Citation: 5A_102/2019 E. 5.3

5.3. Il n'en va pas de même dans la mesure où la cour cantonale a calculé la quote-part supplémentaire due à l'intimé en fonction des excédents des deux parents. Il résulte en effet de l'arrêt entrepris que pour parvenir au montant arrondi de 1'300 fr. qu'elle a ajouté pour déterminer l'entretien convenable de l'enfant, l'autorité précédente a procédé à la moyenne des soldes mensuels de ceux-ci. Elle a ainsi retenu que le père bénéficiait d'un disponible de 15'497 fr. du 1er janvier 2017 au 31 août 2017, de 25'345 fr. du 1er septembre 2017 au 31 décembre 2017 et de 26'191 fr. depuis le 1er janvier 2018, soit en moyenne de 22'485 fr. par mois (539'648 fr. : 24). Quant à la mère, son solde mensuel s'élevait à 4'559 fr. en 2017 et à 4'521 fr. en 2018, d'où un excédent moyen de 4'540 fr. par mois. (108'960 fr. : 24). Il appert ainsi qu'en ajoutant au minimum vital élargi de l'enfant un supplément de 1'300 fr. équivalant, selon les juges précédents, à "environ 5% de l'excédent", ceux-ci ont augmenté la contribution d'entretien d'une part calculée sur le disponible total des parents, d'un montant de 27'025 fr. par mois ([22'485 fr. + 4'540 fr.] : 100 x 5 = 1'351 fr. 25). Or, du moment que l'autorité cantonale a laissé au père la charge d'entretenir l'enfant par des prestations pécuniaires au motif qu'il était le mieux placé économiquement et que, s'agissant de parents non mariés, la mère n'a droit à aucune contribution d'entretien, cette juridiction s'est fondée sur une considération de droit erronée en calculant la quote-part supplémentaire due à l'enfant en fonction des excédents de l'un et l'autre parents. Si la fixation du montant d'une contribution d'entretien selon l'art. 285 al. 1 CC relève, pour une part importante, de l'appréciation du juge du fait (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2; 134 III 577 consid. 4; 107 II 406 consid. 2c), l'autorité cantonale a en l'occurrence violé le droit fédéral en mettant à la charge financière du père la participation de l'enfant au niveau de vie de la mère, laquelle est le parent gardien et n'a pas été condamnée à contribuer à l'entretien de l'enfant en argent. Il en résulte que l'intimé ne saurait bénéficier d'une part des soldes additionnés de ses deux parents en sus de son minimum vital élargi. Il convient dès lors de s'en tenir au solde disponible du recourant pour calculer la part supplémentaire de 5% revenant à l'intimé. Selon les constatations de l'arrêt attaqué, qui ne sont pas contestées, le père dispose en moyenne d'un solde mensuel de 22'485 fr. Par conséquent, la part de 5% revenant à l'enfant se monte à 1'124 fr. 26, soit 1'125 fr. en chiffres ronds, et non pas à 1'300 fr. Dans cette mesure, le moyen doit par conséquent être admis et l'arrêt entrepris réformé sur ce point.