Citation: 5A_143/2023 E. A

A.a. A.B.________, ressortissante binationale française et suisse, et C.D.________, ressortissant binational grec et suisse, se sont mariés en 2015 à U.________ (VD). Ils ont choisi de porter en commun le nom de célibataire du mari (D.________), le nom officiel de A.B.________ devenant ainsi A.D.________. Il résulte des pièces versées au dossier qu'auparavant, A.B.________ avait adressé le 27 août 2015 une requête à la Direction de l'état civil tendant à être autorisée " à pouvoir changer de nom au moment de la célébration prochaine de [s]on mariage, en application de l'article 30 al. 1 CC ", et à porter le nom de " A.B.________ D.________ ". Par courrier adressé le 12 octobre 2015 à l'intéressée, la Direction de l'état civil a indiqué que le nom qu'elle-même et son fiancé porteraient après leur mariage devrait être examiné lors de la procédure préparatoire de mariage, son attention étant pour le reste attirée sur le fait que, depuis l'entrée en vigueur du nouveau droit du nom le 1er janvier 2013, il n'était plus possible de porter un double nom dans ce cadre. A.b. Le 8 décembre 2015, A.D.________ a adressé une nouvelle demande à la Direction de l'état civil tendant à pouvoir changer de nom en application de l'art. 30 al. 1 CC et à porter le nom de " A.B.________ D.________ ". Elle a en substance exposé qu'elle avait choisi de porter le nom de famille de son époux au moment du mariage " en raison de convictions personnelles ", respectivement de " convictions chrétiennes, protestantes et évangéliques profondes ", et que " pour [elle], le nom du mari, chef de la famille, [était] nécessairement choisi au moment du mariage et toute la famille port[ait] le même nom ". Cela étant, la disparition de son nom de jeune fille serait " très problématique pour [elle] dans [s]a vie professionnelle "; c'était en effet sous ce nom qu'elle avait exercé et exerçait son activité professionnelle (en tant qu'avocate) et que ses différentes publications étaient connues et reconnues. Elle relevait également que l'utilisation du nom d'alliance ("A.D.________ - B.________ ") ne la satisfaisait pas dans la mesure où, outre qu'un tel nom " change[ait] notablement l'appréhension globale du nom qu['elle avait] utilisé jusqu'ici ", le fait que ce nom ne soit pas officiel et inscrit à l'état civil lui " pos[ait] problème " - évoquant sa " sensibilité accrue " sur ce point en raison de sa formation et de ses connaissances juridiques. Elle invoquait encore notamment la double nationalité de son mari et les liens étroits que les époux entretenaient avec la Grèce (pays dans lequel " le modèle familial traditionnel [était] encore très profondément ancré "). Par courrier adressé à A.D.________ le 4 février 2016, la Direction de l'état civil a relevé que, dans le cadre d'une demande de changement de nom, le nom requis devait respecter les règles suisses applicables en la matière, que la possibilité de porter un nom composé n'était plus admise par le droit suisse (art. 160 CC) et qu'elle " ne pouv[ait] dès lors pas détourner la volonté du législateur de supprimer les doubles noms, par un changement de nom selon l'article 30 du Code Civil Suisse ". L'intéressée était informée qu'elle pouvait demander que soit rendue une décision formelle sujette à recours à ce propos. Par courrier du 15 mars 2016, A.D.________ a maintenu sa demande, soulignant que celle-ci était fondée sur l'art. 30 al. 1 CC (et non sur l'art. 160 CC) et estimant que le législateur n'avait exclu aucune possibilité de composition du nom dans le cadre d'une requête fondée sur cette disposition. Elle précisait en outre, en particulier, que sa situation ne présentait " pas d'élément d'extranéité ", mais que les liens avec la Grèce évoqués devaient être pris en compte à titre de motifs légitimes au sens de l'art. 30 al. 1 CC. Elle requérait le cas échéant que soit rendue une décision formelle sur sa demande. Par décision du 6 avril 2016, le Département de l'Economie et du Sport (DECS; depuis le 1er juillet 2022, le Département de l'économie, de l'innovation, de l'emploi et du patrimoine [DEIEP]) a rejeté la demande de changement de nom déposée par l'intéressée, considérant en particulier que la dénomination requise n'était juridiquement pas admissible. Par arrêt du 14 mars 2017, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: CDAP) a rejeté le recours de A.D.________ et confirmé la décision du DECS.