Citation: 4P.96/2003 30.07.2003 E. 2.4

2.4.1 A suivre le recourant, le salarié, qui omet d'annoncer ses heures supplémentaires à son employeur pendant la relation de travail, rend peu crédible le décompte d'heures qu'il a établi de son propre chef tout au long de son engagement. 2.4.2 A ce sujet, l'autorité cantonale a expliqué que le demandeur avait quotidiennement consigné ses horaires dans des agendas tenus bien avant la survenance du litige. La valeur probante de ces pièces a été reconnue, dans la mesure où, selon la Cour civile, l'employé n'avait "pas cherché à gonfler au maximum la somme de ses heures de travail", ce qui ressortait notamment de l'indication des "ponts" accordés par l'employeur, lesquels ne donnent droit à aucune rémunération selon les trois conventions collectives de travail de la plâtrerie et de la peinture du canton du Valais des 5 décembre 1984, 11 janvier 1988 et 1992-1994. De même, l'employé avait indiqué les jours où il avait travaillé moins que l'horaire usuel, ainsi les 18 décembre 1987 et 23 mai 1990. De plus, ont poursuivi les magistrats valaisans, les agendas, pièces émanant d'une partie, sont crédibles dès lors qu'ils sont aussi confirmés par certains témoins, notamment quatre anciens collègues de travail, dépositions qui ont été considérées comme plus convaincantes que celles de quatre autres témoins, dont deux employés du recourant, qui soutenaient que l'horaire était celui avancé par leur employeur (8 h.30 en hiver, 9 h.30 en été). Le Tribunal cantonal a amplement donné les raisons qui l'ont guidé dans l'appréciation des témoignages, non sans relever avec bon sens qu'on ne pouvait exclure que les quatre derniers témoins n'aient pas osé déposer en défaveur de leur patron, par crainte de représailles. Enfin, a ajouté la Cour civile, la comparaison des agendas de l'intimé et des rares renseignements et documents fournis par son ancien employeur démontre le sérieux des décomptes, lesquels mentionnent notamment que l'heure de reprise du travail après les périodes de congés avait lieu à 06 h.45, élément attesté par des circulaires émanant de l'employeur. Dans ces conditions, et malgré le caractère unilatéral de ces agendas, la cour cantonale pouvait sans le moindre arbitraire se fonder sur les indications qu'ils contenaient. Le moyen est sans consistance.