Citation: 6B_572/2018 E. 3.3.2

3.3.2. La cour cantonale a certes retenu que certaines informations révélées par la recourante avaient été médiatisées - notamment s'agissant des principaux dirigeants de l'intimée - ou étaient accessibles au public, en particulier les dates d'entrée en fonction et de départ à la retraite ou encore les postes occupés et les classes de traitement des collaborateurs. Tel n'était en revanche pas le cas des autres faits divulgués, tels que le taux d'activité, les interruptions de travail, le statut précis de l'employé (régulier ou temporaire), les promotions ou avertissements reçus, les licenciements, la perception de rentes, l'obtention de prêts hypothécaires, le rachat d'années de cotisation, la situation maritale, l'état de santé, le statut professionnel du conjoint ou encore les enquêtes pénales et administratives. Or, ces données, qui ne sont connues que d'un cercle restreint de personnes, relèvent à l'évidence de la sphère privée des collaborateurs concernés, qui ont un intérêt légitime à ce qu'elles demeurent confidentielles. Il ressort par ailleurs de l'arrêt entrepris qu'aux termes de l'art. 16 du Statut du personnel de l'administration municipale en vigueur à l'époque des faits, les fonctionnaires sont tenus, même après la cessation de leurs fonctions, de garder le secret envers quiconque sur les affaires de services de quelque nature qu'elles soient, dont ils ont eu connaissance. Il apparaît ainsi que l'intimée dispose également d'un intérêt légitime à la non-divulgation des données traitées par leurs employés. Il en résulte que les données litigieuses doivent être considérées comme secrètes au sens de l'art. 320 ch. 1 CP.