Citation: 1P.847/2006 05.02.2007 E. B

Cet arrêt retient, en substance, ce qui suit. B.a Dans la nuit du 13 au 14 août 2004, B.________ et C.________ ont bouté le feu à deux véhicules au chemin de Thury, puis à deux autres au boulevard de la Cluse, lequel s'est propagé à une cinquième voiture ainsi qu'à un scooter et une moto. B.________ a reconnu les faits, que C.________, tout en minimisant son implication, a finalement aussi admis. B.b Au cours de l'enquête, il est apparu qu'un autre incendie s'était produit dans la nuit du 11 au 12 juin 2004 dans le quartier de Champel, lors duquel une voiture avait été incendiée au chemin de l'Escalade, puis deux autres au chemin de Thury. Entendu le 20 août 2004 par la police, B.________ a admis être également l'auteur de cet incendie. Dans un premier temps, il a laissé entendre qu'il avait agi seul. Informé par la police que, selon des témoins, tel n'était pas le cas, il a reconnu avoir agi en compagnie de C.________ et de A.________. Il a en outre admis avoir tenté d'incendier un autre véhicule au mois de juillet, mais en avoir été empêché par un ami, D.________, qui l'accompagnait. Egalement entendu, C.________ a fait une déclaration peu cohérente. Il a ensuite expliqué qu'il s'était rendu, au mois de juin, dans une discothèque avec B.________ et A.________. Sur le chemin du retour, B.________ avait incendié des voitures. Lui-même et A.________ avaient tenté de l'en dissuader. Ne voulant pas être mêlés à ces agissements, tous deux avaient marché devant B.________, qui mettait le feu aux véhicules avant de partir en courant pour les rattraper. De son côté, A.________ a reconnu s'être rendu un soir à la discothèque en compagnie de B.________ et C.________. Il avait bu, mais moins que ses compagnons, qui étaient passablement éméchés. Au retour, il s'était tenu à l'écart, environ 300 mètres derrière eux, car ceux-ci "faisaient les imbéciles". A un moment, il avait vu du papier brûler sous une voiture, qu'il avait éteint avec ses pieds avant de continuer son chemin. A aucun moment il n'avait rejoint ses amis. Ayant appris avoir été mis en cause par B.________, il a nié toute implication. Informé de la version des faits de C.________, il n'a pas exclu qu'à un moment donné il avait pu le rejoindre; B.________ n'était pas avec eux, mais les avait ensuite rejoints en courant et en disant "on se casse". B.c Entendus par le juge d'instruction au sujet des événements de la nuit du 11 au 12 juin 2004, B.________, C.________ et A.________ ont fait les déclarations suivantes. Le 2 septembre 2004, B.________ a déclaré qu'à son souvenir, C.________, A.________ et lui-même avaient quitté ensemble la discothèque. Il ne savait plus très bien comment l'idée de bouter le feu à un véhicule leur était venue, mais ils étaient trois à s'en prendre au premier véhicule. Ensuite, il ne savait plus très bien qui avait mis le feu aux autres véhicules, mais il était sûr de ne pas avoir agi seul; d'ailleurs, il n'aurait probablement pas eu le courage de le faire, ni n'aurait ressenti la même excitation. Si vraiment C.________ et A.________ avaient quitté la discothèque avant lui, il les aurait rattrapés, ce qu'il aurait eu le temps de faire, dès lors que le premier véhicule avait été incendié quelques minutes après. C.________ a persisté à affirmer avoir quitté la discothèque avec A.________ et que B.________ les suivait, à une distance qu'il ne parvenait pas à quantifier mais qui lui permettait de l'apercevoir s'il se retournait. A un moment donné, celui-ci les avait rejoints, en disant qu'il avait mis le feu à des voitures. S'étant retourné, il avait effectivement aperçu un véhicule en flammes. Après avoir fait des remontrances à B.________, ils avaient poursuivi leur chemin avec lui, puis chacun avait regagné son domicile. Face aux déclarations de A.________ à la police, il a maintenu qu'il avait quitté la discothèque avec lui et qu'ils avaient continué leur chemin ensemble, jusqu'à ce que B.________ les rejoigne en se vantant d'avoir incendié des véhicules. Entendu le 8 septembre 2004, A.________ a expliqué que ses amis et lui avaient quitté la discothèque ensemble. Lui-même s'était toutefois arrêté à la sortie pour échanger quelques mots avec D.________. Après quelques minutes, il était parti derrière B.________ et C.________, alors que D.