Citation: 5A_27/2016 E. 4.1.2

4.1.2. Selon l'art. 244 LP, applicable aux productions tardives (JAQUES, in Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n° 15 ad art. 251 LP; SPRECHER, in Kurzkommentar SchKG, 2ème éd. 2014, n° 1 ad art. 251 LP), l'administration examine chaque production et fait les vérifications nécessaires; elle consulte le failli. L'examen porte sur l'existence, le montant et le rang de la créance. Il s'étend également à la légitimation du créancier de la faire valoir (HIERHOLZER, in Basler Kommentar, SchKG II, 2 ème éd., 2010, n° 15 ad art. 244 LP). Si la créance repose sur un jugement d'un tribunal suisse exécutoire avant l'ouverture de la faillite, l'administration de la faillite est liée par les considérants de ce jugement quant à l'existence et le montant de la créance (arrêt 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3). Bien que l'administration ait l'obligation de vérifier précisément chaque créance produite, l'examen doit rester sommaire, comme cela découle déjà du court délai qui lui est imparti pour dresser l'état de collocation. L'administration de la faillite ne vérifie pas l'existence de la production, mais elle admet au passif la prétention dont l'existence lui paraît vraisemblable (arrêts 5A_709/2015 du 15 janvier 2016 consid. 4.1.1, publié in SJ 2016 I p. 277; 5A_105/2013 du 12 juin 2013 consid. 3.4.1; 5A_329/2012 du 5 septembre 2012 consid. 4.4.3; 5A_141/2008 du 6 août 2008 consid. 3.1). En cela, la procédure de vérification est comparable à la procédure de mainlevée de l'opposition (BRACONI, La collocation des créances en droit international suisse de la faillite, 2004, n° 1.3 p. 76). Pour effectuer son contrôle, l'administration se fonde avant tout sur les moyens de preuve de l'art. 232 ch. 2 LP; il appartient au créancier d'étayer sa production par les moyens de preuve adéquats (ATF 93 III 59 consid. 2; arrêts 5A_141/2008 du 6 août 2008 consid. 3.2.1; 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3). La violation du devoir de procéder aux vérifications nécessaires peut - en tant qu'erreur de procédure - être attaquée par la voie de la plainte (ATF 119 III 84 consid. 2a; 96 III 106 consid. 2; arrêt 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3). En revanche, il n'appartient pas aux autorités de surveillance de statuer sur les litiges portant sur la qualification d'une dette comme obligation de la masse ou obligation du failli, mais à l'autorité compétente pour statuer sur le fond de la prétention en cause, à savoir le juge civil ou les autorités ou juridictions administratives suivant la nature du contentieux (arrêt 5A_329/2012 du 5 septembre 2012 consid. 4.4.2 et les références).