Citation: 2A.605/1999 07.01.2000 E. 4

4.- a) Selon l'art. 13b al. 1 LSEE, si une décision de renvoi ou d'expulsion de première instance a été notifiée, l'autorité cantonale compétente peut, aux fins d'en assurer l'exécution, mettre la personne concernée en détention, en particulier, "lorsque des indices concrets font craindre qu'elle entend se soustraire au refoulement, notamment si son comportement jusqu'alors mène à conclure qu'elle se refuse à obtempérer aux instructions des autorités" (lettre c; sur les indices de danger de fuite, cf. notamment ATF 122 II 49 consid. 2a p. 50-51 et Wurzburger, op. cit. , p. 332-333). b) En déposant sa demande d'asile sous un faux nom et en acquérant de la cocaïne, le recourant a démontré qu'il se souciait peu de respecter notre ordre juridique, ce qui constitue déjà un indice de risque de fuite au sens de l'art. 13b al. 1 lettre c LSEE (cf. Wurzburger, op. cit. , p. 333). Il prétend en outre avoir quitté la Suisse le 28 janvier 1999 afin de se rendre en France y gagner de l'argent permettant de financer ses études. Cette affirmation est toutefois en contradiction avec les faits retenus par la décision attaquée (cf. art. 105 al. 2 OJ) ainsi d'ailleurs qu'avec les pièces du dossier. Il ressort en effet d'une attestation établie par la police municipale de Y.________ qu'il a quitté sans laisser d'adresse le foyer dans lequel il logeait le 3 mars 1999. Or, le fait de quitter son logement si abruptement le jour même où, selon la décision prononçant son renvoi, il aurait dû quitter le pays, est sans conteste un indice de danger de fuite au sens de l'art. 13b al. 1 lettre c LSEE, comme l'a constaté à bon droit l'autorité intimée. Par ailleurs, le fait qu'il soit revenu en Suisse le 18 octobre 1999 car il devait passer un test au Cours de Z.________ le 20 octobre 1999 est invoqué pour la première fois devant l'autorité de céans et ne peut être pris en compte (cf. consid. 2b ci-dessus). Au surplus, son opposition résolue à rentrer dans son pays d'origine, car il souhaite s'occuper de l'enfant que son amie résidant en Allemagne mettra prochainement au monde, constitue également un indice de danger de fuite au sens de l'art. 13b al. 1 lettre c LSEE (cf. Wurzburger, op. cit. , p. 333). c) La présente procédure porte uniquement sur la légalité et la proportionnalité de la détention de l'intéressé. Le Tribunal fédéral n'a dès lors pas à examiner le bien-fondé de la décision prononçant son renvoi (cf. ATF 125 II 217 consid. 2 p. 220), de sorte que son grief, selon lequel son retour en Guinée le contraindrait à s'éloigner de son amie et l'empêcherait d'éduquer son enfant, est irrecevable. Au surplus, le Tribunal fédéral est en principe lié par cette décision de renvoi, sauf si elle est manifestement inadmissible (cf. ATF 125 II 217 consid. 2 p. 220 et la jurisprudence citée). Tel n'est toutefois pas le cas, le recourant n'ayant interjeté aucun recours à son encontre auprès de la Commission suisse de recours en matière d'asile (cf. ATF 121 II 59 consid. 2c p. 61-62).