Citation: 6B_662/2007 30.11.2007 E. 4

Sous l'intitulé « La décision est arbitraire dans son contenu », le recourant explique qu'à ses yeux la dernière instance cantonale aurait tranché sans motifs ni de fait ni de droit soutenables et serait tombée dans l'arbitraire. Il juge l'arrêt cantonal incompréhensible, contraire au droit pénal et au droit constitutionnel, en soulignant plus précisément, en relation avec sa condamnation pour les faits relatés ci-dessus au consid. B.a, que selon lui les trois premières cartes de crédit appartenaient exclusivement à B.________, la quatrième étant au nom de « A.________ [sic] », que rien ne permettrait de conclure à l'existence d'une astuce et au dessein d'enrichissement illégitime. L'intime conviction de la chambre pénale qu'il ne pouvait ignorer que ses complices n'étaient pas détenteurs légitimes des cartes de crédit ne serait pas justifiée. 4.1 Ces vagues critiques ne répondent pas, dans leur ensemble, aux exigences de motivation rappelées ci-dessus. 4.2 En tant que cette argumentation a trait à la titularité de la carte de crédit établie au nom de « A.________ » en relation avec le chef d'accusation d'escroquerie, il n'y a pas lieu de s'y arrêter, le recourant ayant été acquitté sur ce point, visé par le ch. I.4 de la Feuille d'envoi (supra consid. B). 4.3 En ce qui concerne les trois autres cartes de crédit, le recourant soutient qu'elles « appartenaient exclusivement » à B.________. 4.3.1 Cette affirmation ne trouve cependant aucun appui dans le dossier de la cause, dont il ressort au contraire que les titulaires de ces cartes ont porté plainte pour vol, démarches qui ont précisément conduit à l'ouverture de l'enquête contre le recourant (arrêt cantonal, consid. C.a p. 3/15). Il ressort en outre de l'arrêt cantonal que les signatures apposées sur les quittances à l'achat de la marchandise (notamment la signature du dénommé C.________), étaient des imitations de la signature du propriétaire réel de la carte (arrêt cantonal, consid. 2.1.1 p. 8/15), ce qui exclut que B.________ ait pu en être propriétaire. Le recourant ne démontre pas pour quels motifs le Tribunal fédéral devrait s'écarter des constatations de fait de l'arrêt cantonal (art. 105 al. 1 et 2 LTF). Le grief est infondé. 4.3.2 On peut également comprendre cette argumentation en ce sens que le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir acquis l'intime conviction qu'il ne pouvait ignorer que lui-même ou ses complices n'étaient pas les détenteurs légitimes des cartes de crédit présentées à titre de paiement. La cour cantonale a fondé son intime conviction sur le fait que le recourant et B.________, voire un troisième complice, avaient répété à de multiples reprises l'acquisition de cartouches de cigarettes et de cartes téléphoniques au moyen des cartes de crédit en question, le recourant connaissant la destination de cette marchandise (arrêt cantonal, consid. 2.1.2 p. 7/15). Peu étayée, cette déduction n'en échappe pas moins au grief d'arbitraire, respectivement d'inexactitude manifeste au sens de l'art. 105 al. 2 LTF. Il ressort en effet du dossier cantonal que selon l'inventaire de la police judiciaire, non moins de 124 cartes téléphoniques ont été retrouvées au domicile du recourant, qui a par ailleurs admis que la marchandise achetée à l'aide des cartes de crédit était destinée à être revendue à moitié prix (procès-verbal d'audition de la police judiciaire, du 8 mars 2003). Il s'ensuit que, sauf à retenir l'hypothèse absurde que le but de l'opération aurait été de revendre à perte la marchandise achetée en quantités tout à fait inhabituelles, le recourant ne pouvait ignorer que les cartes de crédit en question n'appartenaient ni à ses comparses ni à lui-même. Le grief est infondé.