Citation: 4C.196/2006 04.08.2006 E. A

A.a Le 30 septembre 1985, Y.________, troisième épouse de Z.________, décédé depuis peu, et A.X.________, issu du premier mariage du défunt, ont signé un contrat de bail à loyer portant sur une villa de sept pièces, sise à ..., que la prénommée, bailleresse, s'était vu attribuer dans la succession de feu son mari et qui faisait partie des biens visés par une clause de substitution fidéicommissaire au bénéfice de A.X.________. Conclu pour une durée d'un an, à compter du 1er septembre 1985, le bail se renouvelait ensuite tacitement d'année en année, sauf préavis de résiliation donné trois mois avant l'échéance. Le loyer annuel a été fixé à 12'000 fr., sans les charges. A.b Le 22 avril 1998, la bailleresse a fait notifier au locataire un premier commandement de payer, au montant de 60'000 fr. plus intérêts, pour les loyers en souffrance d'avril 1993 à fin mars 1998. Le poursuivi ayant formé opposition, une longue procédure judiciaire s'en est suivie au terme de laquelle A.X.________ a été reconnu débiteur de cette somme avec ses accessoires, sous déduction de 21'867 fr. 30. Un deuxième commandement de payer, portant sur le montant de 48'000 fr. en capital, relatif aux loyers arriérés du 1er avril 1998 au 31 mars 2002, a été notifié le 21 mars 2002, sur requête de Y.________, à A.X.________ qui y a fait opposition. Le 26 juin 2003, la bailleresse a fait notifier au locataire un troisième commandement de payer par lequel elle a requis le versement de 63'000 fr. pour les loyers impayés du 1er avril 1998 au 30 juin 2003. Ce commandement de payer a été, lui aussi, frappé d'opposition. Le 21 août 2003, A.X.________ a soldé la première poursuite susmentionnée en faisant verser 55'727 fr. 65 à Y.________ par le truchement de l'Office des poursuites. La créancière a reçu ladite somme le 28 août 2003. A.c Par avis comminatoires du même jour, envoyés le lendemain au locataire et à son épouse, B.X.________, qui les ont reçus le 1er septembre 2003, la bailleresse a mis ces deux personnes en demeure de lui verser, avant le 30 septembre 2003, la somme de 103'132 fr. 70 à titre d'arriérés de loyer et de charges au 31 août 2003, sous peine de voir le bail résilié. Estimant que ladite somme n'avait pas été intégralement payée dans le délai imparti, Y.________ a résilié le bail pour le 30 novembre 2003 par avis officiels du 3 octobre 2003 adressés au locataire et à son conjoint. A.d Par requête du 7 novembre 2003 adressée à la Commission de conciliation, les époux X.________ ont contesté le congé, motifs pris du non- respect du délai comminatoire et du fait que la bailleresse avait réclamé un montant largement supérieur à la somme due. Dans une lettre du 11 novembre 2003, ils n'ont reconnu devoir qu'un montant de 68'000 fr., pour les loyers impayés du 1er avril 1998 au 30 novembre 2003, montant qu'ils entendaient compenser avec une créance en dommages-intérêts de 150'000 fr. en raison des défauts de la chose louée. La bailleresse a requis, quant à elle, en date du 18 décembre 2003, que le locataire et son conjoint fussent expulsés de la villa pour cause de non-paiement du loyer. En décembre 2003, les époux X.________ ont agi en réduction du loyer, alléguant des défauts de la chose louée. La procédure y relative est toujours pendante. Le loyer a été consigné depuis lors. Le 5 août 2004, les époux X.________ ont soldé la poursuite relative aux loyers couvrant la période du 1er avril 1998 au 30 juin 2003. Y.________ a vendu sa propriété le 17 mars 2005. D'entente avec l'acquéreur, elle assume, à ses risques et périls, la poursuite de la procédure d'expulsion. La conciliation tentée par la Commission ad hoc lors de l'audience du 7 juin 2005 n'ayant pas abouti, chacune des parties a saisi le juge en temps utile.