Citation: 4A_205/2021 E. 5

Quant à l'irrecevabilité sanctionnant les conclusions formulées en appel qui portaient sur les frais et dépens de première instance, les recourants sont d'avis que la cour cantonale a méconnu la jurisprudence fédérale. Ils n'auraient pas eu l'obligation de chiffrer leurs conclusions corrélatives, puisque " ils n'ont pas procédé indépendamment de la procédure au fond ". Pour bien comprendre la problématique, il faut rappeler que les demandeurs sont des consorts actifs simples (art. 71 CPC). B.________ a formulé des conclusions en paiement contre l'intimé en se basant sur la clause de prohibition de concurrence signée avec elle, alors que les autres demandeurs (les intimés 2 à 4) ont formulé des conclusions tendant au paiement à leur profit de montants distincts, qu'ils ont toutefois chiffrées trop tard, de sorte que celles-ci ont été déclarées irrecevables. Les recourants ne le remettent pas en question. Les premiers juges ont condamné l'ensemble des demandeurs à assumer solidairement les frais de justice fixés à 33'957 fr.95 et à verser, solidairement entre eux, au défendeur 41'334 fr.25 à titre de dépens. Dans leur appel, les demandeurs n'ont pas fait valoir de grief à l'encontre de l'engagement solidaire qui leur était imposé. Dans une seule écriture, les appelants ont pris deux conclusions, dont la seconde tendait à ce que seuls les frais et dépens relatifs à la conclusion de première instance des demandeurs 2 à 4 soient mis à la charge de ces derniers. Comme ils l'affirment dans leur recours, cette conclusion signifiait que si la cour d'appel cantonale admettait l'appel de B.________ (demanderesse 1), seuls les frais et dépens liés aux conclusions (irrecevables) des demandeurs 2 à 4 devaient être mis à la charge de ces derniers. Cela étant, puisque la cour cantonale n'a pas admis la première conclusion de l'appel - celle tendant au paiement à B.________ - mais l'a rejetée, elle n'avait pas à statuer différemment du premier juge sur les frais et dépens. Au mieux, c'est donc par un rejet que la seconde conclusion de l'appel, relative aux frais et dépens, aurait dû être sanctionnée. Les recourants ne prétendent pas le contraire. Il s'ensuit qu'il n'est pas nécessaire de discuter plus avant de la question de savoir si les conclusions relatives aux frais et dépens auraient dû être chiffrées pour être recevables. Les recourants n'ont pas d'intérêt digne de protection à l'annulation de ce chiffre du dispositif (art. 76 LTF).