Citation: 9C_612/2015 E. 5.2

5.2. Contrairement à ce qu'affirme l'office recourant, on ne saurait considérer que l'expertise du docteur E.________ met en évidence une modification de l'état de santé au sens de l'art. 17 al. 1 LPGA. Le diagnostic de trouble anxieux phobique que le psychiatre fait remonter au début de l'âge adulte n'est pas nouveau au sens de cette disposition et l'expert a conclu à une capacité de travail depuis 2005 déjà, réfutant l'avis des docteurs D.________ et C.________. Il n'y a pas matière à révision lorsque les circonstances sont demeurées inchangées et que le motif de la suppression ou de la diminution de la rente réside uniquement dans une nouvelle appréciation du cas (ATF 115 V 308 consid. 4a/bb p. 313). En cela, l'appréciation de l'autorité précédente échappe à toute critique. La juridiction cantonale ne saurait en revanche être suivie lorsqu'elle affirme qu'aucun autre élément d'ordre médical au dossier ne permettait de conclure à une amélioration de l'état de santé de l'intimé. Le docteur C.________ a mentionné que l'assuré présentait des périodes dépressives moins évidentes au niveau thymique (avis du 16 avril 2012) et qu'il connaissait une phase relativement silencieuse du point de vue psychopathologique (rapport du 9 septembre 2013). Le psychiatre traitant a ajouté qu'il n'était par ailleurs pas étonnant que le docteur E.________ n'eût pas trouvé de traces de somatisation lors de son examen clinique puisque les conséquences psychopathologiques n'étaient forcément pas permanentes (rapport du 9 septembre 2013). Ainsi, alors que la doctoresse D.________ avait observé en 2008 un syndrome douloureux somatoforme persistant d'intensité sévère (rapport du 14 janvier 2008), les médecins traitants de l'intimé n'en font plus état. Qui plus est, le docteur F.________ a relevé que l'intimé ne présentait pas de restriction physique à l'exercice d'une activité professionnelle hormis celles liées aux épisodes de dysphagie haute ou de prostatite chronique actuellement stables (avis du 26 juin 2014). En plus de ces éléments médicaux, qui ne permettent pas d'exclure que l'intimé se soit accoutumé ou adapté aux douleurs ou autres limitations psychiques ces dernières années, il apparaît que l'assuré a poursuivi ses créations artistiques, sorti un album et entamé un nouveau projet avec l'artiste G.________. Si ces activités n'ont pas généré de revenus selon les constatations de la juridiction cantonale, on ne saurait cependant la suivre lorsqu'elle n'attribue aucune incidence aux différents projets de l'assuré sur le plan de la capacité de travail. L'activité déployée par l'intimé constitue en effet un indice suffisant pour douter qu'on ne puisse exiger de lui la mise en oeuvre d'une capacité de travail au moins partielle. En l'absence toutefois d'une évaluation suffisamment circonstanciée de l'évolution de l'état de santé de l'intimé et de ses effets sur sa capacité de travail, il convient de renvoyer la cause à l'autorité précédente (art. 107 al. 2 LTF) pour qu'elle mette en oeuvre les mesures d'instruction qui s'imposent sur le plan médical, puis statue à nouveau.