Citation: 9C_675/2022 E. 7

L'argumentation des recourants n'est pas fondée. En effet, ils ne démontrent pas qu'en confirmant le jugement du TAPI, la Cour de justice aurait appliqué l'art 15A let. f LPA de manière arbitraire et qu'il existerait un motif de récusation découlant des échanges de courriels entre leur avocat et Me Degni, associé du juge suppléant visé par la demande de récusation. D'abord, contrairement à ce que soutiennent les recourants, la Cour de justice ne s'est pas limitée à un examen de l'aspect subjectif de la récusation. En effet, elle a retenu que le possible rapport d'inimitié, découlant de l'échange de courriels du 23 septembre 2021, concernait l'associé du juge Vecchio et l'avocat des recourants - ce qui n'est nullement contesté par les parties - et qu'ainsi, objectivement, il n'existait pas de motif de récusation. Ensuite, l'influence que pourrait avoir le rapport d'inimitié entre un tiers et un associé lié personnellement et/ou professionnellement au juge suppléant Vecchio ne permet pas de douter de l'impartialité de ce dernier. Dans la mesure où le rapport d'inimitié concerne l'associé du juge suppléant, l'argumentation des recourants ne peut pas être suivie. En effet, il n'y a pas de lien direct entre Me Solari et le juge Vecchio. A cet égard, la jurisprudence citée par les recourants relative aux conflits d'intérêts ne fait qu'étayer la nécessité d'une relation entre le juge suppléant et les parties pour justifier une apparence de prévention (ATF 147 III 89 consid. 4.2.4). U ne apparence de prévention pourrait résulter du fait que l'avocat associé au sein de la même étude que le juge suppléant aurait était lié par un mandat avec l'une des parties au procès (ATF 147 III 89 consid. 4.2.3). Or, de l'aveu même des recourants, le juge Vecchio et son associé n'ont en l'occurrence jamais été liés à eux par un mandat que cela soit de manière ponctuelle ou durable. Le rapport d'inimitié ne concernait que Me Solari et Me Degni dans le cadre d'une procédure opposant d'autres parties que celles en litige dans la présente cause. Enfin, s'agissant du contenu des courriels du 23 septembre 2021, les recourants ne font état d'aucune preuve ou d'élément qui viendrait étayer que le silence du juge suppléant signifierait qu'il approuverait les propos de son associé, de sorte qu'il s'agit uniquement de leur propre point de vue qui ne permet pas de retenir l'existence d'une apparence de prévention. En outre, contrairement à ce que laissent entendre les recourants, le juge Vecchio s'est prononcé sur la demande de récusation déposée à son encontre par courrier du 11 octobre 2021. Il a expliqué qu'il était associé avec Me Degni depuis mars 2012, que lors de l'attribution de la cause en 2018 [recte: 2019], le litige civil dans lequel Me Solari et Me Degni représentaient des parties opposées existait déjà et qu'enfin c'était Me Solari qui avait décidé de le mettre en copie de son échange de courriels avec Me Degni. Même si la prise de position du juge Vecchio ne satisfait pas les recourants, on ne peut suivre ces derniers lorsqu'ils affirment qu'il ne s'est pas déterminé sur le motif de récusation.