Citation: 2C_770/2009 02.06.2010 E. 4

Le recourant se plaint d'une violation de son droit d'être entendu. Il reproche au Tribunal cantonal d'avoir évoqué une dénonciation du 21 avril 2009 selon laquelle Y.________ l'aurait épousé pour de l'argent, afin qu'il obtienne un permis C. Le recourant soutient que les juges ne pouvaient se fonder sur cet élément pour révoquer son autorisation de séjour, sans approfondir l'instruction et l'interroger, ainsi que son épouse, à ce propos. 4.1 Le grief tiré de la violation du droit d'être entendu n'est pas réservé au recours constitutionnel subsidiaire et peut être soulevé dans le cadre d'un recours en matière de droit public. Par conséquent, il convient de l'examiner, même si le recourant, méconnaissant ce principe, ne l'a formulé qu'en relation avec son recours constitutionnel subsidiaire. 4.2 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour l'intéressé de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou, à tout le moins, de s'exprimer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 134 I 140 consid. 5.3 p. 148; 133 I 270 consid. 3.1 p. 277 et la jurisprudence citée). 4.3 Il est vrai que, dans la partie en fait de l'arrêt attaqué, la dénonciation écrite datée du 21 avril 2009 a été mentionnée. Les juges n'ont toutefois pas pris position sur le contenu de ce document, présenté du reste au conditionnel, et surtout n'en ont tiré aucune conséquence juridique. En effet, ils ont estimé que le mariage avait manifestement perdu toute substance en se fondant sur la courte durée de la vie commune (moins de quatre mois), sur l'existence d'une séparation des époux depuis décembre 2006 (soit depuis près de trois ans) et sur le fait que l'épouse avait refait sa vie avec un autre homme dont elle avait eu un enfant en 2008. L'éventualité d'un mariage contracté pour de l'argent n'a jamais été évoquée lorsque les juges ont apprécié la nature et l'intensité du lien entre les époux. Contrairement à ce que semble croire le recourant, il s'agit donc d'un élément non pertinent, de sorte que l'on ne saurait retenir de violation du droit d'être entendu à son propos. Certes eût-il été préférable que le Tribunal cantonal s'abstînt de faire état d'un élément aussi délicat qu'une dénonciation pour n'en tirer aucune conséquence juridique. Cela ne permet toutefois pas de conclure à une violation de l'art. 29 al. 2 Cst. Le grief lié au droit d'être entendu est donc infondé.