Citation: 5P.185/2000 02.11.2000 E. 2

2.- a) La Cour de justice a considéré que le billet à ordre signé par le poursuivi constituait une reconnaissance de dette conditionnelle et qu'il appartenait à la poursuivante de prouver la réalisation de la condition; or, elle ne l'avait pas fait. Aucune des pièces produites ne permettait en effet d'affirmer, à l'instar de la poursuivante, que l'absence de "stock powers" empêchait toute négociabilité des titres en cause. De plus, seule une partie de ces documents manquait; il était au demeurant établi que le poursuivi et son conseil avait fait le nécessaire pour les obtenir. b) La recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement apprécié les faits et violé l'art. 82 LP. Elle soutient avoir établi par pièces que les "stock powers" sont des documents indispensables au transfert des titres, de sorte qu'elle n'est jamais devenue propriétaire de ceux-ci et qu'elle ne pouvait donc pas en disposer. Les pièces auxquelles elle se réfère ne le démontrent toutefois pas clairement. La lettre de la banque du 25 février 1997 (pièce 11) confirme certes que certains titres ont été remis sans "stock power" et qu'il convient de remédier à cette situation, mais sans dire expressément qu'à défaut, les titres ne pourront être négociés. Quant au courrier du conseil de l'intimé du 2 juin 1997 (pièce 18), il se borne àmentionner qu'un avocat de New-York est en charge de la régularisation des "stock powers" émis par les anciens détenteurs des titres. Les autres pièces citées par la recourante (12 et 16 ss) ne sont pas plus probantes. La Cour de justice n'a donc pas versé dans l'arbitraire en considérant, sur la base des pièces produites, qu'il n'était pas établi que les "stock powers" aient une influence sur le caractère négociable ou non des titres. La recourante se contente au demeurant d'opposer sa propre thèse à celle de l'autorité cantonale, sans s'attacher à démontrer vraiment en quoi consisterait l'arbitraire de la solution retenue par l'arrêt attaqué (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15). Ses critiques de nature appellatoire sont en outre irrecevables (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). Tel est le cas lorsqu'elle soutient avoir rapporté la preuve par titre que le poursuivi et sa société n'ont pas exécuté les obligations qui étaient les leurs en vertu de la convention et qu'elle était donc en droit de présenter le billet à ordre, destiné précisément à garantir le défaut d'exécution; il en va de même de ses allégations selon lesquelles il était arbitraire de considérer que les efforts fournis sans succès par le poursuivi et sa société pour satisfaire à leurs obligations valaient exécution de la convention, et qu'ils les libéraient de la reconnaissance de dette constituée par le billet à ordre. Les critiques se rapportant à l'argumentation de la cour cantonale selon laquelle seule une partie des "stock powers" manquait, le poursuivi devant en outre les déposer "dès réception", sans fixation d'un délai péremptoire, sont dès lors sans pertinence.