Citation: 1C_540/2014 E. B

Le 31 août 2008, A.________ a quitté la commune de Lausanne, dans laquelle les époux étaient domiciliés, à destination de Chypre, ce dont l'ODM a été informé le 10 février 2010. Interpelée à ce propos par l'office, B.________ a fait savoir, par lettre du 18 juillet 2011, qu'elle était divorcée de l'intéressé depuis le 24 mai 2010, que ce dernier s'était remarié et qu'il vivait à Prilly. Elle a de même indiqué ne pas l'avoir accompagné à l'étranger car ce séjour ne devait durer que quelques mois et qu'elle ne souhaitait ni quitter son travail ni s'éloigner de son fils et de sa mère malade. Par courrier du 20 juin 2012, l'ODM a signifié à A.________ qu'il se voyait contraint d'examiner s'il y avait lieu d'annuler la naturalisation facilitée dès lors qu'au terme d'un long séjour à l'étranger, sans son épouse, il avait divorcé d'avec celle-ci le 24 mai 2010 pour se remarier, moins de trois mois après, avec une ressortissante suisse d'origine tunisienne, née le 31 août 1984. Invité à se déterminer, A.________ a essentiellement fait valoir que, lors de l'octroi de la naturalisation facilitée, il formait une communauté conjugale effective et stable avec son ex-épouse. Il a précisé que la rupture était due au fait qu'à l'issue de son stage professionnel à Chypre, son employeur lui avait proposé un poste important en Tunisie. Selon lui, B.________ n'était pas prête à le suivre dans ce pays, ce dont elle lui a fait part dans une lettre du 1 er août 2009. Il a également exposé que c'est son ex-épouse qui a entrepris les démarches tendant au divorce en Tunisie. L'intéressé s'est dit très affecté par cette séparation, ce qui l'a conduit à se rapprocher de son actuelle épouse, rencontrée durant ses études en Suisse. Auditionnée le 12 février 2013, B.________ a notamment déclaré que, lors de leur rencontre, A.________ était étudiant, mais qu'elle ignorait la nature de sa formation. Elle a ajouté que son ex-époux s'est rendu à Chypre pour y effectuer un stage professionnel de six mois au terme duquel il est revenu en Suisse. Durant ce séjour, les époux se seraient contactés téléphoniquement à raison d'une à deux fois par semaine et l'intéressé serait revenu à plusieurs reprises en Suisse, afin de la retrouver. A l'issue de son stage, l'intéressé s'est vu offrir un emploi fixe à Tunis qu'il a accepté sans en informer préalablement son épouse. Après le départ de l'intéressé pour la Tunisie, B.________ aurait eu des contacts téléphoniques réguliers avec celui-ci. Elle a en outre affirmé qu'il revenait en Suisse une fois par mois pour la retrouver.