Citation: 4A_167/2021 E. A

A.a. A.________ Sàrl (ci-après: A.________) est une société camerounaise, créée le 5 juin 2015, ayant pour but social, au Cameroun et dans tous les pays de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC), les activités d'agence de voyages, de tourisme, d'assistance aéroportuaire et autres services aux voyages. B.________ est une association dont le siège social est à Montréal. Elle regroupe près de 290 compagnies aériennes. Sa mission consiste notamment à faciliter les échanges entre les différents acteurs du secteur du transport aérien. B.________ propose aux compagnies aériennes accréditées un système comptable, intitulé " Billing and Settlement Plan " (ci-après: Système BSP), permettant notamment de " faciliter et simplifier les procédures de vente, de remboursement, de compte rendu et de versement des agents accrédités B.________ pour le compte des Compagnies aériennes BSP ". A.b. En 2016, A.________ a déposé une demande d'accréditation auprès de B.________ pour accéder au Système BSP. L'accréditation était conditionnée à la fourniture d'une garantie financière appropriée, propre à couvrir le risque de défaut de paiement des agences de voyages. A.________ a contracté, le 3 octobre 2016, une garantie bancaire d'un montant de 122'500'000 francs CFA (FCFA) auprès de la Banque C.________, valable à partir du 29 septembre 2016 et expirant le 18 septembre 2017. Par courrier du 13 octobre 2016, la Banque C.________ a transmis à B.________ une garantie bancaire modifiée d'un montant de 122'500'000 FCFA couvrant l'ensemble des activités de A.________ jusqu'au 10 août 2017, pouvant être mise en oeuvre jusqu'au 10 octobre 2017 (ci-après: la Garantie bancaire). Par courrier du 11 novembre 2016, en réponse à une relance de A.________ sur l'état de sa demande d'accréditation, B.________ lui a répondu, à tort, que sa demande était encore en cours de traitement. Après avoir contesté auprès de B.________ un avis de débit de la compagnie aérienne D.________ daté du 1er novembre 2016, A.________ a été informée, le 23 novembre 2016, qu'elle était déjà accréditée depuis le 21 octobre 2016. B.________ s'est excusée auprès de A.________ pour ce retard dû à un " problème technique ". A.________ a payé la pénalité relative à l'avis de débit précité. A.c. Après quelques mois d'exploitation, le volume des ventes réalisées par A.________ via le système BSP a significativement augmenté. Le 9 mars 2017, B.________ a invité la compagnie aérienne E.________ à mener une enquête sur A.________ et à l'informer du résultat de ces investigations. Le 18 avril 2017, la compagnie précitée a informé A.________ de l'alerte émise par B.________ et lui a demandé de lui fournir la preuve du montant de sa garantie bancaire. A.d. Le 2 mai 2017, A.________ a proposé d'augmenter le montant de sa Garantie bancaire en raison de la hausse de ses ventes. Le même jour, B.________ lui a demandé de fournir, dans un délai échéant le 1er juin 2017, une garantie bancaire d'un montant total de 231'140'000 FCFA. Après avoir refusé la demande de prolongation dudit délai sollicitée par A.________, B.________ a prié cette dernière de lui fournir la lettre de la Banque C.________ attestant de ce que sa demande de nouvelle garantie bancaire était en cours de traitement en vue de procéder au réexamen éventuel de la demande de prolongation. Le 2 juin 2017, A.________ a fourni à B.________ l'attestation requise. Le même jour, B.________ a refusé, après réexamen de la situation, la demande de prolongation de délai et a suspendu immédiatement A.________ du Système BSP (ci-après: la Première suspension). A.e. Conformément à la procédure prévue par le " Manuel de l'Agent de Voyages, Edition Résolution 818g, Section 12 en vigueur le 1er juin 2017 " (ci-après: le Manuel), lequel régit les relations entre les agences de voyages accréditées par B.________ et cette dernière, A.________ a saisi le Commissaire aux agences de voyages (ci-après: le Commissaire) pour, d'une part, solliciter le sursis à l'exécution de la décision la suspendant du Système BSP et sa réintégration au sein de celui-ci, et, d'autre part, contester la méthode de calcul de la nouvelle garantie bancaire requise par B.