Citation: 8C_720/2014 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, la mise en oeuvre de l'art. 12 Cst. peut être différenciée selon le statut de la personne assistée. Ainsi, pour les requérants d'asile sous le coup d'une décision de non entrée en matière, aucun intérêt d'intégration n'est à poursuivre et aucun contact social durable ne doit être garanti au regard du caractère en principe temporaire de la présence de l'intéressé sur le territoire suisse. L'octroi de prestations minimales se justifie aussi afin de réduire l'incitation à demeurer en Suisse. La distinction opérée ici n'apparaît en tout cas pas dénuée de tout fondement objectif. Cette différenciation découle également des art. 82 et 83 LAsi qui opèrent une claire distinction entre l'aide sociale et l'aide d'urgence (ATF 135 I 119 consid. 5.4). Dans ces conditions, il n'est pas discriminatoire d'exclure du bénéfice de l'aide sociale les personnes ayant fait l'objet d'une décision de renvoi exécutoire, dont les besoins vitaux sont réputés couverts par l'aide d'urgence. Pour le reste, les recourantes n'exposent pas en quoi la limitation à l'aide d'urgence des prestations qui leur sont allouées constituerait une restriction à la vie familiale incompatible avec l'art. 8 CEDH. Le grief ne répond donc pas aux exigences légales de motivation (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF). Quant aux arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne invoqués par les recourantes, ils ne concernent pas des situations comparables à la présente cause.