Citation: U 269/06 27.03.2007 E. 3

3.1 Se fondant notamment sur le rapport d'expertise du docteur P.________, auquel ils ont reconnu une pleine valeur probante, les premiers juges ont retenu que les troubles psychiques graves dont souffre S.________ étaient largement antérieurs à son stage médical auprès de la Clinique de pédiatrie de l'Hôpital X.________, si bien que la preuve d'une relation de causalité qualifiée entre ce stage et l'atteinte à la santé n'était pas rapportée. Quant aux autres événements évoqués par la recourante (un accident de ski en 1989 et un viol en 1990), ils étaient postérieurs à son affiliation auprès de la Winterthur. La responsabilité de l'assureur-accidents n'était donc engagée pour aucun des événements allégués. 3.2 Ce point de vue ne peut qu'être confirmé. Il ressort en effet des pièces médicales versées au dossier (voir également la procédure AI) que si le stage médical accompli par la recourante en 1987 a pu favo-riser l'apparition, à ce moment-là, d'un état de décompensation psy-chiatrique, l'origine et le développement de son atteinte à la santé psy-chique sont nettement liés à son histoire familiale (père écrasant et despotique; mère cloîtrée à domicile et entièrement sous la coupe de son mari; deux frères cadets, dont l'un, qui lui servait de modèle et avec lequel elle vivait une relation fusionnelle, est parti en 1986 aux Etats-Unis après avoir brillamment réussi ses études de médecine en Suisse, et dont l'autre est atteint d'autisme). La recourante était d'ailleurs déjà suivie depuis 1985 par un médecin psychiatre (le docteur G.________) pour des problèmes comportementaux, quand bien même son parcours d'étudiante en médecine ne s'en trouvait pas encore affecté. Dans ces conditions, on ne saurait admettre l'existence d'une relation exclusive ou nettement prépondérante. On rappellera que cette exigence, qui s'apprécie principalement au vu de données épidémiologiques médicalement reconnues, n'est réalisée que si la maladie professionnelle a été causée à 75% au moins par l'exercice de l'activité professionnelle (ATF 119 V 200 consid. 2b p. 201). Cela voudrait dire ici que les cas d'atteintes psychiques du type de la recourante devraient être quatre fois plus nombreux chez les stagiaires en médecine que ceux enregistrés dans la population en général. Or il n'existe aucune donnée épidémiologique à ce sujet, et pour cause, si bien que la preuve de la causalité qualifiée ne peut de toute manière pas être apportée (voir à ce propos Jean-Maurice Frésard/Margit Moser-Szeless, L'assurance-accidents obligatoire, in : Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], 2ème éd., no 113 ss). Le jugement attaqué n'est donc pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.