Citation: 6B_490/2022 E. 1.2.2

1.2.2. Pour dire que l'intimée était crédible, la cour cantonale s'est majoritairement appuyée sur les déclarations de celle-ci, en jugeant que son récit des faits ne dénotait aucune perte de contact avec la réalité (cf. supra consid. 1.1.2). La cour cantonale a toutefois également reconnu, sans examiner ces questions de manière suffisante, que l'intimée consommait une variété de médicaments dont il pouvait résulter d'éventuels troubles psychiques. Elle a également jugé que la dépendance de l'intimée, respectivement sa consommation de puissants médicaments, induisait de vagues souvenirs et était propre à la rendre incapable de résistance au sens de l'art. 191 CP. Si la cour cantonale avait tenu compte des éléments omis, en particulier des rapports du CHUV des 7 janvier et 18 février 2019 (dont on rappelle qu'ils font état d'une consommation préventive à la douleur de morphine à raison de 80 à 200mg par jour, d'une perte du compte des doses journalières, d'une dépendance aux opiacés, d'antécédents dépressifs, d'un trouble de la personnalité borderline, d'une prise de benzodiazépine et d'une tolérance à ceux-ci, de difficultés à dormir ou encore d'une consommation de somnifères), elle aurait dû, sauf à faire preuve d'arbitraire, arriver à la conclusion que des éléments de nature médicale et technique, dont les effets sur la crédibilité de l'intimée ne pouvaient que lui échapper, étaient déterminants pour apprécier la crédibilité de l'intimée. Cela n'implique pas nécessairement qu'elle n'est pas crédible, mais uniquement que seul l'examen d'éléments médicaux aurait permis de le déterminer. Il est relevé que les éléments corroborants invoqués par la cour cantonale, s'ils résistent au grief d'arbitraire, ne constituent individuellement que des indices, et non des preuves strictes de la culpabilité du recourant. Ils s'opposent par ailleurs en partie à d'autres éléments corroborants dont la cour cantonale n'a pas fait état (cf. supra consid. 1.1.10) et ne sauraient dès lors suffire à emporter la conviction de la crédibilité de l'intimée.