Citation: 1B_222/2015 E. 2.2

2.2. La Chambre pénale de recours a considéré que la recourante contestait à tort que l'octroi du prêt par C.________ à D.________, en août 2010, était une contre-prestation adéquate au sens de l'art. 70 al. 2 CP en se référant à un arrêt rendu par le Tribunal fédéral le 1 er juillet 2014 dans la cause 1B_71/2014. Aucun élément au dossier ne permettait de retenir que C.________ savait, au moment où elle a octroyé à D.________ la ligne de crédit à concurrence de 3'600'000 USD, couverte par la garantie bancaire litigieuse, que celle-ci avait en réalité comme sous-jacent une lettre d'intention portant sur le leasing d'un avion, conclue entre la recourante et la société E.________ Inc. L'intimée n'avait par ailleurs aucune raison de se douter de la commission d'une infraction pénale au préjudice de la recourante lorsqu'elle a crédité le compte ouvert par D.________. Elle ne pouvait se voir reprocher de n'avoir procédé à aucun contrôle du contrat de base vu la nature abstraite de la garantie bancaire émise en sa faveur. Les circonstances ultérieures invoquées par la recourante n'étaient pas davantage de nature à exclure la bonne foi de C.________ lorsqu'elle a exécuté sa prestation. Enfin, vu que la garantie bancaire avait été appelée pour son montant intégral, soit 4'000'000 USD, et que la banque G.________ avait été condamné à payer cette somme à C.________, le séquestre avait à juste titre été levé pour l'entier de la somme précitée, indépendamment du montant dû par D.________ à celle-ci.