Citation: 5A_49/2020 E. 4.3

4.3. Le recourant est d'avis que le jugement de mesures protectrices du 8 mars 2010 a été mal interprété par la Cour de justice. Il ne pouvait être compris que comme condamnant l'intimée à s'acquitter en sa faveur des frais mensuels de logement s'élevant à 5'750 fr. par mois. Son dispositif devait être lu à la lumière de ses considérants. Ceux-ci permettaient de comprendre que le Tribunal avait effectivement condamné l'intimée à lui payer lesdits frais de logement. Ce jugement était exécutoire, à titre de mesures provisionnelles dans le cadre de la procédure de divorce et pendant toute la durée de celle-ci, soit du 19 octobre 2011, date du dépôt de la demande en divorce, au 11 septembre 2018, date de l'entrée en force de l'arrêt de la Cour de justice du 31 mai 2018 statuant sur les appels formés contre le jugement de divorce du 23 novembre 2015. Il s'agissait donc d'un titre parfaitement suffisant pour déterminer qu'il était titulaire d'une créance de 5'750 fr. par mois contre l'intimée pour la période pendant laquelle celle-ci avait exercé son droit de jouissance sur le bien immobilier dont il est propriétaire. La compensation était ainsi possible et aurait dû être admise. La Cour de justice avait par ailleurs manqué de constater que l'intimée n'avait jamais payé la moindre charge pour la jouissance de l'ancienne villa conjugale et qu'en conséquence, il avait dû s'acquitter seul du montant mensuel de 5'750 fr. pour régler les différentes charges liées à ce bien. Pour cette raison également, la compensation aurait dû être admise.