Citation: 6B_751/2023 E. 2.5.2

2.5.2. Quand bien même le recourant réside en Suisse depuis plus de 25 ans, c'est à juste titre que la cour cantonale a relevé qu'il n'y a pas vécu de manière ininterrompue et qu'il n'est pas bien intégré en Suisse, dans la mesure notamment où il ne parle que difficilement le français et ne comprend pas l'allemand. Sur ce dernier point, le seul fait que le recourant aurait été entendu sans traducteur par la police ne démontre ni l'arbitraire des constatations de la cour cantonale ni, a fortiori, que le recourant parle très bien français, comme il le prétend. En outre, la cour cantonale a constaté que le recourant entretient encore des liens très étroits avec son pays d'origine; en contestant cela, le recourant ne fait que substituer sa version des faits à celle de la cour cantonale dans une démarche appellatoire et, donc, irrecevable. Par ailleurs, l'allégation du recourant selon laquelle ses perspectives professionnelles en Turquie seraient nulles au vu de sa formation et de son âge, pour autant qu'elle soit recevable, n'est pas déterminante, dès lors qu'une situation économique potentiellement plus favorable en Suisse que dans le pays d'origine n'est pas un motif empêchant l'expulsion (cf. supra consid. 2.2). Les enfants que le recourant a eus avec l'intimée sont tous majeurs. Dès lors que le recourant n'invoque ni n'établit qu'il y aurait entre eux et lui une relation de dépendance allant au-delà de liens affectifs normaux, par exemple en raison d'une maladie ou d'un handicap, leur relation ne bénéfice pas de la protection de l'art. 8 CEDH. La cour cantonale a notamment relevé que la nouvelle épouse du recourant et ses enfants étaient arrivés en Suisse en décembre 2023, qu'ils ne bénéficiaient pas d'un droit de présence consolidé en Suisse, que les enfants de la nouvelle épouse étaient trop jeunes pour être durablement intégrés en Suisse et que tant le premier enfant commun que sa mère vivaient en Turquie encore récemment, et que la nouvelle épouse du recourant ne parle pas le français. Sur la base de ces éléments, c'est à bon droit qu'elle a considéré que la nouvelle épouse du recourant et ses enfants pourront retourner en Turquie, qu'ils pourront y réaliser leur vie de famille sans difficultés particulières et qu'on peut donc exiger d'eux qu'ils retournent avec le recourant en Turquie. Dès lors qu'on peut attendre du recourant, de sa nouvelle épouse et des enfants mineurs, communs ou non, qu'ils réalisent leur vie de famille à l'étranger, il n'y a donc pas d'atteinte à leur vie familiale (cf. supra consid. 2.2.1). S'agissant de l'intérêt public au renvoi, la cour cantonale a, à juste titre, tenu compte du fait que le recourant avait gravement mis en danger la vie de l'intimée et l'intégrité physique de tiers, en agissant de manière particulièrement vile, que le bien juridique protégé mis en cause par l'infraction commise au préjudice de l'intimée était primordial et que le recourant n'avait aucunement été dissuadé d'agir par la très probable mise en péril de tiers (véhicules circulant en sens inverse, cyclistes, piétons) en cas de perte de maîtrise du véhicule par l'intimée, ce qu'il visait par ses agissements. Au vu du danger de mort qu'il a causé pour l'intimée et des tiers, le recourant ne saurait donc être suivi en affirmant qu'il faudrait "relativiser quelque peu la gravité de cette infraction" au vu du contexte. Au vu de ce qui précède et, en particulier, de la gravité des agissements du recourant, de sa mauvaise intégration en Suisse et de ses liens très étroits avec son pays d'origine, la cour cantonale n'a pas violé le droit en jugeant que l'intérêt public au renvoi prime l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse.