Citation: 4P.64/2000 07.08.2000 E. 3

3.- a) Selon la jurisprudence, arbitraire et violation de la loi ne sauraient être confondus; une violation doit être manifeste et reconnue d'emblée pour être considérée comme arbitraire. Le Tribunal fédéral n'a pas à examiner quelle est l'interprétation correcte que l'autorité cantonale aurait dû donner des dispositions applicables; il doit uniquement dire si l'interprétation qui a été faite est défendable. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution pourrait aussi se défendre et sembler même plus correcte (ATF 125 II 10 consid. 3a; 129 consid. 5b). Le Tribunal fédéral ne s'écarte d'une décision d'une autorité que si elle est manifestement insoutenable, en contradiction évidente avec la situation de fait, viole d'une manière grave une norme ou un principe juridique incontesté ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice (ATF 125 I 166 consid. 2a; 124 V 137 consid. 2b). Le recourant qui allègue une violation de l'art. 4 aCst. doit tenter de démontrer, par une argumentation précise, que la décision incriminée est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 125 I 492 consid. 1b; 124 I 247 consid. 5). b) L'art. 415 CPC/NE prévoit que le recours en cassation peut être formé, notamment, pour fausse application du droit matériel (let. a) et pour arbitraire dans la constatation des faits ou abus du pouvoir d'appréciation (let. b). Il ressort des motifs de l'arrêt attaqué que la cour cantonale a, parallèlement, examiné la cause sous l'angle de l'application du droit matériel (application du principe de la confiance) et sous l'angle de l'arbitraire dans la constatation des faits. Elle a, en substance, examiné sur la base des constatations de fait du premier juge et des données du dossier, si c'est à bon droit que celui-ci a estimé que l'intimé "n'a pas amené à satisfaction de droit la preuve de la conclusion d'un contrat entre parties, et qu'il ne pouvait pas raisonnablement au vu des circonstances penser qu'il était engagé". c) La recourante, qui affirme que les faits ayant fondé le raisonnement juridique de la cour cantonale ont été retenus arbitrairement, ne démontre pas qu'ils ont été admis à tort. Ses critiques, purement appellatoires, sont vaines, car elles portent sur les faits suivants, qui ressortent bel et bien du jugement de première instance et des éléments du dossier: la convocation de l'intimé le 25 mars 1997 à 08 h.00 pour qu'il commence le travail; le comportement peu habituel de la recourante qui a téléphoné à deux reprises; la reconnaissance par le directeur des recherches d'avoir fait naître de faux espoirs et d'avoir rédigé un mémo; la conclusion d'un contrat de bail par l'intimé et l'annonce de son engagement à diverses personnes. L'appréciation de ces faits, en application du principe de la confiance, n'a non seulement rien d'arbitraire, mais elle apparaît comme parfaitement correcte. La conclusion de la cour cantonale, selon laquelle il y a lieu d'admettre que les déclarations et le comportement des collaborateurs de la recourante pouvaient et devaient de bonne foi être compris par l'intimé dans le sens d'un engagement débutant le 25 mars 1997, est la seule qui s'impose. C'est donc à juste titre que la cour cantonale a cassé le jugement de première instance. Au regard des faits, la décision du premier juge, à savoir que l'intimé ne pouvait raisonnablement au vu des circonstances penser qu'il était engagé, s'avère manifestement insoutenable.