Citation: 2D_1/2024 E. 3.6

3.6. On ne voit pas en quoi l'appréciation de l'autorité précédente prêterait le flanc à la critique, et les objections présentées par la recourante ne permettent pas de retenir le contraire. En effet, bien que cette dernière estime que les clarifications qu'elle a apportées s'agissant de la planification et la disponibilité de son équipe étaient "parfaitement en phase avec la pratique", toujours est-il que les taux relativement bas déclarés à cet égard, par rapport auxquels elle a au demeurant admis comprendre les inquiétudes de la Commune, ne sont pas contestés. Exposer que lesdits taux ne reflétaient notamment pas la motivation des coopérateurs pouvait sans arbitraire être retenu par la Cour de justice comme n'étant pas une explication de nature à convaincre la Commune sur ce point. Quant aux taux "d'engagement" des collaborateurs de l'intéressée, qui pouvaient selon ses explications être mobilisés "en cas de surcharge ponctuelle" en plus de leur taux de disponibilité déclaré dans l'offre litigieuse, elle soutient qu'elle s'en était prévalue "librement" et qu'il ne s'agissait que "d'une simple précision". Cela ne permet toutefois pas de qualifier d'insoutenable la motivation cantonale selon laquelle la recourante s'était ainsi explicitement référée à des solutions non retenues dans son offre, sans expliquer au demeurant au détriment de quelles autres tâches ou activités elle aurait pu mettre en oeuvre des ressources supplémentaires sans mettre en péril l'équilibre financier. Affirmer, comme le fait la recourante, que "tout collaborateur peut être amené à devoir faire des heures supplémentaires, qu'il soit engagé à 40% ou 100%" en cas de surcharge, n'est au contraire pas de nature à rassurer s'agissant du prix anormalement bas offert. Pour le reste, en tant que la recourante se prévaut du fait que les taux de disponibilité fournis, l'absence d'heures de dessin en phase d'avant-projet et les inexactitudes (entretemps rectifiées) de son organigramme n'avaient pas empêché la Commune d'attribuer une bonne note à son offre du point de vue qualitatif et technique (critères de l'enveloppe 1), elle perd de vue que c'est l'adéquation du prix proposé par rapport aux prestations fournies - et non, comme elle semble le croire, l'évaluation de ces dernières - qui est pertinente dans le cadre des justifications demandées. Son argumentation est donc vaine sur ce point. Quant au fait de qualifier les réponses qu'elle avait apportées, s'agissant d'un éventuel retard dans l'adjudication, de "possible[s]" et de "parfaitement juste[s]", on ne voit pas en quoi cette argumentation serait suffisante pour remettre en cause la légitimité des inquiétudes de la Commune, admise par la Cour de justice, au vu du nombre d'heures offertes, qui était d'environ 30% inférieur à la moyenne des autres offres, et des taux de disponibilité indiqués. L'absence de réaction de la recourante face à ce nombre d'heures relève de la constatation des faits, dont il aurait appartenu à la recourante de démontrer l'arbitraire dans celle-ci (art. 106 al. 2 LTF), ce qu'elle n'a pas fait (cf. supra consid. 2.2). Enfin, il est vrai que la Commune avait, dans sa décision, retenu que les heures prévues pour la phase d'exécution de l'ouvrage étaient trop basses, et que la Cour de justice est revenue sur ce point en jugeant que, sur le vu du prix offert pour cette phase par l'intéressée, qui était le deuxième le plus élevé des offres rentrées, il ne pouvait pas lui être reproché d'avoir mal évalué ses heures pour ladite phase. Il n'en reste pas moins que la Cour de justice a également retenu que le prix global de l'offre demeurait, malgré tout, 38% plus bas que la moyenne des autres offres. En d'autres termes, le fait que l'offre de la recourante présentait un prix pour la phase d'exécution de l'ouvrage plus élevé de 34% que la moyenne était d'autant moins en mesure de justifier l'écart anormalement bas de 38% du prix total de l'offre. La recourante oppose à cela que le montant de ses honoraires était forfaitaire, comme l'exigeait l'appel d'offres. Un tel argument ne permet toutefois pas de justifier l'écart de 38% constaté, dès lors que les autres offres étaient partant aussi forfaitaires, comme elle l'admet implicitement.