Citation: 5A_13/2022 E. 6.2

6.2. En l'espèce, les déclarations de A.B.________ concernent des faits différents (liens de la bénéficiaire avec des membres de sa famille occupant une position dirigeante dans l'entreprise, motivation de la bénéficiaire pour transférer son argent à P.________ Ltd) et les juges cantonaux pouvaient en retenir certains et non d'autres, par une appréciation globale des offres de preuves. Il n'y a en effet pas de contradiction en tant que telle, seule critique des recourants pour soutenir le contraire, à ne pas considérer l'ensemble des déclarations d'une personne comme probantes. S'agissant de la chronologie des événements précédant l'ordre de transfert à P.________ Ltd, le fait pertinent n'est pas de savoir si la bénéficiaire a effectivement pris connaissance de l'article paru dans le journal N.________, mais celui que la débâcle du Groupe de sociétés A.________ frappant la faillie était connu et accessible. Par ailleurs, le fait que la bénéficiaire a immédiatement pris desfeinberg mesures après avoir été informée du transfert de sa relation bancaire à un établissement extérieur au groupe confirme au contraire qu'elle avait effectivement pris connaissance de ces conséquences désastreuses. A cela s'ajoutent que la structure du Groupe de sociétés A.________ était connue avant les difficultés ayant conduit à sa débâcle, que les problèmes financiers se multipliaient dans certains secteurs de ce groupe, et qu'il est notoire, à la lecture de la presse suisse, que le 20 juin 2014 déjà, J.________ a même été écarté de la direction de Banque A.________ après la découverte d'irrégularités comptables au sein de A.________ International SA et mis en examen le 24 juillet 2014 dans le cadre d'une enquête de grande envergure sur un réseau de blanchiment de capitaux au Portugal. En outre, la bénéficiaire n'était pas qu'un membre parmi d'autres de la famille concernée, comme le laissent entendre les recourants. Elle figurait dans la partie du segment clientèle " Famille A.________ " de la faillie, avait aidé à fonder la Compagnie Bancaire A.________, et maintenait encore des contacts, aussi sporadiques soient-ils, avec les membres dirigeants du groupe. On peut en conclure sans arbitraire, à la suite de l'autorité cantonale, qu'elle ne se désintéressait donc pas des événements qui touchaient le Groupe de sociétés A.________. Par ailleurs, bien qu'elle n'ait pas versé l'entier de ses fonds à P.________ Ltd, les montants que la bénéficiaire a transférés en moins d'un mois sont de grande ampleur, soit de 930'000 euros et 350'000 USD environ, alors que le valeur des différents actifs portés au compte n° vvv était de 2'256'734.76 euros au 1er janvier 2014. Au vu de tous ces éléments, la critique des recourants selon laquelle il serait arbitraire de la part de l'autorité cantonale d'avoir retenu que la condition de la connaissance effective de l'intention dolosive était remplie, en lui opposant une version selon laquelle la motivation des transferts à P.________ Ltd tenait à la simple convenance d'une personne âgée qui ne veut pas changer ses habitudes, apparaît dénuée de sens. Il suit de là que le grief de la violation de l'art. 9 Cst. est rejeté.