Citation: 4C.440/1999 02.03.2000 E. 2

2.- Pour la recourante, l'économie générale du "Terminal Agreement" montrerait que l'indemnité prévue à son art. 2 et exigible dans les cas de licenciement énumérés à son art. 1 constituerait la contrepartie de la prohibition de concurrence stipulée à l'art. 3.a. La réserve de l'interdiction de concurrence inscrite au début de la seconde phrase de l'art. 3.b de l'accord ferait clairement dépendre le versement de l'indemnité au cadre congédié du respect de l'engagement qu'il a souscrit de s'abstenir de concurrencer la défenderesse. L'équivalence entre la durée de l'interdiction de concurrence (trois ans) et la quotité de l'indemnisation (égale à trois fois la moyenne de la rétribution annuelle du cadre) serait symptomatique à cet égard. Partant, il y aurait lieu d'admettre que la clause d'interdiction de concurrence revêt un caractère bilatéral et que l'employeur est fondé à se prévaloir de l'art. 82 CO pour refuser de payer l'indemnité susmentionnée lorsque le travailleur entreprend de concurrencer son ancien employeur. Si ce n'était pas le cas, le travailleur pourrait obtenir un double salaire pendant trois ans pour l'unique raison qu'il n'est pas responsable de son licenciement. A suivre la recourante, la Chambre d'appel se serait ainsi écartée du cadre contractuel au mépris de l'art. 1 CO. Soit elle n'aurait pas cherché à établir la réelle et commune intention des parties, soit elle aurait précédé à une interprétation normative de la convention contrairement au principe de la confiance. Enfin, la cour cantonale aurait violé l'art. 340c al. 2 CO en retenant que le défaut de motif justifié de licenciement aurait supprimé la faculté pour la BSS de se prévaloir de l'exception de l'inexécution pour retenir sa prestation.