Citation: 9C_230/2019 E. 4.2

4.2. A cet égard, dans le rapport d'expertise établi le 12 octobre 2012, les docteurs D.________, E.________ et F.________ ont indiqué que "les troubles visuels, les rachialgies et les céphalées à caractère migraineux et tensionnel n'entraînaient pas d'incapacité de travail significative dans l'activité de secrétaire/assistante de direction au taux de 60 %" (expertise du CEMed, p. 16). Comme l'avait rappelé à juste titre la juridiction cantonale dans la décision du 4 mars 2016, une telle manière de procéder - où les conclusions du docteur C.________ n'ont pas été entièrement reprises, mais modifiées en ce qui concerne le taux de capacité de travail - contrevient aux exigences jurisprudentielles sur la valeur probante d'un rapport médical. Par ailleurs, l'ophtalmologue a maintenu par la suite expressément que la recourante n'était pas en mesure d'exercer son activité habituelle à 60 %. Il a de plus apporté des éléments concrets et objectifs à l'appui de sa conclusion d'une incapacité de travail de 50 % aussi dans une activité de substitution, soulignant la fatigue et le trouble visuel de l'assurée subséquent à ses céphalées. Quant aux médecins traitants, ils ont également indiqué que la recourante ne pouvait pas exercer son activité habituelle à plus de 50 % (avis des docteurs H.________ du 6 février 2017 et I.________ du 8 février 2017). En particulier, le docteur I.________ a exposé que la recourante déclarait des céphalées quotidiennes chroniques depuis l'adolescence mais très nettement aggravées depuis 2008, se mixant à des migraines sans aura initialement, puis actuellement avec aura sous forme de tâches noires coalescentes entraînant une quasi cécité pendant parfois une heure ou un jour. Selon lui, même dans une activité adaptée, un taux d'activité de plus de 60 % n'était pas exigible. Partant, l'appréciation des preuves opérée par les premiers juges est insoutenable, car ils n'ont pas pris en compte, sans raison sérieuse, des constatations médicales déterminantes relatives à la capacité de travail de l'assurée propres à mettre en cause les conclusions des experts du CEMed sur le plan neurologique, dont ils avaient, dans un premier temps, relevé l'absence de valeur probante.