Citation: 2C_1007/2019 E. 5.2

5.2. S'agissant de l'application des dispositions précitées, il peut également être renvoyé au jugement du Tribunal administratif, qui retient en bref que la recourante 1 et son époux suisse émargent de manière durable à l'aide sociale et que, compte tenu de leur formation et leur (absence d') expérience professionnelle, aucune amélioration n'est à attendre. La recourante 1 ne perçoit en effet aucun revenu, le budget d'aide sociale s'élevant pour le ménage de trois personnes à 2'275 fr. 75 par mois, le mari présentant par ailleurs une dette d'aide sociale de 221'800 fr. au 3 mai 2019 et diverses poursuites et actes de défaut de biens pour 17'820 fr. 60. Cette dépendance à l'aide sociale exclut d'emblée toute autorisation fondée sur l'art. 44 LEtr, disposition qui prévoit que l'autorité compétente peut octroyer une autorisation de séjour au conjoint étranger du titulaire d'une autorisation de séjour et à ses enfants célibataires étrangers de moins de 18 ans lorsqu'ils vivent en ménage commun avec lui, qu'ils disposent d'un logement approprié et qu'ils ne dépendent pas de l'aide sociale. Le fait que la recourante 1 et son époux disposent d'un logement prétendument approprié n'est donc pas suffisant en l'espèce pour permettre le regroupement des recourants 2 et 3 en Suisse, les conditions de l'art. 44 LEtr étant cumulatives. Au demeurant, les recourants ne contestent pas la dépendance à l'aide sociale si ce n'est en expliquant de manière peu compréhensible qu'il " ne peut être tenu compte comme son nom l'indique d'une « certaine « évolution probable « donc une évolution qu'on ne peut déterminer positivement ou négativement et qui pourrait ne pas dire qu'elle serait positive pour les époux A.________" ( sic). Contrairement à ce que semblent penser les recourants, le fait que l'époux de la recourante 1 soit suisse n'a pas d'incidence sur le regroupement familial des enfants de celle-ci (cf. arrêt 2C_508/2009 du 20 mai 2010 consid. 2.1). Finalement, le fait que les recourants 2 et 3 se trouvent en Algérie à la charge de la mère de la recourante 1, qui est semble-t-il atteinte dans sa santé, n'y change rien. Outre que cela n'a pas d'incidence dans l'examen des conditions de l'art. 44 LEtr, le Tribunal administratif a valablement mentionné que c'est en toute connaissance de cause que la recourante 1 a laissé ses enfants aux soins de sa mère, alors qu'elle était déjà au courant de l'état de santé fragile de celle-ci.