Citation: 2C_633/2018 E. 6.3

6.3. En l'occurrence, il ressort des faits constatés que les recourants sont dépendants de l'aide sociale depuis des années. Le Tribunal cantonal a ainsi rappelé que, dans son arrêt du 31 octobre 2012, il avait déjà averti la recourante et son époux que si leur dépendance à l'aide sociale devait se prolonger, leur dossier serait réexaminé avec possibilité d'un renvoi. Or, les faits constatés montrent que le couple n'a pas réussi à stabiliser sa situation financière depuis lors. L'arrêt attaqué ne fait état d'aucune fiche salaire de la recourante, alors que le montant de l'aide sociale octroyée, qui s'élevait à 116'800 fr. le 6 mars 2015, a augmenté à environ 178'600 fr. au 9 octobre 2017. Compte tenu de la durée et de l'importance financière des aides déjà versées, on ne peut pas reprocher à l'autorité précédente d'avoir retenu que les recourants seraient encore dépendants de l'aide sociale à l'avenir, et ce même si, désormais, la recourante vivait séparée de son mari. Les recourants accordent à tort une grande importance à l'affirmation des juges précédents selon laquelle la recourante, désormais seule, aurait " a priori " encore plus de difficultés à s'assumer. Si l'on peut certes regretter que les juges cantonaux se soient limités à un constat a priori de difficulté accrue, ce point n'est toutefois pas déterminant, car les circonstances du cas d'espèce sont suffisantes pour retenir que les recourants présentent un risque concret de poursuivre leur dépendance à l'aide sociale à l'avenir. Le fait que la nouvelle situation de la recourante n'accroisse pas ce risque ne change rien à son existence. Au surplus, les allégations de la recourante selon lesquelles sa séparation d'avec son mari rendra plus facile son autonomie financière et qu'elle est au bénéfice d'un travail régulier sont purement appellatoires.