Citation: H 233/00 13.02.2001 E. 3

3.- a) Le jugement entrepris expose correctement les dispositions légales et la jurisprudence applicables en matière de responsabilité de l'employeur et des organes de celui-ci (art. 52 LAVS), de sorte qu'il suffit d'y renvoyer. b) Les premiers juges ont constaté, de manière à lier la Cour de céans (cf. supra consid. 2), que dès sa fondation en juin 1994 ou, au plus tard dès 1995, D.________ SA a connu des difficultés financières qui ont amené P.________, en sa qualité de président du conseil d'administration et de responsable de la gestion de la société, à prendre la décision de retarder le paiement des cotisations sociales au profit d'autres créanciers sociaux tels les salariés ou les fournisseurs. Ils ont également retenu que, malgré les sacrifices financiers consentis par P.________ (en particulier la renonciation à son salaire), la situation financière de la société n'a cessé de péricliter en 1995 et en 1996 au point d'entraîner la mise en faillite de celle-ci en juin 1997. De ces faits, ils ont inféré que P.________ avait commis une négligence grave, voire une faute intentionnelle, en décidant de remettre le paiement des cotisations sociales à des jours meilleurs. Au vu des circonstances, singulièrement de l'importance des cotisations sociales en souffrance (1 000 000 fr. au jour de la faillite), ils ont en effet considéré que le recourant ne disposait pas de raisons sérieuses lui permettant de penser, au moment où il a pris la décision de différer le paiement des cotisations sociales, que les difficultés de la société n'étaient que passagères et que l'arriéré de cotisations pourrait être remboursé dans un délai raisonnable. Pour l'essentiel, le recourant soutient que la faillite de la société a été causée par un manque soudain et imprévisible de liquidités, et n'est donc pas à mettre sur le compte d'un défaut de vigilance de sa part. c) Il est établi, ainsi qu'on l'a vu, que les cotisations sociales n'ont plus été régulièrement payées dès 1995, et cela jusqu'à la faillite de la société en juin 1997, soit durant près de deux ans et demi. Cette seule constatation suffit à se convaincre, au degré de la vraisemblance prépondérante, que la faillite de D.________ SA résulte, ainsi que l'on retenu les premiers juges, de l'endettement croissant de la société dès 1995, et non d'un manque de liquidités qui aurait été, comme voudrait le faire admettre le recourant, aussi soudain que passager. Au reste, les multiples causes que celui-ci met en avant pour se disculper (mauvaise conjoncture, grosses pertes financières à la suite de la faillite de plusieurs clients importants, défaillances répétées de M.________...) indiquent bien que la faillite de la société n'est rien d'autre que l'aboutissement d'un relativement long et inexorable processus d'endettement. En laissant s'accumuler les cotisations impayées sur une période aussi prolongée, le recourant a donc bel et bien continué l'exploitation d'une entreprise hasardeuse, financée sans droit, indirectement et en partie par l'assurance sociale (cf. ATF 108 V 197). Partant, il répond, en vertu de l'art. 52 LAVS, du dommage subi par la caisse intimée dans la faillite de la société. Au demeurant, le recourant ne rend pas vraisemblable, comme l'exige la jurisprudence pour admettre l'existence d'un motif excusable, qu'il aurait eu des raisons objectives et sérieuses de retarder le paiement des cotisations afin de maintenir la société en vie le temps que celle-ci se sorte d'une passe délicate. A cet égard, le fait qu'il ait personnellement consenti de grands sacrifices financiers (renonciation au salaire, investissements personnels importants dans la société, cautionnements en faveur de celle-ci) atteste tout au plus que, subjectivement, il croyait à la reprise des affaires et au redressement de la société; ce fait n'établit toutefois en rien qu'il avait, au moment où il a pris la décision de différer le paiement des cotisations sociales, des raisons suffisantes de penser que la société pourrait rembourser celles-ci dans un délai raisonnable (cf. ATF 108 V 188; RCC 1992 p. 261 consid. 4b). Sa négligence apparaît d'ailleurs d'autant plus grave que les cotisations n'ont plus été payées durant une période relativement longue (pour compar. RCC 1996 p. 228 ss). Le recours est mal fondé.