Citation: U 15/06 12.09.2006 E. A

M.________ est née en 1955. Elle travaillait en qualité d'employée de bureau dans l'entreprise de son mari et était assurée facultativement contre les accidents par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA); aucun contrat d'assurance ne couvrait l'activité de propriétaire/gérante d'une garderie pour enfants qu'elle exerçait trois demi-journées par semaine. Victime d'un accident de la circulation routière le 12 août 2001, elle a souffert d'une fracture de la première vertèbre lombaire (rapport du docteur B.________, assistant au Centre hospitalier X.________, du 17 août 2001). Le cas a été pris en charge par la CNA. Hospitalisée du 12 au 19 août 2001, l'assurée a porté un corset plâtré jusqu'au 8 novembre suivant, puis a bénéficié de séances de physiothérapie et de cures thermales. Unanimes quant au diagnostic et à l'incapacité totale de travail engendrée, les premiers médecins consultés ont constaté une évolution sans complication, ralentie, mais favorable; chacun préconisait un retour plus ou moins rapide à la vie active (rapports des docteurs L.________, service d'orthopédie de l'Hôpital Y.________, G.________, médecin généraliste, S.________ et C.________, assistantes au Centre hospitalier X.________, E.________, groupe de chirurgie orthopédique et traumatologique de W.________, R.________, médecin traitant, O.________, Hôpital orthopédique Z.________, des 12, 20 octobre, 21 novembre et 19 décembre 2001; 13 juin, 14 juillet et 3 septembre 2002). L'intéressée s'est malgré tout plainte de dorso-lombalgies, puis de fatigues, de céphalées, de troubles de l'humeur et de la concentration. Le docteur A.________, médecin d'arrondissement de la CNA, a ausculté M.________ à deux reprises et a abouti à des conclusions à chaque fois identiques : syndrome dorso-vertébral avec limitation fonctionnelle partielle, sans déficit périphérique manifeste à l'examen neurologique, ainsi que lombalgies pouvant irradier dans les membres inférieurs et les segments dorso-cervicaux. Relevant en outre la stabilisation des paramètres médico-assécurologiques lors de son dernier examen, il en déduisait la possibilité d'exercer une activité légère ne comportant pas de positions vicieuses ou figées du rachis, en sollicitation alternée, la patiente devant pouvoir changer de positions et se dégourdir à sa guise, avec la nécessité de pauses prolongées quantifiables par une baisse globale du temps de présence de 20 %; l'atteinte à l'intégrité a été évaluée à 17 % (rapports des 15 mars 2002 et 13 mai 2003). L'assureur-accident a donc mis un terme au versement de l'indemnité journalière et à la prise en charge du traitement médical dès le 30 juin 2003, puis a octroyé à l'assurée une rente d'invalidité fondée sur un taux d'incapacité de gain de 20 %, ainsi qu'une indemnité pour atteinte à l'intégrité (décision du 24 septembre 2003). L'assurée s'est opposée à la décision. La CNA s'est alors procuré une copie des pièces collectées par l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Neuchâtel. Y figurent notamment une appréciation du cas par le docteur F.________, médecin-conseil de l'AI, pour qui les répercussions psychiques l'emportaient sur les séquelles orthopédiques objectivement mineures (avis du 18 décembre 2002), ainsi qu'une expertise pluridisciplinaire réalisée par le docteur U.________, médecin interniste et rhumatologue, titulaire d'un diplôme en médecine psychosomatique et psychosociale; celui-ci concluait à une parfaite normalité du status lombaire et de médecine générale, ainsi qu'à l'absence d'anomalies significatives sur le plan rhumatologique. Il ne relevait par ailleurs aucune maladie psychique, ni troubles de la personnalité ou syndrome de stress post-traumatique, seulement une crise consécutive à un traumatisme ayant entraîné d'importantes modifications dans la vie personnelle de la patiente (rapport du 15 novembre 2003). Tous deux estimaient que cette dernière était apte à reprendre ses activités antérieures. L'assureur-accident a également mandaté la doctoresse I.________, neurologue, qui, d'un status complet et minutieux normal et de l'absence de gêne engendrée par les séquelles de la fracture, a déduit une capacité de travail d'au moins 80 % dans l'ancienne profession; elle faisait état de céphalées d'origine vasomotrice ou migraineuse, de douleurs à la ceinture scapulaire sans élément objectivable et de fatigues (troubles de l'attention, de la concentration, etc.) probablement liées à un syndrome dépressif larvé dû aux difficultés existentielles et intrafamiliales, ainsi qu'aux problèmes financiers de l'entreprise du mari (rapport d'expertise du 3 juin 2004). La CNA a confirmé sa décision du 24 septembre 2003 (décision sur opposition du 4 août 2004).