Citation: I 708/04 07.02.2006 E. 3

3.1 En l'espèce, les premiers juges ont considéré que l'état de santé du recourant n'avait pas subi de modification notable, de nature à justifier une révision de son droit à la rente. Pour arriver à cette constatation, ils ont comparé la situation entre le 1er juillet 1997 et l'automne 1997. Conformément à la jurisprudence précitée (cf. consid. 1), la question d'une éventuelle aggravation de l'état de santé du recourant doit cependant être déterminée en comparant les faits entre le 24 février 1999 et le 5 avril 2001. 3.2 Il ressort des rapports médicaux antérieurs à la décision initiale de rente du 24 février 1999 que d'un point de vue somatique, le recourant souffrait de lombosciatalgies gauches, de troubles statiques et dégénératifs du rachis, d'une hernie discale L4-L5 et d'un status après cure de hernie discale L5-S1 droite en 1990. Dans son rapport du 4 mars 1997, la doctoresse B.________ attestait une capacité résiduelle de travail de 50 % dans une activité légère. Dans un rapport du 17 février 1998, ce même médecin constatait une généralisation des douleurs de l'assuré depuis l'automne 1997, et concluait à une incapacité de travail totale dès le 9 janvier 1998 en raison d'un trouble somatoforme douloureux. Ces constatations coïncident avec les conclusions de l'expertise établie par le DUPA le 9 mars 1999, selon lesquelles une reprise de l'activité professionnelle par l'assuré paraissait compromise en raison d'une symptomatologie bien installée depuis deux ans et demi. Ce point de vue est en outre partagé par la doctoresse N.________, laquelle a examiné l'assuré dans le cadre du concilium psychiatrique du COMAI en octobre 2000. Celle-ci a en effet confirmé à son tour le même diagnostic de trouble somatoforme douloureux. Elle a par ailleurs retenu que l'état dépressif et le trouble de la personnalité non spécifique déjà connus en mars 1999 étaient toujours présents. Elle a cependant noté l'apparition d'une idéation suicidaire et d'un sentiment d'anxiété d'intensité modérée à sévère qui ne semblaient pas être présents en mars 1999. A cet égard, la doctoresse V.________, médecin-conseil de l'AI, a expliqué qu'une aggravation psychique depuis 1999 n'était pas prouvée du seul fait que l'idéation suicidaire et l'anxiété n'avaient pas été mentionnés auparavant. Selon elle, ces troubles s'expliquaient aussi par l'incertitude de l'assuré par rapport à l'avenir compte tenu de la durée de l'instruction et du refus d'une rente entière. Dans ses rapports des 19 septembre 2001 et 8 mars 2002, se fondant sur un diagnostic déjà connu, le docteur C.________ a fait état d'une incapacité de gain certainement supérieure à 70 % et ce, depuis août 1996 déjà. Il ressort encore de l'expertise judiciaire du 12 juin 2003 que le recourant souffre d'une pathologie psychiatrique grave depuis 1996-1997. Celle-ci justifie une incapacité de travail d'au moins 80 % selon l'expert, étant précisé qu'une aggravation de l'état de santé est marquée à partir de l'automne 1997. Les documents médicaux précités n'établissent dès lors pas que l'état de santé du recourant se soit modifié depuis la décision d'octroi de la rente. Celui-ci s'est bien plutôt aggravé dès l'automne 1997 déjà. Il en découle que les conditions d'une révision n'étaient pas réunies en l'occurrence. S'il estimait avoir droit à une rente entière, le recourant aurait dû, bien plutôt, attaquer la décision du 24 février 1999. On notera par ailleurs que l'Office intimé a rappelé, dans ses déterminations du 10 septembre 2003 au sujet de l'expertise judiciaire, qu'une révision du cas devait être entreprise prochainement en raison de la baisse de l'acuité visuelle de l'oeil gauche du recourant.