Citation: 5P.109/2005 25.07.2005 E. 1

3.3 La recourante expose ensuite que l'appréciation des juges cantonaux relative à la datation des modifications litigieuses se fonderait pour moitié sur l'affirmation grossièrement inexacte selon laquelle la recourante aurait elle-même allégué, dans son mémoire d'appel (p. 17), que ces modifications étaient nécessairement largement ultérieures au transfert de X.________ à l'Hôpital de Loëx (cf. lettre F.c.c in limine supra). Force est de constater, à la lecture du mémoire d'appel, que dans le passage en question, extrait de son contexte par la cour cantonale, la recourante relevait que si l'on admettait, selon les déclarations du témoin F.________, que d'éventuelles modifications testamentaires étaient largement ultérieures au transfert de X.________ à l'Hôpital de Loëx, ces modifications auraient alors dû être manuscrites d'une écriture similaire à celle des dispositions testamentaires originaires, tandis que les modifications querellées étaient précisément illustratives de l'inverse. Cela étant, on ne saurait retenir que la recourante aurait allégué que les modifications litigieuses étaient postérieures au 17 septembre 2001. 3.4 Cela ne suffit pas pour autant à démontrer que l'appréciation des juges cantonaux quant à la datation des modifications litigieuses serait arbitraire. En effet, cette appréciation ne repose pas tant sur un éventuel aveu de la part de la recourante que sur la déposition du témoin F.________, qui a déclaré que X.________ lui avait fait part de son intention de modifier son testament alors qu'elle était à l'Hôpital de Loëx, ce qui indique qu'elle ne l'avait pas fait auparavant, notamment lorsqu'elle était à l'Hôpital de la Tour (cf. lettre F.c.c supra). Contrairement à ce que soutient la recourante, cette déduction n'a rien d'arbitraire, même si elle repose sur les déclarations d'un seul témoin. Il n'est certes pas totalement exclu, eu égard à la déclaration du témoin J.________ selon laquelle "[o]n peut imaginer une phase d'amnésie due aux médicaments pris", que X.________ ait pu modifier son testament pendant qu'elle était à l'Hôpital de la Tour et perdre par la suite la mémoire de cet événement. Cependant, il sied de rappeler qu'il incombe à la demanderesse d'établir que X.________ a opéré la radiation litigieuse à un moment où elle était (temporairement) incapable de discernement, et non aux défenderesses de prouver que la disposante était capable de discernement lorsqu'elle a biffé la demanderesse de son testament (cf. consid. 2.4 supra). 3.5 La cour cantonale a considéré que la calligraphie approximative des modifications ne pouvait être interprétée comme le signe que celles-ci auraient eu lieu à une époque où X.________ n'était pas capable de discernement, car cette graphie pouvait tout aussi bien découler de ce que la disposante avait été temporairement paralysée du côté droit après son accident et avait dû s'entraîner pour récupérer sa capacité de mouvement (cf. lettre F.c.d supra). La recourante critique en vain cette appréciation, par des références sans pertinence aux déclarations que l'avocat E.________ avait faites aux intimées sur les circonstances dans lesquelles les modifications litigieuses avaient été opérées et au refus de cet avocat de témoigner à ce propos. De même, la recourante invoque vainement les déclarations des témoins H.________ et G.________ selon lesquelles X.________ leur avait écrit des lettres ordinaires, d'une belle écriture, après son hospitalisation; en effet, ces déclarations, qui ne précisent pas à quelle date les lettres ont été écrites, n'infirment nullement la déduction que X.________ a récupéré progressivement une écriture normale après son transfert à l'Hôpital de Loëx, où elle est restée pendant plus de six mois jusqu'à son décès. 3.6 La recourante fait enfin grief à l'autorité cantonale d'avoir éludé de son appréciation les indices probants d'une dégradation du rapport de confiance de X.________ envers sa filleule A.________, et d'avoir considéré que le fait que la disposante ait manifesté sa confiance à la recourante en lui demandant, le 9 octobre 2001, de changer le cylindre de la serrure de son appartement ne signifie pas qu'elle ne pouvait avoir l'intention de supprimer sa qualité d'héritière (cf. lettre F.c.d supra). La recourante n'expose toutefois pas en quoi une éventuelle dégradation du rapport de confiance de la disposante envers sa filleule serait pertinente pour l'issue du litige. Quant au fait que X.________ a demandé le 9 octobre 2001 à la recourante - qui était la concierge de son immeuble - de changer le cylindre de la serrure de son appartement, la cour cantonale pouvait sans arbitraire refuser d'en tirer la conclusion hasardeuse que la disposante ne pouvait avoir l'intention de supprimer la qualité d'héritière de la recourante.