Citation: 6B_1306/2018 E. 1

En cas d'infractions commises au préjudice d'une communauté héréditaire, les héritiers individuellement sont considérés comme des lésés au sens de l'art. 115 al. 1 CPP. Le droit de porter plainte au sens de l'art. 30 al. 1 CP appartient à chaque héritier personnellement en sa qualité de lésé direct. L'héritier lésé qui a fait usage de son droit de porter plainte se constitue valablement partie plaignante (demandeur au pénal). En qualité de partie au sens de l'art. 104 al. 1 let. b CPP, il est légitimé à recourir, sur le plan cantonal, contre la décision de non-entrée en matière, sans le concours des autres héritiers (ATF 141 IV 380 consid. 2.3.3 à 2.3.5 p. 385 ss). En revanche, la qualité pour recourir devant le Tribunal fédéral s'examine exclusivement à l'aune de l'art. 81 LTF qui exige que la décision attaquée puisse avoir des effets sur le jugement des prétentions civiles de la partie plaignante. Cela implique donc que la partie plaignante recourante soit titulaire des prétentions civiles. Or lorsqu'il y a plusieurs héritiers, tous les droits et obligations compris dans la succession restent indivis jusqu'au partage (art. 602 al. 1 CC). Les héritiers sont propriétaires et disposent en commun, au sens des art. 652 ss CC, des biens qui dépendent de la succession (art. 602 al. 2 CC). La communauté héréditaire est - comme la société simple (art. 530 ss CO) - une communauté en main commune. En tant que telle, elle constitue une communauté de droit sans personnalité juridique qui, en l'absence de jouissance des droits civils, ne peut être titulaire de droits ou être soumise à des obligations. Seuls les héritiers sont titulaires des biens de la successions (ATF 141 IV 380 consid. 2.3.2 p. 384 et les références citées). Par conséquent, pour qu'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral soit recevable dans le cadre d'infractions commises au préjudice d'une communauté héréditaire, il est nécessaire que l'ensemble des héritiers participent à la procédure, dès lors qu'ils ne sont titulaires de prétentions civiles que tous ensemble (cf. arrêt 6B_1162/2016 du 27 avril 2017 consid. 1.2 et les références citées). En l'espèce, les recourantes ne consacrent aucun développement à la question du règlement de la succession. Il ressort de l'arrêt attaqué que les héritiers potentiels de feu Aa.________ sont son épouse Ac.________ et leurs trois enfants Ab.________, Ad.________ et Ae.________, ce qui semble, par ailleurs, être admis par les recourantes. Or seules Ac.________ et Ab.________ ont recouru devant le Tribunal fédéral. Elles n'exposent pas si et de quelle manière la succession aurait été réglée ou pour quels motifs elles seraient seules titulaires des prétentions civiles découlant d'infractions commises au préjudice de la communauté héréditaire de feu Aa.________. Par ailleurs, les recourantes prétendent à l'indemnisation de leurs frais d'avocat. Comme la jurisprudence l'a rappelé à maintes reprises, les frais liés aux démarches judiciaires ne sauraient constituer une prétention civile au sens de l'art. 81 al. 1 a et b ch. 5 LTF (v. parmi d'autres : arrêts 6B_1245/2017 du 21 juin 2018 consid. 2.2; 6B_1188/2017 du 5 juin 2018 consid. 1.2; 6B_51/2018 du 11 avril 2018 consid. 2.1). L'absence d'explication suffisante sur la question des prétentions civiles exclut la qualité pour recourir des recourantes.