Citation: 5P.399/2001 04.12.2001 E. 4

4.- a) Invoquant son droit à une décision motivée (art. 29 al. 2 Cst.), la recourante reproche au président de la Chambre des tutelles d'avoir retenu qu'elle n'avait apporté "aucun élément concret qui puisse infirmer prima facie la nécessité de cette protection [des enfants] et qui puisse conduire le président de la Chambre des tutelles à restituer ainsi l'effet suspensif", alors que c'est aux autorités judiciaires qu'il appartenait d'indiquer les raisons justifiant le retrait de l'effet suspensif. La recourante voit aussi dans ce renversement des rôles une application arbitraire de l'art. 495 al. 2 CPC/VD, à teneur duquel "si le recours est dirigé contre une mesure de protection de l'enfant, l'autorité qui a ordonné la mesure ou le président du Tribunal cantonal peut le priver de l'effet suspensif.. " b) Une telle argumentation ne résiste pas à l'examen. Dans le cadre de son recours contre le prononcé de la Justice de paix, la recourante a demandé conjointement la restitution de l'effet suspensif retiré par l'autorité de décision. Sollicitant ainsi une mesure provisionnelle, la recourante devait donc démontrer que les conditions de celle-ci étaient réalisées. On ne saurait dès lors reprocher au président de la Chambre des tutelles d'avoir considéré que la recourante n'avait apporté "aucun élément concret justifiant la restitution de l'effet suspensif". Le grief, qui a trait au fardeau de l'allégation et de la preuve en procédure cantonale, est d'ailleurs étranger à la question de l'obligation et de l'étendue de la motivation de la décision incriminée. Or, sur ce point, les critiques de la recourante sont à l'évidence mal fondées. Dans son prononcé, le président de la Chambre des tutelles indique avoir pris sa décision afin de préserver la santé des enfants "dans la mesure où ceux-ci paraissent devoir être soustraits rapidement aux pressions psychologiques permanentes des parents, notamment de leur mère". Le juge se réfère au surplus au dossier de la Justice de paix, notamment à l'audition de témoins, dont deux médecins. Une telle motivation est à l'évidence suffisante car elle permet au destinataire de la comprendre et de l'attaquer utilement s'il y a lieu, ce qui est conforme aux principes déduits par la jurisprudence de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 125 II 369 consid. 2c p. 372; 124 II 146 consid. 2a p. 149). Au demeurant, la célérité inhérente à la procédure de mesures provisoires autorise une motivation succincte. Quant au contenu de la motivation, la recourante ne démontre pas en quoi la décision serait sous cet aspect arbitraire; elle se contente d'opposer sa propre version des faits, ce qui est insuffisant dans le cadre d'un recours de droit public (art. 90 al. 1 let. b OJ).