Citation: 7B_343/2024 E. A

A.a. Le 21 mars 2014, B.________ a déposé plainte pénale contre C.________. Elle lui reprochait notamment de lui avoir donné une gifle le 19 mars 2014, lui causant ainsi des douleurs à la tête et à la nuque. Par ordonnance pénale du 12 février 2015, le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne a condamné C.________ à une peine pécuniaire et à une amende, notamment pour la gifle qu'il avait donnée à B.________ en mars 2014, en qualifiant celle-ci de voies de fait (art. 126 al. 1 CP). Cette ordonnance, qui renvoyait la partie plaignante à agir au civil pour faire valoir ses prétentions, n'a pas été contestée. A.b. Le 25 septembre 2018, B.________, insatisfaite des services de son précédent avocat, a consulté A.________, avocate spécialiste FSA en droit des assurances et de la responsabilité civile, à raison notamment du complexe de faits dénoncé le 21 mars 2014. Le 18 octobre 2019, l'avocate A.________ a déposé, pour le compte de sa cliente, une réquisition de poursuite portant sur la somme de 150'000 fr. dirigée contre C.________. La cause indiquée de l'obligation était libellée comme il suit sur le formulaire ad hoc : "Créance en dommages et intérêts dentaires résultant de l'agression du 21 ( recte : 19) mars 2014". Sous la rubrique "Observations", la réquisition de poursuite comportait la remarque suivante : "Poursuite interruptive de prescription". Le 15 novembre 2019, un commandement de payer a été notifié à C.________ par l'Office des poursuites du district de V.________ sur la base de la réquisition en question. A.c. C.________ a déposé plainte pénale le 13 février 2020 contre B.________ pour tentative de contrainte à raison de la notification du commandement de payer; par convention du 13 décembre 2021, il a retiré sa plainte moyennant retrait, soit radiation, de la poursuite intentée contre lui par B.________. Cette radiation a été requise par la poursuivante, agissant par sa mandataire. A.d. Le 12 octobre 2021, le Ministère public central, division affaires spéciales, du canton de Vaud (ci-après : le Ministère public) a décidé d'ouvrir une instruction pénale contre A.________ pour "avoir fait adresser un commandement de payer à hauteur de CHF 150'000 à C.________ pour le compte de B.________, au motif de dommages et intérêts dentaires résultant d'une gifle qu'il lui a[vait] assénée le 21.03.2014". L'instruction a établi que l'avocate n'avait pas pris contact avec C.________ avant l'envoi du commandement de payer, ni tenté d'obtenir une interruption de la prescription au préalable. De plus, il découlait d'une lettre du 11 juillet 2019 qu'elle avait correctement compris que la prescription pour l'acte illicite commis au préjudice de sa mandante était déjà acquise, réservant seulement le traitement dentaire. L'instruction a également permis de constater qu'elle savait déjà, en juillet 2019, que sa cliente avait subi une lésion dentaire en croquant un bout d'os et que les frais de traitement ne pouvaient pas être imputés, en tout cas pas en totalité, à la gifle donnée par C.________ en 2014. A.e. Entendue le 19 juillet 2022 en qualité de prévenue, l'avocate A.________ a indiqué avoir chiffré le montant de 150'000 fr. réclamé en tenant compte d'un dommage dentaire à hauteur de 20'000 fr. environ, d'un tort moral compris entre 10'000 fr. et 20'000 fr. à cause de séquelles notamment auditives, d'un préjudice ménager de 84'000 fr. environ et d'une perte de gain. Elle a déclaré ne pas avoir été informée du fait que sa cliente avait subi un accident dentaire un mois avant d'avoir reçu la gifle en cause. S'agissant de la prescription, A.________ a indiqué qu'elle savait que la gifle avait été donnée en 2014 et qu'elle avait été considérée pénalement comme une contravention. Elle a toutefois précisé qu'elle avait estimé que le délai de prescription relatif d'une année pouvait partir à "la date du courrier de l'assurance accident qui refusait la prise en charge, à savoir le 19 octobre 2018", de sorte que la prescription pouvait échoir le 19 octobre 2019. En ce qui concernait la cause de l'obligation, l'avocate a expliqué que le montant ne visait pas uniquement des "dommages et intérêts dentaires", contrairement à ce qui figurait dans la réquisition de poursuite et le commandement de payer, mais tous les frais évoqués ci-dessus. Elle a mentionné que l'erreur dans le libellé de l'obligation était due au fait que la réquisition avait été rédigée par son stagiaire et qu'elle n'avait pas fait attention au fait que le mot "dentaire" figurait dans l'intitulé de la créance. Enfin, elle a indiqué ignorer que seul le texte du titre de la créance était reproduit sur le commandement de payer, et pensait que sa remarque "Poursuite interruptive de prescription", figurant sous la rubrique "Observations" de sa réquisition de poursuite, serait portée à la connaissance de C.________.