Citation: 5A_13/2022 E. 1

A.g. La famille A.________ comporte plus d'une centaine de membres, mais seuls quelques-uns contrôlaient et géraient le Groupe de sociétés A.________ dans les années précédant la faillite de Banque privée A.________ SA. A.g.a. J.________ était membre du conseil d'administration de Banque privée A.________ SA jusqu'en juillet 2014 et administrateur de A.________ International SA jusqu'en 2014. Il a aussi exercé d'autres fonctions dans les sociétés holdings du Groupe de sociétés A.________. A.g.b. K.________ était président du conseil d'administration de Banque privée A.________ SA jusqu'en juillet 2014 et administrateur de A.________ International SA jusqu'en 2014. Il a également occupé des fonctions d'administrateur et de vice-président dans d'autres sociétés du Groupe de sociétés A.________. A.g.c. A.B.________ est le fils de feu H.________. Il a été administrateur de A.________ International SA de novembre 1994 à juillet 2014, où il a accepté de démissionner et de renoncer à son mandat d'administrateur " non exécutif " de la société. A ce titre, il disposait d'un pouvoir de signature collective à deux et faisait partie des personnes autorisées à donner des instructions s'agissant du compte de A.________ International SA ouvert auprès de Banque privée A.________ SA, conformément aux listes de signatures figurant dans les documents bancaires. A.h. A.h.a. Au moment de la faillite de Banque privée A.________ SA le 19 septembre 2014, une relation bancaire n° vvv, ouverte le 29 novembre 2010, existait entre feu H.________ et cet établissement. Cette relation bancaire comprenait des montants en espèces ainsi que des titres et autres valeurs mobilières. Selon un extrait du 29 septembre 2014, la valeur de l'ensemble de ces actifs serait équivalant à une valeur totale de 462'117.05 euros et selon un extrait du 4 juillet 2016 de 462'362.80 euros. A.B.________ disposait d'un pouvoir de mandataire et de la signature collective à deux sur le compte de sa mère. A.h.b. A teneur de la fiche de renseignements sur le client figurant au dossier de Banque privée A.________ SA, feu H.________ faisait partie du segment clientèle " Famille A.________ ". Sous la rubrique " situation professionnelle ", il était indiqué: " la cliente n'a jamais exercé d'activité professionnelle. Elle a aidé à fonder la Compagnie Bancaire A.________ " (ancienne raison sociale de Banque privée A.________ SA). Par ailleurs, à teneur des documents " Mutation - conditions spéciales " des 28 décembre 2010 et 20 juin 2011, feu H.________ bénéficiait d'un " tarif spécial " s'agissant des divers frais bancaires (frais administratifs, frais de comptes courants, de portefeuilles, etc.). A.h.c. Les titres et autres valeurs mobilières détenus par feu H.________ auprès de Banque privée A.________ SA ont encore généré des montants en espèces après la déclaration de faillite de cette dernière (espèces post-faillite). A.h.d. Feu H.________ était actionnaire de Banco A.________ (ci-après: Banque A.________), établissement bancaire portugais nationalisé en 1974 et faisant partie du Groupe de sociétés A.________. Elle y possédait un compte bancaire. Cette banque a évité la faillite grâce à l'aide de l'État portugais en août 2014. A.i. A.i.a. A compter du 1 er janvier 2014 et jusqu'au prononcé de faillite de Banque privée A.________ SA, feu H.________, alors âgée de 78 ans, a opéré des transferts sur son compte n° vvv en faveur de différents destinataires pour des montants totaux de 1'448'873.84 euros et 359'060 USD. Lesdits ordres de transfert étaient donnés directement par feu H.________ et A.B.________. A.i.b. Outre deux versements à O.________ SA, le compte n° www (EUR) a été débité, entre le 20 février 2014 et le 4 juin 2014, de cinq montants de 100'000 euros environ sur un compte de feu H.________ auprès de Banque A.________, Lisbonne, puis les 6 et 11 août 2014, de montants de 750'035 euros et de 180'806.84 euros en faveur du compte de feu H.________ auprès de P.________ Ltd (ci-après: P.________ Ltd). Ces deux derniers transferts font suite à une instruction par courrier du 23 juillet 2014 tendant au virement de 1'200'000 euros sur le compte précité. Le 11 août 2014, le compte n° xxx (USD) a été débité du montant de 359'060 USD en faveur du compte de feu H.________ ouvert auprès de P.________ Ltd. A.i.c. La valeur des différents actifs portés au compte n° vvv était de 2'256'734.76 euros au 1er janvier 2014 et de 462'362.80 euros au 19 septembre 2014. Cette valeur a ainsi diminué de 1'794'371.96 euros sur cette période, soit une diminution de l'ordre de 79,5%. A.i.d. Du 1 er janvier 2014 jusqu'au prononcé de faillite, Banque privée A.