Citation: 1B_308/2008 20.01.2009 E. 4

Le recourant fondait sa demande de récusation sur différents griefs évoqués dans son courrier du 14 août 2008. La cour cantonale n'est pas entrée en matière sur ces griefs parce qu'elle les avait déjà traités dans le cadre de deux décisions rendues le 7 novembre 2007 et le 27 août 2008 et qu'elle ne saurait donc statuer une nouvelle fois sur des faits identiques visant les mêmes personnes en vertu du principe ne bis in idem. Le recourant ne cherche pas à remettre en cause cette argumentation ni à démontrer à quelle disposition elle contreviendrait. Sur ce point, le recours est manifestement irrecevable. La cour cantonale a estimé infondé le reproche de négligence ou de légèreté adressé au tribunal et à son président, qui n'auraient pris connaissance du pli recommandé envoyé le 27 août 2008 que le 1er septembre 2008, au regard du résultat des recherches effectuées auprès de la Poste. Le recourant persiste à soutenir à cet égard que son courrier recommandé du 27 août 2008 est parvenu au greffe du tribunal le lendemain et qu'il n'aurait été retiré que le 1er septembre 2008 en raison d'une négligence. Les informations obtenues selon le système "Track & Trace" de la Poste et librement accessibles sur le site internet officiel de celle-ci établissent pourtant que l'envoi recommandé incriminé a été déposé à l'office de la Schanzenpost, à Berne, le 27 août 2008, à 13h18, qu'il est arrivé à l'office de poste de Moutier le 1er septembre 2008 à 06h32 et qu'il a été distribué au guichet le même jour à 07h19. Dans ces conditions, l'on ne saurait sérieusement faire grief au président de ne pas en avoir eu fautivement connaissance à l'audience du 29 août 2008. La cour cantonale n'est pas entrée en matière sur les critiques du recourant émises dans ses observations sur la prise de position du magistrat intimé en relation avec le déroulement de l'audience du 29 août 2008 et au contenu du procès-verbal de ses dépositions car elles dépassaient le cadre de son recours et ne pouvaient être prises en considération dans la demande de récusation qu'il avait déposée le 1er septembre 2008. Le recourant critique cette approche qu'il tient pour formaliste. Il n'indique toutefois pas quelle norme du droit cantonal de procédure ou quel principe juridique du droit constitutionnel fédéral la Chambre d'accusation aurait violé en agissant de la sorte. Le recours ne satisfait là non plus pas les exigences de motivation requises. Enfin, le recourant ne saurait se fonder sur les faits postérieurs à l'arrêt attaqué, survenus lors de l'audience du 15 septembre 2008, pour justifier sa demande de récusation.