Citation: 6A.36/2003 06.06.2003 E. 3

La recourante conteste également la durée du délai d'épreuve. L'admission du grief précédent ne rend pas cette question sans objet dès lors que la recourante ne remet pas en cause l'autre règle de conduite prononcée, soit le suivi visant son abstinence à l'alcool. Selon l'art. 38 ch. 2 CP, l'autorité compétente, lorsqu'elle accorde la libération conditionnelle, impartit au libéré un délai d'épreuve pendant lequel elle peut le soumettre à un patronage; ce délai ne doit pas être inférieur à un an, ni supérieur à cinq ans; lorsqu'un condamné à la réclusion à vie est libéré conditionnellement, le délai d'épreuve est de cinq ans. En prévoyant un délai de un à cinq ans - mis à part le cas de la réclusion à vie -, sans mentionner aucun critère, le législateur a manifestement voulu laisser à l'autorité compétente un large pouvoir d'appréciation. Lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, la durée fixée reste dans le cadre légal, le droit fédéral ne peut être considéré comme violé qu'en cas d'abus du pouvoir d'appréciation (art. 104 let. a OJ). Pour fixer la durée du délai d'épreuve imparti à un condamné qu'elle libère conditionnellement, l'autorité doit tenir compte du solde de peine et du risque de récidive ainsi que de la mesure dans laquelle la liberté personnelle de ce dernier est restreinte par les éventuelles règles de conduite qui lui sont imposées (ATF 127 IV 145 consid. 2c p. 147/148). La recourante considère que la durée du délai d'épreuve, fixée à deux ans, est excessive au regard du solde de sa peine, soit environ un mois et demi. La Cour de cassation vaudoise, en se référant aux rapports des différents intervenants, a en substance retenu que la recourante présentait un important risque de récidive en raison de ses problèmes anciens et persistants liés à l'alcool, ce qui impliquait un encadrement de longue durée (cf. arrêt attaqué, p. 7/8). Les deux condamnations à l'origine de la présente procédure concernent des ivresses au volant. La recourante ne remet pas en cause le risque de récidive retenu en raison de ses problèmes d'alcool ni la nécessité d'un encadrement durable. En pareille situation, il n'est pas excessif de fixer un délai d'épreuve du double du minimum légal, quelque réduit que soit le solde de peine. La durée du délai d'épreuve ne viole pas le droit fédéral. Le grief est infondé.