Citation: 5A_836/2015 E. 5.1

5.1. A l'appui de son grief concernant l'imputation d'un revenu hypothétique découlant d'une activité salariée, le recourant rappelle qu'il est âgé de 57 ans, qu'il n'est titulaire d'aucun diplôme, qu'il n'a plus été salarié depuis 1989 et qu'il a cessé son activité professionnelle dans la restauration en 2005 en raison de troubles de santé. A cet égard, il indique souffrir de problèmes rhumatologiques consécutifs à deux accidents pour lesquels il a perçu une rente de l'assurance-invalidité pendant cinq ans et qui ont conduit cette même assurance à retenir en ce qui le concerne une incapacité de travail permanente de 100% dans une activité de livraison, de 80% dans une activité de nettoyage ou d'achats, de 60% dans une activité de préparation (notamment culinaire) et de 20% dans une activité de service. A ces problèmes rhumatologiques s'étaient ajoutés des troubles psychiatriques, soit un trouble dysthymique. Un traitement "psychotropique" avait été tenté sans résultat et une prise en charge psychothérapeutique avait débuté en octobre 2014. Le recourant relève encore que son incapacité de travail résulte des certificats établis par ses deux médecins: ainsi, pour le Dr G.________, une activité professionnelle était impossible, et pour le Dr H.________, une activité suivie ou régulière était exclue. Dans ces conditions, le recourant estime que l'on ne saurait raisonnablement exiger de lui qu'il reprenne une activité lucrative, d'autant moins dans le commerce de détail compte tenu de son état de santé rhumatologique et des évaluations y relatives menées par l'assurance-invalidité. Selon lui, le fait qu'il n'ait pas déposé de nouvelle demande de prestations de l'assurance-invalidité en lien avec ses atteintes psychiques ne changeait rien à ce constat. La cour cantonale avait par conséquent eu tort de retenir que l'absence de toute nouvelle demande en ce sens devait conduire à lui imputer un revenu hypothétique: le niveau d'exigence requis pour qu'une atteinte en matière psychiatrique soit reconnue comme étant constitutive d'une invalidité était en effet très élevé et, vu son attestation du 21 octobre 2014, le Dr H.________ estimait manifestement qu'une telle démarche était prématurée. Le recourant soutient en outre qu'il était arbitraire de retenir, à l'instar des juges précédents, qu'il eût la possibilité effective de reprendre une activité dans le commerce de détail, compte tenu de sa situation personnelle et du marché du travail. D'une part, ses médecins avaient clairement attesté qu'une activité suivie et régulière était exclue. D'autre part, on ne pouvait considérer sans arbitraire que le marché du travail serait en mesure d'absorber un profil comme le sien, soit "un immigré turc, sans formation, sans diplôme, inactif depuis plus de 10 ans, bientôt sexagénaire, dépressif avec une tendance au retrait social et à la procrastination, atteint rhumatologiquement au point d'exclure toute activité de livraison et d'exclure une activité de nettoyage ou d'achats à plus de 20% (...), et dont la dernière expérience salariée remonte à 1989".