Citation: 6B_655/2024 E. 1.2

1.2. En l'occurrence, dans l'arrêt 6B_388/2023, le Tribunal fédéral a rappelé que la loi et la jurisprudence sont claires quant à l'obligation pour le juge de se fonder sur une expertise pour évaluer s'il y a lieu d'ordonner une mesure au sens des art. 59-61, 63 ou 64 CP, qu'elle soit thérapeutique (traitement ambulatoire ou mesure thérapeutique institutionnelle) ou de sûreté (internement). En particulier, un internement au sens de l'art. 64 al. 1 CP doit également se fonder sur une expertise psychiatrique lorsqu'il concerne un délinquant "en bonne santé psychique" (let. a) (arrêt 6B_388/2023 précité consid. 3.4.2.2). Ainsi, dans le cas d'espèce, la cour cantonale ne pouvait donc pas confirmer le prononcé d'un internement au sens de l'art. 64 al. 1 let. a CP sans recourir à une expertise, ce d'autant plus qu'il n'existait pas d'expertise ancienne se prononçant sur un éventuel trouble mental du recourant et sur l'existence d'un risque de récidive "qualifié" (arrêt 6B_388/2023 précité consid. 3.4.2.2). Le Tribunal fédéral a également rappelé qu'une expertise psychiatrique sur dossier, sans examen de l'expertisé lui-même, n'est admissible qu'à titre exceptionnel. Tel est notamment le cas lorsque le prévenu refuse de se soumettre à une expertise (arrêt 6B_388/2023 précité consid. 3.5.2). Par ailleurs, selon la jurisprudence, la mise en oeuvre d'une seconde expertise n'est pas autorisée seulement dans les cas prévus par l'art. 189 CPP. Ainsi, lorsque les limites fixées par le premier expert dans son pouvoir d'appréciation ne sont pas, dès le départ, définitivement pertinentes pour l'établissement de l'expertise mais que des constatations psychiatriques légales plus étendues semblent possibles, la direction de la procédure est autorisée, voire obligée compte tenu de la maxime de l'instruction (art. 6 CPP), d'ordonner d'office une nouvelle expertise (arrêt 6B_388/2023 précité consid. 3.5.3). Partant, la cause a été renvoyée à la cour cantonale (consid. 3.6).