Citation: 4A_474/2014 E. 13.4

13.4. En ce qui concerne le troisième virement, la cour cantonale a constaté que A.________ a ordonné à sa banque espagnole de débiter son compte du montant de 40'426'952.05 USD et de transférer ce montant auprès de la banque C.________, en sa faveur, à l'attention de K.________. La banque espagnole a crédité le compte de clearing de C.________ de ce montant en faveur du compte de A.________ auprès de celle-ci. Puis, sur instructions de H.________ et de I.________, la banque C.________ a bonifié le montant, non pas sur le compte de A.________, mais sur le compte "vvv" de H.________. La cour cantonale a jugé que la banque n'a pas violé les règles en matière d'assignation puisqu'elle s'est conformée aux instructions de sa cliente. Dans une motivation subsidiaire, la cour cantonale a retenu que le transfert de ce montant visait à dissimuler une fraude antérieure et que, même si la banque avait violé ses obligations, cette violation ne serait pas en lien de causalité avec la diminution de patrimoine subie, puisque la fraude avait déjà été commise et que ce virement ne visait qu'à la dissimuler. La recourante ne soutient pas que H.________ qui, de fait, dirigeait A.________ et I.________, qui en était administrateur, n'auraient pas eu le pouvoir de disposer de ce montant. Simplement, elle estime que ce montant aurait d'abord dû être crédité sur le compte de A.________ avant que la banque ne puisse le transférer sur le compte " vvv " (p. 33 n. 107-114). Outre qu'elle ne s'en prend pas à la seconde motivation subsidiaire, ce qui rend d'emblée son grief irrecevable, la recourante méconnaît que dans les rapports entre la banque et sa cliente, c'est le rapport de valeur qui est décisif. Or, le montant litigieux a bien été versé sur le compte auquel il était destiné selon la volonté des organes de la recourante.