Citation: 6B_1045/2021 E. 3.3

3.3. En l'espèce, la cour d'appel parle à juste titre d'une constellation de type "témoignage contre témoignage", les déclarations de l'intimé, de la recourante et de sa soeur étant les seuls moyens de preuve, à défaut d'élément matériel étayant leurs allégations. Ces déclarations revêtent donc une importance décisive pour l'issue de la procédure. Il est également établi qu'après un non-lieu en 2009, la procédure préliminaire a été reprise (cf. art. 323 CPP) en 2019 en raison du fait que la soeur de la recourante avait confié à cette dernière qu'elle était présente au moment des faits dont l'intimé est accusé et prête à témoigner. Autant dire que le témoignage de C.A.________ apparaît comme un élément déterminant pour le prononcé du jugement. Pourtant, la prénommée n'a été entendue ni par le tribunal de première instance, ni par la cour d'appel, mais uniquement lors de sa déposition auprès de la police; elle n'a donc livré son témoignage qu'une seule fois, sans contradiction, lors de la procédure préliminaire. A cela s'ajoute que les juges cantonaux s'appuient largement sur ses déclarations pour remettre en cause l'appréciation du premier juge, mettant en évidence une incompatibilité entre celles-ci et le courrier de la recourante du 12 avril 2019. Ils s'étonnent également du fait que C.A.________ "n'a[it] jamais pensé à dire à sa soeur qu'elle pouvait confirmer les accusations pour en avoir été le témoin" et s'écarte du point de vue du premier juge sur la qualité des relations entre elle et l'intimé. Ils relèvent enfin des divergences entre les déclarations des deux soeurs sur le moment où C.A.________ aurait dit à sa soeur avoir assisté, à tout le moins en partie, aux faits dénoncés, ainsi que par rapport au fait qu'elle n'aurait vu qu'une seule main dans la culotte de sa soeur alors que celle-ci a parlé des deux mains. Or, si les déclarations de la témoin présentaient des points d'interrogation ou révélaient des difficultés de compréhension qui n'avaient pas été clarifiées par le tribunal de première instance, l'instance précédente ne pouvait pas renoncer à son interrogatoire personnel, indépendamment d'une requête des parties dans ce sens. En outre, on ne saurait déduire des divergences et autres points d'interrogation mis en évidence par la juridiction d'appel que les déclarations des deux soeurs seraient complètement incohérentes, étant rappelé que leurs témoignages ont porté sur des faits qui seraient survenus en 2003, alors qu'elles étaient âgées respectivement de 9 et 12 ans. Quant aux autres éléments exposés par les juges cantonaux pour fonder leur conviction, ils sont contestés par la recourante et ne permettent pas de reléguer d'emblée au second plan l'importance du témoignage de la soeur sans avoir au préalable procédé à l'audition de celle-ci. A ce stade de la procédure, il n'est pas non plus possible de considérer qu'en tout état de cause, un doute insurmontable persisterait et profiterait à l'intimé.