Citation: 4C.14/2001 26.03.2001 E. 2

2.- a) La défenderesse fait valoir que les demandeurs ont renoncé par écrit au treizième salaire de l'année 1994. Il faudrait en déduire que leur silence, après l'annonce du non-versement des treizièmes salaires afférents aux années postérieures, devrait être compris comme l'acceptation de la décision de l'employeur. Faute d'avoir procédé à une telle déduction, la cour cantonale aurait violé l'art. 343 al. 4 CO, voire l'art. 63 al. 2 OJ en commettant une inadvertance manifeste. La renonciation écrite au treizième salaire dû en rapport avec l'année 1994 n'est plus litigieuse. On voit mal comment on pourrait en tirer un indice en faveur d'une renonciation tacite pour les années suivantes. Au contraire, ayant exprimé leur renonciation par écrit pour l'année 1994, les demandeurs pouvaient d'autant moins s'attendre que leur silence après la notification orale de la suppression des treizièmes salaires postérieurs risquât d'être interprété comme une acceptation de leur part. Cela étant, le grief n'a aucune incidence sur le sort de la cause. Il est dès lors inutile d'examiner s'il pourrait se fonder sur les dispositions légales précitées. b) La défenderesse soutient que la cour cantonale aurait eu tort de considérer que les demandeurs ne pouvaient pas renoncer valablement à leur treizième salaire, en vertu des art. 322 al. 1 et 341 al. 1 CO. Cette question peut demeurer indécise, puisqu'il appert, en l'occurrence, que les demandeurs n'ont pas renoncé aux montants dus. c) La défenderesse soutient que la cour cantonale aurait violé l'art. 2 CC en n'admettant pas que les parties pouvaient et devaient, de bonne foi, admettre que les salariés avaient renoncé à leurs prétentions. Ce grief se confond avec celui relatif à l'interprétation des manifestations de volonté des plaideurs, quia été rejeté (cf. consid. 1 supra). Au demeurant, l'exercice d'une prétention pendant le délai de prescription ne peut constituer un abus de droit qu'en raison de circonstances tout à fait particulières, le simple écoulement du temps n'étant à cet égard pas suffisant (ATF 116 II 428 consid. 2; 110 II 273 consid. 2). En l'espèce, comme les demandeurs étaient au service de la défenderesse, on ne saurait leur reprocher d'avoir attendu pour faire valoir leurs droits. d) La recourante se plaint d'une fausse application de l'art. 4 CC.