Citation: 6B_627/2024 E. 1.5.1

1.5.1. En l'espèce, sous l'angle du droit au respect de la vie privée, il ressort du jugement attaqué que le recourant est arrivé en Suisse en 2017, mais n'est titulaire d'un permis de séjour que depuis 2020. Il n'a ainsi vécu légalement en Suisse que deux ans avant de s'adonner au trafic de stupéfiants, puis être ensuite placé en détention en 2023. Pendant cette période, s'il s'est occupé de sa fille née en 2020, il ne ressort pas des faits du jugement attaqué qu'il aurait travaillé et la majorité de ses attaches familiales et sociales semblent être au Portugal ou dans son pays d'origine. À cela s'ajoute qu'il a été condamné pénalement à quatre reprises depuis son arrivée en Suisse. Dans ces conditions, il n'apparaît pas qu'il dispose de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. Le seul fait que le recourant ait suivi des cours de français en prison ne change en l'occurrence rien à cette appréciation. Le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir retenu, en sa défaveur, qu'il n'avait pas travaillé alors qu'il était le "parent gardien" de l'enfant du couple, née en 2020. La cour cantonale n'a pas arbitrairement omis qu'il s'occupait de sa fille au moment de son arrestation (cf. supra consid. B.a); elle a cependant relevé qu'il s'adonnait au trafic de stupéfiants dans le canton de Genève alors que celle-ci était déjà née, soit en parallèle à son activité de garde. Dans ces conditions, l'on peut en effet se demander si le recourant ne pouvait pas plutôt consacrer ce temps à une activité lucrative, ne serait-ce qu'à temps partiel, pour se procurer des revenus légaux, étant encore relevé qu'il ressort du dossier que la mère de l'enfant ne travaille pas à plein temps. Le grief est rejeté dans la mesure où il est recevable. En ce qui concerne l'atteinte à la vie familiale, il y a lieu de considérer que le recourant entretient une relation étroite et effective avec sa fille, qui est de nationalité suisse, ainsi qu'avec sa compagne avec laquelle il fait ménage commun. Il convient dès lors d'admettre que l'expulsion du recourant le placerait dans une situation personnelle grave, en vertu de son droit au respect de sa vie familiale, puisqu'elle l'empêcherait en tout cas de vivre avec sa compagne et leur fille, qui bénéficient d'un droit de présence consolidé en Suisse. La première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP étant réalisée, il reste à déterminer si l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer en Suisse prévaut sur les intérêts publics à son expulsion. Cet examen implique en particulier de déterminer si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH.