Citation: 7B_1421/2024 E. 2.3

2.3. La Chambre pénale d'appel et de révision s'est penchée sur une phrase figurant dans un arrêt rendu dans une procédure distincte P_2 dont le recourant tirait un motif de prévention. Sa teneur est la suivante: "Cela étant, se cantonner à une interprétation littérale de ceux-ci [ndr: référence étant faite à des messages échangés], comme le fait la défense, n'est pas honnête". La cour cantonale a relevé que l'adjectif utilisé visait à qualifier l'appréciation à porter sur le moyen de preuve considéré et ne procédait aucunement d'un jugement de valeur sur la personne même des avocats qui soutenaient une telle interprétation des messages. Se référant à la définition de l'adjectif "honnête" figurant dans deux dictionnaires, elle a en outre considéré qu'il était conforme aux usages rédactionnels. Par ailleurs, à la lecture de l'ensemble du texte de l'arrêt incriminé, la cour cantonale a souligné que rien ne permettait de retenir une prévention particulière des membres de la composition, dont l'intimée, envers la défense; aucune apparence de prévention antérieure à cet arrêt n'était par ailleurs soulevée par le recourant. Au vu de ces éléments, il ne pouvait pas être reproché à la magistrate en cause de marquer une prévention envers la défense. Au surplus, la cour cantonale a relevé l'absence totale d'erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constitutives de violations graves des devoirs du magistrat. Il n'existait dès lors aucune apparence objective de prévention susceptible de faire redouter une activité partiale de la juge cantonale.