Citation: 1C_431/2017 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a jugé que la nouvelle planification ne modifie l'affectation d'aucune des parcelles exploitées par les recourants. La disposition du règlement qu'ils entendaient contester - l'art. 79 let. b RCC prévoyant le mode de culture en zone agricole et en zone agricole de montagne - n'étant pas nouvelle, ils ne pouvaient en tirer aucun intérêt particulier à recourir pour contester cette disposition. La cour cantonale a en outre considéré que la disparition des surfaces d'assolement (SDA) alléguée par les recourants ne pouvait non plus justifier leur qualité pour recourir dès lors que cette disparition découlait du PAD "Dents du midi", planification entrée en force depuis plusieurs années. Enfin, les premiers juges ont estimé que les recourants ne pouvaient contester la planification communale en se prévalant d'une atteinte financière en raison du dédommagement supposé d'un agriculteur concurrent, tel dédommagement étant étranger à la procédure d'aménagement du territoire. L'arrêt attaqué indique ainsi que "c'est à bon droit que le Conseil d'Etat a dénié aux recourants la qualité pour agir dans cette affaire et qu'il a déclaré leur recours administratif irrecevable". Toutefois, constatant que le Conseil d'Etat était entré en matière sur certains griefs "à titre subsidiaire", la cour cantonale a décidé de traiter de ces questions matérielles invoquées devant elle. Ce faisant, la cour cantonale a en réalité considéré que les intéressés avaient qualité pour recourir, à tout le moins concernant certains aspects du litige. Elle est ainsi entrée en matière sur la question de l'affectation des voies d'accès au golf projeté, de l'opportunité de renoncer à l'exploitation agricole du bâtiment agricole sis dans le périmètre d'extension du golf, de l'égalité de traitement s'agissant du prétendu octroi de subventions au propriétaire du bâtiment précité pour la construction d'un nouveau hangar agricole, de la délimitation de l'aire forestière, de la perte des SDA due à l'extension de la zone de golf et de l'incidence du classement d'un terrain exploité par les recourants en zone de protection de la nature en raison de sa qualité de marais. En résumé, tous les griefs de fond soulevés par les recourants ont été traités par les instances précédentes, à l'exception de l'admissibilité du nouvel art. 79 RCC, dont les recourants soutiennent qu'il serait contraire à l'ordonnance du 23 octobre 2013 sur les paiements directs versés dans l'agriculture (RS 910.13; ordonnance sur les paiements directs, OPD). En d'autres termes, tant la cour cantonale que le Conseil d'Etat sont entrés en matière sur le recours des intéressés. La cour cantonale a certes considéré que le grief relatif à l'art. 79 RCC était irrecevable, mais non en raison de l'absence de qualité pour agir des recourants, bien plus au motif que cette disposition ne fait pas, selon les premiers juges, l'objet de la révision litigieuse.