Citation: I 560/01 08.08.2002 E. 3

3.- a) Le grief de prévention à l'égard du docteur D.________ est manifestement mal fondé et doit être rejeté. En effet, le fait qu'un expert soit régulièrement chargé par un office de l'assurance-invalidité d'établir des expertises ne constitue pas à lui seul un motif suffisant pour conclure au manque d'objectivité et à la partialité dudit expert (RAMA 1999 n° U 332 p. 193 consid. 2a/ bb). Par ailleurs, au regard du déroulement de l'expertise et de son contenu, il n'y a pas lieu de mettre en doute l'impartialité du docteur D.________. b) A la lumière, notamment, du résultat des investigations ordonnées par le médecin traitant relativement à une éventuelle maladie de Lyme et des plus récents clichés radiologiques concernant l'assurée, le docteur D.________ a posé le diagnostic de lombo-sciatalgies droites chroniques de caractère pseudo-radiculaire sur discarthrose L4-L5 et L5-S1, de status après opération de hernie discale L5-S1 droite et cryorhizotomie pour probable syndrome facettaire L5-S1 droit, de polyarthralgies sine materia, ainsi que d'une discrète dépression. Cliniquement, il a constaté une colonne lombaire légèrement limitée, mais des articulations normales; il a en outre relevé une absence de troubles sensitivomoteurs des membres inférieurs et de signes parlant en faveur d'un rhumatisme inflammatoire ou d'une fibromyalgie - soit un état clinique superposable à celui décrit antérieurement par le docteur B.________ (cf. rapport du 14 juillet 1998). Toujours selon le docteur D.________, "l'état subjectif (de J.________) est en contradiction avec l'examen clinique"; toutefois, en considération d'une fibrose péridurale (effet secondaire souvent observé après une opération d'une hernie discale) pouvant expliquer en partie les douleurs ressenties par l'assurée, cet expert s'est détaché du degré de capacité de travail de son confrère et a préconisé un temps d'activité réduit de 30 %. Rendu au terme d'une étude fouillée de l'ensemble du dossier médical, et à l'issue de deux examens cliniques de l'assurée, le rapport d'expertise du docteur D.________ remplit toutes les exigences auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 352 consid. 3a et 3b/ee) et contrairement à ce que soutient la recourante, il n'existe pas de motifs sérieux de s'en écarter. Rien dans les observations faites par le docteur E.________ ne vient en effet relativiser ou contredire celles de l'expert commis par l'intimé. Le premier médecin cité n'atteste d'ailleurs aucunement d'une incapacité de travail; il se contente d'affirmer qu'une reprise de travail par l'assurée est "aléatoire" compte tenu de la très longue période d'arrêt de travail que cette dernière a subie ensuite de ses opérations successives. Cette circonstance ne saurait cependant fonder une invalidité dès lors que sur le plan médical, l'assurée jouit incontestablement d'une capacité de travail résiduelle importante et qu'elle est tenue de la mettre à profit en vertu de son obligation de diminuer le dommage (ATF 123 V 96 et ss consid. 4c). Avec les premiers juges on doit donc admettre que déjà à l'époque de la première expertise, l'état de santé de la recourante s'était amélioré au point de lui permettre de reprendre à nouveau une activité professionnelle. c) Quant au degré d'invalidité de la recourante, il n'a certes pas fait l'objet d'une évaluation précise et concrète de la part de l'intimé ou des premiers juges. Du moment toutefois que le docteur D.________ a estimé l'assurée "capable avec une limitation du temps de travail de 30 % d'effectuer un travail de vendeuse" (on ajoutera : sans qu'il existe de contre-indication quant à la faculté de cette dernière d'assumer également des responsabilités de gérance), à savoir une activité similaire à celle qu'elle exerçait jusqu'ici, il n'est pas absolument nécessaire de procéder à une comparaison des revenus. Une évaluation de l'invalidité résultant d'une comparaison des valeurs déterminantes en pour-cent peut suffire (voir Meyer-Blaser, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung (IVG), ad art. 28 LAI, p. 203 sv.). En l'occurrence, cela revient à retenir un taux d'invalidité de 30 % (revenu réalisable sans invalidité : 100 %; revenu d'invalide : 100 % - 30 % = 70 %), si bien que les conditions mises à l'allocation d'une rente d'invalidité (art. 28 al. 1 LAI) ne sont plus remplies dans le cas particulier et justifient la suppression de la rente (cf. art. 41 LAI). Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.