Citation: 6B_1396/2022 E. 1.6

1.6. Les recourants soutiennent que la décision de l'Intendance des impôts cantonale du 12 décembre 2016 se comprend en ce sens qu'ils résidaient alternativement à U._________ et à V._________. C'était du reste exclusivement sur la base de l'analyse de la consommation d'eau des deux immeubles des années 2015 que l'autorité avait fixé leur domicile fiscal à V._________; or cette consommation n'était pas déterminante pour divers motifs. Les recourants se prévalent également d'échanges de correspondance avec la commune de V._________ postérieurs à la décision fiscale. Enfin, ils mettent en exergue les certificats d'origine décernés par le Contrôle des habitants u._________ en mars 2017 (et octobre 2018) sur lesquels il est indiqué que leur domicile se trouve à U._________. L'appréciation personnelle que font les recourants de la décision de l'Intendance des impôts, fondée sur des faits qu'ils allèguent librement, est irrecevable (cf. consid. 1.1.4 supra). Pour le surplus, il sied de considérer que le domicile fiscal se trouve, comme le domicile politique, au lieu où les relations des intéressés sont les plus étroites (cf. ATF 132 I 29 consid. 4.2 p. 36; 131 I 145 consid. 4.2 p. 150; arrêt 2C_323/2021 du 8 mars consid. 2.2.1). En l'espèce, il ressort de la décision de l'Intendance des impôts "[...] qu'il pouvait être considéré comme avéré que les époux C._________ ne séjournent qu'occasionnellement à [l'adresse de U._________]" et qu'"[...] en résumé, il est établi que l'ensemble des éléments objectifs montrent clairement que le centre des intérêts vitaux des époux C._________ se trouve à V._________". Étant donné que la décision fiscale trouve son fondement dans des critères qui sont également pertinents en l'espèce, il se justifiait de la prendre en considération dans l'examen de la question litigieuse. Par ailleurs, les certificats d'origine délivrés par la commune de U._________ ne sont d'aucun secours aux recourants, dès lors que, selon la jurisprudence, l'intention de la personne de s'établir en un lieu peut se concrétiser sans égard au statut de celle-ci du point de vue du contrôle des habitants, des autorités fiscales ou des assurances sociales (cf. consid 1.1.3 supra). L'indication du domicile sur lesdits documents ne saurait ainsi revêtir une importance capitale, dans la mesure où elle ne produirait d'effet sur le domicile que si elle est confirmée par des faits extérieurs et reconnaissables par des tiers manifestant de façon objective la volonté des recourants de rester à U._________ et d'y faire le centre de gravité de leur existence (ce dont il sera question au consid. 1.7 infra). Pour le surplus, la cour cantonale a relevé que lesdits certificats portaient - sous l'intitulé "certificat d'origine" - la mention d'une certification de domicile fiscal et légal à U._________, qui était manifestement incorrecte compte tenu de la décision de l'Intendance des impôts précitée rendue peu auparavant. L'autorité précédente a également constaté de manière pertinente qu'il n'y avait pas eu d'échange de vue entre les communes sur la question du domicile politique des recourants, qui ne saurait être déterminé à l'issue de quelques courriers et courriels relatifs à un autre sujet.