Citation: I 404/05 19.09.2006 E. 5

5.1 Dans son rapport, l'expert constate que l'assuré présente, à la suite de son licenciement, un épisode dépressif marqué par l'accablement moral, le pessimisme, le découragement, une anhédonie sévère, un sentiment d'inutilité, une perte de l'estime de soi (effondrement narcissique), des troubles mnésiques et de la concentration, ainsi qu'un ralentissement psychomoteur important; les idées suicidaires dont il était assailli une année auparavant ont certes disparu; toutefois, il subsiste une anxiété forte et caractérisée par une anticipation catastrophique de l'avenir. De nature réactionnelle, la dépression a résisté aux traitements administrés jusqu'à ce jour. Elle dure depuis deux ans et malgré une discrète amélioration, elle demeure partiellement invalidante. Sur la base de ces constatations, le docteur A.________ diagnostique un épisode dépressif moyen avec syndrome somatique (F32.11) en regard duquel l'exercice à 50 % d'une activité lucrative ne requérant pas l'apprentissage de techniques ou compétences nouvelles est raisonnablement exigible de l'assuré. L'expert indique en revanche qu'à l'annonce de son licenciement, l'intéressé a subi une incapacité totale de travail compte tenu d'un état dépressif particulièrement sévère. Il précise enfin que moyennant le suivi de traitements pharmacologiques et psychothérapeutiques spécifiques, une amélioration de la capacité de travail peut être espérée, et dans l'hypothèse la plus favorable, jusqu'à atteindre 75 voire 100 %. 5.2 Ce faisant, le docteur A.________ pose au titre de diagnostic ayant valeur de maladie, celui d'épisode dépressif moyen avec syndrome somatique. Cette affection étant répertoriée sous chiffre F32.11 de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, dixième révision (CIM-10) de l'Organisation Mondiale de la Santé, il énonce un diagnostic issu d'une classification reconnue qui ne saurait être invalidé au motif que l'expert ne cite pas de doctrine scientifique. Celui-ci se détermine en outre sur le degré de l'affection. A l'appui de son point de vue, il énumère de multiples traits caractéristiques de la dépression (accablement moral, pessimisme, découragement, anhédonie sévère, sentiment d'inutilité, effondrement narcissique, troubles mnésiques et de la concentration). Sur le plan clinique, il fonde son diagnostic sur les plaintes subjectives de l'assuré et sur son propre examen. Enfin, il procède à l'évaluation de la capacité de travail adaptée au trouble précité. 5.3 Sous l'angle psychiatrique, le rapport d'expertise contient ainsi suffisamment d'éléments permettant se convaincre qu'à l'époque des faits déterminants, la mise à profit de la capacité de travail n'était raisonnablement pas exigible de l'assuré au-delà de 50 % (voir ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références; cf. aussi ATF 127 V 298 consid. 4c in fine). En outre, le rapport se fonde sur des examens médicaux complets et prend en considération les plaintes exprimées par l'assuré. Il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse et du dossier médical. La description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et non contradictoires. Les conclusions sont dûment motivées et aucun spécialiste n'émet d'opinion contraire apte à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert. En particulier, celles-ci ne sauraient être écartées au profit des conclusions du docteur L.________. En effet, celui-ci pose un diagnostic - trouble réactionnel - corroboré par aucun des autres avis médicaux figurant au dossier; en outre, les rapports qu'il a établis se résument à une critique de l'expertise du docteur A.________ (cf. mémoire de recours page 11) et ne constituent nullement un avis médical portant un jugement sur l'état de santé de l'assuré, indiquant dans quelle mesure et pour quelles activités celui-ci est incapable de travailler ou quels travaux sont encore raisonnablement exigibles de lui (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). Aussi les rapports des 12 janvier et 28 mai 2004 du docteur L.________ ne sauraient-ils être décisifs pour l'issue du présent litige. Au reste et contrairement au point de vue de la recourante, l'expert n'avait pas à compléter ses investigations sur le comportement de l'assuré hors consultation médicale, si son appréciation du cas lui paraissait suffisante (Leitlinien der Schweizerischen Gesellschaft für Versicherungspsychiatrie für die Begutachtung psychischen Störungen Annexe 8, U. Meyer-Blaser, Der Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit und seine Bedeutung in der Sozialversicherung, namentlich für den Einkommensvergleich in der Invaliditätsbemessung in Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, R. Schaffhauser/F. Schlauri (Hrsg.), Schriftenreihe des Institutes für Rechtswissenschaften und Rechtspraxis, Vol. 23, St Gallen 2003, p. 111 ss). De même n'avait-il pas à exposer les motifs pour lesquels il a écarté le diagnostic de simulation, dès lors que sur la base de son expérience, il a considéré les plaintes exprimées comme étant fondées. Sur le vu de ce qui précède, le rapport d'expertise remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références), de sorte que l'Office AI et les premiers juges se sont fondés à bon droit sur celui-ci. De même ces derniers ont-ils à juste titre cité le rapport du 26 juin 2002 du docteur T.________ et celui du 6 décembre 2002 du docteur R.________, contrairement au point de vue défendu par la recourante. Selon celle-ci, « ... une invalidité ne peut être constatée qu'après un délai d'une année au moins d'incapacité de travail », soit en l'occurrence à partir du mois d'août 2002, de sorte que l'avis des médecins précités - lesquels ont traité l'assuré jusqu'en avril 2002 - ne saurait être décisif pour l'issue du présent litige. En l'occurrence, l'assuré a subi une atteinte à la santé entraînant une incapacité totale de travail à partir du 27 août 2001, lui ouvrant droit à une rente entière à partir du 1er août 2002. En tant qu'ils constatent l'incapacité de travail survenue dès le 27 août 2001, les avis des médecins prénommés sont pleinement recevables dans la présente procédure.