Citation: 1P.483/2000 05.10.2000 E. 2

2.- a) Selon la jurisprudence, une constatation de fait n'est pas arbitraire pour la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle de l'accusé; encore faut-il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable, en contradiction flagrante avec la situation effective, qu'elle constitue la violation d'une règle de droit ou d'un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 117 Ia 133 consid. 2c p. 39, 292 consid. 3a p. 294). Saisi d'un recours de droit public ayant trait à l'appréciation des preuves, le Tribunal fédéral examine seulement si le juge cantonal a outrepassé son pouvoir d'appréciation et établi les faits de manière arbitraire (ATF 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30, et les arrêts cités). b) En l'espèce, il n'y a pas lieu d'examiner si la Chambre pénale a fait preuve d'arbitraire en tenant pour manifeste, sur la base des déclarations concordantes du motocycliste, de sa passagère et de l'agent de police chargé de recueillir les déclarations des différents protagonistes après l'accident, que le recourant circulait sur la partie gauche de la voie réservée aux transports publics, dès lors que ce fait était formellement contesté et ne ressortait par ailleurs d'aucun autre élément du dossier. En effet, pour qu'une décision soit annulée pour arbitraire, il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168 et les arrêts cités). Or, dans le cas particulier, le recourant se savait suivi par le motocycliste roulant également sans droit sur la voie réservée aux bus; il aurait ainsi dû prendre les précautions nécessaires avant de se déplacer vers la droite, indépendamment de sa position réelle sur la chaussée, ceci d'autant plus qu'il ne pouvait pas exclure que le motocycliste allait se comporter de manière incorrecte, ce qui a effectivement été le cas. Dans ces conditions, l'arrêt de la Chambre pénale n'est pas arbitraire dans son résultat, ce qui suffit pour rejeter le recours.