Citation: 6B_1364/2023 E. 5.5.2

5.5.2. Le recourant estime que l'analyse des dépositions des autres témoins aurait également dû conduire au même résultat, à savoir qu'il ne se trouvait pas à l'embouchure de N.________ au moment des faits. 5.5.2.1. Il conteste être la personne aperçue par le témoin H1.________. Selon lui, (i) elle se trouvait trop loin du couple installé sur le banc pour être en mesure de les identifier de manière fiable, (ii) elle n'a pas décrit une fille correspondant à F.B.________, (iii) elle n'a pas fait état de ce que la fille en question était au téléphone, alors que l'on sait que F.B.________ l'était à 13h56, 14h01 et 14h06, et qu'elle a aperçu le couple vers 13h57, (iv) elle a fait état d'un homme portant un training foncé avec des lignes blanches sur le côté alors que le recourant portait des jeans, du moins sur les images de vidéosurveillance prises à 14h42, (v) elle n'a pas été en mesure d'identifier le recourant sur présentation de photographies, (vi) elle a expliqué que l'homme aperçu lui semblait plus grand que le recourant, (vii) elle a parlé d'un sac de sport d'une autre marque que celui porté par le recourant, (viii) elle a déclaré que l'homme se dirigeait en direction de W.________ depuis l'embouchure de N.________, et non en direction de Z.________, mais encore (ix) la temporalité décrite par celle-ci ne correspond pas au reste des éléments figurant au dossier. À ce propos, la cour cantonale a considéré (i) que les estimations temporelles données par le témoin étaient très vagues mais qu'elles correspondaient cependant à l'hypothèse selon laquelle il s'agissait du recourant, (ii) que le témoin avait été en mesure de décrire la position du couple sur le banc, laquelle correspondait à celle décrite par le recourant, tout en précisant que les couples amoureux ne se multipliaient pas sur les bancs dans une telle position inhabituelle et dans cette zone un 27 décembre, (iii) que le témoin avait décrit l'allure générale du recourant de manière fidèle à ce qu'on montré les images de vidéosurveillance, étant précisé qu'il n'était pas exclu qu'il ait enlevé l'un de ses pantalons après les faits ou qu'il se soit changé, (iv) qu'estimer la taille d'une personne à distance est un exercice difficile, (v) que la probabilité que le témoin ait vu un autre homme avec la même allure que le recourant, se promenant également avec un sac de sport, dans cet endroit isolé et peu fréquenté, durant le même laps de temps où le raccordement du téléphone portable du précité le localise dans cette zone, confinait à la nullité, (vi) que le témoin avait commencé par déclarer ne pas savoir par où l'homme était parti et que ses déclarations subséquentes étaient certes plus précises, mais qu'elles étaient intervenues trois ans après les faits, et (vii) que cette version des faits correspondait à tous les autres éléments figurant au dossier, en particulier le fait que le recourant ait été filmé à 14h42 près du garage P.________, arrivant depuis le côté lac le long du canal de O.________, à quelques dizaine de mètres de l'endroit où a été retrouvé le téléphone de F.B.________, qui a cessé d'émettre à 14h38 (jugement attaqué consid. 7.4.13). D'emblée, il convient de préciser que le témoignage de H1.________ n'est pas le seul élément permettant de placer le recourant sur les lieux du crime au moment des faits. Au contraire, comme l'a justement relevé la cour cantonale, sans que le recourant ne le conteste véritablement, il ne s'agit que de l'un des nombreux éléments permettant de le faire. Il n'est dès lors pas question de savoir si ce témoignage permet, sans l'ombre d'un doute, de confondre le recourant, mais plutôt de savoir s'il concorde avec le reste du dossier, ce que la cour cantonale a confirmé être le cas sans faire preuve d'arbitraire. En plus de se référer aux arguments cantonaux retranscrits supra, on peut ajouter (i) que le témoin se trouvait certes à environ 200 mètres, mais que cette distance permettait parfaitement de détecter un couple sur un banc dans une position inhabituelle, à savoir la fille assise sur les genoux du garçon, son corps du côté de la rivière et ses jambes par dessus les jambes du garçon, en direction de la forêt, la fille ayant la tête penchée, proche du cou du garçon (ii) qu'à cette distance, la différence entre des cheveux bruns et des cheveux noirs apparaît sans pertinence, (iii) que F.B.