Citation: U 255/02 10.11.2003 E. 3

3.1 L'intimée et la juridiction cantonale ont nié l'existence, après le 7 mars 2001, d'un trouble physique en relation de causalité avec l'accident du 8 juillet 2000. Elles se sont fondées pour cela sur le rapport d'expertise du docteur E.________ du 5 mars 2001. Selon l'expert, l'atteinte se traduit essentiellement par des plaintes subjectives. Quant aux constatations objectives, elles sont caractérisées par une atteinte dégénérative, l'accident du 8 juillet 2000 apparaissant tout au plus comme une cause possible de l'atteinte physique. De son côté, le recourant ne remet pas en cause les conclusions du docteur E.________ mais reproche aux premiers juges d'avoir omis de prendre en considération une hernie discale para-médiane droite en C6-C7 révélée par une IRM cervicale réalisée le 16 août 2001 - soit postérieurement à l'expertise - par le docteur F.________, spécialiste en radiologie et radiodiagnostic. 3.2 Selon l'expérience médicale, pratiquement toutes les hernies discales s'insèrent dans un contexte d'altération des disques intervertébraux d'origine dégénérative, un événement accidentel n'apparaissant qu'exceptionnellement, et pour autant que certaines conditions particulières soient réalisées, comme la cause proprement dite d'une telle atteinte (arrêts non publiés D. du 5 mars 2001, U 278/00, N. du 7 février 2000, U 149/99, O. du 12 décembre 1996, U 144/96, et S. du 26 août 1996, U 159/95). Une hernie discale peut être considérée comme étant due principalement à un accident, lorsque celui-ci revêt une importance particulière, qu'il est de nature à entraîner une lésion du disque intervertébral et que les symptômes de la hernie discale (syndrome vertébral ou radiculaire) apparaissent immédiatement, entraînant aussitôt une incapacité de travail. Si la hernie discale est seulement déclenchée, mais pas provoquée par l'accident, l'assurance-accidents prend en charge le syndrome douloureux lié à l'événement accidentel. En revanche, les conséquences de rechutes éventuelles doivent être prises en charge seulement s'il existe des symptômes évidents attestant d'une relation de continuité entre l'événement accidentel et les rechutes (arrêt S. du 26 août 1996, déjà cité; Debrunner/Ramseier, Die Begutachtung von Rückenschäden, Berne 1980, p. 54 ss, en particulier p. 56). En l'espèce, le docteur F.________ est d'avis que l'oedème présent au niveau des corps vertébraux de C6 et C7 pourrait être d'origine post-traumatique, bien que le temps écoulé entre l'accident et la réalisation parût long. Selon le médecin prénommé, il est toutefois plus probable que l'oedème soit dû à la discarthrose (rapport du 16 août 2001). Sur le vu de cet avis médical - auquel il faut reconnaître pleine force probante au sens de la jurisprudence (ATF 125 V 352 consid. 3a et 3b/bb) et qui n'est contredit par aucune pièce médicale versée au dossier - les conditions auxquelles une hernie discale peut être considérée comme ayant été provoquée par un accident n'apparaissent pas réalisées en l'occurrence.