Citation: 5D_114/2013 E. 1.2.2

1.2.2. Un préjudice ne peut être qualifié d'irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF que s'il cause un inconvénient de nature juridique; tel est le cas lorsqu'une décision finale même favorable à la partie recourante ne le ferait pas disparaître entièrement (arrêts 5A_556/2012 du 11 septembre 2012 consid. 4.1, 5A_780/2011 du 23 février 2012 consid. 1.2). Le point de savoir si un préjudice irréparable existe s'apprécie par rapport aux effets de la décision incidente sur la cause principale, respectivement la procédure principale (ATF 137 III 380 consid. 1.1 p. 382). Le recourant fait valoir qu'il a ouvert action en annulation du mariage, son épouse n'ayant jamais eu la volonté de former une communauté conjugale. Il affirme que, à l'issue de cette procédure, son épouse sera probablement renvoyée de Suisse par les autorités administratives compétentes en matière de droit des étrangers et qu'il sera alors confronté à des " difficultés insurmontables " sur le territoire tunisien pour répéter les contributions d'entretien versées indûment, dès lors qu'il lui appartiendra de " retrouver la trace " de celle-ci pour ouvrir une action en répétition de l'indu et que répéter une somme aussi importante relève de "l'impossibilité absolue", la contribution d'entretien fixée correspondant à 2'775 dinars, à savoir " dix fois le smic outre Mare Nostrum " ( sic !). En l'occurrence, l'octroi de l'effet suspensif a été requis dans le cadre d'une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale ( cf. supra consid. 1.2), non dans celui de l'action en annulation de mariage pendante. Dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale, même lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien réciproque des époux (ATF 137 III 385 consid. 3.1 p. 386 s.). Or, il ressort du dossier de la cause et des allégations du recourant que celui-ci a toujours subvenu aux besoins de son épouse, laquelle n'a pas exercé d'activité lucrative durant la vie commune. Il s'ensuit qu'il n'est pas manifeste que le versement d'une contribution d'entretien en faveur de l'épouse soit indu, partant que le recourant soit exposé à un dommage, a fortiori irréparable. Par conséquent, une entrée en matière fondée sur l'art. 93 al. 1 let. a LTF est exclue. Cela étant, l'argument tiré de l'action en annulation du mariage, à considérer que l'effet suspensif a été requis eu égard à ce contexte, n'est pas pertinent, dès lors que, jusqu'au jugement d'annulation, le mariage vicié a tous les effets d'un mariage valable et que les dispositions relatives au divorce s'appliquent par analogie aux effets du jugement d'annulation en ce qui concerne les époux (art. 109 al. 1 et 2 CC).