Citation: 1A.246/2006 26.01.2007 E. 4

Les recourants invoquent ensuite le principe de la proportionnalité. S'agissant de O.________, ses transactions sur les titres Livedoor, de même que le prêt accordé à Ryoji Miyauchi seraient antérieurs aux faits poursuivis. G.________ avait pour sa part expliqué la nature des transactions avec le Japon. A propos des autres recourants, la Chambre d'accusation avait simplement affirmé, sans la démontrer, l'utilité des renseignements recueillis; s'agissant de I.________, il s'agissait simplement des documents d'ouverture, sans utilité pour l'enquête; V.________ explique que les montants perçus ont été remboursés, l'opération en question n'ayant pu être effectuée; enfin, le compte de S.________ a été clôturé en juin 2004; l'autre compte ne concernait que la gestion de ses avoirs personnels. 4.1 Comme le rappelle la cour cantonale, il suffit qu'il existe un rapport objectif entre la mesure d'entraide et les faits poursuivis, sans que la personne soumise à la mesure n'ait forcément participé aux agissements décrits. En l'occurrence, le lien entre les recourants et les infractions poursuivies réside notamment dans les relations entre les sociétés et leur ayant droit avec les auteurs principaux des infractions poursuivies au Japon. Selon le Juge d'instruction en effet, S.________, directeur de G.________ (laquelle serait affiliée à O.________), serait un partenaire commercial de Takafumi Horié. Il est aussi relevé que le prêt accordé par O.________ l'a été à l'un des principaux inculpés, en lien avec des achats d'actions Livedoor. Le rapport entre les différentes entités apparaît ainsi suffisamment étroit pour justifier l'intérêt de l'autorité requérante à vouloir vérifier si les comptes dont elles disposaient ont pu servir à commettre les infractions ou à en recueillir le produit. On ne saurait ainsi nier l'utilité à tout le moins potentielle des renseignements transmis 4.2 Selon la jurisprudence, lorsque la demande vise comme en l'espèce notamment à éclaircir le cheminement de fonds d'origine délictueuse, il convient d'informer l'Etat requérant de toutes les transactions opérées au nom des sociétés et des comptes impliqués dans l'affaire (ATF 121 II 241 consid. 3c p. 244). Cela justifie la production de la totalité de la documentation bancaire, sur une période relativement étendue. L'autorité requérante dispose en effet d'un intérêt a priori prépondérant à pouvoir vérifier, dans un tel cas, l'ensemble du mode de gestion des comptes. Tel était d'ailleurs le sens de la démarche de l'autorité requérante, qui décrivait de manière très exhaustive la documentation bancaire à produire pour chaque compte. Dans ces conditions, il appartenait aux titulaires de démontrer, outre l'absence de lien vraisemblable avec l'infraction proprement dite (ce que les recourants ne font qu'imparfaitement puisqu'ils se contentent d'affirmations générales), l'existence d'un intérêt spécifique à éviter une divulgation, tel par exemple que la nécessité de protéger un secret commercial (ce que les recourants ne font pas du tout). Faute d'une véritable argumentation de détail, le grief des recourants pouvait être sommairement écarté, comme il l'a été par la Chambre d'accusation.