Citation: 9C_670/2020 E. 3.4

3.4. Certes, si comme l'a relevé la juridiction de première instance, le docteur B.________ n'a mentionné aucune récidive du cancer, ni l'apparition de nouvelles atteintes à la santé, ni la modification du traitement médicamenteux qui eût pu entraîner de nouveaux effets secondaires en sus de la fatigue, on constate qu'il a cependant clairement fait état d'une incapacité de travail de 50 % dès le 1er juillet 2015, à plusieurs reprises (rapports des 8 juillet 2015, 21 septembre 2016 et 19 octobre 2017, notamment). Dans son rapport du 19 octobre 2017, l'oncologue a en particulier indiqué qu'en raison de la "tolérabilité du traitement de blocage hormonal", toute reprise d'une activité à un taux supérieur à 50 % était impensable. Par ailleurs, si le docteur B.________ n'a pas posé le diagnostic spécifique de Cancer-related Fatigue (CrF ou fatigue associée au cancer) et qu'aucun test d'évaluation de la fatigue n'a été réalisé, il a toutefois fait état de limitations de la capacité de concentration ("chemo brain") et de la résistance (fatigabilité) en lien avec le traitement d'hormonothérapie suivi par sa patiente. Au vu de l'augmentation de l'incapacité de travail de 30 % à 50 % constatée par le docteur B.________ au mois de juillet 2015 et des limitations fonctionnelles qu'il a mises en évidence, des doutes subsistent quant à la fiabilité ou la pertinence de l'évaluation du docteur C.________, selon laquelle la recourante présentait une pleine capacité de travail depuis le 1er avril 2015. On constate en effet que si la juridiction cantonale a suivi l'avis du docteur C.________ pour admettre que l'assurée ne présentait pas d'incapacité de travail justifiant l'octroi d'une rente d'invalidité à partir du 1er juillet 2015, elle a cependant considéré qu'il semblait arbitraire, de la part du médecin du SMR, de conclure à une pleine capacité de travail dès le 1er avril 2015 déjà. Les premiers juges ont à cet égard considéré que le docteur C.________ s'était fondé sur un rapport du docteur B.________ du 11 novembre 2014, selon lequel celui-ci pensait qu'une reprise de l'activité à 100 % était envisageable au printemps 2015, alors même que l'oncologue traitant était ensuite revenu sur son pronostic, puisqu'il avait prolongé l'incapacité de travail de 30 % jusqu'au 30 juin 2015, dans un certificat médical daté du 14 janvier 2015, avant d'en augmenter ensuite le taux à 50 % dès le 1er juillet 2015 (rapport du 8 juillet 2015). Dès lors que la juridiction de première instance a suivi l'avis du docteur B.________ pour la période courant jusqu'à fin juin 2015, elle ne pouvait s'en écarter pour la période postérieure en se limitant à constater que les avis du médecin traitant ne comprenaient pas d'élément médical objectif justifiant l'augmentation de l'incapacité de travail de 20 % dès cette date. Au regard des explications du docteur B.________ quant à la fatigue persistante de sa patiente en lien avec les effets négatifs du traitement suivi, les premiers juges - tout comme l'administration du reste - se devaient tout au moins de requérir un complément médical auprès de ce médecin voire l'avis d'un tiers expert. Les conclusions du docteur C.________, fondées sur le seul rapport médical de l'oncologue traitant du 11 novembre 2014, ne permettaient pas de nier sans autre examen l'incapacité de travail retenue par le docteur B.________. Par conséquent, il convient d'annuler le jugement entrepris ainsi que la décision administrative litigieuse et de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il complète l'instruction médicale et rende une nouvelle décision quant au droit de l'assurée à des prestations de l'assurance-invalidité. En conséquence de ce qui précède, la conclusion subsidiaire de la recourante est bien fondée.