Citation: 6A.61/2003 09.10.2003 E. B

Par décision du 3 janvier 2000, la Commission de libération du canton de Vaud a accordé la libération conditionnelle à X.________, aux conditions notamment qu'il se soumette, pendant un délai d'épreuve de trois ans, à des contrôle d'abstinence à l'alcool et qu'il reste sous la surveillance de la société vaudoise de patronage. Par courrier du 27 février 2003, l'Unité socio-éducative (USE) à Lausanne a avisé le Service pénitentiaire que X.________ ne s'était pas présenté et n'avait donné aucune nouvelle depuis le 31 octobre 2002, qu'un courrier lui avait été adressé en janvier 2003 pour lui rappeler qu'il était tenu d'effectuer des contrôles sanguins tous les deux mois et de se présenter aux entretiens à la même fréquence. Dans un courrier du 12 mars 2003 au Service Pénitentiaire, X.________ a indiqué que les prises de sang avaient été faites régulièrement chez Y.________ SA à Yverdon-les-Bains, et que durant cette période il s'était présenté régulièrement à la Fondation vaudoise de probation. Dans son rapport du 20 mars 2003, ladite Fondation a constaté que X.________ avait fourni d'énormes efforts pour se soumettre au patronage imposé et a conclu qu'une révocation de la libération conditionnelle ne ferait qu'alimenter sa résistance contre certaines règles de la société. Par décision du 16 avril 2003, la délégation de la Commission de libération a relevé que X.________ n'avait pas respecté les règles de conduite imposées, l'USE n'ayant en particulier pas pu contrôler son abstinence à l'alcool depuis plus de six mois, et lui a adressé un avertissement formel au sens de l'art. 38 ch. 4 al. 2 CP, en prolongeant d'une année le délai d'épreuve, soit au 30 avril 2004. Dans une lettre reçue par le Service pénitentiaire le 28 avril 2003, X.________ a notamment indiqué qu'à l'avenir il ne perdrait plus son temps avec les rendez-vous et qu'il espérait qu'on le laisserait en paix. Par courrier du 5 mai 2003, il a signalé que son courrier précédent devait être considéré comme un recours et a ajouté qu'il désirait terminer sa peine pour être enfin libre. Saisie du recours, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois a soumis ce courrier du 5 mai 2003 à la délégation de la Commission de libération, qui a rendu une nouvelle décision. Ainsi, par décision du 19 juin 2003, la délégation de la Commission de libération a ordonné la révocation de la libération conditionnelle et la réintégration de X.________ pour quatre mois et neuf jours d'emprisonnement. La délégation a en particulier relevé que celui-ci n'entendait subir aucune contrainte pour gérer sa vie, préférant se retrouver en prison plutôt que de suivre les règles de conduite imposées par l'autorité. Elle a considéré qu'il convenait de révoquer la libération conditionnelle non pour donner satisfaction à X.________ mais parce que le but assigné à cette phase d'exécution de la peine avait échoué. Par arrêt du 5 août 2003, la Cour de cassation vaudoise a rejeté le recours de X.________ contre la décision du 19 juin 2003 et a confirmé la révocation de la libération conditionnelle.