Citation: 1B_180/2009 10.07.2009 E. 5

Le recourant conteste également l'existence d'un risque de collusion et de fuite. 5.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours. Tel est le cas par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou pour prendre contact avec des témoins ou d'autres prévenus, afin de tenter d'influencer leurs déclarations (ATF 132 I 21 consid. 3.2 p. 23; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 132 I 21 consid. 3.2 p. 23; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). Par ailleurs, selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que la gravité de l'infraction, le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'État qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître un tel danger non seulement possible, mais également probable (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Lorsqu'elle admet l'existence d'un risque de fuite, l'autorité doit en outre examiner s'il ne peut être contenu par une mesure moins rigoureuse (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 123 I 268 consid. 2c p. 271; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67; 102 Ia 379 consid. 2a p. 381/382 et les arrêts cités). 5.2 Dans le cas particulier, la Chambre d'accusation a considéré que le risque de fuite ne pouvait être exclu, vu la gravité des faits reprochés au recourant et la peine à laquelle il s'exposait. Or, la gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, de sorte qu'il convient d'examiner s'il existe d'autres indices d'un éventuel risque de fuite. L'ordonnance attaquée est toutefois muette sur ces questions: on ignore notamment le statut du recourant en Suisse, sa situation personnelle et financière, son intégration ainsi que ses attaches familiales et ses liens avec l'étranger. Il apparaît ainsi que les éléments indispensables pour apprécier le risque de fuite font défaut, de sorte que le Tribunal fédéral n'est pas en mesure de statuer. Il en est de même s'agissant du risque de collusion. La Cour cantonale indique que ce danger apparaît particulièrement concret et intense dans une procédure qui a fait l'objet d'une mesure de super-suspension prolongée à plusieurs reprises où règne la loi du silence et où les inculpés, notamment le recourant, tentent de s'entretenir ensemble pendant les audiences. Il ressort effectivement du dossier que, lors de l'audience du 8 mai 2009, la Juge d'instruction a dû intervenir pour empêcher le recourant de s'entretenir avec un autre inculpé et qu'elle a dû plusieurs fois lui dire de se taire. C'est toutefois le seul élément concret sur lequel la Chambre d'accusation fonde un risque de collusion; elle n'indique pas en quoi la libération de l'intéressé compromettrait l'accomplissement des actes d'instruction encore à effectuer. Au demeurant, comme l'allègue le recourant, d'autres inculpés ont été libérés, l'autorité ayant considéré que pour ceux-ci, le risque de collusion n'existait plus. Il aurait dès lors été nécessaire de motiver plus précisément pourquoi ce risque ne pouvait pas être écarté chez le recourant. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral de rechercher dans le dossier les éléments qui permettraient de justifier le maintien en détention sous cet angle. Il y a dès lors lieu de constater que la décision attaquée ne contient pas "les motifs déterminants de fait et de droit" requis par l'art. 112 al. 1 let. b LTF, si bien qu'elle doit être annulée sur ce point et que la cause doit être renvoyée à l'autorité cantonale en application de l'art. 112 al. 3 LTF.