Citation: 6B_449/2022 E. 3.2.2

3.2.2. Il convient encore de déterminer si le traitement prodigué à la prison de B.________ peut être considéré comme adéquat, compte tenu des troubles dont souffre la recourante. Il ressort de l'arrêt attaqué que la prise en charge de la recourante est extrêmement compliquée. En raison de son grave trouble psychique, la recourante est extrêmement sollicitante et nécessite un suivi étroit de la part du personnel qui l'entoure. Elle a ainsi dû changer à multiples reprises d'établissements en fonction de son état. A son retour à la prison de B.________ le 21 juin 2021, il a pu être constaté une amélioration de l'attitude de la recourante grâce au contrat comportemental mis en place. Le nombre de demandes a ainsi sensiblement diminué et la recourante présente un comportement plus adéquat avec les différents intervenants. Il est alors possible d'échanger et de dialoguer avec elle. Son évolution est ainsi positive. Ce constat est certes contesté par la recourante, qui fait valoir que son séjour carcéral se déroulerait très mal et serait émaillé de plusieurs mises à l'isolement en raison de son trouble psychique et qu'elle aurait même déposé le 19 octobre 2021 une plainte contre ses conditions de détention. Par cette argumentation, la recourante s'écarte toutefois de l'état de fait cantonal, sans en établir l'arbitraire, de sorte que son argumentation est irrecevable (cf. art. 97 al. 1 LTF). Si plusieurs intervenants (notamment les experts et le médecin cantonal), ainsi que le tribunal de première instance ont préconisé le transfert de la recourante dans un établissement psychosocial médicalisé, la CIC a recommandé, au vu de l'évolution de l'état de la recourante, son maintien au sein de l'établissement de la prison de B.________, suivant sur ce point les avis de la direction de ce dernier établissement pénitentiaire et du SMPP. Elle a précisé que c'était " à partir de ce dispositif institutionnel et de sa neutralité attentive que pourront éventuellement s'ouvrir des perspectives thérapeutiques dans un travail sur les interactions de la vie quotidienne (...). La commission estime que les modalités de prise en charge actuelle sont à tenir dans une durée suffisante avant qu'un projet de placement en EPSM (ndr: établissement psycho-social médicalisé) puisse venir en son heure et dans une continuité facilitée par l'assistance d'un Case Manger " (arrêt attaqué p. 7). Le placement de la recourante à la prison de B.________ constitue ainsi une première étape avant son transfert dans un établissement psycho-social médicalisé. La recourante ne séjourne donc pas dans l'établissement précité dans l'attente d'une place dans une institution spécialisée, ou en raison de places manquantes dans un lieu de détention plus adéquat, mais elle y effectue sa mesure à titre de l'art. 59 CP, en bénéficiant d'une prise en charge thérapeutique. La détention de la recourante à la prison de B.________ n'est donc pas inappropriée et assimilable à une détention provisoire dans l'attente d'une place disponible dans une institution spécialisée.