Citation: 5A_105/2023 E. 4.1

4.1. La recourante relève que sa fille n'a jamais pu vivre auprès d'elle à l'exception des quatre premières semaines de sa vie. Elle reproche à l'autorité de protection de ne pas avoir évalué si la mise en place de mesures moins incisives que le placement en foyer pouvaient être ordonnées, notamment par le biais de plusieurs mesures de protection combinées entre elles. Elle rappelle que l'obtention de son nouveau logement lui permet de concrétiser sur le plan matériel la possibilité d'accueillir sa fille puisqu'elle dispose désormais d'une chambre pour elle. Sur le plan médical également, l'obtention de ce logement avait permis d'importants changements dans sa situation. La Dre L.________ avait indiqué dans son rapport que la recourante ne présentait pas "d'éléments psychotiques, notamment pas d'affects inappropriés, pas de bizarrerie du contact ou du discours, pas de perplexité, pas d'éléments paranoïaques vraiment délirants, juste ce que l'on pouvait attendre d'une jeune femme dans une grande précarité et isolement social, à qui on interdit de voir son bébé de 8 mois durant 2 mois". La recourante soutient s'être de tout temps comportée de manière adéquate avec sa fille. Le danger théorique qu'elle faisait peser sur celle-ci ne s'était jamais concrétisé, de sorte qu'il fallait admettre, compte tenu des changements drastiques survenus depuis la réalisation de l'expertise du 2 juin 2021, que ce danger hypothétique n'était plus d'actualité. Par ailleurs, un placement en famille d'accueil mettrait l'enfant dans une situation où un éventuel retour au domicile de sa mère pourrait menacer son développement au vu de l'attachement à d'éventuels parents nourriciers et dès lors tomber sous le coup de l'art. 310 al. 3 CC. Il en découlerait un dommage important irréparable et durable dans la relation mère-fille, contraire aux droits respectifs de ces dernières. Le retrait de la garde et le placement se révélaient donc disproportionnés et incompatibles avec le développement de l'enfant et violait le principe de proportionnalité et les art. 310 CC et 28 al. 2 LEJ.