Citation: 8C_469/2014 E. A

A.________ était employée au guichet pour l'entreprise B.________ à un taux d'activité de 80 %. A ce titre, elle était assurée contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 21 décembre 2010, vers 18 heures, un individu est entré en courant dans le bureau de l'entreprise B.________ à C.________. Il s'est approché d'une cliente qui attendait son tour au guichet derrière lequel travaillait A.________. L'individu a saisi la cliente par la taille en pointant un pistolet contre ses côtes. Ensuite, il a crié à plusieurs reprises à l'adresse de A.________ de lui remettre des billets. Celle-ci ne réagissant pas, l'individu a lâché la cliente et pris la fuite. Le pistolet utilisé était factice. L' auteur de cette infraction, un homme sans activité professionnelle déclarée et âgé à l'époque d'une trentaine d'année, a été arrêté par la police le jour même. A.________ a cessé de travailler le 30 décembre 2010 et a consulté son médecin traitant le 4 janvier 2011. La doctoresse E.________, psychiatre, a attesté une incapacité de travail de 100 % jusqu'au 16 janvier 2011 en raison d'un état de stress post-traumatique. L'assurée ayant informé la CNA qu'elle avait repris son travail et que le traitement médical était terminée, la CNA a arrêté ses prestations à cette date. A.________ a toutefois continué à être suivie par sa psychiatre. Le 29 mai 2013, l'employeur a annoncé une rechute en indiquant que A.________ était en incapacité de travail depuis le 2 mai précédent. La doctoresse E.________ a fait état d'une recrudescence des symptômes dépressifs et anxieux avec pleurs fréquents, troubles du sommeil et perte de l'élan vital. La CNA a alors chargé son médecin-conseil psychiatre, le docteur D.________, d'effectuer une expertise. Dans un rapport du 19 août 2013, celui-ci a retenu un trouble dépressif récurent (épisode actuel moyen) et un trouble anxieux mixte, et conclu que cette symptomatologie était en lien de causalité naturelle avec la tentative de brigandage dont l'assurée avait été victime le 21 décembre 2010. Par décision du 9 octobre 2013, confirmée sur opposition le 14 novem-bre suivant, la CNA a refusé de prendre en charge la rechute sous l'angle la causalité adéquate. Elle a retenu que l'événement traumati-sant vécu par l'assurée le 21 décembre 2010 n'était pas propre, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, à générer, plus de deux ans après sa survenance, une incapacité de travail totale pour des motifs psychiques.