Citation: 5A_572/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, sur la base de l'état de fait de l'arrêt attaqué, aucune des exceptions précitées qui serait pertinente dans le cas concret n'est réalisée, de sorte que les débiteurs de la créance fiscale pouvaient soulever avec succès l'exception du bénéfice de discussion réelle. L'autorité cantonale a méconnu le système du droit de gage dont l'effet spécifique permet de faire réaliser le bien grevé, indépendamment du débiteur de la créance garantie. Contrairement à ce qu'elle semble soutenir, il n'y a pas de disproportion à devoir rechercher le tiers détenteur du gage, qui se verra au demeurant notifier un commandement de payer (art. 153 al. 2 let. a LP), si le débiteur soulève l'exception de l'art. 41 al. 1bis LP. Il revient aux parties, notamment à l'acquéreur de l'immeuble grevé, de se montrer prudentes lorsque les dettes garanties par un gage immobilier ne sont pas encore payées par le débiteur. L'auteur sur lequel l'autorité de surveillance s'est appuyée ne soutient pas que, en matière d'hypothèque légale en garantie de créances de droit cantonal, le débiteur ne pourrait pas se prévaloir de l'exception de l'art. 41 al. 1bis LP lorsque le gage est propriété d'un tiers. Tout en relevant qu'elle a le choix et que le débiteur peut dans tous le cas se prévaloir de l'exception précitée, il invite seulement la collectivité publique à " au moins chercher à obtenir le paiement de la part du débiteur avant de s'en prendre au gage " lorsque le propriétaire de celui-ci n'est pas débiteur de la créance de droit public (ABBET, op. cit., p. 145). Il suit de là que le grief de violation de l'art. 41 al. 1 bis LP doit être admis.