Citation: 5A_481/2023 E. 6.3

6.3. En tant qu'elle reproche un défaut de motivation à l'autorité précédente s'agissant de l'absence de mention du contenu de ses observations du 4 mai 2023 - en particulier de son allégation selon laquelle la marque "A.________" lui appartenait et pouvait être estimée à 10'000'000 fr. -, la reourante omet que pour respecter le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), sous l'angle du droit à une décision motivée, le juge n'est pas tenu de discuter tous les arguments soulevés par les parties, mais peut se limitér à ceux qui lui paraissent pertinents (ATF 147 IV 249 consid. 2.4; 146 II 335 consid. 5.1; 143 III 65 consid. 5.2; 142 II 154 consid. 4.2). Certes, la recourante soutient que la cour cantonale aurait ce faisant omis un fait essentiel pour l'issue du litige et ainsi fait preuve d'arbitraire. Elle se limite toutefois à reprocher à la juridiction précédente de ne pas avoir tenu compte de son allégation, omettant que celle-là n'était pas tenue de se fonder sur les allégués des parties, mais devait au contraire apprécier les preuves produites afin de déterminer si les faits allégués étaient rendus vraisemblables (cf. notamment arrêt 5A_556/2021 et 5A_557/2021 du 20 septembre 2022 consid. 5.3.2 in fine). Au surplus, dans son recours fédéral, il lui appartenait d'exposer de manière claire et détaillée en quoi, au vu des moyens de preuve fournis en instance cantonale, la constatation des faits était insoutenable. Faute de satisfaire au principe d'allégation, son grief est irrecevable (cf. supra consid. 2.1). La recourante ne peut pas non plus être suivie lorsqu'elle soutient que, l'hypothèse d'un accord avec les créanciers impliqués ne pouvant être écartée, le sursis provisoire ne pouvait être refusé. Elle perd de vue que l'homologation d'un concordat n'est pas soumise au seul accord des créanciers mais suppose la réalisation d'autres conditions prévues aux art. 305 à 306a LP, parmi lesquelles, pour le concordat par abandon d'actifs, celle que le produit de la réalisation ou la somme offerte par le tiers apparaissent supérieurs au prix qui pourrait être obtenu dans une liquidation par voie de faillite. Autrement dit, seul un concordat qui représente pour les créanciers un intérêt suffisant pourra être homologué (arrêt 5P.164/2003 du 20 octobre 2003 consid. 2.3.1). Cette condition demeure pleinement applicable nonobstant l'abrogation de l'art. 306 al. 1 ch. 1bis LP qui la posait expressément, le seul motif de cette abrogation résidant dans le fait qu'il s'agissait en réalité d'un cas d'application du principe de la proportionnalité du concordat (art. 306 al. 1 ch. 1 LP; FF 2010 5871, 5904). Au surplus, la recourante ne s'en prend pas pas de manière topique à la constatation de fait selon laquelle, au vu de son absence de liquidités et de son important surendettement, elle se trouve dans l'incapacité de financer le fonctionnement de l'entreprise pendant la durée hypothétique du sursis concordataire (cf supra consid. 2.1), pas plus qu'elle ne soutient que ce critère n'aurait pas dû entrer en considération dans l'appréciation de la cause (cf. supra consid. 2.1). En définitive, la recourante ne parvient pas à démontrer que l'autorité cantonale aurait abusé de son pouvoir d'appréciation en jugeant qu'il n'y avait manifestement aucune perspective d'homologation d'un concordat dans les circonstances de l'espèce.