Citation: 2C_204/2024 E. 4.4

4.4. Dans le présent cas, on ne sait pas si l'intimé avait pris connaissance de la décision du 23 janvier 2024 du Secrétariat aux migrations refusant d'entrer en matière sur sa demande d'asile lorsqu'il a quitté le Centre le 26 janvier 2024. Cela étant, on constate qu'il n'était alors pas assigné à résidence et que cette décision n'était pas encore entrée en force. En outre, il ressort de cette décision du Secrétariat aux migrations que l'intéressé souffre de quelques problèmes physiques mais surtout de graves problèmes psychologiques: en octobre 2023, il a fait une tentative de suicide médicamenteuse et il s'est scarifié également dans un but suicidaire; sa consommation d'alcool est à risque; il en va de même de sa consommation d'héroïne, de cocaïne, d'ecstasy et de cannabis; il a été hospitalisé à plusieurs reprises, notamment du 28 décembre 2023 au 5 janvier 2024, et bénéficie d'un suivi psychiatrique; le diagnostic posé consiste en un trouble de l'adaptation et un trouble post-traumatique; le dernier rapport médical de ce suivi datait du 17 janvier 2024 et prévoyait une réévaluation deux semaines plus tard (cf. art. 105 al. 2 LTF). Compte tenu de ces circonstances, on ne peut considérer qu'avec son départ du Centre l'intimé entendait se soustraire à l'exécution de son renvoi, ce d'autant plus qu'il y est revenu spontanément quelques jours plus tard. De plus, il apparaît que, le 8 février 2024, le Secrétariat aux migrations a fait savoir au Service de la population que l'intimé était de retour au Centre dans l'attente des mesures en vue de son renvoi en Allemagne et que celui-ci y était resté jusqu'à son arrestation, alors qu'il n'était pas assigné à résidence; en outre, l'intéressé n'a jamais contesté devoir quitter la Suisse et a, à plusieurs reprises, affirmé être prêt à le faire; cela ressort notamment de la décision du 23 janvier 2024 du Secrétariat aux migrations qui mentionne que lors d'une audition du 5 octobre 2023, l'intimé n'avait émis aucune objection à son renvoi de Suisse et à son transfert vers l'Allemagne (cf. art. 105 al. 2 LTF). Comme l'a retenu à bon droit le Tribunal cantonal, le fait que l'intéressé avait déclaré une fois qu'il souhaitait rentrer en Algérie plutôt que d'être renvoyé en Allemagne, ainsi que le fait qu'il n'avait pas quitté spontanément la Suisse dans le délai imparti ne suffisent pas pour retenir un risque de fuite ou une absence de collaboration, au regard notamment des problèmes psychiques dont souffre l'intimé.