Citation: 4A_2/2019 E. 8

En l'espèce, la Cour d'appel confirme l'appréciation du Président du Tribunal de prud'hommes et elle estime la valeur litigieuse à un mois de salaire. Le salaire mensuel convenu entre les parties s'élevait à 5'100 fr. et il incluait une « part du treizième salaire ». Cette clause du contrat signifiait de toute évidence que le treizième salaire prévu par la convention collective de travail « Métal-Vaud », applicable dans le secteur d'activité en cause, était intégré aux douze salaires mensuels plutôt que versé à part. La Cour prend en considération le salaire mensuel sans la part du treizième salaire, soit 4'707 fr.69 (12/13 de 5'100 fr.). Contrairement à l'opinion de la défenderesse, l'approche ainsi adoptée s'inscrit dans les limites du pouvoir d'appréciation conféré par l'art. 91 al. 2 CPC car la Cour d'appel aurait sans doute aussi pu, sans violer cette disposition, se référer à un critère différent et retenir un montant inférieur à 4'707 fr.69. Il importe peu que cette approche ne corresponde peut-être pas exactement à la « pratique vaudoise », selon la défenderesse, car l'appréciation est régie exclusivement par le droit fédéral. Les considérations concernant l'importance d'un certificat de travail pour l'avenir professionnel et économique d'un ouvrier soudeur, exposées dans l'arrêt de la Cour d'appel et aussi discutées dans le mémoire de recours, n'imposent pas non plus une appréciation différente. La valeur litigieuse totale des deux actions intentées par Z.________ est donc arrêtée à 29'856 fr.07 d'une manière conforme aux art. 91 al. 2 et 93 al. 1 CPC. Il s'ensuit que le recours en matière civile est privé de fondement, dans la mesure où les griefs présentés sont recevables.