Citation: I 58/05 03.05.2006 E. A

C.________, né en 1942, a fondé en 1972 l'entreprise X.________, en ouvrant à W.________ un magasin spécialisé dans la vente d'outillages, produits chimiques et peintures de carrosserie. Dès 1976, il est devenu salarié de son entreprise. En 1987, il a vendu X.________ à l'entreprise Y.________, qui était son plus gros fournisseur et désirait disposer d'une succursale à W.________. Jusqu'en 1989, il est resté salarié de X.________. A partir de 1990, C.________ s'est mis à son compte, en vendant principalement des produits chimiques (mastics métalliques, « surfacers », anti-rouilles, revêtements transparents à appliquer sur les peintures métallisées, etc.) à des carrossiers de la région de W.________. En outre, il s'est occupé dès 1991 de l'exploitation de distributeurs de pop-corn en Suisse romande. Il a confié à des collègues l'exclusivité de ce marché pour les cantons de Genève, Neuchâtel et Valais, tout en conservant l'exclusivité pour le canton de Vaud. Le 31 octobre 1997, C.________ a été victime d'un infarctus inférieur. Le 7 septembre 1999, il a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité. Dans un rapport médical du 19 octobre 1999, le docteur E.________, spécialiste FMH en médecine générale à W._________ et médecin traitant de l'assuré, a posé les diagnostics d'infarctus inférieur et de maladie bitronculaire avec mise en place d'une endoprothèse de la coronaire droite en novembre 1997. Il indiquait que le patient avait présenté une incapacité de travail de 100 % du 31 octobre 1997 au 31 décembre 1997 et de 50 % à partir du 1er janvier 1998, pour une période de longue durée. Etant donné la nécrose du muscle cardiaque en liaison avec l'infarctus, le port de charges lourdes au-delà de 25 kg était vivement déconseillé, ce qui déterminait l'incapacité de travail. Selon un rapport intermédiaire du 4 juillet 2000, l'assuré présentait une incapacité résiduelle de travail de 50 % dans l'activité de représentant indépendant. Dans une activité adaptée, à savoir une activité légère, la capacité de travail était complète pour autant que le port de charges lourdes n'excède pas 25 kg. Invité par l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud à présenter ses bilans et comptes d'exploitation des trois dernières années, C.________ a répondu qu'il n'avait ni bilan ni compte d'exploitation. Le 14 juin 2000, l'office AI a procédé à une enquête économique pour les indépendants. L'assuré a déclaré à l'enquêteur que s'il n'avait pas été victime d'un infarctus, il aurait racheté le magasin qu'il avait exploité à W.________ et repris son activité antérieure dans la vente et la représentation en outillages, produits chimiques et peintures de carrosserie, ainsi que le nom de l'entreprise X.________, encore bien connu des clients. En effet, l'entreprise Z.________ lui en avait fait la proposition et cette affaire était quasiment conclue, lorsque son infarctus était survenu le 31 octobre 1997. Actuellement, C.________ assumait encore le service et l'entretien de quelques distributeurs de pop-corn dans la région de W.________, ainsi que la liquidation des quelques produits chimiques pour carrosserie lui restant en stock dans son garage. Toutefois, il n'y avait plus d'avenir dans ces deux activités, étant donné que le commerce des seuls produits chimiques de carrosserie était soumis à rude concurrence de la part des entreprises plus importantes qui vendaient aussi les peintures et que l'assuré n'avait guère de perspectives de pouvoir vendre ou placer davantage de machines à pop-corn dans le canton de Vaud (rapport d'enquête du 19 juin 2000). Dans un rapport médical du 2 août 2002, le docteur B.________, spécialiste FMH en médecine générale et spécialiste en médecine du sport à W.________, a posé les diagnostics ayant des répercussions sur la capacité de travail d'angor, de palpitations sous forme de salves de tachycardie ventriculaire non soutenues et extrasystoles supraventriculaires complexes, de vertiges non systématisés et de syndrome de conflit sous-acromial sur rupture subtotale du sus-épineux de l'épaule droite. Ce praticien indiquait que C.________ présentait une incapacité de travail d'au moins 50 %, que l'activité exercée jusque-là n'était plus exigible, mais que l'on pouvait exiger de l'assuré qu'il exerce une autre activité, par exemple une activité de bureau (annexe au rapport médical). Dans un avis médical du 21 novembre 2002, le docteur U.________, médecin du Service médical régional AI, a admis une incapacité de travail de 50 % pour l'ensemble des pathologies et dans toute activité. Le 16 mai 2003, l'office AI a rejeté la demande, au motif que C.________ n'avait pas droit à une rente d'invalidité. Il a retenu que celui-ci pourrait réaliser dans une activité adaptée à son état de santé un revenu d'invalide de l'ordre de 22'649 fr., lequel était supérieur au revenu annuel de 14'439 fr. qui serait le sien sans la survenance de ses problèmes de santé. L'assuré a formé opposition contre cette décision, en contestant le taux de 50 % de sa capacité de travail et le revenu sans invalidité, fixé à tort à 14'439 fr. Selon son estimation, ce revenu était de l'ordre de 60'000 fr. par année, correspondant au gain actuel qu'il réaliserait en étant en bonne santé. Par décision du 12 février 2004, l'office AI a partiellement admis l'opposition en ce sens que C.________ présentait une invalidité de 50 % lui ouvrant droit à une demi-rente depuis le 1er octobre 1998, le dossier étant retourné à l'administration pour qu'elle rende une nouvelle décision une fois la rente calculée par la caisse de compensation compétente.