Citation: I 533/06 23.05.2007 E. 6

6.1 La recourante présente une fibromyalgie. Elle fait état d'une symptomatologie dépressive (tristesse, manque d'élan, fatigabilité, insomnie combattue par un médicament anxiolytique, sensation d'une boule dans la poitrine). Elle conteste les observations des médecins de l'Hôpital Z.________, qui ont noté l'absence d'un véritable sentiment de détresse. 6.1.1 Selon la jurisprudence en matière de troubles somatoformes douloureux, applicable par analogie lorsqu'il s'agit d'apprécier le caractère invalidant d'une fibromyalgie (supra, consid. 3.2), les états dépressifs (pris en tant que comorbidité psychiatrique) constituent généralement des manifestations (réactives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'ils ne sauraient faire l'objet d'un diagnostic séparé (ATF 130 V 358 consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, op. cit., p. 81, note 135), sauf à présenter les caractères de sévérité susceptibles de les distinguer sans conteste d'un tel trouble (arrêt Y. du 5 octobre 2006 [I 582/05] et D. du 20 avril 2006 [I 805/04]; voir également Fauchère, A propos de l'article de Jean Pirrotta «Les troubles somatoformes douloureux du point de vue de l'assurance-invalidité», in SZS/RSAS 2006 p. 135). 6.1.2 Avec les médecins de l'Hôpital Z.________, il y a lieu de retenir l'absence de comorbidité psychiatrique. Même si, dans son rapport médical du 8 juillet 2004, le docteur O.________ a retenu, sous le titre "Co-morbidités", le diagnostic de probable état anxio-dépressif, cela ne signifie pas que l'on soit en présence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée (ATF 132 V 65 consid. 4.2.2 p. 71). 6.1.3 Les autres critères consacrés par la jurisprudence, dont l'existence permet d'admettre le caractère non exigible de la reprise du travail, ne sont pas non plus réalisés. On ne voit pas que la recourante réunit en sa personne plusieurs de ces critères (ou du moins pas dans une mesure très marquée) qui fondent un pronostic défavorable en ce qui concerne l'exigibilité d'une reprise d'activité professionnelle à plein temps. Le critère des affections corporelles chroniques, d'un processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable (symptomatologie inchangée ou progressive) n'est pas réalisé dans le cas particulier. Dans leur rapport du 20 avril 2004, les médecins de l'Hôpital Z.________ ont observé une divergence entre les douleurs décrites et le comportement observé. Ils ont noté l'absence de demande de soins. Le fait que la recourante a consulté la doctoresse B.________ dès le 19 juillet 2004 est postérieur à la décision sur opposition du 24 mai 2004, dont la légalité s'apprécie, en règle générale, d'après l'état de fait existant au moment où celle-ci a été rendue (ATF 121 V 362 consid. 1b déjà cité p. 366). Dans son rapport médical du 26 novembre 2004, la doctoresse B.________ indique que la patiente est isolée affectivement et socialement. Toutefois, une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie n'est pas établie. En effet, la recourante va travailler quatre fois par semaine de 9h. à 14 h., ce qui suppose des contacts sociaux. Elle s'occupe également de son fils. Elle participe aussi aux fêtes traditionnelles avec quelques connaissances. L'existence d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique, résultant de l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art, n'est évoquée par aucun médecin. Elle doit ainsi être niée. Il apparaît ainsi que la fibromyalgie ne se manifeste pas avec une sévérité telle que, d'un point de vue objectif, seule une mise en valeur limitée de la capacité de travail de la recourante puisse être raisonnablement exigée d'elle. 6.2 Sur le plan somatique, il résulte des constatations des médecins de l'Hôpital Z.________ que la recourante présente de discrets troubles dégénératifs cervicaux et un syndrome rotulien prédominant à droite. Le docteur B.________, dans son expertise rhumatologique du 28 juin 1999, a indiqué que la recourante était capable de reprendre une activité professionnelle à 80 % sur un poste de travail adapté, soit en tant que couturière de retouches. De son côté, le docteur F.________, dans sa lettre du 30 juin 2004, a renvoyé à son rapport médical du 1er avril 2003, où il faisait état d'une aggravation de l'état de santé de la patiente. A la question de savoir si l'activité exercée jusque-là était encore exigible, ce médecin a répondu par l'affirmative, dans la mesure de 50 % au maximum. Il a répondu par la négative à la question de savoir si l'on pouvait exiger de la patiente qu'elle exerce une autre activité (annexe au rapport médical). Dans son rapport médical du 8 juillet 2004, le docteur O.________ a posé les diagnostics de kyste de Baker du genou gauche et de déconditionnement physique global et focal. Ce médecin indiquait que sur le plan strictement physique, il est clair que l'activité actuelle, relativement légère, lui paraissait adaptée aux limitations fonctionnelles et à l'aspect structurel des problèmes rhumatologiques de l'intéressée. Les avis médicaux ci-dessus du docteur B.________, du docteur F.________ et du docteur O.________ ne reposent sur aucune constatation dont les médecins de l'Hôpital Z.________ n'auraient pas déjà tenu compte dans leur rapport détaillé du 20 avril 2004. Au vu de l'absence de limitations fonctionnelles somatiques documentées, la capacité de travail exigible est donc complète.