Citation: 4A_329/2023 E. 6.1

6.1. En l'espèce, la maître de l'ouvrage initiale - à savoir la demanderesse - avait conclu un contrat d'entreprise avec la défenderesse prévoyant que le lot serait livré dans un délai de vingt mois, soit d'ici au 16 octobre 2017. La défenderesse n'a pas livré l'appartement à la date convenue. La question de savoir si elle pouvait se prévaloir de motifs justificatifs n'a pas été traitée par la cour cantonale, compte tenu de l'absence de légitimation active de la demanderesse. C'est dire que la défaillance de l'électricien qui compte parmi ces motifs et au sujet de laquelle - d'après la recourante - la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire, n'est pas déterminante si l'on aboutit à cette même conclusion. Selon le document manuscrit du 22 novembre 2017, les parties se sont entendues pour le versement à la demanderesse d'une " indemnité de retard " de 14'545 fr. calculée en fonction de ses frais de logement jusqu'au 23 février 2018, date à laquelle la livraison de l'ouvrage était repoussée. Avant la fin de ce nouveau délai, la demanderesse a fait savoir à la défenderesse qu'elle entendait vendre son appartement à des tiers et a demandé si ceux-ci pouvaient choisir les parquets et la salle de bains, tout en indiquant qu'ils n'étaient pas pressés pour en disposer. En pratique, les travaux ont été stoppés pour permettre à ces nouveaux acquéreurs de faire leurs choix. Pour finir, les nouveaux acquéreurs ont signé deux contrats. L'un, le 15 mars 2018, avec la défenderesse pour reprendre les droits et obligations résultant du contrat d'entreprise, à condition que le second contrat (vente) soit signé avec la demanderesse; l'ouvrage n'était pas achevé (il restait pour 58'769 fr. 50 de travaux à accomplir). La défenderesse s'engageait à terminer les travaux prévus et leur livrer l'appartement dans un délai de six semaines suivant la réception des matériaux. Les nouveaux acquéreurs ne lui versaient rien pour cette prestation. La défenderesse se satisfaisait du prix forfaitaire convenu initialement (587'695 fr.) et d'ores et déjà acquitté par la demanderesse. L'autre, le 5 avril 2018, consistant en une vente à terme de la part de copropriété de la demanderesse aux nouveaux acquéreurs pour le prix de 1'060'000 fr., soit 110'000 fr. de plus que le prix qu'elle avait elle-même payé (y compris celui forfaitaire de 587'695 fr. en vertu du contrat d'entreprise).