Citation: 6B_378/2022 E. 3.2

3.2. Selon la recourante, l'expertise n'analyse pas sérieusement la question de savoir si la perforation de l'intestin aurait pu intervenir lors de l'opération du 14 avril 2016. Elle ne tiendrait pas compte des déclarations de la Dre G.________ ni du courrier du 28 mai 2021 du Professeur H.________. Lors de son audition du 2 février 2017, la Dre G.________ a ainsi indiqué que le trou dans l'intestin de la recourante avait été "attribué à l'intervention qui avait eu lieu quelques jours avant le 20.04.2016", information qu'elle tenait de l'anesthésiste, le Dr I.________, et du Dr F.________ (cf. PV aud. 4 p. 2); réentendue le 12 septembre 2017, elle a confirmé que des germes d'origine digestive avaient été retrouvés dans les prélèvements qui avaient été faits du liquide péritonéal pendant l'opération (PV aud. 8). Dans son courrier du 28 mai 2021, le Professeur H.________ a écrit que "les relations entre l'intervention du 14 avril 2016 et la perforation du rectum observée 6 jours plus tard n'ont pas vraiment été analysées par les experts. En particulier lors de la question 3, la réponse reste assez évasive alors qu'il est très probable que l'on puisse rattacher la perforation digestive au geste opératoire initial". Ce grief est infondé. En effet, dans la partie intitulée "Résumé des audiences des différents intervenants", en particulier en pages 19 et 20 du rapport, les experts ont retranscrit les déclarations de la Dre G.________. Ils ont ainsi noté le passage évoqué par la recourante, à savoir: "Concernant des indications sur l'origine du trou dans l'intestin de Mme A.________: Pour elle, "il a été attribué à l'intervention qui avait eu lieu quelques jours avant le 20.04.2016" et elle dit que cette information lui a été donnée par "l'anesthésiste, le Dr I.________, et le Dr F.________". Elle précise également que ce genre de complication peut arriver lors d'une chirurgie abdominale et que "cela peut être dû à un instrument ou à une déchirure lorsqu'on écarte les organes ou les tissus", et que c'est plus fréquent "lorsqu'il y a des adhérences, ce qui était le cas". Elle déclare toutefois ne pas avoir participé "à un consilium sur ce qui s'était passé" (cf. p. 20 du rapport d'expertise)." Pour le surplus, les experts ont examiné les relations entre l'intervention du 14 avril 2016 et la perforation de l'intestin observé six jours plus tard. Ils ont considéré qu'ils ne pouvaient pas attester qu'une perforation digestive avait été faite pendant l'intervention du 14 avril 2016. Pour eux, la complication développée n'était pas liée à une erreur ou une faute médicale, mais il s'agissait d'une complication connue (rapport d'expertise, p. 39). Cette conclusion est du reste confirmée par l'appréciation de la Dre G.________ pour qui "ce genre de complication peut arriver lors d'une chirurgie abdominale". Enfin, dans son courrier du 28 mai 2021, le Professeur H.________ se limite à déclarer que la perforation pourrait être rattachée au geste opératoire initial du 14 avril 2016, mais ne prétend pas qu'elle résulterait d'une faute imputable au Dr B.________ et non d'une complication connue pour ce type d'intervention.