Citation: 2C_646/2022 E. 5.4

5.4. Sur le vu de ce qui précède, on peut admettre, comme l'a soutenu l'OFAC jusqu'à présent, que l'actuel box de voltige figurant sur la carte VAC de l'aérodrome de U.________ représente une question qui aurait dû être traitée par le règlement d'exploitation de cette installation aérienne au sens des art. 36c LA et 23 OSIA, dans la mesure où l'on peut considérer qu'elle en constitue un aspect opérationnel important. Une telle appréciation se justifie non seulement en raison des répercussions que cette activité peut avoir sur le voisinage, voire sur la sécurité aérienne, mais aussi de l'intérêt que revêt la voltige pour le champ d'aviation concerné, comme la recourante n'a d'ailleurs de cesse de le souligner dans ses écritures. Il faut dire que, selon le Plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA), l'aérodrome de U.________ sert essentiellement à couvrir les besoins privés et, en particulier, ceux liés à l'aviation sportive et à la formation aéronautique (cf. Plan sectoriel des transports: Partie Infrastructure aéronautique [PSIA], Partie IIIC 12e série, Fiches d'object 12e série du 28 juin 2017, VD-3, p. 2). Sous cet angle, la coordination de la pratique de l'aviation sportive avec la protection contre le bruit représente une problématique centrale de l'aérodrome, étant souligné que le plan sectoriel susmentionné commande précisément à l'exploitant de prendre toutes les dispositions d'exploitation possibles conformément au principe de précaution et d'en contrôler l'efficacité afin de diminuer la charge sonore (cf. ibidem). A partir de là, le box de voltige inscrit sur la carte VAC de l'aérodrome de U.________ peut être vu comme une "modalité concrète de l'exploitation [de ladite installation] telle qu'elle résulte du plan sectoriel «Infrastructure aéronautique»" et, partant, comme un "aspect opérationnel" central de cette dernière au sens respectif de l'art. 36c LA et de l'art. 23 al. 1 OSIA, à l'instar des autres prescriptions particulières régissant l'utilisation de ce champ d'aviation. A ce titre, il faut admettre que l'OFAC était en droit de considérer qu'une telle indication aurait dû être explicitement prévue par le règlement d'exploitation de l'installation, étant rappelé que le Tribunal fédéral s'impose une certaine retenue lorsqu'il doit se prononcer sur de telles questions, qui dépendent essentiellement de données techniques pour lesquelles l'autorité inférieure à des connaissances spéciales (cf. ATF 142 II 451 consid. 4.5.1; 138 II 77 consid. 6.4).