Citation: 1B_607/2020 E. 2.3

2.3. Ce raisonnement peut être confirmé. Le recourant ne développe d'ailleurs aucune argumentation propre à le remettre en cause. Il se limite en effet essentiellement à substituer pour l'ensemble des griefs évoqués sa propre appréciation des faits sans démontrer en quoi celle effectuée par l'autorité précédente serait arbitraire. Tel n'est notamment pas le cas des constatations de la cour cantonale en lien avec la personne à l'origine du dépôt de plainte de C.________ puisque la signature du policier sur le procès-verbal d'audition ne permet que d'attester des propos alors tenus, mais non pas de leur véracité. Il ne peut pas non plus être fait grief à la Procureure intimée de n'avoir pas considéré, à ce stade encore précoce de l'enquête et au vu des infractions dénoncées, que l'enregistrement audio litigieux constituerait d'emblée un moyen de preuve inexploitable; la jurisprudence permet en effet, à certains conditions, l'exploitation des enregistrements effectués par une personne privée (cf. arrêt 6B_1282/2019 du 13 novembre 2020 consid. 1.1 destiné à la publication). Par le biais de la procédure de récusation, le recourant ne saurait d'ailleurs obtenir le retrait du dossier pénal de cet enregistrement. Il ne peut pas non plus dans ce cadre remettre en cause l'absence d'ordonnance de jonction des procédures - dans la mesure où une telle décision aurait été nécessaire - et le refus de la Procureure intimée de disjoindre la procédure concernant le brigandage de celles relatives aux plaintes des 1eret 30 juin 2020, décision contre laquelle il n'a au demeurant pas recouru (cf. consid. 2.3.6 p. 17 de l'arrêt attaqué). Certes, ainsi que l'a retenu l'autorité précédente, le défaut de mention au procès-verbal des opérations ou de versement d'actes au dossier n'est pas dénué de toute critique. Cela étant et au regard des circonstances d'espèce, les omissions de la Procureure intimée ne constituent pas des erreurs lourdes ou répétées susceptibles d'entraîner sa récusation. Il apparaît en effet que ses actes tendaient avant tout à pouvoir disposer rapidement du dossier de la plainte du 1er juin 2020 sans attendre l'issue - a priori connue et non contestée par le recourant - de la reprise de for par les autorités vaudoises, ce qui ne prête pas le flanc à la critique. En effet, la loi permet des échanges au cours de la procédure de reprise de for (cf. art. 39 al. 2 CPP) et donne des compétences notamment aux policiers, sur directives du Ministère public ou en raison de leurs propres constatations, pour procéder, le cas échéant, à des investigations préalablement à toute ouverture formelle d'instruction (cf. notamment les art. 300 al. 1 let. a, 306, 307 et 309 al. 1 let. a CPP; sur ces notions, voir arrêt 6B_290/2020 du 17 juillet 2020 consid. 2.2 et les arrêts cités), possibilités que le recourant ne remet pas en cause. Cela suffit pour expliquer les démarches entreprises par la Procureure intimée, ainsi que la tenue de l'audience du 10 juin 2020. En outre, s'agissant des éléments visés par les échanges litigieux, il doit également être pris en compte que la plainte pénale du 1er juin 2020 a été formellement versée le 5 suivant au dossier PE18.002726 et que l'enregistrement audio a été porté à la connaissance du recourant cinq jours plus tard, ce qui ne semble pas contraire au principe de célérité et/ou aux intérêts du recourant.