Citation: 8C_171/2023 E. 6.1

6.1. Il ressort de la procédure précédente que le recourant présente, comme suites de la première rechute de l'accident du 13 mars 2000, des douleurs neuropathiques post-traumatiques et post-chirurgicales au membre inférieur droit. La CNA a clôturé le cas au 31 août 2017 sur la base de l'avis des médecins de la Clinique F.________. Ceux-ci avaient alors constaté que moyennant l'effet combiné du neuro-stimulateur et d'une médication antalgique adaptée, la situation s'était améliorée et désormais stabilisée et que le recourant disposait d'une capacité de travail entière dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles, en particulier dans celle de chauffeur de poids lourds pour laquelle il avait bénéficié d'un reclassement professionnel. Dans sa décision sur opposition du 29 septembre 2017, l'intimée a fixé le revenu d'invalide du recourant en fonction de ce profil d'activité. Or, en mettant en valeur la capacité de travail qui lui avait été reconnue dans ce cadre, le recourant a présenté une recrudescence importante de ses douleurs séquellaires au membre inférieur droit. Cela est admis par le docteur J.________, de la CNA, et on peut observer que pour son confrère, le docteur I.________, l'incapacité de travail qui en a découlé est en lien de causalité avec l'accident assuré. Dans un rapport du 12 janvier 2018 - que le recourant avait produit en cours de procédure ayant conduit à l'arrêt de la cour de céans du 6 septembre 2019 -, le docteur E.________ a expliqué que la péjoration des symptômes était liée notamment aux longues positions statiques inhérentes à l'activité de chauffeur et qu'il fallait inclure les positions statiques prolongées debout ou assis dans les limitations fonctionnelles déjà posées par les médecins de la Clinique F.________ (pas de marche sur terrains irréguliers, dans les escaliers ou très prolongées; pas de positions accroupies et à genoux, pas d'activités sur des échelles ou de port de charges lourdes en se déplaçant). Ce médecin a encore précisé qu'il suivait le recourant depuis octobre 2012 à sa consultation d'antalgie et qu'il avait pu se convaincre non seulement de la crédibilité et de la plausibilité de ses plaintes, mais également de sa bonne foi et de ses efforts pour retrouver une activité professionnelle. On doit constater que ces considérations - motivées et convaincantes - sont de nature à établir l'existence d'une aggravation objective de l'état de santé du recourant par rapport à la situation décrite par les médecins de la Clinique F.________, dans la mesure où ceux-ci n'ont pas pris en considération les effets d'une position assise prolongée dans leur appréciation du cas.