Citation: I 153/03 28.04.2004 E. 4

4.1 En réalité, ce que la recourante tente de remettre en cause, c'est l'appréciation des preuves à laquelle la juridiction cantonale a procédé lorsqu'elle a été appelée à examiner le rapport d'expertise rédigé par le docteur C.________ à son sujet; ce qu'elle conteste en se référant aux informations de la presse, ce sont les compétences professionnelles de ce médecin et, sous cet angle, la valeur probante des conclusions de son expertise. Il n'appartient toutefois pas au Tribunal fédéral des assurances de se prononcer sur l'aptitude professionnelle de ce médecin (cf. arrêt L. du 19 mars 2003, I 702/02). Ce dernier, membre de la Fédération des médecins suisses (FMH) est titulaire du titre de spécialiste FMH en psychiatrie et en psychothérapie; partant, il dispose des qualifications nécessaires pour pratiquer son art et effectuer des expertises médicales (art. 11 de la loi fédérale concernant l'exercice des professions de médecin, de pharmacien et de vétérinaire dans la Confédération suisse [RS 811.11]; art. 91 let. a et 94 LSP). Au demeurant, la recourante n'allègue pas que le médecin aurait fait l'objet d'une procédure de retrait de l'autorisation de pratiquer (cf. art. 79 de la loi vaudoise du 29 mai 1985 sur la santé publique [RSVD 5.01 A; LSP] et Règlement vaudois du 26 août 1987 sur la procédure en matière de retrait d'autorisation de pratiquer et de mesures disciplinaires prévues par la LSP [RSVD 5.01 O]). 4.2 En ce qui concerne la valeur probante du rapport d'expertise en tant que tel, on relèvera que le psychiatre a posé son diagnostic au regard des critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux DSM-IV édité par l'Association des psychiatres américains (American Psychiatric Association), qui préconise l'évaluation multiaxiale. Il mentionne, sur l'axe I, un état dépressif majeur d'intensité légère et trouble douloureux associé à la fois à des facteurs psychologiques et une affection médicale générale chronique d'intensité légère. A cet égard, la critique de la recourante selon laquelle il serait «à tout le moins paradoxal» de la part du docteur C.________ de conclure à l'existence d'un état dépressif «majeur» pour retenir ensuite qu'il est d'intensité «légère» relève d'une méconnaissance des critères de classification du DSM-IV. Le trouble dépressif majeur constitue un diagnostic en soi, qui peut être précisé par quatre caractères, dont le quatrième indique l'état actuel de la perturbation. La sévérité de l'épisode est alors notée en termes de «légère, moyenne, sévère sans caractéristiques psychotiques, ou sévère avec caractéristiques psychotiques» (DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 4ème éd., Paris 1996, p. 400). Sur l'axe II, le psychiatre retient des traits de personnalité dépendante; sur l'axe III, il pose les diagnostics somatiques de cervicalgies et lombalgies chroniques de personnalité immature, et fait état, sur l'axe IV, de difficultés familiales et financières. Quant à la capacité de travail de la recourante, l'expert expose que l'aspect dépressif n'est plus au premier plan et ne revêt, au moment de l'expertise, qu'une composante mineure. Comme l'assurée ne présente plus d'état dépressif justifiant une diminution notable de sa capacité de travail, il ne retient qu'une incapacité de travail de 50 % dans une activité adaptée en raison du trouble douloureux d'intensité légère à moyenne. Sur l'évolution probable du degré de capacité de travail, le docteur C.________ pose un pronostic prudent et estime que la situation devra être réévaluée douze mois après la mise en place d'un traitement d'antidépresseurs. A cet égard, les docteurs G.________ et H.________, qui ont examiné la recourante au début du mois de juin 2001, relèvent qu'elle souffre alors d'un épisode dépressif sévère avec symptômes psychotiques; ils évoquent également l'existence de menaces suicidaires dont ils estiment de faible à modéré le risque d'exécution. S'ils ne se sont certes pas prononcés sur la capacité de travail résiduelle de la recourante, ils ont néanmoins mis en évidence une évolution négative de son atteinte à la santé psychique par rapport aux observations faites par le docteur C.________, une année auparavant. En l'occurrence, compte tenu des réserves émises à l'époque par l'expert quant à l'évolution probable de la capacité de travail de l'assurée et des constatations des docteurs G.________ et H.________ relatives au développement de son état dépressif, on ne saurait se fonder sur le seul rapport du docteur C.________ pour apprécier la situation de la recourante au moment où a été rendue la décision en juin 2001. Plus d'un an auparavant, l'expert avait en effet évalué la capacité de travail de la recourante à 50 % dans une activité adaptée, en écartant le diagnostic d'état dépressif en tant que motif justifiant une diminution de celle-ci. Il convient dès lors, afin de pouvoir se déterminer de manière convaincante sur l'invalidité de la recourante, de recueillir de nouvelles informations médicales pour apprécier les effets de l'épisode dépressif sévère de la recourante sur sa capacité de travail et en évaluer le caractère invalidant. A cet égard, il y a lieu de préciser qu'au vu du diagnostic médical posé - état dépressif majeur chronique et trouble douloureux associé à la fois à des facteurs psychologiques et une affection médicale générale chronique d'intensité moyenne -, il incombera à l'expert médical qui sera appelé à se prononcer d'indiquer si et dans quelle mesure l'assurée dispose de ressources psychiques qui lui permettent de surmonter ses douleurs, eu égard aux critères dégagés par la jurisprudence, dans le contexte des troubles somatoformes douloureux, pour admettre à titre exceptionnel le caractère non exigible d'un effort de volonté en vue de surmonter la douleur et de la réintégration dans un processus de travail (sur ces critères, voir VSI 2000 p. 155 consid. 2c; arrêt N. précité, consid. 2.2.3 et P. du 20 avril 2004, I 870/02, consid. 3.3.2). Il s'agira pour lui d'établir de manière objective si, compte tenu de sa constitution physique, l'assurée peut exercer une activité sur le marché du travail, malgré les douleurs qu'elle ressent. Partant, il y a lieu de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il procède à une instruction complémentaire.