Citation: 6B_88/2023 E. 2.4

2.4. La recourante soutient que la cour cantonale aurait, de manière arbitraire et en violation des art. 189 et 190 CP, nié l'élément de contrainte. En l'espèce, il ressort de l'état de fait cantonal - lequel lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) - que la recourante n'était pas consentante au moment des faits litigieux, qu'elle était tout d'abord réticente au moment où l'intimé avait essayé de l'embrasser, et qu'elle lui avait ensuite signifié, verbalement et à tout le moins à une reprise, son refus d'entretenir avec lui une relation sexuelle. Or, malgré la réticence et le refus clair précités, l'intimé s'est obstiné en se rapprochant physiquement de sa victime, en lui prodiguant des suçons et en la mordant au niveau du cou. Après s'être mis nu, il a demandé à la recourante de se lever, de lever les bras et l'a déshabillée, avant de se coucher sur elle, de lui tenir les épaules et de s'appuyer sur sa poitrine pour se saisir d'un préservatif. Dans ces circonstances, l'intimé a exercé une pression et une emprise physiques suffisantes qui lui ont permis de passer outre l'opposition manifestée par la recourante. En outre, vu la personnalité de celle-ci caractérisée par des problèmes psychologiques, conjuguée au fait que l'intimé a oeuvré dans la chambre de sa victime dont un panneau " ne pas déranger " avait été apposé sur la porte - au demeurant à la demande de l'intimé -, l'on ne pouvait exiger une résistance autre qu'une opposition verbale, de sorte qu'il était compréhensible que la recourante se soit laissée faire lorsqu'elle s'était aperçue que son opposition était restée sans effet sur l'attitude de ce dernier. Il s'ensuit que, sur la base des faits retenus dans le jugement entrepris, l'intimé a usé d'un moyen de contrainte efficace pour passer outre le défaut de consentement de la recourante, de sorte qu'en niant l'élément de contrainte, la cour cantonale a violé le droit fédéral.