Citation: 1B_255/2020 E. 1.3

1.3. La recourante soutient ensuite disposer d'un droit inconditionnel et absolu à ce que le rapport d'expertise litigieux soit immédiatement retiré du dossier pénal (art. 141 al. 5 CPP) dès lors que le caractère illicite de l'expertise en cause s'imposerait d'emblée (art. 141 al. 2 CPP). A ce stade, les explications détaillées données par la Professeure D.________ quant aux modalités d'établissement de l'expertise suffisent pour considérer que celle-ci ne semble pas avoir été manifestement effectuée de manière illicite, en particulier sans la participation des expertes E.________ et F.________. Cette conclusion s'impose d'autant plus qu'y figurent la mention d'entretiens avec la sage-femme F.________, ainsi qu'avec la Professeure E.________, l'indication que les remarques personnelles des expertes apparaissent en italique (cf. p. 4 du rapport) et la signature du rapport par les trois expertes, ainsi que par la Professeure D.________ (cf. p. 76 de l'expertise). On ne voit d'ailleurs pas ce qui empêcherait la recourante de réitérer ses griefs - que ce soit sur le plan des modalités d'établissement de l'expertise que par rapport à l'appréciation qui y est faite - au cours de l'instruction et/ou devant le juge du fond, notamment en requérant un complément d'expertise et/ou l'audition de l'une ou l'autre des expertes. En tout état de cause, le caractère illicite d'un moyen de preuve ne découle pas du seul fait qu'il apporte des éléments à charge du prévenu. L'inexploitabilité du rapport litigieux n'est ainsi, en l'état, pas manifeste et un risque de préjudice irréparable pour la recourante n'est par conséquent pas démontré (arrêt 1B_273/2019 du 3 décembre 2019 consid. 1.2.2). On rappellera enfin que l'art. 141 al. 2 CPP - dont l'examen incombe en principe au juge du fond (arrêt 1B_234/2018 du 27 juillet 2018 consid. 3.1) - n'exclut pas l'exploitation des moyens de preuve administrés de manière illicite ou en violation de règles de validité lorsque leur exploitation est indispensable pour élucider des infractions graves (ATF 141 IV 289 consid. 2.10.2 p. 297); cette hypothèse paraît pouvoir entrer en considération dans le cas d'espèce vu le chef de prévention d'homicide par négligence indiqué dans l'ordonnance du 2 mars 2020 à l'origine de la présente cause. Il ne convient cependant d'approfondir la question, celle-ci relevant - comme on vient de le voir - de la compétence du juge du fond.