Citation: 4A_96/2023 E. A

A.a. C.________ et B.________, banquier privé aguerri, ancien... du D.________, ont fait connaissance en 2001. Ils ont entretenu une relation sentimentale durant quatre ans, ayant perduré sous la forme d'une relation d' " amitié amoureuse ", également après le mariage de celui-ci. A.b. Par contrat du 8 décembre 2004, B.________ a accordé à C.________ un prêt de 200'000 fr. avec intérêts, remboursable au 31 décembre 2014, pour financer la société E.________ SA, dont C.________ était directrice avec signature individuelle. Il s'agissait d'un centre de beauté. B.________ a encore procédé, notamment en 2006, à des versements sur le compte de cette société et à C.________. Aucune somme ne lui a été remboursée. En 2006 et 2007, B.________ a fait don à C.________ de biens immobiliers situés en France. Un acte de vente a été signé par les précités pour l'un des biens. Par acte notarié du 10 février 2010, B.________ a procédé à des donations en faveur de C.________ d'immeubles sis à U.________ destinés à la location, d'une valeur totale de 8'000'000 fr. Le but était de lui assurer un patrimoine et des revenus. Les biens ont été choisis à U.________ en raison du fait que les donations étaient exemptées de taxes. B.________ avait procédé à leur acquisition et en était resté propriétaire quelques mois afin d'éviter l'impôt. A.c. En 2013, C.________ a fait part à B.________ de son projet d'acquisition d'un terrain situé dans la commune de Y.________ pour développer une promotion immobilière. Il a été convenu qu'il financerait ce projet. C.________ a versé au moyen de ses propres deniers le montant du capital de 100'000 fr. pour constituer A.________ SA, dont l'existence était liée audit projet. C.________ est l'unique administratrice et actionnaire de cette société, ayant pour but la promotion, l'achat et la vente de biens immobiliers. Pour financer notamment l'achat du terrain, B.________ a, par acte du 4 septembre 2013, consenti à A.________ SA un prêt hypothécaire de 8'000'000 fr. avec intérêts, garanti par des cédules hypothécaires. Le remboursement devait intervenir par tranches. Les parties ont admis que leur volonté était ici de contracter un prêt. A.________ SA envisageait de procéder à une vente sur plans de la promotion immobilière, ce qui n'a pas pu avoir lieu. B.________ et A.________ SA, représentée par C.________, ont signé trois autres contrats de prêt pour financer les travaux de la promotion immobilière, le 9 juillet 2014 pour un montant de 300'000 fr., le 29 octobre 2014 à hauteur de 4'600'000 fr. et le 22 mai 2016 pour un montant de 2'300'000 fr., soit un total de 7'200'000 fr., le tout avec intérêts. Un remboursement a été stipulé au 30 septembre 2018. Aucune garantie n'a été convenue. B.________ et A.________ SA divergent quant à la nature de ces trois derniers contrats. A.d. Par courriel du 22 mai 2016, B.________ a indiqué à C.________ qu'il avait déjà financé le projet à hauteur notamment de 8'000'000 fr. de prêt hypothécaire, de 4'600'000 fr. de prêt chirographaire et de 2'300'000 fr. de prêt supplémentaire. Il la priait de lui fournir des informations quant à la date de la fin des travaux, ainsi que des documents comptables de A.________ SA. A.e. Le 19 janvier 2017, B.________ a fait don à C.________ d'un diamant d'une valeur de 630'000 USD. La facture a été libellée au nom de la précitée. A.f. Le 12 avril 2017, C.________ a écrit à B.________ ce qui suit: " tu prêtes de l'argent à A.________ SA et donc tu n'es pas investisseur (...). Ton argent ne va pas s'envoler, car (...) la construction c'est un domaine qui paye de toute façon (...). A.________ SA te remboursera comme convenu. " A.g. Le montant du prêt hypothécaire de 8'000'000 fr. a été remboursé à B.________, la dernière tranche ayant été payée le 4 avril 2018. Les intérêts encore dus sur ce prêt ont été versés le 4 mai 2018. A.h. Le 14 août 2018, B.________ a adressé un courriel à C.________, à la teneur suivante: " je t'écris concernant les prêts de gré à gré de A.________ SA. En effet, ils échoient dès la fin septembre mais peuvent être remboursés par anticipation si les deux parties sont d'accord. Vu que la promotion est terminée (...), je voulais te proposer de les rembourser par anticipation. " C.________ a répondu le lendemain: " ne t'inquiète pas trop, si cela peut te rassurer, je préférerai (s) qu'on se voi (e) à ton retour pour discuter des formalités. " A.i. Le 14 septembre 2018, lors d'une rencontre avec C.________, B.________ a appris que A.________ SA avait investi dans un nouveau projet le " solde disponible " de la promotion immobilière. Lors de son audience devant le tribunal, C.________ a déclaré que B.________ n'était pas intéressé par ce nouveau projet. Il souhaitait avoir des relations intimes, ce qu'elle avait refusé. Il lui avait alors indiqué qu'elle verrait ce qu'il se passerait par la suite. A.j. Le 14 septembre 2018, B.________ a écrit à C.________ qu'elle l'avait mis devant un fait accompli et qu'il avait été un peu choqué. Il a ajouté qu'ils restaient liés par " cette affaire " et qu'il comptait sur elle pour faire de son nouveau projet un grand succès. Dans un courrier du 31 octobre 2018, B.________ a reproché à C.________ de s'être lancée dans un autre projet sans même lui en parler, alors que les prêts arrivaient à échéance. Il y voyait une rupture du lien de confiance. Par message du 2 novembre 2018, C.________ lui a répondu en ces termes: " comme je te l'ai dit, je te rembourserai, c'est juste que cela demandera un peu plus de temps c'est tout. " A.k. Le jour-même, B.________ a mis A.________ SA en demeure de lui rembourser les montants dus conformément aux trois contrats litigieux, dans un délai échéant le 12 novembre 2018. A.l. Par courriel du 5 novembre 2018, B.________ a reproché à C.________ son manque de professionnalisme. Le même jour, elle lui a répondu par courriel qu'elle avait " bien l'intention de (lui) rendre ce qu' (il lui avait) prêté " et qu'il ne devait pas oublier qu'elle lui avait " déjà rendu une première partie ". A.m. Le 25 février 2019, B.________ a fait notifier à A.________ SA un commandement de payer portant sur un total de 7'200'000 fr. avec intérêts dès le 1er octobre 2018, et 494'666 fr. 85 à titre d'intérêts contractuels jusqu'au 30 septembre 2018, avec intérêts. La poursuivie y a formé opposition.