Citation: 1C_213/2012 E. 3.3

3.3. Il est manifeste que la présence de 10 vaches dans l'espace prévu pour abriter le stock de fourrage en sus des truies augmenterait le niveau des odeurs en provenance du bâtiment 3 E. Les recourants soutiennent toutefois que les bovins qui prendraient place dans la stabulation seraient des vaches en phase de mettre bas, détenues normalement dans le bâtiment 3 C, qui devraient être isolées des autres vaches laitières et des veaux pour des raisons sanitaires, de sorte qu'il n'y aurait pas d'augmentation du nombre de bêtes et, partant, des odeurs, mais une diminution correspondante du nombre de vaches dans le bâtiment 3 Cet un déplacement des centres d'émissions des odeurs. L'arrêt attaqué ne contient aucune indication à propos de la provenance des bovins qui devraient être logés dans le bâtiment 3 E. La cour cantonale semble être partie du fait que le nombre de têtes de bétail dans ce bâtiment augmenterait. Il n'est ainsi pas exclu que le niveau global des odeurs demeure inchangé par rapport à celui qui prévalait dans l'expertise judiciaire réalisée en septembre 2004 si la présence de dix bovins dans l'espace prévu pour le stock de paille impliquait une diminution correspondante du nombre de vaches dans le bâtiment 3 C. Quoi qu'il en soit, ce point peut rester indécis. L'affectation de l'espace prévu dans le bâtiment 3 E pour abriter le stock de fourrage en une stabulation pour dix bovins au maximum a notamment pour conséquence la construction d'un nouveau bâtiment pour entreposer le fourrage dans une zone de protection du paysage. Elle ne pourrait être autorisée que si elle répondait à un besoin justifié de l'exploitation au sens de l'art. 34 al. 4 let. a de l'ordonnance sur l'aménagement du territoire. Les frères A.X.________ et B.X.________ expliquent dans leur recours devoir disposer, afin d'abriter les vaches en phase de mettre bas, d'un local séparé de l'écurie où se trouvent les bovins à traire et les veaux pour ne pas contaminer ces derniers consécutivement à la découverte de plusieurs veaux atteints de la diarrhée virale bovine. Il ressort effectivement du dossier qu'ils ont placé des vaches en quarantaine pour ce motif dans le bâtiment 3 E durant l'hiver 2009-2010. Il s'agissait toutefois d'une situation provisoire et les recourants n'établissent pas, comme il le leur incombait, qu'elle serait toujours d'actualité. Ils ne démontrent pas davantage que les vaches gestantes qu'il conviendrait d'isoler temporairement du reste du troupeau ne pourraient trouver place ailleurs que dans la porcherie. La nécessité de disposer, dans le bâtiment 3 E, d'une stabulation (provisoire ou permanente) pour dix bovins au maximum pour les raisons sanitaires invoquées n'est ainsi pas établie, de sorte que l'aménagement d'une telle installation ne pourrait pas être autorisé à cette fin. Cela étant, il n'y a pas lieu d'examiner si c'est à tort ou à raison que la cour cantonale a considéré que le projet ne pouvait être autorisé en raison de l'inobservation manifeste des distances minimales ni si elle a violé le droit en aboutissant à cette conclusion au terme d'un examen sommaire, sans avoir procédé à une expertise. Les recourants ne développent au surplus aucune argumentation en lien avec la cloison de séparation intérieure dont la cour cantonale a exigé la prolongation jusqu'à la toiture. En l'absence de tout grief à ce propos, il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'examiner d'office si la mise en conformité au permis de construire délivré sur cet aspect du projet est conforme au droit.