Citation: 7B_817/2024 E. 4.4

4.4. Cette appréciation doit être confirmée. Le recourant ne conteste en effet pas qu'il mène une vie nomade, qu'il n'a aucun domicile fixe en Suisse et qu'il ne dispose plus d'une autorisation valable pour y séjourner. Il n'expose en particulier pas quelles seraient les attaches qui le lieraient avec la Suisse et quelles perspectives d'avenir l'y retiendraient à défaut d'être expulsé de ce territoire, ni même n'allègue qu'il entretiendrait des relations régulières avec ses enfants qui y résident. Il apparaît au contraire que, séparé, le recourant ne voit ses enfants que de temps à autre, qu'il a été actif en France - où il a été condamné en 2018 à trois ans d'emprisonnement avec sursis pour abus de confiance, pour banqueroute et pour faux dans les titres - et qu'après sa libération, il projette d'importer et d'exporter des voitures entre la Suisse et l'Albanie où il a précédemment séjourné (cf. art. 105 al. 2 LTF; cf. jugement de la Cour pénale du 17 avril 2024, consid. 9b et 9d p. 40 ss). Le recourant ne soutient en outre pas que d'autres membres de sa famille vivraient en Suisse et n'explique pas où il pourrait y loger en cas de libération. Il se prévaut d'une promesse d'embauche sans toutefois préciser en quoi elle consisterait, étant observé que cet élément ne suffit pas à écarter tout risque de fuite. À ces différents éléments s'ajoute la condamnation du recourant à une peine privative de liberté ferme de 24 mois, confirmée par jugement de la Cour pénale du 17 avril 2024. Certes, le jugement sur appel n'est pas encore définitif. Il constitue néanmoins un indice supplémentaire de la peine susceptible de devoir être exécutée (ATF 143 IV 168 consid. 5.1). Quoi qu'en dise le recourant, il s'expose à devoir purger un solde de peine de 12 mois, sous réserve d'une libération conditionnelle aux conditions de l'art. 86 CP, dont la réalisation est cependant incertaine. Il apparaît dès lors, au vu de l'ensemble des circonstances évoquées, qu'un départ à l'étranger ou une entrée dans la clandestinité, même sans ressources particulières, pourraient constituer, aux yeux du recourant, des alternatives préférables à celle de devoir affronter l'éventualité d'une incarcération sans être certain d'être libéré conditionnellement aux deux tiers de sa peine. Le recourant n'expose en outre pas - et on ne voit pas - en quoi le fait d'avoir demandé une réparation pour des jours de détention dans des conditions illicites serait propre à influer sur l'existence d'un risque de fuite. En tant qu'il allègue par ailleurs qu'il serait "le roi des imbéciles" de fuir alors qu'il serait innocent, il démontre au contraire, en niant toute responsabilité pénale dans les faits qui lui sont reprochés, que, le cas échéant, sa condamnation sera difficile à accepter et qu'il pourrait être réticent à exécuter un solde de peine. Enfin, comme l'a relevé l'autorité précédente, le fait que le recourant se soit présenté à chaque convocation devant le tribunal de première instance n'est pas de nature à modifier une telle appréciation.