Citation: 6A.25/2003 21.05.2003 E. B

X.________ a recouru contre cette décision auprès du Tribunal administratif vaudois. Elle a notamment fait valoir que les experts de l'UMTR avaient déformé ses propos de manière à les faire correspondre au syndrome de dépendance défini dans la CIM-10 et que le caractère pathologique du marqueur Gamma-GT provenait de la prise d'un médicament ("Tamoxifen"). Dans un rapport complémentaire daté du 1er mars 2002, les experts de l'UMTR relèvent en substance que le diagnostic de dépendance à l'alcool n'a pas été posé uniquement sur le résultat du bilan biologique mais aussi parce que trois critères de dépendance selon la CIM-10 ont pu être attribués, soit une tolérance (au vu du taux d'alcool bien supporté indiqué par l'éthylomètre), une altération de la capacité à contrôler la consommation d'alcool, et un désir irrésistible de consommer de l'alcool, avoué par X.________; qu'en outre celle-ci présente un quatrième critère de dépendance, soit une consommation persistante d'alcool malgré la preuve de conséquences dommageables, puisqu'elle a déjà fait l'objet d'un retrait de son permis pour ivresse au volant il y a quatre ans; le résultat du test AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification) effectué lors de l'expertise traduit aussi une forte probabilité de dépendance à l'alcool; la consommation indiquée par X.________ (un verre de vin à midi, deux au souper, ainsi qu'un digestif le soir trois ou quatre fois par semaine) est clairement excessive selon les normes de l'OMS; le marqueur biologique CDT est dans les normes, ce qui n'est pas le cas du marqueur Gamma-GT; le "Tamoxifen" est un médicament qui peut perturber ce dernier marqueur; même si le bilan biologique n'apporte finalement pas d'informations objectives, les autres éléments permettent de conclure à une dépendance à l'alcool. Le 8 mars 2002, le juge instructeur a refusé d'octroyé l'effet suspensif au recours. Malgré la mesure de retrait de son permis, X.________ a circulé le 7 avril 2002 au volant de sa voiture, dépassant de 27 km/h la vitesse maximale autorisée (80 km/h). Dans un mémoire complémentaire du 17 juin 2002, X.________ a reproché aux experts de n'avoir pas pris contact avec son médecin traitant, dont elle a produit une attestation, et de n'avoir pas testé sa capacité à s'abstenir momentanément de toute consommation d'alcool. En outre, elle a contesté le taux d'alcool pris en compte dans le rapport de police, pour avoir pris du "Carmol" avant le test à l'éthylomètre. Par courrier du 30 juillet 2002, les experts de l'UMTR ont déclaré maintenir leurs conclusions. Ils ont rappelé les trois critères CIM-10 retenus dans l'expertise du 19 novembre 2001 et le quatrième critère mis en évidence dans le complément d'expertise du 1er mars 2002. Selon eux, dès lors que le médecin traitant de la recourante a observé que durant quatre ans, la prise de "Tamoxifen" n'avait pas eu d'incidence sur le marqueur Gamma-GT, la perturbation constatée de ce marqueur en octobre 2001 est plutôt due à une consommation excessive d'alcool, ce qui appuie le diagnostic de dépendance selon les critères de la CIM-10. Les experts admettent en outre que du "Carmol" peut influencer l'éthylomètre durant les quelques minutes qui suivent sa prise; en supposant que cette substance ait pu influencer le premier test (valeur de 2 g/oo), ils excluent que cela ait pu être le cas pour les deuxième (1,7 g/oo) et troisième (1,3 g/oo) tests, effectués respectivement quarante minutes et une heure trente après le premier; les valeurs révélées ne peuvent qu'être expliquées par la consommation d'alcool. Par arrêt du 26 février 2003, le Tribunal administratif vaudois a rejeté le recours de X.________ et a confirmé la décision du SAN du 21 janvier 2002.