Citation: 2D_48/2019 E. 7.2

7.2. L'arrêt attaqué ne constate pas de faits concernant le moment de la séparation effective du couple et aucun développement juridique concernant l'art. 50 al. 1 let. a LEtr. Cette disposition n'avait du reste pas été invoquée par la recourante devant l'autorité précédente (art. 105 al 2 LTF). Il ressort toutefois de cet arrêt que la convention de mesures protectrices de l'union conjugale d'avril 2016 prévoyait la suspension de la vie commune des époux depuis le 1er mars 2016. Le Conseil d'Etat relève à raison dans sa décision du 6 février 2019, dont l'extrait est cité dans l'arrêt attaqué, que la date de cette séparation est postérieure à la décision de révocation de l'autorisation d'établissement en cause du 26 février 2016. Toutefois, cette autorité, comme le Tribunal cantonal, perdent de vue que celle-ci n'était alors pas encore entrée en force et qu'ils devaient prendre en compte les faits survenus après le prononcé de la décision de première instance (cf. art. 29a Cst. [RS 101]; art. 47 al. 4 et 79 al. 3 LPJA/VS [RS/VS 172.6]; ATF 137 I 235 consid. 2.5 p. 239; 134 V 401 consid. 5.3 p. 403 s.). Au moment de la séparation du couple, si l'on retient que celle-ci est intervenue le 1er mars 2016, l'époux de la recourante disposait encore d'une autorisation d'établissement et celle-ci pouvait donc se prévaloir de l'art. 50 LEtr. La cause doit ainsi être renvoyée au Tribunal cantonal pour qu'il examine si les conditions de cette disposition sont remplies. Il n'appartient en effet pas au Tribunal fédéral de statuer sur ce point en tant qu'autorité judiciaire de première instance. En outre, les présentes circonstances ne permettent pas d'exclure que l'invocation de l'art. 50 LEtr soit constitutif d'un abus de droit. En effet, le dépôt de la requête de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 105 al. 2 LTF), ainsi que la date de suspension de la vie commune retenue dans la convention sur lesdites mesures sont postérieurs à la décision de révocation de l'autorisation du mari. De plus, il ressort également de l'arrêt entrepris que dans un courrier du 11 février 2016, la recourante n'aurait pas laissé entendre que le couple était ou envisageait une séparation. Il incombera donc également à l'autorité précédente d'instruire et d'examiner si la recourante commet un abus de droit en se prévalant de l'art. 50 LEtr.