Citation: 6B_800/2022 E. 8.4.1

8.4.1. Il ressort de l'expertise sexologique du Dr J.________ et de la psychologue S.________ du 25 avril 2019 et de son complément du 19 août 2019 ce qui suit: "L'étude des documents photographiques et vidéo ne permet pas d'objectiver précisément l'état d'excitation sexuelle de l'expertisée. L'excitation sexuelle féminine, contrairement à l'excitation de l'homme qui est facilement observable, ne se voit pas de façon évidente. En plus d'une tuméfaction de la vulve et d'une lubrification, les mamelons peuvent s'ériger et les aréoles s'élargir mais cela n'est pas visible sur le matériel photo/vidéo à disposition. Il n'y a pas non plus de désinhibition ou de mouvements du bassin visibles qui pourraient renforcer l'idée d'une excitation quelconque. Au contraire son langage corporel montre une femme figée, qui bouge nerveusement la jambe droite, son corps entravé par A.________. On note donc plusieurs comportements qui pourraient correspondre à de l'anxiété ou en tout cas à un malaise, ce qui semble cohérent avec le vécu rapporté par H.________. Elle semble ambivalente dans ses propos mais elle exprime principalement des doutes et réticences. Lorsqu'elle demande d'arrêter, elle a de la peine à se faire respecter et semble empruntée par les réponses de A.________. Ses propos peuvent être compatibles avec un sentiment de peur et d'insécurité. (...) En synthèse, il n'est donc pas impossible que H.________ ait présenté une certaine excitation sexuelle, mais tout d'abord cela ne ressort pas du matériel photo/vidéo à disposition, ensuite cela est impossible à prouver et enfin ce n'est pas son ressenti. Le caractère érotique de la séance photo n'a donc pas eu pour conséquence de l'amener à une excitation sexuelle qui aurait diminué sa capacité à résister. Par contre, le caractère érotique de la séance et surtout le fait de se retrouver partiellement dénudée ont contribué à sa vulnérabilité. Ce qui explique donc qu'elle n'a pas pu décider librement du rapprochement sexuel, c'est en premier lieu une situation vécue comme de l'emprise et qui l'a rendue confuse, ensuite sa personnalité immature et peu assertive, enfin la peur et la culpabilité. Elle n'a pas non plus pu s'opposer au rapprochement sexuel pour les mêmes raisons. Dans les faits, elle a été capable de résister faiblement à une ou deux reprises mais on observe qu'elle laisse vite tomber et qu'elle se contredit "je suis une menteuse", ce qui peut être expliqué par la confusion et surtout par la peur. En fin de rapprochement, on peut même évoquer un état dissociatif possible qui contribue à son incapacité à s'opposer."