Citation: I 76/07 24.01.2008 E. 3

Les premiers juges ont retenu que la recourante souffrait d'une fibromyalgie, d'une intolérance à l'effort d'origine métabolique et d'un trouble dépressif majeur. Constatant que l'état dépressif, après un premier épisode survenu en réaction aux problèmes conjugaux en 2001, avait débuté en 2005 dans un contexte algique, ils ont nié toute comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. En l'occurrence, la fibromyalgie n'avait pas valeur de maladie, étant donné que parmi les critères dont l'existence permettait d'admettre le caractère non exigible de la reprise du travail dans une mesure plus grande que 50 %, seul le processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable était réalisé. 3.1 Cela est contesté par la recourante, qui fait valoir que la dépression dont elle est atteinte a débuté en 2001, qu'elle s'aggrave de jour en jour et que cette pathologie, antérieure au diagnostic de fibromyalgie, ne saurait être considérée comme une manifestation réactive qui lui serait consécutive. Elle reproche aux premiers juges d'avoir constaté les faits d'une manière manifestement inexacte en procédant d'une manière arbitraire à l'appréciation des preuves, dans la mesure où ils se sont fondés sur la lettre du 16 juin 2006 de la Caisse de pension de l'entreprise X.________, dont elle conteste le contenu, sans accorder de crédit aux diverses observations des docteurs F.________ et S.________. 3.2 Il n'appartient pas au Tribunal fédéral, dont le pouvoir d'examen est limité (supra, consid. 2.1), de procéder une nouvelle fois à l'appréciation des preuves administrées. Les arguments de la recourante se résument à renvoyer au contenu des rapports médicaux des docteurs F.________ et S.________. Celle-ci ne démontre pas en quoi l'appréciation opérée par la juridiction cantonale serait manifestement inexacte ou incomplète. Même si, dans sa lettre du 16 juin 2006, la Caisse de pension a déclaré que l'employeur n'avait pas constaté de signe apparent et manifeste de la maladie, tout en observant que la recourante s'était fixée dans un statut de maladie que celui-ci ne savait reconnaître ni ses plus proches collègues de travail, cela ne remet pas en cause l'appréciation des premiers juges, qui tient compte de l'ensemble des pièces médicales. La juridiction cantonale a expliqué pour quel motif il ne saurait être retenu que l'état dépressif ait existé depuis 2001. Elle a constaté que le premier épisode dépressif survenu en réaction aux problèmes conjugaux en 2001 avait été résolutif et qu'un nouvel épisode avait débuté en 2005, ceci dans un contexte algique. Ces constatations de fait se fondent sur le rapport médical du docteur S.________ du 28 juin 2005, dans lequel ce médecin a retenu un premier épisode dépressif en 2001 antérieur au syndrome douloureux et un nouvel épisode (depuis début 2005) dans un contexte algique, et sur le rapport médical du docteur F.________ du 6 juillet 2005, où il est fait état du développement d'un syndrome dépressif de plus en plus important en parallèle avec l'épisode de douleurs survenu en mars 2004. Il n'apparaît pas que les faits pertinents aient été constatés d'une manière manifestement inexacte ou incomplète. Même si les premiers juges, se référant à la lettre de la Caisse de pension de l'entreprise X.________ du 16 juin 2006, ont relevé que la dysthymie de la recourante restait assez discrète, cela n'est pas déterminant. En effet, ils ont nié que l'état dépressif ait pu constituer une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée en se fondant sur le fait qu'un nouvel épisode avait débuté en 2005, ceci dans un contexte algique, et que lors de l'expertise du docteur O.________ du 20 octobre 2004, la recourante avait déclaré qu'elle n'était pas déprimée. La juridiction cantonale a relevé également que le docteur S.________, auprès duquel la patiente était en traitement depuis le 12 mai 2005, n'avait pas eu affaire à elle lorsque la symptomatologie douloureuse correspondant à une fibromyalgie était apparue. On ne voit pas que les constatations de fait soient manifestement inexactes ou incomplètes. 3.3 En ce qui concerne les autres critères déterminants, considérés comme pertinents et transposables au contexte de la fibromyalgie (ATF 132 V 65 consid. 4.2.2 p. 71), les premiers juges ont admis que seul le processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable était réalisé. 