Citation: 1C_686/2017 E. A

A.________ SA est propriétaire de la parcelle n o bbb, feuille ccc, de la Commune de G.________. Ce bien-fonds supporte un immeuble d'habitation de trois étages sur rez. Le 6 mai 2005, un incendie a détruit l'immeuble, le rendant inhabitable. La toiture a été détruite et la cage d'escalier s'est effondrée sur deux niveaux. Les façades ont été épargnées, de même que les structures porteuses verticales. Le 28 novembre 2005, le Département cantonal des constructions et des technologies de l'information, devenu depuis lors le Département de l'aménagement, du logement et de l'énergie (ci-après: DALE), a ordonné à A.________ SA d'effectuer sans délai des travaux urgents, à savoir la mise hors d'eau du bâtiment (étanchéité), l'installation d'un échafaudage et la prise de mesures propres à interdire l'accès au bâtiment. Par décision du 3 octobre 2006, déclarée exécutoire nonobstant recours, le DALE a ordonné à la société propriétaire de requérir une autorisation de construire dans les trente jours, aux fins de procéder aux travaux destinés à remédier à l'état de dégradation de l'immeuble, ainsi que de procéder à sa mise hors d'eau. En cas de non-exécution, des travaux d'office seraient entrepris aux frais de la propriétaire. Cette décision n'a fait l'objet d'aucun recours. Le 4 décembre 2006, A.________ SA a déposé une requête en autorisation de construire portant sur la transformation, la rénovation et la surélévation de l'immeuble. Après plusieurs modifications du projet dues aux préavis recueillis, l'autorisation a été délivrée le 18 juillet 2008. Contestant la détermination du nombre des pièces, la fixation des loyers et la durée de leur contrôle, la société propriétaire a en vain recouru contre cette autorisation auprès de la Commission cantonale de recours en matière administrative (dont les compétences ont été reprises par le Tribunal administratif de première instance [ci-après: TAPI]), puis au Tribunal administratif (depuis le 1 er janvier 2011, Chambre administrative de la Cour de justice), qui rejeta son recours, le 16 février 2010. Par décision du 16 mars 2007, parallèlement à cette procédure, le DALE est intervenu auprès de A.________ SA pour assurer la sécuritéet l'habitabilité du bâtiment. Les travaux de remise en état ne progressant pas, le DALE a imparti à la propriétaire plusieurs délais en vue de terminer l'installation d'un échafaudage et d'un tunnel à piétons, sous la menace d'une exécution d'office. Cette décision n'a pas fait l'objet d'un recours. Le 18 septembre 2007, le DALE a fixé à la société propriétaire un ultime délai pour se conformer à cette décision du 16 mars 2007. Le 10 janvier 2008, le DALE l'a informée qu'il procéderait d'office à l'exécution des travaux nécessaires à la réhabilitation de l'immeuble. La société propriétaire ayant, par la suite, affiché sa volonté d'exécuter elle-même les travaux, l'exécution d'office a été suspendue. Celle-ci a toutefois été reprise par courriers du DALE des 5 novembre 2008 et 25 juin 2009, désignés sous l'appellation de décision d'exécution. Le 10 août 2009, A.________ SA a transmis au département un "calendrier intentionnel de réalisation des travaux de rénovation et de surélévation". En réponse, le DALE a indiqué, le 24 août 2009, qu'il convenait de distinguer les travaux de sécurisation du bâtiment des travaux de réhabilitation, et que, s'agissant des premiers, il adressait à l'autorité compétente une demande d'assistance des agents de la force publique pour accéder aux locaux. Le 6 novembre 2009, en présence du mandataire de la propriétaire, des experts ont procédé à une visite de l'immeuble. Un procès-verbal a été établi à cette occasion.