Citation: 1B_257/2018 E. 3

Le recourant observe que l'ordonnance attaquée se réfère uniquement à la procédure de récusation alors que sa demande d'assistance judiciaire concernait tant la procédure de récusation que la procédure engagée sur le fond. Il n'indique toutefois pas la norme cantonale ou le principe juridique que le Président de la Chambre pénale aurait violés en limitant en l'état sa décision sur ce point à la procédure de récusation pendante devant lui. Sur ce point, le recours est insuffisamment motivé. Pour le surplus, le Président de la Chambre pénale a considéré que le recourant avait échoué à rendre vraisemblable son indigence dès lors qu'il n'avait pas rempli et retourné le questionnaire destiné à établir sa situation financière actuelle dans le délai imparti à cet effet et que son dénuement ne ressortait pas des pièces du dossier pénal auxquelles il se référait. Il a ajouté au demeurant que l'assistance d'un défenseur n'apparaissait pas justifiée pour sauvegarder les intérêts de l'instant car, au vu de ses différentes écritures, l'affaire ne semblait pas présenter, sur le plan des faits et du droit, des difficultés qu'il ne pourrait surmonter tout seul, sans l'aide d'un avocat; le fait que la CICAD soit assistée d'un avocat ne commandait pas que le recourant soit pourvu d'un avocat car elle intervenait dans la procédure pénale non pas en qualité de partie plaignante, mais uniquement en tant que dénonciatrice; quant à la procédure de récusation, elle ne présentait pas davantage de difficultés en faits et en droit pour une personne rompue aux procédures, comme l'était l'instant, à qui il ne restait plus qu'à faire valoir d'éventuelles observations au sujet de la très brève prise de position de la procureure. Le rejet de la demande de désignation d'un défenseur d'office pour la procédure de récusation repose ainsi sur une double motivation qu'il appartenait au recourant de contester en se conformant aux exigences de motivation découlant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF, sous peine de voir son recours déclaré irrecevable. A.________ reproche au Président de la Chambre pénale de ne pas lui avoir accordé la faculté de compléter sa demande d'assistance judiciaire et de produire les pièces manquantes s'il considérait que celles du dossier pénal auxquelles il était fait référence étaient impropres à établir son indigence; l'ordonnance attaquée ne dit pas pourquoi ces pièces ont été jugées suffisantes par la procureure pour déterminer le montant de l'amende fixée dans l'ordonnance pénale mais insuffisantes pour établir son droit à l'assistance judiciaire. La question de savoir si, par cette argumentation, le recourant conteste dans les formes requises la première motivation retenue pour écarter sa demande de désignation d'un défenseur d'office peut demeurer indécise car il ne s'en prend pas à la seconde motivation relative aux difficultés de la cause s'agissant de la procédure de récusation. Le Président de la Chambre pénale a considéré à cet égard que le recourant était en mesure de présenter seul, sans l'aide d'un avocat, des observations sur la prise de position de la procureure. On cherche en vain dans l'acte de recours du 28 mai 2018 une argumentation qui permettrait de tenir cette appréciation pour arbitraire ou d'une autre manière contraire au droit. Le recours ne satisfait ainsi manifestement pas les exigences de motivation requises lorsque la décision attaquée se fonde, comme en l'espèce, sur une double motivation.