Citation: 8C_193/2019 E. 5.3.1

5.3.1. Il résulte de ces témoignages que ce n'est qu'après avoir été blessé à l'arme blanche, à plusieurs reprises, que le recourant a saisi divers objets (un vélo puis un poteau de signalisation) pour tenter de s'en prendre à F.________. Une telle réaction relève sans conteste de la légitime défense, pour laquelle il n'y a pas matière à réduction (supra consid. 3.1). On ne saurait donc reprocher au recourant d'avoir choisi de faire front comme l'ont retenu les premiers juges. Pour ce qui est des circonstances qui ont précédé les coups de couteau, le fait d'avoir arraché la veste à F.________ ne peut être qualifié d'acte de participation à une bagarre. En effet, même si la participation à une bagarre ou à une rixe au sens de l'art. 49 al. 2 let. a OLAA est une notion autonome, elle ne doit pas empêcher les assurés d'exercer les prérogatives légales qui pourraient leur être reconnues sur la base du droit pénal - comme la légitime défense - ou du droit civil. A cet égard, l'art. 926 al. 1 et 2 CC autorise le possesseur à repousser par la force tout acte d'usurpation ou de troubles; il peut, lorsqu'une chose mobilière lui a été enlevée clandestinement, la reprendre aussitôt en l'arrachant au spoliateur surpris en flagrant délit ou arrêté dans sa fuite. En l'espèce, considérer que le recourant est entré dans la zone de danger exclue de l'assurance-accidents du fait qu'il a tenté de récupérer son bien en tirant sur la manche de la veste revient à le priver d'exercer son droit de reprise, ce qui n'est pas admissible. Quant à savoir si l'on peut lui reprocher d'avoir adopté un ton agressif et de s'être montré insultant en réaction au vol dont il a été victime, il s'agit d'un point qui peut rester indécis pour les raisons qui suivent.