Citation: 6B_1360/2016 E. 6.4

6.4. La cour cantonale a estimé que seuls les documents en rapport avec les trois versements reçus de D.________ pouvaient être pertinents pour se déterminer sur la levée du séquestre. Dans ce cadre, elle a constaté que la recourante n'avait produit qu'une expertise immobilière, écrite en russe, et qu'elle avait offert de la traduire, cette traduction n'ayant toutefois jamais été produite. Elle a considéré que les autres documents traduits étaient sans lien avec la justification des trois versements et avaient donc été produits de manière superflue. Compte tenu de ces éléments, la cour cantonale a admis, à l'instar du ministère public, la rétribution des juristes russophones à raison de 6 heures à 150 fr. l'heure pour le temps consacré à des analyses et des entretiens. La recourante conteste que la cour cantonale puisse limiter l'indemnisation aux opérations ayant exclusivement trait à la justification de ces trois versements. Elle affirme que les pièces traduites auraient permis de montrer qu'E.________ n'avait commis aucune infraction et que c'est sur cette base que le ministère public aurait décidé de lever le séquestre. Cette argumentation ne saurait être suivie. En effet, il n'appartenait pas à la recourante, en sa qualité de tiers saisi, de contribuer à prouver l'absence de charges contre E.________. La recourante était uniquement concernée par le blanchiment, ce qu'elle avait d'ailleurs admis en écrivant dans son mémoire de recours du 4 août 2014, concernant l'ordonnance de séquestre du 22 juillet 2014, qu'elle était en mesure "de prouver que le transfert litigieux [était] parfaitement licite, tant du point de vue de sa cause que de l'origine des fonds" (art. 105 al. 2 LTF; recours du 4 août 2014, ch. 36 p. 9). Il apparaît donc que l'indemnisation de la recourante doit couvrir les dépenses relatives à cette partie de la procédure, qui était la seule à la toucher directement. La recourante ne prétend ni ne démontre que d'autres traductions auraient été faites en rapport avec cette partie de la procédure. Elle n'a donc pas établi que la cour cantonale aurait fixé de façon arbitraire l'indemnisation des juristes russophones. Ce grief doit être rejeté.