Citation: 4A_532/2014 E. B

Le 12 juin 2012, B.________ a initié deux procédures arbitrales en rapport avec les deux contrats de conseil susmentionnés afin d'obtenir le paiement des commissions stipulées dans ces conventions. Les défenderesses ont requis, à titre préliminaire, la suspension de la procédure arbitrale jusqu'à ce que des clarifications aient pu être obtenues sur l'activité déployée par B.________. Selon elles, différentes enquêtes pénales portant sur des soupçons de corruption en lien avec des projets auxquels avaient participé des sociétés du groupe Y.________ étaient toujours en cours, notamment en Angleterre, via le Serious Fraud Office (ci-après: le SFO). Dès lors, elles n'avaient pas d'autre choix que de suspendre le paiement des commissions jusqu'à ce que toute la lumière ait été faite sur le respect par B.________ des prescriptions légales en matière de lutte contre la corruption, sauf à violer le UK Bribery Act 2010(ci-après: le Bribery Act ) et à s'exposer à de lourdes sanctions pénales, en particulier à de fortes amendes. Pour étayer leurs dires, les défenderesses ont produit, entre autres documents, deux déclarations écrites faites le 11 juin 2013 par un expert privé, l'avocat anglais C.________. Le Tribunal arbitral CCI a rejeté la requête de suspension. Après avoir instruit les deux causes, il a rendu deux sentences distinctes, le 17 juillet 2014. Admettant les demandes de B.________ pour l'essentiel, il a condamné solidairement les deux défenderesses actionnées dans chacune des deux causes à payer différents montants à cette partie.