Citation: 6S.778/2000 23.03.2001 E. 1

p. 851 s.). Parmi les éléments extérieurs permettant de conclure que l'auteur s'est accommodé du résultat dommageable pour le cas où il se produirait figure notamment la probabilité (connue par l'auteur) de la réalisation du risque et l'importance de la violation du devoir de prudence. Plus celles-ci sont grandes, plus sera fondée la conclusion que l'auteur, malgré d'éventuelles dénégations, avait accepté l'éventualité de la réalisation du résultat dommageable (ATF 119 IV 1 consid. 5a; voir aussi ATF 109 IV 137 consid. 2b; plus récemment ATF 125 IV 242 consid. 3c in fine et 121 IV 249 consid. 3a/aa). Peuvent également constituer des éléments extérieurs révélateurs les mobiles de l'auteur et la manière dont il a agi (ATF 125 IV 242 consid. 3c in fine). En l'occurrence, il n'est pas contesté que le recourant s'est rendu à la rencontre de G.________ muni d'un pistolet contenant neuf balles, dont l'une dans le canon, le chien à moitié armé, en sachant à la fois qu'il allait au devant d'une discussion litigieuse et qu'une pression de 5 kg suffisait à lâcher un coup. Ce faisant, il ne pouvait ignorer que ce comportement créait déjà un risque pour la vie de G.________. Il a encore accru ce danger en effectuant lui-même, selon les constatations de fait du Tribunal cantonal qui lient le Tribunal fédéral, le geste de violence qui a déclenché le corps à corps, puis en sortant son arme et en l'utilisant pour frapper G.________ avec la crosse, le doigt sur la détente. De plus, il ne s'est nullement arrêté lorsque le premier coup est parti, ce qui armait complètement le chien et augmentait encore la probabilité de tirs supplémentaires. Enfin, l'arme s'est trouvée au cours de la lutte pointée vers le visage de G.________ si près que celui-ci "a vu le trou noir du canon" (cf. ATF 121 IV 67 consid. 2 concernant le danger créé par une arme à feu). Dans ces conditions, tant la probabilité de la réalisation du risque que l'imprévoyance coupable étaient extrêmement élevées, ce qui constitue déjà des indices déterminants que le recourant avait envisagé et accepté la possibilité que G.________ soit mortellement atteint. A cela s'ajoute encore que le recourant nourrissait une profonde rancune envers lui. Force est ainsi de conclure que le recourant n'entendait pas se limiter à créer un danger de mort imminent pour G.________ (cf. art. 129 CP), ni à lui causer des lésions corporelles (cf. art. 122 ss CP), mais qu'il avait envisagé et accepté la possibilité que G.________ soit tué, si ce n'est déjà en montant à l'étage, en tout cas après le premier coup de feu. Peu importe à cet égard que, comme le soutient le recourant, la possibilité d'une bagarre et d'une issue mortelle ne fût qu'une hypothèse parmi d'autres quand il est monté à l'étage, dès lors qu'il n'a pas refusé, en tout cas par la suite, la réalisation d'un risque fatal. Il n'est pas davantage déterminant qu'il n'ait initialement pas voulu se venger, cas échéant, mais uniquement se défendre au mieux.