Citation: 4A_274/2020 E. 6

La défenderesse a surtout requis la Cour d'appel de « débouter [la demanderesse] de toutes ses conclusions », de « rejeter la demande [en justice] » et de « réformer le jugement [...] dans le sens des développements du présent appel ». Les deux premiers de ces trois chefs de conclusions signifient sans équivoque que l'action en paiement doit être entièrement rejetée, ce qui satisfait à l'exigence de conclusions chiffrées. Le troisième de ces chefs de conclusions contredit les deux premiers dans la mesure où la défenderesse semble y admettre qu'elle puisse être condamnée au paiement d'une somme qu'elle ne précise pas, à déterminer d'après la motivation présentée. Cet élément introduit une confusion malvenue. Néanmoins, les conclusions doivent être interprétées globalement et de bonne foi, c'est-à-dire aussi dans le respect du principe de la favor validitatis (ATF 138 III 714 concernant les clauses d'arbitrage). Ce principe semble en l'espèce imposer de faire abstraction du troisième chef de conclusions, et de retenir sur la base des deux premiers que l'appel tend au rejet intégral de l'action en paiement. Sur ce point, l'appréciation de la Cour d'appel est donc sujette à caution. Quoi qu'il en soit, la motivation présentée dans le mémoire d'appel est elle aussi déficiente. On n'y trouve aucun raisonnement apte à fonder le rejet intégral de l'action en paiement. Divers chiffres sont spécifiquement discutés en vue d'aboutir, semble-t-il, à un rejet partiel; l'exposé est toutefois inintelligible parce qu'entièrement dépourvu de références aux considérants que la Chambre patrimoniale a développés sur cinquante-neuf pages de son jugement. Il s'ensuit que dans son résultat sinon dans tous ses motifs, l'arrêt de la Cour d'appel est non seulement conforme à l'art. 311 al. 1 CPC mais aussi compatible avec les art. 9 et 29 al. 1 Cst. également invoqués à l'appui des recours.