Citation: U 221/03 13.10.2004 E. 4

4.1 La juridiction cantonale a admis l'existence d'un lien de causalité adéquate en fonction des critères objectifs développés par la jurisprudence (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa) pour juger du caractère adéquat du lien de causalité entre un événement, qu'elle a qualifié d'accident de gravité moyenne et l'incapacité de travail ou de gain d'origine psychique. Elle a considéré que les circonstances dans lesquelles l'événement s'était déroulé étaient particulièrement dramatiques et impressionnantes. Pour motiver ce point de vue, elle relève le caractère soudain de l'agression dont l'intimée a été la victime de la part d'une autre employée qui était par ailleurs sa supérieure hiérarchique, ainsi que la nature particulière de l'affection psychique subie, à savoir un état de stress post-traumatique, type d'affection qui constitue généralement une réponse différée ou prolongée à une situation ou à un événement exceptionnellement menaçants ou catastrophiques. 4.2 Cette opinion est mal fondée. Le caractère soudain d'un événement traumatique ne suffit pas pour conclure à l'existence de circonstances particulièrement dramatiques ou impressionnantes. Au demeurant, il ressort des pièces versées au dossier que la mésentente entre les protagonistes n'était pas nouvelle et, surtout, que l'importante tension qui régnait ce jour-là entre les prénommées pouvait à tout moment déboucher sur une rixe. Par ailleurs, il y a lieu, selon la jurisprudence, de faire abstraction de la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique et de s'attacher à l'événement accidentel lui-même (ATF 115 V 139 consid. 6, 407 s. consid. 5). Or, contrairement au point de vue de la juridiction cantonale, les circonstances de l'altercation du 10 juin 1998 n'ont manifestement pas le caractère particulièrement dramatique et impressionnant d'événements tels une catastrophe naturelle ou d'origine humaine, une guerre, une mort violente en présence du sujet, un acte de torture ou de terrorisme, ou encore un viol. Cela étant, non seulement le critère des circonstances particulièrement dramatiques et impressionnantes doit être exclu, mais l'existence d'autres critères objectifs développés par la jurisprudence pour juger du caractère adéquat du lien de causalité doit en l'occurrence être niée. En particulier, contrairement au point de vue soutenu dans le jugement attaqué, seuls le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques entrent en considération parmi les critères objectifs susmentionnés (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa, 409 consid. 5c/aa). Le fait qu'en l'occurrence l'incapacité de travail a été anormalement longue n'est dès lors pas déterminant, du moment que l'état de santé de l'intimée a été très rapidement et exclusivement influencé par des facteurs psychiques. Vu ce qui précède, on doit nier l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'événement du 10 juin 1998 et l'atteinte à la santé psychique persistant après le 1er juin 2001. La recourante était dès lors fondée, par sa décision sur opposition du 15 octobre 2001, à supprimer le droit de l'intimée à des prestations d'assurance à partir du 1er juin 2001. Le recours se révèle ainsi bien fondé.