Citation: C 20/02 04.04.2002 E. 1

Comme l'a relevé très justement la Caisse, les pièces déposées lors du recours ne sauraient infirmer la décision prise, car l'assurée a admis que les attestations de gains intermédiaires, formellement signées par l'employeur, ne correspondaient pas à la réalité. Dès lors, il y a de sérieux doutes de la valeur probante des fiches personnelles de salaires, des déclarations d'impôts. La Commission est d'avis que la décision de la Caisse s'avère bien fondée et qu'elle doit dès lors être confirmée.. " bb) Sur le vu de ces considérants, il apparaît tout d'abord que la juridiction cantonale n'a procédé à aucune appréciation des preuves proposées par la recourante, qu'elle a écartées d'emblée, en en mettant en doute la valeur probante. Elle ne s'est fondée sur aucune circonstance bien concrète pour qualifier de douteuses ces preuves. En indiquant que l'assurée avait admis que les attestations de gains intermédiaires ne correspondaient pas à la réalité, les premiers juges se réfèrent probablement aux déclarations de l'intéressée du 22 juillet 1999, selon lesquelles elle travaillerait à plein temps au cours des mois de juillet et août 1999 et que les heures supplémentaires accomplies à cette occasion seraient compensées durant les mois de basse saison. Mais cet élément, à lui seul, ne permet pas de tirer des conclusions - en tout cas pas définitives - sur la situation qui prévalait en 1994, 1995 et 1997. Il ne s'agit pas d'une circonstance qui justifie que l'on rejette sans les discuter - et en bloc - l'ensemble des preuves proposées par la recourante. cc) Par ailleurs, sur le fond, la motivation des premiers juges est insuffisante. Pour ce qui est du droit à l'indemnité durant les périodes litigieuses, elle se résume à des affirmations qui ne constituent pas une démonstration de l'absence de ce droit. Cette motivation méritait d'être étayée par des faits précis de nature à établir que, durant les périodes en cause, l'activité n'était pas suffisamment contrôlable, contrairement à ce qui ressortait, en particulier, des déclarations de la recourante et des attestations de gains intermédiaires fournies par son employeur. On peut d'ailleurs se demander si ce dernier n'aurait pas dû être entendu en procédure cantonale. Le fait que l'assurée n'a pas été en mesure de fournir le décompte d'heures de travail pour les périodes du 1er décembre 1994 au 30 décembre 1995 et du 1er mai 1997 au 30 juin 1997 n'est pas en soi un élément qui suffit pour admettre qu'elle était réputée travailler à plein temps : il est rare qu'un salarié, quel que soit son secteur d'activité, établisse - et surtout conserve des années durant - les relevés exacts de ses heures de travail. Cette absence de véritable motivation empêche non seulement la recourante de critiquer valablement les décisions attaquées, mais aussi le Tribunal fédéral des assurances de se prononcer sur le litige. Par ailleurs, ni la décision administrative ni le jugement relatifs à la restitution des prestations qui auraient été versées indûment ne font mention de la période à laquelle cette restitution se rapporte. Ce jugement indique, sans autres précisions, qu'il s'agit des prestations touchées par l'assurée depuis le 1er décembre 1994. La recourante part de l'idée qu'il s'agit des prestations accordées - et prétendument versées à tort - de décembre 1994 à juillet 1999. Il paraît toutefois ressortir d'un décompte de la caisse daté du 9 novembre 1996 que le montant soumis à restitution s'élèverait durant cette période à 21 030 fr. 10 (et non 16 523 fr. 35). On ne discerne au demeurant pas les motifs pour lesquels, apparemment, la restitution porterait sur une période plus étendue que la période pour laquelle le droit de l'assurée a été nié (1er décembre 1994 au 30 novembre 1995 et 1er mai 1997 au 30 juin 1997). La tâche de l'administration ou d'une autorité cantonale de recours ne se limite pas à constituer un dossier dans lequel le Tribunal fédéral des assurances devrait, en cas de recours, rechercher les éléments déterminants pour pouvoir statuer (cf. ATF 123 II 54 consid. 6). L'établissement des faits déterminants suppose au contraire que le juge de première instance présente ceux-ci de manière aussi fidèle et précise que possible, le cas échéant en démêlant les résultats de la procédure probatoire et en portant à leur sujet une appréciation (arrêt P., déjà mentionné). Cette exigence s'impose tout particulièrement quand l'affaire est - comme en l'espèce - relativement complexe et que les faits sont contestés par l'administrée avec de nombreuses pièces à l'appui.