Citation: I 1052/06 29.02.2008 E. 8

En l'occurrence, il convient d'admettre, avec le Tribunal des assurances et l'OFAS, que l'instruction de la demande initiale de prestations a été lacunaire. En effet, au moment où l'administration a rendu sa décision de rente du 16 octobre 2001, elle ne disposait pas de l'avis d'un psychiatre (cf. ATF 130 V 396 consid. 5.3 et 6 pp. 398 ss), lequel était en principe nécessaire dès lors qu'il s'agissait de se prononcer sur l'incapacité de travail que le trouble somatoforme douloureux était susceptible d'entraîner chez l'intimée (cf. ATF 130 V 352 consid. 2.2.2 p. 353). Nonobstant cette carence de l'instruction du dossier médical, on ne saurait pour autant en déduire que l'octroi d'une demi-rente d'invalidité était, pour ce seul motif, manifestement erroné en 2001. En effet, suivant les faits constatés par les premiers juges, l'intimée présentait d'importants troubles psychiques (singulièrement une phobie sociale associée à une importante dépression) et ne disposait, selon les docteurs S.________ et T.________ qui s'étaient exprimés à cette époque-là, que d'une capacité de travail de 50 %. Sans tenir compte des tests pratiqués par la psychologue E.________ ni aborder la question de leur valeur probante, le dossier médical constitué en 2001 plaidait ainsi plutôt en faveur de l'octroi d'une demi-rente d'invalidité. En d'autres termes, on se trouve dans l'éventualité où une inexactitude manifeste ne saurait être admise dès lors que la décision d'octroi de la demi-rente, en 2001, paraissait admissible compte tenu de la situation de fait et de droit prévalant à cette époque (cf. arrêt B. du 19 décembre 2002, I 222/02, consid. 3.2, et les références). Il s'ensuit que la décision portant suppression de cette prestation, par voie de reconsidération, était infondée, si bien que le recours de l'office AI sera rejeté.