Citation: 4A_36/2020 E. 3.2.3

3.2.3. De plus, et surtout, force est de constater que la requérante a manqué de diligence. Nul besoin de s'attarder ici sur la possibilité pour elle d'obtenir durant la procédure arbitrale les moyens de preuve produits dans le cadre d'une procédure de discovery aux États-Unis. En revanche, afin d'établir si les faits et moyens de preuve nouveaux résultent de recherches qui auraient pu et dû être effectuées dans la procédure précédente, il est nécessaire de se demander si la requérante avait des raisons de requérir le témoignage de I.C.________ dans le cadre de la procédure arbitrale et la possibilité de le faire. À cet égard, la requérante souligne elle-même dans sa demande de révision que l'intimée avait allégué au cours de la procédure arbitrale que I.C.________ avait participé à la rédaction de l'accord transactionnel, dont la requérante prétendait déjà dans l'instance arbitrale qu'il n'avait jamais véritablement existé. Afin de contester cette allégation de l'intimée qu'elle estimait inexacte, la requérante avait alors de bonnes raisons de solliciter l'audition de I.C.________ afin que celle-ci se prononce sur sa participation aux négociations contractuelles et à l'élaboration du ou des document (s) litigieux. À ce propos, la requérante se contente de préciser dans sa demande de révision que " Mme I.C.________ n'a pas été entendu [sic] comme témoin durant la procédure arbitrale et la Requérante n'avait aucun moyen de l'auditionner " (demande de révision, n. 28). Après que l'intimée allègue dans sa réponse que la requérante n'a en réalité jamais demandé l'audition de I.C.________ au cours de la procédure arbitrale, la requérante se risque dans ses " Observations " du 9 juin 2020 à une argumentation nébuleuse selon laquelle les règles auxquelles la procédure arbitrale était soumise - à savoir les " Arbitration Rules of the Arbitration Institute of the Stockholm Chamber of Commerce " (ci-après: Stockholm Rules) - ne prévoient aucune possibilité pour une partie de demander au tribunal arbitral l'audition d'un tiers comme témoin. Or, comme le souligne à juste titre l'intimée, l'article 33 des Stockholm Rules, intitulé " Witnesses ", prévoit précisément à son premier alinéa la possibilité pour les parties de demander au tribunal arbitral l'audition de témoins (" In advance of any hearing, the Arbitral Tribunal may order the parties to identify each witness or expert they intend to call and specify the circumstances intended to be proven by each testimony "). La requérante ne saurait dès lors faire reposer sa demande de révision sur des éléments qu'elle aurait pu tenter d'obtenir dans le cadre de la procédure arbitrale.