Citation: 8C_67/2024 E. 6.1

6.1. Toujours en rapport avec les deux premiers accidents, l'instance précédente s'est ensuite intéressée aux lésions à la hanche droite. Elle a indiqué que selon le docteur E.________, le recourant avait subi des contusions de la hanche, qui avaient rendu symptomatique un processus évolutif consistant en un descellement aseptique ou septique de la partie proximale du pivot fémoral, complication éminemment banale de la chirurgie prothétique. Selon l'expert, il en résultait un statu quo sine au 13 février 2018 en ce qui concernait l'accident du 15 décembre 2017 et un statu quo sine au 31 décembre 2018 s'agissant de celui du 27 septembre 2018. Le tribunal cantonal a estimé que le rapport d'expertise répondait aux réquisits de forme posés par la jurisprudence (cf. ATF 134 V 231 consid. 5.1; 125 V 351 consid. 3a). Les conclusions de l'expert, claires et dépourvues de contradictions, étaient le résultat d'une pondération de plusieurs éléments déterminants pour la causalité naturelle. Son appréciation était toutefois fondée sur le type d'implant mis en place en 2011, qu'il avait qualifié de type High Offset et décrit comme étant connu pour favoriser les descellements précoces. Le docteur F.________ soutenait en revanche que le descellement était d'origine traumatique et que l'expert s'était lourdement trompé sur deux points principaux, à savoir la force du choc de l'accident du 15 décembre 2017 et le type de prothèse posé en 2011, qui était muni d'une tige Corail KS 10 à col standard, et non de type High Offset. En raison de l'incertitude quant au type d'implant utilisé en 2011, la juridiction cantonale avait ordonné une instruction complémentaire. Après avoir examiné les circonstances de l'accident du 15 décembre 2017, les premiers juges ont exclu que le recourant ait subi un traumatisme violent - comme défendu par le docteur F.________ -, l'intéressé ayant chuté de sa hauteur et aucune impotence fonctionnelle n'ayant été constatée ensuite de l'accident. Il s'agissait d'un traumatisme à basse, voire moyenne énergie, comme retenu par le docteur E.________. En ce qui concernait le type de prothèse implanté en 2011, celui-ci avait admis dans son rapport complémentaire du 19 septembre 2022 que le docteur F.________ n'avait pas utilisé une tige High Offset, mais une tige Corail KS standard 135. L'expert avait toutefois précisé que son confrère avait augmenté la tête fémorale de 5 mm, ce qui avait conduit à une augmentation de l'offset fémoral de 3,5 mm, faisant ainsi passer l'offset fémoral définitif de 39,5 mm à 43 mm. Cette longueur correspondait à plus de la moitié de la différence de longueur d'offset entre la tige Corail 135 standard (39,5 mm) et la tige Corail High Offset (46,4 mm). Il en découlait que la prothèse mise en place en 2011 n'était pas un "implant High Offset", mais un "implant de type High Offset", ce qui ressortait de son rapport d'expertise du 12 novembre 2020. Dans un rapport du 10 mai 2023, le docteur F.________ s'était distancié de cette analyse. Se disant convaincue par les explications de l'expert, la cour cantonale en a conclu que celui-ci n'avait pas confondu le type de prothèse. Les deux spécialistes étaient d'accord sur le type d'implant, mais ne s'entendaient pas sur la signification de la notion de High Offset. La démonstration de l'expert, selon laquelle la prothèse posée, bien que standard, avait les mêmes effets qu'un implant High Offset, n'était pas sérieusement contredite par son confrère. Ce dernier reconnaissait d'ailleurs que la forme architecturale d'une prothèse (de type) High Offset entraînait des contraintes sur la tige prothétique, avec pour conséquence une augmentation du risque de descellement. Il n'y avait donc pas lieu de s'écarter de l'appréciation de l'expert.