Citation: 5A_832/2015 E. 4.4

4.4. Dans un dernier grief, le recourant soutient que les allégations de l'intimé ne sont pas crédibles (absence de pièce bancaire établissant le retrait de la somme et de témoins confirmant son versement, incapacité d'indiquer l'hôtel où aurait eu lieu la transaction, imprécision quant au fractionnement ou non du versement), de sorte que la juridiction cantonale est tombée dans l'arbitraire en concluant à la vraisemblance de la créance. Comme l'a retenu l'autorité précédente, le recourant ne saurait remettre en discussion, dans la procédure d'opposition à l'ordonnance de séquestre, les faits sur lesquels repose le jugement tunisien; c'est dans la procédure au fond que les arguments tirés de la fausseté des allégations de sa partie adverse auraient dû être présentés. Le fait que le tribunal tunisien se soit " fondé exclusivement sur les déclarations de l'intimé " ne parle pas, en soi, contre la vraisemblance de la créance, cette circonstance n'ayant rien d'insolite pour un jugement par défaut ( cf. les solutions adoptées par certains codes cantonaux antérieurs au CPC: art. 308 al. 2 CPC/VD du 14 décembre 1966 [les faits allégués par la partie présente sont réputés vrais dans la mesure où le contraire ne résulte pas du dossier] et art. 79 al. 1 LPC/GE du 10 avril 1987 [si le défaut est prononcé contre le défendeur, le demandeur obtient ses conclusions]; en général: Guldener, Schweizerisches Zivilprozessrecht, 3e éd., 1979, p. 270 et n. 37, avec d'autres exemples), étant ajouté que les faits constatés par ledit tribunal - exposés dans le jugement rendu sur l'opposition en première instance ( p. 4 ch. 5) - n'apparaissent pas dépourvus de crédibilité. Pour le reste, le recourant n'établit pas que le jugement tunisien comporterait d'irréductibles contradictions internes ou serait manifestement inconciliable avec les allégations de l'intimé dans sa requête de séquestre; il ne prétend pas davantage que des éléments intervenus depuis cette décision auraient ébranlé de manière décisive la position de l'intimé ( cf. pour la fixation des sûretés selon l'art. 273 al. 1 LP: ATF 113 III 94 consid. 6, avec les citations).