Citation: 2C_445/2020 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, compte tenu du droit cantonal et des principes précités tirés des art. 19 et 62 al. 2 Cst., et dans la mesure où il n'est pas contesté que le trajet pour se rendre à l'école doit être qualifié de déraisonnable pour les enfants des intimés, tous en âge de scolarité obligatoire et domiciliés à l'année dans la zone chalets, il n'est pas arbitraire de considérer, comme l'a fait le Tribunal cantonal, que la Commune ne pouvait refuser le principe même d'un transport scolaire dans la zone chalets. En effet, si la recourante possède, en vertu de son autonomie, une marge d'appréciation dans la fixation des modalités d'organisation d'un tel transport, que celui-ci soit en définitive assuré par la collectivité publique ou par des privés, elle a en tout état de cause l'obligation de garantir que les enfants domiciliés sur son territoire et ayant de grandes distances à parcourir pour se rendre à l'école y soient transportés de manière fiable et rapide et en reviennent en toute sécurité, ainsi que celle de prendre en charge les frais y relatifs. Quant à la question de savoir si la recourante pouvait se fonder sur l'art. 71 let. c de son Règlement communal, en ce qu'il prévoit que les transports scolaires ne sont pas garantis dans la zone chalets, elle sera examinée ci-après (cf. infra consid. 6). En rendant sa décision du 15 mai 2018, la recourante a dès lors adopté une solution qui n'est pas conforme au droit supérieur. C'est dès lors en vain que la recourante reproche aux juges cantonaux d'avoir violé son autonomie en considérant que celle-ci n'existait que dans les limites de la législation cantonale.