Citation: 4A_324/2019 E. 5.2

5.2. Sous le libellé " Du dies a quo ", le recourant commence par émettre diverses critiques qui reposent toutefois sur des points de fait ne figurant pas dans l'arrêt cantonal. Il n'y a pas lieu de s'y attarder. On comprend toutefois que, dans son argumentation centrale, il soutient que sa qualité d'associé n'a été reconnue que dans l'arrêt de la Cour de justice du 9 novembre 2012 (procédure no 5) et que ce n'est qu'à partir du 3 janvier 2013 (cf. supra consid. 5.1) qu'il a pris connaissance du montant de son préjudice. Le recourant feint d'ignorer que l'autorité cantonale a pourtant opéré une distinction claire entre les différentes procédures qui l'impliquent (ou qui l'ont impliqué) (cf. supra let. A.b les procédures nos 1 à 5, et let. B pour la présente procédure). La Cour de justice a en particulier retenu que la connaissance par le recourant de l'étendue du dommage (prétendument causé par les actes illicites) dont il sollicite la réparation ne dépendait pas de l'issue de la procédure en liquidation des rapports sociaux (procédure no 5) et qu'il n'était pas fondé à attendre cette issue avant d'introduire le procès en dommages-intérêts. La cour cantonale a encore précisé que le recourant disposait, dès octobre 2008, de toutes les informations lui permettant de solliciter la liquidation de la société simple (procédure no 5) et que, dès le moment où il a eu connaissance de la vente du Café U.________ (novembre 2008), il était en mesure d'évaluer l'ampleur du préjudice que lui causait le caractère prétendument prématuré (et illicite) de la liquidation et de la vente du fonds de commerce. Les juges précédents ont en outre expressément constaté que les éléments pris en compte par le demandeur dans le calcul de son (prétendu) préjudice (notamment son manque à gagner jusqu'en 2025, la valeur de revente de l'établissement à cette date, et le tort moral) n'étaient " pas moins déterminables à l'automne 2008 qu'à la date du dépôt de l'action " (4 avril 2014) objet de la présente procédure. C'est le lieu de rappeler que la détermination du dommage (existence et quotité) est une question de fait. Or, le recourant ne présente aucune argumentation circonstanciée, conforme aux exigences strictes posées par la LTF, susceptible de démontrer l'arbitraire des constatations cantonales reproduites ci-dessus (qui montrent que le demandeur avait connaissance du dommage), ce qui réduit à néant l'ensemble des arguments qu'il invoque à l'appui de sa thèse, selon laquelle le délai de prescription ne pourrait s'écouler avant que l'arrêt de la Cour de justice du 29 novembre 2012 ait acquis force de chose jugée. En tant que le recourant se fonde sur le faux témoignage donné par B.B.________ et A.B.________ dans une procédure (no 2) l'opposant à une entreprise tierce (cause C/27177/2006), son argumentation repose sur une prémisse incorrecte. A la suite des juges cantonaux, on peut observer que les prétentions formulées par le demandeur dans la présente procédure ne tendent pas à la réparation du dommage que lui aurait causé le (seul) faux témoignage en question, lequel est dénué de lien direct avec son éviction alléguée du Café U.________. Le demandeur n'a d'ailleurs pas allégué que cette procédure aurait pu connaître une issue plus favorable à son endroit en l'absence du faux témoignage, lui évitant par là un éventuel préjudice. En réalité, la thèse du demandeur se fonde sur une " chaîne d'actes " ou de " comportements illicites " en (et hors) procédure (dont le faux témoignage n'est qu'un maillon isolé) dont il aurait été victime, qui auraient perduré jusqu'en 2014 et qui, considérés dans leur ensemble, auraient permis son éviction du Café U.________. L'allégation ainsi décrite - qui a également conduit le demandeur à déposer une plainte pénale (pour abus de confiance, escroquerie et gestion déloyale) qui a fait l'objet d'un classement (cf. supra let. A.c) - repose sur une version des faits étrangère à celle établie par la cour cantonale. Partant, elle ne saurait être prise en compte. C'est en vain que le recourant, qui persiste à vouloir donner une portée quasi illimitée à l'arrêt 4A_421/2014 du 10 mars 2015 qui le concerne, tente de tirer argument de ce précédent dans lequel il s'agissait de déterminer si le délai de l'art. 329 al. 1 CPC (nonante jours) avait été respecté par A.________ lorsqu'il a déposé, le 23 mars 2013, sa demande de révision devant la Chambre des prud'hommes de la Cour de justice en application de l'art. 328 al. 1 let. a CPC (procédure no 4). Si le demandeur devait alors, pour solliciter la révision de l'arrêt du 11 juillet 2008 de la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes, se fonder sur le prononcé du 9 novembre 2012 de la Cour de justice reconnaissant l'existence de la société simple (procédure no 5), on ne saurait en dire autant en l'espèce, lorsqu'il s'agit de déterminer le point de départ du délai de prescription de l'action en dommages-intérêts : il demeure en effet que le recourant disposait, dès octobre 2008, de toutes les informations qui lui permettaient de solliciter la liquidation de la société simple (procédure no 5) et que, dès le moment où il a eu connaissance de la vente du Café U.________ (novembre 2008), il était parfaitement susceptible d'évaluer le préjudice que lui causait le caractère prétendument prématuré (et illicite) de la liquidation et de la vente du fonds de commerce. On ne saurait pas non plus suivre le recourant lorsque, se référant à l'ATF 131 III 61 (consid. 3.1 p. 68 s.), il affirme que la problématique traitée dans cet arrêt est " strictement la même " que celle de la présente cause. Par une interprétation peu convaincante de ce précédent, il tente, à nouveau, de démontrer qu'en l'espèce le délai de prescription ne peut commencer à s'écouler qu'à partir du 3 janvier 2013, en ignorant une nouvelle fois que la question litigieuse est, selon les constatations cantonales, distincte de celle visant la liquidation de la société simple. L'argument que le recourant tire de l'arrêt 4A_34/2014 du 19 mai 2014 (consid. 5) appelle les mêmes observations.