Citation: 6B_639/2019 E. 1.4.2

1.4.2. En l'espèce, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, dès lors que celui-ci a commis des brigandages en s'attaquant physiquement à des tiers et que ses antécédents démontrent une propension à s'adonner de manière continue à la délinquance et à violer l'ordre juridique suisse sans tenir compte des sanctions prononcées. Le recourant est certes arrivé en Suisse dès l'âge de 12 ans, mais son intégration y est médiocre puisqu'il ne peut se prévaloir d'aucune formation ni expérience professionnelle sérieuse, l'intéressé ne revendiquant pour le reste aucune participation particulière à la vie sociale. Rien ne permet de considérer que le recourant se réintégrerait plus difficilement au Tchad - où il possède de la famille - qu'en Suisse, où il ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Le temps écoulé depuis la commission des infractions n'est pas important. Il ne ressort par ailleurs pas du jugement attaqué que le comportement du recourant durant cette période aurait été particulièrement bon, celui-ci ayant d'ailleurs consommé des stupéfiants durant sa détention. Le recourant n'explique pas en quoi la pesée des intérêts opérée par la cour cantonale serait inadéquate, mais souligne des éléments qui y ont pourtant expressément été pris en compte, comme la durée de son séjour en Suisse, l'âge d'arrivée dans ce pays ou encore la présence de divers membres de sa famille. L'intéressé se prévaut par ailleurs de l'âge qu'il avait au moment de la commission des infractions. Il apparaît toutefois que les brigandages commis ne peuvent être regardés comme constitutifs d'un simple écart de jeunesse, puisque l'intéressé avait déjà été sanctionné, en 2015, notamment pour une tentative de brigandage avec arme. Pour le reste, le recourant formule des voeux d'intégration professionnelle et sociale en Suisse, sans que l'on perçoive en quoi sa situation devrait désormais permettre d'envisager avec une confiance particulière l'acquisition d'une formation qu'il a par le passé échoué à concrétiser, quand bien même il pourrait se prévaloir d'une promesse de stage et d'une perspective d'hébergement au sein de sa famille. On relèvera que celui-ci ne dispose de toute manière plus d'une autorisation de séjour en Suisse. Enfin, l'intéressé proteste d'une réelle prise de conscience, qui ne saurait toutefois être admise dès lors qu'il minimise par ailleurs la gravité de ses actes, en résumant ses brigandages à "un échange de coups entre la victime et le recourant", respectivement à "une tentative de coup de poing, la victime ayant été ici pour l'essentiel retenue, poussée et chahutée". En définitive, compte tenu de la gravité des infractions sanctionnées, de la propension du recourant à s'en prendre aux biens d'autrui - y compris par la violence - et de son intégration médiocre en Suisse, l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer dans ce pays. Il n'apparaît pas que le recourant se trouvera au Tchad dans une situation sensiblement plus défavorable qu'en Suisse. Dans ces circonstances, l'expulsion s'avère conforme au principe de la proportionnalité.