Citation: 1B_277/2020 E. 3.2

3.2. L'ordonnance de jonction apparaît certes comme une décision erronée du ministère public. Il s'agit toutefois typiquement d'une erreur qui a pu être constatée et réparée par l'instance de recours ordinaire, sans préjudice pour le recourant. Cette erreur tient à la personne même de la plaignante, qui a été secrétaire du recourant durant une période de quinze mois et avait pu ainsi prendre connaissance de la stratégie de défense convenue avec son défenseur. Il s'agit d'un problème sur lequel l'autorité de poursuite n'a aucune prise et qui se pose d'ailleurs dans les mêmes termes en l'absence de toute jonction de causes. L'annulation de l'ordonnance de jonction permet certes de limiter le risque de transmission de renseignements entre les parties, mais le procureur pouvait sans doute relativiser ce risque en tenant compte du fait que la plaignante était soumise au secret professionnel. Indépendamment des questions de connexité et de fors, on ne saurait donc voir dans la décision de jonction une faute particulièrement grave dénotant une intention délibérée de nuire au prévenu. L'arrêt 1B_478/2018 concerne une procédure dans laquelle le recourant agissait non comme prévenu, mais comme avocat de son frère. L'admission de ce recours par le Tribunal fédéral (au demeurant pour des raisons procédurales et notamment sans examen de fond de l'admissibilité de la censure du courrier, comme cela est également relevé dans l'arrêt 1B_65/2020) ne permet donc pas d'en déduire une quelconque prévention du Procureur à l'égard du recourant. Le recourant se plaint aussi du maintien au dossier de l'ensemble des courriels, mais cette question fait l'objet d'une procédure de recours encore pendante.