Citation: 4A_225/2021 E. 4.1

4.1. La cour cantonale a jugé que le recourant n'avait pas droit à une indemnité pour tort moral, ni à des dommages-intérêts. Contrairement aux premiers juges, elle a nié toute atteinte à la santé de l'employé en raison de l'attitude de l'employeuse. S'agissant des événements de 2004, l'association avait réagi de manière adéquate au rapport délivré par l'employé. Elle avait mis fin aux dysfonctionnements constatés et mis en oeuvre un audit externe. Aucune circonstance ne justifiait que le comité s'écartât des conclusions de l'expert, selon lesquelles il n'était pas judicieux de dénoncer les faits à la justice pénale notamment en raison de leur ancienneté. Certes, l'employé en avait conçu un sentiment d'injustice, estimant que la réaction du comité n'avait pas été à la mesure de la gravité des faits dénoncés, mais rien dans son comportement ne laissait alors présager de la manière dont sa santé allait évoluer, comme en avaient témoigné plusieurs employés (C.________, D.________ et E.________). De 2005 à 2017, soit pendant plus de dix ans, l'activité du recourant paraissait s'être déroulée sans difficulté. L'employé n'avait présenté aucune pathologie particulière ou atteinte à la santé de nature à justifier une interruption de son activité ou dont il se serait plaint auprès de sa hiérarchie. C'est en 2017, lorsque la Ville de X.________ avait ordonné la revue de la comptabilité et de la gouvernance de l'association que l'état de santé du recourant avait périclité, comme en ont témoigné les employés et membres du comité de l'époque (F.________, C.________, G.________, H.________, I.________, J.________). L'employé a très mal vécu cet audit qui, de son point de vue, a réouvert les plaies d'injustice non cicatrisées. La virulence des communications adressées au représentant du contrôle financier, l'acharnement à vouloir ré-ouvrir le dossier des anomalies dénoncées treize ans plus tôt, la défiance affichée tant envers les membres du comité (lequel n'était pourtant plus composé des mêmes personnes) qu'envers la Ville de X.________ témoignent de sa frustration. Cela étant, la dégradation de l'état de santé du recourant n'est pas imputable à l'association, qui est exempte de reproche : le comité a conservé sa confiance à l'employé et l'a assuré que l'audit n'enlevait rien à celle dont il bénéficiait. Certes, le comité savait, depuis juillet 2005, que l'employé avait été atteint dans sa santé en 2002 et en 2003, mais il lui avait expressément demandé de lui communiquer dorénavant en temps et en heure tout nouvel arrêt de travail. Or, de 2005 jusqu'au printemps 2017, l'employé n'a formulé aucune plainte relative à son état de santé. Dans ces conditions, la cour cantonale s'est déclarée bien en peine de discerner quelle mesure le comité aurait pu prendre pour prévenir la dégradation de l'état de santé du recourant. Certes encore, exception faite du président, aucun des membres du comité ne s'est enquis de l'état de santé de l'employé à compter d'août 2017. Cette situation n'était toutefois pas constitutive d'une atteinte à la personnalité. Les conditions d'octroi d'une indemnité pour tort moral (art. 49 CO) n'étaient ainsi pas réalisées. En vertu du même raisonnement, la réparation du préjudice résultant de la différence entre le salaire que l'employé aurait perçu et les indemnités journalières effectivement touchées jusqu'au terme du préavis de résiliation n'avait pas lieu d'être, faute de responsabilité de l'employeuse.