Citation: 9C_662/2020 E. 6

L'assurée fait grief à la juridiction cantonale d'avoir fondé son arrêt sur des données incomplètes. Elle soutient à cet égard que les difficultés rencontrées dans son enfance décrites par les docteurs E.________ et F.________ sont des faits nouveaux justifiant le diagnostic de "trouble de la personnalité paranoïaque" et la reconnaissance d'une incapacité totale de travail ininterrompue depuis 2002. Elle prétend que ces faits étaient totalement ignorés du docteur B.________, qui avait lié l'incapacité totale de travail retenue avant tout à la problématique dépressive résultant du divorce conflictuel d'avec son premier mari, ainsi que des docteurs C.________ et D.________, qui avaient déduit de son remariage l'amendement de cette problématique et le recouvrement d'une pleine capacité de travail. Elle reproche au tribunal cantonal d'avoir arbitrairement écarté l'expertise probante des docteurs E.________ et F.________ en n'examinant pas avec objectivité la "portée rétroactive" de leurs conclusions. Elle soutient à cet égard que les premiers juges n'ont pas tenu compte de la reconnaissance par le docteur H.________, médecin du SMR (rapport du 20 décembre 2017), du caractère superficiel de l'anamnèse contenue dans le rapport des docteurs C.________ et D.________. Les juges cantonaux s'étaient interdits d'examiner la situation avant 2016 dans la mesure où ils n'entendaient pas remettre en question la décision de suppression de rente et leur approche du cas était faussée parce qu'ils avaient ignoré les faits nouveaux évoqués; la question à se poser ne serait pas de savoir si le trouble de la personnalité dépendante était décompensé ou non mais si le trouble de la personnalité paranoïaque était déjà incapacitant en 2002. Elle ajoute que la juridiction cantonale ne pouvait pas valablement appuyer son raisonnement sur les avis des médecins traitants, dès lors qu'ils n'avaient pas été jugés pertinents à l'époque, ni sur l'instauration d'une curatelle en 2014, dès lors qu'une telle mesure avait déjà été requise en 2010. Elle précise encore que les seuls documents d'époque disponibles étaient les rapports de son psychiatre traitant, le docteur I.________, qui avait attesté une incapacité de travail constante de 70 %.