Citation: 5A_414/2022 E. 4.3.2

4.3.2. En l'espèce, en tant que le recourant soutient que, " dans les faits et tel qu'il ressort de la procédure ", C.________, ne pouvant plus supporter la " relation toxique " avec sa mère, serait partie vivre chez son père pour " fuir [celle-ci] " et que l'intimée, " de son propre chef ", n'entretiendrait plus de relation avec sa fille aînée, sa critique ne remplit pas les exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.2), partant, est irrecevable. Par ailleurs, la seule affirmation péremptoire du recourant selon laquelle C.________ - qui n'est âgée que de 18 ans et souhaite soutenir sa petite soeur face aux grandes difficultés que celle-ci rencontrerait avec l'intimée - rentre les week-ends chez lui, ne suffit pas à démontrer le caractère arbitraire du constat de la juridiction précédente selon lequel il est douteux que C.________ fassent les trajets toutes les fins de semaine depuis V.________ pour demeurer chez son père. Le recourant ne peut pas non plus être suivi lorsqu'il reproche à la cour cantonale d'avoir totalement omis de prendre en compte la dégradation de la relation entre l'intimée et D.________. En effet, il ressort des constatations de l'arrêt querellé que lors de son audition du 13 octobre 2021, D.________ a déclaré qu'elle ne s'entendait pas bien avec sa mère et qu'elle se sentait rabaissée à propos de ses notes, que cela lui était égal de vivre en Suisse ou à U.________ pourvu qu'elle soit avec son père, qui la soutenait et ne portait pas de jugement sur ses résultats scolaires. La juridiction précédente a donc tenu compte des déclarations de l'enfant, mais a estimé que, même si son souhait avait été exprimé sincèrement, certains éléments amenaient à le relativiser. Son avis paraissait en effet avoir été orienté par les procédés du recourant tendant à la mêler à la procédure et par l'avis de sa soeur, potentiellement également orienté. A cet égard, le recourant soutient que l'épisode où C.________ s'est rendue chez son avocat date de 2017 et ne concerne pas D.________ et que le premier juge a définitivement tranché cette question en estimant sincère le discours de C.________. Outre que la juridiction précédente - qui disposait d'un plein pouvoir d'examen de la cause en fait et en droit (art. 310 CPC; ATF 138 III 374 consid. 4.3.1) - pouvait parfaitement revenir sur l'appréciation effectuée par le premier juge, il apparaît, selon les constatations de l'arrêt querellé (art. 105 al. 1 LTF; ATF 140 III 16 consid. 1.3.1), que le recourant a lui-même déclaré avoir également montré à D.________ les pièces de la procédure. Or, le recourant ne discute nullement cet élément. Il ne critique pas non plus le motif selon lequel la dégradation des relations mère-fille paraissait s'être produite depuis la demande en modification du jugement de divorce, les enfants ayant par ailleurs émis le souhait de passer autant de temps avec leur père qu'avec leur mère lors de leur audition du 30 janvier 2019. En tant qu'il reproche à la cour cantonale d'avoir omis certains propos exprimés par D.________ lors de son audition du 13 octobre 2021, le recourant se contente de présenter sa propre appréciation des éléments dont la cour cantonale aurait, selon lui, dû tenir compte, de sorte que sa critique est irrecevable (cf. supra consid. 2.2). Dans la mesure où il fait valoir qu'il serait " aberrant " de considérer que le courrier de D.________ adressé à la juridiction précédente le 14 avril 2021 serait issu d'une manipulation de sa part, l'enfant s'exprimant mieux que lui tant à l'écrit qu'à l'oral puisqu'il est anglophone, le recourant se contente d'opposer, de manière appellatoire, sa propre lecture du courrier litigieux à celle de la juridiction précédente, qui a retenu que les nombreuses fautes d'orthographe contenues dans le courrier n'empêchaient pas de considérer que certaines formules utilisées ne correspondaient clairement pas à l'âge de l'enfant. La critique selon laquelle la juridiction précédente aurait omis de prendre en compte le fait que l'intimée avait ressenti " le besoin urgent de s'adresser au Juge délégué, afin de tenter de déformer par avance les mots de sa fille " et que ce serait elle qui " a[vait] certainement discuté, quelques jours avant l'audience, de ce que D.________ devrait ou non dire lors de son audition et tenté d'orienter celle-ci ", se fonde sur de simples suppositions et interprétations personnelles du recourant, de sorte qu'elle est irrecevable (cf. supra consid. 2.2). Il en va de même de la critique relative aux propos de l'intimée lors de l'audience du 23 juin 2021, qui démontreraient le déni, l'absence de prise de conscience et l'impossibilité pour celle-ci de tenter d'améliorer la situation avec sa fille et seraient en contradiction flagrante avec les déclarations de D.________, le recourant se référant de manière appellatoire à des éléments qui ne ressortent pas de l'arrêt querellé. La cour cantonale n'a donc pas versé dans l'arbitraire en retenant qu'aucun élément ne faisait apparaître, à ce stade, que le bien de l'enfant serait mis en danger en laissant l'autorité [recte: la garde] exclusive à la mère.