Citation: 4C.283/2005 18.01.2006 E. 2.2

2.2.1 En l'occurrence, la cour cantonale a, en relation avec la prétention en réparation du tort moral, retenu que la lésion corporelle subie par le demandeur lors de l'accident a nécessité trois interventions chirurgicales et entraîné une incapacité de travail, totale puis partielle, d'un peu plus de neuf mois. Elle a toutefois arrêté que le demandeur n'a pas allégué avoir subi des douleurs physiques particulièrement intenses, ni même fourni de précisions sur l'ampleur de ses souffrances morales et de ses angoisses. Par ailleurs, le demandeur n'a nullement prouvé avoir subi des séquelles durablement invalidantes, se contentant d'évoquer des douleurs provenant de "son nerf" et des souvenirs de l'accident surgissant lorsqu'il conduit son véhicule "le soir". L'instance cantonale a même précisé que le demandeur aurait eu la possibilité de déposer des moyens de preuve, tel qu'un avis médical, permettant d'établir l'existence et l'ampleur de ses souffrances. Elle a en outre indiqué qu'aucune allégation n'avait été avancée au sujet tant de la durée que du caractère éprouvant, voire fatigant, des trois hospitalisations subies, soulignant par ailleurs que le seul avis médical versé en cause paraissait faire état d'un processus de guérison se déroulant normalement. Dans la mesure où le demandeur n'a pas allégué, et encore moins établi - même sous l'angle de la vraisemblance -, les éléments de faits que l'on pouvait attendre de lui pour fonder sa prétention, notamment l'existence de souffrances d'une gravité particulière ou une atteinte à la personnalité se manifestant par des incidences définitives sur son état de santé, on ne voit pas que l'on puisse reprocher à la cour cantonale de ne pas avoir fait application de l'art. 42 al. 2 CO. En effet, les juges cantonaux ont, sur la base d'une appréciation des preuves - non valablement remise en cause dans le cadre du recours de droit public, déposé parallèlement au présent recours -, refusé d'admettre les prétentions du demandeur en réparation du tort moral, faute d'éléments probants se rapportant à la survenance du préjudice. Par conséquent, les critiques formulées à ce propos ne sont pas recevables dans un recours en réforme. 2.2.2 En ce qui concerne le dommage matériel, la cour cantonale a également refusé de faire application de l'art. 42 al. 2 CO; elle n'a pas considéré comme établi l'existence et l'ampleur du dommage invoqué, soit le nombre de trajets aller-retour Vouvry-Monthey et le coût que ceux-ci ont occasionné au demandeur, précisant que l'établissement d'une telle preuve pouvait être raisonnablement exigé. Elle a noté que, même s'il apparaît que le demandeur a consulté le Dr Y.________ à douze reprises, elle ignorait le nombre de déplacements accompagnés du demandeur chez le docteur en question. La cour cantonale a également relevé qu'aucun élément du dossier ne permettait, d'une part, de retenir l'effet bénéfique des visites effectuées à l'hôpital par l'épouse du demandeur et, d'autre part, d'estimer le temps que celle-ci lui a effectivement consacré par le biais de soins à domicile. Sur le vu de ces constatations résultant d'une appréciation des preuves, qui a résisté au grief d'arbitraire soulevé dans le recours de droit public et qui, partant, lie la Cour de céans, il ne se justifie - à nouveau - pas d'entrer en matière sur le moyen soulevé par le demandeur.