Citation: 1B_152/2007 20.08.2007 E. 5

5.1 Le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître ce risque non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence citée). La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67). Selon l'art. 155 CPP/GE, la mise en liberté du prévenu peut être accordée moyennant des sûretés ou obligations. Cette disposition correspond à l'art. 5 § 3 dernière phrase CEDH, selon lequel le prévenu a le droit d'être libéré s'il lui est possible de fournir des sûretés propres à garantir sa présence aux débats et, le cas échéant, sa soumission au jugement, lorsque l'incarcération n'a plus d'autre justification que le danger de fuite. L'importance de la garantie doit être appréciée au regard des ressources du prévenu, de ses liens avec des personnes pouvant lui servir de caution, et de la confiance qu'on peut avoir que la perspective de perdre le montant agira comme un frein suffisamment puissant pour écarter toute velléité de fuite (ATF 105 Ia 186 consid. 4a p. 187, citant l'arrêt rendu le 27 juin 1968 par la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Neumeister c. Autriche, Série A, vol. 7, § 14). 5.2 En l'espèce, il résulte des considérants qui suivent que le recourant ne saurait soutenir que le risque de fuite serait nettement amoindri en raison du verdict quasi certain d'irresponsabilité et de l'absence de nécessité d'une hospitalisation (cf. consid. 6.3). En outre, le recourant ne résidait en Suisse que depuis environ un mois avant les faits et toute sa famille est domiciliée en Tunisie. Le risque de fuite existe donc bien. Contrairement à ce que prétend la cour cantonale, le recourant n'a pas manifesté d'intention claire de retourner immédiatement dans son pays. Le risque de fuite n'est donc pas élevé au point de rendre toute caution d'emblée inefficace. Dans la mesure où l'autorité n'a pas retenu d'autres motifs de détention, elle aurait dû examiner la possibilité de mesures alternatives, ce d'autant plus qu'elle n'explique pas en quoi la libération du recourant sous caution pourrait compromettre ou compliquer la réalisation des actes sollicités par la partie civile. Il appartiendra par conséquent aux autorités cantonales de s'interroger sur la possibilité de libérer le recourant, moyennant des mesures propres à pallier le risque de fuite, et en veillant le cas échéant à ordonner les mesures d'encadrement nécessaires à la prévention du risque de réitération.