Citation: 9C_62/2015 E. 4.2

4.2. Cette argumentation est vaine. Bien que les faits traumatisants se soient déroulés au début des années 1980 dans un contexte de guerre en Israël et que l'intimé ait ensuite vécu normalement - en apparence du moins - dans le cadre familial et professionnel jusqu'au milieu des années 1990, la question de la période de latence entre la survenue du traumatisme et celle du trouble n'a de pertinence qu'en lien avec le diagnostic d'état de stress post-traumatique posé selon les critères de la CIM-10 (F 43.1). Or, en l'espèce, une telle pathologie n'a pas été retenue par le docteur I.________. L'expert psychiatre a estimé que les troubles qu'il avait relevés chez l'assuré au cours de son expertise correspondaient, selon la CIM-10, à une modification durable de la personnalité après une expérience de catastrophe (F 62.0) et à un trouble dépressif récurrent, épisode actuel léger à moyen (F 33.0-F 33.1) ou, selon le DSM IV, à un état de stress post-traumatique avec survenue différée (309.81) et à un trouble dépressif majeur, récurrent, léger à moyen (296.0-296.31). Il a clairement assimilé l'état de stress post-traumatique avec survenue différée (309.81 DSM-IV) à la modification durable de la personnalité après une expérience de catastrophe (F 62.0 CIM-10), même s'il considérait que le premier diagnostic était plus approprié que le second dans la mesure où il rendait mieux compte de l'essentiel du tableau clinique. On relèvera encore que l'écoulement d'un certain temps entre le déroulement des événements traumatisants et les premières manifestations de l'affection, supérieur à six mois et pouvant aller jusqu'à plusieurs années, d'après le docteur I.________, est un élément diagnostique nécessaire dans le contexte des affections retenues. Le grief doit donc être rejeté. On ajoutera par ailleurs que le Tribunal fédéral a déjà affirmé qu'un temps de latence de plusieurs années ne suffisait à lui seul pas dans certaines circonstances à jeter le doute sur le diagnostic d'état de stress post-traumatique posé selon les critères de la CIM-10 (cf. arrêt 8C_538/2014 du 6 février 2015 consid. 4.2.1 in: SVR 2015 IV n° 28 p. 85). Or l'expert judiciaire explique de manière convaincante les raisons pour lesquelles il convenait de retenir malgré le long temps de latence les diagnostics mentionnés dans le cas de l'assuré (cf. notamment complément d'expertise du 17 mars 2014).