Citation: 1B_111/2022 E. 3.3

3.3. En l'espèce, un important trafic de stupéfiants tel que celui auquel le recourant a participé (ce que démontre la saisie de 2,4 kg de cocaïne, 7,9 kg de MDMA, 7,6 kg d'ecstasy, 4,8 kg de crystal meth, 4500 buvards de LSD et 30 à 40 kg de méthamphétamine) est indubitablement propre à mettre en danger non seulement la sécurité d'autrui, mais aussi la santé de très nombreuses personnes, de sorte que la condition de la gravité des faits est à l'évidence réalisée. S'ajoute à cela que le recourant s'est livré à cet important trafic de stupéfiants sur plusieurs années. Le recourant ne peut donc se prévaloir de ce qu'il n'a pas d'antécédents du même genre et que les infractions qui lui sont reprochées ne sont pas suffisamment graves pour retenir à titre exceptionnel un risque de récidive. De plus, il semble oublier que l'instruction pénale a été ouverte à son encontre notamment pour soupçon d'infraction grave à la LStup, avec la circonstance aggravante de la bande (art. 19 al. 2 let. b LStup). Il ressort en outre de l'expertise psychiatrique du 13 octobre 2021 établie par l'Institut de psychiatrie légale du CHUV, que le risque de récidive individuel et clinique du recourant est élevé. Les experts ont notamment relevé que le recourant "tend à banaliser la gravité de ses actes", qu' "il blâme autrui et distord la réalité; de plus il n'hésite pas à transgresser les lois si cela lui est bénéfique et il cherche les profits importants et immédiats". Pour les experts, "le risque de récidive comprend des infractions du même type ainsi que toutes activités illicites permettant de gagner de l'argent facilement, telle l'escroquerie par exemple". Dans ces circonstances, en particulier vu la banalisation de ses actes et l'absence de prise de conscience véritable, constatée par les experts, la cour cantonale peut être suivie lorsqu'elle retient qu'on peut sérieusement craindre que le recourant réitère ses agissements répréhensibles s'il était remis en liberté. Le recourant ne développe d'ailleurs aucune argumentation propre à remettre en cause ce raisonnement. Il fait valoir en particulier que le pronostic retenu dans le rapport d'expertise laisse subsister de sérieux doutes. Il se contente cependant de se référer à cet égard à un courrier du Ministère public du 3 janvier 2022, dans lequel celui-ci entendrait donner suite à sa requête tendant à ce qu'une contre-expertise soit ordonnée. Le recourant ne peut toutefois rien tirer dudit courrier du 3 janvier 2022, dans lequel le Ministère public demande en réalité au recourant de préciser sa requête du 23 novembre 2021, dont la portée lui paraissait contradictoire puisque le recourant entendait d'une part, poser des questions complémentaires aux experts et d'autre part, demander une contre-expertise. Le recourant soutient encore qu'il avait déjà, avant son arrestation, décidé de cesser la consommation et la vente de stupéfiants, qu'il n'est pas violent, qu'il a pris conscience de ses actes et qu'il s'est sincèrement repenti auprès du Ministère public. Ces éléments sont toutefois insuffisants à démontrer l'invraisemblance du risque de récidive. Il en va de même du fait que l'Aumônière de la prison a exposé, le 20 janvier 2022, qu'il avait "compris de ses erreurs" et qu'elle était "intimement persuadée qu' [il] ne récidivera pas". Cette lettre n'est pas de nature à rendre inexistant le risque de récidive, ce d'autant moins que l'Aumônière a précisé en préambule de sa déclaration écrite que "le vocabulaire utilisé ci-dessous ne vise en aucun cas à poser un diagnostic". Enfin, la simple affirmation du recourant selon laquelle une installation chez ses grands-parents et la mise en oeuvre d'une mesure au sens de l'art. 60 CP l'empêcheraient de retomber dans la consommation et le trafic de drogues ne permet pas en l'espèce de rendre inexistant le risque de récidive mis en avant notamment par l'expertise psychiatrique. Par conséquent, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, retenir l'existence d'un risque concret de récidive au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP.