Citation: 6B_1136/2023 E. 2.9

2.9. En l'espèce, sous l'angle du droit au respect de la vie privée, il ressort du jugement attaqué que le recourant est arrivé en Suisse à l'âge de quatorze ans. S'il y a lieu d'admettre qu'un renvoi vers le Nigéria, pays que l'intéressé a quitté à l'âge d'un an, ne sera guère facile, il n'apparaît pas que le recourant dispose de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. En effet, s'il y a obtenu un CFC de plâtrier-peintre et s'est installé comme peintre indépendant en 2008, il apparaît que, dès 2016, il a exploité plusieurs sociétés, qui ont cependant été déclarées en faillite. Il ressort également du jugement attaqué que l'intéressé a des dettes. En ce qui concerne l'atteinte à sa vie familiale, le recourant est père de deux enfants, dont il avait certes la garde, et qui lui rendent régulièrement visite en prison, mais il dit lui-même qu'à sa sortie de prison, il ne sollicitera pas leur garde, mais uniquement un droit de visite. Les experts préconisent d'ailleurs des visites sous surveillance d'une tierce personne. Dans ces conditions, il apparaît douteux que le recourant puisse se prévaloir d'un droit au respect de sa vie privée ou familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH. Cette question peut cependant demeurer ouverte dès lors que la cour cantonale a jugé à bon droit que l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emportait sur son intérêt privé à demeurer en Suisse (cf. infra consid. 2.10).