Citation: 5A.24/2004 02.12.2004 E. 3

Un examen chronologique des faits pertinents de la cause a conduit le département intimé à douter que, par son mariage avec E.________, le recourant ait véritablement entendu fonder une communauté conjugale au sens de l'art. 27 LN; la succession rapide de ses mariages et divorces était symptomatique à cet égard et donnait à penser que par ledit mariage il cherchait avant tout à obtenir une autorisation de séjour en Suisse et, ultérieurement, la naturalisation facilitée; en tout état de cause, l'on était en droit de conclure, sur la base de l'enchaînement chronologique des faits, que les époux A.________-E.________ ne constituaient pas, au moment de la signature de leur déclaration commune et de la naturalisation facilitée, une communauté conjugale au sens de l'art. 27 LN. Cette conviction du département était renforcée par divers éléments ressortant de l'audition de E.________: celle-ci n'accompagnait pas régulièrement son époux lors de ses vacances annuelles en Turquie auprès de son ex-épouse et de leurs enfants communs; elle restait convaincue que, durant ses vacances turques, son époux avait des relations intimes avec son ex-femme et elle était totalement délaissée lorsque cette dernière et les enfants se rendaient en vacances en Suisse auprès du recourant; tous ces éléments, selon le département, démontraient que, nonobstant son mariage avec une Suissesse, le recourant entretenait une relation privilégiée avec sa première épouse, avec laquelle il s'était d'ailleurs remarié sitôt après son divorce d'avec la Suissesse.