Citation: 1C_342/2013 E. B

Par courrier du 30 mai 2008, l'Office fédéral des migrations (ci-après: ODM) a informé A.________ qu'il devait examiner s'il y avait lieu d'annuler la naturalisation facilitée compte tenu du prononcé de son divorce le 5 février 2008 et des démarches administratives entreprises dans le but d'épouser une ressortissante kosovare. L'intéressé a exposé que les époux ne s'étaient séparés qu'en avril 2007, soit près d'un an après la signature de la déclaration de 3 juin 2006. Il a précisé, qu'au moment de la signature de la déclaration, les époux ne rencontraient que des problèmes passagers qui n'allaient pas au-delà des difficultés rencontrées par tous les couples mariés. Les différends conjugaux s'étaient aggravés durant l'année qui avait suivi la signature de la déclaration en raison de l'état dépressif de l'épouse. Egalement auditionnée, son ex-femme a expliqué qu'elle ne pouvait pas indiquer quand la vie commune avait pris fin puisque la séparation était intervenue au fil du temps. En avril 2007, elle avait saisi l'opportunité de prendre un second appartement au motif que leur logement commun était petit et que cette location leur permettrait de se sentir plus à l'aise. En juillet 2007, elle a décidé de consulter un avocat dans le but de se renseigner sur les démarches à entreprendre en vue du divorce. Elle a également confirmé que son mari n'était pas à l'origine de la séparation et que leur dissension était causée par ses problèmes familiaux et professionnels. Elle a également assuré souffrir périodiquement de dépression. Ces déclarations ont été confirmées par son ex-mari, qui, le 29 août 2008, a épousé C.________, ressortissante kosovare, née en 1974 avec qui il a eu un enfant commun le 1 er juin 2009. Par lettre du 5 mai 2010, l'ODM a pris note du fait que B.________ refusait de libérer ses médecins traitants du secret professionnel. Sur requête de l'ODM, A.________ a déposé deux contrats de bail attestant que, dès le 1 er septembre 2004, son ex-épouse et lui avaient loué deux appartements de 3 pièces chacun. Par décision du 19 novembre 2010, l'ODM a prononcé, avec l'assentiment de l'autorité cantonale compétente, l'annulation de la naturalisation facilitée accordée à A.________. La naturalisation avait été obtenue sur la base de déclarations mensongères voire de la dissimulation de faits essentiels; par ailleurs aucun des éléments contenus dans les déterminations de l'intéressé, y compris les problèmes de santé de B.________, n'étaient susceptibles de l'amener à modifier son point de vue.