Citation: 9C_685/2020 E. 4.3

4.3. L'argumentation de l'assuré est infondée. Certes, conformément à ce que celui-ci soutient, le tribunal cantonal a considéré qu'il n'y avait pas lieu d'examiner si les troubles psychiques actuels influençaient déjà la capacité de travail en 2010 étant donné les règles applicables à la naissance du droit à une rente d'invalidité (incapacité de travail moyenne d'au moins 40 % durant l'année précédant le début du droit; art. 28 al. 1 let. b LAI). Le recourant ne peut cependant pas en déduire une appréciation arbitraire de la situation de la part de la juridiction cantonale au motif que, selon lui, il était nécessaire de savoir si sa capacité de travail à l'époque était déjà influencée par ses troubles psychiques pour pouvoir déterminer correctement son revenu sans invalidité et, partant, son taux d'invalidité. En effet, il omet de préciser que les premiers juges ont déjà tranché cette question, du moins implicitement, lorsqu'ils ont fixé le revenu sans invalidité. Ceux-ci ont effectivement constaté que le changement d'activité survenu à l'époque était motivé par des perspectives professionnelles et non par les répercussions négatives d'une atteinte à la santé sur la capacité de travail. L'assuré ne conteste pas ces constatations. La seule évocation d'une possible influence des troubles psychiques diagnostiqués sur la capacité de travail déjà en 2010 ne suffit dès lors pas pour remettre valablement en cause l'appréciation des premiers juges ni pour dénier toute valeur probante au rapport d'expertise du docteur E.________ au motif qu'il n'aurait pas interrogé les médecins (en particulier le docteur G.________) consultés en 2010. Par ailleurs, il est vrai également que, conformément à ce qu'affirme le recourant, le tribunal cantonal a déclaré que la doctoresse B.________ était malvenue de reprocher au docteur E.________ de ne pas discuter les diagnostics qu'elle avait retenus ni certains éléments anamnestiques dans la mesure où elle ne les motivait pas elle-même. L'assuré ne saurait toutefois en inférer une appréciation arbitraire de la situation par la juridiction cantonale dès lors que, d'une part, il ressort de la partie "Synthèse et Discussion" du rapport d'expertise que le docteur E.________ avait justifié de manière claire et circonstanciée non seulement les diagnostics qu'il retenait mais aussi les raisons pour lesquelles il en écartait d'autres. Et d'autre part, ce n'est pas le seul motif qui a conduit les premiers juges à nier la pertinence du rapport de la doctoresse B.________ du 28 août 2018. En effet, le tribunal cantonal a aussi constaté que l'appréciation de la capacité de travail par la psychiatre traitante était en contradiction avec celle convaincante de l'expert (qui tenait notamment compte des éléments anamnestiques évoqués), avec la volonté exprimée par le recourant de reprendre une activité, avec son rapport antérieur du 10 mai 2016 dans lequel elle préconisait des mesures de réadaptation et avec le résultat objectif de ces dernières. L'assuré ne conteste pas ce point et ne démontre ainsi pas en quoi l'appréciation de la juridiction cantonale serait arbitraire. Dans ces circonstances, le fait que le docteur E.________ n'a pas été invité à prendre position sur des critiques que, par appréciation anticipée des preuves, l'administration puis l'autorité cantonale de recours ont jugées infondées ne suffit pas pour dénier toute valeur probante à son rapport au motif qu'il aurait été lacunaire ou imprécis. C'est en vain enfin que le recourant invoque les lignes directrices de qualité des expertises de psychiatrie d'assurance émises par la Société suisse de psychiatrie et psychothérapie, selon lesquelles un examen psychiatrique en plusieurs séances est justifié dans certaines circonstances. Le fait que le médecin traitant a un avis différent de celui de l'expert ne suffit en effet pas pour établir la complexité d'une situation médicale qui justifierait des investigations plus étendues qu'un unique entretien, d'autant moins que l'entretien en question a duré une matinée (cinq heures) et qu'il n'est pas le seul élément sur lequel reposent les conclusions de l'expert.