Citation: 5A_445/2014 E. 2.2

2.2. En l'espèce, l'autorité cantonale a notamment considéré que, parmi les éléments nouveaux invoqués par le mari, les mouvements de compte mentionnés dans le décompte d'intérêts au 31 décembre 2013 relatif à la maison familiale (pièce 103) ainsi que les intérêts hypothécaires dus pour le chalet des époux (pièce 107) auraient pu être allégués en première instance. En outre, le contrat de prêt hypothécaire du 15 décembre 2013 relatif au chalet (pièce 106) aurait pu être produit antérieurement au prononcé du 13 janvier 2014. Ces pièces ne pouvaient dès lors être prises en considération. Les débits indiqués dans la pièce 103 sont datés des 29 mars 2013 (2'170 fr.), 28 juin 2013 (2'058 fr.), 30 septembre 2013 (2'016 fr.) et 31 décembre 2013 (1'960 fr.). Le recourant soutient que seul ce dernier montant ne figurait pas dans le décompte produit le 13 novembre 2013, cette échéance hypothécaire étant postérieure à la clôture des débats de première instance. Il n'expose cependant pas pour quelle raison il aurait été empêché d'alléguer, à tout le moins dans son procédé écrit du 16 décembre 2013- soit dans le délai fixé aux parties par le juge de première instance pour déposer des déterminations valant plaidoiries -, qu'il y avait lieu de tenir compte d'une baisse des intérêts hypothécaires en question pour les mois d'octobre, novembre et décembre 2013, ni pourquoi il n'a pas demandé un délai pour produire des pièces à ce sujet. Le Juge délégué ne peut dès lors se voir reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire sur ce point. Au demeurant, le montant des intérêts litigieux variant de trimestre en trimestre, comme l'indique le recourant, il n'était de toute façon pas insoutenable de considérer, à l'instar de l'autorité cantonale, qu'il n'y avait pas lieu de revenir, au stade des mesures protectrices, sur le montant calculé de manière fidèle aux pièces dont disposait le premier juge, montant qui était au demeurant très proche de celui invoqué par le mari. Quant aux intérêts hypothécaires dus pour le chalet, le recourant affirme que leur montant ne lui était pas connu avant le dernier échange d'écritures des parties, fixé au 16 décembre 2013, le contrat de prêt relatif à cet immeuble (pièce 106) ayant été conclu la veille et le «crédit-facture» attestant dudit montant (pièce 107) datant du 31 décembre 2013. A supposer qu'il n'ait pas encore eu connaissance de la somme exacte qui devrait être payée à ce titre, il ne pouvait cependant ignorer, au plus tard le 16 décembre 2013 - le contrat y relatif étant daté du 15 décembre précédent - l'existence même de cette charge. Or, quand bien même il ne disposait pas encore de toutes les pièces nécessaires pour étayer son allégation, la diligence commandait d'invoquer ladite charge devant la Présidente du Tribunal d'arrondissement, ce que le recourant ne prétend pas avoir fait. Il ne ressort d'ailleurs ni de l'arrêt déféré, ni du prononcé de première instance qu'une telle allégation ait été formulée. On ne saurait ainsi reprocher au Juge délégué d'avoir appliqué l'art. 317 al. 1 CPC de manière insoutenable en estimant qu'il n'y avait pas lieu de prendre les pièces litigieuses en considération. Le sort de ce grief scelle également, et dans le même sens, celui de la violation du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), qui se révèle mal fondé. Le magistrat précédent n'avait donc pas à apprécier le contenu de ces pièces et, contrairement à ce que soutient le recourant, il ne pouvait à cet égard faire preuve d'arbitraire (art. 9 Cst.).