Citation: 5A_832/2008 16.02.2009 E. A

A.a D.X.________ était gestionnaire de fortune et membre de la direction de Y.________ SA. Arrêtée le 27 janvier 2005, elle a été condamnée le 4 mars 2008 à trois ans de peine privative de liberté, dont huit mois sans sursis, pour abus de confiance aggravé. Elle avait commis des détournements au préjudice des clients de Y.________ pour près de huit millions de francs, dont environ trois millions au préjudice de la fondation G.________, fondation dont sa mère, F.X.________, était la principale bénéficiaire, elle-même en étant, avec son frère A.X.________, avocat, et une tierce personne, les seconds bénéficiaires. Des négociations ont été entreprises dès l'année 2005 entre la famille X.________ et Y.________ afin de parvenir à une solution transactionnelle. Elles ont abouti à la conclusion d'une convention le 3 avril 2006 entre, d'une part, D.________ et A.X.________, d'autre part Y.________, représentée par B.________ et C.________, membres de la direction avec signature collective à deux. Dans cette convention, A.X.________ a, en substance, souscrit une reconnaissance de dette en faveur de Y.________, à teneur de laquelle il s'engageait à lui verser la somme de 3'750'000 fr. comme suit: 1) paiement de 250'000 fr. au jour de la signature de la convention, 2) cession de la caution de 500'000 fr. qu'il avait versée en décembre 2005 pour la mise en liberté provisoire de sa soeur, 3) constitution de débiteur pour la somme de 3'000'000 fr., garantie par la remise en pleine propriété de deux cédules hypothécaires grevant un immeuble à H.________ et due trente jours après la condamnation pénale de sa soeur, mais au plus tard le 31 décembre 2006. La soeur s'engageait pour sa part à céder à Y.________ les produits des infractions qu'elle avait commises, soit des bijoux et des robes de haute couture, estimés à 250'000 fr. Quant à Y.________, elle s'engageait à requérir la levée des séquestres pénaux ordonnés sur l'immeuble de H.________ (propriété en main commune du frère et de la soeur) et sur un immeuble à I.________ (propriété de la soeur). Elle acceptait en outre de retirer sa constitution de partie civile avec désistement après réception des cédules hypothécaires précitées. Toutes les parties à la convention du 3 avril 2006 ont exécuté leurs obligations en temps utile. Parallèlement à ladite convention, la mère et les frère et soeur X.________, ainsi que la tierce personne bénéficiaire de la fondation G.________ ont, par courrier du 28 mars 2006, renoncé à toute action contre Y.________ du fait des opérations menées auprès de son établissement par la fondation précitée ou pour son compte par D.X.________. Ils déclaraient en outre garantir Y.________ « irrévocablement et inconditionnellement de tout préjudice découlant de toute action de tiers qui pourrait être dirigée contre [elle] suite aux opérations précitées ». A.b Par courrier du 26 mars 2007, A.X.________ a déclaré à Y.________ « résilier les accords intervenus » conformément à l'art. 21 CO (lésion) et l'a mise en demeure de lui restituer la somme de 3'750'000 fr., avec intérêts. Il exposait que les détournements commis par sa soeur avaient engendré l'obligation de Y.________ d'indemniser ses clients, dont la fondation G.________, mais que la banque avait oeuvré en sorte qu'il se reconnût personnellement débiteur de la somme en question qu'il ne devait pas, en contrepartie de la cession d'une créance contre sa soeur d'une valeur nominale de 5'600'000 fr. mais ne valant que 1'600'000 fr. De plus, il disait avoir été amené à faire en sorte que la fondation G.________ renonçât à toute indemnisation. Il reprochait à Y.________ de l'avoir intimidé en lui faisant croire qu'elle l'impliquerait avec succès dans la procédure pénale dirigée contre sa soeur, « bien qu'il n'y [eût] aucunement matière naturellement », avec pour conséquence la ruine de sa réputation et des préjudices irréparables pour lui-même et sa famille s'il ne contribuait pas à réparer le préjudice causé par sa soeur. Il ajoutait que, fortement perturbé par ces pressions, il avait subi une grave dépression et une altération de sa capacité de jugement. Il avait certes confié la défense de ses intérêts à un avocat, mais il avait appris par la suite que celui-ci avait un conflit d'intérêts avec l'un de ses associés qui défendait des déposants lésés par les actes de sa soeur. Subsidiairement, dans l'hypothèse où sa déclaration de résiliation devait être jugée inopérante, il réclamait des dommages-intérêts pour cause « d'acte illicite civil correspondant à la manipulation dont il [avait] fait l'objet (...) et une contravention aux règles de la bonne foi, aboutissant à l'enrichissement illégitime de [la banque] en CHF 2'150'000 fr. avec accessoires, s'agissant de la convention du 3 avril 2006 seulement ». Par ailleurs, A.X.________ a manifesté l'intention d'agir à l'encontre de B.________ et de C.________ qui, selon lui, avaient « personnellement accompli les actes lésionnaires reprochés à [la banque] ». A.c A.X.________ a requis des poursuites à l'encontre de Y.________ (pour des montants de 2'150'000 fr. et 3'150'000 fr.), ainsi qu'à l'encontre de B.________ et de C.________. Ces deux derniers se sont vu ainsi notifier, le 23 avril 2007, les commandements de payer n°s xxx et xxx portant sur le montant de 2'150'000 fr. en capital, à titre de « responsabilité pour acte illicite en rapport avec la conclusion de la convention du 03.04.06 conclue pour le compte de Y.________ (...) ». L'année suivante, A.X.________ a renouvelé ses poursuites à l'encontre des prénommés en leur faisant notifier, respectivement les 23 et 25 février 2008, les commandements de payer n°s xxx et xxx. Les deux poursuivis ont formé opposition aux poursuites susmentionnées. Bien qu'ayant déclaré, le 3 avril 2007, qu'il intenterait « les actions en établissement de la créance et en mainlevée définitive des oppositions dès le retour des exemplaires créanciers des commandements de payer », A.X.________ n'a, à ce jour, introduit aucune action contre les poursuivis.