Citation: 9C_311/2023 E. 5

La recourante reproche à la juridiction cantonale d'avoir procédé à une lecture erronée des rapports de la doctoresse E.________ et, par conséquent, de les avoir appréciés de manière arbitraire. Elle soutient en substance que, contrairement à ce qu'a retenu le tribunal cantonal, sa psychiatre traitante ne s'était pas contentée de se référer aux conclusions des médecins somaticiens concernant la capacité de travail mais avait clairement attesté une incapacité totale de travail liée à l'épisode dépressif moyen avec syndrome somatique diagnostiqué. Elle relève à cet égard que, dans son rapport du 7 juin 2021, la doctoresse E.________ avait évoqué des limitations fonctionnelles liées à l'inhibition du fonctionnement dépressif actuel en plus de celles liées à l'arthrose et mentionné des symptômes sous forme de troubles de l'attention, de la concentration et de la mémoire. Elle considère en outre que la conclusion de sa psychiatre traitante, selon laquelle la capacité résiduelle de travail devait être déterminée par les médecins somaticiens "dès que la symptomatologie dépressive soit surmonter", ne saurait être comprise comme un simple renvoi à l'appréciation des médecins somaticiens mais constitue une attestation d'incapacité totale de travail d'ordre psychique en cours lors de l'établissement du rapport du 7 juin 2021. Elle relève encore que d'autres médecins, dont la doctoresse B.________, avaient évoqué sa détresse psychique. Elle soutient également que, contrairement à ce qu'ont indiqué les premiers juges, le rapport de la doctoresse E.________ du 23 avril 2022 remettait valablement en cause l'appréciation du docteur D.________. En effet, selon elle, la doctoresse E.________ y confirmait l'évaluation faite dans son rapport du 7 juin 2021 alors que le docteur D.________ se fondait sur une appréciation erronée du rapport du 7 juin 2021. Elle conteste enfin que l'espacement des consultations puisse constituer un signe d'amélioration de son état de santé dans la mesure où, à part cet élément, la psychiatre traitante avait décrit une situation inchangée. Elle considère dès lors que ces éléments indiquent clairement une incapacité totale de travail et que, si le tribunal cantonal ne les trouvait pas assez clairs, il ne pouvait pas les écarter sans mettre en oeuvre des investigations complémentaires, compte tenu singulièrement de l'absence d'avis médical contradictoire.