Citation: 1B_3/2018 E. 2.5

2.5. En l'occurrence, les courriers électroniques litigieux échangés par le biais d'une boîte "hotmail" n'ont manifestement aucun caractère officiel; le recourant ne prétend d'ailleurs pas le contraire. Il n'est cependant pas contesté que la notion de correspondance privée au sens de l'art. 30 ch. 2 CVRD puisse aussi comprendre des courriers électroniques. Ceux-ci peuvent être conservés sous format papier, enregistrés sur un ordinateur ou par le biais de la boîte de réception informatique, celle-ci pouvant permettre leur consultation depuis plusieurs appareils ou en des lieux différents. En droit interne, ce type de messages bénéficie de la protection de la correspondance et des relations établies par la poste et les télécommunications au sens de l'art. 13 al. 1 Cst. (ATF 143 IV 270 consid. 4.5 p. 274; 140 IV 181 consid. 2.3 p. 183 s.; 126 I 50 consid. 6a p. 65 s.). Afin de tenir compte de l'évolution des modes de communication, il n'y a pas lieu de considérer que la notion de correspondance au sens de la Convention de Vienne ne comprendrait pas les courriers électroniques. La nature particulière de ce moyen de communication ne doit cependant pas permettre - notamment sur un plan territorial - aux agents diplomatiques d'étendre sans droit le champ d'application des privilèges et immunités dont ils bénéficient ou inversement aux autorités du pays accréditaire ou tiers de contourner de manière indue la protection diplomatique voulue par le droit international public.