Citation: 5A_989/2023 E. 4.4.1

4.4.1. La Cour d'appel civil a considéré que les moyens de la recourante - qu'ils s'élèvent à 1'626 CHF tels que retenus par la première juge, ou à 1'750 EUR, comme prétendu par la partie adverse - restaient faibles. S'ils lui permettaient de vivre au Portugal, ils n'apparaissaient pas compatibles avec la prise en charge des frais d'un procès d'une ampleur certaine en Suisse. L'autorité cantonale a ensuite relevé qu'il était manifestement impossible pour la recourante de verser 10'000 fr. de sûretés et 7'000 fr. d'avance de frais, dès lors qu'elle n'avait pas d'économies et de fortune et qu'elle disposerait au mieux de 1'150 fr. par mois. Les montants réclamés représentaient en effet au moins dix mois de ses revenus et elle devrait mettre pendant environ quinze mois l'entier de son prétendu disponible pour verser les montants soudainement réclamés. La position adoptée par la Présidente du Tribunal était dès lors choquante et on devait suivre la recourante lorsqu'elle y voyait une pression inadmissible afin qu'elle renonce à son procès. Rien ne justifiait dès lors que la décision du 18 mai 2021 soit modifiée dans le sens qu'une avance de frais et des sûretés puissent désormais être exigées (art. 118 al. 1 let. a CPC), dont le non-versement entraînerait l'irrecevabilité de la demande. La recourante n'était pas en mesure de s'en acquitter et elle serait privée de son droit d'accès à la justice dans une procédure où la première juge n'avait jamais prétendu que sa position aurait été dépourvue de chance de succès.