Citation: 6B_1078/2023 E. 2.3.3

2.3.3. La recourante fait en outre grief à la cour cantonale de ne pas avoir accordé de poids aux déclarations de sa soeur D.________. Elle lui reproche notamment de ne pas avoir exposé quel aurait été l'intérêt de la première de mentir s'agissant de l'attouchement en cause, alors que les juges cantonaux n'ont pas remis en doute les déclarations des deux soeurs concernant les violences verbales voire physiques et les comportements déplacés ou inadéquats. L'intimé renvoie pour l'essentiel au raisonnement cantonal sur ce point et fait état de contradictions entre les déclarations des deux soeurs, relatives au geste reproché. S'agissant des déclarations de la témoin, la cour cantonale s'est notamment fondée sur la nature des rapports entre l'intimé et la recourante (qui avait décidé de quitter le domicile familial), sans explication concernant des éventuelles velléités de vengeance de la témoin. En outre, en tant que la cour cantonale voit une divergence entre les déclarations des soeurs au sujet du nombre de mains introduites par l'intimé dans la culotte de la recourante, elle semble omettre que la témoin a été auditionnée sur ce qu'elle a vu depuis sa position à un instant précis. Elle a alors déclaré qu'elle était assise par terre devant à droite du canapé sur lequel était assise la recourante, regardant la télévision. Elle avait alors vu l'intimé s'approcher depuis l'arrière du canapé et mettre une main dans la culotte de sa petite soeur et avait tout de suite tourné la tête car elle était gênée (PV d'audition n° 2 du 28 juin 2019, réponse 5, p. 2; jugement entrepris, p. 3). Aussi, la cour cantonale aurait dû tenir compte de la position de la témoin et de l'instant saisi pour apprécier son témoignage et prendre en compte une éventuelle divergence de points de vues entre la recourante et sa soeur. Enfin, la recourante revient sur la période à laquelle D.________ lui aurait rappelé avoir assisté aux faits reprochés. Admettant avoir elle-même situé la période de cette communication à fin 2010 ou 2011, elle relève les déclarations de sa soeur sur ce point, qui avait évoqué (" je pense "), en 2019, une période située " il y a 4 ou 5 ans ", précisant que c'était quand la recourante avait " relancé sa plainte ", respectivement quand elle lui avait parlé de son projet de relancer la procédure (PV d'audition n° 2 du 28 juin 2019, réponse 13, p. 8; jugement entrepris, p. 4). Or la recourante soutient s'être présentée à la police le 17 mars 2012 pour relancer la procédure (cf. jugement de première instance, p. 16; pièce 14). Ces précisions, pourtant essentielles dans l'établissement de la chronologie des faits et dans l'appréciation des déclarations des protagonistes, n'apparaissent pas dans le raisonnement cantonal. En écartant le témoignage de la soeur de la recourante sur la base d'éléments pertinents manquants, la cour cantonale a fait preuve d'arbitraire.