Citation: U 201/02 30.11.2004 E. 3.1

3.1.1 De l'importante documentation médicale figurant au dossier, on peut retenir les faits suivants : premièrement, que M.________ a subi une subluxation par rotation de C1 sur C2 à la suite d'un accident du type «coup du lapin» (à ce sujet on peut faire abstraction de l'avis isolé du docteur Y.________ mettant en doute ce diagnostic); deuxièmement, que cette lésion est à l'origine de l'apparition et de la persistance de cervicalgies ainsi que de céphalées chroniques, pour lesquelles les médecins somaticiens s'accordent à lui reconnaître une diminution, à long terme, de sa capacité de travail de l'ordre de 20 % (voir en particulier les rapports des docteurs U.________ et Z.________ des 14 juin 1994 et 3 avril 1998); enfin, que M.________ a développé, parallèlement à l'atteinte somatique, une affection psychique sous la forme de troubles somatoformes douloureux entraînant une incapacité de travail allant jusqu'à 50 %, voire encore supérieure (rapport du docteur V.________ du 16 avril 1996; cf. également le rapport médical intermédiaire LAA du 22 décembre 1997 du docteur B.________). 3.1.2 La recourante ne conteste pas son obligation de prester. Selon elle, cette obligation se limite toutefois aux conséquences, sur la capacité de travail de l'intimée, des séquelles de la subluxation cervicale. Une incapacité de travail supérieure à celle admise par les médecins somaticiens à raison de ces séquelles devait être rapportée à des facteurs étrangers à l'accident assuré (troubles psychosociaux, abus de médicaments, troubles statiques préexistants, obésité, tabagisme) et, par conséquent, n'était pas à sa charge. 3.1.3 Les premiers juges, quant à eux, ont considéré que M.________ présentait le tableau clinique caractéristique des victimes d'accident du type «coup du lapin», de sorte qu'ils ont admis l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les troubles ressentis par la prénommée et l'accident du 11 juin 1992. Ils ont ensuite examiné la question de la causalité adéquate de ces troubles en fonction des critères développés par la jurisprudence en cas de troubles psychiques consécutifs à un traumatisme de type «coup du lapin» (ATF 117 V 366 sv. consid. 6a et 382 sv. consid. 4b), estimant qu'«on ne se trouv(ait) pas dans un cas où les séquelles d'un accident de ce type (étaient) reléguées au second plan en raison de la préexistence d'un problème important de nature psychique». Retenant que plusieurs de ces critères se trouvaient réunis dans le cas particulier, ils en ont déduit que l'assureur-accident devait répondre de la totalité de l'incapacité de travail de l'assurée, et verser à cette dernière une rente LAA fondée sur un degré d'invalidité de 100 %.