Citation: 2C_662/2023 E. 6.2

6.2. En l'occurrence, les art. 9 al. 1 et 6 al. 2 LCMP/NE ne font rien d'autre que concrétiser, rappeler ou mettre en oeuvre des dispositions de l'AIMP 2019, qu'elles respectent dans leur principe. Sur cette base, il convient de partir du présupposé que ces normes cantonales sont conformes à la LMI, à l'instar de la convention intercantonale qu'elles exécutent, conformément à ce que prévoit l'art. 5 al. 1, 3e phrase, LMI. On ne perçoit pour le reste pas en quoi une telle présomption devrait être renversée en l'espèce. Tant les restrictions au recours au travail temporaire ou à la sous-traitance envisagées par l'art. 9 al. 1 LCMP/NE que les exigences de preuve en matière de respect de l'égalité salariale imposées par l'art. 6 al. 2 LCMP/NE poursuivent un intérêt public et sont appelées à s'appliquer indifféremment à tous les soumissionnaires, qu'ils soient locaux ou externes au canton; elles doivent par ailleurs être considérées comme proportionnées (cf. supra consid. 5.2 et 5.3). On ne voit pas qu'elles constituent en ce sens des barrières déguisées à l'accès au marché destinées à favoriser les intérêts économiques locaux. Il importe à cet égard peu que certains députés neuchâtelois se soient félicités que l'art. 9 al. 1 LCMP/NE puisse également servir à protéger les entreprises locales n'ayant que peu recours au travail temporaire par rapport à d'autres sociétés externes employant un grand nombre de travailleurs intérimaires (Bulletins officiels des délibérations du Grand Conseil [neuchâtelois], Vingt-troisième session de la 51e législature, Séance du 5 septembre 2023, p. 40). À nouveau, le simple risque que cette disposition soit susceptible d'être détournée de son but premier et appliquée dans certains cas à des fins protectionnistes ne justifie pas une intervention du juge au stade du contrôle abstrait des normes (cf. supra consid. 2.2).