Citation: 1B_227/2010 30.07.2010 E. 4

Il reste à examiner si le maintien en détention de la recourante peut être justifié par un risque de fuite. 4.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que la gravité de l'infraction, le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître un tel danger non seulement possible, mais également probable (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Lorsqu'elle admet l'existence d'un risque de fuite, l'autorité doit en outre examiner s'il ne peut être contenu par une mesure moins rigoureuse (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 123 I 268 consid. 2c p. 271; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67; 102 Ia 379 consid. 2a p. 381/382 et les arrêts cités). 4.2 La Chambre d'accusation a retenu que la recourante, ayant fait un séjour de plusieurs mois à Oviedo (E), pourrait être tentée de s'y réfugier si elle était mise en liberté, d'autant plus que son titre de séjour en Suisse était échu depuis le 2 juin 2010 et que ses lieux de séjour dans le canton ont varié sans être officialisés. Les éléments évoqués par la Chambre d'accusation suffisent en l'espèce à admettre un risque de fuite. En effet, la nationalité étrangère de la recourante, l'échéance de son autorisation d'établissement et le fait qu'elle n'ait pas de domicile fixe sont déjà des indices selon lesquels elle pourrait vraisemblablement prendre la fuite en cas de libération. A cela s'ajoute qu'elle n'a actuellement pas d'emploi en Suisse ni de source de revenu, à part les allocations de l'Hospice général. Que sa fille soit scolarisée à Genève et qu'une partie de sa famille y séjourne également ne suffit pas à garantir qu'elle ne cherchera pas à se soustraire à la justice en quittant le pays, ce d'autant que les charges qui pèsent contre elle sont d'une certaine gravité (trafic de stupéfiants portant sur plusieurs kilos de cocaïne); si elle devait être reconnue coupable de ces chefs d'accusation, elle serait exposée à une relativement lourde peine (art. 19 ch. 1 et 2 LStup: peine privative de liberté d'un an au moins à trois ans au plus).