Citation: 4P.245/2006 10.01.2007 E. 5

5.1 Dans son deuxième grief, la recourante estime que seuls les frais de lutte anti-calcaire doivent être, le cas échéant, supportés partiellement par les locataires. Dès lors que l'expertise imposée par la cour cantonale ne vise que les frais de lutte anti-calcaire, la recourante conclut que la cour admet implicitement que les frais de désoxydation de la tuyauterie peuvent être entièrement assumés par les locataires. La cour devait donc être conséquente avec elle-même et reconnaître que le premier juge s'était trompé sur la question des frais de désoxydation. En laissant subsister un jugement dont elle dit qu'il est erroné sans même qu'il soit besoin de recourir à une expertise, la juridiction cantonale est en contradiction avec elle-même au sens de l'art. 2 CC. Un tel résultat est manifestement arbitraire. 5.2 Au début du considérant critiqué par la recourante, la juridiction cantonale a indiqué qu'il ne suffit pas que « des dépenses du bailleur » entrent au moins partiellement dans le cadre des frais accessoires admissibles pour que celles-ci soient mises à charge du preneur. Il convenait ainsi de départager les dépenses liées à l'usage de la chose louée et celles qui visent l'entretien de l'immeuble, sans distinction entre les frais de désoxydation (lutte contre la rouille) et ceux de détartrage. Les magistrats se sont du reste fondés sur la renonciation par la bailleresse à la mise en oeuvre de l'expertise, annoncée par ses soins, pour poser que ses prétentions auraient dû être rejetées, à défaut d'éléments de preuve suffisants. Or, cette expertise avait précisément pour but, tel que rappelé par la recourante dans son écriture de recours, de dire si, techniquement, les frais périodiques de désoxydation et d'adoucissement de l'eau chaude étaient en rapport avec l'usage de la chose ou s'il s'agissait de frais de réparation. Dans ces circonstances, même si la formulation employée par les juges cantonaux - qui indiquent, au terme de leur démonstration, que « les frais de lutte anti-calcaire pourraient être reportés sur les locataires » - est incomplète, il est patent que l'expertise à administrer concernait tant les frais de lutte anti-calcaire que ceux contre la rouille. Il est donc erroné de prétendre, comme le fait la recourante, que la cour cantonale ne met pas en doute la prise en compte des frais de désoxydation dans le décompte des frais accessoires. Cela étant, le raisonnement de la cour cantonale n'est pas contraire à l'art. 2 CC et, encore moins, arbitraire.