Citation: 4A_372/2023 E. A

A.a. Le 13 décembre 2007, la société D.________ SA, société française active dans le commerce d'engrais (ci-après: la société acheteuse ou la société acheteuse lésée), représentée alors par B.________, directeur du secteur des engrais (ci-après: le directeur), a conclu avec la société A.________ SA, à U.________ (ci-après: la société venderesse), société suisse active dans le commerce international de produits chimiques et de matières premières et dont l'administrateur président est E.________, un contrat de vente portant sur la livraison d'engrais à destination de l'Afrique par la seconde à la première. Ce contrat comportait une clause d'arbitrage et était soumis au droit anglais. La société acheteuse est en liquidation depuis le 28 août 2013. A.b. La société acheteuse a déposé plainte pénale à Paris, se constituant partie civile, contre son directeur, contre la société venderesse et contre l'administrateur président de celle-ci, notamment pour corruption. Par jugement correctionnel du Tribunal de Grande Instance de Paris du 12 mai 2016, les trois prénommés ont été condamnés pénalement et, sur action civile, ils ont été condamnés solidairement à payer à la société acheteuse lésée, en réparation de son préjudice matériel, le montant de 852'544 USD, correspondant aux commissions occultes versées par la société venderesse au directeur de la société acheteuse. Ce jugement est définitif et exécutoire. Il a été établi que la société venderesse et son administrateur président ont illicitement versé au directeur de la société acheteuse des commissions occultes de 2 USD par tonne d'engrais vendue. Celui-ci avait initié le processus de corruption et, avec la société venderesse, ils avaient mis en place ensemble un pacte de corruption. A.c. Précédemment, à la suite d'un litige survenu entre les deux sociétés dans le cadre de l'exécution du contrat du 13 décembre 2007, en raison d'un retard dans le déchargement d'un navire, un arbitre unique siégeant à Londres a condamné, par sentence arbitrale du 6 mai 2015, la société acheteuse à verser à la société venderesse un montant de 1'000'000 USD avec intérêts à compter du 28 mars 2008 au titre de surestaries. Puis, par une seconde sentence arbitrale du 4 janvier 2016, l'arbitre a statué sur les frais de la procédure et a condamné la société acheteuse à payer à la société venderesse les montants de 231'696,54 USD, 13'616,66 euros et 9'852,81 GBP avec intérêts à compter du 6 mai 2015, ainsi que le montant de 5'450 GBP avec intérêts à compter du 4 janvier 2016.