Citation: 1C_358/2022 E. 2.2

2.2. En l'occurrence, la Cour de droit administratif et public a rendu son arrêt deux jours après avoir communiqué au recourant la réponse de la Municipalité de Lausanne de sorte qu'elle n'a pas été en mesure de prendre connaissance de la réplique spontanée que celui-ci lui a adressée dans le délai de dix jours tenu pour usuel par la jurisprudence pour se déterminer sur de nouvelles écritures. Elle a certes avisé les parties qu'elle se réservait de statuer selon la procédure simplifiée prévue par l'art. 82 de la loi vaudoise sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), qui permet à l'autorité de renoncer à l'échange d'écritures ou, après celui-ci, à toute autre mesure d'instruction, lorsque le recours paraît manifestement irrecevable, bien ou mal fondé, et de rendre à bref délai une décision d'irrecevabilité, d'admission ou de rejet sommairement motivée. Toutefois, dès lors que la Municipalité de Lausanne avait déposé une réponse au recours à son invitation, la Cour de droit administratif et public devait, conformément à la jurisprudence déduite de l'art. 29 al. 2 Cst., communiquer cette nouvelle pièce au recourant et, si elle n'entendait pas lui impartir un délai pour se déterminer à son sujet, attendre un délai minimum de dix jours avant de statuer. L'art. 82 LPA-VA permet la reddition d'une décision immédiate uniquement lorsque l'autorité ne procède pas à un échange d'écriture ou si, au terme de celui-ci, elle n'entend pas mettre en oeuvre d'autre mesure d'instruction; cette disposition n'autorise en revanche pas la juridiction de recours à faire l'impasse sur un deuxième échange d'écritures si elle a procédé à un échange d'écritures et que la réponse au recours de l'autorité intimée ou de la partie adverse contient des éléments nouveaux (cf. art. 81 al. 3 LPA-VD). Quoi qu'il en soit, l'autorité cantonale doit dans tous les cas respecter les garanties minimales déduites directement de l'art. 29 al. 2 Cst. En statuant deux jours après lui avoir transmis la réponse de l'autorité intimée, la Cour de droit administratif et public n'a pas été en mesure de prendre en considération la détermination spontanée que le recourant lui a adressée le 8 juin 2022 et reçue le 10 juin 2022 et violé ainsi le droit de celui-ci garanti à l'art. 29 al. 2 Cst. de prendre position sur toute pièce ou écriture nouvelle adressée à la juridiction de recours. Une réparation de la violation du droit d'être entendu dans le cadre de la procédure fédérale n'entre pas en considération puisqu'elle est en lien avec l'application du droit cantonal régissant les conditions de réexamen d'une décision, dont le Tribunal fédéral revoit l'application non pas librement, mais sous l'angle de l'arbitraire (arrêt 1C_302/2018 du 14 mars 2019 consid. 2.2). Cette violation entraîne donc l'annulation de l'arrêt de la Cour de droit public et administratif.