Citation: 4P.121/2005 01.09.2005 E. 1

Dans ces conditions, le recourant a un intérêt personnel, actuel et juridiquement protégé à faire constater que la décision attaquée a entériné un jugement qui, à l'en croire, aurait violé ses droits constitutionnels en excluant l'existence du lien de causalité naturelle requis. 3.3.2 Devant l'autorité intimée, le recourant s'était plaint de ce que la Cour civile n'avait pas indiqué les motifs pour lesquels elle n'avait pas retenu la déposition du témoin F.________, son conseiller bancaire, au sujet de son allégué 229, alors qu'elle les avait énoncés pour écarter les dires du témoin en tant qu'ils se rapportaient à ses allégués 188 et 231. Il y voyait une violation de l'art. 300 al. 2 CPC vaud., disposition qui impose au tribunal d'énoncer succinctement les motifs de sa conviction lorsqu'il écarte une preuve littérale ou une déposition dont il a été dressé procès-verbal. La Chambre des recours a rejeté ce moyen, car il lui est apparu que les raisons pour lesquelles la Cour civile n'avait pas retenu les propos de F.________ visaient l'ensemble du témoignage fourni par cette personne et non pas les seuls allégués 188 et 231 (arrêt attaqué, p. 11, consid. 4/cc). Dans son recours de droit public, le recourant fait grief à l'autorité intimée d'avoir éludé, "d'une façon intellectuellement incorrecte" la violation de l'art. 300 al. 2 CPC vaud. commise par les premiers juges. La démonstration faite par le recourant sous chiffres 22 à 26 de son mémoire, à l'appui de son grief, est en soi convaincante. La simple lecture du passage topique du jugement de première instance (p. 11, § 4 et 5) révèle, en effet, clairement que le motif pour lequel le témoignage de F.________ a été écarté, à savoir le fait que ce dernier n'avait pas assisté à l'entrevue au sujet de laquelle il était interrogé, ne pouvait justifier la mise à l'écart du témoignage dans la mesure où celui-ci s'appliquait à des faits concernant directement le témoin lui-même et qui formaient l'objet de l'allégué 229 libellé en ces termes: "c'est sous l'empire de faux bons résultats publiés, avérés de manière illicite par les contrôleurs, que les banquiers du demandeur l'ont malgré eux induit en erreur sur la fiabilité des titres de Z.________". Cela étant, on ne voit pas ce qui permet au recourant et à l'autorité intimée de soutenir que la Cour civile aurait écarté l'ensemble du témoignage de F.________. Il ressort, au contraire, du passage précité du jugement de première instance que ladite Cour a pris soin de distinguer la partie du témoignage qu'elle ne pouvait pas retenir (p. 11, § 4) et celle, afférente à l'allégué 229, qu'elle pouvait prendre en considération. Relativement à celle-là, elle a indiqué les motifs qui l'ont amenée à l'écarter, conformément aux prescriptions de l'art. 300 al. 2 CPC vaud. En ce qui concerne celle-ci, elle n'avait pas à le faire puisqu'elle en a tenu compte. Aussi la Chambre des recours n'a-t-elle pas abouti à un résultat arbitraire en rejetant, par des motifs certes erronés, le moyen pris de la violation de cette disposition. Que la Cour civile n'ait, par la suite, pas accordé à la déposition du témoin F.________ l'importance que lui attribue le recourant, préférant mettre l'accent sur d'autres éléments factuels, tels que le caractère spéculatif des achats opérés par l'intéressé et le fait que celui-ci avait allégué y avoir procédé sans avoir consulté la situation financière de la société, est un autre problème, qui relève de l'appréciation comparative de l'ensemble des preuves figurant au dossier cantonal et au sujet duquel on cherche en vain une critique un tant soi peu motivée dans l'acte de recours. De surcroît, comme le soulignent à juste titre les intimés nos 2-6 sous chiffre 12 de leur réponse, en mettant en relation le contenu de l'allégué 229 et celui de la déposition de F.________, le caractère probant des dires du témoin est loin d'être évident. Par ailleurs, le témoignage de cette personne, où il n'est question que des "rapports de gestion" de Z.________, sans autres précisions, n'établit pas nécessairement l'existence d'un lien entre ces documents et l'émission des trois emprunts obligataires litigieux pour laquelle est invoquée la responsabilité fondée sur l'art. 752 aCO. 3.3.3 Dans un dernier moyen, le recourant fait grief aux deux juridictions cantonales d'avoir heurté le sens commun de manière totalement insoutenable en excluant tout lien de causalité naturelle entre les faux résultats comptables et les acquisition de titres par lui, alors que, à dire d'expert, les titres acquis n'auraient simplement pas pu être admis à la cotation sans les falsifications comptables de Z.________. En argumentant ainsi, le recourant reproche aux juges précédents d'avoir examiné le problème de la causalité en partant de prémisses erronées. Concrètement, il fait valoir que les juridictions vaudoises ont recherché s'il existait une relation de cause à effet entre les informations inexactes données dans les prospectus d'émission des emprunts obligataires et sa décision d'acquérir les titres émis, alors qu'elles auraient dû se demander s'il aurait pu acquérir ces titres au cas où la société qui les a émis n'eût pas falsifié ses résultats comptables avec l'aval de l'organe de contrôle. Le recourant soutient, en d'autres termes, que les juges cantonaux ont méconnu la notion de causalité naturelle en rapportant le dommage allégué aux conditions d'acquisition des titres émis au lieu de le mettre en relation avec l'émission même de ceux-ci. C'est oublier que pareil argument n'a pas sa place dans un recours de droit public, en raison de la subsidiarité de ce moyen de droit (art. 84 al. 2 OJ), car la notion même de causalité naturelle ressortit au droit fédéral (ATF 128 III 22 consid. 2d p. 25; Corboz, op. cit., n. 39 ad art. 752 CO). Sur ce point, le recours est, dès lors, irrecevable.