Citation: 4A_11/2023 E. A

A.a. Depuis 2009, B.________ Ltd (ci-après: l'acheteuse, la défenderesse ou l'intimée), qui fabrique et commercialise des bijoux et des montres et dont le siège est à..., a acheté, à plusieurs reprises, à A.________ Ltd (ci-après: la venderesse, la demanderesse ou la recourante), dont le siège est à Hong Kong, des boîtes d'emballage de montres et de bijoux. C.________ (ci-après: l'employé ou l'employé corrompu) était l'employé de l'acheteuse et exerçait les fonctions de "purchasing & production manager" et de "head of coordination for logistic & OPC". Il a été retenu qu'il avait la "position de fiduciaire", au sens du droit hongkongais, auprès de son employeuse, ce que la venderesse conteste. D.________ (ci-après: le corrupteur), qui était le propriétaire réel de la venderesse à l'époque des faits, a versé à C.________ des pots-de-vin pour des montants totaux de 558'950 euros et 835'539 HKD, pour le remercier de l'aide apportée sur une période de six ans; il a également versé à la femme de celui-ci l'équivalent de 323'627,65 HKD. Au total, les pots-de-vin se sont élevés à 5'876'369,28 HKD (ce qui représente plus de 700'000 fr. suisses). Les pots-de-vin versés à C.________ ont été crédités sur un compte de celui-ci, ouvert spécialement pour leur réception, de façon que leur versement ne soit pas découvert par la société acheteuse. A.b. Au début de l'année 2014, une plainte pénale pour, notamment, corruption et gestion déloyale, a été déposée devant les juridictions neuchâteloises par une société du groupe auquel appartient l'acheteuse. A.c. En mars 2014, C.________ a démissionné de son poste auprès de l'acheteuse. Celle-ci a requis l'extension de la procédure pénale à C.________ et à D.________ le 29 décembre 2014. C'est au cours de l'enquête pénale, en été 2015, que l'acheteuse a pris conscience de l'ampleur du dossier et du fait que la venderesse était impliquée dans cette affaire de corruption. A.d. Ignorant ce contexte de versements de pots-de-vin du corrupteur à son ancien employé corrompu, l'acheteuse a passé encore cinq commandes à la venderesse entre le 11 novembre 2014 et le 16 avril 2015. Ces commandes constituent des contrats de vente de marchandises. La venderesse a livré les marchandises, étant précisé que la livraison de 3'000 pièces en lien avec la première commande est contestée et que le solde de 34'600 pièces dû sur la quatrième commande n'a pas été livré, l'acheteuse ayant refusé d'en prendre livraison. De son côté, l'acheteuse n'a pas payé les factures relatives aux cinq commandes. A.e. Par jugement du 2 septembre 2022, le tribunal criminel du Tribunal régional des Montagnes et du Val-de-Ruz a acquitté C.________, notamment, au bénéfice du doute, de l'inculpation de gestion déloyale de l'art. 158 CP, en se basant sur les déclarations de celui-ci, selon lesquelles il n'avait pas particulièrement de poids dans les décisions en matière de choix de fournisseurs, ni une grande autonomie ou liberté d'action du fait qu'il devait en référer à ses supérieurs hiérarchiques. Il a également acquitté D.________.