Citation: 4A_73/2008 04.06.2008 E. 3

Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir fait une application arbitraire de l'art. 21 CCNT 98. Selon cette disposition, si l'employeur n'a pas tenu de registre des heures de travail et des jours de repos effectifs, le contrôle de la durée du temps de travail tenu par le collaborateur est admis comme moyen de preuve en cas de litige (cf. art. 21 al. 2 et 3 CCNT 98). 3.1 La juridiction cantonale a estimé qu'en l'absence de tout registre, il y avait lieu de se référer aux affirmations de l'employée s'agissant de la durée effectivement travaillée durant la période non prescrite. Elle a ainsi arrêté, tout comme l'instance précédente, que la période en cause couvrait huit mois, soit du 5 décembre 2001 au 10 juin 2002 et du 18 novembre 2002 au 13 janvier 2003. Sur la base d'un horaire prévu de travail hebdomadaire de quarante-deux heures, tel que ressortant des pièces et des auditions des parties, et d'un horaire effectif de neuf heures par jour ou quarante-cinq heures par semaine - de 7h à 16h30, avec une demi-heure de pause pour le repas -, la cour cantonale a comptabilisé un nombre de trois heures de travail supplémentaires par semaine, soit au total 103.92 heures (3 x 4.33 x 8) pour la période concernée. Le recourant critique le nombre d'heures de travail - neuf par jour ou quarante-cinq par semaine - arrêté par la cour cantonale, sur la seule et unique base de la déclaration faite par l'intimée le 5 mars 2007. Il estime qu'il ne s'agit pas là d'un « contrôle de la durée du temps de travail tenu par le collaborateur » au sens de l'art. 21 al. 2 (recte: al. 3) CCNT 98, puisqu'un tel contrôle doit se présenter sous la forme d'un document écrit détaillé et non pas sous celle d'une simple déclaration orale. Il reproche en outre à la juridiction cantonale d'avoir omis de prendre en compte la déposition du témoin Arthur Duarte Da Costa E Silva, qui a affirmé que l'intimée commençait son service à 7h et le terminait à 16h, tout en ayant dûment pris sa pause de midi de 30 minutes. A lire le recourant, sur la base de cette déposition, le nombre d'heures supplémentaires effectuées par l'intimée s'élève au maximum, en reprenant les calculs de la Cour d'appel des prud'hommes, à 17.32 heures, ce qui représente 404 fr.90. Enfin, le recourant évoque une violation de l'art. 8 CC, sans autre explication. 3.2 Comme il est constant qu'aucun registre des heures de travail n'a été tenu par l'employeur, contrairement aux exigences de l'art. 21 al. 2 CCNT 98, l'autorité cantonale pouvait se fonder sur le contrôle de la durée du temps de travail tenu par le collaborateur. L'intimée a allégué avoir effectué 276 heures supplémentaires du 1er janvier 2002 au 31 mai 2002 et produit un décompte manuscrit qui indiquait le nombre d'heures effectuées pour ces mois de travail. Sur la base des dires de l'intimée en audience d'instruction, qui a notamment précisé l'horaire de travail quotidien, et du contenu de la déposition d'un témoin, la cour cantonale a toutefois retenu un nombre d'heures supplémentaires inférieur à celui allégué. Dès lors qu'il n'est pas contesté que l'intimée a accompli des heures supplémentaires par rapport à l'horaire contractuellement convenu, l'autorité cantonale pouvait - à défaut de décompte précis établi par l'employeur et donc de moyen de déterminer le nombre effectif d'heures supplémentaires accomplies - procéder, par application analogique de l'art. 42 al. 2 CO, à une estimation sur la base des éléments dont elle disposait. On ne voit pas en quoi l'autorité cantonale aurait violé le droit fédéral en axant son estimation sur la base des éléments susmentionnés. Le présent recours ne démontre en particulier pas dans quelle mesure il serait choquant de s'en tenir à l'horaire journalier, tel que décrit en audience par l'intimée. Contrairement à ce que soutient le recourant, le seul témoin entendu en instance cantonale ne contredit en rien la déclaration de l'intimée, dès lors qu'il a indiqué que « la serveuse du matin commençait dès l'ouverture, soit à 7h, et finissait vers 16h » et non pas à 16h, comme repris par le recourant dans son écriture de recours. Au demeurant, il ne ressort pas du dossier que l'employée effectuait des horaires de travail irréguliers et qu'elle n'aurait ainsi pas pu les mémoriser et les relater par voie orale - ce que le recourant ne prétend du reste pas. Dans ces circonstances, il n'est pas insoutenable, pour la cour cantonale, de s'être référée aux horaires invoqués en audience par l'intimée pour calculer les heures supplémentaires. S'agissant de la violation de l'art. 8 CC, brièvement invoquée au terme du grief, force est d'admettre que le recourant n'établit pas dans quelle mesure cette disposition aurait été violée par les magistrats cantonaux. Si tant est qu'il soit recevable, le grief est donc infondé.