Citation: 1P.450/2003 20.08.2003 E. 2

Le recourant, qui a admis les faits retenus contre lui, ne conteste pas la gravité des charges justifiant la détention préventive. Ne sont pas davantage en discussion les risques de récidive et de collusion. Seul est contesté le risque de fuite, que le recourant, contrairement à l'autorité intimée, tient pour inexistant. Il importe peu, à cet égard, que le Tribunal d'accusation ait, dans ses décisions antérieures, écarté le risque de fuite pour retenir celui de récidive. Ce changement de position n'est pas en soi illicite. Il s'explique aussi par le fait que l'autorité cantonale a dû prendre en compte l'évolution de la procédure dans son appréciation, notamment la décision de renvoi du 25 mars 2003. 2.1 Le recourant a été renvoyé devant le Tribunal correctionnel dans la composition à cinq juges, compétent pour les affaires où une peine privative de liberté allant de six à douze ans de réclusion peut être envisagée (art. 10 CPP/VD). Il serait exposé, en cas de verdict de culpabilité, à une peine de réclusion qui pourrait être longue. Sa situation est désastreuse du point de vue financier et précaire du point de vue médical et familial. Il est accablé de dettes, souffre d'alcoolisme et ses relations avec son épouse et son fils sont détériorées. Les perspectives qui s'offrent à lui sont si peu brillantes qu'il pourrait être objectivement tenté de profiter d'une libération provisoire pour se soustraire à l'action de la justice. L'offre d'emploi d'un compatriote pourrait ne pas suffire à l'en dissuader. Considérés dans leur ensemble, ces éléments justifient de maintenir la détention préventive. 2.2 Le recourant tient pour disproportionnée la durée de sa détention (de dix-neuf mois actuellement et qui devrait se prolonger jusqu'à fin novembre 2003, date de l'audience de jugement, soit deux ans et deux semaines au total).