Citation: 7B_1089/2024 E. 3.5.2

3.5.2. En l'espèce, on relève certes les efforts fournis par le recourant depuis qu'il a été placé en détention pour des motifs de sûreté, à savoir la thérapie qu'il a entreprise au sein de l'établissement de détention. Cela étant, selon les faits retenus et comme on l'a vu, le rapport médico-psychologique du 10 juillet 2024, qui apporte des précisions sur le suivi du recourant en détention, ne remet pas en question l'évaluation des experts au sujet du risque de récidive et ne se prononce pas sur celui-ci. Il n'évoque pas non plus la poursuite de la thérapie du recourant en cas de changement de cadre, à savoir s'il était remis en liberté. Par ailleurs, il est vrai que l'expert, lorsqu'il a été entendu devant le TCO, a indiqué qu'il n'excluait pas qu'il y ait pu avoir une amélioration clinique de l'intéressé grâce au suivi entrepris durant son incarcération. Toutefois, informé du fait que le recourant était désormais au bénéfice d'un suivi thérapeutique à sa demande, il a, comme on l'a vu, déclaré qu'il lui était difficile de modifier ses conclusions sans procéder à une nouvelle évaluation de la situation de l'intéressé. Il a précisé qu'il s'agissait d'un élément parmi d'autres, qu'il fallait être renseigné sur son comportement en détention, ainsi que sur les consommations éventuelles, et que son entourage social actuel ne changerait pas ses conclusions au vu de la qualification élevée du risque retenu (cf. dossier cantonal, procès-verbal du TCO, pp. 12-13). Ainsi, on ne saurait considérer, sur la base de ce qui précède, que l'autorité cantonale serait parvenue à une conclusion manifestement insoutenable en retenant que le recourant présentait toujours un risque élevé de récidive et qu'il devait dès lors, pour le moment, être maintenu en détention pour des motifs de sûreté. Selon les faits retenus, il n'existe aucune évaluation des conséquences que pourrait avoir une libération du recourant sur les troubles dont il souffre, ni aucune proposition de la part d'un spécialiste permettant d'envisager un élargissement de régime. Il n'y a en outre pas lieu de reprocher à la juridiction cantonale d'avoir retenu qu'un suivi en détention était insuffisant pour conduire à un changement des habitudes de consommation de l'intéressé hors d'un milieu protégé. On rappelle en effet que le recourant n'a jamais collaboré ni entrepris de thérapie lorsqu'il était en liberté, et ce alors même qu'il y était contraint par les mesures de substitution qui avaient été prononcées en sa faveur et qu'il avait de surcroît fait l'objet de remarques et d'un avertissement formel parce qu'il refusait de s'y soumettre. Il apparaît dès lors que c'est uniquement l'enfermement du recourant qui l'a conduit à débuter une thérapie et qu'on ne saurait, par conséquent, et sans réévaluation par un expert indépendant, partir du principe qu'il va poursuivre un suivi en cas de remise en liberté et rester abstinent à l'alcool et aux produits stupéfiants. Enfin, si l'état de fait cantonal ne retient pas que le recourant aurait été condamné pour de nouvelles infractions durant sa période de libération, il ne faut pas perdre de vue qu'il a, outre le non-respect des mesures mises en oeuvre, en particulier été réincarcéré pour avoir menacé une des parties plaignantes. Dans ces circonstances, on ne saurait légitimement poser un pronostic de récidive autre que défavorable. Pour le surplus, il n'appartient pas au juge de la détention de se prononcer, à ce stade de la procédure, sur la pertinence d'ordonner une mesure thérapeutique institutionnelle au sens de l'art. 59 CP, mais au juge du fond, qui devra statuer sur ce point dans le cadre de la procédure d'appel.