Citation: 4C.6/2001 30.05.2001 E. A

A.- a) X.________ S.A. (ci-après: X.________) a été fondée en 1969 par B.________ qui en fut l'un des administrateurs et l'un des principaux actionnaires jusqu'à sa démission en décembre 1991. Elle assumait la gestion d'environ 500 sociétés pour le compte de ses clients. Au nombre de ceux-ci figurait C.________, promoteur immobilier belge. Dès 1970, ce fut B.________ qui suivit les dossiers de cette personne, travaillant pratiquement à plein temps pour elle et ses sociétés. Dans le cadre de ses activités de promoteur, C.________ agissait sous le couvert de différentes sociétés-écrans dont il était l'ayant droit économique. Outre diverses sociétés espagnoles, panaméennes et belges, C.________ possédait la société anglaise Club Y.________ Ltd (ci-après: Club Y.________), devenue par la suite Z.________ Ltd (ci-après: Z.________). B.________ occupait la fonction d'administrateur-président de Club Y.________/Z. ________. Malgré l'échec d'un projet immobilier de grande envergure, qui devait voir le jour sur la côte sud de l'Espagne, dans la province d'Almeria, et les déboires des investisseurs, qui furent relatés dans la presse, C.________ s'obstina à lancer de nouveaux projets en ce même lieu. C'est ainsi qu'il fonda, en mai 1985, Club Y.________. Sous cette appellation, Club Y.________ devait promouvoir la construction d'un club de vacances luxueux destiné aux retraités, dont l'ouverture était prévue pour 1987. Des prospectus détaillés vantaient la sécurité du placement, précisaient que le centre administratif de Club Y.________ était à Genève, (adresse de X.________), mettaient notamment en avant le contrôle de la société par un bureau suisse de comptables et indiquaient le nom de ses administrateurs, à savoir B.________ et trois autres organes de X.________, dont le nom n'était toutefois pas cité. En dépit d'une campagne de presse lancée en 1987, en Espagne et en Belgique, pour mettre en garde de futurs acquéreurs quant aux risques qu'ils couraient à traiter avec C.________, B.________, à l'instar des autres organes de X.________, ne s'en émut pas et continua à accorder sa confiance à cette personne, dans la mesure où il estimait que ses projets étaient viables. Pourtant, les honoraires de X.________ n'étaient plus payés depuis 1986. L'assistance prodiguée par X.________ à C.________ est restée très étendue. b) A.________, retraité néerlandais né en 1923, s'intéressa à investir une partie de son capital de retraite dans le projet immobilier de Club Y.________, dont il eut connaissance par une publicité parue dans un journal néerlandais en mars 1987. Après une réunion d'information organisée dans un hôtel luxueux de Bruxelles, où lui fut remise une documentation détaillée vantant les atouts du Club, sur laquelle figurait l'adresse et le nom des organes de X.________, A.________ signa, le 6 mai 1987, avec Club Y.________, qui représentait aussi ses filiales panaméennes, un contrat à teneur duquel cette société lui vendait, pour le prix de 159 800 florins hollandais (NLG), la nue-propriété d'un bungalow et de biens immeubles, ainsi que deux fois 42 actions nominatives. Des assurances quant au rendement étaient fournies et il était convenu que Club Y.________ remette en mains de X.________ une garantie d'une valeur d'au moins 73 000 US$, dont le produit de la réalisation ne pourrait être affecté qu'au dédommagement de l'acquéreur en cas de défaillance de la venderesse. Ce contrat fut signé pour Club Y.________ par B.________, qui savait à ce moment-là que le club de vacances n'existait encore que sur le papier, aucune construction n'ayant commencé, alors même que le complexe devait être achevé en 1987 selon la publicité et que son exploitation devait débuter le 1er janvier 1988 conformément au contrat. En exécution de cette convention A.________ versa, en trois fois, la somme totale de 159 800 NLG sur le compte de Club Y.________ auprès d'une banque à Genève. Après s'être inquiété, le 4 août 1987, de n'avoir pas encore reçu ses certificats d'actions et l'attestation de dépôt de la garantie, A.________ fit savoir, le 21 août 1987, à Club Y.________, à l'adresse de X.________, qu'il entendait "retirer le capital investi", lui demandant de lui virer son argent. Diverses démarches, discussions et propositions suivirent. Pendant un an, de juillet 1988 à juillet 1989, A.________ ne reçut pas de nouvelles de son investissement. Le 17 juillet 1989, Z.________ (nouvelle raison sociale de Club Y.________ depuis un an), dans une lettre lapidaire signée par un directeur et administrateur de X.________, se déclarait à même de faire une "proposition positive" concernant les fonds investis par A.________. S'adressant à B.