Citation: 4C.326/2006 22.05.2007 E. 4.2

4.2.1 Il résulte du jugement attaqué que la cour cantonale a considéré que le congé signifié au demandeur était doublement abusif. Primo, il s'agissait d'un congé de représailles, tel que l'entend l'art. 336 al. 1 let. d CO, donné parce que le travailleur avait fait valoir de bonne foi, par courrier du 18 mars 2003, des prétentions découlant de son contrat de travail. A ce titre, il a été constaté définitivement (art. 63 al. 2 OJ) que la défenderesse avait indiqué à l'intimé, le 16 décembre 2002, que son salaire dès janvier 2003 se monterait à 9'630 fr. brut, plus 400 fr. de frais de déplacement, cela pour un taux d'activité de 90 %, et que ce dernier s'était plaint, dans son pli du 18 mars 2003, que le salaire qu'il recevait depuis janvier 2003 était inférieur de 400 fr. à celui promis en décembre 2002. Secondo, le licenciement reposait sur un motif spécifique à la personnalité du travailleur (cf. art. 336 al. 1 let. a CO), soit son âge proche de l'âge de la retraite fixé par l'AVS. 4.2.2 Lorsque la décision attaquée se fonde sur plusieurs motivations, alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes, chacune doit, sous peine d'irrecevabilité, être attaquée avec le moyen ou le motif de recours approprié (ATF 132 III 555 consid. 3.2 p. 560; 129 I 185 consid. 1.6 p. 189 et l'arrêt cité). 4.2.3 A lire le mémoire de recours, il appert nettement que la recourante n'a pas attaqué la première motivation retenue par la Cour civile, d'après laquelle le congé avait été signifié parce que le demandeur s'était prévalu de bonne foi de prétentions découlant de son contrat de travail ayant trait au versement du salaire convenu. La défenderesse, en se focalisant sur la question du congé fondé sur un motif lié à la personnalité de l'intimé, a laissé intacte la motivation alternative du jugement cantonal, comme quoi le licenciement avait été donné en représailles aux prétentions de salaire qu'avait élevées le travailleur le 18 mars 2003. A cela s'ajoute que la recourante n'a pas développé la plus petite critique à propos du montant de l'indemnité allouée à l'intimé en application de l'art. 336a CO. Au regard de la jurisprudence susrappelée, le présent recours en réforme est irrecevable.