Citation: 8C_529/2023 E. 5.2

5.2. Les juges cantonaux ont ensuite écarté l'argumentation de la recourante selon laquelle la décision de fermer son établissement faisait suite aux restrictions sanitaires uniquement et n'était aucunement due aux travaux. Ils avaient déjà précisé que le raisonnement selon lequel il serait logique de profiter d'une fermeture liée à des restrictions sanitaires conduirait à avantager les personnes qui, bénéficiant d'indemnités en cas de RHT, procédaient en même temps à des travaux et reviendrait à créer une inégalité de traitement avec les exploitants qui, face à un besoin de rénovation similaire, devaient fermer un établissement en temps normal (soit en l'absence de pandémie) ou après la période durant laquelle les autorités avaient décidé d'une fermeture. La situation de la recourante ne différait pas de cette situation en tant qu'elle avait concrètement aussi "profité" de la fermeture ordonnée en raison des restrictions sanitaires pour effectuer ses travaux. Pour le surplus, l'affirmation selon laquelle les travaux en cause auraient pu être réalisés en cours d'exploitation n'a pas convaincu les juges cantonaux. Ils ont relevé qu'à la lecture du descriptif des travaux, ceux-ci ont inclus la création d'un espace de production complémentaire pour la brigade de cuisine ainsi que des travaux de maintenance dans l'ensemble de l'établissement (chambres, terrasse et café/bistrot). La société avait par ailleurs précisé être passée d'un seul à deux restaurants. L'instance précédente voyait mal en pareille situation comment les travaux en cause auraient pu être réalisés en cours d'exploitation. Elle a encore relevé que la recourante aurait eu tout loisir de produire des documents relatifs à ces travaux et à leur nature si elle entendait établir la faible ampleur alléguée, ce qu'elle n'avait pas fait. Les juges cantonaux ont ainsi retenu que l'autorité intimée était fondée à retenir que la fermeture de l'établissement de la recourante du 28 mars au 23 juillet 2021 était due à sa décision de procéder à des travaux de rénovation, et que les pertes de travail y relatives faisaient partie des risques habituels d'exploitation que l'employeur devait supporter, même en période de pandémie. L'autorité intimée était légitimée à nier le droit aux indemnités en cas de RHT à la recourante pour cette période.