Citation: 9C_578/2023 E. A

A.a. B.A.________ (ci-après: la contribuable) est l'actionnaire unique des sociétés B.________ SA, C.________, D.________ et E.________ SA, toutes sises à U.________ et titulaires de comptes bancaires à Monaco et V.________. Au cours des années 2005 à 2009, elle était domiciliée à X.________ avec son mari A.A.________ (ci-après: les contribuables). Ils y étaient soumis à l'impôt fédéral direct (ci-après: IFD) et aux impôts cantonaux et communaux (ci-après: ICC). Durant ces années, la contribuable a exercé à temps partiel une activité salariée auprès de F.________ SA sise à X.________ et détenue par G.________, qui est un homme d'affaires actif dans le commerce d'oeuvres d'art. Dans leurs déclarations d'impôt des années fiscales 2005 à 2009, B.A.________ et son époux n'ont pas fait état des sociétés précitées, ni des éléments de revenu et/ou de fortune y relatifs. Pour les années 2007 à 2009, l'Administration fiscale cantonale du canton de Genève (ci-après: l'Administration fiscale) a taxé les contribuables pour l'IFD et les ICC respectivement sur la base de revenus de 338'757 fr., 358'138 fr. et 426'772 fr., ainsi que sur une fortune nulle pour les années 2007 et 2008, et de 1'152'470 fr. pour l'année 2009 (décisions entrées en force des 8 septembre 2008 [période 2007], 14 octobre 2009 [période 2008] et 16 octobre 2009 [période 2009]). A.b. En janvier 2015, deux sociétés appartenant à H.________ ont déposé une dénonciation pénale contre la contribuable auprès des autorités de la Principauté de Monaco pour les chefs d'escroquerie et faux en écriture. A la suite de cette dénonciation, la Principauté de Monaco a formé une demande d'entraide auprès des autorités pénales suisses, sollicitant divers actes, dont des perquisitions et des séquestres d'avoirs et de documents. Faisant suite à une requête de l'Administration fiscale du 8 avril 2015, le Ministère public de la République et canton de Genève l'a autorisée à prendre connaissance de la procédure pénale genevoise impliquant la contribuable (courrier du 9 juin 2015). Au printemps 2015, plusieurs articles de presse ont rapporté qu'une plainte pour escroquerie avait été déposée à l'encontre de la contribuable et de G.________ devant la justice monégasque par H.________ et/ou des sociétés lui appartenant. Selon ces articles de presse, G.________ était accusé d'avoir surfacturé des tableaux de maître au plaignant et/ou à ses sociétés tout en percevant directement des commissions correspondant à 2 % du prix de vente de ces tableaux. Sur les ventes réalisées, il aurait reversé des commissions à B.A.________ pour son rôle d'intermédiaire. Afin de percevoir ces commissions (représentant parfois jusqu'à 18% du prix des oeuvres d'art), la contribuable aurait utilisé les sociétés précitées lui appartenant. A.c. A la suite d'une publication le xxx dans la feuille d'avis officielle du canton de Genève informant les contribuables, qui n'avaient pas de domicile en Suisse, que des "décisions" les concernant avaient été prises pour l'IFD et les ICC des années 2005 à 2009, ceux-ci ont désigné un mandataire pour l'envoi de toute correspondance. Par courrier du 2 mai 2016, l'Administration fiscale a transmis à ce mandataire une copie de son courrier du xxx, par lequel elle informait les contribuables de l'ouverture d'une procédure de rappel d'impôt et de soustraction pour l'IFD et les ICC des périodes fiscales 2005 à 2009. Elle a également invité les contribuables à se présenter auprès d'elle. Selon un procès-verbal d'entretien du 30 mai 2016, signé uniquement par deux des collaborateurs de l'Administration fiscale, le conseil des contribuables a notamment indiqué que des commissions de "plusieurs millions", qui ne constituaient pas des donations et qui n'avaient pas été déclarées, avaient été perçues par les contribuables à travers des sociétés situées dans des paradis fiscaux. Il a en outre précisé que le montant de ces commissions était très "variable, flexible et probablement déterminé en fonction du prix de l'oeuvre". Il a également indiqué que B.A.