Citation: 1C_114/2023 E. 3.3

3.3. Selon les constatations de l'arrêt cantonal, les parcelles n os 4'712 et 5'046 se situent dans un terrain en forte pente, à proximité de la forêt. Sur la base de la vision locale, la cour cantonale a retenu que ces parcelles se situent à la périphérie de la zone bâtie sise en aval et qu'elles se trouvent clairement en amont de cette zone, dans un secteur de transition entre ce secteur bâti et la forêt. La cour cantonale a en outre constaté que ces parcelles se trouvent dans un secteur qui présente d'incontestables qualités paysagères. Sur ce point, la cour cantonale a souligné que, a priori, la protection des qualités paysagères du site pourrait justifier de rendre ce secteur inconstructible, ce d'autant plus que les accès à ces parcelles sont relativement malaisés spécialement à la mauvaise saison. Avec les recourantes, il y a lieu d'admettre que l'argument lié à la qualité paysagère du site n'est pas des plus convaincants dès lors que la parcelle litigieuse n° 5'046 est déjà partiellement construite ("chalet de week-end" de 38 m2 et annexe de 18 m2, pour une superficie de 1'446 m2), que l'autre parcelle litigieuse n° 4'712 - certes non bâtie (2'547 m2) - se trouve à côté de la parcelle n° 4'711 à construire (des travaux de terrassement et de renforcement du terrain avaient déjà été réalisés au jour de l'inspection locale du 12 octobre 2022) et que, enfin, une ligne à haute tension est située au nord de ces parcelles. Quoi qu'il en soit, outre la protection du paysage (art. 1 al. 2 let. a et 3 al. 2 LAT), figurent également, parmi les buts et principes d'aménagement du territoire, l'orientation du développement de l'urbanisation vers l'intérieur du milieu bâti (art. 1 al. 2 let. abis LAT), la création d'un milieu bâti compact (art. 1 al. 2 let. b LAT) ou la prise de mesures propres à assurer une meilleure utilisation dans les zones à bâtir des possibilités de densification des surfaces de l'habitat (art. 3 al. 3 let. abis LAT). Or, au vu de la configuration des lieux, il n'apparaît pas d'emblée que les deux parcelles litigieuses ne pourront pas être concernées par un remaniement de la zone à bâtir, en particulier au regard des règles sur la densification vers l'intérieur (cf. art. 1 al. 2 let. abis et 3 al. 3 let. abis LAT). En effet, ces deux parcelles sont situées en bordure de la zone bâtie, dans un secteur de transition, à forte déclivité, entre le secteur bâti et la forêt. La parcelle n° 4'712, libre de tout bâtiment, se trouve à la lisière de la forêt. Quant à la parcelle n° 5'046, elle est certes bâtie; il s'agit toutefois d'un ancien petit chalet de week-end avec une petite annexe et la parcelle est entourée sur 3 côtés de bien-fonds non construits formant ainsi un vaste secteur non bâti (à l'exception du chalet de week-end et de l'annexe) à proximité immédiate de la forêt. S'ajoute à ces éléments, le fait que, selon les constatations du Tribunal cantonal dont il n'y a pas lieu de s'écarter, les accès aux parcelles litigieuses sont malaisés, notamment à la mauvaise saison. Enfin, indépendamment du motif lié à la protection du paysage, on ne peut pas exclure l'existence d'un certain intérêt à maintenir une aire de transition entre le secteur bâti et la forêt. En l'occurrence, les recourantes ne parviennent pas à démontrer en quoi la situation ou les caractéristiques de leurs parcelles nécessiteraient de les exclure de la zone réservée. Le fait que celles-ci se trouvent dans le périmètre compact de l'agglomération Rivelac, soit dans un secteur qui n'est pas considéré comme surdimensionné, n'est pas décisif. Les parcelles se trouvent en effet à la limite de ce périmètre et la cour cantonale a souligné qu'il existe manifestement sur le territoire communal des secteurs mieux situés (notamment les secteurs centraux sis à proximité des gares de Blonay et de Saint-Légier) pour accueillir la densification voulue qui peut intervenir dans le périmètre compact d'agglomération. Quant à l'existence de constructions sur la parcelle n° 5'046, elle n'empêche pas son inclusion à la zone réservée (cf. arrêts 1C_576/2020 du 1er avril 2021 consid. 4.4.3 et 4.4.4; 1C_57/2020 du 3 février 2021 consid. 3.2; 1C_16/2019 du 18 octobre 2019 consid. 4.4). Les recourantes font par ailleurs grief en vain à l'instance précédente d'avoir renoncé à examiner si leurs parcelles faisaient ou non partie du territoire urbanisé. En effet, à ce stade, il suffit de constater que, au vu de la configuration des lieux, un changement d'affectation des parcelles en question n'apparaît pas d'emblée exclu. Les réflexions sur l'affectation définitive de ces parcelles devront être menées séparément, dans le cadre de la révision du plan général d'affectation. La zone réservée en question permet ainsi de garantir aux autorités de planification la marge de manoeuvre suffisante pour l'établissement d'un plan conforme à la LAT. L'appréciation des autorités précédentes doit être confirmée, étant en particulier rappelé que le Tribunal fédéral doit faire preuve d'une certaine retenue dans le cadre de la présente procédure, eu égard à la marge de manoeuvre dont disposent les autorités communales et cantonales lorsqu'il s'agit de délimiter une zone réservée (cf. ATF 113 Ia 444 consid. 4b/ba; arrêts 1C_410/2022 du 4 décembre 2023 consid. 2.3; 1C_267/2019 du 5 mai 2020 consid. 6.1).