Citation: 1P.445/2006 04.08.2006 E. A

A.________, ressortissant lybien né le 1er septembre 1969, a été interpellé le 2 avril 2006 et placé en détention préventive sous l'inculpation de contrainte sexuelle. Il est soupçonné d'avoir forcé B.________, alors âgée de 19 ans, à entretenir des relations sexuelles avec lui en date du 13 mars 2006. L'examen médical que la jeune femme a subi le même jour fait état d'ecchymoses d'aspect frais sur les seins. Des traces de sperme du prévenu ont par ailleurs été relevées à l'intérieur du pantalon de la victime présumée, au niveau de la taille, et sur l'écouvillon anal de la jeune femme. A.________ conteste les faits et soutient que la plaignante a voulu se venger parce qu'il n'avait pas payé le montant convenu après le rapport sexuel librement consenti. Lors de l'audience du 3 avril 2006 devant le Juge d'instruction en charge du dossier, le prévenu a fait scandale déchirant sa chemise et son tee-shirt. Il a par ailleurs tenu des propos incohérents, qui ont amené ce magistrat à ordonner la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique confiée au Docteur C.________, médecin psychiatre à Vernier. Le 12 juin 2006, A.________ a déposé une demande de mise en liberté provisoire afin de pouvoir retourner vivre avec sa femme et ses deux filles récemment arrivées en Suisse. Le Juge d'instruction a rejeté cette requête en date du 15 juin 2006 au motif que le statut psychique apparent de l'inculpé laissait craindre un risque de récidive dont seule l'expertise psychiatrique envisagée était en mesure de déterminer le degré. La Chambre d'accusation du canton de Genève (ci-après: la Chambre d'accusation) en a fait de même le 16 juin 2006. Elle a considéré que le comportement inadéquat du prévenu devait faire l'objet d'une expertise psychiatrique, pour laquelle l'expert devait être assermenté le 21 juin 2006, et qu'en l'absence du résultat de cet examen, les besoins de l'instruction et le risque de récidive étaient réalisés. Le 3 juillet 2006, l'expert mandaté pour procéder à l'expertise psychiatrique du prévenu, a déposé un rapport intermédiaire. Au vu des éléments en sa possession, de la gravité des faits reprochés au prévenu et de l'existence d'un grave trouble de la personnalité, il a estimé que l'élargissement était prématuré et n'offrait pas de garanties suffisantes, un risque de récidive d'actes délictueux ne pouvant être exclu en l'état. Le 11 juillet 2006, la Chambre d'accusation a autorisé la prolongation de la détention de A.________ pour une durée de trois mois. Elle a estimé que les charges étaient toujours suffisantes au vu des éléments du dossier et malgré les dénégations de l'inculpé, que les besoins de l'instruction étaient réels en raison de l'expertise en cours, que le risque de récidive existait, comme l'a confirmé l'expert dans son rapport intermédiaire du 3 juillet 2006, et qu'un risque de fuite ne pouvait être exclu en raison de la nationalité étrangère de l'inculpé et de la peine encourue.