Citation: 2P.230/2003 23.11.2004 E. B

En février 1990, A.________ a été engagé tout d'abord pour un emploi temporaire concernant l'archivage, puis en qualité de secrétaire à l'étude de X.________, avocat à Genève, pour un salaire mensuel de 3'600 fr. Il avait été recommandé par D.________, alors stagiaire dans l'étude de Me X.________ et connaissance de Me C.________. En tant que secrétaire, A.________ était habilité à ouvrir le courrier. Il n'avait pas la signature sur le compte bancaire de l'étude, mais sur le compte de chèques postaux, lequel contenait des petits montants destinés essentiellement à payer les frais de poursuite. Il disposait d'un chéquier, car il devait préparer des chèques afin de les faire signer par son employeur. Il devait en outre envoyer à la fiduciaire de l'étude les pièces justificatives relatives aux rentrées et sorties du compte bancaire. Jusqu'en 1995, X.________ a été satisfait du travail de son employé. A la fin 1995, il a été informé par sa fiduciaire que A.________ ne remettait plus les pièces comptables requises. Il y a eu aussi plusieurs absences injustifiées et X.________ a reçu des appels de créanciers concernant des dettes de jeu contractées par son employé. Au printemps 1996, A.________ a donné son congé. Au mois de mai 1996, lorsque la totalité des pièces comptables ont été remises par A.________ à la fiduciaire, X.________ a découvert qu'il avait été l'objet de malversations de la part de son employé. Il est ainsi apparu que celui-ci avait falsifié les copies des relevés bancaires de 1990 à 1996 et fait en sorte que les détournements n'aient pas d'incidences visibles sur le chiffre d'affaires. En résumé, les procédés délictueux étaient les suivants: lorsqu'un client versait un montant à l'étude, A.________ s'arrangeait pour affecter une partie de ce montant sur le compte du client, au sein de l'étude, et non en règlement d'honoraires. Il pouvait ainsi disposer des montants portés sur le compte du client, contrôlant de la sorte les rentrées et les sorties de l'étude. Il contrefaisait la signature de X.________ et tirait des chèques en sa faveur. Sur le double des chèques destinés à la fiduciaire, il inscrivait le nom d'un client de l'étude. Ces chèques étaient alors enregistrés par la fiduciaire comme des retours de recouvrement à des clients de l'étude et diminuaient d'autant le chiffre d'affaires. Le 1er juin 1996, X.________ a déposé plainte contre A.________. La procédure pénale a permis d'établir que de 1990 à 1996, celui-ci avait détourné 860'522 fr. 25 au préjudice de son employeur. Par une lettre des services du tuteur général du 26 mai 1997, X.________ a appris que A.________ faisait l'objet d'une mesure de tutelle et que le Tuteur général avait été appelé aux fonctions de tuteur en 1979.