Citation: 9C_676/2018 E. 3.3

3.3. En tant que la juridiction cantonale justifie ensuite la non-entrée en matière sur la nouvelle demande par le fait que pour le trouble de conversion, "le recourant n'a pas apporté de preuve suffisante de son aggravation, au point où sa capacité de travail en serait affectée" (consid. 5.4.2 du jugement entrepris), elle ne peut pas être suivie. Lorsqu'elle retient qu'il n'est guère possible de tirer des avis médicaux transmis par le recourant depuis 2015 de conclusions significatives "à valeur de preuve" quant aux répercussions sur la capacité de travail, l'autorité de recours de première instance méconnaît que les exigences de preuves dans le cadre de l'art. 87 al. 2 et 3 RAI sont sensiblement réduites. La conviction de l'administration ou du juge n'a pas besoin d'être fondée sur la preuve pleinement apportée qu'une modification déterminante est survenue depuis le moment de la décision de refus de rente; des indices d'une telle modification suffisent alors même que la possibilité subsiste qu'une instruction plus poussée ne permettra pas de l'établir (arrêt I 724/99 du 5 octobre 2001 consid. 1c/aa non publié in ATF 127 V 294; arrêt 9C_881/2007 du 22 février 2009 consid. 2.2 et les références). A cet égard, si le docteur E.________ ne prend pas position sur la capacité de travail du recourant - indiquant toutefois lui avoir "fait des certificats du mois de juillet, août et septembre" (rapport du 15 septembre 2016) -, le docteur H.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie et médecin traitant, a mentionné "un effet très important [du trouble de conversion sensitivomoteur F44.7] sur la capacité de travail" et considéré que son patient n'était pas capable d'assumer un travail à 100 % (rapport du 8 août 2017). Il a réitéré par la suite que ce trouble avait une influence sur la capacité de travail et préconisé une "expertise par un expert neutre" (courrier au conseil du recourant du 12 octobre 2017). Ces constatations médicales ne sont certes pas suffisantes pour se prononcer de manière définitive sur les effets du diagnostic psychiatrique posé sur la capacité de travail du recourant. Elles rendent toutefois plausible une aggravation de l'état de santé du recourant sur le plan psychique susceptible de limiter sa capacité de travail. Les considérations de la juridiction cantonale sur le comportement du recourant, sa méfiance envers le corps médical et son manque de diligence en relation avec l'obligation de diminuer le dommage ne permettent pas de nier la survenance d'éléments médicaux nouveaux depuis la décision du 21 août 2012, les facteurs évoqués devant, le cas échéant, faire l'objet d'une appréciation globale en relation avec les conditions du droit aux prestations de l'assurance-invalidité.