Citation: 4C.421/2006 04.04.2007 E. A

B.________ et ses soeurs, A.________ et C.________, sont copropriétaires, à raison d'un tiers chacun, d'un immeuble dans la station de W.________. A la fin des années 1980, ils ont décidé, à l'initiative de A.________, d'agrandir le chalet édifié sur cette parcelle. Sur l'insistance de leur tante X.________, ils se sont adressés à D.________, architecte et épouse de leur cousin Y.________. Celle-ci leur a conseillé de détruire la construction existante et d'ériger un nouveau bâtiment, la résidence «...». Les copropriétaires se sont ralliés à cette option; ils ont alors chargé D.________ d'établir le projet de construction. A.________ était l'interlocutrice principale de l'architecte, son frère et sa soeur participant peu aux discussions. Dans l'établissement des plans, D.________ a été aidée gratuitement par son frère, Z.________, dessinateur en bâtiment. L'avant-projet, ainsi que les esquisses, études et plans qui ont suivi ont été présentés aux trois copropriétaires. Ayant appris que le règlement communal des constructions allait être modifié dans un sens restrictif, D.________ a indiqué aux copropriétaires qu'il était urgent de déposer la demande d'autorisation de construire, afin de bénéficier des dispositions en vigueur, plus favorables à leurs intérêts. Après avoir reçu les procurations des trois copropriétaires, Z.________ a déposé le dossier de mise à l'enquête de la promotion «...» auprès de la commune de U.________ en date du 23 janvier 1989. Le procédé consistant à faire intervenir Z.________ au lieu de D.________ a été imaginé afin de réduire le risque de voir le projet retardé par des oppositions émanant des concurrents de l'architecte. Par courrier du 27 janvier 1989, la commune de U.________ a retourné le dossier à Z.________, en expliquant que le projet n'était pas conforme à la nouvelle répartition des zones publiée le jour même au bulletin officiel. B.________ et C.________ ont alors pris le parti de laisser les choses en l'état, tandis que A.________ souhaitait revenir au projet initial d'agrandissement du chalet. En définitive, aucune initiative n'a été entreprise depuis lors. D.________ était pourtant persuadée que le projet aurait pu être adapté au nouveau règlement, à l'instar de la promotion «...» dont elle s'était également occupée et qui avait connu le même sort lors de la première mise à l'enquête. En février 1990, D.________ a relancé les copropriétaires, qui ne s'étaient plus manifestés depuis une année, pour savoir quelle suite ils entendaient donner au projet de construction. Sans réponse de leur part, elle a adressé à A.________, le 30 juin 1992, une facture d'un montant de 39'230 fr.10, représentant ses honoraires calculés sur la base d'un tarif-coût, soit un pourcentage des honoraires qui auraient été perçus si le projet avait été mené à chef. Dans un courrier du 24 novembre 1992 adressé à D.________, A.________ contestait à l'architecte le droit de réclamer aux copropriétaires une quelconque somme à titre d'honoraires, dès lors que les démarches administratives n'avaient pu être menées à bien. Le 7 juin 1993, D.________ a envoyé un rappel à A.________. Le 22 décembre 1994, elle a introduit des poursuites contre B.________ et C.________; elle en a fait de même le 3 janvier 1995 contre A.________. Par courrier du 9 janvier 1995, cette dernière a proposé à D.________ le versement d'un montant de 7'000 fr. pour solde de tout compte. L'architecte n'a pas donné suite à cette offre. Le 2 avril 1997, Z.________ a déclaré céder à D.________ sa créance de frais et honoraires contre les copropriétaires, résultant de son activité pour la mise à l'enquête du projet «...». En réalité, il n'avait jamais prévu de percevoir des honoraires, ayant fourni ses prestations à sa soeur gratuitement. Le 10 février 1998, D.________ a effectué un nouveau calcul de ses honoraires, selon la méthode tarif-temps. Elle est parvenue à un montant de 64'652 fr.50.