Citation: 5A_951/2016 E. A

A.a. Selon le plan général d'affectation de la commune de D.________ (ci-après: la commune), le secteur... regroupe les parcelles nos 220, 221, 222 et 223. Feu E.________, né en 1915, était propriétaire de la parcelle no 223, anciennement no 147. A.________, C.________ et B.________ sont ses héritières. La commune est elle-même propriétaire de la parcelle no 217, d'une superficie de 29'361 m2 située en zone agricole. A.b. Dans un testament du 9 janvier 1988, indiquant révoquer et annuler toutes les dispositions pour cause de mort prises antérieurement, E.________ a précisé: " Je donne hors part à ma fille A.________ un terrain de 1500 m' (sic!) à détacher de la parcelle 147 '...' sise en zone village pour lui permettre de construire à D.________. " A.c. En vue de développer l'urbanisation du village, la commune souhaitait acquérir les biens-fonds nos 220, 222 et 223. Des négociations ont été entamées dès l'automne 1993 avec tous les propriétaires du secteur de..., à savoir E.________, F.________, G.________ et H.________. A.d. En raison d'un cancer, E.________ a subi une ablation des testicules à l'hôpital de S.________ le 10 mars 1994. Il était alors âgé de septante-neuf ans. Le 26 mars 1994, sa soeur est décédée et a été ensevelie à D.________ le 29 mars suivant. A.e. Les 30 et 31 mars 1994, la commune a passé devant notaire avec leurs propriétaires respectifs des promesses de vente et d'achat portant sur la totalité de la parcelle no 222 et sur une partie de la parcelle no 220. Le 30 mars également, elle a conclu avec E.________ par devant la notaire I.________ une promesse d'échange immobilier en ce sens que l'intéressé céderait à la commune la parcelle no 223, d'une superficie de 5'957 m2, en vue de son affectation à la zone à bâtir, et recevrait une partie de la parcelle no 217, à savoir une surface de 11'914 m2, propriété de la commune et située en zone agricole. La valeur des 11'914 m2 à détacher de la parcelle no 217 classée en zone agricole était de l'ordre de 60'000 fr., à savoir 5 fr. par m2. Quant à la valeur des 5'957 m2 de la parcelle no 223 affectée à la zone à bâtir, elle était estimée, à dire d'expert, à 1'500'000 fr. au plus, à savoir 250 fr. par m2. Les trois promesses d'échange et d'achat/vente comportaient diverses conditions suspensives, dont l'une subordonnait l'exécution de chacune des conventions à celle des deux autres. En particulier, la promesse d'échange souscrite par E.________ était subordonnée à l'exécution des promesses de vente conclues entre la commune et respectivement les propriétaires des parcelles nos 220 et 222. A.f. E.________ a subi un accident cérébrovasculaire trois jours après la signature de la promesse d'échange. Il est décédé le 8 août 1994. A.g. Le 29 mars 1995, ses héritières - à l'exception de C.________ - ont dénoncé pour lésion et vice du consentement la promesse d'échange immobilier du 30 mars 1994 conclue à la même date entre la commune et feu E.________. Dans une réponse du 3 mai 1994, le conseil de la commune a fait savoir que sa cliente allait exiger l'exécution de la promesse d'échange immobilier, en recourant s'il le fallait aux autorités judiciaires. A.h. Le plan général d'affectation de la commune a été adopté par le conseil général de la commune le 29 juin 1994 et approuvé, sous réserve des droits des tiers, par le Conseil d'État du canton de Vaud le 23 décembre 1994. Le conseil général a en outre autorisé l'exécution des actes passés par la commune avec les propriétaires des parcelles nos 220, 222 et 223. La commission foncière a enfin autorisé le morcellement de la parcelle no 217 par décision du 25 août 1995, devenue exécutoire le 12 septembre 1995. A.i. Le 10 octobre 1995, la notaire I.________ a convoqué les propriétaires pour le 24 octobre suivant, en vue de l'exécution des promesses d'échange et d'achat/vente. Les héritières de feu E.________ ne se sont pas présentées, de même que H.________, celle-ci expliquant qu'en raison du défaut d'avènement d'une des conditions suspensives, il était prématuré de signer l'acte de vente définitif. Ce jour-là, seul l'acte de vente d'une partie de la parcelle no 220 a été passé entre son propriétaire et la commune. A.j. Par acte notarié du 9 novembre 1995, G.________ a cédé à sa soeur, H.________, sa part à la parcelle no 222. Elle a ainsi repris seule tous les droits et obligations concernant la promesse de vente et d'achat signée avec la commune, son frère étant déchargé de toutes obligations à cet égard.