Citation: 2P.57/2004 01.03.2004 E. 2

2.1 Selon l'art. 90 al. 1 lettre b OJ, le recours de droit public doit notamment contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Le Tribunal fédéral n'entre en matière que sur les griefs qui sont clairement et suffisamment motivés; il n'a pas à vérifier de lui-même si l'arrêt attaqué est en tous points conforme au droit et à l'équité (ATF 129 I 113 consid. 2.1 p. 120, 185 consid. 1.6 p. 189; 125 I 492 consid. 1b et les arrêts cités). Dans un recours pour arbitraire (art. 9 Cst.), le recourant ne peut se contenter de critiquer l'arrêt attaqué comme il le ferait dans une procédure d'appel où l'autorité de recours peut revoir librement l'application du droit, mais doit préciser en quoi cet arrêt serait arbitraire, ne reposerait sur aucun motif sérieux et objectif, apparaîtrait insoutenable ou heurterait gravement le sens de la justice (ATF 110 Ia 1 consid. 2a; voir aussi ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495 et la jurisprudence citée). C'est à la lumière de ces principes que doivent être appréciés les moyens soulevés par le recourant. 2.2 Lorsque un recourant - comme en l'espèce - se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et dans l'établissement des faits, une décision n'est considérée comme arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9). Or tel n'est pas le cas en l'espèce. Contrairement à ce que prétend le recourant, le simple fait que des collègues de travail entendus en qualité de témoins notamment par le Tribunal administratif n'ont personnellement pas constaté de malversations, de falsifications ou d'imprécisions dans la tenue des comptes n'est pas déterminant, dans la mesure où des irrégularités ont été dûment attestées par d'autres moyens de preuve tels le rapport d'enquête. D'ailleurs, le recourant ne conteste pas sérieusement avoir commis des irrégularités, mais affirme que celles-ci seraient imputables exclusivement à la surcharge de travail. C'est à tort toutefois que le recourant soutient que la juridiction cantonale n'a pas suffisamment tenu compte des éléments à décharge. 2.3 A cet égard, le Tribunal administratif retient dans l'arrêt attaqué que les fautes commises par le recourant relevées par l'enquête ne peuvent pas s'expliquer uniquement par une surcharge de travail ou un manque de personnel. Il s'agit notamment des fautes retenues dans le rapport d'enquête consistant en la création d'une sorte de caisse auxiliaire personnelle sans tenue d'une comptabilité et d'un classement de pièces, ainsi que de la création intentionnelle de jeux d'écritures comptables injustifiés dans le seul but d'équilibrer fictivement les comptes ou encore du paiement de diverses avances effectuées en faveur de tiers en dehors de toute autorisation de la hiérarchie et sans qu'aucun contrôle ne soit mis en place. Il ne s'agit pas d'erreurs ou d'omission dont la cause pourrait être une surcharge de travail mais bien d'opérations comptables devant être qualifiées de fautes professionnelles (p. 11-12). Dans une argumentation - de nature largement appellatoire -, le recourant conteste cette appréciation qu'il taxe d'arbitraire. Il se borne à affirmer que les irrégularités comptables sont imputables de manière prépondérante à la surcharge de travail et au dysfonctionnement du service, si bien que, vu sa faute professionnelle minime, le motif de licenciement ne serait pas réalisé. Ce faisant, il oppose sa propre appréciation des faits à celle des autorités cantonales qui ont qualifié de graves les manquements aux devoirs de service, sans pour autant démontrer en quoi l'arrêt attaqué serait insoutenable sur ce point. Par ailleurs, le recourant n'explique pas - du moins pas de manière claire - en quoi le Tribunal administratif a interprété et appliqué arbi- trairement la réglementation cantonale topique en confirmant son licenciement. Eu égard à la gravité et à la répétition des manquements constatés, cette mesure n'est pas disproportionnée au point d'apparaître arbitraire dans son résultat, même si l'on tient compte des nombreuses années (trente) que le recourant a passées au service de l'Etat de Genève et de l'absence de tout avertissement préalable. A noter à ce propos que la législation cantonale ne prévoit pas que la résiliation des rapports de service doive nécessairement être précédée d'un avertissement formel. 2.4 Pour le surplus, il y a lieu de renvoyer aux motifs convaincants de la décision attaquée (art. 36a al. 3 OJ).