Citation: 5P.498/2002 01.04.2003 E. 2

2.1 Formé en temps utile pour violation de droits constitutionnels des citoyens, contre une décision prise en dernière instance cantonale qui ne peut être attaquée par un autre moyen de droit, le présent recours est recevable sous l'angle des art. 84 al. 1 let. a, 84 al. 2, 86 et 89 al. 1 OJ. 2.2 Selon l'art. 87 al. 2 OJ, le recours de droit public est recevable contre les décisions préjudicielles et incidentes - autres que celles sur la compétence et sur les demandes de récusation - prises séparément s'il peut en résulter un préjudice irréparable. La décision d'irrecevabilité attaquée, qui a trait à l'administration des preuves dans le cadre d'un procès civil (arrêt 4P.117/1998 du 26 octobre 1998, in SJ 1999 I p. 186 ss), est incidente (sur cette notion, cf. ATF 128 I 215 consid. 2 p. 215/216 et les arrêts cités). Elle ne peut donc faire l'objet d'un recours de droit public que si elle cause à la recourante un dommage irréparable au sens de la disposition précitée, par quoi on entend exclusivement le préjudice juridique qui ne peut être réparé ultérieurement, notamment par le jugement final. Un dommage de pur fait, tel que la prolongation de la procédure ou un accroissement des frais de celle-ci, n'est pas considéré comme irréparable (ATF 129 III 107 consid. 1.2.1 p. 110; 127 I 92 consid. 1c p. 94; 126 I 97 consid. 1b p. 100 et les arrêts cités). Les décisions relatives à l'administration des preuves ne sont, en principe, pas de nature à causer aux intéressés un dommage irréparable, tel qu'il vient d'être défini. En effet, la partie qui conteste la constitutionnalité d'une décision rendue en ce domaine dans un procès qui la concerne pourra attaquer, le cas échéant, cette décision incidente en même temps que la décision finale (ATF 99 Ia 437 consid. 1 p. 438 et les références citées). La règle comporte toutefois des exceptions. Il en va ainsi, notamment, lorsque l'existence d'un moyen de preuve est mise en péril ou quand la sauvegarde de secrets est en jeu (Ludwig, Endentscheid, Zwischenentscheid und Letztinstanzlichkeit im staatsrechtlichen Beschwerdeverfahren, in RJB 110/1974 p. 161 ss, 183 n. 4.6 et les citations; Kälin, Das Verfahren der staatsrechtlichen Beschwerde, 2e éd., p. 343 n. 135). En l'occurrence, cette question souffre de rester indécise car le présent recours doit de toute façon être écarté pour d'autres motifs. Comme la Cour de justice a déclaré l'appel irrecevable, la recourante peut toutefois uniquement soutenir, dans le recours de droit public, que ce refus d'entrer en matière serait arbitraire ou contreviendrait de quelqu'autre manière aux droits constitutionnels. Il n'y a en revanche pas lieu d'examiner le bien-fondé de l'ordonnance d'expertise. 2.3 Aux termes de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit - sous peine d'irrecevabilité (ATF 123 II 552 consid. 4d p. 558) - contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs soulevés de manière claire et détaillée, le principe jura novit curia étant inapplicable (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76; 122 I 70 consid. 1c p. 73). Le justiciable qui se plaint d'arbitraire ne peut critiquer la décision comme il le ferait en instance d'appel, où l'autorité de recours dispose d'une libre cognition (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 11/12), mais il doit démontrer, par une argumentation précise, que cette décision repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités).