Citation: U 9/04 15.10.2004 E. 5

Comme l'ont exposé les premiers juges, le déplacement d'une patiente d'un lit à une chaise fait partie du travail quotidien d'une aide-soignante. En l'occurrence toutefois, cette opération était toujours effectuée à deux en raison des contraintes induites par l'invalidité de la patiente, comme l'a précisé la directrice de la pension à l'intimée (rapport du 15 novembre 2002). Or le 15 avril 2002, la recourante s'est retrouvée seule, contrairement à son habitude, à devoir supporter une grande partie du poids de la patiente ensuite de la défection de sa collègue. A cela s'ajoute que le transfert de charge s'est produit de manière relativement subite de sorte que la recourante n'avait pas à s'y attendre. Sauf à laisser tomber la patiente, elle n'avait d'autre choix que de fournir un effort violent et improvisé pour éviter le pire. De telles circonstances, qui excèdent le cadre habituel de l'activité de la recourante, justifient d'admettre la survenance d'un facteur extérieur extraordinaire et, partant, d'un événement accidentel. En cela, le cas d'espèce se rapproche de celui d'une infirmière qui avait empêché un patient de forte corpulence de faire une chute inattendue lors de son transfert du lit au fauteuil roulant. Le Tribunal fédéral des assurances avait admis le caractère accidentel de l'événement (RAMA 1994 n° U 185, p.79 consid. 2b).