Citation: 7B_907/2024 E. 5.3

5.3. En l'espèce, après avoir constaté que le recourant avait exécuté les deux tiers de sa peine, la cour cantonale a sommairement examiné la question de l'éventualité d'une libération conditionnelle. Ce faisant, elle a retenu que l'octroi de celle-ci n'était pas d'emblée évident compte tenu du comportement du recourant en détention et du risque de récidive considéré comme "faible à modéré pour les actes d'ordre sexuel et modéré à élevé concernant les actes de violence" dans le jugement sur appel du 14 septembre 2023. Le recourant ne remet pas valablement en cause cette appréciation. Il se contente de soutenir, de manière purement appellatoire, que les agissements qui lui ont été reprochés en détention (notamment les coups donnés contre une porte alors qu'un agent de détention se trouvait à proximité, les menaces envers le service de médecine pénitentiaire, les insultes et les menaces envers le personnel de surveillance, lui ayant valu une sanction disciplinaire de 2 jours d'arrêts) seraient de peu de gravité et auraient été provoqués par l'ambiance carcérale. Ce faisant, il ne démontre pas que la juridiction précédente aurait versé dans l'arbitraire en considérant - sur la base de cinq rapports et d'une sanction disciplinaire - que le recourant ne pouvait pas se prévaloir d'un bon comportement en détention. La cour cantonale n'a en outre pas violé le droit fédéral en tenant compte dudit comportement en sa défaveur, dans son examen du pronostic, conformément à la jurisprudence en la matière (cf. consid. 5.2.3 supra). Le recourant reproche par ailleurs à la cour cantonale d'avoir retenu "un risque de récidive faible à modéré pour les actes d'ordre sexuel et modéré à élevé concernant les actes de violences" alors que les experts ayant émis ce pronostic, dans le cadre du jugement du 14 septembre 2023, avaient expressément subordonné l'existence de ces risques à sa culpabilité, laquelle n'était toutefois pas encore acquise. Ce raisonnement ne saurait être suivi. En effet, empêcher le juge de la détention de tenir compte du pronostic de récidive émis en cours de procédure par des experts - quand bien même le jugement au fond n'est pas définitif - viderait de son sens la possibilité qui lui est conférée par la jurisprudence d'examiner si les conditions d'une libération conditionnelle apparaissent d'emblée réalisées (cf. ATF 143 IV 160 consid. 4.2). La juridiction précédente était ainsi fondée à se baser, dans son examen des conditions de l'art. 86 al. 1 CP, sur le risque de récidive ressortant de l'expertise judiciaire établie dans le cadre du jugement d'appel. L'appréciation qu'elle en tire ne prête au demeurant pas le flanc à la critique compte tenu des biens juridiques menacés. En effet, il ressort de ladite expertise un risque de récidive faible à modéré pour les actes d'ordre sexuel et modéré à élevé pour les actes de violence reprochés. Or les exigences quant à la probabilité de réalisation du risque de récidive peuvent être moindres si l'auteur s'en est pris à l'intégrité physique ou sexuelle de ses victimes (cf. ATF 133 IV 201 consid. 3.2). Compte tenu de ce qui précède, la juridiction précédente était fondée à considérer que l'octroi de la libération conditionnelle n'était pas d'emblée évident; le principe de la proportionnalité demeure ainsi respecté d'un point de vue temporel.