Citation: 4D_43/2007 23.01.2008 E. A

En novembre 1992, X.________, avocat, a été mandaté par Y.________ Holding (ci-après: Y.________) pour la défense des intérêts, sur le plan civil et pénal, de sociétés suisses du groupe en raison de la responsabilité encourue en qualité d'organe de revision de la société A.________, mise en faillite en octobre 1992. Vu son importance et sa complexité, cette affaire était suivie au sein de Y.________ par un groupe de pilotage présidé par B.________. Pour remplir ce mandat, qui s'est étendu de novembre 1992 à septembre 2002 et a représenté 12'519 heures de travail non contestées, l'avocat a constitué en son étude une équipe formée de lui-même et de deux, puis trois collaborateurs qualifiés. Le 18 juin 1993, X.________ a présenté à Y.________ un document intitulé «forecast of legal cost», fixant à 5'987'500 fr. les frais et honoraires estimés pour la défense de Y.________, sur la base d'un tarif horaire de 500 fr. Ce document comportait une réserve relative aux «success fees» qui n'étaient pas inclus dans l'estimation et qui devaient être déduits des dépens alloués par le tribunal et payés par la partie qui succombait. Ce document, qui avait pour but d'annoncer aux assureurs un budget prévisionnel, a été accepté par Y.________, d'après le procès-verbal de la réunion du 18 juin 1993 signé par B.________ le 31 août 1993. Un des collaborateurs de X.________ a commenté cette estimation en expliquant les critères de tarification des honoraires d'avocat applicables à Genève, notamment la complexité de l'affaire et le résultat obtenu. Un montant total de 5'066'410 fr. a été payé à X.________ sur la base de notes d'honoraires, non contestées, qui ne mentionnaient aucune facturation supplémentaire ultérieure au vu du résultat qui serait obtenu. La première note d'honoraires du 19 février 1993 distinguait le temps consacré par chaque avocat, avec un tarif horaire différencié, ce qui n'a plus été le cas par la suite, les factures se fondant désormais sur un tarif moyen de 400 fr. l'heure. Le 28 janvier 2002, X.________ a annoncé à Y.________ son intention de demander des honoraires complémentaires. A la requête de B.________, il a précisé les raisons de cette prétention dans un courrier du 10 juin 2002. B.________ a indiqué à ses collègues de Londres qu'il considérait les honoraires déjà versés à X.________ comme modestes, de sorte qu'il n'apparaissait pas comme déraisonnable qu'il veuille faire valoir une note d'honoraires complémentaire. Dans une note d'honoraires du 15 novembre 2002 qualifiée de «finale», X.________ a réclamé à Y.________ le paiement d'une somme complémentaire de 6'491'599 fr. à titre d'ajustement tenant compte du résultat et de la complexité de l'affaire; selon ce document, les honoraires globaux, avant déduction des montants déjà versés, s'élevaient à 11'560'000 fr., représentant 2 % d'une valeur litigieuse de 578 millions de francs. Quand bien même le montant exigé dépassait ses prévisions, B.________ a proposé à ses collègues de Londres d'acquitter la note complémentaire, ce que ceux-ci ont refusé.