Citation: 1C_299/2007 11.01.2008 E. 2

Le recourant estime que le Tribunal administratif aurait arbitrairement apprécié les faits en se fondant sur sa déclaration initiale à la police, faite sous stress et dans une langue qu'il ne maîtrise pas parfaitement, pour retenir que son téléphone portable était tombé à ses pieds et qu'il s'était baissé pour le ramasser. En réalité, il n'aurait quitté la route des yeux qu'un bref instant en tentant de rattraper, par réflexe, son appareil téléphonique. Le choc avec le premier véhicule avait déclenché l'airbag, le privant de toute visibilité. Sa perte de maîtrise ne saurait donc être qualifiée de grave. 2.1 En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst., lorsque le juge admet ou nie un fait pertinent en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et éléments du dossier, lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte, lorsque les constatations de fait sont manifestement fausses ou encore lorsque l'appréciation des preuves se révèle insoutenable ou qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 58, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 81 consid. 2 p. 86; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). 2.2 En l'occurrence, la cour cantonale s'est fondée sur les déclarations faites par l'intéressé à la police, le jour de l'accident: "j'ai voulu composer un numéro de téléphone. Je précise que je suis équipé du kit mains libres. A ce moment, mon téléphone m'a glissé des mains et il est tombé entre mes pieds. Je me suis alors baissé pour le ramasser. Lors de ce mouvement, j'ai quitté la route des yeux un bref instant". Dans ses déterminations au SAN, du 2 mars 2007, le recourant expose avoir perdu son téléphone "qui a glissé sur le sol de la voiture". Il ajoute: "j'ai tenté de le rattraper et c'est à ce moment que mon véhicule a commencé à s'engager sur la partie gauche de la chaussée". Il ressort clairement de ces deux déclarations - dont la seconde ne peut être imputée au stress ou à une connaissance imparfaite du français - que l'appareil était déjà tombé au sol lorsque le recourant a entrepris de le ramasser. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale a estimé que le geste du recourant était volontaire. Comme l'a relevé le Tribunal administratif, un tel comportement impliquait d'une part que le recourant détournait son attention du trafic et, d'autre part, que son véhicule pouvait dévier de sa trajectoire. En prenant sciemment de tels risques, le recourant a commis une faute grave et mis sérieusement en danger la sécurité d'autrui. Les conditions d'application de l'art. 16c al. 1 let. a LCR sont par conséquent réunies. 2.3 Compte tenu de ce qui précède, les arguments liés aux besoins professionnels et à la durée du retrait n'ont pas à être pris en considération, puisque l'autorité s'en est tenue au minimum prescrit à l'art. 16c al. 2 let. c LCR.