Citation: 6B_157/2019 E. 3.1

3.1. Dans le cadre d'un changement de sanction, l'art. 5 CEDH doit être pris en considération. Il doit exister un lien entre la condamnation et la privation de liberté au sens de l'art. 5 par. 1 let. a CEDH. Le changement de sanction porte une grave atteinte à la liberté personnelle et suppose une sérieuse mise en danger de la sécurité publique, laquelle se détermine selon le type et la gravité des actes redoutés, la nature des biens juridiques menacés et le degré du danger présenté par l'auteur (arrêt 6B_338/2018 du 22 mai 2018 consid. 2.2.5 et les références citées) Aux termes de l'art. 5 par. 1 CEDH, toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf notamment s'il est détenu régulièrement après condamnation par un tribunal compétent (let. a). Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme, le mot "après" n'implique pas un simple ordre chronologique entre condamnation et détention, la seconde doit en outre résulter de la première, se produire "en vertu" de celle-ci (ATF 136 IV 156 consid. 3.3 p. 162 et les références citées). En bref, il doit exister entre elles un lien de causalité. Le lien entre la condamnation initiale et la prolongation de la privation de liberté se distend peu à peu avec l'écoulement du temps. Il pourrait finir par se rompre si une décision de ne pas libérer ou de réincarcérer se fondait sur des motifs étrangers aux objectifs du législateur ou du juge ou sur une appréciation déraisonnable au regard de ces objectifs (arrêts 6B_823/2018 du 12 septembre 2018 consid. 3.1; 6B_410/2017 du 19 octobre 2017 consid. 2.1; 6B_1193/2013 du 11 février 2014 consid. 6.3.1 et les références citées). Selon l'art. 5 par. 1 let. c CEDH, la détention d'une personne peut se justifier "lorsqu'il y a des motifs raisonnables de croire à la nécessité de l'empêcher de commettre une infraction". La mesure ne se prête pas à une politique de prévention générale dirigée contre une personne, mais a seulement pour but d'empêcher une infraction concrète et déterminée (cf. arrêt CourEDH Kadusic c. Suisse, § 41).