Citation: K 62/04 07.04.2006 E. 3

A l'instar des premiers juges, on ne saurait, en l'espèce, tenir pour établi, conformément à la règle du degré de la vraisemblance prépondérante, que l'état des dents inférieures du recourant est imputable au traitement cancéreux qu'il a subi en 1992. A cet égard, les conclusions de l'expert judiciaire ne sont pas convaincantes. S'il apparaît certain que la résection des muscles due à l'ablation de la tumeur cancéreuse a conduit à une diminution de l'efficacité masticatoire de l'assuré, l'expert est resté très vague quant aux causes de l'abrasion des dents du maxillaire inférieur qui a justement fait l'objet du traitement dentaire litigieux. Il n'a pas non plus discuté les arguments des dentistes-conseil de la caisse, selon lesquels cette abrasion est bien plutôt la conséquence du contact permanent, durant des années, des dents couronnées du maxillaire supérieur avec celles naturelles du maxillaire inférieur. En vérité, et c'est ce qui se dégage de l'ensemble des considérations dudit expert, l'existence d'un rapport de causalité paraît ici impossible à établir, même s'il n'est pas exclu, à la lumière des études scientifiques qu'il a citées, que la radiothérapie puisse avoir une influence sur la structure dentaire. Vu la situation de P.________, on peut certes comprendre que le docteur W.________ se soit exprimé en faveur d'un partage des frais entre les parties. Une telle prise de position ne peut toutefois pas suppléer à l'exigence de la démonstration du lien de causalité. On précisera encore que les autres certificats médicaux produits au dossier (notamment du docteur B.________) ne sont pas de nature à modifier cet état de fait, les affirmations qu'ils contiennent n'étant pas motivées. Le jugement entrepris n'est donc pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.