Citation: 5A_876/2015 E. 4.3

4.3. La Cour de justice a exposé de manière circonstanciée les motifs pour lesquels elle a admis l'existence d'une identité économique entre le recourant et C.________ (cf. supra consid. 4.1). Par son argumentation, en grande partie dirigée de manière irrecevable contre la décision de première instance, le recourant ne parvient pas à démontrer que dits motifs seraient infondés. Selon lui, le fait qu'il soit l'ayant droit économique de C.________, qu'il exerce, en tant qu'actionnaire et directeur, un droit de contrôle sur C.________, qu'il dispose d'un pouvoir de signature sur le compte de la société auprès de la banque E.________ sur lequel le financement de B.________ a été versé et qu'il soit à l'origine du transfert d'une partie de ce financement sur son compte personnel, ne justifierait en aucun cas l'application de la théorie du Durchgriff. Ces éléments participeraient en effet d'une construction classique en matière de financement bancaire, qui aurait été mise sur pied d'entente avec B.________ sur la base des divers contrats liant les parties. Ce faisant, le recourant se contente d'affirmer de manière lapidaire que dits éléments seraient impropres à démontrer l'existence d'une identité économique. Il ne développe toutefois pas sa critique plus avant et n'avance aucun élément susceptible de démontrer la dualité économique qu'il allègue. Bien qu'il s'agisse d'indices concrets en faveur d'une identité économique entre lui et C.________, il ne s'en prend au demeurant pas à plusieurs éléments retenus en sa défaveur par la Cour de justice. Il ne critique en particulier pas la motivation de la cour cantonale lorsqu'elle retient qu'en tant que seul titulaire d'un pouvoir de signature sur le compte bancaire de C.________, il était nécessairement à l'origine de l'instruction de transférer une partie du produit du prêt octroyé par B.________ sur son compte personnel. Sur ce dernier point, il se plaint de ne pas avoir pu démontrer que son propre compte avait été débité pour régler différents frais et factures en lien avec le projet d'hôpital à L.________ qu'il avait assumés personnellement à la décharge temporaire de C.________. Or, la cour cantonale a relevé à juste titre que, même si ce transfert devait effectivement servir à couvrir un prêt que lui-même avait préalablement octroyé à C.________, cela ne faisait que révéler encore davantage le contrôle complet qu'il exerçait sur C.________ et le fait qu'il n'hésitait pas à privilégier ses propres intérêts au détriment de ceux de la société. Le recourant ne s'en prend pas valablement à cette argumentation. Le recourant ne peut pas non plus être suivi lorsqu'il soutient que le fait que la Cour de justice ait dû se référer à la sentence arbitrale du 31 juillet 2012 - et aux reproches qui y sont formulés relativement à la conduite du projet de construction d'un hôpital à L.________ - démontre qu'elle avait conscience que sa motivation était insuffisante à retenir l'existence d'une unité économique entre C.________ et lui-même. Par son argumentation, le recourant semble en effet oublier que deux conditions doivent être réunies pour que le voile social puisse être levé (cf. supra consid. 4.2). Or la motivation du Tribunal arbitral, que la cour cantonale a faite sienne, ne tendait pas à démontrer l'existence de la première condition, à savoir l'existence d'une unité économique, mais bien celle de la seconde, à savoir que la dualité feinte a été utilisée par le recourant à des fins abusives pour en tirer un avantage injustifié. Le grief, mal fondé, doit donc être rejeté. Le recourant fait encore valoir que la théorie du Durchgriff ne pouvait être appliquée en l'espèce dès lors que C.________ est une société opérationnelle et non une coquille vide ou un paravent servant à dissimuler des actifs, ce que l'audition des témoins qu'il avait requise aurait permis de démontrer. Le grief de violation du droit à la preuve due à l'absence d'audition de témoins a déjà été écartée (cf. supra consid. 3.4), de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y revenir. En outre, la cour cantonale a fondé l'application de la théorie du Durchgriff sur le fait que les intérêts respectifs de C.________ et du recourant se confondaient et que ce dernier exerçait un contrôle important, voire complet, sur la société dont il est l'actionnaire majoritaire et non sur l'absence d'activités de celle-ci. Ainsi, quand bien même l'audition de témoins aurait permis de démontrer que C.________ est une société opérationnelle, cela n'aura pas suffit à exclure l'application du principe de la transparence au cas d'espèce. Sous cet angle également, le grief tombe à faux. En définitive, force est de constater que les différents éléments pris en compte par la cour cantonale sont suffisants pour retenir à la fois l'existence d'une identité économique entre le recourant et C.________ et pour admettre que la dualité fictive entre ces deux entités a été utilisée de manière abusive, de sorte que le principe de la transparence a été correctement appliqué au cas d'espèce.