Citation: 5A_804/2022 E. 5.2

5.2. Le recourant considère en substance que, contrairement à ce qu'a jugé l'autorité cantonale, le motif de récusation qu'il avait invoqué était bien fondé. Il soutient que le magistrat intimé a commis à son encontre une infraction pénale justifiant à elle seule sa récusation, en tant qu'il a retenu que " selon les grilles établies par le Conseil général de la magistrature espagnol (CGPJ), la contribution pour l'entretien de [s]a fille comprend un premier montant de 1'344 euros par mois ". Selon le recourant, ce montant avait été " inventé de toutes pièces " et ne ressortait pas des grilles en question. Il ne pouvait dès lors résulter d'une " erreur d'appréciation ", ni d'une " erreur de chiffre ou autre ", comme mentionné dans la décision attaquée. Si l'autorité précédente avait appliqué la maxime inquisitoire et procédé à " des échanges d'écritures ", elle se serait aisément rendu compte que le juge intimé ne pouvait pas avoir utilisé ces grilles, à teneur desquelles les frais d'entretien ordinaires, prévisibles et périodiques de l'enfant n'excèdent pas 600 euros par mois. Que le juge intimé - qui n'avait jamais " produit " la grille censée établir le montant de 1'344 euros, ce que l'autorité cantonale avait omis de constater - ait " inventé de toutes pièces " un tel chiffre était donc la conséquence d'un " acte prémédité mûrement, réfléchi fondant un soupçon de prévention (...) à [s]on encontre " et faisant " redouter une activité partiale dans la suite de la procédure [...], laquelle sera elle aussi jugée selon le droit espagnol ". Le recourant affirme encore que le montant de 1'344 euros a été inventé par le juge de district " dans le but vraisemblable de [lui] nuire et/ou d'accorder à la partie adverse un avantage illicite, en l'espèce le gonflement indu de la pension alimentaire due à [s]a fille ". Il s'agissait là d'une infraction pénale commise sciemment à son encontre par le juge en question, ce qui rendait vraisemblable une violation lourde de ses devoirs de magistrat et permettait de conclure à l'existence, en sa défaveur, d'un traitement inégal entre les parties; ce d'autant que, vu le rejet de sa requête d'assistance judiciaire, il ne bénéficiait pas de l'assistance d'un avocat, et que la décision du 8 juillet 2022 le contraignait à vivre au seuil du minimum vital.