Citation: 9C_830/2016 E. 5.3

5.3. On ne peut pas davantage suivre l'office recourant lorsqu'il fait valoir que la dépendance à l'alcool présentée par l'intimé ne serait pas secondaire à un épisode dépressif et un état douloureux et, partant, pas invalidante du point de vue de l'assurance-invalidité (sur le caractère invalidant de la dépendance, en particulier à l'alcool, cf. ATF 124 V 265 consid. 3c p. 268; arrêt 9C_618/2014 du 9 janvier 2015 consid. 5.2-5.4). L'office recourant ne démontre en effet pas les éléments médicaux cliniques qui supporteraient cette affirmation. La juridiction cantonale s'est au contraire fondée sur les conclusions de l'expertise judiciaire, qui relevait que la consommation d'alcool du recourant avait débuté dans le contexte d'un épisode dépressif et s'était aggravée en 2011 en lien avec l'apparition des douleurs à la nuque et au dos, ainsi qu'un second épisode dépressif. Elle a également expliqué les raisons pour lesquelles elle s'écartait de l'avis des experts du CEMed, qui retenaient une dépendance initialement secondaire mais ayant évolué vers une dépendance primaire, en relevant que cette conclusion n'était pas motivée alors que l'anamnèse concordait avec celle retenue par la doctoresse E.________. Elle a enfin tenu compte de l'avis des médecins traitants et de l'infirmière, qui relevaient la persistance du trouble dépressif même en période d'abstinence. L'ensemble de ces éléments lui permettait d'admettre sans arbitraire que la dépendance résultait d'une atteinte à la santé invalidante.