Citation: 5A_710/2017 E. 6.2

6.2. Dans son appel interjeté le 30 novembre 2015, la recourante a notamment pris le chef de conclusions suivant: "A titre de liquidation de leur régime matrimonial, [l'épouse] versera [au mari] un montant de Fr. 106'798.- (subsidiairement Fr. 135'319. 90), dans les 30 jours dès le jugementexécutoire. En sus ordre est donné à Maître Pralong de verser à Monsieur B.A.________ les Fr. 20'000.- bloqués sur son compte, et à Maître Clavien de verser les Fr. 10'000.- bloqués sur son compte à raison de Fr. 7'642. 30 à Monsieur B.A.________ et à hauteur de Fr. 2'357.70 à Madame A.A.________ dans les 10 jours dès le jugement exécutoire." Il résulte toutefois du jugement déféré qu'en première instance, la recourante n'a pris aucune conclusion relative à la libération de ces fonds, se contentant de dire qu'elle "laissera" à l'intimé 111'268 fr. (185'000 fr. + 5'000 fr. dont à déduire 78'731 fr.) à titre de liquidation du régime matrimonial. L'art. 317 al. 2 CPC autorise certes une modification des conclusions en appel à la double condition que les conclusions modifiées soient en lien de connexité avec la prétention initiale ou que la partie adverse ait consenti à la modification, d'une part (art. 317 al. 2 let. a et 227 al. 1 CPC), et qu'elles reposent sur des faits ou moyens de preuve nouveaux, d'autre part (art. 317 al. 2 let. b CPC). La recourante ne fait cependant pas valoir que ces conditions seraient réalisées, de sorte qu'on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale d'avoir implicitement considéré que, dans la mesure où il portait sur la libération des sommes bloquées et leur répartition entre les parties, ce chef de conclusions était irrecevable. Au demeurant, l'autorité cantonale n'a pas manqué de statuer matériellement sur ce point, comme le reconnaît du reste la recourante. Considérant que tant le demandeur que la défenderesse se plaignaient de la répartition du montant de 30'000 fr. correspondant au solde du prix de vente du bien en question, l'autorité cantonale a en effet jugé que les calculs effectués à cet égard par le premier juge étaient corrects, de sorte qu'il y avait lieu de les confirmer et de les intégrer au décompte final de la liquidation du régime matrimonial. Les montants bloqués ont ainsi été pris en compte dans l'établissement des comptes d'acquêts des parties, la Cour civile parvenant à la conclusion qu'après compensation, le mari était au final redevable à l'épouse de la somme de 54'711 fr. 15 à titre de liquidation du régime matrimonial. Au demeurant, il convient de rappeler que les modifications demandées par la recourante dans les conclusions stricto sensu de son mémoire d'appel pouvaient être interprétées à la lumière des motifs de celui-ci (ATF 137 III 617 consid. 6.2; 4A_635/2016 du 22 janvier 2018 consid. 3.2). Le grief est par conséquent mal fondé.