Citation: 6B_458/2021 E. C

Les faits à l'origine de cette condamnation sont en substance les suivants. A.________ a exercé son activité d'avocat au sein de l'étude I.________ Sàrl. C.a. Dans le courant de 2014, E.________ SA a mandaté A.________ pour divers services juridiques. Entre le 31 mars 2017 et le 26 juin 2017, I.________ a, sous l'impulsion de A.________, émis neuf factures d'honoraires d'avocat au nom de E.________. G.________, directeur juridique de cette société, a, par courriel du 26 juin 2017, fait part de réserves quant à la facture reçue le 9 mai 2017, d'un montant de 720'026 francs. A.________, qui n'a pas fourni d'explications quant à l'activité déployée ou au mode de calcul des honoraires réclamés, a déposé, le 27 juin 2017, une réquisition de poursuite à l'encontre de F.________, directeur de E.________, auquel un commandement de payer d'un montant total de 898'841 fr. 22, relatif à " des factures non payées établies entre le 31 octobre 2016 et le 26 juin 2017 " a été notifié le 9 août 2017. Le 25 août 2017, I.________ a introduit une requête de mainlevée provisoire de l'opposition formée par F.________ contre ce commandement de payer, requête à l'appui de laquelle cette société a exposé que tant les six sociétés auxquelles ses factures avaient été adressées séparément que F.________ étaient ses clients et qu'elle considérait que ce dernier, qui en avait assumé la responsabilité individuelle, et E.________ étaient ses débiteurs pour les cinq autres sociétés, qu'elle a qualifiées de sociétés-écrans. C.b. Un " communiqué de presse " daté du 10 juillet 2017 a été publié, en anglais, français et russe, sur le site internet de I.________. Sous l'intitulé " préoccupation autour du possible défaut de paiement frauduleux des factures à cette entreprise ", l'étude affirmait avoir été " victime d'une fraude de la part d'une entreprise genevoise de négoce pétrolier, E.________ SA et/ou associée à son directeur général F.________ et/ou à son avocat général G.________ "; elle évoquait en outre, en lien avec le non-paiement de ses honoraires, un complot frauduleux destiné à l'escroquer et qualifiait le comportement de F.________ et de G.________ de trompeur et de malhonnête. Par ordonnance du 31 juillet 2017, le Tribunal de première instance (ci-après TPI), statuant sur mesures superprovisionnelles, a ordonné à A.________ et à I.________ de retirer immédiatement de la page internet de l'étude les articles en lien avec E.________ SA, F.________ et G.________; il leur a également interdit de publier, communiquer ou diffuser à l'avenir, dans toutes leurs publications imprimées ou électroniques, personnelles ou professionnelles, toute information et/ou donnée directement ou indirectement relative aux précités ainsi que tout autre élément permettant de les identifier. Le 4 août 2017, A.________ a publié sur le site de I.________ un nouveau " communiqué de presse" dans lequel il critiquait l'ordonnance du TPI (qu'il avait intégrée audit communiqué); il y mentionnait les initiales des intéressés ainsi que des éléments propres à permettre leur identification, affirmait qu'ils s'étaient rendus coupables d'escroquerie à l'encontre de l'étude et faisait expressément référence au " communiqué de presse " du 10 juillet 2017. Ce dernier a par ailleurs ultérieurement été remis en ligne sur le site de l'étude avec pour seule modification le remplacement des noms des intéressés par leurs initiales. Par ordonnance du 5 décembre 2017 sur mesures provisionnelles, le TPI a condamné A.________ à payer une amende d'ordre de 500 fr. par jour d'inexécution des mesures prévues par l'ordonnance du 31 juillet 2017. Il lui a également fait interdiction, sous menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, de publier, communiquer ou diffuser à l'avenir, dans toutes ses publications imprimées ou électroniques, personnelles ou professionnelles, toute information et/ou donnée directement ou indirectement relative à E.