Citation: I 797/06 21.08.2007 E. 4

L'intéressée reproche aux premiers juges d'avoir écarté de leur évaluation des critères tels que l'absence de formation, l'épuisement découlant du fait d'avoir commencé à travailler à dix ans, l'âge ou l'instabilité relationnelle. Elle soutient que ces facteurs psychosociaux ou socioculturels peuvent gagner en importance dans le cadre d'une maladie psychique invalidante et entraver la mise en valeur d'une éventuelle capacité résiduelle de travail. Tel est le cas selon elle puisque même l'experte psychiatre a admis en l'occurrence que l'aspect fruste de sa personnalité, son épuisement lié à une trajectoire de vie marquée par l'instabilité relationnelle, le fait qu'elle se soit épuisée au travail depuis l'âge de dix ans pour subvenir au besoin des autres, son âge, l'absence de formation et la mauvaise maîtrise du français compromettaient la reprise d'une activité professionnelle malgré une capacité résiduelle de travail fixée à 50 %. Dès lors qu'elle ne remet pas en question la constatation et la descrip tion des facteurs psychosociaux ou socioculturels par l'autorité cantonale de recours, mais qu'elle lui fait grief d'avoir procédé à une application erronée des principes régissant leur prise en considération, il s'agit d'une question de droit que le Tribunal fédéral revoit librement. Selon la jurisprudence, les facteurs psychosociaux et socioculturels ne constituent pas des atteintes à la santé entraînant une incapacité de gain au sens de l'art. 4 LAI. Pour qu'une invalidité soit reconnue, il est nécessaire qu'un substrat médical pertinent entrave la capacité de travail (et de gain) de manière importante et soit à chaque fois mis en évidence par un médecin spécialisé. Plus les facteurs psychosociaux et socioculturels apparaissent au premier plan et imprègnent l'anamnèse, plus le diagnostic médical doit préciser si l'atteinte à la santé psychique équivaut à une maladie. Il ne suffit donc pas que le tableau clinique soit constitué d'atteintes relevant de facteurs socioculturels; il faut au contraire que celui-ci comporte d'autres éléments pertinents au plan psychiatrique tels qu'une dépression durable au sens médical ou un état psychique assimilable et non une simple humeur dépressive. En définitive, une atteinte psychique influençant la capacité de travail de manière autonome est nécessaire pour que l'on puisse parler d'invalidité. Tel n'est en revanche pas le cas lorsque l'expert ne relève pour l'essentiel que des éléments trouvant leur explication et leur source dans le champ socioculturel ou psychosocial, (ATF 127 V 294 consid. 5a p. 299 sv.). Les auteurs cités par l'intéressée n'expriment pas une opinion différente. S'il apparaît que des facteurs psychosociaux ou socioculturels peuvent avoir une influence sur la capacité de travail d'un assuré, il ne demeure pas moins que seule l'existence d'une atteinte à la santé psychique équivalant à une maladie revêt une importance décisive lors de l'évaluation médicale de cette capacité. Les expertes et le psychiatre traitant ont en l'occurrence fait état d'une telle atteinte et de tels facteurs et ces derniers ont été pris en considération, du moins en partie, dans l'analyse de la capacité de la recourante. En effet, les doctoresses D.________, E.________ et M.________ ont notamment lié l'instabilité relationnelle à la personnalité dépendante et l'épuisement au trouble dépressif. On notera encore que certains facteurs, tels que l'âge, la nationalité ou les limitations fonctionnelles liées au handicap, n'interviennent en principe qu'au stade de la réduction opérée sur le salaire statistique lors du calcul du degré d'invalidité (cf. ATF 126 V 75 consid. 5b/aa-cc p. 78) et que d'autres, tels que l'absence de formation ou la mauvaise maîtrise de la langue française, ne sont pas de la compétence de l'assurance-invalidité. Le recours est donc mal fondé sur ce point.