Citation: 6B_456/2015 E. 1.5

1.5. Le recourant objecte avoir spontanément avoué devant la police avoir vendu 200 à 300 sachets d'héroïne représentant quelque 1000 à 1500 grammes. Soulignant que la " comptabilité " retrouvée sur les lieux ne permet pas de retracer la vente de telles quantités, il relève aussi avoir fourni des indications sur son salaire, la provenance des sommes retrouvées sur les lieux, des récépissés postaux, le nombre de ses supérieurs hiérarchiques et l'utilisation des téléphones portables ainsi que sur le rôle de son coprévenu. La cour cantonale aurait aussi retenu à tort que ses aveux en appel, relatifs à la rédaction de la " comptabilité ", ne pouvaient être retenus en sa faveur. Le jugement sur appel retient que le trafic du recourant a porté sur une quantité de plus de 3,5 kilos d'héroïne, ce que le recourant ne conteste pas. Ses aveux relatifs aux ventes (1 à 1,5 kilos) permettaient ainsi, tout au plus, de préciser la manière dont une partie de ces stupéfiants avait été écoulée et de souligner que le recourant s'occupait plutôt de consommateurs acquérant, à chaque fois, de faibles quantités. Comme on l'a vu ci-dessus, le recourant tentant d'en déduire qu'il n'occupait qu'une position subalterne, il avait tout intérêt à fournir ces indications, comme il l'a fait s'agissant de son salaire et de l'utilisation du téléphone. Quant à la succession du recourant par son coprévenu dans le trafic, il ressort clairement du consid. 3.3 du jugement entrepris que les explications du recourant n'ont pas permis à elles seules de l'établir. On ne saurait, non plus, reprocher à la cour cantonale d'avoir jugé que les aveux tardifs (relatifs à la tenue de la comptabilité) du recourant - survenus, de plus, alors que le Ministère public demandait par voie d'appel joint une aggravation de la sanction -, ne démontraient pas une participation particulièrement méritoire à l'enquête, moins encore qu'il ne s'agissait pas là d'aveux complets susceptibles, selon la jurisprudence, de justifier une réduction d'un cinquième à un tiers de la peine (cf. ATF 121 IV 202 consid. 2d/cc). Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. Elle exclut simultanément l'application de l'art. 48 al. 1 let. d CP. Que le recourant ait, comme il l'affirme, décidé de mettre seul un terme à son activité criminelle (non sans veiller cependant à la pérennité du trafic à son échelon après son départ) et qu'il ait exprimé des regrets, ne justifie pas l'application de cette norme, qui suppose, au-delà d'aveux et de remords, un comportement méritoire empreint d'un esprit de sacrifice (ATF 107 IV 98 consid. 1 p. 99; plus récemment: arrêt 6B_339/2014 du 27 novembre 2014 consid. 2.1). On n'en perçoit pas trace en l'espèce. Le grief est infondé.