Citation: 6B_711/2017 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a considéré que les déclarations de l'intimée relatives à l'acte commis par son oncle en août 2002 avaient été claires, précises, suffisamment détaillées, cohérentes et constantes. Lors de son audition du 19 décembre 2013 par la police neuchâteloise, l'intéressée avait déclaré ce qui suit : " [...] lorsque j'avais 6 ans, j'étais chez mon oncle à I.________ car mes parents étaient repartis au pays pour un enterrement. Un matin, je me suis réveillée au salon et mon oncle regardait un film porno. Là, il m'a déshabillée et m'a demandé de lui toucher son sexe. Toutefois, j'ai eu de la chance car mon frère, qui avait deux ans à l'époque et mon cousin, soit le fils de mon oncle qui s'appelle J.________, se sont réveillés à ce moment-là et il a dû arrêter ses agissements." Lors de son audition du 3 février 2015 par le ministère public, l'intimée avait notamment déclaré ce qui suit : "Le jour en question, je venais de me lever et j'ai constaté que mon oncle regardait la télévision. Il m'a proposé de venir m'asseoir pour regarder avec lui. Du haut de mes 6 ans, je lui ai demandé ce que c'était. Il m'a répondu que c'était quelque chose pour les grands. Je lui ai demandé pourquoi dès lors je regardais ce film et il m'a répondu que c'est parce que j'étais avec lui. Je me souviens qu'il y avait un homme et une femme mais je n'ai pas véritablement retenu ce que j'ai vu de ce film. A un moment donné, peut-être en réaction avec ce qu'il voyait à la télévision, mon oncle a sorti son sexe et m'a demandé si je voulais essayer la même chose. Je lui ai demandé pourquoi je ferais ça. Je ne voulais pas mais il m'a forcée en prenant ma main qu'il a mise sur son sexe en érection. Je ne suis pas en mesure de vous dire s'il y a eu un geste masturbatoire ou pas. C'est tout ce qui s'est passé car à ce moment-là mon frère s'est réveillé." A l'avocat du recourant qui lui avait demandé où elle dormait chez son oncle lors de l'épisode de 2002, l'intimée avait répondu ce qui suit : "Je dormais dans la chambre de mon cousin. Je ne suis pas capable de vous dire s'il était là ou non. J'ai toujours eu le sentiment qu'il était là mais ma famille me dit qu'il était alors au Portugal." A la question de savoir pourquoi elle avait déclaré à la police neuchâteloise qu'elle avait dormi sur le canapé du salon, elle avait répondu ce qui suit : "Je ne me souviens pas avoir déclaré cela. Vous me redonnez lecture desdites déclarations, à savoir « Un matin, je me suis réveillée au salon et mon oncle regardait un film porno ». En réalité, il faut comprendre : « Un matin, je me suis réveillée et au salon, mon oncle regardait un film porno ». Peut-être que la police a mal protocolé. " Les divergences dans les déclarations de l'intimée s'agissant de l'endroit où elle avait dormi le jour des faits et de la présence ou non de son cousin lors de son séjour chez son oncle concernaient des détails qui étaient sans pertinence pour l'issue du litige. Par ailleurs, très jeune au moment des faits, l'intimée n'avait révélé ceux-ci que plusieurs années après leur commission, de sorte qu'il était tout à fait normal qu'elle n'eût pu se souvenir de tous les détails. En outre, la version des faits de l'intimée était corroborée par d'autres éléments au dossier. Directement après les faits, l'intéressée en avait parlé à ses parents, ce que ces derniers avaient confirmé. B.________ avait déclaré au ministère public que sa fille lui avait dit, lorsqu'il l'avait récupérée, que le recourant lui avait pris la main pour qu'elle le touche. Ce témoin avait par ailleurs fait des déclarations très spontanées. De même, C.________ avait confirmé, lors des débats de première instance, que sa fille s'était confiée d'abord à son père puis à elle, à leur retour du Portugal en 2002, et qu'elle avait dit que son oncle l'avait déshabillée et lui avait demandé de lui toucher le "zizi". On ne voyait pas pour quels motifs une si jeune enfant aurait inventé une telle histoire, les relations entre les deux familles paraissant tout à fait normales. De plus, le parrain de l'intimée avait expliqué, lors des débats, qu'il avait parlé à cette dernière et lui avait demandé de réfléchir au bien-fondé de ses accusations car celles-ci étaient très graves, et que la jeune femme s'était alors mise à pleurer, lui disant seulement "on ne fait pas ça à des enfants". Enfin, l'intimée s'était également confiée à la psychologue qui l'avait suivie durant quelques mois en 2014. Cette spécialiste avait rapporté la version des faits de sa patiente, qui était toujours la même, et avait considéré que l'intéressée était crédible. S'il ne s'agissait pas d'une expertise de crédibilité, ce rapport constituait un témoignage indirect constituant également un indice confirmant la version de l'intimée. Concernant le contexte dans lequel l'intimée avait révélé les faits de 2002, la cour cantonale a considéré que l'intéressée avait évoqué ces événements en 2013, alors qu'elle s'était rendue à la police pour dénoncer des mauvais traitements dont elle se disait victime de la part de ses parents. Son interrogatoire avait alors porté sur un autre objet. On ne voyait pas en quoi l'acte reproché au recourant aurait pu permettre à l'intimée de quitter plus facilement le domicile familial. Enfin, les déclarations de l'intéressée avaient été spontanées, sans que les questions de la police ne fussent orientées, celles-ci concernant d'ailleurs ses parents et non son oncle. S'agissant de l'attitude des parents de l'intimée, l'autorité précédente a exposé qu'il existait certaines contradictions dans les déclarations des intéressés. Ainsi, la mère ne s'était pas souvenue si sa fille lui avait dit qu'elle avait touché ou non le pénis du recourant, puis avait précisé que l'intimée lui avait indiqué avoir touché cet organe. Les témoignages avaient néanmoins été suffisamment clairs sur l'acte en question ainsi que concordants entre eux et avec les propos de l'intimée. Par ailleurs, s'agissant de faits qui s'étaient déroulés plus de 10 ans auparavant, il était inévitable que les souvenirs fussent imprécis. Enfin, lorsque de tels abus se produisaient dans un cadre familial, il n'était pas inhabituel qu'ils ne soient pas révélés par les parents. Ceux de l'intimée, d'un caractère fruste, avaient d'ailleurs admis corriger leur fille, qu'ils n'avaient pas hésité à traiter de menteuse ou de jeune fille facile pour se dédouaner des accusations portées à leur encontre.