Citation: 6B_38/2021 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a retenu qu'il était évident qu'une expulsion mettrait le recourant dans une situation personnelle grave. En effet, une telle mesure constituerait une ingérence importante dans sa vie privée, toute sa famille, de même que son jeune fils, vivant en Suisse. De plus, il risquerait des traitement cruels ou inhumains en cas de retour en Syrie. La cour cantonale a ensuite examiné si les intérêts publics l'emportaient sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse. A cet égard, elle a relevé que le recourant était condamné à une peine privative de liberté de 7 ans pour des faits très graves, puisqu'il s'en était pris à deux reprises distinctes à la vie d'autrui. Selon l'expert (psychiatre), le risque de récidive pour des réponses violentes restait notablement présent si le recourant se trouvait à nouveau face à une situation où il se sentait injustement traité, dénigré, humilié ou impuissant. Ce risque de récidive était d'autant plus présent qu' aux dires d'expert, le recourant présentait des traits de personnalité narcissiques, paranoïaques et impulsifs, plus marqués que chez la moyenne des gens et qu'il interprétait vite les intentions d'autrui comme malveillantes, notamment face à ses origines, qu'il avait un caractère soupçonneux, un sens tenace et combatif de ce qu'il estimait être ses droits légitimes, et finalement, il avait besoin de se faire justice par lui-même. Par ailleurs, la cour cantonale a souligné que le recourant avait une intégration médiocre en Suisse. Il n'avait jamais exercé aucune activité lucrative, hormis quelques stages. De plus, il avait une précédente condamnation à son actif, pour vol, violation de domicile et contravention à la LStup. Son comportement en détention n'avait pas été bon. Une amélioration était constatée depuis son transfert, le 18 juin 2020, à la prison L.________. Ainsi, il avait fait l'objet de 6 sanctions disciplinaires entre novembre 2018 et août 2019. Selon le rapport de la prison M.________ établi le 15 novembre 2019, le recourant avait adopté un comportement à la limite du correct envers le personnel de surveillance, peinait à respecter les règles, la gestion de ses émotions et ses frustrations était parfois compliquée quand les événements n'allaient pas dans son sens et il mettait une certaine pression sur ses codétenus afin que ces derniers agissent dans son intérêt. La cour cantonale a relevé que le recourant avait de la peine à prendre conscience de la gravité de ses actes. Il n'avait eu de cesse de mentir durant l'instruction, de minimiser les faits et de les manipuler. Il n'avait pas hésité, après les actes commis au préjudice de l'intimé 2, à se taillader lui-même pour faire accuser l'intimé 2 (cf. également infra, consid. 5.5.2). Au regard de l'ensemble de ces éléments, l'intérêt public à l'expulsion du recourant l'emportait sur l'intérêt privé de ce dernier à rester en Suisse. Partant, il convenait de prononcer son expulsion du territoire Suisse. Compte tenu du risque de récidive pour des actes de violence, la durée de l'expulsion devait être fixée à 10 ans.