Citation: 4A_88/2010 11.05.2010 E. 4

Il est vrai que selon la jurisprudence, le contrat doit être complété lorsque les parties ont convenu d'un temps d'essai trop long et, partant, d'un délai de résiliation trop bref dans le laps excédentaire. Toutefois, le complètement doit s'effectuer en ce sens que les parties sont présumées avoir voulu le délai de résiliation le plus court possible selon la loi, soit un mois pendant la première année de service (ATF 131 III 467 consid. 1 p. 469). Les parties au contrat du 2 novembre 2007 devaient donc respecter ce délai d'un mois si l'une d'elle voulait résilier pendant les mois de mars, avril ou mai 2008. En retenant plutôt, selon leur appréciation, un délai de trois mois en première instance puis de deux mois en appel, les précédents juges ont appliqué incorrectement l'art. 335c al. 1 CO. Quelle que soit sa durée, le délai de congé se compute rétrospectivement dès son échéance, en tenant compte, le cas échéant, des périodes de protection du travailleur qui suspendent son cours en vertu de l'art. 336c al. 2 CO (ATF 134 III 354 consid. 2 et 3 p. 358). En l'espèce, le demandeur ne pouvait prétendre à un délai de trois mois, selon le contrat du 2 novembre 2007, que si la résiliation lui parvenait au cours du mois de juin 2008 au plus tôt. La résiliation du 5 mai 2008 a déclenché un délai d'un mois qui s'est écoulé sans aucune suspension du 1er au 30 juin suivant. Le demandeur n'avait pas droit au salaire pendant le mois de juillet 2008 et il obtient cette prestation seulement parce que la défenderesse s'abstient de recourir contre l'arrêt de la Chambre d'appel. Quoiqu'il ait dû se rendre au service militaire du 18 août au 5 septembre, le demandeur ne peut non plus exiger aucun salaire pour les mois d'août à octobre 2008, et l'intervenante se subroge à une prétention inexistante.