Citation: 1B_427/2022 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, le recourant conteste le manque de transparence concernant son état de fortune retenu par l'autorité précédente pour refuser sa libération sous caution. Les chiffres évoqués à l'appui de sa demande de mise en liberté et dans le présent recours font état d'une fortune mobilière résiduelle propre au 31 mai 2022 de 4'774'044.40 francs. Ils s'écartent de ceux qu'il avait fournis oralement à l'autorité de jugement de première instance lors de l'audience de jugement où il disait disposer d'une fortune mobilière de 15'000'000 francs en sus d'une fortune immobilière de 12'000'000 francs. Il s'est expliqué à ce propos en affirmant qu'il avait involontairement cumulé les fortunes mobilières et immobilières. Pareille erreur peut paraître étonnante de la part d'un homme d'affaires expérimenté au bénéfice d'une formation d'avocat-notaire. Peu importe cependant. Le recourant propose à titre de mesure de substitution à sa détention de maintenir les sûretés déjà fournies, dont 2'900'000 francs bloqués à titre de caution sur son compte bancaire auprès de la banque E.________, le solde des sûretés à hauteur de 1'750'000 francs devant être versé par des membres de sa famille, sa compagne de vie et un proche. Il subsisterait ainsi un solde disponible conséquent de plus de 1'800'000 francs sur la fortune mobilière personnelle du recourant auquel s'ajouteraient le montant des rentes qu'il touche à raison de 3'900 francs par mois selon sa dernière déclaration fiscale et le rendement de sa fortune immobilière. Cela pourrait suffire pour lui permettre de vivre encore confortablement à l'étranger et ne pas le dissuader à prendre la fuite pour se soustraire à l'exécution d'une longue peine privative de liberté. Le recourant n'a au surplus fourni aucune indication sur la situation financière des personnes appelées à se porter caution, qui permettrait d'admettre que la perspective de perdre cette somme agira comme un frein suffisamment puissant pour écarter toute velléité de fuite. Il ressort du recours (chiffre 3.2.3.2) qu'il a fait dont le 2 novembre 2021 de la somme de 500'000 francs à chacun de ses trois enfants, de sorte que le sacrifice lié à la perte de la somme de 200'000 francs que ces derniers se sont engagés à investir comme caution en cas de départ du recourant à l'étranger doit être relativisée. Cela étant, on ne saurait reprocher à la Présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision d'avoir versé dans l'arbitraire ou violé d'une autre manière le droit en considérant que la caution proposée à titre de mesure de substitution à la détention n'était pas suffisante pour s'assurer de la présence du recourant aux débats d'appel. Par ailleurs, le dépôt des papiers d'identité, l'assignation à résidence combinée avec une mesure de surveillance électronique, tout comme l'obligation de se présenter régulièrement à un poste de police, ne sont pas de nature à prévenir un départ à l'étranger, mais uniquement à le constater a posteriori. Ces mesures, qui pouvaient être tenues pour suffisantes au cours de la procédure pénale, ne paraissent désormais pas de nature à pallier le risque élevé que le recourant ne se soustraie par la fuite à l'exécution du solde de la peine privative de liberté encourue qui n'est pas encore proche de celle qui lui permettrait de prétendre à une libération conditionnelle en vertu de l'art. 86 al. 1 CP.