Citation: 5A_505/2021 E. 6.3

6.3. En l'espèce, force est de constater que si, dans l'arrêt querellé, la cour cantonale a certes mentionné la jurisprudence précitée relative à l'effet temporel de la modification des mesures provisionnelles, elle n'a toutefois pas procédé à l'examen de la cause à l'aune de cette jurisprudence et a admis l'octroi d'un effet rétroactif antérieur au moment du dépôt de la requête pour des motifs qui y sont étrangers. On peut en particulier reprocher à la juridiction précédente de ne pas avoir retenu - ni a fortiori motivé - l'existence de " motifs très particuliers " au sens de la jurisprudence susexposée. L'autorité cantonale a en outre méconnu le fait qu'il incombait à l'intimée de requérir la suppression de la contribution d'entretien due à titre provisionnel après la survenance des événements censés la justifier et c'est de manière insoutenable qu'elle a pallié l'omission de l'intimée en dérogeant aux conditions jurisprudentielles applicables. L'absence de versement d'une contribution d'entretien après le 23 janvier 2018 telle que prévue dans l'arrêt cantonal du 11 décembre 2018 (cf. supra let. B.f) ne change rien aux considérations qui précèdent, dès lors que cet arrêt n'est pas entré en force compte tenu du renvoi de la cause à l'autorité de première instance et qu'il n'a pas pour effet d'empêcher la contribution de demeurer à titre provisionnel (cf. arrêt 5A_136/2019 du 28 août 2019 consid. 4.1, supra let. B.c in fine). C'est ainsi de manière arbitraire que l'autorité cantonale a admis une suppression de la contribution avec un effet au 23 janvier 2018, à savoir plus de vingt mois avant le dépôt de la requête de modification. La critique doit par conséquent être admise et la cause renvoyée à l'autorité précédente pour nouvel examen de la question du point de départ de la suppression de la contribution d'entretien de l'enfant.