Citation: 6P.252/2006 01.02.2007 E. 3

Le recourant se plaint d'arbitraire. Cette notion a été rappelée récemment dans l'ATF 132 I 13 consid. 5.1, p. 17, auquel on peut se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse critiquable. Il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat. En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41). 3.1 Le recourant nie avoir eu une quelconque intention criminelle à l'encontre de sa femme. Il prétend que celle-ci s'est emparée d'un couteau, l'a brandi vers lui et a ensuite été mortellement blessée au cours de la bagarre qui s'en est suivie. 3.1.1 La Cour de cassation a jugé que la version du recourant n'était pas crédible. Elle a d'abord relevé que, d'après l'examen médical, le recourant ne présentait aucun hématome, ni lésion visible, alors qu'une bagarre laisse généralement quelques traces, qu'à l'inverse, les doigts de la victime comportaient des lésions de défense, et que le décès, provoqué par égorgement, était dû à l'intervention d'un tiers qui ne pouvait être que le recourant (cf. arrêt p. 10). Elle a ensuite souligné que la thèse de l'intéressé était d'autant plus invraisemblable qu'il avait prémédité d'éliminer son épouse, comme le démontraient, d'une part, ses démarches effectuées la veille du drame (cf. arrêt p. 11 et 12) et, d'autre part, son comportement suite au crime (cf. arrêt p. 13). 3.1.2 En l'occurrence, la critique du recourant est irrecevable, puisqu'il ne démontre pas, conformément aux exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en quoi la motivation précitée violerait ses droits constitutionnels. En particulier, il ne s'explique pas sur l'absence ou la présence des blessures de défense, ni sur son comportement après le drame. Il n'avance pas davantage d'éléments convaincants en faveur de sa propre version des faits. De plus, au vu des éléments retenus ci-dessus, à savoir les lésions constatées sur la victime, les actes préparatoires et le comportement de l'intéressé suite au crime, la Cour de cassation pouvait, sans arbitraire, exclure la thèse de la bagarre et conclure à l'intention criminelle du recourant. Le grief est dès lors vain. 3.2 Le recourant reproche aux autorités cantonales de ne pas avoir déterminé pourquoi il n'a pas tué son épouse le 4 mars au matin, alors que les conditions étaient plus favorables. Il relève également que sa condamnation se fonde sur toute une série d'hypothèses. 3.2.1 Les autorités cantonales ont retenu, sans que l'arbitraire ne soit démontré à ce sujet (cf. infra consid. 3.4), que le recourant a planifié la mort de son épouse et l'élimination de son cadavre, en achetant, la veille du drame, des outils pour dépecer la victime et un billet de train pour expliquer sa disparition en faisant croire qu'elle était partie en Allemagne. S'agissant du déroulement des événements, elles ont constaté que, la matin du crime, le recourant s'est rendu chez son épouse, qu'il l'a frappée, qu'il envisageait de la tuer à ce moment-là, ce qu'il n'a finalement pas fait, sans que l'on sache si l'épouse a alors fait des promesses suffisantes ou si un autre motif l'a retenu d'agir. Elles ont relevé que le recourant a finalement tué sa victime dans l'après-midi, sans que l'on sache exactement ce qui a déclenché le comportement homicide. 3.2.2 Il ressort de ce qui précède que les juges cantonaux n'ont effectivement pu résoudre toutes les questions. Toutefois, le fait qu'ils aient dû formuler certaines hypothèses et qu'ils n'aient, en particulier, pu déterminer avec exactitude le déroulement complet des événements, les causes des diverses attitudes de l'auteur durant la journée du 4 mars 2003 et le processus psychologique qui l'a finalement conduit à passer à l'acte est sans pertinence. En effet, les incertitudes qui subsistent ne suffisent pas à susciter un doute sérieux quant à la réalité de l'intention criminelle du recourant (cf. supra consid. 3.1), l'acte ayant été au demeurant prémédité. Elles ne concernent pas non plus des faits pertinents pour la qualification de l'infraction retenue. Le recourant ne démontre en tout cas pas le contraire, conformément aux exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. La critique est donc infondée.