Citation: 6B_1290/2022 E. 1.4.3

1.4.3. Le recourant considère que l'intimé aurait pu se protéger avec un minimum d'attention ou éviter l'erreur avec le minimum de prudence qu'on pouvait attendre de lui. Il relève que le tribunal de première instance aurait admis que le scénario proposé était invraisemblable et les explications alambiquées et que la cour cantonale n'aurait pas remis en cause cette appréciation et aurait constaté que l'intimé aurait fait preuve d'une certaine naïveté. Selon le recourant, ces éléments démontreraient l'existence d'une situation insolite qui aurait imposé à l'intimé de redoubler de vigilance. Or, l'intimé ne lui aurait demandé aucun document lui permettant de vérifier son identité et n'aurait procédé à aucune vérification s'agissant de E.________ et de sa solvabilité. Il considère qu'on devrait se soucier de l'identité et de la solvabilité de son co-contractant lorsque l'on veut vendre un bien immobilier. Le recourant reconnaît qu'il a eu en moyenne deux appels par semaine entre l'intimé et lui mais considère que cela ne permettrait en aucun cas de démontrer qu'un lien de confiance se serait créé entre eux. Le recourant conteste également que l'intimé aurait été en confiance avec lui; si tel avait été le cas, l'intimé lui aurait donné son numéro de téléphone portable et lui aurait parlé de son voyage à W.________ le 26 juin 2020, ce qui n'aurait pas été le cas. Il estime que l'intimé aurait fait confiance à E.________ ultérieurement mais avance qu'à ce moment-là, lui-même "n'était plus dans la course". Selon le recourant, les sommes de 51'900 fr. et de 13'450 euros ne seraient pas en lien avec la vente du garage et du shop et l'intimé aurait voulu faire une opération financière indépendante de cette vente. Le recourant soutient que E.________ aurait proposé ladite opération lors de la rencontre du 26 juin 2020 et qu'il n'était alors pas présent. Il considère que l'intimé aurait été "ébloui" par le fait qu'il percevrait une commission de 20 % sur les montants qu'il remettrait à E.________. Or, le recourant estime que ce pourcentage serait totalement illusoire. Il avance que, si l'intimé a noté les numéros des billets de banque, c'était qu'il avait un doute et qu'il risquait de perdre de l'argent, mais qu'il était obnubilé par la prime de 20 %. Enfin, le recourant avance que l'intimé aurait emprunté 20'000 fr. à son père et que, s'il lui avait raconté le procédé de coloration des billets, son père ne lui aurait jamais prêté d'argent "tant la ficelle était grosse".