Citation: U 531/06 23.02.2007 E. 3.3

3.3.1 B.________ était âgé de 15 ans et avait commencé un apprentissage de monteur-électricien, depuis trois mois et demi, lorsqu'il a été victime d'un accident. Il n'a pu entreprendre qu'une année et demi plus tard une nouvelle formation comme dessinateur-électricien, d'abord sous la forme de stages à l'Office régional de réadaptation professionnelle du canton de Vaud (Oriph). Il y a fait preuve de bonnes capacités d'adaptation, de concentration et de mémoire, ainsi que de sérieux, d'esprit d'initiative et de sens des responsabilités. Sa qualité de dessin était bonne, ainsi que sa compréhension des consignes orales et écrites. Il était à l'aise dans la vie du bureau et avait de bons contacts avec ses maîtres et ses camarades. Au terme du premier semestre, qui comportait certes une large part de révision, il a obtenu d'excellents résultats scolaires (arithmétique : 5,8; géométrie : 5,8; métrologie : 5,6; électrotechnique : 5,4; schéma : 5,7; dessin : 4,1). En bref, il a pris un excellent départ dans sa nouvelle formation, cela à tous égards, selon ses maîtres de stage (rapport de stage du 15 novembre 1990 et lettre du 9 janvier 1991 de l'Oriph au Secrétariat AI du canton de Vaud). Il a par la suite mené son apprentissage à terme sans difficulté particulière, hormis un certain ralentissement lors de l'utilisation de la planche à dessin, en raison de son handicap. Immédiatement après l'obtention d'un certificat fédéral de capacité, il a entrepris une formation complémentaire de deux ans pour obtenir un diplôme de technicien ET en informatique industrielle. Il a ensuite suivi un cours de perfectionnement en informatique de réseau, du 18 octobre 1998 au 16 avril 1999, avant de trouver un emploi chez Y.________. 3.3.2 La formation de technicien ET en informatique industrielle est en principe également ouverte aux titulaires d'un certificat fédéral de capacité de monteur-électricien; par ailleurs, plusieurs autres possibilités de formation complémentaires existent (par exemple, un brevet de conseiller électrique ou d'électricien chef de projet, puis une maîtrise fédérale d'installateur-électricien, ou un complément d'apprentissage et un diplôme fédéral de télématicien, selon les informations de l'association cantonale vaudoise des installateurs-électriciens figurant au dossier). A cela s'ajoute que le parcours professionnel de l'assuré après la survenance de l'invalidité dénote d'excellentes compétences, un caractère volontaire et une grande motivation. Le revenu qu'il tire de sa nouvelle profession a augmenté de 30 pour cent en cinq ans, sans que rien n'indique que cette évolution serait due à des circonstances particulières indépendantes de ses qualités professionnelles. On peut admettre que cette évolution témoigne aussi des aptitudes et de l'engagement professionnel dont il a fait preuve, qualités qu'il aurait également pu mettre en valeur s'il avait suivi sa voie de formation initiale. Les premiers juges ont donc admis à juste titre qu'en 2004, l'assuré aurait, sans atteinte à la santé, réalisé un revenu supérieur à celui d'une personne titulaire d'un certificat fédéral de capacité de monteur-électricien âgé de 31 ans, sans autre formation complémentaire. Le revenu hypothétique sans invalidité retenu dans le jugement entrepris, de l'ordre de 80'000 fr., par an n'est donc pas critiquable. 3.4 Autre est la question de savoir si le revenu d'invalide a été correctement évalué. L'employeur déclare que l'assuré aurait réalisé en 2004, sans invalidité, un revenu de 6'000 à 6'200 fr. par mois au lieu de 5'200 fr. Bien que l'assuré soit handicapé lors des déplacements et pour le port de matériel informatique, on peut se demander, en l'absence d'informations plus précises, s'il ne pourrait pas réaliser un salaire plus élevé malgré son atteinte à la santé. Le revenu d'invalide n'a toutefois jamais été remis en cause et la décision sur opposition litigieuse retient que l'assuré présente des limitations physiques qui imposent l'aide de tiers pour des tâches spécifiques. Cela étant, il n'y a pas lieu, en l'absence d'indice contraires et sérieux, de retenir que le salaire effectif ne correspond pas à la capacité de gain réelle de l'assuré.