Citation: 5A_815/2015 E. 3.3

3.3. La recourante estime déterminant le fait que les conjoints ont un enfant, âgé aujourd'hui de sept ans, sur lequel elle a l'autorité parentale et la garde, ce qui limite sa faculté d'exercer une activité lucrative, ce d'autant qu'elle avait déjà, lors du mariage, la garde d'une autre enfant, issue d'une précédente union. Selon elle, la capacité de pourvoir soi-même à son entretien est susceptible d'être limitée par la charge que représente la garde des enfants; en principe, on ne peut exiger d'un époux la prise ou reprise d'une activité lucrative à un taux de 50% avant que le plus jeune enfant ait atteint l'âge de 10 ans révolus, étant encore précisé que le juge doit lui laisser un délai pour s'organiser à ces fins. La recourante considère alors que l'arrêt attaqué retient à tort que le mariage n'a pas exercé d'influence concrète sur ses conditions d'existence. Se référant enfin à sa situation personnelle, elle précise que sa formation de juriste, suivie en Moldavie, ne lui est d'aucune utilité en Suisse et que son activité artistique actuelle, soit la peinture, ne lui rapporte rien, en sorte qu'elle n'arrivera à réaliser ces prochaines années qu'un modeste revenu, alors que la situation financière de son époux est confortable. Par sa critique, la recourante se contente d'exposer en termes généraux son appréciation de sa situation personnelle, sans s'en prendre plus avant aux différentes articulations du raisonnement de la cour cantonale. En particulier et s'agissant de l'enfant commun, elle ne conteste pas que les parties ne se sont pas mises d'accord sur une répartition des rôles durant le mariage, que l'époux ne voulait plus d'enfant et qu'elle n'a été en mesure de fournir aucun élément susceptible de justifier une éventuelle confiance qu'elle aurait pu placer dans le fait que son époux pourvoirait à son entretien. De même, elle ne remet pas en cause l'appréciation de la cour cantonale en tant qu'elle considère pouvoir la replacer dans la situation qui était la sienne avant le mariage, alors qu'elle avait déjà un enfant de 5 ans à sa charge. Enfin et indépendamment de la pertinence de la question, elle se contente d'affirmer qu'elle aurait de la difficulté à retrouver un emploi en se référant par exemple - sans soulever le grief de son établissement arbitraire (cf. supra consid. 2.2) - à un élément de fait qui ne ressort pas de l'arrêt attaqué, à savoir l'inutilité de sa formation de juriste, et en occultant le fait qu'elle parle couramment le russe et le français et qu'elle a déjà disposé de sept ans depuis la séparation pour se préparer à retrouver une activité lucrative. En définitive, la cour cantonale s'est à juste titre référée à la jurisprudence relativisant l'impact de la naissance d'un enfant commun dans des circonstances particulières comparables à la présente espèce, à savoir à l'arrêt 5A_177/2010 du 8 juin 2010, que la recourante ne discute même pas. Autant que suffisamment motivé (cf. supra consid. 2.1), le grief est infondé.