Citation: 2C_233/2024 E. 3.2

3.2. Il ressort en l'espèce du dossier (cf. art. 105 al. 2 LTF) que le recourant a effectivement invoqué l'art. 30 al. 1 let. k LEI à l'appui de son précédent recours devant le Tribunal cantonal, de même que développé les raisons pour lesquelles il estimait qu'une prolongation de son autorisation de séjour s'imposerait à l'aune de cette disposition. Il ressort par ailleurs de l'arrêt attaqué que le Tribunal cantonal a passé totalement sous silence cette dernière norme dans sa motivation, alors qu'en comparaison, il a pris la peine d'expliquer pourquoi l'octroi d'une autorisation pour cas individuel d'une extrême gravité au sens de l'art. 30 al. 1 let. b LEI n'entrait pas en ligne de compte s'agissant du recourant. Il faut cependant relever que l'art. 30 al. 1 let. k LEI concerne la problématique spécifique de la "réadmission" en Suisse de personnes étrangères ayant déjà été titulaires d'une autorisation de séjour ou d'établissement. L'art. 49 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201) ajoute en ce sens que cette norme vise plus précisément l'octroi de nouvelles autorisations de séjour aux étrangers ayant quitté librement la Suisse après y avoir séjourné pendant plus de cinq ans, si leur départ ne remonte pas à plus de deux ans. Autrement dit, le sens et la fonction de l'art. 30 al. 1 let. k LEI consistent à faciliter le retour en Suisse de personnes qui ont quitté volontairement le pays, après y avoir séjourné longtemps, et dont l'autorisation de séjour s'est donc éteinte ou n'a pas pu être prolongée en raison de ce départ (cf. notamment ATF 149 I 66 consid. 4.9). Or, le recourant ne se trouve pas du tout dans une telle situation: il n'est pas encore parti de Suisse, pays qu'il entend du reste précisément ne pas quitter. Son invocation de l'art. 30 al. 1 let. k LEI devant le Tribunal cantonal était donc complètement hors de propos, si bien qu'il faut considérer que l'autorité précédente n'a pas violé son devoir de motivation découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. en choisissant de passer cette norme sous silence dans son arrêt, étant rappelé que cette disposition constitutionnelle ne lui interdit pas de se limiter à traiter les questions et griefs pertinents pour l'issue du litige, ainsi qu'on l'a vu (cf. supra consid. 4.1).