Citation: 4A_429/2021 E. I

I. Les parties avaient convenu une rémunération forfaitaire de 85'000 fr. HT [91'800 fr. TTC, réd.] pour les services de l'architecte. Leur volonté réelle et commune découlait des indices suivants: a) Le seul document signé par les deux administrateurs de la société qui fût en lien - certes indirect - avec la rémunération de l'architecte était le crédit de construction du 13 avril 2011; or, celui-ci était fondé sur le devis initial du 29 mars 2011, mentionnant un montant de 85'000 fr. au titre des honoraires d'architecte. Il y avait là un premier signe d'une volonté d'allouer à l'architecte une rémunération forfaitaire de 85'000 fr. b) Pour ses services d'ingénieur, I.________ avait été rémunéré de manière forfaitaire selon le devis précité, ce qui laissait supposer que des modalités similaires avaient été convenues pour le demandeur. c) Deux bons de paiement signés par ce dernier avaient été adressés à la banque revêtus de la mention "montant adjugé 91'800 fr.". Il n'y avait aucune raison d'établir le même jour deux versions se distinguant par une différence de 118'200 fr., ni de faire figurer dans l'une d'elle une adjudication de 91'800 fr. postérieurement au second devis du 22 avril 2011, lequel indiquait 200'000 fr. [HT] à ce titre. Qui plus est, la seconde version, indiquant une adjudication de 210'000 fr., n'était pas signée par la banque et ne comportait pas son timbre; elle n'avait pas été retrouvée dans les documents détenus par son " back office ". Dès lors, il n'était pas prouvé que ces seconds jeux de bons auraient été transmis à la banque, et encore moins qu'ils auraient fait l'objet d'un accord de volonté entre les parties. d) Le crédit de construction avait été bouclé le 5 octobre 2012 tandis que la facture finale du demandeur (196'848 fr. HT) avait été émise en avril 2013. Il était peu probable que celui-ci eût autorisé le bouclement du crédit alors que l'état des liquidités de la société ne permettait pas de payer un solde d'honoraires aussi important. En revanche, en tablant sur des honoraires de 91'800 fr. TTC, le solde restant à payer [31'800 fr., réd.] pouvait aisément être absorbé par les liquidités de la société. e) Les parties étaient des professionnels de l'immobilier. Il n'était pas crédible qu'elles aient convenu d'une augmentation aussi drastique des honoraires sans documenter leurs négociations et leur accord, surtout dans le contexte suivant. f) Ces honoraires représentaient initialement 9,4 % du coût global des travaux. Ils avaient passé à plus de 17 % sans que le demandeur eût articulé des motifs objectifs sous-tendant une telle hausse, que n'expliquait pas la faible augmentation des travaux proprement dits (passés de 712'000 fr. à 797'000 fr.).