Citation: 8C_511/2020 E. 5.2.1

5.2.1. Dans son rapport du 24 janvier 2019, le docteur F.________ relève que la doctoresse H.________ n'évoque pas la lésion SLAP, quoique ce diagnostic ait été suspecté sur la première arthro-IRM du 2 septembre 2011 puis confirmé sur l'arthro-IRM du 27 avril 2012 ainsi que par le professeur G.________, spécialiste FMH en radiologie et spécialiste en radiologie ostéoarticulaire, d'abord dans son consilium du 20 novembre 2012 et ultérieurement dans son consilium du 5 juillet 2018 concernant l'arthro-IRM du 29 novembre 2017. Partant d'une telle lésion et d'une déchirure partielle du tendon sus-épineux ainsi que de l'hypothèse d'une lésion de la poulie bicipitale (qui peut être concomitante à une lésion SLAP), le docteur F.________ expose de manière détaillée comment de telles lésions peuvent causer une instabilité du tendon du LCB, relevant que cette instabilité fait bouger ce tendon sur les tubérosités de la gouttière bicipitale comme un essuie-glace lors d'une rotation externe ou interne du bras, augmentant avec le temps la surface de friction, avec des dégâts complémentaires sur le tendon. Malgré la réparation réussie du tendon du sus-épineux, cette instabilité a perduré chez la recourante, ce qui a conduit au développement d'un tendon du long chef du biceps en sablier et à une déchirure partielle du tendon du sous-scapulaire. Par rapport à l'imagerie, le docteur F.________ remarque que les structures de l'intervalle des rotateurs et la poulie sont mal visualisées sur une IRM simple, un peu mieux avec une arthro-IRM directe, mais que même une arthro-IRM peut ne pas révéler une lésion de la poulie, car en position neutre de l'épaule, le LCB peut être centré dans le sillon intertuberculaire chez deux tiers des patients ayant ce type de lésion. Le meilleur outil diagnostique reste l'arthroscopie. Néanmoins, cette lésion doit être recherchée spécifiquement lors de l'arthroscopie, car elle peut passer inaperçue. De plus, les déchirures partielles du tendon du sous-scapulaire peuvent également être manquées avec une arthro-IRM, mais peuvent être constatées par un examen clinique ou par une arthroscopie. Concernant la remarque dans le protocole opératoire du 16 août 2012 qui atteste un tendon du biceps normal, le docteur F.________ mentionne qu'une lésion du LCB peut facilement être ratée lors d'une arthroscopie si le tendon n'est pas tiré dans l'articulation et que sa portion intertuberculaire n'est pas examinée avec un crochet palpateur. L'expert privé indique par ailleurs que lors de la consultation du 7 septembre 2011 et lors de l'examen médical du 2 avril 2012, il a été constaté des signes qui auraient dû orienter sur une origine des douleurs provenant du LCB. Dans sa réponse du 13 mars 2019, la doctoresse H.________ se réfère notamment à l'IRM réalisée le 25 juin 2013, sur laquelle l'atteinte SLAP est infirmée ou non objectivée (" pas d'image franche de lésion du bourrelet, notamment la lésion SLAP visualisée sur la dernière IRM n'est plus visible ", selon les médecins de la CRR). Elle retient qu'elle-même ne visualise pas d'atteinte SLAP chez la recourante. Comme la recourante n'a pas subi une lésion SLAP (ni une déchirure partielle du tendon du sus-épineux), les hypothèses et associations émises par le docteur F.________ dans son rapport du 24 janvier 2019 ne peuvent pas s'appliquer à elle. Le docteur F.________ affirme sa position avec une image IRM (sans date) montrant, selon la légende, que le produit de contraste s'est infiltré sous toute l'attache de l'ancre du LCB sur le labrum supérieur, y compris à sa partie postérieure, ce qui correspond à une lésion SLAP et renvoie à nouveau au consilium du professeur G.________ du 5 juillet 2018, qui a retenu qu'il y avait probablement une lésion SLAP étant donné l'extension de ce récessus sous-labral au niveau d'un foramen sous-labral antéro-supérieur. A cet égard, la doctoresse H.________ observe qu'elle peine à comprendre comment un récessus sous-labral qui présente des contours réguliers peut être considéré comme une atteinte SLAP II A, qui se caractérise par des contours irréguliers. Elle rappelle en outre que le récessus sous-labral, le foramen sous-labral et le complexe de Buford sont considérés comme des variantes anatomiques du labrum glenoïdien supérieur.