Citation: 6B_1231/2023 E. 2.5

2.5. On recherche en vain, dans ces développements, toute argumentation tendant à démontrer que l'appréciation anticipée opérée par la cour cantonale serait entachée d'arbitraire. Dans la perspective des critères jurisprudentiels permettant d'apprécier la nécessité de mettre en oeuvre une expertise de crédibilité, le recourant ne discute pas explicitement l'influence de l'âge des enfants. Il ne soutient pas non plus précisément que la cour cantonale aurait arbitrairement méconnu l'influence de certaines circonstances d'ordre médical, psychologique ou psychiatrique ou encore que les déclarations déterminantes seraient fragmentaires ou difficilement interprétables. En se plaignant d'avoir été privé d'une preuve "optimale" et en reprochant à la cour cantonale d'avoir apprécié la crédibilité des déclarations des enfants sans l'aide d'un expert, le recourant perd de vue qu'il n'y a pas de hiérarchie des preuves, mais tout au plus des circonstances dans lesquelles l'administration d'une preuve telle que l'expertise de crédibilité s'impose et que le Tribunal fédéral n'examine ces questions de libre appréciation que sous l'angle de l'arbitraire. Tels qu'ils sont articulés, les moyens soulevés par le recourant se résument à opposer sa propre appréciation à celle (anticipée) de la cour cantonale, dans une démarche appellatoire, irrecevable dans le recours en matière pénale. Il en va ainsi, en particulier, en tant qu'il invoque l'existence d'un conflit de loyauté et oppose sa propre lecture des motifs avancés par le père des enfants pour expliquer le retrait de sa plainte. Dans ses considérants au fond, la cour cantonale a dûment expliqué qu'elle ne voyait pas en quoi ce conflit de loyauté aurait pu pousser les enfants à porter de fausses accusations contre leur beau-père. Elle n'en a donc pas méconnu l'existence et son appréciation selon laquelle cette situation n'étayait pas l'hypothèse de fausses accusations n'est manifestement pas insoutenable. Comme on le verra dans la suite (v. infra : consid. 3 ss), les accusations de mauvais traitement aux deux enfants sont solidement corroborées par les explications de divers témoins quant à la personnalité du recourant et à son comportement à l'endroit de ses propres enfants notamment. Quant à celles relevant du domaine sexuel au préjudice de l'intimée 2, on conçoit mal, si elles avaient été fausses et procédé d'un complot, que cette dernière ne les ait émises qu'à l'été 2020, alors que le recourant avait été contraint à quitter le domicile familial en 2018 déjà. Il n'y avait, en tous les cas, rien d'insoutenable à privilégier l'explication d'un dévoilement notoirement difficile de ce type de faits (v. infra consid. 3.3.2). Il n'était, dès lors, pas arbitraire non plus de refuser d'ordonner le dépôt de l'intégralité des dossiers des procédures civiles ouvertes entre les parents des intimés 2 et de procéder aux autres mesures d'instruction requises par le recourant en lien avec le conflit de loyauté, notamment les auditions de l'intervenante et de l'enseignante d'agrès. La cour cantonale a également explicité son appréciation de la capacité, voire de la propension, des enfants à mentir, qui ne portait cependant généralement que sur de petites choses en lien avec leur vie d'enfants (jugement sur appel, consid. 17.7 p. 42). Même si la cour cantonale n'a pas évoqué expressément et précisément ces éléments au stade de son appréciation anticipée des preuves requises, ces circonstances suffisent à démontrer que l'appréciation anticipée opérée n'était pas insoutenable, tout au moins dans son résultat. Pour le surplus, si le rapport d'expertise psychiatrique du 21 octobre 2021 écarte le diagnostic de pédophilie, ses auteurs n'ont pas pour autant exclu que le recourant ait commis les actes qui lui sont reprochés. En réservant à l'autorité judiciaire l'appréciation de la réalité des faits, ils les ont, au contraire, mis en relation avec le trouble de la personnalité qu'ils ont identifié et qualifié de sévère (jugement sur appel, consid. 16.6 p. 37). On ne voit dès lors pas ce que le recourant entend déduire en sa faveur, sous l'angle de l'arbitraire, du diagnostic posé par ces spécialistes. On ne voit pas plus ce qu'il entend tirer à son profit de la circonstance que l'intimée 2 a eu rendez-vous au centre de psychiatrie et psychothérapie le 26 octobre 2020, soit la veille de l'audition de sa mère par la police. Le recourant ne parvient donc pas à démontrer que la cour cantonale aurait arbitrairement écarté sa réquisition de preuve tendant à la mise en oeuvre d'une expertise de crédibilité, ce qui conduit au rejet, dans la mesure où il est recevable, du grief de violation de son droit d'être entendu.