Citation: 4A_96/2018 E. A

A.a. Par contrat de travail du 15 juillet 2014, A.________ a été engagé par B.________ Sàrl (ci-après: la société ou l'employeuse) en qualité de responsable administratif et commercial à plein temps. Ce contrat ne comportait pas de temps d'essai et stipulait en particulier que l'employé «organise son temps de présence selon les responsabilités de sa fonction, le volume de travail, ses déplacements, etc.» Le salaire mensuel brut était fixé à 11'000 fr., versé treize fois l'an. Les rapports de travail ont débuté le 1 er août 2014. A.b. L'employé était ami de longue date avec C.________, associé gérant de la société. Le premier s'occupait en outre des affaires personnelles du second, en particulier de ses assurances maladie. Ils étaient par ailleurs liés par un projet de promotion immobilière à X.________ (VD), dans lequel A.________ devait agir comme financier en apportant la parcelle et en versant à la société précitée la somme de 50'000 fr. au titre de «frais de démarrage» du chantier, somme qui devait lui être remboursée au prorata des acquisitions. A.c. A.________ arrivait alors en fin de droit pour ses indemnités de chômage. A titre de mesure de réinsertion professionnelle, l'Office de l'emploi du canton de Genève a admis de verser à l'employeuse des allocations correspondant au salaire de base moyen mensuel brut de 10'500 fr. du 5 août 2014 au 4 août 2016. A.d. Les relations entre A.________ et C.________ se sont détériorées par la suite. Par courriel du 2 octobre 2014, le premier nommé s'est adressé au second en ces termes: «Ce n'est pas seulement le projet X.________ qui me prend la tête, mais notre relation (...) Depuis 1 an je t'aide dans tes affaires privées, en prenant du temps et des déplacements (...) Je t'ai fait récupérer quelque CHF 7'000 fr. auprès de différentes caisses maladie. (...) J'ai mal aussi quand je vois comme ce matin qu'un versement a été fait à B.________ Sàrl de CHF 50'000.- sur le compte et que moi depuis deux mois je n'ai pas un seul sou de ta part pour payer mes factures ! (...) tu ne m'as pas versé un seul montant depuis que j'ai commencé, même pas une proposition de remboursement, rien ! J'ai peur pour l'avenir car avec de tels agissements je pourrais penser que l'argent versé à B.________ Sàrl ne sert qu'à servir tes propres intérêts (les téléphones, la Porsche, l'Audi TT, les divers restaurants, etc), mais pour moi toujours rien ! (...) Pour finir, (...) te dire que les versements vont être faits prochainement par l'office qui me l'a confirmé aujourd'hui, et pour rappel le montant à verser sur mon compte est de deux fois CHF 9'771.40 2X, soit CHF 19'542.80 (B.________ Sàrl recevra CHF 16'800.-) que j'espère avoir sur mon compte rapidement afin de payer aussi mes rappels de factures. » C.________ lui a expliqué, par courriel du 5 octobre 2014, qu'il n'avait pas pu se payer son propre salaire faute de liquidités de la société et qu'il avait été d'accord de l'engager, mais uniquement avec la participation de la caisse de chômage. Il a ajouté ce qui suit: «Quand tu arrives un matin en me disant: maintenant cela ne va plus il faut que tu me verses CHF 6'000.- à 8000.- j'ai été choqué! (...) J'aimerais finir mon message en te disant que si des fois, je ne suis pas toujours accessible, ou disponible, c'est aussi que j'ai des soucis, je t'ai emmené dans cette aventure qui n'est pas évidente, et que je dois absolument réussir, car je ne peux pas trahir la confiance d'un ami qui fait que cela me prend encore davantage la tête, raison pour laquelle je dors également très mal et très peu ces derniers mois (...). » Par courriel du 5 décembre 2014, A.________ a interpellé C.________ sur le paiement de son salaire de novembre 2014. Par courriel du 6 mars 2015, il en a fait de même s'agissant des salaires de janvier et février 2015. Selon C.________, ce retard s'expliquait par le fait que les allocations de l'Office du chômage étaient payées tardivement et que la société avait des problèmes de liquidités. A deux reprises, C.________ a remis à l'ordre A.________ dans le cadre de son travail. La première fois, il lui a reproché d'être parti régulièrement le vendredi après-midi au cours des trois à quatre mois précédents pour faire des prospections, sans résultat concret. La seconde, il s'est plaint d'une réaction déplacée de A.________, qui n'avait pas apprécié d'être exclu d'un repas avec une société. T1.________, employé par la société comme dessinateur, y a assisté les deux fois. Compte tenu des tensions qu'il ressentait sur le lieu de travail, ce dernier a signifié à C.________ qu'il ne pouvait pas continuer à travailler si A.________ demeurait dans la société. C.________ a alors décidé de se séparer de ce dernier. A.e. Le 20 avril 2015, sur ordre de C.________, A.________ a quitté immédiatement les locaux de la société en emportant ses affaires. Par courriel du 9 mai 2015, le conseil de A.________ a imparti à la société un délai au 17 mai 2015 pour verser les arriérés de salaire de février à avril 2015 ainsi que le treizième salaire afférent à 2014. Il a réitéré cette demande le 19 mai 2015. A.f. Une rencontre s'est tenue le 21 mai 2015 entre C.________, A.________ et son conseil, pour discuter de l'éventualité de prolonger le contrat de travail et des modalités suivant lesquelles cette prolongation pourrait intervenir. Par courriel du 24 mai 2015, C.________ a fait savoir à A.________ qu'il restait dans l'attente de propositions de conditions de continuation d'emploi, à défaut de quoi il lui signifierait son congé au 31 mai 2015. A.________ n'y a pas donné suite. Par courrier du 29 mai 2015 réceptionné le 1 er juin 2015, la société a déclaré «confirmer» le licenciement de l'employé «pour le 31 mai 2015, avec libération du devoir de travailler à partir de ce jour». Les parties ont poursuivi des discussions sur une éventuelle prolongation des rapports de travail, sans succès. Le 29 septembre 2015, l'employé a formé opposition au congé.