Citation: 4A_466/2022 E. 4.1

4.1. Au préalable, on confirmera que la demanderesse doit fournir la preuve certaine de l'expédition de son mémoire d'appel le 17 juin 2022, en présentant l'un ou l'autre moyen énoncé à l'art. 168 al. 1 CPC. L'intéressée voudrait se voir appliquer un degré de preuve moins strict, soit celui "requis pour renverser [une] présomption". A la tardiveté du moyen - soulevé en réplique - s'ajoute l'inconsistance. Certes, une allégation établie par une présomption de fait peut être infirmée par une contre-preuve, laquelle doit instiller des doutes sérieux dans l'esprit du juge afin d'affaiblir la preuve principale, mais ne doit pas nécessairement le convaincre (ATF 120 II 393 consid. 4b p. 397; LARDELLI/VETTER, in Basler Kommentar, 7 e éd. 2022, n os 36 et 87 ad art. 8 CC; ALEXANDRA JUNGO, Zürcher Kommentar, 3 e éd. 2018, n os 94 et 118 ad art. 8 CC; FABIENNE HOHL, Procédure civile, vol. I, 2 e éd. 2016, n os 2043 s.). Ceci dit, le droit à la contre-preuve appartient à la partie qui ne supporte pas le fardeau de la preuve. En l'occurrence, comme le rappelle régulièrement la jurisprudence, c'est bien à la demanderesse de prouver la date de son envoi, et la présomption d'une remise à la poste après le 17 juin 2022 joue ici contre elle.