Citation: U 206/99 24.01.2000 E. 1

1.- a) Par accident, on entend toute atteinte dommageable, soudaine et involontaire, portée au corps humain par une cause extérieure extraordinaire qui compromet la santé physique ou mentale (art. 2 al. 2 LAMal; art. 9 al. 1 OLAA; ATF 122 V 232 consid. 1 et les références). Il résulte de la définition même de l'accident que le caractère extraordinaire de l'atteinte au sens de l'art. 9 al. 1 OLAA ne concerne pas les effets du facteur extérieur, mais seulement ce facteur lui-même. Dès lors, il importe peu que le facteur extérieur ait entraîné, le cas échéant, des conséquences graves ou inattendues. Ce facteur est considéré comme extraordinaire lorsqu'il excède, dans le cas particulier, le cadre des événements et des situations qu'on peut, objectivement, qualifier de quotidiens ou d'habituels (ATF 122 V 233 consid. 1, 121 V 38 consid. 1a ainsi que les références). b) Aux termes du recours de droit administratif : «(la collègue de travail de l'assurée) l'a violemment empoignée par les épaules, au niveau des clavicules, se tenant derrière elle puis, l'ayant soulevée, l'a brusquement écrasée sur sa chaise, enfonçant du même coup ses ongles dans la chair, sur les salières (...). Sous la violence du choc, K.________ se souvient d'avoir vu les étoiles et faillit s'évanouir». Ces affirmations, par le caractère brutal et violent qu'elles prêtent aux événements, ne concordent pas avec celles que la recourante avait faites précédemment, tant dans sa déclaration d'accident du 18 octobre 1996 que lors de son entrevue du 16 décembre 1996 avec un inspecteur de la Nationale. En présence de deux versions différentes au sujet des circonstances d'un accident, il faut, selon la jurisprudence, donner la préférence à celle que l'assuré a donnée en premier, alors qu'il en ignorait les conséquences juridiques, les explications nouvelles pouvant être - consciemment ou non - le produit de réflexions ultérieures (ATF 115 V 143 consid. 8c; RAMA 1988 no U 55 p. 363 consid. 3b/aa). Dans le cas particulier, il se justifie d'autant plus de retenir les premières déclarations de l'assurée qu'elles sont, pour l'essentiel, confirmées par la collègue de travail impliquée dans l'incident qui explique en fin de compte son geste par la volonté de faire une mauvaise farce (elle voulait la «surprendre»). A cet égard, on ne voit pas comment une confrontation entre les protagonistes de l'incident - qui ont toutes deux été entendues par un inspecteur de la Nationale - serait de nature à établir la version des faits que la recourante voudrait aujourd'hui faire accréditer. Cela étant, si le geste incriminé est certes inconvenant voire irrespectueux, on ne saurait cependant dire qu'il excède le cadre des événements et des situations qu'on peut, objectivement, qualifier de quotidiens ou d'habituels (ATF 121 V 38 consid. 1a, 118 V 61 consid. 2b, 283 consid. 2a et les références). Avec l'intimée, il faut plutôt comparer un tel geste à une vigoureuse tape amicale dans le dos ou sur l'épaule ou à une robuste poignée de mains, comportements qui, pour être familiers, n'ont rien d'inhabituels. D'ailleurs, la recourante a reconnu que sa collègue de travail avait déjà, avant le 19 juillet 1996, manifesté semblable comportement à plusieurs reprises, également à l'égard d'autres collègues (déclarations du 16 décembre 1996 à l'inspecteur de la Nationale). Force est donc de conclure, avec l'intimée et les premiers juges, à l'absence de cause extérieure extraordinaire au sens de l'art. 9 al. 1 OLAA. c) La recourante ne présente par ailleurs aucune des lésions assimilées à un accident qui sont énumérées exhaustivement (ATF 116 V 140 consid. 4a, 147 consid. 2b) à l'art. 9 al. 2 OLAA, dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 1997 (art. 147a OLAA). Selon le docteur C.________, elle souffre en effet de «cervicalgies chroniques à la suite d'étirements des insertions tendineuses et des ligaments au niveau des segments moyens cervicaux entraînant des contractures musculaires» (lettre de ce médecin du 22 janvier 1998 à Me P.________). Il n'y a donc pas en l'espèce, quoi qu'en pense la recourante, de déchirures des muscles ou des tendons (art. 9 al. 2 let. d et f aOLAA), de froissements musculaires (let. e) ou encore de lésions ligamentaires (let. g). d) Dès lors, faute de facteur extérieur de caractère extraordinaire (art. 9 al. 1 OLAA) ou de lésion assimilable à un accident (art. 9 al. 2 OLAA), c'est à bon droit que l'intimée et les premiers juges ont dénié à la recourante le droit à des prestations de l'assurance-accidents.