Citation: 4A_100/2019 E. 4.4

4.4. Le recourant soutient également que les juges genevois ont constaté arbitrairement certains faits survenus lors de sa garde de nuit du 13 au 14 mars 2016. Son argumentation est toutefois difficilement intelligible, respectivement elle ne satisfait pas en tous points aux exigences prévalant en la matière de sorte qu'elle se révèle en grande partie irrecevable (consid. 2.2 supra). En tout état de cause, les compléments, respectivement les corrections d'éléments de fait que le recourant réclame ne sont pas déterminants. Pour le même motif, il n'est pas utile de discuter ses arguments tenant au parti pris de certains témoins, qui devrait, à l'en croire, conduire à écarter leurs affirmations ou à des contre-vérités qui ôteraient toute force probante aux déclarations de l'un d'entre eux. Si l'on saisit bien les éléments que le recourant voudrait voir rectifiés, l'enfant n'était pas en danger de mort la nuit en question et il s'est bel et bien rendu à son chevet à 7h00. L'arrêt cantonal ne constate pas le contraire. Il en ressort "qu'il s'agissait d'un enfant en situation post-opératoire de moins de 24h. après l'opération (tém. G.________), que sa vie était «potentiellement en danger»et que l'interne aurait dû l'examiner «toutes affaires cessantes» (tém. H.________), «immédiatement» (tém. E.________) " et que "c'était justement pour pallier à (sic) un tel risque qu'un ORL était de garde la nuit (tém. H.________)." En tentant de dédramatiser la situation ex post, le recourant feint de ne pas saisir qu'il lui est reproché d'avoir violé des consignes expresses destinées à préserver la vie d'un patient ou, exprimé différemment, d'avoir pris des initiatives personnelles qui auraient été fatales si les circonstances avaient été moins clémentes. Il ne peut pourtant lui échapper que c'est moins les conséquences de cet événement qui lui sont reprochées à faute - l'enfant n'est pas décédé - que le fait de faire prévaloir sa propre appréciation sur les directives qu'il avait reçues. A suivre l'un de ses axes de défense, celles-ci ne s'appliquaient pas dès lors qu'il était plus clairvoyant. Il explique en effet qu'il existe une différence substantielle entre un patient vomissant du sang digéré ou du sang frais. A l'en croire, cette distinction essentielle pouvait être faite à distance, sur la base des indications de l'infirmière, sans risque vital pour le patient. Les consignes qu'il avait reçues allaient toutefois dans un sens diamétralement différent - il s'agissait impérativement d'apprécier la situation de visu - et le recourant n'invoque aucune opinion médicale qui permette de considérer qu'elles étaient vides de sens. Son argumentation est d'ailleurs paradoxale puisque dans un autre pan de son recours, il met l'accent sur sa qualité d'interne et l'indulgence qu'il faudrait avoir pour les erreurs liées à la formation dans laquelle son emploi à l'hôpital B.________ s'inscrivait à son sens. Le recourant prétend encore ne pas faire la différence entre le fait de se déplacer immédiatement au moment de l'appel de l'infirmière et celui de se rendre au chevet de l'enfant plus d'une heure plus tard. Ceci se passe d'explication et l'arrêt cantonal ne souffre manifestement d'aucun arbitraire à ce propos. Le recourant perd également de vue que l'une des consignes qui lui avait été adressée peu avant ces événements consistait à prendre contact avec le chef de clinique de garde au moindre problème et que la situation devant laquelle il s'est trouvé lors de sa garde de nuit du 13 au 14 mars 2016 était pour le moins problématique. Il n'en a pas moins entendu la gérer seul, démontrant au mieux un mépris, au pire une incompréhension pour les directives qui lui avaient été données. Dans les deux cas, l'employeur était fondé à résilier son contrat de travail de manière immédiate. La cour de céans ne décèle nulle violation de l'art. 337 CO dont la cour cantonale se serait fait l'auteur. D'une part, contrairement à ce que le recourant avance, le licenciement n'avait pas à être précédé d'un avertissement formel, car les faits qui lui étaient reprochés étaient suffisamment graves; il importe dès lors peu que l'entretien du 14 janvier 2016 ait pu être compris comme tel ou non. D'autre part, le principe de proportionnalité n'a pas été violé. Certes, le recourant avait un intérêt important au maintien de la relation de travail. Mais il faut mettre en balance la sécurité des patients, qui aurait pâti d'une continuation des rapports de travail jusqu'au terme ordinaire du contrat, et le fait que la responsabilité de l'établissement hospitalier aurait pu, le cas échéant, être engagée.