Citation: 7B_192/2023 E. B

Par arrêt du 6 décembre 2022, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: le Chambre des recours pénale) a rejeté le recours formé par la plaignante contre cette ordonnance et a mis les frais de la procédure de recours, arrêtés à 1'980 fr., à sa charge. Elle a notamment retenu les faits suivants. B.a. A partir de l'année 1996, l'entité liechtensteinoise D.________, dont l'administrateur était C.________, a ouvert le compte n° www auprès de la banque E.________SA. Ce compte a ensuite été repris, à la suite d'une fusion en 2010, par la banque F.________SA. L'intimé, banquier à la retraite depuis le 31 décembre 2010, a géré cette relation bancaire auprès de la banque précitée et G.________, qui disposait d'une procuration générale confiée par C.________, a géré ce compte pour D.________. Depuis l'année 2006, G.________ a été mentionné comme étant l'ayant droit économique du compte. C.________, fiduciaire et fournisseur de domiciliation de sociétés, dont H.________ et I.________, a en outre mis ses sociétés à disposition de G.________ pour effectuer des opérations financières. Le 8 mars 2005, la plaignante a rencontré l'intimé dans les locaux de la banque E.________SA, à T.________, afin d'ouvrir une relation bancaire, à savoir le compte n° xxx. Elle a notamment signé un document intitulé "power of attorney for portfolio management" en faveur de G.________. Selon les documents d'ouverture du compte, la correspondance bancaire n'était pas transmise à la détentrice du compte, mais conservée par la banque. Par télécopie du 4 mai 2005, la plaignante a, sur proposition de G.________, ordonné à la banque E.________SA, par l'intermédiaire de l'intimé, d'effectuer un transfert de 300'000 USD par le débit de son compte en faveur de la relation bancaire n° yyy ouverte au nom de J.________ Inc. - société dans laquelle G.________ ainsi que la famille de l'intimé étaient impliqués - auprès de la K.________. Le 16 novembre 2005, G.________, utilisant vraisemblablement la signature de la télécopie précitée, en aurait adressé une autre, émise depuis la société belge L.________ SA - située à U.________ et dont il était le gérant externe et l'administrateur -, qui ordonnait à la banque E.________SA de transférer, sans le consentement de la plaignante, 500'000 USD du compte n° xxx sur le compte n° zzz ouvert au nom de J.________ Inc. auprès de la banque canadienne précitée. Le 30 avril 2008, la plaignante a versé, sur conseil de G.________, la somme de 817'655,59 GBP, correspondant au produit de la vente d'un immeuble situé à Londres, sur le compte n° www ouvert auprès de la banque E.________SA. Ces fonds - ou à tout le moins une partie de ceux-ci - ne lui auraient, après gestion par G.________ (2/3 sur des placements conservatoires; 1/3 sur des placements plus risqués), pas été reversés, comme cela était initialement prévu. En 2014, la plaignante a vendu un autre appartement situé à Dubaï. G.________ lui a indiqué que le produit de cette vente serait, comme convenu, transféré sur le compte de cette dernière pour être investi dans les énergies renouvelables. Il a toutefois trouvé un prétexte et lui a proposé de faire transiter l'argent notamment par le compte de la société L.________ SA. La plaignante n'aurait pas récupéré le produit de cette vente. G.________ s'est donné la mort le 21 décembre 2015. Il a exprimé "prendre ses responsabilités [...] d'avoir volé l'argent en Suisse [...] dans le but de tenir J.________ Inc vivante". B.b. Le 22 octobre 2016, la plaignante a déposé plainte contre l'intimé et C.________. Dans sa plainte, elle reproche à l'intimé d'avoir, le 17 novembre 2005, depuis les locaux de la banque E.________SA, à T.________, frauduleusement fait procéder au transfert d'un montant de 500'000 USD de son compte n° xxx sur le compte n° zzz de J.________ Inc. ouvert auprès de K.________ dans le but de se procurer où de procurer à un tiers un enrichissement illégitime. La plaignante reproche également à l'intimé de lui avoir, durant l'année 2008, depuis les mêmes locaux, faussement fait croire - après qu'elle avait eu un contact téléphonique avec lui peu après la vente de son appartement situé à Londres - que le produit de cette vente, d'un montant de 817'655,59 GBP, avait été crédité sur un compte lui appartenant auprès de la banque E.________SA. Elle reproche ainsi à l'intimé de s'être entendu avec G.________ pour lui cacher le fait que le produit de la vente avait été transféré sur une autre relation bancaire ouverte au nom d'une société qui ne lui appartenait pas. La plaignante reproche en outre à C.________ d'avoir, à V.________, en sa qualité d'administrateur de D.________, participé au détournement du produit de la vente de sa propriété londonienne. La plaignante reproche enfin à l'intimé d'avoir, à T.________, détourné le produit de la vente de son appartement situé à Dubaï, survenue durant l'année 2014 pour un montant de 1'636'600 AED (montant qui semble en réalité être de 1'419'500 AED), qui aurait dû être crédité sur le compte qu'elle détenait auprès de la banque F.________SA. Elle reproche à l'intimé d'avoir agi ainsi dans le but de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime. B.c. Faisant suite à l'avis de prochaine clôture, la plaignante a, le 22 avril 2022, requis des mesures d'instruction complémentaires, à savoir l'établissement d'une "expertise écrite sur l'authenticité des signatures" figurant sur divers documents, notamment sur ceux d'ouverture de son compte auprès de la banque E.________SA, la mise en oeuvre d'"investigations additionnelles" sur les sociétés H.________ et I.________, ainsi qu'une nouvelle audition de l'intimé, dont le compte privé ouvert auprès de l'ancienne banque E.________SA devrait faire l'objet d'un séquestre, afin de réorienter l'enquête concernant "un éventuel blanchiment d'argent".