Citation: 6B_342/2024 E. 1.4.2

1.4.2. La cour cantonale n'a pas ignoré que l'intimée n'a pas dénoncé l'ensemble des agissements reprochés au recourant dès sa première audition et qu'elle a rencontré, au fil de la procédure, quelques difficultés à les situer chronologiquement. Contrairement à ce que soutient le recourant, qui cherche à en déduire une contradiction dans les déclarations de l'intimée, l'évolution de celles-ci n'affecte cependant pas leur crédibilité. On ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir retenu que le caractère différé des déclarations s'expliquait par les sentiments de peur et de honte exprimés par l'intimée en audition, courants chez les victimes d'infractions sexuelles (à ce sujet, v. ATF 147 IV 409 consid. 5.4.1), et que ces sentiments étaient en l'occurrence vraisemblablement exacerbés par la présence de la mère de cette dernière lors de l'audition conduite par la police. La cour cantonale pouvait en outre, sans verser dans l'arbitraire, retenir que le suivi thérapeutique dont a bénéficié l'intimée à partir du 24 février 2022 lui a permis de prendre conscience que son rôle d'épouse ne l'obligeait pas à tout accepter et qu'un viol pouvait être commis dans une relation de couple, pour en conclure que c'est exclusivement en raison de cette prise de conscience progressive, et non dans une volonté d'accabler le recourant, que l'intimée a étayé et précisé ses allégations au gré de l'avancement de la procédure. Le recourant échoue à démontrer le caractère insoutenable de l'appréciation de la cour cantonale, qui est d'ailleurs motivée de manière détaillée et convaincante dans le jugement attaqué.