Citation: U 187/05 23.12.2005 E. 3

Le recourant reproche ensuite à la juridiction cantonale d'avoir suivi l'argumentation de la doctoresse L.________ qu'il n'avait jamais rencontrée, alors qu'il avait été examiné à deux reprises par le docteur I.________. 3.1 L'avis de la doctoresse L.________ repose sur les rapports des médecins des Hôpitaux X.________, des docteurs V.________ et N.________, ainsi que sur les pièces transmises par l'assuré. Celle-ci a estimé que les éléments figurant au dossier étaient concordants et qu'il n'existait aucune raison de les mettre en doute; le recourant ne le fait du reste pas. Concernant le déroulement de l'accident, elle a retenu une chute vers l'avant, amortie fortement par les deux mains. Elle a relevé une version, tardive des faits (juillet 2002), selon laquelle la chute aurait été amortie également par le côté gauche du corps, puis par l'occiput; cette version ne repose toutefois que sur les allégations de l'assuré. Dans la mesure ou cette anamnèse devait être admise, le médecin-conseil a affirmé de manière vraisemblable que le choc occipital ne pouvait être que faible, étant donné qu'il ne serait intervenu qu'en troisième lieu. Il n'existe par ailleurs aucune constatation médicale concernant des lésions à la tête, même minimes, qui aurait pu étayer cette hypothèse. Du point de vue médical, suivant l'avis de ses confrères, la doctoresse L.________ n'a constaté qu'une anomalie physiologique de réfraction, dont la correction ne s'est jamais écartée de la fourchette statistique correspondant à l'âge du recourant; d'après elle, cette anomalie se serait également manifestée sans accident (rapports des 30 avril et 3 décembre 2004). Elle a conclu à la possibilité, mais non à la probabilité, du lien de causalité entre le trouble oculaire et l'accident. 3.2 Le docteur I.________ a rencontré le recourant à deux reprises et retenu, comme hypothèse de travail, un traumatisme crânien avec contusion occipitale consécutif à un grand choc à l'arrière de la tête; les troubles, qu'elle qualifie d'assez subjectifs, seraient apparus deux semaines plus tard. Outre les déclarations de l'assuré, l'experte s'est référée aux mêmes documents que ses confrères pour établir son diagnostic. A l'issue d'un examen ophtalmologique faisant apparaître un bilan orthoptique normal, elle a noté une augmentation de la presbytie, non de l'astigmatisme comme le mentionnait l'intéressé, et relevé qu'il s'agissait d'une anomalie physiologique évoluant avec le temps et ayant peut-être subi un pallier plus rapide en raison de l'accident. Au regard de ces éléments et des plaintes du recourant, elle a conclu à la présence de troubles subjectifs de la vision sous forme de défaut de concentration et de fluctuations de l'accommodation accompagnés d'un inconfort visuel assez constant. Pour elle, ces troubles pouvaient constituer un «syndrome subjectif des traumatisés du crâne» et la relation de cause à effet entre le traumatisme et l'apparition de l'inconfort visuel quinze jours après était tout à fait nette. La deuxième expertise n'apporte aucun élément supplémentaire. 3.3 Il apparaît ainsi que les constatations des docteurs I.________ et L.________ correspondent pour l'essentiel; seules divergent les conclusions. Il ne s'agit toutefois que d'une appréciation différente du cas qui ne justifie pas, en soi, d'écarter l'un ou l'autre rapport, ni d'ordonner la mise en oeuvre d'une expertise complémentaire qui n'apporterait probablement rien de nouveau plus de deux ans après l'accident. Par ailleurs, la doctoresse L.________ pouvait renoncer à rencontrer le recourant, dès lors qu'elle disposait d'un dossier médical complet lui permettant d'établir les circonstances de l'accident, l'atteinte à la santé ainsi que son évolution, et de présenter des conclusions motivées. Dans de telles circonstances, la jurisprudence n'exige pas qu'un examen personnel de l'assuré soit systématiquement pratiqué (cf. RAMA 2001 no U 438 p. 345). Faisant ainsi application du principe de la libre appréciation des preuves, les premiers juges pouvaient se fonder sur l'avis de la doctoresse L.________. Le recours est donc également mal fondé sur ce point.