Citation: 6B_1214/2022 E. 1

Mû par sa colère, suscitée par sa jalousie, voire son sentiment d'irrespect, le recourant avait d'abord infligé plusieurs coups de poing à F.________. Il s'était ensuite rendu dans la cuisine, s'était emparé d'un couteau d'une longueur totale d'environ 30 cm et avait porté, à tout le moins, deux coups de couteau à sa victime, soit un premier au niveau de la nuque et un second dans le dos, après avoir écarté son ex-épouse et sa fille, qui tentaient de s'interposer. Il avait tenté de porter un troisième coup de couteau dans le ventre du prénommé, lequel était parvenu à le désarmer en saisissant le couteau par la lame et en faisant un mouvement de torsion, ce qui avait eu pour effet de plier la lame. Le recourant était alors allé chercher un autre couteau dans la cuisine, laps de temps durant lequel F.________ était parvenu à fuir en sautant du balcon. Le recourant était ensuite sorti à l'extérieur de l'immeuble pour rechercher sa victime, ce second couteau à la main (cf. arrêt attaqué, consid. 2.6.1 p. 26 s.). En agissant de la sorte, le recourant avait bel et bien adopté un comportement homicide à l'égard de F.________. Il avait clairement signifié qu'il souhaitait attenter à la vie de celui-ci, tant dans son attitude que dans ses paroles, manifestement formulées dans leur sens propre au vu de ses actes. Malgré le comportement du recourant, confinant à l'acharnement, une issue fatale avait été évitée par une conjonction de circonstances, soit le fait qu'il avait été entravé dans ses gestes par son ex-épouse et sa fille, qui s'étaient interposées, par le fait que le coup porté à la nuque avait vraisemblablement heurté la chaîne métallique portée par F.________, que ce dernier avait empêché le coup au ventre en saisissant courageusement la lame du couteau et qu'il avait finalement pu fuir en sautant du balcon. Le fait que les lésions présentées par le prénommé n'avaient pas mis directement sa vie en danger n'était pas déterminant. De par ses actes, le recourant avait entendu exposer ce dernier à un risque de mort, étant relevé que si le coup de couteau porté au niveau du dos avait été asséné avec une force suffisante pour poursuivre sa trajectoire plus profondément, il aurait pu concrètement atteindre plusieurs organes vitaux, aux dires des experts. Le recourant avait agi avec conscience et volonté. Il y avait lieu de retenir qu'au vu de son comportement global, le recourant ne s'était pas simplement accommodé de la mort éventuelle de sa victime, mais qu'il l'avait véritablement souhaitée. Il y avait donc lieu de retenir le dessein d'homicide. Quand bien même le recourant avait agi en proie à une profonde colère, due à sa jalousie, voire à son sentiment d'irrespect, l'on ne pouvait considérer qu'il avait été confronté à l'adultère - à supposer que l'adultère pût encore, au XXIe siècle, être considéré comme susceptible de fonder une émotion violente excusable au sens de l'art. 113 CP. Il ne pouvait, au demeurant, se prévaloir de la soudaineté de la situation, dès lors qu'il n'ignorait pas que B.A.________ et F.________ étaient proches. Il apparaissait enfin être lui-même responsable de la situation conflictuelle, dans la mesure où il s'était rendu à l'improviste chez son ex-femme, sans y avoir été autorisé. Quoi qu'il en disait, ses actes avaient moins eu avoir avec ses origines culturelles qu'avec ses traits de caractère, telle sa forte propension à la jalousie. C'était ainsi à juste titre que les premiers juges n'avaient pas fait application de l'art. 113 CP (cf. arrêt attaqué, consid. 2.6.2 p. 28 s.).