Citation: 7B_2/2022 E. 2.4.2

2.4.2. Le recourant fait valoir que l'intimé ne devrait pas être admis à apporter la preuve libératoire de la bonne foi dès lors qu'il aurait tenu les propos litigieux sans aucun intérêt public (art. 173 ch. 3 CP). Il n'existait aucun risque de réitération et le simple fait de rappeler le droit des victimes ne justifiait pas de "démolir autrui" dans la presse grand public. Il fallait en déduire que l'intimé n'avait agi que dans le but de dire du mal d'autrui. Contrairement à ce que soutient le recourant, le fait de ne pas trouver de motif suffisant (d'intérêt public ou privé) à la divulgation de propos considérés comme diffamatoires ne veut pas encore dire que l'auteur de ceux-ci les ait tenus dans le seul but de dire du mal d'autrui. Il s'agit en effet de deux conditions différentes - et cumulatives - (cf. consid. 2.1.4 supra) dont on doit admettre, avec la cour cantonale, que la seconde à tout le moins n'est pas réalisée en l'espèce. En effet, il ressort des faits constatés par la cour cantonale que l'intimé s'est exprimé principalement dans le but de donner un exemple sur un sujet d'intérêt public, à savoir les abus sexuels commis par des médecins sur leurs patientes, sans pour autant dévoiler l'identité du médecin sujet de l'exemple en cause. L'intimé ne s'est en effet jamais référé directement au recourant. Le fait que le Ministère public - après avoir examiné les propos tenus - a considéré qu'il était vraisemblable que des confrères ou d'anciennes patientes aient pu reconnaître ce dernier ne change rien au fait qu'au moment de s'exprimer, l'intimé n'a pas accusé directement le recourant en mentionnant son nom, ni n'a émis de propos permettant au lecteur moyen non averti de comprendre de qui il s'agissait (pour comparaison avec des affaires où la volonté de nuire a été retenue, voir les arrêts 6B_458/2021 du 3 mars 2022; 6B_1126/2020 du 10 juin 2021; 6B_903/2020 du 10 mars 2021; 6B_1254/2019 du 16 mars 2020). Par ailleurs, le recourant ne conteste pas la motivation de la juridiction précédente selon laquelle les propos relatés dans la presse n'étaient pas de nature à exercer une quelconque influence sur la conviction d'un procureur ou d'un juge. Dans ces circonstances, on ne saurait faire grief à la cour cantonale d'avoir considéré que rien ne permettait de retenir que l'intimé avait agi dans le but de nuire au recourant au sens de l'art. 173 ch. 3 CP, étant rappelé que le contenu de la pensée de l'auteur relève du fait (voir consid. 2.1.4 supra) et lie le Tribunal fédéral, à moins d'avoir été retenu de manière arbitraire, ce que le recourant ne démontre pas avec une argumentation satisfaisant aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. L'une des deux conditions cumulatives pour que l'auteur d'une atteinte à l'honneur se voie refuser le droit d'apporter la preuve de la bonne foi n'étant pas réalisée, il n'est pas nécessaire d'examiner la seconde, en particulier l'intérêt suffisant.