Citation: 6B_103/2024 E. 2.2.3

2.2.3. Le recourant relève un certain nombre d'éléments, qui, selon lui, permettraient de remettre en cause les conclusions de l'expert. Il fait valoir que l'expert n'aurait pas tenu compte de la procédure P/24712/2014 ouverte à la suite de la plainte pénale déposée par l'intimée 2 le 17 décembre 2014, lors de laquelle l'intimée 3, filmée conformément au protocole d'audition des enfants victimes d'infractions graves (EVIG), avait déclaré qu'elle-même et sa soeur ne faisaient pas l'objet de maltraitance (arrêt attaqué p. 6 s.). Ce grief est infondé. La mission des experts portait sur le contenu d'une audition précise, concernant les maltraitances vécues par l'intimée 3, par opposition aux précédentes déclarations qui portaient sur les maltraitances subies par la mère de l'intimée 3 alors que cette dernière venait d'arriver en Suisse. Entendue par le ministère public, l'experte a déclaré du reste expressément que la première audition EVIG de l'intimée 3 faite en 2014 n'aurait été d'aucune utilité pour analyser sa crédibilité en 2017 (arrêt attaqué p. 11). Le recourant soutient également que l'intimée 2 avait pu voir et s'entretenir avec sa fille juste avant son audition. Les experts n'ont toutefois constaté aucune forme de pression ou de coercition. À suivre le raisonnement du recourant, aucune expertise de crédibilité ne serait valable lorsqu'un enfant mineur vit avec ses parents. Par ses arguments, le recourant ne relève en définitive aucune contradiction interne à l'expertise, ne suggère pas que l'expert n'aurait pas répondu aux questions posées, ni que ses conclusions sont contradictoires ou que l'expertise serait entachée de défauts à ce point évidents et reconnaissables, même sans connaissances spécifiques. Il ne soulève aucun motif pertinent qui justifierait de s'écarter de l'expertise.