Citation: 6P.1/2004 16.03.2004 E. 1

Autant que le recourant invoque un déni de justice, le grief est infondé. Contrairement à ce qu'il prétend, la cour cantonale s'est en effet prononcée, à la page 13 de son arrêt, sur son argumentation relative à la tardiveté de la plainte, confirmant, en substance, que les premiers juges pouvaient admettre qu'elle s'expliquait, comme souvent en pareil cas, par la honte de la victime d'entreprendre une telle démarche, qui était d'autant moins aisée pour une femme musulmane. Quant au grief d'arbitraire également soulevé par le recourant, il est lui aussi infondé. Même si, dans un premier temps, la victime a dit à son conseil ou aux gendarmes qu'elle était enceinte ou qu'elle avait fait une fausse couche en taisant les faits qui sont reprochés au recourant, il n'était pas pour autant arbitraire de confirmer l'interprétation des premiers juges relative à la tardiveté de la plainte. Il peut être compréhensible que la victime, précisément parce qu'elle avait honte, ait hésité à parler d'emblée des sévices qu'elle avait subis, préférant évoquer une grossesse ou une fausse couche, d'autant plus qu'elle redoutait de rencontrer l'opprobre au sein de sa famille. Au demeurant, l'argumentation du recourant vise en définitive à faire admettre que la victime aurait aussi varié dans ses déclarations en ce qui concerne les faits survenus le 28 octobre 1998, et non seulement en ce qui concerne une éventuelle agression sexuelle antérieure, et que cette circonstance serait propre à faire douter de sa version des faits. Or, comme déjà relevé, les déclarations de la victime ne sont pas le seul élément de preuve sur lequel se sont fondés les juges cantonaux pour admettre les faits retenus (cf. supra, consid. 3.2). Que ces déclarations puissent, sur certains points, comporter des zones d'ombre ne suffit donc pas pour conclure à l'arbitraire allégué.