Citation: 1B_78/2016 E. 2.3

2.3. En l'espèce, le recourant a été placé en détention le 5 avril 2015. Le 11 février 2016, il a été condamné en première instance à une peine privative de liberté ferme d'un an, sous déduction des 313 jours de détention provisoire alors subis (326 jours au moment de l'arrêt attaqué). Le recourant a annoncé un appel contre l'arrêt du Tribunal correctionnel. Tel n'est pas le cas du Ministère public (cf. a contrario notamment arrêts 1B_8/2016 du 25 janvier 2016 consid. 4.3, 1B_68/2014 du 5 mars 2014 consid. 2.3.3). Ce magistrat s'est limité en substance à indiquer qu'il formerait "vraisemblablement" un appel joint dès qu'il aurait connaissance de la motivation du jugement susmentionné; le cas échéant, il envisagerait alors de requérir une peine privative de liberté de dix-huit mois pour deux chefs supplémentaires de culpabilité concernant deux autres cambriolages. Certes, cette manière de procéder paraît conforme à la loi (cf. art. 401 CPP). Toutefois, dans le cadre de la détention, la seule intention affichée par le Procureur ne suffit pas pour pouvoir examiner si les démarches qu'il pourrait envisager d'entreprendre déboucheraient sur une possible aggravation de la peine; la jurisprudence exige au contraire que le Ministère public expose avec une vraisemblance suffisante les motifs conduisant à une possible "reformatio in pejus", susceptible de justifier un maintien en détention. En l'espèce, l'incertitude réside déjà quant au dépôt même d'un moyen de droit de la part du Ministère public (cf. les déterminations de celui-ci devant le Tribunal fédéral, p. 2). Il en résulte que la sanction prononcée en première instance constitue en l'état une indication importante quant à la peine maximale susceptible d'être finalement retenue à l'encontre du recourant. Vu les considérations précédentes, il y a lieu de constater que la détention subie par le recourant est à ce jour très proche de la peine privative de liberté à laquelle il peut s'attendre, en particulier si l'autorité d'appel confirme le jugement de première instance. La durée de la détention provisoire, respectivement pour motifs de sûreté est dès lors excessive. Partant, le maintien en détention viole le principe de proportionnalité et ce grief doit être admis.