Citation: 9C_754/2015 E. 3.2.3

3.2.3. On ajoutera encore que la quantification ou le monitoring des produits stupéfiants, ainsi que des antidépresseurs dans le sang, dans l'optique de déterminer l'influence de ses substances sur les troubles objectivés, ne permet toujours pas de mettre en évidence un éventuel vice justifiant l'éviction de l'expertise du docteur C.________. En effet, l'expert a clairement expliqué qu'il liait l'incapacité de travail au trouble dépressif, les autres affections n'intervenant que comme des éléments renforçant les limitations fonctionnelles liées à ce diagnostic. Il s'est en outre exprimé de manière circonstanciée sur les interactions entre les pathologies psychiatriques. A cet égard, il a considéré que la mauvaise estime de soi et l'anxiété avait favorisé la consommation de drogues qui, à son tour, avait entretenu la mauvaise estime de soi et l'isolement social mais que la survenance d'un trouble dépressif vingt ans après le commencement de la toxicomanie rendait l'intrication de ces pathologies nettement moins évidente. Contrairement à ce que l'office recourant affirme, il s'est également exprimé sur la question de la rémanence d'une atteinte à la santé dans le cas où l'intimé cesserait de consommer des produits stupéfiants. Outre qu'il était totalement irréaliste de réclamer une telle abstinence après trente ans de toxicomanie, il a attesté qu'un très hypothétique sevrage aurait pour conséquences très probable une péjoration des différentes affections ayant favorisé la toxicomanie, une décompensation anxieuse, voire psychotique, et une rechute dépressive.