Citation: 5A_859/2014 E. 1

Durant la nuit du 9 février 2006, C.________ a également été admise pour des angoisses à l'Hôpital W.________, dont elle est ressortie le lendemain matin. Entre le 3 avril et le 18 mai 2006, C.________ a été hospitalisée dans le département de psychiatrie de V.________, à la Clinique Y.________, pour un trouble délirant persistant. A sa sortie, E.________, son épouse H.________, et ses deux filles, F.________ et I.________, se sont installés chez elle. C.________ a été hospitalisée à la Clinique C.________ du 7 au 28 juillet 2006 en raison d'une altération de son état général. Durant son séjour, des troubles dépressifs récurrents et des délires de persécution persistants ont été diagnostiqués. En raison d'une dégradation de son état général de santé, C.________ a finalement été admise le 17 décembre 2006 à l'Hôpital Z.________, où elle est décédée le 3 janvier 2007. A.d. Le 11 mai 2006, alors que C.________ séjournait à la Clinique Y.________, le Dr L.________ a adressé un courrier au Tribunal tutélaire du canton de Genève, l'informant que l'état de santé de C.________ ne lui permettait pas d'assurer la gestion de ses biens et qu'elle était susceptible par moment d'être influencée par des tiers, de sorte qu'elle recommandait l'instauration d'une mesure de curatelle non volontaire. C.________ ne disposait pas de la capacité de discernement suffisante pour être entendue. Par ordonnance du 29 mai 2006, le Tribunal tutélaire du canton de Genève a institué une curatelle combinée au sens des art. 392 ch. 1 et 393 ch. 2 aCC. A.e. De son vivant, C.________ avait établi différents testaments olographes ainsi que d'autres documents: A.e.a. Selon le testament olographe daté du 23 mai 1993 et signé " C.________ ", H.________ était instituée seule héritière. A.e.b. A teneur du testament olographe daté du 15 avril 2000 et signé " C.________ ", toutes les dispositions testamentaires antérieures étaient révoquées et I.________ était désignée comme héritière unique. A.e.c. Le 20 septembre 2000, C.________ a remis à Me M.________, notaire, un document rédigé de sa main et signé par elle et les époux E.________, intitulé " Pacte ", à la teneur suivante: " Connaissant Monsieur et Madame E.________ depuis de nombreuses années, avec lesquels nous sommes en grande amitié, nous avons décidé de former une famille, car il est inutile de dire que je suis seule. Je suis la marraine de 3 des enfants et pour l'aînée la mamie qui lui manque. J'ai toujours aidé les enfants à prendre le bon chemin et aujourd'hui ils sont pour moi comme mes propres enfants. M. E.________ entretiendra la propriété et le jardin. Il s'engage à refaire le mur limitant la propriété et les quelques travaux qu'il jugera nécessaires, je lui fais une entière confiance. De Madame E.________ et des enfants, je ne parlerai pas, connaissant l'affection qu'ils ont pour moi. Ils ont déjà prévu chez eux une place pour moi lorsque je ne pourrai plus rester seule et se réjouissent de ma venue. Ils s'engagent tous à ne pas me laisser aller dans une pension pour personnes âgées. Je leur suis reconnaissante et tâcherai d'être à la hauteur. Ce pacte est valable pour autant que l'une des parties ne le dénonce. " A.e.d. D'après le testament olographe daté du 5 décembre 2003, signé " C.________ " et rédigé sous les auspices de Me N.________, notaire, toutes les dispositions testamentaires antérieures étaient révoquées. A.e.e. Aux termes du testament olographe daté du 16 novembre 2004 et signé " C.________ ", les dispositions testamentaires antérieures étaient révoquées et O.________, avec laquelle la testatrice avait lié connaissance en 2002, était instituée héritière unique. Le texte du testament commençait par la formule " Je soussignée, Mademoiselle C.________ (...) ". Le document a été rédigé par C.________ sur la base d'un projet que lui avait soumis Me P.________, notaire, que l'intéressée était venue consulter. Sur le conseil de celui-ci, elle avait recopié chez elle le projet proposé et l'avait ensuite transmis au notaire par l'intermédiaire de O.________. A.e.f. Le 1er mars 2005, C.