Citation: 4C.119/2002 20.06.2002 E. A

Par contrat du 1er décembre 1999, A.________, qui exploite une entreprise individuelle sous la dénomination "X.________", a engagé B.________ en qualité de responsable du service de télémarketing. Son travail consistait à effectuer des appels téléphoniques pour obtenir des rendez-vous en vue de conclure des contrats d'assurance-maladie; par ailleurs, l'employée était chargée de tâches administratives et devait superviser les autres téléphonistes. Son salaire mensuel brut moyen s'élevait en dernier lieu à 4071 fr. Les bureaux de X.________se trouvent dans le même immeuble que ceux de l'entreprise exploitée par C.________, époux de A.________. Il a été retenu que cette dernière demandait l'intervention de son mari "pour intimider" son employée. Les relations entre les parties étaient tendues depuis le mois de janvier 2000. Par lettre du 28 février 2000, adressée conjointement à A.________ et à C.________, B.________ leur a fait savoir qu'elle ne supportait plus le mépris qu'on lui témoignait, de même que les agressions verbales dont elle était la victime; elle demandait que son salaire lui soit versé ponctuellement et informait l'employeur qu'elle était enceinte. B.________ a subi une incapacité de travail du 28 février au 10 mars 2000. Elle a fourni à A.________ des certificats médicaux justifiant cette absence. Dans une attestation du 29 mars 2000, son médecin traitant a précisé qu'il lui avait proposé un arrêt de travail jusqu'à la fin du mois de mars 2000 en raison d'un état d'épuisement physique et moral découlant d'un conflit sur son lieu de travail et qu'elle avait préféré reprendre son activité le 13 mars 2000 par conscience professionnelle. Le jour où B.________ a repris son activité, C.________ lui a annoncé que sa période de maladie ne serait pas rémunérée et qu'elle n'occuperait désormais plus la fonction de responsable, mais serait employée comme téléphoniste uniquement. Il a exigé qu'elle lui restitue la clé de son entreprise, ce qu'elle a fait. B.________ a souhaité rendre également la clé d'Infosanté Conseils, ce qui a été refusé. Par lettre du 13 mars 2000, adressée à A.________ et C.________, B.________ a confirmé les propos tenus entre les parties et les a informés qu'elle allait consigner la clé restante auprès du juge de paix; elle a par ailleurs relevé qu'elle avait droit à rémunération pendant sa période d'incapacité de travail. Par ordonnance du 15 mars 2000, le Juge de paix du cercle de Lausanne a autorisé la consignation de la clé. Le 15 mars 2000, C.________ s'est rendu dans le bureau de B.________ dans un état de colère avancé. Une violente dispute s'est alors engagée entre eux. C.________ criait et menaçait B.________. Il a en outre frappé violemment sur le bureau de cette dernière. Après ces faits, des collaboratrices se sont rendues auprès de B.________ afin de s'enquérir de son état. Elle a été extrêmement choquée par l'intervention de C.________ et elle a eu peur pour sa santé, en raison de sa grossesse. Le même jour, B.________ a rédigé une lettre destinée à C.________, le mettant en demeure de cesser toute agression verbale ou toute menace à son égard, sous peine de résiliation immédiate du contrat de travail. Avant d'envoyer cette lettre, B.________ a téléphoné, le même jour, à C.________, qui n'a pas manifesté la volonté de changer d'attitude. Sur quoi, B.________ lui a envoyé un autre courrier, en joignant la lettre qu'elle avait préparée, lui signifiant la résiliation immédiate du contrat de travail pour le motif qu'il avait persisté dans ses menaces et ses agressions. B.________ a accouché le 9 juin 2000.