Citation: 6B_304/2016 E. 3.2

3.2. En l'espèce, il est constant que le recours litigieux émanait de manière reconnaissable d'une personne détenue. La cour cantonale ne soutient pas n'avoir pas connu ni pu connaître cet élément. Dans ces circonstances, le délai de recours est réputé observé si l'acte de procédure est remis au plus tard le dernier jour du délai à la direction de l'établissement carcéral, la remise postale n'étant pas décisive. Il ressort de la pièce intitulée " Suivi des courriers déposés dans la boîte aux lettres de l'UM4 par Monsieur X.________ " que le 23 décembre 2015, ce dernier a déposé dans la boîte aux lettres de son unité carcérale, sous la supervision de l'agent de détention xxx, un envoi recommandé adressé à la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise. Il est précisé que le document est rempli par le prénommé; que l'agent de détention présent lors de la dépose des lettres appose son visa dans la colonne de droite; qu'une copie actualisée du document est conservée par les agents de détention, tandis que l'original demeure entre les mains de X.________. Au regard des modalités encadrant la tenue de ce document opérée en particulier sous la supervision d'un agent de détention, il n'y a pas lieu de douter de sa fiabilité. Il en ressort que le 23 décembre 2015, le recourant a déposé dans la boîte à lettres de son unité carcérale un envoi recommandé adressé à la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise. La juridiction cantonale n'exprime aucune réserve quant au contenu de l'envoi. Il y a par conséquent lieu de constater que le recourant a remis l'acte de recours litigieux à la direction de l'établissement carcéral le 23 décembre 2015, soit avant l'échéance du délai de recours dont il est constant qu'elle est survenue le 28 décembre suivant, et par conséquent en temps voulu. Ce nonobstant, le ministère public considère que le prononcé cantonal ne saurait être remis en cause attendu que le moyen de preuve invoqué aurait dû être produit spontanément devant l'autorité cantonale qui ne disposait d'aucune indication relative à la remise de l'acte à la direction de l'établissement carcéral. Cependant, le recourant, en remettant son recours à cette dernière non seulement à temps mais 5 jours avant l'échéance du délai de recours, n'avait aucun motif de douter de la recevabilité temporelle de son écriture, ni d'apporter spontanément la preuve de celle-là. En particulier, l'on ne saurait lui reprocher d'avoir ignoré que le pli ne serait posté que 5 jours après la remise interne et que l'autorité de recours prendrait faussement en considération le dépôt postal. Saisie d'un recours émanant d'une personne détenue, la cour cantonale devait en examiner la recevabilité à l'aune de la remise de l'acte à la direction de l'établissement carcéral (cf. art. 91 al. 2 in fine CPP). Ne disposant d'aucune indication relative à l'acheminement du pli dans ces circonstances, elle devait nourrir des doutes quant à l'éventuelle tardiveté du recours. Avant de statuer au détriment du recourant, il lui appartenait par conséquent d'impartir à ce dernier un délai afin qu'il puisse présenter des observations et d'éventuelles pièces à cet effet. A défaut, elle a tranché en violation du droit d'être entendu du recourant. Sur le vu de ce qui précède, l'arrêt entrepris doit être annulé et l'affaire renvoyée à la juridiction cantonale pour nouvelle décision.