Citation: 1C_25/2024 E. 3.3

3.3. En l'occurrence, il est vrai que la volonté de la recourante de recourir en son nom personnel ne ressort pas de manière évidente et systématique de l'ensemble des pièces du dossier. Toutefois, le mémoire de recours au Tribunal cantonal et la réplique y relative contiennent plusieurs indications permettant de conclure que la recourante avait la volonté de participer individuellement à la procédure. Ainsi, la page de garde du recours, tout comme celle de la réplique, mentionnent que le recours, respectivement la réplique, sont déposés pour le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe et A.________; les deux recourants y sont inscrits l'un sous l'autre, sans qu'il soit mentionné que la seconde ne serait que la représentante du premier ou, contrairement à ce qui apparaît dans la procuration, que le premier agirait par la seconde. Au surplus, les conclusions du recours sont prises au nom "des recourantes" ("[e]xempter les recourantes de tout éventuel frais de recours"; [a]llouer aux recourantes une indemnité [...]"; constater que les droits "des recourantes" ont été violés), ce qui paraît indiquer que le recours est porté par plusieurs entités et non par le seul Collectif pour la grève féministe. Dans sa réplique, et en réponse aux observations déposées par la Ville de Neuchâtel, la recourante a soutenu disposer elle-même d'un "intérêt actuel à ce que le recours soit tranché, dans la mesure où une procédure pénale [était] ouverte à son encontre pour ces mêmes faits" (p. 2 de la réplique; cf. également p. 3 de la réplique). Or, il n'est pas contesté que la procédure pénale dont il est question vise la recourante à titre individuel, à l'exclusion du Collectif pour la grève féministe; dès lors que la recourante soutenait disposer, à titre individuel, d'un intérêt actuel pour ce motif, le Tribunal cantonal aurait dû en déduire qu'elle agissait devant lui non seulement comme représentante du Collectif de la grève féministe, mais également en son nom personnel. Il convient encore de relever que la réplique mentionne que les droits fondamentaux "du Collectif de la grève féministe et de sa représentante" auraient été violés (p. 5 de la réplique), établissant ainsi une distinction entre ces deux entités et laissant entendre que les deux entendaient participer à la procédure. Pour arriver à la conclusion que la volonté de recourir de la recourante fait défaut, le Tribunal cantonal semble uniquement se fonder sur un courriel de la recourante au Conseil communal et sur la procuration en faveur du mandataire. Il apparaît ainsi qu'il a considéré que la recourante n'était pas partie à la procédure sans toutefois analyser plus avant le mémoire de recours et la réplique déposés devant lui et sans expliquer, par rapport à ces documents, les motifs qui l'auraient conduit à procéder de la sorte. Pourtant, il ressort clairement de ces actes que la recourante était également partie à la procédure devant le Tribunal cantonal. Ce dernier aurait pu, s'il estimait que la procuration produite ne concernait pas la recourante, demander au mandataire la production d'une procuration supplémentaire idoine (cf. art. 13 al. 3 LPJA/NE). En tout état, et dans la mesure où la prétendue absence de volonté de la recourante d'agir en son nom personnel pouvait le cas échéant conduire à une décision d'irrecevabilité, on peine à comprendre pour quelle raison l'autorité précédente, si elle estimait que ce point n'était pas clair, n'a pas interpellé la recourante afin de lui permettre de se déterminer à ce sujet. Une telle manière de procéder aurait permis de clarifier la volonté de cette dernière et, partant, de lui reconnaître la qualité de partie dès lors qu'elle apparaît par ailleurs remplir les conditions de l'art. 32 LPJA/NE, notamment au vu de la procédure pénale ouverte à son encontre. En niant à la recourante la qualité de partie, le Tribunal cantonal a commis un déni de justice au sens de l'art. 29 al. 1 Cst.