Citation: 6B_303/2021 E. 1

C.b. Le 5 septembre 2019, A.________ a requis son transfert à la colonie fermée des Etablissements de la Plaine de l'Orbe (ci-après : EPO), conformément à ce qui était prévu dans la première phase du plan d'exécution de la sanction (ci-après : PES), élaboré en juillet 2019 par les EPO, puis avalisé par l'Office d'exécution des peines (ci-après: OEP) le 3 septembre 2019. Par courrier du 14 novembre 2019, l'OEP a indiqué à A.________ que son transfert ne serait finalement pas mis en oeuvre, tant qu'il ne se serait pas engagé à collaborer avec les autorités administratives chargées d'organiser son renvoi du territoire suisse et qu'il n'aurait pas élaboré de projet de réinsertion socio-professionnelle concret et réaliste, en adéquation avec sa situation administrative. Dans son rapport établi le 28 août 2020, la Direction des EPO a émis un préavis défavorable à la libération conditionnelle de A.________. Elle a exposé en substance que le condamné, arrivé en Suisse en 2002, ne disposait d'aucun document d'identité, que son autorisation d'établissement, échue au 15 mars 2018, n'avait pas été renouvelée, qu'il n'entendait pas collaborer à l'exécution de son renvoi du territoire suisse, qu'il était affilié à l'atelier conciergerie depuis le 20 avril 2020, qu'il s'occupait essentiellement de l'entretien des divisions et des cellules où sa présence était régulière, qu'il s'entendait bien avec ses codétenus, qu'il était poli, discret et toujours à l'écoute et que les analyses toxicologiques auxquelles il s'était soumis s'étaient révélées négatives. Elle a encore indiqué que le condamné ne payait pas ses frais de justice, mais qu'il avait versé le total de 930 fr. à sa famille depuis le mois de janvier 2020 pour l'entretien de ses quatre enfants, qu'il comptait retrouver rapidement un emploi à sa sortie de prison, qu'il disait que son épouse, sa seule famille en Suisse, serait prête à l'aider et à l'héberger, qu'il n'avait effectué aucune réflexion constructive relative à sa situation en Suisse, que son comportement n'appelait pas de remarques particulières, si ce n'est une sanction disciplinaire, le 30 juillet 2020, pour être arrivé en retard au contrôle de cellule, et qu'il avait exprimé un grand regret pour ce qu'il avait fait, précisant qu'il n'avait jamais eu aucun problème avec la justice avant ces faits. C.c. Le 5 octobre 2020, l'OEP a saisi le Collège des Juges d'application des peines d'une proposition tendant au refus de la libération conditionnelle de A.________, estimant que le pronostic quant à son comportement futur était défavorable. L'autorité d'exécution a considéré en bref que le condamné se trouvait en situation de récidive spéciale, qu'il avait été condamné à une peine importante pour des faits graves, que les sanctions pénales dont il avait été l'objet ne semblaient pas avoir eu sur lui l'effet escompté, qu'il projetait de rester en Suisse après sa libération malgré l'expulsion judiciaire prononcée à son encontre, que son passage à la colonie fermée des EPO prévu par le PES n'avait pas pu être mis en oeuvre, car le condamné avait refusé de collaborer avec les autorités administratives dans le cadre de son expulsion et d'élaborer des projets d'avenir réalistes et en adéquation avec sa situation administrative, que la progression prévue dans son PES n'avait ainsi pas pu être respectée et que son comportement n'avait ainsi pas pu être observé dans un cadre différent. C.d. Entendu le 16 novembre 2020 par la Présidente du Collège des Juges d'application des peines, A.________ a déclaré en substance qu'il se sentait "libre", qu'il travaillait, qu'il faisait du sport et qu'il se comportait bien, qu'il regrettait ce qu'il avait fait, mais qu'il avait agi à cause de sa femme et de ses mauvaises fréquentations, qu'il était d'accord de rembourser les frais de justice, qu'il avait de l'argent, mais que l'assistante sociale l'avait mal compris, qu'il était toujours en couple avec son épouse avec qui il s'était marié en 2008, qu'il avait eu deux paires de jumeaux en 2013 et en 2015 avec sa "copine" au Nigeria, qu'on lui avait proposé un travail à 50% comme serveur dans un pub, que son ancien employeur allait le réengager, qu'il n'avait pas compris ce que signifiait son expulsion judiciaire, qu'il allait collaborer avec les autorités administratives chargées de mener à bien son expulsion à destination du Nigeria, mais qu'il ne savait pas où aller vivre au Nigeria, car sa copine habitait avec ses parents, et qu'il avait fait des choses graves, mais qu'il pensait "plus loin" et qu'il aimerait pouvoir rester en Suisse. C.e. Le 18 novembre 2020, le ministère public s'est rallié au préavis négatif de l'OEP, observant que A.________ était toujours opposé à son expulsion du territoire suisse et que sa prise de conscience quant à la gravité des actes commis était limitée, le condamné n'assumant toujours pas la responsabilité de ses actes.