Citation: I 531/04 11.07.2005 E. 4

4.1 Le Tribunal des assurances du canton de Vaud a retenu en fait que l'intimé est atteint de la maladie de Dupuytren et que ses mains sont fragilisées et sensibles. La juridiction cantonale en a déduit que V.________ n'est pas en mesure d'exercer une activité dans le secteur industriel ou dans tout autre domaine de l'économie. Pour étayer son point de vue, elle s'est fondée uniquement sur les déclarations du directeur de la fondation IPT s'écartant ainsi, sans donner une motivation suffisante, des avis médicaux des docteurs P.________, I.________ et L.________. L'Office AI reproche aux premiers juges d'avoir privilégié l'avis du directeur de la fondation IPT à celui des médecins du SMR alors que leur expertise satisfait pleinement aux conditions posées par la jurisprudence relative à la valeur probante des rapports médicaux. 4.2 Les informations des organes d'observation professionnelle ont pour fonction de compléter les données médicales en examinant concrètement dans quelle mesure l'assurée est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur le marché du travail. Dans le cas où ces appréciations divergent sensiblement, il incombe à l'administration, respectivement au juge de confronter les deux appréciations, au besoin de requérir un complément d'instruction. Reste que ces informations recueillies au cours d'un stage pour utiles qu'elles soient ne sauraient supplanter l'avis dûment motivé d'un médecin à qui il appartient, au premier chef, de porter un jugement sur l'état de santé de l'assuré et d'indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités celui-ci est capable de travailler, le cas échéant quels travaux ont peut encore raisonnablement exiger de lui (cf. consid. 3.2 ci-dessus). 4.3 En l'espèce, les premiers juges n'ont pas suivi ces règles, si bien qu'à cet égard, la motivation de leur jugement est lacunaire. Il n'y a pas lieu pour autant de leur renvoyer le dossier dès lors que les éléments sont suffisants pour statuer. De l'attestation du directeur de la fondation IPT comme de ses déclarations au juge, il résulte que, contrairement à ce qui se passe dans un COPAI où des activités dans différents secteurs sont organisées, l'assuré a effectué un stage de manoeuvre dans une seule entreprise du 4 au 29 novembre 2002. Il avait un bon rendement lorsqu'on lui a proposé des tâches qu'il pouvait réaliser; en revanche, il ne disposait pas de suffisamment de polyvalence par rapport aux handicaps dus à son état de santé dès lors qu'il ne pouvait accomplir du travail de précision ou du travail de serrage avec les mains. Selon ce témoignage, l'assuré ne pourrait, compte tenu de ses handicaps, travailler qu'en atelier protégé en raison de son rendement faible. Ces appréciations, qui ne sont au demeurant pas exemptes de contradiction, ne sont toutefois pas propres à remettre en cause l'évaluation donnée par les médecins aux termes de leurs examens. En effet, elles partent de la considération que le marché du travail n'offre, dans les postes non qualifiés, que des travaux de force ou de dextérité. On ne saurait toutefois suivre de telles considérations générales parce qu'elles ne prennent pas en compte le fait que, dans des activités non qualifiées telles que celles recensées par l'Office fédéral de la statistique, il existe un large éventail d'activités variées qui ne requièrent ni force particulière ni dextérité fine. Il suffit à cet égard de se référer à des travaux en partie mécanisés ou automatisés dans le secteur industriel, voire à des activités relativement nombreuses de surveillance. Dès lors, suivant l'avis des médecins, il y a lieu de tenir l'intimé, incapable de poursuivre son activité de chauffeur de poids lourds, comme pleinement capable d'exercer une activité adaptée à son handicap.