Citation: 1A.254/2000 31.01.2001 E. A

A.- Le 16 juin 1999, le Ministère de la justice de la République hellénique a transmis à l'Office fédéral de la police (ci-après: l'Office fédéral) une demande d'entraide judiciaire fondée sur la Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pénale, conclue à Strasbourg le 20 avril 1959, entrée en vigueur le 12 juin 1962 pour la Grèce et le 20 mars 1967 pour la Suisse (CEEJ; RS 0.351. 1). Cette demande était présentée pour les besoins de la procédure conduite par Dionysios Palladinos, Juge de la 8ème Chambre d'instruction du Tribunal d'Athènes, contre P.________ et H.________, pour fraude et complicité de fraude, ainsi que pour soustraction, délits réprimés par les art. 13 al. 6, 46 par. 18, 94 par. 1, 98, 375 par. 1b-a et 2, 378 let. a et 386 par. 1b-a et 3 du Code pénal grec. A la demande était joint un exposé des faits, daté du 17 mai 1999 et rédigé par le Juge Palladinos. Selon ce document, L.________ et P.________ sont soeurs et un litige est survenu entre elles au sujet de l'héritage de leur père, M.________. L.________ avait déposé plainte pénale contre P.________, en accusant celle-ci d'avoir détourné une partie de la fortune paternelle, au détriment d'elle-même et de leur mère, avec la complicité de H.________. Des fonds détournés auraient été acheminés sur des comptes bancaires en Suisse. L'enquête avait permis de déterminer que les comptes ouverts au nom de M.________ auprès de la Société de Banque Suisse (devenue dans l'intervalle UBS, ci-après: la Banque) avaient été fermés depuis 1993 et que les fonds se trouvant sur ces comptes avaient été transférés sur d'autres comptes ouverts auprès de la même banque (désignés sous les nos aaa, bbb, ccc, ddd, eee, fff, ggg, hhh, iii, jjj, kkk et lll). La demande tendait à la détermination de tous les mouvements opérés sur ces comptes depuis 1993, à l'identification de leurs ayants droit et titulaires, des personnes y ayant procédé à des versements ou à des retraits, ainsi que des personnes, physiques ou morales, dominées par P.________ ou H.________, qui auraient participé à ces mouvements de fonds. Le 8 juillet 1999, l'Office fédéral de la police a transmis la demande au Juge d'instruction du canton de Vaud, pour exécution. Le 13 juillet 1999, le Juge d'instruction est entré en matière. Le 20 juillet 1999, le Ministère grec de la justice a complété la demande. Il s'est référé à une requête établie le 6 juillet 1999 par le Juge Palladinos, demandant que soient remis les documents relatifs à tous les comptes découverts, jusqu'à leur clôture, y compris pour la période antérieure à 1993. Le Juge d'instruction a ordonné la production des pièces relatives aux comptes visés par la demande. La Banque a obtempéré les 27 septembre 1999, 30 novembre 1999 et 12 février 2000. Elle a remis au Juge d'instruction les documents relatifs au compte no hhh, dont L.________ avait été titulaire, avec M.________ et K.________; nos jjj, ggg, eee, fff dont P.________ avait été la titulaire; no ddd, dont elle avait été la titulaire avec M.________; no kkk, dont la société S.________ avait été la titulaire; no lll dont la société X.________ avait été la titulaire; no ccc, dont M.________ et K.________ avaient été les titulaires; no bbb, dont M.________ avait été le titulaire; no iii, dont un tiers avait été le titulaire. Le 27 septembre 1999, la demande a été complétée une nouvelle fois, le Juge Palladinos informant les autorités suisses que la procédure était secrète selon le droit grec. Le 16 juin 2000, le Juge d'instruction a rendu une décision de clôture ordonnant la transmission des renseignements concernant les onze comptes qui avaient été ouverts auprès de la Banque. Cette décision réserve expressément le principe de la spécialité. Par arrêt du 22 août 2000, le Tribunal d'accusation a rejeté le recours formé par P.________ contre la décision du 16 juin 2000, qu'il a confirmée.