Citation: 5C.133/2000 06.10.2000 E. 3

3.- Le recourant se plaint d'une violation des art. 153 al. 2 aCC et 159 CC en ce sens qu'on ne saurait obliger sa nouvelle épouse à travailler alors que son état de santé est déficient et qu'elle a trois enfants en bas âge. En prenant en compte dans l'évaluation de ses ressources la totalité du revenu actuel de celle-ci, l'autorité cantonale aurait dès lors mal apprécié sa capacité contributive. a) En vertu de son devoir d'assistance, un conjoint est tenu d'aider l'autre dans l'accomplissement de son obligation d'entretien envers son ex-époux (art. 159 al. 3 CC; ATF 79 II 140/141; Hausheer/Reusser/Geiser, Kommentar zum Eherecht, n. 41 ad art. 159 CC) ou ses enfants nés avant le mariage (art. 278 al. 2 CC; ATF 111 III 13 consid. 6e p. 20; 108 II 272 consid. 4b p. 277). Ce devoir ne saurait toutefois être étendu au point de reporter sur cet époux le poids des obligations alimentaires de son conjoint, qu'il financerait alors de ses propres deniers (cf. Bühler/Spühler, op. cit. , n. 74 ad art. 153 aCC; Kehl/Kehl, Die Abänderung und Ergänzung von Scheidungs- und Trennungsurteilen, vol. I, p. 30 no 213). b) La Cour de justice a considéré que l'épouse du débirentier avait réalisé en 1999 un revenu mensuel net de 5'227 fr.63 correspondant à une activité de 80%, bien qu'elle n'eût effectivement travaillé qu'à 40%. Ce salaire lui serait versé en totalité jusqu'en avril 2000, mois à partir duquel son cas relèverait des prestations d'invalidité du premier et du deuxième piliers, étant précisé qu'elle ne serait dès lors vraisemblablement pas à même de travailler à plus de 50%. Elle pourrait toutefois être tenue d'utiliser sa capacité de gain résiduelle, en raison de l'obligation d'assistance entre conjoints. Au demeurant, il n'était pas démontré que son employeur eût l'intention de résilier son contrat de travail; le salaire qu'elle serait en mesure de réaliser n'était cependant pas établi. L'autorité cantonale a de plus retenu que les prestations de l'assurance-invalidité et de la prévoyance professionnelle qu'elle devrait percevoir couvriraient en principe au moins une partie de sa perte de salaire. Contrairement à ce que prétend le recourant, le montant de ces prestations ne repose pas sur la seule expérience de la vie, mais découle de circonstances de fait concrètes propre à la personne du bénéficiaire, en l'occurrence son épouse. Vu les incertitudes concernant les revenus futurs de l'épouse du débirentier, l'autorité cantonale n'a pas fait une application erronée du droit fédéral en jugeant qu'il fallait s'en tenir à la situation actuelle. En effet, il convient de ne pas perdre de vue qu'une fois supprimée ou réduite, la rente ne peut plus être rétablie, ni augmentée (ATF 120 II 4 consid. 5d p. 5 et les références citées). Dans ces conditions, de simples estimations ne suffisent pas. En l'absence d'éléments plus précis, il n'était pas non plus possible de déterminer si, et dans quelle mesure, la femme du recourant pouvait être tenue d'aider son conjoint dans l'accomplissement de son obligation d'entretien. Le moyen n'apparaît donc pas fondé.