Citation: 8C_388/2023 E. 9.2

9.2. La juridiction cantonale a indiqué que selon le docteur H.________, l'arthrose coxo-fémorale unilatérale gauche était probablement, voire très probablement, en lien direct avec l'impact sur l'articulation de la hanche subi lors de l'accident. Toujours selon l'expert judiciaire, l'intimée n'avait jamais atteint le statu quo ante. Elle présentait des limitations fonctionnelles en lien avec des douleurs et des gênes constantes de l'aine et de la hanche gauche. Sa capacité de travail était nulle dans son activité habituelle et la recommandation de retrouver une activité à temps complet dans une profession légère en position semi-assise libre ne tenait pas compte des réalités cliniques. La pose d'une prothèse totale de le hanche était proposée. Les juges cantonaux ont relevé que dans son rapport du 14 novembre 2022, le docteur G.________ avait contesté le lien de causalité entre l'accident et la coxarthrose gauche. L'expert judiciaire avait toutefois rendu son rapport en connaissance du dossier intégral et sa tâche était d'éclairer le tribunal cantonal sur les aspects médicaux en cause. Il n'appartenait pas à celui-ci d'arbitrer une controverse médicale entre l'expert judiciaire et le médecin conseil de la recourante. Au demeurant, le docteur H.________ s'était fondé sur des études qui étayaient son appréciation. L'avis du docteur G.________ n'était pas propre à mettre en doute ses conclusions, partagées du reste par le docteur I.________, lequel n'avait certes pas motivé son appréciation. A cela s'ajoutait que la coxarthrose n'était pas la seule séquelle invalidante de l'accident. L'expert judiciaire avait en effet admis un lien de causalité entre l'accident et la contusion de type neurapraxie ou axonotmésis du nerf obturateur gauche. Il avait expliqué que les urgences urinaires et les douleurs neurologiques consécutives à l'accident s'étaient améliorées, mais que les douleurs et les gênes provoquées par la coxarthrose persistaient. Une activité adaptée n'était selon lui pas compatible avec l'état de santé de l'intimée, en raison de l'importance des douleurs, de la mobilité limitée et de l'interférence avec la capacité de concentration. L'autorité précédente a ajouté que d'autres médecins avaient attesté une incapacité de travail dans toute activité. Par ailleurs, selon le docteur E.________, il n'y avait pas de facteurs psycho-sociaux pouvant expliquer l'importance des douleurs, et aucun médecin n'avait mis en évidence une exagération des symptômes. Aussi, les conclusions de l'expert judiciaire étaient convaincantes et il n'était pas nécessaire qu'il se prononce sur l'avis divergent du docteur G.________.