Citation: 6B_996/2021 E. 3.6

3.6. S'agissant de l'élément constitutif de la disproportion évidente entre l'avantage pécuniaire et la contre-prestation, il y a lieu de relever que, même en retenant les chiffres allégués par la recourante, soit un revenu mensuel allant de 2'600 fr. (en 2005) à 3'000 fr. (dès 2011 jusqu'en septembre 2017, date à partir de laquelle le fils de l'intimée a quitté la Suisse et la recourante a réduit son temps de travail, ne venant plus que l'après-midi pour un salaire mensuel de 2'100 fr.), auquel s'ajouterait 990 fr. en nature pour le studio indépendant meublé (charges comprises) fourni par l'intimée à la recourante, l'écart entre ce qui a été versé annuellement à cette dernière (de 45'500 fr. à 51'870 fr.) et ce qui est prévu par le CTT-EDom (4'188 fr. 60 x 13 = 54'451 fr. 80) n'apparaît pas excéder la limite de 20 % évoquée par une partie de la doctrine pour les domaines réglementés, sans qu'il faille ici déterminer spécifiquement quelle limite serait adéquate. Par ailleurs, en tant que la recourante soutient que l'intimée a perçu un avantage financier bien supérieur à 20 % en se fondant sur le fait qu'elle n'aurait pas toujours pris ses quatre semaines de vacances par année, qu'elle n'aurait pas été rémunérée pour les vacances non prises et qu'elle aurait effectué de nombreuses heures supplémentaires non payées, elle s'écarte des faits retenus par la cour cantonale sans démontrer que ceux-ci auraient été établis de manière arbitraire (cf. supra consid. 2.2.3), étant au demeurant relevé qu'il ressort des déclarations de la recourante du 23 mai 2019 qu'elle n'a jamais auparavant demandé de salaire supplémentaire pour ces heures et qu'elle était payée lorsqu'elle gardait l'enfant de l'intimée en dehors des heures (cf. PV d'audience du 23 mai 2019, p. 2). Concernant les vacances, il y a lieu de rappeler qu'il ressort des faits de l'arrêt attaqué qu'elle avait un mois de vacances par année (deux semaines en été et deux semaines en fin d'année) et des déclarations de la recourante elle-même, lors de son audition du 23 mai 2019 au ministère public, qu'elle partait chaque année aux Philippines, parfois deux fois par année - voyages pour lesquels l'intimée payait les billets d'avion -, qu'elle recevait son salaire lorsqu'elle partait en vacances et qu'en 2002 elle a passé six mois aux Philippines durant lesquels elle a reçu trois mois de salaire (cf. PV d'audience du 23 mai 2019, p. 2 à 5).