Citation: 5C.38/2003 31.03.2003 E. 5

La recourante se plaint enfin d'une violation de son droit à la preuve découlant de l'art. 8 CC, du fait que la cour cantonale n'a pas entendu les quatre témoins dont elle avait requis l'audition avec sa duplique du 12 mars 2002. Elle soutient que, la question débattue étant "de savoir s'il y avait lieu de mettre ou non un terme au paiement des indemnités journalières, et à quelle date", l'audition du Dr B.________ et de la Doctoresse E.________, de même que celle des deux collaborateurs de la recourante cités comme témoins par celle-ci, constituait sans aucun doute un élément nécessaire pour que l'autorité cantonale puisse se forger une conviction. L'art. 8 CC, dont la jurisprudence a déduit le droit à la preuve, ne dicte pas sur quelles bases et comment le juge peut forger sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d et les arrêts cités). Cette disposition n'empêche en particulier pas le juge de procéder à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont offertes (ATF 114 II 289 consid. 2a; 109 II 26 consid. 3b; 87 II 218 consid. 2 p. 232 et les arrêts cités), lorsqu'il s'est forgé une conviction sur la base des preuves déjà administrées et peut admettre sans arbitraire que l'administration des preuves supplémentaires offertes ne pourrait l'amener à modifier son opinion (ATF 124 I 208 consid. 4a; 122 II 464 consid. 4a). Ainsi, lorsque le juge renonce à administrer une preuve sur la base d'une appréciation anticipée des preuves, seule la voie du recours de droit public est ouverte pour se plaindre du caractère arbitraire d'une telle appréciation (ATF 114 II 289 consid. 2a et les arrêts cités). En l'occurrence, l'autorité cantonale s'est estimée en mesure, sur la base des preuves déjà administrées, de trancher les questions de fait relatives à l'incapacité de travail de l'intimée (cf. consid. 4 supra), qui étaient au coeur du litige. Ce faisant, elle a implicitement renoncé à administrer les preuves supplémentaires offertes par la recourante en procédant à une appréciation anticipée de ces preuves, qui n'aurait pu être critiquée que par la voie du recours de droit public. Le grief de violation du droit à la preuve soulevé par la recourante - laquelle affirme par ailleurs elle-même dans son recours que les informations fournies par l'expert B.________ étaient suffisantes pour retenir qu'il avait été mis à juste titre un terme aux prestations le 14 février 2001 - ne peut dès lors qu'être écarté.