Citation: 6B_1497/2022 E. 2.7

2.7. Le cas 1.12 concerne une livraison effectuée à l'avenue X.________ y entre le 19 et le 26 mai 2020 et portait sur 12 kg bruts de cocaïne distribués au recourant et à B.________. La cour cantonale a constaté qu'un dispositif policier avait été placé aux abords du logement du recourant pour cette livraison. Il en était résulté l'interpellation d'un grossiste détenteur de 20 "fingers", après un contact furtif avec le recourant. Le rapport de la police de sûreté expliquait cette quantité, considérée comme plutôt inhabituelle dans le milieu nigérian, par le fait que plusieurs frontières avaient été fermées lors de la pandémie et venaient de rouvrir. Cette livraison constituait une sorte de "rattrapage" pour tous les grossistes qui n'avaient pas pu recevoir leur lot durant les mois précédents. Le recourant observait lui-même qu'il n'était pas possible de recevoir de la drogue pendant le confinement. D'ailleurs, les listes de fournisseurs mentionnaient plusieurs fois les mêmes grossistes. Or, les enquêteurs avaient relevé que la graphie de ces documents était "très ressemblante pour ne pas dire identique à celle de la liste saisie le 28.06.2020 au domicile du [recourant]". Celui-ci avait reconnu être l'auteur des listes manuscrites saisies à son domicile et reproduites en pages 23 et 34 du rapport d'investigation. L'argument du recourant selon lequel la seule liste rédigée de sa main serait celle reproduite en haut à gauche de la page 34 du rapport était vain. En effet, la liste figurant sur la même page en bas à droite en était la copie, après remise au propre, et elle se trouvait sur la même feuille qu'une autre liste de distribution. L'autorité précédente a par ailleurs retenu, comme les premiers juges avant elle, que divers éléments confirmaient l'implication du recourant dans le cas 1.12, qui plus est dans une position centrale et nécessaire au sein du réseau. Il s'agissait d'abord des diverses conversations, enregistrées, que l'intéressé avait eues avec E.________, G.________, B.________ et des grossistes inconnus tels que "100" ou "0425". Tel était ensuite le cas des contacts créés par le recourant entre le 21 et le 24 mai 2020. Il en allait enfin de même du fait que le recourant disposait personnellement des listes mentionnant les quantités de cocaïne à remettre à chacun des grossistes. La cour cantonale a considéré que le rapprochement de ces divers éléments concordants établissait l'implication du recourant au-delà de tout doute raisonnable. Le recourant soutient que les contacts qu'il avait établis pendant cette période (entre le 19 mai et le 26 mai 2020) ne reflétaient pas la distribution d'une si grande quantité. En outre, il s'appuie sur différents extraits de procès-verbaux d'audition et retranscriptions de conversations téléphoniques pour affirmer que B.________ ne travaillait pas pour lui, mais comme dépositaire indépendant. Partant, il y avait lieu de privilégier sa version des faits, à savoir que les 1206 "fingers" avaient été amenés chez lui par B.________, pour qui il s'était contenté de recopier une liste de numéros, et que seule la quantité de 133 "fingers" inscrite sur la liste en haut à gauche du rapport d'investigation, en page 34, devait être retenue à sa charge. Le recourant reprend quasiment mot pour mot l'argumentation figurant dans son mémoire cantonal (déclaration d'appel du 25 avril 2022, pp. 5 à 7; art. 105 al. 2 LTF). Faute de contenir une critique à l'encontre des considérations cantonales, son argumentation ne répond pas aux exigences de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF, de sorte que son grief est largement irrecevable pour ce motif (cf. consid. 2.6 s upra). Pour le surplus, il suffit ici de constater que, dans la mesure où il n'est pas contesté que la livraison intervenue entre le 19 et le 26 mai 2020 à l'avenue X.________ y constituait une sorte de rattrapage pour tous les grossistes qui n'avaient pas pu recevoir leur lot durant les mois précédents et qu'en outre, les listes de fournisseurs mentionnaient plusieurs fois les mêmes grossistes, le fait que le recourant n'ait créé que onze contacts au moment de la livraison n'était pas de nature à exclure qu'il soit le dépositaire d'une quantité si importante. La cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en considérant que le rapprochement des différents indices récoltés par les enquêteurs permettait de conclure que le recourant avait bien reçu, avec B.________, la livraison effectuée à l'avenue X.________ y, soit à son domicile, entre le 19 et le 26 mai 2020.