Citation: 4A_59/2018 E. 1

En vertu de l'art. 11 § 4 des statuts, le coopérateur exclu peut recourir contre la décision de l'administration à l'assemblée générale. A.c. Depuis 2004, le coopérateur a conclu divers baux avec la coopérative, portant notamment sur un dépôt-atelier et une surface commerciale (pour l'exploitation d'un restaurant). Ces deux objets ont été à l'origine de litiges entre les parties, qui ont fait valoir leurs prétentions devant les instances judiciaires cantonales, puis devant le Tribunal fédéral (cf. arrêts 4A_75/2015 du 9 juin 2015 et 4A_377/2017 du 30 août 2017). A la fin de l'année 2010, des changements sont intervenus à la tête de la coopérative. Le 2 novembre 2010, l'administration a renouvelé le comité de direction, mais sans reconduire X.________ qui en faisait partie. Celui-ci, toujours engagé par contrat de travail en tant que directeur, n'a pas participé à la séance. Dans un courrier du 20 novembre 2010, le coopérateur a reproché au président de l'administration de ne pas disposer des compétences pour son poste; il lui a adressé de nombreuses critiques et l'a informé qu'il ne le reconnaîtrait jamais comme président. Dans un courrier du 7 décembre 2010, toujours adressé au président, le coopérateur a notamment indiqué qu'il ne prendrait plus part à une " quelconque réunion " de la coopérative. La tension s'est ensuite accrue entre les parties, la coopérative retirant notamment au directeur sa signature sur les comptes de la société, puis l'avertissant que, sans modification de son attitude critique vis-à-vis de la société et du comité de direction, son contrat de travail serait résilié. Le 17 mai 2011, la coopérative a informé le directeur qu'elle ne renouvellerait pas son contrat de travail, qui prendra alors fin le 31 mai 2012. Le 14 juin 2011, le coopérateur a contesté la décision prise par la coopérative, a indiqué qu'il se sentait menacé et qu'il ne pouvait plus garantir sa présence sur le site pour le faire fonctionner. A la demande des employés de la coopérative, le comité de direction a organisé une réunion le 15 décembre 2011, lors de laquelle les employés ont fait part des pressions que le coopérateur exerçait sur eux pour les encourager à donner leur démission, ce que le coopérateur a contesté. Par courrier du 19 décembre 2011, puis à nouveau le 8 mars 2012, la coopérative a sommé le coopérateur de cesser toute forme de pression à l'encontre du personnel et de se limiter aux instructions nécessaires à la réalisation des tâches quotidiennes. Elle l'a invité à lui remettre toutes les pièces comptables utiles pour clôturer les comptes de l'exercice 2011, ainsi que les montants en espèces appartenant à la coopérative. Le coopérateur refusant de participer à une séance réclamée par la coopérative, celle-ci, par courrier du 22 mars 2012, l'a libéré de son obligation de travailler jusqu'au terme de son contrat et lui a interdit de pénétrer dans les locaux de la société en l'absence d'un membre de l'administration. Le 27 mars 2012, le coopérateur ne réagissant pas aux sollicitations de la coopérative, celle-ci a procédé à l'ouverture de la porte de son bureau, sous contrôle d'un huissier judiciaire. A.d. Par courrier du 12 octobre 2012 adressé au coopérateur, la coopérative a notamment relevé que celui-ci avait adressé plusieurs courriers à d'autres coopérateurs et à des locataires dans lesquels il remettait en cause la probité des organes de la coopérative et prenait à partie certains employés, en violation de ses obligations de fidélité. Elle a ajouté avoir récemment appris que a) le coopérateur avait fait appel à des employés de la société pour entreprendre des travaux à titre privé à son domicile, dans son restaurant et chez un tiers, b) que les frais de nettoyage de son restaurant étaient payés par la coopérative, c) que le coopérateur avait attribué un mandat à un tiers, pour une prestation facturée à 55'000 fr., sans en informer le comité de direction, ni lui demander son autorisation, d) qu'il avait adressé à la coopérative une facture de l'entreprise "..., X.________ ", d'un montant de 43'254 fr. concernant l'achat de 89 moteurs pour stores à 486 fr./pièce, alors que ceux-ci lui avaient été facturés, par une entreprise italienne, seulement 25 euros/pièce. La coopérative lui a donné un délai au 24 octobre 2012 pour qu'il puisse se prononcer par écrit sur ces éléments. Dans sa réponse du 23 octobre 2012, le coopérateur a indiqué que le courrier du 12 octobre 2012 ne faisait que démontrer l'incompétence des dirigeants de la coopérative. Par courrier du 15 octobre 2012, la coopérative a informé le coopérateur qu'elle avait constaté que son salaire de janvier 2011 lui avait été versé à double, ce que le coopérateur a finalement reconnu, après avoir reçu un commandement de payer. A.e. Lors de sa séance du 7 novembre 2012 (à laquelle le coopérateur, bien que convoqué, n'a pas assisté), l'administration de la coopérative a décidé de l'exclure pour justes motifs. Elle lui reprochait notamment d'avoir a) refusé de renseigner la coopérative sur les éléments sollicités dans le courrier du 12 octobre 2012, b) d'avoir omis d'informer la coopérative du versement à double de son salaire de janvier 2011 et d'avoir initialement refusé d'en effectuer le remboursement, c) d'avoir refusé de régler certains loyers pour des locaux loués, d) d'avoir remis en cause la légitimité et la compétence des organes de la coopérative, insulté et menacé de manière répétée certains administrateurs, e) d'avoir pris contact avec certains employés de la coopérative pour les inciter à démissionner. Par courrier recommandé du 19 novembre 2012, l'administration a informé le coopérateur de son exclusion et énuméré les motifs retenus à son encontre. Par pli recommandé du 22 novembre 2012, le coopérateur a recouru contre cette décision auprès de l'assemblée générale (qui se prononcera sur cet objet le 20 février 2013), au motif qu'elle serait infondée et que la seule intention des dirigeants serait de lui nuire. Le 12 décembre 2012, vingt minutes avant la tenue de l'assemblée générale extraordinaire ayant pour ordre du jour la révocation de son mandat d'administrateur, le coopérateur l'a lui- même répudié. Lors de l'assemblée générale extraordinaire du 20 février 2013, dix coopérateurs présents et un coopérateur représenté ont approuvé l'exclusion du coopérateur. Le coopérateur, bien que convoqué, ne s'est pas présenté et ne s'est pas fait représenter. Dans les grandes lignes, les faits qui lui étaient reprochés, énumérés par le président de l'assemblée générale, étaient, à part quelques " différences mineures ", similaires à ceux préalablement évoqués par l'administration.