Citation: 6B_1431/2020 E. B

Par jugement du 10 novembre 2020, la Cour pénale II du Tribunal cantonal du Valais a partiellement admis l'appel de A.A.________. Elle a modifié le jugement attaqué en ce sens qu'il est renoncé à ordonner une assistance de probation et à imposer des règles de conduite pour la durée du délai d'épreuve. Elle l'a confirmé pour le surplus. Il en ressort les faits suivants: B.a. Depuis l'âge de vingt-trois ans, A.A.________ entend obtenir des explications sur le dossier de la tutelle imposée à son père, B.A.________. A ce titre, il reproche au tuteur nommé, D.________, une mauvaise gestion de son mandat qui lui avait été attribué. Il le blâme, en particulier, d'un suivi personnel lacunaire, de n'avoir pas suffisamment tenu informés les membres de la famille A.________ et de n'avoir pas produit les comptes ni fait valoir les droits pécuniaires de B.A.________, notamment dans la succession de son propre père, C.A.________. Il estime, en conséquence, avoir été lésé par le comportement tant de D.________, des chambres pupillaires de V.________ et U.________, que de l'ancien juge de la commune de V.________. Une expertise civile diligentée par un expert indépendant en 2015, puis complétée, sur requêtes de A.A.________, en 2017 et 2018, n'a pas permis d'étayer ces griefs. Depuis 2011, en lien avec cette problématique, A.A.________ a exprimé son mécontentement de la façon suivante: B.b. Le 28 septembre 2011, dans le cadre d'une séance de mainlevée au tribunal des districts de Martigny et St-Maurice, A.A.________ a déclaré qu'il faudrait bien que la justice se penche sérieusement sur son affaire, faute de quoi ça se "terminerait mal". Il a poursuivi en expliquant qu'il était tout à fait capable de faire la même chose qu'à W.________ il y a dix ans, avant de s'emporter plus vivement en criant à plusieurs reprises: "Vous m'avez causé un préjudice moral durant vingt ans [...]. Si personne ne se penche sérieusement sur mon dossier cette fois-ci, vous avez le choix: il existe trois solutions: un, vous me mettez en prison, deux, vous m'abattez, trois, je pète les cases et je viendrai tous vous tuer, comme à W.________", avant de répéter une nouvelle fois les trois termes de l'alternative. Au vu de la réaction de A.A.________, il a dû être mis fin prématurément à la séance. A.A.________ ne conteste pas ces faits, lesquels sont cependant prescrits. B.c. Le 4 juin 2012, dans le cadre des débats de première instance dans une affaire pénale, tenus devant le juge E.________ et la greffière F.________ à V.________, A.A.________ a spontanément déclaré: "Qu'est-ce que les autorités, peut-être ce tribunal, attendent pour régler le problème que je soulève depuis vingt ans? que je pète les plombs, que je prenne mon fusil et que je tire dans le tas?". B.d. Le 4 juillet 2012, au cours de son audition par la police à V.________, A.A.________ a confirmé ses déclarations du 4 juin 2012 en s'expliquant de la façon suivante: "Il est clair que le préjudice que j'ai subi depuis vingt ans sera vengé au maximum". Il a aussi réitéré ses propos menaçants antérieurs en indiquant que, si le dossier concernant son père n'était pas réexaminé, il ferait le "con", et ce en rappelant qu'il valait mieux régler ledit dossier rapidement, ou alors l'abattre. B.e. Le 25 avril 2013, lors d'une séance au Tribunal cantonal à X.________, dans le cadre d'une audience relative à une contravention aux règles de la circulation routière, en présence du juge G.________, du procureur H.________, de la greffière et de l'huissière, A.A.________ a déclaré: "J'ai informé le tribunal de V.________ que, si mon dossier de tutelle n'était pas réglé je prendrai une arme et je m'en servirai. Je répète à nouveau cette menace et la confirme. Malgré le fait que vous m'annoncez qu'un tel comportement constitue une infraction, je la réitère. Je précise que votre dossier d'amende d'ordre, j'en ai strictement rien à f...[...]. Il faudra qu'on m'abatte pour que j'arrête de me défendre." B.f. Le 18 juin 2013, à X.________, auditionné par le procureur H.________ pour une violation des règles de la circulation routière, également devant la secrétaire et l'huissier, A.A.________ a déclaré ce qui suit: "Vos amendes d'ordre j'en ai strictement rien à "foutre". Vous n'avez que trois solutions, vous réglez le dossier de la tutelle de A à Z, vous m'abattez ou vous m'emprisonnez à vie sinon vous verrez, je vais péter les plombs et vous verrez les dégâts que cela va vous faire", ensuite de quoi il a dû être mis un terme à son audition, l'intéressé ayant quitté la salle d'audience. B.g. Le 10 juillet 2013, alors qu'il était incarcéré à la prison "Y.________" à X.________, A.A.________ a endommagé de nombreux biens qui se trouvaient dans sa cellule, à l'instar de la fenêtre, des prises TV/lavabo, d'ampoules, du miroir et du lavabo; les réparations se sont élevées à 4'421 fr. 65. Placé par la suite en cellule de réflexion, le prénommé a indiqué à un employé de la prison qu'il conseillait au procureur de ne jamais le libérer. B.h. D'après le rapport d'expertise établi le 20 septembre 2013 par I.________, psychologue, et par le Dr J.________, A.A.________ présentait, lors des faits incriminés, des traits de personnalité d'allure paranoïaque et caractérielle, non constitués en un trouble de la personnalité au sens de la CIM-10. Ces traits de personnalités pouvaient influencer son comportement général, mais n'étaient pas envahissants dans tous les domaines de sa vie psychique. Les experts ont conclu que l'intéressé n'était pas, au moment des faits, incapable d'appréhender le caractère illicite de ses actes. En revanche, vu les troubles caractériels qu'il présentait, sa responsabilité sur le plan volitif était légèrement diminuée. Concernant le risque de récidive, et plus précisément de violence, les experts l'ont jugé modéré au regard de l'évaluation clinique et des outils d'évaluation du risque. Ils ont estimé que, in casu, les menaces proférées semblaient plutôt s'inscrire dans les traits de personnalité caractériels et paranoïaques, l'expertisé cherchant avant tout à obtenir écoute et attention. Les experts ont relevé qu'il existait un traitement pour les traits de personnalité pathologiques diagnostiqués, lesquels étaient en lien avec les faits poursuivis et ont conclu qu'un suivi psychothérapeutique sur un mode volontaire leur apparaissait opportun.