Citation: 1B_122/2018 E. A

Le 12 janvier 2018, A.________, ressortissant suisse né en décembre 2005, a agressé au couteau un ami d'enfance - âgé comme lui de douze ans -, causant à celui-ci des blessures à la tête dont trois plaies ayant nécessité des points de suture. Il a été mis en prévention de tentative de lésions corporelles graves par le juge des mineurs du canton de Genève, subsidiairement de lésions simples aggravées par l'utilisation d'un objet dangereux. Un avocat d'office lui a été désigné. Durant ses auditions, il a expliqué avoir agi par jalousie, sans vouloir tuer, précisant qu'au moment d'agir, il ne savait plus à quoi il pensait, ajoutant "c'était comme si ce n'était pas moi". Il a ensuite expliqué qu'il entendait une voix depuis l'âge de huit ans. Il a été placé en détention provisoire au Centre pour mineurs de La Clairière. Le 17 janvier 2018, le Juge des mineurs a instauré à titre provisionnel une mesure d'assistance personnelle. Par ordonnance provisionnelle du 18 janvier 2018, le Juge des mineurs a ordonné l'observation institutionnelle en milieu fermé de A.________, pour une durée maximale de trois mois. Les renseignements sur sa situation personnelle n'étaient pas suffisants pour statuer sur les soins éducatifs ou thérapeutiques à ordonner. L'état de santé de l'enfant était préoccupant et une évaluation en milieu ouvert ne présentait pas suffisamment de garanties, d'une part quant à la compliance du mineur, d'autre part au vu de l'imprévisibilité de son comportement. Alors qu'il n'avait jamais manifesté d'agressivité auparavant, A.________ avait eu un comportement d'une intense et imprévisible violence lors des faits. Le médecin de La Clairière avait détecté des symptômes inquiétants (méfiance, persécution, hallucinations auditives et visuelles) faisant redouter un risque de psychose. La situation familiale de l'intéressé était aussi préoccupante. Le responsable de l'établissement pour mineurs était invité à déposer son rapport dès que possible. Une expertise psychiatrique a ensuite été mise en oeuvre le 23 janvier 2018. A.________ a recouru contre sa mise en observation en milieu fermé, au sens de l'art. 9 de la loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs (DPMin, RS 311.1), en relevant qu'une telle mesure devait servir à l'instruction pénale et non à la protection de l'intéressé ou de tiers. Il ne s'était pas opposé à l'expertise psychiatrique et bénéficiait déjà d'une assistance personnelle. Sa situation scolaire et familiale ne pouvait justifier la mesure.