Citation: H 265/02 03.07.2003 E. 3

3.1 Le recourant fait valoir qu'il ne s'est pas rendu coupable d'une négligence grave au sens de l'art. 52 LAVS, dès lors que selon la répartition interne des tâches entre les administrateurs de X.________SA, il ne s'occupait pas de la gestion de «Y.________», soit en particulier ni de la comptabilité du restaurant, ni du paiement des salaires du personnel et des assurances sociales. Son rôle se limitait aux conseils dans le domaine de l'hôtellerie. 3.2 La Cour de céans ne saurait suivre le recourant dans son argumentation. En effet, en sa qualité d'administrateur-président de la société faillie et nonobstant le mode de répartition interne des tâches au sein du conseil d'administration, il lui incombait de veiller personnellement à ce que les cotisations paritaires afférentes aux salaires versés fussent effectivement payées à l'AVS. Un administrateur ne peut se libérer de cette responsabilité en soutenant qu'il faisait confiance à ses collègues chargés de l'administration du personnel de l'entreprise et du versement desdites cotisations à la caisse de compensation. Il a au contraire le devoir d'exercer la haute surveillance sur les personnes chargées de la gestion pour s'assurer notamment qu'elles observent la loi, les statuts, les règlements et les instructions données (art. 716a al. 1 ch. 5 CO). Si les membres du conseil d'administration qui ne sont pas chargés de la gestion ne sont certes pas tenus de surveiller chaque affaire des personnes chargées de la gestion et de la représentation mais peuvent se limiter au contrôle de la direction et de la marche des affaires, ils doivent cependant, entre autres obligations, se mettre régulièrement au courant de la marche des affaires, exiger des rapports et les étudier minutieusement et, au besoin, demander des renseignements complémentaires et essayer de tirer au clair d'éventuelles erreurs (ATF 114 V 223 consid. 4a). Le recourant ne pouvait donc s'en tenir, en sa qualité d'administrateur-président, à la répartition des activités alléguées. Il lui incombait précisément de s'occuper du domaine des cotisations sociales en raison justement de l'importance que revêt celui-ci (SVR 2003 AHV n° 5 p. 14 consid. 5.3.2 et 2001 AHV n° 15 p. 53 consid. 6b). La négligence est d'autant plus grave que le recourant était, de son propre aveu, au courant des pertes subies par l'exploitation de la brasserie en 1994 déjà (cf. «Historique du restaurant Y.________» du 30 juin 1998 produit par le recourant en instance cantonale), de sorte que l'on pouvait attendre de lui qu'il se renseigne régulièrement auprès des autres administrateurs sur la gestion de celle-ci et les mesures envisagées pour redresser la situation financière de la société.