Citation: 5A_508/2021 E. 9.2

9.2. Les recourants soutiennent que la Cour de justice a " établi les activités déployées par les exécuteurs testamentaires contrairement aux pièces du dossier, aux déclarations des parties et aux faits établis au pénal ", et décrivent les activités que ceux-là auraient en réalité effectuées. Ils exposent que, dans l'hypothèse où il devait finalement être retenu que les intimés avaient commis des erreurs à l'occasion de la liquidation du portefeuille de titres et provoqué un dommage, il conviendrait de réduire le montant de 216'000 fr. d'honoraires qui leur a été alloué. Les recourants font ensuite grief à la cour cantonale d'avoir surévalué la durée de l'activité consacrée par F.________ qu'il se justifiait de rémunérer, ne tenant pas compte du fait qu'il avait effectué des activités en violation de ses obligations, notamment en ne déclarant pas le compte de la société U.________ et en détournant plus d'un million de francs de la succession. Ses activités étaient à ce point truffées d'erreurs qu'elles n'étaient pas utiles ou n'avaient eu tout au plus qu'une utilité très réduite, de sorte que son indemnité devait être revue à la baisse ou supprimée. Il n'avait pas établi de time-sheet de ses activités. La Cour de justice aurait établi les activités déployées par F.________ contrairement aux pièces du dossier et aux déclarations de Q.H.________, ainsi que sur la base des déclarations du témoin FF.________, qui étaient pourtant contraires aux faits prouvés par titres. Ce témoin n'aurait cessé de se tromper et aurait oublié des faits importants de la succession, " et il faudrait la croire lorsqu'elle précise le nombre d'heures que F.________ a passé sur un dossier particulier, il y a vingt ans... ". Elle n'était pas crédible, de sorte que ses déclarations ne pourraient pas être prises en compte. Le témoin G.G.________ avait été plus cohérente puisqu'elle avait précisé ne pas avoir travaillé personnellement sur le dossier de l'hoirie C.________. Les recourants exposent ensuite que l'autorité cantonale a surévalué le nombre d'heures d'activité exécutées par E.________. Ils lui reprochent d'avoir pris en compte des activités exercées par des tiers ou des prestations fournies en violation de ses obligations d'exécuteur testamentaire, qui leur avaient occasionné un dommage. Ils affirment que le précité n'avait pas fourni de justificatifs ni de time-sheet de ses activités, qu'il avait établi la liste de ses activités dix-sept ans après les faits, et qu'il avait établi la liste des héritiers en se trompant sur leur lien de parenté avec la défunte, entraînant une surtaxation de 1'790'626 fr., montant restitué par le fisc suite à une procédure menée par des avocats fiscalistes dont les honoraires s'étaient élevés à 165'070 fr. Cette procédure avait prolongé la liquidation de la succession, qui aurait pu être clôturée fin juin 2002 si les exécuteurs testamentaires avaient agi avec compétence et diligence. E.________ aurait aussi payé les acomptes d'impôt en retard, générant 49'570 fr. d'intérêts de retard. Il aurait établi neuf attestations d'héritiers. Il n'aurait par ailleurs eu que de rares entretiens avec les autres exécuteurs testamentaires, et n'aurait établi ni le tableau final de liquidation, ni l'inventaire de la succession, ni la déclaration d'impôts, pas plus qu'il ne se serait occupé de la vente des actions de la SI EE.________. À l'instar des autres exécuteurs testamentaires, il n'aurait eu que peu de contacts avec les hoirs, jusqu'à la survenance des problèmes liés à l'estimation des lots. Selon les recourants, lorsqu'ils avaient consulté leur conseil en 2006, ils lui auraient apporté un classeur ne comportant que quelques lettres, provenant principalement de F.________, qui constituaient alors l'entier du dossier de liquidation de la succession en mains des trois frères A.________. La plupart des interventions de E.________ prouvées par titre ne seraient pas liées à la liquidation de la succession, mais aux erreurs commises. La Cour de justice aurait établi les faits contrairement aux pièces du dossier, en retenant que des montants liés à la liquidation de la succession avaient encore été distribués aux héritiers en 2006 et 2008. En fait, après 2006, il s'agirait de montants versés par les exécuteurs testamentaires en réparation d'erreurs qu'ils avaient commises, à savoir par exemple la valeur des parts JJ.________ comptabilisées à double dans la déclaration d'impôts, les intérêts négatifs générés par le retard dans le paiement des acomptes d'impôts ou les honoraires de Me II.________ et de Me D.D.________. Les recourants reprochent enfin à la Cour de justice de ne pas avoir pris en compte, dans le calcul de l'indemnité équitable à verser aux exécuteurs testamentaires, le montant de 100'000 fr. prélevés directement par Q.H.________ à titre d'" honoraires de gestion " (montant établi par l'expert judiciaire T.________) au travers de R.________SA, à titre de courtage, droit de garde, frais de gestion, à savoir des honoraires indus. Elle n'aurait pas non plus pris en considération, à tort, le fait qu'il n'avait pas déployé d'activités en faveur de la succession, mais dans son propre intérêt, et qu'il avait boursicoté ou laissé boursicoter des tiers, générant des pertes conséquentes dont il était responsable.