Citation: 1C_125/2016 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le recourant ne conteste pas avoir commis un excès de vitesse de 45 km/h sur un tronçon limité à 80 km/h, ce qui est objectivement constitutif, en application de la jurisprudence susmentionnée, d'une infraction grave (art. 16c al. 1 let. a LCR). Il ne conteste pas non plus avoir repris son véhicule le jour même alors qu'il était sous le coup d'une interdiction de conduire signifiée par la police. Le recourant soutient en revanche que l'instance précédente aurait dû retenir l'état de nécessité. Il affirme avoir été poussé à commettre cet excès de vitesse pour rentrer au plus vite à la maison et ainsi mettre fin aux douleurs ressenties par son épouse souffrant d'hernies discales, douleurs exacerbées par la position assise. Celle-ci à laquelle il était marié depuis 53 ans lui aurait ordonné de dépasser les véhicules devant eux qui circulaient à une vitesse inférieure à la limite maximale autorisée. En l'espèce, les conditions de l'état de nécessité ne sont pas remplies. En effet, le fait de rouler à grande vitesse n'était manifestement pas nécessaire pour préserver son épouse d'un "danger imminent et impossible à détourner autrement". Pour soulager les douleurs de son épouse, le recourant aurait dû choisir par exemple de faire des pauses régulières durant le trajet en voiture pour libérer celle-ci de la position assise ou encore l'inviter à prendre un antalgique, comme relevé par l'instance précédente. Le recourant semble d'ailleurs reconnaître dans son mémoire de recours que les douleurs dorsales ressenties par son épouse ne justifiaient pas le dépassement de la vitesse entrepris. Par ailleurs, le fait que l'intéressé aurait obéit à une injonction de son épouse - à laquelle il était marié depuis plus de 50 ans - ne constitue pas une circonstance qui permettrait de qualifier l'infraction commise de moyennement grave. En l'occurrence, l'infraction grave commise le 28 novembre 2013 par le recourant implique un retrait de permis pour une durée minimale de douze mois, compte tenu du retrait de permis de conduire intervenu en 2012 pour infraction grave (cf. art. 16c al. 2 let. c LCR). Il apparaît dès lors que la durée du retrait de permis fixée à quatorze mois par le SCAN, soit deux mois en sus du minimum légal, tient compte dans une juste mesure de la gravité de l'excès de vitesse commis, du fait qu'il a repris le volant alors qu'une interdiction de conduire venait de lui être notifiée par la police, ainsi que de son besoin professionnel. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, la durée du retrait de permis n'apparaît pas disproportionnée.