Citation: I 788/01 21.01.2003 E. 3

En l'espèce, l'expert en psychiatrie a retenu, au terme d'une discussion détaillée du cas, étayée des résultats de tests et d'un exposé complet de l'anamnèse et des plaintes de l'assuré, le diagnostic d'épisode dépressif majeur chronique d'intensité légère à moyenne et de trouble douloureux associé à la fois à des facteurs psychologiques - personnalité obsessionnelle compulsive (axe II) - et à une affection médicale générale chronique, d'intensité moyenne à sévère (axe I), cette dernière étant constituée par des lombalgies sur discopathie L5-S1 avec artériopathie (axe III). Réalisée au mois d'avril 2000, cette expertise prend en compte l'existence des problèmes physiques ayant motivé le dépôt de la demande plus de deux ans auparavant, justifiant selon l'expert la qualification de l'affection médicale générale comme chronique. Ces circonstances, même en l'absence de gravité particulière de la comorbidité psychiatrique et de perte d'intégration sociale fondent, conformément à la jurisprudence précitée, un pronostic défavorable. Il convient, par ailleurs de relever que le psychiatre, qui décrit l'intéressé à l'examen clinique comme désemparé face à sa situation, note, à plusieurs reprises dans son rapport, n'avoir pas eu le sentiment que les plaintes douloureuses fussent exagérées ou simulées ou traduisissent une mauvaise volonté à vouloir entreprendre une réadaptation. Bien que l'intéressé ait pu se déplacer lentement mais sans claudication de la salle d'attente au lieu de la consultation, durant laquelle il a pu demeurer assis sans difficulté ni changement de position, l'expert ne relève pas non plus de divergence entre les plaintes exprimées (difficultés à la marche au-delà de 200 à 300 mètres ou lors de positions assises prolongées plus d'une demi-heure à une heure) et le comportement de l'assuré; une telle divergence n'est, du reste, pas manifeste. Les douleurs sont, enfin, décrites avec précision quant à leur localisation et aux sensations ressenties. Aussi, les principaux critères motivant le refus d'une rente en cas de troubles somatoformes douloureux ne sont-ils pas remplis dans le cas d'espèce. On ne saurait, en conséquence faire grief aux premiers juges d'avoir fondé leur appréciation sur les conclusions du docteur S.________ - dont le rapport répond, pour le surplus, à toutes les exigences permettant de lui reconnaître pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3, 122 V 160 consid. 1c) -, et d'avoir retenu, sur la base de cette pièce, que l'assuré subissait une incapacité de travail de 66 2/3 % même dans une activité adaptée.