Citation: 1B_571/2019 E. 3.5

3.5. Conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention (règle de la nécessité). Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention provisoire ou de la détention pour des motifs de sûreté si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution l'obligation de se soumettre à un traitement médical (let. f) et l'interdiction d'entretenir des relations avec certaines personnes (let. g). En l'espèce, le recourant propose uniquement d'entamer une thérapie familiale avec son épouse et ses enfants au Centre de prévention de l'Ale. Le Tribunal cantonal a considéré à cet égard qu'il ne pouvait prononcer une mesure de substitution avant que le rapport d'expertise psychiatrique ne soit rendu, dès lors que l'on ignorait si le recourant souffrait d'un trouble mental et quel était le degré du risque de réitération évalué par les experts. En l'état, la mesure de substitution proposée paraît insuffisante au regard de l'intensité du risque de récidive. La question de la mise en place de mesures de substitution pourra cependant être réexaminée après le dépôt de l'expertise psychiatrique, en fonction des conclusions de celle-ci. Au demeurant, une mesure de thérapie familiale ne saurait être imposée par le juge sans avoir été proposée, du moins évaluée, par l'expert. En outre, elle ne saurait être imposée aux autres membres de la famille du prévenu, sans que ceux-ci aient été entendus à ce propos et aient donné leur accord exprès à leur participation.