Citation: 6P.140/2000 09.08.2001 E. 2

2.- La recourante se plaint d'arbitraire, respectivement de violation de la présomption d'innocence, dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits à propos de la question de savoir qui d'elle ou du trolleybus a pénétré en premier sur le giratoire. a) Sauf exceptions dont les conditions ne sont pas remplies en l'espèce, il n'est pas possible d'invoquer des moyens ou des faits nouveaux dans un recours de droit public (ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26), ni de produire des pièces nouvelles (ATF 108 II 69 consid. 1 p. 71). Le nouveau document - une expertise privée du dénommé Philippe Masserey datée du 21 août 2000 - que la recourante joint à son recours pour appuyer son argumentation est dès lors irrecevable. b) Dans la mesure où l'appréciation des preuves est critiquée en référence avec la présomption d'innocence, celle-ci n'a pas de portée plus large que l'interdiction de l'arbitraire (ATF 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38). Selon la jurisprudence, est arbitraire une décision qui méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou qui heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. En d'autres termes, il ne se justifie de l'annuler que si elle est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que la motivation de la décision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15, 129 consid. 5b p. 134; 124 V 137 consid. 2b p. 139; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). c) Selon les constatations cantonales, le trolleybus était engagé à raison de deux mètres sur le giratoire lorsque le choc s'est produit et a circulé sur cette distance à 8 km/h (2,2 m/s). Il faut donc admettre avec la recourante qu'environ une seconde s'est écoulée entre le moment où le trolleybus a franchi la ligne d'attente jusqu'au point de choc. Pour ce qui concerne la recourante, le Tribunal de police a retenu qu'au point de choc, l'avant de sa voiture se situait à 5 mètres de la ligne d'attente et qu'il n'était pas impossible qu'elle ait parcouru depuis l'endroit où elle avait démarré pour s'engager sur le giratoire une distance maximale de 8 mètres. Il a ajouté, sans dire s'il tenait ce fait pour établi, que la recourante excluait avoir pu parcourir cette distance en moins de 3 secondes. Quoi qu'il en soit, selon les faits retenus, l'avant de la voiture se situait au point de choc à 5 mètres de la ligne d'attente. Selon la conclusion du Tribunal de police, la recourante a pénétré après le trolleybus dans le giratoire. Il a donc fallu qu'elle accomplisse la distance qui la séparait du point de choc - 5 mètres - en moins d'une seconde, le trolleybus ayant approximativement mis une seconde entre le moment où il a franchi la ligne d'attente et le choc. Cette solution apparaît impossible si l'on tient compte du fait que la recourante était à l'arrêt avant de s'engager sur le giratoire. Le peu qu'en dit le Tribunal de police ne permet en tout cas pas de comprendre sur quoi il fonde sa conviction que le trolleybus a pénétré avant la recourante sur le giratoire. La réponse à cette question factuelle paraît avoir été arbitrairement tranchée. Le recours doit donc être admis.