Citation: 8C_102/2024 E. 4

En l'espèce, les juges cantonaux ont estimé qu'en tant que membre du conseil d'administration de la Société, l'époux de la recourante disposait ex lege du pouvoir de fixer les décisions de gestion et de représentation que la Société était amenée à prendre, notamment comme employeur, ou à tout le moins de les influencer considérablement au sens de l'art. 31 al. 3 let. c LACI. Cette circonstance permettait à elle seule d'exclure le droit aux indemnités de chômage de la recourante. Les éléments soulevés par celle-ci ne permettaient pas d'apprécier la situation différemment. L'état de santé de son époux, la teneur du contrat de travail de ce dernier avec C.________ SA - dont la Société était devenue la filiale en novembre 2019 - et l'attestation établie le 24 octobre 2022 au nom de C.________ SA ne changeaient rien au fait que l'époux disposait en vertu de la loi d'un pouvoir décisionnel, vu sa fonction d'administrateur. Il continuait du reste à exercer des prérogatives liées à cette fonction, puisqu'il avait signé la lettre de licenciement de la recourante, alors que, selon les indications figurant au registre du commerce, une troisième personne disposait également de la signature collective à deux. Au vu des circonstances, la recourante ne pouvait pas être suivie lorsqu'elle soutenait que son conjoint se trouvait dans une position assimilable à celle d'un employeur ayant rompu tout lien de travail avec l'entreprise. Quant à l'arrêt du Tribunal fédéral des assurances (C 32/04 du 23 mai 2005) cité par la recourante, les premiers juges ont expliqué qu'il ne posait aucun principe général transposable à la présente affaire et qu'il se rapportait à des circonstances qui ne pouvaient pas être comparées à celles du cas d'espèce. Concernant l'argument selon lequel le risque de réengagement de la recourante par son époux serait purement théorique et invraisemblable, l'instance précédente a rappelé que la jurisprudence prévoyait l'exclusion du droit à l'indemnité de chômage même lorsque la possibilité d'un réengagement était seulement hypothétique. Au vu de ces éléments, la cour cantonale a considéré que l'intimée était fondée à nier le droit de la recourante à l'indemnité de chômage.