Citation: 1P.687/2003 15.12.2003 E. 3

Le recourant critique l'arrêt attaqué en tant qu'il confirme la décision du 24 octobre 2003. 3.1 La mise en détention après le prononcé du jugement de condamnation constitue une restriction à la liberté personnelle (art. 10 al. 2 Cst.), qui n'est admissible que si cette mesure repose sur une base légale, est justifiée par l'intérêt public et proportionnée au but visé (art. 36 Cst.; ATF 128 I 184 consid. 2.1 p. 186). Le Tribunal fédéral examine avec une cognition pleine l'application du droit cantonal; en revanche, il ne revoit les constatations de fait que sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 128 I 184 consid. 2.1 p. 186; 123 I 31 consid. 3a p. 35; 115 Ia 293 consid. 1b p. 297). 3.2 La Cour de cassation a appliqué par analogie l'art. 59 CPP/VD, à teneur duquel la détention préventive peut être ordonnée lorsqu'il existe des "présomptions suffisantes de culpabilité" à l'égard du prévenu. En l'espèce, elle a retenu qu'il existait un risque de fuite, ce que conteste le recourant. Ressortissant espagnol né en 1958, le recourant s'est marié en 1978. Trois enfants sont nés de cette union, A.________, en 1979 et deux fils, en 1984 et 1986. Le recourant a émigré seul en Suisse en 1980. Sa famille est demeurée en Espagne, où il séjourne environ trois mois par an. A Vevey où il s'est installé, il vit en concubinage depuis 1989 avec une Suissesse. Sa fille A.________ est venue le rejoindre en 1996. Depuis 1988, il est employé de la même entreprise de construction où il occupe la fonction de contremaître. Depuis le prononcé du jugement, et sous réserve des moyens de droit à sa disposition, le recourant est exposé à une peine de quatre ans de réclusion. S'il était libéré, il pourrait objectivement être tenté de profiter de sa libération provisoire pour se soustraire à l'action de la justice. Plutôt que de devoir purger une peine de réclusion, il pourrait préférer regagner son pays où résident sa femme et ses fils dont il assure l'entretien. Sans doute est-il attaché à la Suisse, où il s'est expatrié depuis de longues années et vit maritalement depuis près de quinze ans avec la même personne. Ces liens pourraient toutefois ne pas résister à la tentation de fuir pour échapper à la prison. L'arrêt contesté échappe sur ce point à la critique. Le grief doit être écarté sans qu'il soit nécessaire de vérifier de surcroît le risque de récidive également retenu par la cour cantonale.