Citation: 4A_342/2023 E. B

B.a. Après l'échec de la conciliation et la délivrance d'une autorisation de procéder du 7 décembre 2015, l'entreprise A.________ SA (ci-après: l'entreprise ou la demanderesse ou la recourante) a déposé le 2 mars 2016 sa demande dans l'action en paiement ouverte contre C.________ (ci-après: le défendeur n° 1) et D.________ SA, ainsi que contre B.________ (ci-après: le défendeur n° 2 ou l'intimé n° 1). La société D.________ SA ayant été déclarée en faillite le 23 janvier 2017, la juge de première instance a disjoint la cause opposant la demanderesse à cette société. Dans ses conclusions finales, la demanderesse a conclu, principalement, à ce que les deux défendeurs soient condamnés solidairement à lui payer le montant de 219'218 fr. avec intérêts à 5 % l'an dès le 30 décembre 2013, subsidiairement, à ce que le défendeur n° 2 soit condamné à lui payer ce montant et, à titre plus subsidiaire, à ce que le défendeur n°1 y soit condamné. Elle a invoqué qu'elle avait effectué les travaux pour les deux défendeurs, qui formaient une société simple. Les deux défendeurs ont conclu chacun au rejet de la demande. Par jugement du 21 avril 2020, la Juge des districts de Martigny et St-Maurice a condamné les deux défendeurs à payer solidairement à l'entreprise le montant de 219'218 fr. avec intérêts à 5 % l'an dès le 30 décembre 2013. En bref, appliquant le principe de la transparence, elle a conclu que le défendeur n° 1, qui prétendait que c'est sa société D.________ SA qui avait contracté avec la demanderesse, utilisait de manière abusive cette société pour se soustraire à ses obligations et, partant, l'a condamné au paiement. Puis, procédant à l'interprétation objective des manifestations de volonté et du comportement des parties, elle a conclu que la société demanderesse pouvait et devait raisonnablement penser que les deux défendeurs étaient ses cocontractants. B.b. Saisie d'un appel formé par le défendeur n° 2 et d'un appel joint du défendeur n° 1, la Cour civile I du Tribunal cantonal du canton du Valais a, par arrêt du 24 mai 2023, admis le premier et rejeté le second dans la mesure de sa recevabilité. Réformant le premier jugement, elle a libéré le défendeur n° 2 de toute condamnation, de sorte que seul le défendeur n° 1 demeure condamné à payer à la société demanderesse le montant de 219'218 fr. avec intérêts à 5 % l'an dès le 30 décembre 2013. En bref, la cour cantonale semble avoir admis, par application du principe de la transparence et interprétation subjective, que le défendeur n° 1 était le cocontractant de la demanderesse, puis, par interprétation objective, que la demanderesse ne pouvait de bonne foi déduire des comportements que les deux défendeurs formaient une société simple et, partant, étaient ses cocontractants. La cour cantonale a retenu qu'il est vrai que le défendeur n° 2 connaissait le directeur et les employés de l'entreprise avant le début des travaux, qu'il a, lors de différents repas, participé à des discussions en exposant ses souhaits, qu'il a donné de nombreuses indications relatives à l'exécution des travaux et que ses demandes ont été prises en considération et qu'il avait lui-même réclamé la réparation des défauts, à laquelle l'entreprise avait donné suite. Elle a toutefois estimé que ces éléments ne suffisaient pas, le fait que le défendeur n° 2 étant l'acheteur final pouvant expliquer son implication, et a accordé plus de poids au fait que le nom de celui-ci n'apparaît sur aucun document, ni sur les procès-verbaux de chantier, ni dans la correspondance, qu'aucun des défendeurs n'a évoqué une quelconque association entre eux et que le défendeur n° 1 avait dit au directeur de l'entreprise qu'il allait le payer quand le défendeur n° 2 le payerait, ce dont il fallait inférer un contrat d'entreprise générale, contrat usuel dans les projets immobiliers. Elle a ajouté encore que l'entreprise n'a pas été informée du contrat de vente clé en main (en 2012, soit après la conclusion du contrat d'entreprise) et qu'elle savait que les factures pour les travaux dans l'appartement avaient été acquittées séparément par le défendeur n° 2 et enfin que celui-ci n'avait pas donné de procuration au défendeur n° 1 pour le représenter, ce qu'elle a déduit du fait qu'il allait être payé une fois que le défendeur n° 2 aurait payé le défendeur n° 1. En se basant sur tous ces éléments, clairement postérieurs à la conclusion du contrat/adjudication des travaux de 2011 (dont la date demeure indéterminée), la cour cantonale ne saurait avoir procédé à une interprétation selon le principe de la confiance, mais a nié en fait que les défendeurs avaient eu l'intention de former une société simple pour la réalisation de la promotion E.________.