Citation: 4C.257/2002 28.08.2003 E. B

B.a Le 23 décembre 1994, A.________ et B.________, les parents de feu D.________, ainsi que C.________, la soeur du défunt, ont assigné conjointement X.________ SA en paiement des sommes de 100'000 fr. à titre de réparation du tort moral et de 30'000 fr. pour les frais d'un traitement psychothérapeutique, intérêts en sus. Les parents demandeurs ont réclamé en outre le paiement de 20'000 fr. pour les frais funéraires. La défenderesse a excipé de la prescription; sur le fond, elle a conclu au déboutement des demandeurs. B.b Au cours de l'instruction, une expertise technique a été confiée à un guide de montagne. Estimant qu'il n'était pas possible d'imputer à Z.________ une violation des règles de prudence habituellement observées en la matière, l'expert judiciaire a souligné que le déroulement de l'accident, soit la chute verticale d'un cône de neige, expliquait la position des victimes retrouvées non dispersées, pratiquement en position de marche, et constituait une exception dans toutes les annales des avalanches connues à ce jour. A son avis, l'accident résultait d'un concours de circonstances incroyable que personne, pas même un guide de montagne, ne pouvait prévoir. Tous les professionnels de la montagne entendus ont déclaré que l'accident était dû à la fatalité et non à une erreur humaine. Quant aux guides présents à l'Hospice le jour du drame, ils n'avaient pas perçu de danger d'avalanche et aucun d'entre eux n'aurait déconseillé de faire la course du Petit-Mont-Mort ce jour-là. Enfin, un autre groupe mené par deux guides de montagne avait emprunté l'itinéraire de la Combe-des-Morts, qui traverse le couloir d'avalanches, peu avant le déclenchement de celle-ci. Si ces guides avaient perçu un danger d'avalanche, ils n'auraient pas entrepris cette course. Edité par l'IFENA, un dépliant résume les principes à connaître dans le domaine des excursions en haute montagne. Ce document relève notamment que, en cas de signes d'alarme tels que des avalanches spontanées, de récentes plaques de neige, un déclenchement à distance, des bruits sourds et des fissures lorsque l'on pénètre le manteau neigeux, il est recommandé de respecter des distances de délestage (au moins dix mètres à la montée) et de traverser un à un les zones à risque. B.c Par jugement du 8 août 2001, la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois a rejeté toutes les conclusions des demandeurs. En résumé, elle a retenu que les parents du défunt pouvaient fonder leur demande tant sur la responsabilité délictuelle que sur la responsabilité contractuelle, tandis que la soeur de feu D.________ ne pouvait se prévaloir que des art. 41 ss CO. En raison de la prescription de la responsabilité aquilienne, seule la responsabilité fondée sur le contrat entrait en ligne de compte pour les parents du de cujus. La responsabilité de la défenderesse n'était cependant pas engagée en l'absence de toute faute de ses auxiliaires. Ce jugement a été confirmé par arrêt de la Chambre des recours du Tribunal cantonal du 20 novembre 2002.