Citation: 5A_757/2021 E. 6.2

6.2. La recourante manque sa cible en soulevant un grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 58 al. 1 CPC (maxime de disposition), respectivement de violation du principe d'interdiction de la reformatio in pejus. En effet, comme le relève à juste titre l'intimé, cette norme est afférente aux conclusions prises par les parties et non à l'établissement des faits (arrêts 5A_658/2019 du 7 juillet 2020 consid. 5.1.2; 5A_369/2016 du 27 janvier 2017 consid. 5.4 et les références; 5A_751/2019 du 25 février 2020 consid. 5.1). Elle impose au juge de ne pas accorder à une partie plus ou autre chose que ce qui a été demandé, ni moins que ce qui est reconnu par la partie adverse, en ce sens que le tribunal est lié par les conclusions du demandeur, respectivement par les conclusions auxquelles a consenti le défendeur (arrêts 5A_207/2021 du 8 février 2022 consid. 5.1; 4A_627/2015 du 9 juin 2016 consid. 5.2 et les références). En revanche, s'agissant de l'établissement de la charge fiscale de la recourante, qui est un fait, c'est bien la maxime inquisitoire sociale qui s'appliquait en l'espèce (arrêts 5A_170/2020 du 26 janvier 2021 consid. 5.3; 5A_298/2015 du 30 septembre 2015 consid. 2.1.2). Or, en application de dite maxime, le juge établit les faits d'office (art. 272 CPC). Partant, si la recourante estimait que la Cour d'appel avait outrepassé ses compétences en fixant librement à nouveau sa charge fiscale, il lui appartenait de soulever un grief d'arbitraire dans l'application de la maxime inquisitoire sociale, ce qu'elle n'a pas fait. A toutes fins utiles, on relèvera que l'intimé avait certes consenti à ce que la charge fiscale de la recourante soit arrêtée à 750 fr. par mois à compter du 1er janvier 2020 mais pour un revenu imposable annuel de 54'300 fr. Or, c'est un revenu annuel net de 38'268 fr. qui a finalement été pris en compte pour arrêter dit poste de charges. Le grief d'arbitraire dans l'établissement de la charge fiscale de la recourante apparaît en revanche fondé. En effet, si la cour cantonale a certes précisé que l'établissement des revenus et des charges des parties comporte toujours une certaine approximation, on peine toutefois à comprendre pour quel motif elle a pris en compte dans son calcul de la charge fiscale de la recourante les montants que l'intimé a reconnu devoir s'agissant des contributions d'entretien mais qui sont inférieurs aux montants qu'elle a retenus à ce titre à l'issue de la procédure. Un tel procédé apparaît arbitraire dans la mesure où la différence entre ces montants a une incidence sur la charge fiscale de la recourante. Cela étant, dès lors que la charge fiscale de l'intimé doit de toute manière être corrigée (cf. supra consid. 4) et, partant, la contribution due à la recourante nouvellement établie, il conviendra de calculer la charge fiscale de cette dernière sur la base de ce dernier montant.