Citation: 4A_484/2018 E. 4.4.3

4.4.3. Il est ainsi acquis que la preuve du versement effectif d'un salaire n'a pas été rapportée et que l'activité exercée n'a pas excédé les services habituellement rendus entre concubins. Or, sur cette seule base, l'autorité précédente pouvait conclure sans arbitraire que l'accord du 28 mars 2012 ne reflétait pas la volonté réelle des parties, nonobstant les apparences créées. La demanderesse fait grand cas de ce que la partie adverse a brandi un mobile erroné pour fonder sa thèse de la simulation. Contrairement à ce que l'hoirie avait plaidé, elle n'aurait pas eu besoin de régulariser sa situation administrative en Suisse. Les défendeurs étant privés de l'unique explication invoquée à l'appui de leur thèse, la réalité de l'accord du 28 mars 2012 devrait être reconnue. Ici encore, le raisonnement adopte une prémisse erronée, à savoir que la preuve d'une simulation nécessiterait d'établir le mobile précis des cocontractants. En l'occurrence, la partie défenderesse - qui n'invoquait elle-même aucune prétention - pouvait se contenter de prouver que les cocontractants n'avaient pas réellement la volonté de conclure un contrat de travail, sans nécessairement établir le mobile précis de leur procédé. Tel est probablement ce qu'a voulu dire la Cour de justice dans une tournure maladroite que fustige la demanderesse, mais qui ne prête toutefois pas à conséquence (arrêt attaqué, p. 12 consid. 5.2.1 § 2). Dans le présent contexte, la cour d'appel pouvait retenir sans arbitraire que la volonté réelle des parties n'était pas de conclure un contrat de travail, sans qu'il soit nécessaire de connaître leur mobile précis, étant entendu que la simulation d'un contrat de travail pouvait conférer des avantages à l'un et/ou l'autre des signataires de l'accord.