Citation: 4A_332/2022 E. 1.2

1.2. En l'espèce, la recourante fait valoir que l'arrêt querellé, refusant de suspendre la procédure prud'homale, est de nature à lui causer un préjudice irréparable. Elle soutient qu'un tel préjudice résulterait du fait qu'elle serait empêchée de faire valoir la compensation qu'elle oppose à l'action prud'homale de l'intimé, en absence de créance exigible au sens de l'art. 120 CO. A cet égard, elle explique que la créance qu'elle fait valoir à l'encontre de l'intimé ne sera exigible que lorsqu'elle aura été établie et jugée dans le cadre des conclusions civiles qu'elle a déposées dans la procédure pénale. Elle allègue également que la litispendance prévue par l'art. 122 al. 3 CPP a pour effet, selon l'art. 64 CPC, de l'empêcher d'introduire à l'encontre du prévenu une procédure civile séparée dans laquelle elle prendrait des conclusions en paiement fondées sur un acte illicite. Toutefois, la cour cantonale a uniquement constaté, dans sa subsomption, que l'employé avait fait l'objet de six plaintes pénales, dont quatre avaient été déposées par des plaignants autres que l'employeuse, et que les prétentions civiles dans le cadre de la procédure pénale s'élevaient à sept millions de francs au total. Il ne ressort pas précisément des faits constatés par les juges cantonaux que l'employeuse elle-même aurait déposé une action civile par adhésion à la procédure pénale au sens de l'art. 122 al. 1 et 3 CPP. Dans son recours, l'intéressée a exposé qu'elle avait fait valoir dans la procédure pénale des prétentions civiles à hauteur de 84'328 fr. 13 et 200'000 fr. Elle n'a cependant pas requis un complètement de l'état de fait à cet égard. En outre, si elle indique certes quelques renvois à des pièces du dossier, il lui appartenait d'indiquer de manière détaillée, pour chaque fait qu'elle souhaitait voir complété par le Tribunal fédéral, qu'elle l'avait allégué précédemment, en renvoyant de manière précise à ses écritures et aux pièces du dossier. Elle n'a pas satisfait à cette exigence, de sorte qu'il n'y a pas lieu de tenir compte de ces faits. Ainsi, les arguments reposant sur ces prétendues conclusions civiles n'ont pas à être pris en considération. On peut néanmoins relever qu'une partie peut faire valoir une créance par l'exception de compensation même si ladite créance fait l'objet d'une action dans un autre procès (ATF 142 III 626 consid. 8.4, cf. aussi consid. 8.3 de cet ATF). Ainsi, la suspension de la procédure demandée par la recourante ne serait d'aucune utilité pour éviter le préjudice irréparable qu'elle allègue - à savoir qu'elle serait empêchée de faire valoir la compensation dans la procédure prud'homale - pour autant qu'il existe.