Citation: 8C_248/2023 E. 5.2.2

5.2.2. Dans son avis du 16 mai 2022, le docteur C.________ a considéré que l'arthrodèse ne permettrait probablement pas une amélioration notable de l'état de santé du recourant. Il a précisé qu'en 2009, cette opération avait déjà été évoquée, et qu'il n'y avait pas eu d'aggravation nette depuis lors. Il n'était pas démontré que l'intervention allait rendre la main gauche plus fonctionnelle sur le plan professionnel. Invitée par l'intimée à se prononcer spécifiquement sur la possibilité pour le recourant d'exercer une activité professionnelle avec ou sans l'opération envisagée, la doctoresse B.________ a répondu que l'intervention ne permettrait pas à l'intéressé de récupérer une main complètement fonctionnelle, de sorte qu'un travail manuel avec cette main ne paraissait pas envisageable, même ensuite de l'opération. Celle-ci devait lui permettre une meilleure préhension des gros objets uniquement, avec possiblement un peu de récupération de force, et avait pour but principal de soulager les douleurs en rapport avec l'arthrose. Sur le plan professionnel, l'amélioration fonctionnelle serait relativement modérée et il n'y aurait probablement pas une amélioration suffisante permettant au recourant de retrouver son ancienne activité professionnelle. Selon l'avis du 27 mai 2009 d'un autre médecin traitant, à savoir le docteur D.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur à U.________ (à l'étranger), il était "évident que nous n'obtiendrons pas d'amélioration sur le plan fonctionnel malgré [l'arthrodèse]". Ce médecin ajoutait qu'avec ou sans intervention, le patient ne pourra en aucun cas effectuer un travail manuel. Compte tenu de ce qui précède, c'est à raison que la cour cantonale a retenu que le médecin-conseil de l'intimée et les médecins traitants du recourant étaient unanimement d'avis que l'opération prévue n'était pas de nature à améliorer notablement la capacité de gain ou à empêcher une notable diminution de celle-ci, au sens de l'art. 21 al. 1 let. b LAA. Dès lors que le recourant n'a produit aucun avis médical évoquant la perspective d'une incidence notable de l'intervention sur la capacité de gain dans une activité professionnelle quelle qu'elle soit, on ne saurait faire grief aux premiers juges de ne pas avoir instruit la cause plus avant, par exemple en mettant en oeuvre une expertise (cf. consid. 3.2 supra a contrario). Il ne résulte pas des faits constatés par le tribunal cantonal que l'un des autres cas de figure - exhaustifs (arrêt 8C_601/2022 du 31 mars 2023 consid. 5.1.1 et la référence) - prévus à l'art. 21 al. 1 LAA se présenterait, étant entendu que l'art. 21 al. 1 let. d LAA (cf. consid. 3.1 in fine supra) ne trouverait de toute manière pas application, le tribunal cantonal n'ayant pas constaté que le recourant était en incapacité totale de travail.