Citation: 1P.409/2001 30.08.2001 E. 1

1.- Dès début avril 1993, A.________ a entrepris diverses démarches dans le but de divorcer de son mari B.________. Le 22 de ce mois, une altercation s'est produite entre les époux; le mari a saisi sa femme par le cou et l'a serrée jusqu'à provoquer son évanouissement. Après intervention de la police, une enquête a été ouverte par le Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois Pierre-Henry Knebel, qui a inculpé B.________ de crime manqué de meurtre, éventuellement par passion, ou lésions corporelles. Le même magistrat a également ouvert une enquête contre A.________, sur plainte de son mari, qui lui reprochait d'avoir indûment prélevé plusieurs millions de francs sur des biens qu'il lui avait remis à titre fiduciaire. Le Juge d'instruction a inculpé cette prévenue de gestion déloyale, abus de confiance ou escroquerie, mais il a refusé un séquestre demandé par le plaignant, censé garantir la conservation du produit de l'infraction; sur recours, ce refus a été confirmé par le Tribunal d'accusation du Tribunal cantonal du canton de Vaud. Par la suite, les deux causes pénales furent jointes. Le Président du Tribunal civil du district de Vevey, saisi de la demande en divorce, a ordonné une expertise destinée à élucider les rapports pécuniaires des parties. Par ordonnance du 13 juin 1995, le Juge d'instruction a décidé de suspendre l'enquête pénale jusqu'à l'issue de cette opération.