Citation: 9C_214/2023 E. A

A.a. Dans le canton du Valais, la société A.________ SA (ci-après aussi: la Société) est propriétaire du barrage de B.________ et de l'usine hydroélectrique de C.________, où elle exploite des eaux des bassins versants de D.________ et de E.________ en vertu de concessions communales. Les apports provenant du bassin de E.________ sont mesurés avant qu'ils ne se déversent dans le barrage. En revanche, ceux qui proviennent du bassin de D.________ ne peuvent pas être mesurés, faute de cours d'eau persistant où des appareils de mesure pourraient être installés à cette fin. Le barrage de B.________ n'est pas utilisable à plein, parce qu'une partie des eaux qui s'y accumulent se perd dans les failles d'un sous-sol karstique. Initialement, les pertes se produisaient dès que le niveau des eaux du barrage dépassaient 1900 mètres sur mer. Les travaux d'étanchement que la Société a effectués entre 1991 et 1994 ont permis de réduire les pertes et de relever la cote d'exploitation du barrage à 1910.15 mètres sur mer. Cette cote n'a plus progressé depuis qu'une faille a été détectée en 2006 à 1912.12 mètres sur mer. A.b. Jusqu'en 1985, le Service de l'énergie et des forces hydrauliques du canton du Valais (ci-après: le Service cantonal) a prélevé auprès de la Société l'impôt spécial cantonal sur les forces hydrauliques (ci-après: l'impôt spécial) en se fondant sur la production effective de l'usine de C.________, soit sur le volume d'eau turbiné. De 1986 à 1993, il a majoré ce volume d'eau de 15% afin de tenir compte des eaux concédées perdues en raison de leur infiltration dans les failles de la roche. De 1994 à 2001, il a réduit cette majoration à 10%, dans l'attente des conclusions d'études sur le résultat des travaux d'étanchement menés par la Société entre 1991 à 1994. Dès 2002, il a fixé à nouveau la majoration à 15% car la production d'énergie n'avait pas augmenté, ce qui démontrait que les pertes d'eau persistaient malgré ces travaux. A.c. Par arrêt du 16 octobre 2009, le Tribunal cantonal du canton du Valais (ci-après: le Tribunal cantonal) a rejeté le recours que la Société avait interjeté contre la décision du 17 juin 2009 du Conseil d'État du canton du Valais (ci-après: le Conseil d'État) confirmant les décisions de taxation d'impôt spécial pour les années 2002 à 2006. Il a jugé que les eaux concédées qui se perdaient par infiltration dans les failles rocheuses étaient également imposables et que la majoration de 15% qui avait été appliquée pour évaluer leur volume n'était pas critiquable. Cet arrêt n'a pas fait l'objet d'un recours. Par arrêt du 16 novembre 2018, le Tribunal cantonal a rejeté le recours de la Société contre la décision du 12 avril 2017 du Conseil d'État qui confirmait les décisions de taxation d'impôt spécial pour les années 2007 à 2012. Il a à nouveau retenu que les volumes d'eau concédés perdus par infiltration étaient soumis à l'impôt spécial. Par arrêt 2C_1144/2018 du 10 mars 2020, le Tribunal fédéral a rejeté le recours de la Société contre cet arrêt, dans la mesure de sa recevabilité. A.d. Par décisions de taxation des 11 juillet et 30 septembre 2016, le Service cantonal a établi le montant d'impôt spécial dû par la Société pour les années 2013, 2014 et 2015 en tenant à nouveau compte des eaux perdues par infiltration au moyen du coefficient de majoration de 15% appliqué antérieurement. La Société a contesté ces décisions auprès du Conseil d'État qui, le 9 mars 2022, a rejeté le recours.