Citation: 1P.62/2005 17.02.2005 E. 6

Le recourant conteste également le risque de fuite; ressortissant suisse, il affirme avoir trouvé un appartement à proximité du Centre de Thérapies Brèves où il devrait suivre son traitement. Il se déclare prêt à déposer son passeport. La Chambre d'accusation a retenu que le recourant avait déjà pris la fuite une première fois en novembre 2000, et n'avait pu être arrêté en France, où il possède une maison, qu'en mai 2004. 6.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence; il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). 6.2 En l'occurrence, le fait de s'être soustrait une première fois à la justice genevoise, de même que ses séjours à l'étranger, parlent évidemment en défaveur du recourant. Toutefois, il apparaît que la situation s'est sensiblement modifiée depuis ce premier épisode: le recourant semble s'être volontairement soumis à un traitement; il dispose d'un appartement à Genève et son épouse s'est déclarée prête à l'aider financièrement. En outre, depuis le dépôt du rapport d'expertise concluant à son irresponsabilité totale, la perspective d'une peine d'emprisonnement ne constitue plus forcément pour lui un motif de prendre la fuite, l'expert s'étant par ailleurs clairement exprimé en défaveur d'une hospitalisation et d'un internement. Dans ces circonstances, le risque de fuite apparaît restreint. La question peut toutefois également demeurer indécise.