________ a certes été au téléphone à trois reprises, mais que celui de 13h56 n'a duré que 36 secondes, et qu'il n'y a dès lors rien de surprenant à ce que le témoin n'en ait pas fait état, (iv) qu'imaginer que le recourant se soit changé n'a rien d'arbitraire, puisqu'il est établi qu'il portait deux pantalons l'un sur l'autre et qu'il avait des habits de rechange dans son sac, (v) que le témoin n'a jamais affirmé avec certitude avoir reconnu un sac de marque I1.________ (" Il était peut-être de marque I1.________ " - procès-verbal de l'audition du 10 février 2020, p. 4), mais qu'en revanche, elle a pu constater qu'il s'agissait d'un sac de sport foncé, comme celui effectivement porté par le recourant, mais encore (vi) que la temporalité décrite - assez vaguement - par le témoin n'exclut en rien que ce soit bien le recourant qu'elle ait vu. En définitive, ces éléments, pris dans leur ensemble, mis en lien avec les autres moyens de preuve figurant au dossier, permettaient à la cour cantonale de considérer sans faire preuve d'arbitraire que " il ne fait aucun doute que le jeune homme aperçu par H1.________ était bien le prévenu " (jugement attaqué consid. 7.4.13). Le grief est rejeté. 5.5.2.2. Se basant sur le témoignage de H1.________ (laquelle a déclaré ne pas avoir vu s'il y avait un objet sur le banc lors de sa sortie de la forêt vers 14h30 environ, alors qu'elle se trouvait à une vingtaine de mètres de ce même banc) et sur le témoignage de J1.________ (lequel a expliqué avoir trouvé une boîte contenant un collier sur le banc en question vers 15h30), le recourant estime que le collier a forcément été laissé sur place durant ce laps de temps, mais dans tous les cas après le départ de la personne aperçue par H1.________. Il exclut donc avoir pu se trouver sur place. Là encore, le recourant se méprend sur l'application qui doit être faite du principe in dubio pro reo. De jurisprudence constante, il ne suffit pas que l'un ou l'autre des indices retenus, ou même chacun d'eux pris isolément, soit à lui seul insuffisant; bien plutôt, l'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble (v. arrêt 7B_103/2023 du 9 septembre 2024 consid. 6.4 et les références citées). En l'espèce, que H1.________ n'ait pas vu une petite boîte posée sur un banc situé à environ 20 mètres alors qu'elle ne cherchait pas à le faire ne démontre pas qu'elle ne s'y trouvait pas. Ce seul élément ne saurait dès lors rendre arbitraire l'intégralité du raisonnement cantonal. Les explications qui précèdent valent mutatis mutandis s'agissant du fait que le témoin J1.________ n'ait pas vu de traces de lutte ou de traînées sur les lieux du crime. 5.5.2.3. Le recourant revient finalement sur le témoignage de K1.________, dont les déclarations seraient " particulièrement importantes à décharge ". Pour cause, celle-ci n'a pas constaté que les habits du recourant auraient été sales ou mouillés, ce qui exclurait selon lui qu'il se soit trouvé sur les lieux du crime. Dans ce contexte, il reproche également à la cour cantonale de ne pas avoir mis en oeuvre un certain nombre d'analyses. Ne contestant plus ce dernier point à l'appui de son recours au Tribunal fédéral, il n'y a pas lieu d'entrer en matière. Pour le surplus, la cour cantonale a plusieurs fois expliqué que le recourant avait pu se changer avant de prendre le taxi, thèse qu'elle n'a certes pas pu établir, mais qu'aucun élément au dossier ne vient contredire (jugement attaqué consid. 7.4.22), pas même les "contradictions" soulevées par le recourant. Encore une fois, les éléments soulevés par le précité ne sont pas propres à remettre en cause l'appréciation cantonale des faits arrêtée sur la base d'un faisceau d'indices convergents, du moins sous l'angle de l'interdiction de l'arbitraire et du principe in dubio pro reo. Le grief est rejeté.