Citation: 6B_994/2021 E. 2.1

2.1. En renvoyant au jugement de première instance mais en en complétant la motivation, la cour cantonale a retenu qu'après avoir tué la victime, le recourant avait tenté à plusieurs reprises, avant d'y parvenir, de faire entrer dans la valise le cadavre qu'il avait recouvert de détritus. Il avait trimbalé le corps sans ménagement dans les escaliers sur plusieurs étages et dans la rue. Arrivé chez lui, il avait de nouveau manipulé la dépouille en l'emballant dans une housse de duvet, puis en la replaçant dans la valise. Finalement, il avait gardé le corps, entreposé au milieu de son appartement, comme un vulgaire objet durant 24 heures. En oeuvrant de la sorte, il avait opéré sans considération pour le corps de la défunte, traitant celle-ci comme un objet dont on veut se débarrasser et outrageant ainsi le cadavre de sa victime. Il avait agi avec conscience et volonté (jugement de première instance, consid. II.a.ii, p. 38). Il ne s'était pas limité à déplacer délicatement le corps mais avait tout d'abord effectué plusieurs manipulations afin de le mettre dans la valise et avait dû s'y reprendre plusieurs fois. Il avait finalement dû le mettre sur le lit afin de le faire basculer dans le bagage. Il l'avait également déplacé sans ménagement et stocké comme une marchandise dans l'attente d'être débarrassée. Le comportement du recourant envers le cadavre de sa victime était caractérisé par le mépris et l'irrespect, ce qui constituait sans aucun doute la profanation d'un cadavre humain au sens de l'art. 262 al. 1 ch. 3 CP, cette disposition ne supposant pas une profanation "grossière" contrairement à celle d'une tombe (art. 262 ch. 1 al. 1 CP). Au plan subjectif, l'intention du recourant était bien de se débarrasser du corps afin de ne pas être identifié, privant ainsi les proches de la victime de la possibilité d'honorer sa dépouille, si bien qu'il n'importait pas qu'il souhaitât être près du corps et ensuite l'enterrer (arrêt entrepris consid. 3.3 p. 16).