Citation: 1B_530/2022 E. 2.2

2.2. Le recourant nie les faits qui lui sont reprochés. Il conteste en particulier avoir touché la culotte de B.________ et soutient que le résultat de l'expertise ADN ne permettrait pas d'aboutir à une telle conclusion; il affirme que les résultats de l'expertise tendrait à confirmer la possibilité d'un transfert d'ADN de manière indirecte et qu'il ne serait qu'un contributeur minoritaire (20 % de la quantité totale d'ADN retrouvée). Le recourant soutient par ailleurs que les messages mis en évidence lors de l'examen de son téléphone portable ne fonderaient pas non plus des indices suffisants de culpabilité. Il nie avoir échangé des messages à caractère sexuel et mêlant des enfants à de tels actes: il précise avoir utilisé cette application C.________ afin de piéger des hommes et explique que son compte a pu être piraté. Il entend enfin tirer argument du fait que les adresses IP (Internet Protocol) des connexions en cause feraient défaut. Au vu des arguments avancés par le recourant, il sied de lui rappeler qu'il n'appartient pas au juge de la détention d'examiner en détail l'ensemble des considérations de fait, pas plus que de procéder à une appréciation complète des éléments à charge et à décharge; il lui incombe uniquement de vérifier, sous l'angle de la vraisemblance, que le maintien en détention repose sur des indices de culpabilité suffisants (cf. ci-dessus consid. 2.1). Or, tel est manifestement le cas en l'espèce. L'instance précédente a, de façon convaincante, exposé que, même si B.________ n'avait pas abordé les faits d'ordre sexuel reprochés au recourant lors de son audition par la police et que les questions posées par sa mère étaient orientées, il n'en demeurait pas moins que les confidences de la fillette à sa mère étaient à ce stade compatibles avec les éléments de l'enquête. En effet, le profil biologique du prévenu était compatible avec le profil ADN de mélange de la trace prélevée sur la culotte de l'enfant. De plus, les échanges - mis en évidence lors de l'examen du téléphone portable du prévenu - montreraient son attirance pour les jeunes enfants; il ressort de ces échanges qu'il aurait conversé avec des femmes à l'étranger, notamment aux Philippines, leur aurait demandé si elles avaient des enfants, qu'il aurait à plusieurs reprises montré son sexe aux enfants qui lui étaient présentés et qu'il aurait demandé aux femmes de commettre des actes d'ordre sexuel sur ceux-ci contre rémunération. Il ressort en outre de l'arrêt entrepris que la demande d'entraide internationale adressée aux autorités de Hong-Kong avait notamment mis en lumière des échanges, par le biais de l'application C.________, avec plusieurs interlocutrices entre le 11 janvier 2020 et le 8 juin 2021, auxquelles il aurait rapidement demandé de lui montrer des enfants, précisant qu'il aimait les enfants très jeunes, avant de leur demander notamment de pénétrer digitalement une fille de douze ans, de masturber un petit garçon, de faire une fellation à un enfant, de lécher le sexe de fillettes de six à onze ans, d'écarter celui d'une fillette de six ans et de le regarder jouir, en échange de "cadeaux". Sur ce point, il peut être renvoyé au consid. Ab [en fait] de l'arrêt entrepris qui détaille le contenu de ces échanges par le biais de l'application C.________. Au sujet de ces échanges, l'instance précédente pouvait à juste titre considérer que l'allégation du recourant selon laquelle son compte aurait été piraté n'était pas crédible, dès lors que certaines utilisatrices de cette application C.________ avaient ensuite également été en contact avec le recourant via WhatsApp, que l'utilisateur du compte incriminé avait mentionné se trouver en Suisse et avait indiqué que le nom "D.________" affiché dans l'application était celui de son frère (le frère du recourant se prénommant effectivement E.D.________) et que l'identifiant Skype "F.________" communiqué à une utilisatrice pour poursuivre leurs échanges était celui du recourant.