Citation: I 621/03 21.04.2004 E. 3

La commission de recours a considéré que les avis divergeaient au sein du COMAI quant au degré de l'incapacité de travail, dès lors que le psychiatre avait retenu un taux de 80 % tandis que le collège des experts avait arrêté ce taux à 60 %. Selon la commission, l'avis du psychiatre revêtait en l'espèce une importance particulière, dans la mesure où l'assuré souffrait principalement d'une atteinte sévère à la santé psychique. Dans ces conditions, elle a jugé que l'administration n'avait aucune raison valable de s'écarter de ce taux d'incapacité de travail de 80 %, lequel justifiait en conséquence le versement d'une rente entière fondée sur un degré d'invalidité de 80 % également. A l'appui de son recours, l'office AI se réfère à l'arrêt S. du 19 août 2003, I 53/03. Il rappelle que dans le cas d'une expertise pluridisciplinaire, il importe de s'attacher à la discussion globale menée par le collège des experts, plutôt qu'aux rapports forcément sectoriels et limités des différents spécialistes consultés en cours d'expertise (cf. consid. 6.1 de l'arrêt S.). Comme l'expert psychiatre a participé à la séance au cours de laquelle a été abordée, discutée et tranchée la question de la capacité résiduelle de travail de l'assuré, le recourant soutient que le rapport d'expertise ne contient aucune contradiction et que la commission de recours n'avait pas de raison de s'écarter des conclusions finales. De son côté, l'intimé soulève de nombreux griefs à l'encontre du rapport d'expertise du COMAI. En bref, il allègue que les conclusions du COMAI ont été dictées par les intérêts de l'office AI qui l'avait mandaté. Il dénie toute valeur probante au rapport d'expertise en se prévalant notamment d'une anamnèse lacunaire, de la (courte) durée des consultations médicales, de l'absence de concertation entre les experts, du défaut de signatures des médecins qui l'ont examiné (docteurs S.________ et N.________) au bas du rapport final, d'une appréciation en sa défaveur des conclusions des spécialistes en rhumatologie et en psychiatrie par le collège des experts, et du fait que l'avis du psychiatre a été remis en cause par des internistes. De plus, il estime choquant que l'opinion de spécialistes qui ne l'ont examiné qu'une seule fois puisse l'emporter sur celles de ses médecins traitants (docteurs K.________, M.________ et Y.________) qui le suivent depuis plusieurs années et qui attestent tous une incapacité totale de travail. Il ajoute qu'il n'est pas admissible d'exiger de sa part qu'il reprenne le travail, compte tenu de son âge et de la durée de la procédure. Enfin, l'intimé rappelle que l'office AI ne peut fixer sans autre un taux d'invalidité correspondant à l'incapacité de travail retenue par les médecins, mais que l'administration doit toujours examiner le revenu que l'assuré pourrait réaliser dans l'accomplissement de travaux raisonnablement exigibles.