Citation: 2A.308/2005 08.06.2005 E. 2

2.1 D'après l'art. 7 al. 1 de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE; RS 142.20), le conjoint étranger d'un ressortissant suisse a droit à l'octroi et à la prolongation de l'autorisation de séjour et, après un séjour régulier et ininterrompu de cinq ans, il a droit à l'autorisation d'établissement; ce droit s'éteint lorsqu'il existe un motif d'expulsion. Ayant été formellement marié pendant plus de cinq ans avec une citoyenne suisse, le recourant - qui peut en principe prétendre à une autorisation d'établissement - est recevable à déposer un recours de droit administratif (art. 100 al. 1 lettre b OJ). 2.2 Selon l'art. 10 al. 1 lettre d LSEE (en relation avec l'art. 11 al. 3 LSEE), l'étranger peut être expulsé de Suisse ou d'un canton si lui-même ou une personne aux besoins de laquelle il est tenu de pourvoir, tombe d'une manière continue et dans une large mesure à la charge de l'assistance publique. Un tel motif d'expulsion est manifestement réalisé en l'espèce. Selon l'arrêt attaqué du Tribunal administratif - dont les faits lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 2 OJ) -, le recourant n'a jamais travaillé en Suisse depuis décembre 1997, date de son mariage. Il a d'abord vécu grâce aux prestations AI de son ex-épouse, puis de novembre 1999 à mai 2001, il a reçu des prestations financières complémentaires à titre d'aide sociale et, depuis octobre 2002, il est entièrement à la charge des services sociaux; sa dette d'assistance s'élevait au 3 janvier 2005 à 63'350 fr. Ses chances de s'insérer dans le monde du travail sont très faibles, d'autant qu'il souffre de cécité partielle et d'une maladie cardiaque (sans que cela lui donne droit à une rente AI) et qu'il retourne régulièrement en Tunisie où se trouvent toutes ses attaches familiales et où il envisagerait d'ailleurs d'ouvrir un kiosque. 2.3 En résumé, la juridiction cantonale pouvait retenir, sans violer le droit fédéral, que le recourant présente un risque concret, vu sa situation financière actuelle et l'évolution probable de celle-ci, qu'il continue à être, dans une large mesure, effectivement dépendant de l'assistance publique (cf. ATF 125 II 633 consid. 3c; 122 II 1 consid. 3c; 119 Ib 1 consid. 2 et 3, 81 consid. 2d et les arrêts cités).