Citation: 9C_95/2014 E. 5.3

5.3. Même si on peine à voir, sur la seule base des considérations émises par la juridiction cantonale, en quoi consiste objectivement la péjoration de l'état de santé subie par l'intimé depuis la première décision rendue par l'office recourant, le jugement attaqué ne se révèle en définitive pas contraire dans son résultat au droit fédéral. Il y a en effet lieu de considérer que les possibilités qu'offre le marché du travail ne permettent désormais plus à l'intimé de mettre en valeur sa capacité de travail, eu égard à l'ensemble de ses limitations fonctionnelles. Il n'est pas contesté que l'intimé souffre d'une pathologie grave, de forme évolutive, qui entraîne une détérioration progressive et inéluctable de son aptitude à travailler. Or il convient de constater, en complétant à cet égard d'office l'état de fait (art. 105 al. 2 LTF), que les activités qui avaient été considérées comme exigibles en 2009 ne le sont désormais plus. Alors que l'intimé était déjà passablement limité dans ses déplacements et le port de charges, ainsi que par l'obligation d'éviter les contraintes posturales, les troubles de la sensibilité des membres supérieurs dont il était déjà atteint à l'époque de la première demande de prestations se sont aggravés. Le psychologue C.________ a expliqué que l'intimé avait désormais des difficultés à tenir un crayon ou à mesurer sa force (rapport d'expertise du 7 juin 2011), tandis que la doctoresse G.________ a indiqué que les troubles de la sensibilité et de la coordination de l'intimé rendaient le travail de précision des mains impossible (rapport médical du 8 novembre 2011). Quant à l'expert neurologue, le docteur E.________, il a souligné que la dextérité manuelle était réduite et le pianotage ralenti; il a conclu que seul un travail manuel relativement grossier, exercé qui plus est en position assise, était compatible avec l'état de santé actuel de l'intimé (rapport du 3 juin 2013). Pour l'ensemble des experts judiciaires, il n'existait pas d'activité adaptée au handicap actuel de l'intimé, si ce n'est, dans une mesure limitée et à temps partiel, une activité simple de bureau (rapport de consilium du 23 juillet 2013). A la lumière des limitations décrites, l'exercice d'activités telles que mécanicien ou aide mécanicien pouvait être exclu en raison des problèmes accrus de dextérité. Les difficultés de pianotage excluaient quant à eux l'emploi d'un clavier d'ordinateur ou d'une caisse enregistreuse, si bien que l'exercice d'activités telles que magasinier ou employé de shop apparaissait également compromis. Quant à l'exercice d'une activité simple de bureau, elle devait être écartée eu égard au parcours professionnel de l'intimé, lequel n'a exercé sa vie durant que des activités manuelles, et aux facultés d'adaptation nécessaires à une reconversion professionnelle dans ce domaine d'activité. Certes, les experts judiciaires ont relevé que l'intimé pourrait encore exercer à temps partiel des activités de livraison, tout en mettant en évidence que l'ataxie sévère dont souffre l'intimé pourrait compromettre la conservation du permis de conduire nécessaire à l'exercice de ce type d'activité.