Citation: 6B_770/2018 E. 2.2

2.2. En l'espèce, il paraît douteux que le recourant puisse se prévaloir d'un droit au respect de sa vie familiale, dès lors qu'il ne vit pas avec son fils, ne jouit pas de l'autorité parentale sur celui-ci, ni ne bénéficie d'un droit de garde ou de visite. Il ressort de l'arrêt attaqué que, jusqu'à son arrestation en août 2017, l'intéressé voyait son fils tout au plus une fois par mois, cette fréquence ayant baissé durant la période ayant précédé son incarcération. Dans ces conditions et compte tenu de la jurisprudence du Tribunal fédéral en la matière (cf. ATF 143 I 21 consid. 5.3 p. 27 s.; arrêt 2C_821/2016 du 2 février 2018 consid. 5.1 destiné à la publication), on voit mal que l'art. 8 par. 1 CEDH puisse être applicable en raison des relations concrètement entretenues par le recourant avec son fils. Cette question peut cependant être laissée ouverte, dès lors que, à supposer que le recourant puisse se prévaloir d'un droit découlant de l'art. 8 par. 1 CEDH, soit d'un droit au respect de sa vie privée ou familiale, son expulsion pourrait de toute manière être confirmée au regard de l'art. 8 par. 2 CEDH. En effet, l'ingérence dans la vie privée ou familiale du recourant que constituerait son expulsion du territoire suisse est prévue par la loi, soit par l'art. 66a bis CP, ce que l'intéressé ne conteste pas. Une telle mesure poursuit par ailleurs un "but légitime", c'est-à-dire compatible avec la CEDH, soit la défense de l'ordre et la prévention des infractions pénales. L'expulsion prononcée contre le recourant vise en particulier à éviter que celui-ci ne commette, à l'avenir, de nouveaux actes délictueux. Il reste à déterminer si la mesure litigieuse s'avère nécessaire dans une société démocratique.