Citation: 4C.226/2003 25.02.2004 E. A

La société X.________ SA (ci-après: la société ou la défenderesse) a été constituée le 9 juin 1994, avec pour but le commerce et la représentation de tout matériel médical, paramédical, pharmaceutique et tout autre produit en relation avec la santé. B.________ détenait 998 des 1000 actions nominatives de la société, dont il était l'administrateur unique avec signature individuelle, les deux actions restantes appartenant à A.________ (ci-après: le demandeur) et à une tierce personne. Le demandeur était inscrit au registre du commerce comme directeur de la société avec signature individuelle également. Il ressort d'un courrier adressé par B.________ à A.________, en date du 21 février 1994, que les parties avaient initialement envisagé une participation du premier dans une société de vente de produits paramédicaux du second. La société a débuté son activité en date du 1er juillet 1994. Elle avait son siège dans un immeuble appartenant à l'une des sociétés de B.________. Le demandeur y occupait des locaux, pour lesquels il n'a jamais versé de loyer. Il travaillait en tant que délégué commercial, chargé d'acquérir une clientèle, de nouer des contacts avec les médecins et les établissements médico-sociaux ainsi que d'acheter du matériel auprès des fournisseurs. Il établissait en outre des relevés mensuels de factures ainsi que des rapports mensuels, dans lesquels il résumait les travaux en cours, la facturation et les mouvements bancaires. Pour l'établissement desdits rapports, le demandeur était assisté d'une secrétaire engagée et rémunérée par l'une des sociétés de B.________. Le demandeur et la société sont convenues d'une rémunération mensuelle de 5'000 fr. De juillet à septembre 1994, le demandeur n'a pas prélevé de rémunération du compte bancaire de la société; son salaire lui a été versé par l'administrateur. Entre octobre 1994 et août 1995, il a retiré différents montants, sans que l'administrateur de la société ne s'y oppose. Ni celui-ci ni le demandeur ne se sont souciés du versement de cotisations sociales sur les montants retirés. Le demandeur n'a pas requis des allocations familiales, ni sollicité des certificats ou fiches de salaires. Il ne protestait pas auprès de la société, lorsque les disponibilités financières de celle-ci ne lui permettaient pas de prélever la rémunération mensuelle convenue. Le demandeur a déclaré ses revenus au fisc comme provenant d'une activité dépendante. Le 4 septembre 1995, la société, par la plume de son administrateur, a informé la banque que le demandeur n'était plus autorisé à procéder à des opérations sur son compte. Le 11 septembre 1995, l'administrateur a fait radier le demandeur du registre du commerce. Le 10 octobre 1995, le demandeur a restitué à l'administrateur de la société le téléphone mobile dont il disposait. Le 8 novembre 1995, le demandeur a réclamé à la société le versement de 30'000 fr., à titre de salaires et d'indemnité pour résiliation injustifiée. Le lendemain, celle-ci a contesté l'existence d'un contrat de travail et a exigé de la part du demandeur une reconnaissance de dettes portant sur la somme de 50'000 fr., en raison de prétendus détournements de fonds.