Citation: 6B_42/2018 E. 1.5

1.5. Le ministère public souligne encore certains éléments relatifs à la personnalité et au caractère de l'intimé qui joueraient un rôle déterminant dans l'examen du pronostic et, selon lui, empêcheraient définitivement de retenir l'existence de circonstances particulièrement favorables. Il relève le fait que l'intimé avait décidé d'arrêter ses recherches d'emploi en raison de l'appel déposé par le ministère public, ce qui, selon lui, démontrerait que celui-ci n'a pas la volonté de s'amender. Il ressort effectivement de l'arrêt attaqué que l'intimé avait cessé de rechercher un emploi à la suite de l'appel déposé par le ministère public, parce qu'il était persuadé que l'appel serait admis. Cela ne signifie cependant pas que l'intéressé avait définitivement arrêté de rechercher un emploi, mais plutôt qu'il aurait été temporairement démotivé. Quoi qu'il en soit, l'octroi du sursis est expressément assorti de l'obligation de rechercher et d'occuper un emploi. Par conséquent, s'il ne devait pas continuer à chercher du travail, son sursis pourrait être révoqué (cf. art. 95 al. 5 CP). Le recourant soutient ensuite que l'intimé n'a pas pris conscience de la gravité de ses actes. Il relève que le rapport du Service de probation mentionne que " de notre point de vue, sa remise en question demeure superficielle; il dit que ce qu'il a fait n'est pas très bien, mais il n'arrive pas à expliquer pourquoi ". Ce faisant, le recourant oppose sa propre appréciation à celle de la cour cantonale sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. En effet, la cour cantonale a retenu qu'un ensemble d'éléments dénotaient une réelle volonté de l'intimé de s'amender. S'agissant de l'avis du Service de probation, elle a jugé que le fait que l'intimé n'arrivait pas à expliquer " pourquoi " était compréhensible, compte tenu de son intelligence très faible et son retard mental léger, diagnostiqué par l'expert. Le recourant soutient enfin que les chances d'amendement de l'intimé sont faibles. Il se réfère, d'une part, à l'expertise psychiatrique du Dr. C.________, qui a conclu que " de nouvelles consommations d'images pornographiques illicites [étaient] hautement probables " et, d'autre part, au fait que l'intimé n'a jamais cessé de s'adonner à de la pornographie illégale depuis l'été 2007. Ce raisonnement ne saurait être suivi. La cour cantonale - à l'instar du premier juge - a conclu de manière convaincante qu'un ensemble d'éléments, en particulier l'avis de la psychiatre de l'intimé, les déclarations de celui-ci et la mise en place de mesures accompagnant l'octroi du sursis, étaient propres à durablement pallier le risque de récidive encouru. Il s'ensuit que les griefs du recourant doivent être rejetés dans la mesure où ils sont recevables.