Citation: 9C_148/2019 E. 5.2

5.2. Dans son rapport du 27 mars 2018, dont les conclusions ont en partie été suivies par la juridiction cantonale, le docteur E.________ a considéré qu'en janvier 2014 déjà, le degré de gravité du trouble neurocognitif léger (F06.7) était tel "qu'aucune performance professionnelle n'était plus possible dans quelqu[e] activité que ce soit", regrettant à cet égard que les "troubles nets de la mémoire" pourtant mis en évidence à l'époque par le docteur B.________ et la doctoresse C.________ du SMR (rapport du 11 mars 2014) n'eussent pas donné lieu à une investigation plus approfondie qui eût permis de documenter l'ampleur de l'atteinte neurocognitive à ce moment-là. A la suite des premiers juges, on constate que l'avis du docteur E.________ sur la période antérieure à 2016 n'est pas corroboré par les conclusions des autres spécialistes qui se sont prononcés sur l'état de santé de l'assuré sur le plan psychique. Ainsi, en comparant la situation qu'il avait décrite dans son rapport du 30 mai 2014 - qui mettait en évidence avant tout une symptomatologie dépressive - avec celle prévalant un peu plus de deux ans plus tard, le docteur H.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie et médecin traitant, a fait état d'une nette accentuation des problèmes de concentration et de mémoire. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il a évoqué pour la première fois un "mild cognitive impairment type amnésique" (rapport du 22 octobre 2016). Le docteur F.________ et la psychologue G.________ n'ont pour leur part pas attesté d'incapacité de travail antérieurement au mois de juin 2016, soit à la date à laquelle les premières évaluations neuropsychologiques ont été effectuées (rapport du 26 septembre 2016). Enfin, la doctoresse C.________ a constaté que l'assuré présentait de "nets troubles de la mémoire" sans retenir toutefois de diagnostic psychiatrique, en fonction de ses observations et de l'anamnèse (rapport du 11 mars 2014). Le fait que la psychiatre du SMR n'a pas jugé utile de procéder à des investigations complémentaires à cette époque permet de considérer que les troubles mis en évidence n'atteignaient pas une sévérité déterminante, selon elle, du point de vue médical. On relèvera à cet égard que le psychiatre traitant n'a pas non plus jugé utile de soumettre son patient à des tests supplémentaires, en dépit des problèmes de mémoire et des difficultés de concentration mentionnés dans son rapport du 30 mai 2014. C'est en constatant une aggravation de la symptomatologie de son patient vers la fin de l'année 2015 que le docteur H.________ a envisagé une évaluation neuropsychologique en avril 2016, à laquelle l'assuré a finalement été d'accord de se soumettre à la fin du mois de juin 2016 (rapport du 22 octobre 2016). Compte tenu de ces constatations médicales sur la situation du recourant en 2014, l'appréciation des premiers juges de ne pas suivre les conclusions du docteur E.________ sur la période antérieure au mois de juin 2016 n'a rien d'arbitraire. Le fait que des investigations complémentaires n'ont pas eu lieu en 2014, pas plus du reste que l'hypothèse de l'expert privé selon laquelle l'assuré aurait "enjolivé" son fonctionnement devant les médecins du SMR, ne permet de re-tenir, au degré de la vraisemblance prépondérante, une incapacité complète de travail dès 2014.