Citation: 6B_1162/2014 E. 2.1

2.1. En substance, la cour cantonale, a relevé que le recourant avait été condamné, notamment, pour assassinat. Les deux premières phases du plan d'exécution de la sanction s'étaient bien déroulées. Le recourant travaille à l'atelier situé en dehors des murs sécurisés du site de D.________ et a déjà bénéficié avec succès de deux sorties accompagnées (« conduites ») au marché de E.________, à l'occasion desquelles il a été soumis à des tests éthylométriques qui se sont révélés négatifs. L'autorité de première instance n'avait pas méconnu ces éléments et avait aussi retenu que le risque de fuite était faible, vu la nationalité suisse du recourant. Elle avait, en revanche, pris en considération le risque de récidive d'assassinat apprécié comme « contenu » par la Commission d'évaluation de la dangerosité en raison du manque total d'introspection du recourant qui minimisait les faits et avançait une version non retenue par l'autorité de jugement. Le recourant ne faisait pas non plus preuve d'une empathie particulière envers la victime et sa famille, mettant difficilement des mots sur le ressenti de la victime au moment des faits. Il était, en outre, difficile d'obtenir des informations détaillées de la part du recourant lorsqu'il était questionné sur la victime et le type de liens partagés avec elle, le recourant restant « assez en surface ». Pour répondre ensuite aux objections du recourant (difficulté à se souvenir des faits et à exprimer ses émotions; expression de profonds regrets à l'expert psychiatre), la cour cantonale a encore relevé que selon les éléments ressortant du plan d'exécution de la sanction, le stratagème mis au point par le recourant pour percevoir les rentes de la victime pendant plusieurs années coïncidait difficilement avec les regrets émis, l'intéressé étant surtout centré sur ses propres besoins. La minimisation de la gravité des faits procédait de l'absence d'introspection dont découlait, selon la Commission d'évaluation de la dangerosité, un danger pour la collectivité. Le risque de réitération d'un acte homicide était plutôt faible en raison de la difficulté de mettre en avant un contexte situationnel pouvant amener le recourant à agir, mais il n'était pas inexistant. La propension du recourant à la manipulation (démontrée par le fait qu'il n'avait pas hésité à tirer profit des conséquences de l'assassinat perpétré en encaissant pendant plusieurs années les rentes de la victime grâce à un édifice de mensonges), ajoutée à son caractère égocentrique et à son peu d'empathie pour la victime devaient conduire à une certaine prudence quant à l'évaluation du risque de récidive. Enfin, les déclarations du recourant au sujet de F.________ (témoin, qu'il tiendrait pour responsable de sa condamnation pour assassinat) ne permettaient pas non plus d'apprécier s'il nourrissait à l'égard de cette personne un ressenti qui pourrait l'amener à lui faire courir un risque pour son intégrité, faute de véritable introspection de sa part et en raison de la distance dont il faisait preuve lors des entretiens. Or, il appartenait au recourant de participer activement aux efforts de resocialisation.