Citation: 6B_954/2016 E. 1.2.2

1.2.2. Le recourant reproche à l'autorité précédente de s'être distancée de l'expertise complémentaire du Dr A.________ en ne retenant pas les " perspectives thérapeutiques esquissées " (recours, p. 12) et que cette expertise démontrait qu' "une prise en charge thérapeutique du recourant aurait des chances de succès " (recours, p. 14, également p. 12). L'expert A.________ estimant que le recourant était capable d'évoluer et qu'il n'était pas inaccessible à un traitement, l'autorité précédente aurait dû retenir l'existence de chances de succès d'une thérapie, ce qui exclurait le prononcé d'un internement. Le recourant fait une lecture erronée de l'expertise du Dr A.________, selon lui plus favorable que l'expertise de l'autre expert-psychiatre, le Dr B.________. A la suite de l'arrêt de renvoi 6B_13/2014 qui annulait le jugement du 19 septembre 2013 en ce qu'il prononçait l'internement à vie, le Dr A.________ a été réinterpellé par l'autorité précédente afin de déterminer si le recourant était pour sa vie durant inaccessible à un traitement. Le Dr A.________ a répondu qu'on ne pouvait affirmer que le recourant était inaccessible à tout traitement (rapport complémentaire du 23 juin 2015, p. 6) et tranché par conséquent par la négative la question qui lui avait été posée. Cela excluait le prononcé d'un internement à vie au sens de l'art. 64 al. 1bis CP. Cela n'imposait par contre pas d'en déduire qu'au moment de la décision attaquée un traitement institutionnel pouvait entraîner, dans les cinq ans, une réduction nette du risque de récidive. L'accessibilité un jour peut-être à un traitement ne signifie en effet pas qu'un traitement ordonné aujourd'hui aurait vraisemblablement dans les cinq ans à venir des chances de succès. Sur ce point, le Dr A.________ a par ailleurs constaté dans son rapport complémentaire qu'un traitement psychiatrique ou psychothérapeutique, que ne désirait par le recourant, n'était pas forcément approprié et qu'il était inutile de l'imposer (rapport complémentaire du 23 juin 2015, p. 6). Lors de son audition, le 23 juin 2016, il a déclaré au sujet du recourant qu'il ne voyait pas ce que son confrère psychiatre pourrait faire face à quelqu'un qui ne souhaite pas de traitement psychiatrique, qu'imposer un traitement ne serait pas possible et que tant que le recourant ne le voulait pas, il ne voyait pas d'utilité à imposer un traitement. Il a de plus indiqué qu'il n'existait pour l'heure pas d'accessibilité, mais qu'elle pourrait un jour se présenter. Il a enfin attesté qu'il n'existait pas actuellement de traitement pour les personnes dyssociales, diagnostic toujours posé pour le recourant (procès-verbal d'audition du 23 juin 2016, p. 4, 5, 7 et 8). Il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient le recourant, le Dr A.________ n'a pas attesté, ni expressément ni implicitement de la vraisemblance de chances de succès d'un traitement thérapeutique dans les cinq ans à venir. On ne saurait dès lors considérer que l'autorité précédente se serait écartée de l'avis de cet expert en ne retenant pas un tel pronostic. Le grief d'arbitraire sur ce fait est infondé.