Citation: 5A_819/2022 E. 4.4

4.4. En l'occurrence, à l'instar de ce que soutient la recourante, l'autorité cantonale ne pouvait pas sans arbitraire retenir que les pièces au dossier ne permettaient pas de démontrer que l'intimé et la société qu'il avait créée formaient une unité économique. En effet, selon les faits constatés - non remis en cause par l'intimé -, celui-ci est l'associé gérant de E.________ Sàrl avec signature individuelle et titulaire de 200 parts sociales; il maîtrise donc économiquement ladite société. Si l'autorité cantonale a dûment analysé si le fait d'invoquer la diversité des sujets constituait un abus de droit, en déterminant notamment le but poursuivi par les actes de l'intimé, l'examen de la seconde hypothèse, à savoir si cela portait manifestement atteinte à des intérêts légitimes, est en revanche problématique. Comme le relève la recourante et conformément à la jurisprudence (cf. arrêts 5A_506/2014 précité consid. 4.2.2 et 4.2.3; 5A_696/2011 du 28 juin 2012 consid. 4.1.2 et 4.1.3), les agissements de l'intimé, à savoir la mise à son propre compte à hauteur de 50 % dès le 1er janvier 2020, ont vraisemblablement eu une incidence directe sur sa capacité contributive et donc sur la contribution d'entretien de la recourante. Il ressort en effet de l'arrêt querellé que la baisse des revenus de l'intéressé de 16'153 fr. 60 à 12'300 fr. (F.________ 7'884 fr. + E.________ Sàrl 4'396 fr. 90) apparaît être le principal facteur de diminution de la pension de la recourante arrêtée en appel à 5'490 fr. du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2021, puis à 5'565 fr. dès lors, alors que celle-ci oscillait entre 7'140 fr. et 7'340 fr. avant le 1er janvier 2020. Dans un tel cas, l'autorité cantonale ne pouvait pas, sans verser dans l'arbitraire, renoncer à appliquer le principe de la transparence, ce d'autant plus qu'elle avait constaté - par un calcul certes critiquable, celui-ci se basant sur le chiffre d'affaires - qu'entre le 23 mai 2018 et 3 septembre 2019, alors même que l'intimé travaillait à plein temps pour son ancien employeur, la société avait dégagé un revenu mensuel net considérablement supérieur, à savoir 9'749 fr. 30. L'autorité précédente ne pouvait pas non plus, dans le cadre de son appréciation, se contenter des relevés bancaires du compte courant de la société, mais devait, conformément à la maxime inquisitoire sociale (art. 272 CPC par renvoi de l'art. 276 al. 1 CPC; arrêt 5A_784/2022 du 12 juillet 2023 consid. 5.2 et les références), requérir la production des bilans et comptes de pertes et profits, respectivement tirer les conséquences d'un défaut de collaboration de la part de l'intimé. Le grief apparaît par conséquent fondé, le recours devant être admis sur ce point et la cause renvoyée à l'autorité cantonale, afin qu'elle complète l'instruction et établisse le montant des revenus de l'intimé pour ce qui concerne ses activités au sein de E.________ Sàrl, dès le 1er janvier 2020. Au vu de ce qui précède, il n'y a pas lieu d'examiner les autres griefs soulevés par la recourante.