Citation: 8C_737/2008 29.05.2009 E. 4

4.1 Il ressort de l'expertise AI du docteur L.________ (du 6 mars 2008) que D.________ présente un trouble somatoforme indifférencié (F45.1) ainsi qu'une modification durable de la personnalité. Cette atteinte - traitable selon l'expert - rend l'intéressé incapable de s'adapter à un environnement professionnel; une reprise à temps partiel pourrait être envisagée mais seulement après la mise en place d'un traitement psychothérapeutique et médicamenteux. Le point de savoir s'il existe un lien de causalité entre les troubles psychiques constatés et l'accident de circulation du 12 mars 2005 n'a pas été directement abordé par le docteur L.________. Le recourant a déposé en cours de procédure devant la Cour de céans un nouveau document médical émanant de ses médecins traitants psychiatres, les docteurs E.________ et J.________. Dans un arrêt récent (du 17 mars 2009, 8C_934/2008, prévu pour la publication), le Tribunal fédéral a cependant jugé qu'en vertu de l'art. 99 al. 1 LTF, aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne pouvait plus être présenté, même dans une procédure concernant l'octroi ou le refus de prestations d'assurances, à moins de résulter de la décision de l'autorité précédente. Cette nouvelle pièce ne peut donc pas être prise en considération. Cela étant, une instruction complémentaire afin d'examiner plus avant la causalité naturelle n'est pas nécessaire. Car à supposer que l'événement accidentel soit "l'élément révélateur" du trouble somatoforme - comme le semble reconnaître le docteur L.________ -, on doit de toute façon nier l'existence d'un lien de causalité adéquate. 4.2 La gravité d'un accident s'apprécie en fonction de son déroulement (ATF 115 V 133 consid. 6c/aa p. 140 et 403 consid. 5c/aa p. 409). Selon le rapport de police, le véhicule, qui roulait à une vitesse normale, a quitté la chaussé (enneigée à cet endroit), dévalé un talus et est allé percuter un arbre quelques mètres en contrebas. Des cinq occupants, tous transportés à l'hôpital, l'assuré a été le plus atteint. Ces circonstances permettent de qualifier l'accident comme étant de gravité moyenne, sans toutefois que l'on doive le situer à la limite supérieure de cette catégorie (pour comparaison voir l'arrêt U 18/07, consid. 3.3). Il importe dès lors que plusieurs des critères objectifs développés par la jurisprudence se trouvent réunis ou revêtent une intensité particulière pour que le caractère adéquat des troubles psychiques de l'assuré soit admis (cf. ATF 115 V 133 consid. 6c/aa p. 140, 403 consid. 5c/aa p. 409). 4.3 Or, l'analyse de ces critères ne permet pas d'aboutir à cette conclusion. En effet, on peut nier l'existence de circonstances particulièrement dramatiques ou impressionnantes entourant l'accident de circulation. D.________ a subi de multiples fractures qui ne peuvent être qualifiées de particulièrement graves et qui n'ont pas été accompagnées de complications notables. En réalité, comme cela ressort des déclarations du docteur I.________ à la CNA, l'état de santé de l'assuré a été très tôt influencé par une composante psychique qui a nécessité dès le mois de septembre 2005 la mise en place d'un suivi psychiatrique auprès de l'Unité de psychiatrie ambulatoire de V.________. Du moment que le caractère adéquat doit être examiné en excluant les aspects psychiques, on ne peut pas considérer que les critères de la persistance des douleurs et de la durée de l'incapacité de travail sont réalisés. La CNA n'est donc pas tenue de prendre en charge l'affection psychique de l'assuré.