Citation: 6B_708/2020 E. 5.3

5.3. En l'espèce, le recourant n'a pas de liens familiaux ni sociaux spécialement intenses avec la Suisse. En effet, il est divorcé et sans enfant. Il possède pour le surplus des amis, mais pas suffisamment proches, puisque aucun d'eux n'a sollicité la possibilité de le visiter en détention. Il est enfin sans emploi depuis plus de dix ans. C'est en vain qu'il fait valoir qu'il a séjourné dans notre pays pendant plus de vingt ans. En effet, le Tribunal fédéral n'adopte pas une approche schématique qui consisterait à présumer, à partir d'une certaine durée de séjour en Suisse, que l'étranger y est enraciné et dispose de fait d'un droit de présence dans notre pays, mais procède bien plutôt à une pesée des intérêts en présence (cf. arrêt 6B_1417/2019 du 13 mars 2020 consid. 2.1). Or, n'ayant ni famille, ni travail, ni amis proches dans notre pays, le recourant ne peut se prévaloir d'une intégration réussie, malgré un séjour d'une longue durée en Suisse. Le recourant ne se réintégrerait pas plus difficilement au Kosovo qu'en Suisse. Il parle en effet la langue de son pays d'origine. Il y a grandi et y a vécu jusqu'à plus de vingt ans. Il y est retourné à plusieurs reprises depuis qu'il vit en Suisse et a conservé des liens familiaux vivants et proches. C'est en vain que le recourant invoque des problèmes de santé et des difficultés de se faire soigner au Kosovo. La cour cantonale a admis que les problèmes dorsaux dont souffrait le recourant semblaient nécessiter des traitements médicamenteux et des soins de physiothérapie. Elle a toutefois considéré que le recourant pouvait également bénéficier des soins nécessaires au Kosovo, précisant que, par principe, un étranger ne pouvait pas se fonder sur l'existence de prestations médicales supérieures en Suisse pour s'opposer à son renvoi dans un pays où le traitement s'avère disponible (cf. arrêts 6B_1079/2018 du 14 décembre 2018 consid. 1.4.2; 6B_706/2018 du 7 août 2018 consid. 2.5; 2C_218/2017 du 17 juillet 2017 consid. 5.3). Le recourant ne conteste du reste pas pouvoir bénéficier de soins dans son pays, mais invoque des lenteurs en raison de la transmission de son dossier médical qui est en allemand. Cela ne saurait toutefois suffire pour faire obstacle à son expulsion. Enfin, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants. En effet, le recourant a commis de très nombreux crimes (cf. art. 139 ch. 2 et 147 al. 2 CP) et délits (cf. art. 123 ch. 1 ql. 1 et 186 CP), pour lesquels il a été condamné à une peine privative de liberté de vingt mois. Il ne s'agit certes pas d'infractions graves portant atteinte à l'intégrité physique ou sexuelle, ou encore mettant en danger la santé d'un grand nombre de personnes tel que le trafic de stupéfiants. Cette condamnation doit cependant être mise en perspective des antécédents du recourant. Durant les années passées en Suisse, celui-ci a démontré son fort mépris de l'ordre juridique de notre pays puisqu'il a été condamné pénalement à pas moins de neuf reprises, sans compter le présent jugement. Dans la présente affaire, il n'a du reste cessé de commettre des infractions qu'en raison de son incarcération. Il n'a jamais pris conscience de la gravité de ses agissements et a manifesté une propension persistante à la délinquance malgré les avertissements répétés qu'ont représenté ses condamnations précédentes (jugement attaqué p. 46, 48). Compte tenu de tous ces éléments, les conditions pour une application de l'art. 66a al. 2 CP ne sont pas réalisées, de sorte que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en ordonnant l'expulsion du recourant. La durée de l'expulsion, qui n'est pas contestée par le recourant, est justifiée eu égard aux infractions commises et à sa forte culpabilité.