Citation: U 65/01 07.11.2001 E. 2

2.- En principe, le tribunal saisi d'un recours contre une décision d'un assureur social ne peut pas déléguer à ce dernier la tâche de procéder à des actes d'instruction tels qu'une expertise (arrêt du 3 septembre 2001, I 421/99, destiné à la publication, consid. 2b/aa et les références). Quoi qu'il en soit, du moment où, avec l'accord des parties, la juridiction cantonale a chargé la CNA de soumettre le recourant à une expertise, le rapport de la doctoresse E.________ a la même valeur probante qu'une expertise judiciaire et le juge ne saurait s'en écarter sans de solides raisons (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les références). Or, en l'espèce, la manière dont les premiers juges ont écarté les conclusions de l'expert concernant tant la capacité de travail du recourant que le degré de l'atteinte à son intégrité, pour leur préférer celles des médecins de l'intimée, n'est pas conforme à ces principes. En effet, les éléments dont ils font état au sujet du comportement du recourant étaient connus de la doctoresse E.________ (voir p. 2 de son rapport d'expertise) et l'on ne saurait affirmer, au vu des considérations de celle-ci, que ce comportement est à lui seul la cause de l'incapacité de travail du recourant (comme en cas de simulation ou d'artefact). Si le tribunal entendait s'écarter à ce point des conclusions de l'expert relatives à la capacité de travail du recourant, il devait auparavant lui donner à la possibilité de s'exprimer en lui posant, avec le concours des parties, des questions complémentaires. Il en va de même en ce qui concerne l'estimation du degré de l'atteinte à l'intégrité. Dans cette mesure, les griefs du recourant afférents au déroulement de la procédure probatoire et à l'appréciation des preuves sont fondés. On ajoutera que la façon dont les juges cantonaux ont pris à leur compte certaines observations contenues dans le dossier de l'AI - qui, pour une grande part, n'ont, semble-t-il, jamais été soumises au recourant - n'est pas non plus compatible avec les règles présidant à l'administration des preuves (art. 108 al. 1 let. c LAA; ATF 120 V 360).