Citation: 5P.236/2006 17.10.2006 E. 1

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 132 III 291 consid. 1; 131 II 571 consid. 1). 1.1 Sous réserve d'exceptions qui n'entrent pas en considération en l'espèce (art. 86 al. 2 OJ), le recours de droit public n'est recevable qu'à l'encontre des décisions prises en dernière instance cantonale (art. 86 al. 1 OJ). Dans cette mesure, les conclusions de la recourante tendant à casser les ordonnances rendues par le Tribunal tutélaire le 31 janvier 2006 (cf. lettre B supra) et à lui renvoyer la cause sont irrecevables. 1.2 Le recours de droit public n'est pas la simple continuation de la procédure cantonale, mais ouvre en tant que moyen de droit indépendant et extraordinaire une procédure nouvelle dont l'objet est d'examiner si la décision cantonale, en soi définitive et exécutoire, viole les droits constitutionnels des citoyens (ATF 118 III 37 consid. 2a). Le Tribunal fédéral doit donc se limiter à vérifier si les décisions prises par l'autorité cantonale sont conformes à la Constitution. En l'espèce, les conclusions subsidiaires tendant à la constatation de la nullité de l'interdiction et de la fausseté de l'expertise sont irrecevables. En effet, ces deux questions n'ont pas été abordées dans l'arrêt attaqué, dont l'objet se limite à la mise en oeuvre d'une expertise, à la désignation de l'expert et à celle du tuteur. Pour le même motif, le Tribunal fédéral ne peut examiner le grief pris de la violation du droit à l'assistance gratuite d'un défenseur d'office (art. 29 al. 3 Cst). Cette question, traitée dans une procédure distincte (GE AC/2906/2004), fait l'objet d'un recours actuellement pendant devant la Cour de justice. Il convient toutefois de relever que, vu les intérêts en jeu (cf. ATF 130 I 180 consid. 2.2 et les arrêts cités), la procédure de mainlevée d'interdiction ne saurait, sous réserve d'urgence qui ne paraît pas réalisée en l'espèce, être poursuivie tant que la question du droit de l'intéressée à l'assistance d'un défenseur d'office n'aura pas été tranchée définitivement, étant précisé qu'un refus de l'assistance judiciaire par l'autorité cantonale est susceptible de recours au Tribunal fédéral par la voie du recours de droit public dans le délai de trente jours. 1.3 La recourante s'en prend à l'arrêt de la cour cantonale, en ce qu'il confirme le refus de nommer sa soeur comme tutrice. Cette critique générale ne répond toutefois pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, selon lequel l'acte de recours doit contenir, sous peine d'irrecevabilité (ATF 125 I 492 consid. 1b), un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques qui auraient été violés, précisant en quoi consiste cette violation. En l'occurrence, la recourante n'indique pas quel principe juridique la cour cantonale aurait enfreint. Sa conclusion est dès lors insuffisamment motivée et se révèle irrecevable. 1.4 La recourante critique l'arrêt attaqué en tant qu'il ordonne l'administration d'une expertise psychiatrique et qu'il confie celle-ci au Professeur Y.________. Selon l'art. 87 al. 2 OJ, le recours de droit public est recevable contre les décisions préjudicielles et incidentes - autres que celles sur la compétence et sur les demandes de récusation - prises séparément s'il peut en résulter un préjudice irréparable. La décision attaquée, qui a trait à l'administration d'une preuve dans le cadre d'un procès civil est une décision incidente (ATF 99 Ia 437 consid. 1; arrêt 4P.117/1998 du 26 octobre 1998, in : SJ 1999 I p. 186; cf. sur la notion de décision incidente, cf. ATF 128 I 215 consid. 2 et les arrêts cités). Elle ne peut faire l'objet d'un recours de droit public que si elle cause à la recourante un dommage irréparable au sens de la disposition précitée, par quoi on entend exclusivement le dommage juridique qui ne peut être réparé ultérieurement, notamment par le jugement final (ATF 129 I 313, consid. 3.2; 129 III 107 consid. 1.2.1 et les arrêts cités). En l'occurrence, la recourante soutient que la décision incidente compromettrait ses chances d'obtenir gain de cause dans la procédure principale. Il ne s'agit cependant pas d'un préjudice irréparable, car le point contesté pourra être attaqué en même temps que la décision finale de dernière instance cantonale. Le recours de droit public se révèle ainsi irrecevable à cet égard. Pour ce motif, les griefs que la recourante soulève en relation avec la procédure incidente - violation du droit d'être entendu, violation de l'interdiction de l'arbitraire - ne peuvent être examinés dans le cadre du présent recours.