Citation: U 313/05 03.02.2006 E. A

B.________, né en 1949, a travaillé en qualité de grutier pour le compte de X.________. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accident auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 26 avril 2000, l'assuré a bu par inadvertance une solution à base de soude caustique contenue dans une bouteille d'eau minérale. Les médecins de l'hôpital Y.________ ont fait état d'une oesophagite et d'un ulcère de l'estomac aigu, sans hémorragie, ni perforation (avis de sortie du 5 mai 2000). L'évolution des troubles a été régulièrement suivie notamment par des spécialistes, dont les docteurs D.________ (maladies digestives) et G.________, (gastro-entérologie), qui ont pratiqué de nombreux examens (oesogastroduodénoscopies, gastroscopies, coloscopies, PHmétrie intragastrique de 24 heures), sans trouver d'explications à la persistance des affections. L'assuré n'ayant pas repris son activité lucrative deux ans après l'accident, la CNA a confié un mandat d'expertise à la Clinique Z.________ en vue de déterminer en particulier si les troubles de l'assuré étaient encore dans un rapport de causalité avec l'accident survenu le 26 avril 2000. A l'issu de leurs examens, les experts ont diagnostiqué des ulcères gastriques récidivants et un épisode dépressif moyen, sans syndrome somatique (rapport du 1er mai 2003 des docteurs W.________ et P.________). Appelé à pratiquer en milieu hospitalier l'examen complémentaire demandé par les experts (PHmétrie intra-gastrique en milieu hospitalier sous traitement IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) par voie intra-veineuse), le docteur G.________ a conclu que le traitement inhibiteur de la pompe à protons permettait une diminution importante de la sécrétion d'acide gastrique (rapport du 29 avril 2003). Par décision du 23 avril 2004, confirmée sur opposition le 1er juin suivant, la CNA a mis fin à ses prestations au 30 avril 2004, considérant que l'assuré ne présentait plus de séquelles consécutives à l'accident du 26 avril 2000. Elle s'est fondée pour cela sur l'avis du docteur S.________, spécialiste FMH en chirurgie et médecin de sa division de médecine des assurances (rapport du 17 septembre 2003). D'après ce dernier, en raison de l'évolution naturelle des brûlures caustiques du premier et deuxième degré, l'ingestion de la substance toxique n'avait plus d'incidence sur les troubles gastro-intestinaux de l'assuré au plus tard un an après l'accident. La récidive des gastrites et des ulcères correspondait à un tableau clinique indépendant.