Citation: 6B_859/2022 E. 4.5

4.5. Dans le cadre de la pesée des intérêts, la cour cantonale a retenu que les intérêts présidant à l'expulsion du recourant étaient importants. Il avait commis deux infractions conduisant à une expulsion obligatoire du territoire suisse. De plus, sa culpabilité s'agissant de l'infraction de mise en danger de la vie d'autrui était importante dès lors qu'il avait, sans le moindre scrupule, délibérément roulé en voiture à vive allure en direction de deux personnes, à deux reprises. Selon la cour cantonale, le recourant n'avait certes pas d'antécédent judiciaire, mais le fait qu'il niait encore aujourd'hui tous les faits qui lui étaient reprochés et son absence de prise de conscience étaient des facteurs de mauvais pronostic pour la sécurité publique, même si depuis les faits qui étaient jugés dans la présente affaire, le recourant n'avait pas commis de nouvelles infractions, ce qui constituait toutefois un élément neutre. Concernant l'intérêt du recourant à pouvoir demeurer en Suisse, il y avait lieu de tenir compte de ses liens familiaux dans ce pays, en particulier avec son épouse ainsi que ses enfants, avec lesquels il vivait. Ces éléments devaient toutefois être relativisés dès lors que des contacts resteraient possibles avec sa famille par le biais des moyens de communication modernes. Pour le surplus, l'intégration socio-professionnelle du recourant était précaire. Son épouse semblait être le soutien financier principal de la famille de sorte que la famille ne serait pas placée dans une situation financière plus défavorable si elle ne pouvait plus compter sur le recourant pour gagner de l'argent. Quant à la réintégration du recourant dans son pays d'origine, la cour cantonale a souligné que, selon les termes du Secrétariat d'État aux migrations (SEM), l'Érythrée ne connaissait actuellement pas une situation de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée, si bien que l'exécution d'un renvoi ordonné était en principe exigible. On ne voyait en outre pas ce qui ferait obstacle à la réintégration du recourant en Érythrée, son pays d'origine, dès lors qu'il y avait grandi et en maîtrisait la langue. La cour cantonale a considéré que, compte tenu de la gravité des infractions commises, de la relative intégration professionnelle du recourant en Suisse et des possibilités qu'il conservait de se réintégrer dans son pays d'origine, l'intérêt public à l'expulsion l'emportait par conséquent sur l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer dans ce pays.