Citation: 4A_440/2021 E. 5.1

5.1. Le recourant brandit une formule extraite de la jurisprudence concernant l'assurance-accidents, dont il croit pouvoir déduire qu'il lui suffisait de prouver l'apparition de troubles cervicaux dans les 72 heures suivant l'accident; la causalité naturelle entre l'accident et d'autres troubles ultérieurs serait alors sans autre vérifiée. Un accident par "coup du lapin" peut générer des lésions ou microlésions qui ne sont souvent pas objectivables et s'inscrivent dans la durée, ce qui suscite des controverses médicales et juridiques (voir par ex. ALEXANDRE GUYAZ, La causalité en matière de lésions cervicales non objectivables [...], in Les causes du dommage, Journée de la responsabilité civile 2006, passim, spécialement p. 82, 91 let. E et p. 92 ss). Pour parer à ces difficultés, la pratique en matière d'assurance-accidents a développé un certain schématisme. Ainsi, lorsqu'un traumatisme par "coup du lapin" a été diagnostiqué au niveau de la colonne cervicale et que le lésé présente des symptômes typiques d'une telle lésion, avec une accumulation de plaintes telles que des maux de tête diffus, vertiges, troubles de la concentration et de la mémoire, nausées, fatigabilité, troubles visuels, irritabilité, labilité affective, dépression, changement de caractère, etc., il faut généralement admettre un lien de causalité naturelle entre l'accident et l'incapacité de travail ou de gain survenue par la suite - même à défaut de déficits organiques objectifs. Ceci dit, des renseignements médicaux fiables doivent attester l'existence d'un tel traumatisme et de ses suites (ATF 134 V 109 consid. 9 et les arrêts cités 117 V 359 spéc. consid. 4b p. 360, resp. ATF 119 V 335 spéc. consid. 2b/aa p. 340; arrêts 8C_400/2020 du 14 avril 2021 consid. 2.2; 8C_826/2019 du 13 mai 2020 consid. 3.3). Dans ce contexte, où le traumatisme lui-même doit être dûment établi (arrêt précité 8C_826/2019 consid. 6.2.3 i.f.), l'autorité de céans a précisé que cette pratique relative au "coup du lapin" s'applique en principe uniquement si les premières douleurs à la nuque et à la colonne cervicale se manifestent dans les 72 heures consécutives à l'accident (arrêts 8C_498/2011 du 3 mai 2012 consid. 6.1.1, in SVR 2012 UV n° 27 p. 96; U 457/06 du 16 mars 2007 consid. 3). Cette condition découle des enseignements de la médecine, selon lesquels de tels signes se manifestent habituellement dans les 24 à 72 heures au maximum après l'accident. En revanche, d'autres symptômes caractéristiques peuvent surgir ultérieurement, parfois des années après l'accident (arrêts 8C_450/2007 du 17 janvier 2008 consid. 6; U 167/06 du 31 janvier 2007 consid. 3.2 et le renvoi à l'ATF 117 V 359 consid. 5d/aa p. 363; U 215/05 du 30 janvier 2007 consid. 5, in SVR 2007 UV n° 23 p. 75). Quoi qu'en pense le recourant, cette jurisprudence développée pour l'assurance-accidents ne vise pas à instaurer la preuve irréfutable d'une causalité naturelle entre un accident et un tableau varié de symptômes caractéristiques d'un "coup du lapin" (TAEC), qui serait établie de façon immuable dès l'instant où le lésé prouverait avoir souffert de nucalgies ou de cervicalgies dans les 72 heures après le sinistre.