Citation: 5A_667/2020 E. 4.4

4.4. En l'espèce, la cour cantonale a exclu la réunion aux acquêts de la somme de 90'000 fr. en application de l'art. 208 CC, alors que la recourante avait requis la restitution de la moitié de cette somme sur la base des règles sur la copropriété. Ceci dit, il ressort de l'arrêt querellé que l'intimé a prélevé la somme de 90'000 fr. le 4 décembre 2013 du compte joint alimenté principalement par ses revenus, afin de payer des acomptes d'impôts cantonaux et communaux - lesquels étaient, selon l'arrêt cantonal, essentiellement calculés sur ses propres revenus puisque la recourante n'en réalisait pas - de l'année en cours des époux, qui étaient toujours imposés ensemble au moment du prélèvement. S'agissant du règlement d'une dette commune en lien avec l'entretien de la famille, l'intimé pouvait, au moment où il a procédé au prélèvement des 90'000 fr., disposer du patrimoine du couple sans le consentement de son conjoint au-delà de son propre patrimoine en application des règles sur les effets généraux du mariage (cf. supra consid. 4.3). En tant que la recourante ne remet pas en cause le fait que son mari a utilisé l'argent prélevé sur le compte joint à d'autres fins que pour régler des impôts communs avant la liquidation du régime matrimonial, ni n'apporte pas la preuve de l'existence de rapports juridiques spéciaux entre époux qui seraient propres à fonder une créance à l'encontre de son mari, elle échoue à démontrer en quoi la cour cantonale aurait violé l'art. 203 al. 1 CC et les règles sur la copropriété. La question de savoir si la recourante pourrait exiger le remboursement par son mari d'une partie de ces avoirs puisque les acomptes d'impôts ont été imputés a posteriori sur le compte de taxation de l'époux sur une autre base juridique peut rester ouverte, dès lors qu'elle sort du cadre de la présente procédure. Il n'y a pas non plus lieu d'examiner si, et le cas échéant de quelle manière, les dettes d'impôts devaient être prises en considération dans la liquidation du régime matrimonial, les parties ne soulevant aucun grief en lien avec ce point. Partant, ce grief doit être rejeté.