Citation: C 206/00 17.11.2000 E. 2

2.- Selon la jurisprudence, le juge cantonal qui estime que les faits ne sont pas suffisamment élucidés a en principe le choix entre deux solutions : soit renvoyer la cause à l'administration pour complément d'instruction, soit procéder lui-même à une telle instruction complémentaire. Un renvoi à l'administration, lorsqu'il a pour but d'établir l'état de fait, ne viole ni le principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni le principe inquisitoire. Il en va cependant autrement quand un renvoi constitue en soi un déni de justice (par exemple, lorsque, en raison des circonstances, seule une expertise judiciaire ou une autre mesure probatoire judiciaire serait propre à établir l'état de fait), ou si un renvoi apparaît disproportionné dans le cas particulier (RAMA 1993 no U 170 p. 136, 1989 no K 809 p. 206). A l'inverse, le renvoi à l'administration apparaît en général justifié si celle-ci a constaté les faits de façon sommaire, dans l'idée que le tribunal les éclaircirait comme il convient en cas de recours (voir RAMA 1986 no K 665 p. 87). En ce qui concerne plus précisément l'audition de témoins, il s'agit typiquement d'une mesure d'instruction - au demeurant simple - qui doit, en règle ordinaire, être accomplie par le juge cantonal saisi de l'affaire, selon les formes requises par le droit cantonal de procédure (cf. l'art. 103 al. 6 LACI). Il importe en effet, vu la nature de la preuve testimoniale, que l'autorité judiciaire porte une appréciation directe sur un témoignage et l'on conçoit donc difficilement que la tâche d'entendre un témoin puisse être déléguée à une autorité administrative par une décision de renvoi (arrêt non publié M. du 26 mars 1998 [C 362/96]).