Citation: 5A_19/2020 E. 7

La recourante soulève un autre grief d'arbitraire dans l'appréciation des preuves, au regard des pièces qu'elle a produites sur le train de vie détaillé de ses filles durant leur période de vie à F.________, puis à E.________, entraînant une application arbitraire des art. 64 et 83 LDIP, 163, 176 al. 3, 276, 277 et 285 CC, 296 CPC, 1 et 18 CO, ainsi que des art. 111-1 ss et 233-3-1 ss du Code civil catalan. Rappelant que le mélange des différentes méthodes de détermination de la contribution d'entretien est prohibé, elle soutient qu'en l'espèce, s'agissant d'un ménage fortuné, il convient de calculer l'entretien des filles pour leur période de résidence en Suisse selon la méthode concrète, comprenant les dépenses courantes de luxe, afin de maintenir le niveau de vie réellement mené par la famille jusqu'à la séparation des époux. Pour la période de vie à E.________, la recourante apporte la preuve du droit étranger, en l'occurrence catalan, sur la manière de déterminer le montant des contributions d'entretien qu'elle réclame pour ses filles. Dès lors qu'il a été retenu que les contributions d'entretien des filles ont été fixées conventionnellement sur la base d'un forfait, l'établissement détaillé des charges pour les deux périodes distinctes est dénué de pertinence sur le sort de la cause, sauf à s'assurer que le forfait permet de couvrir globalement les charges des enfants. A cet égard, la recourante ne soulève aucune critique - a fortiori suffisamment motivée - à l'encontre du constat de l'autorité précédente selon lequel l'ex-épouse et les filles semblent en mesure de faire face à leurs dépenses courantes (cf. supra consid. 3). Elle se limite à contester la fixation forfaitaire de l'entretien des enfants, plaidant pour le recours à la méthode concrète comprenant les dépenses de luxe qui leur permettrait de maintenir le train de vie antérieur. Or, il n'appartient pas au juge, dans le cadre des mesures provisionnelles rendues pour la procédure en modification et/ou en complément de divorce, de revoir la question du niveau de l'entretien garanti, partant d'établir des faits dénués de pertinence pour le sort de la cause (cf. supra consid. 2.2), dans la mesure où l'entretien des filles semble assuré jusqu'à une décision au fond (cf. supra consid. 3). Puisque tel est le cas, le grief doit être rejeté.