Citation: 7B_22/2022 E. 1.3.6

1.3.6. Le recourant soulève enfin un grief en relation avec "son exposition prolongée au froid et la privation de ses habits chauds" (grief n° 5). Il soutient qu'en le privant de vêtements décents de rechange au profit d'une simple combinaison en plastique alors qu'il avait dû entièrement se déshabiller, les policiers l'auraient traité de manière dégradante. Il ressort de l'ordonnance querellée qu'après que le recourant a dû se déshabiller complètement - ses vêtements étant saisis pour les besoins de l'enquête -, il avait quitté l'hôpital vers 9h30 dans une combinaison de protection en plastique, que ses données signalétiques avaient été prises à l'Hôtel de police, puis que vers 10h00, il avait regagné la prison où il avait aussitôt reçu de nouveaux habits, soit un training complet comprenant une veste et un pantalon ainsi qu'une paire de schlaps. Il était établi que les locaux étaient chauffés et que la voiture l'était également ou pouvait à tout le moins l'être facilement. Au vu de ces circonstances, le recourant ne rend pas vraisemblable que l'exposition au froid dont il se prévaut aurait comporté un caractère dégradant. Cette situation ne présente en tout état pas une intensité suffisante. A titre de comparaison, la CourEDH a retenu un traitement inhumain et dégradant dans le cas d'une personne gravement handicapée détenue dans des conditions où elle souffrait dangereusement du froid, risquait d'avoir des lésions cutanées en raison de la dureté ou de l'inaccessibilité de son lit et ne pouvait que très difficilement aller aux toilettes et se laver (arrêt CourEDH, Price c. Royaume-Uni du 10 juillet 2001 [requête n° 33394/96] § 30).