Citation: 6B_635/2018 E. A

Le 19 décembre 2017, X.________ a déposé plainte pénale pour escroquerie et faux dans les titres contre les " organes ou employés " de A.________ SA, société sise à B.________ et dirigée par un nommé C.________, ainsi que contre toute personne dont l'enquête permettrait d'établir l'implication dans les faits dénoncés. Ressortissant ukrainien domicilié en Ukraine, X.________ a exposé avoir, en été 2016, rencontré, à Moscou, D.________, lequel s'est prétendu propriétaire d'un lot de 143 émeraudes brutes d'une valeur totale de 44'455'334,95 USD, entreposé dans les locaux de B.________ de la maison A.________ SA. A cette occasion, D.________ a remis à X.________ la copie d'un certificat libellé par A.________ SA en date du 6 mai 2016 et signé par C.________, attestant qu'il était le bénéficiaire du dépôt portant sur les pierres en question. A ce certificat étaient joints la liste de gemmes et 64 rapports d'identification émis par les cabinets d'expertise E.________ (en 2002) et F.________ (en 1999-2000), sis respectivement au Royaume-Uni et en Russie. X.________ a émis l'intention d'acquérir ce lot de gemmes. Il a remis une copie de son passeport à son interlocuteur, afin que celui-ci fasse établir un certificat de dépôt à son nom par la dépositaire. Les deux intéressés ont eu plusieurs rendez-vous en ville de Moscou. Le 5 août 2016, X.________, accompagné d'un interprète, s'est rendu avec un certain G.________, représentant de D.________, dans les locaux de A.________ SA à B.________. Sur place, une employée de cette société leur a apporté les émeraudes pour examen, en l'absence de C.________. Chaque gemme était numérotée, avec mention séparée de son poids (en carats) et de sa valeur estimée par carat. X.________ a été surpris tant par la couleur de certaines pierres que par le fait que celles-ci étaient stockées dans " des sachets plastique et sans le moindre soin ". A l'issue de cet examen, X.________ s'est vu remettre, contre signature d'un reçu, un certificat de dépôt, émis à son nom par A.________ SA et daté du 3 août 2016. Sous réserve de mentions spécifiques, ce titre était identique à celui précédemment délivré au nom de D.________ sous la signature de C.________ (valeur de la marchandise, type de gemmes, quantité d'émeraudes, carats). Le titre remis à X.________ comporte la mention suivante: " The undersigned, A.________ SA (...), a Corporation registered under Swiss law, acting under strict laws in Switzerland, hereby confirms and acknowledges that we are holders in safekeeping and have on deposit, the aforementionned securities/ assets of described Gem stones, being held for the benefit of the beneficiary described herein, together with the Gem Stone's respective documentation. (...) B.________ 3rd August 2016". Alors qu'il voulait faire examiner à nouveau les pierres par un expert mandaté par lui, X.________ s'est vu répondre par une employée de A.________ SA, le 27 septembre 2016, que le certificat de dépôt émis à son nom avait été révoqué par D.________. Les mois suivants, c'est en vain que X.________ a réclamé les émeraudes auprès de A.________ SA. Sur requête de preuve à futur, le Juge de paix du district de Lausanne a ordonné une expertise des pierres litigieuses par décision du 5 juillet 2017. La valeur totale des 143 pierres a été évaluée à 689'957,17 USD, selon le rapport d'expertise établi hors procès le 26 février 2018 et produit par X.________. X.________ a exposé avoir acquis les émeraudes, le 9 août 2016, contre la cession d'une créance consolidée de 89'740'000 Hryvnia, devise ukrainienne, correspondant à environ 2'900'000 fr. au taux de change du 1er février 2018.