Citation: 6P.157/2001 16.01.2002 E. 3

3.- Le recourant conteste les considérants de fait des autorités cantonales relatifs aux art. 63 et 100bis CP, selon lesquels il "n'est venu en Suisse visiblement que dans le seul but de tirer un profit plus que substantiel par son organisation criminelle" et, "par son comportement, (il) dénote une attitude foncièrement criminelle et même placé dans une maison d'éducation au travail, il ne se laisserait pas dissuader de commettre de nouveaux crimes et représenterait un danger pour les autres résidents.. " a) S'agissant des mobiles de sa venue en Suisse, le recourant affirme que leur exposé lors de ses auditions, lors des investigations de l'expert psychiatre (p. 2 du rapport) ainsi que dans la lettre de sa mère démontre qu'ils sont étrangers à un trafic de drogue. En témoigne du reste le fait que six mois se sont écoulés entre son arrivée en Suisse et le début de son activité délictueuse. Quant à son degré de dangerosité et de risque de récidive, le recourant souligne les propos de l'expert, selon lesquels il s'est "montré très collaborant, désireux de bien faire et de se montrer sous le meilleur jour possible" et, si une récidive ne pouvait être exclue, un encadrement solide diminuerait probablement ce risque. Puis, le recourant relève le courrier du 29 janvier 2001 de la direction de la Prison du Bois-Mermet, selon lequel il "travaillait à la cuisine depuis le 29 décembre 1999 à l'entière satisfaction du surveillant responsable et que durant sa détention, (son) comportement a été bon, aucune sanction disciplinaire n'ayant été prise à son endroit. " Enfin, le recourant note que son casier judiciaire est vierge. b) Ces arguments ne permettent toutefois pas de conclure à un arbitraire dans les constatations de fait litigieuses. Le recourant se borne à se référer à différentes pièces sans indiquer lui-même quels mobiles, autres que le gain facile par le trafic de stupéfiants, l'ont attiré en Suisse. Dans cette mesure, il est douteux que ce grief soit recevable au regard des exigences de motivation posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Au demeurant, le motif consigné dans le rapport de l'expert psychiatre figurant au dossier, soit l'espoir de travailler en Suisse dans le bâtiment grâce à l'aide de cousins exerçant cette activité dans notre pays, est peu crédible: d'une part l'expert a lui-même souligné que le recourant avait souvent menti; d'autre part, les activités professionnelles de sa famille en Suisse sont loin de se cantonner au bâtiment, dès lors que, selon les rapports des dénonciateurs, l'un de ses oncles s'est notamment rendu à trois reprises à Cossonay pour le fournir en stupéfiants. Par ailleurs, il n'est pour le moins pas arbitraire de considérer le recourant foncièrement criminel, dangereux et susceptible de récidive, dès lors qu'il a participé, en tant que grossiste dans un réseau, au trafic de plus de 10 kilos d'héroïne sur une période de six mois, en utilisant un toxique comme produit de coupage, au surplus sans manifester de regret par la suite.