Citation: 5A_995/2022 E. 6.2

6.2. La recourante expose que la mesure de protection de l'adulte confirmée par l'arrêt querellé porterait atteinte à ses droits fondamentaux et que la condition de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.) pour admettre une telle restriction ne serait pas réalisée. Sous l'angle de l'aptitude, la recourante prétend que la curatelle ne serait pas destinée à la protéger elle, mais plutôt le patrimoine successoral de ses enfants et de son époux qui sont à l'origine du signalement. S'agissant de la nécessité, elle soutient que la mesure prononcée ne serait pas nécessaire pour réaliser le but visé, à savoir protéger ses intérêts financiers. Selon elle, on ne saurait considérer qu'elle serait incapable de gérer ses biens au point qu'il soit nécessaire d'ordonner une mesure la privant de la faculté d'accéder à ses biens. Elle expose avoir certes admis pouvoir tirer bénéfice d'une aide pour la gestion de ses avoirs ainsi que pour les aspects administratifs, mais cela n'aurait rien d'exceptionnel compte tenu de l'ampleur de son patrimoine. Elle ajoute qu'avant la mesure, elle aurait confié un mandat de gestion de son patrimoine à une société de gestion de fortune pour administrer ses biens, et que durant cette période, à savoir entre 2016 et la mi 2022, son portefeuille aurait augmenté de 48.29 %. En tant que l'autorité cantonale aurait retenu qu'elle dépenserait son argent de manière inconsidérée - ce qui justifierait la confirmation de la mesure -, elle fait valoir que ses dépenses seraient normales au vu de la situation financière confortable dont elle jouit. Sous l'angle de la subsidiarité, la recourante rappelle avoir plaidé devant l'autorité cantonale en faveur d'une curatelle d'accompagnement, mesure qui permettrait de satisfaire à l'objectif d'assistance et ajoute que la mesure instituée aurait un impact négatif non seulement sur son bien-être, mais également sur sa santé. Enfin, s'agissant de la proportionnalité au sens étroit, la recourante allègue que la restriction devrait s'inscrire dans un rapport raisonnable entre le but visé et les intérêts privés compromis. Or, en tant que la mesure instituée lui causerait " plus de mal que de bien ", alors qu'il existerait d'autres mesures moins dommageables à sa liberté personnelle, et qui permettraient de satisfaire aux obligations étatiques, la pesée des intérêts serait défavorable. Partant, l'autorité cantonale aurait dû selon elle considérer que la mesure prononcée était disproportionnée.