Citation: 2A.251/2001 27.09.2001 E. 3

3.- a) D'après la jurisprudence, le fait d'invoquer l'art. 7 al. 1 LSEE peut être constitutif d'un abus de droit, même en l'absence d'un mariage contracté dans le but d'éluder les dispositions sur le séjour et l'établissement des étrangers, au sens de l'art. 7 al. 2 LSEE (mariage fictif). L'existence d'un éventuel abus de droit doit toutefois être appréciée dans chaque cas particulier et avec retenue, seul l'abus manifeste pouvant être pris en considération. Un tel abus ne peut en particulier être déduit du simple fait que les époux ne vivent plus ensemble, puisque le législateur a volontairement renoncé à faire dépendre le droit à une autorisation de séjour de la vie commune (ATF 121 II 97 consid. 2 p. 100 s.). De même, on ne saurait uniquement reprocher à des époux de vivre séparés et de ne pas envisager le divorce. Cependant, il y a abus de droit lorsque le conjoint étranger invoque un mariage n'existant plus que formellement dans le seul but d'obtenir une autorisation de séjour ou d'établissement, car ce but n'est pas protégé par l'art. 7 LSEE (ATF 121 II 97 consid. 4a p. 103 s.). b) En l'espèce, le mariage du recourant avec son exépouse suisse, C.________, n'a pas été qualifié de fictif au sens de l'art. 7 al. 2 LSEE par l'autorité intimée. Certes les intéressés ont-ils l'un et l'autre affirmé s'être unis par amour lors de leur audition par la Police municipale de Lausanne le 28 avril 1998. Certaines circonstances permettent toutefois de s'interroger sur les véritables motivations qui ont poussé le recourant à épouser C.________. En particulier, il faut constater que ce mariage s'est fait le 4 septembre 1993, soit presque aussitôt après que le recourant eut divorcé de sa deuxième femme en Yougoslavie (le 19 juillet 1993) et fut arrivé en Suisse (le 26 juillet 1993). Il est également étonnant que la procédure de divorce entre le recourant et son épouse suisse ait été entamée en juillet 1998, soit, à deux mois près, cinq ans exactement après la célébration du mariage, durée qui correspond précisément au délai minimum requis pour prétendre l'octroi d'une autorisation d'établissement.