Citation: 5A_782/2016 E. 5.4

5.4. En l'occurrence, le recourant a perdu son emploi qu'il exerçait à 100% auprès de D.________ avec effet au 30 avril 2016. Selon toute vraisemblance, il s'acquitte en outre d'une contribution d'entretien mensuelle en faveur de son épouse de 4'600 fr. depuis le 1er avril 2015. En application de la jurisprudence susexposée, force est dès lors d'admettre que, dans ces circonstances, l'autorité cantonale n'avait pas à examiner s'il était raisonnablement possible d'exiger que le recourant augmente son revenu et s'il en avait la possibilité effective, ni à préciser comment il pouvait concrètement augmenter ses revenus et quel type d'emploi serait envisageable pour lui permettre de percevoir le revenu hypothétique qui lui avait été imputé compte tenu notamment de son âge. Il appartenait en revanche au recourant de démontrer avoir entrepris tout ce qui était en son pouvoir pour mettre pleinement à profit sa capacité de gain et pouvoir ainsi continuer à assumer son obligation d'entretien nonobstant son licenciement. A cet égard, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant n'a pas même allégué avoir tenté en vain de retrouver un emploi lui rapportant un salaire équivalent à celui qu'il percevait précédemment suite à son licenciement. Il ne s'en prend pas valablement à cette motivation puisqu'il se contente d'affirmer, sans aucune preuve à l'appui de ses allégations, " s'[être] attelé à la recherche d'un emploi " dès qu'il " s'est vu signifier son licenciement " et avoir effectué " des démarches en ce sens ". Le seul fait d'alléguer que la première démarche qu'il a effectuée a débouché sur son emploi actuel tend précisément à démontrer qu'il n'a pas tout mis en oeuvre pour conserver sa pleine capacité contributive puisque cet emploi lui procure un revenu nettement inférieur à celui qu'il percevait précédemment. A cet égard, il convient de préciser qu'il n'est nullement fait grief au recourant d'avoir accepté la place de travail qu'il occupe actuellement mais uniquement d'avoir accepté un poste à un taux d'occupation et avec une rémunération à ce point inférieurs à la précédente et avec une perspective d'augmentation trop hypothétique sans même tenter de retrouver un emploi avec une rémunération plus proche de celle qu'il percevait avant. Comme le relève le recourant, il est vrai que son âge aurait pu constituer un obstacle pour retrouver un autre emploi sur le marché du travail actuel. De manière contradictoire, il a toutefois également soutenu que sa valeur sur le marché du travail en tant que juriste spécialisé était de 150'000 fr. par an. Cet élément ressort de l'état de fait cantonal et le recourant se contente d'apporter de manière appellatoire sa propre appréciation de la déclaration qu'il a faite sans démontrer en quoi celle retenue par la cour cantonale serait arbitraire. En outre, même si son âge peut être considéré comme une entrave dans ses recherches d'emploi, il facilite toutefois également la démonstration de la difficulté de retrouver une activité aussi bien rémunérée puisqu'il lui aurait suffi de produire quelques lettres de refus ou des offres d'emploi limitant l'âge supérieur du profil recherché pour apporter cette preuve, ce qu'il n'a en l'occurrence pas fait. Par ailleurs, le principe de solidarité demeurant applicable durant la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale, un revenu hypothétique peut également être imputé à un conjoint lorsque le couple n'a pas eu d'enfant. A l'inverse de ce qui prévaut pour la contribution à l'entretien des enfants, cette imputation n'aura qu'une incidence limitée dans le temps dès lors que dans une procédure de divorce subséquente, d'autres critères sont applicables. La critique du recourant sur ce point s'avère dès lors infondée. Il n'y a pour le surplus pas lieu de s'attarder sur la critique d'arbitraire dans l'établissement des faits en tant que la Juge déléguée a retenu que le recourant n'avait fourni aucun élément concret exposant les motifs de son licenciement, dès lors que la jurisprudence susmentionnée s'applique indépendamment de savoir si la perte d'emploi est volontaire ou non. En tant que le recourant entend tirer argument du fait que la Juge déléguée aurait retenu à tort qu'il ne travaillait qu'à 60% alors qu'en réalité son taux d'occupation n'avait pas baissé puisqu'il était " accaparé " à 100% par son activité et consacrait 20% de son activité professionnelle à une formation imposée, son argumentation est infondée, autant qu'elle n'est pas appellatoire. La jurisprudence précitée vise en effet les cas de figure dans lesquels le débirentier exploitait sa capacité contributive pleinement avant ou durant la séparation pour la baisser ensuite. Le recourant est par conséquent concerné par cette jurisprudence indépendamment de la question de savoir s'il exerce actuellement une activité à un taux d'occupation égal mais pour un revenu inférieur ou une activité à un taux inférieur à son occupation précédente. Le recourant soutient en outre à tort que le principe même de lui imputer un revenu hypothétique serait infondé en l'espèce dans la mesure où les revenus cumulés des époux suffisent largement à couvrir les besoins des deux ménages séparés. En effet, s'il est vrai que l'imputation d'un revenu hypothétique n'entre en considération que si le revenu effectif des parties ne suffit pas à couvrir leurs besoins, il ressort toutefois de l'arrêt entrepris que l'intimée ne peut précisément pas assumer seule ses charges puisqu'elle subit un manco mensuel de 1'542 fr. 55. En définitive, dans les circonstances données, il faut admettre que c'est en conformité avec la jurisprudence susexposée et par conséquent sans arbitraire que la Juge déléguée a imputé au recourant un revenu hypothétique correspondant au revenu qu'il réalisait grâce à son activité précédente.