Citation: 6B_308/2022 E. 6.2

6.2. En l'espèce, il ressort du jugement attaqué (art. 105 al. 1 LTF) que l'analyse du tachygraphe du camion de l'intimé a mis en exergue deux temps dans la manoeuvre de recul de ce dernier. Dans un premier temps, il a reculé d'une dizaine de mètres à une vitesse moyenne de 3 km/h, avant de s'arrêter une seconde. Dans un second temps, il a repris sa marche arrière sur 49 mètres, à une vitesse moyenne de 7 km/h. Il ressort également du jugement entrepris que, durant la manoeuvre, le pilote de la fraiseuse a donné plusieurs coups de klaxon pour signifier à l'intimé qu'il roulait trop vite et qu'il se rapprochait trop du pont de la fraiseuse (jugement attaqué, p. 8). Pour les juges précédents, la vitesse de la marche arrière n'était toutefois pas exagérée, même à supposer que, comme le soutenaient les recourants devant eux, le camion aurait circulé en marche arrière à 8 km/h. Ils relèvent notamment que la manoeuvre devait être effectuée en fonction de contraintes précises liées au chantier, sachant, entre autres, que l'intimé, au volant de son camion, devait rapidement venir se placer devant la fraiseuse pour récolter les gravats. Qui plus est, les opérations se déroulaient simultanément avec les deux véhicules, constamment en déplacements. Les recourants opposent à la motivation cantonale la teneur de l'art. 17 al. 2 LCR. Ils font notamment état de ce que l'intimé aurait effectué une pointe à 12 km/h durant le second temps de la manoeuvre. Leur argumentation se base toutefois sur différents éléments de fait et autres calculs qui ne ressortent pas en soi de l'arrêt attaqué, sans pour autant qu'ils cherchent à mettre en exergue à satisfaction de droit (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF) en quoi et dans quelles mesures les constatations cantonales seraient entachées d'arbitraire. Le grief, dans une large mesure appellatoire, s'avère, irrecevable. En outre, la discussion qu'ils développent sur la vitesse selon eux excessive de l'intimé tout en soutenant qu'à la vitesse du pas, la victime n'aurait été que bousculée et non renversée achoppe sur les incertitudes entourant les circonstances précises du drame (cf. infra consid. 7.2). Il n'en demeure pas moins que, sur ce plan également, le grief soulevé par les recourants s'avère largement appellatoire et, partant, irrecevable. En tant qu'ils critiquent enfin la prise en considération d'une vitesse moyenne par les juges précédents, il convient de relever qu'au regard des constatations cantonales, dont les recourants échouent à établir le caractère insoutenable, les valeurs moyennes de 3 km/h, respectivement de 7 km/h retenues demeurent dans une fourchette admissible et permettaient malgré tout aux juges précédents de considérer, sans violer le droit fédéral, que la vitesse d'évolution de l'intimé lors de sa manoeuvre de marche arrière ne paraissait pas inadaptée. La cour cantonale était donc fondée, in fine, à dénier l'existence d'une violation du devoir de diligence sous cet angle également. Sur ce point aussi, le griefs des recourants se révèlent mal fondés, dans la mesure de leur recevabilité.