________. Par décision interlocutoire du 7 juin 2017, le Commissaire a fait droit à la demande de sursis à l'exécution de la suspension de A.________ et ordonné son rétablissement immédiat au sein du Système BSP jusqu'à l'issue de la procédure au fond. Le même jour, B.________ a informé A.________ qu'elle était " temporairement remise en activité et réintégrée à la liste des Agences Accréditées B.________ " mais que son droit d'émettre des billets n'était pas restauré. Statuant sur le fond le 10 juillet 2017, le Commissaire a fait droit aux conclusions de A.________. Il a ainsi invité B.________ à procéder à un nouveau calcul de la garantie bancaire requise et, une fois cela fait, à fixer un nouveau délai à A.________ pour présenter une nouvelle garantie bancaire. Le 10 août 2017, B.________ a informé A.________ et le Commissaire que, suivant le mode de calcul préconisé par ce dernier, aucune garantie bancaire supplémentaire n'était nécessaire. A.f. Le 6 juin 2017, B.________ a transmis un courrier à A.________ dans lequel elle lui demandait de renouveler sa Garantie bancaire au plus tard deux jours avant le 10 août 2017. Dans un courrier électronique du 22 juin 2017, elle a précisé que cette requête tendait au renouvellement de la Garantie bancaire existante et non à l'augmentation de celle-ci. Le 10 août 2017, B.________ a informé A.________ de sa suspension du Système BSP pour non-renouvellement de la sécurité financière et " non-conformité aux critères financiers du Cameroun " (ci-après: la Seconde suspension) ainsi que d'une potentielle radiation dans les 30 jours en cas de non-respect des standards fixés. Après avoir ordonné, dans un premier temps, à B.________ de réintégrer immédiatement A.________ au sein du Système BSP, le Commissaire a indiqué, en date du 17 août 2017, que la suspension de A.________ ne serait pas levée tant que celle-ci n'aurait pas renouvelé sa Garantie bancaire. A.g. Le 10 août 2017, A.________ a fait parvenir à la société E.________ une demande de renouvellement de la contre-garantie qui lui avait été donnée par cette dernière. E.________ lui a répondu qu'elle n'accepterait de le faire qu'à la condition que la Banque C.________ donne mainlevée de sa contre-garantie. Le 21 août 2017, la Banque C.________ a refusé d'en donner mainlevée, sauf à recevoir un acte formel de mainlevée donné par B.________. En date du 27 août 2017, B.________ a indiqué à A.________ qu'elle ne procéderait à la mainlevée de la Garantie bancaire qu'à l'expiration de la période de deux mois pour réclamation suivant l'expiration de la Garantie bancaire, soit le 10 octobre 2017. A.h. Le 5 septembre 2017, B.________ a mis en demeure A.________ de lui payer une facture datée du 4 septembre 2017 pour un montant de 52'812'667 FCFA. Le 7 septembre 2017, B.________ a fixé à A.________ un délai échéant le 30 septembre 2017 pour régulariser sa situation, faute de quoi son accréditation lui serait retirée. Le 13 septembre 2017, le Commissaire, informé de la situation, a demandé à A.________ de fournir une preuve de paiement de la facture précitée afin que B.________ puisse la réintégrer au sein du Système BSP. Le 15 septembre 2017, A.________ a contesté la demande de paiement formée à son endroit. Le 2 octobre 2017, B.________ a adressé à A.________ une demande de paiement d'une nouvelle facture d'un montant de 195'500 FCFA. Faute pour A.________ d'avoir procédé au paiement desdites factures, B.________ l'a radiée, le 11 octobre 2017, de la liste des agents accrédités (ci-après: la Radiation). A.i. Le 20 septembre 2017, B.________ a notifié à la Banque C.________ son intention d'appeler la garantie bancaire à hauteur de 52'986'138 FCFA (ci-après: l'Appel de la garantie). Le 27 septembre 2017, la Banque C.________ a adressé une lettre à E.________ afin de faire appel à la contre-garantie émise par celle-ci. Le 16 octobre 2017, E.________ a refusé de faire droit à l'appel de la contre-garantie, au motif que la demande de paiement formulée par la Banque C.________ était intervenue après l'expiration du délai de la contre-garantie. Le 18 janvier 2018, E.________ a avisé A.________ de son recours subrogatoire à la suite du paiement de la somme de 52'986'138 FCFA à la Banque C.________. Le 2 février 2018, A.________ lui a répondu que l'appel de la contre-garantie avait été opéré hors délai.