Citation: 6S.151/2004 15.06.2004 E. B

Cet arrêt retient, en substance, ce qui suit. B.a De 1996 au mois de mars 2001, l'accusé a frappé sa fille A.________, née en 1990, à mains nues mais également au moyen de divers objets (spatule en bois, ceinture), sur le corps et le visage. B.b Durant la même période, l'accusé s'est livré à divers actes d'ordre sexuel sur sa fille, allant de la caresse à connotation sexuelle à la pénétration, à tout le moins partielle, en passant par la masturbation devant elle ou prodiguée par elle. B.c A la suite de ces abus, la relation entre l'accusé et son épouse s'est définitivement détériorée. Celui-ci a pris un domicile séparé et son épouse lui a annoncé qu'elle entendait demander le divorce et rentrer au Portugal avec sa fille. Le 19 août 2001, l'accusé est passé au domicile de son épouse pour récupérer quelques affaires. A un moment donné, il est redescendu à sa voiture pour se munir d'un marteau de coffreur, puis est remonté à l'appartement. Il s'est alors approché de son épouse par derrière et lui a asséné deux violents coups sur le crâne. Maintenant ensuite sa victime pour l'empêcher de se défendre, il a continué à la frapper sur la tête et sur tout le corps, même après qu'elle eut perdu connaissance. Sur quoi, il a quitté les lieux, en abandonnant son épouse inconsciente et baignant dans son sang. Après s'être douché et changé, il a finalement informé un tiers de son méfait et s'est livré à la police. La victime a subi d'innombrables lésions, principalement à la tête. Il a été observé qu'il était miraculeux qu'elle ait survécu à ses blessures. B.d L'accusé a fait l'objet d'une expertise psychiatrique, dont les conclusions sont consignées dans un rapport déposé le 26 mars 2002 et dans deux rapports complémentaires, datés respectivement du 18 novembre 2002 et du 24 mars 2003. Cette expertise fait état de troubles psychiques chroniques importants et conclut à une responsabilité pénale moyennement diminuée de l'expertisé. Elle insiste par ailleurs sur le risque clair et élevé de récidive que présente l'expertisé, relevant que ce risque existe à l'égard de son épouse mais aussi de toute personne qui nouerait avec lui des liens similaires. Elle considère qu'aucun traitement n'est susceptible de guérir l'expertisé, qui ne reconnaît pas ses problèmes psychiques, et, estimant un traitement ambulatoire inapproprié, préconise une mesure d'internement. B.e A raison des faits décrits sous lettre B.a ci-dessus, l'accusé a été reconnu coupable de lésions corporelles simples qualifiées (art. 123 ch. 1 al. 1 et ch. 2 CP) et, à raison des faits décrits sous lettre B.b, d'actes d'ordre sexuel avec des enfants (art. 187 ch. 1 al. 1 CP), d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance (art. 191 CP) et d'inceste (art. 213 CP). Quant aux faits décrits sous lettre B.c, compte tenu du comportement égoïste et odieux de l'accusé, qui avait voulu sanctionner son épouse pour sa décision, légitime, de se séparer de lui, ils ont été considérés comme constitutifs de crime manqué d'assassinat (art. 22 al. 1 et 112 CP). Au stade de la fixation de la peine, les juges cantonaux ont notamment tenu compte de la gravité des infractions commises, en relevant que l'accusé s'était comporté de manière odieuse envers les deux victimes, lesquelles s'étaient pourtant montrées aimantes, compréhensives et tolérantes. A charge, ils ont en outre retenu le concours d'infractions, observant que, pour la plupart, elles étaient très graves en elles-mêmes. Dans un sens atténuant, ils ont toutefois pris en compte la responsabilité moyennement diminuée de l'accusé, conformément à l'expertise, et la circonstance que l'assassinat n'avait pas été consommé, tout en relevant que ce second élément ne pouvait entraîner qu'une atténuation minime de la peine, dès lors que l'accusé avait tout fait pour parvenir à ses fins et que la victime n'avait eu la vie sauve que par miracle. Fondés sur ces considérations, ils ont estimé qu'une peine de 14 ans de réclusion était justifiée. Sur la base de l'expertise, ils ont toutefois ordonné la suspension de cette peine et prononcé l'internement de l'accusé en application de l'art. 43 ch. 1 al. 2 CP.