Citation: 1C_51/2021 E. 2.4

2.4. L'appréciation de la gravité de l'infraction par l'autorité cantonale ne viole pas le droit fédéral. Celle-ci pouvait à juste titre considérer que la thèse du recourant (perte de maîtrise du véhicule en raison d'un défaut d'une barre métallique du passage canadien qui aurait entraîné la crevaison des pneus, respectivement du pneu), évoquée pour la première fois devant la procureure le 24 janvier 2018, ne constituait qu'une hypothèse parmi d'autres et que, quoi qu'il en soit, la vitesse du véhicule était inadaptée aux circonstances et apparaissait au premier plan de l'accident. L'instance précédente a constaté, en se fondant notamment sur le rapport de police, que la vitesse du véhicule au moment de la perte de maîtrise était proche de la vitesse maximale autorisée de 80 km/h. Le recourant ne propose aucune démonstration du caractère arbitraire de ce constat, dont il n'y a dès lors pas lieu de s'écarter (cf. ATF 145 V 188 consid. 2; 139 II 404 consid. 10.1). Or, compte tenu de la présence du signal "Cassis" annonçant des inégalités de la chaussée pouvant occasionner des secousses dangereuses, en l'occurrence un passage canadien, et de la faible luminosité entraînant une visibilité réduite (22h50 environ le 22 août 2017, pas d'éclairage public), le recourant a manqué de précaution en n'adaptant pas sa vitesse aux particularités de la route et aux circonstances. Certes, selon les constatations cantonales, le recourant n'excédait pas la vitesse maximale autorisée. Toutefois, à l'instar de l'instance précédente, il y a lieu de considérer que la présence d'une source de danger prévisible, de nuit, incitait à la prudence, par une réduction de la vitesse, même en cas de beau temps. En roulant à une vitesse proche de 80km/h, le recourant n'a pas pris conscience du danger ni adapté sa vitesse et sa vigilance aux circonstances. L'instance précédente pouvait ainsi considérer que le recourant avait commis une faute ayant conduit à l'accident, en roulant à une vitesse inadaptée. Cette faute a été qualifiée de relativement grave par l'instance précédente. En l'occurrence, la faute n'est qu'un des critères permettant de qualifier la gravité de l'infraction (cf. supra consid. 2.1.1). Or, ici, l'importance de la mise en danger permettait déjà à l'autorité administrative de considérer que l'infraction n'était pas légère, et ceci même si l'on devait qualifier la faute de légère ou particulièrement légère, comme le soutient le recourant. En effet, nonobstant l'absence d'autres véhicule tiers au moment de l'accident, la mise en danger occasionnée par la perte de maîtrise de la voiture sur plus de 50 mètres à une vitesse proche de 80 km/h, le demi-tour et la collision violente contre un arbre situé sur le côté gauche de la route, ne peut pas être qualifiée de légère au sens de l'art. 16a al. 1 let. a LCR; le recourant ne le prétend d'ailleurs pas puisqu'il affirme, dans son écriture, que la mise en danger doit être qualifiée de moyenne gravité. Cette appréciation donne lieu à l'application de l'art. 16b al. 1 let. a LCR, l'infraction devant être qualifiée de moyennement grave (cf. consid. 2.1.1 supra). Enfin, dans son ordonnance pénale du 1er mars 2019, le ministère public s'est limité à relever que le recourant avait d'une manière indéterminée perdu le contrôle de son véhicule et a ordonné le classement de la procédure pénale en raison du fait que le recourant avait été directement et gravement atteint par les conséquences de son acte au point que le prononcé d'une peine paraissait inappropriée (art. 54 CP). Le recourant ne peut ainsi rien déduire de l'ordonnance de classement rendue par le Ministère public et l'instance précédente pouvait procéder à sa propre appréciation des faits et du droit en lien avec la cause de l'accident. Contrairement à ce que soutient le recourant la coordination entre la procédure pénale et administrative ne commandait pas, en l'espèce, de retenir une infraction très légère voir légère en considérant l'accident comme un coup du sort. Enfin, le rec ourant se prévaut en vain du fait que la procédure pénale avait été ouverte pour une violation de l'art. 90 al. 1 LCR, dès lors que cette infraction réprime autant les infractions légères que moyennement graves (arrêt 1C_813/2013 du 9 janvier 2014 consid. 3.4)