Citation: I 93/06 18.08.2006 E. 6

6.1 Reste à examiner la comparaison des revenus, en se plaçant au moment de la naissance possible du droit à la rente (cf. ATF 129 V 223 consid. 4.2). En l'occurrence, celle-ci doit se faire au regard de la situation existant en novembre 2004, dès lors que la rente a été révisée à compter de cette date. 6.2 Selon les instances précédentes, le recourant aurait réalisé, sans invalidité, un revenu mensuel de 5'962 fr en 1991, ce qui n'est pas contesté. Adapté à l'évolution des salaires des ouvriers, ce montant a été porté à 7'242 fr. en 2004. Cependant, le recourant exerçait avant son invalidité deux activités (monteur en ventilation et concierge) si bien qu'il convient de se référer à l'évolution des salaires, toute profession confondue, sans se limiter au seul secteur de la construction. Le revenu de personne valide se monte dès lors à 7'337 fr. (+ 4,8% en 1992; + 2,7% en 1993; + 1,5% en 1994; + 1,3% en 1995; + 1,3% en 1996; + 0,5% en 1997; + 0,7% en 1998; + 0,3% en 1999; + 1,3% en 2000; + 2,5% en 2001; + 1,8% en 2002; + 1,4% en 2003; + 0,9% en 2004). 6.3 Pour déterminer le revenu d'invalide, la jurisprudence admet la possibilité de se référer aux données statistiques, telles qu'elles résultent de l'enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) publiée par l'Office fédéral de la statistique (ATF 126 V 76 consid. 3b/aa et bb). Si la valeur médiane ou centrale des salaires bruts standardisés, toute profession confondue, de la table TA1 (ATF 124 V 323 consid. 3b/aa) est souvent appliquée, il n'en demeure pas moins que le salaire de personne invalide doit prioritairement être déterminé sur la base des circonstances concrètes du cas particulier. Il se justifie ainsi de se fonder sur le revenu statistique réalisé dans un secteur de l'économie, une partie seulement de celui-ci ou encore dans une activité en particulier lorsque cela permet de fixer plus précisément le salaire que l'assuré pourrait prétendre en étant invalide (cf. arrêt L. du 19 octobre 2001, consid. 3c [I 289/01]; arrêt L. du 19 septembre 2000, consid. 3b [U 66/00]). Selon le docteur M.________, le recourant est en mesure de travailler en qualité de surveillant dans un hôtel ou dans une fabrique (cf. rapport du 27 avril 2001). Aucune aggravation de l'état de santé n'étant avérée, il se justifie de se référer à ces secteurs d'activité, d'autant que l'activité de surveillant s'exerce surtout dans le domaine de l'hôtellerie et dans le secteur de la production. Aussi, ne saurait-on critiquer les instances inférieures lorsqu'elles se référent aux revenus statistiques réalisés dans l'hôtellerie/restauration (secteur 3 services, pt. 55) et dans deux branches du secteur de la production que sont l'industrie textile et celle du cuir et de la chaussure (secteur 2 production, pts. 17 et 19). D'ailleurs, les industries retenues présentent les salaires statistiques les plus faibles - avec l'industrie alimentaires et boissons (pt. 15), celle de l'habillement et fourrures (pt.18) et les travaux du bois, fabrication d'articles en bois (pt. 20). Il ressort de la version 2004 de l'ESS, applicable en l'espèce, que dans les branches d'activité retenues par l'office intimé et la commission, le recourant aurait réalisé en moyenne un revenu de 4'104 fr. 33 (cf. ESS, table TA1, niveau 4 pour les hommes; secteur 3 services, hôtellerie/restauration: 3'514 fr.; secteur 2 production, industrie textile: 4'678 fr., industrie du cuir et de la chaussure: 4'121 fr. ./. 3). Ajusté à un horaire de 41,6 heures (La vie économique 9/2005, tabelle B 9.2, p. 90), ce salaire hypothétique est de 4'268 fr. 51. En adaptant ce revenu à la capacité résiduelle de travail du recourant, soit 80 % d'un temps complet, son gain hypothétique s'élève à 3'414 fr. 81. Compte tenu des circonstances personnelles et professionnelles du cas particulier, un abattement de 15 % paraît approprié, si bien que le gain annuel d'invalide se monte à 2'902 fr. 58. 6.4 La comparaison des revenus aboutit dès lors à un degré d'invalidité de 60,44 % (2'902,58 / 7'337), qu'il convient d'arrondir à 60 % (ATF 130 V 121), ouvrant droit à trois-quarts rente de l'assurance-invalidité. On observera par ailleurs que même en appliquant un facteur - maximal - de réduction de 25 % au gain annuel statistique (cf. ATF 126 V 80 consid. 5b/cc), on obtiendrait un degré d'invalidité de 65,09 % (2'561, 11 / 7'337), qu'il convient d'arrondir à 65 % (ATF 130 V 121), si bien qu'il n'y aurait aucune conséquence sur la solution du litige.