Citation: I 648/03 18.09.2004 E. 6

6.1 Au vu des diagnostics ayant valeur de maladie aux yeux des experts, il y a lieu de nier l'existence d'une comorbité psychiatrique d'une acuité et d'une durée suffisamment importantes pour admettre qu'un effort de volonté en vue de surmonter la douleur et de réintégrer un processus de travail, n'est pas exigible de la part de la recourante. 6.2 Se pose dès lors la question du cumul éventuel d'autres critères permettant d'apprécier le caractère invalidant des troubles somatoformes douloureux litigieux. Sur ce point, il convient de tenir pour établie, la présence d'affections corporelles chroniques. Cependant, les pièces médicales versées au dossier contiennent suffisamment d'éléments pertinents sur le plan psychiatrique pour que l'on puisse se convaincre de l'exigibilité d'une reprise du travail à plein temps de la part de l'assurée. La symptomatologie dépressive ayant actuellement disparu, il n'y a en effet pas lieu de retenir l'existence d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible. En outre, la recourante est âgée aujourd'hui de 36 ans seulement. Depuis le divorce d'avec son premier mari prononcé en 1992 - union dont sont issus deux enfants - elle mène une nouvelle vie de couple harmonieuse, scellée par un mariage en 1999. Les problèmes de stérilité susceptibles de déstabiliser cette relation ont disparu depuis la naissance d'un enfant en 2003. L'intéressée s'est ainsi révélée à même de reconstituer une famille et de mener dans ce cadre, une existence presque normale, consacrée principalement à la tenue de son ménage, ainsi qu'à l'éducation de ses enfants. Dès lors qu'elle bénéficie d'un environnement social, familial et que, selon les experts, elle n'a pas épuisé toutes ses ressources adaptatives, il y a lieu de considérer qu'elle ne subit pas de perte d'intégration sociale. Les seules limitations subies ressortissent d'un vécu douloureux chronique et d'une personnalité rigide. Pour autant, la recourante n'en a pas moins été capable de continuer d'assumer, dans une large mesure, la responsabilité de ses tâches quotidiennes. Elle a également su mettre à profit les périodes d'incapacité de travail en résultant, afin d'entreprendre des démarches de procréation assistée, incompatibles avec le travail en équipes qu'elle exerçait. Force est dès lors de constater que l'assurée présente un vécu douloureux sélectif qui plaide en défaveur d'une incapacité de travail de longue durée (cf. Meyer-Blaser, op. cit., p. 84). D'ailleurs, le rapport daté du 1er octobre 2003 du docteur S.________, spécialiste en psychiatrie, ne mentionne plus d'incapacité de travail subie par l'intéressée mais il indique, par contre, qu'elle semble avoir bien vécu la période de grossesse, caractérisée par une rémission des troubles douloureux et la disparition des symptômes d'angoisse et de dépression. Sur le vu de ce qui précède, il convient de retenir que les troubles somatoformes douloureux litigieux ne se manifestent pas avec une sévérité telle que, d'un point de vue objectif, la mise en valeur à plein temps de la capacité de travail de la recourante ne peut plus être raisonnablement exigée d'elle. Nonobstant les conclusions des experts, il y a lieu d'admettre au contraire le caractère exigible d'un effort de volonté de sa part en vue de surmonter la douleur et de se réinsérer dans un processus de travail. Dès lors, c'est à juste titre que l'office et les premiers juges se sont écartés des conclusions du rapport d'expertise du 30 octobre 2000, retenant que les troubles litigieux n'entraînaient pas de limitation de longue durée de la capacité de travail de l'assurée susceptible de conduire à une invalidité, respectivement que cette dernière a recouvré une capacité entière de travail depuis le mois de septembre 2000. Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.