Citation: 5A_275/2024 E. 6

En l'espèce, en tant que le recourant qualifie d'arbitraire l'appréciation anticipée des preuves à laquelle a procédé la cour cantonale pour considérer qu'il n'était pas nécessaire d'ordonner la production des certificats médicaux litigieux, son grief doit être rejeté (sur l'admissibilité d'une appréciation anticipée des preuves, y compris lorsque, comme en l'espèce [art. 446 al. 1 CC par renvoi de l'art. 314 al. 1 CC, applicable également devant l'autorité de recours [ATF 141 III 732 consid. 3.4.1], la maxime inquisitoire est applicable, cf. ATF 130 III 734 consid. 2.2.3 et arrêt 5A_447/2023 du 16 juillet 2024 consid. 3.1). Il n'était pas insoutenable de retenir que les nombreux autres moyens de preuve au dossier (dont les rapports des médecins, de PerspectivePlus et de la curatrice de surveillance des relations personnelles) étaient suffisants pour établir les faits pertinents pour l'issue du litige, en particulier s'agissant de l'état de santé de la mère et de la capacité de celle-ci à prendre en charge l'enfant, sans que la production des certificats médicaux litigieux soit de nature à modifier le résultat de l'administration de ces preuves. A cela s'ajoute que selon les faits de la décision attaquée - que le recourant ne remet pas en cause, partant, qui lient le Tribunal fédéral (cf. supra consid. 2.2) - la mère a pu justifier de ses absences auprès de la curatrice par le biais de certificats médicaux, ce qui n'a pas empêché celle-ci de constater, au terme de son rapport du 13 décembre 2023, que les deux parents avaient un comportement approprié et adapté s'agissant de C.________, et de proposer un élargissement de l'exercice des relations personnelles de la mère (cf. supra let. B.d). Il reste à examiner si, contrairement à ce que soutient le recourant, il était admissible de prévoir un élargissement du droit de visite comprenant des périodes non surveillées, nonobstant le fait qu'à plusieurs reprises l'intimée n'avait pas exercé son droit de visite. A cet égard, l'autorité cantonale a notamment tenu compte, dans son appréciation, du fait que les deux visites qui ont eu lieu au domicile de la mère les 30 juin et 14 juillet 2023 s'étaient bien déroulées, des bonnes capacités éducatives de celle-ci lorsque les visites avaient lieu et du fait que lorsqu'elle ne s'était pas présentée aux visites, elle avait justifié son absence par un certificat médical. Ces éléments ne sont pas dénués de pertinence. La juridiction précédente n'a pas non plus ignoré la fragilité de l'état de santé psychique de la mère ni le fait que celle-ci n'avait pas exercé régulièrement son droit de visite, indiquant expressément que ces éléments devaient être pris en considération, tout en gardant à l'esprit que par ailleurs, la curatrice appuyait des contacts plus longs et que les différents intervenants avaient fait des constatations positives. C'est précisément ce qui l'a conduite à prévoir un élargissement très progressif des visites, de telle manière à garantir le bien et la sécurité de l'enfant. Les modalités prévues par la Cour suprême se fondent en outre notamment sur la manière dont se sont concrètement déroulées les visites surveillées lorsqu'elles ont eu lieu et sur les besoins de la mère à cet égard, à savoir que selon le rapport de PerspectivePlus, la présence de l'intervenante était requise au début des visites afin que la mère puisse faire part de ses émotions, mais que l'intervenante était peu mobilisée par la suite. Pour tenir compte de ces circonstances, la juridiction précédente a jugé que dans l'intérêt de l'enfant, les deux premières étapes d'élargissement du droit de visite comprendraient, au début de chaque visite, un minimum de deux heures devant s'exercer de manière surveillée, étant précisé que le passage à la troisième phase, entièrement non surveillée, est conditionné (comme le passage de la première à la deuxième phase) à l'absence d'avis contraire de la curatrice, après consultation de PerspectivePlus. En définitive, dans un tel contexte, la cour cantonale n'a pas abusé du large pouvoir d'appréciation dont elle dispose dans l'application de l'art. 273 CC (cf. supra consid. 5, 2e §) en considérant qu'il convenait de prévoir un élargissement progressif du droit aux relations personnelles de la mère comprenant des périodes non surveillées.