Citation: 5P.354/2003 11.11.2003 E. 3.2

3.2.1 Le recourant reproche notamment à la Cour d'appel d'avoir omis de tenir compte, dans l'évaluation de sa capacité de gain hypothétique, du fait qu'il travaillait déjà à 50% au moment du divorce. Cette question ne relève pas de l'appréciation des preuves, mais de l'application du droit fédéral, partant, du recours en réforme, en l'occurrence ouvert; le moyen est dès lors irrecevable dans le recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ). Il en va de même du grief selon lequel l'autorité cantonale aurait fait preuve d'une "mansuétude inégalitaire" en estimant qu'on ne pouvait exiger de l'intimée, vu son âge, la prise d'une activité lucrative, sans tenir compte du fait que les parties vivent séparées depuis plus de dix ans. 3.2.2 Selon le recourant, l'autorité cantonale a considéré de manière insoutenable qu'il était réellement en mesure de gagner 2'000 à 3'000 fr. de plus par mois en travaillant comme salarié, et qu'il se contentait d'une activité à 50% pour échapper aux saisies de l'office des poursuites. Il objecte que ce mi-temps est dicté par des problèmes de santé, dont la Cour d'appel n'aurait arbitrairement pas tenu compte. L'arrêt attaqué ne contient toutefois aucune constatation sur ce point. Or, le recourant ne prétend pas, ni a fortiori ne démontre, qu'il aurait tenté de rapporter la preuve d'une éventuelle maladie, laquelle ne peut dès lors être tenue pour établie. Cette critique est par conséquent irrecevable. 3.2.3 Dans un autre grief, le recourant soutient que la Cour d'appel est tombée dans l'arbitraire en estimant qu'il pouvait suivre une formation continue, afin d'exécuter des travaux confiés à des sous-traitants. A cet égard, l'arrêt attaqué retient qu'à l'audience du 3 juillet 2003, l'intéressé a déclaré que la société Z.________ SA - dont il est le président du conseil d'administration - sous-traite des travaux d'ingénieurs qu'il ne peut pas effectuer, car il a obtenu son diplôme il y a trente ans, sans jamais suivre de formation continue, et n'a pas assez d'expérience comme dessinateur. De l'avis de l'autorité cantonale, il faut admettre, au vu de ces déclarations, que le recourant ne fait aucun effort pour augmenter son temps de travail; or, il serait en mesure de le faire malgré la situation économique défavorable, notamment en utilisant son mi-temps de libre pour suivre une formation continue, ce qui lui permettrait d'exécuter les travaux confiés en sous-traitance ou, à tout le moins, une partie de ceux-ci. Il pourrait ainsi gagner, en moyenne, 2'000 fr. de plus par mois puisque ces travaux, dont l'importance varie, représentent mensuellement jusqu'à 3'000, voire 4'000 fr. Le recourant expose que cette solution ne repose sur aucun élément du dossier et que rien ne permet de penser qu'elle soit réellement applicable. De plus, aucune question ne lui a été posée sur les possibilités effectives de suivre une telle formation, ni sur ses implications; or, il ne s'agit pas d'un fait notoire, l'existence de cours adaptés à des personnes de cinquante-six ans "n'étant pas connue". Il relève encore qu'il se trouve à un âge où l'on est plutôt prié de prendre une retraite anticipée que de commencer une nouvelle formation. Ce faisant, le recourant se contente d'opposer son opinion à celle de l'autorité cantonale, sans démontrer en quoi les constatations incriminées seraient manifestement insoutenables (art. 90 al. 1 let. b OJ). De nature appellatoire, son argumentation ne peut dès lors être prise en compte. 3.2.4 Le recourant soutient encore que la cour cantonale a arbitrairement apprécié les preuves en retenant, sur la base de ses seules déclarations, qu'il pourrait gagner mensuellement 2'000 à 3'000 fr. de plus en travaillant comme salarié. Selon lui, ses dires doivent être replacés dans leur contexte et ne signifient pas qu'une telle possibilité lui serait effectivement offerte, étant donné son âge et la situation économique défavorable. De telles allégations ne sont pas suffisantes au regard des exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Quoi qu'il en soit, l'autorité cantonale n'a pas considéré que la seule possibilité pour le recourant d'augmenter ses revenus serait de travailler comme salarié; elle a également estimé, sans arbitraire (cf. supra, consid. 3.2.3), qu'il serait en mesure d'effectuer, moyennant une formation, des travaux actuellement confiés à des sous-traitants. La décision attaquée n'apparaît ainsi de toute façon pas insoutenable.