Citation: 5A_269/2024 E. 3.3.4

3.3.4. Les recourants se plaignent encore du refus de prendre en considération le courrier que leur avait adressé l'APEA le 26 février 2024 ainsi que celui de l'OPE du 20 mars 2024 à l'attention de l'autorité cantonale, lesquels démontraient pourtant que leurs auteurs envisageaient un retour progressif, voire même définitif de leur fille auprès d'eux et attestaient ainsi nécessairement de leurs capacités parentales. Dans son courrier, l'APEA informe certes les recourants qu'un possible retour définitif de l'enfant auprès d'eux pourrait être envisagé au terme des étapes planifiées selon sa décision du 19 novembre 2023. Ce courrier apparaît toutefois surprenant au regard du rapport de situation établi par la curatrice le 24 janvier 2024. Selon celui-ci (cf. supra let. B.d.a), l'OPE préconisait un élargissement des visites de la mère par l'intermédiaire du Point Rencontre, tout en excluant des visites libres en raison de l'apparente incapacité de l'intéressée de s'interposer face à son époux et en indiquant que le droit de visite du père ne devait pas être rétabli. La lecture de ce rapport et la date à laquelle il a été établi permettent de retenir que cette conclusion se fondait non seulement sur l'attitude menaçante du recourant à la suite de la décision du 19 octobre 2023 (cf. supra let. B.d.a), mais également sur une nouvelle intervention de l'intéressé dans les locaux de l'OPE le 18 janvier 2024. Alors que la recourante devait s'y présenter seule, celle-ci était venue accompagnée de son époux et d'un traducteur privé, lequel s'était montré menaçant et intimidant envers l'interprète mandaté auprès de l'OPE - au point que celle-ci, bouleversée, refusât d'intervenir à nouveau - et avait tenu des propos virulents à l'encontre des intervenants de l'OPE (art. 105 al. 2 LTF). Le courrier de l'OPE du 20 mars 2024 indique certes que le droit de visite effectué depuis le 4 mars 2024 au domicile des recourants paraissait bien se dérouler; ainsi que le relève l'autorité cantonale, il était toutefois souligné que cette constatation se fondait sur les seules observations de la famille d'accueil au retour de l'enfant et non de professionnels présents lors des rencontres, ceux-ci refusant d'intervenir pour des motifs sécuritaires. L'autorité cantonale a par ailleurs souligné le caractère avéré de la violence au sein du foyer parental - qui n'est pas contestée efficacement par les recourants ( supra consid. 3.3.3) - et relevé, en se fondant sur la littérature spécialisée, que la manifestation de ce type de violence était fréquemment cyclique, ce qui ne permettait ainsi pas d'affirmer l'absence de risques pour l'enfant, avec les conséquences qu'impliquait une éventuelle exposition à la violence. Il s'ensuit que la portée des deux courriers cités par les recourants doit être relativisée et que leur défaut de prise en compte par la présidente n'apparaît ainsi pas arbitraire.