Citation: I 531/02 30.12.2002 E. 3

Cela étant, il convient enfin d'examiner si la diminution de la capacité de travail de l'assurée dans son activité habituelle suffit à entraîner une modification de l'invalidité propre à influencer le droit à une rente. 3.1 Selon l'art. 28 al. 2 LAI, pour l'évaluation de l'invalidité, le revenu du travail que l'invalide pourrait obtenir en exerçant l'activité qu'on peut raisonnablement attendre de lui, après exécution éventuelle de mesures de réadaptation et compte tenu d'une situation équilibrée du marché du travail, est comparé au revenu qu'il aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide. En vertu de l'art. 27bis al. 1 RAI, l'invalidité des assurés qui n'exercent que partiellement une activité lucrative est, pour cette part, évaluée selon l'art. 28 al. 2 LAI. S'ils se consacrent en outre à leurs travaux habituels au sens de l'art. 5 al. 1 LAI, l'invalidité est fixée selon l'art. 27 RAI pour cette activité. Dans ce cas, il faudra déterminer la part respective de l'activité lucrative et celle de l'accomplissement des autres travaux habituels et calculer le degré d'invalidité d'après le handicap dont l'assuré est affecté dans les deux activités en question (méthode mixte d'évaluation de l'invalidité). Ainsi, il faut évaluer d'une part l'invalidité dans les travaux habituels par comparaison des activités (art. 27 RAI) et d'autre part l'invalidité dans une activité lucrative par comparaison des revenus (art. 28 al. 2 LAI) ; on pourra alors déterminer l'invalidité globale d'après le temps consacré à ces deux champs d'activité (ATF 104 V 136 consid. 2a; RCC 1992 p. 136 consid. 1b). 3.2 Il ressort du dossier que depuis 1991, l'assurée n'exerce pas une activité lucrative à plein temps. Pour calculer l'invalidité globale de cette dernière, il faut par conséquent évaluer l'invalidité qu'elle subit, d'une part, dans l'exercice de son activité lucrative par comparaison des revenus et, d'autre part, dans l'accomplissement des autres travaux habituels par comparaison des activités. Or, ni l'Office AI ni les premiers juges n'ont tenu compte du fait que la recourante n'exerçait que partiellement une activité lucrative. Il convient donc, pour ce motif également, de renvoyer la cause à l'administration pour qu'elle évalue l'invalidité en appliquant la méthode mixte d'évaluation. Par ailleurs, afin de pouvoir examiner en connaissance de cause le degré d'invalidité de l'intéressée, il appartenait à l'administration d'instruire la cause en réunissant toutes les informations nécessaires (art. 88 al. 4 en relation avec l'art. 69 RAI) ce qu'elle n'a fait que partiellement. En effet, les avis médicaux figurant au dossier font état d'une atteinte à la santé entraînant une incapacité entière de travail de l'assurée uniquement dans son activité habituelle. En revanche, l'administration n'a recueilli aucun renseignement quant à d'éventuelles possibilités de préserver la capacité de gain de l'intéressée au moyen d'une activité lucrative adaptée à son état de santé. Ce faisant, elle a omis de tenir compte du principe selon lequel il appartient au premier chef à l'assurée d'atténuer le mieux possible les conséquences de son invalidité (ATF 113 V 28 consid. 4a et les références), ce qui se traduit par la prise en compte, dans l'évaluation de l'invalidité, du revenu d'invalide réalisable dans une activité raisonnablement exigible (cf. art. 28 al. 2 LAI).