Citation: 9C_1068/2008 24.02.2009 E. 2

Le recourant soulève deux griefs à l'encontre de la décision cantonale. Il reproche d'abord aux premiers juges d'avoir violé l'art. 17 al. 1 LPGA en négligeant d'examiner le point décisif sous l'angle de la révision qui consiste à savoir si les circonstances aux moments déterminants de la comparaison désignés par la disposition mentionnée et la jurisprudence afférente (ATF 130 V 343 consid. 3.5 p. 349 ss, 113 V 273 consid. 1a p. 275, ATF 112 V 371 consid. 2b p. 372 s., 387 consid. 1b p. 390 s.) se sont notablement modifiées; les expertises et rapports médicaux disponibles ne permettraient pas plus de trancher ce point. Il leur reproche ensuite d'avoir fait preuve d'arbitraire en se fondant sur l'expertise psychiatrique du docteur S.________ et non sur les rapports des médecins traitants; au vu des troubles attestés par le docteur O.________, psychiatre traitant depuis le 28 septembre 2007 (anxiété, déprime, fort sentiment de dévalorisation, fatigabilité, perte d'espoir, difficulté à se projeter positivement dans l'avenir, trouble de l'attention, de la concentration et de la mémoire, trouble sévère du sommeil; trouble de l'adaptation, réaction mixte anxieuse et dépressive selon le docteur S.________), il estime qu'il serait «tout simplement inadmissible d'affirmer que ces troubles ne présentent pas un caractère invalidant». 2.1 Il est vrai que le jugement entrepris est très succinct, voire muet, à propos du changement important de l'état de santé de l'intéressé pouvant, le cas échéant, justifier la limitation de la rente à la fin de l'année 2006. L'absence de constatations de fait à ce propos ne conduit toutefois pas automatiquement à l'annulation de la décision cantonale; l'état de fait pertinent doit au contraire être complété d'office par le Tribunal fédéral pour autant que cela soit possible sur la base des pièces figurant au dossier (cf. consid. 1.1). Les documents médicaux font apparaître qu'un épisode de blocage en lien avec l'apparition d'une hernie discale est survenu en janvier 2005. Ce blocage a temporairement causé une incapacité de travail, en particulier dans l'activité exercée jusque-là. Il ne fait médicalement aucun doute - et cela n'est pas contesté par le recourant - qu'en raison d'un traitement adéquat, les douleurs dorsales se sont apaisées à un point tel qu'au plus tard au mois d'octobre 2006, la reprise d'un emploi était possible, si ce n'est l'activité habituelle, au moins une activité adaptée, légère, compatible avec le handicap de l'intéressé, qui n'exigeait pas de formation supplémentaire et qu'un marché équilibré du travail comporte immanquablement. Une modification des circonstances - relative à la problématique dorsale - justifiant une révision au sens de l'art. 17 al. 1 LPGA est ainsi clairement démontrée. Fondamentalement, il reste encore à examiner si le recourant a été empêché de mettre en valeur sa capacité de travail retrouvée sur le plan somatique après le mois d'octobre 2006 en raison des affections psychiatriques mentionnées plus haut. 2.2 Contrairement à l'avis défendu par l'intéressé en lien avec le grief d'arbitraire, les troubles décrits par le docteur O.________, qui ne sont absolument pas méconnus par le docteur S.________, n'agissent pas forcément d'une manière invalidante. Le principe selon lequel un trouble psychiatrique diagnostiqué conformément aux règles de l'art n'entraîne pas, en soi, une invalidité justifiant le droit à une rente (ATF 130 V 396) a échappé au recourant. La capacité à exercer une activité adaptée dépend plutôt du degré de gravité, donc des répercussions, des atteintes psychiques observées. Certes, les avis des docteurs S.________ et O.________ divergent à cet égard. La juridiction cantonale ne viole toutefois pas le droit fédéral - en particulier le principe de la libre appréciation des preuves - lorsqu'elle donne de manière convaincante la préférence à l'avis de l'expert au détriment de celui du psychiatre traitant, ce qui se justifie d'autant plus au regard de la jurisprudence relative à la différence entre mandat de soin et mandat d'expertise (cf. arrêt du Tribunal fédéral I 701/05 du 5 janvier 2007 consid. 2 in fine et les références). De surcroît, le dossier fait apparaître que l'évolution psychique de l'intéressé est très influencée par la situation sociale et familiale difficile (ATF 127 V 294 consid. 5a p. 299), ce qui a justement été remarqué par les premiers juges, de sorte que l'admission d'une atteinte invalidante à la santé psychique ne saurait s'imposer sans réserve.