Citation: 9C_349/2020 E. 1

On ne saurait non plus inférer du rapport du docteur G.________ une détérioration de l'état de santé psychique de l'assuré concomitante à la maladie et au décès de l'épouse. Même s'il ne contestait pas le diagnostic d'épisode dépressif moyen retenu initialement, l'expert a relevé certaines incongruités de l'expertise du COMAI, qui avait été réalisée sans interprète, alors que le recourant parlait et parle toujours un français extrêmement rudimentaire, et qui retenait un diagnostic susceptible d'amélioration mais l'absence de tout traitement et un pronostic immédiatement négatif, ce qui constituait un positionnement ne correspondant pas à la réalité ni à une approche normale par rapport à ce genre de problématique et avait probablement influencé les conclusions de l'expert de l'époque. Quoi qu'il en soit, le docteur G.________ a considéré que la période durant laquelle l'épouse avait développé un cancer et qui s'était terminée par le décès de celle-ci avait représenté une phase lourde de la maladie qui ne pouvait toutefois pas être associée à un état dépressif grave. L'assuré n'avait pas non plus décompensé après le décès de son épouse. L'expert rejoignait ainsi l'opinion du docteur D.________ en n'évoquant pas un diagnostic plus grave que celui posé à l'origine. La lente amélioration constatée après la mort de l'épouse ne saurait dès lors induire une péjoration antérieure de la situation avec un retour à la normale mais correspond à un lent processus de guérison en cours depuis 2005 déjà et ayant abouti en 2017 au constat de l'absence d'atteinte psychique majeure. Le fait que le docteur I.________ a à plusieurs reprises suggéré ou affirmé une aggravation de la situation ne change rien à ce qui précède dans la mesure où le médecin n'a pas motivé ses assertions. Il n'était dès lors pas arbitraire d'écarter l'hypothèse d'une péjoration de l'état de santé psychique du recourant consécutivement à la maladie et au décès de l'épouse.