Citation: 5A_127/2023 E. 1

Il ressort de cette convention que les parties sont convenues, sous " d. Contribution post-divorce ", que l'ex-épouse bénéficierait d'un droit d'habitation gratuit sur la maison précitée jusqu'au 31 décembre 2021 (7), que l'ex-époux s'acquitterait de l'intégralité des frais fixes et courants de la maison jusqu'à cette date (9), et que dès le départ définitif de l'ex-épouse de la maison, mais au plus tard dès le 1er janvier 2022, l'ex-époux verserait à celle-ci, par mois et d'avance, la somme de 2'500 fr. à titre de contribution à son entretien et ce jusqu'au 31 mars 2032 (10). Le 13 décembre 2018, A.________ a informé par courriel son ex-époux qu'en raison de son " emménagement avec un tiers ", elle quitterait le 1er janvier 2019 l'ancien domicile conjugal, objet du droit d'habitation, et l'invitait donc à débuter le versement de la contribution d'entretien fixée en sa faveur, tout en lui proposant de réduire le montant de 500 fr. par mois. B.b. Le 5 janvier 2021, l'ex-époux a ouvert action en modification du jugement de divorce. Il a conclu à la suppression de la contribution d'entretien prévue aux chiffres 10 et 11 du dispositif dudit jugement dès la date du dépôt de sa demande, dès lors qu'elle vivait depuis le 1er janvier 2019 en concubinage avec son compagnon et que sa charge de loyer avait diminué. Lors de l'audience du 29 septembre 2021, l'ex-épouse a indiqué qu'elle entretenait une relation avec C.________ depuis le mois de mars 2018 et qu'ils vivaient ensemble depuis le mois de janvier 2019. Entendu lors de l'audience du 10 novembre 2021, le compagnon a confirmé vivre avec elle et recevoir de sa part un montant de 1'000 fr. par mois sur son compte bancaire, couvrant sa part des frais généraux tels que le loyer (1'490 fr./2), téléphone, assurance ménage, électricité, etc. Il a ajouté que chacun versait par ailleurs la somme de 500 fr. par mois dans le " porte-monnaie commun " pour les frais d'alimentation et autres petites dépenses. Pour ce qui était des vacances, il a déclaré que chacun payait sa part et que de manière générale, ils étaient complètement indépendants financièrement, chacun s'acquittant de ses frais. Le budget commun, hors " porte-monnaie commun ", était donc d'environ 2'000 fr. par mois; ce montant couvrait le loyer, les assurances, les frais de téléphone et les autres petites dépenses. En d'autres termes, les frais de ménage étaient répartis par moitié, et ce bien que sa compagne gagne moins que lui. B.c. Par jugement du 29 mars 2022, le tribunal de première instance a notamment rejeté la demande en modification du jugement de divorce déposée par l'ex-époux (3) et arrêté les frais judiciaires à 1'600 fr., compensés avec les avances payées par les parties, mis ces frais à la charge de l'ex-époux et condamné celui-ci à verser à son ex-épouse la somme de 200 fr. correspondant à son avance de frais (4). L'autorité de première instance a considéré qu'il n'y avait pas lieu de supprimer la contribution d'entretien en faveur de l'ex-épouse dans la mesure où elle avait été arrêtée conventionnellement par les parties lors du divorce et qu'elle tenait compte de l'hypothèse d'un concubinage et que, quoi qu'il en soit, la relation entretenue par l'intéressée avec son compagnon ne relevait pas du concubinage qualifié. B.d. Saisie d'un appel de l'ex-époux, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après : l'autorité cantonale) - admettant l'existence d'un concubinage qualifié - a, par arrêt du 21 décembre 2022, notamment annulé des chiffres 3 et 4 du dispositif du jugement précité, cela fait, annulé le chiffre 10 du jugement de divorce, et, statuant à nouveau, condamné l'ex-époux à payer, par mois et d'avance, en mains de son ex-épouse, la somme de 1'000 fr. du 1er février 2021 au 31 mars 2032, et arrêté les frais de première et deuxième instances.