Citation: 5D_70/2007 23.01.2008 E. 2

Le Tribunal fédéral examine d'office la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 133 III 629 consid. 2 p. 630 et les arrêts cités). 2.1 Partant de la prémisse - par ailleurs exacte (cf. ATF 133 III 393 consid. 5.1 in fine p. 397; arrêt 5A_9/2007 du 20 avril 2007, consid. 1.2, in: Pra 2007 n° 137) - que les mesures provisoires ordonnées pendant la procédure de divorce (art. 137 al. 2 CC) constituent des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF, la recourante en conclut que le «recours en matière civile n'est dès lors pas recevable [...], seul le recours constitutionnel [étant] ouvert». Une telle déduction est erronée. Le choix entre ces deux voies de droit dépend uniquement de la nature de l'affaire et, si elle est pécuniaire, de la valeur litigieuse (ATF 133 III 446 consid. 3.1 p. 448). Or, dans le cas présent, la décision entreprise a été rendue dans une contestation de nature civile (art. 72 al. 1 LTF; arrêt 5A_9/2007 précité, in: Pra 2007 n° 137 consid. 1.1), dont la valeur litigieuse dépasse le seuil minimal de 30'000 fr. (art. 51 al. 4 et art. 74 al. 1 let. b LTF). 2.2 Il n'y a pas lieu d'examiner, en l'occurrence, si la qualité d'avocat du mandataire de la recourante s'oppose à une conversion du présent recours en un recours en matière civile (cf. sur ce point: ATF 120 II 270 consid. 2 p. 272), ce d'autant que la cognition de la Cour de céans n'en serait pas modifiée (cf. ATF 133 III 462 consid. 2.1 p. 466, au sujet de la conversion d'un recours en matière de droit public en un recours en matière civile). En effet, ce procédé n'entre en ligne de compte que si l'écriture viciée satisfait par ailleurs aux exigences formelles du recours normalement ouvert (ATF 131 III 268 consid. 6 p. 279). Tel n'est pas le cas en l'espèce. 2.2.1 La recourante affirme que le refus de lui allouer une contribution d'entretien procède d'une application arbitraire de l'art. 125 CC. Elle expose que le principe de la solidarité implique que les époux doivent aussi supporter en commun «les autres motifs qui empêcheraient l'un d'eux de pourvoir à son entretien»; or, parmi ces motifs, la juridiction inférieure aurait dû retenir la baisse sensible de son chiffre d'affaires en raison du retentissement de l'affaire pénale relative à son mari. Le Tribunal d'arrondissement a expressément reconnu que les conséquences négatives de l'inculpation et de l'incarcération du mari sur les revenus de l'épouse pourraient constituer un «autre motif» empêchant celle-ci de pourvoir à son entretien; aussi, a-t-il recherché «si et dans quelle mesure l'affaire pénale a effectivement conduit à la détérioration de la situation [de la recourante]». Quoi qu'en dise la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois, cette question ne ressortit pas à l'application du droit matériel, mais bien à l'appréciation des preuves; c'est, en effet, sur la base des preuves administrées et des déductions fondées sur les circonstances de l'espèce (cf. ATF 126 III 10 consid. 2b p. 12/13 et les arrêts cités) que les magistrats d'appel ont dénié toute incidence économique au motif allégué par l'épouse. Il s'ensuit que les critiques de la recourante ne peuvent être dirigées contre la décision attaquée, laquelle n'a pas été prise, sur ce point, en dernière instance cantonale (art. 75 al. 1 LTF; ATF 126 I 257).