Citation: 5A_105/2019 E. 3.4

3.4. En l'espèce, il résulte du préambule de la convention du 19 octobre 2012 que l'intimé a " accept[é] de prendre l'engagement ferme et définitif de racheter 8'930'000 actions " au recourant (chiffre 4). Il en ressort en outre que cet engagement faisait suite à une cession au recourant - intervenue le même jour - de 8'930'000 actions (chiffre 2) et supposait que l'intimé soit revenu à meilleur fortune (chiffre 3). Cette dernière circonstance paraissait toutefois devoir se réaliser dans un temps proche, l'intimé étant " confiant " que la vente de sa maison allait se concrétiser " rapidement " et/ou qu'un tiers lui avancerait " prochainement " l'argent nécessaire (chiffre 4). Dans un tel contexte, l'article 2 selon lequel la vente était consentie et acceptée par le vendeur moyennant le paiement de 96'000 fr. " sous un délai maximum de 6 mois à compter de la date de la signature " est équivoque. Il peut d'une part être interprété en ce sens que le recourant a entendu soumettre l'offre d'achat exprimée par l'intimé dans le préambule à un délai maximum au-delà duquel il n'accepterait plus de vendre. Il peut d'autre part signifier qu'il a voulu accorder à ce dernier - au vu de la confiance affichée quant au retour à meilleure fortune - le délai utile à la réunion des fonds nécessaires à l'acquisition. Aucun des éléments de la convention ne permet cependant de dégager une interprétation plutôt qu'une autre. Le recourant ne saurait en particulier rien tirer de la définition de la préposition " moyennant ", laquelle peut tout aussi bien vouloir dire " au moyen de... ", " par le moyen de... " que " à la condition de... " (cf. Le Grand Robert électronique). Le fait que la société D.________ SA aurait été déclarée en faillite le 18 octobre 2012 déjà ne lui est par ailleurs d'aucun secours. En se prévalant d'une circonstance qui a entouré la signature de l'accord pour asseoir son interprétation de la clause litigieuse et, plus singulièrement, pour établir qu'il n'a pu vouloir se priver de vendre des actions qui pourraient perdre leur valeur, il se réfère à un élément extrinsèque à l'acte dont le juge de la mainlevée n'a pas à tenir compte (cf. supra, consid. 3.3.2). Le sens et l'interprétation objective de la convention étant en l'espèce source de doutes et ne permettant pas d'établir clairement la volonté du poursuivi, la mainlevée provisoire ne peut être que refusée (cf. supra, consid. 3.3.2). Cela étant, il y a lieu de confirmer l'arrêt cantonal par substitution de motifs (cf. supra, consid. 2.1).