Citation: 4A_631/2021 E. 3.4

3.4. Le raisonnement des recourants ne saurait être suivi. Les recourants ne sauraient déduire d'une prétendue nullité de l'avis de majoration du 7 mai 2018 la nullité de la transaction judiciaire du 3 septembre 2018, qui porte précisément sur ledit avis de majoration; retenir un tel procédé conduirait à une grande incertitude juridique et serait contraire au principe même de la transaction judiciaire, qui a pour but de mettre définitivement fin à un litige. De jurisprudence constante, une transaction judiciaire ne peut être remise en cause que par la voie de la révision (cf. supra consid. 3.1), de sorte que la nullité de l'avis de majoration ne saurait être ici examinée. Lorsqu'ils prétendent que la transaction judiciaire serait nulle parce qu'ils auraient renoncé à des droits absolument impératifs garantis par les art. 269 ss CO, les recourants méconnaissent que, s'il ne leur est pas possible de renoncer d'avance à des droits impératifs, ils sont libres de le faire et de transiger au cours d'une procédure, dans laquelle ils étaient d'ailleurs assistés de leur avocat. Seule reste donc litigieuse l'existence d'un motif de révision à l'encontre de la transaction judiciaire litigieuse. Les recourants invoquent en substance une erreur essentielle et se fondent sur un arrêt ultérieur du Tribunal fédéral opposant d'autres parties et dont ils déduisent que l'avis de majoration du 7 mai 2018 serait nul. Les recourants perdent toutefois de vue que la transaction judiciaire litigieuse portait précisément sur la validité de l'avis de majoration dont ils affirment maintenant la nullité, de sorte qu'ils ne sauraient invoquer l'existence d'une erreur essentielle sur ce point; en concluant une transaction judiciaire, les locataires recourants, assistés d'un avocat, ont délibérément choisi de renoncer à contester ledit avis de majoration en contrepartie d'un loyer moins élevé que celui indiqué dans cet avis. Le fait qu'ils pensent avoir fait une mauvaise affaire au vu d'éléments postérieurs, soit en l'espèce un arrêt du Tribunal fédéral, ne suffit donc pas à fonder un motif d'erreur susceptible de constituer un motif de révision de la transaction judiciaire litigieuse. Les recourants indiquent par ailleurs que l'intimée aurait exercé des pressions sur eux et qu'ils auraient accepté la transaction judiciaire par crainte de perdre leur logement. Dans la mesure où ils se fondent sur des faits qui n'ont pas été constatés par la cour cantonale et dont ils ne sollicitent pas valablement le complètement, leur grief tombe à faux. En tout état de cause, leur argument ne satisfait pas aux exigences de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF et est irrecevable. C'est dès lors à bon droit que la cour cantonale a nié l'existence d'un motif de révision de la transaction judiciaire litigieuse. Les griefs doivent être rejetés, dans la mesure de leur recevabilité.