Citation: 5A_125/2019 E. 5.2

5.2. La recourante soutient que le montant de 1'200 fr. qui lui est alloué est totalement dérisoire au vu du montant indispensable à la couverture de ses charges incompressibles et qu'elle aurait droit au maintien du train de vie mené durant le mariage. Elle souligne qu'elle n'a ni revenus ni fortune, que sa rente AVS sera quasiment inexistante du fait qu'elle n'a pratiquement pas travaillé durant le mariage et que son deuxième pilier de 237'908 fr. ainsi que le montant de 150'000 fr. qui lui est dû par son ex-époux ne permettront de couvrir ses charges que durant approximativement sept ans. Elle relève également que, pendant le mariage, elle a été contrainte de dépenser l'argent hérité de ses parents, décédés il y a une vingtaine d'années, dès lors que son époux était réticent à assumer certains frais et ne l'a pas encouragée à épargner. Le fait de considérer qu'il n'y aurait pas à prendre en compte la perte inexpliquée de 90'000 fr. dans le calcul de la pension et que les ex-conjoints seraient, à l'aube de leur retraite, dans des situations économiques semblables serait inexact pour deux motifs. Premièrement, il ne serait pas possible de parvenir à une telle conclusion, compte tenu du refus d'ordonner la production des pièces supplémentaires visant à établir la situation financière de l'intimé, et ce en dépit du rapport établi par la fiduciaire F.________ SA indiquant que l'intimé aurait transféré 1'559'638 fr. en Italie entre 2005 et 2015 et du caractère incomplet des explications fournies par l'ex-époux à ce propos. Le calcul de la cour cantonale, qui tiendrait compte d'une fortune de l'intimé " selon toute vraisemblance plus basse qu'elle ne l'est en réalité ", serait donc faussé. Secondement, la juridiction précédente aurait refusé à tort de tenir compte de l'héritage reçu par l'intimé, puisque l'on peut exiger de lui qu'il entame sa fortune. L'ex-époux étant héritier réservataire de sa mère, il serait " clair " qu'il aurait hérité à tout le moins d'une part de la villa familiale. L'autorité cantonale aurait donc dû donner suite à ses réquisitions de preuves visant à établir la part successorale de l'intimé. Il en irait de même des comptes bancaires de celui-ci, lesquels auraient potentiellement pu être crédités d'avoirs successoraux. En ignorant les offres de preuves pertinentes de la recourante, la juridiction précédente aurait fait fi du devoir d'établir l'étendue de la fortune de l'intimé et aurait ainsi procédé à une appréciation anticipée des preuves qu'elle n'était pas fondée à effectuer, ce qui violerait l'art. 125 CC. Enfin, la cour cantonale aurait retenu à tort que la communauté domestique formée par l'époux et son père ne pouvait pas être comparée à celle formée par des concubins, l'intimé partageant depuis cinq ans les charges de la vie quotidienne avec ses parents et ne payant pas de loyer. Il s'agirait ainsi d'une communauté de vie durable, dont il faudrait tenir compte dans le calcul des charges de l'intimé.