Citation: U 24/01 02.07.2001 E. 4

4.- a) Cela étant, il n'en demeure pas moins que la recourante présente encore des troubles de nature psychique décrits comme un état dépressif chronique avec troubles somatoformes multiples (rapport du docteur G.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, du 22 décembre 1999), une dépression réactionnelle (rapport du docteur H.________, spécialiste en neurochirurgie, du 11 juin 1999), un syndrome dépressivo-anxieux (rapport du professeur F.________ du 14 octobre 1998), ou encore une régression avec composante somatoforme douloureuse (rapport du docteur I.________, médecin-chef au Centre médical d'observation de l'assurance-invalidité, du 6 mai 1996). b) Lors de troubles d'ordre psychique consécutifs à un accident, l'appréciation de la causalité adéquate se fonde sur des critères différents selon que l'assuré a été victime ou non d'un traumatisme de type "coup du lapin" à la colonne cervicale, d'un traumatisme analogue (SVR 1995 UV no 23 p. 67 consid. 2) ou d'un traumatisme cranio-cérébral. En effet, lorsque l'existence d'un tel traumatisme est établie, il faut, si l'accident est de gravité moyenne, examiner le caractère adéquat du lien de causalité en se fondant sur les critères énumérés aux ATF 117 V 366 sv. consid. 6a et 382 sv. consid. 4b, sans qu'il soit décisif de savoir si les troubles dont est atteint l'assuré sont plutôt de nature somatique ou psychique (ATF 117 V 367 consid. 6a, dernier paragraphe; RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv. consid. 3b). En revanche, dans les autres cas, l'examen du caractère adéquat du lien de causalité doit se faire, pour un accident de gravité moyenne, sur la base des critères énumérés aux ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa, concernant les troubles psychiques consécutifs à un accident. Si les lésions appartenant spécifiquement au tableau clinique des suites d'un traumatisme de type "coup du lapin" à la colonne cervicale, d'un traumatisme analogue ou d'un traumatisme cranio-cérébral, bien qu'en partie établies, sont toutefois reléguées au second plan par rapport aux problèmes d'ordre psychique, ce sont les critères énumérés aux ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa, et non pas ceux énumérés aux ATF 117 V 366 sv. consid. 6a et 382 sv. consid. 4b, qui doivent fonder l'appréciation de la causalité adéquate (ATF 123 V 99 consid. 2a; RAMA 1995 p. 115 ch. 6). c) En l'espèce, la recourante qui avait pris place en tant que passagère dans le véhicule de son mari a été victime d'une collision frontale avec une automobile dont le conducteur avait perdu la maîtrise. Consulté le lendemain, le docteur B.________ a fait état d'un status après commotion cérébrale légère avec contusion et distorsion massive de la colonne cervico-dorsale. Les troubles apparus après l'accident se caractérisaient par des maux de tête, des vertiges, des pertes de mémoire, ainsi que des douleurs à la colonne cervicale et dorsale moyenne (rapport du 17 juillet 1992). Toutefois, quatre mois après l'accident, ces troubles étaient relégués au second plan par des problèmes d'ordre psychique. En effet, lorsque la recourante a consulté le docteur B.________, le 17 novembre 1992, ce médecin a constaté que l'état de sa patiente, comparable à celui qui avait précédé l'accident, était essentiellement marqué par des problèmes d'adaptation et d'intégration (rapport du 20 novembre 1992). d) Dès lors, conformément à la jurisprudence susmentionnée, il convient de procéder à l'examen du caractère adéquat du lien de causalité en se fondant sur les critères énumérés aux ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa, l'accident étant de gravité moyenne, ainsi que cela résulte du rapport de la gendarmerie du 17 juillet 1992. Or, l'analyse de ces critères ne permet pas de conclure, en l'espèce, à l'existence d'une relation de causalité adéquate entre l'événement en cause et les troubles psychiques persistants. En particulier, l'accident et les circonstances concomitantes apparaissent dénués de tout caractère particulièrement impressionnant ou particulièrement dramatique. Par ailleurs, les lésions physiques ne sauraient être considérées comme particulièrement graves. Certes, l'incapacité de travail due aux lésions physiques s'est prolongée durant trois ans. Cependant, si elle a été entière durant une année, l'incapacité a ensuite sensiblement diminué (50 % à partir du 3 juillet 1993), pour se stabiliser à 25 % à partir du 2 septembre 1993 (cf. le rapport du docteur D.________ du 5 novembre 1993). Quoi qu'il en soit, dans la mesure où l'accident en cause n'apparaît pas comme l'un des plus graves de la catégorie intermédiaire ni ne se trouve à la limite de la catégorie des accidents graves, le seul critère de la durée de l'incapacité de travail n'est pas suffisant pour établir le caractère adéquat du lien de causalité (ATF 115 V 140 s. consid. 6c/bb, 409 consid. 5c/bb). Cela étant, l'existence d'une relation de causalité adéquate entre les troubles psychiques existant après le 20 novembre 1994 et l'accident doit être niée, sans qu'il soit nécessaire d'ordonner une instruction complémentaire, comme le demande subsidiairement la recourante. L'intimée était dès lors fondée, par sa décision sur opposition du 6 avril 2000, à supprimer, à partir de cette date, le droit de la recourante à des prestations d'assurance pour les troubles de nature psychique. Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle ainsi mal fondé.