Citation: U 100/06 30.05.2006 E. 4

Il reste ainsi à examiner si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, l'effort physique requis du recourant peut être considéré comme un facteur extérieur de caractère exceptionnel. 4.1 Pour les lésions dues à l'effort (soulèvement, déplacement de charges notamment), il faut examiner de cas en cas si l'effort doit être considéré comme extraordinaire, en tenant compte de la constitution physique et des habitudes professionnelles ou autres de l'intéressé (ATF 116 V 139 consid. 3b et les références; RAMA 1994 n° U 180 p. 38 consid. 2; Frésard, op. cit., ch. 32). La jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances, citée notamment par Alexandra Rumo-Jungo in : Rechtsprechung des Bundesgerichts zum Sozialversicherungsrecht, Bundesgesetz über die Unfallversicherung, ch. 3b/ee p. 36 s., et par Maurer in Schweizerisches Unfallversicherungsrecht, p. 178 et la note n° 359, a nié l'existence d'un facteur extérieur extraordinaire en cas de déplacement de charges pesant entre 60 et 100 kg. 4.2 En l'espèce, c'est un poids de 165 kg environ que le recourant et S.________ ont soulevé et déposé au sol d'une hauteur de 70 cm environ. Cela représentait approximativement une charge de 80 kg par personne, de sorte que les possibilités du recourant et de son collègue agissant ensemble n'étaient pas mises à contribution de manière objectivement excessive (arrêt C. du 16 août 1984 [U 39/83], in Rapport de la CNA 1984 3 p. 5). En effet, le recourant travaillait comme magasinier stagiaire au moment des faits. Auparavant, il avait travaillé dans le bâtiment, comme aide-chapeur et ensuite comme menuisier. Il s'agit d'activités requérant une force physique importante. Le recourant n'avait jamais rencontré de problèmes de dos, son reclassement professionnel n'étant dû qu'à des allergies. Dans ces circonstances, il faut admettre l'absence d'un facteur extérieur extraordinaire. En conséquence, l'événement du 11 novembre 2003 ne réalise pas toutes les conditions nécessaires de l'accident.