Citation: 2C_587/2023 E. 1.4

1.4. Selon l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires doivent indiquer, entre autres éléments, les conclusions et les motifs. Lorsqu'un recours est dirigé contre un acte normatif cantonal, les conclusions doivent préciser quelles parties de celui-ci sont attaquées (cf. ATF 119 Ia 254 consid. 2e; 109 Ia 120 consid. 2d). En cas d'imprécision et de doute, elles doivent être interprétées à la lumière des motifs du recours, ce conformément au principe de la confiance (ATF 133 II 409 consid. 1.4.1; arrêt 2C_137/2022 du 4 novembre 2022 consid. 1.5). Les motifs du recours doivent en effet exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit (cf. art. 42 al. 2 LTF) et le Tribunal fédéral n'examine en principe que les griefs ainsi soulevés, à moins qu'une violation du droit fédéral et international non invoquée ne soit manifeste sur la base des faits constatés dans l'arrêt attaqué (cf. ATF 140 III 115 consid. 2; aussi arrêt 2C_456/2023 du 23 juillet 2024 consid. 3.1). En l'occurrence, les recourantes concluent formellement à l'annulation des art. 9 et 10 LCMP/NE. Toutefois, dans leur mémoire, long de plus de septante pages, les recourantes ne formulent aucun grief à l'encontre de l'art. 9 al. 2 et al. 3 LCMP/NE qui impose aux soumissionnaires d'indiquer leur intention de recourir à la location de personnel dans leurs offres déjà, tout en imposant aux sociétés de location de personnel dont les services sont envisagés de satisfaire le cas échéant aux mêmes conditions de participation que celles applicables aux soumissionnaires. De même, tout au long de leurs écritures, les recourantes ne se plaignent-elles aucunement de l'art. 9 al. 4 et 5 LCMP/NE, ce qui se comprend aisément dès lors que ces deux alinéas portent exclusivement sur une problématique qui ne les concerne pas directement, soit celle de la sous-traitance dans le cadre des marchés publics. Elles ne critiquent en fin de compte que deux aspects de la LCMP/NE, à savoir l'art. 9 al. 1 LCMP/NE qui prévoit la possibilité pour les entités adjudicatrices neuchâteloises de limiter ou d'exclure d'emblée le recours à la location de personnel dans leurs appels d'offres, ainsi que l'art. 10 LCMP/NE qui fixe une proportion maximale de travailleurs intérimaires employables lors de la réalisation de marchés publics de construction. La Cour de céans se cantonnera dès lors à examiner la conformité au droit de ces deux alinéa et disposition, qui sont les seuls à faire l'objet de griefs motivés de la part des recourantes en conformité avec l'art. 42 al. 1 et 2 LTF et qui apparaissent comme les seuls à être effectivement contestés par ces dernières, quand bien même les conclusions du recours, prises isolément, pourraient laisser entendre le contraire.