Citation: U 300/06 22.06.2007 E. A

C.________, né en 1965, a été engagé en juin 1997 en qualité de frigoriste par l'entreprise X.________. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 8 août 1997, le prénommé a été victime d'un accident de la circulation. Alors qu'il circulait sur un scooter, il s'est vu refuser la priorité par le conducteur d'une auto roulant en sens inverse et désirant obliquer à gauche. Il a été renversé par ce véhicule et conduit à l'Hôpital Y.________. Il a séjourné à l'Hôpital Y.________ jusqu'au 12 septembre 1997. Dans un rapport de sortie, les docteurs M.________, G.________ et H.________ ont diagnostiqué une luxation postérieure de la hanche droite avec fracture intra-articulaire de la tête fémorale droite infra-foréale, accompagnée d'une fracture du cotyle tectale et partiellement du mur postérieur (Pipkin IV), une fracture transverse du pôle inférieur de la rotule droite, ouverte stade II selon Gustillo ainsi qu'une fracture du col scaphoïde (carpien) gauche. L'assuré avait subi des interventions chirurgicales (les 8 et 9 août 1997); les suites post-opératoires étaient simples et afébriles. L'intéressé avait été maintenu au lit strict pendant trois semaines et avait bénéficié, notamment, d'une rééducation à la marche, laquelle devait se dérouler sur une durée totale de trois mois. La mobilisation progressive du genou droit devait intervenir, en principe, dans un délai de six semaines, selon l'évolution radiologique. La mobilisation du poignet gauche dépendait également de cette évolution. La CNA a pris en charge le cas. Le 10 mars 1998, l'assuré a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité. Du 13 mai au 1er juillet 1998, C.________ a séjourné à la Clinique Z.________. A la sortie, l'évolution était satisfaisante. Il subsistait des douleurs et limitations à la hanche et au genou droit. Des contrôles réguliers au niveau de la hanche étaient nécessaires. Psychiquement, la situation était difficile et l'assuré devait se faire suivre par un psychiatre. Il n'était pas réaliste que l'intéressé reprenne son occupation de monteur-électricien dans le domaine de la réfrigération. En revanche des mesures professionnelles étaient indiquées (par exemple dans le vente et l'administration dans le domaine électrotechnique; rapport de sortie du 8 juillet 1998). Le 4 novembre 1998, le docteur O.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, a procédé à l'ablation du matériel d'ostéosynthèse. Une radiographie du 25 février 1999 de la colonne lombaire (face et profil) a mis en évidence, une lyse isthmique bilatérale L5 avec antélisthésis de premier degré, une discopathie L5-S1 et une ancienne maladie de Scheurmann dorsale inférieure, avec discopathie secondaire D10 à D12 (rapport du 26 février 1999 du docteur I.________, spécialiste en radiologie). Par ailleurs, une tomodensitométrie des hanches du 24 mars 1999 a révélé une coxarthrose droite nette ainsi qu'une géode sous-chondrale au niveau du bord supéro-interne de la tête fémorale d'environ 15 mm de diamètre (rapport du docteur I.________ du 1er avril 1999). Dans un rapport du 23 avril 1999, le docteur R.________, médecin d'arrondissement de la CNA a constaté que l'assuré se plaignait de la hanche droite (limitation fonctionnelle et douleurs), du genou droit (douleurs) et de fourmillements au poignet gauche. Ce médecin partageait le point de vue du docteur O.________ selon lequel une intervention chirurgicale au niveau de la hanche, sous forme d'une arthroplastie prothétique, se justifiait à moyen terme, mais devait intervenir le plus tard possible au vu de l'âge de l'assuré. Le 20 juillet 2000, C.________ a été examiné par le docteur N.________, médecin d'arrondissement de la CNA. Celui-ci a relevé des plaintes au niveau de la hanche et du genou ainsi que des douleurs lombaires. L'incapacité de travail était totale dans la profession de frigoriste et les possibilités de réadaptation dépendaient de la mise en place d'une prothèse de la hanche. Le seul traitement envisageable était l'opération (rapport du 21 juillet 2000). Le 29 novembre 2000, le docteur O.________ a procédé à une arthroplastie prothétique cimentée de la hanche. Le 15 mars 2001, un CT lombaire a révélé une lyse isthmique bilatérale L5 avec antélisthésis de 1er degré de L5 sur S1, ainsi qu'une protrusion discale globale d'accompagnement mais prédominant en région foraminale droite avec compression des racines L5 des deux côtés dans leur trajet foraminal mais de façon légèrement plus marquée à droite (rapport du 15 mars 2001 de la doctoresse S.