Citation: 2C_428/2023 E. 5.6

5.6. S'agissant enfin de la troisième et dernière critique du recourant, soit de la prétendue absence de prise de contact avec les autorités sénégalaises depuis le 16 mars 2023, soit 4 mois au moment de l'arrêt attaqué, ce point souffre de demeurer indécis, dès lors qu'il ressort des constatations cantonales - qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) - que le recourant a en tout état de cause été présenté à une audition avec les autorités guinéennes le 23 mai 2023, ce qui constitue indiscutablement une mesure en vue du renvoi selon la jurisprudence (cf. supra consid. 5.2). Certes, un peu plus de deux mois se sont écoulés entre le 16 mars et le 23 mai 2023. Le délai de deux mois à partir duquel l'inactivité des autorités est réputée violer le principe de célérité ne saurait toutefois devoir être appliqué de façon schématique. En particulier, les mesures prises par les autorités en vue d'accélérer la procédure ne peuvent être évaluées de manière totalement indépendante du comportement de l'étranger (cf. arrêt 2C_79/2017 précité consid. 3.3.2 et les arrêts cités). Un dépassement raisonnable du délai de deux mois peut ainsi, selon les circonstances, ne pas être considéré comme violant le principe de célérité. Or, en l'occurrence, force est de constater que c'est le manque total de collaboration du recourant qui est la cause principale du nombre et de la longueur des démarches que les autorités ont dû entreprendre afin d'établir l'origine de l'intéressé, et qui ont eu pour effet de prolonger la détention litigieuse. En effet, il aurait suffi, comme le relève à juste titre la Cour de justice, au recourant de fournir aux autorités compétentes des renseignements supplémentaires sur son parcours de vie ou de s'adresser à sa représentation compétente pour faire avancer le processus d'identification et, ainsi, de contribuer à ce que sa détention administrative prenne fin. Or, tel n'a pas été le cas, le recourant n'ayant jamais agi, par son effort propre, à son identification. La critique du recourant sur ce point s'avère donc également infondée.