Citation: 8C_250/2009 01.07.2009 E. 3

3.1 Se fondant sur les avis de la doctoresse G.________, spécialiste en rhumatologie et remplaçante du médecin d'arrondissement de la CNA (rapports des 28 novembre 2006 et 16 janvier 2007), et du docteur L.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et médecin à la division de médecine des accidents (rapport du 13 mai 2008), la CNA a considéré que l'assuré n'était plus en mesure de reprendre l'activité exercée avant l'accident. En revanche, elle est d'avis que l'on pourrait exiger d'un assuré d'âge moyen présentant les mêmes séquelles accidentelles qu'il exerçât un travail semi-sédentaire et léger, permettant l'alternance des positions assise et debout, à condition que soient évités le port de charges supérieures à 15 kg, les positions accroupies ou agenouillées, ainsi que les déplacements sur de longues distances ou des terrains instables. En outre, l'intéressé devrait pouvoir travailler en fonction d'un horaire allégé lui permettant d'effectuer deux pauses supplémentaires de 30 minutes par jour. Considérant que l'activité exercée par l'assuré ne lui permettait pas de mettre pleinement en valeur sa capacité résiduelle de gain et qu'au surplus, le revenu obtenu représentait en partie un salaire social, la CNA a fixé le revenu d'invalide déterminant pour la comparaison des revenus compte tenu de données salariales résultant de cinq DPT, plutôt qu'en fonction du revenu effectivement réalisé. Ce faisant, elle a fixé à 4'380 fr. le montant du revenu mensuel d'invalide, lequel, comparé à un revenu sans invalidité d'un montant mensuel - non contesté - de 6'500 fr., fait apparaître un taux d'incapacité de gain de 32,61 %, arrondi à 33 %. De son côté, la juridiction cantonale a considéré que le revenu d'invalide de l'assuré ne doit pas être fixé compte tenu du gain que pourrait réaliser un assuré d'âge moyen présentant les mêmes séquelles accidentelles. Selon les premiers juges, en effet, les conditions de l'art. 28 al. 4 OLAA ne sont pas réalisées en l'occurrence, dès lors que l'assuré n'a jamais cessé son activité lucrative après l'accident et que la diminution de sa capacité de gain n'est pas due à son âge avancé, mais uniquement à l'état de sa jambe droite. Aussi, bien qu'ils admettent que l'activité exercée au service de la société P.________ SA ne permet pas à l'intéressé de mettre pleinement en valeur sa capacité résiduelle de travail et de gain, les juges cantonaux sont d'avis qu'il n'est pas raisonnable d'exiger de lui qu'il abandonne, à son âge, un poste de travail occupé depuis plus de quarante ans pour trouver un emploi mieux adapté à son état de santé. C'est pourquoi ils ont fixé le revenu d'invalide déterminant pour la comparaison des revenus compte tenu du salaire effectivement payé par la société P.________ SA. La recourante reproche aux juges cantonaux d'avoir considéré à tort que les conditions de l'art. 28 al. 4 OLAA n'étaient pas réalisées. Elle soutient que, dans la mesure où ils se sont fondés sur l'âge de l'assuré au moment de la naissance du droit à la rente pour nier l'exigibilité d'un autre emploi, les juges cantonaux ne pouvaient pas conclure que la deuxième éventualité visée par cette disposition réglementaire n'était pas réalisée.