Citation: 6B_277/2017 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que la poursuite de la mesure thérapeutique institutionnelle était nécessaire. Les progrès réalisés depuis le printemps 2016 ne pouvaient être déniés et devaient être encouragés, mais ils n'étaient pas suffisants pour envisager de donner au recourant l'occasion de faire ses preuves en liberté. La prise en charge dont ce dernier bénéficiait au sein de l'EMS apparaissait encore essentielle au maintien de sa stabilité, un élargissement prématuré ou trop rapide de l'encadrement étant susceptible de générer des situations anxiogènes susceptibles de l'amener à consommer de l'alcool, voire à commettre de nouveaux actes délictueux. En l'absence de prise de conscience de sa maladie, le recourant n'avait pas encore acquis les outils nécessaires à la gestion de ce genre de situation et une libération conditionnelle apparaissait prématurée. En particulier, on pouvait attendre du recourant qu'il continue à adopter un bon comportement dans le cadre des élargissements progressifs dont il bénéficierait, mais surtout qu'il profite du cadre mis en place pour développer des aptitudes plus adaptées à la vie quotidienne, qu'il s'investisse sur le plan thérapeutique, qu'il progresse dans la reconnaissance de sa maladie et qu'il puisse élaborer des stratégies de protection - en fonction de ses faiblesses et dans la mesure de ses capacités - pour davantage gérer ses angoisses et prévenir au mieux toute récidive. L'autorité précédente a par ailleurs estimé que même si le recourant ne s'était pas rendu coupable d'infractions graves, la nature des menaces proférées à l'encontre de la vie de son ex-épouse permettait de retenir que l'intéressé représentait un danger pour l'intégrité physique et psychique d'autrui et ne menaçait pas uniquement la propriété ou le patrimoine. La durée de la privation de liberté déjà subie et le temps écoulé depuis le prononcé de la mesure n'étaient pas excessifs, étant relevé que la lourde pathologie du recourant, associée au déni de sa maladie, compliquait le traitement. En définitive, l'atteinte aux droits de la personnalité du recourant qui résultait de la mesure ne s'avérait pas disproportionnée au regard de la vraisemblance qu'il commette de nouvelles infractions.