Citation: K 191/00 21.08.2001 E. 3

3.- a) Lorsque l'intimée a rendu sa décision par laquelle elle a supprimé ses prestations, il était médicalement établi qu'en raison de ses problèmes dorsaux, le recourant était incapable de travailler comme maçon mais qu'il conservait néanmoins une capacité de travail importante dans une autre profession plus légère (cf. le rapport de la Clinique X.________ et l'évaluation effectuée par le docteur V.________, médecin-conseil de la caisse). On doit convenir avec le recourant que ces données médicales étaient insuffisantes pour justifier la suspension pure et simple du versement de l'indemnité journalière, dès lors que le taux de capacité de travail encore raisonnablement exigible, de même que les activités professionnelles envisageables, n'avaient pas été précisés dans les rapports soumis à la caisse. Sur ce point, les critiques adressées par le recourant à la décision sur opposition litigieuse sont fondées. b) Les premiers juges ont, pour leur part, confirmé les termes de cette décision en se basant sur les pièces médicales recueillies dans le cadre de l'instruction AI, plus particulièrement sur les conclusions auxquelles ont abouti les responsables du CIP. Selon ces derniers, P.________ jouit d'une capacité de travail d'au moins 80 % dans une activité adaptée, sans port de charges et permettant une alternance des positions assis/debout, dans les secteurs de l'industrie légère, de l'artisanat ou du service après vente, telle qu'ouvrier d'usine, conducteur d'élévateur, magasinier ou encore concierge (rapport du 29 février 2000). Bien que le recourant conteste le taux retenu, arguant que celui-ci ne tient pas compte d'une aggravation de son état de santé et ne reflète donc pas sa véritable capacité de travail, on ne voit pas de motif de s'en écarter. D'une part, contrairement à ce qu'il prétend, le bilan radiologique décrit par le docteur Z.________ en date du 3 février 2000 est tout à fait superposable à celui effectué en juin 1998. D'autre part, ces conclusions résultent d'une évaluation concrète de la situation de l'assuré qui n'est, au demeurant, pas contredite par les autres documents médicaux versés au dossier. Il n'y a guère que le docteur W.________ pour évoquer l'octroi d'une rente complète et définitive, mais son avis, non motivé et polémique, n'est pas de nature à remettre en cause les constatations faites au CIP. Le rapport du 29 février 2000 se réfère certes à l'état de santé du recourant tel qu'il se présentait au moment de l'accomplissent du stage d'observation. On peut néanmoins considérer que cette situation prévalait déjà au moment où la caisse a pris sa décision, puisque le diagnostic est resté inchangé et que les rapports médicaux de l'époque faisaient état, chez l'assuré, d'importantes facultés de réadaptation, et attestaient même d'une amélioration de ses troubles dorsaux sur le plan fonctionnel (cf. rapport du docteur Y.________ du 10 décembre 1998). A l'instar des juges cantonaux, on doit donc admettre que le recourant aurait pu mettre à profit, dès le mois de janvier 1999, une capacité de travail résiduelle de 80 % dans une activité adaptée telle celle retenue par le CIP, et cela sans attendre que l'AI statue sur sa demande de mesures d'ordre professionnel. c) Les considérations qui précèdent ne conduisent toutefois pas au rejet du recours de droit administratif comme le propose l'intimée, mais à son admission. En effet, il n'est pas exclu que le recourant subisse, dans les activités qu'on peut encore raisonnablement exiger de sa part, une perte de gain équivalente, voire supérieure à celle correspondant à une incapacité de travail de 25 % dans sa profession de maçon. Partant, il y a lieu d'annuler le jugement attaqué ainsi que la décision sur opposition litigieuse et de renvoyer la cause à l'intimée afin qu'elle procède - conformément à la jurisprudence citée au con- sid. 2 ci-dessus - à l'évaluation de la perte de gain que le recourant aurait le cas échéant subi dans une activité adaptée et qu'elle examine, à la lumière du résultat ainsi obtenu, s'il subsiste un dommage résiduel dont elle répond en vertu de ses conditions générales; ensuite de quoi, elle rendra une nouvelle décision sur le droit de P.________ à une indemnité journalière.