Citation: 9C_283/2018 E. 4.2.3

4.2.3. Un examen attentif de la décision attaquée révèle que, sous couvert d'une reconversion professionnelle dans l'agriculture, tant l'office AI que l'autorité précédente ont comparé le revenu d'un conseiller en gestion salarié travaillant à plein temps avec celui d'un agriculteur exerçant aussi une activité de conseiller en gestion. Le Tribunal administratif fédéral a considéré que l'intimé pouvait en réalité prétendre dans les champs d'activités "direction-administration (travaux exigeants) " et "direction-administration (travaux spécialisés) " au revenu d'un conseiller en gestion salarié (ESS 2008, TA 1, chiffre 70), comme si de tels champs étaient habituels et exigibles pour un agriculteur indépendant. En plus de ne pas comparer les mêmes champs d'activités avant et après invalidité, il a pris en considération dans le calcul du taux d'invalidité de l'intimé des domaines d'activité qui ne ressortissent pas à la profession d'agriculteur et qui n'existent pas de manière réaliste sur le marché du travail. Ce faisant, il a fait une application erronée de la méthode extraordinaire d'évaluation de l'invalidité et, partant, violé le droit fédéral. On ajoutera encore que le revenu d'invalide de 44'986 fr. 80 fixé par les premiers juges est inférieur à celui de 51'911 fr. 50 (173'038 fr. 20 x 0,30) que l'intimé pourrait réaliser au taux médicalement exigible de 30 % dans une activité de conseiller en gestion - taux constaté par la juridiction précédente et non contesté par les parties (consid. 1 supra) - et qui lui offre les meilleures perspectives de réintégration professionnelle. On ne saisit dès lors pas en quoi le raisonnement suivi par les premiers juges aboutirait à permettre à l'intimé à mettre au mieux en valeur sa capacité de travail résiduelle, même à supposer que l'activité agricole puisse être considérée comme une activité d'appoint. Outre le caractère irréaliste des revenus relatifs aux champs d'activités de direction exigés de l'intimé en relation avec son activité indépendante d'agriculteur, le Tribunal administratif fédéral a ainsi perdu de vue qu'une reconversion professionnelle ne doit pas être poursuivie aux coûts de l'assurance-invalidité, même si l'intéressé effectue un travail d'une certaine importance économique (arrêt 9C_36/2018 du 17 mai 2018 consid. 4.2 et les références). Le Tribunal administratif fédéral a dès lors violé le droit fédéral en fixant un revenu d'invalide de 44'986 fr. 80.