Citation: 1B_13/2018 E. 2.3

2.3. Conformément au principe de la proportionnalité ancré à l'art. 36 al. 3 Cst., le juge de la détention doit examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention. Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. La mesure proposée par le recourant (interdictions de se rendre à D.________ et de prendre contact avec la victime) peut éventuellement diminuer le "risque de revivre une bagarre du même type entre les deux mêmes protagonistes", tel que le soutient le recourant. Ce type d'interdiction n'est pas dénué de tout sens lorsque des infractions ont été perpétrées par exemple à l'encontre de proches (cf. art. 237 al. 2 let. g CPP). Cette mesure n'offre en revanche aucune garantie lorsque les actes redoutés pourraient être commis contre des tiers. Tel peut être le cas en l'occurrence puisque le recourant a reconnu ne pas savoir se maîtriser s'il s'estimait insulté. A ce stade encore très précoce de l'instruction et vu les circonstances d'espèce (antécédents et diagnostic relevé ci-dessus), il se justifie en l'état de faire prévaloir la sécurité publique. La cour cantonale pouvait donc, sans violer le droit fédéral ou le droit d'être entendu du recourant, considérer - certes avec une motivation très succincte - qu'il n'existait, à ce stade initial de l'instruction, aucune mesure de substitution propre à pallier le risque de récidive retenu et ce grief peut être écarté.