Citation: 6B_543/2009 09.03.2010 E. 1

2.5 En raisonnant de la sorte, la cour cantonale a certes démontré de manière convaincante que Z.________ avait bénéficié d'un enrichissement en recouvrant la somme de 150'000 fr. prêtée à D.________ SA, laquelle pouvait être menacée par la faillite de la Fiduciaire B.________ à laquelle la convention du 26 septembre 2000 prévoyait de céder le capital actions de D.________ SA. Encore fallait-il démontrer que cet avantage patrimonial obtenu par Z.________ correspondait à un désavantage pour le plaignant (ATF 134 IV 210 consid. 5.3 p. 213) et que ce désavantage résultait directement de l'acte de disposition consenti par la victime (ATF 126 IV 113 consid. 3a, p. 117 s. précité). 2.5.1 Dans la situation initiale, soit avant la signature de la convention du 14 février 2001, le plaignant disposait d'une créance de 150'000 fr. à l'égard de la Fiduciaire B.________ qui était menacée de faillite au 15 février 2001. Immédiatement après signature de cette convention, le plaignant est devenu créancier de D.________ SA en remplacement de la Fiduciaire B.________. Comme on l'a vu (supra consid. 2.3), il n'est pas établi que la repreneuse de la dette fût, à ce moment-là, moins solvable que la Fiduciaire B.________. On peut tout au plus affirmer que D.________ SA était moins solvable après le prélèvement des liquidités opéré par Z.________ le 15 février 2001 qu'avant. Or, ce prélèvement étant postérieur à la signature de la convention du 14 février 2001, soit à la reprise de dette, et n'ayant été rendu possible que par la modification de la convention du 26 septembre 2000, mais non par la signature de celle du 14 février 2001, on ne peut rapporter directement à l'acte de disposition (l'accord à la reprise de la dette et le retrait de la réquisition de faillite) ce prélèvement et les effets qu'il a pu avoir sur la solvabilité de D.________ SA. 2.5.2 Il résulte de ce qui vient d'être exposé que les constatations de fait de la cour cantonale ne permettent pas d'établir clairement que la situation patrimoniale de A.________ était meilleure avant la signature de la convention qu'après, soit que l'acte de disposition consenti à cette occasion ait causé un dommage, fût-ce sous la forme d'un accroissement du risque de non-recouvrement de sa créance. Il convient dès lors de renvoyer la cause à la cour cantonale afin qu'elle complète l'état de fait sur ce point en examinant concrètement quelles garanties de solvabilité offrait la Fiduciaire B.________ à A.________ et si celles-ci étaient meilleures ou moins bonnes que celles offertes par D.________ SA à l'échéance contractuelle de la dette reprise. Si un dommage ne peut être établi de la sorte, la cour cantonale examinera encore, autant que les règles de procédure pénale cantonales le permettent, dans quelle mesure le recourant a collaboré avec Y.________ dès 1998 aux opérations à raison desquelles ce dernier a été condamné pour abus de confiance. Il ressort en effet de certaines pièces du dossier (notamment les pièces 8/2, 9/6 et 11/2 du dossier cantonal PE03.015558) que le recourant a participé dès cette époque à cette opération, ce qui peut suggérer à tout le moins sa complicité pour cette infraction.