Citation: 4A_446/2013 E. 6.1

6.1. Il a été relevé, dans le résumé des faits de la cause, que, durant la période d'exécution des travaux de piquage en charge, la recourante s'était fait céder par A.________ l'usage d'une machine de type TM-760, qu'elle avait mise à la disposition de l'intimée, laquelle rencontrait des problèmes avec sa propre machine du même type; cela lui avait occasionné un certain nombre de frais (cf. let. A., antépénultième §, ci-dessus). Dans la procédure arbitrale, la recourante a conclu, à titre reconventionnel, au paiement par l'intimée de 587'052,34 USD au total, montant qu'elle a opposé en compensation à la partie reconnue de la créance de l'intimée (276'914 USD), le surplus devant lui revenir. Ce faisant, elle a réclamé, en plus d'une indemnité pour tort moral de 100'000 USD et d'une pénalité de retard de 85'000 USD au titre de l'art. 9 du contrat, l'indemnisation de son dommage matériel, arrêté à 402'052,34 USD et comprenant trois postes chiffrés, dont une créance de 77'326,28 USD pour l'ensemble des frais relatifs à la location de la machine TM -760 (sentence, n. 169, 175 et 177). A l'appui de cette dernière prétention, elle a invoqué divers fondements juridiques possibles, en particulier l'enrichissement illégitime (sentence, n. 162 à 170 et les références). A ce stade de la procédure, seul est litigieux le rejet de cette prétention-là dans la mesure où elle repose sur ce fondement-ci. Examinant ladite prétention à ce titre, l'arbitre unique l'a rejetée au motif que la recourante s'était bornée à citer les termes de l'art. 61 COT sans fournir d'explications sur les conditions posées par le droit turc pour l'application de cette disposition relative à l'enrichissement illégitime, ni indiquer en quoi ces conditions étaient réalisées in casu (sentence, n. 374). Se référant ensuite à l'art. 66 COT, il a constaté qu'en tout état de cause, la prétention litigieuse était prescrite dès lors que la recourante avait laissé s'écouler plus d'une année entre le moment où elle avait payé le loyer de la susdite machine, en été 2007, et celui où elle en avait réclamé le remboursement à l'intimée pour cause d'enrichissement illégitime, en 2012 (sentence, n. 375 et 376).