Citation: 1C_55/2021 E. A

A.a. A.________ est propriétaire des parcelles nos 194, 196 et 198 du registre foncier de la commune de Mont-Vully, alors que B.________ est propriétaire des biens-fonds n°s 195 et 199. Ces cinq parcelles sont situées en zone résidentielle à faible densité II (RFD II) selon le plan d'affectation des zones (PAZ) en vigueur et se trouvent dans un périmètre soumis à l'obligation d'établir un plan d'équipement de détail ("PED C.________"). Depuis plusieurs années, les propriétaires de certaines parcelles comprises dans le périmètre du PED sont entrés en discussion pour régler différemment l'accès aux biens-fonds et créer un nouveau réseau de chemins afin de pouvoir mettre en valeur leur terrain. Ces démarches ont échoué. Face à ce blocage, le 1 er mai 2018, les propriétaires des parcelles nos 188, 191 et 192 ont demandé à la commune d'initier une procédure de remaniement au sens de l'art. 107 de la loi fribourgeoise du 2 décembre 2008 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATeC; RSF 710.1). Dans cette perspective, ils ont proposé à la commune, par le biais du bureau d'ingénieurs/géomètres D.________, un avant-projet de remaniement "PED C.________" comprenant un périmètre provisoire de remaniement ainsi qu'un avant-projet des statuts du futur syndicat de remaniement. Le 21 février 2019, le Service des constructions et de l'aménagement du canton de Fribourg (SeCA) a émis un préavis favorable concernant le périmètre provisoire et l'avant-projet des statuts du syndicat. Il a relevé en particulier que le périmètre provisoire ne correspondait pas tout à fait au périmètre du PED obligatoire, dès lors qu'il allait au-delà et s'étendait jusqu'au lac d'une part et à la totalité de la parcelle n° 188 d'autre part; dans la mesure où le périmètre du PED obligatoire était couvert, le projet demeurait, à son avis, conforme au PAZ; de plus, le périmètre provisoire épousait parfaitement le parcellaire, de sorte qu'il était considéré comme opportun; l'avant-projet de statuts du syndicat n'avait fait l'objet que de remarques de forme. A.b. Le 25 avril 2019, ratifiant ainsi l'avant-projet proposé, la commune a organisé une séance d'information placée sous la présidence du vice-syndic afin de renseigner les propriétaires fonciers concernés sur la procédure de remaniement des terrains à bâtir. Les informations concrètes ont été fournies par le bureau D.________ qui a notamment présenté le dossier d'avant-projet, comprenant le périmètre provisoire et un plan d'intention du remaniement, étant précisé expressément qu'il n'y avait rien de définitif et que tout pouvait encore être discuté par rapport aux accès à envisager. Du 10 mai au 10 juin 2019, la commune a soumis à enquête publique l'avant-projet de remaniement de terrains à bâtir "PED C.________". Le 7 juin 2019, A.________ et B.________ ont formulé des remarques sur l'avant-projet auprès de la commune. La commune a accusé réception de celles-ci le 18 juin 2019 en indiquant que ce courrier serait remis au bureau D.________ "pour analyse et suite à donner". Le 26 juin 2019, les deux propriétaires se sont opposées à la transmission de leurs remarques au bureau d'ingénieurs. Elles ont exigé que ce soit la commune elle-même qui procède au traitement des remarques et qu'elle ne délègue pas cette tâche au bureau technique, dès lors que celui-ci représentait les intérêts particuliers de certains propriétaires et se trouvait donc dans un conflit d'intérêts qui lui interdisait d'intervenir dans la formation du syndicat. A.c. Le 8 août 2019, la commune a convoqué les propriétaires concernés à l'assemblée constitutive du syndicat de remaniement qui devait se tenir le 4 septembre 2019, avec la participation de D.________, chargé de renseigner les participants sur les travaux effectués. Le 9 août 2019, E.________ a demandé à ce que l'assemblée constitutive soit reportée à une date postérieure à la consultation par ses soins de l'ensemble des documents relatifs au dossier. Restant sans réponse de la commune, il a déposé, le 15 août 2019, une dénonciation et un recours pour violation du droit d'être entendu auprès du Préfet du district du Lac. Le 19 août 2019, le Préfet a répondu que la convocation à l'assemblée constitutive n'était pas une décision susceptible de recours et que seules les décisions de l'assemblée constitutive seraient soumises à recours au Tribunal cantonal. S'agissant de la dénonciation, il a également relevé qu'un éventuel litige devait être soumis au Tribunal cantonal. Le 3 septembre 2019, E.________ a transmis à la commune et aux autres propriétaires concernés ses remarques préliminaires relatives à l'assemblée constitutive en demandant que celles-ci soient consignées au procès-verbal de la séance. Il a notamment demandé la récusation du bureau D.________ qui ne pouvait pas être mandaté par la commune ou le syndicat, en raison d'un conflit d'intérêts. Il a aussi estimé que la procédure était dans l'intérêt de seulement deux parties, soit les propriétaires des parcelles nos 190 et 201 et des parcelles nos 191 et 192, ces propriétaires voulant obliger les autres à financer l'équipement de leurs parcelles. Il s'est encore plaint du fait que la nomination du comité n'avait pas été préparée alors qu'il estimait impératif que les parties opposantes soient également représentées, lui-même se mettant à disposition. Avant le début de la séance de l'assemblée constitutive du syndicat du 4 septembre 2019, il a été demandé à E.________ s'il entendait figurer sur une liste des candidats pour le comité. C'est à cette occasion que l'intéressé a appris que les autres propriétaires s'étaient mis d'accord avant la séance pour proposer à l'élection un comité complet pour la direction du syndicat. Lors de la séance qui a suivi, l'assemblée constitutive a voté, à quatre voix contre trois, pour l'exécution du remaniement de terrains à bâtir et pour la constitution du syndicat. Ensuite, l'assemblée constitutive a adopté les statuts tels qu'ils figuraient dans l'avant-projet et élu les membres du comité selon la liste déposée auprès de la commune. L'élection de E.________ au comité a été refusée par quatre voix contre trois. Les remarques que ce dernier avait formulées le 3 septembre 2019 ont été reportées telles quelles au procès-verbal de la séance.