Citation: 6B_97/2018 E. 1.3

1.3. Le recourant soutient qu'il était arbitraire de retenir que les habits découverts dans le véhicule, le 19 décembre 2012, avaient été volés. Il ressort du rapport d'investigation du 22 mars 2013 que la police n'a pu déterminer où ni quand les effets concernés auraient pu être volés, en dépit des recherches effectuées "auprès des différents magasins identifiés grâce aux étiquettes de vente". L'un des vêtements était par ailleurs muni d'un antivol (pièce 5 du dossier cantonal, p. 4-5). Compte tenu de ces seuls éléments, il était insoutenable, pour la cour cantonale, de retenir que les vêtements découverts avaient été volés, dès lors que l'on ne voit pas - hormis s'agissant du pantalon de ski muni d'un antivol - quels éléments permettraient de retenir qu'une telle infraction eût été commise s'agissant de ces effets de provenances diverses. C'est également de manière insoutenable que l'autorité précédente a retenu une "implication" du recourant dans le recel. En effet, la cour cantonale a, dans son appréciation des preuves, évoqué divers éléments qui l'amenaient à considérer que les déclarations du recourant n'étaient pas crédibles. On comprend ensuite de sa motivation qu'elle a écarté les explications du recourant au profit des récits, par ailleurs divergents, de B.________ et de A.________. Entendu le 20 décembre 2012, B.________ a livré le récit suivant à la police (PV d'audition 1, p. 3) : "Nous sommes partis les trois de D.________, vers 1100 et nous nous sommes rendus à H.________. Là-bas, nous avons fait les achats que vous avez retrouvés dans notre véhicule, soit des vestes, des pantalons, des couteaux suisses, des chemises, etc. Vous me dites qu'il y a pour au moins CHF 3'000.- d'équipement. Je vous réponds que nous n'avons pas acheté cela en magasin, mais auprès d'un autre mongol, qui habite à H.________. Il nous a vendu tout cela à moitié prix, soit pour CHF 1'200.-. Je n'ai pas de quittance pour ces achats. L'argent provient de mon travail au noir. Je pensais envoyer ces vêtements en Mongolie, car il y fait très froid. Vous me demandez des précisions sur ce compatriote, je ne peux pas vous en donner. Je ne le connais pas. Vous me dites qu'un anti-vol est encore fixé sur un des pantalons de ski, je vous réponds que je n'en sais rien. J'imagine bien que ces affaires ont dû être volées, mais je n'ai pas les moyens d'en acheter au prix fort, en magasin. Nous sommes repartis de H.________ vers 1500, nous n'y avons rien fait d'autre que ces achats et boire un café." A.________ a, quant à lui, fait les déclarations suivantes à propos des effets trouvés dans le véhicule (PV d'audition 5, p. 3) : "Nous avons acheté cela hier, vers 1800, à I.________, à côté de l'autoroute, auprès d'un inconnu typé européen. Nous avons payé CHF 1'200.-." Au vu de ces déclarations, on ignore absolument quel rôle a pu jouer le recourant dans l'acquisition des vêtements, de même que si et dans quelle mesure il aurait pu contribuer à cet achat pour le montant de 1'200 fr. retenu, aspects sur lesquels la cour cantonale reste muette. On ne voit pas davantage quels éléments auraient permis à l'autorité précédente de retenir que le recourant savait ou devait présumer que la marchandise aurait été volée, seul B.________ ayant indiqué avoir nourri des soupçons à cet égard. Enfin, on ignore quels moyens de preuves fondent la constatation de la cour cantonale selon laquelle le recourant serait entré "en possession de marchandises volées pour les vendre à [son] profit". En définitive, il était arbitraire de retenir que le recourant avait acheté les habits concernés, tout en sachant que ceux-ci auraient été volés, afin de les revendre. L'établissement des faits et l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale sont insoutenables à cet égard. Le recours doit être admis, le jugement attaqué annulé et la cause renvoyée à l'autorité cantonale afin que celle-ci acquitte le recourant.