Citation: U 461/04 18.05.2005 E. A

S.________, né en 1965, a travaillé en qualité de manoeuvre de chantier pour le compte de l'entreprise X.________ SA et était, à ce titre, assuré contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale d'assurance en cas d'accidents (ci-après : la CNA). Le 19 avril 1990, un plateau de bois est tombé sur le dos de sa main droite. L'assuré s'est rendu à la Permanence O.________ où une contusion du dos de la main droite a été diagnostiquée. Cette atteinte, dont les conséquences ont été prises en charge par la CNA, n'a occasionné aucune incapacité de travail. Le 19 mai 1992, l'assuré s'est à nouveau rendu à la Permanence O.________ en raison de douleurs et brachialgies droites. La CNA a considéré le cas comme une rechute de l'accident du 19 avril 1990 et l'a pris en charge; l'éventualité d'un ostéome ostéïde a été écartée. L'atteinte n'a pas engendré d'incapacité de travail et le traitement médical a été déclaré achevé le 22 décembre 1992 par le médecin-conseil de la CNA. Le 28 octobre 1999, alors que S.________ travaillait en qualité de manoeuvre au service de l'entreprise Y.________ SA, il est tombé d'une échelle d'une hauteur d'un mètre sur son épaule qui s'est déboîtée. Cette atteinte a engendré une incapacité de travail totale. Une luxation récidivante de l'épaule gauche a été diagnostiquée. Le 13 décembre 1999, l'assuré a subi une arthroscopie diagnostique et refixation capsulo-ligamentaire antérieure par arthrotomie de l'épaule gauche à l'Hôpital orthopédique Z.________ (cf. rapport du 20 janvier 2000). La CNA a pris en charge le cas. L'assuré a séjourné à la Clinique W.________ du 12 avril au 19 mai 2000. Les médecins traitants ont fait état d'une capsulite rétractile et d'une déchirure de Bankart étendue de l'épaule gauche (cf. rapport du 2 juin 2000). Ensuite de la résurgence de douleurs du membre supérieur droit (notamment des deux derniers doigts de la main droite et de la nuque), l'assuré a consulté le docteur B.________, généraliste, qui n'a pas constaté d'anomalie spécifique des membres supérieurs ni de la nuque (cf. rapport du 25 septembre 2000). Dans un rapport du 3 novembre 2000, le docteur F.________, médecin-associé à l'Hôpital orthopédique Z.________, a constaté que la situation évoluait favorablement concernant l'épaule gauche et en a déduit que l'assuré était capable, sur le plan orthopédique, de reprendre son activité lucrative. L'assuré s'y est opposé, évoquant la crainte de lâcher des objets et se plaignant de douleurs dans la main, l'épaule, la nuque et le dos, associées à des tremblements, des paresthésies et des céphalées. Le 29 novembre 2000, l'assuré a été examiné par le docteur G.________, médecin-conseil de la CNA, lequel a noté des plaintes relatives au membre supérieur droit et des douleurs de la main droite irradiant l'avant-bras et le bras jusqu'à la nuque. Des signes d'un syndrome cervical n'ont toutefois pas été établis. Après avoir relevé que l'examen neurologique des membres supérieurs était normal, le docteur G.________ a estimé qu'au vu du status actuel de l'épaule gauche, une certaine capacité de travail pouvait être reconnue à l'assuré, même dans un emploi lourd, raison pour laquelle il proposait une reprise de travail dans la plus forte proportion possible, à réaliser sur la mi-journée. Le 13 décembre 2000, le docteur H.________, spécialiste FMH en neurologie, a constaté que l'assuré présentait une brachialgie du membre supérieur droit atypique. Il a cependant nié l'existence d'un syndrome cervical et d'un syndrome radiculaire au membre supérieur droit. Sur un plan électrophysiologique, les paramètres neurographiques paraissaient normaux, excluant tant un syndrome du tunnel carpien qu'une neuropathie cubitale ou encore un TOS. L'assuré a en outre été examiné par le docteur C.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et médecin-conseil de la CNA. Dans son rapport du 21 mars 2001, ce dernier a relevé l'absence d'éléments nouveaux par rapport à l'examen du 29 novembre 2000, hormis une normalisation de l'abduction et de l'antéflexion de l'épaule gauche. Sur le plan thérapeutique, le docteur C.________ ne voyait aucun traitement susceptible de modifier la situation actuelle et a souligné que du côté gauche, le traitement pouvait être considéré comme terminé. S'agissant de la capacité de travail, le docteur C.________ a confirmé l'appréciation du docteur G.________. Il a ajouté qu'en se basant exclusivement sur les troubles fonctionnels objectivables, cette capacité de travail pouvait même très probablement être portée à 100 % après une période de reconditionnement. Par décision du 5 avril 2001, confirmée par décision sur opposition du 12 juin 2001, la CNA a mis fin à l'octroi de toutes ses prestations d'assurance (frais médicaux et indemnités journalières) à partir du 8 avril 2001, au motif que l'intéressé ne présentait plus de séquelles en relation de causalité naturelle avec un accident assuré.