Citation: U 7/06 29.09.2006 E. 3

3.1 En matière de lésion du rachis cervical par accident de type «coup du lapin» et de traumatisme analogue ou cranio-cérébral, sans preuve d'un déficit fonctionnel organique, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'accident et l'incapacité de travail ou de gain doit en principe être reconnue en présence d'un tableau clinique typique présentant de multiples plaintes (maux de tête diffus, vertiges, troubles de la concentration, de la mémoire et de la vue, nausées, fatigabilité, irritabilité, dépression, modification du caractère, etc.). Encore faut-il que l'existence d'un tel traumatisme et de ses suites soit dûment attestée par des renseignements médicaux fiables (ATF 119 V 337 sv. consid. 1, 117 V 360 sv. consid. 4b). 3.2 L'absence de lésions organiques d'une part, ainsi que l'existence d'un traumatisme cranio-cérébral et d'une entorse cervicale d'autre part, ont été dûment constatées. Certes, les rapports médicaux sont brefs et peu étayés, mais ils sont concordants; ils ont été voulus ainsi par l'assureur recourant (formulaires préformulés et standardisés). De surcroît, même si les céphalées, vertiges, fatigabilité et irritabilité ne sont mentionnés que le 30 janvier 2001 par le docteur E.________, cela n'implique pas nécessairement que leur mention coïncide avec leur apparition. Au contraire, il ressort du dossier que des maux de tête et autres troubles (cervicalgies notamment, cf. RAMA 2000 n° U 359 p. 29 ss [arrêt E. du 12 août 1999, U 264/97] et U 391 p. 307 sv. [arrêt A. du 19 mai 2000, U 328/99]) étaient déjà présents immédiatement après l'accident et ont persisté de manière plus ou moins constante par la suite; la CNA l'avait du reste admis dans un premier temps, de même qu'elle avait admis le rapport de causalité naturelle entre l'accident assuré et les troubles retenus. 3.3 Au regard de ce qui précède et de la relative imprécision avec laquelle sont décrits les troubles présents directement après l'accident, les éléments constitutifs du tableau clinique typique semblent bel et bien remplis, de sorte que le lien de causalité naturelle semble devoir être admis, conformément à ce qu'a retenu la juridiction cantonale. Cette question peut toutefois rester dans l'incertitude dans la mesure où, comme on va le voir, il ne peut être retenu aucune relation de causalité adéquate. En tout état de cause cependant, l'assureur recourant ne pouvait se contenter de changer d'avis en cours de procédure, sans procéder au moins à une mesure d'instruction complémentaire pour lever le doute dans lequel il se trouvait de toute évidence, et nier le rapport de causalité naturelle en affirmant que les céphalées, vertiges, fatigabilité et irritabilité avaient été rapportés tardivement.