Citation: 6B_188/2023 E. 2.3.4

2.3.4. Le recourant soutient qu'il est disposé à suivre un traitement et y est pleinement accessible. Il reproche notamment à la cour cantonale de ne pas avoir retenu son "évolution positive importante", invoquant notamment qu'il aurait admis à l'expert avoir commis un viol. Il soutient également que la "rechute" dans son comportement en détention ne devait pas permettre à la cour cantonale d'occulter les "bougés subjectifs" constatés dans son psychisme. Ce faisant, le recourant oppose en réalité essentiellement sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire, de sorte que son argumentation est largement irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). Au demeurant, c'est sans arbitraire que la cour cantonale a considéré que l'expert s'était fondé sur des prémisses erronées pour conclure que le recourant était accessible au traitement. En effet, s'agissant du comportement du recourant en détention, il ressort de l'arrêt attaqué que, pendant son séjour à l'établissement de U._________, celui-ci a fait l'objet de quatre sanctions disciplinaires, la dernière en date du 2 juillet 2021 à la suite d'une violente bagarre avec un codétenu. Pour cette raison, l'intéressé a d'ailleurs dû être transféré dans un nouvel établissement - où il a encore fait l'objet de cinq nouvelles sanctions disciplinaires, dont une le 20 avril 2022 pour avoir notamment menacé de mort un codétenu et plusieurs agents de détention - avant d'être à nouveau transféré aux EPO, où il a été placé en isolement cellulaire à titre de sûreté pendant plus de deux mois. La cour cantonale pouvait donc sans arbitraire considérer qu'il était inexact de retenir un changement positif dans le comportement du recourant en détention, comme l'avait fait l'expert. En tant que le recourant invoque son bon comportement aux EPO en se fondant sur un rapport de la direction du 30 mai 2022, il y a lieu de relever que, si cette évolution très récente est à saluer, ledit rapport a été rédigé un peu plus d'un mois après son transfert aux EPO, alors que l'intéressé était placé en isolement cellulaire, parce qu'il présentait un grave et imminent risque pour les autres détenus et le personnel de l'établissement. S'agissant de l'argument du recourant selon lequel il aurait fait l'objet de cinq sanctions disciplinaires à V._________ parce qu'il n'y bénéficiait pas d'un suivi thérapeutique, on relèvera encore qu'il a également fait l'objet de plusieurs sanctions disciplinaires lors de son séjour à U._________, alors qu'il y était suivi par le psychothérapeute D._________. S'agissant des "bougés subjectifs" observés par ledit psychothérapeute, la cour cantonale les a relativisés, relevant notamment que le recourant persistait à minimiser ses actes et réécrire les faits en sa faveur et ne disposait pas à l'heure actuelle de capacités minimales d'introspection. A cet égard, le recourant reproche notamment à la cour cantonale d'avoir relevé son incapacité à prononcer le mot "viol" pour parler de ses actes et d'avoir omis qu'il avait admis à l'expert avoir commis un viol. Il souligne qu'il est désormais "parvenu à prendre la pleine et entière responsabilité de ses actions pénales". Son grief tombe à faux. Il n'apparaît pas ressortir de l'expertise que le recourant aurait admis avoir commis un viol. Au contraire, l'expertise relève que le recourant banalise beaucoup de faits judiciaires, "soutient avoir été condamné à tort" pour les agressions sexuelles (rapport d'expertise du 13 juillet 2021, p. 10 et 27; art. 105 al. 2 LTF) et parle de l'acte pour lequel il a été condamné comme un "acte sexuel librement consenti" (rapport d'expertise du 13 juillet 2021, p. 27). Dans son arrêt, la cour cantonale a également relevé - sans que le recourant n'en démontre l'arbitraire - que celui-ci a notamment déclaré avoir violé ses victimes en Italie "par sa façon de s'exprimer" alors qu'il s'est muni d'un couteau pour parvenir à ses fins et que, lors de l'audience de jugement, il a attribué à ses codétenus la responsabilité des actes qu'il avait commis contre eux. On relèvera par ailleurs que l'expert a clairement émis des doutes quant au fait que le recourant adhère à un traitement thérapeutique. Or, selon la jurisprudence, le seul espoir d'une meilleure implication du recourant dans son traitement ne saurait suffire pour convertir la mesure d'internement en un traitement thérapeutique institutionnel en application de l'art. 64 al. 1 let. b ou de l'art. 65 CP (cf. arrêts 6B_716/2022 du 11 octobre 2022 consid. 4.7; 6B_704/2017 précité consid. 3.2.2). S'agissant enfin des autres intervenants que l'expert, l'évaluation criminologique établie le 12 février 2019 retenait qu'il était peu probable que le recourant puisse entrer dans un réel processus thérapeutique et qu'aucun élément ne permettait d'espérer un abaissement du risque de récidive grâce à un travail thérapeutique. De même, dans son avis du 12 octobre 2020, la CIC a constaté une dangerosité criminologique majeure chez le recourant et a conclu qu'en l'état, aucune perspective thérapeutique n'était ouverte ni même envisageable. Si une certaine évolution favorable a pu être constatée depuis quelques mois, au moment de l'arrêt attaqué, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire ni violé le droit fédéral en ne retenant pas qu'il était suffisamment vraisemblable qu'un traitement institutionnel entraînerait dans les cinq ans une réduction nette du risque de récidive.