Citation: 6B_433/2017 E. 3.3

3.3. En l'espèce, l'autorité précédente a retenu que la pente du tronçon où a eu lieu l'accident était de l'ordre de 7%. Il n'y avait quasiment pas d'accumulation d'eau sur la chaussée, de sorte que la notion d'aquaplanning était inexistante. La vitesse sur ledit tronçon, se trouvant en localité, était limitée à 60km/h. La limitation de vitesse était répétée par un signal posé à courte distance de la zone de l'accident. La courbe précédent le lieu de l'accident imposait de plus un devoir de prudence plus important au conducteur du motocycle. L'expert judiciaire a retenu que la perception de l'eau sur la chaussée était visible à environ 123 mètres. En respectant la limite de vitesse de 60 km/h, le recourant aurait pu s'arrêter sur une distance de 35 m, respectivement vraisemblablement négocier ou contourner la zone mouillée sans que cela n'entraîne sa chute. Cela étant, le recourant a roulé à une vitesse d'au moins 97 km/h sur le tronçon litigieux, soit un dépassement de la vitesse autorisée de 37 km/h en localité. A cela s'ajoute qu'il venait de se faire enlever une botte plâtrée à son pied droit, qui se trouvait donc encore en état de convalescence. Le recourant a déclaré avoir reconnu la chaussée mouillée à une distance de 42 m 90. En circulant à une vitesse de 97 km/h, il a parcouru environ 26 m 94 par seconde, rendant toute réaction de sa part très difficile, en raison de la distance visible dont il dit avoir bénéficié. L'autorité précédente n'a pas tranché la question de savoir si l'intimé avait commis une négligence. Elle a admis l'existence d'un rapport de causalité naturelle entre la présence d'eau sur la route et la chute du recourant en raison de la possible perte d'adhérence. Elle a toutefois jugé que le dépassement de vitesse commis par le recourant dans les conditions précitées sortait de l'ordinaire, que la faute du recourant était grave et revêtait une importance prépondérante dans la survenance de l'accident et que l'accident n'aurait vraisemblablement pas eu lieu si le recourant n'avait pas commis intentionnellement une grave violation des règles de la circulation routière. Pour l'autorité précédente, c'était en raison de sa vitesse excessive que le recourant n'avait vraisemblablement pas ou difficilement été en mesure d'entreprendre une manoeuvre d'évitement à temps. Son comportement lourdement fautif et imprévisible était donc la cause prépondérante de sa chute, de sorte qu'il s'imposait d'admettre que le lieu de causalité adéquate entre les actes de l'intimé et l'accident avait été rompu. Un acquittement de l'intimé apparaissait en conséquence d'ores et déjà plus vraisemblable qu'une condamnation, ce qui justifiait le classement.