Citation: 9C_385/2007 17.04.2008 E. 4

4.1 Evaluant l'état de santé du recourant au regard de l'ensemble des rapports médicaux figurant au dossier, la juridiction cantonale s'est en particulier fondée sur les avis des docteurs O.________ et H.________ du SMR pour admettre que les céphalées d'origine non organique étaient susceptibles de disparaître après un sevrage des antalgiques et des anti-inflammatoires (AINS). Retenant qu'un tel traitement pouvait être exigé du recourant en vertu de son obligation de réduire le dommage "selon l'art. 21 al. 4 LPGA", elle en a déduit qu'il convenait de faire abstraction des céphalées médicamenteuses et de tension dans l'évaluation de l'invalidité. Suivant les conclusions du docteur O.________, qui n'avait pas pris en considération ces troubles pour évaluer l'aptitude au travail du recourant, elle a dès lors constaté que celui-ci disposait, sur le plan physique, d'une capacité de travail de 80 % dans son ancienne profession de manoeuvre dans le domaine de la construction métallique, comme dans toute autre activité. 4.2 Le recourant reproche à l'autorité cantonale de première instance d'avoir retenu qu'une partie des céphalées était due à un abus d'AINS et qu'un traitement adéquat, incluant le sevrage de ces substances était de nature à réduire de façon notable ses douleurs. Pour le recourant, la thérapie envisagée n'a pas été définie de façon suffisante et son utilité devait être approuvée non seulement par un neurologue, mais aussi par un psychiatre. En l'espèce, la manière de procéder de la juridiction cantonale, qui a fait abstraction des effets des céphalées d'origine médicamenteuse et de tension sur la capacité de travail du recourant au motif que ces troubles étaient curables, n'est pas conforme au droit. Le docteur O.________ a certes indiqué que les céphalées médicamenteuses et de tension étaient susceptibles d'être soignées par un sevrage médicamenteux et proposé un tel traitement dans un premier temps, avant un traitement de fond des céphalées diffuses dans un second temps. En l'état du dossier, il n'apparaît cependant pas clairement si un tel traitement a été ou non entrepris. Dans un rapport du 4 mai 2006, le docteur C.________, spécialiste en neurologie, auquel le recourant avait été adressé par la CNA pour examiner les propositions thérapeutiques, a confirmé la nécessité d'un sevrage médicamenteux, mais en milieu hospitalisé spécialisé, au service de neurologie du Centre Y.________. On ignore cependant si une telle mesure a eu lieu et quelles en ont été les suites éventuelles. Quoi qu'il en soit, la juridiction cantonale ne pouvait pas, sans autres informations, retenir une capacité de travail de 80 % en faisant abstraction des effets des céphalées médicamenteuses et de tension sans tenir compte des exigences posées par l'art. 21 al. 4 LPGA. On rappellera qu'à teneur de cette disposition, ce n'est qu'après une sommation légale que les prestations d'assurance pourraient éventuellement être réduites ou refusées si l'assuré se soustrait ou s'oppose, ou encore ne participe pas spontanément, dans les limites de ce qui peut être exigé de lui, à un traitement raisonnablement exigible et susceptible d'améliorer notablement sa capacité de travail. Dans la mesure où la juridiction cantonale a ignoré ces exigences, ou n'a du moins pas vérifié si l'administration les avait respectées, ses constatations sur la capacité de travail du recourant sont contraires au droit. Il convient par conséquent de renvoyer la cause à l'intimé pour qu'il examine si un traitement a ou non été entrepris dans le cadre de mesures médicales de l'assureur-accidents et procède, le cas échéant, conformément à l'art. 21 al. 4 LPGA. 4.3 Dans ce contexte, on ajoutera que les constatations de l'autorité cantonale de recours quant à l'absence de répercussion des acouphènes et de l'hypoacousie présentées par le recourant sur sa capacité de travail ne sont fondées sur aucune pièce médicale. Les premiers juges se réfèrent au rapport du docteur O.________ (qui "nie expressément tout effet incapacitant à ces symptômes"), alors que le neurologue ne mentionne précisément pas la problématique des acouphènes (ni, partant, ses éventuels effets) dans son expertise du 6 juillet 2005. Dans cette mesure déjà, leurs constatations de faits apparaissent manifestement inexactes.