Citation: 1P.170/2003 04.06.2003 E. 4

La recourante conteste être la personne à laquelle C.________ a remis de l'argent. C.________ a été placée dans un home le 30 novembre 1998. A cette époque, selon le médecin responsable de cet établissement, elle était atteinte de démence, des suites probables de la maladie d'Alzheimer. Sa capacité de discernement n'était plus que partielle à ce moment-là - ce qui fait qu'elle n'a pu être entendue elle-même dans le cadre de la procédure - et les effets de la maladie avaient dû se faire sentir depuis un an au moins. G.________, amie de C.________ s'était occupée de la famille S.________ jusqu'en 1992 dans le cadre de l'aide bénévole aux réfugiés. Dans le courant de 1997, C.________ lui a confié avoir donné de l'argent à une réfugiée bosniaque pour financer un voyage au Kosovo. C.________ n'avait pas désigné nommément la bénéficiaire, mais indiqué que celle-ci avait déménagé du Locle à la Chaux-de-Fonds, à une adresse qui a immédiatement fait penser G.________ à la recourante. En 1998, C.________ a dit à G.________ que la réfugiée en question lui demandait 8000 ou 9000 fr. pour financer une opération chirurgicale. G.________ avait indiqué à C.________ qu'il s'agissait là probablement de mensonges, car les requérants d'asile sont tenus de demeurer en Suisse et leurs frais d'assurance pris en charge par la collectivité. O.________, employé de banque qui gérait les biens de C.________ a constaté que ceux-ci avaient diminué en 1997 et 1998. Il avait interrogé à ce propos C.________ qui lui avait confessé avoir fait une "bêtise" en prêtant de l'argent à une "dame yougoslave", sans connaître son identité, ni lui avoir fait signer de reçu. C.________ avait évoqué à ce propos un montant de 5000 fr. Elle se sentait harcelée par cette personne qui lui réclamait de l'argent. Constant Bernard, concierge de la maison où habitait C.________, a reconnu la recourante sur une photographie comme la personne qui visitait fréquemment C.________. Sur le vu de ces éléments, c'est sans arbitraire que les autorités cantonales pouvaient admettre que la recourante était la bénéficiaire des montants prêtés par la victime. Comme objection à cela, la recourante fait valoir deux notes manuscrites trouvées chez la victime, et qui attesteraient, selon elle, que d'autres personnes auraient soutiré des fonds à C.________. Ces documents, dont l'un est daté du 8 avril 1998, non signés et difficilement intelligibles, émanent d'une personne qui se présente "Mme Suisan" ou "Susana". Ils peuvent être compris comme des demandes de fonds. Le premier se réfère en outre à une personnes désignée comme "Fatima". Ces billets laissent supposer que la victime, connue pour sa générosité, a fait l'objet d'autres sollicitations, dont on ignore le sort. Ils n'ont cependant pas pour effet de démontrer que l'appréciation des autorités cantonales quant à l'implication dans l'affaire de la recourante serait arbitraire. Il n'est en effet pas exclu que la victime ait reçu d'autres demandes.