Citation: 1C_653/2013 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, la cour cantonale a arrêté son examen au simple constat que la seconde mesure dépassait de manière importante la valeur limite d'installation; elle en a déduit que cela justifiait - en soi - de corriger la puissance de l'installation (consid. 3d). Ce faisant les juges cantonaux ont ignoré l'incertitude statistique inhérente à la prise de plusieurs mesures. Or, dans ses différentes recommandations qui ont été rappelées ci-dessus, l'OFEV décrit ce phénomène statistique. Par ailleurs, tant cet office que l'OFCOM et la recourante admettent que, jusqu'à un certain seuil ("seuil de déclenchement"), une seconde mesure plus élevée ne doit pas conduire nécessairement à une modification des bases de l'autorisation délivrée à l'opérateur (cf. consid. 4.2 supra). En s'écartant sans autre explication des recommandations de l'Office spécialisé en la matière (art. 12 al. 2 ORNI), la cour cantonale a appliqué de manière schématique l'art. 11 al. 2 LPE ainsi que les dispositions y relatives de l'ORNI. Ce faisant, elle a violé le droit fédéral et la décision attaquée doit être annulée sur ce point. Devant le Tribunal fédéral, les parties exposent, pour la première fois dans la procédure, les méthodes statistiques qu'elles estiment aptes à déterminer la limite entre la variation aléatoire et une modification réelle du rayonnement. L'application de la méthode préconisée par l'OFEV - qu'elle n'a à ce jour pas entérinée dans des recommandations - conduit à admettre en l'espèce un seuil de déclenchement de 6.58 V/m, soit d'un niveau inférieur à la seconde mesure (6.74 V/m) : une limitation du mode d'exploitation devrait ainsi être ordonnée. L'OFCOM et la recourante, pour leur part, préconisent une méthode statistique conduisant à un seuil de déclenchement de 6.93 V/m, à savoir supérieur à la seconde mesure (6.74 V/m) : le mode d'exploitation de l'installation n'aurait dès lors pas à être modifié. Le choix d'une des méthodes plutôt que l'autre apparaît ainsi déterminant pour l'issue du présent litige. Savoir laquelle de ces méthodes prend au mieux en compte les buts prévus à l'art. 11 al. 2 LPE nécessite un examen approfondi. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral de procéder, en première instance, à une telle opération. Par ailleurs, en rejetant le recours, sans aborder la question - pourtant déterminante - de la méthode statistique applicable à la seconde mesure, la cour cantonale a contrevenu à son obligation de motiver ses décisions et, par ce biais, a violé l'art. 112 al. 1 let. b LTF, ce que le Tribunal fédéral peut examiner d'office (cf. art. 106 al. 1 LTF et arrêt 1C_175/2012 du 19 juin 2012 consid. 2.3). Il convient dès lors de renvoyer l'affaire à la cour cantonale. Celle-ci, s'entourant au besoin des avis d'experts en matière de statistique ou de la détermination du METAS, appliquera au cas particulier, en fonction de tous les éléments déterminants, l'une des deux méthodes préconisées par les Offices fédéraux concernés.