Citation: 1C_327/2024 E. 3.3

3.3. Les recourants soutiennent que le Tribunal cantonal aurait dû prendre sa décision par une cour collégiale et non par prononcé présidentiel, dès lors qu'il s'était livré à une appréciation complète de la cause en fait et en droit. Dans le canton de Fribourg, le législateur a donné la compétence au président d'une autorité collégiale pour statuer seul sur des procédures devenues sans objet ainsi que sur leur radiation du rôle (art. 100 al. 1 let. b CPJA et 45 al. 1 let. a LJ). Reposant sur une base légale formelle, cette règle relative à la composition des autorités judiciaires n'est pas contraire aux garanties prévues par les art. 30 al. 1 Cst. et 6 § 1 CEDH. Les recourants relèvent en substance que l'interprétation faite par l'autorité précédente du droit cantonal serait arbitraire. Contrairement à ce qu'ils soutiennent, le législateur cantonal n'a pas limité la compétence pour statuer à un juge unique aux situations où la procédure était devenue sans objet par suite de retrait ou d'accord entre parties, mais il a également spécifié que cela pouvait être le cas pour "toute autre raison" (cf. art. 100 al. 1 let. a CPJA). Il ne ressort par ailleurs ni du droit fédéral ou conventionnel ni du droit cantonal que la compétence devrait nécessairement ressortir à une cour collégiale lorsque des questions de faits et de droit se posent. Tout litige porté devant une autorité judiciaire comporte inévitablement des appréciations en faits et de droit, y compris lorsqu'il s'agit de savoir si une cause est devenue sans objet. Par leurs critiques appellatoires, les recourants se contentent ainsi de faire valoir leur propre interprétation des dispositions cantonales sans parvenir à démontrer le caractère choquant de la décision de la présidente suppléante de statuer seule pour rayer la cause du rôle. Infondé, ce grief est rejeté.