Citation: 1C_397/2021 E. 3.3.2

3.3.2. En l'occurrence, les justes motifs retenus tant par le Conseil d'État que par la cour cantonale consistent principalement dans les tensions engendrées entre les voisins et dans l'entrave à l'accès aux garages des époux D.________ générée par le parcage du véhicule des époux A.________. Afin que le principe de l'égalité de traitement puisse être respecté, l'existence de justes motifs doit pouvoir être constatée objectivement. Elle ne saurait dépendre de l'appréciation subjective de tiers. Ainsi, le fait que des tensions existent entre voisins à cause de la place de stationnement litigieuse ne saurait en principe constituer en soi un juste motif de révocation. Quant à l'entrave à l'accès aux garages des époux D.________, il sied de constater ce qui suit: en 2012, le Département a octroyé l'autorisation d'utiliser le domaine public, après avoir, aux dires des recourants, effectué une vision locale; l'organe spécialisé de l'État du Valais, à savoir le Service des routes et des cours d'eau, a délivré un préavis positif. En 2017, les époux D.________ ont requis du Département qu'il révoque l'autorisation litigieuse; le Service de la mobilité a toutefois refusé d'accéder à cette demande. Ce n'est qu'en août 2019, après l'intervention de Me F.________, que le Chef du Département C.________ a révoqué l'autorisation, sans aucune motivation, en se fondant sur le dossier dont il disposait. A sa suite, le Conseil d'État et le Tribunal cantonal ont confirmé ladite révocation, en se basant exclusivement sur les plans de situation et les photographies figurant au dossier et en rejetant la requête d'inspection locale formulée par les recourants. La cour cantonale a alors constaté que "pour sortir [du garage] situé dans l'axe du chemin, les intéressés doivent effectuer une marche arrière plutôt délicate vu la place réduite à cause du positionnement de la voiture des recourants alors qu'ils ne peuvent entrer que difficilement dans celui situé perpendiculairement au chemin en marche avant en raison du faible rayon de braquage dont ils disposent". Si les difficultés de manoeuvrer apparaissent manifestes pour la cour cantonale, il n'en allait pourtant pas de même pour le service spécialisé qui a délivré un préavis positif en 2012. En l'occurrence, il apparaît que la cour cantonale ne pouvait, à l'instar du Conseil d'État, apprécier les difficultés de manoeuvre et de déneigement alléguées par les voisins et susceptibles de constituer des justes motifs au sens de l'art. 139 LR, sur la seule base des photographies et des plans figurant au dossier. Les autorités intimées ne pouvaient, sans se fonder sur les constatations opérées lors d'une inspection locale, valablement conclure à l'existence de ces difficultés de manoeuvre et de déneigement. Ainsi, les autorités cantonales ont violé le droit d'être entendus des recourants, en ne procédant pas à une inspection locale. Cette critique doit être admise.