Citation: 6P.73/2005 06.09.2005 E. 5

Le recourant s'en prend ensuite à l'établissement des faits relatifs à la commission du brigandage (consid. A.a), qu'il prétend arbitraire sur plusieurs points. 5.1 En l'occurrence, l'état de fait repose essentiellement sur les dépositions des coaccusés, en particulier sur les aveux faits en procédure. Ces dépositions sont des preuves recevables au même titre que les témoignages ou les déclaration des parties. Toutefois, comme, dans ce cas, le danger d'une fausse déposition est important, l'accusé doit avoir l'occasion d'interroger ou de faire interroger le coaccusé qui le met en cause. Le droit à la confrontation déduit de l'art. 6 ch. 3 let. d CEDH s'applique à toute personne qui fait une déclaration à charge, indépendamment de son rôle dans le procès (Niklaus Oberholzer, Grundzüge des Strafprozessrechts, 2e éd., Berne 2005, p. 371, n. 849). En l'occurrence, le recourant a pu poser des questions à ses coaccusés lors des débats, de sorte que le droit à la confrontation a été respecté. Seule se pose donc la question de l'appréciation de ces dépositions. Le Tribunal fédéral n'examine la manière dont les preuves ont été appréciées que sous l'angle étroit de l'arbitraire. Selon la jurisprudence, la décision ne sera entachée d'arbitraire que si le juge ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un moyen de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'il se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'il tire des déductions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a p. 211). 5.2 Invoquant l'art. 9 Cst., le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du revirement de B.________, qui le mettait hors de cause, pour le motif que ce dernier n'avait pas donné d'explication crédible sur les raisons justifiant ce changement d'attitude. Selon le recourant, les preuves concernant le déroulement du brigandage reposeraient dès lors sur les seules déclarations de G.________, puisque lui-même et F.________ contestaient toute participation et que les autres coauteurs n'étaient pas présents lors de l'agression. Pour le recourant, une enquête devrait en conséquence être réouverte pour éclaircir la question de sa participation au brigandage (art. 29 al. 2 Cst.). Il ressort du dossier et de l'arrêt attaqué que B.________ a mis en cause le recourant de manière constante, en particulier le 9 janvier 2003 devant le juge d'instruction (D VI/191), le 14 janvier 2003 lors de sa confrontation avec F.________ (D VI/208), le 21 janvier 2003 lors de son interrogatoire devant le juge d'instruction (D VI/215) et le 4 février 2003 lors de sa confrontation avec A.________ (D VI/279). Le jour de l'agression, B.________ a en outre rapporté à son amie, A.________, et à E.________ le déroulement de l'agression ainsi que le rôle joué par le recourant. Au vu de la constance de ces dépositions, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'être tombée dans l'arbitraire en considérant le revirement de B.________ comme guère crédible, et cela d'autant moins que les autres coaccusés, à savoir A.________, E.________ et H.________, ont confirmé la participation du recourant aux discussions préparatoires, au rendez-vous suivant immédiatement l'agression et au partage du butin. Mal fondé, le grief du recourant doit être écarté. 5.3 Le recourant se plaint d'arbitraire, reprochant à la cour cantonale d'avoir retenu, sur la base de la seule déposition du coaccusé G.________, qu'il avait tiré une balle dans la jambe du croupier. La victime n'aurait fait aucune déclaration en ce sens; au contraire, elle aurait affirmé que la personne qui avait tiré était plus petite que les autres, ce qui n'est pas le cas du recourant. Les déclarations de G.________ ont été en outre sur ce point contradictoires, et celui-ci avait un intérêt à charger le recourant pour diminuer sa propre responsabilité. Contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale n'a pas acquis sa conviction que le recourant avait tiré sur le croupier sur la base de la seule déposition du coaccusé G.________. Il a en effet été établi que le recourant avait apporté le soir du brigandage un sac contenant une arme (A.________ D VI/178, D XI/677; B.________ D VI/215/233; E.________ D VI/256, D XI/679); qu'il avait lui-même chargé l'arme après avoir nettoyé les balles en portant des gants (E.________ D VI/256); que C.________ lui avait dit d'aller se laver les mains car il sentait la poudre (B.________ D VI 159/216/230/273); et que A.________ avait accompagné son ami B.________ pour restituer l'arme au recourant (A.________ D VI/33). En outre, la cour cantonale a retenu que le recourant avait fait lui-même usage de l'arme au cours du brigandage sur la base des témoignages indirects concordants de différents coaccusés. A.________ a ainsi déclaré que "lorsque nous sommes rentrés du brigandage, (B.________) m'a dit que des coups de feu avaient été tirés par le blond dans les jambes du croupier" (D VI/34; cf. aussi D VI/ 127). E.________ a rapporté que B.________ avait déclaré: "Non seulement il n'y avait rien mais en plus l'autre con lui a tiré dessus"; il a ajouté que: "Quant il (B.________) disait l'autre con, il parlait du blond avec les cheveux coiffés en arrière" (D VI/96; cf. aussi D VI/183). Enfin, H.________ a exposé au juge le déroulement du brigandage, tel que le lui a raconté G.________: "Un des Suisses allemands, je pense (D.________), lui a donné un coup de crosse (...) Je crois qu'après le coup de crosse, il a tiré dans la jambe" (D VI/439). Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, on ne saurait accuser la cour cantonale d'être tombée dans l'arbitraire en retenant que c'est le recourant qui a tiré une balle dans la jambe du croupier. Mal fondé, le grief du recourant doit être rejeté.