Citation: 4A_552/2016 E. A

A.a. Par testament du 24 février 1993 établi devant notaire, X.________ (le disposant) a attribué l'usufruit sur tous ses biens à son épouse B.X.________ et à son fils adoptif unique A.X.________, l'usufruit de ce dernier étant postérieur à celui de son épouse. Le disposant instituait héritiers les descendants de A.X.________; si, au décès du disposant, A.X.________ n'avait pas de descendant, était instituée héritière une fondation hospitalière sise à.... Hors part et par substitution fidéicommissaire réduite au surplus, le disposant léguait à son épouse la part de copropriété pour une demie de leur immeuble situé à La Tour-de-Peilz et une somme de 500'000 fr., l'héritier appelé étant le ou les descendants de son fils et, à défaut, la fondation précitée. Au décès de son épouse, les biens restants de ce legs seraient grevés de l'usufruit en faveur de son fils jusqu'au décès de celui-ci, à titre de charge. Le disposant désignait en qualité d'exécuteur testamentaire l'expert-comptable Y.________, qui est président du conseil d'administration de Z.________, Société fiduciaire d'études et d'expertises comptables SA (ci-après: Z.________ SA). Le 20 décembre 1993, le disposant a modifié le testament précité. Après avoir rappelé que, par remise de dette du même jour, il libérait A.X.________ d'une dette de 1'400'000 fr. plus intérêts contractée par celui-ci envers lui suite à la vente de 200 actions d'une société anonyme, le disposant dispensait son fils de tout rapport successoral pour cette remise de dette pour autant qu'il ne remette pas en cause le testament du 24 février 1993. X.________ est décédé le 28 juin 1994 à.... Sa succession, inventoriée à la valeur réelle de 15'532'311 fr.41, était composée d'actifs privés, notamment d'immeubles estimés à plus de 11'000'000 fr., et d'actifs commerciaux constitués d'une raison individuelle et de parts de trois sociétés en nom collectif (SNC) dont les associés exploitaient des établissements publics. L'exécuteur testamentaire Y.________ a mandaté Z.________ SA et l'avocat-conseil H.________ pour une partie des tâches liées à la gestion de la succession. Au sein de Z.________ SA, le comptable W.________, qui en est administrateur, a assuré ladite gestion. Il a été retenu que W.________, plus proche collaborateur de A.X.________ depuis plus de 30 ans, s'était occupé totalement des affaires du défunt à partir du début des années huitante. L'exécuteur testamentaire a chargé le notaire I.________ d'établir la liquidation du régime matrimonial des époux X.________. Le 13 janvier 1995, Y.________ a transmis à la Justice de paix du cercle de la Tour-de-Peilz les inventaires au 28 juin 1994 des actifs et des dettes de B.X.________, des actifs du de cujus ainsi que des dettes matrimoniales et frais funéraires usuels avec les pièces justificatives; ces documents ont été transmis à A.X.________ le 17 janvier 1995. En réponse à un courrier de A.X.________ à propos de ces inventaires, l'avocat H.________ lui a répondu le 25 janvier 1995 notamment que l'exécuteur testamentaire s'était conformé strictement aux exigences légales, que toutes les pièces justificatives dont la production était demandée se trouvaient au Greffe de la justice de paix et que l'exécuteur testamentaire établirait ses notes d'honoraires au fur et à mesure de son activité, en tenant compte de ceux dus aux tiers qui le conseillaient, au tarif recommandé par la Chambre des experts-comptables, aucun prélèvement de ce chef n'ayant été opéré à ce jour. A.b. Se plaignant avec virulence que l'exécuteur testamentaire ne répondait pas à des questions essentielles à propos de l'état de la succession de son père, A.X.________ a mandaté en décembre 1995 l'expert-comptable J.________ pour examiner les comptes de ladite succession, lequel a déposé un rapport le 4 juin 1996 et une note explicative le 6 août 1996. Selon l'expert privé, certains reproches devaient être faits " en général " à l'exécuteur testamentaire Y.________: les modes d'estimation utilisés par celui-ci pour les immeubles et les participations (valeur fiscale au lieu de la valeur vénale) modifiaient considérablement la valeur d'inventaire; certains actifs étaient qualifiés hâtivement de biens propres revenant à l'épouse du défunt; le fait de ne pas fixer une indemnité, ou du moins de ne pas délimiter les frais à rembourser à cette dernière et à des tiers, avait entraîné le remboursement de frais injustifiés. L'expert privé a encore relevé seize " points particuliers " qui avaient contribué à son sens à diminuer de façon notoire la part de A.X.