Citation: 6S.511/2001 06.12.2001 E. 3

3.- Le recourant se plaint de la peine qui lui a été infligée, plus précisément d'une inégalité de traitement entre cette peine et celle qui a été prononcée à l'encontre de son coaccusé. Faisant valoir que, selon l'arrêt attaqué, le comportement de X.________ a eu une influence déterminante sur la décision de Z.________ de procéder à l'échange, il en déduit que sa culpabilité est moindre que celle de son coaccusé et que l'on ne parvient dès lors pas à s'expliquer ce qui a conduit à prononcer une peine plus lourde à son encontre. a) Statuant sur appel d'un jugement rendu par le Tribunal de police, la Chambre pénale de la Cour de justice genevoise dispose d'un libre pouvoir d'examen et doit examiner le droit d'office (cf. art. 245 ss CPP/GE; SJ 1996 p. 341 consid. 2a). Le présent grief est donc recevable, quand bien même il apparaît n'avoir pas été invoqué en instance cantonale (cf. ATF 123 IV 42 consid. 2a p. 44; 122 IV 285 consid. 1c p. 287; 121 IV 340 con-sid. 1a p. 341). b) Une inégalité de traitement dans la fixation de la peine peut être examinée dans le cadre d'un pourvoi en nullité (ATF 120 IV 136 consid. 3a; 116 IV 292 con-sid. 2). La comparaison avec d'autres cas concrets est cependant d'emblée délicate, compte tenu des nombreux paramètres qui interviennent dans la fixation de la peine, et généralement stérile dès lors qu'il existe presque toujours des différences entre les circonstances, objectives et subjectives, que le juge doit prendre en considération dans chacun des cas (ATF 120 IV 136 consid. 3a; 116 IV 292 consid. 2). L'idée de ne pas créer un écart trop important entre deux coaccusés qui ont participé ensemble au même complexe de faits délictueux est assurément soutenable; une différence relativement importante entre les peines infligées à chacun d'eux ne viole toutefois le droit fédéral que si la motivation sur laquelle repose cette différence ne suffit pas à la justifier, de sorte que l'autorité cantonale doit se voir reprocher un abus de son pouvoir d'appréciation (cf. ATF 123 IV 150 consid. 2b p. 153 s.). c) Le passage figurant à la page 15 alinéa 3 de l'arrêt attaqué auquel se réfère le recourant pour soutenir que sa culpabilité serait moindre que celle de son coaccusé n'a pas la portée qu'il lui prête. Dans ce passage, la cour cantonale s'est prononcée sur le point de savoir si le coaccusé avait eu un rôle d'instigateur, ce qu'elle a admis en relevant que le comportement du coaccusé avait eu une "influence décisive" sur Z.________. Cela n'amoindrit nullement le rôle propre du recourant ni ne diminue l'importance de sa faute, laquelle a été considérée à juste titre comme plus lourde; c'est en effet du recourant qu'est venue l'idée d'un échange du CD-ROM contre une somme d'argent; c'est lui aussi qui s'est employé le plus activement à faire en sorte que cet échange puisse se réaliser, escomptant que l'avantage qu'il procurerait ainsi à son coaccusé lui permettrait ensuite de conclure avec ce dernier une affaire de pétrole. A cela s'ajoute que, contrairement à son coaccusé, qui a collaboré pleinement à l'enquête, le recourant est revenu plusieurs fois sur ses déclarations, allant même jusqu'à nier l'évidence. Ces éléments, qui sont pertinents pour fixer la peine, justifiaient le prononcé d'une sanction sensiblement plus élevée. L'écart entre les peines prononcées n'est au reste pas tel que l'autorité cantonale doive se voir reprocher un abus de son large pouvoir d'appréciation en ce domaine. On ne discerne donc pas d'inégalité de traitement dans la fixation de la peine. La peine a été arrêtée en tenant compte de la situation personnelle du recourant, de l'importance de sa faute, de son absence d'antécédents judiciaires et de ses mobiles ainsi que de son comportement durant la procédure. La motivation adoptée est certes succincte, mais suffisante pour comprendre ce qui a conduit à prononcer une peine de 3 mois d'emprisonnement assortie du sursis. La peine prononcée ne viole donc pas le droit fédéral.