Citation: 6B_1150/2014 E. 4

Le recourant conteste, enfin, la confiscation et la destruction des objets séquestrés en cours d'enquête. Il estime que cette mesure lui cause un dommage important et évitable. Il fait valoir que les deux disques durs séquestrés chez lui contiennent des plans, images et travaux représentant 20 ans de travail et que leur destruction est disproportionnée. Il soutient qu'il aurait été possible d'ordonner, à ses frais, l'effacement des images liées aux infractions ou encore de permettre la copie des documents professionnels qu'il entend sauvegarder. Selon l'art. 69 CP, le juge prononce la confiscation d'objets qui ont servi ou devaient servir à commettre une infraction ou qui sont le produit d'une infraction, si ces objets compromettent la sécurité des personnes, la morale ou l'ordre public (al. 1). Le juge peut ordonner que les objets confisqués soient mis hors d'usage ou détruits (al. 2). Il doit y avoir un lien de connexité entre l'objet à confisquer et l'infraction, en ce sens que celui-ci doit avoir servi ou devait servir à la commission d'une infraction (instrumenta sceleris) ou être le produit d'une infraction (producta sceleris). En outre, cet objet doit compromettre la sécurité des personnes, la morale ou l'ordre public. Cela signifie que, dans le futur, ce danger doit exister et que, précisément pour cette raison, il faut ordonner la confiscation en tant que mesure de sécurité. Par conséquent, le juge doit poser un pronostic quant à la vraisemblance suffisante que l'objet, dans la main de l'auteur, compromette à l'avenir la sécurité des personnes, la morale ou l'ordre public (ATF 130 IV 143 consid. 3.3.1). La confiscation d'objets dangereux constitue une atteinte à la garantie de la propriété selon l'art. 26 Cst. et elle est soumise pour cette raison au principe de la proportionnalité (art. 36 Cst.). Le respect de ce dernier implique d'une part que la mesure qui porte atteinte à la propriété est propre à atteindre le but recherché et d'autre part que ce résultat ne peut pas être obtenu par une mesure moins grave (ATF 137 IV 249 consid. 4.5 p. 256 et l'arrêt cité). Lorsque les conditions pour ordonner la mesure ne sont remplies que pour certaines parties d'un objet, ces parties seules seront confisquées, si cela est possible sans endommager gravement l'objet et sans engager des dépenses disproportionnées ( MADELEINE HIRSIG-VOUILLOZ, Commentaire romand, Code pénal I, 2009, n. 34 ad art. 69 CP). La cour cantonale a constaté que les supports informatiques saisis contiennent des milliers d'images et de vidéos parmi lesquelles de très nombreuses représentations tombant sous le coup de la loi pénale, de sorte qu'une tentative de recherche et d'effacement des données illicites sur les disques durs mobiliserait un ou des policiers durant de très nombreuses heures pour un résultat qui ne pourrait même pas être entièrement garanti. Le recourant se contente d'affirmer que l'effacement était envisageable ou alors qu'il est possible de permettre une copie des documents relatifs à son activité professionnelle. Il n'expose pas en quoi les constatations de la cour cantonale quant aux difficultés que représenterait l'effacement des données illicites seraient arbitraires, pas plus qu'il ne fournit d'indications sur les documents qu'il entend récupérer et la valeur qu'ils représentent pour lui. Dans ces circonstances, on ne saurait considérer comme établi que leur valeur est suffisante pour pouvoir, du point de vue de la proportionnalité, être opposée à l'intérêt public à la destruction des images illicites stockées sur les mêmes supports.