Citation: 6B_177/2024 E. 3.7.1

3.7.1. Selon la cour cantonale, le rapport concluait que plusieurs traces de sang étaient dues à des projections qui étaient le résultat de plusieurs actions sur le corps de la victime. Les projections elliptiques légèrement orientées en faisceau visible sur le dessus de couvercle et de la lunette WC, ainsi que sur le bord, la partie inférieure de la cuvette des toilettes et les portes du meuble sous le lavabo témoignaient d'un mécanisme impactant (un ou plusieurs chocs) juste devant la cuvette des toilettes à une hauteur de 40 à 45 cm du sol. Les projections circulaires de diamètres variables entre 1 et 5 millimètres, visibles sur le mur nord derrière la cuvette des toilettes, étaient le résultat, principalement, d'une projection à la suite d'un autre mouvement dynamique survenu à une hauteur entre 45 cm et 120 cm du sol et qui avait induit une trajectoire perpendiculaire au mur, soit un déplacement horizontal des gouttes de sang. La troisième action dynamique était un mécanisme projetant qui pouvait être celui d'un mouvement d'une source ensanglantée dans un axe vertical. Il n'était sûrement pas possible de reconstituer quels avaient été les mécanismes à l'origine des lésions corporelles constatées sur l'intimée 1. Néanmoins, les conclusions de la morphoanalyse ajoutées à celles des médecins légistes de Berne évoquaient fortement au moins une rencontre violente entre le visage de l'intimée 1 et la cuvette des toilettes. Cet événement aurait été, au bénéfice du doute - si l'on avait retenu qu'il n'y avait eu qu'un seul impact -, compatible avec la dynamique d'un accident domestique, ayant entraîné une vilaine chute. Mais dans ce cas, on ne comprenait pas comment - si l'intimée 1 avait réellement heurté les toilettes après avoir trébuché -, il était envisageable que le recourant ait situé le choc vers la baignoire, en mettant en cause les caches métalliques présents à cet endroit, alors que selon toute vraisemblance, il aurait dû retrouver son amie affaissée sur les cabinets ou par terre, la tête près de la cuvette, mais certainement pas étendue de tout son long la face contre le sol et la tête contre le mur de la baignoire, à la perpendiculaire des toilettes. La thèse du recourant ne permettait pas davantage d'expliquer comment du sang aurait pu être projeté sur le mur nord de la salle de bain. Ces projections horizontales ne pouvaient s'expliquer que par un choc et un impact sur une source ensanglantée comme aurait pu l'être un coup de poing. La cour cantonale a ainsi retenu qu'il fallait tenir pour établi que les blessures de l'intimée 1 ne pouvaient pas être rattachées à une seule sollicitation mécanique, découlant d'une chute accidentelle de la victime. S'il ne pouvait pas être exclu que l'intimée 1 ait heurté les caches métalliques de la baignoire, il n'en demeurait pas moins qu'un seul impact à cet endroit ne pouvait être à l'origine de l'ensemble des traces de sang observées dans la salle de bain. La version du recourant, en ce qu'il décrivait la position de la victime dans la salle de bain après une chute accidentelle n'était ainsi pas plausible. Quant à la thèse défendue par le recourant selon laquelle, en se rinçant, puis en se séchant les cheveux, ainsi qu'en s'habillant, l'intimée 1 avait donné à sa chevelure des mouvements qui étaient à l'origine de projections sans lien avec un quelconque événement traumatique, lesquelles auraient ensuite embrouillé la police scientifique, la cour cantonale a retenu que cette argumentation n'était pas convaincante et n'était en tout cas pas corroborée par les taches retrouvées sur le mur nord. Si ces traces avaient eu pour origine les mouvements de la chevelure ensanglantée de l'intimée 1 alors qu'elle se séchait et se coiffait, les experts n'auraient probablement pas retrouvé une prédominance de taches rondes (trajectoire horizontale), mais vraisemblablement des traces résultant d'angles aléatoires. Cela étant, la gravité des blessures de la jeune femme excluait sans doute qu'elle eût été capable de mouvoir sa tête, de façon ample, en faisant onduler sa chevelure.