Citation: 4A_558/2009 05.03.2010 E. 5

D'après le recourant, l'autorité cantonale a transgressé derechef l'art. 337 CO en considérant que la défenderesse n'avait pas agi tardivement en licenciant sur-le-champ le demandeur le 23 décembre 2004. Il expose que l'intimée avait dès le 30 novembre 2004 tous les éléments en mains pour procéder au congé litigieux et que, faute d'avoir agi quelques jours après cette date, elle est supposée y avoir renoncé. 5.1 Le Tribunal fédéral admet que la partie qui résilie un contrat de travail en invoquant un juste motif ne dispose que d'un court délai de réflexion dès la connaissance des faits pour signifier la rupture immédiate des relations. Un délai de réflexion généralement de deux à trois jours est présumé approprié; un délai supplémentaire n'est accordé à celui qui entend résilier le contrat que si l'on se trouve en présence d'événements particuliers qui exigent dans le cas concret l'admission d'une exception à la règle (ATF 130 III 28 consid. 4.4 p. 34 et les arrêts cités). S'il tarde à réagir, l'employeur est présumé renoncer au licenciement immédiat (WYLER, op. cit., p. 502 s.). 5.2 Le moyen ne résiste pas à l'examen. Il a en effet été retenu (art. 105 al. 1 LTF) que, le 22 décembre 2004, Maria Tochtermann a envoyé une lettre à l'intimée où elle déclarait liminairement que le recourant lui avait dit « énormément de mal » au sujet de celle-ci. Elle continuait en affirmant en avoir été fort déstabilisée, au point de ne plus vouloir poursuivre des relations contractuelles avec la défenderesse. Aucun des deux clients précédemment abordés par le demandeur n'avait pris une telle décision radicale. Sitôt reçu ce pli annonçant le départ imminent d'un client, à savoir le lendemain 23 décembre 2004, la défenderesse a donné congé au demandeur sans délai. Dans ces circonstances, il ne saurait être question d'une réaction tardive de l'employeur.