Citation: 6S.261/2002 16.08.2002 E. B

L'arrêt de la Chambre pénale retient en résumé les faits suivants: X.________ a rencontré Y.________ lors d'une soirée chez des amis à la fin du mois de janvier 1998. Il a expliqué qu'il était au bénéfice d'une formation de moniteur de plongée, qu'il plongeait pour ses loisirs, mais qu'il enseignait également la plongée et organisait parfois des séjours de plongée en Mer Rouge. Selon l'épouse de Y.________, il ressortait clairement de la conversation que son mari détenait un premier brevet, même s'il n'en avait pas précisé le type. Y.________ a ensuite téléphoné plusieurs fois à X.________ pour lui demander des conseils sur l'achat de matériel de plongée et a manifesté le souhait de plonger une fois dans le lac avec lui. Le 8 mars 1998, les deux hommes se sont retrouvés sur le site d'Hermance, à Genève. Un troisième plongeur, au bénéfice d'un brevet de plongée de deuxième niveau, était également sur place pour se joindre à la plongée. X.________ a organisé un briefing de surface. Les trois plongeurs se sont mis d'accord sur les paramètres de la plongée. Ils ont notamment décidé de ne pas dépasser 40 mètres de profondeur. X.________ s'est imposé comme chef de la palanquée vu qu'il était manifestement le plus expérimenté et qu'il connaissait le mieux le site de plongée. Il a contrôlé le matériel des deux personnes qui plongeaient avec lui et s'est rendu disponible pour répéter des exercices, en particulier un exercice de simulation du givrage du détendeur. Y.________ ne s'est pas montré attentif à cet exercice même après l'interpellation de l'amie de X.________, laquelle se trouvait également sur place. X.________ ne s'est pas préoccupé de cette attitude, puisque Y.________ lui avait déclaré qu'il venait de répéter ces exercices. Les trois plongeurs se sont ensuite immergés. Aucun test de révision pratique à faible profondeur n'a été effectué en début de plongée. Lors de la descente, X.________ a fait signe plusieurs fois à Y.________, qui était légèrement décalé de se rapprocher pour être certain que celui-ci n'était pas involontairement distancé. Il s'est retourné à plusieurs reprises pour faire le signe "ok" aux autres plongeurs qui ont chaque fois répondu positivement. Y.________ a eu une respiration plus forte entre 7 et 11 mètres ainsi qu'entre 13 et 23 mètres. Vers 30 mètres, X.________ a constaté que Y.________ avait allumé sa lampe. Il a refait le signe "ok", mais n'a plus vu Y.________ sur sa gauche. Il s'en est enquis auprès du troisième plongeur, qui lui aussi ne le voyait plus. Les deux plongeurs ont donc fait demi-tour. Ils ont retrouvé Y.________ inconscient, son détendeur diffusant de l'air en continu. Ils l'ont immédiatement remonté à la surface en essayant de le faire respirer sur son détendeur de secours, mais en vain. En surface, ils ont procédé à une respiration artificielle et l'ont remorqué jusqu'à la rive. Ils l'ont confié à un ami de Y.________, lequel s'est déclaré compétent pour faire du bouche à bouche. X.________ et Y.________ sont ensuite redescendus dans l'eau afin d'effectuer des paliers de décompression. Malgré l'intervention des secours, Y.________ est décédé à 15 heures 45. L'autopsie a conclu que le décès était la conséquence d'une asphyxie, avec un important oedème hydro-aérique des poumons, due à un processus de submersion. Dans son audition devant le Tribunal de police, le médecin-légiste a indiqué qu'aucune trace de maladie particulière, ni d'infarctus n'avait été constatée, précisant toutefois qu'il était impossible d'exclure la survenance d'un malaise qui n'aurait pas laissé de trace; en effet, le stress et le froid pouvaient constituer des facteurs favorisant l'apparition d'un malaise sans que la personne ne présente de signe de maladie cardio-vasculaire particulière. Il y a lieu encore de relever que l'échantillon de sang prélevé au cours de l'autopsie a révélé un taux d'alcool situé entre 0,06 et 0,16 g. o/oo.