Citation: 4A_80/2018 E. 3.6

3.6. La recourante soutient en outre que l'analyse conduite dans cette jurisprudence est erronée et s'attache à le démontrer en s'appuyant sur l'avis de droit produit ainsi que sur des extraits d'un manuel de droit. Ce faisant, elle méconnaît la pratique de la cour de céans qu'elle a pourtant rappelée, consistant à faire primer la position exprimée par la plus haute instance du pays (consid. 2.5 supra). Il n'y a d'ailleurs rien d'inhabituel à ce qu'une jurisprudence fasse l'objet de critiques doctrinales. Quant au fait que la décision déterminante a été rendue par une Cour composée de trois juges et n'a pas fait l'objet d'une publication au recueil officiel, il n'est pas de nature à modifier la pratique précitée. A ce stade, une remarque doit être faite. Le raisonnement de la Cour suprême administrative repris par les arbitres s'articule autour du fait que le Feed-in Tariff payé aux producteurs d'énergie solaire était partiellement subventionné. Or, pour une raison indéterminée, la sentence arbitrale est avare de renseignements à ce sujet. La République X.________ ne se risque toutefois pas à contester qu'elle subventionnait ledit FiT; cette subvention est même discutée et documentée dans les écritures que les parties ont déposées devant l'autorité de céans. De l'aveu même de la recourante et de son expert, le prix FiT était initialement à l'entière charge des consommateurs; toutefois, ce prix imposé, supérieur au prix du marché, est devenu trop lourd lorsque la production d'énergie solaire a augmenté dans des proportions imprévues - production dont on rappelle qu'elle devait être achetée en priorité. L'Etat a alors subventionné partiellement le FiT, afin de soulager les consommateurs. La liste d'abréviations en tête de la sentence indique du reste, sous "Act 2010", que cette loi a introduit la taxe solaire et des subsides gouvernementaux pour le financement partiel du régime de promotion des énergies renouvelables (sentence p. iv; cf. aussi p. vii: 'Subsidies: Subsidized Feed-in Tariffs [...] to be paid for qualifying RES electricity generation [...]). Dans son jugement de juillet 2014, la Cour suprême administrative explique aussi que l'Etat a décidé d'imposer un prix d'achat subventionné non conforme à la valeur du marché (a subsidised non-market price) et a revu le montant de son soutien qui se révélait inadapté à la chute importante des coûts d'investissements nécessaires pour cette forme de production d'électricité. La taxe solaire, ajoutait-elle, est par nature une diminution du subside gouvernemental ( a decrease in government subsidy). Il apparaît donc que l'aide ou "soutien" étatique (support) au sens large a pris la forme, tout d'abord, d'un premier train de mesures imposant l'achat prioritaire de l'électricité produite par les installations photovoltaïques, à un prix imposé ( Feed-in Tariff) (section 6 de la loi sur la promotion des énergies renouvelables), puis, après l'apparition du "boom solaire", d'une subvention partielle de ce prix imposé qui ne pouvait être baissé.