Citation: 6B_217/2019 E. 4.3

4.3. Les développements du recourant s'épuisent principalement en une rediscussion, sur plus d'une vingtaine de pages, de chacun des éléments pris en considération, auxquels il oppose sa propre appréciation et celle du tribunal de première instance, sans démontrer le caractère arbitraire du raisonnement de la cour cantonale, qui a fondé sa conviction sur la base d'un faisceau d'indices convergents. Une telle démarche, essentiellement appellatoire, ne répond pas aux exigences de motivation déduites de l'art. 106 al. 2 LTF. La recevabilité de ces développements est douteuse, de sorte qu'il y a lieu de se limiter, dans la suite, à répondre aux arguments qui n'apparaissent pas immédiatement irrecevables. On relève en premier lieu que la cour cantonale a exposé dans le détail les motifs pour lesquels l'approche des premiers juges ne pouvait être suivie, sans que l'on ne distingue à cet égard un raisonnement empreint d'arbitraire. Elle pouvait en effet retenir qu'il n'était pas pertinent d'établir précisément comment le recourant s'était muni de la clé spéciale permettant d'ouvrir les cabines des toilettes depuis l'extérieur, dès lors qu'il était constant que cette clé était accrochée derrière le bar et était donc à la disposition de toute personne pouvant y avoir accès, ce qui était le cas du recourant. L'argument de ce dernier selon lequel l'exiguïté de la cabine des toilettes rendait difficile, voire impossible, d'ouvrir la porte lorsqu'une personne se trouvait déjà à l'intérieur, n'était pas plus convaincant. Lors de son inspection locale, la cour cantonale avait ainsi pu constater qu'il y avait suffisamment de place pour un gabarit moyen, comme celui du recourant, d'entrer dans la cabine en n'ouvrant la porte que partiellement, sans heurter la cuvette, ni par conséquent la personne se trouvant à l'intérieur, assise sur la cuvette ou se tenant debout, par exemple à côté de celle-ci. Il n'était pas non plus déterminant qu'aucun préservatif n'avait été retrouvé, alors qu'un tel objet, utilisé par le recourant pour commettre son forfait, avait été jeté dans la cabine après usage. Les toilettes avaient en effet été nettoyées par K.________ avant que la police intervienne pour sauvegarder les preuves, de sorte qu'il ne pouvait en être tiré un quelconque élément. Quant au fait que C.________ était entrée dans les toilettes à la recherche de l'intimée sans que celle-ci ne l'entende et ne réponde à ses appels, cela pouvait s'expliquer par l'état de choc dans lequel se trouvait l'intimée, alors en train de subir un acte sexuel contraint dans une cabine attenante, et par la musique qui résonnait alors dans l'établissement (cf. jugement entrepris, p. 25-29). Pour le surplus, en tant que le recourant revient sur l'existence d'un flirt avec l'intimée plus tôt dans la soirée, il ressortait tout au plus des déclarations des témoins B.________ et C.________ que l'intimée avait discuté, rigolé ou peut-être bu un verre avec le recourant (cf. jugement entrepris, p. 32 s.), sans pour autant que les témoins ne fassent état de danses ou de baisers échangés. Il n'apparaissait au demeurant pas que la nature des contacts entretenus entre les deux protagonistes avant les faits était déterminante aux yeux de la cour cantonale: l'intimée n'avait en effet aucune raison de se montrer désagréable avec l'homme qui lui " tournait autour " dans la discothèque, dès lors qu'elle n'avait pas de raison de se douter qu'il la contraindrait à un acte sexuel plus tard dans la soirée (cf. jugement entrepris, p. 33). En tant que le recourant conteste la crédibilité de l'intimée en soulignant ses divergences quant au point de savoir si l'agression avait eu lieu immédiatement après qu'il lui avait proposé un paquet de cigarettes ou dans une seconde phase, il n'apparaît pas non plus que cette circonstance soit déterminante. Quoi qu'il en soit, le recourant ne démontre pas que la cour cantonale a apprécié les déclarations de l'intimée de manière arbitraire en constatant qu'il était compréhensible qu'il subsistât quelques hésitations ou imprécisions sur certains points secondaires, les déclarations de l'intimée n'ayant en revanche pas varié sur les éléments fondamentaux (cf. jugement entrepris, p. 31). Le recourant revient également sur le comportement adopté par l'intimée après les faits. A cet égard, la cour cantonale pouvait également considérer sans arbitraire qu'il n'était pas déterminant que l'intimée n'avait déposé plainte que sur insistance de sa mère, dès lors qu'une telle attitude était commune chez les victimes d'agression sexuelle, ce qui ressortait en particulier de l'avis médical exprimé par la Dresse H.________ qui évoquait la présence chez l'intimée d'un " état de dissociation ", suscitant " des réactions de minimisation des faits et des comportements d'évitement ". Cet état expliquait également les raisons pour lesquelles l'intimée avait entretenu une relation sexuelle avec B.________ dès le lendemain des faits. Il était en effet possible que l'intimée souhaitait mettre de côté le traumatisme qu'elle venait de subir et reprendre le cours normal de sa vie. Sur ce point, elle avait du reste été particulièrement transparente, dans la mesure où elle avait spontanément annoncé l'existence de cette relation à la police lors du dépôt de sa plainte (cf. jugement entrepris, p. 29). Enfin, en contestant avoir pu prendre connaissance du dossier lorsque son frère était prévenu et avoir ainsi pu adapter sa version des faits aux déclarations de l'intimée, le recourant ne fait que livrer sa propre appréciation dans une démarche appellatoire et partant irrecevable. Au surplus, le respect par le recourant des mesures ordonnées en substitution à la détention provisoire ne permet pas de conférer un plus grand crédit à ses déclarations.