Citation: 1P.16/2007 19.03.2007 E. A

Le 14 mai 2005, vers 03h30, X.________ a heurté Y.________ avec l'avant droit de son véhicule, alors qu'il circulait sur la route principale Lausanne-St-Maurice, au lieu-dit "Champ-Gibert", sur la commune d'Yvorne. La victime, qui regagnait à pied son domicile, présentait un taux moyen d'alcool dans le sang de 1,94 g ‰; elle est décédée sur les lieux de l'accident des suites de ses blessures. X.________ a déclaré peu après les faits à la gendarmerie cantonale rouler à une vitesse approximative de 70 km/h, feux de route enclenchés, car il se méfiait des chevreuils qui traversent régulièrement la chaussée sur ce tronçon rectiligne et non éclairé. Soudainement, il a remarqué à une dizaine de mètres devant lui la présence d'une silhouette qui s'est élancée sur la route, depuis le bord herbeux légèrement en contrebas, avec les bras écartés. Entendu à nouveau les 2 juin et 27 septembre 2005, il a précisé que le piéton se trouvait non pas sur le bord herbeux de la chaussée, mais sur la bande cyclable, lui donnant l'impression de s'être relevé. Le 25 juillet 2006, le juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne, agissant en qualité de juge d'instruction ad hoc pour l'arrondissement de l'Est vaudois, a clos par un non-lieu la procédure instruite à l'encontre de X.________ pour homicide par négligence et violation simple des règles de la circulation routière. Il a estimé qu'il ne pouvait raisonnablement être exclu que la victime ait soudainement surgi devant le véhicule du prévenu et qu'il ne pouvait dès lors être reproché à celui-ci aucune violation des règles de la circulation routière ou d'un devoir de prudence. Le Tribunal d'accusation du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: le Tribunal d'accusation ou la cour cantonale) a confirmé cette décision au terme d'un arrêt rendu le 24 octobre 2006 sur recours de l'épouse et des deux enfants du défunt.