Citation: 4A_289/2023 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la cour cantonale a considéré que les éléments avancés par la recourante ne démontraient pas un intérêt digne de protection à la consultation des pièces, au degré de la haute vraisemblance, c'est-à-dire, selon la terminologie de la jurisprudence, la vraisemblance prépondérante. D'abord, l'administrateur de la demanderesse était l'ancien administrateur de la défenderesse jusqu'en novembre 2021, ce qui accréditait le caractère abusif de la procédure. Ensuite, la recourante ne démontrait pas que sa créance était en péril, puisque, des trois poursuites qu'elle invoquait, deux étaient intentées par des entités dans lesquelles son administrateur principal était actif, ce qui impliquait qu'il avait lui-même provoqué les poursuites dont la recourante se prévalait pour étayer le prétendu péril de sa créance. La troisième, intentée par la bailleresse de l'intimée, avait été provoquée par la suspension du paiement du loyer par la défenderesse, suspension décidée par l'administrateur de la recourante lui-même, lorsqu'il siégeait au conseil d'administration de la défenderesse. Cette décision de suspension de paiement du loyer était du reste fondée sur l'invocation d'une créance compensante de la défenderesse contre sa bailleresse. Enfin, les éléments avancés par la recourante pour étayer une supposée situation financière difficile de la défenderesse étaient anciens, alors que la défenderesse avait déposé des pièces plus récentes, parmi lesquelles figurait la preuve du rétablissement de sa ligne de crédit bancaire, consenti en mars 2022 après une analyse de ses états financiers, ce qui revêtait un poids déterminant. À cela s'ajoutait encore le fait que la défenderesse avait déposé sur le compte "clients" de son conseil, le montant de 120'000 fr., avec mandat de le conserver jusqu'à droit jugé sur la créance invoquée par la demanderesse, ce dont elle avait informé le Ministère public les 26 janvier et 2 février 2023.