Citation: C 139/01 04.10.2001 E. 2

2.- a) Selon l'art. 1er al. 2 LACI, la loi vise notamment à prévenir le chômage imminent et à combattre le chômage existant par des mesures de marché de travail en faveur des personnes assurées. Tel est le but des mesures dites relatives au marché du travail (art. 59 à 75 LACI). L'assurance encourage par des prestations en espèces la reconversion, le perfectionnement et l'intégration professionnels des assurés dont le placement est impossible ou très difficile pour des raisons inhérentes au marché de l'emploi (art. 59 al. 1 LACI). La reconversion, le perfectionnement ou l'intégration doivent améliorer l'aptitude au placement (art. 59 al. 3 LACI). Le droit aux prestations d'assurance pour la reconversion, le perfectionnement ou l'intégration professionnels est lié à la situation du marché du travail : des mesures préventives ne doivent être mises en oeuvre que si elles sont directement commandées par l'état de ce marché. Cette condition permet d'éviter l'allocation de prestations qui n'ont aucun rapport avec l'assurance-chômage (Message du Conseil fédéral concernant une nouvelle loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité du 2 juillet 1980, FF 1980 III 617 ss). b) Selon la loi et la jurisprudence, la formation de base et la promotion générale du perfectionnement professionnel n'incombent pas à l'assurance-chômage. Celle-ci a pour tâche seulement de combattre dans des cas particuliers le chômage effectif ou imminent, par des mesures concrètes de reclassement et de perfectionnement. Il doit s'agir de mesures permettant à l'assuré de s'adapter au progrès industriel et technique, ou de mettre à profit sur le marché du travail, en dehors de son activité lucrative spécifique antérieure, ses aptitudes professionnelles existantes (ATF 111 V 271 et 400 s., et les références; DTA 1990 n° 9 p. 56 consid. 1). La limite entre la formation de base ainsi que le perfectionnement professionnel en général d'une part, le reclassement et le perfectionnement professionnel au sens de l'assurance-chômage d'autre part, n'est souvent pas nette (ATF 108 V 166). Etant donné qu'une seule et même mesure peut présenter des traits caractéristiques de ces deux domaines, et que la formation professionnelle favorise d'habitude également l'aptitude au placement de l'assuré sur le marché du travail, sont décisifs les aspects qui prédominent au regard de toutes les circonstances concrètes du cas particulier (ATF 111 V 274 consid. 2c et 400 consid. 2b; DTA 1990 n° 9 p. 56 consid. 1; voir aussi ATF 108 V 165 consid. 2c et les références). c) En l'espèce, il n'est pas contesté que l'assuré a fait sa demande d'assentiment de fréquentation d'un cours d'informatique, alors qu'il se savait déjà engagé par Y.________ en qualité de secrétaire politique et administratif. Il ressort du dossier qu'il s'était engagé par écrit, de son propre chef, à suivre un cours d'informatique s'il était embauché. Toutefois, la demande de cours était postérieure à la conclusion du contrat de travail, de sorte que le cours en question ne constituait pas une condition indispensable à l'engagement de l'intimé. Ainsi, le cours ne visait pas à améliorer son aptitude au placement, mais à lui permettre de respecter la promesse faite lors de l'entretien d'embauche. Jusqu'au moment de son engagement, l'intimé n'avait d'ailleurs fait aucune autre démarche, depuis qu'il était au chômage, pour trouver un emploi en qualité d'employé de commerce, ses recherches s'étant concentrées, à une exception près, sur des activités d'éducateur, de masseur ou d'assistant social. Sa demande de cours était donc liée à son engagement ferme par Y.________ et ne visait pas prioritairement à augmenter ses chances sur le marché du travail en général. En outre, l'intimé a été engagé en tant que secrétaire politique et administratif d'un parti politique et non pas comme employé de commerce. Comme il ressort de sa lettre de motivation du 1er février 2000 et de son courrier du 22 février 2000, adressés à son futur employeur, les qualités requises pour ce poste étaient, entre autres exigences, liées à l'intérêt pour la politique et les relations publiques. L'activité d'un secrétaire politique et administratif ne saurait donc être assimilée à celle d'un employé de bureau. Les compétences en informatique ne constituaient ainsi qu'un atout supplémentaire, mais non pas une condition déterminante pour l'obtention du poste. Au demeurant, de par sa formation de base d'employé de commerce, achevée en 1991, l'intimé disposait déjà d'une bonne expérience dans l'utilisation d'outils informatiques qu'un cours d'une douzaine d'heures a suffi à mettre à jour. Un tel cours n'était donc pas de nature à améliorer sensiblement ses capacités en informatique, mais tout au plus à rafraîchir ses connaissances. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, on doit admettre que le cours en question ne constituait pas une mesure susceptible d'améliorer l'aptitude au placement de l'intimé. d) Il y a lieu de constater, en outre, que l'intimé bénéficie d'une solide expérience dans le domaine social dans lequel il a travaillé en qualité d'éducateur, mais également d'aide-soignant, et dispose de diverses formations complémentaires dans le domaine paramédical. L'intimé a d'ailleurs été en mesure d'effectuer, dès le mois de septembre 1999, une activité à temps partiel sous forme de gain intermédiaire, en qualité de masseur. Au vu des activités variées qu'il était susceptible d'exercer dans son domaine de compétences, notamment celle d'aide-soignant, on ne saurait admettre que son placement était impossible ou difficile pour des raisons inhérentes au marché du travail. Dès lors, la condition posée par l'art. 59 al. 1 LACI n'est pas remplie.