Citation: 1B_532/2017 E. 3.3

3.3. Il est vrai que l'on ne saurait conclure à l'existence d'un cas grave au sens de l'art. 19 ch. 2 let. a de la loi fédérale sur les stupéfiants sur la base des quantités de crystal méthamphétamine et de marijuana saisies. A.________ a acheté la drogue en sa possession le jour de son interpellation à E.________. Cette dernière soutient lui avoir vendu 20 g de crystal pour la somme de 3'000 fr., ce que le recourant conteste, parlant de 15 g payés moyennant la remise de 1'000 fr. en liquide et d'un Mac Book pro. Il appartiendra au juge du fond de trancher cette divergence. Cela étant, la cour cantonale pouvait admettre que la quantité de crystal méthamphétamine saisie dépassait la simple consommation personnelle quotidienne du recourant et qu'une partie était destinée à la revente. A.________ est mis en cause dans un trafic de crystal méthamphétamine et de pilules thaïes par D.________, qui affirme que le recourant aurait vendu du crystal à son ex-petite amie F.________ et qu'il lui aurait également acheté 100 à 200 fr. de crystal avec G.________ et H.________. Certes, ces derniers n'ont pas confirmé ces accusations. Toutefois, la crédibilité des témoignages devra être appréciée par le juge du fond. I.________ a déclaré avoir acheté du crystal au recourant, durant l'été 2017, deux ou trois fois à coup de 50 fr., ce qui représentait entre 0,1 et 0,2 g. Entendu le 15 novembre 2017, J.________ a déclaré avoir recommencé à prendre du crystal méthamphétamine en 2016 après avoir rencontré le recourant qu'il a décrit comme son principal fournisseur étant donné qu'il ne connaissait personne d'autre à part E.________; ainsi, le recourant lui aurait vendu 5 g au total par dose de 0,1 ou 0,2 g. et il aurait échangé des pilules thaïes contre 1 g de crystal. Le recourant conteste ces accusations et a demandé à être confronté à leur auteur. Il appartiendra également au juge du fond d'apprécier la crédibilité de ce témoignage à charge. La cour cantonale pouvait également voir un indice de l'implication du recourant dans un trafic de stupéfiants dans le fait que des balances électroniques, de la caféine destinée à couper la drogue, des sachets minigrip vides et de la marijuana ont été saisis. Tous ces éléments pouvaient amener, à ce stade de la procédure, à douter que le recourant était un simple consommateur de crystal méthamphétamine et à conclure à des soupçons fondés d'un cas grave d'infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants. Au demeurant, comme le précise le Procureur dans sa demande de prolongation de la détention, les investigations visant à déterminer l'ampleur de l'activité du prévenu sont en cours. La police a procédé à l'extraction et à l'examen des données du portable dans le courant du mois de décembre 2017. En l'état de la procédure, la cour cantonale pouvait conclure à la présence d'indices suffisants d'infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants.