Citation: I 494/04 16.03.2006 E. A

A.a A.________, né en 1958, a été engagé dès le 1er septembre 1989 en qualité de machiniste par l'entreprise de travaux X.________. Il a exercé cette activité jusqu'au 17 novembre 2000, date à partir de laquelle il a été annoncé à l'arrêt de travail à sa caisse-maladie, qui a versé des indemnités journalières. Le 28 mars 2001, A.________ a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité. Dans un rapport médical du 9 août 2001, le docteur F.________, spécialiste FMH en médecine générale et médecin traitant de l'assuré, a posé le diagnostic de cervico-dorso-lombalgies chroniques sur troubles dégénératifs, syndrome somatoforme douloureux et état dépressif réactionnel. Il indiquait que le patient présentait une incapacité totale de travail depuis le 17 novembre 2000. Il produisait copie d'une expertise du 19 février 2001 du docteur V.________, spécialiste FMH en médecine interne et spécialiste en maladies rhumatismales, effectuée pour le compte de la caisse-maladie de l'assuré, et d'une expertise psychiatrique du docteur M.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie. Selon ce dernier (rapport du 12 juin 2001), A.________ présentait un syndrome somatoforme douloureux persistant (F 45.4) sans comorbidité psychiatrique significativement invalidante. Dans un projet de décision du 31 janvier 2002, l'Office cantonal de l'assurance-invalidité du Valais a avisé A.________ qu'il ne présentait, du point de vue physique et psychique, aucune atteinte à la santé susceptible de diminuer sa capacité de travail et de gain comme machiniste ou dans n'importe quel autre emploi et qu'il ne remplissait donc pas les conditions du droit à des mesures d'ordre professionnel ni du droit à une rente d'invalidité. Contestant la position de l'office AI, A.________ a produit une lettre du 13 février 2002 du docteur Y.________, spécialiste FMH en neurochirurgie, dont il ressort qu'il était urgent que le patient travaille au moins à 50 % dans une activité adaptée à son dos. Sur requête du docteur F.________, A.________ a séjourné du 15 avril au 10 mai 2002 à l'hôpital Z.________ pour une évaluation de son état psychique. Les docteurs G.________, chef de clinique, et S.________, médecin-assistant, ont posé le diagnostic de troubles somatoforme douloureux persistant (F45.4) avec épisode dépressif moyen avec syndrome somatique (F32.11), et de personnalité psychotique (rapport du 4 juillet 2002). Dans un rapport du 4 juin 2002, ils ont avisé le docteur F.________ que le patient présentait une comorbidité psychiatrique invalidante, ce qui le rendait incapable de travailler. De son côté, ce médecin, dans un rapport médical du 23 juin 2002, a informé l'assurance-invalidité que l'assuré présentait une incapacité totale de travail de manière définitive. Interpellé par l'office AI sur la date à partir de laquelle remontait l'aggravation de l'état de santé du patient, le docteur F.________, dans une communication du 16 septembre 2002, a répondu que depuis le 17 novembre 2000, l'état de santé du patient s'était progressivement dégradé, tant sur le plan physique que psychique, et que même dans une activité légère et sans efforts, celui-ci n'aurait pas pu travailler. Dans un nouveau projet de décision du 3 octobre 2002, l'office AI a avisé A.________ que jusqu'à l'hospitalisation du 15 avril 2002, il n'avait jamais souffert, du point de vue physique et psychique, d'une atteinte à la santé susceptible de diminuer sa capacité de travail et de gain comme machiniste ou dans n'importe quel autre emploi. Sa demande de prestations devait donc être rejetée pour la période antérieure à son hospitalisation. Il l'invitait à déposer une nouvelle demande à l'échéance du délai d'attente d'une année, soit en avril 2003. Par décision du 5 novembre 2002, l'office AI a rejeté la demande. Sur recours de l'assuré contre cette décision, le Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais, par jugement du 2 juillet 2003, a annulé celle-ci et renvoyé la cause à l'office AI pour instruction complémentaire éventuelle et nouvelle décision dans le sens des considérants. Il a considéré qu'en présence d'avis médicaux divergents, l'administration devait soit procéder à une expertise pluridisciplinaire, afin de fixer de manière claire et précise le taux et la durée de l'incapacité de travail dès le 17 novembre 2000, soit, si elle n'entendait suivre que l'avis du docteur M.________ et non ceux des autres experts et médecins qui s'étaient penchés sur le dossier, indiquer de manière claire et circonstanciée les raisons pour lesquelles elle ne pouvait suivre l'avis de ces praticiens, ce qu'elle n'avait manifestement pas fait. A.b A.