Citation: 5A_143/2023 E. 5.1

5.1. Elle soutient que le rejet de sa demande en changement de nom sans examen des motifs légitimes qu'elle avait invoqués à son appui constitue une inégalité de traitement par rapport aux autres requêtes en changement de nom fondées sur l'art. 30 al. 1 CC. Derechef, elle dit ne pas distinguer les raisons qui permettraient à l'autorité précédente de traiter différemment son cas de ceux dont le Tribunal fédéral avait dû récemment se saisir (notamment ATF 145 III 49 et arrêt 5A_336/2020 précités) au motif que, dans ces cas aussi, les requérants prétendaient à l'inscription d'un double nom de famille s'écartant du régime légal ordinaire. Par ailleurs, tout en maintenant que l'art. 160 CC n'a pas à être pris en considération dans la présente affaire, la recourante est d'avis que la solution prévue par le législateur dans cette disposition constitue une discrimination indirecte qui ne saurait lui être imposée, et ce indépendamment d'une modification législative éventuelle ou prochaine. Le législateur avait certes voulu réaliser une égalité entre les hommes et les femmes par l'art. 160 CC. Mais celui-ci conduisait matériellement à une discrimination indirecte envers les femmes et, en l'espèce, envers elle-même, ce que l'autorité cantonale avait au demeurant reconnu sans toutefois " terminer [son raisonnement] de manière cohérente ".