Citation: 6B_912/2020 E. 1.3

1.3. Le recourant soutient que la cour cantonale aurait "tranché préjudiciellement" la question du caractère attentatoire à l'honneur de son article, ce qui aurait pour conséquence de "limiter de manière irrémédiable [s]es moyens de défense [...] en ne lui permettant de justifier son comportement qu'au moyen des motifs disculpatoires de l'art. 173 CP, sans pouvoir expliquer en quoi l'article litigieux n'est pas attentatoire à l'honneur". Lorsqu'un renvoi ne laisse aucune latitude de jugement à l'autorité inférieure appelée à statuer, il est assimilé à une décision finale et peut faire l'objet d'un recours immédiat au Tribunal fédéral (cf. ATF 140 V 282 consid. 4.2 p. 285 s.; arrêt 6B_221/2020 précité consid. 1.1). L'autorité précédente a motivé sa décision en indiquant ce qui suit (cf. arrêt attaqué, p. 7) : "En l'espèce, [le recourant] a notamment écrit dans l'article litigieux, paru cinq jours après le décès de J.________, que la défunte possédait des sociétés qui avaient permis de dissimuler des millions de francs de bénéfices et qu'elle était l'ayant droit économique de comptes sur Iesquels l'argent avait illicitement transité. Ce faisant, il paraît l'avoir accusée d'avoir contribué à dissimuler au fisc des sommes très importantes, quand bien même l'AFC avait conclu, dans son rapport du 27 aout 2013, qu'elle n'était ni co-auteure, ni complice des infractions reprochées à son époux. Cette accusation, ou le soupçon jeté par le [recourant], vise manifestement la commission par J.________ d'une infraction pénale et/ou fiscale. Ainsi, il semble, à ce stade, que les propos tenus par [le recourant] dans l'article litigieux, ainsi que le sens général qui se dégage du texte dans son ensemble pour un lecteur moyen, soient constitutifs d'une atteinte à l'honneur pénalement répréhensible, de sorte que c'est à tort que le Ministère public n'est pas entré en matière sur la plainte de B.________ et de ses enfants. Il conviendra dès lors que le Ministère public ouvre une instruction, qu'il entende le [recourant] et détermine si celui-ci peut, le cas échéant, faire la preuve de la vérité ou de sa bonne foi." Contrairement à ce qu'affirme le recourant, il n'apparaît pas que la cour cantonale aurait tranché, de la sorte, une question de droit matériel, laquelle ne relevait d'ailleurs pas de sa compétence. L'emploi des termes, "il paraît", "il semble, à ce stade" et "le cas échéant" permet de comprendre que l'autorité précédente - tout en considérant qu'un refus d'entrer en matière ne se justifiait pas - a estimé qu'il appartiendrait au ministère public d'ouvrir une instruction, d'auditionner le recourant, puis de décider à nouveau du sort de la procédure, en classant celle-ci ou en renvoyant l'intéressé en jugement. L'arrêt attaqué ne saurait donc être assimilé à une décision finale, le ministère public conservant toute latitude pour conduire l'instruction dirigée contre le recourant.