Citation: 4A_277/2021 E. 3.3.2

3.3.2. La recourante fustige aussi une prétendue inconséquence de l'arbitre en lien avec une missive du 2 avril 2015 et son annexe. La première avisait l'intimée que le chantier avait "jusqu'à 8 semaines de retard sur certaines villas par la faute de [se]s mandataires"; la seconde constatait un retard de quatre semaines dans la transmission du "plan de coffrage du mur du 1er " pour les villas A1 et A2. L'arbitre a relevé que les défendeurs/intimés contestaient la force probante de cette pièce jointe qui, de toute façon, "ne pourrait constituer un avis de prolongation" que pour les plans relatifs aux villas A1 et A2, et non pour les villas B et C dont la réception était agendée cinq semaines après les 2 et 3 avril 2015. L'arbitre a conclu que les termes de livraison n'avaient pas été prolongés. La recourante croit discerner une contradiction entre l'aveu d'une prolongation de délai pour deux villas et le constat final niant une prorogation des termes de livraison. Si l'on résume la position de l'arbitre, il semble lui aussi avoir douté de la force probante des pièces remises, mais a jugé qu'elles n'avaient de toute façon pas la portée que leur prêtait la recourante: la potentielle prolongation de délai ne concernait que deux villas, alors que la recourante était en demeure de livrer les deux autres villas. Il en a déduit implicitement que ce retard habilitait déjà l'entrepreneuse à se départir du contrat pour cause de demeure. Or, cette analyse juridique sous-jacente est exempte d'arbitraire. Il n'est en effet pas insoutenable d'autoriser l'application de l'art. 107 al. 2 i.f. CO lorsque le terme de livraison de deux des quatre villas prévues a expiré (cf. WOLFGANG WIEGAND, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, 7e éd. 2020, n° 4 ad art. 107 CO et ROLF WEBER, in Berner Kommentar, Das Obligationenrecht, 2000, n° 12 ad art. 107 CO, pour qui la demeure doit porter sur une obligation essentielle [ wesentliche Pflicht] ou principale [ Hauptpflicht], tandis que LUC THÉVENOZ, in Commentaire romand, op. cit., n° 6 ad art. 107 CO, se contente d'une obligation accessoire). Ce constat autorise à clore la discussion.