Citation: 5A_493/2018 E. 5.1

5.1. Sous les intitulés " De l'arbitraire dans l'application des faits " et " De l'appréciation arbitraire des preuves en relation avec l'expertise lacunaire ", le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir rendu sa décision en se fondant uniquement sur l'expertise du 18 octobre 2017, alors que celle-ci serait lacunaire et non probante. Il soutient que l'expertise ne respecterait pas les règles de l'art médical. Elle aurait en effet été rendue après un nombre insuffisant d'entretiens, le père n'ayant été vu que deux fois (et non trois fois comme l'indique l'expertise), alors que les différentes pièces produites indiqueraient que les parents doivent être vus à plus de trois reprises et les enfants au moins à cinq reprises. La plupart des entretiens auraient été effectués par une psychologue n'ayant pas les capacités professionnelles pour poser un diagnostic médical. La psychiatre n'aurait quant à elle vu les parties qu'en présence de leurs enfants pour un entretien de 35 minutes, ce qui serait insuffisant pour se prononcer. En outre, dès lors qu'elle avait été choisie comme experte au vu de ses compétences médicales, il pouvait être attendu d'elle qu'elle effectue l'expertise en personne ou la délègue à quelqu'un ayant les mêmes compétences qu'elle. Les conclusions de l'expertise seraient par ailleurs fausses puisqu'elles reposeraient sur des faits incomplets et erronés, que la cour cantonale aurait arbitrairement occultés. Premièrement, les expertes n'auraient, sans justification, pas tenu compte du dossier médical des filles, lequel ne faisait pas état de problèmes liés aux compétences parentales des parties. Il serait également erroné de retenir que C.________ n'a jamais été sujette à l'encoprésie et que ces maux sont des signes de la maltraitance infligée par le père, celui-ci ayant produit, dans le cadre de son recours cantonal, une attestation - occultée par la juridiction précédente - prouvant que sa fille présente des problèmes de constipation depuis sa naissance. Par ailleurs, l'expertise indiquerait qu'au vu de son trouble de la personnalité, le père exerce des pressions pour changer les jours de garde et les horaires; les différents rapports du SPMi auraient toutefois relevé que ces changements étaient pour la plupart demandés par l'intimée. Il serait également faux de retenir que le père n'arrive pas à respecter les horaires et fait régulièrement des scandales à l'école, comme pourraient l'attester Mme G.________ et Mme H.________ si elles étaient entendues. La pièce 13 de son bordereau prouverait par ailleurs que les absences et arrivées tardives des filles perdurent alors que le recourant n'amène plus celles-ci à l'école. Aucun élément n'établirait les prétendues violences conjugales dont fait état l'expertise, les plaintes de l'intimée n'ayant pas abouti. L'expertise ne mentionnerait par ailleurs pas la plainte pour lésions corporelles qu'il a déposée contre l'intimée. Aucun élément ne corroborerait le fait qu'il ne s'est pas soumis à des tests sanguins de dépistage d'alcool et de drogue, les expertes n'ayant pas prouvé avoir essayé de l'appeler ou lui avoir envoyé une convocation. L'expertise mentionnerait faussement qu'il a bénéficié d'un suivi psychiatrique auprès du Dr I.________, celui-ci étant son médecin généraliste. Enfin, son psychiatre, le Dr E.________, aurait indiqué qu'à l'exception d'une hyperactivité, il ne souffrirait d'aucun trouble du comportement ou de la personnalité. Dès lors qu'un autre professionnel retient un diagnostic différent de celui des expertes, il appartiendrait à l'autorité cantonale d'en tenir compte et d'ordonner un complément d'expertise ou une nouvelle expertise. Au vu de ces éléments, la juridiction précédente pouvait aisément réaliser que l'expertise était erronée.