Citation: 6B_793/2007 18.03.2008 E. 3

Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits. La notion d'arbitraire a été rappelée dans divers arrêts récents (cf. ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182), auxquels on peut donc se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 132 III 209 consid. 2.1 p. 211). 3.1 Concernant les conditions objectives du recel, la Chambre d'accusation a retenu que le recourant n'avait pas contesté avoir reçu, à plusieurs reprises, des pourboires importants de Y.________, lesquels provenaient directement du produit des escroqueries commises par ce dernier. S'agissant des conditions subjectives, elle a admis, en se basant sur de multiples éléments, que le recourant devait se douter que la possession des cartes de crédit utilisées par son client reposait sur un acte délictueux. 3.1.1 Le recourant reproche à la Chambre d'accusation de ne pas avoir tenu compte des déclarations de A.________ selon lesquelles la limite des paiements acceptés au moyen des cartes de crédit plafonnerait à 400 ou 500 fr., ni de celles de Y.________ selon lesquelles il aurait été servi par une femme identifiée comme la gérante pour un montant de 410 fr., ni de celles de Z.________ selon lesquelles un collègue de travail lui aurait dit que Y.________ laissait des pourboires substantiels parce qu'il travaillait pour un émir. Ce faisant, le recourant se réfère simplement à diverses déclarations, sans indiquer en quoi celles-ci seraient susceptibles d'infirmer ou d'affaiblir les divers éléments que la Chambre d'accusation a retenus pour conclure à une prévention suffisante d'infraction à l'art. 160 CP. Cette critique est insuffisamment motivée et par conséquent irrecevable. 3.1.2 Le recourant conteste avoir empoché d'importants pourboires de Y.________ et explique n'avoir fait que suivre la pratique de l'établissement. Le recourant ne conteste pas avoir acquis des pourboires mais uniquement l'importance de ceux-ci, ce qui n'est pas toutefois déterminant dans le cadre de l'examen des conditions objectives de l'art. 160 CP (cf. infra consid. 4.1). Pour le reste, le fait qu'il ait suivi la pratique du restaurant en matière de facturation ne suffit pas pour infirmer l'appréciation de la Chambre d'accusation quant à l'aspect subjectif de l'infraction. En effet, celle-ci a retenu plusieurs éléments (cf. arrêt attaqué p. 10; infra consid. 4.4.2), que le recourant ne conteste pas conformément aux exigences posées par l'art. 106 al. 2 LTF, et sur la base desquels elle pouvait, sans arbitraire, admettre que l'intéressé devait se douter que la possession des cartes de crédit utilisées par Y.________ reposait sur un acte délictueux. Le grief est dès lors infondé.