Citation: 1C_608/2022 E. 4.3

4.3. En tout état, l'initiative litigieuse n'apparaît pas absolument impossible à mettre en oeuvre, d'autant plus que la date butoir de 2030 ne constitue, comme on l'a vu, qu'un objectif général, non contraignant (cf. consid. 3.3 ci-dessus). D'une part, d'autres moyens que les droits de préemption et d'expropriation de la LGL/GE existent pour mettre en oeuvre l'IN 180, les recourants se contentant de supputer que l'initiative ne laisserait d'autre choix à l'Etat que d'utiliser systématiquement cette faculté. D'autre part, et contrairement à ce que les recourants allèguent, un blocage des transactions ou une nationalisation des terrains à bâtir ne constituent pas des obstacles suffisants pour nier au corps électoral son droit à se prononcer sur l'initiative litigieuse. Ainsi, l'IN 180 n'apparaît pas inexécutable et il revient par conséquent au peuple de décider s'il souhaite, ou non, l'accepter, avec les avantages et les inconvénients qui pourraient en résulter. Au surplus, le grief des recourants concernant une violation de la garantie de la propriété entraînée par une éventuelle nationalisation des terrains à bâtir relève en l'espèce de la conformité au droit supérieur et non de l'exécutabilité de l'initiative.