Citation: 4A_286/2019 E. 3.1

3.1. En doctrine, la nature juridique du contrat d'ouverture de crédit ou contrat de crédit ( Krediteröffnungs- oder Kreditvertrag) est controversée, mais il est généralement qualifié de contrat de prêt avec un élément durable de mandat, imposant notamment à la banque des devoirs d'information et de conseil (TERCIER/BIERI/CARRON, Les contrats spéciaux, n. 4808 p. 700; cf. les références à la doctrine dans l'arrêt 4C.410/1997 du 23 juin 1998 consid. 3, in SJ 1999 I 205). Le Tribunal fédéral a tour à tour laissé ouverte la question de la qualification de ce contrat (cf. les arrêts 4C.410/1997 précité consid. 3; 4C.344/2000 du 14 mai 2001 consid. 3b; 4C.153/2004 du 16 juillet 2004 consid. 3.1) ou a admis une qualification de prêt de consommation au sens des art. 312 ss CO (arrêt 4C.82/2005 du 4 août 2005 consid. 6.1) ou de contrat sui generis (arrêt 4C.345/2002 du 3 mars 2003 consid. 3.1). La question ne nécessite pas d'être thématisée plus avant en l'espèce. Il est en effet admis en jurisprudence que l'existence de la dette de l'emprunteur, son montant et son exigibilité doivent être soumis aux règles du prêt de consommation des art. 312 ss CO (prêt ferme ou prêt en compte courant, cf. arrêts 4A_69/2018 du 12 février 2019 consid. 4; 4A_78/2018 du 12 février 2019 consid. 5 et les références citées), alors que la prétention en dommages-intérêts opposée en compensation par le client à concurrence de sa dette et déduite de la violation par la banque de ses devoirs contractuels doit être examinée à l'aune des règles du mandat (art. 398 al. 2 CO qui renvoie aux art. 321e et 97 al. 1 CO; cf. les arrêts 4C.410/1997 précité consid. 3; 4C.153/2004 précité consid. 3.1; 4A_513/2010 du 30 août 2011 consid. 7, non publié aux ATF 137 III 453).