Citation: 5A_326/2021 E. 3.3

3.3. La question de l'admissibilité d'une expertise portant sur la liquidation du régime matrimonial - qui apparaît douteuse à l'aune du CPC (cf. arrêt 5A_106/2020 du 17 mars 2021 consid. 8.2 [question laissée ouverte]) - souffre de demeurer indécise en l'espèce, la recourante ne soulevant pas de grief à ce propos (art. 42 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1). En l'espèce, la recourante soutient pour l'essentiel que l'intimé n'aurait pas allégué, encore moins démontré, l'origine des fonds utilisés pour acquérir le terrain et y construire la villa, de sorte qu'il y aurait lieu de considérer que le montant de 213'000 fr. proviendrait de ses acquêts et donnerait lieu à récompense. La recourante perd toutefois de vue que - même si elle a estimé que l'existence de libéralités successives totalisant 213'000 fr. n'apparaissait pas contestable - la cour cantonale a en définitive considéré que la provenance des fonds n'était pas déterminante, puisque ceux-ci existaient avant le mariage. Selon les constatations de l'arrêt querellé (cf. supra consid. 3.1), l'époux a allégué dans sa demande qu'il avait acquis la villa - et pas uniquement le terrain non bâti - avant le mariage, de sorte qu'il s'agissait d'un bien propre. Or, selon l'expérience générale de la vie, pour pouvoir acquérir un immeuble, il faut pouvoir le financer. L'allégué du financement de ladite villa était ainsi implicitement contenu dans celui relatif à son acquisition. La recourante ne s'y est d'ailleurs pas trompée, puisqu'elle affirme dans son présent recours que par ses allégations, " l'intimé laissait croire ainsi qu'il n'y avait eu aucun financement postérieur au mariage qui pouvait entrer en considération ". Si elle entendait soutenir que la villa n'avait pas été totalement financée avant le mariage, il lui appartenait dès lors de contester les allégués 57 s. dans sa réponse. Or, elle ne l'a pas fait, se limitant à répondre auxdits allégués par " rapport soit à la pièce " (cf. arrêt 4A_243/2018 du 17 décembre 2018 consid. 4.3.2). Dans son présent recours, l'ex-épouse admet d'ailleurs ne pas avoir contesté les allégués de l'intimé relatifs au financement de l'acquisition de la villa conjugale contenus dans la demande, tout en tentant de l'expliquer par le défaut d'allégation et de motivation. Il s'ensuit que, faute de contestation de la part de la défenderesse de l'allégation implicite du financement de la construction de la villa avant le mariage, ce fait n'avait pas à être prouvé (art. 150 al. 1 CPC). Même à considérer qu'il eût fallu le prouver, le recours apparaît quoi qu'il en soit voué à l'échec. En effet, en tant qu'elle soulève une violation de l'art. 200 al. 3 CC, la recourante - qui ne conteste pas l'affectation de la villa aux biens propres de l'époux - perd de vue que cette disposition ne s'applique pas lorsqu'il s'agit de déterminer si les conditions effectives d'une récompense sont remplies (cf. supra consid. 3.2.2). Ses critiques relatives à la violation de l'art. 8 CC, tant sous l'angle du degré que sous celui du fardeau de la preuve, ne sont pas non plus pertinentes. En effet, en tant qu'elle fait valoir que l'intimé n'a pas apporté la preuve stricte que l'acquisition et la construction de la villa ont été financées au moyen de ses biens propres, la critique qu'elle soulève a trait à la question de savoir si le degré de preuve exigé par le droit fédéral est atteint dans le cas particulier, ce qui relève du fait (arrêt 5A_891/2021 du 28 janvier 2022 consid. 6.1.2 et les références). Par ailleurs, dans la mesure où la juridiction précédente a jugé, sur la base de la date d'octroi du prêt hypothécaire et des conditions requises par les établissements bancaires - selon l'expérience générale de la vie - pour l'attribution de tels prêts, que les allégations de l'intimé avaient été établies, la question de la répartition du fardeau de la preuve ne se pose plus (cf. supra consid. 3.2.2). La recourante aurait en revanche dû présenter une motivation fondée sur l'art. 9 Cst., répondant aux exigences du principe d'allégation (cf. supra consid. 2.1 et 2.2). Or, si elle invoque l'arbitraire dans l'établissement des faits à la fin d'un paragraphe intitulé " De la violation du fardeau de l'allégation et de la motivation ", son recours ne contient aucune critique spécifique et conforme aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF de ce grief.