Citation: 6B_738/2007 11.04.2008 E. 3

Le recourant conteste ensuite la peine qui lui a été infligée. 3.1 Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). Comme dans l'ancien droit, le critère essentiel est celui de la faute. Le législateur reprend, à l'al. 1, les critères des antécédents et de la situation personnelle, et y ajoute la nécessité de prendre en considération l'effet de la peine sur l'avenir du condamné (ATF 129 IV 6 consid. 6.1; cet élément, v. infra consid. 3.3.1). Codifiant la jurisprudence, l'al. 2 de l'art. 47 CP énumère les critères permettant de déterminer le degré de gravité de la culpabilité de l'auteur. Ainsi, le juge devra prendre en considération la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, que la jurisprudence mentionnait sous l'expression du "résultat de l'activité illicite", ainsi que le caractère répréhensible de l'acte, qui correspond plus ou moins à la notion "de mode et d'exécution de l'acte" prévue par la jurisprudence (ATF 129 IV 6 consid. 6.1). Comme l'ancien art. 63 CP, l'art. 47 n'énonce cependant pas de manière détaillée et exhaustive tous les éléments qui doivent être pris en considération, ni les conséquences exactes qu'il faut en tirer quant à la fixation de la peine. Cette disposition laisse donc au juge un large pouvoir d'appréciation, de sorte que le Tribunal fédéral, conformément à la pratique développée sous l'empire de l'ancien art. 63 CP, n'admettra un recours portant sur la quotité de la peine que si la sanction a été fixée en dehors du cadre légal, si elle est fondée sur des critères étrangers à l'art. 47 CP, si les éléments d'appréciation prévus par cette disposition n'ont pas été pris en compte ou enfin si la peine apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20 s. et les arrêts cités). 3.2 Le recourant reproche tout d'abord au Tribunal correctionnel de n'avoir pas tenu compte du fait qu'il n'avait pas participé aux événements les plus graves, soit le violent passage à tabac de I.________. Le Tribunal correctionnel a cependant clairement indiqué dans son jugement (consid. III.1 p. 38) qu'il ne retenait pas la circonstance aggravante de l'art. 140 ch. 4 CP (mise en danger de mort de la victime, lésion corporelle grave ou traitement cruel) dans ce cas, bien que les intéressés aient agi en bande et que la victime ait été en danger de mort. Rien n'indique dans les considérants relatifs à la fixation de la peine que les autorités cantonales auraient pris en considération cette circonstance aggravante. Le grief est infondé. 3.3 Le recourant entend ensuite comparer la quotité de sa peine (sept ans de privation de liberté) à celle infligée à C.________ (sept ans et trois mois de privation de liberté). Il souligne, à propos de ce dernier, en plus de ses antécédents, qu'il a en outre été condamné pour de très nombreuses infractions à la loi sur la circulation routière. Le recourant en déduit que sa propre culpabilité apparaîtrait moindre, de sorte que sa peine devrait être sensiblement moins lourde que celle de C.________. Il n'en demeure pas moins que les deux intéressés, mus par les mêmes mobiles (jugement consid. IV, p. 42) ont participé dans une mesure sensiblement comparable à toutes les agressions, soit les infractions les plus graves. Le recourant n'a certes pas prêté la main aux actes les plus violents contre I.________, mais n'en est pas moins coauteur - sous réserve de la circonstance aggravante de l'art. 140 ch. 4 CP (v. supra consid. 2.2.2) - de ce cas de brigandage commis en bande et de l'extorsion qualifiée manquée. C.________, parfois considéré comme le meneur ou le plus « teigneux », a certes joué un rôle central (jugement, consid. IV.1 p. 42), mais le recourant doit aussi se laisser opposer qu'il paraît avoir à plusieurs reprises été la source de l'idée d'agresser des homosexuels, même si l'on ne peut le considérer comme le leader (jugement, consid. IV.2 p. 43). Dans ces circonstances, les autorités cantonales n'ont pas abusé de leur pouvoir d'appréciation en fixant des peines comparables dans ces deux cas. C.________ doit, par ailleurs, assumer le reproche de nombreuses autres infractions (aux règles de la circulation routière et à la loi sur les armes notamment), qui peuvent justifier une peine plus sévère à son égard, cependant que la circonstance atténuante du jeune âge retenue en sa faveur - alors que le recourant était le plus âgé du groupe et se voit également reprocher des dommages à la propriété - permet de justifier que la peine infligée à ce dernier ne soit que de trois mois moins sévère que celle infligée à C.________, même s'il devait être fait abstraction du reproche adressé au recourant d'avoir empêché ses comparses de porter secours à I.________. Contrairement à ce que soutient le recourant, rien n'indique, d'ailleurs, que ce seul élément, qui ne porte en définitive que sur une seule infraction dont la gravité apparaît moindre que celle des infractions aux art. 140 et 156 CP, ait pesé d'un poids particulièrement important dans la fixation de la peine. Le grief est infondé.