Citation: U 147/04 22.03.2005 E. 1

2.3 Pour pouvoir se prononcer sur l'existence d'un lien de causalité naturelle entre une atteinte à la santé et un accident, le juge a besoin de documents que le médecin doit lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter une appréciation concrète du cas. Aussi, selon la jurisprudence, la seule référence à la doctrine médicale - sans examen du cas concret - ne permet pas, en principe, de s'écarter de l'opinion convaincante de médecins qui ont examiné le cas particulier (RAMA 2003 no U 487 p. 346 s. consid. 5.2.2). En l'occurrence, l'appréciation du docteur R.________ n'est remise en cause par aucun des médecins qui se sont prononcés sur le cas. En particulier, le docteur J.________, spécialiste en médecine interne et rhumatologie, dont l'avis a été recueilli dans le cadre de l'instruction mise en oeuvre par l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (rapport du 20 septembre 2002), ne s'écarte pas des conclusions du docteur R.________, mais relève un certain nombre de facteurs étrangers à l'accident (âge, mouvements répétitifs liés à l'activité professionnelle) qui ont joué un rôle essentiel dans la persistance des douleurs à l'épaule gauche. Quant au docteur S.________, spécialiste en chirurgie orthopédique (rapport du 5 juin 2001), il ne fait état d'aucun élément objectif qui n'ait été pris en considération et dûment analysé par le docteur R.________. Enfin, il n'existe pas, en l'occurrence, de raison objective de s'écarter de la règle selon laquelle le fait qu'il a déjà prodigué des soins à l'assuré n'empêche pas un médecin d'être appelé à se prononcer en tant qu'expert (consid. 5c non publié de l'arrêt RAMA 1993 no U 167 p. 95). Vu ce qui précède, la juridiction cantonale ne pouvait pas, en se référant uniquement à la doctrine médicale, s'écarter de l'opinion convaincante du docteur R.________, selon laquelle il n'existait pas de lien de causalité entre l'accident et les douleurs persistant encore au mois d'août 1998. La recourante était dès lors fondée, par sa décision sur opposition du 24 juillet 2001, à supprimer le droit de l'intimée à des prestations d'assurance à partir du 23 août 1998. Le recours se révèle ainsi bien fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: