Citation: 8C_410/2016 E. 1

L'autre réserve concerne la constatation, faite par le docteur O.________, de l'absence d'un lien de causalité naturelle entre le trouble dépressif qu'il a diagnostiqué chez l'assuré et l'accident du 10 février 2005. On rappellera qu'il y a un lien de causalité naturelle entre l'événement dommageable de caractère accidentel et l'atteinte à la santé lorsqu'il y a lieu d'admettre que, sans l'événement accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu'il ne serait pas survenu de la même manière. Il n'est pas nécessaire que l'accident soit la cause unique ou immédiate de l'atteinte à la santé; il faut et il suffit que l'événement dommageable, associé éventuellement à d'autres facteurs, ait provoqué l'atteinte à la santé physique ou psychique de l'assuré, c'est-à-dire qu'il se présente comme la condition sine qua non de celle-ci (ATF 129 V 177 consid. 3.1 p. 181). Or on peine à comprendre le cheminement qui a conduit le docteur O.________ à retenir que l'assuré aurait présenté à un moment ou un autre une symptomatologie dépressive même sans la survenue de l'accident du 10 février 2005, alors qu'il a relevé que le "contenu de la pensée [de l'intéressé] [était] fixé sur sa culpabilité d'avoir provoqué un accident par sa négligence", et qu'il a qualifié de "prédominant" ou d'"important" le rôle joué par les facteurs externes (dont deux sont tout de même antérieurs dans le temps à l'accident et n'ont pas eu d'incidence sur l'aptitude de l'assuré à travailler), ce qui ne suffit pas à établir que ces facteurs puissent être tenus pour la cause exclusive de cette atteinte psychique. Les juges cantonaux ne s'y sont pas trompés puisqu'ils ont procédé à l'examen de la causalité adéquate - question qui relève du droit et non du fait - en laissant ouverte la problématique de la causalité naturelle, étant précisé que la jurisprudence admet ce procédé dans les cas où le lien de causalité ne peut de toute façon pas être qualifié d'adéquat (ATF 135 V 465 consid. 5.1 p. 472), ce à quoi ils ont abouti en l'espèce. En résumé, il faut retenir les juges cantonaux étaient fondés à s'en tenir à l'expertise en ce qui concerne la situation médicale du recourant jusqu'à la date de la décision litigieuse. Les conséquences qu'ils en ont tirées sur le droit aux indemnités journalières du recourant s'agissant des séquelles physiques de l'accident ne sont pas critiquables. Par ailleurs, vu que le mémoire de recours ne soulève aucune critique à l'encontre de la manière dont la juridiction cantonale a tranché la question de la causalité adéquate des troubles psychiques existants, il n'y a pas lieu d'examiner ce point, faute de grief (art. 42 al. 2 LTF).