Citation: 4C.345/2003 11.01.2005 E. A

A.a B.________ et C.________ ont constitué, à Z.________, une écurie de compétition de chevaux d'obstacles provenant de France, Belgique, Allemagne et Suisse. En 1995, B.________ (le demandeur) a acheté le cheval "X.________", né en février 1988; selon les dépositions de E.________, alors entraîneur de ladite écurie de courses, et D.________, instructeur d'équitation, le prix d'achat du cheval s'est élevé à 250'000 fr. L'intention de B.________ était de monter lui-même l'étalon et de le présenter dans des concours d'obstacles, au vu du palmarès qu'il avait acquis comme jeune équidé. Dès le 13 janvier 1996, B.________ a chargé A.________ (le défendeur), qui est titulaire depuis décembre 1979 d'un diplôme fédéral de médecin-vétérinaire, de s'occuper du suivi vétérinaire des huit chevaux se trouvant alors dans son écurie. A.________ devait ainsi visiter hebdomadairement les chevaux de l'écurie, mettre à jour les documents d'identité exigés pour leur participation à des compétitions, procéder à des vaccinations annuelles contre la grippe équine, contrôler l'alimentation et l'hygiène prodiguées et donner un avis quant à la préparation physique des chevaux à la compétition. A.b Le 19 janvier 1996, A.________ a procédé à une vaccination trivalente sur chacun des chevaux de l'écurie, dont "X.________"; elle a consisté à l'injection par voie intramusculaire d'un vaccin combiné contre la grippe équine et le tétanos et d'un vaccin anti-rabique. Cette première série de vaccinations n'a entraîné aucune réaction chez les chevaux. Le 7 février 1996, A.________ a pratiqué sur "X.________" et trois autres chevaux une vaccination de rappel grippe/tétanos au moyen du vaccin Nobi-Equenza T. Dès le matin du 8 février 1996, une réaction locale au niveau de l'encolure s'est développée chez "X.________". Venu le soigner le même jour à la mi-journée, puis dans la soirée, le défendeur a constaté que le cheval était dans l'incapacité de marcher, la douleur intense de l'encolure irradiant vers les jambes; il a alors posé le diagnostic de "tuméfaction musculaire aseptique de type anaphylactique tardif". A.________ s'est encore rendu auprès du cheval les 9, 10 et 11 février 1996. Pendant tous ces jours, le cheval se grattait constamment aux parois de son box. Le 11 février 1996, A.________ a déclaré par téléphone à B.________ que le col de la maladie était passé; il ne s'est pas rendu dans les écuries du demandeur le lendemain. Le 14 février 1996, sur le conseil du vétérinaire F.________, "X.________" a été transféré dans la clinique du Dr G.________, médecin vétérinaire spécialisé en hippiatrie, à Y.________ (Neuchâtel). Selon ce dernier, le cheval, à son entrée à la clinique, était atteint d'une septicémie, susceptible d'entraîner sa mort dans les heures suivantes. Le Dr G.________ a procédé immédiatement à une intervention chirurgicale, laquelle a consisté à nettoyer et débrider la plaie apparue à droite sur l'encolure, siège du rappel de vaccination, d'où il a extrait un total de 4 litres de matériel nécrotique et de pus. Il a dressé un rapport vétérinaire le 18 mars 1996. Il a été constaté que B.________ a manifesté fort peu d'empressement pour reprendre son cheval. Le 2 juillet 1996, le Dr G.________, soulignant que la mobilité de l'encolure était bonne et qu'une hospitalisation n'avait désormais plus aucune raison médicale, a mis en demeure le demandeur de venir le chercher à la clinique. B.________ n'a obtempéré que le 27 septembre 1996. Jusqu'au 2 juillet 1996, les frais consécutifs à l'hospitalisation et au traitement du cheval dans la clinique du Dr G.________ se sont montés à 21'728 fr.50. "X.________" n'a plus été utilisé à des fins de compétition depuis la vaccination litigieuse. A.c B.________ a mis en oeuvre trois experts privés, à savoir les médecins-vétérinaires H.________, I.________ et J.________, qui ont rédigé des rapports respectivement les 28 octobre 1996 et 25 février 1997, 26 novembre 1996 et 4 décembre 1996. A.d Le fabricant du vaccin Nobi-Equenza T recommande, dans le cadre d'une primo-vaccination, un intervalle de quatre semaines entre la première injection et le rappel. Quant au Règlement de la Fédération Suisse des Sports Equestres, édition 1994-1997, il exige, en ce qui concerne la vaccination de base contre la grippe équine, deux injections à intervalle de 21 à 92 jours.