Citation: 2P.64/2001 12.07.2001 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 127 III 41 consid. 1a p. 42). a) Le recourant reproche au Tribunal administratif d'avoir appliqué l'art. 11 al. 2 LALAMal, qu'il tient pour contraire à l'art. 65 al. 1 de la loi fédérale du 18 mars 1994 sur l'assurance-maladie (LAMal; RS 832. 10). Implicitement, il invoque donc le principe de la force dérogatoire du droit fédéral. Il soutient également que la disposition cantonale précitée porte atteinte au principe de l'égalité de traitement garanti par la Constitution fédérale. Aux termes de l'art. 11 al. 2 LALAMal, pour les personnes à charges, tels les mineurs, les apprentis, les étudiants, la demande (tendant à la réduction de leurs primes d'assurance-maladie) est présentée au nom des parents ou du représentant légal. Cette disposition a été édictée conformément à l'art. 97 al. 1 LAMal, qui institue une délégation de compétence en faveur des cantons en ce qui concerne les dispositions d'application de l'art. 65 LAMal (réduction des primes d'assurance-maladie). Selon la jurisprudence, les règles cantonales en matière de réduction de primes prises sur la base de l'art. 65 LAMal - dans sa teneur en vigueur, déterminante en l'occurrence, jusqu'au 31 décembre 2000 - constituent du droit cantonal autonome (ATF 125 V 185 consid. 2b). Les griefs invoqués par le recourant en rapport avec l'art. 11 al. 2 LALAMal sont donc recevables seulement dans le cadre d'un recours de droit public au Tribunal fédéral (ATF 125 V 185 consid. 2a et 2b p. 185 et 186). b) Aux termes de l'art. 88 OJ, ont qualité pour recourir les particuliers ou les collectivités lésés par des arrêtés ou décisions qui les concernent personnellement ou qui sont d'une portée générale. Ainsi, selon la jurisprudence, le recours de droit public est ouvert uniquement à celui qui est atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés; est, en revanche, irrecevable le recours formé pour sauvegarder l'intérêt général ou ne visant qu'à préserver des intérêts de fait, tels que des intérêts de nature économique ou financière (ATF 126 I 43 consid. 1a p. 44). Sont des intérêts personnels et juridiquement protégés ceux qui découlent d'une règle de droit fédéral ou cantonal ou directement d'une garantie constitutionnelle spécifique pour autant que les intérêts en cause relèvent du domaine que couvre ce droit fondamental (ATF 126 I 81 consid. 3b p. 85). Le recourant soutient que l'art. 11 al. 2 LALAMal vio-le le principe de la force dérogatoire du droit fédéral lorsqu'il prévoit que les demandes de réduction de primes doivent, pour les personnes à charge tels les apprentis ou les étudiants, être présentées "au nom des parents". Plus précisément, il conteste que le droit d'obtenir une telle réduction soit fonction, pour les assurés qui vivent à la charge de leurs parents, de la situation économique de ces derniers. Il se plaint aussi que l'autorité intimée aurait violé le principe de l'égalité de traitement garanti par l'art. 8 Cst. en appliquant l'art. 11 al. 2 LALAMal. En effet, des étudiants et apprentis n'ayant pas leur domicile dans le canton de Fribourg auraient droit à la réduction des primes indépendamment de la situation économique de leurs parents. Ce que veut le recourant, en réalité, c'est que la Caisse soit tenue d'accorder à ses enfants une réduction des primes d'assurance-maladie, afin de ne pas avoir à supporter lui-même le paiement de celles-ci en sa qualité de débiteur de l'obligation d'entretien des pères et mères prévue aux art. 276 ss CC. Il fait ainsi valoir un intérêt purement économique et de surcroît indirect, mais ne peut se prévaloir d'aucun intérêt personnel et juridiquement protégé au sens de l'art. 88 OJ tel que la jurisprudence l'a interprété. En effet, à supposer qu'on puisse déduire de l'art. 65 al. 1 LAMal, comme le voudrait le recourant, un droit pour ses enfants à obtenir une réduction de leurs primes d'assurance-maladie indépendamment de la situation économique des parents, seuls lesdits enfants bénéficieraient d'un intérêt personnel et juridiquement protégé pour se plaindre d'une inégalité de traitement ou invoquer le principe de la force dérogatoire du droit fédéral. Partant, le recourant n'a pas la qualité pour agir.