Citation: 5A_318/2007 11.10.2007 E. 3

La recourante reproche aussi à l'autorité cantonale d'être tombée dans l'arbitraire en attribuant la jouissance du domicile conjugal à l'intimé. 3.1 Sur ce point, la Cour de justice a considéré que les parties étaient colocataires de l'appartement conjugal, dont le mari avait jusqu'alors assumé seul le loyer. Ce logement se trouvait à proximité de son étude d'avocat, élément qui n'était cependant pas déterminant à lui seul. Aucune des parties ne pouvait par ailleurs invoquer un intérêt affectif prédominant à conserver l'usage exclusif de la demeure commune. L'épouse prétendait disposer uniquement de ressources modestes, ce qui l'empêcherait de trouver un autre logement. La fréquence de ses déplacements en Roumanie contredisait toutefois ses allégués et tendait à démontrer, en l'absence de pièces comptables fiables, qu'elle continuait d'exploiter activement et avec succès son étude d'avocat dans ce pays. Sans être contredit, le mari avait en effet relevé qu'elle avait séjourné à l'étranger pendant plus de cinq mois entre septembre 2005 et octobre 2006. Celui-ci paraissait quant à lui résider de manière fixe à Genève et pouvait donc invoquer un intérêt prépondérant à continuer d'occuper la demeure commune, étant rappelé que l'épouse n'en avait pas réclamé l'attribution exclusive en première instance. Rien ne permettait en outre de croire que celle-ci ne serait pas en mesure de trouver un autre logement pour des raisons économiques. Enfin, ses nombreux déplacements à l'étranger, même récemment, donnaient à penser qu'elle pouvait faire face, malgré son âge et son état de santé, à un déménagement. 3.2 La recourante expose qu'elle est domiciliée et vit à Genève toute l'année, qu'elle a quitté la Roumanie en 1979 et qu'elle n'y a plus jamais habité depuis lors. Contrairement à ce qu'elle prétend, la cour cantonale n'a cependant pas retenu qu'elle résiderait dans son pays d'origine, mais qu'elle y effectuait de fréquents déplacements. Les allégations de la recourante et ses références à divers témoignages tendant à démontrer qu'elle vivrait au domicile conjugal sont dès lors sans pertinence. Dans la mesure où celle-ci conteste la fréquence de ses voyages à l'étranger, qui auraient au demeurant été payés par des tiers, et soutient que les raisons de ses déplacements seraient purement médicales, son argumentation est par ailleurs appellatoire, partant irrecevable. Il en va de même lorsqu'elle affirme qu'en l'absence de revenus et compte tenu de son état de santé, elle ne saurait se reloger sans contribution de la part de son mari, lequel lui a assuré jusqu'ici un train de vie supérieur à la moyenne. Sur le vu de ce qui précède, la recourante ne démontre pas que l'autorité cantonale aurait arbitrairement appliqué l'art. 176 al. 1 ch. 2 CC, disposition qui n'est du reste même pas mentionnée à l'appui du recours.