Citation: 6A.61/2003 09.10.2003 E. 2

2.1 Le recourant indique ignorer s'il doit mandater un avocat et produire des justificatifs et ajoute qu'il souhaiterait pouvoir s'expliquer sur sa situation personnelle et professionnelle. Il incombait au recourant de procéder devant le Tribunal fédéral en s'organisant de manière à assurer la défense de ses intérêts dans le respect des exigences légales. Sa remarque pourrait toutefois s'interpréter comme une demande de délai supplémentaire pour compléter son recours. L'acte de recours, rédigé par le recourant personnellement, contient une motivation dont on déduit qu'il s'oppose à la révocation de sa libération conditionnelle pour des motifs liés à son activité professionnelle. Dans cette mesure, le recours contient une motivation suffisamment claire et satisfait aux exigences de l'art. 108 al. 2 OJ. Il convient ainsi d'examiner le grief soulevé sans impartir de délai supplémentaire, l'art. 108 al. 3 OJ ne prévoyant l'octroi d'un tel délai que pour remédier aux obscurités de la motivation, mais non pour compléter une motivation insuffisante (ATF 118 Ib 134 consid. 2 p. 135/136). 2.2 Le recourant affirme qu'il s'occupe d'une entreprise en phase de démarrage et qu'il ne se relèverait ni moralement ni financièrement s'il devait retourner en détention. Il a soulevé une argumentation similaire dans son recours cantonal, observant qu'il avait ouvert sa propre entreprise, qu'il ne pouvait plus se permettre d'aller en prison et qu'en conséquence, il était prêt, "après mûre réflexion", à se soumettre à des contrôles durant une année. La Cour de cassation vaudoise a souligné que le recourant, en particulier dans son courrier du 5 mai 2003, avait exprimé sa lassitude et son refus de toute contrainte relativement aux conditions posées pour sa libération conditionnelle. Elle a relevé que si le recourant s'efforçait de justifier son revirement subséquent par la nécessité de respecter les engagements découlant de son activité professionnelle, il n'avait pas démontré la réalité de ceux-ci. Elle a relevé à ce propos que le deux documents produits par le recourant pour étayer son argumentation, outre qu'ils n'étaient pas pertinents, étaient déjà connus de lui avant son courrier du 5 mai 2003. Elle a ainsi considéré que le recourant voulait n'en faire qu'à sa tête et que même s'il déclarait vouloir se soumettre aux contrôles, il n'était plus digne de confiance. 2.3 L'art. 38 ch. 4 al. 2 CP prévoit que "si, au mépris d'un avertissement formel de l'autorité compétente, le libéré persiste à enfreindre une des règles de conduite à lui imposées, s'il se soustrait obstinément au patronage ou si, de toute autre manière, il trompe la confiance mise en lui, l'autorité compétente ordonnera la réintégration. Dans les cas de peu de gravité, elle pourra y renoncer". Selon cette disposition, la réintégration entre donc en ligne de compte si le libéré, après un avertissement, ne respecte pas les conditions assortissant sa libération (patronage, règle de conduite) ou s'il trompe la confiance mise en lui, cette clause générale impliquant un écart de conduite d'une certaine importance (ATF 127 IV 148 consid. 2b p. 152/153).