Citation: 7B_152/2023 E. 2.2.3

2.2.3. Ce raisonnement ne saurait être suivi. En effet, il est reproché au recourant d'avoir contribué à l'inscription de deux graffiti à message politique sur la façade d'un centre commercial. Cette infraction de dommages à la propriété ne touche pas des biens juridiques particulièrement dignes de protection, mais uniquement au patrimoine. Il n'est certes pas exclu qu'une inscription à la peinture sur un mur cause des dommages matériels importants et remplisse ainsi la condition de la gravité du délit. Aucune indication ne figure cependant dans l'arrêt cantonal concernant le montant du dommage consécutif aux graffiti en cause; il n'en ressort à tout le moins pas que ces inscriptions auraient causé un dommage considérable, s'agissant de deux inscriptions peintes sur une façade commerciale. Il n'apparaît pas non plus que le recourant serait soupçonné d'avoir contribué à d'autres graffiti - hormis ceux retrouvés sur le lieu de l'incendie et dont il n'y a pas lieu de tenir compte (cf. consid. 2.2.4 infra). Ces éléments ne permettent pas de qualifier de délit d'une certaine gravité l'infraction que le recourant est soupçonné d'avoir commise, vu la jurisprudence récente en la matière (cf. consid. 2.1.3 supra). Au demeurant, l'intimé ne saurait rien tirer de l'arrêt 1B_244/2017 du 7 août 2017 concernant l'inscription de graffiti sur un train et dans lequel la gravité avait été admise, les circonstances apparaissant différentes. En particulier, le critère de la gravité n'avait pas fait l'objet d'un examen circonstancié, au contraire des arrêts plus récents auxquels on se réfère ci-dessus; en outre, des indices sérieux et concrets avaient été constatés au vu des antécédents multiples retenus. Lorsqu'elle a examiné les indices susceptibles de montrer que le recourant était impliqué dans d'autres infractions, la cour cantonale a émis des considérations sur l'appartenance à un mouvement d'extrême-gauche antifasciste. À cet égard, il n'apparaît pas que la cour cantonale ait expressément considéré que le recourant appartiendrait à un tel mouvement, ses considérations sur ce point étant plutôt d'ordre général. Quoi qu'il en soit, l'éventuelle tendance politique rattachée aux graffiti n'est pas déterminante en l'espèce. Il n'apparaît en effet pas que les inscriptions en cause aient été accompagnées d'actes de violence qui auraient menacé la sécurité et l'ordre public, ni qu'elles auraient eu pour but d'inciter à de tels actes; il ne ressort pas non plus de l'arrêt attaqué qu'il y aurait un risque que le recourant commette de tels actes. Tout au plus pourrait-il être amené à effectuer d'autres graffiti, dont on a cependant vu qu'ils ne présentaient, jusqu'à présent, pas une gravité suffisante. Ainsi, le recourant est certes soupçonné d'avoir commis les graffiti qui ont fondé l'établissement du profil d'ADN contesté; il ne s'agit cependant pas d'actes revêtant une certaine gravité et il ne résulte pas des circonstances qu'il existerait des indices sérieux et concrets que le recourant puisse être impliqué dans d'autres infractions. En outre, le recourant est jeune et ne présente pas d'antécédents judiciaires (cf. consid. A.a supra). Par conséquent, au terme de la pesée des intérêts en présence, les éléments existant au moment de l'acte qui a fondé l'établissement du profil d'ADN ne justifiaient pas la mesure de contrainte en cause. Partant, la cour cantonale a violé le droit fédéral en confirmant l'établissement du profil d'ADN du recourant.