Citation: 1B_241/2020 E. 2.3

2.3. Le recourant relève qu'il a fallu deux courriers de relance de sa part en sus de la constitution de partie plaignante et de la dénonciation pour qu'une tentative de meurtre soit enfin adressée à la police pour investigation. Malgré les éléments contenus dans la dénonciation qui faisaient état de soupçons suffisants d'une tentative de meurtre, la Procureure n'a pas ouvert formellement de procédure en application de l'art. 309 al. 1 let. a CPP et n'a pas ordonné la défense obligatoire, alors que celle-ci s'imposait clairement en vertu de l'art. 130 al. 1 let. b CPP, ce qui a débouché sur une requête de retranchement de l'audition de la prévenue par la police. Le Président de la Chambre pénale a considéré que le recourant était déchu du droit de se prévaloir de ces motifs de récusation en vertu de l'art. 58 al. 1 CPP car ils ne présentaient pas un lien intrinsèque suffisant avec ceux tirés du retard à se prononcer en matière d'assistance judiciaire et à donner le feu vert à l'expert judiciaire ayant objectivement motivé le dépôt de la demande de récusation. Le recourant ne développe aucune argumentation qui permettrait de considérer ce raisonnement comme arbitraire ou d'une autre manière non conforme au droit. Il ne cherche en particulier pas à démontrer en quoi il serait insoutenable de ne pas retenir un lien intrinsèque entre les erreurs prétendument commises par la Procureure en début d'enquête et les dénis de justice dont elle se serait rendu coupable par la suite en tardant à statuer sur sa requête d'assistance judiciaire et à mettre en oeuvre l'expertise et en ne répondant pas aux courriers qu'il lui avait adressés, malgré diverses relances, et qui ont motivé le dépôt de la demande de récusation. Le recourant se prévaut également du fait que la Procureure n'a pas mis en oeuvre la défense obligatoire de la prévenue en application de l'art. 130 let. c CPP alors que des éléments permettant de mettre en doute son aptitude psychique à se défendre seule résultait de la dénonciation et de son audition par la police; il ne saurait se fonder sur le fait que le Tribunal fédéral applique le droit d'office en vertu de l'art. 106 al. 1 LTF pour invoquer ce motif de récusation pour la première fois devant le Tribunal fédéral. Au demeurant, s'il avait été soulevé devant le Président de la Chambre pénale, ce motif de récusation aurait également été tenu pour tardif au regard de l'art. 58 al. 1 CPP pour les raisons évoquées précédemment et non contestées dans les formes requises. Le recourant voit enfin un motif de récusation de la Procureure dans le fait qu'elle n'a pas daigné répondre aux nombreux courriers qu'il lui a adressés malgré diverses relances. Le Président de la Chambre pénale a jugé que le retard à se prononcer en matière d'assistance judiciaire et à donner le feu vert à l'expert judiciaire ne constituaient pas des motifs de récusation, renvoyant à cet égard à son ordonnance du même jour rejetant le recours pour déni de justice formé par le recourant. Ce dernier ne s'en prend pas à cette motivation et se limite à énumérer les courriers restés sans réponse. Il ne cherche en particulier pas à démontrer en quoi il serait insoutenable de renvoyer à cet égard à l'ordonnance rendue le même jour qui refuse de constater un déni de justice ou un retard à statuer dans l'inaction reprochée à la Procureure et qu'il n'a pas déférée devant le Tribunal fédéral; à tout le moins, il devait s'employer à contester les motifs évoqués dans cette ordonnance s'il considérait que le comportement de la Procureure était constitutif d'un manquement aux devoirs de sa charge, ce qu'il ne fait pas, et ne pas se contenter de reprendre son motif de récusation. Au demeurant, l'absence de réponses à certains courriers du recourant ne suffirait pas pour justifier la récusation de cette magistrate.