Citation: 2A.532/2001 06.03.2002 E. 6

6.1 Au vu de l'ensemble des circonstances, singulièrement de la gravité objective et subjective des actes commis par le recourant en 1992 et de son comportement postérieurement à ces actes (insoumission aux décisions de l'autorité, nouvelle condamnation pénale), il apparaît que, tout bien pesé, l'intérêt public à ne pas lui accorder l'autorisation de séjour sollicitée l'emporte sur son intérêt privé à demeurer en Suisse, où la plupart des années qu'il a passées l'ont d'ailleurs été dans l'illégalité et ne sont donc pas décisives dans l'appréciation de son cas (cf. arrêt du Tribunal fédéral R. du 2 octobre 2000 consid. 2b [2A.257/2000]). Par ailleurs, le recourant a vécu en Macédoine jusqu'à l'âge de dix-sept ans, soit toute son enfance et une bonne partie de son adolescence, de sorte qu'un retour dans son pays où vivent encore certains de ses frères ne représente pas un obstacle insurmontable pour lui. Il est vrai que les répercussions d'une telle mesure d'éloignement sont certainement pénibles pour la famille du recourant, en particulier pour l'épouse. En effet, on peut difficilement exiger d'elle qu'elle suive son mari en Macédoine, vu notamment son état de santé psychique fragile et les difficultés pratiques d'une intégration dans un pays dont la langue et les coutumes lui sont étrangères. On ne saurait toutefois accorder un poids décisif à la situation personnelle de l'épouse qui, comme rappelé au considérant précédent, n'ignorait rien de ces risques et de ces difficultés lorsqu'elle s'est mariée (cf. ATF 116 Ib 353 consid. 3e-f p. 358 ss). Quant aux deux enfants, âgés respectivement de trois ans et demi et deux ans, ils seraient encore suffisamment jeunes pour pouvoir s'intégrer avec une relative facilité dans un nouveau pays d'accueil. 6.2 Au demeurant, s'il fallait suivre l'argumentation du recourant, cela reviendrait, en fin de compte, à cautionner la politique dite du fait accompli. Tout le temps que l'intéressé a consacré pour se construire en Suisse la vie sociale et familiale qui est la sienne aujourd'hui résulte en effet de son seul entêtement à méconnaître les nombreuses décisions administratives et judiciaires prononcées à son encontre, qui toutes lui intimaient l'ordre de quitter le territoire helvétique.