Citation: I 839/05 04.01.2007 E. 5

5.1 Pour rendre leurs conclusions, les médecins du COMAI ont procédé à un examen clinique complet de l'assuré et se sont adjoint les services d'un médecin-psychiatre, le docteur E.________. Ce dernier a retenu un trouble dépressif majeur récurrent et un trouble somatoforme douloureux. Sur le plan thymique, ce médecin relève une anhédonie, une tristesse, des troubles importants du sommeil causés par les douleurs, une perte d'appétit et une isolation progressive. Il note également une baisse de l'image de soi ainsi qu'une peur de mourir d'une maladie. Il n'y aurait cependant aucune idéation suicidaire ni de symptôme floride de la lignée psychotique. D'après le docteur E.________, l'assuré, qui vit seul en Suisse depuis 1988 alors que sa famille se trouve au Portugal, serait relativement seul, très replié sur lui-même en raison de la symptomatologie douloureuse. Il aurait également un passé lourd (absence du père, arrêt de l'école prématurément, début professionnel précoce, guerre en Guinée-Bissau, émigration en Suisse, accident de travail, solitude) mais ce serait vraisemblablement l'accident du travail qui aurait déclenché la douleur et, par conséquent, l'état dépressif. Un reclassement professionnel semblerait peu indiqué en raison des douleurs très invalidantes, obligeant l'assuré à bouger constamment. La symptomatologie dépressive le limiterait également car les crises douloureuses entraîneraient une anxiété importante avec une forte baisse de l'estime de soi et un repli sur lui-même. Pour toutes ces raisons, le psychiatre conclut qu'une réadaptation professionnelle semble illusoire et que la capacité de travail est de 35 %. 5.2 Dans leur appréciation globale du cas, les experts ont constaté que la seule lésion objectivable sur le plan somatique était une cervicarthrose C3-C4, laquelle n'avait pas de conséquences sur la capacité de travail résiduelle du recourant dans une activité légère. Sur le plan psychiatrique, le collège d'experts s'est distancé de l'avis du consultant E.________, dans la mesure où il n'a pas retenu le diagnostic de trouble dépressif majeur récurrent posé par le consultant en psychiatrie du COMAI. Par ailleurs, les experts ont relevé de nombreuses discordances entre le comportement et/ou les déclarations de l'assuré d'une part, et les constatations du psychiatre, d'autre part. Selon ces derniers, une majoration des symptômes était évidente chez le recourant et celle-ci faisait probablement partie intégrante du tableau clinique du trouble somatoforme douloureux persistant. Ils ne disposaient pas suffisamment d'éléments de certitude en faveur du diagnostic différentiel de « majoration de symptômes physiques pour des raisons psychologiques », en l'absence de renseignements plus précis sur son environnement social et son mode de fonctionnement au quotidien. En revanche, plaidaient en faveur d'un trouble somatoforme douloureux la notion de désarroi psychologique, les douleurs au centre de ses préoccupations, les sollicitations médicales répétées avec une certaine constance et la cohérence des plaintes. Sur la bases de ces éléments, ils ont fixé la capacité de travail résiduelle à 60 % dans l'activité de maçon ou dans une activité plus légère. Dans ce contexte, on ne saurait suivre l'argumentation du recourant d'après laquelle il conviendrait de prendre isolément en considération le rapport établi par le psychiatre E.________ pour le COMAI. En effet, le but de l'expertise pluridisciplinaire est d'obtenir une collaboration entre différents praticiens et d'éviter les contradictions que pourraient entraîner des examens trop spécialisés, menés indépendamment les uns des autres. En l'espèce, il convient dès lors de s'attacher à la discussion globale menée par les experts du COMAI plutôt qu'aux rapports forcément sectoriels et limités des différents spécialistes consultés en cours d'expertise (arrêt T. du 4 juillet 2005 [I 228/04]). Par ailleurs, on ne saurait pas non plus donner une importance décisive au rapport établi par le médecin traitant du recourant, le docteur B.________. En effet, ce dernier se contente d'attester qu'une reprise de l'activité de maçon n'est pas envisageable, qu'une réadaptation professionnelle paraît illusoire et que seul l'octroi d'une rente AI paraît justifiée, sans apporter une véritable motivation.