Citation: 6B_972/2022 E. 3.4

3.4. Cela étant, la recourante, dans le cadre de son mandat, s'est vue confier des valeurs patrimoniales (14'528 + 9'103.96 euros) qu'elle a utilisées pour acquérir E.________ AG, jusque-là conformément aux instructions reçues par ses mandants. Ensuite, comme on l'a vu, la recourante aurait dû, aux termes de la convention de cession de parts sociales du 23 décembre 2010 (et après avoir modifié le siège et le but social de E.________ AG afin de créer D.________ SA), céder la totalité du capital-actions de D.________ SA à ses mandants. Toutefois, contrairement aux instructions de ces derniers et en violation de la convention de cession de parts sociales précitée, elle a gardé pour elle-même les actions de ladite société, outrepassant par là les pouvoirs qui lui avaient été conférés et contrevenant à son obligation d'utiliser les valeurs patrimoniales conformément au but convenu. Par conséquent, la recourante s'est, de manière illégitime, enrichie de montants de 14'528 et de 9'103.96 euros qui lui avaient été confiés par ses mandants, en les utilisant à son propre profit, soit pour acquérir en son nom et conserver, celles qui deviendront plus tard les actions de D.________ SA, alors que ces dernières auraient dû être transférées à ses mandants, conformément aux instructions reçues et à la convention de cession de parts sociales du 23 décembre 2010. Ses actes sont donc bien susceptibles d'être appréhendés comme constitutifs d'un abus de confiance au sens de l'art. 138 CP. En définitive, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que la recourante s'était rendue coupable d'abus de confiance au sens de l'art. 138 CP pour ce qui est du complexe de faits susmentionné.