Citation: 6B_109/2009 09.04.2009 E. 2

2.1 Le recourant fait grief ensuite aux autorités cantonales d'avoir établi de manière arbitraire les faits utiles à l'examen du dol éventuel. En effet, celles-ci auraient faussement retenu que les blessures subies étaient "profondes" et infligées avec "une certaine force". Se référant au rapport médical du 20 décembre 2006, il observe que les coups portés n'ont causé ni hémo- ni pneumothorax, de sorte que les blessures circonscrites au niveau de l'épiderme se révèlent superficielles. Situées de surcroît sur le côté du thorax et non pas dans la région du coeur ou des poumons, elles attestent qu'il n'a pas cherché à porter atteinte à la vie de son adversaire, mais qu'il a agi sous le coup d'une pulsion après avoir été lui-même agressé par A.________. A cet égard, il reproche aux juges cantonaux d'avoir éludé le fait qu'il avait été frappé le premier d'un coup de bâton que la victime lui avait asséné à la tête, déclenchant une vive colère qui, associée aux effets de l'alcool, avait perturbé sa perception de la situation. 2.2 L'art. 111 CP punit d'une peine privative de liberté de cinq ans au moins celui qui aura intentionnellement tué une personne. Selon l'art. 12 al. 2 CP, agit intentionnellement quiconque commet un crime ou un délit avec conscience et volonté. L'auteur agit déjà intentionnellement lorsqu'il tient pour possible la réalisation de l'infraction et l'accepte au cas où celle-ci se produirait. Il y a dol éventuel lorsque l'auteur envisage le résultat illicite, mais agit néanmoins, même s'il ne le souhaite pas, parce qu'il s'en accommode pour le cas où il se produirait (ATF 125 IV 242 consid. 3c p. 251; 123 IV 155 consid. 1a p. 156; 121 IV 249 consid. 3a p. 253 et les arrêts cités). Il s'agit d'une forme d'intention, qui se distingue de la négligence consciente sur le plan volitif, non pas cognitif. Dans les deux cas, l'auteur est conscient que le résultat illicite pourrait se produire, mais, alors que celui qui agit par négligence consciente escompte qu'il ne se produira pas, celui qui agit par dol éventuel l'accepte pour le cas où il se produirait (ATF 125 IV 242 consid. 3c p. 251). Déterminer ce qu'une personne a su, envisagé, voulu ou accepté relève des constatations de faits, qui lient la Cour de droit pénal, à moins que ceux-ci n'aient été établis de façon manifestement inexacte (cf. supra consid. 1). Est en revanche une question de droit, celle de savoir si l'autorité cantonale s'est fondée sur une juste conception du dol éventuel et si elle l'a correctement appliquée au vu des éléments retenus (ATF 125 IV 242 consid. 3c p. 252 et les arrêts cités). Parmi les éléments extérieurs permettant de conclure que l'auteur s'est accommodé du résultat dommageable pour le cas où il se produirait figurent notamment la probabilité (connue par l'auteur) de la réalisation du risque et l'importance de la violation du devoir de prudence. Plus celles-ci sont grandes, plus sera fondée la conclusion que l'auteur, malgré d'éventuelles dénégations, avait accepté l'éventualité de la réalisation du résultat dommageable (ATF 125 IV 242 consid. 3c in fine p. 252; 121 IV 249 consid. 3a/aa p. 253; 119 IV 1 consid. 5a p. 3). Peuvent également constituer des éléments extérieurs révélateurs les mobiles de l'auteur et la manière dont il a agi (ATF 125 IV 242 consid. 3c in fine p. 252).