Citation: 1C_11/2025 E. 4.2

4.2. Le recours de droit administratif au Tribunal cantonal a en principe un effet suspensif de par la loi, sous réserve des cas où l'autorité inférieure a retiré l'effet suspensif à un éventuel recours. En de tels cas, la partie recourante doit présenter une requête de restitution de l'effet suspensif si elle entend empêcher l'exécution des travaux autorisés (cf. art. 51 al. 1 et 3 LPJA par renvoi de l'art. 80 al. 1 let. d LPJA). Pareille mesure n'est décidée qu'après une sérieuse pesée des intérêts en présence. Elle est subordonnée à l'existence de justes motifs qui résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l'inexécution immédiate de la décision (cf. ATF 129 II 286 consid. 3; arrêt 2C_246/2020 du 18 mai 2020 consid. 5.1). La jurisprudence à laquelle se réfère le Tribunal cantonal dans l'arrêt attaqué exige également des motifs particuliers, qui ne s'imposent pas dans tous les cas, pour s'écarter de la règle selon laquelle un recours a effet suspensif (cf. arrêt 1C_351/2023 du 6 septembre 2024 consid. 3.4; ATF 129 II 286 consid. 3 et 3.2). Le retrait de l'effet suspensif doit apparaître nécessaire et répondre à une certaine urgence, qui doit permettre d'admettre qu'il n'est pas possible d'attendre le jugement au fond (cf. arrêt 1C_351/2023 précité consid. 3.5 et les références citées; arrêt 2C_246/2020 du 18 mai 2020 consid. 5.1; voir aussi, CLÉA BOUCHAT, L'effet suspensif en procédure administrative, 2015, n. 752, p. 282). Il peut ainsi être justifié de retirer l'effet suspensif à un recours lorsque la sécurité des biens et des personnes est engagée si les mesures ou les décisions contestées n'étaient pas exécutées sans délai (cf. arrêt 1C_826/2013 du 20 janvier 2014 consid. 3.3; arrêt 2C_356/2007 du 18 septembre 2007 consid. 4, qui concernait la décision d'euthanasier un chien dangereux). L'autorité dispose d'une importante liberté d'appréciation lorsqu'elle procède à la pesée des intérêts en présence et à l'examen de l'urgence. En cas de recours contre une décision refusant la restitution de l'effet suspensif, le Tribunal fédéral contrôle seulement si l'autorité intimée a commis un excès ou un abus de son pouvoir d'appréciation. Il n'annule sa décision que si elle a négligé des intérêts essentiels ou fait une appréciation manifestement fausse et que sa décision apparaît ainsi arbitraire dans son résultat (cf. ATF 129 II 286 consid. 3).