Citation: 1A.43/2001 15.03.2001 E. 2

2.- Contrairement à ce que prétendent les recourants, les normes régissant l'octroi ou le retrait de l'effet suspensif dans la procédure inférieure de recours au niveau cantonal (devant la Commission de recours) ne sont pas des normes du droit administratif fédéral, mais bien des normes du droit cantonal. L'art. 55 al. 1 PA, qui prévoit qu'en procédure administrative fédérale, le recours a effet suspensif, ne s'applique que lorsque l'autorité compétente est mentionnée dans la liste de l'art. 1er al. 2 PA (Conseil fédéral, départements fédéraux, commissions fédérales de recours, etc.). Cette règle n'est donc, à l'évidence, pas applicable à la procédure de recours devant une autorité cantonale inférieure. Il en va du reste de même de la règle de l'art. 55 al. 2 PA concernant le retrait de l'effet suspensif (cf. art. 1er al. 3PA). Dans le cas particulier, la Commission de recours a appliqué l'art. 146 al. 2 de la loi cantonale sur les constructions et les installations diverses (LCI), qui dispose que "lorsqu'il est dirigé contre une autorisation définitive précédée d'une autorisation préalable ou d'un plan localisé de quartier en force, le recours n'a pas d'effet suspensif à moins qu'il ne soit restitué sur requête du recourant". Le PLQ de la Praille n'étant plus contesté, l'effet suspensif était en l'occurrence exclu en principe de par la loi, la Commission de recours n'ayant plus qu'à examiner s'il se justifiait de le restituer. A ce propos, la contestation portait donc, devant le Tribunal administratif, sur l'application de l'art. 146 al. 2 LCI. Comme les recourants critiquent le résultat de la pesée des intérêts à ce sujet, le Tribunal fédéral doit dès lors se limiter à vérifier si le droit cantonal a été ou non appliqué de manière arbitraire, ou en d'autres termes de façon contraire à l'art. 9 Cst. ; dans le cadre du recours de droit administratif - qui peut être formé pour violation du droit fédéral (art. 104 let. a OJ), y compris les garanties constitutionnelles, mais non pas pour violation du droit cantonal -, c'est le seul grief qui entre en considération (cf. ATF 125 II 1 consid. 2a p. 5; 124 II 409 consid. 5 p. 423 et les arrêts cités). Il importe peu que les recourants aient dénoncé principalement une violation de l'art. 55 PA, le Tribunal fédéral n'étant pas lié par les motifs invoqués par les parties (art. 114 al. 1 OJ). Saisi d'un recours pour arbitraire, le Tribunal fédéral n'annulera la décision attaquée que si elle méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou si elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. En d'autres termes, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue en dernière instance cantonale que si elle est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que la motivation de la décision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15, 129 consid. 5b p. 134; 124 V 137 consid. 2b p. 139; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités).