Citation: 7B_122/2023 E. 3.5

3.5. En l'espèce, la cour cantonale a relevé que les versions du recourant et de ses acolytes (B.________ et D.________) s'opposaient à celle du plaignant. Elle a, dans ce contexte, procédé à un examen des propos des prénommés et a évalué leur crédibilité. Elle s'est ainsi livrée à une appréciation des dires des quatre protagonistes, exposant les motifs pour lesquels elle a accordé foi à la version des faits donnée par la victime. En substance, elle a considéré que les explications du plaignant, qui contenaient certes quelques variations, décrivaient précisément les faits et le rôle de chacun des trois protagonistes, sans invraisemblance, certains éléments du récit se recoupant avec les descriptions du recourant et de ses deux comparses (le fait que le plaignant avait été mis à terre, qu'il avait reçu des crachats, que le recourant voulait lui arracher sa sacoche quand il était au sol, qu'il avait reçu un coup de pied, etc.). Le plaignant était resté mesuré et n'avait pas cherché à accabler les auteurs en présentant les faits d'une façon particulièrement défavorable; c'était ainsi qu'il avait toujours dit qu'il lui avait semblé que D.________ avait joué un rôle de pacificateur, sans chercher à l'accuser inutilement; c'était en outre la victime qui avait appelé la police pour se plaindre d'avoir été agressée, ce qu'elle n'aurait sûrement pas fait si elle avait reçu une correction après avoir tenté maladroitement de commettre un vol. L'autorité précédente a précisé qu'elle se représentait mal quel intérêt le plaignant aurait eu, après avoir tenté cet audacieux vol à l'astuce avec si peu de succès, à appeler la police et à déposer une plainte pénale de sa propre initiative, alors qu'en quelque sorte tout était rentré dans l'ordre et que lui-même venait de commettre une infraction pouvant être considérée comme assez grave. Le scénario selon lequel le plaignant - âgé de 16 ans au moment des faits - serait spontanément venu à la rencontre de trois hommes inconnus ayant une vingtaine d'années pour les embrouiller avec une casquette de marque qu'il aurait utilisée comme appât pour détrousser l'un d'eux ou pour lui vendre une contrefaçon en lieu et place d'une pièce authentique, si elle n'était pas d'emblée impossible, ne s'imposait en tout cas pas comme la version la plus évidente à retenir. Selon la cour cantonale, les contradictions du recourant étaient en revanche plus douteuses: devant elle, il avait soutenu pour la première fois que le plaignant avait deux casquettes, dont une qu'il portait sur sa tête, et qu'il avait éprouvé des doutes sur l'authenticité de cet accessoire de mode; la crédibilité du recourant était mise à mal par les contradictions qui subsistaient sur plusieurs points décisifs entre les déclarations des membres du trio. L'autorité précédente a ainsi jugé que les explications du recourant et de ses acolytes ne pouvaient pas être la description fidèle d'une scène vécue, mais bien plus probablement ce qui subsistait d'un scénario élaboré par eux imparfaitement pour les besoins de la cause durant le laps de temps entre l'altercation et leur interpellation par la police. Appréciant ainsi les déclarations de chacun des protagonistes, la cour cantonale est parvenue à la conclusion qu'il fallait préférer la version du plaignant selon laquelle le recourant lui avait couru après, qu'il l'avait mis à terre, puis une fois au sol frappé de concert avec B.________ avant de lui ordonner de lui donner sa sacoche, que le plaignant n'avait pas obtempéré malgré des coups de pied au torse et dans l'abdomen et que l'attaque n'avait pris fin qu'après qu'il lui avait donné 40 fr., en prétendant que c'était tout ce qu'il avait.