Citation: 2A.532/2006 30.01.2007 E. 3

Dans l'examen du cas d'espèce, on ne saurait prendre en considération le séjour que B.A.________ fait en Suisse depuis l'été 2004. En effet, autorisé à venir en Suisse pour des vacances de trois mois au plus, cet enfant est arrivé le 18 juillet 2004 et a été rapidement inscrit dans une école genevoise pour l'année scolaire 2004-2005, comme le prouve l'attestation de scolarité du 30 août 2004 versée au dossier. En trompant les autorités sur le motif de sa venue ou, du moins, de la poursuite de son séjour, B.A.________ a séjourné irrégulièrement en Suisse et il est actuellement au bénéfice d'une simple tolérance en raison de la procédure entamée pour régulariser sa situation dans ce pays. Tenir compte du séjour qu'il y effectue depuis l'été 2004 reviendrait à encourager la politique du fait accompli. Le recourant bénéficie d'une autorisation d'établissement depuis le 10 septembre 1990, date à partir de laquelle il avait en principe un droit au regroupement familial en faveur de son fils sur lequel il a, en outre, l'autorité parentale depuis le 10 novembre 1995. Il a cependant attendu 14 ans, jusqu'au 6 octobre 2004, avant de faire la moindre démarche au titre du regroupement familial, estimant que les frais d'éducation étaient moins élevés en Turquie. De plus, les parents de B.A.________ n'ont jamais créé de communauté familiale. Ainsi, le regroupement familial sollicité ne pourrait être que partiel. Or, il convient d'éviter une mesure qui n'aboutirait qu'à séparer B.A.________ de sa famille en Turquie et, en particulier, de sa mère. On ne saurait d'ailleurs considérer que B.A.________ a une relation prépondérante avec son père. En effet, il n'a jamais cohabité avec lui avant de venir vivre en Suisse en été 2004, alors qu'il avait déjà 14 ans. Auparavant, il avait seulement des contacts téléphoniques réguliers avec son père qu'il voyait durant les vacances. En revanche, B.A.________ a vécu avec sa mère jusqu'à 5 ans, puis avec sa grand-mère paternelle, sa mère pouvant le voir tous les dimanches et lors des fêtes religieuses. C'est donc avec sa parenté vivant en Turquie (mère et grand-mère paternelle) qu'il a la relation la plus étroite. En outre, c'est en Turquie qu'il est né et a passé son enfance ainsi que le début de son adolescence, puis a été scolarisé jusqu'à 14 ans. C'est donc là qu'il a ses racines familiales, sociales et culturelles. Par ailleurs, les problèmes de santé de la grand-mère paternelle de B.A.________ ne sont pas décisifs. D'une part, B.A.________ est arrivé à un âge où un enfant a déjà une certaine autonomie. D'autre part, on ne voit pas ce qui empêcherait sa mère de s'occuper de lui. En effet, il ressort du dossier que c'est uniquement pour des raisons économiques que l'autorité parentale sur B.A.________ et sa soeur a été transférée de leur mère à leur père, qui a alors confié ses enfants à leur grand-mère paternelle. B.A.________ pourrait donc très bien vivre avec sa mère, à condition que son père fournisse à celle-ci les moyens financiers nécessaires à l'entretien de leur enfant commun. Ainsi, il est possible de trouver en Turquie une solution permettant d'encadrer B.A.________ jusqu'à la majorité. Le recourant fait certes valoir que son fils qui habite en Suisse depuis plus de deux ans y est bien intégré. Mais, comme on l'a vu plus haut, cette circonstance ne saurait être déterminante. Ainsi, les conditions auxquelles la jurisprudence soumet le regroupement familial ne sont pas remplies en l'espèce. En outre, comme le relève l'autorité intimée, il ressort du dossier que le but poursuivi par le recourant en demandant ce regroupement familial est avant tout d'ordre économique. Dès lors, c'est à juste titre que la Commission cantonale de recours a confirmé la décision de l'Office cantonal refusant le regroupement familial en faveur de B.A.________. Ce faisant, elle n'a pas violé le droit fédéral, en particulier l'art. 17 al. 2 3ème phrase LSEE.