Citation: 5A_737/2024 E. 3.2

3.2. En l'espèce, il apparaît que la décision querellée a été rendue par la Chambre civile trois ans après qu'elle eut été saisie d'un appel de la recourante. Il ressort toutefois du dossier cantonal qu'entre le dépôt de l'appel de la recourante et le 13 mai 2022, date à laquelle la cause a été gardée à juger par la Chambre civile, divers échanges d'écritures avec requêtes de prolongation de délai ont eu lieu entre les parties. Le 5 mai 2022, la recourante a transmis à la Chambre de surveillance une copie d'un courrier du même jour adressé au Tribunal de protection s'inquiétant d'un conflit de compétences entre les deux autorités. Le 24 juin 2022, la recourante a formé sa première requête de mesures superprovisionnelles par-devant la Chambre civile sur laquelle il a été statué le 27 juin suivant. En parallèle, la procédure C/4527/2020 a été ouverte devant le Tribunal de protection suite à un signalement le 24 janvier 2022 par le directeur de l'école fréquentée par l'enfant aîné des parties. Le 8 mars 2022, le Tribunal de protection a tenu une audience. Le 29 juillet 2022, cette même autorité a rendu une décision sur mesures provisionnelles dans laquelle elle a notamment ordonné la réalisation d'une expertise familiale, laquelle a été rendue par le Centre universitaire romand de médecine légale le 20 mars 2023. Le 20 juin 2023, le Tribunal de protection a rendu une décision de mesures provisionnelles retirant notamment aux parents la garde et le droit de déterminer le lieu de résidence des enfants et plaçant ces derniers au foyer de U.________. Il ressort des décisions des 18 juillet et 16 août 2024 du Tribunal de protection que divers processus étaient encore en cours au moment de leur reddition, que des mesures d'instruction avaient été prises et que dite autorité était dans l'attente d'un rapport d'évaluation sociale du SPMi. Compte tenu de l'ensemble des éléments qui précèdent, il apparaît que le temps écoulé s'explique par la complexité procédurale de l'affaire, par le fait que plusieurs autorités et services sont impliqués et que deux procédures sont pendantes en parallèle. Le grief de violation du principe de célérité apparaît donc infondé sous cet angle. En tant que la recourante se plaint aussi du fait que la suspension de la procédure l'empêcherait de statuer dans un délai raisonnable et entraînerait donc également une violation du principe de célérité, cette question est intimement liée à celle du bien-fondé de la suspension et sera donc traitée ci-après (cf. infra consid. 4).