Citation: 6B_1348/2017 E. 2.2.2

2.2.2. Sur la base de ce qui précède, la cour cantonale pouvait considérer que même si la dimension d'impulsivité du recourant était accessible à un traitement thérapeutique, contrairement à la composante dyssociale de son trouble, il n'apparaissait pas encore suffisamment vraisemblable qu'un travail sur cette caractéristique permettrait de réduire nettement le risque de récidive dans un délai de cinq ans. En effet, compte tenu des incidents survenus en prison et de la manière dont se sont déroulés les événements ayant conduit à la tentative de meurtre, qui ont révélé une manière d'agir pensée, préméditée, le rôle joué par l'impulsivité dans le passage à l'acte hétéro-agressif doit être relativisé. En définitive, il y a lieu de retenir, au regard des constatations de l'expertise sur la gravité des troubles, la durée des soins nécessaires et l'incertitude quant à l'issue d'une thérapie (cf. consid. 2.1.2 supra), que si les experts n'ont pas fermé la porte à toute possibilité de traitement efficace à très long terme, ils se sont toutefois refusés à parler de diminution nette du risque de récidive à l'issue de la durée normale de la mesure de l'art. 59 CP. Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant que l'on se trouvait dans le cas d'une " possibilité vague d'une diminution du risque ou l'espoir d'une diminution seulement minimale de ce risque ", lesquels n'étaient pas suffisants, en application de la jurisprudence (consid. 1.1.2 supra), pour prononcer une mesure fondée sur l'art. 59 CP.