Citation: 5P.297/2000 11.01.2001 E. 4

4.- a) Le recourant soutient que l'autorité cantonale a apprécié les preuves de manière arbitraire, en retenant qu'il avait cohabité avec la mère de l'enfant sur la base du seul témoignage de celle-ci et en l'absence de tout rapport gynécologique sur la période de conception. Il y aurait aussi eu violation de l'égalité de traitement, car les déclarations de la mère de la demanderesse n'auraient eu aucune valeur probante si elle avait introduit le procès en paternité à la place de sa fille. b) Entendue comme témoin lors de l'audience du 12 novembre 1996, Y.________ a déclaré qu'elle avait fait la connaissance du défendeur en mai 1986, alors qu'il était serveur dans un restaurant des Brenets et jouait du piano le soir. Elle a affirmé qu'ils avaient entretenu des relations sexuelles de mai à juillet 1986, mais qu'elle ne l'avait plus revu dès le mois d'octobre suivant. Elle lui avait dit qu'elle était enceinte et qu'elle avait des doutes sur la personne du père; en effet, elle avait alors un autre amant. Une expertise effectuée par l'Institut de médecine légale de l'Université de Lausanne - déposée au dossier - ayant exclu la paternité de ce dernier, le témoin s'est dite certaine que le défendeur était bien le père de sa fille, précisant qu'il mentait dans sa correspondance lorsqu'il affirmait ne pas la connaître. Au vu de ce témoignage, la cour cantonale a estimé que la cohabitation avec le recourant pendant la période de conception - l'enfant étant née le 26 mars 1987 - pouvait être tenue pour constante. Cette appréciation n'apparaît pas insoutenable. La cour cantonale pouvait en effet déduire du refus du recourant de se soumettre à l'expertise des sangs qu'il avait des raisons de craindre celle-ci et, par conséquent, tenir pour exactes les déclarations de la mère de l'enfant, le recourant n'ayant pas contesté avoir travaillé aux Brenets durant l'été 1986. Celui-ci ne saurait, de bonne foi, prétendre que ce n'est pas à cause de lui que cette expertise n'a pas pu être effectuée, car il résulte clairement du dossier qu'il s'y est opposé sans motif valable. L'autorité cantonale pouvait ainsi considérer que ce refus se retournait en sa défaveur. En l'absence d'éléments ou d'indices concrets, il n'y a pas non plus lieu de suivre le recourant lorsqu'il affirme que la mère de l'enfant aurait entretenu, pendant la période critique, des relations intimes avec des hommes qui ne seraient pas mentionnés dans la présente procédure. Quant à l'intérêt financier du témoin, qui l'aurait incité à désigner n'importe qui comme étant le père de son enfant pour lui réclamer des subsides, il s'agit d'une simple supposition, qui ne permet pas de mettre en doute ses déclarations. Enfin, on ne voit pas non plus trace d'une inégalité de traitement de la part de la cour cantonale, l'allégation du recourant selon laquelle les déclarations de la mère n'auraient eu aucune valeur probante si elle avait introduit elle-même l'action en paternité n'étant au demeurant nullement avérée (cf. ATF 80 II 294; 51 II 368).