Citation: 1C_169/2023 E. 3

Les recourants soutiennent que la plantation d'un bois de bouleaux à vingt mètres des fenêtres de leurs chambres à coucher aurait un grave impact sur leur santé en raison du caractère allergène notoire de cette essence et qu'elle constituerait un inconvénient grave au sens de l'art. 14 LCI. L'instance précédente aurait retenu au terme d'un examen insoutenable du dossier que le Service des espaces verts de la Ville de Genève et le Département du territoire avaient examiné le projet en connaissance de cause alors que la dimension allergène des bouleaux et de son impact sur la santé des habitants n'a pas été examinée, et violé arbitrairement cette disposition en niant l'existence d'un tel inconvénient. La Chambre administrative a constaté à ce propos que le projet en cause était porté par la Ville de Genève, notamment par le Service des espaces verts, spécialisé dans le domaine. Les questions relatives aux essences avaient été posées devant le Conseil municipal, sans que celui-ci n'estime nécessaire qu'une suite y soit donnée. En outre, l'Office cantonal de l'agriculture et de la nature, service spécialisé pour l'agriculture et la nature, avait délivré un préavis détaillé sur plusieurs pages, favorable au projet, après avoir demandé une modification de celui-ci. Enfin, le plan d'aménagement qui accompagnait la demande de permis de construire avait été validé par la personne en charge du dossier dont les coordonnées avaient été données pour les arbres hors forêts. Ces pièces témoignaient du soin apporté par ledit service à l'examen du dossier. Comme l'a relevé la Cour de justice, la Ville de Genève est propriétaire des parcelles n os 2'631 et 2'643, destinées à accueillir un parc public, sur lesquelles le projet litigieux prendrait place. Il a été élaboré par les intimées, respectivement le bureau mandaté par celles-ci, en étroite collaboration avec les différents services techniques de la ville, dont le Service des espaces verts. Elle ne pouvait ignorer que des bouleaux allaient être plantés. La question de la dimension allergène des bouleaux a d'ailleurs été évoquée et discutée devant la Commission de l'aménagement et de l'environnement du Conseil municipal de la Ville de Genève comme cela ressort du rapport de cette commission du 22 février 2021. Le fait que le Conseil municipal n'ait apparemment pas donné suite aux interrogations de la Commission et à la demande d'interpellation du Service des espaces verts à ce propos ne signifie pas que cette question n'aurait pas été abordée et prise en considération par la Ville de Genève et ses services avant de contresigner la demande d'autorisation de construire déposée par les intimées. Les recourants échouent à démontrer que l'Office cantonal de l'agriculture et de la nature aurait rendu son préavis en méconnaissance de cet élément. Ainsi, en tant qu'il dénonce un examen lacunaire de la question des essences et de leur dimension allergène, le recours est infondé.