Citation: 5A_400/2021 E. 4

Sous couvert d'un grief d'arbitraire dans l'établissement des faits, la recourante soutient que la mise en relation des pièces du dossier permet d'établir précisément les dates de livraison. Elle expose que chaque livraison a logiquement été documentée par un connaissement, qu'elle a émis une facture spécifique aux intérêts dus sur les avances de paiement dès l'émission du connaissement et que ces factures, non contestées par l'intimée, ont été adressées par courriels à l'intimée le même jour de leur émission. S'agissant plus spécifiquement du lien entre les contrats et les connaissements, elle relève que l'intimée avait admis son existence et que les courriels d'accompagnement des factures d'intérêts mentionnaient sous la rubrique " objet " la référence de chaque contrat avec lequel la facture était en rapport, de sorte qu'un croisement des courriels et des connaissements permettait d'établir le nom des navires mentionnés dans les connaissements. Par ailleurs, tant les connaissements, que les factures et les courriels d'accompagnement indiquaient tous les mêmes dates de livraison. Ainsi, la date de livraison du pétrole était établie non seulement par les connaissements, mais également par les factures spécifiques aux intérêts envoyées par courriel. Il en résultait que les pièces qu'elle avait produites permettaient bel et bien d'établir un lien entre les connaissements et les contrats, et ainsi la date de livraison de la marchandise utile au calcul de sa créance d'intérêts. La cour cantonale avait donc méconnu le but et la portée des connaissements. Elle aurait identifié les dates de livraison de marchandise et accordé la mainlevée, si elle avait fait l'exercice de mettre en lien les connaissements, les factures spécifiques aux intérêts, la correspondance échangée entre les parties et les contrats. La recourante relève également que les dates des livraisons de pétrole qu'elle mentionnait avaient été expressément admises par l'intimée dans les requêtes d'arbitrage du 6 janvier 2021 que celle-ci avait adressées en lien avec trois des quatre contrats objets de la présente procédure pour tenter d'y faire valoir qu'elle serait libérée de sa dette. Elle précise avoir fait état de ces requêtes dans sa duplique du 1er février 2021 déposée dans la procédure de recours et les avait versées au dossier. La cour cantonale n'en avait toutefois pas tenu compte sans fournir d'explication. Elle avait ainsi non seulement procédé à une constatation arbitraire des faits, mais également violé son droit d'être entendue (art. 29 al. 2 Cst.). La recourante invoque en outre une violation de l'art. 82 LP. Elle soutient que la cour cantonale ne pouvait pas rejeter la preuve de la date de livraison qu'elle avait apportée par titres, sans que l'intimée ait rendu vraisemblable ou ait allégué que les différentes livraisons seraient intervenues à d'autres dates que celles figurant sur les connaissements. Dès lors que l'intimée avait échoué à produire le moindre indice permettant de retenir que les titres qu'elle avait produits étaient déconnectés de la créance ou que la date de livraison établie par les titres en question n'était pas correcte, la cour cantonale avait choisi de remettre en question la portée des titres produits et statué en l'absence de toute contre-preuve de la libération de la créance.