Citation: 6B_465/2024 E. 1.2.2

1.2.2. Le recourant soutient que la cour cantonale aurait arbitrairement donné crédit aux déclarations de l'intimé et non pas aux siennes ni à celles de C.________, qu'elle aurait ainsi écartées de manière inamissible. 1.2.2.1. Dans son argumentation, le recourant cherche, tout d'abord, en vain à remettre en question la crédibilité des déclarations de l'intimé, en invoquant que ce dernier se serait contredit à maintes reprises. Le recourant relève par exemple que l'intimé aurait soutenu, lors de ses auditions, que son agresseur tenait un couteau dans la main lorsqu'il était sorti du vestiaire alors qu'il avait à un autre moment affirmé n'avoir vu un couteau que lorsque le recourant était à proximité. L'intimé aurait également déclaré que C.________ avait vu ce qui s'était passé et ensuite dit qu'elle n'avait pas vu l'altercation car elle se trouvait à l'intérieur du vestiaire, ou encore que cette dernière voulait arrêter le recourant au moment du coup de couteau et plus tard indiqué qu'elle était assise derrière lui et qu'elle n'était venue que lorsqu'elle avait vu du sang. Il aurait aussi mentionné que, suite au coup de couteau qu'il avait reçu, C.________ avait poussé le recourant pour vérifier que ce dernier ne le poursuive pas, et ultérieurement annoncé que le recourant le poursuivait. Par son argumentaire, le recourant affirme en substance que l'autorité précédente serait tombée dans l'arbitraire en considérant que les déclarations de l'intimé étaient constantes et non contradictoires. Le recourant se contente cependant de mettre en exergue les quelques variations dans les déclarations de l'intimé, qui ne portent, quoi qu'il en dise, que sur des éléments secondaires, respectivement ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation de l'autorité précédente, ni à discréditer la version des faits donnée par la victime. La cour cantonale n'a du reste pas ignoré, comme l'estime le recourant, les quelques imprécisions dans le récit de l'intimé, en considérant que ses déclarations étaient toutefois pour l'essentiel constantes (cf. arrêt attaqué consid. 8.5 ab initio p. 24) en ce qui concernait les évènements du 3 juillet 2019 et paraissaient parfaitement plausibles au vu du contexte et de la réaction des trois protagonistes. Infondé, le grief du recourant doit, partant, être rejeté. 1.2.2.2. Pour ce qui est des déclarations de C.________, le recourant, tout en admettant lui-même qu'il y aurait eu "certaines variations" dans celles-ci, considère que cela ne justifiait pas que la dernière version de la prénommée ne soit pas prise en compte et qu'il ne fallait pas ignorer que cette dernière se trouvait dans une situation assez complexe dans la mesure où elle entretenait de fait des relations avec les deux protagonistes. Ce faisant, le recourant se contente d'opposer sa propre appréciation des faits à celle arrêtée de manière circonstanciée par la cour cantonale, et procède de manière purement appellatoire, partant, irrecevable (cf. art. 106 al. 2 LTF). 1.2.2.3. Au demeurant, la cour cantonale a expliqué en détail, et de manière convaincante, les raisons pour lesquelles la dernière version présentée par C.________ (selon laquelle elle aurait accidentellement blessé l'intimé en tentant de séparer les deux hommes) devait être écartée. En résumé, l'autorité précédente a notamment relevé que les déclarations de celle-ci n'avaient cessé de varier au fil de ses auditions et que ces contradictions portaient non pas sur des points accessoires - qu'il serait compréhensible que la jeune femme ait omis d'évoquer ou au sujet desquels ses souvenirs auraient pu s'estomper -, mais sur des éléments fondamentaux. Il s'agissait en particulier de la nature de sa relation avec l'intimé, présenté au départ comme son petit ami et doté d'une personnalité bienveillante et par la suite comme son tortionnaire, du fait qu'elle s'était préalablement munie du couteau, ce qu'elle n'avait pas évoqué lors de ses trois premières auditions, ou encore de son attitude durant l'altercation entre les deux hommes, purement passive selon ses premières déclarations, alors que par la suite elle avait prétendu s'être interposée pour les séparer. La cour cantonale a également considéré que, même prises isolément, les dernières déclarations de C.________ ne convainquaient pas. L'autorité précédente a en effet relevé que, si la prénommée redoutait l'intimé au point de se munir d'un couteau, on s'étonnait qu'elle ait laissé dans sa chambre son téléphone portable, qui lui aurait permis d'appeler les secours. Selon sa version, elle avait tout lieu de craindre que les choses puissent mal tourner, puisqu'elle avait décidé d'affronter l'intimé ce soir-là pour, d'une part, mettre fin à leur relation et, d'autre part, exiger la suppression des images au moyen desquelles, selon ses dires, ce dernier l'aurait contrainte au silence. On s'étonnait aussi qu'elle n'ait pas accepté que le recourant soit présent, ce qui lui aurait donné plus de poids pour faire entendre raison à l'intimé. Or, non seulement, elle avait décliné son offre, mais elle lui avait même caché son rendez-vous. La cour cantonale a également constaté que C.