Citation: 5A_864/2022 E. 3.1

3.1. L'autorité cantonale a retenu que l'appelante travaillait en tant qu'assistante commerciale pour le même employeur depuis 1997. D'abord à plein temps, puis à mi-temps depuis le 1er janvier 2012, son salaire avait diminué au fil des années en raison de la situation financière de son employeur; selon elle, son emploi était menacé. Depuis le 1er juillet 2020, elle percevait un revenu net de 968 fr. 50 par mois. Examinant si les conditions pour lui imputer un revenu hypothétique étaient réalisées, l'autorité précédente a notamment relevé qu'âgée de 49 ans au moment de la séparation et de 56 ans lors de la reddition du jugement querellé, maîtrisant le français et l'allemand, et disposant d'un état de santé qualifié de bon, l'on pouvait raisonnablement exiger de l'intéressée qu'elle reprenne l'exercice d'une activité lucrative à plein temps. Quant à la possibilité effective d'augmenter son taux d'activité, les juges cantonaux ont retenu que son employeur actuel était dans l'impossibilité de lui offrir un travail à un taux plus élevé que 50 %. Ils ont ajouté que le dossier ne contenait par ailleurs aucun élément sur les possibilités de l'intéressée de trouver un emploi à plein temps chez un autre employeur. Or, travaillant depuis 25 ans pour le même employeur et ne maîtrisant pas l'informatique, il paraissait difficile d'exiger d'elle qu'elle complète son activité en travaillant comme employé de commerce. Elle était en revanche capable d'exercer une activité dans le commerce de détail où des emplois étaient toujours offerts. Ainsi, compte tenu des salaires minimums (4'100 fr. par mois versé 13 fois l'an) servis par Migros et Coop en 2022 par exemple, et de l'activité qu'elle exerçait, l'on pouvait attendre qu'elle travaille environ à 70 % dans ce domaine pour réaliser un revenu de 2'600 fr. net, lequel compléterait le salaire de 1'000 fr. par mois, soit de 968 fr. 05 net par mois, en incluant l'indemnisation pour les frais de 200 fr. qu'elle percevait actuellement. Enfin, un délai au 31 mai 2023 a été imparti à l'intéressée pour la prise d'une autre activité lucrative, compte tenu notamment de son âge, son manque de formation continue et son expérience professionnelle limitée, soit autant de circonstances devant conduire à ne pas se montrer trop exigeant en termes de délai.