Citation: 4P.256/2003 17.02.2004 E. 3

3.1 Le recourant se plaint d'abord d'arbitraire dans l'application du droit cantonal. Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît concevable, voire même préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275; 128 II 259 consid. 5 p. 280/281; 127 I 60 consid. 5a p. 70). 3.2 D'après l'art. 1er de la loi vaudoise d'application de la loi fédérale du 10 décembre 1941 révisant le titre vingtième du CO, l'acte de cautionnement pour lequel la législation exige la forme authentique est instrumenté conformément à la loi sur le notariat (al. 1 ); l'acte est en principe délivré en brevet, c'est-à-dire sans que le notaire doive en garder la minute; il peut être dressé sur une formule préimprimée et se référer aux clauses de celle-ci (al. 2 et 3). Selon la loi sur le notariat, l'acte notarié, pour revêtir le caractère d'acte authentique, doit être conforme à certaines prescriptions énumérées à l'art. 99 LN/VD. Cette disposition fait notamment référence à l'art. 72 al. 1 à 4 LN/VD; en particulier, "le notaire lit l'acte aux parties et aux personnes appelées à intervenir", à l'exception des "personnes atteintes de surdité (qui) lisent personnellement l'acte" (al. 1 et 3). La pratique vaudoise de recourir à l'incorporation d'un document externe à un acte authentique (JT 1995 III 108 consid. 3d/aa, p. 113) constitue un procédé admis par la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 106 II 146 consid. 2b et les références, p. 150/151; 125 III 131). Dans le cas présent, l'acte de cautionnement du 1er avril 1986 se compose d'une formule préimprimée à l'en-tête de Y.________ contenant les conditions de l'acte de cautionnement, avec en plus une référence aux conditions générales de la banque, également remises aux cautions; la formule est suivie de l'acte en brevet renvoyant expressément à l'acte de cautionnement préformulé de la banque. La première partie de l'acte en brevet est dressée au verso de celle-ci, parafée par les deux cautions; l'acte en brevet se poursuit sur une seconde feuille collée à la formule préimprimée, le sceau du notaire étant apposé à cheval sur ces deux documents. La troisième et dernière page est signée par les cautions et par le notaire. La situation de fait présente donc d'importantes similitudes avec celle faisant l'objet de la jurisprudence citée par les parties et la juridiction cantonale (ATF 125 III 131 consid. A, p. 131 et 132, consid. 5b p. 135).