Citation: 6B_129/2023 E. 1.4

1.4. Le raisonnement de la cour cantonale est convaincant. Comme le relève le recourant à juste titre, depuis qu'il est en détention, aucune amélioration significative de son état n'a pu être observée. Le seul fait qu'il ait rencontré des thérapeutes à plusieurs reprises ne permet pas de retenir chez lui une évolution ayant pour effet d'éliminer ou de réduire dans une mesure suffisante le risque de nouvelles infractions. En outre, les intervenants s'accordent pour dire qu'un traitement neuroleptique sous contrainte doit être administré au recourant, dès lors qu'il souffre d'un trouble délirant et d'un trouble de la personnalité paranoïaque, lesquels impactent notamment sévèrement sa capacité à travailler sur les infractions commises. Les experts mettent également en avant le risque de décompensation psychique du recourant ainsi qu'un risque de récidive modéré d'actes violents. Le recourant fait valoir que l'expertise ne préconise pas une évolution en milieu institutionnel fermé selon l'art. 59 CP. Il soutient qu'un placement en foyer pourrait réduire le risque de récidive à travers un renforcement de ses capacités sociales. Ce grief tombe à faux. Tant dans le rapport d'expertise du 6 avril 2017 que dans celui du 7 décembre 2020, les experts ont expressément préconisé un traitement institutionnel, indiquant que ce n'était qu'en fonction de l'évolution de l'intéressé et pour autant qu'un traitement neuroleptique puisse lui être administré sur le long terme que la mesure pourrait être poursuivie en foyer psychiatrique. Le recourant soutient ensuite en vain que le risque de récidive n'est que "modéré" et qu'il n'est pas établi qu'il adopte un comportement inadéquat hors de détention. En effet, les experts ont considéré qu'une libération conditionnelle pourrait mettre en désarroi le recourant, qui se retrouverait confronté à des stimuli externes qui dépasseraient ses capacités d'adaptation compte tenu de son trouble de la personnalité, et que le risque d'une décompensation psychique bruyante à court terme était bien présent. On rappellera pour le surplus que le risque, certes modéré, porte sur des infractions contre la vie et l'intégrité corporelle. Or, selon la jurisprudence, il y a lieu de se montrer moins exigeant quant à l'imminence et à la gravité du danger lorsque, comme en l'espèce, des biens juridiques importants sont mis en péril, que lorsque des biens de moindre valeur, tels que la propriété ou le patrimoine, sont menacés (cf. supra consid. 1.1). Compte tenu de ce qui précède, un pronostic favorable ne peut pas être posé quant au comportement futur du recourant en liberté. Pour le surplus, contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale ne s'est pas exclusivement fondée sur le fait qu'il est en déni quant aux actes reprochés pour maintenir la mesure. Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en refusant la libération conditionnelle du recourant.