Citation: 4A_148/2022 E. B

Après que la tentative de conciliation a échoué (complètement selon l'art. 105 al. 2 LTF), l'avocat a déposé sa demande auprès du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte le 23 février 2015, concluant à ce que le client fût condamné à lui verser la somme totale de 99'802 fr. 80, intérêts en sus, et 360 fr. à titre de frais pour la notification des commandements de payer. Le client a conclu au rejet de la demande et, reconventionnellement, au dernier état de ses conclusions, à la condamnation de l'avocat à lui verser 255'035 fr. 40, intérêts en sus. Le Prof. J.________, avocat, (ci-après: l'expert judiciaire) a été désigné comme expert judiciaire. En substance, il a retenu (1) que le travail accompli par l'avocat l'avait été, très majoritairement, en conformité avec les règles de l'art, (2) que l'avocat avait commis certains manquements, tels que des démarches inopportunes (soit les plaintes pénales contre l'épouse du client et la dénonciation des magistrats), une information insuffisante du client sur les risques de certaines démarches et sur les coûts élevés résultant de leurs fréquents contacts, un manque d'indépendance en acceptant sans limitation la plupart des sollicitations du client et en ne proposant pas de modes alternatifs de résolution du conflit, une adaptation insuffisante des moyens mis en oeuvre pour la défense du client aux moyens de celui-ci, et l'absence de budgets prévisionnels, et (3) que les effets de ces manquements étaient tempérés par la précision et la régularité de la facturation de l'avocat qui permettaient au client de mesurer au fur et à mesure l'évolution des coûts de la procédure. Par jugement du 3 février 2021, la Chambre patrimoniale cantonale du canton de Vaud a dit que le client devait paiement à l'avocat de la somme de 99'802 fr. 80, avec intérêts à 5 % l'an dès le 31 juillet 2012. Par arrêt du 14 février 2022, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté l'appel formé par le client. En substance, elle a confirmé l'appréciation du tribunal et retenu que, bien que certains manquements à son devoir d'information dussent être reprochés à l'avocat, il convenait d'opposer au client un consentement hypothétique à l'ensemble des opérations menées. En effet, lorsque des démarches, même inutiles, ont été demandées par le client, l'avocat a droit à sa rémunération. Le montant des honoraires de l'avocat était certes exceptionnellement élevé pour un mandat relatif à une séparation et à un divorce, mais il convenait de tenir compte des circonstances très particulières du cas d'espèce, à savoir l'extrême détermination dont avait fait preuve le client tout au long des rapports contractuels pour, selon ses propres termes, " neutraliser " sa partie adverse et sa volonté d'user de tous les moyens possibles à cette fin. Il fallait également prendre en compte les moyens financiers très importants dont il disposait et le règlement sans contestation des factures périodiques et détaillées adressées par l'avocat durant plus de deux ans. Il fallait encore considérer le caractère exigeant du client, homme d'affaires expérimenté, qui avait une parfaite compréhension des enjeux procéduraux, et la nécessité pour l'avocat de répondre très rapidement aux sollicitations du client, qui suivait assidument et minutieusement toutes les étapes de la procédure.