Citation: U 53/01 16.10.2001 E. 4

4.- a) Selon la jurisprudence, l'existence d'un lien de causalité adéquate entre un accident insignifiant ou de peu de gravité et des troubles psychiques peut, en règle générale, être d'emblée niée, tandis qu'en principe, elle doit être admise en cas d'accident grave; pour admettre le caractère adéquat du lien de causalité entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques, il faut que soient réunis certains critères particuliers et objectifs (ATF 115 V 139 sv. consid. 6, 408 consid. 5). Dans cette dernière éventualité, le juge des assurances ne peut admettre la causalité adéquate que si l'un des critères retenus s'est manifesté de manière particulièrement marquante pour l'accident, ou si ces critères déterminants se trouvent soit cumulés, soit réunis d'une façon frappante. En outre, il convient, aux fins de procéder à une classification des accidents de nature à entraîner des troubles psychiques, non pas de s'attacher à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais bien plutôt de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même (ATF 115 V 139 consid. 6, 407 s. consid 5). b) Au moment où, déséquilibré, le recourant est tombé, il se trouvait debout sur le pont d'un camion; la hauteur de laquelle il a chuté peut donc être estimée à 2 mètres. Contrairement à l'avis soutenu par l'intimée devant la juridiction cantonale, on ne saurait tenir cet événement pour un accident banal ou de peu de gravité. Au regard de son déroulement et de ses conséquences, celui-ci se situe bien plutôt dans la catégorie des accidents de gravité moyenne, mais à la limite inférieure. Pour juger du caractère adéquat du lien de causalité dans le cas d'espèce, il importe dès lors que plusieurs des critères consacrés par la jurisprudence se trouvent réunis ou revêtent une intensité particulière. En l'occurrence, on ne voit pas d'éléments de nature à faire apparaître la chute en question comme particulièrement impressionnante ou dramatique. Les lésions qu'elle a entraînées (fracture du radius distal gauche, contusions) ne sauraient être qualifiées de graves et propres, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. Le processus de guérison du poignet lésé a certes été retardé par l'apparition d'une arthrose post-traumatique rendant nécessaire, une année après la survenance de l'accident, une seconde intervention chirurgicale; la durée du traitement médical ainsi que celle de l'incapacité de travail s'en sont de ce fait également trouvé prolongées. Ces circonstances n'ont toutefois pas revêtu, en l'espèce, une intensité particulière. Ainsi, le traitement lié à cette seconde opération s'est achevé sept mois plus tard et dès le mois de novembre 1996, il n'y avait déjà plus de contreindication médicale à ce que le recourant reprenne une activité adaptée à son état de santé (cf. les avis des docteurs C.________ et G.________). Si son incapacité de travail a finalement perduré, c'est avant tout - comme l'ont jugé les experts du COMAI - en raison d'un trouble somatoforme douloureux associé à un état psychique défavorable. En définitive, on peut constater que les difficultés que le recourant a rencontrées à la suite de sa fracture au poignet ont augmenté la durée des soins médicaux de 5 mois à une année et celle de l'inaptitude au travail de 5 à 19 mois (étant précisé que dans ce laps de temps le recourant a pu travailler à 50 % durant 6 mois), ce qui est long mais reste en deçà de l'inhabituel. Par ailleurs, on ne relève pas d'erreur dans le traitement médical (cf. les déclarations du docteur H.________). On ne saurait dès lors faire grief aux premiers juges d'avoir nié l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident assuré et les troubles psychiques du recourant. Pour le surplus, le calcul de la perte de gain auquel la CNA a procédé n'apparaît pas critiquable.