Citation: 2D_12/2024 E. 1.2.2

1.2.2. En l'occurrence, force est d'emblée de constater que les circonstances du présent cas d'espèce diffèrent sur des points essentiels de celui de l'arrêt de la CourEDH précité. En particulier, il n'est pas contesté que le recourant n'a jamais séjourné légalement en Suisse. Il ne peut donc pas se prévaloir, sous l'angle du droit au respect de la vie privée garanti par l'art. 8 CEDH, de liens qu'il aurait établis avec la Suisse durant ce séjour illégal, et la durée de ce dernier, soit 23 ans, n'a pas de poids déterminant au vu de son caractère illicite (cf. arrêts 2C_1049/2021 du 18 mars 2022 consid. 5.5; 2C_483/2021 du 14 décembre 2021 consid. 8.2; arrêt CourEDH Ghadamian c. Suisse précité, §§ 56 et 61). En outre, le recourant, âgé de 54 ans et donc encore en mesure de s'adapter à un changement de vie, ne remet pas en cause les constatations de l'arrêt attaqué à teneur desquelles il dispose toujours de relations familiales au Kosovo et pourra s'y réintégrer sans difficultés majeures en raison de l'expérience professionnelle acquise en Suisse, et cela malgré ses troubles de la santé, qui n'étaient pas graves et dont il n'établissait pas qu'ils auraient un impact sur sa capacité de travail. Enfin, le recourant ne saurait reprocher aux autorités suisses de ne pas avoir fourni d'efforts pour l'expulser, dans la mesure où la seule décision d'expulsion prise à son encontre depuis son retour en Suisse en 2001 l'a été le 26 septembre 2022 et que celle-ci n'est pas encore entrée en force au vu des recours qu'il a depuis lors interjetés à l'encontre de celle-ci. Quoi qu'il en soit, on ne saurait déduire de l'arrêt Ghadamian c. Suisse que des efforts insuffisants d'un État pour expulser un étranger qui y séjourne illégalement suffisent à eux seuls, comme semble le croire l'intéressé, à lui reconnaître un droit à demeurer dans cet État. On ne voit pour le reste manifestement pas en quoi le recourant pourrait déduire une tolérance de séjour en Suisse du simple fait qu'il a été contrôlé par des gendarmes en 2017 et que ce contrôle - dont on ignore le contexte - n'a donné lieu à aucune conséquence sur sa situation en matière de droit des étrangers. Une telle tolérance ne peut en effet découler que d'une décision portant clairement sur le droit de séjour en Suisse ou, comme l'expose la CourEDH, "de la possibilité d'attendre la décision relative à une demande d'octroi d'un permis de séjour, à un recours contre une telle décision ou à une nouvelle demande de permis de séjour" (cf. arrêt CourEDH Ghadamian c. Suisse précité, § 43). Il découle de ce qui précède que le recourant ne peut tirer aucun argument en sa faveur de l'arrêt de la CourEDH qu'il cite, et plus généralement, ne peut valablement se prévaloir d'un droit de séjourner en Suisse issu du droit au respect de la vie privée garanti par l'art. 8 CEDH.