Citation: 6P.252/2006 01.02.2007 E. 9

Le recourant conteste sa condamnation pour assassinat. 9.1 L'assassinat (art. 112 CP) est une forme qualifiée d'homicide intentionnel, qui se distingue du meurtre ordinaire (art. 111 CP) par le fait que l'auteur a tué avec une absence particulière de scrupules. Cette dernière suppose une faute spécialement lourde et déduite exclusivement de la commission de l'acte; pour la caractériser, l'art. 112 CP évoque le cas où les mobiles, le but ou la façon d'agir de l'auteur sont particulièrement odieux, mais cet énoncé n'est pas exhaustif. Pour déterminer si l'on se trouve en présence d'un assassinat, il faut procéder à une appréciation d'ensemble des circonstances externes et internes de l'acte (mode d'exécution, mobile, but, etc.). Les antécédents et le comportement de l'auteur après l'acte sont également à prendre en considération, s'ils ont une relation directe avec cet acte et sont révélateurs de la personnalité de l'auteur. Il y a assassinat lorsqu'il résulte de l'ensemble de ces circonstances que l'auteur a fait preuve du mépris le plus complet pour la vie d'autrui. Alors que le meurtrier agit pour des motifs plus ou moins compréhensibles, généralement dans une grave situation conflictuelle, l'assassin est une personne qui agit de sang froid, sans scrupules, qui démontre un égoïsme primaire et odieux et qui, dans le but de poursuivre ses propres intérêts, ne tient aucun compte de la vie d'autrui. Chez l'assassin, l'égoïsme l'emporte en général sur toute autre considération; il est souvent prêt, pour satisfaire des besoins égoïstes, à sacrifier un être humain dont il n'a pas eu à souffrir. La destruction de la vie d'autrui est toujours d'une gravité extrême; pour retenir la qualification d'assassinat, il faut cependant que la faute de l'auteur, par son caractère odieux, se distingue nettement de celle d'un meurtrier au sens de l'art. 111 CP (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 13 s. et les arrêts cités). 9.2 Selon l'arrêt attaqué, le recourant a agi pour récupérer la garde de ses enfants, alors que la victime était pourtant une bonne mère. Il a ainsi fait preuve d'un égoïsme choquant. Il a préparé son crime, en impliquant un ami, puis l'a commis devant l'un de ses fils, en lui imposant des images dont les effets traumatisants sont difficiles à mesurer. Ce faisant, il a démontré un parfait mépris de ses proches. Il a froidement planifié, puis exécuté son crime. Il a frappé son épouse de plusieurs coups de couteau et l'a égorgée. Cette manière d'agir, sauvage et lâche, est particulièrement odieuse. Le comportement du recourant après l'acte, lequel est en relation directe avec ce dernier, est également dénué de tout scrupule. D'une part, il a fait croire à son entourage, par toute une mise en scène, que la victime était partie en voyage, ce qui peut être difficilement compréhensible pour les enfants. D'autre part, après avoir transporté le corps dans les toilettes et nettoyé les premières traces, il a, la nuit suivante, dépecé le cadavre de sa femme, ce qui peut également entraîner des implications psychologiques particulièrement pénibles pour les enfants. Il a procédé à cette tâche sans aucun affolement. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le recourant a fait preuve du mépris le plus complet pour la vie d'autrui. Dans ces conditions, c'est sans violation du droit fédéral que l'arrêt attaqué retient l'assassinat.