Citation: 1B_19/2007 28.02.2007 E. 4

Dans un premier argument, le recourant conteste l'existence de charges suffisantes. Il fait valoir que ses déclarations et celles de B.________ sont contradictoires. Ces dernières seraient au demeurant peu vraisemblables. B.________ ne portait aucune trace au cou, alors qu'elle prétend avoir été étranglée. Il n'est pas concevable qu'une jeune femme ait eu la force de lui arracher un briquet des mains, alors qu'il oeuvre parfois comme déménageur. Enfin, B.________ aurait un caractère possessif et jaloux et elle était alcoolisée lors de la bagarre (0,46 ‰). 4.1 L'exigence de charges suffisantes suppose qu'il existe à l'encontre de l'intéressé des indices sérieux de culpabilité, c'est-à-dire des raisons plausibles de soupçonner qu'il a commis une infraction. A cet égard, le juge de la détention n'a pas à procéder à une pesée complète des éléments à charge ou à décharge et à apprécier la crédibilité des déclarations recueillies; il doit uniquement vérifier l'existence de soupçons raisonnables de culpabilité (cf. arrêt 1S.1/2006 consid. 3.2). Les exigences quant à l'intensité des charges propres à justifier un maintien en détention ne sont pas les mêmes aux divers stades de l'instruction pénale; alors que, dans les premiers temps de l'enquête, des soupçons encore peu précis peuvent être suffisants, la perspective d'une condamnation doit apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (ATF 116 Ia 144 consid. 3c p. 146). 4.2 A ce stade de l'enquête, le Tribunal d'accusation pouvait retenir qu'il existait des charges suffisantes à l'encontre du recourant. Les déclarations du recourant et celles de B.________ sont certes partiellement contradictoires. Cette dernière a expliqué que le soir de la dispute, elle était rentrée à 4h00 du matin et était allée se coucher. Le recourant avait fait irruption dans sa chambre et avait commencé à être agressif et à tout casser. Le recourant soutient au contraire que sa compagne lui aurait fait une crise de jalousie à son arrivée dans l'appartement, ce qui l'aurait mis en colère. Il sied d'observer que la cause de la dispute ainsi que les éventuels penchants de l'amie du recourant sont irrelevants dans la présente affaire. Même si l'on devait donner du crédit à la version avancée par le recourant, il n'en demeure pas moins que ce dernier n'a pas hésité à saccager l'appartement, en détruisant l'ordinateur portable du couple, en brisant une porte-fenêtre et en répandant de l'alcool à brûler dans le logement ainsi que sur son amie, pour un motif somme toute futil. La constatation des policiers selon laquelle B.________ était dégoulinante de produit apparaît pour le surplus peu compatible avec le simple geste accidentel dont argue le recourant. S'agissant des marques de strangulation, B.________ n'a jamais prétendu en avoir eu. Enfin, il est difficilement concevable que le recourant n'ait pas eu de feu sur lui alors qu'il est un grand fumeur. Son explication selon laquelle sa compagne n'aurait pas eu la force de lui arracher un briquet des mains n'emporte pas conviction, puisqu'il perd de vue qu'il était fortement alcoolisé à ce moment (1,5 ‰), de sorte que ses capacités de réaction devaient s'en trouver considérablement amoindries. Au demeurant, le recourant s'est déjà par le passé montré violent, notamment alors qu'il se trouvait sous l'emprise de l'alcool. Quoiqu'il en soit c'est au juge du fond et non à celui de la détention qu'il incombera d'apprécier la valeur probante de ces déclarations contradictoires. En l'état, on ne saurait en tout cas reprocher aux autorités cantonales une appréciation arbitraire.