Citation: 1P.89/2002 11.03.2002 E. 5

Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence; il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Selon l'arrêt attaqué, le recourant, de nationalité afghane, a fui son pays à cause de la guerre. Arrivé en Suisse en 1991, il a obtenu un permis B. Son épouse et son premier enfant l'ont rejoint peu après. Il est père de quatre enfants, vivant avec lui en Suisse. L'épouse du recourant s'est récemment séparée, lui reprochant notamment de battre les enfants. Lors de son audition du 24 septembre devant le juge d'instruction, le recourant a précisé que l'entente conjugale s'était dégradée depuis 1995, lors d'une visite en Allemagne dans la famille de son épouse. La cour cantonale a également retenu que, bien qu'en Suisse depuis plus de dix ans, le recourant n'avait pas appris le français, ni aucune autre langue du pays. Les interrogatoires ont d'ailleurs eu lieu avec l'aide d'un interprète en langue farsi. Cela permet effectivement de douter de son insertion sociale. Son intégration professionnelle n'est pas plus convaincante, le recourant n'ayant qu'une activité rémunérée de deux heures et demie hebdomadaires, et ayant au surplus déclaré n'avoir jamais travaillé en Suisse (procès-verbal du 24 septembre 2001 devant la Police municipale, p. 2). Compte tenu de sa situation familiale pour le moins perturbée, et de la gravité des charges pesant contre lui, il est sérieusement à craindre que le recourant ne mette à profit une libération pour se soustraire à la justice pénale, en tentant par exemple de retourner dans son pays d'origine, dont la situation s'est profondément modifiée depuis sa fuite en 1991. Le risque de fuite est par conséquent bien réel.