Citation: 1C_202/2023 E. 2.4

2.4. Les recourants n'agissent pas en tant que citoyens et électeurs du canton de Neuchâtel pour dénoncer un vice dans la procédure ayant conduit à l'adoption du décret par le Grand Conseil ou une violation de leur droit de vote en lien avec le référendum auquel il a été soumis ou la votation relative à cet objet (cf. ATF 106 Ia 307 consid. 1b). Leur qualité de citoyens ou de contribuables ne suffit pas davantage pour leur conférer la vocation pour recourir contre la décision octroyant le crédit d'engagement (ATF 145 I 121 consid. 1.5.3.2; 123 I 41 consid. 5c/aa; 119 Ia 214 consid. 2b). Bien qu'ils puissent indirectement exercer une influence sur l'ampleur de la charge fiscale, les actes étatiques concernant l'emploi des ressources publiques n'affectent en principe pas la situation juridique des citoyens et des contribuables. Un particulier n'a dès lors pas qualité pour attaquer une dépense publique du seul fait que pour divers motifs, il la désapprouve (ATF 145 I 121 consid. 1.5.3.2; arrêt 1C_164/2018 du 10 juillet 2018 consid. 1.3). Le fait que les recourants puissent être touchés par le projet de route de contournement en tant qu'il a pour effet de reporter le trafic automobile sur les routes dont ils sont riverains ne leur confère pas un intérêt digne de protection à contester l'octroi du crédit d'engagement y relatif. La procédure relative à l'adoption du crédit d'engagement est indépendante de celle de la procédure d'autorisation de construire (cf. ATF 117 Ib 35 consid. 3e). Le destinataire du décret est l'organe exécutif qui est autorisé à opérer la dépense prévue conformément aux conditions et charges également prévues. Cette décision, prise par une autorité à caractère politique, n'a aucune incidence sur d'éventuels intérêts individuels (cf. arrêt 1C_123/2011 du 7 juillet 2011 consid. 3.1). Les conséquences négatives de la construction de la route de contournement, telles qu'alléguées par les recourants, ne découlent pas directement de l'octroi du crédit d'engagement. Il s'agit plutôt de conséquences possibles du projet de construction qui fait l'objet d'une procédure indépendante. Or, sur la base de l'art. 89 al. 1 LTF, les riverains qui seraient habilités à contester le permis de construire ne sont pas pour autant légitimés à s'en prendre à la décision de l'Etat relative aux dépenses pour le projet de construction correspondant (arrêt 1C_164/2018 du 10 juillet 2018 consid. 1.3). La décision attaquée est ainsi conforme au droit fédéral en tant qu'elle dénie aux recourants la qualité pour recourir contre le décret en tant qu'il octroie au Conseil d'Etat un crédit d'engagement. On ne voit pas davantage en quoi le décret litigieux toucherait les recourants dans un intérêt digne de protection en tant qu'il fait dépendre son entrée en vigueur de l'adoption du PPDM. Pour le surplus, ces derniers ne développent aucune argumentation en lien avec la motivation retenue dans l'arrêt attaqué pour leur dénier la qualité pour agir contre le décret litigieux en tant qu'il déclare d'utilité publique les travaux de construction de la route de contournement. On peine à comprendre les recourants en tant qu'ils prétendent que leur qualité pour recourir devrait leur être octroyée parce qu'ils n'auraient pas été consultés à l'instar des riverains du projet de route de contournement avant l'adoption du décret. Ils n'indiquent pas sur quelle base légale ou constitutionnelle ils fondent un droit d'être entendus préalablement à la décision d'octroi du crédit d'engagement, soumise au référendum.