Citation: 4P.192/2003 10.11.2003 E. 1.2

1.2.1 Devant la Chambre des recours, le recourant s'était employé à démontrer que le jugement de première instance était arbitraire pour avoir retenu les conclusions de l'expertise judiciaire malgré le fait que l'expert connaissait le défendeur depuis une quinzaine d'années, qu'il l'avait côtoyé lors de congrès médicaux et qu'il le tutoyait. L'autorité intimée a écarté les différents griefs articulés par le recourant dans ce cadre-là. Dans son recours de droit public, le demandeur ne soulève aucun moyen en rapport avec le rejet de tels griefs. 1.2.2 Dans une longue argumentation, qui revêt manifestement un caractère appellatoire, le recourant reproche, en substance, à la Chambre des recours d'avoir tenu le résultat de l'expertise pour probant sans motiver son point de vue et, surtout, sans indiquer pour quelle(s) raison(s) il n'y avait pas lieu de tenir compte de la littérature médicale qu'il avait versée au dossier et qui contredisait les conclusions de l'expert quant au type d'intervention à pratiquer pour corriger l'alopécie du patient et au déroulement de l'opération pratiquée par l'intimé. Tel qu'il est présenté, le grief relatif à l'expertise n'apparaît pas fondé. En effet, dans la mesure où le recourant cherche à démontrer que les avis exprimés dans la littérature médicale produite par lui auraient dû être préférés à l'opinion émise par l'expert judiciaire, il argumente comme s'il plaidait devant une cour d'appel qui devrait choisir entre ceux-là et celle-ci. Or, ce qu'il lui fallait établir, dans son recours de droit public, c'est que la Chambre des recours avait considéré à tort que les premiers juges pouvaient retenir les conclusions de l'expert judiciaire sans tomber dans l'arbitraire. Force est de constater, à la lecture du présent recours, qu'une telle démonstration n'a pas été faite. D'autre part et quoi qu'en dise l'intéressé, la Chambre des recours a bien indiqué les raisons pour lesquelles elle considère que la littérature médicale produite par le recourant n'est pas propre à infirmer le résultat de l'expertise judiciaire: elle relève, en premier lieu, que les articles doctrinaux traitent le sujet en général, mais pas l'opération du demandeur en particulier, alors que l'appréciation d'une éventuelle faute médicale dépend de toutes les circonstances du cas concret et de l'examen personnel du patient tel qu'il a été pratiqué par l'expert; au surplus, souligne-t-elle, ces articles ont été dûment sélectionnés par le demandeur à l'appui de sa thèse et rien n'indique qu'ils refléteraient la doctrine unanime, ni même majoritaire, dans le domaine considéré. Or, le recourant ne formule aucune critique, en ce qui concerne la mise en doute, par l'autorité intimée, de la valeur probante de la littérature médicale versée au dossier; il se contente bien plutôt d'opposer à l'opinion de l'expert les avis issus de cette littérature. C'est le lieu d'observer que l'expert, lors de son audition, a été amené à s'expliquer sur les divergences éventuelles pouvant exister entre ses conclusions et les avis exprimés dans la doctrine médicale invoquée par le recourant. Constatant la chose, la Chambre des recours poursuit en ces termes: "il aurait incombé au recourant, s'il estimait que les contradictions entre l'expert et l'avis abstrait de certains auteurs faisaient apparaître le rapport d'expertise comme douteux, de solliciter une nouvelle expertise, ce qu'il n'a pas fait, renonçant par ailleurs sciemment à assumer les frais d'une nouvelle expertise après qu'il a été interpellé lors de l'audience préliminaire complémentaire sur la nécessité de soumettre à l'expertise ses allégués ayant notamment trait à de la littérature médicale (...)". Dans son recours de droit public, le demandeur laisse intact cet argument. Il ne peut donc s'en prendre qu'à lui-même s'il n'a pas utilisé les moyens adéquats qui lui eussent peut-être permis d'infirmer les conclusions du rapport d'expertise judiciaire, étant précisé que la procédure au fond n'était pas régie par la maxime d'office. 1.2.3 S'agissant plus particulièrement de l'utilisation par le défendeur d'une rugine (déf. du petit Robert: "instrument formé d'une plaque d'acier à bords biseautés, sorte de rabot pour racler les os") comme instrument opératoire, le recourant fait grief à la Chambre des recours de n'avoir pas répondu aux arguments qu'il lui avait présentés. Toutefois, outre que l'intéressé s'abstient d'indiquer quels arguments précis il avait soumis à l'autorité intimée, il ressort du consid. 9c de l'arrêt attaqué que celle-ci a rejeté de tels arguments en tant qu'ils prenaient appui sur la littérature médicale produite par le recourant (cf., sur ce point, consid. 1.2.2 ci-dessus). De toute façon, le recourant lui-même ne peut pas affirmer à coup sûr que l'utilisation de l'instrument précité est à l'origine de la section de l'artère temporale et de l'importante hémorragie qui s'en est suivie, puisqu'il affirme seulement que c'est "très vraisemblablement le cas". Quant à l'expert judiciaire, il a évoqué d'autres causes possibles pouvant expliquer cette hémorragie, en excluant que celle-ci résultât d'une faute professionnelle. Sur ce point, il n'y a pas trace d'arbitraire dans l'arrêt attaqué.