Citation: 6B_30/2022 E. 6

Selon le recourant, le refus de le transférer immédiatement au Tessin violerait également l'art. 3 CEDH en corrélation avec l'art. 74 CP. En bref, il relève qu'en ce qui concerne les détenus atteints de troubles mentaux, qui sont plus vulnérables que les détenus ordinaires et dont la capacité de se plaindre peut être restreinte voire inexistante, une vigilance accrue s'impose dans le contrôle du respect de la convention. L'art. 3 CEDH peut notamment imposer le transfert d'un tel détenu dans un établissement adapté afin qu'il puisse bénéficier de soins adéquats, le simple accès à des professionnels de santé, à des consultations ou à des médicaments ne constituant pas nécessairement un traitement approprié. Le recourant relève également la nécessité d'un parcours individualisé du détenu interné tenant compte des spécificités de son état mental, dans l'objectif de le préparer à une éventuelle réinsertion. Selon le recourant, le refus de le transférer au Tessin, lieu où le risque de passage à l'acte auto-agressif serait manifestement diminué, le maintiendrait dans une détresse extrême au point de porter atteinte à sa dignité. Il souligne dans ce contexte être isolé de ses proches et de ses possibilités d'intégration sociale et que ce refus, qui serait en contradiction avec le but thérapeutique visé par la mesure à laquelle il est soumis, serait inhumain et atteindrait à sa dignité humaine. Il relève enfin que la décision entreprise fait perdurer la situation actuelle de mise en danger, qui serait intenable, les autorités cantonales préférant le condamner à rester dans un établissement dans lequel il a tenté de se suicider à de multiples reprises, alors même que la cour cantonale avait reconnu que le refus de le transférer serait de nature à provoquer une nouvelle tentative. Le recourant allègue enfin qu'il serait exposé à être maintenu dans la cellule même dans laquelle il avait tenté de se suicider.