Citation: 7B_883/2023 E. 2.4

2.4. Par ailleurs, la recourante ne saurait être suivie lorsqu'elle affirme qu'il n'existait aucun risque de récidive qualifié. Si l'évaluation criminologique du 7 juillet 2022 retenait certes un risque de récidive modéré à faible, le Service de probation et d'insertion qui l'a émise se plaçait alors dans un contexte d'abstinence à l'alcool et aux toxiques. Quant aux médecins du SMI, qui ont effectivement indiqué dans leurs rapport de 2023 que - pour l'instant - la recourante n'avait pas eu de comportements hétéro-agressifs, ils ont néanmoins souligné leur crainte de la survenance d'incidents sérieux, en milieu ouvert, en raison de l'accès aux toxiques et à l'alcool. Il faut ainsi admettre avec la cour cantonale que ces constats rejoignaient ceux des experts psychiatres émis en 2014 et 2016. Ceux-ci avaient retenu un risque de passage à l'acte renforcé dans des états d'intoxication aigus (cf. let. B.b.a supra) et un risque de récidive élevé en raison de l'association du trouble de la personnalité dont souffrait la recourante et de la dépendance à l'alcool (cf. let. B.b.b supra). Vu la consommation de toxiques et celle d'alcool quasi-quotidienne constatées en mars 2023, lorsque la recourante était placée en milieu ouvert, la juridiction cantonale était fondée à retenir un risque de récidive qualifié, justifiant le placement dans un établissement fermé. Compte tenu des biens juridiques menacés, à savoir l'intégrité corporelle, voire la vie, la mesure respecte par ailleurs le principe de la proportionnalité (cf. consid. 2.2.3 supra). Pour le surplus, en se contentant d'affirmer, à la fin de son argumentation relative au principe de la proportionnalité, que son placement en milieu fermé "serait de nature à engager la responsabilité de l'Etat car cela constitue un traitement inhumain et dégradant contraire à l'art. 3 CEDH, comme l'a reconnu la Cour EDH dans l'arrêt W.A. c. Suisse", la recourante ne formule pas de grief conforme aux exigences de motivation prévues aux art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF. En tout état de cause, il sied de préciser que l'arrêt de la CourEDH W.A. c. Suisse du 2 novembre 2021 (requête n° 38958/16) auquel elle se réfère n'interdit pas, sur le principe, le placement en établissement pénitentiaire fermé d'un détenu atteint de troubles mentaux (cf. consid. 3.2 infra).