Citation: 4C.232/2004 26.08.2004 E. A

A.________ AG est une société spécialisée dans le marché de la vidéoconférence. Dès le 1er mai 2000, X.________ a travaillé pour la succursale genevoise de cette entreprise en qualité de conseiller de vente à plein temps. Son salaire annuel a été porté à 112'980 fr.10 à partir du 1er janvier 2002. L'employé avait droit à vingt-trois jours de vacances par an, pour sa classe d'âge, ainsi qu'à un «forfait de dix jours par année en compensation des heures supplémentaires». Dès octobre 2001, mais surtout en avril et mai 2002, les trois collègues de X.________ ont observé un certain nombre de faits conduisant à penser que le conseiller de vente favorisait l'activité de B.________ SA. Cette dernière société était l'importatrice des produits fabriqués par la société C.________; A.________ AG vendait et distribuait ces produits à côté de produits d'autres sociétés, dont ceux de la société D.________ qui étaient en principe mis en avant; en outre, même si elle était son fournisseur, la société C.________ pouvait être en concurrence avec A.________ AG pour la vente de certains produits. Le 28 mai 2002, l'employeur a résilié le contrat de travail de X.________ à l'échéance du 31 août 2002. A cette occasion, A.________ AG a précisé qu'elle se réservait la possibilité de licencier l'employé sans délai s'il se vérifiait que les règles en usage dans l'entreprise avaient été violées «de façon éclatante». Le conseiller de vente a été libéré sur-le-champ de son obligation de travailler. L'employeur a effectué des recherches entre le 28 et le 31 mai 2002. Il a trouvé sur la place de travail du collaborateur licencié un paquet de cartes de visite de B.________, ainsi qu'un courrier électronique du 29 avril 2002 adressé à «X.________, B.________»; il a également découvert copie d'un courrier électronique de B.________ adressé à un tiers, ainsi qu'un courrier électronique échangé entre X.________ et un collaborateur de C.________ concernant des documents destinés à permettre la réparation d'installations. Le 31 mai 2002, A.________ AG a résilié le contrat de travail avec effet immédiat. Le 6 juin 2002, le travailleur a contesté le licenciement immédiat et demandé l'indication des motifs exacts de cette mesure. Par lettre du 16 juillet 2002, le conseil de A.________ AG a répondu que le congé immédiat était motivé principalement par le fait que le conseiller de vente avait violé son devoir de fidélité en travaillant pour le compte de sociétés concurrentes.