Citation: U 370/02 19.03.2004 E. 2

Les premiers juges ont d'abord considéré que le recourant ne souffrait plus de séquelles physiques de l'accident du 17 août 1999, et que ses atteintes à la santé résultaient de facteurs d'ordre psychique, ce que le recourant conteste. 2.1 Lors de son examen par les docteurs F.________ et C.________, le 7 décembre 2000, T.________ fit état d'une impossibilité d'utiliser sa main droite, en raison des douleurs, d'une part, et d'une incapacité mécanique à mobiliser ses doigts, d'autre part. Sur le plan clinique, l'assuré présentait une tuméfaction diffuse de la main et des doigts; les doigts longs présentaient des déformations en col de cygne, le patient les tenant en position d'hyper-adduction. Les docteurs F.________ et C.________ observaient cependant que les déformations en col de cygne n'étaient vraisemblablement pas consécutives à des lésions tendineuses ayant eu lieu lors de l'accident, mais plutôt à des troubles dystoniques touchant la main droite. Les radiographies de la main, du poignet droit et des doigts effectuées en décembre 2000 ne démontraient, par ailleurs, aucune lésion osseuse ni trouble de la minéralisation osseuse ou pommelage évocateur d'une maladie de Sudeck. Enfin, les médecins de la clinique W.________ n'ont pas constaté d'obstacle mécanique lors des manoeuvres d'enroulement de tous les doigts longs, passivement, en dépit des douleurs importantes exprimées par l'assuré et de son état proche de la panique. 2.2 Les docteurs F.________ et C.________ ont conclu de leurs observations que l'état dans lequel se trouvait la main droite de T.________ résultait de troubles d'ordre psychique ayant conduit l'assuré à renoncer à l'utilisation de cette main, plutôt que de séquelles de la maladie de Sudeck qui s'était développée après l'accident. Ces conclusions sont dûment motivées et ne sont pas en contradiction avec le résultat des examens pratiqués, compte tenu notamment des constatations décrites ci-dessus (consid. 2.1). Les médecins de la Clinique W.________ avaient, par ailleurs, connaissance de l'anamnèse et ont décrit clairement la situation et le contexte médical; en particulier, contrairement à ce que soutient le recourant, ils n'ont pas ignoré ou nié les complications médicales survenues dès le mois de septembre 1999 et pour lesquelles l'assuré a été traité notamment à la Clinique romande de réadaptation. Le rapport établi par leurs soins revêt ainsi une pleine valeur probante (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). Cela étant, ce rapport n'exclut pas totalement la persistance de séquelles physiques de l'accident subi en août 1997. En revanche, il permet de tenir pour établi, au degré de la vraisemblance prépondérante généralement requis pour l'établissement des faits dans l'assurance sociale (ATF 125 V 195 consid. 2, 295 consid. 3b et les références), que ces séquelles ne sont pas la cause des symptômes douloureux éprouvés par l'assuré et de l'incapacité à utiliser cette main, affections plutôt liées aux troubles psychiques dont il souffre incontestablement (cf. rapport psychiatrique établi le 26 août 2000 par le docteur V.________). Le droit aux prestations litigieuses dépend donc du point de savoir si ces troubles psychiques sont en relation de causalité naturelle et adéquate avec l'accident assuré.