Citation: 1P.297/2000 10.07.2000 E. A

A.- A.________ exploite un commerce de véhicules d'occasion sous la raison sociale X.________, à Etoy. Le 26 mai 1997, il a vendu à C.________ une Opel Vectra de couleur noire pour le prix de 18'000 fr. Une seule clé a été remise à l'acquéreur, au nom duquel un permis de circulation a été établi, le véhicule étant immatriculé XXX. Le 19 novembre 1997, l'acheteur a confié sa voiture à A.________ pour effectuer une réparation et pour obtenir un double de la clé de contact. Il a repris le lendemain son véhicule, la clé originale et un double de celle-ci, copiée auprès de "Mister-Minit", à Morges. Le 26 novembre 1997, B.________, qui dirige un commerce de voitures d'occasion, à Genève, sous la raison sociale "Y.________", a reçu la visite d'un inconnu qui lui a vainement proposé la vente d'une Opel Vectra noire, immatriculée XXX. Le 1er décembre 1997, C.________ a déposé une plainte pénale pour le vol de sa voiture, commis à Bernex le jour même, entre 12h00 et 14h00, sur le parking de son employeur. Les permis de conduire et de circulation se trouvaient à l'intérieur du véhicule. Aucune trace d'effraction n'a été constatée sur les lieux du vol. Le 2 décembre 1997, l'inconnu s'est présenté à nouveau chez B.________, qui a acheté la voiture pour 12'400 fr. Lors de l'établissement du contrat, le vendeur a présenté les permis de conduire et de circulation établis au nom de C.________, étant précisé que ce dernier document était annulé depuis le 25 novembre 1997. Il a remis en outre à B.________ un double de la clé de contact provenant de chez "Mister-Minit" et a repris les plaques de contrôle du véhicule. B.________ a rapidement revendu celui-ci avant d'apprendre, en effectuant les formalités d'immatriculation, qu'il était signalé volé depuis le 1er décembre 1997. Il a aussitôt déposé une plainte pénale contre inconnu pour vol. Le 13 janvier 1998, A.________ a été convoqué au poste de gendarmerie d'Onex, puis arrêté après que B.________, non sans quelque hésitation, puis l'un de ses employés, D.________, l'eurent reconnu comme le vendeur de l'Opel Vectra noire. Suivant ces derniers, A.________ ne portait ni barbe ni moustache au moment des faits; à cet égard, celui-ci a affirmé avoir laissé pousser sa barbe depuis le début ou la mi-novembre 1997, en vue de se déguiser pour le Nouvel-An, ce que deux de ses amis ont par ailleurs confirmé. Une photo de A.________ avec son déguisement, à la fête masquée de Nouvel-An, montre une barbe et une moustache ne correspondant pas à celles qu'il portait lors de l'audience de comparution devant la Chambre pénale de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après, la Chambre pénale ou la cour cantonale), le 21 mars 2000. La police a procédé à la fouille du véhicule de A.________, stationné sur le parking public de la piscine d'Onex, à plus de 100 mètres du poste de police. Elle a retrouvé cachés dans le coffre les permis de conduire et de circulation de C.________ et les plaques d'immatriculation XXX. Elle a en outre saisi sur A.________ une quittance de 10'900 fr. établie le 2 décembre 1997 au nom du prévenu par le garage Z.________, à Genève, correspondant au solde du prix de vente d'une Opel Corsa consignée dans cet établissement. Dans un rapport préliminaire du 29 septembre 1998, l'expert en écritures commis par le Juge d'instruction en charge du dossier a relevé qu'il était impossible de dire si A.________ avait ou non signé la quittance du 2 décembre 1997 attestant du paiement d'une somme de 12'400 fr. par "Y.________". Dans un rapport complémentaire établi le 9 décembre 1998, l'expert a précisé qu'il était possible que B.________ soit l'auteur de la signature figurant sur cette quittance, mais que les meilleures concordances des particularités graphiques intimes demeuraient dans l'écriture de A.________.