Citation: 9C_855/2007 21.08.2008 E. A

A.________, né en 1977, a travaillé en qualité d'ébarbeur pour le compte de X.________ depuis le 1er décembre 2000. Le 22 janvier 2004, l'intéressé a subi un accident en se heurtant l'index gauche contre une pièce en fonte. Le 26 février 2004, il a été victime d'un second accident en glissant dans l'atelier, provoquant un "à coup" sur les deux mains. Le cas a été pris en charge par la Caisse nationale suisse d'assurance (CNA) qui a mis fin au versement de ses prestations dès le 31 mars 2004, par décision du 14 octobre 2004, confirmée sur opposition le 31 mars 2005. X.________ a résilié le contrat de travail de A.________ avec effet au 30 septembre 2004. Le 1er décembre 2005, A.________ a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité tendant à l'octroi de mesures médicales de réadaptation spéciales. Dans un rapport du 2 septembre 2004, le docteur S.________, spécialiste FMH en chirurgie de la main et chirurgie orthopédique, a posé le diagnostic de clic de type ressaut tendineux douloureux de la main droite, lequel ne s'expliquait ni par l'examen clinique ni par la radiographie normale. Dans un rapport du 14 avril 2005, le docteur H.________, spécialiste FMH en chirurgie plastique et reconstructive et chirurgie de la main, a indiqué qu'une imagerie par résonance magnétique pratiquée sur la main droite de l'assuré en automne 2004 n'avait pas permis d'expliquer de manière plausible l'importance de ses troubles subjectifs. Le médecin notait qu'à l'examen clinique, il était à nouveau frappé par l'apparente parfaite normalité objective de la main droite, alors que l'assuré déclarait souffrir considérablement de douleurs à la main mais également d'irradiations proximales prenant l'avant-bras et le bras. Mandaté en qualité d'expert par la Compagnie d'assurances Y.________, le docteur E.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, a établi un rapport d'expertise le 11 mars 2005, dans lequel il a posé un diagnostic selon le Manuel diagnostique des troubles mentaux: Axe I: Trouble douloureux associé à la fois à des facteurs psychologiques et une affection médicale générale chronique de gravité légère. Axe II: Pas de trouble significatif de la personnalité Axe III: Cf. spécialistes concernés Axe IV: Pas de facteurs de stress aigus L'expert-psychiatre a indiqué que l'assuré ne présentait pas de symptomatologie psychique compatible avec un état dépressif majeur, voire même mineur ou un trouble anxieux ou psychotique. Les critères habituels pour un trouble de conversion n'étaient pas présents. Il n'y avait pas non plus de facteurs de stress précipitants, d'histoire personnelle douloureuse ou de comorbidité psychiatrique. Il existait une discordance très nette entre les plaintes et le handicap fonctionnel allégué. L'expert relevait l'utilisation très maniérée et démonstrative par l'assuré de ses deux mains, comme cela ressortait déjà d'autres rapports médicaux. En l'absence de plaintes digestives, urogénitales et neurologiques, le docteur E.________ retenait tout au plus l'hypothèse d'un trouble douloureux associé à la fois à des facteurs psychologiques ainsi qu'à une affection médicale générale chronique de gravité légère, et ne retenait aucune incapacité de travail d'ordre psychiatrique. La capacité de travail de l'assuré devait par conséquent être appréciée uniquement sur la base des éléments médico-somatiques objectifs. Dans un rapport du 8 février 2006, le docteur W.________, interniste, a constaté que l'assuré avait présenté au fil des mois des douleurs dans la main et l'avant-bras associées à une hyper-laxité des articulations métacarpo-phalangiennes et à une perte de force de la main droite dont l'étiologie restait inexpliquée. Ce constat était corroboré tant par le rapport du docteur H.________ que par celui du docteur S.________. A défaut d'une explication mécanique ou rhumatologique, cette situation pouvait s'expliquer par un déroulement de la main inhabituel, réalisé de manière excessive, lequel pouvait être à l'origine de l'hyper-laxité. L'origine des douleurs, en l'absence d'un état inflammatoire objectivable, restait mystérieuse. Le docteur W.________ préconisait un examen rhumatologique pour exclure toute pathologie de cette nature. Dans l'attente d'une éventuelle explication, il concluait à une capacité de travail nulle dans l'activité habituelle. En revanche, une autre activité plus légère était exigible à 100%. Dans un rapport du 17 mars 2006, les docteurs C.________ et K.________, respectivement chef de clinique et médecin assistant auprès du Service de rhumatologie de l'Hôpital Z.________ ont exclu tout élément en faveur d'un rhumatisme inflammatoire. Se fondant sur l'ensemble de la documentation médicale au dossier, le Service médical régional de l'AI (SMR) a indiqué qu'il n'existait pas d'atteinte à la santé somatique ni psychique pouvant être à l'origine d'une incapacité de travail (cf. rapport du 28 novembre 2006). Par décision du 7 mars 2007, l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après: l'OAI) a rejeté la demande de prestations de l'assuré.