Citation: 5A_362/2024 E. 6.1.3

6.1.3. La maxime inquisitoire régit la procédure devant les autorités de surveillance (art. 20a al. 2 ch. 2 LP) et leur impose de diriger la procédure, de définir les faits pertinents et les preuves nécessaires, d'ordonner l'administration de ces preuves et de les apprécier d'office. L'autorité doit établir d'elle-même les faits pertinents dans la mesure qu'exige l'application correcte de la loi et ne peut se contenter d'attendre que les parties lui demandent d'instruire ou lui apportent spontanément les preuves idoines (arrêts 5A_764/2019 du 10 mars 2020 consid. 6.1 et les références, non publié in ATF 146 III 303; 5A_43/2019 du 16 août 2019 consid. 4.2). La maxime inquisitoire doit être relativisée par son corollaire, soit le devoir de collaborer des parties. Celui-ci comprend l'obligation d'apporter, dans la mesure où cela est raisonnablement exigible, les preuves commandées par la nature du litige et des faits invoqués (cf. pour les détails, arrêts 5A_253/2015 du 9 juin 2015 consid. 4.1 et les nombreuses références, publié in BlSchK 2016 p. 146; 5A_267/2009 du 5 juin 2009 consid. 2.1 et les références; cf. aussi ATF 148 II 465 consid. 8.3; COMETTA/MÖCKLI, in Basler Kommentar, SchKG I, 3ème éd. 2021, n° 9 ad art. 20a LP), spécialement lorsque la partie saisit dans son propre intérêt les autorités de surveillance ou qu'il s'agit de circonstances qu'elle est la mieux à même de connaître ou qui touchent à sa situation personnelle, surtout lorsqu'elle sort de l'ordinaire (arrêt 5A_764/2019 précité loc. cit. et les références), respectivement qui relèvent de sa sphère d'influence (arrêt 9C_770/2020 du 28 octobre 2021 consid. 5.2.2 et les références). La maxime inquisitoire n'oblige pas le juge à instruire d'office le litige lorsqu'un plaideur renonce à expliquer sa position; en revanche, elle le contraint à interroger les parties et à les informer de leur devoir de collaborer à l'instruction et de fournir des preuves (ATF 141 III 569 consid. 2.3.1 et 2.3.2; 139 III 13 consid. 3.2; 136 III 74 consid. 3.1). Lorsque des motifs objectifs le conduisent à soupçonner que les allégations et offres de preuve d'une partie sont lacunaires, le juge doit inviter cette partie à compléter ses moyens (ATF 139 III 13 consid. 3.2; 136 III 74 consid. 3.1; 125 III 231 consid. 4a).