Citation: 4P.106/2001 18.10.2001 E. 3

3.- La recourante se plaint enfin d'une violation du droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. (sur cette notion: cf. ATF 126 I 15 consid. 2a; 125 I 257 consid. 3a; 124 I 49 consid. 3a, 241 consid. 2). Elle soutient que sur deux points la cour cantonale aurait retenu des faits et une argumentation juridique inattendus, ce qui l'aurait privée de la faculté d'exercer efficacement son droit d'être entendue. aa) Elle considère qu'elle ne pouvait pas s'attendre à ce que l'autorité cantonale retienne qu'elle avait touché sa part du dessous-de-table. Il ressort cependant clairement des conclusions figurant déjà dans la demande que sa partie adverse réclamait solidairement aux deux covendeurs la totalité de ce qu'elle avait versé, soit le prix fixé dans l'acte et le dessous-de-table. Il suffisait de lire les conclusions de la demande pour comprendre que l'intimé réclamait aussi à la recourante le remboursement solidaire du dessous-de-table. Une telle conclusion obligeait la cour cantonale à se demander si la recourante pouvait être tenue également à raison du dessous-de-table. Cette question découlait à l'évidence de la demande et ne revêtait aucun caractère inattendu. Ayant reçu le texte de la demande, la recourante a eu tout loisir de s'exprimer et de faire valoir tous ses moyens (en fait et en droit) en ce qui concerne la conclusion tendant à ce qu'elle soit condamnée à rembourser le dessous-de-table. On ne discerne ici aucune trace d'une violation du droit d'être entendu. bb) De la même manière, la recourante soutient que la question de l'animus societatis a été soulevée d'une manière totalement inattendue. Il résulte clairement de la demande que celle-ci tendait à une condamnation solidaire. La cour cantonale devait donc nécessairement examiner si elle se trouvait en présence d'un cas de solidarité. Cette question n'avait donc rien d'inattendu. La recourante, qui a reçu la demande pour s'exprimer à son sujet, a eu l'entière liberté de faire valoir ses moyens à ce propos. La question de la solidarité portait évidemment sur les rapports entre les deux covendeurs, de sorte que l'on ne discerne à cet égard aucun effet de surprise. Sous cet angle également, il n'y a pas l'ombre d'une violation du droit d'être entendu.