Citation: 5A_968/2017 E. 3.3

3.3. En ce qui concerne le point de savoir s'il pouvait être exigé de la mère qu'elle augmente immédiatement son taux d'activité à 100% ou au minimum à 90%, comme le demandait le père, l'autorité cantonale n'a pas fondé son raisonnement sur l'âge de l'enfant. Après avoir effectué une analyse de la situation "dans ce contexte", d'exiger de la mère qu'elle exerce une activité lucrative à temps complet "avant que l'enfant ait atteint l'âge de 16 ans". Cette considération ne constitue cependant pas le motif pour lequel les juges précédents ont refusé d'imputer un revenu hypothétique plus élevé à l'intimée. Ils ont en effet fondé leur argumentation sur le maintien des conditions de vie de l'enfant, motif que le recourant ne critique pas (art. 42 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1). De toute manière, ainsi qu'il a été exposé plus haut (cf. supra consid. 3.1.2 in fine), il n'apparaît pas contraire au droit fédéral de se référer à la situation convenue jusqu'alors entre les époux pour éviter qu'une brusque modification des modalités de la prise en charge n'affecte le bien de l'enfant (arrêt 5A_384/2018 précité consid. 4.5). Comme le souligne le Conseil fédéral, dans la situation de crise que la séparation des parents représente pour l'enfant, il est en effet important de pouvoir lui offrir une certaine stabilité au niveau de la prise en charge quotidienne, au moins pendant un certain temps (cf. Message, in FF 2014 p. 511 ss, ch. 1.3.1 p. 523, ch. 1.5.2 p. 536 et ch. 2.1.3 p. 556; entre autres auteurs: STOUDMANN, La contribution de prise en charge, in Entretien de l'enfant et prévoyance professionnelle, 9e Symposium en droit de la famille 2017, Université de Fribourg, 2018, p. 83 ss, 85/86; J UNGO/AEBI-MÜLLER/SCHWEIGHAUSER, Der Betreuungsunterhalt, Das Konzept - die Betreuungskosten - die Unterhaltsberechnung, in FamPra.ch 2017 p. 163 ss, 167). Dès lors, il n'est pas décisif qu'en raison de la garde alternée instaurée entre les parents, la mère dispose d'un temps équivalent à celui du père pour exercer une activité lucrative. La situation vécue dans chaque cas particulier ne saurait cependant être maintenue sans limites (arrêt 5A_384/2018 précité consid. 4.6). Il convient dès lors de déterminer la durée de la contribution de prise en charge. A cet égard, l'autorité cantonale s'est fondée sur l'ancienne jurisprudence du Tribunal fédéral selon laquelle, en principe, il ne peut être exigé d'un parent qu'il exerce une activité lucrative à temps complet avant que l'enfant dont il a la garde ait atteint l'âge de 16 ans révolus. Dès lors que cette ligne directrice n'a pas été modifiée par l'arrêt 5A_384/2018 précité, les juges précédents ne peuvent pas non plus se voir reprocher d'avoir enfreint le droit fédéral sur ce point.