Citation: 1C_441/2014 E. 2.4

2.4. Le recourant soutient que la détérioration rapide du lien conjugal serait due à l'apparition soudaine et imprévisible de problèmes financiers consécutifs à la perte de son emploi et à la fin de son droit aux indemnités de chômage. Dans ce cadre, il reproche à l'instance précédente d'avoir ignoré qu'il avait réalisé un revenu de 54'000 fr. durant l'année 2007. On comprend de sa critique - dont il est douteux qu'elle réponde aux exigences de motivation des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF - qu'à l'aune de ce dernier élément le Tribunal administratif fédéral aurait dû reconnaître que sa situation financière était stable et, par voie de conséquence, admettre le caractère inattendu des difficultés alléguées. L'ex-épouse a toutefois expliqué que le recourant "vivait de petits boulots et de petits salaires", ce que le faible avoir de prévoyance qu'il a accumulé entre mai 2002 et juin 2008 - à savoir moins de 2'400 fr.- tend à confirmer. Par ailleurs, le recourant a perçu, en 2007, des indemnités de chômage à hauteur de 13'142 fr. Ces dernières témoignent, par définition, d'une situation professionnelle incertaine. Par ailleurs, le recourant devait être conscient que le versement, limité dans le temps (cf. art. 27 de la fédérale sur l'assurance chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité dans sa teneur du 13 juin 2006 [LACI; RS 837.0]), de ses prestations sociales allait prendre fin. Dans ces conditions, l'instance précédente pouvait à juste titre retenir que les difficultés financières avancées par le recourant étaient prévisibles et qu'elles ne constituaient pas un événement extraordinaire susceptible d'expliquer la dégradation rapide de la situation conjugale. La présomption de fait fondée sur l'enchaînement rapide des événements se trouve également confirmée par plusieurs autres éléments du dossier. En premier lieu, le Tribunal administratif fédéral a souligné la célérité avec laquelle le recourant a déposé sa demande de naturalisation, à savoir le lendemain de l'échéance du délai de trois ans de mariage avec une ressortissante suisse prévu par l'art. 27 al. 1 let. c LN. A cela s'ajoute que la demande en divorce avec accord complet n'a été précédée d'aucune procédure de mesures protectrices de l'union conjugale ou de tentative de conciliation. Sur ce point, le recourant affirme, sans autre forme de motivation, que le fait que l'ex-épouse ait opté pour le divorce, sans passer par une telle procédure provisionnelle, ne serait pas pertinent. Il soutient, à cet égard, que les époux n'étaient alors pas assistés par un conseil et que ce choix avait été dicté par la volonté de l'ex-épouse de se prémunir, de la façon la plus "expédiente", contre les dettes futures du recourant. On ne saurait le suivre dans cette voie. En effet, tant au regard de la conception du mariage définie par le législateur, laquelle sous-entend notamment un devoir d'assistance entre époux (cf. art. 159 al. 2 et 3 CC; ATF 124 III 52 consid. 2a/aa p 54), que de l'expérience générale de la vie (cf. arrêts 1C_228/2009 du 31 août 2009 consid. 3; 5A.11/2006 du 27 juin 2006 consid. 4), il n'est pas concevable que l'apparition soudaine de problèmes financiers passagers - telle qu'alléguée par le recourant - conduise à la rupture définitive d'une union conjugale prétendument effective et stable en l'espace de quelques semaines seulement. Le Tribunal administratif fédéral pouvait ainsi, sans que cela n'apparaisse critiquable, se fonder sur la présomption de fait définie par la jurisprudence pour nier le caractère stable et effectif de cette union.