Citation: 4A_81/2018 E. 4

Dans le présent litige, la recourante agit en restitution des montants de 600'000 USD et 900'000 USD en faisant valoir que la banque a viré ces montants de son compte sur les instructions d'un tiers non autorisé qui aurait piraté la messagerie électronique de son représentant. La Cour de justice a jugé que la banque, conformément à la documentation contractuelle acceptée par la recourante, avait exécuté des instructions transmises par messagerie électronique, dont l'adresse était détenue par le fondé de procuration de la recourante et avait été précédemment utilisée pour communiquer avec la banque. La banque avait satisfait «a priori» aux conditions lui permettant de s'opposer à payer une seconde fois les sommes litigieuses. La recourante devait dès lors prouver que les ordres de paiement n'émanaient pas de son représentant, mais d'un tiers ayant piraté la messagerie de celui-ci et se faisant faussement passer pour lui. Le degré de preuve requis était la preuve stricte. En effet, la recourante ne se trouvait pas dans un état de nécessité en matière de preuves qui pourrait justifier de se limiter à la vraisemblance prépondérante. On pouvait exiger de la recourante qu'elle entame elle-même des démarches pour identifier les auteurs du piratage et produise des éléments de preuve attestant l'utilisation frauduleuse de l'adresse électronique, notamment d'un point de vue technique. Or, elle n'avait pas apporté une telle preuve.