Citation: 4C.423/1999 29.02.2000 E. 3

3.- La défenderesse considère que le calcul du dommage de la cour cantonale est contraire au droit fédéral. Elle fait valoir que les juges ont perdu de vue que les champignons achetés par la demanderesse pour compléter sa propre production étaient finalement revendus, et assurément à un prix qui devait couvrir le montant de leur achat. Le dommage, calculé correctement, résiderait ainsi dans la différence entre le gain effectivement réalisé et celui que la demanderesse aurait obtenu, si elle n'avait vendu que des champignons provenant de sa propre production. Dans le cas présent, il fallait donc déduire du prix d'achat des champignons de remplacement le produit de leur revente, sinon la demanderesse recevrait en remplacement plus que le dommage subi. Les développements de la défenderesse ne peuvent être suivis. Le dommage est communément défini comme la différence entre le niveau actuel du patrimoine et le montant que celui-ci aurait atteint si l'événement dommageable ne s'était pas produit (ATF 120 II 296 consid. 3b; 116 II 441 consid. 3a/aa; 104 II 198 consid. a et les références citées). Comme l'admet à juste titre la cour cantonale, le dommage réside en l'espèce dans les dépenses supplémentaires auxquelles la demanderesse a dû faire face pour se procurer d'une autre manière des champignons, afin de suppléer l'insuffisance de rendement. Il ne s'agit ainsi pas, comme le croit la défenderesse, d'un gain manqué, mais d'une augmentation du passif. A ces dépenses supplémentaires ne correspond aucun accroissement de recettes que la demanderesse n'aurait pas réalisées sans l'événement dommageable et qu'elle devrait, de ce fait, se laisser imputer comme un avantage. Le gain obtenu lors de la revente des champignons n'a aucune incidence sur le calcul du dommage, car la demanderesse aurait également écoulé les champignons provenant de sa propre production. Les critiques de la défenderesse à cet égard sont donc à l'évidence infondées.