Citation: 7B_320/2024 E. 2.3

2.3. Le cas d'espèce présente la particularité que les opérations de perquisition diligentées par le MPC dans les locaux des sociétés recourantes se sont déroulées en plusieurs étapes et sur plusieurs jours. Un mandat de perquisition a été émis le 10 novembre 2023 pour chacune des sociétés recourantes. Ces deux mandats donnent pour mission à la PJF de perquisitionner les locaux professionnels des sociétés recourantes, "tous les locaux annexes ainsi que tout autre endroit dans lequel des moyens de preuve utiles à la procédure sont susceptibles d'être découverts"; ils la chargent en outre de perquisitionner "tous documents physiques et/ou tous supports informatiques et/ou toutes données électroniques en lien avec les soupçons [d'infractions] pour la période du 1 er janvier 2003 au 31 décembre 2018". Le 14 novembre 2023, les archives délocalisées des sociétés recourantes ont été perquisitionnées. Lors de la perquisition de leurs locaux, qui a commencé le même jour, le tri informatique n'a pas pu se terminer. Il a ainsi été convenu de suspendre la perquisition à 18h40 pour la reprendre le lendemain, soit le 15 novembre 2023, à 8h00 (cf. act. 4.3 et 4.4 du dossier de l'autorité précédente, p. 5). La PJF a été avisée le 14 novembre 2023 par le "directeur IT" des sociétés recourantes que l'ensemble des données électroniques de ces dernières étaient externalisées, soit détenues sur un serveur auprès de la société G.________ SA (ci-après: G.________ SA); elle a requis qu'un accès à distance soit mis en place pour lui permettre d'accéder auxdites données, de procéder à leur tri et à leur saisie (cf. act. 4 du dossier de l'autorité précédente, p. 4). Le 15 novembre 2023, la perquisition des locaux des sociétés recourantes s'est poursuivie à 8h00 comme prévu. À 15h10, F.________ a été informé du fait que la PJF "arrêtait les recherches concernant les 7 boîtes e-mail vu la durée et l'incertitude des données transmises par G.________ SA via le canal C.________ SA. [...] Pour des raisons de confidentialité", F.________ a proposé de fournir les données obtenues pour les 7 boîtes e-mail par la société G.________ SA dès lors qu'elles seraient disponibles, soit d'ici au 22 novembre 2023 (cf. act. 4.3 et 4.4 du dossier de l'autorité précédente, p. 6). S'agissant de la perquisition du 21 novembre 2023, qui a eu lieu dans la salle des serveurs de C.________ SA, elle donnait suite aux mandats de perquisition émis le 10 novembre 2023. Le procès-verbal de perquisition du 21 novembre 2023 indique en outre que celle-ci constitue la "suite de la perquisition des 14 et 15.11.2023" et rappelle que lors de ces dernières perquisitions, l'extraction des données des 7 boîtes e-mail était incertaine et le temps nécessaire pour ce faire inconnu, de sorte que la PJF avait décidé d'arrêter les recherches via le canal C.________ SA. Il précise en outre que seules 4 boîtes e-mail (sur les 7) figuraient dans l'export final (cf. act. 4.6 du dossier de l'autorité précédente, p. 3). Avec les recourants, force est ainsi de constater que cette troisième journée de perquisition avait pour objet la remise, par F.________ à la PJF, des données dont il avait été question le 15 novembre 2023 et non pas de données différentes. Dans ces conditions, on ne saurait suivre la Cour des plaintes lorsqu'elle considère que les perquisitions exécutées sur plusieurs jours constituaient une mesure distincte. Compte tenu des circonstances spécifiques du cas d'espèce, en particulier du fait que la perquisition effectuée le 21 novembre 2023 se fondait sur les mêmes mandats que les perquisitions réalisées les 14 et 15 novembre 2023 et que ces mandats couvraient l'ensemble des opérations menées jusqu'au 21 novembre 2023, les recourants pouvaient considérer de bonne foi que les perquisitions qui s'étaient déroulées sur ces trois jours constituaient une seule et même opération, laquelle s'était prolongée pour des raisons techniques, respectivement qu'elles relevaient de la même mesure.