Citation: 7B_392/2023 E. 5.3

5.3. A la lecture du recours (cf. écriture du 20 août 2023, p. 4 s.), on comprend que le recourant critique en substance la durée de la prolongation accordée (trois mois), alors que le rapport d'expertise psychiatrique aurait été rendu le 26 juillet 2023 et que son ordinateur portable aurait été saisi près de quatre mois auparavant. Il peut, à titre liminaire, être rappelé au recourant que l'autorité cantonale de recours dispose d'une pleine cognition en fait et en droit, pouvant ainsi, le cas échéant, tenir compte de l'avancement de l'instruction (cf. art. 393 al. 2 CPP; ATF 141 IV 396 consid. 4.4 p. 405; arrêts 1B_134/2023 du 5 avril 2023 consid. 5.3; 1B_626/2021 du 10 décembre 2021 consid. 2.4). En l'espèce, le dépôt du rapport d'expertise a été retardé à la demande de l'expert. Or la surcharge invoquée par l'expert a somme toute entraîné un retard d'un mois seulement dans la reddition du rapport concerné. On rappelle à cet égard que l'expertise avait été mise en oeuvre le 20 janvier 2023 et que de nouveaux éléments ont conduit le Ministère public à étendre l'instruction pénale à d'autres infractions le 6 avril 2023. Au vu de ces éléments, on ne discerne aucun manquement, étant souligné que l'exécution de l'expertise n'était pas du ressort de la direction de la procédure. En outre, au moment où la prolongation de la détention a été requise, d'autres mesures d'instruction étaient encore en cours, en particulier l'analyse des données de l'ordinateur portable du recourant. Celui-ci est malvenu à cet égard de se plaindre d'un retard, dans la mesure où les scellés apposés sur cet ordinateur à sa requête ont été levés par ordonnance du 4 juillet 2023 seulement. Il ne peut au surplus pas être exclu que d'autres actes supplémentaires de l'enquête soient nécessaires en fonction des résultats obtenus par l'analyse des données informatiques. Il ressort en définitive de l'arrêt attaqué que la détention provisoire a été prolongée en raison de plusieurs actes d'instruction et non de la seule expertise médicale, comme semble le soutenir le recourant. Bien que le rapport d'expertise ait manifestement été déposé dans l'intervalle, d'autres actes d'instruction doivent encore être menés. Il résulte de ces éléments que l'instruction pénale progresse et se déroule sans retard ni temps mort inadmissibles. Le recourant n'allègue par ailleurs pas que la durée de la détention provisoire subie violerait le principe de la proportionnalité eu égard à la peine concrètement encourue. En tout état, la Chambre des recours était fondée à retenir qu'au vu des charges pesant sur le recourant, la peine privative de liberté susceptible d'être prononcée était largement supérieure aux neuf mois de détention que le recourant aura subi le 10 octobre 2023; cela se justifiait d'autant plus que le recourant avait déjà fait l'objet d'une précédente condamnation pour des faits de même nature à une peine privative de liberté de vingt mois. Le recourant fait encore sommairement grief à l'autorité précédente d'avoir traité son recours en "24 heures top chrono" (cf. écriture du 20 août 2023, p. 6). Ce grief serait-il suffisamment motivé et recevable (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF), qu'il devrait être rejeté. En effet, ce laps de temps est en cohérence avec le délai de 48 heures imposé au TMC pour rendre sa décision lorsqu'il statue sur la demande de mise en détention (art. 226 al. 1 CPP). En tout état de cause, le recourant ne soutient pas que des règles de procédure n'auraient pas été respectées par la Chambre des recours dans le traitement de son recours. Ce grief doit par conséquent également être rejeté.