Citation: 1C_462/2021 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la recourante soutient que plusieurs éléments n'auraient pas été pris en compte intégralement par le Tribunal cantonal dans sa pesée des intérêts. Elle met en évidence le fait que la parcelle n° 3934 est contiguë à une zone industrielle et ne présente plus d'affectation agricole depuis des décennies (depuis 1988) ainsi que le fait qu'elle a acquis ce terrain en vue d'y développer une activité industrielle, puisque le dépôt et le siège de l'entreprise, érigés en zone industrielle, sont directement attenants à cette parcelle. Elle insiste aussi sur la mention de non-affectation agricole au sens de la LDFR de la parcelle. Ces éléments doivent être pris en compte dans la pesée des intérêts en présence. En l'absence de tout délai de prescription (ATF 147 II 309 consid. 5.5), ils ne suffisent cependant pas à rendre mineures les dérogations à la règle de séparation du bâti et du non bâti. En effet, ces dérogations s'étendent sur une parcelle de 7'783 m². Les aménagements réalisés (dépôt et entreposage de matériaux, installation d'une haie dépassant les dimensions légales), typiques d'un environnement industriel et non agricole, constituent une modification d'affectation importante. De plus, le déplacement du matériel litigieux peut certes compliquer momentanément l'exercice de l'activité de l'intéressée mais ne constitue pas un obstacle à long terme. L'impact négatif pour l'entreprise qui ne disposerait plus d'un dépôt à proximité de son siège et l'intérêt purement économique (au demeurant non chiffré) de la recourante ne suffisent pas pour l'emporter sur l'intérêt public. Par conséquent, la cour cantonale n'a pas violé les principes de la proportionnalité et de l'interdiction de l'arbitraire lorsqu'elle a retenu que l'intérêt public à une utilisation mesurée du sol veillant à une séparation entre l'espace bâti et non bâti devait l'emporter sur l'intérêt privé de la recourante à disposer d'un site de stockage proche de son entreprise.