Citation: 1B_144/2015 E. 2.4

2.4. Conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention (règle de la nécessité). Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention provisoire ou de la détention pour des motifs de sûreté si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution la saisie des documents d'identité et autres documents officiels (let. b), l'obligation de se présenter régulièrement à un service administratif (let. d), l'obligation d'avoir un travail régulier (let. e), l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f). En l'espèce, le recourant propose de déposer ses documents d'identité et autres documents officiels, de s'annoncer tous les lundis et vendredis auprès de la Police cantonale vaudoise, de débuter une thérapie ambulatoire et d'annoncer au Ministère public de l'arrondissement de Lausanne les modalités et le lieu du suivi dans les 14 jours dès sa libération. Le Tribunal cantonal a estimé que ce n'était qu'à l'issue du traitement ou, à tout le moins, au cours de celui-ci que le risque de récidive pourrait cas échéant diminuer mais pas au début d'une prise en charge: un simple engagement du recourant à mettre en place un tel dispositif à sa sortie de prison n'est pas suffisant pour parer au risque mis en évidence par l'expert. S'ajoute à cela que l'expert a retenu que le traitement psychothérapeutique ne suffit pas à lui seul à diminuer le risque de récidive; il doit être accompagné d'un travail régulier (expertise psychiatrique du 8 décembre 2014, p. 34 point 3.3). Le recourant ne démontre pas disposer d'un travail à sa sortie de prison: il se contente d'affirmer que vu l'offre importante de postes de travail pour les infirmiers, il pourrait rapidement recommencer à travailler, tout en restant éloigné des mineurs. Les mesures de substitution proposées sont dès lors insuffisantes au regard de l'intensité du risque de fuite et de récidive. L'arrêt attaqué doit être confirmé sur ce point.