Citation: 7B_832/2024 E. 3.3

3.3. En l'espèce, la cour cantonale a tout d'abord considéré que l'objet du litige était délimité strictement par les faits invoqués dans la demande de récusation du 26 avril 2024 - laquelle avait été déposée à temps (soit peu après l'audience du 23 avril 2024) -, de sorte qu'il ne s'étendait pas à ceux énoncés dans le complément du 20 mai 2024; ce dernier était donc irrecevable. Sur le fond, elle a retenu que les griefs du recourant selon lesquels la Procureure intimée n'avait pas donné suite à ses réquisitions de preuve, d'une part, et n'avait pas tenu compte de la plainte qu'il avait déposée, d'autre part, ne constituaient pas un motif de récusation, comme cela avait déjà été relevé dans son précédent arrêt du 10 octobre 2023. De même, un refus de lever un séquestre devait faire l'objet d'un recours, et non d'une demande de récusation. Il existait en outre d'autres moyens pour soulever des griefs liés à la tenue du procès-verbal, que le recourant avait d'ailleurs utilisés, avec succès, lors de l'audience du 23 avril 2024. Par ailleurs, le recourant s'en prenait, à bien le comprendre, aux faits exposés par la magistrate intimée dans les commissions rogatoires qu'elle avait adressées en Suisse et à l'étranger. Ce grief paraissait irrecevable, au vu du temps écoulé depuis les actes en question (cf. art. 58 CPP). De toute manière, il ne suffisait pas à un prévenu de contester les charges pour empêcher un magistrat de faire état, dans ses demandes d'entraide, des soupçons pesant sur lui. Le fait que l'intimée n'eût pas retenu les explications du recourant, comme ce dernier le souhaitait, malgré les preuves qu'il estimait avoir apportées, ne la rendait pas suspecte de prévention. Si la Procureure devait certes instruire à charge et à décharge (art. 6 al. 2 CPP), le fait de ne pas partager l'avis du prévenu sur la portée des preuves amenées par ce dernier ne la rendait pas partiale.