________ à la succession de son père. Par décision du 8 juillet 1996, la justice de paix a nommé le notaire K.________ en qualité d'administrateur officiel de la succession du défunt. Le 18 novembre 1996, Y.________ a adressé à la succession de X.________ une facture de 114'100 fr., TVA et débours compris, pour les travaux exécutés en qualité d'exécuteur testamentaire de juillet 1995 à octobre 1996; d'après un décompte, Y.________ et W.________ avaient consacré 471 heures aux opérations en question, 49 heures ayant été dédiées à des activités de secrétariat. Le même jour, Z.________ SA a envoyé à la succession précitée deux factures de 43'200 fr. et 39'700 fr., TVA et débours inclus, pour les tâches de gestion afférentes à deux établissements publics. Egalement le 18 novembre 1996, Z.________ SA a adressé à B.X.________ une facture de 6'200 fr., comprenant la TVA et les débours, pour des tâches réalisées à son profit entre mars 1995 et octobre 1996. Aucune de ces notes n'a été réglée. Il a été retenu que Y.________ et Z.________ SA ont dressé les comptes de la succession pour l'année 1996 et ont établi une balance des comptes au 31 janvier 1997; ils ont remis l'ensemble de ces documents à l'administrateur officiel le 13 février 1997. A.c. Le 14 juin 1996, A.X.________ a déposé plainte pénale contre sa mère, Y.________, W.________ et deux tiers, les tenant responsables d'une diminution injustifiée du patrimoine de la succession. A leur tour, Y.________ et W.________ ont déposé plainte pénale contre A.X.________ pour dénonciation calomnieuse. Tous les faits dénoncés ont abouti en 2000 et 2001 à la délivrance d'ordonnances de non-lieu, confirmées sur recours. A.d. L'administrateur officiel K.________ ayant invoqué, par pli du 4 décembre 1996 envoyé à la justice de paix, l'extrême difficulté à accomplir la tâche confiée, qui nécessitait des compétences qu'il n'était pas certain de posséder, ainsi que des problèmes de santé, cette autorité, sur sa proposition, a désigné, par décision du 14 mai 1997, en qualité d'administrateur officiel de la succession et en remplacement de K.________, l'associé de ce dernier, soit le notaire L.________. Par courrier du 13 mars 1997, Y.________ a informé le Président du Tribunal civil du district de Vevey qu'il avait décidé irrévocablement de se démettre de sa mission d'exécuteur testamentaire. Par une nouvelle facture du 18 juin 1997, Y.________ a réclamé à la succession de X.________ la somme de 46'000 fr., TVA et débours compris, pour ses activités d'exécuteur testamentaire opérées entre novembre 1996 et mai 1997, représentant 186 heures, auxquelles s'ajoutaient 28,5 heures de secrétariat. Toutes les opérations ainsi facturées étaient postérieures à la nomination de K.________ comme administrateur officiel. Toujours le 18 juin 1997, Z.________ SA a facturé à ladite succession 7'100 fr., TVA et débours inclus, pour les opérations de novembre 1996 à mai 1997 concernant un des établissements publics gérés en SNC. Derechef, ces factures n'ont pas été acquittées. A.e. B.X.________ est décédée le 20 septembre 1997 à.... L'héritière instituée par feu X.________ a répudié la succession par déclaration du 22 décembre 1997, de sorte que A.X.________ est devenu l'unique héritier de ses parents. A.f. Le 15 janvier 1998, Z.________ SA a facturé à la succession de B.X.________ un montant de 10'800 fr., TVA et débours compris, pour les travaux exécutés pour le compte de la précitée de novembre 1996 à décembre 1997. Cette note n'a pas été réglée. Le 29 janvier 1998, l'avocat H.________ a adressé à l'exécuteur testamentaire une note d'honoraires de 8'500 fr. Cette facture a été payée le 2 février 1998. Le 30 janvier 1998, Y.________ et Z.________ SA ont établi, à l'intention de la succession de feu X.________, des récapitulatifs des montants leur restant dus. Les sommes mentionnées dans ces récapitulatifs n'ont pas été payées. Le 21 février 2002, Z.________ SA a facturé à la succession de feu X.________ un montant de 6'225 fr. pour les heures consacrées à celle-ci du 1er juin 1997 au décès le 20 septembre 1997 de B.X.________. Cette note n'a pas été réglée.