Citation: 6B_1058/2020 E. 2.4

2.4. Selon le recourant, les autorités pénales auraient dû examiner les motifs pour lesquels les enregistrements vidéos de la discothèque n'ont pas été sauvegardés. Il considère en outre que la cour cantonale ne pouvait examiner la crédibilité de ses déclarations en retenant qu'il était fortement alcoolisé, alors qu'il présentait une alcoolémie de 0.65 mg/l. Il conteste la valeur probante des déclarations de D.________, dès lors d'une part, qu'en tant qu'employeur de B.________, il serait civilement responsable d'un acte illicite de ce dernier et, d'autre part, qu'il a été interrogé quatre mois après celui-ci, ce qui implique une collusion évidente. Ainsi que le relève le recourant, la motivation cantonale ne saurait être suivie. Alors que la police a été sollicitée par le responsable de la sécurité, à la suite d'une bagarre devant la discothèque, lors de laquelle plusieurs personnes "rouaient de coups" le recourant et l'ont laissé "ensanglanté", les images de vidéosurveillance de l'établissement n'ont pas été sauvegardées et ont été détruites quatre jours après l'altercation. Or, dans ces circonstances, les autorités ne pouvaient se contenter de cette seule constatation, sans interroger les personnes concernées sur les motifs du défaut de sauvegarde des images. En outre, B.________, nommément mis en cause par le recourant, a été entendu par la police le 27 mai 2019, à savoir plus de six mois après le dépôt de la plainte pénale. L'audition, par la police, de D.________, dont les rapports contractuels avec B.________ ne sont pas établis, a eu lieu encore trois mois plus tard, le 7 septembre 2019. La bagarre et les lésions qui en ont résulté étant établies, la crédibilité des déclarations des protagonistes ne pouvait être appréciée à ce stade de la procédure, sur la seule base de l'alcoolémie que présentait le recourant au moment des faits, alors même qu'il n'est pas fait état de déclarations contradictoires de ce dernier. Considérer d'emblée qu'une confrontation des protagonistes n'aurait pas fait avancer la procédure était prématuré, ce d'autant que les versions des collaborateurs de la discothèque diffèrent sur certains aspects (notamment: identité de la seconde personne ayant escorté le recourant à l'extérieur de l'établissement et présence de B.________ sur les lieux de la bagarre au moment de l'arrivée de la police). Dans cette configuration, la cour cantonale ne pouvait, sans violer le principe "in dubio pro duriore" et l'art. 310 CPP, confirmer la non-entée en matière en considérant que les éléments constitutifs de l'infraction ou les conditions à l'ouverture de l'action pénale n'étaient manifestement pas réunis. Le recours doit dès lors être admis sur ce point, la décision attaquée annulée et la cause renvoyée à l'autorité cantonale pour qu'elle statue sur les frais et dépens de la procédure cantonale et renvoie la cause au ministère public pour le surplus.