Citation: I 547/02 15.07.2003 E. 3

Il reste à déterminer le taux d'invalidité présenté par le recourant. 3.1 Dans la mesure où l'état de santé du recourant ne s'est pas modifié depuis 1992, l'on peut se référer aux conclusions des médecins de la Clinique X.________ selon lesquelles le recourant présente - et présentait en 1992 - une capacité de travail entière das une activité adaptée évitant le port de charges et permettant l'alternance des positions. L'expertise de la Clinique X.________ a été établie de manière très détaillée et se fonde sur les résultats d'examens pluridisciplinaires (examens psychiatrique, neurologique y compris une électroneuromyographie, radiologiques, et autres examens de laboratoire, ainsi que sur une évaluation approfondie des capacités physiques liées au travail ou ECPLT), de même que sur l'ensemble du dossier médical à disposition; elle prend également en compte les plaintes de l'assuré. Aussi, cette expertise remplit-elle toutes les exigences posées par la jurisprudence pour qu'on puisse lui accorder une pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références) et il n'y a pas motif de s'écarter de ses conclusions. 3.2 Comme en procédure cantonale, le recourant conteste le bien- fondé des conclusions des experts, en faisant grief au docteur G.________, psychiatre, de ne pas avoir retenu d'incapacité de travail au terme de son concilium. Selon celui-ci, le status psychiatrique entre dans les limites de la norme, il n'y a pas d'atteinte cérébro-organique, ni d'anxiété pathologique, ni de trouble affectif significatif, ni de trouble de la personnalité pouvant atteindre le seuil diagnostique; en revanche, la notion de douleurs sans base organique peut faire évoquer un trouble factice qui n'impliquerait pas une incapacité de travail significative dans ce cas précis, le comportement d'invalide pouvant alors sortir du champ médical (rapport du 21 juin 2000). Se prévalant d'une aggravation de son état de santé, le recourant invoque l'expertise du 24 janvier 2002 de la doctoresse H.________, médecin cheffe de clinique de l'Hôpital Z.________, qui a conclu à un trouble anxieux et dépressif mixte (F 41.2) et à un syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4) rendant toute activité régulière impossible. Or, la doctoresse H.________ ne fait que confirmer le bien-fondé de l'appréciation du docteur G.________, en déclarant que d'un point de vue psychiatrique, le recourant n'a présenté aucun trouble jusqu'à environ il y a six mois (soit jusqu'en juin 2001), alors que le rapport incriminé date de juin 2000 et que la décision litigieuse (du 15 mai 2001) est également antérieure à la date à laquelle les troubles allégués se seraient manifestés. Indépendamment de ce point, l'expertise de la doctoresse H.________ soulève d'autres objections, dans la mesure où elle passe sous silence toute la problématique relative au possible trouble factice évoqué par le docteur G.________ et les résultats de l'ECPLT qui font ressortir un niveau de cohérence des performances faible et la volonté incertaine du sujet de donner le maximum. Par ailleurs, si son anamnèse apparaît complète, ses conclusions quant à une incapacité de travail totale ne sont pas motivées. Dans ces circonstances, le rapport de la doctoresse H.________ ne saurait remettre en question la pertinence des conclusions de l'appréciation du docteur G.________. En outre, s'agissant de la capacité de travail - dans une activité exigible - d'un assuré dont la pathologie est principalement ou exclusivement marquée par la douleur, sans substrat organique ou sans corrélation avec un état clinique patent, il y a lieu de retenir principalement comme en l'espèce, les conclusions globales de l'expertise pluridisciplinaire et non celles, forcément sectorielles, des différents intervenants à l'expertise; en effet l'expertise pluridisciplinaire, qui prend en compte l'ensemble des différents troubles présentés par le patient et leurs interférences possibles, paraît appropriée à une détermination objective de la capacité de travail. 3.3 Sur le vu de ce qui précède, force est d'admettre que disposant d'une capacité de travail entière dans une activité adaptée évitant le port de charges dépassant 20 kilos et permettant une alternance des positions, le recourant ne présentait pas et ne présente toujours pas un taux d'invalidité ouvrant droit à une rente. Il s'ensuit que la décision du 11 mai 1993 mettant le recourant au bénéfice d'une rente entière d'invalidité et qui n'avait pas fait l'objet d'un jugement d'une autorité judiciaire sur le plan matériel, était manifestement erronée et que sa rectification revêtait une importance notable, compte tenu des montants en jeu. Les conditions d'une reconsidération étaient donc réunies. C'est dès lors à juste titre que les premiers juges ont confirmé, par substitution de motifs, la décision de révision du 15 mai 2001. Il s'ensuit que le recours est mal fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: