Citation: 5A_25/2022 E. 3.2

3.2. Relevant que les parties étaient certes soumises au régime matrimonial de la séparation de biens, le Juge délégué a retenu que l'existence d'une mise en danger sérieuse et actuelle nécessitant la confirmation des mesures prononcées par le premier juge était néanmoins motivée par les difficultés qui risquaient de survenir dans le recouvrement des créances d'entretien auxquelles pourraient vraisemblablement prétendre la recourante et, dans une mesure limitée, les filles de celle-ci. Le recourant avait en effet tout entrepris pour éviter de verser la contribution d'entretien à laquelle il avait été astreint dans le contexte des mesures protectrices de l'union conjugale, cumulant en 2017 des arriérés de pensions de 850'000 fr. et contraignant ainsi son épouse à entreprendre de nombreuses démarches judiciaires pour en obtenir le versement. Il avait cessé toute activité lucrative en 2016 et régulièrement affirmé être dans l'impossibilité de payer l'entretien dû, ce tout en ayant bénéficié, depuis 2015 en tous cas, de très importantes sommes d'argent provenant de réductions annuelles du capital-actions de E.________ SA. Pour ces motifs et à la suite d'une requête de l'intimée, le montant qu'il devait mensuellement à sa famille était désormais versé par la fiduciaire I.________ depuis mai 2019, en sorte qu'il ne pouvait se prévaloir d'un comportement irréprochable depuis lors. A cela s'ajoutait que, depuis plusieurs années, le recourant, qui vivait désormais en Roumanie, ne donnait aucun signe de vie à l'intimée et à sa fille et ne se présentait pas aux audiences en se réfugiant derrière de prétendus problèmes psychiques liés à la procédure alors même que l'on ne discernait chez lui aucune volonté de résoudre le litige matrimonial l'opposant à son épouse. La mauvaise foi de l'intéressé ainsi que sa volonté délibérée de cacher ses sources de revenus ressortaient clairement des décisions rendues depuis 2014 et de la procédure pénale. Les mesures prononcées étaient par ailleurs proportionnées en tant qu'il était d'abord vraisemblable qu'elles ne concernaient qu'une partie de la fortune du recourant. Soulignant que, si la villa familiale pouvait certes, dans une certaine mesure, garantir le paiement des contributions, le magistrat a néanmoins relevé qu'elle servait actuellement de domicile à l'intimée et devait en l'état garantir exclusivement ce droit; quant au blocage des autres éléments, il se justifiait du fait de l'opacité de la situation financière du recourant (difficultés d'évaluer les actions de la société E.________ SA; réductions régulières de capitaux diminuant graduellement la valeur nominale des actions) et en raison des différents prêts qu'il effectuait (notamment en faveur de sa mère ou de H.________), ceux-ci laissant supposer le risque qu'il se départisse réellement ou fictivement de ses actions. Une mise en balance du comportement fuyant du recourant avec le droit présumé de sa famille à d'importantes contributions d'entretien faisait ainsi apparaître la nécessité et le caractère adéquat des mesures prononcées au stade des mesures provisionnelles. Le juge délégué a par ailleurs relevé que les mesures étaient en vigueur depuis plusieurs années, que le versement mensuel de 13'500 fr. hors impôts n'avait pas empêché le recourant de mener grand train et que sa résidence actuelle en Roumanie permettait de présumer que ce dernier montant était amplement suffisant; l'intéressé ne démontrait pas non plus que les mesures imposées paralyseraient de manière néfaste ses activités de gestion de fortune. A cela s'ajoutait que des exceptions aux restrictions de disposer demeuraient envisageables, moyennant accord.