Citation: 1C_359/2022 E. 5.3

5.3. La recourante soutient également que la décision ne repose sur aucun intérêt public suffisant. Comme l'a souligné l'autorité précédente, le refus de l'autorisation de construire se justifiait au vu de la protection dont bénéficie le Vieux-Carouge, qui porte notamment sur les volumes des constructions existantes et les cours intérieures. Les relevés de l'inventaire ISOS préconisent pour Carouge la sauvegarde rigoureuse des cours intérieures enfermées par des îlots d'habitations qui composent des espaces intermédiaires de grandes valeurs, même si elles ne sont pas visibles de la rue. Parmi les objectifs généraux de la sauvegarde figure celui de protéger rigoureusement ces cours. Il s'agit d'un intérêt public prépondérant, défini comme tel tant par le législateur fédéral (inventaire ISOS) que par le législateur cantonal qui définit la zone du Vieux-Carouge comme zone à protéger (cf. art. 28 et 29 de la loi d'application de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire du 4 juin 1987) et énumère les dispositions applicables à sa préservation (cf. art. 94 ss LCI). Lorsque la recourante cite la Cour de justice qui accorderait sa protection « à une coulée en béton et des grilles aux fenêtres en PVC », elle omet de préciser que l'autorité cantonale cite ses propres paroles qui figurent dans sa réplique du 12 janvier 2021. Quoi qu'il en soit, cette argumentation n'est pas soutenable dans la mesure où il existe un intérêt public prépondérant à assurer la protection rigoureuse des cours du Vieux-Carouge. La décision querellée repose sur un intérêt public pertinent et l'argument de la recourante doit donc être écarté.