Citation: 1P.304/2003 10.06.2003 E. 3

Le recourant affirme que les sommes qui lui ont été confiées en vue d'investissements étaient ensuite transmises à K.________, ce que ce dernier conteste formellement. Le recourant ne nie toutefois pas l'existence de charges suffisantes à son encontre, mais uniquement les risques de collusion et de fuite. A propos du risque de collusion, il relève que la Chambre d'accusation n'a pas évoqué le risque de faire disparaître ou d'altérer des preuves, d'influencer des témoins, ni de compromettre un acte d'instruction particulier. L'instruction serait pratiquement complète et n'aurait pas permis de faire apparaître l'intervention de tiers dans les faits reprochés au recourant, seul inculpé. Le seul fait de mettre en doute la version des faits présentée par l'inculpé ne suffirait pas pour admettre l'existence d'un risque de collusion. En réplique, le recourant soutient que l'existence d'un butin n'a pas été démontrée. 3.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151, 123 I 31 consid. 3c p. 36, 117 Ia 257 consid. 4c p. 261). L'autorité doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer, et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (cf. ATF 123 I 31 consid. 2b p. 33/34, 116 Ia 149 consid. 5 p. 152). 3.2 En l'occurrence, la Chambre d'accusation est certes muette quant aux actes d'instruction qui devraient encore être effectués, et dont le résultat pourrait être mis en péril par la libération du prévenu. Il ressort toutefois clairement de la décision attaquée que les explications du recourant quant à la destination des sommes qui lui ont été confiées n'ont pas été considérées comme plausibles, et que l'autorité de poursuite est dans l'ignorance de la localisation actuelle de ces fonds. Il paraît dès lors vraisemblable que le prévenu puisse profiter de sa libération pour tenter d'effacer des traces, voire pour récupérer tout ou partie des sommes détournées. Le risque de collusion, entendu comme un risque d'altération ou de destruction de preuves, est indéniable.