Citation: 4A_10/2022 E. 5.3.1

5.3.1. Dans la première branche du moyen considéré, le recourant fait valoir que le TAS n'est ni indépendant ni impartial d'un point de vue structurel. A son avis, le mode de désignation prévu par l'art. R54 du Code de l'arbitrage en matière de sport, en vertu duquel le Président de la Chambre arbitrale d'appel du TAS ou son suppléant nomme le président de la formation arbitrale, ne garantit pas une apparence suffisante d'impartialité et d'indépendance. Se référant notamment aux considérations émises par deux Juges de la CourEDH dans leur opinion dissidente formulée dans le cadre de l'affaire Mutu et Pechstein contre Suisse (arrêt du 2 octobre 2018), il insiste sur l'influence " troublante " qu'exercent les organisations sportives sur le mécanisme de nomination des arbitres du TAS et sur la désignation du président de la formation arbitrale dans les procédures d'appel. A cet égard, l'intéressé se plaint notamment de la manière " totalement opaque avec laquelle la liste fermée des arbitres du TAS est constituée ". Il soutient en outre que la CourEDH n'a pas analysé la compatibilité du mécanisme de nomination du président de la formation arbitrale dans la procédure d'arbitrage d'appel avec les garanties de l'art. 6 par. 1 CEDH.