Citation: 1C_20/2014 E. 2.3

2.3. Conformément à la jurisprudence précitée, il convient encore d'examiner si le recourant est parvenu à renverser cette présomption en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune. Pour renverser cette présomption, le recourant soutient que la révélation à son ex-épouse de l'existence de sa fille née d'un adultère a été l'unique cause de la rupture de la communauté conjugale. Cette révélation constituerait à ses yeux un événement extraordinaire au sens requis par la jurisprudence précitée. Il ajoute avoir eu un rapport sexuel isolé avec la mère de sa fille et n'avoir jamais partagé de projet de vie commune avec cette femme, précisant que la demande de regroupement familial n'avait pas d'autre motif que celui de permettre la venue de sa fille en Suisse pour des raisons médicales. Les éléments avancés par le recourant ne permettent cependant pas de renverser la présomption établie. Ils ne parviennent pas à remettre en cause l'appréciation convaincante de l'instance précédente qui a considéré que l'existence d'une relation extraconjugale pendant la procédure de naturalisation - ayant de surcroît conduit à la naissance d'une enfant - constituait un indice d'instabilité de la relation conjugale. Le Tribunal administratif fédéral relevait à bon droit que l'instabilité du mariage était confirmée par la rapidité de la séparation des époux, à savoir immédiatement après la révélation de l'existence de l'enfant illégitime, et par l'absence de reprise de vie commune. Le recourant ne prétend d'ailleurs pas avoir tenté d'une manière ou d'une autre de sauver son mariage. Il est à cet égard peu vraisemblable que les époux, s'ils formaient réellement un couple uni et stable, n'aient pas tenté de sauver leur couple avant d'envisager une solution aussi radicale que le divorce. L'instance précédente soulignait également que le recourant avait introduit une nouvelle procédure de mariage à peine deux mois après l'entrée en force du jugement de divorce. Sur ce point, c'est en vain que le recourant - invoquant une constatation arbitraire des faits - soutient qu'il n'aurait jamais entretenu de projet matrimonial avec la mère de son enfant. En effet, les éléments invoqués par le recourant à l'appui de sa critique (lettre non datée de D.________ et document produit le 4 octobre 2012) sont impuissants à rendre arbitraire la constatation contraire retenue par l'instance précédente fondée sur la demande de regroupement familial déposée le 27 octobre 2010. Le fait que le recourant n'ait en définitive pas épousé sa compatriote apparaît sans pertinence. Il en va de même du fait que l'intéressé aurait été contraint de révéler l'existence de sa fille en raison de problèmes médicaux. Compte tenu des éléments précités, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il prétend que la divulgation de l'existence de sa fille constituerait l'événement extraordinaire ayant causé la dégradation rapide de l'union conjugale.