Citation: 4A_93/2008 05.05.2008 E. A

A.a X.________, société en commandite, inscrite dans le Registre du commerce de Genève depuis 1982, était une société active dans la vitrerie, ainsi que dans la fabrication et la pose de fenêtres. Le 24 juin 2003, les locaux de l'entreprise ont été détruits par un incendie. A.________, décédé le 18 août 2003, dirigeait personnellement l'entreprise et effectuait le bouclement des comptes. La société a été mise en liquidation le 6 juillet 2004, Me T.________ étant le liquidateur, avec signature individuelle. A.b W.________, devenue Y.________ SA, avait pour but social le conseil, le courtage et la gestion dans le domaine de l'assurance et de la prévoyance. Le 10 juin 2004, Z.________ SA a repris par fusion la totalité des actifs et passifs de Y.________ SA, qui a été dissoute sans liquidation. Sur opposition de Me T.________, l'inscription de la société n'a pas été radiée du registre du commerce. Z.________ SA a pour but social le courtage dans le domaine des assurances, l'analyse et la gestion de portefeuilles d'entreprises. A.c En 1990, X.________ a contracté auprès de V.________ une assurance commerce et bâtiments. La police d'assurance, qui a pris effet le 1er septembre 1990, a été reconduite à son expiration le 1er septembre 1995, pour une nouvelle période de cinq ans. La somme d'assurance pertes d'exploitation incendie était alors de 580'000 fr.; elle se calculait en fonction d'un pourcentage (20%) de la somme d'assurance incendie mobilier, qui constituait la base du contrat. En mars 2002, une nouvelle offre d'assurance commerce et bâtiments a été rédigée par V.________; elle prévoyait, pour l'assurance pertes d'exploitation incendie, une somme assurée de 1'250'000 francs. Pour déterminer la part de la prime annuelle relative à l'assurance pertes d'exploitation incendie, l'assurance a pris comme base de calcul un bénéfice brut d'assurance provisoire de 2'500'000 francs. A la différence des deux précédentes polices, celle proposée prévoyait l'application sans restrictions des chiffres 5 et 11a des conditions complémentaires dans leur édition de janvier 1987 GT. Les art. 5 et 11a sont libellés comme suit: Article 5 Le bénéfice brut d'assurance de l'exercice annuel mentionné dans la police forme la base du contrat. Au plus tard six mois après l'expiration contractuelle mentionnée dans la police, le bénéfice brut d'assurance réalisé durant l'exercice précédent doit être déclaré. Si cette déclaration n'est pas faite ou si dans un délai de huit semaines après la réception de celle-ci par V.________, aucun accord n'intervient au sujet des nouvelles conditions et primes, le bénéfice brut d'assurance mentionné dans la police sera considéré comme déclaré. Le chiffre 11a) est applicable. Article 11a Si le bénéfice brut d'assurance déclaré dans le contrat est inférieur à celui qui a été réalisé, le dommage ne sera remplacé que dans la proportion existant entre la somme déclarée et la somme réalisée. C'est l'exercice déclaré dans la police, resp. découlant des dispositions du chiffre 5, alinéa 2 qui fait foi. L'offre d'assurance précisait que le bénéfice brut d'assurance réalisé durant l'exercice 2001 devait être annoncé, au plus tard jusqu'au 1er juillet 2002, et que la prime était réadaptée avec effet rétroactif. L'offre d'assurance, qui comportait le timbre humide de Y.________ SA, assorti d'une signature, a été soumise à A.________, qui l'a acceptée au nom de la société en la signant le 3 avril 2002. La couverture d'assurance a pris effet le 1er avril 2002 pour expirer le 1er avril 2007. A.d A la suite de l'incendie survenu le 24 juin 2003, deux experts-comptables ont été désignés par le preneur d'assurance et l'assureur. Dans leur rapport du 21 février 2005, les experts-comptables ont retenu, après avoir contrôlé la couverture d'assurance à l'échéance de l'exercice comptable 2001, une sous-assurance de 22,1 %. Sur cette base, l'indemnité pour pertes d'exploitation, arrêtée à 1'000'000 fr., a été réduite, en fonction d'une sous-assurance de 22%, à 780'000 fr. (1'000'000 - 220'000). A.e Le sinistre a été porté à la connaissance de Y.________ SA le 20 mars 2004. A cette date, X.________ en liquidation sollicitait la libération du paiement de la prime à compter du 1er avril 2004 et le remboursement partiel de celle versée en 2003.