Citation: I 286/05 26.04.2006 E. 2

A l'appui de sa décision litigieuse par laquelle il a accordé à l'assurée une demi-rente d'invalidité, l'OCAI s'est fondé sur les expertises des docteurs C.________, du 10 août 2001, V.________, du 15 avril 2003 et G.________, du 21 juillet 2003. Sur le plan psychique, le docteur V.________ a clairement exclu toute atteinte pouvant entraîner une incapacité de travail. Sur le plan somatique, le docteur C.________ estimait qu'une reprise d'activité complète devait être possible dans le courant de l'année 2002, à condition de poursuivre le déconditionnement multidisciplinaire et d'augmenter progressivement l'activité professionnelle en parallèle. Dans son rapport ultérieur du 18 juin 2002, le docteur C.________ n'a pas, comme l'affirment à tort les premiers juges, confirmé un taux d'incapacité de travail de 50 %. Au contraire, il a relevé que la fracture du bord antéro-supérieur du corps vertébral Th8, laquelle n'avait entraîné aucune compression médullaire ou des racines nerveuses thoraciques, jouait un rôle démesuré dans la réduction d'activité professionnelle et extra-professionnelle de l'assurée. Sur le plan rhumatologique, la doctoresse G.________ note pour sa part que l'examen clinique reste parfaitement normal en dehors d'un trouble statique bénin, banal, chez une assurée de constitution normale mais présentant une certaine insuffisance musculaire de la sangle abdominale et des ceintures, par sédentarité, ainsi que des raccourcissements des chaînes musculaires postérieures. Elle ajoute que le trouble statique n'est pas ressenti comme significativement douloureux, même après le port prolongé de chaussures à hauts talons. Pour l'assurée, c'est la tolérance à l'activité professionnelle qui diminue en fin de journée, provoquant des douleurs de tension au niveau du dos associées à une fatigabilité limitant ses activités de loisirs en fin de journée. Selon la doctoresse, il existe une discordance entre ces douleurs, dont l'intensité est jugée maximale sur l'échelle visuelle par l'assurée qui affirme éprouver une gêne douloureuse toujours présente, et l'absence totale de douleurs en début de journée ainsi que la nuit. La doctoresse G.________ constate par ailleurs l'absence d'argument pour évoquer une affection évolutive soit osseuse, soit intra-rachidienne. Les mouvements oscillatoires observés au MIG ainsi qu'une hypersensibilité traduisent plus vraisemblablement une atteinte d'ordre pseudo-neurologique et sont survenus lors d'un sentiment d'insécurité pendant la rééducation initiale, d'autant plus que l'assurée qui pensait ne pas avoir de lésion a été choquée par la découverte ou la description ultérieure de sa fracture dorsale. Pour la doctoresse, ceci peut avoir donné lieu à des phénomènes d'amplification, à des échecs thérapeutiques des antalgiques et des mesures de physiothérapie habituelles. Au vu de toutes ses constatations, elle conclut à l'absence de corrélation entre les plaintes subjectivement importantes, conditionnant l'incapacité de travail à 50 %, et les constatations cliniques et radiologiques objectives. Cette analyse est convaincante. Elle rejoint au demeurant celle du docteur C.________. Quant à la capacité de travail exigible de l'assurée, elle est évaluée de la manière suivante: nulle entre le moment de la survenance de l'accident jusqu'en février 2000, de l'ordre de 50 % de mars 2000 jusqu'en janvier 2002, soit six mois après l'expertise du docteur C.________, et enfin entière à partir de février 2002. La seule opinion vraiment divergente quant à l'évaluation de la capacité de travail de l'assurée émane ainsi de son médecin traitant, lequel rappelle, dans son rapport du 8 novembre 2004, qu'elle est toujours de 50 % depuis l'accident et qu'il est à prévoir que tel sera encore le cas à l'avenir. Le docteur H.________ explique que la musculature de l'assurée, plutôt fragile au départ, a été définitivement compromise par sa longue immobilisation à la suite de son accident, laquelle serait à l'origine d'une incapacité de travail permanente de 50 %. L'avis du docteur H.________ n'est pas convaincant. Outre le fait qu'il est peu étayé, il est contradiction avec ses propres constatations antérieures. En effet, dans son rapport du 28 mars 2002, il avait fait état d'un dysfonctionnement musculaire qu'il rangeait dans la catégorie des diagnostics n'ayant pas de répercussions sur la capacité de travail. Au vu de ce qui précède, il convient de se rallier à l'opinion de la doctoresse G.________, laquelle a estimé qu'une capacité de travail de 100 % était exigible de la part de l'assurée à partir du mois de février 2002, ce qui entraînait la suppression de la rente à fin mai 2002 (art. 88a al. 1 RAI). Le recours est dès lors bien fondé.