Citation: 5A_377/2022 E. 3.1

3.1. L'autorité cantonale a d'abord examiné la recevabilité des trois pièces nouvellement produites (pièces n° 26 à 28) : une décision du 27 octobre 2021 de la Cour d'appel de La Mecque dans la procédure "enregistrée " le 19 novembre 2017; un courriel du 27 janvier 2022 de l'avocat saoudien de la recourante où celui-ci expose la différence, en droit saoudien, entre un appel et une demande de reconsidération; un document des " Services judiciaires électroniques " saoudiens du 20 janvier 2022, selon lequel une procédure " financière en matière de loyer d'un bien immobilier " opposant les parties et "enregistrée " le 19 novembre 2017 était en attente de renvoi devant la Cour d'appel de La Mecque et qu'une décision avait été rendue le 26 octobre 2021 " avec des remarques ". Elle a alors jugé que non seulement la décision du 27 octobre 2021 (pièce 26 produite le 13 janvier 2022) n'avait pas d'incidence sur l'issue du litige, mais qu'elle était irrecevable également, car elle avait été produite avec retard devant elle. L'autorité cantonale a jugé pour le même motif que le courriel du 27 janvier 2022 de l'avocat saoudien de la recourante (pièce 27 produite le 3 février 2022) était irrecevable. Elle a aussi considéré que ce courriel équivalait à un simple allégué d'une partie et n'était ainsi pas susceptible d'avoir une incidence sur l'issue du litige. S'agissant de la dernière pièce, soit le document des Services judiciaires électroniques du 20 janvier 2022 (pièce 28 produite le 3 février 2022), l'autorité cantonale a jugé que cette pièce était sans incidence sur l'issue du litige et qu'elle était au demeurant irrecevable également. Ensuite, l'autorité cantonale a jugé qu'il était vraisemblable que le jugement étranger du 27 février 2019 avait un caractère définitif et exécutoire (art. 271 al. 1 ch. 6 LP cum 25 LDIP). En effet, l'attestation du 2 avril 2019 signée par un juge du Tribunal de Djeddah le 4 avril 2019 et annexée au jugement précité, aux termes de laquelle cette décision était définitive et exécutoire faute d'opposition formée dans le délai par la recourante, l'emportait sur la " fiche de suivi " du 1 er avril 2019, laquelle attestait uniquement du dépôt d'une telle opposition. Par ailleurs, l'ensemble des documents ou décisions dont se prévalait la recourante faisaient état exclusivement d'une demande de réexamen du 2 septembre 2019. L'autorité cantonale a donc retenu qu'aucune procédure d'opposition au sens de la voie de recours mentionnée au pied du jugement fondant le séquestre n'était intervenue, ceci en dépit du seul élément - non convaincant - allant dans le sens contraire, à savoir la mention de " notes d'appel " dans la décision du 9 octobre 2020. Or, en droit saoudien, il semblait que seule l'opposition soit une voie de recours ordinaire - qui empêche d'emblée un jugement de devenir définitif et exécutoire - à l'exclusion de la demande de réexamen. Cela ressortait de la mention de la voie de recours figurant au pied du jugement fondant le séquestre. Selon cette indication, à défaut d'opposition formée dans le délai de trente jours, la décision deviendrait définitive et exécutoire. Cela était encore confirmé par la teneur de l'attestation du 2 avril 2019.