________ a rédigé en présence de Me K.________, notaire, un testament olographe par lequel elle révoquait tous les testaments antérieurs, commençant de la manière suivante : " Je soussignée, Mademoiselle C.________ (...) " et étant signé " C.________ ". Selon le notaire, le document avait été rédigé dans l'urgence, la testatrice hésitant encore sur les héritiers qu'elle voulait instituer et souhaitant réfléchir avant de faire un nouveau testament. Elle avait mentionné d'instituer une amie ou des cousines ou encore une " bonne oeuvre ". C.________ a revu K.________ le 7 avril 2005 et lui a fait part de son souhait de faire un avant-projet de testament. A cette occasion, elle réfléchissait à instituer la Croix-Rouge internationale ou Médecins sans frontière ou l'Église Protestante de Genève ou encore ses cousines. A.e.g. Le 14 mars 2006, C.________ a déposé auprès de K.________ un testament olographe, daté du 28 février 2006, dont la teneur était la suivante: " TESTAMENT Je soussignée, Madame C.________, originaire de Q.________, née le *** 1909 à Q.________, domiciliée ***. Je désire faire mon testament ainsi qu'il suit: Je révoque toute disposition antérieure. J'institue comme unique héritier Monsieur A.________, né à Q.________ le *** 1982, habitant ***. Je lui lègue tous mes biens, la maison. J'ajoute qu'aucune personne de ma famille ne peut hériter de moi. Fait à Q.________ le 28 février 2006 Maime [sic] C.________ " C.________ a déposé le même jour chez le notaire un document dactylographié intitulé " convention ", daté du 28 février 2006, à la teneur suivante: " Connaissant la famille E.________ depuis 1981 avec laquelle je suis en amité [sic], nous avons décidé de former une famille, puisque je suis seule. Je suis la marraine des 4 enfants. Aujourd'hui, ils sont pour moi comme mes enfants. Je souhaite dès ce jour ne plus habiter seule. De ce fait je garde une place chez moi pour la famille E.________ et elle de son côté en garde une pour moi chez elle. La famille E.________ s'engage à m'aider dans toutes les tâches qui me sont nécessaires, car ils ne souhaitent pas me laisser aller dans un E.M.S. Je leur en suis très reconnaissante et tâcherai d'être à la hauteur. " Cette convention porte la signature " C.________ ", ainsi que celles de A.________, I.________, J.________ et F.________. Cette dernière a déclaré qu'elle avait dactylographié ce document selon les indications de C.________ qui l'avait corrigé. Me K.________ a remis à C.________ le formulaire des directives anticipées que l'intéressée lui a retourné par la Poste, dûment rempli de sa main et daté du 29 mars 2006, selon lequel elle souhaitait notamment, si un représentant légal devait être désigné, qu'il s'agisse de A.________ ou, à défaut, de J.________ (mandat pour cause d'inaptitude) et habiter chez A.________ si elle devait emménager dans un nouveau lieu de vie. A.f. Le 31 mars 2006, le répondeur automatique de l'Étude de Me K.________ a enregistré un appel de C.________ indiquant être séquestrée dans une grange. A.g. Le 10 juin 2006, faisant suite à l'ordonnance du 29 mai 2006 lui désignant un curateur, C.________ a adressé au Tribunal un courrier rédigé de sa main et signé " C.________ " dans lequel elle indiquait: " (...) je désire vous dire que déjà avant mon hospitalisation à Belle Idée, mes filleuls et moi avons fait une convention. Ils se sont engagés à m'aider dans cette tâche qui me serait nécessaires (sic). Nous vivons ensemble depuis ma sortie de l'hôpital et tout va pour le mieux. De ce fait, je ne souhaite aucune aide proposée par l'état. Mais toutefois je devais être au service d'un curateur, Monsieur A, mon filleul, la personne souhaitée, une personne en qui j'ai entière confiance. Deplus (sic) sachez que je connais la famille E.________ depuis 1981 et m'on (sic) aidé dans toutes mes tâches, par reconnaissance j'ai écri (sic) un testament que j'ai remis chez Maître K.________ pour mon filleul ". A.h. Selon le rapport final de la curatrice de C.________, celle-ci disposait, au jour de son décès le 3 janvier 2007, de biens estimés à 721'557 fr. L'intéressée n'était pas endettée.