Citation: 5C.257/1999 25.01.2000 E. B

B.- A Pâques 1989, dame L.________, qui est comme son mari de confession catholique, a opéré "une prise de conscience religieuse de sa situation matrimoniale, réalisant qu'elle n'était pas mariée avec son époux et en éprouvant un grand soulagement. Elle a compris que son mariage était un échec, malgré ses efforts, et qu'elle n'était que la maîtresse de cet homme avec qui elle avait essayé de construire quelque chose de plus, notamment en procréant" (jugement attaqué, p. 9). En juin 1989, les époux ont discuté avec un certain G.________, qui n'était pas encore prêtre à cette époque. Celui-ci leur a indiqué que la seule solution chrétienne pour continuer à vivre ensemble était de le faire "comme frère et soeur", moyennant quoi il a convaincu dame L.________ de rester avec son mari, dans l'intérêt des enfants. L.________ a accepté les conditions mises à la continuation de la vie commune pour sauver son ménage et préserver un foyer pour ses enfants, pensant qu'avec le temps son épouse changerait d'avis. Malgré cela, l'épouse a cité le 8/12 juin 1989 son mari en conciliation en vue de divorcer, car elle désirait mettre fin à l'union civile tout en continuant à vivre sous le même toit que son mari en bonne harmonie. Le juge a délivré acte de non-conciliation après avoir pris acte d'une convention prévoyant que "d'un commun accord, les époux L.________ désirent continuer à vivre ensemble pour le bien des enfants, mais en frère et soeur, sans engagement de la part de l'épouse quant à la durée".