Citation: B 20/99 19.01.2000 E. 4

4.- a) Par "gain annuel dont on peut présumer que l'intéressé est privé", il faut entendre le salaire hypo- thétique que l'assuré réaliserait sans invalidité au moment où s'effectue le calcul de la surindemnisation. Cela peut conduire, après la fixation de la rente, à une modification du calcul de la surindemnisation, si l'on peut admettre, concrètement, que le montant de ce revenu hypothétique se serait modifié de manière importante, c'est-à-dire de 10 pour cent au moins (ATF 125 V 164 consid. 3b et les références). Ce système se distingue clairement de celui qui pré- vaut en matière de rentes complémentaires d'invalidité selon l'art. 20 al. 2 LAA, où la limite de la surindemni- sation, en cas de concours entre une rente de l'assurance- invalidité et une rente de l'assurance-accidents, corres- pond à 90 pour cent du gain assuré, c'est-à-dire, en prin- cipe, du salaire que l'assuré a gagné dans l'année qui a précédé l'accident (cf. ATF 122 V 155 consid. 3c). b) Les premiers juges ont fixé à 66 290 fr. le gain annuel dont on peut présumer que le recourant est privé. Pour ce faire, ils se sont fondés sur le livre de paie de la CNA, dont il ressort que le salaire annuel assuré était de 65 634 fr. pour la période du 4 mars 1990 au 3 mars 1991, ce montant englobant le salaire de base, les heures supplémentaires réalisées en septembre, octobre et novembre 1990, ainsi que les primes de qualification et le droit aux vacances. L'employeur ayant fait faillite, ils ont tenu compte des déclarations de l'intimée et retenu une augmen- tation de 1 % du salaire pour 1992 et pro futuro. c) A titre subsidiaire, le recourant conteste le mon- tant de 66 290 fr. Il allègue pour l'essentiel qu'il y a lieu de calculer le gain annuel dont on peut présumer qu'il est privé en se fondant sur le salaire médian de 6105 fr. par mois figurant à la p. 82 de l'enquête suisse sur la structure des salaires 1994, ainsi que sur une augmentation de salaire de 1 % pour 1994, de 1,2 % pour 1995 et de 1,9 % pour 1996, ce qui porte le gain théorique à 76 190 fr. d) L'argumentation du recourant ne peut être suivie car elle va à l'encontre des principes développés par la jurisprudence dans le cadre de l'art. 24 OPP 2 (ATF 123 V 94 consid. 4a et 210 consid. 5c in fine), où il n'est question, en ce qui concerne le revenu provenant d'une activité lucrative (art. 24 al. 2 dernière phrase OPP 2), que des seuls revenus effectifs. Au regard de ces principes, on peut donc se rallier, en ce qui concerne le calcul du salaire que le recourant réaliserait sans invalidité, aux arguments développés par les premiers juges dans le jugement attaqué et repris par l'intimée dans sa réponse au recours. Mal fondé également sur ce point, le recours doit dès lors être rejeté.