Citation: 5P.447/1999 10.02.2000 E. 2

2.- Le recourant reproche au Tribunal cantonal d'avoir clairement violé l'art. 400 al. 2 let. b CPC neuch. selon lequel "le mémoire d'appel contient les conclusions de l'appelant en termes clairs", et l'art. 407 CPC neuch. qui prévoit que l'appel a un effet dévolutif (al. 1), mais qu'"en tant que l'ordre public n'est pas intéressé, la Cour est toutefois liée par les conclusions prises en appel" (al. 2). Le Tribunal cantonal est entré en matière sur l'appel de l'intimée après s'être demandé si les conclusions de celle-ci au sujet de sa rente étaient recevables. Il a relevé à ce propos qu'on aurait pu attendre de l'appelante, représentée par un avocat, qu'elle exprime dans ses conclusions le montant de la rente auquel elle aspirait; même son mémoire d'appel n'était pas clair à ce sujet; on pouvait toutefois estimer qu'elle reprenait ses conclusions modifiées à la fin de la procédure devant le Tribunal matrimonial et qui tendaient à ce que le recourant soit condamné à lui payer une rente, subsidiairement une pension alimentaire, de 2'300 fr. non limitée dans le temps. Le recourant ne démontre nullement qu'il y a eu violation grave des normes invoquées, comme l'exige la définition de l'arbitraire (ATF 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b et les références). La jurisprudence sur laquelle il s'appuie, ou bien ne fixe pas de critères généraux déterminants pour la solution du cas d'espèce (RJN 1993, p. 153 s. consid. 2) ou bien semble avoir trait à la procédure orale (art. 341 ss CPC neuch. ), inapplicable en l'occurrence. Elle n'exclut de toute façon pas, en cas de jugement rendu par le Tribunal matrimonial selon l'art. 362 CPC neuch. et sans que l'intérêt public soit intéressé (art. 407 al. 2 CPC neuch. ), de considérer comme satisfaisant à l'exigence de l'art. 400 al. 2 let. b CPC neuch. un mémoire d'appel dont les conclusions ressortent de sa motivation seulement. Le recourant n'expose pas en quoi le fait de prendre en considération une telle conclusion ou d'admettre dans le cas concret, comme l'a fait la juridiction intimée, que le mémoire d'appel exprime une telle conclusion, violerait gravement l'art. 400 al. 2 let. b CPC neuch. et serait par là arbitraire. Il n'a d'ailleurs pas conclu à l'irrecevabilité de l'appel pour ce motif.