Citation: 6B_388/2023 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a retenu que les premiers juges s'étaient fondés sur de nombreux éléments probatoires convergents pour retenir que c'était bien le recourant qui avait agressé l'intimé, et non l'inverse, et que c'était bien exclusivement le couteau du recourant qui avait provoqué les lésions thoraciques de celui-ci. A cet égard, il y avait besoin de relever que deux témoins corroboraient les déclarations de la victime, en particulier au sujet de l'agressivité et de l'animosité du recourant, qui portait de nombreux coups à l'intimé, même s'il était exact que, formellement, les témoins n'avaient pas pu distinguer s'il s'agissait de coups de poing ou de couteau. Par ailleurs, il était établi par expertise que c'était exclusivement le couteau du recourant qui avait provoqué les lésions thoraciques subies par l'intimé. A l'audience de première instance, la médecin légiste avait d'ailleurs confirmé, avec clarté et sans réserve, le contenu de son expertise, en précisant que la lame du couteau de l'intimé (couteau bleu) était trop petite par rapport à la taille de la plaie basithoracique pour avoir été à l'origine de cette lésion. La cour cantonale a donc retenu, sur la base de l'avis d'expert, que la largeur des déchirures des tissus telle que relevée par la police scientifique n'infirmait en rien le fait que c'était bien le couteau du recourant qui avait servi à causer la lésion thoracique de l'intimé. L'expertise privée dont se prévalait le recourant ne saurait infirmer l'expertise judiciaire. En effet, elle émanait d'un médecin qui n'avait jamais examiné l'intimé, pas plus qu'il n'avait disposé des couteaux saisis sur les lieux ou des spécimens des textiles portés par l'intimé lors des faits. Selon la cour cantonale, il s'agissait donc d'un avis établi sur pièces uniquement, qui plus est à la requête d'une partie. Ces éléments affaiblissaient sa force probante. Cela suffisait à ce que ce rapport cède le pas à l'expertise des Drs J.________ et K.________. Par surabondance, la cour cantonale a considéré que le Dr L.________ ne réfutait pas véritablement l'avis des experts judiciaires quant au rapport entre la largeur respective de la plaie et de la lame du couteau rouge-rose, mais se limitait à une constatation de principe selon laquelle "[d]e manière générale, les plaies par arme blanche provoquées par des instruments piquants et tranchants présentent des bords nets et dont la profondeur dans le corps peut être identique, inférieure, voire supérieure à la longueur de la lame" et que "c'est le cas notamment au niveau de la paroi thoracique abdominale, en raison de son élasticité". La cour cantonale a considéré que de telles généralités n'étaient pas de nature à infirmer l'avis des experts. On ne discernait d'ailleurs pas comment l'intimé se serait infligé ces lésions avec son propre couteau et le recourant ne l'expliquait pas. En outre, l'intimé était en possession de son couteau comme outil de travail, qu'il utilisait sur le chantier avec une pince à tube. Il n'était donc pas en possession d'un couteau pour se battre. Qui plus est, à l'audience de première instance, il avait expliqué clairement avoir lâché son instrument au moment de l'agression et avoir alors sauté de l'échelle sur laquelle il se trouvait. A l'inverse, si le recourant niait avoir porté des coups de couteau à l'intimé, il admettait en revanche l'avoir frappé dans un second temps avec une barre de fer. Il ne contestait ainsi pas sa condamnation pour lésions corporelles simples qualifiées à raison de ces derniers faits. Enfin, l'un des témoins, soit F.________, avait entendu le recourant menacer de mort l'intimé et avait confirmé que le recourant avait bien en main le couteau au manche rouge. Le rapprochement de ces faits convergents établissait à satisfaction de droit que le recourant avait également fait usage de son couteau pour agresser l'intimé. C'était donc sans violation de la présomption d'innocence que le tribunal criminel avait retenu que c'était le recourant qui avait attaqué l'intimé au moyen d'un couteau en le blessant au thorax et en le menaçant de mort et, dans un second temps, en l'agressant au moyen d'une barre de fer.