Citation: 6B_408/2008 14.07.2008 E. A

Par arrêt du 16 novembre 2007, la Cour correctionnelle sans jury du Canton de Genève a condamné X.________ à cinq ans de privation de liberté, pour infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants. Il en ressort ce qui suit en fait. A.a X.________ a acquis une quantité de 2,015 kg de cocaïne et en a organisé l'importation en Suisse, le 18 février 2007. Il a rencontré Y.________ et lui a proposé de transporter de la cocaïne de Barcelone à Zurich contre rémunération. Le 17 février 2007, il lui a remis à Barcelone deux valises contenant respectivement 526,6 et 525,19 g de cocaïne ainsi qu'un billet de bus Barcelone Zurich via Annemasse et Genève. X.________ a lui-même remis au conducteur du bus deux autres valises étiquetées à son nom, contenant 580,8 et 384,05 g de cocaïne. Il a pris place dans le bus avec Y.________. A Annemasse, il est descendu du bus laissant son comparse franchir seul la frontière suisse avec les quatre valises contenant la drogue. Préalablement, il a indiqué à Y.________ qu'il le retrouverait à Zurich. A.b Selon la cour correctionnelle, ces faits étaient établis par les déclarations constantes, crédibles et précises de Y.________. X.________ avait, quant à lui, menti et tergiversé dans ses déclarations, niant tout d'abord connaître Y.________, avoir quitté le territoire suisse depuis le 4 février 2007 (alors que son absence de Suisse découlait du défaut de toute activation de bornes de téléphonie mobile en Suisse entre le 9 et le 18 février 2007) et avoir pris le bus de Barcelone à Annemasse le 18 février 2007 (alors que son titre de transport indiquait Annemasse comme destination, cependant que celui de Y.________ était valable jusqu'à Zurich). Il avait ensuite allégué avoir rencontré son comparse par hasard dans le bus, mais contesté avoir transporté de la drogue, avant de reconnaître avoir fait le trajet avec deux valises, dont il aurait cependant ignoré le contenu. Cette explication n'était cependant pas crédible, un commanditaire ne remettant pas deux valises contenant un kilo de drogue à un inconnu sans aucune possibilité de le contrôler ni de l'atteindre. L'implication de X.________ dans un trafic de stupéfiants découlait au surplus des renseignements fournis par la police (rétroactif d'appels téléphoniques qui démontrait un chiffre très important de contacts en six mois, renseignements fournis par Interpol Vienne et les Services de police de Lyon). Ses déclarations relatives aux revenus qu'il prétendait tirer de son commerce de pneus et de véhicules usagés n'étaient pas crédibles. Il s'était montré incapable de fournir un nom de garagiste ou un témoignage probant. Les renseignements fournis par Interpol attestaient que X.________ avait été interpellé à Vienne en avril 2003 pour trafic de stupéfiants et viol. Les mêmes renseignements faisaient état de l'interpellation de l'intéressé en Espagne et à Curaçao pour trafic de stupéfiants. Par ailleurs, un rapport de la police argovienne concernant X.________ avait été adressé le 13 novembre 2007 au Procureur général. Ce document avait été transmis le jour même aux parties et à la cour correctionnelle. Cette dernière avait rejeté la requête de l'accusé tendant à ce que ce rapport soit écarté du dossier, en relevant que le document litigieux ne modifiait pas le cadre des débats et n'aggravait pas les charges mentionnées dans l'ordonnance de renvoi.