Citation: 5A_662/2024 E. A

A.a. A.________ (ci-après : la personne concernée ou la recourante), née le 20 avril 1953, souffre d'un trouble bipolaire, qui a fait envisager ou rendu nécessaire par la passé l'institution de mesures de protection. Elle a fait l'objet d'une expertise psychiatrique effectuée le 5 mars 2022 par la Dre B.________. Elle dispose en outre d'une certaine fortune. Par décision du 22 août 2023, l'autorité de protection de l'adulte a notamment retenu que malgré le trouble psychique dont souffrait l'intéressée, la curatelle de portée générale provisoire instituée en sa faveur ne se justifiait plus, dès lors que celle-ci avait tiré les leçons du passé et mis en place un réseau conséquent autour d'elle afin de l'aider dans la gestion de ses affaires, même pour le cas où elle perdait sa capacité de discernement; priorité avait ainsi été donnée pour la gestion de ses affaires à des personnes privées, sans l'intervention de l'autorité de protection. A.b. Le 22 décembre 2023, C.________, assistante sociale indépendante et coach de la personne concernée, a informé le Dr D.________, psychiatre traitant, que cette dernière avait interrompu son suivi avec elle. Le 26 décembre 2023, le Dr D.________ a procédé au signalement de l'intéressée, qui était en rupture de suivi et de traitement et dans un état de santé instable et qui présentait des troubles du comportement inquiétants, probablement en raison d'une décompensation psychotique, et a indiqué qu'une hospitalisation était nécessaire. Par ordonnance de mesures d'extrême urgence du 19 janvier 2024, la Juge de paix du district de la Broye-Vully (ci-après : la juge de paix) a institué une curatelle de portée générale provisoire en faveur de A.________ et nommé en qualité de curatrice provisoire E.________, responsable de mandats auprès du Service des curatelles et tutelles professionnelles (ci-après : le SCTP). Du 22 au 25 janvier 2024, la personne concernée a été hospitalisée à l'Hôpital de U.________, où elle a séjourné dans une chambre de soins intensifs. Le 7 février 2024, elle a été transférée à la Clinique de V.________ (cf. rapports des 24, 26 et 31 janvier 2024 de la médecin associée et de la cheffe de clinique adjointe de l'Hôpital de U.________). A.c. A.________, assistée de l'avocate-stagiaire de Me Micaela Vaerini, et E.________ ont été entendues lors de l'audience du 20 février 2024, au terme de laquelle la juge de paix les a informées du fait qu'elle demanderait un rapport à la Clinique de V.________ sur la capacité de discernement de la personne concernée. Le Dr F.________, médecin adjoint auprès de ladite clinique a adressé son rapport, daté du 27 février 2024, précisant notamment que " lor sque la patiente [était] compensée, en prenant son traitement de manière régulière, elle [était] capable d'avoir le discernement nécessaire pour tous les actes de la vie. Toutefois, lors des moments de décompensation et d'interruption de son traitement, la patiente [pouvait] décompenser et passer à un état maniaque et dépressif grave pouvant conditionner ses choix de vie avec des décisions impulsives pouvant se mettre dans des situations de danger mais cela de façon clairement intermittente ". Dans des déterminations du 29 février 2024, A.________ a requis la levée immédiate de la curatelle de portée générale provisoire, la qualifiant d'injustifiée et de disproportionnée. Elle a fait valoir qu'elle avait mis en place un réseau en mesure de gérer, de manière adéquate et efficace, tant ses affaires administratives que ses soins, qu'elle soit capable de discernement ou pas, et que celui-ci avait fonctionné jusqu'à sa mise sous curatelle. Le 14 mars 2024, elle a réitéré sa requête, se positionnant sur des faits rapportés par E.________ par courrier du 4 mars 2024. Elle a ainsi confirmé avoir hébergé G.________, trouvant sa présence agréable, mais a nié lui avoir versé de l'argent. Quant au dénommé H.________, elle a exposé qu'il avait imposé sa présence à son domicile, avait abusé de son état de faiblesse et avait pu lui soustraire de l'argent, avant d'ajouter qu'elle n'accueillerait plus G.________, celui-ci ne l'ayant pas protégée de l'autre individu. Pour sa part, E.________ a préconisé, le 22 mars 2024, le maintien de la curatelle de portée générale provisoire.