Citation: 4C.145/2003 07.11.2003 E. 4

La défenderesse reproche encore à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 8 CC. Cette disposition interdit au juge de considérer comme établi un fait pertinent allégué par une partie pour en déduire son droit, alors que ce fait, contesté par la partie adverse, n'a pas reçu un commencement de preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a). En revanche, lorsque l'appréciation des preuves convainc le juge de la réalité ou de l'inexistence d'un fait, la question de l'application de l'art. 8 CC ne se pose plus; seul le moyen tiré d'une appréciation arbitraire des preuves, à invoquer impérativement dans un recours de droit public, est alors recevable (ATF 128 III 271 consid. 2b/aa p. 277; 122 III 219 consid. 3c), voie qui n'a pas été suivie par la défenderesse. Ainsi, dans la mesure où, à la suite d'une appréciation des preuves, la Cour civile cantonale a retenu notamment le fait que le demandeur n'avait pas eu affaire aux appelés en cause avant la fin de ses travaux et qu'il avait traité avec la seule défenderesse relativement aux travaux litigieux, il n'y a pas de place pour une violation de l'art. 8 CC.