Citation: 5A_483/2023 E. 6.1

6.1. Selon la recourante, l'arrêt attaqué est " purement arbitraire " et viole le droit, dès lors qu'il l'astreint à partager ses avoirs de prévoyance professionnelle, tout en constatant que sa situation financière est particulièrement modeste et qu'elle n'a plus la possibilité d'obtenir des revenus supplémentaires, au contraire de l'intimée, qui pourrait percevoir un revenu de 4'000 fr. bruts par mois, partant, cotiser durant les onze prochaines années. La décision querellée omettrait en outre les éléments suivants. Tout d'abord, elle ne tiendrait pas compte du "rééquilibrage qui sera imputé sur la rente de la recourante en raison de sa prise de retraite le 1er mai 2022". Outre le fait qu'il sera réduit en raison du partage de ses avoirs de prévoyance professionnelle en faveur de son ex-partenaire, le montant de sa rente de vieillesse LPP subira une réduction supplémentaire (qui ne pourra être déterminée de manière exacte qu'au moment de l'exécution du transfert) due au fait qu'elle perçoit déjà une rente de vieillesse durant la procédure de divorce. Sa rente de vieillesse LPP ne s'élèvera donc certainement pas à 1'486 fr. par mois, comme retenu par la Cour de justice, mais à un montant inférieur, de sorte que son disponible sera nécessairement plus faible que les 322 fr. par mois qui ont été retenus. Ensuite, la Cour de justice n'aurait pas concrètement analysé les besoins de prévoyance respectifs des parties, notamment, n'aurait pas apprécié correctement si la recourante pouvait couvrir son minimum vital au moyen de sa rente de prévoyance professionnelle corrigée et du splitting de sa rente AVS, alors que ces corrections avaient des conséquences importantes sur sa situation financière "post-divorce" (cf. art. 29quinquies al. 3 à 5 LAVS et 50b al. 1 et 3 RAVS). Elle avait en particulier fait fi du fait que sa rente AVS serait recalculée à la suite de la dissolution du partenariat enregistré en raison du "splitting" AVS, et passerait de 1'374 fr. à 1'222 fr. lorsque son ex-partenaire serait à la retraite. Si la Cour de justice avait apprécié les situations respectives des parties après le divorce, elle aurait constaté que même un partage à raison de 30% en faveur de celle-ci péjorerait de manière inéquitable sa situation par rapport à celle de l'intimée, dès lors qu'elle ne serait probablement plus en mesure de couvrir ses charges incompressibles, alors que l'intimée pourrait encore cotiser durant onze ans. La Cour de justice aurait aussi dû tenir compte du fait que l'intimée pourrait encore accumuler au moins un capital-vieillesse de 43'000 fr., sur la base d'un revenu minimum de 4'000 fr. par mois versé douze fois l'an, et percevrait une rente AVS estimée à environ 1'000 fr. par mois. Enfin, il serait inexact de considérer que le partenariat enregistré avait eu une plus grande incidence sur la situation de l'intimée que sur la sienne, chacune d'elles ayant déjà un enfant avant le partenariat, aucun enfant commun n'étant issu de leur union, la vie commune n'ayant duré que neuf ans, étant précisé qu'au moment de la séparation, il restait à l'intimée quinze ans pour travailler et cotiser au deuxième pilier. La recourante ajoute avoir démontré qu'elle a soutenu financièrement le fils de son ex-partenaire, ainsi que celle-ci et sa propre fille - de sorte qu'elle n'a pas pu constituer d'épargne pour ses vieux jours -, durant la vie commune. Enfin, le fait que son ex-partenaire avait alors toujours refusé de travailler ne lui avait jamais convenu.