Citation: 4A_558/2009 05.03.2010 E. A

A.a Y.________ SA (ci-après: Y.________), dont le siège est à Genève, a pour but social la prestation de tous services entrant dans le cadre des activités d'une fiduciaire, tels que mandats d'organe de révision, contrôle spécial, expertise, conseils en matière d'organisation, assistance en matière de gestion d'entreprises, consultations fiscales et financières. Par contrat écrit du 19 septembre 2002, X.________, domicilié à Vétraz-Monthoux (France), a été engagé par Y.________, à partir du 1er octobre 2002 et pour une durée indéterminée, en qualité de directeur de l'agence de Genève. Le dernier salaire mensuel brut du prénommé s'est élevé à 14'950 fr., versé treize fois l'an. Le contrat de travail prévoyait notamment le versement d'une gratification équivalant à deux mois de salaire au maximum en cas d'atteinte des objectifs, fixés de manière discrétionnaire par la société au début de chaque exercice sur la base du résultat comptable au 30 septembre de chaque année, la prime étant exigible au plus tard le 31 janvier de l'année suivante. Il comportait une clause de « Protection de clientèle et prohibition de concurrence après la fin du contrat », à teneur de laquelle l'employé s'interdisait, sur une période de trois ans à compter de la cessation des rapports de travail, de détourner ou tenter de détourner les clients de Y.________ à son profit ou au profit d'un tiers et d'exercer la fonction d'expert-comptable, de comptable indépendant, de réviseur aux comptes, de conseil en organisation, de conseil juridique et de conseil d'entreprise dans le canton de Genève, cela pendant la même période triennale. Il était stipulé, en cas d'entorse à l'une des interdictions susmentionnées, une clause pénale ouvrant le droit « à des dommages et intérêts équivalents (sic) au préjudice subi, ces dommages et intérêts étant, en tout état de cause, au moins égaux, par infraction constatée, à la rémunération brute totale correspondant à deux années entières de (l'activité du salarié), ceci sur la base de (sa) dernière rémunération ». Il était enfin prévu un délai de résiliation ordinaire de six mois pour la fin d'un mois. Au moment de son engagement, X.________ était associé de la société Alvigest SA. Il a été retenu que les parties sont convenues oralement à une date inconnue que Y.________ verserait à X.________ un montant d'environ 80'000 fr. représentant les honoraires facturés au 30 septembre 2004 aux anciens clients d'Alvigest SA apportés par le travailleur à Y.________. Lorsqu'il a été recruté, X.________ n'a pas informé l'employeur qu'il était également actionnaire à hauteur de 55% - son épouse détenant le solde des actions - de la société Argos Révision Conseil Sàrl, constituée en 1987 et sise à Genève. Le travailleur n'a pas davantage tenu au courant Y.________ qu'une plainte avait été déposée en 2000 à son encontre auprès de l'Ordre des experts-comptables de Rhône-Alpes par l'administration fiscale française, qui soutenait qu'Argos Révision Conseil Sàrl était imposable en France. A.b La Cour d'appel a retenu que A.________, propriétaire économique de la fiduciaire V.________ SA, a cédé dès le 1er octobre 2002 son entreprise à Y.________, ce dont les clients de celle-là ont été dûment informés. A.c En 2004, les relations entre les parties se sont détériorées en rapport avec le souhait de Y.________ d'affilier son personnel à une nouvelle institution de prévoyance professionnelle. X.________ a refusé de renvoyer un questionnaire de santé, ce qui a bloqué tout le processus de transfert d'assurance. Le 12 octobre 2004, Y.________ a licencié X.________ avec effet au 30 avril 2005. Le congé a été confirmé par lettre du 13 octobre 2004, par laquelle le travailleur était libéré de l'obligation de travailler. Répondant à un courrier du travailleur, adressé le 18 octobre 2004, par lequel ce dernier désirait connaître les motifs de son licenciement, Y.________ a exposé, par courrier du 24 novembre 2004, qu'il était reproché au travailleur ses soucis financiers, incompatibles avec l'exercice de sa profession et de sa fonction, ses problèmes d'ordre déontologique avec la France et le fait de n'avoir pas joué son rôle de cadre en rapport avec l'affiliation du personnel à une caisse de prévoyance professionnelle; l'employeur rappelait encore au salarié l'existence de la clause de prohibition de concurrence. Le 23 décembre 2004, Y.________ a signifié à X.________ son licenciement avec effet immédiat pour justes motifs. L'employeur a motivé le congé par le fait qu'il venait d'apprendre de certains de ses clients que le travailleur les démarchait « systématiquement » afin de les inciter à quitter la fiduciaire. Il a été retenu que le 1er mars 2006 X.________ a été engagé par la Fiduciaire Edmond Favre SA, en qualité d'expert-comptable diplômé avec statut de directeur général, pour un salaire annuel brut de 260'000 fr. plus frais de représentation. Par lettre du 16 janvier 2007, Y.________ s'est plainte auprès de Fiduciaire Edmond Favre SA que X.________ avait envoyé des cartes de voeux aux clients de la première et a informé la destinataire que le précité était lié par une clause de prohibition de concurrence. Le 22 janvier 2007, Fiduciaire Edmond Favre SA a licencié X.________ avec effet immédiat pour le motif qu'il avait continué d'exercer parallèlement une activité pour Argos Révision Conseil Sàrl.