Citation: 5P.227/2001 10.09.2001 E. 2

2.- a) Dans le cadre du séquestre, l'autorité statue uniquement sous l'angle de la vraisemblance de la réalisation des conditions du séquestre (cf. art. 272 al. 1 LP). Savoir si le degré de vraisemblance exigé par le droit fédéral est atteint dans le cas particulier est une question relevant de l'appréciation des preuves (SJ 1996 p. 687/688). Or dans ce domaine, le Tribunal fédéral reconnaît au juge du fait un large pouvoir d'appréciation et n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst. , que si l'autorité cantonale abuse de ce pouvoir en se mettant en contradiction flagrante avec les pièces du dossier ou en interprétant celles-ci d'une manière insoutenable (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les références citées). b) Selon l'art. 272 al. 1 ch. 3 LP, qui codifie la jurisprudence antérieure (cf. FF 1991 III 192), le créancier doit rendre vraisemblable qu'il existe des biens appartenant au débiteur. Le requérant doit, dès lors, rendre plausible la propriété du débiteur sur les biens à appréhender lorsqu'ils paraissent appartenir à des tiers en raison, notamment, de la possession, de l'inscription au registre foncier, du contenu du titre ou de l'intitulé du compte ou du dépôt bancaire, et ainsi ébranler la présomption contraire que les circonstances extérieures peuvent susciter (ATF 107 III 33 consid. 2 et 3 p. 36). Il n'incombe toutefois pas au juge de l'opposition (art. 278 LP) - et encore moins au juge du séquestre - de trancher de manière définitive la question de la titularité des biens dont est demandé le séquestre, laquelle ressortit exclusivement à la procédure de revendication (art. 106 ss LP; Reeb, Les mesures provisoires dans la procédure de poursuite, in RDS 1997 II 421 ss, 489/490 et les références citées).