Citation: 2C_210/2024 E. 5.2

5.2. Dans le cadre de son appréciation des preuves, la Cour de justice a précisé que seuls les faits s'étant déroulés durant la période de 6 mois courant du 1er mai 2018 (nouveau domicile à V.________) au 31 octobre 2018 étaient pertinents au regard du délai de l'art. 61 al. 2 LEI (cf. sur ce point infra consid. 6.4). Elle a alors explicitement écarté les offres de preuve, pour des faits s'étant déroulés postérieurement au 31 octobre 2021. Elle a ensuite estimé que les pièces produites, notamment en lien avec la location du studio à V.________, ainsi que les factures et autres pièces mentionnant l'adresse du studio à V.________ (assurances responsabilité civile et assurance-maladie, frais médicaux en Suisse, redevance, garagiste en Suisse, abonnement de téléphone), n'étaient pas aptes à démontrer que les recourants avaient effectivement séjourné dans le canton de Genève, en particulier dans le studio, durant la période litigieuse, ni que le centre de leurs intérêts s'y trouvait. Puis, la Cour de justice a relevé que les recourants n'avaient pas produit de photos ou de courriers permettant d'attester qu'ils avaient véritablement séjourné quotidiennement et eu une vie sociale dans cette habitation, soit un studio d'une seule chambre, loué meublé, situé dans un chantier naval. La Cour de justice a ensuite apprécié les déclarations du témoin F.________, bailleur de l'appartement de W.________ (France), qui avait confirmé que les recourants occupaient bien cet appartement quotidiennement et qui avait produit une pièce le démontrant (rapport de l'Agence régionale de santé du 12 mars 2021). La Cour de justice a enfin résumé les déclarations du recourant en audience de première instance, expliquant le temps passé en France, à savoir qu'il se rendait pratiquement tous les jours à W.________ pour rendre visite à sa femme, qu'il y dormait du vendredi au dimanche soir inclus, que sa fille y passait également la nuit les jours en question, ainsi que les mercredis soirs et qu'ils mangeaient presque tous les jours ensemble, compte tenu de l'état de santé de son épouse qui nécessiterait leur présence et leur soutien. Il a également déclaré que les semaines types, après avoir terminé l'école, sa fille se rendait en principe à W.________ chez sa mère pour y faire les devoirs et lui tenir compagnie. Il l'y amenait en voiture ou elle s'y rendait toute seule en transports publics. Il les rejoignait ensuite dans la soirée afin qu'ils mangent ensemble. Lorsque son épouse se rendait à X.________, au minimum une fois tous les quinze jours, elle emmenait le chien et il restait avec sa fille à V.________. La Cour de justice a alors précisé que le fait que la femme du recourant ne puisse résider en Suisse en raison d'une procédure ouverte en Roumanie ou de sa prise en charge psychiatrique n'était nullement démontré.