Citation: 6B_1269/2017 E. 3.3.1

3.3.1. A cet égard, la cour cantonale a exposé qu'à la suite d'engagements et de réengagements de personnel, la masse salariale mensuelle de J.________ SA avait "explosé" depuis le moment où le recourant avait repris cette société. Celle-ci avait passé de moins d'un demi-million de francs, de janvier à mai 2011, à 917'000 fr. en juin 2011, puis au minimum à 1,4 million de francs pour chaque mois de la période allant de juillet à décembre 2011, avec un pic à 3,7 millions de francs en août 2011. Ces chiffres résultaient de calculs objectifs effectués par la police neuchâteloise sur la base des pièces au dossier. Le recourant prétendait avoir estimé que le budget mensuel des salaires devait être de 218'000 fr. au moment où il avait repris J.________ SA, selon les documents qu'il avait vus, et il considérait avoir été trompé par son prédécesseur, car la masse salariale s'élevait en fait à 540'000 fr. au moment de la reprise. Selon lui, le budget total pour une saison devait être de 12'800'000 fr., d'après les chiffres fournis par son prédécesseur, mais il envisageait sous sa propre gestion un budget de 25 millions de francs, dont 10 à 12 millions qui représenteraient son investissement personnel. Pour la cour cantonale, l'augmentation de la masse salariale était en elle-même déraisonnable et sans rapport avec les moyens concrètement à disposition de J.________ SA ou ceux que cette société aurait pu obtenir. Si l'engagement de certains joueurs, même à des salaires élevés, pouvait favoriser la situation d'un club de football - si celui-ci devait progresser dans le classement de son championnat -, il n'existait pas de corrélation linéaire entre le classement et les ressources. Ainsi, même les dirigeants de clubs de football ne pouvaient dépenser sans compter en s'affranchissant des règles de bonne gestion. Le fait que l'équipe de football concernée eût amélioré son classement après sa reprise par le recourant ne suffisait pas pour considérer que cette progression, d'ailleurs relative puisque l'équipe occupait la quatrième place du classement au moment de son retrait en 2012, était de nature à amener une augmentation significative des revenus, à relativement court terme en tout cas. Cette amélioration ne permettait pas d'envisager concrètement des produits supplémentaires suffisants pour financer des dépenses élevées. Le recourant ne s'était pas soucié de mettre en adéquation la masse salariale, les revenus concrètement envisageables et les sommes qu'il pouvait lui-même injecter. Il avait fait exploser ladite masse salariale, concluant et faisant conclure des contrats de travail que J.________ SA ne pouvait pas se permettre, dans le but évident de renforcer l'équipe, mais sans égard pour les conséquences économiques de ces engagements. La disproportion évidente entre la masse salariale antérieure et celle dont il était responsable, sans que la société ne pût compter sur des recettes proportionnelles, démontrait que le recourant avait fait des dépenses exagérées. Par ailleurs, le recourant n'avait pas contesté avoir effectué trois déplacements en jet privé, entre Q.________ et R.________, les 14, 15 et 19 juin 2011, ni que les factures en résultant s'étaient montées à 98'500 EUR au total. Les factures avaient été émises par la société A1.________ SA. Interrogé à ce sujet, le recourant avait déclaré avoir payé lui-même ces vols. Lorsque le procureur lui avait demandé qui était à bord du vol effectué le 19 juin 2011, il avait répondu "No comments". Le destinataire des factures était J.________ SA. Cette société avait payé celles-ci, alors même qu'une confirmation de vol avait été envoyée à M.________ SA. Certaines factures avaient été comptabilisées chez J.________ SA comme "déplacement de nouveaux joueurs", mais on ne voyait pas ce que des joueurs seraient allés faire à R.________, alors que le recourant, avec lequel ils auraient peut-être dû négocier des contrats, passait la plupart de son temps en Suisse à cette époque. Selon la cour cantonale, les vols concernés avaient été effectués par le recourant à titre privé, sans lien direct avec l'activité de la société. Même si les vols avaient été effectués en lien avec l'activité de J.________ SA, le paiement de factures de plus de 100'000 fr. pour des déplacements en jet privé aurait constitué une dépense exagérée, sans lien avec les ressources de la société.