Citation: 4A_6/2023 E. 3.2

3.2. Dans le cas d'espèce, le fait que les dispositions de la CVIM sont ou non applicables n'est pas déterminant, au vu de la motivation présentée par le recourant. En lien avec celles-ci, ce dernier se fonde d'une part sur le fait que l'intimée n'a pas réagi à la lettre du 10 avril 2012; selon lui, cela démontrait qu'elle était parfaitement informée des instructions de paiement, que le recourant lui avait rappelées le 10 avril 2012, et qui lui étaient connues bien avant la livraison de la marchandise. D'autre part, il se prévaut du fait qu'elle a attendu plusieurs années avant d'engager une procédure judiciaire. Il soutient que sur cette base, la cour cantonale aurait dû retenir, au regard de l'attitude ultérieure de l'intimée, des principes de la bonne foi et de l'estoppel, pertinents selon la CVIM, une solution qui devait lui être favorable. Or, la cour cantonale a relevé que les allégations de l'appelant, selon lesquelles il aurait expressément indiqué à l'intimée, lors de la conclusion du contrat de vente, que les factures devraient être établies au nom de C.________ SA, n'avaient pas été vérifiées. Elle a ensuite expressément retenu que le tribunal n'avait pas constaté les faits de manière inexacte sur ce point. Elle a ajouté qu'à teneur de la procédure, l'appelant avait seulement prié l'intimée d'adresser ses factures à C.________ SA en avril 2012, soit plus de deux ans après réception de celles-ci. Le point de savoir quand l'intimée a eu connaissance d'instructions de paiement est une question de fait, que le Tribunal fédéral ne peut corriger que si elle se révèle arbitraire. Le recourant ne saurait ainsi se limiter à déduire de la seule absence de réaction de l'intimée au courrier du 10 avril 2012, voire du délai dans lequel elle a ouvert une procédure judiciaire, qu'elle était informée des instructions de paiement déjà avant ce courrier. Ce faisant, il ne démontre en aucun cas que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant que l'intimée avait été informée des instructions de paiement le 10 avril 2012, et non pas avant cette date. Pour le surplus, il ressort des faits constatés par la cour cantonale qu'en 2009, les commandes auprès de l'intimée ont été effectuées au nom de B.________. L'intimée a ensuite émis et adressé des factures à B.________. L'intimée a reçu deux acomptes de B.________ en lien avec ces factures. Lorsque l'intimée a mis en demeure le recourant de s'acquitter du solde impayé, le 27 avril 2010, l'intéressé n'a pas daigné lui répondre. Ce n'est que par le courrier du 10 avril 2012 que le recourant a expliqué que le règlement des factures incombait à C.________ SA. Ainsi, au vu du déroulement des événements, on ne saurait quoi qu'il en soit retenir que le principe de la bonne foi, dans sa conception large, - applicable à tous rapports de droit - aurait été méconnu par la cour cantonale par le seul fait de l'absence de réaction de l'intimée à la lettre du 10 avril 2012 et du délai de dépôt de la demande en justice, qui plus est à l'étranger. L'attitude ultérieure de l'intimée et le prétendu comportement contradictoire dont se prévaut le recourant sur la base de ces deux éléments ne permettent pas d'aboutir à une solution différente de celle retenue par la cour cantonale. Par ailleurs, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il affirme que la lettre du 10 avril 2012 devait être considérée comme une " lettre de confirmation entre commerçants nécessitant une réaction en cas de désaccord ".