Citation: 7B.229/2004 07.10.2005 E. 3

Le moyen extraordinaire de la révision selon les art. 136 ss OJ est ouvert également à l'encontre des arrêts de la Chambre des poursuites et des faillites du Tribunal fédéral (Poudret/Sandoz-Monod, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. V, Berne 1992, n. 2.2 ad Titre VII OJ; Flavio Cometta, Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, n. 49 ad art. 19 LP; Elisabeth Escher, Revision und Erläuterung, in Prozessieren vor Bundesgericht, n. 8.4). Par sa nature, le recours fédéral en matière de poursuite et de faillite (art. 19 LP) est, à l'instar du recours cantonal en la matière (art. 18 LP), une voie de réforme et non de cassation (P.-R. Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 13 ad art. 21 LP). Lorsque le Tribunal fédéral admet ou rejette un tel recours, son arrêt se substitue à la décision attaquée; il s'ensuit que la demande de révision doit être dirigée contre l'arrêt fédéral (Messmer/Imboden, Die eidgenössischen Rechtsmittel in Zivilsachen, Zurich 1992, p. 47 et n. 20). En revanche, lorsqu'il n'entre pas en matière sur le recours, son arrêt ne se substitue pas à la décision attaquée (Poudret/Sandoz-Monod, COJ I, n. 5.3 in fine ad art. 38); celle-ci demeure donc en force et peut faire l'objet d'une demande de révision, en vertu du droit cantonal, pour les motifs qui n'affectent pas l'arrêt d'irrecevabilité (ATF 118 II 477 consid. 1 et les références, 92 II 133 consid. 2 p. 135; cf. également Philippe Schweizer, Le recours en revision spécialement en procédure civile neuchâteloise, thèse Neuchâtel 1985, p. 171). Contrairement à ce qu'affirme le requérant, le Tribunal fédéral, dans son arrêt du 24 août 2004, ne s'est pas "rallié à la façon de voir" de l'autorité cantonale concernant le grief d'inégalité de traitement soulevé en relation avec le cas C.________; il a déclaré le grief irrecevable sur la base de l'art. 79 al. 1 OJ. Par conséquent, sur ce point, l'arrêt du Tribunal fédéral ne s'est pas substitué à la décision de l'autorité cantonale supérieure de surveillance, qui est demeurée en force et qui était donc seule sujette à révision au fond. Le requérant n'invoquant aucun motif de révision dont serait entachée la décision d'irrecevabilité rendue à propos du grief en question, l'arrêt du Tribunal fédéral ne peut être sujet à révision en raison des faits et moyens de preuve nouveaux allégués (cf. arrêt 4C.378/1997 du 7 avril 1998, consid. 1).