Citation: 6B_800/2022 E. 7.4.1

7.4.1. Il ressort de l'expertise sexologique du Dr J.________ et de la psychologue S.________ du 14 avril 2019 et de son complément du 27 août 2019 ce qui suit: "Lors du premier shooting, l'expertisée décrit un sentiment de surprise et état de dissociation lorsqu'il s'est approché d'elle et l'a touchée, en particulier la poitrine et lui a "baissé la fermeture-éclair". Ce sentiment de surprise est commun chez les victimes d'abus sexuel. Il donne lieu à de la sidération qui paralyse l'individu. I.________ se trouvait dans un état de conscience modifié et entendait en elle une voix lui disant "merde, qu'est-ce que je fais là ?" Cet état de dissociation est une réponse fréquente lorsque l'individu est confronté à un sentiment de danger ou une situation inhabituelle. A ce moment, l'expertisée pense qu'elle ne peut pas refuser et verbaliser son refus car "cela représente plus d'inconvénients que de se laisser faire". En effet, si elle s'oppose, elle pense qu'elle devra se justifier et faire face à A.________, ce qui lui paraît impossible en raison de son manque d'estime de soi. Céder aux comportements de A.________ est une manière de se prouver qu'elle est une "femme forte". L'expertisée n'est pas capable d'expliquer ce que ces termes signifient. Cela nous fait penser qu'elle tente à nouveau de renforcer son estime de soi même dans des situations vécues négativement. Lorsqu'il s'approche d'elle et lui touche les fesses, la poitrine ou les habits, elle ne se sent pas excitée physiquement, ni sexuellement par lui. Elle rapporte une excitation psychologique en lien avec l'ambiance des shootings, mais cette excitation n'est pas dirigée vers A.________ et ne débouche pas sur un consentement pour des rapprochements sexuels avec lui. Elle rapporte une excitation physique et sexuelle lors des comportements masturbatoires lors du premier et du second shootings. Le corps réagit aux stimulations sexuelles de A.________. Elle ne se sent pas excitée par A.________ en tant que personne, ni attirée par lui en tant que personne. Elle dissocie le corps et la personne: la main a stimulé correctement ses zones érogènes, comme si A.________ n'était pas le propriétaire de cette main. Une partie d'elle se laisse faire afin que ce rapprochement sexuel se termine au plus vite. Cette partie se focalise sur les sensations sexuelles et met à distance le sentiment d'aversion et d'inconfort. Lors du premier et du second shootings, I.________ stimule du plaisir et des orgasmes lorsque la partie d'elle qui se sent mal la pousse à mettre fin au rapprochement. Elle se dit qu'en donnant à A.________ ce qu'il veut, l'interaction prendra fin. Face aux rapprochements sexuels lors du premier et du second shootings, I.________ ne refuse pas explicitement les avances de A.________. Lors du premier shooting, la sidération la paralyse. Lors du second shooting, elle se sent redevable car elle s'est engagée à revenir. L'expertisée semble être prise au piège dans l'enchaînement des événements: une fois engagée, elle ne se sent plus capable de refuser. Elle cède aux rapprochements sexuels en espérant qu'ils se terminent rapidement."