Citation: 8C_386/2023 E. 4

En l'espèce, les juges cantonaux ont retenu qu'au vu du risque de mise en faillite et de l'incertitude quant au dédommagement de la société par l'assurance responsabilité civile de l'auteur de l'incendie, il devait être admis que la situation de la société pouvait encore se dégrader ensuite du licenciement du recourant. Entre son licenciement le 30 novembre 2018 et la production de sa créance salariale auprès de l'office des faillites le 25 février 2021, l'intéressé s'était limité à interpeller oralement son employeur et à déposer, le 6 février 2020, une requête en conciliation auprès du tribunal des prud'hommes. Compte tenu de la jurisprudence, ces interventions orales ne suffisaient pas pour satisfaire à l'obligation de réduire le dommage. L'inaction prolongée du recourant entre le 30 novembre 2018 et le 6 février 2020 constituait également une violation de cette obligation. Celui-ci avait certes obtenu une reconnaissance de dette le 30 août 2018 et adressé une mise en demeure écrite à son employeur le 22 octobre 2018; ces démarches étaient toutefois intervenues avant son licenciement et l'obtention d'une reconnaissance de dette n'était de toute manière pas suffisante. La juridiction cantonale a ajouté que le seul espoir d'une amélioration de la situation financière de la société, ensuite d'un éventuel dédommagement par l'assurance, ne justifiait pas une si longue période d'inaction de la part du recourant. Il n'était de surcroît pas établi que l'immeuble détruit par un incendie le 28 février 2018 à U.________ appartenait à B.________ SA, ni que cette entreprise y avait ses bureaux, étant précisé que son siège était à V.________ et que le recourant était domicilié dans cette ville. Il ressortait en outre d'une attestation de l'employeur du 30 août 2018 que la cause de l'incapacité d'honorer le salaire du recourant en été 2018 résidait également dans les mauvais résultats financiers de la société. Ces importants problèmes financiers - connus du recourant - auraient dû l'inciter à entreprendre rapidement des démarches sérieuses en vue de tenter de récupérer sa créance salariale. Il ne pouvait pas se contenter de rester inactif jusqu'à la mise en faillite.