Citation: U 477/05 18.10.2006 E. A

M.________, née en 1950, a travaillé en qualité d'ouvrière d'horlogerie et était assurée, à ce titre, contre les accidents professionnels et non professionnels par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 18 février 1999, alors qu'elle assistait à un match de hockey sur glace, elle a reçu un palet égaré sur la tempe gauche, ce qui a entraîné une double déchirure rétinienne temporale intérieure de l'oeil gauche, ainsi qu'un décollement de la rétine. Une récidive de ce décollement est apparue après l'intervention chirurgicale. La CNA a pris le cas en charge. Dans un rapport du 12 janvier 2001, le docteur T.________, spécialiste en ophtalomologie, a relevé que le status orthoptique se trouvait dans les limites de la norme dans le regard primaire; toutefois, la binocularité avait été sérieusement entravée par le traumatisme et les interventions successives, de sorte que l'avenir professionnel de la patiente était compromis dans l'horlogerie. Selon le docteur T.________, il était nécessaire de procéder rapidement à un reclassement professionnel dans un domaine d'activité qui stimule moins la vision stéréoscopique de près et de manière prolongée. Le 13 juin 2001, il a indiqué que sa patiente souffrait également de céphalées lors d'effort visuel et de réaction dépressive. De son côté, la doctoresse B.________, spécialiste en ophtalmologie, de la division médecine des accidents de la CNA, a estimé que l'assurée était désormais totalement incapable d'accomplir des tâches de précision dans l'horlogerie, en raison des séquelles traumatiques à l'oeil gauche. En revanche, un emploi de concierge ou de gardienne de nuit restait exigible sans aucune restriction. Par ailleurs, les troubles de la vue n'atteignaient pas le seuil justifiant l'allocation d'une indemnité pour atteinte à l'intégrité (cf. appréciation du 8 octobre 2001). Le 13 mars 2002, la CNA a informé l'assurée qu'elle mettrait fin à la prise en charge des frais médicaux et au versement des indemnités journalières à compter du 1er avril 2002. Par décision du 26 août 2002, la CNA a alloué à l'assurée une rente d'invalidité d'un taux de 15 % à dater au 1er avril 2002, en raison des séquelles traumatiques à l'oeil gauche; en revanche, la CNA a nié sa responsabilité pour les troubles psychiques de l'assurée, à défaut de rapport de causalité adéquate entre ceux-ci et l'accident. L'assurée s'est opposée à cette décision, en soutenant que son taux d'invalidité s'élevait de 50 à 70 % au moins; elle a par ailleurs demandé à l'administration d'examiner la question du versement d'une indemnité pour atteinte à l'intégrité, estimant y avoir droit. Dans le cadre de l'instruction de l'opposition, la CNA a recueilli l'avis du docteur S.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie (rapport du 13 novembre 2003). Ce psychiatre a diagnostiqué un état dépressif majeur de gravité légère à moyenne, chronique, ainsi qu'un trouble panique avec attaques de panique sans agoraphobie. A son avis, la part de facteurs étrangers à l'accident dans le tableau psychique actuel est supérieure à 80 %. Selon le docteur S.________, les troubles psychiques réduisent la capacité de travail de l'assurée de 50 % depuis le mois d'août 2001, dans une activité adaptée à ses problèmes visuels, à l'instar d'un emploi d'auxiliaire de santé. Par décision du 16 février 2004, la CNA a rejeté l'opposition.