Citation: 7B_134/2024 E. A

A.a. B.________ Sàrl a été inscrite le 22 mai 2014 au Registre du commerce de U.________, avec pour but social notamment l'exploitation d'une agence de communication digitale. Depuis sa création, C.________, présidente, ainsi que D.________ et E.________ en étaient les associées gérantes, chacune avec droit de signature individuelle. D.________ et E.________ ont quitté la société respectivement le 7 juillet 2015 et le 2 février 2017. Du 2 février 2017 au 2 décembre 2020, A.________ en a été le directeur, avec signature individuelle. B.________ Sàrl a été radiée le 17 mai 2022 par suite de faillite. A.b. Le 27 juillet 2022, A.________ a déposé plainte pénale auprès du Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) contre C.________ pour gestion fautive (art. 165 CP). Il a expliqué avoir constaté qu'à teneur du bilan pour l'année 2014, B.________ Sàrl était surendettée et qu'aucun avis n'avait été adressé au juge (cf. art 725 al. 2 CO). Il a indiqué être au bénéfice d'un acte de défaut de biens pour une créance totale de 133'045 fr. 34 (créance salariale de 36'365 fr. 87, intérêts en sus par 4'695 fr. 47; prêt en compte courant de 81'240 fr. 66, intérêts en sus par 10'743 fr. 34), laquelle figurait en deuxième classe de l'état de collocation (25 e et dernière position). Par courrier du 22 septembre 2022, A.________ s'est enquis des suites données à sa plainte. Il a également transmis au Ministère public une pièce intitulée "Bilan au 31 décembre 2014 (avec chiffres comparatifs exercice précédent) ", établi le 1er mars 2016 et dans lequel figuraient cependant les éléments pour les années 2014 et 2015. Selon ce document, le total des actifs figurant au bilan de l'année 2014 était de 18'924 fr. 25 (avec au passif une perte d'exercice de 28'273 fr. 62), puis pour l'année 2015 de 21'680 fr. 66 (avec au passif la perte reportée précitée et une perte d'exercice de 13'815 fr. 77); en particulier, y sont mentionnés, en tant que fonds propres, le montant de 16'213 fr. 70 (2015), respectivement 18'290 fr. 04 (2014), libellé "C.________ c/c privé" et celui de 10'000 fr. (2015) libellé "F.F.________ [épouse de G.F.________] c/c privé". A.________ a notamment relevé que le surendettement en 2014 était "manifeste" et qu'il avait plus que doublé en 2015 en raison de charges supplémentaires imputables à la poursuite de l'exploitation. Il a affirmé qu'en l'absence d'une augmentation du capital, les "apports/prêts privés" auraient dû être comptabilisés en tant que "fonds étrangers" et non comme "fonds propres"; le surendettement touchait en premier lieu la société, lui-même comme créancier n'était touché "que par ricochet" et, dès lors que "l'action individuelle était exclue", il agissait "en tant que membre de la communauté des créanciers". Enfin, selon A.________, les bilans 2014-2015 ne faisaient pas partie de la masse en faillite (2016-2021), "ce alors que B.________ Sàrl avait été active « sous cette forme » depuis 2014 et [que] l'administration de la faillite avait renoncé à agir en justice". A.c. Le 10 novembre 2022, C.________, fondatrice de la société en 2014, a été entendue par la police. Elle a notamment expliqué les difficultés d'exploitation liées en particulier à une procédure d'attribution d'un mandat - effectuée avec G.F.________, développeur indépendant -, auxquelles s'était ajoutée la démission de D.________; celle-ci avait finalement renoncé à obtenir les 10'000 fr. sollicités et accepté de percevoir un franc par part; le surendettement des années 2014 et 2015 était lié à son salaire qui n'avait pas été versé, mais comptabilisé; elle était créancière de la société - ignorant cependant de quel montant - et n'avait pas postposé sa créance. Selon l'intéressée, la situation s'était améliorée avec l'obtention d'un mandat en 2016; celui-ci lui avait permis de se rémunérer et d'engager du personnel. Elle a indiqué que la fonction de comptable, exercée par E.