Citation: 6B_644/2021 E. 1.2.1

1.2.1. En substance, la cour cantonale a retenu que les déclarations de l'intimée avaient certes varié sur certains éléments, mais restaient constantes sur les points essentiels. L'intimée n'avait pas évoqué de pénétration digitale lors de sa première audition par les autorités kosovares. Reste qu'elle avait déjà évoqué ces faits avant son audition de première instance, lors de son examen du mois d'avril 2014 par le Centre universitaire de médecine légale du CHUV. En outre, certains souvenirs de l'intimée lors des débats de première instance étaient moins précis - comme notamment le nombre de nuits passées seule avec son oncle, le fait de savoir si elle était descendue au salon, etc. -, ce qui pouvait toutefois aisément s'expliquer compte tenu de l'écoulement du temps. La cour cantonale a considéré que le témoignage de l'intimée restait constant sur le fait qu'elle avait été violée par son oncle, dans le lit de ce dernier, les faits s'étant déroulés rapidement, après quelques caresses. Elle ne voyait pas pour quel motif, l'intimée aurait continué à porter de telles accusations, alors qu'elle était en Suisse, à l'abri de sa famille. Une fois de retour du Kosovo, elle avait spontanément expliqué avoir menti au sujet de la drogue avant le viol et indiqué les motifs de son mensonge, soit d'être prise au sérieux par les autorités du Kosovo. La cour cantonale a estimé que ces explications étaient compréhensibles au regard de sa situation de l'époque, de même que le peu de confiance que l'intimée pouvait avoir dans la police kosovare, au vu des difficultés rencontrées par la police suisse dans le cadre de la coopération avec les autorités de ce pays dans cette affaire et le rôle pour le moins trouble joué par l'enquêteur de police de ce pays qui renseignait le père de l'intimée et auteur de son enlèvement et de sa séquestration, sur le déroulement de l'enquête dans son pays. La cour cantonale a tiré la conclusion que ce mensonge ne permettait pas de mettre en doute l'ensemble de ses déclarations. Suite à son audition en appel, la cour cantonale a retenu que ses déclarations étaient authentiques, que l'intimée était crédible, en étant sincèrement touchée lorsqu'elle avait dû se remémorer les faits. Par ailleurs, le fait qu'elle avait persisté dans ses accusations près de sept ans plus tard et qu'elle en reste émotionnée attestait encore de sa crédibilité. De plus, le fait que l'intimée avait téléphoné à son ami en pleurs très rapidement après les faits pour lui indiquer qu'il s'était passé quelque chose de grave et qu'elle avait confirmé avoir été violée attestait encore sa crédibilité. K.________ qui s'était présentée à un poste de police le 11 avril 2014 pour annoncer sa disparation, avait dans ce cadre mentionné chronologiquement les événements concernant l'intimée et précisé que, la nuit du 9 au 10 avril, J.________ avait reçu un appel de courte durée de l'intimée lui indiquant qu'elle était séquestrée chez ses grands-parents au Kosovo et qu'il fallait l'aider, puis un second appel la nuit du 10 au 11 avril 2014 pour lui dire qu'elle avait été violée. Ces révélations avaient d'ailleurs déclenché l'ouverture de la procédure pénale. La cour cantonale a également retenu que l'intimée était désormais crue et soutenue par ses deux parents.