Citation: 4A_185/2007 20.09.2007 E. 5.2

5.2.1 L'estimation du dommage d'après l'art. 42 al. 2 CO repose sur le pouvoir d'apprécier les faits, et, partant, relève de l'appréciation des éléments factuels (ATF 122 III 219 consid. 3b p. 222 s. et les références). A l'appui de leur grief d'arbitraire dans la fixation du dommage subi par l'intimé, les recourants se limitent à opposer leur propre opinion à celle de l'autorité cantonale, sans démontrer par une argumentation précise que cette décision se fonderait sur une appréciation des preuves manifestement insoutenable. Le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) est donc irrecevable, faute de motivation (art. 106 al. 2 LTF). 5.2.2 Quant au pan du grief relatif aux principes juridiques d'évaluation du préjudice (cf. ATF 132 III 359 consid. 4; 130 III 145 consid. 6.2), il est dénué de fondement. Pour déterminer le gain manqué du demandeur pour la période déterminante du 1er janvier 1998 au 31 décembre 2000, les juges cantonaux, prenant en compte que le bénéfice manqué du titulaire du droit à la marque ne correspond pas nécessairement au bénéfice réalisé par le contrefacteur, ont calculé la marge bénéficiaire moyenne réalisé par l'entreprise de l'intimé de 2001 à 2003, époque où les atteintes aux droits absolus de celui-ci avaient cessé. Ils se sont fondés sur les chiffres d'affaires et bénéfices de ladite entreprise tels qu'ils ont été constatés pour ces années, sans que l'arbitraire soit invoqué à ce propos. Ils ont arrêté la marge bénéficiaire à 22 % en rapportant le total des bénéfices aux chiffres d'affaires 2001 à 2003. En ce qui concerne la même période de trois ans, ces magistrats ont retenu, sans se voir taxer d'arbitraire, que la serrurerie exploitée par C.________ avait atteint un chiffre d'affaires total de 376'164 fr. Ils en ont déduit que l'intimé a été privé d'un gain correspondant au 22 % de ce montant, ce qui représente 82'756 fr. On cherche vainement en quoi cette méthode rigoureuse de calcul du dommage, qui prend en considération - quoi qu'en disent les défendeurs - la circonstance que le marché de la serrurerie à V.________ ne se limitait pas aux entreprises du demandeur et de C.________, contreviendrait au droit fédéral. Quant au prétendu climat morose qui aurait alors affecté le domaine de la serrurerie en ville de V.________, il s'agit de pures allégations, qu'aucun élément du dossier ne vient étayer.