Citation: 4C.234/2000 15.11.2000 E. A

A.- a) Ke Gong Chin a conclu le 27 septembre 1993 un contrat de gérance libre et un contrat de bail avec Rewimar S.A. en vue de l'exploitation du restaurant "Le Dragon d'Asie" sis dans le complexe hôtelier "Warwick", propriété de la société anonyme. Les obligations de Ke Gong Chin étaient garanties par l'engagement de Sophie Ren Urech, selon une convention dite "de porte-fort" signée le 23 septembre 1993. André Baggenstos, administrateur et directeur financier de Rewimar S.A., était le détenteur de la patente d'exploitation pour tous les établissements de restauration du complexe hôtelier, y compris "Le Dragon d'Asie". Mayra Atencio a été engagée par contrat de travail écrit et contresigné par Sophie Ren Urech, le 17 novembre 1993, en qualité de serveuse pour le restaurant "Le Dragon d'Asie". De décembre 1993 à août 1994, Patrick Eichenberger a travaillé exclusivement pour le compte de Ke Gong Chin, en qualité de directeur de l'établissement; à ce titre, il a engagé, géré et payé le personnel. Sophie Ren Urech a, sur instruction et pour le compte de Ke Gong Chin, géré et parfois payé le personnel du restaurant. De telles instructions étaient également transmises au personnel par l'intermédiaire de Linda Zhao, qui aurait été la compagne de Ke Gong Chin. Ke Gong Chin n'a pas exécuté ses obligations contractuelles envers Rewimar S.A. Celle-ci a résilié les contrats de gérance et de bail puis a entamé une procédure d'évacuation. L'établissement a été fermé vers la mi-novembre 1994 et les employés qui y travaillaient ont été de facto congédiés. Les salaires des mois d'octobre et novembre 1994 n'ont pas été versés à Mayra Atencio. Rewimar S.A., par l'entremise d'André Baggenstos, a cependant pris la liberté de donner à l'intimée, à bien plaire et sans qu'il soit stipulé que cela fasse partie d'un salaire, une somme de 500 fr. Ke Gong Chin est retourné en Chine, laissant derrière lui des arriérés de loyer et des factures impayées du restaurant "Le Dragon d'Asie". Rewimar S.A. a alors réclamé à Sophie Ren Urech le paiement des dettes de Ke Gong Chin en exécution de la convention signée le 23 septembre 1993. Dans un arrêt du 21 janvier 1999, la Cour de justice de Genève a jugé que cette convention devait être qualifiée de cautionnement, et que celui-ci était formellement nul.