Citation: 4A_184/2018 E. 2.1.2

2.1.2. Le motif réel d'une résiliation relève du fait (ATF 136 III 513 consid. 2.3 p. 515; 131 III 535 consid. 4.3 p. 540; 130 III 699 consid. 4.1 p. 702), que le Tribunal fédéral ne revoit que sous l'angle de l'arbitraire. La recourante ne formule de grief recevable qu'à l'égard de points bien spécifiques des faits retenus. Pour le surplus, elle présente son propre état de fait qu'elle oppose à celui retenu par la cour cantonale, ce qui n'est pas conforme aux exigences de motivation en la matière (cf. consid. 1.3 supra). A suivre l'employée, l'un des plus gros clients de l'employeuse était A.________ et un certain B.________ représentait cette société, au même titre que les clients C.________ et D.________. C'est à cette personne ("le mandat B.________") que l'employeuse se serait référée dans la lettre de licenciement, contrairement à ce que la cour cantonale aurait constaté. Or, entendu en qualité de témoin, B.________ aurait déclaré ne pas avoir souvenir d'avoir rencontré de difficultés avec l'employée, contrairement aux dires de la supérieure hiérarchique de la recourante, J.________, laquelle aurait indiqué au sujet de l'intéressé: " A part M. B.________, je n'ai entendu personne se plaindre d'elle; je précise que 70% de son portefeuille concernait des immeubles des sociétés de M. B.________." Il n'importe d'éclaircir ce qu'il en est exactement de l'opinion du prénommé sur l'employée. En effet, il ressort des faits établis par la cour cantonale que la Fondation C.________ s'est adressée à plusieurs reprises à la recourante et/ou à l'employeuse pour se plaindre du suivi lacunaire de dossiers, d'erreurs et de retards (courriels des 1er février 2011, 21 mars 2011 et 8 avril 2011). Son insatisfaction était pour le moins manifeste. Peu importe que cette fondation ne se soit pas exprimée par l'entremise de B.________. Le 23 juin 2011, c'est E.________, locataire de la même fondation, qui s'est plainte à cette dernière du comportement de la recourante à l'occasion de l'état des lieux d'entrée dans un appartement dégradé, voire insalubre. S'y ajoutent les plaintes formulées par F.________, locataire, le 22 août 2011 et par G.________, directeur de H.________, le 16 janvier 2012, lesquelles parachèvent ce tableau déjà suffisamment révélateur. Au vu de ces éléments, il n'apparaît en rien arbitraire de retenir que certains clients n'étaient pas satisfaits des services de la recourante. Qu'il n'en aille pas ainsi de tous les clients n'y change rien. Quant aux retards qu'elle avait accumulés dans ses dossiers, la recourante ne prétend pas que ce fait aurait été arbitrairement constaté. Tout au plus soutient-elle qu'elle n'était pas responsable des retards de son dernier assistant en date, I.________; ce dernier aurait concédé "avoir été lent, commettre des erreurs et avoir été absent au début de 2012 pendant quatre semaines", ce qui aurait été arbitrairement passé sous silence. A cet égard, il faut relever que la situation décrite n'a pas pris naissance avec l'engagement du prénommé; celui-ci n'est que l'un des cinq assistants qui se sont succédé au service de l'employée. A supposer qu'il fût effectivement lent et qu'il ait commis des erreurs, ceci ne permettrait pas encore à la recourante de prétendre qu'elle n'était, elle-même, à l'origine d'aucun retard. Certes, elle conteste le qualificatif de "pointilleuse" retenu par la cour cantonale et, partant, la corrélation établie entre ce trait de caractère et l'accumulation du retard. Cela étant, la recourante échoue à démontrer le caractère arbitraire de cette constatation de fait. Si son assistant I.________ a pu déclarer qu'elle "était pointilleuse mais pas à l'excès", comme elle l'avance, il n'en demeure pas moins - et elle ne le conteste pas - qu'elle faisait refaire à ses assistants des courriers qu'elle avait à coeur de corriger plusieurs fois, les surveillait et contrôlait tout de manière générale. Ceci justifie sans doute le qualificatif contesté. La recourante soutient également que le témoignage de sa supérieure hiérarchique directe, J.________, aurait été méconnu de manière arbitraire. Cette dernière aurait déclaré à son sujet: "il faut tempérer cette réponse en tenant compte du retard hérité qui faisait que, tout compte fait, elle était un peu plus chargée que les autres". Cette réflexion laisse intact le fait, constaté dans l'arrêt cantonal et au demeurant incontesté, qu'il a été donné l'occasion à l'employée de transférer des dossiers à d'autres gérants et qu'elle ne s'en est pas saisie. Elle n'est dès lors pas déterminante. En conclusion, la recourante ne parvient pas à démontrer le caractère manifestement inexact de la constatation selon laquelle les motifs allégués par l'employeuse pour justifier le licenciement étaient bien réels. C'est à bon droit que la cour cantonale a déduit de cette prémisse que le congé, notifié pour lesdits motifs, n'était pas abusif.