Citation: 1C_312/2019 E. 2.4

2.4. Les recourants ne remettent pas en cause le fait que les abattages projetés puissent être autorisés sur la base de l'art. 6 al. 1 LPNMS. Ils se contentent de faire grief à l'instance précédente d'avoir négligé son instruction en n'invitant pas la Municipalité à mesurer les arbres et à établir des constats faunistiques et dendrologiques à la période adéquate. Ils soutiennent que seule une étude plus détaillée sur ces arbres, après détermination précise du nombre d'arbres protégés permettrait de faire une pesée des intérêts complète et de décider si certains arbres peuvent ou non être abattus. Ils affirment encore que cette instruction aurait permis de déterminer si l'intérêt de cette arborisation à cet endroit permet de l'assimiler à un bosquet ou cordon boisé préservé par la législation fédérale et cantonale sur la protection de la faune et de la nature et nécessitant une autorisation préalable du département compétent. Ils prétendent enfin que la Municipalité et la cour cantonale n'ont procédé à aucune pesée d'intérêts. Les recourants ne peuvent toutefois être suivis puisqu'il ressort des décisions de la Municipalité du 29 juin 2018 que les arbres prévus d'être abattus, ne présentent pas d'intérêt remarquable et n'ont pas de valeur biologique et esthétique particulière, justifiant leur préservation et que, par conséquent, l'intérêt privé de la constructrice l'emporte sur l'intérêt public à maintenir ces arbres sur la parcelle, ce d'autant plus qu'ils seront remplacés par une arborisation compensatoire importante et de qualité. L'autorité communale a ainsi procédé à une pesée des intérêts, certes peu développée, mais suffisante. Quant à la cour cantonale, qui a procédé à une inspection locale, elle a décrit les arbres destinés à être abattus: s'appuyant notamment sur ses propres constatations, elle a considéré que l'intérêt public à l'utilisation des possibilités de construire (bâti compact) l'emportait sur la préservation de cette végétation à l'abandon. En l'absence de démonstration d'arbitraire des éléments retenus par l'instance précédente, il n'y a pas lieu de revenir sur cette appréciation des circonstances locales. Le Tribunal cantonal pouvait donc confirmer la pesée des intérêts de l'autorité communale sans tomber dans l'arbitraire, s'agissant d'une végétation disparate contenant de nombreux thuyas qui n'ont aucune valeur dendrologique. Cela se justifie d'autant plus qu'une végétation compensatoire est imposée. Dans ces conditions, on ne saurait reprocher à l'instance précédente d'avoir violé de manière insoutenable l'art. 6 LPMNS et le règlement communal sur les arbres, en confirmant l'abattage des arbres litigieux. Le grief doit être écarté.