Citation: 7B_587/2023 E. B

Par arrêt du 11 juillet 2023, la Chambre pénale de recours de la République et canton de Genève (ci-après: la Chambre pénale de recours) a déclaré irrecevable le recours déposé le 12 décembre 2022 par le plaignant 1. Elle a notamment retenu les faits suivants: B.a. Au mois de juin 2017, le plaignant 1 a ouvert, à titre personnel, une relation bancaire auprès de D.________ SA, à U.________, enregistrée sous le numéro de compte xxx, dans le cadre de laquelle E.________ (ci-après: le prévenu et intimé) a été désigné en qualité de chargé de relation. A cette occasion, le plaignant 1 a signé plusieurs documents contractuels, à savoir un contrat de conseil en placement, un questionnaire "profil client", ainsi que des "conditions régissant les ventes à découvert, ainsi que les opérations non couvertes sur options, contrats à terme et autres produits dérivés". Les 15 août 2017 et 19 juin 2018, le plaignant 1 a ouvert, auprès de la banque précitée, trois comptes distincts au nom de sociétés dont il était l'ayant droit économique, à savoir B.________ SA (compte yyy), C.________ (compte zzz) et F.________Ltd (compte xxx1). Pour ces relations bancaires, il a signé, entre le 15 août 2017 et le 28 août 2018, plusieurs documents, à savoir des actes de nantissement individuels, conférant à la banque un droit de gage sur les avoirs déposés sur les comptes respectifs, un mandat de conseil en placement pour C.________, des questionnaires "profil client", ainsi que des "conditions régissant les ventes à découvert", du même ordre que les précédentes. B.b. Le 18 janvier 2022, le plaignant 1, agissant en son nom propre et en qualité de représentant de B.________ SA et C.________, a déposé plainte contre le prévenu pour faux dans les titres (art. 251 CP). Dans sa plainte, il a indiqué que, le 4 octobre 2018, le prévenu lui avait fait parvenir, par courriel, un contrat de nantissement et lui avait demandé de ne signer que la seconde page de ce document, ce qu'il avait fait. Il a expliqué que le prévenu aurait par la suite répliqué cette seconde page, avec la signature, et fabriqué trois actes de nantissement croisés entre son compte personnel et ceux de B.________ SA et de C.________. Le plaignant 1 a ajouté que, le 14 février 2019, le prévenu lui avait adressé un courriel, contenant une pièce jointe à signer, laquelle ne consistait qu'en la dernière page d'un formulaire dont il ignorait le contenu. Il a relevé qu'en raison de la confiance qu'il accordait au précité, il s'était exécuté. Il a exposé que le prévenu aurait utilisé cette unique page pour fabriquer, à plusieurs reprises, de nouvelles "conditions régissant les ventes à découvert", afférentes à sa relation personnelle ainsi qu'à celle de B.________ SA, pour prévoir, notamment, des limites d'engagement de EUR 10'000'000.- et, au maximum, de 100% des actifs détenus. Le plaignant 1 a en outre relevé que, le 13 mai 2019, le prévenu lui avait à nouveau adressé un courriel, lui avait demandé de signer les pièces jointes, à savoir les dernières pages de deux formulaires, et lui avait expliqué qu'en raison de l'entrée en vigueur de la loi fédérale du 15 juin 2018 sur les services financiers (LSFin; RS 950.1), il devait passer dans la catégorie des "clients professionnels" pour pouvoir continuer à bénéficier d'un accès direct au Trading Floor. Il fait valoir que les signatures apposées sur ces documents auraient permis au prévenu de fabriquer des questionnaires "profil client" le concernant et, en lien avec C.________, comprenant de nombreuses questions pour lesquelles il n'avait pas coché de cases. B.c. Le 7 février 2022, le Ministère public a demandé au plaignant 1 l'envoi de toute la documentation obtenue par l'intermédiaire de la demande de reddition de compte qu'il avait déposée. Le 9 mars 2022, le plaignant 1 a transmis une clé USB avec les informations demandées. Cette clé USB contient un courriel envoyé par le prévenu au plaignant 1 pour lui fixer un rendez-vous au 7 janvier 2019, trois actes de nantissement croisés, liés aux relations bancaires xxx, zzz et yyy, datés du 7 janvier 2019, ainsi qu'une demande en paiement déposée le 26 novembre 2020 devant le tribunal de première instance par D.________ SA contre le plaignant 1, dont les allégués sont les suivants. Le plaignant 1 était titulaire du brevet d'avocat et exerçait depuis de nombreuses années dans le domaine fiscal. Il était habitué à signer de la documentation bancaire et pouvait prétendre au statut "d'investisseur qualifié". En ouvrant les différentes relations, en son nom et pour le compte de C.________ et B.________ SA, il cherchait à accéder à la table de trading de la banque. Compte tenu de la nature des instruments financiers dans lesquels le plaignant 1 investissait depuis l'ouverture desdites relations, une mise à jour documentaire avait été effectuée, par le biais notamment de la signature d'actes de nantissements croisés, de "conditions régissant les ventes à découvert", d'un formulaire "client professionnel" et d'un questionnaire "profil client". Les actes de nantissement croisés avaient d'abord été signés par le plaignant 1 et retournés par courriel. En l'absence d'originaux, la banque lui avait demandé de venir signer, une seconde fois, ces documents en original, lors d'une visite le 7 janvier 2019. Les modifications apportées aux "conditions régissant les ventes à découvert" avaient préalablement été discutées par téléphone avec le plaignant 1. Le nouveau profil client de ce dernier était conforme à la nature de sa stratégie, portant sur des instruments financiers hautement spéculatifs, et conforme à sa volonté. Les investissements effectués par le plaignant 1, par l'intermédiaire des comptes dont il était l'unique ayant droit économique, avaient finalement conduit dans le cadre de la relation xxx à nécessiter un appel de marge de la banque, auquel l'intéressé n'avait pas donné suite. Conformément aux conditions contractuelles, les instruments financiers du plaignant 1 avaient alors été liquidés par la banque, engendrant des pertes importantes. Malgré les compensations effectuées sur la base des actes de nantissement croisés, le plaignant 1 restait débiteur d'un montant de EUR 20'595'643.-.