Citation: 6B_506/2016 E. 2.3

2.3. Au demeurant, en ce qui concerne l'absence de marque de coups observées sur le corps de l'intimée par des tiers, c'est sans arbitraire que l'autorité précédente a relevé que rien n'indiquait que les coups mentionnés par l'intimée auraient forcément dû laisser des traces et encore moins qu'ils auraient nécessairement été constatés par des tiers. Quant au fait que le pédiatre de l'intimée n'a pas constaté de lésions gynécologiques, le recourant relève lui-même qu'on ignore quels examens ce médecin a pratiqué sur sa patiente lorsqu'il l'a reçue en consultation pour une suspicion d'infection urinaire, de sorte que l'intéressé ne peut rien déduire de l'absence d'un tel constat, en particulier en ce qui concerne des lésions internes. L'écoulement du temps ne rendait pas les déclarations de la victime moins crédibles, la cour cantonale observant que les premiers juges avaient expliqué de manière convaincante le processus qui avait amené l'intimée à ne pouvoir révéler les faits que deux à trois ans plus tard. A cela doit-il être ajouté que l'intimée avait parlé des abus à deux amis de son âge en 2008 déjà, mais en leur demandant de garder le secret, ce que les enfants avaient fait. Ces premières confidences rendent vains les développements du recourant en tant qu'il soutient que l'intimée aurait été influencée par la procédure pénale ultérieure concernant ses cousines. Le recourant affirme que le témoignage du camarade de classe de l'intimée qui a désigné l'auteur du viol comme " un monsieur " doit être préféré à celui de l'autre enfant, qui a parlé du père de l'intimée. Purement appellatoire et de surcroît dénué de fondement, cet grief doit être rejeté dans la mesure où il n'est pas déjà irrecevable. En ce qui concerne les témoins de moralité qui décriraient le recourant comme incapable de violer sa fille, la cour cantonale a considéré avec raison que la valeur probante de telles déclarations étaient de toute manière faible, et cela d'autant plus lorsqu'il s'agissait, comme en l'espèce, de déclarations de proches. Il en allait de même de l'absence d'antécédents. Le recourant appuie son argumentation sur des faits qui ne sont pas établis en tant qu'il affirme que lorsque la victime s'est rendue en sa compagnie chez C.________, celui-ci venait d'emménager et ne disposait encore d'aucun mobilier, en particulier de lit sur lequel l'intimée prétendait avoir été violée. Faute de démontrer une lacune dans l'état de fait cantonal sur ce point, son argument est sans fondement. Enfin, le recourant affirme que le rapport médical ne permettait pas d'attester des abus que l'intimée prétendait avoir subi de la part de deux hommes adultes. Or l'examen médical pratiqué sur l'enfant le 19 novembre 2010 avait révélé des lésions au niveau de ses parties génitales, soit une concavité nette en forme de U, visible à 8h, qui descendait jusqu'au niveau de l'insertion hyménale et dont la base s'étendait sur environ 3-4 mm. La Dresse I.________ de préciser que " ce type de lésion est à considérer comme une modification morphologique évocatrice d'un état après pénétration vaginale ". Ce médecin a encore observé que la jeune fille était en début de développement pubertaire. Des modifications morphologiques notamment hyménéales causées par un traumatisme avaient tendance à s'estomper sous l'effet de l'oestrogénisation pubertaire, de sorte qu'il était possible que les lésions actuellement observables aient été encore plus marquées au moment des faits (pièce 38). Compte tenu de ce qui précède, c'est sans arbitraire que la cour cantonale a retenu que le rapport médical de la Dresse I.________ corroborait la version des faits de l'intimée.