________ SA a, en son nom mais pour le compte de feu H.________, continué à procéder à des opérations sur titres. La banque a notamment acquis des parts de différents fonds pour le compte de la prénommée, qui lui ont ensuite été remboursées ou ont été vendues. Certains des titres sont encore déposés sur le compte n° vvv. A.j. A.j.a. À la fin du mois d'août 2014, la FINMA a ouvert une procédure d' enforcement à l'encontre de la banque. Par décision provisionnelle du 29 août 2014, elle a nommé l'étude d'avocats Q.________ SA chargé d'enquête. Selon un rapport du 1er octobre 2015 établi par cette étude, le commissaire aux comptes de A.________ International SA, R.________, aurait falsifié les comptes dès l'exercice 2008 afin de cacher le déficit de la société, modus operandi qui aurait continué jusqu'en 2013. J.________ aurait eu connaissance desdites falsifications. Par ailleurs, " J.________ et K.________ étaient au courant des difficultés financières du Groupe de sociétés A.________, en particulier de A.________ International SA [...], depuis la fin de l'année 2013 ", ce dont ils n'ont " pas informé les organes de Banque privée A.________ SA à qui la restructuration du groupe a été présentée comme une mesure destinée à assurer sa solvabilité à moyen terme ". Le comité exécutif de Banque privée A.________ SA a appris le surendettement de A.________ International SA au plus tard le 1er avril 2014, la majorité des membres du conseil d'administration l'ayant appris le 14 avril 2014. Il est aussi précisé que J.________, interrogé sur les raisons pour lesquelles le Comité exécutif et les membres suisses du conseil d'administration de Banque privée A.________ SA n'ont pas été informés tout de suite des difficultés financières de A.________ International SA, a répondu: " on croyait vraiment à notre programme et on pensait vraiment qu'on allait résoudre la question [...]. Notre plan était en marche, on croyait qu'on allait avoir le temps de vendre nos actifs ". Quant aux placements privés effectués par les clients de Banque privée A.________ SA, le rapport souligne que selon K.________, " on avait besoin de cet apport de financement. Il fallait que les investissements privés, en plus des autres mesures, continuent. " A.j.b. Dans le cadre d'une enquête pénale, des rapports d'analyse financière forensique de la comptabilité de A.________ International SA ont été établis. Parmi ceux-ci figure un rapport daté du 30 novembre 2017, dont il ressort notamment que les supérieurs hiérarchiques de R.________, soit S.________ et J.________, organes de A.________ International SA ainsi que de A.________ SA, succursale de Lausanne, et de nombreuses filiales du groupe, avaient une parfaite connaissance de l'aggravation de la situation déficitaire et de surendettement chronique de A.________ International SA ainsi que de l'aggravation des difficultés financières du Groupe de sociétés A.________. A.k. L'état de collocation de la faillite de Banque privée A.________ SA a été déposé le 25 avril 2017. Le liquidateur de la banque a colloqué d'office et conditionnellement des prétentions révocatoires pour le compte de feu H.________ en raison des transferts et conversions d'espèces opérés entre le 1er janvier 2014 et le 19 septembre 2014. Autrement dit, la masse a colloqué au profit de feu H.________ et en troisième classe une prétention de cette dernière dans la faillite de la banque, correspondant au produit de la révocation dans la perspective que celle-ci serait admise. Les prétentions révocatoires en relation avec des transferts d'espèces s'élèvent à un montant total de 2'084'004 fr. 09. En ce qui concerne les prétentions révocatoires en relation avec des conversions d'espèces en titres, elles s' élèvent à 177'932 fr. 25. Au jour de la faillite, feu H.________ avait des espèces en compte d'un montant global de 83'340 fr. 42, montant de la créance qu'elle s'est vu reconnaître en 2 ème classe à l'état de collocation de la masse en faillite. Dans le cadre de la faillite, les membres de l'hoirie de feu H.________ ont revendiqué les titres acquis avant 2014 encore déposés sur le compte n° vvv ainsi que les espèces que ces titres ont produites après la faillite (espèces post-faillite) se trouvant également sur ledit compte. La valeur des avoirs (titres, valeurs mobilières et montants en espèces) figurant sur le compte n° vvv s'élevait au 9 novembre 2017 à l'équivalent de 459'940 fr. 72.