Citation: 1C_160/2021 E. 6.2

6.2. En l'espèce, les recourants contestent le dépôt de la liste "PDC - PBD, Le Centre" pour le second tour de l'élection complémentaire, au motif que le PDC-GE et Delphine Bachmann n'auraient pas participé au premier tour de ladite élection. Ils avancent en particulier que les statuts du PBD-GE ne permettraient pas de présenter un candidat qui n'est pas membre du parti. A l'instar de la Cour de justice, il y a lieu de relever que la LEDP permet à un candidat qui n'a pas participé au premier tour d'une élection majoritaire de prendre part au second tour de celle-ci, ce qui résulte de l'art. 54 al. 2 LEDP. En effet, l'art. 54 al. 2 LEDP prévoit que pour le second tour des élections au système majoritaire, seuls les liens d'intérêts des nouveaux candidats sont publiés une fois dans la FAO, au plus tard dix jours avant la date du second tour. L'expression "nouveaux candidats" se réfère aux candidats qui n'ont pas pris part au premier tour. Une telle possibilité offerte à un candidat n'est du reste pas contraire à la liberté de vote, tout comme celle d'un candidat qui souhaiterait se retirer à l'issue du premier tour ou se verrait évincé par un jeu d'alliance: les scrutins du premier et du deuxième tour constituent des opérations électorales distinctes, indépendantes l'une de l'autre, et les électeurs demeurent libres de donner leur voix au candidat de leur choix. Quant au fait que le PDC-GE n'a pas participé au premier tour du scrutin, la Cour de justice a considéré à bon droit qu'il n'était pas décisif, dès lors que le PDC-GE n'avait déposé aucune liste propre pour le second tour et qu'il avait fait porter sa candidate sur une liste ayant pris part au premier tour, dont le mandataire et son remplaçant, à savoir respectivement Yann Testa et Géraldine Riat étaient restés les mêmes lors du second tour. Même en l'absence de soutien du PDC-GE au PBD-GE lors du premier tour, rien n'empêchait ces deux partis de s'allier en vue du deuxième tour, un tel jeu d'alliance ayant au demeurant été recherché par le législateur lorsqu'il a adopté la teneur actuelle de l'art. 100 al. 2 LEDP. Pour les mêmes motifs, l'on ne saurait y voir une manière de fausser la volonté des citoyens, voire des signataires de la liste "PBD Genève", qui ne sont jamais à l'abri de la conclusion d'alliances entre les deux tours. S'agissant enfin de la dénomination de la liste "PDC - PBD, Le Centre" pour le second tour, la cour cantonale a retenu à juste titre que la volonté des citoyens ne se trouvait pas non plus faussée, dès lors que l'art. 100 al. 2 LEDP ne posait pas l'exigence d'une dénomination identique d'une liste pour les deux tours d'une élection majoritaire contrairement à la deuxième phrase prévue à l'origine à cet alinéa 2; cela ressortait en outre des travaux législatifs ayant conduit à l'adoption de cette disposition. Ce nom de liste ne prête pas non plus à confusion, puisqu'il indique l'alliance entre les deux partis pour le scrutin en cause, étant précisé qu'au plan fédéral, ces deux entités ont également fusionné sous la dénomination "Le Centre" et qu'ils forment d'ailleurs un unique groupe parlementaire à l'Assemblée fédérale. Le fait qu'une telle fusion n'ait pas eu lieu au plan des sections cantonales de ces partis n'y change rien, pas plus que l'adjonction "Le Centre" dans le nom de ladite liste. À cela s'ajoute que, dans le cadre du système majoritaire dans lequel la personnalité des candidats tient une place importante, les électeurs portent leur voix en priorité sur une personne à élire, avant d'opter pour un parti, l'intitulé d'une liste n'ayant pas nécessairement une importance déterminante à cet égard.