Citation: I 468/06 20.04.2007 E. 4

En substance, l'intéressée reproche aux premiers juges de s'être uniquement fondés sur l'expertise du professeur E.________, dont elle conteste la valeur probante, pour conclure à l'absence d'atteinte sur le plan psychiatrique et à une capacité de travail de 50% dans l'activité habituelle, sans tenir compte des avis unanimes et contraires des docteurs L.________, G.________ et A.________. 4.1 Les arguments invoqués recoupent pour l'essentiel ceux avancés en instance précédente et la juridiction cantonale y a déjà répondu de manière convaincante. L'analyse des pièces médicales a effectivement conduit cette dernière à accorder pleine valeur probante à l'expertise du professeur E.________. Il ne peut être fait aucun reproche à cette évaluation dans la mesure où l'expert a abouti à des conclusions motivées, relatives à la capacité de travail de la recourante et aux limitations fonctionnelles pouvant interférer avec l'exercice de la profession de femme de chambre, au terme d'un examen clinique et radiologique détaillé, ainsi que d'une étude approfondie de l'anamnèse et des différents documents médicaux récoltés durant les dix années précédant l'établissement de son rapport. On notera que ses observations correspondent fondamentalement à celles des docteurs L.________ et G.________ et intègrent même les éléments qualifiés d'aggravation par ces derniers. Le professeur E.________ n'a toutefois pas adhéré à cette dernière qualification. 4.2 Le syndrome de Crest, présent depuis 1990 et mentionné dans la demande du 12 novembre 2001, était accompagné d'un syndrome de Raynaud, d'une sclérodactylie, de télangiectasies des mains et du visage et d'épistaxis. Dans les documents médicaux figurant au dossier, il apparaît comme une affection relativement stable. En effet, les résultats obtenus lors du bilan réalisé par les docteur C.________ et V.________, département de médecine de l'Hôpital Y.________, H.________ et O.________, en novembre 2000 étaient superposables à ceux obtenus en 1995. Le docteur G.________ a également souligné la stabilité du syndrome en avril 2002 et l'a classé parmi les troubles n'ayant pas de répercussions sur la capacité de travail. Il en allait de même en mai 2004; ce praticien a certes constaté quelques changements relatifs aux lésions visibles, mais parlait de «variabilité évolutive» ou «d'aggravation hivernale». La doctoresse L.________ a indiqué une augmentation de la sclérodactylie et des télangiectasies des mains et du visage (saignements plus fréquents) pour la même période, sans plus ample motivation; elle s'est contentée par la suite de faire allusion à une péjoration de l'état de santé sur ce point. Le professeur E.________ a noté une légère accentuation du phénomène de Raynaud et l'apparition de télangiectasies non seulement sur les mains ou le visage, mais aussi sur la plante des pieds, des coudes et des genoux. Il a encore constaté d'autres manifestations de la maladie, telles qu'une légère acrocyanose des avant-pieds, mais n'en a pas déduit une influence quelconque sur la capacité de travail. Pour sa part, le docteur A.________ n'a fait que mentionner le diagnostic sans autres considérations. Quant au rapport du docteur B.________ déposé après l'échéance du délai de recours, on notera qu'il consiste en une demande d'examen adressée à un confrère compte tenu de l'absence de résultats rencontrés dans tous les traitements habituels entrepris pour lutter contre une symptomatologie digestive possiblemenent liée à la maladie; on ignore tout desdits traitements. Le médecin traitant a déjà fait allusion à une telle symptomatologie pour laquelle le docteur G.________ n'avait pas constaté de troubles majeurs. Dans la mesure où il s'agit de doléances connues pour lesquelles on ne possède aucune donnée concrète, il n'y pas lieu de prendre en compte le rapport du docteur B.________ qui peut sans autre être écarté. Au regard de ce qui précède, il apparaît que le syndrome de Crest est resté relativement stable entre le moment de l'octroi de la demi-rente et celui du refus de réviser cette dernière et qu'il n'a pas eu d'influence négative sur la capacité de travail. 