Citation: 1C_70/2015 E. 4.2

4.2. La recourante invoque sa bonne foi et se prévaut du fait que le service cantonal des forêts n'était plus intervenu depuis 2010, alors qu'il connaissait clairement ses intentions depuis 2007. Elle affirme en outre que le discours de l'inspecteur des forêts et de son collègue donnait l'impression que sur le principe il n'y avait pas d'opposition à l'aménagement d'un chemin. Elle fait en outre valoir que le coût de réalisation de cet accès (env. 25'000 fr.) et de remise en état des lieux (14'000 fr.) serait élevé au regard du but à atteindre, précisant qu'elle avait déjà été condamnée pénalement pour cette réalisation. Cette argumentation n'est toutefois pas convaincante. La cour cantonale pouvait en effet sans arbitraire considérer que la recourante ne pouvait se prévaloir de sa bonne foi. Celle-ci savait en effet qu'elle devait requérir une autorisation du service cantonal compétent avant de réaliser une voie d'accès à travers la forêt puisqu'elle s'était spontanément adressée en 2007 à l'inspecteur des forêts, qui lui avait alors confirmé la nécessité d'obtenir une autorisation et suggéré de prendre contact avec la commune. Les simples impressions que la recourante a pu ressentir quant à la faisabilité de cet accès carrossable ne sont pas pertinentes; l'intéressée ne prétend d'ailleurs pas avoir reçu des assurances concrètes dans ce sens. Enfin, le fait que les autorités cantonales compétentes - informées des travaux réalisés en 2010 sans autorisation - aient attendu environ quatre ans pour ordonner la remise en état des lieux n'est pas de nature à remettre en cause la validité de cette mesure puisque la recourante connaissait l'illégalité du défrichement et que le délai de péremption de 30 ans fixé par la jurisprudence n'était pas échu. Par ailleurs, l'aménagement de cette route d'accès à travers l'aire forestière ne peut être qualifié de dérogation mineure au principe de la préservation de la forêt visé par la législation fédérale. L'intérêt public à rétablir une situation conforme au droit l'emporte ainsi sur les intérêts financiers de la recourante au maintien de cette voie d'accès, ce d'autant qu'en l'espèce elle avait été informée du fait qu'une autorisation de défricher était nécessaire. Elle ne saurait dès lors par la suite se prévaloir de cet argument financier - au demeurant invoqué et chiffré pour la première fois devant le Tribunal de céans - pour obtenir le maintien de l'accès litigieux. La mesure attaquée apparaît dès lors conforme au principe de la proportionnalité. Mal fondé, le grief de la recourante doit être rejeté.