Citation: 1P.287/2001 02.07.2001 E. 2

2.- Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, le recourant voit une atteinte injustifiée à son droit d'être entendu dans le refus non motivé de la Cour d'appel de procéder à son audition et à celle de son épouse. Il ne se plaint pas sur ce point de la violation du droit cantonal de procédure, de sorte que le mérite de son grief doit être examiné au regard des garanties minimales déduites directement de l'art. 29 al. 2 Cst. , dont le Tribunal fédéral examine librement si elles ont été observées (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). a) Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit de faire administrer les moyens de preuves pour autant que celles-ci soient requises dans les formes prévues par le droit cantonal et qu'elles soient utiles à l'établissement des faits pertinents. Le juge peut ainsi renoncer à procéder à des mesures d'instruction lorsqu'il parvient à la conclusion qu'elles ne sont pas décisives pour la solution du litige ou qu'elles ne pourraient pas l'amener à modifier son opinion. Ce refus d'instruire ne viole le droit d'être entendu des parties que si l'appréciation anticipée de la pertinence du moyen de preuve offert à laquelle le juge a ainsi procédé est entachée d'arbitraire (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242 et les arrêts cités). b) Selon le recourant, les mesures d'instruction requises devaient lui permettre de démontrer la gravité des troubles de santé occasionnés par les procédures pénales. La jurisprudence pose toutefois des exigences strictes quant à l'importance du dommage et sa relation de causalité avec la procédure pénale (ATF 118 IV 420 consid. 2b p. 423; 117 IV 209 consid. 4b p. 218; 108 IV 202 consid. 2b in fine p. 203; 107 IV 155 consid. 5 p. 157; 84 IV 44 consid. 2c et d p. 47). L'autorité intimée pouvait à juste titre admettre que seul un rapport médical, accompagné des factures correspondantes, était de nature à établir la réalité des troubles de santé allégués, ainsi que des frais médicaux consentis pour les soigner, et leur lien de causalité avec les procédures pénales ouvertes contre R.________. Aussi, en l'absence de ces documents, elle n'a pas violé le droit d'être entendu du recourant en tenant l'audition de ce dernier et celle de son épouse pour inutiles et en refusant de donner suite à ces mesures d'instruction. De ce point de vue, le recours est mal fondé.