Citation: 4A_486/2022 E. 5.3

5.3. Il saute d'emblée aux yeux que l'intéressé, sous le couvert du moyen pris de la violation de son droit d'être entendu, s'en prend, en réalité, à l'appréciation des faits juridiquement pertinents, telle qu'elle a été faite par la Formation, et cherche, ainsi, à remettre en cause les constatations de fait opérées souverainement par les arbitres en tentant, de surcroît, d'obtenir, de manière détournée, un contrôle matériel de la sentence, ce qui n'est pas admissible. Par sa critique au ton appellatoire marqué, le recourant échoue, de toute manière, à démontrer l'existence d'une violation de son droit d'être entendu. S'agissant de la retranscription erronée dans la sentence attaquée des indications faites par l'intéressé dans son mémoire d'appel en lien avec les messages échangés entre B.________ et C.________, il appert sans l'ombre d'un doute que cet élément n'a eu aucune incidence sur la solution à laquelle ont abouti les arbitres, comme le démontrent de manière convaincante les intimés dans leur réponse, sans être véritablement contredits par leur adversaire. La lecture de la sentence querellée permet, en effet, de comprendre que les arbitres ont parfaitement saisi la nature et la teneur des échanges entre B.________ et C.________ (cf. notamment, sentence, n. 250 et 284). En tout état de cause, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il affirme, en substance, que la Formation n'aurait pas pu aboutir à la solution qu'elle a retenue si elle n'avait pas ignoré le véritable sens de son argumentation. Il faut, en effet, bien voir que la Formation, au terme d'un raisonnement détaillé, a jugé que le recourant avait enfreint les règles du TACP en tenant compte d'un ensemble d'éléments convergents, comme l'atteste le n. 284 de la sentence entreprise qu'il convient de reproduire ici: " 284. In summary, the Panel, by a majority, finds that there are several pieces of cogent, albeit circumstantial, evidence reaching the required standard of proof that warrant the conclusion that the Player [le recourant] contrived the outcome of the Match, e.g. the betting data, the correspondence exchanged between Mr C.________ and Mr B.________, in particular the confirmation from Mr B.________ that the Player had accepted the offer to contrive the outcome of the Match for a certain fee, the Skype conversations between Mr C.________ and Mr B.________ about match-fixing in tennis, including numerous references to the Player, Mr C.________'s acknowledgement to the Public Prosecutor that Mr B.________ had assured him that the Player had accepted to contrive the outcome of the match for an amount of EUR 40,000, the Panel's finding that the evidence related to the reason of the Player's retirement from the Match is inconclusive, and the inherent likelihood that Mr B.________ would have misled Mr C.________ about the Player's acceptance to contrive the outcome of the Match with no proven benefit and at obvious risk to himself. This is not a case where there is a smoking gun, but the existence of such instrument is not a sine qua non of the PTIO's case. The simple and undeniable fact is that, as the majority of the Panel finds, Mr B.________ promised Mr C.________ that the Player would lose the Match and that he did lose it. The majority of the Panel finds that this was not mere happenstance but the execution of an agreed plan. " L'argument du recourant selon lequel la Formation aurait méconnu la véritable portée de la décision rendue le 10 octobre 2015 par la Cour fédérale d'appel de la yyy n'apparaît pas davantage convaincant. Comme les intimés le soulignent à juste titre, il s'agit tout au plus d'une erreur de plume n'ayant eu aucune incidence sur le résultat auquel ont abouti les arbitres. A cet égard, il sied du reste d'observer que les arbitres ont tenu compte de toute une série d'éléments pour parvenir à la conclusion que le contact "... " correspondait à B.________ (cf. sentence, n. 226-242). C'est également en vain que le recourant dénonce une violation de son droit d'être entendu, au motif que la Formation aurait ignoré des éléments de preuve cruciaux quant aux raisons de son abandon lors du match disputé le 19 avril 2011. Sous n. 271 de sa sentence, la Formation a, en effet, estimé qu'elle n'était pas tenue de trancher le point de savoir si le recourant avait réellement souffert de maux d'estomac ou s'il les avait feints. Elle a ainsi considéré que la réponse à cette question n'avait aucune incidence sur l'issue du litige. Aussi les éléments de preuve prétendument ignorés par les arbitres auxquels fait allusion le recourant ne sont-ils manifestement pas de nature à influer sur l'issue du litige. Au vu de ce qui précède, le grief examiné ne peut qu'être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.