Citation: 5C.230/2003 17.02.2004 E. 1

4.2 Selon les juges cantonaux, le divorce a été prononcé à l'issue d'une séparation de plus de douze ans. L'entretien convenable doit donc être examiné selon la situation des époux durant cette période. Dans le cadre des mesures protectrices, puis provisoires, l'épouse a bénéficié d'une contribution d'entretien - fixée d'après la situation du couple au moment de la séparation - d'un montant de 5'000 fr. par mois, indexée, soit 5'425 fr. en 2002. Dès le mois de mars 1993, elle a trouvé un emploi et réalisé un salaire mensuel brut, arrondi, de 2'722 fr., et de 2'481 fr. net. Elle a ensuite subi une période de chômage, où son revenu était de 2'000 fr. net. Depuis le 22 février 1996, elle travaille comme secrétaire médicale. Son salaire initial brut était de 2'262 fr.05. En 2001, ses revenus, arrondis, ont passé à 2'915 fr. net. Il y a dès lors lieu d'admettre que l'épouse a vécu, durant la séparation, sur un train de vie de l'ordre de 8'300 fr. par mois (valeur actuelle, compte tenu de l'indexation). Ce faisant, la cour cantonale n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation dans l'application de l'art. 125 CC. L'exception selon laquelle il convient de prendre en considération, en cas de séparation de longue durée, la situation des époux durant cette période paraît certes devoir se comprendre dans le sens d'une diminution, pour la partie concernée, du train de vie mené pendant le mariage (cf. ATF 121 III 201 consid. 3 p. 202/203; Hausheer/Sypcher, Unterhalt nach neuem Scheidungsrecht, Berne 2001, n. 05.151; Gloor/Sypcher, op. cit., loc. cit.; Schwenzer, op. cit., loc. cit.). L'arrêt paru aux ATF 129 III 7, auquel l'autorité cantonale se réfère, ne dit pas autre chose. On peut en effet présumer que le niveau de vie après la séparation n'est généralement pas plus élevé que celui mené antérieurement. En l'occurrence, le demandeur ne conteste pas que le train de vie de la défenderesse a été de l'ordre de 8'300 fr. par mois depuis 1991. Il critique uniquement le principe de la prise en compte du niveau de vie pendant la séparation et réclame la déduction du salaire réalisé par la défenderesse, mais n'a pas précisément établi quel aurait été le niveau de vie - prétendument inférieur - de celle-ci durant la vie commune. Il n'a pas non plus attaqué l'ordonnance de mesures provisoires du 18 octobre 2001 rejetant sa requête de suppression de la contribution d'entretien, d'un montant de 5'000 fr. par mois, qu'il devait verser à l'épouse depuis le 10 octobre 1991, sans que l'on puisse discerner une explication à son inaction. Dans ces circonstances, la prise en considération du standard de vie de la défenderesse durant la période de séparation n'apparaît pas inéquitable. Le recours du demandeur est ainsi mal fondé.