Citation: 6B_1030/2023 E. 2.7.1

2.7.1. La cour cantonale a considéré que les intérêts privés du recourant à demeurer en Suisse étaient d'une certaine importance, puisque celui-ci y avait passé la majeure partie de sa vie. Malgré tout, son intégration ne pouvait être qualifiée de réussie. Le recourant déclarait ne plus pouvoir travailler en raison de ses problèmes de santé. Refusant de déposer une demande de rente Al, il avait bénéficié de l'aide sociale pendant 14 ans, soit entre 2008 et 2022. Il avait des poursuites pour un montant qu'il estimait entre 20'000 et 25'000 francs. Le recourant n'avait pas tissé des liens sociaux et culturels particulièrement étroits qui témoigneraient d'une vie sociale active. Excepté sa compagne et ses frères et soeur avec qui il avait quelques contacts, il n'entretenait aucune relation sociale. Ses autres relations semblaient se limiter aux personnes qui participaient à son trafic de stupéfiants. Par ailleurs, il ne revêtait pas un profil spécifique qui serait susceptible de l'exposer à des problèmes en raison de son appartenance ethnique en cas d'installation en Turquie. La cour cantonale a observé que le recourant avait débuté sa thérapie avec une psychologue en juin 2022, soit juste après avoir reçu le jugement du tribunal de première instance. De même, il n'a jamais consulté de médecins spécialisés pour ses douleurs dorsales avant 2022. Bien qu'il soutienne que ses problèmes de santé l'avaient contraint à stopper toute activité professionnelle pendant plus de 15 ans, il s'était trouvé un emploi à 30 % dès le 1er juin 2022 et à 100 % dès le 1er octobre 2022, qu'il avait dû quitter après un mois car son employeur, un ami, n'avait pas assez de travail à lui donner. Dès lors, ses déclarations au sujet de son incapacité de travail en raison de son état de santé perdaient leur crédibilité. Du côté de sa situation personnelle, bien qu'il soit en couple avec B.________ depuis plus de 10 ans, son souhait de se mettre en ménage, de se marier et d'avoir des enfants n'avait été formulé qu'au moment des débats de première instance. Au vu de ces éléments, la cour cantonale a retenu que l'intéressé semblait vouloir améliorer sa situation personnelle et professionnelle pour les seuls besoins de la cause. Sur le plan de l'intérêt public à l'expulsion, il y avait lieu de tenir compte du fait que les infractions commises par le recourant étaient graves, à mesure que ce dernier s'était consacré à un important trafic de marijuana durant 3 ans au moins, dont il était le seul auteur. Par ce biais, il avait pu profiter de revenus non négligeables, ceux-ci s'ajoutant à ceux octroyés par l'aide sociale. Il avait admis avoir réalisé un bénéfice de 10'000 à 20'000 francs. Les diverses armes retrouvées à son domicile dénotaient une violence certaine. Par ailleurs, le recourant était connu pour plusieurs antécédents pénaux. Certains délits, pour lesquels il avait été condamné à des peines privatives de liberté, avaient été commis alors qu'il était mineur. Il avait déployé son activité délictuelle depuis 2018, après avoir été condamné plusieurs fois et sans que cela ne l'ait dissuadé de commettre d'autres infractions. Ces passages à l'acte mettaient en lumière un sévère mépris des lois et de l'ordre juridique suisse. Dès lors, la cour cantonale concluait que l'intérêt public présidant à l'expulsion du recourant s'avérait considérable et l'emportait sur son intérêt privé à demeurer en Suisse.