Citation: 8C_269/2022 E. 5.2

5.2. En tant que le recourant demande que le gain assuré se fonde sur les montants pris en compte par l'AI au titre du revenu sans invalidité, il y a lieu de le renvoyer à l'argumentation de la juridiction cantonale, selon laquelle le revenu sans invalidité et le gain assuré sont deux notions différentes. Le revenu sans invalidité représente le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide (art. 16 LPGA); il permet de calculer le taux d'invalidité selon la méthode générale de la comparaison des revenus et, partant, de déterminer le droit ou non d'un assuré à une rente d'invalidité (art. 18 al. 1 et 2 LAA). Le gain assuré, quant à lui, sert de base de calcul du montant proprement dit de cette rente (art. 20 al. 1 LAA). La fixation de l'un et de l'autre suivent des règles distinctes (cf. arrêt attaqué, p. 20 et 26 s.). En l'occurrence, il n'y a pas lieu de s'écarter du salaire perçu par le recourant durant l'année ayant précédé l'apparition de sa maladie professionnelle. L'art. 24 al. 2 OLAA n'étant pas applicable en l'espèce, c'est donc en principe la règle de base qui est déterminante pour le calcul de la rente, selon laquelle il faut se baser sur le dernier salaire avant la survenance de l'événement assuré, c'est-à-dire ici l'apparition de la maladie professionnelle. Celui-ci est du reste plus favorable au recourant que s'il y avait lieu de prendre, au titre du gain assuré, le revenu qu'il percevait dans son activité de chef de chantier à 50 %. Quant au revenu hypothétique de chef de chantier à 100%, il n'entre pas en ligne de compte puisqu'il ne correspond précisément pas au salaire que le recourant aurait (selon toute vraisemblance) perçu sans la survenance de sa maladie professionnelle; c'est au contraire en raison de son invalidité partielle induite par sa maladie professionnelle que le recourant a changé de profession et qu'il a pu bénéficier d'une promotion grâce aux mesures professionnelles mises en oeuvre par l'AI. On rappellera qu'en matière d'assurance-accidents, le gain assuré ne peut pas être plus élevé que le revenu sur lequel des cotisations ont été prélevées (arrêt U 150/97 du 6 juillet 1998 consid. 3b, in RAMA 1998 n° U 319 p. 598).