Citation: 1A.207/2001 06.03.2002 E. 2

Les recourantes se plaignent d'une violation de leur droit d'être entendues. Dans son complément du 2 février 2001 à l'ordonnance d'entrée en matière, le juge d'instruction avait étendu sa mission au-delà de ce qui était requis dans la demande d'entraide, sans toutefois donner une quelconque motivation à cette extension. 2.1 L'obligation de motiver, posée en général par l'art. 29 al. 2 Cst. au titre du droit d'être entendu et, en matière d'entraide, par l'art. 80d EIMP, a essentiellement pour fonction de permettre aux intéressés de recourir en connaissance de cause, et à l'autorité de recours d'examiner le bien-fondé de la décision (ATF 121 I 57 consid. 2c et les arrêts cités). Son étendue doit être appréciée en fonction de la procédure en cause. L'art. 80d EIMP, selon lequel l'autorité d'exécution "rend une décision motivée sur l'octroi et l'étendue de l'entraide", ne confère pas un droit plus large. 2.2 En l'espèce, le juge d'instruction a complété sa décision d'entrée en matière, de perquisition et de saisie et étendant ces mesures à tous les comptes dont les personnes ou sociétés mentionnées dans sa première décision étaient titulaires, ayants droit ou bénéficiaires de pouvoirs, ainsi qu'à tous autres avoirs ou relations d'affaires se rapportant à ces personnes. Comme l'ont bien compris les recourantes, cette démarche procède d'une interprétation extensive de la demande d'entraide et ne nécessitait pas de motivation particulière, puisque les intéressées peuvent en critiquer le bien-fondé en toute connaissance de cause. La question de savoir si une telle interprétation est admissible ne relève pas du droit d'être entendu, mais du principe de la proportionnalité que les recourantes ne manquent pas d'invoquer (consid. 4.2 ci-dessous). Ce premier grief de nature formelle est par conséquent mal fondé.