Citation: 6B_103/2024 E. 2.1

2.1. La cour cantonale a retenu que les déclarations de l'intimée 3 étaient dignes de foi, alors qu'elle a considéré que les explications du recourant étaient dénuées de force probante. Elle s'est fondée sur plusieurs éléments (cf. arrêt attaqué p. 40 ss). Elle a relevé que le récit de l'enfant était très précis et riche en détails (notamment quant à la nature des objets utilisés ou des postures à tenir, l'unique coup de pied au visage, le pliage de la ceinture, la fermeture des rideaux ou des volets, la durée et les causes des punitions), que l'enfant décrivait les douleurs ressenties mais également ses émotions (tristesse, colère, culpabilité et perte d'appétit), ainsi que les conséquences matérielles des coups reçus (traits noirs, parfois sanguinolents, langue coupée). La fillette était demeurée mesurée et constante dans son propos devant ses différents interlocuteurs, maintenant ses allégations malgré le temps écoulé, la perte de sa famille, la culpabilité, la crainte de représailles, son hospitalisation et son placement en foyer. La cour cantonale n'a décelé aucun bénéfice secondaire que l'enfant aurait pu tirer de ses dénonciations, dès lors qu'elle avait déclaré aimer son père et ne pas lui souhaiter d'ennuis. La fillette avait été soumise à une expertise de crédibilité, qui avait conclu à la crédibilité de ses déclarations avec un score particulièrement élevé. Cette expertise soulignait que l'enfant avait su précisément décrire et contextualiser les événements, tout en ayant résisté à plusieurs reprises aux questions directives ou suggestives et admis spontanément ne pas connaître la réponse ou l'avoir oubliée, de sorte qu'elle n'avait pas donné l'impression de vouloir satisfaire à tout prix l'adulte. En outre, aucune forme de pression ou de coercition n'avait été relevée. La cour cantonale a également relevé que l'intimée 3 s'était ouverte des mauvais traitements qu'elle subissait de la part de son père à son amie, puis à sa maîtresse, parce qu'elle "en avait eu marre", entamant ainsi une démarche qui lui était propre. En outre, la cour cantonale a constaté que les photographies et le constat médical faits immédiatement après les premières révélations de l'enfant venaient corroborer ses dires. Il y était constaté des nombreuses lésions compatibles avec les maltraitances décrites. La cour cantonale a ajouté que l'expertise familiale, menée lors de la procédure civile, avait relevé chez l'enfant un état de stress post-traumatique en lien avec les maltraitances subies. Enfin, le fait que sa mère et sa soeur avaient décrit un vécu commun avait achevé de convaincre la cour cantonale de la crédibilité de l'intimée 3, étant précisé que la mère avait confirmé dans une large mesure les châtiments subis par sa fille.