Citation: 5A_197/2022 E. 3.3

3.3. Le recourant se plaint du fait que les juges précédents ont arbitrairement (art. 9 Cst.) omis de constater que son adverse partie avait contesté que la décision de première instance révoquant les mesures superprovisionnelles fût exécutoire et avait annoncé son intention de faire appel en demandant la restitution (recte: l'octroi) de l'effet suspensif. Or, ce fait, pertinent, permettait de retenir qu'il avait de bonnes raisons de penser que son adverse partie allait demander l'effet suspensif. Dans le cadre d'un examen rétrospectif se plaçant au moment du dépôt du mémoire préventif, il fallait ainsi reconnaître qu'une partie raisonnable placée dans une même situation, mais disposant des ressources financières pour agir seule, aurait considéré qu'il était tout à fait envisageable que l'autorité d'appel accorde l'effet suspensif à titre superprovisoire, avec pour effet de faire revivre les mesures superprovisionnelles, et donc dépose un mémoire préventif pour s'en prémunir. Le fait qu'au terme de son raisonnement, la Cour suprême ait, sur la base d'un avis doctrinal, adopté une solution juridique qui nie la possibilité de faire renaître les mesures superprovisionnelles par octroi de l'effet suspensif n'y changeait rien, car il existait à l'évidence, pour le recourant, des motifs légitimes de craindre qu'une solution contraire à ses intérêts (et à ceux de son fils), au demeurant préconisée par une partie de la doctrine, soit également retenue.