Citation: 4A_386/2016 E. 2.5.2

2.5.2. Comme l'ont relevé à raison les juges cantonaux, ces nouveaux éléments insolites, ajoutés à la différence d'expression écrite toujours observable entre les courriels des pirates et les écrits du demandeur, auraient dû encore renforcer les soupçons que la défenderesse aurait déjà dû nourrir quant à la légitimité des instructions reçues. Tel est le cas en particulier de la divergence des signatures figurant sur l'ordre de virement du 26 juin 2012 et sur les spécimens de signature authentique en possession de la banque. A cela s'ajoutait encore le fait qu'elle ne correspondait nullement aux usages en cours dans le monde occidental, à plus forte raison s'agissant d'une personne travaillant comme avocat-assistant dans une grande étude américaine. A elle seule, cette divergence manifeste et inexplicable imposait à la défenderesse de procéder à des vérifications complémentaires, qui lui auraient permis d'éviter de donner suite aux ordres de virement émanant de tiers non autorisés. En omettant de procéder à ces vérifications, la banque, respectivement son auxiliaire, a commis une grave négligence. En aucun cas ne pouvait-elle se borner à refuser d'exécuter l'ordre reçu le 26 juin 2012, pour ensuite exécuter les ordres de virement reçus les 31 juillet, 8 et 15 août 2012, sans effectuer un examen approfondi qui eût permis de constater les multiples indices de fraude décrits ci-dessus.