Citation: 6S.763/1999 10.04.2000 E. 2

2.- Le recourant se plaint d'une violation de l'art. 63 CP, estimant que la peine de trois ans de réclusion est arbitrairement sévère. Il reproche notamment à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du temps relativement long écoulé depuis les faits, ni d'éléments favorables tels que l'absence d'antécédents pénaux et de renseignements défavorables. a) Tout en exigeant que la peine soit fondée sur la faute, l'art. 63 CP n'énonce pas de manière détaillée et exhaustive les éléments qui doivent être pris en considération, ni les conséquences exactes qu'il faut en tirer quant à la fixation de la peine; il confère donc au juge un large pouvoir d'appréciation (ATF 123 IV 49 consid. 2a p. 50 s., 150 consid. 2a p. 152 s.; 122 IV 156 consid. 3b p. 160; 121 IV 193 consid. 2a p. 195 et les arrêts cités). Les éléments pertinents pour la fixation de la peine ont été exposés de manière détaillée dans les ATF 117 IV 112 consid. 1 et 116 IV 288 consid. 2a, auxquels il suffit de se référer. Même s'il est vrai que la Cour de cassation examine librement s'il y a eu violation du droit fédéral, elle ne peut admettre un pourvoi en nullité portant sur la quotité de la peine, compte tenu du pouvoir d'appréciation reconnu en cette matière à l'autorité cantonale, que si la sanction a été fixée en dehors du cadre légal, si elle est fondée sur des critères étrangers à l'art. 63 CP, si les éléments d'appréciation prévus par cette disposition n'ont pas été pris en compte ou enfin si la peine apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 123 IV 49 consid. 2a p. 50 s., 150 consid. 2a p. 152 s.). b) La cour cantonale a expressément constaté que les juges de première instance avaient pris en considération, au stade de la fixation de la peine, l'absence d'antécédents pénaux du recourant ainsi que les renseignements non défavorables recueillis sur son compte. Le recourant ne critique pas cette constatation. L'autorité cantonale a en outre rejeté la circonstance atténuante du bon comportement durant un temps relativement long au motif que le recourant avait adopté une attitude très négative après les faits, proférant même des insultes à l'égard de la victime et qu'on ne pouvait pas considérer qu'une durée de quatre ans depuis les faits constituait un temps relativement long justifiant une atténuation de la peine. Les différentes infractions de lésions corporelles simples qualifiées, de contrainte sexuelle, de viol et d'infraction à la LSEE entrant en concours au sens de l'art. 68 ch. 1 CP, l'autorité cantonale pouvait prononcer une peine maximale de quinze ans de réclusion. Le Tribunal correctionnel, suivi par la cour cantonale, a estimé que la culpabilité du recourant était très lourde. Il a relevé le caractère sordide des six agressions sexuelles commises en l'espace de cinq mois. Elles dénotent chez le recourant un mépris total d'autrui; celui-ci a agi pour des mobiles purement égoïstes, abusant de façon éhontée de la confiance de sa jeune fille au pair et profitant de sa dépendance due à sa jeunesse et à son vécu. Le Tribunal a estimé que le recourant avait fait preuve d'une rare bassesse de caractère et d'une mentalité détestable. Le recourant était en outre l'employeur de la victime et avait de ce chef le devoir de protéger sa personnalité dans les rapports de travail (cf. art. 328 CO). Au vu de ce qui précède, une peine de trois ans de réclusion ne viole pas le droit fédéral. Sur ce point, l'arrêt attaqué peut être confirmé.