Citation: 4F_5/2024 E. A

A.a. A.________ (ci-après: le coopérateur) était l'un des membres fondateurs de la Coopérative B.________ (ci-après: la société coopérative). Il était coopérateur et en a été administrateur et directeur jusqu'en 2012, ainsi que membre du conseil de direction avec pouvoir de signature collective à deux. La société coopérative a pour but de gérer et d'administrer les unités locatives du site... à Vernier et de les mettre à la disposition des coopérateurs exerçant des activités industrielles et/ou artisanales. A.b. Des tensions ont opposé le coopérateur et la société coopérative. À la fin de l'année 2010, le comité de direction de la société coopérative a été renouvelé, mais le coopérateur n'a pas été reconduit dans ses fonctions. Par courrier du 12 octobre 2012, la société coopérative a notamment reproché au coopérateur de lui avoir adressé une facture au nom de sa propre société d'un montant de 43'254 fr. concernant l'achat de 89 moteurs pour stores à 486 fr./pièce alors que ceux-ci lui avaient été facturés par une entreprise italienne seulement 25 euros/pièce. Lors de sa séance du 7 novembre 2012, l'administration de la coopérative a décidé d'exclure le coopérateur pour justes motifs, notamment pour le fait évoqué ci-dessus et sur lequel celui-ci ne s'était pas déterminé. Se prononçant sur un recours du coopérateur, l'assemblée générale extraordinaire de la société coopérative du 20 février 2013 a approuvé son exclusion. A.c. Deux procédures ont été initiées: le coopérateur a ouvert une action civile en 2013 et la société coopérative a déposé une plainte pénale en 2015. A.c.a. Le coopérateur a ouvert action en constatation de la nullité des décisions de l'assemblée générale du 20 févier 2013, subsidiairement en annulation de la décision de l'exclure du cercle des coopérateurs. Par jugement du 28 novembre 2016, confirmé sur appel par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève le 24 novembre 2017, sa demande a été rejetée. Statuant sur recours en matière civile et recours constitutionnel contre cet arrêt du 24 novembre 2017, la I e Cour de droit civil du Tribunal fédéral les a rejetés dans la mesure où ils étaient recevables, par arrêt du 28 août 2018 (4A_59/2018). Elle a constaté que la cour cantonale a confirmé l'exclusion du coopérateur pour trois motifs, à savoir, premièrement, le fait que le coopérateur a acquis, pour le compte de la coopérative, des moteurs de stores au prix de 25 ou de 50 euros/pièce qu'il a ensuite facturés à la coopérative à 486 fr./pièce; deuxièmement, le fait qu'il a bénéficié gratuitement des services de certains employés de la coopérative; troisièmement, le fait qu'il a tenté de convaincre certains employés de la coopérative de donner leur démission, afin de "casser la société". Examinant le premier de ces motifs sur la base des griefs formulés alors par le coopérateur en tant que recourant, la cour a constaté en bref qu'il est établi qu'il a tenté d'obtenir de la coopérative un prix disproportionné pour les moteurs de stores et en a déduit qu'il est indéniable que le comportement du coopérateur était, déjà pour ce seul motif, de nature à rompre le rapport de confiance entre les parties. Elle a ainsi renoncé à examiner les deux autres griefs du recourant. A.c.b. Une plainte pénale a été déposée par la société coopérative contre le coopérateur le 30 novembre 2015. Par ordonnance du 19 octobre 2023, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte à l'encontre du coopérateur sur plainte pénale de la société coopérative. Il a considéré que celui-ci n'a pas trompé la coopérative lors de la vente des moteurs puisqu'aucun membre du conseil d'administration ne lui avait demandé le prix d'acquisition de ceux-ci et que, même s'il était le directeur de la coopérative au moment où il lui a proposé de lui vendre ces moteurs, la vente était intervenue par le biais de sa société. D'ailleurs, d'autres coopérateurs avaient fourni des prestations à la coopérative par le biais de leur société sans que cela ne cause de problèmes. Le Ministère public a également considéré que l'enlèvement des étiquettes des moteurs ne semblait pas relever du domaine pénal, même si cet enlèvement était intervenu intentionnellement pour en camoufler le prix, le détail du prix ne lui ayant jamais été demandé. Cette ordonnance a fait l'objet d'un recours de la société coopérative à la Chambre pénale de la Cour de justice du canton de Genève, qui l'a rejeté par arrêt du 20 décembre 2023.