Citation: 2C_439/2023 E. 7.4.2

7.4.2. En l'espèce, il ressort des faits de l'arrêt attaqué, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), qu'en sus de la violation de l'obligation de gérer les deux salons et l'agence d'escorte de manière effective et personnelle (cf. supra consid. 6), la recourante a, depuis l'ouverture des trois établissements, fait fi de nombre des obligations imposées par cette loi. Elle a persisté dans ses manquements, en dépit de trois avertissements. La Police cantonale a rapporté à trois reprises, à la suite des contrôles effectués les 30 septembre 2020, 20 septembre 2021 et 14 novembre 2022, avoir constaté qu'une personne s'adonnait à la prostitution sans autorisation de travail. Or, selon l'art. 12 let. b LProst/GE, la personne responsable d'un salon a pour obligation de s'assurer du respect de la législation relative au séjour et au travail des étrangers. En outre, la Police cantonale a constaté, lors d'un autre contrôle, qu'une travailleuse du sexe ne figurait pas sur le registre du salon où elle exerçait, alors qu'elle avait commencé son activité plusieurs mois auparavant. La recourante a ainsi contrevenu à son obligation de tenir constamment à jour et en tout temps à disposition de la police, à l'intérieur de l'établissement, le registre des personnes y exerçant la prostitution (cf. art. 12 let. a LProst/GE). Elle n'a pas non plus informé les autorités de son insolvabilité, pas plus qu'elle n'a entrepris les démarches nécessaires auprès du Département du territoire pour régulariser l'affectation des locaux utilisés comme salons, ce en violation des art. 10 let. c et d, 17 let. c, 11 et 18 LProst/GE. Elle a aussi manqué à ses obligations de lutter contre la propagation du Covid-19 et a tardé à prendre les mesures adéquates lorsqu'elle a été informée de la possible présence de punaises de lit dans l'un des salons, alors qu'il lui incombait, selon l'art. 12 let. c LProst/GE, d'agir afin d'empêcher toute atteinte à la santé et à la salubrité publiques. Au vu de la gravité et de la répétition, malgré trois avertissements, des manquements de la recourante aux devoirs que lui imposait la LProst/GE, la fermeture des deux salons et de l'agence d'escorte et l'interdiction d'exploiter tout établissement de ce type durant dix ans prononcée en l'espèce n'apparaît pas disproportionnée.