Citation: 6B_165/2019 E. 1.5

1.5. En somme, le recourant propose une qualification de l'infraction d'escroquerie différente de celle sur laquelle s'est fondée la cour cantonale, puisqu'il estime que l'acte préjudiciable aux intérêts pécuniaires pertinent est la renonciation de la dupe à exiger le pourcentage d'actions correspondant à l'apport versé, et non le versement dudit apport. Il fonde cette qualification sur un état de fait qu'il complète au stade de son recours au Tribunal fédéral. Ces faits sont irrecevables dès lors qu'ils s'écartent de ceux constatés dans l'arrêt entrepris (art. 105 al. 1 LTF) sans que le recourant ne soulève de grief d'arbitraire (art. 106 al. 2 LTF), étant encore précisé que leur omission n'apparaît pas manifestement erronée ou contraire au droit au sens de l'art. 105 al. 2 LTF. Quoi qu'il en soit, les contours de l'escroquerie commise par B.________ ont été déterminés dans l'ordonnance pénale rendue le 13 avril 2018, entrée en force en l'absence d'opposition. Les faits que le recourant avance (soit que l'intention de l'auteur ne portait pas sur le détournement d'actions au moment du versement de l'apport) ne figurent pas dans dite ordonnance. De même, il n'est pas question, dans la décision de classement du 29 mai 2018 prononçant la créance compensatrice, d'une volonté initiale de B.________ consistant à s'approprier les fonds versés en trop par les investisseurs, puis une fois constaté que les fonds versés étaient insuffisants pour ce faire, de la mise en place d'un autre stratagème, c'est-à-dire remettre à la dupe un pourcentage d'actions inférieur à la valeur de son apport. L'infraction que présente aujourd'hui le recourant ne peut donc pas être celle qui a été arrêtée définitivement dans ces ordonnances. En tant que le recourant entend modifier l'assise factuelle de l'infraction qui fonde la créance compensatrice, son argumentation doit être écartée. Comme l'énonce l'ordonnance de classement prononçant la créance compensatrice, C.________ a effectué - ou fait effectuer - des versements à hauteur de 4'000'000 fr. les 18 novembre 2002 et 3 février 2003 en faveur de M.________ AG en croyant faussement que le prix de l'immeuble était de 38'000'000 fr. et les fonds propres à apporter de 15'000'000 fr., erreur induite par la tromperie astucieuse de B.________. Par le biais de cette tromperie, B.________ a privé C.________ d'une partie du capital social de K.________ SA (cf. ordonnance de classement du 29 mai 2018, p. 13 in fine). Dans cette configuration, l'acte préjudiciable aux intérêts pécuniaires de la dupe est celui qui a consisté à verser une somme d'argent trop élevée par rapport à la participation au capital social reçue en échange. Pour le surplus, le recourant ne prétend pas que si C.________ avait connu le véritable prix de vente de l'immeuble, il aurait quand même versé la somme de 4'000'000 fr. et réclamé davantage d'actions. En ce sens, il ne remet pas en cause le lien de causalité entre l'erreur sur le prix, induite par la tromperie astucieuse de B.________, et le versement des fonds, acte préjudiciable aux intérêts pécuniaires de la dupe.