Citation: 2C_945/2021 E. 6.4

6.4. En l'espèce, il ressort de l'arrêt entrepris, dont les faits lient la Cour de céans (art. 105 al. 1 LTF), que depuis son arrivée en Suisse en mars 2018, le recourant n'a été actif professionnellement que de manière très épisodique en 2018, à savoir durant 31 jours dans le cadre de missions temporaires, et qu'il a été totalement inactif en 2019. En 2020, il n'a travaillé que 3 mois à 30% dès le 1er juin 2020, ce qui ne modifie dès lors pas ce constat. Du reste, cette dernière activité professionnelle - au taux d'ailleurs très réduit et qui n'a débuté qu'après l'annonce par le Service de la population de son intention de révoquer l'autorisation de séjour du recourant - faisait suite à près de 18 mois d'inactivité professionnelle. Les graves troubles de santé dont souffre le recourant et qui ont nécessité des hospitalisations et des traitements résidentiels durant la majeure partie de son séjour en Suisse, l'ont ainsi empêché de travailler de manière effective. En outre, les faibles montants touchés au titre des activités déployées par le recourant dès 2018, à savoir 5'944 fr. 50 en 2018 et 2'134 fr. en 2020, ont rendu nécessaire la perception de prestations de l'aide sociale. Ainsi, à son salaire mensuel brut de 1'170 fr. en 2020 s'ajoutaient 1'716 fr. 95 mensuels d'aide sociale, ce qui représentait près de 60% de ses revenus. Conformément à la jurisprudence précitée, les activités du recourant, envisagées dans leur globalité, ne peuvent donc pas être considérées comme réelles et effectives au vu de leurs faibles rémunérations, de leur durée limitée et de leur caractère irrégulier. Il en résulte que tant à compter du début de sa prise d'emploi, annoncée le 1er avril 2018, qu'ultérieurement, l'intéressé n'a pas pu se prévaloir du statut de travailleur salarié, au sens de l'art. 6 al. 1 Annexe I ALCP. Cependant, contrairement à ce qu'a indiqué le Tribunal cantonal dans l'arrêt attaqué, ce constat n'implique pas qu'une autorisation de séjour ait été délivrée à tort au recourant; ce dernier n'étant tenu de produire qu'une déclaration d'engagement de l'employeur pour être en droit de recevoir une telle autorisation (art. 6 al. 3 let. b Annexe I ALCP). Ce constat permettait néanmoins aux autorités compétentes de conclure que, compte tenu du dossier et des problèmes de santé dont le recourant fait lui-même état, il n'existait (plus) aucune perspective réelle qu'il soit à nouveau engagé dans un laps de temps raisonnable.