Citation: I 82/05 17.10.2005 E. 5

5.1 En l'occurrence, au regard des pièces figurant au dossier, on peut tenir pour établi que l'office AI, par communication du 18 avril 2000, a accepté la prise en charge de chaussures orthopédiques se fondant essentiellement sur l'avis médical du docteur R.________ qui a attesté des dysesthésies liées au diabète (certificat du docteur R.________ du 21 juillet 1999). Toutefois, dans un rapport du 27 avril 2000, soit à peine neuf jours après la communication précitée, ce même médecin a fait état d'un status podologique normal et dans son rapport complémentaire du 30 mai 2002, il a confirmé qu'en avril 2000, la sensibilité au diapason était considérée comme normale à 7/8. Par ailleurs, selon le docteur C.________, médecin de l'AI, le recourant ne présente pas de problème orthopédique majeur. Aussi, doit-on admettre, sur le vu de ces avis médicaux concordant, que la communication du 18 avril 2000 apparaît manifestement erronée. La rectification de cet acte administratif revêt en outre une importance notable, si bien que toutes les conditions de la reconsidération sont réunies. 5.2 Dans son rapport complémentaire du 30 mai 2002, le docteur R.________ a précisé avoir effectué, quelques mois après son rapport du 27 avril 2000, un contrôle au monofilament. Selon ce médecin, cet examen a révélé quelques erreurs au niveau du toucher, confirmant la présence d'une neuropathie douloureuse. Toutefois, ce nouveau diagnostic ne permet pas d'apprécier la situation différemment. En effet, pour fonder le droit aux moyens auxiliaires prétendus, l'atteinte à la santé doit se révéler suffisamment importante (Meyer-Blaser, Rechtsprechung des Bundesgericht zum IVG, Zurich, 1997, ad art. 21-21bis LAI, p. 159). Or, le recourant ne présente ni un mal perforant plantaire dû à son diabète ni de problèmes orthopédiques majeurs. D'ailleurs, la lettre du docteur R.________ du 10 décembre 2002 confirme ce point de vue, dès lors que ce médecin a recommandé le port des chaussures orthopédiques dans un but préventif. 5.3 C'est en vain que le recourant se prévaut d'une invalidité imminente. En effet, d'après la jurisprudence, l'invalidité n'est imminente que lorsqu'il est possible de prévoir qu'elle surviendra dans un avenir peu éloigné; cette condition n'est pas remplie dans les cas où la survenance de l'invalidité paraît certes inéluctable, mais où le moment de cette survenance demeure encore incertain (cf. ATF 124 V 269 consid. 4 et les références; VSI 2000 p. 300 consid. 4). A cet égard, on peut encore rappeler que, d'une manière générale, les mesures prophylactiques n'incombent pas à l'assurance-invalidité (Meyer-Blaser, Rechtsprechung des Bundesgericht zum IVG, Zurich, 1997, ad art. 8 p. 56). Or, dans le cas particulier, le moment de la survenance du risque, supposé qu'il soit établi au degré de vraisemblance prépondérante requis, demeure encore incertain si bien que la condition de l'imminence n'est pas donnée. Dans ces circonstances, la prescription de ce moyen à titre préventif ne relève pas de l'assurance-invalidité. Cela étant, c'est à juste titre que l'administration est revenue sur sa communication du 18 avril 2000 par laquelle elle a accordé deux paires de chaussures orthopédiques par année civile.