Citation: 4A_277/2022 E. 5.4

5.4. Dans la troisième de ses thèses alternatives, la recourante soutient que, même en l'absence d'un mandat de gestion donné par l'hoirie, l'intimé répondrait envers celle-ci du prétendu dommage de 310'286 fr. en vertu des règles sur la gestion d'affaires sans mandat (art. 419 ss CO). Cette thèse se fonde sur la prémisse selon laquelle l'intimé possédait les actifs successoraux en tant que cohéritier et qu'il a agi seul, en violation de l'obligation de disposer des biens de la succession d'un commun accord (art. 602 al. 2 CC). Là aussi, la recourante fait fi de l'usufruit de disposition dont l'épouse bénéficiait sur la succession de son époux. En tant qu'usufruitière, F.________ avait la possession des avoirs successoraux et le droit de les gérer. Seule l'usufruitière, propriétaire des fonds résultant de la vente de février 1983, pouvait en transmettre la possession (dérivée) à l'intimé. Ce n'est donc pas en tant que membre de l'hoirie que l'intimé s'est trouvé en possession de l'argent qu'il a géré dès 1983. Contrairement à ce que la recourante prétend, l'intimé n'avait pas en 1999, juste avant l'ouverture de l'action en partage par la recourante, une obligation de restitution des avoirs successoraux fondée sur sa qualité de cohéritier. La recourante ne peut dès lors rien tirer, en faveur de sa thèse, des dispositions sur la gestion d'affaires.