Citation: 5A_182/2008 12.06.2008 E. B

Par nouvelle ordonnance de mesures provisionnelles du 16 octobre 2007, la présidente du Tribunal d'arrondissement de Lausanne a maintenu la pension mensuelle de 1'400 fr. telle qu'arrêtée précédemment et décerné un avis aux débiteurs (art. 177 CC) afin que le montant de ladite pension soit directement prélevé sur le loyer dû au mari par son locataire. Cette décision a été confirmée sur appel par arrêt du Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne du 14 février 2008. L'autorité cantonale a retenu que, même si l'épouse avait été invitée, dans les précédentes décisions, à déployer tous les efforts possibles pour tenter de recouvrer une activité lucrative, ses démarches avaient été vaines. Elle a relevé que, si l'intéressée disposait d'une capacité de gain, elle était âgée de cinquante-quatre ans, avait des problèmes de santé et ne disposait d'aucune formation, ce qui constituait, en sus de ses origines, des paramètres défavorables dans ses recherches d'emploi. Il convenait cependant de l'exhorter une fois encore à persévérer dans ses démarches et de l'enjoindre à s'inscrire auprès d'agences de placement temporaire, qui engageaient plus facilement du personnel non qualifié. Au regard des critères de l'art. 125 al. 2 CC, qui étaient applicables par analogie, les circonstances du cas d'espèce fondaient le droit de l'épouse à une contribution d'entretien. Même si la séparation du couple remontait à octobre 2003, il s'agissait d'un mariage de longue durée, au cours duquel l'épouse avait travaillé, durant la vie commune, dans l'établissement qu'elle exploitait avec son conjoint, sans se constituer de capital de prévoyance; son âge et son état de santé ne lui offraient pas de perspectives professionnelles satisfaisantes. La pension de 1'400 fr. constituait le seul revenu de l'épouse, dont les charges incompressibles totalisaient 2'232 fr. 50. Le minimum vital du mari n'était au demeurant pas entamé par le versement de la pension.