Citation: 6B_474/2022 E. B

Statuant le 31 janvier 2022 sur appel de A.A.________ et appel joint du Ministère public genevois, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton de Genève a admis très partiellement le premier et rejeté le second. Confirmant les chefs d'accusation retenus par les premiers juges, elle a toutefois condamné A.A.________ à une peine privative de liberté de trois ans et demi, à une peine pécuniaire de 180 jours-amende à 40 fr. le jour, ainsi qu'à une amende de 500 francs. L'indemnité de 15'000 fr. à verser à titre de réparation du tort moral à B.A.________ a également été confirmée. En substance, l'arrêt cantonal repose sur les faits suivants. B.a. En 2010 ou 2011, A.A.________ s'est rendu en Algérie, où il a fait la connaissance de B.A.________. Le couple s'est rapidement fiancé, tout en continuant à vivre à distance. Après leur mariage, célébré en 2012 à Meyrin, B.A.________ est venue s'établir en Suisse. Deux enfants sont issus de leur union: C.________, né en 2014, et D.________, née en 2016. A.A.________ est également le père de E.________, née en 2007, issue de sa précédente relation avec F.________, ce que B.A.________ a affirmé avoir appris postérieurement au mariage. La relation entre les époux s'est rapidement dégradée et les altercations n'ont cessé qu'au départ de A.A.________ du domicile conjugal, en mars 2019. B.b. A.A.________ a affirmé qu'il mesurait 1.81 mètres pour environ 80 kg à l'époque des faits. Pour sa part, B.A.________ a estimé son propre poids à 48 kg pour 1.64 mètres durant cette période. B.c. B.c.a. A Genève, entre mars 2017 et mars 2019, A.A.________ a, à de très nombreuses reprises, environ une fois par semaine, dans leur chambre au domicile conjugal, intentionnellement, soit avec conscience et volonté, contraint son épouse, B.A.________, à subir des rapports sexuels impliquant des pénétrations vaginales, rapports qui duraient environ cinq minutes, jusqu'à ce qu'il éjacule à l'extérieur de son vagin, satisfaisant ainsi son instinct sexuel, alors qu'elle n'était pas consentante et le lui faisait clairement savoir, tout au long desdits rapports sexuels, soit en lui disant expressément "non" à plusieurs reprises, soit en le repoussant et en se débattant afin d'échapper à son emprise. A ces occasions, il a, pour l'empêcher de résister, profité de sa supériorité physique, en la poussant sur le lit, en lui tenant les deux mains au-dessus de la tête avec l'une de ses mains et a exercé sur elle des pressions psychiques importantes, à savoir, en lui disant qu'il était son maître et son mari, qu'elle était sa femme et que, dès lors, elle devait lui donner ce qu'il voulait (1.1.1.1 de l'acte d'accusation). B.c.b. A.A.________ a, le 18 octobre 2018, aux alentours de 20h30, au sein du domicile conjugal sis à Meyrin, poussé son épouse contre une paroi, avant de la prendre par les bras en la serrant très fort puis de la plaquer contre un fauteuil, lui occasionnant ainsi une griffure de 8 cm sur le bras droit, d'importantes douleurs musculaires, un trouble anxieux sévère et un épuisement psychique sévère, selon le constat de coups et blessures du 19 octobre 2018 (1.1.3.5 de l'acte d'accusation). B.c.c. A.A.________ a, le 27 janvier 2019, aux alentours de 21h15, au sein du domicile conjugal, poussé son épouse, asséné à celle-ci un coup de poing sur l'épaule gauche puis pris sa main droite qu'il a griffée et tordue, tordu également son bras gauche, lui occasionnant diverses lésions, plus particulièrement des griffures sur la main droite, un hématome en regard du 5ème rayon de la main droite, un hématome du coude gauche, selon certificat médical du 28 janvier 2019 et diverses photographies versés à la procédure (1.1.3.6 de l'acte d'accusation). B.c.d. A.A.________ a, le 27 janvier 2019, aux alentours de 21h15, sans droit, empêché son épouse de sortir du domicile conjugal, la privant ainsi de sa liberté de mouvement pendant à tout le moins cinq minutes, notamment en lui barrant la route avec ses deux bras et en lui tordant la main droite ainsi que le bras gauche (1.1.4 de l'acte d'accusation). B.d. A.A.________, de nationalité suisse, né en 1974 en Algérie, est père de deux enfants de cinq et sept ans, issus de son mariage avec B.A.________, dont il est séparé depuis mars 2019. Il a également une fille de 14 ans née d'une précédente union. Depuis décembre 2020, il réside en France. Sans emploi, il suit une formation de pâtissier et perçoit parallèlement le chômage, à hauteur de 1'600 à 2'000 euros mensuels. Il a indiqué contribuer à l'entretien de son premier enfant selon ses moyens et à celui des deux cadets conformément aux décisions judiciaires rendues. Son casier judiciaire ne fait état d'aucune condamnation.