Citation: U 96/05 20.05.2006 E. 3

3.1 Au sujet de la preuve de l'existence d'une cause extérieure extraordinaire prétendument à l'origine de l'atteinte à la santé, on rappellera que les explications d'un assuré sur le déroulement d'un fait allégué sont au bénéfice d'une présomption de vraisemblance. Il peut néanmoins arriver que les déclarations successives de l'intéressé soient contradictoires entre elles. En pareilles circonstances, selon la jurisprudence, il convient de retenir la première affirmation, qui correspond généralement à celle que l'assuré a faite alors qu'il n'était pas encore conscient des conséquences juridiques qu'elle aurait, les nouvelles explications pouvant être, consciemment ou non, le produit de réflexions ultérieures (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références, RAMA 2004 n° U 515 p. 420 consid. 1.2; VSI 2000 p. 201 consid. 2d; à ce sujet, voir également le commentaire de Pantli/Kieser/Pribnow, paru in PJA 2000 p. 1195). 3.2 Les déclarations de l'assurée portant sur le déroulement de l'événement du 21 août 2002 ont quelque peu varié au cours de la procédure; si l'intéressée a constamment indiqué qu'elle « trottait » ou marchait rapidement ce jour-là, elle n'a en revanche invoqué le port d'une charge (des livres de cours pesant 8,5 kg) que devant le Tribunal cantonal des assurances. De leur côté, l'employeur et le médecin traitant ont donné des indications sensiblement contradictoires, le premier ayant annoncé que l'assurée marchait, tandis que le second a attesté qu'elle courait au moment où la douleur est apparue. Les premiers juges ont retenu que l'assurée marchait rapidement pour aller prendre son bus, en étant chargée de livres de cours. La Cour de céans peut se rallier à cette constatation. En effet, cette seconde version n'est pas remise en cause par les deux assureurs sociaux en litige et correspond à un fait apparemment coutumier de l'assurée. De surcroît, la précision que l'assurée a apportée en procédure de recours (le port d'une charge) n'est pas à proprement dit contradictoire à ses premières déclarations mais constitue un complément à celles-ci. Quant aux déclarations (partiellement contradictoires) de l'employeur et du médecin, elles émanent de tiers et ne lient donc pas l'assurée.