Citation: 6B_951/2023 E. 1.3

1.3. D'après l'arrêt entrepris, il est établi que, dans la nuit du 5 au 6 juillet 2020, l'intimé est intervenu muni d'un couteau de cuisine, au secours de sa mère, contre le recourant qui la violentait, et a été blessé à trois reprises par la lame. La cour cantonale a retenu la version des faits livrée par l'intimé, ses déclarations étant détaillées et corroborées par les éléments objectifs du dossier. Le tableau lésionnel et la reconstitution, de même que les empreintes sur le manche du couteau était compatibles avec ses dires. Son discours était resté globalement constant et conforté par les déclarations des voisins. La mère de l'intimé, témoin oculaire, confirmait la version des faits de son fils. Une partie de leur récit était objectivée par l'enregistrement de l'appel à la police (port du couteau par le recourant, terreur manifeste de son épouse, cri de l'intimé " il m'a coupé la tête "). Cette reconstitution en temps réel des faits était incompatible avec la version du recourant, qui contestait en appel avoir saisi le couteau. Ses déclarations ne permettaient pas d'expliquer les lésions de la victime ou la présence de ses empreintes digitales sur le manche, et encore moins la fuite de l'intimé par le balcon. Le recourant n'avait cessé de varier en évoquant les prétendues menaces qu'il subissait de son beau-fils avant l'attaque. Or, aucun élément ne permettait d'établir que le jeune homme fut violent auparavant. Sur le plan subjectif, la cour cantonale a rappelé que le recourant avait visé des régions comportant des organes vitaux et vaisseaux sanguins importants (thorax, estomac, arrière du crâne). Pris de boisson, le recourant ne pouvait exclure qu'un mouvement brusque entraînât une issue fatale, d'autant moins que la victime était mobile, contrainte d'esquiver les coups. A cela s'ajoutait que l'attaque avait été longue (plus de 8 minutes selon l'enregistrement), que l'auteur avait utilisé un couteau tranchant, possédant une lame de plus de 20 cm, qu'il éprouvait des sentiments négatifs envers la victime, autant d'éléments montrant sa détermination. Si la vie de la victime n'avait pas été concrètement mise en danger, le recourant ne pouvait qu'avoir envisagé la mort et, ainsi accepté cette issue, cela dès le premier coup de couteau. Le fait que le garçon eut préféré fuir par le balcon, malgré le danger, ne faisait que convaincre de l'intention qui animait le recourant de manière reconnaissable pour la victime. La cour cantonale a écarté la légitime défense excessive plaidée par le recourant. Elle a notamment relevé qu'une fois désarmé, l'intimé ne représentait plus une menace, et la suite des événements dépendait exclusivement du recourant, de sorte que l'attaque subséquente n'avait pas été commise en état de légitime défense, ce qui excluait également tout excès.