Citation: 6B_731/2013 E. 3.3.2

3.3.2. Il ressort de la visualisation complète de l'émission (art. 105 al. 2 LTF) que le juge d'instruction s'est exprimé sur différents points du dossier. Le montage de l'émission est toutefois fait de sorte à ne présenter que des extraits de ses déclarations, commençant parfois au milieu d'une phrase, sans jamais savoir à quelle question ou remarque du journaliste - que l'on ne voit ni n'entend pas - elles font suite. Ces extraits sont en outre presque toujours précédés d'un passage en voix off, avec photos du drame ou des protagonistes en arrière-fond, faisant des réflexions ou s'interrogeant sur différents points du dossier. Tel est en particulier le cas du passage précité supra ad consid. 3.3.1. On ignore ainsi à quelle question répond le juge d'instruction. Dans ces circonstances et sans autre élément, on ne peut considérer que le juge d'instruction, dans les déclarations précitées, se serait déterminé sur la question des deux empreintes ensanglantées retrouvées sur le corps de l'une des victimes ou faisait référence à celles-ci, sujet abordé par le passage en voix off placé juste avant l'extrait de ces déclarations. Celles-ci doivent par conséquent être appréciées en elles-mêmes. Un tel examen permet de constater que le juge d'instruction n'a mentionné, dans aucune des déclarations diffusées, les empreintes litigieuses. Il n'a pas a fortiori indiqué que ces empreintes auraient été apposées lors de la découverte des corps. Il n'a pas non plus déclaré ou laissé entendre que le sang trouvé le 4 janvier 2006 sur les lieux du drame aurait été encore frais. Dans ces circonstances, la déclaration du juge d'instruction qu'"il n'était pas exclu que quelqu'un ait pu toucher le corps" n'avait pas à être interprétée, comme le soutient le recourant, comme l'admission par ce juge que les deux empreintes litigieuses auraient été apposées ou pu être apposées sur le corps de C.________ le 4 janvier 2006 et donc comme l'admission de l'existence de sang encore frais ce jour-là sur les lieux du drame. On relève par surabondance que l'émission invoquée par le recourant contient un passage au cours duquel le même juge d'instruction déclare que la paire de ciseaux retrouvée sous le corps de B.________ "baignait, excusez moi l'expression, dans le liquide de putréfaction de Mme B.________"; la voix off indique, elle, que les corps étaient "en partie putréfiés" lors de leur découverte; le professeur H.________, directeur du Centre universitaire romand de médecine légale et expert dans la procédure pénale au fond, rappelle quant à lui que les décès "au regard de l'altération cadavérique des corps, remontaient vraisemblablement à plus de quatre jours". De telles affirmations infirment encore, pour autant que de besoin, l'existence de sang encore frais lors de la découverte des corps, sang sur lequel aurait pu être apposées les empreintes litigieuses. Dans ces circonstances, l'autorité précédente pouvait considérer sans arbitraire que les déclarations de juge d'instruction, certes nouvelles, ne comportaient aucun élément propre à ébranler, même au stade de la vraisemblance, les constatations de fait, notamment la date du décès retenue au 24 décembre 2005, sur lesquelles repose la condamnation. L'une des conditions cumulatives ouvrant droit à la révision n'étant pas réalisée, c'est à juste titre que l'autorité cantonale a rejeté la demande en révision du recourant dans la mesure où elle se fondait sur les déclarations du juge d'instruction diffusées dans l'émission I.________.