Citation: 4C.370/2001 14.03.2002 E. A

A.- En juillet 1996, T.________, ressortissant du Cap-Vert, a été engagé par F.________ en qualité d'ouvrier agricole, sur la base d'un permis de travail saisonnier. Il a été régulièrement repris à ce poste de 1997 à 1999. Selon son dernier engagement du 1er mars 2000, le salaire mensuel brut du demandeur était de 2640 fr., plus 310 fr. de prime d'ancienneté et 245 fr.75 à titre de vacances, soit au total un montant brut de 3195 fr.75. Le travailleur est venu à quatre reprises en voiture du Portugal à Genève, en partageant les frais avec quatre autres personnes; il a voyagé une fois en avion. De plus, il est venu chaque année du Cap-Vert au Portugal en avion. Le 2 août 2000, une altercation a eu lieu entre les intéressés au sujet des allocations familiales; le travailleur reprochait à l'employeur de ne pas les lui avoir versées intégralement. F.________ a exigé sur-le-champ la production des doubles des fiches de salaire; T.________ a alors répondu que, dans ce cas, il ne reviendrait plus travailler et a remis son équipement à l'employeur. T.________ a accusé F.________ de l'avoir frappé sur la tête et serré au cou, ce que ce dernier a contesté. Le 3 août 2000, F.________ a pris acte de l'abandon d'emploi et a résilié le contrat de travail avec effet immédiat. Pour lui, l'employé était parti de son propre gré. Le même jour, le syndicat S.I.B. a exigé la réintégration de T.________ en contestant le congé, celui-ci souhaitant encore travailler pour F.________, qui aurait refusé de le reprendre à son service. F.________ n'avait pas mis le travailleur en demeure de rejoindre son poste, car ce dernier avait restitué le matériel professionnel. Le 9 août 2000, le syndicat a sollicité l'accord de F.________, pour un transfert dans un autre emploi. Le 15 août 2000, les allocations familiales ont été versées directement à T.________, pour la période de mars à juillet 2000.