Citation: 5A_844/2017 E. 5.3.2

5.3.2. S'agissant de la curatelle de coopération, le recourant estime que la motivation de la Chambre des curatelles serait trop vague pour justifier une curatelle le privant de l'exercice de ses droits civils. S'il est vrai que la cour cantonale ne cite aucun exemple concret à l'appui de sa motivation selon laquelle le recourant prendrait des options dans la gestion de son patrimoine et de ses affaires après une analyse parfois très partielle des tenants et aboutissants, il faut toutefois rappeler qu'elle a fait état dans les considérants précédents de l'arrêt attaqué des difficultés rencontrées par le recourant pour s'occuper de ses affaires financières et administratives, de la banalisation de ses manquements quant à la gestion de ses affaires, de la minimisation de la gravité de la situation notamment sur le plan des impayés et de la gestion de ses biens immobiliers. Les experts ont par ailleurs confirmé que l'état de faiblesse dont il était atteint affectait sa condition personnelle et l'empêchait d'assurer la sauvegarde de ses intérêts. En tenant compte de l'ensemble de ces circonstances, à savoir en particulier l'état de faiblesse constaté par les experts, l'importance du patrimoine à gérer et le déni du recourant quant aux difficultés rencontrées et à sa situation, force est d'admettre que la motivation de l'autorité cantonale apparaît suffisante pour mettre en évidence la nécessité d'une curatelle de coopération. Le recourant reproche par ailleurs à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 396 CC en instaurant une curatelle de coopération s'étendant à l'ensemble de ses revenus et de sa fortune et en omettant d'établir une liste des actes pour lesquels le consentement du curateur est requis. Or, dans la mesure où la Justice de paix a précisé dans son dispositif - confirmé par l'arrêt cantonal - que le curateur devrait consentir à l'accomplissement de tous les actes concernant la gestion des revenus et de la fortune du recourant ainsi que pour plaider et transiger, cette formulation, certes relativement large, paraît toutefois suffisante pour parer à toute confusion quant aux actes qui doivent effectivement être soumis à l'approbation du curateur. Pour le surplus, on ne discerne pas en quoi la mise en place d'une curatelle de coopération nécessiterait la présence permanente du curateur auprès de son pupille comme le soutient le recourant. Le grief de violation de ses droits de la personnalité pour ce motif ne peut en conséquence qu'être écarté. On ne discerne pas davantage en quoi la forme en laquelle la curatelle de coopération a été instituée interdirait au curateur de mettre à disposition du recourant des montants appropriés comme ce dernier le soutient, dans la mesure où l'art. 409 CC prévoit expressément cette faculté pour le curateur chargé de la gestion du patrimoine. Or, en l'espèce, le curateur a précisément cette charge puisqu'on est en présence d'une curatelle combinée comprenant une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine et non d'une pure curatelle de coopération. Le recourant se plaint enfin du fait que la curatelle de coopération prévoit également que le consentement du curateur est nécessaire pour plaider et transiger. Il estime que cette décision de la cour cantonale ne repose sur aucun fondement. Or, la Chambre des curatelles a confirmé l'avis de la Justice de paix selon lequel il était nécessaire que la faculté de plaider et transiger soit soumise à l'approbation du curateur dans la mesure où les décisions prises dans ce cadre-là pouvaient avoir des conséquences importantes. Sur ce point, le recourant se contente d'opposer qu'il n'est pas un quérulent et qu'il n'est pas engagé dans d'autres procédures que la présente. Une telle argumentation ne suffit pas à contrer la motivation développée par la cour cantonale dès lors que le seul fait que le recourant ne soit pas engagé dans une procédure judiciaire ne signifie pas encore qu'il n'aurait pas besoin d'assistance dans une telle hypothèse.