Citation: 5A_192/2024 E. 3.3

3.3. Le recourant se plaint également d'une application arbitraire, respectivement d'une violation, des dispositions légales citées sous considérant 3 ci-dessus en tant que la Chambre civile aurait apprécié arbitrairement ou écarté sans justification certains faits concernant les compétences parentales et la disponibilité des parties. En tant que le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas l'avoir qualifié de parent de référence des enfants, alors qu'il était sans emploi depuis leur naissance, il ne fait qu'alléguer qu'il disposait de plus de temps que l'intimée pour s'occuper des enfants sans apporter aucun élément permettant de retenir qu'il assurait personnellement leur prise en charge. Certes, comme le relève le recourant, le train de vie confortable des parties leur permettait d'avoir recours aux services de tiers pour s'occuper des enfants. Le fait que ceux-ci aient fréquenté la crèche à temps plein puis été pris en charge successivement par deux nourrices nonobstant l'absence d'activité salariée du père, constitue toutefois un indice sérieux que le recourant ne consacrait pas son temps aux soins des enfants. Dans ces circonstances, c'est sans arbitraire que la Chambre civile a retenu qu'il n'avait pas été rendu vraisemblable que le recourant s'occupait de manière prépondérante de ces derniers. Comme le relève le recourant, il ressort effectivement des déclarations de l'intimée qu'elle est très occupée par son emploi puisqu'elle admet ne pas avoir eu le choix de le reprendre à plein temps alors que les jumeaux n'avaient que cinq mois. On peine toutefois à saisir en quoi cet élément serait susceptible de faire apparaître le raisonnement de la cour cantonale comme arbitraire dans la mesure où elle ne s'est pas directement prononcée sur la question de savoir lequel des parents s'était occupé de manière prépondérante des enfants depuis leur naissance mais a constaté que l'intimée était le parent de référence des enfants "à tout le moins" depuis deux ans, à savoir depuis la séparation des parties en décembre 2021, de sorte que le critère de la stabilité commandait qu'ils demeurent auprès d'elle. En outre, le recourant ne remet pas en cause le constat des juges précédents selon lequel il n'aura à l'avenir pas davantage de disponibilité eu égard au revenu hypothétique qui lui a été imputé. Enfin, les déclarations du pédiatre des enfants qui avait indiqué ne rencontrer que le père des enfants et l'avait qualifié de "papa poule" sont certes un indice de son implication dans le suivi médical de ses enfants et démontrent qu'il s'en occupait à tout le moins à ces occasions. Cet élément ne peut toutefois à lui seul faire apparaître le recourant comme le parent de référence, de tels rendez-vous médicaux demeurant en principe ponctuels. Partant, l'omission de ce fait ne fait pas apparaître la motivation cantonale comme arbitraire. Pour ce qui est des compétences parentales respectives des parties, le recourant reproche à la Chambre civile d'avoir considéré arbitrairement qu'aucune donnée objective n'était disponible s'agissant d'une réelle mise en danger des enfants alors qu'elle avait connaissance des accusations portées par la mère à son encontre qui sont demeurées sans suite et dans lesquelles il voit non seulement une mise en danger du bien des enfants mais également une illustration de l'absence d'aptitude de la mère à la coparentalité, laquelle nourrissait manifestement le projet de "néantiser le père". Ce faisant, le recourant ne fait qu'opposer sa propre appréciation des faits à celle de l'autorité cantonale sans en démontrer l'arbitraire puisque la Chambre civile a précisément considéré que les plaintes dont se prévalait le recourant ne constituaient pas des éléments susceptibles de fonder objectivement une mise en danger des enfants par leur mère. A ce stade de la procédure, l'autorité cantonale a donc considéré que l'attitude de la mère envers le père, à savoir en particulier les dénonciations aux autorités pénales et au SPMi demeurées sans suite, n'avaient pas mis en danger les enfants. On ne discerne pas d'arbitraire dans cette appréciation, étant de surcroît rappelé que la capacité de collaborer avec l'autre parent ne constitue que l'un des éléments à mettre en balance pour établir à qui la garde doit être attribuée. Toutefois, si la propension de l'intimée à dénoncer systématiquement le père aux autorités pénales et au SPMi devait persister, cette attitude pourra être prise en compte dans une procédure ultérieure, dans la mesure où la récurrence de l'exposition des enfants au conflit parental est susceptible de leur être néfaste. Toujours s'agissant de l'absence alléguée de capacité de collaborer de la mère, la Chambre civile n'a effectivement fait état que d'échanges de courriels en mai et juin 2022 et en janvier 2023, dont elle a déduit une capacité à communiquer de la mère au sujet des activités et suivis thérapeutiques des enfants. Le recourant lui reproche de ne pas avoir tenu compte du fait que tous ses autres courriels étaient restés sans réponse et que l'intimée s'était opposée systématiquement à tout élargissement de son droit de visite. Quand bien même ces faits seraient avérés, ils doivent de toute façon être remis dans leur contexte. En effet, si le recourant est désormais sobre depuis près de deux ans, il présentait néanmoins une consommation chronique et très excessive d'alcool encore au début de la présente procédure, amenant les autorités à lui interdire de prendre le volant avec ses enfants à bord et à rester seul avec eux s'il n'était pas sobre. Dans ce complexe de faits, les réticences de l'intimée à un élargissement du droit de visite du recourant sont compréhensibles et ne sauraient à elles seules illustrer une incapacité de collaborer avec l'autre parent, ce d'autant que les échanges de courriels dont a fait état la cour cantonale démontrent que la capacité de l'intimée à communiquer sur les sujets importants concernant les enfants est préservée.