Citation: 4A_571/2019 E. B

B.a. Après avoir obtenu une autorisation de procéder en date du 27 août 2012, X.________ SA a ouvert action en paiement à l'encontre de Y.________ et Z.________ devant le Tribunal civil des Montagnes et du Val-de-Ruz, en concluant principalement à ce qu'ils soient condamnés solidairement à lui payer la somme de 168'480 fr. avec intérêts moratoires. Le 11 janvier 2013, Y.________ a déposé un mémoire de réponse et une requête d'appel en cause à l'encontre de A.________ SA. Dans son mémoire de réponse déposé le même jour, Z.________ a conclu à ce que la demande soit déclarée irrecevable en tant qu'elle le concernait, dans la mesure où il n'avait pas signé le contrat de courtage et où la clause d'élection de for qui y figurait ne lui était pas opposable. Le 28 mars 2013, A.________ SA a admis l'appel en cause tout en précisant qu'elle ne s'estimait pas débitrice des montants réclamés, en raison du dol ou de l'erreur dont elle avait été victime. B.b. Lors d'une audience d'instruction du 3 octobre 2013, il a été convenu de simplifier le procès au sens de l'art. 125 let. a CPC en limitant l'administration des preuves aux questions de la recevabilité de la demande contre Z.________ et de l'existence ou non d'une créance de courtage de X.________ SA contre Y.________ et Z.________. Par jugement sur moyens séparés du 17 mars 2016, le Tribunal civil des Montagnes et du Val-de-Ruz a déclaré la demande irrecevable en tant qu'elle visait Z.________, en raison de son incompétence ratione loci. La demande était en revanche recevable en tant qu'elle visait Y.________ et A.________ SA. Le premier juge a dit que X.________ SA était titulaire d'une créance de courtage liée à la vente immobilière du 22 décembre 2011, créance qui se montait à 84'240 fr. toutes taxes comprises; cette somme était due par Y.________, sous réserve de la validité de la clause 2.13 de l'acte de vente du 22 décembre 2011. Saisie d'un appel de A.________ SA, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel l'a rejeté par arrêt du 16 décembre 2016. B.c. A.________ SA a déposé un recours contre ce jugement devant le Tribunal fédéral. Par arrêt 4A_29/2017 du 1er février 2017, le Tribunal fédéral n'est pas entré en matière sur ce recours. Il a considéré que, du point de vue de la recourante, l'arrêt entrepris représentait une décision préjudicielle au sens de l'art. 93 LTF; la recourante n'ayant pas établi qu'une décision immédiate permettrait d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse, condition posée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF, le recours s'avérait irrecevable. B.d. Le 19 avril 2017, X.________ SA a déposé une " demande complémentaire " en concluant principalement à ce que Y.________ soit condamné à lui payer 84'240 fr. avec intérêts et à ce que A.________ SA soit condamnée à payer le même montant à Y.________, subsidiairement à ce que A.________ SA soit condamnée à lui payer 84'240 fr. avec intérêts. Au terme de sa réponse complémentaire du 30 juin 2017, Y.________ a conclu, principalement, à ce que A.________ SA soit condamnée à payer à X.________ SA la somme de 84'240 fr. avec intérêts, et subsidiairement, s'il devait lui-même être condamné à verser à X.________ SA la somme en question, à ce que A.________ SA soit condamnée à le relever de son obligation par paiement immédiat à X.________ SA de cette même somme, plus subsidiairement encore à ce que A.________ SA soit condamnée à lui verser ce montant. Par mémoire de réponse complémentaire du 30 juin 2017, A.________ SA a pris les conclusions suivantes: constater l'absence de contrat de courtage entre X.________ SA et Y.________; constater l'absence de créance de X.________ SA à l'encontre de Y.________; subsidiairement, dire qu'elle a valablement invalidé la clause 2.13 de l'acte de vente du 22 décembre 2011, qu'elle n'est en toute hypothèse pas redevable d'une quelconque créance de courtage et en tout état de cause rejeter tant la demande en paiement de X.________ SA que sa demande complémentaire. B.e. Par jugement du 7 mars 2019, le Tribunal civil des Montagnes et du Val-de-Ruz a condamné Y.________ à payer à X.________ SA la somme de 84'240 fr. avec intérêts, condamné A.________ SA à payer à Y.________ le montant de 84'240 fr. avec intérêts et débouté les parties de toute autre conclusion. A l'appui de ce jugement, le premier juge a retenu que Y.________ avait trompé A.________ SA en lui cachant qu'il avait signé un contrat de courtage, respectivement qu'il avait violé les devoirs que lui imposait la loyauté commerciale. Cette tromperie n'était toutefois pas causale, en ce sens que A.________ SA aurait dû s'en apercevoir: elle avait signé le contrat de vente sans prendre la précaution de savoir si une commission de courtage était due, de sorte qu'elle n'était pas fondée à invoquer le dol ou l'erreur essentielle. Le premier juge a fixé les frais de la procédure à 3'040 fr., les a mis à la charge de A.________ SA, a condamné Y.________ à verser une indemnité de dépens de 7'007 fr. 95 en faveur de X.________ SA et condamné également A.________ SA à verser une indemnité de dépens de 7'108 fr. en faveur de Y.________. B.f. A.________ SA a formé appel de cette décision et Y.________ appel joint. B.g. Par arrêt du 17 octobre 2019, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel a rejeté l'appel dans la mesure de sa recevabilité, admis l'appel joint, réformé le jugement entrepris sur le point des dépens en ce sens que A.________ SA - et non Y.________ - est condamnée à verser une indemnité de dépens de 7'007 fr. 95 en faveur de X.________ SA et confirmé le jugement pour le surplus. Ses motifs seront évoqués dans les considérants en droit du présent arrêt, dans la mesure où cela s'avère utile à la discussion des griefs de la recourante.