________ n'avait pas été en mesure de décrire précisément son geste prétendument à l'origine de la blessure. Elle a aussi mis l'accent sur le fait que, lors de ses deux premières auditions, elle n'avait pas eu l'occasion de s'entretenir avec le recourant, qui avait été mis en garde à vue, ni d'échafauder de concert avec l'intimé une version commune. Or, la cour cantonale a à ce sujet relevé que la première déposition de C.________ présentait de fortes similitudes avec celle de l'intimé. 1.2.2.4. Contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale a au surplus pris en considération que, au moment des faits, C.________ était prise dans une relation triangulaire malsaine, dont elle ne parvenait pas à s'extraire. Elle a ainsi souligné que, depuis peu, les deux hommes avaient appris la vraie nature de ses relations avec chacun d'eux et exerçaient sur la jeune femme une forte pression pour qu'elle fasse un choix. Elle n'y parvenait cependant pas. Lors de sa première audition, elle avait d'ailleurs expliqué qu'elle n'était pas amoureuse du recourant. La cour cantonale a ainsi considéré que, de par sa nationalité suisse, à la tête d'une entreprise, le recourant représentait cependant pour la jeune femme une perspective d'avenir et de sécurité, s'il divorçait de sa femme pour l'épouser. En effet, la requête d'asile de C.________ avait été refusée, ce qui l'avait affectée à tel point qu'elle avait tenté de mettre fin à ses jours et avait conduit à son hospitalisation. À ses yeux, la seule possibilité d'éviter un renvoi était selon toute vraisemblance d'épouser un suisse où un étranger bénéficiant d'un permis de séjour, ce qui n'était pas le cas de l'intimé. Il avait déjà été question de mariage et la mère de C.________ incitait sa fille à s'engager avec le recourant. La jeune femme entretenait cependant depuis plusieurs mois une relation sentimentale avec l'intimé, dont elle se sentait plus proche et les évènements du 3 juillet 2019 l'avaient placée au pied du mur. Son témoignage allait départager les versions contradictoires des deux hommes et risquait par-là de lui fermer définitivement la possibilité d'une relation avec l'un d'eux, alors qu'elle n'était pas prête à faire un choix. Outre les conséquences sur son propre avenir, son témoignage était propre à entraîner pour l'un ou l'autre de ses amants des poursuites judiciaires et même prétériter la demande d'asile de l'intimé. Cette situation cornélienne avait fortement perturbé la jeune femme, au point qu'elle avait connu peu après une nouvelle décompensation psychique, qui avait nécessité une hospitalisation au mois d'août 2019. La cour cantonale a en conclusion estimé que ceci expliquait les versions successives qu'elle avait fournies. Dans un premier temps, elle avait cherché à ne pas prendre parti entre les deux rivaux, prétextant n'avoir rien vu. Après avoir définitivement rompu avec l'intimé et renoué avec le recourant, C.________ avait, au fil de ses dépositions, à la fois dressé un portrait de l'intimé de plus en plus péjoratif, tout en fournissant une explication des événements propres à blanchir le recourant; c'était, selon toute vraisemblance, pour les mêmes mobiles que C.________ avait porté, pour la première fois lors de sa quatrième audition, des accusations graves à l'encontre de l'intimé relatives à des atteintes à son intégrité sexuelle. En prétendant avoir été contrainte, elle se rachetait aux yeux du recourant, avec lequel elle avouait être alors en couple, un comportement honorable, ses infidélités à son égard n'étant pas délibérées. En conclusion, pour les motifs que ses déclarations avaient été durant la procédure contradictoires et fluctuantes, qu'elles présentaient des incohérences intrinsèques et qu'elles étaient manifestement guidées par les intérêts personnels de son auteur, la cour cantonale a expliqué très clairement les raisons pour lesquelles elle ne parvenait pas à se convaincre de la véracité de la dernière version présentée par C.________. Le recourant ne critique en rien l'argumentation de la cour cantonale à cet égard se contentant de soutenir que la procédure serait viciée et que l'instruction ne se serait pas faite à charge et à décharge. Il n'articule ainsi aucune motivation spécifique pour justifier les raisons pour lesquelles l'autorité aurait dû tenir compte de la dernière version présentée par C.________. Son grief est irrecevable. 1.2.2.5. Le recourant semble ensuite considérer à tort que la motivation de l'arrêt attaqué serait insuffisante quant aux raisons pour lesquelles sa version à lui aurait été écartée. À titre liminaire, il sied de relever, comme l'a fait à juste titre la cour cantonale, que le recourant n'apporte aucune explication quant à la façon dont l'intimé a été coupé au bras (cf. arrêt attaqué consid. 8 p. 19), ce qu'il ne conteste du reste pas. Il est vrai que, dans sa déclaration du 1er octobre 2019, il avait déclaré que C.________ lui aurait avoué avoir blessé par inadvertance l'intimé. Cependant, la cour cantonale a suffisamment exposé les raisons pour lesquelles les déclarations du recourant n'étaient pas crédibles. Elle a notamment indiqué que, si le recourant, lors de ses troisième et quatrième auditions des 1er octobre 2019 et 10 février 2021, avait confirmé que C.________ s'était interposée entre lui et son rival, il n'avait précédemment pas fait état d'une telle intervention de sa part. L'autorité précédente a également souligné que le recourant avait exposé n'avoir pas vu que C.________ tenait un couteau, ni lorsqu'il lui avait parlé dans les vestiaires, ni lorsqu'elle avait prétendument tenté de les séparer. Selon ses dires, il avait pourtant dans sa main son portable, dont il avait enclenché la lumière, de sorte qu'un tel détail n'aurait pas dû lui échapper. Il avait par ailleurs lui-même admis qu'après l'altercation, C.________ l'avait pris dans les bras en disant à l'intimé " go go go ". Comme relevé à juste titre par la cour cantonale, le comportement décrit, qui rejoignait la version du blessé et les premières déclarations de C.________, indiquait que la jeune femme avait cherché à retenir le recourant et protéger l'intimé, et attribuait les rôles d'agresseur au premier et de victime au second (cf. arrêt attaqué consid. 8.3 p. 22). Par ailleurs, il ressort aussi de l'arrêt attaqué que, lors de sa deuxième audition du 5 juillet 2019, le recourant avait exclu que le couteau retrouvé par la police soit le sien, alors qu'il l'avait ensuite identifié comme tel lors de son audition du 1er octobre 2019 (cf. arrêt attaqué consid. 6 p. 15). D'après ses déclarations, le recourant avait également affirmé que C.________ lui avait donné le couteau après le départ de l'intimé et qu'il l'avait jeté dans le lac sans savoir qu'il avait servi à blesser son rival (cf. déclarations des 1er octobre 2019 et 10 février 2021; arrêt attaqué consid. 6 pp. 15-16) alors que, lors de sa première audition du 4 juillet 2019, il avait déclaré ne rien avoir jeté dans le lac (cf. arrêt attaqué consid. 6 p. 14). La cour cantonale a également mis en évidence les propos fluctuants et contradictoires du recourant (ainsi que de C.________) au sujet de la nature de leur relation après les faits (cf. arrêt attaqué consid. 8.4 p. 23). Ainsi, il apparaît que la cour cantonale a suffisamment illustré les raisons pour lesquelles les propos du recourant n'apparaissaient pas comme crédibles. Son grief est rejeté dans la mesure où il est recevable. 1.2.2.6. Le recourant affirme enfin qu'aucun élément probant ne permettrait de cautionner la version de l'intimé. Contrairement aux dires du recourant, la cour cantonale a expliqué très distinctement les différents éléments permettant de considérer la version de l'intimé comme crédible. Elle a tout d'abord relevé que, dès sa première audition, l'intimé avait été en mesure de décrire précisément le geste de son agresseur et n'avait par la suite pas changé de version. Elle a également souligné qu'il était tout à fait plausible que le lésé ait pu observer son adversaire quand bien même les évènements s'étaient déroulés alors que la nuit était déjà tombée. C'était ainsi que C.________ avait pu indiquer l'endroit où le couteau avait été jeté par le recourant et où la police l'avait effectivement retrouvé. De même, la description faite par l'intimé du couteau correspondait à celui qui avait été retrouvé et qui portait son ADN. La cour cantonale a au surplus constaté que les deux hommes se disputaient la même femme. Leur animosité réciproque s'était déjà manifestée quelques jours avant. Ils avaient échangé des injures, s'étaient provoqués mutuellement, voire s'étaient menacés. Le message vocal retrouvé par la police démontrait que le recourant était prêt à en venir aux mains pour évincer son rival, tandis que l'intimé s'était dit disposé à répondre à une telle attaque, le cas échéant, avec le renfort de connaissances. Or, l'attaque au couteau décrite par l'intimé apparaissait comme la mise à exécution de ces menaces proférées quelques jours seulement auparavant. Le fait qu'il avait presque aussitôt pris la fuite sans chercher à riposter indiquait que l'intimé était bien victime d'une agression et non pas mêlé à une bagarre. Au demeurant, si c'était son amie intime, qui, accidentellement, l'avait entaillé, il n'aurait pas pris peur et cherché du secours auprès des gardes frontières. La cour cantonale a d'ailleurs souligné que les éléments de preuve recueillis au cours de l'instruction infirmaient la version de C.