Citation: 4A_431/2015 E. 5.2.1

5.2.1. En l'espèce, la cour cantonale a estimé, à titre principal, que les devis versés à la procédure n'étaient pas propres à établir la quotité du dommage. Sa motivation ne peut être suivie sans réserves. En effet, outre le fait qu'elle présuppose que tous les dégâts aient été causés par les travaux entrepris dans l'appartement des époux défendeurs, on ne voit pas pourquoi la cour cantonale n'aurait pas pu, si elle n'était pas convaincue par le devis le plus élevé produit par les demandeurs, leur allouer alors le montant du devis, moins élevé, de 66'612 fr. 02 " commandé à la même époque par les intimés " (i.e. les défendeurs). De plus, il sied de relever que ce n'est pas parce que les demandeurs n'auraient pas " satisfait à leur devoir de fournir tous les éléments utiles à l'estimation de leur dommage " que l'art. 42 al. 2 CO n'est pas applicable, mais parce que les dégâts pour lesquels des frais de réfection sont demandés à titre de dommages-intérêts ne sont pas d'une nature telle qu'une preuve certaine est objectivement impossible à apporter ou ne peut être raisonnablement exigée; en effet, les frais de réfection peuvent aisément être établis à l'aide d'un devis ou d'une expertise. Il s'ensuit que la preuve du dommage doit être apportée conformément à l'art. 42 al. 1 CO. C'est donc à tort que les recourants prétendent déduire de la production de devis comparatifs la nécessité d'appliquer l'art. 42 al. 2 CO. Le sort de la motivation principale de la cour cantonale peut toutefois demeurer indécis, car le recours doit de toute façon être rejeté sur la base de la motivation subsidiaire qu'elle a adoptée.