Citation: 5A_483/2023 E. 6.2.2

6.2.2. Il reste ainsi à vérifier si, en ordonnant le transfert de 30% des avoirs de prévoyance professionnelle à partager en faveur de l'intimée, la recourante se trouve désavantagée de manière évidente par rapport à son ex-partenaire. Comme rappelé plus haut, l'iniquité du partage se mesure à l'aune des besoins de prévoyance de chacune des parties, qui doivent être comparés (cf. supra consid. 4.1 et 4.2). Les avoirs de prévoyance professionnelle à partager ont été exclusivement accumulés par la recourante et s'élèvent à 224'952 fr. 65, montant qui n'est pas remis en cause en tant que tel par la recourante dans son recours fédéral (pas plus qu'il ne l'était en instance cantonale), de sorte qu'il lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF). L'intimée n'a pour sa part jamais cotisé auprès d'une institution de prévoyance professionnelle, à tout le moins jusqu'à l'introduction de la demande de dissolution du partenariat enregistré. Même si on suivait la recourante lorsqu'elle affirme que l'intimée pourrait encore accumuler un capital-vieillesse de 43'000 fr. en travaillant jusqu'à l'âge de la retraite, allouer 30% des avoirs à partager en faveur de l'intimée aurait pour conséquence que les avoirs de celle-ci s'élèveraient à 110'485 fr. 80 (à savoir 43'000 fr. + [224'952 fr. 65 x 30%]), soit un montant largement inférieur à celui des avoirs demeurant en main de la recourante, qui s'élève à 224'160 fr. 40 (à savoir 67'155 fr. 55 [accumulés avant la conclusion du partenariat] + [224'952 fr. 65 x 70%]). Sous cet angle, et même dans l'hypothèse où sa rente de vieillesse LPP devait être revue à la baisse consécutivement au partage en raison d'un trop-perçu, on ne discerne pas en quoi le partage tel qu'il a été ordonné désavantagerait de manière évidente la recourante par rapport à l'intimée. Quant au point de savoir s'il faut prendre en considération les rentes AVS des parties dans l'appréciation des besoins de prévoyance, il peut demeurer indécis dans les circonstances de l'espèce (cf. sur ce point ANNE-SYLVIE DUPONT, Les nouvelles règles de partage de la prévoyance professionnelle en cas de divorce et les autres régimes d'assurances sociales, Fampra.ch 2017 p. 38 ss, spéc. p. 42). En effet, même si comme l'affirme la recourante, après la dissolution du partenariat, sa propre rente AVS s'élevait à 1'222 fr. au lieu des 1'374 fr. retenus par la cour cantonale, cette rente sera toujours supérieure au montant de 1'000 fr. auquel elle prétend qu'il faut estimer la future rente AVS de l'intimée. Autant que pertinents dans un tel contexte, les griefs tirés des art. 29quinquies al. 3 à 5 LAVS et 50b al. 1 et 3 RAVS n'ont donc pas d'influence sur l'issue du litige. Il en va de même du grief de violation de l'art. 19g OLP soulevé par la recourante en lien avec le montant de la rente de vieillesse LPP qu'elle percevra ensuite du partage. S'agissant de la différence d'âge entre les parties, singulièrement, du fait que l'intimée a encore, contrairement à la recourante, la possibilité de cotiser au 2e pilier après la dissolution du partenariat, il s'agit d'un élément qui a déjà été pris en considération par la Cour de justice. C'est en effet notamment pour tenir compte de cette circonstance que la cour cantonale s'est écartée du principe d'un partage par moitié, prévoyant que 30% seulement des avoirs à partager devraient être versés sur un compte de libre-passage en faveur de l'intimée. On ne saurait y voir une violation du droit fédéral en défaveur de la recourante, dans la mesure où en réalité, selon la jurisprudence, une exception au partage par moitié en raison de la différence d'âge ne peut en principe être admise que si les partenaires ont des revenus et des perspectives de prestations de vieillesse futures comparables (cf. supra consid. 4.2.2). Il est en outre indéniable que le partenariat enregistré, en particulier la répartition des tâches entre les parties durant celui-ci - dont les ex-partenaires s'étaient à tout le moins accommodées - a eu une incidence sur la situation financière de l'intimée, qui, à l'inverse de la recourante, n'a pas exercé d'activité lucrative durant l'union, consacrant son temps au ménage et à l'éducation des enfants respectifs des parties. Contrairement à ce que présuppose la recourante, le fait que le couple n'ait pas eu d'enfant commun n'est pas déterminant à cet égard. Enfin, elle ne soutient pas que l'on se trouverait en présence d'autres justes motifs, notamment que l'intimée se porterait beaucoup mieux qu'elle financièrement (cf. sur ce critère supra consid. 4.2.1).