Citation: 4C.10/2007 30.04.2007 E. A

En mai 1999, X.________ SA (ci-après: X.________) a engagé Y.________ en qualité de vendeur d'automobiles au centre U.________ de Carouge. La rémunération du collaborateur se composait d'un salaire fixe mensuel de 3'800 fr. et de commissions. En 2003, Y.________ a perçu un revenu brut de 127'875 fr.70. Il avait droit à 25 jours de vacances par année. Dès la deuxième année de service, le contrat pouvait être résilié moyennant un préavis de trois mois pour la fin d'un mois. En juillet 2001, le collaborateur a accusé réception d'une communication interne selon laquelle l'administration centrale de X.________ exigeait des directeurs de filiales un respect absolu du règlement concernant le paiement au comptant des véhicules avant livraison, par virement bancaire ou crédit-bail; il était précisé que les chefs de marque et les vendeurs concernés seraient tenus pour responsables des pertes financières qui découleraient du non-respect des directives. En février 2003, Y.________ a attesté avoir pris connaissance du manuel pour les vendeurs des filiales U.________, dont l'article 5 stipulait qu'«au moment de la livraison du véhicule, les contrats de leasing [devaient] être valablement signés et en possession de l'entreprise». En juin 2003, B.________ a succédé à C.________ à la tête du centre U.________ de Carouge. Par lettre du 26 septembre 2003 se référant à un entretien de l'avant-veille, X.________ a enjoint Y.________ de respecter les directives et règlements et d'appliquer à la lettre les consignes nécessaires à la bonne renommée de la société; elle a souligné la nécessité d'un bon esprit d'équipe et exigé de l'employé un changement radical d'attitude dans l'exécution de ses tâches, l'avertissant qu'à défaut de résultat au 31 octobre 2003, son engagement serait revu. Dans deux autres courriers de janvier 2004, X.________ a rappelé à Y.________ que, selon les conditions contractuelles, le véhicule de service mis à disposition devait être maintenu dans un état de propreté irréprochable; l'employeur a également rendu son collaborateur attentif aux règles relatives à la remise d'un véhicule à un client; par ailleurs, X.________ a accepté exceptionnellement de prendre en charge les dégâts consécutifs à un accident dans lequel Y.________ était impliqué. En février 2004, le vendeur s'est adressé par courrier électronique au directeur de la succursale genevoise de X.________ pour se plaindre du comportement de B.________, qui se serait approprié des commissions lui revenant. Le directeur a eu alors un entretien avec Y.________, en présence de B.________. Par courrier électronique du 12 juillet 2004 adressé au directeur, le vendeur a déploré l'absence de toute prise de position de X.________ à la suite de la réunion de février. Par lettre du 13 juillet 2004, X.________ a licencié Y.________ avec effet immédiat. Elle lui reprochait d'avoir, malgré de nombreux avertissements relatifs au respect du règlement de la société, livré une voiture à D.________ le 5 juillet 2004 sans encaissement et une voiture à E.________ SA le 2 juillet 2004, sans l'acceptation du crédit-bail par la maison X.________, sans couverture casco et sans contrat. Y.________ a contesté les motifs de son licenciement, considérant celui-ci comme injustifié et abusif et se déclarant victime de «mobbing».