Citation: 5A_782/2016 E. 4

Constatant que l'époux avait perdu son emploi auprès de D.________ avec effet au 30 avril 2016 et qu'il était désormais engagé à un taux d'activité de 80% auprès de la société E.________ AG, le premier juge avait retenu l'existence d'une modification durable et essentielle des circonstances justifiant un nouvel examen de la contribution d'entretien. Ce point n'est pas contesté, seule la fixation de la contribution d'entretien due par l'époux ayant été discutée en appel. A cet égard, la Juge déléguée a imputé au recourant un revenu hypothétique mensuel net de 12'239 fr., correspondant à celui qu'il réalisait auprès de son précédent employeur, et a retenu qu'il supportait des charges de 3'823 fr. 90 par mois (base mensuelle: 1'200 fr.; frais de logement: 1'880 fr.; assurance-maladie: 209 fr.; frais de transport: 240 fr.; frais de repas: 174 fr.; impôts: 120 fr. 90). Le budget mensuel du recourant laissait ainsi apparaître un excédent de 8'415 fr. 10, lequel serait de 7'306 fr. si la charge fiscale était calculée sur le revenu hypothétique (les impôts s'élèveraient alors à 1'230 fr., portant le montant total des charges à 4'933 fr.). Quant à l'intimée, elle réalisait un revenu mensuel net de 2'456 fr. (rente AVS de 2'087 fr. et avoir de prévoyance de 369 fr.). Elle supportait des charges mensuelles de 3'998 fr. 55 (base mensuelle: 1'200 fr; frais de logement: 1'560 fr.; assurance-maladie: 373 fr.; frais médicaux et franchise: 84 fr.; impôts: 781 fr. 55). Son budget mensuel affichait en conséquence un manco de 1'542 fr. 55. Après couverture dudit manco, le disponible des époux s'élevait à 6'872 fr. 55 - respectivement s'élèverait à 5'763 fr. 45 si l'on tenait compte de la charge fiscale calculée sur le revenu hypothétique de l'époux -, qu'il convenait de répartir à raison d'une moitié (soit 3'436 fr. 28) pour chaque partie. Par conséquent, la pension due par le recourant envers l'intimée devrait s'élever à 4'978 fr. 83. Cela étant, la charge fiscale du recourant avait été calculée sur le revenu effectif seulement; en outre, l'intimée avait conclu en appel à ce que la pension soit fixée à 4'600 fr. par mois; la maxime de disposition étant applicable, il n'était pas possible de statuer ultra petita. En définitive, il ne se justifiait pas de s'écarter du montant de la contribution d'entretien précédemment dû. Il n'y avait enfin pas lieu de différencier la pension de mai et juin 2016 de celle due postérieurement, puisque les calculs effectués permettaient de toute façon l'allocation de 4'600 fr. par mois.