Citation: 7B_624/2024 E. 3.4.3

3.4.3. En ce qui concerne la question de la conformité de la mesure de surveillance secrète litigieuse au principe de la subsidiarité, on relève qu'il ressort des faits reprochés au recourant que celui-ci a contacté la plaignante par téléphone à plusieurs reprises et qu'il agissait entre quatre yeux, à savoir lorsqu'il était seul en présence de sa victime. En outre, selon les faits retenus dans l'arrêt cantonal, la procédure pénale ayant abouti à la condamnation du recourant en 2016 et l'enquête diligentée contre lui en 2019 avaient mis en évidence la tendance de celui-ci à communiquer oralement ou par téléphone plutôt que par messages. Ainsi, on doit admettre qu'il se justifiait en l'occurrence d'ordonner une mesure permettant de mettre en lumière les échanges téléphoniques qu'il pouvait avoir avec d'autres potentielles victimes. L'autorité précédente pouvait ainsi légitimement considérer que les recherches n'auraient eu aucune chance d'aboutir ou auraient, à tout le moins, été rendues excessivement difficiles en l'absence d'une surveillance active du téléphone mobile du recourant. En effet, contrairement à ce que celui-ci affirme, on ne voit pas quelle autre mesure pouvait être propre à obtenir le même résultat. La mesure moins incisive proposée par le recourant, à savoir une mesure de surveillance de la télécommunication rétroactive, ne permet en effet pas de prendre connaissance du contenu des conversations téléphoniques. Au vu de la manière de procéder du recourant, une telle mesure n'apparaissait dès lors pas susceptible de révéler si le recourant s'en était pris à d'autres potentielles victimes que la plaignante et n'était par conséquent pas de nature à atteindre le but visé. Pour la même raison, la saisie ou le séquestre du téléphone mobile du recourant - tels qu'également proposés par celui-ci - afin de prendre connaissance de ses contacts et de l'historique des appels n'apparaît pas pertinente. De surcroît, il ne faut pas perdre de vue qu'une perquisition du téléphone mobile du recourant avant la mise en place des mesures d'écoute actives aurait compromis la recherche d'indices. S'il avait été informé du fait qu'il faisait l'objet d'une enquête pénale, le recourant aurait vraisemblablement fait preuve de retenue dans l'usage de son téléphone, notamment lors des contacts avec ses éventuelles victimes. Ainsi, aucune autre mesure n'aurait raisonnablement pu remplacer celle ordonnée dans le cadre de la présente procédure pénale ni donner des résultats concrets. Il n'y avait donc pas lieu de mettre en oeuvre des mesures moins incisives, telles que la perquisition du téléphone mobile du recourant et la surveillance rétroactive de ses télécommunications, avant la mesure ordonnée par le TMC le 31 mars 2022.