Citation: 6B_79/2017 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, peu importe les problèmes de santé de la recourante. En effet, tant sous l'angle de l'art. 130 let. c CPP que de l'art. 132 al. 1 let. b CPP, l'assistance d'un mandataire professionnel doit être nécessaire à la défense des intérêts de la recourante, que ce soit en raison de l'incapacité de son représentant légal de le faire ou de l'impossibilité pour la recourante de se défendre seule, eu égard en particulier à la gravité de l'affaire et aux difficultés en fait et en droit que la cause présente. Or, dans la mesure où la recourante ne pourrait agir seule, elle bénéficie de l'assistance d'une curatrice de représentation et de gestion (art. 394 et 395 CC). Vu sa fonction, celle-ci est autorisée, de par la loi, à représenter la recourante (cf. notamment art. 394 al. 3 CC; PHILIPPE MEIER, Droit de la protection de l'adulte, Articles 360-456 CC, 2016, n. 111 p. 53, n. 818 p. 405 s. et n. 837 p. 411 s.), le cas échéant, également devant les autorités judiciaires (cf. art. 416 al. 1 ch. 9 et 2 CC; MEIER, op. cit., n. 1091 p. 536 [ad art. 416 al. 1 ch. 9 CC] et n. 1087 ss p. 526 s. [ad art. 416 al. 2 CC]). Contrairement ainsi à ce que soutient la recourante, cette situation ne saurait constituer en soi une violation du monopole des avocats en matière de défense pénale (cf. art. 127 al. 5 CPP); une telle conclusion découle également de la teneur claire de l'art. 130 let. c CPP. Le fait d'avoir un représentant légal ne permet pas non plus d'éluder les conditions posées à l'art. 132 al. 1 let. b CPP, notamment celle relative à la gravité de la cause. Il s'agit dès lors de déterminer si la curatrice de la recourante a les capacités pour l'assister dans ses démarches judiciaires. Tel est le cas. Il est en effet incontesté que la curatrice a une formation juridique. Certes, elle n'est peut-être pas titulaire du brevet d'avocat. Mais, selon l'arrêt attaqué, elle travaille comme greffière dans un tribunal pénal d'arrondissement, constatation que la recourante ne remet pas en cause. La curatrice n'est donc pas dénuée de toute expérience en matière judiciaire, notamment en matière pénale; à la lecture du jugement attaqué, cette activité paraît en outre être encore exercée actuellement. Les compétences de la curatrice ressortent également de son courrier du 2 juin 2016 adressé au Service d'application des sanctions pénales et des peines : elle y fait ainsi état de la voie à suivre, soit celle de la révision (cf. art. 410 ss CPP) et paraît avoir identifié le (s) possible (s) fait (s) nouveau (x) à alléguer (cf. art. 410 al. 1 let. a CPP), à savoir l'éventuelle incapacité de discernement ou diminution de celle-ci au moment des faits vu l'état de santé psychique de la recourante; elle produit en outre deux annexes à l'appui de ses dires (cf. les références données à la décision de la Justice de paix du 16 octobre 2015, ainsi qu'au rapport médical du 21 octobre 2015 du Réseau fribourgeois de santé mentale). Enfin, la révision demandée ne présente pas de difficultés particulières en fait et en droit (art. 132 al. 2 CPP). Elle concerne en effet des prononcés rendus sous la forme d'ordonnances pénales, traitant de faits, ainsi que d'infractions similaires (violations réitérées d'une interdiction d'entrée) et pour lesquels la peine privative de liberté de substitution totale encourue (21 jours) est largement inférieure à celle indiquée à l'art. 132 al. 3 CPP (4 mois). La recourante soutient encore que le mandat donné à sa curatrice n'autoriserait pas la représentation en justice. A cet égard, le Juge délégué a retenu qu'une autorisation dans ce sens pouvait être aisément accordée par l'autorité de protection de l'adulte pour autant qu'elle soit requise (cf. également le ch. III let. a du dispositif de la décision du 18 novembre 2015 de la Justice de paix de la Sarine); il a également relevé la largesse des pouvoirs déjà conférés dans le prononcé susmentionné. La recourante ne développe aucune argumentation tendant à démontrer qu'une demande formelle aurait été déposée, refusée ou n'entrerait pas en considération dans le cas d'espèce. La recourante se limite à rappeler l'étendue du mandat donné à la curatrice, sans expliquer pourquoi celui-ci - eu égard notamment aux connaissances juridiques de la curatrice - ne pourrait pas être modifié dans le sens retenu par l'autorité précédente. Quant à la surcharge de travail que peut entraîner l'élargissement du mandat de curatelle, cet argument n'est que pure conjecture et ainsi sans pertinence. Au regard des considérations précédentes et à ce stade de la procédure (demande de révision), la curatrice de la recourante est à même de défendre efficacement les intérêts de cette dernière. Partant, le Juge délégué n'a pas violé le droit fédéral en rejetant la demande d'assistance judiciaire de la recourante.