Citation: 8C_720/2012 E. 6.2

6.2. Ce point de vue peut être confirmé. Dans un arrêt récent publié aux ATF 138 V 248, le Tribunal fédéral a clarifié sa jurisprudence en matière de tinnitus. En résumé, il a jugé qu'en l'absence de lésion organique spécifique attestée par des investigations réalisées au moyen d'appareils diagnostiques ou d'imagerie à laquelle associer les acouphènes, il y a lieu de qualifier ceux-ci comme étant des symptômes cliniques sans substrat organique. Dans ce cas, l'existence d'un rapport de causalité adéquate entre ces symptômes et l'accident ne peut être admis sans faire l'objet d'un examen particulier comme pour les autres tableaux cliniques sans preuve d'un déficit organique. En l'espèce, plusieurs médecins spécialistes (les docteurs S.________, K.________, II.________ et B.________) ont examiné le status ORL du recourant. Le premier nommé a fait état d'un tympanogramme normal sur toutes les fréquences à trois reprises, dont il a déduit qu'il n'y avait pas d'élément pathologique au niveau cochléaire de nature à expliquer les intolérances au bruit décrites par l'assuré, ni de problème organique véritable (rapport du 1 er décembre 2004). Le second médecin a attribué le tinnitus développé par l'assuré à l'accident du 27 mars 2004; sa motivation se fonde toutefois uniquement sur un déficit des sons à haute fréquence observé au moyen d'un audiogramme (rapport du 20 janvier 2005; voir également celui du 11 décembre 2007 du docteur II.________). Quant à la doctoresse B.________, du COMAI, c'est avant tout en considération de l'anamnèse qu'elle a rattaché les acouphènes de l'assuré à une contusion labyrinthique cochléaire dans le contexte de l'accident du 27 mars 2004 ["En effet, les organes otolithiques, en temps qu'accélomètres linéaires de la tête, peuvent être lésés lors de décélérations brusques."] (rapport du 19 avril 2010). Ces considérations permettent d'aboutir à la conclusion qu'on se trouve en présence de symptômes cliniques sans substrat organique.