Citation: 4A_131/2008 25.06.2008 E. B

B.a Par courrier du 28 avril 2005, la Coopérative a résilié le bail de dame Y.D.________ pour le 31 décembre 2005. Le 27 mai 2005, dame Y.D.________ a saisi la Commission de conciliation en matière de baux et loyers de Genève, contestant la validité du congé et sollicitant, à titre subsidiaire, une prolongation de bail. Le même jour, la locataire a invité la Coopérative à motiver le congé. Le 31 mai 2005, celle-ci a répondu que le congé était motivé par « l'assainissement et (la) mise en conformité des locaux ». Lors d'une séance d'information qui s'est tenue le 14 juin 2005 devant toutes les entreprises installées sur le site dit X.________, le directeur de la Coopérative a indiqué à dame Y.D.________ que, bien que son bail ait été résilié, elle pourrait rester si elle mettait les locaux « parfaitement en ordre ». Par décision du 25 avril 2006, la Commission de conciliation a annulé le congé au motif que la bailleresse n'avait pas démontré la nature des travaux exigeant la libération des locaux. B.b Le 24 mai 2006, la Coopérative a saisi le Tribunal des baux et loyers de Genève d'une requête en constatation de la validité du congé. Elle a soutenu que le congé était justifié par le fait que l'OCIRT avait exigé des travaux d'assainissement et que la locataire, qui sous-louait les locaux, ne pouvait pas se plaindre de conséquences pénibles pour elle, ce qui excluait une prolongation du bail. Dame Y.D.________ a conclu à l'annulation de la résiliation du bail, subsidiairement à l'octroi d'une prolongation de bail échéant le 31 décembre 2011. En janvier 2007, un dépôt immédiatement adjacent aux locaux remis à bail à dame Y.D.________, lequel était précédemment occupé par une entreprise de serrurerie tombée depuis lors en faillite, a été reloué à un tiers. Par jugement du 22 mai 2007, le Tribunal des baux et loyers a annulé le congé notifié le 28 avril 2005 à dame Y.D.________, aux motifs que la bailleresse n'avait pas démontré la véracité des motifs du congé et avait agi contrairement à la bonne foi au sens de l'art. 271 al. 1 CO. B.c La Coopérative a appelé de ce jugement devant la Chambre d'appel en matière de baux et loyers du canton de Genève. Elle a allégué qu'elle ne disposait pas des ressources financières pour procéder en une seule fois à l'intégralité des travaux indispensables au maintien du bâtiment. Comme elle envisageait d'exécuter les travaux requis successivement, elle se devait de résilier les baux en fonction de la progression des opérations de mise en conformité et des fonds à sa disposition. Par arrêt du 4 février 2008, la Chambre d'appel a confirmé le jugement du 22 mai 2007. Les motifs de cet arrêt seront relatés ci-dessous dans la mesure utile.