Citation: 1A.71/2002 26.08.2002 E. 1

La recevabilité du recours de droit administratif est examinée d'office et librement (ATF 128 II 56 consid. 1 p. 58). 1.1 L'arrêt attaqué, qui confirme une autorisation d'abattage en niant l'existence d'une forêt, est fondé sur la loi fédérale sur les forêts (LFo, RS 921.0). Le recours de droit administratif est ouvert contre une telle décision, rendue en dernière instance cantonale (art. 97-98a OJ, 64 LFo). En revanche, l'annulation de l'autorisation de construire, également requise par le recourant, est fondée sur les prescriptions cantonales relatives à la distance à la forêt et à l'alignement des constructions. Ces questions ne relèvent pas du recours de droit administratif, mais du recours de droit public, et le recourant n'aurait apparemment pas qualité pour agir sur ce point (art. 88 OJ). La conclusion est par conséquent irrecevable. 1.2 Selon l'art. 103 let. a OJ, la qualité pour recourir appartient à quiconque est atteint par la décision attaquée et a un intérêt digne de protection à son annulation ou à sa modification. Le recourant doit faire valoir un intérêt de droit ou de fait, c'est-à-dire être touché plus que quiconque par la décision attaquée. Tel est le cas en l'espèce: la forêt dont le recourant allègue l'existence ne borde pas directement sa propriété; elle en est séparée par les parcelles n° 7347 et 7348. Il n'en demeure pas moins que le boisement en question, en particulier autour du grand chêne, a certainement un impact, en tout cas visuel sur le bien-fonds du recourant, éloigné de quelques dizaines de mètres. Cela suffit pour reconnaître sa qualité pour agir, d'autant que le recourant entend, en se prévalant de l'existence d'une forêt, s'opposer également à la construction d'un complexe de villas dont l'impact sera, lui aussi, indéniable. 1.3 Le recours de droit administratif peut être formé pour violation du droit fédéral, y compris l'abus et l'excès du pouvoir d'appréciation (art. 104 let. a OJ). L'arrêt cantonal ayant été rendu par une autorité judiciaire, le Tribunal fédéral est lié par les faits constatés, sauf s'ils sont manifestement inexacts ou incomplets, ou s'ils ont été établis au mépris de règles essentielles de procédure (art. 105 al. 2 OJ). En l'occurrence, outre son argumentation sur le fond, le recourant soutient que la cour cantonale devait procéder à des enquêtes afin de déterminer l'âge du sous-bois qui avait fait l'objet de l'arrachage au mois d'octobre 1999. L'estimation faite sur ce point par le Service cantonal des forêts, et reprise par l'expert, serait manifestement erronée, et il y aurait lieu d'entendre les voisins, ainsi que l'auteur d'un relevé effectué à la demande du recourant. Le recourant se plaint à ce sujet d'un déni de justice et d'arbitraire. On peut toutefois aussi comprendre le grief dans le sens d'une constatation manifestement inexacte des faits, au mépris d'une règle essentielle de procédure que constitue le droit d'être entendu du recourant. Ce grief formel doit être examiné en premier lieu.