Citation: 8C_47/2023 E. 5.2.3

5.2.3. Dans son écriture, la recourante se borne à alléguer que la suspension d'un fonctionnaire ne serait possible que lorsqu'une enquête administrative est prévue, sans aucunement se confronter à la jurisprudence cantonale précitée, ni à son application par les juges cantonaux. Elle se contente ainsi de répéter sa position et d'opposer sa propre appréciation de la situation à celle de la cour cantonale sans pour autant démontrer l'arbitraire de celle-ci. En plus, on peine à comprendre son intérêt à contester la suspension de ses fonctions, dès lors que, compte tenu des faits établis et non contestés, la recourante a continué à percevoir son traitement pendant la période où elle a été suspendue et libérée de l'obligation de travailler. A juste titre, la recourante n'a d'ailleurs pas invoqué d'atteinte à ses intérêts économiques. En outre, comme le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de le préciser dans ses arrêts 8C_244/2014 du 17 mars 2015 (consid. 5.2) et 8C_221/2018 du 4 juillet 2019 (consid. 7.2), il apparaît pour le moins paradoxal de voir une violation du droit d'être entendu dans le choix de l'employeur de mettre un terme aux rapports de service en procédant par un licenciement ordinaire plutôt que par une révocation, laquelle revêt un aspect de peine et a un caractère plus ou moins infamant. Cela vaut indépendamment d'une suspension préalable de l'employé, soit une mesure qui peut, comme on l'a vu ci-avant, aussi être ordonnée en cas de licenciement ordinaire. Il n'apparaît pas non plus que l'intimé aurait induit la recourante en erreur en lui faisant croire qu'il envisageait de mettre un terme au rapports de service par la voie de la révocation. En effet, selon les constatations de la cour cantonale, lors de l'entretien de service du 14 avril 2021, l'intimé a déjà indiqué à la recourante son intention de résilier les rapports de service pour motif fondé. Il a ensuite poursuivi les démarches qui s'imposent dans cette procédure et a en particulier recherché si un autre poste au sein de l'administration cantonale correspondait aux capacités de l'intéressée par le biais d'une procédure de reclassement. Mal fondé, le grief doit ainsi être rejeté.