Citation: 1C_355/2015 E. 5.3.2

5.3.2. En l'espèce, le Tribunal cantonal a procédé à une pesée des intérêts complète et détaillée entre l'intérêt public à la création du chemin litigieux et l'intérêt privé de la recourante. Il a d'abord relevé qu'à la suite de l'étude de plusieurs variantes de tracés, l'emprise du chemin piétonnier sur la parcelle de la recourante avait finalement été réduite à 29 m² (sur un bien-fonds de 7'259 m 2); de plus, positionné en bordure de la parcelle, le chemin empiétait de 1 m au maximum sur celle-ci; en outre, il prenait place dans un secteur que la recourante n'utilisait pas et qui n'était même pas visible depuis la maison de maître puisqu'il s'agissait d'une partie du terrain située à la limite sud de sa propriété, soit à la limite extérieure du boisement qui borde la grande pelouse sise devant la maison. L'instance précédente a par ailleurs constaté lors de son inspection locale que cet épais boisement constituait un écran visuel important, qui non seulement empêchait une personne se tenant au sud du mur, sur la RC1, de voir à l'intérieur de la parcelle, mais également une personne se tenant devant la maison de voir à l'extérieur de la parcelle (et par conséquent aussi la portion de la parcelle où prendra place le chemin piétonnier). Le Tribunal cantonal a ensuite analysé le risque que des piétons pénètrent sur la parcelle. Il a relevé toutefois que le rempart de 2 m à 2,50 m constitué par le mur surmonté d'une clôture de treillis (et, à l'extrémité sud-ouest, par une clôture surmontée d'une toile synthétique) protégeait le bien-fonds d'éventuelles intrusions et du bruit. Enfin, pour l'instance précédente, la Promenade du Petit-Bois, sise sur le versant sud de la RC1, qui supporte un trafic mixte de piétons, de cycles et de voitures ne peut être une alternative au chemin litigieux. La cour cantonale a relevé que l'utilisation de cette voie impliquerait l'installation de deux passages pour piétons sur la RC1 et d'une rampe pour personnes à mobilité réduite: un problème de sécurité se poserait dans la mesure où la Promenade du Petit-Bois n'est pas affectée à des piétons uniquement; s'y ajoutait le fait de devoir traverser deux fois une route cantonale accueillant 14'000 véhicules par jour, ce qui serait de nature à augmenter les risques d'accident; de plus, cette solution allongerait de manière considérable le parcours. L'instance précédente s'est ainsi ralliée à l'avis de la Municipalité pour conclure que la solution de chemin piétonnier telle que prévue était de loin la plus sécuritaire et la plus économique. Le Tribunal cantonal a, à juste titre, déduit de ces différents éléments que l'atteinte au droit de propriété de la recourante apparaissait très limitée, en regard de l'intérêt des habitants des immeubles sis sur le versant nord de la RC1 de transiter à pied de façon sécurisée de et en direction du centre-ville, de la gare et des arrêts des transports publics.