4.3 Chronologiquement, le premier rapport médical figurant au dossier remonte au mois de mai 1996 et mentionne déjà l'état dépressif. Contrairement à ce que prétend l'intéressée, cette affection, souvent rapportée mais peu investiguée, n'a pas été niée par la juridiction cantonale qui n'en a seulement pas admis l'influence sur la capacité de travail. Elle a été classée dans la catégorie des troubles n'ayant pas de répercussions sur la capacité de travail par le docteur G.________ qui parlait d'une démotivation face à la lente évolution défavorable de la maladie. La doctoresse L.________ l'a décrite comme étant une réaction au syndrome de Crest et aux problèmes lombaires. L'expert a simplement précisé que l'intéressée ne lui avait pas paru déprimée lors de son examen. Quant au docteur A.________, il s'est contenté une fois de plus de faire état d'un état anxio-dépressif important, sans autre forme de motivation. On notera que ce trouble connu de longue date n'a jamais été traité, si ce n'est par la prescription ponctuelle de médicaments (la recourante n'a jamais rencontré de spécialistes ou suivi de psychothérapie), et n'a jamais empêché l'intéressée de poursuivre son métier. Aucun élément objectif n'indique par ailleurs que ledit trouble se soit péjoré au moment de la demande de révision du droit à la rente. 4.4 Lors de l'octroi de la demi-rente d'invalidité, ont encore été diagnostiqués une spondylodèse pour ostéochondrose en 1979 et des discopathies avec protrusions discales de L2 à S1 ayant un retentissement net sur le canal de conjugaison droit en L3-L4. Le docteur U.________, Clinique Z.________, a mentionné que la capacité résiduelle de travail de 50% et la très grande majorité des limitations fonctionnelles retenues étaient liées à ces affections (rapport du 12 février 2002), le syndrome de Crest nécessitant seulement d'éviter le contact prolongé des mains avec l'eau et le froid. L'expert a noté l'exacerbation des douleurs liées à ces diagnostics depuis 2002, ce qui avait également été mis en avant par le médecin traitant. L'analyse des documents radiologiques fournis et établis lors de l'expertise ont cependant démontré que seul le disque L4-L5 était «plus pincé» qu'auparavant; pour le surplus, la situation était comparable à celle prévalant en janvier 2003, raison pour laquelle le professeur E.________ a attesté une capacité résiduelle de travail qui n'avait pas évolué. La recourante et la doctoresse L.________ ont encore estimé que ni les premiers juges, ni l'expert n'avaient pris en considération les trois hernies discales mises en évidence par le Centre W.________ le 21 janvier 2005. Dans la mesure où l'examen radiologique en question était postérieur à l'expertise, il ne pouvait être pris en compte par le professeur E.________. De surcroît, le radiologue ne parlait pas de hernies discales, mais de «bulging» que le docteur I.________ a assimilés à des protrusions. Si l'on peut certes partir de l'idée que celles-ci sont plus graves que des discopathies, on notera également qu'elles sont déjà mentionnées dans la demande de prestations et ont été discutées par l'expert. Pour sa part, le docteur A.________ affirme uniquement que l'anamnèse et son examen clinique lui ont permis de constater une aggravation des troubles depuis un an, ce qui n'est pas suffisant pour convaincre. Au regard de ce qui précède, la juridiction cantonale pouvait donc conclure à un status cervico-dorso-lombaire stable. 4.5 D'une manière générale, on notera que l'aggravation attestée par le médecin traitant se fonde essentiellement sur les plaintes de l'intéressée qui n'ont en grande partie pas pu être objectivées par des examens concluants. A cet égard, on remarquera par exemple que durant l'année 2004 les docteurs L.________ et G.________ ont fondé les revendications de la recourante sur le syndrome de Crest, sans faire allusion aux problèmes dorso-lombaires et que durant l'année 2005, après le dépôt du rapport du Centre W.________, le syndrome de Crest est passé au second plan; les constatations d'aggravation suivaient donc les doléances de l'intéressée. On soulignera enfin que le docteur T.________ a à deux reprises mentionné que le poste d'aide hospitalière n'était pas adapté à l'état de santé de la recourante et que celle-ci a refusé les mesures d'orientation professionnelle et d'aide au placement proposées. Il apparaît dès lors que les premiers juges ont à juste titre constaté que l'état de santé de l'intéressée n'avait pas suffisamment évolué pour justifier une révision de son droit à la rente.