Citation: I 270/05 23.02.2006 E. 3

3.1 En l'espèce, il ressort du dossier que H.________ se plaint depuis le début 2001 de douleurs lombaires irradiant dans le membre inférieur droit avec des sensations de brûlure et d'enflure. D'après le docteur R.________, médecin traitant, l'intéressé présentait un état anxio-dépressif avec somatisation, un syndrome lombo-vertébral sur phénomènes dégénératifs, des douleurs au membre inférieur droit inexpliquées et une sclérose glomérulaire avec fibrose interstitielle (rapport du 6 juillet 2002). Le pronostic était sombre et une reprise du travail peu probable (rapport du 17 février 2003). Mandaté pour une expertise par la Zurich Assurances, assureur perte de gain en cas de maladie de l'employeur, le docteur B.________, spécialiste en orthopédie, a retenu les diagnostics de lombosciatalgies droites non déficitaires dans un contexte de troubles statiques, de dysbalances musculaires, de déconditionnement physique global et d'état dépressif. D'après ce médecin, on se trouvait confronté en l'espèce à une problématique organique ancienne (troubles statiques sur raccourcissement post-traumatique du membre inférieur) qui s'était décompensée sous forme d'un syndrome douloureux très probablement exagéré par des facteurs psychologiques, qui déstabilisaient complètement le recourant. Dans la mesure où un traitement psychotrope venait d'être entrepris, il y avait lieu de s'attendre à une amélioration de l'état de santé du recourant dans les deux mois à suivre qui lui permettrait de regagner une capacité totale de travailler (rapport du 6 août 2002). Pour le docteur E.________, spécialiste en neurologie, les plaintes du recourant pouvaient correspondre, topographiquement, à une irritation de la racine S1 droite, bien qu'il n'existât pas de lésion observable à l'examen clinique ou myographique. Le pronostic était toutefois incertain en raison d'un important état dépressif sous-jacent (rapport du 14 novembre 2002). Des examens réalisés lors d'un séjour au Service de rhumatologie de l'Hôpital Y.________ n'ont, quant à eux, pas permis d'attribuer une origine somatique aux douleurs du recourant (rapport du 16 mars 2004). H.________ a également été suivi du mois de mai 2002 à juillet 2003 par le Service psycho-social de Z.________ en raison de son trouble dépressif. Selon les docteurs L.________ et M.________, la mise en valeur de la capacité de travail du recourant était encore exigible et le pronostic favorable (rapports des 27 août 2002 et 27 février 2003). 3.2 Se fondant sur les rapports du docteur B.________ et du Service psycho-social de Z.________, les seuls au demeurant qui s'exprimaient sur la question de la capacité résiduelle de travail, les premiers juges ont considéré que le recourant disposait d'une capacité de travail pleine et entière, d'autant plus que le tableau clinique mis en évidence par l'ensemble du corps médical était, d'après eux, relativement peu important. Cette analyse repose toutefois sur une appréciation incomplète des moyens de preuve versés au dossier. Des examens réalisés par le docteur F.________, spécialiste en antalgie au service d'anesthésiologie du Centre Hospitalier W.________ (rapport du 20 août 2004), ont permis de mettre en évidence l'existence d'un possible syndrome douloureux régional complexe du membre inférieur droit, consécutif à un dysfonctionnement du système nerveux sympathique (diagnostic qui, par la suite, a été confirmé par le Centre de rééducation sensitive du corps humain de la Clinique V.________ [rapport du 25 janvier 2005]). De même, les rapports établis par le Centre psycho-social de Z.________ - au contenu par ailleurs relativement sommaire - n'étaient pas de nature à emporter la conviction, dès lors que la plupart des somaticiens consultés soulignaient l'influence notable jouée par le trouble dépressif sur le pronostic du recourant et que le docteur S.________, qui suivait désormais le recourant sur le plan psychiatrique, faisait état, dans un rapport du 21 avril 2004, du caractère récurrent de cette affection. Compte tenu de l'existence d'un substrat organique avéré aux plaintes du recourant ainsi que de la persistance d'un état dépressif relativement important, la juridiction cantonale ne pouvait faire l'économie d'une instruction complémentaire aux fins de déterminer dans quelle mesure les troubles constatés affectaient la capacité de travail du recourant. Il convient dès lors de renvoyer la cause à l'office AI afin qu'il procède à un complément d'instruction sous la forme d'une expertise pluridisciplinaire qui devra évaluer avec précision la capacité de travail du recourant compte tenu de toutes les affections dont il souffre et indiquer les activités qui peuvent être raisonnablement exigées de sa part. L'office AI examinera également si l'on peut raisonnablement exiger du recourant qu'il se soumette à une mesure thérapeutique qui serait susceptible de lui faire retrouver une capacité de travail et de gain importante, telle que celle préconisée par le docteur F.________ dans son rapport du 20 août 2004 (implantation d'un stimulateur médullaire; voir RCC 1985 p. 329 consid. 1).