Citation: 4P.51/2004 01.06.2004 E. 5

5.1 Le 27 août 2003, soit le jour même où l'ordonnance de mesures provisionnelles du 18 août 2003 leur avait été notifiée, les recourants ont versé au dossier les rapports d'inspection des lieux établis par le vétérinaire cantonal. Le Tribunal des baux a considéré qu'il n'y avait pas lieu de tenir compte de ces nouveaux moyens de preuve, au stade des mesures provisionnelles, car ils ne faisaient que constater ce que les locataires requéraient depuis le début de la procédure, soit que des travaux fussent effectués pour la remise en état de la chose louée. En outre, ces rapports n'interdisaient pas la détention d'animaux. Les recourants s'en prennent à ces constatations qu'ils estiment manifestement contraires à la réalité. Ils soulignent, à cet égard, que les rapports du vétérinaire cantonal ne confirmaient pas seulement que les boxes étaient défectueux, mais introduisaient un élément supplémentaire en établissant la non-conformité des boxes en raison de leur conception même. Il en ressortait aussi que le vétérinaire cantonal avait interdit l'utilisation de certains boxes. Les indications complémentaires résultant de ces rapports pouvaient donc avoir une incidence financière sur la situation des locataires et, partant, sur la proportion du loyer à consigner pour maintenir l'équilibre contractuel. 5.2 Tel qu'il est présenté, le grief en question ne satisfait pas à l'exigence de motivation à laquelle est subordonnée la recevabilité d'un recours de droit public pour appréciation arbitraire des preuves. Les recourants croient plaider devant une cour d'appel, qui se contentent d'invoquer des éléments de preuve - les rapports du vétérinaire cantonal - sans plus amples précisions quant aux passages de ces écrits dont ils entendent tirer parti. Ils oublient ce faisant, qu'il n'appartient pas à la juridiction constitutionnelle de parcourir elle-même lesdits rapports pour tenter d'y découvrir les renseignements qu'ils en tirent. De plus, l'acte de recours ne contient aucune indication chiffrée en ce qui concerne l'incidence financière des constatations faites par le vétérinaire cantonal. Le recours est, en conséquence, irrecevable sur ce point.