Citation: 7B_1294/2024 E. 1

- 12 mois, sous déduction des jours de détention avant jugement exécutés et d'un jour en compensation du tort moral subi pour sa détention dans des conditions illicites, pour vol, tentative de vol, dommages à la propriété, utilisation frauduleuse d'un ordinateur d'importance mineure, tentative d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur, violation de domicile, tentative de violation de domicile, vol d'usage d'un véhicule automobile, conduite d'un véhicule sans être titulaire du permis de conduire requis et contravention à la LStup (RS 812.121), selon jugement rendu par le Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne le 31 janvier 2024. B.c. A.________, au bénéfice d'une mesure de substitution à sa détention provisoire dans le cadre d'une instruction pénale actuellement ouverte contre lui, exécute les peines susmentionnées depuis le 18 juin 2024, à la prison N.________, à U.________. Il a atteint les deux tiers de ses peines le 5 octobre 2024. Le terme de celles-ci est fixé au 6 février 2025. B.d. Hormis la condamnation précitée du 31 janvier 2024, l'extrait du casier judiciaire de A.________ comporte douze condamnations prononcées entre le 7 janvier 2009 et le 20 juin 2023, notamment pour brigandage, lésions corporelles simples, avec un moyen dangereux, certaines infractions étant pour le surplus identiques à celles pour lesquelles il a été condamné le 31 janvier 2024. En outre, depuis le 16 mai 2024, une instruction pénale est ouverte devant le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne contre A.________ pour infraction à la loi fédérale sur les armes, les accessoires d'armes et les munitions (RS 514.54). B.e. Le Juge d'application des peines a, par cinq fois, en 2009, 2013, 2018, 2019 et 2022, refusé au condamné le bénéfice de l'élargissement anticipé lors de l'exécution de précédentes peines. Par ordonnance du 12 mars 2015, la libération conditionnelle lui a été accordée, au bénéfice de l'assistance de probation. Elle a cependant été révoquée le 17 octobre 2016, à l'occasion d'un jugement le concernant. B.f. Lors de sa détention actuelle, A.________ a fait l'objet de cinq sanctions disciplinaires entre le 20 juin et le 27 août 2024, pour avoir violemment fermé la porte de la salle d'attente du service médical, pour avoir possédé une machine à tatouer dans sa cellule, pour avoir demandé à un visiteur de lui apporter de la résine de cannabis (25 g), pour avoir insulté et menacé des collaborateurs et avoir essayé de prendre son traitement de force, ainsi que pour avoir volé une cartouche de cigarettes à la cantine. Dans son rapport du 18 juillet 2024, la Direction de la prison N.________ (ci-après: la direction de la prison) a indiqué que A.________ adoptait toujours un comportement difficilement gérable en détention, nécessitant d'innombrables recadrages; il peinait à se conformer au règlement et avait tendance à revendiquer ce qu'il estimait être ses droits; il s'agissait d'une personne provocatrice, qui cherchait le conflit tant avec le personnel qu'avec ses codétenus; en cas de mécontentement, il pouvait devenir virulent; il faisait preuve d'incompatibilité avec la plupart de ses codétenus; par conséquent, plusieurs changements de cellule avaient dû être effectués, afin de faire baisser les tensions engendrées par l'intéressé; au moment de la rédaction du rapport, A.________ venait d'intégrer l'atelier des courtes peines, de sorte qu'il n'avait pas encore pu être évalué sur ses prestations; en raison du mauvais comportement du condamné en détention, de ses antécédents judiciaires et de la nouvelle instruction pénale en cours, la direction de la prison a préavisé négativement la libération conditionnelle. Le 8 août 2024, l'Office d'exécution des peines a saisi la JAP d'une proposition de refus de la libération conditionnelle. Il a notamment précisé que les nombreux antécédents judiciaires du condamné et son long parcours carcéral faisaient craindre, sans encadrement ni aucun projet de vie future, une récidive. Dans son préavis du 5 septembre 2024, le Ministère public STRADA du canton de Vaud (ci-après: le Ministère public) a reconnu que l'intéressé était certes difficilement gérable, mais qu'il avait exprimé à plusieurs reprises sa volonté de changer et notamment de se former en vue d'obtenir un diplôme d'éducateur, de sorte qu'il ne voyait pas de plus-value dans un maintien en détention pour une durée de quatre mois et un jour si l'intéressé présentait une attestation d'inscription à une telle formation et cela dans un délai court, ce qui permettrait de considérer qu'il avait une chance de réinsertion socioprofessionnelle. B.g. A.________ a produit, à l'appui de ses déterminations du 27 septembre 2024, dans lesquelles il a conclu à sa libération conditionnelle dès le 5 octobre 2024, avec le cas échéant, l'obligation de suivre une formation dans le domaine social comme règle de conduite, deux courriers datés du 13 septembre 2024, intitulés "inscription à la Formation Pédagogique O.________" et "inscription au Bachelor en travail social - admission sur dossier". Il a également produit un courriel de B.________ du 1er septembre 2024, indiquant qu'il avait pour projet la construction d'un Centre éducatif renforcé en France et que A.________ s'était spontanément proposé pour l'aider.