Citation: 4A_310/2014 E. A

A.a. Le 14 août 2004, en début de soirée, C.Y.________, née le 20 août 1966, qui souhaitait avoir une discussion avec son père, Y.________, au sujet du soutien financier qu'elle sollicitait, est entrée dans la chambre de ce dernier; voyant que son père tenait à la main un révolver, C.Y.________ a immédiatement pris la fuite. Sortant de sa chambre, Y.________ a tiré cinq coups de feu en direction de sa fille; il a encore appuyé à deux reprises sur la détente de l'arme en direction de l'époux de celle-ci, qui était arrivé pour la secourir, mais aucun coup de feu n'est parti, le chargeur étant vidé. Une des balles a touché C.Y.________ au niveau de l'épaule et a pénétré jusqu'à la moelle épinière, provoquant une paraplégie sensorimotrice complète et définitive au-dessous de la vertèbre D1; une autre balle l'a blessée au niveau du mollet (complètement d'office en vertu de l'art. 105 al. 2 LTF). C.Y.________ a été hospitalisée au service des soins intensifs de chirurgie des Hôpitaux universitaires de Genève du 14 au 27 août 2004. Après avoir été transférée au Centre suisse de paraplégie de Nottwil pendant trois mois, elle a séjourné dans le service de rééducation neurologique de la Clinique A.________. A dire d'experts, C.Y.________ aura besoin sa vie durant de soins infirmiers (aide quotidienne pour la toilette et l'habillage, hebdomadaire pour les troubles sphinctériens) et physiothérapeutiques (trois séances par semaine), ainsi que d'un suivi ergothérapeutique. S'y ajoutent des soins psychothérapeutiques pour soigner son état dépressif. Il n'y a aucune activité de la vie quotidienne pour laquelle elle est totalement indépendante. Elle peut conduire un véhicule automobile adapté à son handicap, le coût des modifications nécessaires étant estimé à 50'000 fr. Par arrêt du 20 juin 2008, la Cour d'assises du canton de Genève a condamné Y.________, pour tentative de meurtre et crime impossible de meurtre, à une peine privative de liberté de trois ans, dont six mois sans sursis; la Cour d'assises a renvoyé à une décision ultérieure le sort des prétentions civiles. A.b. Au moment des faits, C.Y.________, qui est mariée et a deux enfants nés respectivement en 1988 et en 1991, était, depuis le 1er juin 2003, employée à 80% en qualité d'assistante de bureau par la société B.________ SA, dont son père était l'ayant droit économique; au bénéfice d'un contrat de travail de durée indéterminée, elle percevait mensuellement un salaire brut de 3'350 fr., versé douze fois l'an, ce qui représentait 40'200 fr. brut par an. Il a été retenu qu'après l'accident, B.________ SA a continué à verser son salaire à la prénommée jusqu'au 31 mars 2006, ce qui représente le versement d'une somme totale de 63'023 fr.35. L'assurance-invalidité (AI) a alloué à C.Y.________, du 1er août 2005 au 31 décembre 2006, une rente d'invalidité entière de 1'737 fr., complétée de deux rentes simples complémentaires en faveur de ses enfants, de 695 fr. pour chacun d'eux; du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2008, la rente entière s'est montée à 1'786 fr., chaque rente complémentaire étant de 714 fr.; à partir du 1er janvier 2009, la rente entière s'est élevée à 1'842 fr., chaque rente complémentaire se montant à 737 fr. L'AI a en outre octroyé à la victime une allocation pour impotent de gravité moyenne de 1'075 fr. par mois du 1er août 2005 au 31 mars 2006 (50% du montant maximum d'alors de la rente de vieillesse), somme qui a été portée à 1'172 fr. par mois du 1er avril 2006 au 31 décembre 2007, puis à 1384 fr. par mois dès le 1er janvier 2008. L'assureur-accidents Helsana a pour sa part alloué à C.Y.________ notamment des indemnités journalières, pour la période du 17 août 2004 au 31 mars 2006, se montant à 65'411 fr.30, dont 13'083 fr.30 ont été versés à B.________ SA et le solde, par 52'328 fr., à la victime. Par décisions des 13 septembre 2006 et 5 janvier 2007, Helsana a reconnu la prise en charge de divers frais médicaux, à savoir deux séances de physiothérapie par semaine, des séances de psychothérapie, des frais pharmaceutiques, trois consultations médicales de contrôle chaque mois, des soins infirmiers à domicile, les traitements médicaux et séjours hospitaliers nécessaires et des séances d'ergothérapie jusqu'à fin décembre 2006. Du mois de mai 2005 au mois de novembre 2007, C.Y.________ a reçu de son père une somme mensuelle de 2'000 fr., laquelle a été portée à 3'000 fr. à partir de décembre 2007. Le père de la prénommée a procédé à ces versements dans le but de compléter la rente mensuelle AI de sa fille.