Citation: I 531/06 29.10.2007 E. A

A.a F.________, née en 1971, sans formation professionnelle, a travaillé en qualité d'employée polyvalente de restaurant d'entreprise du 1er décembre 1994 au 28 février 1999. Le 15 janvier 1999, elle a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité. Instruisant cette requête, l'office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après: l'office AI) a recueilli divers avis médicaux. Dans un rapport du 17 mai 1999, le docteur G.________, médecin-associé du service de rhumatologie, médecine physique et réhabilitation de l'Hôpital V.________, a posé le diagnostic de fibromyalgie, de rachialgies chroniques et d'état anxio-dépressif réactionnel vraisemblable. Ce médecin a précisé que l'incapacité de travail de l'assurée était de 100 % depuis le 29 janvier 1999 dans sa profession habituelle, laquelle était qualifiée de lourde en raison du déplacement régulier de charges. De telles charges n'étaient pas compatibles avec une protection efficace du rachis à long terme, de sorte que des mesures de reclassement professionnel dans une activité légère, permettant d'éviter à l'assurée de longues stations assises et de limiter les charges à 20 kg, étaient justifiées. A.b L'assurée a bénéficié de mesures professionnelles sous la forme d'un stage d'observation professionnelle à P.________. Ce dernier, initialement prévu du 27 mars au 14 avril 2000, a été interrompu le 4 avril 2000. Dans leur rapport subséquent, les responsables du centre X.________ ont constaté que l'assurée traversait une période très troublée sur le plan de sa vie personnelle, l'empêchant de rassembler son énergie résiduelle et la placer dans un stage probatoire dans le domaine de la réception-téléphone. Au vu de l'état de santé et de la fragilité psychologique de l'assurée, les responsables ont conclu que le stage était prématuré et ont proposé à celle-ci de poursuivre sa prise en charge au niveau psychologique et d'effectuer ultérieurement un stage de trois mois dans leur groupe d'observation et d'évaluation. A.c Dans un rapport du 30 mai 2000, le professeur S.________ et la psychologue D.________, respectivement médecin-adjoint et assistante auprès du Service de psychiatrie de liaison de l'Hôpital V.________, ont mis en évidence, outre la fibromyalgie, une symptomatologie dépressive et anxieuse et des facteurs circonstanciels aggravants. Ceux-ci expliquaient que malgré toute sa volonté, l'assurée ne pouvait pas se concentrer sur sa tentative de réintégration professionnelle. Elle vivait une crise majeure, entraînant une incapacité de travail de 100 %. Dans un rapport ultérieur du 8 août 2000, le médecin et la psychologue précités ont fait état d'une condition psychique stationnaire après aggravation en avril 2000 suite à l'échec de sa réhabilitation professionnelle. Ils ont également relevé les symptômes suivants: idées noires, ruminations, manque de concentration, estime personnelle très basse, sentiments d'étrangeté ou de déréalisation survenant dans les activités quotidiennes, insomnies et conséquences du manque de sommeil, à savoir symptômes neuro-végétatifs tels que maux de tête, étourdissements, chutes de pression et enfin symptômes alimentaires, tels que prise d'une grande quantité de nourriture en soirée pour palier l'angoisse. A.d L'office AI a mandaté le docteur E.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, pour la réalisation d'une expertise sur la personne de l'assurée. Posant un diagnostic au regard des critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux DSM IV édité par l'Association des psychiatres américains (American Psychiatric Association), ce médecin a mentionné, sur l'axe I, un trouble de somatisation (ou syndrome de Briquet), un état dépressif léger, un trouble panique avec agoraphobie de degré léger et une « non-observance au traitement » (Floxyfral, Loramet). Sur l'axe II, il indique une personnalité immature à traits histrio-dépendants et sur l'axe III, une allergie au nickel. Sur l'axe IV, il retient la naissance d'un premier enfant et un travail lourd et peu motivant. Le docteur E.