Citation: 6S.5/2006 24.02.2006 E. A

Par jugement du 8 avril 2005, le Tribunal d'arrondissement judiciaire II Bienne-Nidau a condamné X.________, pour délit manqué de lésions corporelles graves par dol éventuel, violence et menaces contre les fonctionnaires et délit manqué de meurtre par dol éventuel, à cinq ans de réclusion, sous déduction de la détention provisoire subie, et à l'expulsion à vie du territoire suisse. Il a ordonné son internement, l'exécution de la peine privative de liberté étant suspendue au profit de cette mesure. Cette condamnation repose pour l'essentiel sur les faits suivants. A.a X.________ est né en 1979 en Algérie, où il a grandi. Après avoir séjourné successivement en Tchéquie et en Allemagne, il est venu en Suisse, où il a déposé une demande d'asile. Il a été placé dans un centre à A.________, puis dans la région de B.________. Suite au rejet de sa demande d'asile, il a été placé en détention le 20 septembre 1997 en vue de son refoulement, puis libéré, l'exécution de son renvoi n'étant pas possible sur le plan technique. Concernant ses antécédents, il a été condamné, par jugement du 14 janvier 2000, pour lésions corporelles graves et homicide par négligence, à 5 ans de réclusion et à une expulsion du territoire suisse pour une durée de 10 ans, après avoir donné un coup de couteau dans les reins d'un compatriote, le 22 mai 1998, à Berne. X.________ souffre d'une dépendance au cannabis depuis l'âge de 17 ou 18 ans. Il s'est également signalé négativement à maintes reprises lors de ses séjours en centre d'accueil ou en prison. A.b Le 9 juillet 2002, à C.________, deux agents de la police cantonale se sont présentés chez X.________ et lui ont demandé de les suivre sur ordre de la police des étrangers. Ils ont tout d'abord refusé de le laisser se doucher avant de partir, comme il le demandait, puis l'y ont autorisé en précisant qu'ils resteraient dans la chambre. De plus en plus énervé en dépit du comportement correct des policiers, X.________ a grimpé sur le rebord de la fenêtre, en est redescendu, a saisi un couteau qui se trouvait ouvert sur sa chaise et l'a agité en direction des agents proches de lui. Il a ensuite réussi à s'enfuir, mais a été poursuivi par l'un des policiers. A un moment, alors qu'il pouvait continuer à fuir, X.________ a fait face à son poursuivant et a effectué des gestes offensifs dans sa direction avec le couteau tenu à plat dans sa main droite. Il a ensuite saisi son arme comme un poignard, dans le poing fermé et en dirigeant la lame vers le bas. L'agent a tenté de le désarmer. X.________ a alors frappé d'estoc, soit la pointe en avant, blessant profondément la jambe gauche de son adversaire. A.c Le 17 mai 2003, X.________ a agressé au couteau D.________, qui a pu se protéger en usant de son sac en plastique comme d'une sorte de bouclier. L'assaillant est alors parti. A la suite de cette altercation, la victime a cherché son agresseur pour connaître les raisons de son comportement. Les deux hommes se sont à nouveau croisés sur le parvis de la Reithalle. Ils ont eu une très brève bagarre au cours de laquelle X.________ a à nouveau porté des coups de couteau à la victime qui avait les mains nues. Il l'a ensuite abandonnée à son propre sort. La victime a subi quatre blessures, toutes d'une longueur de deux centimètres environ. Celle infligée au niveau de la rate a provoqué la perte de trois litres de sang au moins qui se sont épanchés dans le ventre de D.________, dont la vie n'a pu être sauvée que par l'intervention massive du corps médical. A.d Le recourant a été soumis à une expertise psychiatrique rendue le 2 novembre 2004.