Citation: 6S.389/2002 28.01.2003 E. C

La condamnation de X.________ repose en résumé sur les faits suivants. Depuis 1993, dans le cadre de la fête de la braderie qui a lieu tous les deux ans à Moutier, le Ski Club prévôtois organise un jeu intitulé "défi Pepsi" qui consiste à emboîter des caisses d'eau minérale vides les unes sur les autres, en grimpant sur celles-ci, dans le but de construire la pile la plus haute possible. Tôt ou tard, celle-ci s'écroule inévitablement et le participant est déséquilibré. Afin d'éviter une chute libre, le joueur est revêtu, avant d'entamer son ascension, d'un baudrier utilisé pour l'escalade sportive auquel est attachée une corde qui passe dans une poulie située sur une grue et qui est tenue à son autre bout par un membre du personnel préposé au fonctionnement du jeu. L'extrémité de cette corde est en outre fixée à une caisse en bois lestée sur laquelle ce dernier s'assied. A chaque départ, la corde est attachée par un membre du personnel, au moyen d'un mousqueton à vis, dans le dos du participant et non pas à l'avant du baudrier, composé notamment de deux anneaux sur lesquels sont cousues toutes les sangles du baudrier, et tel que cela se pratique dans l'alpinisme. La corde est ainsi attachée à la sangle dorsale inférieure du baudrier et passe ensuite sous le croisement effectué par les sangles supérieures dans le dos du joueur. Le samedi 28 août 1999, Y.________ a décidé de participer au défi Pepsi. L'un des membres du personnel, Z.________, lui a ajusté le baudrier et a attaché la corde à celui-ci au moyen du mousqueton à vis. Y.________ a empilé environ 22 caisses d'eau minérale avant que le tout ne s'écroule. A ce moment, le système de sécurité qui aurait dû empêcher la jeune fille de tomber n'a pas fonctionné et celle-ci a chuté d'une hauteur de plus de 8 mètres. Il s'est avéré que Z.________, grimpeur confirmé, avait accroché par inadvertance le mousqueton à vis de la corde d'assurage à un élastique de maintien du baudrier, au lieu de le fixer à une sangle porteuse de ce dernier. Ainsi, sous le poids de la jeune fille, l'élastique a cédé, laissant échapper le mousqueton, et celle-ci n'a plus été retenue par la corde d'assurage. Selon le plan de répartition des tâches du Ski Club, X.________ était responsable de la sécurité du jeu pour le vendredi 27 et le samedi 28 août 1999 et A.________ pour le dimanche 29 août 1999. Z.________, B.________ et C.________ s'occupaient du fonctionnement du défi Pepsi pour la tranche horaire de 16 h à 22 h 30, le jour de l'accident. Y.________ a subi une fracture de certaines vertèbres lombaires avec déplacement d'un fragment osseux entraînant une paraplégie réversible. Les nerfs commandant la vessie, le rectum et une partie des organes génitaux de la victime ont été sectionnés, engendrant une rétention urinaire et des selles, de même qu'une perte de sensibilité au niveau des parties sexuelles. La jeune fille a dû subir une hospitalisation de trois mois et deux interventions chirurgicales et cesser ses études durant un an. En 2001, elle a développé des troubles du sommeil et des symptômes de type dépressif; elle a dû être traitée aux antidépresseurs. Actuellement, le système urinaire de la victime est toujours inopérant, celle-ci devant recourir à l'usage d'une sonde. Elle ne peut toujours pas aller à selle normalement et son activité sexuelle est entravée. Elle souffre de maux de dos. Il apparaît que ces handicaps sont, selon toute vraisemblance, définitifs.