Citation: 4A_589/2008 12.03.2009 E. B

B.a Après lui avoir fait notifier une poursuite le 9 décembre 2004, laquelle a été frappée d'opposition, Y.________ a ouvert action contre X.________ le 30 janvier 2006 devant le Tribunal de première instance de Genève. Dans ses dernières écritures, le demandeur a conclu au paiement des sommes suivantes: - 538'000 fr. avec intérêts à 6% dès le 19 décembre 2002, - 322'800 fr. avec intérêts à 6% dès le 17 juin 2003, - 893'080 fr. avec intérêts à 6% dès le 22 décembre 2003, - 259'316 fr. avec intérêts à 6% dès le 8 juillet 2004, - 6'537 fr. 50 avec intérêts à6% dès le 17 septembre 2002, - 2'582 fr. 85 avec intérêts à 6% dès le 10 décembre 2002, - 3'665 fr. 05 avec intérêts à 6% dès le 15 avril 2003, - 4'003.60 avec intérêts à 6% dès le 20 octobre 2003, - 798 fr. 35 avec intérêts à 6% dès le 15 décembre 2003. - 847 fr.75 avec intérêts à 6 % dès le 17 mai 2004. Le demandeur a encore requis la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer notifié à la défenderesse. B.b Par jugement du 6 mars 2008, le Tribunal de première instance a fait entièrement droit aux conclusions en capital du demandeur, mais a modifié le taux et le dies a quo des intérêts moratoires courant sur les différentes sommes accordées. Il a ainsi condamné la défenderesse à verser à son adverse partie ce qui suit: - 538'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 18 janvier 2003, - 322'800 fr. avec intérêts à 5% dès le 17 juillet 2003, - 893'080 fr. avec intérêts à 5% dès le 21 janvier 2004, - 259'316 fr. avec intérêts à 5% dès le 7 août 2004, - 6'537 fr. 50 avec intérêts à 5% dès le 17 octobre 2002, - 2'582 fr. 85 avec intérêts à 5% dès le 9 janvier 2003, - 3'665 fr. 05 avec intérêts à 5% dès le 15 mai 2003, - 4'003 fr. 60 avec intérêts à 5% dès le 19 novembre 2003, - 798 fr. 35 avec intérêts à 5% dès le 14 janvier 2004, - 847 fr. 75 avec intérêts à 5% dès le 16 juin 2004, l'opposition de la défenderesse au commandement de payer précité étant écartée à due concurrence. B.c Saisie d'un appel de la défenderesse, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève, par arrêt du 14 novembre 2008, a confirmé le jugement précité. En substance, la cour cantonale a retenu préalablement, à l'instar du Tribunal de première instance, qu'il n'y avait pas lieu d'ordonner une expertise judiciaire, car les faits que la défenderesse souhaitait établir par ce mode de preuve soit n'étaient pas pertinents pour l'issue de la querelle, soit étaient déjà prouvés par les pièces du dossier. Elle a ensuite admis que les parties étaient liées par un contrat d'architecte global et que la défenderesse avait reconnu, le 3 décembre 2003, être débitrice du demandeur des demandes d'acomptes et factures de débours établies antérieurement à cette date. L'autorité cantonale a reconnu que l'architecte pouvait de bonne foi interpréter l'attitude de la défenderesse comme une acceptation tacite des offres répétées de celui-là de conclure le contrat d'architecte en intégrant la norme SIA 102 de 1984 afin de déterminer les honoraires dus au tarif-coût prévu par l'art. 7.2 de la norme. Du moment que le projet finalement réalisé représentait une refonte complète du projet de 1995, que la défenderesse avait relevé avec netteté ne plus être tenue par ses anciens engagements à l'endroit du demandeur et qu'elle n'avait jamais protesté devant l'absence d'imputation de la somme payée pour le projet «V.________» à réception des deux premières demandes d'acomptes, le demandeur pouvait en inférer de bonne foi que l'acception du nouveau contrat d'architecte global entraînait une rémunération complète, « sans défalcation des montants déjà versés en exécution du contrat précédent ». Niant l'existence de tout défaut de planification, les magistrats genevois ont enfin constaté que les différents acomptes et factures de débours du demandeur avaient été calculés correctement en fonction de l'avancement progressif du chantier.