Citation: 5A_718/2022 E. 5.3

5.3. Il convient d'emblée de relever que le grief de violation de l'art. 315 al. 5 CPC est irrecevable dans la mesure où il ne satisfait pas aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF, le recourant n'ayant soulevé aucun grief d'arbitraire. S'agissant du grief d'arbitraire dans l'établissement des faits et dans l'appréciation des preuves, le recourant rappelle, au sujet de sa propre situation financière, être en fin de droit au chômage et n'avoir comme seuls revenus que le montant mensuel de 6'818 fr. 25 issu de la location de la maison dont il est propriétaire. Compte tenu de ses charges mensuelles de 15'793 fr. 25, il subirait ainsi un déficit de 8'444 fr. 60 et ne serait aucunement en mesure de s'acquitter des arriérés de contributions d'entretien qu'on lui réclame. Sur ce point, la cour cantonale a toutefois constaté que le recourant disposait d'un compte bancaire affichant un solde de 151'926 fr. 50 lui permettant de s'acquitter des arriérés de contributions d'entretien litigieux. En tant que le recourant lui oppose qu'il devrait puiser dans ce compte pour subvenir à ses besoins et continuer à s'acquitter des charges liées à l'emprunt hypothécaire, il ne démontre pas d'arbitraire dans la motivation cantonale, étant rappelé que la question du paiement de ces montants devra encore être tranchée dans l'arrêt sur appel à intervenir et qu'il ne s'agit donc ici que de déterminer si le fait que leur paiement puisse être exigé immédiatement exposerait le recourant au risque de subir un préjudice difficilement réparable. Compte tenu de la fortune attribuée au recourant et dont il ne conteste pas l'existence sauf à affirmer qu'il en aura besoin pour subvenir à ses besoins à l'avenir, on ne discerne pas d'arbitraire en tant que la cour cantonale a considéré que, prima facie, il n'apparaissait pas que le paiement de l'arriéré de contributions d'entretien exposerait le recourant à d'importantes difficultés financières. Pour ce qui est de la situation financière de l'intimée, le recourant affirme qu'elle serait bien meilleure que la sienne puisqu'elle réaliserait un revenu de 5'576 fr. 10 provenant de sa société et qu'elle pourrait par ailleurs disposer librement de la fortune ascendant à 139'517 fr. de dite société dont elle est l'unique actionnaire. Ses charges seraient au demeurant plus faibles que les siennes et elle n'accuserait aucun déficit. A l'appui de ses allégations, le recourant ne mentionne toutefois aucun moyen de preuve qui en attesterait et dont la présidente aurait arbitrairement omis de tenir compte. Un tel procédé consistant en définitive uniquement à opposer sa propre appréciation des faits à celle de l'autorité précédente est irrecevable. Le recourant ne conteste au demeurant pas le constat de la présidente selon lequel il n'avait fourni aucun élément apte à rendre vraisemblable qu'il ne pourrait pas obtenir le remboursement de montants payés indûment. Sur la question des contributions d'entretien courantes, le recourant estime que la présidente a considéré arbitrairement qu'il n'avait pas motivé sa requête d'effet suspensif sur ce point " tant il [était] vrai que le raisonnement développé pour les contributions d'entretien passées [valait] a fortiori pour les courantes ". Par son affirmation, le recourant admet implicitement ne pas avoir spécifiquement motivé son incapacité à payer les pensions courantes. Au demeurant, un débiteur peut parfaitement être en mesure d'assumer le montant mensuel correspondant à l'entretien courant tout en ne disposant pas de liquidités suffisantes pour s'acquitter d'un arriéré important, de sorte que son argumentation n'apparaît pas convaincante et n'est de toute évidence pas à même de démontrer un quelconque arbitraire dans la motivation cantonale. En définitive, le recourant ne parvient donc pas à démontrer que la cour cantonale aurait procédé à une pesée arbitraire des intérêts en présence pour refuser l'octroi de l'effet suspensif à son appel.