Citation: 1P.615/2004 15.11.2004 E. 1

3.2 En l'occurrence, le dossier révèle des charges sérieuses de culpabilité à l'encontre du recourant des chefs d'escroquerie et de tentative d'escroquerie. L'appartement de la famille A.________ a servi de lieu de partage d'une somme de 350'000 fr. transférée le 17 février 2004 sur l'un des comptes de B.________ en exécution d'un ordre de virement volé et falsifié en faveur de celui-ci. Sur cette somme, B.________, A.________, par l'intermédiaire de son épouse, et C.________ auraient reçu chacun 40'500 fr., le solde étant remis à un certain D.________. Selon les déclarations de B.________ et de E.________, tous deux présents lors du partage, A.________ jouait un rôle décisionnel dans cette affaire. Aux dires de E.________, D.________ se serait expressément référé au prévenu lorsqu'il l'a contacté pour coordonner la répartition des 350'000 fr. Il ressort en outre du dossier que C.________, également impliqué dans le trafic de chèques volés mis en place par A.________ et B.________, disposait des coordonnées téléphoniques du prévenu en Angola et lui a téléphoné à deux ou trois reprises pour, selon ses dires, l'informer qu'il ne pouvait pas prendre les responsabilités dans cette affaire, car il recevait trop d'appels de personnes qu'il ne connaissait pas. Enfin, selon les premières déclarations de l'épouse du recourant, celui-ci l'aurait avisée qu'elle devrait réceptionner une certaine somme d'argent que B.________ devait lui remettre. Elle devait en outre reverser la moitié de la somme reçue à C.________. Elle a par la suite exposé que ce dernier lui avait remis deux chèques à l'attention de B.________ durant l'absence de son mari, en précisant que le second devait être réparti entre lui-même, B.________ et A.________. Le recourant ne se prononce nullement sur ces différents éléments, relevés par la Chambre pénale et qui étaient propres à établir un soupçon fondé de sa participation au trafic de chèques volés et falsifiés pour lequel il est poursuivi. Il se borne à faire valoir qu'il n'a pas pu matériellement se rendre coupable des infractions qui lui sont reprochées, parce qu'il était absent à l'étranger au moment des faits incriminés, et que les conditions de l'astuce ne sont pas réalisées. Ce faisant, il perd de vue qu'on lui reproche non pas d'avoir volé ou falsifié des chèques ou cherché à les encaisser, mais d'avoir mis en contact des personnes intéressées à écouler des chèques ou des ordres de paiement volés et falsifiés avec B.________ pour les encaisser. Le fait qu'il était absent de Suisse lorsque celui-ci a reçu des chèques volés ou tenté de les encaisser n'exclut nullement sa culpabilité en tant que coauteur. Pour le surplus, les objections du recourant quant à l'absence de tromperie ou d'astuce relèvent de l'examen du fond auquel l'autorité de jugement devra, le cas échéant, se livrer. Vu ce qui précède, l'implication du recourant dans les escroqueries et tentatives d'escroquerie qui lui sont reprochées ne peut être exclue au stade actuel de la procédure sans doute possible, ce qui suffit à tenir pour réalisée la première condition posée à une détention préventive selon l'art. 72 ch. 1 CPP val.