Citation: 6B_362/2017 E. B

Par arrêt du 15 septembre 2015, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a annulé ce jugement et a acquitté X.________, considérant que ce dernier avait agi sous l'empire d'une erreur sur l'illicéité inévitable (art. 21 CP). La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. Le 20 décembre 2011 à 13 h 50, à Genève, l'inspecteur X.________ a circulé au volant d'un véhicule de service de la police, le feu bleu enclenché sur le toit, sur le quai Gustave-Ador en direction de la ville, à une vitesse de 105 km/h alors que la vitesse maximale autorisée sur ce tronçon était de 50 km/h, soit avec un dépassement de 49 km/h (marge de sécurité de 6 km/h déduite). Le quai Gustave-Ador comporte deux voies de circulation dans chaque sens. La route est traversée par un passage pour piétons à la hauteur où l'infraction a été commise. Le jour des faits, la circulation était fluide, le temps était couvert et la chaussée mouillée. B.b. Le jour des faits, en fin de matinée, l'inspecteur chef de section à l'Inspection Générale des Services, A.________, avait appelé X.________ pour lui dire qu'il devait joindre d'urgence l'une de ses collègues, l'inspectrice B.________, car le père de cette dernière, lui-même ancien policier, venait d'avoir un grave accident de la route et avait été victime de deux arrêts cardiaques depuis l'accident; son pronostic vital était fortement engagé. Après avoir vainement tenté d'atteindre B.________ ainsi que ses proches par téléphone puis s'être rendu au domicile de l'intéressée avec l'accord de A.________, X.________ avait finalement réussi à entrer en communication avec elle, alors qu'elle se trouvait dans un magasin à Vésenaz. Il lui avait expliqué la situation. A sa demande, elle lui avait promis de ne pas conduire son véhicule pour se rendre à l'hôpital au chevet de son père. X.________ avait ensuite contacté A.________, avait convenu avec lui que B.________ ne devait pas prendre le volant dans cet état et lui avait proposé de se charger du trajet de Vésenaz à l'hôpital, ce que A.________ avait autorisé. X.________ avait indiqué à son supérieur qu'il ferait cette course en urgence, ce à quoi A.________ lui avait répondu "ok, fais-la rapidement mais ne te mets pas sur le toit". B.c. La cour cantonale a retenu qu'à tout le moins subjectivement, X.________ était convaincu que l'ordre qu'il avait reçu de son supérieur hiérarchique couvrait l'entier du trajet à effectuer. Il se croyait ainsi en droit de commettre l'excès de vitesse litigieux.