Citation: 5A_53/2023 E. 3.2

3.2. Seule détentrice de l'autorité parentale à ce moment-là, la Cour d'appel a relevé que la recourante était certes en droit de déménager avec l'enfant au Pérou. Ce départ avait toutefois eu lieu à l'insu du père et en violation du devoir d'information préalable de ce dernier déduit de l'art. 301a al. 3 CC. Par son départ, elle avait en outre purement et simplement effacé la présence du père de la vie de l'enfant, alors même que tous les intervenants ayant gravité autour du dossier s'accordaient sur la nécessité pour l'enfant de voir son père. En l'état du dossier, le bien de l'enfant commandait donc que ce dernier puisse avoir des contacts avec son père. La décision de la recourante de priver l'enfant de tout contact avec son père sans même informer ce dernier sous le couvert de la richesse d'une nouvelle expérience pour l'enfant de vivre à l'étranger permettait de douter des réelles compétences de celle-ci à favoriser les intérêts de son enfant. En admettant que son établissement à l'étranger avait aussi pour but d'éloigner l'enfant du conflit parental, la recourante contrevenait sans conteste à son devoir de tolérer les liens de l'enfant avec l'autre parent. Elle en a déduit que l'exercice en commun de l'autorité parentale n'était plus possible du fait de la distance entre les parents et de l'attitude de la mère qui voulait exclure le père de la vie de leur fils. L'autorité parentale devait donc être attribuée exclusivement au père dont les compétences éducatives avaient été jugées adéquates par le SEJ dans son rapport du 1 er mars 2022.