Citation: 6P.93/2003 06.10.2003 E. 3

Le recourant invoque la violation de son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.). 3.1 Il reproche en premier lieu à l'autorité cantonale de ne pas avoir verbalisé le témoignage d'E.________, dont les déclarations à l'audience auraient différé de celles faites durant l'enquête. Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend, de manière générale, le droit pour l'intéressé de prendre connaissance du dossier, d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer à l'administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 126 I 15 consid. 2 a/aa p. 16). Il confère également aux parties le droit d'obtenir que les déclarations des témoins qui sont importantes pour l'issue du litige soient consignées dans un procès-verbal, tout au moins dans leur teneur essentielle (ATF 126 I 15 consid. 2 a/aa p. 16). Le Tribunal fédéral a précisé que le droit d'être entendu était respecté dans la mesure où le prévenu pouvait en tout temps réclamer par la voie incidente la verbalisation d'éléments essentiels et recourir auprès d'une juridiction supérieure contre un éventuel refus (ATF 126 I 15 consid. 2 a/bb p. 18 in fine). Selon l'art. 325 CPP/VD, l'instruction principale est faite aux débats et elle est orale. Les dépositions des témoins sont verbalisées d'office, s'il y a des raisons sérieuses de penser que leurs déclarations sont fausses (art. 339 et 351 al. 2 CPP/VD). En tout temps, le prévenu, respectivement son conseil, peuvent, par la voie incidente, réclamer la verbalisation d'éléments essentiels portant sur l'issue du litige, et recourir contre un éventuel refus subséquent du juge (Laurent Moreillon/Denis Tappy, Verbalisation des déclarations de parties, de témoins ou d'experts en procédure pénale et en procédure civile, in JT 2000 III p. 18, spéc. p. 19; voir aussi Bernard Abrecht, L'absence de verbalisation des témoignages en procédure civile et pénale vaudoise est-elle compatible avec l'article 4 Cst. ?, in JT 1997 III p. 34, spéc. p. 43 s. et note des rédacteurs, p. 46, spéc. p. 48). En l'espèce, bien qu'assisté d'un avocat, le recourant n'a pas requis la verbalisation des témoignages lors des débats; le procès-verbal ne le mentionne pas et son conseil ne le soutient d'ailleurs pas. Dans ces conditions, le recourant ne peut, de bonne foi, se plaindre du défaut de verbalisation du témoignage d'E.________. Mal fondé, son grief doit être écarté. 3.2 Le recourant fait en outre grief à l'autorité cantonale de ne pas avoir indiqué les raisons pour lesquelles elle avait retenu le témoignage d'E.________ plutôt que celui de F.________, qui n'avait pas gardé le souvenir que A.________ avait tenu des propos dénigrant C.________ & D.________ SA.