Citation: 7B_810/2024 E. 3.3

3.3. En l'espèce, l'autorité précédente a tout d'abord indiqué que dans la mesure où la recourante ne figurait pas au casier judiciaire et n'avait donc jamais été condamnée pour tentative de meurtre (art. 22 al. 1 CP en relation avec l'art. 111 CP), lésions corporelles graves (art. 122 CP) et lésions corporelles simples au moyen d'un objet dangereux (art. 123 ch. 2 CP), soit les infractions pour lesquelles une enquête pénale avait été ouverte contre elle depuis le 11 septembre 2023, il convenait d'examiner à l'aune de l'art. 221 al. 1 bis CPP, et non de l'art. 221 al. 1 let. c CPP, l'éventuel risque de récidive qu'elle présentait. À tout le moins deux des infractions précitées dont la recourante était fortement soupçonnée de s'être rendue coupable, au vu des faits qui lui étaient reprochés, pouvaient être constitutives d'un crime (cf. art. 10 al. 1 et 2 CP) parce que passibles respectivement d'une peine privative de liberté de cinq ans au moins (cf. art. 111 CP) et d'une peine privative de liberté de dix ans au plus (cf. art. 122 CP); les crimes redoutés étaient très graves dès lors qu'ils concernaient la vie et l'intégrité corporelle. Il en résultait que les deux premières conditions posées par l'art. 221 al. 1 bis CPP étaient remplies. La Juge cantonale a ensuite indiqué, s'agissant de la troisième condition - soit un pronostic sérieusement défavorable de réitération imminente d'un crime grave du même genre - qu'il résultait du rapport d'expertise psychiatrique du 30 avril 2024 qu'en l'absence d'une prise en charge psychiatrique et médicamenteuse adéquate, la recourante présentait un risque de récidive de comportements violents qualifié de modéré à élevé. Ce risque était à mettre en relation avec l'actuel trouble schizo-affectif, type mixte, continu, lequel constituait, quoi qu'en pensât la recourante (cf. recours cantonal, par. 11.3), un grave trouble mental, durable et sévère dans son cas. Les experts avaient en outre précisé que les facteurs de protection susceptibles de contrebalancer le risque de récidive apparaissaient très faibles si l'expertisée ne bénéficiait d'aucune prise en charge psychiatrique psychothérapeutique et médicamenteuse. La Juge cantonale a ainsi retenu, sur la base du rapport d'expertise, dont il n'y avait pas lieu de s'écarter, un risque de récidive sérieux et imminent au sens de l'art. 221 al. 1 bis CPP.