Citation: 6B_157/2017 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la recourante a largement dépassé le stade des actes préparatoires pour entamer l'exécution de l'infraction. D'un point de vue objectif, elle a durant plusieurs semaines et à réitérées reprises fourni à l'intimée des bouteilles dans lesquelles elle avait préalablement ajouté une substance toxique. L'intimée a d'ailleurs consommé l'une de ces bouteilles et en a été affectée. D'un point de vue subjectif, la recourante a accompli la démarche ultime vers la réalisation de l'infraction en remettant à l'intimée un liquide empoisonné dans l'espoir que cette dernière le boive et en décède. La recourante a commencé l'exécution de son crime sans avoir poursuivi jusqu'au bout son activité coupable, soit sans avoir eu l'occasion de remettre à l'intimée suffisamment de bouteilles pour causer sa mort, réalisant ainsi une tentative inachevée. Il convient de relever qu'après avoir remis les bouteilles à l'intimée, la recourante n'avait plus aucun moyen de savoir si celle-ci en consommerait le contenu. L'argument selon lequel elle n'aurait pas pu "persévérer" dans son comportement car l'intimée avait réalisé que le contenu des bouteilles avait été altéré est ainsi dénué de pertinence. Il en va de même s'agissant de l'argument selon lequel le commencement direct de la réalisation de l'infraction se serait avéré trop éloigné - d'un point de vue temporel - de la réalisation de l'infraction. En effet, il ne ressort pas du jugement attaqué que le décès de l'intimée était impossible avant une quinzaine ou une vingtaine d'années. De surcroît, l'autorité précédente n'a nullement prêté à la recourante la volonté de causer la mort à si long terme, mais de procéder de manière suffisamment discrète pour ne pas attirer l'attention. Il importe peu, à cet égard, que les quantités d'acide utilisées dans les bouteilles remises à l'intimée n'aient pas été suffisante pour entraîner un décès immédiat.