Citation: 7B_13/2023 E. 3.4

3.4. Tout d'abord, on relève que, pour les raisons exposées ci-dessus (cf. consid. 2.3.1 supra), la cour cantonale n'a pas retenu de manière arbitraire l'utilisation d'armes chargées par les auteurs. Ainsi, c'est en vain que le recourant se fonde sur des éléments de jurisprudence, qui tendraient, selon lui, à démontrer qu'il faudrait être en présence de l'utilisation d'armes chargées pour entrer dans le champ d'application de la notion du caractère particulièrement dangereux du brigandage au sens de l'art. 140 ch. 3 al. 3 CP. Ensuite, le recourant estime qu'en raison de la préoccupation des auteurs à l'égard des victimes et du mode opératoire ne mettant pas sciemment en danger la vie de tiers, la circonstance du caractère particulièrement dangereux ne serait pas non plus réalisée. Cela étant, comme on l'a vu ci-dessus (cf. consid. 3.3 supra), la cour cantonale n'a pas ignoré le fait que les brigands n'avaient voulu blesser personne, en tenant compte des déclarations des victimes allant de ce sens. Cependant, elle a estimé - sans que cela soit remis en cause par le recourant - que l'ensemble des éléments entourant les circonstances du brigandage étaient amplement suffisants pour admettre la réalisation de l'art. 140 ch. 3 al. 3 CP. Or, comme cela sera exposé dans le paragraphe suivant, cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. En tout état de cause, dans la mesure où, selon les constatations de la cour cantonale, aucune des victimes n'a réussi à conserver son activité de convoyeur tant le traumatisme avait été violent (cf. jugement querellé, p. 32), on ne saurait admettre que les auteurs se seraient préoccupés de l'état de leurs victimes. Par conséquent, en soi, l'argument du recourant ne saurait pas non plus être suivi. Le recourant ne conteste pour l'essentiel pas les autres circonstances retenues par l'autorité cantonale pour admettre le caractère particulièrement dangereux du brigandage, à savoir la participation de plusieurs auteurs, la préparation minutieuse et l'importance du butin, mais considère pour sa part que ces seuls éléments ne seraient pas suffisants. Pourtant, selon la jurisprudence, il importe, comme l'a fait l'autorité de jugement, de prendre en considération l'ensemble des circonstances concrètes du cas d'espèce pour qualifier la gravité du brigandage. A cet égard, le cour cantonale a, à juste titre, pris en compte l'implication de pas moins de huit auteurs, lourdement armés, leur professionnalisme, que ce soit dans la préparation minutieuse de l'attaque ou le mode de procéder, la valeur considérable du butin, qui n'a de surcroît pas été retrouvé, ainsi que l'incendie causé par les auteurs au moment de leur fuite. Par ailleurs, elle a, à raison, relevé l'audace et, quoi qu'en dise le recourant, la violence avec laquelle les auteurs ont agi. Si ceux-ci n'ont certes peut-être pas voulu blesser leurs victimes, on ne saurait admettre qu'ils n'ont pas commis leurs actes avec violence. Ils ont en effet forcé le convoi à s'arrêter en le percutant avec plusieurs véhicules, ont contraint une des victimes à sortir de celui-ci, lui ont posé une arme sur la nuque afin de faire pression sur les autres convoyeurs et ont dérobé une arme à feu d'un de ceux-ci, avant de le frapper et de le blesser avec la crosse de cette arme. Au regard de l'ensemble de ces circonstances, il est indéniable que le brigandage commis par le recourant et ses comparses revêt une gravité suffisante pour entrer dans le champ d'application de l'art. 140 ch. 3 al. 3 CP. Le recourant relève encore que le mode opératoire, en particulier l'incendie des véhicules à l'issue du brigandage, ne dénoterait pas une dangerosité particulière, la circonstance aggravante prévue à l'art. 221 al. 2 CP n'ayant pas été retenue par le Ministère public. Cet argument, à la limite de la témérité, d oit être écarté. On se demande en effet comment le recourant peut soutenir que l'incendie intentionnel n'aurait pas mis en danger la vie et l'intégrité corporelle de tiers, alors qu'il a lui-même été blessé de manière importante, parce qu'il a été surpris par l'ampleur soudaine du sinistre. De plus, il importe peu que le Ministère public n'ait pas retenu la circonstance aggravante de l'incendie intentionnel. On ne saurait en effet déduire du fait que la circonstance aggravante de l'art. 221 al. 2 CP, qui porte sur l'intention de mettre en danger la vie ou l'intégrité corporelle des personnes, ne serait pas réalisée - pour des motifs indéterminés - que celle du caractère particulièrement dangereux selon l'art. 140 ch. 3 al. 3 CP ne le serait pas non plus, ces deux notions ne se recoupant pas. Le jugement querellé ne fournit par ailleurs aucune indication sur ce point. Enfin, le recourant n'expose aucun grief en lien avec les extraits des déclarations qu'il a citées dans son recours concernant ses intentions. Au regard de son implication dans le brigandage, dont la préparation des clés pour l'utilisation de plusieurs véhicules utilitaires, au moyen d'un procédé technique, l'élément subjectif intentionnel est incontestable. De plus, le recourant ne revient pas sur le fait que la cour cantonale a retenu qu'il avait agi en qualité de coauteur (cf. jugement querellé, p. 25). Ainsi, le grief doit être rejeté.