Citation: 4P.102/2004 16.08.2004 E. 3

En second lieu, la recourante est d'avis que la constatation selon laquelle l'intimée a reçu un seul avertissement avant son licenciement repose sur une appréciation arbitraire des preuves. Elle fait état à cet égard de deux pièces de son chargé d'appel, dont il ressort que deux autres mises en garde avaient été adressées à l'employée. 3.1 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire même préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). 3.2 Les pièces citées par la recourante sont deux courriers de B.________ à l'intimée, l'un du 27 juin 2001 adressé par télécopie et l'autre du 24 juillet 2001. Ces documents avaient déjà été produits dans le chargé de pièces accompagnant la demande (pièces n° 5 et n° 13). Leur contenu a été résumé à la page 3, sous la lettre G et à la page 4, sous la lettre M de l'arrêt attaqué. Contrairement à ce que la recourante prétend, il ressort donc de l'état de fait cantonal que, à deux reprises, l'employeur avait reproché par écrit à l'employée son comportement et son incapacité, avant de lui adresser la lettre du 31 juillet 2001. La cour cantonale a qualifié ce dernier courrier de «seul avertissement, formulé clairement et contenant la menace d'un licenciement immédiat». La recourante ne conteste pas avoir, à cette occasion, évoqué pour la première fois la possibilité d'une résiliation pour justes motifs. Il apparaît ainsi que la Cour d'appel ne s'est pas livrée à une appréciation arbitraire des preuves. Au surplus, l'établissement des faits doit être distingué de l'interprétation des démarches effectuées par l'employeur avant le licenciement, qualifiées ou non d'«avertissements» déterminants dans le cadre de l'art. 337 CO. La portée à attribuer aux actes de l'employeur dans ce contexte est une question de droit, qui relève du recours en réforme et non du recours de droit public. Il s'ensuit que le grief tiré de la violation de l'art. 9 Cst. est également mal fondé. Sur le vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté.