Citation: 4A_510/2015 E. 4.1

4.1. Dans un premier moyen, fondé sur l'art. 190 al. 2 let. a LDIP, le recourant reproche au TAS d'avoir rendu la sentence entreprise en violation des règles touchant l'impartialité et l'indépendance des arbitres. Il se base, pour cela, sur des faits survenus entre l'audience tenue le 16 juillet 2015 par la Formation et l'envoi, par télécopie du 24 août 2015, de la sentence aux parties. Le 13 août 2015, allègue-t-il avec pièce à l'appui, le journal... a publié, sur son site internet, un article indiquant que le TAS avait condamné le recourant à verser à l'intimé la somme de 2'000'000 USD dans le cadre de la procédure arbitrale opposant les deux clubs. Le recourant ajoute qu'il a envoyé, le lendemain, un courrier électronique à différents responsables du TAS pour les en informer, leur faire part de sa surprise et leur demander de prendre toute mesure utile afin que la sentence, dont il avait appris par le secrétariat du TAS qu'elle n'avait pas encore été rendue, fût communiquée en priorité aux parties, et non pas à la presse, faute de quoi le droit des parties à un procès équitable serait sérieusement violé. Le recourant fait encore état d'un premier courrier électronique que le Secrétaire général du TAS lui a adressé le 14 août 2015 pour lui indiquer qu'il avait immédiatement ordonné une enquête interne, puis d'un second courrier, daté du 24 août 2015, dans lequel la même personne lui certifiait être arrivée à la conclusion que toute rumeur ou fuite concernant cette affaire ne provenait ni du TAS ni des arbitres. Fort de ces faits, le recourant soutient que seul un membre de la Formation a pu informer la presse, plus de dix jours avant la communication de la sentence, que l'appel interjeté par l'intimé contre celle-ci était ou allait être admis. Il se pourrait, selon lui, qu'un arbitre ait d'abord informé l'intimé de l'issue du litige et que l'information ait été communiquée à la presse dans un second temps. A suivre le recourant, la circonstance alléguée constituerait, en droit, une violation particulièrement importante du devoir de confidentialité et de réserve imposé aux arbitres par l'art. S19 al. 1 du Code de l'arbitrage en matière de sport, laquelle violation donnerait fortement à penser que la sentence attaquée a été rendue par un tribunal arbitral irrégulièrement composé au sens de l'art. 190 al. 2 let. a LDIP. En effet, on ne peut pas exclure, selon lui, que la Formation, qui n'avait pas encore statué formellement à ce moment-là, se soit laissé influencer par les publications du journal..., ni, partant, que sa sentence eût été différente si elle n'avait pas eu connaissance de ces publications. Toujours selon le recourant, on pourrait même imaginer, pour expliquer la différence entre le montant de 2'000'000 USD mentionné par ce journal et celui de 1'500'000 USD figurant dans le dispositif de la sentence, que la Formation ait voulu faire en sorte que ces montants ne fussent pas identiques pour éviter tout soupçon supplémentaire sur les fuites provenant de l'un de ses membres.