Citation: 6B_1014/2017 E. B

Par jugement du 16 juin 2017, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a partiellement admis l'appel formé par X.________ contre ce jugement et l'a réformé en ce sens que le prénommé est condamné, pour vol, contrainte sexuelle, viol et contravention à la LStup, à une peine privative de liberté de 8 ans ainsi qu'à une amende de 500 fr., sous déduction de 214 jours de détention avant jugement. Elle a confirmé le jugement pour le surplus. La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. X.________, ressortissant marocain, serait né entre 1995 et 1998. Il n'a pas contesté avoir été majeur à l'époque des faits qui lui ont été reprochés. Il aurait été élevé par ses parents jusqu'à l'âge d'environ 4 ans, avant d'être placé dans une maison d'accueil. Il aurait perdu tout contact avec ses parents et frères, et aurait principalement grandi dans la rue, sans aller à l'école. Il aurait quitté le Maroc pour gagner l'Espagne, pays dans lequel il est connu pour des faits qualifiés de "vols, résistance et désobéissance". Il aurait également séjourné aux Pays-Bas. X.________ est enregistré comme requérant d'asile en Suisse depuis le 14 mai 2016. Il est titulaire d'un permis N. Son casier judiciaire suisse ne comporte aucune inscription. B.b. Depuis le 20 mai 2016 jusqu'au 11 juillet 2016, X.________ a consommé du cannabis, à raison de deux ou trois joints par jour. Il a financé ses achats de drogue au moyen de l'argent reçu de l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (ci-après : EVAM). B.c. Le 16 juin 2016, X.________, agissant avec un comparse, a dérobé un téléphone cellulaire à la gare CFF de Lausanne. B.d. B.d.a. Le 22 juin 2016, A.________, née en 1999, a passé la fin de l'après-midi avec des amis à faire des grillades. Elle a bu deux bières et s'est sentie joyeuse, mais pas ivre. Devant rentrer chez elle, à B.________, elle s'est rendue à la gare de Lausanne pour y prendre son train. Entre 19 h 40 et 20 h, X.________ l'a repérée et, alors même que tous deux ne se connaissaient pas, l'a abordée. Les deux intéressés se sont adressés la parole sur le quai 9 pour la première fois. A.________ a notamment indiqué son prénom à son interlocuteur et lui a dit qu'elle prenait le train afin de rentrer chez elle. Elle aurait également déclaré à X.________, qui le lui demandait, qu'elle n'avait pas de copain. Le prénommé s'est cru autorisé à embrasser la jeune fille sur la bouche. Celle-ci, quelque peu surprise, s'est laissée faire. Il s'agissait pour elle de la première fois qu'elle embrassait un garçon. Elle n'a toutefois pas particulièrement apprécié l'expérience et s'est écartée de X.________ pour aller s'asseoir un peu plus loin sur le quai. Ce dernier l'a rejointe et a tenté de l'embrasser à nouveau, mais la jeune fille l'a repoussé. Le train reliant B.________ à Lausanne est alors arrivé en gare et les deux intéressés sont montés dans un wagon. B.d.b. Avant même que le convoi démarre, X.________ a entraîné A.________ de force dans les toilettes, en la saisissant par le poignet, puis en la poussant à l'intérieur des commodités. Il a immédiatement verrouillé la porte qui se trouvait derrière lui, au moyen du loquet, et s'est précipité sur la jeune fille pour l'embrasser sur la bouche, en introduisant sa langue. Sous le choc et prise au piège, A.________ ne l'a tout d'abord pas repoussé. X.________ l'a plaquée contre la porte circulaire des toilettes. Lorsque A.________ a tenté de se débattre, le prénommé l'a fermement saisie par le cou avec une main et a serré l'étreinte, tout en continuant à l'embrasser. Tétanisée, A.________ n'a plus osé bouger. X.________ avait dès lors brisé sa résistance et lui a fait subir toutes sortes d'actes sexuels. Il a tout d'abord ôté sa ceinture, puis son pantalon et a sorti son sexe qui n'était pas en érection. Il a, sans mot dire et à l'aide de ses deux mains, forcé A.________ à se mettre à genoux alors qu'il restait debout. Il l'a ensuite tenue de chaque côté de la tête et a introduit son pénis dans sa bouche afin qu'elle lui prodigue une fellation. La jeune fille a tenté de fermer la bouche et de faire des mouvements d'évitement avec la tête. X.________ s'est alors reculé, puis a retourné la jeune fille afin de plaquer l'avant de son corps au sol. Celle-ci s'est retrouvée avec la tête qui touchait presque terre. X.________ lui a descendu le pantalon et le slip en bas des jambes. Il s'est agenouillé derrière elle et l'a pénétrée de force, sans préservatif, à plusieurs reprises, analement et vaginalement, sans éjaculer. B.d.c. A proximité de l'arrêt C.________, soit à environ 34 minutes du départ de Lausanne, une personne a frappé à la porte des toilettes, ce qui a fait cesser les agissements de X.________, lequel s'est retiré de A.