Citation: 8C_696/2022 E. 4.4

4.4. En l'occurrence, on constate que le docteur D.________ a évalué la capacité de travail du recourant au regard de la seule fonctionnalité du genou gauche de celui-ci et qu'il n'a pas tenu compte de l'existence de douleurs chroniques. Pourtant, selon les médecins qui suivent le recourant, celles-ci sont bien présentes, voire en augmentation avec une prise de médication de plus en plus forte, et reposent sur un substrat organique. Selon le docteur G.________, le recourant souffre de douleurs mixtes d'origine mécanique et neuropathique liées à ses antécédents orthopédiques. Dans la plupart des avis également, il est fait mention que ces douleurs ont une incidence sur la capacité de travail et le rendement du recourant même dans une activité adaptée, ce qui apparaît convaincant au regard déjà de la reconnaissance d'une atteinte à l'intégrité de 35 %. De façon paradoxale, la cour cantonale a jugé que ces considérations ne permettaient pas de remettre en cause les conclusions du médecin d'arrondissement de la CNA, tout en retenant que les douleurs chroniques intenses et la nécessité d'une alternance fréquente des positions qui leur était liée justifiaient une réduction du salaire statistique à hauteur de 15 % (cf. consid. 5.2.5 de l'arrêt attaqué). Or l'incidence de telles douleurs doit être prise en considération dans l'évaluation de la capacité de travail et non pas dans le cadre de la détermination du revenu d'invalide en tant que facteur de réduction du salaire statistique. Il en va de même des effets secondaires décrits par le docteur G.________ résultant de la prise des opioïdes prescrits au recourant. A teneur des dernières pièces médicales versées au dossier (voir le rapport de consultation du docteur H.________ du 8 juillet 2021), une nouvelle intervention chirurgicale ne conduirait pas à une diminution de la symptomatologie douloureuse - le recourant y ayant d'ailleurs renoncé en raison des risques encourus -, de sorte que cette situation est amenée à durer. Aussi doit-on admettre qu'au vu des rapports des médecins traitants produits, les conclusions finales du docteur D.________, qui n'a tenu aucun compte de la symptomatologie douloureuse chronique présentée par le recourant, n'emportent pas la conviction. Dans ces conditions, la cour cantonale aurait dû donner suite à la conclusion subsidiaire de ce dernier tendant à la mise en oeuvre d'une expertise médicale.