Citation: 4A_564/2023 E. 5.4.3

5.4.3. Considérées à la lumière de ces règles et principes, dans le cadre prédéfini du pouvoir d'examen dont jouit la Cour de céans, les critiques émises par le recourant ne révèlent aucune contrariété à l'ordre public matériel en ce qui concerne la sanction qu'il s'est vu infliger par l'arbitre. Force est tout d'abord de relever que l'argumentation présentée par le recourant présente un caractère appellatoire marqué, de sorte que sa recevabilité apparaît des plus douteuses. Quoi qu'il en soit, la durée de la suspension n'est pas disproportionnée eu égard à l'ensemble des circonstances de la présente affaire. Dans la sentence attaquée, l'arbitre a relevé que l'intéressé prétendait avoir ingéré deux comprimés d'un produit dénommé ANSIMED en vue de perdre du poids et de pouvoir s'aligner dans sa catégorie de poids (athlètes ayant un poids inférieur ou égal à xxx kilogrammes) lors de la compétition prévue le 13 novembre 2021. Il a souligné que l'athlète concerné affirmait ignorer que le produit ingéré, en vente libre dans les pharmacies de son pays, contenait une substance interdite (furosémide), vu son jeune âge et étant donné que le produit concerné lui avait été recommandé par un entraîneur, qu'il n'avait reçu aucune formation en matière antidopage et qu'il n'avait encore jamais subi de contrôle antidopage. Cela étant, l'arbitre a jugé qu'il n'était pas crédible qu'un athlète concourant dans un sport où le poids conditionne le niveau des adversaires, et à qui on présentait un produit qui s'apparentait à tous les égards à un médicament dont l'effet, connu du recourant, était de permettre une perte de poids rapide, ne s'inquiète aucunement de savoir si ledit produit contenait une substance interdite. Il a considéré en outre que le recourant avait eu le temps de s'enquérir de la situation avant la prise du médicament concerné et a souligné que la substance interdite était mentionnée sur l'emballage du produit concerné, de telle sorte qu'une simple recherche sur internet lui aurait permis de clarifier les risques encourus. Le fait que le recourant était jeune et qu'il n'avait bénéficié d'aucune formation particulière en matière de réglementation antidopage n'était pas de nature à l'exonérer de ce devoir de vérification, compte tenu en particulier de son expérience puisqu'il avait déjà pris part à plusieurs compétitions internationales. L'arbitre a en outre observé que l'athlète avait fourni des explications changeantes au cours de la procédure, raison pour laquelle il n'était pas convaincu du fait qu'un entraîneur lui aurait conseillé la substance interdite. De toute manière, eu égard à la jurisprudence constante du TAS, il a estimé que l'éventuelle prescription d'un médicament à un athlète ne le dispensait pas de s'assurer dans toute la mesure du possible que le produit concerné ne contenait pas de substance interdite. En définitive, l'arbitre a estimé que le recourant connaissait les risques liés au produit qu'il avait ingéré et qu'il les avait manifestement ignorés, raison pour laquelle l'infraction à la réglementation antidopage devait être qualifiée d'intentionnelle. Se référant aux règles édictées par l'intimée, il a jugé que la durée de la période de suspension était, dans un tel cas de figure, de quatre ans (sentence, n. 71-99).