Citation: 1C_156/2021 E. 4.3

4.3. La recourante fait ensuite valoir une application arbitraire de l'art. 33 al. 2 LPJA. Elle reproche au Tribunal cantonal de ne pas avoir retenu que l'entrée en vigueur de l'art. 32a de la loi d'application de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire du 23 janvier 1987 (LcAT; RS/VS 701.1) constituait un changement notable dans la situation juridique et était un motif de reconsidération. A cet égard, le Tribunal cantonal a d'abord relevé que dans sa demande de reconsidération du 11 octobre 2019, la recourante n'avait nullement allégué l'entrée en vigueur de l'art. 32a LcAT, alors que la procédure de reconsidération est régie par le principe allégatoire (cf. art. 18 al. 1 let. a LPJA). Il a ensuite jugé que l'art. 32a LcAT qui instaure une "zone des mayens et de constructions protégée en tant qu'éléments caractéristiques du paysage" n'était pas un motif de reconsidération dans la mesure où cette modification légale consistait en une reformulation des articles existants consacrés aux mayens (cf. message du Conseil d'Etat accompagnant le projet de révision de la LcAT, 2e étape in: Bulletin des séances du Grand Conseil, session de décembre 2015, p. 764 s.), zone qui existait déjà auparavant (ancien art. 27 LcAT). La cour cantonale a ajouté que le mazot de la recourante ne se situait de surcroît pas dans une zone des mayens. Face à ce raisonnement, la recourante se contente de soutenir que son argument n'était pas de tenter de faire croire que la zone de mayens devrait s'appliquer à sa parcelle: son but est de démontrer que désormais il existe une volonté cantonale de protéger le milieu bâti typique du canton, notamment en instaurant des zones de protection spéciales qui se superposent à la zone agricole. En d'autres termes, la recourante ne conteste pas que son mazot n'est pas suffisant pour mettre en place une zone visant à le protéger. Elle se borne à affirmer péremptoirement que, compte tenu de l'âge et de la qualité de conservation du mazot, il serait contraire à la volonté cantonale de sauvegarde des bâtiments traditionnels de maintenir l'ordre de démolition: cette volonté constituerait un motif de reconsidération qu'il n'était pas possible d'invoquer en 2014 compte tenu du processus de révision de la LcAT entamé en 2015. Ce faisant, la recourante ne conteste pas que sa parcelle n'est pas située dans une zone de protection des mayens. Elle se contente de répéter l'argumentation qu'elle a déjà fait valoir devant la cour cantonale, sans répondre aux arguments du Tribunal cantonal qui a exposé clairement pourquoi l'entrée en vigueur de l'art. 32a LcAT ne consistait pas en une modification notable des circonstances depuis la première décision (au sens de l'art. 33 al. 2 let. a LPJA). Partant, elle ne tente même pas de démontrer en quoi et pour quel motif l'appréciation de la cour cantonale serait insoutenable. Le grief doit donc à nouveau être déclaré irrecevable.