Citation: 1C_584/2019 E. 1

La recourante dénonce le bref laps de temps qui a séparé sa convocation à l'examen médical du 12 juin 2018 et ledit examen, qui ne lui aurait pas permis de se préparer efficacement et de démontrer un changement dans sa consommation d'alcool. Elle n'indique pas quelle norme ou quel principe juridique aurait, ce faisant, été violé. La cour cantonale s'est également prononcée à ce sujet, relevant que l'expertise avait pour but de déterminer l'aptitude à la conduite d'une personne au moment où elle est établie, et non un changement dans son mode de consommation d'alcool, et qu'elle avait été mise en oeuvre dans le respect des exigences de la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 129 II 82 consid. 6.2). La recourante ne cherche pas à démontrer en quoi cette argumentation serait insoutenable ou d'une autre manière contraire au droit. Au demeurant, les conclusions des experts quant à l'inaptitude de la recourante à conduire des véhicules automobiles ne se fondent pas uniquement sur le résultat des analyses capillaires effectuées le 12 juin 2018, mais également sur le résultat obtenu au questionnaire AUDIT, qui correspond à un mode de consommation d'alcool nocif pour la santé dont la recourante ne paraît pas être consciente, et sur le constat d'une difficulté de sa part à dissocier l'alcool de la conduite par le passé, ainsi que d'une sous-estimation, en cours d'expertise, des effets néfastes de l'alcool sur sa propre capacité à conduire, vraisemblablement liée à sa tolérance aux effets de l'alcool. La recourante argue également du fait qu'elle ne souffre d'aucune dépendance à l'alcool. La Chambre administrative ne l'a pas ignoré. Elle a constaté que le fait, relevé par les experts, de ne pas pouvoir dissocier l'alcool et la conduite était propre à entraîner une inaptitude à conduire des véhicules automobiles, même en l'absence d'une dépendance à l'alcool, justifiant le retrait du permis de conduire en application de l'art. 16d al. 1 let. a LCR. Elle s'est référée à ce propos à l'avis exprimé par le Conseil fédéral dans le Message concernant la modification de la LCR et par la doctrine selon lequel le permis de conduire devait être retiré sur la base de cette disposition à la personne qui n'est pas en mesure, pour des motifs psychiques établis par une expertise psychologique, de choisir entre boire ou conduire (FF 1999 p. 4136; CÉDRIC MIZEL, Droit et pratique illustrée du retrait du permis de conduire, 2015, § 21.2), p. 163). La recourante ne s'en prend pas à cette argumentation et ne cherche pas à démontrer en quoi il serait contraire au droit fédéral de prononcer un retrait de sécurité fondé sur l'art. 16d al. 1 let. a LCR en raison de l'incapacité ou de la difficulté à dissocier la consommation d'alcool avec la conduite d'un véhicule (cf. arrêts 1C_557/2014 du 9 décembre 2014 consid. 4 et 6A.23/2006 du 12 mai 2006 consid. 2.4 in JdT 2006 I 421). La Chambre administrative a rappelé enfin les conditions auxquelles le Service cantonal des véhicules et les experts du Centre universitaire romand de médecine légale ont subordonné toute nouvelle expertise; elle les a tenues pour adéquates et proportionnées s'agissant de faire le point, au moment de la demande de restitution, sur l'aptitude de la recourante à la conduite automobile. La recourante ne s'en prend pas à cette motivation, mais elle se borne à reprendre tel quel sur ce point son recours cantonal, ce qui n'est pas admissible (ATF 139 I 306 consid. 1.2 p. 308). Le défaut de motivation qui affecte le recours n'est pas un vice réparable, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'accorder à la recourante un délai supplémentaire pour le compléter (cf. art. 42 al. 5 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.4.2 p. 247).