Citation: 4C.105/2003 30.07.2003 E. B

Le 27 avril 2000, la banque a introduit devant le Tribunal de première instance du canton de Genève une demande tendant d'une part à la condamnation de A.________ SA et de X.________, solidairement entre eux, au paiement de 349 344 fr. 50, et d'autre part à la condamnation de A.________ SA au versement de 531 721 fr. 15 sous imputation de 307 456 fr. 85, le tout avec intérêts. La banque sollicitait également la mainlevée à due concurrence des oppositions que les défendeurs avaient formées dans les poursuites qu'elle avait au préalable introduites contre eux. La demande a été entièrement admise par jugement du 7 février 2002. Sur appel des défendeurs, la Cour de justice du canton de Genève a confirmé cette décision dans un arrêt du 14 février 2003. En substance, la cour cantonale a retenu que la ligne de crédit mise à disposition de la société défenderesse par la demanderesse, à raison d'abord de 100 000, puis de 750 000 et enfin de 600 000 USD, comptabilisée sur le compte n° R, contre remise de garanties, constituait un contrat dit de "mise à disposition de crédit". Ce contrat était résiliable en tout temps avec effet immédiat conformément à l'art. 13 des conditions générales de la banque, sauf les hypothèses - non réalisées en l'espèce - soit de la preuve de la réelle et commune intention des parties de modifier cette prérogative de la banque, soit d'un exercice abusif de cette faculté. Quant au compte spécial n° H, ouvert pour régler le différend survenu entre la banque et la société défenderesse suite à l'achat du lot de pierres précieuses, la cour a considéré qu'il relevait d'un nouveau contrat d'ouverture de crédit à durée déterminée soumis lui aussi aux conditions générales de la banque, et que par cet accord, la défenderesse renonçait aux griefs qu'elle pouvait faire valoir du fait du paiement sans son agrément des 334 493 USD faisant l'objet de la lettre de change tirée le 28 septembre 1995. Indépendamment de cela, la cour a retenu que, même à considérer que les parties avaient voulu être liées par un rapport de compte courant, il fallait retenir qu'il y avait eu novation à réception des extraits de compte indiquant un solde négatif. C. Invoquant des violations des art. 2 et 8 CC, ainsi que 394 ss CO, A.________ SA et X.________ recourent en réforme au Tribunal fédéral contre l'arrêt du 14 février 2003. Leurs conclusions tendent à l'annulation de la décision attaquée et au déboutement de la banque de toutes ses conclusions. Leurs arguments seront examinés ci-après dans la mesure utile. La banque invite le Tribunal fédéral à rejeter le recours, à supposer que celui-ci soit recevable. La cour cantonale ne formule pas d'observations.