Citation: 4C.234/2004 05.10.2004 E. 4

Le défendeur soutient, par ailleurs, que les instructions écrites contenues dans le fax argué de faux constituaient une modification essentielle du contrat de prêt qui aurait dû revêtir la forme écrite réservée dans ledit contrat pour toute modification de ses clauses, condition que ne remplissait pas une simple télécopie non signée par les deux parties. Cette argumentation ne résiste pas à l'examen, ne serait-ce déjà que du point de vue de la simple logique. On ne voit pas, en effet, comment des instructions délivrées dans un fax envoyé le 21 juin 1993 auraient pu modifier un contrat signé deux jours plus tard. Il va de soi, comme le relève à juste titre la cour cantonale, que si les parties avaient voulu substituer D.________ SA au défendeur, en qualité d'emprunteur, en conformité avec le sens que l'intéressé attribue aux instructions données dans le fax en question, il leur aurait suffi de rédiger le contrat de prêt du 23 juin 1993 en conséquence. Pour le surplus, il est admis que la seule désignation d'un tiers comme destinataire des fonds ne fait pas de celui-ci une partie au contrat de prêt (cf. ATF 117 II 404).