Citation: 9C_308/2021 E. 3.3

3.3. S'agissant précisément du revenu sans invalidité, la juridiction cantonale a constaté que le recourant avait procédé à des réfections lourdes portant sur une ferme et deux appartements de 1994 à 2000, puis sur une toiture et deux appartements de 2007 à 2013. Vu la durée de ces travaux, le recourant avait fait le choix d'y consacrer une partie de son temps et de son activité et avait ainsi volontairement réduit son activité professionnelle de manière durable. Cette réduction avait d'ailleurs été mise au profit d'une nouvelle source de revenu puisque le recourant percevait les loyers des appartements rénovés. Il avait donc choisi de consacrer une partie de son activité à la réfection d'appartements locatifs afin d'en tirer une source de revenus supplémentaires. Par ailleurs, le recourant exerçait une activité indépendante de menuisier depuis 2000 avec des revenus relativement bas, qu'il complétait par du travail sur appel en tant qu'expert à l'Ecole des métiers. Depuis 2014, il avait eu davantage de temps pour ses clients et avait pu exercer à plein temps son activité pour des tiers car il avait terminé ses travaux privés. Il ne s'agissait donc pas d'une période de lancement non représentative de son activité. La cour cantonale a relevé dans ce contexte qu'hormis en 2007, le recourant n'avait jamais touché un revenu supérieur à celui obtenu en 2014, de sorte qu'il ne pouvait pas se prévaloir d'une nouvelle activité qui n'engendrerait pas encore un plein rendement. D'ailleurs, son chiffre d'affaires résultant de travaux pour des tiers avait déjà été plus élevé que celui résultant du travail privé en 2011 et en particulier en 2013, où la part consacrée à des tiers représentait 80 % du produit d'exploitation total. Au demeurant, le recourant était apparemment à nouveau en train de rénover des appartements pour son propre compte, de sorte que les revenus perçus avant 2014 étaient probablement du même ordre que ceux qu'il aurait perçus s'il était resté valide. Il ne serait donc pas exact et conforme à la réalité de prendre comme référence les revenus moyens des entreprises dans la branche de la menuiserie, tels qu'indiqués par la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE). En conséquence, se fondant sur les conclusions d'une enquête économique pour les indépendants réalisée le 21 juin 2018 - un premier rapport d'enquête du 6 septembre 2016 ayant été écarté au motif qu'il avait été réalisé à un moment où le délai de carence n'était pas terminé et où les comptes de l'exercice en cours n'étaient pas bouclés - la cour cantonale a retenu un revenu sans invalidité de 48'701 fr., calculé sur la base du revenu AVS obtenu en 2014. Elle a considéré que ce revenu correspondait à ce que le recourant aurait touché en 2017 dans son ancienne activité de menuisier exercée à 80 %. Elle a par ailleurs relevé que le recourant avait conclu un salaire assuré de 48'000 fr. avec son assurance perte de gain maladie en 2014, de sorte que ce montant était représentatif de la situation concrète.