Citation: 5A_66/2022 E. 3.2

3.2. La recourante reproche au juge délégué d'avoir arbitrairement établi les faits et apprécié les preuves, ce qui l'aurait conduit à rendre une décision manifestement contraire au bien de l'enfant. Elle relève ainsi que, contrairement à ce qui ressortait arbitrairement de la décision entreprise, C.________ était en classe le mardi après-midi et que l'on ignorait si l'intimé était alors disponible pour la récupérer; sa disponibilité personnelle durant la journée du mercredi n'était du reste pas non plus établie, reposant sur ses seules allégations. La recourante affirme également que l'élargissement du droit de visite serait manifestement contraire au bien de l'enfant en tant que le magistrat cantonal n'aurait pas tenu compte du fait que les trajets entre les domiciles respectifs de ses parents s'effectuaient en transports publics, aux heures de pointe, ce qui était manifestement astreignant pour elle. L'exercice du droit de visite le mercredi aurait également pour conséquence de ne plus permettre à sa fille de fréquenter l'école russe, laquelle apportait pourtant la stabilité dont elle avait besoin pour son développement, tout en assurant une continuité avec l'éducation et ses origines maternelles. La recourante souligne également que l'expertise, dont la valeur probante avait pourtant été reconnue par le juge délégué, concluait à un droit de visite d'un week-end sur deux, voire éventuellement un mercredi sur deux durant la journée. Ses conclusions, comme celles des différents intervenants à la procédure (curatrice notamment), se fondaient sur la nécessité pour l'enfant de bénéficier de stabilité et d'un lieu de vie unique, les changements de mode de garde trop fréquents entre les parents, dont la communication était compliquée, étant la source des troubles somatiques dont souffrait la fillette. L'intimé relève que les horaires de classe du mardi, à supposer que sa fille fût en classe durant l'après-midi, n'auraient aucune incidence sur l'issue du litige dès lors qu'il pouvait s'occuper de l'enfant à la sortie de l'école, que ce soit en fin de matinée ou en fin après-midi. Soulignant ses compétences parentales, il estime que l'arrêt entrepris aurait fait une analyse précise et complète du bien de l'enfant, pour arriver à la conclusion que son intérêt commandait de s'écarter de manière minime de l'expertise, dont les arguments étaient au demeurant gravement lacunaires. L'intimé remarque également que l'avis de l'experte quant à l'organisation du droit de visite ne constituait qu'une préconisation, qui n'interdisait nullement son élargissement aux mercredis, mais proposait de l'organiser en tenant compte de l'âge de l'enfant; la DGEJ envisageait pour sa part un élargissement à la journée du mercredi. En définitive, la solution arrêtée par le magistrat cantonal assurait pleinement la stabilité de sa fille: celle-ci restait pour l'essentiel chez sa mère et ne se rendait que chaque mardi soir et mercredi chez lui, qui assurerait sa prise en charge personnellement en lieu et place d'une nounou ou de l'école russe; la transition de l'enfant entre ses parents se ferait à l'école, évitant ainsi les rencontres entre eux et les tensions qui y étaient prétendument liées; la qualité et la régularité des relations entre lui-même et sa fille, telles que recommandée par l'experte, seraient ainsi assurées. L'intimé souligne enfin que le passage d'une nuit supplémentaire chez lui était garant d'une relation de meilleure qualité avec son enfant et qu'il ressortait d'ailleurs des recommandations pédopsychiatriques actuelles qu'un droit de visite limité à un week-end sur deux ne permettait pas d'assurer la régularité des contacts avec un jeune enfant.