Citation: 6B_1089/2017 E. 1.3

1.3. Ce raisonnement ne peut être suivi. Tout d'abord, l'infraction de lésions corporelles par négligence (art. 125 CP) peut certes entrer en concours avec celle sanctionnée par l'art. 128 CP (BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, 3e éd. 2010, vol. I, n° 62 ad art. 128 CP). On ne saurait toutefois admettre une infraction d'omission de prêter secours au motif que le recourant aurait seulement tardé à faire cesser les atteintes. L'omission de prêter secours ne peut être commise dans le cas d'espèce qu'après que l'ensemble des blessures reprochées au recourant - et pour lesquelles il a été reconnu coupable de lésions corporelles par négligence - sont survenues. De plus, à la suite de ces atteintes, le jugement entrepris retient que l'intimée a pu se dégager et s'est enfuie en cherchant à attirer l'attention de passants, qui ont pu faire appel à une ambulance et à la police (jugement, p. 8 ch. 2). L'intimée, dont les déclarations ont été jugées probantes par l'autorité précédente, a déclaré que des passants qui avaient entendu les cris avaient déjà appelé la police et étaient restés avec l'intimée jusqu'à l'arrivée de la police, puis de l'ambulance (jugement, p. 11, consid. 1.3). Il est sans aucun doute critiquable que le recourant, dont le chien avait mordu à plusieurs reprises l'intimée, ne lui soit pas lui-même venu en aide. Au vu des faits constatés par l'autorité précédente, du fait que la police avait été appelée immédiatement et que les passants l'ayant contactée étaient restés auprès de l'intimée jusqu'à son arrivée et celle de l'ambulance, on ne voit pas - et le jugement attaqué ne le dit pas - ce que le recourant aurait pu faire d'utile pour aider l'intimée compte tenu de l'aide qu'elle recevait déjà. Qu'il ait par hypothèse ignoré qu'elle recevait une telle aide ne suffit pas pour retenir une infraction d'omission de prêter secours, le délit impossible étant ici hors de propos (sur la notion de délit impossible et l'exigence pour qu'il soit punissable qu'il représente une mise en danger réelle de l'ordre juridique cf. ATF 140 IV 150 consid. 3.6 s. p. 152 s.). Il résulte de ce qui précède que le recours doit sur ce point être admis.