Citation: 5P.225/2003 23.02.2004 E. 1

3.1 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. implique, en particulier, l'obligation pour le juge de motiver au moins sommairement sa décision, afin que le justiciable puisse en saisir la portée et recourir à bon escient; il n'est cependant pas tenu de discuter tous les moyens invoqués par les parties, mais peut, au contraire, se limiter à ceux qui apparaissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102/103; 122 IV 8 consid. 2c p. 14/15). Le Tribunal fédéral vérifie librement le respect de ces exigences (ATF 121 I 54 consid. 2a p. 57). 3.2 L'autorité précédente a considéré, en substance, que la recourante ne pouvait, en vertu de l'art. 125 ch. 1 et 2 CO, compenser sa créance résultant des actes de défaut de biens après faillite avec le solde actif du «compte privé» du débiteur; en outre, ce dernier s'est opposé à la compensation en excipant valablement de son non-retour à meilleure fortune, de sorte que la créance compensante n'était pas exigible. La situation s'est modifiée à la suite de la seconde faillite; le défaut de retour à meilleure fortune n'était alors plus opposable à l'exercice de la compensation, car le but de l'art. 265 LP (i.e. permettre au failli de se relever financièrement) ne pouvait plus être atteint. Il n'en reste pas moins que, en objectant derechef la compensation, alors même qu'une première déclaration de compensation faisait l'objet d'une procédure judiciaire, la recourante a commis un abus de droit. Il ressort de ces motifs que, à partir de sa seconde faillite, le débiteur n'était plus admis à se prévaloir de son absence de retour à meilleure fortune; dans ces circonstances, les juges précédents n'avaient pas à se prononcer sur l'«[i]mpossibilité d'invoquer [...] le retour à meilleure fortune par les cessionnaires de la masse en faillite». Ayant retenu que la nouvelle déclaration de compensation transgressait l'art. 2 al. 2 CC, ils n'avaient pas davantage à rechercher si un tel motif valait aussi, le cas échéant, à l'égard des cessionnaires. Enfin, il n'était pas besoin de prendre position sur l'argumentation selon laquelle le débiteur aurait dû contester la compensation en portant plainte contre l'inventaire au lieu d'ouvrir action en justice; comme les magistrats cantonaux ont dénié au demandeur le droit de faire valoir qu'il n'était pas revenu à meilleure fortune, il devenait inutile d'examiner par quelle voie ce moyen devait être présenté. Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas enfreint le droit d'être entendu de la recourante, faute d'avoir répondu aux arguments - dépourvus de pertinence - qu'il a soulevés en instance cantonale. Quant à savoir si le jugement attaqué viole ou non le droit fédéral, il s'agit d'un point qui ressortit au recours en réforme; les considérations de la recourante à ce sujet - qui se fondent, pour l'essentiel, sur le mémoire-conclusions du 28 avril 2003 - sont hors de propos ici.