Citation: 5A_508/2021 E. 4

Les recourants font grief à la Cour de justice d'avoir fait preuve de formalisme excessif en écartant sans motif leur conclusion tendant à la "réserve de leurs droits découlant d'une perte fautive additionnelle des fonds gérés chez R.________SA". Se référant à la SJ 2019 I 391, ils soutiennent que l'autorité précédente a méconnu la jurisprudence selon laquelle si le demandeur est dans l'impossibilité de chiffrer immédiatement sa demande, "il n'est pas libéré de son obligation de chiffrer ses prétentions, mais peut seulement différer le moment auquel il doit y procéder". C'était d'ailleurs ce qu'ils avaient fait in limine litis, sans contestation, en réservant leurs droits concernant la liquidation du portefeuille avant de pouvoir chiffrer la demande grâce à l'expertise S.________ intervenue ultérieurement. Puisqu'ils n'étaient pas en mesure de chiffrer directement leurs conclusions additionnelles relatives au compte de la société U.________, ils avaient réservé leurs droits " jusqu'à ce qu'une décision au pénal les renvoie à agir au civil après que le Ministère public ait établi les faits et le dommage généré par le détournement des fonds de la U.________ par les exécuteurs testamentaires ". Devant le Tribunal fédéral, les recourants concluent toujours à la réserve de leurs droits, tant en ce qui concerne d'éventuels fonds supplémentaires de la société U.________ qui pourraient être découverts que d'éventuelles pertes supplémentaires relatives à des fonds gérés par R.________SA.