Citation: 2P.238/2000 15.05.2001 E. 5

5.- a) L'intéressé invoque une violation du principe de l'égalité par rapport à un autre gynécologue non porteur du diplôme fédéral. Le fait que le Dr G.________ a été autorisé à exercer la profession de médecin le 21 octobre 1991 sans que son activité n'ait été limitée géographiquement lui paraît démontrer qu'un autre médecin se trouvant dans la même situation aurait été traité de manière plus favorable que lui. b) Selon l'art. 27 Cst. , qui garantit également le principe de l'égalité de traitement entre personnes appartenant à la même branche économique, les mesures qui causent une distorsion de la compétition entre concurrents directs, c'est-à-dire qui ne sont pas neutres sur le plan de la concurrence, sont interdites. On entend par concurrents directs, les membres de la même branche, qui s'adressent avec les mêmes offres au même public pour satisfaire les mêmes besoins. A cet égard, l'art. 27 Cst. offre une protection plus étendue que celle de l'art. 8 Cst. (ATF 125 I 431 consid. 4b/aa p. 435-436 et la jurisprudence citée; cf. également Andreas Auer/Giorgio Malinverni/Michel Hottelier, Droit constitutionnel suisse, Volume II, Berne 2000, n. 696 p. 356). c) L'application de la clause du besoin conduit inévitablement à un traitement différent dans le temps dès lors que la situation - en l'espèce le besoin de prestations médicales ainsi que le nombre des médecins dans une région donnée - évolue. L'autorité intimée a tenu compte de cet élément. Dans son arrêt du 15 novembre 1999, elle avait en effet chargé le Département d'examiner la question de savoir si l'assistance médicale de la population dans les districts de A.________ et de B.________ était suffisamment assurée. A la suite de cette étude, elle a conclu, comme le Département, que tel était le cas, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'accorder au recourant une autorisation de pratiquer dans ces districts. L'intéressé, qui ne critique pas cette motivation, ne prétend par ailleurs pas se trouver dans la même situation que le Dr G.________ à l'époque où l'autorisation lui avait été accordée. Au surplus, l'autorisation a été octroyée à ce dernier médecin sur la base d'une autre loi, à savoir la loi jurassienne du 26 octobre 1978 concernant l'exercice des professions médicales, en vigueur jusqu'au 30 juin 1992 et abrogée par la loi sanitaire (cf. art. 73 lettre a LSan) qui est applicable au recourant. Le grief soulevé doit dès lors être écarté.