Citation: 5A_520/2021 E. 3.1

3.1. Le Juge de paix a retenu en substance que la mère de B.B.________ avait décidé seule de recourir à l'insémination artificielle pour avoir son enfant et qu'à ce moment-là, les parties n'étaient déjà plus en couple depuis longtemps. C.B.________ et A.A.________ avaient toutefois continué à vivre sous le même toit après la naissance de B.B.________ et jusqu'à fin juillet 2020, et pendant ce temps-là, toutes deux ainsi que D.A.________ et B.B.________ avaient vécu comme une famille, les enfants considérant C.B.________ et A.A.________ comme leurs mères, une procédure d'adoption ayant d'ailleurs été entamée pour B.B.________. Dans ce contexte et au stade de la vraisemblance, le Juge de paix a retenu l'existence de circonstances particulières pouvant justifier de faire application de l'art. 274a CC. Il a cependant refusé d'instaurer un droit aux relations personnelles à titre provisionnel sur B.B.________ en faveur de A.A.________, pour le motif que divers éléments s'y opposaient, sous l'angle du critère de l'intérêt de l'enfant, en particulier: le fait que la requérante revendiquait clairement le statut de parent de B.B.________, ce que la mère de l'enfant refusait de lui reconnaître, de sorte que l'on pouvait d'emblée se demander s'il serait dans l'intérêt de l'enfant d'avoir des relations personnelles avec un tiers qui se présenterait toujours à lui comme son parent, alors même qu'il n'y aura plus ni vie commune, ni possibilité d'établir juridiquement un lien de filiation; la relativement courte durée de vie commune, soit moins de deux ans, ainsi que le très jeune âge de l'enfant durant cette période; le fait que B.B.________ n'avait plus vu la requérante depuis plus de six mois, hormis des rencontres fortuites; le fait qu'elle vive aujourd'hui avec sa mère et la nouvelle compagne de celle-ci, qu'elle appelait déjà " maman "; les rapports très conflictuels entre la requérante et la mère de l'enfant, et le risque important que B.B.________ soit instrumentalisée dans ce cadre. Le Juge de paix a relevé qu'on ne pouvait toutefois faire abstraction, dans l'appréciation de l'intérêt de l'enfant, du fait que B.B.________ et D.A.________ sont liés par leur statut de demi-frère et soeur biologique et par le lien de filiation existant entre eux et la mère biologique de B.B.________, et qu'il était manifestement dans l'intérêt de B.B.________, mais aussi de son frère, qu'une solution puisse être trouvée pour qu'ils continuent à se voir. Par conséquent, il convenait, d'une part, de poursuivre l'enquête en fixation du droit de visite - un mandat d'évaluation en ce sens étant confié à la DGEJ, unité évaluation et missions spécifiques (UEMS) - tout en admettant, à ce stade, que le maintien des liens entre B.B.________ et D.A.________ puisse être assuré provisoirement dans le cadre des relations que celui-ci entretiendra avec C.B.________, qui revendiquait du reste sa garde devant la Justice de paix de Lausanne.