Citation: 2C_134/2013 E. 2.8.5

2.8.5. En l'espèce, selon les faits figurant dans l'arrêt attaqué, l'accord conclu entre les parties précitées le 5 juillet 2011 consistait en un contrat d'entreprise portant sur la construction d'une centrale solaire photovoltaïque sur les toits des halles d'exposition de B.________ SA. Dans son mémoire devant le Tribunal fédéral, la recourante ne soutient pas ni a fortiori ne démontre qu'elle aurait été en mesure de formuler une offre correspondant à celle faite par C.________. Pourtant, A.________ SA, dûment représentée par un avocat, ne pouvait ignorer les exigences de motivation liées à l'art. 89 al. 1 LTF que la jurisprudence a déduites de l'art. 42 al. 1 et 2 LTF (cf. supra consid. 2.8.1) ni les conditions posées lorsqu'un soumissionnaire potentiel se plaint de l'absence d'un appel d'offres prévu par le droit des marchés publics (cf. supra consid. 2.8.2). Son attention devait au surplus être attirée sur cette problématique, dès lors que, sur le plan cantonal déjà, B.________ SA avait contesté la qualité pour recourir de A.________ SA, au motif que cette dernière n'aurait pas été en mesure de participer à la procédure de soumission, si celle-ci avait été mise en place. L'arrêt attaqué n'a pas pris position sur ce point, car le recours a été déclaré irrecevable pour un autre motif. La capacité de la recourante à formuler une offre en lien avec le contrat entre les Services Industriels et C.________, dont elle soutient qu'il serait illicite, n'apparaît donc pas comme une question qui n'aurait jamais été évoquée en relation avec la qualité pour recourir. Le Tribunal fédéral pourrait admettre la recevabilité du recours sous l'angle de l'art. 89 al. 1 LTF malgré l'absence de motivation de la recourante sur sa qualité pour recourir, à condition que celle-ci ne fasse aucun doute. Or, tel n'est précisément pas le cas. En effet, aucun élément concret ne permet de retenir clairement que la recourante serait en mesure de formuler une offre correspondant à celle de C.________. Au contraire, les éléments à disposition plaident plutôt en sens inverse. Le but de A.________ SA, selon le registre du commerce, est le suivant: Geschäftliche Tätigkeiten, welche mit Immobilien im Zusammenhang stehen, wie Beratung, Vermittlung, Kauf und Verkauf, Beteiligung an Gesellschaften mit ähnlichem Zweck, Bauförderung und -beteiligung sowie andere artverwandte Tätigkeiten; vollständige Zweckumschreibung gemäss Statuten. Dans ses plaquettes commerciales, A.________ SA apparaît comme une société immobilière et de finance; elle définit ses activités comme du conseil en vue de trouver des solutions énergétiques durables et rentables, en procédant notamment à un arbitrage entre fournisseurs (cf. prospectus p. 1 et 2 joint en copie). Au lieu de vendre des produits ou une installation, A.________ SA propose un concept financier, énergétique et écologique global pour un investissement vert dans la durée (cf. prospectus p. 7). Selon l'arrêt attaqué, la recourante a transmis initialement un projet portant sur l'installation et l'exploitation pendant trente ans au minimum d'une centrale photovoltaïque, qui faisait appel à des investisseurs pour le financement et à des sous-traitants pour la fourniture et l'installation technique. Le 19 mars 2010, A.________ SA a transmis aux Services industriels et à B.________ SA une proposition de réalisation de la centrale; selon cette proposition qui figure au dossier, l'installation serait du ressort de la recourante avec ses prestataires usuels et les modes de collaboration de A.________ SA avec ses partenaires devraient être respectés. La proposition s'est ensuite réduite à la seule réalisation du projet d'installation de la centrale, mais sans que l'on puisse en déduire que A.________ SA ne ferait pas appel à ses fournisseurs et sous-traitants usuels. Force est ainsi de constater qu'en l'état, le dossier ne permet pas d'établir que A.________ SA était en mesure d'offrir elle-même au moins l'une des prestations caractéristiques du contrat. Sur la base des seuls éléments figurant au dossier, il apparaît au contraire que la recourante entendait faire appel à des partenaires pour l'ensemble des prestations faisant l'objet du contrat litigieux. En conclusion, ni la motivation du recours, ni les éléments à disposition du Tribunal fédéral ne permettent de considérer que A.________ SA aurait été en mesure de formuler une offre correspondant à celle faite par C.________. La recourante n'apparaît ainsi pas comme un soumissionnaire potentiel direct disposant d'un intérêt digne de protection au sens de l'art. 89 al. 1 LTF lui permettant de recourir pour se plaindre de la non-application de la procédure en matière de marché public. Le recours, considéré comme un recours en matière de droit public, est donc irrecevable.