Citation: 9C_204/2021 E. 3.4

3.4. Sous la rubrique "Perception de l'avenir", le docteur B.________ a mentionné que l'assurée était ouverte à une reprise professionnelle à 50 %, mais souhaitait pouvoir s'occuper de son fils pour l'autre 50 %. Il a ensuite indiqué que lorsqu'"on lui demande si elle se voit travailler", l'assurée avait répondu "oui, mais à 50 % pas plus" car elle devait gérer son fils, et qu'elle avait précisé qu'une fois qu'il serait plus grand, elle pourrait augmenter son taux d'occupation professionnelle, mais pas à 100 %, car cela serait néfaste pour sa santé. Compte tenu des indications de l'expert, il n'apparaît pas que la discussion ou les questions du médecin aient porté sur la situation (hypothétique) professionnelle de l'assurée, sans atteinte à la santé. Il était ainsi question de "l'avenir professionnel" de l'assurée, sans précision que celle-ci devait se projeter dans le futur en faisant abstraction de ses atteintes à la santé. La considération des premiers juges selon laquelle, étant donné que la recourante estimait être totalement incapable de travailler, le taux partiel de 50 % qu'elle avait mentionné à l'expert B.________ était celui auquel elle aurait travaillé si elle avait été en bonne santé ne peut dès lors pas être suivie. A cet égard, lors de l'audience de comparution personnelle du 9 mars 2020, l'assurée a expliqué à la juridiction cantonale qu'elle n'avait pas très bien compris la question que lui avait posée le docteur B.________ en relation avec son taux de travail et a indiqué que sans atteinte à la santé, elle travaillerait à 100 %. En l'occurrence, il apparaît, au degré de la vraisemblance prépondérante, que la recourante avait mal compris les questions de l'expert B.________ sur son avenir professionnel, comme elle l'avait déjà exposé dans son écriture de recours devant la juridiction cantonale. Dans ses objections au projet de décision du 2 avril 2019 - dans lequel le statut de l'assurée n'a pas été mentionné -, l'assurée avait en outre déjà clairement indiqué qu'un statut d'active à 100 % devait lui être reconnu, si bien que la juridiction de première instance ne pouvait pas lui reprocher d'avoir fait des déclarations contradictoires. On relèvera du reste à cet égard que la jurisprudence concernant les premières déclarations ou les déclarations de la première heure (cf. ATF 121 V 45 consid. 2a) ne constitue pas une règle de droit absolue, faute de quoi elle entrerait en conflit avec le principe de la libre appréciation des preuves (art. 61 let. c LPGA). De telles déclarations sont des hypothèses abstraites dont la teneur dépend notamment du taux de compréhension que peut en avoir l'assuré concerné et de la situation personnelle ou financière de celui-ci qui ne peut être considérée comme figée à l'époque de leur première émission (cf. arrêt 9C_139/2010 du 29 octobre 2010 consid. 3.2). Il convient également de mettre en évidence que l'intimé n'a pas jugé utile d'interpeller l'assurée sur la question ici déterminante au cours de la procédure administrative.