Citation: I 170/05 29.09.2005 E. 5.1

La reconnaissance de l'existence d'une atteinte à la santé psychique, soit aussi de troubles somatoformes douloureux persistants, suppose d'abord la présence d'un diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu (ATF 130 V 398 ss consid. 5.3 et consid. 6). Comme pour toutes les autres atteintes à la santé psychique, le diagnostic de troubles somatoformes douloureux persistants ne constitue pas encore une base suffisante pour conclure à une invalidité. Au contraire, il existe une présomption que les troubles somatoformes douloureux ou leurs effets peuvent être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible. Le caractère non exigible de la réintégration dans le processus de travail peut résulter de facteurs déterminés qui, par leur intensité et leur constance, rendent la personne incapable de fournir cet effort de volonté. Dans un tel cas, en effet, l'assuré ne dispose pas des ressources nécessaires pour vaincre ses douleurs. La question de savoir si ces circonstances exceptionnelles sont réunies doit être tranchée de cas en cas à la lumière de différents critères. Au premier plan figure la présence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. D'autres critères peuvent être déterminants. Ce sera le cas des affections corporelles chroniques, d'un processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable (symptomatologie inchangée ou progressive), d'une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique, résultant d'un processus défectueux de résolution du conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire tiré de la maladie, fuite dans la maladie), de l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art (même avec différents types de traitement), cela en dépit de l'attitude coopérative de la personne assurée (ATF 130 V 352). Plus ces critères se manifestent et imprègnent les constatations médicales, moins on admettra l'exigibilité d'un effort de volonté (Meyer-Blaser, Der Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit und seine Bedeutung in der Sozialversicherung, in: Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, St. Gall 2003, p. 77). 5.2 Dans son expertise psychiatrique, le docteur A.________ a considéré que le trouble de l'adaptation avec anxiété et humeur dépressive présentée par la recourante ne jouait pas un rôle déterminant en terme de limitations fonctionnelles. Il a par ailleurs nié que ce trouble ainsi que les traits de personnalité de l'assurée constituent une comorbidité psychiatrique. Il reste donc à examiner si la recourante réunit en sa personne les autres critères consacrés par la jurisprudence qui fonderaient un pronostic défavorable en ce qui concerne l'exigibilité d'une reprise d'activité professionnelle. La recourante ne présente pas, en sus d'un trouble somatoforme douloureux persistant, une affection corporelle chronique ou un processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable. En effet, sur le plan somatique (et notamment rhumatologique), la doctoresse G.________ a conclu qu'il n'existait pas d'évidence d'arthrite sarcoïdosique, ni de lésion infra-clinique. On ne saurait conclure par ailleurs à l'existence d'une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. L'expertise psychiatrique relève à cet égard que l'assurée a gardé des relations avec ses amies et qu'elle bénéficie du soutien de son compagnon et de sa fille. Enfin, on ne voit pas que chez la recourante, l'apparition du trouble somatoforme douloureux résulterait d'une libération du processus de résolution du conflit psychique. En effet, les médecins ne font mention d'aucune source de conflit intra-psychique ni situation conflictuelle externe permettant d'expliquer le développement du syndrome douloureux et son aboutissement jusqu'à une interruption totale de toute activité lucrative. 5.3 En conséquence de ce qui précède, l'existence d'une atteinte psychique ouvrant droit à des prestations d'assurance doit être niée. Le recours se révèle dès lors mal fondé.