Citation: 7B.54/2002 17.05.2002 E. 2

2.- a) Le séquestre est une mesure conservatoire qui a pour but d'empêcher le débiteur de disposer de son patrimoine, de le dissimuler ou de compromettre de toute autre manière le résultat d'une poursuite pendante ou future. Il ne peut frapper que les "biens du débiteur" (art. 271 al. 1 LP). L'office des poursuites est en principe tenu d'obtempérer à une ordonnance de séquestre régulière en la forme et n'a pas la compétence d'en examiner le bien-fondé, notamment de vérifier les conditions justifiant l'octroi de la mesure. Cependant, il peut et doit même refuser son concours à l'exécution de celle-ci lorsque la mise sous main de justice des biens visés est impossible, se heurte à une cause de nullité ou consacrerait l'abus manifeste d'un droit. Ainsi en va-t-il lorsque l'ordonnance vise des biens qui, au dire même du créancier ou de toute évidence, n'appartiennent pas au débiteur ou pas à lui seul: la mise sous main de justice serait alors incompatible avec la nature du séquestre, qui est de garantir l'exécution forcée sur le patrimoine du débiteur (ATF 107 III 33 consid. 2 et 4 et les arrêts cités). b) En l'espèce, comme le constate l'arrêt attaqué (p. 8, 2e par.), le séquestre a été autorisé à la requête de la créancière sur tous les biens appartenant à la débitrice, sous son nom, numéro ou nom pseudonymique, et se trouvant en mains de la recourante. Chargé d'exécuter ce séquestre, l'office ne se trouvait donc pas dans le cas où le créancier reconnaît et désigne lui-même les biens à séquestrer comme appartenant à un tiers. En outre, lorsqu'il l'a interpellée sur la portée du séquestre, la recourante lui a répondu sans ambiguïté à ce sujet. La cour cantonale en a déduit à juste titre que lorsqu'il a invité la recourante, en application de l'art. 100 LP, à verser le montant de la créance indiqué, l'office n'avait aucune raison de douter que les biens séquestrés appartenaient en réalité à un tiers, partant de refuser d'exécuter la mesure.