Citation: 2C_335/2023 E. 4.4

4.4. L'appréciation de la Cour de justice ne prête en outre pas le flanc à la critique. Le recourant, qui a lui-même demandé et obtenu sa radiation du registre, n'avait en effet pas d'intérêt à requérir l'annulation du ch. 1 du dispositif de la décision en cause qui arrivait au même résultat que celui recherché par sa demande de radiation. En outre, il ressort de l'arrêt attaqué qu'un éventuel motif de radiation fondé sur l'art. 8 al. 1 let. b LLCA n'existait plus à compter du 10 septembre 2022. Au moment où la Cour de justice a statué, le recourant pouvait donc requérir sa réinscription sans que l'application de cette disposition ne puisse faire obstacle à sa demande. Il n'avait donc pas d'intérêt sur ce point à obtenir le constat qu'il n'existait pas de motif de refus d'inscription fondé sur sa condamnation du 11 septembre 2020 (cf. art. 8 al. 1 let. b LLCA). L'intérêt digne de protection que le recourant invoque porte uniquement sur la motivation de la décision du 13 juin 2022, à savoir sur le motif de radiation retenu sur la base de l'art. 8 al. let b et art. 9 LLCA, et non sur la radiation en elle-même. Or, selon la jurisprudence, en principe, seul le dispositif d'une décision peut être attaqué par un recours et non pas ses motifs, car seul le dispositif acquiert force de chose jugée (arrêts 8C_558/2016 du 4 mai 2017 consid. 6.2.5; 9C_402/2015 du 28 octobre 2015 consid. 4 et les arrêts cités). L'intérêt digne de protection fait partant défaut lorsque le recours est dirigé uniquement contre les motifs de la décision (HERZOG/DAUM, in Kommentar zum Gesetz über die Verwaltungsrechtspflege im Kanton Bern, 2e éd. 2020, n° 13 ad art. 65 VRPG; BENOÎT BOVAY, Procédure administrative, 2e éd. 2015 p. 496). Par ailleurs, comme déjà mentionné, la radiation effective du recourant du registre cantonal des avocats résulte de sa demande et non de la décision du 13 juin 2022 précitée. En effet, une décision n'existe légalement qu'une fois officiellement communiquée aux parties; tant que ce n'est pas le cas, elle est réputée inexistante (cf. ATF 142 II 411 consid. 4.2; 122 I 97 consid. 3a/bb). En l'espèce, la décision bien que datée du 13 juin 2022 n'a été notifiée aux parties que le 24 juin, au plus tôt, si bien qu'elle n'a pu déployer d'effet avant cette date. La radiation en cause résulte donc bien de la requête du recourant du 23 juin 2022. Contrairement à ce que celui-ci laisse entendre, il peut donc revendiquer avoir été radié à sa demande et non en raison d'une décision de l'autorité. Au surplus, même si le registre devait conserver une trace du motif de la radiation, il ne devrait mentionner que le motif qui a conduit à la radiation effective, soit la demande du recourant. Enfin, on peut également relever que l'éventuelle atteinte à l'honneur occasionnée par les motifs de la décision du 13 juin 2022 est fortement atténuée par le fait que celle-ci et les arrêts successifs rendus sur recours ne devraient être accessibles au public que sous forme anonymisée. Sur le vu de ces éléments, la Cour de justice n'a pas versé dans l'arbitraire en niant que le recourant avait un intérêt à recourir contre le ch. 1 du dispositif de la décision du 13 juin 2022.