Citation: 4A_152/2022 E. 4.4

4.4. Contrairement à ce qu'affirme la recourante, le raisonnement de la cour cantonale relatif à son organisation n'est pas incomplet. La cour cantonale a clairement exprimé son argument, selon lequel c'était en raison de la propre organisation de la société que celle-ci n'était pas en mesure d'ouvrir action, dans la mesure où son administratrice unique était la personne ayant prétendument causé le dommage à la société, où il n'était donc pas concevable qu'elle agît contre elle-même au nom de la société et où ce motif ne saurait être considéré comme objectif en tant qu'il relève de la composition des organes que la société a choisi de se donner. Pour autant qu'il faille lire dans son grief une violation de son droit d'être entendue par la cour cantonale, tel n'est donc pas le cas. S'agissant de la possibilité pour l'assemblée générale ou pour un actionnaire d'agir en justice, la recourante se fonde sur de nombreux faits qui n'ont pas été constatés par la cour cantonale et dont elle ne sollicite pas valablement le complètement dans son recours, de sorte que la Cour de céans ne peut en tenir compte. Elle a tenté de corriger ce vice dans sa réplique. Toutefois, une telle argumentation est tardive, dans la mesure où elle aurait déjà pu être présentée au stade du recours (ATF 135 I 19 consid. 2.2 et les arrêts cités) et où ladite réplique a été déposée après l'expiration du délai de recours (ATF 142 I 135 consid. 1.2.1). Partant, il ne peut en être tenu compte. Par ailleurs, la cour cantonale s'est fondée sur la connaissance qu'avaient tous les actionnaires, déjà bien avant la signature de la convention du 10 janvier 2006 et au plus tard lors de l'assemblée générale du 28 février 2007, des avantages dont bénéficiait la société exploitante (soit les recettes des horodateurs et des panneaux publicitaires) et a retenu que l'ensemble des actionnaires, dont G.________ et, par lui, son épouse, avaient connaissance des tenants et aboutissants de la convention. La recourante ne démontre pas en quoi l'appréciation de la cour cantonale serait arbitraire. Son grief, consistant à dire que ni l'assemblée générale ni un actionnaire de la société ne pouvaient agir en justice faute de connaître le préjudice, tombe donc à faux. Lorsqu'elle soutient que le fait qu'un actionnaire aurait pu ouvrir l'action sociale ne rendrait pas caduc le droit de la société d'agir, la recourante se limite à une pure affirmation, sans s'en prendre à la motivation de la cour cantonale selon laquelle le législateur avait pallié le cas de figure dans lequel l' administrateur et l'assemblée générale n'ont pas intérêt à ouvrir action en permettant à tout actionnaire d'ouvrir action seul. Son grief est en tout état de cause irrecevable, faute de motivation suffisante (art. 42 al. 2 LTF). Enfin, comme déjà mentionné et contrairement à ce que soutient la recourante, le fait qu'aucun actionnaire n'aurait connu le dommage dans l'ensemble de ses composants n'entraînerait de toute manière pas la suspension de la prescription, dans la mesure où l'art. 42 al. 2 CO permet de pallier cette problématique. Le grief doit être rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.