Citation: 6B_143/2022 E. 1.3.2

1.3.2. Au moment d'examiner les facteurs liés à l'auteure elle-même, la cour cantonale a relevé, suivant en cela les conclusions détaillées de l'expertise du Dr E.________, que la recourante présentait lors des faits une responsabilité réduite de manière importante, en lien avec le trouble bipolaire de type I dont elle était atteinte. En substance, selon l'expert, la crainte que ressentait la recourante à l'égard de son époux était du registre pathologique et très proche du délire, à savoir qu'elle était sous l'influence d'une conviction inébranlable. Cette conviction d'être persécutée était conjuguée à une désinhibition pathologique, une impulsivité et une instabilité émotionnelle sous forme dysphorique, éléments qui avaient finalement conduit à l'enchaînement des événements connus, ceci de la fuite vers Lisbonne jusqu'aux faits survenus à U.________. Aussi, si la capacité volitive de la recourante n'avait certes pas été complètement abolie - le souhait de faire passer l'homicide pour un suicide, puis sa fuite, démontrant notamment qu'elle était en mesure d'apprécier le caractère illicite de ses actes -, son comportement avait été largement déterminé par les processus psychopathogiques décrits. Dans ce contexte, devant la diminution de responsabilité importante mise en exergue par l'expertise, la culpabilité très lourde de la recourante devait être ramenée à une culpabilité qualifiée de moyenne. Sur la base de ce constat et compte tenu des éléments évoqués ci-avant, la cour cantonale a tenu pour adéquate une peine privative de liberté de 12 ans.