Citation: 5P.258/2005 07.10.2005 E. 1

2.1 Dans son recours de droit public, la recourante soutient que sa déclaration du 19 décembre 2003 ne contenait qu'une modification de ses conclusions et non une renonciation. A son avis, "annuler une conclusion signifie qu'elle ne l'aurait jamais prise; cela ne signifie pas encore qu'il y ait renonciation" et il serait choquant de prétendre que par cette déclaration elle ait renoncé à son droit; retenir que la renonciation à une conclusion lie son auteur alors même que la situation des parties peut changer supprimerait la liberté de manoeuvre offerte par l'art. 131 CPC/FR. Cette disposition de procédure prévoit que le demandeur peut modifier ses conclusions ou en prendre de plus amples, pourvu que les conclusions nouvelles soient en connexité juridique avec la demande primitive. La recourante ne critique pas la jurisprudence cantonale invoquée par la cour cantonale (Extraits 1986 p. 57), selon laquelle, lorsque le demandeur indique qu'il ne désire aucune pension, sans pour autant prendre formellement de chef de conclusions sur ce point, il manifeste néanmoins par une déclaration expresse - destinée et apte à produire un effet juridique dès sa communication à la partie adverse - qu'il renonce à une pension et il ne peut la révoquer une fois que celle-ci a été communiquée au destinataire. Dans la mesure où elle se borne à soutenir qu'il en va différemment si le demandeur annule un chef de conclusions tendant au versement d'une pension, elle ne démontre pas en quoi l'interprétation de la cour cantonale serait arbitraire. Au contraire, si une renonciation qui ne prend pas la forme d'un chef de conclusions vaut renonciation au droit une fois celle-ci parvenue à la partie adverse, on ne saurait taxer d'arbitraire l'interprétation qui voit dans la déclaration d'annulation d'un chef de conclusions tendant à l'allocation d'une pension, communiquée à la partie adverse, la renonciation à une telle pension. Faute d'arbitraire dans l'interprétation de la déclaration du 19 décembre 2003, il ne saurait y avoir arbitraire dans l'application de l'art. 131 CPC/FR qui permet certes de modifier les conclusions initialement prises, mais non de faire valoir un droit auquel on a renoncé précédemment. Le grief d'application arbitraire de ladite disposition est ainsi infondé. 2.2 Le fait que la nouvelle situation de l'époux avait été alléguée au début de l'audience et était donc connue n'a pas d'incidence sur l'interprétation de la déclaration du 19 décembre 2003. Le grief relatif à ce fait est par conséquent sans pertinence. 2.3 Enfin, c'est en vain que la recourante fait valoir que la modification des conclusions du 22 novembre 2002 par laquelle elle a renoncé à une pension en sa faveur n'aurait fait l'objet d'aucune motivation dans l'arrêt attaqué et qu'elle ne constituerait de toute façon pas une renonciation unilatérale et expresse: force est en effet de constater que la cour cantonale n'en a rien déduit en sa défaveur puisqu'elle a constaté que la procédure sur requête commune avec accord complet était restée sans suite, faute de confirmation par l'époux dans le délai de deux mois.