Citation: 6B_86/2024 E. 3.6

3.6. Le recourant conteste l'appréciation opérée par la cour cantonale s'agissant de l'analyse du cas de rigueur et affirme que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emporteraient pas sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. En l'espèce, sous l'angle de la garantie au respect de sa vie privée d'abord, en dépit de son arrivée en Suisse à l'âge de 13 ans, le recourant ne peut pas justifier d'une intégration réussie, contrairement à ce qu'il allègue. Bien qu'il ait obtenu un CFC de monteur-automaticien en 2019, il est actuellement sans activité lucrative et son père pourvoit intégralement à son entretien. Il ne dispose pas non plus d'une intégration sociale ou associative particulière en Suisse. Sa situation financière est obérée dès lors qu'il a cessé de s'acquitter de l'intégralité de ses factures depuis la fin de l'année 2022. Concernant ses antécédents, le recourant a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales, lesquelles dénotent d'une absence de respect pour l'ordre juridique suisse. S'agissant de ses perspectives de réintégration, le recourant fait valoir qu'il n'entretiendrait aucun lien social ou familial au Kosovo. S'il y a lieu d'admettre que la réintégration du recourant au Kosovo ou en Bulgarie ne sera certes pas facile, elle n'apparaît toutefois pas insurmontable, dans la mesure où il a passé les premières années de sa vie au Kosovo et maîtrise les langues de ces deux pays. Il dispose en outre d'une formation professionnelle achevée, laquelle lui permettra de travailler aussi bien au Kosovo qu'en Bulgarie. Si l'état de santé du recourant doit être pris en compte, il ne justifie pas l'admission d'un cas de rigueur. En effet, le recourant n'est actuellement au bénéfice d'aucun traitement médical. De plus, il existe des possibilités, tant au Kosovo qu'en Bulgarie, d'obtenir des soins médicaux de base afin que celui-ci puisse se faire soigner pour la dépression et les angoisses dont il prétend souffrir. Sous l'angle de sa vie familiale, il faut tenir compte du fait que la famille du recourant, soit son père et sa soeur, résident tous deux en Suisse. Toutefois, ces derniers ne font pas partie de la famille dite nucléaire, de sorte que, à défaut d'invoquer d'autres éléments, l'expulsion du recourant ne paraît pas le placer dans une situation personnelle grave sous l'angle d'une atteinte à son droit au respect de la vie familiale. Au demeurant, même si l'intéressé entretient des liens étroits avec sa famille, il n'expose pas en quoi il serait empêché de maintenir des contacts réguliers avec ses proches depuis son pays d'origine, vu les moyens de communication modernes. Au vu de ces circonstances, le recourant ne peut se prévaloir de son droit au respect de sa vie privée et familiale pour s'opposer à son expulsion de Suisse, cette mesure ne le plaçant pas dans une situation personnelle grave au sens de l'art. 66a al. 2 CP.