Citation: 1B_450/2016 E. 1

Le recourant soutient qu'au vu des peines menace des art. 173 et 174 CP, il s'exposerait à une peine maximale de 3 ans de peine privative de liberté de sorte que l'affaire ne serait pas de peu de gravité. Il perd ce faisant de vue que seule la peine concrètement encourue et non pas la peine menace entre en ligne de compte selon la jurisprudence (arrêt 1B_138/2015 du 1 er juillet 2015 consid. 2.3). Certes, tout risque d'aggravation de la peine par le juge de première instance ne peut être exclu. Toutefois, la sanction requise constitue un indice important quant à la peine susceptible de devoir finalement être prononcée (ATF 139 IV 270 consid. 3.1 p. 275; arrêts 1B_201/2015 du 1 er septembre 2015 consid. 2 et 1B_138/2015 du 1 er juillet 2015 consid. 2.2). Le recourant prétend qu'il n'est pas inhabituel que le juge du fond s'écarte des réquisitions du Ministère public et prononce une peine plus sévère que celle envisagée. Il se réfère à un précédent où le Tribunal avait prononcé une peine privative de liberté de 30 mois dont 12 mois fermes, alors que le Ministère public avait renoncé à soutenir l'accusation. Il ne conteste toutefois pas que les propos prétendument attentatoires à l'honneur qui lui sont reprochés seraient d'une gravité insuffisante pour admettre qu'une peine particulièrement sévère, qui s'écarterait de celle infligée en pareil cas, s'imposerait en l'espèce, comme l'a retenu la cour cantonale. Cela étant, il ne saurait lui être fait grief d'avoir violé le droit fédéral en arrivant à la conclusion que le recourant ne s'exposait pas à une peine approchant de celle prévue à l'art. 132 al. 3 CPP et que la présente affaire constituait un cas de peu de gravité. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'examiner la seconde condition d'application de l'art. 132 al. 2 CPP liée aux prétendues difficultés de l'affaire. Le recourant considère que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire et violé le principe d'égalité de traitement en retenant qu'en sa qualité d'avocat-stagiaire, il pouvait disposer des conseils avisés de ses maîtres de stage. Refuser l'assistance judiciaire à un avocat-stagiaire reviendrait à nier ce droit à tout personne ayant des relations avec un avocat ou un juriste et à tous les avocats. Il s'agit toutefois d'un motif parmi d'autres qui a amené la cour cantonale à considérer que le recourant, en raison de sa formation professionnelle, était apte à assurer seul sa défense et à lui refuser l'assistance judiciaire. Ainsi même si cette argumentation devait violer le principe d'égalité de traitement, elle ne suffirait pas pour conduire à l'annulation de l'arrêt attaqué et à l'octroi de l'assistance judiciaire. Il n'y a donc pas lieu d'examiner ce qu'il en est. La jurisprudence admet que l'intervention d'un avocat soit justifiée par d'autres motifs, en particulier dans les cas où la désignation d'un défenseur est nécessaire pour garantir l'égalité des armes ou parce que l'issue de la procédure pénale a une importance particulière pour le prévenu, par exemple s'il est en détention ou s'il encourt une révocation de l'autorisation d'exercer sa profession (arrêt 1B_354/2015 du 13 novembre 2015 consid. 3.2.2). Le recourant soutient se trouver dans une telle situation en raison des conséquences négatives qu'une condamnation pénale pourrait avoir sur la suite de sa carrière politique et professionnelle. Il souligne par ailleurs qu'il devra se défendre seul contre deux avocats chevronnés alors qu'il n'est lui-même qu'un jeune avocat fraîchement breveté de sorte que l'égalité des armes commanderait qu'il soit assisté d'un avocat. L'enjeu de la procédure pénale pour le recourant, sans être négligeable, ne constitue toutefois pas en soi une circonstance suffisante pour lui accorder l'assistance d'un défenseur d'office. De même, au vu du peu de gravité de la cause et de la formation juridique du recourant, titulaire d'un LL.M du King's College de Londres et, depuis peu, du brevet d'avocat, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral ou conventionnel en considérant qu'il était apte à se défendre seul et qu'il ne pouvait invoquer le principe de l'égalité des armes pour se voir désigner un défenseur d'office.