Citation: 1P.864/2005 24.01.2006 E. 1

Dans un premier moyen, le recourant se plaint d'une violation de l'art. 30 Cst. en raison du fait que le Juge d'instruction en charge du dossier aurait déjà agi à un autre titre dans la même cause. 1.1 Le recourant n'a pas soulevé ce grief au niveau cantonal. Se pose dès lors la question de sa recevabilité au regard de l'épuisement des voies de recours cantonales (art. 86 al. 1 OJ). Il découle de ce principe que seuls sont recevables devant le Tribunal fédéral les griefs qui, pouvant l'être, ont été présentés à l'autorité cantonale de dernière instance. La jurisprudence admet cependant la recevabilité de moyens de droit nouveaux lorsque l'autorité cantonale de dernière instance disposait d'un pouvoir d'examen libre et devait appliquer le droit d'office. Cette exception vaut pour tous les griefs qui ne se confondent pas avec l'arbitraire et notamment pour celui tiré de la violation du droit à un procès équitable, à condition que le comportement du recourant ne soit pas contraire à la règle de la bonne foi, en vertu de laquelle celui qui ne soulève pas devant l'autorité de dernière instance cantonale un grief lié à la conduite de la procédure ne peut plus en principe le soulever devant le Tribunal fédéral; une solution contraire favoriserait les manoeuvres dilatoires (ATF 119 Ia 88 consid. 1a p. 90 s.; 117 Ia 491 consid. 2a p. 495, 522 consid. 3a p. 525 s.). 1.2 En l'espèce, le recourant a d'emblée identifié le Juge d'instruction puisque dans le courrier qu'il adressait le 25 novembre 2005 à ce magistrat, il affirmait espérer que "leurs relations antérieures ne seront pas de nature à perturber la présente procédure". Dans son recours du 5 décembre 2005, il se borne, par l'intermédiaire de son mandataire professionnel, à rappeler lesdites "relations" en se plaignant du fait que la remarque formulée à ce sujet dans le courrier précité était restée sans effet. Dans ces circonstances, on ne saurait considérer que le recourant ait manifesté sa volonté de proposer la récusation du magistrat concerné, ni qu'il se soit plaint de son manque d'indépendance et d'impartialité. Il était pourtant en mesure de présenter ces moyens devant l'autorité cantonale de dernière instance. Dès lors, le recourant ne saurait être admis, sous l'angle de la bonne foi, à faire valoir pour la première fois ce grief devant le Tribunal fédéral. Ce premier moyen est donc irrecevable, faute d'épuisement des voies de recours cantonales.