Citation: 8C_193/2019 E. 5.3.2

5.3.2. En l'occurrence, F.________ n'a pas agressé le recourant à l'arme blanche en réaction à l'attitude ou aux propos de celui-ci, dont on ignore la teneur et que le prénommé n'a du reste pas compris, ne parlant ni français ni portugais. En effet, alors que le recourant, qui réclamait sa veste, se montrait très énervé, F.________ a gardé tout son calme et a obtempéré à l'injonction qui lui était faite, alors qu'il aurait pu fuir à tout moment. Comme l'a clairement indiqué E.________, c'est lorsque, dans un geste d'impatience, le recourant a tiré sur la manche de la veste volée que F.________ est devenu comme fou et s'est mis à gesticuler en frappant le recourant - à l'aide de son couteau - par des mouvements du haut vers le bas. Le geste du recourant n'était toutefois pas de nature, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, à entraîner une telle réaction de violence, même dans le contexte global de l'altercation. Dans le même sens, les experts psychiatres mandatés dans la procédure pénale ont expliqué que "ce n'était pas en raison des échanges verbaux entre les trois protagonistes mais bien lorsque la première victime s'est rapprochée de l'expertisé et a touché la veste volée, que l'expertisé l'a agressé violemment au cou avec son couteau. L'intrusion de cet homme au plus près de F.________, perçue par ce dernier comme une menace imminente justifiant l'usage d'une arme blanche pour se défendre, reflétait un état psychique perturbé par un sentiment d'insécurité, voire une probable persécution d'ordre psychotique: c'est-à-dire un rapport à la réalité altéré. Enfin, le départ 'comme si de rien n'était' de l'expertisé après avoir égorgé un homme et agressé un second marquait bien cette altération du rapport à la réalité" (rapport d'expertise p. 12 s.). Sur la base de ces considérations, la réaction de F.________ s'apprécie essentiellement comme une manifestation du trouble mental diagnostiqué par les experts. Aussi faut-il admettre qu'elle relègue à l'arrière-plan le rôle causal joué par le recourant dans le contexte de l'altercation. Autrement dit, le comportement du recourant ne constitue pas la cause principale de l'atteinte à la santé qu'il a subie. Partant, il n'y a pas lieu à réduction des prestations.