Citation: 1B_368/2017 E. 1

La cour cantonale a également retenu à juste titre qu'aucune analogie ne pouvait être faite avec l'art. 429 CPP qui trouvait son fondement dans la responsabilité de l'Etat en raison d'une poursuite pénale injustifiée et dont l'application supposait que le recours à un avocat de choix soit simplement raisonnable (ATF 142 IV 45 consid. 2.1 p. 46 s.). En tout état de cause, le fait que des critères similaires - dont la gravité de l'infraction, ainsi que la complexité de l'affaire en fait ou/et en droit - entrent en considération ne permet pas de considérer que leur appréciation serait nécessairement la même lorsque des dispositions différentes sont applicables. Cela étant, l'infraction posée à l'art. 217 CP ne peut être retenue à l'encontre de son auteur que s'il avait les moyens de remplir son obligation d'entretien ou s'il aurait pu les avoir; par là, on entend celui qui, d'une part, ne dispose certes pas de moyens suffisants pour s'acquitter de son obligation, mais qui, d'autre part, ne saisit pas les occasions de gain qui lui sont offertes et qu'il pourrait accepter (arrêt 6B_1017/2016 du 10 juillet 2017 consid. 2.2 et les références citées). Cette disposition suppose donc en principe que l'autorité pénale examine, en sus du défaut de paiement, la situation financière de l'intéressé. Si le questionnaire adressé au recourant peut, le cas échéant, suffire à établir les faits en lien avec cette problématique, tel n'est pas le cas en l'espèce. En effet, l'ordonnance pénale du 2 mai 2017 rappelle la différence des pensions dues selon la situation professionnelle du recourant (450 fr. en cas d'emploi et 350 fr. en cas de chômage), ce qui démontre déjà une certaine instabilité de la situation financière de celui-ci. L'ordonnance du Procureur n'établit en revanche pas celle qui prévalait au moment des faits reprochés. Or, le recourant a indiqué percevoir, en avril 2017, le "RMI/aide sociale", à hauteur de 2'000 fr. par mois. Vu l'infraction en cause et la seule pièce produite, le Ministère public ne pouvait se contenter de ces informations. Il devait, pour le moins, établir depuis quand cette situation perdurait et, le cas échéant, dans quelle mesure le recourant pouvait assumer ses obligations d'entretien durant la période d'infraction dénoncée. Une condamnation pour violation de l'art. 217 CP ne saurait en effet se suffire d'éventuels aveux quant aux montants payés, sans que la situation personnelle - a priori précaire vu le dispositif des mesures provisionnelles et l'origine du revenu perçu indiqué par le recourant - ne soit examinée. Sans l'assistance d'un mandataire professionnel, on ne voit pas comment le recourant, qui est dénué de toute compétence juridique et qui ne conteste pas ne pas s'être acquitté de l'intégralité des pensions dues, aurait été à même de reconnaître les lacunes de l'enquête sur sa situation financière, de les relever et de requérir en conséquence les actes d'instruction nécessaires; cela vaut d'autant plus qu'il pouvait légitimement considérer avoir rempli son obligation d'information sur cette question particulière vu le questionnaire remis au Ministère public. Ces considérations permettent de retenir que la consultation d'un avocat après l'ordonnance pénale se justifiait en l'espèce. Au regard des manquements constatés sur une question non dénuée d'importance pour rendre un éventuel jugement de culpabilité fondé sur une violation de l'obligation d'entretien, cette assistance ne saurait être limitée au dépôt de l'opposition. En effet, la défense des droits - notamment procéduraux - du recourant impose dans les circonstances d'espèce de l'accorder également pour la procédure d'opposition devant le Procureur. Selon la suite donnée à cette procédure et/ou les décisions qui seront rendues, il appartiendra aux autorités pénales de réexaminer si les conditions d'octroi sont toujours réalisées. Partant, en refusant d'octroyer l'assistance judiciaire au recourant pour la procédure d'opposition devant le Ministère public, la Chambre des recours pénale viole le droit fédéral et ce grief doit être admis.