Citation: 4A_256/2023 E. 6.2

6.2. Dans la sentence attaquée (n. 9-45), la Formation commence par relater les faits pertinents à ses yeux pour éclaircir la situation personnelle du joueur, en faisant notamment référence aux décisions rendues par les autorités judiciaires équatoriennes en date des 4 février 2021 (le jugement de première instance) et 24 avril 2021 (le jugement d'appel). Elle expose ensuite les arguments avancés par les parties (sentence, n. 87-96) et relève notamment que les intimées soutiennent que l'action judiciaire introduite en Équateur par le joueur visait à débloquer sa carte d'identité personnelle, et que les autorités étatiques équatoriennes n'ont ainsi pas statué sur la véracité des informations figurant dans les papiers d'identité de l'intéressé. Examinant ensuite la question de sa compétence pour connaître du litige divisant les parties, la Formation observe que la recourante a invoqué deux motifs d'incompétence. Selon l'intéressée, le point de savoir s'il y a eu falsification ou non du certificat de naissance du joueur relève de la compétence exclusive des autorités équatoriennes, tandis que la question ayant trait à sa nationalité a déjà été examinée et tranchée par les tribunaux équatoriens. S'agissant du premier motif d'incompétence, le TAS relève que la FIFA a édicté sa propre réglementation concernant la contrefaçon et la falsification de documents d'identité. Le fait que l'État équatorien dispose de normes légales visant à lutter contre l'établissement de faux documents d'identité ne prive pas la FIFA du droit d'exercer son pouvoir disciplinaire vis-à-vis de ses membres en vertu des règles qu'elle a édictées. En d'autres termes, les deux corpus de règles sont autonomes et peuvent parfaitement coexister. En ce qui concerne le second motif d'incompétence, la Formation relève que l'objection soulevée par la recourante est infondée. En effet, le problème qu'elle doit résoudre est celui de savoir si le joueur et la fédération nationale concernée ont respecté les règles adoptées par la FIFA visant à déterminer si un footballeur est en droit d'évoluer sous les couleurs d'une sélection nationale donnée. Autrement dit, le TAS est tenu d'apprécier la "nationalité sportive" du joueur, qui est un concept relevant du droit du sport. Le fait que la nationalité juridique du footballeur concerné constitue un facteur important pour déterminer sa "nationalité sportive" est une question de fait, n'affectant pas la compétence du TAS, mais qui est pertinente pour statuer sur le fond de l'affaire (sentence, n. 97-107). S'agissant du droit applicable (sentence, n. 116-119), la Formation indique qu'elle appliquera la réglementation édictée par la FIFA, et singulièrement le CDF; à titre subsidiaire, elle se référera au droit suisse. Passant à l'examen des mérites des appels formés devant elle (sentence, n. 128-237), la Formation se réfère notamment à l'art. 21 CDF, lequel a la teneur suivante: " 21. Contrefaçon et falsification