Citation: 4A_491/2015 E. A

Les époux D.________ (C.D.________ et D.D.________), mariés depuis le 14 juillet 1956, sans enfant, se sont mutuellement institués seuls héritiers de leur succession, par pacte successoral du 16 janvier 1969. Le 20 octobre 2007, D.D.________ a complété ce pacte successoral, dans l'éventualité où son mari ne pourrait recueillir sa succession, en instituant pour héritiers quinze de ses proches, pour la plupart des neveux et des nièces. Chacun d'eux héritait d'une part des biens de la succession, à l'exception d'une filleule (E.________) et deux filleuls (F.________ et G.________), qui se sont vus attribuer deux parts. C.D.________ est décédé le 24 mai 2009. Dès juin, D.D.________ a eu des contacts avec les administrateurs de B.________ SA qu'elle a mandatés pour vendre sa villa à H.________. La portée du mandat est litigieuse, notamment le fait de savoir s'il englobait également le réexamen des dispositions successorales. Par la suite, D.D.________ a désigné B.________ SA en qualité d'exécutrice testamentaire. D.D.________ a souffert d'un cancer en 1983, puis d'une récidive en 2004 nécessitant une opération, et d'une apparition de métastases en octobre 2008. Plusieurs administrations de chimiothérapie ont été nécessaires en 2009. Le 11 janvier 2010, D.D.________ a été hospitalisée " pour aggravation de son état et des problèmes respiratoires ". Le 15 janvier 2010, A.________ a conclu avec sa tante deux contrats de rente viagère portant chacun sur un montant de 200'000 fr. et prévoyant le paiement, par la nièce, d'une rente viagère mensuelle de 1'250 fr. Il a été retenu que D.D.________ a ainsi délibérément voulu favoriser sa nièce, avec laquelle elle entretenait de bons rapports. La nièce considère que leur relation était particulière (très étroite), son intensité allant bien au-delà de celle retenue par la cour cantonale; ce dernier point est encore litigieux. Le premier montant de 200'000 fr. a été transféré à la nièce le 20 janvier 2010, et le deuxième le 1er février 2010, à chaque fois sur la base d'une autorisation signée par D.D.________. Le 20 janvier 2010, D.D.________ a été transférée à l'Hôpital de I.________. Le 9 mars 2010, D.D.________ a légué à A.________ la somme de 120'000 fr., ce qui n'est pas contesté, ni même discuté par les parties. A.________ a prélevé, sur le compte de sa tante et à la demande de celle-ci, plusieurs montants en espèces, pour un total de 22'000 fr., pour diverses affectations (notamment au bénéfice de certains filleuls). Un montant de 17'000 fr., dont l'affectation n'a pu être vérifiée, était encore litigieux devant le Tribunal de première instance. Le 11 février 2010, D.D.________ a été transférée au home J.________. Elle y est décédée, le 5 avril 2010. Plusieurs héritiers ont sommé l'exécutrice testamentaire de la défunte de réclamer de A.________ la restitution des montants provenant des comptes de la défunte. B.________ SA, par l'intermédiaire de son avocat, a informé A.________ que, tout en tenant les contrats de rente viagère pour nuls, elle déclarait les invalider, par sécurité. Elle demandait à A.________ de reconnaître devoir restituer le montant de 410'957 fr. (des rentes viagères ayant été versées dans l'intervalle).