Citation: 4P.85/2005 20.06.2005 E. C

Devant ce tribunal, la défenderesse a conclu au rejet de la demande. A l'audience du 9 octobre 2003, le demandeur a expliqué qu'il s'était rendu compte au mois de mars 2002 qu'il était insuffisamment payé en salaire et en frais pour le travail qu'il effectuait réellement. Les nouveaux clients auxquels il devait livrer des enveloppes étaient répartis géographiquement de telle sorte qu'il y consacrait plus de temps qu'auparavant. La défenderesse a expliqué, elle, qu'une augmentation des livraisons était effectivement intervenue "entre la fin de 1999 et le début 2000" et qu'elle s'était accompagnée d'une augmentation du salaire. Par la suite, selon ses statistiques, le nombre de destinataires auxquels le demandeur devait livrer des enveloppes n'avait pas augmenté. Le tribunal a interrogé en qualité de témoin un ancien collaborateur de la défenderesse qui avait accompli la tâche de coursier remplaçant en 1999 et 2000. Le demandeur a amplifié ses conclusions en réclamant, notamment, une indemnité pour licenciement abusif. Statuant par un jugement du 3 novembre 2003, le Tribunal des prud'hommes a condamné la défenderesse à payer, en capital, la somme brute de 12'150 fr. pour complément de salaire, soumise aux déductions sociales, et la somme nette de 2'470 fr. pour frais de voiture et d'essence. Ces montants portaient intérêt au taux de 5% dès l'introduction de la demande. La défenderesse devait, de plus, délivrer un certificat de travail complet au demandeur. Toutes les autres prétentions élevées contre elle, en particulier celles concernant la gratification, étaient rejetées. Le tribunal a constaté que le nombre des enveloppes à distribuer par le coursier n'avait pas sensiblement augmenté. En revanche, les destinataires étaient domiciliés de plus en plus loin du centre de Genève, ce qui avait provoqué un accroissement important de la durée du travail, également au cours des années 2001 et 2002. Le salaire brut de 2'000 fr. correspondait à septante-quatre heures de travail. Pour une durée moyenne de nonante-deux heures, de janvier 2001 à janvier 2003 inclusivement, le salaire aurait dû s'élever, en proportion, à 2'486 fr. La différence de 486 fr., cumulée sur ces vingt-cinq mois, devait être allouée au demandeur. Un calcul similaire aboutissait au complément du 2'470 fr. pour frais de voiture et d'essence.