Citation: 8D_4/2021 E. 3.2.1

3.2.1. Les juges cantonaux ont exposé que de par leur mission légale, les membres du personnel de surveillance des établissements de détention étaient appelés à devoir travailler pendant la journée, la nuit, les samedis, dimanches et jours fériés afin de ne pas laisser les personnes détenues sans surveillance. Pour tenir compte de cela, leurs plannings les amenaient à travailler parfois la journée, parfois la nuit, en alternant avec des jours de repos et d'autres où ils travaillaient les week-ends et jours fériés. Cette arythmie de travail était compensée par l'IRIF, dont le montant était fixé à 15 % du traitement initial et était versé chaque mois (cf. art. 2 RIED). Comme cela avait été rappelé à plusieurs reprises, notamment dans l'exposé des motifs du RIED, cette indemnité couvrait également la suppression, lors d'événements d'envergure, des congés et des jours de repos, ainsi que les risques dus à la violence du milieu carcéral. Seul le service de nuit et pour travaux spéciaux avait été traité séparément par l'art. 3 RIED, les heures accomplies la nuit (entre 19h00 et 06h00) étant ainsi décomptées et remboursées, à raison de 7 fr. 55 par heure. Comme l'IRIF équivalait à 15 % du traitement initial du gardien, cela signifiait que l'arythmie due à cette fonction était déjà compensée par cette partie du salaire perçue tous les mois indépendamment du nombre d'heures travaillées. Ce raisonnement avait été appliqué également aux policiers, l'IRIF ayant aussi pour but de compenser, aux termes de l'art. 39 al. 3 RGPPol (Règlement général sur le personnel de la police du 16 mars 2016; RS/GE F 1 05 07), les horaires irréguliers et le caractère parfois imprévisible de la planification des horaires. Dès lors, la même interprétation devait être donnée à l'IRIF payée au personnel de surveillance des établissements de détention, comme cela était par ailleurs clairement indiqué dans l'exposé des motifs du RIED.