Citation: 5A_935/2020 E. 6.2

6.2. Par une telle motivation, qui consiste pour l'essentiel en une reprise textuelle de l'acte d'appel, le recourant ne discute pas les motifs de l'arrêt attaqué. La cour cantonale a répondu aux arguments présentés devant elle en rappelant au recourant qu'il ne pouvait pas partir du principe qu'il lui suffisait d'établir un concubinage d'une durée de cinq ans au moins pour que, par l'effet du renversement du fardeau de la preuve, un concubinage qualifié soit retenu (à défaut pour l'intimée de prouver le contraire), dès lors que la présomption réfragable posée par la jurisprudence n'avait pas cet effet. La cour cantonale a ainsi retenu que, malgré la durée du concubinage supérieure à cinq ans, qui était avérée et non contestée, il incombait au recourant de fournir les éléments de preuve permettant d'admettre qu'il y avait suffisamment d'indices pour considérer qu'il existait, en plus du critère de stabilité, une communauté de vie à caractère exclusif, présentant à la fois une composante spirituelle, corporelle et économique, assimilable au mariage, preuve qui n'avait pas été apportée. Contrairement à ce que prétend péremptoirement le recourant, un tel raisonnement ne viole pas " de manière crasse " la jurisprudence. En effet, le Tribunal fédéral a jugé que le débirentier doit apporter la preuve, non seulement, de la durée de l'union libre, mais aussi de l'existence d'un concubinage qualifié. Il est ainsi indispensable que le débirentier allègue et prouve les faits dont il ressort qu'une telle communauté de vie existe en l'espèce (art. 8 CC; ATF 118 II 235 consid. 3c, confirmé par l'ATF 138 III 97 consid. 3.4.2). Le fait que les concubins vivent ensemble depuis cinq ans libère le débirentier de l'obligation de prouver qu'ils se sont engagés à s'assister entre eux, mais ne le libère pas de l'obligation de prouver la nature qualifiée du concubinage (cf. HAUSHEER ET AL., Handbuch des Unterhaltsrechts, Berne 1997, n° 10.16 p. 559). Une telle exigence est d'autant plus justifiée que la présente cause est soumise à l'ancien droit (art. 7a al. 3 Tit. fin. CC), qui prévoyait que le droit à la rente disparaissait définitivement en cas de remariage ou - selon la jurisprudence - de concubinage qualifié (art. 153 al. 1 aCC). Or il est acquis que le recourant a échoué à apporter la preuve d'un tel concubinage, soit de la triple communauté assimilable au mariage (cf. ATF 124 III 52 consid. 2a/aa; 118 II 235 consid. 3b; cf. ég. ATF 145 I 108 consid. 4.4.6; 138 III 157 consid. 2.3.3), en se bornant, en définitive, à alléguer dans sa demande que la crédirentière partageait son logement avec une autre personne et qu'elle créait ainsi l'apparence d'une communauté de vie semblable au mariage (cf. supra consid. 5.2). C'est donc sans violer le droit fédéral que la cour cantonale a confirmé le premier jugement niant l'existence d'un concubinage qualifié, faute pour le demandeur d'en avoir prouvé l'existence. Autant que recevable, le grief est infondé.