Citation: U 163/02 16.04.2003 E. 2

2.1 Le recourant reproche aux premiers juges d'avoir fondé leur décision sur l'appréciation du docteur V.________, sans égard pour celle du 14 septembre 2000 des docteurs A.________, S.________ et Z.________ - respectivement médecin-chef, médecin-chef remplaçant et médecin-assistante du/au département de médecine de l'Hôpital W.________ - dont il ressort qu'il peut exercer seulement une activité légère à 50 % (maximum) dans un atelier protégé, compte tenu de son handicap (amputation fonctionnelle du bras gauche et sévère atrophie musculaire). 2.2 Selon la jurisprudence, le juge peut accorder valeur probante aux rapports et expertises établis par les médecins de la CNA aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des résultats convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces avis ne contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de mettre en cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à l'assureur par un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité de son appréciation ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est qu'en présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité d'une appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Etant donné l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances sociales, il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères quant à l'impartialité de l'expert (ATF 125 V 353 sv. consid. 3b/ee). En ce qui concerne, par ailleurs, la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 2.3 En l'espèce, les premiers juges ont procédé à une appréciation correcte des avis médicaux. En particulier, le rapport du 18 mai 1999 du docteur V.________ (spécialiste en chirurgie) - tel qu'il a été complété et modifié le 17 décembre 1999 pour tenir compte des conclusions des docteurs X.________ et H.________ (spécialistes en orthopédie) de la Clinique Y.________ - répond aux exigences de la jurisprudence précitée. En effet, se fondant sur une anamnèse complète, sur une dizaine de clichés radiographiques, sur les plaintes de l'assuré, sur des constatations objectives étayées par une argumentation doctrinale pertinente, sur une analyse claire de la situation, il aboutit à des résultats convaincants, ainsi qu'à des conclusions sérieusement motivées. Aucune circonstance ne permet de mettre en doute l'objectivité de son avis ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Si le docteur V.________ est revenu sur son diagnostic initial différentiel de «frozen shoulder» ou de syndrome d'impingement de l'épaule, c'est précisément au motif que ses confrères orthopédistes ont écarté sans ambiguïté la présence d'une telle affection. Partant, le moyen du recourant tiré de cette modification de diagnostic tombe à faux. Dans ce contexte, l'expertise des médecins de l'Hôpital W.________ - d'ailleurs destinée à l'assurance-invalidité - n'est pas propre à mettre en doute les conclusions du docteur V.________. En tout état de cause, il n'appartient pas à la cour de céans d'évaluer la valeur probante de l'expertise bernoise puis de procéder à une comparaison. On doit dès lors admettre que le recourant présente une capacité de travail de 50 % dans son ancienne activité de maçon, sous réserve de certains travaux au-dessus de l'épaule gauche et qu'il est à même d'exercer à 100 % une activité légère adaptée (utilisation du bras gauche moins fréquente pour soulever des poids et limitée à la hauteur de l'épaule).