Citation: 8C_604/2023 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, les critiques relatives au rapport d'expertise psychiatrique ne suffisent pas à démontrer le manque d'objectivité de l'expert ou l'absence de valeur probante de son expertise. Singulièrement, en ce qui concerne les troubles neurocognitifs, il ressort de l'arrêt attaqué que dans le cadre de l'entretien psychiatrique, la recourante a été capable de donner des dates précises et de citer des exemples à ce propos. Bien qu'elle ait dit avoir des troubles de la concentration et de la mémoire, l'expert n'a pas pu les objectiver pendant l'entretien. Il a souligné l'absence de troubles de l'attention et de la compréhension, l'absence de troubles de la mémoire d'anciens souvenirs ou de faits nouveaux. L'expert a ainsi fait la distinction entre les troubles cognitifs relatés comme plaintes par la recourante et ses observations médicales objectives à l'examen clinique. En tant que la recourante fait référence aux troubles neurocognitifs observés par ses médecins traitants, et de manière plus générale soutient que l'expertise présente des divergences importantes avec les rapports de ses médecins traitants, il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'aller rechercher lui-même dans le dossier les pièces permettant d'appuyer les allégations de la recourante. Celle-ci ne fait, en tout état de cause, pas état d'éléments objectivement vérifiables qui auraient été ignorés dans le cadre de l'expertise psychiatrique et qui seraient suffisamment pertinents pour en remettre en cause les conclusions. Pour le reste, s'agissant de la notion de mort imminente, l'expert psychiatre a mentionné la période de guerre vécue par la recourante dans son pays d'origine, lorsqu'elle a été bloquée les 3 ou 4 derniers mois dans sa maison avec ses enfants en raison de la présence de soldats serbes qui leur intimaient de rester à l'intérieur, sans retenir d'élément objectif permettant de diagnostiquer un état de stress post-traumatique. En se plaignant du fait que l'expert et la juridiction cantonale n'ont pas pris en compte sa peur imminente de mourir lors de la guerre des Balkans, elle n'établit pas en quoi cet élément serait, en l'état, décisif. En effet, les premiers juges ont relevé que le désaccord sur la notion de menace de mort imminente n'était pas déterminant, eu égard à la jurisprudence du Tribunal fédéral relative au diagnostic d'état de stress post-traumatique (ATF 142 V 342 consid. 5.1 recte 5.2.2; arrêt 9C_480/2021 du 8 novembre 2022 consid. 5.3.2). Le Tribunal fédéral a admis que pour que le diagnostic d'état de stress post-traumatique de survenue différée puisse être retenu, l'ensemble des critères diagnostiques du CIM-10 doit être présent au plus tard six mois après l'événement; exceptionnellement, une durée supérieure à six mois peut être admise, mais elle doit alors faire l'objet d'une motivation toute particulière. Or la recourante ne prétend pas que cette condition serait remplie en l'espèce. Quant au fait que l'expert aurait fait référence à une "pensée magique" influencée par des croyances culturelles, on ne voit pas en quoi son impartialité serait remise en cause. L'expert a constaté, concernant les troubles de la perception et le fait que la recourante disait entendre des voix, que cela ne correspondait pas à la sémiologie d'un trouble de la perception dans le sens d'hallucinations auditives et visuelles. Il n'a relevé aucune angoisse chez l'assurée lorsqu'elle évoquait ses voix, n'a noté aucun autre symptôme du registre psychotique et a compris cela comme étant des illusions senso-perceptives (rapport d'expertise p. 12), procédant ainsi à une évaluation psychiatrique objective. Il s'ensuit que le grief tiré de l'arbitraire - s'agissant de l'appréciation de l'expertise du CEMEDEX - est mal fondé. Les juges cantonaux étaient ainsi fondés à reconnaître à la recourante, sur la base de cette expertise, une capacité de travail de 50 % dans toute activité, sans autre mesure d'instruction.