Citation: 6B_688/2014 E. 13.5.2

13.5.2. Le recourant soutient que MUS n'aurait subi aucun dommage dès lors que le prêt aurait été remboursé avec les intérêts et que, dans les comptes de MUS, l'actif sous la forme de la participation dans DDD.________ n'aurait pas diminué (celui-ci ayant été inscrit à la suite du paiement de 150 mio USD de MUS à DDD.________). MUS n'aurait ainsi subi aucune perte comptable. La vision purement comptable du recourant doit être écartée. Que la perte réelle ait réussi à être dissimulée dans les comptes n'empêche pas que MUS a réellement subi un dommage. MUS a versé 2'514'000'000 CZK à D.________ dont 2'066'436'419 CZK ont été utilisées pour acheter des actions MUS, au travers de différentes sociétés-écrans, pour finalement profiter à W.________, X.________, Y.________, A.________ et au recourant, sans contre-partie pour MUS. S'il est certes exact que D.________ a versé à MUS, entre le 21 avril 1999 et le 30 août 2000, 2'343'829'703 CZK, il ressort du jugement attaqué que ce montant provenait exclusivement de MUS, plus spécifiquement d'un détournement de 150 mio USD commis à son préjudice au profit des mêmes personnes susnommées (cf. infra consid. 24 à 26). Dès lors, au-delà des inscriptions comptables, MUS n'a pas été remboursée du montant de 2'066'436'419 CZK puisque les fonds qui ont permis d'effacer comptablement la dette de D.________ provenaient des deniers de MUS. C'est en ce sens qu'il convient de comprendre la constatation du TPF, qui n'apparaît donc pas contradictoire, selon laquelle MUS n'a pas été remboursée, malgré les versements effectués. En outre, on relèvera que le TPF a, dans le cadre de l'examen du dommage en relation avec le détournement de 150 mio USD, constaté que le dommage n'était que temporaire s'agissant du montant de 2'343'829'703 CZK (valeur 63'751'700 USD) celui-ci étant revenu sur ses comptes bancaires en relation avec le remboursement du prêt en faveur de D.________. Ainsi, contrairement à ce qu'affirme le recourant, le TPF n'a pas procédé à une double incrimination s'agissant de ce montant. C'est donc sans arbitraire que le TPF a estimé que MUS avait subi un dommage consistant en la perte définitive de 2'066'436'419 CZK en relation avec le contrat du 2 janvier 1997.