Citation: 6F_2/2020 E. 3.1.3

3.1.3. Il ressort de ce qui précède que le demandeur en révision disposait d'informations précises et d'éléments concrets pour étayer ses demandes de récusation, au moment même où il a été mis en prévention et arrêté, ce qui démontre l'existence de recherches préalables. Il a, dans la suite, utilisé ces éléments de manière itérative, systématique, en se saisissant de tout prétexte afin de pouvoir revenir sur cette question lorsque la procédure ne suivait pas le cours désiré. Ces recherches ne se sont, de surcroît, pas limitées aux seuls liens allégués entre le procureur et une association dénonciatrice. Le 27 février 2015, le demandeur en révision a requis, en appel, la récusation d'un juge assesseur au motif qu'il était membre du Comité de gestion du M.________ lequel avait, durant l'exercice 2014, octroyé un montant de 8000 fr. à l'association L.________ et la somme de 16'500 fr. à l'Organisation N.________, alors que ces organisations l'avaient dénoncé au Ministère public genevois et s'étaient félicitées sur le site internet de L.________ de l'issue de la procédure de première instance (arrêt 1B_159/2015 du 27 mai 2015). Cela démontre à l'envi que le recourant a effectué des recherches méticuleuses afin de mettre en évidence d'éventuels liens, même indirects, entre certains intervenants à la procédure entre eux ainsi qu'avec l'association L.________, notamment. Il convient aussi de noter, dans cette perspective, que dans son écriture du 13 janvier 2020, le demandeur en révision affirmait encore qu'aucun de ses conseils n'était abonné à la O.________ au moment d'expliquer que c'est l'article paru dans la K.________ le 5 décembre 2019 qui lui avait donné connaissance des informations fondant sa demande de révision en application de l'art. 121 let. a LTF (mémoire de révision, p. 6), ce qui laissait entendre que ces informations ne lui auraient pas été facilement accessibles. Il a cependant dû concéder, dans ses déterminations du 26 février 2020, que ses conseils consultaient les revues juridiques par l'intermédiaire de la base de données P.________ notamment, pour aussitôt affirmer que ses avocats n'étaient pas censés savoir qui étaient les membres du comité de rédaction de l'une d'elles, encore moins depuis quand (mémoire du 26 février, p. 3). Il est cependant aisé de se convaincre que toute recherche de la jurisprudence ou de la doctrine publiées dans la O.________ par l'intermédiaire de P.________ donne aisément accès à ces informations. Il en est de même de la base de données Q.________, à tout le moins pour la jurisprudence publiée dans la O.________ depuis 2015. Le demandeur en révision, qui a poussé ses recherches jusqu'au point de découvrir qu'un juge assesseur cantonal avait fait partie du comité d'un fonds ayant effectué une donation à une ou l'autre des organisations dénonciatrices n'est ainsi pas crédible lorsqu'il soutient n'avoir pas recherché activement, avant le 5 décembre 2019, des informations susceptibles de lui permettre de poursuivre ses démarches de récusation visant le procureur et les personnes impliquées dans la procédure ayant pu avoir des liens avec lui et/ou, directement ou non, avec les dénonciatrices. Il faut bien plutôt admettre que ces informations, aisément accessibles, lui étaient connues à tout le moins depuis l'arrêt 6B_947/2015, si ce n'est depuis celui rendu dans la cause 6B_243/2015, mais qu'il n'en a fait usage, comme à d'autres occasions, que lorsque la procédure a pris un cours qui ne lui convenait pas.