Citation: U 97/04 30.12.2004 E. 4

En ce qui concerne l'atteinte à la santé physique du recourant, la disparition du caractère causal de l'accident a été établie au degré de vraisemblance prépondérante (RAMA 2000 n° U 363 p. 46 consid. 2 et la référence). On peut, sur ce point, renvoyer au jugement attaqué. En revanche, est litigieuse la question de la causalité adéquate entre l'événement du 16 juin 2000 et les troubles d'ordre psychique que présente l'assuré. 4.1 Selon le recourant, il est dans le cours normal des choses qu'une chute de deux mètres ayant entraîné une incapacité de travail de plus d'une année soit de nature à provoquer des troubles psychogènes. 4.2 La causalité est adéquate si, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le fait considéré était propre à entraîner un effet du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce résultat paraissant de façon générale favorisée par une telle circonstance (ATF 129 V 181 consid. 3.2, 405 consid. 2.2, 125 V 461 consid. 5a et les références). 4.3 Compte tenu du déroulement de l'événement du 16 juin 2000 et de ses conséquences, c'est avec raison que le premier juge, se fondant sur la classification établie par la jurisprudence en la matière (ATF 115 V 139 consid. 6, 407 s. consid. 5), a admis que l'accident était de gravité moyenne, à la limite d'un cas de peu de gravité. En effet, la gravité de l'accident ne s'apprécie pas uniquement en fonction de la hauteur de la chute (RAMA 1998 n° U 307 p. 449 consid. 3a et la jurisprudence relative aux chutes d'une certaine hauteur; arrêt A. du 6 mai 2004 [U 153/03]). Pour qu'un accident de gravité moyenne, à la limite d'un cas de peu de gravité, soit tenu pour la cause adéquate d'une atteinte à la santé psychique, la jurisprudence exige un cumul des circonstances susceptibles de favoriser une affection psychique, ou que certaines d'entre elles revêtent une intensité particulière (ATF 115 V 139 s. consid. 6 et 408 s. consid. 5). Les critères les plus importants pris en considération sont les suivants: - les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident; - la gravité ou la nature particulière des lésions physiques, compte tenu notamment du fait qu'elles sont propres, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques; - la durée anormalement longue du traitement médical; - les douleurs physiques persistantes; - les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident; - les difficultés apparues en cours de guérison et les complications importantes; - le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques. 4.3.1 Le premier juge a considéré que l'accident du 16 juin 2000 n'avait revêtu aucun caractère impressionnant et qu'il n'était pas entouré de circonstances particulièrement dramatiques. Cela n'est pas contesté par le recourant. 4.3.2 En ce qui concerne la lésion physique, le docteur R.________, lors de son examen du 16 juin 2000, a constaté des contusions et éraflures multiples, mettant en évidence une contusion rénale attestée par une hématurie (rapport médical LAA du 1er septembre 2000). Présentant un status trois mois après chute avec contusions multiples et probable fracture de la 12ème côte gauche, l'assuré a subi le 27 septembre 2000 à l'Institut de radiologie et d'imagerie médicale Q.________ un examen du poignet droit par le docteur C.________, spécialiste FMH en radiologie médicale, radiodiagnostic et médecine nucléaire. Il en ressort qu'il n'y avait pas de signes évidents pour une ancienne fracture du scaphoïde carpien droit, ni des autres os du carpe, ni de la partie distale du radius et du cubitus, ni des métacarpiens, et qu'il n'y avait pas de chondrocalcinose, pas de luxation radio-cubitale distale, pas d'arthrose de la racine du pouce ni de Sudeck. Cela n'excluait pas une entorse du poignet. Dans un rapport du 19 avril 2001, le docteur O.________, médecin-chef de l'Association médicale du Centre Thermal B.________, a retenu des douleurs lombaires basses sur status post-contusionnel présent également au niveau du poignet et de l'épaule (droits). Selon un examen IRM lombaire et du poignet droit effectué le 17 mai 2001 par le docteur P.________, médecin du Centre Hospitalier M.________, il n'y avait pas de lésion traumatique aiguë ou subaiguë au niveau du segment vertébral lombaire visible ni de hernie discale. Dans un rapport du 18 mai 2001, ce médecin évoquait une possible lésion chondro-osseuse dans la partie antérieure de l'épiphyse radiale à la hauteur de l'interligne radio-scaphoïdienne. Sur requête du docteur F.________, qui a examiné le recourant le 31 mai 2001, un examen arthro-CT complété par un éventuel IRM a eu lieu le 19 juin 2001. Cet examen a mis en évidence une déchirure du ligament luno-pyramidal (communication du docteur F.________ au docteur H.________, du 20 juillet 2001). Il en résulte que le recourant n'a pas été victime d'une lésion particulièrement grave, ainsi que l'a considéré avec raison le premier juge. Le recourant ne le conteste pas, mais fait valoir que les troubles sous lesquels s'est manifestée l'atteinte à sa santé physique ont duré au moins jusqu'au 15 octobre 2001, de sorte qu'ils ne sauraient être qualifiés de bénins. Certes, entre la survenance de l'entorse du poignet droit avec lésion partielle du ligament luno-pyramidal le 16 juin 2000 et le débridement arthroscopique du ligament luno-pyramidal du poignet droit auquel a procédé le docteur F.________ le 5 septembre 2001, il s'est écoulé près de quinze mois. Lors de l'hospitalisation du recourant entre le 27 novembre et le 14 décembre 2001 à la Clinique de réadaptation Z.________, le consilium de chirurgie de la main a confirmé qu'il pouvait persister des douleurs résiduelles du poignet droit, sans que cela puisse expliquer l'étendue de la limitation fonctionnelle alléguée par le patient. Les éléments objectifs et les plaintes de celui-ci présentaient donc une discordance importante. Aux dires des médecins, le diagnostic de trouble de l'adaptation avec humeur dépressive retenu par le psychiatre-consultant est d'une importance difficile à apprécier, dans la mesure où il se situe dans un contexte d'une hospitalisation très mal vécue du fait de l'éloignement de l'épouse de l'assuré, qui aurait eu un accident après une visite à la clinique. Selon les docteurs L.________ et E.________, une tentative de reprise de l'activité professionnelle était envisageable dès le 3 janvier 2002 à 100 % dans la profession actuelle de manoeuvre. Une incapacité de travail totale jusqu'au 2 janvier 2002 était toutefois reconnue pour une période limitée en raison d'un problème familial (rapport de la Clinique de réadaptation Z.________ du 15 janvier 2002). Le docteur F.________ a examiné le recourant les 3 septembre et 14 novembre 2002. Dans un document du 22 novembre 2002, ce spécialiste insiste sur la discrépance qui existe entre les lésions mises en évidence à l'arthroscopie, les plaintes du patient et le status clinique. Considérant que la symptomatologie douloureuse est très mal systématisée, il ne pense pas que quelle que soit l'intervention pratiquée on puisse obtenir une amélioration de la symptomatologie douloureuse du poignet. Avec le premier juge, il convient de retenir que la guérison n'a engendré aucune complication ni difficultés. Il n'y a pas de cumul des circonstances susceptibles de favoriser une affection psychique. On ne saurait non plus considérer que certaines d'entre elles revêtent une intensité particulière, qu'il s'agisse des douleurs physiques ou de la durée de l'incapacité de travail due à la lésion physique (ATF 115 V 139 s. consid. 6 et 408 s. consid. 5 déjà cités). L'accident de gravité moyenne, à la limite d'un cas de peu de gravité, que constitue l'événement du 16 juin 2000 ne saurait dès lors être tenu pour la cause adéquate de l'atteinte à la santé psychique du recourant.