Citation: 6B_1262/2023 E. 1.3

1.3. En l'espèce, la cour cantonale a considéré, au terme d'une analyse très détaillée de la situation personnelle et familiale de la recourante ainsi que de son état de santé, que l'expulsion dans son pays d'origine ne saurait la mettre dans une situation personnelle grave (première condition cumulative). En substance, la cour cantonale a retenu une très faible intégration professionnelle, économique et sociale en Suisse. Sur le plan familial, elle a constaté que les enfants de la recourante sont actuellement tous majeurs, de sorte que leur situation ne requiert pas impérativement la présence de leur mère en Suisse. La cour cantonale a relevé que la recourante vivait sous le même toit que sa fille cadette, née en 2002 et ayant débuté une formation de deux ans à compter du 1 er juillet 2023, tout en nécessitant un suivi médical régulier pour des problèmes psychiques. Elle a néanmoins considéré que les intéressées ne se trouvaient pas dans une relation de dépendance allant au-delà des liens affectifs normaux, malgré les liens personnels paraissant très forts. En outre, la cour cantonale a mentionné les possibilités de financement de la formation entreprise par la fille cadette et a indiqué qu'une bourse était déjà versée pour cette formation. La cour cantonale a précisé que la recourante pouvait continuer à soutenir moralement et matériellement sa fille depuis son pays d'origine. La relation entretenue avec sa fille cadette ainsi que les liens renoués avec les autres enfants ne s'opposaient pas à l'expulsion de la recourante sous l'angle des art. 13 Cst. et 8 CEDH. Sous l'angle de l'état de santé, la cour cantonale a retenu que les traitements médicaux auxquels prétendait la recourante, à savoir des séances de physiothérapie pour son pied, un suivi médical d'un diabète et une psychothérapie, pouvaient parfaitement être dispensés en Italie, en renvoyant à différents liens décrivant le système général de santé en Italie. Elle a également précisé que la recourante pourrait bénéficier des traitements médicaux qu'elle nécessite tout en continuant à percevoir sa rente d'invalidité suisse en Italie. Sur la base de ces éléments et retenant que la recourante parle couramment l'italien, qu'elle a vécu et a été scolarisée en Italie les 11 premières années de sa vie, qu'elle y est retournée entre ses 18 et 46 ans et y a fondé une famille, qu'elle y a passé la grande partie de sa vie d'adulte, la cour cantonale a jugé que la première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP n'était pas satisfaite. De surcroît, la cour cantonale a considéré en substance que l'intérêt public à l'expulsion de la recourante l'emportait sur son intérêt privé à rester en Suisse (deuxième condition cumulative), en raison d'un risque réel de récidive, de sa faible intégration en Suisse et de ses perspectives réelles de réinsertion sociale en Italie.