Citation: 6P.16/2005 13.03.2005 E. 3

Remettant en cause les divers témoignages et rapports de police qui figurent au dossier, le recourant, par une argumentation largement appellatoire, soutient que l'autorité cantonale a retenu de manière arbitraire qu'il avait participé à l'opération de vente des dix kilos d'héroïne. Il reprend un à un les indices à charge retenus par l'autorité cantonale (arrêt p. 12 et 13) pour y opposer sa propre version: 3.1 Le recourant invoque le témoignage de C._______, selon laquelle elle était à Koumanovo avec son mari et son fils de la mi- à la fin février 1992, ce qui démontrerait qu'il n'aurait pas pu participer aux préparatifs de la livraison de la drogue et que c'est à tort que l'autorité cantonale aurait retenu qu'il avait été présent "dans tous les lieux décrits comme significatifs, qu'il s'agisse des événements du 14 février 1992, de ceux des 3 et 4 mars 1992 comme évidemment des préparatifs de la livraison du 12 mars". Le grief soulevé n'est cependant pas pertinent. En effet, l'autorité cantonale a retenu que le recourant était présent lors des événements des 3 et 4 mars 1992 ainsi que des 11 et 12 mars 1992. Or, à ces dates, il n'est pas contesté que le recourant était en Suisse; il a lui-même admis être allé à Coire le 4 mars 1992 et être chez lui le 12 mars 1992. 3.2 Le recourant soutient qu'il ne conduisait pas sa voiture le 14 février 1992 et que c'est à tort que l'autorité cantonale a retenu que l'agent infiltré avait vu son véhicule, puisque ce dernier n'avait pas participé au rendez-vous. On peut concéder au recourant que l'autorité cantonale a déclaré à tort que l'agent infiltré D.________ avait observé lui-même le véhicule du recourant. Cette erreur - que l'on peut qualifier de plume - ne saurait être synonyme d'arbitraire, dès lors que l'autorité cantonale a clairement expliqué, dans le résumé des faits de l'arrêt attaqué, que c'était l'informateur qui avait vu la drogue dans une voiture Audi 80 Quattro et que l'agent infiltré avait inscrit, dans ses notes personnelles, que cette voiture appartenait au recourant. Le recourant ne conteste pas être le détenteur de la voiture, fait que l'autorité cantonale a retenu à juste titre comme un indice de la culpabilité du recourant. 3.3 Le recourant affirme qu'il serait allé à Coire, avec son propre véhicule, pour voir un de ses amis et vendre des services de tables à des compatriotes; puis il se serait rendu en Autriche pour rendre visite à son frère à Vienne. Pour prouver la véracité de ses déclarations, il fait remarquer que, sinon, il était peu rationnel et coûteux de se déplacer à Coire avec deux voitures. Les arguments du recourant ne convainquent pas. Le fait que le recourant cherchait à vendre des services de table et qu'il est allé voir son frère à Vienne n'exclut pas sa participation au rendez-vous du 4 mars 1992 avec les agents infiltrés. L'autorité cantonale n'est donc pas parvenue à un résultat arbitraire en admettant que le recourant avait accompagné A.________ à Coire en vue de la livraison de l'héroïne. 3.4 Le recourant met en cause les déclarations de A.________, en particulier en ce qui concerne leur arrêt au restoroute de la Gruyère et son rôle dans l'opération. Sachant que le recourant avait quitté la Suisse, A.________ l'aurait accusé, dès qu'il aurait réalisé que la police soupçonnait le recourant. Par son argumentation, le recourant ne démontre toutefois pas que les déclarations de A.________ seraient contradictoires ou qu'elles iraient à l'encontre d'autres éléments du dossier, mais se contente d'opposer aux déclarations du témoin sa propre version des faits, de sorte que son argumentation est insuffisamment motivée et partant irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ). 3.5 Le recourant reproche à l'autorité cantonale de s'être fondée sur les déclarations des deux agents infiltrés pour retenir son implication dans le trafic. Dans la partie faits de l'arrêt attaqué, l'autorité cantonale a résumé les déclarations des deux agents de manière objective. Elle a expliqué que, selon le premier agent, le recourant était responsable de la transaction d'héroïne, même si l'agent avait reconnu que l'informateur de la police grisonne et que E.______, un des trafiquants, ne lui avaient jamais parler du recourant. L'arrêt attaqué précise que l'agent ne savait rien du rôle du recourant dans l'affaire, mais que les policiers genevois lui avaient laissé entendre qu'il tirait les ficelles. Quant au second agent infiltré, l'autorité cantonale relève qu'il avait entendu parler du recourant avant tout par son collègue. Contrairement à ce que soutient le recourant, l'autorité cantonale n'a donc pas retenu les déclarations des deux agents infiltrés comme preuve absolue de la participation du recourant à l'opération, mais a relativisé leur témoignage, qu'elle a retenu comme un indice parmi d'autres, procédé qui n'est pas critiquable. 3.6 Le recourant conteste avoir participé au rendez-vous du 12 mars 1992 que les trafiquants avaient fixé aux acheteurs pour la livraison des dix kilos d'héroïne, prétendant que l'autorité cantonale confond ce rendez-vous avec celui qu'il avait fixé avec un compatriote à côté de son lieu de travail en vue du remboursement d'un prêt de 2'000 francs. Le recourant ne fonde cependant son argumentation sur aucun moyen de preuve que l'autorité cantonale aurait omis de prendre en compte, mais se borne à substituer sa propre version des faits à celle de l'autorité cantonale. Son argumentation, purement appellatoire, ne satisfait pas aux exigences de précision posée à l'art. 90 al. 1 let. b OJ, de sorte qu'elle est irrecevable. 3.7 Enfin, selon le recourant, l'autorité cantonale a retenu a tort qu'il s'était enfui en France lorsqu'il avait appris que l'opération de livraison de la drogue avait échoué. Le recourant soutient qu'il aurait quitté la Suisse car sa femme lui aurait appris que des policiers l'attendaient au bas de leur immeuble et qu'il pensait qu'ils étaient venus l'arrêter en vue de l'audience du 16 mars 1992; il craignait en effet d'être condamné à une peine ferme de cinq ans lors de cette audience. A l'appui de son argumentation, le recourant se borne à citer le témoignage de sa femme, qui n'infirme cependant pas la version de l'autorité cantonale. En définitive, le recourant ne fait de nouveau que substituer sa propre version des faits à celle de l'autorité cantonale, ce qu'il n'est pas habilité à faire dans le cadre d'un recours de droit public. Son argumentation, essentiellement appellatoire, est donc irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ).