Citation: 1B_574/2020 E. 5.3.2

5.3.2. Il est en l'occurrence indéniable que le recourant dispose de fortes attaches en Suisse. Il est marié à une Suissesse travaillant à U.________, lieu de domicile du couple et de leurs deux enfants en bas âge. Il est en outre, selon ses déclarations, associé-gérant depuis deux ans de la société B.________ Sàrl, qui emploie ses deux frères. L'intéressé présente toutefois également des liens d'une intensité certaine avec le Kosovo, lieu où il est né, où il a été élevé par ses parents et où il a suivi toute sa scolarité obligatoire, ainsi que des études universitaires. Il n'est arrivé en Suisse qu'en septembre 2015, soit après les faits, et ne parle que très peu le français. A ces éléments non contestés s'ajoute, comme l'a souligné le tribunal correctionnel, le contexte d'enlèvement et de séquestration de la victime par la famille du recourant au Kosovo avant les faits et le soutien inconditionnel des siens. Les condamnations intervenues à cet égard étant définitives et exécutoires (cf. jugement de première instance ch. II/2.1, p. 29), on ne distingue pas en quoi la présomption d'innocence serait en l'espèce violée. De plus, la position du recourant, qui consiste à nier tout viol, s'est considérablement compliquée dès lors que le jugement de première instance retient effectivement sa culpabilité à cet égard et le condamne à une peine de 18 mois ferme; cette peine pourrait en outre être amenée à 4 ans en cas d'admission de l'appel joint annoncé par le ministère public dans ses déterminations adressées à la cour cantonale le 9 octobre 2020 (cf. arrêt attaqué p. 4; pièce n o 142 du dossier cantonal). Le recourant est désormais confronté à la perspective concrète de passer plusieurs mois (l'intéressé n'ayant effectué que 29 jours de détention avant jugement), voire plusieurs années en prison, ce qui n'était pas nécessairement le cas auparavant. Dans ces circonstances nouvelles, le fait que le recourant se soit présenté aux auditions durant l'instruction et lors des débats ne constitue pas un gage suffisant pour retenir qu'il ne tentera pas de quitter la Suisse, éventuellement avec l'aide de ses proches. Il faut ainsi admettre, avec la cour cantonale, qu'en dépit des liens que le recourant entretient avec la Suisse, le risque qu'il tente de se soustraire à l'exécution de la peine qui lui a été infligée, susceptible d'être augmentée à 4 ans, en s'enfuyant au Kosovo, le cas échéant avec son épouse et ses deux enfants, voire en entrant dans la clandestinité à l'intérieur du pays, est bien concret. Que la détention pour des motifs de sûreté n'ait pas été ordonnée à l'égard des membres de sa famille impliqués dans les infractions d'enlèvement et de séquestration de la victime, respectivement que ces derniers n'aient pas pris la fuite ne modifie pas cette appréciation.