Citation: 6B_290/2021 E. 4.3

4.3. Sous l'angle de la garantie du respect de la vie familiale tout d'abord, il sied de relever que l'épouse du recourant est, comme lui, de nationalité camerounaise. Elle a quitté ce pays pour venir en Suisse en 2016 par le biais du regroupement familial, dans le cadre de son mariage avec le recourant. Dans cette mesure, il ne ressort pas de la décision attaquée que l'épouse et les enfants disposeraient d'un droit de séjour durable en Suisse qui soit indépendant de celui de leur époux, respectivement père (cf. art. 43 LEI). Au demeurant, il ressort de l'état de fait cantonal que l'épouse du recourant ne travaille pas; lors de l'audience d'appel, le recourant a déclaré que celle-ci avait terminé ses études visant l'obtention d'un brevet fédéral de gestion et souhaitait désormais poursuivre sa formation par un bachelor, selon l'issue de la présente procédure (jugement entrepris, p. 3). Par ailleurs, la cour cantonale a constaté que les enfants du couple, nés en 2017 et 2019, n'étaient pas encore scolarisés. Aussi, considérant que l'épouse est ressortissante du même pays que le recourant, qu'elle est arrivée en Suisse à l'âge adulte, que les études qu'elle poursuivait sont achevées, qu'elle n'a encore jamais travaillé dans ce pays, que son droit de séjour paraît lié à celui de son époux et, enfin, que les deux enfants du couple ne sont pas encore intégrés à la vie suisse par l'intermédiaire de l'école, on peut attendre des personnes concernées qu'elles réalisent leur vie de famille à l'étranger (cf. consid. 4.2.2 supra). Dans ces conditions, l'expulsion du recourant n'entraîne pas d'atteinte à l'art. 8 CEDH. En ce qui concerne le droit à la vie privée, le recourant cite la jurisprudence topique mais n'allègue pas dans quelle mesure son expulsion porterait atteinte à cette garantie. Il est par conséquent douteux qu'il forme un grief recevable sous cet angle (art. 106 al. 2 LTF). Au demeurant, bien qu'il vive en Suisse depuis longtemps, soit environ 25 ans, il ne ressort pas de l'état de fait cantonal que le recourant entretiendrait des liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. En effet, comme constaté dans le jugement entrepris, le prénommé, d'une part, montait des entreprises qui lui permettaient de bien vivre puis accumulait les dettes jusqu'à la faillite et, d'autre part, avait maintes fois fait appel aux services sociaux à partir de 2008. Malgré l'aide obtenue, il les avait trompés "sans foi ni loi" (jugement entrepris, consid. 6.2). Le recourant est ainsi enraciné dans une certaine forme de délinquance depuis des années, à tel point que ses diverses escroqueries et faux dans les titres et/ou les certificats semblent être devenus son mode de vie. Par ailleurs, hormis ses relations avec son épouse et ses enfants, le recourant ne se prévaut d'aucune attache sociale particulière en Suisse. Par conséquent, en dépit de son long séjour en Suisse, son intégration demeure médiocre, de sorte qu'une atteinte à la garantie de sa vie privée n'a rien de manifeste. Dans cette mesure, il n'est pas non plus absolument évident que l'expulsion placerait le recourant dans une situation personnelle grave, étant encore précisé que selon les constatations cantonales, dont le recourant n'a pas démontré l'arbitraire, le prénommé, qui a vécu jusqu'à l'âge de 33 ans au Cameroun, a conservé des liens avec son pays d'origine jusqu'à récemment. Le recourant est toutefois âgé de 59 ans et vit en Suisse depuis 25 ans, de sorte qu'un retour dans son pays d'origine n'apparaît pas dénué de difficulté non plus. Quoi qu'il en soit, cette question peut demeurer indécise, compte tenu du résultat auquel conduit la pesée des intérêts prévue par l'art. 66a al. 2 CP.