Citation: 6B_479/2022 E. B

Par jugement du 7 mars 2022, la Cour pénale II du Tribunal cantonal du Valais a partiellement admis l'appel de B.B.________ et a réformé le jugement du 30 mars 2021 en ce sens que A.________ est reconnue coupable de diffamation (art. 173 CP). Elle a renoncé à lui infliger une peine (art. 52 CP) et a renvoyé B.B.________ à agir par la voie civile. Il en ressort les faits suivants: B.a. B.B.________ est le propriétaire d'une chienne, D.________, née en 2017, adoptée à la fin du mois d'août de la même année, qu'il a gardée deux mois à l'intérieur de son domicile, l'habituant progressivement à rester dans le chenil sis à côté de celui-ci, durant une heure le matin et l'après-midi. Il est arrivé alors à l'animal de "nouisser", comme un chien qui s'ennuie et qui cherche à attirer l'attention. B.b. En septembre ou octobre 2017, une brève rencontre a eu lieu entre A.________ et C.B.________, l'épouse de B.B.________. A.________ a alors dit à son interlocutrice qu'elle avait "mal au coeur" parce qu'elle entendait aboyer le chien, tandis que C.B.________ lui a indiqué que cet animal dormait le soir au sous-sol, sans toutefois faire état de mauvais traitements qu'aurait subis celui-ci. A la suite de cette discussion, A.________ a parlé, "les larmes aux yeux", à sa voisine, E.E.________, d'actes de maltraitance infligés au chien D.________ par B.B.________. Celle-ci lui a alors indiqué que son mari, F.E.________, était collaborateur au sein du Service cantonal de la consommation et des affaires vétérinaires (ci-après: "le Service") et a suggéré une éventuelle intervention pour faire cesser lesdits actes. B.c. Le 28 octobre 2017, F.E.________ a envoyé le courriel suivant à G.________, collaborateur au sein du même Service: "Salut G.________, j'ai notre voisine qui se plaint que son mari bat son nouveau chien... pas dans le chenil mais dans le sous-sol de sa maison... elle m'a dit que le lundi il serait contrôlé, mais que le lundi il était gentil avec lui... Sa femme le craint physiquement donc elle ne veut pas qu'il sache que cela vient d'elle la plainte... c'est chez toi que je dois m'adresser? Ciao." G.________ lui ayant répondu qu'il n'était pas le collaborateur chargé du contrôle des chiens, F.E.________ a transmis son courriel à H.________, collaborateur spécialisé au sein du Service, en date du 30 octobre 2017. Il lui a également fourni l'adresse et le numéro de téléphone de A.________, à sa demande. B.d. Le 7 novembre 2017, le vétérinaire cantonal a écrit un courrier à B.B.________, lui demandant de se présenter accompagné de son chien dans les locaux de l'Office vétérinaire cantonal, à Sion, le 28 novembre suivant. Au cours de l'enquête, vraisemblablement le 10 novembre 2017, H.________ s'est entretenu avec A.________, laquelle lui a alors demandé d'y "aller mollo" avec son voisin. Le 21 novembre 2017, H.________ a effectué une visite au domicile de B.B.________, puis, le lendemain, lui a écrit au sujet des neuf points contrôlés (1. Enregistrement du chien dans la banque de données, 2. Dimension du chenil, 3. Dimensions et lieu de détention nocturne, 4. Aménagement du chenil, 5. Propreté des enclos, 6. État général du chien, 7. Eau/nourriture à disposition, 8. Suivi vétérinaire, 9. Sorties quotidiennes [5 heures journalières selon déclaration]), précisant que tous étaient "en ordre" selon les termes du courrier, sous réserve de l'aménagement d'une surface surélevée dans le chenil. Le 23 novembre 2017, H.________ a adressé un courriel à B.B.________ en lui précisant notamment ce qui suit: "Concernant les motifs qui ont conduit à notre intervention, nous pouvons vous confirmer qu'ils font état de coups portés à votre chien et d'enfermement dans le sous-sol de votre habitation. Pour notre service, nous avons constaté des bonnes conditions de détention de votre chien et sa bonne santé. Nous n'avons pas d'autres raisons ou motifs de poursuivre la procédure en cours. Comme expliqué également durant notre visite du 21 novembre, tout nouvel avis devra impérativement être corroboré par des faits concrets. En l'absence de preuves avérées, toute nouvelle plainte sera refusée. Le but de la convocation à notre office avait pour objectif de vous entendre et de pouvoir vérifier les faits signalés; cela ne constituait en aucun cas un acte d'accusation. Cette visite aurait ainsi permis de vérifier le lien entre D.________ et vous, sans que le voisinage en soit partie prenante". Le courriel susmentionné indiquait également qu'en raison du secret de fonction, l'identité de la personne qui avait fait part des faits qui avaient conduit au contrôle ne pouvait être dévoilée. B.e. Le 18 janvier 2018, B.B.________ a déposé plainte pénale contre inconnu pour calomnie, dénonciation calomnieuse ainsi que toute autre infraction qui serait réalisée auprès du ministère public, Office régional du Valais central.