Citation: 1C_561/2018 E. 2.5.1

2.5.1. La cour cantonale n'a cependant pas, pour confirmer le caractère forestier de la portion médiane, limité son analyse aux seuls éléments ainsi mis en évidence par les recourants. L'instance précédente a en effet constaté que la délimitation de l'aire forestière mise à l'enquête en 1994, outre qu'elle n'avait alors fait l'objet d'aucune contestation, correspondait aux données cadastrales actuelles et au tracé de limite forestière mis à l'enquête en 2007 et 2013, dans le cadre de la révision du PGA. Par ailleurs, se référant aux déclarations de l'inspecteur forestier, lors de la séance du 28 août 2017, le Tribunal cantonal a retenu que la végétation en lisière s'était densifiée dès 1974 (cf. procès-verbal de l'inspection locale du 28 août 2017, p. 1 s.), ce dont rien dans les explications des recourants ne commande de s'écarter. Cette appréciation est d'ailleurs partagée par l'OFEV, qui a précisé que les orthophotographies au dossier - qui constituent un moyen de preuve reconnu en matière de constatation de la nature forestière (cf. ATF 113 Ib 357 consid. 2b p. 359; 108 Ib 511 consid. 5 p. 511; voir également arrêts 1C_559/2016 du 28 août 2017 consid. 5.2.2; 1C_239/2016 du 13 février 2017 consid. 3) - confirmaient la colonisation de cette portion de la parcelle par la forêt (cf. observations OFEV du 11 février 2019, p. 4 i.f). Si les photographies aériennes au dossier (pour les années 1974, 1986, 1994, 1998, 2010 et 2013) montrent certes que la forêt s'étendait aussi sur la portion médiane, il faut en revanche concéder aux recourants qu'elles ne permettent pas de "déterminer clairement la surface litigieuse"; l'OFEV l'a d'ailleurs également reconnu, soulignant que la lisière ne pouvait, sur la base de ces clichés, être établie avec précision. Cela étant, si une incertitude demeure quant à la limite, cela n'enlève rien au constat de colonisation de la portion médiane par la forêt; les photographies au dossier sont à cet égard suffisantes; la recevabilité des clichés déposés céans par l'OFEV peut ainsi demeurer indécise (cf. art. 99 al. 1 LTF). Dans un tel cas de figure, les directives cantonales commandent d'établir la lisière en fonction d'éléments fixes du paysage, tels ceux à proximité immédiate des limites de parcelles, des murs, des routes, etc. (cf. DGE, Instruction constatation de nature forestière, annexe 1, 2016, p. 4) : ici une lisière longeant la limite de la parcelle voisine n o 3459 jusqu'à la ligne de rupture de pente. L'inspecteur forestier a d'ailleurs implicitement confirmé cette limite, indiquant que, lors de son relevé de la lisière en 2004, pour le nouveau plan de zones, il avait constaté un état conforme au relevé de 1994 (cf. procès-verbal de l'inspection locale du 28 août 2017, p. 1 s.), lui-même identique - on l'a dit - à la limite retenue par le nPGA. Les inspections locales ont par ailleurs encore permis de mettre en évidence l'existence de sols frais et basophiles, ne se retrouvant généralement pas dans les lieux ouverts (cf. procès-verbal de l'inspection locale du 4 avril 2017, p. 2), appuyant encore le caractère forestier du secteur.