Citation: 1A.15/2007 13.08.2007 E. 2

Sur le fond, les recourantes reprennent les motifs qui ont conduit à l'annulation des premières ordonnances de clôture. Elles soutiennent qu'en dépit des nombreuses occasions qui lui ont été données de parfaire ses démarches, l'autorité requérante n'aurait toujours pas fourni d'état de fait satisfaisant. La procédure serait définitivement achevée à l'égard de Khodorkovski et Lebedev, et une procédure de confiscation ne serait plus possible. Invoquant les art. 2 CEEJ et 2 EIMP - que le Tribunal fédéral devrait appliquer d'office -, les recourantes estiment que les procédures ouvertes en Russie seraient discriminatoires, et en réalité motivées par des raisons politiques et économiques: Khodorkovski et Lebedev seraient poursuivis en raison de leur qualité d'"oligarches", considérés comme une menace pour le pouvoir en place en Russie, et en raison d'une politique de reprise par l'Etat du contrôle des ressources énergétiques du pays. Ce caractère discriminatoire de la procédure aurait conduit au rejet, par les autorités britanniques et du Liechtenstein, de demandes russes d'entraide et d'extradition. L'absence d'indépendance des juges serait particulièrement évidente dans le procès dirigé contre Khodorkovski et Lebedev, au cours duquel les droits de la défense auraient été systématiquement bafoués. Les conditions d'incarcération des condamnés confirmeraient cette appréciation. 2.1 L'OFJ rappelle la jurisprudence selon laquelle les personnes morales n'ont en principe pas qualité pour soulever les griefs relatifs au respect des droits de l'homme dans l'Etat requérant (ATF 130 II 217 consid. 8.2 p. 227-228). Les recourantes estiment pour leur part que les mesures d'entraide porteraient atteinte à des droits fondamentaux dont elles seraient titulaires (soit la protection de la sphère privée et la garantie de la propriété, en relation avec les saisies de documents et de valeurs), et que ces atteintes ne seraient pas justifiées par l'intérêt public qui sous-tend habituellement les procédures pénales. Le principe de célérité leur permettrait également d'intervenir.