Citation: 5A_592/2024 E. 3.2

3.2. La Cour d'appel a correctement rappelé que, en seconde instance, l'art. 311 al. 1 CPC impose au justiciable de tenter de démontrer que sa thèse l'emporte sur celle de la décision attaquée et de s'efforcer d'établir que, sur les faits constatés ou sur les conclusions juridiques qui en ont été tirées, la décision attaquée est entachée d'erreurs (ATF 147 III 176 consid. 4.2.1; parmi plusieurs: arrêt 5A_524/2023 du 14 décembre 2023 consid. 3.3.1 et les références). A cela s'ajoute que si une décision comporte une double motivation (i.e. deux motivations indépendantes, alternatives ou subsidiaires), il incombe au recourant, sous peine d'irrecevabilité, de démontrer que chacune d'elles est contraire au droit (arrêt 5A_524/2023 du 14 décembre 2023 consid. 3.3.1 et les arrêts cités; REETZ, in Sutter-Somm et al. [éd.], Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], 4e éd. 2025, n° 36 ad art. 311 CPC et les arrêts cités; en application de l'art. 42 LTF, cf. ATF 138 III 728 consid. 3.4; 136 III 534 consid. 2). En l'occurrence, il ressort des écritures d'appel que les recourants ont critiqué la motivation du premier juge relative à l'existence d'un lien de connexité au sens de l'art. 227 al. 1 let. a CPC entre les conclusions initiales et modifiées de l'intimé, en soutenant que celle-ci n'en était pas une et constituait une tautologie. Dans la mesure où les recourants ne soulèvent pas, dans le présent recours, que leur critique aurait dû être comprise comme un grief de violation du droit d'être entendu, sous l'aspect du droit à une décision motivée, qui n'aurait à tort pas été traité, seule est pertinente la question de savoir si leur grief de violation des art. 58 al. 1, 221 al. 1 let. b et 227 al. 1 let. a CPC était suffisamment motivé en appel. Or, force est d'admettre avec la cour cantonale que la critique de la motivation du premier juge, telle qu'elle a été soulevée par les recourants en appel, ne permet pas de saisir en quoi, selon eux, ledit lien de connexité ferait défaut. L es explications données dans le présent recours, qui consistent essentiellement en un résumé du mémoire d'appel et en une appréciation personnelle de la pertinence de sa teneur, ne sauraient infirmer un tel constat. Les considérations des recourants sur "la différence entre partage d'un actif d'une succession qui reste indivise (...) d'une part, et une succession dont le justiciable aurait la faculté de solliciter le partage (...), partage que, précisément, il omet de demander (...) d'autre part" n'équivalent pas à la démonstration attendue de l'absence de connexité au sens de l'art. 227 al. 1 let. a CPC, quoi qu'ils en disent péremptoirement. Il ressort en effet des écritures d'appel qu'au regard de ces considérations, les recourants alléguaient que si le nouveau conseil de l'intimé avait modifié ses conclusions, c'était uniquement parce qu'il s'était aperçu de la discordance entre ce que son client lui avait dit vouloir réellement et ce qu'il avait initialement "fait énoncer en justice", et qu'il avait donc essayé de "recoller les pots cassés et d'ajuster après coup son procédé judiciaire". On ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir considéré qu'une telle motivation ne consistait pas en une discussion du point de vue du premier juge qui avait considéré, dans une double motivation, que la conclusion n° 1 telle que libellée lors de l'audience d'instruction du 4 juin 2019 n'était qu'une précision de la conclusion n° 1 prise dans la demande en partage du 27 avril 2017 et que, pour le cas où il faudrait la tenir pour une modification, il existait un lien de connexité au sens de l'art. 227 al. 1 let. a CPC entre ces conclusions, lien de connexité également admis pour les nouvelles conclusions n os 2 et 3. Par leur motivation en appel, consistant uniquement à se plaindre d'un défaut de motivation et à soutenir que la modification de conclusions était intervenue dans le seul but de corriger une erreur dans leur formulation, les recourants ne s'en prennent pas à satisfaction à cette double motivation, dont il leur appartenait d'attaquer les deux pans pour satisfaire aux exigences de l'art. 311 al. 1 CPC, étant précisé que la simple clarification de conclusions n'exige pas la réalisation de conditions particulières (cf. arrêts 4A_218/2022 du 10 mai 2023 consid. 4.1; 5A_621/2012 du 20 mars 2013 consid. 4.3.2). Il suit de ce qui précède que le grief de violation de l'art. 311 al. 1 CPC est infondé.