Citation: 1C_64/2025 E. 4

En l'absence de documents d'identité précis et probants, le TAF s'est fondé sur les déclarations du recourant présentes au dossier ainsi que sur le résultat des examens médicaux entrepris. Il a ainsi retenu que le recourant semblait avoir été pleinement conscient de la nécessité de disposer de pièces d'identité et avoir été en mesure de les obtenir. Il a estimé que les raisons de la non-production de documents d'identité après son arrivée en Europe était fautive, retenant à cet égard un défaut de collaboration. Le recourant ne prend pas position sur ce point, alors qu'il s'agit d'un indice fort pour déterminer l'âge d'une personne migrante. Il se borne à constater que le TAF ne remettait pas en cause le fait qu'il ne pouvait pas lui être reproché de ne pas s'être procuré des papiers avant de quitter le Maroc, sans pour autant faire valoir de motifs qui l'auraient empêché de s'adresser par la suite aux autorités de son pays. Les juges précédents ont en outre considéré que le recourant avait formulé des déclarations contradictoires, s'agissant notamment de la date à laquelle il avait quitté le Maroc, qui ne pouvaient pas être imputées à la consommation de psychotropes lorsqu'il se trouvait dans la rue au Maroc. Le recourant ne prend pas davantage position sur ce point et ne conteste pas avoir donné des indications qui ont varié quant à sa date exacte de départ du Maroc, respectivement sur ses destinations successives au gré de ses auditions, opposant d'autres éléments qui selon lui feraient apparaître ses déclarations comme crédibles et constantes et qui présenteraient une cohérence suffisante pour rendre vraisemblable sa naissance au 15 juin 2007. Le TAF pouvait de manière soutenable ne pas suivre le recourant lorsque celui-ci impute ces imprécisions ou déclarations contradictoires aux problèmes de mémoire rencontrés en raison de sa consommation de psychotropes lorsqu'il s'est retrouvé à la rue à la suite du décès de ses parents, alors qu'il a allégué avoir adapté ses réponses quant à son âge en fonction des besoins. Il ne s'explique pas davantage sur la présence de parents ou de proches à Lyon, qu'il a déclaré avoir visités lors de son interpellation à la frontière suisse le 10 juillet 2024, alors qu'il a toujours déclaré être sans famille, hormis un parent et un frère plus âgé domiciliés en Espagne. Il ne prend pas davantage position sur le fait retenu par le TAF selon lequel le médecin qui l'a examiné au mois de juin 2024 avait indiqué qu'il s'agissait d'un jeune de 17 ans faisant plus que son âge. Si le SEM ne disposait pas des déclarations du recourant faites lors de son audition sur le motifs d'asile au moment de statuer, tel n'était pas le cas du TAF qui pouvait s'y référer pour apprécier la crédibilité de ses dires. Les résultats des examens dentaire et osseux ne viennent pas mettre en cause l'appréciation des juges précédents quant à l'âge du recourant issue de ses déclarations. Le TAF a retenu à cet égard qu'ils ne permettaient pas de se prononcer sur une éventuelle minorité ou majorité du recourant, reconnaissant ainsi en principe une valeur non conclusive à l'expertise médico-légale. On ne voit pas en quoi il aurait versé dans l'arbitraire en constatant sur la base de l'expertise médico-légale que l'âge probable du recourant se situait entre 18 et 23 ans et en ne retenant pas sans autre comme probant l'âge le plus bas de la fourchette retenu par les experts sur la base de l'examen osseux (cf. arrêt 1C_710/2017 du 12 février 2019 consid. 4.3). Quant à l'examen dentaire, même s'il ne portait que sur deux troisièmes molaires et était de ce fait incomplet, le TAF pouvait néanmoins voir un indice plaidant en faveur d'une probabilité que le recourant soit majeur, l'expert ayant notamment conclu que la probabilité que le recourant ait dépassé sa 18ème année était élevée. Vu ce qui précède, le Tribunal administratif fédéral pouvait, au terme d'une appréciation non arbitraire des preuves, considérer que la date de naissance alléguée par le recourant, à savoir le 15 juin 2007, apparaissait moins plausible que celle du 1 er janvier 2006 inscrite dans le système SYMIC avec la mention de son incertitude. Partant, il ne se justifiait pas de procéder à la rectification demandée.