Citation: 4A_286/2020 E. 3.2

3.2. Contrairement à ce qu'affirme la recourante, le refus de suspendre provisoirement la poursuite dirigée contre elle n'a pas pour " conséquence directe " l'extinction du procès en annulation de ladite poursuite. En effet, seule l'éventuelle ouverture de la faillite, laquelle n'a pas encore été prononcée à ce stade, pourrait influer sur le sort de l'action fondée sur l'art. 85a al. 1 LP. Aussi n'est-il pas possible de suivre la recourante lorsqu'elle prétend que le risque que la faillite soit déclarée avant qu'une décision ne soit prise sur le fond de l'action en annulation de la poursuite entraîne ipso facto une violation de son droit d'être entendue et de la garantie d'accès au juge. Il ressort en effet de la formulation claire de l'art. 173 al. 1 LP que le législateur n'a pas voulu permettre au juge de la faillite de surseoir au prononcé de celle-ci du seul fait qu'une action fondée sur l'art. 85a al. 1 LP est pendante. Seul le sort de la requête de suspension provisoire de la poursuite justifie de différer le prononcé de la faillite jusqu'à droit connu sur ladite requête. Que la recourante voie dans la solution adoptée par le législateur une violation de diverses garanties constitutionnelles dont celles du droit d'être entendue (29 al. 2 Cst.) et de l'accès au juge (art. 29a Cst.) n'y change rien. A supposer même que tel soit le cas, le juge n'en demeure pas moins tenu d'appliquer la loi fédérale et ne saurait adopter une solution contraire à celle clairement exprimée par le législateur dans la loi (art. 190 Cst.).