Citation: 5A_474/2024 E. 6

Il sera tout d'abord précisé en l'espèce que les nombreux faits relatés par le recourant qui ne figurent pas dans l'ordonnance querellée ne seront pas pris en considération, faute pour lui de soulever, et a fortiori de motiver de manière claire et détaillée, un grief d'établissement arbitraire des faits ou d'appréciation arbitraire des preuves (cf. supra consid. 2.2). Il reste ainsi uniquement à examiner si le Juge délégué a procédé à une application insoutenable de l'art. 315 al. 5 CPC en assortissant l'appel de la mère de l'effet suspensif. A cet égard, en tant que le recourant fait valoir qu'un premier changement du régime de la garde est en l'espèce déjà intervenu après la décision du premier juge, de sorte que le prononcé de l'effet suspensif aurait en réalité pour conséquence d'imposer à C.________ un nouveau changement, sa critique trahit une mécompréhension de la jurisprudence. Quand bien même il serait démontré, le fait allégué par le recourant, selon lequel l'intimée aurait préparé l'enfant à son déménagement chez son père après la reddition de l'ordonnance du 21 juin 2024, ne signifie nullement que ce déménagement se serait concrétisé et que le père aurait effectivement exercé la garde. L'admission de la requête d'effet suspensif n'est donc aucunement arbitraire au regard des principes posés par la jurisprudence (cf. supra consid. 5) : le maintien de C.________ auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence, à savoir sa mère, en Valais, dans l'environnement qui lui est familier, pour la durée de la procédure d'appel, lui permettra d'éviter des changements successifs et rapprochés de son lieu de vie et de la personne qui s'occupe principalement de lui, dans l'hypothèse où l'appel formé par sa mère devait être admis. A cela s'ajoute que, si le Président a certes décidé d'attribuer la garde de l'enfant à son père et de fixer son domicile chez celui-ci, à Bâle, il ne ressort pas des faits de l'ordonnance entreprise qu'il y aurait une urgence caractérisée à procéder à cette modification, en ce sens que le bien de l'enfant serait mis en péril de manière imminente s'il demeurait auprès de sa mère pour la durée de la procédure d'appel. Il ressort en effet de l'ordonnance attaquée que l'experte a constaté de bonnes compétences parentales chez chacun des parents et considéré que la meilleure solution pour l'enfant était une garde alternée, ce qui était toutefois impossible à mettre en place en l'espèce. La situation du père avait évolué favorablement, de sorte qu'il était possible d'envisager qu'il soit titulaire de la garde de l'enfant. Le changement du régime de la garde a en définitive été décidé essentiellement en raison du fait que l'enfant, dont la situation avait longtemps stagné et se détériorait et qui avait exprimé le souhait de vivre avec son père, avait besoin d'un " renouveau ". Enfin, le recourant ne fait pas valoir que Juge délégué aurait fait preuve d'arbitraire en estimant, au terme d'un examen sommaire, qu'il ne pouvait pas à ce stade se prononcer sur l'issue de l'appel, autrement dit, que l'on ne pouvait d'emblée qualifier celui-ci d'irrecevable ou de manifestement infondé, de sorte que pour ce motif là également, il n'était pas justifié de rejeter la requête d'effet suspensif. Le grief d'application arbitraire de l'art. 315 al. 5 CPC doit ainsi être rejeté.