Citation: 6B_1029/2023 E. 3.2

3.2. A l'instar des premiers juges, la cour cantonale a considéré qu'il y avait lieu de retenir que la culpabilité du recourant était lourde. En effet, les cas retenus à sa charge s'étaient déroulés sur une période relativement longue, pendant laquelle il avait considéré son épouse comme sa chose, ne tenant pas compte de ses souhaits et la dénigrant constamment. Il s'en était notamment pris à l'intégrité sexuelle de sa femme, soit à l'un des biens juridiques les plus précieux. Les infractions commises entraient en concours. Jusqu'aux débats d'appel, il s'était posé en victime. Contrairement à ce qu'il soutenait, il n'avait pas pris conscience de ses fautes, n'avait eu de cesse de rejeter celles-ci sur les autres ("j'ai menacé mon épouse de la jeter par le balcon parce qu'elle me cherchait"), les avait minimisées ("il n'y a pas eu d'autres menaces que celle-ci"), s'était montré dédaigneux envers sa femme en audience ("il y a des femmes bien plus belles dans le monde"), l'avait fait pleurer et avait inventé des excuses absurdes ("je ne sais pas ce qu'est un concombre"). Il n'avait exprimé ni remords, ni excuses, même lorsque la vie commune avait repris. S'il avait accepté, aux débats d'appel, de dédommager son épouse pour le tort moral subi, c'était parce que son avocat le lui avait conseillé. Il avait toutefois prétendu que sa femme l'avait faussement accusé par vengeance, avait affirmé que tout ce qu'elle avait déclaré n'avait rien à voir avec lui et avait tenté de justifier la seule infraction admise, soit les menaces de mort, par la jalousie de celle-ci. A sa décharge, il y avait lieu de prendre en compte ses soucis de santé depuis 2020 environ. L'absence d'antécédents avait un effet neutre sur la peine. Le recourant était en définitive reconnu coupable de menaces qualifiées, contrainte sexuelle et viol. Quand bien même son casier judiciaire était vierge, une peine privative de liberté s'imposait pour sanctionner les infractions retenues à son encontre pour des motifs de prévention spéciale, dans la mesure où il n'avait aucunement pris conscience de la gravité de ses actes, étant précisé que le viol n'était au demeurant passible que de ce genre de peine. Les premiers juges avaient considéré qu'une peine privative de liberté de 42 mois était adéquate pour sanctionner le comportement du recourant. En l'espèce, l'infraction la plus grave était la contrainte sexuelle, qui justifiait à elle seule le prononcé d'une peine privative de liberté de dix-huit mois. Les effets du concours conduisaient à l'augmentation de cette peine de base d'un an pour réprimer les viols et les contraintes sexuelles commis entre 2012 et 2019, et de six mois pour sanctionner les menaces qualifiées, de sorte que le recourant devait être condamné à une peine privative de liberté de trois ans. S'agissant de l'octroi d'un sursis partiel, la cour cantonale a considéré que les perspectives d'amendement du recourant étaient mitigées. Certes, celui-ci n'avait aucune inscription à son casier judiciaire et il avait quitté le domicile conjugal. Toutefois, quand bien même il ressortait des déclarations de son épouse qu'il avait changé de comportement à l'égard de sa famille, le déni de ses actes était total. Cela étant, compte tenu de l'absence de tout antécédent judiciaire, on pouvait admettre que l'exécution d'une part de peine ferme aurait un effet choc suffisant sur le recourant pour permettre de lui octroyer un sursis pour le solde de sa peine. Le délai d'épreuve serait du maximum légal de cinq ans. La cour cantonale a ainsi considéré que le recourant devait être condamné à une peine privative de liberté de trois ans, dont 18 mois fermes et 18 mois avec sursis pendant cinq ans.