Citation: 6B_1215/2020 E. 5.3

5.3. Le recourant soutient que tant les propos pris séparément que l'ensemble du texte du message ne relèveraient pas de l'injure. Il considère que le fait de critiquer, même vertement, des " agissements fous " et des manipulations envers un enfant commun ne serait pas attentatoire à l'honneur. Ces critiques ne présenteraient pas la personne comme méprisable ou comme l'auteur d'un comportement contraire à l'honneur. Il soutient également que l'affirmation selon laquelle l'intimée " reste dangereuse pour l'enfant ou pour les gens qui sont autour, y compris à la justice " ne serait pas une injure. L'intimée aurait également bénéficié d'un suivi psychiatrique. En l'espèce, la cour cantonale a retenu à raison que les assertions contenues dans le message sont attentatoires à l'honneur. Le texte du courriel litigieux doit être apprécié dans sa globalité, et non uniquement à raison des expressions prises séparément. Dans l'écrit litigieux, le recourant indique que " Malheureusement, il n'y a que la justice qui peut arrêter des gens comme toi ". Cette phrase est mise en lien avec différentes assertions de manipulation, " d'agissements fous " et de dangerosité pour l'enfant et pour la justice. Ainsi, arriver à la conclusion que seule la justice pourrait " arrêter " l'intimée implique que sa conduite serait contraire au droit. De plus, les propos litigieux présentent l'intimée comme une mère indigne. Le courriel litigieux fait ainsi apparaître l'intimée comme une personne méprisable, qui adopte des comportements réprouvés par l'ordre juridique, ce qui est objectivement attentatoire à l'honneur. Le recourant fait valoir le contexte du message, soit une séparation houleuse, et son inquiétude pour son fils. Or, un tel contexte n'a pas d'influence sur le caractère attentatoire à l'honneur des propos tenus et ne constitue en aucun cas un fait justificatif. Pour le surplus, le recourant se prévaut du fait que l'intimée lui aurait adressé dix-sept messages en 48 heures avant l'envoi du courriel litigieux. Toutefois, on ignore tout de la teneur de ces SMS et le recourant ne l'expose pas. Il n'indique par ailleurs pas que son courriel aurait immédiatement suivi l'envoi des SMS, en ce sens qu'il aurait agi sous le coup de l'émotion causée par ceux-ci et on peine à imaginer qu'il n'aurait pas eu le temps de réfléchir, s'agissant de l'envoi d'un courriel. Ainsi faute d'immédiateté, c'est à bon droit que la cour cantonale n'a pas fait application de l'exemption de l'art. 177 al. 2 CP. Les critiques du recourant sont rejetées dans la mesure où elles sont recevables. La cour cantonale pouvait donc, sans violer le droit fédéral, condamner le recourant pour injure.