Citation: 9C_297/2022 E. 5.4.2

5.4.2. 5.4.2.1. D'après les constatations cantonales, l'existence d'une relation de couple se fonde non seulement sur les témoignages des personnes liées à C.________ (son fils, sa psychologue, deux amies proches), mais aussi sur les déclarations des personnes liées au défunt (K.________, un ex-collègue et ami) et/ou à sa mère (sa soeur, sa nièce). Le couple y est décrit comme étant "atypique" et n'ayant jamais vécu sous le même toit pour des raisons inhérentes aux personnalités des deux protagonistes ainsi qu'à leurs vécus (besoin de protéger ses enfants en lien avec la perte de ses propres parents avant d'avoir atteint l'âge adulte pour l'appelée en cause; caractère secret et solitaire, tendance à compartimenter les différents aspects de sa vie pour l'assuré). L'existence de ladite relation ressort toutefois de tous les témoignages mentionnés. Dans ces circonstances, il n'était a priori pas arbitraire de la part des premiers juges d'en reconnaître l'existence. La recourante conteste l'existence même de cette relation. Elle invoque d'abord à cet égard l'absence d'élément matériel (correspondances, sms ou e-mails, relevés de téléphone, photographies, relevés de cartes bancaires liés à des dépenses communes, mention d'un établissement dans lequel le couple aurait eu ses habitudes ou d'amis communs, cadeaux faits lors d'événements particuliers) pouvant attester la relation entre l'assuré et C.________. Dès lors que la jurisprudence sur la définition de la communauté de vie (cf. consid. 4.3 supra) reconnaît la difficulté à établir que des concubins se prêtent fidélité et assistance comme le feraient des époux (d'autant plus qu'il n'est pas nécessaire qu'ils partagent le même logement ou que l'un entretienne l'autre de manière déterminante), des éléments tels que ceux évoqués font partie des circonstances qu'il convient d'apprécier pour démontrer l'existence d'une relation de couple. Leur absence ne signifie toutefois pas que la conclusion du tribunal cantonal serait arbitraire. Un couple peut effectivement choisir de vivre discrètement voire même de façon cachée sans que cela n'altère la nature de la relation. Peu importe dès lors l'absence de photographies, de messages, de cadeaux ou de tout autre élément du moment que comme en l'espèce, divers témoignages concordants attestent la relation de concubinage. 5.4.2.2. On relèvera encore que les témoignages recueillis en première instance ne sont pas les seuls éléments de preuve qui ont conduit la juridiction cantonale à reconnaître une véritable communauté de vie depuis 2004. Dans son examen de la nature de la relation de l'appelée en cause et du défunt, elle a notamment retenu, sur le plan matériel, le soutien financier important et régulier (cosignature du bail, versements d'argent) ainsi que le financement de vacances (au Kenya, à Paris) et, sur le plan affectif, la participation de l'assuré à la vie familiale de C.________ ainsi que l'influence exercée par le premier sur le fils de la seconde. Elle a également déduit de certains témoignages, plus particulièrement de ceux du fils et de la psychothérapeute de l'appelée en cause, que le couple était amoureux, qu'il avait une vie affective et que leur relation était exclusive. La mère de l'assuré ne conteste pas ces éléments en tant que tels, mais cherche seulement à en atténuer la portée pour les cinq années précédant le décès. 5.4.2.3. Vu ce qui précède, on ne peut pas valablement reprocher aux premiers juges d'avoir fait preuve d'arbitraire en retenant que le défunt et l'assurée avaient entretenu une relation de couple depuis 2004 au moins.