Citation: 6B_819/2024 E. 2.2

2.2. La pesée des intérêts opérée par la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique, tous les aspects pertinents ayant été pris en considération. Le recourant est né en 2001 en Algérie, pays dont il est ressortissant et où vivent ses parents, son frère et l'une de ses soeurs. Il a suivi sa scolarité et a effectué un apprentissage de peintre en bâtiment dans son pays d'origine. À l'âge de 17 ans, il est venu s'établir en France où il réside chez son autre soeur. En novembre 2020, il a rencontré à U.________ une Suissesse, avec qui il a eu une fille, née en 2021. Le recourant invoque en vain l'art. 8 § 1 CEDH en relation avec un droit au respect de sa vie privée. En effet, pour s'en prévaloir, l'étranger doit établir l'existence de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire (cf. consid. 1.2.1 ci-dessus). Tel n'est pas le cas en l'espèce, dans la mesure où les seules relations qu'il a en Suisse consistent en son amie et sa fille. Pour le surplus, il n'a pas de travail. Ses chances de réinsertion dans notre pays ne sont donc pas bonnes. Le recourant ne peut pas non plus se prévaloir du droit au respect de la vie familiale garanti par l'art. 8 § 1 CEDH. En effet, selon l'état de fait cantonal, la relation du recourant avec son amie n'était pas suffisamment stable pour admettre le concubinage, dès lors qu'ils ne faisaient pas ménage commun. Ainsi, lorsque le recourant soutient former un foyer harmonieux et aimant avec son amie et leur fille, il s'écarte des constatations cantonales, ce qu'il n'est pas habilité à faire dans un recours en matière pénale, à moins de démontrer l'arbitraire de celles-ci (art. 97 al. 1 LTF); de nature appellatoire, son argumentation est dans cette mesure irrecevable. Selon l'état de fait cantonal, il n'existait pas non plus de ménage commun avec sa fille ni de relations régulières avec elle; le recourant ne l'a pas reconnue et ne participe pas à son éducation. Lorsque le recourant prétend qu'il a reconnu officiellement sa paternité, qu'il s'est engagé dès sa naissance et continue de s'engager dans l'éducation de sa fille et qu'il assume désormais son rôle de père, il s'écarte à nouveau de l'état de fait cantonal de manière inadmissible (cf. art. 97 al. 1 LTF), de sorte que son argumentation est irrecevable. Le recourant ne peut rien tirer de plus de l'art. 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'il ne fait pas ménage commun avec son enfant et qu'il n'entretient pas avec elle de relations personnelles étroites et effectives. Suivant la cour cantonale, on relèvera que, si le recourant désire à l'avenir développer une relation avec sa fille, il pourra le faire sans grande difficulté, par des visites ponctuelles de celle-ci en France, puisqu'il réside depuis plusieurs années chez sa soeur en France voisine. Le recourant fait également valoir qu'il a l'intention d'épouser la mère de son enfant et que le prononcé d'expulsion l'en empêcherait, ce qui irait à l'encontre de l'art. 12 CEDH. De nouveau, le recourant avance des éléments de faits nouveaux, dans la mesure où l'arrêt attaqué ne retient aucun indice concret d'un mariage sérieusement voulu et imminent avec son amie. Dans tous les cas, il convient de relever que le prononcé d'expulsion n'empêche en rien le recourant de se marier dans un pays autre que la Suisse, que ce soit dans son pays d'origine ou dans un pays tiers, de sorte que l'art. 12 CEDH n'est pas violé. En ce qui concerne les infractions, la jurisprudence n'exige pas que les infractions commises soient graves, mais insiste sur leur répétition. En l'espèce, le recourant a violé à plusieurs reprises la LEI et la LStup; bien que ces infractions ne soient pas d'une grande gravité, leur répétition démontre la tendance du recourant à la délinquance et son insensibilité à la sanction. Outre les infractions qui ont donné lieu à la présente procédure, le recourant a été condamné à onze reprises (infractions contre le patrimoine, la liberté, l'intégrité physique, la santé publique, l'honneur ou encore contre l'autorité), ce qui montre à la fois le peu de poids, sur une longue durée, que ces condamnations ont représenté à ses yeux quant à l'adoption d'un comportement respectueux de la loi et de l'ordre public suisse, et son incapacité à observer une conduite exempte de commissions de délits.