Citation: 4A_53/2021 E. A

A.a. Suite à des pourparlers ayant débuté en mars 2015, B.________, chef d'orchestre de renommée mondiale (ci-après: le chef d'orchestre, le demandeur ou l'intimé) a signé, le 23 août 2017, le " contrat de travail no 519sc " (ci-après: le contrat litigieux) que la Fondation A.________ (ci-après: la Fondation, la défenderesse ou la recourante) lui avait fait parvenir. Le contrat litigieux a pour objet la direction, par le chef d'orchestre, du xxx de U.________ (ci-après: xxx) lors de la saison 2018-2019 de A.________. Le chef d'orchestre avait déjà dirigé cette oeuvre pour celui-ci durant la saison...-..., les parties ayant à cette fin signé un contrat en.... Le contrat litigieux prévoit notamment qu'il s'agit d'un contrat de travail à durée maximale régi par les art. 319 ss CO (art. 1), que le chef d'orchestre doit, sauf accord écrit et préalable de la direction de A.________, obligatoirement être à... du 21 mai au 14 octobre 2018 inclus pour les répétitions ainsi que pour trois représentations du cycle du xxx (soit douze soirées de représentations), un programme détaillé des répétitions devant lui être communiqué ultérieurement (art. 2 et 13), que, sauf entente préalable et écrite avec la direction de A.________, le chef d'orchestre s'engage formellement à ne pas se produire en Suisse romande une année civile pleine au moins avant la première représentation (art. 2; complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF), qu'il s'engage, pendant la durée de production, à ne pas se produire sur une scène tierce ni à exercer aucune autre activité, rémunérée ou non, sauf accord de A.________, et à ne pas se produire en Suisse romande pour un spectacle identique ou similaire pendant une durée de six mois à compter de la dernière représentation auprès de A.________ (art. 2), que le cachet du chef d'orchestre s'élève à 18'000 fr. par représentation, que ses divers frais professionnels (soit notamment les dépenses d'hébergement et de voyages; complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF) seraient couverts par un montant de 20'000 fr. et que ces montants seraient soumis aux retenues légales (art. 3), qu'une prime journalière de 2 fr. serait retenue pendant la durée du contrat à titre de contribution à l'assurance-accident (art. 3), que le chef d'orchestre est tenu de souscrire une assurance-maladie (art. 4), qu'une représentation peut être enregistrée et diffusée à la radio sans que le chef d'orchestre n'ait droit à un cachet (art. 6.1; complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF), que le chef d'orchestre autorise la Fondation, sans contrepartie financière, à diffuser totalement ou partiellement le spectacle sur Internet (art. 6.3; complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF), qu'il s'engage à participer à toutes les répétitions prescrites par les billets de service de A.________ ou ordonnées par la direction de celui-ci (art. 8), que toute représentation non effectuée pour cause de maladie sera déduite et de ce fait non remplacée ni payée (art. 14; complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF), que chacune des parties pourra résilier le contrat sans indemnité en cas de force majeure (art. 15), que, si le chef d'orchestre exerce une activité parallèle, rémunérée ou non, pendant la durée du contrat et sans le consentement de A.________, celui-ci peut lui infliger une peine conventionnelle pouvant s'élever jusqu'à l'équivalent du quart du montant du cachet global, sans préjudice du dommage supplémentaire causé (art. 16 let. f; complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF), que le chef d'orchestre n'est pas autorisé à voyager le jour même d'une représentation, sauf accord préalable de la direction (art. 16; complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF), qu'en cas de manquements graves ou répétés, la résiliation du contrat pour justes motifs selon l'art. 337 CO, sans aucune indemnité en faveur du chef d'orchestre, reste réservée (art. 16) et que celui-ci s'engage à appliquer et à respecter le règlement général intérieur de A.________, lequel fait partie intégrante du contrat (art. 18). A.b. Le 18 septembre 2017, C.________, alors directeur général de A.________ (ci-après: le directeur général), a informé le chef d'orchestre que de graves problèmes d'infiltrations d'eau étaient apparus lors des travaux de rénovation du bâtiment de A.________. Cela rendait obsolète la planification du xxx. Le 20 octobre 2017, le chef d'orchestre a proposé au directeur général de trouver un autre lieu pour les représentations et lui a communiqué ses disponibilités. Les 25 et 27 octobre 2017, il a fait savoir à A.________ qu'il attendait une proposition, qu'il était disposé à répéter et à jouer les représentations conformément au contrat litigieux et lui a communiqué la liste de ses engagements d'octobre 2018 à juillet 2019, dans l'hypothèse où une autre période de production serait envisagée durant la saison 2018-2019. Le 3 novembre 2017, le directeur général a communiqué au chef d'orchestre un nouveau programme. Celui-ci prévoyait la production de deux cycles du xxx, au lieu des trois initialement prévus, et impliquait que l'assistant du chef d'orchestre dirigeât quelques répétitions générales. Le 9 novembre 2017, le chef d'orchestre a informé le directeur général qu'il avait réservé la période de juin à mi-octobre 2018 pour A.________ et que, dans la mesure où celui-ci lui avait clairement indiqué qu'il ne pouvait rien lui proposer durant cette période, il souhaitait savoir quel dédommagement lui serait offert pour couvrir sa perte de revenu. Il a par ailleurs précisé qu'après réflexion, il ne pourrait pas participer à une reprise de l'oeuvre en février-mars 2019 en raison de ses engagements préalables. Le 12 janvier 2018, le directeur général lui a répondu que la direction de A.________ avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour prévoir une nouvelle planification selon les disponibilités des intervenants, planification qui avait été soumise au chef d'orchestre le 3 novembre 2017. Or, l'agent du chef d'orchestre l'avait informée que son mandant ne pourrait pas participer au projet. La direction de A.________ avait fait de gros efforts pour que le projet puisse être réalisé avec une nouvelle planification et ne voyait pas sur quelle base juridique le chef d'orchestre pourrait réclamer une indemnisation. A.c. Le 8 février 2018, le chef d'orchestre a enjoint A.________ de lui verser la rémunération convenue contractuellement. Celui-ci a refusé de donner une suite favorable à sa demande, les problèmes d'infiltration d'eau constituant selon lui un cas de force majeure au sens de l'art. 15 du contrat litigieux. Le 16 avril 2018, un commandement de payer portant sur un montant de 216'000 fr. a été notifié à A.________ sur réquisition du chef d'orchestre. A.________ a formé opposition.