Citation: 7B_747/2023 E. 2.7.2

2.7.2. S'agissant tout d'abord de l'usage de pressions psychiques, le recourant soutient que sa relation avec l'intimée 1 n'aurait pas été "particulièrement complexe ou étroite" au point d'entraîner une dépendance affective de cette dernière. Il soutient en effet qu'il s'est occupé de l'intimée 1 envers laquelle il se serait montré "gentil", que celle-ci n'aurait pas gardé le silence sur les actes subis par crainte de lui ou de perdre son affection et qu'elle ne se serait en outre pas retrouvée "livrée à lui tout au long de la période pénale". Ce faisant, le recourant se borne, dans une large mesure, à opposer sa propre appréciation de certains éléments, qu'il interprète isolément, à celle opérée de manière globale par la cour cantonale. Un tel procédé est essentiellement appellatoire et, partant, irrecevable. Quoi qu'il en soit, le recourant ne conteste pas qu'il s'est occupé de l'intimée 1 depuis ses cinq ans et qu'elle le considérait comme un père, ses contacts avec son père biologique étant par ailleurs peu fréquents. Il ne conteste pas non plus être le père des frère et soeur de l'intimée 1, nés respectivement en 2008 et 2010, ni que sa relation avec l'intimée 1 s'est dégradée à la naissance de son frère, moment à partir duquel il s'est montré violent envers celle-ci et l'intimée 2. Quoi qu'il en dise, il n'était pas insoutenable de retenir qu'il inspirait de la crainte à l'intimée 1. Si cette dernière a certes déclaré avoir gardé le silence sur les faits pour d'autres raisons que la peur du recourant (soit par crainte de ne pas être crue par sa mère, que celle-ci cesse de l'aimer ou la trouve sale, ou encore que le recourant s'en prenne à son père), elle a néanmoins indiqué avoir eu peur de lui à l'époque des faits (cf. pp. 4, 7-8, 13 de l'arrêt attaqué). Il résulte de ces éléments - dont l'arbitraire n'a pas été démontré - que le recourant endossait une position d'adulte de référence vis-à-vis de l'intimée 1, avec laquelle il avait vécu depuis un très jeune âge et avait développé une relation émotionnelle forte, initialement marquée par une affection mutuelle puis par la peur et l'insécurité de l'enfant à la suite des violences qu'il lui infligeait. Cela étant et dans le contexte de l'espèce, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, retenir l'existence d'une situation de dépendance de l'intimée 1 vis-à-vis du recourant, dans laquelle celle-ci avait pu être incapable - par peur ou confusion - de s'opposer aux actes d'ordre sexuel. Sur ce dernier point, le recourant ne remet pas en cause sa supériorité cognitive ni le constat selon lequel l'intimée 1 ne percevait pas clairement l'inadéquation du comportement qu'il lui imposait (cf. consid. 2.5.2 supra). Il est encore relevé que, selon l'arrêt attaqué, les faits ont eu lieu lorsque l'intimée 1 se retrouvait seule avec le recourant au domicile. Il n'était dès lors pas arbitraire de considérer qu'il avait tiré profit des moments où elle était livrée à lui, peu importe qu'il n'ait - comme il le prétend - gardé l'intimée 1 que deux jours par semaine. Au vu de ces éléments retenus sans arbitraire, c'est à bon droit que les juges cantonaux ont considéré, compte tenu de la position d'adulte de référence du recourant, de sa relation affective avec l'intimée 1, de l'infériorité cognitive de cette dernière et de ses sentiments confus quant au comportement du recourant à son égard, ainsi que de la vulnérabilité de l'intimée 1 durant les actes d'ordre sexuel, que le recourant avait induit sur l'intimée 1 une pression psychique d'une intensité particulière, propre à briser la faible résistance qu'elle pouvait lui opposer. Ils pouvaient ainsi admettre que le recourant avait usé d'un moyen de contrainte d'ordre psychique.