Citation: 4P.206/2006 30.03.2007 E. 5

Toujours sur la base de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP, les recourants reprochent à l'Arbitre unique d'avoir violé le principe de la bonne foi. Selon la jurisprudence, les règles de la bonne foi et l'interdiction de l'abus de droit doivent être comprises à la lumière de la jurisprudence rendue au sujet de l'art. 2 CC (arrêt 4P.167/2002 du 11 novembre 2002 consid. 3.2). Le grief formulé par les recourants ne consiste, en réalité, qu'en la répétition, sous un autre angle, de celui fondé sur la violation du principe pacta sunt servanda. Il y est question derechef de l'interprétation de l'art. 8 al. 2 du contrat. Il convient donc de lui réserver le même sort qu'à celui-là. Les recourants voudraient tirer argument d'une remarque de l'Arbitre unique concernant l'attitude adoptée en procédure par l'intimé, auquel il est reproché d'avoir dissimulé le rajout manuscrit dans la procédure arbitrale, ce qui dénoterait de la mauvaise foi. Cependant, il ne ressort nullement de la sentence que le comportement incriminé aurait influé sur l'interprétation du contrat, telle qu'elle a été faite par l'Arbitre unique. Celui-ci a certes tenu compte de ce comportement, mais il l'a fait, d'une part, pour refuser de condamner les recourants à une astreinte et, d'autre part, pour répartir les frais de l'arbitrage. Au demeurant, les recourants rappellent eux-mêmes la jurisprudence selon laquelle "le grief de violation de l'ordre public ne peut s'adresser à l'attitude de la partie adverse, mais à la sentence attaquée seule" (cf. arrêt 4P.167/2002, précité, consid. 3.3).