Citation: 6B_1187/2022 E. 2.1

2.1. La cour cantonale a relevé que l'intérêt privé du recourant à rester en Suisse résultait essentiellement de sa présence dans ce pays depuis sa naissance, de celle des membres de sa famille proche et de son fils ainsi que de sa bonne insertion professionnelle. Pour le reste, elle a considéré que l'intégration du recourant en Suisse était moyenne. Sur le plan social, son cercle d'amis restait limité à ses collègues de travail et à ses anciens camarades de classe. Il ne semblait pas participer de manière spécialement intense à la vie sociale de son lieu de domicile, ni prendre part à sa vie associative. Il faisait en outre l'objet de poursuites et avait délivré des actes de défaut de biens. D'après la juridiction précédente, une réintégration du recourant dans son pays d'origine, dont il parlait et écrivait couramment la langue et où se trouvaient plusieurs membres de sa proche parenté avec lesquels il était toujours en contact, n'était pas dénuée de chances de succès; au bénéfice d'expériences professionnelles de plusieurs années et de formation, certes inachevées, dans deux métiers différents (menuisier et installateur électrique), ses chances de retrouver un emploi, notamment dans le domaine de la construction dont la santé économique n'était pas mauvaise, ne pouvaient être considérées comme inexistantes. Par ailleurs, son éloignement géographique, tout relatif, n'empêcherait nullement les membres de sa famille restés en Suisse de lui rendre visite régulièrement et de lui apporter cas échéant leur soutien. Ses contacts avec son fils, dont il vivait déjà séparé depuis plusieurs années, pourraient aisément être maintenus par l'intermédiaire de moyens de communication modernes et par des séjours en Espagne, ce d'autant qu'un curateur, dont la mission est précisément d'organiser lesdits contacts, était déjà en fonction. Contrairement à ce que le recourant prétendait, rien au dossier n'indiquait qu'un éloignement géographique avec son fils ferait courir à celui-ci un risque particulier pour son développement et son bien-être. S'agissant de l'intérêt public à l'expulsion, la cour cantonale a relevé que le recourant avait commis une tentative de lésions corporelles graves et que sa faute était importante. Pleinement responsable de ses actes, il avait roué un individu de multiples coups de pied et de poing à la tête, en agissant de façon non seulement cruelle mais également gratuite et en faisant preuve d'une absence particulière de scrupules. Par ce comportement éminemment dangereux, il avait démontré qu'il ne savait pas se maîtriser et réagissait de manière aussi disproportionnée qu'inquiétante sous le coup de la colère. Ses antécédents judiciaires étaient par ailleurs mauvais. Condamné pénalement à plusieurs reprises, son comportement révélait un sérieux mépris des lois et de l'ordre juridique suisse. En outre, le pronostic incertain posé par le premier juge quant au comportement futur du recourant s'était révélé fondé puisqu'il avait été condamné au cours de la procédure d'appel pour violation de domicile au préjudice de son ex-épouse, alors même qu'il savait que son expulsion allait être réexaminée. Ses relations hautement conflictuelles avec son ex-compagne - à l'origine de la colère l'ayant poussé à commettre les faits relevant de la présente procédure - étaient d'ailleurs toujours d'actualité, ce qui n'augurait rien de bon pour le futur. D'après la cour cantonale, le recourant représentait ainsi une sérieuse menace pour l'ordre et la sécurité publics, la jurisprudence se montrant particulièrement stricte s'agissant des actes de violence contre l'intégrité corporelle. Compte tenu de ces éléments, la juridiction précédente a considéré que l'intérêt public à l'expulsion du recourant l'emportait sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. Si cette mesure était certes susceptible de porter atteinte à la fréquence de ses rencontres avec son fils, elle ne l'empêcherait toutefois pas d'entretenir des contacts réguliers avec lui. L'expulsion était ainsi conforme au principe de la proportionnalité et devait être confirmée.