Citation: 1C_195/2023 E. 3.3.2

3.3.2. En l'espèce, la recourante reproche en premier lieu à la Cour de justice de ne pas avoir tenu compte du fait qu'elle était en incapacité de travail partielle entre le 12 février et la mi-mars 2020; l'instance précédente aurait ainsi à tort retenu que l'exercice ininterrompu de son activité professionnelle directement après l'agression attestait de sa capacité à travailler. La recourante rappelle à cet égard que son taux de travail s'est immédiatement réduit après l'agression, mais qu'elle n'avait d'autre choix, afin de payer son loyer, que de continuer à exercer son activité à taux réduit. La Cour de justice n'aurait pas non plus tenu compte de l'aggravation de l'état de santé de la recourante au fil du temps, ni de son statut d'indépendante et de sa vulnérabilité. Dans ce cadre, la recourante s'en prend à l'appréciation faite par l'instance précédente des certificats médicaux produits. Selon elle, ces certificats doivent être considérés comme des certificats d'incapacité de travail alors même qu'ils ne traitent que de l'état de santé de la recourante et n'évoquent pas la question de sa capacité de travail. Au surplus, il ne saurait lui être reproché de ne pas avoir produit un certificat d'incapacité de travail dans la mesure où elle avait un statut d'indépendante, qu'elle ne disposait pas d'une assurance perte de gain et qu'elle se trouvait, compte tenu de son statut professionnel et social, dans une situation de précarité et de vulnérabilité. Il ressort de l'arrêt attaqué que l'instance précédente n'a nullement nié le fait que la recourante avait moins travaillé entre le 12 février et mi-mars 2020 qu'avant l'agression (cf. p. 3 de l'arrêt attaqué). En tout état, la recourante ne démontre pas, comme il lui appartenait pourtant de le faire (cf. consid. 3.3.1 ci-dessus), en quoi le fait qu'elle ait été en incapacité de travail partielle entre mi-février et mi-mars 2020 serait décisif pour l'issue du litige. Concernant une prétendue incapacité de travail, la recourante se limite à opposer sa propre appréciation des certificats médicaux - qu'elle considère comme des certificats d'incapacité de travail - et des circonstances à celle effectuée par l'instance précédente. En particulier, il n'est pas contesté que la recourante n'a pas, durant la procédure, produit un certificat d'incapacité de travail, alors même que la décision de l'instance LAVI faisait déjà état du fait qu'une indemnité à titre de perte de gain ne pouvait être octroyée en l'absence d'un certificat médical attestant de l'incapacité de travail. Ainsi, et quand bien même une autre conclusion aurait été possible, il faut admettre que l'appréciation effectuée par la Cour de justice, selon laquelle la recourante n'a pas établi la prétention qu'elle fait valoir, n'apparaît pas insoutenable. L'instance précédente pouvait donc sans arbitraire considérer que, faute de certificat médical attestant de l'incapacité de travail de la recourante, il ne pouvait lui être octroyé d'indemnité pour perte de gain. Il résulte de ce qui précède que les critiques de la recourante quant à l'appréciation de ces faits sont mal fondées et doivent être rejetées.