Citation: 6B_605/2023 E. 1.2

1.2. Les recourants considèrent que l'état de fait arrêté par la cour cantonale serait contradictoire. Selon eux, dans la mesure où les autorités ont été informées de la tenue de la manifestation, il ne serait pas possible de considérer qu'elles ne disposaient pas des informations nécessaires pour prendre en amont les mesures utiles afin de garantir le bon déroulement de la manifestation et ainsi assurer la sécurité de la circulation et la continuité de l'exploitation des transports publics. Pourtant, ils ne remettent pas en cause que les informations transmises aux autorités en amont de la manifestation n'avaient pas un caractère précis, en particulier qu'elles ne permettaient pas de déterminer le pont qui serait ciblé par l'action. En se contentant de qualifier le raisonnement cantonal " d'interprétation [...] manifestement contradictoire et inexacte ", sans autre explication, ou de dire que " tout laisse en outre penser que les autorités étaient au courant que l'action se déroulerait sur le pont Bessières ", les recourants ne font pas la démonstration d'un quelconque arbitraire. Leur grief, appellatoire et insuffisamment motivé, est irrecevable. Nonobstant ce qui précède, il est précisé que les obligations positives induites par l'art. 11 CEDH pour les État membres sont limitées aux manifestations légales. Ainsi, la CourEDH a considéré que les autorités ont le devoir de prendre les mesures nécessaires pour toute manifestation légale afin de garantir le bon déroulement de celle-ci et la sécurité de tous les citoyens (arrêts de la CourEDH Frumkin c. Russie du 5 janvier 2016, § 96; Kudrevicius et autres, § 159 et les nombreuses références citées). Or la manifestation en question n'était pas autorisée, de sorte qu'indépendamment des éléments portés préalablement à la connaissance des autorités, aucune obligation positive ne pouvait leur être imputée, du moins sous l'angle de la disposition précitée. Quand bien même aurait-il fallu considérer le contraire, l'existence de telles obligations positives n'implique pas encore qu'une manifestation donnée ne puisse faire l'objet de restrictions au sens de l'art. 11 par. 2 CEDH. Tout au plus faut-il en tenir compte au moment d'examiner la proportionnalité de l'ingérence. Il y a dès lors lieu de constater que le grief des recourants est également irrecevable à défaut pour ceux-ci d'avoir démontré en quoi les éléments supposément omis par la cour cantonale seraient propres à modifier le jugement attaqué.