Citation: U 357/99 19.01.2001 E. 4

4.- a) Le recourant reproche aux premiers juges d'avoir assis leur conviction exclusivement sur l'expertise du docteur R.________, médecin d'arrondissement de l'intimée et spécialiste FMH en orthopédie et chirurgie. A ses yeux, cette expertise présenterait des contradictions rendant l'appréciation finale incompréhensible et donc incompatible avec les règles sur la valeur probante de tels avis médicaux. Par ailleurs, le recourant estime que l'avis du docteur S.________, lui aussi spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, présente une valeur probante en rien inférieure à celui du docteur R.________. b) Les contradictions que le recourant voit entre le rapport établi par le docteur R.________ le 9 juillet 1997 et les conclusions de son rapport final du 8 janvier 1998 ne sont qu'apparentes. Certes, ce médecin, qui a eu l'occasion de l'examiner à trois reprises et qui a rédigé des rapports totalisant pas moins de 17 pages d'anamnèse, d'examen et d'évaluation, a attesté au départ une incapacité de travail totale, avant de conclure, finalement, à une capacité de travail complète dans une occupation évitant certaines sollicitations de l'épaule. Dans la mesure où le docteur R.________ estime, à six mois d'intervalle et en tenant compte de l'exigibilité, que le patient peut travailler à temps complet et avec un rendement total, il ne se met nullement en contradiction avec sa précédente appréciation. D'une part, entre ces deux examens, le recourant a subi une intervention chirurgicale qui a permis d'éliminer des adhérences musculaires multiples au niveau de l'omoplate, lesquelles étaient de nature à expliquer la persistance des douleurs que l'imagerie, elle, ne pouvait objectiver (cf. rapports des docteurs S.________, du 27 mars 1997, R.________, du 9 juillet 1997, et H.________ de la Clinique Y.________, du 29 août 1997); d'autre part, le degré d'incapacité de travail ne se mesure pas de manière abstraite mais bien concrètement, compte tenu de la situation personnelle et professionnelle de l'assuré. Il est donc sans incidence, pour évaluer la capacité résiduelle de travail du recourant dans sa profession d'agent d'assurances, qu'il se soit trouvé au chômage au moment de l'accident. L'appréciation qu'ont fait par ailleurs les premiers juges du dossier médical ne prête flanc à aucune critique. Même si l'avis sur lequel se fonde essentiellement le recourant émane d'un spécialiste en orthopédie, il est constant que le docteur S.________ était le médecin traitant, particularité qui permettait à l'autorité cantonale de peser avec prudence les opinions de celui-ci (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc et la jurisprudence citée). Indépendamment de cela, son avis du 2 octobre 1997 et ses explications en cours d'instance cantonale n'opèrent pas la distinction nécessaire entre les différentes affections dont se plaignait l'assuré à l'automne 1997 et ne se prête donc pas à une approche objective du problème de la causalité naturelle entre l'accident et l'incapacité de travail alléguée, ni à l'examen de l'exigibilité. Sur le vu de ce qui précède et par égard notamment à la profession qu'exerçait le recourant à l'époque de l'accident, la Cour de céans ne peut que se rallier, elle aussi, à l'appréciation de l'incapacité de travail et de l'exigibilité opérée par l'expert de l'intimée. c) Mal fondé, le recours sera donc rejeté sans qu'il soit nécessaire d'ordonner de plus amples mesures d'instruction.