Citation: 7B_75/2023 E. 2.4

2.4. En l'espèce, la cour cantonale a estimé qu'il n'existait pas de soupçons suffisants quant à la commission d'une infraction au sens de l'art. 182 al. 1 CP, de sorte que la procédure pénale devait être classée en application de l'art. 319 al. 1 let. b CPP. Il apparaissait en particulier que la condition de la traite faisait défaut, dès lors que rien ne laissait supposer que la recourante aurait été entravée dans son droit à l'autodétermination, l'intéressée n'ayant d'ailleurs pas prétendu avoir souhaité quitter son travail, ni en avoir été empêchée. Aussi, il lui était loisible de rentrer au Brésil, dans la mesure où elle disposait aussi bien d'un passeport que de ressources financières pour acheter un billet d'avion. Si elle était certes dépourvue d'autorisation de travail et de séjour en Suisse, elle ne s'y était toutefois pas trouvée isolée; bien au contraire, elle s'était rapidement fait des amis, lesquels étaient d'ailleurs enclins à l'héberger et à l'entretenir. La condition tirée du but d'exploitation du travail n'était pas non plus réalisée, aucun élément n'ayant permis de retenir qu'elle aurait été assujettie à des conditions assimilables à de l'esclavage, ni qu'elle aurait été traitée comme de la marchandise. En particulier, la recourante disposait de sa propre chambre chez les intimés, mangeait ce qu'elle voulait et était libre de ses mouvements, ayant notamment pu se rendre au parc avec l'enfant D.B.________, sortir avec des amis et, semblait-il, fréquenter une école pour y apprendre le français. Elle n'avait de surcroît pas été malmenée durant la cohabitation, les rapports entre les parties ne s'étant envenimés qu'à compter du mois d'avril 2019 (cf. arrêt attaqué, consid. 3.3.2 p. 10).