Citation: I 760/02 30.04.2003 E. 3

En l'espèce, l'office intimé est entré en matière sur la nouvelle demande de la recourante. Il convient dès lors d'examiner si un changement important des circonstances, propre à influencer le degré d'invalidité de cette dernière, donc son éventuel droit aux prestations de l'assurance-invalidité, s'est produit, en comparant les faits tels qu'ils se présentaient au moment de la suppression de la demi-rente (à la fin du mois de février 1997) et les circonstances régnant à l'époque de la décision litigieuse (15 août 2001). 3.1 En l'occurrence, à l'époque de la suppression de sa demi-rente, l'assurée présentait un status après une ancienne arthrodèse semi-lunaire grand os au poignet droit, un status après une fracture de l'arthrodèse, un status après consolidation de l'arthrodèse avec greffe osseuse entre semi-lunaire et grand os et dénervation du poignet. A la suite de cette affection, elle présentait un degré d'invalidité de 33,33 % (décision du 30 mai 1997 de la CNA). En outre, la recourante présentait des troubles dépressifs récurrents, ainsi qu'une personnalité émotionnellement labile, de type borderline. En rémission depuis l'automne 1996, ces derniers n'entraînaient plus d'incapacité de travail de l'assurée depuis le 1er octobre 1996 (rapport du 17 avril 1997 de la doctoresse A.________, chef de clinique au Centre psycho-social de X.________). 3.2 Selon les premiers juges, ces circonstances n'ont pas subi de changement important susceptible d'influencer le degré d'invalidité de la recourante à l'époque de la décision litigieuse. A l'appui de leur point de vue, ils se sont fondés sur les avis des médecins-conseils de l'intimé selon lesquels l'état de santé physique et psychique de l'assurée n'a pas évolué. Ainsi, aux termes du rapport du 27 octobre 1999 du docteur B.________, la recourante présente un état dépressif qui nécessite un traitement anti-dépresseur mais qui n'est absolument pas incompatible avec une activité professionnelle comparable à celle que l'assurée a effectuée en Suisse (voir également rapport du 13 décembre 1999 du docteur B.________). Selon un rapport du 11 janvier 2000 du docteur C.________, dès lors que la recourante n'est pas en phase de décompensation (cf. rapport du 30 septembre 1999 de la doctoresse D.________, voir consid. 3.3 ci-dessous), elle ne présente pas d'incapacité de travail fondée sur des troubles psychiatriques. Enfin, aux termes de ses rapports des 28 juin 2000, 11 avril 2001, 7 août 2001 et 16 novembre 2001, la doctoresse F.________ fait état d'un degré d'invalidité de la recourante de 33,33 % à la suite d'une atteinte stationnaire au poignet droit. Par contre, elle nie tout caractère invalidant aux troubles dépressifs récurrents de l'assurée. 3.3 D'un avis contraire, la doctoresse A.________ considère, dans un rapport du 29 novembre 1999, que l'assurée dispose d'une incapacité entière de travail depuis le 28 mai 1998 pour une durée indéterminée. Selon le diagnostic de ce médecin, l'assurée présente un état stationnaire dans le cadre d'un trouble dépressif récurrent ainsi que des troubles de la personnalité de type borderline. De son côté, la doctoresse D.________, médecin au département de psychiatrie et de santé mentale de l'hôpital Z.________, indique, aux termes d'un rapport du 30 septembre 1999, que la recourante souffre d'un état dépressif grave, mais qu'elle n'est toutefois pas en phase de décompensation. Dans un rapport ultérieur du 22 janvier 2001, ce médecin pose le diagnostic de dysthimie et de troubles de la personnalité. Elle précise que l'assurée présente un cadre clinique oscillant entre des phases de relative compensation et des phases d'aggravation, accompagnées d'humeur dysphorique, d'anxiété, d'insomnie, d'asthénie et de diminution de l'aptitude à assumer les tâches domestiques. Selon ce médecin, il en résulte une incapacité de travail de la recourante de 19 %. Dans un rapport du 3 février 2001, le docteur G.________, spécialiste en orthopédie, évalue à 66,8 % le degré d'invalidité global de la recourante. Enfin, cette dernière produit en procédure fédérale, un certificat établi le 23 octobre 2002 par le docteur H.________, médecin-psychiatre, aux termes duquel elle présente un cadre clinique psychiatrique requérant un suivi clinique périodique, ainsi qu'un traitement prescrit par le Centre de santé mentale de Z.________. 3.4 Pour autant, ces avis ne sauraient prévaloir sur ceux des médecins conseils de l'intimé. En effet, dans la mesure où dans son avis du 19 novembre 1999, la doctoresse A.________ fait état du même diagnostic que dans celui du 17 avril 1997 et souligne le caractère stationnaire de l'état de santé de l'assurée, on saisit mal le motif pour lequel aux termes de son premier rapport, ce médecin considère que les troubles psychiques de la recourante n'entraînent pas d'incapacité de travail, alors que tel serait le cas aux termes de son second rapport. Par ailleurs, les conclusions du rapport du 30 septembre 1999 de la doctoresse D.________ selon lesquelles la recourante présente une incapacité entière de travail due à des troubles psychiatriques se révèlent également contradictoires dans la mesure où ce même rapport indique que l'assurée ne se trouve pas en phase de décompensation. En tant qu'elles émanent d'un médecin spécialisé en orthopédie et qu'elles ne sont fondées sur aucune motivation, les conclusions ressortant du rapport du 3 février 2001 du docteur G.________ et selon lesquelles la recourante présenterait un degré d'invalidité global de 66,8 % fondé notamment sur des troubles psychiques, sont également dépourvues de valeur probante. Dans son rapport du 23 octobre 2002, le docteur H.________ ne déduit aucune incapacité de travail des troubles psychiques dont il fait état. Enfin, quant à la valeur probante des rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). Dès lors, il n'y a pas lieu de s'écarter des rapports établis par les médecins-conseils de l'office intimé, auxquelles il convient d'accorder une pleine valeur probante en l'absence d'indices suffisamment concrets qui seraient de nature à faire douter de leur crédibilité (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 3.5 Sur le vu de ce qui précède, force est de constater que l'état de santé physique et psychique de la recourante, ainsi que sa capacité de travail, respectivement de gain, ne se sont pas modifiés depuis la suppression de sa demi-rente. C'est dès lors à juste titre que les premiers juges ont considéré qu'il ne s'était pas produit de modification importante des circonstances propre à influencer le degré d'invalidité de l'assurée, donc son droit à la rente.