Citation: 1B_427/2019 E. 3.4

3.4. La recourante a établi par pièce que le chalet de Monnetier-Mornex, dont elle était propriétaire et dans laquelle elle vit toujours à titre gracieux, a été saisi puis vendu le 19 juin 2018 pour la somme de 109'000 euros et que le prix de vente a été consigné le 27 juillet 2018 par le Juge de l'exécution du Tribunal de Grande instance de Thonon-les-Bains afin de désintéresser le créancier poursuivant. Elle a également rendu vraisemblable qu'elle n'est plus propriétaire de la maison de famille qu'elle possédait en Australie et qui était grevée d'une hypothèque. La recourante ne se prononce pas sur l'argumentation en lien avec ses différents véhicules. Il ressort du dossier pénal qu'elle a acheté en 2006 quatre véhicules au nom de l'une de ses sociétés alors qu'elle n'en mentionne qu'un seul comme élément de fortune dans sa demande d'assistance judiciaire. Leur acquisition remonte cependant à treize ans et, pour autant qu'ils soient toujours en état de fonctionner et que la recourante en soit encore propriétaire, leur valeur résiduelle est négligeable. L'absence de pièces ou d'explications à ce sujet ne saurait ainsi être tenue pour décisive pour apprécier l'indigence de la recourante. Il ressort implicitement de la pièce jointe en annexe à sa demande d'assistance judiciaire, datant du mois d'avril 2009, que les sociétés B.________ Ltd et C.________ Ltd, dont elle était l'ayant droit économique et qui détenaient des comptes auprès de la Banque D.________ à Hong Kong, étaient radiées à cette date. Si elle estimait cette pièce insuffisante à démontrer que la recourante ne détenait plus ces sociétés, la Présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision aurait dû l'interpeller à ce propos. L'enquête pénale a révélé l'existence de deux trusts de famille (E.________ et F.________), constitués le 31 janvier 1993 par le père de la recourante, dont celle-ci était la bénéficiaire avec sa mère et alimentés de 650'000 USD, respectivement 825'000 USD. La recourante alléguait dans sa demande d'assistance judiciaire que les fonds ont été utilisés pour assurer les frais liés au placement de sa mère dans une maison de retraite et que les trusts ont été dissous sans toutefois fournir de pièces à l'appui de ses dires. La question de savoir si l'on peut lui reprocher de ne pas l'avoir fait peut demeurer indécise. La recourante ne discute en effet pas l'argumentation selon laquelle elle disposait d'un nombre de comptes bancaires supérieurs à ceux qu'elle avait clôturés en 2012, dont le sort serait inconnu. La Présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision ne donne certes aucune précision à ce sujet. Toutefois, lors de l'audience d'instruction du 14 juillet 2006, la recourante a déclaré détenir des fonds sur des comptes ouverts aux noms de plusieurs sociétés dans lesquelles elle possédait des parts, à Hong Kong et dans le Queensland. Il ressort également du dossier pénal qu'elle disposait d'un compte à son nom auprès de la Banque G.________, à H.________, qui a été crédité en décembre 2006 de la somme de 250'000 USD en provenance du trust familial E.________ via un compte ouvert auprès de la Banque I.________ à J.________, au nom de K.________ SA. Par ailleurs, le Tribunal de police mentionne dans son jugement du 6 novembre 2018 qu'un relevé bancaire du 3 octobre 2010 concernant des comptes ouverts à son nom auprès de la Banque L.________ de M.________ a été saisi lors de la perquisition de son chalet. Ainsi, la Présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision n'a pas fait preuve d'arbitraire en retenant que la situation de fortune de la recourante demeurait confuse. On relèvera encore que cette dernière n'a pas établi par pièces les dépenses mensuelles courantes nécessaires à son entretien et celles de son fils aîné (alimentation, électricité, eau, chauffage) qu'elle chiffre à 500 francs dans sa demande d'assistance judiciaire et qu'elle dit assumer à l'aide de la pension de 1'500 AUD versée par son ex-mari à son fils le temps de ses études. Cela étant, au terme d'une appréciation des éléments dont elle disposait, la Présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision n'a pas versé dans l'arbitraire en considérant que la recourante n'avait pas donné tous les éléments permettant d'avoir une vision complète de sa situation financière, respectivement en retenant que la condition de l'indigence n'était pas remplie et en refusant pour ce motif de lui désigner un défenseur d'office pour la procédure d'appel.