Citation: 9C_778/2020 E. 3

La cour cantonale a constaté que selon les rapports médicaux au dossier, les douleurs testiculaires du recourant ne trouvaient pas d'explication somatique clairement objectivable. Seul le docteur I.________ avait retenu - en qualité d'expert judiciaire urologue - le diagnostic d'épididymite bilatérale, après avoir pris connaissance d'un rapport d'ultrason testiculaire de mars 2019 montrant des signes d'ischémie, laquelle était possiblement due à une lésion de petits nerfs du testicule et de l'épididyme. L'expert avait toutefois précisé qu'aucun test neuropsychologique ne permettait de confirmer les plaintes du recourant et il avait posé son diagnostic sur la base de l'examen clinique (palpation douloureuse au niveau de la tête des deux épididymes). Il n'avait ainsi formulé qu'une hypothèse possible et donc incertaine. En tout état de cause, son diagnostic fondé sur un ultrason réalisé en 2019 constituait un fait postérieur à la décision de l'intimé du 3 octobre 2016, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'en tenir compte. Par conséquent, l'autorité judiciaire de recours a retenu que l'on ne pouvait pas admettre la capacité de travail résiduelle de 50 % dans une activité adaptée constatée par le docteur I.________ et il n'y avait pas lieu de donner suite à la demande d'audition de ce médecin formulée par le recourant. Les premiers juges ont ensuite relevé que le docteur I.________ avait toutefois expliqué que lorsque les douleurs testiculaires étaient chroniques comme en l'espèce, elles pouvaient avoir pour origine des facteurs psychologiques, émotionnels ou comportementaux. La doctoresse M.________ avait également relevé que le problème réel apparaissait plus fonctionnel qu'organique. Les avis de ces deux spécialistes rejoignaient donc ceux des autres médecins, selon lesquels l'origine de la symptomatologie douloureuse ne semblait pas être organique. Le recourant souffrait ainsi d'un syndrome sans pathogenèse ni étiologie claires, de sorte qu'il convenait de déterminer le caractère invalidant dudit syndrome à l'aune de la jurisprudence relative aux troubles somatoformes douloureux. Sur la base du rapport d'expertise judiciaire de J.________ SA, à laquelle les juges cantonaux ont accordé pleine valeur probante, ceux-ci ont procédé à l'analyse des indicateurs déterminés par la jurisprudence. Ils en ont conclu que le recourant disposait d'une capacité de travail entière dans une activité adaptée diurne, routinière, à condition de ne pas exiger une mémoire de travail intacte ainsi que la conduite d'un véhicule. Les rapports des docteurs N.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, et O.________, spécialiste en médecine interne générale, tous deux médecins traitants du recourant, ne permettaient pas de s'écarter des conclusions des experts de J.________ SA. S'agissant de la détermination du revenu d'invalide, la juridiction cantonale l'a fixé à 65'177 fr. 10 pour un plein temps, ce qui revenait à 48'882 fr. 85 en tenant compte d'une réduction maximale de 25 %. Mis en rapport avec le revenu sans invalidité de 59'223 fr. 55, il en résultait un taux d'invalidité de 17,46 %, arrondi à 17 %, insuffisant pour ouvrir droit à une rente d'invalidité. Le recourant n'avait pas non plus droit à une mesure de réadaptation.