Citation: 8C_582/2018 E. 4

Il est d'abord inexact de soutenir que le tribunal cantonal aurait méconnu des éléments importants pour trancher le cas d'espèce. Si son appréciation se fonde certes surtout sur le rapport du docteur F.________, il ressort néanmoins clairement de son jugement que les éléments factuels et médicaux déterminants ont été dûment pris en compte. On précisera à ce propos que, pour satisfaire à leur obligation de motiver leur décision, les premiers juges ne devaient pas forcément se déterminer sur tous les faits, moyens de preuve ou griefs invoqués, mais pouvaient se contenter d'examiner les seules questions décisives pour l'issue du litige (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 p. 564). Or, l'avis du docteur F.________ répond aux critiques du recourant. Ainsi, se fondant sur les documents médicaux réunis, en particulier sur l'imagerie médicale fournie (radiographie et IRM), le docteur F.________ a diagnostiqué une importante dysplasie de l'articulation fémoro-patellaire sur base constitutionnelle. Il a précisé que compte tenu des classifications scientifiques, l'assuré présentait une rotule Wiberg type III ainsi qu'une trochlée Déjour type C. Il a expliqué que ces troubles participaient d'un status pathologique marqué, sur une base génétique ou congénitale et malformative. Il était absolument certain que la situation correspondait à un long terme d'évolution et ne pouvait être la seule conséquence de l'accident du 27 mars 2014. Sur la base des déclarations du recourant, ainsi que du status clinique établi à l'hôpital C.________ ou du descriptif de l'IRM réalisée dans cet établissement le jour même ou le lendemain du second accident, il a en outre constaté qu'il n'avait aucun argument parlant en faveur d'une atteinte aiguë qui serait imputable seulement à l'accident évoqué. Au contraire, l'épanchement articulaire peu marqué, les douleurs diffuses et modérées, la tuméfaction discrète et l'absence d'hématome constatés à l'hôpital C.________ le conduisaient à conclure à une décompensation symptomatique temporaire d'une situation hautement pathologique préexistante ou, autrement dit, à exclure une atteinte structurelle traumatique déterminante et durable consécutive à l'accident du 27 mars 2014 se surajoutant à la pathologie préexistante. Les observations faites par les médecins du Service d'orthopédie et de traumatologie de l'hôpital D.________ quelque jours après l'accident confortaient sa conclusion dès lors que ceux-ci n'avaient pas indiqué d'épanchement important ni de contusion osseuse ou de lésion ligamentaire. Le docteur F.________ a en définitive nié un rapport de causalité entre l'événement du 27 mars 2014 et l'intervention chirurgicale corrective effectuée au niveau du genou droit le 15 septembre 2014.