Citation: 7B_992/2023 E. 2.3.2

2.3.2. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale s'est fondée sur des éléments concrets pour relativiser l'évolution positive dont il a fait preuve depuis sa dernière incarcération. 2.3.2.1. Ainsi, la juridiction précédente a constaté que si le recourant avait certes entrepris volontairement un suivi thérapeutique, celui-ci n'avait toutefois duré que 6 mois et avait avant tout été motivé par le souhait du recourant de trouver du soutien après le décès de sa mère intervenu durant son incarcération. Le recourant avait en outre indiqué ne plus ressentir le besoin d'un suivi, alors que les criminologues étaient d'avis qu'il devait encore apprendre à gérer d'éventuelles difficultés en mobilisant des stratégies de "coping" (ajustements) adéquates et en sollicitant l'aide de professionnels si nécessaire. Il devait encore prendre conscience de ses vulnérabilités et parvenir à détecter les situations potentiellement à risque. Le recourant ne remet pas valablement en cause l'appréciation de la cour cantonale, se contentant d'y opposer sa propre appréciation du caractère suffisant de son niveau d'introspection. Un tel procédé, purement appellatoire, s'avère irrecevable. 2.3.2.2. La cour cantonale a relativisé l'amendement du recourant car, après sa condamnation de 2021, celui-ci expliquait encore son recours à la violence par des éléments externes. Elle a en outre constaté que ses aveux et sa collaboration à l'enquête s'inscrivaient dans un contexte de défense très difficile et qu'il ne pouvait pas être exclu qu'ils aient été dictés par un certain pragmatisme au vu du risque important d'une condamnation bien plus lourde. Quant à la prise de conscience qui semblait ressortir de ses déclarations du 31 août 2023 devant la Présidente du Collège des Juges d'application des peines, elle n'était à ce stade pas suffisamment étayée pour démontrer qu'elle allait au-delà de paroles avisées tenues dans le contexte de son procès. En définitive, les juges cantonaux ont considéré que les éléments retenus à décharge par le Tribunal criminel n'étaient à ce stade pas encore suffisamment concrets pour envisager une libération conditionnelle. En se contentant d'affirmer que cette appréciation reposerait uniquement sur des suppositions abstraites, le recourant ne démontre pas que le raisonnement de la cour cantonale, auquel elle est parvenue à la suite d'une appréciation globale, serait arbitraire. Au demeurant, si la juridiction précédente n'a certes pas expressément mentionné le bon comportement du recourant dans l'examen du pronostic, on peut aisément déduire de sa motivation que cet élément constituait un des aspects - positifs - du comportement du recourant depuis sa dernière incarcération, lesquels ne suffisaient toutefois pas à contrebalancer son parcours de multirécidiviste et le comportement adopté lors de la commission des infractions. Sur ce dernier point, la cour cantonale a relevé que le recourant s'était adonné à son activité délictueuse même dans les périodes de sa vie où il disposait d'un travail correctement rémunéré. Il avait en outre persisté dans la délinquance, malgré une libération conditionnelle en 2015. De plus, alors qu'il savait qu'une instruction était pendante à son endroit et qu'il faisait l'objet d'une interdiction d'entrée en Suisse, il y était revenu illégalement pour commettre plusieurs délits et crimes, culminant dans des agissements extrêmement graves. Il semblait au demeurant avoir pris ses aises dans son activité délictuelle dès lors qu'il avait commis le dernier brigandage seul, sans l'influence ou l'aide de comparses. Le recourant ne discute pas le poids qu'a accordé la cour cantonale au comportement dont il a fait preuve dans le cadre des délits commis face au comportement adopté depuis sa dernière incarcération et l'arrêt attaqué échappe à la critique à cet égard. 2.3.2.3. La cour cantonale a exposé de manière claire et convaincante que les projets futurs du recourant en cas de libération restaient vagues. En particulier, son projet professionnel d'organiser des courses d'obstacles dans la région parisienne apparaissait insuffisant; on ignorait tout du budget, du terrain et du matériel nécessaires à sa réalisation. Il apparaissait au demeurant surprenant que le recourant envisage une activité atypique nécessitant une mise de fonds importante et un temps relativement long avant d'être rentable, plutôt qu'un emploi plus accessible dans une perspective de véritable réinsertion en France ou au Portugal. Le concept de "C.________" paraissait par ailleurs compromis par la situation géographique du recourant, qui vivrait dans un premier temps au Portugal, puis à la frontière franco-suisse, et par son souhait de fonder une famille qui, le cas échéant, exigerait un important investissement en temps et en argent. Le recourant ne remet pas valablement en cause l'appréciation de l'autorité cantonale. En affirmant avoir le budget nécessaire pour mener son projet à bien grâce à ses économies et au revenu mensuel de sa compagne s'élevant à 9'500 fr., il invoque des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt attaqué, sans démontrer l'arbitraire de leur omission. En tout état de cause, quand bien même le recourant disposerait de fonds pour démarrer son activité, il ne conteste pas que celle-ci mettrait du temps à être rentable et que dans l'intervalle, il serait dépendant d'autrui, ce qui s'était révélé un facteur de récidive par le passé. Par ailleurs, le recourant affirme être conscient des autres obstacles mis en évidence par la juridiction précédente pour le démarrage du projet. Si, comme il le soutient, cela dénote certes "un certain réalisme", cet élément permet surtout de confirmer l'appréciation de la juridiction précédente selon laquelle le projet manque de consistance. Enfin, contrairement à ce qu'il prétend, la cour cantonale n'a pas ignoré les alternatives mentionnées en cas d'échec du projet, en particulier un travail sur les chantier, dans un garage ou de coaching (cf. arrêt attaqué consid. 2.1 p. 9), étant rappelé que le jugement forme un tout et que l'on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent (cf. arrêts 6B_252/2022 du 11 avril 2023 consid. 5.3; 6B_206/2022 du 18 janvier 2023 consid. 3.3). La juridiction cantonale a néanmoins constaté, au détriment du recourant et sans que l'on puisse lui reprocher d'arbitraire à cet égard, qu'il ne s'agissait pas des projets envisagés par le recourant en cas de libération, lesquels apparaissaient en conséquence encore vagues.