Citation: 9C_274/2021 E. 4.2

4.2. En l'espèce, on constate à la suite de la Cour de justice que la demande du 12 août 2019 ne permettait pas de comprendre sur la base de quel état de fait le recourant faisait valoir une prétention. La partie "II. Faits" de la demande comporte une énumération de faits sans lien apparent entre eux ou avec la prestation réclamée. Il n'en ressort en particulier aucun élément quant à la nature d'une éventuelle atteinte à la santé dont souffrirait le recourant (victime, selon ses indications, d'un accident le 14 septembre 1994), ni sur la date à laquelle celle-ci serait intervenue et aurait entraîné une incapacité de travail voire une invalidité. La seule mention qu'une procédure de l'assurance-invalidité serait en cours depuis août 2016 ne suffit pas à cet égard; en l'absence de toute indication en relation avec des circonstances déterminantes pour la reconnaissance du droit à une rente d'invalidité de la prévoyance professionnelle (cf. art. 23 ss LPP), on voit mal quelle (s) preuve (s) la juridiction cantonale aurait été tenue d'administrer. Cela vaut d'autant plus que le recourant indique lui-même avoir déposé des "demandes identiques" devant les tribunaux d'autres cantons (Valais, Vaud, Berne, Fribourg), admettant ainsi pour le moins implicitement la nature largement indéterminée de la prétention qu'il entend faire valoir à l'encontre d'AXA. Contrairement à ce qu'il soutient ensuite, il n'appartenait pas à la Cour de justice de faire d'emblée verser le "dossier AI" à la procédure pour le consulter et y chercher les éléments susceptibles de fonder la prétention invoquée. Par ailleurs, le fait que la juridiction cantonale aurait déjà été appelée à statuer dans la "procédure AI" n'est pas déterminant. Le recourant perd en effet de vue qu'il s'agit d'une procédure distincte de celle qu'il a initiée en matière de prévoyance professionnelle et qu'il lui appartenait, dès lors, en vertu des exigences de l'art. 89B LPA (en relation avec l'art. 73 LPP) et de son devoir de collaborer (consid. 4.1 supra), d'alléguer les faits pertinents dans la demande en justice. Le grief d'une violation de l'art. 73 al. 2 LPP tombe dès lors à faux, tout comme celui d'arbitraire dans l'application de l'art. 89B al. 1 let. a LPA. C'est en effet sans arbitraire que la Cour de justice a considéré que la norme cantonale exigeait un exposé succinct des faits ou des motifs invoqués et non pas seulement la mention de divers faits sans aucune indication quant à leur rapport avec le droit prétendu. Or un tel exposé faisait défaut dans la demande du 12 août 2019. Il en va de même, du reste, des "motifs invoqués", l'indication générale du lien fonctionnel entre l'assurance-invalidité et la prévoyance professionnelle (p. 3 s. de la demande) ne suffisant pas à comprendre les raisons pour lesquelles l'intimée serait appelée à prester; la seule mention du fait qu'elle était apparemment l'institution de prévoyance auprès de laquelle était affilié l'ancien employeur du recourant ne suffit pas à cet égard.