Citation: 5P.10/2007 23.04.2007 E. 3

Le recourant se plaint d'arbitraire à propos du calcul de son revenu, de celui du bonus de salaire et de la charge de loyer de son épouse. 3.1 D'après la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 132 III 209 consid. 2.1 p. 211; 131 I 57 consid. 2 p. 61); il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire préférable; pour que cette décision soit annulée, encore faut-il qu'elle se révèle arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son résultat (ATF 132 III 209 consid. 2.1 p. 211; ATF 131 I 217 consid. 2.1 p. 219). Il appartient au recourant d'établir la réalisation de ces conditions en démontrant, par une argumentation claire et détaillée, que la décision incriminée est insoutenable, une critique de nature purement appellatoire étant irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 262; 129 I 185 consid. 1.6 p. 189; 122 I 70 consid. 1c p. 73). 3.2 En ce qui concerne son revenu, le recourant se borne à affirmer que la Cour de justice se serait arbitrairement fondée sur une autre base de calcul que celle choisie par le premier juge et aurait ainsi admis un revenu mensuel de 32'248 fr. au lieu de 28'000 fr., lors même que, dans son appel, il n'avait pas contesté ce dernier montant. Il n'indique toutefois pas où réside l'arbitraire; en particulier, il ne démontre pas que la Cour de justice aurait mal interprété les pièces sur le vu desquelles elle a retenu le salaire contesté. Insuffisamment motivé, le grief est irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ). Au demeurant, en procédure civile genevoise, la Cour de justice statuant, comme en l'espèce, sur appel ordinaire au sens de l'art. 291 LPC/GE jouit d'un plein pouvoir d'examen en fait et en droit; elle n'est limitée par aucune appréciation ou orientation d'instruction du premier juge et peut librement agréer, rejeter ou compléter les actes probatoires déjà effectués (Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, Commentaire de la loi de procédure civile genevoise, Genève 2002, tome II, n. 15 ad art. 291 LPC/GE). On ne voit donc pas en quoi l'autorité cantonale serait tombée dans l'arbitraire en calculant le revenu de l'époux sur la base des pièces qu'il a lui-même fournies à l'appui de son appel. 3.3 A propos du bonus de salaire, le recourant fait grief à la Cour de justice d'avoir retenu le seul montant obtenu en 2005 sans avoir, eu égard au caractère aléatoire de cette prestation, procédé au calcul de la moyenne des dernières années. L'argument confine à la témérité dans la mesure où, selon les constatations du premier juge, qui n'ont pas été remises en cause ni en appel ni devant la Cour de céans, le bonus pour 2005 a été inférieur de 44'000 fr. à celui perçu en 2004 (127'000 fr. en 2004 contre 83'000 fr. en 2005, aucun autre chiffre n'étant mentionné pour les années précédentes). 3.4 S'agissant de la charge de loyer de son épouse, le recourant affirme qu'il est arbitraire, vu la différence de loyers entre la Floride et Genève, de "comparer une villa comprenant 3 chambres à coucher, 2 salles de bains, 1 salon, 1 cuisine avec un espace pour manger et une piscine avec un simple 3 pièces genevois". 3.4.1 Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral s'en tient en principe aux faits constatés par l'autorité cantonale, à moins que le recourant ne démontre que ces constatations sont arbitrairement fausses ou incomplètes (ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26). En l'absence d'une telle démonstration, l'état de fait présenté par le recourant, en tant qu'il s'écarte des constatations de la cour cantonale, ne peut être pris en considération. 3.4.2 En l'espèce, il ne ressort pas des faits constatés par l'autorité cantonale que l'épouse occupe ou pourrait occuper un appartement tel que celui décrit par le recourant. La Cour de justice a considéré qu'il n'était pas possible de déduire des annonces de loyer produites par le mari en appel que les loyers indiqués étaient représentatifs des loyers usuels dans la région concernée et que celui payé par l'épouse était excessif. A cet égard, le recourant ne se plaint ni d'une constatation arbitraire des faits ni d'une appréciation arbitraire des preuves. Faute de s'en prendre au motif retenu par la Cour de justice et d'en démontrer le caractère insoutenable, le grief d'une comparaison arbitraire des loyers des époux est irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ).