Citation: 5A_885/2018 E. 1.2

1.2. En l'espèce, la recourante soutient que si la licéité de la poursuite et de l'adjudication venaient à être confirmées, elle serait opposée à deux créanciers potentiels, puisque C.________ Limited ne s'estime pas liée par cette adjudication et se considère toujours titulaire de la créance contestée, ce qu'elle avait démontré par pièces dans sa plainte du 4 mai 2018. Il n'y avait aucune raison de penser que C.________ Limited n'initierait pas une autre procédure afin de tenter de recouvrer la créance contestée, par exemple devant les juridictions de l'Ile de Man. La recourante estime par conséquent risquer de devoir conduire deux procès en parallèle, qui plus est dans deux juridictions distinctes, lesquelles pourraient finalement la condamner à payer cette créance deux fois. Au surplus, en fonction du droit applicable à la créance contestée, " l'abus du droit de la poursuite initiée par [l'intimé] " pourrait lui permettre de devenir définitivement titulaire de cette créance à son endroit, sans qu'elle puisse forcément lui opposer toutes les exceptions dont elle dispose contre C.________ Limited. La vente aux enchères du 24 avril 2018 lui était donc directement préjudiciable, ses intérêts matériels étant gravement lésés par les effets de cette adjudication. En tout état de cause, lui nier la qualité " pour déposer plainte " reviendrait à exclure tout contrôle des mesures et décisions prises dans le cadre de la poursuite considérée, en tant que C.________ Limited a pris le parti de ne pas intervenir dans la procédure, se " résiliant " à considérer que celle-ci ne lui serait pas opposable.