Citation: 5A_52/2018 E. 5.3

5.3. L'appel n'a en principe pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC). En vertu de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution des mesures provisionnelles peut toutefois être exceptionnellement suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable. Au surplus, lorsque l'appel paraît d'emblée irrecevable ou manifestement mal fondé, la requête d'effet suspensif doit en principe être rejetée (ATF 138 III 565 consid. 4.3.2). En l'occurrence, il apparaît que le Juge délégué a essentiellement pris en considération, dans son appréciation, l'intérêt de l'enfant qui, en tant que critère pertinent pour l'issue du litige (art. 301a al. 2 let. a et al. 5 CC; ATF 142 III 481 consid. 2.6 à 2.8), a un impact évident sur l'issue prévisible de celui-ci (Hauptsachenprognose). Considérant en définitive, sur cette base et au stade de l'examen de l'effet suspensif, que l'appel de la mère était manifestement mal fondé, il a rejeté la requête d'effet suspensif. Dans les circonstances particulières du cas d'espèce, notamment au regard du fait que le père est seul titulaire de la garde depuis 2009 et qu'il apparaît que l'enfant se sent en sécurité auprès de lui, ce qui n'est pas le cas - selon les constatations de l'arrêt attaqué - auprès de sa mère, cette appréciation des chances de succès de l'appel n'est pas insoutenable. Dans un tel contexte, on ne saurait retenir que le droit à un procès équitable aurait été violé dans la présente procédure, qui a pour seul objet l'examen de l'effet suspensif. En tant que la recourante se plaint de la prise en compte de l'audition de l'enfant dans l'examen de l'intérêt de celui-ci, elle omet, d'une part, que le Juge délégué n'a pas tenu compte uniquement de cette audition - prenant en outre en considération les dires de l'assistante sociale du SPJ, qui allaient dans le même sens - et, d'autre part, que quand bien même C._______ n'aurait pas la capacité de discernement au vu de son âge, son audition peut être prise en compte par le juge en tant qu'élément lui permettant de se faire une idée personnelle et de disposer d'une source de renseignements supplémentaires pour établir l'état de fait et prendre sa décision (arrêts 5A_53/2017 du 23 mars 2017 consid. 4.1; 5A_756/2013 du 9 janvier 2014 consid. 4.1 et les références). Pour le surplus, quand bien même l'enfant se trouverait, de fait, auprès de sa mère depuis le mois d'octobre 2017 - ce qui ne ressort pas de l'arrêt entrepris, sans que la recourante ne qualifie cette omission d'arbitraire (cf. supra consid. 2.2) - il n'est pas non plus insoutenable de considérer que le père demeure son parent de référence, puisqu'il est titulaire de la garde exclusive depuis 2009. En tant que la recourante invoque la violation de l'art. 13 Cst. et de l'art. 8 § 1 CEDH, elle s'en prend en réalité à l'appréciation faite par le Juge délégué de l'intérêt de l'enfant, dont on a déjà relevé qu'elle n'était pas choquante en l'espèce, n'expliquant au demeurant pas, même succinctement, en quoi les dispositions précitées auraient, dans ce contexte, une portée propre par rapport au grief d'arbitraire dans l'application des art. 298 et 315 CPC qu'elle a soulevé. En définitive, au vu de l'ensemble des circonstances, la décision entreprise résiste au grief d'arbitraire (cf. supra consid. 2.3).