Citation: 6B_1277/2018 E. 2.2

2.2. Pour retenir que le permis de conduire était un faux, la cour cantonale s'est fondée sur un rapport du 7 mars 2018 de la police de sûreté vaudoise (pièce 5). Celui-ci conclut que le permis est un faux sur la base des éléments suivants: 1) Les procédés d'impression du permis de conduire diffèrent des standards connus. 2) La découpe des pages n'est pas centrée et les alignements des rubriques ne sont pas corrects par rapport au centrage du permis de conduire; cette anomalie est particulièrement frappante au niveau des pages 4 et 5. 3) Le numéro du permis de conduire, qui n'est pas réalisé par typographie, comporte 6 chiffres au lieu de 5 ou 7 selon les éditions. Ces éléments sont convaincants. En admettant sur la base de ceux-ci que le permis de conduire était un faux, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire. Le recourant soutient que le classement de la procédure pour faux dans les certificats en raison de l'absence de l'élément subjectif signifie que le ministère public a admis qu'il avait bel et bien retiré son permis de conduire auprès du service administratif en Erythrée, après avoir suivi les cours et passé les examens; s'il avait au contraire acheté un faux permis auprès d'un faussaire, l'élément subjectif ne ferait pas défaut. Selon le recourant, il serait dès lors contradictoire, d'une part, de classer la procédure pour défaut d'élément subjectif et, d'autre part, de qualifier de faux le permis de conduire. On peut concéder au recourant que l'ordonnance du ministère public paraît quelque peu contradictoire. Il n'en reste pas moins que la cour cantonale a retenu, sur la base d'un rapport de police clair et donc sans arbitraire, que le permis de conduire était un faux. Pour le surplus, il n'appartient pas à la cour de céans de revenir sur l'infraction de faux certificat, compte tenu de l'interdiction de la reformatio in pejus.