Citation: 4A_32/2023 E. 2.3

2.3. Au demeurant, bien que la cour cantonale mêle l'exigence de motivation de l'appel imposée par l'art. 311 al. 1 CPC et le devoir d'alléguer le dommage découlant du droit matériel, il résulte de sa motivation qu'elle considère que la demanderesse n'a consacré à son dommage et à sa quotité que des allégués insuffisants. Or, pour faire partie du cadre du procès, cette condition du dommage devait avoir été alléguée, le demandeur en supportant le fardeau de l'allégation objectif conformément à l'art. 8 CC (ATF 149 III 105 consid. 5.1 et les arrêts cités) et la charge de la motivation suffisante (HOHL, Procédure civile, vol. I, 2ème éd. 2016, n. 1266). Or, il résulte de l'allégué "article 4" de la demande que "[c]et incident a eu pour conséquence d'interrompre pendant plusieurs heures la production de l'entreprise A.________ SA, l'électricité ayant été coupée du fait de l'endommagement du câble électrique propriété de [D.________ SA]". En outre, il ressort de l'allégué "article 8" de la demande que "[v]u le rapport d'expertise de preuve à futur de F.________ SA, à U.________, et les conclusions retenues par celle-ci, la demanderesse a réclamé à la défenderesse son dommage qui s'élève à CHF 63'004.-- avec intérêts à 5 % dès la survenance de l'incident soit dès le 5 décembre 2011. En sus, la demanderesse a réclamé à la défenderesse les frais et dépens de procédure de preuve à futur de première et deuxième instances, toutefois, en vain." Sur cette base, aucune administration des preuves, que ce soit par expertise ou par témoignages ne pouvait être effectuée, de sorte que c'est à raison que la cour cantonale a rejeté l'action de la demanderesse, faute d'allégation suffisante. Un renvoi de la cause en première instance pour trancher cette question était ainsi superflu.