Citation: I 127/06 06.02.2007 E. 5

5.1 Les premiers juges ont retenu qu'à la lecture de l'expertise du 30 décembre 2002, en particulier de certaines considérations contenues aux pages 9 à 11, il y avait lieu de constater que l'expert n'avait accordé aucune crédibilité aux dires de l'intimé, ce qui faisait supposer un malaise profond de ce dernier face à l'attitude de l'expert à son égard. A cela s'ajoutait le fait que l'expert avait tu un état dépressif survenu en 1984. Au vu de ces circonstances, la juridiction cantonale a conclu qu'on ne pouvait exclure que lors de l'entretien l'expert ait eu une attitude inadéquate vis-à-vis de l'assuré, provoquant chez ce dernier le sentiment d'une agressivité et d'une dévalorisation de la part de l'expert. 5.2 Contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, on ne voit pas en quoi la lacune dans l'anamnèse concernant un état dépressif survenu en 1984 et les propos contenus en pages 9 à 11 de l'expertise seraient de nature à jeter un doute sur l'impartialité de l'expert. Dans ce domaine, la jurisprudence exige des faits qui justifient objectivement la méfiance. Celle-ci ne saurait reposer sur le seul sentiment subjectif d'une partie; un tel sentiment ne peut être pris en considération que s'il est fondé sur des faits concrets et si ces derniers sont, en eux-mêmes, propres à justifier objectivement et raisonnablement un tel sentiment chez une personne réagissant normalement. L'omission dans l'anamnèse et les conclusions parfois hâtives de l'expert au sujet de l'attitude de l'assuré pouvaient dès lors être ressenties, objectivement, comme un manque de professionnalisme de la part du médecin ou une erreur d'appréciation: elle ne dénotait pas encore de la part de l'expert un sentiment d'animosité de nature à fonder objectivement un doute sur son impartialité. Quant au fait que l'expert B.________ se trouvait dans une situation conflictuelle avec le médecin traitant de l'intimé - qui ne concernait pas l'intimé et qui était sans rapport avec la présente cause - , il ne constitue pas non plus une circonstance de nature à fonder objectivement un soupçon de partialité.