Citation: 4A_439/2022 E. 4.1

4.1. Il est difficile de savoir quel fait précisément constitue la cible de ses griefs. En tout état de cause, la thèse qu'elle avance lorsqu'elle se réfère à son audition du 3 mars 2020, selon laquelle : « En arrivant sur son lieu de travail le 2 mai 2017 elle dut se rendre dans le bureau de D.________. Elle remit les plaques ( ndr. d'immatriculation de la voiture) à cette dernière, puis D.________ lui reprocha d'avoir adopté un comportement pénalement répréhensible. Cette dernière exigea ensuite qu'elle démissionne afin d'éviter toute poursuite pénale », a été discutée et jugée totalement improbable par la Cour cantonale qui lui a préféré la version de l'intimée sur la base d'éléments qu'elle a détaillés sur près de six pages dans son jugement (p. 3 à 9). En résumé, D.________ n'avait pas connaissance de la grossesse de sa collaboratrice le 2 mai 2017 ce que celle-ci ne remettait pas en question. Le libellé de la lettre de congé était quelque peu maladroit et il aurait été surprenant que D.________ l'ait dicté à la recourante, d'autant qu'il était assorti de remerciements destinés à l'employeur. Les déclarations de la recourante avaient évolué au fil du temps, ce qui constituait un indice qu'elle avait adapté son récit aux besoins de la procédure. Ses déclarations étaient également très peu spécifiques pour quelqu'un qui aurait été victime régulièrement de pressions psychologiques, puisqu'elle avait simplement fait référence aux "20 ans d'emmerdes" prédits par D.________ en relation le fait d'avoir des enfants. Enfin, les deux témoins présents le 2 mai 2017 avaient contredit la version des faits de la recourante et leurs déclarations étaient dignes de foi car elles étaient détaillées et mesurées. Plusieurs témoins avaient attesté de la proximité de la relation entre les deux femmes. La recourante ne parvient pas à faire la démonstration de l'arbitraire dans laquelle la Cour cantonale serait prétendument tombée. Elle tente de mettre en doute la crédibilité des témoins sur lesquels les juges cantonaux se sont appuyés et les éléments qui les ont conduits à se distancer des déclarations de l'une des anciennes employées qui avait quitté la société en mauvais termes, ainsi que de son propre compagnon. Mais elle se contente, ce faisant, d'opposer sa propre appréciation à celle des juges cantonaux. Quant à la question du véhicule - dont elle revendique la propriété - et d'un hypothétique prêt correspondant de la société, la recourante ne parvient pas à démontrer d'une manière qui saute aux yeux, sur la base de preuves univoques, qu'il s'agirait du motif de fâcherie qui aurait poussé D.________ à exiger d'elle qu'elle quitte son emploi.