Citation: 6P.206/2006 09.02.2007 E. 1

7.2 En l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, on ne saurait faire grief à la Cour de cassation cantonale d'avoir jugé - malgré le fait qu'il aurait freiné D.________ lorsque celui-ci a donné un très violent coup de pied à la tête de la victime et l'aurait ainsi empêché d'enchaîner d'autres coups violents -, que les éléments extérieurs constatés, dans leur ensemble, permettaient néanmoins de retenir qu'il a accepté, pour le cas où elles se produiraient, les lésions subies par la victime. En effet, accorder à ce seul élément extérieur une importance si décisive qu'il permette d'exclure tout dol éventuel reviendrait à conférer aux autres coups déjà portés par les protagonistes - y compris le coup de poing dans le dos et le coup de pied asséné par le recourant alors que la victime était déjà au sol - une importance singulièrement secondaire, qui ne s'accorde pas avec le caractère de "passage à tabac" reconnu par la Cour d'assises à la rixe. Avant même le coup de pied asséné par D.________, les autres protagonistes n'ont ainsi pas seulement poursuivi et fait tomber la victime mais se sont jetés à quatre sur elle pour la rouer de coups. On ne conçoit dès lors pas que les participants à cette mêlée n'aient, avant même le dernier coup de pied, à aucun moment envisagé que dans cette frénésie de vengeance les coups violemment portés par les uns et les autres puissent avoir de graves conséquences. On ne comprendrait pas non plus que le recourant, mû par le désir de se venger de celui qui l'avait, lors d'une précédente bagarre, agressé et blessé au couteau et après qu'il eut réalisé que E.________ venait également d'être blessé de la même manière par la victime, ait sciemment mesuré ses coups afin, tout au plus, d'humilier la victime, mais en évitant soigneusement de lui infliger de graves lésions. Cela étant, l'arrêt cantonal n'apparaît pas contraire au droit fédéral dans son résultat. Le grief est infondé.