Citation: 1C_335/2021 E. 1.3.2

1.3.2. Certaines questions sur lesquelles portent les faits nouveaux allégués ont déjà été traitées par la DIJ dans sa décision sur recours du 29 juillet 2019. Cette instance a en particulier retenu que l'expertise acoustique était suffisante et que les corrections de niveaux correspondaient aux directives du service cantonal compétent et avaient été validées par celui-ci. La question de la protection contre le bruit, en particulier celle des facteurs de correction K2 et K3 et de leur application au cas d'espèce, a ainsi été largement débattue devant la cour cantonale (consid. 5 de l'arrêt attaqué). Si la norme ISO 9613-2 et le rapport EMPA sont des documents facilement accessibles auprès de sources officielles et peuvent ainsi être invoqués à titre de faits notoires, il en va différemment des photographies produites par les recourants et qui pouvaient déjà l'être en instance cantonale. Le rapport de la CFNP du 3 décembre 2019 - qui porte sur le parc éolien de Krinau - pouvait lui aussi être produit auparavant, puisque la question de l'expertise de la commission avait été débattue devant la DIJ (consid. 10 de sa décision) puis le Tribunal cantonal (consid. 7 et 8 de l'arrêt attaqué); il est également irrecevable à ce stade. S'agissant de l'existence d'un intérêt national au sens de l'art. 9 al. 2 OEne, la cour cantonale a certes abordé la question dans son arrêt (consid 8.6.3), mais s'est contentée d'affirmer, à propos de l'objet IFP n° 1008 "Franches-Montagnes", que si une atteinte devait être admise, celle-ci ne pourrait être qualifiée que de minime alors que l'intérêt à la réalisation du parc éolien répondait à un intérêt public certain. Avec la révision complète de la loi fédérale du 30 septembre 2016 sur l'énergie (LEne, RS 730.0) abrogeant la précédente loi sur l'énergie du 26 juin 1998 (RO 1999 197), il n'était pas exclu de reconnaître un intérêt national (art. 12 al. 1 LEne). Dans la mesure où l'atteinte au site IFP peut, comme on le verra (consid. 5 ci-dessous), être effectivement qualifiée de minime, le projet de parc éolien n'empiétant aucunement sur l'objet en question, la question d'un intérêt national n'a pas de pertinence et pouvait à juste titre être laissée indécise. L'on ne saurait dès lors considérer que les pièces produites par les recourants sur ces points auraient été rendues pertinentes pour la première fois par la décision attaquée, au sens de la jurisprudence rappelée ci-dessus. Quant aux objections et éléments de fait relatifs à la présence d'une espèce de chauve-souris (Oreillard brun) découverte en cours de procédure dans le bâtiment de l'un des recourants, il s'agit de nova proprement dits qui ne sont couverts par aucune des exceptions à la règle de l'art. 99 al. 1 LTF. Tant le fait lui-même que les arguments qui en sont tirés sont dès lors irrecevables. Sous les réserves précitées, il convient d'entrer en matière sur le recours.