Citation: 4P.102/2004 16.08.2004 E. 2

Invoquant l'art. 29 al. 2 Cst., la recourante reproche tout d'abord à la Cour d'appel d'avoir violé son droit d'être entendue en n'accédant pas à sa demande d'audition de C.________; à son sens, ce témoignage aurait permis de démontrer la rupture du lien de confiance entre les parties et l'existence des nombreux avertissements oraux reçus par l'employée quant au caractère «potentiellement dangereux pour l'entreprise» de sa gestion du stock. 2.1 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend le droit pour le justiciable d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 505; 127 III 576 consid. 2c p. 578; 127 V 431 consid. 3a p. 436; 124 II 132 consid. 2b p. 137). Le juge peut toutefois renoncer au moyen de preuve offert par une partie lorsque le fait à prouver n'est pas important pour la solution du litige ou lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée de la preuve offerte en complément, il acquiert la certitude qu'elle ne pourrait l'amener à modifier son opinion (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 274 consid. 5b p. 285). 2.2 La Cour d'appel a jugé inutile d'entendre C.________ en raison de la solution qu'elle a adoptée. A cet égard, elle a retenu que les justes motifs de licenciement invoqués par l'employeur consistaient principalement dans la qualité insatisfaisante du travail fourni comme gestionnaire de stock par l'intimée, qui ne parvenait pas à exécuter son cahier des charges. En droit, la juridiction cantonale a considéré que les reproches formulés par l'employeur à ce sujet, même conjugués à des arrivées tardives, ne permettaient pas de justifier une résiliation immédiate du contrat de travail; l'existence d'un seul avertissement clair n'y changeait rien. Dès l'instant où les juges cantonaux estimaient que les reproches liés à la mauvaise gestion du stock ne justifiaient de toute manière pas un licenciement immédiat, le témoignage de C.________ sur la réalité de ces griefs et les mises en garde orales adressées à l'employée n'était pas propre à apporter des éléments pertinents en l'espèce. La Cour d'appel n'a donc pas violé le droit d'être entendu de la recourante en rejetant la mesure probatoire demandée. Le premier moyen doit être écarté.