Citation: 1C_673/2023 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, l'atteinte à la garantie de la propriété repose sur une base légale, l'art. 15 LCI ainsi que sur le plan de site 29'184A et les art. 8 al. 3 et art. 3 du règlement. Les restrictions de la propriété ordonnées pour protéger les monuments et sites naturels ou bâtis sont en principe d'intérêt public (ATF 135 I 176 consid. 6.1; arrêts 1C_221/2022 du 24 juillet 2023 consid. 3.1; 1C_545/2014 du 22 mai 2015 consid. 5.5). Reste à examiner le principe de la proportionnalité. Quoi qu'en disent les recourantes, le refus de délivrer l'autorisation de construire est apte à garantir la protection du patrimoine végétal du site (voir supra consid. 3) et celle-ci peut difficilement être atteinte par une mesure moins incisive. Les recourantes n'en proposent d'ailleurs aucune. En ce qui concerne la proportionnalité au sens étroit, les recourantes contestent la pesée des intérêts effectuée par l'autorité précédente, laquelle a fait primer l'intérêt à la préservation du jardin sur leurs intérêts privés. Pour elles, la protection du patrimoine serait mieux assurée par leur projet que par la situation actuelle. Le projet litigieux n'est cependant pas de nature à améliorer la situation existante au sens du plan de site 29'184A et de son règlement, même si la revégétalisation du jardin a été saluée. Les aménagements proposés vont en effet avoir un impact sur l'aspect végétalisé du jardin et impliquent une perte de surface de pleine terre. Le seul préavis positif de l'OCAN ne suffit pas pour inverser la pesée des intérêts, dans la mesure où il ne porte que sur la question de l'abattage des arbres. Compte tenu de ces éléments, la Cour de justice pouvait apprécier, sans arbitraire, la situation en ce sens que l'intérêt au maintien du jardin devait prévaloir. En effet, même si l'appréciation des instances judiciaires cantonales restreint les possibilités de construire et diminue les expectatives de rendement des recourantes, la mesure de protection répond à un intérêt public important et ne porte pas atteinte au principe de la proportionnalité. L'instance précédente a d'ailleurs pris soin d'opposer la mesure litigieuse aux intérêts économiques des recourantes. En définitive, avec la retenue que s'impose le Tribunal fédéral s'agissant de l'examen de circonstances locales, l'instance précédente n'a pas violé la garantie de la propriété en confirmant le refus d'autorisation de construire en question.