Citation: 4A_70/2024 E. 5.2

5.2. Ces considérations n'ont pas convaincu la recourante. Celle-ci tire argument de la jurisprudence relative à la résiliation de bail donnée dans le but de réaliser des travaux de rénovation/de transformation des locaux loués. Il aurait fallu, à son sens, que la bailleresse dispose d'un projet suffisamment mûr et élaboré, ce qui ne serait pas le cas. La recourante se fourvoie. Les arrêts qu'elle cite concernent un tout autre chapitre, à savoir la résiliation donnée dans la perspective de travaux de rénovation des locaux loués. Tel n'est pas le cas ici, puisque la bailleresse a mis un terme au contrat de bail pour occuper elle-même lesdits locaux. De manière larvée, elle paraît remettre en question la réalité du motif avancé par la bailleresse. Cela étant, elle ne se plaint pas d'arbitraire sur ce point. Or, la cour cantonale a constaté de manière souveraine et très convaincante que le motif avancé par la bailleresse - à savoir la volonté de regrouper les agences bancaires sous un même toit, dans les locaux de la rue (...) qu'elle occupe déjà elle-même en partie - était bien réel. Il n'y a pas lieu de s'en écarter. La recourante brocarde encore ce qu'elle qualifie de "mouvement d'humeur" de la bailleresse, deux jours après l'audience de conciliation, lorsque celle-ci l'a sommée de quitter des locaux annexes qu'elle occupait sans droit. Cela étant, la cour cantonale n'y a pas vu de motif mettant en lumière le caractère abusif de la résiliation. A bon droit, car ceci s'est produit de nombreux mois après et n'est guère révélateur d'un dessein remontant à la date de la résiliation. C'est donc à tort que la recourante dénonce une violation de l'art. 271 CO.