Citation: 5A_469/2023 E. 3.3

3.3. Le recourant considère qu'il est arbitraire d'avoir " décrété " qu'il n'avait pas trouvé d'emplois fixes par mauvaise volonté et qu'il n'avait qu'à intensifier ses recherches. Il avait en effet démontré avec une haute vraisemblance par pièces que ses recherches sérieuses étaient pour l'instant vaines, bien qu'il ait exercé quelques emplois par intermittence, qui ne s'étaient jamais soldés par un engagement définitif malgré sa bonne volonté. Il avait notamment produit en appel toutes ses recherches d'emplois récentes de janvier à septembre 2022. Il avait aussi produit des documents attestant du versement de janvier à juillet 2022 d'indemnités de chômage qui, ajoutées au revenu d'insertion (RI), ascendaient à 2'200 fr. par mois. Il était notoire que celui qui ne se conforme pas aux exigences du chômage et ne fournit pas un effort satisfaisant à la recherche d'emplois se voit priver du chômage, ce qui n'avait pourtant pas été son cas. Il avait ainsi rendu crédible qu'il ne trouvait toujours pas d'emploi, ce malgré ses " inlassables recherches ", et rien ne permettait objectivement de conclure que c'était par pure mauvaise volonté de sa part qu'il n'avait toujours pas d'emplois fixes et à plein temps. Il n'était donc pas possible de prétendre qu'il reste " oisif et apathique ", quand bien même il avait de la difficulté à se réinsérer professionnellement de manière effective et ce malgré sa meilleure volonté, compte tenu de son manque de qualifications. Le recourant reproche en outre à la cour cantonale d'avoir exigé qu'il produise des courriers d'employeurs potentiels expliquant les causes de leur refus de l'engager. Selon lui, il n'est en effet pas possible d'exiger une réponse lorsqu'on postule et qu'on n'est pas retenu. Il ne voyait en outre pas en quoi cela serait décisif pour la cause, puisque les réponses consistent en des formules types de politesse, la plupart du temps standardisées. Il n'y avait donc aucun lien de causalité entre la réponse type et l'augmentation des chances de se réinsérer dans le monde du travail. Par ailleurs, exiger d'un candidat qu'il explique les raisons qui avaient fondé le choix d'un tiers à ne pas l'engager est la preuve d'un fait négatif très difficile, voire impossible à apporter sans aucune explication du tiers en question et qui ne peut de toute évidence être exigée par le demandeur d'emploi auprès du recruteur. Enfin, le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir " décrété " qu'il était notoire que la restauration manquait de bras, faute de toute référence à un quelconque site ou article. On ne comprenait donc pas d'où sortait cette information et de quelle manière il serait notoirement aisé de se trouver un emploi à 100% dans le domaine de la restauration. Cela étant, on ne pouvait pas de bonne foi soutenir que c'est à l'heure actuelle encore un secteur en plein essor alors que de très nombreux restaurateurs ont "mis la clé sous le paillasson" en 2020 et 2021 en raison de la crise du Covid-19. Par ailleurs, s'il est vrai que des établissements dans la restauration cherchent pour certaines périodes et événements davantage de personnel, il s'agit d'extra, de free-lance et très souvent de contrat de courte durée (CDD) afin d'éviter des coûts supplémentaires et superflus dans des périodes d'activité plus calmes. Le personnel engagé à 100% de manière durable dans ce secteur est généralement un personnel qualifié avec au minimum un CFC d'employé de commerce ou de cuisinier. Une personne sans CFC, ni formation, n'aura en principe que la possibilité d'être engagée à temps partiel et touchera une rémunération certainement dérisoire. Le recourant conclut de ce qui précède que la possibilité effective d'exercer une activité à 100% pour un salaire mensuel de 3'600 fr. ne peut être retenue, vu qu'il n'avait jamais réussi à exercer une activité à plein temps, malgré le fait qu'il avait travaillé pour la même entreprise durant deux ans à 50%. Il ne remplissait de toute évidence pas les critères, sans CFC, pour obtenir un emploi à 100% avec une rémunération de 3'600 fr. par mois, " en tout cas sans concours de circonstances véritablement exceptionnelles qu'on ne [pouvait] retenir en la matière sans verser dans l'arbitraire ".