Citation: U 179/03 07.07.2004 E. 4.4

4.4.1 Dans son complément du 18 mars 2003, le docteur W.________ a illustré les résultats des recherches récentes dans le domaine des altérations dégénératives de la colonne vertébrale. Pour sa part, le docteur B.________ avait soutenu que les données de la littérature médicale n'étaient pas nombreuses en ce qui concernait les syndromes lombaires post-traumatiques chez les patients porteurs de discopathies dégénératives. Cette affirmation est clairement contredite par les précisions apportées par le docteur W.________. 4.4.2 Ainsi, il ressort de la doctrine évoquée par ce praticien que des critères très stricts doivent être remplis pour que l'on admette une relation de cause à effet entre un accident et un prolapsus discal (traumatisme important sur le rachis en mesure de déchirer un disque sain, relation temporelle étroite avec apparition immédiate des douleurs après l'accident, anamnèse pré-traumatique vierge de tous symptômes, premières radiographies après l'accident sans aucune image d'altération dégénérative au niveau du segment concerné). Ces conditions ne sont pratiquement jamais remplies, mis à part des cas exceptionnels. Dès lors, il faut toujours se baser sur l'idée d'une aggravation transitoire et non définitive, même si la douleur apparue après un traumatisme accidentel suggère au patient un lien étroit voire même étiologique entre le traumatisme et les symptômes (Wolfgang Meier, Hernie discale lombaire et accident, Informations médicales [de la CNA] no 68, décembre 1995. p. 14 et ss, not. 15). Si l'on admet après un événement «adéquat» une influence étiologique partielle, il est recommandé de considérer que les troubles engendrés sont la conséquence d'un traumatisme pour une période s'échelonnant d'une demi-année à une année (op. cit. p. 17). En tout état de cause, un traumatisme agissant essentiellement ou avant tout en direction axiale, par exemple sous forme d'une chute de sa propre hauteur n'est pas considéré comme «adéquat» (op. cit. p. 16 in fine et 17 in initio). De surcroît, il est actuellement admis qu'une lombalgie chronique se développant après un traumatisme qui n'a provoqué aucune lésion structurelle au niveau du squelette axial ne doit pas être attribuée à une cicatrisation tissulaire insuffisante, mais bien plutôt au fait que la douleur est entretenue par d'autres facteurs, la plupart du temps sous forme de constellation psychosociale défavorable (Erich Bär et Bertrand Kiener, Traumatismes vertébraux, Informations médicales [de la CNA] no. 67, décembre 1994, p. 45 et ss, sp. 46). Par ailleurs, l'aggravation significative et donc durable d'une affection dégénérative préexistante de la colonne vertébrale par suite d'un accident n'est établie, selon la jurisprudence, que lorsque la radiographie met en évidence un tassement subit des vertèbres ou l'apparition ou l'agrandissement de lésions après un traumatisme (RAMA 2000 n° U 363 p. 45, consid. 3a et la référence citée). 4.4.3 En l'espèce, les conditions strictes exigées par la doctrine médicale ne sont pas remplies. L'événement traumatique a été relativement modeste; la première consultation a eu lieu près de 24 heures plus tard; l'absence de lésions discales ou vertébrales récentes était manifeste; le premier bilan radiologique du rachis lombaire a été effectué deux mois plus tard, démontrant que les douleurs lombaires n'avaient pas été au premier plan. En outre, les pièces médicales du dossier et les rapports d'expertise n'attestent pas d'un tassement subit d'une vertèbre, de l'apparition ou de l'agrandissement d'une lésion, mais d'un état dégénératif pluri-étagé dorso-lombaire. Au vu de ces éléments et au regard du contexte professionnel dans lequel s'est inscrit la symptomatologie de l'intimée, l'appréciation du docteur W.________, fixant à quatre mois environ la durée du rapport de causalité entre l'accident du 17 décembre 1999 et les plaintes de l'intimée, apparaît dès lors convaincant. 4.5 Ainsi, il est établi au degré de vraisemblance requis que les troubles présentés par l'intimée, au delà du 9 avril 2000, ne sont plus en relation de causalité naturelle avec l'accident du 17 décembre 1999 (RAMA 2000 n° U 363 p. 46 consid. 2).