Citation: 6B_111/2009 16.07.2009 E. 1

1.1 Dans un premier moyen, X.________ conteste tout concours d'infractions entre la rixe et les lésions corporelles simples qualifiées. Il fait valoir que Y.________, touché superficiellement au niveau de la cuisse gauche, n'aurait pas été victime d'une lésion corporelle mais de voies de faits. Le recourant serait ainsi seul à avoir subi des lésions corporelles et, partant, la participation à une rixe ne saurait lui être imputée. Il considère en effet que si l'auteur de l'homicide ou des lésions corporelles est identifié et si aucune tierce personne n'a été blessée, la condamnation pour participation à une rixe équivaudrait à sanctionner à double l'atteinte à la vie ou à l'intégrité corporelle. 1.2 Selon l'art. 133 al. 1 CP, celui qui aura pris part à une rixe ayant entraîné la mort d'une personne ou une lésion corporelle sera puni de l'emprisonnement ou de l'amende. Du point de vue légal, la rixe constitue une altercation physique entre au minimum trois protagonistes qui y participent activement, laquelle doit avoir entraîné la mort d'une personne ou des lésions corporelles. Elle n'est punissable en tant que telle -et non en tant que voies de fait- que si la bagarre a entraîné la mort d'une personne ou des lésions corporelles. Pour autant, le résultat préjudiciable ne constitue pas un élément objectif de l'infraction, mais une condition objective de punissabilité sur laquelle ne doit pas nécessairement porter l'intention (ATF 106 IV 246 consid. 3f p. 252 s.). Il sert à cadrer le caractère dangereux de la rixe et, afin de ne pas sanctionner la moindre querelle, circonscrit la répression pénale aux participants à une rixe ayant entraîné la mort d'une personne ou des lésions corporelles (J. HURTADO POZO, Droit pénal, Partie spéciale, 3ème éd., ad art. 133 n° 584-585). Considérant que, en pareilles circonstances, il peut se révéler difficile de prouver qui a tué ou blessé, le législateur a voulu éviter qu'un événement peut-être grave reste sans réaction sociale adéquate (cf. ATF 106 IV 246 consid. 3b p. 250; B. CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, ad art. 133 n° 1-2 p. 193 et les références; S. TRECHSEL, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Kurzkommentar, 2ème éd., ad art. 133, no 1 p. 472). Cela étant, l'acte incriminé ne porte pas sur le fait de donner la mort ou d'occasionner des lésions corporelles, mais sur la participation à une rixe en tant que comportement mettant en danger la vie ou l'intégrité corporelle des participants ou de tiers (J. HURTADO POZO, op. cit., ad art. 133 n° 586). Il convient donc de sanctionner chacun des participants indépendamment de sa responsabilité personnelle par rapport à l'atteinte à la vie ou à l'intégrité corporelle survenue dans ce contexte (HURTADO POZO, op. cit., n° 586). Ainsi, celui qui abandonne le combat avant la réalisation de la condition objective de la punissabilité, à savoir le décès ou la lésion corporelle causés à l'un des participants, peut être sanctionné en application de l'art. 133 CP, cela si sa participation antérieure a stimulé la combativité des assistants de telle sorte que le danger accru auquel ils étaient exposés s'est prolongé bien au-delà du temps de participation de chacun séparément (ATF 106 IV 246 consid. 3d p. 251). De même, la victime peut-elle être un participant aussi bien qu'un tiers et le blessé qui a participé à la rixe est lui-même punissable à ce titre (B. CORBOZ, op. cit., n° 11 p. 195 et les références). Si l'identification de l'auteur de l'homicide ou des lésions corporelles permet de sanctionner celui-ci, elle ne s'oppose pas à l'application de l'art. 133 CP. En tant que cette disposition réprime la participation à la rixe pour elle-même et non la commission, dans ce contexte, d'un homicide ou de lésions corporelles, elle ne vise pas, sous tous ses aspects, l'acte de celui qui, dans le cadre d'une rixe, porte simultanément atteinte à la vie ou à l'intégrité corporelle d'un autre participant ou d'un tiers. L'art. 133 CP entre ainsi indiscutablement en concours idéal avec les art. 111 ss CP ou 122 ss CP, de sorte qu'il ne se justifie pas de modifier la jurisprudence sur ce point (cf. ATF 118 IV 227 consid. 5b p. 229). L'art. 49 al. 1 CP demeure donc applicable. 1.3 En l'occurrence, il est établi que le recourant a intentionnellement pris part à une bagarre ayant opposé plus de trois protagonistes et au cours de laquelle il a été victime d'une plaie au bras gauche. C'est donc à juste titre que l'autorité cantonale a retenu la participation à une rixe, les éléments constitutifs de cette infraction (participation intentionnelle, lésion corporelle, lien de causalité entre la rixe et la lésion) étant ainsi réalisés. Cela étant, il n'est pas décisif que Y.________ ait été victime d'une lésion corporelle ou seulement de voies de faits, étant précisé que X.________ ne conteste pas sa condamnation au chef de lésions corporelles simples qualifiées. Le grief du recourant se prévalant d'une fausse application des art. 133 et 49 CP est mal fondé.