Citation: 6B_670/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que l'existence d'une communauté de vie au sens de l'art. 123 ch. 2 al. 6 CP n'était pas démontrée. Elle a relevé que les parties avaient certes résidé ensemble, à tout le moins dans une communauté de toit et de lit, pendant un peu plus d'une année, entre début janvier 2017 et le départ de la recourante le 11 février 2018. Le bail de l'appartement - au nom du seul intimé - disposait que celui-ci était destiné à l'habitation commune des deux parties exclusivement. Il était toutefois établi que l'une des chambres du logement (d'une surface totale d'environ 63.7 m2 à teneur du bail figurant au dossier) avait été sous-louée pendant quasiment toute la période de vie commune, ce qui semblait plutôt démontrer la recherche d'une solution de logement économique que la fondation d'un foyer. L'intimé et la recourante se trouvaient, lors de leur cohabitation, dans une période difficile du point de vue de leur situation économique, ni la recourante, ni l'intimé ne réalisant un revenu régulier provenant d'une activité lucrative. Les parties n'avaient fait état d'aucun projet commun ni vision d'avenir partagée. Le voyage en commun au Pérou ne semblait pas avoir été autre chose que cela; si la recourante y avait rencontré la famille de l'intimé, elle ne l'expliquait pas autrement que par la destination du voyage (pays d'origine de l'intimé), et notamment pas dans la perspective d'un projet de vie commune. Lors de ses différentes auditions, alors que l'intimé avait contesté de façon répétée l'existence d'une communauté de vie, la recourante n'avait apporté aucun élément permettant d'étayer un concubinage. L'intimé avait contesté de façon réitérée l'existence d'une communauté de vie avec la recourante, exposant à chaque audition qu'il lui avait demandé de partir et qu'ils ne partageaient pas réellement d'intérêts. Il n'avait été assisté d'un avocat qu'à partir de la procédure d'appel et n'était manifestement pas versé dans les questions juridiques; ses propos à ce sujet étaient spontanés et on ne pouvait retenir qu'ils auraient été dictés par une quelconque stratégie procédurale. Les tiers auditionnés - voisine et colocataire - n'avaient rien relevé de particulier à cet égard, n'ayant à vrai dire pas été interrogés sur cet aspect. Le colocataire avait néanmoins expliqué que l'intimé était peu présent au domicile, étayant de facto les explications de celui-ci à ce sujet.