Citation: 4C.273/1999 02.03.2000 E. A

A.- a) En 1989, Loïse, Isabelle et Laurent Marquart (ci-après: les copropriétaires) ont décidé d'équiper, de diviser puis de vendre deux parcelles d'une surface de 14 555 m2, sises dans la commune de Vandoeuvres (GE). A cette fin, ils ont mandaté conjointement l'architecte Bernard Buhler. Le 15 septembre 1993, les copropriétaires ont vendu à Hans et Veronica Ivanovitch, pour un montant de 650 000 fr., une parcelle de 1300 m2, issue du morcellement. Le contrat précise que le terrain est cédé entièrement viabilisé et équipé, au plus tard le 3 novembre 1994. Peu après, les époux Ivanovitch ont accepté d'acheter au prix de 62 000 fr. une surface supplémentaire de 124 m2, que les copropriétaires leur ont proposé par l'intermédiaire de l'architecte. En décembre 1993, Loïse Marquart s'est cependant ravisée et a fait savoir à l'architecte son opposition à la vente de la parcelle supplémentaire. Hans Ivanovitch en a été informé. Le 25 janvier 1994, Loïse Marquart a révoqué le mandat de l'architecte tant en ce qui concerne la promotion immobilière qu'en ce qui concerne l'équipement des parcelles. Elle estime avoir été lésée, par rapport à son frère, dans l'opération immobilière et considère l'architecte comme ayant contribué aux dissensions intervenues au sein de sa famille. Par lettre du 9 mars 1994, l'architecte, "agissant au nom et pour le compte de ses mandants", a de nouveau proposé aux époux Ivanovitch une surface supplémentaire de 124 m2. Cette transaction ne s'est jamais conclue en raison de l'opposition de Loïse Marquart. b) En septembre 1993 déjà, les époux Ivanovitch ont consulté l'architecte pour la réalisation d'une villa sur la parcelle achetée. Les 11 et 25 mars 1994, les parties ont signé un contrat formel qui réserve l'application du règlement SIA 102 (édition 1984) et qui porte sur un projet d'une surface de 1424 m2. Les honoraires de l'architecte, qui devait s'occuper de toutes les étapes de la construction, ont été estimés à 193 000 fr. Les travaux devaient débuter au printemps 1994 et se terminer entre décembre 1994 et mars 1995. Simultanément à la conclusion du contrat, l'architecte a adressé aux époux Ivanovitch, pour les prestations déjà exécutées, soit un avant-projet complet, un projet presque terminé portant sur 1424 m2 et une petite partie des phases de l'exécution, une demande d'acompte de 75 000 fr. dont ils se sont acquittés. Dès le mois de septembre 1994, l'architecte a préparé un nouveau projet pour une surface réduite à 1300 m2, de manière à tenir compte de l'opposition à la vente de la surface supplémentaire de 124 m2. En novembre 1994, il a présenté les plans, qui ont été signés par les époux Ivanovitch (art. 64 al. 2 OJ), tout en sollicitant le versement d'un second acompte. Par lettre de leur conseil du 5 décembre 1994, les époux Ivanovitch ont invité l'architecte à les renseigner sur l'équipement de la parcelle et à leur communiquer le dossier d'autorisation de construire. L'architecte leur a signalé que les travaux de viabilisation débuteraient le mois suivant et que la requête d'autorisation de construire a été déposée le 14 décembre 1994. Celle-ci a été obtenue le 14 février 1995 (art. 64 al. 2 OJ). Tenant ces réponses pour insuffisantes, les époux Ivanovitch ont résilié le contrat le 21 décembre 1994. Suite au conflit opposant les copropriétaires, les travaux d'équipement n'ont été terminés qu'en 1996. L'architecte ayant refusé de remettre son dossier aussi longtemps que ses honoraires n'étaient pas payés, la villa des époux Ivanovitch a finalement été réalisée en 1998 par une entreprise générale, conformément à des plans se distinguant nettement des projets antérieurs et qui avaient donné lieu à la délivrance d'une autorisation complémentaire de construire en février 1996. c) Les époux Ivanovitch ont réclamé des dommagesintérêts aux copropriétaires, auxquels ils reprochent d'avoir tardivement équipé les terrains vendus. Ils ont été déboutés par le Tribunal de première instance du canton de Genève, dont le jugement a été confirmé le 20 juin 1997 par la Cour de justice du canton de Genève. Les juges cantonaux ont estimé que le lien de causalité entre le retard et le préjudice allégué n'a pas été démontré. B.- Le 22 (recte: 15) juin 1995, les époux Ivanovitch ont assigné l'architecte en paiement de 75 000 fr., avec intérêts. Celui-ci s'est opposé à la demande et a réclamé reconventionnellement 142 880 fr. plus intérêts, à titre de frais, de solde d'honoraires impayés et d'indemnité relative à la résiliation en temps inopportun de son mandat. Par jugement du 12 novembre 1998, le Tribunal de première instance a rejeté la demande principale, dans la mesure où elle portait sur le remboursement de 75 000 fr., et a partiellement admis les conclusions reconventionnelles de l'architecte, à concurrence de 107 126 fr. 20, plus intérêts. Statuant sur appel des époux Ivanovitch, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a, par arrêt du 21 mai 1999, annulé le jugement de première instance et condamné les demandeurs à payer à l'architecte 715 fr., plus intérêts, à titre de frais. C.- Parallèlement à un recours de droit public, qui a été rejeté dans la mesure où il était recevable par arrêt séparé de ce jour, le défendeur interjette un recours en réforme. Il y conclut principalement à l'annulation de l'arrêt attaqué et à la condamnation des demandeurs au paiement de 107 126 fr. 20, plus intérêts. Subsidiairement, le défendeur conclut au renvoi de la cause à la dernière instance pour