Citation: 5P.64/2000 15.06.2000 E. 2

2.- Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement appliqué les art. 152 et 153 du Code de procédure civile neuchâtelois, du 30 septembre 1991 (CPC neuch.), en mettant à sa charge l'intégralité des frais et dépens d'une procédure dans laquelle il a obtenu entièrement gain de cause. a) Le principe fondamental de la répartition des frais et dépens en procédure civile est que les parties y sont condamnées dans la mesure où elles succombent (Oscar Vogel, Grundriss des Zivilprozessrechts, 6e éd., 1999, n. 24 p. 297; Walther J. Habscheid, Droit judiciaire privé suisse, 2e éd., 1981, p. 296 et 300; Max Guldener, Schweizerisches Zivilprozessrecht, 3e éd., 1979, p. 406; cf. ATF 119 Ia 1 consid. 6b p. 2). Il en va ainsi en procédure civile neuchâteloise: aux termes de l'art. 152 CPC neuch. , tout jugement ou décision condamne la partie qui succombe aux frais et dépens (al. 1). Si les parties succombent partiellement, le juge répartit les frais et les dépens selon son appréciation (al. 2). L'art. 153 CPC neuch. prévoit que la partie qui obtient gain de cause peut être condamnée à tout ou partie des frais et dépens dans trois cas, qui n'entrent pas en ligne de compte ici. Par ailleurs, une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution que celle adoptée par l'autorité cantonale serait possible, voire préférable, mais seulement lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 123 I 1 consid. 4a p. 5 et les arrêts cités). b) En l'espèce, l'autorité cantonale a considéré que les deux demandes avaient été déposées plus de cinq ans après la reconnaissance de Y.________ par X.________ et qu'elles étaient donc périmées, de justes motifs susceptibles de rendre le retard excusable ne pouvant en principe être retenus (cf. art. 260c CC). La cour a toutefois estimé que cette question pouvait rester indécise. Comme la Justice de paix du cercle de Payerne avait jugé qu'il était dans l'intérêt de l'enfant de connaître la vérité au sujet de sa filiation et vu le résultat de l'expertise mise en oeuvre, il y avait lieu de dire que Y.________, qui aurait pu prendre des conclusions reconventionnelles en désaveu de paternité, n'était pas le fils de X.________. L'équité commandait cependant de mettre les frais et dépens à la charge de celui-ci, seule l'attitude de Y.________ ayant permis de considérer les demandes comme recevables. Il appert ainsi que les demandeurs n'ont obtenu gain de cause qu'en raison du comportement de Y.________, bien que celui-ci n'ait pas formellement pris de conclusions reconventionelles.