Citation: I 403/05 15.12.2006 E. 4

4.1 En l'occurrence, on observera, à titre liminaire, que l'office intimé n'a pas examiné si, au regard de l'ensemble des circonstances, le recourant aurait été obligé, même valide, à utiliser un véhicule automobile pour ses déplacements professionnels alors qu'il habitait à H.________. Quoi qu'il en soit, des indemnités d'amortissement ont été versées jusqu'à son déménagement à T.________, si bien qu'il convient d'analyser si ce changement de domicile peut justifier la suppression du droit à ces prestations. 4.2 Avec les instances précédentes, on doit admettre que les horaires trop défavorables des transports publics depuis et en direction de T.________ ainsi que les distances à parcourir pour se rendre auprès de ses différents clients, auraient obligé le recourant, en bonne santé, à utiliser un véhicule automobile. Cela n'est d'ailleurs pas contesté. On ne saurait néanmoins considérer que cette circonstance nouvelle puisse influer sur le droit aux prestations de l'AI, sans examen préalable des raisons qui ont conduit l'intéressé à changer de domicile. En effet, selon la jurisprudence, si des motifs d'ordre personnel ou familial ne jouent aucun rôle en ce qui concerne la reconnaissance, par l'assurance-invalidité, d'un changement de domicile, il en va différemment des motifs liés à l'invalidité ou d'autres motifs dignes d'être pris en considération (cf. ATF 113 V 31 consid. 4d). Dans ces dernières hypothèses, le changement de domicile et en particulier l'augmentation de la distance entre le nouveau domicile et le lieu de travail ne sauraient donc conduire à la suppression d'une prestation de l'assurance-invalidité. 4.3 Le recourant a allégué tant devant la Cour de céans que devant les instances inférieures que des problèmes de régulation de la température corporelle l'ont obligé à s'établir à T.________. Le dossier contient aussi un certificat médical des docteurs M.________ et S.________, de l'Hôpital X.________ du 27 juin 1991 attestant d'un tel dysfonctionnement. Certes, à lui seul, ce document n'est pas suffisant pour fonder le point de vue du recourant. Il devait toutefois inciter l'administration, eu égard à son devoir d'instruire la cause d'office, à procéder à un complément d'instruction sur ce point déterminant pour la solution du litige. Elle ne pouvait ainsi, comme elle l'a fait, se contenter du silence des médecins du Centre suisse de paraplégiques sur cette question. Le dossier sera dès lors renvoyé à l'office intimé pour qu'il procède à une nouvelle mesure d'instruction sous forme d'expertise médicale en vue de déterminer si l'intéressé doit habiter à T.________ en raison de ses troubles de la santé. Il examinera également si l'activité exercée par ce dernier couvre ses besoins courants au 1er juillet 2004 - date à laquelle le droit aux indemnités d'amortissement a pris fin -, dès lors qu'en l'état, le dossier ne permet pas de connaître les revenus réalisés par le recourant en 2004.