Citation: 6B_1209/2023 E. 2.7

2.7. En l'es pèce, s'agissant de l'atteinte à sa vie privée, il ressort du jugement attaqué que la recourante, ressortissante portugaise, est arrivée en Suisse à l'âge de 25 ans et y vit depuis environ 15 ans. Bien que, dans le passé, elle ait travaillé en Suisse, il n'apparaît pas qu'elle ait des liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suis se, dès lors qu'elle n'a actuellement pas de travail, n'a pas de perspectives professionnelles, est au bénéfice du revenu d'insertion, qu'elle est endettée et fait l'objet de poursuites, que son permis de séjour a été révoqué et qu'elle a commis de nombreuses infractions entre 2013 et 2021. Constituant des faits postérieurs à la décision attaquée, les allégations de la recourante relatives à l'évolution de sa situation professionnelle ne peuvent pas être prises en considération (art. 99 al. 1 LTF). En ce qui concerne l'atteinte à la vie familiale, il y a lieu de considérer que la recourante entretient une relation étroite et effective avec son époux, qui est de nationalité suisse, dès lors que le couple a repris la vie commune. En revanche, il ne peut en aller de même s'agissant de sa relation avec sa fille, C.A.________. Malgré sa volonté de rétablir les liens, la recourante ne voit plus sa fille depuis que le couple s'est vu retirer le droit de garde de celle-ci, s'étant montré incapable de s'en occuper. En tout état de cause, il convient d'admettre que l'expulsion de la recourante la placerait dans une situation personnelle grave, en vertu de son droit au respect de sa vie familiale, puisqu'elle l'empêcherait en tout cas de vivre avec son époux qui bénéficie d'un droit de présence consolidé en Suisse. La première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP étant réalisée, il reste à déterminer si l'intérêt privé de l'intéressée à demeurer en Suisse prévaut sur les intérêts publics à son expulsion. Cet examen implique en particulier de déterminer si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH.