Citation: 4A_27/2024 E. B

B.a. Le 14 mai 2020, B.________, C.________ et D.________ ont formé une demande en paiement à l'encontre de A.________ pour un montant total de 5'271'165.94 USD avec intérêts. À la demande de A.________, le Tribunal de première instance de Genève a, par ordonnance du 7 mai 2021, limité la procédure à la question de la légitimation active. Par jugement du 20 décembre 2022, ce même tribunal a admis que B.________, C.________ et D.________ avaient la légitimation active dans la procédure et réservé la suite de celle-ci. B.b. Par arrêt du 14 novembre 2023, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a rejeté l'appel de A.________ et confirmé le jugement de première instance. En substance, les juges cantonaux ont considéré qu'ils étaient en présence d'une cession de créance de E.________ aux intimées et non d'une cession/transfert d'un contrat, laquelle aurait nécessité l'accord de A.________ pour être valide. E.________ avait, par " letter of assignement " du 26 mars 2019, cédé aux intimées les droits et obligations découlant du contrat conclu avec la recourante, sans qu'une cession du contrat lui-même ait eu lieu. Le fait que la licence commerciale de E.________ ait expiré le même jour que la conclusion de cette cession n'y changeait rien : il n'était en effet pas allégué, ni même établi, que l'expiration de cette licence ait de facto entraîné la dissolution de E.________ et la perte immédiate de sa personnalité juridique le 26 mars 2019, selon le droit émirien. Cette cession de créance était valable, puisqu'elle avait été formulée par écrit et ne nécessitait pas l'accord de la recourante, ni même sa connaissance. Il en allait de même de la reprise de dette interne et externe, puisque la recourante avait accepté, sans émettre aucune réserve, les versements effectués par les intimées à titre d'exécution du contrat. La recourante ne pouvait être suivie lorsqu'elle prétendait que la cession de créance aggraverait sa situation. Les trois intimées étaient des sociétés solvables, alors que E.________ ne bénéficiait pas des mêmes garanties financières: il s'agissait d'une "société écran", qui n'avait pas de compte bancaire, ni même de patrimoine propre. La recourante ne s'était pas renseignée sur la situation financière de E.________ au moment de la conclusion du contrat, de sorte qu'elle ne pouvait aujourd'hui se prévaloir du fait qu'elle connaissait sa cocontractante - non les intimées - pour plaider que sa situation serait péjorée. Par ailleurs, le siège respectif des intimées à l'étranger n'était pas déterminant, puisque E.________ était elle aussi sise à l'étranger. Enfin, la recourante se trouvait désormais face à trois sociétés solvables et solidairement responsables, non plus face à une seule société, ce qui ôtait tout crédit à son argument.