Citation: 6B_1169/2022 E. 2.3.2

2.3.2. Le recourant conteste s'être approprié les biens en cause. Il soutient qu'après les avoir déposés dans le coffre de l'étude, il les aurait mis en sécurité dans le garde-meubles où se trouvaient déjà d'autres biens des personnes concernées. Dans la mesure où ses déclarations étaient en contradiction avec celles du titulaire du garde-meubles - également mis en cause dans la procédure -, il aurait fallu privilégier sa version des faits en vertu du principe de la présomption d'innocence. Le recourant se prévaut encore des déclarations du témoin G.________. Enfin, il souligne la probité dont il aurait fait preuve dans la gestion des mandats de curatelle dont il avait eu et avait encore la charge. En définitive, la prétendue appropriation ne serait établie par aucun élément du dossier. Par cette argumentation, le recourant s'en prend à l'appréciation des preuves opérée par la cour cantonale, sans toutefois parvenir à en démontrer le caractère arbitraire. Il livre en effet sa propre appréciation des circonstances, se fondant sur la crédibilité de ses propres déclarations. Purement appellatoire, sa démarche est irrecevable. Au demeurant, la cour cantonale a souligné que la version du recourant ne pouvait pas être retenue au regard des éléments pris en compte à juste titre par l'instance précédente. D'une part, on ne trouvait au dossier aucune quittance du dépositaire en lien avec ces valeurs, alors qu'un inventaire avait été établi pour les biens mobiliers précédemment entreposés dans le dépôt en question et signé par le recourant et un employé du garde-meubles. D'autre part, le time-sheet du recourant n'indiquait pas qu'il se serait déplacé au garde-meubles dans les jours ou mois ayant suivi la remise des clés de l'appartement des personnes concernées, alors que ses déplacements antérieurs y figuraient. Enfin, la version du recourant n'était pas crédible; on ne voyait pas pour quelle raison il aurait, dans un premier temps, déposé les biens en cause dans le coffre de l'étude qui l'employait, les séparant de l'ensemble des autres biens qu'il avait alors entreposés au garde-meubles, pour les apporter dans le même dépôt dans un second temps seulement. Si le recourant avait voulu mettre ces objets plus en sécurité, comme il l'affirmait, il les aurait placés à la banque dans l'un des deux coffres des personnes concernées, dont l'un contenait d'ailleurs déjà des valeurs, telles que bijoux, pièces d'or et montres, comme le recourant l'avait constaté dans son inventaire du 6 octobre 2008. Il résulte de cette appréciation que le recourant a pris la précaution d'établir des inventaires - allant même jusqu'à en faire signer un certain nombre par un tiers -, en particulier au début de son mandat et lors du décès de C.C.________; il a en outre consigné ses déplacements liés à la curatelle dans un document. Il n'était à cet égard pas manifestement insoutenable de prendre en compte l'absence d'éléments de preuves de ce type - le recourant ne soutenant d'ailleurs pas qu'ils auraient existé - et le déroulement chronologique des événements pour considérer que les explications du recourant étaient dénuées de crédibilité. Au surplus, contrairement à ce que soutient le recourant, les déclarations du titulaire du garde-meubles n'ont pas été préférées à ses propres explications. En effet, la cour cantonale s'est fondée sur d'autres éléments de preuves. Enfin, les déclarations du témoin G.________, dont le recourant fait grand cas, ne lui sont d'aucun secours dans la mesure où elles ne viennent pas corroborer sa version des faits; la cour cantonale n'a ainsi pas fait preuve d'arbitraire en ne les prenant pas en compte. Sur la base de l'ensemble des éléments à disposition, il apparaît que les faits imputés au recourant, soit l'appropriation du bien, ont été déduits d'une appréciation des preuves exempte d'arbitraire. La présomption d'innocence, également invoquée, n'a pas de portée distincte ici. Pour le surplus, le recourant conteste l'appropriation des biens en cause en fondant son grief non sur les faits retenus, mais sur ceux qu'il invoque librement. Ce faisant, il n'articule aucun grief recevable tiré de l'application erronée du droit matériel.