Citation: 8C_159/2023 E. 4.2

4.2. La recourante conteste que la condition d'un facteur extraordinaire soit remplie en l'espèce. Selon elle, le déroulement du mouvement initié par l'intimée (démonstration d'un saut en appui sur un caisson) n'aurait été interrompu par aucun empêchement non programmé lié à l'environnement extérieur. Le fait que le coude soit "parti en arrière" ne serait selon elle pas un élément déterminant dans ce contexte. Il s'agirait d'un facteur strictement interne et l'articulation du coude aurait "lâché" sans aucune influence extérieure, très probablement en raison d'un état de faiblesse préexistant dû à une épicondilyte médiale. Cette argumentation ne peut être suivie. D'abord, elle repose sur plusieurs hypothèses non vérifiées, faute d'instruction sur le plan médical. Ensuite, dès ses premières déclarations, l'intimée a précisé que son coude s'était tordu lors de l'exécution de sa démonstration. Ce mouvement de torsion, non programmé, s'est effectué lors d'un enchaînement qui impliquait pour l'intimée de mettre tout le poids du corps sur son bras en appui, bloqué par un élément extérieur fixe (le caisson); la charge qui s'y exerçait était renforcée par la vitesse du mouvement. Ces circonstances permettent bien de constater l'existence d'un facteur extérieur extraordinaire et d'admettre, par conséquent, la survenance d'un accident au sens de l'art. 6 al. 1 LAA, comme l'ont fait les premiers juges. Le point de savoir si l'épitrochléite constatée par la suite a été causée par l'accident ou s'il s'agissait d'une atteinte préexistante est une question de causalité qu'il appartiendra à la recourante d'examiner.