Citation: 4P.13/2002 10.06.2002 E. A

A.- a) Dame X.________ a été engagée dès le 12 juillet 1995 par Z.________ S.A., en qualité de vendeuse au stand Y.________. Son salaire mensuel brut s'élevait à 3700 fr. A ce salaire s'ajoutaient une première prime annuelle équivalant, pour 1995, à 35% d'un salaire mensuel brut, une seconde prime correspondant au 0.33% du chiffre d'affaires réalisé par la vendeuse ainsi qu'une commission payée par la maison Y.________ en fonction du chiffre d'affaires. Dame X.________ s'est révélée être une excellente vendeuse. Toutefois, avec certaines de ses collègues les relations étaient difficiles. Par ailleurs, dame X.________ ne s'occupait pas de certaines tâches annexes à la vente. Son attitude n'a pas changé suite à un, voire deux entretiens avec sa cheffe. Dame X.________ a été en incapacité totale de travailler du 9 au 13 décembre 1995 puis à 50% jusqu'au 3 janvier 1996, date à laquelle elle a été informée de la résiliation de son contrat avec effet au 29 février 1996 et de sa libération de son obligation de travailler pendant le délai de congé. Dans un courrier du 4 janvier 1996, l'employeur a confirmé le licenciement, indiquant que le motif était une "incompatibilité d'humeur" de dame X.________ avec "son chef hiérarchique direct". Le certificat de travail, établi par l'employeur le 29 février 1996, a la teneur suivante: "Mademoiselle X.________ est au bénéfice d'excellentes connaissances et a su ainsi satisfaire une clientèle très exigeante, qu'elle a su fidéliser grâce à ses contacts privilégiés". b) Le 8 février 1996, dame X.________ s'est inscrite auprès d'une entreprise de placement. Son dossier a été traité par différentes personnes, en dernier lieu par dame N.________, en 1997. Celle-ci avait été avertie que dame X.________ n'avait pu être placée suite aux renseignements négatifs donnés par le dernier employeur. Dame N.________ a d'abord contacté une autre agence de placement qui a refusé le dossier de dame X.________, les prises de références à son sujet étant mauvaises. Dame N.________ a également eu un entretien téléphonique avec l'ancienne cheffe de dame X.________, dont les déclarations font l'objet du présent litige et qui seront examinées en détail ci-après. Sur la base des informations obtenues, dame N.________ a averti l'agence de placement qu'elle ne pouvait pas continuer sur ce dossier. Celle-ci a rendu le dossier à dame X.________, le 7 juillet 1997, soulignant que ses connaissances professionnelles et linguistiques n'étaient nullement en cause, mais que les références négatives de son dernier employeur la pénalisaient. L'agence de placement a conseillé à dame X.________ d'éclaircir la situation avec celui-ci. En avril 1996, dame X.________ s'est également adressée à l'office cantonal de l'emploi. Le conseiller en placement responsable de son dossier a présenté sa candidature notamment à une pharmacie qui cherchait une vendeuse expérimentée. Après avoir mis beaucoup de temps à se déterminer, la cheffe du personnel de cette pharmacie a refusé la candidature proposée, le 8 septembre 1997. Au conseiller en placement, elle a déclaré, gênée, que c'était en raison de mauvaises références dont elle n'a pas précisé la source; les compétences professionnelles et la présentation de dame X.________ n'étaient pas remises en cause. Selon le conseiller en placement, celle-ci était très motivée et très sociale. Il a notamment déclaré: "on ne comprend pas pourquoi elle ne trouve pas d'emploi. Il est clair qu'il y a eu un problème; quelqu'un a dû donner un renseignement qui a fait bloc". Par courrier du 26 février 1997, dame X.________ est intervenue auprès de son ancien employeur pour faire cesser les propos diffamatoires, tenus à son sujet par son ancienne cheffe lors de contacts avec des employeurs potentiels. Le 18 mars 1997, Z.________ S.A. a répondu que l'ancienne cheffe n'avait en aucun cas tenu des propos pouvant porter préjudice à dame X.________ et qu'elle avait été invitée à ne plus donner de renseignements sur celle-ci. Le 19 septembre 1997, dame X.________ est de nouveau intervenue auprès de son ancien employeur, par l'intermédiaire du Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs. Deux entrevues ont eu lieu entre les parties, dont la seconde le 16 avril 1998. Arrivée en fin de droit de chômage le 20 juin 1996, dame X.________ a occupé un emploi temporaire à l'université. Elle a ensuite à nouveau perçu des indemnités de chômage jusqu'en décembre 1998. Puis elle a été prise en charge par le revenu minimum cantonal d'aide sociale pour chômeurs en fin de droits. Elle fait état de problèmes de santé et de nombreuses dettes qui seraient consécutives à l'attitude de son ancien employeur.