Citation: 2D_15/2022 E. 3.2

3.2. S'agissant de la CEDH, il découle de la jurisprudence que l'étranger doit avoir résidé légalement depuis plus de dix ans en Suisse, ou, si la durée de la résidence est inférieure à dix ans, avoir fait preuve d'une forte intégration en Suisse, pour se prévaloir de manière soutenable du droit au respect de la vie privée garanti par l'art. 8 CEDH (ATF 144 I 266). En l'occurrence, la recourante n'a pas résidé légalement en Suisse et n'a été au bénéfice d'une autorisation de travail révocable en tout temps que depuis le 4 août 2021. Elle ne peut donc pas se prévaloir de manière soutenable de l'art. 8 CEDH sous l'angle de la vie privée. Pour le surplus, la recourante perd de vue que les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de l'art. 8 par. 1 CEDH, un droit à une autorisation de police des étrangers sont avant tout les rapports entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (ATF 127 II 60 consid. 1d/aa). Un étranger majeur ne peut se prévaloir de cette disposition que s'il se trouve dans un état de dépendance particulier par rapport à des membres de sa famille résidant en Suisse en raison, par exemple, d'un handicap (physique ou mental) ou d'une maladie grave (ATF 129 II 11 consid. 2 et la jurisprudence citée; pour ce qui concerne l'arrêt Maslov de la Cour EDH, cf. ATF 145 I 227 consid. 6.4). Rien dans l'arrêt attaqué ne tend à démontrer que la recourante se trouve dans une telle situation et celle-ci n'en fait d'ailleurs pas état. Elle ne peut donc pas se prévaloir de manière soutenable de l'art. 8 CEDH sous l'angle de la vie de famille.