Citation: 6B_460/2018 E. 3.2

3.2. La cour cantonale n'a pas méconnu le soutien de l'épouse ni la volonté du recourant de fonder une famille. Elle a conclu cependant que ces éléments ne suffisaient pas à écarter le pronostic défavorable. Elle n'a pas ignoré que le recourant s'était formé, durant sa détention, dans les secteurs de la boulangerie ou de l'hôtellerie, mais a souligné qu'il n'avait pas présenté de projet concret et étayé. Elle a également signalé que sa volonté d'intégrer la légion étrangère n'avait été formulée que tardivement et apparaissait de pure convenance. Enfin, l'autorité précédente n'a pas nié ni omis de prendre en compte le comportement exemplaire du recourant durant sa détention, dont sa collaboration comme agent infiltré, appréciation qui ne permet pas de contrecarrer le pronostic défavorable. Le recourant ne cite aucun élément important que la cour cantonale aurait omis ou pris à tort en considération. Il convient dès lors d'examiner si la cour cantonale a abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant un pronostic défavorable. La majorité des intervenants a préavisé négativement la libération conditionnelle, considérant le risque de récidive comme étant élevé. Dans sa décision du 22 février 2018, le TAPEM a souligné que le pronostic était défavorable au vu des nombreux antécédents spécifiques. Il a relevé que le recourant avait déjà bénéficié d'une précédente libération conditionnelle qui avait dû être révoquée. Il a indiqué que son projet d'école militaire en vue d'intégrer la légion étrangère n'était aucunement étayé, qu'il n'avait été évoqué pour la première fois que le jour de l'audience alors que, selon ses dires, ce projet lui tenait à coeur depuis de nombreuses années. Le 9 février 2018, le ministère public a conclu au refus de la libération conditionnelle du recourant, en raison de sa situation personnelle précaire et de l'échec de sa précédente libération conditionnelle, entraînant un risque de récidive concret. Subsidiairement, il a conclu à ce que sa mise en liberté ne soit accordée qu'avec effet au jour où son renvoi de Suisse pourrait être exécuté. Seule la direction de l'établissement de B.________ a émis un préavis favorable à la libération conditionnelle du recourant, relevant qu'il avait fait preuve d'un bon comportement avec le personnel et les codétenus. La cour cantonale a souligné que le recourant avait des antécédents judiciaires en Suisse pour des infractions similaires à celles pour lesquelles il était détenu, qu'il avait récidivé durant le délai d'épreuve de sa précédente libération conditionnelle en 2008 et qu'il avait organisé un trafic de stupéfiant depuis sa cellule. Quant au projet d'intégrer la légion d'honneur, il apparaissait de pure convenance puisque le recourant avait évoqué ce projet pour la première fois lors de l'audience devant le TAPEM, projet qui ne figurait ni dans le plan d'exécution de la sanction (PES) qu'il a pourtant signé, ni dans le préavis du SAPEM, ni dans sa demande de libération conditionnelle. La cour cantonale a en outre exposé que le recourant n'avait pas débuté le remboursement des frais de justice prévu par le PES. Elle a indiqué que le passeport du recourant était échu depuis 2013, qu'il ne pourra probablement pas bénéficier d'une autorisation de séjour en Suisse et qu'il ne bénéficie d'aucune autorisation en France, pays dans lequel il a pourtant déclaré vouloir résider. Enfin, elle a souligné la forte tendance du recourant à minimiser la portée de ses actes ainsi que sa part de responsabilité dans les faits pour lesquels il a été condamné.