Citation: 6B_1126/2023 E. 9.2

9.2. En l'espèce, si la cour cantonale a concédé que l'homicide n'était pas prémédité, elle a cependant mis en relief la futilité et l'égoïsme du mobile (la recourante a éliminé une enfant dont les pleurs et, plus généralement, la simple existence l'exaspéraient, afin de satisfaire ses propres intérêts), ainsi que son modus operandi particulièrement violent (elle s'était acharnée sur l'enfant, dès lors que trente zones d'impact ont été relevées, majoritairement à la tête, une grande partie des lésions constatées étant de surcroît importantes), cruel (les experts ont précisé que D.________ avait souffert à chaque coup porté, avant que la recourante ne lui inflige, en l'asphyxiant, une mort lente et effroyable) et perfide (elle s'en était prise à une petite fille vulnérable et sans défense, laquelle avait seulement besoin de réconfort au milieu de la nuit). Même si la recourante était en proie à une colère ou une rage impulsive en raison des pleurs de l'enfant, sa colère restait inexcusable et totalement disproportionnée face à une petite victime dont elle n'avait pas eu à souffrir et qui était sous sa responsabilité. La cour cantonale a également souligné la lucidité, le sang-froid et la maîtrise de la situation qui avaient caractérisé sa manière d'agir après le geste fatal. La cour cantonale a conclu que la recourante avait tué l'enfant de son compagnon avec une absence particulière de scrupules, tant son mobile et son but que sa façon d'agir étant particulièrement odieux.