Citation: I 916/05 09.11.2006 E. 1

Au vu de ces conclusions médicales, on ne saurait retenir que la recourante dispose d'une capacité de travail qui serait inférieure à 40 % en raison d'une atteinte physique, contrairement à ce qu'elle voudrait. Il ressort en effet du rapport du docteur E.________ que l'influence des troubles physiques n'a qu'une répercussion minime sur la capacité de travail - celle-ci étant de 80-100 % sur le plan phy-sique -, et que c'est essentiellement la symptomatologie psychique qui empêche la recourante de mettre à profit sa capacité de travail résiduelle. Il n'y a dès lors pas lieu de s'écarter de l'évaluation du docteur U.________, selon laquelle on peut exiger de l'assurée qu'elle exerce son activité professionnelle à 40 %. Au demeurant, à supposer qu'une limitation de la capacité de travail de 20 % sur le plan physique doive être prise en compte, on devrait considérer, au regard des conclusions du docteur E.________ complétées par celles de son confrère psychiatre, qu'elle serait déjà couverte par les répercussions des troubles psychiques; les deux rapports médicaux en question ne contiennent aucun indice qui permettrait de retenir que l'atteinte à la santé physique nécessiterait un allègement supplémentaire du temps de travail, par rapport à l'incapacité de travail de 40 % admise en raison de l'atteinte psychique. 4.2 Quant à l'affirmation de la recourante selon laquelle il n'existerait pas d'emploi sur le marché équilibré du travail qui serait adapté à ses limitations, elle est déjà contredite par la circonstance qu'elle a exercé une telle activité (quoique à un taux de 30 %) jusqu'à la fermeture de l'institut qui l'employait. Par ailleurs, au regard des différentes tâches qu'englobe l'activité de secrétaire (médicale), il ne paraît pas irréaliste qu'un marché équilibré du travail propose des postes adaptés à la problématique de la recourante, dont on peut exiger, selon le docteur U.________ (courrier du 21 octobre 2004), qu'elle travaille un nombre d'heures fixe par semaine. 4.3 Dans ces circonstances, les premiers juges ont admis à juste titre une incapacité de travail de 40 % dans une activité adaptée, à savoir celle exercée par la recourante jusqu'à la survenance de l'atteinte à la santé. Toutefois, contrairement à ce qu'a implicitement retenu la juridiction cantonale à la suite de l'intimé, on ne peut, au regard des périodes d'incapacité de travail attestées par les pièces médicales au dossier, retenir que la recourante était en mesure de mettre à profit sa capacité de travail résiduelle dès le 1er septembre 2002, date à partir de laquelle le droit à une demi-rente d'invalidité lui a été reconnu. D'une part, le docteur E.________ a fait état de l'évolution de l'incapacité de travail comme suit: 100 % du 1er septembre 2001 au 31 mars 2003, 75 % du 1er avril au 1er juin 2003, 70 % à partir du 1er juin 2003. Par la suite, le docteur U.________ a attesté d'une incapacité de travail de 60 % à partir de la date de l'expertise, le 24 mai 2004 («un horaire de 40 % paraît raisonnablement exigible actuellement»). Aussi, convient-il de retenir qu'après une période d'incapacité de travail complète (se réduisant progressivement à 70 %), on pouvait raisonnablement exiger de la recourante, vu l'amélioration progressive de son état de santé depuis l'intervention chirurgicale, qu'elle reprît son activité à raison de 40 % à partir du mois de juin 2004. Compte tenu des effets de l'incapacité de travail sur le plan économique, il s'ensuit que R.________ a droit à une rente entière de l'assurance-invalidité, fondée sur un degré d'invalidité de 100 % (respectivement 75, puis 70 %) du 1er septembre 2002 au 31 mai 2004. Dès le 1er juin suivant, elle a droit à un trois-quarts de rente fondé sur une incapacité de gain de 60 % (art. 88a al. 1 RAI; ATF 125 V 417). Le jugement entrepris doit être réformé en ce sens. Partant, le recours se révèle partiellement bien fondé.