Citation: 1C_134/2023 E. 2.4

2.4. En l'espèce, les recourants ne contestent pas ne pas avoir fait formellement opposition à la demande de permis de construire mise à l'enquête du 27 août au 10 septembre 2021. Ils reprochent cependant à la cour cantonale de ne pas avoir considéré que leurs courriers des 1er juillet 2021, 2 août 2021 et 13 septembre 2021 adressés à la Préfecture de la Sarine représenteraient des oppositions motivées au projet de construction en cause. Ils prétendent que par ces courriers ils se seraient valablement opposés "à la délivrance de toute autorisation supplémentaire, notamment en lien avec les travaux de construction afférents aux balcons". Le Tribunal cantonal a relevé à cet égard que lesdits courriers avaient été déposés dans le cadre d'une autre procédure et ne l'avaient pas été durant le délai de mise à l'enquête publique. Il en a déduit que les recourants ne s'étaient pas manifestés comme opposants dans le délai de mise à l'enquête. Il a ajouté que les recourants ne mentionnaient pas les motifs pour lesquels ils s'opposeraient à la demande de permis pour la construction et l'agrandissement de balcons; ils se bornaient en effet à déclarer de manière générale s'opposer à toute autorisation supplémentaire mais ne faisaient pas spécifiquement référence à la demande de permis litigieuse. L'instance précédente en a conclu qu'une opposition motivée au sens de l'art. 140 al. 3 LATeC faisait défaut. Les recourants estiment au contraire que les lettres des 1er juillet 2021, 2 août 2021 et 13 septembre 2021 seraient motivées par la référence à l'arrêt 1C_357/2020 du Tribunal fédéral duquel il ressortirait "le refus de pouvoir entreprendre des travaux extérieurs concernant les balcons". Ils perdent cependant de vue que l'objet du litige ayant conduit à l'arrêt du Tribunal fédéral précité est l'autorisation de construire du 24 juillet 2019 et non pas celle du 21 janvier 2022. Ils ne sauraient déduire de l'arrêt fédéral précité que "le Tribunal fédéral a déjà fait justice de ces balcons en les interdisant". De plus, deux de ces courriers ont été envoyés par l'avocat des recourants avant la mise à l'enquête du projet, soit à un moment où ils ne pouvaient pas avoir connaissance du contenu du projet: ils ne pouvaient donc pas remplir l'exigence de motivation ancrée à l'art. 140 al. 3 LATeC puisqu'ils ne savaient pas quel type d'agrandissement et de construction allait être réalisé. Quant au courrier du 13 septembre 2021, il a été déposé après la fin du délai de mise à l'enquête publique et ne contient pas non plus de motivation en lien avec le projet autorisé le 21 janvier 2022. Par ailleurs, les recourants ne nient pas que ces courriers ont été déposés dans le cadre d'une autre procédure et ne l'ont pas été durant le délai de mise à l'enquête. Par conséquent, en jugeant que les recourants ne disposaient pas de la qualité pour recourir au sens du droit cantonal, le Tribunal cantonal n'a pas appliqué arbitrairement les art. 140 et 141 LATeC ainsi que les art. 76 let. a et 118 CPJA, tels qu'interprétés par la jurisprudence cantonale.