Citation: 4P.1/1999 13.06.2000 E. 1

1.- La Chambre d'appel se voit reprocher, en premier lieu, d'avoir arbitrairement refusé de suspendre l'instruction de la cause en attendant que soit jugée une autre cause dans laquelle la FTMH, agissant contre la recourante, a demandé qu'il soit constaté que cette dernière est liée envers les membres du syndicat par la convention collective de travail pour les travailleurs de l'industrie des garages du canton de Genève, du 1er janvier 1995. Selon l'art. 107 de la loi de procédure civile du canton de Genève (LPC gen. ), applicable par analogie devant la juridiction genevoise des prud'hommes, l'instruction de la cause peut être suspendue lorsqu'il existe des motifs suffisants, notamment s'il s'agit d'attendre la fin d'une procédure ayant une portée préjudicielle pour la décision à rendre ou qui pourrait influencer celle-ci de manière décisive. La cour cantonale a rappelé que le juge doit se montrer strict dans l'appréciation des motifs suffisants de nature à justifier la suspension de l'instruction et ne faire usage de cette faculté que dans la mesure où il serait déraisonnable de passer outre (Bertossa/Gaillard/Guyet, Commentaire de la loi de procédure civile genevoise, n. 1 et 2 ad art. 107). Elle a considéré que, en l'espèce, de tels motifs n'existaient pas, car l'action en constatation de droit n'a qu'un caractère subsidiaire par rapport à l'action en exécution d'une prestation (Bertossa/Gaillard/Guyet, op. cit. , n. 3 ad art. 107). Certes, une décision définitive sur l'applicabilité de la convention collective aux rapports entre la recourante et l'intimé aurait sans doute été utile aux plaideurs. Toutefois, dans la présente procédure, les parties étaient libres d'invoquer tous les arguments utiles sur la question déterminante aux yeux de la recourante, soit l'applicabilité de la convention collective au différend qui la divise d'avec l'intimé. Dans ces conditions, la Chambre d'appel - à laquelle la loi cantonale reconnaît un large pouvoir d'appréciation - pouvait admettre, sans arbitraire, qu'elle disposait de toutes les données de fait et de droit nécessaires pour trancher le litige et que l'action en exécution intentée par l'intimé contre la recourante avait le pas sur l'action en constatation de droit intentée contre cette dernière par un tiers (la FTMH).