Citation: 4P.277/2006 02.04.2007 E. 4

4.1 La recourante reproche ensuite à l'autorité cantonale d'avoir retenu, dans la partie «en droit» de l'arrêt attaqué, que A.________ savait que les intimés n'avaient aucune formation dans le domaine bancaire et n'avaient pas conscience des risques encourus (cf. lettre E.d supra). Selon elle, il serait insoutenable de tenir ce fait pour établi, dès lors qu'aucun élément ne viendrait l'étayer, A.________ n'ayant jamais été entendu dans le cadre de la procédure. Au surplus, les Règles de conduite pour négociants en valeurs mobilières applicables à l'exécution d'opérations sur titre, édictées par l'Association Suisse des Banquiers, permettent au négociant en valeurs mobilières d'admettre que chaque client connaît les risques habituellement liés à l'achat, à la vente et à la détention de valeurs mobilières, en particulier les risques de cours des actions. Or aucun des faits retenus par la Cour de justice ne permettrait de renverser cette présomption en l'espèce; au contraire, il est établi que les intimés, au moment des transferts de leurs titres à la recourante, possédaient déjà 200 actions Vivendi Universal, et que la composition de leur portefeuille n'a cessé de se modifier par la suite (cf. lettre B supra). Dès lors, selon la recourante, la cour cantonale ne pouvait pas retenir comme un fait acquis, sans considérer les preuves contraires à sa disposition, que les intimés ignoraient les risques inhérents à ce type de marché. 4.2 Ces griefs sont largement irrecevables dans le cadre d'un recours de droit public, et ils tombent à faux pour le surplus. En effet, savoir s'il existe une présomption que les risques généraux liés notamment au cours des actions sont connus de chaque client est une question de droit, qui doit être soulevée dans le cadre du recours en réforme (cf. consid. 1.3 supra). À cet égard, il sied d'ailleurs d'observer que la cour cantonale a considéré que la recourante avait manqué à son devoir de conseil et de mise en garde, en relation avec l'acquisition de 1000 actions Vivendi Universal, non pas en raison des risques généraux liés au cours des actions, mais en raison de la concentration excessive des placements des intimés sur cette action (cf. lettre E.f supra); dans ce contexte, ni le fait que les intimés possédaient déjà 200 actions Vivendi Universal en décembre 2000, ni le fait que la composition de leur portefeuille n'a cessé de se modifier par la suite ne sont donc pertinents. Enfin, il convient de relever que la question de savoir s'il incombait aux intimés de prouver leur inexpérience - auquel cas celle-ci ne pouvait être tenue pour établie que si elle était étayée par des éléments probants - ou s'il incombait au contraire à la banque d'établir leur degré de connaissance est une question de droit, qui relève du recours en réforme (cf. consid. 1.3 supra).