Citation: 2C_935/2019 E. 6.4

6.4. En l'occurrence, le recourant a été condamné le 15 septembre 2017 à une longue peine privative de liberté de 26 mois avec un sursis pendant cinq ans, pour tentative de lésions corporelles graves et lésions corporelles simples. Dans le cadre de cette dernière condamnation, la faute de l'intéressé a été qualifiée de grave par la Cour d'appel pénal du Tribunal cantonal, qui a notamment retenu un "mobile gratuit et inexcusable" et une "culpabilité importante" (art. 105 al. 2 LTF). Le recourant a par ailleurs été condamné à quatre autres reprises entre 2013 et 2017, totalisant 130 jours-amende et plus de 300 heures de travail d'intérêt général, pour des infractions à caractère majoritairement violent, allant des voies de fait aux lésions corporelles simples. Il convient ainsi de retenir que l'intéressé a non seulement porté gravement atteinte à un bien juridique dont la protection revêt une grande importance, à savoir l'intégrité corporelle (cf. ATF 139 II 65 consid. 6.2 p. 75; 137 II 297 consid. 3.3 p. 303 s.), mais qu'il a de plus commis des infractions répétées à l'encontre de ce bien, sa violence augmentant sans cesse. Dans ces conditions, l'intérêt public à l'éloignement du recourant est donné. C'est par ailleurs en vain que le recourant tente de se prévaloir d'une absence de risque de récidive concret, tout en soutenant que le Tribunal cantonal n'a examiné un tel risque que sur la base de "conjectures infondées". Le fait est que, depuis sa première condamnation en 2013, le recourant n'a eu cesse commettre des infractions, faisant fi des sursis qui lui avaient été octroyés, ainsi que de l'avertissement prononcé par les autorités en matière de droit des étrangers. Son activité délictueuse est par ailleurs allée crescendo, jetant par là-même un réel discrédit sur sa véritable capacité à se conformer à l'ordre juridique helvétique. Par ailleurs, l'intéressé perd de vue que l'arrêt de la Cour d'appel pénal a posé un pronostic "hautement incertain" quant à son comportement futur (art. 105 al. 2 LTF) et a fixé un délai d'épreuve de la nouvelle peine à cinq ans, soit le maximum prévu par la loi. Or, le risque de récidive est l'un des critères déterminants pour fixer la durée du délai d'épreuve (cf. notamment arrêt 6B_423/2013 du 27 juin 2013 consid. 5.1). Si le bon comportement du prévenu dès sa libération, respectivement durant sa période probatoire, qui est toujours en cours, constitue certes un élément positif, il n'en demeure pas moins que l'intéressé ne saurait, comme il le prétend, y donner trop d'importance, dès lors qu'il est de toute façon attendu d'un délinquant qu'il se comporte de manière adéquate durant l'exécution de sa peine (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128), comme l'on relevé à juste titre les juges précédents. Il en va exactement de même en ce qui concerne son nouveau rapport à l'alcool (cf. supra consid. 3.2). Enfin, en tant que l'intéressé affirme que l'expérience montre que la délinquance juvénile tend à disparaître avec le passage à l'âge adulte, son comportement révèle l'exact contraire, puisque ses cinq condamnations concernent des faits commis à l'âge adulte avec une gravité croissante. A cet égard, sa situation ne saurait être comparée aux faits ayant fondé les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme Emre contre Suisse du 22 mai 2008, requête n° 42034/04, et Maslov c. Autriche du 23 juin 2008, requête n° 1638/03, dont il se prévaut. En effet, dans le premier arrêt, il était question d'infractions commises en partie lorsque l'étranger était mineur, puis jeune adulte. De plus, leur gravité était nettement moindre, puisque cumulées, les peines privatives de liberté ne représentaient que 18 mois et demi, contre 26 mois pour la plus lourde peine prononcée contre le recourant, alors que ce dernier était majeur. En outre, l'étranger présentait des problèmes de santé avérés que le recourant n'a pas. Les faits du second arrêt ne sont également pas comparables, en ce qu'ils concernaient le séjour d'un étranger qui avait commis des infractions pendant sa minorité et où la Cour avait retenu qu'il fallait prendre en compte l'intérêt supérieur de l'enfant lorsque des infractions avaient lieu durant cette période de la vie. Partant, même si le risque de récidive ne joue pas un rôle déterminant pour les mesures d'éloignement prises sur la base du droit interne (cf. ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; arrêt 2C_157/2018 du 28 mai 2018 consid. 5.3), on ne voit pas que les juges précédents auraient abusé de leur pouvoir d'appréciation en le prenant en compte dans la pesée des intérêts.