Citation: 2C_145/2019 E. 3.6

3.6. Tel que l'a retenu à juste titre la Cour de justice, ces éléments de fait - qui lient le Tribunal fédéral - ne suffisent pas à admettre en l'occurrence l'application de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI en lien avec la violence conjugale dont l'intéressée affirme avoir été victime. S'agissant des coups que la recourante a reçus de son mari lors de la dispute du 11 mai 2014, ceux-ci constituent sans autre une forme de violence conjugale. Cependant, sans vouloir les minimiser, force est de constater que, au vu des conséquences attestées dans le certificat médical produit par l'intéressée, ils n'atteignent pas le degré de gravité exigé par la loi pour que la poursuite du séjour de la recourante en Suisse s'impose. En effet, si la jurisprudence n'exclut pas qu'un acte de violence isolé puisse à lui seul conduire à admettre l'existence de raisons personnelles majeures au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI, elle exige toutefois que l'acte en question soit "particulièrement grave" (cf. supra consid. 3.2 in fine), ce qui n'est pas le cas des violences subies par la recourante le 11 mai 2014. Quant aux contraintes psychiques alléguées par l'intéressée, celles-ci ne font pas apparaître une situation d'oppression domestique constante et d'une intensité suffisante à fonder un cas de rigueur après dissolution de la communauté conjugale au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI. A titre d'exemple, le Tribunal fédéral a admis un tel cas en présence d'une situation dans laquelle le mari d'une femme étrangère ne lui donnait que 11 francs par mois, ne lui fournissait aucune nourriture, avait pris la carte pour le lave-linge en lui enjoignant de faire la lessive à la main, avait supprimé les connexions TV, téléphone et internet, la privant ainsi de contact avec l'extérieur, et avait emporté presque tout le mobilier lorsqu'il avait quitté le domicile conjugal, laissant à son épouse un matelas à même le sol (arrêt 2C_361/2018 du 21 janvier 2019 consid. 4.4). En l'occurrence, le fait que la recourante ait dû parfois s'acquitter du loyer du domicile conjugal et que son mari aurait prétendument entretenu une relation extraconjugale - dont serait issu un enfant - avec une femme domiciliée à Genève, tout comme le fait que l'intéressée ait dû quitter le domicile conjugal à la suite de la dispute du 11 mai 2014 et que, ayant été à cette occasion menacée par son mari, elle ait ensuite été hébergée pendant quelques mois dans des foyers spécialisés, ne suffisent pas à établir une maltraitance psychologique d'une intensité particulière, susceptible de fonder des raisons personnelles majeures (art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI) imposant la poursuite du séjour de la recourante en Suisse.