Citation: I 820/04 06.02.2006 E. 2

2.1 Dans son rapport médical du 10 avril 2002, le docteur I.________ a indiqué les résultats de l'examen neurologique auquel il avait procédé le même jour. En ce qui concerne les douleurs et troubles annoncés par l'assurée, ceux-ci consistaient dans des paresthésies, hypoesthésies, dysesthésies des quatre membres et du tronc apparues le 20 novembre 2000, dans la persistance depuis lors de dysesthésies spontanées, aggravées par l'activité, par l'effleurement, le tact, au niveau des quatre membres mais particulièrement au niveau des membres supérieurs, et dans un signe de Lhermitte. Selon les constatations de ce praticien, l'intimée présentait des paresthésies dans le territoire V-3 des deux côtés, un signe de Lhermitte, des dysesthésies désagréables au toucher-piquer sur l'ensemble des membres supérieurs, à prédominance distale, niveau sensitif D-6-D-7 des deux côtés, des dysesthésies au piquer et au toucher au niveau des membres inférieurs, à prédominance distale et gauche. De l'avis du docteur I.________, la patiente n'avait aucun déficit moteur. Il a relevé une très discrète instabilité. D'après lui, les douleurs neuropathiques, accentuées par l'activité, l'effleurement (etc...) rendaient l'intimée toutefois incapable de travailler et la handicapaient également dans ses activités ménagères, qu'elle assumait cependant seule. Il a retenu une incapacité totale de travail dans la profession exercée jusque-là (service hôtelier), d'une durée indéterminée. 2.2 Dans l'expertise neurologique du 12 décembre 2002, le professeur B.________ et la doctoresse S.________ ont constaté qu'actuellement, au status neurologique, on mettait en évidence des signes sensitifs subjectifs : allodynies des mains des deux côtés et dysesthésies des membres inférieurs à partir de la mi-cuisse, sans signe de polyneuropathie. Selon eux, ceci pourrait correspondre à la lésion médullaire cervicale visible à l'imagerie par résonance magnétique dès novembre 2000. A la question de savoir à partir de quelle date la capacité de travail subissait une réduction de 20 % au moins, ils ont répondu à partir du 23 novembre 2000, tout en indiquant que le degré de la capacité de travail était resté stable. En ce qui concerne les possibilités d'améliorer la capacité de travail par des mesures médicales, ils ont proposé comme traitement possible une désensibilisation des zones douloureuses par un programme d'ergothérapie, anesthésiants locaux avec application de gants de contention, traitements médicamenteux antalgiques autres et soutien psychologique. Dans leur rapport complémentaire du 14 janvier 2003, ils ont répondu, en ce qui concerne l'incapacité de travail de l'intimée, qu'elle s'élevait à 30 % depuis le début de la maladie et qu'elle avait évolué de manière stable. A la question de savoir quels étaient les déficits neurologiques objectifs et quelles étaient les limitations fonctionnelles qu'ils induisent dans l'activité de l'assurée, ils ont répondu que l'intimée présentait une allodynie des mains des deux côtés (sensation douloureuse au moindre stimulus) et des dysesthésies des membres inférieurs à partir de la mi-cuisse des deux côtés (sensation anormale). Il y avait une limitation fonctionnelle à utiliser ses mains dans les activités manuelles exigées par son activité de coiffeuse ou de sommelière. A la question de savoir quelle était la capacité de travail actuellement exigible comme coiffeuse, sommelière ou gérante, ils ont répondu que la capacité de travail exigible était de 70 %.