Citation: 6B_1004/2022 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que le recourant n'avait pas qualité pour recourir et que son recours s'avérait dès lors irrecevable. Elle a estimé qu'à défaut d'être lésé directement ou d'avoir indemnisé les lésés, le recourant n'établissait pas de subrogation légale en sa faveur - ou en faveur de l'organe étatique étranger l'ayant mandaté. La tâche de " Repayment administrator " dont le recourant entendait tirer sa qualité pour agir au nom des lésés avait pour fondement des violations répétées à la législation bancaire d'Afrique du Sud. Il n'y était nulle part question d'infractions au préjudice d'intérêts individuels ou d'indemnisation des victimes, pas même au titre de lésés d'actes de blanchiment, ni même que celles-ci lui auraient cédé leurs droits en vue de recouvrement. Il n'y était pas davantage question que les autorités sud-africaines auraient été directement atteintes dans leur patrimoine par les actes poursuivis pénalement en Suisse. La pyramide de Ponzi, telle qu'elle était alléguée, n'avait pas touché la Banque centrale de la République d'Afrique du Sud, ni n'avait ce but. La cour cantonale a retenu que l'art. 104 al. 2 CPP - dont le recourant prônait l'application par analogie - ne lui conférait pas plus la qualité pour agir. Pour une autorité pénale étrangère, la voie procédurale à suivre était en effet celle de l'art. 74a al. 1 de la loi fédérale du 20 mars 1981 sur l'entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.2) qui prévoyait en toutes lettres la restitution du produit de l'infraction à l'ayant droit. Le fait que le partage intervenu en 2018 par application de la LVPC l'empêche apparemment désormais d'agir par cette voie n'était pas une raison suffisante pour étendre à son cas la qualité pour agir en matière de procédures postérieures au jugement, au sens de l'art. 363 CPP; pour ce qui concernait le recourant, ces procédures n'étaient pas subsidiaires ou alternatives aux règles de l'entraide pénale internationale. A cet égard, l'objection du recourant selon laquelle la République d'Afrique du Sud n'aurait pas su que des valeur patrimoniales avaient été saisies, puis confisquées en Suisse, n'était pas recevable. Les autorités étrangères concernées ne pouvaient pas sérieusement prétendre avoir ignoré l'existence de la procédure pénale helvétique et la saisie concomitante d'avoirs présumés d'origine criminelle: en mai 2012, le ministère public leur avait décerné une commission rogatoire internationale qui détaillait les faits susceptibles de constituer le blanchiment en Suisse de fonds collectés illégalement dans leur pays. Or le recourant exposait avoir été nommé liquidateur en mars 2012 déjà et avoir en cette qualité aidé à répondre en août 2013 à la mission d'entraide.