Citation: 5P.312/2004 07.03.2005 E. 3

3.1 En second lieu, la recourante fait valoir que la cour cantonale aurait gravement méconnu l'art. 176 al. 1 de la loi de procédure civile genevoise du 10 avril 1987 (RSG E3 05; ci-après: LPC/GE), aux termes duquel tout jugement, même sur incident, doit condamner aux dépens la partie qui succombe. Elle rappelle que, pour déterminer quelle est la partie qui a obtenu gain de cause et quelle est celle qui a succombé au regard de cette disposition légale, il convient de tenir compte aussi bien des conclusions du demandeur que de celles, libératoires ou reconventionnelles, du défendeur (Bertossa et alii, op. cit., n. 6 ad art. 176 LPC/GE). Elle en conclut qu'elle n'aurait manifestement pas dû être condamnée au paiement de plus d'un tiers des dépens puisque l'intimée n'avait obtenu que 205'000 fr. sur les 732'870 fr. qu'elle lui avait réclamés initialement. En confirmant sa condamnation au paiement de la moitié des dépens de première instance et en mettant entièrement à sa charge les dépens de seconde instance cantonale, la cour cantonale aurait ainsi versé dans l'arbitraire (art. 9 Cst.). 3.2 De jurisprudence constante, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou heurte de manière choquante le sentiment de justice et d'équité. Pour que la décision attaquée soit annulée, il faut qu'elle se révèle arbitraire non seulement dans ses motifs, mais encore dans son résultat; à cet égard, il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution est concevable, voire préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 273 consid. 2.1 p. 275). Le recourant ne peut se contenter d'opposer son opinion à celle de l'autorité cantonale; il doit démontrer, par une argumentation précise, que la décision attaquée repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). 3.3 En l'espèce, la condamnation de la recourante au paiement de la moitié des dépens de première instance ne correspond certes pas à la proportion dans laquelle les conclusions de l'intimée ont été admises. Mais il ne faut pas perdre de vue que la recourante contestait devoir la moindre somme d'argent. L'intimée a dû agir en justice pour se voir reconnaître le principe de sa créance et n'a échoué que sur la quotité, dans un contexte où, comme l'a relevé la cour cantonale (en p. 17 de son arrêt), le dommage était difficile à estimer. Dans ces conditions, l'arrêt attaqué n'est pas manifestement insoutenable; il ne méconnaît pas gravement une norme ou principe juridique clair et indiscuté et ne heurte pas de manière choquante le sentiment de justice et d'équité. Il échappe dès lors au grief d'arbitraire.