Citation: 5A_288/2020 E. 4.2

4.2. En l'espèce, s'agissant des griefs de fait que la recourante formule, ceux-ci procèdent tous d'une critique purement appellatoire, partant irrecevable (cf. supra consid. 2.2). La recourante ne fait qu'opposer sa propre opinion à l'appréciation de l'autorité cantonale et se fonde sur des éléments qui ne ressortent pas de l'arrêt attaqué, voire sur des spéculations, sans démontrer que de tels éléments auraient été ignorés de manière arbitraire. Il en va ainsi des arguments qu'elle avance au sujet du prix d'adjudication de la parcelle à réaliser, du probable paiement des impôts pour lesquels la remise a été refusée (années 2014 à 2017) et de la probable intervention de son actionnariat pour payer ses dettes. S'agissant de l'application de l'art. 190 al. 1 ch. 2 LP, en tant que la recourante affirme que les créances d'impôts ne sont pas exigibles parce qu'elle avait introduit des requêtes de remise d'impôts pour les années 2014 à 2017 sur lesquelles il n'avait pas encore été définitivement statué au moment du prononcé de la faillite, non seulement elle ne prétend pas que tel serait aussi le cas pour la créance fiscale de 8'367 fr. 25 mise en poursuite par la commune, mais elle n'avance aucun argument à propos de l'effet de ces requêtes sur l'exigibilité des créances, en particulier sur un quelconque effet suspensif qui lui aurait été accordé; en tant qu'elle affirme que la procédure de remise d'impôts revient à contester ces créances, elle se méprend sur le but de cette institution qui est d'éviter les conséquences trop rigoureuses pour des contribuables tombés dans le dénuement en raison du paiement d'impôts normalement dus (ATF 143 II 459 consid. 4.2); elle ne prétend en tout cas pas que l'autorité cantonale aurait arbitrairement (art. 9 Cst.; ATF 143 précité consid. 2.1) appliqué le droit cantonal pertinent en s'en tenant à cette conception. Pour le reste, en se bornant à affirmer qu'il n'y avait pas d'autres indices pour retenir une suspension des paiements, elle ne démontre pas que l'autorité cantonale aurait abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que les indices des cinq poursuites engagées par des collectivités publiques et des deux poursuites en réalisation du gage immobilier, d'un montant de 1'307'861 fr. 10 pour l'une et de 8'788'767 fr. 60, se trouvant au stade de la réalisation, revêtaient une importance suffisante pour admettre cette suspension. Enfin, le grief de la recourante selon lequel l'autorité cantonale n'aurait pas examiné le caractère durable de la suspension des paiements n'est pas fondé, en tant que les créances en souffrance s'échelonnent sur plusieurs années. S'agissant de la critique dirigée contre les conséquences de son insolvabilité, la recourante se méprend manifestement sur le sens de la distinction entre suspension des paiements et insolvabilité, la seconde permettant a fortiori de prononcer la faillite. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que la recourante ne démontre pas l'arbitraire dans l'établissement des faits permettant de retenir la suspension des paiements et l'insolvabilité et, d'autre part, que l'autorité cantonale n'a ni méconnu les conditions de l'art. 190 al. 1 ch. 2 LP ni abusé de son pouvoir d'appréciation dans son application. Cela suffit à rejeter le recours sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres griefs de la recourante, qui procèdent au demeurant en partie d'une compréhension erronée de l'art. 174 al. 2 LP. Il suit de là que les griefs doivent être rejetés, dans la mesure où ils sont recevables.