Citation: 5A_431/2024 E. 5.2

5.2. Le recourant est d'avis que si la juge unique a constaté à juste titre que le montant annualisé de son revenu ne correspond pas à ses décomptes mensuels de salaire, elle en avait conclu arbitrairement que seul le certificat de salaire faisait foi. Or il avait produit toutes les pièces attestant de ses revenus. Celles-ci démontraient qu'il n'avait pas reçu la somme de 34'125 fr. 60 net par mois en 2022. Elles avaient été écartées par l'autorité cantonale sur la base de l'interprétation manifestement erronée d'un seul document, le certificat de salaire 2022, établi par son employeur. Ce certificat de salaire 2022 faisait expressément mention de montants " proforma " et " non payé ", pour un montant total de 298'363 fr. Le recourant expose que dans ses déterminations des 21 août 2023 et 7 septembre 2023, il avait expressément indiqué qu'il n'avait pas perçu le montant de 298'363 fr. (ce qui représente 24'863 fr. 60 par mois), mais n'avait jamais dit -comme l'avait faussement affirmé la juge unique - qu'il n'avait jamais reçu de revenu fixe. Il avait demandé à l'autorité cantonale de se fonder sur ses fiches de salaire, toutes produites, pour déterminer son revenu mensuel net fixe. C'était de façon arbitraire que la juge unique avait ignoré dites fiches de salaire, auxquelles il s'était expressément référé. Il ressortait en outre de la pièce n° 41 produite le 21 août 2023, soit un échange de courriels qu'il avait eu avec le service des ressources humaines de son employeur, que ce dernier avait confirmé que les deux montants " CHF 45'510.- " et " CHF 5'888.- " pourtant intégrés par la juge unique dans ses revenus, " [n'avaient] pas été versé[s] en cash depuis la Suisse ". Par ailleurs, le bonus perçu en 2022 (81'604 fr. 20 net versé le 22 avril 2022 sur son compte G.________) correspondait aux performances réalisées au cours de l'année 2021, soit lorsqu'il travaillait en Suisse puisqu'il n'occupe un emploi de travailleur détaché que depuis le 1er novembre 2021. Le recourant rappelle encore qu'il avait contesté avoir perçu des droits de participation valorisés dans le certificat de salaire à hauteur de 70'769 fr. C'était de manière manifestement inexacte que l'autorité cantonale les avait inclus pour calculer ses revenus. Ce montant ne ressortait d'aucune fiche de salaire ni d'aucun relevé de compte produits. Ensuite, il avait expliqué, en se fondant sur l'annexe à son certificat de salaire 2022, émise par son employeur, qu'il n'avait pas exercé son droit de participation. Il avait la possibilité de le faire à l'échéance du " vesting " soit à compter de mars 2022. C'était cette échéance qui déclenchait l'imposition et qui expliquait que ce droit de participation figure dans le certificat de salaire 2022. Par courriel du 4 août 2023, sur son interpellation, le service des ressources humaines de son employeur l'avait confirmé. Il ne s'agit donc pas d'un revenu effectif, et, s'il avait été effectivement perçu, on ne pourrait en tenir compte dès lors qu'il s'agirait d'un revenu exceptionnel et non récurrent, à tout le moins d'un revenu à lisser sur la durée de l'investissement (2019-2022). En retenant un revenu annuel global de 409'507 fr., soit 34'125 fr. 60, la juge unique avait manifestement fixé ses revenus de manière arbitraire, dès lors que toutes les pièces du dossier démontraient qu'il n'avait jamais reçu de tels revenus en 2022. Ses revenus mensuels nets pour l'année 2022 devaient dès lors être arrêtés à GBP 15'936.70 et à 6'800 fr. 35 par mois. Cela représentait une somme totale de l'ordre de 25'292 fr. 15 (18'491 fr. 80 [taux de conversion au 1er juillet 2022] + 6'800 fr. 35). L'autorité cantonale avait ainsi augmenté ses revenus mensuels nets de 8'833 fr. 45 par mois. La constatation manifestement inexacte de ses revenus conduisait à un résultat arbitraire puisqu'il n'avait tout simplement pas les moyens d'acquitter les contributions d'entretien mise à sa charge, lesquelles dépassaient l'entier de son disponible de plus de 4'000 fr. par mois. Enfin, quant au reproche qui lui avait été fait de ne pas avoir spontanément produit sa déclaration d'impôt 2022, afin de démontrer que les revenus figurant dans son certificat de salaire ne devaient pas être considérés comme tels, le recourant relève que l'autorité cantonale, alors qu'elle en a la possibilité en cas de doute compte tenu notamment de la maxime inquisitoire illimitée applicable (art. 296 al. 1 CPC), ne l'avait, à aucun moment, interpellé sur cette question. En outre, il n'avait pas pu produire spontanément sa déclaration d'impôt 2022 puisqu'elle n'était pas encore établie (la déclaration d'impôt 2022 avait été déposée le 21 novembre 2023). Il était ainsi arbitraire de lui reprocher de ne pas collaborer en ne produisant pas spontanément sa déclaration d'impôt 2022 (au demeurant non établie en septembre 2023), sans l'avoir préalablement interpellé à ce sujet, et sachant que l'interprétation qui était faite du certificat de salaire délivré le 25 juillet 2024 par l'intimée était vivement contestée.