Citation: 5A_667/2022 E. 5.2

5.2. Conformément aux principes énoncés ci-dessus, la cour cantonale a réparti par moitié entre les parties, sans qu'il puisse lui être reproché d'avoir fait preuve d'arbitraire, tous les frais entrant dans le minimum vital du droit de la famille des enfants, compte tenu de leur prise en charge à parts égales par chacun des parents et du disponible comparable de ceux-ci. Dans la mesure où elle a constaté que le père payait toutes les factures des enfants, il n'était pas non plus insoutenable de considérer que la mère, pour assumer sa part d'entretien, devait être astreinte à verser des contributions d'entretien correspondant à la différence entre la moitié des frais en question, directement pris en charge par le père, et le coût des enfants effectivement supporté par lui. La recourante ne le conteste pas, se limitant à reprocher à l'autorité cantonale d'avoir omis de prendre en compte, dans le calcul des contributions d'entretien, la part des allocations familiales qu'elle doit rétrocéder à l'intimé. Elle se méprend toutefois lorsque, pour étayer sa critique, elle ajoute à la moitié du montant de base des enfants, augmentée de leur participation à son loyer et des contributions mises à sa charge, le 50% des allocations familiales qu'elle perçoit, ce qui, autant qu'on la comprenne, rendrait sa participation à leur entretien arbitrairement élevée par rapport à celle de l'intimé. En effet, les allocations familiales, qui doivent être payées en sus de la contribution d'entretien (cf. art. 285a al. 1 CC), ne sont pas ajoutées au revenu du parent bénéficiaire, mais doivent être déduites des coûts directs de l'enfant (ATF 147 III 265 consid. 7.1; arrêt 5A_476/2022 du 28 décembre 2022 consid. 5.1), comme déjà mentionné au considérant précédent. Le principe du cumul désormais énoncé à l'art. 285a al. 1 CC ne remet pas en cause la règle selon laquelle, lors de la fixation de la contribution d'entretien, les allocations familiales doivent être prises en compte dans le calcul du minimum vital de l'enfant, ceci afin qu'économiquement, le montant reçu par le parent concerné couvre les besoins de celui-ci, mais ne les excède pas (arrêts 5A_782/2019 du 15 juin 2020 consid. 3.3; 5A_743/2017 du 22 mai 2019 consid. 5.2.3; cf. aussi ATF 137 III 59 consid. 4.2.3; 128 III 305 consid. 4 et les références). Les allocations familiales étant exclusivement réservées à l'entretien des enfants (ATF 137 III consid. 4.2.3; arrêts 5A_821/2019 du 14 juillet 2020 consid. 6; 5A_90/2017 du 24 août 2017 consid. 10.2; 5A_858/2016 du 3 juillet 2017 consid. 3.3), le parent qui les reçoit doit les reverser à l'autre parent si celui-ci s'acquitte de l'entier de leur besoins financiers. En l'occurrence, l'autorité cantonale a correctement déduit les allocations familiales des frais des enfants, conformément à la jurisprudence. Dès lors qu'il est acquis que les parents supportent les besoins financiers des enfants à parts égales, c'est donc sans arbitraire que l'autorité cantonale a confirmé que les allocations familiales devaient être partagées par moitié entres les parties. Le moyen est par conséquent infondé.