Citation: 4A_406/2021 E. 7.6

7.6. Ces précisions faites, il est important de relever que la seule question à résoudre consiste à savoir si le résultat auquel a abouti le TAS rend ou non la sentence déférée incompatible avec l'ordre public matériel. En d'autres termes, il y a lieu de se demander si la sanction infligée au recourant à raison des faits qui lui sont reprochés est contraire à l'ordre public matériel visé par l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Contrairement à ce que laisse entendre le recourant, il ne s'agit dès lors pas ici de déterminer, abstraitement, si n'importe quel athlète est tenu, et dans l'affirmative à quelles conditions, de se soumettre à un contrôle antidopage inopiné quelles qu'en soient les circonstances. Aussi est-ce en vain que le recourant tente d'élargir la portée de la sentence entreprise en affirmant qu'elle affectera directement les droits fondamentaux de milliers d'athlètes provenant du monde entier. En l'occurrence, la Formation a considéré que la notification du contrôle antidopage litigieux était conforme aux règles prévues par l'ISTI. Elle a estimé que la présentation au recourant d'une lettre d'autorisation générique délivrée par l'autorité de contrôle en faveur de l'autorité de prélèvement des échantillons ainsi que d'un document attestant de l'identité de la DCO était suffisante au regard de l'art. 5.3.3 ISTI. Elle a en outre retenu que la DCO, la BCA et le DCA étaient suffisamment qualifiés pour mener à bien leur mission. Par sa critique revêtant un caractère appellatoire marqué, le recourant tente de remettre en cause l'interprétation des règles de l'ISTI opérée par la Formation. Or, l'interprétation et l'application d'une norme figurant dans l'ISTI, soit une réglementation édictée par un organisme de droit privé, ressortissent à l'application du droit et échappent, partant, à l'examen du Tribunal fédéral lorsqu'il est saisi d'un recours dirigé contre une sentence arbitrale internationale. Le recourant ne peut pas davantage être suivi lorsqu'il se plaint d'avoir dû se fier aveuglément aux déclarations de la DCO quant à l'identité et aux qualifications des autres membres du personnel de prélèvement des échantillons et qu'il soutient, au regard de l'art. 27 al. 2 CC, avoir été livré à l'arbitraire de la DCO. A cet égard, il ne faut en effet pas perdre de vue que l'intéressé a signé le formulaire de contrôle antidopage et a consenti à la prise de sang opérée par la BCA. Aussi peut-on légitimement s'interroger sur le point de savoir si pareil comportement ne s'oppose pas, sous l'angle de la bonne foi, à la prise en compte des critiques du recourant touchant la régularité de la notification du contrôle formulées uniquement après le prélèvement effectué des échantillons sanguins. Quoi qu'il en soit, il y a lieu d'admettre, à l'instar de la Formation, que les prétendus manquements aux prescriptions réglementaires en matière d'accréditation et de notification du contrôle antidopage imputés au personnel de prélèvement des échantillons n'autorisaient certainement pas le recourant à se faire justice lui-même en déchirant le formulaire du contrôle antidopage et en participant activement à la destruction d'un récipient en verre contenant ses échantillons de sang prélevés. Au vu de ce qui précède, le résultat auquel a abouti la Formation n'apparaît nullement contraire à l'ordre public matériel.