Citation: 4P.138/2002 09.10.2003 E. 2

La recourante se plaint de l'appréciation arbitraire des preuves par la cour cantonale. 2.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst., ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 128 I 273 consid. 2.1). En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). Le grief tiré de l'appréciation arbitraire des preuves ne peut être pris en considération que si son admission est de nature à modifier le sort du litige, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il vise une constatation de fait n'ayant aucune incidence sur l'application du droit (ATF 127 I 38 consid. 2a). 2.2 Dans la partie "Les faits" de son mémoire, la recourante entend énumérer les constatations de fait de la cour cantonale qui seraient manifestement contraires aux pièces du dossier et aux témoignages recueillis par le premier juge. Pourtant, la recourante n'expose pas en quoi l'état de fait retenu procéderait de l'arbitraire et omet d'indiquer si les constatations auxquelles elle se réfère sont réellement pertinentes pour l'issue du litige. Il s'agit donc de critiques purement appellatoires, qui n'ont pas à être examinées dans la présente instance. 2.3 La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir fait montre d'arbitraire en retenant que la qualité de l'essence vendue devait s'examiner tant au port d'embarquement qu'au port de débarquement. A la suivre, contrairement à ce qui ressort de la confirmation écrite du contrat en relation avec la clause de paiement, le seul examen de qualité convenu par les parties était celui exécuté à l'embarquement, soit à Coryton, par E.________ UK. La recourante derechef ne démontre pas en quoi cet élément de fait aurait une incidence sur la solution du litige. En effet, il est constant que la qualité promise de l'essence n'était déjà pas présente au port d'embarquement, ce qui rend de toute manière vaine la présente argumentation de la recourante. 2.4 En retenant que la recourante savait dès l'embarquement que la marchandise ne respectait pas les spécifications contractuelles, la cour cantonale aurait à nouveau versé dans l'arbitraire. Cette constatation de fait reposerait uniquement sur la lecture d'une conversation téléphonique enregistrée à l'insu de la venderesse entre l'un des responsables de celle-ci et un employé de E.________ UK. Cette critique tombe à faux. D'une part, les termes de la conversation téléphonique ont été confirmés en commission rogatoire par le témoin W.________, employé de E.________ UK. D'autre part, la cour cantonale s'est également fondée sur le certificat du 2 avril 1996 envoyé par la société d'inspection à la venderesse, lequel démontre la non- conformité de la marchandise au port d'embarquement. Sur la base de ces éléments, le grief d'appréciation arbitraire des preuves n'est pas fondé.