Citation: 6B_578/2008 03.03.2009 E. 1

Les recourants invoquent, en premier lieu, une violation du principe in dubio pro reo. 1.1 La présomption d'innocence, garantie par l'art. 32 al. 1 Cst., ainsi que son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves (ATF 120 Ia 31 consid. 2c p. 36 et les références citées). En tant qu'ils régissent le fardeau de la preuve, ces principes signifient que le juge du fond ne peut retenir un fait défavorable à l'accusé que s'il est convaincu de la matérialité de ce fait, de sorte que le doute profite à l'accusé (ATF 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Comme règles de l'appréciation des preuves, en revanche, ces principes sont violés si le juge du fond se déclare convaincu de faits défavorables à l'accusé sur lesquels, compte tenu des éléments de preuve qui lui sont soumis, il devrait objectivement éprouver des doutes (ATF 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Le Tribunal fédéral examine librement si ces principes ont été violés en tant qu'ils répartissent le fardeau de la preuve, mais il ne vérifie que sous l'angle de l'arbitraire si le juge aurait dû éprouver un doute sur la culpabilité de l'accusé, c'est-à-dire si ces principes ont été violés en tant qu'ils régissent l'appréciation des preuves (ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2e p. 38). 1.2 Les recourants reprochent à la cour cantonale d'avoir violé ces principes en faisant fi d'une contradiction dans l'état de fait du jugement de première instance, qui retient en page 11 que la parapentiste a vérifié "qu'il n'y avait personne à proximité de son couloir de décollage" et en page 15 que la victime "se trouvait dans l'aire de décollage". Ce grief repose sur des citations tronquées. En page 11 de leur jugement, les premiers juges retiennent que, lorsqu'elle a vérifié qu'il n'y avait personne à proximité de son couloir de décollage, la parapentiste a remarqué la présence de la victime à une dizaine de mètres sur sa gauche, qu'elle a ensuite levé sa voile pour la mettre en position et qu'elle affirme avoir alors été prise dans un courant latéral gauche, s'être déplacée dans cette direction pour rester alignée sur sa voilure, avoir commencé son accélération et s'être alors rendu compte qu'elle fonçait sur la victime. Ces constatations n'excluent pas que celle-ci se trouvait dans l'aire de décollage; elles signifient seulement que la parapentiste a modifié l'assise de son couloir de décollage après ses vérifications initiales - pour une raison sur laquelle les premiers juges ne prennent pas position à ce stade - et qu'elle n'a pris conscience de la présence de la victime sur sa trajectoire qu'après s'être élancée. 1.3 Les recourants font aussi valoir qu'ils ont présenté aux débats des photographies et un film qui prouveraient qu'il est d'usage, lors des compétitions de vol libre, que des spectateurs assistent de tout près aux décollages, "pour autant que le couloir reste libre". Ils soutiennent que les premiers juges ont commis l'arbitraire, et par là même violé le principe in dubio pro reo en tant que règle d'appréciation des preuves, en refusant sans raison de tenir compte de ces éléments. Le juge n'encourt le grief d'arbitraire pour n'avoir pas tenu compte de moyens de preuve administrés devant lui que si, d'une part, il a omis ou refusé de le faire sans raison sérieuse et si, d'autre part, les preuves qu'il a écartées étaient importantes et propres à modifier sa décision (cf. ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9). Les photographies et le film invoqués par les recourants ne remplissent pas cette dernière condition, puisqu'ils tendaient à établir qu'il est sans danger d'assister à un décollage si le couloir d'envol reste libre, alors qu'il est justement reproché aux recourants de n'avoir pas empêché que la victime travaille à un moment donné dans le couloir d'envol d'une concurrente. Dès lors, le grief est mal fondé. 1.4 Les recourants allèguent qu'ils pensaient que la victime avait compris comment se déroulerait la manifestation et qu'ils étaient fondés à le penser, parce que le pâturage était régulièrement utilisé pour la pratique du parapente. Dans ces conditions, ils considèrent que les juges cantonaux ont violé le principe in dubio pro reo en refusant d'admettre, au bénéfice du doute, que la présence de la victime à l'endroit de l'accident était due à une mauvaise compréhension entre parties plutôt qu'à un défaut d'information de leur part. L'arrêt attaqué retient que les recourants n'ont pas informé la victime de la nécessité de rester derrière les concurrents jusqu'à 14h10 parce qu'ils ne voulaient pas courir le risque qu'elle change d'avis et qu'elle s'oppose finalement à la poursuite de la manifestation. Cette constatation implique nécessairement que les recourants tenaient pour possible que la victime ait donné son accord parce qu'elle n'avait pas compris qu'elle devrait, pour des raisons de sécurité, rester sur le haut de sa parcelle jusqu'à la fin des décollages. En ce qu'ils allèguent qu'ils partaient de l'idée que la victime avait compris le déroulement de la manifestation et, ainsi, le comportement à adopter jusqu'à la fin des décollages, les recourants s'écartent donc des constatations de l'arrêt attaqué. Le fait qu'ils invoquent à l'appui de leur grief, savoir que le pâturage était régulièrement utilisé pour la pratique du parapente, ne signifie pas que la victime avait déjà assisté à ce genre de manifestation par le passé. Du reste, elle s'est rendue sur les lieux au début de l'après-midi du 22 juin 2002 non par intérêt pour le vol libre en parapente, mais pour protester parce qu'on ne lui avait pas demandé son accord et parce qu'elle avait prévu de travailler sur la parcelle. En outre, l'un des recourants a déclaré lors de l'enquête que, les années précédentes, la compétition avait eu lieu plus tôt dans l'année et qu'ils n'avaient jamais rencontré personne (PV Aud. 7 p. 2). Dans ces conditions, le fait invoqué par les recourants n'implique ni que la victime avait déjà assisté à une démonstration de vol libre en parapente, ni, à plus forte raison, qu'ils l'avaient eux-mêmes déjà vue à l'une de ces manifestations. Il ne rend dès lors pas arbitraire la constatation selon laquelle ils n'étaient pas sûrs que la victime eût bien compris le déroulement de la compétition. Le premier moyen des recourants, pris d'une violation du principe in dubio pro reo, est dès lors mal fondé.