Citation: 6B_174/2019 E. 2.4

2.4. Concernant l'infraction à l'art. 127 CP, la cour cantonale a exposé qu'il ne résultait pas de l'instruction, en particulier des constats et déclarations des médecins qui avaient successivement examiné le recourant entre les 19 et 23 août 2011, que ce dernier souffrait d'une pathologie préexistante aux événements litigieux ou d'un trouble éphémère juste avant les tentatives de suicide, qui aurait affecté sa capacité de discernement au moment des passages à l'acte. Les spécialistes s'étaient accordés sur l'absence d'idéation suicidaire et l'un d'eux, C.________, avait précisé - après avoir ausculté l'intéressé le 23 août 2011 au soir - que le trouble dépressif constaté chez celui-ci ne pouvait être mis en relation avec la seconde tentative de suicide. La description précise que le recourant avait été à même de donner, à chacun de ses interlocuteurs - tant du déroulement des événements que de ses motivations -, corroborait d'ailleurs le fait que ses capacités mentales n'étaient alors aucunement diminuées. Pour l'autorité précédente, le recourant était ainsi, au moment de ses deux pendaisons, pleinement conscient de la signification et de la portée de ses actes et n'avait d'ailleurs jamais prétendu le contraire. L'intéressé avait donc formé sa volonté de mourir ou, à tout le moins, de prendre le risque de mourir à défaut de secours. Il était constamment demeuré capable de mettre un terme à ses agissements et de se protéger lui-même, de sorte que l'application de l'art. 127 CP était exclue. La cour cantonale a ajouté que la réintégration du recourant sans la cellule no xxx après sa première tentative de suicide ne pouvait constituer une mise en danger, en l'absence d'un quelconque péril, d'une part, et en raison des mesures instaurées ou qui pouvaient l'être à la demande de celui-ci, d'autre part. Au moment de la réinsertion du recourant - le 19 août 2011 au soir, soit quelques heures après la première tentative de suicide - il n'existait aucun danger de réitération, tant du point de vue médical, selon le spécialiste de l'hôpital B.________ - D.________ - qui venait de l'ausculter, que de l'avis de l'intéressé lui-même, ce dernier ayant assuré au prénommé qu'il n'entendait plus attenter à sa vie, y compris en cas de retour dans une cellule forte. Il ne résultait pas de la procédure qu'un risque concret de suicide serait apparu entre ladite réintégration et le 22 août 2011, jour où le recourant avait été placé dans un autre cachot. Au contraire, selon les constats opérés par ses thérapeutes au sein de la prison, le recourant ne présentait, le 23 août 2011 au matin, aucun signe alarmant. La présence du câble dans la cellule n'était pas pertinente d'un point de vue pénal, dès lors qu'elle avait été totalement indépendante des décisions du recourant - lesquelles avaient été motivées par un désaccord avec des sanction et confiscation perçues comme injustes - et qu'une personne décidée à se pendre peut utiliser un autre support pour y parvenir, ainsi ses vêtements, comme l'avait d'ailleurs fait l'intéressé quelques jours plus tard. Enfin, malgré l'absence de péril et de recommandations données par les médecins, le recourant avait fait l'objet d'une surveillance, régulière et visuelle, par les gardiens accomplissant les rondes, à tout le moins le 20 août 2011 au matin. L'intéressé pouvait en outre à tout moment faire appel, en cas d'urgence, au service médical de la prison, ce qu'il n'avait pas fait. S'agissant de l'infraction à l'art. 115 CP, la cour cantonale a indiqué que, selon le recourant, les propos qu'auraient tenus W.________ - "tu n'as qu'à te pendre, cela fera bien rigoler tes victimes" - et V.________ - "Regarde, on t'a laissé une surprise. Cette fois-ci, j'espère que tu mourras" - ainsi que les mots qui lui auraient été adressés durant la nuit du 19 au 20 août 2011 - "T'es toujours pas mort, pends-toi connard" - constitueraient des incitations au suicide. L'instruction n'avait cependant pas permis d'établir la réalité de ces assertions et le recourant ne requérait pas l'administration de preuves complémentaires à cet égard. W.________ avait uniquement reconnu avoir dit au recourant que "s'il voulait se pendre, c'était sa décision" - affirmation dépourvue de toute subjectivité - tandis que V.________ avait toujours contesté les allégations de l'intéressé, lesquelles n'avaient été corroborées par aucun des gardiens présents dans la nuit du 19 au 20 août 2011. En outre, le listing de l'ouverture des portes de la prison durant cette nuit contredisait l'affirmation du recourant selon laquelle le dernier nommé serait régulièrement venu auprès de lui pour lui parler. Quoi qu'il en soit, en admettant même que les propos litigieux eussent été tenus, ceux-ci auraient été impropres à susciter, chez une personne capable de discernement comme l'était le recourant, la volonté d'attenter à sa vie. L'intéressé avait d'ailleurs expliqué ses tentatives de suicides comme constituant, pour la première, une "solution pour [s]e faire entendre" et, pour la seconde, un acte de défi, de sorte que les propos que celui-ci imputait aux intimés n'avaient eu aucune influence sur la formation de sa volonté de se pendre. Il n'existait pas non plus de lien de causalité entre la réintégration du recourant dans la cellule no xxx et sa seconde tentative de suicide, puisque celui-ci avait expliqué son geste par la confiscation de ses affaires, non par une telle réinsertion en cellule. Enfin, la cour cantonale a exposé que rien ne permettait de retenir une volonté, de la part des intimés, de provoquer la mort du recourant. D'ailleurs, lorsque l'alerte avait été donnée, W.________ et Y.________ avaient immédiatement réagi et empêché le décès de l'intéressé.