Citation: 4A_45/2018 E. 5

Au service du demandeur, le défendeur a accompli un stage de notaire qui a pris fin le 30 novembre 2007. Le défendeur a ensuite continué de travailler au service du demandeur moyennant un salaire mensuel brut de 6'300 francs. Afin de préparer ses examens professionnels de notaire, il a réduit son taux d'activité à 50% de janvier à juin 2008 et à 30% en juillet de la même année; néanmoins, il demeurait présent à l'étude pour la préparation de ses examens. Les parties ont ensuite convenu que durant les mois d'août et de septembre, toujours pour la préparation des examens, le défendeur serait entièrement « libéré de son obligation de travailler ». Dans le procès, le défendeur soutient qu'il a néanmoins travaillé durant deux semaines au mois d'août et durant trois semaines au mois de septembre. Il prétend de ce chef à une rémunération brute qu'il chiffre à 4'725 francs. La Cour d'appel retient que le défendeur n'a pas apporté la preuve concluante et convainquante du travail ainsi allégué. La Cour a discuté les preuves effectivement administrées par la Chambre patrimoniale ou, en appel, encore offertes par le défendeur. Celui-ci se plaint de constatation manifestement inexacte des faits et il développe sa propre discussion des preuves. Le Tribunal fédéral ne discerne guère sur quels points il reproche réellement à la Cour, sinon par de simples protestations ou dénégations, d'avoir commis une erreur certaine ou de s'être livrée à une appréciation des preuves absolument insoutenable. L'argumentation présentée tend seulement à substituer une appréciation différente de celle de l'autorité précédente; elle est par conséquent irrecevable au regard de la jurisprudence susmentionnée relative à l'art. 97 al. 1 LTF. Selon la jurisprudence, le travailleur jouit d'un allégement de la preuve en application par analogie de l'art. 42 al. 2 CO lorsque, dans le procès civil, il allègue l'accomplissement d'heures de travail supplémentaires et qu'en raison des circonstances, une preuve stricte de ces heures supplémentaires n'est pas possible ou n'est pas raisonnablement exigible (ATF 128 III 271 consid. 2b/aa p. 276; arrêt 4A_338/2011 du 14 décembre 2011, consid. 2.2, PJA 2012 p. 282). Cet allégement se justifie notamment parce que la preuve d'heures de travail accomplies en sus d'autres heures, celles-ci convenues et incontestées, peut se révéler particulièrement ardue. En l'espèce, il était convenu que le défendeur ne travaillerait simplement pas pendant les mois d'août et de septembre 2008, de sorte que la preuve d'un hypothétique travail ne soulève pas de difficultés particulières; il n'y a donc pas lieu à allégement de cette preuve. Contrairement à la thèse du défendeur, l'art. 42 al. 2 CO est ici hors de cause.