Citation: 6B_469/2007 11.10.2007 E. 2

La recourante conteste les indices sur lesquels s'est fondée l'autorité cantonale pour admettre sa culpabilité. 2.1 Elle nie avoir acheté une boîte de Topex le 9 août 2004, à 15 h 59. Elle soutient que l'heure de l'achat n'a pas été vérifiée et que celui-ci a pu être effectué par G.________ lui-même ou un tiers à qui le défunt aurait confié sa carte et son code d'identification personnel. Elle explique que si elle avait réellement procédé à cet achat, elle ne l'aurait pas fait la veille du meurtre, à deux pas de chez elle et au moyen de sa carte de crédit. 2.1.1 La Cour pénale a soigneusement indiqué pourquoi elle était convaincue que seule l'intéressée avait pu procéder à l'achat en question. Se fondant sur les déclarations de l'accusée, elle a en effet constaté que seuls les deux époux connaissaient le numéro d'identification personnelle de la postcard n° 37929141 qui avait servi au paiement de la boîte de poison, que l'intéressée avait utilisé cette carte les jours ayant précédé et suivi la mort de son mari, qu'il n'y avait pas le moindre indice qu'une tierce personne ait disposé de cette carte et que la victime n'était pas sortie de chez elle avant 17 h, le 9 août 2004, alors que, selon le ticket conservé par la société informatique BMC, la boîte de Topex avait été achetée le jour en question à 15 h 59. L'autorité cantonale a également précisé les circonstances de cet achat, à savoir que l'intéressée s'était présentée à une caisse du rayon parfumerie de la pharmacie dans le but d'éviter de devoir signer le registre des quittances et qu'elle n'avait pas pensé que l'utilisation de sa postcard permettrait l'identification du produit acheté, raison pour laquelle elle n'avait pas pris de plus amples précautions. 2.1.2 Les motifs exposés sont pertinents et suffisants pour écarter sans arbitraire la version de la recourante et admettre que cette dernière a bien acheté la boîte de Topex qui a servi à empoisonner la victime. L'intéressée se borne d'ailleurs à nier les faits, à y apposer diverses hypothèses, lesquelles ne sont étayées par aucun élément convaincant, et à mettre en évidence les diverses failles de son plan. Une telle argumentation est irrecevable (cf. supra consid. 1.2). 2.2 La recourante reproche aux juges d'avoir écarté sa version des faits quand à la présence de lézards sur sa terrasse aux mois de mars et avril 2004, avec l'arrivée des premières chaleurs. Elle explique qu'il n'est pas exclu scientifiquement que le Topex puisse agir sur ces animaux, que les données météorologiques produites doivent être utilisées avec prudence et qu'elle n'avait pas à parler à ses proches de ses préoccupations quand à la présence des reptiles, ni aucun intérêt à inventer cette histoire de lézards, ni à déclarer spontanément détenir du poison. 2.2.1 La Cour pénale a expliqué de manière détaillée pour quels motifs la version de la recourante n'était pas crédible. Elle a ainsi relevé que les raticides, en particulier le Topex, étaient inefficaces pour l'élimination des lézards, ceux-ci se nourrissant exclusivement de proies vivantes et mobiles. Par ailleurs, les données météorologiques recueillies indiquaient que les températures moyennes étaient proches ou inférieures à 10 degrés au mois de mars et au début du mois d'avril 2004. De plus, aucune autre personne n'a remarqué la présence de reptiles à l'endroit en question. Enfin, la recourante ne s'est jamais renseignée auprès des personnes compétentes pour savoir si le produit acheté était efficace pour l'élimination des lézards, alors qu'elle n'avait aucune connaissance en la matière et que la note explicative figurant sur la boîte de Topex indiquait qu'il s'agissait d'un produit destiné à détruire des rats et souris et qu'il fallait répandre le contenu du sachet non pas à même le sol, comme la recourante prétend l'avoir fait, mais sur un appât, de préférence le plus apprécié par les animaux concernés. 2.2.2 Les arguments avancés par les juges cantonaux sont probants, de sorte que la version de la recourante peut être écartée sans arbitraire. Par ailleurs, celle-ci ne démontre pas en quoi l'appréciation du Tribunal serait insoutenable, mais se contente d'avancer, dans une argumentation appellatoire, sa propre appréciation des éléments retenus et sa version des faits, ce qui est insuffisant (cf. supra consid. 1.2). 2.3 La recourante explique avoir fait des recherches sur internet pour tenter d'en savoir plus sur la cause des maux de son mari. Elle prétend ne pas avoir parlé de ses soupçons au corps médical, estimant que celui-ci devait être plus compétent qu'elle pour déceler le problème. Elle souligne qu'elle n'a pas elle-même détecté le produit à l'origine des crises de son mari, mais savait en revanche que ce dernier manipulait du Topex. Elle relève également que les propos de sa soeur ne doivent pas être compris au sens strict, qu'elle aurait fait disparaître son ordinateur si elle avait été l'auteur du crime et que la thèse d'une intoxication volontaire n'est pas exclue. Elle affirme enfin que ses relations extraconjugales ne permettent pas de conclure à l'existence d'un crime et qu'elle n'était pas au courant des tenants et aboutissants des contrats d'assurances-vie conclus par son époux. 2.3.1 A titre d'indices de la culpabilité de la recourante, le Tribunal cantonal a retenu que, selon les données informatiques trouvées dans l'ordinateur de l'intéressée, celle-ci avait effectué des recherches précises sur internet, les 7, 25 et 27 juin 2004, sur le Topex et d'autres poisons. Or, si, comme elle le prétend, elle s'était interrogée sur la cause des maux de son mari, ses recherches auraient porté sur les symptômes suffisamment spécifiques manifestés au moment des crises. De plus, si, comme elle l'affirme, elle avait véritablement imaginé que son mari absorbait une substance nocive pour l'apitoyer, elle en aurait parlé aux médecins qui l'ont pourtant longuement interrogée pour détecter le mal dont souffrait leur patient. Il est d'ailleurs surprenant qu'elle ait pu détecter le produit qui a provoqué les crises de son mari, alors que le corps médical n'a pas été en mesure, durant des semaines, de diagnostiquer une intoxication. La Cour pénale a également tenu compte des déclarations de N.________, qui a affirmé que c'était sa soeur qui rendait G.________ malade et qui allait le tuer, s'il ne quittait pas femme et enfants. En outre, selon le Tribunal, la version de l'intoxication volontaire, soutenue par la recourante, n'était pas crédible au vu de l'intensité des souffrances physiques endurées par la victime et l'absence de troubles psychiques constatées chez cette dernière. Enfin, les relations du couple s'étaient détériorées et la recourante envisageait de quitter son mari pour rejoindre son amant. Elle savait également que son conjoint avait conclu des assurances-vie. 2.3.2 Les éléments précités convainquent de la culpabilité de la recourante et la motivation du Tribunal cantonal ne prête pas le flanc à la critique. Pour le reste, toute l'argumentation de la recourante se réduit à une rediscussion purement appellatoire de l'appréciation des éléments ou indices corroboratifs sur lesquels s'est fondée l'autorité cantonale pour retenir le fait contesté. Elle se borne effectivement à opposer sa propre appréciation des éléments retenus à celle de l'autorité cantonale, sans démontrer d'arbitraire, conformément aux exigences posées par l'art. 106 al. 2 LTF (supra consid. 1.2).