Citation: 4A_355/2021 E. 5.4.2

5.4.2. Force est de constater que les explications fournies par le recourant ne satisfont nullement aux exigences de motivation rappelées plus haut, ce qui entraîne l'irrecevabilité du moyen considéré. En effet, alors qu'il aurait dû discuter par le menu les motifs indiqués par le Tribunal arbitral dans l'argumentation qui soutient le résultat différencié auquel il est parvenu sur le point litigieux, le recourant procède uniquement par des affirmations au caractère péremptoire marqué, lesquelles n'ont de surcroît qu'un rapport lointain avec les raisons données par les arbitres pour justifier leur décision sur la compétence en ce qui concerne le fondement extracontractuel des prétentions pécuniaires en cause. Ce faisant, il oublie qu'il n'appartient pas à la Cour de céans, lorsqu'elle est saisie d'un recours en matière civile dirigé contre une sentence rendue dans un arbitrage international, de tenter d'établir malgré tout un lien entre les arguments avancés dans le mémoire de recours et les motifs ressortant de la sentence attaquée. Quoi qu'il en soit, le moyen en question, fût-il recevable, ne pourrait qu'être rejeté pour les raisons indiquées par les intimés dans leurs écritures respectives (réponse de l'intimé, n. 49-58; réponse de la société intimée, n. 77-88 et duplique de la société intimée, n. 6-8). Dans sa réponse, l'intimé démontre en effet, de manière convaincante, que le Tribunal arbitral a considéré à bon droit qu'il n'était compétent pour statuer sur les prétentions de nature extracontractuelle dans la mesure où celles-ci avaient un lien plus étroit avec les autres contrats liant le recourant et l'intimé, ce qui rendait applicables les clauses arbitrales insérées dans chacun de ces contrats du fait que lesdites clauses différaient toutes essentiellement de celle figurant dans le SPA. Le recourant ne conteste pas, au demeurant, que les clauses arbitrales des contrats connexes et celle du SPA sont incompatibles, étant donné que les premières prévoient la liquidation des litiges par un arbitre unique et l'utilisation de la langue française, alors que la seconde institue un tribunal arbitral composé de trois arbitres et lui prescrit l'usage de la langue anglaise. Le Tribunal fédéral a du reste souligné, dans un autre contexte, l'importance que revêt la question du nombre d'arbitres indiqué dans une clause arbitrale (ATF 139 III 511 consid. 4). De son côté, la société intimée démontre de manière tout aussi convaincante l'absence d'un lien de connexité suffisant entre les prétentions litigieuses de nature extracontractuelle et le SPA. Comme elle le relève à juste titre, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il affirme que le Tribunal arbitral aurait déjà reconnu l'existence d'un lien suffisant entre le SPA et les prétentions reposant sur un fondement extracontractuel, puisque seules les prétentions de nature contractuelle ont été examinées par les arbitres dans leur sentence incidente.