Citation: 5A_844/2017 E. 8.2

8.2. L'essentiel de l'argumentation du recourant repose sur le fait que les comptes de curatelle seraient erronés, que sa situation financière se serait péjorée depuis l'instauration de la curatelle et que le curateur aurait par conséquent gravement mis en danger ses intérêts. Or, la cour cantonale a exposé que la question de la vérification des comptes 2014 et 2015 ne relevait pas de la présente procédure et que ces comptes n'avaient pas encore été approuvés, de sorte qu'elle n'avait pas à examiner plus avant ces questions. Dans ces circonstances, toute critique du recourant fondée sur l'exactitude desdits comptes apparaît prématurée. Cela vaut d'autant que l'assainissement de la situation financière du recourant prendra vraisemblablement un certain temps et que les mesures entreprises par le curateur en particulier pour l'amortissement de la dette fiscale peuvent expliquer des fluctuations s'agissant de l'état de sa fortune. La cour cantonale a par ailleurs, à l'instar du curateur, constaté que l'évolution de la situation financière du recourant était à ce stade négative. Elle a également relevé que la Justice de paix avait bien fait état de l'erreur commise par le curateur, lequel avait admis avoir omis de mentionner l'avance à terme fixe de la Banque Cantonale Vaudoise lors de l'établissement des comptes de curatelle. Ce nonobstant, la fiduciaire C.________ SA a levé tout doute quant à la probité de sa gestion. La Justice de paix, suivie par la cour cantonale, a par conséquent considéré que l'on ne pouvait estimer que l'activité du curateur avait mis et mettait en péril les intérêts du recourant. En tant que ce dernier affirme que " c'est à tort que la Chambre des tutelles ne discerne pas d'insuffisance dans l'exercice du mandat ", il ne fait qu'opposer sa propre appréciation de la situation à celle de la cour cantonale. Une telle motivation ne satisfait pas aux réquisits de l'art. 42 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.1). Pour le surplus, les autres critiques du recourant sur cette question sont irrecevables dans la mesure où elles sont exclusivement dirigées contre la décision de l'autorité de première instance laquelle ne se serait pas intéressée à la variation négative de sa fortune et aurait refusé de convoquer un témoin. Bien qu'il fasse mention de l' " autorité cantonale ", il apparaît ainsi que les griefs de violation de son droit à un procès équitable (art. 29 al. 1 Cst.) et de son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) sont en réalité dirigés contre l'autorité de première instance et, partant, irrecevables (cf. art. 75 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.2). Le recourant entend encore tirer argument du fait que le curateur n'aurait jamais donné suite à l'injonction de la Justice de paix de procéder à une répartition des tâches aussi précise que possible pour éviter les incompréhensions rencontrées précédemment. Or, dans son courrier du 11 août 2017 adressé à la Chambre des curatelles, le curateur a listé l'ensemble des tâches dont il s'acquitte, de sorte que, même si cette liste mériterait plus de précisions quant aux tâches dévolues au recourant, le grief apparaît infondé. Enfin, en tant que le recourant reproche également à la Chambre des curatelles d'avoir retenu arbitrairement qu'il serait très problématique de lui trouver un nouveau curateur, son grief est irrecevable. La cour cantonale a en effet motivé la difficulté de trouver un autre curateur par le fait que celui-ci devrait avoir de bonnes connaissances des milieux immobiliers et prendre connaissance de l'ensemble des affaires du recourant, ce qui prendrait un temps considérable. Elle a également jugé douteux que les contacts avec un nouveau curateur puissent être meilleurs, eu égard au caractère narcissique constaté par l'expert chez le recourant. Ce dernier ne s'en prend pas valablement à cette argumentation puisqu'il se contente de soutenir qu'il n'est aucunement nécessaire que le curateur ait connaissance de l'ensemble de ses affaires et que son " caractère supposément narcissique " n'en ferait pas un être " asocial et incapable de rapports personnels normaux ". Ces affirmations ne suffisent pas à démontrer le caractère arbitraire des constatations cantonales. Le recourant ajoute que l'avis du notaire D.________ - qui avait déclaré en qualité de témoin que, de par sa formation et son expérience, le recourant lui paraissait plus compétent sur les questions techniques liées à ses immeubles que son curateur -, devait l'emporter sur celui de l'expert. Dans la mesure où il ne se plaint toutefois pas de violation de son droit d'être entendu au motif que ce témoignage n'aurait pas été pris en compte ni d'appréciation arbitraire des preuves sur ce point, ce grief ne peut qu'être écarté.