Citation: 1C_117/2008 12.08.2008 E. 4

Le recourant considère également que la Cour cantonale n'a pas procédé à une pesée des intérêts complète, ou du moins qu'elle ne l'a pas motivée conformément aux exigences de l'art. 29 al. 2 Cst. Il estime que cette dernière a complètement occulté certains éléments qui ressortaient du dossier: le toit du bâtiment avant travaux était en amiante; plutôt que d'être raccordés vers le cours d'eau, les égouts étaient désormais reliés aux canalisations; les voisins avaient salué l'esthétique retrouvée du bâtiment; la remise en état impliquait des frais conséquents; la parcelle n'était pas assujettie à la LDFR, ce qui confirmait qu'elle était inadaptée à l'agriculture; les travaux avaient simplement consisté à étendre le bâtiment jusqu'à l'emprise qu'avait la pergola de l'ancienne construction, de sorte que l'atteinte au paysage était nulle; sa bonne foi; son intérêt privé à pouvoir avoir sa famille à proximité ainsi que celui de son épouse à pouvoir accueillir sa mère malade et son petit-fils. Le recourant fait également grief au Tribunal administratif de ne pas avoir examiné s'il était possible d'atteindre le but visé au moyen d'une mesure moins incisive. 4.1 Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., confère à toute personne le droit d'exiger, en principe, qu'un jugement ou une décision défavorable à sa cause soit motivé. Cette garantie tend à donner à la personne touchée les moyens d'apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, s'il y a lieu, devant une instance supérieure. Elle tend aussi à éviter que l'autorité ne se laisse guider par des considérations subjectives ou dépourvues de pertinence; elle contribue, par là, à prévenir une décision arbitraire. L'objet et la précision des indications à fournir dépend de la nature de l'affaire et des circonstances particulières du cas; néanmoins, en règle générale, il suffit que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée (ATF 112 Ia 107 consid. 2b p. 109; voir aussi ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102; 125 II 369 consid. 2c p. 372; 124 II 146 consid. 2a p. 149). L'autorité n'est pas tenue de discuter de manière détaillée tous les arguments soulevés par les parties; elle n'est pas davantage astreinte à statuer séparément sur chacune des conclusions qui lui sont présentées. Elle peut se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige; il suffit que le justiciable puisse apprécier correctement la portée de la décision et l'attaquer à bon escient (ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 17; 124 V 180 consid. 1a p. 181 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral examine librement si les exigences posées par l'art. 29 al. 2 Cst. ont été respectées (ATF 124 I 49 consid. 3a p. 51, 122 I 153 consid. 3 p. 158 et les arrêts cités). 4.2 Si la motivation de l'arrêt attaqué est certes sommaire, elle permettait sans autres au recourant d'en saisir la portée et de l'attaquer utilement. Contrairement à ce que prétend ce dernier, tous les éléments concernant les travaux entrepris figurent expressément dans l'état de fait. Par ailleurs, la problématique de la bonne foi a fait l'objet d'une appréciation détaillée sous l'angle du principe de l'égalité de traitement, qui n'est d'ailleurs pas critiquée dans le présent recours. Enfin, dans les écritures adressées au Tribunal administratif, le recourant n'a pas même évoqué la problématique de l'esthétique de la construction, de l'atteinte au paysage, des frais de la démolition, de même que de l'absence d'assujettissement à la LDFR. Enfin, vu la prépondérance des intérêts publics retenue, une mesure moins incisive était difficilement envisageable − d'autant plus que le recourant n'en n'indiquait aucune − de sorte qu'on ne peut reprocher à la Cour cantonale de ne pas s'être exprimée à cet égard. On ne saurait par conséquent retenir une quelconque violation du droit d'être entendu.