Citation: 1B_124/2010 18.05.2010 E. 5

Le recourant se plaint enfin d'une violation du principe de la proportionnalité, au motif que la durée de la détention préventive serait excessive au regard de la peine encourue. 5.1 En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 par. 3 CEDH, toute personne qui est mise en détention préventive a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou d'être libérée pendant la procédure pénale. Une durée excessive de la détention constitue une limitation disproportionnée de ce droit fondamental, qui est notamment violé lorsque la durée de la détention préventive dépasse la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre. Dans l'examen de la proportionnalité de la durée de la détention, il y a lieu de prendre en compte la gravité des infractions faisant l'objet de l'instruction. Le juge peut maintenir la détention préventive aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation (ATF 133 I 168 consid. 4.1 p. 170; 132 I 21 consid. 4.1 p. 27; 107 Ia 256 consid. 2 et 3 p. 257 ss et les références). 5.2 En se fondant uniquement sur les infractions qu'il admet avoir commises, le recourant prétend que la détention subie à ce jour dépasse la peine encourue. Il perd ainsi de vue que d'autres charges pèsent sur lui et que c'est au juge du fond qu'il appartiendra de statuer sur celles-ci. Pour rappel, le recourant est renvoyé en jugement devant le Tribunal correctionnel pour injures (art. 177 CP), menaces (art. 180 CP), violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires (art. 285 CP) et infraction et contravention à la LStup. Compte tenu de l'ensemble de ces charges, de la relative gravité de certaines accusations et des mauvais antécédents du recourant, les quelque neuf mois de détention subis à ce jour sont encore compatibles avec la peine encourue concrètement en cas de condamnation. Pour le surplus, le recourant a été renvoyé en jugement par ordonnance du 23 mars 2010, de sorte qu'il n'apparaît pas que sa détention préventive doive se prolonger au delà de la durée admissible. Cela étant, l'instruction étant terminée, il conviendra de fixer dans les plus brefs délais l'audience de jugement afin de ne pas rallonger cette détention. 5.3 Evoquant sommairement "d'autres mesures" que la détention préventive, le recourant demande sa libération "aux conditions que justice dira". Il se plaint donc implicitement d'une violation de la proportionnalité au motif que des mesures moins incisives que la détention pourraient être envisagées. Il ne fournit cependant aucune motivation sur ce point et il ne mentionne même pas les mesures qui pourraient être mises en oeuvre. Au demeurant, on ne voit pas d'emblée quelles mesures pourraient se substituer à la détention préventive pour pallier le risque de récidive existant en l'espèce et il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'investiguer d'office sur ce point.