Citation: I 626/04 13.07.2005 E. 5

5.1 Le diagnostic d' « épisode dépressif moyen sans syndrome somatique » ne suffit pas à établir l'existence d'une comorbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée importante au sens de la jurisprudence. En effet, selon la doctrine médicale (cf. notamment Dilling/Mombour/Schmidt [éd.], Internationale Klassifikation psychischer Störungen, ICD-10 Kapitel V [F], 4ème édition, p. 191), sur laquelle se fonde le Tribunal fédéral des assurances, les états dépressifs constituent des manifestations (réactives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'un tel diagnostic ne saurait être reconnu comme constitutif d'une comorbidité psychiatrique autonome des troubles somatoformes douloureux (ATF 130 V 358 consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, op. cit., p. 81, note 135). On ne saurait également assimiler le « trouble de la personnalité dépendante » qui affecte la recourante à une véritable atteinte à la santé psychique ayant valeur de maladie. La doctoresse M.________ a en effet indiqué que l'assurée souffrait de ce trouble depuis son adolescence, ce qui ne l'a pourtant pas empêchée d'exercer une activité lucrative pendant plus de dix-sept ans. 5.2 Reste à examiner la présence éventuelle d'autres critères, dont le cumul permet d'apprécier le caractère invalidant du trouble somatoforme. Si on ne saurait contester le fait que le processus maladif perturbe depuis de nombreuses années le fonctionnement professionnel de la recourante, divers facteurs permettent de conclure qu'elle dispose des ressources nécessaires pour vaincre ses douleurs et réintégrer le processus du travail. En effet, malgré lesdites douleurs, la recourante a conservé une vie sociale relativement stable. Selon les experts, elle parvient à mener une vie régulière et à s'acquitter quotidiennement d'une partie de ses tâches ménagères. Elle fait de longues promenades quotidiennes et les contacts avec les quelques amies qu'elle aurait en Suisse n'auraient pas diminué ces dernières années. Elle retourne régulièrement dans son pays d'origine pour les vacances et maintient des contacts téléphoniques fréquents avec son père. Elle a pu également s'occuper de sa fille et lui préparer les repas, lorsque celle-ci est venue chez elle pour les vacances. Par ailleurs, aux yeux mêmes des experts, l'assurée disposerait de ressources adaptatives qui ne seraient pas épuisées et ferait état d'une envie de travailler et d'une certaine ambition sociale, de sorte que l'on ne saurait parler pour l'heure d' un état psychique cristallisé, sans évolution possible sur le plan thérapeutique. Enfin, eu égard à la relative brièveté du traitement psychothérapeutique suivi auprès du docteur P.________ entre les mois de février et juillet 1999, il est prématuré de conclure à l'échec des mesures thérapeutiques prescrites. 5.3 Sur le vu de ce qui précède, il apparaît que le trouble somatoforme douloureux ne se manifeste pas avec une sévérité telle que, d'un point de vue objectif, seule une mise en valeur limitée de la capacité de travail de la recourante peut être raisonnablement exigée d'elle. C'est dès lors à tort que l'office AI et les premiers juges ont considéré qu'il ne pouvait être exigé de la recourante de réintégrer le processus du travail et qu'ils ont retenu qu'elle présentait une incapacité de travail issue d'un trouble somatoforme douloureux.