Citation: 9C_291/2023 E. 7.3

7.3. Il est constant que le recourant, né en 1965, était âgé de plus de 55 ans lorsqu'il a été mis au bénéfice d'une rente entière d'invalidité limitée dans le temps par décision du 27 mai 2021 (concernant le moment auquel il convient de déterminer si l'âge de référence de 55 ans est atteint [date de la décision de l'office AI], cf. ATF 148 V 321 consid. 7.3). Il appartient donc à la catégorie d'assurés dont il convient de présumer qu'ils ne peuvent en principe pas entreprendre de leur propre chef tout ce que l'on peut raisonnablement attendre d'eux pour tirer profit de leur capacité résiduelle de travail. Or en l'espèce, l'office intimé n'a pas examiné si l'assuré avait besoin de mesures d'ordre professionnel, ni ne lui en a partant proposées, avant de statuer sur son droit à une rente d'invalidité limitée dans le temps, comme cela ressort du reste de ses déterminations adressées à la juridiction cantonale le 30 novembre 2021. Dans ce contexte, en présumant que l'intéressé aurait de toute façon refusé de telles mesures à supposer que l'office intimé lui en eût proposées, de sorte qu'elles étaient vaines car vouées à l'échec, les premiers juges ont commis une violation du droit en ne faisant pas une application correcte de la jurisprudence (consid. 7.2 supra). A cet égard, on rappellera que la motivation de l'assuré par rapport aux mesures de réadaptation doit faire l'objet d'un examen approfondi (arrêt 8C_235/2019 du 20 janvier 2020, consid. 3.2.3). En l'occurrence, un tel examen n'a pas eu lieu, la juridiction cantonale s'étant bornée à déduire une absence de volonté subjective du recourant à participer à des mesures d'ordre professionnel de son attitude au cours des thérapies mises en oeuvre lors de son séjour à la CRR durant les mois de juillet et août 2020 (difficultés à se mobiliser et participation faible). En l'état, il n'apparaît par ailleurs à première vue pas vraisemblable que l'assuré puisse reprendre du jour au lendemain une activité lucrative à 100% sans que ne soient mises préalablement en oeuvre des mesures destinées à l'aider à se réinsérer dans le monde du travail. A ce propos, c'est à bon droit que l'instance précédente a considéré que l'argumentation développée par l'office intimé dans son écriture du 30 novembre 2021, selon laquelle les nombreux métiers exercés par le recourant sont significatifs d'une "grande capacité d'adaptation", n'était pas déterminante, dès lors que l'intéressé est une personne sans formation professionnelle, qui a exercé en dernier lieu une activité de monteur en échafaudages pendant plus de vingt ans. La cause doit dès lors être renvoyée à l'office intimé afin qu'il examine concrètement le besoin de mesures de réadaptation avant la suppression de la rente de l'assuré. Il y a ainsi lieu d'annuler l'arrêt attaqué en tant qu'il porte sur la suppression du droit à la rente d'invalidité au 30 novembre 2020. Le recours est bien fondé sur ce point.