Citation: 1P.109/2001 22.02.2001 E. 1

L'autorité intimée se fonde également sur le fait que le recourant aurait commis une nouvelle infraction contre le patrimoine alors qu'il venait de subir une brève période de détention préventive. Elle se réfère à ce propos à la plainte pénale pour escroquerie et abus de confiance que Charles Schwab a déposée le 25 novembre 1999 à l'encontre du recourant, qu'il accusait d'avoir disposé à des fins personnelles d'une somme de 350'000 fr. destinée à l'achat d'un immeuble à Chexbres. Par la suite, le plaignant a évoqué une avance liée à la réalisation d'une opération de change pour expliquer la remise de cette somme d'argent au recourant. Ce dernier a quant à lui déclaré que ce montant correspondait à la moitié d'une commission touchée par Charles Schwab en relation avec une opération immobilière. Comme l'a retenu le Tribunal fédéral dans un arrêt rendu le 28 novembre 2000 sur recours de W.________ dans la cause 1P.423/2000, les motifs du versement de 350'000 fr. ne sont pas clairs et en l'état de la procédure, on ne peut tenir pour établi que cette somme provient d'un délit commis par le recourant au détriment du plaignant. L'autorité intimée ne fait valoir aucun élément postérieur à cet arrêt qui autoriserait une appréciation différente des faits. Dans ces conditions, les faits dénoncés dans la plainte pénale de Charles Schwab ne sont pas suffisants en l'état pour admettre que le recourant a persisté dans son activité délictueuse et établir un danger concret de réitération. Le Tribunal cantonal s'est appuyé enfin sur l'avis émis par le Dr Jacques Gasser le 21 décembre 2000, qui confirme l'existence d'un risque de récidive légèrement diminué par rapport à celui qui prévalait lorsque ce praticien a examiné le prévenu aux mois de mai et juin 2000, malgré l'évolution favorable de la situation constatée dans l'intervalle. Le recourant conteste les conclusions de l'expert qui aurait rendu son rapport sans l'avoir entendu et sans avoir consulté les médecins psychiatres qui le suivent régulièrement depuis son incarcération; il se prévaut du rapport que ces derniers ont rendu le 29 septembre 2000. Le juge de la détention n'est certes pas lié par le résultat d'un avis d'expert s'agissant notamment d'apprécier le risque de réitération d'un détenu. Mais s'il entend s'en écarter, il doit motiver sa décision et ne saurait, sans motifs déterminants, substituer son appréciation à celle de l'expert, sous peine de verser dans l'arbitraire (cf. ATF 122 V 157 consid. 1c p. 160; 119 Ib 254 consid. 8a p. 274; 118 Ia 144 consid. 1c p. 146 et les arrêts cités). Les médecins psychiatres qui suivent le recourant depuis son incarcération constatent certes dans leur rapport du 29 septembre 2000 une évolution favorable de la situation du prévenu, dans le sens d'une prise de conscience de son mode de fonctionnement relationnel à autrui; en revanche, ils ne se prononcent pas sur la conséquence de cette évolution sur le risque de récidive mis en évidence par le Dr Jacques Gasser dans son rapport d'expertise du 11 juillet 2000, estimant que cette question relève de l'appréciation de l'expert. Interpellé à ce sujet, ce dernier a considéré que la mise en place du cadre thérapeutique, familial et amical était trop récente pour pouvoir exclure un tel risque. Il se référait en particulier à la réponse à la question 5c de l'expertise du 11 juillet 2000 suivant laquelle seul un traitement psychothérapeutique de fond assez prolongé et dans un cadre volontaire était de nature à écarter un tel risque. Dans ces conditions, l'autorité intimée n'avait aucune raison objective de s'écarter de l'avis de l'expert exprimé le 21 décembre 2000. Elle n'a dès lors pas violé les art. 31 Cst. et 5 § 1 let. c CEDH en considérant, sur cette base, qu'il existait toujours un risque concret de récidive s'opposant à la mise en liberté provisoire du recourant. Pour le surplus, ce dernier ne prétend pas que la durée de la détention préventive subie à ce jour serait excessive et justifierait sa relaxation immédiate. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'examiner d'office cette question en l'absence de tout grief à ce sujet (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495).