Citation: 7B_889/2023 E. 4.3.7

4.3.7. La recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir procédé à des déductions arbitraires. 4.3.7.1. Premièrement, la recourante fait valoir que les juges cantonaux auraient implicitement admis qu'elle aurait dit à l'intimé, avant l'acte litigieux, "Fais-moi ce que tu veux" ou "Fais ce que tu veux", alors qu'elle aurait elle-même contesté avoir prononcé cette phrase à l'intéressé. Elle considère dès lors que le raisonnement de la cour cantonale, essentiellement fondé sur le prononcé de cette déclaration, serait insoutenable. Elle précise qu'elle lui aurait simplement dit "Non, y'a pas moyen". Sur ce point, l'autorité cantonale a relevé que la Procureure n'avait pas retenu l'allégation de l'intimé selon laquelle la recourante lui aurait dit "Fais-moi" ou "Fais ce que tu veux", de sorte que l'argument de cette dernière, qui soutenait que ce passage aurait été retenu contre elle, était mal fondé. Contrairement à ce qu'expose la recourante, on ne voit pas que la juridiction cantonale aurait retenu cette allégation contre elle, même implicitement, puisqu'elle a uniquement exposé cette phrase en reprenant les propos tenus par l'intimé. Pour le surplus, il est erroné d'affirmer que la recourante aurait dit, à la place de "Fais-moi" ou "Fais ce que tu veux", "Non y'a pas moyen", dès lors que cette expression fait suite, comme l'a relevé la recourante dans sa plainte, à la proposition initiale de l'intimé d'entretenir un rapport sexuel anal et non au rapport litigieux, qui est survenu dans un second temps (cf., pour le détail, consid. 4.3.2.2; arrêt querellé, p. 2). Le grief de la recourante doit donc être rejeté. 4.3.7.2. Deuxièmement, la recourante fait valoir que le raisonnement de l'autorité cantonale, lorsqu'elle a retenu, comme preuve de l'innocence de l'intimé, que celui-ci n'avait pas adopté l'attitude d'une personne ayant conscience d'avoir commis une atteinte à l'intégrité sexuelle et avait pleuré avec elle lorsqu'elle lui avait dit qu'il l'avait violée, serait arbitraire. Elle considère qu'il ne pourrait rien être déduit des remords ou des excuses de l'intimé, en particulier pas une quelconque démonstration de son innocence. À cet égard, la juridiction cantonale a retenu que, dès le lendemain des faits, l'intimé n'avait pas adopté l'attitude d'une personne ayant conscience d'avoir commis une atteinte à l'intégrité sexuelle, qu'il n'avait pas compris la situation et avait également semblé perturbé, qu'il s'était excusé, qu'il avait montré de l'empathie et du soutien dans ses messages, certes parfois maladroitement, et qu'il s'était finalement engagé dans un processus de médiation (cf. arrêt querellé, p. 29). Or, quoi qu'en dise la recourante, un tel comportement, s'il ne permet certes pas à lui seul d'apporter la preuve de l'innocence de l'intimé, peut constituer une circonstance externe qui peut être prise en compte, à titre d'indice, afin d'en déduire, comme dans le cas présent, l'absence de l'élément subjectif intentionnel (cf. consid. 4.2.3 supra). La prise en compte du comportement de l'intimé dans le sens de la juridiction cantonale ne saurait dans tous les cas être qualifiée d'arbitraire. Ce grief doit donc également être écarté.