Citation: 6B_1183/2023 E. 4.2

4.2. La cour cantonale a relevé que les premiers juges avaient examiné en détail les éléments probatoires pour considérer en définitive que le récit de la plaignante était convaincant et pour retenir que le recourant avait fait usage d'insultes et de la force pour la contraindre à des fellations lorsqu'elle les lui refusait et avait également contraint la plaignante à la sodomie en usant de la force pour maintenir celle-ci. Les premiers juges n'avaient pas ignoré que, sur des points secondaires, les déclarations de la plaignante étaient peu claires, mais avaient constaté que cela n'invalidait pas le récit des agressions sexuelles qui était demeuré constant et clair. Ils avaient également écarté la thèse de la vengeance plaidée par la défense, au motif que si elle s'était effectivement montrée parfois jalouse et agressive avec le recourant, en raison de son instabilité émotionnelle, cela ne faisait pas de la plaignante une menteuse, qu'elle était restée mesurée dans ses propos et n'avait pas cherché à accabler le recourant. Cette appréciation était adéquate et la cour cantonale l'a fait sienne. En effet, malgré quelques contradictions, sur des points plutôt secondaires, la plaignante s'était montrée constante et cohérente s'agissant des agressions de nature sexuelle qu'elle avait subies. Elle avait confirmé les termes de sa plainte en première, comme en deuxième instance. Au demeurant, les "contradictions" dont se prévalait le recourant relevaient davantage de la confusion dont avait parfois pu faire preuve la plaignante, laquelle pouvait notamment s'expliquer par le diagnostic de personnalité de type émotionnellement labile - impulsive posé par les psychiatres de l'Hôpital de U1.________ qui l'avaient examinée lors de l'interruption volontaire de grossesse du 25 mai 2018. Le fait que la plaignante était une personne instable sur le plan émotionnel et qui présentait une faible résistance à la frustration ne faisait effectivement pas d'elle une menteuse. De son côté, le recourant n'avait eu de cesse de démontrer - tout au long de l'enquête et dans tous les domaines - sa propension à mentir, à arranger la vérité et, surtout, à reporter la culpabilité de ses propres actes sur autrui, et en particulier sur la plaignante; cela avait ainsi notamment été le cas au sujet des infractions à la LCR - le recourant ayant tout d'abord tenté de faire croire que c'était elle qui conduisait le véhicule au moment de l'accident - ou de la propriété de l'arme à feu trouvée dans le coffre du véhicule, qu'il avait en vain tenté de lui attribuer lors de ses premières déclarations. Dans le contexte des agressions sexuelles subies, le recourant ne dérogeait pas à sa ligne de défense, tentant, en vain, de décrédibiliser la plaignante. À cela s'ajoutait qu'au vu de la personnalité du recourant - largement et exhaustivement décrite dans le jugement de première instance et auquel la cour cantonale se référait intégralement - et de l'ensemble des actes retenus à son encontre, celui-ci apparaissait tout à fait capable de ne pas avoir respecté l'intégrité sexuelle de son ancienne compagne. En outre, une fois de plus, ses dénégations paraissaient très défensives, notamment lorsqu'il faisait état de menaces de la plaignante de faire venir des hommes de main de Y1.________ pour " lui casser la gueule ". Le recourant insistait ensuite lourdement sur le retour de la plaignante au domicile de W.________ après son départ pour Y1.________, exposant que si la plaignante avait réellement subi des sévices, elle ne serait pas revenue quelques jours seulement après son départ au domicile de son agresseur. Cet argument n'était pas déterminant dès lors qu'au vu de la nature de la relation entre les deux protagonistes et de la dépendance financière et affective dans laquelle se trouvait la victime, il n'était pas surprenant que, déboussolée, sans attaches et seule, celle-ci soit revenue là où elle vivait depuis de nombreux mois, ne serait-ce que pour récupérer ses affaires et restituer le véhicule. On ne pouvait en tout cas déduire de ce seul comportement que le recourant n'avait pas infligé à la plaignante des sévices sexuels durant leur vie de couple. S'agissant de la relation anale forcée, les premiers juges n'avaient pas ignoré que le recourant se prétendait incapable de commettre de tels actes en raison de sa blessure au pied. Reprenant le même argument en deuxième instance, le recourant ne convainquait pas davantage, dès lors que l'empêchement allégué ne constituait pas une entrave absolue en raison des capacités conservées et démontrées du recourant à se déplacer et en raison des positions des parties durant l'agression sexuelle. Le recourant contestait encore avoir fait usage de contrainte. Toutefois, sur la base des déclarations constantes de la plaignante, force était de constater que le recourant faisait régulièrement des crises et que, dans ce contexte notamment, il avait parfois fait usage de menaces, ainsi que de violence physique et verbale, de sorte que la victime s'était finalement retrouvée hors d'état de résister lorsqu'il lui avait imposé les fellations, c'est-à-dire, comme elle l'avait du reste précisé, qu'elle avait peur et n'osait pas faire état de son opposition. À cela s'ajoutait que le couple partageait sa chambre avec la très jeune fille du recourant, alors âgée de trois ans, qui dormait dans le même lit. Dans ces circonstances, il n'était pas nécessaire de recourir à la notion de pressions d'ordre psychique, pressions que le recourant contestait également. Pour l'ensemble des fellations prodiguées, la soumission de la victime reposait sur un comportement qui avait été violent précédemment, de sorte que cette soumission était compréhensible. En outre, le recourant avait recouru à la force, s'agissant de la sodomie. Ces moyens excédaient quoi qu'il en soit les éventuelles pressions d'ordre psychique et permettaient à eux seuls de retenir la contrainte. Sur le plan subjectif, compte tenu de l'ensemble de son comportement brutal et dominateur, le recourant ne pouvait qu'être conscient de faire usage de la contrainte sur le plan sexuel. Enfin, la thèse plaidée par le recourant selon laquelle la plaignante avait agi par vengeance en dénonçant ces actes n'emportait pas la conviction dès lors qu'il y avait lieu de constater que la victime avait déposé plainte le 7 février 2019, soit plus de sept mois après la rupture et que si elle avait véritablement agi dans un but de vengeance, elle l'aurait assurément fait bien avant.