Citation: 2A.214/2000 19.06.2000 E. 3

3.- En l'espèce, il n'est pas contesté que les recourants sont bien intégrés en Suisse et qu'ils s'y sont créé des attaches, notamment amicales. A.________ est également apprécié par son employeur, chez lequel il travaille depuis le mois de juin 1997 comme agent de voyage. Les circonstances familiales, professionnelles et sociales dans lesquelles se trouvent les recourants ne permettent cependant pas de conclure qu'ils seraient dans une situation d'extrême gravité en cas de retour dans leur pays d'origine. La jurisprudence considère en effet qu'un séjour en Suisse d'une certaine durée et une intégration même supérieure à la moyenne, sans être exceptionnelle, ne suffisent pas, à eux seuls, à justifier une exception aux mesures de limitation, en particulier lorsque les recourants ont passé la plus grande partie de leur existence dans leur pays d'origine et qu'ils y ont conservé certains liens, notamment parce que le recourant a séjourné en Suisse de façon ininterrompue jusqu'à son admission provisoire, en octobre 1993, et que son épouse est restée en Yougoslavie jusqu'en février 1994. Dans ces conditions, la durée de leur séjour en Suisse n'apparaît pas aussi longue qu'ils le prétendent; elle ne saurait en outre être comparée au cas jugé par le Tribunal fédéral (ATF 124 II 110 ss), où il s'agissait d'un requérant d'asile qui avait séjourné en Suisse pendant une dizaine d'années de manière continue et n'avait donc pas pu maintenir les contacts avec son pays d'origine durant cette période, en particulier parce qu'il ne pouvait pas y retourner. Pour le reste, on ne saurait tenir compte des circonstances générales (économiques, sociales, sanitaires ou scolaires) affectant l'ensemble de la population demeurée au Kosovo, dès lors que les recourants n'allèguent pas qu'ils rencontreraient des difficultés concrètes qui leur seraient propres et qui les toucheraient de façon plus importante que celle affectant la majorité de leurs compatriotes contraints de retourner dans leur pays d'origine (ATF 123 II 125 consid. 5b/dd p. 133). En définitive, le Département fédéral de justice et police n'a donc pas violé le droit fédéral, ni abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant d'exempter les recourants des mesures de limitation.