Citation: 6B_1339/2016 E. 1.2.2

1.2.2. Les troubles psychiatriques dont souffre le recourant et son absence de prise de conscience, respectivement sa négation à admettre qu'il souffre de tels troubles, sont des éléments négatifs dans l'examen du pronostic quant à son comportement futur. Toutefois, le juge doit procéder à une appréciation globale de tous les critères pertinents pour justifier un pronostic défavorable. Or, dans le cas particulier, la cour cantonale n'a pas effectué un tel examen. L'expert, tenant compte des éléments précités, a mis en évidence un risque de récidive qualifié de " faible à modéré ", pouvant être atténué par la mise en place d'un traitement psychiatrique. La cour cantonale s'est contentée de dire sur ce point que le recourant n'était pas demandeur d'un tel traitement puisqu'il niait toute tendance pédophile, circonstances qui conduiraient à l'échec d'une prise en charge, de sorte que le pronostic défavorable posé ne pouvait être renversé. Pourtant, l'expert a précisément relevé qu'en cas de condamnation du recourant, il rentrerait dans " la catégorie de ceux qu'on appelle « les négateurs » (de leurs actes) ", ce qui n'empêchait pas qu'il soit traité, la démarche en groupe, notamment, pouvant être utile pour le travail thérapeutique avec ce type de délinquants. L'expert a encore ajouté qu'il serait utile, dans l'hypothèse de la culpabilité du recourant, de lui imposer un tel traitement (art. 105 al. 2 LTF; cf. pièce 42 du dossier cantonal, p. 14 s.). Par ailleurs, le recourant a expressément indiqué à l'audience de jugement de première instance du 22 juillet 2014 qu'il se soumettrait, s'il le fallait, à un éventuel traitement (cf. jugement de première instance, p. 6). La cour cantonale n'a pas pris en considération ces éléments qui sont pourtant nécessaires dans le cadre de l'appréciation du pronostic du recourant. Or, en en tenant compte - en plus de la pression qu'exercerait le sursis sur le recourant - il n'est pas exclu que le pronostic posé ne soit pas défavorable, peu importe que l'accord du recourant sur la mise en oeuvre de ce traitement constitue ou non un début de prise de conscience de ses troubles psychiatriques, respectivement s'il a le sentiment qu'il n'en a pas besoin. Dans ces circonstances, il convient d'admettre le recours, d'annuler le jugement attaqué et de renvoyer la cause à la cour cantonale, afin que celle-ci statue à nouveau sur le sursis en fondant son pronostic sur tous les éléments pertinents, cas échéant qu'elle examine l'opportunité d'assortir le sursis d'un long délai d'épreuve, respectivement de combiner une règle de conduite ayant pour objet le traitement psychiatrique préconisé par l'expert avec une assistance de probation et/ou d'assortir cette règle de conduite de conditions-cadre suffisamment précises pour s'assurer de sa mise en oeuvre et qu'elle détermine, au besoin, la possibilité d'exécuter ces mesures en Italie, compte tenu du domicile du recourant dans ce pays (cf. art. 95 al. 3 CP).