Citation: 5A_84/2016 E. A

A.a. L.A.________, dit M.A.________, était propriétaire de plusieurs parcelles formant un grand domaine situé sur le coteau de U.________ à V._______. A son décès, survenu le 16 décembre 1949, M.A.________ a laissé huit héritiers, dont K.A.________, F.B.________, J.A.________ et A.A.________. A.b. Par actes notariés passés les 20 et 25 janvier 1960, les héritiers de M.A.________ ont procédé au partage de la succession et réglé entre eux l'attribution des parcelles constitutives du domaine familial. Il résulte notamment de ce partage que A.A.________ est devenu propriétaire des parcelles nos 956E et 956H de la commune de U.________, tandis que F.B.________ est devenue propriétaire des parcelles nos 956B et 352B de la même commune, devenues après mutation la parcelle no 1101. A.c. Les bâtiments nos 70, 190 et 815, dénommés "... ", sont érigés sur la parcelle no 956B. Ils ont été inscrits à l'inventaire des immeubles dignes d'être protégés en 1987. Dans la convention de partage, les héritiers ont prévu que ces bâtiments seraient attribués à K.A.________, F.B.________, J.A.________ et A.A.________ à raison d'un quart chacun. Se fondant sur la prémisse erronée que F.B.________, en tant que propriétaire de la parcelle no 956B, était également propriétaire des bâtiments qui y étaient érigés (cf. ATF 133 III 311 consid. 3.4.1 concernant les mêmes parties), il a été convenu de constituer une servitude personnelle de superficie sur ces bâtiments au seul profit de J.A.________, A.A.________ et K.A.________. Dite servitude a été inscrite au registre foncier le 12 février 1960. A une date ultérieure, dans le cadre de la création d'un nouveau registre des servitudes, cette inscription a été complétée pour inclure F.B.________, soit pour elle ses héritiers, au nombre des bénéficiaires de la servitude. A.d. Par acte notarié des 21 février et 6 mars 1968, K.A.________, F.B.________, J.A.________ et A.A.________ ont apporté à la servitude de superficie différentes modifications, rédigées en ces termes: " Il est expressément convenu entre les comparants que cette servitude personnelle de superficie profite non seulement à Monsieur A.A.________ personnellement, mais que conformément aux dispositions de l'art. 779, alinéa 1 du Code civil suisse, elle passe à ses héritiers. Monsieur A.A._______ ou les siens peuvent en outre la céder en tout ou partie à des descendants de Monsieur M.A.________ mais non à des tiers. En revanche, les comparants conviennent qu'en ce qui concerne les autres bénéficiaires, soit Mademoiselle K.A.________ et Madame J.A.________, ladite servitude personnelle est, pour chacune d'elles, strictement personnelle, incessible et qu'elle ne passera point à leurs héritiers. Après le décès de Mademoiselle K.A.________ et de Madame J.A.________, Madame F.B.________ et Monsieur A.A._______ ou leurs ayants droits s'obligent à conclure une nouvelle convention aux termes de laquelle il sera reconnu que les bâtiments nos 70, 190 et 815 pour autant qu'ils existent encore, seront la propriété indivise par parts égales entre eux, de Madame F.B.________ ou des siens et de Monsieur A.A.________ ou des siens ". Cette modification de cessibilité a été annotée au registre foncier le 15 mars 1968. A.e. Selon un document établi à la même époque par F.B.________, les bénéficiaires du droit de superficie se sont réparti l'usage des différentes pièces de ".... " selon une clé de répartition d'un quart chacun environ. Les superficiaires ou leurs proches ont depuis lors utilisé les pièces qui leur étaient attribuées de manière différente, certains pour y établir leur domicile, d'autres pour en faire un lieu de résidence temporaire et d'autres encore pour la célébration d'évènements. A.f. F.B.________ est décédée le 2 octobre 1985. Elle a laissé pour héritiers ses trois fils, son époux ayant déclaré renoncer à sa part successorale. A.g. K.A.________ est décédée le 4 janvier 1996, ne laissant aucun héritier. A.h. Le 10 septembre 2002, A.A.________ a ouvert une action à l'encontre de G.B.________, H.B.________ et I.B.________, concluant notamment à ce qu'il soit constaté que F.B.________, puis ses fils, avaient été indûment inscrits au registre foncier comme titulaires d'un droit de superficie sur les bâtiments nos 70, 190 et 815, à ce que la nullité, voire l'annulation de toutes les dispositions contractuelles attribuant à F.B.________, puis à ses fils, un droit de copropriété sur dits bâtiments soit constatée, et à ce qu'il soit dit que la servitude de superficie au profit de K.A.________ et la part de copropriété de celle-ci sur les bâtiments précités avaient été transférées de plein droit à A.A.________ et à J.A.________ au jour du décès de K.A.________. A.A.________ est décédé le 3 janvier 2003, laissant pour héritiers sa veuve, N.A.________, et leurs quatre enfants, à savoir D.________, E.A.________, B.A.________ et C.A.________. Les héritiers ont poursuivi la procédure initiée par le défunt. Par jugement du 7 septembre 2005, confirmé par arrêt de la Cour de justice du 18 mai 2006, le Tribunal de première instance a débouté les membres de l'hoirie de feu A.A.________ de toutes leurs conclusions. Le Tribunal fédéral a rejeté le recours interjeté par ceux-ci le 8 mars 2007 (arrêt 5C.165/2006 publié aux ATF 133 III 311). A.i. Différentes discussions ont eu lieu en cours de procédure entre les parties s'agissant de la mise à disposition de certains espaces de ".... " - notamment du rez-de-chaussée -, les consorts B.________ reprochant en substance aux héritiers de A.A._______ de se comporter comme s'ils en étaient les seuls possesseurs légitimes. En novembre 2008, J.A.________ a indiqué avoir mis à disposition de D.________ un petit salon qui lui était dévolu au rez-de- chaussée. A.j. J.A.________ a rédigé un testament en date du 13 janvier 2009. Dans deux codicilles, datés respectivement des 3 août et 12 septembre 2010, elle a en outre prévu ce qui suit concernant son droit de superficie: " Concernant ma part du droit de superficie sur...., à U.________, si les circonstances devaient la rendre cessible et transmissible, je la lègue aux enfants de feu mon frère A.A.________ ". " Je rappelle que par acte notarié signé en février et mars 1968, j'ai renoncé à la transmissibilité de ma part de droit de superficie sur.... de U._____, en faveur de ma soeur ou des siens et de mon frère A.A.________ ou des siens, afin que seules les deux familles soient copropriétaires à part égale de ce droit de superficie jusqu'à sa fin en 2060, ce qui a été accepté par tous les signataires de l'acte ".