Citation: 2C_54/2022 E. 7.3.3

7.3.3. Sur la base des faits qui précèdent, le Tribunal administratif a retenu dans l'arrêt attaqué qu'il existait un intérêt public d'un certain poids à l'éloignement du recourant. Du fait de sa dépendance durable à l'aide sociale, celui-ci représenterait un poids pour les finances de l'Etat, quand bien même il ne serait que très partiellement responsable de son incapacité de travail, laquelle découlait de sa maladie. A cela s'ajouterait que le recourant constituerait une certaine menace pour la sécurité et l'ordre publics suisses, comme en témoigneraient les nombreuses infractions à la loi à son actif. Or, d'après l'autorité précédente, cet intérêt public au renvoi du recourant ne serait pas contrebalancé par l'intérêt de celui-ci à rester en Suisse. Certes, l'intéressé séjourne depuis près de 20 ans dans le pays, mais il ne pourrait se prévaloir d'aucune intégration réussie, notamment sur le plan économique et sociale. Cette intégration n'aurait du reste pas échoué en raison de sa maladie uniquement, mais également en raison de sa consommation de cannabis et de sa dépendance à ce produit. Le Tribunal administratif a également retenu que les seules véritables relations sociales que le recourant entretiendrait en Suisse seraient celles avec l'un de ses frères installé en Suisse, avec lequel il pourrait cependant conserver contact depuis le Maroc, pays dans lequel vivent encore sa mère et un autre frère, ainsi que quelques soeurs, et où il ne devrait dès lors pas être totalement livré à lui-même. Un retour au Maroc, même s'il serait assurément difficile pour le requérant après sa longue absence du pays et de sa maladie, ne serait enfin pas inacceptable d'un point de vue médical, dès lors que les médicaments dont l'intéressé a besoin seraient disponibles, et que les soins de base seraient en principe garantis dans ce pays et les cliniques psychiatriques en nombre suffisant.