Citation: 6B_61/2015 E. 4.3.3

4.3.3. Il résulte de ce qui précède que l'autorité précédente est tombée dans l'arbitraire et a violé la présomption d'innocence en écartant les déclarations du recourant quant à l'usage fait des sommes litigieuses, au profit des déclarations non documentées et contradictoires de B.________. Faute pour ce dernier d'avoir expliqué à quelles fins il avait à tout le moins laissé faire les transferts litigieux, durant près de trois ans, l'autorité précédente ne pouvait juger, en l'absence de toute preuve, que le recourant aurait utilisé ces montants contrairement aux instructions reçues, en particulier pour ses seuls besoins personnels, se rendant ainsi coupable d'abus de confiance. Le recours doit sur ce point être admis et la cause renvoyée à l'autorité cantonale afin que les faits soient établis de manière complète et qu'une nouvelle décision soit rendue. A cet égard, on relève qu'aucune mesure d'instruction n'a été entreprise afin de découvrir ce que le recourant aurait fait des sommes importantes prétendument détournées. Aucune mesure d'instruction n'a non plus été ordonnée afin d'établir si une comptabilité parallèle existait concernant les employés de A.________ SA et C.________ SA, comptabilité tenue par celui qui les gérait. B.________ a admis avoir passé par une société F.________ SA afin de payer des employés au noir et que ce système avait pris fin en 2008 après que A.________ SA eut été amendée par les autorités fiscales en 2007. L'autorité précédente devra instruire ce point et établir le système passant par F.________ SA et si un autre système - et dans ce cas lequel - a remplacé celui-ci une fois découvert. Il s'agit d'un élément pertinent, à décharge, que les autorités devaient instruire conformément à l'art. 6 CPP, respectivement 389 al. 3 CPP (arrêt 6B_288/2015 du 12 octobre 2015 consid. 1.5.4). L'autorité précédente ne pouvait y renoncer au motif que les explications du recourant au sujet du système de facturation fictive mis en place avec la société F.________ SA puis avec C.________ SA sortiraient du cadre posé par l'acte d'accusation et ne sauraient influer sur la présente procédure, n'étant ni démontrées, ni attestées par les éléments du dossier (arrêt attaqué, p. 27 ch. 3.3.2). A cet égard, les décomptes bancaires des comptes de A.________ SA et de C.________ SA avant, pendant et après la période litigieuse devront être versés au dossier. La question de l'existence d'employés au noir payés directement par B.________ devra également être sérieusement instruite, les personnes nommées durant la procédure devant notamment être interrogées (frères " Barbosa ", arrêt attaqué, p. 11 2e paragraphe; les membres de l'équipe de rugby " Le XV du Léman ", arrêt attaqué, p. 11 let. fa et fb). Comme l'invoque le recourant, il devra être tenu compte dans le cadre de la décision à intervenir et afin de respecter l'interdiction de la reformatio in pejus que l'autorité de première instance avait déjà admis qu'une partie des prélèvements en cash avaient effectivement été transmis à B.________ et n'étaient dès lors pas constitutifs d'abus de confiance (jugement de première instance, p. 22 et 24).