Citation: 6B_747/2020 E. 1.2

1.2. En l'espèce, il ressort de la décision querellée que le premier juge a en substance relevé que, par ses mensonges et ses omissions d'informer l'OSAMA, le recourant n'avait pas collaboré pleinement dans le cadre de l'assistance à la probation, tout en contribuant largement largement à compliquer son suivi psycho-légal. Il s'était fautivement soustrait à l'assistance à la probation - ce qu'il avait expressément reconnu devant le premier juge - et avait de surcroît violé pas moins de cinq règles de conduite sur les six qui lui avaient été imposées dans le cadre de sa libération conditionnelle, alors qu'il s'était engagé à les respecter scrupuleusement. De surcroît, la libération conditionnelle avait été accordée au regard de l'effet positif escompté des mesures d'accompagnement mises en place et ce n'était que dans cette perspective que le risque de récidive avait pu être qualifié de faible à modéré, et donc de tolérable compte tenu des infractions de violence dont la réitération était redoutée. A contrario, le fait que le recourant s'était soustrait à l'assistance de probation et avait violé la majeure partie des règles de conduites qui lui avaient été imposées impliquait de revoir sérieusement à la hausse l'intensité du risque de récidive, l'OSAMA ayant conclu, dans son rapport psycho-criminologique du 9 août 2019, à l'existence d'un risque de récidive général très élevé et d'un risque modéré de réitération d'actes violents. Le risque de récidive apparaissait d'autant plus grand que le recourant avait recommencé à fumer régulièrement du cannabis. Il avait de surcroît clairement démontré son incapacité à anticiper les conséquences de ses actes en acceptant de livrer clandestinement de la marchandise illégale à un détenu dans une prison, avait pris le volant sous l'influence de l'alcool et sous le coup d'une interdiction de conduire, avait volé avec des comparses des plants de CBD dans un champ et persistait à fréquenter des personnes très défavorablement connues de la justice. Sur cette base, le premier juge a considéré qu'il existait un risque actuel de récidive modéré à élevé pour des actes de violence et que le pronostic favorable posé au moment de la libération conditionnelle n'existait plus, étant relevé que le recourant avait lui-même reconnu avoir commis des infractions depuis sa libération conditionnelle. Pour le premier juge, la gravité de la situation et l'intensité du risque de récidive alors considérée rendait illusoire l'option consistant à contrer celui-ci par la simple prolongation du délai d'épreuve ou par le prononcé de nouvelles règles de conduite. Seul le retour en prison permettait d'éviter que l'intimé récidive et péjore encore plus sa situation. La cour cantonale a considéré que l'argumentation du premier juge ne prêtait pas le flanc à la critique. Elle a certes retenu, en faveur du recourant, que l'annulation de la révocation de son autorisation d'établissement par arrêt du Tribunal fédéral du 18 novembre 2019 (2C_1154/2018), intervenue dans l'intervalle, représentait un élément favorable, mais n'en a pas moins jugé que cet élément demeurait impropre à remettre en question l'appréciation du risque de récidive ressortant du rapport psycho-criminologique de l'OSAMA du 9 août 2019. Elle a rappelé sur ce point que ce risque avait été évalué comme étant modéré à élevé s'agissant d'actes violents et très élevé en ce qui concerne le risque de récidive général. Parmi d'autres éléments, la cour cantonale a encore relevé que depuis le prononcé de la décision du 10 octobre 2019 révoquant sa libération conditionnelle et ordonnant sa réintégration, la situation du recourant s'était encore détériorée. Elle a notamment pointé la persistance des violations des règles de conduite lui imposant de s'abstenir de consommation d'alcool et de stupéfiants, mais aussi la violation nouvelle de la règle concernant l'interdiction de détenir des armes et objets apparentés. Les maigres éléments favorables, comme l'indication qu'il se trouvait en temps d'essai auprès d'une entreprise en qualité de logisticien, laquelle n'était d'ailleurs pas étayée, demeuraient quoi qu'il en soit impropres à contrebalancer les nombreux autres facteurs très défavorables le concernant.