Citation: I 617/03 04.06.2004 E. 4

La doctoresse L.________ a examiné l'assuré à deux reprises, avant et après le stage d'observation professionnelle que celui-ci a accompli au CNIP. A l'occasion de son premier examen, elle a constaté une mobilité réduite de la colonne au niveau des vertèbres cervicales et lombaires explicable, d'après le bilan radiologique, par une mauvaise posture (scoliose à convexité droite; effacement de la lordose physiologique) et par la présence d'atteintes dégénératives, certaines plus marquées dans la région cervicale que lombaire (ostéochondrose et spondylarthrose surtout en C6-C7; hernie discale L4-L5 avec possible atteinte radiculaire en L5 gauche); au sujet des douleurs à la tête dont se plaignait P.________, elle a exprimé l'avis qu'elles ne provenaient pas forcément de son problème cervical et qu'il pouvait tout aussi bien s'agir de céphalées de tension. Ces éléments l'ont conduite à reconnaître une incapacité de travail dans l'exercice d'une activité lourde (100 %) ou semi-lourde (50 %), mais aucune dans une activité légère permettant une alternance des positions et n'impliquant pas le soulèvement de poids supérieurs à 10 kg, un maintien rigide du haut du corps ou encore des gestes professionnels au-dessus de la tête (rapport du 29 septembre 2000). A l'issue de son second examen, en mars 2002, la doctoresse L.________ n'a pas observé de changement significatif; tout en prenant acte des douleurs exprimés par l'assuré au cours du stage au CNIP, elle n'en a pas moins confirmé ses premières conclusions, en ce sens qu'une activité légère à plein temps demeurait à la portée de P.________ (rapport du 26 mars 2002). Rendus au terme d'examens cliniques approfondis et d'une étude complète du dossier médical de l'assuré, les rapports d'expertise de la doctoresse L.________ remplissent toutes les exigences auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 352 consid. 3a et 3b/bb), si bien qu'il n'y a pas lieu de s'écarter de ses conclusions. Certes le docteur F.________ a-t-il régulièrement attesté d'une incapacité de travail de 50 %. Il n'a toutefois fait état d'aucun élément qui n'ait été pris en considération par l'experte et son opinion, insuffisamment motivée, ne fait pour l'essentiel que restituer les plaintes subjectives de son patient. Quant au rapport du CNIP (du 10 octobre 2001), il n'est pas non plus de nature à mettre sérieusement en doute l'avis de la doctoresse L.________. Comme l'ont fait remarquer de manière pertinente les premiers juges, les responsables du stage n'ont pas véritablement procédé à une évaluation de la capacité de travail du recourant; c'est en effet seulement sur la base des déclarations de ce dernier, qui s'estimait incapable d'assumer un horaire supérieur à une demi-journée, qu'ils ont émis des réserves sur l'exigibilité d'une reprise d'activité professionnelle au-delà de 50 %. Par ailleurs, si les informations recueillies au cours d'un stage d'observation professionnelle peuvent certes se révéler utiles, en complément des données médicales, pour fixer le degré d'invalidité, elles ne sauraient supplanter l'avis dûment motivé d'un médecin à qui il appartient, au premier chef, de porter un jugement sur l'état de santé et d'indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler, le cas échéant quels travaux on peut encore raisonnablement exiger de lui (ATF 125 V 261 consid. 4). On doit dès lors admettre que le recourant jouit, dans le cadre des contre-indications mentionnées par l'experte, d'une capacité de travail entière.