Citation: 1P.334/2004 23.06.2004 E. 1

3.2 Selon le recourant, le fait que la Chambre d'accusation maintienne sa détention parce qu'il n'aurait pas prouvé que la remise du montant de 360'000 fr. à Y.________ n'était pas constitutif de blanchiment d'argent, reviendrait à inverser le fardeau de la preuve, et, partant, à violer la présomption d'innocence en sa défaveur. Il n'est pas sûr, au vu de la jurisprudence qui vient d'être rappelée, que le juge qui contrôle la légalité de la détention préventive puisse être exposé à un tel reproche. En effet, l'appréciation des preuves est avant tout l'affaire du juge du fond et c'est dans le cadre de l'audience de jugement que pourrait surgir le risque d'une violation de la présomption d'innocence en tant qu'elle concerne la répartition du fardeau de la preuve. Il n'y a pas lieu d'approfondir cette question en l'espèce, car tel qu'il est soulevé, le grief tiré des art. 32 al. 1 Cst. et 6 par. 2 CEDH revient à contester l'existence d'indices suffisants de blanchiment d'argent, en relation avec l'inculpation prononcée le 28 novembre 2003. C'est sous cet angle que l'argumentation du recourant doit être examinée.