Citation: 2C_444/2023 E. 2.4

2.4. Le recourant critique ensuite la Cour de justice lorsqu'elle retient que "la prise en charge du recourant s'est poursuivie à V.________, et aucun élément nouveau ne commande de s'écarter du constat opéré il y a à peine plus d'un mois au sujet du risque auto-agressif", pour conclure que "l'environnement n'a pas changé sur ce point, et le recourant ne peut être suivi lorsqu'il affirme qu'une nouvelle pesée des intérêts ferait prévaloir son intérêt [privé] sur l'intérêt public à son expulsion". Le recourant fait essentiellement valoir que le contenu du rapport du psychiatre du 23 mai 2023 ne permettait pas à la Cour de justice de renvoyer à son arrêt du 16 mai 2023 et reproche à celle-ci d'avoir écarté ce rapport sans bons motifs et sans se justifier. Selon lui, le contenu de celui-ci aurait dû conduire les autorités à constater que sa détention présentait un danger sérieux, concret et avéré pour sa santé, voire pour sa vie et que le dispositif carcéral et médical était insuffisant pour minimiser ce type de risque. Le recourant fait valoir qu'il ressort de la partie "en fait" de l'arrêt attaqué que le psychiatre en cause a adressé le rapport du 23 mai 2023 à l'Office cantonal de sa propre initiative et qu'il s'agissait de sa part d'une démarche plutôt exceptionnelle. Il y relevait que le recourant présentait une "impulsivité extrêmement importante et une difficulté à contenir ce qui se passait à l'intérieur" et qu'il y avait eu des passages à l'acte "assez importants". Il relève que ledit psychiatre préconisait un suivi ambulatoire. En l'occurrence, le contenu du rapport du 23 mai 2023 ne permet pas de conclure à l'arbitraire des faits retenus par la Cour de justice. En particulier, il ne ressort pas de celui-ci que la situation du recourant se serait dégradée depuis le dernier examen effectué par cette autorité un peu plus d'un mois plus tôt. Il ressort essentiellement de ce rapport qu'un traitement ambulatoire serait préférable et que l'incarcération du recourant est un facteur de risque et de stress supplémentaire. Le psychiatre indique que son rapport visait à attirer l'attention des autorités sur la situation extrêmement délicate dans laquelle il se trouvait en tant que médecin-psychiatre auprès de V.________, à devoir gérer seul le risque suicidaire des détenus. Il précisait toutefois ne pas avoir de solution particulière à proposer. Le psychiatre n'indique donc pas que l'état de santé du recourant rendait sa détention impossible, mais il met en évidence que celle-ci augmente les risques de passage à l'acte et que la gestion des ces risques n'est pas aisée. Pour le surplus, l'argumentation du recourant est essentiellement appellatoire. Il se contente de substituer son appréciation à celle de l'autorité précédente sans démontrer le caractère insoutenable des faits retenus par celle-ci.