Citation: 6B_71/2015 E. 1.3

1.3. Le recourant conteste que la victime ait eu connaissance de son statut d'agent de sécurité avant que les faits litigieux ne se produisent. A l'appui de son point de vue, il se fonde sur une audition de l'intimée tenue le 18 janvier 2010 au cours de laquelle elle a déclaré que " ... lorsque nous étions sur la plage du club B.________, j'étais assise sur un transat en position relevée. Il me semble qu'il y avait à ma droite, à très courte distance, une paroi en bambou. Selon mes souvenirs, j'aurais pu la toucher. X.________ se trouvait devant moi. Il était debout. Il s'est penché en avant pour passer une main sous ma robe et déchirer avec ses doigts mon collant en tirant dessus. J'ai entendu le bruit de déchirement du collant. Je ne réalisais pas ce qui se passait. Cela n'était pas dû à mon état alcoolisé. En effet, je tiens bien l'alcool. Je ne suis pas alcoolique mais les gens qui m'accompagnaient m'ont déjà vu avoir bu plus que ce que j'avais consommé ce soir-là et être mieux. Je ne me souviens pas si j'ai fait part de ma désapprobation oralement ou physiquement lorsqu'il a déchiré mon collant. Il n'a pas introduit ses doigts dans mon vagin. A ce moment-là, je me suis rendue compte qu'il s'agissait d'un membre de la sécurité car quelqu'un l'a appelé via son oreillette et il est parti. Vous vous étonnez de cette réponse dans la mesure où, lors du dépôt de ma plainte, j'ai déclaré qu'il avait mis ses deux doigts dans mon vagin et que cet épisode était antérieur à la fellation. Je suis sûre qu'il n'y a pas eu une pénétration vaginale quelle qu'elle soit. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit cela à la police. Je suis également sûre qu'il a été appelé au moment où il avait déchiré mon collant et qu'il est parti. J'en déduis qu'il m'a forcée à la fellation simultanément au déchirement du collant... " (cf. procès-verbal d'audition du 18 janvier 2010, pce 7, lignes 34 ss). La déclaration litigieuse s'inscrit dans le récit des faits par l'intimée qu'elle ponctue en précisant les circonstances dans lesquelles l'agression a pris fin, à savoir au moment où le recourant a été appelé par le biais de son oreillette à intervenir à l'entrée de la discothèque. Il ne s'agissait pas alors de déterminer à quel moment l'intimée avait pris connaissance du statut d'agent de sécurité du recourant, mais d'établir avec précision les agissements susceptibles d'être poursuivis pénalement. Replacés dans leur contexte, ces propos se comprennent en ce sens que l'intimée a retrouvé ses esprits au moment où le recourant a été rappelé à ses devoirs professionnels. Le recourant ne saurait ainsi se prévaloir avec succès de la formulation précitée, infirmée de surcroît par les autres déclarations de l'intimée. Elle a en effet ajouté à l'issue de la même audition que " ... Depuis lors, je suis sur la défensive dès que quelqu'un s'adresse à moi, même la journée. Pour vous dire, je porte dans mon sac constamment un spray au poivre. C'était déjà le cas en juillet 2009. Le fait que je suive le prévenu à l'extérieur sans mon sac prouve que j'avais confiance en lui. Il était dans mon esprit exclu qu'un membre de la sécurité puisse représenter un danger " (cf. procès-verbal d'audition du 18 janvier 2010, pce 7, lignes 98 ss). En outre, elle a exposé dans sa plainte du 5 juillet 2009 qu'aux environs de 04h00, un membre de la sécurité du club B.________ l'avait approchée et qu'elle l'avait identifié comme tel compte tenu de l'oreillette câblée dont il était équipé (cf. procès-verbal d'audition-plainte du 5 juillet 2009, pce 1, p. 1). Il n'y a pas lieu de s'écarter de cette version motivée, logique et cohérente, qui correspond de surcroît aux premières déclarations de l'intimée déposées peu après les faits. Le grief se révèle mal fondé.