Citation: 7B_426/2023 E. 2.4.1

2.4.1. Le moyen de pression utilisé par le recourant pour tenter d'amener l'intimée à signer la convention de divorce qu'il proposait consistait dans la menace de s'en prendre financièrement à leur fille aînée en cessant de verser toute contribution en sa faveur et de s'en prendre également à l'intimée elle-même en lui indiquant qu'à défaut d'une telle signature, il déploierait toute son énergie à la ruiner et ferait tout pour qu'elle ne s'en relève pas, étant déterminé à "partir en guerre pour ne pas faire de prisonnier". Il apparaît, à la lecture du message litigieux, que le recourant faisait en outre état des conséquences que la cessation du paiement de la contribution en faveur de C.________ aurait sur les rapports de l'intimée avec cette dernière et avec sa soeur cadette D.________, en évoquant ce qui suit: "J'informerai C.________ de ton choix. C.________ n'a aucune chance d'avoir une pension (...). En cas de procédure, elle va rater ses examens (...). En plus, elle devra se retourner contre toi aussi, car elle doit demander l'entretien des 2 parents. (...) tes filles (...) jugeront tes actes irrationnels et infondés (...)." Ainsi, la poursuite de l'entretien de C.________ et, par là, la perspective pour l'intimée de ne pas voir ses relations avec ses filles - et en particulier avec C.________ - se détériorer étaient présentées comme subordonnées à la signature de la convention de divorce. Le recourant soutient que, dans la mesure où sa fille C.________ ne disposait d'aucune convention valable le contraignant à lui verser une contribution d'entretien et où elle refusait d'entretenir des relations personnelles avec lui, elle s'exposait déjà à la cessation du paiement de son entretien indépendamment de la signature ou non de la convention de divorce par l'intimée. Cette argumentation est vaine. En effet, il ressort de l'état de fait du jugement entrepris, dont le recourant ne démontre pas l'arbitraire, que le message litigieux faisait suite à un courrier de l'avocat de C.________, qui lui reprochait de ne pas avoir payé l'intégralité des contributions d'entretien dues en vertu d'une convention. Peu importe que le recourait ait, de son point de vue, contribué à bien plaire à l'entretien de sa fille après sa majorité. Ce qui est déterminant, c'est que l'inconvénient dont était menacée l'intimée dépendait de la seule volonté du recourant, ce qui est effectivement le cas, puisque celui-ci, après avoir versé à sa fille une contribution notamment pour les mois d'août et septembre 2021, a mis à exécution sa menace de ne plus la payer. Le comportement du recourant doit en outre s'apprécier au regard de l'ensemble des circonstances (ATF 141 IV 437 consid. 3.2.2). Ainsi, le message en question, dont la cour cantonale a constaté qu'il avait été envoyé en réaction à la lettre de l'avocat de C.________ (cf. jugement attaqué, p. 7, consid. 3.3), était propre à contraindre l'intimée à signer la convention de divorce. Partant, en faisant découler la poursuite de l'entretien de C.________ de la conclusion de la convention de divorce et en indiquant à l'intimée que si elle n'acceptait pas de signer à ses conditions, il déploierait toute son énergie à la ruiner et ferait tout pour qu'elle ne se relève pas, évoquant une guerre sans prisonnier, le recourant a menacé l'intimée d'un dommage sérieux. Le cas d'espèce n'est pas comparable à celui jugé dans l'arrêt de la Cour de justice genevoise du 26 mai 2021 (ACPR/350/2021) auquel se réfère le recourant.