Citation: 1P.170/2005 22.03.2005 E. 2

Le recourant conteste uniquement le risque de collusion. Selon lui, que les autres participants aient pu ou non être identifiés, on ne verrait pas en quoi une libération pourrait entraver le cours de l'enquête. De nombreuses commissions rogatoires ont été envoyées à l'étranger, sans que l'on en connaisse encore le résultat, ni même l'objet. En réalité, le juge d'instruction se livrerait à des recherches indéterminées. Depuis plus d'un an, les tentatives pour retrouver l'or volé seraient demeurées infructueuses et il ne serait fait état d'aucune piste sérieuse. La Chambre d'accusation se serait elle aussi contentée d'affirmations générales, alors que, dans son précédent arrêt du 12 août 2004, elle avait estimé que la détention ne pourrait se prolonger indéfiniment "au gré du résultat hypothétique des démarches judiciaires en cours", ce que le Tribunal fédéral avait confirmé dans son arrêt du 11 octobre 2004 relatif à la détention de A.________. L'arrêt cantonal ne comporterait aucune motivation à ce propos. 2.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151, 123 I 31 consid. 3c p. 36, 117 Ia 257 consid. 4c p. 261). L'autorité doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer, et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (cf. ATF 123 I 31 consid. 2b p. 33/34, 116 Ia 149 consid. 5 p. 152). 2.2 Dans son arrêt du 11 octobre 2004 relatif à la détention de A.________, le Tribunal fédéral avait déjà relevé que la Chambre d'accusation était muette quant aux actes d'instruction qui devraient encore être effectués, et dont le résultat pourrait être mis en péril par la libération du prévenu. Il ressortait toutefois clairement de la procédure que les explications de l'intéressé quant à son degré de participation au brigandage n'étaient pas considérées comme plausibles, et que l'autorité de poursuite désirait par ailleurs pouvoir identifier les auteurs du brigandage qui n'avaient pas pu être arrêtés; elle cherchait également à localiser le butin. Il était dès lors vraisemblable que le prévenu puisse profiter de sa libération pour essayer de se mettre en contact avec les autres prévenus afin de coordonner leur version des faits dans un sens qui lui soit favorable. Le risque existait également qu'il tente de joindre les auteurs non encore identifiés. Le risque de collusion, entendu comme un risque d'altération des preuves, était indéniable. Il l'est encore aujourd'hui. Contrairement à ce que soutient le recourant, celui-ci pourrait profiter d'une libération pour tenter de retrouver les auteurs encore en fuite, que ceux-ci aient ou non été déjà identifiés, afin de les avertir ou de récupérer une part du butin. Ce risque est d'autant plus concret que le recourant aurait lui-même participé au recrutement de ses complices.