Citation: 5A_729/2024 E. A

A.a. A.________ (1991) et B.________ (1986), tous deux de nationalité française, sont les parents de C.________ (2017) et de D.________ (2018). Séparées depuis le mois de juillet 2019, les parties ne sont pas mariées. Le père vit en France. La mère vit actuellement en Suisse avec son époux, E.________. Le couple a un fils (2021). A.b. En 2017, B.________ a reconnu avoir commis des violences n'ayant pas entraîné d'incapacité de travail sur A.________, violences commises le 16 décembre 2016. Il est par ailleurs connu des services de police pour port d'arme en 2005. A.c. A.c.a. Suite à leur séparation, les parties ont convenu en décembre 2019 d'exercer une garde alternée sur leurs filles, ce à raison d'une semaine chez chacun des parents. Le 15 mars 2020, elles ont signé une convention selon laquelle le père aurait la garde exclusive des enfants, la mère bénéficiant d'un droit de visite d'un week-end tous les quinze jours et la moitié des vacances scolaires. A.c.b. Le 15 juin 2020, A.________ a déposé une requête datée du 17 février 2020 auprès du Tribunal judiciaire de X.________ (France), sollicitant l'autorité parentale exclusive et la garde des enfants. Par jugement définitif et exécutoire du 2 juin 2021, le Juge aux affaires familiales du Tribunal judiciaire de X.________ (France) a notamment constaté l'exercice en commun de l'autorité parentale par les deux parents, fixé la résidence habituelle des mineures au domicile de leur père et arrêté le droit de visite de leur mère (en substance: un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires). A.d. B.________ a fait l'objet d'une "information préoccupante" adressée pour enquête sociale le 13 octobre 2022 par le Parquet de Y.________ (France), l'intéressé étant suspecté de violence à l'égard des enfants (coups de ceinture notamment). En août 2022, la gendarmerie avait préalablement été destinataire d'une information préoccupante par le centre médico-psychologique, consulté par le père dans le contexte de la séparation. Dans le cadre de sa prise en charge, l'aînée des enfants avait alors déclaré que son père était "méchant avec sa ceinture" et qu'elle avait des "bobos partout". Entendues par la gendarmerie, les deux mineures avaient expliqué que, lorsqu'elles faisaient des bêtises, elles étaient privées de goûter ou mises à genoux; concernant la ceinture, cela était arrivé, mais il y a "longtemps". Auditionné, le père a reconnu mettre ses filles à genoux quelques minutes lorsqu'elles n'étaient pas sages et limiter le goûter avec des aliments qu'elles aimaient moins; concernant le coup de ceinture, il a déclaré que c'était arrivé à une seule reprise, involontairement. Les policiers n'ont constaté aucune trace de coup, relevant que les enfants se portaient bien. L'information préoccupante a été annoncée aux deux parents et des mesures ont été mises en oeuvre auprès du père, telles que l'accompagnement par une technicienne en intervention sociale et familiale (ci-après: TISF), avec laquelle dix séances ont été organisées, et l'évaluation de l'information préoccupante. Le 24 novembre 2022, le Ministère de la justice a rendu un avis de classement s'agissant de la dénonciation contre le père pour les faits rapportés dans l'information préoccupante, relevant que la suite administrative qui y avait été donnée paraissait suffisante. A.e. En septembre 2023, A.________ est partie durant six mois en région parisienne pour suivre une formation. Des difficultés se sont alors fait sentir dans l'exercice du droit de visite. A.f. Sollicitée par la mère et le beau-père des enfants au sujet des possibles maltraitances du père à l'encontre de ses filles, la direction de l'établissement où celles-ci étaient scolarisées a demandé une vigilance particulière aux enseignantes. Début 2024, ces dernières ont indiqué qu'" aucune remarque ou attitude significative de C.________ ou de D.________ pouvait amener à confirmer ou infirmer les suspicions apportées par Mme A.