Citation: 5A_268/2023 E. 1.2

1.2. Les décisions de mesures provisionnelles rendues dans une procédure de protection de l'union conjugale (sur la possibilité d'ordonner de telles mesures, cf. arrêts 5A_870/2013 du 28 octobre 2014 consid. 5; 5A_212/2012 du 15 août 2012 consid. 2.2.2 [question laissée ouverte]) constituent des décisions incidentes, qui ne sont sujettes au recours immédiat que si elles peuvent causer un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (arrêts 5A_325/2022 du 8 juin 2023 consid. 2.1.3; 5A_938/2022 du 9 décembre 2022 consid. 2; 5A_536/2020 du 23 novembre 2020 consid. 2.1; 5A_541/2019 du 8 mai 2020 consid. 1; 5A_813/2017 du 31 mai 2018 consid. 2.1.3 et les références). Un tel préjudice n'est réalisé que s'il cause au recourant un inconvénient de nature juridique qui ne peut être entièrement réparé ultérieurement par une décision finale ou un autre jugement qui lui serait favorable; il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision préjudicielle ou incidente lui cause un tel dommage, à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF 144 III 475 consid. 1.2; 142 III 798 consid. 2.2; 141 III 80 consid. 1.2 et les références). En l'espèce, le recourant ne présente aucune argumentation relative à la recevabilité de son écriture selon l'art. 93 al. 1 let. a LTF. Il ne fait cependant aucun doute que, dans la mesure où elle concerne le sort des enfants, la décision attaquée est susceptible d'entraîner un préjudice irréparable au sens de cette disposition, car même le succès du recours au fond ne pourrait pas compenser rétroactivement l'exercice des prérogatives parentales dont l'intéressé a été frustré pendant la période écoulée (ATF 137 III 475 consid. 1 et les références; arrêts 5A_478/2020 du 14 août 2020 consid. 1.2.1; 5A_303/2020 du 4 août 2020 consid. 1.2 et les références [droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant]; 5A_535/2019 du 25 juillet 2019 consid. 1.2 [autorité parentale et garde]; 5A_663/2018 du 12 septembre 2018 consid. 3 [garde et droit de visite]). Il n'en va pas de même en tant que l'arrêt attaqué concerne le type d'expertise psychiatrique à mettre en oeuvre. Si le fait de devoir se soumettre à une telle expertise peut causer un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (arrêt 5A_1051/2020 du 28 avril 2021 consid. 1.1 et la jurisprudence citée), le recourant ne conteste pas, en l'espèce, qu'une expertise psychiatrique soit ultérieurement ordonnée par une décision ad hoc. Invoquant la violation de son droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., en tant qu'il garantit " le droit de faire administrer les preuves pertinentes et de discuter des preuves envisagées ", il se limite à remettre en cause " la nature de l'expertise à mettre en oe uvre ", reprochant à l'autorité cantonale d'avoir considéré qu'une expertise de toute la famille serait disproportionnée par rapport aux besoins de la cause. Comme le recourant ne s'exprime aucunement sur le caractère irréparable du préjudice qu'il subirait faute de pouvoir attaquer, à ce stade (soit avant même que l'ordonnance d'expertise soit rendue), le refus de l'autorité cantonale de mettre en oeuvre une expertise familiale, il n'y a à première vue pas lieu d'entrer en matière sur cette question. Quoi qu'il en soit, le recourant se contente de reprendre les motifs qu'il a vainement invoqués en appel (cf. infra consid. 1.3) pour fonder sa requête tendant à la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique familiale, sans exposer en quoi l'appréciation anticipée des preuves à laquelle a procédé l'autorité cantonale - qui a estimé qu'une expertise de toute la famille n'était vraisemblablement pas nécessaire pour répondre aux deux questions à éclaircir dans le cadre de la réglementation, à titre provisionnel, du droit de visite et de l'autorité parentale dans la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale opposant les époux - serait arbitraire (art. 106 al. 2 LTF). Par conséquent, le droit à la preuve (art. 29 al. 2 Cst.) invoqué par le recourant ne peut de toute manière pas avoir été violé (cf. ATF 145 I 167 consid. 4.1; arrêts 1C_592/2022 du 4 septembre 2023 consid. 3.1; 5A_895/2022 du 17 juillet 2023 consid. 9.3).