Citation: 8C_685/2018 E. 4.4.3

4.4.3. En l'occurrence, les recourants infèrent l'existence d'un dossier, auquel l'accès leur aurait été refusé, du seul fait que, selon eux, l'intimé se serait notablement écarté des réponses factuelles au questionnaire du système d'évaluation EVALUATION.JU. Or, dans les limites de l'interdiction de l'arbitraire et du principe de l'égalité de traitement, les autorités administratives disposent d'une grande marge d'appréciation, particulièrement en ce qui concerne les questions d'organisation et de rémunération (ATF 143 I 65 consid. 5.2 p. 67 s. et les références). En l'occurrence, les questionnaires en vue de l'évaluation et de la classification des fonctions ainsi que des tâches particulières qui incombent au Gouvernement ne constituent qu'un des éléments de la décision de classification, à côté, notamment, des propositions ou des "préavis" soumis par la CEF. En effet, comme le rappelle à juste titre la cour cantonale, s'il fallait se fonder seulement sur les questionnaires remplis par les titulaires des fonctions concernées, le système d'évaluation EVALUATION.JU perdrait toute cohérence, dans la mesure où la classification relèverait de la seule appréciation des collaborateurs de l'Etat. Dès lors, si, dans le cadre de la grande marge d'appréciation dont il dispose, le Gouvernement n'a pas calqué la classification des fonctions sur les seules réponses apportées aux questionnaires, mais s'est aussi fondé sur des données notoires sur les filières de formation ou l'analyse des mises au concours publiées, il n'est pas nécessaire à la défense des droits des recourants qu'ils aient eu accès aux notes internes dans lesquelles l'intimé aurait consigné ses réflexions à ce propos. Par ailleurs, dans leur réplique, les recourants ont renoncé à invoquer une violation de leur droit d'être entendus en relation avec leur grief ayant trait au critère d'évaluation relatif à la "communication orale d'informations désagréables et lourdes de conséquences". Le grief de violation du droit d'être entendu se révèle ainsi mal fondé.