Citation: 5C.169/2000 04.12.2000 E. 3

3.- a) Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir examiné uniquement en fonction du droit suisse dans quelle mesure l'héritier a le droit d'être renseigné. Il soutient que selon le droit égyptien, applicable à la succession, le conjoint survivant ne bénéficie d'aucune réserve, et ne peut remettre en cause les actes de disposition accomplis par le défunt de son vivant; ses droits ne portent dès lors que sur les biens existants au jour du décès. La requérante n'aurait de plus aucune prétention résultant du régime matrimonial. b) Le recours en réforme constitue la voie appropriée pour faire valoir que la décision attaquée n'a pas appliqué le droit étranger désigné par le droit international privé suisse (art. 43a al. 1 let. a OJ). Tel n'est cependant pas le cas en l'espèce. La vocation successorale de la requérante, qui détermine sa qualité pour agir (cf. ATF 119 II 77 consid. 3c p. 82 et les références), se définit certes au regard du droit égyptien, en l'occurrence applicable à la succession (art. 92 al. 1 LDIP). L'autorité cantonale a toutefois constaté que sa qualité d'héritière n'était pas contestée. On ne saurait dès lors lui reprocher d'avoir appliqué à tort le droit suisse sur ce point. En effet, cette qualité, examinée en première instance au regard du droit égyptien, n'a pas été critiquée par le recourant, qui ne le prétend du reste pas. Celui-ci soutient seulement que la requérante n'a pas qualité d'héritière réservataire et qu'elle ne peut remettre en cause les actes de disposition accomplis du vivant du de cujus: or il s'agit là de questions d'application du droit étranger qui ne peuvent pas être soulevées dans un recours en réforme, s'agissant d'une contestation civile de nature pécuniaire (43a al. 2 OJ a contrario). Il en va de même lorqu'il prétend que la requérante n'aurait aucun droit aux renseignements sollicités, le droit égyptien ne lui accordant pas les mêmes droits successoraux que le droit suisse: ce faisant, il fait valoir en réalité que le droit de la requérante à la reddition de comptes n'est pas "évident ou reconnu", comme le prévoit l'art. 324 al. 2 let. b LPC/GE; il critique ainsi, de manière irrecevable dans le recours en réforme, l'application du droit cantonal de procédure. Est également irrecevable l'allégation du recourant selon laquelle la demande en reddition de comptes litigieuse vise principalement à connaître les donations que le défunt pourrait avoir faites de son vivant, ce fait ne ressortant pas de l'arrêt entrepris (art. 63 al. 2 OJ). Le grief se révèle dès lors mal fondé, en tant qu'il est recevable.