Citation: 4C.315/2001 05.04.2002 E. A

A.- La société Y.________ AB (ci-après: la société-mère), sise à Stockholm (Suède), a fondé, en 1988, la société Z.________ S.A. (ci-après: la société-fille) dont elle détenait la totalité du capital-actions. Ces deux sociétés ont pris à bail de la SI W.________ S.A. un ensemble d'habitations avec services, destiné à être exploité à l'enseigne "X.________". En 1990, la société-fille a obtenu différents prêts de A.________ S.A. à Luxembourg (ci-après: la banque). Par une lettre du 18 octobre 1991, la société-mère a rassuré la banque sur la situation financière délicate de sa société-fille. Elle a confirmé qu'il s'agissait d'une filiale à 100% et qu'elle le resterait; elle a manifesté la volonté de superviser la gestion de sa filiale de manière à ce que celle-ci soit en tout temps à même de remplir ses obligations. Ayant reçu ces assurances, la banque a renouvelé les prêts consentis à la société-fille. Le 17 mars 1992, la société-mère a vendu à la SI W.________ S.A. l'intégralité du capital-actions de sa société-fille, laquelle a changé de raison sociale, devenant la Société X.________ S.A. (ci-après: X.________). Ayant appris cela, la banque, s'adressant directement à la société-mère par lettre du 28 avril 1992, a demandé le remboursement des prêts. Par lettre du 9 juin 1992 adressée à la société-fille, la banque a également sollicité de X.________ le remboursement desdits prêts. X.________ a répondu le 23 juin 1992 qu'elle n'était pas en mesure de rembourser immédiatement, si bien qu'elle proposait un plan d'amortissement. La banque lui a fait savoir qu'elle n'était pas intéressée. A.________ S.A. a persisté à réclamer le remboursement en s'adressant à la société-mère. Par pli du 17 août 1992, l'ancienne société-mère a informé X.________ qu'elle avait décidé de payer la banque, afin de conserver ses bonnes relations avec celle-ci; il ne s'agissait toutefois que d'une solution temporaire et son avocat en Suisse prendrait contact avec X.________ et lui donnerait des instructions pour rembourser le prêt et les intérêts dus. Une expertise comptable a montré que la banque avait prêté au total 2 050 000 fr. en capital à la société-fille. 350 000 fr. en capital avaient déjà été remboursés le 29 janvier 1992. Le solde des prêts, soit 1 700 000 fr. en capital, représentant avec les intérêts 1 778 000 fr., a été remboursé par la société-mère pour le compte de l'emprunteuse le 5 août 1992. Dans les livres de la société-fille cette opération a été portée au débit du compte de la banque avec le libellé "versement d'un inconnu". Par lettre du 25 novembre 1992, l'avocat de la société-mère a mis en demeure le président du conseil d'administration de X.________ de rembourser le montant de 1 778 000 fr. jusqu'au 30 novembre 1992. X.________ a contesté avoir une quelconque obligation à l'égard de la société-mère.