Citation: 9C_590/2021 E. 6.2

6.2. A l'inverse de ce qu'a retenu la juridiction cantonale, il ne suffit pas de constater que l'assurée souffre de troubles psychiques majeurs (trouble affectif bipolaire) et de très importantes insomnies depuis l'adolescence pour établir que la diminution du taux d'activité - qu'elle soit intervenue dès 2007 ou dès octobre 2009 - était motivée par une atteinte à la santé. La diminution de la capacité fonctionnelle de travail doit en effet s'être déjà manifestée en temps réel sous l'angle du droit du travail, notamment par une baisse des prestations, un avertissement de l'employeur ou une accumulation d'absences liées à l'état de santé (supra consid. 3.2). Or, selon les faits constatés par la juridiction cantonale, l'assurée n'était pas suivie par un psychiatre au cours des années 2006 et 2007 et ce n'est qu'en 2010 qu'elle a débuté un suivi psychiatrique auprès de l'Hôpital G.________. Le 26 mars 2018, le docteur H.________, spécialiste en médecine interne et médecin traitant, a certes indiqué - il convient de compléter sur ce point l'arrêt attaqué (art. 105 al. 2 LTF) - qu'elle avait "diminué son temps de travail à 80 % dès 2007 en raison de problèmes de santé". Il s'agit cependant de considérations établies rétroactivement plus de dix années plus tard et dépourvues de toute motivation. Alors que le docteur H.________ suit l'assurée depuis l'année 2001, il n'a en outre pas indiqué dans ses différents avis versés au dossier avoir délivré à l'assurée un arrêt de travail durable d'au moins 20 % en temps réel pendant la période du 1er janvier 2007 au 31 octobre 2009. L'avis du 26 mars 2018 se fonde par conséquent sur des suppositions et est, à ce titre, insuffisant pour établir au degré de la vraisemblance applicable dans le domaine des assurances sociales que l'assurée avait diminué à l'époque son taux d'occupation pour des raisons médicales. Dans sa réponse, l'assurée expose d'ailleurs que de multiples facteurs ont justifié la baisse de son taux d'activité (insomnies, conflit sur son lieu de travail, décès au sein de sa famille, rupture sentimentale, etc.), dont un syndrome dépressif "fluctuant" en fonction de la tension au sein de son emploi ou de la manifestations d'autres facteurs privés, mais que ses affections psychiatriques n'avaient pas eu à l'époque "d'incidence permanente sur sa capacité de travail effective durant de nombreuses années".