Citation: 6B_458/2021 E. 5.4

5.4. Dans le courriel litigieux, le recourant a informé deux de ses anciennes employées du licenciement de H.________, pour faute grave, a mentionné qu'il avait trouvé un carnet dans lequel elle avait tenté d'imiter sa signature, précisant qu'après s'être renseigné il envisageait de saisir le ministère public. En présence d'une telle affirmation un destinataire non prévenu ne peut qu'imaginer que l'intéressé a eu un comportement particulièrement blâmable, pour justifier un licenciement immédiat, et même probablement pénalement répréhensible, pour motiver une dénonciation au ministère public. Mentionnés dans ce contexte les essais d'imitation de signature évoquent immanquablement l'hypothèse de faux dans les titres et à tout le moins celle d'un comportement méprisable, clairement réprouvé par les conceptions morales généralement admises (voir arrêt 6B_1254/2019 du 16 mars 2020 consid. 6.1 et les arrêts cités). Contrairement à ce que semble soutenir le recourant, peu importe par ailleurs qu'il ait fait usage du conditionnel et qu'il n'ait pas affirmé que sa signature aurait été utilisée de manière illicite. Comme on vient de le relever, les allégations du recourant, même sans faire état d'un usage illicite des imitations de sa signature, suggèrent pour le moins un comportement moralement répréhensible, ce qui suffit pour constituer une atteinte à l'honneur. Il est par ailleurs sans importance que le recourant ait fait usage du conditionnel puisqu'il ressort clairement de la lettre de l'art. 173 al. 1 CP que l'expression d'un simple soupçon suffit à réaliser l'infraction. C'est également en vain que le recourant soutient avoir agi avec un motif suffisant en raison de la découverte du carnet dans lequel figuraient les essais d'imitation de sa signature. La cour cantonale a relevé que le recourant avait envoyé le courriel litigieux une quinzaine de minutes à peine après avoir adressé un message à H.________ pour lui demander des explications. Si son unique but avait été, comme il le prétend, de comprendre les raisons pour lesquelles elle avait tenté d'imiter sa signature, il va de soi qu'il aurait attendu un certain temps de manière à ce qu'elle puisse répondre à son message avant de s'adresser à des tiers. On ne saurait faire grief à la cour cantonale d'avoir considéré qu'il avait agi sans motif suffisant au sens de l'art. 173 ch. 3 CP, étant rappelé par ailleurs que le contenu de la pensée de l'auteur relève du fait (voir consid. 2.1 ci-dessus) et lie le Tribunal fédéral, à moins d'avoir été retenu de manière arbitraire, ce que le recourant ne montre pas avec une argumentation satisfaisant aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF.