Citation: 5A_741/2021 E. 3.1

3.1. Selon le juge précédent, les allégations du demandeur, faites sous la menace de l'art. 306 CP (fausse déclaration en justice), bénéficient, en tant que telles, d'une certaine force probante. Elles sont surtout corroborées par celles de son médecin traitant. Lors de son audition, celui-ci a confirmé que son patient avait souffert d'une dépression à la suite notamment de "l'annonce en janvier 2018" qu'il n'était probablement pas le père de l'enfant. Se référant à ses notes, ce praticien s'est exprimé en des termes éloquents, disant qu'il avait écrit que le mari devait "absolument savoir si sa fille est de lui: j'insiste !!". Au demeurant, l'absence de doute quant à sa paternité est un fait négatif, pour lequel la partie adverse doit, en vertu des règles de la bonne foi, collaborer à l'administration des preuves. Qu'elle échoue à démontrer des circonstances de fait positives qui excluraient le fait négatif peut ainsi être apprécié comme un indice de l'exactitude de la version présentée par l'autre partie. En l'occurrence, la mère de l'enfant a admis avoir toujours dit à son mari que leur fille avait été conçue durant leurs vacances en Espagne et les parties ont confirmé avoir eu des relations intimes à ce moment-là. L'appelante a, de surcroît, expliqué n'avoir "nourri aucun doute sur la paternité" de l'intéressé. En procédure, elle a fermement nié, jusqu'au résultat de l'expertise judiciaire, que l'enfant puisse être adultérin. Le comportement, les allégations et les déclarations de l'appelante sont ainsi autant d'indices de la véracité des dires du demandeur.