Citation: 8C_880/2008 14.05.2009 E. 5

5.1 Le dossier contient l'avis de nombreux médecins (des docteurs D.________, J.________, E.________, L.________, R.________ et G.________, A.________ et I.________ de la CNA). Au vu des différents diagnostics posés ("synostose calcanéo-naviculaire bilatérale symptomatique à droite", "dysmorphie congénitale poly-articulaire de l'arrière-pied" ou encore "décompensation de coalition tarsienne multiple"), on pourrait penser qu'ils ne sont pas d'accord sur la nature des problèmes médicaux du recourant. Il se laisse néanmoins déduire de l'ensemble de leurs considérations que S.________ souffre principalement d'une déformation de l'arrière-pied droit (due à un pied plat valgus et à une synostose), préexistante à l'accident mais décompensée par celui-ci, associée à une probable compression du nerf tibial postérieur. Il y a en revanche une divergence d'opinion en ce qui concerne un éventuel retour au statu quo ante ou sine entre les docteurs D.________, L.________, G.________ et R.________, d'une part, et le docteur E.________, d'autre part. L'expert mandaté par la CNA estime que l'événement accidentel n'a causé qu'une aggravation passagère de l'affection préexistante, de l'ordre de deux à trois ans, ce que ses autres confrères réfutent. Il y a lieu de s'en tenir à l'avis exprimé par la majorité des médecins. Comme l'a relevé de manière convaincante la doctoresse D.________ notamment, il ne s'expliquerait pas pourquoi l'évolution défavorable concerne exclusivement le pied droit accidenté de l'assuré (voir également la position du docteur I.________, de la CNA, pour lequel cette situation parle plutôt en faveur d'un lien de causalité). C'est ce à quoi a également abouti la juridiction cantonale, à juste titre. 5.2 La constatation d'une aggravation de l'état de santé du recourant n'entraîne cependant pas nécessairement une augmentation de sa rente. Comme on l'a dit plus haut (consid. 2.3), il faut encore que cette modification ait des répercussions négatives sur sa capacité de gain par rapport aux circonstances prévalant au moment de l'ouverture de son droit à la rente (le 1er octobre 1999). En l'occurrence, on ne voit pas de motif de s'écarter de l'appréciation que les premiers juges ont faite des conséquences de la décompensation sur la capacité de travail résiduelle du recourant. Ils se sont en effet fondés sur les avis clairement exprimés des docteurs E.________, L.________, G.________ et R.________, qui vont tous dans le sens d'un maintien de la capacité de travail résiduelle dans une activité adaptée essentiellement en position assise (voir leurs rapports respectifs des 13 mars 2006, 16 avril 2007 et 5 décembre 2007). Par ailleurs, si la doctoresse D.________ accorde une part plus importante aux plaintes subjectives de l'assuré, elle n'en remet pas pour autant fondamentalement en cause l'évaluation objective de ces médecins (voir le procès-verbal d'audience du 9 juillet 2007 dans la procédure parallèle A/283/2007 versé au dossier). On peut dès lors retenir que cette évaluation reste dans le cadre de ce qui est raisonnablement exigible de l'assuré en vertu de son obligation de diminuer le dommage (cf. art. 6 LPGA). Lorsqu'on compare la capacité de travail restante après l'annonce de la rechute avec l'exigibilité fixée à l'époque par le docteur A.________ (rapport du 22 septembre 1998) et qui a servi de base à la rente, on ne constate aucune différence significative susceptible d'influer sur la perte de gain subie par l'assuré. En effet, au regard du salaire statistique (Enquête suisse sur la structure des salaires) pour l'année de référence 2003 (soit 57'806 fr. par an, valeur 2002, après adaptation à l'évolution des salaires) - dont on peut admettre qu'il recouvre également des travaux assis -, on doit retenir que S.________ serait toujours en mesure de réaliser un revenu d'invalide mensuel d'au moins 3'400 fr. à l'instar de ce que la CNA avait fixé, de manière plutôt généreuse, dans sa décision initiale de rente. Aussi bien, les conditions d'une révision de celle-ci ne sont-elles pas remplies et le recourant ne peut-il prétendre une rente LAA d'un montant supérieur. 5.3 En cours de procédure, les premiers juges ont étendu l'objet du litige à la question de savoir si l'intimée avait l'obligation d'assumer le nouveau traitement médical entrepris par le recourant. Ils y ont répondu par l'affirmative. Il convient de confirmer ce point du jugement entrepris également. Il ressort en effet des réponses fournies par les docteurs G.________ et R.________, qu'après la réalisation, au cours de l'année 2007, de nouvelles infiltrations ayant eu un effet positif sur les douleurs de l'assuré, une intervention chirurgicale au pied droit sous forme d'une triple arthrodèse était désormais indiquée et susceptible d'améliorer la situation. L'aggravation de l'atteinte étant imputable à l'accident du 12 avril 1997 (consid. 5.1 supra), il appartient à la CNA et non pas à l'assureur-maladie de prendre en charge les frais du traitement et ses suites (cf. art. 21 al. 3 LAA). 5.4 On n'examinera pas, enfin, si le recourant aurait éventuellement pu prétendre (pour une durée limitée) des indemnités journalières en raison de son incapacité de travail, attestée médicalement, dans l'activité de magasinier. Le Tribunal fédéral ne peut en effet aller au-delà des conclusions des parties (art. 107 al. 1 LTF).