Citation: 4A_116/2016 E. 4.3.3

4.3.3. Il sied d'observer ici, comme on l'a fait plus haut au sujet de la première branche du même grief (cf. consid. 4.2.3), que, pour l'essentiel, le recourant en reste au niveau des grands principes, se contentant de soumettre au Tribunal fédéral des réflexions d'ordre théorique touchant les garanties fondamentales susceptibles d'être invoquées par toute personne physique et, singulièrement par un travailleur, sans chercher, en revanche, à démontrer, in concreto, en quoi une grave atteinte aurait été portée, par la mise en oeuvre des CPDE, aux droits de la personnalité et aux droits fondamentaux de V.________ et de W.________ en leur qualité d'êtres humains et de travailleurs. Or, ce n'est pas en argumentant ainsi qu'il parviendra à démontrer - ce qui seul importe, étant donné le pouvoir d'examen restreint dont jouit la Cour de céans en matière d'arbitrage international - pourquoi le résultat auquel la Formation est parvenue dans la sentence attaquée n'est pas compatible avec la notion d'ordre public matériel au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Sans doute s'est-il exprimé de manière plus détaillée à ce sujet dans sa réplique. Il sied, toutefois, de rappeler qu'une telle écriture ne peut pas être utilisée pour compléter, hors délai, une motivation insuffisante (arrêt 4A_488/2014 du 25 février 2015 consid. 2). Ensuite, sans être suspect, l'intérêt que le club xxx affirme porter au sort des deux joueurs en question n'est guère conciliable avec le fait, pour ledit club, d'avoir recouru maintes fois au mécanisme des TPO avant la conclusion des CPDE. Il est permis de se demander, ici aussi et s'agissant de V.________, si cet intérêt eût été le même dans l'hypothèse où le recourant aurait pu conserver l'intégralité de l'indemnité de transfert versée par E.________. L'intimée s'interroge, en outre, sur le point de savoir si le recourant a qualité pour dénoncer la violation de droits strictement personnels appartenant aux joueurs afin d'échapper à sa responsabilité contractuelle vis-à-vis d'elle au titre des CPDE ( exceptio de jure tertii; cf. arrêt 4A_304/2013 du 3 mars 2014 consid. 3). A dire vrai, il paraît difficile de dénier à l'intéressé cette qualité-là car on imagine mal qu'une partie à un contrat ayant pour effet de porter gravement atteinte à des droits fondamentaux et à la dignité humaine de tiers, ces derniers fussent-ils formellement étrangers au rapport contractuel, puisse réclamer à son cocontractant le paiement d'une créance issue d'un tel contrat. Point n'est, toutefois, besoin d'examiner plus avant cette question dès lors que les circonstances de la présente espèce ne sont pas comparables à ce cas de figure. Aussi bien, il n'est pas établi, ni même allégué semble-t-il, que l'un ou l'autre des deux joueurs visés par les CPDE se serait plaint d'une atteinte grave à sa personnalité. Au sujet de W.________, on ne sait pas grand-chose, les parties et le Tribunal arbitral ayant focalisé leur attention sur V.________. C'est au recourant d'en supporter les conséquences du point de vue du fardeau de la preuve, car c'est à lui qu'il appartenait de démontrer que le CPDE relatif à ce joueur avait porté une atteinte sérieuse aux droits de la personnalité et aux droits fondamentaux de celui-ci. Quant au joueur yyy, non seulement il n'a pas déploré pareille atteinte, mais, qui plus est, il s'est félicité de l'honneur qu'on lui avait fait, par son transfert à E.________, de pouvoir jouer pour le plus grand club au monde. Alors que, selon son contrat de travail, il devait percevoir du recourant un salaire annuel déjà confortable de 1'140'000 euros pour la saison 2013/2014, il est raisonnable de penser que ce transfert se sera accompagné d'une augmentation de sa rémunération. Se prévaloir, dans de telles circonstances, de l'interdiction du travail forcé ou de la violation de la dignité humaine, ainsi que le fait le recourant, apparaît, dès lors, plutôt audacieux relativement à ce joueur. Au demeurant et sur un plan plus général, il faut bien voir que la grande mobilité des joueurs professionnels et leur fréquent changement d'employeur sont pour ainsi dire induits par les règles que la FIFA a édictées quant à la durée maximale du contrat de travail liant un joueur à un club de football et aux conditions d'un transfert subséquent de ce même joueur vers un autre club, mais aussi par la manière dont le système des transferts est appliqué à l'heure actuelle par les milieux intéressés. Toujours est-il que, dans le cas concret, une annulation de la sentence pour le motif invoqué par le recourant ne se justifierait pas.