Citation: 5A_769/2023 E. 5.2

5.2. Le recourant juge incompréhensible que la cour cantonale ait considéré qu'il aurait à tout le moins dû alléguer et prouver une évolution importante du marché de l'immobilier à la hausse, permettant d'établir une augmentation de la valeur de l'immeuble en cause. En effet, en alléguant et produisant les offres fermes d'acquisition qu'il avait reçues, c'était précisément ce qu'il avait fait. Il avait aussi produit des " statistiques de l'OFS ", soit des faits notoires, qui prouvaient que l'indice suisse des prix de l'immobilier résidentiel avait, à lui seul, augmenté de plus de 20 % entre 2019 et 2023. Lui reprocher de ne pas avoir utilisé les termes " évolution importante du marché de l'immobilier " revenait à faire preuve d'un " formalisme manifestement excessif ", dans la mesure où l'allégation et la production d'offres fermes reçues de la part de divers investisseurs pour des prix tous supérieurs à 2'000'000 fr. démontraient - à elles seules - " l'éventualité de l'évolution notable du marché immobilier ", mais également le fait que la première expertise était grossièrement erronée. Il était à cet égard " manifestement faux " de lui faire grief de ne pas avoir démontré que l'estimation d'origine était devenue telle avec le temps, puisqu'il avait allégué que les offres reçues permettaient de mettre en exergue un prix " environ trois fois supérieur à ce qu'a retenu l'expert " et qu'il était " manifeste que l'expertise judiciaire rendue dans la présente procédure est inexacte ". Retenir qu'une expertise n'est pas grossièrement erronée lorsqu'elle fixe la valeur vénale de l'immeuble litigieux à 980'000 fr., alors qu'il avait reçu des offres fermes et inconditionnelles pour 2'400'000 fr., 2'350'000 fr., ainsi que 2'100'000 fr., était incompréhensible. Le recourant est ainsi d'avis que la cour cantonale aurait dû admettre qu'il avait démontré " l'éventualité d'une modification de la valeur de l'immeuble ", quand bien même la procédure n'avait duré que peu de temps, ce qui rendait l'estimation d'origine grossièrement erronée. Admettre le contraire, alors que des privés et des professionnels sont prêts à offrir quasiment 2'500'000 fr., était " difficilement concevable ". Or, " [d']opinion commune, une valeur indiquée dans une offre ferme est une excellente indication de la valeur réelle d'un objet dès lors qu'elle représente la valeur de marché dans sa meilleure vérité ". Cette valeur de marché était même plus proche de la vérité qu'une expertise " toujours et par force théorique " (sic). Le recourant est ainsi d'avis que les offres qu'il avait produites étaient les plus à même de " révéler " la valeur de marché de l'immeuble. Il considère qu'en raison du refus d'ordonner une nouvelle expertise, sa soulte était " probablement lésée de plus d'un million de francs ". C'était également permettre à l'intimée de réaliser " quasiment immédiatement " un bénéfice de plus de 1,4 millions de francs en vendant l'immeuble à des acquéreurs pour un prix d'environ 2,4 millions de francs, alors qu'elle l'aurait " acquis " judiciairement pour 980'000 fr. Il en découlerait aussi, entre les parts, une différence considérable et sans rapport avec l'intention de la testatrice de tenir, entre ses enfants, une balance égale. Le recourant considère que la cour cantonale a également versé dans l'arbitraire en partant du principe que la valeur marchande de l'immeuble avait été analysée pour la dernière fois en 2019, alors qu'en réalité, cette analyse avait été effectuée en 2016, soit il y a bientôt sept ans, durée anormalement longue eu égard au fait que la valeur vénale d'un immeuble doit être celle du moment du jugement. Il était donc faux d'affirmer que l'expertise immobilière portait à nouveau sur une estimation de la valeur vénale de l'immeuble en 2019. En effet, le complément d'expertise mis en oeuvre par le juge de première instance ne portait pas sur la valorisation de l'immeuble, mais uniquement sur la qualification de la parcelle n° xxx en biens propres, la question de l'absence d'ordonnance de rapport, la question de l'interprétation des sommes qui avaient été versées au recourant et, surtout, la question de la perte locative et de la moins-value de l'immeuble due à l'absence d'entretien de celui-ci. Pour le surplus, le recourant se livre à une analyse de l'estimation faite par la société G.________ SA " pour essayer de comprendre l'importance du différentiel entre l'expertise et les offres fermes ". Il soutient, ce faisant, que la méthodologie adoptée par ladite société " et plus encore les postulats sur lesquels elle s'est basée pour établir la valeur marchande " sont manifestement erronés. Enfin, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir déclaré irrecevable le courriel de Mme J.________, cosignataire de l'expertise G.________ de 2016, produite à l'appui de ses déterminations du 23 juin 2023. Cette " manière de procéder " était " erronée dans la mesure où il ne s'agissait pas d'un fait mais d'un jugement de valeur de l'experte sur sa propre expertise ". La cour cantonale n'avait par ailleurs pas traité les " autres éléments " desdites déterminations.