Citation: 4A_432/2022 E. 6.3

6.3. Force est de mettre d'emblée en évidence le caractère appellatoire marqué du mémoire de recours soumis à la Cour de céans. Dans leur écriture comportant cinquante et une pages, les intéressés n'en consacrent pas moins de quinze au " Résumé des faits ", en en proposant d'ailleurs une version de leur propre cru qui souffre de longueurs, contient des éléments factuels superflus et s'écarte en partie des constatations faites dans la décision attaquée. En cela, ils confondent à l'évidence le Tribunal fédéral avec une juridiction d'appel qui pourrait revoir librement les tenants et aboutissants de l'affaire. Cela étant, le grief examiné, tel qu'il est présenté, ne saurait prospérer. L'arbitre a en effet constaté que les appelants avaient indiqué à plusieurs reprises qu'ils agissaient au nom de l'assemblée générale de la Fédération X.________ de Football de 2009 et non en leur nom propre. Il a en outre retenu que la décision de se désister de toutes les procédures arbitrales pendantes devant le TAS, adoptée lors de la session de l'assemblée précitée tenue le 28 mars 2022, s'imposait à tous les membres de celle-ci, à l'instar de la convention signée le 31 mars 2022. L'arbitre a aussi indiqué que les parties à la procédure avaient accepté que ladite convention soit incorporée à la sentence attaquée. Il appert ainsi que l'arbitre a établi que la convention litigieuse liait tous les membres de l'assemblée générale de la Fédération X.________ de Football de 2009, y compris ceux qui avaient manifesté ultérieurement leur opposition à celle-ci, et que les parties à la procédure avaient consenti à ce que cette convention soit intégrée à la sentence querellée. Il s'agit là de constatations de fait qui lient le Tribunal fédéral, qu'elles soient fondées ou non. Aussi les recourants tentent-ils en pure perte de les remettre en question en proposant une appréciation différente des pièces ressortant du dossier de l'arbitrage. C'est également en vain que les intéressés prétendent que l'arbitre aurait procédé à de telles constatations en faisant fi des arguments qu'ils avaient avancés aux fins de démontrer qu'ils n'avaient personnellement ni manifesté leur volonté de se retirer de la procédure ni accepté le prononcé d'une sentence entérinant la convention conclue le 31 mars 2022 en application de l'art. R56 al. 2 du Code. A la lecture de la sentence attaquée, il appert, en effet, que l'arbitre a considéré que les appelants n'agissaient pas en leur nom propre mais bel et bien au nom de l'assemblée générale de la Fédération X.________ de Football de 2009. Or, la majorité de ses membres avait décidé de se désister de la procédure et de conclure une convention transactionnelle, dont l'art. 3, reproduit dans la sentence attaquée, prévoyait notamment ce qui suit: " Les parties requièrent respectueusement l'auguste Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qu'il ratifie la présente convention (...) ". Sur la base de ce qui précède, l'arbitre a visiblement considéré que les parties au litige avaient clairement manifesté leur intention que la convention litigieuse soit incorporée à la sentence. Il a ainsi rejeté, à tout le moins de manière implicite, la thèse des recourants selon laquelle l'accord individuel de tous les appelants était nécessaire pour rendre une sentence d'accord parties fondée sur l'art. R56 al. 2 du Code. Pour le reste, il saute aux yeux que les recourants, lorsqu'ils se plaignent, sous le couvert d'une prétendue violation de leur droit d'être entendus, de ce que l'arbitre n'aurait prétendument pas contrôlé la bonne foi de l'accord transactionnel, s'en prennent exclusivement à la motivation du TAS et tentent d'obtenir un examen matériel de la sentence par l'autorité de recours, ce qui n'est pas admissible. Quoi qu'il en soit, il ressort de la sentence attaquée que l'arbitre a bel et bien examiné cette question, puisqu'il a considéré que rien n'indiquait que la convention litigieuse, qui mettait fin à un litige qui durait depuis treize ans, n'avait pas été conclue de bonne foi entre les parties ou qu'elle était contraire à l'ordre public. C'est à tort que les intéressés qualifient pareille motivation de formule stéréotypée ne revêtant pas plus de valeur qu'une simple clause de style, étant précisé que les recourants ne sauraient obtenir des considérations précises sur chaque détail du raisonnement tenu par l'arbitre. C'est dès lors en pure perte que les intéressés se lancent, sur près de sept pages, dans une démonstration appellatoire visant à démontrer que l'issue du litige aurait été différente si l'arbitre n'avait pas omis de respecter son devoir de contrôle.