Citation: 6B_1174/2018 E. 2.2.3

2.2.3. Le recourant conteste ensuite la validité des conclusions formulées par les professeurs H.________ et I.________. Il soutient que ces derniers ignoraient que les dates de péremption figurant sur les flacons analysés avaient été falsifiées, de sorte que leurs conclusions relatives à la durée de conservation du médicament seraient invalides. En outre, les deux prénommés n'avaient émis aucun commentaire à propos de l'importante variation de perte en principe actif observée entre deux flacons d'un même lot, alors qu'ils auraient dû être alertés par une évolution qui ne correspondait pas à la dégradation linéaire usuelle du médicament. Certes, lors de son audition par le tribunal de première instance, F.________ a déclaré qu'un dépassement de trois mois de la date limite du médicament - tel que pris en compte par les professeurs H.________ et I.________ - ne pouvait conduire à constater une teneur en principe actif de 87 %, ce qui "invalid[ait] ce qui [était] dit dans le rapport" (cf. PV d'audience du 31 mai 2016, p. 7). On comprend cependant que F.________ n'a pas indiqué que l'intégralité du rapport en question était invalidée, mais qu'il contestait la vitesse de perte en principe actif retenue par les deux professeurs. Il a en effet immédiatement ajouté : "Il est possible d'accélérer la migration dans le bouchon si le médicament n'est pas conservé à température idéale." Pour le reste, celui-ci a déclaré ce qui suit concernant le rapport en question (cf. Idem, p. 5) : "Sur la base des résultats analytiques, on peut dire que les mêmes informations sont données par rapport à ce qu'affirme [le recourant]." Quoi qu'il en soit, la cour cantonale ne s'est pas fondée sur le rapport des professeurs H.________ et I.________ concernant la perte en principe actif du médicament, mais a retenu - en se fondant sur les analyses opérées par l'OMCL en 2011 et 2012 - que la teneur en principe actif des flacons de aaa litigieux avait varié entre 84 et 88,7 % de la valeur théorique de 15 mg par flacon. Ces valeurs recouvrent la perte de 8 % en principe actif - par rapport au seuil de 95 % de la valeur cible de 15 mg par flacon - mise en évidence par les professeurs H.________ et I.________. Ainsi, à supposer même que ces deux derniers n'eussent pas eu connaissance des véritables dates de péremption des flacons analysés et que leurs calculs concernant la vitesse de perte en principe actif fussent erronés, on ne voit pas pourquoi leurs conclusions devraient être intégralement invalidées, en particulier s'agissant de l'impact éventuel de la perte en principe actif observée sur la santé des patients (cf. consid. 2.2.4 infra).