Citation: 1B_32/2016 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, la Chambre des recours pénale a à juste titre retenu que les faits reprochés n'étaient pas anodins, au vu de leur répétition sur une période de plus d'une année. Elle retenait que, selon l'acte d'accusation, la recourante s'était rendue coupable d'une multitude d'infractions contre l'honneur et la liberté (menace et contrainte); la prévenue ne pouvait s'empêcher de contacter, insulter, et menacer les plaignants. Nonobstant une enquête pénale ouverte à son encontre, ainsi qu'un avertissement formel du Tmc contenu dans l'ordonnance du 27 juin 2015, la recourante avait réitéré son comportement délictueux à peine un mois après avoir passé deux jours en détention alors qu'elle avait pris l'engagement de ne pas recommencer. L'instance précédente ne pouvait toutefois s'arrêter à ce constat pour retenir un risque de réitération au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP. Elle devait également examiner si les infractions retenues étaient susceptibles de compromettre sérieusement la sécurité d'autrui. Or, tel n'est pas le cas en l'espèce. La prévenue a certes multiplié les actes de harcèlement depuis le mois de juin 2014; il s'agit toutefois essentiellement de propos attentatoires à l'honneur qui peuvent effectivement devenir insupportables sur le long terme, mais qui ne menacent pas gravement la sécurité des personnes concernées. Quant aux menaces, elles ont été proférées à l'occasion de propos injurieux et ne paraissent pas, à la lecture de l'acte d'accusation, susceptibles de faire craindre des actes de violence à l'encontre des plaignants; ceux-ci n'ont d'ailleurs pas exprimé de telles craintes dans les diverses plaintes déposées, alors que les menaces remontent à 2014 déjà. En outre, il sied de relever que dans son ordonnance du 27 juin 2015, le Tmc avait considéré que la mise en détention de l'intéressée pour les faits dénoncés était disproportionnée, relevant notamment que le but recherché par le Ministère public était alors de permettre une prise de conscience de la gravité des faits par la prévenue. Par conséquent, la cour cantonale a violé le droit fédéral en confirmant l'existence d'un risque de réitération au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP, ce que doit constater la Cour de céans, indépendamment de la proximité de l'audience de jugement.