Citation: 5P.146/2001 26.06.2001 E. 1

a) En matière d'appréciation des preuves, le Tribunal fédéral reconnaît au juge du fait un large pouvoir d'appréciation (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). Il n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst. , que si l'autorité cantonale a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsque celle-ci a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec les pièces du dossier ou en interprétant celles-ci d'une manière insoutenable, lorsqu'elle a méconnu des preuves pertinentes ou s'est fondée exclusivement sur une partie des moyens de preuve (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 112 Ia 369 consid. 3 p. 371), ou encore lorsque des constatations de fait reposent sur une inadvertance manifeste ou sont évidemment fausses (ATF 116 Ia 85 consid. 2b p. 88 et les arrêts cités; 101 Ia 298 consid. 5 p. 306; 98 Ia 140 consid. 3a p. 142). b) Se référant au plan de situation, aux photographies déposées ainsi qu'à une lettre de la Commune de X.________, qui excluent la possibilité d'utiliser simultanément deux grues sur les lieux concernés, la cour cantonale a considéré que le pourvoi en nullité était pratiquement dépourvu de toutes chances de succès et que, partant, l'effet suspensif n'avait plus de raison d'être. c) On pourrait se demander si, dans les présentes circonstances, les juges cantonaux n'auraient pas dû trancher le litige sur le fond plutôt que simplement révoquer l'effet suspensif. Quoi qu'il en soit, il appert que leurs constatations ne procèdent pas d'une appréciation arbitraire des preuves. On ne voit pas en quoi il serait insoutenable de préférer l'opinion d'une commune d'une certaine importance, qui dispose dans le domaine des constructions de vastes compétences et certainement de responsables expérimentés et spécialisés en la matière, à celle contraire de l'un des recourants, fût-il un professionnel du bâtiment. Par ailleurs, pour motiver leur grief, ceux-ci n'opposent rien d'autre aux considérations de l'autorité cantonale - qui s'est référée aussi au plan de situation et aux photographies produites - que leur propre avis sur la question. En particulier, les affirmations de l'intimé, qu'ils citent dans leur recours, ne permettent pas de conclure que celui-là reconnaîtrait la possibilité d'une mise en service simultanée de deux grues sous certaines conditions (hauteurs différentes, limitation de charges). Quand bien même l'on devrait constater un accord des parties sur ce point, l'appréciation des magistrats intimés, fondée, comme il vient d'être dit, non seulement sur l'avis de la Commune de X.________, mais aussi sur le plan de situation et les photographies, ne serait pas encore arbitraire, à savoir en contradiction manifeste avec la situation effective ou avec le sentiment de la justice et de l'équité (cf. ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170 et les arrêts cités). Cette conclusion s'impose d'autant plus que les deux grues sont situées sur des chantiers différents qui ne sont manifestement pas soumis à une direction unique ou coordonnée.