Citation: U 153/06 16.08.2006 E. 5.2

5.2.1 En l'occurrence, l'événement en cause n'a pas été décrit de façon détaillée dans la déclaration d'accident du 7 mai 1999, mais par deux médecins qui ont examiné le recourant, les docteurs M.________ et C.________. Alors que le premier nommé a évoqué des douleurs ap-parues après une extension des genoux, le second a relaté les propos de l'assuré comme suit : «W.________ m'a donc déclaré qu'il était en position par terre sur ses deux genoux. Le tronc vertical, portant à bout de bras, au-dessus de sa tête, une fille; dans cette position, il marchait à genoux en tournant. Il a perdu l'équilibre, ses fesses sont parties en avant de même que le tronc, il s'est affaissé en avant et la fille a sauté par terre. Le patient marchait donc sur ses genoux. Il portait sa partenaire et ne s'est pas relevé avec elle au moment où il s'est mis debout, comme cela est décrit dans l'un des documents que j'ai résumés. Il paraît qu'il s'agit d'un exercice qui n'est pas très cou-rant, mais qui se fait de temps en temps et que le patient devait faire pour son spectacle». Devant les juges cantonaux, le recourant a fait, le 23 septembre et le 8 décembre 2005, des dépositions identiques à cette dernière description. 5.2.2 Les pièces du dossier rapportent donc deux versions de l'inci-dent partiellement divergentes, en ce sens que la description donnée par le docteur M.________ fait état d'une posture du corps (extension des genoux) que ne contient pas l'autre version. Ce point n'est toutefois pas déterminant. En effet, il y a de toute façon lieu de retenir que W.________ a ressenti une douleur alors qu'il portait une danseuse au-dessus de sa tête. Que la douleur soit apparue au moment où le danseur se redressait ou tandis qu'il avait perdu l'équilibre n'a pas à être éclairci plus avant puisque, dans l'une et l'autre hypothèses, il était en mouvement alors qu'il était lourdement chargé, ce qui génère un risque de lésion accru. Au regard des principes jurisprudentiels concernant les lésions assimilées à un accident (voir le consid. 3c du jugement entrepris), l'existence d'un événement dommageable extérieur doit par conséquent être admise. Le fait qu'il est fréquent, pour un danseur professionnel, de porter une partenaire, n'y change rien. 5.3 Il s'ensuit que la responsabilité de l'assurance-accidents est engagée pour les suites des lésions que le recourant a subies à ses deux genoux tant que le status quo sine/ante n'est pas atteint. Le recours est bien fondé.