Citation: 1P.153/2004 26.03.2004 E. 1

1.2 Selon l'art. 88 OJ, la qualité pour agir par la voie du recours de droit public n'appartient qu'à celui qui est atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés. De jurisprudence constante, celui qui se prétend lésé par un acte délictueux n'a pas qualité pour recourir sur le fond contre une décision de classement, de non-lieu ou d'acquittement parce que c'est uniquement l'Etat qui est titulaire de l'action pénale (ATF 69 I 17, 128 I 218 consid. 1.1 p. 219 et les arrêts cités). Il n'en va différemment que dans les cas où le plaignant a la qualité de victime au sens de la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI; RS 312.5), à condition que la sentence touche ses prétentions civiles ou puisse avoir des effets sur le jugement de ces dernières (art. 8 al. 1 let. c LAVI). 1.3 En l'occurrence, le recourant, qui se plaignait d'infractions contre l'honneur et de discrimination raciale, n'est pas touché dans son intégrité physique par les faits dénoncés; ceux-ci ne sont pas d'une gravité telle qu'on puisse supposer une atteinte à l'intégrité psychique (cf. ATF 128 I 218 consid. 1.2-1.6 p. 220 ss). Le recourant n'est donc pas une victime au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI, et ne saurait remettre en cause l'arrêt attaqué sur le fond. 1.4 Celui qui n'a pas qualité pour recourir sur le fond peut cependant se plaindre d'un déni de justice formel, ou en d'autres termes de la violation des garanties formelles offertes aux parties par le droit cantonal de procédure ou par le droit constitutionnel, notamment le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.). L'intérêt juridiquement protégé découle alors du droit de participer, comme plaignant ou partie civile, à la procédure cantonale. La partie recourante ne saurait toutefois, par ce biais, remettre en cause la décision attaquée sur le fond, en critiquant l'appréciation des preuves ou en faisant valoir que la motivation retenue serait matériellement fausse (ATF 126 I 81 consid. 3b p. 86; 125 II 86 consid. 3b p. 94; 121 IV 317 consid. 3b p. 324 et les arrêts cités). Le recourant a par conséquent qualité pour agir dans la mesure où il conteste la partie de l'arrêt attaqué qui met à sa charge les frais d'enquête. Les griefs soulevés à cet égard doivent cependant encore satisfaire à l'exigence de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 1.5 Selon cette disposition, le recours doit indiquer, d'une part, quels sont les droits et principes constitutionnels violés par la décision attaquée, et préciser, d'autre part, en quoi consiste cette violation. Le Tribunal fédéral n'examine que les griefs soulevés de manière claire et explicite (ATF 129 I 113 consid. 2.1 p. 120). Le recourant conteste avoir agi par témérité ou légèreté, et se plaint d'arbitraire. Son argumentation consiste à réfuter les considérations de la cour cantonale, en insistant sur l'atteinte subie à sa dignité et à son honneur. Une plainte pénale ne peut certes pas être qualifiée d'abusive pour la seule raison qu'elle aboutit à un non-lieu faute de preuves. On ne discerne toutefois pas en quoi serait arbitraire le fait de retenir, comme l'a fait la cour cantonale, que la démarche du recourant constituait une mesure de rétorsion à l'égard de la conseillère en placement qui lui avait refusé un cours auquel il pensait avoir droit. Le grief du recourant se limite à une pure contestation, irrecevable.