Citation: 4P.311/2004 02.03.2005 E. 4

Dans un dernier moyen, la recourante reproche à la Cour de justice son interprétation arbitraire de l'art. 3 let. b LCD. Les juges genevois auraient confondu la prise de poids apparaissant lors du traitement médical et celle causée par la prise du médicament. Sur ce point, la recourante se réfère au «Compendium suisse des médicaments», qui indiquerait que le «Y.________», contrairement au «X.________», n'a pas l'effet secondaire de provoquer une prise de poids. 4.1 En se rapportant au «Compendium» et à deux types d'évaluations de la prise pondérale, la recourante s'écarte des faits retenus par l'autorité cantonale, sans expliquer en quoi celle-ci aurait établi les faits ou apprécié les preuves de manière insoutenable, s'agissant des éléments concernés. Comme le recours de droit public n'est pas un appel, il n'appartient pas au Tribunal fédéral de substituer sa propre appréciation à celle de l'autorité cantonale. Faute de critique répondant aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le grief soulevé sera examiné uniquement à la lumière des faits tels que constatés dans l'ordonnance attaquée. 4.2 Les juges genevois se sont fondés sur trois études scientifiques, dont deux comparent les effets de l'aripiprazole et ceux de l'olanzapine. Il ressort de l'examen de ces avis d'experts que la prise pondérale apparaît nettement plus souvent chez les patients traités au «X.________» que chez ceux auxquels le «Y.________» est administré. En revanche, dans les deux cas, une prise pondérale est observée, de l'ordre de 8 à 14% des patients en ce qui concerne le médicament distribué par la recourante. Dans ces conditions, en décidant que les mentions «ne provoque pas de surcharge pondérale» et «gewichtsneutral», de même que les indications «variation moyenne de poids: minime» et «Gewichtsveränderung minimale mittlere», étaient très vraisemblablement trompeuses, la Cour de justice n'a pas versé dans l'arbitraire par son interprétation de l'art. 3 let. b LCD. A ce propos, la recourante perd de vue que la question litigieuse n'était pas de savoir si le «Y.________» entraînait moins de prise pondérale que le «X.________», mais de vérifier s'il était exact que le «Y.________» n'entraînait qu'une augmentation de poids minime, pratiquement négligeable. Or, l'intimée a rendu vraisemblable que tel n'était pas le cas, ce qui ressort des documents scientifiques sur lesquels la cour cantonale s'est fondée et qui sont mentionnés ci-dessus. Dans la mesure où il est recevable, le grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 3 let. b LCD doit être rejeté.