Citation: 6B_319/2010 09.07.2010 E. 3

Invoquant son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), le recourant se plaint d'un défaut de motivation de l'ordonnance attaquée. En particulier, celle-ci ne permettrait pas d'identifier les raisons qui ont conduit la cour cantonale à distinguer sa situation de celle de F.________ et de G.________ ni les faits qu'elle qualifie de contribution causale au trafic de drogue. 3.1 Le droit d'être entendu confère à toute personne le droit d'exiger, en principe, qu'un jugement ou une décision défavorable à sa cause soit motivé. Cette garantie tend à donner à la personne touchée les moyens d'apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, s'il y a lieu, devant une instance supérieure qui soit en mesure d'exercer son contrôle. Elle tend aussi à éviter que l'autorité ne se laisse guider par des considérations subjectives ou dépourvues de pertinence; elle contribue, par là, à prévenir une décision arbitraire (ATF 112 Ia 107 consid. 2b p. 109; voir aussi ATF 129 I 232 consid. 3.2 p. 236; 126 I 97 consid. 2b p. 102; 125 II 369 consid. 2c p. 372; 124 II 146 consid. 2a p. 149). L'autorité n'est pas tenue d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties; elle peut, au contraire, se limiter à ceux qui, sans arbitraire, lui paraissent pertinents (ATF 133 III 439 consid. 3.3 p. 445; 130 II 530 consid. 4.3 p. 540). 3.2 Il ressort de l'ordonnance attaquée que, dans la nuit du 5 au 6 avril 2009, le recourant et ses deux comparses se sont rendus à Genève, dans deux voitures, suivant la trajectoire des principaux trafiquants, que les coordonnées de trois des trafiquants se trouvaient dans l'une des deux voitures et que l'un d'eux, D.________, est venu prendre place dans l'un des deux véhicules. Pour la cour cantonale, ces faits permettent de supposer que les trois comparses étaient des clients des trafiquants, voire qu'ils ont accepté d'accompagner D.________ afin d'assurer sa sécurité. Ils ne permettent pas de retenir qu'ils ont participé au trafic de drogue. Il en va en revanche différemment du recourant. En effet, des éléments de fait supplémentaires donnent à penser que celui-ci a participé à l'organisation du rendez-vous visant à la remise de la drogue. C'est ainsi qu'il a prêté à D.________ un téléphone portable pour entrer en contact avec ses complices, qu'il a assisté à l'entretien téléphonique en question et qu'il lui a indiqué où se trouvait la boutique "Gucci", lieu du rendez-vous. La motivation de la cour cantonale permet ainsi de comprendre les raisons qui l'ont amenée à traiter le recourant différemment de ses deux comparses et les faits qui lui ont permis de conclure qu'il avait apporté une contribution causale au trafic de stupéfiants. Le grief tiré du défaut de motivation doit être rejeté.