Citation: 8C_92/2010 06.10.2010 E. 3

3.1 Par sa décision sur opposition du 29 janvier 2008, la CNA a nié le droit à des prestations pour les troubles annoncés le 30 juillet 2007, motif pris de l'absence d'un lien de causalité naturelle entre ces troubles et un accident dont elle aurait à répondre. Elle s'est fondée pour cela sur les appréciations des docteurs W.________ (avis du 16 octobre 2007) et U.________ (rapport du 16 janvier 2008), selon lesquelles l'existence d'un lien de causalité devait être niée en raison, d'une part, du temps écoulé entre la survenance du cas initial au mois de janvier 2003 et les troubles en cause et, d'autre part, d'une localisation différente de la lésion. Le docteur U.________ a indiqué qu'au demeurant, la prise en charge du cas initial n'était pas justifiée, du moment qu'aucun événement de caractère accidentel n'avait été établi et que ce genre d'infection aurait pu apparaître aussi bien en raison d'une pression normale en cas de pliement du genou ou en raison d'un frottement des vêtements. De son côté, la juridiction cantonale a considéré que les troubles annoncés en 2007 constituent une rechute de la lésion constatée en 2003. Dans la mesure où celle-ci avait été qualifiée d'événement assuré par la CNA, il appartenait donc à l'assureur-accidents, conformément à l'art. 11 OLAA, d'allouer également ses prestations pour l'atteinte annoncée en 2007. La juridiction cantonale s'est fondée sur le point de vue des docteurs A.________ et R.________, selon lequel cette atteinte constitue une complication non seulement de l'accident du 29 janvier 2003 mais également de l'événement survenu en 1973 (rapport du 27 novembre 2007). A cet égard, les premiers juges sont d'avis que cette appréciation des docteurs A.________ et R.________ n'est pas remise en cause par celles des médecins de la CNA. En particulier, on ne peut déduire aucune conclusion du temps écoulé à partir du cas initial, étant donné la nature de l'atteinte subie par l'assuré (infection latente depuis une trentaine d'années). Par ailleurs, le critère de la localisation n'est pas déterminant, du moment que le docteur U.________ n'a pas examiné personnellement l'intéressé mais se réfère uniquement aux déclarations de celui-ci à un inspecteur de la CNA, consignées dans le rapport d'entretien du 4 octobre 2007. La CNA conteste le jugement cantonal en faisant valoir, d'une part, que l'existence d'un accident à l'origine de la plaie soignée en 2003 n'apparaît pas établie au degré de la vraisemblance prépondérante. Aussi, fait-elle valoir qu'elle était fondée à refuser ses prestations pour une prétendue rechute de cet événement. D'autre part, la recourante allègue qu'au demeurant, il n'existe pas de relation de causalité entre l'événement survenu en 2003 - si tant est qu'il constitue un accident - et la réapparition spontanée d'une plaie trois ans plus tard. A cet égard, elle reproche aux premiers juges d'avoir écarté les avis des médecins de la CNA en leur substituant leur propre appréciation médicale. Selon la recourante, ces avis sont convaincants en comparaison avec l'appréciation des médecins de Z.________, laquelle n'est pas motivée en ce qui concerne l'existence d'un lien de causalité entre l'événement survenu en 2003 et l'apparition d'une nouvelle plaie en 2006.