Citation: 6B_663/2014 E. 8.3.2

8.3.2. Le recourant soutient, de manière générale, que de nombreuses pièces à décharge n'auraient pas été traduites. Il prétend qu'en l'absence de traduction de l'ensemble des pièces, il ne serait pas possible de vérifier que le choix des pièces à traduire n'a pas été effectué uniquement à charge. Le recourant relève que deux documents figurant au dossier, soit un rapport du gouvernement tchèque de 2000 et le procès-verbal des débats du parlement tchèque du 11 février 1999, n'auraient pas été traduits par le MPC (mais une traduction aurait été produite en audience par l'un des autres prévenus) alors qu'il s'agirait de documents à décharge. Cela démontrerait que des pièces essentielles à la défense lui auraient été soustraites privant le recourant d'une défense efficace. Il se réfère également à des ordres d'achat d'actions émanant de MUS à l'attention de N._______ qui démontreraient selon lui que le contrat du 2 janvier 1997 ne serait pas simulé. Ces documents n'auraient pas été traduits par le MPC alors qu'ils étaient à décharge. Lorsque le recourant prétend que de nombreuses pièces à décharge n'auraient pas été traduites, il n'expose pas lesquelles. Concernant les deux documents cités par le recourant (rapport du gouvernement de 2000 et procès-verbal des débats du 11 février 1999), il n'expose pas en quoi ils constitueraient des éléments à décharge. Quant aux seconds documents cités, ils ont fait l'objet d'une traduction par les traducteurs présents à l'audience de jugement. On ne distingue dès lors pas en quoi les droits du recourant auraient été violés. Quoi qu'il en soit, le droit à un procès équitable invoqué par le recourant ne peut fonder un droit à la traduction de l'entier du dossier. Le recourant a eu accès à l'ensemble des pièces du dossier, à tout le moins ne se plaint-il pas d'avoir été empêché de consulter celles-ci. Il convient de rappeler que les documents en question sont en langue tchèque, soit la langue maternelle du recourant. Ce dernier est en outre au bénéfice d'une formation juridique et a exercé la profession de négociant en titres (cf. supra consid. B.a.b). Au vu de sa maîtrise de la langue tchèque, de sa formation et des différentes fonctions qu'il a occupées, le recourant était en mesure de comprendre la teneur de l'ensemble des pièces en tchèque et, le cas échéant, de demander la traduction des pièces qu'il estimait importantes. A cet égard, le MPC lui a donné l'occasion de requérir la traduction de certaines pièces, ce que le recourant ne conteste pas. Il a également pu faire traduire des pièces, à l'audience, par les traducteurs présents, comme celles qu'il cite par ailleurs lui-même (soit les ordres d'achat d'actions susmentionnés). Enfin, comme l'a relevé le MPC, la liste des pièces obtenues par commission rogatoire était à chaque fois traduite en français, de sorte que l'avocat du recourant avait accès à la traduction de l'intitulé de chaque pièce. Il incombait ainsi au recourant, respectivement à son avocat, de requérir la traduction des pièces qu'ils estimaient pertinentes, ce qu'ils n'ont fait à aucun stade de la procédure. De la sorte, le recourant ne s'est pas comporté de bonne foi dans la procédure et a enfreint son devoir de collaborer à l'enquête pénale sur ces éléments, sans que cela n'implique une violation de son droit de ne pas s'auto-incriminer, puisque les preuves à charge étaient suffisamment sérieuses pour appeler une explication de sa part (cf. arrêt 6B_562/2010 du 28 octobre 2010 consid. 2.1.3). Enfin, le recourant admet lui-même que son avocat et lui ont pu compter sur l'assistance d'avocats tchèques travaillant de pair avec la défense suisse. Il soutient toutefois que ceux-ci ne comprendraient que la langue tchèque et l'anglais, langue de communication, ce qui ne serait d'aucune utilité pour la défense suisse et vice-versa. On peine à comprendre l'argument du recourant dès lors qu'il admet lui-même que son avocat suisse bénéficiait de l'assistance de ses mandataires tchèques qui communiquaient entre eux en anglais. Dès lors qu'ils parvenaient à communiquer entre eux, comme l'admet lui-même le recourant, l'avocat suisse aurait pu, en plus, faire appel aux avocats tchèques du recourant pour identifier d'éventuels documents à décharge dont il aurait pu requérir la traduction. Au vu de ce qui précède, le recourant ne démontre pas en quoi son droit à un procès équitable aurait été violé et son grief est infondé, dans la mesure où il est recevable.