Citation: 4A_45/2008 23.04.2008 E. B

B.a Par demande du 25 avril 2005, Y.________ a déposé une demande contre X.________ auprès du Tribunal cantonal genevois des assurances sociales, laquelle tendait, d'une part, au paiement d'une rente entière d'invalidité depuis le 20 septembre 1996 en application de la police conclue avec la compagnie, ce qui représentait un capital de 69'800 fr., et, d'autre part, à ce qu'il soit dit que l'assurée avait droit à une rente de 40 fr. pour l'avenir, sans limitation de durée. Après avoir pris connaissance du chargé de pièces de la demanderesse, X.________, invoquant des réticences, s'est départie, par courriers des 23 et 24 mai 2005, du contrat passé le 11 décembre 1989 avec effet ex tunc. Elle a reproché à Y.________ d'avoir dissimulé une dépression qui serait survenue en 1985 après la naissance de sa fille et de ne pas avoir répondu correctement au questionnaire médical concernant l'épilepsie dont elle souffre. Dans sa réponse du 6 juin 2005, X.________ a conclu reconventionnellement au remboursement par la demanderesse d'un montant de 134'385 fr. avec intérêts à 5 % dès la date de la réponse représentant les rentes prétendument versées à tort. Elle a requis, à titre subsidiaire, qu'il soit constaté que dame Y.________ n'est invalide qu'à 50 %. B.b Au cours des enquêtes, de nombreux médecins ont été entendus. Selon le docteur B.________, psychiatre que Y.________ a consulté environ une fois par mois depuis avril 2000, cette dernière est atteinte d'un trouble dépressif récurrent, d'intensité moyenne. Elle n'avait jamais consulté de psychiatre avant lui. Il a déclaré qu'il ne pouvait pas dire de quand datait la survenance du premier état dépressif, mais qu'il ne serait pas surpris si la précitée avait fait une dépression dans la première et la deuxième année suivant la naissance de sa fille. D'après le docteur C.________, qui connaît Y.________ depuis 1993, cette dernière ne présentait pas d'état dépressif l'année en question. Lorsqu'on lui avait soumis le formulaire de la demande de prestations AI de l'intéressée, il n'y avait pas mentionné d'état dépressif, car il n'avait rien constaté à ce titre. Ce praticien a exposé qu'un diagnostic de fibromyalgie primaire engendre un état anxieux dans la mesure où il n'y a pas d'explications médicales aux douleurs ressenties. Il a encore indiqué avoir noté en 1994 un problème d'épilepsie dans la famille de Y.________, plus particulièrement concernant son frère. A la suite de petits malaises apparus entre 1994 et 1997, il avait conseillé à sa patiente d'aller voir un neurologue, lequel, après examens par électro-encéphalogrammes, avait exclu une atteinte neurologique, notamment une épilepsie. Le docteur D.________, neurologue, a vu pour la première fois Y.________ en 1993. Il a déclaré que celle-ci lui avait rapporté qu'elle avait eu des pertes de connaissance entre l'âge de 5 et 12 ans au Portugal et que ses parents avaient suspecté une épilepsie puisqu'un membre de la famille en souffrait. Il n'y avait jamais eu d'investigations au Portugal. L'électro-encéphalogramme qu'il a pratiqué en 1993 s'est révélé entièrement normal. Il avait procédé à un second examen en 1996, qui avait abouti au même résultat. Le docteur D.________ a relevé qu'il est vraisemblable que sa patiente souffre de syncopes vaso-vagales et que les phénomènes cliniques rapportés par sa patiente ne sont pas du tout évocateurs d'une épilepsie, que se soit en 1993 ou dans son enfance. Le docteur E.________, médecin conseil de X.________, a déclaré qu'il n'occupait pas cette fonction à l'époque de la conclusion du contrat litigieux, mais qu'il avait étudié le dossier que la compagnie lui avait remis. Il a indiqué que X.________ avait reçu des rapports médicaux en 1993 et 1994, lesquels faisaient état de problème d'hypertension et d'état dépressif apparus en 1985 déjà. Le docteur F.________, médecin traitant de la recourante depuis 1996, a affirmé qu'à sa connaissance sa patiente n'avait pas suivi de traitement psychiatrique avant de venir le consulter. Il a déclaré qu'il avait été découvert une hypertension lors de sa grossesse et qu'une poussée hypertensive peut entraîner des malaises avec perte de connaissance plus ou moins brève. Selon ce médecin, Y.________ a été mise au courant par le corps médical de son problème d'hypertension survenu lors de la grossesse. B.c A la suite de la déposition du docteur F.________, X.________, par courrier du 2 novembre 2006, a invoqué un troisième cas de réticence, consistant en une hypertension apparue au cours de la grossesse.