Citation: 4C.149/2001 19.12.2001 E. 2

2.- A l'appui de son recours, la défenderesse fait tout d'abord valoir que les demanderesses seraient déchues de leurs droits à la garantie. Les intimées n'auraient ainsi pas contrôlé l'ouvrage lors de sa réception, qui serait intervenue au plus tard le 30 novembre 1990, alors qu'elles avaient un délai de dix jours pour ce faire en vertu de l'art. 8 des conditions générales de l'ASFR. En effet, elles n'avaient formulé aucune réclamation avant le mois de juin 1992. a) Il est constant et non contesté que la défenderesse, qui s'est obligée à l'endroit des demanderesses à exécuter contre rémunération un ouvrage consistant dans la construction et la livraison d'un réservoir de stockage, a conclu avec celles-ci un contrat d'entreprise au sens des art. 363 ss CO. b) De manière à lier le Tribunal fédéral (art. 63 al. 2 OJ), les juges cantonaux ont constaté qu'il n'était pas établi que les défauts constatés pouvaient être décelés lors de la vérification régulière de l'ouvrage. Il a en effet été retenu en fait que le réservoir a pu être utilisé normalement pendant plus d'une année et demie après sa livraison - survenue le 30 novembre 1990, après que la défenderesse a effectué un essai d'étanchéité à l'air - et que les défauts incriminés n'ont pu être constatés qu'à la suite de l'incident du 21 juin 1992, qui s'est matérialisé par une fuite de plusieurs m3 de glycol. Ces constatations mettent un terme au débat sur le grief précité. Seuls les défauts apparents doivent en effet être immédiatement signalés après la livraison. Il s'agit de défauts qui sont constatables au premier coup d'oeil, sans qu'un véritable examen de l'ouvrage soit nécessaire, ou qui peuvent l'être en cas d'exécution correcte du devoir de vérification, les défauts cachés étant ceux qui se manifestent plus tard (arrêt du 5 décembre 1995 publié in SJ 1996 p. 353 consid. 6a p. 355; cf. Peter Gauch, Le contrat d'entreprise, adaptation française par Benoît Carron, n. 2074, 2075 et 2151; Tercier, Les contrats spéciaux, 2e éd., n. 3538 et 3539). A ce propos, l'art. 8 des conditions générales de l'ASFR liant les parties ne s'écarte pas du système légal.