Citation: 1B_489/2016 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, la cour cantonale a considéré que les objets en possession du recourant lors de son interpellation (plusieurs téléphones cellulaires, de nombreuses cartes SIM et de faux papiers) constituaient l'attirail usuel d'un trafiquant de drogue. A cela s'ajoutait que des traces d'ADN correspondant à celui du recourant ont été retrouvées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des sachets ayant servi à emballer les stupéfiants, ainsi que sur la face extérieure du rouleau adhésif entourant un pain d'héroïne. Les juges cantonaux ont en outre tenu pour non pertinentes les déclarations des personnes impliquées, dès lors qu'elles étaient contradictoires. Le recourant conteste que les objets trouvés en sa possession puissent éveiller des soupçons à son égard. Il fait valoir que certains des téléphones appartenaient à sa coprévenue. Or, il admet en posséder au minimum trois ("deux téléphones et un pour sa fille"), de sorte que son argumentation sur ce point est pour le surplus purement appellatoire et doit être écartée. Que le recourant n'ait pas tenté d'utiliser ses faux papiers lors de son interpellation n'est en outre pas décisif, l'essentiel étant qu'il les possédait, ce d'autant qu'il n'est apparemment pas en mesure d'expliquer dans quel but - étranger à un trafic de drogue - il les avait fait établir. S'agissant des traces ADN, le recourant ne fait qu'opposer sa propre version des faits à celle retenue par les juges cantonaux. En outre, dans ses allégations, il se contente de se référer à des extraits de déclarations des intéressés, prises isolément et dont il ne retient que les éléments concordants. Or, sa propre argumentation met en exergue des aspects contradictoires, comme le fait qu'il a dans un premier temps désigné son frère comme étant son cousin. Quoi qu'il en soit, contrairement à ce qu'il affirme, il est peu crédible de considérer qu'il aurait laissé des traces tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des sachets simplement en empoignant des sachets vides qui étaient sur la table. De même, la dispute avec son frère au cours de laquelle il aurait renversé la drogue et les sachets qui étaient sur la table n'explique pas raisonnablement les traces retrouvées par les enquêteurs. Aussi les déclarations de ses coprévenus ne le mettent-elles pas hors de cause dès lors qu'elles n'apportent aucune explication crédible aux objets retrouvés en sa possession ni aux traces de son ADN relevées sur les emballages d'héroïne. C'est de même de façon purement appellatoire que le recourant s'en prend au fait que les échantillons adressés au laboratoire ont été préparés par la police, ce qui, selon lui, biaiserait les résultats des analyses. Il n'avance à cet égard aucun argument qui justifierait une remise en cause du mode opératoire de la police. Enfin, si ses antécédents ne sauraient à eux seuls fonder les soupçons qui pèsent sur le recourant, le fait qu'il ne soit pas étranger au milieu de la drogue peut être pertinent dans l'évaluation de la possibilité qu'il ait à nouveau pris part à un trafic. En définitive, vu ce qui précède, au stade de la vraisemblance, il y a lieu de confirmer qu'il existe des indices de culpabilité suffisants justifiant la mise en détention provisoire du recourant.