________ était très "passive" et n'avait pas de rôle actif dans l'achat et la vente des oeuvres d'art. En outre, les sociétés appartenant à la contribuable ne tenaient pas de comptabilité et ne détenaient qu'un compte bancaire chacune. A l'occasion d'un autre entretien ayant eu lieu le 21 octobre 2016, le mandataire des contribuables a remis à l'Administration fiscale un tableau intitulé "situation générale en vue de discussion". Ce document mentionnait spécifiquement les quatre sociétés étrangères détenues par la contribuable et contenait une rubrique intitulée "revenus et commissions encaissés entre 2005 et 2008", faisant état de montants de 8'980'000 USD et de 30'964'950 euros. A.d. Par courrier du 20 octobre 2017, la Division des affaires pénales et enquêtes (ci-après: DAPE) de l'Administration fédérale des contributions (ci-après: AFC) a informé B.A.________ que l'enquête menée à l'encontre de G.________ était étendue à elle-même. A.e. Le 15 décembre 2017, l'Administration fiscale a notifié aux contribuables des bordereaux de rappel d'impôt des années 2005 à 2007, ainsi qu'à la contribuable uniquement des bordereaux d'amende pour l'année 2007. Ces bordereaux ont été contestés par la voie de la réclamation. A.f. A la suite d'une requête des contribuables visant à un "accès complet du dossier", l'Administration fiscale leur a communiqué le 14 juin 2018 les pièces référencées sous les numéros 1 à 68, mais a refusé la consultation des pièces référencées sous les numéros 69 à 79, motif pris de la "sauvegarde d'intérêts privés". Elle a toutefois résumé leur contenu. Un entretien a eu lieu le 7 août 2018 entre les représentants de l'Administration fiscale et les mandataires de la contribuable. Selon un compte-rendu d'entretien, ces derniers ont notamment indiqué que B.A.________ n'était pas intervenue dans le cadre de l'achat et la vente des oeuvres, que les "factures réalisées étaient énoncées" directement par G.________ et qu'elle avait perçu "d'importantes sommes" parce qu'elle avait mis en relation le prénommé et H.________. En outre, les sociétés de la contribuable tenaient une comptabilité et des procès-verbaux d'assemblée générale. Après avoir sollicité et obtenu une copie du compte-rendu d'entretien, le conseil des contribuable a remercié l'Administration fiscale pour ce document "très clair", en sollicitant toutefois la modification de certaines formulations. Le 7 décembre 2018, l'Administration fiscale a notifié aux contribuables les bordereaux de rappel d'impôt et d'amende pour l'année 2008. Les suppléments d'impôt ont été arrêtés à 4'944'999 fr. 35 pour l'IFD et 13'736'551 fr. 40 pour les ICC. Les amendes IFD et ICC ont été fixées à 1,5 fois le montant des impôts soustraits. Les contribuables ont formé réclamation contre ces bordereaux. A.g. A la suite d'une nouvelle requête des contribuables tendant à un accès complet à toutes les pièces du dossier, l'Administration fiscale leur a remis, le 12 octobre 2020, les pièces référencées sous numéros 1 à 68, 88, 91, 100 à 127, 130, 131, 139 et 140; elle a refusé de transmettre les pièces référencées sous numéros 69 à 87, 89, 90, 92 à 99, 128, 129 et 132 à 138, en raison de la "sauvegarde d'intérêts privés". Par courrier du 20 septembre 2021, les contribuables ont encore une fois sollicité l'accès complet à leur dossier, au motif que certaines pièces manquaient et que les restrictions invoquées pour leur refuser l'accès au contenu de certains documents ne satisfaisaient pas aux conditions légales. A.h. Par décisions sur réclamation du 21 septembre 2021, l'Administration fiscale a annulé les bordereaux de rappel d'impôt 2005 en raison de la prescription et a confirmé les bordereaux de rappel d'impôt IFD et ICC 2006 à 2008, ainsi que les bordereaux d'amende IFD et ICC 2007 et 2008. Le même jour, l'Administration fiscale a notifié aux contribuables un bordereau de rappel d'impôt pour l'année 2009, arrêtant le supplément d'impôt à 404'253 fr. 70 pour les ICC. Aucun supplément d'impôt pour l'IFD n'a été fixé. A.A.________ et B.A.________ s'y sont opposés par la voie de la réclamation. Par décision incidente du 27 septembre 2021, l'Administration fiscale a statué sur la demande d'accès au dossier du 20 septembre 2021, notamment en maintenant son refus de transmettre les pièces couvertes par le secret fiscal de tiers. Par décision sur réclamation du 12 novembre 2021, elle a rejeté la réclamation relative à la période fiscale 2009 et a maintenu ses reprises.