Citation: 6B_457/2008 08.09.2008 E. 2

L'ensemble de l'argumentation du recourant repose sur la prémisse qu'un pronostic favorable devait être posé en l'espèce, respectivement, dans l'optique du nouveau droit, qu'un pronostic défavorable ne pouvait l'être. Il convient donc d'examiner cette question à titre préliminaire. 2.1 Sur le plan subjectif, le juge doit poser, pour l'octroi du sursis, un pronostic quant au comportement futur de l'auteur. La question de savoir si le sursis serait de nature à détourner l'accusé de commettre de nouvelles infractions doit être tranchée sur la base d'une appréciation d'ensemble, tenant compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de l'auteur, de sa réputation et de sa situation personnelle au moment du jugement, notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère de l'accusé et ses chances d'amendement. Il n'est pas admissible d'accorder un poids particulier à certains critères et d'en négliger d'autres qui sont pertinents. Le juge doit par ailleurs motiver sa décision de manière suffisante (cf. art. 50 CP); sa motivation doit permettre de vérifier s'il a été tenu compte de tous les éléments pertinents et comment ils ont été appréciés (cf. ATF 134 IV 5 consid. 4.2.1; ATF 128 IV 193 consid. 3a; 118 IV 97 consid. 2b). 2.2 En l'espèce, la cour cantonale a considéré que les nombreux antécédents du recourant, ainsi que la gravité des faits qui lui sont reprochés et le peu d'efforts entrepris pour mettre un terme à sa consommation de stupéfiants suffisaient à exclure l'absence de pronostic défavorable qui conditionne l'octroi du sursis, respectivement du sursis partiel selon le nouveau droit (art. 42 et 43 CP; arrêt entrepris, consid. 4, p. 4). Selon les constatations de fait de l'arrêt entrepris, le recourant a été condamné à dix reprises avant le jugement du 16 janvier 2008, dont une fois à quatorze mois d'emprisonnement, avec sursis, le 16 juillet 2004. On peut préciser d'office (art. 105 al. 2 LTF) ces constatations de fait relatives aux condamnations dont a fait l'objet le recourant par les indications suivantes ressortant de l'extrait du casier judiciaire, qui figure au dossier: -le 2 septembre 1999: 6 jours d'emprisonnement pour contravention et délit à la LStup; -le 25 septembre 2000: 20 jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans et 500 francs d'amende, pour violation des règles de la circulation routière et pour avoir conduit en étant pris de boisson; ce sursis a été révoqué le 2 février 2005; -le 13 juillet 2001, 10 jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans et 400 francs d'amende pour avoir roulé en étant pris de boisson; le délai d'épreuve a été prolongé d'un an le 4 juillet 2003 et le sursis finalement révoqué le 2 février 2005; -le 5 février 2003, 200 francs d'amende pour injure; -le 10 mars 2003: 25 jours d'emprisonnement avec sursis pendant quatre ans ainsi que 300 francs d'amende, pour violation des règles de la circulation routière, opposition à une prise de sang et violation des devoirs en cas d'accident; le sursis a été révoqué le 4 juillet 2003; -le 4 juillet 2003: 5 jours d'emprisonnement pour violation grave des règles de la circulation routière; -le 7 octobre 2003: 3 jours d'arrêts pour contravention à la LStup; -le 16 juillet 2004, 14 mois d'emprisonnement avec sursis pendant quatre ans et 1000 francs d'amende pour crime contre la LStup et pour avoir roulé en étant pris de boisson; un avertissement formel lui a été donné le 14 décembre 2005; -le 22 septembre 2004: 10 jours d'arrêts pour contravention à la LStup; -le 8 février 2005, 10 jours d'arrêts pour contravention à la LStup. 2.3 On doit ainsi constater, comme l'ont souligné à bon escient les autorités cantonales, que le recourant a occupé les autorités judiciaires à une dizaine de reprises depuis 1999, pour l'essentiel dans les domaines des stupéfiants et de la circulation routière. Par ailleurs, dans la mesure où les faits qu'il a admis et qui ont été retenus à sa charge dans la présente procédure couvrent toutes les années de la période 2001 à 2007 (cf. jugement de première instance, consid. 1, p. 2 ss), force est de constater que le recourant a exercé son activité délictueuse de manière quasi continue durant toutes ces années, nonobstant les courtes peines privatives de liberté, prononcées sans sursis, et la révocation de différents sursis, qui ne l'ont donc détourné ni de ses activités en matière de stupéfiants, ni de commettre de nouvelles infractions en matière de circulation routière. Il a, au contraire, diversifié ces activités en les étendant aux amphétamines, aux ecstasies et à la cocaïne, malgré la condamnation intervenue le 16 juillet 2004 (jugement de première instance, consid. 3, p. 6). Le jugement de première instance relève également que, détenu préventivement du 8 août au 14 septembre 2007, le recourant n'a pas respecté les conditions assortissant sa mise en liberté provisoire, dès lors que les rapports d'expertise l'avaient révélé régulièrement positif au cannabis et parfois à la cocaïne (jugement de première instance, ibidem). A cela s'ajoutait le fait que le recourant avait confirmé n'avoir entamé aucune démarche en vue d'un traitement depuis sa mise en liberté provisoire (jugement de première instance, consid. 3 p. 8 et 9). Le Tribunal correctionnel, dont le jugement mentionne cependant également la situation professionnelle du recourant, qui poursuivait un apprentissage, et les relations qu'il entretient quotidiennement avec son fils, a déduit de l'ensemble de ces éléments, que l'on ne pouvait raisonnablement considérer que l'intéressé avait fait preuve d'une véritable prise de conscience quant à son comportement délictueux (jugement de première instance, consid. 3 p. 7). On ne saurait, dans ces conditions reprocher à la cour cantonale d'avoir considéré que le pronostic était défavorable (arrêt entrepris consid. 4, p. 4) et le recourant ne tente pas de démontrer concrètement quels autres éléments de sa situation personnelle seraient susceptibles de conduire à une appréciation différente. Cette appréciation défavorable des perspectives d'amendement du recourant, qui repose sur l'ensemble des éléments pertinents, n'est pas critiquable. Elle exclut a fortiori la réalisation de la condition plus stricte du pronostic favorable qui conditionnait l'octroi du sursis selon l'ancien droit (cf. ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2 p. 5).