Citation: 6B_1089/2022 E. 3.3

3.3. La recourante rediscute la motivation cantonale en se fondant essentiellement sur une présentation personnelle de sa situation et sur sa propre appréciation de celle-ci. Son argumentation est irrecevable, dans la mesure où elle s'écarte de l'état de fait retenu par la cour cantonale, par lequel le Tribunal fédéral est lié (cf. art. 105 al. 1 LTF), sans démontrer en quoi celui-ci serait entaché d'arbitraire. Il en va en particulier ainsi lorsqu'elle évoque la parfaite intégration de ses enfants, ses "belles amitiés" en Suisse, le fait qu'elle ne se sentirait plus chez elle en Bosnie-Herzégovine où elle ne se rendrait que par piété filiale, sa santé mentale dégradée, le fait qu'elle passerait plusieurs heures par semaine avec ses petits-enfants ou encore qu'elle ne recevrait "probablement pas les soins adaptés" dans son pays d'origine. Pour le surplus, la cour cantonale a estimé que l'expulsion de la recourante ne la placerait pas dans une situation personnelle grave (première condition de l'art. 66a al. 2 CP). A cet égard, hormis le long séjour de la recourante en Suisse, celle-ci ne fait valoir aucun élément tendant à démontrer qu'elle aurait développé en Suisse des liens sociaux et professionnels supérieurs à ceux qui résulteraient d'une intégration ordinaire. A cet égard, il ressort de l'arrêt attaqué que la recourante est divorcée - le divorce ayant été prononcé en Bosnie-Herzégovine - et qu'elle ne travaille plus depuis à tout le moins 1996, date depuis laquelle elle touche des prestations d'assistance. La seule personne, en dehors de ses enfants majeurs, avec laquelle il est établi qu'elle entretient des liens est sa voisine et amie, B.________, compatriote avec laquelle elle faisait d'ailleurs parfois le trajet jusqu'en Bosnie-Herzégovine. En outre, il ressort des faits que la recourante a établi sa résidence habituelle dans son pays d'origine, à tout le moins entre 2015 et 2019, où elle a passé de très nombreux mois (soit près des deux-tiers de l'année en 2015, 2016 et 2017, la moitié en 2018 et la moitié de la période concernée en 2019). Elle a ainsi gardé des liens étroits avec son pays d'origine dans lequel elle a encore de la famille (sa mère et son frère), dont elle parle la langue et dont elle connaît le fonctionnement au vu de la durée de ses séjours. En outre, en l'absence d'une relation de dépendance qui va au-delà de liens affectifs normaux, la seule présence en Suisse des enfants majeurs et petits-enfants de la recourante ne permet pas de considérer qu'il existe une atteinte à la vie familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH et, par conséquent, que son expulsion l'expose à une situation personnelle grave (cf. supra consid. 3.1.3 in fine). Par ailleurs, la recourante, qui invoque son âge (64 ans) et celui de ses petits-enfants (1 et 6 ans), prétend qu'il lui sera impossible d'interagir avec ceux-ci par le moyen des technologies modernes. Toutefois, il ressort de la jurisprudence (cf. ATF 144 I 91 consid. 5.1; arrêt 6B_849/2022 du 21 juin 2023 consid. 5.3.3) que ces moyens, qui peuvent être combinés avec de brefs séjours dans le pays où se trouve le parent, sont suffisants pour garantir les relations entre un parent et un enfant mineur au regard de l'art. 8 par. 1 CEDH, si bien qu'ils le sont d'autant plus pour un grand-parent et ses petits-enfants - étant rappelé que les grands-parents ne disposent, sauf circonstances extraordinaires, pas d'un droit de visite sur leurs petits-enfants (cf. arrêt 5A_550/2022 du 23 janvier 2023 consid. 3.3.4). Par ailleurs, la recourante ne prétend pas que ses enfants et petits-enfants ne pourraient pas venir la trouver dans son pays d'origine, pas plus qu'elle n'expose en quoi les moyens modernes de communication ne lui seraient pas accessibles. Partant, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que le prononcé d'expulsion ne placerait pas la recourante dans une situation personnelle grave.