Citation: 1B_221/2009 24.08.2009 E. 3

Le recourant ne remet pas en cause l'existence de charges suffisantes, mais il conteste notamment l'existence d'un risque de collusion. 3.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151; 123 I 31 consid. 3c p. 35; 117 Ia 257 consid. 4b-c p. 260 s. et les références). Si le danger de collusion est en règle générale plus important au début d'une procédure pénale (ATF 107 Ia 138 consid. 4g p. 144), il peut toutefois subsister après la clôture de l'enquête lorsque les circonstances font sérieusement craindre que le prévenu n'abuse de sa liberté pour empêcher ou altérer la manifestation de la vérité devant l'autorité de jugement, voire de recours (ATF 117 Ia 257 consid. 4b p. 261; Gérard Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, 2e éd., 2006, n. 849 p. 543). 3.2 En l'espèce, le Tribunal cantonal a considéré qu'il restait des investigations à effectuer et qu'il n'était pas exclu que le recourant entre en contact avec ceux qui pourraient le mettre en cause, pour tenter d'influencer leurs déclarations en sa faveur. Il mentionne notamment des tiers qui font l'objet d'enquêtes dans le canton de Neuchâtel et avec lesquels le recourant était en relation. Il évoque aussi des investigations en cours contre "les membres de la filière demeurant au Kosovo". Il relève également que le recourant avait communiqué, au moyen d'un téléphone portable trouvé en sa possession en prison, avec son frère, qui le met en cause, et sa belle-soeur. Ces derniers devaient encore être entendus au sujet de ces communications. Le recourant ne conteste pas ces éléments et il ne remet pas en question l'appréciation du Tribunal cantonal de manière convaincante. Il se borne en effet à affirmer que "les enquêteurs ont annoncé, il y a plus d'un mois, la clôture de l'enquête", sans aucunement discuter les actes d'instructions susmentionnés. Il ressort au demeurant du dossier que l'instruction n'était pas close lorsque l'arrêt attaqué a été rendu, des auditions ayant encore eu lieu les 24 et 27 juillet 2009. Le recourant peut donc être renvoyé à la motivation de l'arrêt querellé s'agissant du risque de collusion, qui apparaît à ce stade concret et vraisemblable au regard des motifs invoqués.