Citation: 6B_394/2018 E. 2.2

2.2. Le recourant ne prétend pas que l'OEP ne serait pas habilité, conformément à l'art. 8 LEP/VD - dont le Tribunal fédéral ne peut examiner l'application que sous l'angle restreint de l'arbitraire (cf. ATF 143 I 321 consid. 6.1 p. 324) -, à procéder aux contrôles et inspections prévus par l'art. 85 CP. Son grief revient à contester la compétence, pour une autorité d'exécution des peines, d'ordonner une saisie d'objets ou l'examen du contenu d'un ordinateur. Selon lui, ces opérations constitueraient des mesures de contrainte, au sens des art. 196 ss CPP, lesquelles ne pourraient être ordonnées que par une autorité pénale. Il convient tout d'abord de relever que le recourant conclut à ce que les pièces faisant état des éléments découverts par l'OEP le 23 mars 2017 soient retranchées du dossier, avant que les différents intervenants concernés soient invités à établir un nouveau préavis portant sur la libération conditionnelle de l'internement. Partant, son argumentation est sans objet dans la mesure où elle tend à contester la compétence de l'OEP pour saisir du matériel - soit des vidéos, des photographies, des objets contondants, un ordinateur ou un téléphone portable -, dont on ignore ce qu'il est advenu et dont l'intéressé ne réclame de toute manière nullement la restitution. Au demeurant, il ressort de la décision d'incarcération de l'OEP du 23 mars 2017 (cf. pièce 3/4 du dossier cantonal) que, lors de l'inspection du même jour, deux couteaux et des cutters avaient notamment été découverts dans la chambre du recourant. Or, les autorités compétentes pour l'exécution des peines et des mesures (cf. art. 439 al. 1 CPP) peuvent de toute évidence séquestrer les objets interdits, découverts en de telles occurrences (cf. dans ce sens TRECHSEL/AEBERSOLD, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, 3e éd. 2018, no 1 ad art. 85 CP). On ne perçoit pas, à la lecture du recours, si le recourant considère que les photographies physiques découvertes au cours de l'inspection opérée le 23 mars 2017 constitueraient des moyens de preuves illicites. Quoi qu'il en soit, s'agissant d'objets découverts dans le cadre d'une inspection de ses effets personnels et de son logement au sens de l'art. 85 al. 1 CP, dont l'intéressé ne conteste par ailleurs pas le principe ni la licéité, il n'apparaît pas que l'exploitabilité de ces éléments dans la procédure d'examen de la libération conditionnelle de l'internement pourrait être contestée. Enfin, le recourant prétend que l'OEP ne pouvait procéder à l'examen du contenu de son ordinateur. Contrairement à ce qu'il soutient, le contrôle effectué le 23 mars 2017 ne visait pas à découvrir l'éventuelle commission d'une infraction, mais à vérifier le respect des "conditions assortissant le placement" de l'intéressé dans l'EMS A.________ (cf. pièce 3/4 du dossier cantonal). Ce contrôle a d'ailleurs été motivé par les accusations de l'amie du recourant, selon lesquelles ce dernier entretenait une relation amoureuse avec une employée de l'établissement, ainsi que par les investigations menées à cet égard par la suite (cf. pièce 3/6 du dossier cantonal). Dans la mesure où lesdites conditions comprenaient notamment l'interdiction, pour le recourant, d'utiliser du matériel informatique à caractère pornographique, l'OEP - chargé selon l'art. 8 LEP/VD de l'exécution des peines et des mesures - devait pouvoir s'assurer de leur respect en examinant le contenu de son ordinateur. Dès lors que l'OEP entendait en l'occurrence contrôler le respect des règles de vie fixées au recourant dans l'établissement où il était interné, on ne voit pas pour quels motifs une autorité pénale aurait pu - comme le suggère le recourant - être requise d'ordonner des mesures de contrainte au sens des art. 196 ss CPP. Partant, il n'apparaît pas que l'utilisation des éléments recueillis lors de l'inspection du 23 mars 2017 serait illicite ni que ceux-ci auraient dû, sur la base de l'art. 141 al. 5 CPP, être retranchés du dossier. On relèvera à cet égard que cette dernière disposition n'aurait de toute manière pu trouver application qu'à titre de droit cantonal supplétif (cf. art. 439 al. 1 CPP; arrêt 6B_130/2018 du 27 juin 2018 consid. 2.1), le recourant n'ayant pour sa part consacré aucune argumentation - répondant aux exigences de motivation découlant de l'art. 106 al. 2 LTF - relative à une éventuelle application arbitraire de celle-ci (cf. ATF 143 I 321 consid. 6.1 p. 324). Compte tenu de ce qui précède, le grief doit être rejeté.