Citation: 8C_406/2009 09.04.2010 E. 3.2

3.2.1 La juridiction cantonale a considéré que cette lésion à l'épaule droite est apparue bien après l'accident, à la suite de manipulations ostéopathiques mal tolérées. Aussi, a-t-elle nié l'existence d'une relation de causalité naturelle entre ce trouble et l'accident. De son côté, la recourante soutient qu'il existe une relation de causalité naturelle entre la déchirure du tendon du muscle sus-épineux et l'accident. Elle allègue, d'une part, que cette lésion a été constatée peu après l'accident, dans la mesure où le docteur V.________ a posé le diagnostic de probable tendinopathie du supra-épineux de l'épaule droite dans son rapport du 10 août 2007. Comme elle a consulté l'ostéopathe B.________ le 5 juin 2007 et le docteur T.________ le 18 juin suivant en raison de douleurs dans le bras et dans l'épaule, l'intéressée réfute le point de vue de la juridiction cantonale selon lequel cette lésion est apparue bien après l'accident. D'autre part, elle soutient qu'il existe une relation de causalité naturelle entre cette atteinte et l'accident en invoquant l'avis du docteur E.________. 3.2.2 Les ruptures de la coiffe des rotateurs figurent dans la liste exhaustive des lésions corporelles assimilées à un accident de l'art. 9 al. 2 OLAA (let. f; ATF 123 V 43). Selon l'al. 1er de cette disposition, pour autant qu'elles ne soient pas manifestement imputables à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs, les lésions (mentionnées aux let. a à h) sont assimilées à un accident, même si elles ne sont pas causées par un facteur extérieur de caractère extraordinaire. La notion de lésion assimilée à un accident a pour but d'éviter, au profit de l'assuré, la distinction souvent difficile entre maladie et accident. Aussi, les assureurs-accidents LAA doivent-ils assumer un risque qui, en raison de la distinction précitée, devrait en principe être couvert par l'assurance-maladie. Les lésions mentionnées à l'art. 9 al. 2 OLAA sont assimilées à un accident même si elles ont, pour l'essentiel, une origine vraisemblablement maladive ou dégénérative, pour autant qu'une cause extérieure ait, au moins, déclenché les symptômes dont souffre l'assuré (ATF 129 V 466; 123 V 43 consid. 2b p. 44; 116 V 145 consid. 2c p. 147; 114 V 298 consid. 3c p. 301). En revanche, en l'absence d'une cause extérieure - soit d'un événement similaire à un accident, externe au corps humain, susceptible d'être constaté de manière objective et qui présente une certaine importance -, fût-ce comme simple facteur déclenchant des lésions corporelles énumérées à l'art. 9 al. 2 OLAA, les troubles constatés sont à la charge de l'assurance-maladie (arrêt 8C_1025/2008 du 19 octobre 2009 consid. 3.1). 3.2.3 Sur le vu des renseignements médicaux versés au dossier, il n'est pas fait état de douleurs ni d'une limitation de l'épaule droite avant le 5 juin 2007, date à laquelle l'assurée a consulté l'ostéopathe B.________. En effet, celle-ci a déclaré au docteur V.________ qu'elle avait ressenti pour la première fois des douleurs dans cette partie du corps à la suite de cette consultation (cf. rapport du docteur V.________ du 10 août 2007). Dans un premier temps, le docteur V.________ a diagnostiqué une probable tendinopathie du supra-épineux de l'épaule droite. Dans ses rapports subséquents (des 25 septembre 2007 et 2 janvier 2008), il ne mentionne plus la tendinopathie mais fait état d'une irritation du membre supérieur droit qu'il associe à un discret syndrome radiculaire C7 d'origine dégénérative, qualifié d'étranger à l'accident. Ce n'est qu'après la mise en oeuvre d'une IRM le 11 juin 2008, que le docteur E.________ a posé le diagnostic de déchirure de la coiffe des rotateurs au niveau du tendon du muscle sus-épineux, apparue lors de l'accident du 17 avril 2007. Sur le vu de ces renseignements médicaux, on ne saurait admettre, comme le soutient la recourante, qu'il existe une relation de causalité naturelle entre cette atteinte et l'accident. D'une part, en effet, l'indication du docteur E.________ selon laquelle cette lésion est apparue lors de l'accident est en contradiction manifeste avec l'ensemble des constatations médicales consignées au dossier. D'autre part, et contrairement à ce qu'allègue la recourante, ce médecin n'atteste pas l'existence d'une relation de causalité entre cette lésion et l'accident. Au demeurant, il n'était pas appelé à se prononcer sur ce point, du moment que son appréciation était destinée à l'Office cantonal AI du Valais. Par ailleurs, on ne saurait conclure à l'existence d'un lien de causalité au seul motif que les troubles à l'épaule sont apparus après l'accident. Cela reviendrait, en effet, à se fonder sur l'adage "post hoc ergo propter hoc", lequel ne permet pas, selon la jurisprudence, d'établir l'existence d'un tel lien (ATF 119 V 335 consid. 2b/bb p. 341 s.). L'apparition de douleurs à la suite d'un accident constitue au mieux un indice en faveur d'un rapport de causalité naturelle. En l'occurrence, il n'existe toutefois pas une autre circonstance sur laquelle s'appuyer pour corroborer cet indice et établir un tel lien de causalité. Surtout, l'assurée n'a décrit aucune douleur entre le 17 avril 2007 (date de l'accident) et le 5 juin suivant, soit un intervalle d'un mois et demi sans symptômes douloureux documentés médicalement en relation avec l'épaule droite. Or, compte tenu du caractère relativement détaillé des avis des médecins qui ont examiné l'assurée avant le 5 juin 2007 (rapports des docteurs W.________ du 16 août 2007 et R.________ du 10 décembre 2007), il faut considérer que si l'intéressée avait décrit des douleurs à l'épaule droite avant cette date, celles-ci y figureraient. Cela étant, l'existence d'un rapport de causalité naturelle entre la lésion de la coiffe des rotateurs et l'accident doit être niée sans qu'il soit nécessaire d'ordonner un complément d'instruction comme le demande la recourante. Par ailleurs, on ne peut déduire d'aucune pièce versée au dossier qu'un facteur déclenchant de la lésion de la coiffe des rotateurs est survenu durant la période postérieure à l'accident. Du reste, la recourante ne le prétend pas. Vu ce qui précède la déchirure du tendon du muscle sus-épineux n'est pas à la charge de l'assurance-accidents.