Citation: 5P.68/2004 28.05.2004 E. 2

Le recourant se plaint d'arbitraire dans la constatation des faits et l'appréciation des preuves: selon lui, les pièces et les enquêtes ne prouvent pas qu'il aurait obtenu un prêt de D.________, repris ensuite par la SI C.________ en tant que débitrice et par B.________ en tant que créancière. 2.1 Selon l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours de droit public doit contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Le Tribunal fédéral n'examine que les griefs expressément soulevés par le recours et exposés de manière claire et détaillée (ATF 129 I 113 consid. 2.1; 125 I 71 consid. 1c). Par conséquent, celui qui forme un recours de droit public pour arbitraire ne peut se borner à critiquer la décision attaquée comme il le ferait en procédure d'appel, où l'autorité jouit d'un libre pouvoir d'examen (ATF 117 Ia 10 consid. 4b; 110 Ia 1 consid. 2a; 107 Ia 186 et la jurisprudence citée). En particulier, il ne peut se contenter d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale, mais doit démontrer, par une argumentation précise, que la décision attaquée repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 125 I 492 consid. 1b; 120 Ia 369 consid. 3a), sous peine d'irrecevabilité de son recours (ATF 123 II 552 consid. 4d p. 558). De plus, dans un recours pour arbitraire, l'invocation de faits, de preuves ou de moyens de droit nouveaux est exclue (ATF 120 Ia 369 consid. 3b p. 374; 118 III 37 consid. 2a et la jurisprudence citée). 2.2 Il sied de relever, en premier lieu, que c'est à tort que le recourant impute à la cour cantonale d'avoir retenu qu'il aurait été initialement débiteur d'un prêt, garanti par cinq cédules hypothécaires, envers D.________; il le reconnaît d'ailleurs lui-même par la suite. Si, dans la partie "fait", la cour cantonale a exposé le contenu de la lettre de Me X.________, selon lequel "A.________ a dénoncé ... le prêt ... que lui avait consenti D.________", dans la partie "droit", elle a retenu, par appréciation des preuves (indication par B.________ du motif de paiement à D.________: "SI C.________" et inscription par B.________ du montant au débit du compte "SI C.________ Prêt" dans ses livres), que le prêt de D.________ avait été accordé à la SI C.________. Le grief tombe dès lors à faux. 2.3 Bien qu'il ne conteste pas expressément que les pièces désignent la SI C.________ comme l'emprunteur, le recourant semble soutenir que cela ne serait juridiquement pas possible car D.________ ne pouvait être simultanément fondée de pouvoirs au sens de l'art. 860 CC et créancière d'un prêt hypothécaire. A juste titre, il indique toutefois réserver ce grief à son recours en réforme connexe (cf. art. 84 al. 2 OJ). 2.4 Le recourant soutient ensuite qu'il était arbitraire de retenir que B.________ avait, avant la novation des cédules, repris le prêt accordé par D.________ à la SI C.________ en versant le capital et les intérêts de la dette à D.________ et que cette dernière avait cédé sa créance et les cinq cédules à B.________. Selon le recourant, aucune pièce du dossier ne fait état d'une telle cession et cette conclusion ne peut pas être tirée de la pièce 6 selon laquelle D.________ remet simplement les cinq cédules à B.________. Le recourant n'explique nullement en quoi l'appréciation de la cour cantonale, qui ne repose pas sur cette seule pièce, serait arbitraire. Dans la mesure où il ne conteste pas que B.________ a payé à D.________, le 2 juillet 1987 (soit après la dénonciation au 30 juin 1987 du prêt garanti par les cinq cédules hypothécaires), les sommes de 500'000 fr. en capital et 16'875 fr. d'intérêts pour le compte de la SI C.________, montant qu'elle a également inscrit dans ses livres, le recourant ne démontre pas en quoi il était arbitraire de retenir que l'intimée avait repris le prêt hypothécaire accordé à la SI C.________ et que les cinq cédules, envoyées le 12 août 1987, lui avaient été remises en garantie. Son grief est donc irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ; cf. consid. 2.1). 2.5 Le grief selon lequel la cour cantonale aurait retenu arbitrairement un changement de débiteur avant la novation résulte d'une mauvaise compréhension de l'arrêt attaqué. La cour cantonale n'a admis aucun changement de débiteur avant la novation, la SI C.________ ayant été débitrice d'abord de D.________ (cf. supra, consid. 2.2) puis de B.________ (cf. supra, consid. 2.4). Le fait que dans l'acte de novation, E.________, en qualité de mandataire de la SI C.________, ait été mentionné comme porteur des cédules pour le compte de cette dernière n'exclut nullement que B.________ ait accordé un prêt à SI C.________, ait été créancière gagiste des cédules, ait obtenu ultérieurement leur cession ou en soit devenue créancière gagiste nantie. 2.6 Le recourant soutient encore que la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en retenant qu'à la suite de la novation des cédules, il était devenu lui-même débiteur du prêt hypothécaire envers B.________. Pour conclure que B.________ est devenue créancière du recourant à la suite de la novation des cédules hypothécaires, la cour cantonale s'est fondée exclusivement sur le texte de l'acte authentique de novation du 22 septembre 1987 et sur le texte des cédules hypothécaires elles-mêmes, dont il résulte que le recourant se reconnaît débiteur de leur montant. Ce faisant, elle n'a pas, par une interprétation subjective, établi la réelle et commune intention des parties à ce sujet (art. 18 CO), mais elle a procédé à l'interprétation objective de l'acte et des cédules. Or, contrairement à l'interprétation subjective qui relève du fait, le résultat de l'interprétation objective peut être attaquée par la voie du recours en réforme (ATF 122 III 420 consid. 3a p. 424). Le moyen est par conséquent irrecevable dans un recours de droit public, dont le caractère absolument subsidiaire est consacré par l'art. 84 al. 2 OJ.