Citation: 1P.416/2000 03.10.2000 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 126 I 207 consid. 1 p. 209 et les arrêts cités). a) La voie du recours de droit public pour violation de droits constitutionnels des citoyens (art. 84 ss OJ) est ouverte, l'arrêt attaqué étant une décision finale rendue en dernière instance cantonale (art. 86 et 87 OJ). En tant que propriétaire de terrains inclus dans le périmètre d'un remaniement parcellaire dont il conteste le résultat, A.________ a manifestement qualité pour recourir au sens de l'art. 88 OJ. L'acte de recours a en outre été déposé en temps utile (art. 89 al. 1 OJ). Il y a lieu d'entrer en matière. b) Les intimés mettent en doute le fait que le recourant ait déjà invoqué le grief tiré de la violation du droit à l'égalité de traitement par rapport à la répartition des parcelles au lieu-dit "En Meilloret", sans toutefois prendre de conclusions en irrecevabilité à cet égard. Selon la jurisprudence, lorsque les arguments développés dans l'acte de recours reposent sur des éléments de fait qui n'ont pas été invoqués en procédure cantonale, ils sont en principe irrecevables (ATF 123 I 87 consid. 2b et 2d p. 89; 120 Ia 19 consid. 2c p. 25/26). Il en va de même des griefs articulés pour la première fois en instance fédérale (ATF 126 I 194 consid. 3b p. 196; 118 Ia 110 consid. 3 p. 111; 116 Ia 73 consid. 1b p. 74). La jurisprudence déroge à cette règle lorsque l'autorité cantonale de dernière instance disposait d'un libre pouvoir d'examen et devait appliquer le droit d'office. Cette exception vaut pour tous les griefs qui ne se confondent pas avec l'arbitraire à la condition que le comportement du recourant ne soit pas contraire à la bonne foi (ATF 119 Ia 88 consid. 1a p. 90 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral admet en outre la recevabilité de nouveaux moyens de droit dans un recours de droit public pour arbitraire, lorsque celui-ci porte sur un point de droit évoqué pour la première fois et de manière imprévisible dans la décision de dernière instance cantonale (ATF 113 Ia 336 consid. 2c p. 339). En l'occurrence, A.________ dénonçait, dans son mémoire de recours au Tribunal administratif, une différence de traitement injustifiée par rapport aux autres exploitants du Syndicat d'améliorations foncières de Grandcour-Forel se trouvant dans une situation semblable; par cette formulation générale, on peut admettre qu'il entendait aussi se plaindre d'une inégalité de traitement par rapport aux propriétaires de biens-fonds sis au lieu-dit "En Meilloret", même s'il ne se référait pas expressément à ce secteur contigu à celui dans lequel il s'est vu attribuer la parcelle n° 1590. Le recours de droit public est donc pleinement recevable.