Citation: 4A_196/2014 E. 1

Par réponse du 7 novembre 2005, les époux A.________ ont conclu au rejet de la demande de D.________ et, reconventionnellement, notamment à ce qu'il soit prononcé que les architectes sont leurs débiteurs de 53'947 fr.90 ou du montant que justice dira. Après quelques péripéties procédurales, les architectes ont été autorisés à se réformer jusqu'à la veille du délai pour le dépôt de la réponse. Par réponse du 8 février 2008, les architectes ont conclu au rejet des conclusions pécuniaires prises par les conjoints A.________ à leur encontre et, à titre reconventionnel, à ce que ces derniers soient condamnés solidairement à leur payer la somme de 76'773 fr.95 plus intérêts à 5% l'an dès le 10 décembre 2006. Lors de l'audience préliminaire du 29 octobre 2008, A.A.________ et B.A.________, d'une part, D.________, d'autre part, ont signé une convention mettant fin au litige les opposant. D.________ a dès lors été mis hors de cause et de procès, la cause se poursuivant entre les époux A.________ et les architectes. En cours d'instance, une expertise judiciaire a été confiée à l'architecte EPFL E.________, lequel a déposé son rapport le 6 décembre 2010. Pour l'expert, la note d'honoraires des architectes était conforme aux contrats conclus et aux choix complémentaires des mandants. La qualification des travaux avait considérablement évolué entre la phase du projet et celle de l'exécution, en ce sens que ce qui devait être une maison économique était devenu une maison luxueuse. Toutefois, les architectes n'avaient pas fait varier les paramètres de calcul des honoraires, seul le coût des travaux ayant augmenté dans une mesure importante. La qualité supérieure de la réalisation permettait de la faire passer de la catégorie IV « maison de type courant » à la moyenne entre la catégorie V « répondant à des exigences individuelles » et la catégorie VI « répondant à des exigences exceptionnelles », ce qui aurait autorisé une note d'honoraires de 217'000 fr., taxes comprises. Les mandants et les architectes avaient signé le contrat d'architecte sur la base d'un avant-projet d'intention, défini comme économique. Le choix des détails et des matériaux avait ensuite été opéré « dans le sens d'une maison luxueuse », d'où l'évolution du coût de construction, qui avait été redéfini avec précision en cours d'étude et de chantier. Et l'expert de conclure que les conjoints A.________ avaient voulu une maison de prestige et qu'ils l'avaient obtenue, les architectes ayant tout fait pour satisfaire leurs clients. Le 15 avril 2011, le Président du Tribunal d'arrondissement a refusé d'ordonner une seconde expertise. Le 26 août 2011, les époux A.________ ont déposé une requête incidente, tendant à obtenir le droit de se réformer pour introduire 55 allégués en procédure, une liste de témoins complémentaires et un bordereau de pièces. Par jugement incident du 30 août 2011, le Président du Tribunal d'arrondissement a rejeté cette requête de réforme. Le recours interjeté par les époux A.________ contre ce jugement a été déclaré irrecevable par arrêt rendu le 10 février 2012 par la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal vaudois. Par jugement au fond du 19 septembre 2012, le Tribunal d'arrondissement de La Côte a rejeté les conclusions prises par les conjoints A.________ contre les architectes, admis les conclusions prises par ces derniers contre les premiers et dit que A.A.________ et B.A.________ étaient les débiteurs solidaires des architectes de la somme de 76'773 fr.95 avec intérêts à 5% l'an dès le 10 décembre 2006. B.b. Saisie d'un appel déposé par les époux A.________, qui ne concluaient plus qu'au rejet total des conclusions prises contre eux par les architectes, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois, par arrêt du 28 janvier 2014, a confirmé le jugement du 19 septembre 2012. En substance, la cour cantonale, retenant que les parties avaient conclu un contrat d'architecte global soumis à la norme SIA 102, a jugé que le comportement de celles-ci, interprété selon le principe de la confiance, ne permettait pas d'inférer qu'elles étaient convenues d'arrêter les honoraires des architectes au montant forfaitaire de 117'273 fr. Lesdits honoraires devaient être calculés selon le coût de la construction, dont l'augmentation n'était pas contestée, l'expert ayant confirmé que le calcul actualisé de ceux-ci ne prêtait pas le flanc à la critique. La Cour d'appel a encore admis que les architectes n'avaient pas failli à leur devoir d'information, si bien que les honoraires leur étaient dus en totalité.