Citation: 6B_571/2022 E. 1.6

1.6. Le recourant critique également la comparaison opérée par la cour cantonale avec les peines prononcées dans le cadre de trois autres condamnations ayant concerné des policiers genevois pour des faits similaires, commis également à l'occasion de courses officielles d'urgence. En tant que le recourant soutient que, dans ce contexte, la cour cantonale n'a pas tenu compte de disparités évidentes avec ces affaires, son argumentation n'est, en tant que telle, pas susceptible de conclure à un abus du pouvoir d'appréciation, compte tenu du principe d'individualisation des peines, qui impose notamment de tenir compte des facteurs d'appréciation liés à l'auteur personnellement (cf. à ce propos consid. 1.2.2 et 1.2.4 supra). Au demeurant, si les circonstances objectives résultant des deux premiers arrêts cités par la cour cantonale (cf. arrêts de la Cour de justice genevoise AARP/175/2021 du 1er juin 2021 et AARP/326/2020 du 24 septembre 2020) paraissent certes quelque peu différentes de celles d'espèce, en particulier dans la mesure où les excès de vitesse semblent avoir été commis hors centre-ville, en hiver et à des heures plus tardives, sans qu'au surplus une perte de maîtrise semble avoir été imputée aux auteurs, qui n'auraient pas non plus causé d'accident, il n'en demeure pas moins, pour autant que l'on puisse adéquatement comparer des peines de genres différents, que les peines prononcées dans les affaires précitées (respectivement 280 et 360 heures de travail d'intérêt général) paraissent plus clémentes que celle infligée en l'espèce à l'intimé (150 jours-amende). S'agissant du troisième arrêt cité par la cour cantonale (cf. arrêt de la Cour de justice genevoise AARP/336/2016 du 23 août 2016), dont le résumé contenu dans l'arrêt attaqué ne fait certes pas non plus état de perte de maîtrise ou d'accident, il avait concerné un policier qui, sur le même tronçon du centre-ville de Genève, avait dépassé en plein après-midi la limite maximale autorisée de 82 km/h, soit encore largement plus que l'excès de vitesse d'espèce (53.9 km/h), ce qui pourrait expliquer en partie les raisons pour lesquelles une peine plus sévère avait été fixée (en l'occurrence 1 an de peine privative de liberté).