Citation: 5A_906/2017 E. 6.1

6.1. La cour cantonale a retenu que dans la mesure où l'intimé contestait avoir contribué, en dehors du paiement du loyer du logement conjugal, à l'entretien de l'épouse pendant leurs six années de mariage, la recourante se devait d'établir les faits selon lesquels son époux avait contribué à son entretien. Or, elle n'avait ni allégué que celui-ci lui avait versé de l'argent régulièrement à cette fin ni apporté de preuves dans ce sens, tels que des décomptes bancaires attestant de tels versements. Par ailleurs, lors de l'audience d'appel où elle avait été entendue en qualité de partie, l'épouse avait déclaré que de novembre 2010 à 2012, elle avait été entretenue par son mari, que de la fin 2013 jusqu'en 2014, elle avait travaillé, puis avait été au chômage et avait perçu le revenu d'insertion. Enfin, elle avait travaillé pour C.________ SA, puis pour la société D.________, éléments qui étaient d'ailleurs confirmés par les pièces au dossier. Elle avait précisé au sujet de ses séjours en Algérie que son époux lui avait payé un voyage par année et que lorsqu'elle avait travaillé, elle avait financé elle-même ses voyages de même que sa famille qui avait participé à de tels frais. Ainsi, au vu des déclarations de la recourante, on pouvait déduire qu'elle admettait implicitement que l'intimé l'avait entretenue uniquement de novembre 2010 jusqu'en 2012 et qu'elle avait travaillé et perçu ses propres revenus les années suivantes. Il n'était dès lors pas rendu vraisemblable que l'époux ait contribué à son entretien, ni même complété celui-ci, au cours des cinq dernières années, si ce n'était par le paiement du loyer du logement conjugal. De surcroît, la recourante avait déposé sa requête de mesures provisionnelles au pied de laquelle elle avait conclu au paiement d'une contribution d'entretien en date du 31 octobre 2016, à savoir deux mois et demi après avoir été mise, par décision du 15 août 2016, au bénéfice de l'aide sociale avec effet au 1 er août 2016. Or, l'absence de réaction de l'épouse pendant ce laps de temps permettait de penser qu'elle pouvait subvenir à ses propres besoins sans contribution de la part de son conjoint. En effet, si la décision d'octroi du revenu d'insertion avait été susceptible de justifier le besoin d'une contribution d'entretien, la recourante aurait pu et dû agir dès la reddition de la décision de l'aide sociale. Or, elle ne l'avait pas fait. Il était dès lors rendu vraisemblable, comme l'avait retenu le premier juge, que l'épouse avait bénéficié antérieurement d'autres revenus lui permettant de s'assumer seule. D'ailleurs, interpellée au cours de l'audience d'appel sur ses besoins qui auraient justifié une pension dès le mois de novembre 2016 seulement, la recourante n'avait pas réussi à s'expliquer clairement. Compte tenu de ces éléments, il était rendu vraisemblable que, de 2013 à ce jour, chaque époux avait perçu des revenus de manière à subvenir à ses propres besoins, le seul accord particulier portant sur le paiement du loyer du domicile conjugal.