Citation: 4C.443/2006 05.04.2007 E. 3

Les défendeurs reviennent dans un premier temps sur les constatations de fait de l'autorité cantonale, en faisant état d'une série d'inadvertances manifestes au sens de l'art. 63 al. 2 OJ. 3.1 En réalité, sous le couvert du grief d'inadvertance manifeste, les défendeurs s'en prennent, pour l'essentiel, à l'appréciation des preuves, ce qui n'est pas admissible dans le cadre d'un recours en réforme. Tel est en particulier le cas du reproche, fait aux juges précédents, de n'avoir pas tenu compte de la déposition du témoin A.________, s'agissant du versement du salaire d'un des défendeurs par C.________ SA, et d'avoir omis de prendre en considération, s'agissant de la situation financière réelle de D.________ et du besoin d'utiliser les locaux invoqué par le bailleur, les déclarations de celui-ci, les dépositions de sa fille et le contenu de diverses pièces versées au dossier, tels la lettre de la régie E.________ du 27 juin 2006 et le business plan. Les défendeurs auraient dû se plaindre de l'appréciation des preuves par la voie du recours de droit public. 3.2 Les défendeurs allèguent aussi des inadvertances manifestes relativement à certaines pièces du dossier cantonal. Les défendeurs affirment, s'agissant de la situation financière des sociétés C.________ SA et B.________ Sàrl, que les pièces 14 et 15 font état de pertes reportées, non retenues par les juges cantonaux. Ces pertes seraient à même d'influer sur l'évaluation de la situation patrimoniale des locataires. Afin d'apprécier si le bail devait être prolongé, l'autorité cantonale a examiné un certain nombre d'éléments tant du côté du demandeur que de celui des défendeurs. Concernant ces derniers, la Chambre d'appel a notamment pris en compte leur situation patrimoniale, qu'elle a considérée comme n'étant « pas exposée ». Les défendeurs reviennent sur cette constatation, estimant que, sur le vu des pertes reportées susmentionnées, elle est inexacte. Lorsque la cour indique que « la situation patrimoniale des locataires n'est pas exposée », il est patent qu'elle ne se réfère pas à l'état financier des sociétés dont l'un d'eux est actionnaire et associé, mais qu'elle évalue la situation patrimoniale des défendeurs au regard de la perte - consécutive à la résiliation - d'éventuels revenus générés par le salon de coiffure situé dans les locaux litigieux. Cela étant, le fait que l'arrêt attaqué ne mentionne pas l'existence de pertes reportées dans les comptes de pertes et profits 2003 des sociétés C.________ SA et B.________ Sàrl apparaît comme dénué de toute pertinence. Au demeurant, la constatation litigieuse - qui aurait dû être critiquée par le biais d'un grief constitutionnel, irrecevable en l'état - ne constitue qu'un élément d'appréciation parmi d'autres, qui ne semble pas à même d'influer à lui seul sur le sort du litige. 3.3 En conclusion, le grief d'inadvertance soulevé tombe manifestement à faux et il n'y a pas lieu de s'écarter des faits tels que retenus par l'autorité cantonale de dernière instance.