Citation: 8C_190/2007 25.06.2007 E. 6

6.1 Il est constant que S.________ SA a résilié le contrat de travail (du 18 décembre 2001) avec effet au 30 avril 2006, avec l'intention de conclure un nouveau contrat à partir de cette date. Le recourant ne conteste pas avoir refusé de signer le nouveau contrat qui lui a été proposé en février 2006. Il ne saurait dès lors s'exonérer de sa faute que si on ne pouvait exiger de lui qu'il conservât son emploi auprès de S.________ SA. 6.2 Selon la jurisprudence, il y a lieu d'admettre de façon restrictive les circonstances pouvant justifier l'abandon d'un emploi (DTA 1989 n° 7 p. 88 consid. 1a et les références; voir également ATF 124 V 234). Des désaccords sur le montant du salaire ou un rapport tendu avec des supérieurs ou des collègues de travail ne suffisent pas à justifier l'abandon d'un emploi. Dans ces circonstances, on doit, au contraire, attendre de l'assuré qu'il fasse l'effort de garder sa place jusqu'à ce qu'il ait trouvé un autre emploi (SVR 1997 AlV n° 105 p. 323 consid. 2a; DTA 1986 n° 23 p. 90 consid. 2b). Par contre, on ne saurait en règle générale exiger de l'employé qu'il conserve son emploi, lorsque les manquements d'un employeur à ses obligations contractuelles atteignent un degré de gravité justifiant une résiliation immédiate au sens de l'art. 337 CO (Charles Munoz, La fin du contrat individuel de travail et le droit aux indemnités de l'assurance-chômage, Lausanne 1992, p 182; Thomas Nussbaumer, Arbeitslosenversicherung, in: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SVBR], Soziale Sicherheit, 2ème édition, no 832; Boris Rubin, Assurance-chômage: Droit fédéral, survol des mesures cantonales, procédure, 2ème édition, ch. 5.8.11.5.4, p. 442). 6.3 En l'espèce, on doit retenir que même si le recourant était en désaccord avec la direction de S.________ SA sur le montant de son nouveau salaire ainsi que sur les nouvelles méthodes de la direction (qui auraient, notamment, entraîné le départ de plusieurs collaborateurs), ces motifs ne sont pas suffisants, au regard de l'assurance-chômage, pour justifier son refus de signer le nouveau contrat de travail proposé par l'employeur. Ainsi que l'ont retenu les premiers juges, mise à part la suppression de certains avantages sociaux, ce contrat maintenait le recourant dans ses fonctions antérieures avec des conditions salariales comparables. Par ailleurs, même si l'on peut admettre que le recourant ait souffert d'un certain manque de considération de la part de S.________ SA, ce fait n'était pas de nature à justifier qu'il renonçât, sans garantie d'un nouvel emploi, à signer le nouveau contrat proposé en février 2006. Enfin, la circonstance que le recourant a retrouvé un travail un mois après le début de sa période de chômage n'est pas pertinente dans ce contexte. Partant, la caisse intimée était fondée à suspendre le droit du recourant à l'indemnité de chômage. 6.4 Quant à la durée de la suspension, elle n'apparaît pas critiquable.