Citation: 6B_37/2024 E. 3.1

3.1. Pour la cour cantonale, une réponse négative s'impose. À l'appui de leur raisonnement, les juges précédents ont considéré qu'il découlait de la systématique légale, à la lumière du caractère restrictif de la jurisprudence fédérale, que le législateur n'avait pas entendu ouvrir la voie de l'appel joint sur l'appel joint. Dans cette perspective, l'acte déposé en date du 9 octobre 2023 par le recourant ne pouvait qu'être déclaré irrecevable. Le recourant objecte en substance que cet acte visait à compléter ses conclusions prises en appel, ensuite du dépôt d'un appel joint par les intimés n os 2 et 3. L'acte en question tendait ainsi à étendre la cognition de la cour cantonale à des points du jugement de première instance laissés inattaqués par son précédent conseil dans la déclaration d'appel principal, en réaction au dépôt de l'appel joint des intimés. Il soutient que la possibilité d'un appel joint à un appel joint est admise par une partie de la doctrine, ajoutant que les dispositions du CPP régissant les conditions de recevabilité de l'appel et de l'appel joint doivent se comprendre de manière large, favorable à un second examen des faits aussi étendu que possible, dans la limite de la volonté des parties et de leurs intérêts juridiquement protégés (art. 382 CPP). Il précise ne pas avoir eu l'intention de transformer son appel principal en appel joint, mais avoir élargi le champ de ses conclusions. Le recourant précise également ne pas avoir modifié celles-ci, mais avoir pris de nouvelles conclusions, portant notamment sur d'autres chefs de condamnations que ceux dont il s'était initialement plaint. Il fait encore valoir, en substance toujours, que l'aspect évolutif des conclusions en appel et leur impact sur le champ d'examen du tribunal de deuxième instance serait délibéré et voulu par le législateur, si bien que la faculté d'interjeter un appel joint sur un appel joint devrait être admise. La cour cantonale se fonde ainsi sur une approche restrictive qui exclut la possibilité d'étendre l'objet d'un appel principal par le truchement d'un appel joint sur appel joint. Le recourant y oppose une approche tendant à garantir, au contraire, la possibilité de compléter, par ce biais, les conclusions de l'appel principal, en fonction des conclusions de l'appel joint.