Citation: 5A_928/2018 E. 4.2.2

4.2.2. Le séquestre est une mesure conservatoire provisoire; il est destiné à conserver des biens du débiteur afin que le créancier puisse être désintéressé sur ces mêmes biens s'il parvient à démontrer son droit, auquel cas il deviendra définitif (ATF 135 III 551 consid. 2.3; STOFFEL/CHABLOZ, Voies d'exécution, 3 ème éd., 2016, § 8 n° 2). Il est autorisé lorsque le requérant rend vraisemblable que sa créance existe (arrêt 5A_365/2012 du 17 août 2012 consid. 5.1, non publié in ATF 138 III 636). Le séquestre n'a pas d'autre fonction et, en particulier, n'accorde aucun privilège de droit matériel au séquestrant. Ce dernier ne peut obtenir la réalisation des biens mis sous main de justice sans avoir validé le séquestre dans une procédure permettant au débiteur de faire valoir ses moyens, en ce sens que le créancier doit obtenir un titre exécutoire (commandement de payer non frappé d'opposition ou dont l'opposition a été définitivement levée; arrêt 5A_673/2015 du 16 décembre 2015 consid. 4.1, publié in SJ 2016 I p. 379). Le séquestre ne préjuge donc en rien de la réalité ou de l'exigibilité de la prétention qui, au stade de l'autorisation de séquestre, ne sont examinées que sous l'angle de leur vraisemblance (ATF 117 Ia 504 consid. 3). La validation peut se faire directement par une poursuite que le créancier peut introduire même avant l'octroi du séquestre (ATF 138 III 528 consid. 4 in initio; art. 279 al. 1 LP). Le séquestre est considéré comme validé une fois que le créancier séquestrant a valablement requis la continuation de la poursuite (art. 279 al. 3 LP). Si le débiteur forme opposition, le créancier doit donc requérir la mainlevée. La procédure de mainlevée a pour but de constater l'existence d'un titre exécutoire, le juge de la mainlevée ne se prononçant que sur la force probante du titre produit (ATF 132 III 140 consid. 4.1.1 et les références). Il ressort de ce qui précède que, si la mainlevée, qui peut éventuellement être requise à l'occasion d'une poursuite, sert à valider le séquestre, les deux procédures n'ont pas le même objet. Le montant retenu pour fixer les biens à séquestrer ne détermine donc pas celui pour lequel la mainlevée peut être accordée.