Citation: 5A_41/2022 E. B

B.a. Par requête du 9 novembre 2018 adressée à la justice de paix du district de U.________, ultérieurement modifiée en audience le 23 mars 2021, B.________ a conclu à l'attribution de l'autorité parentale conjointe sur sa fille, à l'instauration d'une garde alternée à mettre en place dès le 1er juillet 2021 et à l'autorisation de voyager hors de la Suisse avec sa fille pour les périodes de vacances. La mère a conclu au rejet de la requête et, reconventionnellement, à ce que l'autorité parentale sur sa fille, dont elle assumait la garde de fait, lui soit attribuée exclusivement, le père étant mis au bénéfice d'un droit de visite dont les modalités devaient être précisées en cours d'instance. B.a.a. Lors d'une audience tenue le 19 mars 2019, les parties ont signé une convention, ratifiée par la juge de paix pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles; le droit de visite du père devait alors s'exercer à raison d'un samedi sur deux, de 9h à 12h, au domicile de la mère. L'exercice de ce droit de visite a donné lieu à différentes correspondances adressées par les parties à la justice de paix, la mère alléguant en substance que les visites se passaient mal, reprochant au père son manque d'investissement et l'implication de l'enfant dans le conflit parental, le père le réfutant en arguant que la mère l'entravait dans l'exercice de ses prérogatives. Le Service de protection de la jeunesse a établi un rapport d'évaluation le 30 août 2019, concluant au maintien de l'autorité parentale et de la garde exclusivement en faveur de la mère et à l'octroi d'un droit de visite progressif en faveur du père, avec passage de l'enfant de préférence dans un lieu neutre. B.a.b. A l'occasion d'une audience tenue le 8 juin 2020, les parents ont signé une nouvelle convention, ratifiée par la juge de paix pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles. Dite convention élargissait progressivement le droit de visite du père pour être exercé, dès le 2 septembre 2020, le samedi et le dimanche à quinzaine, de 10h à 18h, sans la nuit. L'exercice de ce droit de visite a lui aussi fait l'objet de correspondances entre les parties, respectivement la juge de paix, toujours pour des motifs du même ordre. B.a.c. Lors d'une audience tenue le 27 octobre 2020, les assistances sociales de la Direction générale de l'enfant et de la jeunesse (ci-après: DGEJ; antérieurement: SPJ) ont été entendues. Les parties ont à nouveau signé une convention, ratifiée par la juge de paix pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles, prévoyant l'entreprise d'une médiation entre elles ainsi que la mise en oeuvre d'une expertise pédopsychiatrique pour l'enfant et fixant le droit de visite du père à quinzaine, le samedi et le dimanche de 10h à 18h ainsi que le 24 décembre de 14h à 21h. La médiatrice a mis un terme à la médiation le 20 février 2021 en l'absence de tout accord des parties sur l'élargissement des relations personnelles, la garde et l'autorité parentale sur C.________. Par courrier du 24 mars 2021, la juge de paix a demandé à la Dre D.________, pédopsychiatre, d'établir un rapport sur ses observations dans le cadre du suivi de C.________. La médecin n'a pas pu mener à terme ses investigations et a indiqué ne pas se sentir apte à faire parvenir " des observations d'expert rentrant dans le cadre d'une enquête de modification de limitation de l'autorité parentale ". B.b. Par décision du 27 avril 2021, la justice de paix a clos l'enquête en fixation des droits parentaux de A.________ et B.________ sur leur fille (I); rejeté la requête du père du 9 novembre 2018 telle que modifiée lors de l'audience du 23 mars 2021 ainsi que la conclusion formulée en audience visant à obtenir une autorisation générale de voyager hors de la Suisse avec sa fille (II); constaté que la mère était seule détentrice de l'autorité parentale (III) et de la garde (IV); dit que le père aurait sa fille auprès de lui un week-end par mois, du samedi 10h au dimanche 18h à son domicile pendant deux mois, puis un week-end sur deux pendant six mois, puis selon un droit de visite usuel (un week-end sur deux, la moitié des vacances scolaires et le partage des jours fériés), les parents étant exhortés à organiser le passage de l'enfant dans un lieu neutre (V). La décision a été notifiée aux parties le 20 juillet 2021. Entre-temps, les parties ont échangé entre elles ou adressé à la justice de paix de nombreuses correspondances, consistant essentiellement en la formulation de reproches mutuels sur l'organisation du droit de visite et sur son exercice. B.c. B.________ a recouru contre la décision de la justice de paix le 19 août 2021. Les parties ont persisté dans leur échanges de correspondances telles que décrites plus haut. A.________ a conclu au rejet du recours. La DGEJ a pour sa part indiqué qu'une réévaluation du dossier était nécessaire pour se déterminer sur le recours, soulignant que le droit de visite du père était constamment sujet à discussion et que, toujours progressif, il aurait pourtant dû s'exercer usuellement dès le mois de novembre 2020 si le calendrier proposé dans son rapport du 30 août 2020 avait pu être mise en oeuvre rapidement. Statuant le 7 décembre 2021, la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud a partiellement admis le recours (I) et réformé la décision de première instance en admettant partiellement la requête de B.________ (II.II), en attribuant aux parties l'autorité parentale conjointe sur l'enfant (II.III), en disant que chacun des parents était autorisé à voyager hors de la Suisse avec elle (II.IIIbis) et que son père l'aurait auprès de lui un week-end sur deux, du samedi 10h au dimanche 18h à son domicile pendant trois mois, le droit de visite étant ensuite usuel. Les parents étaient par ailleurs exhortés à organiser le passage de l'enfant dans un lieu neutre (II.V).