Citation: 4A_302/2023 E. A

A.a. B.________ SA (ci-après : B.________; l'employeuse) est une société active dans le domaine de la fourniture de services dans le secteur des assurances de la santé. La société collabore avec des agents qui négocient pour elle des contrats d'assurance et reçoivent, en contrepartie, une rémunération sous forme de prime. Cette collaboration peut être directe ou indirecte. Ainsi, l'agent peut conclure une convention directement avec B.________, qui est alors débitrice de la prime ("convention directe"). Alternativement, l'agent peut conclure une convention avec une société intermédiaire, elle-même contractuellement liée à B.________. B.________ rémunère alors la société tierce, qui rémunère elle-même l'agent. Parmi ces sociétés tierces, sont principalement actives les sociétés concurrentes C.________ AG (désormais : D.________ AG; ci-après : D.________) et E.________ AG (ci-après : E.________). Au vu du nombre important d'affaires réalisées par une société tierce, grâce à l'addition de la production de ses courtiers, sa rémunération par B.________ peut être négociée à la hausse et est ainsi plus élevée que celle à laquelle peut prétendre un agent isolé. A.b. Par contrat du 27 avril 2007, B.________ a engagé A.________ (ci-après : l'employé) en qualité de " cadre-sales manager " pour une durée indéterminée, avec une entrée en fonction le 1er août 2007. Celui-ci a été promu le 1er janvier 2016 au poste de " sales manager senior ". Il avait notamment pour tâche de développer les ventes. La rémunération de l'employé se composait d'un salaire de base, de différentes indemnités forfaitaires et d'une prime de performance. Cette dernière était payée sous forme d'acomptes mensuels; son solde était versé en avril de l'année suivante. Il s'ensuit que les certificats de salaire annuels de l'employé incluaient le solde de la prime de performance de l'année précédente. Ainsi, pour l'année 2017, le certificat de salaire de l'employé affichait un montant de 230'451 fr., lequel incluait notamment les acomptes de la prime de performance versés mensuellement en 2017 et le solde de la prime de 2016. Dans l'exécution de son travail, l'employé donnait globalement entière satisfaction. Il manquait toutefois de rigueur dans le volet administratif de son activité. Pour cette raison, un avertissement lui avait été signifié. Le 22 mars 2018, l'employé, accompagné d'un responsable de la société D.________, a rencontré une potentielle nouvelle agente, dénommée F.________. A la question posée par l'employé, de savoir si cette dernière était déjà contractuellement liée à B.________, celle-ci lui a indiqué que la société G.________ Sàrl (aujourd'hui radiée; ci-après : G.________) dont elle était seule associée et gérante, avait récemment conclu un contrat avec B.________, sans toutefois avoir encore produit d'affaires. Il s'agissait d'une convention directe. F.________ a, en outre, précisé qu'en raison de la mauvaise réputation de G.________, elle avait constitué une nouvelle société sous la raison sociale H.________ Sàrl (actuellement en liquidation; ci-après : H.________) dont elle était l'unique employée, aux côtés de sa secrétaire. A cette occasion, l'employé a présenté à l'agente deux options qui auraient mené à faire d'elle, par le biais de H.________, une agente de D.________. Pour B.________, ces options auraient été financièrement désavantageuses par rapport à la même activité, déployée dans le cadre d'une convention directe, sans l'entremise de D.________. Pour D.________, ces options permettaient de recruter une nouvelle agente, par l'entremise de la nouvelle société H.________ créée par celle-ci, sans avoir à résilier la convention existante entre G.________ et B.________. Nantie par F.________ du contenu de l'entretien qu'elle avait eu avec l'employé le 22 mars 2018, E.________, concurrente de D.________, a contacté les supérieurs hiérarchiques de l'employé pour se plaindre du comportement de ce dernier. A.c. Le 27 mars 2018, l'employé a été convoqué à un entretien avec son chef de vente et le directeur des ventes de B.________. A cette occasion, il s'est vu signifier son licenciement pour le 30 septembre 2018 et communiquer le motif de celui-ci, sans pouvoir exposer sa version des faits. B.________ lui a remis pour signature un courrier de résiliation établi d'avance, lequel indiquait que l'employé était libéré de son obligation de travailler durant le délai de congé. La lettre indiquait encore que l'employé avait "non seulement enfreint les règles de travail mais [...] également incité activement des tiers à contourner les règles en place, et ce au détriment des intérêts, notamment financiers du B.________". Sur cette base, l'employeuse retenait une violation grave des obligations de l'employé, qui avait mené à rompre définitivement leur relation de confiance. Par pli du 4 avril 2018, l'employé a contesté le motif invoqué à l'appui de son licenciement, qu'il qualifiait d'abusif. Dans sa réponse du 30 avril 2018, B.________ a précisé la raison du congé, en indiquant que l'employé avait, en mars 2018, expliqué à un agent comment "contourner le système" de B.________ en lui conseillant de ne plus déployer d'activité sur la base d'une convention directe, mais à travers une société tierce. Selon B.________, ce procédé avait pour but "d'augmenter les chiffres d'affaires de cette société, engendrant de facto pour B.________, le paiement d'affaires produites globalement nettement plus cher", ce dont l'employé aurait profité dans sa prime de performance. Contrairement à ce que prétendait l'employeuse, il n'est pas démontré que l'employé aurait tiré un avantage financier des options présentées à F.________.