Citation: 1B_531/2018 E. 2.3

2.3. Ce raisonnement ne saurait cependant être suivi. Certes, un lien de connexité entre (1) la procédure genevoise ouverte contre B.________ en lien avec la déconfiture de ses sociétés (cause P/--/2015) et (2) la cause vaudoise qui a joint les différentes plaintes et contres-plaintes opposant, sur un plan avant tout privé, le recourant, son épouse à leur fille/belle-fille, respectivement à B.________ (cause PE--), n'est pas d'emblée apparent (cf. notamment eu égard au chef de prévention de vol retenu contre le recourant [cf. ad B/b p. 2 de l'arrêt attaqué]). Quant aux autres infractions dénoncées à son encontre (dénonciation calomnieuse, subsidiairement induction de la justice en erreur, faux témoignage et calomnie, subsidiairement diffamation et escroquerie au procès), elles ne suffisent pas en soi pour exclure toute audition en tant que témoin dans la procédure genevoise à l'origine de la présente cause (P/6246/2018). Cela étant, on ne peut toutefois pas ignorer que l'audition du recourant n'est pas demandée dans le cadre de la procédure genevoise en lien avec la gestion des sociétés de B.________, mais à la suite du dépôt d'une nouvelle plainte de la part de ce dernier contre inconnu pour atteinte astucieuse aux intérêts pécuniaires d'autrui (art. 151 CP) et contrainte (art. 181 CP). Une lecture - même rapide - de ce document - dont dispose le Ministère public, mais certes pas le recourant - permet de comprendre que les atteintes alléguées pourraient découler notamment d'articles de journaux, ainsi que d'un prétendu financement assuré à certains créanciers afin qu'ils puissent procéder contre B.________ dans l'autre procédure genevoise. Or, les questions litigieuses tendent en substance à déterminer si le recourant a eu un contact avec un journaliste, lui aurait transmis certaines informations - dont le rapport de surveillance de l'enquêteur privé que le recourant avait mandaté - et/ou s'il a participé aux paiements des honoraires des créanciers parties plaignantes. Cela équivaut en substance à déterminer s'il aurait pu contribuer aux atteintes dénoncées. Indépendamment des éventuels impacts que les réponses qui pourraient être données auraient dans la procédure vaudoise, il ne peut pas être exclu en l'état que l'instruction genevoise dans la cause P/6246/2018 ne puisse pas s'orienter, le cas échéant, contre le recourant. Sauf à violer le droit de ne pas s'auto-incriminer, une audition en tant que témoin du recourant dans la cause P/6246/2018 ne paraît pas pouvoir entrer en considération. C'est donc en l'état en tant que personne appelée à donner des renseignements, pour le moins en application de l'art. 178 let. d CPP, que le recourant doit être entendu. Dès lors qu'à ce titre il dispose du droit de ne pas déposer (art. 180 al. 1 CPP), il n'y a pas lieu de déterminer s'il pourrait également se prévaloir de ce statut en application de l'art. 178 let. f CPP en lien avec la procédure vaudoise. Une telle qualité ne paraît au demeurant pas d'emblée exclue puisque la configuration d'espèce n'est pas directement celle qui était visée par l'art. 175 let. g du Projet de Code de procédure pénale, à savoir un prévenu cherchant à écarter un témoignage à charge, mais une partie plaignante désirant obtenir l'audition d'une personne que la première a pourtant mis en cause dans une procédure parallèle notamment pour dénonciation calomnieuse et faux témoignage, la seconde pouvant dès lors se trouver - selon les questions posées - dans l'obligation de répondre à des questions pouvant péjorer sa situation dans l'autre procédure.