Citation: H 50/00 28.08.2000 E. 4

4.- a) Le recourant conteste toute responsabilité dans la survenance du dommage subi par l'intimée. Il fait valoir en substance que toute la gestion administrative était exercée par les deux actionnaires et directeurs, B.________ et N.________, qui l'ont tenu à l'écart des décisions sociales. Il allègue que, néanmoins, il s'est renseigné auprès de l'Office des Poursuites de Sion et a interrogé à plusieurs reprises les deux prénommés sur la marche de la société. Par ailleurs, il ressort du jugement pénal que B.________ et N.________ ont détourné à leur profit des sommes considérables, alors que lui-même a été acquitté. Ces constatations devaient lier le juge des assurances sociales. Le recourant considère dès lors comme choquant d'être la seule personne visée par la demande en réparation de la caisse. De surcroît, il allègue que cette dernière a violé les art. 14 al. 3 LAVS et 37 al. 2 RAVS en l'actionnant en justice, sans l'avertir préalablement. b) aa) L'art. 716a al. 1 CO (en vigueur depuis le 1er juillet 1992) énumère les attributions intransmissibles et inaliénables des membres du conseil d'administration. En font partie l'exercice de la haute surveillance sur les personnes chargées de la gestion, pour s'assurer notamment qu'elles observent la loi, les règlements et les instructions données (chiffre 5). Dans le cadre de l'exercice de cette haute surveillance, l'administrateur répond notamment, comme sous le régime de l'ancien droit de la société anonyme, de la cura in custodiendo (Adrian Kammerer, Die unübertragbaren und unentziehbaren Kompetenzen des Verwaltungsrates, thèse Zurich 1997, p. 226). C'est ainsi qu'il a non seulement le devoir d'assister aux séances du conseil d'administration, mais également l'obligation de se faire renseigner périodiquement sur la marche des affaires (Kammerer, op. cit. , p. 186). Il est tenu de prendre les mesures appropriées lorsqu'il a connaissance ou aurait dû avoir connaissance d'irrégularités commises dans la gestion de la société (Forstmoser/Meier-Hayoz/Nobel, Schweizerisches Aktienrecht, § 30 note 49). bb) Ainsi que l'ont retenu les premiers juges, le recourant a sans conteste violé ses devoirs d'administrateur unique en exerçant ce mandat sans contrôler l'activité des personnes chargées de la gestion, soit B.________ et N.________. En n'exerçant aucune surveillance sur la gestion de la société et en ne se souciant pas - de son propre aveu - des relations de celle-ci avec les organes de l'AVS, en dépit d'une situation financière précaire, le recourant a commis une négligence qui, sous l'angle de l'art. 52 LAVS, doit être qualifiée de grave (ATF 112 V 3 consid. 2b). En particulier, ses rares interventions mentionnées au consid. 4a ci-dessus ne sauraient être assimilées à l'exercice d'une activité de surveillance. cc) La passivité du recourant, de surcroît, est en relation de causalité naturelle et adéquate avec le dommage. En effet, s'il avait correctement exécuté son mandat, il aurait pu veiller au paiement des cotisations d'assurance sociale, conformément aux obligations légales de la société (art. 14 al. 1 LAVS en corrélation avec les art. 34 ss RAVS) ou, à tout moins, il aurait pu constater - vu l'importance des montants en jeu - que des cotisations étaient impayées et prendre les mesures qui s'imposaient. S'il se trouvait dans l'incapacité de prendre ces mesures en raison de l'opposition des organes qui dirigeaient en fait la société, il devait alors démissionner de ses fonctions ou révoquer les directeurs défaillants (art. 726 al. 1 CO). b) D'après la jurisprudence, les manquements de la caisse de compensation à des prescriptions élémentaires relatives à la fixation et à la perception des cotisations constituent une faute grave, concomitante à celle des administrateurs, qui justifie de réduire le montant du dommage, pour autant que celui-ci entre dans un rapport de causalité - notamment adéquate - avec le comportement illicite reproché (ATF 122 V 189 consid. 3c). En l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, il apparaît que la caisse a respecté la procédure de sommation prévue aux art. 14 al. 3 LAVS et 37 al. 2RAVS (cf. décisions de cotisations paritaires des 22 mai, 5 juin, 1er juillet et 3 septembre 1996, qui comportent toutes des taxes relatives à une sommation préalable). Quant à la décision de cotisations paritaires du 10 décembre 1996, elle précédait d'une semaine la première assemblée générale des créanciers (17 décembre 1996), date à laquelle la caisse a appris que sa créance ne pourrait pas être payée. Une sommation préalable aurait été vouée au même insuccès que les démarches antérieures (voir en ce sens art. 108 ch. 1 CO). Exiger une sommation dans ces circonstances aurait de toute évidence constitué un formalisme excessif (arrêts non publiés D. du 7 août 1997, H 326/96 et Y. du 30 juin 1972, H 100/71). Par ailleurs, il n'incombait pas à la caisse d'avertir le recourant de son intention de lui demander la réparation du dommage qu'elle subirait en raison de l'insolvabilité de la société.