Citation: 4A_42/2023 E. A

Le 21 décembre 2018, A.________ (ci-après l'employé) a été engagé comme serveur par une société qui exploitait un restaurant chinois à... (FR). Le contrat de travail débutait le 1er janvier 2019 pour une durée indéterminée. L'exploitante a remis son commerce à X.________ avec effet au 31 mars 2019. Elle lui a transféré son bail, ainsi qu'à Y.________. Le 1er mai 2019, X.________ a conclu un nouveau contrat de travail avec l'employé rétroagissant au 16 avril 2019. Détenteur d'une patente provisoire pour exploiter le restaurant, ce dernier devait désormais oeuvrer en qualité de gérant pour un salaire plus élevé. La rétribution serait encore augmentée lorsqu'il obtiendrait sa patente définitive. Le 7 mai 2019, la société Z.________ Sàrl, dont Y.________ était l'associée gérante, a modifié ses statuts: elle a transféré son siège à l'adresse du restaurant, et X.________ en est devenue associée. L'inscription a été publiée au registre du commerce le 12 juin 2019. Dite entité a repris le contrat de travail contracté par X.________. Dans le courant du mois de mai, l'employé a demandé une modification de ses conditions salariales qui lui a été refusée. Le 26 mai 2019, il a adressé le courrier électronique suivant à Y.________ et à son époux: "Suite à notre discussion téléphonique du 24 mai, j'ai bien compris que vous n'avez pas l'intention d'accepter les conditions de mon contrat de travail. De ma part, je ne pense pas que le contrat de travail signé antérieurement, garantissant le cahier des charges que je devrais assumer (sic!). Conclusion: Toutes les discussions relatives au contrat de travail sont caduques. Dès la semaine prochaine, je règle le travail en cours de ce mois. La lettre de démission sera envoyée à la Police du commerce et au restaurant avant la fin du mois, comme informé par mon courriel du 17 mai. (...) Je vous souhaite, chers Madame et Monsieur, plein succès à la suite! (sic!) " Entre le 26 et le 27 mai 2019, le conjoint de Y.________ lui a répondu que Z.________ Sàrl ne pouvait accepter ses exigences, mais était disposée à signer un contrat de travail conforme aux exigences de la convention collective de travail pour les hôtels et cafés-restaurants ("CCNT"). Il attirait son attention sur le fait que s'il décidait "réellement de démissionner", son contrat serait annulé "conformément aux règlements du contrat précédent". Il le remerciait pour son travail. Le 27 mai 2019, l'employé a répondu par courriel: "J'ai bien réfléchi, la lettre de démission est prête." Le 28 mai 2019, il a demandé à la police du commerce s'il était possible de suspendre sa patente dès le 1er juin et, dans l'affirmative, si elle pouvait en informer le restaurant selon la procédure administrative. Le lendemain, dite autorité a annoncé au mari de Y.________ que l'employé l'avait informée de sa cessation d'activité au 1 er juin 2019. Elle l'a invité à lui communiquer la suite qu'il entendait donner à l'exploitation du restaurant. Par courrier du 16 juillet 2019, notifié le jour suivant, Z.________ Sàrl s'est adressée à l'employé en ces termes: " R (é) siliation du contrat de travail (...) Je regret (te) sinc (è) rement cette d (é) cision que j'avais pris (e) pour r (é) silier le contrat de travail avec vous. nous avons mettre accorde (sic!) personnellement et dans le respect du d (é) lai de cong (é) avec effet au 31.05.2019. ce (sic!) la raison pour laquelle vous avez d (é) mission (né)." Ce à quoi l'employé a répondu le 25 juillet suivant: " (...) J'ai bien reçu votre courrier recommandé (...), mais malheureusement, je n'ai pas compris son contenu. Ainsi, je vais continuer mon occupation dans votre établissement selon mon contrat d'emploi en cours." Le 5 novembre 2019, il a réclamé à l'employeuse le paiement des salaires de mai à août 2019. Celle-ci n'y a pas donné suite.