Citation: 5A_984/2022 E. 6.1

6.1. Il reproche au juge cantonal d'avoir " fermé les yeux " sur sa situation financière concrète et de s'être limité " à citer aveuglément la jurisprudence du Tribunal fédéral, constante il est vrai, qui exige le remboursement effectif des dettes pour que celles-ci soient prises en compte ". Or, au vu notamment de sa situation de retraité ne disposant que d'un " maigre pécule ", il serait " aberrant " de considérer qu'il serait en mesure d'acquitter la " dette astronomique " de 27'819'055 fr. 50 résultant de l'acte de défaut de biens délivré à son encontre. La décision du juge cantonal de ne pas prendre en compte cet acte de défaut de biens dans le cadre de l'examen de sa situation financière serait choquante. Sa prise en considération aurait justifié sans autre l'octroi de l'assistance judiciaire. Le recourant fait également grief au juge cantonal de ne pas avoir respecté la jurisprudence dans la mesure où il était évident qu'il ne serait jamais en mesure d'amortir l'avance de frais " gargantuesque " de 116'000 fr. dans un délai d'une année voire de deux ans. Toutes les pièces qu'il avait produites suffisaient à apporter la preuve, tant au degré de la vraisemblance que de la certitude, qu'il ne disposait pas des moyens suffisants pour payer l'avance de frais litigieuse sans entamer son minimum vital, étant précisé que son fils n'était pas en mesure de l'aider à la payer. Les décomptes bancaires produits, dont la véracité n'avait pas été mise en cause, étaient plus probants qu'une simple facture de loyer ou de prime d'assurance-maladie, qui attestait seulement d'un montant exigible. Fournir plus de pièces en vue de démontrer la " facturation " de ces charges n'était donc pas pertinent compte tenu des moyens de preuve déjà produits. La question du montant de ses charges courantes ainsi que du " coût de la vie " au Portugal, soit quelques centaines de francs, n'était pas non plus pertinente, eu égard au montant de l'avance de frais de 116'000 fr. Le juge cantonal, à l'instar de la juge de district, avait ainsi fait preuve de formalisme excessif en considérant que sa requête d'assistance judiciaire était lacunaire. Au vu des pièces produites, la vraisemblance de l'absence de ressources suffisantes était donnée et aurait dû conduire à l'octroi de l'assistance judiciaire. Les juges précédents ne pouvaient pas conclure à l'absence d'indigence sans en avoir la certitude ni se contenter de la vraisemblance de l'absence d'indigence sans l'avoir préalablement interpellé à ce sujet et constaté une absence de collaboration.