Citation: 4A_38/2022 E. 1

A.j. A compter du mois d'août 2016, les relations entre les parties se sont détériorées, la défenderesse reprochant à la demanderesse de ne pas répondre à ses requêtes et de ne pas la renseigner, notamment sur la stratégie adoptée. A.k. Par courriers électroniques des 7 et 8 août 2016, la défenderesse a requis de son conseil la remise d'une copie du classeur de pièces déposé au Tribunal à l'appui de la demande en divorce, ce afin notamment de comprendre la stratégie adoptée. La demanderesse a notamment répondu par e-mail du 9 août 2016 qu'elle avait établi le chargé de pièces en question sur la base des documents que sa cliente lui avait transmis et dont celle-ci avait conservé une copie selon ce qu'elle lui avait indiqué; ce qui fait qu'elle n'avait pas jugé opportun de lui en confectionner un. Elle lui a également rappelé avoir travaillé dans l'urgence, avec l'aide de son stagiaire, alors qu'elle s'apprêtait à partir en vacances. Le 9 août 2016, la défenderesse a rencontré son avocate à son étude, récupérant à cette occasion l'intégralité des pièces originales qu'elle lui avait confiées, contre signature d'un reçu. Par courriers électroniques des 12 et 14 septembre 2016, la défenderesse a renouvelé sa requête visant à recevoir copie du dossier déposé au Tribunal, pièces comprises. Dans ses réponses des mêmes jours, la demanderesse lui a notamment adressé un nouvel exemplaire de la demande en justice et lui a indiqué que le classeur de pièces était à sa disposition depuis plusieurs semaines, conformément à ce qui avait été convenu. La défenderesse s'est finalement vu remettre le chargé de pièces requis le 21 septembre 2016. A.l. Par courrier électronique du 22 septembre 2016, la défenderesse a signifié à la demanderesse qu'elle résiliait le mandat avec effet immédiat, précisant être " étonnée de ne pas avoir été informée des démarches et de ne pas avoir reçu copie de tous les courriers envoyés en (son) nom ou déposés au tribunal malgré (ses) demandes répétées ". A.m. Dans sa détermination du 6 octobre 2016, C.A.________ a indiqué qu'il s'opposait au divorce, requérant en même temps le prononcé de mesures provisionnelles. Il a, à nouveau, sollicité des mesures provisionnelles, ainsi que des mesures superprovisionnelles, tendant à l'attribution du domicile conjugal, le 4 novembre 2016. Elles ont été rejetées par le Tribunal le 7 novembre 2016. A.n. Par courrier du 9 novembre 2016, la défenderesse, par la voix de son nouveau conseil, a informé le Tribunal de ce que, compte tenu du refus de son époux de consentir au divorce, elle retirait sa requête en divorce. A.o. Dans l'intervalle, elle était retournée vivre au domicile conjugal, pendant que son époux était en vacances à... avec les enfants. Elle avait par ailleurs demandé au Tribunal de pouvoir modifier et compléter sa demande en divorce, ce qui lui avait été refusé. A.p. Le 11 novembre 2016, la défenderesse, soit pour elle son nouveau conseil, a déposé une requête de mesures protectrices de l'union conjugale, assortie d'une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles et de conclusions en reddition de compte. A.q. Par ordonnances successives des 14 novembre, 22 novembre 2016 et 28 février 2017, le Tribunal de première instance de Genève a rejeté les requêtes de mesures (super-) provisionnelles de la défenderesse du 11 novembre 2016 et du 28 février 2017, ainsi que celles de son époux du 21 novembre 2016. A.r. Par jugement sur mesures protectrices de l'union conjugale du 22 décembre 2017, ultérieurement frappé d'appel par chacun des époux, le Tribunal a notamment et en substance: - instauré entre les époux une garde alternée par moitié sur leurs enfants mineurs, en fixant leur domicile légal au sein de la demeure conjugale dont il a attribué la jouissance exclusive à l'époux; - condamné l'époux à verser à la défenderesse, avec effet au prononcé du jugement, des contributions de 1'500 fr. par mois à l'entretien de chacun des enfants mineurs, en donnant acte à l'époux de son engagement de prendre en sus à sa charge pratiquement tous les frais les concernant; - condamné l'époux à payer à la défenderesse une contribution d'entretien de 54'000 fr. par mois avec effet au prononcé du jugement, en donnant acte à l'époux de son engagement de continuer à payer les charges de ses immeubles à Genève et à l'étranger; - donné acte aux époux de leur engagement de ne pas disposer sans l'accord de l'autre de divers biens immobiliers, meubles et comptes bancaires; - rejeté les conclusions de la défenderesse en reddition de compte et en paiement d'une provisio ad litem de 200'000 fr. Pour fixer les contributions d'entretien précitées, le Tribunal des mesures protectrices de l'union conjugale a considéré, sous l'angle de la vraisemblance, que l'époux de la défenderesse percevait ou pouvait percevoir des revenus estimés au minimum à 2'800'000 fr. par an, auxquels pouvaient s'ajouter quelque 630'000 fr. par an de rendements de sa fortune mobilière, s'élevant à elle seule à environ 21'000'000 fr. Les dépenses mensuelles de la famille s'élevaient au minimum à 150'000 fr. par mois, y inclus les 25'000 fr. par mois que l'époux mettait de longue date à disposition de sa femme pour ses dépenses personnelles et certaines de celles des enfants. Le train de vie de la défenderesse, dont le maintien devait être financé par son époux au moyen de ses contributions d'entretien, s'élevait à quelque 54'000 fr. par mois (25'000 fr. de dépenses courantes, 9'300 fr. de frais de logement admissibles, 2'000 fr. de vacances et 17'000 fr. d'impôts futurs estimés). L'époux ayant continué, depuis la séparation, d'assumer l'intégralité des charges de la famille et de lui payer 25'000 fr. par mois pour ses dépenses (dans lesquelles il n'y avait pas lieu d'intégrer son loyer, démesuré, de 20'000 fr. par mois), une rétroactivité des contributions d'entretien réclamées ne se justifiait pas. A.s. Le 18 janvier 2017, la demanderesse a adressé à la défenderesse sa note d'honoraires pour l'activité déployée du 8 juin au 30 septembre 2016, laquelle se montait à 52'471 fr. 80, dont à déduire deux provisions de 5'000 fr. acquittées les 30 juin et 4 juillet 2016. Il était fait état de 70 heures d'activité au tarif horaire de 600 fr. et 30 heures d'activité au tarif horaire de 180 fr., soit un total de 47'400 fr. auxquels s'ajoutaient des débours fixés forfaitairement à 1'185 fr. (2,5 % du total) et 3'886 fr. 80 de TVA. Cette note d'honoraires est demeurée impayée, malgré un rappel. Par courrier du 15 mars 2017, la défenderesse a signifié à son ancienne avocate qu'elle contestait sa facture, lui reprochant une mauvaise exécution du mandat.