Citation: 5A_384/2019 E. 3.3

3.3. Le recourant reproche enfin à la Cour de justice d'avoir tenu pour avéré, sans aucune preuve, que l'intimée ne percevait plus de salaire à compter du 31 décembre 2018. A part un e-mail - qui ne prouve ni un licenciement ni l'arrêt du versement des indemnités journalières et qui n'est pas une " décision formelle " - et un certificat de prévoyance professionnelle - qui est envoyé à toutes personnes assurées -, l'intimée n'avait produit aucune lettre de licenciement, aucune fiche de salaire, ni aucun document prouvant qu'elle ne perçoit plus de revenus. Elle n'avait pas non plus produit de relevés de compte bancaire attestant qu'elle ne reçoit plus d'indemnités journalières ni de décision de l'assurance perte de gain. La Cour de justice aurait ainsi dû retenir un revenu de 4'855 fr. par mois pour l'intimée. Ce faisant, le recourant ne discute pas de manière conforme aux réquisits découlant du principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1) les motifs ayant conduit la Cour de justice à arrêter les revenus mensuels nets de l'appelante à 4'855 fr. jusqu'au 31 décembre 2018 puis, sous l'angle de la vraisemblance, à 1'200 fr. dès le 1er janvier 2019. En particulier, il n'expose pas en quoi il serait insoutenable de considérer comme vraisemblable le fait que les revenus de l'intimée ont diminué à compter de cette dernière date sur la base de l'e-mail du 30 novembre 2018 de son employeur à teneur duquel elle devrait percevoir des prestations provisoires de la caisse de prévoyance D.________ dès le mois de janvier 2019. Il ne suffit à cet égard pas de se limiter à contester la force probante d'un tel document. Ce d'autant que la Cour de justice a, en l'occurrence, appuyé sa conviction que la baisse de revenus de l'intimée était plausible sur le fait que l'art. 54 du règlement d'application de la loi générale relative au personnel de l'administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux (RPAC), auquel l'intimée est soumise, prévoit que le versement des indemnités pour incapacité de travail ne peut excéder 730 jours civils. Or, il a été constaté, sans que le recourant ne le remette en cause, que l'intimée se trouve depuis le mois de février 2017 en incapacité totale de travail en raison d'une grave dépression, notamment liée au décès de son fils. Pour ce qui est du montant des revenus de l'intimée au 1er janvier 2019, l'argumentation indigente du recourant ne permet pas davantage de considérer qu'il serait arbitraire de l'estimer au moyen du certificat d'assurance de la caisse de prévoyance D.________, qui fixe, au 30 avril 2018, la pension d'invalidité à laquelle cette dernière peut prétendre à 1'199 fr. 80 par mois. Enfin, le recourant ne prétend à juste titre pas qu'il serait arbitraire, s'agissant de mesures protectrices de l'union conjugale, de statuer sous l'angle de la simple vraisemblance des faits après une administration limitée des preuves (sur ce point, voir arrêts 5A_165/2018 du 25 septembre 2018 consid. 3.3 et les références; 5A_855/2017 du 11 avril 2018 consid. 4.3.2 et les références; 5A_883/2015 du 29 février 2016 consid. 2.2 et les références).