Citation: 6B_663/2014 E. 12.3

12.3. Le recourant soutient que ce serait à tort que le TPF aurait retenu que la procédure ouverte en République tchèque n'en serait qu'à ses débuts. Trois autres procédures auraient déjà été menées dans ce pays pour les mêmes faits entre 1999 et 2003 aboutissant toutes à une clôture. La quatrième procédure, soit celle en question, aurait été ouverte sous la pression des autorités suisses qui auraient prétexté à chaque fois des " autres faits " pour revenir auprès des autorités tchèques qui, à force de harcèlement, auraient bien fini par se plier aux exigences du MPC. Outre que ce dernier argument fait fi de l'indépendance des Etats, en particulier de la justice, dans la décision d'ouvrir ou non une procédure pénale, il ne se fonde sur aucun élément et ne procède que d'une affirmation du recourant. Quant aux trois procédures précédemment ouvertes, elles ne permettent pas de retenir que la procédure en cours, soit la quatrième, serait à un stade suffisamment avancé pour que la suspension se justifie au regard des exigences découlant du principe de célérité. Il en va de même du fait que les auditions de trois ministres auraient été menées dans le cadre de ladite procédure, comme le prétend le recourant. Quant aux " offres de preuve du MPC " auxquelles se réfère le recourant (pièces 671 430 030 à 671 430 206), il s'agit principalement de demandes d'entraide judiciaire internationale adressées par la République tchèque aux autorités suisses. Celles-ci visent à l'obtention de documents ressortant de la procédure suisse ainsi qu'à la saisie des valeurs patrimoniales se trouvant en Suisse en relation avec l'affaire considérée. En outre, y sont jointes les ordonnances d'ouverture des procédures en cause, les autorités tchèques indiquant que des recours avaient été déposés contre lesdites ordonnances. On ne distingue pas en quoi ces pièces permettraient, comme le soutient le recourant, d'établir qu'il était faux de retenir que la procédure menée par les autorités tchèques n'en était qu'à ses débuts. Bien plutôt, il en ressort que les autorités tchèques ont rendu des ordonnances d'ouverture de procédure et qu'elles ont requis des documents des autorités suisses. Dès lors, ces pièces tendent à démontrer que les autorités tchèques étaient dans la phase d'instruction de l'affaire, qui plus est, comme l'a retenu le TPF, à ses débuts dès lors que des recours concernant leur ouverture étaient encore pendants. A tout le moins, les autorités tchèques étaient loin d'être en état de juger l'affaire, au contraire des autorités suisses. Au vu de ce qui précède, le TPF n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en estimant que le principe de célérité, dont on rappelle qu'il doit primer dans les cas limites ou douteux (cf. supra consid. 12.1), imposait de renoncer à la suspension de la procédure suisse. Infondé, le grief du recourant doit être rejeté.