Citation: 8C_558/2023 E. A

A.a. Le 1er mars 2013, A.________, née en 1958, a été victime d'un accident de la circulation sur l'autoroute A1. La conductrice de la voiture dans laquelle elle avait pris place comme passagère avant n'a pas remarqué à temps un ralentissement du trafic et, malgré un freinage et une manoeuvre d'évitement, a percuté le véhicule qui la précédait avant de se faire percuter à son tour par le véhicule qui la suivait. Les chocs avant et arrière sont intervenus du côté passager. A.________ s'était penchée en avant pour chercher son sac lors du premier choc, de sorte que sa tête a heurté le pare-brise, qui s'est étoilé. Elle a été transportée à l'Hôpital B.________ où elle est restée quelques heures en observation. A cette époque, elle était inscrite au chômage et travaillait sous contrat de durée déterminée en qualité de secrétaire à 50 % au service de l'Université C.________ dans le cadre d'un gain intermédiaire. A ce titre, elle était assurée contre le risque d'accidents auprès de SWICA Assurances SA (ci-après: SWICA), qui a pris en charge le cas. A.b. L'assurée s'est plainte de nucalgies, de céphalées, de vertiges, d'une grande asthénie, de troubles de la concentration, mais surtout de l'apparition d'une hyperacousie et d'une sensation de distorsion auditive. Son médecin traitant, le docteur D.________, a posé les diagnostics de traumatisme crânio-cérébral (TCC) et d'entorse cervicale et a prescrit une incapacité de travail totale. Le docteur E.________, spécialiste en oto-rhino-laryngologie (ORL), n'a pas constaté d'atteinte auditive hormis un hiatus sur la fréquence 6000 Herz des deux côtés pouvant correspondre à une séquelle de traumatisme acoustique. Un scanner cérébral réalisé le 13 décembre 2013 a été qualifié de normal. A.c. Le 18 février 2014, A.________ a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité (AI). L'Office cantonal des assurances sociales (OCAS) l'a mise au bénéfice d'une mesure professionnelle sous la forme d'un cours en communication web du 9 décembre 2015 au 30 mars 2016. Par décision du 11 mai 2017, il lui a octroyé une rente AI dégressive et limitée dans le temps (du 1er août 2014 au 1er mars 2016). A.d. Dans l'intervalle, SWICA a confié une expertise pluridisciplinaire à la Clinique F.________. Les experts ont retenu une contusion cervicale et un TCC bénin. Ils ont constaté que l'assurée ne présentait plus de douleurs ou de limitations liées au traumatisme initial hormis une hyperacousie de stade IV avec des acouphènes apparue dans le cadre d'un syndrome post-commotionnel. Selon les experts, bien que le traumatisme eût participé à la survenue de l'hyperacousie, celle-ci était associée à une composante émotionnelle importante; dans les trois mois suivant la mise en oeuvre d'un traitement audioprothétique avec bruiteur, il fallait considérer que les éventuels symptômes résiduels étaient dus à des facteurs non accidentels, les composantes émotionnelles de l'hyperacousie pouvant expliquer une guérison seulement partielle de ceux-ci. Après avoir pris en charge ce traitement dont l'assurée a bénéficié dès février 2014, SWICA a mis fin à ses prestations au 18 mai 2014 par décision du 13 novembre 2014, confirmée sur opposition le 12 avril 2016. A.e. Saisie d'un recours contre cette dernière décision, la Chambre des assurances sociales de la Cour de Justice de la République et canton de Genève (ci-après: la cour cantonale) l'a partiellement admis, annulant la décision litigieuse et renvoyant la cause à SWICA pour instruction complémentaire et nouvelle décision (arrêt du 15 février 2018). Elle a considéré que les conclusions de l'expertise de la Clinique F.________, selon lesquelles le lien de causalité naturelle se serait éteint trois mois après le début d'un traitement adapté, n'emportaient pas la conviction.