Citation: 1C_610/2023 E. 1.4

1.4. Selon la jurisprudence, le préjudice irréparable visé à l'art. 93 al. 1 let. a LTF doit être de nature juridique et ne pas pouvoir être ultérieurement réparé par une décision finale favorable à la partie recourante (cf. ATF 147 III 159 consid. 4.1; 137 V 314 consid. 2.2.1). Les coûts inhérents au dépôt et au traitement de la demande de permis de construire pourraient certes être épargnés si le Tribunal fédéral statuait sans attendre sur la conformité des cuisines litigieuses aux permis de construire délivrés à la recourante et l'assujettissement des travaux entrepris à une autorisation de construire en vue de leur régularisation. Il ne s'agit toutefois pas d'un préjudice juridique (ATF 147 III 159 consid. 4.1; arrêt 1C_461/2021 du 20 août 2021 consid. 2.2). Il n'est pas d'emblée évident que le Préfet refusera le permis de construire et ordonnera le rétablissement de l'état conforme au droit; quoi qu'il en soit, en pareil cas, la recourante pourra recourir contre cette décision auprès de la II e Cour administrative, puis saisir le Tribunal fédéral d'un recours contre l'arrêt de cette juridiction si celui-ci devait lui être défavorable et contre l'arrêt incident du 9 octobre 2023, en reprenant les griefs évoqués dans le présent recours (art. 93 al. 3 LTF). L'existence d'un préjudice irréparable n'est ainsi pas établie. L'hypothèse visée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'est pas davantage réalisée. Si l'admission du recours sur la question de l'obligation faite à la recourante de déposer un nouveau dossier de permis de construire mettrait fin au litige, aucun élément ne permet en revanche de retenir en l'état que la procédure de permis en vue de la régularisation éventuelle des travaux litigieux nécessitera des mesures probatoires prenant un temps considérable et exigeant des frais importants. A tout le moins, la réalisation de cette condition méritait une motivation particulière qui fait défaut en l'occurrence.