Citation: 6B_654/2018 E. 1.4.1

1.4.1. L'autorité précédente a, sur ce point, repris à son compte l'appréciation des preuves effectuée par le tribunal de première instance. Il en ressortait que si les perturbations émotionnelles provoquées par le projet - réel ou supposé - de remariage de D.C.________ ne pouvaient être niées, d'autres éléments révélaient un comportement plus calculateur de la part de la recourante durant les jours ayant précédé et suivi les événements du 5 novembre 2014. Celle-ci paraissait avant tout préoccupée par l'héritage, qu'elle ne supportait pas de voir revenir à "une inconnue", estimant qu'il devait lui échoir. C'était également ainsi qu'il fallait comprendre la falsification des testaments relatifs aux avoirs de sa mère, dont l'une quelques jours avant le passage à l'acte. A cet égard, même si la recourante avait prétendu qu'elle souhaitait seulement rétablir la situation qui prévalait avant le premier faux testament qu'elle avait rédigé - afin de récupérer la part d'héritage de sa mère attribuée à son père et qui devait lui revenir -, celle-ci avait été animée par des considérations financières. En particulier, même si la recourante soutenait n'en avoir voulu qu'à l'héritage de sa mère, elle savait pertinemment qu'en tuant son père elle récupérerait la part de cet héritage dévolue à ce dernier. De surcroît, il ressortait tant des discussions de la recourante avec son fils et avec des tiers, avant et après les faits, que de ses propres déclarations en cours d'enquête, que l'intéressée était obnubilée par la question de l'héritage de ses parents. D'ailleurs, lors de la dispute du repas de midi le 5 novembre 2014, celle-ci avait demandé à son père de pouvoir disposer de sa villa à F.________. De plus, elle avait procédé à plusieurs importants retraits d'argent sur des comptes de son père, les 4 et 5 novembre 2014 et, le 28 novembre suivant, s'était rendue au safe où elle avait entreposé des lingots d'or et métaux précieux appartenant à son père afin de les inventorier, puis les avait dissimulés dans son galetas. En outre, conformément à l'avis de l'expert judiciaire, l'état émotionnel de la recourante, décrit sur un plan psychiatrique, n'empêchait pas de tenir compte également d'autres "déterminants", d'origine purement financière, pas nécessairement d'ordre psychique. Or, il se dégageait des faits pertinents à cet égard un dessein patrimonial évident. Ces éléments n'avaient pas fait l'objet de l'examen des experts privés, qui s'étaient bornés à mettre en évidence le rôle de l'argent dans le fonctionnement familial, ce qui avait tendance à confirmer que la recourante avait été animée par un dessein financier. Les experts privés n'avaient d'ailleurs pas exclu que la recourante eût agi par crainte d'être dépossédée.