Citation: 6B_358/2024 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a retenu les faits dénoncés et décrits dans l'acte d'accusation, dès lors qu'ils reposaient sur plusieurs éléments probants. Premièrement, elle a considéré que le récit de l'intimée était riche en détails contextuels, renouvelés devant toutes les instances judiciaires et scolaires ainsi que lors du dévoilement ayant abouti à la dénonciation de la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse, passant par des confidences provisoirement sans suite faites à la directrice du foyer et à une amie. Elle a retenu qu'un tel processus excluait une dénonciation qui ne serait pas authentique. Deuxièmement, la cour cantonale a pris en compte les éléments liés à la détérioration de l'état psychique de l'intimée, à savoir son échec scolaire, ses fugues, son questionnement sexuel avec difficultés avec son petit ami, ses réminiscences ("flashback"), son anxiété, ses troubles du sommeil, sa phobie des contacts et ses scarifications. Elle a jugé que, quand bien même ces éléments n'étaient pas des preuves en soi, ils confirmaient l'appréciation de la crédibilité de l'intimée et l'authenticité de sa dénonciation. Troisièmement, la cour cantonale a considéré qu'à l'inverse, le discours du recourant était purement défensif, dans la mesure où il avait fini par exclure s'être trouvé seul avec l'intimée, comme il l'avait soutenu en dernier lieu à l'audience d'appel, alors qu'à l'évidence il ne pouvait pas se souvenir de tous les moments passés au domicile de sa compagne d'alors, soit la mère de l'intimée. Elle a jugé qu'il importait peu, contrairement à ce que faisait valoir le recourant, qu'il ne se fût pas contredit formellement à ce sujet, dès lors que l'élément déterminant dans l'appréciation de ses déclarations était qu'il essayait en vain d'exclure toute possibilité d'avoir été seul avec l'intimée, tandis que, s'il n'avait rien eu à se reprocher, il aurait admis cette éventualité. Enfin, la cour cantonale a écarté les objections du recourant. Ainsi, elle a jugé que le fait que l'intimée avait eu de la peine à situer les faits dans le temps n'avait rien d'anormal, dans la mesure où ils s'étaient produits alors qu'elle était très jeune, sans notion assimilée de sexualité, où il s'était écoulé plusieurs années avant qu'elle n'osât dévoiler les faits, également en raison des menaces qui avaient dû l'effrayer, et où il est notoire que les notions de chronologie ne sont pas maîtrisées durant l'enfance. La cour cantonale a retenu qu'il n'y avait donc rien d'extraordinaire à se tromper sur son âge au moment des faits, même de plusieurs années, et qu'il n'était ainsi pas surprenant que ces différents âges fussent repris dans les rapports des thérapeutes qui n'avaient fait, à cet égard, que retranscrire les indications données par l'intimée.