Citation: 2P.223/2000 13.10.2000 E. 3.-

a) Le recourant soutient que le Président du Tribunal administratif a fait preuve d'un formalisme excessif prohibé par l'art. 9 Cst. en appliquant strictement les art. 47 et 52 de la loi neuchâteloise sur la procédure et la ju- ridiction administrative du 27 juin 1979 (LPJA). Il estime en effet qu'un retard de trois jours dans le versement de l'avance de frais n'est pas de nature à entraver la célérité et la bonne marche du procès, de sorte que la sanction de l'irrecevabilité du recours serait trop rigoureuse. b) L'excès de formalisme prohibé par l'art. 4 aCst., actuellement art. 9 Cst., est une forme particulière du déni de justice qui est réalisée lorsque les règles de procédure sont appliquées avec une rigueur que ne justifie aucun inté- rêt digne de protection, au point que la procédure devient une fin en soi, empêchant ou compliquant de manière insoute- nable l'application du droit matériel et entravant en défini- tive de manière inadmissible l'accès aux tribunaux (ATF 121 I 177 consid. 2b/aa p. 179 et les références citées; 118 Ia 14 consid. 2a p. 15). Le Tribunal fédéral examine librement s'il y a formalisme excessif, de sorte que le grief d'arbitraire, respectivement de violation du principe de la bonne foi, n'a pas de portée propre (ATF 119 Ia 4 consid. 2a p. 6). c) L'art. 52 LPJA dispose: "Le président du Tribunal administratif peut écarter, sans échange d'écritures ni débats, un recours manifestement irrecevable. Il peut en faire de même si le recourant, dû- ment averti, ne verse pas dans le délai impar- ti l'avance de frais qui lui est demandée." Le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de consta- ter que si cette disposition, conçue comme une "Kann-Vor- schrift", laissait un large pouvoir d'appréciation au Prési- dent du Tribunal administratif, elle n'excluait pas que la