Citation: 1C_55/2019 E. 7.3

7.3. L'interprétation du règlement proposée par les recourants ne va pas dans le sens du texte de l'art. 50 RPGA. Cet article, qui règle le principe et le champ d'application des dispositions sur les espaces verts, places de jeux et plantations, dispose notamment que pour toute construction nouvelle, le propriétaire aménage une surface appropriée en espaces verts comprenant, cas échéant, une ou plusieurs places de jeux pour les enfants (al. 1 let. a). Quant à l'art. 55 RPGA, il règle les cas particuliers, respectivement permet à la municipalité de déterminer des conditions d'application différentes lorsque, comme en l'espèce, la surface à disposition du propriétaire s'avère insuffisante pour répondre aux art. 50 ss RPGA. A la lecture de ces dispositions, on ne distingue pas ce qui justifierait que l'art. 55 RPGA ne s'applique pas aux nouvelles constructions. Par ailleurs, les recourants opposent leur propre opinion, sans que l'on ne décèle en quoi la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire, lorsqu'ils affirment qu'elle, respectivement l'autorité municipale, n'étaient pas fondées à effectuer une pesée des intérêts en présence. En effet, aucun des arguments avancés par les prénommés ne permet de remettre en cause la manière dont l'autorité compétente a exercé le pouvoir d'appréciation qui lui est accordé par le règlement communal. Au contraire de ce qu'ils affirment, la " dérogation " accordée ne revient pas à vider de sa substance la réglementation du RPGA; la cour cantonale, qui se réfère de manière convaincante à sa propre jurisprudence ainsi qu'à l'arrêt 1C_95/2015 du 3 juin 2015, prend le soin d'exposer par le détail les motifs qui rendent le cas " particulier " et qui justifient l'application de l'art. 55 RPGA au cas d'espèce. Dans ces conditions, et de manière plus générale, on observe que même si les projets contestés se trouvent en milieu urbain, où il existe souvent un intérêt public à la densification, il conviendra toujours d'examiner de cas en cas si la dérogation est objectivement justifiée par les circonstances, au terme d'une pesée des intérêts en présence (cf. arrêt 1C_320/2010 du 9 février 2011 consid. 3.3). Pour le reste, la pesée des intérêts effectuée par la cour cantonale apparaît défendable; en tous les cas, les recourants ne démontrent pas le contraire. C'est donc sans arbitraire que le Tribunal cantonal a confirmé la décision de la municipalité s'agissant des espaces verts, étant pour le surplus précisé que le fait qu'une autre interprétation du règlement soit aussi envisageable n'implique pas que celle retenue par l'autorité précédente doive être tenue pour arbitraire. Partant, le grief est écarté.