Citation: 5A_347/2008 01.07.2008 E. 4

Le recourant se plaint enfin d'une application arbitraire du principe de la «solidarité matrimoniale»; il soutient que l'intimée a disposé de son autonomie financière pendant plusieurs années et que, dès lors, il est insoutenable de lui allouer une contribution d'entretien. 4.1 Conformément à l'art. 137 al. 2 CC, le juge ordonne, sur requête, les mesures provisoires nécessaires pour la durée de la procédure de divorce; les dispositions régissant la protection de l'union conjugale - à savoir les art. 172 ss CC - sont applicables par analogie. D'après l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge fixe, en application de l'art. 163 al. 1 CC, la contribution pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre. Tant que dure le mariage, les époux doivent donc contribuer, chacun selon ses facultés (art. 163 al. 2 CC), aux frais supplémentaires engendrés par l'existence parallèle de deux ménages. Chaque époux peut prétendre à participer d'une manière identique au train de vie antérieur (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa p. 318). Lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur la reprise de la vie commune, le principe de l'indépendance financière gagne en importance, en sorte qu'il faut se référer aux critères applicables à l'entretien après le divorce (ATF 128 III 65 ss). Il n'en demeure pas moins que le fondement de l'obligation d'entretien est bien l'art. 163 CC, et non l'art. 125 CC, lequel concerne l'entretien après le divorce (ATF 130 III 537 consid. 3.2 p. 541, avec la doctrine citée; arrêt 5P.352/2003 du 28 novembre 2003, consid. 2). 4.2 Toute l'argumentation du recourant repose sur la prémisse que sa femme aurait acquis une autonomie financière «entre fin 2004 et début 2007». Or, l'arrêt déféré ne constate rien de tel, mais uniquement que ses revenus lui laissent un disponible de quelques centaines de francs seulement (i.e. 465 fr.) jusqu'au 31 décembre 2007, puis un déficit de 180 fr. par mois. Au surplus, le reproche adressé à l'autorité cantonale d'avoir instauré une sorte de «solidarité matrimoniale post clean break» est motivé de manière purement appellatoire (cf. supra, consid. 1.2); de surcroît, il n'est pas démontré que les juges d'appel seraient tombés dans l'arbitraire en fixant la contribution alimentaire sans tenir compte de l'état de santé du mari ni de la différence d'âge entre les parties. Au demeurant, cette prétendue autonomie financière durant la période en question - que la Cour de justice aurait elle-même reconnue - n'a pas permis à l'intéressée de conserver le train de vie dont elle bénéficiait au temps de la vie commune, mais uniquement de couvrir (en laissant un léger disponible) ses charges incompressibles.