Citation: U 25/07 23.10.2007 E. 5

5.1 La juridiction cantonale a nié l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les troubles au coude gauche dont souffre le recourant et l'accident du 13 juillet 2004. Elle s'est fondée pour cela sur les rapports des docteurs O.________, B.________, G.________ et I.________. 5.2 A l'instar de la juridiction cantonale, le Tribunal fédéral n'a aucune raison de s'écarter des conclusions des médecins précités. Les lésions post-traumatiques au coude gauche ont été évoquées pour la première fois le 22 mars 2005 par la doctoresse R.________, soit plus de huit mois après l'accident. Après l'événement du 13 juillet 2004, le recourant a continué à travailler six mois, sans gros problème apparent, dans une activité lourde. Avant qu'il n'ait pu être examiné par les médecins de la CNA, l'assuré a été opéré de son épicondylite (le 1er mars 2005). Les suites de cette intervention chirurgicale ont été qualifiées de catastrophiques par le docteur G.________, avec une exclusion fonctionnelle du membre supérieur qui ne s'expliquait pas par les éléments objectifs du status (rapport du 4 octobre 2005, p. 4). Le 30 mai 2005, le docteur O.________ a exclu la présence d'une atteinte lésionnelle du nerf radial gauche sur la base d'une électroneuromyographie. Pour sa part, le docteur B.________ a écarté la présence d'une atteinte neurogène responsable des troubles de l'assuré. Au terme d'une analyse fouillée, ce médecin a émis l'hypothèse qu'il pouvait s'agir d'une atteinte somatique (très peu probable, sous forme d'algodystrophie ou de capsulite rétractile) et proposé une IRM du coude pour éliminer définitivement ces cas de figure ou d'une atteinte psychique (trouble somatoforme douloureux) ou encore de simulation. Les deux diagnostics d'atteinte somatique ont été écartés de manière convaincante par le docteur I.________ dans son rapport du 5 avril 2006. Après avoir rappelé que l'algodystrophie isolée du coude est rare (tout comme l'épicondylite post-traumatique), le médecin de la CNA a constaté que l'on n'observe pas chez l'assuré d'amyotrophie significative au niveau du bras. L'oléocrane, l'épicondyle et toute la musculature épicondylienne sont douloureux à la palpitation, mais pas le reste du coude. Ce n'est pas tant la mobilisation du coude, mais bien la tentative d'en préciser l'éventuelle limite en extension qui déclenche apparemment des douleurs chez l'assuré. En outre, si l'on se fonde sur la notion que le flexum est de manifestation chronique, il devrait nécessairement se traduire par une amyotrophie bien plus marquée au niveau du bras que de l'avant-bras. En effet, une amyotrophie du triceps devrait être présente: elle n'a été observée ni par le docteur B.________, ni plus tard par le docteur G.________. D'autre part, celui-ci a noté lors de la mesure des périmètres qu'il y avait une différence au détriment du côté gauche d'un centimètre au niveau du bras et de l'avant-bras, ce qui est une observation normale chez un droitier, alors que la flexion-extension s'était péjorée dans l'intervalle pour n'atteindre plus que 110-60-0° et ce toujours en l'absence d'une amyotrophie significative du bras, malgré les trois mois écoulés depuis l'examen pratiqué par le docteur B.________. En outre, les photographies prises par le docteur G.________ montrent que le trouble fonctionnel n'intéresse pas le coude isolément, mais également la main, qui est maintenue en hyperflexion à près de 90°. Ni dans l'algodystrophie du coude, ni dans le syndrome épaule-main un trouble fonctionnel de ce type n'est observé. Il faut dès lors conclure à une très probable origine fonctionnelle, donc non organique, du tableau clinique. Par ailleurs, la capsulite rétractile (ou raideur du coude) pouvait être écartée sans autre, dès lors que l'assuré n'avait subi ni fracture intra-articulaire, ni luxation du coude. En d'autres termes, l'hypothèse d'une rétraction capsulaire post-traumatique ou d'une atteinte du muscle brachial suite à une luxation du coude était exclue. Au vu de ces éléments, ni l'un ni l'autre des diagnostics (différentiels) possibles évoqués par le spécialiste en rhumatologie n'étaient vraisemblables, de sorte que des investigations complémentaires étaient inutiles. En définitive, l'origine du trouble fonctionnel décrit par le docteur B.________ et illustré par le docteur G.