Citation: U 310/02 06.08.2003 E. A

A.a M.________, vendeuse chez X.________, a été victime d'une chute à son domicile, le 10 janvier 1992, laquelle a entraîné une forte entorse à la cheville droite diagnostiquée par le docteur A.________ de la Permanence Y.________ (rapport initial LAA du 23 janvier 1992). Dans un certificat médical du 16 mars 1992, le docteur B.________ a indiqué que l'évolution était bonne, mais que la patiente avait subi une nouvelle entorse; un plâtre circulaire a été posé. Le cas a été pris en charge par l'Elvia Assurances, Société suisse d'assurances, dont la nouvelle raison sociale est Allianz Suisse, Société d'Assurances (ci-après: l'Elvia), auprès de laquelle la prénommée était assurée pour le risque d'accident professionnel et non professionnel. Le 23 juin 1992, M.________, qui n'a pas repris son activité, a consulté le docteur C.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique; celui-ci a fait état de douleurs internes et externes, gêne et raideur importante de la cheville droite, ainsi qu'une douleur du compartiment interne du genou droit (rapport de consultation du 8 juillet 1992). Le 16 juillet 1992, il a effectué une arthroscopie avec chondroplastie interne et diagnostiqué une fracture chondrale du condyle interne. Il a procédé à une nouvelle arthroscopie avec résection au laser le 27 août suivant, en posant le diagnostic de lésion chondrale du dôme et flap synovial. A la demande de l'assureur-accidents, M.________ a été examinée par le docteur D.________, chirurgien F.M.H. Celui-ci a constaté que les lésions articulaires étaient invalidantes et que les interventions de son confrère C.________ étaient justifiées (rapport du 30 octobre 1992). Le 24 novembre 1992, le docteur C.________ a attesté d'une incapacité de travail totale de l'assurée du 15 juillet au 29 novembre 1992 pour des raisons d'accident. A.b Ayant entre-temps quitté X.________, M.________ a repris une activité comme vendeuse chez Z.________ du 15 septembre 1995 au 30 novembre 1996, date à laquelle elle a été licenciée. Par ailleurs, elle a subi deux nouvelles arthroscopies du genou droit, les 18 mars et 18 novembre 1996 (avec greffe ostéocartilagineuse), le docteur C.________ posant chaque fois le diagnostic d'ancienne fracture chondrale. Dans un rapport à l'Elvia du 5 février 1997, le praticien a indiqué que ces interventions étaient liées à l'accident de 1992. A la demande de l'assureur-accidents, le docteur E.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, a examiné l'assurée. Dans son rapport du 20 juin 1997, il a retenu le diagnostic d'arthropathie du genou droit avec une étiologie multi-factorielle, ainsi qu'ancienne entorse de la cheville droit (actuellement guérie). Il a en outre relevé qu'il est très difficile de savoir d'une manière objective quel est le mécanisme traumatique qui a déclenché l'évolution du genou droit de la patiente; selon lui, le fait qu'aucune mention n'est faite d'une blessure du genou droit «est tout de même un peu curieux». Il précisait qu'il était possible que l'accident soit à l'origine de la lésion chondrale décrite, mais il était également possible qu'il s'agisse d'une gonarthrose primaire. L'incapacité de travail de l'assurée était essentiellement conditionnée par l'état du genou droit, qu'il était difficile de mettre en relation avec l'accident. Le médecin évaluait à 100% l'incapacité de travail dans une activité de manutentionnaire-vendeuse et à 5% l'atteinte à l'intégrité subie par M.________. Entendue par un inspecteur de l'Elvia sur le mécanisme de l'accident, le 11 décembre 1997, l'assurée a précisé qu'elle avait chuté dans son salon; elle n'avait ressenti des douleurs qu'à la cheville, mais deux semaines après environ, elle avait eu mal au genou. Par la suite, elle était tombée dans les escaliers sur le genou, sans qu'elle ne se rappelât de la date de cette seconde chute, et avait dû subir plusieurs opérations. En raison de la persistance des douleurs, l'assurée a subi deux interventions chirurgicales - une arthroscopie avec toilette articulaire, le 12 octobre 1998, et une greffe en mosaïque, le 26 octobre 1999 - réalisées par le docteur F.________, Chef de service adjoint du Département de chirurgie de l'Hôpital W.________. Le 29 juin 2000, M.________ a été examinée par le docteur G.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie, en vue d'une expertise. Dans son rapport du 20 juillet 2000, le médecin indique que l'étiologie des douleurs au genou droit avait été automatiquement mise en rapport avec l'accident du 20 janvier 1992, mais qu'il n'y avait toutefois, à part une possible relation anamnestique, aucune certitude de cause à effet. Selon lui, une décompensation fortuite d'un état cartilagineux dégénératif, à la suite d'une marche avec un plâtre, aurait pu déclencher une symptomatologie douloureuse. Le rapport de causalité entre la chute du 20 janvier 1992 et la fracture chondrale était tout au plus possible. Se fondant sur cette expertise, l'Elvia a, par décision du 11 août 2000 et décision sur opposition du 22 janvier 2001, mis fin à ses prestations au 1er août 2000, invoquant l'absence de lien de causalité naturelle entre la lésion au genou dont souffre l'assurée et l'accident du 20 janvier 1992.