Citation: 6P.19/2006 24.03.2006 E. 6

Le recourant se plaint du refus du sursis. 6.1 Une peine de sept mois d'emprisonnement, par sa nature et sa durée, peut objectivement être assortie du sursis. La seule question est donc de savoir si la condition subjective prévue à l'art. 41 ch. 1 al. 1 CP est réalisée, c'est-à-dire si l'on peut prévoir, en fonction des antécédents et du caractère du recourant, que cette mesure sera de nature à le détourner de commettre d'autres crimes ou délits, c'est-à-dire si un pronostic favorable peut être posé quant à son comportement futur. Pour poser ce pronostic, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que sa décision sur ce point ne sera annulée que si elle repose sur des considérations étrangères à la disposition applicable, si elle ne prend pas en compte les critères découlant de celle-ci ou si elle se révèle à ce point sévère ou clémente que l'on doive conclure à un abus du pouvoir d'appréciation. Pour déterminer si le sursis serait de nature à détourner l'accusé de commettre de nouvelles infractions, le juge doit se livrer à une appréciation d'ensemble de tous les éléments pertinents. Il doit être tenu compte, d'une part, des circonstances de l'acte et, d'autre part, de la situation personnelle de l'auteur. Il n'est pas admissible d'accorder une importance prépondérante à certains des éléments à prendre en considération dans l'application de l'art. 41 ch. 1 al. 1 CP et d'en négliger d'autres, voire de ne pas en tenir compte (ATF 128 IV 193 consid. 3b p. 198 et les références citées). 6.2 Le recourant reproche à la Cour pénale de ne pas avoir pris en compte ses efforts d'abstinence, ni les avis du Dr A.________ et de l'intervenant de la Ligue valaisanne contre la toxicomanie qui font pourtant tous deux mention d'un pronostic favorable. Les juges cantonaux n'ont pas méconnu ces éléments. Ils ont en effet relevé qu'en mai 2005, le recourant avait demandé au Dr A.________ à suivre une cure afin de cesser sa consommation d'héroïne, que ce traitement avait débuté le 27 juin 2005, avec la collaboration d'un intervenant de la Ligue valaisanne contre la toxicomanie et que, depuis, le recourant semblait ne plus consommer, se montrait collaborant et motivé. Ils ont toutefois jugé que cette prise de conscience tardive ne suffisait pas à compenser les éléments les amenant à nier la possibilité d'émettre un pronostic favorable quant au futur comportement du recourant. A cet égard, ils ont relevé, en se basant sur l'expertise, que le risque de récidive du recourant était élevé en raison notamment de la répétition d'actes délictueux, de la présence de troubles psychiques de longue date, en particulier de la personnalité psychotique, de la toxicodépendance, du fait qu'il niait ou banalisait ses difficultés, qu'il se montrait peu entreprenant dans ses traitements (absence de suivi psychiatrique), de l'instabilité professionnelle, de l'absence de partenaire, de la pauvreté des liens affectifs et de l'absence de projet réaliste à long terme. Ses antécédents parlaient également en sa défaveur. En effet, depuis 1991, il n'a cessé de répéter le même type d'actes délictueux peu de temps après avoir purgé les différentes peines prononcées à son encontre. Au vu de ces éléments, il n'y avait aucun abus du pouvoir d'appréciation à considérer que, nonobstant la prise de conscience tardive du recourant sur ses problèmes de dépendance, il n'était pas possible de conclure que l'octroi du sursis suffirait à le détourner de commettre de nouvelles infractions. Le grief est donc rejeté.