Citation: 1C_104/2019 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, le recourant se plaint des obstacles opposés à son autorisation de construire, tant sur le plan matériel par la CMNS que sur le plan formel par la suspension de sa procédure par le Département du territoire dans l'attente de la décision de classement. Le délai de trois ans de l'art. 13 LPMNS ne permet que de déterminer si des changements à l'état primitif ou à la destination de l'immeuble peuvent être apportés par le propriétaire sans autorisation de l'autorité compétente. Or, on ne peut que suivre le Conseil d'Etat lorsqu'il indique que le régime ordinaire de l'autorisation de construire reste valable en dépit du dépassement des trois ans prévus par l'art. 13 LPMNS. Que l'autorité compétente décide alors d'appliquer à titre anticipé l'arrêté de classement - en l'occurrence, déjà adopté (selon la chronologie exposée par le recourant), mais contesté en procédure judiciaire cantonale - ou, comme en l'espèce, de "geler" un projet dans l'attente de droit connu sur dite procédure de classement, n'apparaît au demeurant pas arbitraire. La seule existence d'une règle imposant pendant une durée de trois ans une autorisation supplémentaire pour tout type de travaux ne saurait suffire à proscrire a contrario toute prise en considération anticipée de l'arrêté de classement. Telle pratique apparaît d'autant plus dénuée d'arbitraire que la procédure administrative ordinaire est déjà parvenue à son terme et qu'elle se prolonge par une procédure judiciaire. En tout état, d'éventuels griefs à l'encontre de la légitimité de suspendre dit projet de construction nouvelle devraient être soulevés à l'encontre de la décision de refus d'autorisation de construire, cas échéant de suspension de procédure d'autorisation de construire, voire contre l'absence de décision par le biais d'un recours pour déni de justice. De façon appellatoire, le recourant fait valoir qu'il appartenait à la cour cantonale, en vertu de cette disposition, de "délimiter les effets juridiques du classement querellé aux divers stade de la procédure". Il ne s'appuie toutefois sur aucune disposition légale, jurisprudence ou autre règle de droit qui aurait imposé une telle pratique. Et l'art. 13 LPMNS ne contient manifestement aucune règle en ce sens. Aussi, en qualifiant les conclusions prises par le recourant à ce titre d'"exorbitantes au litige", la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire.