Citation: 6B_675/2023 E. B

Par arrêt du 11 avril 2023, la Cour de justice genevoise a rejeté l'appel de A.________ et admis celui du ministère public, en ce sens qu'elle a ordonné le signalement de la mesure d'expulsion dans le SIS. Elle a confirmé le jugement du 12 décembre 2022 pour le surplus. En substance, la cour d'appel a retenu les faits suivants: B.a. A.________ est né en 1985 en Guinée Conakry, pays dont il est ressortissant. Il est arrivé en Suisse en 2010 et a déposé en janvier 2010 une demande d'asile sous une fausse identité. Celle-ci a été refusée, tout comme celle déposée en 2013, sous sa vraie identité. Au bénéfice d'un passeport portugais sous une seconde fausse identité, délivré en 2012, puis restitué le 30 novembre 2016 par les autorités portugaises après enquête, il a obtenu en Suisse un permis L, le 6 décembre 2016, renouvelé deux fois, puis un permis B, valable jusqu'au 5 décembre 2022. Il s'est établi en Suisse sous cette dernière fausse identité et a travaillé dès fin 2016, ou début 2017, dans diverses entreprises pour un revenu net mensualisé moyen en 2020 de 3'850 francs. A.________ est marié et père de quatre enfants mineurs, nés entre 2008 et 2019, dont trois vivent en Guinée avec son épouse et ses parents. Son dernier enfant, une fille née d'une autre union en octobre 2018 au Portugal, de nationalité portugaise, vit depuis fin 2019 en Suisse avec sa mère, une ressortissante portugaise née en Guinée Bissau, qui travaille à U.________ depuis février 2020 en qualité de femme de ménage et de chambre. Toutes deux sont au bénéfice d'un permis B grâce au regroupement familial. A.________ a résidé avec ces dernières jusqu'à son interpellation. B.b. Entre une date indéterminée en 2020 et son interpellation le 9 janvier 2021, A.________ s'est livré, avec plusieurs individus, dont plusieurs guinéens non identifiés, à un important trafic de stupéfiants ayant porté sur plusieurs kilogrammes de cocaïne. B.c. Le 31 octobre 2020, A.________ a confié 7'950 fr. d'origine illicite à B.________, afin qu'il les remette à C.________ sur le territoire français, étant précisé que ceux-ci ont préalablement changé ensemble ces coupures en euros, soit EUR 7'370.- au total, au guichet de change d'un centre commercial en Suisse, entravant de la sorte l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de sommes d'argent qui provenaient directement du trafic de stupéfiants. B.d. À une date indéterminée en 2012, A.________ a obtenu la nationalité portugaise par le biais d'une fausse adoption pour EUR 9'000.-, en faisant établir, sur place, un passeport portugais sous une fausse identité qu'il est parvenu à récupérer définitivement après une longue enquête menée en 2016 par les autorités de ce pays. Depuis son retour en Suisse en décembre 2016 et jusqu'à son interpellation le 9 janvier 2021, A.________ a ainsi induit en erreur les autorités, notamment l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM), en leur fournissant son vrai faux passeport portugais et en obtenant frauduleusement, entre fin 2016 et début 2021, des autorisations de séjour et prolongations y relatives, de type L et B. Dans les circonstances précitées, A.________ a pénétré et durablement séjourné en Suisse, notamment à U.________, de manière illicite, sa situation étant assimilable à une absence de titre de séjour d'un citoyen non membre de l'espace Schengen. B.e. Enfin, trois courriers du conseil de A.________ lui étant adressés, comportant la mention "courrier d'avocat", ont été ouverts par le ministère public durant la procédure.