Citation: 1B_95/2021 E. A

Le 1 er janvier 2017, le directeur de C.________ a pris contact avec la Police judiciaire valaisanne pour lui signaler qu'une de ses employées mineures, D.________, aurait subi des attouchements de la part d'un cadre de l'entreprise, A.________. Entendue le même jour par l'inspecteur B.________, l'adolescente a exposé notamment que lors de la soirée du personnel du 15 décembre 2016, A.________ avait tenté de l'embrasser à deux reprises sur la bouche en la tenant par la nuque et en lui répétant plusieurs fois de se laisser faire. Elle a déposé plainte le 16 janvier 2017. Par ordonnance pénale du 14 juillet 2017, frappée d'opposition, la Procureure de l'Office régional du Ministère public du Bas-Valais a reconnu A.________ coupable, à raison de ces faits, de contravention contre l'intégrité sexuelle et l'a condamné à une amende de 300 francs convertible, en cas de non-paiement fautif de celle-ci, en 3 jours de peine privative de liberté. Le 20 septembre 2017, le conseil nouvellement constitué du prévenu a sollicité la récusation de l'inspecteur B.________ et l'annulation de tous les actes de procédure auxquels celui-ci avait participé en raison des propos jugés insultants tenus à l'égard de son mandant lors de l'audition audiovisuelle de la plaignante en date du 1 er janvier 2017. Selon la retranscription écrite de cette audition, l'inspecteur a indiqué à l'adolescente que si elle avait le moindre problème ou si le prévenu venait taper à sa porte, elle devait appeler le 117, ajoutant " Mais je ne vois pas pourquoi ça arriverait. C'est un vieux con qui a voulu draguer une jeunette et ça n'a pas marché. En résumé, c'est ça " et précisant encore que " Sauf que le vieux con est chef de service et n'a pas à faire ça à une employée mineure. Donc, on va lui expliquer tout ça ". Dans sa prise de position du 6 octobre 2017, l'inspecteur B.________ a admis avoir tenu les propos incriminés. Il dit cependant avoir utilisé le terme de " vieux con " en fin d'audition, après le récit libre de la plaignante, dans le sens d'un agresseur présumé de manière générale, soit d'une personne d'un certain âge qui s'en prend à une adolescente, dans l'objectif de calmer l'angoisse de l'adolescente, sans viser le prévenu qu'il ne connaissait pas et qui n'avait pas encore été interrogé. Il estimait en outre avoir fait preuve d'impartialité dans l'ensemble de l'enquête. Le 30 octobre 2017, A.________ a maintenu sa requête de récusation, relevant avoir été particulièrement malmené lors de son audition qui s'était déroulée le lendemain de celle de D.________. Par décision du 25 janvier 2021, la Procureure de l'Office régional du Ministère public du Bas-Valais a rejeté la demande de récusation de l'inspecteur B.________ et la demande d'annulation de tous les actes de procédure auxquels il a participé.