Citation: 5A_683/2023 E. 7.5.1

7.5.1. Il ressort de l'arrêt querellé que les recourants ont régulièrement contesté les décisions rendues dans la procédure de protection de l'enfant. Ils ont ainsi recouru contre l'élargissement du droit de visite réservé à la mère de l'enfant, ont contesté la réintégration provisoire de l'enfant auprès de sa mère et la réserve d'un droit de visite en faveur du père, ont demandé à pouvoir consulter le dossier de protection de la mineure et ont recouru contre la décision leur refusant cet accès, ont sollicité la récusation de la juge en charge du dossier de protection et ont recouru contre la décision finale du Tribunal de protection ordonnant le retour de l'enfant auprès de sa mère, réservant au père un droit de visite et instituant diverses mesures de protection. Il ressort de la décision entreprise que, auditionné le 5 octobre 2021 par le Tribunal de protection, l'expert avait considéré que la reprise de liens entre les parents d'accueil et l'enfant n'était pas recommandée au regard des difficultés que rencontraient les parents biologiques et la famille d'accueil à collaborer. Selon lui, les adultes devaient être en mesure d'accepter les décisions prises et d'accompagner l'enfant dans cette voie, ce qui n'était pas le cas au regard des procédures judiciaires en cours, et le fait d'entreprendre des démarches judiciaires ne permettait pas de maintenir un climat de confiance. L'expert avait indiqué que la reprise de liens avec sa famille d'accueil exposerait clairement l'enfant à une situation où elle serait de nouveau prise dans ses angoisses initiales et avait précisé que ce constat ne provenait pas de l'hypothèse que les parents auraient une attitude inadéquate au moment des rencontres, mais bien plutôt du fait que la reprise des liens en soi plongerait l'enfant dans la situation globalement compliquée qui avait prévalu en été 2021, lorsqu'elle était retournée auprès de sa mère. Selon lui, le rôle de famille d'accueil, qui devait s'inscrire dans la collaboration avec l'autre, était difficilement conciliable au quotidien avec le rôle d'avocat que la famille d'accueil avait endossé dans les procédures judiciaires en cours et il était utopique de penser que les parents d'accueil puissent se comporter de manière tout autre en présence de l'enfant, alors que selon leur perception, les professionnels étaient dans l'erreur, ne comprenaient pas la situation et rapportaient des choses fausses. L'expert avait ajouté que l'enfant ne pouvait que percevoir des tensions entre les adultes qui l'entouraient et que le fait d'entreprendre des démarches judiciaires ne permettait pas d'instaurer un climat de confiance et avait précisé que, dans ces circonstances, il avait fallu faire un choix et que le retour de l'enfant auprès de sa famille biologique avait prévalu. L'arrêt querellé constate en outre que, dans leurs observations du 23 novembre 2021, les parents de l'enfant avaient affirmé que les recours et démarches judiciaires entreprises par les parents d'accueil ne leur permettaient pas d'entretenir des relations saines et apaisées avec ces derniers ni d'envisager qu'ils exercent sereinement le droit de visite qu'ils sollicitaient.