________ jusqu'en 2017, avait été reprise par A.________, ami de la famille, lequel avait accepté d'être inscrit au Registre du commerce et avait été nommé directeur; il lui avait été attribué des fonctions administratives liées à la comptabilité et au recrutement (par exemple, préparation des pièces comptables pour la fiduciaire H.________ SA); il avait alors accès à "tout", notamment à un dossier partagé sur lequel figurait la comptabilité, ainsi qu'aux documents papier originaux; lorsque la situation s'était péjorée, A.________ avait proposé d'investir dans la société, son argent devant servir à payer les employés; en contrepartie, ils avaient convenu qu'il aurait davantage de poids dans la société; les "traces" de ces investissements devaient se trouver dans la comptabilité 2019, laquelle ne lui avait toutefois pas été fournie par la fiduciaire; il ne s'agissait pas d'un prêt. C.________ a déclaré que les employés s'étaient ensuite ligués contre elle et que A.________ lui avait demandé de lui céder la société pour un franc symbolique, sous peine de "menace administrative", ce qu'elle avait refusé. Elle avait ensuite licencié du personnel durant le premier trimestre de 2019 avant d'être elle-même en arrêt maladie. Elle a contesté la créance de A.________, estimant qu'il avait la même responsabilité qu'elle. A.d. C.________ a remis à la police le bilan au 31 décembre 2016 de B.________ Sàrl, établi par la fiduciaire H.________ SA à une date indéterminée, sur lequel figurent pour comparaison les chiffres concernant l'exercice 2015. Le montant de 16'213 fr. 70 - relatif à C.________ - était inscrit en tant que fonds étrangers; il en allait de même du montant de 10'000 fr. dû à F.F.________. Selon le rapport de renseignements de la police du 18 novembre 2022, la comptabilité de B.________ Sàrl et les informations transmises faisaient apparaître une situation de surendettement pour les années 2014 et 2015; celle-ci avait persisté pour les années 2016 et 2017 (cf. les bilans et comptes de résultat y relatifs). Ont également été versés au dossier les documents transmis par l'Office des faillites, lesquels concernent les années 2017 et 2018. A.e. Par ordonnance de non-entrée en matière du 20 juillet 2023, le Ministère public a considéré qu'il n'existait pas de soupçon suffisant justifiant l'ouverture d'une instruction pénale. Il a retenu que, selon les bilans produits par A.________ pour les années 2014 et 2015, un avis de surendettement au juge ne s'imposait pas (cf., pour 2014, les actifs [18'924 fr. 25] couvrant les passifs [8'380 fr. 95]); rien ne permettait en outre de retenir que les 18'290 fr. 04 inscrits sous "C.________ c/c privé" devraient être comptabilisés comme des fonds étrangers; même en cas de surendettement pour l'année 2014, il ne s'agissait au demeurant pas d'une négligence grave de la part de C.________, mais en substance d'inexpérience. En revanche, à teneur du bilan 2015 fourni par C.________, la société se trouvait en situation de surendettement au 31 décembre 2015, ce qui impliquait en principe un avis au juge; il pouvait cependant y être renoncé si des mesures tendant à un assainissement concret pouvaient entrer en considération, ce qui avait été le cas (cf. les deux créances détenues par des personnes ayant des participations, la négociation intervenue avec D.________ lors de son départ et le mandat obtenu en 2016; cf. également les possibilités pour C.________ de se verser un salaire et d'engager du personnel qui avaient suivi). Enfin, le Ministère public a relevé que A.________ avait intégré la société en 2017; les états financiers étant disponibles, ce dernier avait donc eu connaissance de la situation financière de la société; cela valait d'autant plus qu'il avait exercé la fonction de directeur jusqu'en décembre 2020 avec notamment des tâches comptables.