Citation: 7B_366/2023 E. B

B.a. Dès le 19 février 2018, le Ministère public a ordonné la saisie des relations bancaires détenues à Genève, à Zurich ou à Lugano par les personnes suivantes, en se référant, à titre de motivation, à l'art. 263 CPP : - A.________ : comptes détenus auprès de T.________ SA (quelque USD 620'000.-) et, sous le pseudonyme "A.A.________", auprès de U.________ SA (quelque USD 50'000.-); - D.________ : relation détenue auprès de V.________ SA (près de USD 3'000'000.-); - B.________ Inc. : compte détenu auprès de W.________ AG (quelque USD 4'600'000.-); - B.________ Inc. : compte détenu auprès du X.________ AG (environ 70 millions de francs; art. 105 al. 2 LTF); - H.________ Inc. : relation détenue auprès de W.________ AG (USD 164'000.-); - F.________ SA : compte détenu auprès de W.________ AG (environ USD 100'000.-); - C.________ Corp., société dont A.________ et D.________ sont les ayants droit économiques et bénéficiaires d'un droit de signature : relation détenue auprès de W.________ AG (environ USD 19'000.-); - H.________ SA, dont D.________ est l'ayant droit économique et le bénéficiaire d'un droit de signature : compte détenu auprès de W.________ AG (environ USD 605'000.-); - E.________, fille (née en 1983) de D.________ : relation détenue auprès de W.________ AG (EUR 1'709'000.-). B.b. Dans une requête très détaillée du 23 mars 2022, A.________ et D.________ ont sollicité la levée de tous les séquestres frappant leurs avoirs, affirmant en substance que les soupçons nécessaires au maintien de ces mesures ne s'étaient pas renforcés; ils ont notamment invoqué le classement à Y.________ de la plainte pénale de I.________ SA déposée pour les mêmes faits, les pièces produites provenant probablement d'un ordinateur volé à A.________, le renvoi des représentants de I.________ SA aux investigations menées par le détective américain, les liens et intérêts de ce dernier avec le trust - constitué aux Etats-Unis - de recouvrement des avoirs de I.________ SA et l'absence de démonstration de l'installation d'un serveur "clone" au sein de I.________ SA. Par courrier du 22 juillet 2022, I.________ SA s'est opposée à cette requête, produisant douze classeurs de pièces contenant notamment plus de septante contrats passés avec B.________ Inc. pendant la période visée par sa plainte pénale; son service juridique s'attelait à identifier les contrats qu'elle supposait entachés de corruption. Elle a également relevé que les ordres de dépôt déjà décernés par le Ministère public avaient permis de mettre au jour un nombre "colossal" de flux, pour un montant en outre plus élevé que celui estimé dans la plainte. B.c. Dans dix ordonnances du 7 novembre 2022 à la motivation identique (référencées OMP1, OMP2, OMP3, OMP4, OMP5, OMP6, OMP7, OMP8, OMP9 et OMP10), le Ministère public a levé les séquestres frappant notamment les comptes bancaires de A.________, de D.________ et de B.________ Inc. Après avoir rappelé le classement de la procédure à Y.________, le défaut de réponse à ses interrogations sur les transactions illicites - les contrats y relatifs étant toujours en examen par les juristes de I.________ SA - et l'absence de démonstration de la participation d'autres sociétés de négoce pétrolier que B.________ Inc., le Ministère public a relevé que les fichiers électroniques saisis à Genève, ainsi que l' "image" du serveur de I.________ SA, n'avaient pas encore été exploités, faute de critères de tri suffisamment sélectifs; six supports informatiques devaient encore être examinés en vue de leur versement au dossier. Selon le Ministère public, il en résultait qu'après quatre ans d'instruction, les soupçons initiaux n'avaient pas "totalement et définitivement" disparus, mais qu'en l'état, les éléments réunis ne renforçaient pas la perspective d'une confiscation des valeurs patrimoniales saisies. B.d. Le 20 juin 2023 (ACPR/469/2023), la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après : la Chambre pénale de recours) a joint les recours formés par I.________ SA contre les ordonnances OMP1, OMP2, OMP3, OMP4, OMP5, OMP6, OMP7, OMP8, OMP9 et OMP10 précitées et les a admis, annulant ces ordonnances. Elle a laissé les frais à la charge de l'Etat et a alloué à I.________ SA une indemnité de 7'000 fr. (TTC) pour ses frais de défense dans la procédure de recours, montant mis à la charge, de manière solidaire, de A.________, de D.________ et de B.________ Inc.