Citation: 7B_29/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la cour cantonale a estimé en substance que les désagréments que le recourant avait subis du fait de la procédure ne constituaient pas des atteintes graves à sa personnalité, les actes d'enquête effectués n'ayant pas été disproportionnés. Il fallait prendre en considération que la situation du recourant relativement à son mariage, telle qu'elle ressortait des renseignements obtenus par la police, était propre à susciter des interrogations et à faire naître des soupçons s'agissant d'une possible infraction au sens de l'art. 118 al. 2 LEI, de sorte qu'il était justifié de procéder à des vérifications, et en particulier d'entreprendre une perquisition au domicile des époux. Il était à cet égard normal que les lieux fussent fouillés afin de déterminer si le recourant y séjournait réellement. De même, il n'y avait rien à redire au fait que le recourant avait été invité à laisser la police examiner le contenu de son téléphone portable, ses contacts pouvant fournir des indices quant à ses relations avec son épouse et avec d'éventuels tiers. Compte tenu de la nature de la cause, il était également inévitable que des questions d'ordre intime lui fussent posées, alors que le menottage subi lors de son transfert au poste de police faisait partie des mesures de sécurité usuelles. Certes, pour appuyer l'existence d'une atteinte particulièrement grave à son état psychique, le recourant avait produit l'attestation d'une psychiatre démontrant qu'il avait été suivi médicalement. Cette attestation portait toutefois sur une période antérieure à la procédure pénale - soit du 20 décembre 2019 au 4 août 2020, dans le contexte de la perte de son emploi -, de sorte qu'elle était impropre à démontrer l'existence d'une charge psychique supérieure à celle que toute personne est susceptible de ressentir à la suite des actes d'enquête décrits ci-avant. Certes également, la procédure n'avait pas été menée de manière rapide, alors qu'elle aurait pu l'être dans la mesure où les actes d'enquête essentiels avaient pu être mis en oeuvre sans difficultés particulières. Aussi, si le Ministère public pouvait avoir donné l'impression d'avoir eu de la peine à se résoudre à prononcer un classement, en ordonnant par la suite des mesures d'instruction qui n'étaient guère susceptibles d'apporter des éléments pertinents pour l'enquête, la durée de la procédure n'apparaissait toutefois pas si longue au point de justifier en elle-même une indemnité pour tort moral, le recourant n'ayant d'ailleurs jamais déposé de recours pour déni de justice ou retard injustifié. Enfin, la pression que le recourant expliquait avoir ressentie du fait de l'absence de la possibilité d'exercer une activité lucrative devait être relativisée, attendu qu'il ne travaillait déjà plus depuis la fin du mois de février 2020, cela sans lien avec la procédure pénale (cf. arrêt attaqué, consid. 4d p. 18 ss).