Citation: 1B_335/2016 E. 3.3

3.3. Ce faisant, le recourant perd de vue qu'il n'appartient pas au juge de la détention de procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et d'apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu (cf. ATF 137 IV 122 consid. 3.2 p. 126). Il incombera aux juges du fond de prendre position sur les déclarations divergentes des protagonistes s'agissant de savoir s'il a dirigé la masse en direction de sa compagne dans l'intention de la frapper lors des évènements du 26 juillet 2016. A ce stade, et pour apprécier le risque de récidive, il pouvait être retenu que le recourant ne conteste pas avoir adopté à cette occasion un comportement agressif et violent que seule l'intervention inopinée de sa mère a apparemment permis de canaliser. S'il est exact que l'enquête pénale ouverte sur plainte de B.________ concerne des voies de fait, la cour cantonale pouvait à ce stade, en tant qu'autorité de recours en matière de détention, sans arbitraire tenir compte de l'affirmation de la plaignante que celui-ci avait porté les mains à son cou. Pareilles accusations ont également été portées par C.________ lors de la dispute survenue le 28 juillet 2016 et les constatations médicales ne permettent pas de les réfuter, le médecin ayant précisé que la quasi-absence de marques au niveau du cou ne permettait pas de conclure que les faits ne se sont pas produits comme la victime le dit. Enfin, dans la procédure pénale ouverte contre le recourant pour des voies de fait qualifiées prétendument commises sur sa précédente compagne, D.________, à la question de savoir s'il l'avait saisie au cou ou tenté de l'étouffer, il a répondu se rappeler l'avoir maintenue par le cou pour la garder à distance mais ne l'avoir ni serrée à la gorge ni étouffée. Cela étant, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant que le recourant avait une fâcheuse habitude d'agresser le cou de ses victimes lorsqu'il est en proie à une émotion violente. Comme elle l'a relevé, l'impulsivité du recourant ressort aussi de ses propres déclarations lors de l'audition du 28 juillet 2016 où il a dit avoir vu rouge et cru devenir fou et nourrir un sentiment de rage et de colère innommable, ainsi que des autres procédures pénales dirigées contre lui. Le recourant a en effet été condamné en août 2014 pour dommages à la propriété à des peines pécuniaire et d'amende pour avoir volontairement percuté, sur un coup de tête, la voiture de son cousin et ex-époux de sa compagne. Il s'est en outre vu infliger une amende en juin 2016 pour voies de fait pour avoir donné plusieurs gifles et coups de poing à son fils cadet. Ces éléments, qui viennent s'ajouter aux faits incriminés, permettaient à la cour cantonale de retenir en l'état une tendance du prévenu à recourir à une violence incontrôlée lorsqu'il est en proie à des émotions intenses et un risque concret de réitération de graves actes de violence à l'égard de sa compagne ou d'autrui.