Citation: I 504/03 06.11.2003 E. 4

Il s'agit donc d'examiner si les cours en question peuvent être pris en charge au chapitre des moyens auxiliaires. 4.1 En vertu de l'art. 21 al. 1 LAI, 1ère phrase, l'assuré a droit, d'après une liste que dressera le Conseil fédéral, aux moyens auxiliaires dont il a besoin pour exercer une activité lucrative ou accomplir ses travaux habituels, pour étudier ou apprendre un métier ou à des fins d'accoutumance fonctionnelle. L'article 21bis al. 2 LAI prévoit que l'assurance peut allouer des contributions à l'assuré qui a recours, en lieu et place d'un moyen auxiliaire, aux services de tiers. Selon la jurisprudence constante, il faut entendre par moyen auxiliaire de l'assurance-invalidité un objet permettant de suppléer aux défaillances de certaines parties du corps humain ou de leurs fonctions (ATF 115 V 194 consid. 2c, 112 V 15, consid. 1b). Par ailleurs, étant donné que les contributions versées pour les services de tiers au sens de l'art. 21bis al. 2 LAI ne représentent qu'une prestation qui remplace un moyen auxiliaire déterminé - à la remise duquel l'assuré peut en principe prétendre, mais qu'il n'est pas en mesure d'utiliser lui-même pour des motifs qui tiennent à sa personne - lesdits services de tiers ne sauraient avoir, eux aussi, qu'un caractère auxiliaire. Ces services sont donc destinés uniquement à suppléer, en lieu et place du moyen auxiliaire considéré, aux «défaillances de certaines parties du corps humain ou de leurs fonctions»; ils ne doivent pas viser, de par leur nature, des buts qui excèdent ceux du moyen auxiliaire auxquels ils se substituent (ATF 112 V 15 consid. 1b; RCC 1986 p. 357 consid. 1b, p. 670 consid. 3b). 4.2 Aux termes de l'art. 9 al. 1 let. c OMAI, l'assuré a droit au remboursement des frais liés à l'invalidité, qui sont dûment établis et causés par les services spéciaux de tiers dont il a besoin, en lieu et place d'un moyen auxiliaire, pour acquérir des aptitudes particulières qui permettent de maintenir des contacts avec l'entourage. 4.3 En l'espèce, les cours en question n'ont pas le caractère d'un moyen auxiliaire, mais doivent être considérés comme des frais occasionnés par le service de tiers au sens de l'art. 9 OMAI. Ils permettent à l'évidence de faciliter - et d'améliorer- les contacts avec l'entourage. 4.4 Le fait que l'assuré s'est vu appliquer - sans succès - diverses mesures dans le passé n'est pas en soi un motif pour refuser le droit aux mesures en cause. Cela reviendrait à poser une condition supplémentaire, non prévue par la loi ou son règlement d'exécution, à la prise en charge de contributions pour des services de tiers. Une telle circonstance peut en revanche être un indice que la mesure n'est pas adéquate. 4.5 L'insuccès des mesures précédentes s'explique très vraisemblablement par les graves troubles du comportement de l'assuré pendant son enfance et son adolescence, attestées par les nombreuses pièces médicales ainsi que les différents rapports des services qui se sont occupés de l'enfant. C'est ainsi qu'un rapport de l'Office régional de réadaptation professionnelle du canton de Vaud du 6 juillet 1984 fait était d'accès de colère clastique au cours desquels il arrivait à l'assuré de battre les enseignants de l'école pour sourds de X.________, ainsi que d'une évolution de cette symptomatologie vers l'apparition de bouffées délirantes. Ce contexte psychologique n'était à l'évidence pas favorable à un enseignement. 4.6 Comme l'a exposé Pro Infirmis dans son recours à l'autorité cantonale, la santé psychique de l'assuré paraît s'être stabilisée, ce qui permet un investissement dans l'apprentissage. On note à ce propos que l'assuré, qui a été hospitalisé à huit reprises à Z.________ entre 1983 et 1993, l'a été depuis lors une seule fois, en 1999, cela en raison d'un événement déclenchant particulier (un geste de pseudo-autonomisation, consécutif au décès de sa mère). Un bilan neuro-psychologique a été organisé pour déterminer si l'intéressé pouvait bénéficier d'un traitement en vue d'améliorer ses moyens de communiquer. Il est apparu qu'un apprentissage du langage labial et de la langue des signes était mieux approprié que des séances de logopédie. Les cours de lecture labiale et de langue des signes sont prodigués, respectivement, par A.________, logopédiste et par B.________ de la Société romande de lutte contre la surdité. Toutes deux attestent des progrès accomplis par l'assuré grâce aux cours en question (rapports des 10 juillet et 21 juillet 2000). La doctoresse C.________ qualifie de «remarquable» l'évolution de l'assuré tant du point de vue du langage, de la compréhension, de l'écriture et de la communication en général; ces cours ont permis à l'assuré de participer à plusieurs activités sociales (rapport du 23 octobre 2000). On peut ainsi en déduire que la mesure est adéquate. On ne saurait pas affirmer, par ailleurs, que le coût des cours est disproportionné au but à atteindre. De tels cours sont un moyen simple pour l'acquisition des capacité qui permettent le maintien des des contacts avec l'entourage.