Citation: 1P.801/1999 16.03.2000 E. B

B.- En 1996, R.________ et K.________ ont élaboré le projet de diviser la parcelle n°1440 en cinq nouvelles parcelles, portant les n°1440A à 1440E. La parcelle n°1440A, d'une surface de 7373 m2, correspondait à la partie septentrionale de l'ancienne parcelle n°1440. Les parcelles n°1440B, 1440C, 1440D et 1440E formaient une bande de terrain, d'une surface totale de 3339 m2, située en bordure de la limite méridionale de la nouvelle parcelle n°1440A, le long de la limite septentrionale des parcelles n°1503 à 1506. Les parcelles n°1440B, 1440C, 1440D et 1440E recoupaient grosso modo les surfaces visées par les servitudes constituées en faveur des parcelles n°1503 et 1505. Le 28 octobre 1996, la Commission foncière agricole du canton de Genève a approuvé la division de la parcelle n°1440 et déclaré que les parcelles n°1440B à 1440E n'étaient plus assujetties à la loi fédérale sur le droit foncier rural, du 4 octobre 1991 (LDFR; RS 211. 412.11). Le 4 février 1997, le Conseil municipal de la commune de Pregny-Chambésy a demandé au Conseil d'Etat du canton de Genève d'adopter un plan de site au sens des art. 38ss de la loi genevoise sur la protection des monuments, de la nature et des sites, du 4 juin 1976 (LPMNS), englobant la totalité de la parcelle n°1440, afin d'en empêcher le déclassement futur et d'assurer son maintien en l'état. En janvier 1998, le Département de l'aménagement, de l'équipement et du logement du canton de Genève (ci-après: le Département cantonal) a élaboré un projet de plan de site (ci-après: le plan). Selon le règlement annexé (ci-après: le Règlement), le plan vise à sauvegarder le site "qui constitue l'un des rares belvédères de la rive droite bénéficiant d'un point de vue exceptionnel" (art. 1er du Règlement). Le périmètre du plan comprend toute la parcelle n°1440 (art. 2 du Règlement), dans ses limites initiales - y compris les parcelles n°1440B à 1440E délimitées par le projet de division de 1996. A l'exception d'aménagements d'intérêt général ou liés à la revalorisation du site, aucune construction ne peut être édifiée dans le périmètre du plan; le morcellement, la création de clôtures, de routes ou la modification du relief du terrain sont interdits (art. 3 du Règlement). Sous réserve de plantations agricoles de basses futaies (par exemple vignes, céréales, etc. ), d'éventuelles haies ou plantations nouvelles ne devront pas subdiviser le terrain ou nuire à son esthétique, et elles devront s'intégrer au site tout en ménageant les vues (art. 4 du Règlement). Mis à l'enquête publique du 15 avril au 19 mai 1998, le projet a suscité l'opposition des époux T.________, qui se sont prévalus de leurs droits découlant des servitudes constituées en faveur de leurs fonds, ainsi que de la décision du 28 octobre 1996. Par acte des 6 et 7 août et 14 septembre 1998, R.________ et K.________, d'une part, et les époux T.________, d'autre part, sont convenus de radier les servitudes d'usage de jardin grevant la parcelle n°1440 en faveur des parcelles n°1503 et 1505, de rectifier les surfaces de ces parcelles, de diviser, comme prévu en 1996, la parcelle n°1440 en cinq nouvelles parcelles portant désormais les n°1773 (1440A), 1440B, 1775 (1440C), 1440D et 1777 (1440E). Selon cet acte, les époux T.________ ont acquis les parcelles n°1440B, 1775, 1440D et 1777. Les parcelles n°1440B et 1440D ont été réunies aux parcelles n°1503 et 1505 pour former désormais les parcelles n°1774 et 1776. Le 8 septembre 1998, le Conseil municipal de Pregny- Chambésy a émis un préavis favorable au projet de plan, auquel les époux T.________ se sont opposés en réitérant les arguments soulevés lors de l'enquête publique. Le 10 février 1999, le Conseil d'Etat a adopté deux arrêtés, l'un approuvant le plan et le Règlement tels qu'élaborés par le Département cantonal, l'autre rejetant, dans la mesure où elle était recevable, l'opposition des époux T.________. Par arrêt du 9 novembre 1999, le Tribunal administratif du canton de Genève, après avoir procédé à une inspection locale, a rejeté le recours formé par les époux T.________ contre les arrêtés du 10 février 1999. Il a estimé, en bref, que l'intérêt public lié à la protection du site l'emportait sur l'intérêt privé des recourants et que la mesure critiquée n'était pas disproportionnée.