Citation: 9C_493/2022 E. 5

Le grief de la recourante tiré d'un établissement inexact des faits et d'une violation des art. 11a LPC et 17 OPC-AVS/AI, en ce que la juridiction cantonale n'a pas examiné la "problématique de diminution de patrimoine causée par une infraction pénale", est en revanche bien fondé. Selon la jurisprudence, une diminution du patrimoine due à des actes punissables (p. ex. escroquerie) ne peut en effet pas être qualifiée de dessaisissement de fortune, étant donné que le propre d'une telle diminution du patrimoine est précisément que la victime de l'acte punissable n'est pas consciente de l'ampleur du risque de l'investissement réalisé ou qu'elle est trompée astucieusement à ce sujet (arrêts 9C_180/2010 précité consid. 5.2; 8C_567/2007 du 2 juillet 2008 consid. 6.5). Or en l'espèce, bien que dûment informés par le curateur de l'assurée du dépôt d'une plainte pénale à l'encontre de B.________, le 14 janvier 2022, les premiers juges n'ont pas tenu compte de ce fait, qui avait pourtant une importance décisive pour l'issue du litige. La plainte semble comprendre des éléments suffisamment concrets pour justifier un examen des faits invoqués sous l'angle pénal. En conséquence, la cause doit leur être renvoyée afin qu'ils instruisent le point de savoir si la diminution de patrimoine de la recourante a été provoquée par un acte punissable, en se fondant, le cas échéant, sur l'issue de la procédure pénale.