Citation: 4C.175/2000 25.10.2000 E. A

A.- a) Le 30 août 1982, Charles Guyot a conclu un contrat de bail portant sur des locaux, sis à Lausanne, à usage d'"unité médicale" avec une société anonyme dénommée L'Espace médical du Valentin (devenu depuis lors le Centre médical du Valentin S.A.) et René Marendaz, solidairement entre eux. Les parties avaient conclu précédemment plusieurs conventions répartissant l'aménagement des locaux entre elles; l'une de ces conventions, datée du 11 novembre 1981, mettait les sanitaires à la charge du locataire, avec une participation de 9900 fr. du bailleur. Le W.-C., qui se trouvait à côté du local de radiologie, comportait un robinet de rinçage qui devait être ouvert chaque jour un moment pour suppléer à une pente insuffisante dans la tuyauterie et éviter que celle-ci ne se bouche. b) La consommation annuelle d'eau froide de l'immeuble facturée au bailleur par les Services industriels de la Ville de Lausanne a varié, si l'on arrondit les chiffres, entre 11 000 m3 en 1988, 12 000 m3 entre 1989 et 1992, 15 000 m3 en 1993, 14 000 m3 en 1995, 9600 m3 en 1996 et 10 000 m3 en 1997. Cependant, en 1994, elle a atteint 29 959 m3 facturés 1 fr.50 le m3, plus la taxe d'épuration des eaux usées, de 85 centimes le m3. Après avoir reçu la facture relative à l'année 1994, la gérance du bailleur a chargé l'entreprise Alfred Aubort S.A. de rechercher les causes de la surconsommation d'eau et a demandé au concierge d'afficher une lettre invitant les locataires de l'immeuble à contrôler si leurs W.-C. coulaient. Pendant ces investigations, une secrétaire du centre médical a téléphoné au concierge pour lui signaler qu'elle n'arrivait pas à ouvrir le robinet de rinçage des W.-C. à côté du local de radiologie. Le concierge a constaté sur place que le robinet était en fait déjà ouvert. c) Le 20 juin 1995, la gérance du bailleur a informé le centre médical que la facture des Services industriels pour 1994 laissait apparaître une importante surconsommation d'eau par rapport à 1993. Elle précisait que la cause de cette surconsommation était, selon l'entrepreneur qu'elle avait mandaté, un robinet de rinçage des conduites d'écoulement des W.-C. dans les locaux du centre qui était resté ouvert "certainement par inadvertance". Par lettres des 14 février et 25 avril 1996, la gérance et le bailleur ont déclaré aux locataires qu'ils entendaient mettre à leur charge le coût de la surconsommation et qu'ils leur réclamaient à ce titre 41 000 fr. Un commandement de payer a été notifié aux preneurs, qui y ont fait opposition.