Citation: 4A_161/2016 E. A

Z.________ SA est une société active dans le traitement et la récupération de papier et de tous déchets recyclables. Depuis le 1 er mai 2008, X.________ travaillait en qualité d'ouvrier polyvalent à la succursale de... de cette entreprise. En février 2013, son salaire mensuel brut s'élevait à 4'150 fr. Le matin du 7 juin 2013, une altercation a eu lieu sur le lieu de travail entre X.________ et son collègue A.________. Ce dernier a notamment fait tomber X.________ et lui a donné des coups alors qu'il se trouvait à terre. Selon deux certificats médicaux établis les 7 et 27 juin 2013, X.________ a subi une incapacité de travail totale jusqu'au 20 juin 2013. Après avoir entendu les deux travailleurs ainsi que deux autres employés ayant assisté à la scène, l'employeur a, le matin même, licencié X.________ et A.________ avec effet immédiat pour des motifs identiques ainsi décrits dans les lettres de congé: " Aux environs de 7.30 h, vous avez eu une altercation violente avec un de vos collègues de travail, laquelle a dégénéré en bagarre avec agression physique et verbale. " Le 25 juin 2013, X.________ a contesté la résiliation du contrat de travail avec effet immédiat, niant l'existence de justes motifs. L'employeur a refusé de revenir sur sa décision, soulignant qu'il ne pouvait en aucun cas tolérer la violence sur le lieu de travail. Le 11 juillet 2013, X.________ a déposé une plainte pénale contre A.________. Par ordonnance pénale du 11 mars 2014, ce dernier a été reconnu coupable de lésions corporelles simples au sens de l'art. 123 al. 1 CP et condamné à 40 jours-amende à 50 fr., peine assortie du sursis pendant deux ans. L'ordonnance pénale relate les faits suivants: " Le vendredi 7 juin 2013 vers 07h00, au sein de l'entreprise Z.________ SA à..., le plaignant X.________ et le prévenu A.________, après s'être échangé quelques mots, se sont bousculés. A.________ a alors poussé X.________, qui est tombé à terre. Alors qu'il se trouvait au sol, le prévenu a encore donné des coups de pied et de poing dans les jambes, sur la poitrine, dans le dos et sur la tête du plaignant. X.________ a subi une plaie de 0.5 cm de longueur superficielle temporale gauche, des douleurs à la palpation antérieure du gril costal et du muscle trapèze gauche, une tuméfaction antérieure tibiale de 5 x 10 cm sans rougeur, avec des douleurs locales à la palpation ainsi qu'une légère douleur du tibia, sans déformation ni tuméfaction. " Jusqu'au 30 juin 2014, X.________ a perçu des indemnités journalières de la SUVA à hauteur de 80% de son salaire.