Citation: C 35/04 15.02.2006 E. 6

6.1 Le recourant reproche ensuite aux premiers juges de ne pas lui avoir accordé l'assistance judiciaire pour la procédure cantonale de recours, contrevenant ainsi à l'art. 61 let. f, deuxième phrase, LPGA. Selon cette disposition légale, le droit de se faire assister par un conseil doit être garanti; lorsque les circonstances le justifient, l'assistance judiciaire gratuite est accordée au recourant. Les principes jurisprudentiels relatifs à l'ancien art. 85 al. 2 let. f LAVS, en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002, s'appliquent à l'art. 61 let. f LPGA (SVR 2004 AHV n° 5 p. 17 consid. 2.1). 6.2 En l'occurrence, dans sa décision sur opposition litigieuse du 28 mai 2003, l'intimée avait informé le recourant, en se référant à la jurisprudence (arrêts C 180/01, C 10/02 et C 127/02), qu'il devait non seulement être établi qu'un assuré avait travaillé mais aussi qu'il avait perçu un salaire pour admettre qu'il remplissait les conditions relatives à la période de cotisations. Au regard de ces arrêts et singulièrement du troisième qui a été publié entre-temps au DTA 2004 p. 115, le recourant défendait un point de vue contraire à la jurisprudence, dès lors qu'il ne disposait pas de pièces justifiant le versement de salaires (extraits bancaires ou postaux, quittances de salaire). Ainsi qu'on l'a exposé ci-avant, la jurisprudence pose comme seule condition du droit à l'indemnité de chômage que l'assuré ait exercé une activité soumise à cotisations pendant la période minimale de cotisation (ATF 131 V 453-454 consid. 3.3). Si le recourant n'a certes pas rendu suffisamment vraisemblable l'exercice d'une telle activité, ce qui justifie la confirmation de la décision litigieuse du 28 mai 2003, on doit admettre qu'au regard de la jurisprudence actuelle les conclusions de son recours cantonal n'étaient pas manifestement vouées à l'échec au sens de l'art. 61 let. f LPGA. Il en va de même, pour le même motif, des conclusions du recours de droit administratif (art. 152 al. 1 OJ). 6.3 Il s'ensuit que le recourant, qui est dans le besoin (voir l'attestation du Conseil communal de la ville de Fribourg du 27 avril 2004), remplit les conditions de l'assistance judiciaire pour la procédure fédérale dans la mesure où il conteste le principe du refus du versement des indemnités de chômage, si bien que la part des honoraires d'avocat qui excèdent l'indemnité de dépens réduite (cf. consid. 8 ci-après) sera supportée par la caisse du Tribunal. L'attention du recourant est cependant attirée sur le fait qu'il devra rembourser la caisse du Tribunal, s'il devient ultérieurement en mesure de le faire (art. 152 al. 3 OJ). Comme le recourant a également droit à l'assistance judiciaire pour la procédure de recours de première instance, la cause doit être renvoyée aux premiers juges afin qu'ils statuent à nouveau sur ce point.