Citation: 4A_286/2015 E. A

A.B.________ et B.B.________ (ci-après: les époux B.________) sont locataires d'un appartement de cinq pièces situé au septième étage de l'immeuble sis 9, rue... (GE). Le loyer annuel hors charges s'élève à 24'000 fr. En 2011, C.________, alors propriétaire, a mis en vente l'appartement précité. Chargé de l'estimation et de la vente, le courtier D.________ a organisé cinq à six visites, qui se sont déroulées sans problème avec l'accord des époux B.________. Le 11 janvier 2012, la Régie E.________ SA (ci-après: la régie), nouvellement en charge de la gérance, a informé les locataires que la propriétaire de l'appartement depuis le 10 décembre 2011 était A.________ SA (ci-après: la bailleresse). Cette société achète des biens pour les revendre; après avoir acquis l'appartement, elle a confié des mandats de vente à la régie et au courtier D.________. Ce dernier n'a pas obtenu de réponse de la part des locataires lorsqu'il a cherché à organiser de nouvelles visites de l'appartement. Par lettre du 30 mars 2012, la régie a demandé aux locataires de prendre contact avec elle; elle expliquait vouloir effectuer une visite de l'appartement, sans autres détails. Par plis des 20 avril et 21 mai 2012, elle s'est derechef adressée aux locataires afin de fixer un rendez-vous destiné à une visite de l'appartement, rappelant simplement la teneur de l'art. 257h al. 2 CO. Les trois courriers susmentionnés sont restés sans réponse. Le 5 juin 2012, la régie a écrit aux locataires les lignes suivantes: " Nous vous rappelons expressément et pour la énième fois que l'art. 257h al. 2 CO mentionne clairement que le locataire doit autoriser le bailleur à inspecter la chose dans la mesure où cet examen est nécessaire à l'entretien, à la vente ou à une location ultérieure. Par conséquent, la situation ne pouvant perdurer ainsi, nous vous sommons de prendre contact avec [la] collaboratrice dans un délai de quinze jours afin qu'une visite de l'appartement loué puisse être effectuée d'ici au 30 juin 2012. La présente vaut sommation au sens de l'article 257f al. 3 CO. Faute d'obtempérer aux instructions précitées, la bailleresse sera en mesure de résilier votre bail moyennant un délai de congé minimum de trente jours pour la fin d'un mois (...). " Par courrier du 15 juin 2012, les locataires ont répondu n'avoir aucune réserve à propos d'éventuelles visites, dont ils souhaitaient connaître le nombre et la programmation afin qu'elles s'accordent avec leurs propres disponibilités professionnelles. Ils tenaient toutefois à rappeler les nombreuses visites effectuées avant la vente du logement par le précédent propriétaire et faisaient part de leur étonnement au sujet du projet d'une nouvelle vente, dont ils n'avaient eu vent que par le courtier D.________; ils précisaient à cet égard qu'"il [leur] aurait été agréable, en [leur] qualité de locataires, d'être informés, de manière claire et précise, de cette seconde vente." Le 5 juillet 2012, la régie a répondu qu'il s'agissait à ce stade d'une inspection pour expertiser l'objet que la propriétaire envisageait de mettre en vente et qu'aucune commercialisation n'était entreprise à ce jour; elle requérait une prise de contact afin de fixer un rendez-vous. Sans nouvelles des locataires, la régie a sommé ces derniers, par lettre du 20 août 2012, de lui communiquer notamment leurs coordonnées téléphoniques dans un délai de quinze jours afin qu'une visite de l'appartement puisse être organisée avant le 10 septembre; elle a ajouté que le bail pourrait être résilié si les locataires ne donnaient pas suite à ce courrier, qui valait sommation au sens de l'art. 257f al. 3 CO. Les locataires n'ont pas réagi. Par avis du 12 septembre 2012 notifié à chacun des époux B.________, la bailleresse a résilié le bail pour le 31 octobre 2012.