Citation: 1C_416/2013 E. 3.2

3.2. En l'occurrence et contrairement à ce que soutient la recourante, les photographies des 19, 26 juillet et 30 août 2008 ne remettent pas en cause l'appréciation effectuée par les premiers juges, soit l'absence d'union conjugale stable au moment de la déclaration commune ou de l'octroi de la naturalisation. En effet, la séparation de fait (octobre 2008) du couple est intervenue seulement quatre mois après la date de l'octroi de la naturalisation (le 27 juin 2008). Ce très court laps de temps ne peut s'expliquer par la seule séparation résultant de l'installation de l'ex-mari à Zurich pour des raisons professionnelles. Si la distance - problématique que le couple connaissait depuis l'engagement du mari à fin avril 2008 (cf. jugement attaqué consid. 7.2.1) - leur pesait à ce point, on s'étonne que l'ex-mari soit de moins en moins rentré le week-end à Lutry (cf. procès-verbal du 11 juillet 2011, p. 3). Quant à la recourante - alors sans emploi (cf. jugement de divorce p. 2) -, elle ne démontre pas avec trois photographies qu'elle aurait elle-même tout entrepris pour maintenir la relation avec son mari. Il semble au contraire que ce mode de vie séparée dès mai 2008 convenait aux aspirations du couple. De plus, c'est durant cette même période que l'ex-conjoint de la recourante a rencontré une autre personne. Il ne pouvait alors ignorer les possibles conséquences d'une telle relation sur son mariage, mais il a pourtant fréquenté les deux femmes en même temps, situation - que les trois photographies viennent confirmer - qui n'est pas compatible avec l'existence d'une communauté stable au sens de la jurisprudence relative à la naturalisation facilitée. Enfin, il y a lieu de relever que la recourante a elle-même fait connaissance rapidement après la séparation de fait d'un autre homme. Ces différents éléments, qui s'ajoutent à l'enchaînement rapide des faits retenu par la juridiction précédente, permettent de retenir que, déjà en mai 2008 ou au plus tard en juin 2008, la communauté conjugale de la recourante n'était plus ni stable, ni orientée vers un avenir commun. En conséquence et contrairement à ce que soutient la recourante, l'appréciation effectuée par l'autorité précédente afin de retenir la présomption d'absence de communauté conjugale stable ne viole pas le droit fédéral. Une annulation de la naturalisation facilitée entrait ainsi en considération en raison de la dissimulation de faits essentiels (art. 41 al. 1 LN).