Citation: 1B_89/2010 15.04.2010 E. 4

Le recourant demande sa mise en liberté en se prévalant de l'absence de tout risque de récidive. 4.1 Selon la jurisprudence, le maintien en détention se justifie s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Il convient de faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque: le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). 4.2 En l'occurrence, les actes dont le recourant est accusé sont objectivement graves, s'agissant notamment d'infractions contre l'intégrité physique et sexuelle. Les antécédents du prévenu ne sont pas favorables, puisqu'il a été condamné en 2004 pour complicité de viol et exhibitionnisme et en 2008 pour violation grave des règles de la circulation routière. Contrairement à ce que semble soutenir le recourant, le fait qu'il ait été condamné comme complice de viol et non comme auteur n'est pas absolument déterminant, les condamnations précitées étant de toute façon des éléments négatifs dans l'appréciation de sa personnalité. Pour le surplus, vu le peu d'éléments permettant de juger de la dangerosité du prévenu, il apparaissait raisonnable d'ordonner une expertise psychiatrique pour obtenir plus d'informations sur ce point. Dans ces conditions, compte tenu de la gravité des accusations portées contre le recourant, le risque encouru par de potentielles victimes - en particulier la dénonciatrice - apparaît en l'état trop important pour envisager une libération provisoire sans disposer de plus d'éléments pour apprécier le risque de récidive.