Citation: U 315/02 23.10.2003 E. 4

4. Ce nonobstant, il n'en demeure pas moins que le recourant souffre d'un trouble psychique sous la forme de suites hypochondriaques et anxio-dépressives chez une personne perfectionniste et obssesionnelle, que le docteur A.________ attribue à l'événement accidentel du 8 octobre 1999. Pour sa part, l'intimée a renoncé à recueillir un autre avis. On doit dès lors admettre que l'événement en question apparaît bel et bien comme la condition sine qua non des troubles actuels, quand bien même il n'en est que la cause très partielle. 4.1 Quoi qu'il en soit, si l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les troubles psychiques et l'accident doit être admise, l'existence d'un lien de causalité adéquate doit en l'occurrence être niée. En effet, sur le vu des circonstances de l'accident, l'événement du 8 octobre 1999 doit être classé dans la catégorie des accidents de gravité moyenne, à mi-chemin entre les accidents graves et les accidents bénins (comp. RAMA 1998 no U 307 p. 449 ss). Par ailleurs, il apparaît que les critères objectifs posés par la jurisprudence en matière de troubles psychiques consécutifs à un accident de gravité moyenne (cf. ATF 115 V 138 ss consid. 6 et 407 ss consid. 5) ne sont pas réalisés en l'occurrence. En particulier, l'accident et les circonstances concomitantes sont dénués de tout caractère particulièrement impressionnant, l'intéressé ayant chuté d'un mètre cinquante sans subir de lésions osseuses significatives. Certes, l'accident a-t-il provoqué la rupture d'un organe important, la rate, qui a nécessité l'ablation de cette viscère, mais la nature de la blessure, au vu de ses conséquences purement physiques, n'est cependant pas telle que l'on puisse reconnaître à l'événement en cause un caractère dramatique. Quant à la durée du traitement médical, elle n'a - en ce qui concerne les troubles somatiques - pas été spécialement longue, puisque le recourant s'est rétabli pour l'essentiel avant mars 2000 des suites de la splénectomie (cf. rapport de sortie de la Clinique W.________ du 20 juin 2000) et que ce sont avant tout les troubles psychiques développés depuis lors qui ont eu une influence déterminante sur sa capacité de travail et sur la nécessité de poursuivre la prise en charge médicale (cf. consillium psychiatrique du docteur J.________ du 23 mai 2000). 4.2 En résumé, le caractère adéquat de la relation de causalité entre l'accident du 8 octobre 1999 et les troubles psychiques du recourant doit être nié, de sorte que celui-ci n'a pas droit à des prestations de l'assurance-accidents en raison de ces troubles. Aussi, l'intimée était-elle fondée, par sa décision sur opposition du 2 août 2001, à réduire le versement des indemnités journalières de 50 % dès le 16 novembre 2000 et à supprimer le droit du recourant à toute prestation à partir du 6 mai 2001.