Citation: 9C_131/2017 E. 3

Les premiers juges ont constaté que l'intimée avait bénéficié d'un suivi médical pour ses troubles oculaires dès mai 2008. Ils ont admis, au degré de la vraisemblance prépondérante, qu'elle avait présenté à tout le moins depuis février 2009 une incapacité de travail durable dans l'activité habituelle en raison de son affection ophtalmique. La rémission progressive constatée après la fin des rapports de travail avec B.________ Sàrl à Z.________, en juin 2009, avait été de courte durée. Comme les troubles visuels étaient rapidement réapparus depuis le début de l'activité exercée au service de E.________ SA le 15 mars 2010, la reprise d'un emploi ne pouvait constituer qu'une tentative de réinsertion. Pour les juges cantonaux, la brève période de chômage qui avait précédé le nouvel emploi n'était pas déterminante. De même, l'absence d'attestation d'incapacité de travail entre le 28 avril 2009 et janvier 2010, qui pouvait s'expliquer par le fait que l'intimée n'avait pas exercé d'activité lucrative ni sollicité le versement de prestations de chômage, n'apparaissait pas davantage décisive. Au regard de l'ensemble des pièces médicales du dossier, en particulier des avis des docteurs D.________ (rapport du 11 juin 2010), et J.________, médecin-chef à l'Hôpital K.________ (rapports des 30 juin 2010 et 11 août 2010), il ne faisait aucun doute que la capacité de travail dans une activité adaptée n'avait jamais pu être supérieure à 80 %, dès lors que les limitations retenues et les symptômes existaient depuis le début de l'apparition des troubles visuels en mai 2008. Par conséquent, les conditions mises à la reconnaissance d'une interruption du lien de connexité temporelle n'étaient pas réalisées.