Citation: 6B_410/2017 E. 4.2

4.2. A l'appui de son grief, le recourant invoque un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme ( Soering c. Royaume-Uni du 7 juillet 1989 [requête no 14038/88]). On voit cependant mal quel argument l'intéressé entend en tirer, dès lors que cet arrêt porte sur la conformité de cette disposition à l'extradition d'un détenu vers un pays où il risquait d'être condamné à la peine capitale et placé dans un "couloir de la mort". Le recourant se réfère également à une opinion partiellement dissidente d'une juge dans l'arrêt Léger c. France du 11 avril 2006 [requête no 19324/02]). Cette référence est également dénuée de pertinence. En effet, l'opinion de la Juge Mularoni, à laquelle renvoie le recourant, s'attache à l'examen d'une peine privative de liberté perpétuelle et incompressible au regard de l'art. 3 CEDH et porte notamment sur le but de réinsertion sociale que devrait poursuivre toute sanction. Or, le recourant fait l'objet d'une mesure, soit l'internement, dont le but premier est la neutralisation de l'interné pour assurer la sécurité publique, non sa resocialisation. Par ailleurs, cette mesure n'est nullement perpétuelle, dès lors que l'autorité compétente examine périodiquement si l'intéressé peut bénéficier d'une libération conditionnelle de l'internement conformément à l'art. 64b al. 1 let. a CP. Le recourant admet que, selon le régime légal auquel il est soumis et notamment l'art. 64b al. 1 CP, sa privation de liberté n'est pas incompressible. Il soutient cependant que le contrôle de sa détention serait rendu inopérant, "puisque le pronostic favorable indispensable à l'évolution de la situation du recourant est impossible". Le raisonnement du recourant repose sur une prémisse contraire à l'état de fait de la cour cantonale, lequel retient au contraire que celui-ci n'est pas incurable. Le grief est, dans cette mesure, irrecevable (cf. art. 105 al. 1 LTF). Le recourant prétend ensuite que l'examen annuel de sa libération conditionnelle de l'internement déboucherait sur des "décisions répétitives schématiques". Il ne précise cependant nullement quel vice affecterait selon lui cet examen, ni en quoi les décisions en question ne seraient pas conformes aux exigences de l'art. 64b al. 2 CP. Il ne formule ainsi aucun grief répondant aux exigences de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF. Enfin, le recourant se plaint du fait qu'il côtoierait, au quotidien, des détenus purgeant des peines privatives de liberté et évoluant vers la libération, d'une part, et que, d'autre part, l'on tenterait de le convaincre qu'il pourrait lui aussi recouvrer la liberté alors que les dernières décisions de la justice indiqueraient "qu'il ne sortira jamais de prison", ce qui serait "cruel". Le désagrément lié au départ d'autres détenus découle du principe même de la détention, indépendamment du lieu dans lequel celle-ci est accomplie. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le recourant, les dernières décisions de la justice le concernant n'indiquent pas que sa libération n'interviendra jamais, mais que celle-ci n'est pas envisageable en l'état. Elles ne préjugent d'ailleurs en rien des décisions futures concernant la libération conditionnelle de l'internement. Ainsi, il n'apparaît pas que la détention du recourant constituerait un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 3 CEDH. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.