Citation: 4A_331/2023 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la recourante brandit essentiellement des éléments factuels au soutien de sa thèse, alors qu'elle a échoué à les faire intégrer dans l'état de fait déterminant (cf. supra consid. 4). Son grief s'en trouve vidé de sa substance. La domination économique exercée par E.________ sur la recourante est un fait souverainement constaté par les juges précédents, qu'elle n'est pas parvenue à ébranler. Par ailleurs, la recourante ne convainc nullement lorsqu'elle se défend d'agir de manière abusive en invoquant la dualité de personnes. Les intimés n'auraient certainement pas octroyé de décharge à un gestionnaire qui leur proposait complaisamment de leur prêter le montant de fortune (important) qu'il venait de perdre en bourse à leur détriment. Le bon sens aurait bien plutôt commandé que ce gestionnaire leur rende compte d'une gestion aux résultats aussi désastreux et, le cas échéant, réponde de celle-ci; pas de troquer sa qualité de débiteur potentiel vis-à-vis d'eux (i.e. en tant que responsable des pertes boursières) contre celle de (leur) nouveau créancier, ce qui a pour effet d'inverser le rapport de force. C'est bien en se dissimulant derrière la société recourante, présentée comme un tiers neutre sans lien avec lui, que le prénommé a pu obtenir la décharge voulue pour lui-même et F.________ SA. Le fait que cette décharge ait été couplée avec le contrat de prêt et un (nouveau) mandat de gestion marque bien l'interdépendance de ces trois transactions. Et contrairement à ce que la recourante prétend maladroitement, la décharge soutirée n'était pas dans l'intérêt de tout le monde, mais bien dans l'intérêt exclusif du prénommé (et de son autre société, F.________ SA). Il s'agissait manifestement d'un avantage injustifié. C'est donc à bon droit que la cour cantonale a jugé que le principe de la transparence trouvait application, de sorte que le voile de la société pouvait être levé et la personne ainsi que les actes de E.________ être appréhendés à travers elle.