Citation: 9C_408/2023 E. 5.2

5.2. En ce qui concerne le trouble de l'adaptation, comme le rappelle l'office recourant, cette atteinte à la santé sur le plan psychique n'est en principe pas considérée comme une maladie de longue durée et donc potentiellement invalidante (en dernier lieu, voir arrêt 9C_465/2022 du 1er mars 2023 consid. 5.3 et les références). Un trouble de l'adaptation dure rarement plus de six mois (arrêt 9C_436/2022 du 26 janvier 2023 consid. 3.2.1 et les références). Cependant, selon la Classification internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10ème révision (CIM-10), le psychiatre peut préciser le diagnostic de trouble de l'adaptation au moyen de sept subdivisions, avec l'ajout d'un quatrième caractère. Ainsi, il peut diagnostiquer par exemple un trouble de l'adaptation, avec réaction dépressive brève (F43.20) ou avec réaction dépressive prolongée (F43.21). Or, à la différence du trouble de l'adaptation avec réaction dépressive brève, le trouble de l'adaptation avec réaction dépressive prolongée (F43.21) peut persister au-delà de six mois (cf. arrêt 9C_436/2022 précité consid. 3.2.1 et les références). Dès lors, à l'inverse de ce que soutient l'office recourant, le trouble de l'adaptation peut sous certaines circonstances - qu'il appartient au psychiatre d'établir conformément à la procédure probatoire définie à l'ATF 141 V 281 - être relevant pour l'octroi d'une rente de l'assurance-invalidité. A cet égard, au moment de l'examen clinique du 27 septembre 2021, la doctoresse E.________ a diagnostiqué un trouble de l'adaptation, réaction dépressive avec perturbation d'autres émotions (avec résolution partielle sous traitement). En d'autres termes, l'experte a constaté que les symptômes persistaient au-delà d'une année et a modifié le diagnostic de trouble de l'adaptation (F43.2) par celui qui correspondait au mieux selon elle au tableau clinique (trouble de l'adaptation, avec prédominance d'une perturbation d'autres émotions [F43.23]), avec l'indication des facteurs de stress persistants. En particulier, elle a noté que la symptomatologie anxio-dépressive avait débuté en juin 2020 (date du début du suivi psychiatrique), avec une baisse de la thymie par moments accompagnée d'idées suicidaires, parfois sous injonction et sous-entendu de voix. Après l'introduction d'un traitement antidépresseur, la symptomatologie avait régressé partiellement (avec un taux sanguin bien en dessous de la fourchette thérapeutique, laissant suspecter une mauvaise compliance médicamenteuse). Aussi, contrairement à ce que soutient l'office recourant, l'experte a motivé le diagnostic de telle manière que l'autorité chargée de l'application du droit était en mesure de comprendre non seulement si les critères de la classification étaient effectivement remplis mais également les motifs pour lesquels la pathologie diagnostiquée présentait un degré de gravité susceptible d'occasionner des limitations dans les fonctions de la vie courante pendant manifestement plus d'une année. La juridiction cantonale pouvait dès lors sans arbitraire considérer que l'atteinte à la santé diagnostiquée était susceptible d'occasionner des limitations déterminantes dans les fonctions de la vie courante.