Citation: 8C_159/2023 E. 4.1

4.1. Concernant le déroulement de l'évènement, les juges cantonaux ont constaté - à l'instar de la recourante - que l'intimée avait fait une démonstration de saut d'appui sur un caisson, lors duquel son coude droit était parti en arrière en lui provoquant des douleurs immédiates. Ils ont rajouté que l'intimée avait elle-même indiqué que la pratique de la gymnastique faisait partie de sa vie quotidienne. Dans le questionnaire à l'intention de l'assureur-accident, celle-ci avait répondu par la négative à la question de savoir s'il s'était passé quelque chose d'inhabituel. Cela étant, il n'en demeurait pas moins que, depuis ces déclarations et dans toutes ses écritures subséquentes, l'intimée avait indiqué que son "coude était parti vers l'arrière" alors qu'elle effectuait sa démonstration de saut sur le caisson. On pouvait en déduire que si un tel mouvement était habituel, l'intimée n'aurait pas pris la peine d'en faire état dans toutes ses descriptions successives de l'évènement. Ensuite la cour cantonale a examiné si ce mouvement inhabituel était suffisant aux yeux de la jurisprudence pour admettre l'existence d'un facteur extérieur extraordinaire. Elle a retenu que, si la figure à effectuer lors de la démonstration du saut était bien dans la norme des activités quotidiennes de l'intimée, la manière dont elle s'était réceptionnée sur le caisson sortait, elle, clairement de l'ordinaire. La situation était similaire à celle de la gymnaste s'étant mal réceptionnée à l'issue d'un saut de carpe, situation dans laquelle le Tribunal fédéral des assurances avait admis l'existence d'un accident (arrêt U 43/92 du 14 septembre 1992, in RAMA 1992 U n° 156 p. 258). En effet, il y avait bel et bien eu un mouvement incontrôlé du coude de l'intimée au moment de la figure et de la réception, mouvement devant être qualifié de facteur extérieur extraordinaire. Dès lors, c'était à tort que l'intimée avait nié le caractère accidentel de l'évènement du 24 septembre 2020.