Citation: 6B_572/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la cour cantonale a partagé la conviction des premiers juges selon laquelle le recourant avait volontairement mis le feu aux locaux du garage qu'il louait. Elle a rappelé que l'autorité inférieure avait d'abord observé que les déclarations du recourant concernant les causes de l'incendie avaient varié, en particulier qu'il avait contesté pour la première fois à l'audience de jugement la cause de l'incendie, alors qu'il avait admis durant l'enquête qu'une étincelle de soudure avait dû entrer en contact avec de l'essence; les premiers juges avaient ensuite considéré que le recourant affirmait vainement avoir ignoré que le véhicule à proximité des travaux de soudure était sujet à des fuites d'essence et que le laps de temps qui s'était écoulé entre les travaux de soudure et le départ du feu était très court. Sur cette base et en raison de la forte probabilité de la réalisation du risque, l'autorité de première instance avait admis que le recourant avait envisagé le résultat dommageable, mais qu'il s'en était accommodé, de sorte qu'il avait intentionnellement causé l'incendie. La cour cantonale a ensuite ajouté que les éléments intentionnels de l'infraction étaient aussi confirmés par l'examen du mobile. En effet, il ressortait de l'enquête et de l'instruction que le recourant était aux abois financièrement, en conflit avec ses bailleurs et, même si les parties avaient transigé devant le tribunal des baux, il conservait une forte rancoeur et ne réglait pas le loyer qu'il s'était pourtant engagé à verser lors de la transaction. En outre, le recourant était, depuis avril 2018, exposé à une requête d'exécution forcée tendant à son évacuation du garage, il avait fait modifier ses couvertures d'assurance - en expliquant que c'était pour tenir compte des travaux de rénovation exécutés depuis le mois de septembre 2017 -, mais avait été incapable de dire pourquoi une couverture additionnelle en cas de perte de revenu, notamment en cas d'incendie, avait été convenue. Lors des débats de première instance, il avait indiqué que les travaux de rénovation avaient été financés par son père qui lui avait remis 150'000 fr., mais il n'avait pas été en mesure de produire le moindre document susceptible d'attester ses dires. Par ailleurs, au cours de la procédure préliminaire, il avait expliqué aux policiers qu'il n'avait pas pu s'acquitter des loyers dus parce qu'il n'avait pas reçu l'aide financière que son père lui avait promise. Selon la cour cantonale, le recourant avait achevé de se décrédibiliser complètement lorsqu'il avait déclaré, aux débats d'appel, que la véritable cause du sinistre serait autre que celle examinée jusqu'alors, soit que le feu serait parti de matières inflammables déposées sur un véhicule Buick stationné à l'intérieur du garage, hypothèse qu'il n'avait pas évoquée auparavant pour des motifs qu'il n'avait pas pu expliquer. La cour cantonale a relevé, comme déjà fait par les premiers juges, que toutes les coïncidences révélées par l'enquête étaient trop nombreuses pour être imputées au hasard et s'expliquaient au contraire par le fait que le recourant avait volontairement provoqué la réalisation du risque assuré en procédant à des travaux de soudure à proximité du garage dans lequel se trouvait le véhicule défectueux, sujet à des fuites d'essence.