Citation: 6P.14/2003 05.05.2003 E. 10

Existence d'aveux Le Tribunal correctionnel a relevé qu'à l'enquête, le recourant avait fait quelques aveux, sur lesquels il était ensuite revenu. Le recourant a ainsi admis avoir obtenu de l'argent dans une enveloppe et avoir remis le tout à un étudiant qui devait rentrer en Albanie; il a reconnu D. C.________ sur une photo et a admis avoir transmis de l'argent en Albanie pour le prix de 700 francs, en évoquant un taux de 10 % par transaction; il a confirmé avoir reçu 700 francs à envoyer en Albanie, en faisant descendre son gain à 70 francs (cf. jugement de première instance, p. 25/26). Le tribunal a aussi indiqué que, lors de l'enquête, D. C.________ avait admis avoir eu un contact avec "un prénommé X.________", et que B. C.________ avait sur photo reconnu le recourant comme le "prénommé X.________", domicilié à Genève; les frères C.________ sont revenus sur leurs déclarations aux débats et ont dit ne pas connaître le recourant. 10.1 Selon le recourant, ses aveux lui auraient été arrachés par des pressions policières. Il relève avoir signalé ces pressions à son avocat par courrier du 25 juillet 1999. Il dénonce aussi le comportement de la police en référence d'une part à ce qu'a déclaré avoir subi son épouse et, d'autre part, aux propos de D. C.________ lors des débats. Les aveux, très partiels, du recourant remontent à ses auditions des 26 mars et 20 mai 1999. Le Tribunal correctionnel a indiqué que les revirements en fin d'enquête étaient fréquents et non décisifs; l'argument de pressions policières était facile à brandir de façon systématique lorsque les opérations de l'enquête ne prenaient pas le tour souhaité; il n'existait aucun indice à l'appui de la thèse du recourant, insultante pour les policiers. Le recourant ne dit pas en quoi l'appréciation du tribunal serait insoutenable, mais se contente d'avancer dans une argumentation appellatoire sa propre version. Les motifs donnés par le tribunal sont probants et dénués d'arbitraire. 10.2 Le Tribunal correctionnel a noté que le revirement des frères C.________ aux débats n'avait rien de significatif, ceux-ci ayant d'ailleurs été condamnés entre le moment de leur audition à l'enquête et leur comparution aux débats (cf. jugement de première instance, p. 32). Selon le recourant, il était arbitraire de ne pas tenir compte du revirement et d'écarter ainsi des déclarations qui l'innocentaient. Une telle argumentation est insuffisante (art. 90 al. 1 let. b OJ). Quoi qu'il en soit, il n'est pas arbitraire de considérer comme plus dignes de foi les déclarations émises d'emblée lors de l'enquête.