Citation: 4P.234/2002 28.01.2003 E. 4

Dans la suite de son écriture, la recourante formule de nombreux griefs relatifs aux constatations de fait, invoquant pèle-mêle l'arbitraire dans l'appréciation des preuves et une violation de son droit d'être entendue. 4.1 En ce qui concerne l'arbitraire, la recourante semble perdre de vue que le Tribunal fédéral, saisi d'un recours de droit public, n'est pas une autorité d'appel et qu'il ne lui appartient pas de discuter les faits et de substituer sa propre appréciation à celle de l'autorité cantonale. Le recourant doit au contraire établir, par une argumentation précise, que la décision incriminée est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495; 110 Ia 1 consid. 2a). Les griefs présentés dans cette partie du recours ne remplissent pas ces exigences, dès lors que la recourante se limite simplement à opposer sa propre version des événements à celle retenue dans l'arrêt attaqué. Tel est par exemple le cas lorsqu'elle explique qu'il n'était pas dans son intérêt de licencier l'intimé ou qu'elle reproche à la cour cantonale d'avoir estimé que les défaillances de l'employé n'auraient pas été établies à satisfaction de droit. De telles critiques ne sont pas admissibles dans un recours de droit public. Il convient en outre d'ajouter qu'une partie des griefs procède seulement d'une mauvaise compréhension de l'arrêt entrepris. Ainsi, la recourante se méprend lorsqu'elle soutient que les juges ont déduit de son absence de réaction à la lettre du syndicat envoyée le 12 avril 2001 que c'était elle qui avait licencié l'intimé. Comme déjà indiqué (cf. supra consid. 2.2), cette conclusion a été tirée du comportement des deux parties immédiatement après l'entretien et, dans ce contexte, il a été souligné que la recourante n'avait pas réagi, alors que l'intimé s'était immédiatement plaint à son syndicat d'avoir été licencié avec effet immédiat et avait fait envoyer une lettre le jour même à son employeur. Or, on ne voit pas qu'il serait insoutenable de comparer ces deux attitudes pour déterminer laquelle des parties a donné son congé à l'autre. 4.2 Quant au droit d'être entendu, la recourante l'a invoqué sans véritablement le distinguer de l'arbitraire. Elle se plaint à cet égard du fait que les juges n'ont pas donné suite à plusieurs offres de preuves et ne se sont pas prononcés sur toute une série de témoignages, sans même motiver leur position. Si le droit d'être entendu reconnu par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour l'intéressé d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves, il faut cependant que celles-ci portent sur des éléments déterminants pour décider de l'issue du litige (cf. ATF 126 I 15 consid. 2a/aa; 125 V 332 consid. 3a p. 335). L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, lui apparaissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b; 121 I 54 consid. 2c et les arrêts cités; sur la notion d'arbitraire, cf. supra consid. 3.1). Il se trouve que les témoignages et les éléments que la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir écartés sans entrer en matière portent tous sur des points n'influençant pas l'issue du litige. Tel est le cas des déclarations établissant que l'intimé se serait plaint de son travail, dès lors que l'on ne peut déduire des remarques reproduites dans le recours que cet employé aurait eu l'intention d'abandonner son emploi. Il importe également peu que l'entretien du 12 avril 2001 ait été sollicité par l'employé, dès lors qu'il est parfaitement concevable que la recourante ait pris la décision de licencier l'intimé au cours de cette entrevue. Enfin, on ne voit pas qu'il ait été justifié de faire entendre les personnes en charge du dossier de l'intimé auprès des caisses de chômage concernées dans l'idée d'évaluer la bonne foi de celui-ci et de remettre en cause sa version des faits relatives à l'entretien du 12 avril. En effet, comme il l'a déjà été précisé, les juges ne se sont pas fondés sur les déclarations contradictoires des parties quant au contenu de cet entretien pour retenir l'existence d'un licenciement de la part de l'employeur, mais sur le comportement qu'elles ont adopté après leur discussion. Dans ces circonstances, le recours ne peut être que rejeté.