________ restait sur place. Il avait marché derrière ses amis, à une cinquantaine de mètres de ceux-ci, et non à 300 mètres, comme il l'avait indiqué à la police, pour avoir mal estimé la distance. Chemin faisant, il avait vu un mouchoir qui achevait de se consumer entre deux voitures et, peu après, il avait rejoint ses amis. B.________ avait alors suggéré de brûler des voitures. Lui-même et C.________ avaient tenté de l'en dissuader. Il s'était ensuite éloigné, ne voulant pas être mêlé à ces actes. Il avait immédiatement été rejoint par C.________. B.________ était ensuite arrivé en courant et en disant "on se casse". Ils se trouvaient alors à l'angle de l'avenue de Champel et du chemin de l'Escalade. Il était parti seul en direction de Rive, par l'avenue de Champel, alors que ses deux amis empruntaient le chemin de l'Escalade. Réentendu le 29 septembre 2004, A.________ est partiellement revenu sur ses déclarations, en indiquant que, lorsqu'il avait poursuivi son chemin sur l'avenue de Champel, après croisement avec le chemin de l'Escalade, C.________ l'avait immédiatement rejoint; B.________ les avait rejoints ultérieurement, en courant. B.d Devant le Tribunal de police, puis devant la Chambre pénale, B.________ a dit n'être plus certain que ses deux compagnons aient été mêlés aux incendies de la nuit du 11 au 12 juin 2004. Il n'avait plus aucun souvenir de la soirée, vu son état d'alcoolisation. S'il avait mis en cause C.________ et A.________, c'est parce que la police lui avait dit que le premier avait reconnu sa participation et que le second se trouvait également sur les lieux. A.________ a, quant à lui, déclaré qu'à la hauteur du chemin de l'Escalade, B.________ s'était écarté, descendant par cette rue. Lui−même et C.________ avaient continué sur l'avenue de Champel jusqu'au croisement avec la rue Michel-Servet, où C.________ l'avait quitté à son tour, pour rejoindre B.________ à la hauteur de la station-service, pendant qu'il continuait son chemin. Il a expliqué la contradiction entre cette version et celle donnée le 8 septembre 2004 au juge d'instruction par le fait qu'il était alors très nerveux et avait confondu sur le plan qui lui était soumis le chemin de l'Escalade et la rue Michel-Servet. Il a semblé partir de l'idée que sa version correspondait à celle donnée le 29 septembre 2004 au juge d'instruction. C.________ s'est rallié à la nouvelle version de A.________. Il a expliqué que tous trois se trouvaient à l'angle avenue de Champel-chemin de l'Escalade. B.________ s'était éloigné en empruntant le chemin de l'Escalade. Lui-même et A.________ avaient continué le long de l'avenue de Champel jusqu'à l'angle avec la rue Michel-Servet, où ils s'étaient séparés. Il avait descendu la rue Michel-Servet jusqu'à la hauteur du chemin de Thury, d'où il avait vu déboucher B.________. B.e S'agissant des incendies de la nuit du 11 au 12 juin 2004, la Chambre pénale a estimé que les déclarations faites par B.________ devant elle et devant le Tribunal de police, tendant à décharger C.________ et A.________, n'étaient pas crédibles. Elles étaient en contradiction avec celles qu'il avait faites non seulement à la police, mais le 2 septembre 2004 au juge d'instruction. En outre, à cette dernière occasion, alors qu'il savait que ses comparses contestaient leur implication et qu'il était confronté à C.________, il n'en avait pas moins affirmé que, même si ses souvenirs n'étaient pas très clairs, il se rappelait que ceux-ci avaient agi avec lui. De plus, il n'avait aucun intérêt à mettre en cause ses amis. Enfin, ses premières déclarations avaient été cohérentes et elles ne pouvaient être attribuées à une quelconque manipulation des policiers. La Chambre pénale n'a pas non plus accordé crédit aux déclarations de A.________. A l'appui, elle a relevé qu'elles avaient varié au fil de ses auditions et qu'à suivre sa dernière version et celle de C.________, il faudrait admettre que, pendant qu'ils descendaient l'avenue de Champel, B.________ aurait eu le temps d'incendier trois voitures sur les chemins de l'Escalade et de Thury, alors que la route qu'il empruntait était plus longue. Au surplus, dans la mesure où A.________ reprenait l'argumentation de son coappelant, celle-ci devait être écartée pour les mêmes motifs. Enfin, il se plaignait vainement d'une insuffisance de l'instruction, au motif que la piste d'une éventuelle implication d'un autre ami de B.________, prénommé E.________, n'ait pas été exploré; outre que B.________ n'avait jamais impliqué cet ami, la présence de ce dernier le soir des faits ne le mettrait pas nécessairement hors de cause.