Citation: 6B_654/2018 E. 2.3

2.3. L'appréciation de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique. La recourante tente tout d'abord vainement de présenter son crime comme relevant de l'improvisation et non d'un plan établi préalablement. Or, contrairement à la situation qui prévalait dans l'arrêt 6B_355/2015 du 22 février 2016 auquel la recourante se réfère, celle-ci a non seulement préparé son acte mais encore prévu son modus operandi, qui ne s'est pas apparenté à une action spontanée face à D.C.________. En effet, celle-ci avait indiqué à plusieurs reprises à son fils ou à J.________ qu'elle songeait à pousser D.C.________ dans des escaliers, ce qui permettrait de faire passer son décès pour un accident. Il apparaît ainsi que la recourante a, au cours des semaines ayant précédé le passage à l'acte, songé au fait que D.C.________ ne survivrait pas à une chute de cette nature et qu'elle pourrait quant à elle échapper à la justice en travestissant l'homicide comme un événement fortuit. Dès lors, la recourante ne saurait tirer argument de la survie - inattendue pour elle - de son père après sa chute dans les escaliers, ni des expédients qu'elle a été forcée de trouver pour achever l'intéressé. Les failles dans l'organisation de son projet, que la recourante met en avant comme des preuves de sa prétendue impréparation, ne peuvent occulter les éléments réfléchis de l'action, en particulier le fait de s'assurer le concours de Y.X.________ afin de ne laisser aucune chance à D.C.________, l'accoutrement choisi, la prévision de devoir se débarrasser des vêtements portés lors de l'acte, le parcage du véhicule dans un lieu discret. Celle-ci ne peut, pour le surplus, se prévaloir de l'absence de sophistication de son projet, dont la réussite devait précisément résulter d'une exécution simple et rapide. Les réflexions et la planification de l'acte par la recourante illustrent ainsi bien, chez celle-ci, une absence particulière de scrupules. La recourante relativise ensuite le caractère particulièrement odieux de la mise à mort de D.C.________, en soutenant que tout homicide impliquerait "une violence importante" et que le fait de battre le prénommé avec divers objets avant de l'étrangler n'avait pas été initialement envisagé. Si le fait de pousser D.C.________ dans les escaliers peut être comparé au "moyen radical et puissant" qu'évoque la recourante et qui - à l'instar du coup de feu - se retrouve ordinairement dans un homicide, force est de constater que l'intéressée ne s'est pas limitée à un tel geste. Après que son père eut été précipité dans les escaliers, la recourante s'est employée à achever celui-ci en tentant d'abord de le battre à mort puis, face à l'inefficacité du procédé, en l'étranglant jusqu'à ce que D.C.________ eût cessé de présenter tout signe de vie. Cette manière d'agir, qui s'est étendue sur plusieurs minutes et a impliqué l'acharnement lâche de deux personnes sur un homme âgé, diminué et assailli nuitamment, a par ailleurs indéniablement occasionné chez D.C.________ une grande souffrance, celui-ci ayant notamment pu constater que sa fille et son petit-fils étaient décidés à l'occire brutalement de leurs mains. La façon d'agir de la recourante était ainsi révélatrice d'une absence particulière de scrupules. La recourante conteste que son but fût particulièrement odieux. Contrairement à ce qu'elle affirme, le fait que la cour cantonale eut reconnu que celle-ci se trouvait, à l'époque des faits, dans une situation conflictuelle et difficile vis-à-vis de son père ne saurait exclure de qualifier son acte d'assassinat. La recourante développe d'ailleurs à cet égard une argumentation irrecevable - dans la mesure où celle-ci s'écarte de l'état de fait de la cour cantonale par lequel le Tribunal fédéral est lié (cf. art. 105 al. 1 LTF) et dont elle n'a pas démontré l'arbitraire (cf. consid. 1 supra) -, par laquelle elle se présente comme la victime d'"abus sexuels graves" et dépeint son père comme un "prédateur sexuel". Il ressort pourtant du jugement attaqué qu'en dépit des tensions ayant existé entre la recourante et D.C.________, notamment à propos d'un éventuel remariage de ce dernier, l'intéressée a essentiellement été mue par la cupidité et la volonté de s'accaparer les biens de son père, ce qu'elle a notamment démontré de manière éclatante en dissimulant - quelques jours après les faits - des lingots et autres objets de valeur. Au demeurant, il importe peu que le geste de la recourante n'eût pas été totalement dénué d'affect, dès lors que la responsabilité restreinte ou l'émotion n'excluent pas la qualification d'assassinat (cf. ATF 101 IV 279 consid. 5 p. 284; plus récemment arrêt 6B_35/2017 du 26 février 2018 consid. 6.2). Il convient enfin de relever que le comportement de la recourante après l'homicide - soit le fait d'avoir ramassé les morceaux d'objets ayant servi à tuer D.C.________, d'avoir regagné son domicile pour se changer puis, sans désemparer, d'être retournée à E.________ afin de feindre la découverte du décès de son père -, dans lequel on ne distingue pas d'affolement ni d'émotion particulière, dénote le mépris total de l'intéressée pour la vie du prénommé (cf. dans le même sens l'arrêt publié aux ATF 141 IV 61 consid. 4.2 p. 66). La froideur de la recourante s'est également illustrée durant les jours ayant suivi l'homicide puisque, loin de laisser paraître un trouble quelconque, cette dernière s'est employée à accabler D.C.________ ainsi qu'à aiguiller les soupçons des tiers sur une éventuelle femme ayant cherché à dépouiller ce dernier. En définitive, malgré les velléités de la recourante tendant à se présenter comme la victime de son père ayant procédé de manière irraisonnée, la cour cantonale n'a nullement violé le droit fédéral en considérant que celle-ci avait agi avec une absence particulière de scrupules et en la condamnant, en conséquence, pour assassinat. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.