Citation: I 140/03 18.05.2004 E. A

A.a B.________, né en 1952, travaillait en qualité de concierge d'immeubles pour la société G.________ SA lorsqu'il se blessa la main gauche avec une scie électrique, le 31 octobre 1985. Il se rendit à l'Hôpital X.________ (ci-après : hôpital universitaire), où le docteur E.________ constata une amputation sub-totale de la 3ème phalange de l'index gauche, une plaie superficielle de l'auriculaire et une section du pédicule collatéral radial du pouce gauche. Ces blessures furent traitées par révision chirurgicale, suture nerveuse et suture vasculaire; par la suite, un lambeau d'avancement bipédiculé fut mis en place lors d'une intervention chirurgicale pratiquée le 10 juin 1986. L'évolution fut ensuite favorable, malgré la persistence d'une raideur de l'index, une diminution de la force de préhension de la main gauche et une moindre efficacité de la pince entre le pouce et l'index, à gauche, selon un rapport établi le 24 février 1987 par le docteur C.________, spécialiste en chirurgie. D'après ce praticien, l'enroulement de l'index blessé demeurait incomplet (à 2 cm de la paume de la main), et l'extrémité de ce doigt était très sensible au toucher et aux différences de température; il s'ensuivait une incapacité partielle à utiliser cette main, en particulier pour les travaux demandant de la force. Pour sa part, le docteur D.________, médecin chef du Département de chirurgie de la main de l'hôpital universitaire, attesta une incapacité de travail totale du 31 octobre 1985 au 30 décembre 1986, puis une incapacité de travail de 50 % jusqu'au 31 mars 1987, et enfin une pleine capacité de travail dès le 1er avril 1987 (rapport du 21 avril 1987). Selon ses constatations, l'assuré disposait en particulier d'une force de préhension de 16 kg à gauche (36 kg à droite) et d'une pince pollicidigitale de 6 kg (10 kg à droite). B.________, qui avait entre-temps été licencié par son employeur, effectua un stage au Centre d'observation professionnelle de l'assurance-invalidité de Genève (ci-après : COPAI), du 9 novembre au 4 décembre 1987. Selon les observations effectuées alors, il pouvait se servir de sa main gauche pour conduire et pour quasiment tous les travaux manuels, sous réserve de limitations pour les actions demandant de la force ou une grande finesse; le froid, les chocs et le contact avec les produits corrosifs devaient également être évités. Son rendement était suffisant pour l'exercice d'une activité à 100 % dans le circuit économique (rapport d'observation professionnelle du 16 décembre 1987). A la suite de ce stage, B.________ suivit une formation pratique de cordonnier, à titre de mesure de reclassement professionnel par l'assurance-invalidité. Au terme de cette formation, l'assurance-invalidité lui alloua une aide en capital, sous la forme d'un prêt de 50'000 fr. en vue de développer une activité indépendante. A.b L'assuré a ouvert un atelier de cordonnerie le 1er novembre 1990. Le 28 avril 1995, il a déposé une demande de rente d'invalidité en faisant valoir que son handicap de la main gauche limitait son rendement à 50 %. Par décision du 9 avril 1996, l'Office cantonal AI de Genève (ci-après : l'office AI) lui reconnut un taux d'invalidité de 50 % depuis le 1er mars 1991 et lui alloua une demi-rente d'invalidité, avec effet rétroactif au 1er mai 1994. A.c Par acte du 13 janvier 1999, B.________ a demandé la reconsidération de cette décision, en faisant valoir qu'aucune comparaison de revenus n'avait été effectuée par l'office AI pour évaluer son invalidité et qu'il subissait en réalité une perte de gain lui ouvrant droit à une rente entière. Par décision du 10 octobre 2001, l'office AI a rejeté cette demande, en précisant que la décision initiale d'allocation de rente était correcte et que l'état de santé de l'assuré était par ailleurs resté stable, ce qui excluait également une révision de son droit à la rente.