Citation: 6P.140/2006 10.11.2006 E. 7

La recourante se plaint ensuite d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'établissement de certains faits. Mais les éléments du dossier qu'elle invoque à l'appui de ce moyen ne rendent pas insoutenables les constatations de fait qu'elle critique - lesquelles ne sont dès lors pas arbitraires (sur cette notion: cf. ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 et les arrêts cités). En effet, que l'entourage de la recourante ne fût pas prompt à recevoir des confidences n'exclut pas qu'il fût disponible pour elle en cas de problème. Que la recourante n'ait eu avec sa mère que deux entretiens téléphoniques au cours du mois d'août 2002 et un seul en septembre 2002 ne contredit pas la constatation de la cour cantonale selon laquelle la recourante communiquait régulièrement avec sa mère et que celle-ci s'était déjà montrée disposée à l'aider par le passé. Que la recourante ait renoncé à mettre son plan criminel à exécution le 19 septembre 2002 n'empêche pas qu'elle avait déjà conçu à cette date le projet de donner la mort à ses enfants par noyade, puis de se suicider. Quant à la constatation selon laquelle la recourante était "exempte d'affects" au moment des faits, elle n'a pas la portée que l'intéressée lui prête. En effet, en affirmant que la recourante était "exempte d'affects", la cour cantonale n'a manifestement pas entendu signifier que la recourante aurait fait preuve d'une totale absence d'émotion ou d'une grande froideur affective. Comme l'expert judiciaire - dont elle a repris les propos en omettant toutefois de les assortir des mêmes réserves - la cour cantonale a voulu dire que la recourante n'était pas la proie d'une émotion violente au moment où elle a agi (cf. jugement attaqué, consid. 6b p. 36, et rapport d'expertise du 23 décembre 2002, p. 433 du dossier cantonal). Bien comprise, cette constatation de fait ne se trouve en contradiction irréductible avec aucune autre constatation du jugement attaqué. Pour le surplus, ne faisant qu'inviter le Tribunal fédéral à substituer sa propre appréciation des preuves à celle des juges du fait, sans indiquer en quoi les constatations de ceux-ci contreviendraient à l'interdiction constitutionnelle de l'arbitraire, la recourante ne soulève que des griefs appellatoires et, partant, irrecevables (art. 90 al. 1 let. b OJ).