Citation: 5A_499/2023 E. 1

La recourante méconnaît cependant que, selon la jurisprudence constante, pour qu'une modification de la réglementation actuelle de la prise en charge de l'enfant puisse être envisagée, il faut que cette réglementation risque de porter atteinte au bien de l'enfant et le menace sérieusement (cf. supra consid. 4.1). Or, rien n'indique que tel serait le cas en l'espèce et la recourante ne le prétend d'ailleurs pas, se limitant à soutenir que si les enfants vont bien, c'est "aussi" parce qu'ils sont suivis depuis toujours par des psychiatres et qu'une garde alternée ne leur serait pas préjudiciable, mais répondrait au contraire à leur intérêt supérieur. Dès lors que la condition précitée, qui constitue une condition sine qua non en matière de modification de la garde, n'est pas remplie, l'autorité cantonale pouvait refuser le passage à une garde alternée sans plus ample examen en constatant qu'une nouvelle réglementation ne s'imposait pas impérativement, le bien des enfants apparaissant garanti par leur mode de vie actuel. La critique de la recourante ayant trait à la constatation inexacte des faits nécessaires à l'application des critères d'attribution de la garde (notamment concernant la thérapie familiale, la plainte pénale déposée par l'intimé, les divergences éducatives entre les parents et les déterminations des enfants) ainsi qu'à la prise en compte de ceux-ci, en particulier par référence à l'art. 298 al. 2ter CC, est ainsi sans pertinence, dès lors qu'il ne se justifiait pas de déterminer si l'instauration d'une garde alternée serait possible et compatible avec le bien des enfants. Il résulte de ce qui précède que la décision entreprise, en tant qu'elle refuse de modifier la réglementation actuelle dans le sens d'une garde alternée, ne procède pas d'un abus du pouvoir d'appréciation.