Citation: 4A_286/2020 E. B

Le 30 août 2019, l'emprunteuse a déposé devant le Tribunal de première instance du canton de Genève une action en annulation de la poursuite (art. 85a LP), assortie d'une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles tendant à la suspension provisoire de la poursuite. A l'appui de sa demande, elle a notamment produit un contrat de prêt, dont l'article 4 stipule que le prêt est consenti jusqu'au 31 mars 2019, date de son remboursement. Ledit document, non daté, porte la signature du prêteur et celle de l'administrateur unique de l'emprunteuse. Celle-ci soutient toutefois qu'il ne s'agit pas de la signature de son administrateur, ce que confirme un rapport établi le 5 juin 2019 par E.________, technicienne en comparaison d'écritures, produit par la demanderesse. Par ordonnance du 3 septembre 2019, le Tribunal de première instance a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles. Après que la commination de faillite a été notifiée à la poursuivie le 1er octobre 2019, celle-ci a formé une nouvelle requête de mesures superprovisionnelles tendant à la suspension provisoire de la poursuite, à laquelle le Tribunal de première instance a fait droit par ordonnance du 8 octobre 2019. Dans le délai imparti par le tribunal pour fournir l'original du contrat de prêt, le poursuivant et défendeur a remis un contrat de prêt participatif, dont l'article 4 prévoit que celui-ci est accordé jusqu'au 31 mars 2019. L'art. 5.4 règle la question des intérêts de retard. La signature attribuée à B.________ figurant sur ce contrat ne correspond pas à celle apparaissant dans le contrat produit par la partie demanderesse. Le défendeur a aussi fourni un rapport établi le 30 octobre 2019 par le Dr F.________ de l'Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne, à teneur duquel les résultats des examens " soutiennent fortement la proposition selon laquelle la signature au nom de B.________ figurant sur le contrat de prêt participatif est de la main de B.________ plutôt qu'une imitation réalisée par une tierce personne ". Lors de l'audience tenue le 18 novembre 2019, B.________ a affirmé qu'il n'avait jamais signé le contrat de prêt produit par le défendeur ni celui que l'emprunteuse avait elle-même fourni. Par ordonnance du 26 novembre 2019, le Tribunal de première instance a suspendu provisoirement la poursuite dirigée contre l'emprunteuse. En bref, il a considéré que celle-ci avait rendu suffisamment vraisemblable l'existence de doutes concernant l'exigibilité du remboursement du prêt eu égard au risque de falsification de la signature de l'administrateur de l'emprunteuse. Saisie d'un appel du défendeur, la Chambre civile de la Cour de justice, par arrêt du 1er avril 2020, a réformé l'ordonnance en ce sens que la requête de suspension provisoire de la poursuite est rejetée.