Citation: 5A_548/2017 E. 1.5

1.5. Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut être présenté à moins de résulter de la décision de l'autorité précédente (art. 99 al. 1 LTF). Cette exception, dont il appartient aux parties de démontrer que les conditions sont remplies, vise les faits qui sont rendus pertinents pour la première fois par la décision attaquée, par exemple concernant le déroulement de la procédure devant l'instance précédente afin d'en contester la régularité, ou encore des faits postérieurs à l'arrêt attaqué permettant d'établir la recevabilité du recours (arrêt 5A_904/2015 du 29 septembre 2016 consid. 2.3 non publié in ATF 142 III 617). En dehors de ces cas, les nova ne sont pas admissibles, qu'il s'agisse de faits ou moyens de preuve survenus postérieurement à la décision attaquée (vrais nova; ATF 143 V 19 consid. 1.2 et les références), ou d'éléments que les parties ont négligé de présenter aux autorités cantonales (ATF 139 III 120 consid. 3.1.2; 136 III 123 consid. 4.4.3; arrêt 5A_756/2017 du 6 novembre 2017 consid. 2.3). En l'occurrence, l'intimé a joint à sa réponse un courrier de l'Administration fiscale cantonale, daté du 22 septembre 2017, assorti d'une annexe, visant à établir la valeur locative du domicile conjugal. Il expose qu'il a fait usage de la possibilité de repousser la date limite du dépôt de sa déclaration fiscale et qu'il ne s'est pas immédiatement aperçu qu'il avait fait parvenir à l'autorité cantonale une pièce indiquant une valeur locative qui ne correspondait pas à ce bien immobilier. Ce n'était ainsi qu'à réception du nouveau recours en matière civile de l'épouse, en septembre 2017, qu'il avait demandé à sa fiduciaire d'entreprendre des démarches pour obtenir la véritable valeur locative de la villa familiale. Par conséquent, cette pièce, qui au demeurant ne consisterait pas en un véritable novum, devrait être déclarée recevable. La recourante le conteste. Même si le courrier en question ne devait pas être considéré comme un véritable novum, bien qu'il porte une date postérieure à celle de l'arrêt attaqué, il n'en demeure pas moins qu'on ne voit pas ce qui aurait empêché l'intimé d'indiquer à l'autorité cantonale, preuves à l'appui, ce qu'il estimait être la valeur locative du domicile conjugal, dans lequel la famille a emménagé en 2013 déjà. Selon toute vraisemblance, il lui aurait été loisible de produire à cet effet sa déclaration d'impôt et sa taxation fiscale pour l'année 2015, voire pour l'année 2014. Au lieu de cela, il a fourni un document relatif à un autre bien immobilier. Comme il a négligé de présenter à l'autorité cantonale des éléments destinés à établir la valeur locative de la villa familiale, sans démontrer qu'il en aurait été empêché, il ne saurait réparer son erreur dans le cadre du présent recours. Au demeurant, il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'apprécier lui-même les preuves. Pour autant, de surcroît, qu'elle soit pertinente - vu son imprécision s'agissant de l'immeuble qu'elle concerne -, la pièce nouvelle présentée par l'intimé n'a donc pas à être prise en considération.