Citation: 5A_336/2022 E. 3.4

3.4. Dans l'arrêt querellé, la cour cantonale a relevé que les recourants reprochaient essentiellement au Tribunal de protection de ne pas avoir désigné, respectivement maintenu, B.A.________ comme curatrice de portée générale de sa fille et d'avoir désigné Me E.________ en remplacement de celle-ci. Après avoir rappelé le texte des art. 400 al. 1, 401 et 423 CC, l'autorité cantonale a considéré que les recourants reprochaient à juste titre à l'autorité de première instance d'avoir relevé B.A.________ de ses fonctions, qu'elle exerçait sans problème notable depuis quarante ans. Rien n'indiquait en effet que dans les affaires courantes et dans le cadre de la sauvegarde sociale et médicale de la protégée, l'intéressée aurait été inapte à exercer le mandat qu'elle avait toujours exercé pour sa fille, et le contraire semblait ressortir de la procédure. Par ailleurs, le choix de la famille devait être pris en compte, particulièrement dans une situation telle que celle d'espèce, dans laquelle la mère s'occupait complètement de sa fille depuis son plus jeune âge du fait de la déficience psychique de celle-ci, soit depuis quarante ans durant lesquels les intérêts de la protégée avaient été sauvegardés. La juridiction cantonale a estimé que le Tribunal de protection avait outrepassé les limites de son pouvoir d'appréciation et rendu une décision disproportionnée, de sorte que B.A.________ devait être réintégrée dans ses fonctions de curatrice de portée générale de sa fille et que Me E.________ devait être libéré de ses fonctions. Elle a relevé que cette décision s'imposait d'autant plus que B.A.________ et C.A.________ ne contestaient pas la nécessité que A.A.________ soit mise au bénéfice d'une curatelle de substitution pour la représenter dans le cadre de la succession de son père. S'agissant de la capacité de la recourante, il ressort de l'arrêt querellé que, selon un certificat médical établi le 10 mai 2021 par le Dr G.________, médecin psychiatre, A.A.________ présente un retard mental moyen, avec troubles du comportement significatifs nécessitant une surveillance ou un traitement, ainsi qu'un trouble affectif bipolaire. Selon ce même document, elle n'est pas apte à se déterminer sur le choix de son curateur et les enjeux de la curatelle, particulièrement en matière successorale, ou en lien avec les démarches vis-à-vis du Service des prestations complémentaires (SPC).