Citation: 6B_490/2022 E. 1.1.8

1.1.8. Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir examiné l'influence sur l'intimée et sa crédibilité de sa médication, sous réserve d'une brève référence à un rapport pourtant rédigé par la psychiatre de l'intimée, dans lequel elle n'a pas examiné ces questions et qui ne fait pas office d'expertise. Il fait référence au rapport du CHUV du 7 janvier 2019 (duquel il ressort que l'intimée consomme de manière préventive à la douleur de 80 à 200mg de morphine par jour, qu'elle a des antécédents dépressifs et un trouble de la personnalité borderline, qu'elle semble parfois perdre le compte des doses quotidiennes et qu'elle est dépendante aux opiacés), au fait que l'intimée prend des antidépresseurs et des somnifères, sans prescription médicale, dont le mélange peut avoir des effets démultipliés, mais encore au rapport du CHUV du 18 février 2019 (duquel il ressort que l'intimée développe une tolérance aux benzodiazépines pour dormir et qu'elle est très insatisfaite de son sommeil). À cet égard, il ressort de l'état de fait cantonal que l'intimée est atteinte de deux maladies qui impliquent de fréquentes douleurs et un " traitement médicamenteux important ", notamment des ampoules de morphine (consid. 2), dont il peut résulter éventuellement des troubles psychiques (consid. 4.3). On comprend également que l'intimée prend de " puissants somnifères " impliquant " de vagues souvenirs " (consid. 5.4.3). La cour cantonale a encore relevé que l'intimée avait une " forte addiction aux médicaments " (consid. 3.3). À propos du reste, le jugement attaqué ne dit rien. Ainsi, la cour cantonale reconnaît que l'intimée consomme des médicaments de manière importante, qu'elle a une forte addiction, qu'il peut en résulter des troubles psychiques et que cette addiction, respectivement la prise de médicaments, induit tout au plus de vagues souvenirs. Les éléments qui ressortent des rapports du CHUV, que l'on peut placer dans un horizon temporel proche des infractions contre l'intégrité sexuelle reprochées au recourant, mais auxquels la cour cantonale ne s'est pas référée, laissent entendre que l'intimée consomme des opiacés de manière excessive, des somnifères et tranquillisants ne lui faisant plus l'effet voulu et, possiblement, des antidépresseurs, compte tenu de ses antécédents dépressifs. Si la fréquence, la nature et la quantité de médicaments ingérés par l'intimée ne signifie pas encore qu'on ne peut lui prêter aucune crédibilité, ces éléments auraient dû être pris en compte dans l'appréciation de la crédibilité de ses propos. À tout le moins, sans préjuger du fait que ces éléments soient propres à modifier le jugement attaqué, la cour cantonale ne pouvait pas en faire abstraction et se contenter de faire référence à un rapport médical ne traitant pas spécifiquement de ces questions, de surcroit rédigé par la propre thérapeute de l'intimée, ou à son appréciation globale du dossier et de l'état de l'intimée le jour des débats, d'autant plus qu'il s'agit d'éléments de nature médicale et technique.