Citation: 9C_651/2015 E. 5.2

5.2. En l'espèce, sur le plan médical, l'intimé a été examiné, le 19 février 2008, par le docteur I.________, spécialiste en médecine interne et médecin traitant, à la demande de l'assurance-maladie ÖKK en vue d'un changement de la couverture dans l'assurance-maladie. Dans son rapport, ce médecin a mentionné qu'il n'avait constaté aucune pathologie depuis 2003, que le patient était guéri depuis mars 2003 et qu'aucune rechute n'était à prévoir. La première incapacité de travail de plus de 20 %, figurant au dossier, a été attestée par le docteur D.________ à partir du 22 avril 2008 (certificat du 23 avril 2008), rapport du 10 septembre 2008). Par la suite, les experts mandatés par l'AI, les docteurs F.________ et J.________, ont repris les constatations du docteur D.________ sur cette question sans les discuter (rapport du 23 juin 2009). Dans son rapport du 1er juin 2009, le docteur E.________ a considéré que la maladie dont souffre l'intimé avait été diagnostiquée le 22 avril 2008 mais qu'elle existait très vraisemblablement auparavant. Répondant à la question de savoir à partir de quand l'affection avait été symptomatique, ce médecin a estimé qu'un développement aussi rapide de la maladie - passage en approximativement 14 jours d'une pleine santé à une maladie chronique ayant des répercussions importantes sur la capacité de travail - n'était pas complètement exclu mais très exceptionnel (vraisemblance inférieure à 1 %). Dans son expertise judiciaire (rapport du 4 juin 2014), le docteur H.________ a précisé qu'il était hautement vraisemblable que l'assuré souffrait de troubles psychiques depuis le début de l'âge adulte même si ceux-ci n'avaient pas été d'emblée incapacitants. Selon l'expert, l'assuré a été plus gravement symptomatique de temps à autre, sachant que ce type de trouble "évolue de façon chronique avec une intensité fluctuante". L'expert en a déduit que le trouble schizotypique n'était pas apparu soudainement en 2008 mais qu'il avait pu rester relativement discret pendant des années. S'agissant de l'incapacité de travail liée à cette pathologie, l'expert a retenu qu'il n'était pas exclu qu'elle ait été diminuée depuis plusieurs mois sans que l'assuré "ait dû ou voulu le faire attester médicalement au vu de sa situation d'indépendant". Sur le plan économique, l'intimé a réalisé en 2007 un revenu pour son activité salariée de 44'640 fr. (selon déclaration d'impôts 2007) auquel s'ajoutent des honoraires encaissés de 70'779 fr. 95 (selon comptabilité du 1er janvier au 31 décembre 2007), soit un revenu brut de 115'419 francs. Ce montant est approximativement égal aux revenus obtenus pour les années 2005 et 2006. Ces données comptables et fiscales ne permettent pas d'établir une diminution de revenu en 2007 dont ou pourrait déduire une baisse de la capacité de travail d'au moins 20 % sur les périodes concernées comme le prétend en vain la recourante.