Citation: 1B_142/2007 30.10.2007 E. 2

Le recourant invoque la garantie de la propriété et se dit convaincu que le maintien du séquestre litigieux viole l'art. 26 al. 1 Cst. en raison de l'étendue et de la durée de cette mesure. Il se plaint donc implicitement d'une violation du principe de la proportionnalité. 2.1 Le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.) exige que le moyen choisi soit apte à atteindre le but visé (règle de l'aptitude) et que celui-ci ne puisse pas être atteint par une mesure moins incisive (règle de la nécessité); en outre, il interdit toute limitation allant au-delà du but visé et il exige un rapport raisonnable entre celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (principe de la proportionnalité au sens étroit, impliquant une pesée des intérêts - ATF 130 II 425 consid. 5.2 p. 438; 126 I 219 consid. 2c p. 222 et les arrêts cités). 2.2 En l'occurrence, la Chambre d'accusation a considéré, sans être contredite sur ce point, que la mesure litigieuse était un séquestre en vue de l'exécution d'une créance compensatrice au sens de l'art. 71 al. 3 CP. Il est manifeste que le séquestre de valeurs patrimoniales est apte à atteindre le but visé, à savoir l'exécution de la créance compensatrice qui pourrait être ordonnée. De plus, on ne voit pas quelle mesure moins incisive pourrait remplacer le séquestre, si bien que la règle de la nécessité est également respectée. S'agissant de la proportionnalité au sens étroit, le recourant allègue que le séquestre "le prive de toutes autres ressources", mais il ne démontre pas cette affirmation; il n'apporte du reste aucun élément permettant d'établir sa situation financière. Pour le surplus, le recourant affirme que le montant séquestré excède le préjudice qui peut lui être reproché. Sa critique, au demeurant non motivée, sur la durée prétendument excessive du séquestre se confond avec la mise en cause de l'étendue de cette mesure. Or, il ressort du dossier que la société plaignante estime son préjudice à environ 120'000 fr., ce que le recourant ne contredit pas de manière convaincante puisqu'il se borne à nier tout dommage. On ne voit dès lors pas en quoi le séquestre d'un montant de 71'250 fr. - que l'intéressé devait percevoir sur une période de cinq ans - serait disproportionné.