Citation: 5A_170/2020 E. 6.2

6.2. Selon le recourant, l'autorité d'appel aurait violé son droit d'être entendu en modifiant le taux de conversion appliqué par le premier juge sans permettre aux parties de se déterminer. L'autorité cantonale aurait en outre fait preuve d'arbitraire en retenant le taux de conversion en vigueur au 31 décembre 2017, alors que la contribution d'entretien aurait dû couvrir les dépenses de l'intimée postérieures à l'année en question. Le recourant soutient encore que le taux de change en 2019 et 2020 serait notablement inférieur à celui applicable en 2017 (1 euro pour 1.11 fr. au 1er juillet 2019 et pour 1.07 fr. au 14 janvier 2020) et que sa propre fortune, gérée en euros, serait susceptible de variations. Sous couvert de la violation de la maxime des débats, le recourant se plaint en outre de la modification par le juge de deuxième instance du taux de conversion appliqué en première instance et fait valoir que cet élément n'avait pas été remis en cause par les parties dans leurs appels respectifs. Cela étant, il soutient que l'intervention d'office des juges cantonaux s'inscrirait dans le cadre de l'établissement des faits, à tort, dès lors que si le taux de conversion est certes un fait notoire (cf. ATF 143 IV 380 consid. 1.1.2; 135 III 88 c. 4.1), l'appréciation par le juge du taux à appliquer relève du droit. Quoi qu'il en soit, la cour cantonale a effectivement appliqué un taux de conversion différent de celui retenu par l'autorité de première instance sans être requise de le faire, ce qui constitue une violation arbitraire du principe de disposition (art. 58 al. 1 CPC), que le recourant évoque par sa motivation. Dans la mesure où le calcul de la contribution d'entretien par les juges cantonaux repose sur le montant cumulé des dépenses déterminantes de l'épouse, le taux de conversion supérieur qu'ils ont utilisé a de factoeu pour corollaire d'arrêter une contribution d'entretien plus élevée, au détriment du recourant. Celui-ci soutient d'ailleurs à cet égard que la modification indue du taux de conversion aurait pour conséquence de lui faire verser un montant excédentaire d'environ 1'929 fr. par mois par rapport à celui qui aurait dû être versé sur la base du taux retenu par le juge de première instance. Sous l'angle du caractère arbitraire du résultat (cf. supra consid. 2.1), on peut toutefois se dispenser de chiffrer le montant exact de la différence en jeu, dès lors qu'elle sera manifestement sujette à modification du fait du renvoi de la cause à l'autorité cantonale (cf. supra consid. 4.3). lI s'ensuit que le grief du recourant est fondé. La cause sera renvoyée à l'autorité cantonale en vue de l'application par celle-ci du taux de conversion utilisé par le premier juge s'agissant des postes de charges déterminants pour arrêter le train de vie antérieur de l'épouse.