Citation: 5A_972/2021 E. 3.1

3.1. Selon les faits retenus par l'arrêt attaqué, le mari de la requérante avait admis, à l'audience du 20 janvier 2021, que son frère était inscrit en tant que propriétaire de deux maisons, mais qu'il avait lui-même payé la seconde. Il se rendait parfois en vacances dans celle-ci, qu'il considérait comme une propriété commune, et personne n'y habitait le reste du temps. Il avait pu verser le montant de 30'000 euros à son épouse, notamment, en empruntant une partie de cette somme à ses enfants. Avec cet argent, celle-ci voulait se construire une maison. Elle en avait déjà une, bâtie pour elle en 2019, qui n'était au nom de personne: "elle [était] là illégalement". Le 28 mai 2021, le mari avait précisé que l'épouse avait déjà acheté un terrain en 2018 sur lequel elle avait construit une maison. La somme de 30'000 euros lui avait permis d'acquérir quatre ares de terrain pour un montant de 40'000 euros et elle s'était arrangée pour mettre ces immeubles au nom de son frère, respectivement de son neveu. Lors de l'audience du 20 janvier 2021, l'épouse avait quant à elle déclaré s'être réfugiée dans la maison de son frère au moment de la séparation et y avoir entreposé ses meubles. Elle avait donné de l'argent à sa famille durant le mariage, soit environ 5'000 fr. en tout, et il était possible que cet argent ait servi à la construction d'une maison. Le 28 mai 2021, elle avait indiqué que son mari avait fait pression sur elle pour qu'elle mette à son nom des immeubles appartenant à sa famille au Kosovo, ce qu'elle avait refusé. Vu ce qui précède, la cour cantonale était fondée à nier tout arbitraire dans l'appréciation des preuves opérée par la Juge civile. En particulier, l'autorité précédente ne peut se voir reprocher d'avoir jugé, au regard, notamment, des déclarations des époux, qu'il n'était pas insoutenable de retenir, comme la première juge, que ceux-ci avaient placé leurs économies dans des immeubles au Kosovo, même s'ils n'étaient pas inscrits à leur nom. Il n'était pas non plus arbitraire de constater que la requérante avait manqué de transparence à propos de sa situation financière. En tout cas, la recourante n'avance aucun argument susceptible de faire admettre le contraire. Il n'est en effet pas décisif que les biens concernés n'eussent pas été déclarés fiscalement en Suisse, cette circonstance pouvant aussi bien signifier, comme l'ont considéré les instances cantonales, que la valeur de ces biens n'était pas dérisoire. Or, la jurisprudence ne se satisfait de la vraisemblance de l'indigence que lorsque le requérant a pris toutes les mesures qu'on pouvait raisonnablement attendre de lui pour établir sa situation financière (cf. supra consid. 2.1.1 in fine). Si la preuve d'un fait négatif, tel que l'absence de ressources, est souvent difficile à rapporter, il n'en demeure pas moins que sa vraisemblance prépondérante devait être établie. En l'espèce, l'autorité précédente a correctement estimé que la Juge civile n'avait pas arbitrairement apprécié les faits dont elle disposait en retenant que cette preuve n'avait pas été rapportée, même d'une façon indirecte, étant rappelé qu'une constatation de fait n'est pas arbitraire si elle a été déduite de manière soutenable du rapprochement de divers éléments ou indices. En tant que la recourante fait aussi valoir que la Juge civile ne l'a jamais invitée à lui transmettre des informations et/ou des pièces supplémentaires à propos de la fortune à l'étranger dont elle disposerait, elle méconnaît par ailleurs que, dans la mesure où elle était assistée d'un avocat, cette magistrate n'en avait nullement l'obligation (arrêts 1B_309/2021 du 3 septembre 2021 consid. 2.2; 1B_347/2018 du 10 janvier 2019 consid. 3.4 et les références). Quoi qu'il en soit, il appert qu'en première instance, deux audiences ont été tenues, au cours desquelles les époux ont été entendus au sujet de leur situation patrimoniale, et qu'une demande d'informations complémentaires circonstanciée leur a été adressée. L'argument se révèle donc vain. Les mêmes considérations valent pour la situation de fortune du mari. Quant à la prétendue absence de disponibilité de celle-ci, le dossier ne contenant aucun justificatif, ni même aucun indice en ce sens, la Cour civile a estimé à juste titre que la première juge n'avait pas non plus fait preuve d'arbitraire sur ce point; l'invocation par la recourante de l'art. 653 al. 2 CC ne lui est au surplus d'aucun secours, dès lors que l'immeuble payé par le mari, mais inscrit au nom de son frère, est situé à l'étranger. Il convient au demeurant de relever que le capital de la prévoyance professionnelle du mari prélevé après la survenance du cas de prévoyance peut en principe venir s'ajouter à sa fortune dans le cadre de l'assistance judiciaire (cf. ATF 144 III 531 consid. 2-4). De plus, la constatation de la cour cantonale selon laquelle la requérante n'avait pas non plus expliqué à quoi avait servi la moitié de la somme de 30'000 fr. reçue de son mari ne fait pas l'objet d'un grief valablement motivé. Le moyen est par conséquent mal fondé, dans la mesure où il est recevable (art. 106 al. 2 LTF).