Citation: 1P.209/2003 23.04.2003 E. 6

Supposé recevable (cf. consid. 2 ci-dessus), le grief relatif au risque de réitération devrait lui aussi être écarté. 6.1 Selon la jurisprudence, un tel risque existe lorsque le pronostic de récidive est très défavorable et si les délits à craindre sont de nature grave (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62). Autant que possible, l'autorité doit tenter de substituer à la détention toute autre mesure moins incisive propre à atteindre le même résultat (ATF 123 I 268 consid. 2c et e p. 270/271 et les arrêts cités). 6.2 Il n'est pas prétendu que le recourant faisait du commerce de stupéfiants une source essentielle de revenus. Par ailleurs, compte tenu de l'enquête en cours et de la surveillance accrue à laquelle pourrait s'attendre le recourant en cas de libération, un risque de récidive n'apparaît pas suffisamment démontré à cet égard. En revanche, le recourant n'a pas hésité, après sa libération, à prendre contact avec ses anciens clients et à exercer sur eux des pressions de toutes sortes en les menaçant, en leur réclamant de l'argent, parfois même en les agressant physiquement. Il s'est livré à ces agissements de manière systématique, et a pu bénéficier de l'intervention d'"amis dévoués". On peut sérieusement craindre que ce genre de comportement se répète si le recourant devait être remis en liberté. La cour cantonale pouvait ainsi admettre le risque de réitération, et considérer en outre qu'une mise en liberté devrait, le moment venu, être assortie de mesures de dissuasion propres à empêcher le recourant d'inquiéter ses anciennes relations. 6.3 Le recourant prétend qu'aucun élément concret susceptible de confirmer le risque de réitération ne serait survenu depuis novembre 2002. L'argument frise la témérité: le recourant a été réincarcéré le 8 novembre 2002, et ne saurait tirer argument d'une absence de réitération à partir de ce moment. Il ne propose par ailleurs aucune mesure de substitution au regard de laquelle la détention pourrait apparaître disproportionnée.