Citation: 8C_1/2020 E. 4.4

4.4. Contrairement à l'opinion de la recourante, les circonstances justifient le choix des premiers juges d'appliquer la méthode extraordinaire pour déterminer le taux d'invalidité de l'intimé. En effet, il ressort du rapport d'expertise économique que, postérieurement à la survenance de l'atteinte à la santé en 2011 et jusqu'en 2015 (dernière année prise en compte par l'expert), le chiffre d'affaires et la masse salariale des entreprises de l'intimé ont varié tant à la hausse qu'à la baisse suivant les années, marquant néanmoins une légère progression par rapport à la période précédant l'accident (années 2008 à 2010). L'expert mentionne toutefois que les chiffres relatifs à la charge salariale diffèrent selon que l'on tient compte des données obtenues de la fiduciaire ou des indications de l'Office cantonal des assurances sociales de Genève (OCAS). Quant au bénéfice, il a varié de manière considérable à la hausse en 2012 puis à la baisse en 2013 et 2014 avant de progresser à nouveau en 2015. Il n'est cependant pas possible d'établir si et dans quelle mesure une telle évolution est due exclusivement à l'invalidité, ou si elle a aussi été influencée par la conjoncture, le développement de l'entreprise ou d'autres facteurs étrangers à l'invalidité. La recourante soutient d'ailleurs elle-même dans son mémoire de recours que les variations du bénéfice et du chiffre d'affaires ne découlent pas de l'accident. On ne peut pas non plus parler de constance au regard du chiffre d'affaires, des charges salariales et du bénéfice de l'exploitation au cours des années qui ont précédé l'atteinte à la santé. D'autres circonstances mises en évidences par la cour cantonale (participation dans plusieurs sociétés, le fait que l'intimé n'était pas l'ayant droit économique unique des sociétés, collaboration des membres de sa famille) empêchent également de déterminer de manière fiable les revenus avec et sans invalidité nécessaires à une comparaison des revenus. Enfin, l'évaluation de l'invalidité par les organes de l'assurance-invalidité n'ayant pas de force contraignante pour l'assureur-accidents (ATF 131 V 362 consid. 2.3 p. 368), la méthode appliquée par l'office AI compétent pour statuer sur le droit de l'intimé à une rente d'invalidité n'est pas déterminante en l'espèce, cela d'autant moins qu'il n'apparaît pas que la décision en question aurait fait l'objet d'un examen par le juge. Dans ces conditions, les premiers juges étaient fondés à considérer la méthode extraordinaire comme étant la plus appropriée et il n'y a pas lieu d'examiner plus avant les arguments de la recourante portant sur le point de savoir si le rapport d'expertise économique peut en l'espèce servir de base à un nouveau calcul du taux d'invalidité en application de la méthode ordinaire de comparaison des revenus. Pour le surplus, la recourante ne conteste pas la répartition des champs d'activité fixée par la juridiction cantonale, les pondérations avec et sans handicap, ni les taux d'incapacité de travail relatifs à ces champs d'activité.