Citation: U 89/05 26.10.2005 E. 4

4.1 La juridiction cantonale a confirmé le taux d'invalidité de 40 pour cent fixé par la CNA. Citant un arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 8 mars 2004 (cf. U 38/03 consid. 4.1), elle a considéré que la CNA n'était pas liée par le taux de 52 pour cent retenu par l'office AI dans sa décision du 1er octobre 2004, dans la mesure où ce dernier fondait l'évaluation de l'invalidité uniquement sur le rapport des experts de la réadaptation professionnelle du 19 décembre 2001. De son côté, la recourante fait valoir que l'assureur-accident ne devait pas s'écarter de l'évaluation de l'office AI, laquelle était fondée sur des avis médicaux et professionnels. Par ailleurs, la recourante reproche à la juridiction cantonale de s'être fondée exclusivement sur l'estimation du médecin d'arrondissement de la CNA, alors que son avis divergeait non seulement d'un autre assureur social mais également de celui des médecins de l'Hôpital Y.________. 4.2 En l'espèce, il ressort des pièces au dossier que l'évaluation de l'invalidité par l'office AI se fonde exclusivement sur l'appréciation des responsables de la réadaptation du Centre V.________. C'est donc à juste titre que la juridiction cantonale a conclu que l'intimée ne saurait être liée par l'évaluation de l'assureur-invalidité (cf. consid. 3c/aa de l'arrêt K. du 7 août 2001, U240 /99, partiellement publié à la RAMA 2001 no U 439 p. 347). Cela étant, il y a lieu d'examiner si l'intimée était fondée à admettre une pleine capacité de travail - avec l'aménagement de pauses - dans une activité adaptée. Pour ce faire, la CNA s'est référée exclusivement aux conclusions de son médecin-conseil, le docteur M.________. Selon ce dernier, les séquelles accidentelles objectives rendaient l'assurée incapable de poursuivre l'exercice de son ancienne activité de préparatrice; en revanche, elles ne l'empêchaient pas d'exercer, à plein temps (en aménageant des pauses), toute autre activité légère autorisant l'alternance des positions assise et debout. Les conclusions du docteur M.________ ne convainquent pas. En effet, dans son premier rapport du 10 mars 2000, ce médecin constatait que l'évolution restait marquée par la persistance de douleurs dans la jambe gauche, une grande difficulté à la flexion antérieure du tronc, une fatigabilité dans la marche et une stagnation dans les progrès. Se fondant sur ces constatations, il estimait l'incapacité de travail totale. Or, dans son rapport final du 30 octobre 2000, sur la base d'une situation n'ayant pratiquement pas évolué - le docteur M.________ faisant état d'une évolution restée stationnaire, avec persistance de douleurs dans le membre inférieur gauche, de troubles de la sensibilité à la face latérale de la jambe, un périmètre de marche réduit ainsi qu'une position assise ne pouvant être tenue longtemps - ce médecin conclut à une capacité de travail quasi-totale dans une activité adaptée.