Citation: 1P.446/2000 08.08.2000 E. 4

4.- M.________ se prétend enfin victime d'une inégalité de traitement par rapport à S.________ qui a été libéré en dépit du fait qu'il s'agit d'un récidiviste notoire. Dans l'arrêt qu'il a rendu le 6 mars 2000 sur recours de cet individu contre son maintien en détention, le Tribunal d'accusation a effectivement considéré qu'au vu des indices recueillis à la charge du prévenu, une prolongation de la détention préventive serait contraire au principe de la proportionnalité et qu'il convenait en conséquence d'ordonner sa relaxation immédiate, nonobstant l'existence d'un risque sérieux de récidive. Les actes d'escroquerie reprochés à S.________ sont toutefois moins nombreux que ceux dont se serait rendu coupable le recourant et portent sur des sommes inférieures. L'autorité intimée pouvait dès lors apprécier la situation de celui-là au regard du principe de la proportionnalité différemment de celle de M.________ sans violer le droit de ce dernier à l'égalité de traitement. D'ailleurs, même à supposer que son coïnculpé ait été remis en liberté à tort, le recourant ne pourrait s'en prévaloir, car la loi a été correctement appliquée à son cas (cf. ATF 124 IV 44 consid. 2c p. 47 et la jurisprudence citée).