Citation: 5A_531/2017 E. 5.4

5.4. S'agissant de l'application du droit, il faut relever qu'au stade des mesures provisionnelles, la prise en considération du temps effectivement passé par C.________ avec chacun de ses parents parmi les éléments pertinents pour apprécier l'intérêt supérieur de l'enfant ne saurait être qualifiée de choquante. Vu l'ensemble des circonstances, en particulier le fait que les compétences parentales des père et mère sont équivalentes, le maintien de la situation actuelle dans le sens d'une prise en charge quotidienne de l'enfant exercée de façon alternée et d'entente entre les parents n'est, en soi, pas insoutenable. S'agissant du lieu de scolarisation et de résidence de l'enfant, et indépendamment du point de savoir si les conditions de l'art. 301a al. 2 let. b CC sont réunies en l'espèce - question qui devra être tranchée, le cas échéant, à l'issue de la procédure au fond -, la décision entreprise n'est pas insoutenable dans son résultat. Comme l'a relevé à juste titre la cour cantonale, le maintien provisoire de C.________ dans son école de V.________ a le mérite de garantir au mieux sa stabilité nonobstant le déménagement de sa mère. En particulier, cela permet d'éviter que C.________ ne doive changer d'établissement scolaire à deux reprises, dans l'hypothèse où son père obtiendrait gain de cause à l'issue de la procédure au fond. En tant que la recourante expose qu'il eût fallu tenir compte de la fréquence et du nombre des déplacements de l'enfant dans le cadre de l'évaluation de l'intérêt supérieur de celle-ci, on relèvera, d'une part, qu'elle ne précise pas elle-même le nombre de déplacements respectifs de l'enfant en fonction de son lieu de scolarisation. D'autre part, la cour cantonale a tenu compte de cet élément, relevant que l'enfant devrait de toute manière supporter une partie des déplacements, qu'elle soit scolarisée à W.________ ou à V.________ - à savoir à proximité du domicile de sa mère, respectivement de son père -, dès lors que sa prise en charge effective est assurée par chacun des parents et répartie entre eux de façon pratiquement équivalente. Quant au grief de violation de la liberté d'établissement de la recourante, autant qu'intelligible, il doit être rejeté, puisque la décision entreprise ne fait que préciser le lieu de scolarisation et de résidence provisoire de l'enfant, ce qui n'empêche pas sa mère de déménager (ATF 142 III 481 consid. 2.6). En définitive, en considérant que les circonstances du cas d'espèce nécessitaient de prendre une décision rapidement, dans le sens d'un maintien provisoire de l'enfant dans son environnement scolaire et social et, à cette fin, de fixer son lieu de résidence chez son père - la décision sur l'éventuel déplacement du lieu de scolarisation et de résidence de l'enfant devant être tranchée directement au fond -, ainsi que dans le sens d'un maintien de la situation actuelle s'agissant de la prise en charge quotidienne de l'enfant, la cour cantonale n'a pas manifestement abusé de son pouvoir d'appréciation (cf. supra consid. 2.1 et 5.2).