Citation: 6P.76/2006 12.05.2006 E. 8

La recourante soutient que la cour cantonale se serait fondée sur une notion du rapport de causalité naturelle contraire au droit fédéral. Elle explique, à cet égard, que le certificat médical n'établit pas que les hématomes constatés ont été causés le jour même ni qu'ils sont la conséquence d'un comportement quelconque de la recourante. Pour conclure, elle affirme que la cour cantonale a violé le droit fédéral, en considérant que le certificat attestait d'un rapport de causalité naturelle et adéquat. 8.1 Pour déterminer si un comportement est la cause naturelle d'un résultat, il faut se demander si le résultat se reproduirait si, toutes choses égales par ailleurs, il était fait abstraction de la conduite à juger; lorsqu'il est très vraisemblable que non, cette conduite est causale, car elle est la condition sine qua non du résultat (Philippe Graven, L'infraction pénale punissable, 2e éd., Berne 1995, p. 90 s.). La constatation du rapport de causalité naturelle relève du fait, ce qui la soustrait au contrôle de la cour de céans. Il y a toutefois violation du droit fédéral si l'autorité cantonale méconnaît le concept même de la causalité naturelle (ATF 122 IV 17 consid. 2c/aa p. 23). Lorsque la causalité naturelle est retenue, il faut encore se demander si le rapport de causalité peut être qualifié d'adéquat, c'est-à-dire si le comportement était propre, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, à entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit. Il s'agit-là d'une question de droit que la cour de céans revoit librement (ATF 122 IV 17 consid. 2c/bb p. 23). 8.2 Par son argumentation, la recourante ne remet pas en cause, comme elle semble le croire, le lien de causalité (naturelle et adéquate), mais le fait qu'elle a empoigné l'intimée et, par voie de conséquence, les hématomes qu'elle aurait ainsi causés. De la sorte, elle s'en prend à l'établissement des faits, ce qu'elle n'est pas habilitée à faire dans un pourvoi. Au demeurant, la cour cantonale n'a pas méconnu le concept de la causalité naturelle, puisqu'elle a retenu qu'en empoignant l'intimée, la recourante lui avait causé deux hématomes légers sur chacun des avant-bras. Pour le surplus, le rapport de causalité doit être qualifié d'adéquat, dès lors que le fait d'empoigner quelqu'un par les avant-bras est propre, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, à entraîner l'atteinte à l'intégrité corporelle reprochée. Dans la mesure où ils sont recevables, les griefs soulevés doivent donc être rejetés.