Citation: U 193/02 03.12.2002 E. 2.1

En l'espèce, la CNA et les premiers juges ont nié le droit de l'assurée à une rente d'invalidité en se fondant sur le rapport d'examen final (du 14 mai 2001) du docteur A.________, médecin d'arrondissement de la CNA. La recourante conteste la force probante de ce rapport et requiert l'administration d'une expertise judiciaire. 2.2 Sur le plan médical, il ressort du rapport en cause que la recourante souffre de douleurs à l'épaule droite et d'une gonarthrose post-traumatique au genou droit. Sous l'angle de la capacité résiduelle de travail, ce rapport indique que l'assurée présente un état fonctionnel fortement aggravé par manque de coopération, avec limitation fonctionnelle de l'épaule droite et symptomatologie douloureuse du genou droit. Ces troubles résistent à toute tentative de traitement et l'atteinte à la santé de l'assurée tend à devenir chronique et à entraîner une perte de la capacité de travail permanente. L'activité raisonnablement exigible consiste en un travail qui s'effectue en position alternée assise ou debout, impliquant de courts trajets sur terrain plat, sans port de charges et qui ne requiert ni force ou mouvements répétés du bras droit, ni élévation de ce bras au-dessus de l'épaule. L'assurée présente une capacité entière de travail dans une activité adaptée à son état de santé, telle celle qu'elle exerçait en qualité d'ouvrière sur machine à planer. Ces conclusions sont comparables à celles du rapport (du 19 décembre 2000) que le docteur B.________, médecin-chef de la clinique Y.________ et spécialiste en rhumatologie, a établi au terme d'un séjour d'observation que l'assurée a effectué dans cet établissement durant plusieurs semaines. Selon ce rapport, l'intéressée est en mesure de recouvrer, dans une activité légère adaptée - à savoir sans port de charge supérieure à 15 kg, sans déplacements fréquents dans l'entreprise et sans élévation du bras au-dessus de la tête -, une capacité de travail de 50 %, susceptible d'être progressivement augmentée à 100 %. 2.3 Le rapport d'examen final du docteur A.________ est établi de manière circonstanciée, à l'issue d'un examen clinique de l'assurée et en considération des antécédents de cette dernière, ainsi que des affections dont elle se plaint. Le diagnostic posé est clair, motivé et ne diverge pas des autres avis figurant au dossier. Ledit rapport indique la capacité résiduelle de travail de l'assurée, l'activité adaptée à l'état de santé de cette dernière, ainsi que le genre d'activité raisonnablement exigible, et reprend intégralement les conclusions formulées sur ces questions par le docteur B.________. 2.4 Néanmoins, la recourante considère qu'il convient de s'écarter du rapport susmentionné. Selon elle, ce rapport est contradictoire en ce sens qu'il conclut à une capacité entière de travail tout en indiquant que le caractère chronique de l'atteinte à la santé engendre une perte permanente de la capacité de travail. Elle ajoute que l'avis de son médecin-traitant, le docteur C.________, doit prévaloir sur celui du docteur A.________. En effet, selon la recourante, le docteur C.________ atteste dans un rapport du 13 février 2001, qu'elle présente une incapacité de travail de 50 %. Dans une lettre du 20 août 2001, ce médecin fait état, en outre, d'un taux « d'invalidité » se situant aux environs de 30 %. Contrairement à ce que la recourante prétend, l'appréciation de sa capacité résiduelle de travail telle qu'elle ressort du rapport d'examen final du docteur A.________ n'est pas contradictoire. En effet, ce rapport indique que l'assurée souffre de douleurs à l'épaule droite et d'une gonarthrose du genou droit. Il précise que cette limitation fonctionnelle est fortement aggravée par le manque de coopération de l'intéressée et que l'atteinte à la santé de cette dernière tend à devenir chronique et à entraîner une perte permanente de la capacité de travail. En tant que l'état fonctionnel de l'assurée est fortement aggravé par son manque de coopération, il n'y a pas lieu de tenir compte de cette limitation dans l'appréciation de la capacité résiduelle de travail compte tenu du principe selon lequel, il appartient au premier chef à l'assuré d'atténuer le mieux possible les conséquences de son invalidité (ATF 113 V 28 consid. 4a et les références). Cela étant, les conclusions du rapport d'examen final du docteur A.________ selon lesquelles l'assurée présente une capacité entière de travail dans une activité adaptée à son état de santé ne reposent pas sur une motivation contradictoire. Par ailleurs, le rapport médical intermédiaire - du 13 février 2001 - du docteur C.________ n'indique pas que l'assurée présente une incapacité de travail définitive de 50 %. Ce rapport atteste du seul fait que, dès le 1er février 2001, elle était en mesure de reprendre son activité professionnelle, moyennant un taux d'occupation initial de 50 %, de sorte qu'il ne contredit pas les avis précités des docteurs A.________ et B.________. Au demeurant, dans la mesure où il n'est pas motivé, l'avis exprimé par le docteur C.________ dans sa lettre du 20 août 2001 - selon lequel les problèmes présentés par l'assurée au niveau de son épaule et de son genou droits devraient fonder l'octroi d'une indemnité correspondant à un degré d'invalidité d'environ 30 % - n'est pas propre à remettre en cause la force probante du rapport d'examen final du docteur A.________. En outre, il n'appartient pas aux médecins de se déterminer sur l'invalidité d'un assuré en tant que telle, leur rôle se limitant à apprécier l'état de santé, la capacité résiduelle de travail ainsi que l'activité raisonnablement exigible (cf. consid. 1.2). 2.5 Cela étant, les critiques formulées par la recourante ne sont pas propres à mettre en doute les conclusions du rapport d'examen final du docteur A.________, de sorte qu'il n'y a lieu ni de s'écarter de ce dernier, ni d'ordonner l'administration d'une expertise judiciaire. Dans ces circonstances, on ne saurait faire grief aux juges cantonaux de s'être fondés sur le rapport précité et d'avoir nié à la recourante, le droit à une rente d'invalidité, motifs pris qu'elle est en mesure de réaliser, moyennant l'exercice à plein temps d'une activité adaptée à son état de santé, un revenu identique à celui qu'elle obtenait, sans invalidité, au service de son ancien employeur et que, par conséquent, elle ne subit pas d'incapacité de gain durable ou permanente.