Citation: 5P.31/2006 23.03.2006 E. 4.1

La recourante soutient que l'interprétation subjective est en contradiction avec l'interprétation objective claire, que la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en admettant cette interprétation subjective et qu'une réelle et commune volonté des parties n'est clairement pas démontrée; cela, tout d'abord, parce qu'elle-même a toujours et pour tous ses clients considéré l'assurance en question comme une assurance dommage, ayant rendu la demanderesse attentive par sa lettre d'affiliation du 2 février 1995 au fait qu'elle devait justifier sa perte de gain par une attestation AVS; ensuite parce que, même si elle n'a pas exigé une telle attestation depuis 1997, la production de ce document était une obligation du preneur; d'ailleurs, une déclaration de perte de gain fournie par l'employeur ou une déclaration personnelle de l'indépendant était exigée par les conditions spéciales 1997. La recourante tient en outre la décision attaquée pour arbitraire dans son résultat également. Elle estime enfin que l'interprétation des conditions générales devrait tenir compte de leur valeur normative; puisqu'elles sont applicables à tous les intéressés d'une communauté de risques, il importerait qu'elles soient interprétées de façon uniforme et non pas en fonction de ce qu'a compris tel ou tel intéressé. En résumé, la recourante fait ainsi valoir qu'une "réelle et commune volonté des parties n'est clairement pas démontrée", que l'interprétation subjective n'a donc pas abouti et qu'il y aurait lieu, partant, de procéder à l'interprétation objective, qui à ses yeux serait claire. 4.2 Dans la mesure où la recourante ne soutient pas que l'interprétation subjective devrait aboutir au résultat inverse de celui auquel est parvenue la cour cantonale - mais seulement que la volonté subjective n'est pas "clairement démontrée" - et qu'elle se prévaut de l'interprétation objective - qui, selon la jurisprudence, n'entre en jeu que si la volonté réelle des parties ne peut pas être établie ou si le juge constate qu'une partie n'a pas compris la volonté réelle manifestée par l'autre (ATF 127 III 444 consid. 1b; 121 III 118 consid. 4b) - elle ne pouvait s'abstenir de critiquer dans le présent recours de droit public, s'agissant des constatations de fait, ou dans un recours en réforme, s'agissant de l'application du droit - la motivation subsidiaire de la cour cantonale, fondée sur l'abus de droit au sens de l'art. 2 CC. Son recours ne remplit donc pas les conditions de recevabilité susmentionnées (consid. 2) et, partant, il est irrecevable.