Citation: 5C.70/2001 22.03.2002 E. 5

5.- Les demanderesses reprochent en outre à l'autorité cantonale d'avoir admis que la convention n'était pas soumise à la forme authentique et, partant, violé les art. 184 CC et 11 CO. a) Tant sous l'ancien - applicable en l'espèce (supra, consid. 3) - que sous le nouveau droit, le contrat de mariage doit être passé en la forme authentique (art. 181 al. 1 aCC et 184 CC). Quant au pacte sur succession non ouverte, c'est-à-dire le contrat conclu par un héritier avec ses cohéritiers ou un tiers au sujet d'une succession non ouverte (art. 636 al. 1 CC), il suffit qu'il respecte la forme écrite (ATF 98 II 281 consid. 5f p. 286 et les références), le concours et l'assentiment du de cujus étant toutefois exigé, sous peine de nullité, pour des motifs d'intérêt public et de bonnes moeurs (ATF 42 II 190 consid. 3 p. 193 ss). b) Les demanderesses admettent que le contrat de mariage respecte la forme authentique; elles soutiennent toutefois que la convention, passée sous seing privé, devait également la respecter. A leur avis, ces deux actes forment un tout, et leur contenu est en étroite relation: dans les deux, figurent les époux J.L.________ et S.L.________; ils concernent les mêmes parties; la convention fait référence au contrat de mariage; celui-ci avantage l'épouse et celle-là concrétise cette favorisation; dans l'esprit des intéressés, les deux actes n'en faisaient qu'un, J.L.________ ayant eu la même intention dans l'un et l'autre, à savoir de favoriser sa femme et surtout son fils. De surcroît, le respect de la forme authentique s'imposait en raison de la nature successorale de ces actes (dispositions pour cause de mort), tous les deux réglant la situation de la défenderesse en cas de décès de son mari. Une telle argumentation ne démontre nullement en quoi la décision entreprise violerait le droit fédéral. Avec la cour cantonale, on doit constater que les deux actes ne concernent pas les mêmes parties: le contrat de mariage lie J.L.________ et sa femme, alors que la convention oblige cette dernière et G.L.________ (cf. ATF 98 II 281 consid. 5d p. 285). La convention est un pacte sur succession non ouverte, qui exigeait, en vertu de l'art. 636 al. 1 CC, le concours et l'assentiment du de cujus; cet accord ne modifie pas le contrat de mariage, lequel, comme on l'a vu (supra, consid. 4b/bb), a sorti ses effets pendant plus de vingt ans, avant que la convention ne déploie les siens. Les deux actes juridiques sont donc bien distincts, de nature différente, et soumis à des règles de forme propres. Le recours se révèle, par conséquent, mal fondé sur ce point également.