Citation: 6P.18/2006 28.05.2006 E. 1

Les victimes au sens de l'art. 2 LAVI ont en principe le droit d'intervenir comme partie dans la procédure pénale (art. 8 al. 1 LAVI), notamment en formant contre le jugement les mêmes recours que le prévenu. Encore faut-il qu'elles aient déjà été parties à la procédure auparavant et que la sentence touche leurs prétentions civiles ou puisse avoir des effets sur le jugement de ces dernières (art. 8 al. 1 let. c LAVI; ATF 128 IV 188 consid. 2.2 p. 191; 127 IV 189 2b p. 191 s.; 125 IV 161 consid. 2b et 3 p. 163 s.). Le recourant a perdu une partie de ses doigts. Cette atteinte présente une importance suffisante pour justifier sa qualité de victime au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI. Il a participé à la procédure ayant abouti à la décision contestée. On ne peut lui reprocher de n'avoir pas pris formellement de conclusions civiles, la procédure n'ayant pas été menée jusqu'à un stade qui lui aurait permis de le faire. De plus, on distingue avec suffisamment de clarté quelles prétentions civiles sont en jeu (art. 46 CO et 47 CO), le recourant indiquant, dans ses écritures, avoir subi un préjudice physique et psychique. Enfin, il va de soi que l'ordonnance attaquée, qui vaut classement, est de nature à exercer une influence négative sur ces conclusions. Il s'ensuit que les conditions de l'art. 8 al. 1 let. c LAVI sont remplies, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur les recours de droit public et pourvoi en nullité interjetés par l'intéressé.