Citation: 2C_578/2023 E. 5.1

5.1. Dans l'arrêt attaqué, le Tribunal cantonal doute que le contrat du 23 août 2021 porte sur un abandon de créance, pour un montant de 67'868.80 francs, de la part de B.________ SA, comme l'avaient retenu les parties devant lui. Il estime qu'il s'agit plutôt d'une compensation de créances entre ce montant qu'il restait à rembourser sur les 100'000 francs prêtés à la recourante par contrat du 19 juillet 2018 et la contribution de loyauté prévue par contrat du 23 août 2021, soit une note de crédit d'un montant de 67'868.80 francs. Le Tribunal cantonal relève que la législation impose aux requérants de recourir en priorité aux dispositifs généraux d'atténuation des pertes financières (art. 6 al. 1 de l'ordonnance sur les mesures de soutien) et que seules les entreprises qui auront pris toutes les mesures possibles pour couvrir les charges incompressibles pourront bénéficier de l'aide (art. 3 al. 1 de l'arrêté mesures COVID-19 et annexe 1 à l'ordonnance sur les mesures de soutien). Les juges cantonaux reprochent à la recourante d'avoir préféré rembourser sa dette, en pleine crise sanitaire COVID-19, plutôt que de compenser sa note de crédit avec les factures courantes de B.________ SA et ainsi diminuer ses charges incompressibles. Ils constatent que des mesures comme des abandons de créances, des aménagements de loyers ou des reports de remboursement de dettes doivent être considérés comme permettant de diminuer les charges incompressibles, sans que cela ne soit considéré comme arbitraire ou contraire au droit. En outre, les juges cantonaux estiment que le traitement comptable, par la recourante, de cet arrangement entre elle et B.________ SA, comptabilisé par celle-ci comme un produit exceptionnel, doit être pris en compte, dans la mesure où il a une incidence sur le compte de résultat, puisqu'il améliore - en tous les cas dans l'immédiat - la situation financière de la recourante.