Citation: 4C.106/2000 13.09.2000 E. 1

c) Si l'on s'en tient aux circonstances et aux constatations de fait qui ressortent de l'arrêt attaqué, la solution adoptée par la cour cantonale est parfaitement fondée. L'acte illicite commis par Brillantes a indiscutablement été réalisé dans la gestion des affaires de la société défenderesse; c'est dans le cadre de cette activité que le demandeur lui a remis les 100'000 US$ litigieux, après que Brillantes se fut présenté clairement comme un organe de la société. La gestion de ce patrimoine entrait, par ailleurs, dans le cadre des attributions générales du directeur et unique employé de la société, ainsi que cela ressort de l'inscription au registre du commerce, qui revêt une importance beaucoup plus déterminante que ne le soutient la défenderesse. De toute façon, il est constant et incontesté que Brillantes était autorisé à gérer ou à représenter la société et qu'il avait la compétence de prendre des décisions indépendantes en sa qualité de directeur, ainsi que de participer effectivement à la gestion des affaires sociales. Dans ce contexte, le fait que l'accord écrit sur la gestion des 100'000 US$ ait été passé entre le demandeur et Brillantes sans mention de la société défenderesse ne permet pas de nier que le contrat de gestion a été conclu avec celle-ci ni d'affirmer qu'un accord a été passé entre le demandeur et Brillantes seul. Les réflexions de la défenderesse sur le comportement du demandeur après la découverte de l'abus de confiance sont dénuées de toute pertinence pour juger de la responsabilité de la société; contrairement à ce que soutient la défenderesse, l'attitude du demandeur n'a rien d'incompatible avec la constatation selon laquelle, pour celui-ci, l'activité de Brillantes se confondait nécessairement avec celle de la société. Enfin, rien ne permet de dire, au vu de l'ensemble des circonstances, que Brillantes a agi manifestement à titre particulier et non pas pour la société; la conclusion de la cour cantonale apparaît donc comme parfaitement justifiée et relève d'une application correcte du droit fédéral. Le recours ne peut dès lors qu'être rejeté et l'arrêt attaqué confirmé.