Citation: 6B_319/2024 E. 2.2

2.2. A l'instar des premiers juges, la cour cantonale a considéré qu'il n'y avait eu ni violence ou autre forme de contrainte physique, ni menace, au motif notamment que l'intimée n'avait pas évoqué qu'elle avait été retenue avec une telle force qu'il lui eût été impossible ou très difficile de se dégager. Rappelant l'importante inégalité des parties, tant en termes de stature physique que de développement cognitif et d' (in-) expérience en matière sexuelle, ainsi que les échanges ayant précédé la rencontre, la cour cantonale a retenu que la jeune fille était placée dans une situation d'infériorité et de sujétion, par rapport au recourant. Les parties se trouvaient au sous-sol abritant les caves de l'immeuble, ce qui était propre à provoquer chez une jeune fille de 13 ans, de constitution frêle face à un homme nettement plus imposant, le sentiment qu'elle n'avait pas d'échappatoire, en particulier au vu de leurs positions lorsqu'elle était tournée contre le mur et lui debout derrière elle (troisième phase). L'intimée avait cédé à une partie des demandes du recourant sur son insistance et non sans avoir tenté de le convaincre de renoncer. Tout au long de la troisième phase, elle avait clairement manifesté qu'elle n'était pas d'accord, elle n'avait exécuté la seconde fellation que parce qu'elle était habitée par le sentiment qu'elle ne pouvait pas résister, notamment pas quitter les lieux. Au regard de l'ensemble des circonstances, elle ne pouvait que nourrir la conviction que toute résistance était vaine, le recourant adoptant une attitude impérative (choix entre fellation et pénétration; imposition d'un changement de position contre le mur; affirmation qu'elle était nulle, que c'était de sa faute parce qu'elle était trop belle et qu'elle ne pouvait pas le "laisser comme ça"). Eu égard à la situation d'infériorité dans laquelle se trouvait l'intimée, du lieu où se sont déroulés les faits et de ce qu'au fur et à mesure des événements, chacune de ses protestations était balayée, l'intimée a développé un sentiment que ce qui arrivait était inévitable, un sentiment d'impuissance. Aussi, la cour cantonale a retenu que les actes d'ordre sexuel avaient été obtenus au moyen de pressions psychologiques d'une intensité comparable à l'usage de la violence ou de la menace. Sur le plan subjectif, le recourant avait nécessairement compris que l'intimée n'était pas d'accord, ayant reconnu qu'elle avait manifesté son refus tout au long des faits mais ne voulait pas l'entendre, décidé qu'il devait parvenir à l'éjaculation ( "tu ne me laisses pas là"). Il avait agi intentionnellement.