Citation: I 762/03 08.02.2005 E. 4

4.1 A l'appui du jugement entrepris, l'office et les premiers juges se sont fondés sur les conclusions du rapport d'expertise du 30 juillet 2001 des docteurs A.________ et R.________. Selon ce document, le recourant présente, d'une part, des lombalgies chroniques, un canal lombaire étroit congénital et une amplification des symptômes au premier degré; ces affections n'exercent aucune incidence sur la capacité de travail de l'intéressé. D'autre part, celui-ci souffre d'un syndrome somatoforme douloureux persistant entraînant une incapacité de travail de 30 % dans l'exercice d'une activité raisonnablement exigible. Pour des motifs de nature exclusivement psychique, le recourant présente par conséquent une capacité résiduelle de travail de 70 % dans une activité d'intensité physique moyenne, sans travaux lourds. A l'appui de ces conclusions, les experts se sont fondés sur les résultats issus de consultations rhumatologique (rapport du 22 juin 2001 du docteur W.________), neurologique (rapport du 21 juin 2001 du docteur I.________) et psychiatrique (rapport du 3 juillet 2001 des docteurs T.________ et J.________). Du point de vue neurologique, le recourant présente un syndrome lombo-vertébral assorti d'une mobilité de la colonne lombaire fortement réduite, ainsi que des douleurs au niveau du sacrum, en particulier de l'articulation sacro-iliaque droite sans lésion neurologique significative. Pour autant, les examens effectués ne révèlent aucune lésion neurogène, aucun élément caractéristique d'une poli-neuropathie ou d'une lésion radiculaire moteur des membres inférieurs et ils n'apportent aucune explication à la symptomatologie algique décrite par l'assuré. Aussi celui-ci ne présente-t-il aucune lésion significative, respectivement aucune incapacité de travail sur le plan neurologique (cf. rapport du 21 juin 2001 du docteur I.________). Sous l'angle rhumatologique, le recourant présente, pour l'essentiel, des lombalgies chroniques sur canal lombaire étroit d'origine congénitale. Les examens effectués n'ont démontré aucun signe de neurocompression, de dénervation ou d'altération dégénérative relevante, au plus une déshydratation du disque intervertébral L5-S1, ainsi qu'un canal lombaire étroit congénital sans effet neurocompresseur. La discordance entre les plaintes exprimées et les constatations médicales objectives laisse présumer l'existence d'une problématique de type psychosociale. Aussi, le recourant dispose-t-il d'une capacité de travail totale et sans restriction sur le plan rhumatologique (cf. rapport du 22 juin 2001 du docteur W.________). Au niveau psychiatrique, l'assuré apparaît légèrement déprimé et modérément angoissé. Il n'exprime pas d'idée de culpabilité, d'accablement, d'automutilation ou de mort. Sa pensée est fluide et souligne à quel point il se révèle préoccupé par sa symptomatologie douloureuse qu'il décrit en détails. Il fait preuve d'une certaine indifférence affective à l'évocation de son anamnèse personnelle et familiale. Il n'est sujet à aucun trouble de la perception ou idées délirantes. Il ne présente pas d'élément psychiquement traumatisant autre qu'une carence affective, en particulier maternelle. Le diagnostic posé est celui de trouble somatoforme douloureux persistant entraînant, à long terme, une incapacité de travail de 30 % (cf. rapport du 3 juillet 2001 des docteurs T.________ et J.________). 4.2 Le rapport d'expertise se fonde sur des examens complets et prend en considération les plaintes exprimées par l'intéressé. Il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse et du dossier médical. Les points litigieux ont fait l'objet d'une étude circonstanciée. La description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et les conclusions des experts sont dûment motivées. En particulier - exception faite des rapports des doctoresses E.________ et N.________ -, celles-ci ne sont infirmées par aucune des pièces médicales versées au dossier et se trouvent au contraire corroborées par la plupart d'entre elles (voir en particulier les rapports des 10 mai 1999 et 2001 du docteur D.________, du 24 mars 1999 et du 22 mai 2001 du docteur C.________, du 20 avril 1999 de la doctoresse S.________, du 5 mai 2000 du docteur M.________, du 19 juin 2000 du docteur O.________ et du 28 juin 2000 du docteur G.________). En tant qu'il émane d'un médecin psychiatre, l'avis de la doctoresse E.________ (cf. certificat du 21 mars 2002) selon lequel le recourant présente des affections somatiques fondant une incapacité de travail de 50 %, ne saurait prévaloir sur ceux des spécialistes en neurologie et rhumatologie. Quant aux conclusions de la doctoresse N.________ (cf. rapport du 8 janvier 2004), elles divergent de l'avis des experts non pas sur le plan du diagnostic posé (trouble somatoforme douloureux), mais de l'incapacité de travail en résultant, à savoir 50 % selon la première, 30 % d'après les seconds. Cette divergence est toutefois sans incidence sur l'issue du litige pour les motifs exposés aux considérants 5 et ss ci-après, de sorte qu'elle n'a pas à être tranchée. 4.3 Sur le vu de ce qui précède, le rapport d'expertise du 31 juillet 2001 remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références), de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'en écarter, ni de requérir la mise en oeuvre d'une contre-expertise. Il en ressort que sur le plan somatique, le recourant dispose d'une capacité totale de travail, tandis qu'au niveau psychique, il souffre d'un trouble somatoforme douloureux entraînant une incapacité de travail de 30 %.