Citation: 4C.432/1999 19.01.2001 E. A

A.- a) Par lettre du 29 novembre 1978, K.________, juriste de formation, a été engagée par l'Office X.________ (ci-après: X.________), qui est une association de droit privé subventionnée par la Confédération, comme collaboratrice du département "Promotion du commerce extérieur". Entrée en fonction le 11 décembre 1978, elle a été nommée déléguée au sein du département précité, après son temps d'essai. K.________ s'est pleinement investie dans son travail, donnant notamment entière satisfaction aux clients et partenaires de X.________, qui lui ont adressé plusieurs lettres de remerciement et compliments. Dès la fin des années 1980, des difficultés sont survenues entre les parties au sujet du montant du salaire de K.________; celle-ci estimait en particulier que sa rétribution ne tenait pas suffisamment compte de ses responsabilités et de la qualité de son travail. Par lettre du 20 mai 1991, la prénommée a ainsi tenté de négocier avec X.________ un "rééquilibrage" de son traitement. Le directeur de l'Office, sans opposer une fin de non-recevoir, a toutefois estimé que la demande était prématurée en raison de la hausse de salaire de 11,4% que K.________ avait obtenue à compter du 1er janvier 1991. Le 9 juin 1991, le directeur lui a écrit ce qui suit: "(...) je suis absolument conscient que votre salaire, tel qu'il a été fixé par mon prédécesseur et votre chef, se situe au bas de l'échelle (am unteren Rand der Bandbreite liegt)". Le climat s'est par la suite dégradé, si bien que X.________, le 27 juillet 1992, a résilié le contrat de travail de l'intéressée pour le 31 octobre 1992. b) K.________ fait désormais valoir que la disparité de rémunération au profit de ses collègues masculins qui régnait à X.________ constituait une discrimination contraire au principe de l'égalité entre les sexes. Il a été constaté que les attributions et responsabilités de K.________ à partir du 1er septembre 1979 ont été définies dans un cahier des charges, qui a subi des modifications en 1983 et 1989. Les activités exercées au sein de X.________ se répartissaient en deux catégories. Celles qualifiées de "desk" consistaient principalement en l'information et la documentation dispensées en Suisse aux entreprises désireuses de faire du commerce à l'étranger. Les activités dites de "field" recouvraient principalement deux types de missions, soit la recherche de partenaires dans des pays étrangers pour le compte des entreprises suisses désirant y faire du commerce (voyages à mandat), ainsi que l'organisation, toujours à l'étranger, de foires et de délégations d'hommes d'affaires. Le cahier des charges de K.________, depuis le 1er mai 1983, portait la mention "déléguée PCE pour le desk et le field". Une liste des affaires traitées par certains des collaborateurs de X.________ a été tenue. Les mentions portées sur ce registre relatives à K.________ et à deux de ses collègues masculins, E.________ et F.________, sont les suivantes: Année: K.: E.: F.: 1987 150 158 75 1988 129 176 55 1989 107 118 36 1990 111 114 30 1991 113 126 33 1992 (10 mois) 103 123 35 Ce tableau ne tient compte que des activités clairement attribuées à l'un ou l'autre des collaborateurs (K., E. et F.). Il ne prend pas en considération le taux d'activité, étant souligné que K.________ n'a travaillé qu'à 90% dès le 1er janvier 1989. Au temps nécessaire à l'activité de conseil, figurant dans ce registre, s'ajoutait pour K.________ celui consacré à préparer et participer aux foires et délégations. Dès le mois de juin 1991, une nouvelle attribution des fonctions a été décidée par la direction de X.________; les activités des différentes régions ont été regroupées au sein d'un département "Marchés étrangers", à l'exclusion des foires, traitées par un nouveau département "Foires". A cette époque, un simple service "Afrique/Moyen-Orient" a subsisté à Lausanne en remplacement de l'ancienne zone du même nom. Le chef de ce service était directement subordonné au chef du département "Marchés étrangers". Lors de la création de ce dernier, tous les collègues de K.________, titulaires comme elle de la fonction de "délégué", ont été promus chefs d'une unité régionale, à l'exception de A.________, qui a quitté X.________ dans le courant de l'été 1991. A.________ et K.________ n'ont alors reçu que le titre de "conseiller à l'exportation". Dans ce contexte, par circulaire du 20 juin 1991, X.________ a annoncé à ses collaborateurs la nomination de deux chefs de département et de cinq chefs de service. E.________ et F.________ ont été formellement élevés au rang de chef d'une section régionale, avec augmentation de salaire dès le 1er juin 1991. Ainsi, E.________ a accédé au titre de "chef Marchés Etrangers Afrique/Moyen-Orient", responsable envers le chef du département de la marche dudit service. E.________ avait une connaissance pratique - et non professionnelle - du monde arabe pour être né en Tunisie et y avoir habité jusqu'à l'âge de vingt-trois ans. Compte tenu d'un stage préalable à son engagement en qualité de délégué, il était au bénéfice d'une ancienneté, au sein de X.________, de neuf ans supérieure à celle de K.________. E.________ avait remplacé pendant de courtes périodes - quelques semaines tout au plus - les chefs successifs du département "Promotion du commerce extérieur". Toutefois, ces suppléances étaient plus formelles qu'effectives, E.________ s'efforçant principalement de gérer les affaires courantes; il n'est pas établi que le prénommé ait endossé la responsabilité d'actions à l'étranger, que ce soit sous la forme de foires ou de délégations, ni qu'il disposât de l'expérience de terrain acquise par K.________ au fil de ses déplacements à l'étranger. Dans leurs activités de conseil à l'exportation, E.________ et K.________ se remplaçaient mutuellement. K.________ est pour sa part passée de la fonction de "déléguée" à celle de "conseillère à l'exportation Afrique". Elle a conservé ces titres et fonctions jusqu'à la cessation de ses rapports de travail. Elle a fonctionné également comme conseillère à l'exportation "Asie" pour une période qui n'a pas été établie. Elle était en outre convoquée à certaines réunions au même titre que les chefs de service E.________ et F.________ notamment. Elle a également assuré la suppléance de E.________, F.________ et partiellement G.________ en été 1991 et, avec d'autres, celle de F.________ en 1992. K.________, bien que formellement subordonnée à E.________, menait en pratique ses actions d'une manière indépendante. Chacun représentait X.________ à l'extérieur pour sa propre zone de compétence, l'Afrique subsaharienne d'une part, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord d'autre part. E.________ a d'ailleurs déclaré qu'il n'avait pas de "vocation à jouer le chef".