Citation: 5C.117/2005 16.08.2005 E. A

A.a Les sociétés immobilières A.________ et B.________ sont respectivement propriétaires des parcelles 4643 et 4642 de la Commune de Y.________. Un immeuble, principalement destiné à abriter des locaux commerciaux, est construit à raison de deux tiers sur la première de ces parcelles et d'un tiers sur la seconde. Jusqu'en novembre 2000, C.________ était propriétaire de la parcelle 7140, adjacente à la parcelle 4642. A partir d'août 1997, C.________ a entrepris des travaux de destruction du bâtiment préexistant sur sa parcelle et de construction d'un nouvel immeuble comportant huit étages et trois sous-sols. Le chantier a été installé durant le mois d'août 1997 et la démolition de l'ancien bâtiment effectuée du 1er septembre au 31 octobre 1997 au moyen de marteaux-piqueurs, les gravats étant évacués par camions. De novembre 1997 à fin mars 1998 ont eu lieu des travaux d'excavation impliquant l'utilisation de pelles mécaniques et le transport de la terre par des camions, ainsi que des travaux de terrassement et de pose de parois moulées jusqu'à 14 mètres de profondeur nécessitant le coulage de béton. Les travaux de maçonnerie et de béton armé ont duré de fin mars à fin novembre 1998. D'octobre 1998 à juillet 1999, il a été procédé à la pose de façades en verre et, de fin mars à fin septembre 1999, aux aménagements intérieurs. La construction s'est achevée en octobre 1999 par l'enlèvement des échafaudages et des palissages entourant le chantier. Il ressort des enquêtes ordonnées en première instance que ces travaux ont engendré pour le bâtiment propriété des sociétés immobilières susmentionnées des nuisances consistant en un bruit incessant, des trépidations, de la poussière et un passage continuel de camions. Par ailleurs, la rue donnant accès aux différents commerces situés dans le bâtiment dont elles sont propriétaires n'a pas été accessible aux véhicules pendant plusieurs mois; certains magasins ont en outre été obstrués par des échafaudages. Des commerçants ont subi une perte de clientèle importante, certains ayant même été contraints de cesser leur activité durant quelque temps, voire définitivement. Enfin, des infiltrations d'eau se sont produites chez plusieurs locataires. A.b De nombreux occupants du bâtiment propriété desdites sociétés immobilières se sont plaints des nuisances provoquées par les travaux sur la parcelle voisine et ont agi en réduction de loyer pour défaut de la chose louée. Conformément à différents jugements rendus par le Tribunal des baux et loyers du canton de Genève et à l'accord conclu avec un de leurs locataires, A.________ et B.________ ont payé les sommes suivantes: 26'350 fr., 16'240 fr., 15'120 fr., 20'812 fr.50 et 7'860 fr., soit au total 86'382 fr.50, à titre de réductions de loyer. Elles se sont par ailleurs acquittées d'un montant de 47'844 fr.20 de frais et honoraires pour l'activité déployée par leur avocat.