Citation: 6P.151/2000 19.12.2000 E. 2

2.- Selon le recourant, le Tribunal cantonal a confirmé à tort qu'il avait effectué une livraison de drogue à Genève le 27 janvier 1999. Ce faisant, l'autorité intimée a procédé à une constatation arbitraire des faits, soit à une appréciation arbitraire des preuves (art. 9 Cst.), et a violé le principe "in dubio pro reo" (art. 29 Cst. et 6 par. 2 CEDH). a) aa) En recours de droit public, le Tribunal fédéral ne revoit que sous l'angle de l'arbitraire les constatations de faits et l'appréciation des preuves effectuées par l'autorité cantonale. Une jurisprudence constante reconnaît en effet au juge du fait un large pouvoir d'appréciation dans ce domaine (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 119 Ia 362 consid. 3a et les arrêts cités). Ainsi, le Tribunal fédéral n'intervient que si l'appréciation des preuves est insoutenable ou si elle heurte d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Tel est le cas lorsque l'autorité cantonale a admis ou nié un fait pertinent en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et éléments de son dossier, qu'elle n'a tenu compte que des preuves allant dans le même sens, qu'elle méconnaît des preuves pertinentes ou qu'elle n'en tient arbitrairement pas compte ou encore lorsque les constatations de fait sont manifestement fausses (ATF 124 IV 86 consid. 2a; 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les références citées). bb) La maxime "in dubio pro reo", tirée du principe de la présomption d'innocence consacré par l'art. 6 par. 2 CEDH, concerne d'une part la répartition du fardeau de la preuve et d'autre part la constatation des faits et l'appréciation des preuves (ATF 120 Ia 31 consid. 2c et les références citées). Dans le premier sens, la maxime "in dubio pro reo" veut qu'il incombe à l'accusation d'établir la culpabilité du prévenu, et non à celui-ci de démontrer qu'il n'est pas coupable. Elle est violée lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que l'accusé n'a pas prouvé son innocence ou lorsqu'il résulte à tout le moins de la motivation du jugement que le juge s'est inspiré d'une telle répartition erronée du fardeau de la preuve pour condamner (ATF 120 Ia 31 consid. 2c). Dans le second sens, la maxime "in dubio pro reo" signifie que le juge pénal ne doit pas tenir pour établi un fait défavorable à l'accusé si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. De ce point de vue, la maxime "in dubio pro reo" est violée lorsque le juge aurait dû éprouver des doutes quant à la culpabilité de l'accusé. Des doutes simplement abstraits ou théoriques ne suffisent pas, dès lors qu'ils sont toujours possibles et qu'une certitude absolue ne peut être exigée. Il doit s'agir de doutes sérieux et irréductibles, à savoir de doutes qui s'imposent au vu de la situation objective (ATF 124 IV 86 consid. 2a; 120 Ia 31 consid. 2c). Le Tribunal fédéral ne revoyant l'appréciation des preuves que sous l'angle de l'arbitraire, il ne peut intervenir que lorsque le juge condamne l'accusé bien qu'une appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuve laisse manifestement subsister un doute sérieux et irréductible quant à la culpabilité (ATF 124 IV 86 consid. 2a; 120 Ia 31 consid. 2d). Ainsi, dans la procédure du recours de droit public, la maxime "in dubio pro reo" n'offre pas une protection plus étendue que celle de l'interdiction de l'appréciation arbitraire des preuves. C'est exclusivement sous ce second angle que se place le recourant lorsqu'il prétend que la ténuité des preuves à sa charge aurait dû conduire le Tribunal cantonal à refuser de lui imputer une livraison de drogue le 27 janvier 1999. Dès lors qu'il invoque également la protection contre l'arbitraire dans la constatation des faits, soit l'appréciation des preuves, le grief tiré du principe "in dubio pro reo" n'a pas de portée propre et se confond avec celui d'arbitraire. cc) En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, à peine d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés et préciser en quoi consiste la violation. Lorsqu'il est saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'a donc pas à vérifier de lui-même si l'arrêt entrepris est en tous points conforme au droit et à l'équité. Il n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours. Le recourant ne saurait se contenter de soulever de vagues griefs ou de renvoyer aux actes cantonaux (ATF 125 I 71 consid. 1c; 115 Ia 27 consid. 4a; 114 Ia 317 consid. 2b). Par ailleurs, le Tribunal fédéral n'entre pas en matière sur des critiques de caractère appellatoire (ATF 125 I 492 consid. 1b; SJ 1998 p. 489 consid. 1e/aa). Notamment, dans un recours pour arbitraire, le recourant ne peut se contenter de critiquer l'arrêt attaqué, mais doit au contraire préciser en quoi cet arrêt serait arbitraire, ne reposant sur aucun motif sérieux et objectif, apparaissant insoutenable ou heurtant gravement le sens de la justice (ATF 117 Ia 10 consid. 4b; 110 Ia 1 consid. 2a; sur la notion d'arbitraire, ATF 125 I 166 consid. 2a; 125 II 129 consid. 5b et les arrêts cités).