Citation: 5A_685/2007 26.02.2008 E. 1

Durant le mariage, dame Y.________ s'est consacrée à l'éducation des enfants et à l'entretien du ménage. Elle n'a pas exercé d'activité lucrative. En 1995, elle bénéficiait déjà des revenus locatifs des bâtiments propriété des hoirs Y.________ à raison de 6'000 fr. par mois. A.d Le divorce de X.________ et dame Y.________ a été prononcé par jugement du 27 avril 1995. X.________ a été condamné à verser à dame Y.________ une contribution d'entretien de 2'500 fr. par mois, indexée à l'indice suisse des prix à la consommation. Dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial, dame Y.________ a été reconnue propriétaire d'un immeuble et d'un chalet à Verbier et débitrice de la dette hypothécaire y relative, X.________ reconnaissant lui devoir le montant de 991'150 fr. Durant la procédure de divorce, dame Y.________ avait obtenu du Tribunal de Tempio, en 1988, le séquestre conservatoire des biens immobiliers de X.________ en Sardaigne. A.e X.________ a épousé A.________ le 21 septembre 1995 et en a divorcé le 24 octobre 2002. Le juge du divorce a homologué la convention des parties sur le partage de l'autorité parentale et de la garde sur les quatre enfants du couple et sur la répartition de la charge d'entretien des enfants entre les parents « dans la mesure de leur possibilité financière ». X.________ s'est engagé à prendre en charge la totalité de l'amortissement ainsi que les intérêts liés à la dette du chalet des Agettes propriété de A.________ et à verser à celle-ci une contribution d'entretien de 2'100 fr. par mois. X.________ a payé la contribution d'entretien à A.________ jusqu'en octobre 2004 seulement et ne s'est plus acquitté depuis janvier 2004 de l'amortissement et des intérêts liés à la dette du chalet des Agettes. A.________ s'est remariée. X.________ s'est lui aussi remarié, le 29 octobre 2004, avec dame K.________, ressortissante russe née en 1976, qui vit et travaille à Paris. A.f Le 23 mai 1995, X.________ a été déclaré en faillite. La valeur totale de ses actifs a été estimée à 13'698'184 fr. 55, sans les immeubles en Sardaigne. L'état de collocation mentionne des productions pour près de 28'000'000 fr. au total. La liquidation de la faillite est toujours en cours. X.________ est resté président du conseil d'administration de J.________ SA jusqu'en 2002. Ses actions de la société, représentant près de 80% du capital social, ont été attribuées à la masse en faillite X.________, la cession de ces actions en faveur de A.________ et des enfants communs ayant été révoquée judiciairement. En novembre 2002, X.________ a conclu avec J.________ SA un nouveau contrat de travail prévoyant un salaire mensuel de 20'000 fr. payé treize fois l'an pour une activité de directeur exercée à 90%. A.g Le 20 février 2004, X.________ a été mis en incapacité totale de travail par le Dr L.________ pour état anxio-dépressif. Le 27 février 2004, il a été licencié avec effet immédiat par J.________ SA. -:- Du 20 février au 20 juin 2004, X.________ a perçu des indemnités perte de gain de Mutuel Assurances, qui a suspendu ses prestations durant la mise en détention préventive de son assuré du 21 juin au 20 septembre 2004 dans le cadre d'une instruction pénale ouverte notamment pour gestion déloyale et banqueroute frauduleuse. X.________ a de nouveau bénéficié des indemnités de Mutuel Assurances du 20 septembre au 12 décembre 2004, veille de la date à laquelle l'assurance a considéré qu'il était apte à reprendre son travail à 100%. X.________ s'est inscrit au chômage le 17 décembre 2004. Toutefois, il a d'abord indiqué qu'il ne lui était pas envisageable de reprendre une quelconque activité ni de chercher un travail en raison de son état de santé, si bien que son aptitude au placement n'a été reconnue qu'après qu'il eut indiqué qu'il disposait à nouveau d'une capacité de travail dès le 1er mai 2005. Il n'a toutefois pas bénéficié d'indemnités de chômage, car la caisse publique cantonale valaisanne de chômage a nié le droit à l'indemnité en raison de l'absence d'une période de cotisation suffisante durant le délai-cadre de cotisation. X.________ a recouru en vain jusque devant le Tribunal fédéral, qui a rejeté son recours par arrêt du 22 janvier 2007 (cause C 45/06). A.h Le 31 mai 1997, J.________ SA a conclu un contrat d'affiliation à la fondation collective LPP de la Rentenanstalt Swiss Life selon police n0 aaa. L'avoir de libre passage de X.________ auprès d'un autre assureur, par 158'616 fr. 35, a été versé le 14 janvier 2000 sur le compte de Swiss Life en faveur de X.________. Les 27 décembre 2000 et 23 décembre 2002, 50'000 fr. et 100'000 fr. ont été versés sur ce compte à titre de prime unique (mention rachat d'années) en faveur de X.________. Dans la procédure pénale mentionnée plus haut, le juge d'instruction a ordonné le 17 septembre 2004 le séquestre des prestations d'assurance de cette police; il a levé ce séquestre par décision du 4 novembre 2005. Le montant de 797'077 fr. résultant de la police n0 aaa a été mis par Swiss Life à disposition de X.________, qui l'a utilisé pour conclure le 12 janvier 2006 auprès de Swiss Life une assurance de rente viagère, prévoyance libre 3B (police n0 bbb), garantissant une rente annuelle de 35'255 fr. 20. Le juge d'instruction a ordonné le 10 février 2006 le séquestre de cette police; il a levé ce séquestre par décision du 29 août 2007, pour le motif que X.________ ne bénéficiait pas des moyens financiers propres à assurer son minimum vital ainsi que celui de ses enfants. A.i X.________ acquitte un loyer mensuel de 2'265 fr., charges comprises, pour un appartement à Sion, où vivent également les quatre enfants issus de son deuxième mariage lorsqu'il les accueille une semaine sur deux. Sa prime d'assurance-maladie obligatoire s'élève à 230 fr. 90 par mois. Celles de ses quatre enfants encore à charge se montent à 400 fr. au total, dont la moitié est supportée par A.________. La prime d'assurance vie de X.________ auprès de la Vaudoise Assurances est de 368 fr. 60 par an. Les primes d'assurance relatives à son véhicule se montent à près de 600 fr. par an. Il ne paie plus ses impôts - dont le montant n'est pas établi - depuis fin 2002. A.j Dame Y.________ vit dans une maison dont elle est propriétaire à Savièse. Elle est propriétaire d'un chalet à Verbier, qui est libre de toute charge hypothécaire. Elle perçoit 6'000 fr. par mois de l'hoirie Y.________. Selon sa décision de taxation 2003, ses actifs s'élèvent à 1'876'062 fr. (dont 509'667 fr. de titres et autres placements), dont il faut déduire 609'392 fr. de dettes privées résultant de l'hoirie. Dame Y.________ a été admise à la faillite de X.________ pour un total de 1'016'028 fr. Elle a perçu du Crédit Suisse un montant de 392'000 fr., qui a été porté en déduction de sa production dès lors qu'il s'agissait d'un cautionnement garantissant la créance produite. En outre, elle a reçu 576'309 fr. à la suite de la réalisation des biens immobiliers séquestrés de X.________ en Sardaigne. Dame Y.________ est cessionnaire des droits de la masse, avec d'autres créanciers, pour la prétention en restitution du titre de propriété de F.________ Anstalt qui fait l'objet d'une procédure arbitrale divisant les créanciers cessionnaires d'avec X.________ et A.________.