Citation: 4C.285/2006 02.02.2007 E. B

B.a Le 6 juin 2002, X.________ Sàrl a ouvert action devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois contre A.________, B.________ et C.________. La demanderesse a conclu à ce que les défendeurs lui doivent paiement, conjointement et solidairement entre eux, ou chacun pour la part que justice dira, de la somme de 166'575 fr. 10 plus intérêts à 5% l'an dès le 23 mars 2002. Les défendeurs ont conclu à libération. B.b En cours de procédure, une expertise a été confiée à F.________. Selon ce dernier, si les prestations effectivement réalisées par la demanderesse étaient incomplètes et si les dossiers remis aux défendeurs étaient lacunaires, celle-ci avait néanmoins accompli un travail justifiant des honoraires de 64'565 fr., auxquels s'ajoutait la valeur des prestations accomplies du 2 au 30 novembre 2001 pour l'établissement de l'avant-projet remis le 3 décembre 2001, par 21'692 fr. 15. L'expert a encore relevé qu'il était très fréquent que les architectes doivent répondre à des offres de prestations sans solliciter d'honoraires, en vue de convaincre le client d'en arriver à la phase du projet définitif. L'activité déployée par la demanderesse dans le cas présent approchait cependant le quart de celle qui est consacrée pour un dossier de construction. Mais, malgré cela, la concurrence étant de plus en plus vive en matière d'attribution de mandats dans le domaine de la construction, il arrive parfois que les parties décident de faire supporter par le seul architecte singulièrement la prise en charge d'un avant-projet. B.c Après le dépôt de l'expertise, la demanderesse a réduit ses conclusions à 82'000 fr. B.d Par jugement du 6 avril 2006, dont les considérants ont été communiqués le 27 juin 2006, la Cour civile a entièrement débouté la demanderesse. En substance, l'autorité cantonale a considéré tout d'abord que C.________, qui n'a pas conclu de contrat avec la demanderesse, n'avait pas la légitimation passive, de sorte que les conclusions prises à son encontre devaient être d'emblée rejetées. Elle a jugé que pour la période antérieure au dernier trimestre de l'année 2001, la demanderesse, qui avait alors agi sans avoir noué de relations contractuelles avec B.________ et son frère, ne pouvait être rémunérée sur la base des dispositions ayant trait à la gestion d'affaires. En revanche, au cours du dernier trimestre 2001, les intéressés avaient passé un contrat de planification devant être qualifié de contrat d'entreprise. Le présent litige portant sur le caractère onéreux du contrat, il incombait à l'entrepreneur de prouver qu'une rémunération avait été convenue. Les juges cantonaux, retenant que le projet de lettre du 19 novembre 2001 constituait la plus récente déclaration de volonté des défendeurs à propos de la rémunération due, ont déclaré que ce document devait être interprété d'après la théorie de la confiance. Puis, changeant totalement d'optique, ces magistrats ont déclaré qu'eu égard au contenu dudit projet de lettre, il fallait admettre que les défendeurs avaient amené des éléments de contre-preuve renversant la présomption de fait que l'activité d'une certaine ampleur déployée à titre professionnel par la demanderesse l'avait été à titre onéreux.