Citation: 1P.337/2001 09.07.2001 E. 2

2.- Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'application des art. 3 al. 1, 26 et 37 al. 3 de la loi du 14 mai 1998 fixant le tarif des frais et dépens devant les autorités judiciaires ou administratives (LTar). La cause n'était pas simple puisque le propriétaire s'était fondé sur des renseignements erronés de la commune pour accepter, lors de la précédente révision du plan, le classement de sa parcelle en zone d'équipements d'intérêt public. Les intérêts économiques importants auraient été méconnus: le classement contesté aurait entraîné un préjudice de 500'000 à800'000 fr. Le montant de 1000 fr. correspondrait à moins de quatre heures de travail à 240 fr. (selon le tarif de l'Ordre des avocats), durée manifestement insuffisante pour recevoir le client, prendre connaissance du dossier, préparer le recours, étudier les déterminations des autorités et y répondre, participer à une vision locale de deux heures et rédiger une dizaine de lettres. La cour cantonale aurait aussi fait fi de la situation financière du recourant, alors que celle-ci ressortait du dossier. Dans une affaire pénale, le Tribunal fédéral avait estimé que 130 fr. de l'heure était une rémunération insuffisante, alors que l'indemnité accordée en l'espèce correspondrait à un tarif de 75 fr. de l'heure. a) Selon la jurisprudence, la partie qui obtient gain de cause dans une procédure civile ou administrative ne dispose pas d'un droit constitutionnel à l'allocation de dépens (ATF 104 Ia 9 consid. 1 p. 10). En dehors des cas d'assistance judiciaire, le refus des dépens à une partie ne l'empêche pas de procéder jusqu'à la décision finale: cela n'équivaut donc pas à un déni de justice formel. L'art. 29 Cst. ne consacre pas davantage un droit à l'allocation de dépens (cf. Message du Conseil fédéral relatif à une nouvelle Constitution fédérale, FF 1997 I 183-184). Quant à l'art. 6 CEDH qui garantit un procès équitable, les parties ne peuvent pas en tirer un droit à l'allocation d'une indemnité pour leurs frais de défense. b) C'est donc sur la seule base du droit cantonal que la décision contestée peut être examinée. Cet examen est limité à l'arbitraire, soit à la méconnaissance grave d'une norme ou d'un principe juridique clair et indiscuté, heurtant de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que lorsque celle-ci est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que la motivation soit insoutenable, encore faut-il qu'elle apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170).