Citation: 2C_156/2020 E. 5.3

5.3. Dans la mesure où les recourants invoquent l'art. 8 CEDH, force est d'admettre que leur vie familiale est protégée par cette disposition, le regroupant bénéficiant d'une autorisation d'établissement en Suisse et y ayant obtenu l'asile. C'est par conséquent à juste titre que le Tribunal cantonal a procédé à une pesée des intérêts, conformément à l'art. 8 par. 2 CEDH. A ce propos, dans la mesure où, comme on l'a vu précédemment (cf. consid. 5.2 ci-dessus), la recourante 1 a mis les autorités devant le fait accompli en venant en Suisse sans bénéficier d'une autorisation pour y séjourner, elle ne saurait d'emblée se prévaloir d'une prétendue bonne intégration (cf. arrêt 2C_950/2017 du 16 mai 2018 consid. 4.3). Au demeurant, on peut constater que les recourants bénéficient d'un intérêt évident à rester en Suisse auprès de leur mari/père. Néanmoins, à cet égard il faut prendre en compte l'importante dépendance à l'aide sociale et le fait que cette dépendance est durable et que rien n'indique qu'elle cesserait dans un avenir même moyennement proche. A cela s'ajoute que la recourante 1, qui est jeune et en bonne santé, a passé la plus grande partie de sa vie dans son pays d'origine, dont elle parle la langue et où elle a conservé des attaches culturelles et sociales. Quant au recourant 2, s'il faut tenir compte de l'intérêt fondamental de l'enfant (art. 3 de la convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant [RS 0.107; ci-après: CDE]) à pouvoir grandir en jouissant d'un contact étroit avec ses deux parents, il faut malgré tout rappeler que l'art. 3 CDE ne saurait fonder une prétention directe à l'octroi ou au maintien d'une autorisation (ATF 144 I 91 consid. 5.2 p. 98 et les arrêts cités). Or, on constate en l'espèce que le recourant 2 pourra suivre sa mère, afin de vivre avec celle-ci en Macédoine, même s'il n'est pas de la même nationalité qu'elle. Comme l'a justement relevé l'autorité précédente, l'art. 2 par. 2 let. a de l'accord du 15 mars 2012 conclu entre le Conseil fédéral suisse et le Gouvernement de la République de Macédoine concernant la réadmission des personnes en séjour irrégulier (RS 0.142.115.209) prévoit expressément qu'outre les personnes qui ne remplissent pas les conditions de séjour sur le territoire de l'Etat requérant (en l'occurrence la Suisse), l'Etat requis (en l'occurrence la Macédoine) réadmet également les enfants mineurs célibataires des personnes précitées et ce quels que soient leur lieu de naissance et leur nationalité, excepté lorsqu'ils disposent d'un droit de séjour autonome dans l'Etat requérant. A toutes fins utiles, il convient encore d'ajouter que les recourants pourront continuer de voir leur époux/père lors de séjours en Suisse ou en Macédoine. La jurisprudence zurichoise, citée par les recourants, ne leur est d'aucun secours, pas plus que les arrêts 2C_674/2013 du 23 janvier 2014 et 2C_184/2018 du 16 août 2018, dans la mesure où on ne saurait attendre qu'à l'avenir, la famille ne bénéficie plus de l'aide sociale.