Citation: 5A_358/2023 E. 5.2.2

5.2.2. L'on peine à comprendre pour quelle raison l'art. 736 al. 1 CC régissant la libération judiciaire d'une servitude serait pertinent pour juger de la renonciation à la servitude litigieuse et les recourants ne l'expliquent pas. En tant qu'ils invoquent une violation des art. 18 CO et 157 CPC en relevant que la Cour de justice se serait basée sur des éléments qui ne seraient pas objectifs ou pertinents, ou aurait omis de prendre en compte d'autres éléments démontrant l'inverse, les recourants se plaignent en réalité de ce que la volonté subjective des parties n'a pas été correctement établie, ce qui est une question de fait que le Tribunal fédéral revoit sous l'angle restreint de l'arbitraire (cf. supra consid. 3.1.3). Or force est de constater que la critique des recourants ne permet pas de démontrer que la Cour de justice aurait versé dans l'arbitraire en considérant que les propriétaires étaient convenus de renoncer à la servitude de passage. Selon la jurisprudence susmentionnée (cf. supra consid. 3.1.3), le juge peut rechercher la réelle et commune intention des parties de manière empirique, sur la base d'indices. Il en résulte que, contrairement à ce que soutiennent les recourants, la Cour de justice pouvait considérer que la " notice explicative " et les documents en lien avec la demande de construire complémentaire, et notamment les plans, étaient des indices permettant de déterminer la volonté subjective des parties. La Cour de justice pouvait également établir cette volonté sur la base du comportement des recourants - dite autorité ayant retenu que ceux-ci avaient procédé à des aménagements permettant d'accéder directement au parking depuis leur villa à la suite de la conclusion de l'accord global sans que cela soit contesté dans le recours -, de la position exprimée par les propriétaires du quartier et des autorités communales ou des déclarations ultérieures des autres propriétaires et du témoin K.________ confirmant l'existence d'un tel accord. Les éléments que les recourants tentent d'opposer à ces déclarations - à savoir que la " notice explicative " ne fait pas de mention explicite de la renonciation à la servitude, que l'architecte n'aurait jamais évoqué la nécessité de supprimer la servitude ou que les époux C.________ avaient construit une grille entre leur jardin et le Chemin N.________ - et dont ils se limitent à indiquer qu'ils restitueraient " plus fidèlement le contenu des discussions ", ne sauraient à eux seuls démontrer le caractère arbitraire de l'appréciation cantonale. S'agissant de la grille érigée sur la parcelle des époux C.________, l'on ne discerne pas en quoi cette installation serait de nature à montrer que ceux-ci partaient de l'idée qu'il fallait respecter la servitude comme l'affirment les recourants de manière péremptoire, ceux-ci n'exposant notamment pas en quoi cette grille serait incompatible avec la plantation d'une haie indigène sur l'assiette de la servitude. L'on peine par ailleurs à comprendre les recourants lorsqu'ils indiquent que la " notice explicative " ne déterminait pas exactement l'emplacement de la haie en précisant qu'elle devait être plantée " le long " du Chemin N.________, les recourants admettant eux-mêmes dans leur recours que cela signifiait qu'une haie devait être plantée entre ce chemin et le jardin des époux C.________. En définitive, par leur critique, les recourants se limitent à opposer leur propre appréciation des faits à celle de la Cour de justice sans démontrer le caractère insoutenable de celle-ci. Il suit de là que, pour autant que recevables, les critiques des recourants portant sur l'établissement de la volonté subjective des parties doivent être rejetées et que c'est donc à juste titre que la Cour de justice a jugé que les parties avaient renoncé à la servitude et qu'elle pouvait être radiée.