Citation: 5A_275/2022 E. 3

La Chambre de surveillance de la Cour de justice du canton de Genève a d'abord rappelé les bases légales topiques (art. 388 ss CC), puis a répondu aux griefs soulevés par l'intéressée. L'autorité précédente a reconnu que le Tribunal de protection avait certes mentionné erronément le lieu d'origine de la recourante, mais que cet élément ne pouvait pas à lui seul permettre de considérer que la décision rendue était infondée. La Chambre de surveillance a retenu qu'il était établi et non contesté que la recourante souffre depuis de nombreuses années de problèmes physiques importants dont l'origine exacte n'a pas pu être déterminée, qui l'empêchent d'exercer une activité lucrative et l'ont conduit au dépôt d'une demande de prestations auprès de l'assurance invalidité, qu'elle est assistée depuis de nombreuses années également par l'Hospice général - auteur du signalement à l'autorité de protection - sous la forme d'une aide financière mais également d'une aide pour la gestion de ses affaires administratives, fondant un état de faiblesse affectant sa condition personnelle. L'autorité précédente a en outre considéré que ses allégations relatives à de possibles arrangements de paiement de ses dettes étaient peu vraisemblables, dès lors qu'elle s'était retrouvée confrontée à deux reprises à une procédure d'évacuation, dont elle s'était sortie avec l'aide de tiers, partant qu'il importait que ses finances soient gérées avec rigueur au vu de sa difficulté à gérer son budget (173 actes de défaut de biens pour un total de 147'326 fr.; les dernières notifications de commandements de payer datent de 2021) et qu'elle avait été taxée d'office faute d'avoir rempli sa déclaration fiscale. En définitive, il convenait de retenir que l'intéressée n'était pas en mesure de gérer ses affaires administratives et de préserver ses intérêts, quoiqu'en rapportent les médecins de celle-ci. S'agissant de l'aide que sa fille pourrait lui apporter, l'autorité précédente a jugé que le jeune âge de celle-ci et sa situation précaire nécessitant aussi un suivi de l'Hospice général ne la mettait pas en position d'apporter une aide concrète à l'intéressée. Constatant que les conditions permettant l'instauration d'une mesure de protection étaient remplies et que la mesure était adéquate et proportionnée, la Chambre de surveillance a donc rejeté le recours.