Citation: 6B_42/2024 E. 3.4.10

3.4.10. Au demeurant, les intérêts présidant à l'expulsion de la recourante sont importants. Elle a en effet commis de nombreuses infractions pour lesquelles elle a été condamnée à une peine privative de liberté de 4 ans. Durant ces dernières années, elle a démontré son fort mépris de l'ordre juridique suisse, se livrant notamment à une infraction grave tel que le trafic de stupéfiants, ainsi que faisant état d'une importante intensité délictuelle du fait du nombre d'infractions commises et de leur durée dans le temps (le trafic de drogue à lui seul ayant duré presque 4 ans; cf arrêt entrepris consid. 2.1.1 et 2.1.3 pp. 20-22). La recourante se prévaut de sa qualité de " nourrice " dans le trafic en question et considère qu'elle n'aurait pas agi activement dans la réalisation de l'infraction qui se serait déroulée dans un " contexte familial particulier ". Son argument tombe à faux. Il ressort en réalité des faits du jugement cantonal que, en plus d'avoir stocké la drogue chez elle, elle l'a aussi conditionnée à un nombre indéterminé de reprises. Elle s'est également adonnée à d'autres tâches dans le trafic " familial " comme celles d'effectuer le change de devises provenant du trafic et de remettre ou de transférer l'argent à son ex-mari. Elle s'est par ailleurs occupée des diverses transactions en lien avec les stupéfiants, a eu des contacts avec un fournisseur de cocaïne de la famille, a participé à plusieurs conversations relatives à la drogue et a procédé à des calculs ainsi que discuté avec son ex-mari des commandes en cours ou passées. Elle a du reste procédé à des ventes, pour 4 kg de marijuana au moins (cf. jugement attaqué consid. 2.1.3). Ainsi, même si la recourante a pu connaître un parcours ordinaire en Suisse pendant une longue période, force est de constater que, ces dernières années, elle s'est enracinée dans la délinquance en commettant plusieurs infractions, dont notamment une infraction grave à la LStup portant par ailleurs sur une quantité de drogue considérable et mettant ainsi en danger la santé d'un grand nombre de personnes. Pour le surplus, les allégations de la recourante selon lesquelles le temps écoulé depuis les dernières infractions, son âge avancé, son état de santé diminué et son casier judiciaire vierge seraient suffisants pour prévenir tout risque de récidive ne permettent pas de contrebalancer l'intérêt public important à son renvoi. Du reste, la peine privative de liberté à laquelle la recourante a été condamnée dépasse le seuil des 2 ans, exigeant que des circonstances extraordinaires soient présentes pour que son intérêt privé l'emporte sur l'intérêt public, ce qui n'est pas le cas en l'espèce (cf. supra consid. 3.2.6).