Citation: 5A_364/2020 E. 4.1.1

4.1.1. A cet égard, la cour cantonale a relevé que l'époux n'avait pas retrouvé de poste de directeur semblable à celui qu'il occupait durant la vie commune et que la société qu'il animait n'avait pas acquis de nouveaux clients depuis la fin de ses relations avec deux filiales du groupe, lesquelles assuraient la moitié au moins de ses revenus. L'intéressé avait seulement perçu des indemnités de l'assurance-chômage durant une année environ, en sus des revenus que lui procurait l'activité résiduelle de la société (sous forme de dividendes). Les juges cantonaux ont toutefois constaté, comme l'avait fait le juge de première instance avant eux, que l'époux n'avait pas réduit de manière significative son train de vie, puisqu'il alléguait supporter des charges personnelles de plus de 11'500 fr. par mois et que la différence avec celles qui lui avaient été imputées sur mesures protectrices de l'union conjugale (environ 14'000 fr. par mois) s'expliquait largement par la diminution de sa charge fiscale de 6'650 fr. à 2'000 fr. par mois. Pour maintenir ce train de vie, l'époux puisait à l'évidence dans sa fortune, dont le montant imposable avait décru plus rapidement que ne l'imposait le seul paiement des contributions d'entretien litigieuses, avec une baisse de plus d'un million de francs par an depuis 2017, alors que le total des contributions d'entretien dues s'élevait en moyenne à 200'000 fr. par an. Ces éléments tendaient à démontrer que l'époux, qui n'était pas atteint dans sa santé, demeurait confiant dans le fait qu'il pourrait retrouver à l'avenir un niveau de revenu proche de celui qui était le sien précédemment, en particulier lorsque le procès en divorce des parties serait terminé. Comme l'avait relevé le premier juge, l'époux ne fournissait par ailleurs aucun élément ni aucune preuve relative aux démarches qu'il aurait effectuées pour retrouver un nouvel emploi ou de nouveaux clients pour la société E.________ Sàrl. Le seul fait qu'il ait perçu des indemnités de chômage et qu'il ait en principe été contrôlé sur ce point ne permettait pas de vérifier le sérieux des offres d'emploi qu'il aurait présentées, ni ne donnait de quelconques indications quant aux recherches de clients qu'il aurait effectuées pour le compte de E.________ Sàrl, clients par le biais desquels il pourrait ensuite obtenir un poste de direction, comme c'était le cas avec le groupe F.________. Dans ces conditions, le premier juge avait considéré à bon droit qu'il convenait d'imputer à l'époux un revenu hypothétique correspondant aux revenus qu'il pourrait encore réaliser s'il fournissait les efforts nécessaires pour redévelopper l'activité de E.________ Sàrl et retrouver un poste de direction. Le revenu de 30'300 fr. net par mois - correspondant aux revenus moyens réalisés entre 2013 et 2016 - apparaissant excessif, il convenait plutôt d'observer que les revenus avaient diminué de manière constante entre les deux années en question, de sorte que seuls les revenus réalisés durant l'année 2016, de l'ordre de 23'900 fr. par mois, seraient pris en considération. A cela s'ajoutait que l'un des comptes bancaires de l'époux se voyait toujours régulièrement crédité du produit d'opérations en devises, sur lesquelles celui-ci ne fournissait pas d'explications corroborées par des pièces. On pouvait donc estimer qu'il réalisait sur ces opérations, qui portaient sur plusieurs milliers de francs à chaque fois, un bénéfice moyen de 1'000 fr. par mois, ce qui portait à 25'000 fr. par mois le total des revenus qui pouvaient lui être imputés, en chiffres ronds.