Citation: 5A_874/2014 E. 1.2

1.2. Dans la mesure où seule la contribution d'entretien due en faveur de l'enfant est encore litigieuse devant la Cour de céans et où la fille des parties est devenue majeure peu avant le dépôt du recours en matière civile, il y a lieu de s'interroger sur la recevabilité du recours en tant qu'il a été formé uniquement par son père. Selon la jurisprudence, la faculté du parent qui détient l'autorité parentale d'agir en son propre nom et à la place de l'enfant (Prozessstandschaft ou Prozessführungsbefugnis) perdure au-delà de la majorité de l'enfant, lorsque celle-ci survient en cours de procédure, pour autant que l'enfant désormais majeur y consente. Celui-ci doit être consulté; cela suppose que l'existence de l'action en divorce et les conclusions prises contre l'autre parent pour son entretien après son accès à la majorité lui soient communiquées. Si l'enfant approuve - même tacitement (arrêts 5C.240/2002 du 31 mars 2003 consid. 3.1 publié in: FamPra.ch 2003 p. 728; 5A_186/2012 du 28 juin 2012 consid. 1.2) - les prétentions réclamées, le procès est poursuivi par le parent détenteur de l'autorité parentale, le dispositif du jugement devant toutefois énoncer que les contributions d'entretien seront payées en mains de l'enfant (ATF 129 III 55 consid. 3 et les références; cf. arrêts 5A_18/2011 du 1er juin 2011 consid. 5.1.2; 5A_287/2012 du 14 août 2012 consid. 3.1.3). La Cour de céans a ainsi récemment rappelé que l'enfant pouvait également consentir tacitement à ce que des conclusions soient prises par l'un de ses parents contre l'autre pour son propre entretien. Un tel consentement a notamment été admis, également pour des motifs d'opportunité et d'économie de procédure, s'agissant d'un enfant qui vivait chez celui de ses parents ayant introduit une action en son nom et qui entretenait en outre des rapports difficiles avec son autre parent (arrêt 5A_959/2013 du 1er octobre 2014 consid. 7.2 et 7.3 publié in: FamPra.ch 2015 p. 264). En l'espèce, la situation est similaire dans la mesure où la fille des parties a fugué de chez sa mère le 10 septembre 2010 et a depuis lors vécu presque exclusivement chez son père. On peut dès lors vraisemblablement admettre qu'elle a consenti aux conclusions prises en sa faveur par ce dernier, ce d'autant qu'elle avait déjà quinze ans lorsqu'il a introduit l'action en modification du jugement de divorce et qu'elle était donc parfaitement à même de comprendre la situation et d'intervenir dès sa majorité dans l'éventualité où elle n'aurait pas consenti à la procédure menée jusqu'alors par son père. Le recours est par conséquent également recevable sur ce point.