Citation: 6B_1499/2021 E. 1.3

1.3. La cour cantonale a établi les faits en se fondant notamment sur les déclarations des parties et de la mère de l'intimée, tout en prenant en considération l'intervention de la police à la suite d'une tentative de suicide de l'intimée en septembre 2018. En substance, la cour cantonale a relevé que le recourant avait admis en grande partie les faits reprochés, dont il savait que la police était au courant, mais avait nié toute contrainte, estimant que les actes étaient consensuels, voire initiés par l'intimée. Après avoir apprécié en détails les différentes déclarations du recourant, la cour cantonale a constaté qu'elles étaient en partie crédibles. Cette crédibilité était toutefois limitée compte tenu de la réticence de l'intéressé à donner des informations qui n'étaient pas déjà connues, ainsi que de ses louvoiements et sa tendance à la victimisation. La cour cantonale a considéré que les déclarations de l'intimée étaient très crédibles. L'intimée avait répondu de manière claire, précise et constante aux questions posées, le noyau des faits (Kerngeschehen) était riche en détails, elle n'avait pas tenté de charger inutilement le recourant et craignait de faire du mal à sa famille en relevant les actes qu'elle avait subis. La cour cantonale a retenu que l'arrivée de l'intimée en Europe à l'âge de 8 ans, alors qu'elle avait toujours vécu au U.________ et vivait depuis ses 3 ans sans sa mère, avait été un grand chamboulement pour elle. Projetée dans un monde inconnu sans aucun repère, le recourant avait revêtu le rôle de modèle et l'intimée n'avait dans un premier temps pas remis en question ses requêtes à caractère sexuel. Par la suite, lorsqu'elle avait voulu refuser, il avait su la persuader, au moyen de faveurs accordées, notamment des voyages ou des biens matériels. De plus, si elle refusait, il montrait beaucoup de frustration et faisait en sorte qu'elle puisse moins sortir ou voir ses amis, comme une punition, en intercédant auprès de la mère de l'intimée. Cette dernière se sentait redevable envers le recourant, parce qu'il était généreux avec elle. Cet "échange" n'était pas explicite, mais résultait des circonstances et du comportement du recourant face aux éventuels refus de l'intimée. En outre, il lui disait qu'il risquait la prison et que la famille pourrait se briser si elle en parlait. Enfin, les démarches en vue d'une adoption de l'intimée par le recourant avaient été entreprises très vite après l'arrivée de la première en Europe, en tous les cas dès leur emménagement à W.________. Au surplus, la différence d'âge et de corpulence entre le recourant (plus de 1m90 et de 90 kg) et l'intimée a été mise en exergue. La cour cantonale a retenu que l'intimée n'avait pas consenti aux actes, le recourant ayant utilisé sa position dominante au sein de la famille afin d'obtenir, par divers moyens, des rapports d'ordre sexuel et des rapports sexuels complets avec l'intimée. En particulier, il avait usé de la dépendance de l'intimée à son égard et de son déracinement, de son ascendant sur elle (y compris physique), d'un contrôle sans faille (en usant notamment des caméras de surveillance pour éviter d'être surpris lors des rapports à domicile) et des pressions explicites ou implicites (risque qu'il se retrouve en prison et que cela détruise la famille, générosité matérielle et interférence auprès de la mère). Les juges cantonaux ont ainsi considéré, tenant compte de ces différents éléments, que l'intimée n'était pas dans une position qui lui permettait de dire " non " et qu'il ne pouvait être attendu d'elle qu'elle oppose une quelconque résistance au recourant. Ils ont ajouté que cette conclusion était largement corroborée par le fait que, lorsqu'elle s'était rendue compte qu'elle avait le droit de s'opposer aux actes, l'intimée avait demandé qu'ils cessent et que ce n'est pas parce qu'elle était parvenue à opposer une résistance après de longues années d'abus qu'elle consentait aux actes jusqu'alors. Sur le plan subjectif, la cour cantonale a estimé que le recourant savait manifestement qu'en disant qu'il risquait de se retrouver en prison, ce qui péjorerait non seulement la situation financière de la famille mais risquait également de détruire celle-ci, ainsi qu'en exerçant une surveillance sans faille, il influencerait l'intimée de manière à briser sa résistance. Les juges cantonaux ont de plus rappelé que le recourant se montrait insistant.