Citation: 6B_1364/2023 E. 1.3.6

1.3.6. De manière souvent sibylline, le recourant soulève encore d'autres arguments censés démontrer une violation de l'art. 140 al. 1 CPP, respectivement de l'art. 113 al. 1 CPP. Il semble commencer par reprocher aux policiers d'avoir posé des questions suggestives, notamment lorsque l'un d'eux a enlevé son lacet de chaussure " pour faire dire au recourant la manière dont la victime aurait été tuée [...]". À défaut d'une motivation circonstanciée, le grief est irrecevable (art. 42 al. 2 LTF), étant toutefois rappelé que les questions dites "suggestives" n'entraînent en principe aucune violation de l'art. 140 al. 1 CPP, à défaut de constituer une tromperie, mais tout au plus la violation d'une règle d'ordre dont le juge pourra cas échéant tenir compte au moment d'apprécier la valeur probante des déclarations correspondantes (cf. supra consid. 1.1.3.3). Le recourant semble ensuite s'en prendre à sa mise en détention provisoire le 6 janvier 2020, sans toutefois aller jusqu'à soutenir que celle-ci aurait été injustifiée. Faute de motivation, on ne voit pas en quoi celle-ci devrait être considérée comme une méthode d'administration des preuves interdites au sens de l'art. 140 al. 1 CPP. Finalement, sous l'angle de la violation de son droit de ne pas s'auto-incriminer, le recourant semble reprocher aux policiers d'avoir poursuivi leur interrogatoire alors même qu'il aurait, à plusieurs reprises, exprimé le souhait de garder le silence. À cet égard, il convient tout d'abord de préciser que l'art. 113 al. 1 CPP, respectivement l'art. 6 par. 1 CEDH, n'accordent pas une protection plus étendue que celle de l'art. 140 al. 1 CPP lorsqu'il s'agit d'examiner si les autorités de poursuite pénale ont fait usage de moyens de contrainte pour obtenir des déclarations de la part du prévenu alors qu'il souhaitait initialement faire valoir son droit au silence. Il est donc renvoyé aux explications données supra au consid. 1.3. Avec la cour cantonale, il faut également relever qu'en l'espèce, le recourant ne semble pas avoir fait usage de son droit au silence. Au contraire, lors de son audition du 7 janvier 2020, il a commencé par se déclarer apte à suivre l'audition et a indiqué accepter de répondre aux questions, puis, après une première phase difficile, a déclaré vouloir être entendu. Il a par ailleurs, tout au long de son audition, fini par répondre aux questions qui lui étaient posées, à tout le moins partiellement, même s'il est vrai qu'il a souvent commencé par garder le silence, sans toutefois que celui-ci n'ait été définitif (procès-verbal de l'audition du 7 janvier 2020, p. 2 à 9). Apporter une réponse définitive à cette question n'est toutefois pas nécessaire dans la mesure où, de jurisprudence constante, il est admis que la personne en charge d'une audition poursuive celle-ci quand bien même le prévenu aurait invoqué son droit de se taire, toute forme de pression étant toutefois exclue (cf. supra consid. 1.1.3.4). Or justement, rien ne laisse entendre qu'en l'espèce, les policiers en charge de l'audition du recourant aient fait preuve d'une insistance confinant à la contrainte, bien au contraire. Il s'agit finalement de mettre ce qui précède en perspective avec la gravité des faits à élucider, ce qui achève de convaincre de l'absence de toute forme de violation des art. 113 al. 1 CPP et 6 par. 1 CEDH.