Citation: U 379/06 19.10.2006 E. 3

La juridiction cantonale a retenu que malgré l'avertisseur sonore, le défunt est resté immobile au milieu de la voie de chemin de fer, sur son côté gauche, le visage face au Rhône. Cette attitude résignée parlait en faveur d'une décision irrémédiable de mettre fin à ses jours. Cet acte pouvait s'expliquer par le fait qu'il était en proie à des difficultés financières (75 actes de défauts de bien pour un montant total de 62'500 fr. Les dettes de son épouse s'élevaient à 24'659 fr. 75 en mai 2005) alors qu'il devait subvenir aux besoins de sa famille nombreuse. Certains témoignages laissaient en outre apparaître quelques dissensions conjugales. Enfin, sur son lieu de travail, son casier ne contenait plus d'effets personnels hormis une prise de téléphone et un gilet. En particulier, les souliers de sécurité, qui n'étaient jamais utilisés en dehors de l'usine, ne s'y trouvaient plus. Les premiers juges ont aussi considéré que B.________ n'était pas, au degré de la vraisemblance prépondérante, totalement incapable de discernement au moment du drame. Selon la sommelière qui l'avait servi peu avant son décès, il n'apparaissait pas ivre. De plus, le défunt ne présentait pas de troubles psychiques graves susceptibles d'altérer son raisonnement et ne prenait pas non plus de médicaments. Aussi, ont-ils nié la survenance d'un accident, l'exigence du caractère involontaire de l'atteinte n'étant pas réalisée. De son côté, la recourante fait valoir qu'en raison des manoeuvres à effectuer par les conducteurs du train et le peu de visibilité, ceux-ci ne pouvaient pas observer en détail le comportement de son mari, qui a peut-être essayé de bouger au dernier moment. Elle soutient en outre, comme en instance cantonale, que la peur a pu paralyser ses jambes, raison pour laquelle il est demeuré statique sur la voie ferrée. Quant aux soucis financiers, ils étaient en partie résolus.