Citation: 4A_699/2012 E. 4.2

4.2. L'intimé a violé l'art. 35 al. 5 LCR pour avoir continué sa manoeuvre de dépassement dans la colonne de voitures bien qu'il ait vu qu'une voiture circulant devant lui avait enclenché son clignotant pour tourner à gauche. De son côté, l'automobiliste a transgressé l'art. 34 al. 3 LCR pour avoir obliqué sans porter suffisamment égard aux usagers de la route qui le suivaient; en revanche, c'est à tort que la cour cantonale lui a fait encore grief d'avoir enfreint l'art. 39 al. 1 let. a LCR en ayant enclenché tardivement son clignotant gauche avant d'obliquer (cf. consid. 3.4.3 ci-dessus). L'autorité cantonale a qualifié de moyenne la faute du motocycliste (violation de l'art. 35 al. 5 LCR), au motif qu'il n'a pas été établi que l'intimé dépassait la colonne de voitures à une vitesse nettement supérieure à celles-ci et que ce dernier n'aurait pas été à même, faute de distances suffisantes, de se rabattre dans la colonne (cf. consid. 5.2 de l'arrêt cantonal, p. 18 en bas). Elle a aussi considéré la faute de l'automobiliste (violation des art. 34 al. 3 et 39 al. 1 let. a LCR) comme moyenne (cf. consid. 5.2 du même arrêt, p. 19 en haut). Mais, puisque seule la transgression de la première norme (vérifications insuffisantes avant d'obliquer à gauche) peut en réalité être reprochée à l'automobiliste, se pose la question de savoir si la faute de l'intéressé doit peser moins que celle commise par l'intimé. Il n'en est rien. Le manquement à la diligence due commis par de A.________ ne saurait être qualifié de léger. Il a en effet choisi d'obliquer de manière inopinée devant une propriété privée, alors qu'à seulement 35 mètres devant lui se trouvait un débouché de voie secondaire qui aurait largement facilité le changement de direction. Avoir entrepris précipitamment une telle manoeuvre, sans nécessité particulière, constitue clairement une faute moyenne. La recourante n'allègue pas que l'autorité cantonale aurait omis de prendre en considération des éléments déterminants dans le cadre de la pondération des fautes réciproques qu'elle a opérée. Elle se borne à faire valoir que les risques inhérents des véhicules impliqués dans l'accident étaient inégaux, parce que le motocycliste circulait à une vitesse plus élevée que l'automobiliste. En pure perte. Il faut rappeler que le risque inhérent d'un motocycle est présumé égal à celui d'une voiture, hormis l'existence de circonstances particulières (cf. arrêt 4A_405/2011 du 5 janvier 2012 consid. 4.6 déjà mentionné). De telles circonstances ont été admises dans l'arrêt susrappelé, dans le cas d'une moto qui roulait à plus de 80 km/h, alors que la vitesse de l'automobile au moment de l'impact n'était que de 9 km/h. En l'occurrence, on ne sait à quelle vitesse l'intimé dépassait les voitures en colonne, qui roulaient très lentement et par à-coups. Cependant, un témoin a déclaré que le motocycliste dépassait normalement la file de véhicules. On voit ainsi que la recourante n'est pas parvenue à prouver que la vitesse de la moto était si élevée par rapport à l'automobile que les risques inhérents devaient être qualifiés d'inégaux. Conséquemment, la cour cantonale n'a pas transgressé le droit fédéral en décidant de répartir la réparation du dommage par moitié entre l'intimé et l'automobiliste. La critique est infondée.