Citation: 5A_711/2014 E. 3.1

3.1. Examinant la situation financière des parties, la juridiction précédente a retenu que la mère perçoit un revenu mensuel moyen de 9'840 fr. (salaire + revenu locatif); ses charges s'élèvent à 5'550 fr., de sorte qu'elle bénéficie d'un solde disponible de 4'290 fr. S'agissant du père, la cour cantonale a pu établir qu'il était employé de la société E.________ SA, qu'il a co-fondée en 2012. Son salaire contractuel s'élève à 4'630 fr. 85 net par mois; son certificat de salaire pour l'année 2013 fait cependant état d'un montant inférieur, sans qu'il ne donne d'explication à ce sujet. Précédemment, il a travaillé comme cadre pour divers établissements bancaires et sociétés de gestion. En particulier, il a exercé une activité de gérant de fortune pour la société F.________ SA, pour un revenu mensuel moyen, entre 2003 et 2008, d'environ 14'000 fr. net. Il a ensuite connu une période de chômage. Confirmant le raisonnement du premier juge, la Cour de justice a considéré qu'on ne pouvait pas attendre de lui qu'il retrouve, après cette période, un emploi de gérant de fortune lui procurant des revenus équivalents à ceux qu'il réalisait précédemment. En effet, son âge (57 ans) et les changement survenus depuis 2008 sur les marchés financiers compromettaient de manière significative ses chances de retrouver un emploi aussi rémunérateur. Pour les mêmes raisons, les revenus figurant dans les statistiques de l'observatoire genevois du marché du travail pour un profil semblable au sien (20'000 fr. brut par mois pour un cadre supérieur dans les services financiers disposant de 20 ans d'expérience et d'un diplôme universitaire) paraissaient irréalistes. Cela étant, selon la juridiction prédécente, le salaire de 4'630 fr. net par mois que déclare lui verser E.________ SA est particulièrement bas compte tenu de ses qualifications et de son expérience professionnelle. Il paraît aussi incompatible avec les déclarations de l'ex-époux dans la presse quant au potentiel de développement de cette société, étant rappelé que son salaire devait augmenter si celle-ci réalisait des bénéfices. A toutes fins utiles, la Cour de justice a observé que l'ex-épouse, certes plus jeune que lui, mais aussi moins qualifiée et expérimentée dans le domaine bancaire, a réussi à trouver dans ce domaine un poste lui procurant un salaire de 8'540 fr. par mois (13ème salaire compris), après avoir également travaillé pour F.________ SA et connu une période de chômage, de sorte qu'il n'y avait pas de raison que l'ex-époux ne puisse réaliser des revenus au moins équivalents. La cour cantonale a constaté qu'il se présente également comme le fondateur et gérant de la société G.________, active dans le domaine de la finance à W.________ et à X.________, de sorte qu'il serait curieux qu'il ne perçoive aucune rémunération pour son activité au sein de cette société. Il n'a d'ailleurs produit aucune attestation indiquant qu'il ne serait pas rémunéré. La juridiction précédente a ainsi admis qu'il tire (ou renonce intentionnellement à tirer) de cette activité des revenus comparables à ceux réalisés auprès de E.________ SA. A supposer que tel ne soit pas le cas, on pouvait raisonnablement attendre de lui qu'il quitte ses fonctions auprès des sociétés précitées pour prendre un emploi de cadre auprès d'un établissement bancaire ou d'une société de gestion de la place. Dans tous les cas, sa capacité de gain pouvait être estimée au double des revenus qui lui sont contractuellement dus par E.________ SA, c'est-à-dire à 9'200 fr. net par mois au moins. Ses charges mensuelles personnelles ont été fixées à 3'411 fr.; il bénéficie donc d'un solde disponible d'environ 5'800 fr. S'agissant des besoins de l'enfant, il ressort de l'arrêt attaqué qu'ils s'élèvent à 3'000 fr. par mois (à savoir: 83 fr. de prime d'assurance-maladie; 128 fr. de frais de cantine scolaire; 54 fr. de frais de garderie parascolaire; 600 fr. de minimum vital au sens strict; 685 fr. de frais de logement; 450 fr. de frais de loisirs et d'activités extra-scolaires; 1'000 fr. de frais supplémentaires de garde ou d'accompagnement). Au vu des soldes disponibles des parties, et compte tenu du fait que la mère assume l'essentiel des soins en nature et de l'encadrement quotidien de l'enfant, la Cour de justice a considéré que le père devait supporter 70% des besoins financiers de l'enfant commun, à savoir 2'100 fr. par mois (3'000 fr. x 70%). Un tel montant lui laissait un solde suffisant pour subvenir dans la même mesure aux besoins de son fils du deuxième lit, dont il n'était pas nécessaire d'examiner le détail de la prise en charge. Après couverture du solde des besoins de C.________, la mère conservait un disponible de 3'400 fr. (à savoir 4'300 fr. - [3'000 fr. - 2'100 fr.]), ce qui était suffisant pour couvrir le coût des loisirs et activités supplémentaires qu'elle estimait opportun d'offrir à sa fille. La cour cantonale a relevé que, s'il est exact que l'enfant ne suscitera plus de frais de garde lorsqu'elle atteindra l'âge de 15 ans, ses besoins ne diminueront pas pour autant, puisque le coût mensuel d'entretien d'un enfant adolescent est notoirement plus élevé que celui d'un enfant plus jeune (voir notamment les tabelles éditées par l'Office de la jeunesse du canton de Zurich). Elle a ainsi estimé que la diminution future des frais de garde (" estimés à 500 fr. par mois ") serait progressivement compensée par une augmentation des coûts d'entretien de l'enfant, y compris celui des activités et loisirs. Elle en a déduit que " par conséquent, au titre des effets accessoires du divorce, le montant de la contribution due par [le père] pour l'entretien de sa fille C.________ sera fixé à 1'750 fr. par mois [sic] jusqu'à la majorité de celle-ci, voire au-delà en cas de formation professionnelle ou d'études sérieuses et régulières ".