Citation: U 154/05 28.03.2006 E. 4

4.1 De l'expertise du COMAI, il ressort que le recourant présente un syndrome somatoforme douloureux persistant, lié à d'autres troubles de la personnalité (très probable structure prépsychotique), un état dépressif moyen et un syndrome de dépendance aux opiacés (Tramal). Il convient dès lors d'examiner l'existence d'un lien de causalité adéquate entre cette affection présentée par le recourant au-delà du 12 mars 2000 et l'accident subi le 14 septembre 1996. 4.2 A l'instar des premiers juges, il y a lieu de qualifier l'événement du 16 septembre 1996 comme faisant partie de la catégorie des accidents de gravité moyenne. Pour juger du caractère adéquat du lien de causalité dans le cas d'espèce, il importe dès lors que plusieurs des critères consacrés par la jurisprudence (cf. ATF 115 V 138 consid. 6, 407 ss consid. 5) se trouvent réunis ou revêtent une intensité particulière. En l'espèce, on ne voit pas d'éléments de nature à faire apparaître la chute en cause comme particulièrement impressionnante ou dramatique. La lésion qu'elle a entraînée ne saurait être qualifiée de grave et propre, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. Rien ne permet de retenir non plus qu'il y aurait eu des erreurs ou des complications dans le traitement médical, la doctoresse E.________ ayant au contraire souligné, dans son rapport du 9 mars 1999, que les traitements avaient été correctement conduits. En ce qui concerne la durée dudit traitement, elle n'apparaît pas anormalement longue, un suivi médical s'étendant sur deux ans et demi devant être considéré comme normal pour le type de traumatisme subi. On relèvera qu'il s'est agi ici d'un traitement conservateur sans aucune indication opératoire, et que ce sont surtout les nombreuses investigations médicales qui en ont prolongé la durée. Par ailleurs, il ressort du rapport de la doctoresse E.________ du 3 septembre 1997 destiné à l'AI, que si le recourant n'était pas à même de reprendre son activité de manoeuvre de chantier, il était urgent d'intervenir par des mesures professionnelles et de lui proposer une activité légère, sans port de charges et sans obligation de travailler avec les bras surélevés. Il ressort en outre du rapport du stage COPAI, du 5 février 1999, que le recourant conservait une capacité de travail dans des activités légères avec un rendement proche de la norme. Que l'assuré n'ait en définitive jamais repris d'activité lucrative relève donc pour l'essentiel de circonstances étrangères à l'atteinte elle-même. A cet égard, les médecins du COMAI ont relevé en substance que le recourant ne manifestait pas d'intérêt pour la reprise d'une activité lucrative, les bénéfices secondaires découlant de son état de santé étant importants. Le seul critère des douleurs persistantes qu'on peut admettre en raison d'un syndrome lombo-vertébral et cervico-brachial droit chronique ne suffit pas pour que l'accident du 16 septembre 1996 soit tenu pour la cause adéquate des troubles du recourant au-delà du 12 mars 2000, si bien que l'intimée était fondé à supprimer ses prestations à partir du 13 mars 2000.