Citation: 5A_442/2020 E. 3.2

3.2. Il ressort des faits et des considérants de l'arrêt déféré qu'il existait dans le cas d'espèce, de nombreux éléments contradictoires entre l'expertise mise en oeuvre et les faits tels qu'ils avaient été établis au dossier, imposant d'examiner avec de sérieuses réserves la force probante du résultat de l'expertise. Il est ainsi apparu à la Cour de justice qu'il se justifiait de s'écarter du résultat de ladite expertise et elle a motivé en détails les motifs à l'appui de cette appréciation. En substance, elle a pointé des doutes tant dans le déroulement que dans la phase d'expertise proprement dite : la langue des entretiens, la direction de l'expertise par un médecin en formation sans supervision d'un collègue expérimenté, son déroulement selon une grille d'examen adaptée à la formation de l'expert, non aux fins de s'adapter à la situation de la famille expertisée, l'anamnèse subjective sans prise de recul, les différences d'examens effectués sur chacun des parents, la manière dont a été recueilli l'avis de l'enfant quant à sa garde, la participation de la compagne du père à l'expertise familiale, l'influence d'un mauvais sentiment des expertes face à la mère, la réflexion partisane en faveur du père, la recommandation de transférer la garde de l'enfant au père alors que l'enfant - actuellement auprès de sa mère - ne présente aucune souffrance autre que celle trouvant son origine dans le conflit intense et persistant entre ses parents, selon les avis concordant des différents intervenants (école, guidance infantile, pédiatre, experts et SPMin), alors qu'un transfert de la garde ne manquerait pas de perturber le rythme de C.________, l'inquiétude légitime de la mère vis-à-vis du père (consommation excessive d'alcool, attouchements, et santé) et le suivi psychiatrique entrepris et investi par la mère. Enfin, l'autorité précédente a reconnu que l'image très positive du père donnée dans l'expertise faisait fi de nombreux éléments du dossier, desquels il ressort que celui-ci n'a pas toujours adopté une attitude collaborante de nature à apaiser le conflit parental, alors que les réserves émises par le SPMin à l'encontre de la mère devaient être relativisées, dès lors que des doutes pouvaient être formulés sur l'impartialité de ce service à l'égard de la mère (rencontre dans un cadre moins favorable, soutien aux demandes du père, gestion " désastreuse " de l'incarcération du père). Sur la base de ces constatations, la Cour de justice a considéré que l'expertise ne pouvait pas être suivie et a ainsi retenu que la source principale de la souffrance de l'enfant était le confit parental intense et persistant entre les parents, alors que la responsabilité de ce conflit ne pouvait pas être imputée de manière prépondérante à l'un ou à l'autre de ceux-ci.