Citation: 4P.322/2005 27.03.2006 E. B

B.a Le 12 août 2002, B.________ a fait notifier une poursuite à A.________, que ce dernier a frappée d'opposition. Par demande du 26 juin 2003, B.________ a ouvert action contre A.________ devant l'une des Cours civiles du Tribunal cantonal neuchâtelois. Le demandeur a conclu à ce que le défendeur lui verse 429'285 fr.75 plus intérêts à 5 % l'an dès le dépôt de la demande, l'opposition formée à la poursuite précitée étant levée à due concurrence. Le demandeur a fait valoir qu'il avait versé pour acquérir l'immeuble un montant total de 2'600'000 fr., auquel s'ajoutaient 15'977 fr. de frais du service des réalisations immobilières et 26'400 fr. à titre de droits de mutation ou "lods". Comme le bien-fonds ne valait que 1'875'000 fr., la perte qu'il avait subie représentait 767'377 fr. Les parties étant codébitrices solidaires, le défendeur devait lui rembourser la moitié de la perte, soit 383'688 fr.50, plus la moitié d'un décompte d'intérêts s'élevant à 91'194 fr.55, c'est-à-dire 45'597 fr.25. Par réponse datée du 1er décembre 2003, le défendeur a conclu au rejet de la demande; reconventionnellement, il a requis que le demandeur soit condamné à lui payer 45'470 fr.15 avec intérêts à 5 % dès le dépôt de la réponse. Au sujet de la demande principale, A.________ a soutenu que l'action était prématurée dès lors que la société simple formée par les plaideurs n'était pas liquidée, que de toute manière le demandeur n'avait pas éprouvé de perte, l'immeuble valant bien 2'600'000 fr., et que le préjudice éventuellement subi par ce dernier résultait de la transaction que l'intéressé avait conclue avec Y.________ SA. Sur la reconvention, le défendeur a exposé que l'accord passé entre B.________ et Y.________ SA n'avait pas eu pour effet de le libérer de ses obligations à l'endroit de cette banque, laquelle lui avait imposé un plan de redressement en relation avec la créance qu'elle déduisait du certificat d'insuffisance de gages délivré le 6 décembre 2002 pour un montant en capital et intérêts de 221'981 fr.75. Le défendeur a ainsi allégué qu'au jour du dépôt de la réponse, il avait payé à Y.________ SA un montant de 90'940 fr.30, dont le demandeur lui devait remboursement de la moitié, soit 45'470 fr.15. Dans sa duplique du 16 février 2004, le défendeur a exposé que les versements qu'il avait effectués pour éteindre la créance de Y.________ SA s'élevaient désormais à 137'079 fr.80 et que le demandeur était son débiteur de la moitié de cette somme, à savoir 68'539 fr.90. Pour qu'il soit tenu compte en instance cantonale des versements successifs opérés par le défendeur au profit de Y.________ SA en remboursement du certificat d'insuffisance de gages, sans que ce plaideur soit obligé de compléter à chaque fois ses mémoires, les parties ont conclu les 3 et 8 mars 2004 une convention de procédure, à teneur de laquelle le défendeur "(était) autorisé, avant clôture des débats, à alléguer et documenter tout paiement qu'il aurait pu effectuer en mains de Y.________ SA à compter de ce jour ... ...". Le juge instructeur a pris acte de cette convention à son audience du 16 mars 2004. La procédure probatoire, qui a comporté le dépôt de pièces littérales et l'audition de divers témoins, a été clôturée le 19 octobre 2004. Le 14 décembre 2004, le juge instructeur a écrit aux mandataires des parties de lui indiquer si leurs mandants acceptaient que le jugement soit rendu par voie de circulation, en application de l'art. 334 al. 1 du Code de procédure civile neuchâtelois du 30 septembre 1991 (CPC/NE), ou s'ils souhaitaient que la cause soit citée pour plaidoiries et jugement. Par écritures des 19 et 24 janvier 2005, respectivement le demandeur et le défendeur ont déclaré accepter que la Cour civile rende son jugement par voie de circulation.