Citation: I 337/05 23.12.2005 E. 1

En l'espèce, si l'on peut tenir pour établi que le recourant ne s'est pas adapté à l'évolution technologique de sa profession, on ne saurait pour autant en conclure, comme l'ont fait l'administration et la juridiction cantonale (implicitement), qu'il n'aurait pas réalisé, auprès d'un autre employeur et sans invalidité, un salaire correspondant à celui qui était le sien avant son licenciement. A tout le moins des éléments de preuve concrets font défaut. En effet, même si le monde de l'imprimerie a subi une considérable évolution ces dernières années, il n'en demeure pas moins que le recourant possède une grande expérience en la matière qu'il aurait pu mettre à profit dans d'autres entreprises en l'absence d'invalidité. Par ailleurs, on relèvera que son ancien employeur avait besoin des compétences de l'intéressé dans la mesure où il lui confiait des travaux spécifiques à sa profession de typographe, si bien que l'on ne voit pas pour quelles raisons il en irait autrement pour une imprimerie concurrente. Enfin, aucun élément du dossier indique qu'il percevait alors un salaire social (cf. art. 25 al. 1 let. b aRAI; ATF 117 V 18). Dans ces circonstances, il y a lieu de se fonder sur le questionnaire de l'employeur du 3 juillet 2000 et de retenir, au titre de revenu annuel de personne valide, un montant de 73'693 fr. 10, inchangé pour l'année 2000 (5'668 fr. 70 X 13). 5.3 L'évaluation du revenu de personne invalide au moyen des descriptions de poste de travail (ci-après: DPT) à laquelle a procédé l'administration - et qui a été reprise par la juridiction cantonale - ne saurait être suivie. En effet, selon la jurisprudence, l'office AI doit, entre autres conditions, indiquer le nombre de postes, documentés dans la base de données de la CNA, entrant en considération pour l'assuré (ATF 129 V 472). Cette exigence n'est pas satisfaite en l'espèce, de sorte qu'il n'est pas possible d'apprécier en connaissance de cause le choix et la représentativité des postes choisis. Cela constitue un motif suffisant pour écarter les données salariales résultant des DPT en tant que base de calcul pour fixer le revenu d'invalide de l'assuré. Aussi, en l'absence d'un revenu effectivement réalisé, y a-t-il lieu, conformément à la jurisprudence, de se référer aux données statistiques, telles qu'elles résultent des enquêtes sur la structure des salaires de l'Office fédéral de la statistique (ATF 124 V 321). Selon la table TA1 relative à l'année 2000 (p. 31), il faut ainsi partir d'un gain déterminant, toutes activités confondues dans le secteur privé, de 4'437 fr. par mois (valeur standardisée) pour des travaux simples et répétitifs (niveau 4) exercés par un homme. Au regard du large éventail d'activités de ce type que recouvrent les secteurs de la production et des services, on doit convenir qu'un certain nombre d'entre elles sont adaptées au handicap dont souffre le recourant. Ajusté à 41,8 heures par semaine (La vie économique, 9/2005 p. 90 tabelle B9.2), ce salaire hypothétique est de 4'636 fr. 67 par mois, ou de 55'639 fr. 98 par an. En adaptant ce revenu à la capacité résiduelle de travail du recourant, soit 50 %, son gain annuel hypothétique s'élève à 27'819 fr. 99 (50 % de 55'639 fr. 98). Compte tenu des circonstances personnelles et professionnelles du cas particulier, un abattement de 10 % paraît approprié (pour comparaison: arrêt T. du 9 août 2004, I 759/03, C. du 22 décembre 2004, I 157/04), si bien que le gain annuel d'invalide se monte à 25'037 fr. 99. On relèvera à cet égard que le revenu de 19'500 fr. allégué par le recourant ne saurait être pris en considération, dès lors que ce dernier n'a pas indiqué les sources sur lesquelles il s'est basé pour articuler un tel montant ni même motivé son appréciation sur ce point. Il s'ensuit que la comparaison des revenus aboutit à un degré d'invalidité arrondi de 66 % (ATF 130 V 121), ouvrant droit à une demi-rente. Si ce taux devait demeurer inchangé au 1er janvier 2004, le recourant aurait droit à un trois-quart de rente en application du nouvel article 28 al. 1 LAI (4ème révision).