Citation: 8C_32/2024 E. 7.5

7.5. En l'occurrence, l'intimé a atteint sa majorité le 1 er septembre 2014. À partir de cette date, il n'était plus sous autorité parentale. Ses parents n'ont été nommés curateurs de leur fils qu'à partir du 25 août 2022. Pendant la période comprise entre le 1 er septembre 2014 et le 25 août 2022, l'intimé ne disposait donc pas de représentant légal. Rien n'indique, contrairement à ce qu'allègue le recourant, que ce sont les parents de l'intimé qui ont tardé à requérir une curatelle officielle pour leur fils. Ces derniers ont expliqué dans leur réponse au recours que lorsqu'ils avaient voulu annoncer leur fils au contrôle des habitants lors de leur arrivée en Suisse, ils avaient été orientés dans un premier temps vers l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte qui n'avait pas jugé nécessaire de faire instaurer une curatelle pour établir le domicile de leur fils à Zurich. Lorsque le père de A.A.________ a déposé, le 12 juillet 2021, une première demande de prestations d'assurance-invalidité en faveur de son fils, il n'était pas encore son curateur. Implicitement tout au moins, l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte a admis que les parents de l'intimé pouvaient aider ce dernier dans ses démarches pour demander des prestations de l'assurance-invalidité en qualité de tiers qui l'assistent régulièrement ou prennent soin de lui de manière permanente, sans qu'il soit nécessaire de lui nommer un représentant légal. Au moment du dépôt de la demande d'allocation pour impotent le 25 mars 2022, le père de l'intimé est donc intervenu en qualité de tiers au sens de l'art. 66 RAI, et non en qualité de représentant légal de son fils (art. 304 al. 1 CC a contrario). La situation a changé lorsque les parents de l'intimé ont été nommés ses co-curateurs avec pouvoirs de représentation, notamment dans les affaires sociales et les affaires juridiques. C'est seulement à partir de l'institution de cette mesure de curatelle de représentation que les parents de l'intimé sont devenus ses représentants légaux en l'engageant valablement par leurs actes ou omissions. Dans ces circonstances, c'est sans arbitraire que la juridiction cantonale a considéré que l'intimé ne pouvait pas se voir imputer l'ignorance du droit par ses parents avant la décision du 25 août 2022 et que par conséquent, il pouvait - sous réserve que les autres conditions du droit à la prestation fussent remplies - bénéficier de prestations arriérées pour une période de cinq ans au plus (cf. art. 24 al. 1 LPGA) à compter du dépôt de la demande de prestations, soit dès le 1er mars 2017.