Citation: 6B_1016/2023 E. 2.2

2.2. En substance, la cour cantonale a exposé de manière détaillée le déroulement des faits, ainsi que les déclarations du recourant au cours de la procédure cantonale pour mettre en lumière les éléments probatoires permettant de retenir que le recourant avait agi par dol éventuel. Elle a ainsi considéré que l'intéressé avait éprouvé des doutes dès le début de son activité pour B.________. Le recourant, qui était instruit et avait exercé des charges politiques, devait savoir, en prenant connaissance du message de B.________ non dépourvu d'indications insolites (recevoir des fonds venant de créanciers et les envoyer à des fournisseurs), que la mission proposée relevait d'activités frauduleuses. L'adresse physique de l'employeur ne figurait nulle part. La rémunération mensuelle se référait à des tâches dont les horaires et l'importance n'étaient pas définis. Il était incompréhensible que les transferts devaient se faire à partir d'un bureau situé à une certaine distance du domicile du recourant. À cela s'ajoutait la précipitation de B.________ pour donner des instructions en vue d'un transfert rapide, au moyen de messages dominicaux ou à des horaires à la fois extraordinairement matinaux ou tardifs, le décalage horaire d'un patron en déplacement à l'étranger n'expliquant que l'une de ces circonstances. En outre, déjà lors du premier transfert, il avait été question entre le recourant et l'employé de l'agence de transfert d'argent de la possibilité qu'il s'agisse d'une arnaque. Le recourant s'était rendu à l'adresse de l'auteur du premier virement, mais ne l'avait pas contacté. Cela montrait qu'il imaginait la possibilité d'une activité frauduleuse sans toutefois aller au bout de sa démarche de vérification. Le recourant avait, lors du premier envoi, accepté de donner une fausse information sur le motif du transfert en se référant à un secours familial. Dans ces conditions, la cour cantonale a retenu que le recourant avait initialement accepté par dol éventuel la possibilité de commettre des actes de blanchiment d'argent. Le fait que, assez rapidement, et devant les mises en garde répétées des employés des sociétés de transfert, il ait finalement pris peur et mis fin à ses agissements, ne permettait pas de considérer qu'au premier versement, il se trouvait dans une situation de négligence consciente, à savoir qu'il était persuadé que le résultat délictueux ne se produirait pas.