Citation: 5C.119/2006 19.09.2006 E. 2

2.1 Interjeté en temps utile contre une décision finale prise par le tribunal suprême du canton, dans une contestation civile de nature pécuniaire dont la valeur litigieuse est supérieure à 8'000 fr., le recours en réforme est recevable au regard des art. 46, 48 al. 1 et 54 al. 1 OJ. 2.2 Les conclusions relatives aux prétentions pécuniaires, qui sont prises dans un recours en réforme, doivent en principe être chiffrées (ATF 121 III 390 consid. 1 p. 392 et les références). La demanderesse n'a pas respecté cette exigence. Elle a seulement requis l'annulation de l'arrêt entrepris et le renvoi de la cause à l'autorité cantonale pour nouvelle décision. L'absence de conclusions chiffrées n'entraîne toutefois pas l'irrecevabilité lorsque le Tribunal fédéral, s'il admettait le recours, ne serait pas en mesure de statuer lui-même sur le fond, en particulier faute d'un état de fait suffisant, mais devrait renvoyer la cause à l'autorité cantonale pour complément d'instruction (ATF 130 III 136 consid. 1.2 p. 139; 125 III 412 consid. 1b p. 414 et les arrêts cités). Savoir si tel serait le cas en l'espèce peut demeurer indécis dès lors qu'il résulte des motifs du recours, en relation avec l'arrêt déféré (ATF 125 III 412 consid. 1 p. 414/415 et les références mentionnées), que la recourante entend réclamer à l'intimée le solde non remboursé du prêt qu'elle a accordé à A.________, solde représentant un montant de 2'636'795 fr.15. 2.3 Invoquant l'art. 63 al. 2 OJ, la recourante fait valoir que la constatation selon laquelle "il n'y a pas eu de contrat, signé à la fois par la banque et A.________, portant sur la remise en gage des polices d'assurance" repose sur une inadvertance manifeste, car elle ne tiendrait pas compte de la convention de crédit du 15 mai 2000 - pourtant mentionnée dans l'état de fait de l'arrêt entrepris - prévoyant la remise en nantissement desdites polices. Cette critique ne relève pas de l'inadvertance manifeste, au sens de l'art. 63 al. 2 OJ (sur cette notion, cf. notamment: ATF 115 II 399 consid. 2a; 109 II 159 consid. 2b p. 162 et les références), mais d'une éventuelle contradiction entre l'exposé des faits de l'arrêt entrepris et les considérants de celui-ci; ce grief, qui ressortit au recours de droit public, n'est cependant pas décisif (cf. supra, consid. 1).