Citation: I 436/04 23.02.2005 E. 5

5.1 Procédant à la pesée des intérêts en présence, les premiers juges ont considéré que les prévisions sur l'issue du litige au fond ne présentaient manifestement pas un degré de certitude suffisant pour être prises en considération en faveur du recourant. Celui-ci faisait valoir que la cessation subite du versement de la rente d'invalidité le plaçait, lui et sa famille, dans une situation financière précaire. Toutefois, il ne fournissait aucun renseignement sur ses revenus ni sur l'étendue de ses charges. On ignorait, par ailleurs, si son épouse exerçait ou non une activité professionnelle et il était ainsi difficile de se faire une opinion précise sur les ressources du recourant et de sa famille. La juridiction cantonale a retenu que l'intérêt de l'administration l'emportait sur celui de l'assuré. 5.2 Selon le recourant, le sort probable ou les chances de succès du recours n'influencent la pesée des intérêts que s'ils peuvent être déterminés prima facie sur la base du dossier et qu'ils ne font aucun doute. Il fait valoir que si le Tribunal cantonal des assurances sociales avait, même sommairement, effectué un simple examen du dossier, il aurait pu constater que l'issue du litige sur le fond ne faisait aucun doute, ou du moins qu'elle présentait un degré de certitude suffisant pour être prise en compte et ainsi favoriser l'intérêt de l'assuré. Or, son intérêt au versement de la rente d'invalidité pendant la durée de la procédure l'emporte sur celui de l'administration à l'exécution immédiate de sa décision de suppression du droit à la rente, dans la mesure où la cessation du versement de la rente le place, lui et sa famille, dans une situation financière précaire, ses seules ressources provenant de l'assurance-invalidité et de la prévoyance professionnelle. 5.3 Aucun document donnant des renseignements chiffrés sur les revenus et l'étendue des charges du recourant n'a été produit. Il est ainsi difficile de se faire une opinion précise sur ses ressources. En pareilles circonstances, l'intérêt de l'administration apparaît généralement prépondérant. Dans l'hypothèse où le recourant n'obtiendrait pas gain de cause sur le fond matériel de la contestation, il est à craindre que la procédure en restitution des prestations versées à tort ne se révèle infructueuse (ATF 105 V 269 s. consid. 3; VSI 2000 p. 187 consid. 5). Les prévisions sur l'issue du litige au fond, pour qu'elles soient prises en considération en faveur de ce dernier, ne doivent cependant faire aucun doute (ATF 124 V 89 consid. 6a, 117 V 191 consid. 2b, 111 V 56 consid. 1, 110 V 45 consid. 5b). Dans le cas particulier, l'issue de la procédure au fond est totalement incertaine, attendu qu'il n'y a pas unanimité sur la question de la capacité résiduelle de travail de l'assuré et qu'il est dès lors nécessaire d'examiner de manière approfondie l'ensemble des actes médicaux pour pouvoir apprécier le bien-fondé de la décision de suppression du droit à la rente (arrêt déjà cité P.-S. du 24 février 2004). Dans ces circonstances, la pesée des intérêts à laquelle a procédé la juridiction cantonale est conforme à la jurisprudence en la matière. Les autres arguments du recourant n'y changent rien.