Citation: 4A_66/2022 E. A

A.a. Le 24 novembre 2020, A.________ a saisi la Chambre patrimoniale cantonale vaudoise d'une demande tendant au paiement par B.________ d'un montant de 8'750'000 USD, sur la base de lettres de crédit stand by émises par cette dernière. A.b. Le 11 décembre 2020, B.________ a déposé une plainte pénale contre inconnu, notamment pour escroquerie et faux dans les titres. Une enquête pénale a été ouverte par le Ministère public central du canton de Vaud. Elle est toujours pendante. En substance, il ressort de la plainte pénale qu'une lettre de crédit stand byest un document émis par une banque - en l'occurrence, B.________ - permettant notamment à un acheteur de matières premières de garantir à son fournisseur le paiement de la marchandise livrée (ou inversement en cas de paiement d'un acompte avant livraison). Il s'agit ainsi d'une forme de garantie bancaire exigée par les fournisseurs de marchandises pour l'hypothèse où ils ne sont pas payés par l'acheteur à la suite d'une livraison (ou par les vendeurs pour l'hypothèse où ils ne sont pas livrés malgré le paiement d'un acompte). B.________ émettait régulièrement des lettres de crédit stand byen faveur de C.________, avec laquelle elle était en relation depuis de nombreuses années. B.________ a émis 21 lettres de crédit stand byen faveur de C.________ concernant des livraisons de charbon de A.________ - en sa qualité de négociante - à C.________, dont 19 auraient été dûment honorées par C.________. Le 26 mars 2020, A.________ a formé deux demandes de paiement à l'encontre de B.________ pour un montant de 8'750'000 USD, supposant que C.________ n'avait pas payé deux livraisons de charbon exécutées par A.________. Cependant, il se serait avéré que les lettres de crédit en question, dont la structure de l'opération avait été dûment validée par A.________, avaient été émises en lien avec une opération de C.________ en qualité d'acheteur, comme toutes les opérations précédentes, alors qu'en réalité, c'était ici A.________ qui était l'acheteuse, et que la structure de l'opération aurait nécessité l'émission d'une garantie de restitution d'acompte pour tenir compte de l'inversion du rôle des parties. Or, B.________ soutient qu'elle n'aurait jamais accepté d'émettre une garantie en restitution d'acompte pour des montants qui n'auraient pas été versés sur le compte du client ouvert dans ses livres. En définitive, B.________ allègue que les deux lettres de crédit en question seraient fictives, en faisant valoir divers arguments et éléments qui iraient dans ce sens. Après avoir précisé que les deux entités principales de C.________ avaient été mises en liquidation volontaire en 2020, B.________ a relevé que l'émission des deux lettres de crédit stand by sur la base de contrats n'ayant aucune matérialité, et alors que l'insolvabilité de C.________ était proche, permettait selon toute vraisemblance à A.________ de réduire son exposition vis-à-vis de sa relation d'affaire de longue date et de faire porter le risque de l'insolvabilité de C.________ à B.________. A.c. Par courrier du 12 mars 2021, B.________ a requis la suspension de la cause civile jusqu'à droit connu dans la procédure pénale précitée. A.________ a conclu au rejet de cette requête.