Citation: 2C_467/2020 E. 4.5

4.5. Sous l'angle des intérêts privés de l'intimé à demeurer en Suisse, c'est à tort que la Cour de justice apparaît accorder un poids important au risque de récidive, évalué comme faible par les autorités pénales, ainsi qu'au bon comportement de l'intéressé en détention et depuis sa sortie de prison. Ce dernier élément pèse peu dans la balance. Non seulement un tel comportement est attendu de tout délinquant (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128; arrêt 6B_2/2019 du 27 septembre 2019 consid. 8.4 non publié in ATF 145 IV 455), mais il ne permet de plus pas de tirer des conclusions déterminantes de l'attitude de l'intimé, du point de vue du droit des étrangers, afin d'évaluer sa dangerosité une fois en liberté, compte tenu du contrôle relativement étroit exercé par les autorités durant la période d'exécution de la peine, qui comprend le passage en milieu ouvert et le régime de congés. Il en va de même de la période de libération conditionnelle, puisqu'une récidive conduirait probablement à la révocation de ce régime (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128; arrêt 2C_727/2019 du 10 janvier 2020 consid. 5.4.3 et les références). Il n'en va pas différemment du risque de récidive, dans la mesure où, s'agissant d'infractions pénales graves, en particulier les atteintes graves à la vie et à l'intégrité corporelle, même un faible risque de récidive n'est pas acceptable (cf. ATF 139 I 31 consid. 2.3.2 p. 34; arrêt 2C_779/2017 du 26 octobre 2018 consid. 3.6). Du reste, l'ALCP (RS 0.142.112.681) ne s'appliquant pas en l'espèce, le risque concret de récidive n'est pas déterminant. Au demeurant, un tel risque, bien que faible, a bel et bien été reconnu en l'occurrence, ce en lien avec une infraction grave (cf. ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; arrêt 2C_94/2020 du 4 juin 2020 consid. 4.5 et les arrêts cités). Le temps écoulé depuis la dernière condamnation doit également être relativisé, dans la mesure où l'intimé a passé l'essentiel de cette période à exécuter la peine prononcée à son encontre. Enfin, s'il faut saluer le versement régulier d'une somme d'argent à la victime de ses agissements, force est de constater, avec l'autorité recourante, que cet aspect ne résulte pas de la volonté de l'intéressé, mais de l'exécution d'une décision pénale.