Citation: 1P.601/1999 17.05.2000 E. 2

2.- Le recourant soutient que la pose du miroir était admissible sans autorisation de construire, en raison de sa structure et de ses dimensions, et il se plaint à ce propos d'une interprétation arbitraire, par le Tribunal administratif, de l'art. 103 al. 1 LATC. a) Une décision est arbitraire - et partant contraire à l'art. 9 Cst. ou à l'art. 4 aCst. , encore en vigueur au moment où le Tribunal administratif a statué - lorsqu'elle méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue en dernière instance cantonale que si elle est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que la motivation de la décision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15, 129 consid. 5b p. 134; 124 V 137 consid. 2b p. 139; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). b) L'art. 103 al. 1 LATC dispose qu'"aucun travail de construction ou de démolition, en surface ou en sous-sol, modifiant de façon sensible la configuration, l'apparence ou l'affectation d'un terrain ou d'un bâtiment, ne peut être exécuté avant d'avoir été autorisé". Le Tribunal administratif a considéré que la pose du miroir litigieux entrait dans le champ d'application de cette disposition (ce qui entraîne l'obligation de respecter les règles matérielles du droit des constructions), en mentionnant d'autres installations analogues nécessitant également un permis de construire selon la pratique cantonale (antenne parabolique individuelle, mât d'éclairage). Le recourant conteste dans le cas particulier le caractère "sensible" de la modification apportée à l'endroit litigieux. L'exigence d'une autorisation de construire, énoncée en droit cantonal à l'art. 103 al. 1 LATC, s'applique en vertu du principe de l'art. 22 al. 1 de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700) à la création ou à la transformation de toutes les constructions et installations. Les autorités communales ou cantonales ont un certain pouvoir d'appréciation dans l'interprétation des notions de construction et d'installation et, dans la pratique, elles sont confrontées à de nombreux cas limites ou à des situations posant des problèmes spécifiques (cf. Alexander Ruch, Commentaire LAT, Zurich 1999, art. 22 N. 25). Le miroir litigieux pourrait représenter un cas limite, à l'instar de divers autres ouvrages de peu d'importance; exerçant son pouvoir d'appréciation, la municipalité a considéré qu'il répondait néanmoins à la définition de l'installation selon le droit de l'aménagement du territoire. Une telle interprétation, confirmée par le Tribunal administratif, n'est pas arbitraire. Cela étant, il n'est pas davantage arbitraire d'estimer qu'un miroir posé en bordure d'une route communale, à un endroit où il estbienvisible, modifie de façon relativement sensible la configuration des lieux, selon le critère de l'art. 103 al. 1 LATC.