Citation: 1S.12/2006 20.09.2006 E. 4

Le recourant conteste l'existence de charges suffisantes contre lui pour toutes les infractions qui lui sont reprochées. 4.1 Le juge de la détention n'a pas à procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et à apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit uniquement vérifier s'il existe des indices sérieux de culpabilité justifiant une telle mesure. L'intensité des charges propres à motiver un maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale; si des soupçons encore peu précis peuvent être suffisants dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit en revanche apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (ATF 116 Ia 144 consid. 3c p. 146). 4.2 En l'occurrence, la Cour des plaintes a estimé que si les faits ou conversations téléphoniques, pris isolément, ne permettaient pas de conclure à l'existence d'infractions déterminées, les liens présumés entre l'inculpé et l'organisation terroriste supposée les plaçaient dans une toute autre perspective, qui requérait une vision globale de la situation. Dans ce contexte, les vols en bande et le recel, qui ressortent tant de l'enquête zurichoise que des enregistrements effectués dans le cadre de la surveillance téléphonique ordonnée dans l'enquête de police judiciaire, de même que les informations relatives à des transferts d'argent à destination du Maroc et les liens entre les différentes personnes impliquées dans cette affaire confèrent à celle-ci une gravité manifeste. A ce stade précoce de la procédure, les présomptions de culpabilité peuvent être considérées comme suffisantes pour maintenir le plaignant en détention, même si elles sont encore peu étayées. La Cour des plaintes a relevé en outre qu'il appartiendra aux enquêteurs de recueillir à bref délai toute information permettant de les confirmer ou de les infirmer, respectivement au Ministère public de la Confédération d'ouvrir à l'avenir le dossier à la consultation dans une mesure permettant de mieux discerner l'activité délictueuse dont l'inculpé est soupçonné, notamment en produisant les pièces sur lesquelles se fondent les enquêteurs pour établir les liens entre le plaignant et le "Groupe salafiste pour la prédication et le combat", de même que son rôle au sein de cette organisation, et les vols qu'il aurait commis. Cette appréciation n'est pas critiquable. 4.3 Le recourant est inculpé de vol en bande et par métier, de recel, de participation, respectivement de soutien à une organisation criminelle et de financement du terrorisme. Il s'agit d'infractions graves passibles de peines d'emprisonnement, voire de réclusion. En l'état de la procédure, les pièces librement accessibles au recourant se résument au dossier de son arrestation adressé au juge de la détention, aux procès-verbaux de ses auditions, à un extrait du rapport intermédiaire de la police judiciaire fédérale du 24 avril 2006 et à des transcriptions de conversations téléphoniques avec un certain C.________. Ce dernier serait impliqué dans des vols et des opérations de transfert de fonds provenant de vols commis en Suisse au "Groupe salafiste pour la prédication et le combat". Certes, aucun élément au dossier accessible aux parties ne permet de retenir que C.________ serait affilié à cette organisation terroriste. Il n'y a toutefois aucune raison de mettre en cause sur ce point les affirmations du Ministère public de la Confédération qui dispose d'une vue d'ensemble de l'enquête et qui pouvait ne pas en dévoiler le contenu intégral afin d'éviter que la poursuite de celle-ci ne soit mise en danger. Le recourant ne prétend d'ailleurs pas que la restriction apportée à son droit de consulter le dossier serait injustifiée. Cela étant, les extraits des conversations téléphoniques versés au dossier tendent à démontrer que A.________ est impliqué si ce n'est dans des vols commis en bande, à tout le moins dans le recel de marchandises dont il pouvait difficilement ignorer avoir été volées par C.________. Par ailleurs, le recourant est mêlé au transfert d'une somme de 2'000 euros sur un compte ouvert auprès de la banque X.________, à Casablanca. Il ressort en effet des écoutes téléphoniques qu'il s'est entretenu à plusieurs reprises à ce sujet, le 6 avril 2005, avec C.________. Celui-ci lui a en outre communiqué le lendemain par SMS des numéros de fax, que son frère D.________, domicilié en Algérie, venait de lui transmettre. L'origine des fonds et leur destination finale n'ont pour l'heure pas pu être déterminées, les explications fournies sur ce point par le recourant n'étant guère crédibles et devant être vérifiées. Vu le rôle présumé joué par C.________ au sein du "Groupe salafiste pour la prédication et le combat", la Cour des plaintes pouvait légitimement soupçonner que la somme d'argent ayant fait l'objet de ce transfert, dont les autorités marocaines ont confirmé l'existence, avait servi à alimenter cette organisation terroriste. A tout le moins, cet élément fonde, en l'état de la procédure, qui n'en est encore qu'à ses débuts, s'agissant du recourant, des soupçons suffisants de la participation de celui-ci et de son soutien à une organisation terroriste. Comme le relève la Cour des plaintes, il appartiendra aux enquêteurs de recueillir les éléments propres à étayer ces accusations, qui restent pour l'heure relativement sommaires. On observera que le Ministère public de la Confédération a transmis le dossier au Juge d'instruction fédéral et a requis l'ouverture de l'instruction préparatoire, ce qui devrait permettre au recourant et à son conseil de consulter le dossier, dans la mesure où le résultat de l'instruction n'en est pas compromis (art. 116 PPF), et de préciser les charges pesant sur lui. Le recours est donc mal fondé en tant qu'il s'en prend à la présence de présomptions suffisantes de culpabilité.