Citation: 1P.475/2001 07.09.2001 E. 2

2.- Le recourant reproche au Collège des Juges d'instruction de lui avoir dénié arbitrairement la qualité pour demander la récusation du Juge Zecchin. Le point de savoir si la demande de récusation devait être admise au fond est exorbitant au litige; les griefs portant sur le fond, tirés des art. 30 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH sont ainsi hors de propos. Pour le surplus, le moyen tiré de l'art. 29 al. 1 Cst. , tel qu'il est formulé, n'a pas de portée propre par rapport à celui fondé sur l'art. 9 Cst. a) Une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; à cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision critiquée soient insoutenables, encore faut-il que cette dernière soit arbitraire dans son résultat (ATF 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70; 126 I 168 consid. 3a p. 170, et les arrêts cités). b) La demande de récusation doit être présentée par une partie ou son avocat (art. 98 al. 1 LOJ gen.). Sont parties au procès pénal le Procureur général, la partie civile et l'inculpé (art. 23 CPP gen.). Sur le vu de ces normes, le Collège des Juges d'instruction a considéré que celui qui, comme en l'espèce, est convoqué par le juge d'instruction en vue de son inculpation, ne pourrait être considéré comme une partie au procès, puisque, précisément, il n'a pas encore été inculpé. Partant, il n'aurait pas qualité pour demander la récusation du juge d'instruction. Le recourant tient cette solution pour arbitraire, en faisant valoir que celui qui est convoqué à l'audience du juge en vue de son inculpation ne peut plus être assimilé à une personne "extérieure" à la procédure. A son avis, la distinction posée par l'autorité cantonale serait artificielle, partant arbitraire.