Citation: 6B_1005/2020 E. 1.2.3

1.2.3. Compte tenu des éléments mis en exergue par la cour cantonale, le fait que le recourant n'ait plus commis d'infractions depuis sa sortie de détention n'empêchait pas de conclure que son comportement en général dénotait d'un grand mépris pour l'ordre juridique suisse. Sa responsabilité légèrement diminuée ne fait pas obstacle à son expulsion. Par ailleurs, s'il est vrai que le traitement ambulatoire qui a été ordonné a pour but de diminuer le risque de récidive, il n'en demeure pas moins qu'à l'heure actuelle, il a été constaté qu'il présentait un risque de réitération élevé d'actes de violence physique sur des femmes ainsi qu'un risque non négligeable pour des infractions d'ordre général. Dans le cas d'espèce, il ne s'était d'ailleurs pas limité à s'en prendre physiquement son épouse, mais avait également porté atteinte à l'intégrité corporelle de l'amie de celle-ci. Il y a encore lieu de souligner que le recourant s'est livré à de très nombreuses reprises à des actes de menace, de harcèlement et d'agression physique sur son épouse, et cela pendant plusieurs années. Il a démontré ainsi s'être profondément ancré dans un comportement de violence et de contrôle à l'égard d'un autre être humain. L'impact d'un tel climat de terreur sur la vie de celle qui en fut la victime ne saurait être minimisé. De manière plus globale, la Suisse considère que la violence à l'égard des femmes constitue une grave violation des droits humains qui entraîne des conséquences profondes non seulement pour les personnes concernées mais pour la société dans son ensemble (cf. Message du 2 décembre 2016 concernant l'approbation de la convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique (convention d'Istanbul), FF 2017 163 p. 168; Message du 11 octobre 2017 concernant la loi fédérale sur l'amélioration de la protection des victimes de violence, FF 2017 6913 p. 6919; Rapport du Conseil fédéral du 13 mai 2009 sur la violence dans les relations de couple; ses causes et les mesures prises en Suisse [en réponse au postulat Stump 05.3694 du 7 octobre 2005, pp 3615-3619]). Pour ces raisons, il se justifie de retenir que le recourant représente une menace sérieuse pour la sécurité publique, de sorte que l'intérêt public à son expulsion est marqué.