________ ". A.g. A.g.a. Le bilan d'intervention (TISF) de la protection de l'enfance du 12 janvier 2024 (TISF; supra let. A.d) mentionne que la relation affective entre le père et ses filles est bonne, que celui-ci est attentif à leurs besoins, que les enfants sont épanouies et rient beaucoup, que le père met des limites et un cadre éducatif, qu'il est plutôt autoritaire et a des règles et interdictions, que les filles le respectent, qu'il a coopéré et que les objectifs de l'intervention ont été atteints, l'intéressé ayant dit s'être remis en question suite aux violences qui lui avaient été reprochées. Il n'était donc plus nécessaire de poursuivre l'intervention sociale, l'éducatrice relevant toutefois que sa dernière visite remontait au 7 décembre 2023 et disant se questionner sur l'évolution de la famille et sur l'éventuel besoin d'un soutien éducatif pour le père. Par rapport du 14 mars 2024, F.________, travailleur social référant de l'Office de la protection de l'enfance, a notamment indiqué que, vu le bilan TISF, il n'apparaissait plus nécessaire de poursuivre les interventions auprès du père. Dans un courriel ultérieur, daté du 3 septembre 2024, il relève que l'intéressé a pu reconnaître ses difficultés éducatives, qu'il a accepté l'aide proposée par les services sociaux, qu'il a toujours suivi les conseils donnés, que la mère avait été informée des difficultés, mais n'avait jamais pris contact avec le service de protection et que, depuis novembre 2023, elle et son conjoint énonçaient de possibles maltraitances paternelles auprès de l'école et instrumentalisaient les filles. A.g.b. Le 21 février 2024, G.________, psychologue et psychothérapeute dans la commune de domicile du père, a déclaré avoir reçu la veille la fille aînée des parties en consultation, à la demande de la mère qu'il avait rencontrée le 12 février 2024. Il a indiqué qu'il aurait besoin de revoir l'enfant pour mieux évaluer la situation, mais qu'il semblait déjà utile de rapporter certaines éléments, à savoir qu'il semblait que C.________ était exposée à une certaine violence de la part de son père, que la dimension affective de la relation à celui-ci était problématique, précisant notamment que l'enfant avait indiqué ne pas vouloir retourner auprès de lui, du fait de sa méchanceté et de violences qu'elle avait subies (coups de ceinture, cheveux et oreille tirés, menaces). Il a encore ajouté avoir rapidement évalué d'éventuelles problématiques similaires du côté de l'entourage maternel mais que tout semblait s'y dérouler pour le mieux. La séance du 20 février 2024 entre le thérapeute et l'enfant, d'une durée d'une heure et demie, a été filmée. A.h. Le 16 février 2024, A.________ est venue chercher ses filles pour les vacances qui devaient s'achever le 25 février 2024. A cette dernière date, elle a adressé à leur père un courrier lui indiquant que les enfants exprimaient une crainte et étaient très angoissées à l'idée de rentrer chez lui. Elle annonçait avoir décidé de saisir les autorités compétentes. A.h.a. Les 26 et 28 février 2024, le père a déposé plainte contre la mère, lui reprochant en substance de ne pas avoir retourné les filles à l'issue du droit de visite, de l'accuser faussement de violences à leur encontre et d'avoir elle-même occasionné des coups à celles-ci en octobre 2023. A.________ a d'ores et déjà été convoquée devant le Tribunal correctionnel français le 2 octobre 2025 pour non-présentation d'enfant à une personne ayant le droit de le réclamer. A.h.b. Le 29 février 2024, A.________ a déposé une requête urgente devant le Juge aux affaires familiales du Tribunal judiciaire de Y.________ tendant à l'attribution de la garde des filles et à la fixation d'un droit de visite médiatisé en faveur de leur père. Cette requête a été rejetée le 12 mars 2024. Les parties ont été citées à comparaître à une audience le 12 décembre 2024 devant le Tribunal judiciaire de Y.________ à la suite d'une requête ordinaire de la mère tendant à la fixation de la résidence habituelle des enfants auprès d'elle et d'un droit de visite médiatisé en faveur de leur père ainsi qu'à l'allocation d'une contribution d'entretien pour les enfants, à la charge de celui-ci.