Citation: 1P.565/2000 23.04.2001 E. 1

En l'occurrence, on n'aperçoit pas de disproportion flagrante entre l'importance de la peine prononcée et celle du montant des frais, alors même que ce dernier apparaît en effet élevé. Le grief d'arbitraire se révèle donc, de ce point de vue, mal fondé. b) Les débours comprennent notamment, à raison d'environ 25'000 fr., les frais de surveillance téléphonique et de traduction des dialogues qui se déroulaient en albanais. Le recourant fait valoir que dans une large mesure, en particulier au début de l'enquête, cette surveillance concernait aussi les deux autres prévenus; à son avis, les débours correspondants auraient donc dû être répartis et il est arbitraire de les lui imputer en entier. Les art. 157 al. 2 et 160 al. 1 CPP vaud. prévoient sans équivoque qu'en principe, chaque condamné n'a à répondre que des frais qui le concernent personnellement. De toute évidence, cette réglementation n'exige pas que le juge se livre à une analyse complexe et détaillée des frais pour effectuer leur répartition entre les débiteurs; au contraire, une imputation approximative et schématique doit être admise. En l'espèce toutefois, on ne discerne aucun motif raisonnable d'imputer exclusivement au recourant la totalité des frais de surveillance téléphonique: ce dernier n'a été surveillé seul que pendant trois semaines environ, juste avant son arrestation; auparavant, les trois suspects avaient été surveillés ensemble durant plus de trois mois. L'arrêt attaqué ne contient non plus aucune indication concluante sur ce point. L'évaluation des frais imputables au recourant personnellement, évaluation à laquelle celui-ci a en principe droit, ne peut pas être omise pour cette seule raison qu'une disjonction de causes est intervenue et que les autres prévenus ne sont pas jugés simultanément. Une telle simplification pourrait se justifier, à la rigueur, si les montants en jeu apparaissaient insignifiants, maisil n'est pas admissible que le recourant soit grevé, sans raison particulière, d'une dette supplémentaire de plusieurs milliers de francs. Celui-ci se plaint donc à bon droit d'une application arbitraire de l'art. 157 al. 2 CPP vaud. L'arrêt attaqué doit ainsi être annulé; il appartiendra à la Cour de cassation pénale de prendre une nouvelle décision sur la répartition des débours.