Citation: 9C_155/2023 E. 6.3

6.3. En l'occurrence, comme l'a rappelé la juridiction cantonale, l'office AI a déjà alloué à la recourante une rente extraordinaire de l'assurance-invalidité, qui s'élève selon la loi à 1331/3 % du montant minimum de la rente ordinaire complète correspondante (art. 40 al. 3 LAI). Aussi, en demandant à la juridiction cantonale de porter son taux d'invalidité de 75 % à 80 %, soit dans les deux cas un degré d'invalidité déjà supérieur au seuil de 70 % ouvrant droit à une rente entière (art. 28b al. 3 LAI), la recourante a pris des conclusions que la doctrine qualifie d'"aberrantes" (voir p. ex. GRÉGORY BOVET, Commentaire de la LTF, 3 e éd. 2022, n° 41 ad art. 76 LTF), car elles ne correspondent nullement à un intérêt personnel juridiquement protégé ou digne de protection. En outre, la loi ne confère pas un intérêt juridiquement protégé pour les justiciables à obtenir l'avis des tribunaux sur des questions théoriques et qui ne sont pour ce motif pas déterminantes pour l'issue d'un litige. De plus, en l'absence d'éléments précis indiquant une date d'adoption prochaine de nouvelles prescriptions fixant un seuil plus élevé que celui de 70 % pour l'octroi d'une rente entière de l'assurance-invalidité, il n'appartient pas non plus aux tribunaux de tenir compte des craintes de la recourante quant à d'éventuelles futures modifications législatives pour fonder sa qualité pour recourir (ATF 129 II 497 consid. 5.3.3). Aussi, en se limitant à répéter devant le Tribunal fédéral son insatisfaction de ne pas trouver dans l'arrêt attaqué une réponse à la question de savoir pourquoi son degré d'invalidité a été fixé par l'office AI à 75 %, et non pas à 80 %, la recourante n'expose pas de manière conforme aux exigences d'un recours devant le Tribunal fédéral (art. 42 al. 2 LTF) les éléments propres à établir la recevabilité de son recours devant le Tribunal fédéral.