Citation: 1B_72/2022 E. 3.3

3.3. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. Le fait tout d'abord que le recourant conteste, dans le cadre de procédures parallèles, l'appréciation effectuée par le Ministère public s'agissant des pièces à retrancher, à titre de preuves illicites et/ou dérivées, et les décisions d'autorisation de surveillance du Tmc ne suffit pas pour remettre en cause, dans la présente procédure relative à la détention provisoire, les conclusions du rapport de police du 19 avril 2021. Ainsi que relevé, à titre de motivation supplémentaire, par l'instance précédente, ce rapport n'a en effet en l'état pas été retiré du dossier par le Ministère public dans sa décision du 3 janvier 2022 relative au retrait des preuves inexploitables, ce qui permet de confirmer que les autorités en matière de détention pouvaient à ce stade s'y référer pour fonder leur raisonnement. Le recourant ne donne au demeurant pas non plus, dans son recours au Tribunal fédéral, de référence à des pièces fondant les conclusions des policiers qui auraient ensuite été exclues du dossier dans la décision du Ministère public précitée. Cette configuration - en particulier chronologique - et l'objet du litige porté devant la Chambre des recours pénale dans la présente cause (détention provisoire) suffisent donc pour considérer que cette autorité pouvait, sans violer le droit d'être entendu du recourant ou faire preuve de formalisme excessif, ne pas traiter les arguments soulevés uniquement par renvoi à des écritures produites dans le cadre de recours visant d'autres décisions. Ce raisonnement s'impose a fortiori s'agissant du renvoi à des écritures de tiers déposées dans des procédures parallèles (cf. ad B p. 9 du recours). Il peut encore être relevé que le recourant n'expose pas dans son recours au Tribunal fédéral quels seraient les éléments invoqués à titre de preuves dérivées inexploitables qui permettraient de remettre en cause, de manière suffisamment vraisemblable à ce stade de la procédure, (a) sa participation et son rôle dans le trafic de stupéfiants sous enquête et/ou (b) les importantes quantités retenues à son encontre dans le rapport de police du 19 avril 2021; il ne prétend d'ailleurs pas que ces chiffres ne pourraient pas découler d'actes d'instruction et/ou de mesures techniques de surveillance effectués en Suisse, tel que retenu par l'autorité précédente. De l'avis du recourant, l'évocation d'une demande d'entraide internationale en lien avec la perquisition du domicile à l'étranger d'un tiers ou celle d'une surveillance prétendument ordonnée par le Tmc sur un véhicule à l'étranger constitueraient des exemples de preuves dérivées inexploitables (cf. ad B et C p. 10 s. du recours); il ne donne toutefois pas d'explication, dans ses écritures au Tribunal fédéral, permettant de faire un début de lien entre ces actes d'instruction et les graves soupçons pesant à son encontre, respectivement en quoi ces éléments permettraient de démontrer l'abandon ou la diminution notable des charges retenues à son encontre dans les conclusions du rapport de police du 19 avril 2021. Une telle hypothèse ne découle en tout état de cause pas de la seule durée de la procédure (cf. arrêt 1B_158/2021 du 20 avril 2021 consid. 2.2) ou du fait que le recourant remette en cause ledit rapport. Au jour de l'arrêt attaqué, il existait donc toujours, au regard du pouvoir d'examen du juge de la détention (cf. consid. 3.1 ci-dessus), des soupçons sérieux de la commission d'infractions graves à l'encontre du recourant.