Citation: 4A_426/2016 E. 3.3.2

3.3.2. Le motif de dissolution fondé sur l'impossibilité subséquente d'atteindre le but social donne lieu à des discussions doctrinales. Certains auteurs soutiennent qu'il ne peut s'agir que d'une impossibilité objective (BENEDICT F. CHRIST, in Personengesellschaftsrecht [Art. 530-619 OR], [Schütz éd.] 2015, n° 9 ad art. 545 CO; PATRICK M. HOCH, Auflösung und Liquidation der einfachen Gesellschaft, 2000, p. 16 s. n. 37 ss; WERNER VON STEIGER, Die Personengesellschaften, in Handelsrecht, TDPS vol. VIII/1, 1976, p. 451; HERMANN BECKER, Berner Kommentar, 1934, n° 10 ad art. 545 CO). D'autres sont d'avis qu'une impossibilité subjective peut aussi fonder un tel motif (HANDSCHIN/VONZUN, op. cit., n os 27-29 ad art. 545-547 CO; PETER JUNG, in Handkommentar zum Schweizer Privatrecht, 2007, n° 3 ad art. 545-546 CO), cas échéant en exigeant qu'une telle impossibilité concerne tous les associés (DANIEL STAEHELIN, in Basler Kommentar, 5 e éd. 2016, n° 8 ad art. 545-546 CO; ROLF SETHE, in Kurzkommentar OR, 2014, n° 4 ad. art. 545-546 CO). D'aucuns soulignent qu'une attitude hostile des associés entre eux ne réalise pas les prévisions de l'art. 545 al. 1 ch. 1 CO (BECKER, ibidem; dans ce sens aussi STAEHELIN, ibidem, et HANDSCHIN/VONZUN, op. cit., n° 29 ad art. 545-547 CO, lesquels relèvent que des différends internes ne sont généralement pas définitifs). Selon un auteur, la maladie prolongée d'un associé actif ne suffit pas non plus (SETHE, ibidem, qui se réfère à l'ATF 24 II 197); pour d'autres toutefois, il y a matière à dissolution en cas de grave maladie d'un associé dont la collaboration est indispensable à la poursuite de la société (HANDSCHIN/VONZUN, op. cit., n° 29 in fine ad art. 545-547 CO). Pour FRANÇOIS CHAIX, une modification décisive dans la personne des associés, qui entraîne un désaccord durable entre eux, empêche toute prise de décisions nécessaires à la poursuite du but commun, ou encore la déconfiture d'un associé qui ne peut fournir le financement prévu, sont une cause de dissolution (CHAIX, in Commentaire romand, 2008, n° 6 ad art. 545-547 CO). Dans le même ordre d'idées, l'autorité de céans a jugé, dans une cause où deux personnes avaient convenu d'acquérir ensemble un immeuble, qu'un désaccord quant à la manière d'exploiter ce bien-fonds pouvait constituer une cause de dissolution en vertu de l'art. 545 al. 1 ch. 1 CO si les associés ne parvenaient pas à prendre une décision unanime (ATF 110 II 287 consid. 2c; cf. aussi arrêt 4C.378/2002 du 1 er avril 2003 consid. 4.2).