Citation: 4P.293/2004 02.05.2005 E. 1

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 131 I 57 consid. 1; 130 II 65 consid. 1, 321 consid. 1 p. 324, 509 consid. 8.1). 1.1 Le Tribunal fédéral admet que la décision qui met fin à la procédure sur mesures provisionnelles soit considérée comme finale; même si elle devait être qualifiée de décision incidente, il faudrait reconnaître, en raison de sa nature, qu'elle cause un dommage irréparable (cf. ATF 123 I 325 consid. 3c p. 328 s.) ouvrant la voie du recours immédiat (ATF 118 II 369 consid. 1 p. 371; 108 II 69 consid. 1 p. 71; plus récemment arrêt 4C.35/2003 du 3 juin 2003, consid. 1.3.1). Le recours contre l'arrêt du 18 novembre 2004 est par conséquent recevable au regard de l'art. 87 OJ. 1.2 Compte tenu du caractère subsidiaire du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ), il faut encore se demander si les critiques de la recourante relatives à l'application du droit fédéral n'auraient pas dû être soulevées dans le cadre d'un recours en réforme (cf. art. 43 al. 1 OJ). Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, le recours en réforme n'est recevable que contre des décisions finales au sens de l'art. 48 al. 1 OJ. Cette notion est plus restrictive que celle retenue pour le recours de droit public (arrêt 4P.73/2002 du 26 juin 2002, publié in sic! 10/2002 p. 694, consid. 1.4 p. 695 et la référence à Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral, SJ 2000 II p. 1 ss, spéc. p. 6). Selon la jurisprudence, une décision est qualifiée de finale lorsque la juridiction cantonale statue sur le fond d'une prétention ou s'y refuse pour un motif empêchant définitivement que la même prétention soit exercée à nouveau entre les mêmes parties (ATF 127 III 433 consid. 1b/aa, 474 consid. 1a p. 475 s.; 126 III 445 consid. 3b p. 446 s.). Il importe peu que la décision ait été prise en procédure sommaire, à condition notamment qu'elle ait été rendue à l'issue d'une procédure probatoire complète, non limitée à la vraisemblance des faits allégués, et qu'elle se fonde sur une motivation exhaustive en droit, sans qu'une procédure ordinaire demeure réservée (ATF 126 III 445 consid. 3b p. 447; 119 II 241 consid. 2 p. 243). Sous réserve d'exceptions (cf. ATF 126 III 445 consid. 3b), les décisions rendues en matière de mesures provisionnelles ne remplissent pas ces exigences et ne sont pas considérées comme des décisions finales au sens de l'art. 48 al. 1 OJ (cf. ATF 126 III 261 consid. 1). L'arrêt attaqué n'échappe pas à cette règle. Rendu en application des art. 337a et 340b al. 3 CO, il n'exprime que la position des juges quant à l'opportunité d'assurer une protection juridique provisoire à l'intimée pendant le déroulement de la procédure au fond devant la juridiction des prud'hommes, sur la base de la vraisemblance des faits invoqués par celle-ci, sans préjudice du jugement au fond. Il ne s'agissait donc pas d'une décision finale au sens de l'art. 48 al. 1 OJ, de sorte que la voie du recours en réforme n'était pas ouverte en l'espèce. 1.3 La recourante est personnellement touchée par la décision entreprise, qui entrave son activité professionnelle. Elle a ainsi un intérêt personnel, concret et actuel à ce que l'arrêt n'ait pas été adopté en violation de ses droits constitutionnels (art. 84 al. 1 let. a OJ). La qualité pour recourir doit lui être reconnue (art. 88 OJ). 1.4 Au surplus, le recours a été interjeté en temps utile compte tenu des féries (art. 34 al. 1 let. c et 89 al. 1 OJ).