Citation: 1B_539/2022 E. 3

Le recourant reproche au Juge présidant de la Cour d'appel d'avoir indûment retenu que la détérioration de son état de santé était insuffisamment étayée au regard du certificat médical produit le 6 septembre 2022, qu'elle n'était pas de nature à justifier un changement de défenseur d'office à ce stade de la procédure et que la capacité de Me Stefan Disch de garantir une défense efficace du prévenu n'était nullement remise en cause pour ce motif. Il relève également dans ses observations avoir déposé une plainte pénale à son encontre. Il invoque à ce propos les garanties d'un juge impartial et indépendant découlant des art. 30 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH. La question de savoir si ce grief se rapporte à ses droits de partie à la procédure et peut être examiné même en l'absence d'un préjudice irréparable peut rester indécise (cf. arrêt 1B_404/2021 du 19 octobre 2021 consid. 6). Le recourant a produit de nombreuses attestations médicales tout au long de la procédure. Le certificat établi le 6 septembre 2022 par son oncologue fait état d'une incapacité de travail en raison de maladie du 22 août 2022 au 31 octobre 2022. Dans la lettre du même jour à laquelle il était joint, le recourant relevait avoir dû être hospitalisé en urgence pour un problème pulmonaire. La question de savoir si le Juge présidant de la Cour d'appel a fait une appréciation arbitraire de la situation en considérant au regard du seul certificat du 6 septembre 2022 que le recourant n'avait pas établi que son état de santé s'était détérioré peut demeurer indécise; une telle appréciation, fût-elle avérée, ne suffirait pas encore pour démontrer qu'il serait prévenu à l'égard du recourant et/ou qu'il aurait manqué de l'impartialité requise en rejetant sa requête de remplacement du défenseur d'office. De jurisprudence constante, le dépôt d'une plainte pénale contre un magistrat ne suffit pas pour obtenir sa récusation sous réserve du cas où il y répond par une plainte pénale assortie de conclusions civiles en réparation du tort moral ou réagit d'une autre manière propre à établir qu'il n'est plus en mesure de prendre la distance nécessaire par rapport à la plainte, ce qui n'est pas allégué (arrêt 1B_302/2022 du 7 septembre 2022 consid. 2.1 et les arrêts cités). Il ne justifie pas davantage la suspension de la procédure (arrêt 1B_407/2022 du 20 décembre 2022 consid. 5). Il n'y a donc pas lieu d'annuler l'ordonnance querellée pour ce motif ni de suspendre la procédure de recours jusqu'à la présentation du rapport d'enquête par le procureur extraordinaire.