Citation: 1P.133/2000 01.05.2000 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 125 I 412 consid. 1a p. 414 et les arrêts cités). a) En vertu de l'art. 34 al. 1 et 3 LAT, seule la voie du recours de droit public est ouverte contre l'octroi d'un permis de construire en zone à bâtir dans la mesure où les recourants font essentiellement valoir des griefs tirés du droit de l'aménagement du territoire et de la police des constructions (cf. ATF 123 II 88 consid. 1a/cc p. 92 et les arrêts cités). b) La qualité pour agir par la voie du recours de droit public se détermine exclusivement selon l'art. 88 OJ; il importe peu à cet égard que la qualité de partie ait été reconnue aux recourants en procédure cantonale. En matière d'autorisation de construire, le Tribunal fédéral reconnaît la qualité pour recourir aux voisins s'ils invoquent la violation de dispositions du droit des constructions qui sont destinées à les protéger ou qui ont été édictées à la fois dans l'intérêt public et dans celui des voisins. Ils doivent en outre se trouver dans le champ de protection des dispositions dont ils allèguent la violation et être touchés par les effets prétendument illicites de la construction ou de l'installation litigieuse (ATF 121 I 267 consid. 2 p. 268 et les arrêts cités). De jurisprudence constante, les voisins ne peuvent pas se prévaloir des principes généraux de la planification, des prescriptions sur la protection de la nature et du paysage (ATF 116 Ia 433 consid. 2a p. 437) et des clauses d'esthétique (ATF 118 Ia 232 consid. 1b p. 235; 112 Ia 88 consid. 1b p. 90) qui tendent exclusivement à préserver l'intérêt public. Le recours est donc irrecevable en tant qu'il porte sur l'intégration de l'installation projetée dans l'environnement bâti et sur une prétendue violation des dispositions de police des constructions en matière d'esthétique. Les recourants se plaignent également d'une violation de l'art. 24 let. b OC, qui subordonne l'octroi d'une autorisation de construire à la condition que l'installation visée ne mette pas en danger l'ordre public. La recevabilité de ce grief est douteuse au regard de l'exigence de l'épuisement préalable des instances consacrée à l'art. 86 al. 1 OJ dans la mesure où celui-ci n'a pas été invoqué, sous cet angle tout du moins, devant le Tribunal cantonal. Peu importe en définitive car la préservation de l'ordre public est une tâche d'intérêt général qui ne met nullement en cause les intérêts des propriétaires voisins, de sorte que ces derniers ne peuvent se prévaloir d'un intérêt juridiquement protégé à invoquer une éventuelle violation de l'art. 24 let. b OC; le recours est donc également irrecevable sur ce point. Les recourants reprochent enfin à l'autorité intimée d'avoir pris une décision arbitraire en admettant à tort que le plan de quartier "Tarcianne" avait été abrogé de fait avec l'entrée en vigueur du nouveau règlement communal des constructions et en examinant le projet exclusivement à l'aune de ce règlement. Selon l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le mémoire de recours doit notamment, à peine d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques qui auraient été violés, précisant en quoi consiste la violation. Le Tribunal fédéral n'examine ainsi que les griefs exposés de manière assez claire et détaillée pour qu'il puisse déterminer quel est le droit constitutionnel dont l'application est en jeu et dans quelle mesure celui-ci a été violé (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). Par ailleurs, dans un recours pour arbitraire, le recourant ne peut se contenter de critiquer l'arrêt attaqué, mais il doit au contraire préciser en quoi cet arrêt serait arbitraire, ne reposant sur aucun motif sérieux et objectif, apparaissant insoutenable ou heurtant gravement le sens de la justice (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 12; 110 Ia 1 consid. 2a p. 3/4; sur la notion d'arbitraire, cf. ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168 et les arrêts cités). Cette jurisprudence, rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. , garde toute sa valeur dans le cadre de l'art. 9 Cst. entré en vigueur le 1er janvier 2000. Le Tribunal cantonal a considéré qu'en l'absence de toute réserve à ce sujet dans le nouveau règlement communal des constructions, l'affectation et la réglementation prévue par ce dernier pour la parcelle n° 604 s'étaient substituées au régime que prévoyaient les précédents plans d'affectation et règlements, dont le plan de quartier "Tarcianne", selon le principe du parallélisme des formes; les recourants ne tentent pas de démontrer en quoi l'autorité intimée aurait fait une application arbitraire de ce principe (cf. à cet égard, ATF 112 Ia 136 consid. 3c p. 139; 108 Ia 178 consid. 3d p. 184; 98 Ia 105 consid. 2d p. 111; Pierre Moor, Droit administratif, vol. I, 2e éd., Berne 1994, nos 2.5.2.2 et 4.1.2), mais se bornent à affirmer que le plan de quartier serait toujours en force en se fondant sur la mention qui en est faite dans le plan d'aménagement local au 1:5000 joint au règlement. Faute d'une motivation conforme aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recours doit être déclaré irrecevable sur ce point, sans qu'il y ait lieu d'examiner si les recourants avaient qualité pour invoquer ce grief selon l'art. 88 OJ. c) Le recours est par conséquent en tout point irrecevable.