Citation: 5A_832/2015 E. 1

Quant à l'exigence de la " bonne foi ", le TPF a retenu que l'intimé " n'a pas pu fournir de pièce attestant de son versement de EUR 5 mios [au recourant] , sa soeur ou leur émissaire "; il " ressort du jugement tunisien qu'il n'aurait obtenu aucun reçu ni reconnaissance de dette en contrepartie du supposé versement, dont il se serait acquitté au surplus en espèces ", et ne possède pas non plus " de pièce bancaire établissant le retrait " de cette somme, car il aurait eu " l'habitude de garder chez lui des montants importants pour les besoins des transactions commerciales qui se faisaient en espèces ". Le TPF a dès lors considéré que ces éléments " ne permettent pas en soi d'établir la vraisemblance du paiement intervenu " ( consid. 4.5.2). Quoi qu'il en soit, même " si les EUR 5 mios devaient effectivement avoir été versés, il s'avère qu'ils l'ont été alors même que [l'intimé] n'avait pas reçu l'accord de principe du Ministère du Tourisme et de l'Artisanat ni l'accord d'autres ministères intéressés pour la réalisation de son projet touristique ", mais " ne s'est appuyé que sur les déclarations [du recourant]"; or, payer en espèces " une somme de EUR 5 mios à une émissaire [du recourant] dans un hôtel à Genève, sans autre vérification, correspond à une attitude qui ne respecte pas les mesures de prudence élémentaire que l'on pouvait attendre de la part [de l'intimé], qui a " échoué à rendre vraisemblable avoir acquis de bonne foi sa créance personnelle " ( ibidem).