Citation: 1C_531/2017 E. 2.2

2.2. Le recourant fait grief à l'instance précédente d'avoir considéré que le retrait de sécurité du permis de conduire portait sur toutes les catégories en sa possession, en dérogation de la règle de principe posée à l'art. 33 al. 2 OAC. Certes, comme relevé par l'intéressé, cette disposition ne prévoit pas l'extension du retrait du permis de conduire des catégories spéciales (cf. art. 3 al. 3 OAC) aux catégories et sous-catégories (cf. art. 3 al. 1 et 2 OAC). Toutefois, la faculté d'étendre le retrait d'un permis de conduire d'une catégorie spéciale également aux catégories et sous-catégories est donnée par l'art. 33 al. 4 let. b OAC. Cette extension n'apparaît en l'occurrence pas critiquable. En effet, le retrait du permis de conduire du recourant est fondé sur l'art. 16c al. 2 let. d LCR, lequel constitue un retrait de sécurité dont le but est d'exclure de la circulation routière le conducteur multirécidiviste jugé inapte à la conduite (cf. ATF 139 II 95 consid. 3.4.2 p. 104). Comme relevé par l'instance précédente, le retrait de sécurité est généralement étendu pour des raisons évidentes de protection de la circulation à toutes les catégories, sous catégories et catégories spéciales de permis mentionnées à l'art. 3 OAC. La majorité de la doctrine plaide d'ailleurs pour une extension de la mesure de retrait de sécurité du permis à toutes les catégories (cf. BUSSY/RUSCONI/JEANNERET/KUHN/ MIZEL/MÜLLER, Code suisse de la circulation routière commenté, 4e éd. 2015, n. 3.7 ad art. 16d LCR; CÉDRIC MIZEL, Droit et pratique illustrée du retrait du permis de conduire, 2015, §17 let. g, p. 126 s.; BERNHARD RÜTSCHE/NADJA D'AMICO, in Niggli/Probst/Waldmann [éd.], Basler Kommentar LCR, 2014, n. 11 ad art. 16d LCR; contra: PHILIPPE WEISSENBERGER, Kommentar Strassenverkehrsgesetz und Ordnungsbussengesetz, 2e éd. 2015, n. 18 ad art. 16d LCR, lequel considère que le retrait des catégories spéciales [G et M] nécessite une motivation expresse). Contrairement à ce que soutient le recourant, le principe de la proportionnalité ne commandait pas de renoncer en l'espèce à étendre la mesure de retrait de permis aux catégories "normales", soit celles mentionnées par l'art. 3 al. 1 et 2 OAC. La motivation de l'instance précédente sur ce point apparaît pertinente et circonstanciée (cf. arrêt entrepris consid. 4c; cf. arrêt 6A.4/2004 du 22 mars 2004 consid. 2.3.2). Celle-ci a tout d'abord souligné que la dernière infraction grave, commise au volant d'un tracteur, était due à une mauvaise prise en compte de la configuration de la route par le recourant et révélait une attitude peu respectueuse pour les autres usagers; il y a lieu de reconnaître, avec l'instance précédente, qu'une telle attitude peut se manifester quelque soit le véhicule utilisé. Elle a ensuite tenu compte du fait que les infractions précédentes reprochées au recourant - qualifiées de moyennement grave, respectivement grave - avaient été commises à deux reprises avec une automobile (perte de maîtrise en raison d'une vitesse inadaptée et excès de vitesse de plus de 58 km/h sur une autoroute limité à 120 km/h). Sur la base de ces éléments, elle pouvait, à juste titre, retenir que le recourant n'arrivait pas à se conformer aux règles de la circulation routière, quel que soit le véhicule qu'il conduisait. Il n'apparaît ainsi pas concevable que l'intéressé se voie interdire, pour des motifs de sécurité, la conduite d'un tracteur mais puisse en revanche conduire une voiture dont le danger potentiel pour la sécurité du trafic n'est en tout cas pas moindre (cf. ATF 113 Ib 57 consid. 3 p. 59). L'instance précédente n'a donc pas violé le droit en considérant que le retrait de sécurité s'étendait en l'espèce à toutes les catégories de permis.