Citation: 4A_185/2007 20.09.2007 E. A

A.a A.M.________ a fondé en 1933, dans la ville V.________, une entreprise individuelle ayant pour but la serrurerie et la mise sur pied d'un service spécialisé pour l'ouverture de serrures. A compter de 1991, c'est son fils Z.M.________ qui en assure l'exploitation, sous la raison sociale « SOS Service Ouverture Serrures M.________ ». Depuis des décennies, l'enseigne de l'entreprise est constituée par les lettres « SOS » peintes en rouge sur la vitrine du lieu d'exploitation, suivie des mots « Service d'ouverture de serrures »; sur les véhicules de ladite entreprise, les grandes lettres rouges « SOS » se détachent nettement du fond blanc de la carrosserie. Les 26 novembre 1993 et 14 juin 1996, A.M.________ a obtenu auprès de l'Office fédéral de la propriété intellectuelle, pour les classifications et activités ayant trait à la serrurerie (domaines d'activité 6, 7 et 42), l'enregistrement de deux marques figuratives, soit « SOS » en lettres rouges avec une clef bleue dans le « O » et « SOS » non munie de la clé dans le « O »; A.M.________ a aussi obtenu la mention d'une priorité découlant d'un usage de la marque depuis 1933. A la suite d'une action - fondée notamment sur la loi fédérale sur la protection des marques (LPM; RS 232.11) et la loi fédérale contre la concurrence déloyale (LCD; RS 241) - ouverte en octobre 1996 par A.M.________ contre B.________, lequel exploitait une serrurerie dans la ville V.________ à l'enseigne « S.O.S Serruriers », la Cour de justice du canton de Genève, par arrêt du 23 mai 1997 devenu définitif, a ordonné à ce dernier de ne plus utiliser les sigles « SOS » ou « S.O.S », aux motifs qu'un risque de confusion existait avec l'entreprise de A.M.________ et que B.________, par l'usage d'un écusson rouge et jaune comportant deux clés en diagonale dessinées à l'ancienne, donnait des indications inexactes sur son entreprise, dont l'activité paraissait officielle. B.________ avait confié son service d'ouverture et de réparation de serrures à son employé d'alors C.________. Ce dernier est lui-même titulaire depuis le 9 janvier 1995 de la raison individuelle « C.________ » ayant pour but les travaux de serrurerie à domicile et le dépannage. A.b Y.________ SA (ci-après: Y.________), sise à V.________, a pour but le commerce, l'importation, l'exportation, le financement et la représentation de toutes marchandises et produits. Elle est gérée par X.________ et un tiers. Il a été retenu que Y.________, par l'entremise de X.________, se chargeait de la comptabilité de la serrurerie exploitée par C.________, qu'elle possédait toutes les pièces comptables de cette entreprise et qu'elle s'occupait du contentieux et du recouvrement des factures de la serrurerie; les rappels et les actes de poursuite en relation avec celle-ci étaient ainsi signés par X.________ au nom de « SOS Serruriers Y.________ SA ». Les factures de la serrurerie comportaient, en gras et sur trois lignes, l'en-tête « SOS (ou SDS), Serruriers, Serruriers à domicile » muni d'écussons similaires aux armoiries de la ville V.________. X.________ payait certains frais de la serrurerie, notamment les factures relatives à la publicité dans les journaux. Y.________ avait ouvert un compte bancaire à son nom sous la rubrique « SOS Serrurier ». Elle avait enfin pris en leasing en octobre 1997 les camionnettes utilisées par C.________ dans le cadre de son activité, lesquelles étaient immatriculées au nom de Y.________. Il résulte des enquêtes que les époux N.________ ont adressé le 12 mars 1998 un courrier à Y.________, à l'attention de C.________, dans lequel ils ont expliqué s'être adressés en janvier 1998 à la serrurerie de C.________, croyant, en raison d'une publicité comportant le sigle « SOS », que le prénommé était l'associé ou le successeur de A.M.________; ils s'estimaient leurrés à cet égard. Les 30 mars et 20 avril 1998, A.M.________ a déposé plainte pénale contre inconnu devant les autorités genevoises, en indiquant qu'une camionnette, immatriculée au nom de Y.________, circulait en ville de V.________ avec l'inscription « S.O.S Serruriers » et un numéro de téléphone dont l'abonné était C.________. A.M.________ a produit, d'une part, des annonces parues dans la presse et une carte de visite, qui contenaient l'inscription en question avec un écusson imitant les armoiries de la ville V.________, d'autre part des extraits de pages internet renfermant des indications analogues. Il a encore expliqué qu'un second véhicule roulait à V.________ avec les lettres « S.O.S Serruriers », ainsi que le sigle « ® » attestant l'enregistrement d'une marque. C.________ a fait l'objet d'une inculpation, le 25 juin 1998, pour violation de la LPM et de la LCD. Entendu par le juge d'instruction le 5 juin 1998, X.________ a déclaré, sous la foi du serment, que Y.________ avait repris une entreprise de serrurerie à fin 1997 et qu'il gérait la partie « serrurerie » de la société susnommée, pour le compte de C.________.