Citation: I 397/05 05.07.2006 E. B

S.________ a recouru contre cette décision devant le Tribunal des assurances sociales du canton de Genève en concluant implicitement à son annulation. A l'appui de son recours, elle a produit une attestation du docteur S.________, du 17 mai 2004, selon lequel l'activité d'opératrice technique n'était plus exigible du fait que la patiente était incapable de travailler sur un clavier d'ordinateur plus de dix minutes sans douleurs importantes au niveau de ses deux bras. Au cours d'une audience de comparution des parties, le 21 septembre 2004, l'office AI a confirmé que les limitations fonctionnelles étaient compatibles avec l'activité habituelle d'opératrice technique mais qu'il était plus exact de dire que la capacité de travail restait entière en dehors de cette profession. Le Tribunal cantonal a ensuite ordonné l'audition du médecin traitant de l'assurée, le docteur S.________. Lors de l'audience du 2 novembre 2004, le docteur S.________ a indiqué être le chirurgien traitant de l'assurée, et s'occuper de celle-ci depuis 1987. En qualité de chirurgien de la main, il a rappelé que l'assurée avait subi quinze opérations aux bras et qu'il était vraisemblable qu'une fracture survenue en 1984 au poignet droit ait déstabilisé toute la chaîne articulaire jusqu'à l'épaule et au dos. Il s'en était suivi des tendinites, des problèmes de nerfs et des problèmes d'articulations. Ces affections successives pouvaient survenir, selon le médecin, à la suite de mouvements répétitifs comme l'utilisation accrue d'un ordinateur par exemple. Il en découlait une faiblesse importante des deux membres supérieurs, et tout port de charges de plus de 5 kg ou tout mouvement brusque pouvait provoquer à nouveau une tendinite ou une névrite. Le docteur S.________ partageait l'avis de la doctoresse D.________ quant à l'inexigibilité de l'activité d'opératrice technique, laquelle impliquait un travail permanent sur ordinateur. Il a conclu qu'au vu de l'ensemble des douleurs et limitations de l'assurée, celle-ci ne pouvait travailler à 100 % que dans une activité légère qui ne sollicitait ni les membres supérieurs ni les membres inférieurs, comme ouvreuse de cinéma par exemple ou dans une activité de classement, mais pas dans celle de vendeuse dans une station-service. Par jugement du 3 mai 2005, le Tribunal cantonal a admis le recours, et renvoyé la cause à l'office AI afin qu'il complète l'instruction et statue à nouveau sur le droit à la rente, sous suite de dépens. En bref, les premiers juges ont retenu une capacité de travail entière dans une activité adaptée. Ils ont toutefois estimé qu'en raison des très nombreuses limitations fonctionnelles retenues et du peu de choix de professions adaptées, il n'existait pas de places de travail concrètes en suffisance sur le marché du travail genevois permettant à l'assurée de mettre à profit sa capacité de travail. Par conséquent, la juridiction cantonale a reconnu à l'assurée le droit à une rente entière d'invalidité.