Citation: 5C.83/2004 02.08.2004 E. 2

La recourante prétend que la constatation selon laquelle ses charges s'élèvent à 5'712 fr. repose sur une inadvertance manifeste. La Cour de justice aurait commis une erreur de calcul. 2.1 Il y a inadvertance manifeste au sens de l'art. 63 al. 2 OJ lorsque l'autorité cantonale a omis de prendre en considération une pièce déterminée, versée au dossier, ou l'a mal lue, s'écartant par mégarde de sa teneur exacte, en particulier de son véritable sens littéral, et qu'il en résulte une erreur évidente dans la constatation des faits pertinents (ATF 115 II 399 consid. 2a p. 399/400; 109 II 159 consid. 2b p. 162/163 et les arrêts cités). L'inadvertance manifeste ne saurait être confondue avec l'appréciation des preuves. Dès l'instant où une constatation de fait repose sur l'appréciation, même insoutenable, d'une preuve, d'un ensemble de preuves ou d'indices, une inadvertance est exclue. Il ne peut en effet être remédié à une mauvaise appréciation des preuves par la voie prévue à l'art. 55 al. 1 let. d OJ (Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. II, n. 5.4 ad art. 63 OJ). 2.2 Contrairement à ce que pense la recourante, la Cour de justice n'a pas commis une erreur de calcul, en ce sens qu'elle aurait, par mégarde, mal reporté les chiffres retenus par les premiers juges (cf. ATF 97 II 123 consid. 7 p. 132 critiqué, au demeurant, par Poudret, op. cit., n. 5.3 ad art. 63 OJ). Elle s'est en effet bornée à reprendre le chiffre de 5'712 fr. arrêté par le Tribunal de première instance, alors même que ce total résultait d'un calcul manifestement erroné au vu des montants que cette dernière autorité avait retenus pour chaque dépense, et repris dans l'arrêt attaqué (loyer "futur": 2000 fr.; assurance-maladie: 400 fr.; assurance ménage: 62 fr.; frais de voiture: 800 fr.; impôts: 2'500 fr.; minimum de base: 1'250 fr.). En omettant de vérifier l'exactitude de l'addition, alors même que l'épouse contestait dans son appel le montant de ses charges, l'autorité cantonale n'a pas commis une inadvertance manifeste, mais a fait preuve d'arbitraire dans la constatation des faits. Or, un tel grief ne peut faire l'objet que d'un recours de droit public fondé sur l'art. 9 Cst. (art. 84 al. 1 let. a OJ), voie par laquelle la recourante a également agi. Dans ces conditions, le recours en réforme est irrecevable.