Citation: 1C_257/2023 E. 4.3.1

4.3.1. La Cour de justice a cependant mis en évidence avec un soin particulier l'ensemble des éléments susceptibles de justifier la mesure de protection prise sur la parcelle n° 1'839. Elle a en effet énuméré un nombre important de critères objectifs permettant de justifier l'aptitude de la mesure de protection du plan de site: la morphologie villageoise caractérisée par l'implantation de bâtiments de logements en ordre contigu, la préservation du jardin pourvu d'arbres (dont les plus intéressants devaient être conservés), le maintien d'une césure verte non bâtie entre l'aire d'implantation sur la parcelle n° 1'839 et la parcelle voisine au sud pour "offrir une respiration dans le secteur du Bourg au dessus et préserver les arbres intéressants dont la conservation était requise par l'OCAN", la délimitation du jardin par un mur qui, avec les autres murs implantés de part et d'autre de la rue du Couchant mais de manière alternée, définissait l'espace-rue, délimitait les espaces clos et participait à la structure du tissu villageois. S'agissant plus particulièrement du dégagement d'environ 2 m prévu entre la future construction et la rue du Couchant, l'instance précédente a précisé qu'il n'obligeait pas à construire "au milieu de la parcelle", mais le long de la rue précitée, en léger retrait: de telles implantations de bâtiments existants étaient visibles dans les deux bourgs, situées à front de rue, mais pourvues de petites cours ou dégagements à l'avant; ces particularités étaient en conséquence constitutives du village historique; l'objectif du plan visait à éviter les constructions en "second front" ou édifiées au fond d'un jardin, configuration qui se prêtait davantage aux grands domaines ou maisons de maîtres ou aux villages anciens articulés autour d'une rue; ce retrait permettait aussi d'accéder plus aisément au jardin situé à l'arrière et de maintenir un mur implanté le long de la rue du Couchant. Enfin, s'agissant de l'espace maintenu libre de constructions entre l'aire d'implantation et la parcelle voisine au sud, les juges cantonaux ont retenu qu'il s'expliquait par le respect des distances aux limites de propriétés; le rapport explicatif avait déjà indiqué que le bâtiment construit hors emprise constructible selon le plan de site 1979 [bâtiment carré sur la parcelle n° 1'797] obligeait à reconsidérer le solde du potentiel sur la parcelle n° 1'839 pour des questions de respect des distances aux limites de propriété. Le Conseil d'État a par ailleurs expliqué qu'il permettait d'éviter un phénomène de cloisonnement engendré par une trop grande proximité entre la future construction sur la parcelle et le bâtiment existant sur celle voisine au sud; l'espace poursuivait aussi des objectifs paysagers en permettant de maintenir les deux arbres intéressants précités. La Cour de justice a ajouté que les conséquences induites par la construction édifiée sur la parcelle voisine ne pouvaient, par ailleurs, pas être remises en cause, celle-ci ayant été valablement autorisée. La Cour de justice a ainsi exposé de manière objective tous les éléments qui ont conduit à l'emplacement de l'aire d'implantation telle que prévue par le plan de site litigieux. Face à cette argumentation détaillée, la recourante ne peut se contenter d'affirmer de manière subjective que l'emplacement de l'aire d'implantation serait en décalage avec les principes de composition du village, perturberait la qualité du site et serait contraire aux objectifs de protection du patrimoine.