Citation: 4A_219/2008 13.08.2008 E. B

B.a Le 2 février 2005, X.________ a déposé une demande contre Y.________ devant la Cour civile du Tribunal cantonal neuchâtelois, lui réclamant paiement de 100'000 fr. plus intérêts à 5 % dès le 10 juillet 2004. La demanderesse a prétendu que par son téléphone à C.________, A.________, organe de la défenderesse, a transgressé à deux égards l'accord de confidentialité. D'une part, il aurait révélé à C.________ l'existence des négociations qui avaient cours entre les parties; d'autre part, il aurait essayé de capter V.________, laquelle est un gros client de X.________. La demanderesse réclame ainsi à la défenderesse deux fois 50'000 fr. représentant la peine conventionnelle convenue pour chaque infraction à l'accord du 27 novembre 2003. Y.________ a conclu à sa libération. Elle conteste avoir violé une des dispositions de la lettre de confidentialité et avoir occasionné un quelconque préjudice à la demanderesse, qui n'agirait en justice que pour se redresser financièrement. Entendu le 6 décembre 2005 en qualité de témoin, C.________ a déclaré que c'est A.________ qui lui avait fait part des négociations menées entre les plaideurs, non sans préciser que ces informations étaient confidentielles. B.b Le 20 janvier 2006, Y.________ a déposé une plainte pénale à l'encontre de C.________ pour faux témoignage. La défenderesse a soutenu que les déclarations qu'a faites le témoin le 6 décembre 2005 ne correspondaient pas à la teneur de la lettre qu'il avait adressée à X.________ le 5 mars 2004. De plus, alors qu'il était entendu le 23 novembre 2004 dans le cadre d'un autre procès, C.________ a affirmé avoir eu, à sa demande, plusieurs contacts avec la défenderesse, mais sans que cette dernière ne lui présentât d'offre. C.________ n'a pourtant jamais fait référence au fait que A.________ lui aurait alors parlé du possible rachat de la demanderesse par Y.________. Cette dernière a encore exposé que B.________ a admis connaître C.________ depuis plus de 20 ans, dont il a été témoin de mariage avant d'être parrain d'un de ses enfants. A considérer les relations privilégiées qu'entretiendrait C.________ avec B.________, la défenderesse a mis en doute la crédibilité de ce témoin. B.c Par jugement du 10 avril 2008, la Ire Cour civile du Tribunal cantonal neuchâtelois a rejeté la demande. En résumé, la cour cantonale a considéré que la lettre de confidentialité du 27 novembre 2003 contenait une clause pénale au sens de l'art. 160 CO, que la défenderesse s'exposait à devoir payer la peine convenue notamment si elle prenait contact avec un client de la demanderesse pendant les 12 mois suivant la signature de l'accord. L'autorité cantonale a cependant estimé que ce n'était pas n'importe quel contact avec un client qui entraînait la violation de la convention de confidentialité et qu'il n'était ainsi pas interdit à l'administrateur de Y.________ de téléphoner à C.________ pour lui offrir les services d'une société tierce. Appréciant les preuves administrées, la Cour civile a retenu que les déclarations du témoin C.________ effectuées à l'audience du 6 décembre 2005, selon lesquelles A.________ lui avait fait part des pourparlers menés entre les parties, étaient fortement sujettes à caution, dès l'instant où différents éléments rendaient vraisemblable l'existence d'une entente entre ce témoin et la demanderesse. Elle a en conséquence écarté cette déposition. Comme la demanderesse n'avait fondé son allégation de violation de l'accord de confidentialité que sur la déclaration dudit témoin, l'autorité cantonale a jugé qu'elle avait échoué à établir que la défenderesse avait transgressé la convention en cause. Partant, les juges cantonaux ont rejeté la demande.