Citation: 9C_99/2022 E. 4.3.3

4.3.3. La recourante tente de substituer sa propre appréciation à celle des premiers juges qui ont suivi les conclusions de la doctoresse D.________, en exposant sa propre évaluation de la situation et en soutenant que son TOC est incapacitant. Elle présente simplement une vision des choses différente, ce qui ne suffit pas à invalider l'expertise psychiatrique en cause, respectivement démontrer que l'appréciation qu'en a faite la juridiction cantonale serait insoutenable. Son argumentation, qui consiste à mettre en cause la pertinence de l'avis de l'experte sur plusieurs éléments (atteintes à la santé, ressources mobilisables, cohérence, contexte social et personnalité), ne met toutefois pas en lumière d'erreurs ou de contradictions significatives susceptibles de jeter le doute sur les conclusions de la doctoresse D.________ ou de les infirmer, singulièrement dans la mesure où elles se rapportent aux ressources mobilisables. A cet égard, il n'est pas arbitraire de retenir que la recourante dispose de ressources suffisantes pour réintégrer le monde du travail, dès lors que l'experte a constaté différentes limitations - dûment prises en compte par la juridiction cantonale - qu'elle a reprises pour décrire l'environnement dans lequel l'assurée pouvait mettre à profit sa capacité entière de travail résiduelle, malgré la peur de la contamination entravant l'assurée dans ses capacités relationnelles. S'agissant de l'addiction alléguée à l'alcool, il n'est pas davantage insoutenable de suivre l'appréciation de la doctoresse D.________ qui exclut cette éventualité, puisque la recourante a elle-même admis qu'elle s'alcoolise pour obtenir un effet sédatif, c'est-à-dire "pour arrêter son cerveau". La recourante ne critique par ailleurs pas de manière circonstanciée les constatations des premiers juges selon lesquels l'experte a évalué la capacité de travail actuelle et concrète, en indiquant que les limitations mises en évidence pouvaient être améliorées par le traitement psychothérapeutique préconisé. Il en va de même en ce qui concerne les constatations cantonales sur les motifs expliquant l'absence de collaboration de la recourante au traitement médical. Il ne suffit pas de citer le suivi thérapeutique de l'assurée, alors que l'experte a retenu que celle-ci avait bénéficié d'un traitement jusqu'en octobre 2018, mais l'avait interrompu au jour de l'expertise (cf. aussi complément d'expertise du 14 août 2019). Dès lors, il n'apparaît aucunement arbitraire de déduire avec l'instance précédente, en se fondant sur l'expertise psychiatrique, que les effets des TOC peuvent être atténués voire surmontés à la condition de suivre un traitement psychiatrique approprié, au lieu de consommer de l'alcool. La seule mention des traitements prodigués par ses médecins-traitants, les docteurs E.________ puis F.________, ne suffit pas non plus à invalider les conclusions de l'experte.