Citation: U 412/05 20.09.2006 E. A

D.________ travaillait en qualité de technicienne opératrice au service de la société X.________ SA. A ce titre, elle était assurée contre les accidents professionnels et non professionnels auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 19 février 2000, elle a été victime d'un accident de la circulation: le véhicule, dans lequel elle occupait la place du passager avant, a été heurté de front par une voiture venant en sens inverse, dont le conducteur avait perdu la maîtrise en raison de la chaussée enneigée et qui avait traversé la route. D.________ a été transportée à l'Hôpital Y.________ où les médecins ont diagnostiqué plusieurs fractures (des deux pédicules de la vertèbre cervicale C2, fractures du transverse du radius distal et du tiers moyen du sternum) et prescrit le port d'une minerve, ainsi qu'un traitement antalgique (rapport des docteurs L.________ et O.________ du 29 février 2000). Le 27 octobre 2000, l'assurée a été examinée par la doctoresse F.________, spécialiste en neurologie, qui a fait état de la persistance d'un syndrome cervical net dans le cadre d'un traumatisme cervical; il n'y avait en revanche aucun élément pathologique sur le plan central cérébral, ni d'atteinte significative des différentes racines cervicales. La médecin préconisait par ailleurs la poursuite de la physiothérapie antalgique et attestait que l'incapacité de travail était toujours totale depuis l'accident (rapport du 31 octobre 2000). Après avoir séjourné à la Clinique de réadaptation Q.________ (CRR) pour rééducation du 31 juillet au 28 août 2001 (cf. rapport de sortie du 4 septembre 2001), l'assurée a tenté sans succès de reprendre son travail à raison de 50 %; elle a été licenciée au 28 février 2002. A la demande de la CNA, elle s'est rendue le 8 novembre 2001 chez le docteur E.________, médecin-conseil. Celui-ci a fait état d'un syndrome cervico-vertébral avec limitation fonctionnelle partielle; selon lui, l'assurée était capable de reprendre une activité légère, sans position vicieuse ou figée du rachis cervical, mais avec la possibilité de «se dégourdir» et de prendre des pauses prolongées, ce qui impliquait une baisse du temps de présence de 20 %. Il a par ailleurs estimé à 15 % le taux de l'atteinte à l'intégrité présentée par l'assurée, en retenant en particulier des douleurs chroniques, «également insomniantes». Le 12 avril 2002, la CNA a informé l'assurée qu'elle mettait fin au paiement des soins médicaux (à l'exception des contrôles médicaux et de la médication prescrite encore nécessaires), ainsi qu'au versement de l'indemnité journalière. Le 17 juillet suivant, elle a alloué à D.________ une rente d'invalidité fondée sur un taux d'incapacité de gain de 36 %, dès le 1er mai 2002, ainsi qu'une indemnité pour atteinte à l'intégrité calculée sur une diminution de l'intégrité de 15 %. Par décision du 6 janvier 2003, elle a rejeté l'opposition de l'assurée, motif pris, notamment, de l'absence de lien de causalité adéquate entre l'accident et les troubles psychiques («trouble de l'adaptation post-traumatique») présentés par l'assurée.