Citation: 5A_735/2023 E. 3.4

3.4. En l'espèce, la cour cantonale s'est basée sur les déclarations fiscales produites par le père, dont ressortaient uniquement à titre de revenus les bénéfices nets de l'exploitation de G.________. Elle a retenu que les éléments au dossier étaient insuffisants pour retenir un revenu supérieur à 5'230 fr. par mois, tout en constatant que l'intimé bénéficiait vraisemblablement de revenus supérieurs à ceux qu'il alléguait. Il n'apparaît toutefois pas que la juridiction cantonale aurait tenté d'établir les revenus réels de l'intimé, notamment par le biais de mesures d'instruction prises d'office, quand bien même la cause était soumise à la maxime inquisitoire illimitée. Cela étant, dès lors qu'elle a émis des doutes importants sur la réalité des revenus déclarés fiscalement, elle aurait pu examiner la possibilité d'établir les revenus de l'intimé par un autre biais, à savoir en particulier par le montant des prélèvement privés (cf. supra consid. 3.2.3), mais n'a pas indiqué dans quelle mesure cette méthode ne pouvait pas être appliquée in casu. Elle n'a en outre pas examiné la question soulevée par les recourantes relativement à l'existence d'amortissements anormalement élevés (cf. supra consid. 3.2.4), ni examiné si, compte tenu de la difficulté à établir la situation financière réelle de l'intimé, il y avait lieu de retenir à charge de celui-ci un revenu hypothétique basé sur les données fournies par les recourantes en relation avec les revenus agricoles en Suisse. Compte tenu de l'application de la maxime inquisitoire illimitée, il n'incombait donc pas aux recourantes d'apporter les preuves de la situation financière de l'intimé, mais il appartenait en revanche à l'autorité cantonale de l'établir au regard de la jurisprudence relative à l'établissement des revenus d'un indépendant (cf. supra consid. 3.2.3 à 3.2.5). Par ailleurs, c'est en violation des règles relatives au fardeau de la preuve que la cour cantonale a fait supporter aux recourantes les conséquences d'une insuffisance de preuves relativement aux revenus de l'intimé. Il s'ensuit que le grief doit être admis, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner si l'autorité cantonale a également violé l'art. 157 CPC sur la libre appréciation des preuves. La cause sera renvoyée à l'autorité cantonale afin qu'elle procède à une nouvelle instruction et qu'elle détermine la situation financière réelle, voire hypothétique, de l'intimé. Dans sa réponse, l'intimé relève que l'entretien de l'enfant est fixé selon ses besoins, ainsi qu'en fonction de la situation et des ressources des père et mère (cf. infra consid. 9.2). Il soutient que si, par impossible, l'autorité cantonale devait instruire plus avant la cause, elle aurait dû instruire tant les revenus de la mère que les siens. A cet égard, l'autorité précédente avait relevé que l'intimé contestait également l'exactitude de divers postes des pièces comptables de la mère mais que, faute d'éléments suffisants pour les remettre en cause, il serait considéré que les pièces comptables produites par les parents reflétaient leurs situations financières réelles. Il conviendra dès lors que, dans la mesure où la situation financière de la mère n'est pas dénuée de pertinence en relation avec la fixation de la contribution d'entretien de l'enfant, l'autorité cantonale réexamine également cette question.