Citation: 4P.47/2006 02.06.2006 E. 3

3.1 Par courrier du 13 novembre 1996, les recourants ont demandé la récusation de l'expert D.________. Le juge instructeur de la Cour civile a rejeté cette demande par décision du 31 décembre 1996. Il a considéré que la demande n'avait pas été déposée dans les dix jours dès que ses auteurs ou leur mandataire avaient eu connaissance de la cause de récusation, comme elle aurait dû l'être en vertu de l'art. 222 al. 1 CPC vaud. En effet, les recourants avaient eu connaissance des prétendus motifs susceptibles de mettre en doute l'impartialité de l'expert judiciaire à fin septembre 1996 au plus tard, lorsqu'eux-mêmes ou leur mandataire avaient été en possession du rapport d'expertise privée établi par G.________. Devant l'autorité intimée, les recourants ont soutenu que leur conseil s'était réservé le droit de récuser l'expert judiciaire dans un courrier du 21 septembre 1995, lequel devait être considéré comme une demande de récusation, ce qui excluait de conclure à la tardiveté du dépôt de celle-ci. La Chambre des recours, à l'instar du juge instructeur de la Cour civile, a estimé que l'on ne pouvait déduire du texte de ce courrier une quelconque volonté affirmée de récusation. De même que le premier magistrat, elle a jugé que le courrier en question était intervenu dans un contexte où les recourants sollicitaient le dessaisissement de l'expert en raison de son inactivité, mais sans qu'il y eût alors un quelconque motif de récusation à opposer à l'expert judiciaire. Aussi lui est-il apparu que la demande de récusation avait été écartée à bon escient pour cause de tardiveté.