Citation: 8C_165/2007 05.03.2008 E. 1

3.4.1 Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel, dont la violation doit entraîner l'annulation de la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recourant sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437, 126 V 130 consid. 2b p. 132 et les arrêts cités). La jurisprudence, rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. et qui s'applique également à l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504, 127 I 54 consid. 2b p. 56, 127 III 576 consid. 2c p. 578, 126 V 130 consid. 2a), a déduit du droit d'être entendu, notamment, le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16, 124 V 180 consid. 1a p. 181, 372 consid. 3b p. 375 et les références). Selon l'art. 6 § 1 CEDH, toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, (...) par un tribunal (...), qui décidera, (...) des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil (...). D'après la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, le concept du procès équitable implique a priori la faculté pour les parties au procès de prendre connaissance de toute pièce ou observation présentées, et de pouvoir en discuter (arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme [ACEDH] Spang c. Suisse du 11 octobre 2005, no 45228/99 [Plädoyer 2005/6 p. 82], Ziegler c. Suisse du 21 février 2002, no 33499/96 [Jaac 2002 no 113 p. 1307, § 38 p. 1315]). 3.4.2 En l'espèce, le recourant allègue ne pas avoir eu connaissance du rapport du docteur T.________ du 29 janvier 2007, produit en instance cantonale par la CNA à l'appui de sa duplique du 12 février 2007. Certes, sur le vu du dossier, il n'est pas possible d'établir si la juridiction cantonale a effectivement communiqué ce rapport à l'intéressé en même temps que les déterminations de la CNA. Cependant, celles-ci non seulement se référaient explicitement au rapport médical en question, mais elles reproduisaient encore l'essentiel du contenu dudit rapport. Cela étant, l'assuré était clairement informé du fait qu'une nouvelle pièce avait été ajoutée au dossier. S'il désirait consulter celle-ci, il lui appartenait dès lors d'en faire la demande à la juridiction cantonale (cf. ATF 132 V 387 consid. 6.2 p. 391 et les références). Au demeurant, même si elle était avérée, une violation du droit d'être entendu ne serait pas en l'occurrence d'une gravité telle qu'elle ne puisse être réparée, étant donné la possibilité de la partie lésée de s'exprimer devant une autorité de recours jouissant d'un plein pouvoir d'examen (cf. ATF 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437 s., 126 I 68 consid. 2 p. 72, 126 V 130 consid. 2b p. 132 et les références). 3.4.3 Dans son rapport précité du 29 janvier 2007, le docteur T.________ a indiqué que la notion de Multiple Chemical Sensitivity est fortement controversée dans la doctrine médicale spécialisée, laquelle préfère la notion d'Idiopathic Environmental Intolerance (IEI). Selon cette doctrine, à laquelle se réfère le docteur T.________, l'IEI correspond à une description clinique regroupant des symptômes d'étiologie inconnue attribués par les patients à de multiples expositions environnementales, lorsque toutes les autres explications médicales ont été exclues. Parce que l'allergie n'a pas clairement été démontrée et que les modèles courants toxicologiques dans la relation symptômes/exposition ne paraissent pas à l'origine de l'IEI, de nombreuses théories psychogènes ont été évoquées dans plusieurs investigations. En outre, ajoute ce médecin, il existe de plus en plus de preuves à l'appui de la thèse selon laquelle l'IEI est souvent le résultat de crises de panique provoquées par des stimuli olfactifs conditionnés psychologiquement. Il n'y a pas de raison de mettre en doute cette appréciation dûment motivée, laquelle, au demeurant, n'est pas sérieusement contestée par le recourant. Vu ce qui précède, la juridiction cantonale était fondée à nier l'existence d'une affection de nature organique ayant valeur de maladie professionnelle au sens de l'art. 9 al. 1 et 2 LAA. 3.5 Sur le plan psychique, le recourant souffre d'une symptomatologie de type troubles panique liés aux odeurs, avec crises d'hyperventilation (rapports des médecins de l'Institut Y.________ [du 7 octobre 2004] et du docteur B.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie [du 5 septembre 2005]). L'intéressé allègue que cette affection est due à l'exercice de son activité professionnelle, du moment qu'il n'a jamais été atteint dans sa santé psychique avant l'hématémèse sur syndrome de Mallory Weiss survenue le 4 juin 2004. Cette argumentation, qui repose sur l'adage « post hoc, ergo propter hoc » ne permet pas d'établir l'existence d'un lien de causalité naturelle (ATF 119 V 335 consid. 2b/bb p. 341 s.). A plus forte raison, elle n'est pas de nature à démontrer l'existence d'une relation exclusive ou nettement prépondérante entre cette affection psychique et l'exercice de l'activité professionnelle au sens de l'art. 9 al. 2 LAA. Cela étant, il n'y a pas lieu non plus de s'écarter du point de vue de la juridiction cantonale selon lequel l'affection psychique n'a pas valeur de maladie professionnelle.