Citation: 1S.33/2005 05.12.2005 E. A

Le 23 septembre 2003, le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent de l'Office fédéral de la police a transmis au Ministère public de la Confédération une communication au sens de l'art. 9 de la loi sur le blanchiment d'argent (LBA; RS 955.0) selon laquelle la société X.________, a reçu le 7 août 2003 une somme de 23 millions de dollars américains en provenance du compte détenu par la société Y.________, auprès de la Banque Z.________, sur le compte n° xxx ouvert à cet effet auprès de la Banque A.________. Cette somme constituait le dernier versement d'un prêt de 50 millions de dollars américains convenu le 14 mars 2003 entre les deux sociétés et crédité auparavant sur un compte n° yyy ouvert auprès du même établissement. Selon la documentation remise par l'Etude d'avocats B.________, l'ayant droit économique de la société Y.________ est C.________, la fille de D.________, lequel fait l'objet d'une procédure pénale en Russie pour appropriation illégitime par escroquerie sur une vaste échelle commise par un groupe organisé. Celui-ci est soupçonné d'avoir détourné des fonds s'élevant à 60 milliards de roubles au préjudice de la société E.________ par le biais de sociétés dans lesquelles il occupait une fonction dirigeante et d'avoir blanchi une partie des sommes détournées en Suisse. Les fonds à l'origine du prêt proviendraient d'un trust constitué à Gibraltar, dont C.________ serait l'une des bénéficiaires. Ce trust aurait été alimenté par la vente des participations détenues par D.________ au sein de la compagnie pétrolière K.________ au Sheikh Sultan M.________. Le 24 septembre 2003, le Ministère public de la Confédération a ouvert une enquête de police judiciaire contre D.________ pour infractions aux art. 260ter et 305bis CP réprimant la participation à une organisation criminelle et le blanchiment d'argent. Le 25 septembre 2003, il a ouvert une enquête de police judiciaire contre C.________ pour suspicion de blanchiment d'argent. Le 26 septembre 2003, il a ordonné le séquestre des avoirs détenus sur les comptes ouverts auprès de la Banque A.________, par X.________, dont les ayants droit économiques sont O.________ et P.________. Il a confirmé cette mesure à plusieurs reprises en raison des incertitudes qui subsistaient sur l'origine licite des fonds prêtés. Le 29 mars 2005, le Ministère public de la Confédération a refusé de donner suite à une requête de la société X.________ tendant à la levée du séquestre. Par arrêt du 19 août 2005, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral a rejeté la plainte formée contre cette décision. Elle a estimé que le séquestre reposait sur des indices suffisants de la commission d'une infraction, qu'elle répondait à l'intérêt public et qu'elle était conforme au principe de la proportionnalité.