Citation: I 382/03 21.01.2004 E. 5

C'est à juste titre que les premiers juges ont accordé pleine valeur probante à l'expertise du docteur S.________ qui remplit à l'évidence les critères fixés par la jurisprudence citée ci-avant (consid. 3.2). Ce point n'est au demeurant pas contesté. Selon ce rapport, l'intimée souffre d'une atteinte à sa santé psychique sous la forme d'un trouble dépressif moyen à sévère (associé à une forte composante d'inhibition et d'apragmatisme) ainsi que de probables symptômes de conversion. Certes, l'expert attribue l'existence des affections dont souffre l'assurée à des problèmes d'ordre familial (émancipation des enfants), professionnel (burn out) et socio-culturel (en liaison avec l'émigration). Toutefois, il a mis en évidence un substrat médical pertinent entravant la capacité de travail et de gain de manière importante. Le tableau clinique comporte en effet des éléments convaincants autres que les facteurs socio-culturels, à savoir un trouble dépressif et de probables symptômes de conversion. Ainsi que cela ressort des termes clairs de l'expertise (cf. p. 20), la diminution de la capacité de travail de l'intimée de l'ordre de 80 % au moins s'explique par le seul diagnostic médical. En conséquence, il se justifie, à l'instar des premiers juges, de retenir l'incapacité de travail en suivant l'avis de l'expert psychiatre, quelles que soient, en définitive, les causes de l'atteinte à la santé psychique, dès lors que celle-ci entraîne une incapacité de travail indépendamment de son origine (cf. aussi Pra 1997 no 49 p. 256 consid. 4b i.f.). Il s'ensuit que le jugement cantonal doit être confirmé.