Citation: 5A_425/2023 E. 4.2.3

4.2.3. En l'espèce, par son argumentation, la recourante ne démontre pas que l'autorité cantonale aurait rendu une décision arbitraire. En premier lieu, elle méconnaît la notion d'arbitraire (art. 9 Cst.) quand elle soutient que le point de savoir si le lien suffisant avec la Suisse est réalisé lorsqu'une banque intervient de manière marginale dans l'exécution d'un contrat pourrait être tranchée de manière généralisable. Elle omet que le lien suffisant avec la Suisse nécessite d'être concrétisé à la lumière des circonstances du cas d'espèce pertinentes pour pondérer les intérêts en présence et, en fin de compte, examiner si, dans son résultat, la décision conduit à la violation de l'art. 9 Cst. Ensuite, une décision n'est pas arbitraire lorsqu'elle se fonde sur l'avis d'une partie de la doctrine sur une question controversée, qui n'a pas été tranchée par le Tribunal fédéral. Or, en l'occurrence, même les auteurs cités dans l'arrêt 5A_222/2012, arrêt auquel la recourante se réfère, qui se montrent les plus larges dans l'admission du lien suffisant avec la Suisse lorsqu'une banque suisse intervient de manière marginale, ne visent que les cas où cette intervention concerne le contrat dont découle la créance litigieuse, et non un autre contrat (cf. not. GANI, Le "lien suffisant avec la Suisse" et autres conditions du séquestre lorsque le domicile du débiteur est à l'étranger, in RSJ 1996 (97) p. 227 ss [231] et GILLIÉRON, Commentaire de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite, art. 271-352, 2003, n° 74 ad art. 271 LP). La recourante ne cite aucun auteur qui soutiendrait sa position. C'est dès lors à tort qu'elle reproche à l'autorité cantonale de n'avoir pas tranché, et de plus arbitrairement, la question de la portée du rôle marginal d'une banque suisse sur le lien suffisant avec la Suisse au sens de l'art. 271 al. 1 ch. 4 LP. Cette autorité s'est employée à faire une telle analyse pour exclure un tel lien lorsque ce rôle est non seulement marginal, mais concerne en plus une autre relation contractuelle que celle dont est issue la créance litigieuse. Sous couvert d'opposer à l'autorité cantonale de n'avoir pas "cré[é] une jurisprudence", la recourante ne lui reproche rien d'autre que de n'avoir pas statué dans le sens qu'elle aurait souhaité. En dernier lieu, les développements de la recourante concernant " la réalité comm erciale de la transaction entre A.________ Ltd et C.________" et la "réelle balance des intérêts" qu'il aurait fallu faire ne sont nullement documentés. Il en va ainsi en particulier de l'élément décisif dont l'absence suffit à elle seule à nier l'arbitraire de la décision, soit que l'intervention de B.________ AG dans le contrat de vente entre C.________ et E.________ aurait été une condition de la conclusion de son propre contrat avec C.________. L'autorité cantonale a établi exactement le contraire en retenant qu'il n'était pas allégué que la recourante avait été informée du fait que l'acquéreur final s'acquitterait de son obligation par le biais d'une lettre de crédit émise par une banque suisse. Au demeurant, il ressort des faits constatés dans la décision attaquée que B.________ AG a émis la lettre de crédit après que la recourante avait confirmé son accord sur la vente la concernant. A cela s'ajoute que, se bornant à soutenir le contraire, la recourante ne démontre pas non plus l'arbitraire de la constatation selon laquelle la régularité de la vente de pétrole à E.________ et la qualité d'acquéreur final de la filiale suisse de ce groupe n'étaient pas établis. Les éléments dont l'autorité cantonale a tenu compte pour pondérer les intérêts en présence sont en outre pertinents et parfaitement motivés. Il suit de là que le grief de violation de l'art. 9 Cst. doit être rejeté.