Citation: 9C_599/2019 E. 3.1

3.1. La juridiction cantonale a retenu que le médecin du SMR avait analysé de manière circonstanciée les données anamnestiques, qu'il avait décrit le contexte médical avec précision et qu'il avait procédé à un examen approfondi de l'assurée les 17 août et 30 novembre 2016. Partant, rien ne s'opposait de prime abord à ce que les conclusions du rapport de la doctoresse F.________ remplissent toutes les exigences posées par la jurisprudence pour se voir reconnaître une pleine valeur probante. Cependant, les premiers juges ont constaté que l'assurée présentait selon le médecin du SMR des périodes où elle se sentait un peu mieux, mais la plupart du temps, elle se décrivait comme fatiguée et déprimée, tout lui coûtait et rien ne lui était agréable. Elle ruminait et se plaignait, dormait mal, perdait confiance en elle-même, pleurait sur son sort et se positionnait dans un rôle de victime. Si l'assurée ne souffrait pas de fatigue, elle se plaignait que tout la fatiguait. Les premiers juges se sont étonnés que ces constatations pussent conduire le médecin du SMR à conclure à une rémission de l'état de santé de l'intimée, sans même les commenter. Ils ont jugé que ces éléments étaient suffisants pour faire douter sérieusement des conclusions du médecin du SMR et, partant, de leur valeur probante. Aussi, ils ne pouvaient affirmer qu'il y avait eu amélioration de l'état de santé de l'assurée dès août 2016. Au contraire, selon les premiers juges, les conclusions du médecin du SMR constituaient une nouvelle appréciation de la capacité de travail résiduelle de l'assurée, alors que l'état de fait était resté inchangé. En effet, l'état de l'assurée décrit par le médecin du SMR correspondait plus ou moins à celui figurant dans les rapports établis par la psychiatre traitante dès 2014. Une simple appréciation différente d'un état de fait, qui, pour l'essentiel, était demeuré inchangé ne permettait dès lors pas de réviser le droit de l'assurée à une rente d'invalidité. Pour le surplus, le médecin du SMR ne pouvait sérieusement considérer que la capacité de travail de l'assurée était pleine et entière au motif que sa famille lui apportait toute l'aide dont elle avait besoin. Les conclusions de l'évaluation psychiatrique du SMR ne pouvaient par conséquent pas motiver valablement une révision du droit de l'intimée à une rente entière d'invalidité.