Citation: 1C_525/2014 E. 5.1.2

5.1.2. Les recourants estiment en revanche que les locaux projetés ne répondent pas aux besoins effectifs. Ils soutiennent que les intimés n'ont jamais fait valoir que la surface de vignes cultivées aurait augmenté au cours des années passées, ou qu'elle allait s'accroître dans un futur proche. Ils prétendent à cet égard que la nécessité d'un nouveau bâtiment ou l'agrandissement d'une construction existante doit nécessairement être en lien avec des difficultés que connaîtrait l'exploitation ou avec un accroissement de la production. De leur point de vue, en se basant uniquement sur des calculs théoriques pour déterminer les besoins, l'autorité aurait abouti à un résultat insoutenable. La détermination des besoins d'une exploitation agricole exige de prendre en considération la situation actuelle et de ne tenir compte de son développement futur que s'il est hautement vraisemblable dans un proche avenir (cf. ATF 113 Ib 138 consid. 4c p. 141; arrêt 1A.213/2005 du 27 mars 2006 consid. 2.1). A cette fin, le SAgr a procédé à une visite de l'exploitation en cause le 21 mars 2012. Il a constaté, à cette occasion, que les surfaces nettes disponibles se résument à une remise de 26 m 2 située dans le village de Grandvaux. A ce sujet, il a précisé, dans ses observations au Tribunal cantonal, que l'emplacement de celle-ci n'était pas optimal pour ranger les machines viticoles. A la suite de cette inspection, le SAgr a arrêté la surface nécessaire à 148 m 2 pour les machines et le chenillard, surface à laquelle il a ajouté le local de 47 m 2 prévu pour le passerillage. Comme expliqué lors de l'audience devant la cour cantonale, le passerillage - destiné à concentrer le sucre - nécessite un volume important même pour de petite quantités de raisin. Il s'agit d'une technique nouvelle s'inscrivant dans une démarche de diversification soutenue par le SAgr. Même s'il est vrai que le SAgr s'est appuyé sur des normes techniques internes - que les recourants ne critiquent pas directement -, on ne discerne pas que cette manière de procéder, respectivement le résultat auquel a abouti le service, s'écarterait de la "réalité de l'exploitation". Il apparaît en effet que c'est au terme d'une instruction sérieuse, incluant un transport sur place, que le SAgr a déterminé les surfaces actuellement nécessaires. Les normes appliquées ont en outre été élaborées sur la base de données locales objectives fondées sur la construction de hangars viticoles sur le territoire cantonal. Le SAgr a ainsi, conformément à la jurisprudence, analysé la situation effective actuelle de l'exploitation (cf. ATF 113 Ib 138 et arrêt 1A.213/ 2005 précités); soutenir que les intimés ne se seraient pas prévalus d'une augmentation de la surface cultivée ou d'une augmentation future pour exclure la réalisation du projet se révèle ainsi sans fondement. En soutenant que l'exploitation fonctionne depuis des décennies sans que le bâtiment existant soit utilisé, les recourants perdent de vue que les intimés sollicitent l'autorisation de réaliser des locaux d'exploitation - dans un premier temps, il est vrai, en parallèle à la création de logements - depuis août 2000, mais que leurs projets successifs ont dû être abandonnés à la suite de procédures judiciaires; cette argumentation omet également de tenir compte de l'apparition de techniques viticoles nouvelles, tel le passerillage, exigeant des surfaces d'exploitation supplémentaires. Dans ces circonstances, en se fondant sur les calculs et les appréciations du service cantonal compétent, la cour cantonale n'a pas violé le droit en retenant que le projet litigieux répondait aux besoins de l'exploitation en cause au sens de l'art. 34 al. 4 let. a OAT.