Citation: 1P.305/2000 04.09.2000 E. 2

2.- La recourante tient pour arbitraire le maintien du séquestre ordonné le 16 décembre 1999 par le Juge d'instruction sur la Ferrari Testarossa; selon elle, l'autorité intimée aurait retenu, au terme d'une appréciation arbitraire des faits, que Y.________ était propriétaire du véhicule. a) Une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une règle ou un principe juridique clair et indiscuté ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle est insoutenable ou en contradiction évidente avec la situation de fait, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain; par ailleurs, il ne suffit pas que les motifs de la décision attaquée soient insoutenables, encore faut-il que celle-ci soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168 et la jurisprudence citée). b) La recourante voit des éléments suffisants pour démontrer son droit de propriété sur la Ferrari Testarossa incriminée dans les propres déclarations de l'intimé, dans le fait que la quittance d'achat, le permis de circulation et les plaques de contrôle du véhicule ont été établis à son nom et qu'elle en détenait les clés de contact. Il est constant que le permis de circulation, annulé le 24 novembre 1999, et les plaques de contrôle de la Ferrari Testarossa ont été établis au nom de X.________. Ces documents n'établissent cependant pas indubitablement qu'elle serait propriétaire du véhicule, mais tendent tout au plus à présumer qu'elle en était la détentrice et qu'elle en avait la maîtrise de fait (cf. art. 78 OAC; ATF 121 III 85 consid. 2b p. 88; 60 III 219). Ils n'excluent en particulier pas une éventuelle donation à l'intimé comme l'a retenu l'autorité intimée. Il en va de même du fait que la recourante disposait des clés de contact du véhicule et qu'elle en a payé le prix d'achat. Il est exact que le prévenu aurait déclaré au Juge d'instruction avoir décliné l'offre de sa patronne visant à lui donner en cadeau une voiture de luxe, mais que celle-ci aurait néanmoins décidé d'en acheter une, à son nom. Il a toutefois précisé par la suite que X.________ lui avait offert la Ferrari Testarossa. La recourante a pour sa part également indiqué avoir offert le véhicule incriminé à son secrétaire particulier afin de le "récompenser pour son bon travail". Dans ces conditions, l'autorité intimée n'a pas fait preuve d'arbitraire en retenant qu'en l'état, Y.________ était propriétaire du véhicule séquestré. Dans la mesure où la recourante ne conteste pas l'existence d'un motif de séquestre, il reste à examiner si la cour cantonale a considéré à juste titre que les conditions posées à la levée de cette mesure et à la restitution du véhicule séquestré n'étaient pas remplies.