________ ne se rattachait pas à une pathologie post-traumatique connue de l'appareil locomoteur. 5.3 Le recourant fait grief à la juridiction cantonale de ne pas avoir pris en considération les appréciations des médecins qui l'avaient examiné avant l'opération du 1er mars 2005, soit les avis de la doctoresse R.________ (attestation du 11 février 2005 précisée par le rapport médical LAA du 22 mars 2005) ainsi que ceux du docteur H.________ du 29 mars 2005 et du 8 février 2006. Or, en comparaison avec les appréciations des autres médecins (cf. consid. 5.1), les avis des deux médecins traitants ne sont pratiquement pas motivés quant à l'origine traumatique de l'atteinte subie par l'assuré. Dans son attestation du 11 février 2005, la doctoresse R.________ a simplement attesté une incapacité de travail et dans le rapport médical LAA, elle a posé un diagnostic. Il en va de même des avis du docteur H.________. Quoi qu'il en soit, le point de vue du docteur H.________ n'est pas aussi catégorique que l'affirme le recourant. Ainsi, il ressort de l'expertise du docteur B.________ que le docteur H.________ s'était montré perplexe face au tableau clinique développé par le patient et qu'il ne parvenait pas à faire le lien entre les plaintes et une lésion anatomique. Le docteur B.________ a également indiqué qu'il avait exposé ses conclusions au docteur H.________ sans que celui-ci n'émette d'objections ou lui fasse part de son désaccord. Dans ces conditions, les avis des médecins traitants ne sauraient emporter la conviction. De toute manière, le juge statue en matière de fait au degré de la vraisemblance prépondérante. Or, ainsi que les premiers juges l'ont exposé, si l'existence d'un rapport de cause à effet entre l'accident paraît possible, elle ne peut pas être qualifiée de probable dans le cas particulier si bien que le droit à des prestations fondées sur l'accident doit être nié. 5.4 On ajoutera que la responsabilité de la CNA ne serait pas engagée, à supposer que l'assuré présente également une affection psychique, sous la forme d'un trouble somatoforme douloureux, évoquée par le docteur B.________. Même si l'on devait retenir, comme le soutient le recourant, l'existence d'un rapport de causalité naturelle entre ces troubles et l'accident, le lien de causalité adéquate ferait de toute manière défaut. En effet, le droit a des prestations découlant d'un accident assuré suppose également entre l'événement dommageable de caractère accidentel et l'atteinte à la santé, un lien de causalité adéquate. Il faut que, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, l'accident soit propre à entraîner un effet du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce résultat paraissant de façon générale favorisée par une telle circonstance (ATF 129 V 177 consid. 3.2 p. 181 et la référence), au point que le dommage puisse encore équitablement être mis à la charge de l'assurance-accidents eu égard aux objectifs poursuivis par la LAA (cf. ATF 123 V 98 consid. 3 p. 100 ss et les références). Selon la jurisprudence, l'existence d'un lien de causalité adéquate entre un accident insignifiant ou de peu de gravité et des troubles psychiques consécutifs à l'accident doit, en règle générale, être niée d'emblée, tandis qu'elle doit être admise en cas d'accident grave; pour admettre le rapport de causalité adéquate entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques, il faut prendre en considération un certain nombre de critères (ATF 115 V 133, 403). En l'espèce, l'événement du 13 juillet 2004 peut être qualifié d'accident de gravité moyenne. Les circonstances dans lesquelles il est survenu ne sont ni dramatiques, ni impressionnantes. Les lésions physiques (douleurs au coude) n'étaient pas de nature, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. Elles n'ont pas empêché l'assuré travailler pendant plusieurs mois sans se plaindre. L'assuré a subi une longue incapacité de travail, ainsi que des douleurs persistantes pendant une longue durée, sans toutefois que l'on puisse les rattacher à un substrat organique. Il n'y a pas eu d'erreur dans le traitement médical. Dans ces conditions, les critères posés par la jurisprudence pour admettre le rapport de causalité adéquat entre l'événement du 13 juillet 2004 et les atteintes éventuelles à la santé psychique du recourant ne seraient pas remplis.