Citation: 1C_407/2020 E. 5.4.2

5.4.2. Par ailleurs, les différents sites éoliens retenus par la planification cantonale, dont celui du Mollendruz, ont été identifiés sur la base d'une étude multicritère prévues par les directives cantonales éoliennes (cf. PDCn, mesure F51, p. 348), lesquelles ont été intégrées au dossier du PDCn (cf. arrêt 1C_575/2019 du 1er mars 2022 consid. 7.1.3). Les critères pris en compte dans ce cadre sont les suivants: potentiel énergétique; paysage; impact environnemental; interférence avec les radars; possibilité du raccordement au réseau; acceptation locale; localisation en relation avec les zones et secteurs d'exclusion définis dans la fiche F51; impact sur le patrimoine; état d'avancement du projet. Sur cette base, 19 projets ont été retenus (soit environ 150 éoliennes), dont 4 "sous conditions" et 1 "sous réserve". Le projet du Mollendruz fait partie des parcs éoliens admis sans conditions ni réserve (DETEC/ARE, rapport d'examen 2015, p.29 s.). Les recourantes critiquent ce processus de sélection. Elles remettent plus particulièrement en cause les critères utilisés et reprochent au Tribunal cantonal d'avoir estimé qu'il ne lui appartenait pas de les discuter ni de les remettre en question à l'occasion d'un litige relatif à un projet concret. Indépendamment du bien-fondé de la limitation que s'est imposée l'instance précédente - aspect qui peut demeurer indécis -, il apparaît qu'en opposant le potentiel énergétique aux atteintes paysagères et environnementales (englobant notamment la "proximité des habitations [...], l'impact sur les chiroptères, sur l'avifaune, sur le sol, etc." [cf. directives cantonales éoliennes, ch. 3.2 p. 5]), le processus d'identification défini par les autorités vaudoises permet une pondération conforme aux exigences des art. 8 ss LAT, adaptée à l'échelon du plan directeur cantonal, tenant compte des différents intérêts concernés par le parc éolien envisagé (cf. ATF 147 II 164 consid. 3.4; YASMINE SÖZERMANN, Planification des parcs éoliens, in DC 2019, p. 195; ARE, Complément au guide de la planification directrice, mars 2014, ch. 3, p. 30) et identifiés par la Conception (au sens de l'art. 13 LAT) énergie éolienne de la Confédération (p. 13 ss); ce processus permet en particulier de confirmer que la faisabilité juridique du projet est plausible (cf. TSCHANNEN, op. cit., n. 25 ad art. 8 LAT; voir également ARE, Complément au guide de la planification directrice, mars 2014, ch. 3, p. 30, qui mentionne une "évaluation sommaire de la faisabilité du projet"). Dans ce cadre, on ne discerne du reste pas en quoi la pondération à hauteur de 50% pour le potentiel énergétique, de 25% pour l'impact paysager et enfin de 25% pour les aspects environnementaux prévue par les directives éoliennes serait contraire au droit, et reviendrait à favoriser systématiquement l'éolien, comme le prétendent les recourantes. La Conception éolienne de la Confédération commande du reste de privilégier les secteurs où le rendement énergétique est important (ARE, Conception éolienne, ch. 2.2.1, P2, p. 10). Ce processus de sélection a de surcroît été validé dans le cadre de l'approbation fédérale du PDCn, procédure au cours de laquelle l'ARE a d'ailleurs expressément salué le travail effectué par le canton de Vaud dans les domaines de la biodiversité et de l'énergie, notamment éolienne (cf. DETEC/ARE, rapport d'examen 2015, p. 4). On ne voit dès lors pas de motif de critiquer la méthode de sélection prévue par le PDCn.