Citation: 6B_335/2021 E. 3.4

3.4. Contrairement à ce que soutient le recourant, il ressort de la jurisprudence que toute voie est publique dès lors qu'elle est ouverte au public, la simple possibilité matérielle d'y accéder étant une condition suffisante. Le but de la loi est de soumettre l'usager aux règles de la circulation partout où il a la faculté de se rendre, même exceptionnellement. La qualification de la voie ne dépend donc pas de " l'utilisation effective " d'une place, mais de savoir si elle est utilisée pour la circulation générale et si son usage est possible pour un groupe indéterminé de personnes, ce qui est le cas en l'espèce. En effet, la cour cantonale a constaté sans arbitraire (cf. consid. 1 supra) que la place pavée devant le garage pouvait être empruntée par un nombre indéterminé de personnes, soit notamment des visiteurs, et aucun élément - barrière, chaîne, panneau ou dépôt d'objets - ne rendait visible, pour les tiers, la volonté du recourant de disposer exclusivement de celle-ci. C'est également en vain que le recourant se prévaut des ATF 101 IV 173 et 109 IV 131, étant donné que les états de fait divergent sur des éléments déterminants. Dans la première affaire précitée, une signalisation interdisant d'y pénétrer et d'y circuler se trouvait sur la place privée en question, tandis que dans le second cas, le propriétaire d'une partie du trottoir ouvert à la circulation publique avait manifesté sa volonté de disposer de son espace en y déposant des objets tels que des tables, chaises, bacs à fleurs, voire véhicules à moteur. Aucune de ces deux hypothèses n'est réalisée en l'occurrence. En effet, si l'intention du recourant était de rendre la place pavée devant l'entrée du garage de la villa privée, il devait la rendre visible aux tiers, notamment par des signaux ou une barrière. En l'absence de telles indications claires, l'emplacement en question doit être considéré comme étant une voie publique au sens de l'art. 1 LCR et 1 al. 2 OCR. Il s'ensuit que la LCR ainsi que ses dispositions d'exécution sont applicables. Dans la mesure où le recourant ne soulève pas d'autre grief à l'encontre de sa condamnation du chef de l'art. 90 al. 1 LCR, celle-ci peut être confirmée.