Citation: 1P.532/2000 19.09.2000 E. 4

4.- Le recourant reproche à l'autorité intimée d'avoir retenu à tort qu'il présentait un risque de fuite propre à justifier son maintien en détention préventive. a) Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne doit pas s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit et ses contacts avec l'étranger (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). b) En l'espèce, le recourant est inculpé d'infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants. S'il devait être reconnu coupable de ce chef d'accusation, il serait passible d'une peine d'emprisonnement nettement supérieure à la détention subie, dont il n'y a pas lieu d'examiner si elle pourrait être assortie du sursis (ATF 125 I 60 consid. 3d p. 62 et l'arrêt cité); sur le plan personnel, O.________ ne peut se prévaloir d'aucun lien avec la Suisse; il n'exerce aucune activité lucrative et n'a pas de ressources propres autres que celles qu'il perçoit en tant que requérant d'asile; il n'entretient aucune relation affective solide déclarée. Il a par ailleurs nié toute infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants, malgré les indices à charge existant contre lui. L'autorité cantonale pouvait sans arbitraire déduire de ces circonstances un risque concret que le recourant se soustraie à la justice, indépendamment de la gravité des faits qui se sont produits dans son pays d'origine et qui ont motivé sa demande d'asile. Sur ce point, le recourant se plaint à tort d'un traitement discriminatoire par rapport à K.________. L'autorité intimée pouvait en effet voir dans l'attitude qualifiée d'exemplaire de ce dernier envers les autorités judiciaires et policières un élément propre à écarter le risque que celui-ci ne se soustraie par la fuite à une éventuelle convocation sans violer le droit du recourant à l'égalité de traitement. D'ailleurs, même à supposer que K.________ ait été remis en liberté à tort, le recourant ne pourrait s'en prévaloir, car la loi a été correctement appliquée à son cas (cf. ATF 124 IV 44 consid. 2; 122 II 446 consid. 4a p. 451).