Citation: 5A_1059/2021 E. 4.3

4.3. La recourante se plaint ensuite de la violation de l'art. 288 al. 1 LP, en ce sens que l'autorité cantonale aurait dû juger que l'intimé aurait pu ou dû reconnaître l'intention dolosive du failli. Toutefois, son argumentation se limite en substance à répéter son propos selon lequel exercer des pressions sur le failli pour obtenir un gage immobilier a pour conséquence de favoriser le créancier en question et qu'il est contradictoire de la part de l'intimé de prétendre à la fois ignorer la situation financière du débiteur mais de mandater une société pour résoudre son contentieux en lien avec le remboursement des prêts qu'il lui avait accordés. Elle affirme que si l'intimé avait toute confiance en la situation financière de son débiteur, il n'avait aucune raison d'exiger de lui une garantie réelle. Une telle critique n'est pas convaincante: il n'en ressort aucun indice clair qui aurait dû amener l'intimé, en faisant preuve de l'attention commandée par les circonstances, à avoir connaissance de l'intention dolosive du failli. Il est par ailleurs erroné de soutenir qu'obtenir des gages immobiliers porte nécessairement préjudice aux autres créanciers, puisque cette conséquence dépend de la situation financière du débiteur. Or, il a été établi sans arbitraire par l'autorité cantonale que l'intimé ne connaissait pas cette situation. Enfin, l'analyse juridique de l'autorité cantonale selon laquelle il est dans l'ordre des choses d'exiger des garanties immobilières du débiteur au vu de l'importance des prêts consentis ne porte pas flanc à la critique. Il n'est pas là question de confiance, mais de sécurité financière face à l'évolution désavantageuse que peut rencontrer toute relation d'affaires. Il suit de là que le grief de violation de l'art. 288 al. 1 LP doit être rejeté.