Citation: 8C_464/2014 E. A

A.a. A.________, né en 1966, travaillait en qualité d'agent technico-commercial au service de l'entreprise B.________ SA. A ce titre, il était assuré contre les accidents auprès d'Helsana-Accidents SA. Dans la nuit du 28 au 29 novembre 2003, il a été agressé par une personne dans un bar à C.________. Frappé au visage au moyen d'un verre à bière qui s'est brisé au moment du choc, A.________ a été transporté en urgence à l'hôpital D.________, où il a été opéré la nuit même par le docteur E.________, spécialiste en chirurgie plastique reconstructive et esthétique. Dans son rapport opératoire, le docteur E.________ a fait état de plaies complexes de la face avec atteinte de la parotide. La plaie buccale mesurait environ 11 cm et celle au niveau de la joue et de la parotide dépassait les 25 cm en forme de Y renversé. Une seconde intervention a eu lieu le 16 janvier 2004 pour suturer le nerf facial au niveau de sa branche buccale inférieure. L'incapacité de travail était totale. Le cas a été pris en charge par Helsana. Défiguré par l'agression, A.________ a développé un état dépressif réactionnel, lequel a nécessité plusieurs hospitalisations en milieu psychiatrique. Dans un rapport du 15 juin 2004, la doctoresse F.________, chef de clinique au sein de l'Unité hospitalière médico-psychologique G.________, a posé les diagnostics de trouble de l'adaptation mixte, abus d'alcool et trouble de la personnalité de type borderline. Dans un rapport du 30 janvier 2007, le docteur E.________ a constaté que sur le plan physique, l'assuré ne nécessitait plus de soins médico-chirurgicaux. Helsana a confié une expertise au docteur H.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie. Dans son rapport du 25 juin 2009, ce praticien a indiqué que l'assuré présentait un état dépressif majeur de gravité moyenne à sévère, un trouble panique avec agoraphobie d'étiologie mixte, un état de stress post-traumatique de gravité moyenne, un éthylisme chronique sévère, un trouble de la personnalité de type passif-dépendant et immature décompensé. Selon l'expert, il existait un lien de causalité naturel entre l'événement du 29 novembre 2003 et les troubles psychiques développés par l'assuré. A partir du 29 novembre 2005, les troubles étaient d'origine mixte, soit 50 % d'origine accidentelle et 50 % d'origine maladive. Dans un nouveau rapport du 14 avril 2011, le docteur H.________ a indiqué que depuis août 2010, plus de 90 % de la causalité naturelle était imputable à des éléments étrangers à l'accident. Les facteurs "maladifs", à savoir la personnalité singulière de l'assuré et sa constitution psychique, notamment l'éthylisme, avaient largement pris le dessus sur la dimension accidentelle. Selon l'expert, le statu quo ante ne serait jamais atteint et l'on ne pouvait parler de statu quo sine dans ce cas. Se fondant sur les conclusions du docteur H.________, Helsana a supprimé, par décision du 15 juin 2011, confirmée sur opposition le 16 novembre 2011, ses prestations d'assurance dès le 19 août 2010. A.b. A.________ a recouru contre cette décision devant la Cour des assurances du Tribunal cantonal de la République et canton du Jura. Par arrêt du 24 juillet 2012, la juridiction cantonale a admis son recours, annulé la décision de l'intimée et renvoyé la cause à cette dernière pour instruction complémentaire et nouvelle décision. Helsana a confié une expertise au docteur I.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie. L'expert a rendu son rapport le 4 janvier 2013, posant les diagnostics de syndrome de dépendance alcoolique (F10.25), trouble dépressif majeur (état actuel moyen) (F32.1), trouble panique avec agoraphobie (F40.01) et trouble état de stress post-traumatique (F43.1). L'expert a également fait état d'un trouble de personnalité borderline, lequel remontait, par définition, au début de l'âge adulte. Il a considéré qu'au vu de sa gravité et de ses conséquences sur le plan somatique, l'agression subie par l'assuré était pleinement la cause de ses troubles psychiques pendant une période de cinq ans après l'accident. Depuis le 28 novembre 2008, les facteurs étrangers à l'événement traumatique en cause avaient pris une valeur prépondérante (soit supérieure à 50 %). Pour le docteur I.________, la pathologie psychiatrique de l'assuré justifiait une incapacité de travail de 100 % depuis la date de l'accident. Interrogé sur la survenance du statu quo sine/ante, l'expert a répondu, dans un complément d'expertise du 4 mars 2013, que l'état maladif antérieur (à savoir la dépression, les problèmes d'alcool et le trouble de personnalité) était probablement parvenu au stade d'évolution qu'il aurait atteint sans l'accident à partir du 29 novembre 2008. Par décision du 6 mai 2013, confirmée sur opposition le 10 juillet 2013, Helsana a mis fin aux prestations d'assurance à partir du 29 novembre 2008 et a renoncé à réclamer le remboursement des prestations versées à tort du 29 novembre 2008 au 18 août 2010.