Citation: 4P.92/2006 04.08.2006 E. 3.3.2

3.3.2.1 D.________ et E.________ ont été entendus sur la question de savoir si l'augmentation massive de salaire octroyée rétroactivement au 1er mai 2001 à chacun des membres du comité exécutif de la banque n'appartenant pas à la famille B.________, laquelle se montait à non moins que 76 % pour le demandeur, incluait le droit aux bonus pour les années à venir. Il résulte de l'arrêt déféré que D.________ a déclaré, sans que la transcription de sa déposition soit taxée d'arbitraire, qu'il allait de soi que son bonus initial était inclus dans son nouveau salaire de 1'500'000 fr. E.________ a pour sa part affirmé que son propre contrat de travail ne spécifiait pas si un bonus devait lui être versé après que la part fixe de son salaire a été augmentée, mais qu'en tous les cas une telle rétribution ne lui avait pas été versée durant les années 2001 à 2002. Confrontée à la déclaration claire d'un témoin et à celle évasive d'un second, la Cour d'appel pouvait, sans le moindre arbitraire, prendre en compte la première déposition. 3.3.2.2 Le recourant ne prétend pas que la cour cantonale a constaté de manière indéfendable la commune et réelle intention des parties qui ont conclu l'accord du 18 décembre 2001 valant modification du contrat de travail du demandeur. Ce dernier s'en prend donc à l'interprétation normative de cette convention que l'autorité cantonale a explicitement effectuée en application du principe de la confiance. Il s'agit là d'une question qui relève de l'application du droit fédéral (ATF 132 III 268 consid. 2.3.2; 131 III 606 consid. 4.1), laquelle peut être vérifiée en instance de réforme. La subsidiarité absolue du recours de droit public interdit de s'en saisir dans la présente instance (art. 84 al. 2 OJ). 3.3.2.3 Il résulte de l'arrêt critiqué (cf. consid. 3 in fine p. 22) que l'autorité cantonale a jugé que le demandeur ne pouvait réclamer un bonus à compter du 1er mai 2001 en se fondant sur le contenu de la lettre du 18 décembre 2001, qu'elle a soumise au crible d'une interprétation objective. Les performances du recourant au cours des années 2001 à 2003 n'ont joué aucun rôle. Partant, il n'importe qu'elles aient pu être retenues arbitrairement. Le moyen ayant trait aux faits constatés en rapport avec les droits du demandeur d'obtenir un bonus après le 1er mai 2001, sous toutes ses facettes, est dénué de fondement.