Citation: 6B_465/2016 E. B

Par arrêt du 16 mars 2016, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise a rejeté le recours formé par A.X.________, épouse de B.X.________. En bref, elle a retenu les faits suivants: B.a. B.a.a. B.X.________, mari de A.X.________, a été admis aux urgences des Hôpitaux Universitaires de Genève (ci-après: HUG) le 29 septembre 2013, en provenance de l'hôpital de Loëx. Il souffrait d'une fibrose pulmonaire incurable, ainsi que d'une pneumopathie interstitielle gravissime, d'une infection urinaire, d'une polyarthrite rhumatoïde et d'un emphysème pulmonaire. Il conservait également les séquelles d'un AVC survenu en 2012, notamment une aphasie. B.a.b. Le 29 septembre 2013, B.X.________ a présenté l'après-midi une dyspnée brutale. Il était conscient, répondait de façon orientée aux questions simples et a indiqué ne pas vouloir d'intubation. A 17h47, B.X.________ et A.X.________ ont été informés de la gravité du tableau clinique, du mauvais pronostic et du risque de décès. Ils ont maintenu leur position, à savoir le refus de l'intubation et une limitation thérapeutique. B.a.c. Le 3 octobre 2013, à 19h26, la ventilation non invasive, la corticothérapie et l'antibiothérapie ne semblaient pas pouvoir améliorer l'état du patient, dont la fibrose pulmonaire s'était encore dégradée; le pronostic à court terme était jugé mauvais. Si un nouvel épisode de dyspnée survenait, le passage en soins de confort devait être mis en place. L'état respiratoire de B.X.________ s'étant encore détérioré dans la nuit suivante, les soins de confort, comprenant l'administration de morphine, ont commencé. En fin de journée, les équipes de pneumologie et des soins intensifs ont décidé de poursuivre dans cette voie, écartant toute escalade thérapeutique et toute continuation des investigations diagnostiques, car la situation clinique était claire et avait été discutée de façon multidisciplinaire. B.a.d. Le 5 octobre 2013, aux alentours d'une heure du matin, l'administration de morphine a été stoppée, à la suite de l'opposition catégorique de A.X.________. B.X.________ est décédé à 5h20. B.b. Selon le rapport d'autopsie du 14 mars 2014, établi par les Dresses C.________ et D.________, médecins légistes, les causes de la mort étaient naturelles, à savoir la conséquence d'une insuffisance respiratoire très sévère, vraisemblablement décompensée par une broncho-pneumonie, chez un patient présentant plusieurs pathologies préexistantes et également aiguës très sévères, notamment aux niveaux respiratoire et cardio-vasculaire. Des analyses toxicologiques ont été effectuées. Les médecins légistes les ont étudiées et ont précisé que les doses de morphine retrouvées dans le sang du défunt étaient compatibles avec une prescription médicale, étant précisé que dans un contexte de soins palliatifs d'insuffisance respiratoire, la morphine était la médication de choix et que les concentrations retrouvées étaient compatibles avec cet usage. B.c. Dans leur rapport d'expertise complémentaire du 13 mai 2015, les Dresses C.________ et D.________ ont confirmé que la cause du décès de B.X.________ était des pathologies chroniques et aiguës très sévères dont il souffrait, sans que n'apparussent d'éléments à l'appui de l'hypothèse selon laquelle le décès aurait été accéléré par la morphine, aux doses administrées à l'Hôpital. Le taux de morphine retrouvé dans le liquide céphalo-rachidien était comparable à celui retrouvé dans le sang préalablement analysé, et donc compatible avec une administration médicale. Quant à la caféine, il n'en avait pas été détecté dans le sang du défunt ni dans son contenu gastrique. Le taux retrouvé dans l'urine était inférieur à 500 microgrammes par litre et pouvait résulter d'une faible consommation de produit contenant de la caféine, plusieurs jours avant le décès. B.d. Le 12 janvier 2016, les Dresses C.________ et D.________, médecins légistes auteurs du rapport d'autopsie et du rapport d'expertise complémentaire, ont été entendues par le Ministère public genevois. Elles ont confirmé la teneur de leurs deux rapports. La cause de la mort de B.X.________ était une pathologie pulmonaire sévère, décompensée par une broncho-pneumonie aigüe. La concentration de morphine retrouvée dans le sang de l'intéressé et le lien éventuel entre ce taux et le décès avaient été examinés avec attention. Sur la base de tables en vigueur, qui tenaient compte du taux de morphine libre, seul retenu en littérature médicale, et non du taux de morphine totale, le taux présenté à cet égard par le défunt était sans lien avec sa mort. Par ailleurs, la littérature médicale définissait le seuil de toxicité des doses de morphine administrées en dosant les taux retrouvés dans le sang, et non dans le liquide céphalo-rachidien. Les quantités de caféine retrouvées dans le sang étaient nulles, et celles retrouvées dans l'urine très basses, ce qui pouvait s'expliquer par la consommation de substances contenant de la caféine dans les jours précédant le décès. La morphine administrée à un taux thérapeutique n'avait pas d'effets collatéraux et ne causait, notamment, pas de dépression respiratoire, même en présence de pathologies préexistantes; elle représentait la seule substance apte à soulager les dyspnées (sensation de manque d'air).