Citation: 5C.63/2006 12.06.2006 E. 1

1. L'immeuble a été acheté beaucoup trop cher M. Ferrazino prétend toujours que l'achat de l'immeuble a été «une bonne affaire», il n'en est rien. Le 2 septembre 2003, l'Union bancaire privée, propriétaire de l'immeuble, déclare au Registre foncier et au fisc le 2 septembre 2003 une valeur de 16 millions. Valeur attestée par la fiduciaire renommée Ernst & Young. (doc. 1) Le 8 septembre - six jours plus tard - Christian Ferrazino et Pierre Muller annoncent au Conseil municipal qu'il faut acheter d'urgence l'immeuble pour 30 millions - près d'un million de frais. Il est impensable d'avancer que ces deux magistrats et leurs collaborateurs ignorent l'existence du Registre foncier. Les conseillers municipaux renâclent, mais se laissent convaincre le 7 octobre suivant par une expertise d'un peu plus de 26 millions que brandit le Maire Ferrazino. Celui-ci a dit à la Commission des finances que l'expert avait «largement sous-estimé le matériel informatique», ce qui explique le prix de 30 millions au lieu de 26. Cette expertise a été commandée à l'avance par la Ville, qui a donc bel et bien disposé du temps nécessaire à examiner l'immeuble. L'expert a agi le 30 avril 2003, aboutissant à un prix de 22,5 à 22,6 millions de francs. Il précise: (doc. 2) Le même expert revient le 9 juin 2003, et ajoute benoîtement: (doc. 3) Le nouveau total est de 26,2 à 26,5 millions! Ainsi, situation invraisemblable, on assiste aux efforts étranges d'un acheteur pour faire... monter le prix à payer. Mieux: les prétendus 4 millions de matériel électrique ont été payés deux fois (une fois parce que l'expert a été invité à les ajouter, et une autre fois sous prétexte de sous-estimation), ils devaient finir à la casse dès le début des travaux. Nous avons, en outre, découvert que plusieurs expertises avaient été faites par des privés intéressés par l'immeuble, et que l'une aboutissait à 16,2 millions + 12 millions de travaux. Une troisième concluait à une valeur de 18 millions. Par acquit de conscience, nous avons soumis la fameuse expertise (obtenue de la Ville après une bataille juridique d'un an) à 5 cabinets d'experts et consultants reconnus à Genève. Deux ont refusé pour éviter les représailles et/ou les conflits d'intérêt. Trois ont rendu leur verdict: il est accablant pour ce document constellé d'erreurs. Pourquoi le Conseil administratif n'a-t-il vu ni le Registre foncier, ni l'existence d'autres expertises, ni l'évidence de travaux à réaliser? Parce que les courtiers - la société AMI-Colliers - ont intelligemment utilisé l'intérêt réel ou supposé de l'État pour cet immeuble comme un moyen de piéger Christian Ferrazino, trop heureux de «souffler» cet immeuble à son confrère Moutinot. Convaincu que l'État était en lice, le Maire s'est lancé les yeux fermés dans l'aventure. [...]" Cet article était signé par Thierry Oppikofer, administrateur délégué de Plurality Presse SA. Il était accompagné des photos des documents visés ainsi que d'un tableau chronologique des événements.