Citation: 4C.82/2006 27.06.2006 E. 1.2

1.2.1 En rejetant l'exception de chose jugée et en renvoyant la cause au juge de première instance pour instruction et jugement, la Cour de justice a rendu une décision incidente, puisque la procédure va se poursuivre (ATF 116 II 738 consid. 1 p. 741; 114 II 383). En règle générale, le recours en réforme n'est recevable que contre les décisions finales (art. 48 al. 1 OJ). Selon l'art. 50 al. 1 OJ, il est recevable exceptionnellement contre les décisions préjudicielles ou incidentes autres que celles relatives à la compétence (cf. art. 49 OJ), lorsqu'une décision finale peut ainsi être provoquée immédiatement et que la durée et les frais de la procédure probatoire seraient si considérables qu'il convient de les éviter en autorisant le recours immédiat au Tribunal fédéral. Comme elle constitue une exception, l'ouverture du recours en réforme pour des motifs d'économie doit, comme telle, être interprétée de manière restrictive (ATF 122 III 254 consid. 2a p. 255; 118 II 91 consid. 1b p. 92). Le Tribunal fédéral examine librement si les conditions de l'art. 50 al. 1 OJ sont réalisées (art. 50 al. 2 OJ). Une décision peut être provoquée immédiatement au sens de l'art. 50 al. 1 OJ lorsque le Tribunal fédéral peut la rendre lui-même (ATF 127 III 433 consid. 1c/aa p. 436; 122 III 254 consid. 2a p. 255; 105 II 317 consid. 3). Cela suppose qu'il puisse mettre fin définitivement à la procédure en jugeant différemment la question tranchée dans la décision préjudicielle ou incidente; en d'autres termes, il faut que la solution inverse de celle retenue dans la décision préjudicielle soit finale au sens de l'art. 48 OJ (ATF 129 III 288 consid. 2.3.3 p. 291; 127 III 433 consid. 1c/aa p. 436; 122 III 254 consid. 2a p. 256 et les références). Pour que le recours immédiat soit recevable, encore faut-il qu'il permette d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse. Le pouvoir d'examen conféré au Tribunal fédéral par l'art. 50 al. 2 OJ n'exempte pas l'auteur du recours d'une collaboration active à la procédure (ATF 118 II 91 consid. 1a p. 92; 116 II 738 consid. 1b/aa; arrêt 5C.234/2003 du 2 avril 2004, consid. 3.1). Si le recourant n'expose absolument pas en quoi le cas est exceptionnel et ignore par conséquent la question de la recevabilité, il ne sera pas entré en matière sur le recours (ATF 118 II 91 consid. 1a p. 92; arrêt 5C.15/2004 du 25 mai 2004, consid. 1). En revanche, s'il fait valoir que les conditions de l'art. 50 OJ sont remplies, il convient d'opérer une distinction. S'il découle manifestement de la décision attaquée ou de la nature de la cause que la poursuite de la procédure prendra un temps considérable et occasionnera des frais très importants, le recourant peut se dispenser d'une longue démonstration sur ce point; si tel n'est pas le cas, il doit indiquer de manière détaillée quelles questions de fait sont encore litigieuses et quelles sont les preuves longues et coûteuses qui devraient être administrées (ATF 118 II 91 consid. 1a p. 92; 116 II 738 consid. 1b p. 741/742). 1.2.2 Si, contrairement à la cour cantonale, il arrivait à la conclusion que l'exception de chose jugée est fondée en l'espèce, le Tribunal fédéral déclarerait la demande irrecevable et mettrait ainsi un terme définitif à la procédure (ATF 116 II 738 consid. 1a p. 741; 114 II 383). La première condition posée par l'art. 50 al. 1 OJ est réalisée. Sur la seconde condition, tant le défendeur A.________ que les défendeurs B.________ SA, C.________ et D.________ ont abordé la question de la recevabilité. Au surplus, leur argumentation est convaincante. En effet, le nombre de parties en cause, recherchées pour des causes différentes, ainsi que la probable nécessité de recourir à une expertise pour établir le dommage subi par le demandeur laissent augurer d'une procédure longue et onéreuse. Il convient dès lors d'autoriser le recours immédiat contre la décision incidente rejetant l'exception de chose jugée. 1.3 Aux termes de l'art. 55 al. 1 let. b 3ème phrase OJ, il ne peut être présenté de conclusions nouvelles dans le recours en réforme. En l'espèce, les défendeurs B.________ SA, C.________ et D.________ n'ont jamais conclu au rejet de la mainlevée des oppositions dans leurs écritures déposées en instance cantonale. Cette conclusion, formée pour la première fois devant la juridiction de réforme, est dès lors irrecevable. 1.4 Les recours sont interjetés par des parties qui ont succombé dans leurs conclusions tendant à l'irrecevabilité de la demande; ils concernent une contestation civile dont la valeur litigieuse dépasse le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ). Au surplus, ils ont été déposés en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ), de sorte qu'il convient d'entrer en matière.