Citation: 6B_574/2015 E. 2.2

2.2. En l'espèce, la cour cantonale a exposé en détail les raisons pour lesquelles elle a considéré que la culpabilité du recourant était établie. Tout d'abord, elle a retenu la crédibilité des aveux du recourant, lequel avait admis être l'auteur de l'incendie avant de se rétracter. Elle a relevé que les aveux étaient circonstanciés, le recourant ayant donné lui-même des indications précises et cohérentes sur le déroulement des faits et le mode opératoire; il n'avait pas uniquement reconnu avoir bouté le feu, il avait donné des détails que seul l'auteur de l'infraction était susceptible de connaître. Les déclarations de E.________ et de D.________ corroboraient le mode opératoire décrit par le recourant, à savoir l'utilisation d'un allume-feu liquide en sa possession depuis la fête des vendanges, déversé depuis l'extérieur de la façade est, à travers un endroit cassé de la paroi en Eternit. Seul l'abbé F.________, qui entretenait des relations d'amitié avec le recourant, avait constaté que celui-ci était, le 3 novembre 2008 "on ne peut plus effondré". En revanche, selon les agents de la police judiciaire, lorsqu'ils ont interpellé le recourant peu après minuit, celui-ci avait adopté une attitude insolite, qui "laissait supposer qu'il [les] fuyait et qu'il ne désirait pas vraiment s'entretenir avec [eux]." Deux jours après le sinistre, son comportement n'avait pas manqué de surprendre les inspecteurs de sinistre des compagnies d'assurances. Contrairement aux victimes auxquelles ceux-ci sont régulièrement confrontés, le recourant n'était pas abattu; il n'avait pas cherché à connaître les causes de l'incendie ou l'identité des auteurs: il avait, en outre, connaissance de la couverture d'assurance, des modalités de détermination du préjudice ou encore des possibilités de poursuivre l'exploitation. Par ailleurs, à l'époque des faits, la situation financière des entreprises gérées par le recourant était délicate; il avait des actes de défaut de biens pour un montant de 1'300'000 fr. voire 1'400'000 francs. Depuis 2004, il s'acquittait des primes d'assurances avec retard, si bien qu'il faisait l'objet de suspensions régulières des couvertures. Il avait pourtant payé la prime de l'une des compagnies d'assurances le 26 juin 2008, à savoir avant l'échéance. Il avait en outre versé le montant dû à l'autre compagnie d'assurances quelques jours avant le sinistre, en sorte que l'obligation de l'assurance, suspendue depuis le 5 septembre 2008, avait repris le 21 octobre 2008. Cette coïncidence temporelle interpellait immédiatement; elle accréditait les aveux du recourant qui avait spécifié le 27 mai 2009 que, lorsqu'il avait décidé de mettre le feu à sa cave, il savait que celle-ci était assurée parce qu'il avait payé les primes d'assurances quelques jours auparavant. L'expertise, à l'instar des autres moyens de preuve, était propre à convaincre de la crédibilité des aveux du recourant. Après avoir minutieusement examiné et écarté, de manière motivée, toutes les autres hypothèses, les experts judiciaires avaient privilégié une intervention humaine délibérée comme cause de l'incendie. Ils avaient situé l'origine de celui-ci dans l'atelier, sis dans la partie est de l'exploitation; il s'agissait de l'endroit indiqué par le recourant lorsqu'il avait avoué. Au demeurant, les aveux de recourant étaient corroborés par leurs investigations.