Citation: 5A_110/2017 E. 4

La recourante soulève un grief d'arbitraire dans l'établissement des faits. Elle soutient que les deux certificats médicaux versés à la procédure prouvent une incapacité médicale de faire opposition au commandement de payer s'étendant en tout cas de la fin du mois de mai 2016 à une date indéterminée postérieure à celle du premier certificat médical établi le 22 juillet 2016. L'arrêt attaqué retenait donc à tort que les certificats médicaux produits ne permettaient pas de déterminer la durée de l'empêchement. La durée certifiée de l'incapacité démontrait que son conseil avait agi à temps en procédant le 3 août 2016, étant rappelé que le premier certificat médical avait été établi pendant les féries de poursuite. Il était absurde et totalement saugrenu, partant arbitraire, de dénier une incapacité justifiée par un état psychiatrique défaillant attesté par des certificats médicaux au seul motif qu'elle était allée consulter un avocat. Cette démarche était la conséquence de l'avis donné par son fils, qui, lui, avait aperçu la catastrophe. Elle n'indiquait rien sur une prétendue capacité d'agir. Son avocat s'était du reste immédiatement convaincu de son incapacité en la voyant, qui la privait de la possibilité de gérer ses affaires. Elle n'arrivait pas à aligner deux mots et avait pleuré pendant tout l'entretien. Elle était incapable d'expliquer son cas. C'était son avocat qui avait compris ce qui s'était passé en lisant la liasse de documents qu'elle lui avait remis dans le désordre. De plus, il est évident qu'une personne incapable peut consulter un médecin ou un avocat. Elle n'en devient pas capable pour autant: un avocat ne sait pas faire des miracles. Si tous les malades devaient être tenus pour vaillants, aucun certificat médical ne pourrait attester d'une quelconque incapacité. Il n'y avait pour le surplus aucune contradiction entre son état d'incapacité et le fait qu'elle ait dit au premier juge avoir subi un choc lors de la notification du commandement de payer. Elle était dans un état dépressif qui l'empêchait de réagir de façon adéquate. La notification du commandement de payer avait provoqué un choc supplémentaire et elle avait effectivement été incapable de réagir. Elle avait du reste fait ces déclarations à l'audience en pleurs, ce qui confirmait un état défaillant. On ne pouvait rien tirer non plus du fait qu'elle gérait encore ses affaires, puisqu'elle avait expliqué que l'essentiel de ses paiements se faisaient par ordres permanents et que ceux-ci n'exigeaient pas un état de lucidité particulier. Elle était en outre aidée par ses proches.