Citation: 6B_61/2015 E. 5.2

5.2. S'agissant du caractère indu du transfert et de la tentative de transfert, l'autorité précédente a écarté l'argument du recourant consistant à soutenir qu'il avait ignoré qu'il n'était plus administrateur de C.________ SA lorsqu'il avait passé les deux ordres y relatifs. Elle a invoqué en premier lieu que le recourant n'avait pas démontré ces éléments et, deuxièmement, que le fait qu'il ne s'était pas prévalu d'une prétendue irrégularité de l'assemblée générale pour s'opposer à sa radiation plaidait en faveur du contraire. Elle a exclu que le montant retiré ait été destiné à payer un loyer, comme le prétendait le recourant L'arrêt cantonal n'expose pas comment s'effectuait le paiement du loyer du recourant, de sorte qu'on ne saurait retenir, comme l'a fait l'autorité précédente, un changement de pratique à cet égard. L'argument de la non-invocation de l'irrégularité de l'assemblée générale est tout aussi infondé dès lors que le recourant ne se plaint pas d'avoir été révoqué dans ses fonctions d'administrateur de C.________ SA, mais de ne pas avoir eu connaissance de cette révocation avant les opérations litigieuses. Aucun des éléments exposés dans l'arrêt attaqué ne permet au surplus de retenir que le recourant aurait su avant de donner les ordres de transfert litigieux qu'il n'était plus administrateur. B.________ n'a pas mentionné quand s'était tenue l'assemblée générale universelle - à laquelle en tant qu'actionnaire unique il siégeait seul et qu'il pouvait convoquer sans forme (art. 701 al. 1 CO) - ni même allégué quand et comment il aurait informé le recourant de la révocation de ses pouvoirs. La pièce 21 produite à l'appui de la plainte, soit un décompte bancaire non daté de C.________ SA, indique que l'ordre donné le 23 octobre 2009 en faveur du recourant a été annulé " dès que M. Rey a eu connaissance de sa destitution ". Faute de tout élément allant en ce sens, il était arbitraire et contraire à la présomption d'innocence en tant que règle régissant le fardeau de la preuve de retenir que le recourant aurait su avant les deux opérations litigieuses que ses pouvoirs d'administrateur avaient été révoqués. Ce qui précède rend sans objet les autres griefs soulevés par le recourant à l'encontre de cette condamnation. L'autorité cantonale a constaté que le recourant était prêt à restituer le montant de 10'800 francs. L'arrêt attaqué est toutefois muet quant à sa capacité à le faire, capacité propre à exclure une condamnation (cf. supra consid. 5.1). L'arrêt attaqué devra également cas échéant être complété sur ce point conformément à l'art. 112 al. 1 let. b et al. 3 LTF. Il s'ensuit que le recours doit également être admis s'agissant de la condamnation du recourant en vertu de l'art. 147 CP, l'arrêt attaqué annulé et la cause renvoyée à l'autorité précédente pour nouvel examen et nouvelle décision.