Citation: 5A_155/2015 E. 5.1

5.1. Selon l'arrêt querellé, l'élément déterminant qui a amené l'épouse à renoncer à une contribution d'entretien sur mesures protectrices de l'union conjugale résidait dans le fait que sa propre fortune lui suffisait. Les deux parties avaient en effet indiqué dans leur requête commune que leurs fortunes respectives leur permettaient d'être tous deux indépendants sur le plan financier, ce qu'ils avaient confirmé lors de leur comparution personnelle. Or, rien ne permettait de retenir que tel ne fût pas le cas de l'épouse. Celle-ci n'avait toujours pas indiqué quel était le montant précis de sa fortune à la date du jugement dont elle sollicitait la modification. Elle reconnaissait cependant que ladite fortune s'élevait actuellement à plus de 4'000'000 euros, montant qui, à n'en pas douter, lui permettait d'être financièrement indépendante, en tout cas pour la durée, par essence limitée, des mesures protectrices de l'union conjugale. La Cour de justice a par ailleurs considéré qu'il n'était pas établi que le mari n'eût pas exécuté ses engagements pris dans le cadre des transactions extrajudiciaires des parties concernant leur activité professionnelle commune et qu'en tout état de cause, l'épouse avait la possibilité, si elle s'y estimait fondée, de poursuivre l'exécution des obligations en question par les voies de droit ordinaires. L'autorité cantonale a en outre estimé que le raisonnement du Tribunal de première instance, selon lequel la convention conclue par les parties en février 2013 avait remplacé l'engagement pris par le mari en décembre 2012 de mettre en place un ordre permanent de 8'000 fr. par mois en faveur de l'épouse, était corroboré par les pièces produites. Il ressortait notamment de la chronologie des faits que les conjoints avaient, juste après leur séparation, envisagé de poursuivre leur collaboration professionnelle, un salaire mensuel de 8'000 fr. étant versé à l'épouse. Cette éventualité avait cependant été abandonnée, comme le confirmaient les déclarations de l'intéressée devant le juge des mesures protectrices, déclarations selon lesquelles elle ne disposait d'aucun revenu.