Citation: 2A.306/2000 09.01.2001 E. 5

5.- a) La recourante se réclame de l'art. 8 (par. 1) CEDH. Le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par la disposition précitée n'est pas absolu. Une ingérence dans l'exercice de ce droit est possible selon l'art. 8 par. 2 CEDH, pour autant que cette ingérence soit prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. La question de savoir si, dans un cas d'espèce, les autorités de police des étrangers sont tenues d'accorder une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 CEDH doit être résolue sur la base d'une pesée de tous les intérêts privés et publics en présence (ATF 122 II 1 consid. 2 p. 5/6; 120 Ib 1 consid. 3c p. 5, 22 consid. 4a p. 25). Dans le cas présent, il convient d'examiner en particulier si l'on peut attendre de X.________ qu'elle suive sa mère au Maroc. b) La recourante vit avec sa fille de nationalité suisse. PL.________ n'aurait vu sa fille que deux fois et aurait finalement renoncé à exercer son droit de visite. Par conséquent, X.________ ne connaît pratiquement pas son père et n'a pas de contacts avec lui. Quant aux relations qu'elle entretient avec les autres enfants de son père, en particulier avec sa demi-soeur, elles ne sont pas décisives au regard de la jurisprudence rappelée ci-dessus (cf. consid. 1a/bb). En principe, on ne saurait considérer que X.________ est à ce point intégrée en Suisse que le respect de sa vie privée l'empêcherait de suivre sa mère au Maroc, compte tenu de son âge qui devrait d'ailleurs lui permettre de s'adapter à un nouvel environnement (ATF 122 II 289 consid. 3b et 3c p. 297/298). Il convient cependant de prendre en considération les particularités du cas d'espèce. Interrogée sur les possibilités que X.________ aurait de résider au Maroc, l'Ambassade du Maroc a répondu, le 26 mars 1999, qu'en cas de divorce des époux L.________, il faudrait déposer en sa faveur une demande d'autorisation de séjour avec sa mère après confirmation du lien maternel et de la non-opposition du père. Au demeurant, ladite ambassade ne pouvait pas se prononcer sur la décision relative à l'octroi d'un titre de séjour, qui était du ressort exclusif des services de police marocains. La recourante redoute d'ailleurs les difficultés administratives, scolaires et même professionnelles que sa fille pourrait rencontrer au Maroc. La réponse précitée de l'Ambassade du Maroc ne donne pas de garantie quant à la possibilité pour X.________ de résider durablement au Maroc. La situation est d'autant plus aléatoire que l'octroi d'un titre de séjour en sa faveur apparaît subordonné à l'accord de son père, qui n'est pas d'emblée acquis. Ainsi, il n'est pas établi que la relation - seule déterminante en l'espèce - entre la recourante et sa fille puisse être vécue au Maroc. La Commission cantonale de recours aurait dû éclaircir ces questions. Le dossier ne contient d'ailleurs pas d'éléments suffisants pour effectuer la pesée des intérêts en présence qu'exige l'art. 8 CEDH. Ce n'est qu'après un complément d'instruction que cette pesée des intérêts en présence pourra être faite.