Citation: 4A_180/2007 06.09.2007 E. 6

La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir violé le droit fédéral en considérant que le licenciement avec effet immédiat était injustifié. 6.1 Selon l'art. 337 al. 1 1e phrase CO, l'employeur et le travailleur peuvent résilier immédiatement le contrat en tout temps pour de justes motifs. Doivent notamment être considérées comme tels toutes les circonstances qui, selon les règles de la bonne foi, ne permettent pas d'exiger de celui qui a donné le congé la continuation des rapports de travail (cf. art. 337 al. 2 CO). La résiliation immédiate pour justes motifs doit être admise de manière restrictive. D'après la jurisprudence, les faits invoqués à l'appui d'un renvoi immédiat doivent avoir entraîné la perte du rapport de confiance qui constitue le fondement du contrat de travail. Seul un manquement particulièrement grave du travailleur justifie son licenciement immédiat; si le manquement est moins grave, il ne peut entraîner une résiliation immédiate que s'il a été répété malgré un avertissement. Par manquement du travailleur, on entend en règle générale la violation d'une obligation découlant du contrat de travail, mais d'autres incidents peuvent aussi justifier une résiliation immédiate (ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 31 et les arrêts cités). Le juge apprécie librement s'il existe de justes motifs (art. 337 al. 3 CO). Il applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). A cet effet, il prendra en considération tous les éléments du cas particulier, notamment la position et la responsabilité du travailleur, le type et la durée des rapports contractuels, ainsi que la nature et l'importance des manquements. Le Tribunal fédéral ne revoit qu'avec réserve la décision d'équité prise en dernière instance cantonale. Il intervient lorsque celle-ci s'écarte sans raison des règles établies par la doctrine et la jurisprudence en matière de libre appréciation, ou lorsqu'elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun rôle, ou à l'inverse, lorsqu'elle n'a pas tenu compte d'éléments qui auraient absolument dû être pris en considération; il sanctionnera en outre les décisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appréciation lorsqu'elles aboutissent à un résultat manifestement injuste ou à une iniquité choquante (ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 32, 213 consid. 3.1 p. 220 et les arrêts cités). C'est à l'employeur qui entend se prévaloir de justes motifs de licenciement immédiat de démontrer leur existence (Brunner/Bühler/ Waeber/Bruchez, Commentaire du contrat de travail, 3e éd., Lausanne 2004, n. 13 ad art. 337 CO). 6.2 En l'occurrence, la cour cantonale a considéré que la recourante avait été informée du départ de l'intimé. Ce départ avait en effet donné lieu à un échange de courriels au sujet de l'autorisation donnée par le client: l'aval hiérarchique ne dépendait plus que de cette autorisation. Par ailleurs, le responsable du projet sur place était également au fait de cette absence; il souhaitait en effet, dans un courriel, de bonne vacances à l'intimé et n'émettait pas de réserve. En outre, l'intimé avait allégué sans être formellement contredit que son visa arrivant à expiration, il devait quitter le pays afin de le renouveler. Dès lors, le motif d'abandon de poste ne pouvait être retenu comme justifiant un licenciement avec effet immédiat. Sur ce point, la recourante se limite à soutenir qu'en arguant exclusivement du fait que l'abandon de poste n'était pas justifié puisque les vacances projetées par l'intimé avaient été autorisées par le client par courriel du 13 mai 2005, les juges cantonaux auraient « manifestement erré en ne tirant pas les conséquences juridiques découlant du fardeau de la preuve ». Comme précédemment relevé, il est erroné d'affirmer que la cour cantonale a uniquement fondé son raisonnement sur le courriel précité (cf. consid. 5). Pour le surplus, la recourante ne démontre pas en quoi la conclusion à laquelle la cour cantonale est parvenue après avoir apprécié les preuves serait insoutenable. 6.3 Les juges cantonaux ont d'autre part considéré qu'il ressortait des enquêtes de première instance que si le ton était un peu monté le 17 mai 2005, on ne pouvait qualifier les propos tenus d'injures ou de menaces et que la recourante n'avait apporté, dans le cadre de la procédure d'appel, aucun élément à même d'infirmer ce constat. A cet égard, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir méconnu les art. 337 et 328 CO « en refusant d'admettre l'existence de justes motifs de résiliation immédiate alors que (l'intimé) avait gravement porté atteinte à la personnalité d'un autre employé en proférant menaces et injures ». Elle se fonde sur certains témoignages et conclut que la cour cantonale aurait « fait une interprétation manifestement inexacte des faits en soulevant que l'employé n'avait formulé aucune menace verbale, et que (la recourante) n'avait apporté aucun autre élément nouveau dans le cadre de la procédure d'appel ». Derechef, la recourante se contente de présenter sa propre version des faits et de remettre en cause la solution retenue par les précédents juges, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Partant, son grief est irrecevable.