Citation: 1B_484/2017 E. 3

La Chambre des recours pénale a statué sur sa propre récusation et celle du Tribunal cantonal in corpore dès lors qu'elle la tenait pour manifestement mal fondée, voire abusive. S'il était vrai que le Président du Tribunal cantonal Jean-François Meylan siège à la Chambre des recours pénale, A.________ n'avait toutefois pas produit le courrier qui contiendrait l'information contraire, de sorte que l'on ne pouvait rien déduire de cet argument. En outre, le requérant ne faisait valoir aucun autre grief objectif d'apparence de prévention de la cour, se contentant d'exposer des généralités sur sa vision de la justice. Le recourant reconnaît ne pas avoir produit la lettre du Président du Tribunal cantonal du 10 mars 2017 à laquelle il se référait dans son recours pour demander la récusation de ce magistrat et de l'ensemble de cette juridiction, mais il n'imaginait pas nécessaire de le faire dans la mesure où elle émanait de son président qui siège de surcroît dans la Chambre des recours pénale. Cette lettre, dont une copie a été jointe au recours, a été rédigée en réponse à un courriel du recourant du 1 er mars 2017, qui ne figure ni au dossier de la procédure ni en annexe au recours et dont on ignore ainsi la teneur. Le Président du Tribunal cantonal y précise que " contrairement à ce que vous pensez, je ne serai pas membre de la cour qui statuera sur votre recours ", sans autre indication sur l'objet de celui-ci. Il ajoute pour le surplus que " si vous entendez par hypothèse récuser la Chambre des recours pénale, vous devez l'exprimer clairement et écrire au président de cette cour par un courrier circonstancié ". Le recourant voit la preuve de la partialité du Président du Tribunal cantonal dans le fait qu'il faisait partie des juges de la Chambre des recours pénale ayant statué le 15 juin 2017 sur la demande de récusation formulée dans la même affaire à l'encontre du Procureur Hervé Nicod et du Ministère public du canton de Vaud in corpore alors qu'il affirmait mensongèrement dans la lettre précitée du 10 mars 2017 qu'il ne siégeait pas à la Chambre des recours pénale. Une lecture objective de cette lettre ne conduit pas à l'interprétation que lui prête le recourant. Le Président du Tribunal cantonal n'affirme en effet nullement qu'il ne siège pas à la Chambre des recours pénale, ce qu'il aurait pu difficilement soutenir puisqu'il en est le vice-président comme cela ressort du site officiel de l'Etat de Vaud, mais il indique uniquement qu'il ne sera pas membre de ladite chambre qui statuera sur le recours de A.________. Il fait ainsi clairement référence à sa participation éventuelle en tant que membre de la Chambre des recours pénale à un recours déterminé, dont on ignore l'objet, interjeté par le recourant devant cette autorité. Le reproche qui lui est adressé d'avoir fait une fausse déclaration est ainsi infondé. Le Président du Tribunal cantonal n'a par ailleurs donné au recourant dans ce courrier aucune assurance qu'il ne prendrait pas part à l'avenir à d'autres décisions qui pourraient le concerner en tant que membre de la Chambre des recours pénale. On ne saurait dès lors suivre le recourant lorsqu'il voit un motif de récusation du Juge cantonal Meylan à son égard qui devrait rejaillir sur l'ensemble des juges cantonaux et, en particulier, sur les autres membres de la Chambre des recours pénale saisie du recours contre le refus de la Présidente du Tribunal de police de lui désigner un avocat d'office, dans le fait qu'il a participé à la décision rendue le 15 juin 2017 dans la même affaire sur la demande de récusation du Procureur Hervé Nicod. Pour le surplus, le recourant ne prétend pas avoir invoqué d'autres motifs de récusation de la cour cantonale que cette dernière aurait omis d'examiner. Le recours est donc manifestement infondé en tant qu'il s'en prend au rejet de sa demande de récusation en bloc de la Chambre des recours pénale et du Tribunal cantonal.