Citation: 4A_515/2015 E. A

Z.________ est une association dont les objectifs sont notamment d'accueillir, d'aider, de conseiller et de soutenir ceux qui viennent le consulter et qui éprouvent des difficultés d'ordre social, spirituel, psychique, relationnel, juridique, matériel ou liées à l'invalidité. Par contrat de travail du 22 juin 2012, Z.________ a engagé X.________ en qualité de responsable de W.________, entité active dans le ramassage et la vente d'objets d'occasion; le salaire mensuel brut était de 7'165 fr.40. Les tâches de l'employé portaient sur l'organisation et la coordination de W.________ et des boutiques, l'organisation et la conduite des collaborateurs, la participation à l'élaboration des objectifs du secteur ainsi que la coordination et l'organisation des postes de service. X.________ était également responsable de l'entretien et de l'aménagement des locaux et du matériel; avec une autre employée, il avait la charge du contrôle des caisses, des recettes, des dépenses et des factures. Selon un accord oral, le responsable de W.________ pouvait ordonner des dépenses pour les petits travaux d'entretien d'un montant inférieur à 2'000 fr. En janvier 2014, X.________ a mandaté une entreprise afin de retracer les places de parking extérieures de W.________. L'entreprise a proposé de tracer une partie des places pour le prix de 500 fr. Le 21 janvier 2014, elle a établi une quittance pour le travail effectué et le montant précité. X.________ a ensuite confié le reste du traçage à la même entreprise, qui a formulé oralement une offre portant sur un montant supplémentaire de 700 fr. A la fin des travaux, X.________ a ajouté ce montant sur la quittance du 21 janvier 2014, au motif que l'entreprise n'était plus en possession de la seconde facture. La sortie de caisse correspondante a été enregistrée et déclarée à la comptabilité. Une semaine plus tard, A.________, responsable "Administration et Finances" au sein de Z.________, a invité X.________ à produire une facture en bonne et due forme pour la seconde étape des travaux, car il ne pouvait enregistrer en l'état la quittance fournie. Comme les démarches entreprises par X.________ pour joindre l'entreprise n'ont pas abouti, A.________ a accepté, à titre exceptionnel, de valider la quittance et de l'enregistrer en tant que pièce comptable pour deux sorties de caisse, bien que cette façon de procéder fût contraire aux "Règles en matière de gestion de caisse au Z.________". Début 2014, X.________ cherchait à louer un appartement. Il a alors demandé à A.________ s'il était possible d'obtenir de l'employeur une attestation de salaire ne mentionnant pas la saisie de salaire dont il faisait l'objet. Le responsable financier lui a répondu négativement, les seules possibilités étant la remise de la copie intégrale des fiches de salaire (faisant apparaître les saisies) ou l'établissement d'une attestation d'emploi avec indication du salaire contractuel. Devant ce refus, X.________ a confectionné lui-même une attestation de salaire au nom de Z.________, sans mention de la saisie, afin d'obtenir le bail de l'appartement qu'il convoitait. Par courrier du 17 février 2014, B.________, directrice de Z.________, a reproché à X.________ d'avoir outrepassé ses fonctions en plusieurs occasions, s'attribuant des compétences de la responsable des ressources humaines, de la responsable de la communication ou de la directrice. Afin d'évoquer ces problèmes, une rencontre a été fixée au 24 février 2014. Ce jour-là, quelques heures avant l'entretien avec X.________, B.________ a reçu des collaborateurs souhaitant faire part du malaise qu'ils ressentaient envers le comportement du responsable de W.________. A cette occasion, la directrice a appris que X.________ avait raconté sur son lieu de travail qu'il avait établi une fausse attestation de salaire, destinée au propriétaire de l'appartement qu'il louait depuis peu; elle a également pris connaissance du retrait de caisse non conforme aux règles comptables de Z.________. Lors de la rencontre avec la directrice, en présence de la responsable des ressources humaines, X.________ a refusé de s'exprimer sur la fausse attestation de salaire. Par lettre remise le jour même à l'employé, B.________ a mis fin sur-le-champ aux rapports de travail; elle y justifiait le licenciement immédiat par les deux faits précités dont elle venait de prendre connaissance.