Citation: 1B_102/2018 E. 2

La décision d'irrecevabilité prise par la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral concerne sur le fond une surveillance téléphonique ordonnée dans le cadre d'une procédure pénale, soit une mesure de contrainte (cf. ATF 133 IV 278 consid. 1.2.2 p. 281), et peut dès lors être contestée auprès du Tribunal fédéral par la voie du recours en matière pénale (art. 79 LTF). Le recours a été déposé en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et les conclusions qui y sont prises sont recevables (art. 107 al. 2 LTF). La Cour des plaintes a considéré que le recours interjeté devant elle par A.________ le 11 novembre 2017 contre la mesure de surveillance téléphonique litigieuse était tardif faute d'avoir été déposé dans les dix jours suivant la communication de cette mesure à son conseil intervenue au plus tard le 31 octobre 2017. Le recourant estime que la décision attaquée devrait être annulée car elle se réfère à une décision du Ministère public de la Confédération du 21 avril 2011 qui lui est inconnue et qui ne ressort pas du dossier. Il s'agit toutefois d'une erreur de plume manifeste qui ne porte pas à conséquence, la Cour des plaintes faisant clairement référence à la requête d'autorisation de surveillance du Ministère public de la Confédération du 21 avril 2017 référencée au dossier sous act. 4.1 et citée comme telle dans sa décision. Le recourant conteste avoir recouru tardivement. Il précise avoir pris connaissance de la communication de la mesure de surveillance du Ministère public de la Confédération du 18 octobre 2017 par le biais de son défenseur le 6 octobre 2017 [recte: le 6 novembre 2017]. Il était au surplus inapte à voyager pour des raisons médicales et devait rester à Chypre pour la suite de son traitement. Il en déduit que le recours, déposé le 11 novembre 2017, l'aurait été en temps utile. Cette argumentation ne saurait être suivie. Le recourant ne prétend pas que la communication de la mesure de surveillance faite à l'étude de son défenseur était irrégulière. Lorsque les parties sont pourvues d'un conseil juridique, les communications sont valablement notifiées à celui-ci (art. 87 al. 3 CPP). Cette règle s'applique également aux parties assistées d'un avocat d'office (arrêt 6B_286/2014 du 6 octobre 2014 consid. 1.2). Le recourant ne conteste pas que son défenseur a pris connaissance de la communication de la mesure de surveillance du Ministère public de la Confédération au plus tard le 30 octobre 2017, comme cela ressort du dossier (Act. 4.12). Cela étant, il devait faire en sorte qu'un éventuel recours soit déposé dans les dix jours (cf. art. 279 al. 3 CPP), soit au plus tard le 9 novembre 2017. Il importe peu que son défenseur ne l'ait informé que le 6 novembre 2017, le comportement fautif de ce dernier étant imputable à son client. Il disposait au demeurant de trois jours pour déposer un recours ou demander à son défenseur d'agir en ce sens s'il n'était pas en mesure de le faire pour les raisons médicales invoquées. Cela étant, la Cour des plaintes n'a pas fait preuve d'arbitraire ni violé d'une autre manière le droit fédéral en considérant que le recours avait été déposé tardivement et en le déclarant irrecevable.