Citation: U 432/05 21.03.2006 E. A

F.________, né en 1955, travaillait comme maçon pour le compte de «X.________ SA». A ce titre, il était assuré contre les accidents par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Seul à son domicile le 13 mai 2001, il a absorbé une dose importante de médicaments, perdu connaissance et heurté le sol avec sa tête. Le lendemain, il s'est rendu à son travail normalement, puis a abandonné son poste en début d'après-midi, sans justification. Son contrat a été résilié avec effet immédiat. Les événements du 13 mai 2001 n'ont été portés à la connaissance de la CNA qu'en date du 19 novembre 2001. L'employeur, informé peu de temps auparavant, en ignorait totalement les circonstances. En cours d'instruction, l'assureur-accidents a recueilli les déclarations de l'intéressé séjournant dans une clinique psychiatrique. Celui-ci a notamment reconnu avoir voulu en finir avec la vie. Cette version des faits a également été rapportée au docteur A.________, site du Samaritain de l'Hôpital Y.________, qui a constaté un traumatisme crânien simple, conséquence de l'accident, ayant entraîné une paralysie de l'hémiface gauche (rapport du 20 novembre 2001). Notant la persistance d'idées suicidaires, les doctoresses V.________ et K.________, clinique psychiatrique de Z.________, ont diagnostiqué un trouble psychotique aigu polymorphe avec symptômes schizophréniques (F 23.1 CIM-10), ainsi que des troubles mentaux et du comportement liés à la consommation d'opiacés, actuellement abstinent (F 11.20 CIM-10; rapport du 21 mars 2002). Dans un rapport du 23 avril 2002, le docteur R.________, neurochirurgien FMH, a fait état des résultats d'investigations menées par les docteurs L.________, service de radiologie de l'Hôpital W.________ (IRM du 20 juin 2001; absence de séquelles post-traumatiques) et C.________, neurochirurgien FMH (EMG du 17 octobre 2001; neuropathie sensitive trigéminale gauche fruste d'origine idiopathique). Par décision du 30 avril 2002, la CNA a dénié à l'assuré le droit à des prestations d'assurance, l'atteinte à la santé ayant été provoquée de manière intentionnelle. L'intéressé s'est opposé à cette décision dans la mesure où la question de la capacité de discernement n'avait pas été abordée. Le docteur G.________, psychiatre FMH, membre de l'équipe médicale de la médecine des accidents de la CNA, a considéré que l'analyse du dossier permettait de nier, au degré de la vraisemblance prépondérante, une totale incapacité de discernement de F.________ au moment des faits; il suggérait toutefois la mise en oeuvre d'une expertise pour élucider ce point de manière satisfaisante (appréciation médicale du 8 octobre 2002). Le rapport du 29 octobre 2002 des doctoresses Q.________ et S.________, clinique psychiatrique de Z.________, n'apportant aucun élément sur ce point, l'assureur-accidents a mandaté le département universitaire vaudois de psychiatrie adulte, afin qu'il procède à une expertise. Il ressort du rapport établi le 20 février 2004 par les docteurs E.________ et D.________, ainsi que par la psychologue I.________, qu'au moment des événements, la capacité de l'assuré à agir raisonnablement n'était pas totalement abolie, en dépit d'une symptomatologie complexe pouvant s'inscrire dans le contexte de manifestations prodromiques de la schizophrénie, de la consommation de substances psycho-actives et d'une éventuelle atteinte aux facultés intellectuelles. Par décision du 8 juin 2004, la CNA a rejeté l'opposition de l'intéressé.