Citation: 5A_844/2017 E. 3.4.2

3.4.2. S'agissant du besoin de protection, le recourant se contente pour l'essentiel d'affirmer péremptoirement que son patrimoine est certes important mais que la gestion par une gérance serait suffisante. Il entend déduire de son acceptation d'une telle gestion que la cour cantonale aurait retenu à tort qu'il s'opposait à une modification dans la façon de traiter certains dossiers. Or, sur ce point, la Chambre des curatelles a retenu, sur la base des constatations des experts, que les modifications auxquelles le recourant tendait à s'opposer semblaient en adéquation avec les impératifs de gestion tant d'un parc immobilier important que de sa fortune et de sa situation d'endettement. Cette motivation laisse entendre que lesdites modifications ne portent pas seulement sur la gestion de son parc immobilier mais de sa fortune dans son ensemble, de sorte que la gestion par une gérance uniquement ne suffit pas à pallier ce risque. Toujours sur la base des constatations des experts, la cour cantonale a par ailleurs considéré que, au vu des traits de personnalité du recourant, il était probable que celui-ci n'accepterait pas les recommandations d'une simple gérance qui n'aurait pas les moyens de s'opposer à lui. L'affirmation contraire du recourant ne suffit pas à satisfaire aux réquisits de l'art. 42 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.1). La gestion par une gérance n'apparaît ainsi pas suffisante pour aboutir à l'assainissement de la situation financière du recourant. Le recourant conteste que sa situation patrimoniale soit fragile, qu'elle nécessite un assainissement et qu'elle ait connu une quelconque amélioration depuis qu'il est sous curatelle. La nécessité d'un assainissement et l'évolution de la situation patrimoniale du recourant depuis la mise en place de la curatelle sont toutefois deux questions distinctes et la réponse à la seconde n'a de pertinence que s'agissant d'une éventuelle destitution du curateur mais ne saurait pour autant remettre en cause la nécessité d'assainir la situation financière du recourant. A ce sujet, le recourant reproche à la Chambre des curatelles d'avoir retenu de manière arbitraire qu'il subsistait un arriéré fiscal de 500'000 fr. sur un total de 1'200'000 fr. Ces chiffres seraient erronés dans la mesure où la cour cantonale se serait fondée à tort sur une liste de poursuites dont il était question " à la page 8 d'une décision de la Justice de Paix " qui ne portait pas sur des dettes fiscales mais sur d'autres poursuites qui avaient été retirées après des décisions judiciaires. Se fondant sur le relevé général des créances ouvertes et impayées établi par l'Office d'impôts des districts de la Riviera - Pays-d'Enhaut et Lavaux - Oron, le recourant soutient devoir en réalité un arriéré fiscal de 658'389 fr. 25 au 31 décembre 2017, plus rien n'étant dû pour les impôts antérieurs à 2015. Ce grief doit être écarté. En effet, hormis le fait que l'on ne sait pas à quelle décision de la Justice de paix le recourant se réfère puisqu'aucune " liste de poursuites " ne figure à la page 8 de la décision de la Justice de paix du 28 février 2017, il apparaît en outre que, même en se fondant sur les chiffres allégués par le recourant, sa dette fiscale reste encore considérable. En tant qu'il semble soutenir que son " endettement fiscal " ne lui est pas imputable mais est dû au fait que les acomptes exigés par le fisc étaient inférieurs à sa taxation finale, il convient de relever que le recourant était libre de demander une adaptation des acomptes requis ou de verser spontanément des acomptes supérieurs pour se prémunir d'une telle éventualité. Au demeurant, en tant que le recourant soutient qu'un assainissement ne serait de toute façon pas nécessaire dès lors que ses actifs dépasseraient encore largement ses passifs, son grief est infondé. En effet, la nécessité de mettre en place un plan d'assainissement découle de l'état des dettes du recourant dont il admet lui-même l'importance. Le fait que ses actifs dépassent ses passifs n'a en revanche pas d'incidence sur la nécessité d'assainir sa situation mais laisse uniquement présager que le plan d'assainissement pourra aboutir. Le recourant reproche également à la cour cantonale d'avoir déduit un besoin d'assistance et de soutien du seul fait qu'il avait fixé le prix de vente de la parcelle n° xxx de la commune de U.________ à 600'000 fr. par comparaison avec le prix d'une parcelle voisine et non en examinant la situation d'ensemble et sur le fait qu'il conservait des appartements vides alors qu'il pouvait les louer. Si la cour cantonale a effectivement cité ces deux exemples pour illustrer le besoin de protection du recourant, ce dernier omet qu'elle a également fait état d'oublis de factures, d'absence de réponse à des sollicitations ou de réponses tardives et contradictoires, de nombreux rappels reçus et de la suppression de la couverture d'assurance-maladie complémentaire pour le recourant et son épouse pour cause d'impayés. Au surplus, en tant que le recourant allègue que les appartements inoccupés ne peuvent être reloués en raison d'importants travaux à entreprendre, il n'apporte aucune preuve de ses allégations. En définitive, au vu de l'ensemble des éléments qui précèdent, il apparaît que c'est à bon droit que la cour cantonale a retenu un besoin de protection chez le recourant notamment sur la base des constatations des experts qui n'ont pas été valablement remises en question par ce dernier. L'état de faiblesse constaté lié à l'importance du patrimoine à gérer ont en effet entraîné un endettement important du recourant. Compte tenu du fait qu'il se trouve de surcroît dans un déni quant à la gravité de sa situation, il n'apparaît plus en état d'y remédier sans une intervention tierce, ce nonobstant le fait que ses actifs sont encore importants. Autant que recevable, la critique du recourant apparaît en conséquence infondée.