Citation: 1C_207/2020 E. 6.3

6.3. En l'espèce, le Tribunal administratif fédéral a considéré que le court laps de temps séparant l'octroi de la naturalisation facilitée (juin 2015) et la séparation définitive des époux (octobre 2016) était de nature à fonder la présomption de fait selon laquelle, au moment de la signature de la déclaration commune, la communauté conjugale des époux n'était plus stable et orientée vers l'avenir au sens de l'art. 27 aLN. L'instance précédente a ajouté que la recourante ne contestait pas qu'entre le 16 avril et le 18 juin 2016, elle avait résidé avec sa mère chez une amie. La recourante ne discute pas cette présomption de fait. Les éléments précités sont d'ailleurs propres à fonder la présomption que la naturalisation a été obtenue frauduleusement, la séparation des époux étant intervenue au mieux quinze mois seulement après l'octroi de la naturalisation facilitée (cf. notamment arrêts du Tribunal fédéral 1C_82/2018 du 31 mai 2018 consid. 4.3; 1C_362/2017 du 12 octobre 2017 consid. 2.3; 1C_796/2013 du 13 mars 2014 consid. 3.2; 1C_503/2015 du 21 janvier 2016 consid. 3.2 et les arrêts cités). L'instance précédente n'en est cependant pas restée au constat que l'enchaînement chronologique des faits conduisait à cette présomption. Elle a ajouté que celle-ci était renforcée par plusieurs éléments, notamment l'impossibilité d'avoir des enfants (des examens ayant été effectués à ce sujet en 2014) et le fait que dans la requête de mesures protectrices de l'union conjugale la recourante avait indiqué que son époux "avait toujours donné l'impression de préférer ses animaux en particulier ses chiens aux joies de la vie commune". Les juges précédents ont souligné en outre que le fait que le mari n'ait jamais accompagné sa femme lors de ses voyages annuels en Chine permettait de douter de son intérêt pour la culture et la famille de la prénommée. Le Tribunal administratif fédéral a enfin relevé qu'aucune démarche n'avait été adoptée en amont pour résoudre les problèmes au sein du couple avant d'envisager une séparation définitive. La recourante soutient que l'instance précédente a apprécié ces faits de manière approximative et en a tiré des constatations inexactes. La recourante ne peut cependant pas s'en prévaloir dans la mesure où ces éléments ont été pris en compte, non pour établir la présomption mais pour renforcer la présomption établie. Conformément à la jurisprudence précitée, il s'agit donc uniquement de déterminer si l'intéressée est parvenue à renverser cette présomption en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune.