Citation: 7B_856/2023 E. 2.2.3

2.2.3. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique et le recourant ne formule aucune argumentation propre à le remettre en cause. Il se limite en effet principalement à substituer sa propre appréciation à celle retenue par l'autorité cantonale. En particulier, on relève tout d'abord que, contrairement à ce que fait valoir le recourant, dans le cadre de l'examen du risque de fuite à ce stade de la procédure, les circonstances ne sont plus les mêmes que celles qui prévalaient à l'époque des débats qui se sont déroulés à la fin du mois de mai 2022. Comme l'a relevé à juste titre la cour cantonale, entre temps, deux instances se sont prononcées sur le cas du recourant et celui-ci a été condamné une première fois à une peine privative de liberté de 7 ans pour les faits faisant l'objet de la présente cause. Si les jugements concernés ont certes été annulés par le Tribunal fédéral en raison d'un vice de procédure, il est manifeste que le recourant sait désormais qu'il s'expose, quand bien même l'affaire doit être à nouveau jugée dans une composition différente, à une peine privative de liberté importante. Il n'était par conséquent pas manifestement insoutenable, mais au contraire correct, pour l'autorité cantonale, de retenir que le recourant était désormais fortement tenté de se soustraire à la perspective de devoir passer plusieurs années en prison. Au regard de ce qui précède, il n'y a dès lors pas lieu de se référer au comportement du recourant durant les débats ayant conduit au jugement du 25 mai 2022. En outre, compte tenu de l'importance de la peine à laquelle il s'expose, le fait qu'il ait déjà été détenu durant plus de 17 mois n'est pas suffisant pour admettre une prétendue diminution de la probabilité d'une évasion. A cet égard, on rappelle que dans un tel cas, il n'est pas exclu de se référer, à titre d'indice, à la quotité de la peine prononcée la première fois afin d'évaluer celle à laquelle le recourant pourrait être condamné (cf. arrêt 1B_454/2013 du 24 janvier 2014 consid. 5.3). Ensuite, il n'est pas nécessaire que le recourant dispose de liens forts ou étroits avec le pays dans lequel il pourrait être amené à fuir pour tenter de se soustraire à son jugement. Il suffit qu'il puisse aisément s'y rendre et y résider, au moins provisoirement. Or, il a vécu au U.________ jusqu'à l'âge de 12 ans et y a, comme il l'a lui-même indiqué, de la famille éloignée, de sorte qu'on ne saurait exclure, contrairement à ce qu'il prétend, qu'il ait la possibilité de se réfugier dans ce pays. Pour le surplus, la cour cantonale n'a pas ignoré la procédure de divorce pendante en W.________ dont le recourant fait état. Elle a en outre retenu qu'il avait vécu dans ce pays depuis l'année 2017 jusqu'à son incarcération et que ses enfants y séjournaient. Il est dès lors manifeste qu'il dispose de fortes attaches avec la W.________ et qu'il puisse vouloir s'y rendre, à tout le moins pour voir ses enfants. Dans ces circonstances, la cour cantonale n'a pas retenu de manière arbitraire que, pour tenter de se soustraire à la peine à laquelle il s'exposait, le recourant avait la possibilité de se réfugier en W.________ ou au U.________. Enfin, la cour cantonale n'a pas non plus ignoré les attaches du recourant avec la Suisse, puisqu'elle a en substance rappelé qu'il y avait fait sa scolarité depuis l'âge de 12 ans, qu'il y avait vécu plusieurs années, qu'il y avait travaillé et que ses parents les plus proches y vivaient. Cependant, on comprend de la motivation de l'autorité cantonale qu'elle a considéré que de tels liens étaient insuffisants face à l'importance de la condamnation qui pourrait être prononcée contre lui. Or, cette appréciation n'est pas non plus manifestement insoutenable. Sur ce point, on peut relever que le fait que le recourant ait prévu de retourner vivre chez ses parents n'est pas suffisant pour remettre en cause cette appréciation. En outre, quoi qu'en dise le recourant, ses attaches avec la Suisse n'apparaissent pas si fortes, dès lors que, selon l'état de fait cantonal - non remis en cause - il ne dispose que d'un permis de transfrontalier (permis G/GF) et qu'il ne se prévaut en l'état d'aucune perspective, notamment professionnelle, dans ce pays.