Citation: U 379/06 19.10.2006 E. 4

4.1 Quoi qu'en dise la recourante, aucun élément du dossier ne permet de mettre en doute le témoignage de C.________, l'un des deux conducteurs du train, selon lequel le défunt est demeuré immobile au centre de la voie ferrée, sur le côté gauche, le visage face au Rhône au moment où le train s'approchait. Certes, la situation impliquait que plusieurs manoeuvres soient effectuées, telles qu'actionner le frein d'urgence ainsi que l'avertisseur sonore. Toutefois, ces manipulations ont été opérées par le deuxième mécanicien si bien que C.________ pouvait observer la personne que le train allait percuter sans avoir à accomplir d'autres tâches. Dès lors même si le témoin admet avoir fermé les yeux lorsque le choc devenait inévitable, il était, jusqu'au dernier moment, particulièrement bien placé pour observer le comportement du défunt. 4.2 L'hypothèse de l'intéressée selon laquelle son mari aurait traversé les voies ferrées pour se rendre sur son lieu de travail et aurait été tétanisé par la peur, expliquant ainsi sa présence au milieu des rails et son immobilisme, n'est pas vraisemblable. D'une part, il ne ressort pas des témoignages recueillis que B.________ aurait eu l'intention de se rendre à son travail le jour du drame; d'autre part, la recourante n'allègue pas de motifs précis et convaincants qui auraient pu inciter son mari à se rendre à l'usine un vendredi en fin de journée, alors qu'il avait pris quelques jours de congé. Enfin, rien ne justifiait qu'il se soit trouvé sur les voies à cet endroit et à ce moment. Cela étant, on doit conclure, avec les premiers juges, que B.________ est volontairement demeuré immobile sur la voie ferrée lorsque le train voyageur parti de W.________ l'a happé. Objectivement, la présomption qu'il s'est agi d'un accident est donc renversée. 4.3 En ce qui concerne la raison de cet acte, les premiers juges ont relevé de manière pertinente les indices, tirés des divers témoignages, plaidant en faveur de l'existence de soucis, fondés ou non, tant sur le plan personnel que financier auxquels le défunt était en proie à l'époque du drame. Certes, la recourante a fourni quelques explications à ce sujet mais elles ne permettent toutefois pas une appréciation différente. En particulier, on observera, contrairement à ce qu'elle affirme, que les problèmes financiers du couple n'étaient de loin pas résolus comme le démontre notamment les extraits du fichier des actes de défauts de biens des 28 avril et 18 octobre 2005 figurant au dossier.