Citation: 6B_1214/2022 E. 3.3.1

3.3.1. En l'espèce, il ressort de l'état de fait cantonal qu'en 20 ans, le recourant n'a exercé qu'un emploi de jardinier en 2009 et 2010, et a, pour le reste, émargé aux services sociaux. Si ses problèmes de santé peuvent en partie expliquer l'absence d'activité professionnelle, comme l'allègue le recourant, ce seul élément n'explique toutefois pas en quoi l'intéressé aurait été empêché d'apprendre le français ou d'exercer d'autres activités lui permettant de tisser des liens sociaux en Suisse. Quoi qu'en dise le recourant, sa " fervente volonté " de participer à la vie économique suisse ne s'est pas traduite dans les faits. Par ailleurs, il a exercé en détention des travaux de menuiserie et a fait des photos et dessins destinés à la vente par l'établissement pénitentiaire, avant son hospitalisation le 31 mai 2022. Nonobstant ses problèmes de santé chroniques, il apparaît que le recourant aurait été capable d'exercer certaines activités lui permettant de s'intégrer. Ainsi, malgré un long séjour en Suisse, le recourant n'a pas tissé de liens sociaux ou professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Le recourant allègue qu'il ne bénéficierait pas d'une bonne intégration dans son pays d'origine au motif que, n'étant pas en mesure de travailler, il dépendrait de facto de sa famille avec laquelle les relations seraient tendues, voire inexistantes, et qu'il n'aurait plus de contact avec elle depuis de nombreux mois. Ce faisant, le recourant s'écarte des éléments de fait retenus par la cour cantonale sans démontrer l'arbitraire de leur omission, de manière appellatoire et, partant, irrecevable. Au demeurant, il ressort de l'arrêt entrepris que l'intéressé a suivi sa scolarité en Turquie jusqu'à l'âge de 15 ans et y a vécu jusqu'à ses 24 ans. Ses parents, ses quatre frères et cinq soeurs, ainsi que l'une de ses filles et son époux, résident dans son pays d'origine. En outre, le recourant ne critique aucunement la constatation de la cour cantonale selon laquelle aucun élément ne laisse penser que ses problèmes de santé ne pourraient pas faire l'objet d'un suivi approprié dans son pays d'origine. Ainsi, il bénéficie de bonnes possibilités de réintégration en Turquie. Par ailleurs, si l'on peut saluer que la relation du recourant avec sa fille C.A.________ s'améliore quelque peu, comme il le soutient, il n'en demeure pas moins que l'intéressé est divorcé, qu'il n'a plus de contact avec son ex-épouse et que les liens avec ses enfants demeurent ténus. De plus, ceux-ci sont tous majeurs. Au demeurant, vu les moyens de communication modernes, rien n'empêchera le recourant de renouer contact avec ses enfants depuis son pays d'origine. Enfin, c'est à tort que le recourant allègue avoir séjourné légalement en Suisse pendant près de 20 ans, puisqu'il a fait l'objet d'une précédente condamnation en 2018 pour injures, menaces et voies de fait. Au vu de ces circonstances, malgré un séjour en Suisse de 20 ans, le recourant ne peut se prévaloir d'une bonne intégration socio-professionnelle en Suisse ni d'une relation étroite et effective avec un membre de sa famille nucléaire pouvant résider durablement en Suisse. A cela s'ajoutent les bonnes perspectives de réintégration dans son pays d'origine. Il s'ensuit que le recourant ne peut se prévaloir de son droit au respect de sa vie privée et familiale pour s'opposer à son expulsion de Suisse, cette mesure ne le plaçant pas dans une situation personnelle grave au sens de l'art. 66a al. 2 CP.