Citation: 8C_755/2017 E. 4

Les juges cantonaux ont retenu que la CNA, par ses communications à l'assuré des 11 mars 2015 et 3 février 2016 ainsi que par ses décomptes d'indemnités journalières des mois de février à août 2015, avait reconnu de manière informelle les taux et périodes d'incapacité de travail annoncés, et que ces prises de position étaient entrées matériellement en force dans la mesure où leur destinataire ne les avaient pas contestées. En conséquence, la CNA ne pouvait revenir sur ces décisions (matérielles) qu'à la condition de pouvoir se fonder sur un motif de révision au sens de l'art. 53 LPGA [RS 830.1]. Tel était bien le cas selon les juges cantonaux, le cahier des charges transmis par l'employeur constituant un fait nouveau propre à justifier un réexamen de l'incapacité de travail de l'assuré. En effet, la CNA avait versé l'indemnité journalière en partant du principe que l'activité pour laquelle ce dernier avait été engagé correspondait à celle usuelle d'un contremaître - c'est-à-dire un travail physique -, alors qu'en réalité son travail comprenait principalement des tâches de nature administrative et ce, dès le début de son engagement. A cet égard, la cour cantonale a écarté la version de l'employeur selon laquelle le cahier des charges était valable seulement à partir de la reprise d'activité de l'employé. Par ailleurs, elle a considéré que sur le vu des éléments à la disposition de la CNA, celle-ci n'avait eu aucune raison de mettre en doute le fait que les tâches confiées à A.________ n'étaient pas celles d'un contremaître ordinaire avant l'entretien que le prénommé avait eu avec l'un de ses inspecteurs au mois de février 2016. Enfin, la cour cantonale a fait sienne la nouvelle appréciation de la capacité de travail de l'assuré par le docteur E.________. Rien ne permettait de remettre en cause les conclusions du médecin de la CNA puisque l'incapacité de travail fixée à l'époque par les médecins traitants ne reposait pas sur des faits corrects comme le montraient leurs rapports sur lesquels il était écrit que l'assuré exerçait une activité de "contremaître".