Citation: U 34/06 01.03.2007 E. 5

5.1 La juridiction cantonale a nié l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'atteinte à la santé invoquée par le recourant dans sa demande de rente d'invalidité de novembre 2002 et l'accident assuré. En l'absence de tout rapport médical contradictoire, elle s'est fondée pour cela sur l'avis du docteur B.________ du 18 mars 2004, selon lequel les plaintes et les limitations du recourant sont pratiquement exclusivement imputables à l'affection du rachis dont ce dernier est atteint et aux suites de l'opération qu'il a subie à la colonne lombaire en 1974. Partant les suites de l'accident du 15 décembre 1991 n'entraînaient aucune conséquence sur la capacité de travail de l'assuré. De son côté, le recourant conteste le point de vue des premiers juges, en alléguant, en substance, que l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les atteintes à sa santé, ou du moins certaines d'entre elles, et l'accident du 15 décembre 1991 est très vraisemblable. Il se fonde pour cela sur l'avis du 16 janvier 2006 du docteur M.________ produit en procédure fédérale. 5.2 Selon le docteur M.________, l'assuré présente à l'examen un défaut de flexion dorsale de la cheville, une diminution de la sensibilité liée à la lésion du nerf péronier latéral et un raccourcissement du tibia de 1,5 à 2 cm (consécutifs à l'accident du 15 décembre 1991). La première de ces atteintes associée au raccourcissement entraîne une marche en rotation externe de la jambe qui provoque à son tour une surcharge au niveau du genou et de la hanche. La lésion dégénérative du trochiter peut être expliquée par la surcharge de l'iliopsoas liée à cette mauvaise démarche depuis de nombreuses années. Le raccourcissement du tibia et le défaut de rotation provoquent des charges non physiologiques, responsables à raison d'au moins 60 % des douleurs ressenties par l'assuré et à 100 % pour les problèmes de marche présentés par le patient. Le docteur M.________ est d'avis que les liens de causalité naturelle entre la fracture de la jambe et les douleurs ressenties par le patient ne sont pas bien corrélés par l'expert. De surcroît, à son sens, le docteur B.________ n'a pas toujours répondu de manière claire aux questions spécifiques posées par l'assurance-accidents. 5.3 Le rapport du docteur M.________ est de nature à jeter un doute sur la pertinence des conclusions de l'expert en ce qui concerne l'appréciation des conséquences des séquelles de l'accident incriminé sur la capacité de travail du recourant. Au regard des constatations objectives du docteur M.________, on peut sérieusement se demander si le docteur B.________ n'a pas suffisamment tenu compte de la fracture complexe de la jambe - et de ses implications notamment au niveau du genou et de la hanche - dans le cadre de l'estimation de la capacité de travail. Dans ces circonstances, la cause n'est pas en état d'être jugée. Dès lors, convient-il de la renvoyer à l'intimée pour qu'elle mette en oeuvre une nouvelle expertise afin de déterminer si et dans quelle mesure les troubles dont souffre le recourant sont en rapport de causalité naturelle avec l'accident du 15 décembre 1991. L'expert sera également appelé à indiquer dans quelle mesure ils affectent la capacité de travail de l'intéressé. Enfin, il lui incombera de dire quelles activités sont exigibles de la part de l'assuré et de fixer, le cas échéant, le degré d'atteinte à l'intégrité des affections post-traumatiques diagnostiquées.