Citation: 8C_459/2017 E. 4.5

4.5. Selon l'art. 16 CC, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2013, toute personne qui n'est pas privée d'agir raisonnablement en raison de son jeune âge, de déficience mentale, de troubles psychiques, d'ivresse ou d'autres causes semblables est capable de discernement au sens de la présente loi. Celui qui en allègue l'absence doit prouver l'incapacité de discernement au stade de la vraisemblance prépondérante (ATF 118 Ia 236 consid. 2b p. 238; arrêt 6B_ 869/2010 du 16 septembre 2011 consid. 4.2). En l'espèce, on peut se rallier à l'appréciation médicale établie par la doctoresse M.________, psychiatre à la division de médecine de la CNA, qui a expliqué de façon convaincante les raisons pour lesquelles elle écartait la thèse d'une incapacité de discernement de l'assuré, quand bien même elle a suggéré que son avis soit confirmé par la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique. Selon cette psychiatre, les considérations de la psychologue K.________ sur les processus neurobiologiques induits par un état de stress étaient certes correctes sur un plan général et théorique. Cependant l'activation du système de régulation en cas de situation dangereuse décrit par la psychologue n'entraînait habituellement pas une diminution ou une absence de la capacité de discernement. En revanche, une réaction pathologique de ce système propre à induire une réduction ou une suppression de la capacité de discernement était possible en cas de troubles psychiques ou d'intoxications. Toujours selon la doctoresse M.________, en ce qui concernait l'assuré toutefois, il n'y avait pas au dossier d'indices concrets évocateurs d'une limitation des facultés cognitives ni de troubles psychiques qui auraient pu influencer sa capacité de discernement lors des événements en cause. On relèvera à cet égard que le test éthylique auquel la police a procédé à minuit sur l'assuré s'est révélé négatif (voir le rapport de dénonciation p. 4). Par ailleurs, si, dans son rapport, le docteur L.________ a fait mention d'un état dépressif diagnostiqué en 2013, il a précisé que cette affection avait évolué favorablement à l'époque où l'agression s'est produite. En tout état de cause, lorsque ce médecin déclare qu'à son avis, "il était difficile d'estimer que A.________ avait toutes ses facultés mentales pour analyser calmement et avec discernement ce qui lui arrivait et de réfléchir aux conséquences que pouvait avoir le fait de sortir du bar", cela ne signifie pas encore que le prénommé était privé de sa capacité de discernement au sens de l'art. 16 CC au moment déterminant. Il n'y a donc pas lieu de compléter l'instruction sur ce point - le recourant ne le demande du reste pas.