Citation: 7B_716/2024 E. 3.3

3.3. Le recourant conteste ce raisonnement. Il argue que la cour cantonale aurait arbitrairement occulté que l'expert ne privilégierait pas l'origine criminelle du feu, qu'aucun élément probant ne le rattacherait au bocal et à la mèche "faisant penser à un cocktail molotov" retrouvés aux abords du sinistre et que le scénario selon lequel il se serait rendu à vélo pour bouter le feu serait impossible "compte tenu des éléments factuels figurant au dossier auxquels [avaient] été confrontés les nombreux témoignages recueillis". De plus, il soutient que la cour cantonale aurait arbitrairement retenu qu'il avait menti quant à la raison de sa présence sur les lieux et qu'il avait une fascination pour les "feux bleus", soit pour tout type d'intervention d'urgence. Par ses développements, dont il avait pour l'essentiel déjà fait état devant la cour cantonale, le recourant se borne à présenter sa version des faits sans chercher à remettre en cause celle retenue par l'autorité précédente, ce qui apparaît insuffisant sous l'angle de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. consid. 3.1.1 supra). Au demeurant, la cour cantonale n'a pas ignoré les éléments mentionnés par le recourant (cf. pp. 5, 8-9 de l'arrêt attaqué). On comprend qu'elle a toutefois considéré que ceux-ci ne permettaient pas d'amoindrir les forts soupçons pesant sur lui. L'appréciation de la cour cantonale résiste à l'examen. Certes, l'expert a retenu que le départ du feu pouvait aussi bien être dû à un dysfonctionnement électrique qu'à une intervention humaine. Plusieurs éléments plaident toutefois en faveur de l'implication du recourant dans l'incendie. En effet, ses caractéristiques personnelles singulières, sa présence sans motif spécifique, très tôt, sur le lieu du sinistre, les objets retrouvés à proximité de la ferme incendiée et ses déclarations quant au déroulement des faits, qui sont contradictoires avec les pièces du dossier, forment un faisceau d'indices concordants et suffisants à sa charge. De plus, quoi qu'en dise le recourant, la bonbonne de déodorant D.________, retrouvée au même endroit que le bocal et la mèche ressemblant à un "cocktail molotov", est un élément susceptible de le lier à l'objet qui a pu servir à la mise à feu. On relèvera par ailleurs que le recourant n'expose pas pour quelles raisons le scénario retenu par la cour cantonale ne serait objectivement pas possible, se contentant de renvoyer à l'argumentation qu'il a soutenue dans ses précédentes écritures. Cette manière de procéder ne répond pas aux exigences de motivation, de sorte que son grief est irrecevable (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF). Quoi qu'il en soit, selon la cour cantonale, le timing des événements donné par les différents témoins était sujet à caution et ne permettait pas d'exclure la présence du recourant sur les lieux avant l'heure qu'il avait indiquée (cf. p. 3 de l'arrêt attaqué). On ne voit dès lors pas que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en retenant que le recourant avait pu se rendre une première fois à vélo sur les lieux de l'incendie. A cela s'ajoute que la cour cantonale pouvait retenir sans arbitraire que le recourant n'avait aucune raison particulière de se trouver aux abords du sinistre la nuit en question et qu'il s'agissait d'un indice en faveur de son implication dans l'origine de l'incendie. En tant que le recourant prétend être venu pour aider, notamment vu son statut de pompier volontaire, il perd de vue qu'il a lui-même déclaré ne pas avoir été appelé à intervenir en cette qualité cette nuit-là et ne pas avoir eu à se rendre sur place (cf. PV d'audition 10, R. 3 du 11 janvier 2024; art. 105 al. 2 LTF). Il réfute de plus être intervenu sur le sinistre comme ambulancier et avoir menti à cet égard. Il reconnaît toutefois avoir un problème de mythomanie et avoir déjà - par le passé - fait croire à son entourage ainsi qu'à des collègues pompiers qu'il était "en mission", de nuit, comme ambulancier, alors qu'il ne l'était pas (cf. p. 5 de son acte de recours). Par ailleurs, il ne conteste pas avoir faussement prétendu qu'un policier l'aurait pris dans sa voiture alors qu'il se rendait sur les lieux du sinistre. Il ne démontre dès lors pas en quoi le raisonnement de la cour cantonale à cet égard serait insoutenable. Enfin, en contestant avoir une fascination pour "les feux bleus", en prétendant que ce fait ne ressortirait pas du dossier, le recourant se limite à une critique purement appellatoire et, partant, irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). En tout état, il découle de sa demande de mise en liberté - à laquelle il est renvoyé dans l'arrêt attaqué - que le recourant a indiqué être pompier volontaire, secouriste, stagiaire ambulancier et qu'il espérait rejoindre la police après l'accomplissement de son école de recrues. Il n'a pas non plus contesté qu'il s'agissait d'une passion, relevant que toute personne qui exercerait ces activités devrait alors, elle aussi, être taxée de passionnée (cf. pièce p. 5 de l'arrêt attaqué et pièce 114 p. 10 du dossier cantonal).