Citation: 2A.620/2003 28.01.2004 E. 1

L'arrêt attaqué est fondé exclusivement sur le droit fiscal cantonal (loi d'impôt jurassienne du 26 mai 1988; RS/JU 641.11). Selon l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (LHID; RS 642.14), les décisions cantonales de dernière instance peuvent faire l'objet d'un recours de droit administratif devant le Tribunal fédéral, lorsqu'elles portent sur une matière réglée dans les titres deuxième à cinquième et sixième chapitre premier de cette loi. Cette voie de droit est toutefois ouverte seulement contre des décisions portant sur des impositions des années 2001 et suivantes (Danielle Yersin, Harmonisation fiscale: procédure, interprétation et droit transitoire, RDAF 2003 p. 1 ss, 2) et rendues, en règle générale, après le 1er janvier 2001, soit après l'échéance du délai de huit ans accordé aux cantons pour adapter leur législation aux dispositions des titres précités (ATF 128 II 56 consid. 1b p. 59). Situé dans le chapitre 4 ("Impôt sur la fortune") du titre deuxième ("Imposition des personnes physiques") et intitulé "Règles d'estima- tion", l'art. 14 al. 1 LHID prévoit que la fortune est estimée à la valeur vénale, la valeur de rendement pouvant être prise en considération de façon appropriée. En l'espèce, la décision du Service des contributions est antérieure au 1er janvier 2001 et les recourants n'invoquent pas une taxation postérieure à cette date qui serait fondée sur ladite décision. Dès lors, la voie du recours de droit administratif n'est pas ouverte. Seule entre en ligne de compte la voie de droit - subsidiaire - du recours de droit public au sens des art. 84 ss OJ. A cet égard, le fait que le recours soit appelé "recours de droit administratif" n'empêche pas qu'il soit recevable comme recours de droit public, car l'intitulé erroné du mémoire de recours ne saurait nuire au recourant, pour autant que cette écriture remplisse les conditions formelles de la voie de droit qui est ouverte (ATF 126 II 506 consid. 1b p. 509; 124 I 223 consid. 1a p. 224 et les arrêts cités).