Citation: 2C_916/2019 E. 6.3

6.3. En l'espèce, sur le vu des faits constatés dans l'arrêt entrepris, l'autorité précédente ne prête pas le flanc à la critique lorsqu'elle considère que le mariage du recourant avec une ressortissante portugaise en octobre 2002 était fictif ab initio. Sur ce point, le Tribunal administratif fédéral a retenu en particulier les éléments suivants: le recourant avait séjourné en Suisse à deux reprises avant le mariage en cause et il avait le souhait de séjourner durablement dans ce pays; pendant cette union, qui est restée sans enfant, le recourant s'est rendu plusieurs fois au Kosovo; son ex-épouse, mère de ses deux premiers enfants, y résidait dans la maison de l'ntéressé; trois enfants sont nés, en 2001, 2003 et 2006, de la relation que le recourant a continué à entretenir avec son ex-épouse; sa seconde épouse ignorait l'existence de ces deux derniers enfants; dans un premier temps, le recourant a également caché leur existence aux autorités suisses; dans l'année qui a suivi l'entrée en force de son divorce (janvier 2010), le recourant a déposé une demande d'attestation auprès de l'Office cantonal (novembre 2011) en vue de la célébration de son remariage au Kosovo avec son ex-épouse (août 2014); neuf mois plus tard, une demande de regroupement familial a été déposée pour son épouse et leurs deux derniers enfants. En outre, il ressort de l'arrêt attaqué que la séparation et le divorce avec la seconde épouse sont intervenus après l'obtention par le recourant d'une autorisation d'établissement. Sur le vu de l'ensemble de ce qui précède, il faut admettre, avec les premiers juges, que l'examen rétrospectif des circonstances met en évidence suffisamment d'indices pour retenir l'existence d'un mariage fictif. L'argumentation du recourant, fondée sur la chronologie des faits qui démontrerait selon lui qu'il n'avait jamais eu l'intention d'éluder les dispositions sur le droit des étrangers, n'est pas propre à remettre en question l'appréciation de l'autorité précédente. Elle frise même la témérité lorsqu'il prétend que la chronologie des faits prouverait que lorsque celui-ci était marié à sa seconde épouse, "il n'entretenait plus de relations particulières (et amoureuses) avec [sa première épouse]", alors que durant cette période, celle-ci vivait chez lui au Kosovo et a mis au monde leurs deux derniers enfants. Dans ces circonstances, l'autorité précédente pouvait à bon droit retenir que le recourant avait invoqué abusivement l'art. 50 LEtr et que les droits prévus par cette disposition étaient par conséquent éteints (art. 51 al. 2 let. a LEtr). A cet égard, le Tribunal fédéral a d'ailleurs récemment eu l'occasion de préciser que la succession, comme en l'espèce, de trois mariages, le premier et le dernier avec la même épouse, dont le deuxième, fictif, a pris fin par un divorce au moment où le recourant a bénéficié d'un droit durable à rester en Suisse, constituait par elle-même en raison de son caractère insolite un abus du droit au regroupement familial au sens de cette disposition (cf. arrêt 2C_866/2018 du 5 août 2019 consid. 4.4).