Citation: 5A_799/2008 20.02.2009 E. 2

2.1 La qualité pour former un recours en matière civile suppose que le recourant ait un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée (art. 76 al. 1 let. b LTF; cf. ATF 133 III 421 consid. 1.1 et les références citées). Si le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 133 III 439 consid. 2), il incombe au recourant d'alléguer les faits qu'il considère comme propres à fonder sa qualité pour recourir lorsqu'ils ne ressortent pas à l'évidence de la décision attaquée ou du dossier de la cause (ATF 133 II 249 consid. 1.1, 353 consid. 1, 400 consid. 2 ), de telle sorte que le Tribunal fédéral puisse déterminer en quoi la décision attaquée porte une atteinte à ses intérêts juridiques. 2.2 En l'espèce, les recourantes ne disent mot sur leur qualité pour agir. Elles font valoir, en se fondant implicitement sur les art. 380 et 381 CC qu'elles ont expressément invoqués dans leur recours cantonal, que la mère est mieux placée que quiconque pour s'occuper des intérêts de sa fille. Le Tribunal fédéral a déjà jugé à plusieurs reprises qu'un parent ne dispose d'aucun droit tiré de l'art. 380 CC à être désigné en qualité de tuteur, ni d'aucun droit fondé sur l'art. 381 CC à la nomination d'une personne de son choix; il en va de même de l'incapable dans le cadre de l'art. 381 CC (ATF 118 Ia 229 consid. 2; 117 Ia 506; 107 II 504 consid. 3; 107 Ia 343 consid. 2). La formulation du titre marginal de l'art. 380 CC, qui utilise l'expression de « droit de préférence des parents et du conjoint », ne signifie pas que les parents ou le conjoint disposent d'un droit à être désignés en qualité de tuteur. Ce droit de préférence n'a pas été instauré dans l'intérêt des parents ou du conjoint mais vise un intérêt public plus large, justifié par la protection du pupille. C'est également cet intérêt public qui prévaut dans l'application de l'art. 381 CC. En outre, l'art. 388 al. 2 CC, selon lequel tout intéressé peut former opposition contre une nomination illégale, doit être considéré comme une disposition particulière du droit de la tutelle qui ne saurait conférer la légitimation active pour recourir au Tribunal fédéral dans une cause de nature civile (ATF 117 Ia 506; arrêt 5A_443/2008 du 14 octobre 2008 consid. 2.2), cette légitimation devant être examinée exclusivement au regard de l'art. 76 LTF (ATF 126 I 43 consid. 1a). Il s'ensuit qu'à défaut de légitimation active des recourantes, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur le recours.