Citation: 8C_734/2023 E. 5.1

5.1. La recourante conteste que l'absence d'une autorisation de séjour, respectivement d'une autorisation de travailler en Suisse puisse constituer un critère entrant en considération pour justifier un abattement selon la jurisprudence. Elle fait valoir que le Tribunal fédéral a déjà relevé que les étrangers ne perçoivent pas toujours un revenu inférieur à la valeur totale de l'ensemble des Suisses et des étrangers mais qu'il peut exister des différences sensibles selon la catégorie de séjour et le niveau de qualification, en particulier chez les titulaires d'une autorisation d'établissement (permis C) où le salaire moyen pour des tâches simples et répétitives peut même être supérieur à la moyenne. Par ailleurs, à suivre le raisonnement opéré par les juges cantonaux, lesquels faisaient référence à un salaire réduit de 24,5 % selon la table TA12 (catégorie "Autres"), les assurés sans titre de séjour auraient droit à un abattement sur le revenu d'invalide supérieur en comparaison d'un assuré établi en Suisse de manière régulière. Or une telle discrimination entre un étranger titulaire d'un permis d'établissement dûment autorisé à être en Suisse et un étranger sans autorisation de séjour en Suisse ne saurait découler de la jurisprudence. La recourante conteste également que les limitations fonctionnelles de l'intimé puissent justifier un abattement en l'espèce. Elle soutient qu'au regard des activités physiques ou manuelles simples que recouvrent les secteurs de la production et des services, un nombre suffisant d'entre elles correspondent à des travaux légers, compatibles avec les limitations fonctionnelles de l'intimé, de sorte qu'il ne subirait aucun désavantage lié à son handicap. Par ailleurs, l'importance des années de service diminuant avec le niveau de qualifications requises, un abattement en raison des années de service ne se justifierait pas, selon la recourante, dans le cadre du choix de niveau de compétence 1, l'influence de la durée de service sur le salaire étant peu importante dans cette catégorie d'emplois ne nécessitant ni formation, ni expérience professionnelle spécifique. Enfin, la recourante soutient que l'absence d'expérience et de formation ne jouerait pas de rôle dans le cadre d'activités simples et répétitives. De même, les activités comprises dans le niveau de compétence 1 n'exigeraient pas de bonnes connaissances de la langue du lieu de travail.