Citation: I 634/04 14.09.2005 E. 1

Comme cela ressort des pages 4 à 7 du rapport du 30 avril 2003, le docteur M.________ fonde son expertise sur un examen clinique complet et prend en considération les plaintes exprimées par le recourant. Le rapport a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse et du dossier médical. La description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires. Enfin, les conclusions du rapport sont dûment motivées. 5.4 Selon le recourant, le rapport du docteur K.________ du 25 novembre 2003 était propre à mettre en doute, sur les points litigieux importants, l'opinion et les conclusions du docteur M.________. A tout le moins, une appréciation exacte et complète des faits pertinents commandait la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise psychiatrique. 5.5 Le docteur K.________ a examiné le recourant le 19 septembre, les 10 et 31 octobre et le 14 novembre 2003, ainsi que cela ressort de son rapport du 25 novembre 2003. Il indique que les entretiens à but diagnostique ont été très difficiles, devant une attitude extraordinairement défensive du patient. Celui-ci donnait continuellement des réponses banalisatrices à toutes les questions, notamment avec les mots « c'est normal ». Des questions ouvertes ou plus dirigées obtenaient le même résultat, de sorte qu'il était impossible de connaître le vécu subjectif. Seul le dernier entretien a permis d'obtenir les informations indispensables pour confirmer une suspicion diagnostique. Les diagnostics retenus par le docteur K.________ sont ceux d'épisode dépressif, gravité sévère, sans symptômes psychotiques (F 32.2) - trouble dépressif récurrent non exclu - et de trouble de la personnalité paranoïaque, type sensitif (F 60.0). Selon ce spécialiste, le diagnostic principal est celui du trouble de la personnalité paranoïaque. Ce trouble se manifeste par une attitude extraordinairement contrôlée, méfiante, réservée, avec aussi par une apparence de normalité, car ce type de patient n'a pas du tout envie qu'on lui découvre un trouble. Cela pose des problèmes de diagnostic, qui ont été ici surmontés de justesse, le patient s'étant mieux prêté au dialogue de l'entretien lors de la dernière consultation. On relèvera tout d'abord qu'il s'est déroulé une année entre le deuxième entretien que l'expert M.________ a eu avec le recourant le 15 novembre 2002 et le dernier entretien que le docteur K.________ a eu avec l'assuré le 14 novembre 2003. Il n'est dès lors pas impossible qu'au moment déterminant, soit lors de la décision sur opposition du 5 décembre 2003, le recourant ait présenté un trouble de la personnalité paranoïaque et un trouble dépressif. Pour autant, les premiers juges n'avaient aucune raison de s'écarter des déductions de l'expert M.________ en ce qui concerne la capacité de travail du recourant. Dans son rapport du 30 avril 2003, ce spécialiste a constaté que rien ne parlait cliniquement pour un état dépressif significatif et qu'il n'y avait pas non plus de trouble de personnalité qui serait apparu notamment plus tôt. Même si le docteur K.________, dans son rapport du 25 novembre 2003, a retenu les diagnostics de trouble de la personnalité paranoïaque et de dépression sévère - avec probablement un trouble dépressif récurrent -, il n'en demeure pas moins que le trouble de la personnalité paranoïaque est le diagnostic principal et que le docteur K.________ ne démontre pas en quoi ce trouble diminuerait de plus de 70 % la capacité de travail du recourant. Bien plutôt ce spécialiste a-t-il pris acte de la situation professionnelle actuelle de l'assuré. Il indique, en effet, que la diminution de plus de 70 % de la capacité de travail correspond à l'activité réellement effectuée par le patient et que sur le plan psychique, on doit essayer de maintenir l'activité actuelle de maçon, dans des travaux légers, avec le patron de toujours, ce qui permet au patient de rester actif et de conserver le sentiment de compétence et d'utilité, et si possible de compenser quelque peu l'état dépressif. Le fait que, comme le mentionne également le docteur K.________ dans son rapport du 25 novembre 2003, le trouble de la personnalité est rigide, immuable, et que cela diminue fortement les capacités d'adaptation et ne permet pas au patient d'apprendre une nouvelle activité, n'explique pas pourquoi la capacité de travail de l'assuré serait diminuée de plus de 70 %. On ne saurait donc reprocher à la juridiction cantonale d'avoir considéré qu'il n'était pas nécessaire de renvoyer encore une fois la cause à l'autorité intimée pour des investigations médicales complémentaires. 5.6 C'est dès lors avec raison que les premiers juges, se fondant sur les déductions du docteur M.________ en ce qui concerne l'exigibilité d'une capacité de travail dans un emploi adapté, permettant de fréquents changements de positions assis/debout et évitant le port de charges de plus de 15 kg, ont admis avec l'intimé que le recourant dispose, dans une activité de production de type légère, d'une capacité de travail de 100 % à plein temps avec un rendement de 80 %. Sur ce point, le recours est mal fondé.