Citation: 6B_1040/2022 E. 2.5.3

2.5.3. Le recourant soutient que la cour cantonale aurait arbitrairement retenu qu'il n'avait pas de raisons suffisantes de croire que le danger était réel. Encore une fois, il rediscute librement l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Il en va ainsi lorsqu'il affirme que les informations en sa possession au moment de l'annonce corroboraient le fait qu'il tenait le danger pour réel, que le rapport de N.________ n'était pas illisible pour lui au moment de l'annonce, et qu'il aurait vérifié ses sources. Il en va de même lorsqu'il prétend que sa seule intention était d'interpeller les services de l'Etat sur une situation qu'il considérait comme dangereuse. En outre, il affirme que la cour cantonale lui aurait imputé un comportement qui se rapprochait plus de la négligence que de l'intention en lui reprochant de n'avoir pas vérifié ses sources. En l'espèce, il faut admettre avec le recourant que l'absence de vérification des sources n'est pas en tant que tel un critère déterminant. En effet, de manière générale, n'est pas coupable d'une annonce fallacieuse, une personne qui ne vérifie pas la véracité d'une information pour autant qu'elle la croie exacte (cf. LIVET/DOLIVO-BONVIN, in Commentaire romand, Code pénal II, 2017, no 6 ad art. 258 CP). La question est donc ici de savoir si la cour cantonale pouvait valablement retenir que le recourant ne tenait pas le danger pour réel. A cet égard, le fait que le recourant était un ancien journaliste décrit comme rigoureux et rompu à l'exercice de la vérification des sources n'était pas anodin pour déterminer ce qu'il avait pu croire. En effet, lorsqu'il travaillait pour un grand quotidien, celui-ci exigeait "de ses enquêteurs qu'ils recueillent les témoignages concordants de cinq personnes pour publier un résultat, considérant qu'à défaut, il n'y avait pas de preuve". Ainsi, on comprend que la cour cantonale a considéré, qu'au regard de son expérience professionnelle, le recourant ne pouvait pas tenir le danger pour réel, sur la base des éléments peu fiables dont il disposait. En particulier, il avait reçu les rapports N.________ de la part d'une personne n'ayant aucune connaissance scientifique, mais qu'il connaissait en tant que collaborateur cadre d'une société immobilière importante. Les prélèvements avaient été effectués dans des conditions rocambolesques et peu sérieuses. Le recourant n'avait pourtant pas posé de questions à ce sujet. La cour cantonale avait également relevé, sans que le recourant n'en démontre l'arbitraire, qu'avant le 17 février 2017, le rapport du laboratoire N.________ était illisible pour un profane. Or l'annonce du recourant était antérieure à la date du 17 février puisqu'elle remontait au 31 janvier 2017. Qui plus est, ce rapport reposait sur des prélèvements manifestement insuffisants dès lors qu'aucune des analyses n'avait porté sur la nappe phréatique elle-même. Malgré cela, le recourant avait tenu des propos péremptoires. Il les avait notamment titrés et avait utilisé la forme d'un communiqué de presse. Le recourant n'avait pas non plus hésité à procéder à un amalgame "entre un puits au milieu de nulle part et un système d'acheminement d'eau potable". Finalement, il ressort du jugement attaqué que l'écrit litigieux du 31 janvier 2017 s'inscrivait dans une démarche partisane vu les liens que le recourant tissait avec l'entreprise de R.________, lui-même impliqué dans une guerre économique avec son concurrent E.________. Ainsi, la cour cantonale pouvait, à juste titre, conclure que cette démarche orientée excluait une démarche citoyenne, de même que l'anonymat sous lequel le recourant s'était manifesté. Au regard de ce qui précède, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, considérer que le recourant ne tenait pas le danger annoncé pour réel.