Citation: 4A_51/2019 E. B

Après une tentative de conciliation infructueuse, Z.________ a assigné X.________ SA le 29 novembre 2012 devant la Juge des districts de Martigny et St-Maurice (ci-après: la Juge de district) en vue d'obtenir le paiement de 59'885 fr. avec intérêts à 5% dès le 1er novembre 2011 à titre de solde d'honoraires et de 30'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 16 mars 2012 à titre de dommages-intérêts pour " rupture de contrat ". Il a requis également la levée de l'opposition formée par X.________ SA au commandement de payer dans la poursuite initiée le 10 octobre 2012 à concurrence des montants précités. X.________ SA a conclu au déboutement du demandeur. Reconventionnellement, elle a requis que ce dernier soit condamné à lui verser différentes sommes à titre de restitution d'honoraires perçus en trop, de dommages-intérêts et de réparation morale. La Juge de district n'est pas entrée en matière sur la demande reconventionnelle, X.________ SA n'ayant pas versé l'avance de frais requise. Un expert judiciaire a été désigné en cours d'instance. Il a déposé son rapport le 5 février 2016, puis un rapport complémentaire le 13 mai 2016. A l'issue des plaidoiries finales, le demandeur a modifié ses conclusions, afin de déduire du montant réclamé la somme de 10'584 fr. correspondant aux arriérés de loyers qu'il devait pour la location d'un bureau de travail. Par jugement du 14 février 2017, la Juge de district a partiellement admis la demande. Elle a condamné la défenderesse au paiement de la somme de 17'070 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 25 mars 2012, sous déduction du montant de 10'584 fr. En bref, elle a jugé que le mandataire avait accompli 2'459.5 heures de travail pour X.________ SA et son assistante 1'316.5 heures. Z.________ avait en outre droit à un montant de 15'750 fr. à titre d'honoraires forfaitaires pour le chantier " O.________ ". La somme totale due au demandeur se montait ainsi à 227'410 fr. ([2459.5 X 70 fr.] + [1'316.5 X 30 fr.] + 15'750 fr.). Après déduction des acomptes versés, il demeurait un solde de 17'070 fr., dont il convenait de déduire les arriérés de loyer dus par le demandeur. S'agissant des prétentions opposées en compensation par la défenderesse, la Juge de district a retenu que la mauvaise exécution des mandats n'était pas établie. Pour le reste, elle a considéré que le demandeur n'avait pas prouvé l'existence d'un quelconque dommage résultant de la résiliation immédiate de certains mandats. Par arrêt du 7 décembre 2018, la Cour civile I du Tribunal cantonal du canton du Valais a partiellement admis l'appel interjeté par Z.________. Elle a condamné la défenderesse à verser au demandeur 53'857 fr. 50 avec intérêts, sous déduction du montant correspondant aux arriérés de loyers dus (10'584 fr.). En substance, la cour cantonale, se référant à l'avis exprimé par l'expert dans son rapport du 5 février 2016, a jugé qu'il convenait d'appliquer un tarif horaire de 45 fr. aux prestations effectuées par l'assistante du demandeur. Il convenait dès lors d'augmenter les honoraires dus à celui-ci de 19'747.50 fr. (1316.5 X 15 fr. [45 - 30 fr.]). Concernant l'activité déployée par le mandataire et son assistante sur le chantier du " P.________ ", la Cour civile I ne s'est pas ralliée à la position exprimée par l'expert. Elle a considéré que rien ne justifiait de s'écarter du décompte tenu de manière régulière et précise par le demandeur, mentionnant que ce dernier avait effectué 1267 heures sur ce chantier et son assistante 362.5 heures, alors que l'autorité de première instance avait retenu respectivement 1061,5 et 303,5 heures. Il y avait dès lors lieu d'ajouter un montant de 17'040 fr. aux honoraires, soit 14'385 fr. pour le demandeur ([1267 - 1061.5 heures] X 70 fr.) et 2'655 fr. pour son assistante ([362.5 - 303.5 heures] X 45 fr.).