Citation: 6B_301/2024 E. 1.1.6

1.1.6. La cour cantonale a tout d'abord relevé que, si l'on n'avait pas pu retenir que le recourant s'était déplacé vers l'axe de la chaussée en temps utile, compte tenu des explications contraires livrées par B.B.________ et par son père, on n'avait pas pu non plus exclure qu'il y eût procédé. En d'autres termes, il ne pouvait pas lui être reproché une violation de l'obligation de présélection lui incombant en vertu de l'art. 36 al. 1 LCR. La cour cantonale a du reste retenu que si le recourant avait regardé derrière lui et tendu le bras pour indiquer sa volonté de bifurquer, c'était à un moment où les véhicules le suivant n'étaient pas encore dans son champ de vision, lequel était réduit en raison du virage en épingle situé peu en amont. À ce moment-là, procéder à l'indication était prématuré, puisque les autres usagers de la route n'étaient pas en capacité de l'observer (arrêt attaqué consid. 11 p. 18 et consid. 12 p. 19). Dans l'hypothèse - la plus favorable à l'intéressé - où il se serait présélectionné à gauche environ 15 mètres avant la bifurcation, il ne pouvait admettre que les véhicules le suivant avaient compris son intention. Il le pouvait d'autant moins que ses deux mains étaient sur son guidon, en d'autres termes que son bras gauche n'était pas occupé à indiquer une intention de tourner. La cour cantonale a ainsi considéré que le recourant devait vérifier, juste avant d'obliquer, que son action ne mettrait pas d'autres usagers en danger, en particulier des véhicules le suivant et susceptibles de le dépasser. Il devait même compter avec un éventuel dépassement illicite, qui n'aurait rien eu d'imprévisible en l'occurrence vu la configuration des lieux favorisant une telle manoeuvre. Le cycliste devait être d'autant plus prudent que, s'il avait certes obliqué à une intersection, c'était pour quitter une route principale - sur laquelle les véhicules pouvaient évoluer jusqu'à 80 km/h - et s'engager dans une route secondaire nettement moins fréquentée. Le recourant connaissait bien le secteur concerné et ne pouvait ainsi ignorer que bifurquer à gauche pouvait constituer une certaine surprise pour les autres usagers de la route de U.________. S'il avait regardé derrière lui peu avant de tourner, il aurait nécessairement vu la moto qui s'était déportée sur la voie descendante pour le dépasser, compte tenu de la bonne visibilité à l'arrière sur plusieurs dizaines de mètres. Il disposait en outre d'une bonne visibilité devant lui, vu la configuration de la route, de sorte qu'il pouvait se concentrer sur ce qui se passait derrière lui. En définitive, la cour cantonale en a conclu que le recourant avait bien contrevenu aux art. 34 al. 3 et 39 al. 1 let. a LCR, ce de manière fautive. Il avait fait preuve de négligence, en appréciant mal la situation et le risque relativement évident créé par son action d'obliquer. Compte tenu de l'interdiction de la reformatio in pejus, la cour cantonale a cependant relevé qu'il n'y avait pas à examiner si le comportement du recourant pourrait relever de l'art. 90 al. 2 LCR. Ce dernier devait ainsi être condamné pour violation de l'art. 90 al. 1 LCR en relation avec les art. 34 al. 3 et 39 al. 1 let. a LCR. S'agissant de la sanction, la cour cantonale a confirmé le jugement de première instance en tant qu'il exemptait le recourant de toute peine en vertu de l'art. 54 CP, ne serait-ce qu'en raison de l'interdiction de la reformatio in pejus.