Citation: 1B_136/2007 19.07.2007 E. 4

Le recourant conteste tout d'abord l'existence de charges suffisantes à son encontre. Les indices de culpabilité se seraient considérablement affaiblis au cours de l'instruction et ne justifieraient plus le maintien en détention. 4.1 L'exigence de charges suffisantes suppose la présence d'indices sérieux de culpabilité à l'encontre de l'intéressé, c'est-à-dire de raisons plausibles de soupçonner qu'il a commis une infraction. Le juge de la détention n'a pas à procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et à apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit uniquement vérifier s'il existe des soupçons raisonnables de culpabilité justifiant une telle mesure. L'intensité des charges propres à motiver un maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale; si des soupçons encore peu précis peuvent être suffisants dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit en revanche apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (ATF 116 Ia 144 consid. 3c p. 146). 4.2 Deux agents de la police municipale de Lausanne sont intervenus le 7 octobre 2006, à 07h20, au domicile de la plaignante pour séparer le recourant qui se battait avec C.________. Selon les explications qui leur ont été fournies, A.________ aurait frappé puis violé sa compagne. B.________ a expliqué avoir consommé des bières avec son ami et un autre couple, C.________ et D.________, en ville de Lausanne, puis à son domicile. Après s'être retirés dans leur chambre, le recourant aurait commencé à la caresser. Comme elle n'avait pas envie de faire l'amour et cherchait à le repousser, il lui aurait donné un coup de poing sur la joue gauche avant de la forcer à entretenir des relations sexuelles avec lui en la maintenant par les bras. Il aurait cessé ces agissements suite à l'intervention de C.________ et de D.________ qui se trouvaient dans la pièce voisine. Le recourant a contesté ces accusations, affirmant avoir entamé un rapport sexuel librement consenti auquel il aurait mis spontanément un terme à la demande de son amie. Le fait que la plaignante ait, à l'instar du recourant, consommé de l'alcool et pris un Tranxilium quelques heures auparavant ne suffit pas pour mettre en doute les accusations portées contre lui dans la mesure où la jeune femme a toujours soutenu avoir été contrainte à entretenir une relation sexuelle. Au demeurant, le recourant a déclaré que bien que quelque peu sous l'influence de l'alcool, elle était consciente de ses gestes et que son comportement était normal. C.________ et D.________ ont d'ailleurs tous deux confirmé que la plaignante leur a dit avoir été frappée, puis violée par le recourant. Il appartiendra au surplus au juge du fond d'examiner si les déclarations divergentes des témoins quant à la position et à la tenue dans laquelle se trouvaient le recourant et la plaignante lorsqu'ils sont entrés dans la chambre est propre à mettre en doute la crédibilité de leur témoignage et des déclarations de la victime. On observera que le recourant a également varié dans ses déclarations sur les raisons pour lesquelles il aurait spontanément mis un terme à leur relation sexuelle, d'une part, et pour lesquelles C.________ et D.________ seraient entrés dans la chambre, d'autre part. En outre sa version des faits diverge de celle des autres protagonistes, s'agissant de la personne qui a appelé la police. Quant à l'examen clinique auquel s'est livrée la plaignante le jour des faits, il a révélé la présence d'ecchymoses à la face interne du tiers moyen du bras droit et d'écorchures au niveau des fesses ainsi qu'une opacité peu marquée pouvant correspondre à une ecchymose au niveau de la joue gauche, en regard du rebord orbitaire inférieur. De l'avis des médecins, ces lésions peuvent remonter à la nuit précédente. Ainsi la version des faits de la plaignante n'est nullement contredite par les constatations médicales. Cela étant, on ne saurait reprocher au Tribunal d'accusation d'avoir privilégié, à ce stade de la procédure, les déclarations concordantes de la plaignante et des témoins sur la réalité d'un abus sexuel avec violence, que l'examen clinique n'a pas permis de mettre en cause, pour admettre l'existence d'indices sérieux de culpabilité à l'encontre du recourant.