Citation: I 294/00 15.12.2000 E. 4

4.- a) En l'espèce le premier juge a considéré que la recourante avait besoin de l'aide d'autrui uniquement pour les déplacements à l'extérieur et que, partant, les conditions de l'octroi d'une allocation d'impotence de faible degré n'étaient pas remplies. b) La recourante conteste cette appréciation. Elle soutient que c'est seulement au prix d'efforts excessifs qu'elle parvient à accomplir les cinq actes de la vie quotidienne autres que les déplacements à l'extérieur et fait valoir qu'elle est inapte à accomplir ces actes de manière habituelle au sens de l'arrêt ATF 106 V 153, de sorte qu'elle remplirait les conditions des art. 42 al. 2 LAI et 36 al. 2 RAI. c) Le dossier médical fait ressortir sans équivoque que la recourante présente un handicap moteur sévère doublé d'une incontinence urinaire grave et d'une incontinence ano-rectale occasionnelle. La recourante déclare, à cet égard, qu'elle est contrainte de porter des protections contre l'incontinence la journée et des langes la nuit et qu'elle "fait automatiquement dans les langes", car l'acte d'aller aux toilettes exige trop d'efforts et de temps de sa part. Dans son rapport du 16 septembre 1998, le docteur K.________ avait d'ailleurs constaté que la dysurie à l'initiation à la miction et les urgences mictionnelles dont souffrait la recourante motivaient le port d'une garniture permanente. d) Selon la jurisprudence, de manière générale on ne saurait réputer apte à un acte ordinaire de la vie l'assuré qui ne peut l'accomplir que d'une façon non conforme aux moeurs usuelles (ATF 106 V 159 consid. 2b). Ce principe est en particulier applicable lorsqu'il s'agit d'apprécier la capacité d'accomplir l'acte consistant à aller aux toilettes (ATF 121 V 95 consid. 6c, cf. également ATF 121 V 94 consid. 6b et les références). Par ailleurs, le Tribunal fédéral des assurances a jugé que, sous l'angle juridique, il n'y a aucune raison de traiter différemment un assuré qui n'est plus en mesure d'accomplir une fonction (partielle) en tant que telle ou ne peut l'exécuter que d'une manière inhabituelle et un assuré qui peut encore accomplir cet acte, mais n'en tire aucune utilité (ATF 117 V 151 consid. 3b). e) En l'espèce, il est constant que le double handicap de la recourante l'empêche d'accomplir, d'une manière conforme aux moeurs usuelles, l'acte d'aller aux toilettes. Par ailleurs, force est de constater que même si, au prix de grands efforts, la recourante est apte à se déplacer seule jusqu'aux toilettes, le temps dont elle a besoin pour y accéder et se dévêtir est insuffisant, de sorte que sa capacité technique de s'y rendre sans l'aide d'autrui ne lui est d'aucune utilité. On doit dès lors considérer, en application de la jurisprudence précitée, qu'elle n'est pas apte à accomplir seule cet acte ordinaire de la vie. Compte tenu de son incapacité de se déplacer sans l'aide d'autrui à l'extérieur - admise à juste titre par la cour cantonale - il y a donc lieu de retenir que la recourante remplit les conditions des art. 42 al. 2 LAI et 36 al. 3 let. a RAI. f) Contrairement à ce qu'allègue la recourante, la jurisprudence citée au consid. 4d ci-dessus n'est pas applicable aux autres actes de la vie quotidienne, dans la mesure où leur fonction et leur utilité sont maintenues dans le cas particulier. De surcroît, il faut rappeler que si certains actes sont rendus plus difficiles ou même ralentis par l'infirmité, cela ne suffit pas pour conclure à l'existence d'une impotence (RCC 1989 p. 228 et 1986 p. 507). Par ailleurs, le dossier n'établit pas que la recourante aurait besoin d'une surveillance personnelle permanente au sens de l'art. 36 al. 2 let. b RAI, de sorte qu'elle ne remplit pas les conditions du droit à une allocation d'impotence de degré moyen. g) Sur le vu de ce qui précède, la recourante a droit à une allocation pour impotence de degré faible. C'est dans ce sens qu'il convient d'accueillir ses conclusions et d'annuler le jugement attaqué. Représentée par Pro Infirmis, la recourante a droit à des dépens (arrêt non publié K. du 30 avril 1998, I 501/97 et VSI 2000, p. 295 consid. 2).