Citation: 6B_687/2007 11.04.2008 E. 2

Le recourant conteste tout d'abord sa condamnation pour complicité de brigandage qualifié et de crime manqué d'extorsion. 2.1 Il est constant, en l'espèce, que la victime, qui a subi des violences qui l'ont mise en danger de mort et lui ont causé des lésions corporelles graves (jugement de première instance, consid. III.1, p. 38), a été délestée d'une somme d'argent (350 francs). Les agresseurs ont en outre tenté d'utiliser ses cartes de crédit après avoir cherché à en obtenir les codes par la violence. Le recourant ne remet pas en question ces constatations de fait et ne conteste pas qu'elles doivent être qualifiées de brigandage qualifié au sens de l'art. 140 ch. 1 et 4 CP et de crime manqué d'extorsion (art. 156 ch. 1 et 3 CP). Il conteste en revanche sa participation à ces actes, partant sa qualité de complice (art. 25 CP). 2.2 Par opposition au coauteur, le complice est un participant secondaire qui prête assistance pour commettre un crime ou un délit (art. 25 CP, dont la teneur n'a pas subi de modification substantielle lors de l'entrée en vigueur du nouveau droit). La contribution du complice est subordonnée. Il facilite et encourage l'infraction par une contribution sans laquelle les événements auraient pris une tournure différente. Son assistance ne constitue toutefois pas nécessairement une condition sine qua non à la réalisation de l'infraction (ATF 119 IV 289 consid. 2c p. 292). Contrairement au coauteur, le complice ne veut pas l'infraction pour sienne et n'est pas prêt à en assumer la responsabilité. 2.2.1 Le recourant souligne tout d'abord, en se référant à l'état de fait du jugement de première instance, avoir ignoré le projet de ses coaccusés et joué un rôle modérateur. Il relève notamment n'avoir donné aucun coup. Il ressort cependant de l'état de fait du jugement de première instance (consid. III.6 p. 33 s.), auquel renvoie l'arrêt cantonal (consid. B, p. 4), que si le recourant a ignoré, dans un premier temps le projet de ses compagnons (se rendre dans un lieu de rencontre fréquenté par des homosexuels dans le but d'y commettre un brigandage), il l'avait en revanche compris lorsque, après que la victime eut été abordée, le groupe s'est rendu en voitures dans un endroit plus discret, soit avant tout acte de violence (jugement, consid. 6, p. 33). Arrivé sur place, le recourant a ensuite assisté aux violences et aux menaces de B.________ et F.________ et il ne conteste ni avoir fouillé l'habitacle du véhicule de la victime à la recherche du porte-monnaie et des cartes de la victime ni avoir invité la victime à fournir les codes de ses cartes, contribuant ainsi à la réalisation du brigandage et de l'extorsion. Le recourant ne peut dès lors rien déduire en sa faveur de son ignorance initiale, qui est sans pertinence en ce qui concerne la suite des événements et ne permet donc pas de nier sa qualité de complice. 2.2.2 Le recourant soutient ensuite qu'il agirait, dans des circonstances identiques, de la même façon parce qu'il est conseillé aux caissiers de banque victimes d'un hold-up de ne pas résister, mais au contraire de remettre aux agresseurs les montants qu'ils réclament. En relevant que le recourant admettait avoir « conseillé » - mais en mettant ce verbe entre guillemets - à la victime de dire où se trouvaient son porte-monnaie et de donner les codes de ses cartes (jugement, consid. 6, p. 34), le Tribunal correctionnel a cependant clairement indiqué qu'il écartait l'argumentation du recourant selon laquelle son activité durant les faits aurait procédé d'intentions bienveillantes à l'égard de la victime. Le tribunal correctionnel a du reste précisé dans son jugement qu'en fouillant le véhicule de la victime à la recherche de son porte-monnaie et en disant à la victime qu'elle devait donner les codes de ses cartes pour ne plus être frappée, « le recourant avait apporté son aide à la réalisation de l'infraction et non à la victime » (jugement, consid. III.6, p. 41). Il s'ensuit que le recourant se borne à opposer, sur cette question d'intention, sa propre version des faits au résultat de l'appréciation des preuves à laquelle a procédé le Tribunal correctionnel. Cette argumentation est de nature appellatoire, partant irrecevable (v. supra consid. 1). 2.2.3 Le recourant allègue en outre en vain n'avoir rien reçu ni rien voulu recevoir du butin de ses comparses. Qu'il s'agisse de vol (art. 139 CP), de brigandage (art. 140 CP) ou d'extorsion (art. 156 CP), il suffit que l'auteur agisse pour procurer l'enrichissement illégitime à un tiers. Il en va a fortiori de même du complice, qui ne veut précisément pas l'infraction pour sienne. Or, il n'est pas contesté en l'espèce que B.________ s'est emparé de 350 francs, respectivement que A.________ et B.________ ont tenté de s'enrichir en utilisant les cartes de la victime. 2.2.4 Pour le surplus, et même si le recourant a pu tenter de calmer ses comparses, n'a pas lui-même frappé la victime ou commis directement un acte de soustraction et a aidé F.________ à mettre la victime en position de sécurité, il a néanmoins fouillé le véhicule de la victime et dit à cette dernière de donner les codes de ses cartes. Pour subordonnée que soit cette contribution, on ne saurait faire grief au Tribunal correctionnel d'avoir jugé, compte tenu de l'intention du recourant, qu'elle a pu faciliter ou encourager tant le brigandage que l'extorsion manquée. Le grief est infondé dans la mesure où il est recevable.