Citation: 7B_678/2023 E. 2.4.3

2.4.3. Contrairement à ce que fait valoir le recourant, il apparaît, à la lecture de l'arrêt attaqué, que la cour cantonale n'a pas omis de prendre en considération la durée de la détention avant jugement, la reconnaissance, par l'intéressé, des faits reprochés, ainsi que son âge et ses problèmes de santé (cf. arrêt attaqué, pp. 4, 11 et 12). Peu importe que certains de ces éléments n'apparaissent pas expressément dans le cadre de l'examen des conditions de la libération conditionnelle mais ailleurs dans l'arrêt, soit dans la partie "En fait". La cour cantonale n'était en effet pas tenue de les répéter à ce stade, car le jugement forme un tout et on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent (arrêts 7B_388/2023 précité consid. 2.4.1; 6B_1003/2022 du 23 août 2023 consid. 1.5.3). La cour cantonale a retenu, dans le cadre de l'examen de l'amendement, que le recourant avait surtout évoqué sa situation personnelle, sans aucun égard pour les nombreuses personnes qu'il avait - une nouvelle fois - mises en danger par son trafic de stupéfiants d'envergure. Elle en a déduit, d'une manière qui échappe au grief d'arbitraire, que les regrets émis par ce dernier étaient autocentrés. Dans ce contexte, c'est en vain que le recourant se réfère à l'arrêt publié aux ATF 124 IV 193 consid. 5b/ee, puisqu'il ne lui est pas reproché d'avoir nié tout ou partie des infractions pour lesquelles il avait été condamné, mais d'avoir minimisé la gravité de ses actes ainsi que sa responsabilité. Au surplus, le fait que l'intéressé ait reconnu son trafic de marijuana ne suffit pas à retenir une réelle prise de conscience, dans la mesure où il est constant qu'il a récidivé dans ce domaine - avec un trafic de stupéfiants portant également sur de la cocaïne - après une précédente condamnation à une lourde peine privative de liberté pour infraction grave à la LStup. Ensuite, si, comme le soulève le recourant, les juges cantonaux ont repris, dans la partie "En fait" de l'arrêt attaqué, les éléments ressortant de l'ordonnance du 25 juillet 2023 - qui reprenait à son tour le contenu du rapport du 20 avril 2023 établi par la direction de la prison - relatifs à ses "tentatives de contourner les directives ou d'obtenir des privilèges" (cf. arrêt attaqué, p. 6), ils n'en ont toutefois pas déduit qu'il n'avait pas respecté les règles du système carcéral. En effet, comme relevé ci-avant (cf. consid. 2.4.2 supra), il a été retenu que le comportement du recourant en détention ne s'opposait pas à sa libération conditionnelle. La cour cantonale a retenu (cf. arrêt attaqué, p. 12) que l'appréciation très négative à laquelle avait procédé l'autorité de jugement, qui avait considéré le recourant comme un criminel endurci que rien n'arrêtait (cf. jugement du 10 octobre 2022 [P. 3/2 p. 342]), était intervenue moins de six mois avant la demande de libération conditionnelle déposée par ce dernier. Il était dès lors difficile de croire, compte tenu en outre des inscriptions figurant aux casiers judiciaires suisse, français et norvégien de l'intéressé, que ce court laps de temps ait pu jouer un quelconque rôle sur une prétendue diminution de ses velléités de commettre des infractions, malgré son âge et ses problèmes de santé. A cet égard, le recourant se contente de soutenir le contraire, en se référant à la jurisprudence publiée aux ATF 124 IV 193 consid. 5b/ee. Il est vrai, selon cette jurisprudence, que souvent le penchant pour les actes de violence peut diminuer chez les personnes âgées (cf. arrêt 6B_1162/2014 du 19 mai 2015, où il a été retenu que tel était le cas concernant une personne âgée de 70 ans et condamnée pour des faits survenus vingt ans plus tôt). Il ressort toutefois de l'arrêt attaqué que le recourant, âgé de 60 ans au moment du dépôt de sa demande de libération conditionnelle, présente un risque de récidive en particulier en matière d'infractions à la LStup, vu ses précédentes condamnations dans ce domaine et l'absence de projet professionnel concret permettant d'assurer son entretien en cas de libération conditionnelle. Il s'agit là d'une constatation de fait que le recourant ne saurait remettre en cause par des considérations d'ordre général. En tant que le recourant invoque encore les effets de la longue durée de la détention sur sa propension à commettre des infractions, il ne fait qu'opposer sa propre appréciation des faits à celle opérée par les juges cantonaux. Purement appellatoire, son grief est irrecevable.