Citation: 6B_590/2014 E. 5.1

5.1. Aux termes de l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). L'art. 47 CP confère un large pouvoir d'appréciation au juge. Celui-ci ne viole le droit fédéral en fixant la peine que s'il sort du cadre légal, s'il se fonde sur des critères étrangers à l'art. 47 CP, s'il omet de prendre en considération des éléments d'appréciation prévus par cette disposition ou, enfin, si la peine qu'il prononce est exagérément sévère ou clémente au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 p. 61). La cour cantonale a tenu compte de la faute du recourant, qu'elle qualifie de très lourde puisqu'il s'en est pris à l'intégrité corporelle de l'une de ses victimes et à la vie de l'autre avec une détermination certaine et qu'il ne doit qu'à la chance et à l'arrivée rapide des secours de n'avoir à répondre que d'une tentative de meurtre. Elle a également relevé ses mobiles futiles, sa mauvaise collaboration au cours de la procédure et son manque de prise de conscience de la gravité de ses actes. Le recourant reproche à la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte de sa situation personnelle; il se prévaut de troubles de la personnalité, essentiellement d'une intolérance à la frustration, qui aurait dû être prise en considération dans un sens atténuant. Cet élément n'a pas été méconnu par la cour cantonale, qui a précisé, en se référant à l'audition de l'expert, qu'il s'agissait uniquement d'un trait de caractère. Le recourant estime que sa collaboration à la procédure n'a pas été mauvaise puisqu'il a toujours répondu présent aux audiences. La cour cantonale note par ailleurs que durant toute la procédure il a contesté les faits qui lui étaient reprochés, niant jusqu'à l'évidence et rejetant la faute sur les autres participants, sans prendre conscience de la gravité de ses actes. Dans ces circonstances, il apparaît que sa présence aux audiences est bien le minimum qu'on pouvait attendre de lui et qu'on ne saurait qualifier de bonne collaboration le simple fait de n'avoir pas contraint l'autorité à le faire comparaître par la voie d'un mandat d'amener. Le recourant se prévaut du fait qu'il a renoncé à contester sa condamnation pour certaines des infractions qui lui sont imputées. On ne saurait toutefois y voir le signe d'une véritable prise de conscience puisque ce sont les infractions les moins graves qu'il ne remet pas en question alors qu'il continue de minimiser les faits les plus graves dont il a à répondre. Le recourant fait par ailleurs grief à la cour cantonale de n'avoir pas examiné l'effet de la peine sur son avenir alors que selon lui celui-ci s'annonce meilleur en raison de projets de mariage qui lui offriraient une possibilité de s'installer en France au bénéfice d'un titre de séjour. Il ressort toutefois de l'arrêt attaqué qu'il s'agit de projets très vagues et qui ne sont étayés par aucun élément donnant à penser que le recourant oeuvre en vue de leur réalisation. On ne saurait dans ces circonstances faire le reproche à la cour cantonale d'avoir violé le droit fédéral en ne les prenant pas en considération pour fixer la peine. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir qualifié ses antécédents de mauvais sans avoir analysé le genre et la durée des peines qui lui ont été infligées précédemment. L'arrêt attaqué mentionne un extrait de son casier judiciaire suisse. Il en ressort que le recourant a fait l'objet, en l'espace d'un an et demi, de 5 condamnations, dont plusieurs à des peine privatives de liberté allant jusqu'à 5 mois pour la plus lourde. Reprocher dans ces circonstances à la cour cantonale d'avoir qualifié ses antécédents de mauvais confine à la témérité. Pour le surplus, la cour cantonale n'est pas sortie du cadre légal et il n'appert ni qu'elle se serait fondée sur des critères non pertinents ni qu'elle aurait omis des éléments pertinents. Par ailleurs, eu égard notamment à la gravité de la faute du recourant, à ses mauvais antécédents et au concours d'infractions, la peine qui lui a été infligée n'apparaît pas exagérément sévère au point de constituer un abus du large pouvoir d'appréciation dont dispose le juge.