Citation: 4C.100/2004 24.06.2004 E. B

Le 5 août 2001, Y.________ a présenté la nouvelle collection Z.________ au Festival du film de Locarno. Il était logé, avec une amie dont il ne partageait pas la chambre, et d'autres collègues, dans un hôtel de la place. Le 6 août 2001, alors que la présentation avait pris fin et que la journée était consacrée au retour en Suisse romande, Y.________ s'est fait servir le petit déjeuner dans sa chambre d'hôtel. Lorsque la femme de chambre est entrée, Y.________ était vêtu d'un paréo. Il l'a priée de le photographier, ce qu'elle a accepté de faire. Alors qu'elle s'apprêtait à prendre la photo, le paréo est tombé et Y.________ s'est retrouvé nu. Choquée, l'employée de l'hôtel, une stagiaire de 17 ans, est partie en courant. Il a été retenu qu'Y.________ avait intentionnellement provoqué la chute de son paréo et qu'il était alors sexuellement excité, ce qui excluait une pure plaisanterie. Celui-ci n'a pas cherché à retenir ou rattraper la femme de chambre. Celle-ci est allée se plaindre au directeur de l'hôtel, qui est lui-même intervenu auprès du directeur du marché suisse de Z.________. Ce dernier, jugeant l'incident suffisamment grave, a demandé un écrit. Dans une lettre du 16 août 2001, le directeur de l'hôtel a relaté les faits. Le 26 août 2001, Y.________ a adressé par écrit des excuses à l'hôtel. La veille, il avait exprimé ses regrets à la directrice de la Société. Le 28 août 2001, la directrice de la Société a reçu la lettre du directeur de l'hôtel du 16 août 2001 et a licencié Y.________ avec effet immédiat pour justes motifs. Le 11 septembre 2001, Y.________ a contesté l'existence d'un juste motif de résiliation immédiate. Le 20 septembre 2001, la Société lui a répondu en substance qu'il lui était impossible de tolérer un tel comportement de la part du gérant de la boutique sur le site de B.________, qui portait gravement atteinte à la respectabilité et à l'image de la Société. Elle ne souhaitait pas prendre le risque que des actes similaires se reproduisent et ne voulait pas laisser son comportement sans sanction immédiate, ce qui aurait paru illégitime aux yeux des autres collaborateurs et collègues. Y.________ a été rémunéré jusqu'au 31 août 2001, avec le bonus promis et le 13ème salaire pro rata temporis.