Citation: 4C.375/1999 18.01.2000 E. A

A.- Le 24 janvier 1993, vers 12 h.30, Z.________ a emprunté le téléski pour gagner le domaine skiable de ThyonLes Collons (Valais). Ce téléski était exploité par la société X.________ S.A. et équipé de sièges monoplaces; la fille de l'intéressé, B.________, avait pris place sur le siège qui précédait le sien. En cours de montée, B.________ est tombée du siège, peu avant le pylône n° 4, et a commencé à glisser le long de la pente sur le dos. Voyant cela, Z.________ a essayé de saisir sa fille au passage, mais n'y est pas parvenu. Il a alors quitté son siège et entrepris de descendre la pente en skiant, suivant le tracé du téléski. Arrivé à la hauteur de B.________, il l'a poussée de côté pour dévier sa trajectoire. Son attention concentrée sur sa fille, il n'a vu le pylône n° 3 qu'au moment où il l'a heurté des jambes. Sous l'effet du choc, il a subi diverses fractures, qui ont laissé des séquelles permanentes et l'ont obligé à changer d'activité professionnelle. B.- a) Le 2 mai 1996, Z.________ a introduit devant la Ie Cour civile du Tribunal cantonal valaisan une action en responsabilité contre X.________ S.A., lui réclamant en dernier lieu la somme de 675 078 fr. Selon l'expert commis dans la procédure pénale, les pylônes sont capitonnés pour assurer la sécurité des usagers du téléski en aval de fortes pentes, soit lorsque la déclivité atteint ou dépasse 50 à 60%; ils sont également capitonnés lorsqu'ils sont situés près d'une piste de descente où ils peuvent constituer un obstacle, et donc un danger pour les skieurs. Il a été constaté qu'en amont du pylône n° 3, la montée, sur une longueur de 50 mètres, passe, par rapport au plan de l'horizon, de 28 à 33%, puis à 40%; elle s'atténue ensuite pour ne plus être que de 33% jusqu'au pylône n° 4. A la hauteur du pylône n° 3, la piste de ski la plus proche du tracé du télésiège est distante d'une dizaine de mètres et elle en est séparée par une zone non damée; il n'y a pas de pente transversale. Au départ du téléski, un panneau indiquait qu'il était interdit de lâcher le siège avant l'arrivée. Le jour de l'accident, la neige sous la remontée mécanique était dure, voire verglacée par endroits; le socle du pylône n° 3 était visible. Durant les 30 années d'exploitation antérieures à 1993, aucun accident ne s'est jamais produit sur le téléski. Contrôlée en avril 1993, cette installation a été jugée conforme aux prescriptions du règlement édicté sur la base du Concordat concernant les téléphériques et téléskis sans concession fédérale. b) Statuant par jugement du 6 septembre 1999, la cour cantonale a rejeté la demande avec suite de frais et dépens. Elle a considéré en substance que l'installation de téléski était conforme aux prescriptions de sécurité et aux règles de la prudence, l'accident n'étant dû en définitive qu'au comportement imprévisible de la victime.