Citation: 1C_56/2024 E. 2.3.2

2.3.2. Cela étant, l'art. 216d CO intervenant ici à titre de droit public supplétif, il convient encore de se demander si les intérêts publics poursuivis par la LPPPL (cf. art. 1 LPPPL et consid. 1.2 ci-dessus) s'opposent, comme le soutient la recourante, à son application, respectivement à l'interprétation qu'en a livré le Tribunal cantonal. À cet égard, ce dernier a considéré que, dans l'hypothèse où la propriétaire actuelle de la parcelle no 3618 souhaiterait à nouveau l'aliéner, la commune recourante pourrait alors exercer le droit de préemption que lui confère la LPPPL; l'intérêt public lié à la réalisation de LUP était ainsi sauvegardé, même si la construction de tels logements se trouvait potentiellement reportée dans le temps. La restriction du droit de propriété qu'impliquerait l'exercice du droit de préemption ne se justifiait par conséquent pas. La recourante avance pour sa part que la survenance d'un futur cas de préemption serait hypothétique et ne tiendrait pas compte du caractère actuel et urgent de la pénurie de logement. Elle se contente ce faisant toutefois d'opposer sa propre appréciation à celle de l'instance précédente sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. C'est par ailleurs de manière strictement appellatoire qu'elle prétend que la solution du Tribunal cantonal viderait l'exercice du droit de préemption de sa substance: on ne discerne pas en quoi l'annulation d'un cas de préemption dans une hypothèse particulière annihilerait de manière générale l'entier des prérogatives de l'autorité en la matière. La recourante ne prend en outre pas non plus la peine de discuter la pesée des intérêts opérée par l'instance précédente pondérant l'intérêt public poursuivi par la LPPPL, dont la réalisation est reportée, le cas échéant, et l'intérêt privé à la garantie de la propriété. La commune soutient encore en vain que la vente future pourrait n'intervenir qu'"après construction voire par lots séparés"; elle n'expose en effet pas en quoi la LPPPL exclurait l'exercice éventuel du droit de préemption légal dans un tel cas de figure, en présence d'une parcelle construite, ce qu'il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'identifier (cf. art. 106 al. 2 LTF).