Citation: 6B_968/2017 E. 3.2

3.2. Au titre de l'arbitraire dans la constatation des faits, la recourante fait grief au procureur, dans l'ordonnance de classement, de s'être borné à émettre des hypothèses sur le déroulement des faits, soit quant à savoir si la victime s'était penchée au-dessus du vide et si le garde-corps représentait un danger concret. Ces points n'auraient fait l'objet d'aucune instruction. La cour cantonale n'aurait pas déterminé ce qui constitue un " usage normal d'un balcon " et son appréciation ne reposerait sur aucun élément concret. La recourante souligne que, selon le Bureau de prévention des accidents (BPA), les garde-corps remplissent une fonction importante dans les bâtiments, car ils protègent des chutes de plain-pied ou d'une certaine hauteur les personnes particulièrement vulnérables soit les enfants (exposés au danger en raison de leur curiosité et de leur vivacité accrues) ainsi que les aînés (en raison de troubles de l'équilibre, de la dégradation de leurs capacités visuelles et de possibles accès de faiblesse). De même, selon la norme SIA 358, les garde-corps, les allèges et les mains courantes sont des ouvrages devant protéger les personnes contre les chutes. La recourante souligne qu'est considérée comme utilisation normale des garde-corps " l'ensemble des activités qui, d'après l'expérience, sont exercées dans le périmètre praticable d'un bâtiment par les personnes pour lesquelles ce bâtiment est prévu ". Par ailleurs, toujours, selon cette norme, relève d'un comportement normal, " la prudence dont doit faire preuve un utilisateur ou l'accompagnant d'un enfant, de handicapés ou d'invalides en présence d'un risque de chute perceptible pour lui ". La recourante objecte aussi que selon les déclarations de l'enfant D.________, A.________ avait lancé deux boules de neige, l'enfant ne l'ayant pas vu et n'ayant pas parlé avec lui. La recourante en conclut que la victime ne se serait pas exagérément penchée pour lancer les boules de neige. Selon elle, une instruction complémentaire aurait permis de mettre en évidence que le défunt n'était pas homme à prendre des risques, d'autant qu'il souffrait de vertiges.