Citation: 2C_1044/2020 E. 5.1

5.1. Comme exposé ci-dessus (cf. supra consid. 4.2), les art. 37 al. 2 LHRCH/NE et 48 al. 1 LHRCH/NE mettent tous deux à la charge de tiers (notamment des bailleurs), sur demande du service communal du contrôle des habitants, une obligation de renseigner ce dernier. Les titulaires desdits renseignements diffèrent toutefois en fonction des dispositions précitées. L'art. 37 al. 2 LHRCH/NE ne concerne en effet que les informations au sujet de "personnes déterminées", alors que l'art. 48 al. 1 LHRCH/NE porte sur celles concernant les "personnes tenues de s'annoncer" - à savoir notamment celles qui, selon l'art. 39 al. 1 LHRCH/NE, séjournent dans la Commune au-delà de trois mois et sont ainsi tenues de déclarer leur arrivée - mais qui ont omis de s'acquitter de ladite déclaration obligatoire. Sous cet angle, l'art. 48 al. 1 LHRCH/NE a une teneur et une portée identiques à celle de l'art. 12 al. 1 let. b LHR. Il s'agit donc de droit cantonal harmonisé, dont le Tribunal fédéral examine librement l'interprétation et l'application par les autorités cantonales (cf. supra consid. 2.1). Il en va toutefois autrement de l'art. 37 al. 2 LHRCH/NE. Non seulement sa teneur diffère de celle de l'art. 12 al. 1 let. b LHR s'agissant des personnes pouvant être visées par la demande de renseignements, mais il ne subordonne en outre pas l'obligation des bailleurs de renseigner à l'omission préalable de leurs locataires de s'acquitter de leur devoir de déclarer leur arrivée. Cette disposition apparaît ainsi consacrer une obligation, non pas subsidiaire, mais générale des tiers de renseigner le contrôle des habitants, notamment afin que celui-ci puisse exercer les attributions qui sont les siennes au sens de l'art. 37 al. 1 LHRCH/NE. Or, dans la mesure où, ni la LHR, ni l'OHR ne traitent de telles attributions respectivement d'une obligation de renseigner des tiers qui ne serait pas subsidiaire à l'obligation d'annonce de la population, il convient d'admettre que le droit fédéral laisse une certaine marge de manoeuvre aux cantons en la matière. Aucun motif ne justifie dès lors de revoir librement l'interprétation et l'application de l'art. 37 al. 2 LHRCH dans le cadre d'un recours devant le Tribunal fédéral (cf. supra consid. 2.1 in fine).