Citation: 6B_1126/2023 E. 9.3

9.3. Chacun des éléments évoqués par la cour cantonale est pertinent pour lui-même. La cour cantonale pouvait en particulier tenir compte du comportement immédiatement postérieur à l'acte, qui était à mettre en relation avec l'homicide et démontrait l'immense froideur affective de la recourante. La recourante objecte que tant l'expertise du 3 septembre 2019 que la motivation de la cour cantonale ("A.________ a avant tout agi pour faire taire D.________, sans réfléchir outre mesure ni forcément avoir un objectif autre que celui de mettre fin à ses pleurs qui l'horripilaient"; cf. arrêt entrepris, consid. 4.4.3) décrivaient un acte impulsif, qui n'était pas compatible avec le qualificatif d'assassinat. Or il sied de rappeler que l'assassinat n'est pas exclu du seul fait que l'auteur a agi sans préméditation, en cédant à une pulsion. De surcroît, dans le cas d'espèce, la dimension émotionnelle dans laquelle pouvait se trouver la recourante au moment du passage à l'acte est insignifiante en comparaison avec les éléments relevés congrûment par la cour cantonale. En d'autres termes, l'égoïsme du mobile et l'atrocité de la façon d'agir dénotent ici une absence particulière de scrupules au sens de l'art. 112 CP, qui relègue à un rang très accessoire les éventuelles émotions que la recourante a pu ressentir. Du reste, l'immense détachement dont la recourante a fait preuve après les faits exclut, en toute hypothèse, une dimension émotionnelle marquée. Ainsi, tenant compte de la conjonction de toutes ces circonstances, dont certaines suffisent isolément à démontrer le mépris le plus complet manifesté par la recourante à l'égard de la vie de cette petite fille, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, considérer que cet homicide constituait un assassinat.