Citation: 6B_189/2022 E. 3.6

3.6. Au demeurant, sous l'angle de la pesée des intérêts (seconde condition de l'art. 66a al. 2 CP), le raisonnement de la cour cantonale n'est pas non plus critiquable. A cet égard, les juges cantonaux pouvaient en effet prendre en considération, qu'outre l'obtention illicite de prestations de l'aide sociale, réalisée pendant une période de deux ans alors qu'elle était à la charge de la collectivité depuis au moins 2011, la recourante avait commis des infractions contre la liberté et le patrimoine de plusieurs personnes, ainsi que contre leur honneur, faisant ainsi preuve d'une énergie criminelle massive. Alors qu'elle avait déjà été condamnée pénalement à deux reprises, elle présentait à dires d'expert un risque de récidive important pour des atteintes à la sécurité publique, qui n'avaient en l'occurrence rien d'anodin. Dans la présente procédure, la recourante avait de surcroît été condamnée à une peine privative de plus d'un an, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019: LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement; arrêts 6B_257/2022 du 16 novembre 2022 consid. 3.6.3; 6B_330/2021 du 15 septembre 2021 consid. 4.4.2). La gravité des actes commis n'était par ailleurs pas susceptible d'être atténuée par le fait que les personnes lésées évoluaient dans un milieu, le sadomasochisme en l'occurrence, où il serait courant de prendre des risques, la recourante n'ayant pas hésité à alerter et à inquiéter l'entourage familial et professionnel des personnes concernées. Les regrets et la prise de conscience qu'elle avait manifestés devant les juges ne devaient du reste pas permettre d'occulter que celle-ci pouvait se montrer encore fixée sur ses propres intérêts. Aussi, depuis plusieurs années, la recourante ne portait plus attention aux demandes, conseils ou admonestations qui lui étaient adressés (tels ceux visant à ce qu'elle trouve un emploi après son CFC, qu'elle cherche un appartement avec un loyer conforme aux normes de l'aide sociale et qu'elle se soucie de réduire le dommage à l'aide sociale), celle-là ayant d'ailleurs commis certains des actes incriminés alors qu'elle se trouvait pourtant sous le coup de mesures de substitution à la détention provisoire (cf. jugement attaqué, consid. 12.3.1 p. 40).