Citation: 5D_100/2013 E. 5.1.2

5.1.2. L'art. 144 al. 2 CPC posant l'exigence d'un motif suffisant qu'il appartient à la partie d'invoquer de façon motivée et au juge d'apprécier, on ne saurait reprocher - que ce soit sous l'angle de l'arbitraire, de la violation du droit d'être entendu ou du formalisme excessif - à la Cour des poursuites et faillites d'avoir examiné si un tel motif était donné en l'espèce et de ne pas s'être contentée d'une prolongation " automatique ". Autre est la question de savoir si, dans son appréciation de cette condition, l'autorité cantonale a outrepassé de façon manifestement insoutenable (sur la notion d'arbitraire: supra, consid. 3.2) le large pouvoir qui est le sien en la matière. A cet égard, elle a considéré qu'en se contentant d'invoquer " diverses raisons, entre autres, de santé ", le recourant n'avait pas rendu vraisemblable l'existence de ces motifs, ni expliqué en quoi ceux-ci auraient constitué un empêchement de procéder dans le délai fixé. Une telle appréciation n'est pas arbitraire. On ne saurait reprocher à la Cour des poursuites et faillites de ne pas avoir retenu que, derrière les termes " diverses raisons ", le recourant entendait se référer à la complexité de l'ensemble des litiges le concernant et à la " surcharge de travail " qui en a résulté pour lui et que, partant, il aurait rendu vraisemblable le motif de prolongation. On peut exiger, même sous l'angle d'un examen limité, à juste titre, à la vraisemblance, que le justiciable allègue, au moins succinctement, le motif de prolongation et ne se contente pas d'une expression aussi générale que " diverses raisons ", et ce quand bien même il serait connu des tribunaux. Il n'était pas non plus arbitraire de constater que le recourant n'a pas rendu vraisemblable " la raison de santé " qui l'aurait empêché de procéder dans le délai. En effet, il n'apparaît pas qu'il aurait fourni, en dehors de l'allégation " diverses raisons, entre autres, de santé ", un quelconque élément qui aurait permis de considérer comme vraisemblable que sa santé se serait péjorée en raison des nombreuses affaires dont il doit s'occuper, au point de faire obstacle à une réponse en temps utile. Dans le présent recours, il se limite de fait à affirmer péremptoirement (cf. supra, consid. 3.1) qu'il a invoqué la " raison de santé dont l'état rendait [...] indispensable [...] l'acceptation de la première demande de prolongation " et que son état de santé s'est trouvé très altéré par les procédures en cours devant les tribunaux vaudois. En l'absence de tout motif de prolongation, condition posée par l'art. 144 al. 2 CPC, la décision de l'autorité cantonale de refuser de prolonger le délai de réponse ne saurait être taxée d'insoutenable. Elle est d'autant plus justifiée que la demande a été faite dans le cadre d'une procédure sommaire dont la caractéristique est d'être simple et rapide et, plus particulièrement, d'une procédure de mainlevée définitive qui postule une certaine célérité (cf. Walter A. Stoffel, La mainlevée d'opposition - modèle d'une " procédure simple et rapide "?, in: Centenaire de la LP, 1989, p. 214 ss; en général: Fabienne Hohl, La réalisation du droit et les procédures rapides, 1994, nos 776 ss, avec les citations; ATF 138 III 252 consid. 2.1 [ad art. 252 ss CPC]), alors que le délai de réponse était déjà fort généreux. Fondée en droit, on ne voit pas en quoi elle violerait par ailleurs le droit d'être entendu du recourant (cf. Staehelin, op. cit., no 6 ad art. 144 CPC, selon lequel il y a violation du droit d'être entendu si la prolongation est refusée alors qu'il y a un motif suffisant). Ce dernier était averti que, même s'il ne procédait pas, le juge statuerait sans audience, sur la base du dossier, conformément aux art. 147 al. 3 et 256 al. 1 CPC. En déposant le dernier jour du délai imparti pour répondre à une demande de prolongation dont il ne pouvait exclure qu'elle soit rejetée, la prolongation n'étant pas automatique mais devant se fonder sur un motif suffisant, il a pris le risque de ne plus pouvoir se déterminer.