Citation: 2C_643/2020 E. 5.2

5.2. Sans toutefois faire référence à une quelconque disposition constitutionnelle, la recourante cite brièvement l'arbitraire et sa liberté économique. Elle estime que l'absence d'effet suspensif au recours lui coûte environ 885 fr. par jour durant la procédure. Or, il est hautement douteux que la motivation de la recourante sur ce point remplisse les conditions de l'art. 106 al. 2 LTF (en relation avec l'art. 117 LTF). Quand bien même il faudrait examiner ce grief, force serait de constater qu'une éventuelle restriction de la liberté économique de la recourante réunit les conditions de l'art. 36 Cst. et que l'on ne voit pas où résiderait l'arbitraire dans l'application du droit cantonal. A ce propos, le Tribunal cantonal a tout d'abord rappelé les dispositions légales de procédure cantonale (cf. notamment art. 40 de la loi neuchâteloise du 27 juin 1979 sur la procédure et la juridiction administratives [LPJA/NE; RSN 152.130]) et sa jurisprudence relatives à l'effet suspensif et a mentionné que, lorsqu'un examen prima facie permet de conclure que la première autorité n'a pas manifestement mal évalué des intérêts prépondérants ou préjugé de manière inadmissible le jugement final, il ne se justifie pas de restituer l'effet suspensif. Quant à cet examen, l'autorité précédente a relevé les dispositions cantonales fondant l'éventuelle restriction du droit fondamental de la recourante (contenues en particulier dans la loi neuchâteloise du 28 septembre 2010 sur le financement des établissements médico-sociaux [LFinEMS/NE; RSN 832.30] et dans ses dispositions d'exécution; cf. art. 36 al. 1 Cst.). Elle a par ailleurs également correctement démontré l'existence d'un intérêt public, notamment dans la maîtrise des coûts de la santé au sens large et l'amélioration de l'équité du financement (cf. art. 36 al. 2 Cst.). Finalement, le Tribunal cantonal a jugé que la mesure respectait le principe de proportionnalité, en ce que le système mis en place permettait au canton de réagir de manière flexible à la modification des besoins de couverture sanitaire et de réaliser un grand nombre d'objectifs d'intérêt public (cf. art. 36 al. 3 Cst.). L'examen prima facie de l'issue du recours conduisait ainsi au rejet de celui-ci. En outre, aucun intérêt prépondérant ne justifiait de restituer l'effet suspensif. La motivation de l'autorité précédente convainc entièrement, raison pour laquelle il peut y être renvoyé (art. 109 al. 3 LTF), ce d'autant plus que la recourante ne critique pas réellement cette motivation, ou alors uniquement de manière appellatoire, sans respecter le principe d'allégation. La décision incidente attaquée ne viole donc manifestement pas les droits constitutionnels invoqués par la recourante.