Citation: 6B_86/2023 E. 4.2.7

4.2.7. Ainsi, la cour cantonale a mis en exergue les différents éléments à charge et expliqué en détail les motifs pour lesquels une culpabilité écrasante devait être retenue dans le cas d'espèce. Il n'apparaît pas que la cour cantonale aurait abusé du large pouvoir d'appréciation qui était le sien, en fixant la peine hypothétique, pour un meurtre consommé - dans les circonstances particulières du cas d'espèce et compte tenu de la gravité de l'acte du recourant apprécié dans son ensemble - à son maximum (soit 20 ans), ce que l'intéressé ne prétend du reste pas. Une culpabilité écrasante ou très lourde permet en effet de se situer tout en haut dans l'échelle des sanctions entrant en considération (5 à 20 ans; cf. supra consid. 3.3). Cette peine hypothétique apparaît certes sévère, mais prend en compte le cumul des éléments à charge précités. Comme le souligne le recourant, la cour cantonale a bel et bien insisté sur la présence des enfants au moment de l'acte, sur l'usage d'un couteau et sur le mobile égoïste de l'intéressé; elle a aussi mis l'accent sur le mouvement de cisaillement avec le couteau effectué sur la gorge de la victime, sans pour autant que la répétition de ces éléments fasse apparaître la peine comme excessive. A cet égard, comme on l'a vu, si certaines circonstances de l'acte ont conduit à écarter la qualification (de tentative) d'assassinat, toutes celles évoquées ci-dessus confèrent une gravité particulière à l'infraction (de tentative) de meurtre et doivent être prises en considération, à charge, dans la fixation de la peine. En lien avec le cisaillement opéré avec le couteau, le recourant soutient que le coup porté à la victime n'aurait pas mis en péril sa vie, ce qui devait fortement réduire la portée aggravante de cet élément. Contrairement à ce que semble croire le recourant, il importe peu que la blessure causée ait ou non concrètement mis en danger de mort l'intimée, l'issue fatale ne dépendant en rien de la volonté du recourant. En effet, comme le recourant le reconnaît lui-même, la région dans laquelle le coup a été porté (soit la gorge de la victime), suffit pour retenir son intention homicide. Par conséquent, le fait que le pronostic vital de la victime n'ait concrètement pas été engagé (ce que la cour cantonale a pris en compte dans le cadre de l'art. 22 al. 1 CP en réduisant la peine de 20 à 12 ans) ne pourrait avoir d'effet réducteur supplémentaire sur la peine, l'intéressé ne devant qu'au hasard et à la prompte défense de la victime l'absence de lésions immédiatement mortelles. De surcroît, le fait que la victime souffre aujourd'hui de séquelles probablement permanentes ainsi que de symptômes liés à son vécu traumatique n'est pas à négliger. Par son argumentation, le recourant ne démontre ainsi pas en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire, ni abusé de son pouvoir d'appréciation, en mettant en exergue les divers éléments précités et en les retenant à charge dans la fixation de la peine.