Citation: 1C_192/2016 E. 2.4

2.4. Selon les constatations retenues par la cour cantonale, l'immeuble ECA n° 563 est situé en plein centre-ville de Vevey, proche d'une zone piétonne et du lac, visible au sud depuis les appartements. La façade donnant sur la rue d'Italie s'intègre dans son environnement sans présenter de particularités qui laisseraient penser qu'il s'agisse d'un immeuble de haut standing ou comportant des appartements dits résidentiels. Vu depuis l'extérieur, on n'est pas seulement très loin d'une maison de maître, mais aussi d'un immeuble de la haute bourgeoisie, voire luxueux ou de standard supérieur. La façade sud du côté du quai Perdonnet a certes une apparence plus ouvragée au rez-de-chaussée. En revanche, au niveau des étages supérieurs, elle est située tellement en retrait et présente un caractère fort différent de sorte qu'au niveau visuel, il n'est pas établi un lien réel entre ces façades. Ce sentiment est renforcé par le fait que les appartements ne sont pas accessibles depuis le quai Perdonnet et que les terrains voisins présentent sur un espace similaire différents bâtiments qui ne sont pas tous autant en retrait par rapport au quai. Sur la façade nord, il n'y a aucun balcon. Les fenêtres sont dotées de volets en bois comme les bâtiments voisins. Au rez-de-chaussée, l'immeuble abrite deux magasins. L'accès aux appartements se fait par une porte en bois à un battant, vitrée dans sa partie supérieure, qui s'ouvre sur un corridor étroit débouchant sur une cage d'escalier et un ascenseur. Hormis un petit vitrail simple entre le rez-de-chaussée et le premier étage, les corridors, la cage d'escalier, l'ascenseur et les autres fenêtres de ces espaces communs ne donnent aucune impression qu'il pourrait s'agir d'un immeuble avec des appartements résidentiels. Il n'y a pas de décorations ou d'ornements particuliers. L'ancienne balustrade en fer forgé correspond à ce qui se faisait à l'époque (19 ème ou début 20 ème siècle), sans que son utilisation ne soit limitée à des bâtiments luxueux. Les portes ne sont ni sculptées, ni décorées et ne donnent pas non plus l'impression d'être en bois précieux. Elles sont d'apparence simple et fonctionnelle. Les fenêtres dans les corridors aux étages donnent sur un puits de lumière sobre et sans végétation d'environ 4 mètres sur 4 au niveau du premier étage, s'élargissant vers les étages supérieurs. La recourante ne conteste pas le descriptif ainsi fait de l'immeuble ECA n° 563 sur la base d'une vision locale, qui ressort également des photographies prises à cette occasion et des autres pièces du dossier. La cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en retenant que le bâtiment ne présentait pas une typologie générale particulière qui le distinguait des autres bâtiments adjacents et le rendait exceptionnel et que, vu de l'extérieur, il ne s'agissait pas de manière évidente d'un immeuble ancien de haut standing. La recourante ne peut rien déduire en sa faveur du qualificatif de maison bourgeoise attribué au bâtiment par le Service immeubles, patrimoine et logistique du canton de Vaud (et non par l'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les éléments naturels [ECA] comme indiqué par la recourante) lors du recensement architectural effectué en 1979, dès lors qu'il n'entrait dans aucune des autres catégories disponibles (maison de maître, paysanne, vigneronne, halles, maison forte et école). Quoi qu'il en soit, cette première appréciation, fondée sur l'aspect extérieur de l'immeuble, ne permettrait pas encore de dénier aux appartements ou à certains d'entre eux la qualité de logements de haut standing.