Citation: 1B_391/2022 E. 3.4

3.4. En l'occurrence, le Ministère public a ouvert une instruction pénale contre le recourant le 21 octobre 2020, sur la base des écoutes téléphoniques du raccordement de B.________. Il a entendu le recourant le 2 février 2021 et l'a confronté au résultat de ces écoutes. Il n'a pourtant requis l'exploitation des découvertes fortuites que le 3 mars 2022, après de multiples interventions de l'avocat du recourant. Le délai légal, même apprécié avec une certaine souplesse, est ainsi très largement dépassé. C'est dès lors à juste titre que la cour cantonale en déduit que l'exploitation des écoutes téléphoniques avant l'autorisation du Tmc était contraire au droit fédéral. En revanche, c'est à tort que la Chambre pénale de recours a limité à certaines questions (D11 à D21) l'annulation du procès-verbal d'interrogatoire du 2 février 2021. En effet, il n'est pas contesté que les charges contre le recourant provenaient exclusivement des écoutes découvertes fortuitement. Dans un tel cas, c'est l'ensemble de l'audition du recourant qui doit être considéré comme un acte d'exploitation de la preuve en question (cf. arrêt 1B_107/2022 précité consid. 3.3). Le procès-verbal entier doit donc être écarté du dossier de la procédure concernant le recourant, en application de l'art. 277 al. 2 et 278 al. 4 CPP.