Citation: U 160/03 31.03.2004 E. 5.1

5.1.1 En principe, le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les références). 5.1.2 En l'occurrence, le rapport d'expertise est établi de manière circonstanciée, en considération des antécédents médicaux et à l'issue d'un examen complet de l'assurée, ainsi qu'au terme d'une étude fouillée de son dossier médical. L'expert a pris connaissance des radiographies, des CT-Scan, des IRM ainsi que, contrairement aux allégués de la recourante, des rapports établis par les médecins de la Clinique Z.________ (voir p. 2 du rapport d'expertise). Les diagnostics posés sont clairs et motivés. Le rapport ne contient pas de contradiction et aucun autre spécialiste n'émet d'opinion divergente apte à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert. Inversement, il ressort d'un rapport du 26 janvier 1994 du docteur D.________ que - contrairement à ce qu'elle prétend - la recourante s'était alors plainte d'importantes douleurs lombaires basses, ce qui étaye les conclusions de l'expert selon lesquelles le lien de causalité entre l'accident et les troubles litigieux est tout-au-plus « possible ». De même, le docteur E.________, chiropraticien, indique dans un rapport du 6 février 2003, que la recourante avait présenté un syndrome vertébral cervical sur troubles statiques en 1987, et fait état d'un syndrome vertébral lombaire L5-S1 en 1989, d'un syndrome cervico-brachial droit de type C5-C6 avec syndrome de l'angulaire de l'omoplate associé en 1990, de coccygodynie en 1994, et d'un syndrome vertébral cervical en C5-C6 en 1997. S'agissant de l'avis exprimé par le médecin-traitant de la recourante, le docteur C.________, dans la mesure où il émane d'un généraliste, il ne saurait prévaloir sur les conclusions émises par un spécialiste des affections litigieuses en cause. Au demeurant, le juge peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). Ainsi, le rapport d'expertise réunit tous les critères permettant de lui conférer une pleine valeur probante, de sorte qu'il n'y a lieu ni de s'en écarter, ni d'ordonner une contre-expertise. 5.2 Au reste, si l'administration ou le juge, se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent procéder d'office, sont convaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation, il est superflu d'administrer d'autres preuves (appréciation anticipée des preuves; Kieser, Das Verwaltungsverfahren in der Sozialversicherung, p. 212, n° 450; Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd., p. 39, n° 111 et p. 117, n° 320; Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2e éd., p. 274; cf. aussi ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 consid. 3c, 120 Ib 229 consid. 2b, 119 V 344 consid. 3c et la référence). Une telle manière de procéder ne viole pas le droit d'être entendu selon l'art. 29 al. 2 Cst. (SVR 2001 IV n° 10 p. 28 consid. 4b), la jurisprudence rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. étant toujours valable (ATF 124 V 94 consid. 4b, 122 V 162 consid. 1d et l'arrêt cité). 5.3 Sur le vu de ce qui précède, c'est à juste titre que les premiers juges ont statué sur la base du dossier, en se fondant plus particulièrement sur les conclusions du rapport d'expertise, et il ne peut leur être reproché de ne pas avoir procédé à l'audition du professeur A.________.