Citation: 2C_168/2024 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, le Tribunal administratif n'a négligé aucun élément pertinent dans la pesée des intérêts qu'il a effectuée. Il relève à juste titre la multiplicité des condamnations pénales, de même que la nature et la gravité de certaines d'entre elles (condamnation en 2018 à 18 mois de peine privative de liberté, notamment pour tentative de viol, soit pour une infraction à l'égard de laquelle, le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux [cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3; arrêt 2C_1053/2021 du 7 avril 2022 consid. 5.5.1]), ainsi que l'absence de conformité aux décisions d'autorités (non-respect des décisions d'exécution de l'expulsion, absence de réaction à trois convocations du Service des migrations l'invitant à se présenter pour établir sa situation personnelle). Le recourant tente en vain de minimiser sa condamnation de 2018 en invoquant que le viol s'est arrêté au stade de la tentative et que la peine de 18 mois de prison était assortie du sursis. Tout d'abord, il perd de vue que cette condamnation a déjà conduit le juge pénal à prononcer son expulsion de Suisse et que les motifs à la base de cette mesure gardent leur pertinence. Par ailleurs, les motifs pour lesquels le recourant n'était pas allé au terme de son acte ne ressortent pas de l'arrêt attaqué et le recourant ne s'exprime pas sur cette question. En outre, l'octroi du sursis ne saurait non plus être déterminant, ce d'autant plus que, comme le relève l'autorité précédente, le recourant a persévéré dans la délinquance en 2022. Celle-ci relève aussi à juste titre que ni son mariage en 2019, ni la perspective de la naissance de son fils, né en août 2022, n'ont détourné le recourant de la commission d'infractions (même de peu de gravité). Elle mentionne également à bon droit que la dissimulation aux autorités de police des étrangers de sa condamnation pénale du 18 décembre 2018 dans le but d'obtenir une autorisation de séjour représente un indice supplémentaire en faveur de l'existence d'une menace pour l'ordre et la sécurité publics (cf. arrêt 2C_362/2019 du 10 janvier 2020 c. 6.2). L'ensemble de ces éléments souligne les difficultés du recourant à se conformer à l'ordre établi. Dans ces circonstances, le Tribunal administratif ne prête pas le flanc à la critique lorsqu'il retient un intérêt public très important à la confirmation du refus de l'octroi d'une autorisation de séjour et au renvoi du recourant, en dépit du temps qui s'est écoulé depuis la condamnation pénale de l'intéressé en 2018, respectivement depuis sa libération de prison en juillet 2019. Au demeurant, cette durée ne peut être qualifiée de très longue. Concernant les intérêts privés à demeurer en Suisse, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant séjourne dans ce pays depuis près de neuf ans. Il n'a toutefois bénéficié que tardivement d'une première autorisation de séjour en mars 2021, obtenue de plus de manière dolosive. Auparavant, il a résidé en Suisse sans titre de séjour et a été incarcéré pendant plus de deux ans. Les années passées dans l'illégalité, en prison ou au bénéfice d'une simple tolérance n'étant pas déterminantes dans la pesée des intérêts (ATF 137 II 1 consid. 4.3; 134 II 10 consid. 4.3), le Tribunal administratif a retenu à juste titre que la durée du séjour en Suisse du recourant devait être fortement relativisée. En outre, l'intéressé ne peut pas se prévaloir d'une intégration socio-professionnelle en Suisse particulièrement réussie. Il connaît son pays d'origine, dans lequel il a vécu les vingt premières années de sa vie, dont il parle la langue officielle et dans lequel on peut présumer qu'il a encore des attaches culturelles et sociales. En bonne santé, âgé d'une trentaine d'années, le recourant dispose ainsi des ressources nécessaires pour s'y réintégrer. La présence de son épouse et de son fils en Suisse, qui ont tous deux la nationalité suisse, ne saurait être déterminante. Selon l'arrêt attaqué, le recourant exerce certes l'autorité parentale conjointe sur son enfant et entretient avec lui une relation étroite et effective. Toutefois, il ressort aussi de cet arrêt que les époux ne pouvaient pas s'attendre à pouvoir mener une vie familiale en Suisse. Le recourant savait que son droit de séjour dans ce pays reposait sur de fausses déclarations et son épouse, déjà au moment du mariage, avait connaissance du jugement pénal du 18 décembre 2018 prononçant l'expulsion de son époux. Contrairement à ce que soutient le recourant, le Tribunal administratif a ainsi pris en compte la question de savoir si le conjoint avait connaissance de l'infraction à l'époque de la création de la relation familiale. De plus, le recourant n'a pas hésité à commettre de nouvelles infractions en 2022, alors que la grossesse de son épouse arrivait à son terme et que sa situation en Suisse était déjà sujette à caution, dès lors que le Service des migrations avait ordonné l'exécution de son expulsion. Certes, on ne peut pas exiger de l'épouse du recourant et de leur enfant qu'ils suivent celui-ci dans son pays d'origine. Ils restent toutefois libres de s'y rendre et dans le cas contraire, le retour de l'intéressé dans son pays d'origine ne les privera pas de tous liens avec lui. Le recourant pourra en effet maintenir un contact avec son épouse et son enfant par le biais de visites et en recourant aux outils de télécommunications modernes. Dès lors, s'il est indéniable que le refus d'une autorisation de séjour au recourant et son renvoi en Algérie compliquera la relation que celui-ci entretien avec son enfant et son épouse, ces seuls éléments ne suffisent pas pour considérer que les intérêts privés en cause l'emportent sur l'intérêt public important à l'éloignement de Suisse du recourant. L'autorité précédente ne prête ainsi pas le flanc à la critique lorsqu'elle retient que l'intérêt public au refus d'une autorisation de séjour au recourant et à son renvoi est prépondérant.