Citation: 6S.736/2000 28.11.2000 E. 1

136 consid. 3a p. 143; 118 IV 14 consid. 2 p. 17). Par ailleurs, les exigences relatives à la motivation sont proportionnelles à l'importance de la peine prononcée: plus celle-ci apparaît lourde au regard de l'éventail des sanctions prévues pour l'infraction en cause, plus la motivation doit être précise (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 143; 118 IV 14 consid. 2 p. 17 et les arrêts cités). b) La recourante fait grief aux juges cantonaux de n'avoir pas respecté la jurisprudence qui exige que le juge expose les éléments essentiels dont il tient compte pour fixer la peine. Autant que la recourante semble ainsi soutenir que la motivation de la peine d'espèce est insuffisante, sa critique est manifestement infondée. Les premiers juges, comme cela résulte notamment des pages 14 ss de l'arrêt attaqué, ont dûment exposé de quels éléments ils tenaient compte pour fixer la peine. Dans la mesure où la cour de cassation cantonale se ralliait à cette motiva- tion, elle n'avait pas à la répéter mot pour mot; elle pouvait, comme elle l'a fait, se référer à la motivation des premiers juges et se limiter pour le surplus à exa- miner les points expressément contestés devant elle. La recourante pouvait ainsi comprendre sans difficulté sur quels éléments reposait le prononcé quant à la peine. En réalité, comme le montre la suite de son rai- sonnement, la recourante reproche essentiellement aux juges cantonaux d'avoir accordé un poids excessif aux éléments à charge, en négligeant ou en écartant ceux qui auraient pu jouer un rôle atténuant. Ce grief est tout aussi infondé. Le jugement de première instance, auquel la cour cantonale se réfère, mentionne expressément, au stade de la fixation de la peine, que la recourante est "littéra- lement analphabète"; il fait par ailleurs largement état de la situation personnelle de la recourante, en particu- lier du contexte socioculturel dans lequel cette dernière a grandi et vécu, lequel ressort au demeurant de l'expertise qui y est résumé. Pour le surplus, la cour cantonale a relevé à juste titre qu'une éventuelle diffé- rence de moeurs ne justifiait pas de causer des lésions aussi nombreuses, aussi variées et pendant une aussi longue période à une enfant de 5 ans. Dans la mesure où la recourante fait valoir que la cour cantonale a négligé l'effet que l'on pourrait attendre d'une peine assortie du sursis ou encore qu'il était arbitraire de la condamner à une peine ferme, sa critique revient à se plaindre du refus de lui accorder le sursis, question qui sera examinée ci-après (cf. infra, consid. 3), non pas de la quotité de la peine infligée. Les juges cantonaux ont dûment tenu compte de la situation familiale de la recourante et ne l'ont déchue que de l'autorité parentale sur sa fille Y.________. Ils n'ont pas abusé de leur pouvoir d'appréciation en ne te- nant pas davantage compte du fait que la peine prononcée à l'encontre de la recourante puisse frapper indirecte- ment la famille et les autres enfants de celle-ci; les effets indirects que peut avoir une peine pour l'entou- rage du délinquant ne justifient pas de réduire cette peine au point qu'elle ne corresponde plus à la culpa- bilité de celui-ci. Lorsqu'il admet une responsabilité restreinte, le juge doit réduire la peine en conséquence (ATF 118 IV 1 consid. 2 p. 4 s.). Il n'est pas tenu d'exprimer le degré de cette diminution en pourcentages et, s'il le fait, il n'est pas obligé de retenir une diminution de responsabi- lité de 25 % en cas de responsabilité légèrement res- treinte, de 50 % en cas de responsabilité moyennement restreinte et de 75 % en cas de responsabilité fortement restreinte. Dans tous les cas, il n'est pas tenu de ré- duire la peine de manière linéaire en fonction du pour- centage retenu (cf. ATF 123 IV 49 consid. 2c p. 51). En effet, il ne s'agit pas d'appliquer un tarif ou une re- lation mathématique, mais de tirer des conséquences rai- sonnables de la situation. En l'espèce, les juges canto- naux se sont ralliés à l'expertise, qui conclut à un développement mental incomplet, lequel laisse intact la conscience mais réduit de manière sensible, soit large- ment, la volonté. Sur la base d'un tel état de fait, qui lie la Cour de céans (art. 277bis PPF), la peine pouvait être réduite de moitié sans abus du pouvoir d'apprécia- tion. La recourante encourrait une peine d'emprisonne- ment (art. 123 ch. 2 al. 1 et 219 CP), dont le minimum est de trois jours et le maximum de trois ans (art. 36 CP). Les faits reprochés à la recourante sont d'une gra- vité certaine, de sorte que sa culpabilité a été quali- fiée à juste titre de très lourde. Sans pouvoir excéder le maximum légal de trois ans, la peine devait en outre être aggravée, compte tenu du concours, admis à juste titre (cf. supra, consid. 1). Elle devait cependant être réduite pour tenir compte de la diminution de responsa- bilité retenue. Dans ces conditions, on ne saurait dire que la cour cantonale aurait abusé de son pouvoir d'ap- préciation en arrêtant la peine à 18 mois d'emprisonne- ment. Au vu de ce qui précède, la peine infligée ne viole pas le droit fédéral.