Citation: I 363/04 02.02.2005 E. 3

3.1 En l'occurrence, les premiers juges ont considéré qu'il y avait lieu de reconnaître pleine valeur probante au rapport d'expertise de l'institut I.________. Ils ont estimé que cette expertise, réalisée dix mois après celle des spécialistes de la division médicale H.________, tenait compte de l'évolution de l'état de santé de l'assuré durant cet intervalle. Selon la juridiction cantonale, la seconde expertise emporte la conviction, car elle est plus spécifiquement motivée et plus détaillée, aussi bien sur l'évaluation des composantes psychiques de l'état du recourant que sur les conséquences de cet état sur sa capacité de travail. 3.2 Le recourant soutient que son état de santé était le même lorsque les deux expertises ont été réalisées. Il voit en outre une contradiction dans le fait que les experts de l'institut I.________ le considèrent d'une part comme étant totalement apte à exercer une activité adaptée et, d'autre part, qu'ils estiment que sa réinsertion dans le monde du travail serait très difficile, voire impossible. Selon le recourant, à défaut de donner la préférence à l'expertise de la division médicale H.________, les premiers juges auraient à tout le moins dû le soumettre à une nouvelle expertise psychiatrique. 3.3 Le rapport des experts de l'institut I.________ ne relève aucune évolution de l'état de santé du recourant dans les mois qui ont précédé leurs investigations. Comme les spécialistes de la division médicale H.________, les médecins de l'institut I.________ ont constaté chez le recourant des atteintes dégénératives modérées de la colonne vertébrale qui expliquent partiellement les douleurs lombaires et cervicales dont il se plaint. En raison de ces atteintes, auxquelles s'ajoutent des déficits musculaires, les experts sont unanimes à déclarer le recourant inapte à exercer désormais l'activité de jardinier qui était la sienne avant l'accident dont il a été victime le 2 décembre 1999. Leur avis diverge toutefois sur l'exigibilité d'une autre activité. Selon les experts de la division médicale H.________, l'état de santé du recourant est encore susceptible d'évoluer. Ils estiment que les douleurs chroniques sont imputables à de nombreux facteurs. En particulier, lors de l'accident, l'intéressé s'est senti en danger de mort et il a été psychiquement affecté par les conséquences de cet événement (douleurs réfractaires au traitement, usage nécessaire de béquilles, incapacité de travailler, perte de son entreprise de jardinage, impossibilité de subvenir à l'entretien de sa famille, etc.). Les experts de la division médicale H.________ sont d'avis que les troubles psychiques qui en ont résulté empêchent l'expertisé de déployer une quelconque activité (rapport du 18 février 2002, p. 15, 17). En revanche, dans son évaluation psychiatrique du 14 octobre 2002, le docteur U.________, qui est occupé en qualité de spécialiste en psychiatrie et psychothérapie à l'institut I.________, parvient à la conclusion que le recourant n'a pas vécu l'accident du 2 décembre 1999 de façon particulièrement dramatique, que l'état dépressif - parfois décrit dans le dossier médical - ne peut pas être confirmé et que le diagnostic de trouble somatoforme douloureux persistant ne peut pas être posé. Le docteur U.________ ne partage pas l'appréciation des experts de la division médicale H.________, en particulier parce qu'ils n'ont pas posé de diagnostic psychiatrique. Ce spécialiste relève aussi l'inconsistance des déclarations du recourant. En effet, alors que celui-ci se plaint de douleurs si intenses qu'elles lui interdisent même les plus petites tâches ménagères, il mentionne qu'il passe des heures à lire les journaux et à cultiver les contacts sociaux. L'expert en déduit que du point de vue psychique, on peut exiger du recourant qu'il fournisse l'effort de volonté nécessaire pour exercer une activité adaptée à son état, malgré ses douleurs qui ne sont pas suffisamment objectivées (rapport du 14 octobre 2002, p. 5). 3.4 En l'occurrence, l'expert U.________ a pris en compte l'ensemble des plaintes du recourant et a disposé du dossier médical complet. Ses conclusions procèdent d'un examen détaillé de la situation du recourant et sont dûment motivées. Dès lors, son rapport remplit toutes les conditions posées par la jurisprudence et a donc pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3a). Les experts de la division médicale H.________ sont qualifiés en psychosomatique et ils ont également examiné le cas du recourant avec attention et soin, de façon circonstanciée. Cependant, sur le plan psychiatrique, domaine médical auquel ressortit l'affection qui pourrait être à l'origine d'une incapacité de travail de l'intéressé, leur rapport n'est pas motivé de façon convaincante. Il manque en effet un diagnostic clair permettant d'admettre que l'assuré souffre d'une atteinte psychique ayant valeur de maladie et qui diminue sa capacité de travail. Certes, dans une prise de position du 30 janvier 2003, le docteur S.________ a indiqué que le recourant présente tous les symptômes d'un trouble somatoforme douloureux selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux DSM IV édité par l'Association des psychiatres américains. Toutefois, il ne s'agit-là que d'une affirmation nullement étayée, qui ne permet pas de mettre en doute le bien-fondé des conclusions de son confrère U.________. Il n'y a dès lors pas lieu de s'écarter des conclusions du docteur U.________, de même qu'il est superflu d'ordonner de plus amples investigations psychiatriques. 3.5 Ainsi qu'on vient de le voir, le recourant n'est pas affecté d'un trouble somatoforme douloureux et ne subit donc aucune incapacité de travail de ce chef. La Cour de céans saisit néanmoins l'occasion de rappeler que de toute manière, le seul diagnostic de troubles somatoformes douloureux persistants n'entraîne pas, en règle générale, une limitation de longue durée de la capacité de travail pouvant conduire à une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI (cf. ATF 130 V 352).