Citation: 9C_404/2021 E. 4

En l'espèce, l'argumentation de la recourante fondée sur les avis de ses médecins traitants ne remet pas en cause le résultat de l'appréciation des preuves de la juridiction cantonale. Dans son avis du 4 mai 2020, le docteur C.________ renvoie à celui du docteur D.________ du 8 avril 2020, tandis que ce dernier se limite pour l'essentiel à y énumérer les plaintes de sa patiente. On ne voit en particulier pas sur quelle observation propre le psychiatre se fonde pour constater une aggravation de l'état de santé de l'assurée en mars 2020, alors que la recourante l'a consulté à partir du 6 avril 2020. Le psychiatre s'est en réalité borné à relever que sa patiente se plaignait de l'augmentation de symptômes dépressifs depuis mars 2020. En d'autres termes, pour faire état d'une aggravation de l'état de santé de sa patiente en mars 2020, le docteur D.________ s'est exclusivement fondé, dans son avis du 8 avril 2020, sur la manière dont l'assurée elle-même ressentait son état de santé depuis l'évaluation pluridisciplinaire de la CRR, alors que les organes de l'assurance-invalidité doivent établir la mesure de ce qui est raisonnablement exigible de l'assurée le plus objectivement possible (art. 7 al. 2 LPGA). Dans son rapport subséquent du 16 septembre 2020, le docteur D.________ se réfère à l'avis - non produit au dossier - d'un confrère qui aurait observé et confirmé un épisode dépressif en juin 2020. Il indique de plus qu'il est dorénavant nécessaire d'instaurer un traitement antidépresseur pour traiter l'épisode dépressif qui se constitue. Si le psychiatre traitant mentionne les motifs pour lesquels il considère nécessaire d'instaurer un tel traitement antidépresseur à partir du 15 avril 2020, il n'expose en revanche pas les éléments concrets au soutien d'une aggravation de l'état de santé de la recourante à cette date-là. Au contraire, après une énumération des plaintes de la patiente, il indique qu'elle manifeste des symptômes d'évitement, des pensées intrusives en lien avec son accident et des altérations négatives des cognitions, soient des éléments connus de longue date, qui avaient été mis en évidence par le docteur E.________, psychiatre consultant de la CRR, et au regard desquels celui-ci n'avait pas attesté d'incapacité de travail dans une activité adaptée (rapport du 30 mai 2018). En se fondant sur les avis des docteurs C.________ et D.________, la recourante ne rend dès lors pas vraisemblable l'existence d'une aggravation déterminante de son état de santé sur le plan psychique entre l'évaluation pluridisciplinaire de mai 2018 et la décision du 22 avril 2020. Quant aux résultats des IRM des 20 et 26 novembre 2018, ainsi que du 26 août 2020, la recourante n'établit nullement qu'ils remettraient en cause les conclusions médicales suivies par la juridiction cantonale sur un plan somatique. Elle se limite en effet à substituer son appréciation à celle des premiers juges, qui est fondée sur l'avis dûment motivé du médecin du SMR du 5 octobre 2020. Dans ces conditions, il n'y pas lieu de s'écarter des constatations des premiers juges, sans qu'il y ait lieu de se prononcer plus avant sur la motivation subsidiaire du jugement cantonal concernant l'art. 88a al. 2 RAI.