Citation: 6B_1051/2018 E. 1.2.2

1.2.2. En l'espèce, les infractions alléguées d'escroquerie et de faux dans les titres portent sur des biens rattachés à un trust. Selon une définition courante, le trust vise un rapport juridique dans lequel le constituant (le " settlor ") confie des biens patrimoniaux au " trustee ", afin que ce dernier les gère dans l'intérêt d'un bénéficiaire ou dans un but déterminé, selon les termes de l'acte de trust. Les biens du trust sont réputés être la propriété du trustee, quand bien même ils constituent une masse distincte et ne font pas partie de sa fortune personnelle (ANDREW M. GARBARSKI, Le lésé et la partie plaignante dans la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, in SJ 2017 II 125, p. 128 s.; arrêts 1B_21/2010 du 25 mars 2010 consid. 2.2; 5A_436/2011 du 12 avril 2012 consid. 9.3.1, publié in PJA 2013 p. 1695; ATF 143 II 350 consid. 4.1 et 4.2 p. 356 s.). Le trust est dénué de la personnalité juridique et, partant, n'a pas la qualité pour ester en justice. Le Tribunal fédéral a déjà reconnu que le trustee, propriétaire des biens mis en trust et, partant, titulaire du compte bancaire, était légitimé pour recourir contre le séquestre des avoirs déposés (arrêt 1B_21/2010 du 25 mars 2010 consid. 2.2). Le trustee doit aussi être considéré comme lésé aux termes de l'art. 115 CPP, en cas d'infractions portant sur les biens qui lui ont été confiés en trust (cf. GARBARSKI, op. cit.). Les recourantes, en qualité de trustees du compte de F.________, doivent donc être considérées comme lésées par les infractions dénoncées d'escroquerie et de faux dans les titres commises à l'encontre de F.________.