Citation: I 430/04 23.09.2005 E. 4

4.1 Selon le docteur D.________, la profession que l'assurée a apprise est compatible avec son handicap, mais les exigences d'un travail à 100 % dépassent de beaucoup les possibilités d'un aveugle complet dans l'environnement actuel, de sorte qu'il est justifié de fixer le taux d'invalidité (recte: d'incapacité de travail) à 50 %. 4.2 La juridiction cantonale a retenu que la recourante dispose d'une pleine capacité de gain dans le métier qu'elle a appris et qui est adapté à ses capacités, de sorte qu'elle n'est pas invalide au sens de la loi. Elle a estimé que la fixation par le docteur D.________ du taux d'incapacité de travail à 50 % faisait fi de l'exigence légale d'une situation équilibrée du marché du travail consacrée à l'art. 16 in fine LPGA et correspondant à l'art. 28 al 2 aLAI. 4.3 En tout état de cause, on ajoutera qu'il n'y a pas lieu d'examiner si un invalide peut être placé eu égard aux conditions concrètes du marché du travail, mais uniquement de se demander s'il pourrait encore exploiter sa capacité (résiduelle) de travail lorsque les places de travail disponibles correspondent à l'offre de la main d'oeuvre (VSI 1998 p. 296 consid. 3b et les références). Dès lors que la recourante dispose d'une pleine capacité de travail et de gain dans sa profession de physiothérapeute, la décision de l'office AI du 14 juillet 2003 lui déniant tout droit à des prestations de l'assurance-invalidité est conforme à la loi. 4.4 Le point de vue des premiers juges doit être confirmé. En effet, selon les renseignements résultant de l'expertise médicale, l'assurée a exercé pendant trois ans sa profession avant d'entreprendre, pour des raisons essentiellement économiques (concurrence, rétrécissement du marché du travail), des études universitaires de lettres. Plus spécifiquement, son activité chez son dernier employeur (de 20 à 40 %) avait encore baissé au cours de 1997 à la suite d'une réorientation de ce dernier vers l'ostéopathie. Pour sa part, l'ex-employeur a confirmé que la recourante disposait à l'époque (1995/1996) de toutes les capacités nécessaires à l'exercice de cette profession et qu'au niveau physique, elle n'avait aucune difficulté particulière; son atteinte à la santé avait uniquement nécessité l'aménagement de certains appareils (rapport intermédiaire de l'office AI du 20 mars 2001). Il a encore précisé que la pratique de cette activité devenait de plus en plus difficile en raison de la multiplication des cabinets de physiothérapeutes (3 à ses débuts sur la place de Morges, aujourd'hui 10 à 12), ainsi que du resserrement des possibilités de prise en charge par les assurances. Dans ce contexte, la recourante ne peut être suivie lorsqu'elle se prévaut du caractère trop pénible du métier en question et du fait qu'elle est avant tout confrontée aux problèmes engendrés par son handicap visuel pour solliciter les prestations de l'AI.