Citation: 6B_331/2009 13.11.2009 E. 3

Le recourant conteste la crédibilité de A.A.________. 3.1 Les autorités cantonales ont admis que celui-ci était crédible en se basant sur plusieurs éléments. D'une part, ce dernier avait réitéré ses déclarations initiales. D'autre part, le prénommé, pourtant fragile psychologiquement, n'avait pas été déstabilisé par la qualité de l'accusé et avait maintenu ses accusations tout en exprimant la souffrance qui l'animait. De plus, il avait fourni des détails dont la véracité avait été établie par l'enquête de police. Or, ces détails, même s'ils n'étaient pas tous pénalement relevants, à l'instar des dispositions de l'appartement du recourant, tendaient à confirmer la réalité du récit de la victime. Les autorités genevoises n'ont pas ignoré le mal-être de la victime, ni les omissions, mensonges et imprécisions ressortant de la procédure. Elles ont toutefois jugé que ces éléments n'étaient que le reflet d'un individu immature et fragile psychiquement et que ces faiblesses n'ébranlaient pas leur conviction selon laquelle A.A.________ n'avait pas menti lorsqu'il avait proféré les accusations d'abus à l'encontre du recourant; en outre, cette conviction avait été renforcée par la déposition de l'inspecteur qui avait procédé à l'audition du plaignant. Les autorités n'ont pas non plus perdu de vue les circonstances qui avaient entouré le dépôt puis le retrait de la plainte de A.A.________. Elles ont en effet évoqué la tentative de revendiquer de l'argent au recourant et admis que le caractère moralement discutable de ce comportement n'avait pas eu pour effet d'annuler leur conviction légitime qui résultait de multiples indices. 3.2 Le recourant estime que les déclarations du jeune homme ont varié et que celles-ci sont à ce point vagues et vides de détails et de précisions qu'il est insoutenable d'y voir un indice de leur crédibilité. Le fait que A.A.________ ait parlé initialement de masturbation et de fellation, puis, en cours d'instruction, de caresses uniquement, sans plus en préciser la nature, ne permet pas de conclure à une contradiction dans les affirmations de la victime. Par ailleurs, les actes commis ont été décrits de manière suffisamment explicite. La critique est donc vaine. 3.3 Le recourant nie qu'un lien de causalité puisse être établi entre le mal-être du lésé et les faits qui lui sont reprochés. La Cour correctionnelle a constaté que les accusations de la victime s'accompagnaient d'un mal-être perceptible par tous les proches et que celle-ci avait été durablement affectée par les actes commis. Elle a reconnu qu'il était toujours difficile de faire la part des choses en déterminant les maux résultant directement des abus subis, mais qu'en tout état de cause, ceux-ci n'avaient pas participé à l'amélioration de la fragilité psychique de A.A.________ (cf. jugement p. 14 et 24). La Cour de cassation a relevé que la victime avait maintenu ses accusations tout en exprimant la souffrance qui l'animait, que le traumatisme subi en raison des abus commis était réel, que les déclarations des parents de A.A.________ lors de l'audience de jugement l'attestaient, que le fait que la victime soit par hypothèse affectée de troubles psychologiques la rendait encore plus vulnérable et que cette fragilité était objectivement susceptible d'aggraver les effets des abus sexuels commis (cf. arrêt p. 17). Dans son argumentation, le recourant relève qu'aucun élément ne permet d'établir un lien de causalité entre le mal-être de la victime et les abus qui lui sont reprochés et avance toute une série de facteurs susceptibles d'avoir pu traumatiser le jeune homme. Ce faisant, il se contente toutefois d'opposer sa propre appréciation des preuves à celle des juges cantonaux, ce qui ne suffit pas pour démontrer l'arbitraire. Au demeurant, les autorités cantonales n'ont pas perdu de vue que les abus sexuels n'étaient peut-être pas la seule cause de l'état de la victime. Par ailleurs, au regard des déclarations des proches, et plus particulièrement des parents de l'adolescent, et des conséquences logiques d'abus commis sur un jeune homme fragile, en manque de repères et de confiance, elles pouvaient, sans arbitraire, retenir un lien de causalité entre les abus commis et le mal-être constaté chez A.A.________, cet état constituant du reste un indice attestant de la crédibilité de la victime. Le grief est donc vain. 3.4 Le recourant soutient que les détails révélés par la victime ne portent pas sur les circonstances des actes qui lui sont reprochés, de sorte qu'ils ne sauraient constituer un indice à charge. Les autorités cantonales ont constaté que A.A.________ avait fourni des détails dont la véracité avait été confirmée par d'autres participants ou l'enquête de police. Il en était ainsi des circonstances de la rencontre initiale, du laissez-faire dans l'appartement, de l'absence du nom de l'accusé sur la boîte aux lettres et la porte palière de l'appartement, de la remise fréquente de sommes d'argent, de la mise à disposition de l'appartement, de la visite à l'étude pour extorquer de l'argent, du port de vêtements féminins et d'une perruque ainsi que des détails de rangements d'effets vestimentaires ou d'agencement de l'appartement (cf. jugement p. 15). Certes, les détails précités ne sont pas forcément pénalement relevants. Ils tendent toutefois à confirmer la réalité du récit de A.A.________. C'est donc sans arbitraire que les juges genevois en ont fait état. Dans ces conditions, la critique est infondée. 3.5 Le recourant reproche aux autorités cantonales de ne pas avoir tenu compte des omissions, imprécisions et mensonges de la victime. Les premiers juges n'ont pas ignoré les omissions, imprécisions ou mensonges ressortant de la procédure (vol des clés de la voiture, histoire avec la voisine, logement dans un foyer, remboursement à La Bâloise). Ils ont cependant admis qu'il s'agissait d'éléments non significatifs qui étaient le fait d'un individu encore immature, de surcroît en proie à une crise de confiance majeure et à une fragilité psychique avérée (cf. jugement p. 16; arrêt p. 10 s.). Dans son argumentation, le recourant se contente de relever toute une série de contradictions dans diverses déclarations de la victime. Il ne démontre toutefois pas en quoi celles-ci seraient significatives ou susceptibles de modifier l'appréciation précitée, de sorte que sa critique, insuffisamment motivée au regard des exigences posées par l'art. 106 al. 2 LTF, est irrecevable.