Citation: 9C_835/2019 E. 5.2.2

5.2.2. En l'espèce, la juridiction cantonale a invité la directrice des ressources humaines de l'entreprise B.________ SA à indiquer quel aurait été le revenu annuel brut de l'intimé si celui-ci avait encore fait partie de son personnel en 2014, 2015 et 2016. S'il est vrai que la directrice a dans un premier temps indiqué qu'il lui était impossible de donner une estimation car les bonus (en cas d'éligibilité) et les augmentations de salaire étaient alloués dans l'entreprise de manière purement discrétionnaire (correspondance du 21 juin 2019), elle a ensuite relevé qu'un "salaire de CHF 100'000 sembl[ait] être un chiffre fiable" (correspondance du 24 septembre 2019). En tant que l'office recourant affirme que cette progression salariale n'était pas garantie car aucun employé ne disposait de la même ancienneté que celle que l'intimé aurait présenté en 2014 (plus de 25 années), il perd de vue que la directrice des ressources humaines a pris soin d'indiquer la rémunération de la personne qui présentait concrètement au sein de l'entreprise le profil le plus proche de celui de l'intimé. Aussi, selon les constatations cantonales, elle a tenu compte de la progression salariale d'une personne disposant de vingt ans d'ancienneté, soit moins que celle que l'intimé aurait présenté, et exerçant le même poste de travail que lui. Dans la mesure où cette fonction de spécialiste administratif n'est pas tombée en désuétude (à ce sujet, voir arrêt 9C_238/2008 du 5 janvier 2009 consid. 4.1), le licenciement de l'intimé n'empêchait en outre pas la juridiction cantonale de se fonder sur les indications fournies par le dernier employeur, quoi qu'en dise l'office recourant. La juridiction cantonale ne s'est enfin pas référée au document "People Management & Compensation" pour déterminer le revenu sans invalidité de l'intimé, mais a constaté qu'il prévoyait d'autres critères que l'index des salaires nominaux pour fixer les progressions salariales au sein de la société. Au demeurant, l'office recourant ne conteste pas les constatations cantonales selon lesquelles la progression salariale de l'intimé avait été supérieure à l'indice des salaires nominaux de 2001 à 2004. Quant à l'année 2005, il s'agit de l'année au cours de laquelle l'intimé a été victime d'un accident de la circulation routière. Dans ces circonstances, la juridiction cantonale a retenu sans arbitraire que le "seul élément fiable" pour déterminer le revenu sans invalidité de l'intimé était les informations fournies par son dernier employeur. Il n'y a pas lieu de s'écarter de l'appréciation de la juridiction cantonale.