Citation: 5P.446/2000 03.04.2001 E. 2

2.- a) Sous réserve d'exceptions qui n'entrent pas en considération en l'espèce, le recours de droit public n'est recevable qu'à l'encontre des décisions rendues en dernière instance cantonale (art. 86 al. 1 OJ). Selon la jurisprudence constante, la notion de "moyen de droit cantonal" est large; elle comprend non seulement les voies de recours ordinaires et extraordinaires, mais encore, d'une façon générale, toutes les voies de droit propres à éliminer le préjudice juridique allégué et qui sont de nature à obliger l'autorité saisie à statuer (ATF 120 Ia 61 consid. 1a p. 62 et les citations), en particulier une action en justice (ATF 126 III 110 consid. 1b p. 112 et les références citées). L'action en contestation du changement de nom, au sens de l'art. 30 al. 3 CC, entre dans cette catégorie (ATF 81 I 61); elle ne compète toutefois pas à la personne qui entend, comme dans le cas présent, empêcher un tiers d'abandonner son ancien nom (ATF 76 II 337 consid. 1 p. 339 ss). Il s'ensuit que le recours est recevable sous cet angle (ATF 89 I 153 consid. 1 p. 155). b) La recourante affirme que la décision attaquée ne lui a pas été communiquée, allégation qui n'est pas démentie par le Conseil d'Etat dans ses observations; le délai de recours n'a ainsi commencé à courir que dès le jour où elle en a eu effectivement connaissance (ATF 118 Ia 46 consid. 2a p. 49 et les références citées). Il ressort du dossier que la décision en cause a été transmise le 19 octobre 2000 par le conseil de l'intimé à celui de la recourante, qui l'a vraisemblablement reçue le lendemain. Mis à la poste le 16 novembre suivant, le recours a, partant, été déposé à temps (art. 89 al. 1 OJ).