Citation: 6B_1150/2014 E. 3.1

3.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Il y a toutefois violation du droit fédéral lorsque le juge sort du cadre légal, se fonde sur des critères étrangers à l'art. 47 CP, omet de prendre en considération des éléments d'appréciation prévus par cette disposition ou, enfin, si la peine qu'il prononce est exagérément sévère ou clémente au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 p. 61; 134 IV 17 consid. 2.1 et les références citées). Fondant largement son argumentation sur une comparaison entre la peine prononcée en première instance et celle qui lui a été infligée par la cour cantonale, le recourant soutient que la sanction a été arbitrairement aggravée sans motivation et qu'elle est de surcroît de nature à compromettre le succès du traitement qu'il a entrepris. Dans la mesure où le recourant se réfère à la peine prononcée en première instance et à la motivation de celle-ci, il omet que l'autorité d'appel dispose d'un plein pouvoir d'examen, en fait et en droit (art. 398 al. 2 CPP), sur les points attaqués (art. 404 al. 1 CPP), en l'espèce notamment la quotité de la peine prononcée en première instance dans le cadre de l'appel joint du ministère public. La cour cantonale devait ainsi examiner librement, en sa qualité de juridiction d'appel, les critères posés par l'art. 47 CP et fixer la peine en conséquence. L'obligation de motivation prévue par l'art. 50 CP ne portait que sur cet examen et la cour cantonale n'avait pas à expliquer spécifiquement pour quels motifs elle prononçait une peine supérieure à celle ordonnée en première instance. La cour cantonale a examiné les différents critères de l'art. 47 CP. Contrairement à ce que lui reproche le recourant, elle n'a pas méconnu le fait qu'il n'avait pas d'antécédents notables en particulier en matière d'infractions contre l'intégrité sexuelle puisque le jugement attaqué mentionne un antécédent qu'il qualifie de mineur et dont il précise qu'il ne jouera aucun rôle dans la fixation de la peine. La cour cantonale a par ailleurs correctement apprécié la lourde culpabilité du recourant, que celui-ci cherche en vain à minimiser, ainsi que ses mobiles purement égoïstes. Elle a également dûment examiné sa situation personnelle, relevant le fait qu'il a entamé un traitement psychothérapeutique et repris une activité professionnelle, ainsi que les lourdes conséquences des actes subis par la victime et le manque de prise de conscience, qu'elle qualifie d'inquiétant, de la part du recourant. Il y a dès lors lieu de constater que la peine a été fixée dans le cadre légal et sur la base de critères pertinents; en outre, elle n'apparaît pas exagérément sévère au point de constituer un abus du large pouvoir d'appréciation dont dispose le juge dans ce domaine. Le recourant invoque une comparaison avec un autre cas tranché en 1996. Comme il le relève lui-même, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de rappeler à maintes reprises que la comparaison d'une peine d'espèce avec celle prononcée dans d'autres cas concrets est d'emblée délicate, compte tenu des nombreux paramètres qui interviennent dans la fixation de la peine (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 144 et les arrêts cités; voir aussi ATF 123 IV 49 consid. 2e p. 52 s.). Les disparités en cette matière s'expliquent normalement par le principe de l'individualisation des peines, voulu par le législateur. Elles ne suffisent pas en elles-mêmes pour conclure à un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 135 IV 191 consid. 3.1 p. 193 et les arrêts cités). Le cas, par ailleurs assez ancien, cité par le recourant ne suffit pas à conduire à la conclusion que la cour cantonale a prononcé une peine exagérément sévère.