Citation: 5A_942/2018 E. 5.2

5.2. La recourante expose que la compétence des tribunaux suisses pour juger du fond est donnée à l'aune de l'art. 59 LDIP, dès lors que les deux parties sont domiciliées en Suisse, à E.________, depuis 2014. Le fait que l'intimé ait déjà entamé une procédure de divorce à l'étranger avant qu'elle ne dépose sa requête de mesures provisionnelles en Suisse n'y changerait rien. Selon la doctrine, la compétence en matière de mesures provisionnelles selon l'art. 10 let. a LDIP devrait en effet être admise indépendamment du fait qu'une action au fond ait été introduite ou non ou qu'elle soit pendante à l'étranger. En d'autres termes, le forum shopping pratiqué par l'une des parties n'empêcherait pas l'autre partie de demander des mesures provisionnelles devant les autorités compétentes d'un autre pays, surtout lorsque les parties vivent dans ce pays. L'exception de litispendance (art. 9 LDIP) ne serait pas applicable, les deux actions ayant des objets distincts. Par ailleurs, le tribunal suisse serait nettement mieux placé que les tribunaux roumains pour statuer sur la requête de mesures provisionnelles, celles-ci ayant un lien quasi exclusif avec la Suisse et seulement un lien très éloigné - s'il devait y en avoir un - avec la Roumanie. La recourante relève enfin que l'application de l'art. 10 let. a LDIP a pour conséquence que l'époux qui requiert les mesures provisionnelles n'a pas encore à démontrer que l'un des cinq cas restrictifs énumérés par la jurisprudence en lien avec l'art. 10 let. b LDIP est rempli.