Citation: 9C_123/2022 E. 5.2.2

5.2.2. Quoi qu'en dise la recourante, l'appréciation de la juridiction de première instance n'est pas arbitraire. Parmi les médecins consultés, seul le docteur B.________ a indiqué qu'avant son intervention, la protubérance des arcades sourcilières était très marquée et avait un aspect très masculin. En revanche, le docteur E.________ a indiqué ne pas être en mesure de juger si les arcades sourcilières de sa patiente étaient "formellement compatibles ou incompatibles avec une apparence féminine avant l'intervention". De son côté, le docteur F.________ a nié que les arcades sourcilières de l'assurée lui avaient conféré une apparence masculine. Dans ces circonstances, on ne saurait qualifier de manifestement inexactes les constatations cantonales selon lesquelles il n'est pas établi que la protubérance des arcades sourcilières de la recourante est incompatible avec une apparence féminine, les premiers juges ayant par ailleurs eux-mêmes apprécié les photographies au dossier. L'intervention litigieuse n'était donc pas nécessaire pour atteindre l'objectif thérapeutique visé dans le cadre du traitement de la dysphorie de genre, à savoir principalement le fait de donner à la personne concernée une apparence extérieure correspondant à son nouveau sexe. A cet égard, l'objectif thérapeutique visé ne doit pas seulement être examiné sous l'angle subjectif de la personne en traitement, mais également sous l'angle objectif. L'attribut dont la modification est envisagée doit en effet présenter une apparence typique de l'autre sexe que celui attribué, faute de quoi l'opération projetée relève de la chirurgie esthétique (consid. 5.1 supra). On ajoutera qu'une apparence extérieure correspondant au nouveau sexe ne signifie pas une apparence correspondant à l'idéal de beauté du nouveau sexe. Ainsi, dans un cas particulier, le Tribunal fédéral a considéré que lorsque l'hormonothérapie, dans le cadre d'une dysphorie de genre, a permis un accroissement mammaire correspondant à l'apparence caractéristique d'une poitrine du genre féminin, l'assureur-maladie n'avait pas à prendre en charge une intervention visant à une augmentation mammaire. En d'autres termes, une intervention chirurgicale qui avait pour but premier de contribuer à rendre la poitrine de l'intéressée plus belle ou plus conforme aux mensurations idéales ne constituait pas une prestation obligatoire (arrêt 9C_255/2016 du 17 février 2017 consid. 6).