Citation: 1C_536/2023 E. 2.3

2.3. Les recourants font également grief à l'instance précédente de n'avoir pas jugé déraisonnable l'utilisation "maximale" des possibilités de construire. L'instance précédente a certes reconnu que le projet litigieux impliquait une utilisation très intensive des parcelles n os 597 et 598. Cependant, lors de son transport sur place, elle a constaté que le projet s'inscrivait dans un environnement largement bâti, soulignant que tout le secteur sis en aval était construit de manière continue jusqu'au lac Léman. Au nord, au-delà de la ligne CFF, ce que confirment du reste les photographies au dossier, se trouve aussi un secteur largement bâti. Ces images ne permettent en revanche pas de conclure, contrairement à ce que soutiennent les recourants, que le secteur serait essentiellement composé de villas familiales individuelles ou jumelées. Au demeurant, que les bâtiments sis en amont de la voie ferrée se trouvent par hypothèse dans une zone d'affectation différente de celle du projet est sans influence sur la question de son intégration, laquelle doit ici s'examiner à l'échelle du secteur bâti et non en fonction des limites des zones d'affectation prévues par le plan. À l'ouest se trouve un volumineux bâtiment d'habitation, dont la cour cantonale a jugé qu'il ne présentait pas d'intérêt particulier, ce qui n'est pas discuté. Enfin, les parcelles n os 597 et 598 sont comprises dans le périmètre compact de l'agglomération Lausanne-Morges qui poursuit, de manière générale, des objectifs de densification (cf. plan directeur cantonal vaudois, adaptation 4 quater, fiche R11, p. 362), élément plaidant également en faveur de l'exploitation du potentiel constructible de ces parcelles, même s'il doit ici être relativisé, le secteur concerné se trouvant en périphérie et hors du milieu urbain. À l'opposé, on ne discerne pas d'intérêt prépondérant commandant de condamner le projet sous l'angle de l'intégration, en particulier en lien avec l'objet IFP 1202 Lavaux, situé à proximité, dont il n'est pas démontré que les objectifs de protection seraient compromis (cf. fiche IFP 12020 Lavaux, ch. 3, p. 5). Dans ces conditions et au regard de l'importante latitude de jugement dont jouissent les autorités locales en la matière, qui relève essentiellement de l'appréciation des circonstances locales, l'utilisation de l'entier du potentiel constructible n'apparaît pas déraisonnable, pas plus qu'il n'est arbitraire de nier que le projet souffre d'un défaut d'intégration.