Citation: 6B_113/2008 11.08.2008 E. 4

4. Les premiers juges ont encore fondé leur conviction sur les déclarations de la fillette, qu'ils ont estimées crédibles. Ils ont relevé la simplicité des déclarations de l'enfant à sa mère concernant les faits, qui ne laisse pas de place à la suspicion d'influence parentale, et le fait que l'enfant avait précisé que le recourant lui avait demandé de se taire lors d'un deuxième complexe de faits, ce qui était logique, étant donné que ce dernier avait remarqué une réaction parentale après ses premiers attouchements. Enfin les premiers juges ont encore assis leur conviction sur le fait que le recourant faisait l'objet de deux mises en cause indépendantes l'une de l'autre. Ils ont en revanche écarté d'autres faits qui auraient pu être retenus à décharge, tels le comportement des parents, l'absence de constat médical au moment des faits et le peu de révélation des constats médicaux opérés ultérieurement. Le recourant reproche aux premiers juges d'avoir laissé de côté certains éléments des rapports médicaux. Ainsi, selon le recourant, le Dr C.________, qui a vu l'enfant en mai 2002 et le pédopsychiatre D.________, dans une lettre de janvier 2003, n'ont fait aucune constatation dénotant un problème de nature physique ou psychique et ont attesté que l'enfant déployait une activité ludique avec aisance ainsi qu'une bonne distance relationnelle, que son développement psycho-affectif semblait de bonne qualité et que l'on pouvait dresser un tableau clinique rassurant de l'enfant. La psychologue E.________ indique dans un rapport du 21 mai 2007 avoir vu l'enfant en 2005, constate quelques difficultés d'apprentissage et conclut qu'il est bien difficile de faire le lien entre les difficultés d'apprentissage et les faits qui auraient traumatisé la fillette. Les premiers juges n'ont pas ignoré ces différentes expertises et ont noté que les rapports des Drs C.________ et D.________ n'avaient rien révélé de particulier. Ils ont cependant admis que différentes difficultés présentées par l'enfant (problèmes respiratoires, timidité), associées à la séparation des parents et aux antécédents d'éventuels abus sexuels avaient poussé le Dr C.________ à recommander à la mère une prise en charge pédopsychiatrique qui s'est déroulée auprès de la psychologue E.________. Dans une attestation du 21 mai 2007, cette thérapeute décrit les difficultés rencontrées par l'enfant, d'abord à l'école enfantine, puis pendant les deux années d'école primaire, et la prise en charge dont a bénéficié l'enfant. Le tribunal n'a pas perdu de vue que, selon cette dernière spécialiste, il est difficile de faire un lien entre les difficultés d'apprentissage actuelles de l'enfant et les faits qui l'auraient traumatisée petite, mais a retenu qu'il y avait dans les difficultés de l'enfant une pluralité de facteurs somatiques (maladie respiratoire) d'apprentissage (retards scolaires) et psychologiques (timidité, manque d'ouverture aux autres à l'école enfantine) et il a considéré ce tableau comme parfaitement compatible avec les attouchements qu'il a retenus et qui ont eu lieu en 2001 et 2002, considérant que l'enfant avait ensuite évolué favorablement en raison d'un soutien thérapeutique. Les premiers juges ont de plus considéré que les abus sexuels n'avaient pas été en s'aggravant, ce qui pouvait également expliquer que les répercussions étaient somme toute plus limitées que ce qui est parfois constaté dans des cas d'abus concernant de très jeunes enfants et ont estimé qu'il était compréhensible dans ces conditions que les actes illicites n'aient pas été documentés médicalement. Le recourant se contente d'alléguer qu'il est insoutenable de considérer que l'enfant a évolué favorablement en raison du soutien thérapeutique dont elle a fait l'objet, puisqu'elle allait bien et ne présentait pas de signes de perturbation au moment des prétendus faits. Il se contente ainsi d'opposer une nouvelle fois sa propre appréciation à celle des juges cantonaux sans montrer en quoi celle-ci serait insoutenable ni exposer pourquoi il était arbitraire d'admettre dans le cas particulier, malgré le peu de répercussions constaté sur la victime, que les attouchements avaient eu lieu. Or, le fait que ces derniers n'aient pas été en s'aggravant peut expliquer que les répercussions aient été somme toute limitées. Le recourant se contente notamment de reprocher aux juges cantonaux d'avoir ignoré que la séparation des parents pouvait avoir eu des répercussions sur l'enfant, ce qui, contrairement à ce qu'il prétend, a été pris en considération par le Dr C.________ dans sa lettre du 22 mai 2007 et repris dans le jugement de première instance. Partant, retenir des attouchements en l'espèce malgré les différents constats de spécialistes n'apparaît pas insoutenable et le recourant ne démontre pas que tel serait le cas. S'agissant du comportement particulier des parents et de l'absence de constat médical au moment des faits, ils ont été analysés par les juges cantonaux, qui ont expliqué pourquoi ces deux éléments n'ébranlaient pas leur conviction. Le recourant se limite à critiquer cette appréciation de manière purement appellatoire et il n'y a pas lieu d'examiner son grief, qui ne répond pas aux exigences de motivation rappelées ci-dessus. Finalement, le recourant reproche aux premiers juges d'avoir ignoré le témoignage de F.________, qui a aussi été gardée par les époux X.________ et qui aurait dit ne pas avoir vu le moindre comportement anormal ou déviant chez le recourant. La cour cantonale a estimé que le fait que F.________ a dit n'avoir subi aucun abus n'excluait pas que la victime ait, elle, subi de tels attouchements dans le cas d'espèce, d'autant plus qu'il est établi qu'un autre enfant au moins, B.________, a subi également des abus. Cette appréciation n'apparaît pas insoutenable au vu des différents éléments mentionnés qui ont conduit à retenir des attouchements dans le cas particulier et le recourant ne démontre une nouvelle fois pas le contraire. Partant, le recours ne peut qu'être rejeté dans la mesure où il est recevable.