Citation: 5A_328/2023 E. 6.3

6.3. En l'espèce, cette situation est réalisée. La motivation de la décision attaquée est à ce point confuse qu'il n'est pas possible de la contrôler, même sous l'angle de l'arbitraire. En effet, l'autorité cantonale a développé une motivation contradictoire: d'une part, elle a établi que les intimés et le recourant n'étaient liés par aucun contrat et que le recourant était uniquement recherché en qualité d'administrateur unique de F.________ SA, mais, d'autre part, elle a examiné la vraisemblance de la créance des intimés contre la société en vertu de la garantie des défauts à titre de condition du séquestre contre le recourant, qui n'est pourtant, au stade de la vraisemblance, pas le débiteur de cette créance. Elle a en outre implicitement évoqué le fondement de la responsabilité d'un organe, de sorte qu'on ne sait pas si elle a considéré que les intimés ont agi en qualité de cessionnaires pour faire valoir un dommage et, le cas échéant, de quel type de dommage il s'agirait. Par ailleurs, l'autorité cantonale fait une lecture erronée de l'ATF 122 III 195 lorsqu'elle soutient qu'il faut en déduire que l'admission d'une créance à l'état de collocation suffit à rendre celle-ci vraisemblable dans une procédure de séquestre. Dans cet arrêt, le Tribunal fédéral a examiné les conditions matérielles de la responsabilité de l'administrateur (art. 754 al. 1 CO) dans une procédure introduite par un créancier cessionnaire de la masse en faillite, qui avait restreint son action au montant de sa créance colloquée, puis a renvoyé la cause à l'autorité cantonale afin qu'elle arrête le montant du préjudice. A cet égard, il a observé que l'état de collocation et la cession n'établissent que la qualité pour agir du créancier, mais que la collocation définitive d'une créance ne préjuge en revanche pas de l'existence de la prétention, les effets de l'état de collocation étant limités à la procédure de faillite en cours. Le seul élément ressortant de la motivation de l'arrêt attaqué sur la vraisemblance d'une créance contre le recourant tient en une ligne, soit " la mise en accusation de [celui-ci] pour diminution frauduleuse de l'actif de la société ". Ainsi, de l'arrêt attaqué, on ne comprend pas à quel titre les intimés ont agi, en vertu de quel fondement juridique et en réparation de quel dommage, étant précisé que, s'ils ont agi en réparation du dommage indirect qu'ils prétendent avoir subi en raison de l'insolvabilité de la société avec qui ils avaient conclu un contrat visant la construction de leur villa, ils ne sont pas légitimés à agir (sur le mandat procédural du créancier [art. 757 CO], cf. entre autres arrêt 4A_446/2009 du 8 décembre 2009 consid. 2.4, non publié aux ATF 136 III 107; sur la légitimation active du créancier selon la nature du dommage subi, cf. entre autre ATF 148 III 11 consid. 3.2). En conséquence, les griefs d'arbitraire (art. 9 Cst.) et de violation du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) doivent être admis et la cause renvoyée à l'autorité cantonale pour nouvel examen sur ces points.