Citation: 1P.437/2001 16.10.2001 E. A

A.- D.________ est l'épouse de J.________. Elle est copropriétaire pour moitié avec son mari d'un appartement en propriété par étage et d'un garage, à Verbier (ci-après: les PPE 53'043 et 53'052). Elle détient l'intégralité du capital-actions et des actifs de la société B.________ SA, qui est propriétaire de la parcelle n° 2405 du registre foncier de Bagnes, sur laquelle est érigé un chalet que les époux D.________ et J.________ occupent avec leurs trois enfants. Le 1er mars 1991, le Juge d'instruction pénale du Bas-Valais (ci-après: le Juge d'instruction pénale) a ouvert une enquête pénale contre J.________ pour infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants et blanchissage d'argent. Le 7 juin 1993, il a notamment requis l'annotation au registre foncier d'une restriction du droit d'aliéner sur les PPE 53'043 et 53'052, propriété des époux D.________ et J.________, et sur la parcelle n° 2'405, propriété de B.________ SA. Le 11 mars 1994, le Juge d'instruction pénale a ouvert une instruction d'office pour blanchissage d'argent contre D.________, qui a été placée en détention préventive au régime du secret du 30 mars au 8 avril 1994. Elle était soupçonnée d'avoir retiré ou tenté de retirer, entre le 12 octobre 1990 et le 24 juin 1992, une somme totale d'environ 580'000 fr. du compte que son mari détenait en Autriche auprès de la Sparkasse der Stadt Feldkirch. Le 18 février 1997, les époux D.________ et J.________ ont été renvoyés en jugement à raison de ces infractions devant le Tribunal du IIIème arrondissement pour le district de l'Entremont. Lors de l'audience de débats tenue le 9 décembre 1997, cette autorité a disjoint la procédure dirigée contre D.________ de celle ouverte contre J.________ et renvoyé celle-ci à l'instruction; par jugement des 9 et 12 décembre 1997, elle a abandonné les charges retenues contre J.________ du chef de blanchissage d'argent; elle l'a en revanche reconnu coupable de violation grave de la loi fédérale sur les stupéfiants et l'a condamné à six ans de réclusion ainsi qu'à une amende de 100'000 fr.; elle l'a en outre astreint à verser à l'Etat du Valais une créance compensatrice de 800'000 fr. et a levé les séquestres ordonnés en cours d'instruction.