Citation: 4A_313/2018 E. 3.6.5

3.6.5. Une ligne doctrinale semble ainsi se dessiner, selon laquelle le témoignage d'un avocat recueilli en violation du secret professionnel constitue une preuve obtenue de manière illicite dont l'utilisation reste possible aux conditions de l'art. 152 al. 2 CPC. L'alternative serait d'y voir une preuve irrégulière, non susceptible d'être prise en compte dans la mesure où le juge n'aurait pas dû l'administrer (cf. art. 161 al. 2 CPC). Force est toutefois d'admettre que le Code ne contient aucune interdiction en ce sens. Dans l'un et l'autre cas, il faut encore s'interroger sur le droit régissant la question du secret professionnel. Le droit suisse pourrait-il s'appliquer en tant que lex fori, lorsqu'un avocat ayant déployé, comme en l'espèce, une activité typique d'avocat à l'étranger est appelé à témoigner dans un procès civil se déroulant en Suisse? Une telle solution présenterait l'attrait de la simplicité et pourrait être légitimée par la finalité du secret professionnel de l'avocat, réputé concourir à une bonne administration de la justice en protégeant la confiance totale que le client doit avoir en son avocat et en permettant ainsi d'assurer sa défense efficacement (cf. ATF 117 Ia 341 consid. 6a p. 348; arrêt 1P.32/2005 du 11 juillet 2005 consid. 3.2).