Citation: C 81/05 29.11.2005 E. 6

6.1 Le point de savoir si l'origine de l'échec de l'engagement résidait principalement, comme l'ont retenu les premiers juges, dans les réticences exprimées par le recourant à vouloir se déplacer de son domicile au lieu de travail peut demeurer en l'espèce indécis. V.________ a été assigné à un emploi de mécanicien de précision auprès de l'entreprise X.________ SA, poste dont le caractère convenable n'a nullement été contesté. L'intéressé a reconnu avoir déclaré, au cours de l'entretien qu'il a eu avec le responsable de X.________ SA, que dans la mesure où le poste proposé n'était pas vraiment le genre d'emploi qu'il recherchait, il ne pouvait s'engager à rester plusieurs années au service de l'entreprise. A la teneur de ces déclarations, il a clairement exprimé ses réserves quant à l'intérêt qu'il portait à l'emploi qui lui était proposé, même s'il n'a pas expressément refusé le poste. Cette attitude était de nature à amener l'employeur à douter de sa réelle volonté de prendre l'emploi proposé et à écarter sa candidature. Alors même qu'il se devait de manifester clairement sa volonté de conclure un contrat de travail, afin de mettre un terme à son chômage et de diminuer ainsi le dommage causé à l'assurance (DTA 1984 n° 14 p. 167), V.________ a, par son comportement inadéquat, contribué de manière prépondérante à l'échec de la postulation. Il n'a par conséquent pas fait tout ce que l'on pouvait raisonnablement exiger de lui pour obtenir ce travail. Le fait que l'emploi proposé ne correspondait pas aux voeux professionnels de l'assuré n'autorisait pas celui-ci à faire part de son désintérêt à son égard (DTA 1977 n° 31 p. 153). 6.2 Dans ces conditions, les éléments constitutifs d'un refus d'un emploi assigné et réputé convenable sont manifestement remplis et justifient une suspension du droit à l'indemnité de chômage. Dans la mesure où le comportement du recourant n'est justifié par aucun motif valable qui laisserait apparaître la faute comme de gravité moyenne ou légère (voir ATF 130 V 125), il ne peut être fait grief aux premiers juges d'avoir prononcé une suspension du droit à l'indemnité de chômage d'une durée de 31 jours, correspondant à la sanction minimale prévue en cas de faute grave (art. 45 al. 3 OACI). Le fait que le recourant a été engagé, peu de temps après son refus, au service d'une autre entreprise n'est pas de nature à atténuer la gravité de sa faute, la durée de la suspension étant exclusivement fixée en fonction du comportement fautif de l'assuré et non pas en fonction de la durée effective du chômage (DTA 1999 n° 32 p. 184; ATF 113 V 154).