Citation: 6P.50/2006 06.04.2006 E. B

La condamnation pour assassinat et brigandage ainsi que pour séquestration et enlèvement aggravés repose sur les faits suivants: B.a A la fin du mois de mars ou au début du mois d'avril 2002, A.________ a proposé à B.________ de voler les armes se trouvant dans l'armurerie à l'enseigne "X.________", qui était située dans un lieu tranquille et dont le propriétaire était âgé de 82 ans. Le 2 avril 2002, ils se sont rendus dans l'armurerie et ont fait l'achat d'un pistolet à air comprimé pour repérer les lieux. Le lendemain, soit au matin du 3 avril 2002, munis de sacs pour emporter les armes ainsi que de cordes et de scotch pour ligoter l'armurier après l'avoir immobilisé, les deux hommes se sont rendus dans l'armurerie. B.________ est resté à proximité de la porte de la boutique pour faire le guet, alors que A.________ est entré et a demandé à l'armurier de régler l'arme qu'il lui avait achetée la veille. L'armurier s'est ensuite rendu sur l'avant de la boutique pour y chercher des munitions demandées par A.________, qui a alors frappé le vieillard à deux reprises à la tête avec la crosse de son pistolet à air comprimé. L'armurier a tenté de résister et a voulu sortir le revolver qu'il portait à la ceinture. B.________ a désarmé l'armurier et s'est saisi d'un tournevis dont il l'a frappé dans le thorax. L'armurier, qui était alors à terre, s'est encore défendu et a saisi le tournevis. A.________ s'en est alors emparé et a frappé à son tour l'armurier à plusieurs reprises. Selon le rapport d'expertise, deux coups ont entraîné la mort de l'armurier. Après que A.________ a tiré l'armurier agonisant derrière le comptoir de la boutique, les deux comparses se sont emparés de diverses armes et ont quitté les lieux. B.b Le 19 juin 2002, B.________ et A.________ sont partis en Autriche pour y écouler les armes dérobées dans l'armurerie. Après l'échec de ce projet, ils ont décidé de rentrer à Genève en auto-stop. Dans la nuit du 28 au 29 juin 2002, ils se sont fait prendre en charge par un étudiant allemand de vingt-quatre ans, qui rentrait chez lui. En cours de route, A.________ a demandé à l'étudiant de s'arrêter pour satisfaire un besoin naturel. A son retour, il a menacé le jeune homme d'un pistolet chargé d'une balle dans le canon et l'a contraint de prendre place à l'arrière du véhicule et s'est installé à ses côtés, tandis que B.________ prenait le volant. Les deux comparses ont dépouillé leur victime de son argent, de sa carte bancaire, de son passeport et de son téléphone portable. Munis d'une arme qu'ils tenaient ostensiblement, ils ont soumis jusqu'à Genève le jeune homme à leur volonté, le menaçant de l'abattre en cas de résistance. En particulier, A.________ manipulait fréquemment son arme et faisait des mouvements de charge. Au cours du voyage, l'otage a été autorisé à envoyer un message SMS pour rassurer sa fiancée. A leur arrivée à Genève le 29 juin 2002, les comparses ont conduit l'étudiant dans un squat, le menaçant de le tuer s'il faisait le moindre geste. Ce dernier a été menotté à deux reprises, humilié et privé de ses lunettes médicales. Il a été emmené par deux fois au bord du lac pour se baigner, étant donné que le squat ne comportait pas de salle de bains. Le jeune homme est resté dans ce squat sous la garde de ses ravisseurs jusqu'au soir du 2 juillet 2002, où il a été libéré par la police.