Citation: 1C_708/2020 E. 3.2

3.2. Contestant cet avis, les recourants s'en prennent au caractère global de la mesure de classement. Ils font valoir que les " espaces intérieurs et extérieurs tardifs, remodelés à une époque récente, tels que les pièces du rez-de-chaussée et de l'étage, la serre et la fontaine extérieures " ne constitueraient pas " des composantes du caractère du site contribuant à donner à celui-ci sa valeur "; il n'y aurait aucun intérêt public à la conservation et à la protection des parties privatives, non visibles et non accessibles du public. Ce faisant, les recourants s'obstinent à faire valoir l'absence d'intérêt qualitatif de certains espaces intérieurs et extérieurs du Château, déniant de façon appellatoire l'intérêt d'ensemble du domaine reconnu par le Tribunal cantonal. Le seul fait qu'il s'agisse d'un bien d'habitation et d'une parcelle privés ne bénéficiant pas à une grande partie de la population n'apparaît pas décisif en l'espèce au vu des considérations de l'instance précédente. L'autorité précédente a mis en avant l'importance de certains éléments situés à l'intérieur du bâtiment, à protéger, même si certaines pièces ont été passablement transformées au fur et à mesure du temps (cf. arrêt entrepris p. 23). Le grief des recourants s'avère sous cet angle d'autant moins fondé que l'appréciation de la cour cantonale procède d'une instruction complète, comprenant en particulier des constatations opérées à l'occasion d'un transport sur place, au cours duquel elle a observé que les travaux réalisés récemment n'avaient pas dénaturé l'intérieur du bâtiment. Le Tribunal cantonal a en particulier observé que de nombreuses boiseries et menuiseries, plaisantes à l'oeil, donnaient du cachet à la demeure et que les parquets étaient notablement dignes d'intérêt. Il a ainsi pu se convaincre du bien-fondé des conclusions du rapport établi par C.________ à propos du Château retenant qu'un grand nombre d'éléments de son intérieur méritaient une protection particulière. Sur cette base et quoi qu'en disent les recourants, l'appréciation de l'autorité précédente consistant à dire que le Château mérite d'être conservé et protégé dans son intégralité au sens de la LPNMS n'apparaît pas discutable. Par ailleurs, le Tribunal cantonal, avec le DFIRE, ont clairement souligné l'intérêt de préserver l'ensemble du site intégré à divers recensements et non pas - selon une pratique passée - certaines parties de celui-ci. S'agissant en particulier du jardin, il est inclus dans la fiche de l'inventaire avec la note *2* ainsi que dans le recensement ICOMOS; il a en outre fait l'objet d'une révision en 2005 ainsi que d'une mise à jour le 13 août 2020 confirmant son importance. L'arrêt attaqué relève de plus que la fontaine, qui se situe au milieu du jardin, est intégrée à un " environnement digne de protection dans son ensemble ", de même que la serre, également mentionnée dans le recensement ICOMOS. Là encore, les recourants n'exposent pas clairement et on ne distingue pas ce qui justifierait de s'écarter de l'appréciation des instances précédentes considérant que le jardin, la fontaine et la serre sont associés au Château et qu'ils forment un tout méritant protection.