Citation: 9C_483/2014 E. 5.4

5.4. En l'espèce, on constate qu'aucune des deux expertises n'est entachée d'erreurs ou de contradictions qui seraient, le cas échéant, reconnaissables pour le juge (sous réserve des constatations faites au consid. 5.2.1 supra ). Contrairement à la juridiction cantonale, on ne voit pas qu'il y aurait une contradiction dans l'appréciation du docteur D.________, parce que "les plaintes de l'assurée ne se recoupent pas avec plusieurs éléments mis en évidence par [ce même] expert et par d'autres médecins, en particulier le bon moral", alors que l'intimée est décrite par le psychiatre comme "collaborante" et son discours cohérent. Dans un contexte de somatisation, il appartient précisément à l'expert médical de mentionner une éventuelle discordance entre les plaintes rapportées par la personne assurée et ses propres observations. De plus, il n'y a pas à opposer la constatation de l'expert quant à la bonne collaboration et la cohérence du discours de l'assurée au résultat de son examen clinique; l'attitude sincère de la personne concernée ne s'oppose pas à une évaluation objective de ses plaintes. Il apparaît par ailleurs que les avis exprimés postérieurement à l'élaboration du rapport du 21 mai 2012, d'une part, par le SMR (les 24 octobre 2012 et 22 mai 2013) et, d'autre part, par le docteur F.________ (le 3 décembre 2012) ne mettent pas en évidence des éléments objectifs indiscutables qui permettraient de départager les conclusions des experts psychiatres administratif et privé. À la critique du docteur G.________ selon laquelle il ne se serait pas prononcé sur le rapport de son confrère D.________, l'expert F.________ répond en indiquant que le diagnostic retenu repose sur son observation clinique étayée par le résultat du questionnaire de Hamilton. De son côté, le médecin du SMR affirme que les critères cliniques du diagnostic de trouble dépressif sévère, épisode actuel sévère, ne sont pas réalisés, le trouble n'étant ni récurrent, ni sévère. Dans ces circonstances, la juridiction cantonale ne pouvait pas fonder son choix de privilégier l'avis du docteur F.________ au détriment de celui du docteur D.________ sur la seule contradiction entre leur évaluation respective; les autres motifs exposés pour retenir que les conclusions de l'expert administratif peinaient à convaincre n'étant pas pertinents, comme on l'a vu. En définitive, vu les contradictions significatives qui séparaient les deux psychiatres, les premiers juges auraient dû mettre en oeuvre une surexpertise comme le préconisait du reste le docteur F.________, qui exposait qu'"une troisième expertise sous mandat auprès d'un expert psychiatre reconnu" devait être ordonnée en cas de litige (avis du 3 décembre 2012). À défaut, l'appréciation des preuves sur laquelle repose le jugement entrepris apparaît insoutenable.