Citation: 6B_1127/2023 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a notamment observé qu'il appartenait au juge d'apprécier l'activité objectivement nécessaire au regard de la complexité factuelle et juridique de l'affaire. Le recourant perdait de vue qu'il ne suffisait pas de produire une liste détaillée des opérations pour les justifier, le juge étant libre de faire usage d'un forfait pour une catégorie d'opérations si un tel forfait permettait, selon son appréciation, de couvrir l'activité objectivement nécessaire à une défense efficace. La cour cantonale a notamment observé que les états de frais présentés par le recourant portaient sur plus de 30 heures d'activité, de sorte que le forfait "courriers/téléphones" avait été fixé à 10 % par le premier juge en conformité à la jurisprudence, étant rappelé qu'en matière d'indemnisation de l'avocat d'office, l'autorité disposait d'une importante marge d'appréciation. À cet égard, la cause présentait une difficulté toute relative, dès lors que les faits étaient simples et circonscrits et, pour la plupart, admis par le prévenu. Par ailleurs, le temps consacré à la lecture des correspondances des autorités, dont l'intitulé dans les listes d'opérations comprenait généralement l'ajout "gestion des actes et délais de procédure" - même lorsqu'il s'agissait de simples convocations aux audiences - était excessif; aucune des correspondances reçues ne posait de difficulté juridique quant aux différents délais de procédure - qu'il suffisait d'inscrire ou reporter à l'agenda - ni n'impliquait de réflexion approfondie, étant rappelé que le temps consacré ne devait être pris en considération que dans la mesure où il apparaissait raisonnablement nécessaire à l'accomplissement du mandat par un avocat expérimenté. Selon la cour cantonale, plusieurs correspondances étaient en outre comptées à double dans les états de frais du recourant. Enfin, les courriers adressés au tribunal de police, qui consistaient en une brève détermination sur la question du changement de conseil d'office et en une demande d'audition de témoins, ne revêtaient aucune complexité, de sorte que le temps objectivement nécessaire à leur rédaction pouvait être indemnisé par le biais du forfait. Il en allait de même des téléphones à la fiancée du prévenu, à supposer qu'ils entrent dans l'activité du défenseur d'office. Pour la cour cantonale, au vu de la difficulté relative de l'affaire, l'appréciation du premier juge ne prêtait pas le flanc à la critique s'agissant de l'application du forfait de 10 % pour les téléphones et courriers, qui paraissait suffisant pour indemniser le temps consacré à ces postes au regard de la nécessité d'assurer au prévenu une défense efficace.