Citation: 6B_420/2022 E. 3.3

3.3. Dans son grief déduit d'une violation de l'art. 3 CEDH, le recourant ne revient pas sur l'examen répété et circonstancié opéré par la cour cantonale des conditions d'octroi de la libération conditionnelle. En particulier, il ne conteste pas que ses dénégations pendant plusieurs années et l'initiation tardive d'un suivi thérapeutique, entamé il y a à peine trois ans, lui sont imputables, étant relevé qu'il n'en ressentait pas le besoin avant (cf. arrêt entrepris let. B.d.d). Il ne prétend d'aucune manière avoir été empêché d'entamer un travail d'amendement et avoir ignoré les conditions permettant une libération conditionnelle. En tant que le recourant répète que les différentes peines prononcées constituent de facto une peine incompressible, il omet que la décision entreprise porte sur la libération conditionnelle de la peine prononcée en Suisse et n'examine pas, à juste titre, le bien fondé de celles prononcées en France, ce qu'il déplore d'ailleurs dans d'autres passages de son écriture. Le recourant semble omettre qu'un net changement d'attitude récent a été relevé par la cour cantonale, laquelle a souligné les progrès effectués ainsi que l'initiation d'un suivi thérapeutique. Il ressort de l'arrêt entrepris que la possibilité de libération conditionnelle a été examinée régulièrement et à plusieurs reprises, impliquant des prises de positions de différents intervenants. Ainsi, le recourant se méprend lorsqu'il évoque des "refus d'entrée en matière" sur sa libération conditionnelle depuis 2017 et en déduit une situation dégradante. Il ressort également de l'arrêt entrepris que le recourant savait ce qu'il devait faire, dès le début de sa détention, pour que sa libération soit envisagée. Dans son préavis du 1er novembre 2021, le SAPEM a souligné les progrès significatifs du recourant, qui semblait dans une tout autre dynamique, ouvrant des perspectives favorables. Ces progrès ont été relevés par les autorités précédentes. Si néanmoins le risque de récidive n'a pas encore été jugé suffisamment contenu et compatible avec une libération conditionnelle, les dernières constatations révèlent une opportunité du recourant de s'amender et lui offrent un espoir réaliste de bénéficier un jour d'une libération conditionnelle, conformément à la jurisprudence topique déduite de l'art. 3 CEDH. La question de l'exécution de la peine française et de la possibilité de requérir une confusion des peines, ainsi qu'il l'évoquait dans ses entretiens en prison selon l'arrêt entrepris, ne relève pas de la compétence de la Cour de céans dans le cadre de l'examen de la libération conditionnelle. En définitive, dans la configuration d'espèce, le refus d'octroyer la libération conditionnelle du recourant n'emporte pas violation de l'art. 3 CEDH.