Citation: 5A_16/2016 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, l'état de santé mentale de la disposante antérieurement à l'année de la rédaction du testament n'avait pas été examiné plus avant; a fortiori, aucune preuve n'avait été administrée à ce sujet jusqu'à l'audition des témoins au cours de la dernière audience, lors de laquelle le second neurologue a exposé que la démence diagnostiquée en 2001 par sa consoeur s'était aggravée de manière linéaire. L'état de santé mentale de la testatrice au cours de la période de rédaction des cartes et enveloppes était dès lors un fait nouveau permettant de juger de la capacité de discernement. La recourante qui le conteste ne démontre pas que ce fait aurait déjà été établi antérieurement à l'audition du Dr H.________ le 24 mars 2014, partant de la prémisse erronée ( cf. supra consid. 4) que la capacité de discernement de la testatrice était préservée en 2007, a fortiori dans les années précédentes. Il n'y a donc pas d'établissement inexact des faits (art. 9 Cst.); à tout le moins, la recourante ne parvient pas à l'établir ( cf. supra consid. 2.2). La nouvelle conclusion fait ainsi suite à l'administration de la preuve par témoignage, autrement dit, un fait nouveau établi grâce à un nouveau moyen de preuve, en sorte que la condition posée à l'art. 230 al. 1 let. b CPC est remplie. Pour le surplus, la conclusion additionnelle des intimés tend à l'annulation de divers documents olographes dont le contenu - qui se rapporte à la volonté à cause de mort de la testatrice de céder ses biens à sa gouvernante - est similaire à celui du testament olographe, ce que la recourante ne conteste au demeurant pas, dès lors qu'elle a elle-même produit les documents querellés dans le cadre de l'action en nullité ouverte par les intimés afin de prouver que la disposante avait manifesté à réitérées reprises l'intention de lui céder sa maison à sa mort. Il s'ensuit que la condition de l'existence d'un lien de connexité exigé par les art. 227 al. 1 let. a et 230 al. 1 let. a CPC est satisfaite. La "clôture des débats", eu égard à l'accord des parties avec le dépôt de plaidoiries finales écrites, a été prononcée à l'issue de l'audience au cours de laquelle les témoins ont été entendus et la requête d'expertise graphologique rejetée, en sorte que les intimés n'ont pas disposé du temps raisonnablement nécessaire pour leur permettre de prendre une conclusion nouvelle sur la base des faits nouvellement appris, avant le dépôt de leur plaidoirie finale écrite. Nonobstant le prononcé formel de "clôture des débats" (sous la réserve précitée), la phase de délibérations n'a pas été entamée avant le dépôt des plaidoiries écrites, voire postérieurement, les plaidoiries ayant été déposées le 2 mai 2014 et la décision de première instance ayant été notifiée aux parties le 14 octobre 2014. Il s'ensuit que l'on doit admettre que, dans les circonstances particulières d'espèce, les intimés n'ont pas tardé à déposer leur conclusion additionnelle, contrairement à ce qu'affirme la recourante sans d'ailleurs expliciter plus avant sa critique. Ainsi, la recourante, qui savait que les intimés contestaient ces pièces depuis leur dépôt par ses propres soins, a eu l'opportunité de se déterminer sur cette question et ne soulève au demeurant pas une violation de son droit d'être entendue (art. 29 al. 2 Cst. et art. 53 CPC). Les griefs de violation des art. 227 al. 1 et 230 al. 1 CPC, ainsi que d'arbitraire dans l'établissement des faits (art. 9 Cst.) doivent par conséquent être rejetés, autant qu'ils sont recevables (art. 106 al. 2 Cst.; cf. supra consid. 2.2).