Citation: 1B_18/2017 E. 4

Le recourant conteste également l'existence d'un risque de collusion. Il relève qu'aucune avancée notable n'est intervenue dans l'exécution des commissions rogatoires conduites en Côte d'Ivoire et au Togo. Aussi, en accord avec les considérants de l'arrêt du Tribunal fédéral du 4 novembre 2016, il n'était plus possible de retenir un tel risque lorsque la Chambre de recours pénale a statué. Les considérations émises par la Cour de céans dans l'arrêt précité en lien avec un danger concret de collusion vis-à-vis des personnes à entendre par voie de commission rogatoire demeurent pleinement valables. Comme le relève la Chambre de recours pénale, ce danger n'a pas disparu du fait que le recourant connaît désormais les questions qui seront posées aux parents biologiques supposés de la lésée et à sa soeur résidant au Togo. La Cour de céans a toutefois précisé que si ces auditions ne pouvaient intervenir dans les prochaines semaines, il appartiendra à la direction de la procédure d'en tirer les conséquences sur l'appréciation du risque de collusion et de la proportionnalité de la détention provisoire. Lorsque la Chambre de recours pénale a statué, un peu plus d'un mois s'était alors écoulé sans que les auditions requises n'aient été menées à bien. Elle ne fait valoir aucun fait nouveau qui justifierait une appréciation différente de la situation par rapport à celle qui prévalait lorsque la Cour de céans a rendu son arrêt. En particulier, à la lecture des dernières pièces versées au dossier, il n'apparaît pas que les commissions rogatoires auraient connu un début d'exécution. La cour cantonale estime certes que l'on ne saurait poser des exigences plus sévères que celles qui pourraient être émises à l'égard de pays européens qui connaissent des délais d'exécution de l'ordre de deux à douze mois. Elle perd cependant de vue que si des délais d'une année peuvent à la rigueur encore se révéler admissibles dans certains cas, il n'en va pas de même lorsque, comme en l'espèce, les prévenus sont en détention provisoire et que les autres mesures d'instruction ont toutes été administrées. Cela étant, la Chambre de recours pénale ne pouvait pas confirmer la prolongation de la détention du recourant pour trois mois par le risque de collusion. Sur ce point, le recours est fondé.