Citation: I 88/05 14.09.2005 E. A

A.a Ressortissante espagnole née en 1958, P.________ a travaillé en Suisse dès le 21 mai 1986 comme ouvrière dans une usine de composants électroniques. Victime d'un accident de la circulation routière en octobre 1987, elle a souffert d'une fracture de la deuxième vertèbre lombaire. Ressentant encore des douleurs l'année suivante, elle a vainement essayé de reprendre son activité professionnelle. Elle a alors développé un état dépressif qui l'a conduite à absorber une dose massive de médicaments le 15 juin 1988. Deux jours plus tard, elle s'est précipitée par la fenêtre de la chambre d'hôpital où elle était soignée. Les docteurs A.________, W.________ et B.________ ont constaté plusieurs fractures des vertèbres lombaires, ainsi qu'aux calcanéums, à la cavité cotyloïde et au bassin (protocoles opératoires des 17 juin et 3 juillet 1988). Le 15 mars 1990, la Caisse de compensation du canton de Berne a octroyé à l'assurée une rente entière d'invalidité, avec effet au 1er octobre 1988. Elle s'est fondée sur les protocoles opératoires cités, ainsi que sur les avis des docteurs R.________, psychiatre et psychothérapeute FMH, et E.________, médecin traitant. Ces praticiens avaient retenu, outre les diagnostics déjà posés, un trouble dépressif, des dysesthésies résiduelles L5-S1 et des faiblesses dans le pied droit; l'intéressée était totalement incapable de travailler (rapports des 31 janvier, 10 juillet et 24 octobre 1989). A.b Le droit à la rente a été maintenu au terme d'une première procédure de révision menée en 1993 (communication du 28 avril 1993). Au début de l'année suivante, P.________ est retournée vivre en Espagne; la Caisse suisse de compensation a repris les versements en sa faveur et la Commission de l'assurance-invalidité pour les assurés à l'étranger la gestion de son dossier. Le 5 décembre 1995, l'Office AI pour les assurés résidant à l'étranger (ci-après : l'Office) a remplacé la rente entière allouée précédemment par une demi-rente. Il estimait que l'assurée était désormais en mesure d'exercer une activité lucrative adaptée à son état de santé, lui permettant de réaliser un revenu supérieur au tiers de celui qu'elle aurait pu obtenir sans invalidité. En effet, sur la base des documents médicaux établis à la demande de l'Office par l'Institut national de la sécurité sociale espagnole (ci-après : l'INSS), en particulier d'un rapport du docteur S.________ décrivant une limitation de la mobilité lombaire L3-L4 et L2, des discopathies variées et de l'arthrose aux deux chevilles, dues aux fractures antérieures, ainsi que l'absence de pathologie de type nerveux, le docteur I.________, médecin-conseil de l'Office, avait évalué l'incapacité de travail de l'intéressée à 50% (rapport du 1er septembre 1995). Lors d'une troisième procédure de révision (décision du 5 juillet 1999), l'Office a, dans un premier temps, supprimé la rente dont bénéficiait l'assurée. A la suite d'un recours interjeté par cette dernière, il a reconsidéré sa décision et maintenu la demi-rente (décision du 15 novembre 1999). Cette reconsidération était fondée sur l'appréciation du dossier médical par le docteur I.________, d'après lequel il n'y avait pas de modification de l'état de santé de P.________ (ni amélioration, ni péjoration). De l'avis de celui-ci, les nouveaux rapports médicaux des docteurs F.________, S.________ et L.________ figurant au dossier (rapports des 10, 13 août 1998 et 5 mai 1999 décrivant diverses affections au niveau du rachis dorso-lombaire et des deux extrémités inférieures telles que rigidité de la colonne lombaire en raison d'une arthrodèse L1-L5, arthrodèse astragalo-calcanéo-cuboïdienne, rupture du matériel d'ostéosynthèse sur le calcanéum droit, scoliose et ostéopénie) n'apportaient aucun élément nouveau si ce n'est la réapparition d'un syndrome dépressif ne nécessitant toutefois aucune thérapie médicamenteuse (rapport du 22 octobre 1999). A.c Une nouvelle procédure de révision a été mise en oeuvre par l'Office le 29 avril 2003. Dans ce cadre, plusieurs rapports médicaux ont été recueillis. Les docteurs N.________, S.________, G.________, et O.________ ont relevé la présence d'un trouble dépressif, de cervicoarthrose et d'arthrose en D12-S1. Ils mentionnaient également une arthrodèse subastragalienne droite, ainsi qu'une hystérectomie (rapports des 4, 6 et 26 juin 2003). Pour sa part, le docteur M.________, médecin traitant d'P.________, a conclu à une incapacité de travail permanente dans tout type d'activité en s'appuyant sur des diagnostics en partie identiques (trouble dépressif, arthrose, discopathie au niveau C5-C6, C6-C7 et arthrodèse en D12-L4), ainsi qu'en mentionnant l'existence d'hernies discales en L2, L3 et L4, d'un écrasement du corps vertébral en L5 et de cervico-brachialgies (rapport du 28 mai 2003). Parallèlement à cette procédure, l'assurée a déposé une demande de révision de sa rente en raison d'une péjoration de son état de santé, le 8 août 2003. Une nouvelle fois mandaté, le docteur N.________ de l'INSS a déposé les mêmes conclusions que trois mois plus tôt (rapport du 9 octobre 2003). Suivant l'avis de ses médecins-conseil, les docteurs D.________ et T.________, selon lequel il n'existait aucune pathologie nouvelle ou modification fonctionnelle (rapports des 24 septembre et 21 décembre 2003), l'Office a décidé le 20 février 2004 de «ne pas examiner la demande de révision». L'intéressée s'est opposée à cette décision le 3 avril 2004, s'estimant incapable d'exercer une quelconque activité lucrative. A l'appui de ses allégations, elle a notamment déposé un nouveau rapport du docteur M.________, daté du 26 mars 2004, qui reprend intégralement celui figurant déjà au dossier. Le docteur H.________, médecin-conseil de l'Office, a indiqué que ce praticien ne constatait pas une aggravation de la pathologie dégénérative post-traumatique de sa patiente et que l'épisode dépressif mentionné était modéré, ne nécessitant pas d'hospitalisation et pouvant se traiter de manière ambulatoire avec des antidépresseurs et des calmants. Pour lui, il n'y avait aucun changement depuis 1989 (rapport du 19 mai 2004). L'Office a rejeté l'opposition de l'assurée le 26 mai 2004, au motif qu'aucun élément médical ne permettait d'attester de manière plausible une aggravation de son invalidité.