Citation: 2C_38/2024 E. 4.4.3

4.4.3. Sous l'angle de la proportionnalité au sens étroit, il ressort, comme déjà mentionné des faits de l'arrêt attaqué (cf. supra consid. 4.2), que le marché offre des alternatives aux véhicules choisis par la recourante. Si celles-ci sont plus onéreuses, le surcoût engendré par cette mesure devrait pouvoir être répercuté sur les clients. La recourante ne prétend au demeurant pas, ni a fortiori n'a démontré, que le remplacement de ces voitures, sur une flotte de dix-sept véhicules, mettrait en péril son exploitation. En outre, un délai de trois ans avait été donné aux entreprises pour adapter leur parc automobile aux nouvelles exigences en matière énergétique, soit jusqu'au 31 décembre 2022 (art. 62e al. 3 LEAE/VD, entré en vigueur le 1er janvier 2020). La recourante ne pouvait ignorer cette échéance légale lorsqu'elle a commandé les quatre véhicules en juin 2022. A cet égard, le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de relever que, compte tenu du renouvellement très élevé des véhicules utilisés comme taxi et VTC, il n'apparaissait pas disproportionné d'appliquer une contrainte en matière d'émissions de CO2 et de prévoir un délai de trois ans pour adapter le parc des véhicules, dans le but de respecter l'intérêt public important et non contesté de protection de l'environnement (cf. arrêt 2C_79/2023 précité du 23 février 2024 consid. 5.6.3, destiné à la publication). Au surplus, concernant la recourante, on relèvera que la Police cantonale du commerce lui a octroyé des macarons pour les quatre véhicules concernés valables jusqu'au 31 décembre 2023, alors que le délai fixé par la LEAE/VD échéait au 31 décembre 2022, afin de prendre en compte les effets sur la branche automobile des circonstances exceptionnelles découlant de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Enfin, la mesure en cause s'inscrivant, comme déjà mentionné, dans un ensemble global de mesures destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre, on ne peut suivre la recourante lorsqu'elle nie l'importance de l'intérêt public à la protection de l'environnement dans son cas particulier, car il ne concernerait que quatre véhicules. La somme de mesures, même petites, peut indéniablement servir ledit intérêt. Dans ces circonstances, le Tribunal cantonal a retenu à juste titre que l'intérêt privé de la recourante à pouvoir continuer à utiliser ces quatre véhicules à des fins professionnelles ne l'emportait pas sur l'intérêt public à la protection de l'environnement.