Citation: 7B.210/2000 20.09.2000 E. 3

3.- a) Selon les constatations de la décision attaquée, l'office a bien eu en sa possession l'original du billet à ordre du 30 novembre 1998 dans le cadre de la poursuite antérieure no 00 122. 535.J et a ainsi pu s'assurer que ce titre comportait bien toutes les énonciations prévues par l'art. 1096 CO; suite au contrordre donné à ladite poursuite, le document en question a été restitué par erreur à la débitrice, qui l'a alors détruit. L'autorité cantonale en a déduit que celle-ci agissait contrairement aux règles de la bonne foi en se prévalant de l'absence du billet à ordre original pour obtenir l'annulation du commandement de payer de la seconde poursuite no 00 133. 442.D; le besoin de protection de la débitrice apparaissait inexistant dès lors que le sort de l'effet de change était connu des autorités de poursuite et que l'absence de l'original était due au comportement déloyal de la débitrice. b) Essentiellement fondé sur des allégations de fait et des pièces nouvelles irrecevables, le recours ne contient rien qui permette de remettre en cause les conclusions de l'autorité cantonale. Certes, la poursuite pour effets de change n'est possible que sur présentation de l'original du titre, voire d'un duplicata selon les art. 1063 ss CO, mais pas de copies au sens des art. 1066 ss CO (Thomas Bauer, in: Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, n. 53 ad art. 177). En l'espèce, toutefois, il est établi et incontesté que le billet à ordre a été produit en original à l'office, que la débitrice l'a reçu en retour par erreur et l'a détruit; une copie du titre produit par la créancière figure d'ailleurs dans le dossier, attestant que le titre a réellement existé. En pareilles circonstances, le risque d'abus liés au défaut de remise de l'original du titre à l'office (cf. ATF 74 III 36; Bauer, loc. cit.) étant inexistant, il serait abusif de s'en tenir à l'exigence formelle de la production de l'original, alors qu'il est constant que l'office a pu vérifier que la créancière agit en vertu d'un titre contenant les énonciations essentielles d'un effet de change et que la débitrice est une obligée de change (ATF 113 III 124 consid. 3; 111 III 35). L'autorité cantonale n'a dès lors pas violé le droit fédéral, ni abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant qu'en l'occurrence l'office avait dûment constaté selon l'art. 178 al. 1 LP l'existence des conditions prévues par l'art. 177 LP pour l'établissement et la notification du commandement de payer litigieux. Elle n'a pas davantage erré en considérant qu'en application du principe de la bonne foi, la poursuivie ne méritait pas d'être protégée par le droit en raison de son comportement visiblement déloyal (ATF 113 III 2 consid. 2a et les arrêts cités).