Citation: I 294/06 20.04.2007 E. 4

4.1 Les premiers juges, suivant les conclusions du docteur R.________ dans son expertise du 29 avril 2005, ont retenu que la recourante présentait un état dépressif de degré léger à moyen, accompagné de majoration des symptômes physiques pour des raisons psychologiques, dûment classifiés suivant la nomenclature médicale internationale (CIM-10 - F32.0/F32.1, F68.0). Les limitations entravant essentiellement la capacité de travail découlaient d'un état dépressif réactionnel entretenu par un syndrome algique qu'il tendait à renforcer, état dépressif qui n'était toutefois pas si grave qu'il justifie une incapacité de travail durable, étant donné que sur le plan psychique, une activité lucrative adaptée demeurait nonobstant exigible à plein temps. 4.2 La recourante remet en cause l'évaluation de sa situation médicale. Elle fait valoir que le rapport du docteur R.________ du 29 avril 2005 serait truffé d'erreurs et que les conclusions de l'expert se fonderaient sur un état de fait inexact. 4.3 Dans l'expertise du docteur R.________ du 29 avril 2005, les premiers juges ont relevé quelques inadvertances dans la chronologie des faits (lapsus calami ou, vraisemblablement, retranscription parfois interprétative des propos de l'assurée). Néanmoins, ils ont admis que le rapport était complet et qu'il remplissait toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352, 122 V 157 consid. 1c p. 160 et les références). En effet, les imprécisions de dates relevées par l'assurée concernaient pour la plupart une période soustraite à l'examen judiciaire parce que largement antérieure au jugement du 30 septembre 2003, entré en force, éléments qui étaient par ailleurs sans incidence sur la qualité intrinsèque de l'expertise et le sort du litige. La plupart des erreurs dont la recourante fait état devant la Cour de céans concernent l'anamnèse, ainsi que les plaintes et données subjectives. En réalité, il s'agit d'imprécisions qui, comme l'ont relevé les premiers juges, sont sans incidence sur le sort du litige. Il en va de même de la confusion de noms en ce qui concerne le docteur V.________ (au lieu de "B.________"). 4.4 La recourante est de l'avis que les conclusions du docteur R.________ se fonderaient sur un état de fait inexact, étant donné que l'expert n'aurait pas eu pleine connaissance du dossier, qu'il aurait examiné de manière sommaire, et qu'il aurait rédigé à la légère son rapport, sans prendre position sur les constatations effectuées par ses confrères. Ces affirmations, au demeurant non étayées par des éléments concrets, ne suffisent pas, toutefois, à démontrer que l'évaluation de sa situation médicale par l'expert ait amené à une constatation inexacte des faits. S'agissant de l'atteinte à la santé, de la capacité de travail et de l'exigibilité, la Cour de céans n'a aucune raison de s'écarter des constatations des premiers juges exposées ci-dessus (supra, consid. 4.1). Les faits retenus par la juridiction cantonale se fondent sur une appréciation des preuves qui échappe à la critique. Les premiers juges ont considéré que le rapport du docteur R.________ du 29 avril 2005 procédait d'une étude circonstanciée de l'ensemble du dossier AI, qu'il prenait en compte les plaintes de l'assurée, qu'il avait été établi en connaissance de l'anamnèse, qu'il renfermait une description globale exhaustive du contexte pathologique, que l'appréciation de la situation médicale y était claire et que les conclusions étaient motivées. La recourante indique que, lors du premier entretien, elle s'était plainte que ses douleurs devenaient de plus en plus fortes. L'expert lui aurait rétorqué qu'elle devait simplement rester calme, ce qui l'aurait mise mal à l'aise pour la suite de l'examen. Cet événement est relaté par le docteur R.________ dans son rapport du 29 avril 2005, dont la rubrique relative au status clinique prend en compte les plaintes de l'assurée. Contrairement à ce que laisse entendre la recourante, le docteur R.________ a rendu ses conclusions en tenant compte de l'avis des autres médecins. Citant les docteurs U.________ (rapport du 8 décembre 1996) et M.________ (expertise du 26 juillet 2003), il a retenu que sur le plan algique, les somaticiens relevaient leur embarras pour relier les plaintes de l'assurée et leurs constats cliniques. Du point de vue psychique, la nature du syndrome algique apparaissait en grande partie psychogène. A plusieurs reprises, il était indiqué par ceux qui avaient observé ou suivi l'assurée que ses douleurs étaient moins ressenties dans la danse et qu'elles variaient avec son état affectif. L'expert a mentionné l'avis du docteur V.________ dans ses rapports des 3 septembre 2002, 29 mars 2004 et 14 février 2005. Il s'est référé également à l'expertise psychiatrique du docteur A.________ du 15 janvier 2002 et à celle de la doctoresse G.________ du 1er juillet 2003. Sur le plan psychiatrique, le docteur R.________ a considéré que l'état dépressif n'avait aucun caractère d'endogénéité, mais qu'il était essentiellement secondaire aux préoccupations de l'assurée sur sa situation sociale et le refus de rente qui lui était opposé, et donc exogène. L'expression clinique de son état thymique était manifestement amplifiée. Selon l'expert, la notion de trouble mixte utilisée par le docteur S.________ dans son rapport du 4 juillet 2004 ne correspondait pas aux normes habituellement admises pour qualifier cet état en psychiatrie. 4.5 Sur le plan somatique, les premiers juges ont retenu, sur la base du rapport final SMR du 11 juillet 2005, que la recourante présentait une capacité de travail résiduelle de 70 % dans une activité adaptée, compte tenu des limitations fonctionnelles spécifiques (sur ce point, le docteur B.________ se réfère à l'expertise médicale du docteur O.________ du 26 février 2002). Cela n'est pas remis en cause devant la Cour de céans. La juridiction cantonale a relevé également qu'il n'existait pas de changement significatif depuis le 2 avril 2002, point qui n'est pas non plus contesté par la recourante.