Citation: 6S.70/2002 15.04.2002 E. B

B.- Cette condamnation repose sur les faits suivants: X.________ et son cousin, toxicomanes qui s'adonnent notamment au trafic d'héroïne se déroulant essentiellement dans l'appartement de X.________, s'y trouvaient le 18 juin 1998 lorsque Y.________ les y a rejoints dans le courant de l'après-midi. Ce dernier était consommateur occasionnel d'héroïne qu'il ne s'injectait cependant pas. Entre 16 et 17h, A.________ est arrivé. Les quatre amis sont restés sur place toute la nuit. Ils ont consommé des drogues diverses telles qu'héroïne et cocaïne ainsi que des médicaments, notamment du Toquilone. Au petit matin, Y.________ a demandé à B.________ de lui administrer une injection d'héroïne. Ce dernier a préparé le mélange, choisi une veine, piqué, retiré le piston de la seringue pour faire apparaître le sang, puis laissé à son ami le soin de procéder à l'injection proprement dite. Une minute après, Y.________ a fait un malaise. A.________ a proposé de faire venir une ambulance, ce à quoi X.________ s'est opposé. Y.________ a repris connaissance après 10 à 15 minutes pendant lesquelles ses amis l'ont aspergé d'eau, lui ont donné des claques et ont pratiqué la respiration artificielle. Y.________ est resté conscient pendant deux ou trois heures. Il a refusé d'être emmené à l'hôpital. Il a ensuite eu une nouvelle syncope; ses amis l'ont réanimé avec les méthodes utilisées précédemment et ont décidé de le maintenir en état permanent d'éveil en discutant tour à tour avec lui. Durant la journée du 19 juin 1998, il y a eu un véritable défilé de toxicomanes à l'appartement de X.________. L'un d'eux, à son passage vers 13h30, a entendu Y.________ ronfler. Au milieu de l'après-midi, X.________ et son cousin ont constaté que le visage de Y.________ était violacé et ses mains froides. Un dénommé C.________ qui était de passage a dit qu'il était mort. B.________ ne voulait pas y croire et X.________ ne voulait pas entendre parler d'ambulance craignant que la police ne vienne. Après avoir lui-même constaté le décès de Y.________ à la suite de tentatives de réanimation vaines, X.________ a voulu éloigner le corps de son appartement. Il a demandé à D.________ d'aller chercher son véhicule et de transporter le corps. X.________, son cousin, E.________ et F.________ ont habillé Y.________ et l'ont transporté jusqu'à l'entrée de l'immeuble où des voisins les ont remarqués. D.________ a pris peur et a quitté les lieux. En présence des voisins, X.________ n'a eu d'autre solution que d'appeler l'ambulance. Son appel a été enregistré à 17h58. Le personnel médical n'a pu que constater le décès. Entre-temps, X.________ a convaincu B.________ et E.________ de déclarer à la police que Y.________ était arrivé chez eux vers 17h30, qu'il avait eu un malaise à l'entrée de l'immeuble et qu'ils avaient, sans succès, tenté de le secourir. Selon le rapport du médecin légiste, le décès de Y.________ est la conséquence d'une intoxication aiguë combinée à l'héroïne, à la méthaqualone et à la cocaïne. Les méthodes de réanimation pratiquées par les cousins n'étaient pas inadéquates et correspondaient à ce qu'un laïque connaît en la matière. L'experte a précisé qu'il était difficile de diagnostiquer un coma lorsqu'on entend la personne ronfler. Selon elle, une intervention en milieu médical dans l'après-midi du 19 juin 1998 aurait permis d'éviter l'issue mortelle. X.________ et son cousin présentaient chacun un taux de morphine se situant dans la partie supérieure de la fourchette des taux mesurés lors de décès imputables à une prise d'héroïne. Les experts psychiatres ont posé pour X.________ le diagnostic de syndrome de dépendance aux opiacés, à la cocaïne, aux sédatifs et hypnotiques et d'une personnalité émotionnellement labile de type impulsif. Deux tentatives de cures de méthadone se sont soldées par un échec. En ce qui concerne la vente de stupéfiants, la faculté de se déterminer d'après cette appréciation est légèrement diminuée du fait de la présence d'un trouble de la personnalité et d'une dépendance aux opiacés, à la cocaïne et aux sédatifs dans le sens où celle-ci se caractérise par un besoin compulsif de se procurer de la drogue. La consommation de fortes doses d'héroïne entre les 18 et 19 juin 1998 a moyennement diminué sa faculté de se déterminer d'après une appréciation préservée du caractère illicite de ses actes. X.________ a admis avoir acquis avec son cousin entre janvier 1997 et juin 1998 environ 900 grammes d'héroïne, dont ils ont revendu 390 grammes. X.________ s'est abstenu de toute consommation de drogue dès sa mise en liberté provisoire en février 1999 jusqu'en avril de la même année. Il a ensuite repris la consommation d'héroïne (1 gr par jour) et de cocaïne, puis, au mois de mai 2000, le trafic de drogue, reconnaissant en avoir revendu 500 grammes jusqu'au mois de juillet 2000. Du 25 juillet au 7 octobre 2000, X.________ a revendu 40 gr d'héroïne. A la demande de F.________, X.________ a par ailleurs dérobé dans la nuit du 6 au 7 octobre 2000 dans le dépôt de Galenica SA du Bactrim et quatre emballages de Tranxilium que F.________ entendait revendre. Auparavant, X.________ avait consommé de la cocaïne et fumé un Dormicum. Entre 1991 et 1998, X.________ a été condamné à plusieurs reprises pour des infractions à la LCR et à la LStup.