Citation: I 475/00 27.03.2001 E. 3

3.- a) Les premiers juges ont admis que l'intimée avait droit à la prise en charge par l'assurance-invalidité de l'opération de chirurgie esthétique envisagée, au titre de mesures médicales au sens de l'art. 12 LAI, pour le motif que sa souffrance morale était de nature à entraver sa vie professionnelle (future). b) Dans un arrêt du 22 septembre 1976, la Cour de céans avait retenu, en ce qui concerne une assurée présentant une anomalie de la croissance d'un sein, que les défauts d'ordre esthétique n'influencent généralement pas la capacité de gain, sous réserve des cas exceptionnels où ils causent des souffrances morales qui influencent à leur tour l'aptitude à exercer une activité lucrative. En conséquence, du point de vue de l'assurance-invalidité, ces défauts ne peuvent être pris en considération que s'ils sont graves au point qu'il faut s'attendre à une diminution effective et sensible de l'aptitude de l'intéressée à exercer un métier ou à accomplir sa besogne habituelle (RCC 1977, p. 125 consid. 2). Dans cette espèce, le Tribunal fédéral des assurances avait nié le caractère invalidant de la souffrance morale ressentie par l'assurée. c) En l'occurrence, même si l'on doit admettre que l'intimée peut souffrir moralement de la malformation de sa poitrine dans une mesure non négligeable, le dossier ne contient aucun élément permettant de considérer - au degré de la vraisemblance prépondérante requis en matière d'assurance sociale (ATF 121 V 47 consid. 2a, 208 consid. 6b) - qu'elle est perturbée par le développement inégal de ses seins au point que sa capacité de gain future serait entravée. Cela est d'autant plus vrai que cette anomalie peut être aisément dissimulée dans un contexte professionnel. En particulier, l'intimée n'était pas suivie sur le plan psychique par un psychologue ou un psychiatre. A cet égard, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, on ne saurait admettre d'une manière générale, que les troubles psychologiques qui pouvaient résulter des difformités physiques avaient un caractère moins invalidant en 1976 qu'à l'heure actuelle (cf. consid. 3b ci-dessus). Le fait qu'une telle affection revête un caractère invalidant ou non résulte bien plutôt de l'analyse de l'ensemble des circonstances dans chaque cas individuel. Cela étant, l'office était fondé à nier (implicitement) le droit de l'assurée à la prise en charge de l'opération envisagée au titre des mesures médicales prévues à l'art. 12 al. 1 LAI.