Citation: 8C_751/2023 E. 6.2.2

6.2.2. De même qu'en ce qui concerne le coude gauche, en l'absence de toute mention d'arthrose dans son évaluation de 2004, on ne peut pas supputer que le docteur B.________ a fixé l'IPAI pour le genou gauche en tenant compte de l'apparition d'une arthrose ou de son aggravation. Cela étant, les tables 5 et 6 (atteinte à l'intégrité en cas d'instabilité articulaire) précisent que si l'articulation présente une instabilité en plus de l'arthrose (et inversement), on retiendra le taux d'atteinte à l'intégrité le plus élevé. En l'occurrence, selon la table 5, une arthrose fémoro-patellaire moyenne équivaut à une indemnité entre 5 et 10%. La table 6 indique un taux de 0 à 5 % pour une instabilité modérée si, comme en l'espèce, il ne s'agit pas d'une instabilité complexe. Dès lors, la conjonction de l'instabilité et de l'arthrose du genou gauche ne peut pas donner lieu à une IPAI supérieure à 10 %, que le recourant s'est déjà vu octroyer en 2005. Force est néanmoins de constater qu'il aura échappé au docteur E.________ que cette indemnité avait également été allouée en raison d'une limitation de la flexion du genou, et pas uniquement d'une instabilité. Compte tenu du taux prévu par la table 6 pour l'instabilité (0 à 5 %), on peut considérer que 5 % du taux de 10 % correspondait à la limitation de la flexion, dont rien n'indique qu'elle ait évolué. Le recourant peut donc prétendre à une IPAI de 15 % pour les atteintes à son genou gauche, le développement d'une arthrose fémoro-patellaire moyenne pouvant être considéré comme une aggravation importante, qui n'a pas été prise en considération en 2004. En revanche, le docteur D.________ ne fournit aucun élément laissant penser que l'arthrose du genou gauche va forcément s'aggraver. La mise en place d'une prothèse totale apparaît en l'état purement hypothétique. Par ailleurs, le taux de l'indemnité varie entre 20 % ("endoprothèse avec résultat bon") et 40 % ("endoprothèse avec résultat mauvais") en fonction des suites de l'opération, de sorte que l'importance d'une éventuelle aggravation de l'atteinte à l'intégrité n'est pas précisément quantifiable. En cas d'aggravation importante de l'atteinte à l'intégrité ensuite de la pose d'une endoprothèse, une révision au sens de l'art. 36 al. 4, seconde phrase, OLAA demeurera envisageable.