Citation: 1A.209/2002 07.11.2002 E. 2

Les recourantes reprennent les arguments de leur recours cantonal. Elles invoquent d'abord les art. 14 CEEJ et 28 EIMP. La demande n'exposerait pas de manière suffisante les faits reprochés à T.________, s'agissant des infractions de blanchiment d'argent et de participation à une organisation criminelle. 2.1 Les exigences du droit conventionnel, respectivement interne, quant à l'exposé des faits à l'appui d'une demande d'entraide, ont été rappelées dans le détail par la cour cantonale dans son ordonnance, à laquelle il convient de se référer (art. 36a al. 3 OJ). 2.2 Ces exigences sont satisfaites en l'occurrence. Dans sa demande d'entraide, le juge d'instruction présente T.________ comme un trafiquant de drogue et délinquant notoire, arrêté lors d'une vente de cocaïne, et ayant des liens avec le grand banditisme de la Côte d'Azur. Le magistrat relève l'absence d'activité professionnelle définie, puis énonce les divers biens dont l'intéressé serait le détenteur, directement ou non, pour en déduire que ceux-ci pourraient avoir été acquis grâce à des fonds d'origine douteuse. Il en irait de même pour un prêt de plus d'un million de francs français concédé par T.________ et un comparse, ainsi que pour des opérations de fraude à la TVA. Soupçonnant T.________ de vivre du produit du crime (la transaction de cocaïne ne constitue manifestement qu'un exemple d'activité délictueuse), l'autorité requérante désire connaître tous les revenus de celui-ci, ainsi que leur origine. Les divers biens énumérés par l'autorité requérante ne le sont, eux aussi, qu'à titre d'exemples, et il est sans importance que les sociétés aient fait ces acquisitions avant l'arrestation du prévenu. On comprend aisément, dès lors, que les sociétés recourantes soient soupçonnées d'avoir été utilisées afin de recueillir, puis de réinvestir, le produit d'agissements délictueux. Ces indications permettent de juger de l'admissibilité de l'entraide, sans que l'autorité requérante n'ait à se montrer plus précise dans ses soupçons.