Citation: 5P.56/2001 07.08.2001 E. 3

3.- a) A propos de la vente de la villa de Potomac, la cour cantonale a retenu notamment les faits suivants. Cette villa a été estimée à 900'000 US $ le 12 janvier 1989. Le 28 avril de la même année, le recourant a proposé à son ex-épouse de la mettre en vente pour le prix de 1'300'000 US $ et, le cas échéant, de baisser le prix à 1'270'000 US $. Les deux époux ont signé, en septembre 1989, un document établissant que la villa devait être mise en vente pour le prix de 1'300'000 US $. L'intimée s'est plainte de devoir verser un montant de 1'000 US $ pour garantir le paiement du travail fourni par le trustee chargé de la vente. Le 12 juillet 1989, une société lui a facturé la somme de 6'565, 18 US $ pour divers travaux de réparation de la villa, facture qui a été acquittée par compensation avec le travail fourni par l'intimée au sein de dite société. La villa a été vendue le 11 juin 1990 à la deuxième épouse du recourant pour le prix de 550'000 US $, dans le cadre d'une vente opérée par l'administration fiscale en raison du non-paiement d'impôts fonciers dus pour 1989. Le recourant a admis s'être abstenu de payer ces impôts, seule manière selon lui de contraindre son ex-épouse à aliéner la villa. A la suite du paiement d'arriérés d'impôts et autres frais, cette vente a pu être annulée, et la villa a été remise en vente. Par requête du 14 mai 1990 adressée à la Court for Montgomery County, le trustee a demandé la ratification de la vente pour le prix de 740'000 US $. Dans un premier temps, le recourant, qui n'était pas satisfait par le prix, a soulevé des exceptions tendant à empêcher la ratification de la vente; puis, il les a retirées et la vente a finalement été ratifiée le 1er juillet 1991. Sur la base de ces faits, la cour cantonale a retenu que l'existence de la créance en dommages-intérêts résultant, selon le recourant, du retard mis dans la vente de la villa de Potomac n'était pas rendue suffisamment vraisemblable; elle n'était certes pas totalement exclue ou impossible; il fallait cependant relever que, dans un premier temps, le prix demandé (1'300'000 US $) était beaucoup plus élevé que la valeur d'estimation (900'000 US $); le recourant s'était déclaré d'accord avec ce prix fixé initialement; par la suite, la villa avait été adjugée à un prix fortement réduit (550'000 US $) à la deuxième épouse du recourant. Selon la cour cantonale, ces circonstances suffisaient pour retenir que l'inexistence de la créance tirée de la différence entre l'estimation et le prix obtenu était plus vraisemblable que son existence; mais surtout, ont conclu les juges cantonaux, il n'était pas rendu vraisemblable qu'un éventuel dommage pût être imputé à l'intimée plutôt qu'à son ex-époux. b) Pour le recourant, cette dernière affirmation est contraire aux éléments du dossier et aux preuves apportées. Il découlerait d'une pièce (17bis, dernière page) qu'il a en tout temps coopéré activement à la vente de la villa et que l'intimée a fait perdre plusieurs mois aux parties, dans la mesure où elle s'est purement et simplement opposée à ce que des avances de frais au "trustee" soient effectuées pour la somme de 1000 US $. La perte serait due aux obstructions faites par l'intimée à la réalisation de l'immeuble au moment où le marché était à un niveau décent. c) Dans la mesure où le recourant soutient globalement et sans autre précision qu'il est contraire aux éléments du dossier et aux preuves produites de considérer qu'il n'a pas rendu suffisamment vraisemblable la responsabilité de son ex-épouse dans le retardement de la vente de la villa, il ne motive pas son grief de manière conforme à l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. supra, consid. 2 b). En tant qu'il se réfère au contenu de la pièce 17bis pour établir que la cour cantonale a arbitrairement refusé d'admettre qu'un éventuel dommage est plutôt imputable à l'intimée qu'à lui-même, le recourant fait valoir un grief qui est mal fondé. En effet, contrairement à ses affirmations, il ne ressort du document en question ni que l'intimée aurait fait perdre plusieurs mois aux parties, ni que le recourant aurait en tout temps activement coopéré à la vente de la maison. Ce dernier fait, même s'il était avéré, ne constituerait de toute façon pas un élément susceptible de rendre vraisemblable qu'un éventuel dommage pût être imputé à l'ex-épouse. Le recourant ne démontre par ailleurs pas en quoi la cour cantonale aurait interprété de manière arbitraire la pièce incriminée. Celle-ci n'a du reste que peu de force probante, dès lors qu'il s'agit d'une photocopie incomplète - les allégués 9 à 13 manquent - d'une réponse que le trustee chargé de la vente de la villa a adressée à la "Court" dans le cadre d'une procédure judiciaire. d) Vu le sort du grief concernant l'imputabilité d'un éventuel dommage à l'intimée, le Tribunal fédéral peut se dispenser d'examiner les autres critiques du recourant relatives à la villa de Potomac. La vraisemblance de l'imputabilité d'un éventuel dommage à l'intimée est en effet un élément indispensable pour rendre vraisemblable l'existence de la créance du recourant contre son ex-épouse (cf. consid. 2a supra).