Citation: 4A_238/2008 05.08.2008 E. A

D.________ et A.________ se sont mariés en 1977 et ont eu deux filles, C.________ et B.________, nées respectivement en 1982 et 1985. Dès le 23 septembre 2001, D.________, alors âgé de cinquante ans, a été mis au bénéfice d'une rente invalidité entière pour cause d'incapacité de travail totale. Au début 2002, il présentait un état de santé très dégradé et souffrait notamment de tabagisme, d'hypertension artérielle, d'alcoolisme chronique, de lombalgies chroniques et d'état dépressif. Il s'occupait néanmoins de tâches domestiques. Son médecin traitant était le Dr X.________. Le vendredi 24 mai 2002, D.________ s'est plaint de douleurs à la poitrine et au bras droit ressenties pendant la nuit et s'est rendu le matin même chez le Dr X.________, où il a obtenu un rendez-vous fixé à 17h00. Lors de la consultation, le médecin traitant a constaté l'absence des symptômes typiques de l'infarctus, de sorte qu'il a écarté ce diagnostic sans pratiquer d'électrocardiogramme, optant pour un diagnostic de bronchite virale débutante de la base pulmonaire droite, contre laquelle il a prescrit un traitement antibiotique et anti-inflammatoire. D.________ est retourné chez le Dr X.________ le lundi 27 mai 2002. Il souffrait alors de douleurs thoraciques gauches irradiant dans le bras gauche et de difficultés respiratoires. Le médecin traitant a soumis son patient à un électrocardiogramme, qui a révélé un infarctus antérieur étendu. A sa demande, A.________ a conduit son époux au service des urgences de l'hôpital, où un infarctus existant apparemment depuis plus de deux jours a été diagnostiqué. D.________ est décédé deux heures après son admission, au cours d'une coronarographie. Le 20 août 2002, à la requête du conseil de A.________, C.________ et B.________, le Dr X.________ s'est adressé à son assurance responsabilité civile, qui a par la suite eu de nombreux contacts avec ce conseil. Dans un courrier électronique qu'elle lui a adressé le 22 octobre 2002, elle a notamment écrit que son assuré "acceptait sur le principe que sa responsabilité soit engagée" et qu'elle était à disposition pour débattre des modalités de règlement du dommage. Dans un courrier du même jour, l'assurance a affirmé que son assuré "reconnaît avoir commis une erreur de diagnostic", sous réserve de la détermination "du lien de causalité avec le décès du patient". Par transaction du 22 avril 2003 passée avec l'assurance, A.________, C.________ et B.________ ont accepté de fixer l'indemnité pour tort moral à 90'000 fr., montant qui leur a été versé par la suite. Dans le cadre des discussions au sujet des prétentions à titre de perte de soutien, l'assurance a chargé son médecin conseil d'établir un rapport pour déterminer si son assuré avait réellement commis une violation des règles de l'art ayant entraîné de manière causale le décès. Après avoir pu prendre connaissance du rapport d'autopsie, celui-ci a conclu qu'une erreur de diagnostic était peu plausible. L'assurance a alors décidé de suspendre toute nouvelle indemnisation et a retenu que le versement des 90'000 fr. devait être considéré comme une libéralité de sa part.