Citation: H 225/00 13.02.2001 E. 3

3.- a) Le jugement entrepris expose correctement les dispositions légales et la jurisprudence applicables en matière de responsabilité de l'employeur et des organes de celui-ci (art. 52 LAVS), de sorte qu'il suffit d'y renvoyer. b) Les premiers juges ont constaté, de manière à lier la Cour de céans (consid. 2), que le recourant a rempli son mandat d'administrateur sans exercer le moindre contrôle sur la manière dont P.________ gérait et tenait la comptabilité de la société, allant même jusqu'à tolérer que celui-ci lui refuse l'accès aux comptes et ne lui donne que des informations lacunaires. Ils en ont déduit que le recourant avait, par son attitude passive, commis une négligence grave au sens de l'art. 52 LAVS, laquelle était en relation de causalité naturelle et adéquate avec le dommage. Le non-paiement des charges sociales aurait en effet pu être évité, selon eux, si les mesures utiles avaient été prises à temps par le recourant. Dans le cas où celui-ci était empêché d'exercer correctement son mandat d'administrateur, il devait, toujours selon les premiers juges, démissionner sans délai de ses fonctions, sous peine d'engager sa responsabilité. c) Loin de contester ces faits, le recourant se borne à en tirer d'autres conséquences que celles énoncées dans le jugement attaqué, en maintenant qu'il n'a pas commis de négligence grave. A son sens, le seul reproche qui peut lui être adressé est, en quelque sorte, celui d'avoir péché par naïveté en faisant aveuglément confiance à P.________. Ce motif est dénué de pertinence. En conservant un mandat d'administrateur qu'il n'assumait pas dans les faits, le recourant a tout simplement méconnu l'une des attributions intransmissibles et inaliénables que lui confère l'art. 716a al. 1 CO, soit l'exercice de la haute surveillance sur les personnes chargées de la gestion, pour s'assurer notamment que celles-ci observent la loi, les règlements et les instructions données (ch. 5). En réalité, sa situation n'était pas très éloignée, en ce qui concerne le contrôle qu'il exerçait réellement sur la gestion comptable de la société, à celle d'un homme de paille, et c'est précisément en cela que réside sa faute, car celui qui se déclare prêt à assumer ou à conserver un mandat d'administrateur, tout en sachant qu'il ne pourra pas le remplir consciencieusement, viole son obligation de diligence (ATF 122 III 200 consid. 3b; RDAT 1993, I, p. 374 consid. 6). Sa négligence doit donc, sous l'angle de l'art. 52 LAVS, être qualifiée de grave (ATF 112 V 3 consid. 2b), surtout qu'elle s'est prolongée sur une période relativement longue, les cotisations n'ayant plus été payées pendant près de deux ans et demi (pour compar. RCC 1996 p. 228 ss). Sa passivité est, de surcroît, en relation de causalité naturelle et adéquate avec le dommage subi par la caisse de compensation. En effet, s'il avait correctement exécuté son mandat, il aurait pu veiller au paiement des cotisations d'assurances sociales ou, à tout le moins, il aurait pu constater, vu l'importance de l'arriéré des cotisations, que celles-ci étaient impayées et prendre les mesures qui s'imposaient; s'il se trouvait, en raison de l'attitude de P.________, dans l'incapacité de prendre ces mesures ou même d'exercer son devoir de surveillance, il devait alors, comme l'ont à juste titre rappelé les premiers juges, démissionner de ses fonctions. Ne l'ayant pas fait, il répond du dommage qui en est résulté pour la caisse. Le recours est mal fondé.