Citation: 4A_302/2008 20.11.2008 E. A

A.a A.________, conseiller juridique dans une étude d'avocats genevoise, entretenait des relations d'affaires avec X.________, actionnaire majoritaire de la Compagnie T.________ SA (ci-après: T.________), société holding de droit français. A une date indéterminée, le premier a indiqué au second que deux princes saoudiens cherchaient des investisseurs pour participer à une opération immobilière en Arabie saoudite. Vers la fin 1992, les princes en question, B.________ et C.________, sont devenus actionnaires de T.________ à concurrence du tiers du capital-actions; ils ont reçu les certificats d'actions T.________ n°s 16 et 17 établis à leur nom respectif. Le 20 décembre 1992, B.________ a émis une promissory note par laquelle il s'engageait à payer à l'ordre de T.________, le 19 juin 1993, la somme de 25'000'000 USD; l'argent était destiné à l'augmentation du capital d'une filiale de T.________. L'effet devait être présenté à une banque de Riyad. Cette dernière a informé la banque de T.________ qu'elle avait avalisé le billet à ordre; elle a attesté également que B.________ gérait un portefeuille dépassant 800'000'000 USD et avait toujours respecté ses engagements. Le 25 janvier 1993, elle faisait toutefois savoir à la banque de T.________ qu'elle n'avait pas connaissance de l'existence de billets à ordre et qu'elle n'en était pas responsable. Le billet à ordre n'a pas été honoré à son échéance. A.b A.________ a également approché D.________, susceptible d'être intéressé à participer au financement de l'opération immobilière en Arabie saoudite. Cet homme d'affaires était actionnaire unique et administrateur avec signature individuelle de Y.________ Inc. (ci-après: Y.________), société de droit panaméen. A.________ et X.________ ont expliqué à D.________ que les deux princes saoudiens avaient déjà investi des montants considérables et avaient besoin d'un financement complémentaire à court terme de l'ordre de 6'000'000 USD pour parfaire l'opération. Ils lui ont soumis divers documents, dont la lettre de la banque de Riyad confirmant que B.________ disposait d'un portefeuille de 800'000'000 USD et qu'il avait toujours respecté ses engagements, ainsi que le billet à ordre de 25'000'000 USD, au sujet duquel ils ne l'ont pas informé de la contestation de l'aval. Le 14 avril 1993, un contrat intitulé sale agreement a été conclu entre Y.________, d'une part et B.________, C.________ et X.________ agissant conjointement, d'autre part. Ces derniers déclaraient vendre à Y.________ la moitié du capital-actions de T.________, faisant l'objet des certificats d'actions nos 16, 17 et 20, pour le prix de 6'000'000 USD, à verser par l'entremise de A.________ (art. 1, 2 et 4). Par ailleurs, Y.________ concédait irrévocablement aux vendeurs le droit de racheter les actions pour 7'000'000 USD dans l'hypothèse d'un rachat dans les 45 jours suivant la date de conclusion du contrat et pour 9'500'000 USD si l'option était exercée entre le 45ème (sic) et le 90ème jour (art. 6); l'acheteuse s'engageait à ne pas disposer des actions afin d'être en mesure de les restituer en cas d'exercice du droit de réméré (art. 7); si les vendeurs ne faisaient pas usage de leur droit dans les 90 jours, Y.________ obtenait la propriété entière et inconditionnelle des actions et pouvait en disposer librement (art. 9). Enfin, les parties ont soumis le contrat au droit suisse et inclus une clause d'élection de for en faveur des juridictions genevoises (art. 11 et 12). Selon un contrat séparé daté également du 14 avril 1993 (escrow agreement), les parties ont désigné A.________ en qualité de tiers séquestre. Ce dernier devait détenir les actions pour Y.________, les livrer contre paiement à B.________, C.________ et X.________ en cas d'usage du droit de réméré et les remettre en pleine propriété à Y.________ en cas de non-exercice de ce droit dans les délais prévus. Le 16 avril 1993, les parties ont établi un addendum à leur accord. Il y est notamment prévu que, «après 90 jours suivant la date de conclusion», Y.________ peut requérir B.________, C.________ et X.________ qu'ils rachètent les actions pour le prix de 9'500'000 USD; en cas d'exercice de ce droit par Y.________, les requis s'obligent solidairement et conjointement à racheter les actions. Le 20 avril 1993, A.________ a reçu de la part de Y.________ 6'000'000 USD dont il a fait suivre 5'900'000 USD à B.________ et C.________; le 23 juin 2003, il a retourné le solde de 100'000 USD à Y.________. Le 16 juillet 1993, B.________ et C.________ ont donné plein pouvoir à X.________ de les représenter, avec délégation de signature, afin de régler au mieux la bonne fin et/ou «la subrogation et avenants nécessaires» de la convention d'avril 1993. A.c Par l'intermédiaire de A.________, D.________ a constitué R.________ SA, société de droit .... Il a confié à E.________ la propriété fiduciaire des actions de cette société; A.________ et E.________ en étaient les administrateurs. Le 20 août 1993, les certificats d'actions T.________ nos 16, 17 et 20 ont été transférés à R.________ SA. Quelques jours plus tard, X.________ a cédé à R.________ SA des actions correspondant à un centième du capital social de T.________; R.________ SA détenait dès lors 51% du capital-actions de cette société. En juillet 1995, R.________ SA a transféré des actions représentant 20% du capital social de T.________ à E.________. Le 15 septembre 1995, T.________, en difficultés financières, a été mise en redressement judiciaire avec autorisation provisoire d'exploitation par le Tribunal de commerce de Bobigny (France). Le 30 juin 1997, ce dernier a arrêté un plan de redressement et déclaré les actions T.________ incessibles durant dix ans. Entre le 29 mai 1996 et le 27 juin 1997, Y.________ a invité à quatre reprises B.________ à procéder au rachat des actions T.________ au prix de 9'500'000 USD. Le prince n'a pas donné suite. A.d En octobre 1998, D.________ a déposé plainte pénale à Genève pour escroquerie contre B.________, C.________ et X.________. Le classement ordonné par le Ministère public a été confirmé par la Chambre d'accusation genevoise en date du 12 mars 1999.