Citation: C 218/05 10.07.2006 E. 3

Des faits qui ressortent du dossier, la juridiction cantonale a retenu tout particulièrement que l'employeur avait adressé plusieurs avertissements au recourant, que ce dernier avait signé une reconnaissance de faute et qu'il n'avait pas accompli diverses tâches que son employeur lui avait confiées. Les premiers juges en ont déduit que le recourant portait une responsabilité - au moins partielle - dans son licenciement, si bien que l'intimée l'avait suspendu à juste titre dans l'exercice de son droit à l'indemnité. Le résultat auquel la commission de recours est parvenue procède toutefois d'une appréciation qui ne tient pas compte du fait que les déclarations successives de l'employeur étaient contradictoires et qu'elles ne concordaient de surcroît pas avec celles du recourant. En effet, après avoir initialement reproché au recourant une tenue négligente de la caisse et une mauvaise gestion du magasin de C.________ (cf. reconnaissance de faute du 22 novembre 2001), puis signifié son licenciement (cf. lettre du 19 décembre 2001), l'employeur a expressément écarté tout soupçon de malversation à l'encontre du recourant (la plainte pénale ayant d'ailleurs été classée par ordonnance du 8 février 2002); il a reconnu qu'il connaissait bien son métier, souligné son esprit d'initiative et son énergie au travail, en ajoutant que son comportement avait été correct et aimable à l'égard des clients, de ses supérieurs et de ses collaborateurs (voir le certificat de travail du 28 février 2002 ainsi que la transaction du 17 mai 2002). Vu ce qui précède, on doit constater que les reproches que l'employeur avait adressés au recourant n'ont finalement pas été clairement établis. Tout au plus peut-on déduire de la transaction du 17 mai 2002 que le licenciement du recourant était dû au fait qu'il n'a pas été en mesure d'accomplir toutes les tâches qui lui avaient été confiées, pour des motifs qui relevaient de son incapacité d'effectuer son travail conformément à ce qui avait été convenu, sans que l'on puisse tenir pour établi qu'il ait fait preuve de mauvaise volonté, de mauvaise foi ou d'un manque de rendement fautif. En pareilles circonstances, la jurisprudence (cf. consid. 2 supra) ne permet pas d'infliger une suspension du droit à l'indemnité en vertu de l'art. 30 al. 1 let. a LACI, comme l'intimée l'a fait à tort (à ce sujet, voir aussi Boris Rubin, Assurance-chômage, droit fédéral, survol des mesures de crise cantonales, procédure, Delémont 2005, § 5.8.11.4.2 p. 269 ch. 1). Le recours est bien fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: