Citation: 4A_440/2018 E. 6

En règle générale, un individu peut garantir le paiement promis par autrui en déclarant au créancier qu'il pourra être recherché au même titre et pour les mêmes prestations que le débiteur; ce dernier et le garant sont alors tenus solidairement selon l'art. 143 al. 1 CO (ATF 129 III 702 consid. 2.1 p. 704). L'engagement solidaire d'une personne physique doit se distinguer d'un cautionnement que l'art. 493 al. 2 CO soumet à de strictes conditions de forme. La validité de cet engagement est notamment admise lorsque le garant a un intérêt direct et matériel dans l'affaire à conclure entre le débiteur et le créancier, si le créancier a connaissance de cet intérêt et qu'il peut donc apercevoir le motif pour lequel le garant se déclare prêt à assumer une obligation identique à celle du débiteur. La validité de l'engagement solidaire est en particulier admise lorsque le débiteur est une société et que le garant y détient une participation (ATF 129 III 702 consid. 2.6 p. 710; arrêt 4C.24/2007 du 26 avril 2007, consid. 5, SJ 2008 I 29). En l'espèce, à supposer que le prêt fût contracté par la société en nom collectif plutôt que par les associés, selon la thèse du demandeur, l'engagement solidaire que celui-ci a textuellement souscrit répond à tous ces critères de validité et il habilite la défenderesse à le rechercher sans égard aux conditions de l'art. 568 al. 3 CO. Le demandeur se réfère inutilement aux modalités de remboursement du prêt. Celles-ci autorisaient la défenderesse à réclamer chaque année un remboursement partiel dont elles déterminaient le montant minimum; il n'existait aucune incompatibilité entre ces modalités et un engagement solidaire des associés.