Citation: 6B_734/2021 E. B

Par jugement du 10 mars 2021, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté l'appel formé par A.A.________ et confirmé le jugement de première instance. En résumé, elle a retenu les faits suivants: B.a. A.A.________ est né en 1970 au Sri Lanka. En 1983, il a dû faire face à la guerre civile dans son pays et à l'instabilité qui y régnait. En 1990, il a quitté le Sri Lanka pour se rendre à Moscou puis en Suisse. Il a obtenu la nationalité suisse en 2009. En 2010, après s'être retrouvé durant une année au chômage, il a décroché un emploi à plein temps comme aide-cuisinier au sein de l'établissement V.________ à W.________. En parallèle, il exerçait également une activité de livreur de journaux. Il s'est marié en 2002 avec D.A.________ au Sri Lanka. Il s'agissait d'un mariage arrangé entre A.A.________ et la famille de la jeune femme qui ne souhaitait pas ce mariage. Après le mariage, A.A.________ est revenu en Suisse et son épouse l'a rejoint début novembre 2002. Ils ont eu trois enfants, nés en 2004, 2005 et 2014. Dès 2008, le couple a rencontré d'importantes difficultés conjugales, émaillées de violences en raison notamment du comportement infidèle de l'épouse. Dans le courant de l'année 2017, les tensions sont devenues plus exacerbées entre A.A.________ et son épouse, entraînant des violences physiques. Depuis lors, les époux faisaient chambre séparée. Par convention de mesures protectrices de l'union conjugale du 5 février 2018, les époux ont décidé de vivre séparés pour une durée indéterminée, la jouissance du domicile conjugal ayant été attribuée à D.A.________, tout comme la garde des enfants. B.b. En août 2017, A.A.________ a vu, pour la première fois, son épouse en compagnie de E.B.________, demandeur d'asile sri lankais, né en 1998. Il a sommé à plusieurs reprises le jeune homme de ne plus revenir chez lui ni de prendre contact avec son épouse. Le 6 février 2018, vers 23 h 00, comme il haïssait E.B.________ pour fréquenter son épouse, il a décidé de le tuer le plus vite possible, à savoir lors de son prochain jour de congé qui était le vendredi 8 février 2018, au moyen du couteau yyy qu'il avait laissé dans le coffre de la voiture familiale six mois auparavant. Le 7 février 2018, vers 07 h 30, il a pris la voiture familiale pour accompagner sa fille chez le dentiste à Lausanne et l'a conduite ensuite à l'école à Bussigny. Alors qu'il était environ 09 h 00 et qu'il devait commencer le travail sur le site V.________ de l'Institution de W.________ à Lausanne à 10 h 15, il a décidé de mettre à exécution sa décision de tuer E.B.________ le matin même. Il a stationné la voiture familiale dans le parking d'un commerce, avant de se munir du couteau qui était dans le coffre en le dissimulant dans la poche intérieure gauche de sa veste et de se rendre à pied au Centre F.________, où vivait E.B.________. A 09 h 18, parvenu au Centre F.________, il s'est présenté à la réception. Agissant calmement et sans hésitation, il s'est légitimé auprès de l'agent de sécurité, en remettant son permis de conduire pour la durée de sa visite. Il a ensuite rejoint, par les escaliers, la porte donnant accès à l'étage, laquelle était fermée, et a frappé fortement à la porte, ce qui a attiré l'attention d'une résidente qui est venue lui ouvrir. Puis, il s'est rendu à la chambre de E.B.________. Il a frappé à la porte de sa chambre. Ce dernier, qui était au téléphone avec D.A.________, a ouvert et l'a laissé entrer. A peine entré dans la chambre, A.A.________ lui a reproché d'être responsable de sa séparation d'avec son épouse et du fait qu'il devait quitter son appartement dans un mois. A.A.________, qui savait que E.B.________ n'avait aucun moyen de quitter la chambre au vu de la configuration des lieux, a sorti son couteau de sa veste et a immédiatement asséné un très violent coup de couteau dans le flanc gauche de E.B.