Citation: I 83/03 17.11.2003 E. 4

La décision de l'Office AI du canton de Neuchâtel du 4 mai 1998 prend essentiellement appui sur l'appréciation de son médecin-conseil, le docteur E.________, qui a estimé exigible de la part de S.________ qu'il reprenne une activité de substitution à 50 % vu le résultat médiocre obtenu lors du stage au CNIP et le contexte socio-professionnel de l'intéressé, la poursuite d'une mesure de réadaptation se révélant par ailleurs inutile et vouée à l'échec. On peut déjà se demander si de ce seul bilan du CNIP, il n'était pas prématuré de conclure que l'assuré était, de façon générale, inapte à suivre une mesure de réadaptation et de la mener à son terme : le stage se limitait à l'examen de ses aptitudes dans les secteurs de la mécanique et de l'électronique, et n'avait duré que trois semaines. Quoi qu'il en soit, le docteur E.________ disposait également d'une expertise du COMAI et dans la mesure où les experts aboutissaient à la conclusion que S.________ était, d'un point de vue médical, apte à exercer à 100 % une activité adaptée sans port de charges de plus de 10 kg après une période d'adaptation, la reconnaissance d'une incapacité de travail définitive de 50 % et, partant, d'un degré d'invalidité de 63 %, apparaît en contradiction manifeste avec l'instruction médicale, ainsi que le principe de la priorité de la réadaptation (le cas échéant par l'assuré lui-même en vertu de son obligation de diminuer le dommage) sur la rente. On soulignera encore que les médecins du COMAI ont insisté sur la nécessité de remettre S.________ au travail malgré ses plaintes douloureuses, compte tenu du «risque important de régression» existant chez cet assuré encore jeune qui avait depuis toujours oeuvré comme travailleur de force. S'il est vrai, comme le rappelle le recourant, qu'il y a lieu de tenir compte des informations recueillies au cours d'un stage d'observation professionnelle pour fixer le degré d'invalidité, ces informations ne sauraient cependant supplanter les conclusions d'une expertise médicale probante comme celle du COMAI (ATF 123 V 175), encore moins lorsque celle-ci est postérieure audit stage et qu'elle a justement pour but de vérifier si les difficultés mises à jour trouvent ou non une justification médicale. En ce sens, la décision initiale du 4 mai 1998 doit être qualifiée de manifestement erronée. Contrairement à ce que prétend le recourant, le fait que le docteur E.________ ait discuté l'avis du COMAI n'y change rien. S.________ ne présentant pas d'incapacité de travail dans une activité adaptée (voir aussi les rapports des 7 décembre 2000 et 15 mars 2002 des docteurs F.________ et G.________ du service médical de l'intimé), son degré d'invalidité n'atteint pas le seuil lui ouvrant le droit à une rente (art. 28 al. 1 LAI en relation avec l'art. 12 al. 2 de la Convention de sécurité sociale entre la Suisse et le Portugal du 11 septembre 1975). Par conséquent, l'intimé avait le droit de supprimer la décision de rente; le jugement entrepris n'est pas critiquable.