Citation: 6B_459/2008 20.05.2009 E. 4

4.1 Les recourants contestent les prétentions civiles allouées aux victimes, considérant ne pas avoir à indemniser les troubles dont elles souffraient avant les faits en cause. Pour le même motif, ils ajoutent que D.________ mise à part, les lésées n'ont pas droit à de pleins dépens. 4.1.1 L'ampleur de la réparation morale dépend avant tout de la gravité des souffrances physiques ou psychiques consécutives à l'atteinte subie par la victime et de la possibilité d'adoucir sensiblement, par le versement d'une somme d'argent, la douleur morale qui en résulte. Sa détermination relève du pouvoir d'appréciation du juge. En raison de sa nature, l'indemnité pour tort moral, qui est destinée à réparer un dommage qui ne peut que difficilement être réduit à une simple somme d'argent, échappe à toute fixation selon des critères mathématiques, de sorte que son évaluation en chiffres ne saurait excéder certaines limites; l'indemnité allouée doit toutefois être équitable. Le juge en proportionnera donc le montant à la gravité de l'atteinte subie et il évitera que la somme accordée n'apparaisse dérisoire à la victime. S'il s'inspire de certains précédents, il veillera à les adapter aux circonstances actuelles pour tenir compte de la dépréciation de la monnaie (cf. ATF 118 II 410 consid. 2a p. 413 et les arrêts cités). 4.1.2 La fixation de l'indemnité pour tort moral est une question d'application du droit fédéral, que le Tribunal fédéral examine donc librement. Dans la mesure où cette question relève pour une part importante de l'appréciation des circonstances, le Tribunal fédéral intervient avec retenue, notamment si l'autorité cantonale a mésusé de son pouvoir d'appréciation en se fondant sur des considérations étrangères à la disposition applicable, en omettant de tenir compte d'éléments pertinents ou encore en fixant une indemnité inéquitable parce que manifestement trop faible ou trop élevée. Comme il s'agit cependant d'une question d'équité -et non pas d'une question d'appréciation au sens strict, qui limiterait son pouvoir d'examen à l'abus ou à l'excès du pouvoir d'appréciation-, le Tribunal fédéral examine toutefois librement si la somme allouée tient suffisamment compte de la gravité de l'atteinte ou si elle est disproportionnée par rapport à l'intensité des souffrances morales causées à la victime (cf. ATF 123 III 10 consid. 4c/aa p. 12 s; ATF 118 II 410 consid. 2a p. 413 et les arrêts cités). 4.2 Selon les constatations cantonales, le condamné a profité de sa position de thérapeute (masseur-magnétiseur) pour apposer des pierres sur le pubis -ou introduire des pierres dans le vagin- de plusieurs femmes, dont une mineure, convainquant, de surcroît, l'une d'entre elles de le laisser la pénétrer. Au regard de ces agissements, il a été condamné pour actes d'ordre sexuel avec des enfants, actes d'ordre sexuel commis sur des personnes incapables de discernement ou de résistance, contrainte sexuelle et abus de la détresse. Sa faute est grave. S'il est exact que les victimes présentaient déjà certains troubles avant les faits -ce que les juges cantonaux n'ont pas ignoré-, les actes du condamné n'en ont pas moins sérieusement aggravé l'état de santé de ses patientes. 4.2.1 Ainsi, D.________ a enduré d'importantes souffrances physiques au moment de la commission des infractions et les agissements en cause l'ont sérieusement perturbée. Pendant plusieurs mois, elle a ressassé le souvenir des gestes subis et présenté des maux de tête ainsi que des phobies sociales. La somme allouée qui tient compte de la gravité de l'atteinte n'est pas disproportionnée par rapport aux souffrances morales éprouvées, de sorte que l'autorité cantonale n'a pas mésusé de son pouvoir d'appréciation en lui allouant une indemnité de 12'000 francs. 4.2.2 S'agissant de E.________, même si elle a subi des abus sexuels à l'âge de huit ans, les agissements du condamné l'ont profondément détruite. A l'heure actuelle, elle fait encore l'objet d'un suivi psychothérapeutique et se voit prescrire des anxiolytiques ainsi que des antidépresseurs. Lors des débats, elle a exprimé la mesure de son émotion à l'évocation des infractions dont elle a été victime de la part du condamné. Au regard de ces éléments, l'indemnité de 7500 francs qui lui a été allouée n'est pas disproportionnée. 4.2.3 De son côté, F.________, qui présentait une grave dépression avant les faits litigieux, se trouve désormais confrontée à des angoisses supplémentaires, craignant les hommes et les personnes vêtues de blanc. Le montant de l'indemnité fixé à 10'000 francs n'apparaît dès lors pas non plus disproportionné, le condamné n'avançant au demeurant aucun argument susceptible de le remettre en cause. 4.2.4 Enfin, G.________ souffre encore des conséquences psychiques des gestes du condamné, de sorte que l'indemnité qui lui a été allouée à hauteur de 5000 francs n'apparaît ni excessive, ni inéquitable. 4.3 Sur le vu de ce qui précède, l'allocation de dépens aux victimes n'est pas critiquable.