Citation: 6B_1364/2023 E. 5.5.3

5.5.3. 5.5.3.1. Le recourant soutient qu'une analyse " correcte " des données techniques et de téléphonie aurait dû amener la cour cantonale à douter de son implication dans les faits reprochés. En premier lieu, il s'étonne de ce que le téléphone de F.B.________ n'ait pas été localisé au bout de la jetée du canal de N.________, alors que les tests réalisés durant l'enquête auraient démontré qu'en étant situé sur le banc situé à ce même endroit, cela aurait dû être le cas. En deuxième lieu, il estime que son téléphone et celui de F.B.________ ne se seraient jamais connectés simultanément aux mêmes antennes, de sorte qu'il ne serait pas possible d'affirmer au-delà de tout doute raisonnable que ces deux appareils auraient cheminé ensemble. En troisième et dernier lieu, il relève que son téléphone ne s'est jamais connecté à l'antenne Y1.________, pourtant activable depuis l'embouchure de N.________, mais bien à celle X1.________, à laquelle une connexion depuis ce même endroit aurait été qualifiée de "peu élevée". Avec la cour cantonale, il convient tout d'abord de relever que l'analyse des données de localisation n'est pas une science exacte. Elle repose sur une multitude d'indices (soit en particulier les données tirées de la surveillance rétroactive, elles-mêmes de trois types distincts, l'unité géographique et temporelle des connexions aux antennes ou encore les données stockées directement dans le système de fichiers des appareils) et peut fournir des résultats quelque peu différents selon les réglages ou la nature des appareils concernés, mais également selon la topographie d'une zone donnée. Tenant compte de ce qui précède, les enquêteurs ont émis plusieurs réserves (en lien notamment avec le fait que la zone concernée n'était pas bâtie et que le signal y était faible, avec le fait que la coexistence de plusieurs générations de réseaux mobiles pouvait influencer les données de signalisation, ou encore avec le fait que la manière dont les données sont collectées par les iPhones est incertaine), ont mis en place une méthodologie comparative rigoureuse (en suivant les recommandations sur les rapports évaluatifs émises par le réseau européen des instituts de science forensique et en utilisant quatre iPhones de différents modèles et dans différentes configurations) et ont fini par se prononcer sur la base d'une approche probabiliste (comme le préconise la doctrine récente en la matière), sans jamais totalement confirmer ou infirmer les hypothèses de travail (v. rapport du 4 février 2021, p. 6, 14 et 15). Qui plus est, ils ont spécifiquement traité chacun des points soulevés par le recourant, pour le premier en relevant que leur " attente à retrouver des données de localisation sur ce tronçon [était] faible " (rapport du 4 février 2021 p. 19), pour le deuxième en retraçant précisément les heures de connexion de chacun des téléphones concernés aux différentes antennes de la région, démarche qui a permis d'établir de nombreuses correspondances (rapport du 4 février 2021 p. 14 et 15), pour le troisième en relevant qu'il était parfaitement possible, bien que moins probable, de se connecter à l'antenne Z1.________ depuis le banc situé à l'embouchure de N.________ (rapport du 4 février 2021 p. 29). Compte tenu - et malgré - tous les éléments qui précèdent, les enquêteurs ont jugé que les déplacements du recourant et de F.B.________ correspondaient à ceux décrits par la cour cantonale, hypothèse qualifiée de forte, respectivement d'extrêmement forte, selon les données analysées, du moins en comparaison avec la version avancée par le recourant (rapport du 4 février 2021 p. 37). En définitive, le recourant fonde son argumentaire sur des prémisses erronées (le téléphone de F.B.________ aurait été localisé au bout de la jetée du canal de N.________ si elle s'y était trouvée; les téléphones se seraient connectés simultanément aux mêmes antennes si le recourant avait été avec F.B.________; le téléphone du recourant se serait connecté à l'antenne Y1.________ s'il s'était rendu à l'embouchure de N.________), en invoquant des éléments dont les enquêteurs ont tenu compte de manière appropriée, éléments qui ne devaient au demeurant pas être analysés seuls mais bien en relation avec le reste des données collectées, ce qu'il ne fait pas. Ainsi, le recourant ne parvient pas à démontrer en quoi il aurait été arbitraire pour la cour cantonale de se fonder sur les conclusions du rapport du 4 février 2021 au moment d'établir la nature de ses déplacements et de ceux de F.B.________, étant relevé qu'il s'agit une fois de plus uniquement d'un indice - parmi d'autres - ayant permis à la cour cantonale d'établir les faits comme elle l'a fait. Le grief est rejeté. 5.5.3.2. Le recourant relève que le téléphone de F.B.________ aurait été rechargé entre le 27 et le 28 décembre 2019, ce qui exclurait que la précitée soit décédée le 27 décembre 2019 ou qu'il ait jeté son téléphone dans O.________. Il fonde ses explications exclusivement sur les déclarations de C.B.________ du 31 décembre 2019, dont la teneur est la suivante: " La dernière position connue du téléphone de F.B.________ est celle de notre domicile. Elle date du vendredi midi. Pour vous répondre, elle ne possède pas de chargeur externe et ne prend jamais son câble de chargement avec. La batterie du téléphone était à 20-30 % le vendredi soir et était environ à 60-70 % le samedi matin au vu de la couleur de l'icône de la batterie ". Après avoir rappelé que le moment du décès de F.B.________ avait été défini sur la base d'un faisceau d'indices - comportant l'activité de la victime sur les réseaux sociaux, les appels auxquels elle a répondu puis cessé de répondre, ainsi que les déclarations de toutes les personnes qui l'ont vue le jour en question - ne laissant aucune place au doute, la cour cantonale a néanmoins reconnu qu'il était difficile d'expliquer les variations dans l'état de charge de la batterie du téléphone de la précitée. Elle a fini par expliquer qu'une confusion était vraisemblable, dans la mesure où l'appareil était alors perdu, D.B.________ ayant par la suite expliqué que son frère s'était trompé. Avec le recourant et la cour cantonale, il est constaté que cette zone d'ombre n'a pas trouvé réponse satisfaisante à ce jour. Toutefois, sous l'angle de l'arbitraire, elle ne saurait mener la cour cantonale à innocenter le recourant, ne serait-ce que parce qu'il s'agit du seul élément isolé allant à l'encontre du faisceau d'indices sur lequel elle s'est appuyée pour arrêter son état de fait, mais surtout parce que l'hypothèse soulevée par le recourant n'est justement qu'une hypothèse, pas plus vraisemblable que celle avancée par la cour cantonale (il est parfaitement concevable que C.B.________, dont la soeur avait disparu depuis plusieurs jours, ait pu se tromper, d'autant plus que ses déclarations étaient fondées sur la seule couleur de l'icône batterie visible sur un compte iCloud partagé par les appareils des différents membres de la famille B.________) ou que toute autre hypothèse (on pourrait notamment imaginer que F.B.________ ait chargé son téléphone après son départ de la maison mais avant sa rencontre avec le recourant, qu'iCloud présente par défaut la batterie d'un appareil entièrement détruit avec un état de charge de 60 à 70 %, ou encore que ce soit le fruit du court-circuit subi par le téléphone de F.B.________). Le grief est rejeté.