________ SA, F.________ ou G.________ ainsi que tout autre élément permettant de les identifier. C.c. Par courriers des 26 mars, 1er et 3 mai 2018, A.________ s'est adressé aux autorités britanniques, américaines et européennes. Il prêtait notamment à F.________, E.________, G.________, D.________, B.________ et C.________ des liens étroits avec l'Iran, les talibans et l'état islamique, les accusait de participer à des sociétés-écrans ou d'en faire un usage abusif dans le cadre d'une fraude sophistiquée organisée dans le négoce de produits pétroliers afin d'éluder les sanctions prononcées par la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les Nations-Unies ainsi que de dissimuler une partie de leurs activités, à savoir notamment des transactions concernant des hydrocarbures en Afghanistan avec des tiers inconnus mais suspectés d'être des talibans ou encore l'état islamique. Il invitait par ailleurs ces autorités à enquêter sur ces personnes, à bloquer leurs avoirs ou encore à leur interdire tout déplacement au sein de l'espace Schengen. En outre, ces courriers ont été annexés à des courriels adressés les 27 avril, 2 et 4 mai 2018 à plus d'une cinquantaine de personnes. Dans son courriel du 4 mai 2018, A.________ s'est dit disposé à retirer ses plaintes et à ne pas les réitérer en cas de paiement de la totalité de ses honoraires. Le 6 mai 2018, A.________ a adressé à E.________ et à ses organes un courriel dans lequel il disait qu'ils étaient dans une situation inextricable, susceptible de s'aggraver et critiquait leur absence de négociations après l'envoi des courriels aux autorités, négociations qui n'étaient envisageables que moyennant le paiement immédiat de 500'000 fr. à titre d'acompte sur les factures impayées. Par courriel du même jour, A.________ s'est adressé à C.________ afin de persuader F.________ d'accepter la proposition qu'il lui avait faite par courriel du même jour de lui verser la somme de 500'000 fr. s'il ne voulait pas que la situation s'aggrave. C.d. H.________, avocate, a été engagée par I.________ en qualité de collaboratrice à partir du 15 septembre 2015 pour une durée indéterminée. Le 6 décembre 2017, elle a été mise en arrêt de travail pour deux semaines, ce dont elle a informé son supérieur le lendemain par courriel envoyé à 10h10 ainsi que par pli recommandé. Le même jour à 15h22, elle a constaté que son adresse email était désactivée, avant de recevoir un courriel par lequel A.________ l'informait qu'elle était licenciée pour juste motif. Il lui a ensuite adressé un autre message dans lequel, notamment, il remettait en cause la légitimité de son arrêt de travail pour cause de maladie. Le 10 décembre 2017, il l'a informée qu'il avait introduit une action à son encontre devant le Tribunal des prud'hommes. Par courriel du 12 décembre 2017, envoyé à 12h45, A.________ a invité H.________ à lui fournir des explications sur les raisons pour lesquelles elle avait tenté de contrefaire sa signature. Une employée de I.________ avait en effet fouillé son bureau et découvert un carnet dans lequel figuraient plusieurs imitations de la signature de A.________. Le même jour à 13h02, il a adressé à deux de ses anciennes employées un courriel par lequel il les informait du licenciement de H.________ pour faute grave et mentionnait qu'il avait trouvé un carnet dans lequel elle avait tenté d'imiter sa signature, en leur demandant si elles connaissaient les raisons qui l'avaient poussée à agir de la sorte; il ajoutait qu'après s'être renseigné, il envisageait de porter l'affaire devant le ministère public. A 14h08, il a adressé un nouveau courriel à H.________ lui indiquant qu'il disposait de suffisamment de preuves des infractions qu'elle avait commises. Par jugement du 18 avril 2019, le Tribunal des prud'hommes a condamné I.________ à verser une indemnité à H.________ pour résiliation injustifiée de son contrat de travail.