Citation: 1P.7/2001 12.03.2001 E. 3

3.- Le recourant se plaint de ne pas avoir été invité à se déterminer sur le sort de la plainte formée par l'intimé contre la décision du 20 octobre 2000. Il y voit une violation de son droit d'être entendu. a) Le recourant n'invoquant pas la violation de règles du droit cantonal régissant son droit d'être entendu, c'est à la lumière de l'art. 29 al. 2 Cst. qu'il convient d'examiner son grief (ATF 125 I 257 consid. 3a p. 259; 124 I 49 consid. 3a p. 51; 119 Ia 136 consid. 2c p. 138, 260 consid. 6 p. 260/261, et les arrêts cités). Les art. 6 par. 1 CEDH et 14 par. 1 Pacte ONU II, garantissant l'équité du procès, ne donnent pas sur ce point au recourant des droits allant au-delà de ceux garantis par la Constitution (cf. , concernant l'art. 4 aCst. , ATF 122 V 157 consid. 3b p. 163/164 et les arrêts cités). Les parties ont le droit d'être entendues (art. 29 al. 2 Cst.). Cela inclut pour elles le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à leur détriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 126 V 130 consid. 2 p. 130-132; cf., pour la jurisprudence relative à l'art. 4a Cst. , ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a p. 51, 242 consid. 2 p. 242; 124 V 90, 180 consid. 1a p. 181, et les arrêts cités). b) Les décisions du Juge d'instruction peuvent faire l'objet d'une plainte adressée au Tribunal cantonal (art. 166 et 167 CPP val.). Aux termes de l'art. 171 al. 1 CPP val. , si la plainte n'est pas irrecevable ou n'apparaît pas d'emblée injustifiée, elle est communiquée à l'autorité visée, qui est invitée à présenter ses observations dans un délai déterminé; le Tribunal cantonal avise les parties, procède aux opérations d'enquête et sollicite les déterminations qu'il estime opportunes. Cette disposition ne confère pas aux parties à la procédure au fond le droit inconditionnel de se déterminer sur le sort de la plainte; il appartient au Tribunal cantonal d'en décider. Dans l'usage de cette faculté, il est admissible que le Tribunal cantonal se dispense de demander des observations à la partie adverse lorsque la plainte est manifestement irrecevable ou mal fondée. Si, en revanche, le Tribunal cantonal envisage d'admettre la plainte, il ne peut se dispenser d'inviter la partie adverse à se déterminer. On ne saurait prétendre, comme le fait l'intimé, que la procédure de plainte ne concernerait que le plaignant et l'autorité dont la décision fait l'objet de la plainte, à l'exclusion des autres parties à la procédure ouverte au fond. Une telle solution est d'autant moins conciliable avec le droit d'être entendu lorsque, comme en l'espèce, la plainte est dirigée contre une décision de séquestre, dont la levée peut causer à la partie adverse un dommage irréparable. Au demeurant, l'art. 97 al. 4 CPP val. précise que le tiers faisant valoir un droit sur un bien séquestré a qualité de partie pour cet acte de procédure, y compris, partant, le droit d'être entendu dans la procédure de plainte. En l'espèce, le Tribunal cantonal a invité le Juge d'instruction à répondre à la plainte; il a donné l'occasion à l'intimé de se déterminer au sujet des observations du Juge d'instruction. En revanche, il n'a pas informé le recourant de l'existence de la plainte, ne lui en a pas communiqué de copie et ne l'a pas mis en situation d'y répondre. En omettant d'inviter le recourant, comme partie adverse du plaignant, à se déterminer sur le sort de la plainte dont il envisageait l'admission, le Tribunal cantonal a violé l'art. 29 al. 2 Cst. et, accessoirement, appliqué arbitrairement l'art. 171 al. 1 CPP val. c) Eu égard à la nature formelle du droit d'être entendu, il ne serait pas nécessaire d'examiner le sort du recours au fond (cf. ATF 126 V 130 consid. 2b p. 132; 124 V 180 consid. 4a p. 183 et les arrêts cités). En l'espèce toutefois, il convient de déroger à cette règle, par économie de procédure.