Citation: 4A_148/2022 E. 6.1

6.1. La cour cantonale a opposé au client recourant un consentement hypothétique pour l'ensemble des opérations menées par l'avocat intimé. S'agissant des plaintes pénales, elle a considéré (1) que le client avait consulté l'avocat dans le cadre du seul volet pénal de son affaire, de sorte qu'il apparaissait qu'avant même de le constituer avocat, le client avait pris la décision de poursuivre son épouse et son avocate sur le plan pénal, (2) que la plainte pénale du 4 août 2009 avait conduit à la mise en prévention de son épouse, de sorte qu'elle n'était pas dénuée de toute chance de succès, (3) que le client s'était montré dès le début particulièrement déterminé à poursuivre pénalement son épouse et son avocate et avait manifesté son hostilité à l'encontre de l'avocate de son épouse, (4) que les chances de succès de ces démarches étaient de toute évidence secondaires pour lui, (5) que le client avait payé sans objection les factures portant sur ces opérations, de sorte que les coûts y relatifs n'étaient pas non plus déterminants dans sa volonté d'agir, (6) que la stratégie consistant à déposer des plaintes pénales correspondait rigoureusement à ce pour quoi l'avocat avait été mandaté et aux instructions claires et répétées du client, et (7) qu'après que certaines plaintes avaient été classées, le client avait continué à manifester sa volonté de poursuivre pénalement son épouse et son avocate. À propos de la dénonciation des magistrats vaudois, la cour cantonale a pris en considération le fait que le client avait, une fois de plus, montré une très grande détermination à agir, comme en attestait sa volonté de dénoncer lesdits magistrats au Grand Conseil vaudois, à " l'Ambassade de France (y compris le Sénateur) " et à " la plus haute autorité de ce pays ". Bien qu'informé des faibles chances de succès de cette démarche, le client aurait malgré tout requis de l'avocat qu'il l'initiât. Quant aux réquisitions de poursuite, la cour cantonale a relevé que le client avait confirmé son accord pour leur envoi et que cette démarche était intervenue dans le prolongement et dans le respect de l'instruction donnée par le client de poursuivre les magistrats vaudois. Celui-ci aurait ainsi admis que les réquisitions fussent envoyées, même si l'avocat lui avait dit que cela était inopportun, et il n'aurait pas davantage renoncé au futur dépôt d'une demande au fond, la cour cantonale soulignant l'état extrêmement vindicatif du client. Pour ce qui est des frais des recours déposés au Tribunal fédéral et des chances de succès du second recours, la cour cantonale a souligné que l'expert judiciaire avait tempéré le manque d'information à leur sujet par le fait que le client avait payé les factures y relatives sans soulever la moindre protestation. Compte tenu du fait qu'il avait déjà succombé une fois devant le Tribunal fédéral, qu'il avait une très bonne compréhension de la procédure et qu'il suivait celle-ci méticuleusement, le client aurait renoncé à déposer un nouveau recours au Tribunal fédéral si les faibles chances de succès et les coûts revêtaient un poids déterminant dans sa volonté de recourir. La cour cantonale a par ailleurs rappelé que l'avocat collaborateur avait informé le client que le second recours était difficile, voire très difficile, à gagner. En tant qu'homme d'affaires expérimenté ayant une très bonne compréhension des étapes de la procédure, le client avait donc conscience du peu de chances de succès d'un tel recours. Au sujet de l'absence de budget prévisionnel, la cour cantonale a considéré qu'un tel budget était difficile à estimer en début de mandat, dans la mesure où l'étendue de celui-ci s'est élargie au fur et à mesure de la relation contractuelle et où le client était extrêmement déterminé à tout mettre en oeuvre pour " neutraliser " sa partie adverse. L'avocat avait par ailleurs respecté ce devoir en début de mandat. La remise périodique et détaillée de factures relatives aux opérations menées palliait le manque d'informations fournies par l'avocat quand son mandat s'est étendu; elle permettait au client de se rendre compte des coûts des diverses démarches entreprises. Au vu de sa bonne compréhension des différentes étapes de la procédure, le client n'ignorait pas que plusieurs autres démarches devraient encore être menées jusqu'à l'obtention d'un jugement de divorce, engendrant des coûts supplémentaires, et que les plaintes pénales et la dénonciation des magistrats vaudois étaient étrangères à la procédure de séparation et de divorce. La cour cantonale a constaté que la fin du mandat de l'avocat n'avait par ailleurs pas mis un terme aux démarches judiciaires du client et considéré que, dans la mesure où le client avait refusé sans motif de produire en première instance les pièces concernant la suite des opérations menées contre son épouse et son avocate, il fallait en déduire que les démarches initiées et les avocats consultés avaient à nouveau été nombreux. Cela démontrait ici encore l'extrême détermination du client d'agir par tous les moyens possibles contre son épouse et l'avocate de celle-ci.