Citation: 9C_177/2019 E. 1

En revanche, en retenant que l'expertise pouvait être considérée comme étant toujours valable sur le plan somatique en l'absence d'une aggravation significative avec répercussion sur la capacité de travail, l'autorité cantonale de recours a de manière insoutenable méconnu des moyens de preuve au dossier. Il n'est certes pas arbitraire d'admettre que la capacité de travail d'une personne souffrant d'obésité morbide se trouve améliorée en raison d'une perte importante de poids, lorsqu'un médecin avait attesté précédemment que l'obésité était incapacitante. Cela ne justifiait toutefois pas, en l'espèce, d'écarter l'avis de la doctoresse D.________ et d'ignorer celui du docteur F.________. En effet, malgré le caractère sommaire de sa réponse du 5 juillet 2018, le médecin traitant a attesté une dégradation de l'état de santé (également sur le plan somatique), en raison notamment de douleurs à la nuque liées à une probable arthrose ainsi qu'aux jambes, dues à un oedème chronique, ainsi que d'une fatigabilité accrue, ce qui justifiait une capacité de travail dans une activité adaptée désormais bien inférieure (entre une et trois heures par jour) à celle que les experts avaient retenue en 2010 (cinq heures). Ces constatations médicales justifiaient, aux yeux du médecin du SMR, la mise en oeuvre d'une nouvelle évaluation médicale (avis du 18 juillet 2018), ce dont les premiers juges n'ont pas tenu compte. Par ailleurs, en considérant que les très importants lymphoedèmes n'avaient pas été considérés comme invalidants en 2009 - ce qui permettaient apparemment de les écarter -, la juridiction cantonale n'a pas pris en considération que cette atteinte figurait déjà parmi les diagnostics avec répercussion sur la capacité de travail posés par les experts le 17 février 2010. Elle ne pouvait donc l'ignorer et constater, sans aucun élément médical à l'appui, que les atteintes au niveau des membres inférieurs ne constituaient pas un obstacle à l'exercice d'une activité en position assise.