Citation: 6B_558/2023 E. 2.2.2

2.2.2. En substance, la recourante soutient que l'état de choc, de désorientation dans lequel elle se serait trouvée après sa prise en charge et, plus généralement, son état de santé mentale expliquerait la fluctuation de ses déclarations. En l'espèce, quand bien même elle aurait été dans un tel état, cela n'explique pas les grandes incohérences de ses différents récits, alors même qu'ils étaient pourtant détaillés et précis. La recourante reproche, à tort, à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu "l'absence complète de blessures", alors que des éccymoses et des dermabrasions avaient été constatées. En effet, on comprend que la cour cantonale faisait référence à l'absence de lésions en lien avec une exposition à un foyer d'incendie. Au demeurant, la cour cantonale a bien retenu les constatations découlant de l'examen clinique effectué 17 heures après les faits (cf. jugement attaqué, p. 19). A cet égard, les experts avaient relevé que les dermabrasions pouvaient résulter d'une altercation physique, alors que les écchymoses étaient trop peu spécifiques pour pouvoir se prononcer quant à leur origine précise. En outre, aucune lésion de défense n'avait été observée. Contrairement à ce qu'affirme la recourante ces éléments, peu probants, n'imposaient pas à la cour cantonale de conclure à l'existence d'une agression. La recourante affirme que la cour cantonale aurait été incapable d'expliquer la manière dont elle se serait ligotée seule les mains et aurait placé ces dernières dans le dos de manière serrée. Certes, la cour cantonale ne détaille pas la manière de procéder de la recourante, cela ne signifie pas pour autant que cette manoeuvre était impossible. Au demeurant, il ressort de l'acte d'accusation et du procès-verbal d'audition du 23 décembre 2018 que la recourante était, de son propre aveu, souple et qu'elle avait effectué, à la demande de l'enquêteur, des exercices convaincants (cf. dossier cantonal, acte d'accusation du 3 décembre 2020, p. 2 et PV d'audition n° 9 du 23 décembre 2018, p. 6-7; art. 105 al. 2 LTF). Pour le surplus, la recourante présente une argumentation purement appellatoire et, partant, irrecevable, par laquelle elle rediscute librement l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Il en va ainsi lorsque l'intéressée revient sur la présence de son ADN à l'intérieur des couches du ruban adhésif, sur l'existence d'une deuxième clé d'entrée et d'un second téléphone qui n'auraient pas été retrouvés. Il en va de même lorsqu'elle affirme que la cour cantonale aurait implicitement soutenu qu'elle avait des velléités suicidaires alors que le suicide par incendie ne serait pas une catégorie répertoriée par l'observatoire suisse de la santé et qu'elle avait toujours nié être suicidaire. Au vu de ce qui précède, la recourante ne démontre nullement qu'il était manifestement insoutenable de retenir, comme l'a fait la cour cantonale, qu'elle avait elle-même bouté le feu à son appartement.