Citation: 9C_40/2015 E. 5.1

5.1. S'agissant de l'augmentation continue de l'arriéré de cotisations dû par Aa.________, la juridiction cantonale a relevé que l'intimé avait pris de nombreuses mesures pour redresser la situation: ainsi, Aa.________ s'était engagée tout au long de la période litigieuse à verser hebdomadairement la somme de 10'000 fr. à titre de remboursement du prêt accordé; elle avait pris entre 1994 et 1995 des mesures de restructuration qui avaient impliqué la suppression d'une centaine de postes de travail et, partant, la diminution du nombre d'affiliés; elle avait également dissout l'ancien fonds patronal et attribué la fortune, d'un montant de 688'866 fr., à la réduction de la dette de cotisations; elle avait mandaté la société F.________ pour établir un diagnostic organisationnel et fonctionnel du groupe A.________; un rapprochement avec le groupe D.________ avait été opéré et une lettre d'intention signée en ce sens. Ce n'est qu'en mars 1998 que le groupe D.________ avait subitement changé d'avis et que Aa.________ avait déposé une requête de sursis concordataire. Or, dans sa jurisprudence, le Tribunal fédéral ne considère pas un prêt comme risqué si l'entreprise fondatrice prouve de manière concrète - comme Aa.________ l'a fait en l'espèce - qu'elle peut améliorer sa situation financière dans le futur et qu'elle sera en mesure de rembourser le prêt. La juridiction cantonale a également constaté que le montant du prêt consenti par B.________ à Aa.________ - sous la forme des cotisations arriérées dues par l'employeur - était toujours resté inférieur aux fonds propres disponibles de la caisse et que Aa.________ n'avait jamais cessé ses paiements jusqu'à sa mise en liquidation. Le SSF avait été tenu en permanence au courant de la situation et avait jugé que les conditions légales étaient respectées. Quant aux liquidateurs de B.________, ils avaient eux-mêmes été convaincus que la créance à l'égard de Aa.________ était couverte, puisqu'ils n'avaient jugé utile ni de représenter la caisse de pension à l'audience d'homologation du concordat ni de solliciter des garanties. L'intimé était par conséquent légitimé à penser que Aa.________ pouvait se sortir des difficultés financières qui étaient les siennes au vu, en particulier, de l'accord signé avec le groupe D.________. Même en admettant que tel ne fût pas le cas, B.________, en sa qualité de créancière privilégiée, aurait en toute logique dû récupérer l'intégralité de sa créance.