Citation: 9C_700/2009 29.03.2010 E. 1

Il y a cependant lieu de s'écarter des conclusions de la juridiction cantonale lorsqu'elle reconnait à l'intimé une incapacité totale de travail. Si le docteur L.________ atteste bel et bien que celui-ci "n'est pas capable et ne sera plus jamais capable d'exercer une activité lucrative" (cf. rapport d'expertise p. 23, seul passage traitant de la capacité de travail), il ne lie pas directement cette incapacité à des troubles de la concentration et à des problèmes de mémoire - dont il a effectivement constaté l'existence sans pour autant d'ailleurs déterminer si leur origine devait être attribuée à l'état de stress post-traumatique ou à l'état dépressif (cf. rapport d'expertise p. 23) - contrairement à ce que prétendent les premiers juges, mais l'a rattache d'une manière générale aux diagnostics retenus. Or, si l'état dépressif apparu en 1998 - sévère et totalement incapacitant, attribué tant par la doctoresse H.________ que par le docteur L.________ aux menaces de mort dont l'intimé était l'objet dans son pays et à l'impossibilité de rejoindre sa famille ("facteur déclencheur"; cf. rapport d'expertise p. 18 et 19) - s'est amélioré en 2001 avec l'octroi de l'asile politique et l'arrivée en Suisse de ses proches (cf. rapport de la doctoresse H.________ p. 3), l'état dépressif léger subsistant postérieurement est essentiellement légitimé dans l'expertise par la perte d'indépendance qu'induit la situation physique de l'assuré et l'inaptitude à assumer sa famille avec certaines conséquences sur l'estime de soi (cf. rapport d'expertise p. 21) et nullement à des troubles de la mémoire ou de la concentration. L'incapacité totale de travail actuelle attestée par l'expert psychiatre et entérinée par les premiers juges est donc due à ces seuls éléments. Il ressort cependant clairement de l'ensemble du dossier médical que le fait d'être entretenu par les services sociaux et de ne pouvoir subvenir aux besoins de sa famille ne découle aucunement de la situation physique de l'intimé - sur ce plan, il possède une pleine capacité de travail dans une activité adaptée depuis 1993 selon le docteur T.________ (cf. consid. 4.1) - mais des facteurs psycho-sociaux ou socio-culturels (sur cette notion, voir notamment ATF 127 V 294) que sont les difficultés linguistiques, voire les faibles capacités intellectuelles de l'assuré, comme l'illustre parfaitement l'exemple cité par la doctoresse H.________ (cf. rapport p. 6 et 7), qui ne relèvent pas de l'assurance-invalidité et ne peuvent justifier une incapacité totale de travail au sens de cette assurance sociale. On ajoutera que la demande tardive de prestations ne permet pas d'octroyer une rente temporaire pour les années 1998 à 2001 (cf. art. 48 al. 2 LAI dans sa teneur en vigueur du 1er janvier 2003 au 31 décembre 2007; voir aussi arrêt I 468/05 consid. 3.1 et les références). Au regard de ce qui précède, il convient d'annuler le jugement cantonal et de confirmer la décision litigieuse, correcte dans son résultat.