Citation: 8C_234/2023 E. 4.3.3

4.3.3. Dans le cadre de la deuxième expertise, les médecins d'Unisanté ont posé les diagnostics suivants: un état dépressif, un syndrome douloureux chronique avec gonalgies gauches chroniques d'étiologie indéterminée, un syndrome douloureux du membre inférieur gauche avec pseudo-parésie, troubles sensitifs mal systématisés, d'étiologie indéterminée ainsi qu'une discrète polyneuropathie d'origine indéterminée. Ils ont retenu que dans l'activité habituelle d'ouvrier de la construction, la capacité de travail était nulle, mais que dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles (activité physique légère en position assise avec possibilité d'alterner la position du genou gauche, sans position accroupie et/ou à genou, ni appui monopodal gauche, pas de marche en terrain irrégulier), la capacité de travail était de 50 %. La pathologie du genou gauche avait alors été considérée comme totalement incapacitante par la CNA jusqu'en mars 2017, où la situation médicale était stabilisée et la capacité de travail était entière dans une activité adaptée. L'état dépressif était de sévérité légère, sans répercussion sur la capacité de travail de 2014 à novembre 2017. En novembre 2017, l'état psychique s'était dégradé et se trouvait à l'origine d'une disparition des ressources. Cet état semblait s'être ensuite amélioré à partir d'août 2018 avec la reprise d'une activité de type occupationnel. Au moment de l'expertise, un état dépressif de sévérité moyenne avec une amélioration des ressources avait été constaté et une capacité de travail de 50 % a été attestée. 4.3.3.1. Sur la question de l'existence d'un CRPS, le docteur D.________, expert rhumatologue, a indiqué que les gonalgies gauches étaient invalidantes, mais que leur étiologie demeurait indéterminée. L'anamnèse, l'étude des documents radiologiques, l'examen clinique orientaient vers le diagnostic de gonalgies gauches chroniques non spécifiques, la persistance des douleurs étant médicalement mal à peu explicable. D'un point de vue diagnostic différentiel, il n'avait pas d'élément orientant vers un syndrome douloureux complexe régional de type CRPS ou algodystrophie, ni vers une étiologie infectieuse, fracturaire, auto-immune, métabolique toxique entre autre. L'examen clinique était relativement pauvre, il était caractérisé par des douleurs et une épargne de mouvements du genou gauche. 4.3.3.2. L'expert neurologue, quant à lui, a indiqué qu'il n'y avait pas de substrat neurologique qui permettait d'expliquer la douleur du genou gauche et que les incohérence prédominaient. Il existait toutefois des anomalies électrophysiologies, mais bilatérales, compatibles avec une polyneuropathie dont l'origine était indéterminée, vraisemblablement de découverte fortuite et sans nette traduction clinique. Sur le plan neurologique, il n'y avait pas de limitation fonctionnelles, ni de diminution de la capacité de travail. 4.3.3.3. Dans leur appréciation interdisciplinaire, les experts d'Unisanté ont encore observé qu'il existait une hypomyotrophie globale du membre inférieur gauche, mais qu'il n'y avait pas d'oedème, ni de trouble de la coloration, ni de différence de chaleur, ni de dépilation. L'examen de ce membre inférieur était en outre parasité par un comportement douloureux avec une pseudo-parésie, dont le caractère pseudo-parétique était confirmé par l'ENMG. Par ailleurs, les experts ont retrouvé des anomalies de la conduction nerveuses bilatérales déjà notées depuis 2014, qui étaient compatibles avec une polyneuropathie. La documentation radiologique montrait qu'il n'y avait pas de compression radiculaire ni tronculaire sur les IRM lombaire et du bassin effectuées; il n'y avait pas non plus d'élément en faveur d'un CRPS documenté par scintigraphie.