Citation: I 138/04 20.01.2005 E. 1

4.2.3 En l'occurrence, les gains annuels nets essentiellement issus de l'activité viticole et arboricole du recourant se sont élevés à 10'550 fr. en 1995, 11'600 fr. en 1996 et 12'800 fr. en 1997. Selon le rapport d'enquête économique établi par l'office le 29 mars 1999, la plupart des cultures fruitières dont celui-ci tirait une bonne partie de ses ressources était à l'époque de jeunes plantations, effectuées en 1995, dont le rendement devait augmenter chaque année jusqu'à atteindre son maximum dès l'an 2000. Dans ces circonstances, le revenu qu'aurait obtenu le recourant en poursuivant l'exploitation de son entreprise agricole aurait certes augmenté dans une certaine mesure, mais il serait tout de même resté nettement au-dessous de la moyenne et il est très peu vraisemblable qu'à terme, il eût assuré des moyens de subsistance suffisants pour l'assuré, quand bien même celui-ci est célibataire et ne supporte pas la charge économique d'une tierce personne. En regard des taxations fiscales du recourant, celui-ci ne disposait d'aucune fortune lui permettant de palier un déficit de ressources. Aussi, même s'il n'a jamais envisagé de reprendre l'activité d'inspecteur d'assurance qu'il avait déjà abandonnée avant d'être atteint dans sa santé, au motif - qualifié de majeur - qu'il n'avait pas d'intérêt pour cette profession, et même s'il a clairement exprimé une intention contraire après la survenance de son handicap, doit-on admettre que le prénommé n'aurait pas poursuivi l'exercice de son activité d'agriculteur indépendant (cf. Meyer-Blaser, op. cit. p. 208 et les références). 4.2.4 Pour calculer le revenu sans invalidité, la jurisprudence prescrit dès lors de se fonder non pas sur le dernier gain réalisé, mais sur le revenu que le recourant aurait pu raisonnablement obtenir sur le marché du travail, s'il n'était pas devenu invalide (RCC 1992 p. 96 consid. 4b). Il convient donc d'évaluer le revenu qu'il réaliserait, sans invalidité, dans la profession d'employé de commerce qu'il a acquise. A défaut de disposer de renseignements concrets fiables sur ce gain au moment de la décision administrative litigieuse, la jurisprudence considère que le revenu hypothétique peut être évalué sur la base des statistiques salariales, telles qu'elles résultent de l'enquête sur la structure des salaires (ESS) publiée par l'Office fédéral de la statistique (ATF 126 V 76 consid. 3b/aa et bb). On se réfère alors à la statistique des salaires bruts standardisés, en se fondant toujours sur la médiane ou valeur centrale (ATF 124 V 323 consid. 3b/bb; VSI 1999 p. 182). Ainsi, le salaire mensuel brut auquel pouvaient prétendre en 2002 les hommes bénéficiant de connaissances professionnelles spécialisées dans le secteur des services était de 5'417 fr. (ESS 2002, p. 43, TA1, niveau de qualification 3). Ce montant n'a pas à être adapté en fonction de la durée de travail hebdomadaire réelle, ni en fonction de l'évolution des salaires entre 2002 et 2003, car, comme on le verra ci-après, il devra être comparé, à titre de revenu sans invalidité, à un autre salaire brut, standardisé selon les mêmes critères, représentant le revenu d'invalide. 4.3 Le recourant ne conteste pas que le métier d'employé de bureau constitue une activité lucrative adaptée à son état de santé. Toutefois, on imagine mal qu'il puisse retrouver, sans bénéficier d'une certaine remise à niveau, un emploi qualifié dans cette profession qu'il n'a plus exercée depuis près de dix ans. C'est pourquoi, dans la mesure où il n'a pas repris d'activité lucrative, sinon une occupation très partielle au sein d'une commission fiscale, le revenu qu'il pourrait réaliser dans un emploi adapté à son état de santé peut être évalué en se référant aux données statistiques, soit au salaire mensuel brut (valeur médiane) auquel pouvaient prétendre en 2002 les hommes effectuant des activités simples et répétitives dans le domaine des services (ESS 2002, p. 43, TA1, niveau de qualification 4). Ce secteur offre un éventail suffisamment varié d'activités non qualifiées pour qu'un certain nombre d'entre elles soient immédiatement accessibles au recourant. Ce salaire s'élève à 4'206 fr. par mois. En tenant compte du taux de réduction de 15 % retenu par l'administration - lequel n'apparaît pas inadapté en regard de l'âge de l'assuré et des limitations résultant de l'atteinte à sa santé (cf. ATF 126 V 75) - c'est en définitive un salaire mensuel de 3'575 fr. qui doit être admis au titre de revenu d'invalide. 4.4 Il résulte de la comparaison de ce montant avec celui du revenu sans invalidité (consid. 4.2.4 supra) un manque à gagner de 1'842 fr., correspondant à un degré d'invalidité à 34 %. Celui-ci n'ouvre pas droit à la rente perçue par le recourant, de sorte que c'est à juste titre que l'office et les premiers juges l'ont supprimée.