Citation: 6B_979/2021 E. 3.4

3.4. La recourante reconnaît elle-même que les intimés s'expriment de manière cohérente et structurée. Elle soutient cependant qu'il existerait des indices sérieux que la déposition des enfants ait été dictée par leur père afin de lui nuire. Elle invoque d'abord le fait que sa psychologue a déclaré qu'elle "ne pensait pas qu'elle ait tapé ses enfants". À cet égard, il convient d'abord de relever que la psychologue a néanmoins admis que sa patiente avait "pu lancer des objets, quand elle était excédée". Par ailleurs, on ne perçoit pas en quoi l'avis de la psychologue serait de nature à justifier la mise en oeuvre d'une expertise de crédibilité portant sur les intimés. Il en va de même du fait que la recourante prenne régulièrement ses antidépresseurs et du fait que les tests n'auraient pas objectivé de rechutes relatives à des problèmes d'alcool. En outre, en tant que la recourante soutient que les dépositions des intimés auraient été dictées par leur père, elle oppose essentiellement sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Il en va ainsi lorsqu'elle soutient qu'il convient de tirer du courrier de l'intimé du 22 juin 2021 "la conviction que le père des enfants les aurait manipulés". La cour cantonale a d'ailleurs relevé à juste titre que la question de savoir quelles déductions factuelles il y avait lieu de tirer du courrier du 22 juin 2021 - dans lequel celui-ci tente de minimiser les agissements imputés à sa mère -, relevait de l'appréciation des preuves. C'est également en vain que la recourante se réfère au rapport d'expertise du 30 octobre 2017, établi dans le cadre de l'affaire civile par D.________. En effet, contrairement à ce que soutient la recourante, il ne ressort pas de ce rapport que les injures proférées aux enfants proviendraient uniquement de leur père. Pour le surplus, elle se contente de citer un extrait de ce rapport, sans démontrer en quoi l'appréciation anticipée de la preuve à laquelle s'est livrée l'autorité précédente serait entachée d'arbitraire. En tout état de cause, il convient de relever, à l'instar de la cour cantonale, que ni les enfants ni E.________ n'avaient parlé des maltraitances de la recourante à la psychologue F.________ lorsque celle-ci les avait reçus en commun le 7 février 2017. C'est seulement lors d'un entretien individuel (en l'absence de son père) que l'intimée a, de manière spontanée, révélé à la psychologue les insultes et les coups reçus de leur mère. Celle-ci a par ailleurs indiqué à la procureure que rien ne lui permettait de dire que ses déclarations n'étaient pas conformes à la vérité. La cour cantonale a également relevé à juste titre que l'attitude de E.________, qui était apparu "très désarçonné de cette situation", qui ne comprenait pas que les enfants ne pouvaient pas voir leur mère et qui "semblait inquiet pour son épouse", était difficilement compatible avec la prétendue volonté du susnommé de causer du tort à la recourante. Il sied d'ailleurs également de rappeler que la recourante a été poursuivie pour voies de fait à la suite de la dénonciation du Service cantonal de la jeunesse et non pas à l'instance de E.________ ni de sa fille ou de son fils, lesquels ont tous renoncé à porter plainte. Il s'ensuit que la cour cantonale pouvait, sans arbitraire et sans violer le droit fédéral, retenir qu'aucun indice sérieux n'indiquait que les dépositions des intimés auraient été dictées par leur père et refuser d'administrer une expertise de crédibilité. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.