Citation: 5A_612/2019 E. 6.2

6.2. En l'espèce, la Chambre civile a relevé qu'à l'instar de ce qu'avaient retenu les autorités pénales et le Tribunal de première instance, certains faits rapportés par le journaliste dans l'article paru le 16 mai 2015 étaient exacts, en particulier le fait que F.________ et ses sociétés avaient notamment déployé leurs activités dans le secteur de l'extraction et du négoce des matières premières, qu'ils avaient principalement développé leurs affaires dans des zones politiquement instables ou soumises à des régimes autoritaires, dont certains étaient notoirement corrompus, et que certains ex-cadres et employés de G.________ ainsi que des dirigeants des pays avec lesquels ils opéraient avaient été pénalement condamnés pour des actes en lien avec la corruption ou le blanchiment d'argent. Cela étant, quand bien même les diverses sources sur lesquelles le journaliste s'était fondé faisaient notamment état du système de corruption quasi institutionnalisé prévalant au Nigéria lorsque F.________ et son groupe y étaient actifs, aucune de ces sources ne permettait d'établir que les intéressés auraient commis des malversations ou infractions quelconques. L'autorité cantonale a noté que les déclarations de S.________ dans le cadre de la procédure pénale menée contre lui - déclarations selon lesquelles G.________ avait payé un ministre nigérian pour pouvoir obtenir des marchés pétroliers et qu'il s'agissait d'une pratique générale - n'avaient pas donné lieu à une enquête pénale contre G.________. Par ailleurs, en ce qui concernait l'affaire K.________, l'Office fédéral de la justice avait confirmé que G.________ n'était pas mentionnée directement dans la demande d'entraide. L'autorité cantonale a ensuite considéré que, s'il pouvait être légitime, au vu du contexte précité, de formuler une interrogation sur l'existence d'actes de corruption au sein de G.________, comme d'autres l'avaient fait par le passé, cela n'autorisait pas le journaliste à présenter les faits selon la manière choisie. En effet, la forme de la description employée était critiquable, tout comme l'impression d'ensemble dégagée par l'article. Les autorités pénales étaient d'ailleurs parvenues à la même conclusion en jugeant les éléments constitutifs objectifs de la diffamation réalisés. Les juges cantonaux ont ensuite développé point par point en quoi la forme de la description et l'impression d'ensemble dégagée par l'article était critiquable.