Citation: 2C_467/2023 E. 1.2

1.2. On relèvera d'emblée que les recourants ne peuvent invoquer de manière soutenable la protection de la vie familiale garantie par l'art. 8 CEDH pour prétendre à pouvoir vivre ensemble en Suisse. En effet, s'agissant du droit (potentiel) au regroupement familial fondé sur l'art. 8 CEDH, le Tribunal fédéral se base sur la situation au moment où il statue (cf. ATF 145 I 227 consid. 3.1; 136 II 497 consid. 3.2 à 3.9; arrêt 2C_903/2022 du 5 janvier 2023 consid. 4.3). En l'espèce, la recourante 1 est majeure depuis octobre 2019. Or, selon la jurisprudence bien établie, la protection de la vie familiale au sens de l'art. 8 CEDH vise en premier lieu la famille nucléaire, c'est-à-dire la communauté formée par les parents et leurs enfants mineurs vivant ensemble (cf. ATF 144 II 1 consid. 6.1 et les nombreux arrêts cités). Le Tribunal fédéral admet toutefois qu'une relation hors famille nucléaire puisse tomber sous le coup de la vie familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH s'il existe un rapport de dépendance particulier entre la personne étrangère et un proche parent au bénéfice d'un droit de présence assuré en Suisse, par exemple en raison d'un handicap - physique ou mental - ou d'une maladie grave dont il souffrirait (cf. ATF 144 II 1 consid. 6.1; 140 I 77 consid. 5.2). La simple dépendance financière n'entre pas dans les hypothèses citées par la jurisprudence (arrêt 2C_665/2022 du 20 septembre 2022 consid. 3.2.1 et les arrêts cités). Or, en l'occurrence, si les recourants se prévalent - au demeurant pour la première fois devant le Tribunal fédéral - de l'existence d'un rapport de dépendance de la recourante 1 à l'égard de son père en raison de la "forte détresse psychologique" de celle-ci, force est de constater que les troubles psychologiques allégués ne sont démontrés par aucun document médical. Au demeurant, dans la mesure où les affections dont se prévaut la recourante 1 trouvent, selon elle, leur origine dans les conditions de vie qui seraient les siennes en Tunisie, on ne voit pas que celles-ci, et partant le rapport de dépendance entre les recourants qui en découlerait, subsisteraient une fois que l'intéressée aurait quitté son pays pour rejoindre son père en Suisse. Quoi qu'il en soit, telle que laconiquement évoquée, la détresse dont souffrirait la recourante 1 n'apparaît pas pouvoir être qualifiée de handicap ou de maladie grave au sens de la jurisprudence qui permettrait de retenir l'existence d'un rapport de dépendance particulier entre les intéressés. Quant au fait que le recourant 2 soutienne financièrement sa fille, ce motif ne permet pas non plus, comme mentionné précédemment, de retenir un tel rapport de dépendance.