Citation: 8C_373/2013 E. 6.2

6.2. Dans son rapport du 14 septembre 2012, le docteur A.________ a indiqué que pour admettre une relation de causalité au moins partielle (dans la mesure où généralement le disque est déjà porteur d'une altération dégénérative) entre un accident et le développement d'une hernie discale, il faut que trois critères soient remplis, à savoir: - l'existence d'un mécanisme accidentel "adéquat" ou "majeur", ayant induit un mécanisme combiné de compression/extension; - l'apparition rapide d'une radiculopathie typique en relation avec la localisation herniaire; - l'absence de symptomatologie préalable à l'accident en rapport avec la hernie discale diagnostiquée. Au sujet de l'accident survenu le 17 avril 2009, le docteur A.________ a indiqué que cet événement ne constituait pas un traumatisme majeur, qu'il n'avait provoqué aucune lésion d'étiologie traumatique, même de nature contusive, et que le syndrome algique aigu s'était atténué rapidement, au point que l'assuré avait indiqué le 28 mai 2009, dans sa réponse au questionnaire de la CNA, que le traitement des suites de l'accident était terminé. Une fois l'épisode aigu passé, l'intéressé n'avait pas présenté de symptomatologie particulière au niveau lombaire. Aussi le médecin prénommé est-il d'avis que cet accident n'a pas entraîné de troubles majeurs ou de longue durée et qu'en l'absence de lésions traumatiques ressortant de l'IRM lombaire réalisée le 22 avril 2009, il n'y avait pas de motif d'admettre que cet événement avait eu des séquelles. Par ailleurs, celui-ci n'avait entraîné aucune décompensation structurelle de l'état préexistant à l'accident, à savoir un status postopératoire (discectomie L4-L5), ainsi qu'une discopathie L5-S1 qui avaient été objectivés lors de l'examen radiologique susmentionné. Quant au point de savoir si l'accident du 17 avril 2009 était à l'origine d'une décompensation symptomatique de l'état préexistant, il pouvait être laissé indécis, dès lors que celle-ci était complètement résorbée le 28 mai 2009 et qu'aucun symptôme n'a été ensuite annoncé jusqu'à la survenance du deuxième accident, le 17 décembre 2010. En ce qui concerne ce deuxième accident, le docteur A.________ s'est référé à la description de l'accident donnée par l'assuré, selon laquelle il avait saisi la rampe de chargement en aluminium d'un poids approximatif de 30 kg pour la tirer en reculant et était tombé après avoir trébuché sur un tuyau. Selon ce médecin, le fait que l'intéressé est tombé en tenant encore la rampe - qu'il ne portait pas mais qu'il tirait - ne permet de conclure que sa colonne lombaire a subi une charge significativement supérieure à celle découlant de sa propre chute. Aussi est-il d'avis que l'événement en question n'était pas de nature à entraîner une décompensation structurelle - sous la forme d'une herniation discale aiguë traumatique - de la discopathie L5-S1 préexistante. Par ailleurs, même si une douleur de type sciatalgique à gauche est apparue immédiatement après l'accident, comme l'a déclaré l'assuré, celui-ci a attendu plusieurs semaines avant de consulter un médecin et a pu poursuivre son activité professionnelle. Le docteur A.________ infère de ces circonstances qu'une telle période de latence n'est absolument pas le signe d'une compression radiculaire aiguë sur hernie discale traumatique mais qu'elle évoque bien plutôt une décompensation symptomatique de la hernie discale L5-S1 préexistante, dont les effets sont limités dans le temps. Cette symptomatologie était encore au moins partiellement en rapport avec l'accident le 12 février 2011, date de l'opération de discotomie microchirurgicale L5-S1 effectuée par le docteur R.________ et dont la prise en charge incombait donc à l'assureur-accidents. Etant donné l'évolution postopératoire favorable, avec reprise de l'activité en plein à partir du 6 juin 2011, le docteur A.________ est d'avis que le statu quo sine a été atteint à cette date.