Citation: 5P.370/2003 22.12.2003 E. B

X.________ pratique comme avocate indépendante inscrite au barreau de Genève depuis 1975. Elle a été admise à l'OdA en 1976. B.a Par décision du 7 juillet 1999, le Conseil de l'OdA a prononcé un avertissement à l'encontre de X.________. Il a retenu que celle-ci avait enfreint l'art. 6 des statuts, ainsi que l'art. 24 des Us et Coutumes, en s'affranchissant de l'autorisation du Bâtonnier pour procéder au dépôt, le 29 mars 1999, d'une plainte pénale contre quatre de ses confrères. L'art. 6 des statuts prévoit qu'"[u]n membre de l'Ordre ne peut procéder en son nom personnel ou au nom d'un client contre un membre de l'Ordre sans en avoir au préalable saisi le Bâtonnier, qui tente de résoudre le conflit à l'amiable et au besoin le soumet au Conseil. Toute infraction à cette disposition est passible d'une des sanctions prévues aux articles 38A et 38B". L'art. 24 des Us et Coutumes dispose que "[t]out incident entre avocats doit être soumis immédiatement au Bâtonnier. Aucune action judiciaire ne peut être introduite contre un confrère sans que le litige n'ait préalablement été soumis au Bâtonnier, qui essaiera de l'aplanir". B.b Le 5 décembre 2001, le Conseil de l'OdA a prononcé une décision de censure, assortie d'une amende de 1'000 fr., à l'encontre de X.________. Il a considéré que celle-ci avait, d'une part, passé outre l'interdiction du Bâtonnier de déposer une plainte pénale susceptible d'atteindre un confrère, l'avocat W.________, en violation de l'art. 6 des statuts ainsi que de l'art. 24 des Us et Coutumes, et, d'autre part, dénoncé à tort ce confrère en lui reprochant une violation de la règle de confidentialité prévue par l'art. 20 des Us et Coutumes, enfreignant ainsi les art. 2, 12 et 18 des Us et Coutumes. Le Conseil de l'OdA a exposé dans sa décision que, lors de la séance de conciliation appointée le 6 juillet 2001 par le Bâtonnier, l'attention de X.________ avait été attirée sur le principe de l'indivisibilité de la plainte découlant de l'art. 30 CP; cette dernière était ainsi parfaitement consciente qu'en agissant contre la cliente de l'avocat W.________ pour lui reprocher des propos jugés attentatoires à son honneur contenus dans des écrits de son avocat, ce dernier était directement visé. Le Conseil de l'OdA a aussi relevé que l'avocat W.________ avait bien produit en justice, dans le cadre d'une procédure de mainlevée, une proposition transactionnelle adressée par X.________ à un autre confrère; cependant, cette production faisait suite au fait que X.________ avait elle-même produit en justice, dans le cadre de la même procédure, la lettre de refus de cette proposition transactionnelle, déliant ainsi son confrère de l'obligation de confidentialité, ce qu'elle avait tu au Bâtonnier le temps de l'instruction préparatoire. B.c Les décisions des 7 juillet 1999 et 5 décembre 2001 n'ont pas été communiquées aux membres de l'OdA, ni au Procureur général ou à la Commission du barreau.