Citation: 5A_818/2022 E. 3.3

3.3. En l'espèce, la critique des recourants ne permet pas d'affirmer que la cour cantonale aurait abusé du large pouvoir d'appréciation dont elle dispose dans ce domaine en considérant - au regard des constatations de fait qui n'ont pas été valablement remises en cause (cf. supra consid. 3.1) - que le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant, à l'aune des principes rappelés ci-dessus (cf. supra consid. 3.2), compromettrait son développement et que ce danger ne peut pas être écarté par une mesure moins incisive. Contrairement à ce que les recourants soutiennent, l'autorité cantonale ne s'est nullement contredite, mais s'est bien plutôt livrée à une appréciation des preuves administrées, dont le résultat n'est pas valablement remis en cause par la critique purement appellatoire qu'ils ont développée à l'appui du présent recours. Il y a donc lieu de s'en tenir au constat des juges précédents, selon lequel la volonté actuelle des parents de collaborer avec un éventuel réseau mis en place semble peu probable, compte tenu notamment du contexte conflictuel important autour de la prise en charge du mineur durant ces dernières années. A cet égard, la cour cantonale a retenu, de façon à lier le Tribunal fédéral, que, sur le plan médical, les parents avaient régulièrement contesté les décisions prises par les médecins, estimant qu'elles allaient à l'encontre des besoins de leur fils. La direction du CHUV avait d'ailleurs relevé de nombreux actes et décisions inadéquats concernant l'enfant, qui allaient massivement à l'encontre du projet de soins et évoquaient même un contexte de maltraitance. Les recommandations médicales n'avaient ainsi pas toujours été respectées, tant s'agissant du suivi que des soins (aspirations nasales intempestives, inutilement fréquentes et traumatiques, modifications de la médication, absence de reconnaissance des besoins affectifs de l'enfant, sous-stimulation de celui-ci, trop souvent laissé dans son lit, multiples visites aux urgences en raison de troubles non objectivés par le corps médical, etc.). Le CHUV avait en outre dû mettre en place de nombreuses mesures pour pouvoir collaborer un tant soi peu avec les parents. Le pédiatre entendu comme témoin par la justice de paix avait de son côté relevé qu'il éprouvait des craintes sur le plan éducatif et comportemental de l'enfant lorsque celui-ci se trouvait à domicile. Il y passerait en effet beaucoup de temps dans son lit, y serait sous-stimulé et coupé de toute socialisation. Pour la cour cantonale, le bien-être des autres membres de la fratrie ne plaidait pas non plus pour un retour à domicile de leur frère dès lors que, lorsque celui-ci demeurait chez ses parents, ceux-ci ne parvenaient pas à apporter les soins, l'attention et l'éducation nécessaire à leurs deux autres enfants. Dès lors que, dans de telles circonstances, l'autorité cantonale, faisant usage de son large pouvoir d'appréciation, était fondée à admettre que renoncer au placement de l'enfant dans une institution adaptée compromettrait objectivement son bon développement, les arguments avancés par les recourants aux fins d'expliquer leur propre comportement importent peu. S'agissant de l'impossibilité, en l'état, d'un placement de leur fils à plein temps auprès de l'école spécialisée prévue, les recourants ne remettent pas non plus valablement en cause le constat des juges précédents, selon lequel tout est mis en oeuvre pour qu'un tel placement puisse prendre effet le plus rapidement possible, un placement à domicile étant envisageable dans l'intervalle. Quoi qu'il en soit, leur critique sur ce point n'est pas de nature à infirmer la pesée des intérêts ayant conduit la cour cantonale à retenir le caractère proportionné de la mesure, compte tenu des circonstances particulières de l'espèce. Autant que recevable, le grief doit par conséquent être rejeté.