Citation: 6B_164/2022 E. 1.4

1.4. La cour cantonale a retenu que le recourant faisait grand cas de divergences dans les déclarations de l'intimée, mais qu'il s'agissait de détails dont certains étaient même insignifiants. Elle a considéré qu'il n'y avait d'ailleurs pas vraiment de divergences au sujet de la consommation d'alcool de l'intimée; les extraits cités par le recourant ne portaient éventuellement que sur les effets de l'alcool ou plutôt sur la perception par l'intimée des effets de l'alcool, ce qui était de toute manière très subjectif. Il en allait de même des prétendues contradictions sur le lieu ou le moment durant lequel elle avait déclaré au recourant, après des attouchements réciproques, qu'il ne se passerait rien de plus. L'intimée avait certes expliqué aux débats d'appel qu'elle se souvenait uniquement d'avoir dit au recourant que ça n'allait pas aller plus loin lorsqu'ils étaient dans le lit, mais qu'elle ne se rappelait pas si c'était avant ou pendant les préliminaires, ce qui correspondait à ses déclarations lors de son audition du 13 juin 2019 devant le ministère public. La cour cantonale a considéré que, sur ce point, il fallait s'en tenir aux premières déclarations de l'intimée lors de son dépôt de plainte à la police le lendemain des faits, alors que son souvenir était encore frais. Elle a donc retenu qu'en plus de l'accord convenu entre les parties avant de commencer les préliminaires, admis par le recourant qui a parlé de "pacte", l'intimée avait dit à celui-ci, avant de s'endormir, qu'il ne se passerait "rien de plus". S'agissant de sa tenue, elle avait déclaré avoir été vêtue au moment des faits d'une nuisette et, dans un premier temps, avait indiqué ne pas se rappeler si sa culotte était baissée ou non, puis avait affirmé que sa culotte était baissée à mi-cuisses, ce qui, compte tenu des circonstances (réveil par une tentative de pénétration), n'avait rien de surprenant. Lors de sa première audition le lendemain des faits, elle avait indiqué s'être réveillée lorsqu'elle avait senti le sexe du recourant contre son vagin, alors qu'elle était sur le ventre, tandis qu'il se trouvait derrière elle et tentait de la pénétrer; elle a également décrit qu'elle avait dû se retourner pour le pousser. Ce qui était certain, c'est qu'elle avait sursauté lors du commencement de l'acte sexuel; elle n'avait en effet eu aucun doute à propos de sa réaction. Elle n'avait du reste pas cherché à accabler le recourant, puisqu'à la question de la procureure qui lui demandait s'il avait réussi à la pénétrer, elle a répondu "quasiment rien"; elle avait également précisé qu'elle n'avait pas eu de douleurs. La cour cantonale a considéré que, compte tenu de l'état d'endormissement de l'intimée et du fait qu'elle était fortement alcoolisée, comme cela ressortait du rapport du CURML, qui avait constaté un taux moyen d'alcool de 1,66 grammes pour mille dans son sang, il était logique que l'intimée ne puisse pas être catégorique sur tous les détails. Les quelques imprécisions formulées confirmaient au demeurant qu'elle ne souhaitait pas faire des déclarations erronées; il apparaissait ainsi qu'elle avait fait preuve de sincérité et que son discours n'était pas inventé. Les sensations et réactions décrites par l'intimée renforçaient au surplus sa crédibilité. La cour cantonale a ensuite considéré que, comme l'avait retenu le premier juge, le recourant avait montré une attitude très défensive par rapport à ses antécédents. Ses explications selon lesquelles, par antécédents, il entendait "inscription au casier judiciaire" ne convainquaient pas. D'abord parce qu'objectivement, il s'agissait d'un mensonge, car au moment où il avait été interrogé par la police (le 2 septembre 2018), une inscription figurait bien sur l'extrait de son casier judiciaire. En effet, l'extrait du 17 décembre 2018 qui figurait au dossier mentionnait une première condamnation du 19 février 2015 par le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne pour lésions corporelles simples; une deuxième inscription s'était ajoutée par la suite, le recourant ayant été condamné une deuxième fois pour lésions corporelles simples, le 27 mars 2017 par le Ministère public du canton du Valais. Au surplus, à la question "avez-vous été condamné en Suisse ou à l'étranger ?" le recourant a simplement répondu "non", ce qui, venant d'une personne ayant soi-disant à l'esprit une inscription au casier judiciaire, devait la conduire à des indications supplémentaires pour prétendre être de bonne foi. Ainsi, le recourant aurait au moins dû indiquer qu'il avait eu affaire auparavant à la justice. Il a par ailleurs admis, lors de l'audience d'appel, avoir été conscient, au moment où il était interrogé par la police, d'avoir été condamné à deux reprises pour des bagarres. Ces éléments font ainsi douter de sa crédibilité. Ensuite et surtout, la cour cantonale a considéré que le récit donné par le recourant était bel et bien "enjolivé", comme l'avait retenu le premier juge. D'abord, il y avait lieu de relever que les déclarations des parties concordaient sur le début des faits, toutes deux ayant déclaré s'être couchées dans le lit, s'être embrassées et s'être touchées les parties intimes. La divergence essentielle résidait donc dans le fait que, selon l'intimée, elle se serait endormie après avoir déclaré au recourant qu'il ne se passerait rien de plus, alors que, dans la version du recourant, les préliminaires auraient débouché sur une relation sexuelle consentie. La cour cantonale a relevé qu'on ne comprenait pas pourquoi l'intimée aurait soudainement repoussé le recourant et aurait quitté la chambre, si ce n'est, comme elle le soutenait, parce qu'elle avait été surprise par la pénétration, alors qu'elle était assoupie. La cour cantonale a relevé que c'était d'ailleurs bien ce que décrivait le témoin G.________, qui avait en outre constaté l'état émotionnel perturbé de l'intimée peu de temps après les faits. L'intimée s'était d'ailleurs adressée le lendemain à la police et avait donné à chaque audition la même version consistant à avoir été réveillée par la pénétration du recourant. La crédibilité de l'intéressée résultait donc également de ses démarches et du contexte dans lequel les faits avaient été portés à la connaissance de la justice. C'était donc à juste titre que le premier juge avait considéré que la version de l'intimée était plus convaincante que celle du recourant, version qui n'expliquait pas la soudaine volte-face de sa partenaire. La cour cantonale a enfin relevé qu'à ces éléments s'ajoutait le rapport du CURML qui faisait état d'une lésion dans la région génitale, soit une abrasion de la muqueuse présente au niveau de la petite lèvre droite qui pouvait, selon les médecins, résulter d'un mécanisme contondant avec une composante tangentielle, type frottement. Celle-ci était compatible avec les faits décrits par l'intimée, soit une pénétration durant son sommeil, alors qu'elle était couchée sur le ventre.