Citation: 1P.539/2005 10.01.2006 E. A

A.________ est propriétaire de la parcelle n° 2091 de la commune d'Ormont-Dessus en zone du village des Diablerets selon le règlement communal sur le plan d'extension et la police des constructions du 10 septembre 1982 (RPE). Il exploite sur cette parcelle de 1'031 mètres carrés un hôtel-restaurant. Ce bâtiment de deux étages sur rez avec combles comporte un sous-sol dégagé sur les façades nord et ouest; il est doté en façade nord, au niveau du rez-de chaussée, d'un avant-corps qui abrite une partie des cuisines de l'établissement, dont l'angle nord-ouest empiète sur la limite des constructions de cinq mètres à respecter par rapport aux parcelles nos 2092 et 4576. Le 1er avril 2003, A.________ a requis l'autorisation d'agrandir l'avant-corps au nord du bâtiment. Ce projet impliquait la démolition puis la reconstruction de cette partie du bâtiment sur les murs extérieurs existants du sous-sol. Il postulait une surélévation de la toiture d'environ 90 centimètres au niveau de sa corniche et d'environ 30 centimètres au niveau de son point d'accrochage à la façade, afin d'adapter la hotte de ventilation de la cuisine aux normes en vigueur. Soumis à l'enquête publique du 11 au 30 avril 2003, il a suscité l'opposition de B.________, qui est propriétaire de la parcelle voisine non bâtie n° 2092 et qui réside dans le chalet édifié sur la parcelle n° 4576, appartenant à son frère. Par décision du 27 mai 2003, notifiée le 3 juin 2003, la Municipalité d'Ormont-Dessus a levé l'opposition et délivré le permis de construire sollicité, après avoir estimé que les travaux envisagés n'aggravaient pas l'atteinte à la réglementation en vigueur, au sens de l'art. 80 de la loi cantonale sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC), et qu'ils ne causaient pas de préjudice aux voisins. B.________ a recouru le 24 juin 2003 contre cette décision auprès du Tribunal administratif du canton de Vaud (ci-après: le Tribunal administratif ou la cour cantonale). Considérant qu'en l'absence d'un dommage irréparable, l'intérêt financier de A.________ à reprendre l'exploitation de son établissement dans les meilleurs délais l'emportait sur l'intérêt du voisin à empêcher les travaux, le juge instructeur a refusé d'octroyer l'effet suspensif au recours, au terme d'une décision prise le 4 juillet 2003; il précisait cependant que la poursuite des travaux en cours se faisait aux risques et périls du constructeur. Du 8 au 27 août 2003, A.________ a mis à l'enquête publique complémentaire l'ouverture de deux fenêtres en façade est, la création d'une cheminée de chauffage et de nouvelles sorties de ventilation en toiture, la mise en conformité de la porte en façade ouest, au niveau du sous-sol, la réalisation d'un mur et d'une porte en façade nord ainsi que l'aménagement du terrain au nord de sa parcelle. Par décision du 24 septembre 2003, notifiée le 7 octobre 2003, la Municipalité d'Ormont-Dessus a autorisé les travaux sollicités et écarté l'opposition de B.________. Ce dernier a déposé un recours que le Tribunal administratif a joint à celui pendant devant lui. Statuant le 25 février 2004, le Tribunal administratif a partiellement admis le recours de B.________. Il a jugé que les travaux de transformation, en tant qu'ils impliquaient la modification du gabarit de l'avant-corps à moins de cinq mètres de la limite de la propriété voisine, aggravaient l'atteinte à la réglementation sur les distances à observer par rapport aux limites de propriété. Il a annulé le permis de construire délivré le 3 juin 2003 en tant qu'il visait cette partie de la construction et renvoyé le dossier à l'autorité communale afin qu'elle statue sur la remise en état de cette partie de la construction, en tenant notamment compte du principe de proportionnalité. Il a confirmé au surplus la décision du 7 octobre 2003. Au terme d'une décision prise le 22 février 2005 et notifiée le 8 mars 2005, la Municipalité d'Ormont-Dessus a autorisé le maintien de l'agrandissement réalisé dans les espaces réglementaires sur et contre la façade septentrionale du bâtiment érigé sur la parcelle n° 2091. Par arrêt du 5 juillet 2005, le Tribunal administratif a admis le recours interjeté par B.________ contre cette décision qu'il a réformée en ce sens qu'il est ordonné à A.________ de rabaisser la toiture de la partie de l'avant-corps implantée dans les espaces réglementaires à la hauteur qui était la sienne avant la mise à l'enquête du 11 au 30 avril 2003, un délai au 30 novembre 2005 lui étant imparti à cet effet.