Citation: 4P.111/2001 10.12.2001 E. 2

2.- La recourante reproche à la Cour de justice une appréciation arbitraire de l'expertise. a) Le Tribunal fédéral se montre réservé dans le domaine de l'appréciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconnaît en la matière à l'autorité cantonale. Il n'y a violation de l'art. 9 Cst. que lorsque cette appréciation est manifestement insoutenable ou en contradiction flagrante avec les pièces du dossier (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). Lorsque l'autorité cantonale juge une expertise concluante et en fait sien le résultat, le Tribunal fédéral n'admet le grief d'appréciation arbitraire que si l'expert n'a pas répondu aux questions posées, si ses conclusions sont contradictoires ou si, de quelqu'autre façon, l'expertise est entachée de défauts à ce point évidents et reconnaissables, même sans connaissances spécifiques, que le juge ne pouvait tout simplement pas les ignorer. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral de vérifier si toutes les affirmations de l'expert sont exemptes d'arbitraire; sa tâche se limite plutôt à examiner si l'autorité cantonale pouvait, sans arbitraire, se rallier au résultat de l'expertise (cf. arrêt non publié du 20 avril 2001, dans la cause U. S.A. c/ P. & Cie, 5P.457/2000, consid. 4a). b) En substance, la recourante fait valoir que les heures retenues par l'expert équivalent à sept mois de travail à temps complet. Selon elle, ce chiffre serait exorbitant et ne correspondrait à aucune réalité. Il serait établi que l'architecte indépendant G.________ aurait consacré 254 heures au projet. L'instruction de la cause aurait permis de déterminer que cet architecte avait mis en place le programme correspondant aux besoins de la recourante et dressé l'intégralité des plans définitifs, à savoir aussi bien ceux de décembre 1988 que ceux de février 1989. Dans ces circonstances, il serait inexplicable que l'expert ait retenu pour la période considérée un nombre total de 715 heures. Une telle différence serait insoutenable et ne reposerait sur aucun élément concret du dossier. Ce grief est mal fondé. L'architecte G.________ a déclaré au Tribunal de première instance avoir seulement assisté le demandeur dans son activité entre novembre 1988 et mai 1989 et n'avoir pas travaillé seul. De surcroît les 715 heures estimées par l'expert couvrent non seulement cette période mais toute la durée de l'année 1988 (490 h) et de l'année 1989 (225 h; cf. expertise, p. 10). Partant, l'estimation de l'expert n'est pas en contradiction avec les heures de travail effectuées par l'architecte G.________. La recourante prétend en outre que l'erreur flagrante de l'expertise serait également démontrée par un simple calcul mathématique. Suivant la norme SIA 102 retranscrite dans l'expertise (p. 6), le travail de l'architecte G.________, lors de la phase 4.1.2. (phase du projet définitif et estimation du coût), correspondait à un pourcentage de 12,5 % au regard du pourcentage total retenu de 21,5 %. Comme l'architecte G.________ avait facturé 19'050 fr. pour 12,5 % de la prestation, l'intimé aurait dû facturer un montant maximum de 32'766 fr. pour l'exécution des 21,5 % de la prestation. Dans le même ordre d'idées, l'exécution des 21,5 % de la prestation ne pouvait permettre à l'intimé d'y consacrer plus de 437 heures de travail, compte tenu du fait que 254 heures seulement avaient été nécessaires à l'architecte G.________ pour effectuer 12,5 % de la prestation. Contrairement à ce que prétend la recourante, l'architecte G.________ n'a pas fourni tout seul le travail de la phase 4.1.2. qui correspond à un pourcentage de 12,5 % de la prestation. Les calculs de la recourante sont donc privés de fondement. Pour démontrer le caractère erroné de l'expertise, la recourante invoque à nouveau une pièce établie sur papier à en-tête de H.________, datée du 15 août 1989, et un courrier rédigé par l'intimé le 30 mai 1989. Or, la recourante n'indique pas en quoi les arguments que la Cour de justice lui a déjà opposés à ce sujet seraient insoutenables. Faute de répondre aux exigences de motivation posées par l'art. 90 al. 1 let b OJ, son recours est dès lors irrecevable sur ce point (ATF 126 III 534 consid. 1b et la jurisprudence citée). Comme la recourante n'a pas pu prouver des erreurs manifestes dont serait entachée l'expertise, elle ne peut pas faire valoir que la Cour de justice aurait dû ordonner une contre-expertise.