Citation: 1P.222/2004 04.05.2004 E. 3

A l'appui du recours de droit public, comme dans l'enquête pénale, le recourant affirme n'avoir commis aucune des infractions qui lui sont reprochées. L'ordonnance du 22 mars 2004 contient cependant l'énumération détaillée de nombreux indices de culpabilité relevés par le Juge d'instruction. Au regard de cet exposé et des exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, qui impose au plaideur d'indiquer au Tribunal fédéral quelle est la garantie constitutionnelle tenue pour violée et en quoi consiste la violation, il incombait au recourant de contester ces indices par une argumentation topique et précise. L'affirmation précitée n'est pas suffisante et le recours est donc irrecevable en tant qu'il met en doute la justification des soupçons de culpabilité. Pour le surplus, le recourant a déjà subi de nombreuses condamnations consécutives à des escroqueries. Les personnes que les enquêteurs ont interrogées au sujet de ses problèmes de vue ont déclaré qu'il n'avait aucune difficulté à se déplacer et à lire des documents. Le dossier de l'enquête contient un rapport d'expertise psychiatrique, établi notamment sur la base d'un rapport de consultation neuro-ophtalmologique; d'après ce document, la perte de vision imputable à un glaucome chronique est aggravée par des facteurs psychologiques, de sorte que la fonction visuelle résiduelle du recourant ne peut pas être quantifiée et se trouve certainement supérieure à ce que lui-même cherche à faire croire. D'après le même rapport d'expertise, il est très difficile au recourant de se situer comme sujet et homme responsable, ce qui l'empêche de reconnaître ses actes et le conduit à tenter toutes sortes de justifications; au regard de cette situation et à supposer qu'il soit coupable, le risque de récidive doit être considéré comme très élevé. Compte tenu, enfin, que le recourant n'a aucun revenu, les autorités intimées retiennent à bon droit un risque de réitération. Il n'est pas nécessaire d'examiner s'il existe aussi, conformément à l'opinion de ces autorités, un risque de collusion. Dans l'hypothèse d'un verdict de culpabilité, le recourant pourrait être condamné à une peine de plusieurs années de réclusion; en l'état, le respect du principe de la proportionnalité n'est donc pas compromis. Ainsi, la détention du recourant se révèle compatible avec l'art. 31 al. 1 Cst.