Citation: 5C.157/2000 11.08.2000 E. 3

3.- Le demandeur reproche à la cour cantonale de n'avoir pas pris en compte, dans le calcul de son minimum vital, certains frais liés essentiellement à la maladie. a) Le demandeur relève tout d'abord que la cour can-tonale a déclaré faire sien dans son entier l'état de fait du jugement attaqué (cf. arrêt attaqué, p. 2), qui était conforme aux pièces du dossier (cf. arrêt attaqué, consid. 1a). Or à l'instar du premier juge, qui avait tenu pour justifié un montant de 250 fr. par mois à ce titre, les juges cantonaux ont retenu en fait que le demandeur a besoin, en raison de ses problèmes de santé, d'une femme de ménage qui l'aide à raison de quelques heures par semaine. C'est dès lors à tort, selon le demandeur, qu'ils n'ont pas tenu compte de ce poste dans le calcul de son minimum vital. Ce grief est fondé. En effet, les juges cantonaux ont constaté en fait que le demandeur a besoin, en raison de ses problèmes de santé, d'une femme de ménage qui l'aide à raison de quelques heures par semaine (arrêt attaqué, p. 3 in fine). Ils ne pouvaient dès lors pas, sans motivation aucune, laisser de côté, dans le calcul du minimum vital du demandeur, un poste dont ils avaient précédemment reconnu le caractère indispensable, au moins dans son principe. b) Le demandeur reproche ensuite à la cour cantonale de n'avoir pas pris en compte le montant allégué de 900 fr. au titre de frais de régime strict lié au diabète. Il expose que si le montant de 900 fr. retenu par le premier juge pour frais de régime peut paraître important, c'est parce qu'il comprend également les frais habituels de nourriture, que la cour cantonale a quant à elle compris dans le forfait de 1'010 fr. par mois. Le demandeur relève que selon la pièce 44 produite en première instance, l'Office des poursuites avait retenu dans ses charges mensuelles, à côté notamment du forfait de 1'010 fr., un montant de 445 fr. pour frais de régime strict. Selon le demandeur, c'est dès lors de façon totalement incompréhensible, et sans aucune explication, que les juges cantonaux n'ont tenu compte d'aucune somme à ce titre dans leur calcul du minimum vital. Il en va de même des frais médicaux, que l'Office des poursuites avait pris en considération à concurrence d'un montant de 200 fr. Ces critiques sont également pertinentes. En effet, il est incontesté que les frais médicaux et de médicaments indispensables doivent être pris en considération dans le calcul du minimum vital du débirentier (cf. Hausheer/Kocher, in Handbuch des Unterhaltsrechts, 1997, n. 12.37). Dès lors, s'agissant des frais de régime rendus indispensables - à tout le moins dans leur principe, sinon dans le montant de 445 fr. allégué - par le diabète sucré dont souffre le demandeur, la cour cantonale ne pouvait se contenter de prendre en compte le forfait de base de 1'010 fr. qui ne couvre - entre autres dépenses de base indispensables - que les frais d'alimentation touchant tout un chacun (cf. Hausheer/Kocher, op. cit. , n. 12.36). De même, la cour cantonale ne pouvait pas, sans violer les principes reconnus en matière de calcul du minimum vital du débirentier, écarter de son calcul du minimum vital, sans motivation d'aucune sorte, les frais médicaux allégués par le demandeur. c) Le demandeur se plaint enfin de ce que la somme de 33 fr. par mois retenue par les juges cantonaux - comme déjà par le premier juge, sans que le demandeur ne s'en plaigne devant le Tribunal cantonal - au titre des cotisations AVS/AI/APG serait en contradiction avec les pièces produites. Un tel grief, dirigé contre une pure constatation de fait, est irrecevable en instance de réforme (art. 55 al. 1 let. c et 63 al. 2 OJ).