Citation: 8C_719/2021 E. 4.4

4.4. La recourante avait également produit en cours de procédure un rapport d'expertise de la CCMES du 19 octobre 2020, dans lequel celle-ci avait constaté un certain nombre d'indices (cf. consid. 2 supra) allant dans le sens d'une discrimination à l'embauche de la recourante, à savoir qu'aucune femme n'avait jamais été engagée comme garde-faune dans le canton de Fribourg, que la recourante avait été évincée à cinq reprises au bénéfice d'une candidature masculine bien qu'elle bénéficiât d'un excellent dossier et de recommandations des milieux concernés, qu'elle n'avait pas pu obtenir de motivation quant au refus d'embauche, que la procédure de recrutement avait été menée exclusivement par des hommes, que l'organigramme du Service dans lequel avait postulé la recourante montrait que seuls des hommes exerçaient des fonctions-cadres, que la base légale régissant le domaine des gardes-faune ne s'adressait qu'aux hommes et que le métier de garde-faune était typiquement masculin, ce qui augmentait le risque de discrimination à raison du genre. La cour cantonale n'a pas du tout discuté l'avis des experts de la CCMES, dont le rapport constitue incontestablement un moyen de preuve pertinent dans un litige portant sur la question d'une discrimination à l'embauche. En en faisant abstraction sans autre explication, la cour cantonale a procédé à un établissement des faits qui peut être qualifié d'arbitraire au sens de la jurisprudence susmentionnée (cf. consid. 1.2 supra).