Citation: 2P.269/1999 12.01.2000 E. 4

4.- a) Le contenu du droit d'être entendu est déterminé en premier lieu par les dispositions cantonales de procédure, dont le Tribunal fédéral ne contrôle l'application et l'interprétation que sous l'angle de l'arbitraire; dans tous les cas, l'autorité cantonale doit cependant respecter les garanties minimales déduites directement de l'art. 4 aCst. , dont le Tribunal fédéral examine librement le respect (ATF 125 I 257 consid. 3a p. 259). En l'espèce, la recourante n'invoquant pas la violation d'une disposition cantonale relative au droit d'être entendu, les griefs soulevés doivent être examinés exclusivement à la lumière des principes déduits directement de l'art. 4 aCst. (ATF 125 I 257 consid. 3a p. 259). Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 4 aCst. , comprend le droit pour l'intéressé de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique, le droit de produire des preuves pertinentes, de prendre connaissance du dossier, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 124 II 132 consid. 2b p. 137). Le droit d'être entendu implique également pour l'autorité l'obligation de motiver sa décision (ATF 122 IV 8 consid. 2c p. 14/15). b) La recourante reproche au Tribunal administratif d'avoir violé son droit d'être entendue parce qu'il s'est référé, dans l'état de fait de l'arrêt entrepris, à l'audition de ses parents, effectuée le 21 avril 1994 dans le cadre de leur procédure d'asile. Elle prétend n'avoir pas eu connaissance de cette audition et n'avoir pas pu se déterminer sur ce "moyen nouveau". On peut se demander si l'argumentation de l'intéressée remplit les conditions de l'art. 90 al. 1 lettre b OJ, mais la question peut rester indécise, car le moyen n'est de toute façon pas fondé. On rappellera tout d'abord que, jusqu'à la procédure devant le Tribunal fédéral, la recourante a toujours agi avec sa mère, qui ne pouvait ignorer l'audition à laquelle elle avait elle-même participé. En outre, l'intéressée et sa mère ont adressé la demande de regroupement familial litigieuse - qui se réfère du reste aux "interrogatoires précédents des parents" - à l'autorité vaudoise compétente en matière d'asile, qui les a dirigées vers l'Office cantonal à qui elle a transmis, le 17 septembre 1998, une copie de son dossier relatif à la famille Y.________. Il importait en effet que l'autorité appelée à statuer sur la demande de regroupement familial de la recourante fût en possession de l'ensemble du dossier la concernant de plus ou moins près. D'ailleurs, dans sa décision du 20 octobre 1998, l'Office cantonal s'est expressément référé au dossier de la cause en commençant par "Après examen du dossier. ..". En dépit de ces termes, l'intéressée et sa mère n'ont jamais demandé à consulter le dossier ni, par conséquent, à se prononcer sur une de ses pièces. La recourante est dès lors mal venue de se plaindre de n'avoir pas pu prendre connaissance d'une pièce du dossier ni s'exprimer à son sujet. Au surplus, le droit d'être entendu ne permet pas aux intéressés de s'exprimer sur tous les éléments, mais seulement sur ceux qui sont pertinents, avant qu'une décision ne soit prise concernant leur situation juridique. L'autorité intimée a évoqué l'audition susmentionnée dans l'état de fait de l'arrêt attaqué, mais elle n'a pas fondé son argumentation juridique sur elle. Cette audition ne peut donc pas être considérée comme un élément pertinent sur lequel la recourante aurait dû pouvoir se déterminer. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, le droit d'être entendue de l'intéressée n'a pas été violé.