Citation: 5A_246/2020 E. 7.2

7.2. La recourante ne s'en prend pas à la motivation de la Cour de justice, qui a constaté que les conditions posées par les art. 725 al. 2 et 725a al. 1 CO n'étaient pas réalisées faute de production des bilans intermédiaires ainsi que du rapport de vérification de l'organe de révision. La recevabilité du grief apparaît dès lors douteuse (cf. supra consid. 2.1). Quoi qu'il en soit, la motivation de l'arrêt entrepris ne prête pas le flanc à la critique. Le juge doit en effet s'assurer que le surendettement de la société est vraisemblable. A cette fin, il se basera en règle générale sur le double bilan intermédiaire, établi avec l'estimation des actifs tant à leur valeur d'exploitation qu'à leur valeur de liquidation, ainsi que sur le rapport de vérification de l'organe de révision, qui accompagnent en principe l'avis de surendettement (arrêt 5A_867/2015 du 11 décembre 2015 consid. 5.1.1 et la doctrine citée, publié in BlSchK 2018 p. 145). Toutefois, lorsqu'aucun ajournement n'est demandé, le juge peut renoncer à l'exigence de la révision du bilan intermédiaire, le but de la révision d'éviter que ledit bilan soit trop optimiste n'étant pas opérant dans cette hypothèse et cette exigence ne devant pas constituer un obstacle formel au détriment des créanciers (arrêt 5A_625/2015 du 18 janvier 2016 consid. 3.5 et les références). Ainsi, si elle pouvait a priori se passer du rapport de vérification de l'organe de révision, la recourante devait en revanche à tout le moins produire le double bilan intermédiaire susvisé. Or elle ne prétend pas qu'elle l'aurait fait, respectivement que la Cour de justice aurait arbitrairement omis de constater qu'un tel double bilan figurait au dossier. S'il est vrai que selon certains auteurs, le principe de la protection du public et des créanciers de la société permet au juge de tenir compte d'autres pièces ou d'autres moyens de preuve établissant que la société est effectivement surendettée (HENRY PETER/FRANCESCA CAVADINI, in Commentaire romand, CO II, 2ème éd. 2017, n° 45 ad art. 725 CO et les références; HENRY PETER/EMMANUEL GENEQUAND/FRANCESCA CAVADINI, in Commentaire romand, CO II, 2ème éd. 2017, n° 23 ad art. 728c CO), force est de constater que la lettre du réviseur (en anglais) versée au dossier apparaît insuffisante pour établir le surendettement, ce d'autant que, selon les constatations de l'arrêt querellé non remises en cause par la recourante (cf. supra consid. 2.2), celui-ci ne ressort pas du bilan non révisé au 31 décembre 2019 produit à l'appui de la requête de faillite. La critique tombe à faux.