Citation: 1P.531/2001 29.01.2002 E. 5

5.1 Une décision est arbitraire, donc contraire à l'art. 9 Cst., lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables; encore faut-il que celle-ci soit arbitraire dans son résultat. A cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale puisse être tenue pour également concevable, ou apparaisse même préférable (ATF 127 I 54 consid. 2b p. 56, 126 I 168 consid. 3a p. 170; 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15). 5.2 Selon la déposition de B.________, A.________ courait tout en se retournant, à chaque instant, pour regarder en direction de l'agent C.________ qui le poursuivait; c'est ainsi qu'il n'a pas vu la voiture venue se placer juste devant lui, et qu'il en a violemment heurté l'aile avant gauche. Cette version est corroborée par des photographies du véhicule, qui en montrent l'aile cabossée au dessus de la roue, vers l'avant. Elle ne comporte aucune invraisemblance et on ne trouve, dans le dossier, aucun élément propre à la mettre en doute. La version contraire du recourant supposerait que le véhicule soit endommagé à l'avant, ou à l'angle avant gauche, or les photos ne montrent aucun dégât à cet endroit. L'une des personnes présentes dans le salon de coiffure voisin a fait état d'une manoeuvre soudaine et très rapide du véhicule, dangereuse pour d'éventuels piétons qui se seraient trouvés sur le trottoir, mais cela ne n'exclut pas que les faits se soient produits conformément aux dires des agents. Les deux personnes présentes dans ce commerce ont entendu, semble-t-il, la sirène du véhicule, tandis que selon B.________, cet avertisseur n'était pas enclenché; on constate donc une divergence à ce sujet, mais elle n'a aucune incidence sur le point litigieux. On ne discerne guère comment l'enquête pourrait se poursuivre de façon à apporter, éventuellement, des éléments d'appréciation supplémentaires. Il est douteux qu'une expertise scientifique puisse être utilement accomplie sur la seule base de la description des blessures subies par le recourant et des photos du véhicule, et on ne peut pas non plus compter sur l'efficacité d'un appel public aux deux inconnus qui ont fourni les premiers soins au blessé. Ces mesures pourraient, à la rigueur, être ordonnées, mais elles ne s'imposent pas au point que l'appréciation de la Chambre d'accusation puisse être jugée arbitraire. Le grief tiré de l'art. 9 Cst. se révèle donc mal fondé, ce qui entraîne le rejet du recours.