________, président de Z.________, p.a. X.________, A.________ répondit à nouveau, le 12 septembre 1989, qu'il voulait récupérer son investissement, majoré des intérêts, pour le réinvestir à un taux de 14%. Après divers échanges de correspondances, A.________, à l'automne 1989, mandata un avocat parisien pour défendre ses intérêts, lequel recueillit une proposition d'arrangement formulée par D.________, se réclamant de X.________, qui disait être chargé de régler les différends existant avec les clients mécontents du Club Y.________. L'offre consistait à échanger les droits actuels de A.________ contre un appartement en cours de construction "sur un golf", dont la valeur marchande serait réelle et la revente certaine, car déjà négociée avec un tiers acquéreur, promesse de vente à l'appui. S'ensuivirent de nouvelles discussions et demandes de remboursement. C.________ finit par accepter l'idée d'abandonner à A.________ un appartement, en échange de la renonciation à ses droits envers Z.________. Pour permettre la conclusion d'un tel accord, B.________ signa, le 3 mars 1992, au nom de Z.________, une procuration en faveur de C.________ habilitant celui-ci à conclure une convention ayant pour objet l'annulation des relations contractuelles qui existaient entre A.________ et les autres investisseurs, d'une part, et Z.________, d'autre part, par compensation avec la cession en leur faveur d'un autre bien par une autre entité juridique (que Z.________), avec effet pleinement libératoire pour Z.________. c) Z.________, soit pour elle C.________, et A.________ signèrent, le 30 novembre 1992, un contrat daté du 14 novembre 1992, à teneur duquel Z.________, agissant comme représentante de I.________ S.A., propriétaire, vendait à A.________ un appartement "modèle Gascogne" et un terrain en indivision sis dans un lotissement d'une commune espagnole, pour le prix de 159 800 NLG, payé par compensation avec le montant encaissé par Club Y.________/Z. ________ dans le cadre de la promotion du Club Y.________. Aux termes de l'art. 6 de cette nouvelle convention, les parties convenaient également d'annuler avec effet immédiat le contrat du 6 mai 1987, demeuré inexécuté. A.________ ajouta de sa main que cette annulation n'interviendrait qu'à la signature de l'acte définitif. En outre, les parties déclaraient expressément renoncer à toute réclamation l'une contre l'autre de quelque nature que ce soit en relation avec le contrat annulé. Ce même 30 novembre 1992, A.________ donna procuration à I.________ S.A. pour vendre l'appartement visé par le nouveau contrat pour le prix de 175 000 NLG, mandat valable jusqu'au 30 juillet 1993. L'acte de vente notarié ne fut finalement conclu que le 10 septembre 1993, après trois rappels écrits de A.________ adressés à B.________ chez X.________. A la différence du contrat du 30 novembre 1992, cet acte fut conclu directement par I.________ S.A., propriétaire du bien vendu, et fut signé par C.________ pour I.________ S.A. et par D.________ en vertu d'une procuration signée par A.________. Selon les termes dudit acte, I.________ S.A. vendait à A.________, pour le prix de 490 000 pesetas (ESP) déjà payé, la villa n° 632-B, modèle Gascogne. I.________ S.A. n'a pas réussi à trouver d'acquéreur pour le bungalow de A.________. Elle n'a pu que lui proposer un locataire, le 14 mai 1996, qui offrait de payer un loyer mensuel de 14 500 francs belges (BEF), sur lequel elle entendait prélever une commission de 10%. B.________ a formellement quitté sa fonction d'administrateur de X.________ au début décembre 1991, la radiation de ses pouvoirs ayant été publiée officiellement le 18 décembre 1991, mais il a continué encore plusieurs années à travailler pour C.________, exerçant cette activité dans des locaux loués à X.________. Il a reçu de nombreux courriers à l'adresse et au nom de X.________, que celle-ci dit lui avoir transmis. X.________ a, semble-t-il, cessé ses relations avec C.________ et ses sociétés au départ de B.________ à qui elle a cédé sa créance d'honoraires, de l'ordre de 2 000 000 fr., qu'elle détenait à l'encontre de C.________. Z.________ a été liquidée et radiée, alors que son ayant droit, C.________, a été assassiné en décembre 1998. d) S'estimant lésé par la transaction conclue le 30 novembre 1992, A.________ fit notifier à B.________ et à X.________, le 18 avril 1997, un commandement de payer d'un montant de 131 750 fr., plus intérêts, qui fut frappé d'opposition. Selon le texte de ce commandement de payer, ledit montant représentait, d'une part, "l'équivalent de HFL 159'800.- investis dans un projet immobilier inexistant et fictif" et, d'autre part, des dommages-intérêts au sens de l'art. 106 CO.