Citation: 6P.188/2004 08.03.2005 E. 1

Le recourant soutient que le refus du sursis à l'expulsion procède d'une appréciation arbitraire des éléments sur lesquels il repose. 1.1 Il n'apparaît pas qu'en instance cantonale le recourant se soit plaint d'arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst., en rapport avec l'établissement des faits relatifs au refus du sursis à l'expulsion. La recevabilité du grief sous l'angle de l'art. 86 OJ est donc pour le moins douteuse. La question peut toutefois rester indécise, dès lors que le recours de droit public est de toute manière irrecevable. 1.2 Le refus litigieux repose, d'une part, sur le constat que le recourant vit à Genève, sans attaches, depuis le mois de février 2002, dans un contexte ethno-culturel et religieux fort différent du sien d'origine et, d'autre part, sur le fait que le recourant, à l'audience de la Cour correctionnelle, a lui-même déclaré qu'il se sentirait mieux s'il pouvait vivre en Guinée plutôt qu'en Suisse. S'agissant du premier de ces éléments, le recourant n'en conteste pas la réalité, à savoir que, depuis son arrivée en Suisse, en février 2002, il n'y a pas noué d'attaches et y a vécu dans un contexte ethno-culturel et religieux qui ne lui a pas permis de s'insérer dans le pays. A plus forte raison, ne démontre-t-il pas que cette constatation serait arbitraire. Ce qu'il reproche à la cour cantonale, c'est d'avoir méconnu que la mesure d'éducation au travail ordonnée pourrait permettre son insertion. La question de savoir si le bénéfice pouvant résulter de cette mesure devait être pris en compte pour juger de l'octroi ou non du sursis à l'expulsion relève toutefois de l'application du droit fédéral, dont la violation peut donner lieu à un pourvoi en nullité (art. 269 al. 1 PPF) et ne peut donc être invoquée dans un recours de droit public, qui est subsidiaire (art. 84 al. 2 OJ; art. 269 al. 2 PPF). De même, le recourant ne conteste avoir déclaré qu'il se sentirait mieux s'il pouvait vivre dans son pays, soulignant au contraire qu'il maintient cette déclaration, dont il n'est donc pas allégué qu'elle aurait été retenue arbitrairement. Ce dont il fait grief à la cour cantonale, c'est d'avoir méconnu que, même s'il se sentirait mieux dans son pays, il y serait en danger au vu des vicissitudes qu'il y a vécues, autrement dit de n'avoir pas tenu compte de la situation à laquelle il serait exposé dans son pays pour juger de l'octroi du sursis à l'expulsion. Là encore, la question relève toutefois de l'application du droit fédéral et ne peut donc être soulevée dans un recours de droit public. Ainsi, les critiques formulées par le recourant, qui les reprend d'ailleurs dans le pourvoi qu'il a déposé parallèlement, reviennent en réalité à invoquer une violation du droit fédéral, non pas à se plaindre d'arbitraire dans l'établissement des faits et l'appréciation des preuves, donc à soulever un grief qui ne peut faire l'objet d'un recours de droit public, qui est par conséquent irrecevable.