Citation: U 263/03 16.02.2005 E. 3

En l'espèce, les circonstances de l'événement du 17 février 2000 telles qu'elles ressortent de l'instruction menée à l'époque par l'assureur-accidents diffèrent de la version des faits que la recourante présente à l'appui de son recours de droit administratif. Dans son écriture, celle-ci déclare avoir perdu l'équilibre alors qu'elle se tenait debout sur un tabouret pour décrocher des rideaux, et s'être blessée à l'épaule gauche en voulant se rattraper à quelque chose. Or, le dossier de l'intimée ne contient aucune référence à ces circonstances. A l'inspecteur des sinistres venu l'interroger sur le déroulement exact des faits, M.________ avait répondu qu'elle s'était fait mal à l'épaule «en décrochant des doubles-rideaux» et qu'elle n'avait «subi aucun choc»; il n'est pas question d'un faux mouvement qu'elle aurait effectué avec son bras gauche en tentant de rétablir son équilibre (voir le procès-verbal du 17 mai 2000). Quant au rapport médical initial LAA que le docteur J.________ a établi en date du 14 avril 2000, il ne fait que mentionner une «exacerbation de douleurs aux épaules, à la nuque ainsi qu'aux genoux dans le cadre d'efforts pratiqués dans sa profession de représentante». Ultérieurement, dans une lettre du 30 avril 2002, ce médecin a précisé qu'il avait été consulté le 17 février 2000 par M.________ «pour une poussée de douleurs aux épaules et à la nuque», sans toutefois pouvoir trouver dans ses notes personnelles une quelconque référence à un événement particulier qui aurait eu lieu à cette date. Dans une autre lettre du 20 octobre 2003, il ne fait que relater les propos de sa patiente selon lesquels elle aurait chuté du tabouret et se serait tordu l'épaule gauche en se retenant à la poignée de la fenêtre. Si l'on ne peut exclure que les faits se soient déroulés comme le prétend aujourd'hui la recourante, on ne saurait pour autant retenir ses nouvelles déclarations. En effet, en présence de deux versions différentes au sujet des circonstances d'un accident, il convient de donner la préférence à celle que l'assuré a donnée en premier, alors qu'il en ignorait les conséquences juridiques, les explications nouvelles pouvant être - consciemment ou non - le produit de réflexions ultérieures (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références, VSI 2000 p. 201 consid. 2d). Par ailleurs, indépendamment du bien-fondé ou non de la première appréciation de son médecin traitant, il apparaît pour le moins surprenant que la recourante ait omis d'évoquer des faits aussi essentiels qu'un faux mouvement consécutif à une chute s'agissant justement d'élucider l'origine maladive ou accidentelle de son atteinte à la santé. Cela étant, au vu du récit décrit initialement par la recourante, il n'est pas possible de conclure - au stade de la vraisemblance prépondérante applicable dans le domaine des assurances sociales - que la lésion constatée par IRM soit imputable aux gestes nécessaires pour décrocher des rideaux, faute d'une cause dommageable extérieure (sur les conditions d'octroi de prestations en cas de lésions corporelles assimilées à un accident voir ATF 129 V 466). Les conditions d'une révision ne sont dès lors pas réunies, le résultat de l'examen IRM n'étant pas propre à justifier, en droit, une appréciation différente. Le recours est mal fondé.