Citation: 4A_184/2023 E. 6.3.3

6.3.3. En troisième et dernier lieu, la recourante fait valoir que le comportement adopté par l'intimée et son organe disciplinaire porte atteinte à sa dignité humaine car elle entraîne une " seconde victimisation " de la victime, laquelle se retrouve écartée de " son propre procès ". Semblable argumentation n'emporte point la conviction de la Cour de céans. Force est d'emblée de souligner qu'il n'appartient pas au Tribunal fédéral de déterminer si le fait pour l'intimée d'avoir tenu la recourante à l'écart de la procédure associative menée par l'un de ses organes était justifié, voire opportun. La mission du Tribunal fédéral ne consiste pas davantage à trancher le point de savoir si les règles procédurales adoptées par l'association de droit privé concernée sont appropriées pour répondre au besoin légitime de reconnaissance des victimes de violences à caractère sexuel. La seule question à résoudre ici est de savoir si la sentence du TAS entérinant le refus de l'intimée de communiquer à la recourante un exemplaire de la décision disciplinaire rendue à l'encontre de C.________ est contraire à l'ordre public ou non. Or, en l'occurrence, on ne saurait admettre que le résultat auquel a abouti l'arbitre serait, per se, incompatible avec la garantie de la dignité humaine. Le Tribunal fédéral ne considère en effet pas que la non-transmission à la recourante d'une décision de nature disciplinaire prise par un organe associatif de l'intimée puisse porter atteinte à la dignité humaine d'une personne ne revêtant pas, selon les règles procédurales édictées par l'association concernée, la qualité de partie à la procédure disciplinaire visant une tierce personne. Il suit de là que la sentence entreprise n'est pas incompatible avec l'ordre public matériel au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Partant, le présent recours doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.