Citation: 4A_308/2022 E. 3.4

3.4. La recevabilité des griefs de l'État recourant est douteuse, dans la mesure où ceux-ci sont en grande partie appellatoires, où ils ne font pour l'essentiel que substituer l'appréciation de la recourante à celle de la cour cantonale et où ils sont pour partie insuffisamment motivés (art. 42 al. 2 LTF). À bien la comprendre, la recourante invoque, premièrement, que les rapports de travail l'ayant liée à l'intimé relevaient du droit public et, partant, que le tribunal n'était pas compétent au vu de l'art. 1 al. 2 let. d LTPH. En tant que cette disposition relève du droit cantonal et que la recourante n'invoque pas que la mauvaise application de cette norme constituerait une violation du droit fédéral, son grief est irrecevable (cf. supra consid. 2.2). Il en va de même de son grief relatif à la nationalité de l'intimé, dans la mesure où il est insuffisamment motivé (art. 42 al. 2 LTF). Deuxièmement, la recourante semble remettre en cause l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle le demandeur intimé n'avait manifestement jamais exercé de tâches relevant de la puissance publique. Dans la mesure où elle n'invoque ni ne démontre l'arbitraire de cette appréciation, ce grief est également irrecevable (cf. supra consid. 2.1). Troisièmement, la recourante paraît soutenir, en invoquant la violation de l'art. 8 CC, qu'il incombait au demandeur intimé d'établir la compétence du tribunal et que ce n'était pas à elle-même d'établir qu'elle pouvait valablement se prévaloir de son immunité de juridiction. En principe, il n'y a pas d'immunité de juridiction dans le cadre d'un litige prud'homal, si le tribunal saisi est compétent et le travail en cause accompli totalement ou partiellement sur le territoire de l'État du for. Comme l'a relevé à bon droit la cour cantonale, il revient donc à l'État qui entend invoquer son immunité de juridiction, et donc l'une des exceptions audit principe, d'établir que les conditions en sont remplies (cf. supra consid. 3.1.2). Le grief doit donc être rejeté. Enfin, dans la mesure où la recourante n'invoque ni n'établit que l'appréciation de la cour cantonale, selon laquelle le doute qui pouvait subsister sur la présence effective du demandeur à Genève n'était pas de nature à remettre en cause l'existence d'un lien suffisant avec la Suisse justifiant la saisine du tribunal, serait arbitraire, son grief est irrecevable.