Citation: 5C.216/2000 20.07.2001 E. 2

2.- Aux trois griefs de violation de son devoir de fidélité par l'administratrice invoqués par les demandeurs, la cour cantonale a répondu en substance de la façon suivante: - à défaut d'une procuration spéciale, l'administratrice n'avait pas compétence pour s'opposer au projet de construction de l'immeuble "Y.________", ni pour représenter la communauté, ces mesures ne relevant pas de la gestion interne; - il n'incombait pas davantage à l'administratrice d'intervenir dans la procédure d'appel en plus-value au nom des copropriétaires, dont chacun avait été avisé personnellement par la commune; - quant au changement d'affectation des deux studios, il constituait une violation formelle des dispositions réglementaires internes, dont cependant aucun copropriétaire ne s'était ému à l'époque; venant de l'administratrice de la PPE, une telle initiative était toutefois inopportune. La cour cantonale a jugé en revanche plus sérieux le conflit d'intérêts résultant de la position multiple de B.________ SA et de ses organes, retenant ce qui suit à ce propos: la SNC S.________ a pour vocation la promotion immobilière et a notamment fait construire le bâtiment "X.________", dont les locaux résidentiels ont été vendus à des curistes; les intérêts de ces derniers, qui recherchent calme, repos, vue et ensoleillement, sont divergents de ceux de la SNC S.________, dont l'objectif est de construire le plus possible dans le périmètre du centre thermal, et de ceux de la société S.________ SA, qui s'efforce d'attirer le plus grand nombre de clients possible dans le complexe des bains qu'elle exploite. Cette opposition d'intérêts s'est manifestée à l'occasion de la construction de l'immeuble "Y.________", qui est venu occuper un espace jusque-là réservé à la détente et masquer la vue depuis "X.________"; il en est allé de même lors de l'affectation commerciale des deux studios de la SNC S.________, que l'administratrice n'a pas contrôlée. Or, l'identité des personnes remplissant les fonctions d'organes de B.________ SA, de S.________ SA et de la SNC S.________ n'offre aux copropriétaires des "X.________" aucune garantie que leurs intérêts seront pris en considération avant toute chose par l'administratrice de la PPE. Dame T.________ - qui est en même temps administratrice unique de B.________ SA, associée avec signature dans la SNC S.________, représentée jusqu'à une date toute récente au conseil d'administration de S.________ SA par R.________, directeur de B.________ SA - était exposée à des antagonismes insolubles qui la mettaient dans l'incapacité de s'acquitter, comme organe de B.________ SA, de ses obligations contractuelles dans le cadre de l'administration de la PPE "X.________"; partant, son obligation de fidélité de mandataire était à tout le moins compromise. Il en allait de même pour R.________, directeur de B.________ SA et administrateur, jusqu'au 21 février 2000, de S.________ SA. L'évidente ambiguïté de la position des deux personnes en question aurait dû amener B.________ SA à se démettre spontanément de son mandat. Un tel conflit d'intérêts constituait donc, pour les juges cantonaux, un juste motif de révocation au sens de l'art. 712r CC. La recourante le conteste. A son avis, la révocation de l'administratrice de la PPE viole le droit fédéral.