Citation: 1B_78/2015 E. 4.3

4.3. Les motifs invoqués par le recourant ne permettent toutefois pas de remettre en cause l'appréciation convaincante de l'instance précédente. En l'occurrence, les infractions concernées ne sont pas anodines puisqu'elles touchent notamment à l'intégrité physique et sexuelle des personnes. Les actes dont la réitération est redoutée sont dès lors de nature à compromettre sérieusement la sécurité d'autrui. Par ailleurs, le fait que les précédentes condamnations et un long séjour en prison n'ait pas dissuadé le recourant de persévérer dans des agissements délictueux - de surcroît moins d'une année après sa libération intervenue le 23 octobre 2013 - rend le risque de récidive suffisamment concret. L'expertise psychiatrique complémentaire du 4 novembre 2014, dont se prévaut le recourant, n'exclut d'ailleurs pas tout risque de réitération. La cour cantonale peut en outre être suivie lorsqu'elle considère qu'aucune mesure de substitution ne paraissait, à ce stade de la procédure et en l'absence d'un nouvel avis de l'expert, apte à pallier tout danger de réitération de comportement dangereux. Il sied en particulier de relever que, dans son jugement du 30 janvier 2015 soumettant le prévenu à une mesure de traitement ambulatoire des addictions, le Tribunal cantonal neuchâtelois n'a pas pris en considération les infractions que l'intéressé aurait commises après sa libération. Il ressort en outre du dossier que celui-ci n'a pas respecté l'engagement qu'il avait pris à sa libération de ne pas consommer d'alcool et de stupéfiants. Aussi, la volonté exprimée dans son recours par le recourant de se soumettre au traitement ambulatoire préconisé par le Tribunal cantonal neuchâtelois apparaît clairement insuffisante en l'état. Il en va de même des déclarations selon lesquelles sa situation sociale se serait stabilisée et que son fils souhaiterait le rencontrer. Compte tenu des circonstances, il apparaît prématuré de libérer le prévenu tant que les conclusions de l'expertise ordonnée par le Ministère public ne sont pas connues. L'instance précédente n'a donc pas violé le droit fédéral en retenant que, à ce stade de la procédure, seule la détention provisoire permettait d'exclure un risque de récidive.