Citation: 6B_55/2025 E. 2.3

2.3. La cour cantonale a relevé que les premiers juges avaient constaté que le recourant avait été mis en contact avec E.________ par l'intermédiaire de son fils. En raison du lien de confiance qu'il avait avec ce dernier, E.________ pouvait croire les propos du recourant, sans qu'on puisse lui reprocher de n'avoir pas effectué de plus amples vérifications. Les premiers juges avaient également retenu que c'étaient bien les tromperies du recourant qui avaient convaincu E.________ de verser les acomptes demandés et qu'il avait eu la volonté de s'enrichir au détriment d'autrui, ce qu'il ne contestait pas. La cour cantonale a considéré que l'appréciation, certes succincte, du Tribunal correctionnel était adéquate. En effet, lors de l'instruction, le recourant avait exposé que E.________ était un "ami d'un ami" de son fils. Il habitait en Allemagne et souhaitait acquérir une montre de marque F1.________. Le recourant avait en outre confirmé, lors des débats, être entré en contact avec E.________ par l'intermédiaire de son fils, lequel avait indiqué à ce dernier que son père était en mesure d'obtenir des montres rares compte tenu de son expérience dans le domaine de l'horlogerie. Le recourant avait également reconnu avoir trompé son fils, qui avait confiance en lui, en lui demandant d'obtenir de la part de E.________ le versement d'acomptes, alors même qu'il n'avait pas encore trouvé la montre souhaitée. Il avait précisé que, pour ce type de montre, il fallait attendre des mois et que, pour la récupérer, l'intégralité du prix devait être payée dans les 24 heures suivant la livraison. Il avait néanmoins admis avoir commencé à dépenser, pour ses besoins personnels, les acomptes versés sur son compte bancaire un mois seulement après avoir reçu le second acompte, soit en février 2022, et avoir, par la suite, menti à E.________ pour le faire patienter. La cour cantonale a également relevé que, lors de son audition par la police, le recourant avait déclaré qu'il s'était inscrit sur une liste d'attente auprès de la boutique G.________ SA, en vue d'obtenir la montre désirée par le lésé. Or, il ressortait des recherches effectuées auprès de cette société que le recourant n'avait effectué aucun achat dans cette boutique depuis 2013, qu'il n'était inscrit sur aucune liste d'attente en 2021 et qu'il était uniquement dans l'attente d'une montre de marque F2.________ depuis le 13 avril 2022. Compte tenu de ces éléments, la cour cantonale a considéré qu'il ne faisait aucun doute que le recourant avait promis à E.________ de lui obtenir une montre de luxe de marque F1.________, sans avoir eu, à aucun instant, l'intention de respecter son engagement. Elle a constaté en effet que, contrairement à ce qu'il avait prétendu en début d'enquête, le recourant n'avait jamais été inscrit en 2021 sur une liste d'attente auprès de G.________ SA, ce qui démontrait déjà qu'il n'avait, dès l'origine, aucune intention de commander la montre promise au lésé. Il n'avait du reste fourni aucun élément qui aurait permis d'établir qu'il aurait eu des contacts avec G.________ SA ou toute autre société en vue d'obtenir ladite montre, alors qu'il lui aurait été facile de produire des pièces, voire de faire entendre un témoin. Elle a également constaté qu'il avait dépensé les acomptes obtenus, représentant un montant total de 9'650 fr., presque immédiatement après les avoir reçus, alors même que, selon ses dires, il devait être en mesure de s'acquitter du prix de la montre dans les 24 heures suivant sa livraison à la boutique. Il était également rappelé que sa situation financière était totalement obérée. Cet élément démontrait également l'absence de volonté initiale de commander la montre promise. La tromperie était ainsi établie. La cour cantonale a jugé que la tromperie était astucieuse. En effet, le recourant avait créé un lien de confiance avec E.________, en utilisant son propre fils, qui ignorait tout de ses intentions réelles, pour entrer en contact avec E.________, puis l'amener à verser des acomptes sur son compte bancaire. E.________, mis ainsi en confiance, n'avait aucune raison de se méfier ni de procéder à de plus amples vérifications, dès lors que le recourant, qui pouvait également se prévaloir d'une certaine expérience dans le domaine de l'horlogerie, lui avait été recommandé par son propre fils, lequel, de surcroît, était l'ami d'un ami. Par ailleurs, c'est bien parce que E.________ pensait pouvoir obtenir la montre que le recourant lui avait fallacieusement promise qu'il s'était acquitté des acomptes sollicités, de sorte que le lien de causalité entre l'acte de disposition et l'erreur créée par la tromperie était établi. Enfin, l'élément subjectif était réalisé, le recourant ayant reconnu avoir agi de la sorte pour obtenir de l'argent et le dépenser pour ses besoins courants, ceux de sa famille, ainsi que pour des loisirs. En définitive, la cour cantonale a jugé que les éléments constitutifs de l'escroquerie étaient réunis, de sorte que la condamnation du recourant pour ce chef d'accusation devait être confirmée.