Citation: 5A_305/2021 E. A

A.a. Le 6 janvier 2020, A.________ a engagé à l'encontre de B.B.________ une poursuite ordinaire en paiement d'un montant de 440'000 fr., plus intérêts au taux de 5% l'an à compter du 3 juin 2015. Selon la réquisition de poursuite, le débiteur était alors domicilié à la rue C.________ à U.________. A.b. Le 15 janvier 2020, l'Office cantonal des poursuites (ci-après: Office) a établi, conformément aux indications figurant sur la réquisition de poursuite, un premier commandement de payer, poursuite n° xx xxxxxx x. Remis à la Poste en vue d'une notification par un agent postal, cet acte a été retourné non notifié à l'Office avec la mention " poste restante ". Entendu le 20 janvier 2021 par la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: Chambre de surveillance), B.B.________ a expliqué à cet égard que sa famille et lui-même avaient déménagé de la rue C.________ à la rue D.________ en juin 2019 et que, dès juillet 2019, il n'occupait plus aucun local dans l'immeuble sis rue C.________ et que son nom n'y figurait plus sur aucune boîte aux lettres. Selon lui, son épouse, qui s'occupait des questions administratives, avait donné pour instruction à la Poste, dès septembre 2019, de conserver en poste restante le courrier adressé aux divers membres de la famille à l'adresse de la rue C.________, et elle se rendait régulièrement au bureau postal pour l'y retirer. A compter du mois de mars 2020, une instruction de réexpédition du courrier à l'adresse de la rue D.________ avait été donnée à la Poste. Toujours selon le poursuivi, entre septembre 2019 et février 2020 un certain nombre d'actes de poursuite lui étant destinés et indiquant son ancienne adresse de la rue de C.________ avaient été notifiés en mains de son épouse à l'occasion de l'un ou l'autre de ses passages au bureau postal pour y retirer le courrier conservé en poste restante. A.c. Le 23 janvier 2020, l'Office a adressé à B.B.________, par courrier A et à son ancienne adresse de la rue C.________, une convocation l'invitant à se présenter dans les onze jours dans ses locaux pour s'y faire notifier un acte de poursuite. Cette démarche est toutefois demeurée sans effet. Le 10 février 2020, l'Office a adressé à B.B.________, toujours à son ancienne adresse de la rue C.________, mais cette fois par courrier A Plus, une sommation lui enjoignant de se présenter dans les dix jours dans ses locaux pour s'y faire notifier un acte de poursuite. Là encore, aucune suite n'a été donnée à ce courrier. Lors de son audition du 20 janvier 2021, B.B.________ a indiqué que ces plis n'avaient pas dû lui parvenir, sans quoi il se serait présenté dans les bureaux de l'Office. A.d. Le 29 avril 2020, l'Office a établi un second commandement de payer, poursuite n° xx xxxxxx x, mentionnant cette fois l'adresse de la rue D.________, laquelle lui avait vraisemblablement été communiquée par la Poste. Une nouvelle fois cependant, le commandement de payer remis à la Poste pour notification a été retourné à l'Office non notifié, cette fois avec la mention " En dehors de l'arrondissement de poursuites ". Les raisons pour lesquelles cette seconde tentative de notification a échoué, et pour lesquelles cette mention a été apposée, n'ont pas été élucidées. A.e. Le 23 juin 2020, l'Office a adressé à B.B.________, à son ancienne adresse de la rue C.________ et par pli A Plus, un avis de notification simplifiée au sens de l'art. 7 de l'Ordonnance du Conseil fédéral du 16 avril 2020 instaurant des mesures en lien avec le coronavirus dans le domaine de la justice et du droit procédural (RS 272.81; ci-après: Ordonnance COVID-19 justice et droit procédural) l'informant de la réception prochaine, par courrier A Plus, d'un ou de plusieurs actes de poursuite qui lui étaient destinés. Selon le relevé " Track&Trace " de la Poste relatif à cet envoi, le pli a été déposé le 25 juin 2020 dans la boîte aux lettres des époux B.________. Donnant suite à l'avis du 23 juin 2020, l'Office a adressé à B.B.________, le 29 juin 2020 et par courrier A Plus à l'adresse de la rue D.________, un pli contenant (selon ses indications) sept commandements de payer, dont celui établi le 29 avril 2020 dans la poursuite n° xx xxxxxx x. Il résulte du relevé " Track&Trace " relatif à cet envoi qu'il a été déposé le 30 juin 2020 dans la boîte aux lettres des époux B.________. A.f. Lors de son audition le 20 janvier 2021, B.B.________ a indiqué ne jamais avoir reçu les courriers de l'Office des 23 et 29 juin 2020. Selon ses explications, leur boîte aux lettres était relevée par son épouse ou lui-même et celui d'entre eux se chargeant de cette tâche divisait ensuite le courrier en deux piles. A la fin du mois de juin 2020, soit le 26 ou le 27 juin, son épouse et lui-même étaient partis quelques jours en France, revenant le 6 juillet 2020. Avant leur départ, ils n'avaient constaté la présence d'aucun pli reçu de l'Office. Personne n'avait relevé leur courrier pendant leur absence et, à leur retour, ils n'avaient à nouveau pas constaté avoir reçu un quelconque courrier de la part de l'Office. Comme chaque été, ils étaient ensuite repartis en France pour leurs vacances, donnant pour instruction à la Poste de leur réexpédier le courrier qui leur était destiné vers leur lieu de villégiature. A.g. Aucune opposition à la poursuite n° xx xxxxxx x n'ayant été formée dans les dix jours à compter du 30 juin 2020, l'Office a consigné ce fait sur l'exemplaire du commandement de payer destiné à la poursuivante, qu'il lui a ensuite adressé. Celle-ci a requis la continuation de la poursuite le 21 juillet 2020. A.h. Par pli recommandé du 3 août 2020, l'Office a adressé à B.B.________ un avis de saisie pour le 31 août 2020. Selon le relevé " Track&Trace " de la Poste, cet acte a été distribué au poursuivi par la poste française, sur son lieu de villégiature en France, le 12 août 2020. B.B.________ a pour sa part indiqué l'avoir reçu le 17 août 2020 et l'avoir immédiatement communiqué à son avocat. Ce dernier aurait alors interpellé l'Office pour savoir de quoi il retournait et une copie du commandement de payer, poursuite n° xx xxxxxx x, lui aurait été communiquée le 1er septembre 2020. A.i. Dans l'intervalle, l'Office avait établi le 31 août 2020 un procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens au sens de l'art. 115 al. 1 LP dans la poursuite n° xx xxxxxx x et l'avait communiqué au poursuivi, qui l'a reçu le 2 septembre 2020. A.j. Par courrier adressé le 2 septembre 2020 à l'Office, B.B.________ a déclaré former opposition totale au commandement de payer, poursuite n° xx xxxxxx x, et formé une requête de restitution du délai pour former opposition au sens de l'art. 33 al. 4 LP, expliquant avoir été dans l'impossibilité de le faire plus tôt du fait qu'il n'avait pas connaissance de cet acte.