Citation: 5A_400/2021 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, seule est litigieuse la question de savoir si la recourante a valablement établi un lien entre les contrats produits et les livraisons qu'elle invoque. Cette question ayant trait à l'existence d'un titre de mainlevée, elle relève de l'application du droit (cf. supra consid. 5.1), et non de l'établissement des faits comme le soulève à tort la recourante. La recourante ne conteste pas que les dates de délivrance du pétrole prévues contractuellement ne correspondent pas à celles ressortant des documents précités ni à celles qu'elle a alléguées. Elle ne prétend pas non plus que les factures et les connaissements qu'elle a produits font référence aux contrats sur lesquels elle fonde sa créance, mais soutient qu'une mise en relation des divers documents produits, en particulier des courriels d'accompagnement par lesquels elle a communiqué les factures à l'intimée et qui mentionnent sous la rubrique " objet " le numéro des contrats, aurait permis à la cour cantonale de faire un lien clair entre les connaissements et les contrats. Or, sur ce dernier point, il ne ressort pas de l'arrêt querellé que la recourante aurait valablement allégué l'existence et le contenu de ces courriels au cours de la procédure cantonale et, partant, expliqué le rattachement entre les contrats et les livraisons dont il est question dans les factures et les connaissements. La recourante ne prétend d'ailleurs pas le contraire puisqu'elle estime dans son recours que la cour cantonale devait " faire l'exercice de mettre en lien les connaissements, les factures spécifiques aux intérêts, la correspondance échangée entre les parties et les contrats ". Compte tenu des critiques de l'intimée sur l'absence de référence ou de renvoi des contrats signés aux connaissements et sur l'impossibilité de rattacher les livraisons référencées aux contrats de vente respectifs dans les pièces produites, il lui appartenait de fournir au juge les explications nécessaires pour procéder à ce rattachement sur la base des pièces produites, en précisant comment les documents présentés s'articulaient. Faute de l'avoir fait, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir contrevenu à l'art. 82 LP en considérant que la recourante n'était pas au bénéfice d'un titre de mainlevée valable. Le fait que la recourante allègue avoir produit, à l'appui de sa duplique au recours devant la cour cantonale, des documents relatifs à une procédure d'arbitrage qui auraient permis à celle-ci de faire ce lien n'y change rien. Postérieures au jugement de première instance, ces pièces ne peuvent constituer un tel titre, étant rappelé qu'au demeurant les preuves nouvelles sont irrecevables devant l'autorité cantonale de recours (art. 326 al. 1 CPC; arrêt 5A_894/2014 du 12 février 2015 consid. 5 et les références citées). Il s'ensuit que la critique de la recourante concernant le rattachement entre les contrats signés et les livraisons de pétrole ainsi que les griefs d'arbitraire dans l'établissement des faits et de violation de son droit d'être entendue relatifs à la production des écritures de la procédure d'arbitrage en appel sont, autant que recevables, mal fondés. Ces considérations scellent le sort de la cause. La recourante n'ayant pas établi être en possession d'un titre de mainlevée, il n'y a en effet pas lieu d'examiner sa critique en lien avec une éventuelle contre-preuve de l'intimée.