Citation: 9C_212/2023 E. 4.1

4.1. Selon les constatations de la juridiction cantonale, c'est en raison de son état de santé que l'intimée n'avait jamais travaillé à plein temps avant le dépôt de la demande de prestations (en septembre 2017). Toutefois, comme le fait valoir à juste titre l'office recourant, ces constatations ne reposent pas sur une appréciation complète des pièces au dossier, dans la mesure où les premières attestations médicales relatives à des incapacités de travail durables n'ont été établies qu'à partir de l'année pendant laquelle la demande de prestations a été présentée (en 2017). Précédemment, les avis médicaux ne portaient que sur des arrêts de travail temporaires ne se prolongeant pas au-delà de quelques jours en 2004, 2006 et 2009 (cf. p. ex. les certificats du docteur C.________, du 26 mai 2004 ou du Département de chirurgie de l'Hôpital E.________ du 7 janvier 2009). En particulier, l'attestation du docteur C.________ du 7 juin 2004, sur laquelle s'est fondée la juridiction cantonale, fait état d'une affection médicale en raison de laquelle le médecin déconseillait le port de charges lourdes ou les positions contraignantes, sans qu'il ne conclût cependant à une réduction de la capacité de travail de sa patiente. De même, la doctoresse F.________, Cheffe de clinique au Service de rhumatologie de l'Hôpital E.________, a indiqué que, selon la description de l'assurée, les douleurs apparues depuis environ 20 ans s'étaient aggravées en 2014; elle a préconisé une évaluation des capacités fonctionnelles de l'assurée, sans se prononcer sur la capacité de travail (rapport du 3 juillet 2016). En d'autres termes, en se référant aux "renseignements médicaux recueillis" qui corroboreraient un empêchement de l'intimée d'exercer une activité à plein temps "avant le dépôt de la demande de prestations", la juridiction cantonale a omis de prendre en considération qu'aucune pièce médicale ne permet de retenir que l'intimée n'aurait pas été apte à travailler à plein temps depuis son arrivée en Suisse en 1994 jusqu'en 2017. A cet égard, l'attestation médicale du 22 janvier 2016 qu'invoque l'assurée ne comprend aucune date relative à l'incapacité de travailler "dans les nettoyages [travaux lourds]" et à son éventuelle durée. En retenant implicitement que l'intimée n'était pas apte à travailler à plein temps en raison de son état de santé à l'époque où elle travaillait à temps partiel (soit de 1995 à 2016), l'instance précédente a procédé à des constatations de fait ne reposant sur aucun avis médical. Comme le met par ailleurs en évidence le recourant, s'il est vrai que le dossier de l'assurance-chômage de l'intimée, qui remonte aux années 2008 et 2009, comprend quelques recherches de travail à 100% - en plus d'une large majorité de recherches sans indication du taux d'activité -, cet élément ne constitue pas un indice extérieur suffisant pour confirmer que l'assurée aurait souhaité exercer une activité à plein temps, alors qu'elle a travaillé à temps partiel avant puis après la période de chômage.