________. Il a retourné cette dernière face à lui et lui a saisi le visage avec ses mains, afin de l'embrasser à nouveau sur la bouche en introduisant sa langue. Apeurée et choquée par ce qu'elle venait de subir, A.________ n'a pas repoussé le jeune homme. Celui-ci s'est mis debout et s'est rhabillé, sans s'enquérir de la prénommée, qui était toujours à terre. A.________ s'est levée à son tour, a remonté ses vêtements et a immédiatement voulu sortir des toilettes en tentant de tourner le loquet. X.________ l'en a empêchée en la repoussant avec ses mains. Il lui a indiqué le lavabo en lui faisant comprendre qu'elle devait boire de l'eau. Après que la jeune fille se fut exécutée, X.________ a ouvert la porte des toilettes et celle-ci a pu constater que le train se trouvait avant l'arrêt de D.________, soit à environ 40 minutes du départ de Lausanne. A.________ n'a pas été en mesure de demander de l'aide aux quelques passagers qui se trouvaient sur des banquettes voisines. Elle s'est assise sur la banquette vide la plus proche et X.________ s'est installé à ses côtés. Les images de vidéo-surveillance montrent que le prénommé et A.________ ont échangé un baiser. A l'arrêt de D.________, celle-ci est parvenue à dire à X.________ de partir. Ce dernier lui a demandé son numéro de téléphone, qu'elle n'a pas donné. Une fois dehors, X.________ est resté sur le quai à regarder la jeune fille, posant une main contre la vitre du wagon. Les images de vidéo-surveillance montrent que A.________ a fait un signe de la main. Lorsque le train est reparti, celle-ci s'est effondrée en pleurs. Elle est sortie du train à B.________ et a appelé sa meilleure amie pour lui faire part de ce qu'elle venait de subir. B.d.d. Le lendemain, sur le conseil de sa meilleure amie, A.________ s'est rendue tout d'abord au planning familial, où la pilule du lendemain lui a été prescrite, puis aux urgences gynécologiques du CHUV. Selon le rapport établi par ce service, la prénommée a subi une déchirure de l'hymen en "V" fraîche, complète, postérieure et non hémorragique, deux déchirures de la muqueuse vaginale - l'une sur la paroi antérieure gauche de 2 cm de longueur et l'autre de 1,5 cm de long sans que le côté ne soit précisé - un érythème de la muqueuse dans la région de la fourchette vaginale et une dermabrasion au niveau des plis radiaires de l'anus d'environ 1,5 cm de diamètre. Elle a bénéficié d'un traitement préventif contre une éventuelle infection du VIH. Au cours de l'examen clinique réalisé le 24 juin 2016 par le Centre universitaire romand de médecine légale ont en outre été objectivées les lésions suivantes : - deux ecchymoses au niveau du cou, l'une en région latéro-cervicale droite discrète légèrement pétéchiale mesurant 2,5 cm sur 1 cm, et l'autre mesurant environ 5,5 cm sur 2 cm sur la partie latéro-cervicale gauche; - au niveau des membres inférieurs, plusieurs ecchymoses à la jambe droite (deux ecchymoses discrètes de 1 cm de diamètre et 1,5 cm sur 1 cm), ainsi qu'une dermabrasion à la jambe gauche (croûteuse et verticale s'étendant sur 3 cm de long). B.d.e. A.________ a été suivie par une psychologue durant cinq séances, dès le 23 juin 2016. Dans un rapport du 19 janvier 2017, la psychologue a notamment mentionné que sa patiente était arrivée à son cabinet dans un état émotionnel très fragile, qu'elle était recroquevillée, avait de la peine à raconter les événements et semblait honteuse. La psychologue a attesté du fait que la jeune fille présentait un état de choc, un état de stress aigu typique des individus qui ont vécu un événement potentiellement traumatique. A.________ a repris une thérapie au début du mois de février 2017. La psychopraticienne l'ayant reçue a attesté de la présence de signes distincts de stress post-traumatique, accompagnés de troubles du comportement alimentaire de type anorexie mentale "sans aucun doute possible liés à l'agression sexuelle subie". Enfin, la prénommée a dû prendre des médicaments pour éviter tout risque d'infection du VIH, lesquels ont tout d'abord eu des effets secondaires tels que nausées et vomissements. Elle a également dû subir des prises de sang à intervalles réguliers jusqu'à la fin du mois de décembre 2016. A.________ est dépressive, a interrompu ses études alors qu'elle était auparavant une étudiante brillante. Elle ne sort plus de chez elle, n'a plus de contact avec ses amis et a perdu près de 10 kilos. Les membres de sa famille, notamment sa soeur et son frère cadet, sont perturbés par l'état de santé physique et psychique de la jeune fille qui, avant les événements du 22 juin 2016, était une personne gaie, enjouée et dynamique. B.e. Le 29 juin 2016, dans le métro à Lausanne, X.________ a dérobé le porte-monnaie d'une personne dans son sac à dos. B.f. Le même jour, toujours dans le métro, le prénommé a dérobé le porte-monnaie d'un tiers. B.g. Toujours à la même date et au même endroit, X.________ a subtilisé un téléphone cellulaire dans le sac d'une femme.