Citation: 6P.70/2001 22.08.2001 E. A

A.- Par jugement du 8 juin 2000, le Tribunal correctionnel du district de Vevey a condamné B.________, ressortissant de l'ex-Yougoslavie né en 1965, à deux ans d'emprisonnement et à l'expulsion du territoire suisse pendant sept ans. Il l'a reconnu coupable, d'une part, de tentative d'extorsion qualifiée, lésions corporelles simples, injure, menaces, contrainte et faux témoignage, commises à l'encontre de dame Y.________ (sa compagne, mère de sa fille et de deux autres enfants, placée sous tutelle volontaire) et, d'autre part, de mise en danger de la vie d'autrui, tentative de contrainte et contrainte, perpétrées à l'encontre de dame X.________. S'agissant de ces secondes infractions, le jugement retenait en particulier ce qui suit: "(...) L.________ a fait la connaissance de dame X.________ (...). L'accusé a rapidement nourri des sentiments amoureux envers la jeune femme (...). Dans le cadre de cette relation, et vraisemblablement pour manifester son attachement à X.________, L.________ lui a prêté à plusieurs re- prises diverses sommes d'argent. Apprenant que dame X.________ allait quitter prochainement la Suisse, L.________ a compris qu'il risquait de ne pas obtenir de remboursement de sa débitrice et a dès lors décidé de tout mettre en oeuvre pour obtenir le versement de l'argent. Il a ainsi fixé rendez-vous à dame X.________ le 24 août 1997, à 20 h. 00, à son domicile. Il a prétexté avoir un cadeau à lui remettre. Dame X.________ s'est présentée à l'heure convenue. L'accusé B.________ était également présent au domicile de L.________. Très rapidement, les accusés ont déclaré à dame X.________ qu'ils allaient la violer. B.________ a tenté de bâillonner dame X.________, au moyen d'un scotch, mais n'y est pas parvenu car la victime s'est débattue et mise à crier. L.________ lui a alors saisi les jambes, pendant qu'elle était maintenue par B.________. La victime a chuté. Elle a alors été transportée sur le lit et étranglée avec violence par B.________. L.________ s'est ensuite muni d'un couteau à cran d'arrêt, qu'il a brandi à la victime en lui indiquant qu'elle devait remettre l'argent qu'elle avait gagné à son travail. Il a alors imparti un ultimatum de vingt-quatre heures pour s'exécuter et a menacé de mort la famille de dame X.________, si elle ne se présentait pas au rendez-vous. Les accusés ont ensuite escorté la victime jusqu'à sa voiture et confisqué les plaques, en guise de mesure de rétorsion. Dame X.________ s'est présentée à la police municipale de Vevey, le même jour, vers 20 h. 35, en état de choc. Elle a été acheminée ensuite au Samaritain pour recevoir les premiers soins (...). (Elle) a été examinée le lendemain par un médecin de l'Institut universitaire de médecin légale, lequel a constaté des signes de violence objectifs contre le cou, sous la forme d'ecchymoses, d'érythèmes ainsi que d'éraflures cutanées (...) associés à la présence de quelques pétéchies cutanées au visage. Il a également fait état d'éléments subjectifs compatibles évoquant une violence contre le cou, principalement sous la forme de dysphagie, de douleurs de la musculature du cou et de diminution de la mobilité du cou liée à la douleur. Les signes de violence contre le cou constatés lors de l'examen clinique, ainsi que les éléments subjectifs compatibles avec une violence contre le cou indiquent qu'il y a eu une tentative de strangulation (...). En conclusion, le médecin légiste indique que la vie de dame X.________ a été mise en danger. (...) En définitive, le tribunal a acquis la conviction que les accusés ont volontairement agressé dame X.________, pour la contraindre à rembourser ses dettes envers L.________. La présence de B.________ sur les lieux devait favoriser l'intimidation de la victime, les menaces de viol étant proférées dans ce même but. (...) Il en résulte que B.________ doit être condamné tout d'abord pour mise en danger de la vie d'autrui, au sens de l'art. 129 CP. Objectivement, il est incontestable que dame X.________ a été mise en danger de mort imminent, si l'on se réfère aux constatations du médecin légiste. Dame X.________ a d'ailleurs indiqué avoir perdu ses urines lors de la strangulation, ce qui démontre l'importance et la durée de l'acte. Subjectivement, B.________ ne pouvait qu'avoir conscience de la mise en danger. Il a d'ailleurs admis à l'audience de jugement savoir que des actes de strangulation peuvent avoir des conséquences mortelles. Enfin, il est incontestable que