3.3.1 Le point de savoir si, comme l'affirme la recourante, la dépression dont elle souffre a aujourd'hui un caractère chronique peut demeurer indécis. En effet, cela n'est pas déterminant au regard du critère des affections corporelles chroniques (ATF 132 V 65 consid. 4.2.2 déjà cité p. 71). La juridiction cantonale a relevé que la recourante ne souffrait pas d'affections corporelles chroniques autres que la fibromyalgie. Certes, le docteur F.________ avait attesté une intolérance à l'effort d'origine métabolique. Cependant, ce problème de santé existait apparemment de longue date et ne l'avait pas empêchée de travailler, avant l'apparition de la fibromyalgie. Cela est contesté par la recourante, qui déclare que l'intolérance métabolique réduit ses capacités physiques, l'empêchant même d'accomplir ses tâches ménagères, et que l'on ne sait pas depuis quand elle en souffre. Elle reproche à la juridiction cantonale d'avoir minimisé le problème en disant qu'il existe «apparemment de longue date». Les allégations de la recourante ne permettent pas de qualifier les faits retenus par les premiers juges comme étant manifestement inexacts (consid. 2.1), qui en déduisent que la recourante ne souffre pas d'affections corporelles chroniques autres que la fibromyalgie. Le syndrome d'intolérance à l'effort d'origine métabolique a été mentionné par le docteur F.________ dans son rapport médical du 6 juillet 2005 sur la base du bilan neurologique établi par le docteur R.________. Or, dans son rapport médical du 4 avril 2005, le neurologue avait exclu toute pathologie sous-jacente. A la recherche d'une intolérance à l'effort d'origine métabolique, ce médecin avait prié la patiente de procéder à un dosage du lactate, pyruvate, myoglobine, carnitine et enzymes musculaires avant et après effort, en avisant le docteur F.________ qu'il recevrait une copie des résultats. Ainsi, dans la mesure où la recourante laisse entendre que le syndrome d'intolérance à l'effort d'origine métabolique est une affection corporelle chronique réduisant ses capacités physiques, l'empêchant même d'accomplir ses tâches ménagères, cela n'est ni prouvé ni rendu vraisemblable. 3.3.2 En ce qui concerne le critère d'une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie (ATF 132 V 65 consid. 4.2.2 mentionné ci-dessus p. 71), la juridiction cantonale a nié qu'il soit réalisé. Apparemment, la recourante ne le conteste pas. Certes, dans son attestation du 29 septembre 2006, le docteur S.________ a indiqué que la patiente, nonobstant ses efforts constants, avait été confrontée à une perte d'intégration sociale, ayant dû diminuer son taux d'activité professionnelle et accepter, en outre, une disqualification de ses tâches, en fonction de ses états de fatigue récurrents et de la perte de concentration qui les avait accompagnés. Toutefois, ces éléments aussi difficiles qu'ils puissent être ne se confondent pas avec la notion de perte d'intégration sociale. 3.3.3 Même si le docteur M.________, dans le rapport d'examen SMR du 20 avril 2006, a évoqué l'éventualité d'un état psychique cristallisé, la juridiction cantonale a constaté l'absence d'événements de la vie adverses, à l'exception des difficultés conjugales de la recourante ayant conduit à une dépression en 2001. Pour ce motif, les premiers juges ont nié l'existence d'un état psychique cristallisé résultant d'un processus défectueux de résolution du conflit, ce que la recourante ne conteste pas vraiment. 3.4 En l'absence de comorbidité psychiatrique et chez une assurée encore jeune (cf. arrêt I 488/04 du 31 janvier 2006), les premiers juges, niant que la fibromyalgie ait valeur de maladie, ont ainsi admis le caractère exigible d'une capacité de travail de 100 % dans l'activité habituelle. Implicitement, ils se fondent sur le rapport d'examen SMR du 20 avril 2006. On ne décèle pas dans la lettre du docteur F.________ du 22 mai 2006, ni dans celle du docteur S.________ du 24 mai 2006 ou dans son attestation du 29 septembre 2006, d'éléments objectifs susceptibles de remettre en cause le bien-fondé des conclusions du docteur M.________ sur ce point. 3.5 Il s'ensuit que l'on pouvait raisonnablement attendre de la recourante lors de la décision sur opposition du 6 juillet 2006 qu'elle exerce son activité habituelle avec une capacité de travail exigible de 100 %, ce qui revient à nier toute invalidité (comparaison en pour-cent; ATF 114 V 310 consid. 3a p. 313, 104 V 135 consid. 2b p. 136 s.).