Citation: 2C_597/2023 E. 4.7.5

4.7.5. Si l'on prend l'émission dans son ensemble, on ne peut pas reprocher à l'Autorité de plainte d'avoir considéré que le reportage en lui-même ne viole pas l'art. 4 al. 2 LRTV. Tout d'abord, le but des journalistes est exposé sans ambiguïté: proposer une enquête sur les "fake news", en particulier en lien avec la crise du Covid. Il s'agit donc d'un thème particulièrement controversé. Toutefois, comme le retient l'Autorité de plainte, le sujet et l'angle du reportage, ainsi que le message qu'il entendait véhiculer, étaient clairement reconnaissables pour les téléspectateurs. Dans leur enquête, les journalistes identifient plusieurs éléments ayant favorisé la désinformation durant la crise du Covid. Pour étayer cette thèse, le reportage dresse un large portrait des opinions et intervenants. Durant les 55 minutes que dure l'émission, une douzaine de personnes de tous horizons est interrogée. L'enquête comprend notamment une interview approfondie de Mme Michèle Cailler, juriste et l'une des figures de l'opposition. En outre, de nombreux extraits vidéos relaient les interrogations de la population quant au bien-fondé des mesures gouvernementales ou quant à l'efficacité du vaccin, par exemple. A ce titre, les journalistes insistent à plusieurs reprises sur la liberté d'opinion, précisant notamment que "toutes les questions peuvent être abordées, débattues, y compris les risques du vaccin, son efficacité, la justesse des mesures politiques, leur légalité. Toutes les questions sont légitimes". Face à cela, de nombreux exemples de "fake news" ayant été diffusées durant cette période sont présentés. Dans son ensemble, le reportage distingue clairement les simples "opposants", des personnes qui ont commis des actes de violence, respectivement qui ont diffusé, principalement sur les réseaux sociaux, de fausses informations ou des informations relevant de la théorie du complot. Le reportage est sur ces points suffisamment nuancé. Dès lors et contrairement à ce qu'invoque la recourante, le téléspectateur est en mesure, en visionnant le reportage, de distinguer les opposants aux mesures anti-Covid, des complotistes. En outre, on ne voit pas quelles informations pertinentes de fond auraient été omises, ce que la recourante ne spécifie pas clairement. Enfin, rien dans l'état de fait de la décision entreprise ne permet de retenir que le reportage, dans son ensemble, serait manipulateur. Au vu de ce qui précède, il convient de confirmer la position de l'Autorité de plainte. Dans ces circonstances et en tenant compte de l'impression générale d'ensemble qui se dégage du reportage litigieux, le diffuseur n'a pas violé le principe de la présentation fidèle des événements issus de l'art. 4 al. 2 LRTV.