Citation: 4A_571/2019 E. 6.3

6.3. Pour enrayer le second argument de la cour cantonale, la recourante soutient que les vendeurs auraient dû lui donner des informations plus étendues, c'est-à-dire la renseigner spontanément lors de la transaction sur le fait qu'ils pensaient qu'une commission de courtage serait due consécutivement à celle-ci. Ce d'autant que Y.________ avait déclaré subséquemment, lors de son interrogatoire devant les juges civils, qu'il estimait le risque de devoir payer quelque chose au courtier à une probabilité de 8 sur 10. Ses déclarations en justice selon lesquelles il n'aurait " pas déclaré lors de la signature de l'acte que la créance de courtage pouvait être due à M. B.________ ou à X.________ SA parce que (il ne se) souvenai (t) plus du nom de la société de M. B.________ " n'excuseraient en rien son mutisme. Elle invoque, là encore, le principe de la bonne foi et celui de la loyauté commerciale qui, d'après elle, feraient obligation aux vendeurs de lui livrer le fond de leur pensée. Si la recourante ne conteste pas être expérimentée en affaires, elle estime que Y.________ ne l'était pas moins. Elle se défend enfin d'avoir été négligente, puisqu'elle a posé la question - lors de la transaction - des motifs qui poussaient les vendeurs à ajouter cette clause supplémentaire, ce à quoi Y.________ aurait répondu évasivement. Cette argumentation est drapée d'angélisme. Si, à l'occasion d'une vente immobilière, le vendeur insiste pour insérer une clause que le notaire n'avait pas prévue et qui spécifie que toute éventuelle commission de courtage due pour cette transaction sera à charge exclusive de l'acquéreuse, il faut croire qu'il est mû par un motif précis; il est fort peu probable qu'il s'agisse d'une peur abstraite qu'il cherche ainsi à exorciser. D'autant ici que Y.________ n'a pas minimisé la portée de cette clause, par exemple en laissant entendre qu'il s'agirait d'une clause de style. Et l'acquéreuse ne l'a pas perçue comme telle puisqu'elle a demandé à Y.________ quelles étaient ses motivations. C'est à juste titre que la cour cantonale estime qu'elle ne pouvait guère raisonnablement avoir de doute à ce sujet, indépendamment de la réponse évasive éventuellement fournie par ce dernier. Le grief de la recourante ne peut qu'être rejeté.