Citation: 4A_439/2022 E. 3

Les parties ont été liées par un contrat de travail de durée indéterminée. Le litige porte sur la fin des rapports de travail. Les considérants de la Cour cantonale peuvent être résumés ainsi. Le 2 mai 2017, l'employée a rédigé une lettre de démission avec effet immédiat contresignée "pour acceptation" par l'employeuse. Contrairement à ce que les premiers juges avaient retenu, ceci ne signifiait pas que les parties avaient mis un terme à leurs relations de travail d'un commun accord. L'employée ne se plaisait plus dans l'entreprise depuis quelque temps déjà. Elle en avait parlé avec sa collègue F.________ et à son père qui en avait discuté avec D.________. Par message du 30 avril 2017, elle avait prévenu cette dernière de son intention de démissionner, ce à quoi la prénommée avait répondu qu'il s'agissait de son choix et qu'elle ne la retiendrait pas. Le 2 mai 2017, l'employée a donné son congé. Ce congé n'avait pas été donné sous l'empire d'une crainte fondée (art. 24 CO). L'employée n'avait pas établi que D.________ ait dicté cette lettre ou fait pression sur elle pour qu'elle démissionne. On pouvait certes trouver surprenant qu'une employée enceinte choisisse de donner son congé avec effet immédiat. Ce n'était toutefois pas la première fois que la demanderesse agissait de manière peu rationnelle. Durant son apprentissage, alors qu'elle était également enceinte, elle avait déjà quitté l'entreprise de manière impromptue, ne se présentant plus au travail sans préavis. Elle n'avait pas non plus réagi à la lettre de son employeuse qui lui demandait des explications et la mettait en demeure de reprendre le travail. Il n'y avait pas davantage de lésion au sens de l'art. 21 CO. Ceci ne pouvait se concevoir dans le cas d'une résiliation unilatérale d'un contrat. Il n'était par ailleurs pas allégué ni établi que l'employeuse aurait sciemment exploité une situation de gêne, d'inexpérience ou de légèreté de son employée. Partant, le congé avait été donné valablement et les rapports de travail avaient pris fin le 2 mai 2017. Les conclusions principales de l'employée tendant au paiement de son salaire de mai à octobre 2017 devaient donc être rejetées, tout comme ses prétentions fondées sur l'art. 336c CO.