ne faisait pas partie de ces derniers, mais elle était leur mandataire. La Cour d'appel ajoute certes à cet égard que "la défenderesse a accepté tacitement cette offre (de la demanderesse) qui ne changeait en rien la position de ses mandants". Cela ne fait nullement de la défenderesse la cocontractante d'un accord passé avec la demanderesse. La recourante se met d'ailleurs en contradiction avec elle-même lorsqu'elle prétend aujourd'hui avoir conclu un contrat avec la défenderesse. Elle n'a en effet jamais contesté l'état de fait de la cour cantonale, selon lequel elle avait prêté une somme de 100 000 fr. à son fils, sans l'intervention d'un intermédiaire. La recourante invoque en pure perte les règles relatives à l'assignation, qui ne trouvent aucun ancrage dans les faits retenus par la cour cantonale, si tant est que cette critique réponde aux exigences de motivation de l'art. 55 al. 1 let. c OJ. Il résulte de là que la défenderesse ne peut aucunement se voir reprocher de n'avoir pas respecté de prétendues conditions contractuelles convenues avec la demanderesse.