Citation: 1B_11/2018 E. 3.2

3.2. Le recourant, âgé de 52 ans et originaire du Kosovo, peut se prévaloir d'attaches importantes en Suisse où il dirige une entreprise active notamment dans le secteur de la construction et comprenant une quinzaine d'employés et où vivent sa compagne ainsi que sa fille issue de cette relation, âgée d'un peu plus d'une année. Il a toutefois également des liens solides avec son pays d'origine dans lequel résident une partie de sa famille et son fils majeur et où il s'est rendu à deux reprises depuis sa remise en liberté provisoire, la première en mai 2017 pour assister aux obsèques de sa belle-soeur et la seconde en été 2017 pour des vacances. Il peut faire valoir à son crédit qu'il a respecté les mesures de substitution à la détention provisoire qui lui ont été imposées en février 2013 et qu'il est revenu en Suisse le 21 août 2017 au terme de ses vacances alors qu'il savait que le jugement d'appel le condamnant à une peine privative de liberté de 7 ans avait été annulé par le Tribunal fédéral, que sa culpabilité du chef de tentative d'assassinat avait définitivement été reconnue et que sa peine allait être aggravée. Ces éléments doivent être mis en balance avec le fait nouveau que représente le jugement d'appel du 22 décembre 2017 - notamment la sanction prononcée - et qui peut constituer un motif de détention apparu au cours de la procédure au sens de l'art. 232 al. 1 CPP (cf. ATF 139 IV 277 consid. 2.2 p. 280). Le recourant a vu sa peine privative de liberté passer de 7 ans à 11 ans et 6 mois. Comme le relève le Ministère public, il s'agit d'une augmentation importante de la sanction qui va sensiblement au-delà de celle que le recourant avait requise devant la juridiction d'appel. Il s'expose par ailleurs à une révocation de son autorisation d'établissement en Suisse. De plus, force est de constater que les contacts qu'il entretient avec sa compagne, atteinte dans sa santé, et sa fille seront de toute manière limités par la longue période de détention qu'il devra purger (cf. arrêt 1B_304/2007 du 21 janvier 2008 consid. 3.2.2). L'intégration sociale et professionnelle dont il se prévaut doit aussi être relativisée dès lors qu'il fait l'objet de dettes pour près de 150'000 fr. Comme l'a relevé la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral, elle ne l'a pas dissuadé de prendre une part active dans la tentative d'assassinat pour laquelle il a été condamné, contre la promesse de recevoir 100'000 fr. Partant, sur la base des ces différents éléments, le Président de la Chambre pénale d'appel et de révision n'a pas violé le droit fédéral ni fait preuve d'arbitraire en retenant que depuis le prononcé du 22 décembre 2017, il existait un risque de fuite plus concret et plus conséquent que celui qui prévalait en août 2017 lorsqu'il avait alors jugé qu'une mise en détention ne se justifiait pas. Il n'a pas davantage excédé son pouvoir d'appréciation en considérant que face à la perspective imminente de devoir purger une importante peine privative de liberté, les mesures de substitution qui avaient été ordonnées jusqu'ici et, en particulier, une augmentation du montant de la caution au demeurant non chiffrée seraient insuffisantes à parer au risque important que le recourant cherche à se soustraire à l'exécution de sa peine en se rendant au Kosovo.