Citation: 4A_289/2017 E. 3.1.1

3.1.1. S'agissant du salaire dont il a été reconnu débiteur, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir apprécié de manière arbitraire les preuves à sa disposition. Ainsi, elle aurait dû attribuer davantage d'importance au fait que l'employé avait varié dans ses déclarations, ce dernier ayant reconnu tout d'abord avoir reçu 100 fr. à 200 fr. de temps en temps, puis 100 fr. à 200 fr. par semaine, puis encore 1'500 fr. à 2'000 fr. par année, pour concéder finalement avoir obtenu 10'000 fr. au total, somme à porter en déduction du salaire encore dû. De l'avis du recourant, de telles variations justifiaient de retenir que l'employé a bel et bien reçu l'intégralité de son salaire. La cour cantonale distingue deux périodes. Pour 2011 et 2012, elle constate que l'employé a touché la totalité de son salaire. En revanche, les circonstances se présentent différemment pour 2013 et la période de janvier à mars 2014: l'employeur n'a en effet pas établi que les certificats de salaire 2013 et 2014 ont été remis à l'employé. De plus, à partir de 2013, l'employé s'est plaint à ses amis et/ou connaissances de ne pas être intégralement payé. A fin 2013/début 2014, il a été accompagné par le témoin A.________ à des entretiens avec l'employeur, destinés à évoquer les difficultés qu'il rencontrait à se faire payer. Dans ces conditions, l'employeur n'a apporté ni la preuve directe, ni la preuve indirecte du paiement du salaire relatif à cette seconde période. Selon l'autorité précédente, il faut toutefois tenir compte du montant de 10'000 fr. que l'employé reconnaît avoir reçu, ainsi que de la somme de 13'383 fr.95 que l'employeur a versée à l'office des poursuites pour le compte de l'employé, dès lors que ce montant aurait dû être déduit du salaire de l'employé en raison des saisies dont il faisait l'objet. La cour cantonale retient finalement que l'employeur est redevable d'un montant brut de 15'256 fr.05 à titre de salaire (38'640 fr. [31'080 fr. pour 2013 et 7'560 fr. pour 2014], sous déduction de 23'383 fr.95 [10'000 fr. + 13'383 fr.95]). Contrairement à ce que le recourant affirme, l'autorité précédente n'a pas passé sous silence les contradictions qui émaillent les propos de l'employé, puisqu'il ressort de l'arrêt attaqué que, dans sa demande du 5 mars 2015, l'intimé avait allégué que l'employeur se bornait à lui donner de temps en temps quelques centaines de francs et que, lors de l'audience du 1 er avril 2016, il a déclaré évaluer la somme reçue à titre de salaire à 10'000 fr. au total. Il apparaît ainsi clairement que l'employé n'a pas fait preuve d'une parfaite cohérence dans ses déclarations. Cela étant, le fait que l'intimé donne quittance à l'employeur d'une partie de sa créance de salaire, même si ceci semble avoir été quelque peu laborieux, n'est pas de nature à démontrer qu'il en a reçu le solde. L'employeur n'invoque d'ailleurs aucun arbitraire à l'encontre de la constatation de l'arrêt attaqué portant sur l'absence de remise à l'employé des certificats de salaire 2013 et 2014. Quant aux autres éléments évoqués par la cour cantonale pour asseoir sa conviction, ils échappent à tout grief d'arbitraire. Certes, le recourant n'est pas de cet avis. Selon lui, les déclarations de A.________ auraient dû être écartées, car le témoin est un ami et l'associé de l'intimé. Ces liens supposés ne figurent toutefois pas dans les constatations de l'arrêt cantonal et ne sont pas invoqués par le recourant de manière suffisamment précise et référencée, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de se pencher davantage sur l'impact éventuel de cet élément, irrecevable. L'employeur cite également d'autres témoins, lesquels n'auraient pas entendu l'employé se plaindre de salaires demeurés impayés, sans indiquer d'où il tire ses affirmations. Plus largement, le recourant invoque toute une série de faits qui auraient dû, d'après lui, amener la cour cantonale à une conclusion diamétralement opposée à celle à laquelle elle est parvenue, mais qui ne ressortent pas de l'arrêt entrepris. Il en va ainsi notamment de l'assertion selon laquelle l'employé aurait commis des cambriolages durant les rapports de travail, qui ne trouve d'assise nulle part dans l'arrêt attaqué. Ces éléments sont dès lors également irrecevables (cf. consid. 2 supra). Lorsqu'il avance que l'employé n'aurait jamais accepté d'augmenter son temps de travail s'il n'avait pas été payé, l'employeur ne parvient pas davantage à ses fins, d'autant qu'au moment où le changement de taux d'activité est intervenu, soit en 2012, il recevait bien le salaire dû selon les constatations de la cour cantonale. Les griefs tirés d'une prétendue appréciation arbitraire des preuves doivent dès lors être écartés, dans la mesure où ils sont recevables.