Citation: 1P.225/2000 12.09.2000 E. 2

2.- a) Selon sa propre version des faits, le recourant s'est effectivement rendu au domicile de B.________, avec elle, le 31 mai 1999, mais il n'a pas commis l'agression décrite dans l'arrêt attaqué et ne s'est livré à aucune violence. Il affirme que la plaignante l'a de nouveau reçu chez elle, volontairement, le lendemain 1er juin au matin; ce comportement serait, à son avis, incompréhensible si une telle agression était réellement survenue. b) Dans la présente procédure, le recourant fait notamment valoir que la plaignante, évaluant le poids et la taille de son agresseur, a fourni des chiffres plus élevés que ceux correspondant effectivement à sa propre personne. Il relève aussi que les dégâts constatés sur les sous-vêtements qu'elle portait pourraient avoir une origine autre que l'agression décrite. Il fait encore état de certaines divergences ou lacunes dans les déclarations successives de la plaignante, d'abord à ses amies puis dans l'enquête pénale. Ainsi, la plaignante a prétendu qu'elle-même et son futur agresseur avaient échangé leurs numéros de téléphone dans un café, avant qu'ils ne se rendent chez elle, tandis que selon une autre déclaration, il lui avait laissé son propre numéro en la quittant après l'agression. Elle n'a pas fait état de trois appels téléphoniques qu'il lui a adressés le 3 juin au soir, établis par l'enquête, totalisant environ dix minutes. Par ailleurs, afin d'accréditer ses affirmations relatives à une rencontre le 1er juin, le recourant invoque notamment une autre divergence dans les déclarations de la plaignante et de l'une des amies, relative à une conversation téléphonique effectivement intervenue entre elles, ce jour-là à 10h02. Selon lui, la plaignante a reçu l'appel de son amie à proximité de la poste, alors qu'ils venaient de se retrouver au rendez-vous qu'ils avaient convenu pour 10h00. Selon l'amie, la plaignante se trouvait effectivement à l'extérieur plutôt que chez elle et, pour cette raison, la communication ne s'est pas prolongée; la plaignante affirme qu'elle a reçu l'appel chez elle. c) Nonobstant cette déposition de l'amie, la thèse d'un rendez-vous le 1er juin à 10h00 apparaît invraisemblable. En effet, le recourant n'a allégué ce rendez-vous, pour la première fois, qu'aux débats de première instance devant le Tribunal correctionnel. Lors de son audition par la Juge d'instruction le 29 juillet 1999, il avait déjà décrit une rencontre qui s'était prétendument déroulée le 1er juin, mais il n'était alors pas question d'un rendez-vous près de la poste: il avait censément téléphoné à la plaignante, depuis un appareil public, et elle lui avait dit de venir chez elle. Il n'avait d'ailleurs fait aucune allusion à cette rencontre du 1er juin lors de ses précédentes auditions, deux semaines auparavant. Enfin, les recherches concernant le trafic téléphonique de la plaignante n'ont confirmé ni l'appel censément effectué par le recourant depuis une cabine publique, selon ses deux versions, ni celui qu'un inconnu aurait fait pendant la rencontre, après celui de l'amie.