Citation: I 503/03 13.10.2004 E. 5

Il reste à examiner si les premiers juges étaient fondés à confirmer le montant de 57'655 fr. retenu par l'intimé à titre de revenu sans invalidité. On notera dans ce contexte que les revenus obtenus par le recourant entre 1993 et 1995 sont relativement stables (80'027 fr. en 1993, 90'443 fr. en 1994 et 77'161 fr. en 1995), tandis que ceux dégagés au cours des deux derniers exercices accusent un recul très net (3'231 fr. en 1996 et 37'413 fr. en 1997), soit une diminution de plus de 90 % pour la seule année 1996. Selon les informations médicales contenues au dossier, les troubles dont le recourant est atteint remontent en tout cas à 1995 et sont le résultat d'un processus dégénératif. Certes, le docteur G.________ n'a-t-il attesté d'une incapacité de travail de 75 % à raison de ces troubles qu'à partir du 16 mars 1998; on peut néanmoins s'étonner, au vu du caractère évolutif des atteintes en cause, qu'une incapacité de travail de cette importance ait pu survenir du jour au lendemain sans qu'elle ait été précédée d'une détérioration de l'aptitude de l'intéressé à travailler. A l'appui de son recours de droit administratif, C.________ a encore produit une lettre de son médecin traitant, le docteur G.________, dans laquelle celui-ci déclare avoir été consulté par le prénommé le 10 janvier 1996 pour des cervicalgies ressenties comme très handicapantes et lui avoir déconseillé d'exécuter les travaux de force, ainsi qu'une attestation d'un ancien client allant dans le même sens. L'ensemble de ces éléments sont autant d'indices que le recourant a pu rencontrer des difficultés professionnelles en raison d'une aggravation progressive de son état de santé; on relèvera encore que l'existence de l'entreprise reposait entièrement sur son activité (C.________ assumait seul l'exécution de tous les travaux lourds de l'installation sanitaire), de sorte qu'une éventuelle diminution de rendement de sa part dans ce domaine ne pouvait être compensée par l'exercice d'autres travaux plus adaptés à son état. En tout cas, il n'apparaît pas plus plausible que ces difficultés professionnelles soient imputables à des motifs purement conjoncturels comme l'a admis la juridiction cantonale, de façon un peu hâtive et sans étayer son affirmation par des données économiques. Cette question mérite à tous le moins des éclaircissements supplémentaires. Pour ce faire, un avis circonstancié du médecin traitant sur l'évolution de l'état de santé du recourant avant mars 1998, ainsi que sur les raisons qui l'ont amené prescrire une incapacité de travail à ce moment-là seulement, pourrait s'avérer utile. Il serait également judicieux de connaître les comptes d'exploitation et les bilans de la société de C.________ pour les années antérieures à 1993. L'affaire sera par conséquent renvoyée à l'office AI afin qu'il procède conformément à ce qui précède et rende une nouvelle décision après avoir apprécié les nouveaux éléments qu'il aura recueillis. Dans cette mesure, le recours doit être admis. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: