Citation: 8C_563/2024 E. 4.2

4.2. Poursuivant leur raisonnement, les juges cantonaux ont toutefois estimé que l'intimé pouvait penser de bonne foi avoir entrepris les démarches requises par le recourant, en obtenant la baisse de la pension de 1'000 à 800 euros. En effet, le recourant ne lui avait pas indiqué clairement qu'il devait modifier la convention de 2017 ratifiée par le juge du divorce, et non celle en vigueur depuis le 10 février 2023, de sorte qu'il ne pouvait pas lui reprocher de ne pas avoir saisi la justice et écarter, sans autre examen, la contribution d'entretien de 300 euros par mois qui devait être versée conformément au jugement de 2019. L'instance précédente a ensuite constaté que lors de la signature de la convention d'octobre 2017, le recourant percevait une indemnité de chômage de 3'706 fr. par mois et l'ex-épouse travaillait à mi-temps. Depuis sa mise à la retraite en avril 2023, la situation financière de l'intimé s'était péjorée, puisqu'il ne touchait désormais que ses rentes AVS et LPP pour un montant total de 2'210 fr. Rien ne permettait toutefois de retenir que l'intimé aurait eu de bonnes chances d'obtenir la réduction ou la suppression de la pension alimentaire de 300 euros s'il avait saisi la justice grecque. Il paraissait au contraire peu probable que le juge civil ait revu à la baisse ce montant, compte tenu notamment de la durée du mariage, de la répartition des rôles durant la vie commune, des efforts de l'ex-épouse, laquelle avait repris un emploi à temps complet, du fait que celle-ci percevait un salaire (de 829.25 euros) à peine supérieur au salaire minimum grec, ainsi que de l'importante diminution de la pension versée à la fille sans emploi, qui vivait encore avec sa mère. Par ailleurs, l'absence de partage de la prévoyance professionnelle de l'intimé l'avait favorisé au détriment de son ex-femme, qui n'avait pas eu l'occasion de se constituer une telle prévoyance. Dans ces circonstances, la pension de 300 euros n'était pas excessive et demeurait adaptée à la situation des ex-conjoints. Elle devait donc être prise en considération par la recourante dans le calcul des prestations complémentaires dès le 1 er août 2023.