Citation: 4A_515/2015 E. 3.3

3.3. En l'espèce, le comportement reproché au recourant consiste à avoir établi une fausse attestation de salaire au nom de l'employeur, afin que la saisie de salaire dont il faisait l'objet n'apparaisse pas dans la pièce exigée par le futur bailleur pour apprécier sa capacité financière, puis à rapporter cet acte sur son lieu de travail. Sur ce dernier point, le recourant cherche à minimiser ses agissements en prétendant n'en avoir parlé qu'à une seule reprise devant une employée; or, la cour cantonale a constaté de manière à lier la cour de céans que le recourant avait parlé ouvertement de la falsification, de façon à ce que plusieurs collaborateurs l'apprennent. Le recourant s'est ainsi permis de confectionner lui-même, pour son avantage personnel, un document au nom de l'association, que le responsable financier avait refusé à bon droit d'établir. Ce faisant, l'employé a démontré un manque de probité, qui apparaît comme une violation de ses obligations contractuelles de fidélité et de loyauté, quand bien même le comportement incriminé n'intervenait pas dans l'exécution de son travail. Ce manquement est d'autant plus grave qu'il a été commis par le responsable d'une entité de l'association, duquel une attitude exemplaire est attendue, et que le recourant n'a pas hésité à divulguer son procédé malhonnête devant des collaborateurs dont il était le supérieur direct. On notera au passage que l'employé est en revanche resté muet lorsque la directrice lui a demandé des explications au sujet de l'attestation en cause, dont il reconnaîtra la fausseté par la suite. Par ailleurs, les agissements incriminés sont intervenus dans un contexte où le recourant se voyait déjà reprocher de s'arroger des compétences qui n'étaient pas les siennes. C'est le lieu de préciser que l'employé ne peut pas invoquer en sa faveur les bonnes prestations de travail qu'il aurait fournies, car un tel fait ne ressort pas des constatations de l'arrêt attaqué (cf. art. 105 al. 1 LTF). Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en jugeant que, dans les circonstances de l'espèce, le lien de confiance entre les parties était rompu et que la continuation des rapports de travail ne pouvait être attendue de la part de l'employeur, qui était fondé à licencier le travailleur avec effet immédiat.