Citation: 8C_184/2020 E. 3.2

3.2. La cour cantonale, soulignant que le point de savoir si le recourant avait respecté ou non le programme de première année de culture générale du Centre B.________ n'était pas déterminant, a retenu qu'il avait distribué à ses élèves plusieurs articles de journaux relatant des faits divers macabres ou sordides concernant des atteintes sexuelles ou à la vie subies par de jeunes femmes ou des adolescentes. Il ressortait de plaintes manuscrites de sept élèves des 8 et 9 février 2018, ainsi que de l'audition de six d'entre eux par le directeur du Centre B.________ et un doyen de l'établissement le 21 février 2018, qu'à compter de la médiatisation de l'affaire "Tariq Ramadan", le recourant avait focalisé l'intégralité de son cours sur des questions de sexualité touchant notamment les mineurs et les jeunes adultes. Les élèves entendus avaient déclaré que les propos utilisés et leur répétition les avaient choqués et mis mal à l'aise. Plusieurs parents s'étaient plaints du contenu des lectures remises à leurs enfants. Les juges cantonaux ont considéré que le fait d'aborder de manière répétitive et inadéquate le thème de la sexualité, au moyen de supports au contenu cru et violent, créait un environnement malsain et n'avait aucune visée pédagogique. Si le recourant avait voulu mettre en garde ses élèves contre certains dangers auxquels ils pouvaient être confrontés, il aurait pu le faire en usant de moyens propres à ne pas heurter leur sensibilité. Par ailleurs, la juridiction cantonale a retenu que le recourant ne contestait pas avoir soustrait ses élèves à une évaluation commune imposée par l'établissement scolaire. Ses justifications à ce propos ne s'avéraient pas convaincantes et les conséquences de son comportement étaient dommageables. Au vu des manquements constatés, il avait failli à sa mission d'éducation et enfreint ses devoirs de fonction. Lesdits manquements n'étaient pas isolés, le recourant ayant déjà écopé d'un avertissement ensuite de plaintes d'élèves et de parents en mai et décembre 2014. La violation de ses devoirs de fonction revêtait en outre une certaine gravité et le prononcé d'une sanction apparaissait justifié, malgré le fait qu'il avait cessé de thématiser les questions de sexualité après les plaintes des élèves. Au vu également de son expérience professionnelle, la sanction prononcée était en adéquation avec le principe de la proportionnalité et conforme au droit.