Citation: 1C_88/2018 E. 2.3

2.3. Les recourants reprochent ensuite à la Cour de justice d'avoir nié l'existence d'un préjudice irréparable. Conformément à la jurisprudence relative à l'art. 93 al. 1 let. a LTF, un préjudice ne peut être qualifié d'irréparable que s'il cause un inconvénient de nature juridique, qui ne puisse pas être ultérieurement réparé ou entièrement réparé par une décision finale favorable au recourant (ATF 138 III 190 consid. 6; 134 III 188 consid. 2.1); un dommage économique ou de pur fait n'est pas considéré comme un dommage irréparable (ATF 141 III 80 consid. 1.2; 138 III 333 consid. 1.3.1; 134 III 188 consid. 2.2). Il incombe au recourant de démontrer l'existence d'un tel préjudice lorsque celui-ci n'est pas d'emblée évident (cf. ATF 141 III 80 consid. 1.2). A l'appui de leur requête de suspension de la procédure d'adoption du PLQ en question, les recourants invoquent l'arrêt de la Chambre constitutionnelle ayant invité la Commune de Veyrier à s'atteler à l'élaboration d'un seul projet de PLQ pour les pièces urbaines voisines " Maison de Vessy " et " Beaux-Champs ". Ils se prévalent en particulier des principes de coordination et d'économie de procédure et affirment qu'une étude d'impact sur l'environnement est nécessaire pour le secteur des Grands Esserts. Ils soutiennent que le PLQ " Ferme " deviendra caduc ou, à tout le moins, " sera fondamentalement modifié ", en raison de la réflexion menée pour le nouveau PLQ commun aux pièces urbaines " Maison de Vessy " et " Beaux-Champs ". En l'occurrence, ces dernières affirmations constituent de simples spéculations qui ne reposent sur aucun élément objectif retenu par les juges précédents. On ne saurait suivre les recourants lorsqu'ils affirment que l'éventuelle élaboration d'un PLQ pour les pièces urbaines " Maison de Vessy " et " Beaux-Champs " aura nécessairement une influence fondamentale sur le PLQ voisin " Grands Esserts - Secteur Ferme ". Par ailleurs, comme relevé par l'instance précédente, le refus de suspendre la procédure d'adoption de ce PLQ ne cause pas de préjudice irréparable aux recourants dès lors qu'ils pourront recourir, et invoquer leurs griefs de fond, contre la décision finale qui doit encore être prise par le Conseil d'État. Seule la réalisation effective des constructions prévues par le PLQ serait de nature à causer un préjudice irréparable (cf. arrêt 1C_363/2016 du 5 octobre 2016 consid. 1.3).