Citation: 4P.13/2002 10.06.2002 E. 2

2.- a) La recourante invoque d'abord la violation de l'art. 9 Cst. Elle reproche à la cour cantonale une appréciation arbitraire des preuves. Elle fait notamment valoir que la cour cantonale n'aurait considéré qu'une partie du témoignage de dame N.________ portant sur le contenu des propos de l'ancienne cheffe à son sujet, ignorant une autre partie de ce témoignage, laquelle contiendrait des appréciations formulées par l'ancienne cheffe, dont il convenait de déterminer si elles étaient ou non objectives et pertinentes, c'est-à-dire conformes au droit fédéral (art. 330a CO). b) Une décision est arbitraire lorsqu'elle contredit clairement la situation de fait, lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle heurte d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; à cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. Par ailleurs, il ne suffit pas que les motifs de l'arrêt attaqué soient insoutenables, encore faut-il que ce dernier soit arbitraire dans son résultat. Il n'y a en outre pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution que celle de l'autorité intimée apparaît comme concevable, voire préférable (ATF 127 I 54 consid. 2b; 126 I 168 consid. 3a). S'agissant plus précisément de l'appréciation des preuves, le juge tombe dans l'arbitraire si, sans raison sérieuse, il omet de prendre en considération un élément important propre à modifier la décision, s'il se fonde sur un moyen manifestement inapte à apporter la preuve, s'il a, de manière évidente, mal compris le sens et la portée d'un moyen de preuve ou encore si, sur la base des éléments réunis, il a fait des déductions insoutenables. Le grief tiré de l'appréciation arbitraire des preuves ne peut être pris en considération que si son admission est de nature à modifier le sort du litige, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il vise une constatation de fait n'ayant aucune incidence sur l'application du droit. c) L'arrêt attaqué reproduit dans la partie "En fait" le témoignage de dame N.________ sur le contenu des propos de l'ancienne cheffe de la recourante. Celle-ci aurait notamment déclaré que dame X.________ était un bon élément, qu'elle effectuait très bien son travail, mais qu'elle était difficile, qu'elle ne se laissait pas approcher des autres, qu'elle créait une distance et qu'elle n'était pas faite pour travailler en équipe; il s'agissait d'une personne qu'il fallait mettre dans un bureau, si possible seule. Il est vrai que cette reproduction est tronquée, puisqu'en la comparant avec le procès-verbal d'enquêtes, mentionné par la recourante, on constate qu'il manque la phrase suivante: "La vente n'était donc pas son élément". Or la cour cantonale, qui déclare expressément se référer audit témoignage, admet implicitement qu'il est crédible. Dès lors, elle n'avait aucune raison d'en retrancher cette phrase, du moins pas sans explications, dans la mesure où ces propos revêtent une importance particulière pour juger de l'objectivité des renseignements fournis par l'ancienne cheffe, dont l'incompatibilité d'humeur avec la recourante avait constitué le motif officiel du licenciement. En effet, lesdits propos contredisent manifestement la teneur du certificat de travail, que l'arrêt attaqué considère comme établie, au sujet des compétences de la recourante en tant que vendeuse. La cour cantonale ne pouvait ignorer cet élément, même dans l'hypothèse où il ne représenterait qu'un commentaire de dame N.________, comme le suggère l'intimée, car celui-ci ferait alors suite aux déclarations de l'ancienne cheffe, desquelles il découlerait - toujours en contradiction avec le certificat de travail délivré - que la recourante n'était guère apte à exercer le métier de vendeuse. En omettant de tenir compte des propos litigieux, la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire. d) La recourante reproche également à la Cour d'appel d'avoir retenu, sur la base des déclarations de son ancienne cheffe, que ses contacts personnels avec ses collègues ont été difficiles, alors qu'il découlerait de leurs témoignages qu'elle entretenait de bons rapports avec trois d'entre elles. Il ressort des cinq témoignages reproduits dans l'arrêt que la majorité des collègues entendues (A.________, B.________ et C.________) n'avait pas rencontré de problèmes particuliers avec la recourante, l'une d'entre elles (B.________) affirmant même qu'il n'y avait pas de problèmes particuliers entre la recourante et l'équipe. Seules deux des témoins entendus (D.________ et E.________) se sont plaints de difficultés personnelles avec la recourante. Sur ce point, l'appréciation de la cour cantonale contredit les faits et doit être qualifiée d'arbitraire. Au vu de ce qui précède, la qualification par la cour cantonale des renseignements donnés sur la recourante apparaît comme basée sur des déductions insoutenables.