Citation: 2C_27/2025 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant s'est par le passé marié successivement avec deux femmes avec lesquelles il a à chaque fois eu un enfant, aujourd'hui âgés de respectivement 25 et 15 ans, et qu'il n'allègue que depuis très peu de temps être homosexuel, à savoir depuis son ordre de renvoi en Tunisie. La Cour de justice a du reste constaté que l'intéressé restait très général à ce propos, se limitant à affirmer s'être séparé de sa seconde épouse, en 2016, après que celle-ci avait appris sa préférence sexuelle, sans indiquer depuis quand il l'aurait lui-même découverte ni comment il l'aurait vécue avant et après cette séparation et l'assumerait désormais au quotidien. Or, le recourant ne conteste pas ces divers constats qui ont pourtant conduit l'autorité précédente à douter sérieusement - et légitimement - de la réalité de son homosexualité prétendue. Dans ses écritures, il se borne pour l'essentiel à présenter les risques qu'encourraient selon lui les personnes homosexuelles en Tunisie et à invoquer un arrêt de la CourEDH où l'homosexualité du requérant gambien susceptible d'être renvoyé était avérée et incontestée (cf. arrêt de la CourEDH B. et C. contre Suisse du 17 novembre 2020 [requête n° 889/19]). Tout au plus allègue-t-il également de manière extrêmement lapidaire - et sans se référer à aucune preuve au dossier - qu'il aurait toujours expliqué avoir été rejeté par sa famille en raison de son orientation sexuelle et qu'il aurait dû quitter la Tunisie à l'âge de 17 ans pour ce motif, sans pouvoir y retourner depuis 30 ans, ce qui paraît néanmoins peu compatible avec le fait - ressortant de l'arrêt attaqué - qu'il s'est marié deux fois durant cette période et qu'il a en tout cas à nouveau séjourné en Tunisie en 2020. Sur cette base, indépendamment du point de savoir si les personnes homosexuelles peuvent subir des traitement inhumains et dégradants en Tunisie, on ne peut pas reprocher à la Cour de justice d'avoir considéré que l'intéressé ne fournissait quoi qu'il en soit aucun indice concret et sérieux rendant vraisemblable son homosexualité et, partant, que son renvoi puisse être manifestement contraire à l'art. 3 CEDH en raison de celle-ci. Rappelons que cette question doit être examinée en priorité par les autorités chargées de l'exécution du renvoi, ainsi que par le SEM dans le cadre de la demande d'asile déposée par le recourant et en cours de traitement.