Citation: 1B_3/2007 13.02.2007 E. 8

Le recourant se plaint également d'une violation des principes de la proportionnalité et de la célérité. Il estime que la Chambre d'accusation a mal apprécié le temps nécessaire pour accomplir les actes d'instruction sollicités. 8.1 En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 par. 3 CEDH, le prévenu doit être libéré lorsque la durée de son incarcération se rapproche de la peine privative de liberté qui sera éventuellement prononcée. L'incarcération peut aussi être disproportionnée en cas de retard injustifié dans le cours de la procédure pénale (ATF 128 I 149 consid. 2.2 p. 151; 125 I 60 consid. 3d p. 64; 124 I 208 consid. 6 p. 215 et les arrêts cités). Le caractère raisonnable de la durée d'une procédure pénale s'apprécie selon les circonstances particulières de la cause, eu égard à la complexité de l'affaire, au comportement du requérant et à celui des autorités compétentes, ainsi qu'à l'enjeu du litige pour le prévenu (ATF 124 I 139 consid. 2c p. 142; 119 Ib 311 consid. 5b p. 325; 117 Ib 193 consid. 1c p. 197). N'importe quel retard n'est pas suffisant pour justifier l'élargissement du prévenu. Il doit s'agir d'un manquement particulièrement grave, faisant au surplus apparaître que l'autorité de poursuite n'est plus en mesure de conduire la procédure à chef dans un délai raisonnable. En cas de retard de moindre gravité, des injonctions particulières peuvent être données, comme par exemple la fixation d'un délai de détention maximum; c'est au surplus au juge du fond qu'il appartient, le cas échéant par une réduction de peine, de tenir compte d'une violation de l'obligation de célérité (ATF 128 I 149 consid. 2.2 p. 151 s.). 8.2 En l'espèce, le recourant a été placé en détention préventive le 12 janvier 2007. A ce stade, le principe de la proportionnalité est encore pleinement respecté, au vu des charges qui pèsent sur le recourant, s'agissant de défaut de vigilance en matière d'opérations financières et de blanchiment d'argent. Le recourant ne soutient du reste pas sérieusement le contraire. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de reprocher aux autorités cantonales un quelconque retard. Comme l'indiquent les éléments chronologiques récapitulés dans le courrier du 31 janvier 2007 du Juge d'instruction au mandataire du recourant, l'instruction a été régulièrement menée. La propre appréciation du recourant selon laquelle les actes d'instruction auraient dû pouvoir être exécutés en moins d'une semaine n'est pas fondée. En effet, 22 déposants doivent être identifiés et interrogés et 3 témoins entendus. De plus, toutes les pièces saisies doivent être exploitées. Du reste, comme l'a relevé le Juge d'instruction, le travail est rendu difficile par les lacunes résultant du manquement du recourant à ses obligations d'intermédiaire financier. Dans ces circonstances, à ce stade de la procédure, le grief ne peut être qu'écarté.