Citation: 7B_438/2023 E. 2.4.2

2.4.2. Ensuite, l'autorité précédente a examiné l'intensité du risque de passage à l'acte en lien avec les menaces de destruction ou de diffusion de données informatiques, toujours pour la période du 2 janvier au 24 avril 2023. Pour ce faire, elle a considéré qu'il convenait, selon les instructions qui lui avaient été données par le Tribunal fédéral dans son arrêt 1B_138/2023, de prendre en compte l'élément nouveau qu'était le rapport d'expertise psychiatrique du 25 avril 2023 (ordonnance querellée, p. 24). Elle a dès lors estimé, sur la base de l'expertise, que l'intensité du risque de passage à l'acte était la même que celle retenue pour les actes hétéro-agressifs, de sorte qu'il y avait lieu de retenir un pronostic très défavorable. Sur ce point, elle a relevé que les experts avaient en substance indiqué que la gravité des troubles dont souffrait le recourant imposait une mise à l'abri d'un risque hétéro-agressif et que le risque était réel en lien avec la question de savoir si le prévenu pouvait mettre à exécution ses menaces, notamment en détruisant ou en diffusant des données informatiques sensibles appartenant aux collectivités publiques. Selon la cour cantonale, les experts avaient qualifié le risque de moyen à élevé pour des actes similaires voire plus graves si l'expertisé n'accédait pas aux soins et avaient souligné que si l'état de santé de celui-ci ne s'améliorait pas, voire s'aggravait, il était envisageable, sans traitement adéquat, que son état se péjore davantage et le place dans un état aboutissant à des actes hétéro-agressifs (ordonnance querellée, pp. 29, 40 et 41). Contrairement à ce que fait valoir le recourant, le fait que l'autorité précédente se soit basée sur le rapport d'expertise du 25 avril 2023 était conforme aux instructions qui lui avaient été données par le Tribunal fédéral, puisque celui-ci avait expressément invité la cour cantonale à se référer à l'avis - au moins provisoire - de l'expert. Dans ces circonstances, on ne saurait reprocher à cette dernière de s'être fondée sur le rapport d'expertise. Par ailleurs, il importe peu qu'il s'agisse d'un fait nouveau par rapport à l'ordonnance du 8 février 2023. Le rapport d'expertise pouvait en effet de toute manière être pris en compte, dans la mesure où il portait précisément sur les points faisant l'objet de l'arrêt de renvoi 1B_138/2023 (cf. consid. 2.2.1 supra). Ainsi, les griefs du recourant selon lesquels, d'une part, la cour cantonale se serait fondée de manière manifestement inexacte sur le rapport d'expertise du 25 avril 2023 et, d'autre part, elle aurait dû se placer dans des conditions similaires à celles dans lesquelles le TMC se trouvait lorsque celui-ci a ordonné sa détention provisoire en date du 5 janvier 2023 sont infondés. Au demeurant, l'autorité cantonale de recours dispose d'une pleine cognition en fait et en droit et peut ainsi, le cas échéant, tenir compte de l'avancée de l'instruction (cf. art. 389 al. 3 CPP; ATF 141 IV 396 consid. 4.4; arrêt 1B_134/2023 du 5 avril 2023 consid. 5.3 et l'arrêt cité).