Citation: 8C_132/2017 E. 3

Sur le plan médical, la cour cantonale, se fondant sur l'appréciation des médecins de la CRR et du docteur D.________, a retenu que l'assuré disposait d'une pleine capacité de travail dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles. Les premiers juges ont relevé que les avis de ces médecins n'avaient, au demeurant, pas été remis en cause par le docteur E.________, médecin-conseil auprès du service médical régional AI (SMR). Ils ont par ailleurs considéré que la seule opinion divergente du docteur F.________, spécialiste en médecine générale et médecin traitant, selon laquelle les douleurs du recourant n'étaient pas compatibles avec l'exercice d'une activité lucrative, n'était pas de nature à mettre en doute ces appréciations. Il s'agissait en effet d'une constatation basée sur des plaintes subjectives ne reposant sur aucun substrat organique objectivable. Dans le cadre de l'évaluation du taux d'invalidité, les premiers juges ont écarté l'argument du recourant selon lequel son âge avancé ne lui permettait pas d'exploiter sa capacité de travail résiduelle. Dans ce contexte, ils ont rappelé qu'en matière d'assurance-accidents, l'art. 28 al. 4 OLAA [RS 832.202] prévoit que si en raison de son âge, l'assuré ne reprend pas d'activité lucrative après l'accident ou si la diminution de la capacité de gain est due essentiellement à son âge avancé, les revenus de l'activité lucrative déterminants pour l'évaluation du degré d'invalidité sont ceux qu'un assuré d'âge moyen dont la santé a subi une atteinte de même gravité pourrait réaliser, l'âge moyen se situant entre 40 et 45 ans et l'âge avancé étant d'environ 60 ans. Ceci dit, les premiers juges ont déterminé le revenu d'invalide de l'assuré sur la base des données de l'Enquête suisse de la structure des salaires (ESS), considérant que les descriptions de poste de travail (DPT) auxquelles la CNA s'est référée apparaissaient incompatibles avec ses limitations fonctionnelles, et qu'il existait sur le marché du travail suffisamment d'activités non qualifiées et adaptées à ses problèmes physiques. Ils ont retenu un revenu mensuel de 5'560 fr., fondé sur le tableau TA1, niveau de compétences 1, des ESS 2014, après adaptation du salaire statistique à la durée hebdomadaire normale de travail en 2014 [41,7 heures] et à l'évolution des salaires de 2014 à 2015. Ils ont ensuite procédé à un abattement de 15 %. Le revenu mensuel d'invalide s'établissait ainsi à 4'726 fr., soit un montant supérieur à celui de 4'640 fr., obtenu sur la base des DPT. La comparaison avec le revenu mensuel sans invalidité de 6'162 fr. donnait un degré d'invalidité de 23 %, soit un taux inférieur à celui fixé par la CNA (25 %). La cour cantonale a toutefois renoncé à envisager une reformatio in pejus et confirmé le droit à une rente d'invalidité de l'assurance-accidents basée sur un degré d'invalidité de 25 % à compter sur 1er août 2015.