Citation: 5A_933/2023 E. 6

La recourante se plaint de la violation des art. 244 ss LP. Elle considère que la " vraisemblance de la solution de l'office " d'appliquer des intérêts moratoires à 5% l'an, entre le 8 juin 2001 et le prononcé de la faillite, sur une créance de 96'615'613 fr. de l'intimée n'est pas compatible avec l'art. 105 al. 3 CO. Selon elle, ces intérêts ne peuvent porter que sur le capital de 30'130'396 USD, de sorte que, même à suivre la position de l'office, les intérêts générés ne pourraient pas dépasser la contrevaleur de 28'640'615.31 USD, soit 5% appliqués du 8 juin 2001 au jour de la faillite sur 30'130'396 USD. Comme l'a exposé l'autorité de surveillance, l'administration de la faillite ne doit examiner les productions que sommairement et décider de l'admission ou du rejet de la production en fonction du critère de la vraisemblance, dans le délai de 60 jours qui suit l'expiration du délai pour les productions (cf. art. 244 s., 247 al. 1 LP; arrêts 5A_814/2019 du 3 juin 2020 consid. 2.1.1, publié in BlSchK 2020 p. 241; 5A_27/2016 du 28 juin 2016 consid. 4.1.2 et les références). La violation du devoir de vérification par l'administration de la faillite peut, en tant que vice de procédure, faire l'objet d'une plainte (art. 17 LP), mais non les déductions de droit matériel que l'administration de la faillite fait suite à son examen (arrêt 5A_105/2013 du 12 juin 2013 consid. 3.4.1). Si la plainte contre l'admission d'une créance insuffisamment étayée est admise, cela entraîne l'annulation de la décision de collocation correspondante et une modification de l'état de collocation (arrêt 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3 et les références). Le rejet de la plainte n'empêche pas le créancier de prouver l'inexistence de la créance dans le procès de collocation. Or, en l'espèce, la recourante admet elle-même ne soulever qu'une question de droit matériel, à savoir la violation de l'art. 105 al. 3 CO. Elle ne présente aucun élément permettant de remettre en cause l'examen sommaire de l'office, confirmé par l'autorité de surveillance. Elle ne fait que soulever l'incompatibilité de la décision avec l'art. 105 al. 3 CO, sans même exposer à quel droit était soumis l'arbitrage ni les motifs pour lesquels le tribunal arbitral, bien qu'il ait capitalisé les intérêts vraisemblablement moratoires et ajouté ce montant à la créance de prix, aurait voulu exclure que la totalité de la créance en paiement porte intérêts en cas de demeure. Il suit de là que le grief doit être rejeté, dans la mesure où il est recevable.