Citation: 1B_402/2017 E. 3.2

3.2. Dans son précédent arrêt, le Tribunal fédéral avait considéré que la détention provisoire du recourant se justifiait en raison d'un risque concret de récidive d'infractions contre le patrimoine, potentiellement liées à des actes de violence ou à des menaces. Les motifs invoqués par le recourant ne permettent pas de revenir sur cette appréciation. Comme la Cour de céans l'a relevé précédemment, le recourant a notamment été condamné en appel le 25 novembre 2010 à une peine privative de liberté ferme de 42 mois pour lésions corporelles simples, agression, escroquerie, complicité et délit manqué d'extorsion et chantage, injure, menaces, délit manqué de contrainte, faux dans les titres et complicité de faux dans les titres, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et délit contre la loi fédérale sur les armes, soit pour des délits impliquant le recours à la violence physique, à la menace ou à la contrainte. Le recourant a certes, postérieurement à cet arrêt, été acquitté des préventions d'extorsion et de menaces pour lesquelles il avait été renvoyé en jugement le 26 octobre 2016 devant le Tribunal pénal de l'arrondissement de la Sarine. Il n'en demeure pas moins qu'il a été reconnu coupable de tentative de contrainte en lien avec l'envoi d'un commandement de payer injustifié de 43'500 fr. Le Tribunal pénal a par ailleurs relevé dans les motifs oraux de son jugement qu'un autre plaignant avait subi quelque brusquerie de la part du recourant, notamment une gifle attestée par témoin, qu'il a cependant jugée insuffisante pour admettre l'existence d'une menace d'un dommage sérieux au sens de l'art. 156 al. 1 CP ou de violence au sens de l'art. 156 al. 3 CP. En outre, pour fixer la peine, il a tenu compte du fait que le recourant avait un casier judiciaire chargé, qu'il avait recommencé à commettre des infractions dès sa sortie de prison et que les infractions dont il a été reconnu coupable n'étaient pas anodines, s'agissant de trois cas de faux dans les titres, d'une gestion déloyale sur plusieurs mois et d'usure sur un certain temps. L'acquittement partiel, au demeurant frappé d'un appel du Ministère public, dont le recourant a bénéficié le 4 juillet 2017 n'est ainsi pas de nature à modifier d'une manière décisive l'appréciation faite du risque de récidive dans l'arrêt du 22 avril 2017. Le recourant fait valoir que la cour cantonale aurait retenu à tort qu'il a exercé une activité délictuelle sans presque discontinuer quand le dossier fait ressortir une période de quatre ans sans infractions. Il ne saurait être suivi sur ce point. Postérieurement à son incarcération en raison des infractions dont il a été reconnu coupable en appel en novembre 2010, il a été condamné le 4 mai 2012 par le Juge de police de la Sarine à une peine pécuniaire de 4 jours-amende à 20 fr. le jour pour des faits survenus entre les mois de mars et de juin 2011 et tombant sous le coup des dispositions pénales réprimant l'injure, l'écoute et l'enregistrement de conversations entre d'autres personnes et l'opposition aux actes de l'autorité. De plus, les faux dans les titres retenus par le Tribunal pénal dans son jugement du 4 juillet 2017 reposent sur deux courriers des 12 novembre et 10 décembre 2012 munis d'une fausse signature imputée au recourant et adressés à l'Office des poursuites pour obtenir la radiation de poursuites intentées contre la société dont il était l'administrateur. Le troisième faux dans les titres concerne des documents remis le 23 juillet 2013 au registre du commerce de Fribourg. Quant à l'usure retenue contre le recourant, elle porte sur la rémunération d'un prêt accordé en juillet 2014. Le recourant se prévaut également du fait que plusieurs infractions qui lui étaient reprochées dans le cadre de la procédure pénale en cours en lien avec des menaces ont fait l'objet d'un classement le 3 août 2017. Ce faisant, il perd de vue que les accusations se rapportant à l'incendie intentionnel de l'hôtel Kaiseregg et des véhicules qu'il est accusé d'avoir garés aux abords de cet établissement pour toucher le montant de l'assurance ont été maintenues et qu'il est renvoyé en jugement comme instigateur, voire comme coauteur. Cette infraction est grave et présente en soi un sérieux danger pour la sécurité d'autrui même si l'immeuble était inhabité au moment des faits. Le fait que le recourant n'a pas été mis en accusation pour contrainte en lien avec cette infraction ne permet pas de retenir qu'il n'aurait exercé aucune pression sur H.________ pour qu'il boute le feu à l'hôtel comme celui-ci le prétend. Le recourant a également été renvoyé pour tentative de contrainte et menaces sur la personne de H.________ en raison des propos tenus dans une lettre qu'il a envoyée le 9 mai 2016 alors qu'il se trouvait en détention. Il conteste cette infraction et estime qu'une lecture objective et non orientée de cette lettre ne permet pas de déceler un risque sérieux pour la sécurité d'autrui. Il appartiendra aux juges du fond d'apprécier la teneur des propos sous cet angle. Il suffit à ce stade de constater que H.________ a considéré les propos tenus dans cette lettre comme suffisamment graves et alarmants pour déposer une plainte pénale pour menaces contre le recourant. Le Ministère public a considéré que l'envoi, depuis la prison où il était incarcéré, de deux lettres à I.________ et à H.________ afin de les inciter à revenir sur leurs déclarations à charge relevait de la tentative de contrainte. Enfin, le dossier comporte plusieurs rapports d'incidents qui mettent en cause le recourant, alors qu'il était incarcéré, pour des propos agressifs voire des menaces envers des agents de détention et de transport. Ces éléments démontrent que le recourant a tendance à recourir à des menaces et à des intimidations pour arriver à ses fins et viennent renforcer le risque de récidive résultant des antécédents défavorables du recourant. En définitive, la Chambre pénale n'a pas violé le droit fédéral en confirmant le placement du recourant en détention pour des motifs de sûreté en raison d'un risque de récidive pour une durée de trois mois.