Citation: 6S.128/2003 13.08.2003 E. 7

Invoquant une violation de l'art. 55 CP, le recourant conteste son expulsion. 7.1 Selon l'art. 55 al. 1 CP, le juge peut expulser du territoire suisse pour une durée de trois à quinze ans tout étranger condamné à la réclusion ou à l'emprisonnement. La jurisprudence en matière d'expulsion judiciaire a été exposée dans l'arrêt publié aux ATF 123 IV 107, auquel on peut se référer. Il suffit ici de rappeler que, bien qu'elle soit de manière prépondérante une mesure servant à la protection de la sécurité publique, l'expulsion est aussi une peine accessoire réprimant une infraction; elle doit donc être fixée en tenant compte non seulement du but de sécurité publique qu'elle remplit mais aussi des critères qui régissent la fixation d'une peine, à savoir d'après la culpabilité du délinquant, eu égard aux mobiles, aux antécédents et à la situation personnelle de celui-ci; le juge dispose à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que le Tribunal fédéral n'intervient que s'il ne s'est pas fondé sur des critères pertinents ou s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation en prenant une décision exagérément sévère ou clémente (ATF 123 IV 107 consid. 1 p. 108/109). 7.2 En l'espèce, le recourant, âgé de vingt-trois ans au moment des faits, a effectué sa scolarité obligatoire et a suivi une formation de carrossier dans son pays d'origine, la Macédoine. Il est venu en Suisse en 1998 et y a connu en juin 1998 sa future épouse, une compatriote vivant en Suisse. Il est alors reparti en Macédoine où il s'est marié en décembre 1998. De retour à Morat en mars 1999, il a pris un appartement avec son épouse et son beau-frère. En juillet 1999, il a commencé à travailler pour une entreprise. Il est au bénéfice d'un permis B. Son frère C.X.________ et l'une de ses soeurs résident en Suisse. Ses parents vivent en Macédoine. Il se sent plus en sécurité en Suisse que là-bas, où il craint des représailles de la famille Z.________. Responsable d'une fusillade en pleine rue, le recourant a commis des infractions graves. Sa culpabilité, indépendamment de l'admission du pourvoi sur un point (cf. supra, consid. 6.2), apparaît comme lourde. Il a en particulier commis un meurtre et une tentative de meurtre, sans qu'il puisse se prévaloir pour ces deux actes d'une situation de légitime défense. Compte tenu de la nature des infractions commises, la protection de la sécurité publique peut manifestement être invoquée. S'agissant de ses attaches avec la Suisse, le recourant n'a passé que quelques mois dans ce pays. Quant à son épouse, elle est de la même nationalité que lui. Au vu de l'ensemble des éléments à prendre en considération, les juges cantonaux, qui se sont fondés sur des critères pertinents, ne sauraient se voir reprocher d'avoir abusé de leur pouvoir d'appréciation en prononçant l'expulsion du recourant. Le grief est infondé.