Citation: 6B_1035/2018 E. 3.1.3

3.1.3. Le recourant soutient qu'on ne pouvait pas exiger de lui qu'il délie d'une manière générale tous ses médecins de leur secret professionnel envers la Dresse F.________ et l'ensemble de ses collaborateurs. Point n'est besoin en l'espèce d'examiner la question, controversée en doctrine, de savoir si une levée générale du secret professionnel à l'égard de tous les médecins et sans limite temporelle peut être constitutive d'un engagement excessif au sens de l'art. 27 al. 2 CC (cf. pour un résumé des avis doctrinaux à ce sujet: ERARD/GUILLOD, Levée générale du secret médical et assistance au suicide, in Jusletter du 29 janvier 2018, par. 34 ss). Il apparaît en effet que, dans son courrier du 26 janvier 2018, le Dr G.________ a relevé la nécessité de disposer d'une déclaration de levée plus large que celle initialement donnée par le recourant, qui comprendrait les dossiers médicaux et radiologiques des médecins qu'il a consultés à l'hôpital de H.________, à l'Hôpital D.________ et à la Clinique orthopédique de I.________, entre 2013 et 2018, à la suite de ses accidents des 19 janvier 2013 et 10 janvier 2014. Or, au regard des questions auxquelles l'expertise était appelée à répondre - à savoir en particulier l'existence d'un lien de causalité entre la blessure à l'épaule de A.________ et les accidents de la circulation de 2013 et 2014 -, l'étendue requise de la levée du secret médical reste proportionnée, tant sur le plan matériel que temporel. Si le recourant critique également devoir délier ses médecins du secret médical " envers la Dresse F.________ et tous ses collaborateurs ", il n'apparaît pas qu'une telle exigence ait été formulée. Le recourant n'explique au demeurant pas les raisons pour lesquelles il n'a pas délivré une déclaration de levée du secret médical en faveur de la Dresse F.________ uniquement, alors même qu'il ne s'était pas opposé au mandat d'expertise du 24 novembre 2017, qui prévoyait que l'experte désignée était autorisée à faire appel à d'autres personnes travaillant sous sa responsabilité (art. 184 al. 2 let. b CPP), lesquelles pouvaient donc avoir accès à son dossier. On relève encore que, si le recourant pouvait certes refuser d'autoriser l'accès à ses données médicales, il doit toutefois supporter les conséquences de ce refus, étant rappelé que l'expertise était mise en oeuvre dans son intérêt, celle-ci étant susceptible de lui permettre d'établir le bien-fondé de ses allégations.