Citation: 6B_1247/2021 E. 3.1

3.1. Les juges cantonaux ont exposé que le 17 juillet 2020, le CURML avait rendu un rapport d'expertise de crédibilité et de victimologie concernant A.A.________, laquelle avait dénoncé des faits qui s'étaient révélés à elle à l'occasion de ce qu'elle appelait des "flashs" durant lesquels s'imposaient à elle des visions d'attouchements à caractère sexuel. L'expertise se fondait sur l'analyse des déclarations de la victime à l'aune de 19 critères d'analyse (Criteria based content analysis [CBCA]). La prémisse de cette méthode était que les déclarations relatant des événements réellement vécus étaient qualitativement différents de celles qui seraient fondées sur une expérience qui ne l'aurait pas été. Cette méthode était conforme à celle préconisée par la jurisprudence du Tribunal fédéral (cf. consid. 2.4 supra). Les déclarations de A.A.________ avaient obtenu un score de 12 sur 19, ce qui pour trois méthodes d'interprétation sur cinq était une indication en faveur de la crédibilité. Après avoir procédé à certaines vérifications et discuté des critères associés à un potentiel vécu traumatique ainsi que l'hypothèse d'une fausse allégation, l'expertise avait confirmé la crédibilité des déclarations de A.A.________. Ce rapport était motivé d'une manière compréhensible et cohérente et ne contenait pas de contradiction interne; il s'appuyait en outre sur les faits du dossier et émanait de spécialistes disposant de toutes les qualifications professionnelles requises. La cour cantonale a dès lors retenu, en se fondant sur ce rapport, que les déclarations de A.A.________ étaient crédibles et utilisables sur le plan judiciaire, soit, "en d'autres termes et plus concrètement", que l'enfant A.A.________ n'avait pas inventé les visions d'attouchements à caractère sexuel qui s'imposaient à elle, qu'elle avait nommées "flashs" et qui déclenchaient chez elle des crises d'angoisse.