Citation: I 707/04 02.08.2005 E. 1

3.3 Dans le jugement du 22 septembre 1982, la Commission a évalué l'invalidité de l'intimée selon la méthode spécifique; elle a considéré que l'activité exercée de 1976 à 1978 n'avait revêtu qu'un caractère provisoire, pour faire face à des difficultés financières passagères, et que le statut de l'assurée était, par conséquent, celui d'une personne non active. Il n'y a pas lieu de revenir sur ce jugement passé en force. Devant les différentes instances cantonales et fédérale, A.________ a cependant fait valoir diverses circonstances nouvelles, en vertu desquelles elle souhaiterait reprendre une activité lucrative à plein temps. Elle allègue ainsi vouloir se séparer de son mari depuis longtemps, mais ne pas disposer de moyens financiers suffisants. Son époux refuserait, par ailleurs, de lui donner de l'argent pour gérer le ménage. Il lui serait donc nécessaire de reprendre un emploi de secrétaire, à plein temps; cette activité était, du reste, celle exercée avant la naissance de ses enfants, aujourd'hui autonomes. Ces allégations ne suffisent toutefois pas à justifier un changement de méthode d'évaluation de l'invalidité. Entre le 22 septembre 1982 et le 30 août 1999, l'intimée n'a jamais contesté le statut de personne sans activité lucrative qui lui avait été reconnu et n'a jamais manifesté à l'office recourant sa volonté de reprendre un emploi, malgré deux procédures de révision du droit à la rente (en 1987 et 1992). Elle rend certes plausible que son couple traverse certaines difficultés, mais ne démontre pas, au degré de la vraisemblance prépondérante, une réelle volonté de se séparer de son mari. La convention devant notaire du 20 juin 1989, qu'elle a déposée devant les premiers juges, ne constitue qu'un inventaire des biens de chacun des conjoints. Depuis lors, A.________ vit toujours en ménage commun avec son époux qui s'acquitte du loyer et des factures du ménage (déclaration du 8 janvier 2001 à la personne chargée de l'enquête économique sur le ménage). Aucune requête de mesures protectrices de l'union conjugale n'a été déposée. Par ailleurs, les revenus du couple sont restés stables dans les années qui ont précédé la décision administrative litigieuse (les procès-verbaux de taxation de 1997 à 2000 font état de revenus annuels bruts de 72'760, 73'823, 76'107 et 75'911 frs) et l'autonomie acquise par les enfants est accompagnée d'une réduction de charge. La nécessité de reprendre une activité lucrative pour des raisons financières n'est donc pas démontrée. Enfin, l'intimée consacrait, jusqu'à la décision du 2 avril 2001, une partie significative de son temps à des tâches bénévoles, ainsi qu'à s'occuper de ses proches parents. Ses déclarations lors de l'enquête sur le ménage indiquent clairement qu'elle n'était pas prête à renoncer à ces activités incompatibles avec un emploi à plein temps. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, il semble peu probable que l'intimée, non active depuis une vingtaine d'années et relativement proche de l'âge de la retraite, aurait repris le travail allégué si elle ne souffrait pas d'atteinte à la santé. C'est donc à tort que les premiers juges ont admis un changement de statut de l'assurée et procédé, pour ce motif, à une révision du droit à la rente.