Citation: 2C_3/2025 E. 3.5

3.5. En se limitant à argumenter que le raisonnement de la Cour de justice consistant à retenir l'évidence de la primauté des intérêts publics en cause serait choquant, puis à minimiser la gravité des reproches formulés à son encontre, la recourante échoue à démontrer que l'instance précédente aurait fait une application arbitraire de l'art. 66 LPA/GE. La prétendue absence de constat d'irrégularité par la police cantonale durant dix-sept mois, entre juillet 2023 et novembre 2024, mise en avant par la recourante, ne suffit pas non plus à démontrer l'arbitraire, d'autant plus que la décision du Département cantonal en cause fait suite à un rapport de police circonstancié établi le 12 juin 2024. En l'occurrence, c'est de manière parfaitement soutenable que la Cour de justice a confirmé, en lien avec la tolérance envers les pratiques sexuelles non protégées et la présence de drogues au sein d'un des deux salons de la plaignante, que la protection de la santé des travailleuses du sexe - tout comme celle des clients, du reste - devait l'emporter sur l'intérêt de la recourante à pouvoir continuer d'exploiter ses salons jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de la cause. Même s'il ne peut être exclu que le retrait de l'effet suspensif mette en péril les salons de la recourante, des intérêts publics importants sont en jeu. Il en va non seulement de la protection de la santé des travailleuses du sexe et des clients, mais également de la préservation de la santé et de la sécurité publiques. En outre, au vu de la condition d'honorabilité exigée de tout responsable de salon (cf. art. 10 let. c LProst/GE) et des obligations lui incombant en cette qualité (cf. art. 12 let. c et d LProst/GE), notamment celle ne pas porter atteinte à la liberté d'action des personnes qui se prostituent, on ne discerne pas en quoi l'instance précédente aurait arbitrairement considéré que les chances de succès du recours au fond ne justifiaient pas non plus la restitution de l'effet suspensif. En effet, considérer que la présence de drogues dans le salon est susceptible d'altérer la capacité de discernement des travailleuses du sexe quant aux prestations fournies et de créer ou d'entretenir un lien de dépendance envers ledit salon n'apparaît pas arbitraire. Partant, le grief de la recourante doit être rejeté.