Citation: 6B_154/2017 E. 3.2

3.2. Les experts qui se sont penchés sur le cas du recourant ont, de manière unanime, constaté que celui-ci souffrait d'une maladie mentale, soit d'un trouble délirant persistant. Durant sa détention, le recourant a été suivi par le Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaire. Il a ainsi bénéficié d'un suivi ambulatoire concernant son affection psychiatrique, mais n'a jamais collaboré avec ses thérapeutes et a refusé tout traitement psychotrope en prison. Des évaluations périodiques ont néanmoins été effectuées en cellule. Le recourant a été hospitalisé à huit reprises en milieu psychiatrique, principalement lorsqu'il présentait des risques auto-agressifs. Il y a bénéficié, lorsque son état le nécessitait, d'un traitement antipsychotique. A cet égard, il convient de relever que la plupart de ces hospitalisations ont été effectuées sous la contrainte, de sorte que la vulnérabilité particulière du recourant - en particulier son incapacité à accepter un traitement - a été prise en compte dans le suivi de sa maladie mentale. Une thérapie de longue durée - telle que préconisée par les Drs J.________ et K.________ dans leur rapport du 29 novembre 2012 - n'a jamais pu être entamée. Les experts ont cependant indiqué que ce type de traitement était souvent entravé par le refus de collaboration du patient lié à sa pathologie elle-même. En l'occurrence, il n'apparaît pas que l'échec d'une telle thérapie serait lié à un manque de moyens, de personnel ou de soins médicaux. Les différents médecins ayant suivi le recourant au cours de sa détention ont en effet constaté qu'un traitement par neuroleptiques ne pouvait être envisagé, contre la volonté de l'intéressé, que lors des situations de crises et qu'il était, pour le reste, impossible de lui imposer une médication ou une psychothérapie tant que celui-ci s'y opposait. Après son départ de C.________ et son entrée en milieu hospitalier, on ne voit d'ailleurs pas que le recourant aurait bénéficié d'une thérapie ou de soins qui ne lui étaient pas offerts préalablement. Pour sa part, le recourant ne précise aucunement de quels soins il aurait été privé en prison et se contente de dénoncer le caractère inapproprié de sa détention en milieu carcéral. Il n'indique pas davantage dans quelle mesure sa souffrance, inhérente à la privation de liberté, aurait été rendue excessive en raison des conditions de sa détention ou de sa prise en charge médicale. L'autorité précédente a retenu que l'état de santé psychique du recourant s'était dégradé, "à tout le moins de manière transitoire", au cour de sa détention. Il ne ressort cependant pas de l'arrêt attaqué que cette dégradation aurait été causée par la détention elle-même ou par une quelconque carence dans le suivi psychiatrique du recourant. Si les risques généraux d'aggravation des pathologies psychiatriques en milieu carcéral ont été évoqués par plusieurs médecins, ceux-ci n'ont en effet pas constaté que l'intéressé aurait effectivement vu son état se péjorer en raison de sa détention à C.________ (cf. consid. 2.4.7 supra). On ne saurait ainsi considérer que le recourant aurait manqué de soins médicaux relatifs à son affection mentale durant sa détention, d'une manière qui aurait été incompatible avec le respect de sa dignité.