Citation: 1C_36/2023 E. 3.3

3.3. En l'occurrence, la Cour de justice a relevé que la propriété des recourants était située en face des parcelles litigieuses, dont elle était séparée par le chemin du Nant-d'Argent d'une largeur de plus 5 mètres. L'autorisation de construire querellée portait exclusivement sur la transformation du terrain, à savoir une mise en conformité à la suite des travaux de terrassement effectués lors de la construction de la piscine. La parcelle concernée étant en pente descendante vers le lac et la propriété des recourants se situant en hauteur par rapport au terrain querellé, ils n'encouraient aucune gêne, notamment visuelle, de par la mise à niveau litigieuse du terrain, celui-ci étant sis en contrebas. Ils n'invoquaient pas d'autres nuisances. La détermination du terrain naturel avant remblai pouvait certes être importante dans le cadre de la fixation des gabarits d'une future construction. Une telle situation n'était toutefois qu'hypothétique. Les constructions visées par les autorisations de construire en procédure accélérée sont planes, s'agissant d'une terrasse et d'une piscine, voire du remblai à raison d'un mètre de hauteur, sans incidence sur les perspectives visuelles offertes aux voisins depuis leur propriété. Aucun projet de construction n'existe en l'état. De surcroît, les voisins pourront faire valoir, s'ils s'y estiment fondés, d'éventuels griefs dans le cadre d'une éventuelle future procédure en autorisation de construire qui serait sollicitée par les propriétaires. L'intérêt hypothétique et futur précité ne remplissait pas les conditions de l'intérêt actuel nécessaire à se voir reconnaître la qualité pour recourir. En conséquence, le TAPI aurait dû déclarer le recours irrecevable.