Citation: 2C_526/2022 E. 3.3

3.3. On ne voit manifestement pas en quoi le seul fait que les rapports médicaux litigieux aient été établis en lien direct avec la procédure de renvoi de la recourante suffirait à diminuer le crédit qu'il conviendrait d'accorder à ceux-ci. Une telle constatation ne repose sur aucun motif sérieux et ne saurait être admise. Cela ne permet toutefois pas encore de qualifier d'insoutenable l'appréciation de l'autorité précédente selon laquelle lesdits rapports n'émettaient pas de contre-indication médicale ferme pour un retour de la recourante en Roumanie. Ceux-ci ne font en effet état d'un impact sur la santé ou la survie de l'intéressé qu'en cas "d'interruption de [sa] prise en charge" en Roumanie (cf. rapport du 21 octobre 2021) respectivement qu'en cas d'absence d'un "encadrement similaire" dans ce pays qui permettrait de lui assurer "un accueil et un quotidien sécurisés" (cf. rapport du 2 novembre 2021). En d'autres termes, le renvoi de la recourante en Roumanie n'est, selon les titres qu'elle a produits, médicalement contre-indiqué qu'en cas d'absence de possibilités de prise en charge médicale et institutionnelle dans ce pays. Or, sur ce dernier point, l'autorité précédente a relevé qu'il ressortait du rapport du Secrétariat d'Etat aux migrations du 26 avril 2021 que les médicaments pris par la recourante étaient tous disponibles dans son pays d'origine et que celui-ci disposait d'établissements compétents pour assurer sa prise en charge hématologique et psychiatrique, ainsi que des EMS capables de prodiguer les soins nécessaires au maintien de son état de santé actuel. Les pièces que l'intéressée avait produites à cet égard - soit un extrait du site internet du DFAE sur les voyageurs en Roumanie, un extrait du Euro Health Consumer Index de 2018 et un article sur le débordement hospitalier lié à la pandémie de Covid-19 - ne permettaient pas de renverser la présomption selon laquelle le système sanitaire roumain était suffisant, même s'il n'était pas exclu que l'encadrement et le suivi de la recourante dans ce pays ne seraient pas nécessairement identiques à ceux dont elle bénéficiait en Suisse. L'intéressée, dont l'argumentation se limite pour l'essentiel à affirmer le contraire, ne démontre pas en quoi l'appréciation des juges précédents quant aux possibilités de prise en charge médicale et institutionnelle suffisantes en Roumanie serait arbitraire. Elle ne convainc d'ailleurs pas lorsqu'elle se prévaut du fait que le Secrétariat d'Etat avait précisé, à la fin de son rapport, qu'il ne lui appartenait pas d'évaluer si un renvoi était raisonnablement exigible et si les traitements et les médicaments disponibles étaient en l'espèce suffisants d'un point de vue médical. Quoi qu'en dise la recourante, la réserve du Secrétariat d'Etat ne confirme pas l'impossibilité pour elle de bénéficier de soins appropriés - tant physiques que psychiques - dans son pays. Cela ne suffit pas, à lui seul, à rendre insoutenable les faits retenus dans l'arrêt attaqué sur la possibilité d'une prise en charge adéquate en Roumanie, ce d'autant moins que les rapports médicaux au dossier préconisent uniquement un encadrement et un suivi similaires - et non pas identiques - à ceux dont la recourante bénéficie en Suisse en cas de retour en Roumanie.