Citation: 5P.314/1999 01.09.2000 E. 3

3.- La recourante soutient en outre que le jugement attaqué est arbitraire dans la mesure où il affirme qu'elle ne saurait prétendre à ce que son mari l'entretienne. a) Le Tribunal de district s'est référé sur ce point aux arguments développés par le juge de première instance. Celui-ci a retenu que l'épouse, qui avait une situation professionnelle enviable, avait volontairement abandonné son emploi pour préparer un doctorat, de sorte qu'elle n'était désormais plus en mesure de subvenir à ses besoins, ni à ceux de ses enfants lorsqu'elle les recevait en visite. Son mari ayant été mis devant le fait accompli, il était hors de question de lui demander de financer sa carrière et d'assurer son entretien. Le juge a dès lors fixé une pension symbolique de 600 fr. par mois, pour que la mère puisse accueillir ses enfants pendant le week-end. L'autorité cantonale a repris à son compte cette opinion, considérant que l'épouse devait assumer son choix professionnel. b) Cette solution n'apparaît pas arbitraire. En vertu de l'art. 163 CC, l'épouse n'a plus de prétention légale à apporter sa contribution exclusivement par les soins des enfants et du ménage, et à être ainsi dispensée d'exercer en principe une activité lucrative. Cela vaut également lorsqu'intervient une modification de la répartition des tâches entre les conjoints résultant, notamment, de la suspension de la vie commune ou du divorce. L'époux qui, jusque-là, n'avait pas - ou n'avait que dans une mesure restreinte - exercé une activité lucrative pourra alors, selon les circonstances, se voir contraint de le faire ou d'étendre son activité. A fortiori, il n'est pas insoutenable de considérer que l'épouse qui diminue volontairement son revenu - fût-ce pour des raisons parfaitement défendables - alors qu'elle se trouve dans une situationprofessionnelleappréciablenesauraitprétendreàêtreentièremententretenueparsonmaridanslecadredesmesuresprovisoiresdedivorce.