Citation: 5A_916/2019 E. 5.2

5.2. Quant à savoir qui est le parent de référence de l'enfant, il ressort de l'arrêt querellé que les deux parents présentent des capacités parentales adéquates pour la prise en charge de leur fils, qu'ils ont tous deux été très présents depuis sa naissance, ont développé de forts rapports affectifs avec l'enfant et lui ont apporté soins et éducation dans une mesure équivalente. Cela étant, quand bien même le recourant a toujours été très impliqué dans la prise en charge de son fils puisque ce dernier a passé cinq voire six nuits sur quatorze chez lui depuis la séparation - les parties s'opposant sur la question en définitive sans pertinence de savoir chez qui l'enfant se trouvait le lundi soir - ainsi que la moitié de son temps depuis la rentrée scolaire 2019, il n'en demeure pas moins que la situation professionnelle de l'intimée lui a permis de passer beaucoup de temps avec l'enfant depuis sa naissance et d'aménager son emploi du temps en fonction de ce dernier. Contrairement à ce que soutient le recourant, que cette situation soit inhérente au fait qu'il travaillait à plein temps alors que l'intimée avait connu une période de chômage est sans pertinence. Il ressort de l'arrêt querellé que, même depuis la rentrée scolaire, l'intimée a disposé d'une plus grande disponibilité qui lui a permis d'alléger au maximum la prise en charge de l'enfant par des tiers durant les jours où l'enfant était auprès d'elle. Cela étant, le temps consacré par chaque parent à l'enfant n'est pas le seul facteur qui tend à désigner l'intimée comme le parent de référence de l'enfant dans le cas d'espèce. En effet, il faut garder à l'esprit que l'enfant est tout juste âgé de cinq ans. Il n'a donc fréquenté l'école que durant quelques mois, de sorte que les liens sociaux qu'il a pu y créer ne revêtent pas la même importance que pour un enfant plus âgé ou un adolescent qui pratique souvent diverses activités sportives ou récréatives avec son cercle d'amis et est dès lors très lié à son environnement social. Partant, eu égard à son âge, le parent avec lequel il a passé l'essentiel de son temps durant ses premières années de vie constitue pour lui une figure centrale et rassurante, de sorte que le principe de stabilité, qui revêt une importance particulière chez un enfant de cet âge, tend au maintien de ce dernier auprès de ce parent. En outre, bien que le recourant conteste, sous l'angle d'une appréciation arbitraire des faits, avoir été absent à la plupart des rendez-vous médicaux de l'enfant, il ne nie pas que l'intimée s'occupait de prendre les rendez-vous, y était systématiquement présente et s'occupait également de l'enfant lorsqu'il était malade. Compte tenu de l'ensemble des circonstances qui précèdent et nonobstant l'investissement du recourant, il n'était pas arbitraire de considérer que l'intimée constituait le parent de référence de l'enfant, ce indépendamment du fait que les parties se sont entendues sur un partage des bonifications pour tâches éducatives AVS. L'intimée apparaît également en mesure de continuer à se consacrer à son fils aux Pays-Bas dans une mesure équivalente à celle qui prévalait en Suisse. Sur ce point, le Juge délégué a constaté que l'intimée bénéficiait d'une grande liberté dans l'organisation de son temps de travail, ce qui lui permettait d'amener son fils à l'école le matin et d'assurer personnellement sa prise en charge dès sa sortie de l'école. Le recourant met à juste titre en évidence la distance relativement importante qui sépare la ville du futur domicile de l'intimée de l'université qui l'emploie, de sorte que c'est effectivement de manière erronée que le Juge délégué a considéré que la future école de l'enfant serait proche de ces deux lieux. Cela étant, les trajets conséquents entre son domicile et le lieu où elle travaille seront assumés par l'intimée et rien n'indique qu'ils seront imposés également à l'enfant. Par ailleurs, la flexibilité alléguée par l'intimée quant à l'organisation de son temps de travail semble compatible avec sa fonction académique nonobstant le fait qu'elle ait été engagée à 100%, de sorte qu'il apparaît vraisemblable qu'elle puisse s'occuper de son fils dès sa sortie de l'école. Enfin, la mise en danger du bien de l'enfant que le recourant semble alléguer en tant qu'il évoque les difficultés d'intégration auxquelles l'enfant sera confronté en raison de son absence de maîtrise du néerlandais et le fait qu'il risque d'être déplacé encore dans d'autres pays compte tenu des professions respectives de sa mère et de son nouveau compagnon n'est pas réalisée. En effet, s'agissant de la déstabilisation que peut entraîner l'apprentissage d'une langue étrangère, le Tribunal de céans a déjà considéré que celle-ci n'était pas constitutive d'une mise en danger du bien de l'enfant (cf. supra consid. 3.2). Au demeurant, il ressort de l'arrêt entrepris que l'intimée a obtenu aux Pays-Bas une place pour son fils dans une école privée francophone, ce qui lui permettra une intégration progressive nonobstant sa méconnaissance de la langue nationale. Quant au risque évoqué de déménagements successifs, ceux-ci relèvent de la spéculation, étant précisé que le recourant demeure libre de saisir les autorités locales compétentes si un tel projet devait se concrétiser. En définitive, compte tenu de ce qui précède, il apparaît que le Juge délégué n'a pas excédé son pouvoir d'appréciation en considérant que les conditions pour autoriser l'intimée à déplacer le lieu de résidence de l'enfant à l'étranger au stade des mesures provisionnelles étaient remplies. Au surplus, les autres griefs du recourant dirigés contre l'appréciation des critères d'attribution de la garde à l'un ou l'autre des parents n'ont pas à être examinés. Certes, la question de l'adaptation des droits parentaux au sens de l'art. 301a al. 5 CC est indissociable de celle du déménagement et doit être examinée d'office par les autorités cantonales même en l'absence de conclusions en ce sens (ATF 142 III 481 consid. 2.8; MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 6 e éd. 2019, n os 1128 et 1134 p. 749 et 753). Or, en l'occurrence le Juge délégué a bien procédé à une telle adaptation en fixant différemment le droit de visite du recourant sur son fils. Ce dernier n'a toutefois soulevé aucun grief d'application arbitraire de l'art. 301a al. 5 CC formulé conformément aux réquisits de l'art. 106 al. 2 LTF et n'a pris aucune conclusion relative aux modalités d'exercice du droit de visite dans ses conclusions subsidiaires prises dans l'hypothèse d'un déménagement.