Citation: 6S.778/2000 23.03.2001 E. 1

S'agissant du délit manqué de meurtre, le Tribunal cantonal a constaté en substance les faits suivants: M.________ nourrissait à l'encontre de G.________ une profonde rancune, notamment parce que celui-ci ne l'avait pas défendu lors d'une bagarre survenue le 18 mars 1997 au Centre F.________ à Sion, où se retrouvaient des ressortissants de l'ex-Yougoslavie. Après cette altercation, l'intéressé s'était du reste senti menacé et s'était procuré un pistolet qu'il portait sur lui chaque fois qu'il se rendait au Centre précité. Le soir du 6 avril 1997, remarquant la voiture de G.________ parquée devant le Centre précité, M.________ a décidé de discuter avec lui. Voulant disposer, à ses dires, d'un moyen de défense s'il se trouvait en état d'infériorité, il a glissé dans sa ceinture le pistolet qu'il avait chargé de neuf balles, l'une d'elles étant engagée dans le canon. Le chien n'étant toutefois armé qu'à moitié, un coup nécessitait une pression relativement importante (5 kg). L'intéressé a requis un tiers d'appeler G.________, mais celui-ci ne s'est pas déplacé. M.________ l'a alors rejoint à l'étage de l'établissement, passablement fréquenté, où il était attablé en compagnie de trois compatriotes, et lui a ordonné de l'accompagner dehors. G.________ ayant refusé, M.________ l'a tiré par le bras, le faisant chuter au sol, puis a lancé son pied contre sa tête. G.________ a esquivé le coup et s'est relevé. Tous deux se sont empoignés et l'intéressé a sorti son pistolet. Un premier coup est parti alors que M.________ frappait la tête de G.________ avec le dessus de la crosse de l'arme. L'intéressé a toutefois continué à frapper de la même manière. Durant la lutte, l'arme s'est trouvée pointée en direction du visage de G.________, qui a vu le trou noir du canon. Une deuxième balle a été tirée, puis une troisième qui a touché le poignet d'un client avant de traverser le torse d'un autre homme. L'annonce de cette dernière lésion, dont la victime est décédée peu après, a mis fin à la bagarre. G.________ a subi des plaies superficielles et des ecchymoses. Le Tribunal cantonal a constaté par ailleurs que les coups de feu ne pouvaient résulter des chocs de la crosse sur la tête de G.________, de sorte que, durant la lutte, M.________ tenait le doigt sur la gâchette. En outre, l'arme ne pouvant tirer en rafale, force était de retenir que l'intéressé avait pressé la détente à chaque coup, étant précisé qu'une fois la première balle tirée, le mécanisme automatique armait complètement le chien, si bien qu'une pression de 1.5 kg suffisait à faire feu.