Citation: 4A_86/2023 E. A

A.a. Le 7 novembre 2007, A.________ et B.________, actionnaires de la société C.________ SA (ci-après: la société), ont conclu une convention d'actionnaires qui prévoit notamment que chaque associé s'engage à prendre à sa charge une part proportionnelle au financement de la société. Dite convention comporte une clause compromissoire, selon laquelle tout litige qui surviendrait au sujet ou en rapport avec la convention doit être tranché définitivement par un arbitre unique selon le règlement d'arbitrage de la Chambre de commerce et d'industrie de Genève. A.b. Le 30 juin 2016, B.________, détenteur d'un compte auprès de D.________ SA, a émis en faveur d'A.________ une garantie bancaire à hauteur de 2'500'000 euros, destinée à couvrir les engagements de celui-ci à l'égard d'E.________ AG. A.c. Le 7 décembre 2016, B.________ a également accordé un prêt de 2'750'000 fr. à A.________, montant que celui-ci a reçu et qui était remboursable, selon un avenant du 6 janvier 2017, à hauteur de 1'070'000 fr. le 15 février 2017 et de 1'680'000 fr. le 15 juillet 2017. A.________ a payé la première tranche de 1'070'000 fr. mais ne s'est pas acquitté du solde. A.d. Le 22 juin 2017, E.________ AG a fait appel à la garantie émise par D.________ SA à concurrence de 2'266'675,75 euros et le compte de B.________ a été débité à due concurrence. Par courriel du 27 juin 2017, A.________ a avisé B.________ de l'appel d'E.________ AG à la garantie et lui a indiqué que le montant de celle-ci lui serait remboursé d'ici au 7 juillet 2017. A.e. Par courriers des 13 et 24 novembre 2017, B.________ a mis en demeure A.________ de s'acquitter des montants de 1'680'000 fr. et de 2'266'675,75 euros, intérêts en sus. Le 11 janvier 2018, A.________ a contesté les prétentions de B.________ et a invoqué la compensation avec les dettes de celui-ci, au titre de sa participation aux charges de la société pour les années 2009 à 2016. A.f. Le 15 janvier 2018, B.________ (ci-après: le demandeur) a déposé sa demande auprès du Tribunal de première instance du canton de Genève, concluant à ce qu'A.________ (ci-après: le défendeur ou le recourant) fût condamné à lui payer les montants de 1'680'000 fr. et de 2'266'675,75 euros, intérêts en sus. Par mémoire de réponse et demande reconventionnelle du 15 février 2019, le défendeur a conclu au déboutement du demandeur de toutes ses conclusions et à ce qu'il fût condamné à lui payer la somme de 1'603'936 fr. 69, intérêts en sus, au titre de participation aux charges de la société. Selon le défendeur, les parties étaient convenues de renoncer au remboursement du prêt car le demandeur était débiteur envers lui desdites charges. Le tribunal ayant limité la procédure à la question de sa compétence pour statuer sur la demande reconventionnelle, le défendeur a admis, par mémoire du 14 octobre 2019, que ses prétentions reconventionnelles devaient être soumises au tribunal arbitral. Le défendeur a ensuite retiré sa demande reconventionnelle, puis a excipé de compensation à hauteur de 4'258'570 fr. 33. A.g. Par jugement du 14 décembre 2020, le Tribunal de première instance a condamné le défendeur à verser au demandeur les sommes de 2'266'675,75 euros et de 1'680'000 fr., intérêts en sus. Le tribunal a retenu que le défendeur avait admis être le débiteur du demandeur à hauteur de 2'266'675,75 euros, au titre du remboursement de la garantie bancaire appelée par E.________ AG, et de 1'680'000 fr. au titre du remboursement de la seconde tranche du prêt. Il a notamment déclaré l'objection de compensation irrecevable, car la créance invoquée en compensation par le défendeur devait être soumise à un tribunal arbitral. A.h. Par arrêt du 14 septembre 2021, la Cour de justice du canton de Genève a, sur appel du défendeur mis au bénéfice de l'assistance judiciaire, annulé ce jugement et renvoyé la cause au tribunal. En substance, elle a retenu une violation du droit d'être entendu des parties, dans la mesure où le tribunal avait rendu un jugement sur l'ensemble des prétentions alors qu'il n'avait gardé la cause à juger que sur la question de sa compétence pour connaître de la créance opposée en compensation et où les parties n'avaient renoncé ni à la tenue de débats concernant les prétentions du demandeur ni à l'administration des preuves. La cour cantonale a notamment retenu qu'il ne se justifiait pas de s'écarter de la jurisprudence fédérale, selon laquelle le tribunal saisi de l'action principale ne peut pas statuer sur une prétention invoquée en compensation par le défendeur si celle-ci est soumise à une clause compromissoire. A.i. Par arrêt 4A_550/2021 du 7 janvier 2022, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours en matière civile formé par le défendeur à l'encontre de l'arrêt du 14 septembre 2021, dans la mesure notamment où celui-ci ne constituait pas une décision finale. A.j. Le 2 juin 2022, le défendeur a saisi le tribunal arbitral. A.k. Par jugement du 5 septembre 2022, le tribunal de première instance a condamné le défendeur, qui plaidait au bénéfice de l'assistance judiciaire, à verser au demandeur les montants de 2'266'675,75 euros et de 1'680'000 fr., tous deux avec intérêts. Il a également condamné le défendeur à payer au demandeur les frais judiciaires en 65'200 fr., que le demandeur avait avancés, et des dépens en 68'000 fr. (complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF). Le tribunal a notamment indiqué que, comme cela avait été confirmé en appel, il ne pouvait pas entrer en matière sur les prétentions du défendeur découlant de la convention d'actionnaires, dans la mesure où celles-ci étaient soumises à la compétence du tribunal arbitral. À titre subsidiaire, il a retenu en substance que, même prima facie, l'argumentation du défendeur n'était " pas crédible ", dans la mesure (1) où la convention d'actionnaires ne fixait pas de règle sur le partage des charges de la société entre les associés, (2) où aucune pièce n'attestait que le défendeur avait, aux moments du versement du prêt et de l'appel à la garantie, fourni des avances au demandeur à hauteur de 2'750'000 fr. ou de 2'266'675,75 euros, et (3) où aucun document de la procédure n'attestait que le défendeur était redevable envers le demandeur du montant dont il avait prétendu s'être acquitté en raison de la répartition des charges de la société. Il a aussi rejeté une requête de suspension de la procédure.