Citation: 6B_161/2022 E. 2.2.2

2.2.2. La cour cantonale a retenu que le recourant n'avait pas voulu annoncer son déménagement. Ce constat s'appuyait sur le fait que, lors de son entretien du 20 novembre 2018 avec l'assistante sociale, il avait affirmé que sa situation n'avait pas changé. Lors de l'entretien du 11 février 2019, le recourant avait à nouveau déclaré que sa situation ne s'était pas modifiée, qu'il était suivi par l'ORP et qu'il cherchait du travail dans la restauration. Enfin, par courriel du 18 juillet 2019, le recourant avait affirmé aux services sociaux qu'il habitait toujours à la rue Q.________ à U.________. Dans le même message, il avait encore pris la précaution de demander aux services sociaux de lui faire parvenir son prochain rendez-vous par courriel (en expliquant qu'il avait "un petit problème" avec son courrier), ce qui, dans les circonstances qui venaient d'être décrites, montraient, si besoin en était encore, qu'il ne résidait plus dans le canton de Neuchâtel et qu'il n'entendait plus s'y rendre. Dans ces conditions, la cour cantonale s'était forgée l'intime conviction que le recourant n'entendait pas informer l'office de l'aide sociale de U.________ du fait que, depuis octobre 2018, il habitait dorénavant dans le canton du Jura, où il exploitait un établissement public. La cour cantonale ne pouvait dès lors suivre la défense lorsqu'elle plaidait que le recourant pensait de bonne foi qu'en prenant contact avec diverses autorités (contrôle des habitants de U.________, commune de V.________, service de la population à Y.________, service de protection de la jeunesse) son dossier serait transmis au Service d'aide sociale jurassien (et ensuite aux services sociaux de U.________). Certes, le recourant avait annoncé son départ au contrôle des habitants de la commune de U.________ en octobre 2018 et, dans un premier temps, il pouvait penser de bonne foi que cette communication serait transmise aux services sociaux. Pour la cour cantonale, ce constat (qui allait être pris en compte au moment d'examiner le comportement de la dupe) ne changeait toutefois rien aux conclusions qui précédaient puisque, rapidement, le recourant avait pu voir que les services sociaux n'avaient pas connaissance de son départ, qu'il avait répété à son assistante sociale que sa situation n'avait pas changé et qu'il se trouvait toujours dans la métropole horlogère. Pour la cour cantonale, le raisonnement tenu par le tribunal de police ne remettait pas en question les considérations qui précédaient. De fait, la situation du recourant avait changé puisqu'il n'habitait plus à U.________ et qu'il exploitait dorénavant un restaurant à V.________. A cet égard, le fait que son permis C n'avait été renouvelé que plus tard par les autorités jurassiennes n'était pas déterminant. Une conclusion contraire reviendrait à inciter la personne au bénéfice de l'aide sociale du canton qu'il quitte à différer sa demande de transfert auprès du canton qui l'accueille dans le but de pouvoir continuer à percevoir l'aide sociale pendant une période, alors même que le déménagement dans le canton d'accueil avait déjà eu lieu. C'était bien ce qui s'était passé en l'espèce puisque le recourant avait tardé à prendre contact avec les services sociaux jurassiens. C'était en vain qu'il plaidait qu'il pensait que les contacts qu'il avait eus avec d'autres autorités jurassiennes (en particulier la commune de V.________) étaient suffisants à cet égard. D'une part, il demeurait que le recourant n'avait pas annoncé son départ aux services sociaux neuchâtelois. D'autre part, il ressortait du dossier que, même lorsque les services sociaux jurassiens avaient été au courant de sa situation, il n'avait pas répondu à leurs questions. Le tribunal de police finissait d'ailleurs par admettre que la situation du recourant avait changé puisqu'il relevait que celle de son fils E.A.________ s'était modifiée (il résidait chez la compagne du recourant et était scolarisé à Z.________) et que le fils dépendait de l'aide sociale par l'intermédiaire de son père. Le tribunal de police admettait également que ces faits auraient dû être rapportés à l'assistante sociale mais arrivait à la conclusion que la situation était confuse. Sur ce point, la cour cantonale ne pouvait que répéter que le recourant était responsable de cette confusion. Il n'avait pas annoncé son changement de domicile et n'avait rien fait pour fournir les informations utiles aux services sociaux jurassiens pour obtenir le renouvellement rapide de son permis C.