Citation: 2C_467/2020 E. 4.4

4.4. En l'occurrence, par jugement du 27 décembre 2017 de la Chambre pénale d'appel, l'intimé a été condamné définitivement à une peine privative de liberté de 12 ans pour tentative d'assassinat. Selon les faits qui ressortent de l'arrêt entrepris, l'intéressé a incité un tiers à commettre un assassinat, agissant à la demande d'un mari qui souhaitait éliminer son épouse. Il s'est rendu à plusieurs reprises sur les lieux pour préparer, respectivement tenter le plan prévu, agissant uniquement par appât du gain, avec une absence particulière de scrupules et en faisant preuve du mépris le plus complet pour la vie de la victime. Sur plusieurs mois, il aurait pu renoncer, mais il n'en avait rien fait. Après avoir tenu la victime pour morte, il était allé faire la fête. La Chambre pénale d'appel a en outre retenu que l'intimé n'avait jamais émis de regrets en rapport à l'acte commis, sa collaboration comme sa prise de conscience ayant été qualifiées de nulles et sa faute de particulièrement lourde. Selon les constatations cantonales, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), ce n'est en définitive que bien tardivement, soit devant la Cour de justice, lors de son audition de comparution personnelle du 13 janvier 2020, que l'intéressé a affirmé s'être "rendu compte de l'importance de la famille, des enfants" et avoir des regrets. Il ressort de ce qui précède que l'intimé a commis une infraction extrêmement grave, dirigée contre le bien juridique le plus important, à savoir la vie et l'intégrité corporelle d'une personne, domaine dans lequel le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux (arrêt 2C_156/2018 du 5 septembre 2018 consid. 6.4 et les arrêts cités). Au demeurant, l'assassinat, y compris sa tentative, est une infraction pour laquelle le constituant a entendu se montrer intransigeant (cf. art. 121 al. 3 let. a Cst.). La condamnation de l'intéressé constitue en outre un cas de récidive aggravée, dans la mesure où il avait déjà été condamné à trois autres reprises - et non pas une seule, comme le retient à tort la Cour de justice - entre 2006 et 2012. La première de ces condamnations a par ailleurs donné lieu au prononcé d'un avertissement formel de l'Office cantonal. Or, nonobstant cet avertissement, l'intéressé a réitéré ses agissements coupables à trois autres reprises sur une période de six ans, dont la dernière fois d'une façon extrêmement grave, démontrant son incapacité à se conformer à l'ordre juridique suisse. L'intérêt public à l'éloignement de l'intimé est ainsi manifeste. Dans ces circonstances, seuls des éléments exceptionnels permettraient de faire pencher la balance en sa faveur.