Citation: I 752/04 24.08.2005 E. 5

Se pose dès lors la question de la présence éventuelle d'autres critères, dont le cumul permet d'apprécier le caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux. 5.1 Selon le rapport d'expertise pluridisciplinaire du 30 septembre 2002 (cf. également rapport du 20 janvier 2001 du docteur D.________), l'intimée présente, depuis 1996, des douleurs chroniques au niveau de la ceinture cervico-scapulaire, des lombosciatalgies chroniques, des douleurs diffuses au niveau des membres inférieurs et supérieurs. L'on peut dès lors tenir l'existence d'affections corporelles chroniques comme étant établie en l'espèce. 5.2 Ce nonobstant, l'intimée est à même d'effectuer un certain nombre de tâches ménagères (en particulier la préparation des repas, les emplettes légères), de se consacrer à l'éducation de ses deux enfants, d'effectuer des promenades, d'exercer certaines activités sportives (aquagym, gymnastique douce), d'entretenir des contacts sociaux et d'effectuer des voyages, se rendant une fois par année dans son pays d'origine pour y passer les vacances (cf. rapport d'expertise du 30 septembre 2002, p. 4, 6 et 11). Ce faisant, elle n'a pas épuisé toutes ses ressources adaptatives de même qu'elle ne subit pas de perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. 5.3 De plus, le trouble dépressif diagnostiqué est à l'heure actuelle compensé par la prise de Fluctine. Un suivi psychiatrique pourrait en outre constituer un traitement adéquat des troubles en cause. Aussi - et même si l'intéressée ne semble pas disposer des capacités d'élaboration nécessaires à une prise en charge psychiatrique (rapport d'expertise, p. 13 sv.) - n'y a-t-il pas lieu de conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique ou à l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art. 5.4 Enfin, il convient d'observer qu'en l'absence de comorbidité psychiatrique, la reconnaissance du caractère invalidant de troubles somatoformes chez de jeunes assurés doit rester exceptionnelle (cf. Meyer-Blaser, op. cit., p. 87). Dans ce cas, on doit admettre que la personne n'a pas épuisé toutes ses ressources psychiques lui permettant de surmonter sa douleur. 5.5 Sur le vu de ce qui précède, il apparaît que les troubles psychiques litigieux ne se manifestent pas avec une telle sévérité que, d'un point de vue objectif, ils excluent toute mise en valeur de la capacité de travail de l'intimée. Au contraire, il y a lieu d'admettre le caractère exigible d'un effort de volonté de sa part en vue de surmonter la douleur et de se réinsérer dans un processus de travail. Dès lors, c'est à tort que les premiers juges ont considéré qu'elle présentait une incapacité de travail de 50 % résultant de troubles somatoformes douloureux, fût-ce sur la base des conclusions du docteur C.________ (cf. rapport d'expertise du 30 septembre 2002). En l'absence de comorbidité psychiatrique, l'incapacité de travail résultant de tels troubles s'évalue en effet à la lumière de critères jurisprudentiels (cf. consid. 2.2 supra) et non en regard des seules conclusions médicales dont il est dès lors possible de s'écarter.