Citation: 5A_715/2018 E. 4.3

4.3. En tant qu'ils font valoir que leur mandataire avait allégué qu'il serait dans l'impossibilité physique d'assister à l'audience, se trouvant à l'étranger à la date de celle-ci les recourants ne font qu'opposer leur appréciation des faits à celle de la cour cantonale, qui a retenu que ledit mandataire n'avait invoqué, dans son fax du 14 décembre 2017 à 11h24, aucun motif pour lequel il n'aurait pas pu participer à l'audience du même jour. La seule circonstance, exposée dans le fax précité, qu'il ait dû se rendre en France le jour précédant l'audience ne démontre pas le contraire. Au surplus, les recourants ne remettent pas en cause spécifiquement les considérations de la juridiction précédente, selon lesquelles l'avocat n'avait pas allégué que l'affaire pour laquelle il s'était déplacé en France aurait présenté une urgence particulière. En outre, contrairement à ce qu'ils affirment, on ne saurait reprocher à la juridiction précédente d'avoir fait preuve de formalisme excessif (sur cette notion, cf. ATF 135 I 6 consid. 2.1 et les références) en retenant que le motif d'indisponibilité invoqué par le mandataire n'était pas suffisamment établi. S'agissant du caractère tardif de la constitution de l'avocat, il ressort des faits de l'arrêt entrepris, dont le caractère arbitraire n'a pas été invoqué, ni a fortiori démontré (cf. supra consid. 2.2), que A.________ SA a reçu la citation à l'audience, accompagnée de la requête, le 27 novembre 2017, que cette requête est identique à celle interjetée contre B.________ personnellement - et qui lui a été notifiée le 7 décembre 2017 -, et que le mandataire a été constitué le 11 décembre 2017 seulement. Lorsque les recourants affirment que ce laps de temps serait raisonnable et adéquat " dans l'une des périodes notoirement les plus chargées de l'année ", ils ne font qu'opposer leur appréciation celle de l'autorité cantonale, qui a considéré que les parties avaient disposé d'un temps suffisant pour constituer un mandataire, permettre à celui-ci de prendre connaissance des pièces et préparer la défense, mais qu'elles avaient attendu trois jours avant l'audience pour constituer un mandataire, sans donner d'explication à ce sujet. On relèvera par ailleurs que les recourants ne parviennent pas à démontrer à la Cour de céans qu'en niant qu'il s'agissait d'une procédure particulièrement complexe, la cour cantonale aurait abusé de son pouvoir d'appréciation. En effet, la seule circonstance que la valeur litigieuse s'élève à plusieurs millions de francs, que les requêtes comptent 23 pages et 51 pièces et qu'elles posent plusieurs questions juridiques n'est pas suffisant à cet égard. A cela s'ajoute que les recourants ne précisent même pas quels arguments de droit ou réquisition de preuve ils auraient présenté si leur mandataire avait disposé de plus de temps pour préparer ses déterminations, respectivement, s'il avait pu se présenter à l'audience, de sorte que sous cet angle, la critique est insuffisamment motivée. Enfin, on peut encore souligner que la demande de report d'audience est intervenue seulement la veille de celle-ci à 15h56, et que rien n'indique que le mandataire aurait eu connaissance à ce moment-là seulement du motif d'indisponibilité invoqué. Vu l'ensemble des considérations qui précèdent - et indépendamment du point de savoir si la procédure présentait un certain caractère d'urgence, ce qui peut demeurer indécis -, la cour cantonale, qui a effectué sa pesée des intérêts en se fondant sur des critères pertinents, pouvait considérer que les motifs de renvoi de l'audience invoqués étaient insuffisants, sans que l'on puisse lui reprocher un abus de son pouvoir d'appréciation (cf. supra consid. 4.1 in fine). S'agissant enfin du grief de violation de leur droit d'être entendu, les recourants omettent que celui-ci ne confère pas le droit de s'exprimer par oral plutôt que par écrit, seul étant déterminant le fait que le justiciable ait eu la possibilité de s'exprimer (ATF 134 I 140 consid. 5.3; 130 II 425 consid. 2.1 et la jurisprudence citée), et qu'il n'est pas une fin en soi; le droit d'être entendu doit permettre d'éviter qu'une procédure judiciaire ne débouche sur un jugement vicié en raison de la violation du droit des parties de participer à la procédure, notamment à l'administration des preuves. Lorsqu'on ne voit pas quelle influence la violation du droit d'être entendu a pu avoir sur la procédure, il n'y a pas lieu d'annuler la décision attaquée (parmi plusieurs, arrêts 4A_141/2016 du 26 mai 2016 consid. 1.2; 5A_967/2018 du 28 janvier 2019 consid. 3.1.2). En l'espèce, dès lors qu'ils omettent de préciser quels griefs ils auraient fait valoir si leur requête de report d'audience avait été admise, les recourants ne motivent pas suffisamment leur critique (cf. supra consid. 2.1 in fine).