Citation: 6B_1229/2023 E. 3.2

3.2. En l'espèce, l'audition de C.________ a été menée dans une procédure à laquelle le recourant n'était pas partie, de sorte qu'il n'avait pas le droit de participer à l'administration des preuves. Il faut toutefois examiner si la cour cantonale s'est fondée sur les déclarations de C.________ pour condamner le recourant et si, partant, une confrontation aurait dû être organisée entre les deux intéressés. Selon la cour cantonale, les constatations relatives à la connaissance par le recourant des circonstances de l'importation de marchandises reposent principalement sur les propres déclarations du recourant, corroborées par les documents (factures, bulletins de livraison) qu'il a transmis aux enquêteurs. Ainsi, le recourant a admis avoir depuis 2014 régulièrement commandé auprès de C.________ de la viande dont les factures étaient libellées au nom de "E.________", "Boucherie F.________", "G.________ Sàrl" et "Boucherie H.________" et n'avoir pas eu d'autres contacts en lien avec ces commandes. Surtout, il a dit se douter dès son premier achat que les marchandises n'avaient pas été dédouanées, ses doutes reposant sur le fait que leur prix était avantageux, que C.________ facturait les marchandises sans mention de la TVA, qu'il insistait pour être payé en espèces et que sa fiduciaire lui avait fait remarquer que la société "E.________" n'était pas enregistrée comme contribuable TVA (arrêt attaqué p. 11). Aucun élément à charge ne ressort pour le surplus des auditions de C.________ qui, au contraire, a affirmé que le recourant ignorait tout de l'importation frauduleuse des marchandises (arrêt attaqué p. 11). Au vu des constatations cantonales, il n'apparaît pas que les déclarations de C.________ ont été déterminantes pour l'issue du litige, la condamnation du recourant reposant essentiellement sur ses propres déclarations. Pour le surplus, à titre d'éléments compensatoires, on peut relever que, lorsqu'il était assisté de son avocat, le recourant a eu l'occasion de se déterminer sur les déclarations de celui-ci, comme le montre son opposition du 14 septembre 2020. Dans ces conditions, l'absence de confrontation du recourant avec C.________ et ses comparses n'a pas porté atteinte à un procès équitable. Le grief du recourant est infondé.