Citation: 6S.778/2000 23.03.2001 E. 3

3.- Le recourant soutient ensuite que la quotité de la peine est exagérément sévère. A l'appui, il se réfère aux "résultats de l'expertise psychiatrique", aux "renseignements favorables" recueillis sur son compte, à sa réaction de détresse après les actes, et au fait qu'il n'a pas voulu le décès du client mortellement atteint. a) Tout en exigeant que la peine soit fondée sur la faute, l'art. 63 CP n'énonce pas de manière détaillée et exhaustive les éléments qui doivent être pris en considération, ni les conséquences exactes qu'il faut en tirer quant à la fixation de la peine; cette disposition confère donc au juge un large pouvoir d'appréciation. Les éléments pertinents pour la fixation de la peine ont été exposés de manière détaillée dans les ATF 117 IV 112 consid. 1 et 116 IV 288 consid. 2a, auxquels il suffit de se référer. Même s'il est vrai que la Cour de cassation examine librement s'il y a eu violation du droit fédéral, elle ne peut admettre un pourvoi en nullité portant sur la quotité de la peine, compte tenu du pouvoir d'appréciation reconnu en cette matière à l'autorité cantonale, que si la sanction a été fixée en dehors du cadre légal, si elle est fondée sur des critères étrangers à l'art. 63 CP, si les éléments d'appréciation prévus par cette disposition n'ont pas été pris en compte ou enfin si la peine apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 124 IV 286 consid. 4a; 123 IV 49 consid. 2a, 150 consid. 2a; 122 IV 156 consid. 3b, 241 consid. 1a, 299 consid. 2a). b) En l'occurrence, le Tribunal cantonal a retenu en substance que les fautes commises par le recourant étaient extrêmement graves. Pour assouvir sa vengeance envers G.________, contre lequel il élevait des reproches sans grande importance, il n'avait pas hésité à mettre en danger la vie de plusieurs personnes, provoquant la mort d'une d'entre elles et blessant deux autres. Il était parfaitement calme au moment des actes. Ce mépris total pour la vie humaine révélait une personnalité sans scrupule. Sa malhonnêteté était encore dénotée par le recel de valeurs et l'utilisation de cartes bancaires volées. Par la suite, il s'était montré abattu par le décès survenu, voire la blessure infligée au tiers, mais il n'avait jamais regretté vraiment ce qu'il avait fait subir à G.________ ni aux autres personnes présentes à l'étage du Centre. Il n'avait pas davantage manifesté de véritable repentir par un geste concret envers les victimes. Ses antécédents n'étaient au demeurant pas mauvais. S'agissant de la responsabilité pénale, le Tribunal cantonal a retenu que, selon les experts, le recourant présentait un développement mental incomplet au moment des faits, en raison d'un trouble de la personnalité paranoïaque, ce qui impliquait une diminution légère de la faculté de se déterminer d'après l'appréciation du caractère illicite de l'acte. La Cour se ralliait ainsi aux constatations des experts qui chiffraient à quelque 25 % la diminution de la responsabilité. En conclusion, le Tribunal cantonal a retenu qu'une peine de base de sept ans, réduite à cinq ans et demi compte tenu de la responsabilité diminuée, apparaissait adéquate. Il ressort de ce qui précède que l'autorité intimée ne s'est pas laissée guider par des critères étrangers à l'art. 63 CP, pas plus qu'elle n'a omis des éléments importants. Enfin, elle n'a pas davantage abusé de son pouvoir d'appréciation en fixant la quotité de la mesure. Une peine de base de sept ans ne punit pas excessivement sévèrement celui qui entre dans un établissement public fréquenté muni d'un pistolet chargé et au chien partiellement armé, en sachant qu'il va au devant d'une discussion litigieuse, puis qui provoque lui-même une bagarre, au cours de laquelle il tire trois fois de suite, ce qui met les clients en danger de mort imminent, blesse l'un d'entre eux et en tue un autre. En particulier, l'autorité intimée n'a pas violé le droit fédéral en retenant que la douleur du recourant après les actes n'équivalait pas à un repentir sincère, ni en estimant la diminution de responsabilité à 25%. Enfin, elle ne pouvait tenir compte dans la fixation de la peine du fait que le recourant n'a pas voulu causer le décès d'un tiers, dès lors qu'elle a déjà pris cet élément en compte en qualifiant cette infraction d'homicide par négligence, et non de meurtre.