Citation: 6B_800/2022 E. 2.5.1

2.5.1. En cours d'enquête, la procureure a ordonné une expertise sexologique en vue de déterminer l'incidence du caractère érotique du shooting sur la capacité de résistance de K.________. Il ressort de l'expertise sexologique de la psychologue L.________ du 5 décembre 2018 et de son complément du 13 mai 2019 ce qui suit: " Pour un regard non spécialisé en psychotraumatologie, la plaignante semble avoir tout loisir de repousser fermement le prévenu, de crier ou de quitter le shooting (selon le rapport de police, la porte pouvait être déverrouillée de l'intérieur et le prévenu ne l'aurait probablement pas empêchée de partir). En réalité, l'état de dissociation psychique dans lequel est plongée la plaignante l'empêche de réagir, elle est figée, déconnectée, la "biche apeurée devant les phares d'une voiture", selon la métaphore fréquemment utilisée en psychotraumatologie pour illustrer la réaction de sidération. En état de dissociation psychique, le cerveau est saturé neurobiologiquement par une sécrétion d'adrénaline et de cortisol qui compromet toute réaction adaptée et toute forme d'analyse rationnelle de la situation. En observant minutieusement les différentes séquences de la vidéo, on peut identifier chez la plaignante certains marqueurs de dissociation psychique tels que: le ralentissement psychomoteur, le regard inexpressif et figé (dirigé fixement vers le haut), sa respiration thoracique superficielle, l'apparition de sourires immotivés, une pratique masturbatoire robotisée et inverse à la latéralisation de son cerveau (utilisation fréquente de sa main droite au lieu de sa main gauche), une impression de déconnexion de la réalité comme si la plaignante était spectatrice de la situation. "