Citation: 5D_120/2014 E. 5

Le recourant s'en prend en l'espèce aux deux motivations subsidiaires développées par la cour cantonale, conformément aux exigences de la jurisprudence fédérale à cet égard (cf. supra consid. 2.1 2e para.). Il conteste en premier lieu que son recours soit insuffisamment motivé. Or, à l'examen de ses écritures de recours du 7 juin 2014 devant la cour cantonale, on constate que le recourant s'en prend pour l'essentiel aux agissements du Service de l'action sociale. Ce faisant, il ne dirige pas son argumentation contre la motivation développée par le premier juge, en particulier en tant que celui-ci retient que le recourant n'a pas démontré par titre que la dette serait éteinte ou qu'il aurait obtenu un sursis postérieurement au jugement, ni qu'il se serait prévalu de la prescription. Dans ces circonstances, il n'était pas arbitraire de retenir que le recours du 7 juin 2014 était insuffisamment motivé et de le déclarer irrecevable pour ce motif. S'agissant de la seconde motivation de l'autorité cantonale qui conduit au rejet du recours, il y a lieu de relever qu'en l'espèce, la mainlevée définitive a été prononcée sur la base d'un arrêt de la I e Cour d'appel civil du Tribunal cantonal du canton de Fribourg du 5 juin 2013. Le recourant fait valoir que ce document ne constituait pas un titre de mainlevée dès lors que le dispositif dudit arrêt ne se référait qu'à un projet de convention d'entretien renvoyée à l'autorité de protection de l'enfant pour homologation, homologation qui n'avait à ce jour pas eu lieu. Le recourant se méprend sur ce point. En effet, si l'arrêt en question a bien retenu que les chiffres 1 et 2 de la convention du 14 janvier 2013 à laquelle se réfère le recourant ne devaient pas être homologués dès lors qu'ils portaient sur des questions qui excédaient la compétence de la Présidente du Tribunal d'arrondissement, il n'en va toutefois pas de même s'agissant du chiffre 3 de dite convention. Le chiffre 3 portait sur la question de la contribution d'entretien due par le recourant à ses enfants en cas de séparation d'avec leur mère. Il précisait notamment que le père contribuerait à l'entretien de chacun de ses enfants par le versement treize fois par an d'une pension alimentaire de 600 fr. jusqu'à l'âge de 6 ans révolus, payables en mains de la mère des enfants, d'avance le premier de chaque mois. Ce point de la convention a bien été homologué dans l'arrêt du 5 juin 2013 et cette décision est entrée en force. Le recourant n'a en outre jamais contesté qu'il était séparé de la mère des enfants durant la période de juillet 2013 à janvier 2014. Ses déclarations selon lesquelles ils feraient "à nouveau" ménage commun et auraient initié une démarche préparatoire en vue d'un mariage laissent au contraire entendre qu'ils étaient effectivement séparés précédemment. La décision du 5 juin 2013 constitue donc bien un titre de mainlevée définitive pour les contributions d'entretien dues durant la période en question. Le recourant s'en prend également à la qualité de créancier du Service de l'action sociale dès lors qu'il se réfère à plusieurs reprises à des actes qui auraient été commis par ce dernier sans l'accord du curateur ou de la mère des enfants. Or, le Service de l'action sociale s'est vu valablement céder par la mère des enfants ses droits pécuniaires à l'encontre du recourant par acte du 24 juin 2013. En effet, même si les contributions d'entretien litigieuses étaient dues en faveur des enfants, la titulaire de la prétention aux termes de la convention homologuée était toutefois leur mère, de sorte que le curateur n'avait pas à être entendu et à donner son accord avant que dite prétention ne soit cédée au Service de l'action sociale. Ce dernier a en outre avancé et versé en mains de la mère des enfants un montant de 9'600 fr. correspondant aux contributions d'entretien dues par le recourant à ses deux enfants pour la période de juillet 2013 à janvier 2014 ensuite de sa séparation d'avec leur mère. Le recourant semble donc ne pas avoir saisi que cette somme a été concrètement versée en mains de la mère des enfants à titre d'avance lorsqu'il déclare ne pas devoir cet argent vu qu'il vit désormais à nouveau en ménage commun avec celle-ci. Ces contributions étaient en outre dues pour une période antérieure à la résiliation du mandat de cession par la mère des enfants en date du 30 janvier 2014, de sorte que, contrairement à ce que soutient le recourant, cette résiliation n'a pas d'incidence sur la créance litigieuse. Pour les mêmes motifs, seul le Service de l'action sociale est le créancier de la somme litigieuse et non la mère des enfants, de sorte qu'elle n'avait pas la qualité pour faire un "contrordre"et annuler la poursuite comme l'a déjà exposé l'Office des poursuites de la Sarine dans son courrier du 6 février 2014.