Citation: 2A.69/2007 10.05.2007 E. A

Le 4 décembre 2002, X.________, ressortissante camerounaise née le 18 septembre 1981, a déposé auprès de l'Office cantonal de la population du canton de Genève (ci-après: l'Office cantonal) une demande d'autorisation de séjour en application de l'art. 13 lettre f de l'ordonnance du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (OLE; RS 823.21). Elle indiquait qu'en avril 1998 son beau-père lui avait proposé d'aller en Suisse chez une tante en lui expliquant que les perspectives scolaires et professionnelles y seraient intéressantes pour elle; elle avait embarqué dans un vol à destination de Genève avec ladite tante, chez laquelle elle avait en réalité fonctionné comme baby-sitter et employée domestique sans aucun salaire durant plus de quatre ans. Elle avait fui le domicile de sa tante le 16 novembre 2002 et vivait depuis lors dans un foyer. Elle faisait valoir qu'un retour dans son pays n'était pas exigible, vu que son beau-père pouvait chercher à attenter à sa vie. Sur le formulaire rempli à l'attention de l'Office cantonal le 13 janvier 2003, elle a indiqué qu'elle était entrée en Suisse en avril 1999 et qu'elle sollicitait une autorisation de séjour pour reprendre ses études et vivre à Genève. Par courrier du 26 novembre 2003, la tante de X.________ a informé l'Office cantonal que sa nièce avait ouvert une action contre elle devant le Tribunal des prud'hommes. Elle contestait par ailleurs formellement la version des faits de l'intéressée. Sa nièce l'avait contactée en 1999, alors qu'elle se trouvait déjà en Suisse en situation irrégulière; elle n'avait jamais été "bonne à tout faire" chez sa tante, au contraire, elle avait été logée, nourrie, blanchie et aidée financièrement, totalement gratuitement, pendant près de trois ans. Par jugement du 21 juin 2004, le Tribunal des prud'hommes, considérant qu'un contrat de travail avait été conclu entre les parties, a condamné la tante de l'intéressée à verser à cette dernière 34'683.80 fr. plus intérêts. La Chambre d'appel de la juridiction des prud'hommes a, par arrêt du 21 juin 2005, annulé le jugement précité pour cause d'incompétence de la juridiction des prud'hommes à raison de la matière. Le 5 septembre 2005, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours en réforme interjeté par l'intéressée contre l'arrêt du 21 juin 2005. Après avoir suivi une classe d'encouragement à la formation professionnelle en 2003-2004, X.________ a commencé un apprentissage d'ébéniste en août 2004.