Citation: 5A_864/2024 E. 3.2

3.2. La Cour de justice a considéré que c'était à bon droit que le Tribunal de première instance avait appliqué la méthode du train de vie in casu. La situation de la famille était particulièrement favorable. La méthode dite du minimum vital avec répartition de l'excédent apparaissait difficilement applicable dans le cas d'espèce, puisque les revenus du mari, qui étaient largement supérieurs à la moyenne, avaient fortement fluctué et baissé entre 2018 et 2023 (passant de 1'274'627 fr. en 2018 à 685'320 fr. en 2023), de sorte que le montant moyen retenu à titre de revenu pouvait varier de manière importante vers le haut ou vers le bas suivant le nombre d'années pris en considération. Par ailleurs, quand bien même les éléments du dossier permettaient de rendre vraisemblable qu'une part importante des revenus du mari n'était pas dépensée, la quote-part d'épargne à retenir avant répartition de l'excédent (si l'on appliquait la méthode en deux étapes) paraissait difficilement déterminable. En effet, la fortune mobilière totale des époux était passée de 5'486'695 fr. en 2018 à 4'789'505 fr. en 2019, avant de remonter à 5'906'219 fr. en 2020. Le mari avait procédé à des rachats LPP totalisant 500'000 fr. en 2019 (ce qui ne suffisait pas à expliquer les motifs pour lesquels la fortune avait baissé de 697'190 fr. au total entre 2018 et 2019) et 100'000 fr. en 2020; il avait en outre cotisé chaque année au troisième pilier. Le mari avait par ailleurs remboursé annuellement sa dette hypothécaire à hauteur de 34'800 fr. entre 2018 et 2020. Au regard de la difficulté à déterminer au plus juste les montants à prendre en considération à ces égards, c'était à bon droit que la méthode du train de vie avait été privilégiée en l'occurrence. Au demeurant, comme le dernier standard de vie constituait le point de départ du calcul, les méthodes en une étape et en deux étapes étaient théoriquement censées aboutir au même résultat chiffré en ce qui concerne l'entretien, la Cour de justice rappelant que la part à l'excédent des enfants pouvait de toute manière être limitée en fonction des circonstances, notamment pour des motifs éducatifs.