Citation: 2C_757/2007 08.04.2008 E. 1

La recourante soutient que seule est déterminante l'existence du mariage au sens formel. Ce faisant, elle s'en prend à la jurisprudence telle qu'exposée ci-dessus, sur laquelle il n'y a pas lieu de revenir en l'espèce. Elle affirme ensuite que les liens de l'union matrimoniale ne sont pas encore rompus et que la dissolution du mariage n'a pas encore été prononcée en l'état. Elle n'invoque cependant aucun élément concret et vraisemblable permettant d'admettre une volonté réelle de reprise de la vie commune. Au contraire, elle rapporte elle-même avoir tissé une nouvelle relation avec un autre homme, de sorte que c'est en vain qu'elle soutient que son époux n'aurait pas clarifié l'avenir qu'il réservait à leur mariage. A cet égard, il ressort du dossier que, lors de son audition par la police municipale du 5 septembre 2006, ce dernier avait précisé qu'il "ne pensait pas reprendre la vie commune compte tenu du nombre de dissimulations et de men-songes". Dans ces conditions, contrairement à ce qu'affirme la recourante, le Tribunal administratif pouvait, sans violer son droit d'être entendue, renoncer à entendre l'époux, qui s'était exprimé clairement sur la réalité de son mariage. Il pouvait aussi renoncer à l'entendre sur les motifs qui auraient conduit la recourante à s'adonner à la prostitution. Tous les éléments retenus par le Tribunal administratif montrent que la séparation intervenue au mois d'août 2005 est durable et qu'il n'y a pas d'espoir tangible de reprise de la vie commune. En se prévalant d'un mariage purement formel pour conserver voire renouveler son autorisation de séjour CE/AELE, la recourante a commis un abus de droit, ce que le Tribunal administratif a dûment constaté sans violer le droit fédéral.