Citation: 5P.343/2006 13.11.2006 E. 4

4.1 Le recourant reproche en outre à l'Autorité de surveillance des tutelles d'avoir violé le droit d'être entendu de son fils, garanti par l'art. 12 CDE et par la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 131 III 553, relatif à l'art. 144 al. 2 CC), en écartant l'enregistrement de l'audition du mineur par son père. 4.2 Comme indiqué ci-dessus (cf. consid. 3.2, 2e §), la violation du droit fédéral, y compris les traités internationaux conclus par la Confédération, doit être soulevée dans le recours en réforme (art. 43 al. 1 OJ) lorsque cette voie est ouverte, ce qui est le cas ici (art. 44 let. d OJ). Compte tenu de la subsidiarité absolue du recours de droit public, ces griefs sont donc a priori irrecevables (art. 84 al. 2 OJ). Mais la critique du recourant porte en réalité sur un autre point. En effet, il ne reproche pas à l'Autorité de surveillance des tutelles d'avoir refusé d'entendre l'enfant personnellement, comme le prévoient les art. 144 al. 2, 314 al. 1 CC et 12 CDE, mais d'avoir écarté l'enregistrement audiovisuel d'un entretien entre son fils et lui; or un tel grief relève du droit à la preuve, qui découle de l'art. 8 CC. Cette disposition implique en effet la faculté pour une partie d'être admise à apporter la preuve de ses allégués dans les procès civils (cf. ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24 s.). Ainsi, le juge viole le droit à la preuve lorsqu'il ne donne pas suite aux offres de preuve d'une partie sur des faits pertinents pour l'appréciation juridique de la cause; ce grief peut être soulevé par la voie du recours en réforme (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 290) lorsque celle-ci est, comme en l'espèce, ouverte. Il n'y a dès lors pas lieu d'entrer en matière sur le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu (art. 84 al. 2 OJ). En revanche, lorsque le juge renonce à administrer une preuve sur la base d'une appréciation anticipée des preuves, seule la voie du recours de droit public est ouverte pour se plaindre du caractère arbitraire d'une telle appréciation (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157; 114 II 289 consid. 2a p. 291). En l'occurrence, le recourant ne prétend pas que l'appréciation de l'autorité cantonale, qui a considéré que le dossier était suffisamment complet pour statuer sur le fond, serait arbitraire. On peut au demeurant douter de la fiabilité du moyen de preuve proposé, l'enfant répondant devant une caméra à des questions posées par son propre père et risquant pour le moins d'être influencé.