Citation: 7B_677/2023 E. 2.3

2.3. La cour cantonale a examiné le grief des recourants au sujet du "changement d'approche" de la juge intimée. Elle a indiqué qu'elle ne voyait pas en quoi le fait d'avoir, pour cette dernière, "changé d'avis" en notifiant d'autres mandats de comparution, après les premiers, traduirait un manquement aux devoirs de sa charge. Elle a précisé que le fait que cette magistrate ne se soit pas expliquée sur ce point dans ses déterminations n'avait aucune pertinence (arrêt querellé, p. 5). L'autorité cantonale a ainsi considéré que les raisons pour lesquelles la juge concernée avait décidé de notifier, quatre mois après la délivrance des premiers mandats de comparution, de nouveaux mandats n'était pas décisive pour l'issue à donner à la demande de récusation. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. Il n'est en effet pas déterminant de savoir pourquoi la juge intimée a décidé de délivrer les deuxièmes mandats quatre mois après l'envoi des premiers, et non par exemple tout de suite après. La seule question qui doit être examinée est en réalité celle de savoir si, en raison de la délivrance des mandats du 15 août 2023 pour des débats dès le jour suivant celui de la première convocation en cas de défaut, la magistrate intimée a adopté un comportement de nature à la rendre suspecte de prévention au sens de l'art. 56 let. f CPP. Dans ces circonstances, la cour cantonale n'avait pas l'obligation de discuter de manière plus approfondie le grief des recourants et n'a par conséquent nullement violé leur droit d'être entendu. Pour le surplus, ce droit ne saurait permettre aux parties à une procédure judiciaire de connaître l'ensemble des raisons, qui plus est purement internes, qui conduisent les magistrats chargés de leur cause à agir de telle ou telle façon, mais doit se limiter à être invoqué dans les cas où une procédure pourrait conduire à un jugement vicié parce qu'elles n'auraient, en particulier, pas eu la possibilité d'y participer.