Citation: 5A_844/2017 E. 5.3.3

5.3.3. Le recourant critique ensuite le fait que la cour cantonale a combiné une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine et une curatelle de coopération portant sur les mêmes cercles de tâches. Or, comme la curatelle de représentation ne porte en l'espèce pas uniquement sur la gestion des revenus et de la fortune du recourant mais couvre des tâches plus larges, tels les rapports avec les tiers, la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine et la curatelle de coopération ne se recoupent que partiellement. Une telle configuration est possible. Elle se justifie d'autant lorsque, comme en l'espèce, la personne concernée est en mesure d'accomplir certains actes, comme elle le ferait dans le cadre d'une curatelle de coopération, mais qu'elle risque de le faire de manière inappropriée et contraire à ses intérêts, de sorte qu'elle a besoin d'être représentée pour ce faire. Une telle combinaison de curatelles permettra en effet de protéger la personne concernée tout en évitant l'instauration d'une curatelle de représentation avec limitation de l'exercice des droits civils au sens de l'art. 394 al. 2 CC et constitue de ce fait une mesure moins incisive respectant le principe de la proportionnalité (cf. HENKEL, op. cit., n° 11 ad art. 397 CC). A titre d'exemple, une telle combinaison de curatelles permettra à la personne concernée d'utiliser sa compétence parallèle à celle du curateur pour faire, avec l'accord de ce dernier, une donation importante, ce qui lui serait impossible dans le cadre d'une curatelle de représentation avec limitation de l'exercice des droits civils au sens de l'art. 394 al. 2 CC, en raison de l'interdiction de l'art. 412 al. 2 CC. Compte tenu de ce qui précède, il apparaît que la combinaison des curatelles de représentation avec gestion du patrimoine et de coopération telle qu'instituée en l'espèce est justifiée puisqu'elle permet à la fois au curateur de représenter le recourant lorsqu'une intervention est nécessaire et que ce dernier ne donne pas suite à ses requêtes et au recourant de continuer à s'investir dans ses affaires, d'entamer des discussions et même de prendre des décisions qui devront toutefois être ratifiées par son curateur. Le grief doit en conséquence être rejeté. Au demeurant, l'art. 398 al. 2 CC prévoit expressément que la curatelle de portée générale couvre tous les domaines de l'assistance personnelle, de la gestion du patrimoine et des rapports juridiques avec les tiers alors que la présente combinaison de curatelles ne porte pas sur l'intégralité des cercles de tâches possibles puisque la curatelle de coopération ne porte que sur la gestion des revenus et de la fortune du recourant ainsi que sur la possibilité de plaider et transiger, à l'exclusion de l'assistance personnelle pour laquelle le recourant dispose encore du plein exercice de ses droits civils. Le recourant soutient certes que, dès que la gestion de l'ensemble du patrimoine d'une personne et sa représentation pour l'ensemble de ses affaires patrimoniales sont confiées à un curateur, la mesure devrait être qualifiée de curatelle de portée générale. Il ne saurait toutefois se substituer au législateur et redéfinir la notion de curatelle de portée générale, ses contours et les domaines qu'elle touche, de sorte que son grief ne peut qu'être écarté. Il n'y a dès lors pas lieu d'examiner plus avant le reste de son argumentation sur ce point en tant que le recourant y expose les motifs pour lesquels il estime ne pouvoir être mis au bénéfice d'une curatelle de portée générale.