Citation: 1C_650/2022 E. 4.1.2

4.1.2. En l'espèce la durée du retrait correspond au minimum légal prévu en cas d'infraction grave (art. 16c al. 2 let. a LCR). Cette durée est en principe incompressible, ce qui découle de l'art. 16 al. 3 LCR (cf. ANDRÉ BUSSY ET AL., Code suisse de la circulation routière commenté, 4 e éd. 2015, n. 4 i.i ad art. 16 LCR; voir également arrêt 1C_190/2018 du 21 août 2018 consid. 4.1), que le recourant invoque ainsi en vain. Si le recourant se prévaut certes à ce stade du laps de temps entre l'accident et le prononcé de la mesure administrative, il ne soutient en revanche pas en tant que tel que la durée de la procédure pénale contreviendrait au principe de célérité; outre qu'il ne s'en est pas plaint au cours de cette procédure, il ne pointe céans pas non plus d'éventuels manquements ou vices qui l'auraient affectée. Que le recourant ait dû procédé jusqu'en appel pour que ne soit finalement plus retenue - à l'exclusion des autres chefs de prévention initialement retenus - que l'entrave aux mesures de constatation de l'incapacité de conduire (art. 91a LCR) ne démontre pas l'existence d'un retard injustifié affectant la procédure pénale ni n'enlève à l'infraction commise son caractère grave au sens de la loi (art. 16c al. 2 let. a LCR); il est au demeurant rappelé que, de manière générale, les parties doivent se laisser imputer les retards de procédure découlant de l'exercice de leurs droits procéduraux (cf. arrêt 1C_150/2021 du 3 novembre 2021 et la référence). S'agissant ensuite de la procédure administrative, celle-ci a été menée sans retard après le jugement d'appel du 5 avril 2021: la commission administrative a rendu sa décision cinq mois après son entrée en force, le 18 octobre 2021. Avec le Tribunal cantonal, il y a d'ailleurs lieu de constater que la durée de la procédure jusqu'à la décision administrative est de cinq ans, durée qui ne dépasse pas les limites temporelles exposées au gré de la jurisprudence (cf. notamment arrêts 1C_150/2021 du 3 novembre 2021 consid. 3.3; 1C_208/2019 du 2 octobre 2019 consid. 2.2; 1C_190/2018 du 21 août 2018 consid. 5.1). A cela s'ajoute que, durant cet intervalle, le recourant n'a pas été un conducteur irréprochable puisqu'il a commis en 2019 un excès de vitesse sur l'autoroute (129 km/h au lieu de 100 km/h) lui ayant valu un avertissement. La mesure de retrait litigieuse conserve ainsi son caractère éducatif, respectivement dissuasif. Le recourant se prévaut à cet égard en vain de ce que cette infraction ultérieure n'a pas été considérée comme une récidive; cela tient uniquement au fait que le retrait ici discuté ne pouvait par définition avoir été exécuté, empêchant que le délai de récidive commence à courir et que s'applique la cascade de sanctions des art. 16a-c LCR (cf. ATF 136 II 447 consid. 5.3); aussi le recourant ne saurait-il déduire de cette absence de récidive - au sens technique - qu'il aurait subi avec succès une période d'essai annihilant tout effet éducatif ou dissuasif de la mesure litigieuse commandant d'y renoncer. Il s'ensuit que non seulement le principe de la célérité n'a pas été violé, à tout le moins pas gravement (cf. arrêt 1C_190/2018 du 21 août 2018 consid. 5.1) au point de justifier une renonciation à la mesure litigieuse, mais encore que celle-ci conserve toute son actualité, singulièrement ses atouts éducatifs et dissuasifs; il n'y a dès lors pas lieu de revenir sur celle-ci, encore moins sur sa durée - trois mois -, limitée au minimum légal incompressible (art. 16c al. 2 let. a LCR).