Citation: 2A.16/2001 23.01.2001 E. 4

4.- Il convient d'examiner si les autorités ont agi avec diligence et si le renvoi paraît possible dans un délai prévisible (art. 13b al. 3 et 13c al. 5 lettre a a contrario LSEE). Le manque de coopération de la part de l'étranger ne permet pas aux autorités cantonales de rester inactives; elles doivent au contraire essayer de déterminer son identité et d'obtenir les papiers nécessaires à son renvoi, avec ou sans sa collaboration (cf. ATF 124 II 49). Depuis que le recourant est en détention, le Service cantonal a effectué différentes démarches. Il l'a entenduà bien des reprises, notamment les 4, 6, 18 et 25 septembre ainsi que 6 octobre 2000 et il ressort des déterminationsde la Direction cantonale que ces entretiens continuent. Au cours de deux de ces auditions, le Service cantonal a essayé en vain d'atteindre par téléphone un oncle de l'intéressé à Conakry. En outre, il a mis trois fois (les 4 et 29 septembre ainsi que 14 novembre 2000) le recourant en contact téléphonique avec l'Ambassade de Guinée à Paris pour un entretien d'identification. Il a aussi ordonné deux expertises linguistiques: la première sur la base d'un entretien qui a eu lieu le 19 septembre 2000 et la deuxième - dont le résultat est attendu en janvier, voire février 2001 - à partir d'un enregistrement effectué le 17 octobre 2000. De plus, le 12 septembre 2000, le Service cantonal a demandé à l'Ambassade de Suisse en Côte d'Ivoire de vérifier l'exactitude de certaines affirmations de l'intéressé. Par ailleurs, le 12 septembre 2000 également, il a adressé à l'Office fédéral une demande de soutien à l'exécution du renvoi et de couverture financière. Au surplus, d'ici la fin du mois de février 2001, le recourant pourra participer à Berne à une audition centralisée que l'Office fédéral a organisée avec des représentants de l'Ambassade de Guinée à Paris afin de procéder à des vérifications de nationalités. Dans ces conditions, force est de constater que les autorités fribourgeoises compétentes ont mené avec une diligence suffisante la recherche de l'identité de l'intéressé et les démarches en vue de son renvoi dans son pays d'origine. On ne saurait suivre le recourant qui voit une violation du principe de célérité (art. 13b al. 3 LSEE) dans le fait que l'autorité intimée a admis une expertise linguistique durant plus de trois mois. Cette expertise, qui a été mise en oeuvre en plus d'autres démarches, doit permettre d'établir l'origine de l'intéressé et elle n'occasionne aucun retard, puisque les autorités fribourgeoises compétentes doivent de toute façon attendre le résultat de l'audition du recourant à Berne par des représentants de l'Ambassade de Guinée à Paris. De plus, en l'état, rien n'indique que les efforts des autorités fribourgeoises compétentes ne pourraient aboutir, ni que le renvoi du recourant ne pourrait être réalisé dans un délai prévisible. L'intéressé soutient certes que son entretien à Berne avec des représentants de l'Ambassade de Guinée à Paris ne permettrait pas de surmonter des obstacles particuliers au sens de l'art. 13b al. 2 LSEE, puisque les contacts téléphoniques avec cette ambassade ont été négatifs. Cet argument n'est pas pertinent, car les conditions de l'entrevue programmée diffèrent essentiellement de celles des entretiens téléphoniques d'identification. C'est à tort que le recourant reproche aussi aux autorités fribourgeoises compétentes de ne pas avoir entrepris des démarches auprès d'autres Etats africains que la Guinée. De telles démarches sont impossibles tant que l'intéressé se proclame guinéen et qu'il n'y a pas d'éléments pouvant orienter les recherches vers un autre pays d'origine. Ces éléments pourraient être apportés, le cas échéant, par l'entretien du recourant avec des représentants de l'Ambassade de Guinée à Paris et par le résultat de la deuxième expertise linguistique. Dans ces conditions, le principe de la proportionnalité n'est pas violé non plus sous l'angle de l'adéquation au sens de l'art. 5 par. 1 lettre f CEDH, car il n'est pas établi que le refoulement de l'intéressé serait impossible dans le délai maximum de détention en raison des motifs susmentionnés (cf. ATF 125 II 217 consid. 2 p. 220; Alain Wurzburger, op. cit. , p. 329-331). Le moyen que le recourant tire d'une prétendue violation de l'art. 5 par. 1 lettre f CEDH doit donc être écarté.