Citation: 6A.43/2006 10.07.2006 E. 1

Le membre visiteur de la Commission de libération du canton de Vaud a entendu X.________ le 28 février 2006. Dans son rapport à la commission, il a indiqué que l'intéressé avait commencé à commettre des infractions après plus de dix ans de vie normale en Suisse, ensuite du décès accidentel de l'un de ses frères. Ajouté au fait qu'il vivait une situation incertaine pendant sa liberté provisoire, cette étape difficile de sa vie l'avait conduit à multiplier les dérapages et à fréquenter de mauvaises personnes, y compris lorsqu'il s'était trouvé en liberté provisoire, puis en congé pendant l'exécution de sa peine. Cependant, l'intéressé s'était ensuite positionné du côté de l'autorité lors d'une émeute dans l'un des établissements où il avait été détenu. Le membre visiteur était d'avis que X.________ avait tiré des leçons du refus de libération conditionnelle qui lui avait été signifié le 14 février 2005, lorsque, purgeant les deux ans de réclusion auxquels il avait été condamné le 18 août 2003 et les peines d'arrêts substituées à ses diverses peines d'amende, il avait été maintenu en détention en raison des faits qui lui ont valu sa condamnation à dix-huit mois d'emprisonnement le 15 septembre 2005. Comme il disposait d'un contrat de travail, X.________ devait dès lors être mis en liberté conditionnelle. Quant à l'expulsion, il convenait de la différer à titre d'essai. Pour un minoritaire serbe comme X.________, les conditions de réinsertion étaient, de l'avis du membre visiteur, bien meilleures en Suisse qu'au Kosovo. Statuant le 24 mars 2006, la Commission de libération du canton de Vaud a accordé la liberté conditionnelle à X.________, mais refusé de différer son expulsion à titre d'essai et dit que la libération conditionnelle deviendrait effective au moment où l'expulsion pourrait être exécutée. Par arrêt du 4 mai 2006, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois a notamment confirmé, sur recours de l'intéressé, le refus de différer l'expulsion. Elle a considéré que X.________ ne s'était jamais véritablement intégré en Suisse, comme le démontrait le fait que même le sursis à l'expulsion dont il avait bénéficié ne lui avait pas permis de se conformer à notre ordre juridique. En outre, on pouvait douter de la réalité de ses projets professionnels en Suisse. En effet, pour tout justificatif sur ce point, il avait produit copie d'un contrat de travail signé par une personne dont on ignorait si elle pouvait engager l'employeur et qui l'embauchait en qualité de chauffeur, alors qu'il avait été condamné de nombreuses fois pour violations des règles de la circulation de 2002 à 2005. Il y avait ainsi tout lieu de penser que X.________ se retrouverait à sa sortie de prison dans la même situation qu'il y a quelques années. Dans ces conditions, la cour cantonale a jugé qu'il existait manifestement un risque important de récidive. Par ailleurs, le fait que X.________ n'avait pas de projets au Kosovo résultait d'un choix personnel. Compte tenu du temps qu'il avait passé dans cette province avant son arrivée en Suisse et de l'expérience professionnelle qu'il avait acquise en Suisse, la cour cantonale a considéré qu'il disposait d'un éventail de possibilités au Kosovo au moins comparable au poste qu'il convoite dans notre pays. Son appartenance à la minorité serbe du Kosovo ne constituait pas un obstacle aussi important pour sa réinsertion que la situation qui serait la sienne en Suisse à sa sortie de prison. Ses possibilités de resocialisation n'étaient dès lors pas à ce point meilleures dans notre pays qu'il s'imposât de différer l'expulsion à titre d'essai.