Citation: 4A_412/2021 E. 15.3

15.3. La première période ciblée par le recourant s'étend du dépôt de la dernière écriture (il vise probablement la duplique sur demande reconventionnelle du 24 avril 2017) jusqu'à l'audience finale du 3 juillet 2019. On ne discerne pas quel retard excessif pourrait être reproché à la Chambre patrimoniale; du reste, le recourant se garde d'entrer dans les détails en pointant des moments précis durant lesquels cette autorité aurait fait montre d'une lenteur déraisonnable. Les deux parties ont voulu compléter leur procédure, ce qui est leur droit le plus strict, mais génère logiquement du retard. Les délais d'attente pour obtenir l'audience finale apparaissent conformes à la marche ordinaire d'un tribunal, sachant à quel point il peut être difficile de trouver une date convenant à tous les intervenants, avocats compris. Subsiste le délai pris pour rédiger la décision motivée. Le recourant a attendu quelques jours avant de déposer une requête en ce sens le 17 juillet 2019, conformément à l'art. 239 al. 2 CPC. A compter de ce moment, un délai de 10 mois s'est écoulé. Il peut apparaître relativement long au regard de l'affaire qui était soumise aux juges, d'autant qu'à ce moment-là, ils avaient déjà dû développer le raisonnement juridique sous-tendant la décision rendue. Il ne restait plus, pour ainsi dire, qu'à le coucher sur le papier et à l'étayer de références. Ceci dit, il faut garder à l'esprit la nature patrimoniale du litige, régi par la maxime de disposition. Le recourant était déjà fixé sur son sort; il ne s'est enquis à aucun moment de l'avancement de la rédaction, ni n'a fait état d'une urgence quelconque. Il déplore devoir payer davantage d'intérêts moratoires à cause de ce retard et souhaiterait en être dispensé. Il avait toutefois la possibilité de s'acquitter du montant en émettant des réserves, ce qu'il s'est refusé à faire jusqu'à ce stade, où il a encore sollicité vainement l'effet suspensif. On concédera qu'un paiement "anticipé" est peu habituel. Mais le recourant pouvait aussi retirer quelque avantage en retenant le capital dû. Enfin, on conçoit que le justiciable soit réticent à relancer une autorité; il ne saurait cependant postuler que le tribunal en prendra ombrage et le sanctionnera, d'autant moins qu'il était ici représenté par des hommes de loi. Tout bien considéré, à l'aune des circonstances précises et des principes rappelés ci-dessus, le délai peut encore être qualifié de raisonnable ou d'approprié ( angemessen). Le recourant ne se plaint pas d'autres lenteurs dans les différentes étapes procédurales, ce qui met un terme à la discussion. En conclusion Le dernier grief portant sur une prétendue violation du principe de célérité doit être rejeté, et avec lui le recours dans son ensemble.