Citation: 1C_46/2023 E. 4.2

4.2. En l'espèce, le TAF a constaté que le Decree Nisi du 27 novembre 2014 relevait explicitement que la recourante et son époux avaient vécu séparés durant les deux années précédant le dépôt de la demande de décret ("The Judge held that the Petitioner and the Respondent have lived apart for a continuous period of at least two years immediately preceding the presentation of the Petition"). A suivre ce document, les conjoints avaient vécu séparés depuis novembre 2012 à tout le moins, soit avant même la signature de déclaration de communauté conjugale, et a fortiori avant la décision d'octroi de naturalisation facilitée. Pour le TAF, le fait que la recourante ne formait pas une communauté de toit sur une période prolongée avec son époux est un indice de poids permettant de conclure que le couple ne vivait plus une communauté stable au sens de la jurisprudence au moment déterminant, à savoir l'octroi de la naturalisation facilitée en avril 2014 (cf. arrêt attaqué consid. 8.2 et 8.3). Quoi qu'il en soit, le TAF a ensuite relevé que, même en retenant que les ex-époux se seraient séparés le 27 novembre 2014, à savoir à la date la plus favorable pour la recourante, seulement 18 mois se seraient alors écoulés entre la signature de la déclaration de vie commune (30 mai 2013) et la séparation; en outre, seulement sept mois se seraient écoulés entre la date de l'octroi de la naturalisation facilitée et la séparation. Cet enchaînement rapide des événements était de nature, selon le TAF, à fonder la présomption de fait selon laquelle la communauté conjugale des époux n'était plus stable et orientée vers l'avenir au moment de la décision de naturalisation.