Citation: 6B_1150/2014 E. 3.2.2

3.2.2. Pour le surplus, il n'apparaît pas que le recourant s'oppose au prononcé d'un traitement ambulatoire, qu'il dit avoir lui-même proposé, mais plutôt qu'il souhaite que la peine soit suspendue au profit dudit traitement. En vertu de l'art. 63 al. 2 CP, si la peine n'est pas compatible avec le traitement, le juge peut suspendre, au profit d'un traitement ambulatoire, l'exécution d'une peine privative de liberté ferme prononcée en même temps que le traitement. Il peut ordonner une assistance de probation et imposer des règles de conduite pendant la durée du traitement. Le principe est que la peine est exécutée et que le traitement ambulatoire est suivi en même temps. La suspension de la peine est l'exception (ATF 129 IV 161 consid. 4.1 et 4.3 p. 162 ss ; en application du nouveau droit : voir arrêt 6B_335/2012 du 13 août 2012 consid. 2.1). Elle doit se justifier suffisamment par des motifs thérapeutiques. Une suspension doit être ordonnée si la perspective du succès du traitement est considérablement compromise par l'exécution de la peine privative de liberté prononcée. La thérapie doit être privilégiée lorsqu'un traitement immédiat offre de bonnes chances de réinsertion, lesquelles seraient clairement entravées ou réduites par l'exécution de la peine. En outre, il faut tenir compte, d'une part, des effets de l'exécution de la peine, des perspectives de succès du traitement ambulatoire et des efforts thérapeutiques déjà consentis mais également, d'autre part, de l'exigence de politique criminelle de réprimer les infractions proportionnellement à la faute, respectivement d'exécuter en principe les peines qui ont force de chose jugée. Sous l'angle du principe de l'égalité de traitement, le besoin de traitement doit être d'autant plus marqué que la peine suspendue est d'une longue durée. Un traitement ambulatoire ne saurait être ordonné pour éviter l'exécution d'une peine ou la différer indéfiniment (ATF 129 IV 161 consid. 4.1 p. 163; arrêt 6B_947/2009 du 6 janvier 2010 consid. 3.3). Ainsi que cela ressort du jugement attaqué, l'expert a clairement indiqué que le traitement peut se poursuivre dans le cadre de l'exécution de la peine et aucun élément ne donne à penser qu'il aurait de meilleures chances de succès si celle-ci était suspendue. Le recourant se contente de rappeler l'importance d'une bonne coopération entre le patient et son médecin et de prétendre qu'il est peu probable qu'une détention permette au psychologue qui le suit de poursuivre son travail. Cette simple affirmation ne suffit pas à faire admettre, à l'encontre de l'avis de l'expert, que les perspectives de succès du traitement seraient considérablement compromises par l'exécution de la peine privative de liberté. Mal fondé, ce grief doit être rejeté.