Citation: I 111/07 17.12.2007 E. 4

L'intéressée reproche aux premiers juges d'avoir violé le droit fédéral. Elle soutient que ces derniers n'ont pas comparé son état de santé aux moments opportuns pour la révision de la rente d'invalidité, ce qui est contraire à l'art. 17 LPGA et aux principes jurisprudentiels qui en découlent. La juridiction cantonale a adopté le même raisonnement que l'office intimé dont la décision initiale ne comporte aucune motivation. Elle a certes repris in extenso des passages conséquents de toutes les pièces médicales déposées à l'époque de l'octroi de la rente et lors de la procédure de révision de cette dernière. Elle n'a cependant procédé à aucune comparaison des situations pour déterminer si une amélioration notable de l'état de santé de la recourante s'était produite. Elle s'est contentée en effet de suivre et de faire sienne l'argumentation du docteur O.________ qui s'est borné à critiquer les deux rapports d'expertise déposés durant l'été 2005. Or, si l'on compare les situations pertinentes au regard d'une procédure de révision du droit à la rente, il apparaît que le médecin traitant a rapporté un état stationnaire, que cela a été confirmé par le docteur W.________ qui a régulièrement suivi l'intéressée (cf. notamment dossier médical de la CNA) et mentionnait des situations superposables, voire une aggravation, et que tous les diagnostics posés initialement se retrouvent dans les rapports d'expertise. Si le taux d'incapacité de travail retenu par les docteurs G.________ et W.________ se distancie légèrement de celui retenu par les experts, ce qui relève d'une appréciation différente de la situation, il apparaît également que les status cliniques décrits et les plaintes alléguées sont similaires et mettent même en évidence l'apparition d'affections absentes ou ignorées à l'origine (trouble de l'adaptation, personnalité dépendante, syndrome fémoro-patellaire) et que l'existence de facteurs psychosociaux et socioculturels était déjà connue à l'époque de l'octroi de la rente. Il ressort donc clairement de ce qui précède que les premiers juges, tout comme l'administration avant eux, n'ont pas comparé l'état de santé de la recourante lors de la décision d'octroi de rente à celui prévalant au moment de la procédure de révision mais ont procédé à une nouvelle évaluation de la situation en 2005/2006. L'absence de motivation de la décision initiale ne permet pas de déterminer quels ont été alors les critères décisifs retenus pour l'octroi de la rente. Cependant, le contenu des rapports médicaux permet de conclure à un état stationnaire. Que la situation de 2001 ne justifiait pas l'octroi d'une rente n'y change rien dès lors que les principes régissant la procédure de révision n'autorisent pas le réexamen sans condition du droit à la rente. Le juge peut, cas échéant, confirmer une décision de révision rendue à tort pour le motif substitué que la décision initiale d'octroi de rente était sans nul doute erronée et que sa rectification revêt une importance considérable (ATF 125 V 368 consid. 2 p.369). Le caractère manifestement erroné de la décision initiale de rente n'apparaît toutefois pas en l'occurrence dans la mesure où celle-ci n'est pas motivée et où l'état de santé n'ayant pas évolué, du moins positivement, l'ensemble du dossier médical, y compris l'avis des experts mandatés par l'administration, ne reflète de loin pas les conclusions de cette dernière. Il convient donc d'annuler le jugement cantonal ainsi que les décisions administratives et de constater l'absence d'amélioration notable dans l'état de santé de l'intéressée, ce qui implique la poursuite du versement de la rente entière au-delà du 31 décembre 2005.