Citation: 6B_42/2024 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a constaté que, malgré un séjour d'une trentaine d'années en Suisse, l'intégration de la recourante était mauvaise. Elle n'avait pas d'activité lucrative, avait des poursuites pour près de 40'000 fr., était divorcée et vivait seule. Elle avait certes des contacts occasionnels avec ses enfants, tous majeurs, et ses petits-enfants, mais ceux-ci sortaient du champ de la protection de l'art. 8 CEDH. S'agissant de la maladie de la recourante, la cour cantonale a constaté qu'elle n'impliquait pas le suivi d'un traitement lourd nécessitant une hospitalisation, puisque le traitement consistait en la prise de médicaments, avec contrôles sanguins 4 à 6 fois par année. La cour cantonale a à ce sujet souligné que, même si les soins prodigués au Kosovo ne correspondaient pas aux standards suisses, la recourante pourrait avoir accès dans son pays d'origine à tous les soins et traitements rendus nécessaires par son état de santé. Elle a ainsi considéré que rien ne s'opposait au renvoi de la recourante au Kosovo, où ses deux soeurs, qui y vivaient avec leur famille respective, pourraient l'accueillir dans un premier temps pour le moins. La cour cantonale en a ainsi conclu que les conditions d'application de la clause de rigueur n'étaient pas réunies, la mesure d'expulsion ne plaçant pas la recourante dans une situation personnelle grave au sens de la jurisprudence. En outre, la cour cantonale a également retenu que, même si la situation personnelle de la recourante devait être tenue pour grave, l'intérêt public à l'expulsion l'emporterait sur l'intérêt privé de l'intéressée à demeurer en Suisse. Elle a en effet rappelé que la CourEDH estimait que, compte tenu des ravages de la drogue dans la population, les autorités étaient fondées à faire preuve d'une grande fermeté à l'encontre de ceux qui contribuaient à la propagation de ce fléau. Pour le surplus, elle a souligné que la durée de l'expulsion prononcée par les premiers juges, réduite à 8 ans, tenait largement compte de la situation personnelle de la recourante, en particulier de ses liens familiaux avec ses enfants et petits-enfants, et s'avérait conforme au principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH.