Citation: 4A_182/2007 28.09.2007 E. A

A.a Le 12 mai 1986, la société Y.________ SA (ci-après: Y.________) a adressé à la commune X.________ (ci-après: la Commune) une offre, acceptée par la Commune, pour l'exécution de sondages de reconnaissance et la réalisation d'une étude géotechnique en vue de la création d'un nouveau port à X.________. Les sondages, dont Y.________ a confié l'implantation et le relevé au bureau de géomètre G.________ SA, ont été exécutés du 25 au 28 juillet 1986. Le 24 octobre 1986, Y.________ a remis son rapport géotechnique. A.b Le 14 décembre 1987, la digue sud du port de X.________, en cours de construction, s'est effondrée à la suite d'un glissement du sol d'assise, ce qui a entraîné l'interruption des travaux. Le 14 mars 1988, les autorités de la Commune ont décidé de les reprendre, la digue sud étant déplacée de 12 mètres vers la rive. Un deuxième incident est survenu le 6 avril 1988 sous forme d'un tassement de la digue sur une vingtaine de mètres. Puis, le 19 avril 1988, la digue s'est effondrée une nouvelle fois sur plus de 50 mètres de longueur. A.c Le 16 avril 1990, C.________, professeur à l'EPFL, a établi un « rapport d'expertise en preuve à futur à la demande du Président du Tribunal civil du district de Boudry », sur réquisition de la Commune. Dans son rapport, cet expert a estimé que le cas du premier effondrement devait être distingué des instabilités suivantes. S'agissant de l'effondrement du 14 décembre 1987, l'expert a relevé que l'accident géologique, constitué par la surépaisseur de vase en forme de cuvette, était imprévisible et que c'était à la Commune d'assumer les risques inhérents au terrain qu'elle avait mis à disposition, ce qui ne dégageait pas pour autant la responsabilité des divers mandataires et spécialistes intervenants. En effet, par une série d'erreurs que l'on pouvait reprocher à toutes les parties concernées, les trois sondages de la campagne de reconnaissance initiale avaient été réalisés loin des emplacements prévus. Or l'un de ces sondages, choisi au large de l'extrémité ouest de la jetée sud de l'avant-projet, aurait rencontré la cuvette de vase s'il avait été exécuté à l'emplacement prévu. Le projet aurait alors été remis en question, techniquement et financièrement. Cela étant, pour ce premier effondrement, l'expert a attribué 25% de responsabilité à Y.________, 25% à l'architecte A.________ et 50% au Bureau d'ingénieurs civils B.________ (ci-après: le Bureau d'ingénieurs B.________). S'agissant des effondrements des 6 et 19 avril 1988, l'expert a considéré que Y.________, dont les recommandations émises après le premier effondrement d'entreprendre une campagne de sondages complémentaires n'avaient pas été suivies, était hors de cause. L'expert a évalué que chacun des trois effondrements avait entraîné à peu près les mêmes dommages, sans pouvoir dissocier ni chiffrer les montants respectifs; il a estimé les frais entraînés par les trois ruptures de digue à un montant total de 600'000 fr. A.d Le 29 avril 1991, la Commune et l'assurance Z.________, qui assurait la construction, ont ouvert action contre A.________ et le Bureau d'ingénieurs B.________. Par jugement du 29 septembre 1997, la Ire Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel a condamné solidairement A.________ et le Bureau d'ingénieurs B.________ à verser les montants en capital de 1'905'758 fr. à la Commune et de 342'896 fr. à l'assurance Z.________. Par deux arrêts du 4 mai 1998 (4C.457/1997 et 4P.311/1997), le Tribunal fédéral a rejeté dans la mesure de leur recevabilité les recours en réforme et de droit public interjetés par A.________ et le Bureau d'ingénieurs B.________ contre ce jugement.