Citation: U 348/99 31.10.2000 E. 2

2.- a) En l'occurrence, la juridiction cantonale a fait siennes les conclusions du docteur E.________ du 9 mars 1998. Elle a considéré, notamment que le recourant n'était plus apte à poursuivre son occupation de maçon, ni à exercer une activité de force. Sous ces réserves, il était à même d'exercer sans aucune restriction, soit à plein temps et avec un rendement complet, toute activité légère en position assise de longue durée. Les premiers juges ont confirmé par ailleurs le taux d'invalidité de 30 % retenu par la CNA. De son côté, le recourant met en doute la valeur probante des conclusions du rapport du docteur E.________ et conteste les éléments retenus par l'intimée pour la comparaison des revenus. b) Selon la jurisprudence, le juge peut accorder valeur probante aux rapports et expertises établis par les médecins de la CNA aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des résultats convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces avis ne contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de mettre en cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à l'assureur par un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité de son appréciation ni de soupçonner la prévention. Ce n'est qu'en présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité d'une appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés (ATF 125 V 353 consid. 3b/ee). En présence d'avis médicaux contradictoires, le juge doit apprécier l'ensemble des preuves à disposition et indiquer les motifs pour lesquels il se fonde sur une appréciation plutôt que sur une autre. En ce qui concerne la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude approfondie, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description du contexte médical et l'analyse de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a). c) En l'espèce, les conclusions du docteur E.________ - qui a vu trois fois l'assuré et requis à deux reprises l'avis d'un spécialiste en chirurgie orthopédique, le docteur Z.________ (rapports des 13 novembre 1997 et 13 février 1998) - sont convaincantes et conformes aux exigences de la jurisprudence précitée. Les diverses récidives d'un kyste méniscal externe expliquent largement la différence, relevée par le recourant, qui sépare les constatations du docteur D.________ (examen du 24 janvier 1997) de celles du docteur E.________ lors de son examen final du 9 mars 1998. Enfin, le fait que ce praticien ne mentionne plus l'existence du léger signe du rabot qu'il avait évoqué dans son rapport du 28 mai 1997 ne permet pas de mettre en doute ses conclusions, dès lors que ce point n'est pas déterminant quant à l'évaluation de la capacité de travail de S.________. Il est au demeurant significatif que le prénommé ne critique pas concrètement l'appréciation qu'a faite le docteur E.________ des tâches exigibles, pourtant décisive pour fixer le taux de la perte de gain qu'il allègue. Dans ces circonstances, il y a lieu d'admettre que le recourant était à même d'exercer à plein temps et avec un rendement complet, toute activité légère, en position assise de longue durée, la position debout étant exigible deux heures d'affilée.