Citation: 1P.314/2001 02.07.2001 E. A

A.- A.________ a été renvoyé devant le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de l'Est vaudois, comme prévenu d'attentat à la pudeur des enfants, alternativement d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, de contrainte sexuelle, de viol, d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, qu'il aurait commis à l'égard de ses filles G.________ et H.________. A.________ a partiellement admis les faits reprochés, pour ce qui concerne sa fille G.________ uniquement. L'audience de jugement s'est tenue les 12 et 13 février 2001. Le Tribunal correctionnel était composé de K.________, magistrat professionnel et président du Tribunal correctionnel, ainsi que d'B. ________, C.________, D.________ et E.________, juges laïcs. Lors de l'audience du 12 février 2001, après l'audition d'un témoin de moralité ayant dit grand bien de l'accusé, le Président K.________ a fait remarquer qu'il se disait aussi qu'Hitler avait pu être un homme charmant et courtois. Lors de l'audience du 13 février 2001, le Président K.________ a procédé à l'interrogatoire de l'accusé. Alors que celui-ci niait avoir commis des actes délictueux à l'égard de sa fille H.________, le Président K.________ lui a dit: "Quand on a commis des attouchements sur ses filles, on devrait s'en souvenir". A.________ a demandé séance tenante la récusation du Tribunal correctionnel pris dans son ensemble, à raison des propos tenus par le Président. Par arrêt du 8 mars 2001, le Tribunal cantonal du canton de Vaud a admis la demande de récusation en tant qu'elle visait le Président K.________ (ch. I du dispositif de cet arrêt) et l'a rejetée s'agissant des Juges A.________, B.________, C.________, D.________ et E.________ (ch. II).