Citation: 2C_140/2019 E. 7.4

7.4. Du point de vue de l'intérêt privé, le Tribunal cantonal a pris en compte la durée relativement importante du séjour en Suisse (neuf ans), qu'il a relativisée en soulignant que ce séjour ne s'accompagnait pas d'une intégration réussie (incapacité à conserver un emploi stable, recours à l'aide sociale de 2011 à 2014 pour un subside global de quelque 103'000 fr., accumulation de dettes, actes de défaut de biens dont le montant s'élevait, en décembre 2014, à quelque 109'000 fr.). S'agissant des liens du recourant avec son épouse, le Tribunal cantonal a noté les nombreuses querelles et séparations des conjoints et les interventions de la police au domicile conjugal entre 2010 et 2014. Quant à la relation avec les enfants, le Tribunal cantonal a constaté que le recourant avait quitté le domicile conjugal peu après chaque naissance, que ses enfants ne l'avaient pas détourné de la commission d'infractions, que la mère avait seule la garde, qu'il n'assumait pas l'entretien financier et qu'il n'était pas crédible lorsqu'il prétendait jouer un rôle essentiel dans les soins à leur apporter. Enfin, le Tribunal cantonal a relevé que le recourant, qui avait vécu jusqu'à ses 25 ans dans son pays d'origine, où il avait travaillé plusieurs années et où le reste de sa famille vivait, ne serait pas confronté à des difficultés de réintégration particulières. Le Tribunal cantonal a, sur le vu de ces différents éléments, retenu que l'intérêt du recourant à demeurer auprès de son épouse et ses enfants ne l'emportait pas sur l'intérêt public à son éloignement. Le recourant critique cette appréciation en soulignant qu'il est, dans le couple, le parent en charge des enfants et que c'est grâce à sa présence auprès d'eux que son épouse peut travailler à plein temps, permettant au ménage de ne plus dépendre de l'aide sociale. Son éloignement serait très préjudiciable à la famille. Le recourant passe toutefois sous silence le fait que, comme le lui a fait remarquer le Tribunal cantonal, son épouse a toujours su se débrouiller sans lui lorsqu'il n'était pas au domicile conjugal ou était incarcéré. A cela s'ajoute qu'aucun élément de fait ne résultant de l'arrêt entrepris ne vient confirmer la répartition des tâches dont se prévaut le recourant. Or, il sera rappelé à celui-ci que le Tribunal fédéral n'a pas à prendre en compte des allégations appellatoires (cf. supra consid. 5.2). La critique du recourant tombe donc à faux. Comme il ne remet pas en cause les autres éléments pris en compte dans la pesée des intérêts par le Tribunal cantonal et que celui-ci a exposé de manière détaillée et convaincante pour quels motifs l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emportait sur son intérêt privé à demeurer en Suisse, il peut être renvoyé pour le surplus à l'arrêt entrepris (art. 109 al. 3 LTF).