Citation: 6B_1003/2022 E. 1.3.2

1.3.2. En l'espèce, la recourante se méprend sur le raisonnement conduit par la cour cantonale. Tout d'abord, elle ne conteste pas n'avoir jamais été en possession du timbre " O.________ " annoncé dans l'inventaire des objets dérobés remis à la police. Or, la cour cantonale ne dit pas autre chose, lorsqu'elle constate qu'elle ne pouvait pas en toute hypothèse posséder ledit timbre le jour du vol, peu importe à cet égard qu'elle ne fût jamais en possession dudit timbre ou non. Ce grief tombe donc à faux. Par ailleurs, l'on ne discerne pas la pertinence de l'argument avancé par la recourante selon lequel elle n'aurait jamais vendu de timbres de valeur et la recourante ne l'explique pas. Quoi qu'il en soit, la vente ou non de timbres de valeur est impropre à entacher d'arbitraire le raisonnement suivi par la cour cantonale concernant le timbre " O.________ " litigieux. Il en va de même de son explication au sujet des captures d'écran de photographies sur Internet. Si l'on peut concéder que ses recherches philatéliques sur Internet permettaient à la recourante de déterminer la valeur de ses propres timbres, cela n'explique toutefois pas pourquoi elle a transmis une photo d'une " O.________ " dont elle admet elle-même ne jamais avoir possédée, alors même qu'elle avait pris des photos de ses propres albums. Les arguments avancés par la recourante sont impropres à expliquer une prétendue confusion entre ses propres timbres " O.________ " et celui annoncé volé, comme l'a relevé la cour cantonale. Les déclarations de son époux au cours de la procédure avancées à l'appui de cet argument n'expliquent pas non plus une prétendue confusion, mais attestent simplement que la recourante avait effectué d'abondantes recherches philatéliques. En tous les cas, ils ne permettent pas de démontrer que le raisonnement de la cour cantonale serait sur ce point entaché d'arbitraire. S'agissant du bloc de timbres " P.________ " relevé dans le jugement querellé, la recourante s'attarde longuement à démontrer que l'ajout de ce bloc dans l'inventaire remis à la suite du vol ne serait qu'une erreur, qu'elle était bien en possession de la collection complète de l'" Album P.________ de 1912 à 1960". A nouveau, il sied de préciser que cet élément relevé par la cour cantonale constitue un indice, parmi d'autres, qui lui ont permis de forger sa conviction selon laquelle aucun cambriolage n'avait eu lieu. Il n'emporte donc pas à lui seul l'arbitraire du raisonnement conduit par la cour cantonale, ce d'autant plus qu'elle ne conteste pas là aussi ne pas avoir possédé ledit bloc de timbres litigieux. La recourante fait également grief à la cour cantonale de ne pas avoir considéré la marge d'erreur commise lorsqu'elle a dressé l'inventaire de ses timbres dérobés. Elle allègue à cet égard n'avoir fait que deux erreurs sur près de 4'000 timbres, ce qui représenterait une marge d'erreur de 0.05 %, soit une marge largement admissible. En l'espèce, et contrairement à ce que soutient la recourante, il ressort de l'état de fait qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) que toute une série d'images qui avaient été remises à l'assurance après le prétendu cambriolage avaient été téléchargées depuis Firefox. Or, ces images ne correspondaient pas aux photographies de la collection de timbres qui avaient été adressées à la compagnie d'assurance au moment de la conclusion du contrat. La cour cantonale ne s'est donc pas uniquement fondée sur les deux timbres de valeur mis en exergue dans le jugement attaquée, mais aussi sur d'autres, élément que la recourante ne conteste d'ailleurs pas. En outre, la cour cantonale a relevé que le ministère public et le tribunal de première instance étaient parfaitement autorisés à forger leur conviction sur la base d'un pointage uniquement. Elle a relevé au surplus, sans que la recourante ne critique ce raisonnement, que ce pointage avait porté sur une partie du matériel informatique, une montre et quelques timbres de valeur, objets pour lesquels des recherches minutieuses avaient été menées afin d'en connaître les propriétaires entre 2016 et 2018 (cf. jugement attaqué, consid. 5.3 p. 27). Or, ce pointage relatif aux timbres, concentré sur des pièces rares et de valeur, a montré que les timbres annoncés volés n'étaient pas en possession de la recourante. Le calcul de la marge d'erreur effectué par la recourante s'avère donc erroné, puisque le contrôle des timbres ne s'est fait que sur la base d'un pointage en se concentrant sur certaines pièces importantes, lequel a d'ailleurs mis en évidence que les timbres ainsi sélectionnés n'étaient pas en possession de la recourante au moment du prétendu vol. La cour cantonale pouvait dès lors, sans verser dans l'arbitraire, considérer ces éléments comme des indices supplémentaires de l'absence d'un cambriolage. Mal fondé, ce grief doit être rejeté. Enfin, contrairement à ce qu'affirme la recourante, la cour cantonale a tenu compte du caractère détaillé de l'inventaire dressé après les faits reprochés (cf. jugement attaqué, consid. 4.3.3 p. 22). Par ailleurs, un tel inventaire, conséquent et volumineux, démontre que la recourante a bénéficié de suffisamment de temps pour l'établir, ce qui rend son grief sur ce point dénué de pertinence.