Citation: B 73/06 28.09.2007 E. 6

Il est constant que la recourante souffre de lombalgies consécutives à une décompensation traumatique sur troubles statiques et dégénératifs majeurs du rachis, entraînant une incapacité totale de travail depuis le 25 avril 1998. Il convient d'examiner si antérieurement elle a en outre présenté des troubles psychiques fondant une incapacité de travail lui ouvrant droit à une rente de prévoyance professionnelle à la charge des institutions intimées. Selon les docteurs A.________ (rapports des 10 décembre 2003, 2 et 3 février 2000 et 6 juillet 1999) et M.________ (rapports des 27 juin 2006 et 8 décembre 2004), elle aurait en effet présenté une incapacité de travail de 50 % au moins depuis 1987 à la suite d'importantes décompensations psychiques chroniques . Cependant, aucune des autres pièces médicales figurant au dossier n'atteste d'une telle incapacité de travail (voir rapport du 8 août 1989 des docteurs S.________ et E.________ de la Fondation W.________, Secteur psychiatrique de V.________; notes personnelles et certificats des 19 mars 1979, 15 novembre 1988 et 16 janvier 1988 du docteur T.________; rapports des 14 juin 2006 et 9 juillet 1996 du docteur F.________). Les employeurs de la recourante ne font nullement état de multiples périodes d'incapacité de travail ou de réduction durable du taux d'occupation consécutivement à des troubles psychiques (voir certificats de travail des 31 mars 1993 ainsi que 15 décembre 1987 de la Clinique X.________ SA et 18 septembre 1995 de Y.________). Quant à Z.________ (voir lettre du 2 novembre 2005), il ne rapporte qu'une seule incapacité de travail survenue du 7 août 1996 au 16 septembre 1996 à la suite non pas d'affections psychiques mais de lombalgies selon le rapport du 11 avril 2000 du docteur U.________. Les contrats de travail passés avec les employeurs précités ont pris fin à la suite respectivement d'une restructuration d'entreprise, de difficultés économiques et sur résiliation donnée par la recourante en raison de troubles non pas psychiques mais lombaires et circulatoires (voir certificats de travail précités et lettre du 10 septembre 1996 de la recourante). Enfin, la recourante ne saurait davantage se fonder avec succès sur l'attestation établie le 20 juin 2006 par L.________ selon laquelle elle aurait travaillé à 50 % de 1988 à 1990 à la suite de problèmes de santé avant de reprendre à 100 % début 1991. Outre le fait que ces déclarations sont fondées sur les seuls souvenirs de L.________, elles ne concordent pas avec celles formulées par la recourante elle-même dans un courrier adressé le 14 décembre 1999 à l'office AI dans lequel elle prétend avoir "travaillé durant 25 ans à temps complet dans le milieu médical". Au demeurant, si comme prétendu, l'intéressée avait réduit son taux d'occupation pour des raisons de santé médicalement constatées, elle aurait dû percevoir des indemnités journalières corrélatives servies par l'assureur perte de gain de son employeur. Or, la seule période d'incapacité de travail ainsi indemnisée l'a été du 15 novembre 1988 au 8 janvier 1989 (voir lettre du 20 juin 2006 de la Bâloise Assurances qui assurait la Clinique X.________ SA en perte de gain à cette époque). Il n'est dès lors pas non plus possible de faire fond sur cette attestation. En revanche, les pièces médicales versées au dossier établissent qu'à la suite de troubles psychiques, la recourante a subi une première période d'incapacité totale de travail à partir du 19 mars jusqu'au 3 avril 1979 (voir rapports des 19 mars 1979 du docteur T.________ et 27 juin 2006 du docteur M.________) et à compter du 15 novembre 1988 jusqu'au 8 janvier 1989 (rapports des 15 novembre 1988 du docteur T.________ et 27 juin 2006 du docteur M.________), puis une seconde dès le 15 janvier 1999 au 1er février 1999 (certificat du 15 janvier 1999 du docteur A.________) et dès le 21 mai 1999 pour une durée indéterminée (certificat du 20 mai 1999 du docteur A.________). En tant qu'il s'est ainsi écoulé entre ces deux périodes plus de neuf années au cours desquelles aucune incapacité de travail à la suite de troubles psychiques n'a été constatée, il y a lieu de nier l'existence d'un lien de connexité temporelle entre celles-ci. Aussi, l'incapacité de travail dont la cause est à l'origine de l'invalidité de l'assurée n'est-elle pas survenue en 1987 mais au plus tôt le 28 avril 1997 à la suite de troubles lombaires (voir rapport du 11 avril 2000 du docteur U.________). Au demeurant, la situation serait identique en se fondant sur les déclarations de L.________ car la recourante aurait récupéré une pleine capacité de travail au début 1991, ce qui excluerait également toute connexité temporelle. En tant que l'incapacité de travail à l'origine de l'invalidité est ainsi survenue après la fin des rapports de prévoyance liant la recourante aux institutions intimées, celles-ci ne sauraient dès lors être tenues à prestations pour le risque d'invalidité. Sur le vu de ce qui précède, le jugement cantonal n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.