Citation: 6P.2/2007 23.02.2007 E. 1

5.2 Comme devant l'autorité judiciaire précédente, le recourant tente tout d'abord de minimiser son activité délictuelle pour établir que la cour cantonale n'a pas tenu compte de son activité réelle dans l'importation de stupéfiants. Il soutient n'avoir eu qu'un rôle passif de simple intermédiaire dans le cadre de l'importation des 10,098 kg d'héroïne du Kosovo en Suisse et remet en cause la constatation de fait selon laquelle il a profité de son déplacement au Kosovo pour mettre au point les derniers détails de l'importation d'héroïne (jugement du Tribunal criminel, du 16 juin 2006, consid. 12 p. 32; arrêt cantonal, consid. 4e, p. 7) Ce faisant, il s'écarte de manière inadmissible de l'état de fait de l'arrêt cantonal (art. 277bis al. 1 2e phrase PPF). Le grief est irrecevable. 5.3 Le recourant soutient ensuite que la peine infligée est insuffisamment motivée eu égard à sa gravité. Ce grief est infondé. Le jugement du Tribunal criminel, confirmé par l'arrêt cantonal, détaille minutieusement sur plus d'une page les éléments pris en considération à charge et à décharge (jugement du Tribunal criminel, du 16 juin 2006, consid. 16 et 17, p. 35 s.). Il souligne en particulier le dessein purement lucratif du recourant, l'ampleur de son trafic, portant sur une quantité d'héroïne pure représentant 230 fois le cas grave, le fait que le recourant n'en était certes qu'au début de son association avec les bandes agissant au Kosovo et dans le région zurichoise, mais avait la volonté de s'associer avec ces gros trafiquants dont il est parvenu à gagner confiance en se faisant remettre à crédit des quantités de l'ordre d'un kilo d'héroïne. A sa décharge, la Cour criminelle a retenu notamment le bon comportement du recourant dans son travail, son intégration en Suisse ainsi que le fait qu'il a, en définitive, admis ses torts dans l'importation de l'héroïne en provenance du Kosovo. Cette motivation très complète suffit à justifier la peine qui, pour sévère qu'elle soit, et compte tenu du concours avec d'autres infractions, n'excède pas la moitié du maximum légal de 20 ans de réclusion prévu par l'art. 19 ch. 1 dernier alinéa LStup (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2006; RO 2006 3459, 3535; FF 1999 1787) et n'est donc pas particulièrement élevée en comparaison du cadre légal très large prévu par cette disposition. 5.4 Le recourant soutient, enfin, que la peine qui lui a été infligée est exagérément sévère en comparaison de celles prononcées contre son beau-frère F.________ (deux ans d'emprisonnement pour avoir été intercepté dans un véhicule contenant 6,81 kg d'héroïne) ou contre D.________ (cinq ans de prison, sans amende). En ce qui concerne le cas de F.________, brièvement décrit en page 23 du jugement du Tribunal criminel, on ne peut que constater que ni l'activité délictuelle (qui paraît s'être limitée au transport en Suisse), ni les quantités de stupéfiants en cause (6,81 kg) ne sont comparables. On ne voit pas non plus que le concours avec d'autres infractions ait, comme dans le cas du recourant, influencé la peine prononcée. En définitive, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir jugé sans pertinence la comparaison avec ce cas. Quant à D.________, il a été condamné par la justice italienne, dont on ignore concrètement sur quels critères elle a fondé la peine prononcée (arrêt cantonal, consid. 8c, p. 9). Comme l'a par ailleurs relevé à juste titre la cour cantonale, l'activité de ce dernier, comme chauffeur, n'est pas comparable à celle déployée par le recourant en vue de développer un trafic de stupéfiants en Suisse, qui ne portait pas uniquement sur les 10,98 kg importés du Kosovo, mais également sur d'autres quantités non négligeables. A cela s'ajoute ici encore la question du concours. Le grief est infondé. 5.5 Prononcée à l'issue d'une appréciation globale et complète des critères jurisprudentiels et légaux, la peine prononcée, certes sévère, ne procède toutefois ni d'un abus ni d'un excès du large pouvoir d'appréciation que la loi reconnaît au juge.