Citation: 5P.426/2006 01.02.2007 E. 2

2.1 Le recourant reproche d'abord à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement estimé que les éléments qu'il a fournis sur la question des ayants-droits économiques des actions de la SI O.________ n'étaient pas suffisants pour emporter la conviction. Il soutient qu'en produisant des pièces de première main sur la constitution de la SI O.________ ainsi que sur le sort de cette dernière et en se fondant sur les déclarations concordantes des témoins U.________, T.________ et W.________, il aurait démontré l'existence d'éléments transmissibles qui n'auraient de toute évidence pas fait l'objet d'un partage. Selon le recourant, les juges cantonaux seraient tombés dans l'arbitraire en retenant que le témoignage de T.________ était probant quant à ses déclarations sur le patrimoine de dame C.________ mais qu'il ne l'était pas lorsqu'elle s'est exprimée sur la question de la propriété de la maison du Boulevard de la Forêt. Les juges cantonaux auraient également commis arbitraire en balayant l'argument selon lequel, d'après l'expérience générale de la vie, les locataires ne disposent pas des actes constitutifs des sociétés immobilières des immeubles dans lesquels ils résident pendant des décennies. Enfin, le recourant fait grief à la cour cantonale d'être tombée dans l'arbitraire en refusant de retenir que dame A.________ et dame C.________, qui ont habité l'immeuble du Boulevard de la Forêt pendant des décennies, n'ont jamais payé de loyer. Selon lui, l'absence de toute trace d'un tel paiement dans les comptes démontrerait que les A.________ étaient les ayants-droit économiques des actions de la SI O.________. Cette argumentation est largement irrecevable au regard des exigences posées à la motivation du recours de droit public pour arbitraire (cf. consid. 1.3 supra) et ne fait nullement la démonstration du caractère arbitraire de l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée l'autorité cantonale. Sur la pertinence du fait que la famille A.________ était en possession de pièces de première main sur la constitution de la SI O.________, le recourant se borne à opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale, de manière purement appellatoire. Il procède de même en se bornant à affirmer, s'agissant de l'indice que constituerait l'occupation gratuite de la maison du Boulevard de la Forêt, que l'absence de traces comptables du paiement d'un loyer suffirait à démontrer que les A.________ étaient les ayants-droit économiques des actions de la SI O.________. S'agissant enfin des témoignages, le recourant ne démontre nullement en quoi il serait arbitraire de retenir que les déclarations toutes générales de T.________ sur "la maison des A.________ à la Rosiaz" ne disent rien sur le titre en vertu duquel les A.________ occupaient la maison, et il n'entreprend même pas de contredire les juges cantonaux lorsqu'ils exposent que les déclarations protocolées du témoin U.________ ne contiennent aucun élément décisif à cet égard (cf. lettre E.c supra). 2.2 Le recourant reproche ensuite à l'autorité cantonale de n'avoir pas retenu que la vente, en 1985, des biens mobiliers garnissant la maison du Boulevard de la Forêt a servi à alimenter des comptes cachés et/ou le compte de la société panaméenne N.________ En effet, il a été établi qu'une vente aux enchères desdits biens a été organisée par dame C.________ avant son déménagement à Lausanne en 1985. Le produit de cette vente aurait dû revenir pour moitié à dame B.________, ce qui n'a pas été le cas. Ce grief est manifestement dénué de fondement. En effet, absolument rien ne permet de conclure que les biens mobiliers garnissant la maison du Boulevard de la Forêt, qui n'étaient pas mentionnés dans l'inventaire de la succession de feue dame A.________ dressé le 29 janvier 1970 par le Juge de paix du cercle de Pully, étaient la propriété de dame A.________, ni que, à supposer que tel ait été le cas, le produit de leur vente n'aurait pas été partagé entre ses deux filles. 2.3 Le recourant reproche à l'autorité cantonale de n'avoir arbitrairement pas retenu qu'il y avait un lien certain entre la vente des actions de la SI O.________, la création de la société panaméenne N.________ et l'apport de fonds y relatifs. Les juges cantonaux auraient en effet méconnu que, dans un document intitulé "testament" daté du 22 décembre 1995, dame C.________ a déclaré qu'elle entendait disposer des valeurs déposées au nom de N.________ en ce sens qu'au décès de sa soeur dame B.________, une somme de 500'000 fr. soit attribuée à D.________, le reste devant être partagé par moitié entre les deux enfants de ce dernier, dame E.________ et F.________. Or selon l'expérience générale de la vie, il ne serait pas usuel de régler le sort des biens d'une société par "testament" et de lier la distribution de ces biens au décès de sa soeur et au seul bénéfice des héritiers de celle-ci. Selon le recourant, une telle manière de faire ne pourrait trouver d'autre explication que l'obligation morale que dame C.________ reconnaissait de transmettre aux ayants-droit de sa soeur des actifs dont cette dernière était la légitime propriétaire. Cette critique est infondée. S'il n'est certes pas usuel de régler le sort des biens d'une société offshore par "testament" et de lier la distribution de ces biens au décès de sa soeur, rien ne permet d'en déduire que les biens en question revenaient légitimement à dame B.________, et encore moins qu'il s'agissait de biens dépendant de la succession de dame A.________ qui n'auraient pas fait l'objet d'un partage. Par ailleurs, on ne saurait rien tirer du fait que les bénéficiaires de cet acte de disposition se trouvaient être les descendants de dame B.________. Il n'y a rien en effet rien d'extraordinaire à ce que dame C.________, célibataire et sans enfants, gratifie les descendants - qui ne sont pas nécessairement les héritiers directs - de sa soeur. 2.4 Le recourant reproche enfin à la cour cantonale de n'avoir arbitrairement tenu aucun compte du fait, attesté par un lot de 36 relevés bancaires, que des versements ont été effectués par le truchement du compte de dame Y.________ en faveur du recourant ainsi que de sa nouvelle épouse. En l'absence de toute explication à l'appui de ce grief, on ne discerne pas en quoi le fait que dame Y.________ ait, à des dates non précisées, effectué des versements pour des montants non spécifiés en faveur du recourant ainsi que de sa nouvelle épouse pourrait être pertinent pour l'issue du litige. Le grief se révèle ainsi manifestement irrecevable faute de satisfaire aux exigences posées à la motivation du recours de droit public pour arbitraire (cf. consid. 1.3 supra).