Citation: 5A_683/2021 E. 3.2

3.2. Statuant ensuite sur le grief de l'épouse relatif au refus du premier juge d'ordonner la production de ces pièces, dont l'épouse soutenait qu'elles étaient indispensables pour déterminer la situation financière effective des sociétés dont l'époux était non seulement directeur, mais aussi actionnaire unique, le Juge délégué a relevé ce qui suit. Selon le premier juge, les comptes produits par l'époux, qui avaient été établis par sa fiduciaire et étaient donc présumés corrects, permettaient d'établir, au stade de la vraisemblance, l'existence de difficultés financières des sociétés E.________ SA et F.________ SA. Sur la base des pièces comptables versées au dossier, le Juge délégué a jugé que ces considérations ne prêtaient pas le flanc à la critique. L'évolution défavorable de la situation financière de F.________ SA avait d'ailleurs été confirmée à l'audience d'appel par le réviseur des comptes de cette société. Celui-ci avait en effet confirmé à cette occasion qu'elle " allait moins bien qu'avant ", qu'elle avait enregistré un résultat négatif d'environ 600'000 fr. tant en 2019 qu'en 2020, que son avenir dépendrait de la manière dont l'époux pourrait rediscuter la dette avec les banques, précisant qu'il y avait un problème de trésorerie et qu'il " faudrait étaler l'amortissement dans le temps ". Il ressortait au demeurant des pièces produites en deuxième instance que cette société connaissait des problèmes de trésorerie en raison de l'évolution insatisfaisante de ses affaires, qu'elle n'était pas en mesure de refinancer ses dettes à court terme faute de disposer des fonds nécessaires, qu'une évaluation de ses actifs aux valeurs de liquidation avait dû être effectuée au 31 mars 2021 et qu'au 24 mars 2021, elle faisait l'objet de deux avis de saisie pour un montant total de 92'133 fr. 55. Enfin, lors de l'audience d'appel, le témoin I.________ - auteur du rapport du 14 juillet 2020 dont l'épouse se prévalait pour soutenir que le premier juge aurait refusé à tort d'ordonner la production de pièces comptables complémentaires - avait lui-même reconnu que, selon les comptes au 31 décembre 2020 et au 31 mars 2021 qu'il avait reçus, la société connaissait des problèmes financiers. Au vu des preuves administrées, force était donc de constater que le premier juge était fondé à considéré que l'existence de tels problèmes avait été rendue vraisemblables. Le Juge délégué a aussi souligné que pour déterminer s'il y avait matière à modifier les contributions d'entretien, il fallait se fonder sur l'évolution du revenu réalisé par l'époux depuis que ces contributions avaient été fixées, et non pas sur l'évolution de la situation financière des sociétés qu'il détenait. Partant, les pièces complémentaires en lien avec la comptabilité desdites sociétés n'apparaissaient pas directement pertinentes pour le sort de la cause, seul l'étant le revenu actuel de l'époux, qui était documenté par de nombreuses pièces au dossier. C'était enfin à raison que le premier juge avait relevé qu'il ne lui appartenait pas de s'ériger en expert comptable des comptes sociaux produits devant lui et que les critiques formulées par l'épouse sur ces documents allaient au-delà de ce qu'il était possible d'examiner dans le cadre de mesures provisionnelles. C'était d'ailleurs à tort que l'épouse prétendait que le premier Juge aurait écarté le rapport de K.________ SA sans plus amples explications, respectivement qu'il n'aurait pas motivé les raisons pour lesquelles il n'y avait pas lieu de procéder à de plus amples mesures d'instruction en lien avec la comptabilité des sociétés détenues par son époux. En définitive, le Juge délégué a considéré que le premier juge était fondé à refuser d'administrer les mesures probatoires requises par l'épouse.