Citation: 1P.707/1999 29.03.2000 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 125 I 412 consid. 1a p. 414; 125 II 497 consid. 1a p. 499; 125 III 461 consid. 2 p. 463 et la jurisprudence citée). a) Le séquestre ordonné en vertu de l'art. 59 ch. 2 al. 3 CP est une mesure provisoire et purement conservatoire, qui tend à éviter que le débiteur ne dispose de ses biens pour les soustraire à l'action future du créancier (Message du Conseil fédéral concernant la modification du code pénal suisse et du code pénal militaire du 30 juin 1993, FF 1993 III 305). Il ne modifie pas les rapports de droit civil existant sur les valeurs patrimoniales qui font l'objet de cette mesure (ATF 120 IV 365 consid. 1c p. 367; 119 Ia 453 consid. 3d p. 457; 103 Ia 8 consid. 1b p. 11 et les références citées) et ne constitue pas une décision préjudicielle ou incidente susceptible d'être attaquée par la voie du pourvoi en nullité (cf. ATF 123 IV 252 consid. 1 p. 253 et les arrêts cités). Seul le recours de droit public est dès lors ouvert contre une telle mesure (cf. Niklaus Schmid, Kommentar Einziehung, organisiertes Verbrechen und Geldwäscherei, vol. I, Zurich 1998, n. 175, § 2 ad art. 59 CP). b) Aux termes de l'art. 88 OJ, la qualité pour former un recours de droit public est reconnue aux particuliers ou aux collectivités lésés par les arrêtés ou décisions qui les concernent personnellement ou qui sont de portée générale. Le recours de tiers qui n'étaient pas parties à la procédure cantonale ayant donné lieu à l'arrêt attaqué n'est recevable que si ce dernier les touche personnellement dans leurs intérêts juridiquement protégés, c'est-à-dire dans des intérêts privés dont le droit constitutionnel invoqué assure la protection (ATF 123 I 41 consid. 5b p. 42; 122 I 44 consid. 2b p. 45 et les arrêts cités; sur le recours de tiers, voir ATF 114 Ia 93 consid. 1b p. 95; 107 Ia 175 consid. II/6b/aa p. 179/180). Il incombe au recourant d'alléguer les faits qu'il considère comme propres à fonder sa qualité pour recourir de telle sorte que le Tribunal fédéral puisse déterminer en quoi la décision attaquée porte une atteinte actuelle et personnelle à ses intérêts juridiquement protégés; la lésion de purs intérêts de fait ne suffit pas (ATF 121 I 367 consid. 1b p. 369; 120 Ia 227 consid. 1 p. 229). Dame D.________ prétend qu'elle serait personnellement touchée par le séquestre ordonné au chiffre 3 du dispositif du jugement attaqué quand bien même cette mesure porterait, selon les considérants, uniquement sur les avoirs appartenant à son mari ainsi qu'aux sociétés B.________ et A.________, de par le renvoi aux ordonnances de séquestre successivement rendues par le Juge d'instruction pénale, qui viseraient certains de ses biens; elle se réfère en particulier aux actions de la société B.________, à l'appartement et au garage qu'elle détient à Verbier en copropriété avec son mari et à ses avoirs bancaires. En l'occurrence, selon le chiffre 3 du dispositif du jugement attaqué, la Cour d'appel pénale a séquestré les valeurs patrimoniales saisies en cours de procédure, "dans le sens des considérants", en vue de l'exécution de la créance compensatrice mise à la charge de D.________. Le considérant 15d, plus particulièrement consacré aux séquestres, est libellé en ces termes: