Citation: 8C_294/2023 E. 4.3

4.3. En l'espèce, il est constant que l'intimée doit changer d'activité professionnelle. En raison de limitations fonctionnelles l'empêchant d'accomplir des soins infirmiers, elle ne peut plus travailler comme infirmière, profession qui correspond à sa formation et qu'elle a exercé durant quatre ans dans un hôpital avant la survenance de son accident. Dans une telle constellation, il y a en principe lieu de retenir qu'elle est tributaire d'un nouveau champ d'activité pour lequel l'ensemble du marché du travail est en principe disponible. On doit cependant admettre avec la recourante, cela indépendamment des descriptions de poste qu'elle a produites et qui sont irrecevables (cf. consid. 1.1 supra), qu'il existe des emplois présentant un lien avec la santé en général dans lesquels l'intimée pourrait mettre en valeur les connaissances acquises durant sa formation. En effet, un bachelor en soins infirmiers HES tel qu'obtenu par l'intimée est susceptible d'offrir des perspectives professionnelles allant au-delà d'une activité consistant à prodiguer des services infirmiers dans une institution de soins. Pour autant, cette circonstance ne saurait être prise en considération par l'application de la branche économique 86-88 "santé humaine et action sociale" de la table TA1 de l'ESS comme le voudrait la recourante. Selon la nomenclature générale des activités économiques (NOGA 2008), cette section regroupe trois catégories, soit celle des "activités pour la santé humaine" (ligne 86), de l'"hébergement médico-social et social" (ligne 87) et de l'"action sociale sans hébergement" (ligne 88). Les activités couvertes par les lignes 86 et 87 comprennent, pour la première, essentiellement les activités médicales de soins à la personne (notamment les activités hospitalières, la psychothérapie, la physiothérapie, la pratique dentaire, les activités des sages-femmes et des infirmières, les autres activités paramédicales et les laboratoires médicaux), et, pour la seconde, les soins résidentiels associés à des services infirmiers, des services de surveillance ou des soins divers aux malades. Quant à la ligne 88, elle inclut, entre autres activités, les crèches et garderies d'enfants. Or ces types d'activité ne sont pas adaptées aux limitations fonctionnelles de l'intimée ou nécessitent des formations spécifiques comme l'ont exposé à juste titre les juges cantonaux. On peut également noter que les activités des organisations visant à promouvoir la santé (code 949902) ou les services de financement et d'administration des régimes de sécurité sociale obligatoire (code 8430) ne figurent pas dans la branche économique 86-88. Celle-ci n'est donc pas représentative et ne permettrait pas de déterminer plus précisément le revenu d'invalide de l'intimée. Il convient par conséquent de s'en tenir à la ligne "total" de la table TA1. En revanche, les éléments précités justifient de placer l'intimée au niveau de compétence 2 même si, dans un arrêt 8C_226/2021 du 4 octobre 2021, le Tribunal fédéral a jugé, à propos d'une infirmière qui ne pouvait plus exercer son activité habituelle, qu'il convenait de se référer au niveau de compétence 1 pour déterminer le revenu d'invalide. Dans ce cas toutefois, la personne assurée ne bénéficiait pas d'une formation du niveau d'une haute école spécialisée et il a été constaté qu'elle ne disposait pas de compétences transposables dans un autre domaine que celui d'infirmière. En ce qui concerne l'intimée, dont les résultats neuropsychologiques ont été situés globalement dans les normes avec de bons indicateurs de validité (rapport d'examen de la neuropsychologue D.________ du 30 janvier 2020), on ne saurait considérer que le champ des activités exigibles de sa part serait désormais restreint à des tâches manuelles simples et non qualifiées relevant du niveau de compétence 1.