Citation: 2A.127/2001 25.06.2001 E. 2

2.- La décision attaquée se fonde essentiellement sur l'abus de droit que commettrait la recourante en se prévalant de l'art. 7 al. 1 LSEE pour demander la prolongation de son autorisation de séjour. a) Il y a abus de droit notamment lorsqu'une institution juridique est utilisée à l'encontre de son but pour réaliser des intérêts que cette institution juridique n'est pas destinée à protéger. Le Tribunal fédéral a affirmé à plusieurs reprises que le fait d'invoquer l'art. 7 al. 1 LSEE peut être constitutif d'un abus de droit en l'absence même d'un mariage contracté dans le but d'éluder les dispositions sur le séjour et l'établissement des étrangers. L'existence d'un tel abus doit être appréciée dans chaque cas particulier et avec retenue, seul l'abus manifeste pouvant être pris en considération. Elle ne peut être déduite du simple fait que les époux vivent séparés et il ne suffit pas non plus qu'une procédure de divorce soit entamée. Toutefois, il y a abus de droit lorsque le conjoint étranger invoque un mariage n'existant plus que formellement dans le seul but d'obtenir une autorisation de séjour, car ce but n'est pas protégé par l'art. 7 LSEE (ATF 127 II 49 consid. 5a p. 56; 123 II 49 consid. 4 et 5 p. 50; 121 II 97 consid, 4a p. 103/104). b) En l'espèce, la Cour cantonale a retenu que les époux n'avaient plus réellement d'intérêts ou de véritables projets d'avenir communs, qu'ils avaient d'ailleurs passé davantage de temps séparés qu'ensemble, ce qui permettait de conclure que les liens du mariage étaient atteints au point qu'une réconciliation semblait difficilement envisageable. La recourante taxe cette affirmation de "totalement fausse" en se fondant sur les déclarations de son mari selon lesquelles ce dernier lui rendait visite à Sion et était disposé à reprendre la vie commune si elle acceptait de réintégrer le domicile conjugal à X.________. Elle ne conteste cependant pas que les époux vivent séparés depuis le mois de janvier 1999 et qu'ils n'ont, depuis lors, jamais repris la vie commune ni même tenté de le faire. La recourante ne prétend pas davantage que, malgré leur domicile séparé, elle-même et son époux entretiendraient des relations suffisamment étroites et suivies pour pouvoir être qualifiées de vie de couple, ou que le refus de la juridiction cantonale d'ordonner les mesures probatoires qu'elle avait requises l'aurait privée de la possibilité d'établir l'existence de telles relations. Il faut dès lors constater que le Tribunal cantonal n'a établi les faits ni de manière manifestement inexacte ou incomplète, ni en violation de règles essentielles de la procédure, de sorte que le Tribunal fédéral est lié par l'état de fait de l'arrêt déféré (art. 105 al. 2 OJ). Dans ces conditions, la version des faits présentée par la recourante n'est pas de nature à infirmer la constatation que son mariage ne lui sert actuellement qu'à demeurer en Suisse pour y travailler (ATF 127 II 49 consid. 5d p. 59). La Cour cantonale pouvait dès lors, sans abuser de son pouvoir d'appréciation, considérer que la recourante commettait un abus en invoquant son mariage avec T.________ pour obtenir la prolongation de son autorisation de séjour.