Citation: 5P.302/2004 01.11.2004 E. 2

2.1 D'après la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et incontesté, ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; il ne suffit pas qu'une solution différente paraisse concevable, voire préférable; pour que la décision attaquée soit annulée, encore faut-il qu'elle se révèle arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275 et les arrêts cités). En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit contenir, sous peine d'irrecevabilité (cf. ATF 123 II 552 consid. 4d p. 558), un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Dans un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs expressément soulevés, et exposés d'une façon claire et détaillée, le principe jura novit curia étant inapplicable (ATF 130 I 26 consid. 2.1 p. 31; 129 II 297 consid. 2.2.2 p. 301). Le justiciable qui se plaint d'arbitraire ne peut se contenter de critiquer la décision attaquée comme il le ferait en instance d'appel, où la juridiction supérieure jouit d'une libre cognition; en particulier, il ne saurait se borner à opposer son opinion à celle de l'autorité cantonale, mais doit démontrer par une argumentation précise que cette décision se fonde sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). 2.2 L'autorité cantonale a considéré que, dès sa majorité, l'enfant est certes habilité à agir en son propre nom à l'encontre du débiteur de la pension et que les pouvoirs de représentation du parent titulaire de l'autorité parentale s'éteignent à ce moment-là. Toutefois, en l'espèce, le commandement de payer a été signifié (i.e. 21 janvier 2003) avant que l'enfant ne soit majeure (i.e. 29 juillet 2003), et porte logiquement sur des contributions couvrant une période antérieure à cette date; par conséquent, la poursuivante avait qualité pour réclamer (en son propre nom) les aliments en souffrance. Le recourant soutient, en bref, que la décision attaquée consacre une application arbitraire de l'art. 289 al. 1 CC, dont le texte prévoit que les contributions dues à l'enfant «sont versées durant sa minorité» à son représentant légal. Partant, il est insoutenable d'admettre que la mère puisse réclamer les pensions pour une période antérieure à la majorité lorsque l'enfant est devenu majeur; c'est désormais l'enfant majeur qui est le seul créancier. 2.3 Une telle motivation ne satisfait pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. En effet, le recourant ne s'en prend pas au motif de la cour cantonale selon lequel le moment déterminant pour apprécier la qualité pour agir en recouvrement des pensions est celui de la notification du commandement de payer, d'autant que les arriérés concernaient une période où l'enfant était mineure. Il ne démontre pas non plus en quoi l'opinion des juges cantonaux serait en contradiction avec le jugement de divorce, qui prévoit le paiement des aliments en mains de la mère, ou avec la ratio legis de l'art. 289 al. 1 CC. L'intéressé se limite à exposer sa propre lecture de la disposition précitée, ce qui ne répond nullement aux réquisits légaux (supra, consid. 2.1).