Citation: 1B_236/2022 E. 2

Selon les art. 78 et 92 al. 1 LTF, une décision prise en dernière instance cantonale relative à la récusation d'un magistrat pénal peut faire immédiatement l'objet d'un recours en matière pénale nonobstant son caractère incident. En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours doivent être motivés. Selon l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient au recourant de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse et d'expliquer en quoi ceux-ci seraient contraires au droit (ATF 142 I 99 consid. 1.7.1). Les griefs de violation des droits fondamentaux sont en outre soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF), le recourant devant alors citer les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés (ATF 146 I 62 consid. 3). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 145 IV 154 consid. 1.1). La Chambre des recours pénale a retenu que le jugement condamnant A.________ dans la cause PE19.020519, rendu le 25 janvier 2021 et confirmé en appel le 8 juin 2021, était entré en force au sens de l'art. 437 al. 1 let. c CPP, de sorte que la procédure de récusation ne pouvait plus être utilisée à l'encontre de la Procureure. Les motifs de récusation tenant à la manière dont s'était déroulée la procédure pénale en la cause PE19.020519 étaient au demeurant manifestement tardifs au regard de l'art. 58 al. 1 CPP; il en allait de même du motif de récusation en lien avec l'agression sexuelle dont la fille du recourant aurait été la victime en date du 21 octobre 2021 et dont celui-ci tenait la Procureure pour responsable, dès lors qu'il était au courant de ces faits depuis le mois de novembre 2021. La demande de récusation devait ainsi être déclarée irrecevable. Le recourant affirme qu'il n'y a aucun jugement définitif et exécutoire à ce jour dans la cause PE19.020519 puisqu'il a déféré le jugement d'appel auprès du Tribunal fédéral et que la procédure de récusation était ouverte. Il conteste la tardiveté de sa demande de récusation en indiquant avoir manifesté à plusieurs reprises sa volonté de solliciter le dessaisissement de la Procureure au cours de la procédure pénale. Il se réfère à ce propos à trois courriers adressés à ses avocats d'office successifs les 8 juin 2020, 16 juin 2021 et 28 juin 2021. Comme le relève le recourant, ces courriers n'ont pas été suivis d'effet par le dépôt d'une demande de récusation formelle de la Procureure auprès de l'autorité compétente. Ils sont ainsi impropres à tenir la demande de récusation formulée le 18 mars 2022 pour recevable au regard de l'art. 58 al. 1 CPP, qui exige de la partie qui entend solliciter la récusation d'un magistrat de présenter sans délai à la direction de la procédure une demande en ce sens, dès qu'elle a connaissance du motif de récusation. La motivation retenue par surabondance par la Chambre des recours pénale pour conclure à l'irrecevabilité de la demande de récusation de la Procureure échappe ainsi à la critique.