Citation: I 865/02 11.03.2003 E. 3

3.1 Selon l'office AI et la juridiction cantonale, la recourante n'a pas droit à une rente, motif pris qu'elle ne présente pas d'atteinte à la santé physique ou mentale invalidante. En particulier, l'incapacité de travail de l'intéressée n'est pas liée à une maladie physique ou psychique mais résulte exclusivement de la toxicomanie de cette dernière. De son côté, la recourante fait valoir qu'elle n'est plus en mesure d'exercer une activité lucrative à temps complet en raison de troubles physiques et psychiques invalidants, indépendants de sa toxicomanie. 3.2 Se fondant sur les critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux DSM IV édité par l'Association des psychiatres américains (American Psychiatric Association), le docteur G.________ indique que la recourante souffre d'une infection HIV (044.9 DSM IV), d'hépatite C (070.51 DSM IV), de bronchite chronique (491.21 DSM IV) et de problèmes de réadaptation chroniques (309.9 DSM IV), de troubles dysthymiques (300.4 DSM IV), ainsi que de troubles de la personnalité (301.9 DSM IV). Ce médecin précise que les troubles psychiques sont antérieurs à la toxicomanie de l'assurée et à l'origine de comportements à risques (consommation d'alcool et de drogues, rapports sexuels sans protection). Ils n'ont pas été causés par la toxicomanie, les substances toxiques ayant été utilisées comme anesthésiants afin de masquer la souffrance liée aux troubles psychiques préexistants. Des mesures de réadaptation professionnelle sont inadaptées au vu de l'importance de ces troubles. Une capacité résiduelle de travail de 50 % dans une activité exigible est considérée comme adaptée à l'état de santé de la recourante. Par ailleurs, le docteur V.________ fait état d'une infection HIV (stade 3), d'hépatite C chronique, de toxicomanie à l'héroïne substituée à la méthadone, d'un état dépressif chronique depuis l'âge de 20 ans, ainsi que de troubles de la personnalité (borderline). Selon ce médecin, la recourante présente un SIDA stable depuis de nombreuses années, mais elle n'est toutefois pas capable d'effectuer des travaux de force. Sa capacité de travail peut être estimée à 50 % dans un métier physiquement moins lourd que son activité professionnelle habituelle, point de vue auquel le docteur C.________ se rallie également (rapport du 11 avril 2000). Enfin, selon l'avis du docteur J.________, l'assurée souffre d'asthénie chronique entraînant une incapacité de travail de 50 %. Ce médecin précise que cet état de fatigue résulte de l'effet conjugué des troubles physiques (infection HIV, hépatite C) et psychiques de l'intéressée, indépendamment de sa toxicomanie. 3.3 Ainsi, contrairement à l'opinion de l'administration et des premiers juges, il est incontestable que la recourante présente une atteinte à sa santé physique et psychique. De l'avis unanime des médecins, l'ensemble de ces troubles entraîne une incapacité entière de travail de la recourante dans son activité habituelle. En revanche, cette dernière dispose d'une capacité résiduelle de travail de 50 % dans une activité qui n'implique pas de travaux lourds. Dans ces circonstances, on ne saurait, comme l'office AI et la juridiction cantonale, dénier tout caractère invalidant à l'ensemble des troubles dont la recourante souffre. Il convient dès lors de renvoyer la cause à l'office AI afin qu'il en détermine les effets sur la capacité de gain de l'intéressée et statue à nouveau sur son droit éventuel à une rente.