Citation: 6S.2/2004 06.04.2004 E. 2

Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir violé les art. 9 et 29 Cst. Il considère que son appréciation des preuves est arbitraire dans la mesure où elle nie que le choc qu'il a subi du fait de sa chute ait eu un effet quelconque sur son état mental. Il se prévaut de ses propres déclarations, selon lesquelles il était groggy après la chute, ainsi que de considérations théoriques sur la commotion cérébrale et reproche à l'autorité cantonale de n'avoir relevé aucun élément permettant d'écarter la survenance d'une commotion cérébrale. 2.1 Une décision est arbitraire et donc contraire à l'art. 9 Cst. lorsqu'elle viole clairement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou contredit de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables, il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son résultat. A cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale apparaisse également concevable ou même préférable (ATF 128 II 259 consid. 5 p. 280; 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). Pour écarter la thèse du recourant, l'autorité cantonale s'est fondée tout d'abord sur les rapports du Centre hospitalier universitaire vaudois ainsi que de l'Institut universitaire de médecine légale, où l'intéressé a été examiné dans la nuit suivant les faits, respectivement le lendemain matin, et qui ne font pas état d'un quelconque traumatisme cranio-cérébral. Le recourant conteste la pertinence de ces examens au motif qu'ils ont été effectués plusieurs heures après les faits et que les effets de la commotion dont il se prévaut pouvaient être d'une durée moindre. Dans ces circonstances, on voit mal quelles constatations le recourant attend d'un examen effectué plusieurs années après les faits alors qu'il conteste la validité de ceux qui ont été réalisés dans les heures qui suivent précisément pour le motif que la situation avait pu se modifier entre-temps. L'autorité cantonale a par ailleurs pris en considération le comportement du recourant au moment des faits, notant qu'il avait été en mesure, tout en se relevant, de saisir le couteau qui se trouvait dans sa poche, de le sortir de son étui, de l'ouvrir, de porter un premier coup à la personne qui se trouvait près de lui, de faire encore quelques pas pour s'en servir, par derrière, contre une deuxième personne avant de quitter les lieux, manifestant sans équivoque la conscience d'avoir commis un acte répréhensible. Il n'y a rien d'insoutenable à considérer que la personne qui a un tel comportement agit de manière consciente et c'est en vain que le recourant tente de remettre cette appréciation en question en se référant à des considérations théoriques générales sur la commotion cérébrale. Enfin, le recourant s'en prend à l'appréciation de l'autorité cantonale selon laquelle il aurait réagi de manière agressive à ce qu'il avait perçu comme un affront, savoir le fait d'avoir été poussé sur le sol, réaction qui correspondrait en tout point à sa problématique d'impulsivité avec risque de passage à l'acte en cas d'alcoolisation. Le recourant qualifie cette explication d'absurde et soutient que s'il avait tendance à réagir de cette manière, on ne comprend pas qu'il n'ait jamais été condamné pour la moindre voie de fait. Il ressort de l'arrêt attaqué qu'en 1997 le recourant avait été renvoyé devant un tribunal notamment pour lésions corporelles sur plainte de son ex-amie qu'il avait injuriée, menacée de mort avec un couteau et frappée. C'est le retrait de la plainte qui avait mis fin à la procédure. En outre, le médecin qui a suivi le recourant après les faits qui sont à l'origine de la présente cause note effectivement une problématique d'impulsivité et de faible tolérance à la frustration pouvant amener des passages à l'acte lors de périodes d'éthylisation. Compte tenu de ces éléments, l'appréciation de l'autorité cantonale n'est manifestement pas insoutenable. 2.2 Le recourant reproche en outre à l'autorité cantonale d'avoir commis un déni de justice car, selon lui, on ne saurait déterminer à la lecture de l'arrêt attaqué les raisons pour lesquelles ses arguments ont été écartés et notamment pourquoi il n'a pas été admis qu'il existait un doute irréductible sur le fait qu'il aurait reçu avant de tomber un coup asséné avec une chope de bière. Le droit d'être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., implique, selon la jurisprudence rendue en application de l'art. 4 aCst. mais qui garde toute sa valeur sous l'angle de la nouvelle disposition, notamment l'obligation pour l'autorité de motiver sa décision afin que le justiciable puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 17; 125 II 369 consid. 2c p. 372; 124 II 146 consid. 2a p. 149; 123 I 31 consid. 2c; 122 IV 8 consid. 2c p. 14). Le juge n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits et moyens de preuve invoqués par les parties. Il peut passer sous silence ce qui, sans arbitraire, lui paraît à l'évidence non établi ou sans pertinence (ATF 124 V 180 consid. 1a p. 181; 122 IV 8 consid. 2c; 117 Ib 64 consid. 4 p. 86; 112 Ia 107 consid. 2b). S'agissant du reproche fait à l'autorité cantonale de n'avoir pas suffisamment motivé sa décision, on constate d'emblée que celle-ci s'est avérée suffisante pour que le recourant puisse développer les griefs qu'il entendait soulever à son encontre et pour que la cour de céans soit en mesure d'exercer son contrôle, ainsi que cela ressort du considérant précédent. A la lecture de celui-ci, on constate en outre que la question de savoir si le recourant a ou non reçu un coup porté au moyen d'une chope à bière n'est pas déterminante puisque l'autorité cantonale est parvenue, sans arbitraire, à la constatation que le comportement du recourant n'avait pas été la conséquence d'un choc. Ce grief est donc également mal fondé, de sorte que le recours doit être rejeté.