________ et corroboraient celle de l'intimé. Alors qu'elle avait déclaré que, le soir en question, tant l'intimé qu'elle-même avaient fumé du haschich, ni les douaniers, ni les policiers ni les médecins qui avaient examiné le blessé n'avaient constaté qu'il était sous l'emprise de stupéfiants. Après les faits, C.________ avait de son plein gré accompagné l'intimé pour quelques jours à la montagne, ce qu'elle n'aurait pas fait si elle avait été victime de sa part de chantages et d'abus sexuels répétés. Durant ce séjour, tous deux s'étaient comportés, aux yeux de D.________ - leur hôte pendant ces quelques jours - comme des amoureux. |l ressortait au surplus de l'ordonnance de non-entrée en matière du 3 avril 2020 que l'assistante sociale au foyer de U.________, avait, dans le cadre de la procédure parallèle ouverte au sujet des accusations d'infractions à l'intégrité sexuelle contre l'intimé, également confirmé l'existence d'une relation amoureuse harmonieuse entre ce dernier et C.________ et avait même fait état d'un projet de vie commune. La cour cantonale a également rappelé que l'arme ayant servi à blesser l'intimé appartenait au recourant et que c'était également ce dernier qui avait eu le réflexe presque immédiat de se débarrasser de celle-ci en la jetant dans le lac. Comme déjà évoqué, lors de sa première audition, le recourant avait tu l'existence du couteau, allant même jusqu'à mettre en doute, sur présentation de photo, que la blessure soit due à l'usage d'une arme blanche. Les analyses génétiques n'avaient pas révélé la présence d'un ADN de type féminin. Encore, la cour cantonale a mis en évidence que les médecins légistes avaient jugé que la plaie était compatible avec une lésion défensive, selon le mécanisme proposé par l'intimé (à savoir un coup porté latéralement, de gauche à droite à hauteur du cou, qu'il aurait paré en levant le bras gauche). Lorsque le bras était levé, la blessure était effectivement localisée à hauteur du cou. À l'inverse, en suivant les explications de C.________, selon lesquelles l'intimé se tenait à sa gauche de façon perpendiculaire à elle et, en écartant les bras, elle l'aurait blessé avec le couteau qu'elle tenait dans la main gauche, c'était soit au membre supérieur droit, soit à la face antérieure et non postérieure du membre supérieur gauche qu'il aurait dû être touché. Sur la photo de reconstitution, il apparaissait que le policier de taille équivalente à celle du blessé devait lever le bras. Un tel geste n'était pas naturel s'il s'agissait uniquement de séparer les deux adversaires. Cela était d'autant plus vrai que C.________ (164 cm) était plus petite que l'intimé (178 cm). Il était en revanche aisé au recourant, de 13 cm plus grand que son rival, d'atteindre le cou ou la partie supérieure du bras de l'intimé en faisant un geste ample latéral. Selon les douaniers, lorsqu'ils s'étaient rendus sur la plage, l'intimé avait désigné le recourant comme son agresseur. Contrairement à ce que C.________ affirmait, elle ne l'avait pas contredit et avait encore moins avoué être l'auteur de la lésion. À la police, elle s'était contentée de reconnaître être responsable du cours des évènements. C'était effectivement la double liaison qu'elle entretenait avec les deux hommes au départ à leur insu qui avait attisé leur jalousie et fait naître des pulsions violentes. 1.2.2.7. Ainsi, contrairement à ce qu'affirme le recourant, il ressort de la motivation cantonale que l'autorité précédente s'est basée sur un faisceau d'indices convergents pour parvenir à la conviction que, comme l'avait déclaré l'intimé, une discussion animée s'était engagée entre les deux hommes, lorsque le recourant avait fait mine de vouloir toucher au sac de son rival. Le recourant avait rejoint son adversaire à l'extérieur des vestiaires. En tenant dans la main droite son couteau suisse, la lame ouverte, il lui avait porté un coup latéral à hauteur du cou. Dans un réflexe défensif, l'intimé avait levé le bras gauche et avait été blessé à ce bras. C.________, qui, comme elle l'avait finalement admis et comme l'avaient aussi expliqué l'intimé et le recourant, était sortie des vestiaires lorsque l'altercation avait débuté, avait vu le geste du recourant. Elle avait retenu celui-là pour éviter qu'il ne le réitère et avait dit à l'intimé de fuir.