Citation: 1C_281/2023 E. 4.2

4.2. Dans son premier arrêt du 19 décembre 2018, le Tribunal cantonal a renvoyé la cause au préfet en lui intimant l'ordre de procéder à la pesée des intérêts que suppose un contrôle incident de la planification. Dans l'intervalle, le 18 septembre 2020, a cependant été mise à l'enquête la troisième version de la révision du PAL de la Ville de Fribourg, qui prévoit en particulier la protection du bâtiment sis à l'avenue Beauregard 8, notamment par l'abrogation du PAD Richemond. Au terme de son instruction, le préfet a fait application du droit en vigueur à la date de sa décision, le 29 décembre 2021, ce qui n'apparaît pas critiquable (cf. ATF 139 II 243 consid. 11.1; THIERRY TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2e éd. 2018, n. 410 et les arrêts cités; BENOÎT BOVAY, Procédure administrative, 2e éd. 2015, p. 248) et n'est d'ailleurs pas discuté. En application de l'art. 91 al. 1 LATeC le préfet a ainsi refusé le permis de construire/démolir sollicité; cette disposition prévoit que, dès la mise à l'enquête publique des plans et règlements et jusqu'à leur approbation par la Direction, aucun permis ne peut être délivré pour des projets prévus sur des terrains compris dans le plan. Le préfet a plus spécifiquement accordé l'effet anticipé à la révision du PAL à l'enquête, qui prévoit l'abrogation du PAD Richemond, pour refuser l'autorisation, appréciation que la recourante ne critique d'ailleurs pas; s'agissant de droit cantonal, il n'appartient pas au Tribunal fédéral de s'y arrêter d'office (cf. art. 106 al. 2 LTF; voir également consid. 3.1 ci-dessus). Dans la logique de ce raisonnement, le préfet n'avait plus à procéder au contrôle incident du PAD Richemond, le PAL à l'enquête entraînant son abrogation. La recourante ne saurait d'ailleurs interpréter l'arrêt incident du Tribunal fédéral du 11 février 2019 (cause 1C_77/2019) comme un ordre donné aux autorités cantonales de procéder impérativement à un tel contrôle incident, s'agissant d'un arrêt d'irrecevabilité.