Citation: 6B_113/2021 E. B

Statuant par jugement du 17 décembre 2020, la Cour pénale I du Tribunal cantonal du Valais a très partiellement admis l'appel interjeté par A.________ contre le jugement du 3 juin 2020. Celui-ci a été réformé en ce sens que le mandat d'arrêt (art. 210 al. 2 CPP) était révoqué, le mandat de recherches, dont la diffusion a été étendue à l'Espace Schengen (SIS), étant en revanche maintenu (art. 210 al. 1 CPP). Le jugement du 3 juin 2020 a été confirmé pour le surplus. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. C.B.________ est décédée le 15 septembre 2014. Elle a laissé pour héritiers B.B.________, son époux depuis 1974, et A.________, son fils, né en 1972 d'une précédente union. Le 23 novembre 2012, les trois précités avaient conclu devant notaire un pacte successoral, aux termes duquel étaient institués héritiers de C.B.________, d'une part, B.B.________, à raison de sa part légale (2/8) et de la quotité disponible, et, d'autre part, A.________, pour sa réserve légale (3/8). Le pacte successoral prévoyait la constitution d'un trust au bénéfice des deux héritiers. L'avocat D.________ avait été désigné comme exécuteur testamentaire. B.b. Le 24 décembre 2015 au soir, à U.________ (VS), A.________, qui était énervé au sujet du partage de la succession de sa mère, a fait irruption dans le chalet de B.B.________, sans y avoir été invité. Le dernier nommé lui a demandé de quitter les lieux, ce que A.________ n'a pas entrepris. Une altercation verbale s'en est suivie au cours de laquelle A.________ a tenté d'asséner une gifle à B.B.________ avant d'affirmer que, si une avance d'hoirie de 120'000 fr. ne lui était pas versée dans les quatre jours, il allait revenir le " tabasser ". Effrayé, B.B.________ a fait appel à la police. Il a déposé plainte le 31 décembre 2015. Apeuré par les menaces proférées par son beau-fils et soucieux d'éviter que celui-ci les mette à exécution, B.B.________ a demandé à l'avocat D.________, exécuteur testamentaire de sa défunte épouse, de verser à A.________, à titre d'avance d'hoirie, la somme de 120'000 fr. réclamée par celui-ci. Ce versement a été effectué le 8 janvier 2016. B.c. Dans deux e-mails adressés le 6 août 2016 à B.B.________, ainsi qu'à des tiers, A.________ a laissé délibérément entendre que celui-là avait adopté des agissements susceptibles d'être constitutifs de fraude fiscale, de gestion déloyale, de chantage ainsi que d'homicides notamment à l'égard de son épouse et du père de celle-ci. Dans des e-mails adressés le 10 janvier 2017 à B.B.________, ainsi qu'à des tiers, A.________ les a traités de " dum ass holes corrupt primates ", de " dumm bastards ", de "bunch of ass holes " et de " corrupt bastard ". B.d. Le 19 janvier 2017, à Genève, A.________ s'est rendu devant le bâtiment où logeait B.B.________. Sous prétexte d'avoir oublié une jaquette lors d'une conférence ayant eu lieu dans ce bâtiment, il a convaincu le concierge de lui ouvrir la porte d'entrée. Une fois à l'intérieur, au moment où il s'apprêtait à monter à l'étage où se situait l'appartement de B.B.________, le concierge l'a reconnu et lui a demandé de quitter les lieux, ce que celui-ci a entrepris. B.e. Entre le 18 et 22 mai 2017, alors qu'il se trouvait à Londres ou à Genève, A.________ a adressé à B.B.________, ainsi qu'à des tiers, depuis ses adresses électroniques (A._______@xxx et info@xxx), de multiples e-mails représentant, une fois imprimés, quelque 500 pages. Les passages suivants, parmi les e-mails en cause, faisaient référence à B.B.________: - le 18 mai 2017, à 21 heures 13: " IL DELIRE ET LANCE DES ATTAQUES A REPETITION CEST PLUS GRAVES CE CRIMINEL DE B.B.________ "; - le 18 mai 2017, à 21 heures 18: " [...] ON SE DEMANDE DONC SIL CEST PAS UN COUT ORGANISER DE LA MAFIA IL SEMBLE SOUS LEMPRISE DE LA MAFIA "; - le 18 mai 2017, à 21 heures 40: " maitre M.________ nous devons vous amener -es informations dans la mesure ou cela dure a présent et B.B.________ ment à gauche et a droite "; - le 18 mai 2017, à 21 heures 46: " dans la mesure ou il y a 6 morts de familles autour de -B.B.________ suspect depuis 1983 il a un mobile et sont comportement confirme a present le mobile "; - le 19 mai 2017, à 5 heures 58: " pot de vin de B.B.________ "; - le 19 mai 2017, à 5 heures 59: " B.B.________ a l'habitude de remettre des enveloppes cash pour payer la galleries et corruption "; - le 19 mai 2017, à 6 heures 17: " FRAUDE FISCAL DE B.B.________ ET CORRUPTION EN BANDE ORGANISEE "; - le 19 mai 2017, à 18 heures 46: " indeed B.B.________ and D.________ are evils incarnation on earth "; - le 19 mai 2017, à 18 heures 49: " B.B.________ IS AN EVIL HORRIBLE LIAR AND SMALL MANIPULATOR AND A SICK BASTARD ". B.f. A.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique réalisée par le Prof. E.________, médecin psychiatre, et F.________, psychologue. Dans leur rapport du 16 juillet 2019, les experts ont conclu à l'existence d'un trouble délirant persistant (F-22.9) et de traits de personnalité paranoïaque quérulente (Z-73.1), présents tant au moment des faits qu'à la date du rapport, ses propos délirants étant spécifiquement focalisés autour du litige avec B.B.________ et du partage de la succession de sa mère. En raison de son trouble, A.________ n'était pas en mesure de considérer la réalité telle qu'elle était, ses croyances étant ancrées sur de fausses convictions dont il ne pouvait se départir. Les experts ont en outre relevé que A.________ était hautement susceptible de poursuivre son activité d'écriture de courriels au contenu diffamatoire et injurieux, de même que de s'en prendre verbalement à B.B.________. Ils ont ainsi considéré que la situation actuelle était préoccupante, avec un risque de récidive élevé, dès lors également que l'expertisé ne bénéficiait d'aucun suivi psychiatrique.