Citation: 6B_227/2020 E. 1.2

1.2. Pour établir les faits, la cour cantonale a pris en considération le rapport de police établi le 9 janvier 2019, qui décrit le mode opératoire du réseau de trafiquants de cocaïne dans lequel était impliqué le recourant. Il en ressort que ce réseau était constitué de fournisseurs, d'organisateurs, de transporteurs, de dépositaires et de grossistes. Le grossiste en cocaïne commandait et payait sa marchandise à un fournisseur établi aux Pays-Bas. Ce fournisseur contactait un organisateur pour faire importer la drogue en Suisse et la faire acheminer jusqu'à un dépôt par un transporteur international. La drogue était conditionnée en fingers, marqués d'un code pour permettre au dépositaire d'identifier les lots dont il disposait ainsi que leur destinataire. Une fois le dépôt ravitaillé, le dépositaire contactait les grossistes les uns après les autres depuis un numéro réservé à cet effet afin de fixer un rendez-vous pour leur remettre la marchandise. Dans certains cas, c'était le grossiste qui contactait le dépositaire au moyen d'un numéro de téléphone que lui avait transmis le fournisseur. Il arrivait également que la communication entre le grossiste et le dépositaire se fasse par l'intermédiaire d'un complice localisé à l'étranger de manière à éviter tout lien téléphonique direct entre dépositaire et grossiste et ainsi renforcer la sécurité du dépôt. Après cette prise de contact, le grossiste - ou un transporteur interne qu'il avait mandaté - rencontrait le dépositaire afin de récupérer la marchandise. Il devait alors s'acquitter de frais de transport auprès du dépositaire à hauteur de 70 ou 80 fr. par finger livré (jugement cantonal consid. 4.2 p. 17). En ce qui concerne l'implication du recourant, l'enquête de la police de sûreté a permis, selon la cour cantonale, d'établir que le téléphone portable du recourant contenait de nombreux contacts enregistrés sous la forme d'un " code montant ", soit d'un code désignant un client et d'un montant correspondant aux frais de transport dus par ce dernier. Un transporteur international, à savoir F.________, avait procédé à des livraisons de cocaïne dans le quartier H.________ le 9 juillet 2018 entre 05h32 et 05h47, ainsi que le 16 juillet 2018 entre 05h38 et 05h43. Au même moment, soit le 9 juillet entre 04h48 et 05h55 et le 16 juillet entre 05h06 et 05h40, le recourant avait eu plusieurs entretiens téléphoniques avec C.________. Peu après ces deux ravitaillements, le recourant avait entrepris de contacter les différents destinataires des lots de cocaïne qui étaient répertoriés sous la forme de " code montant " dans son téléphone et, dans le même temps, il avait eu plusieurs contacts téléphoniques avec un autre trafiquant, à savoir D.________. Il l'avait même rencontré le 17 juillet 2018 alors qu'il portait le sac à dos utilisé par C.________ pour ses livraisons de cocaïne. Peu après, D.________ avait eu plusieurs conversations téléphoniques avec un grossiste qui le mandatait régulièrement pour récupérer ses lots. Il ressortait enfin du rapport de police que le recourant avait physiquement rencontré un de ses contacts le 16 juillet 2018, soit le n° xxx identifié comme étant G.________, chez qui plusieurs fingers marqués du code " xxx " avaient pu être retrouvés lors de son arrestation le 26 septembre 2018 (jugement cantonal, consid. 4.2, p. 17 s.). Au vu de ces éléments, la cour cantonale a acquis la conviction que le recourant avait agi au sein de ce réseau en qualité de dépositaire, sur délégation de C.________, pour la réception et la distribution des 165 fingers de cocaïne et de 261 fingers de cette même drogue selon les faits décrits dans l'acte d'accusation.