Citation: 1B_358/2017 E. 3.4

3.4. Ces éléments - en particulier vu les personnes et entités en cause - ne permettent pas d'exclure d'emblée la commission de toute nouvelle infraction. On peut en effet s'étonner de paiements par F.________ en faveur d'une société faillie, dans laquelle le recourant semblait avoir certains intérêts. Cela étant, au regard de la durée de la procédure, ces éventuels soupçons - peu étayés au demeurant notamment quant au mode opératoire qui pourrait être reproché au recourant - ne paraissent pas suffisants pour justifier la nouvelle saisie des avoirs du recourant. A cela s'ajoute le contexte dans lequel ces faits - nouveaux selon le MPC - ont été mis en évidence. Ainsi, ces pièces étaient placées dans un coffre qui se trouvait sous le contrôle des autorités pénales depuis décembre 2011. Au jour de l'ordonnance pénale (décembre 2016), les autorités d'instruction avaient donc eu cinq ans pour prendre connaissance de son contenu; or, elles ne l'ont fait qu'ultérieurement (janvier 2017) et de plus à la suite d'une initiative de la banque (cf. les déterminations du 9 février 2017 du MPC). Les autorités d'enquête savaient également, pour le moins depuis le rapport d'investigation de juillet 2013, que le recourant avait des liens avec la société E.________ SA (cf. l'investissement allégué de 800'000 fr. en 2001 et son remboursement de 290'000 fr. en 2002 [cf. consid. 3.2.3 de l'arrêt entrepris]). Si elles avaient agi avec la diligence que l'on peut attendre d'elles - eu égard en particulier au principe de célérité (art. 5 al. 1 CPP) et à la maxime de l'instruction (art. 6 al. 1 CPP) -, les clarifications peut-être nécessaires par rapport à ces différentes opérations au regard des pièces découvertes en janvier 2017 auraient très vraisemblablement pu être entreprises, ou pour le moins débutées, auparavant, notamment préalablement à l'ordonnance pénale du 23 décembre 2016. La procédure d'instruction se trouve ainsi prolongée, non pas en raison de faits dont l'autorité pénale n'aurait pu avoir connaissance plus tôt, de difficultés de la cause et/ou d'un comportement imputable au recourant, mais au regard des manquements des autorités d'instruction, qui étaient pourtant déjà en possession de tous les éléments susceptibles de faire avancer la procédure pénale. Sauf à violer le principe de proportionnalité, voire celui de la bonne foi, il ne peut à présent être attendu du recourant de supporter les carences de l'instruction, notamment en continuant à se voir priver de la libre disposition de ses biens. Ce raisonnement vaut d'autant plus que le MPC ne reconnaît pas au recourant la qualité de "prévenu" et le considère uniquement comme un "tiers saisi". S'il n'appartient pas au juge du séquestre d'apprécier le bien-fondé de ce statut, cette configuration lui impose en revanche une retenue particulière lorsque des mesures de contrainte doivent être prononcées (art. 197 al. 2 CPP). Or, les constatations précédentes et le séquestre prononcé à peine un mois après sa levée laissent à penser que le MPC n'a pas respecté ses incombances à cet égard, mais uniquement qu'il a cherché à réparer rapidement ses manquements. Par conséquent, le séquestre portant sur le compte n° xxx et les sous-comptes n° aaa, bbb et ccc, ouverts au nom du recourant viole le droit fédéral et ce grief doit être admis.