Citation: 5A_359/2018 E. 3.3

3.3. La recourante expose qu'il convient de déterminer si les mesures protectrices de l'union conjugale ordonnées par l'autorité de première instance ont été limitées dans le temps. Elle rappelle que la première décision judiciaire rendue au titre des mesures protectrices de l'union conjugale est " la transaction du 23 mai 2008 ", que le droit de requérir une nouvelle audience a été exercé par le mari, que cette audience a eu lieu le 16 mars 2009 et donné lieu à la seconde décision judiciaire, à savoir le prononcé du 1er avril 2009. Il faut déduire du chiffre 2 lettre a dudit prononcé, à teneur duquel « mis à part pour la contribution d'entretien qui demeure litigieuse, la convention est valable pour le surplus jusqu'au 31 (sic) avril 2009 », que les parties se sont accordées pour prolonger les mesures convenues le 23 mai 2008 (vu l'échéance initiale fixée au 30 novembre 2008) pour une nouvelle période allant jusqu'au 30 avril 2009. Le prononcé du 1er avril 2009 n'avait ainsi pour vocation que de trancher le seul point litigieux à ce stade de la procédure, à savoir si une contribution d'entretien devait être versée par la recourante à son mari pour la période comprise entre la 1er décembre 2008 et la fin des mesures protectrices de l'union conjugale. Enfin, la troisième décision prise au même titre est le jugement rendu le 18 juin 2009 à la suite de l'appel de la recourante, qui concluait à une diminution du montant de la contribution d'entretien. La recourante retient de ces trois décisions judiciaires que les époux ont été autorisés à vivre séparés pour une période comprise entre le 22 mai 2008 et le 30 avril 2009, et non au-delà. Se référant à différents auteurs de doctrine, elle soutient que les mesures prises ne sauraient déployer des effets au-delà de la période pour laquelle les époux ont été autorisés à suspendre la vie commune. Puisque, d'une part, ceux-ci ont requis une séparation de durée déterminée, respectivement aucun d'eux n'a requis une séparation de durée indéterminée, et que, d'autre part, le juge n'a pas la compétence d'aller au-delà du 30 avril 2009, les mesures protectrices sont caduques depuis le 1er mai 2009. Comme la prétention en poursuite couvre la période allant du 1er novembre 2012 au 31 décembre 2014, elle est postérieure à l'échéance de la validité de ces mesures, en sorte que c'est à tort que la juridiction précédente a assimilé le prononcé du 1er avril 2009 à un titre apte à la mainlevée définitive de l'opposition.