________ a bénéficié d'un suivi psychiatrique ambulatoire à l'hôpital Z.________ auprès du docteur S.________ du 11 mai 2002 au 4 mars 2003. Depuis le 5 mars 2003, il est en traitement auprès du Service de consultation psychiatrique, à U.________. Le 31 mars 2003, le docteur F.________ a présenté une nouvelle demande de prestations de l'assurance-invalidité pour le compte de son patient. Dans un document du 13 mars 2003, il indiquait que la capacité de travail de l'assuré devait être désormais considérée comme définitivement nulle, y compris dans des activités de type occupationnel. Selon un rapport médical du 29 avril 2003 des docteurs O.________, médecin-chef, et R.________, médecin assistant du Service de consultation psychiatrique, A.________ présente depuis une dizaine d'années un trouble somatoforme douloureux persistant qui se greffe sur une structure psychotique de la personnalité. Celui-ci souffre d'alexithymie, c'est-à-dire qu'il est incapable d'exprimer ses émotions comme la tristesse ou l'angoisse. La recherche de symptômes dépressifs relève donc de la quadrature du cercle et l'on doit donc considérer sa symptomatologie somatique comme étant la seule manière pour lui d'exprimer ses angoisses. Il s'agit donc d'une maladie psychiatrique grave. Il est clair que la capacité de travail du patient est nulle et ceci de manière probablement durable. Dans un avis du 26 juin 2003, le docteur H.________, médecin de l'office AI, a considéré qu'il y avait discordance dans les avis médicaux. Il a confié une expertise psychiatrique au professeur I.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie. Dans un rapport du 31 juillet 2003, l'expert a constaté l'existence de discordances comportementales inexplicables médicalement qui conduisaient à faire admettre chez A.________ l'absence d'une affection psychiatrique réellement invalidante. Parmi les catégories cliniques de la « Classification Internationale des troubles mentaux et des troubles du comportement. Descriptions cliniques et directives pour le diagnostic » CIM-10 dont il était possible de faire état, il a retenu les diagnostics de trouble hypocondriaque (F45.2), de majoration de symptômes physiques pour des raisons psychologiques (F68.0) et de production intentionnelle ou simulation de symptômes ou d'une incapacité, soit physiques, soit psychologiques (trouble factice [F68.1]). A la question de savoir quelle était l'influence de l'atteinte à la santé sur la capacité de travail de l'assuré, il a répondu que la conduite dans laquelle celui-ci s'était enfermé l'empêchait de reprendre une activité professionnelle, sans que l'on puisse retenir, sur le plan psychique, une incapacité de travail. Afin de compléter l'instruction médicale sous l'angle somatique, l'office AI a confié une expertise au docteur B.________, médecin responsable du service ambulatoire de la Clinique C.________. Dans un rapport du 6 octobre 2003, ce praticien a posé le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant. De l'avis du docteur B.________, si l'on prenait en compte le caractère chronique de l'état douloureux sans rémission durable, la durée de plusieurs années avec des symptômes allant s'aggravant et l'échec de tous les traitements, on devait admettre que le pronostic était très sombre et, comme tous les médecins avant lui, ce praticien avait la conviction que A.________ ne reprendrait plus d'activité professionnelle. Pour sa part, il avait l'impression que l'assuré avait épuisé ses ressources et qu'il existait un trouble de la personnalité relativement grave, traduit par les diagnostics de trouble hypochondriaque et autre trouble de la personnalité posés par le professeur I.________. Le 13 octobre 2003, l'office AI a avisé A.________ que selon les pièces en sa possession, il ne présentait, du point de vue tant physique que psychique, aucune atteinte à la santé susceptible de diminuer sa capacité de travail comme machiniste ou dans n'importe quel autre emploi de son choix. Etant donné qu'il ne remplissait pas les conditions du droit à des mesures d'ordre professionnel ni du droit à une rente d'invalidité, sa demande était rejetée. A.________ a formé opposition contre cette décision. Il produisait une lettre du 4 août 2003 du docteur K.________, médecin-adjoint à l'hôpital Z.________, qui indiquait que le séjour du patient pendant plus de trois semaines entre le 15 avril et le 10 mai 2002 aurait été impensable, si cette hospitalisation n'était pas entièrement justifiée du point de vue médical. Le suivi ambulatoire jusqu'en mars 2003 par le docteur S.________ était de nature psychothérapeutique. Par décision du 10 février 2004, l'office AI a rejeté l'opposition.