Citation: 6S.424/2004 16.02.2005 E. A

En août 2002, Y.________, né en 1984, a fait la connaissance de Z.________, né en 1943, marié, père et grand-père, qui dissimulait à sa famille ses penchants homosexuels et qui l'a entouré matériellement et affectivement. Deux mois après leur rencontre, Y.________ a laissé son protecteur le caresser de la main ou de la bouche, parfois contre rémunération. Dès décembre 2002, des tensions sont apparues. Y.________ a évoqué un chantage, dans le cadre duquel Z.________ aurait exigé de la sexualité sans plus remettre d'argent en échange ou en se contentant de régler des dépenses indispensables. Le 12 décembre 2002, Z.________ a informé la police que Y.________ se vantait d'avoir commis des vols et a déclaré craindre pour sa propre sécurité. Le 4 janvier 2003 vers 18h30, Z.________ s'est rendu à l'appartement de Y.________ sur l'invitation de celui-ci. Le jeune homme a bu du whisky et de la vodka. Il s'est mis en colère, apparemment parce que Z.________ avait apporté des fleurs plutôt que de l'argent. Il lui a alors asséné des coups très violents au visage, voire à la gorge. Une fois sa victime à terre, il a continué à la rouer de coups de pied. Z.________ a sombré dans le coma. Son visage et sa tête étaient ensanglantés. Les coups ont causé un fracas du squelette du larynx et de l'os hyoïde, des fractures du nez et des côtes et des ruptures du foie. Y.________ a dérobé le contenu des poches de sa victime, qui contenaient notamment 900 fr. en espèces. A 19h28, il a téléphoné à son ami X.________, né en 1983, pour qu'il le rejoigne rapidement. A son arrivée, celui-ci a trouvé Z.________ allongé, le visage enflé et tuméfié, saignant du nez, la respiration difficile et forte. Des éclaboussures de sang souillaient le tapis, le canapé et un mur. Y.________ lui a déclaré: "je l'ai détruit". X.________ s'est assis sur le canapé taché de sang et a fumé une cigarette. A l'incitation de Y.________, les deux hommes ont entravé la victime, X.________ lui liant les chevilles avec du scotch tandis que Y.________ lui attachait les poignets. X.________ est allé chercher le véhicule de la victime, qu'il a garé devant la porte de l'immeuble. Les deux jeunes gens ont alors porté la victime et l'ont déposée, inanimée mais vivante, sur la banquette arrière de son véhicule, dont X.________ a pris le volant, alors qu'il ne disposait que du permis d'élève conducteur. Dans une forêt avoisinante, ils ont sorti du véhicule la victime, toujours vivante mais inanimée, et Y.________ l'a traînée par les pieds sur une pente en contrebas, à quelque 8 m 50 de la route. X.________ est resté dans le véhicule. Eclairé par le halo des phares, Y.________ a, au moyen d'un couteau suisse portant une lame de dix centimètres dont il s'était muni en sortant de chez lui, porté trois entailles sur le cou de Z.________ pour l'égorger. Le sang ne jaillissant pas comme prévu, il a asséné sur le torse de la victime 31 coups de couteau, dont 14 ont perforé la paroi thoracique pour atteindre le coeur, l'aorte, le foie et les poumons. La victime a gémi. Y.________ a cessé de la frapper lorsqu'il a entendu X.________ l'appeler. A un moment indéterminé, il a introduit des feuilles mortes et une pierre dans la bouche de la victime. Il a été établi que celle-ci est décédée des suites de l'hémorragie interne provoquée par la pénétration répétée de la lame. Après avoir quitté les lieux, Y.________ et X.________ ont dans un premier temps regagné leurs domiciles respectifs, puis X.________ a rejoint son ami dans son appartement, qu'il était en train de nettoyer. Il l'a aidé en repeignant un mur pour faire disparaître les taches de sang. Y.________ a donné 600 fr. à X.________, qui se doutait que cet argent avait été dérobé à la victime. X.________ est ensuite parti à Lausanne pour y finir la nuit dans une discothèque.