________, radiologue). Un examen myographique du docteur J.________ du 16 mars 2001 a mis en évidence des signes de dénervation modérés et chroniques dans le myotome L5 (à droite), de même qu'une discrète dénervation dans le pédieux à gauche et une activé fibrillatoire bilatérale dans les muscles paravertébraux lombaires (rapport du 19 mars 2001). Selon un rapport du 22 mai 2001 du docteur E.________, chef de service adjoint du service de neurochirurgie de l'Hôpital Y et de l'Hôpital V.________, les résultats des examens pratiqués démontraient une compression radiculaire, ainsi qu'un listhésis du premier degré avec lyse isthmique bilatérale et comblement dans le contexte du récessus L5-S1. Le port d'un corset permettrait au patient d'être mis en condition de contention externe. Une proposition de spondylodèse et de réalignement L5-S1 devait toutefois être entreprise rapidement. Il s'agissait d'une lésion logiquement antérieure à l'accident, mais les suites de l'accident avec boiterie conséquente durant une longue période avaient suffi, à son avis, à décompenser de manière importante la pathologie préexistante. Le port du corset était prévu durant quatre semaines. Le docteur E.________ a précisé par la suite à l'intention de la CNA que les dorsalgies de l'assuré étaient bien en relation avec l'accident de 1997 (lettre du 5 septembre 2001). Au terme d'examens pratiqués le 17 septembre 2001 au niveau du genou gauche, le docteur A.________, spécialiste en radiologie, a conclu à l'existence possible d'une arthrose tibio-fémorale interne a minima. Par ailleurs, l'aspect de la rotule pouvait évoquer un ancien status post-traumatiqe. Le 15 novembre 2001, le docteur O.________ a exposé que les lombo-sciatalgies droites non déficitaires étaient la résultante d'une décompensation d'un spondylolisthésis avec lyse isthmique bilatérale de L5 par l'accident du 8 août 1997. Le patient s'était plaint dès le début des lombo-sciatalgies droites; avant l'accident il n'avait jamais présenté de symptomatologie à ce niveau-là, nonobstant les importantes sollicitations du dos requises par son métier de frigoriste. Par ailleurs, la violence du traumatisme - qui s'est fait en position de flexion de la hanche avec un choc dans l'axe du fémur et qui a occasionné une fracture comminutive de la rotule, puis une fracture du pilier postérieur du cotyle - avait certainement dispersé de l'énergie également au niveau de la charnière lombo-sacrée et décompensé le spondylolisthésis existant, jusqu'alors asymptomatique. De plus, la persistance d'une importante boiterie après l'ostéosynthèse du cotyle et de la fracture de la rotule avait également contribué au maintien d'un conflit au niveau lombo-sacré. Pour corollaire, cette symptomatologie lombaire avait nettement régressé après la mise en place de la prothèse de la hanche le 29 novembre 2000, qui a permis la suppression quasi totale de la boiterie. Le 22 mai 2002, une IRM du genou gauche pratiquée par la doctoresse K.________, spécialiste en radiologie, a révélé une fissuration de la corne postérieure du ménisque interne ainsi qu'une lame d'épanchement intra-articulaire (rapport du 23 mai 2002). Lors de l'examen médical final du 25 juin 2002, le docteur N.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et médecin d'arrondissement de la CNA, a constaté que la situation de la hanche était stable; celle-ci ne nécessitait pas de traitement particulier, en dehors de contrôles orthopédiques réguliers. S'agissant de la rotule droite, il y avait actuellement une gonarthrose avec une rotule basse; seuls des contrôles réguliers s'avéraient utiles. Quant à la fracture du scaphoïde gauche, elle était guérie. Au niveau lombaire, il n'y avait pas d'évidence d'une décompensation du spondylolisthésis; le dos était souple, sans présence d'une symptomatologie d'irritation radiculaire; sur le plan radiologique, la morphologie de ce spondylolisthésis ne s'était pas modifiée depuis 1999. La capacité de travail dans le métier d'électricien était nulle. En revanche, l'assuré était apte à exercer des activités excluant les marches de longue durée, les stations debout de longue durée, les marches sur un terrain inégal, le maintien de postures en flexion du tronc, le port de charges, les positions assises de longue durée. Dans de telles occupations, il aurait théoriquement une capacité de travail de 100 % en temps et rendement, à condition qu'il puisse disposer d'une certaine liberté sur le plan des changements de positions (rapport du 7 août 2002). Par ailleurs, dans un rapport séparé, le docteur N.________ a fixé à 40 % le taux de l'atteinte à l'intégrité.