Citation: 4A_311/2022 E. 11.2

11.2. Le demandeur a réclamé 282'233 fr. 55 à la défenderesse et au défendeur. En définitive, la défenderesse devra lui payer 228'155.05 (227'791 fr. 80 + 363.25) tandis que le défendeur ne lui devra rien. La cour cantonale en a inféré que le demandeur avait succombé sur environ 20% de ses conclusions contre la défenderesse et à 100% contre le défendeur, ce qui est exact. Elle a ensuite conclu que le demandeur devait supporter 60% des frais de première instance (11'960 fr.), soit 7'176 fr., et la défenderesse, 40%, soit 4'784 fr., tandis que le défendeur était hors de cause à cet égard. On ne discerne pas là un abus du large pouvoir d'appréciation dont jouit le juge en la matière. Il faut garder à l'esprit que si le demandeur l'emporte bel et bien à quelque 80% contre la défenderesse, il succombe entièrement face au défendeur, étant entendu que les deux défendeurs ont procédé conjointement. Et la décision en matière de frais ne souffre pas d'un manque de motivation contraire à l'art. 29 al. 2 Cst. Outre qu'il n'est guère d'usage de motiver en détail ce type de décision, il est patent que la différence de pourcentage, fustigée par le demandeur, entre le sort des conclusions et la répartition des frais est due au fait que deux défendeurs étaient visés par la demande, laquelle a connu des sorts différents. Au niveau des dépens de première instance, la cour d'appel a estimé que le défendeur avait droit à une indemnité pour ses frais d'avocat, qu'elle a arrêtée à 6'500 fr., à la charge du demandeur. Le raisonnement est exact sur le principe puisque le défendeur est victorieux. Pour le surplus, l'on ne discerne pas de grief recevable, ce qui exclut toute discussion. Le demandeur critique encore le fait que sa propre indemnité de dépens a passé de 22'000 fr. à 20'000 fr. La cour neuchâteloise attribue cette réduction à la « légère correction du montant alloué par le jugement de première instance »: on comprend qu'elle tient compte ici du fait qu'elle a refusé (à raison) d'allouer au demandeur les 10'000 fr. correspondant à la dette de D.________ (consid. 6 supra). On ne discerne aucun abus du pouvoir d'appréciation des juges neuchâtelois en la matière, et le demandeur ne décoche pas d'autre critique. Aussi faut-il valider cette décision sur les frais et dépens de première instance.