Citation: 5A_782/2023 E. 3.2.2

3.2.2. L'allégation selon laquelle les employés sont informés de leur bonus fin avril ou début mai ne repose sur aucun élément du dossier (cf. supra consid. 2.2), de sorte que l'on ne saurait retenir que le recourant ne savait pas s'il percevrait un bonus en 2022 lors de la procédure d'appel. Dût-on retenir que le recourant avait effectivement reçu l'information début mai 2023 que l'on ne percevrait de toute manière pas pour quelle raison il aurait été empêché de la communiquer à la Cour de justice en temps utile dès lors que les parties ont été avisées de ce que la cause était gardée à juger par courrier du 22 mai 2023. Par ailleurs, le document invoqué à l'appui de la prétendue baisse de performance du portfolio est un courriel du 1er décembre 2022 adressé au recourant par le Chief Operating Officer de la société qu'il l'emploie mentionnant lapidairement " YTD last available figure is -13,8% ". Indépendamment de la question de la force probante d'un tel document, il ne permet pas de conclure à l'absence de versement de bonus 2022, faute notamment pour le recourant d'avoir exposé précisément, pièces à l'appui, les conditions d'octroi de son bonus et communiqué la performance de la société sur l'entier de l'année 2022, le recourant ne démontrant pas avoir été dans l'impossibilité de renseigner la Cour de justice sur ce dernier point avant que la cause ne soit gardée à juger. En outre, il n'apparaît pas que le recourant avait étayé d'une quelconque façon, en particulier en se référant à des pièces, ses considérations en lien avec la prétendue prime exceptionnelle de promotion prétendument comprise dans son bonus 2019 dans le cadre de la procédure d'appel et il ne le fait pas davantage devant le Tribunal fédéral. C'est donc vainement qu'il fait grief à la Cour de justice de ne pas en avoir tenu compte, respectivement qu'il prétend qu'il conviendrait de faire abstraction du bonus 2019 pour établir ses revenus. Quant au caractère discrétionnaire et non garanti des bonus attesté par son employeur, il n'est pas déterminant. En effet, le recourant a perçu chaque année un bonus entre 2018 et 2021 et il n'établit pas qu'il en irait différemment pour les années suivantes, de sorte qu'il n'apparaît pas arbitraire de considérer que son versement est effectif et régulier (cf. supra consid. 3.1). Cela étant, compte tenu des principes susrappelés (cf. supra consid. 3.1), le recourant ne démontre pas que la Cour de justice aurait fait preuve d'arbitraire en arrêtant son revenu à 26'000 fr. par mois, en procédant à une moyenne des revenus mensuels qu'il avait réalisés les trois dernières années (27'736 fr. en 2019, 28'296 fr. en 2020 et 22'391 fr. en 2021 / 3). D'une part, au vu de ces derniers chiffres - que le recourant ne remet pas valablement en cause -, il n'apparaît pas que l'on puisse reprocher à la Cour de justice d'avoir retenu que l'on était en présence de revenus fluctuants et non en diminution constante. D'autre part, il n'est pas établi qu'un calcul du revenu mensuel du recourant sur les cinq plutôt que sur les trois dernières années conduirait à un résultat différent et qu'ainsi il serait critiquable de s'en tenir à la durée indicative de trois ans posée par la jurisprudence comme l'a fait la Cour de justice. Il suit de là qu'autant que recevables, les critiques du recourant concernant l'établissement de ses revenus doivent être rejetées.