Citation: 4A_177/2022 E. A

A.a. Par contrat de vente à terme, notarié C.________, du 7 avril 2021, B.________ SA (ci-après: la venderesse ou la défenderesse ou l'intimée) a vendu à A.________ SA (ci-après: l'acheteuse ou la requérante, l'appelante ou la recourante) ses parcelles n° xxx, d'une surface de 9'092 m² et comprenant 6 bâtiments, et n° yyy, d'une surface de 3'024 m² et comprenant un bâtiment, de la commune de V.________ pour le prix de 17 millions de francs. Dès lors que les bâtiments se trouvant sur ces parcelles étaient loués à D.________ (selon contrat de bail du 10 juin 2004 et trois avenants des 1er décembre 2006, 11 mai 2007 et 12 juillet 2011) et que la venderesse et la locataire étaient en litige au sujet de défauts, de réductions de loyer, de consignation de loyers et d'autres créances, le contrat de vente a prévu qu'un montant de 1'735'000 fr. correspondant aux prétentions de la locataire resterait consigné chez le notaire. En vertu de l'art. 6 d (v) dudit contrat, il était prévu que la somme de 1'735'000 fr. consignée auprès du notaire jusqu'au 30 septembre 2021 serait libérée comme suit: - en faveur de la venderesse si un accord ou un jugement définitif mettait un terme au litige entre la locataire et la venderesse en réglant les prétentions de la locataire; - en faveur de l'acheteuse, en réduction du prix, si aucun accord ou jugement définitif n'intervenait entre la venderesse et la locataire d'ici au 30 septembre 2021. Dès le transfert de propriété définitif, l'acheteuse répondait de toutes les prétentions découlant du bail, notamment pour défauts de la chose louée. A.b. Selon le contrat de vente, la venderesse restait en charge des négociations avec la locataire jusqu'au 31 mai 2021. D'entente entre les parties, la venderesse a poursuivi les négociations avec D.________ après cette date. A.c. Par courriel du 8 juillet 2021, la venderesse a informé l'acheteuse qu'elle était parvenue à un accord avec D.________ permettant de solder les conclusions prises par cette dernière dans la procédure pendante devant le tribunal des baux et loyers. Elle proposait une réunion tripartite, ayant appris que l'acheteuse avait initié des discussions avec la locataire au sujet de leur future relation, et de prolonger l'échéance du 30 septembre 2021. La cour cantonale a retenu que, à réception de ce courriel, l'acheteuse n'a pas sollicité de précisions au sujet de cet accord et a signé, l'après-midi même, l'acte notarié intitulé " consentement au transfert de propriété ", le paiement du prix, payable en quatre tranches, ayant été intégralement payé ce même jour. L'acte précité reprend, à son art. 2, l'art. 6 let. d (v) du contrat de vente, y compris la date à laquelle l'accord entre la venderesse et la locataire devait intervenir pour que le montant de 1'735'000 fr. en mains du notaire puisse être libéré. Par courriel du 10 juillet 2021, l'acheteuse s'est limitée à dire qu'elle s'en tenait aux termes du contrat de vente, refusant la tenue d'une réunion tripartite et la prolongation du délai. Puis, par courriel du 30 août 2021, l'acheteuse s'est enquise de l'avancement des négociations avec D.________, sans s'intéresser au contenu de l'accord. La venderesse lui a répondu que les négociations avançaient. Enfin, par courriel du 27 septembre 2021, la venderesse a adressé à l'acheteuse l'accord qu'elle signait le même jour avec la locataire et l'invitait à lui confirmer qu'elle était d'accord " avec le fait qu'[elle, la venderesse] conclue [...] sans que [l'acheteuse] ne prenne part aux négociations ". L'acheteuse a répondu qu'elle ne pouvait pas valider le contenu de l'accord. Par jugement du 27 septembre 2021, le Tribunal des baux et loyers a homologué l'accord conclu, lequel précisait que, moyennant bonne et fidèle exécution de ses clauses, elles n'avaient plus aucune prétention à faire valoir l'une contre l'autre à quelque titre que ce soit. La venderesse a transmis cet accord et le jugement l'homologuant au notaire et lui a demandé la libération en sa faveur du montant consigné, solde du prix de vente. L'acheteuse s'est adressée à la locataire, en lui reprochant d'avoir renoncé à son exigence que l'acheteuse (nouvelle propriétaire) contresigne l'accord.