Citation: 1C_673/2023 E. 3.3.2

3.3.2. En l'occurrence, les recourantes ne contestent pas que la parcelle concernée par leur projet se situe dans le périmètre 4 du plan de site 29'184A. Conformément aux art. 3 al. 1 et 8 al. 3 du règlement, la surface de verdure constituée par le jardin doit dès lors être maintenue (afin de préserver le caractère végétalisé du site) et les espaces verts côté cour doivent rester libres de constructions et d'installations diverses. Les recourantes reprochent d'abord à la Cour de justice de n'avoir opéré aucune distinction entre les constructions hors-sol et les constructions souterraines. Elles font valoir que le texte du règlement ne préciserait pas que l'interdiction des constructions s'appliquerait aussi aux constructions souterraines. Cette appréciation subjective n'est toutefois pas de nature à démontrer le caractère manifestement insoutenable de l'argumentation de la Cour de justice. En effet, il n'est pas arbitraire de considérer que s'il y avait lieu d'opérer une distinction entre constructions hors-sol et constructions souterraines, elle aurait figuré dans le texte du règlement. Les recourantes soulignent ensuite que le règlement n'interdit pas l'abattage d'arbres et qu'il a aussi "pour but de permettre la transformation des quartiers en respectant l'échelle et le caractère des constructions d'origine ainsi que le site environnant" (art. 1). Elles semblent en déduire que comme l'aspect esthétique de l'immeuble n'est pas touché, le projet litigieux n'irait pas à l'encontre du but recherché par l'adoption du plan de site 29'184A; or ce but n'est pas d'interdire toute nouvelle construction ni de toucher à la végétation. La cour cantonale a relevé à cet égard que le projet litigieux comportait différents aménagements au niveau du jardin: notamment onze ouvertures zénithales en dalle de verre (permettant un apport de lumière dans les locaux communs au premier niveau du sous- sol) situées sur l'ensemble de la surface verte actuelle du jardin, une grille d'aspiration pour la pompe à chaleur, deux sauts-de-loup nécessaires à la ventilation du parking, la construction de la plateforme élévatrice pour voitures, ainsi qu'un escalier d'accès. Elle en a déduit sans arbitraire que la construction projetée impliquait la réalisation d'aménagements ayant un impact sur le caractère et l'aspect végétalisé du jardin. Les améliorations du jardin proposées dans le cadre du projet litigieux ne sont certes pas contestées, que ce soit par les instances de préavis, le Département, le TAPI et la Cour de justice. Ce constat ne rend toutefois pas insoutenable l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle l'ensemble des travaux projetés, en particulier en tant qu'ils sont visibles en surface, reste incompatible avec le plan de site 29'184A et les art. 8 al. 3 et 3 al. 1 du règlement. Dès lors, la plus-value que pourrait apporter le projet au jardin ne permet pas, à elle seule, d'en autoriser la construction. Les recourantes critiquent encore le fait que l'instance précédente avait souligné que la CMNS avait relevé que la réalisation du projet péjorerait les conditions de survie de certains arbres, notamment à cause de l'imperméabilisation du sol. Elles font valoir que l'OCAN a préavisé favorablement le projet et que l'imperméabilisation du sol ne saurait avoir un impact sur l'esthétique du site. Cette argumentation ne suffit cependant pas à démontrer le caractère manifestement insoutenable de celle de la Cour de justice et ne permet pas de retenir que le projet n'entraînerait aucune dégradation du jardin existant au sens de l'art. 11 du règlement, ce d'autant moins que le Tribunal de céans s'impose une retenue dans l'appréciation de circonstances locales. Il y a en effet lieu de prendre en compte le fait que la construction projetée est sise dans les jardins d'un bâtiment appartenant à un ensemble protégé construit en 1912 et inscrit dans le périmètre protégé par le plan de site 29'184A; on ne peut nier non plus l'impact qu'auraient sur le jardin les diverses installations et émergences techniques; s'y ajoute le fait que cet espace est déjà bordé par deux parkings souterrains (antérieurs au plan de site), ce qui rend cette parcelle en pleine terre encore plus précieuse.