Citation: 1P.90/2003 31.03.2003 E. 3

Selon l'arrêt attaqué, la recourante n'a, précisément, pas "rendu crédible" les faits allégués à l'appui de sa demande, c'est-à-dire qu'elle se soit trouvée sous l'influence d'une erreur au moment où elle aurait dû se rendre à l'audience. Les précédents juges fondent leur appréciation sur deux indices: d'une part, le relief n'a été demandé que plusieurs jours après réception du jugement par défaut; d'autre part, dans l'enquête pénale, la prévenue avait catégoriquement refusé de s'expliquer à la police, "alors qu'elle clamait déjà son innocence et qu'elle aurait été en mesure, le cas échéant, d'en faire la démonstration". A réception du jugement par défaut, le jour et l'heure de l'audience étaient irrémédiablement passés. Il était désormais impossible à la recourante de déférer au mandat de comparution, et même une démarche immédiate de sa part n'y aurait rien changé. Par conséquent, du fait qu'elle a attendu quelques jours pour écrire au Tribunal de police, on ne peut tirer aucune conclusion valable sur le point de savoir si, au moment de l'audience, elle était, ou non, consciente de faire défaut. L'autre élément d'appréciation n'est pas non plus concluant sur ce point, car il est tout à fait possible que le prévenue, alors même qu'elle avait refusé de collaborer à l'enquête, se soit par la suite réellement trouvée dans l'erreur au sujet de la date de l'audience.