Citation: 5A_528/2022 E. 3.2

3.2. Le créancier peut notamment requérir la reconnaissance et la déclaration exécutoire (exequatur) du jugement étranger à titre principal dans une procédure indépendante selon les art. 38 ss CL devant le tribunal cantonal de l'exécution (annexe II de la CL par renvoi de l'art. 39 CL; cf. ég. art. 339 CPC; ATF 143 III 404 consid. 5.2.1; 142 III 180 consid. 3.5; ABBET, op. cit., n° 37 ad art. 81 LP). Le tribunal de l'exécution statue en procédure sommaire (art. 339 al. 2 CPC) mais avec autorité de chose jugée (procédure sommaire atypique), y compris lorsqu'il rejette la requête (ATF 138 III 174 consid. 6.5), à moins que ce refus ne soit fondé sur un motif formel (arrêt 5A_59/2015 du 30 septembre 2015 consid. 4.2.1; ABBET, op. cit., loc. cit.; STAEHELIN, in Basler Kommentar, SchKG I, 3ème éd. 2021, n° 59b et 68c ad art. 80 LP et n° 31 ad art. 81 LP). La décision admettant la reconnaissance et l'exécution à titre principal lie, dans toute la Suisse, le juge de la mainlevée saisi ultérieurement (art. 81 al. 3 i.f. LP), à moins que, dans l'intervalle, une décision rendue dans l'Etat d'origine n'ait privé le jugement de son caractère exécutoire (ABBET, op. cit., loc. cit. et les références; cf. aussi arrêt 5A_59/2021 du 30 novembre 2021 consid. 2). Le juge de l'exécution déclare la décision exécutoire dès l'achèvement des formalités prévues aux art. 53-54 CL sans entendre la partie adverse (art. 41 CL) et sans examiner les motifs de refus des art. 34 et 35 CL. Seule l'autorité de recours éventuellement saisie par l'intimé examine ces motifs, avec plein pouvoir d'examen (art. 327a al. 1 CPC) et avec possibilité d'introduire des nova (ATF 138 III 82 consid. 3.5.3; ABBET, op. cit., n° 47 ad art. 81 LP).