Citation: 4A_100/2010 31.01.2011 E. B

Le 14 novembre 1994, X.________ a ouvert une action en dommages-intérêts devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois, concluant principalement à ce que V.________ soit condamnée à lui payer la somme de 22'225'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 1er janvier 1995 (subsidiairement: 17'750'000 fr. et 6'000'000 dollars). X.________ invoquait trois postes de dommage: 14'625'000 fr. pour perte du bénéfice qu'elle aurait réalisé par la vente annuelle de 300'000 calibres ... pendant dix ans; 10'000'000 fr. de préjudice découlant du non-transfert de la technologie pour les autres calibres; 9'745'800 fr. correspondant aux 6'000'000 dollars exigés d'elle par W.________. En résumé, X.________ reprochait à V.________ d'avoir violé diverses obligations découlant des conventions signées et des contrats oraux passés entre elles. V.________ a conclu au rejet de l'action, contestant en particulier toute obligation contractuelle de sa part de commander un nombre déterminé de pièces à W.________. A titre reconventionnel, elle a conclu à la condamnation de X.________ à lui payer un montant finalement réduit à 188'490 fr. 60, à titre de remboursement d'un montant payé par erreur, de remboursement de composants conservés par W.________ et de solde du prix des machines livrées à W.________. Par lettre du 19 mars 1999 adressée à X.________, V.________ a résilié la convention qui les liait pour la prochaine échéance. En 2004, V.________ a été dissoute par fusion. Ses actifs et passifs ont été repris par la société Y.________ SA. La Cour civile a rendu son jugement le 22 avril 2009. Elle a rejeté la demande de X.________ et a admis la demande reconventionnelle de Y.________ SA, condamnant ainsi la première à payer à la seconde le montant de 188'490 fr. 60 avec intérêts à 5% l'an dès le 18 mars 1995. En résumé, elle a retenu que V.________ ne s'était pas engagée à commander 300'000 pièces par année durant dix ans ni à transférer la technologie pour les calibres autres que le calibre ...; elle a en outre jugé que V.________ n'était pas responsable des engagements pris par X.________ à l'égard de W.________; elle a enfin retenu qu'un dommage découlant de la violation du devoir de V.________ de procurer une assistance technique à W.________ et de certains retards imputables à V.________ n'était pas prouvé.