Citation: 7B_230/2025 E. 1

Ce n'est finalement que le 19 novembre 2024, puis le 10 décembre 2024 et le 7 janvier 2025, que les experts ont pu rendre visite au recourant et commencer leur mandat. Le rapport d'expertise établi le 21 janvier 2025 a été remis le 29 janvier 2025 à l'autorité précédente. Il en ressort que le recourant souffre d'un sévère trouble affectif bipolaire de type I (ou maladie bipolaire, autrefois appelée psychose maniaco-dépressive), c'est-à-dire d'une maladie psychiatrique sévère, durable et récidivante, caractérisée par la survenance d'épisodes dépressifs et maniaques entrecoupés de périodes peu ou non symptomatiques. Comme l'a déploré l'autorité précédente, les experts n'ont pas été amenés à se prononcer sur le risque de passage à des actes hétéro-agressifs graves (cf. arrêt entrepris, p. 24 qui se réfère au mandat délivré le 27 août 2024 par le ministère public). Ils se sont en revanche prononcés sur le risque de récidive pour des actes similaires à ceux pour lesquels le recourant était poursuivi et l'ont considéré comme étant élevé, en l'absence de traitement spécifique. Même s'il ne se prononce pas précisément sur le risque de passage à des actes hétéro-agressifs graves, le rapport d'expertise confirme que le recourant est gravement malade, respectivement met en avant des éléments, qui ajoutés à ceux évoqués plus haut, laissent craindre un passage à l'acte: notamment le fait que, dans le cadre de l'épisode maniaque (présenté dès le printemps 2024), avec symptômes psychotiques, l'intéressé avait en particulier développé un délire mégalomaniaque et de persécution, le faisant évoluer dans une réalité propre, dans laquelle il assurait une fonction militaire haut placée au sein de l'armée américaine, tout en étant également un espion; selon lui, le monde était en guerre ouverte et la suprématie de la loi américaine était de mise partout dans le monde et en particulier en Suisse; de plus, les experts ont relevé que lors d'un épisode maniaque, la capacité du recourant à faire preuve d'empathie, tout comme ses facultés d'adaptation et de maîtrise de soi, étaient altérées significativement (cf. rapport d'expertise du 21 janvier 2025, p. 23 s.). Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le pronostic reste très défavorable; compte tenu de l'importance du bien à protéger, on ne saurait reprocher à l'autorité précédente d'avoir considéré qu'il convenait en l'espèce de faire primer la sécurité publique, en attendant que les experts lui soumettent des conclusions précises sur le risque de passage à l'acte présenté par le recourant.