Citation: 4C.381/2002 29.04.2003 E. A

X.________ exploite le Garage E.________, qui se compose d'un garage et d'une station-service. Depuis 1987, il a vendu de l'essence à l'enseigne de B.________, qui le fournissait sur la base d'un contrat de commission pour la livraison exclusive de carburant. La société coopérative B.________ possédait également une servitude sur l'immeuble de X.________ qui lui permettait de maintenir et d'exploiter des installations de distribution de ses produits, en lui assurant un droit de passage et de stationnement. D.________ AG (devenue par la suite A.________ S.A.; ci-après : A.________) est une société qui s'occupe de la distribution et de la livraison de carburant A.________ à diverses stations-service. Au mois de mai 1994, X.________ est entré en pourparlers avec A.________, en vue d'une collaboration concernant l'exploitation de sa station-service. Le 14 juin 1994, X.________, qui était concessionnaire C.________, a résilié pour le 31 décembre 1994 le contrat qui le liait à C.________ Automobiles S.A. Par courrier du 21 juin 1994, A.________ a manifesté à X.________ son intérêt à collaborer à l'exploitation de la station-service. Toutefois, comme un important investissement devait être consenti pour la mise en conformité de la station avec les nouvelles normes relatives à la protection de l'air, elle a précisé qu'elle devait conduire une étude afin de déterminer le coût d'une telle opération et qu'elle reprendrait contact une fois qu'elle serait en possession de toutes les données. A.________ n'a pas procédé rapidement à l'étude annoncée et, de l'été 1994 jusqu'au début de l'année 1996, il n'y a pas eu de contact entre les parties au sujet de ce projet. X.________ n'a pas répondu à la demande de B.________ du 18 novembre 1994 qui portait sur la conclusion d'un nouveau contrat, leur ancien accord arrivant à expiration à la fin de l'année 1994. La servitude grevant l'immeuble du garagiste en faveur de B.________ a été radiée du registre foncier. A partir du 1er janvier 1995, X.________ a loué une partie de ses locaux à Y.________. Le 27 décembre 1995, ce dernier s'est déclaré d'accord de libérer les lieux pour le 31 janvier 1996. Il n'a pas été tenu pour établi que A.________ ait suggéré la libération des locaux en vue de l'assainissement du garage. X.________ aurait agi de sa propre initiative, car il comptait beaucoup sur une collaboration avec A.________, en particulier sous la forme d'une location par celle-ci d'une partie de son immeuble. Depuis 1995, A.________ a livré à plusieurs reprises du carburant à X.________, sans qu'il y ait de contrat de livraison exclusive entre eux. Le garagiste avait les plus grandes difficultés à payer l'essence qu'il commandait. Le 11 avril 1996, X.________ a confirmé à A.________ qu'il n'était pas en mesure de régler les factures concernant la livraison de l'essence effectuée pour une valeur de 150'000 fr. Par courrier du 29 avril 1996, A.________ a indiqué à X.________ qu'un projet en vue de leur collaboration était en cours et que celui-ci serait prochainement remis à sa direction générale, seule compétente pour toute décision définitive. Une estimation des coûts d'assainissement et une marche à suivre étaient annexées. Cette dernière réservait la concrétisation de l'accord à une décision définitive sur les installations, à la confirmation de commande à A.________, à la remise du dossier complet pour approbation à la direction, à la décision de cette dernière et à la signature des contrats. Le 21 mai 1996, une réunion a eu lieu au Garage E.________ entre X.________ et les représentants de A.________. A une date indéterminée, X.________ a établi un document intitulé ordre du jour qui était censé résumer le contenu de la réunion. Il n'a pas été établi que ce document aurait été remis à A.________ ni que son contenu serait le reflet d'une quelconque réalité. Le 21 janvier 1997, X.________ a adressé à A.________ un plan de paiement échelonné et s'est acquitté d'une partie des sommes dues. Par courrier du 30 janvier 1997, le conseil de A.________ a pris acte du plan de paiement présenté, tout en indiquant que, sur les livraisons de carburant intervenues depuis 1995, il restait un solde dû de 174'053,40 fr., qui serait entièrement réclamé si les échéances n'étaient pas respectées. Cette lettre ajoutait que A.________ avait renoncé à exiger le paiement de 150'000 fr. sur cette somme pour tenir compte de l'éventualité d'une reprise par elle-même des locaux de la station-service, mais ce projet était "encore dans les limbes". A.________ prendrait prochainement position sur le principe d'un tel accord. Après avoir plusieurs fois relancé X.________ pour qu'il honore le plan de paiement qu'il avait lui-même présenté, A.________ a informé celui-ci, par courrier du 19 août 1997, qu'à la suite des résultats de l'étude, elle renonçait à investir dans le projet d'assainissement de la station-service et qu'elle reprendrait contact afin d'établir un plan de paiement des 161'374,85 fr. en suspens. Le 30 septembre 1997, X.________ a été mis en demeure de régler 161'373,80 fr. jusqu'au 15 octobre 1997. Le 2 octobre 1997, le garagiste a fait valoir un manque à gagner de 72'000 fr. en raison des pourparlers intervenus dès mai 1994 concernant l'assainissement de sa station-service et s'est déclaré prêt à régler la somme de 89'373,80 fr. (161'373,80 fr. - 72'000 fr.) à raison de versements de 1'000 fr. par mois. A.________ a répondu le lendemain qu'elle considérait les prétentions liées au manque à gagner comme fantaisistes. Sur réquisition de A.________, X.________ s'est vu notifier, le 16 octobre 1997, un commandement de payer portant sur un montant total de 161'373,80 fr. plus intérêt.