________, qui a en vain tenté de se protéger avec son bras gauche et en essayant d'esquiver le coup en pivotant vers la droite. Puis, après avoir ressorti la lame du corps de sa victime, il a asséné à cette dernière un deuxième coup de couteau au même endroit. E.B.________ a alors chuté au sol et s'est mis à crier. A.A.________, qui maintenait toujours la lame du couteau dans le corps de sa victime, est également tombé au sol. Tout en collant son corps contre celui de E.B.________, il a davantage enfoncé la lame dans le corps de ce dernier et a mis sa main sur sa bouche dans le but d'étouffer ses cris et d'éviter ainsi d'alerter les autres personnes présentes dans le centre. Utilisant à nouveau toute la force dont il disposait, il a ensuite asséné quatre coups de couteau dans le dos de sa victime qui était au sol, l'un d'eux la transperçant presque de part en part. Puis, il a posé son couteau sur le sol, entre le mur et le pied arrière du lit. Tandis que sa victime gisait agonisante au sol, il l'a recouverte avec un duvet pour la dissimuler et cacher ses blessures. Alerté à 09 h 26 par un résident, qui avait entendu des cris dans la chambre de E.B.________, G.________ est allé frapper à la porte de la chambre de celui-ci et l'a ouverte avec son badge. Après avoir retiré le duvet du corps de E.B.________, il a appelé les secours. A.A.________ avait l'air calme et aussi choqué. Il a déclaré fièrement, en se tapant la poitrine, qu'il avait tué E.B.________. Les manoeuvres de réanimation se sont avérées vaines, le décès de ce dernier étant constaté vers 10 h 10. B.c. A Valvettihurai, province de Jaffna/Sri Lanka, entre le 14 et le 29 octobre 2010, A.A.________ a rejoint son épouse et leurs filles séjournant dans ladite localité depuis une semaine. Il a parlé au frère de D.A.________, H.________ (objet de la procédure n° xxx ouverte devant les autorités judiciaires sri lankaises), des contacts ambigus que cette dernière entretenait avec I.________, né en 1986 et ayant séjourné durant trois mois en 2008 à Lausanne. Il lui a demandé de tuer ou faire tuer I.________ pour que sa famille ne soit pas détruite. H.________ a adhéré à son projet et lui a répondu qu'il chargerait quelqu'un d'autre de tuer ce jeune homme. A.A.________ lui a ensuite remis 500'000 roupilles sri lankaises pour payer le tueur à gages. Grâce à une connaissance de A.A.________ vivant en Inde - J.________ -, A.A.________ et H.________ ont, par la suite, été mis en relation avec un tueur à gages nommé K.________ (objet de la procédure n° xxx ouverte devant les autorités judiciaires sri lankaises), qui a accepté de se charger de tuer I.________ contre les 500'000 roupilles sri lankaises, qui lui ont été transmises en plusieurs fois. Ainsi, à Alaveddy, province de Jaffna/Sri Lanka, le 11 novembre 2010, alors que A.A.________ était retourné en Suisse, K.________ est passé à l'acte, avec l'appui de L.________ et M.________ (objets de la procédure n° xxx ouverte devant les autorités judiciaires sri lankaises). Alors qu'il se déplaçait à moto, K.________ a tiré deux coups de feu au moyen d'un pistolet sur I.________, qui venait de terminer une prestation musicale au temple de Y.________. Une balle a atteint I.________ à un bras et l'autre a traversé son corps de part en part. Ce jeune homme a été gravement blessé, mais n'est pas décédé des suites de ses blessures. K.________, qui a pris la fuite, n'a jamais pu être interpellé. En revanche, H.________, L.________ et M.________, qui étaient également sur les lieux du crime, ont été arrêtés par les autorités sri lankaises avant d'être libérés sous caution. Le procès s'est tenu le 21 octobre 2019 devant le Tribunal de première instance de Z.________.