Citation: 4C.10/2004 29.04.2004 E. A

A.a A.________ SA est active dans le domaine du développement et de la maintenance de logiciels informatiques, notamment pour des établissements bancaires et financiers. Le 5 juin 1984, elle a engagé X.________ en qualité de directeur responsable du département support, recherches et développement de logiciels, puis comme directeur du département recherches et développements. Y.________ a été engagé le 13 juin 1988 en tant que directeur du département support et développement. X.________ est devenu actionnaire minoritaire de A.________ SA le 17 février 1988. Les deux contrats de travail prévoyaient une clause détaillée de confidentialité et de fidélité. A.b Les deux employés ont signé le 5 avril 1993 une convention d'association et de collaboration avec Z.________, qui est devenu l'employé de la société B.________ formée par la suite par ces trois personnes. X.________ et Y.________ étaient responsables au sein de cette société du développement et de la mise au point de logiciels destinés au "grand public pour ordinateur personnel (PC)". Ils n'ont jamais informé leur employeur de cette association. B.________ a réalisé le produit "N.________", premier logiciel d'analyse et de fabrication des grilles de la loterie à numéro. Le 20 octobre 1994, C.________ et D.________ ont lancé un appel d'offres pour la mise sur pied de l'informatisation d'une méthode d'évaluation des ressources en soins infirmiers. Le projet était intitulé "M.________". La société E.________ a déposé une offre. X.________ et Y.________ ont signé le 25 novembre 1994 une convention avec cette société par laquelle ils s'engageaient à réaliser entièrement le projet M.________. Derechef, ils n'ont pas informé leur employeur de cette convention. A.c Lors d'une discussion, le 1er décembre 1994, entre X.________ et MW.________, l'un des trois frères administrateurs de A.________ SA, ce dernier a indiqué qu'il était particulièrement attentif à la réorganisation probable de l'informatique de l'Etat où de nouveaux débouchés étaient envisageables. Il a été surpris de constater une certaine gêne de la part de X.________ à la mention d'un nouveau marché à trouver avec l'Etat. Cela l'a perturbé au point de mandater un détective privé, qui a effectué le 4 décembre 1994 un contrôle sur l'ordinateur de X.________. Le détective y a découvert des documents intitulés "M.________", destinés à C.________. Il a constaté le 21 décembre 1994 que X.________ avait quitté ce jour-là son lieu de travail à 16h48 pour se rendre aux locaux de E.________ jusqu'à 19h. MW.________ a consigné ces constatations dans un rapport qu'il a présenté le 5 janvier 1995 au Conseil d'administration. Il y relevait également que selon le secrétariat de A.________ SA, X.________ et Y.________ avaient eu de nombreux entretiens téléphoniques avec Z.________, le directeur informatique de C.________ et l'administrateur de E.________, qu'un contrôle effectué le 10 décembre 1994 sur les ordinateurs des deux employés avait révélé que le projet "M.________" avait bien évolué et qu'il restait des traces de documents effacés concernant ce projet et, enfin, qu'un rendez-vous entre ceux-ci et un représentant de D.________ avait eu lieu le 4 janvier 1995. A.d Par courrier recommandé du 9 janvier 1995, A.________ SA a licencié les deux employés avec effet immédiat. Le même jour, elle a déposé plainte pénale à leur encontre pour concurrence déloyale, délits informatiques et violation du droit d'auteur. Le 22 avril 1998, le juge d'instruction a rendu une ordonnance de non-lieu, confirmée le 25 juin 1998 par le Tribunal d'accusation.