Citation: 8C_461/2023 E. A

A.________, né en 1969, est chauffeur de bus au service de B.________. A ce titre, il est assuré contre le risque d'accident auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 14 janvier 2021, alors qu'il roulait au volant de son autobus, une voiture circulant en sens inverse a dévié de sa voie de circulation. Après avoir klaxonné et fait des appels de phare en vain, A.________ est monté dans le champ sis à sa droite afin de tenter d'éviter le choc. Malgré les efforts d'évitement, la voiture a percuté l'avant gauche du bus. A la suite de cet accident, l'assuré a notamment souffert de troubles au niveau de son genou et de sa hanche gauches. La CNA a pris en charge le cas. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) du genou gauche réalisée le 26 janvier 2021 a mis en évidence une déchirure horizontale supérieure de la corne antérieure du ménisque externe gauche d'allure stable, une tuméfaction des attaches tibiales des deux faisceaux du ligament croisé antérieur compatible avec une distorsion, sans discontinuité, une chondropathie fémoro-patellaire de grade III et un épanchement articulaire d'abondance modérée. Le 2 février 2021, une arthro-IRM de la hanche gauche a révélé une déchirure partielle labrale antéro-supérieure de 12h à 1h de grade IIC selon Czerny avec chondropathie cotyloïdienne de moins de 50 % de contact, un remodelé dégénératif débutant coxo-fémoral, une légère tuméfaction de l'attache fémorale du ligament rond, une tendinopathie non fissuraire du moyen fessier et une enthésopathie des ischio-jambiers. Le docteur C.________, spécialiste en médecine interne générale et médecin-conseil de la CNA, a constaté que le genou et la hanche gauches ne présentaient aucune lésion structurelle traumatique et que la persistance de symptômes au-delà de deux mois après l'événement du 14 janvier 2021, était à mettre sur le compte de l'état antérieur (cf. rapports des 9 juin et 1 er juillet 2021). Le 8 juillet 2021, la CNA a informé l'assuré qu'elle mettrait fin aux prestations d'assurance le 11 juillet 2021. Dans un rapport du 17 août 2021, le docteur D.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, qui a vu l'assuré en consultation les 1 er février, 8 mars, 10 mai et 12 juillet 2021, a réfuté catégoriquement les conclusions du docteur C.________, lequel minimisait et refusait, selon lui, toute implication de l'accident dans les troubles constatés, alors même qu'il n'avait jamais examiné l'assuré. Le docteur D.________ était d'avis que les troubles dégénératifs préalables à l'accident avaient été décompensés par le traumatisme axial sous forme de contusions directes du genou gauche avec choc reporté dans la hanche. Il a indiqué que l'assuré avait initialement décrit des douleurs marquées dans le genou gauche et la hanche gauche ainsi qu'au niveau lombaire et que lorsqu'il était venu en consultation pour la première fois le 1 er février 2021, il marchait avec deux cannes, avec une boiterie très marquée du membre inférieur gauche. Dans un rapport du même jour, la psychothérapeute E.________ et la psychiatre F.________ ont retenu que l'assuré souffrait d'un état de stress post-traumatique (ESPT) en lien direct avec l'accident et que cette atteinte limitait totalement la conduite, tant professionnelle que personnelle, de sorte que son taux d'activité était nul. Dans un rapport du 31 mars 2021 versé au dossier de la CNA en septembre 2021, le docteur G.________, spécialiste FMH en oto-rhino-laryngologie, a diagnostiqué une presbyacousie bilatérale précoce et un acouphène gauche, probablement sur traumatisme acoustique dans le cadre de l'accident du 14 janvier 2021. Une IRM de la hanche gauche réalisée le 13 octobre 2021 a mis en évidence une légère altération cartilagineuse et de l'os sous-chondral évoquant une ébauche dégénérative dans la région de la zone de charge, une altération de signal avec une lésion irrégulière du labrum supérieur, des signes de tendinopathie marquée avec des remaniements inflammatoires à hauteur de l'insertion des tendons des muscles petits et surtout moyens fessiers prédominant nettement à gauche avec une désorganisation évoquant une déchirure partielle avec une petite atrophie focale du moyen fessier et une petite bursite dans la région du moyen fessier gauche. Le 27 décembre 2021, le docteur H.________, spécialiste en oto-rhino-laryngologie et médecin-conseil de la CNA, a retenu que les troubles auditifs constatés par son confrère G.________ ne pouvaient pas, au degré de la vraisemblance prépondérante, être liés à l'accident. Dans une appréciation médicale du 5 janvier 2022, le docteur C.________ a confirmé le diagnostic de contusion au niveau du genou et de la hanche gauches, excluant toute lésion structurelle en lien avec l'accident du 14 janvier 2021, ce dernier ayant aggravé de manière passagère un état antérieur dégénératif préexistant au niveau de ces deux articulations. La persistance de symptômes au-delà de deux mois après l'accident était à mettre sur le compte de l'état antérieur. Par décision du 13 janvier 2022, la CNA a mis un terme aux prestations d'assurance (frais de traitement et indemnités journalières) avec effet au 11 juillet 2021. L'assuré s'est opposé à cette décision. Il a produit un nouveau rapport du docteur G.________, du 17 février 2022. Sur demande de la CNA, le docteur I.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie et médecin-conseil auprès de la CNA, a constaté que l'assuré présentait une atteinte psychique en lien de causalité naturelle avec l'accident du 14 janvier 2021. Le 12 août 2022, la CNA a confirmé sa décision du 13 janvier 2022.