Citation: 6B_997/2009 22.12.2009 E. 4

La recourante conteste la réalisation de l'infraction de tentative de meurtre. 4.1 Selon la jurisprudence, il y a tentative lorsque l'auteur a réalisé tous les éléments subjectifs de l'infraction et manifesté sa décision de la commettre, alors que les éléments objectifs font, en tout ou en partie, défaut (ATF 131 IV 100 consid. 7.2.1 p. 103; 128 IV 18 consid. 3b p. 21; 122 IV 246 consid. 3a p. 248). Il y a donc tentative de meurtre, lorsque l'auteur, agissant intentionnellement, au moins par dol éventuel, commence l'exécution de cette infraction, manifestant ainsi sa décision de la commettre, sans que le résultat ne se produise. Agit par dol éventuel, celui qui envisage le résultat dommageable, mais agit néanmoins, manifestant par-là qu'il s'en accommode pour le cas où il se produirait, même s'il ne le souhaite pas (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2 p. 156; 130 IV 58 consid. 8.2 p. 61 et les arrêts cités). La détermination de ce que l'auteur a su, envisagé, voulu ou accepté relève de l'établissement des faits (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2 p. 156; 132 IV 112 consid. 3.1 p. 116; 129 IV 271 consid. 2.5 p. 276 et les arrêts cités). 4.2 Selon les faits retenus, dont l'arbitraire n'a pas été démontré, la recourante a dissous dans le café qu'elle préparait pour l'intimé 30 comprimés de Dalmadorm et 20 comprimés de Lexotanil. Le couple connaissait alors une crise grave. Ayant appris que l'intimé entretenait une relation extraconjugale, la recourante avait eu une discussion à ce sujet avec lui deux jours auparavant et, le lendemain, celui-ci lui avait signifié son intention de la quitter. Elle avait des motifs précis d'en vouloir à l'intimé et c'est dans ces circonstances qu'elle lui a fait boire le breuvage préparé. Elle n'a appelé un service d'urgence que quelque 4 heures plus tard. En agissant de la sorte, la recourante a adopté un comportement dont elle a, à tout le moins, envisagé qu'il puisse causer la mort de l'intimé, auquel elle a néanmoins fait boire la mixture qu'elle avait préparée, montrant par là qu'elle s'accommodait du résultat pour le cas où il se produirait. Elle avait au demeurant des raisons sérieuses de s'en prendre à lui, par lequel elle se sentait trahie. Elle n'explique d'ailleurs pas son acte par un autre motif. Tout au long de la procédure, sa défense a essentiellement consisté à faire porter les soupçons sur sa fille ou sur l'intimé, plutôt qu'à contester sa volonté homicide. Peu importe que, comme elle le fait valoir, la dose de médicaments ingurgitée par l'intimé n'ait pas été suffisante pour entraîner un décès. Rien n'indique - et c'est ce qui est déterminant - qu'elle l'ait su. Le pharmacologue entendu à l'audience a d'ailleurs précisé que, dans l'esprit de la plupart des gens, les médicaments en question peuvent être capables de provoquer la mort. Dans ces conditions, il n'était pas contraire au droit fédéral d'admettre que la recourante a commencé l'exécution de l'infraction litigieuse dans l'intention, au moins par dol éventuel, de tuer l'intimé et, partant, de retenir qu'elle s'est rendue coupable de tentative de meurtre.