Citation: 1C_80/2019 E. 4.4

4.4. Quoi qu'en dise le recourant, ces éléments sont propres à fonder la présomption que sa naturalisation a été obtenue frauduleusement, la séparation des époux étant intervenue un mois, au mieux treize mois seulement après l'octroi de la naturalisation facilitée (cf. arrêts du Tribunal fédéral 1C_23/2019 du 3 avril 2019 consid. 3.3 [treize mois entre la décision et la séparation]; 1C_796/2013 du 13 mars 2014 consid. 3.2 [vingt mois entre la décision et la séparation]; 1C_172/2012 du 11 mai 2012 consid. 2.3 [idem]). Conformément à la jurisprudence précitée, il s'agit donc uniquement de déterminer si le recourant est parvenu à faire admettre l'existence d'une possibilité raisonnable qu'il n'ait pas menti en déclarant former, durant la procédure de naturalisation facilitée, une communauté stable avec son ex-épouse. Le recourant invoque à cet égard que la séparation en novembre 2010 était due uniquement à des impératifs professionnels de son ex-épouse et qu'une requête commune de divorce n'a été déposée qu'en août 2013. Une communauté conjugale stable entre les époux aurait dès lors persisté jusqu'à cette date, malgré l'absence de domicile commun. Selon les déclarations écrites de son ex-épouse, que le recourant reproche à l'autorité précédente de n'avoir pas retenues, la cessation de leur vie commune, le 1er novembre 2010, a été motivée par leurs problèmes conjugaux. Le lieu où l'ex-épouse du recourant a choisi d'habiter, ensuite de cette décision, est donc ici sans pertinence. A cela s'ajoute que le recourant passe sous silence que les époux se sont définitivement séparés une année après, soit treize mois seulement après la décision de naturalisation facilitée. Dans ces conditions, que le recourant et son ex-femme n'aient ouvert action en divorce qu'en août 2013 est sans portée, cela d'autant plus dans la mesure où le recourant a vécu avant le mois d'août 2013 avec la mère de son premier enfant - selon déclaration de cette dernière dont le recourant demande la prise en compte - et eu avec elle un second enfant en juillet 2013. Dans ces conditions, il était exclu de retenir l'existence d'une communauté conjugale stable au-delà du 1er novembre 2010 et rien ne pouvait être tiré des éléments invoqués pour la période antérieure à cette date. Le recourant allègue également, admettant des crises dans son couple à partir du mois d'août 2010, que celles-ci auraient été causées par des difficultés professionnelles rencontrées par chacun d'eux et que le couple aurait fait appel à un thérapeute, sans préciser quand, ni les résultats de dites consultations. Il indique aussi avoir revu son épouse après la fin de la vie commune en novembre 2010. Il souligne n'avoir appris la grossesse de la mère de son fils que quelques jours avant sa naissance, le 12 janvier 2011. Ces éléments, même établis, ne rendent pas vraisemblable qu'au moment de la signature de la déclaration commune, respectivement de la décision de naturalisation facilitée, l'harmonie existait toujours au sein du couple au point d'envisager la continuation de leur vie maritale pour une période durable. Ils ne constituent pas non plus des éléments extraordinaires qui auraient précipité la fin de son union, respectivement qui permettraient de penser que le recourant n'avait pas conscience durant la procédure de naturalisation facilitée de la détérioration de sa relation conjugale.