________ estime qu'en l'absence d'antécédents personnels de maltraitance, de carence affective et d'un fonctionnement psychosocial, affectif et professionnel préservé jusqu'en 1995-1996, la naissance d'un premier enfant - en l'absence de support familial - et une rétrogadation professionnelle semblent être les facteurs les plus importants à l'origine du développement d'un état anxio-dépressif et de symptômes du registre de l'hystérie (syndrome de Briquet). Après avoir distingué « l'hystérie réflexe » de « l'hystérie secondaire » en les expliquant, l'expert relève qu'en l'espèce, le tableau est dominé par l'existence d'une discordance manifeste entre l'affirmation d'une impotence fonctionnelle totale et l'observation clinique lors de l'expertise ainsi que le « fonctionnement hors professionnel » de l'assurée. Il relève par ailleurs la tendance à la majoration des symptômes soulignée par la « non-observance au traitement » qui traduirait un acte de volonté, signifiant par là même que l'assurée ne ferait pas tout ce qu'on est en droit d'attendre d'elle pour améliorer sa capacité de travail. En d'autres termes, ces éléments traduiraient une hystérie de type secondaire, malgré une vulnérabilité émotionnelle et des difficultés adaptatives véritables. Le psychiatre conclut que le pronostic dépend essentiellement de la résolution du conflit assécurologique, la « non-observance au traitement » ayant été démontrée. Il estime l'incapacité de travail de l'assurée à 70 % pendant six à douze mois après la naissance de son enfant en 1996. A.e L'assurée a en outre fait l'objet d'un examen psychiatrique par le Service médical régional de l'assurance-invalidité (SMR). Dans son rapport du 5 juin 2002, la doctoresse A.________, psychiatre, a fait état d'un syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4), d'un trouble dépressif récurrent en rémission (F 33.4), d'un trouble panique avec agoraphobie de degré léger (F 41), d'une personnalité immature à traits dépendants et de phobies depuis l'enfance, d'intensité légère (F 40.2). Elle a précisé que sous traitement médicamenteux antidépresseur, accompagné d'une psychothérapie de soutien, les symptômes dépressifs aigus mentionnés par le docteur S.________ dans son rapport du 8 août 2000 s'étaient progressivement améliorés et que l'état de l'assurée était stabilisé. La doctoresse ajoutait que la symptomatologie présentée par l'assurée pouvait diminuer sa qualité de vie mais constituait une pathologie psychiatrique insuffisante - rencontrée assez fréquemment dans une population active - pour justifier une diminution importante de la capacité de travail. Cette symptomatologie psychiatrique était authentique mais l'assurée tirait un bénéfice affectif secondaire certain de son entourage ainsi qu'une explication physique à son manque d'autonomie et à ses difficultés d'assumer le rôle de mère, d'où ses difficultés à accepter l'évolution favorable de l'état dépressif. Enfin, la doctoresse A.________ estimait que l'agressivité et la mobilisation de l'assurée contre les conclusions de l'expertise du docteur E.________ constituaient une preuve de sa stabilité psychique, de l'existence de défenses efficaces et de bonnes ressources en vue d'une réinsertion socio-professionnelle. L'assurée ne présentait plus de troubles psychiatriques aigus significatifs pour justifier une diminution importante de la capacité de travail, laquelle était évaluée à 80 % dans une activité évitant le port de lourdes charges dès juillet 2001. En revanche, la capacité de travail était nulle du 29 juin 1999 au 5 juillet 2001. A.f Par décisions du 15 décembre 2003, l'office AI a alloué à l'assurée un quart de rente du 1er septembre au 30 novembre 1999, fondé sur un degré d'invalidité de 40 %, puis une rente entière du 1er décembre 1999 au 31 octobre 2001. Ces prestations étaient assorties de rentes complémentaires pour conjoint et pour enfant. L'office AI a refusé toutes prestations pour le surplus, le taux d'invalidité ayant été fixé à 20,59 % dès le 1er juillet 2001, sur la base d'une capacité de travail de 80 % dans une activité adaptée à partir de cette même date. L'assurée ayant formé opposition contre ces décisions, l'office AI l'a rejetée, par une nouvelle décision du 22 septembre 2004.