Citation: 1P.259/2006 07.08.2006 E. 3

En l'espèce, la Cour de cassation fait grief au recourant de n'avoir pas pris les mesures nécessaires pour assurer sa présence devant ses juges, alors qu'à compter de l'ordonnance de renvoi du 20 mai 2003 il savait qu'il allait être convoqué. En omettant de prendre ses dispositions et en interdisant à son avocat de le représenter, il s'est placé fautivement dans l'incapacité de participer à l'audience de jugement. L'argument selon lequel il ne pouvait pas savoir que son employeur ne l'autoriserait pas à s'absenter pour se présenter à l'audience n'y changerait rien, dès lors qu'il lui appartenait de renseigner son employeur à ce sujet avant de partir pour l'étranger. L'autorité attaquée estime enfin qu'en agissant ainsi le recourant a opéré un choix qui lui assurait la liberté à l'étranger et que son comportement, qui s'inscrit dans le cadre d'une "stratégie d'évitement", n'est pas digne de protection. Si l'on peut émettre certaines réserves quant à l'appréciation de la Cour de cassation imputant au recourant une volonté de se soustraire à la justice en mettant en oeuvre une véritable stratégie, il n'en demeure pas moins que ce dernier a fait preuve d'une négligence coupable en omettant de s'organiser pour assurer sa présence à l'audience. Il lui appartenait en effet de prendre toutes les dispositions utiles pour se libérer de ses obligations professionnelles, afin d'être en mesure de comparaître en personne. Nonobstant la lettre du 18 avril 2004 à l'en-tête de "X.________", le recourant n'est guère crédible lorsqu'il affirme que son employeur lui avait "garanti [...] la possibilité d'un retour rapide en Suisse en cas de besoin" avant de le lui interdire. Il n'avait d'ailleurs pas fait état de cet élément lors de ses précédentes explications et, dans son pourvoi du 26 avril 2004, déclarait seulement qu'il "était en droit de s'attendre à ce qu'il soit libéré de ses obligations contractuelles le temps du procès". Par ailleurs, des visites à des clients et à des partenaires - fussent-ils "de haut rang"- et des cours de formation interne ne constituent pas un cas de force majeure au sens de la jurisprudence précitée et ne sauraient primer l'obligation faite à l'accusé de s'organiser pour être en mesure d'assister à l'audience. En quittant la Suisse pour exercer les activités susmentionnées à Dubai sans prendre les dispositions utiles pour se libérer le jour de l'audience de jugement, le recourant a donc, à tout le moins, pris délibérément le risque de ne pas pouvoir être présent. Dans ces circonstances, c'est à juste titre que l'autorité attaquée a considéré que l'absence du recourant était fautive et elle n'a pas appliqué l'art. 331 CPP/GE de manière arbitraire. Par conséquent, il y a lieu de rejeter les moyens soulevés par le recourant contre l'arrêt querellé.