Citation: U 166/06 21.12.2006 E. A

N.________ est née en 1944. Elle travaillait en qualité d'aide à domicile et était assurée contre les accidents par la «Swica Assurance SA» (ci-après: la Swica). Victime d'un accident de la circulation routière le 6 avril 2000, elle a souffert de cervicalgies et de contusions à l'épaule droite (rapport du docteur C.________, département de chirurgie de l'Hôpital X.________, du 13 septembre 2000). Son cas a été pris en charge par la Swica qui a d'abord recueilli l'avis des médecins traitants: la doctoresse H.________ a notamment fait état d'une récidive de douleurs scapulaires préexistantes et de cervicalgies (rapports des 4 août et 4 septembre 2000); les docteurs R.________ et M.________ ont décrit une déchirure du sus-épineux droit (rapports des 4 et 19 septembre 2000) qui a été opérée le 20 octobre 2000. Des douleurs scapulaires pour lesquelles l'assurée avait déjà été soignée (rapports des docteurs H.________ et R.________ des 25 janvier et 13 février 2001, 26 janvier 2005) ont alors persisté (rapport du docteur R.________ des 7 décembre 2000, 7 février, 5 avril et 8 juin 2001, 4 février 2002). Le docteur O.________, radiologue, a signalé des discopathies cervicales et diverses affections au genou droit (chondropathie, arthrose, etc.; rapports des 6 août et 15 novembre 2001). Les doctoresses P.________ et A.________, Centre multidisciplinaire d'évaluation et de traitement de la douleur de l'Hôpital X.________, ont énuméré les nombreuses atteintes et interventions chirurgicales subies par l'intéressée depuis 1992, ainsi que leur influence sur celle-ci (rapport du 14 janvier 2001). La Swica a également confié la réalisation d'une expertise au docteur S.________, chirurgien, qui outre les nombreux diagnostics évoqués, a retenu un état anxio-dépressif, des troubles de la personnalité et un syndrome somatoforme douloureux chronique. Ses observations ainsi que ses examens lui ont permis de conclure à un retour à l'état antérieur pour les cervicalgies et à une péjoration de celui de l'épaule; l'incapacité totale de travail retenue n'était cependant que partiellement liée à l'accident (50 %), le surplus devant être mis sur le compte des troubles psychiques et d'un état maladif antérieur (rapport du 7 mars 2002). Sur la base de ces éléments, l'assureur-accidents a immédiatement mis fin à la prise en charge du traitement médical (sauf traitement de soutien et frais liés à une éventuelle opération de l'épaule), octroyé une indemnité pour atteinte à l'intégrité fondée sur un taux de 15 % et réduit les indemnités journalières de moitié dès le 1er mai 2002 (décision du 9 avril 2002), jusqu'à droit connu dans le dossier de l'assurance-invalidité; l'Office AI du canton de Genève a octroyé à N.________ une rente entière d'invalidité avec effet au 6 avril 2001 (décision du 16 septembre 2002). La Swica a encore mandaté la Clinique Y.________ pour la réalisation d'une expertise pluridisciplinaire. Le docteur E.________, chirurgien orthopédique, a abouti aux mêmes conclusions que le docteur S.________; exception faite des cervicalgies et des scapulalgies, les pathologies relevées étaient antérieures ou indépendantes de l'accident. Le docteur F.________, psychiatre, a retenu un trouble, en rémission, de l'adaptation avec perturbation des émotions et des conduites (F 43.2 CIM-10), ainsi qu'un probable syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4 CIM-10), plus vraisemblablement liés à l'accumulation des opérations et au contexte soignant/soigné très perturbé qu'aux événements traumatiques; il excluait toute incapacité de travail en relation avec ces affections (rapport du 13 mai 2003). Par décision du 26 août 2003, l'assureur-accidents a octroyé à l'assurée une rente d'invalidité fondée sur un taux d'incapacité de gain de 50 % à partir du 1er septembre 2003. L'intéressée s'est opposée à la décision arguant que sa capacité de travail n'avait jamais été affectée avant l'accident, de sorte que la moitié de son invalidité ne pouvait être attribuée à des causes étrangères à celui-ci. Plusieurs rapports médicaux ont encore été déposés en cause: certains faisaient état de troubles sans lien avec l'accident (rapport du docteur G.________, radiologue, du 15 octobre 2003), d'autres d'éléments connus (rapports des docteurs U.________, spécialiste en médecine physique et en rééducation, K.________, interniste et rhumatologue, et B.________, division de rhumatologie de l'Hôpital X.________, des 8, 10 et 11 mars 2004). Le docteur M.________ soutenait la thèse de sa patiente et estimait qu'une incapacité totale devait lui être reconnue en raison des douleurs ressenties et de la profonde dépression induite par les multiples opérations mentionnées (rapport du 18 avril 2005). La Swica a rejeté l'opposition de N.________ par décision du 5 août 2005.