Citation: 1P.547/2000 30.10.2000 E. 3

3.- Le Tribunal cantonal a également dénié à la recourante la qualité pour agir au motif que Y.________ et X.________, en témoignant dans le procès civil, auraient agi dans le cadre de leur fonction de directeurs du Cycle d'orientation. Seule la responsabilité de l'Etat serait engagée, à l'exclusion de celle de Y.________ et X.________, contre lesquels la recourante ne pourrait prendre des conclusions civiles. Conformément à ce qu'exige d'elle la jurisprudence (cf. ATF 119 Ia 13 consid. 2 p. 16; 107 Ib 264 consid. 3b p. 268), la recourante critique aussi cette solution, qu'elle tient pour arbitraire. a) A teneur de l'art. 4 al. 1 de la loi valaisanne du 10 mai 1978 sur la responsabilité des collectivités publiques et de leurs agents (LRCPA), l'Etat et les collectivités communales répondent du dommage causé illicitement à un tiers par un agent dans l'exercice de ses fonctions. L'agent n'est pas tenu personnellement envers le lésé de réparer le dommage (art. 5 LRCPA). b) Il est constant que Y.________ et X.________, en tant que directeurs du Cycle d'orientation, sont des agents au sens de l'art. 4 LRCPA. S'il va de soi qu'ils ont été appelés à témoigner sur des faits liés à l'exercice de leur fonction (soit l'utilisation du programme "GP-Untis" pour les besoins de l'organisation de l'établissement scolaire qu'ils dirigent), on ne saurait en déduire, comme le fait le Tribunal cantonal, qu'un faux témoignage entrerait dans le cadre des fonctions de l'agent public, pour lequel l'Etat verrait sa responsabilité engagée selon l'art. 5 LRCPA. Il est tout aussi choquant d'admettre, avec le Tribunal cantonal, que l'agent public devrait, en vertu de son devoir de fidélité, commettre un faux témoignage pour réduire le dommage mis à la charge de l'Etat. Poussée dans ses dernières limites, la solution retenue par le Tribunal cantonal en l'espèce pourrait signifier qu'un agent public qui refuserait de faire un faux témoignage en faveur de l'Etat recherché en responsabilité s'exposerait de ce fait à des sanctions disciplinaires, ce qui est manifestement insoutenable. L'arrêt attaqué produit en outre des effets qui vont au-delà de la question de la qualité pour agir de la recourante. Il tend à exclure toute possibilité pour un tiers, qu'il soit plaignant, lésé ou dénonciateur, de faire engager des poursuites pénales à raison d'un faux témoignage commis par un agent public, en relation avec son activité professionnelle, au motif que seule la responsabilité de l'Etat serait engagée. Sous cet aspect aussi, la solution retenue dans l'arrêt attaqué est arbitraire.