Citation: 8C_719/2021 E. A

A.a. A.________, née en 1970, est secrétaire bilingue au B.________ du canton de U.________ depuis 2008. En 2011, elle a fait acte de candidature pour un poste de garde-faune dans le même canton. L'offre d'emploi était rédigée au masculin, ce qui, renseignements pris, aurait relevé d'une erreur. Dans le cadre d'une discussion, un garde-faune l'a avertie du fait qu'aucune femme ne serait engagée. Un second garde-faune, que A.________ avait contacté pour savoir si elle pouvait l'accompagner dans son travail durant une journée, lui a indiqué que cette activité n'était pas faite pour une femme. Lorsque sa candidature a été refusée, le chef du secteur pêche du Service C.________, D.________, lui a déclaré oralement qu'en sa qualité de secrétaire, elle avait plutôt des connaissances administratives et que ses connaissances du domaine de la pêche étaient insuffisantes. Au terme de cette procédure, A.________ a pris contact avec la Conseillère d'État E.________ et avec le Bureau de l'égalité et de la famille (BEF). A.b. En 2012, A.________ est devenue chasseuse active. La même année, elle a postulé une deuxième fois pour un emploi de garde-faune, sans succès. Elle a fait recours pour discrimination en raison du genre et a été invitée à une séance avec la conseillère d'État E.________, le secrétaire général de la Direction des institutions, de l'agriculture et des forêts (DIAF) F.________ et D.________, lequel s'est excusé auprès d'elle pour les propos tenus en 2011. Après discussion, elle a retiré son recours afin de maintenir ses chances de devenir garde-faune. A.c. En 2013, A.________ a fait acte de candidature pour la troisième fois. Son dossier a cependant été écarté au motif qu'elle ne maîtrisait pas suffisamment le français oral. De 2014 à 2016, l'intéressée a été vice-présidente de la G.________. A ce titre, elle était membre de la commission consultative sur les questions chasse et pêche. Sur proposition de la G.________, elle est devenue membre du groupe de travail chargé des travaux de révision de l'ordonnance sur la chasse, dont l'objectif était de simplifier l'objet de la législation. A une date inconnue, elle a été prise à partie par le garde-faune H.________. Celui-ci a d'abord accusé le groupe de travail chargé des travaux de révision de l'ordonnance sur la chasse d'être incompétent et s'en est ensuite pris directement à l'intéressée par des commentaires sexistes. A.d. En 2017, A.________ a postulé pour la quatrième fois pour un poste de garde-faune, mais sa candidature n'a pas été retenue. H.________ et D.________ ont alors pris part au processus de sélection. A.e. En été 2019, A.________ a fait acte de candidature pour la cinquième fois, sans succès, et a appris l'engagement de I.________, une candidate domiciliée dans le canton de V.________. S'étant enquise des raisons pour lesquelles son propre dossier avait été écarté, elle s'est vu répondre le 5 mars 2020 qu'après un examen minutieux des différentes candidatures, la DIAF avait porté son choix sur des candidatures dont les compétences correspondaient davantage aux exigences du poste. A.________ ayant fait remarquer que cette réponse ne constituait pas une motivation, la DIAF a rendu le 26 mars 2020 une décision formelle dans laquelle elle a confirmé son refus de l'engager en qualité de garde-faune auprès du C.________ pour les motifs déjà communiqués le 5 mars 2020, précisant à cette occasion que I.________ avait finalement renoncé au poste.