Citation: 5A_513/2023 E. 4.1

4.1. La cour cantonale a relevé que, comme retenu sur mesures provisionnelles par ordonnance du 19 mai 2022 et arrêt du 18 octobre 2022, puis sur mesures protectrices dans le jugement entrepris, il était vraisemblable que les revenus du mari avaient été et continuaient d'être supérieurs à son salaire déclaré. L'activité professionnelle déployée par les parties en Suisse et en France générait un chiffre d'affaires en partie en espèces et c'est en espèces qu'était financé en grande partie le train de vie de la famille, y compris les charges courantes. Les explications fournies par le mari sur la provenance de ces espèces, en substance des cadeaux de proches et des remboursements de prêts, n'emportaient pas la conviction et tendaient plutôt à confirmer l'existence de revenus en espèces non déclarés. Il en était de même des accusations réciproques des parties à cet égard. Constituait également un indice dans le même sens le fait que, lorsque l'épouse avait exposé dans sa première requête de mesures protectrices de l'union conjugale que son mari ne déclarait pas l'entier de ses revenus, celui-ci avait doublé le salaire que sa société lui versait ainsi que celui de son épouse. A cet égard, les motifs qu'il avançait, à savoir la progression du bénéfice de sa société, respectivement du taux d'activité de l'épouse précisément à ce moment-là, sans aucune pièce à l'appui, ne convainquaient pas. Ses allégations quant à son taux d'activité étaient par ailleurs sujettes à caution. Il exposait en effet que son taux d'activité effectif pour E.________ SA ne correspondait pas à son taux " sur le papier ". Il soutenait travailler en réalité à 80% (puis 70%), avec un contrat de travail faisant état d'un taux d'activité de 100% (puis 90%). Il semblait qu'il travaillait en réalité environ un jour par semaine pour une autre société, en particulier pour F.________ SAS selon les allégations des parties. Or, dès novembre 2021, il avait mis un terme à son activité au sein de cette société française, laquelle ne lui rapportait aucun revenu selon ses propres allégations. Dès cette époque, il consacrait vraisemblablement un jour de plus par semaine à son activité en Suisse pour sa société et/ou pour des tiers ou continuait à déployer une activité en France un jour par semaine, avec ou sans son épouse. Il avait d'ailleurs annoncé à celle-ci en novembre 2022, qu'il abandonnerait son action à son encontre en France et reprendrait " le leasing Hydrafacial ". Le moment auquel était intervenue la réduction de 10% alléguée de son taux d'activité, en février 2022, quelques jours après le dépôt de la requête de mesures protectrices, faisait également apparaître cette diminution non pas comme un changement effectif, mais comme un artifice pour les besoins de la cause. Ainsi, la Cour de justice a retenu que le mari travaillait à temps plein, avec la flexibilité d'horaire que lui permet son activité pour sa société et qui lui est nécessaire à la prise en charge de ses enfants selon le modèle de la garde alternée. En outre, le mari versait à son épouse son bénéfice dans E.________ SA, à hauteur de 10'000 fr. bruts par mois, soit 8'405 fr. nets, depuis mai 2021. Or, il avait été rendu vraisemblable que la précitée ne déployait aucune activité dans cette société. Lorsque le mari avait mis fin à ce versement, dès le 1er août 2022, en " licenciant " son épouse, il n'avait pas été nécessaire de la remplacer. Ainsi, le versement précité ne correspondait pas réellement à un salaire, mais à une contribution d'entretien. Partant, le revenu qu'il convenait de retenir pour le précité comme découlant de son activité dans le cadre de sa société devait être augmenté d'autant. Enfin, le mari ne développait aucune critique quant au montant de 20'000 fr. nets par mois retenu par le Tribunal au titre de ses revenus tirés de son activité pour E.________ SA, d'une activité pour des tiers, tel que " G.________ ", et de ses biens immobiliers, alors qu'il avait annoncé des ressources de 14'196 fr. nets par mois. Au vu de ces éléments, la Cour de justice a estimé les revenus réels du mari depuis mai/juin 2021 au montant arrondi de 30'000 fr. nets par mois, comprenant 16'080 fr. nets déclarés pour son emploi au sein de E.________ SA à un taux d'activité effectif de 80% selon lui, 4'000 fr. nets correspondant à un taux d'activité complémentaire de 20%, que devait en réalité lui rapporter en sus son activité en Suisse et/ou en France, 8'405 fr. nets de bénéfice tiré de sa société suisse qu'il versait à son épouse jusqu'au 1er août 2022 et 2'000 fr. nets générés par les trois biens immobiliers dont il est propriétaire en France à 100% ou 50%.