Citation: 4A_132/2021 E. 3

Par ordonnance du 10 mars 2020, le Tribunal des prud'hommes genevois a fixé un délai de vingt jours au défendeur pour produire les pièces requises par le demandeur. En bref, il a estimé que le demandeur devait pouvoir accéder, en vertu de son droit d'être entendu, au rapport d'audit complet non caviardé. Ce document était en effet pertinent pour l'issue du litige, dans la mesure où il constituait l'un des éléments principaux ayant conduit au licenciement du demandeur. Ce dernier devait ainsi pouvoir prendre connaissance de l'intégralité des motifs de son licenciement. Les autres pièces requises étaient aussi pertinentes dès lors que le demandeur contestait la réalité des motifs avancés pour le licencier. Saisie d'un recours formé par le B.________, la Chambre des prud'hommes de la Cour de justice, statuant par arrêt du 26 janvier 2021, a annulé l'ordonnance entreprise en tant qu'elle ordonnait au défendeur de produire une version non caviardée du rapport d'audit établi en 2017 et a rejeté la requête du demandeur en production de ladite pièce. Pour le reste, elle a déclaré le recours irrecevable, faute pour le recourant d'avoir établi l'existence d'un préjudice difficilement réparable au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC. Dans l'arrêt attaqué, la cour cantonale estime que la production du rapport d'audit non caviardé ne se justifie pas dès lors que ledit document n'a aucune incidence sur le sort du litige. En effet, le demandeur fonde ses prétentions pécuniaires sur la manière dont le congé lui a été notifié et non sur les motifs du licenciement. Il n'a du reste sollicité la production dudit rapport d'audit à l'appui d'aucun de ses allégués de fait figurant dans sa demande ou sa réplique. Si l'intéressé conteste certes les motifs du congé, il n'allègue en revanche pas que la décision de le licencier reposerait sur un autre motif prohibé par l'art. 336 CO. Par conséquent, le point de savoir si les motifs de licenciement avancés par l'employeur étaient ou non fondés n'a aucune incidence en l'espèce pour statuer sur les prétentions du demandeur. La production de l'intégralité dudit rapport ne se justifie pas davantage sous l'angle du droit du demandeur à la contre-preuve des faits allégués par le défendeur, puisque ce dernier n'a pas à démontrer la validité du congé qu'il a donné.