Citation: 7B_618/2024 E. 3.2.3

3.2.3. Ce raisonnement doit être confirmé. Le recourant ne conteste en effet pas les circonstances liées au grave accident de la circulation qui ont justifié son placement en détention provisoire (cf. arrêt attaqué consid. 2); il ne remet pas non plus en cause qu'il est exposé à une lourde peine privative de liberté et à une expulsion obligatoire au regard des charges qui pèsent sur lui (cf. arrêt attaqué consid. 3.2, 2 e paragraphe). Le recourant fait valoir que son lien avec la Suisse serait important et intense et se prévaut d'un repentir sincère et de son comportement au moment de l'accident. Ce faisant, il se base sur des faits qu'il allègue librement, dans un procédé purement appellatoire. Tel est notamment le cas lorsqu'il se réfère aux déclarations de deux témoins en lien avec son activité ou qu'il se rapporte à son comportement après l'accident. Cette argumentation est quoi qu'il en soit insuffisante à faire admettre que le risque de fuite ne serait pas réalisé. La cour cantonale a d'ailleurs retenu que le recourant avait manifesté des regrets et pouvait se prévaloir d'attaches en Suisse (permis de séjour valable et possibilité d'accueil par sa soeur). Ces attaches doivent cependant être relativisées dans la mesure où, selon les constatations cantonales, au moment de l'accident, le recourant logeait chez sa soeur depuis environ trois mois et avait deux "petits" emplois non déclarés; il avait auparavant exercé une activité saisonnière en Suisse, à raison de neuf mois par année, retournant dans l'intervalle dans son pays. Le recourant ne saurait à cet égard tirer argument de l'arrêt qu'il cite (arrêt 1B_388/2022 du 16 août 2022 consid. 3.3), les situations n'étant pas comparables. Au contraire du recourant, dans cet arrêt, le détenu disposait notamment d'attaches étroites avec la Suisse où il vivait depuis son enfance, soit depuis plus de quarante ans, bénéficiait d'un permis C et y avait des rapports réguliers avec sa famille, en particulier sa mère; il ne ressort au surplus pas de cet arrêt que le détenu aurait entretenu des liens avec son pays d'origine. En tout état, comme l'a retenu l'autorité précédente, indépendamment des liens tissés en Suisse, le recourant a conservé de fortes attaches dans son pays d'origine. Il y est chaque fois retourné dès son activité saisonnière terminée; durant l'épidémie de Covid-19, il y a d'ailleurs vécu et travaillé deux ans. Enfin, son père y vit toujours. C'est au demeurant sur l'impulsion de celui-ci que le recourant est revenu en Suisse pour trouver un emploi plus rémunérateur et y a finalement obtenu un permis de séjour B au mois d'août 2022; l'obtention de ce permis n'a d'ailleurs pas empêché le recourant de faire des allers et retours en Pologne au moment de l'accident. Enfin, bien qu'il soit dans l'intervalle divorcé, le recourant a précédemment été marié dans son pays (cf. arrêt attaqué let. j). Au vu de ces éléments, la cour cantonale n'a pas violé le droit en retenant que malgré des liens en Suisse et l'expression de regrets, le recourant disposait d'attaches fortes dans son pays d'origine. A cet égard, les éléments financiers allégués par le recourant - soutien de la soeur, droit aux prestations sociales et souhait de créer sa propre entreprise -, outre qu'ils sont largement appellatoires, ne permettent pas d'écarter le risque concret de fuite; au surplus, il résulte des constations cantonales que le recourant a encore récemment exercé une activité lucrative dans son pays. Ainsi, contrairement à ce que soutient le recourant, confronté à l'importante peine encourue et au risque d'expulsion obligatoire, il pourrait être tenté de se soustraire à la procédure pénale en se rendant dans son pays d'origine, dans lequel il dispose d'attaches solides. Il ne pourrait du reste pas en être extradé (cf. arrêt attaqué consid. 3.2). Au vu de ces éléments, la Chambre pénale de recours n'a pas violé le droit fédéral en retenant un danger de fuite concret.