Citation: 6B_708/2020 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a considéré que le recourant n'avait pas de liens sociaux ni professionnels spécialement intenses avec la Suisse, pour que l'expulsion le mette dans une situation personnelle grave (première condition cumulative prévue par l'art. 66a al. 2 CP). En outre, elle a estimé que l'intérêt public à son expulsion l'emportait sur le sien, privé, à demeurer en Suisse (seconde condition cumulative prévue par l'art. 66a al. 2 CP). A cet égard, elle a relevé que le recourant, malgré plus de vingt années passées dans notre pays, n'était pas parvenu à s'intégrer particulièrement à la vie sociale ou professionnelle suisse. Elle a noté que, durant ce même laps de temps, il avait démontré son fort mépris de l'ordre juridique de notre pays puisqu'il avait déjà été condamné pénalement à pas moins de neuf reprises. Elle a ajouté qu'il ne se réintégrerait pas plus difficilement au Kosovo qu'en Suisse et qu'il pourrait également bénéficier au Kosovo des traitements médicamenteux et des soins de physiothérapie que ses problèmes dorsaux semblaient nécessiter. Enfin, elle a souligné que la peine privative de liberté à laquelle le recourant était condamné dépassait largement une année, ce qui aurait, le cas échéant, pu permettre une révocation de son autorisation d'établissement sur la base de l'art. 63 al. 1 let. e LEI, lequel renvoie, notamment, à l'art. 62 al. 1 let. b LEI. Le recourant conteste ne pas posséder de liens sociaux spécialement étroits avec la Suisse et reproche à la cour cantonale d'avoir refusé d'entendre les témoins qu'il avait proposés sur ce point (cf. consid. 3 ci-dessus). Il relève également qu'il a réussi son intégration pendant plus de dix ans et qu'il n'est tombé dans la délinquance qu'après avoir divorcé, perdu son travail et sa santé. Enfin, il allègue des problèmes de santé, qui justifieraient son maintien en Suisse. A cet égard, il explique que son état de santé devrait être traité sans délai par les institutions médicales suisses; il y aurait un grand problème quant à la reprise du dossier médical au Kosovo, lequel est complètement en allemand et traité par des médecins suisses. En conclusion, le recourant considère que, au vu de la durée de sa présence en Suisse (plus de 20 ans), de son état de santé ainsi que des perspectives de réinsertion sociale en Suisse, sa situation doit être qualifiée de situation personnelle grave et que l'intérêt public ne l'emporte pas sur son intérêt privé à demeurer en Suisse.