Citation: U 133/01 20.11.2001 E. 5

5.- a) Il est possible que les postes de travail auxquels s'est référée l'intimée soient moins bien considérés socialement que le métier de pilote exercé jusqu'alors par le recourant, encore que le prestige lié à une profession repose largement sur des considérations subjectives, dont il y a en principe lieu de faire abstraction. Ce seul motif n'est toutefois pas suffisant pour nier en l'espèce le caractère raisonnablement exigible des activités envisagées, dans la mesure où elles permettraient au recourant de réduire sa perte de gain de manière significative, de l'ordre de 40 % selon les salaires ressortant des DPT produites par l'intimée, ce que le recourant ne conteste pas devant le tribunal de céans. Quoi qu'il en soit, le revenu d'invalide et donc le taux d'invalidité retenus par l'intimée doivent être confirmés, même en faisant abstraction des DPT produites par cette dernière, pour les motifs exposés ci-après. b) Le recourant est encore au bénéfice de toutes ses facultés intellectuelles, lesquelles lui permettent, compte tenu de la formation et des qualités requises dans son ancienne profession, d'exercer une activité correspondant au moins au degré de qualification 3 dans le secteur des services, selon la classification utilisée par l'OFS dans ses publications (L'enquête suisse sur la structure des salaires 1994, 1996 et 1998). Ce secteur économique offre un large éventail d'activités de bureau adaptées au handicap du recourant, tel qu'attesté par le docteur A.________, dans lesquelles celui-ci pourrait mettre le mieux à profit sa capacité de travail résiduelle et ses connaissances professionnelles, notamment dans le domaine informatique. D'après L'enquête suisse sur la structure des salaires 1998, le salaire mensuel brut (valeur centrale) des hommes d'un niveau de qualification 3 travaillant dans le secteur privé des services était de 5098 fr. en 1998 (table A1, p. 25). Il convient toutefois de rectifier ce salaire mensuel hypothétique, d'une part en raison du fait que les salaires bruts standardisés se basent sur un horaire de travail de quarante heure, soit une durée hebdomadaire inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises du secteur tertiaire en 1998 (42 heures; La Vie économique 10/2001 p. 100), et d'autre part afin de prendre en considération l'évolution des salaires nominaux dans ce même secteur économique, qui fut de 0,5 % entre 1998 et 1999 (Annuaire statistique de la Suisse 2001, Table 3.4.3.1, p. 203). Après avoir procédé aux adaptations nécessaires, on obtient un revenu mensuel de 5380 fr. (montant arrondi). Dans ces conditions, et vu l'âge du recourant, qui constitue objectivement un obstacle à la reprise d'une activité professionnelle dans une nouvelle entreprise, le revenu d'invalide a été correctement évalué à 5000 fr. par l'intimée. c) Il convient de préciser ici que l'art. 28 al. 4 OLAA n'est pas applicable en l'espèce et qu'il n'y a donc pas lieu d'évaluer l'invalidité du recourant en se référant au revenu que réaliserait un assuré d'âge moyen présentant les mêmes atteintes à la santé. En effet, d'une part, la diminution de la capacité de gain du recourant n'est pas essentiellement due à son âge, et d'autre part, au moment de la décision sur opposition litigieuse, cet âge n'était pas "avancé" au sens de la disposition citée (cf. ATF 122 V 426 sv. consid. 2).