Citation: 2A.377/2001 01.10.2001 E. 1

b) En l'occurrence, il ne fait pas de doute que le motif d'expulsion au sens de l'art. 10 al. 1 lettre a LSEE est réalisé, puisque le recourant a commis, entre 1996 et 2000, plusieurs délits et crimes (notamment vols en bande et par métier) pour lesquels il a été condamné en tout à plus de quatre ans de détention. Vu le nombre élevé d'infractions commises, la faute du recourant peut être qualifiée de grave. A cela s'ajoute qu'il existe un risque de récidive sérieux, eu égard aux mauvais antécédents pénaux de l'intéressé; celui-ci n'a d'ailleurs pas hésité à reprendre son activité délictueuse immédiatement après sa libération conditionnelle intervenue en février 2000. D'un autre côté, il est vrai que le recourant, âgé aujourd'hui de vingt-sept ans, séjourne en Suisse depuis 1985, soit depuis seize ans. Cette circonstance doit cependant être relativisée, étant donné que le recourant, célibataire et sans enfant, n'a pas réussi à s'y créer des liens profonds. Il n'a en tout cas pas été capable de s'insérer professionnellement en Suisse pour y construire une vie honnête. Tout bien considéré, si l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse est important, il ne saurait cependant l'emporter sur l'intérêt public à éloigner de Suisse le recourant qui est un délinquant récidiviste et qui représente indéniablement une grave menace pour la sécurité et l'ordre publics. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, la mesure incriminée respecte le principe de la proportionnalité, d'autant que le recourant ne devrait pas rencontrer de difficultés majeures à se réadapter dans son pays d'origine où il a passé les onze premières années de sa vie. c) A noter que la décision attaquée n'apparaît pas non plus disproportionnée sous l'angle de l'art. 8 CEDH, si tant est que le recourant, majeur, puisse se prévaloir de cette disposition conventionnelle vis-à-vis de ses parents établis en Suisse. En effet, l'éventuelle atteinte au respect de sa vie familiale que constitue la présente mesure d'expulsion administrative serait de toute manière compatible avec l'art. 8 par. 2 CEDH en tant que cette ingérence est nécessaire à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales. d) Enfin, le recourant ne saurait, de bonne foi, reprocher à l'autorité intimée d'avoir violé son droit d'être entendu en ne procédant pas à son interrogatoire. Bien que dûment convoqué par l'intermédiaire de son avocat à l'audience du 26 juin 2001, le recourant a renoncé à comparaître personnellement. Il s'est toutefois fait représenter par son conseil, qui a pu s'exprimer librement. Il ressort du procès-verbal de ladite audience que l'avocat du recourant a expliqué l'absence de son client par le fait qu'il était incarcéré, mais n'a pas requis l'audition personnelle de celui-ci. De toute manière, l'autorité intimée pouvait, par une appréciation anticipée des preuves échappant à l'arbitraire, renoncer à entendre oralement le recourant, étant donné que, sur le vu des pièces du dossier, elle était suffisamment renseignée sur tous les faits pertinents de la cause. A noter que le recourant ne peut rien déduire de l'art. 6 CEDH qui n'est pas applicable en matière de police des étrangers.