Citation: 5A_359/2018 E. 3.4

3.4. Cette argumentation ne peut être suivie. L'approche de l'autorité cantonale, qui se fonde sur la prémisse que le dispositif du jugement produit comme titre de mainlevée définitive ne contient pas de limitation dans le temps de la contribution d'entretien, ne prête pas le flanc à la critique. L'interprétation proposée par la recourante nécessite de procéder à un examen de la portée de la convention matrimoniale et des décisions judiciaires, qui excède la cognition du juge de la mainlevée ( cf. supra, consid. 3.1). La portée du passage des motifs du prononcé du 1er avril 2009, qui retient que, « mis à part pour la contribution d'entretien qui demeure litigieuse, la convention est valable pour le surplus jusqu'au 31 (sic) avril 2009 », n'est sans doute pas évidente à cerner. A cet égard, la recourante invite le juge de la mainlevée à comprendre ce passage dans un sens différent de celui qui a déjà été retenu par le juge civil, appelé à se prononcer sur cette même question dans l'arrêt de la Cour d'appel civile du 24 novembre 2016 - objet d'un recours rejeté par le Tribunal fédéral le 27 mars 2017 (5A_193/2017) - et dont les motifs précisent ce qui suit : « A bien lire la motivation du prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale du 1er avril 2009, il apparaît que " mis à part pour la contribution d'entretien qui demeure litigieuse, la convention est valable pour le surplus jusqu'au 31 (sic) avril 2009 ". Or, il en ressort précisément que la contribution est due au-delà de la date butoir du 30 avril 2009 et que, contrairement à ce que soutient l'intimée, la limite temporelle prévue pour la séparation ne s'impose pas à la contribution d'entretien ». La recourante ne discute pas plus avant la prise en considération, par la cour cantonale, de cette décision du juge civil, dont le juge de la mainlevée, au pouvoir d'examen restreint, ne saurait s'écarter sans autre débat. Au surplus, le poursuivant a déduit de la créance en poursuite des versements déjà opérés à concurrence de 12'600 fr., c'est-à-dire postérieurement à la prétendue expiration des effets des mesures protectrices.