Citation: 6B_1247/2021 E. B

Par jugement d'appel du 9 septembre 2021, la Cour pénale du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel a rejeté les appels formés par le Ministère public ainsi que par A.A.________, représentée par sa mère B.A.________, contre le jugement de première instance, qu'elle a confirmé. La cour cantonale a constaté en substance les faits suivants: B.a. F.________, née en 1964, qui se définit comme chrétienne-évangélique, a fondé dans une ferme à U.________ (la ferme "N.________") une petite communauté offrant un lieu de rencontres pour des cérémonies religieuses, des chants, des prières et des moments d'échanges durant lesquels les participants pouvaient évoquer leurs difficultés personnelles. Plusieurs familles ont fréquenté ce lieu avec leurs enfants. Tel a notamment été le cas de la famille A.________, soit B.A.________, née en 1974, son mari C.A.________, né en 1977, leur fille A.A.________, née en 2003, et leur fils D.A.________, né en 2000. Depuis 2010 environ, E.________, né en 1957, a collaboré avec F.________ durant plusieurs années à la ferme "N.________", l'aidant à vendre son pain au marché et recevant en échange le gîte, le couvert et un peu d'argent. Cuisinier de formation, il rendait également des services, en préparant les repas pour les fidèles de la petite communauté. B.b. Le 17 mai 2017, B.A.________ a téléphoné à la police pour faire part des révélations de sa fille A.A.________, alors âgée de 13 ans, qui lui avait expliqué qu'elle avait eu des "flashs" durant lesquels elle était victime d'abus sexuels alors qu'elle se trouvait dans la ferme "N.________" à U.________ en train de jouer dans une chambre du niveau supérieur et qu'elle était importunée par un inconnu se faisant appeler "G.________" qui lui faisait des attouchements. Le 19 mai 2017, A.A.________ s'est présentée au poste de police de U.________ en compagnie de son père pour y être entendue selon les modalités qui conviennent aux victimes LAVI. Le dénommé "G.________" a été identifié par la police comme étant E.________, qui a été entendu le 23 juin 2017. Le 22 août 2018, B.A.________ a déposé plainte pénale pour sa fille victime d'actes d'ordre sexuel. Dans le cadre de l'instruction pénale ouverte le 10 septembre 2018 contre E.________ pour avoir commis des actes d'ordre sexuel au préjudice de A.A.________, le Ministère public a ordonné une expertise de crédibilité et de victimologie qu'il a confiée à la Dresse H.________, de l'unité de psychiatrie légale du Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après: CURML). Le 17 juillet 2020, l'experte a rendu son rapport, en concluant à la crédibilité des déclarations de A.A.________ dans le cadre des faits qu'elle reprochait à E.________. B.c. Par acte d'accusation du 28 août 2020, le Ministère public a renvoyé E.________ devant le Tribunal de police comme accusé d'actes d'ordre sexuel avec des enfants et contraintes sexuelles (art. 187 et 189 CP), faits commis à U.________, entre 2010 et 2013 au préjudice de A.A.________, contraignant l'enfant à subir des actes d'ordre sexuel éventuellement à plusieurs reprises, en profitant de son statut d'adulte et en la contraignant; pénétrant dans la pièce occupée par l'enfant au premier étage de l'immeuble; refermant la porte derrière lui; se positionnant derrière l'enfant; apposant une main sur la bouche de l'enfant; la frappant violemment sur le visage et sur les fesses; enfilant une main sous le T-shirt de l'enfant; lui caressant le corps, notamment les fesses, les seins, les parties génitales et lui provoquant des rougeurs à cet endroit; enlevant son pantalon, alors qu'il faisait à nouveau face à l'enfant; l'embrassant dans le cou; obligeant l'enfant à le lécher; éjaculant en présence de l'enfant; indiquant à l'enfant qu'elle verrait qu'il reviendrait.