Citation: 1P.441/2006 24.11.2006 E. B

La condamnation de l'accusé pour lésions corporelles graves repose, en résumé, sur les faits suivants. Le 9 février 2004, A.________ s'est rendu en compagnie de C.________, D.________, E.________ et F.________, dans une discothèque de Genève. Au cours de la soirée, ils ont fini une bouteille de whisky entamée le dimanche précédent et en ont bu une seconde. A un moment donné, une altercation s'est produite avec un garde du corps, qui était intervenu afin que les prénommés cessent d'importuner une hôtesse, et le directeur de l'établissement, B.________, s'est dirigé vers le groupe pour le calmer. A.________ s'est alors emparé d'un couteau de marque Opinel et a frappé B.________ d'un coup violent, de bas en haut, en direction du coeur. La lame a perforé la cage thoracique et le ventricule droit du coeur, entraînant une hémorragie massive. Immédiatement après, A.________ et ses compagnons ont pris la fuite à bord d'un véhicule, avant d'être interceptés par une patrouille de police. Lors de de l'interpellation, la gendarmerie a constaté que E.________, qui conduisait le véhicule, présentait des signes extérieurs d'ébriété et l'a dès lors soumis à un alcootest, qui a révélé une concentration d'alcool de 1g ‰. Selon les déclarations de l'un des gendarmes, confirmées par celles d'un témoin, les passagers de la voiture ne présentaient en revanche pas de signes d'ébriété. La Cour correctionnelle a admis que l'alcool avait joué un rôle dans le geste impulsif de A.________ et en a tenu compte dans le cadre de l'art. 63 CP. Elle a en revanche refusé de mettre l'accusé au bénéfice d'une responsabilité restreinte au sens de l'art. 11 CP et n'a pas ordonné de mesure en application de l'art. 44 CP.