Citation: 2C_387/2023 E. 6.2

6.2. En l'occurrence, le recourant est détenu depuis le 19 juin 2022. Cela faisait donc pratiquement un an qu'il était privé de liberté au moment de l'arrêt entrepris. Il s'agit de vérifier si la prolongation de la détention jusqu'au 17 septembre 2023 confirmée le 8 juin 2023 par la Cour de justice demeure acceptable. Du point de vue de l'intérêt public, il convient de souligner que la détention administrative du recourant fait suite à une condamnation pénale pour trafic de cocaïne et au prononcé de son expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans. Le recourant représente une menace pour la sécurité de sorte qu'il existe un intérêt public évident à ce que les autorités suisses s'assurent que son renvoi sera bien exécuté (cf. arrêt 2C_1132/2018 du 21 janvier 2019 consid. 6.2). Par ailleurs, depuis le début, le recourant s'oppose à son renvoi vers son pays d'origine et ne coopère pas avec les autorités. Il a refusé de monter à bord d'un premier vol organisé en mai 2022, puis a fait disparaître son passeport, empêchant le second vol prévu pour le 17 septembre 2022. Le recourant a ensuite déposé une demande d'asile en Suisse, qui a eu pour conséquence de suspendre toute mesure en vue du renvoi. Si le recourant avait parfaitement le droit de déposer cette demande, comme il le relève dans ses écritures, il ne saurait en revanche obtenir par ce biais sa libération au prétexte qu'on ne peut plus lui reprocher un manque de coopération à partir du dépôt de la demande d'asile et pendant la durée de la procédure. Si l'on suivait le recourant, le dépôt d'une demande d'asile peu avant ou à l'échéance des six premiers mois de détention aurait pour corolaire immédiat la libération du détenu, quand bien même l'on se trouve dans le cadre d'une détention en vue du renvoi qui peut en principe être prolongée jusqu'à 18 mois aux conditions de l'art. 79 al. 2 LEI. En outre, il serait contradictoire qu'un comportement qui constitue un motif de détention (cf. art. 75 al. 1 let. f LEI, cf. supra consid. 5.2) soit un motif de libération. En définitive, l'absence de coopération du recourant constatée justifie la poursuite de la détention au-delà de six mois, même si l'exécution du renvoi a été suspendue pendant la procédure d'asile. Cette procédure est close, de sorte que le maintien en détention est apte à atteindre le but du renvoi, rien n'indiquant que les démarches ne pourront pas être exécutées avant la fin de la durée maximale de la détention. Compte tenu de la volonté constante du recourant d'échapper à son renvoi, en ne produisant notamment pas son passeport le jour du vol qui avait été organisé, on ne peut en outre pas faire grief aux juges précédents de ne pas avoir remplacé sa détention en vue du renvoi par une mesure moins incisive, notamment une assignation d'un lieu de résidence (cf. art. 74 LEI). A cet égard, on ne comprend pas en quoi le statut de père du recourant devrait conduire à retenir qu'il se conformerait aux décisions de l'autorité s'il était libéré. Son épouse et ses enfants sont en effet au Portugal à teneur de l'arrêt attaqué. Il n'est pas établi que le recourant a le droit de se rendre dans ce pays, de sorte qu'envisager qu'il puisse partir vers cette destination ne constitue pas une alternative à la détention en vue du renvoi (cf. arrêt 2C_1132/2018 du 21 janvier 2019 consid. 6.2). En déposant sa demande d'asile, le recourant a au demeurant manifesté son intention de rester en Suisse. Compte tenu de toutes les circonstances, la prolongation de la détention demeure proportionnée. La procédure d'asile étant désormais terminée, il appartient toutefois aux autorités d'entreprendre au plus vite les démarches nécessaires à l'exécution du renvoi. Il est aussi relevé que le recourant pourrait être libéré à brève échéance s'il collaborait à son retour.