Citation: 7B_522/2024 E. A

A.a. A.________ (ci-après: la condamnée), ressortissante suisse, est née en 1983. Elle est au bénéfice d'une curatelle. A.b. Elle a fait l'objet de quatorze condamnations, notamment: le 25 juillet 2019, pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires; le 12 janvier 2021, pour contrainte; le 20 octobre 2021, pour voies de fait et injure; le 10 décembre 2021, pour menaces, injure et voies de fait; le 4 mai 2022, pour dommages à la propriété, injure, incendie intentionnel, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et menaces; les 31 août et 13 septembre 2022, pour menaces et injure; le 8 novembre 2022, pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, extorsion et chantage, ainsi qu'injure. A.c. Par jugement précité du 4 mai 2022, le Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers (ci-après: le Tribunal de police) a condamné A.________ à une peine privative de liberté ferme de 15 mois, laquelle a été suspendue au profit d'un traitement ambulatoire. Dans le cadre de l'instruction ayant conduit à ce jugement, la condamnée a fait l'objet d'une expertise psychiatrique, réalisée par le Dr B.________. Dans son rapport du 24 août 2021, l'expert a relevé en particulier que l'expertisée présentait des troubles psychiatriques, soit une schizophrénie paranoïde d'évolution continue de sous-type héboïdophrénie et un syndrome de dépendance à des substances psychoactives multiples, avec un risque de récidive très élevé en l'absence de prise en charge adéquate. Il a précisé qu'un traitement psychiatrique était nécessaire; celui-ci avait déjà été tenté, mais mis en échec à de nombreuses reprises par l'expertisée, de sorte qu'il devait être imposé. Il a ajouté qu'une mesure de type séquentiel pouvait être tentée, associant un suivi ambulatoire contrôlé par des visites à domicile, un suivi des injections dépôt et la recherche d'une abstinence à tout toxique, alternant avec des hospitalisations contraintes en cas d'inobservance; le cas échéant, il faudrait envisager un placement résidentiel après une hospitalisation contrainte en milieu psychiatrique fermé. A.d. La condamnée a bénéficié, à partir du 11 juillet 2022, du traitement ambulatoire ordonné, auprès du Centre T.________ (ci-après: le T.________). A.e. Elle ne s'est pas présentée régulièrement à ses rendez-vous médicaux, fixés au T.________, à U.________, et a fait l'objet, entre août et décembre 2022, de plusieurs interventions de la police pour notamment menaces (y compris au moyen d'un couteau), injure, extorsion et chantage, violence ou menace contre des fonctionnaires, dommages à la propriété, voies de fait réitérées (certains de ces faits ayant conduit aux condamnations des 31 août, 13 septembre et 8 novembre 2022 précitées [cf. let. A.b supra]). La situation de l'intéressée, avec de multiples hospitalisations et interventions de la police, devenant toujours plus difficile à gérer, l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (ci-après: l'APEA) a, par décision de mesures provisionnelles du 31 janvier 2023, ordonné son placement à des fins d'assistance à l' V.________, à W.________, ainsi que la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique, qu'elle a confiée au Dr C.________. Dans son rapport du 20 mars 2023, le Dr C.________ a diagnostiqué chez l'expertisée des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de substances psychoactives multiples, un syndrome de dépendance, ainsi qu'un trouble psychotique avec symptômes polymorphes au premier plan, le diagnostic de schizophrénie étant quant à lui réservé. Selon l'expert, comme l'état psychique de l'expertisée à la V.________ était amendé et, vu qu'une consommation de substances avec des effets extrêmement perturbants n'était pas possible à cet endroit, le placement était justifié sur le plan médical. À la question qui lui était posée sur la nature d'un traitement à long terme (traitement ambulatoire ou placement en institution), l'expert a répondu que diverses stratégies pouvaient être tentées pour le projet post-hospitalier, tout en constatant que la médication actuelle avait amélioré de manière significative l'état psychique de l'intéressée, hors consommation de drogues, que l'intéressée optait pour une vie autonome, acceptant des hospitalisations périodiques dans un but de contrôle de compliance et de consommation, un suivi par un psychiatre et la présence d'une équipe de soins à domicile, et qu'elle comprenait que l'échec d'une telle organisation, si elle était décidée, mettrait un terme définitif à son souhait d'une vie autonome. A.f. Dans son rapport du 4 avril 2023, le T.________ est intervenu auprès de l'Office d'exécution des sanctions et de probation du canton de Neuchâtel (ci-après: l'OESP) afin que soit constaté l'échec de la mesure ambulatoire, une mesure thérapeutique institutionnelle - dans un cadre fermé, idéalement X.________ - paraissant constituer la seule option. Le 6 avril 2023, les responsables de la V.________, après avoir pris connaissance du rapport d'expertise du Dr C.________, ont également conseillé d'examiner l'éventualité d'un traitement dans un établissement fermé, au sens de l'art. 59 CP, puis ont nuancé leurs propos dans un écrit du 9 juin 2023, où ils estimaient que la poursuite du traitement ambulatoire n'était pas exclue. Enfin, dans un courrier du 23 juin 2023, une responsable du même établissement a indiqué, face au refus de la condamnée de se soumettre à des examens médicaux complémentaires, qu'elle "ne voy[ait] pas d'autre possibilité que [de] plaider pour une mesure institutionnelle". A.g. Dans l'intervalle, soit depuis novembre 2022, la police a été amenée à intervenir à d'autres reprises envers la condamnée. Le 4 mai 2023, sur la base de rapports de police qui lui ont été adressés entre le 7 décembre 2022 et le 31 janvier 2023, le Ministère public a ouvert une instruction pénale contre A.________ pour voies de fait, vol, dommages à la propriété, injure et violation de domicile, pour des faits distincts. A.h. Le Tribunal des mesures de contrainte du Littoral et du Val-de-Travers (ci-après: le TMC) a, sur requête du Ministère public, ordonné le 12 mai 2023 la détention provisoire de la condamnée, pour une durée de deux mois, auprès de la V.________, en retenant notamment que le risque de récidive serait très élevé si l'intéressée devait sortir à court terme de cet établissement et qu'un traitement ambulatoire paraissait en l'état insuffisant, comme mesure de substitution à la détention, pour pallier ce risque.