Citation: H 20/01 21.06.2001 E. 4

4.- En ce qui concerne V.________, les juges cantonaux ont retenu de manière à lier la cour de céans (art. 105 al. 2 OJ) que cette dernière, qui avait déjà travaillé à plein temps comme employée de commerce au sein de la société anonyme Y.________, était inscrite au registre du commerce en qualité d'associée-gérante de la société Z.________, et qu'elle établissait notamment les déclarations de salaire. Ils en ont déduit que le non-paiement des cotisations d'assurances sociales procédait d'un comportement gravement négligent imputable à la recourante et que ni le fait d'avoir tenté d'obtenir de la caisse un échelonnement de la dette, ni la modicité du salaire de 3000 fr. par mois touché par l'intéressée, ni l'insolvabilité d'un client qui devait à la société un montant de l'ordre de 60'000 fr. ne permettaient de la disculper. Pour sa part, la recourante soutient que confrontée à un défaut de liquidités dû à la conjoncture et à un procès important l'opposant à un client, elle ne peut se voir reprocher un comportement fautif engageant sa responsabilité. Il est vrai que dans sa jurisprudence le Tribunal fédéral des assurances a admis que l'employeur qui, faute de ressources, omet d'acquitter les cotisations paritaires n'agit ni intentionnellement, ni par négligence grave et n'est, partant, pas responsable du dommage qui en résulte (RCC 1970 p. 103 consid. 2). La recourante ne saurait toutefois se prévaloir de cette jurisprudence. Il convient en effet de relever que, contrairement à la situation de fait qui prévalait dans cet arrêt, il n'a pas été constaté par les premiers juges, en l'espèce, que Z.________ n'aurait pas du tout disposé des liquidités nécessaires pour s'acquitter des cotisations d'assurances sociales, ce que la recourante n'a, au demeurant, jamais allégué en procédure. Du reste, une telle constatation serait en contradiction avec les pièces du dossier. Il ressort en effet du bilan de la société au 31 décembre 1996 que cette dernière disposait à cette date d'un avoir de 11'486 fr. 05 sur son compte de chèques postaux. Le détail des comptes du bilan 1997 fait de même état d'un disponible de 8838 fr. 80 sur ce compte au 31 décembre 1997. Il en résulte que la société, quoi qu'en dise la recourante, disposait de certaines ressources qui lui auraient permis de s'acquitter, en partie tout au moins, des cotisations d'assurances sociales au mois de mars 1997, lorsque la caisse lui a notifié la décision par laquelle elle fixait les cotisations pour l'année 1996. Il apparaît ainsi qu'en réalité, ce n'est pas d'emblée un défaut de liquidités qui a empêché la société de s'acquitter des cotisations d'assurances sociales, mais que le paiement de ces dernières à été, dans un premier temps, reporté dans l'espoir d'une amélioration de la situation. Dans un tel cas, comme l'ont rappelé à juste titre les premiers juges, l'employeur ne peut se prévaloir d'un motif de disculpation que s'il est établi qu'il avait, au moment de prendre la décision de retarder le paiement des cotisations, des raisons sérieuses et objectives de penser qu'il pourrait s'acquitter de sa dette dans un délai raisonnable (ATF 108 V 188; RCC 1992 p. 261 consid. 4b). A cet égard, il convient de relever que la recourante, hormis le fait qu'elle a tenté d'obtenir de la caisse l'échelonnement du paiement des cotisations arriérées, n'allègue pas l'existence de circonstances objectives qui lui auraient permis, en 1996, 1997 et 1998, de penser que la société pourrait, dans un délai raisonnable, s'acquitter de sa dette. Elle n'allègue pas, en particulier qu'elle aurait tenté de mettre sur pied un plan de sauvetage de l'entreprise ou que des démarches auraient été entreprises auprès de ses créanciers afin d'obtenir un étalement ou une remise de ses dettes. Or, ni l'espoir de voir la conjoncture s'améliorer, ni celui d'une issue rapide du procès qui opposait la société à un client pour le montant de 60'000 fr., ne constituent de telles raisons objectives. On ne saurait ainsi faire grief aux juges cantonaux d'avoir imputé le comportement de la recourante à faute et d'avoir admis que sa responsabilité était engagée au regard de l'art. 52 LAVS. Le recours de V.________ est mal fondé.