Citation: 1P.387/2001 20.06.2001 E. 4

4.- Le recourant conteste également l'existence d'un risque de fuite propre à justifier son maintien en détention. Il sollicite, le cas échéant, sa libération sous caution. a) Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne doit pas s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit et ses contacts avec l'étranger (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Il est sans importance, pour apprécier le risque de fuite, que son extradition puisse être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36/37). Par ailleurs, conformément à l'art. 5 § 3 dernière phrase CEDH, le prévenu a le droit d'être libéré s'il lui est possible de fournir des sûretés propres à garantir sa présence aux débats et, s'il y a lieu, sa soumission au jugement, lorsque l'incarcération n'a plus d'autre justification que le seul risque de fuite. Le montant des sûretés doit alors être apprécié d'après les ressources du prévenu et ses liens avec les personnes appelées à servir, le cas échéant, de cautions: il faut que la perspective de la perte de cette somme agisse sur lui comme un frein suffisant à écarter toute velléité de fuite (cf. arrêts de la CourEDH du 27 juin 1968 dans la cause Neumeister c. Autriche, Série A n° 8, § 14, et du 25 avril 2000 dans la cause Punzelt c. République tchèque, § 86; ATF 105 Ia 186 consid. 4a p. 187). L'autorité peut éventuellement prendre en considération, à l'appui d'un refus de mise en liberté moyennant sûretés, le fait que l'origine de l'argent à verser est inconnue (arrêt de la CourEDH du 26 janvier 1993 dans la cause W. c. Suisse, série A n° 254A, § 33). b) Agé de 26 ans, le recourant est marié et père de deux filles qui vivent en Suisse. Ses parents, sa grand-mère et trois de ses frères et soeurs résident au Kosovo où il a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans, alors qu'un autre de ses frères également impliqué dans la procédure se trouve en Suisse. Il ne parle et ne comprend que très peu le français. De plus, lorsqu'il a été arrêté, il était sans emploi depuis plusieurs mois, ce qui tend à fragiliser les liens, essentiellement familiaux, qui le rattachent à la Suisse. Aussi, l'autorité intimée pouvait sans abuser de son pouvoir d'appréciation déduire de ces circonstances l'existence d'un risque de fuite important. Pour le surplus, le recourant est apparemment sans ressources. La somme de 10'000 fr. ou 20'000 fr. proposée à titre de caution serait versée par des membres de sa famille résidant au Kosovo. En l'absence de toute indication sur la situation financière de la famille et sur l'origine des fonds proposés, il est impossible d'évaluer le montant qui serait, tout à la fois, raisonnablement exigible et apte à écarter le risque de fuite, ou à atténuer ce risque dans une mesure suffisante. Dans ces conditions, le Tribunal d'accusation pouvait, sans violer la garantie de la liberté personnelle, confirmer le rejet de la demande présentée par le recourant et s'abstenir de fixer ou faire fixer un montant supérieur susceptible d'être déposé à titre de sûretés.