Citation: 1P.364/2004 23.09.2004 E. 4

A.________ reproche au Président du Tribunal correctionnel d'avoir refusé de lui accorder une seconde prolongation du délai fixé pour faire valoir ses moyens de preuve alors qu'il avait accédé à une demande analogue émanant des conseils des autres prévenus. Elle se plaint à ce propos d'une inégalité de traitement. Dans une ordonnance du 12 mai 2004, le Président de la Chambre d'accusation a donné acte à la recourante du dépôt de son recours du 6 mai 2004, traité comme une prise à partie, contre l'ordonnance du Président du Tribunal correctionnel du 20 avril 2004 lui désignant un défenseur d'office en la personne de Me B.________, avocat à Delémont. La cour cantonale a donc clairement circonscrit l'objet du litige à cette question, sans que la recourante ne s'en plaigne. Celle-ci n'allègue pas avoir contesté le refus de prolonger une nouvelle fois le délai fixé pour faire valoir d'éventuels compléments de preuve, que le Président du Tribunal correctionnel lui a notifié le 10 mai 2004. Elle ne prétend pas plus que la Chambre d'accusation aurait dû examiner d'office ce point dans le cadre de la prise à partie dont elle était saisie. Le recours est donc irrecevable sur ce point, faute d'épuisement des instances cantonales. Il ressort au demeurant du dossier que A.________ a présenté les moyens de preuve qu'elle entendait faire administrer aux débats en date du 25 mai 2004, soit dans le délai prolongé accordé aux autres prévenus. Or, le Président du Tribunal correctionnel n'a pas écarté cette demande sous prétexte qu'elle aurait été déposée hors délai, mais il l'a transmise à Me B.________ le 7 juin 2004 en lui donnant un délai à fin juin 2004 pour l'examiner et, le cas échéant, formuler une demande de complément de preuve, de sorte que les droits de défense de la recourante ont été sauvegardés. Supposé admissible au regard de l'art. 86 al. 1 OJ, le grief aurait dû être écarté pour ce motif.