Citation: I 346/00 13.02.2001 E. 3

3.- Le litige porte sur le point de savoir si la caisse intimée était en droit de verser en mains de l'ex-épouse du recourant les rentes pour enfants avec effet rétroactif. a) Dans sa version en vigueur jusqu'au 31 décembre 1996, aucune disposition de l'art. 35 LAI ne prévoyait - à la différence de l'art. 34 LAI en ce qui concerne la rente complémentaire - de versement à un tiers de la rente pour enfant. Mais le Tribunal fédéral des assurances, par une interprétation s'inspirant notamment de l'esprit de la loi et du but visé par la rente pour enfant, a admis dans certains cas le versement direct de cette rente en mains du tiers qui s'occupe effectivement de l'entretien et de l'éducation de l'enfant, alors même que les conditions - strictes - de l'art. 76 al. 1 RAVS (auquel renvoie l'art. 84 RAI) n'étaient pas remplies. C'est ainsi que, sauf décision contraire du juge civil, la rente pour enfant à laquelle avait droit un père invalide devait, sur demande, être payée en mains de l'épouse séparée ou divorcée lorsque cette dernière détenait l'autorité parentale, que l'enfant n'habitait pas avec le père invalide et que l'obligation de celui-ci envers celui-là se limitait au versement d'une contribution aux frais d'entretien. Il s'agissait là de cas où la situation de droit était claire et en règle ordinaire stable; les principes ainsi posés ne pouvaient être étendus à des situations éminemment labiles et provisoires, où le juge civil pouvait en tout temps prendre les mesures nécessaires à la sauvegarde des intérêts de l'union conjugale (ATF 103 V 134 consid. 3, 101 V 210 consid. 2, 98 V 216; SVR 1999 IV no 2 p. 5 consid. 2a; cf. aussi Thomas Geiser, Das EVG als heimliches Familiengericht?, in Mélanges pour le 75e anniversaire du TFA, p. 362; Michel Valtério, Droit et pratique de l'assurance-invalidité [Les prestations], p. 241). Selon la jurisprudence, l'obligation du parent bénéficiaire de rente se réduit à une contribution aux frais d'entretien si les prestations à sa charge n'atteignent pas les normes définies par H. Winzeler en collaboration avec l'Office de la jeunesse du canton de Zurich (SVR 1999 IV no 2 p. 6 consid. 2a; voir aussi à propos de ces normes : ATF 122 V 125, relatif au droit de la femme divorcée à la rente complémentaire pour épouse selon l'art. 34 al. 2 aLAI; ATF 125 V 143 consid. 2b et la jurisprudence citée, concernant la notion d'enfant recueilli). Les normes en question ont été adaptées périodiquement par ledit office en fonction du renchérissement. Depuis le 1er janvier 1997, l'art. 35 al. 4 in fine LAI attribue au Conseil fédéral le pouvoir d'édicter des prescriptions complémentaires sur le versement de la rente pour enfant, notamment pour les enfants de parents séparés ou divorcés. Le Conseil fédéral, à ce jour, n'a pas fait usage de cette délégation de compétence, de sorte que les principes jurisprudentiels ci-dessus exposés conservent toute leur valeur (SVR 2000 IV 22, p. 65 s. consid. 2a). b) En l'espèce, il est constant que les prestations à la charge du recourant en vertu du jugement de divorce sont largement inférieures aux normes susmentionnées. Dans ces conditions, ses obligations envers ses enfants se réduisent à une contribution aux frais d'entretien et la caisse intimée était en droit de verser les rentes pour enfants en mains de l'ex-épouse qui détenait l'autorité parentale et dont les enfants n'habitaient pas avec le père. Au demeurant, le recourant ne demande pas le versement en ses mains des rentes pour enfants, mais conclut au remboursement du montant correspondant à sa contribution à l'entretien de ses enfants versée à son ex-épouse. Comme le relève le jugement entrepris, auquel il suffit de renvoyer sur ce point, une telle prétention ne relève pas du juge des assurances sociales mais du juge civil.