Citation: 1P.244/2004 12.05.2004 E. 3

Le recourant ne nie pas l'existence de charges suffisantes à son encontre. Il conteste en revanche l'existence d'un risque de réitération. Il relève que, selon les experts, la naissance de sa fille, le 15 août 2003, pourrait constituer une opportunité de s'amender et d'assumer ses responsabilités; les experts estiment qu'un encadrement socioéducatif pourrait l'aider à se réinsérer professionnellement et relativiserait le risque de récidive, le recourant s'étant montré "très motivé à accepter toute proposition d'aide et à faire des efforts pour s'amen-der". Le recourant a demandé son interdiction volontaire, ce qui dé-montrerait sa bonne volonté. Il explique ses récidives par l'absence d'encadrement adéquat; il pourrait maintenant être accueilli dans un foyer lui assurant cet encadrement, ainsi que du travail. 3.1 Le maintien en détention préventive n'est admissible que si le pronostic de récidive est très défavorable. La simple possibilité, hypothétique, de commission de nouvelles infractions de même nature, ou la vraisemblance que soient commises des infractions mineures, sont des motifs insuffisants (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62). Autant que possible, l'autorité doit tenter de substituer à la détention toute autre mesure moins incisive propre à atteindre le même résultat (ATF 123 I 268 consid. 2c et e p. 270/271 et les arrêts cités). 3.2 Le 17 octobre 2001, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne a condamné A.________ à 18 mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir notamment vendu divers objets (en particulier des téléphones portables) qui lui avaient été confiés. Le 5 mars 2003, le même tribunal a condamné A.________ à cinq mois d'emprisonnement, et a prolongé d'un an et demi le sursis accordé précédemment. Le recourant avait ouvert un compte postal au nom d'un tiers et effectué des retraits pour un total d'environ 13'000 fr. Il avait utilisé une carte de crédit volée, pour un montant de près de 2000 fr. Il a encore été reconnu coupable de filouterie d'auberge. En détention préventive depuis le 31 mars 2003, le recourant a été libéré provisoirement le 21 mai suivant. Il a toutefois été replacé en détention préventive le 16 octobre 2003, ayant à nouveau commis des infractions de même nature. Il apparaît ainsi qu'en dépit de deux condamnations, de l'existence d'un sursis et de plusieurs périodes de détention préventive, le recourant a systématiquement repris son activité délictueuse. Le risque de récidive est par conséquent évident, et on ne saurait considérer qu'il se rapporte à des infractions mineures; les experts estiment eux aussi que ce risque est élevé, le recourant n'ayant pas su tirer les enseignements de ses condamnations antérieures et ayant au contraire accru le nombre de ses délits durant l'année 2003. Un pronostic favorable n'est émis qu'à long terme, pour autant qu'une formation professionnelle puisse être suivie et accompagnée. Selon les experts, la récente paternité du recourant ne change rien sous l'angle du risque de récidive, car la pression liée au nouveau rôle de père s'ajouterait aux difficultés d'assumer un travail rémunéré. Le placement préconisé par le recourant dans un établissement de Morges pourrait sans doute être profitable sous l'angle de la réinsertion, mais il n'est pas susceptible de faire cesser immédiatement le risque de récidive. Les experts relèvent qu'en dépit de sa bonne volonté, le recourant n'aurait pas, en l'état, la capacité de résister aux tentations, et il est peu probable qu'il soit capable de se sortir dans l'immédiat d'un mode de vie dans lequel il paraît s'être installé. La menace d'un retour en détention préventive n'apparaît pas non plus, compte tenu des antécédents rappelés ci-dessus, comme un frein suffisant. Le grief doit par conséquent être écarté.