Citation: 1C_454/2023 E. 3.2

3.2. Aux termes de l'arrêt attaqué, la cour cantonale a confirmé la décision de licenciement pour motif fondé à l'encontre du recourant, sur la base de plusieurs éléments. Elle a tout d'abord constaté qu'il ressortait du rapport intitulé "rapport de la revue de performance; bilan septembre 2021" que le recourant "a été, à plusieurs reprises, repris par sa hiérarchie (IRES/ARS) lors d'un entretien pour son attitude et sa communication parfois inadéquate et vécue par ses collègues (ou cadre de nuit) comme intimidante. Lors de changements pour aller remplacer (ou entraider) dans une autre unité, M. A.________ peut hausser le ton et montrer son désaccord vivement". L'objectif, évalué par sa supérieure K.________, était qualifié de non atteint, avec une notation d'un sur trois. Le recourant lui-même se déclarait alors peu satisfait de ses relations avec ses collègues, indiquant notamment que, depuis la deuxième vague de la pandémie, les relations s'étaient détériorées. Sous "compétences sociales", K.________ avait évalué à un sur cinq la capacité d'intégration et de gestion des conflits et avait mentionné: "La communication doit être adaptée dans la bienveillance, en toutes circonstances, et les objectifs visés permettre la qualité des soins. La différence de point de vue ne doit pas entraîner chez M. A.________ un comportement inadapté et intimidant, comme par exemple, être véhément dans les couloirs face aux collègues soignants, médecins, visiteurs". Le recourant avait reconnu avoir "encore des efforts à faire, le naturel revient toujours au galop". Quant au critère de l'empathie et de l'aptitude à la remise en question, il était évalué à un sur cinq. La prénommée avait préavisé favorablement la nomination, tout en commentant que le recourant "doit travailler son sens du collectif et sa communication auprès de ses pairs pour potentialiser sa posture professionnelle. Le manque de remise en question peut impacter son intégration au sein d'une équipe, il est primordial qu'il puisse évoluer favorablement sur cet axe". L'instance précédente a retenu que cette évaluation montrait qu'il existait déjà, avant février 2022, des problèmes importants, notamment de communication avec les tiers et d'absence de remise en question. La cour cantonale s'est également basée sur plusieurs altercations survenues au début du mois de juin 2022, respectivement avec les infirmières H.________ le 3 juin 2022, I.________ le 6 juin 2022, J.________ et G.________ le 7 juin 2022 et ayant fait l'objet d'un rapport du 14 juin 2022. La première infirmière a détaillé, dans un courriel du 7 juin 2022, les circonstances de l'altercation. Elle a expliqué que le recourant avait monté le ton en lien avec un étiquetage d'un verre à dents pour une nouvelle patiente et que des tensions étaient survenues quelques heures plus tard lorsque le recourant était rentré dans la chambre avec une poignée de brosses à dents à la main et la lui avait mis devant le visage en lui demandant si elle savait lire avec un ton menaçant, tout cela devant la patiente; le recourant s'était mis à hurler en chambre en lui disant que si elle était frustrée de ne pas être médecin, cela n'était pas son problème, et il avait continué à hurler dans les corridors, indiquant qu'il refusait de lui adresser la parole. Elle a décrit le recourant comme étant en furie et que, l'ayant interpellé plus tard sur le futur de la prise en charge de la patiente, il lui avait répondu qu'il ne souhaitait plus travailler avec elle. Une collègue avait été témoin d'une partie des faits. Selon le rapport du 14 juin 2022, H.________ avait affirmé avoir eu peur de représailles et n'avoir pas eu le courage de faire remonter immédiatement à sa hiérarchie ce qu'elle qualifiait d'agression. De même, I.________ a décrit, dans son courriel du 6 juin 2022, des faits du même jour: le recourant n'ayant pas retiré les pansements à un patient malgré la demande de l'infirmière, il lui avait répondu que "de toute façon, vous ne voulez jamais toutes la même chose". Il s'était par la suite énervé lorsqu'elle lui avait reproché de ne pas l'avoir avertie qu'il avait laissé le patient torse nu dans la chambre. Il avait repris la discussion sur les pansements, lui indiquant qu'il n'était pas "noeud-noeud" et s'était montré menaçant dans son attitude. Selon le rapport du 14 juin 2022, le recourant avait hurlé à l'encontre de l'infirmière et avait rapproché sa tête très près de celle de cette dernière, en lui touchant presque le front, selon les déclarations de l'infirmière et des autres soignants présents. J.________ a détaillé, dans un courriel du 8 juin 2022, l'incident de la veille. Elle a rapporté notamment que le recourant avait crié contre elle en faisant des allers-retours dans le couloir, pénétrant même dans une chambre de patient. Invité à entrer dans le bureau de son interlocutrice et à ne pas se comporter de la sorte devant les autres collaborateurs et les patients, il s'y était résolu, continuant à crier en évoquant l'assistance juridique et des avocats. Elle s'était sentie physiquement menacée par son attitude. Dans le cadre de la discussion qui avait suivi, des collaborateurs présents l'avaient par la suite interpellée pour savoir si elle allait bien, "tant la violence de l'échange les avait interpellés". Elle ne se sentait pas en sécurité pour collaborer avec le recourant. Par ailleurs, un proche aidant d'une patiente avait indiqué être impressionné par le recourant et avait ajouté: "Il s'énerve rapidement ce monsieur". À ces éléments s'ajoute le fait que l'employeur a appris par des tiers, en l'occurrence un maître d'enseignement professionnel responsable des placements de stages à l'école supérieure de la santé, que le recourant se présentait comme "premier apprenant rémunéré des Hôpitaux B.________" suivant en parallèle des cours à l'école pour sa formation TSO. La cour cantonale relevait que le sujet de cette formation avait certes été abordé entre le fonctionnaire et son employeur, mais que ce dernier avait, dans un courriel du 29 avril 2022, mentionné au recourant la nécessité de démissionner pour pouvoir effectuer le cursus souhaité. Sur la base de l'ensemble de ces éléments, la cour cantonale a confirmé la décision de licenciement pour motif fondé à l'encontre du recourant, en raison de la rupture des rapports de confiance en lien avec son attitude et son comportement, considérés comme graves et inadmissibles, à l'égard de l'institution, de ses supérieurs hiérarchiques, de ses collègues et d'un patient, pris à partie pour témoigner de la qualité des soins fournis par le recourant, dans les divers services fréquentés. L'instance précédente a considéré que les circonstances particulières pouvaient justifier in casu une exception au principe légal du reclassement et faire primer l'intérêt public et privé de nombreux employés de l'État, voire de tiers et de l'institution sur l'intérêt privé, pourtant important, de la personne licenciée.