Citation: 1B_88/2018 E. 1

La révocation du mandat d'office du recourant pour cette raison n'a pas, comme ce dernier le prétend, pour conséquence qu'il serait désormais inapte à assurer à l'avenir une défense d'office, voire même à poursuivre son activité d'avocat, s'agissant d'un incident unique survenu dans des circonstances particulières à un stade précoce de la procédure pénale où le prévenu est particulièrement vulnérable. Il ne signifie pas davantage qu'une partie à la procédure au bénéfice de l'assistance judiciaire pourrait en toute circonstance et sans autre examen du cas concret demander et obtenir un changement de défenseur d'office en raison d'un problème de santé, tels qu'une crise d'épilepsie ou des nausées, d'une absence de quelques secondes ou encore d'une étourderie de son avocat. En définitive, la Chambre des recours pénale n'a pas violé le droit fédéral en considérant, à la suite du Ministère public central, que l'endormissement du recourant survenu lors de la première audition de son client par la police était une circonstance objective suffisamment grave pour admettre une rupture irrémédiable du lien de confiance et justifier une révocation du mandat d'office qui lui avait été confié. On observera au demeurant que B.________ est assisté de Me C.________ en qualité d'avocat d'office depuis le 14 juin 2017 de sorte que le rétablissement de Me A.________ dans sa mission de défenseur d'office impliquerait que celui-ci se replonge dans un dossier qui s'est entretemps étoffé et complexifié. La poursuite du mandat de défense d'office par Me C.________ répond ainsi aux intérêts du prévenu et de la collectivité étant donné qu'il a pris connaissance du dossier de la cause, assisté aux auditions intervenues depuis sa nomination, s'est entretenu à de nombreuses reprises avec son client et a déposé au nom de celui-ci diverses écritures dont un recours contre l'ordonnance de prolongation de la détention du Tribunal des mesures de contrainte du 6 août 2017. Le recourant soutient enfin que l'incident survenu à l'audition de police du 6 mai 2017 serait un prétexte pour solliciter son remplacement étant donné que B.________ ne s'en est prévalu que le 23 mai 2017 et qu'il a signé une première procuration en sa faveur le 1 er juin 2017 pour déposer une demande de mise en liberté provisoire puis une seconde le 13 juin 2017 pour lui permettre d'agir dans le cadre des procédures de poursuites et faillites dirigées contre ses sociétés. Le fait que le prévenu n'a pas demandé la révocation immédiate de son avocat, mais une quinzaine de jours plus tard, n'est pas décisif et peut s'expliquer par le temps pris pour procéder à la recherche d'un autre avocat susceptible de le remplacer. Quant aux procurations, elles ont été signées alors que Me C.________ n'avait pas encore été confirmé formellement dans sa mission de défenseur d'office du prévenu. Le prévenu a affirmé avoir signé la première procuration non pas parce qu'il entendait réaffirmer sa confiance en Me A.________, mais parce que celui-ci lui aurait dit que cette pièce était nécessaire pour déposer une demande de libération en son nom. Interpelé à ce propos, le prévenu a confirmé que le lien de confiance était rompu et qu'il désirait dorénavant être assisté par Me C.________. Cette explication est convaincante et vaut également pour la procuration du 13 juin 2017. Quant à la procuration générale faite le 19 juin 2017 en faveur du recourant, elle est postérieure à la décision de changement de défenseur d'office du Ministère public central et ne saurait avoir une influence sur cette décision.