Citation: 6B_470/2023 E. 6.4

6.4. La cour cantonale a retenu que le recourant était arrivé en Suisse vers l'âge de 6 ou 7 ans, soit il y a plus de 40 ans. Vivant au départ avec ses parents, il avait effectué sa scolarité en Suisse avant d'entreprendre une formation de peintre en automobiles et une formation de magasinier. Selon ses dires, il aurait été au bénéfice d'un permis d'établissement, puis, à ce jour, d'un permis de séjour. Le premier juge avait relevé que si ces éléments attestaient d'une intégration en Suisse, ils permettaient aussi de conclure, qu'à un moment donné, il avait perdu son permis d'établissement, probablement en raison d'un départ à l'étranger d'une durée d'au moins six mois (art. 61 al. 2 LEI), sans doute au Portugal, où il avait conservé de forts liens. Son ex-épouse, de nationalité portugaise, y vivait en compagnie de sa fille H.________, aujourd'hui majeure et de même nationalité. En outre, depuis près de 20 ans, ses parents étaient aussi retournés vivre au Portugal. Ainsi, hormis quelques oncles ou cousins, le cercle familial du recourant se trouvait au Portugal. Malgré le fait qu'il était arrivé en Suisse à un jeune âge et qu'il avait effectué l'ensemble de sa scolarité dans notre pays, ce qui imposait une pesée des intérêts plus stricte impliquant davantage de retenue dans le prononcé de l'expulsion, les attaches du recourant en Suisse étaient toujours ténues. L'ensemble de sa famille vivait au Portugal, dont notamment ses parents et sa fille unique. Le droit fondamental à la vie familiale, garanti par l'art. 8 par. 1 CEDH, n'entrait dès lors pas en considération dans la mesure où son expulsion ne créerait pas une séparation de sa famille nucléaire. Rien ne démontrait que l'intéressé aurait développé un cercle social étendu en Suisse, celui-ci étant visiblement limité à ses connaissances du milieu de la délinquance et ne saurait ainsi aucunement contribuer à son intégration. Ensuite, force était de constater que le recourant avait déjà fait l'objet de poursuites donnant lieu à des actes de défaut de biens. Certes, il avait entrepris de rembourser ses dettes, mais à ce jour le remboursement n'était pas achevé. Le dossier n'attestait pour le reste pas d'une participation active du recourant à la vie sociale, associative ou encore sportive de son lieu de vie. Enfin, signe de son attachement au Portugal et de la facilité à s'y intégrer, c'était dans ce pays qu'il était retourné vivre après sa libération provisoire, pour prendre soin de ses parents malades, voir sa fille et y gagner sa vie. Finalement, le recourant, en plus d'être depuis de nombreuses années un consommateur régulier de stupéfiants, s'était adonné à un trafic de drogue, d'une gravité certes relative, ce qui néanmoins alourdissait encore son cas. Les attaches effectives du recourant à la Suisse ne permettaient ainsi pas d'établir l'existence de liens sociaux et professionnels spécialement intenses et notablement supérieurs à ceux qui résultaient d'une intégration ordinaire. En outre, une expulsion du recourant ne le mettrait pas dans une situation personnelle grave. Au contraire, l'ensemble de sa famille, dont notamment sa fille, résidait actuellement au Portugal. L'adaptation à y vivre paraissait aisée si l'on savait qu'il n'avait jamais réellement coupé ses attaches avec son pays d'origine. Lorsqu'il y était retourné au début 2019, il avait même bénéficié de prestations de l'assurance-chômage portugaise ce qui démontrait d'autant plus qu'il pouvait parfaitement se réintégrer dans son pays d'origine en peu de temps. Le revenu qu'il déclarait avoir obtenu de ses activités lucratives et de l'assurance chômage, 600 euros environ, semblait par ailleurs correspondre au salaire moyen des milieux ruraux portugais. Un retour au Portugal ne le mettrait ainsi pas dans une situation financière plus précaire que celle qu'il connaissait en Suisse, où il avait accumulé les dettes et les difficultés à retrouver un emploi. Il en découlait que les intérêts privés du recourant à demeurer en Suisse ne l'emportaient pas sur l'intérêt public à son expulsion. Le fait de collaborer avec des délinquants chevronnés et prêts à commettre des brigandages conférait en effet indéniablement un caractère de gravité important aux actes incriminés. Les liens avec le Portugal étant importants et l'intégration en Suisse ne pouvant être qualifiée de particulièrement forte et notablement supérieure à une intégration ordinaire, son expulsion ne constituerait pas une ingérence d'une certaine importance dans son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi aucune des conditions nécessaires à l'application de la clause de rigueur n'était donnée en l'espèce et, partant, l'expulsion du recourant devait être ordonnée. Considérant l'importance des intérêts présidant, d'une part, à l'expulsion du recourant et, d'autre part, au respect de sa vie privée, compte tenu notamment du nombre d'années passées en Suisse et du poids de ses attaches dans ce pays, l'expulsion du territoire suisse devait être prononcée pour la durée minimale de 5 ans.