Citation: 4A_213/2010 28.09.2010 E. A

Au début de l'année 2000, X.________ fut présentée à B.________ alors qu'elle se préparait à vendre un immeuble hérité de son époux et souhaitait faire fructifier la somme qu'elle en attendait. B.________ disait pratiquer la gestion de fortune et travailler au service d'une compagnie d'assurances à Genève. X.________ ayant téléphoné à cette compagnie, elle reçut confirmation de ce dernier fait. Ensuite, lors d'entretiens téléphoniques, elle expliqua à B.________ qu'elle lui vouait une totale confiance mais qu'elle voulait néanmoins « traiter avec une entité ayant pignon sur rue, soit une banque ou une fiduciaire », et B.________ lui répondit qu'il travaillait avec A.________, lequel exploitait une fiduciaire à N.________. A.________ lui fut présenté dans les locaux de sa fiduciaire; il lui montra alors son « fichier clients codé » et affirma qu'il plaçait beaucoup d'argent pour le compte de personnes habitant N.________ et les environs. Il montra également des documents établis au nom de Y.________ Ltd, société enregistrée aux Iles Vierges britanniques, en déclarant que celle-ci « existait depuis très longtemps » et qu'elle était « identique » à la fiduciaire. X.________ ayant demandé ce qui arriverait si B.________ ne travaillait pas correctement ou ne respectait pas ses instructions, A.________ assura qu'en qualité de « patron », il supervisait l'activité de son collaborateur et qu'il en était responsable. A.________ et B.________ avaient récemment acquis les parts ou actions de Y.________ Ltd et s'étaient désignés en qualité de président et de secrétaire, respectivement, chacun avec droit de signature individuelle. La société était domiciliée dans les locaux de la fiduciaire à N.________ et elle avait un compte à son nom auprès de la Banque Z.________ SA, sur lequel on avait versé 100'000 fr. confiés par une tierce personne.