Citation: 5A_423/2022 E. 2

Dans leur mémoire, les recourants ont notamment exposé, en lien avec la requête d'effet suspensif et de mesures provisionnelles, que l'intimée avait fait appel à la police cantonale afin de faire remplacer les serrures des entrées de l'immeuble et qu'ils n'avaient dès lors plus accès à leurs meubles, objets et effets personnels. À l'appui de ces allégués, ils ont produit des échanges de correspondance attestant du changement de serrures entrepris le 20 mai 2022 et du fait qu'ils ne pouvaient plus accéder à l'immeuble litigieux. Ces éléments ont été confirmés par l'intimée dans ses déterminations sur la requête d'effet suspensif et par les pièces annexées à celles-ci. I l y a lieu de tenir compte de ces faits nouveaux postérieurs à l'arrêt querellé dès lors qu'ils déterminent la recevabilité du recours (cf. supra consid. 1.1). En effet, le litige devant les autorités cantonales portait sur l'évacuation des recourants de l'immeuble acquis par l'intimée, qui a été ordonnée par le Président du Tribunal d'arrondissement de la Broye et confirmée par la cour cantonale. Avec le changement des serrures entrepris le 20 mai 2022, la prétention de l'intimée a été exécutée, les recourants n'étant plus dans l'immeuble et n'y ayant plus accès. Les recourants - qui se sont limités à conclure à l'irrecevabilité de la requête en revendication, par ailleurs sans invoquer un droit sur l'immeuble - n'avaient donc pas d'intérêt actuel à recourir contre une décision ordonnant leur évacuation au moment de déposer leur mémoire devant le Tribunal fédéral le 30 mai 2022 (cf. supra consid. 1.2.2). Dès lors qu'au surplus les conditions pour admettre un intérêt virtuel font manifestement défaut, les recourants ne bénéficient pas d'un intérêt digne de protection, ce qui conduit à l'irrecevabilité du recours.