Citation: 7B_868/2023 E. 4.3.2

4.3.2. La cour cantonale a considéré que les déclarations de la plaignante deux heures après les faits étaient compatibles avec l'examen physique de cette dernière auquel avait procédé le CURML. Les blessures présentées par la plaignante, tout comme celles du recourant d'ailleurs, étaient davantage compatibles avec sa version des faits qu'avec celle du recourant (cf. demande de mise en détention provisoire du 11 septembre 2023, p. 3). Or le recourant n'avance aucun élément propre à remettre en cause cette constatation, se limitant pour toute critique à relever que sa version des faits n'est pas non plus incompatible avec le constat du CURML. Ce faisant, il ne démontre donc pas l'arbitraire de cette appréciation des faits. En tout état, le recourant a reconnu s'être trouvé avec la plaignante sur le balcon et avoir mis la main sur sa gorge ainsi que sur sa bouche (cf. PV du 10 septembre 2023, pp. 9-10), confirmant ainsi en partie les déclarations de cette dernière (cf. PV du 10 septembre 2023, p. 3). Le fait qu'il ajoute que cela ne signifiait pas qu'il avait voulu l'étrangler et encore moins la jeter par-dessus la barrière du balcon ne saurait suffire à mettre en doute la crédibilité de la plaignante au sujet du comportement dont il a fait preuve à son égard. Le recourant n'émet d'ailleurs aucune critique quant à la version de la plaignante au sujet de la suite des événements. Il se plaint en revanche que certaines de ses propres déclarations aux inspecteurs de police n'ont pas été prises en compte par la cour cantonale. Le recourant, qui ne motive pas en quoi celles-ci étaient pertinentes, échoue à démontrer l'arbitraire de leur omission (cf. art. 97 al. 1 et 106 al. 2 LTF). Quoi qu'il en soit, ses déclarations ne viennent a priori pas amoindrir les soupçons de commission d'infractions de tentative de meurtre et de menaces qualifiées. En particulier, le simple fait qu'il ait déclaré qu'il n'avait pas voulu faire de mal à la plaignante, qu'il s'agirait de la première fois où il adoptait un tel comportement vis-à-vis d'elle et qu'il le regrettait ne permet a priori pas de remettre en cause la valeur probante des autres indices de culpabilité à son encontre. A cela s'ajoute qu'en se contentant de citer certains passages de son procès-verbal d'audition, le recourant ne retranscrit ses déclarations que de façon partielle et à son avantage. Il s'abstient en effet de préciser que quelques lignes plus loin, il a notamment expliqué que la plaignante l'aurait "poussé à bout", "énervé", "harcelé" et qu'il "avait perdu le contrôle" (cf. PV d'audition du 10 septembre 2023, p. 10). A ce stade initial de l'enquête, il peut être considéré qu'il existe des raisons plausibles de soupçonner le recourant d'infractions graves commises au préjudice de la plaignante. Au vu des éléments précités, les déclarations de la plaignante recueillies en cours de procédure paraissent crédibles et reflètent des indices suffisants contre le recourant. On ne saurait en tous les cas voir dans les allégations de ce dernier des indices du caractère mensonger des accusations de la plaignante, puisqu'il reconnaît lui même qu'une dispute violente a bien éclaté le soir des faits. Cela suffit en l'espèce, étant rappelé qu'il n'appartient pas au juge de la détention d'examiner en détail l'ensemble des considérations de fait, pas plus que de procéder à une appréciation complète des éléments à charge et à décharge; il lui incombe uniquement de vérifier, sous l'angle de la vraisemblance, que le maintien en détention repose sur des indices de culpabilité suffisants (cf. ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 316 consid. 3.1). De plus, c'est au juge du fond et non à celui de la détention qu'il incombera de résoudre définitivement les questions de qualification juridique des faits poursuivis, d'apprécier la culpabilité de l'intéressé ainsi que la valeur probante des différentes déclarations (cf. ATF 143 IV 330 consid. 2.1). Cela vaut tout particulièrement dans une situation comme en l'espèce de "déposition contre déposition" ("Aussage gegen Aussage"), dans laquelle les déclarations du recourant et de la plaignante représentent un moyen de preuve dont la connaissance directe par le tribunal apparaît nécessaire au prononcé du jugement, au sens de l'art. 343 al. 3 CPP (ATF 140 IV 196 consid. 4.4.3; arrêt 7B_714/2023 du 7 novembre 2023 consid. 5.2).