Citation: 8C_409/2023 E. 5.1.1

5.1.1. L'expert B.________, spécialiste en rhumatologie, a procédé, le 9 juin 2020, à un examen clinique approfondi et a fait état des douleurs décrites par la recourante. En superposant ses constatations avec les rapports médicaux au dossier ainsi que les clichés et imageries réalisés entre mars 2017 et juin 2020, il a constaté, dans son rapport du même jour, complété le 9 janvier 2022, la (seule) présence de troubles dégénératifs (à l'exclusion de toute pathologie inflammatoire), sans souffrances ou conflits disco-radiculaires, avec des lombalgies récurrentes imposant à la recourante de consulter régulièrement le service des urgences. Il a retenu comme diagnostics ayant des répercussions sur la capacité de travail un syndrome lombovertébral récurrent, sans signe radiculaire irritatif ou déficitaire, une protrusion discale en L3-L4, L4-LS, et un syndrome cervicobrachial récurrent sans signe radiculaire irritatif ou déficitaire sur discopathies C4-C5 et C5-C6. Sans incidences sur la capacité de travail, il a notamment retenu un syndrome polyinsertionnel douloureux récurrent fibromyalgiforme impliquant une diminution du seuil de déclenchement de la douleur, une surcharge pondérale, des gonalgies sans signes méniscaux ou tendineux bilatéraux et des omalgies bilatérales sans signe de conflit ou de tendinopathie. En se fondant sur ces diagnostics et ses propres observations cliniques, l'expert a estimé la capacité de travail de la recourante à 90 % dans une activité adaptée (pas de ports de charge répétitifs en porte-à-faux avec long bras de levier de plus de 5-10 kg, pas de mouvements répétitifs de flexion-extension de la colonne cervicale). Quant à l'exclusion de toute atteinte inflammatoire de type spondylarthropathie, le docteur B.________ a déclaré de ne pas avoir constaté de signes actuels parlant en faveur d'une atteinte systémique ou inflammatoire. En outre, il a mis en évidence qu'en 2017, une suspicion d'une spondyloarthropathie avait été évoquée et un traitement par deux biologiques (Cosantyx, puis Cimzia, tous deux pendant trois mois) avait été effectué. Or, si la recourante avait été atteinte d'une maladie inflammatoire, comme le prétendait la doctoresse C.________, le traitement médicamenteux topique administré durant trois mois précisément en vue de combattre les effets d'une pathologie inflammatoire aurait dû avoir des effets positifs sur l'état de sa santé, même moindres, ce qui n'avait de toute évidence pas été le cas en l'espèce et parlait en défaveur d'une atteinte inflammatoire sous-jacente. S'agissant enfin des troubles douloureux intenses invoqués par la recourante, que seule une spondylatropathie ankylosante pourrait expliquer selon la doctoresse C.________, l'expert a observé que la recourante avait été démonstrative durant la durée de l'examen, mais qu'elle avait notamment pu se lever de sa chaise sans aucune difficulté pour se rendre en salle d'examen ainsi que s'asseoir, sans se relever et sans adopter de positions antalgiques, durant l'entretien. Il a en outre relevé qu'elle pouvait somme toute effectuer les activités quotidiennes et tout travail ménager, avec des temps de repos, ce qui contrastait avec les allégations de la doctoresse C.________ qui estimait que l'incapacité de travail était totale. En dépit des traits d'exagération, l'expert a envisagé l'indéniable problématique douloureuse de la recourante sous l'angle d'un syndrome douloureux fibromyalgiforme avec nette diminution du seuil de déclenchement de la douleur, prenant également en comte l'absence d'une atteinte psychiatrique à la santé déterminante du point de vue de l'assurance-invalidité.