Citation: U 128/04 11.04.2005 E. 3

3.1 Les premiers juges ont retenu qu'au moment de la première agression du 23 décembre 1991 comme de la deuxième du 8 avril 1996, le recourant présentait une structure psychotique préexistante de la personnalité d'allure schizophrénique que ces événements n'avaient pas pu provoquer. Ils ont relevé que selon l'expert D.________, dans des moments d'excitation ou de stress, l'assuré pouvait devenir confus, faisant alors mal la part des choses, peinant à raisonner et à réfléchir de manière claire, présentant des troubles de la pensée et que, dans de tels moments de tension, l'état de stress post-traumatique chez une personnalité psychotique diminuait la capacité de jugement et pouvait altérer le contact à la réalité. Se ralliant aux conclusions de l'expert R.________, telles que reprises dans ses observations du 24 novembre 2001, la juridiction cantonale a considéré qu'elles étaient fondées sur des tests psychologiques reconnus et que leur fiabilité et précision avaient été confirmées par les docteurs L.________ et C.________ dans leur analyse du 11 février 2003. Dans ces conditions, les premiers juges ont nié que les deux événements des 23 décembre 1991 et 8 avril 1996 aient pu déstabiliser fondamentalement et durablement dans sa structure psychique même un homme sociable, chaleureux et qui avait de bonnes capacités d'adaptation ou à tisser des liens dans la continuité malgré les difficultés rencontrées et démontrées dans d'autres circonstances. En conséquence, la juridiction de première instance a nié toute relation de causalité naturelle et adéquate entre ces deux événements et les troubles d'ordre psychique dont est atteint l'assuré, pour les mêmes raisons que celles évoquées dans le jugement qu'elle avait rendu le 15 septembre 2000. 3.2 Le recourant conteste aussi bien la référence faite par les premiers juges à la modification durable de la personnalité après une expérience de catastrophe (F 62.0 CIM-10), diagnostic qui n'a pas été retenu par l'expert A.________, que leurs conclusions concernant un état préexistant avant la survenance des événements des 23 décembre 1991 et 8 avril 1996. Relevant que l'expert a répondu que le trouble psychique qu'il présente depuis plus de deux ans n'est imputable ni à un trouble antérieur de la personnalité ni à un autre trouble mental, il reproche à la juridiction cantonale de s'être écartée sans motifs valables des conclusions du docteur A.________ dans son expertise judiciaire du 11 novembre 2002, en violation de la règle du caractère équitable de la procédure engagée devant elle (art. 29 al. 2 Cst. et 6 § 1 CEDH). D'autre part, le recourant est d'avis que le statu quo sine n'était pas atteint, comme l'indique l'expert judiciaire, et que les agressions dont il a été victime sont en relation de causalité naturelle avec les troubles manifestés sous la forme d'état de stress post-traumatique. Qu'ils soient considérés comme graves ou de gravité moyenne, les deux événements accidentels avaient un caractère particulièrement impressionnant, critère à propos duquel le recourant affirme qu'il revêt ici une intensité particulière et que cela suffit pour admettre la causalité adéquate avec les troubles d'ordre psychique.