Citation: 5A_735/2023 E. 3.1

3.1. Dans l'arrêt entrepris, la juridiction précédente a retenu que l'intimé, agriculteur, était propriétaire d'un domaine agricole à X.________. En 2004, il avait créé avec son père, qui possédait alors une ferme à Genève, une société en France afin de développer leurs activités sur des terrains voisins français. En 2010, il avait créé une entreprise agricole sous la raison sociale E.________ SA, anciennement F.________ SA, dont il était directeur avec signature individuelle et qui avait pour but, notamment, l'exécution de travaux en relation avec l'agriculture. Il exploitait également une entreprise agricole en nom propre, G.________, par laquelle il déployait ses activités indépendantes agricoles. L'intimé était en outre associé gérant avec signature individuelle de la Sàrl H.________ et de la société I.________ Sàrl. Il était également administrateur de la Société J.________ et avait indiqué être impliqué dans l'entreprise K.________ SA. L'intimé était en outre pompier volontaire de Y.________, ce qui lui rapportait 350 fr. par année. Il était de même ancien président de L.________ et membre de son comité d'organisation. Il s'occupait du déneigement de M.________, activité qu'il n'avait toutefois plus pu exercer en raison d'une procédure pénale initiée par la mère à son encontre. L'intimé était enfin propriétaire d'une parcelle de 3'769 m2 à Z.________, comprenant une maison individuelle qu'il louait et dont il avait déclaré que tous les loyers étaient perçus par G.________. L'autorité de première instance avait admis que les seuls revenus de l'intimé provenaient des bénéfices de l'exploitation de G.________ et de ses revenus de pompier volontaire. Elle avait arrêté son revenu mensuel net sur la base des montants perçus durant l'année 2020, à savoir 5'335 fr. au total (63'670 fr. + 350 fr. / 12), en retenant que dans la mesure où il avait déclaré que son activité avait eu besoin de temps pour démarrer et que ses bénéfices avaient progressivement augmenté, il n'y avait pas lieu de procéder à une moyenne de ses revenus sur les trois dernières années. La cour cantonale a relevé que l'intimé alléguait que seule son exploitation agricole lui rapportait des revenus. Selon les déclarations fiscales qu'il avait produites, ses seuls revenus découlaient ainsi des bénéfices nets de l'exploitation de G.________, qui s'étaient montés à 22'928 fr. en 2018, à 42'955 fr. en 2019 et à 63'670 fr. en 2020. Il avait déclaré au Tribunal avoir pu payer les contributions à l'entretien de l'enfant pendant les deux années précédentes en vendant des machines agricoles appartenant à sa société et à lui-même, pour environ 80'000 fr. et 100'000 fr. La juridiction cantonale a retenu que l'intimé avait perçu un bénéfice net de son exploitation agricole G.________ de 22'928 fr. en 2018, de 42'955 fr. en 2019, de 63'670 fr. en 2020 (5'305 fr. par mois) et de 61'124 fr. en 2021 (5'100 fr. par mois), la progression de ces revenus s'expliquant par le fait qu'à la suite de sa séparation d'avec la mère de son enfant, il avait été contraint de couper tout lien professionnel avec elle, de redévelopper ses propres activités et de trouver de nouveaux clients. L'intimé alléguait que son bénéfice net serait bien inférieur en 2022 en raison des conditions météorologiques difficiles et évaluait ses revenus moyens à 3'600 fr., en se fondant sur la moyenne des revenus entre 2018 et 2020. L'autorité précédente a toutefois considéré que, dès lors que l'intimé n'avait pas établi que le bénéfice net de G.________ aurait effectivement diminué en 2022, il serait retenu, pour l'année concernée, un montant correspondant au revenu moyen pour les années 2020 et 2021, soit 5'200 fr. par mois. Elle a déclaré arrêter les revenus de l'intimé, par mesure de simplification, au montant moyen de 5'200 fr. par mois depuis 2020 ([5'305 fr. en 2020 + 5'100 fr. en 2021 + 5'200 fr. en 2022] / 3), auquel elle a ajouté une indemnité annuelle de 350 fr. pour l'activité de pompier volontaire, soit un montant total d'environ 5'230 fr. par mois. La cour cantonale a relevé que les recourantes mettaient en doute l'exactitude des pièces comptables produites par l'intimé en ce qui concernait le poste des frais de bureaux et d'honoraires administratifs, qu'elles estimaient anormalement élevés pour une activité d'agriculteur, en comparaison notamment à ceux de la mère. Elle a souligné que l'intimé en faisait de même à l'encontre de divers postes des pièces comptables de la mère et a considéré que, faute d'éléments suffisants pour les remettre en cause, il fallait retenir que les pièces comptables produites par les parents reflétaient leur situation financière réelle. La juridiction précédente a ajouté que l'intimé avait allégué que ses autres activités ne lui rapportaient aucun revenu et que les recourantes avaient contesté cette allégation, mais qu'elles n'avaient toutefois pas fourni d'éléments à cet appui. Elle a finalement retenu que, au vu des éléments du dossier, en particulier du nombre des activités professionnelles que l'intimé déployait, de l'importance de son exploitation agricole, des revenus immobiliers, des investissements qu'il avait engagés ou envisagé d'engager à court ou moyen terme, il apparaissait vraisemblable qu'il bénéficiait de revenus supérieurs à ceux qu'il alléguait, tout en relevant qu'un montant supérieur aux 5'230 fr. retenus ne pouvait pas être démontré. L'autorité précédente a ainsi retenu que l'intimé percevait des revenus d'au moins 5'230 fr. par mois.