Citation: I 675/04 21.03.2006 E. 5

Sur le plan psychique, aucune des pièces médicales ne permet de se convaincre que l'on se trouve en présence d'une affection invalidante au sens de la jurisprudence récente, qu'il s'agisse du trouble somatoforme douloureux (cf. ATF 130 V 353 consid. 2.2.2. sv.) ou de la fibromyalgie (dont l'examen juridique est subordonné aux mêmes principes jurisprudentiels que ceux développés en matière de troubles somatoformes douloureux [cf. arrêt S. du 8 février 2006, I 336/04 prévu pour la publication au Recueil officiel, consid. 4.1]). 5.1 Au vu des diagnostics ayant valeur de maladie aux yeux des experts, il y a lieu de nier l'existence d'une comorbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée suffisamment importantes pour admettre qu'un effort de volonté en vue de surmonter la douleur et de réintégrer un processus de travail n'est pas exigible de la part du recourant. D'une part, aucune des pièces médicales figurant au dossier n'établit d'incapacité de travail propre à l'état dépressif ou au trouble de la personnalité de type dépendant. D'autre part, il convient de préciser que selon la doctrine médicale (cf. notamment Dilling/Mombour/Schmidt [Hrsg.], Internationale Klassifikation psychischer Störungen, ICD-10 Kapitel V [F], 4ème édition, p. 191) sur laquelle s'appuie le Tribunal fédéral des assurances, les états dépressifs constituent des manifestations (réactives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'ils ne sauraient faire l'objet d'un diagnostic séparé (ATF 130 V 356 consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, Der Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit und seine Bedeutung in der Sozialversicherung, in: Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, St. Gall 2003, p. 81, note 135). 5.2 Par ailleurs, on ne voit pas que le recourant réunisse en sa personne les critères jurisprudentiels susceptibles de fonder un pronostic défavorable quant à l'exigibilité, au plan psychique, d'une reprise de l'activité professionnelle. Certes y a-t-il lieu de tenir pour établie l'existence d'affections corporelles chroniques dès lors qu'à la date déterminante, l'assuré souffrait depuis plusieurs années de cervico-dorso-lombalgies et gonalgies chroniques persistantes. En revanche, la symptomatologie qu'il présente ne l'empêche pas d'accomplir les activités ménagères légères (rapport du COMAI p. 7). Il bénéficie d'une vie de famille épanouie et d'une relation conjugale harmonieuse (rapport du COMAI p. 14). Il entretient des contacts sociaux avec plusieurs couples d'amis qu'il rencontre régulièrement (rapport du COMAI p. 9). Il effectue des marches d'au minimum deux heures par jour (rapport du COMAI p. 5). Il est à même de voyager, notamment afin de se rendre dans son pays d'origine. A cet égard, il précise avoir dû réduire la fréquence de ces retours au pays non pas tant en raison de son état de santé incompatible avec le maintien prolongé de la station assise lors des trajets en avion que pour des raisons économiques (rapport du COMAI p. 14). Aussi le recourant n'a-t-il à l'évidence pas épuisé toutes ses ressources adaptatives, ce d'autant qu'il manifeste expressément l'intention de reprendre une activité professionnelle. De même, il ne subit pas de perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. A cet égard, on peut constater un vécu douloureux sélectif en fonction des domaines de la vie, l'assuré étant en mesure de surmonter ses douleurs dans le cadre de sa vie privée alors que tel n'est pas le cas dans le cadre d'une quelconque activité professionnelle, circonstance plaidant en défaveur de la reconnaissance d'une incapacité de travail de longue durée (Meyer-Blaser, op. cit. p. 84). Enfin, l'intéressé n'a jamais bénéficié de suivi psychiatrique, ni de thérapie psychotrope pharmacologique (rapport du COMAI p. 6 lettre c). Il n'y a donc pas lieu de conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique ou à l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art. 5.3 Sur le vu de ce qui précède, il apparaît que les troubles psychiques litigieux ne se manifestent pas avec une telle sévérité que, d'un point de vue objectif, ils excluent toute mise en valeur de la capacité de travail de l'assuré. Au contraire, il y a lieu d'admettre le caractère exigible d'un effort de volonté de sa part en vue de surmonter la douleur et de se réinsérer dans un processus de travail. Dès lors, c'est à juste titre que les premiers juges ont nié tout caractère invalidant aux troubles psychiques du recourant. La Cour de céans rappelle en outre qu'en l'absence de comorbidité psychiatrique, l'incapacité de travail résultant de troubles somatoformes douloureux s'évalue à la lumière des critères développés par la jurisprudence (cf. ATF 120 V 119 consid. 2.2) et non plus en regard des seules conclusions médicales dont il est possible de s'écarter sans dommage.