Citation: 4C.62/2000 15.05.2000 E. A

A.- a) L'immeuble sis 18 quai Gustave-Ador, à Genève, est propriété d'une société anonyme d'actionnaires-locataires, la SI Quai Gustave-Ador 18. Le certificat d'actions no 5 donne à son détenteur le droit de jouissance exclusive sur l'appartement de six pièces du deuxième étage gauche du bâtiment; quant au certificat d'actions no 6, il permet à son titulaire de jouir à titre exclusif de l'appartement de cinq pièces situé sur le même étage, du côté droit. Par contrat du 1er novembre 1971, le détenteur du certificat d'actions no 6 a sous-loué à Pierre-Yves Amgwerd, né en 1941, l'appartement de cinq pièces pour que ce dernier exploite un cabinet de dentiste, qui a dû être aménagé. Par contrat du 25 février 1985, le médecin-dentiste Amgwerd a sous-loué au titulaire du certificat d'actions no 5 l'appartement voisin de six pièces. Avec l'accord des actionnaires-locataires, Amgwerd a percé une porte de communication entre les deux appartements. b) Au cours de l'été 1995, Claude Tournaire a fait l'acquisition du certificat d'actions no 5. Il exerce la profession d'avocat au sein d'une étude genevoise où il a le statut d'associé. Cette étude d'avocats ayant dû quitter les locaux qu'elle utilisait au rez-de-chaussée de l'immeuble précité, elle s'est établie dans les locaux du premier étage (11 pièces) et dans l'appartement de six pièces du deuxième étage. Claude Tournaire a toutefois laissé à la disposition du médecin-dentiste la sixième chambre de l'appartement en cause, laquelle communiquait avec l'appartement voisin. En été 1996, Claude Tournaire a acquis le certificat d'actions no 6; il a alors signifié à Pierre-Yves Amgwerd, le 20 août 1996, son congé pour l'appartement de cinq pièces avec effet au 31 décembre 1997. Depuis quelques années, Amgwerd ne pratiquait plus sa profession qu'à mi-temps. A une époque indéterminée, le médecin-dentiste a ainsi autorisé un homme d'affaires à se servir comme boîte à lettres de l'appartement; celui-ci venait en outre assez régulièrement travailler dans ces locaux. c) Claude Tournaire a encore invité, le 25 novembre 1996, Pierre-Yves Amgwerd à lui restituer au 1er janvier 1997 la sixième chambre de l'autre appartement du deuxième étage. L'affaire a été portée devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Genève, lequel, par jugement du 4 septembre 1998, a ordonné l'évacuation d'Amgwerd de la surface qu'il occupait dans l'appartement de six pièces, décision qui a été confirmée par arrêt du 12 mars 1999 de la Cour de justice genevoise.