Citation: 7B_257/2024 E. A

A.a. A la suite des plaintes pénales déposées le 11 février 2015 par B.________ SA (société liquidée et radiée en août 2019) et par E.________ SA - toutes deux actives notamment dans l'achat, la vente et l'importation de produits chimiques de nettoyage -, le Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) a ouvert une instruction pénale contre C.________ (ci-après : le prévenu) notamment pour escroquerie (art. 146 CP), abus de confiance (art. 138 CP) et infraction à la loi fédérale du 19 décembre 1986 contre la concurrence déloyale (LCD; RS 241), voire pour blanchiment d'argent (art. 305bis CP). Il est reproché à C.________ d'avoir, dans le cadre de ses activités et de ses rapports avec les deux sociétés plaignantes, surfacturé des produits en annonçant à leur administrateur qu'il n'existerait qu'un fournisseur, soit D.________ LLC (U.________), alors que cette société serait une coquille vide et qu'il existerait plusieurs fournisseurs livrant des produits moins chers, cela dans le but de garder la différence. Le précité est également soupçonné d'avoir présenté de la fausse documentation relative aux produits achetés par B.________ SA et E.________ SA, aux fournisseurs - soit essentiellement D.________ LLC - et aux prix pratiqués par ceux-ci, d'avoir caché ou détruit des documents en lien avec les affaires de B.________ SA (dont des factures), d'avoir effacé des données informatiques, de s'être emparé de données appartenant à cette société (en particulier des formules) et d'avoir exploité ces données confidentielles au profit de la société F.________ SA - société active également dans la fabrication et la commercialisation de produits chimiques pour le nettoyage -, ceci dans un dessein d'enrichissement illégitime. Selon les plaintes pénales et les annexes alors remises, l'unique fournisseur, D.________ LLC, aurait été payé, sur la base de factures de 2007 à 2011, USD 740'262.50; les fournisseurs livrant effectivement les produits - dont les factures étaient hors comptabilité - étaient payés par un compte au nom de la mère du prévenu, G.________. Dans ce contexte, C.________ aurait ainsi opéré une surfacturation de l'ordre de 80 % et se serait enrichi d'environ 600'000 francs. Depuis 2014, C.________ aurait, sous le nom de la société H.________, pris possession de multiples formules, objets, documents et informations appartenant à B.________ SA, ainsi que vendu à des entreprises des produits créés et commercialisés par cette dernière et par E.________ SA sans leur accord. A.b. Lors de l'audience du 12 avril 2017 devant le Ministère public, le prévenu a affirmé ne pas connaître A.________ AG. Cette société, créée en 2015 et dont l'administrateur est I.________, a pour but social les conseils, les recherches, les développements, les fabrications, les productions, les conditionnements, les distributions, les importations et les exportations de produits chimiques organiques et de matériaux chimiques et biochimiques naturels, bruts et autres, en particulier de produits de nettoyage. A.c. Selon la dénonciation du Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS) du 18 août 2022, deux comptes étaient ouverts dans les livres auprès de J.________ SA ou J.________ AG au nom de A.________ AG, société dont G.________ serait la "détentrice de contrôle". Ces comptes ne comportaient que des sorties, à hauteur de 996'617 fr., en faveur de C.________ et il semblait que la société A.________ AG ait succédé à H.________, laquelle avait elle-même succédé à B.________ SA.