Citation: 4A_133/2023 E. A

A.a. A.________ SA, société sise dans le canton de Vaud, exploite un cabinet de radiologie à.... Par contrat de travail conclu le 7 juin 2013 et échéant le 31 août 2014, A.________ SA a engagé B.________ (ci-après: l'employée) en qualité de médecin spécialiste FMH en radiologie à 50 % pour un salaire annuel brut de 175'000 fr. Le 31 octobre 2014, les parties ont signé un nouveau contrat de travail de durée indéterminée prévoyant un salaire mensuel brut de 15'000 fr., versé douze fois l'an, pour un taux d'activité de 50 %. Sous la rubrique "Complément de salaire", ledit contrat mentionnait ce qui suit: "15 % du chiffre d'affaires réalisé personnellement; de cette somme est déduit le montant de Fr. 180'000.00 par année". Le contrat stipulait que des décomptes de compléments de salaire seraient établis trois fois par année, en date des 30 avril, 30 août et 31 décembre. L'employée travaillait en alternance avec le seul autre radiologue en activité au sein de A.________ SA, à savoir le Dr C.________, lequel est aussi administrateur et actionnaire unique de ladite société. A.b. Le 23 septembre 2016, l'employée a résilié son contrat de travail avec effet au 31 décembre 2016. A.c. Par courrier du 16 janvier 2017 adressé au Dr C.________, l'employée a réclamé le paiement d'un certain montant à titre de part variable sur son salaire pour les IRM cardiaques, en indiquant notamment ce qui suit: -.. En janvier 2015, A.________ SA a commencé à réaliser des IRM cardiaques. Il a été prévu que ces examens se déroulent deux fois par semaine, une fois lors de mes jours de présence, une fois lors des vôtres. Vous m'avez expliqué alors que vous ne toucheriez aucun montant pour ces IRM et que ces examens ne pourraient donc donner lieu à aucune part variable dès lors qu'ils ne généraient aucun chiffre d'affaires. Je vous ai fait confiance. Au début de l'année 2016, vous avez réorganisé mes jours de travail, ainsi que les jours prévus pour les IRM cardiaques, si bien que j'ai dû assumer la quasi-totalité des examens en question (sous réserve de quelques urgences). La conséquence directe a été une baisse notable de la part variable de mon salaire, puisque ces examens ne me rapportaient rien. En juillet 2016, constatant cette situation, j'ai demandé un décompte quadrimestriel détaillé des prestations servant de base au calcul de mon salaire. Sur ce document figuraient les montants relatifs à différentes IRM cardiaques, représentant un montant de l'ordre de 2'000 francs par examen. J'ai constaté cela et me suis fait la réflexion consistant à dire que le cardiologue touchait un montant non négligeable pour un tel examen. Or, en novembre 2016, j'ai eu l'occasion de discuter avec l'un des cardiologues qui réalise des IRM à A.________ SA, à qui j'ai annoncé ma démission. Répondant à sa question de savoir pour quelles raisons je quittais le centre, j'ai notamment évoqué la problématique de la part variable de mon salaire, qui avait significativement baissé depuis que je devais assumer de très nombreux examens cardiaques, qui ne donnaient lieu à aucune rétribution variable. Il s'en est alors étonné, dès lors qu'il était persuadé que je recevais un forfait à ce titre. Je n'ai pas insisté sur le moment. Ultérieurement, me rendant compte que la situation ne correspondait potentiellement pas à ce qui m'avait été annoncé au début 2015, j'ai demandé à ce médecin s'il était d'accord de m'informer du montant perçu par lui pour de tels examens. Il m'a indiqué que cela représentait un montant d'environ 500 francs par patient. Aujourd'hui, force est de constater que j'aurais dû toucher une rétribution variable sur les IRM cardiaques réalisées durant mes vacations. La seule raison pour laquelle cela n'a pas été dûment acquitté est que vous avez prétendu ne rien percevoir pour ces examens, ce qui est manifestement faux....) ". Entendu en cours de procédure, le Dr C.________ a confirmé qu'il avait indiqué à l'employée, lors de l'introduction des IRM cardiaques au sein de A.________ SA en janvier 2015, que celles-ci ne généraient aucun revenu et qu'il n'y avait selon lui pas lieu à rémunération. Une IRM cardiaque est un examen du coeur nécessitant les compétences d'un cardiologue spécialiste en imagerie cardiaque. Il incombe au cardiologue de rédiger les demandes d'IRM cardiaques, de les valider, d'accueillir les patients et d'effectuer de tels examens avec le concours des techniciens en radiologie. Le radiologue n'intervient pas dans la lecture et l'interprétation de l'IRM cardiaque. L'employée ne voyait ainsi pas les patients qui subissaient un tel examen, sauf en cas d'urgence ou de problème. Sa présence n'était en principe pas nécessaire pour qu'un tel examen puisse avoir lieu. A l'issue de l'examen, un rapport d'IRM cardiaque comprenant systématiquement un paragraphe consacré aux structures extracardiaques était rédigé. Dans beaucoup de centres, le cardiologue procède lui-même à l'analyse de ce qui se trouve autour du coeur, étant précisé que l'examen des structures extracardiaques fait partie intégrante de l'examen cardiaque de base effectué par le cardiologue. Toutefois, au sein de A.________ SA, le radiologue était la seule personne compétente pour examiner puis décrire les structures extracardiaques. L'employée devait dès lors apposer sa signature sur les rapports en question et engageait sa responsabilité pour l'examen des structures extracardiaques. Les prestations d'IRM cardiaques étaient facturées et encaissées par A.________ SA et non par le cardiologue concerné, raison pour laquelle celles-ci faisaient partie du chiffres d'affaires de la société précitée. A.________ SA reversait un forfait négocié avec le cardiologue correspondant à un montant compris entre 500 et 550 fr. par examen effectué. Entendu en cours de procédure, D.________, expert fiduciaire au sein de A.________ SA, a indiqué que toute la facturation du centre de la recourante était effectuée au moyen du code d'identification (GLN) du Dr C.________ et que celui de l'employée n'apparaissait jamais sur les factures relatives aux IRM cardiaques, alors qu'il figurait sur celles se rapportant aux autres examens réalisés par elle. Selon la classification des tarifs TARMED, l'IRM cardiaque est une prestation radiologique et non cardiologique.