Citation: I 394/05 12.09.2006 E. 4.2

4.2.1 En l'occurrence, il est indéniable que, sous réserve de l'épisode d'incapacité de travail due à l'opération de plastie en Z (du 25 janvier au 10 février 2000), la recourante a recouvré sa pleine capacité de travail au début du mois de juillet 1999 (renvoi soit à cet égard à l'arrêt U 25/01 du 2 juillet 2001). Cela étant, il n'en demeure par moins que dans son rapport du 23 janvier 2001, le docteur D.________ a indiqué l'apparition d'un kyste dorsal scapho-lunaire/médio-carpien au poignet droit et proposé une intervention chirurgicale. Dans son rapport du 12 novembre 2001, établi à l'attention de l'office AI, le docteur M.________ a indiqué que ce serait seulement après l'opération du kyste et la rééducation qu'il serait possible de se prononcer sur la capacité résiduelle de travail de l'assurée; en l'état actuel, celle-ci n'était pas en mesure de reprendre son activité habituelle de serveuse et son incapacité de travail était entière depuis le 10 janvier 2001. Le docteur D.________ a confirmé cette appréciation dans son rapport du 19 novembre 2001. Quant au docteur K.________, il a indiqué que le kyste affectant le poignet droit n'était pas une conséquence de l'accident du 4 avril 1998 et a attesté une capacité de travail entière dans l'activité habituelle, compte tenu toutefois exclusivement des atteintes à la santé découlant de l'accident (rapport du 18 décembre 2001). 4.2.2 Sur le vu de ces avis médicaux, on ne voit pas comment l'office AI a pu considérer que la capacité de travail de l'intéressée était, certes réduite, dans la profession de sommelière mais était entière dans « une activité professionnelle adaptée à (son) état de santé », sans même qu'il soit nécessaire que l'assurée se soumette à une intervention chirurgicale. Au demeurant, on ignore à quelle activité adaptée se réfère l'office AI, du moment que le calcul du revenu d'invalide sur la base des statistiques de l'OFS n'indique ni le tableau de référence, ni le niveau de qualification, ni même l'année déterminante. On ne saurait non plus partager le point de vue de la juridiction cantonale selon lequel la capacité de travail de la recourante est entière, motif pris qu'il faut faire abstraction du handicap découlant du kyste affectant le poignet droit. Les premiers juges considèrent, en effet, qu'une intervention chirurgicale aurait permis de rétablir une pleine capacité de travail, de sorte qu'il appartenait à l'intéressée, en vertu de son obligation de diminuer le dommage, de se soumettre à une telle intervention chirurgicale. En jugeant que l'office AI était fondé à faire abstraction de l'incapacité de travail découlant du kyste, la juridiction cantonale semble donc considérer que ledit office était en droit de réduire ou de refuser ses prestations pour violation de l'obligation de réduire le dommage. Certes, aux termes de l'art. 21 al. 4 LPGA, les prestations peuvent être réduites ou refusées temporairement ou définitivement si l'assuré se soustrait ou s'oppose, ou encore ne participe pas spontanément, dans les limites de ce qui peut être exigé de lui, à un traitement ou à une mesure de réinsertion professionnelle raisonnablement exigible et susceptible d'améliorer notablement sa capacité de travail ou d'offrir une nouvelle possibilité de gain; une mise en demeure écrite l'avertissant des conséquences juridiques et lui impartissant un délai de réflexion convenable doit lui avoir été adressée (1ère et 2ème phrases). En l'occurrence, il n'est toutefois pas nécessaire d'examiner si les raisons invoquées par la recourante constituaient un motif valable de refus de se soumettre à l'intervention chirurgicale préconisée (sur cette question, cf. Kieser, ATSG-Kommentar, Kommentar zum Bundesgesetz über den Allgemeinen Teil des Sozialversicherungsrechts, vom 6. Oktober 2000, Zurich 2003, n. 59 ad art. 21), du moment que l'office AI n'a pas satisfait aux exigences formelles de mise en demeure (art. 21 al. 4, 2ème phrase, LPGA), dont la jurisprudence a déclaré le caractère obligatoire en ce qui concerne l'assurance-invalidité (ATF 122 V 218). Vu ce qui précède, l'office intimé et la juridiction cantonale n'étaient pas fondés à considérer que la recourante était pleinement capable de mettre à profit sa capacité de travail dans une profession adaptée après l'apparition du kyste au poignet droit. Dans la mesure où les avis médicaux versés au dossier ne permettent toutefois pas de connaître la capacité résiduelle de travail dans la profession habituelle ni quels autres travaux on peut encore raisonnablement exiger de l'intéressée (cf. ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1), il y a lieu de renvoyer la cause à l'office intimé pour nouvelle décision après instruction complémentaire.