Citation: 1P.593/2004 11.02.2005 E. A

A.________ s'est mariée en 1994 avec C.________ dont elle a eu deux enfants nés les 21 décembre 1995 et le 24 mai 1999. Au mois d'août 1999, ils ont convenu de suspendre la vie commune, la garde des enfants étant confiée à leur mère. En novembre 1999, A.________ a fait la connaissance de D.________, alors marié et père d'un garçon né le 14 décembre 1996. Le couple s'est mis en ménage au printemps 2000. Une enfant prénommée B.________ est issue de leur relation le 17 mai 2001. Les 19 juin, 27 juillet et 8 août 2001, A.________ a consulté le Docteur E.________, médecin-chef du service de pédiatrie de l'hôpital du Chablais, à Aigle. Ce praticien a, à chaque occasion, constaté diverses lésions cutanées sur différentes parties du corps de B.________. Les investigations médicales n'ont pas permis de déterminer la cause de ces lésions, un trouble de la crase sanguine ayant été suspecté, mais non diagnostiqué objectivement. L'hypothèse d'une maltraitance a également été évoquée. Le 14 août 2001, A.________ a consulté en urgence le Docteur E.________ après avoir constaté une bosse au niveau du crâne de B.________. L'enfant a été adressée au service de pédiatrie de l'hôpital du Chablais. Les médecins de cet établissement ont diagnostiqué différentes lésions à la tête, sur le thorax, le bras droit et les jambes. La radiographie effectuée a révélé une fracture de l'os pariétal gauche du crâne. Le 15 août 2001, les médecins du Service de pédiatrie de l'hôpital du Chablais ont invité l'Office pour la protection de l'enfant du canton du Valais à effectuer une enquête auprès de la famille de B.________, en raison d'une suspicion de maltraitance. Le 17 août 2001, le Service cantonal de la jeunesse a dénoncé les faits au Juge d'instruction pénale du Bas-Valais, qui a ouvert une enquête préliminaire. Entendu le 22 août 2001 par la police cantonale valaisanne, D.________ a admis qu'il avait accidentellement laissé tomber l'enfant alors qu'il était en train de jouer avec elle, assis sur le canapé-lit du salon, et qu'elle avait heurté la table basse en bois avec la tête avant de la rattraper. A la demande du Juge d'instruction pénale du Bas-Valais, le Docteur F.________, chef de clinique auprès de l'Institut de médecine légale de l'Université de Lausanne, a procédé à l'examen clinique de B.________ le 22 août 2001. Dans son rapport du 14 septembre 2001, il a estimé que le traumatisme crânien dont l'enfant avait été la victime n'était pas compatible avec les déclarations du père et que le tableau lésionnel constituait un indice sérieux en faveur d'une maltraitance. D.________ a cependant précisé au Juge d'instruction pénale, le 13 juin 2002, qu'il était non pas assis, mais debout et qu'il jouait avec B.________ en la lançant en l'air lorsqu'elle est tombée accidentellement sur la table du salon. Il a indiqué ne pas en avoir parlé à A.________ de peur qu'elle ne lui confie plus la garde des enfants. Interpellé à ce propos, le Docteur F.________ a estimé que la fracture du crâne dont B.________ avait été la victime était théoriquement compatible avec cette nouvelle version des faits.