Citation: 5A_778/2021 E. 4.3

4.3. En l'espèce, en tant que le recourant fait valoir que " l'arrêt entrepris n'a pas accordé sa juste valeur à [son] discours quand il indique collaborer avec les intervenants socio-éducatifs ", qu'il est tout à fait apte à s'occuper de manière adéquate des enfants et à favoriser leur bon développement ainsi que le lien mère-enfants, le recourant ne fait qu'opposer de manière appellatoire, partant irrecevable (cf. supra consid. 2.2), sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, qui a retenu que le lien mère-enfants n'avait fait que se péjorer depuis que le recourant avait, exclusivement ou non, la garde des enfants, que, contrairement à ce qu'il plaidait, le père ne collaborait pas " avec les suivis divers ", raison pour laquelle il avait fait l'objet d'injonctions judiciaires, notamment de menaces de la peine d'amende prévue à l'art. 292 CP, qu'il donnait aux enfants une image désastreuse de leur mère et que bien qu'il fût impératif qu'il change de comportement, cela restait " un voeu pieux, qui ne s'[était] pour l'heure pas réalisé ". En tant qu'il soutient avoir pris contact avec le Point rencontre dès le prononcé de la décision de première instance afin que la mère puisse exercer son droit de visite, le recourant perd de vue que la cour cantonale a constaté - sans que le recourant discute ce point (cf. supra consid. 2.2) - que, selon attestation du Point rencontre du 7 août 2021, le droit de visite de la mère n'avait pas eu lieu, la mère étant venue mais le père n'ayant pas présenté les enfants. Par ailleurs, dans la mesure où il reproche à la cour cantonale de s'être fondée sur des éléments trop anciens, en particulier sur un rapport de la DGEJ du 17 novembre 2020 et une expertise du 6 avril 2021 (cf. ég. supra consid. 3.2), le recourant se borne à faire valoir que ces preuves ne " sont plus représentatives de la réalité concrète de la situation " sans expliquer de manière conforme aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF en quoi la situation aurait subitement changé. En tant qu'il fait valoir que la décision querellée ne tient pas suffisamment compte des déterminations du curateur ad hoc des enfants, de la DGEJ et de l'expert alors qu'il s'agirait d'avis qui peuvent être qualifiés de neutre, le recourant perd de vue que la cour cantonale a retenu que tant la DGEJ que l'expert étaient démunis et ne savaient plus quoi faire, le second l'ayant d'ailleurs ouvertement reconnu, et qu'il apparaissait que la DGEJ, n'ayant plus de proposition à formuler, se pliait aux " coups de force " du père et des enfants en préconisant en procédure de recours le maintien de la situation actuelle, alors qu'il était unanimement reconnu qu'elle était catastrophique. Dans la mesure où il fait valoir que les enfants ont mal vécu leur premier placement et risquent de se mettre en danger s'ils sont placés à nouveau, le recourant ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, qui a retenu que le premier placement des enfants s'était finalement bien passé, après des débuts difficiles, et que la Justice de paix l'avait levé à l'époque contre l'avis de la DGEJ, qui préconisait son maintien. Par ailleurs, la cour cantonale a tenu compte du fait qu'un nouveau placement serait forcément mal vécu par les enfants, à tout le moins au début, mais elle a estimé que l'éloignement des deux parents leur serait bénéfique et leur permettrait de les aimer tous les deux et de ne pas être sous pression permanente de faire un choix, les enfants étant pris dans un important conflit de loyauté et leur développement étant gravement menacé. L'argument du recourant selon lequel un placement ne pourrait avoir pour objectif de faire collaborer les parents tombe à faux, dès lors que la cour cantonale n'a pas placé les enfants pour ce motif. Pour le surplus, il n'apparaît nullement insoutenable d'avoir tenu compte de l'échec des mesures ordonnées et appliquées jusque-là, en particulier de l'attribution de la garde exclusive au père et de la garde alternée, pour juger qu'il ne restait, en l'espèce, aucune autre solution que le placement. Compte tenu de ce qui précède, on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale d'avoir manifestement outrepassé son pouvoir d'appréciation (cf. supra consid. 4.2.1) en retenant qu'il convenait de retirer provisoirement aux parents le droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant, cette mesure apparaissant, compte tenu de l'échec de toutes les autres mesures déjà prises, comme la seule susceptible de protéger les intéressés et de les mettre à l'abri du très important conflit qui oppose leurs parents.