Citation: 5C.6/2000 06.04.2000 E. 2

2.- Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir violé l'art. 157 CC. Il prétend en substance qu'il n'existe aucun fait nouveau pouvant justifier une mesure aussi extrême que la modification de l'attribution de l'autorité parentale et de la garde sur les enfants, solution qui revient à séparer les fillettes de leur demi-soeur et à bouleverser leur existence. a) Selon l'art. 157 CC, le juge prend, à la requête de l'un des parents, les mesures commandées par des faits nouveaux concernant la situation des enfants. La Cour de justice a rappelé correctement les conditions nécessaires à l'admission d'une modification de jugement de divorce (cf. notamment ATF 120 II 177 consid. 3a p. 178). L'autorité cantonale a considéré, de manière à lier la cour de céans, qu'à l'époque où le jugement de divorce avait été rendu, l'intimée souffrait de dépression nerveuse en rapport avec cette procédure. Ses problèmes de santé avaient entraîné son hospitalisation d'octobre 1995 à novembre 1996, suivie d'un traitement ambulatoire. Depuis lors, sa situation personnelle s'était profondément modifiée. En effet, elle n'avait plus besoin de soins et avait pleinement recouvré son équilibre psychologique. La Cour de justice a également retenu qu'elle avait des projets professionnels et qu'elle avait mis en place, pour le cas où les enfants lui seraient confiées, un horaire et une organisation satisfaisante pour leur prise en charge pendant ses heures de travail; il était par ailleurs établi qu'un appartement plus grand pourrait être mis à sa disposition par les services compétents. L'autorité cantonale a par ailleurs constaté que la mère avait su regagner la confiance de ses filles et qu'elle s'était montrée ouverte quant à la poursuite de relations suivies entre celles-ci et leur père ainsi que leur demi-soeur. S'agissant du recourant, il a été retenu qu'il ne présentait plus les qualités qui étaient apparemment les siennes au moment du divorce quant à l'éducation et à la prise en charge des deux enfants. Il s'en était en effet en grande partie remis à son aînée Esperança, qui assumait la plupart des travaux ménagers et s'occupait de ses deux soeurs dans une mesure dépassant de beaucoup ce qui pouvait être raisonnablement imposé à une jeune fille de quinze ans. Le fait qu'il soit à nouveau en instance de divorce ne contribuait pas non plus à assurer un minimum de stabilité familiale, dès lors qu'il était possible qu'Esperança fût en fin de compte confiée à sa mère. De plus, il faisait tout pour entraver les relations entre les fillettes et leur mère, ne cessait de discréditer celle-ci et cherchait à maintenir sur les enfants une emprise très malsaine. Les rapports - concordants dans leurs constatations et leurs conclusions - de la curatrice et du Service de protection de la jeunesse étaient à cet égard éloquents. La Cour de justice en a déduit que seule l'intimée était actuellement apte à assurer aux deux filles une éducation et un équilibre suffisants, tout en respectant l'autre parent et en facilitant les relations personnelles entre ce dernier et les enfants. b) On ne saurait, dans ces circonstances, considérer que l'autorité cantonale a fait une application erronée du droit fédéral en admettant que les conditions d'une modification du jugement de divorce étaient remplies, en ce sens que l'autorité parentale et le droit de garde sur les enfants Hardy et Patricia sont retirés à leur père et transférés à leur mère. C'est en vain que le recourant s'efforce de démontrer qu'il n'est pas garanti que l'intimée respecte le droit de visite, ni qu'elle assure aux enfants une réelle prise en charge éducative et une stabilité relationnelle suffisante. Ce faisant, il critique de manière irrecevable l'appréciation des preuves effectuée par l'autorité cantonale et les constatations de fait de l'arrêt entrepris. Il en va de même lorsqu'il affirme qu'en raison de ses antécédents psychiatriques, et bien qu'elle semble aujourd'hui rétablie, l'intimée pourrait à nouveau rencontrer des problèmes semblables.