Citation: 7B_108/2023 E. 4.4.2

4.4.2. En ce qui concerne le ch. 1.1.1.F. de l'acte d'accusation, dans lequel il est reproché au recourant d'avoir, entre 1992 et le mois d'avril 1994, à plusieurs reprises pénétré vaginalement sa belle-fille avec ses doigts alors qu'elle prenait sa douche, l'autorité précédente a considéré, en substance, que la crédibilité de l'intimée avait été admise et que la répétition des actes excluait de considérer qu'ils étaient tous intervenus avant le 1 er octobre 1992 et donc prescrits. Quant aux faits énumérés au chiffre 1.1.1. de l'acte d'accusation, l'autorité précédente a jugé que l'intimée avait fourni à ce propos des descriptions, que ce soit sous forme écrite (dans la "Lettre à mon violeur" ou les feuillets volants accompagnant son cahier) ou lors de ses auditions, de certains épisodes ou sensations dont elle se rappelait, qui devaient être tenus pour conformes à la réalité, au vu des éléments retenus (cf. consid. 4.3.1 supra); ainsi, le premier viol qui était intervenu en Europe, peu avant le huitième anniversaire de l'intimée, mentionnait en particulier des détails qui ne pouvaient pas avoir été inventés, telle la robe bleue portée ce jour-là et la Barbie sirène, offerte peu après, qui avait effectivement été mise sur le marché en 1992; bien que prescrit, cet événement renforçait la crédibilité de l'intimée, s'agissant de ceux qui avaient suivis. L'autorité précédente a ainsi conclu que le recourant devait être reconnu coupable pour ces faits; toutefois, compte tenu du caractère lacunaire des souvenirs de l'intimée, du nombre réduit d'exemples qu'elle avait été en mesure de fournir à l'appui de ses accusations et des fluctuations dans ses déclarations sur ce point, la régularité d'une fois par semaine ne pouvait pas être retenue, quand bien même la victime exposait de façon crédible que les faits s'étaient répétés. Le principe de la présomption d'innocence devant ici prévaloir, la cour cantonale a retenu que les faits s'étaient produits en tout cas à deux reprises en temps non prescrit, soit à partir du 1 er octobre 1992. Le recourant se contente de dire à cet égard qu'en "théorie" il serait "possible" que certains actes se soient produits avant le 1 er octobre 1992 et d'autres après, respectivement que rien ne permettrait d'écarter qu'il y ait eu des actes répétés entre le 1 er janvier et le 30 septembre 1992 et qu'aucun élément du dossier ne permettrait de situer les actes dans le temps. Cette argumentation ne suffit pas non plus à faire apparaître comme insoutenable l'argumentation détaillée de la cour cantonale qui s'est fondée sur plusieurs éléments pour parvenir à la conclusion qu'une partie des faits dénoncés, constitutifs d'actes d'ordre sexuel avec un enfant et de viol, avaient eu lieu après le 1 er octobre 1992 et que le recourant devait être reconnu coupable pour ceux-ci.