Citation: 2C_207/2024 E. 4.3

4.3. Le Tribunal cantonal ne pouvait juger la cause sans laisser la possibilité au recourant de s'exprimer sur la prise de position du 27 février 2024 de la Direction de l'agriculture et sur les rapports du Service des affaires vétérinaires. L'intéressé a appris la production de ces documents uniquement en prenant connaissance de l'arrêt au fond, de sorte qu'il n'a pas eu l'opportunité de déposer des observations spontanées sur ceux-ci et qu'on ne peut donc considérer qu'il s'en est abstenu. On soulignera, au surplus, que les juges précédents ne pouvaient pas écarter ces écritures et pièces "au terme d'une appréciation anticipée des preuves", tel qu'ils l'ont fait dans l'arrêt attaqué (cf. arrêt attaqué consid. 2.2). En effet, si une autorité peut procéder d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont proposées, c'est pour renoncer à procéder à des mesures d'instruction, lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction et qu'elle a la certitude que ces dernières ne pourraient l'amener à modifier son opinion (cf. ATF 146 III 73 consid. 5.2.2; 145 I 167 consid. 4.1) et non pas pour mettre de côté des rapports en sa possession portant sur des faits qui se sont déroulés avant qu'elle ne rende sa décision. Comme le souligne le recourant, la maxime inquisitoire, qui prévaut en particulier en droit public, impose à l'autorité compétente de définir les faits pertinents (ATF 148 II 465 consid. 8.3) et l'oblige à prendre en considération d'office l'ensemble des pièces portant sur de tels faits qui ont été versées au dossier (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1).