Citation: 1C_120/2023 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, les permis de construire litigieux concernent non pas des constructions ou des éléments de construction qui devraient impérativement faire l'objet d'un examen d'ensemble avec la maison de maître et l'annexe que l'intimée projette de réaliser sur sa parcelle, mais des équipements (fouilles, conduites et canalisations) ainsi que des aménagements extérieurs (haie). On ne voit pas que la haie litigieuse conditionnerait le projet de construction prévu sur la parcelle n° 613 dès lors qu'elle s'implante à trois mètres de la limite de propriété des recourants, soit dans les espaces réglementaires où seules des dépendances de minime importance pourraient prendre place, ce qui ne serait pas le cas des constructions prévues par l'intimée. Le fait que la haie, en raison de sa hauteur, n'aurait d'autre but que de soustraire l'annexe projetée à la vue des recourants ne permet pas encore de retenir qu'elle ne pouvait pas faire l'objet d'une autorisation préalable à cet ouvrage. La chambre d'introduction en eau potable est située à quelques mètres du portail existant et de la haie implantée à trois mètres de la limite de la propriété avec la parcelle des recourants, soit à un endroit où une construction ne pourrait pas prendre place en raison des règles à respecter sur les distances aux limites. L'objection des recourants selon laquelle ces aménagements conditionneraient les constructions prévues sur la parcelle n° 613 et auraient dû être soumis à l'enquête publique simultanément ne saurait ainsi être suivie. L'intimée pouvait faire valoir de solides arguments, liés à l'entretien de la parcelle, à ce que l'alimentation en eau potable puisse être rétablie au plus vite après la démolition des bâtiments existants et sans attendre le projet de construction. Quant au risque de décisions contradictoires, il n'est pas davantage établi ni évident. Les recourants ne le prétendent d'ailleurs pas. Ils pourront s'opposer aux futures constructions, s'ils devaient estimer que leur implantation n'était pas conforme au règlement communal, qu'elles ne respectaient pas les prescriptions réglementaires en matière de hauteur ou de volume voire qu'elles rompraient l'harmonie du quartier, et demander que les aménagements extérieurs soient adaptés en conséquence, sans être lié par les permis de construire délivrés. C'est sans arbitraire et sans violer le principe de coordination matérielle que la cour cantonale a considéré que les permis de construire portant sur la haie et sur les travaux de fouilles pouvaient être délivrés indépendamment du projet de construction de la maison et de son annexe, respectivement qu'elle a refusé de suspendre la procédure de recours pour traiter les recours en un seul arrêt après les avoir joints. Le grief tiré d'une violation de l'art. 25a LAT doit dès lors être écarté.