Citation: 1P.430/2005 29.07.2005 E. 4

Le recourant conteste la présence d'un risque de récidive propre à justifier son maintien en détention préventive. 4.1 L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un détenu peut, en principe, maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Selon la jurisprudence, le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par d'autres moyens que le maintien en détention, tels que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine p. 271 et les arrêts cités). 4.2 En l'occurrence, A.________ est mis en cause par divers témoins pour s'être livré à un important trafic de cocaïne entre 1995 et septembre 2004. Il admet pour sa part avoir acquis un kilo de cette drogue qu'il a partagé par moitié avec B.________ et avoir livré plusieurs centaines de grammes de cocaïne à ce dernier. Les délits dont l'autorité intimée redoute la réitération sont donc graves. Le recourant faisait du commerce de stupéfiants une source essentielle de ses revenus. L'un des témoins à charge a mentionné que A.________ menait un grand train de vie, que les revenus tirés de son activité professionnelle au sein de l'entreprise X.________, à Fribourg, puis de l'exploitation du cabaret Y.________, à Yverdon, estimés à 3'000 fr. par mois, ne permettent pas d'expliquer. Le trafic qui lui est reproché s'étend sur plusieurs années, même s'il n'est pas établi qu'il se soit poursuivi de manière ininterrompue. La situation financière du recourant et de son épouse, sans être obérée, est modeste. Si A.________ n'a jamais été condamné pour des faits de même nature, il a été reconnu coupable de recel et condamné en 1999 à sept jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans et à une amende de 300 fr., ce qui tend à démontrer qu'il n'a pas pris la mesure de sa précédente condamnation pénale. Dans ces circonstances, la cour cantonale pouvait légitimement craindre qu'il ne se livre à de nouvelles activités délictueuses pour assurer son train de vie, s'il était remis en liberté. On ne voit par ailleurs pas par quelle mesure moins incisive que la détention préventive ce risque pourrait être pallié.