Citation: U 389/01 22.07.2003 E. A

G.________ travaillait en qualité de menuisier au service de l'entreprise X.________ SA et était assuré, à ce titre, contre les accidents par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 27 octobre 1997, l'assuré a chuté d'une échelle d'une hauteur de trois mètres environ. Le lendemain, il s'est rendu à la clinique Y.________ où l'on a diagnostiqué une fracture du péroné droit. La CNA a pris le cas en charge. Après quelque temps, mais vraisemblablement peu avant la consultation médicale du 5 décembre 1997, G.________ a commencé à ressentir des fourmillements dans l'extrémité des doigts et des pieds. Il a cependant repris le travail à plein temps du 8 décembre au 19 décembre et s'est ensuite rendu en vacances en Espagne. Comme ces symptômes ont progressivement augmenté, l'assuré est rentré en Suisse le 10 janvier 1998 en vue de consulter son médecin, le docteur A.________, qui a constaté des paresthésies aux mains et sollicité l'avis du professeur de B.________, neurologue. Suspectant une myélopathie cervicale, d'origine vraisemblablement inflammatoire, ce dernier a fait hospitaliser l'assuré. Le docteur C.________, chef de clinique au Service de neurochirurgie du Centre Hospitalier Z.________ a posé le diagnostic de myélopathie cervicale sur canal cervical étroit et hernie discale cervicale d'origine probable post-traumatique. Le 29 janvier 1998, il a procédé à une discectomie C4-C5 et C5-C6 et spondylodèse par greffe autologue C4 à C6 selon Smith Robinson, ainsi qu'une greffe autologue au niveau de la crête iliaque droite (rapport du 5 février 1998). Par décision du 17 avril 1998, la CNA a refusé de prendre à sa charge les troubles ayant abouti à l'opération du 29 janvier 1998, au motif qu'ils n'étaient pas en relation de causalité avec l'accident survenu le 27 octobre 1997. L'assuré s'est opposé à cette décision, en se référant à l'avis du docteur C.________. Dans un rapport du 26 mai 1998, ce dernier a donné les raisons pour lesquelles il tenait l'accident du 27 octobre 1997 pour responsable de la myélopathie : d'abord la violence de l'accident était suffisante pour être à l'origine d'une myélopathie traumatique et d'une hernie discale; ensuite, le patient ne s'était jamais plaint de troubles évoquant une myélopathie cervicale avant l'accident; enfin, l'apparition des premiers signes de myélopathie correspondaient dans le temps à cet accident. Dans son appréciation médicale détaillée du 21 octobre 1998, le docteur D.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, membre de l'équipe médicale de médecine des accidents de la CNA, a exposé qu'à son avis, la myélopathie cervicale s'était rapidement péjorée des suites de l'émergence d'une hernie discale de localisation C5-C6. Celle-ci était d'origine dégénérative et ne découlait pas de la chute dès lors que les critères cumulatifs d'une origine traumatique - présence d'un mécanisme accidentel adéquat, apparition de symptômes caractéristiques immédiatement après l'accident et patient asymptomatique avant l'accident - n'étaient pas réunis. Il en concluait que l'assuré avait développé spontanément les symptômes de myélopathie cervicale. Se fondant sur l'avis du docteur D.________, la CNA a rejeté l'opposition, par décision du 5 novembre 1998.