Citation: 4D_69/2017 E. 6

Selon la jurisprudence, la partie qui succombe à l'issue d'une procédure de recours est d'abord celle qui a pris des conclusions dans cette procédure et qui subit leur rejet (ATF 119 Ia 1 consid. 6b p. 3). Il s'agit aussi de la partie qui n'a pas pris de conclusions, en s'abstenant ou en omettant de procéder, ou en déclarant s'en remettre à justice, si la procédure de recours aboutit à l'annulation ou à la réforme d'une décision que cette partie a sollicitée et obtenue devant l'autorité précédente (ATF 128 II 90 consid. 2b et 2c p. 93; 123 V 156). En revanche, lorsque la procédure de recours aboutit seulement à redresser une erreur que la partie intimée n'a en aucune manière provoquée, et que cette partie ne s'est pas opposée à la correction, ladite partie n'est pas réputée succomber et il ne lui incombe pas d'assumer les frais et dépens de cette procédure (arrêt 5A_932/2016 du 24 juillet 2017, consid. 2.2.4, avec références à de nombreux précédents). Dans la procédure de preuve à futur, les intimés n'ont pas contesté qu'ils dussent assumer les dépens à allouer aux parties citées. Ils n'ont pas réclamé que le dispositif de la décision concernant ces dépens comprît la mention « sous réserve d'une autre répartition dans le procès principal au fond », ni aucune autre mention semblable. Le Président du Tribunal civil a inséré cette mention de sa propre initiative. Devant la Cour d'appel, les intimés ne se sont pas opposés à la correction réclamée par la recourante. Au regard de ces circonstances et de la jurisprudence ci-mentionnée, la Cour a jugé sans violer l'art. 9 Cst. que les intimés ne sont pas « parties succombantes » aux termes de l'art. 106 al. 1 CPC, et qu'ils n'ont donc pas à indemniser la recourante, par le versement de dépens, des frais que celle-ci a exposés pour saisir le Tribunal cantonal.