Citation: 6B_1015/2021 E. 1.5

1.5. L'autorité précédente devra donc procéder à un nouvel examen de la conformité au droit de la mesure d'expulsion en tenant compte du fait que le recourant est un réfugié au bénéfice d'une admission provisoire et en procédant aux constatations de fait nécessaires à l'appréciation de sa situation. Il lui incombe en particulier d'examiner si la vie ou la liberté du recourant serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social déterminé ou de ses opinions politiques, et elle devra en outre se pencher sur la question de savoir s'il représente en Suisse une menace grave pour la sécurité et l'ordre publics (cf. art. 66d al. 1 let. a CP; cf. consid. 1.2.3 ci-dessus). En outre, la cour cantonale devra examiner si le recourant doit éventuellement craindre la torture ou d'autres traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants en cas d'expulsion (cf. art. 66d al. 1 let. b CP; cf. consid. 1.2.4 ci-dessus). Elle devra tenir compte du fait que la Syrie n'est actuellement pas considérée comme un pays d'origine ou de provenance sûr (cf. annexe 2 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure [OA 1; RS 142.311]; cf. les développements dans l'arrêt 6B_38/2021 du 14 février 2022 consid. 5.5.6 concernant la jurisprudence actuelle de la Cour européenne des droits de l'homme [arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme M.D. et al. contre Russie du 14 décembre 2021, no 71321/17 et al, § 109, § 34 et 47] et du Tribunal administratif fédéral [arrêt du Tribunal administratif fédéral E-1876/2019 du 8 mars 2021 consid. 8.3] concernant la situation en Syrie). Comme il a déjà été démontré (consid. 1.2.5 ci-dessus), le recourant doit invoquer individuellement et concrètement une situation de danger personnel (cf. arrêt 6B_45/2020 précité consid. 3.4.2 et références). Il ne peut toutefois le faire que si le juge procède aux clarifications nécessaires des faits. Il se justifie dès lors d'annuler l'arrêt attaqué et de renvoyer la cause à la cour cantonale pour qu'elle examine la validité du prononcé d'expulsion et complète sa motivation sous cet angle (cf. art. 112 al. 1 let. b et al. 3 LTF). Dans cette mesure, il n'est pas nécessaire d'entrer en matière sur les autres griefs soulevés par le recourant à l'encontre de l'expulsion