Citation: 4A_292/2022 E. 9

Il s'ensuit que l'arrêt attaqué doit être annulé en tant qu'il nie la responsabilité de l'administrateur intimé. Dans l'arrêt fédéral de renvoi du 26 octobre 2021, le Tribunal fédéral a renvoyé l'affaire à la cour cantonale afin que celle-ci détermine si l'administrateur intimé avait fautivement violé ses devoirs et qu'elle fixe, le cas échéant, l'étendue de l'obligation de réparation de ce dernier en application du régime de la solidarité différenciée prévue à l'art. 759 al. 1 CO. Cette disposition légale institue en effet une solidarité différenciée (ATF 132 III 564 consid. 7; 122 III 324 consid. 7b). Ainsi, lorsque plusieurs personnes répondent d'un même dommage, comme c'est le cas en l'espèce, chacune d'elles est solidairement responsable dans la mesure où le dommage peut lui être imputé personnellement en raison de sa faute et au vu des circonstances. Dans les rapports externes, c'est-à-dire dans les rapports entre les organes responsables et le lésé, le montant du dommage auquel un administrateur peut être condamné solidairement ne peut dépasser le dommage qu'il a causé ou contribué à causer et qui lui est imputable personnellement en raison de sa faute et au vu des circonstances (ATF 122 III 324 consid. 7b; cf. aussi ATF 127 III 453 consid. 5d). Chaque coresponsable peut donc faire valoir ses motifs personnels d'atténuation de la responsabilité, tels que la faute légère, la gêne, l'action de complaisance, la différence des situations économiques ou la faible rémunération (ATF 132 III 564 consid. 7). A cet égard, il sied de préciser que la détermination du degré de la faute dans un cas concret relève du jugement de valeur et repose largement sur l'appréciation du juge cantonal, de sorte que le Tribunal fédéral ne réexamine la question qu'avec retenue (ATF 135 III 121 consid. 2; arrêts 4A_529/2019 du 25 mai 2020 consid. 6.1.2; 4A_74/2016 du 9 septembre 2016 consid. 5.2.3). Dans la mesure où la Cour de céans est liée par son arrêt de renvoi et où l'autorité précédente n'a toujours pas fixé l'étendue de l'obligation de réparer de l'administrateur intimé en application du régime de la solidarité différenciée, il y a lieu de renvoyer une nouvelle fois la cause à la cour cantonale afin qu'elle règle cette question, qu'elle prononce la mainlevée définitive des oppositions formées par l'administrateur intimé aux deux commandements de payer qui lui ont été notifiés par les sociétés demanderesses et qu'elle revoie la répartition des frais judiciaires et les indemnités de dépens mises à la charge des sociétés demanderesses en faveur de l'administrateur intimé.