Citation: I 221/01 04.04.2002 E. 4

4.- a) Pour sa part, l'office estime qu'il a recueilli suffisamment de renseignements pour évaluer correctement l'invalidité de l'intimé. Il se réfère aux rapports médicaux des docteurs A.________ et B.________ selon lesquels l'assuré dispose, malgré les limitations liées à son handicap, d'une importante capacité de travail résiduelle, ainsi qu'aux conclusions auxquelles sont parvenus les responsables de la réadaptation à l'issue du stage d'observation. Toujours selon l'office, ces données sont convaincantes et il n'existe pas de motif sérieux de les compléter par une expertise médicale supplémentaire. Quant au calcul de l'invalidité, il a été effectué dans le respect des dispositions légales applicables (méthode de comparaison des revenus). b) En l'occurrence, il existe certes des indices donnant à penser que l'état de santé de J.________ a subi une évolution favorable depuis 1995 et que le prénommé présente, malgré des douleurs résiduelles, une capacité de travail importante. Le docteur B.________ a en effet pu constater dès le mois de mai 1996 une lente mais nette amélioration fonctionnelle de l'épaule droite (rapport du 6 mai 1996); quant au docteur A.________, il a fait état, une année plus tard, d'une échographie normale sans signes de calcification tendineuse ou de lésions du tendon, ainsi que d'une bonne mobilité de l'épaule (rapport du 9 juin 1997). Tous deux ont exprimé l'opinion que si l'assuré n'était plus apte à reprendre son ancienne profession de manoeuvre, une activité adaptée lui restait encore accessible. Mais comme l'ont fait remarquer à juste titre les premiers juges, les rapports de ces médecins portent sur une période bien antérieure au 1er mars 1998 ainsi qu'à la date de la décision litigieuse, et aucun d'entre eux ne précise ni le type de travaux, ni le taux d'activité que l'on peut encore raisonnablement exiger de l'intimé, alors que ces données médicales sont essentielles pour calculer le degré d'invalidité (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). Le rapport du stage d'observation professionnelle ne saurait y suppléer contrairement à ce que voudrait l'office recourant. Il est en effet extrêmement succinct et les seuls éléments qu'il contient renseignent mal dans quelle activité l'intimé serait à même, concrètement, de mettre en valeur sa capacité de travail et de gain. Enfin, l'estimation du revenu d'invalide à laquelle a abouti l'office (à savoir un salaire horaire de 10 fr.) ne repose sur aucune donnée économique vérifiable, de sorte que sur ce plan également, un complément d'instruction s'avère nécessaire. Compte tenu du manque de précision des indications médicales versées au dossier et de l'absence d'une enquête économique documentée, il n'est ainsi pas possible de déterminer si le degré d'invalidité de l'intimé s'est modifié au point de réduire notablement son droit aux prestations dès le 1er mars 1998. Partant, le renvoi de la cause à l'office se révèle en tous points justifié.