Citation: 4A_610/2021 E. 4.2

4.2. Le défendeur critique cette analyse. Un certain nombre de ses griefs partent d'une prémisse erronée. L'intéressé voudrait faire dire à l'arrêt sur appel que les parties avaient simulé un contrat de prêt. Tel n'est pas le propos des juges cantonaux, qui ont simplement expliqué en quoi le raisonnement du premier juge était bancal. Ils ont "exclu de retenir que les parties auraient dissimulé, sous les apparences d'un prêt, une donation ou toute autre convention excluant un quelconque devoir de remboursement." On ne saurait être plus clair. Ceci ôte toute consistance aux moyens tirés d'une violation de la maxime des débats (art. 55 al. 1 CPC) ou de l'art. 8 CC: les demandeurs n'avaient pas à alléguer qu'ils n'entendaient pas octroyer un prêt, ni qu'une simulation était intervenue. Le défendeur essaie ensuite de battre en brèche la qualification de société simple. Cette tentative se révèle vaine dans la mesure où il se fonde sur une série de faits qui ne résultent pas du jugement attaqué et dont il ne démontre même pas qu'il les aurait régulièrement introduits en procédure. Il en est ainsi lorsqu'il plaide qu'au moment de conclure le contrat, il ignorait que les demandeurs "avaient souhaité préalablement acquérir le chalet de... (BE) conjointement avec (voire pour) leur ami autrichien P.________", respectivement que "le financement ne provenait en réalité pas d'eux-mêmes, mais de leur ami autrichien P.________", et ainsi de suite. La cour cantonale a constaté en fait la volonté réelle des parties, qui poursuivaient le but de se partager la jouissance d'un chalet à... (BE). Pour ce faire, les demandeurs devaient investir les fonds nécessaires à son acquisition, tandis que le défendeur se chargeait d'apparaître comme acquéreur; il pouvait profiter de l'habitation mais devait la laisser occasionnellement aux demandeurs, sans contrepartie de part ou d'autre. Le défendeur dénonce un arbitraire dans l'appréciation des preuves. Toutefois, les arguments qu'il fournit n'en apportent pas la démonstration. Le fait que les demandeurs étaient déjà propriétaires d'un autre immeuble dans le même village, respectivement que la demanderesse aurait pu acheter elle-même le chalet vu sa nationalité suisse, ne prive pas l'appréciation des juges cantonaux de tout sens. Ils ont du reste insinué que les dessous de cette affaire restaient obscurs, sans que cela n'empêche de trouver une solution conforme au droit. Dans ces circonstances nébuleuses, l'on peut concevoir que pour une raison ou pour une autre, l'épouse Z.________ n'ait pas voulu se porter acheteuse du chalet, quand bien même il n'y aurait pas eu d'obstacle juridique. Les moyens de fait se révèlent ainsi irrecevables ou inopérants. Il s'ensuit le rejet du grief préconisant le recours à l'interprétation objective - cette méthode n'intervenant qu'à titre subsidiaire, lorsque la volonté réelle n'a pas pu être établie (ATF 144 III 93 consid. 5.2.1 p. 98 et consid. 5.2.3). Or, sur le vu de l'état de fait qui lie la cour de céans, on ne saurait retenir une violation de l'art. 530 CO, c'est-à-dire critiquer la qualification de société simple. Le défendeur ne nie pas que la mise à disposition de sa capacité à acquérir un immeuble puisse constituer un apport au sens de l'art. 531 CO - notion juridique relativement large qui appréhende toute prestation susceptible de favoriser la réalisation du but social (FELLMANN/MÜLLER, in Berner Kommentar, 2006, n os 11 et 27 s. ad art. 531 CO; cf. aussi TERCIER ET ALII, Les contrats spéciaux, 5 e éd. 2016, n. 6940). L'on soulignera qu'à ce stade, il a renoncé à plaider l'illicéité du contrat, thèse que les juges cantonaux avaient écartée. Ses objections se situent bien plutôt au niveau factuel (son "soi-disant apport" n'en serait pas un; son concours à l'acquisition était inutile, la demanderesse pouvant elle-même assumer son rôle); or, elles viennent d'être levées.