Citation: 1P.760/2001 07.03.2002 E. 3

Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir excédé son pouvoir d'appréciation en considérant la version de la plaignante comme plus crédible que la sienne; il prétend avoir reçu la somme de 12'000 fr. non pas comme avance pour permettre la livraison de la cuisine à la Crèche des Acacias, mais pour payer le salaire de son employé, ce que la plaignante savait. Il en veut pour preuve le fait qu'il a signé la reconnaissance de dette du 19 septembre 1997 en son nom personnel et non comme commerçant pour une affaire spécifique. Il voit également un élément propre à étayer ses dires dans le fait que la Ville de Neuchâtel avait déjà versé un acompte de 9'000 fr. sur la facture totale des travaux le jour où la cuisine a été livrée, de sorte qu'il n'avait pas besoin de la somme de 12'000 fr. pour payer le fournisseur. Il soutient enfin avoir établi l'ordre de virement bancaire après avoir reçu cette somme et signé la reconnaissance de dette, afin de donner une garantie supplémentaire à la plaignante. Il est douteux que le recours, ainsi motivé, soit conforme aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, dans la mesure où le recourant se borne à énumérer les éléments censés corroborer sa version des faits sans chercher à démontrer en quoi ceux retenus par les instances cantonales pour conclure à sa culpabilité seraient impropres à étayer la thèse de la plaignante suivant laquelle le prêt aurait été consenti pour permettre au recourant de payer son fournisseur (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43). Peu importe en définitive. La cour cantonale pouvait en effet sans arbitraire voir un indice significatif de la crédibilité de la jeune femme dans le fait que cette dernière a versé la somme de 12'000 fr. au recourant le jour même de la livraison de la cuisine; de même, le premier juge pouvait de manière soutenable déduire de l'établissement d'un ordre de virement bancaire d'un montant correspondant au prêt consenti par la plaignante en faveur de celle-ci, portant la mention « A faire valoir sur factures Ville de Neuchâtel Acacias », que le versement de la somme de 12'000 fr. était effectivement lié aux travaux consentis dans la Crèche des Acacias, comme l'affirmait la plaignante; pareille mention se concilie en effet mal avec la version du recourant selon laquelle O.________ lui aurait prêté cette somme à des fins personnelles, pour payer le salaire de son employé; le fait que cet ordre de virement n'était pas daté ne permet pas encore de tenir l'appréciation du Tribunal de police sur ce point pour arbitraire. Le bref délai au 1er décembre 1997 fixé dans la reconnaissance de dette pour le remboursement de cette somme constitue un indice supplémentaire en faveur de la version de la plaignante suivant laquelle le recourant la rembourserait dès qu'il aurait reçu de la Ville de Neuchâtel le montant correspondant à la facture relative à la pose de la cuisine. Il est au surplus indifférent que M.________ disposait effectivement de la somme nécessaire pour régler son fournisseur au moment de la livraison de la cuisine et qu'une avance de 12'000 fr. n'était ainsi pas indispensable; il n'est en effet nullement exclu que le recourant ait caché ce fait à la plaignante pour obtenir de sa part une somme aussi importante qu'elle n'aurait peut-être autrement jamais consenti à lui verser. A tout le moins, il n'était pas insoutenable de l'admettre au regard de l'ensemble des indices corroborant la version de la plaignante. En définitive, les arguments du recourant, pour autant qu'ils soient invoqués de manière conforme aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, ne suffisent pas à démontrer le caractère arbitraire du verdict de culpabilité prononcé à son encontre.