Citation: 6B_255/2023 E. 1.5.3

1.5.3. D'une part, la présente cause ne concerne pas un plaideur inexpérimenté, mais une partie versée dans la procédure judiciaire. Des précédents recours cantonaux formés par la recourante ont fait l'objet de décisions d'irrecevabilité, pour cause de tardiveté, lesquelles ont été portées devant le Tribunal fédéral, sans succès (cf. arrêts 6B_43/2021 du 2 février 2021 consid. 2; 6B_39/2020 du 18 février 2020 consid. 2; cf. en outre arrêts 1B_21/2020 du 16 janvier 2020; 6B_480/2019 du 3 mai 2019; 6B_1225/2016 du 23 novembre 2016; 6B_1224/2016 du 23 novembre 2016, concernant la recourante). D'autre part, bien qu'elle ait changé de mandataires à de nombreuses reprises (cf. jugement de première instance, consid. 4.6 p. 29), la recourante était représentée par un avocat nommé d'office en première instance (jugement de première instance, p. 33), lequel a déposé une annonce d'appel au nom de cette dernière (cf. décision entreprise p. 2, avec référence à la pièce n° 1829). Sans comporter de mention quant à la désignation ou le remplacement d'un défenseur d'office, la déclaration d'appel de la recourante a été signée par un "conseiller juridique", qualifié comme tel dans la décision entreprise (p. 2 et 4), ainsi que dans le mémoire d'appel et dans la réplique du 9 décembre 2022 (également signée par le "conseiller juridique par procuration"). Constatant que le service "My Post 24" dysfonctionnait, le "conseiller juridique" a indiqué sur l'enveloppe contenant l'acte judiciaire, que le pli serait déposé dans une boîte postale le dernier jour du délai d'appel à 23h40. Par courriel du 18 novembre 2022, il a prétendu avoir pris des mesures pour prouver le moment du dépôt du pli et a envoyé des images vidéos dans l'optique de prouver le dépôt en temps utile. Au regard de ces circonstances, la recourante ne prétend pas qu'elle aurait ignoré les risques encourus lors du dépôt d'un pli dans une boîte postale le dernier jour du délai. Elle ne dit mot sur une éventuelle défense d'office en appel (cf. art. 127 al. 5 CPP et notamment l'arrêt 1B_584/2022 du 25 avril 2023 consid. 2.1 sur la représentation d'un prévenu en matière pénale; cf. également art. 132 ss CPP sur la défense d'office). Indiquant que son conseiller juridique, non-avocat, était son "mandataire", elle se prévaut de cette distinction au regard du droit à l'administration des preuves, sans soulever le moindre grief en lien avec le droit à une défense effective, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner la cause sous cet angle (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF; arrêts 6B_1483/2022 du 30 juin 2023 consid. 1.2.2; 6B_156/2019 du 27 juin 2019 consid. 2.4). Dans la configuration particulière d'espèce, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, considérer que la recourante, assistée de son "conseiller juridique", connaissait le risque encouru lors du dépôt du pli dans une boîte postale le dernier jour du délai, après la fermeture des bureaux de poste. Aussi, elle pouvait attendre de la recourante qu'elle présente, ou à tout le moins qu'elle désigne spontanément - et avant l'échéance du délai d'appel - les preuves du dépôt en temps utile de la déclaration d'appel, conformément à la jurisprudence topique (cf. supra consid. 1.2.1). En n'envoyant les images vidéos à la cour cantonale que deux jours après l'échéance du délai et en ne faisant mention d'un témoin qu'après avoir été invitée par la cour cantonale à se déterminer, sans même indiquer de nom et d'adresse, la recourante a tardivement tenté de démontrer, au compte-goutte et de manière imprécise, le respect du délai d'appel. Elle a ainsi échoué à renverser la présomption découlant du sceau postal. Au vu de ce qui précède, et compte tenu de la nécessité d'une stricte application des règles relatives aux délais (cf. supra consid. 1.2.2), la cour cantonale pouvait, sans faire preuve de formalisme excessif, ni violer le droit d'être entendue de la recourante, considérer la déclaration d'appel comme tardive. Pour le surplus, la recourante ne soulève aucun grief précis d'ordre constitutionnel ou conventionnel, notamment concernant le droit d'accès au tribunal (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF). En prétendant avoir agi de bonne foi, sans autre motivation, la recourante n'explicite d'aucune manière dans quelle mesure elle se prévaudrait de la confiance placée dans des assurances reçues des autorités judiciaires. Faute de satisfaire aux exigences minimales de motivation sur ces points, il n'y a pas lieu de les examiner plus avant.