Citation: 8C_623/2020 E. 3.1

3.1. Il ressort des constatations du jugement entrepris que la quatrième demande de prestations du 18 juillet 2012 avait été motivée par un arrêt de travail depuis le 21 décembre 2011 en raison de troubles vertébraux et que l'intimé n'avait jamais contesté ladite incapacité de travail. Les premiers juges ont toutefois considéré que cette incapacité totale de travail n'avait pas perduré et qu'elle n'était pas à l'origine de l'incapacité totale de travail et de gain ayant justifié l'octroi d'une rente entière d'invalidité à partir du 1 er novembre 2017. Ils ont constaté que dans un rapport d'expertise du 28 janvier 2013, le docteur F.________, spécialiste en rhumatologie et médecine interne, avait conclu que la capacité de travail dans l'activité antérieure de chauffeur de car pouvait être fixée à 50 % un mois après la fin d'un traitement intensif d'école du dos, puis augmentée à 20 % par mois, et que la capacité de travail dans une activité adaptée était entière. Cet avis avait été confirmé par un avis du 22 mai 2013 du docteur G.________, spécialiste en rhumatologie et médecine physique, lequel avait constaté que dans une activité adaptée respectant les limitations liées au port de charges, la capacité de travail était dès à présent complète. Dès le 1er juillet 2013, le docteur C.________ avait attesté une nouvelle incapacité totale de travail pour les suites d'un accident survenu le 3 septembre 2012 à la main droite. Cette incapacité avait été prolongée par le docteur H.________, spécialiste en chirurgie de la main, dès l'intervention au niveau de cette main le 26 septembre 2013, puis par les médecins de la Clinique I.________ durant et après les thérapies pour douleurs et limitations fonctionnelles persistantes des quatrième et cinquième métacarpiens droits suivies par le recourant lors de son séjour du 28 mai au 18 juin 2014. Une réactivation des douleurs au genou droit avait conduit le recourant à consulter son médecin traitant le 17 septembre 2014, lequel avait fait état d'une incapacité totale de travail dans son rapport du 9 octobre 2014. Une IRM du genou effectuée le 25 septembre 2014, puis à nouveau le 16 janvier 2015, avait montré des anomalies de signal au niveau de la rotule et du cartilage rotulien, évoquant une lésion ostéochondrale ou une lésion de stress. Dans son rapport final du 10 novembre 2014, le docteur E.________ avait résumé l'évolution médicale du cas comme suit: il y avait une aggravation significative de l'état de santé du recourant sous forme d'une récidive de lombo-sciatalgies entraînant une incapacité totale de travail depuis décembre 2011; avec un traitement associant des anti-inflammatoires non stéroïdiens, de la physiothérapie et des infiltrations facettaires, l'évolution avait été lentement favorable pour le dos, mais un accident à la main droite en septembre 2012 avait prolongé cette incapacité et une récidive des gonalgies droites datant du traumatisme de 2005 avait encore rallongé l'incapacité totale de travail; une stabilisation de l'état de santé avait été atteinte en octobre 2014; l'activité de chauffeur de bus n'était plus exigible, mais une pleine capacité de travail médico-théorique était désormais exigible dans une activité adaptée. Se fondant sur les conclusions des docteurs D.________ du 16 mars 2018 et du docteur E.________ du 27 mars 2018, la juridiction cantonale a constaté que la date de l'aggravation de l'état de santé à l'origine d'une incapacité totale de travail correspondait à l'examen par IRM du 30 novembre 2016. Elle a retenu que la rente d'invalidité devait ainsi être octroyée au terme du délai d'attente d'une année dès cette date, soit à compter du 1 er novembre 2017. Elle a en outre relevé que le droit à la rente prenait naissance au plus tôt six mois après le dépôt de la demande de prestations (art. 29 al. 1 LAI), laquelle avait été reçue le 4 avril 2017, de sorte que l'octroi de la rente ne pouvait de toute manière pas intervenir avant le mois d'octobre 2017.