Citation: 2A.208/2005 15.04.2005 E. 2

2.1 L'art. 8 par. 1 CEDH peut faire obstacle, dans certaines circons- tances, à une mesure d'éloignement qui empêche ou rend très difficile le maintien de la vie familiale, mais il n'octroie pas de droit absolu à l'entrée ou au séjour de membres de la famille (ATF 125 II 633 consid. 3a p. 640). 2.2 Lorsque les parents sont séparés ou divorcés, il n'existe pas un droit inconditionnel de l'enfant vivant à l'étranger de rejoindre le parent établi en Suisse, à moins qu'il n'entretienne avec celui-ci une relation familiale prépondérante et que la nécessité de sa venue soit établie. Pour en juger, il ne faut pas tenir compte seulement des circonstances passées; les changements déjà intervenus, voire les conditions futures, peuvent également être déterminants (ATF 124 II 361 consid. 3a p. 366). 2.3 A.X.________ et X.________ se sont séparés le 30 mars 1993. Ainsi, C.X.________ et D.X.________ n'ont jamais vécu avec leur père; quant à B.X.________, il n'a pas cohabité longtemps avec lui: il est né le 5 avril 1991 et, à partir de 1992, son père a travaillé comme saisonnier en Suisse. En revanche ces trois enfants ont toujours vécu avec leur mère, même depuis qu'ils sont en Suisse. Les recourants ne prétendent pas que X.________ ait entretenu des contacts avec ses enfants tant qu'ils étaient dans leur patrie. Ils ne soutiennent pas non plus que X.________ aurait assumé à distance de manière effective la responsabilité de leur éducation. Ils relèvent certes que X.________ s'occupe de ses enfants depuis qu'il en a la garde, soit depuis le 9 novembre 2001. Ainsi, il subvient à leur entretien et les voit tous les week-ends et deux à trois fois dans la semaine. Cependant, les recourants relèvent eux-mêmes que X.________ s'est constitué un nouveau foyer où il vit avec sa seconde épouse, alors que les trois enfants continuent à vivre avec leur mère. C'est donc bien avec elle, et non avec leur père, que B.X.________, C.X.________ et D.X.________ ont une relation prépondérante. Dès lors, le regroupement familial sollicité aboutirait à diviser encore plus la famille des recourants. En revanche, rien n'empêchera X.________ de rester en contact avec ses enfants, lorsqu'ils seront rentrés dans leur patrie. Ainsi, il pourra continuer, de Suisse, à les aider dans leur développement affectif et intellectuel et à les assister financièrement. Par ailleurs, la présence de B.X.________, C.X.________ et D.X.________ ne répond à aucune nécessité. En rendant l'arrêt attaqué, le Tribunal administratif n'a pas violé le droit fédéral. En particulier, il a appliqué correctement l'art. 8 CEDH. Il n'a pas apprécié arbitrairement la situation des trois enfants recourants ni excédé son pouvoir d'appréciation.