Citation: 5A_943/2013 E. 2.2

2.2. Il résulte de l'arrêt entrepris qu'en première instance, il a été exclu que l'épouse, qui travaille actuellement à 60% pour un salaire mensuel de 2'860 fr. 45, puisse prendre un emploi à temps complet et, ainsi, se procurer un revenu supérieur lui permettant d'assurer son entretien convenable, dès lors qu'elle a déjà fourni les efforts que l'on est en droit d'attendre d'elle, vu son âge (49 ans), son expérience professionnelle et ses problèmes de santé. L'autorité cantonale a pour sa part considéré que, mis à part deux certificats médicaux établis par la Dresse D.________, spécialiste en médecine interne, quasiment identiques et lapidaires, attestant que, pour des raisons médicales, elle ne pouvait travailler à plus de 60%, la recourante n'avait fourni aucune preuve - par exemple une attestation circonstanciée de son médecin qu'elle aurait pu délier du secret professionnel, voire l'établissement d'une expertise médicale - à l'appui de son allégué selon lequel sa santé ne lui permettait pas de travailler plus. Entendue par les premiers juges, elle avait certes fait état d'angoisses, de problèmes de foie, d'une hernie hiatale et d'une sciatique récurrente, ainsi que d'un cancer de la peau nécessitant un suivi bisannuel chez sa dermatologue, mais non un traitement tel qu'une radiothérapie ou une chimiothérapie. Toutefois, outre que ces allégations, contestées par le mari, n'étaient pas étayées, on ne voyait pas en quoi ces problèmes de santé l'empêcheraient de travailler comme secrétaire à un taux supérieur à celui, actuel, de 60%. En effet, l'intéressée avait une formation d'assistante en pharmacie et avait quasiment toujours travaillé, en cette qualité ou comme employée de bureau, durant le mariage et la vie commune: à 100%, 80% puis 50% jusqu'à la naissance de son premier enfant, et un an plus tard (soit en 1991), à raison de 6 heures par semaine. Après un licenciement, elle avait travaillé, dès 1993, un jour par semaine plus un samedi matin sur deux. Dès la scolarisation des enfants, elle avait ensuite élargi progressivement son activité jusqu'à 60%, taux qu'elle avait conservé malgré un nouveau licenciement en 2012, retrouvant un emploi dans la société de son frère. Si elle était aujourd'hui âgée de 50 ans, elle avait 46 ans lors de la séparation, en 2009, et elle était déchargée de l'éducation de ses deux fils, désormais majeurs. Dans ces conditions, vu son âge, son expérience professionnelle et le fait qu'elle avait quasiment toujours travaillé - de manière de plus en plus étendue - pendant le mariage, il convenait de retenir qu'elle pouvait assumer en grande partie son propre entretien après le divorce. Si l'on devait ainsi admettre que sa capacité raisonnable de gain était supérieure, pour l'avenir, aux 2'860 fr. 45 qu'elle obtenait de son emploi actuel à 60%, on ne pouvait néanmoins considérer, compte tenu de son état de santé qui ne pouvait être qualifié d'excellent, qu'elle serait en mesure de réaliser un salaire supérieur à environ 4'000 fr. net par mois, part au 13e salaire incluse. Partant, c'était ce montant qui serait pris en compte, sans qu'il fût nécessaire de lui faire encore produire d'autres documents relatifs à ses revenus.