Citation: 1B_166/2019 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, pour retenir le risque de récidive, la cour cantonale s'est d'abord fondée sur l'expertise psychiatrique française du 22 juillet 2018 attestant que le recourant souffre d'une déviance sexuelle qui rentre dans le cadre d'une personnalité " borderline". Quoi qu'en dise le recourant, la cour cantonale ne s'est pas fondée uniquement sur le rapport précité pour retenir un risque de récidive. Elle a aussi relevé que les actes reprochés au recourant dans le cas du 1er août 2018 dénotaient d'une violence grave. Elle a encore pris en compte le fait que le recourant semble avoir commis ces actes moins de 10 jours après avoir été gardé à vue en France et examiné par un expert psychiatrique français. S'ajoute à cela que le casier judiciaire suisse du recourant fait état de cinq condamnations entre 2011 et 2017, en particulier pour brigandage, contravention à la LStup, violence ou menace contre les autorités ou fonctionnaires, injure, vol et délits contre la loi fédérale sur les armes (LArm; RS 514.54). Le recourant fait valoir que l'ensemble des infractions pour lesquelles il a été condamné - à l'exception des faits survenus le 14 janvier 2017 - se sont produites avant sa mesure de réinsertion AI, soit à une période très chaotique de sa vie durant laquelle il a été placé dans des foyers, a consommé des drogues dures et a été obligé de vivre dans la rue. Il souligne le changement radical de vie illustré par la mise en oeuvre de sa mesure de réinsertion AI et son apprentissage. Cette argumentation est toutefois insuffisante à faire admettre l'invraisemblance du risque de récidive, vu que le recourant a commis de nouveaux délits en 2017 et en 2018, soit après son "changement de vie radical" et la veille du début de son apprentissage. Il ne peut pas non plus être tenu compte de ce que ses coprévenus dans l'affaire du 1er août 2018 ont été mis au bénéfice de mesures de substitution à la détention provisoire, puisque les chefs de prévention ne sont pas les mêmes. Ainsi, sur la base de la gravité des actes prétendument commis le 1er août 2018 - et de leur survenance 10 jours après la mise en garde à vue en France -, du rapport d'expertise psychiatrique du 22 juillet 2018 et des antécédents du recourant, la cour cantonale pouvait, sans violer l'art. 221 al. 1 let. c CPP, admettre un risque de récidive justifiant le maintien en détention.