Citation: 5A_8/2023 E. 8.1

8.1. S'agissant de l'excédent à répartir, la juridiction cantonale a relevé que le cas concerné n'était pas un cas classique dans lequel il fallait déterminer la participation à l'excédent du conjoint qui s'occupait des enfants communs. En effet, il ressortait du dossier que, durant toute la période considérée, l'épouse s'était occupée et s'occupait toujours des enfants, respectivement du mineur E.________, dans la mesure nécessaire, en nature et financièrement. L'intéressée avait d'ailleurs travaillé à un très grand taux d'occupation, le père versant quant à lui uniquement les rentes d'invalidité AI et LPP qui revenaient de droit aux enfants. Les enfants majeurs n'avaient quant à eux aucun droit à une part à l'excédent provenant des revenus des parents, mais rien ne leur interdisait de conserver leur propre excédent dégagé par leurs revenus ou leurs rentes. Par ailleurs, il y avait eu une longue séparation de fait - la date de séparation étant contestée - avant l'introduction de la procédure et, pendant une bonne partie de cette séparation, l'époux avait certes été sans revenu, mais avait toutefois touché un revenu de substitution par la suite. L'autorité cantonale a encore relevé qu'il était délicat d'établir exactement quel était le train de vie antérieur des conjoints et de la famille. Toutefois, l'épouse alléguait que toutes les ressources étaient utilisées, ce qui signifiait qu'il n'y aurait de quote-part d'épargne pour aucun des époux. La juridiction précédente a examiné si une répartition traditionnelle de l'excédent entre " petites têtes " et " grandes têtes " était conforme à l'esprit de la loi dans une telle situation. Elle a retenu que les modalités de prise en charge des enfants devaient être prises en considération, ce qui parlait en faveur d'une approche différenciée dans le cas d'espèce. Elle a également estimé qu'il fallait prendre en compte l'élément de la prévoyance puisque l'époux n'avait plus besoin de cotiser, vu qu'un cas de prévoyance était déjà survenu, tandis que l'épouse devait pouvoir se constituer une prévoyance suffisante. Ces motifs devaient ainsi conduire à s'écarter d'une répartition traditionnelle de l'excédent entre " petites têtes " (enfants) et " grandes têtes " (parents) et l'époux devait être considéré comme une " petite tête " aux côtés des enfants mineurs. Il convenait également de laisser aux enfants l'excédent dégagé de leur revenus, ce qui avait pour effet de réduire quelque peu le montant de l'excédent global à répartir.