Citation: 1C_397/2021 E. 3.3.1

3.3.1. L'argumentation principale du Tribunal cantonal ne résiste pas à l'examen. L'art. 139 al. 2 LR prévoit en effet expressément qu'une autorisation d'utilisation du domaine public ne peut être révoquée que pour de justes motifs, pour des raisons de police ou pour inobservation des conditions et charges fixées. On ne saurait admettre qu'une autorité puisse, simplement en ajoutant dans ses autorisations qu'elles ont été délivrées "à bien plaire", éluder le système légal univoque de la révocation prévu par la norme précitée. Un tel contenu n'est d'ailleurs aucunement prévu par l'art. 138 al. 3 LR, qui dispose que les autorisations peuvent être rattachées à des conditions, assorties de charges et limitées dans le temps. Force est par conséquent de retenir que l'expression "à plein plaire" utilisée dans la décision d'octroi ne permet pas à l'autorité compétente de révoquer, librement, sans devoir justifier un quelconque motif, une autorisation régulièrement octroyée. L'autorité ne dispose en effet pas d'une entière liberté (cf. arrêts 2P.202/1998 du 30 octobre 1998 consid. 3b; 1P.465/1997 du 15 décembre 1997 consid. 3b; cf. MOOR/POLTIER, Droit administratif, vol. II, 2e éd., Berne 2011, ch. 1.2.4.3 p. 91 et 2.4.3.6 p. 396 et les réf. cit.). Le Conseil d'État ne s'y était d'ailleurs pas trompé dans sa décision du 23 septembre 2020, en affirmant que "la révocation doit être motivée par des considérations pertinentes insufflées d'intérêt public et demeurer dans un rapport cohérent avec l'objet même de la décision et de la législation qui la fonde". La motivation principale du Tribunal cantonal n'est donc pas soutenable au vu du droit cantonal. Partant, la révocation en question doit respecter les conditions posées par l'art. 139 al. 2 LR et être justifiée par des justes motifs, par des raisons de police ou par l'inobservation des conditions et charges fixées.