Citation: 1P.504/2001 24.09.2001 E. 2

2.- Le recourant reproche à la Chambre pénale de s'être livrée à une appréciation arbitraire des preuves et d'avoir violé le principe de la présomption d'innocence en retenant l'application de l'art. 123 CP, alors qu'aucun élément objectif ne permettait de constater une morsure au cou, ainsi que des coups portés au visage de son épouse. a) En tant qu'elle a trait à la constatation des faits et à l'appréciation des preuves, la maxime "in dubio pro reo" est violée lorsque l'appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuve laisse subsister un doute insurmontable sur la culpabilité de l'accusé (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Saisi d'un recours de droit public mettant en cause l'appréciation des preuves, le Tribunal fédéral examine seulement si le juge cantonal a outrepassé son pouvoir d'appréciation et établi les faits de manière arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). Une constatation de fait n'est pas arbitraire pour la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle de l'accusé ou du plaignant; encore faut-il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable, en contradiction flagrante avec la situation effective, qu'elle constitue la violation d'une règle de droit ou d'un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30), ce qu'il appartient au recourant d'établir (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). L'art. 32 al. 1 Cst. , entré en vigueur le 1er janvier 2000, qui consacre spécifiquement la notion de la présomption d'innocence, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence (FF 1997 I 1 ss, notamment p. 188/189; ATF 127 I 38 consid. 2b p. 41/42). b) En l'espèce, la cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en admettant que le recourant avait mordu son épouse au cou, quand bien même la trace des dents ne pouvait pas être clairement remarquée. La marque ovale irrégulière au cou, érythémateuse, constatée par le médecin de la division des urgences de l'Hôpital cantonal était compatible avec une morsure, en raison de sa forme allongée, ce que pouvait établir le médecin légiste au bénéfice de sa formation particulière et de son expérience dans le domaine. L'autorité intimée pouvait sans arbitraire écarter la thèse du prévenu suivant laquelle la marque relevée sur le cou de l'intimée résulterait d'une succion, en raison de l'état de tension existant entre les époux depuis plusieurs jours et surtout du stress post-traumatique constaté notamment par le médecin légiste. De même, la Chambre pénale a soigneusement exposé les raisons pour lesquelles elle a exclu que H.________ se soit infligée les lésions observées à la tempe gauche et à la lèvre supérieure gauche, de sorte qu'il ne pouvait s'agir que du résultat des coups portés par un tiers, en l'occurrence son mari, qui seul était avec elle à leur domicile au moment des faits. On cherche en vain dans le mémoire de recours une argumentation destinée à combattre cette appréciation qui échappe au grief d'arbitraire. Outre les constatations somatiques, les médecins ont aussi relevé l'état d'anxiété et de crainte profonde dans lequel se trouvait la victime, tous ces facteurs excluant la possibilité d'une simulation de sa part. Enfin, le fait qu'elle n'ait pas été secourue immédiatement par sa soeur et son beau-frère et que les soins lui aient été prodigués environ trois heures après les événements litigieux, n'enlève rien à la réalité des traumatismes décrits dans les certificats médicaux et à leur répercussion sur l'état psychique de H.________. c) En définitive, le recourant ne parvient pas à démontrer que l'arrêt attaqué reposerait sur une appréciation arbitraire des preuves, qui serait en contradiction avec les éléments constatés par les médecins.