Citation: 4A_127/2015 E. A

Dès le 6 janvier 2008, A.________, ressortissante bolivienne dépourvue de titre de séjour en Suisse, a été engagée par les époux A.B.________ et B.B.________, qui habitent dans une villa à X.________ (GE) en compagnie de leurs quatre enfants nés entre 1995 et 2005, pour exercer une activité domestique au sein de leur ménage. Les parties n'ont pas signé de contrat. La travailleuse a allégué qu'elle était chargée de s'occuper des deux enfants cadets du couple, dont l'un, C.B.________, souffre de troubles d'autisme et de retard global de développement, tout en assurant également des travaux de ménage, de cuisine et de femme à tout faire, le tout selon un horaire de 64 heures par semaine (8h. à 20h. du lundi au vendredi, 9h. à 13h. le samedi). Les employeurs ont soutenu pour leur part que la travailleuse s'occupait uniquement de leur fils handicapé C.B.________ (rangements, repas, linge si nécessaire) tous les jours de 16h. à 19h. sauf le mercredi, ainsi que le samedi entre 9h. et 12h., l'enfant étant scolarisé entre 8h.30 et 16h.; selon eux, la travailleuse effectuait en moyenne 15 heures de travail par semaine, cela durant neuf mois par an. Il a été retenu à ce propos que les employeurs et leurs quatre enfants quittaient régulièrement leur domicile pendant toutes les vacances scolaires (printemps, été, automne et hiver), soit pendant trois mois par an, et que l'employée ne travaillait pas pour les conjoints B.________ durant ces différentes périodes. La travailleuse a reçu des employeurs, de la main à la main, la somme de 2'000 fr. nets de janvier 2008 à janvier 2009, puis de 2'200 fr. nets de février 2009 à mai 2012. B.B.________ a allégué qu'elle était la plupart du temps à son domicile entre 2008 et 2012, qu'elle suivait alors une formation à distance dans un bureau au sous-sol de la villa et qu'elle s'occupait elle-même des tâches ménagères. A compter de 2011, les relations entre la travailleuse et les employeurs se sont apparemment détériorées. Ces derniers ont affirmé qu'ils ont communiqué à la travailleuse en janvier 2012 leur volonté de mettre un terme à leurs relations contractuelles pour la fin mai 2012, terme repoussé à la fin juin 2012 selon les voeux de l'employée, et qu'à la suite du rappel le 26 juin 2012 de la fin prochaine du contrat qui les liait, la travailleuse s'était fâchée et avait quitté séance tenante leur domicile. Celle-ci a déclaré de son côté que le 26 juin 2012 les époux B.________ lui ont annoncé abruptement son congé pour le 30 juin 2012. Le 3 juillet 2012, les employeurs ont remis 2'400 fr. nets à la travailleuse.