Citation: 5A_444/2007 24.01.2008 E. 4

Le recourant reproche à la juridiction précédente d'avoir falsifié ou mal interprété ses revenus passés et actuels pour refuser la modification des pensions. 4.1 Selon la décision entreprise, au moment du divorce, le revenu net de l'intéressé s'élevait, après diverses déductions, à 7'320 fr. par mois, somme à laquelle s'ajoutait une indemnité de non-résidence (977 fr.); déduction faite de ses charges (4'800 fr.) et des pensions payées pour les enfants (2'600 fr.), il lui restait encore un disponible de 1'000 fr. par mois. Actuellement (i.e. en 2005), son revenu net est de 4'035 euros, impôts déduits, à savoir environ 6'170 fr. par mois; les charges - non contestées - sont de l'ordre de 2'150 fr. par mois. Il n'y a pas lieu de tenir compte des paiements relatifs à une «Riesterrente», dès lors que, comme l'a relevé le premier juge, le recourant n'a pas établi qu'il verse réellement ces montants, ni même quelle est la nature de cette assurance. Ainsi, le solde mensuel disponible est d'environ 4'000 fr.; comme les pensions indexées pour ses enfants s'élèvent à 3'000 fr. par mois, ce solde représente encore 1'000 fr. par mois, comme au moment du divorce; au demeurant, le montant des contributions alimentaires n'est pas disproportionné aux besoins des enfants. Lors de la fixation des contributions, le recourant savait que l'indemnité versée par le CERN n'était pas assurée; il a toutefois retrouvé une activité qui, compte tenu de ses charges, le place dans une situation financière comparable à celle qui prévalait à l'époque du divorce. En définitive, il n'y a pas lieu de modifier les contributions d'entretien. 4.2 Le recourant expose qu'il a travaillé au CERN pour un salaire net de 9'500 fr. jusqu'au 31 mars 2000; depuis le 1er avril 2000, il travaille dans l'Union européenne pour un salaire qui était au départ d'environ 4'530 fr. par mois et se monte aujourd'hui à 6'000 fr. par mois. Malgré la preuve de cette diminution le Tribunal civil de Boudry l'a débouté de sa demande par le motif que ses revenus n'avaient pas changé d'une façon significative; il lui reproche d'avoir pris en considération l'une de ses déclarations concernant l'allocation de non-résident et d'en avoir déduit que, en cas de poursuite de son engagement au CERN, il aurait subi une diminution de salaire de plus de 1'000 fr., alors qu'une telle réduction aurait été au maximum de 40 fr. L'autorité précédente s'est ralliée à l'argumentation du premier juge et a complètement ignoré ses griefs. Ces deux juridictions parviennent ainsi, par une «manipulation trompeuse», au résultat absurde qu'il aurait eu un solde disponible de 1'000 fr. au moment du divorce, à savoir un montant qui correspond à celui dont il bénéficie actuellement. 4.3 Le recourant n'a pas compris l'arrêt attaqué. L'autorité cantonale a bien constaté que son revenu actuel est de 6'170 fr. ou - comme il le soutient - d'environ 6'000 fr. par mois. Elle a toutefois considéré que, compte tenu de la diminution de ses charges (i.e. 2'150 fr.) par rapport à celles (plus élevées) qu'il avait au moment du divorce, sa situation ne s'était pas détériorée, puisque, toutes charges et pensions pour les enfants payées, il lui restait encore environ 1'000 fr. par mois comme à l'époque du divorce. La cour cantonale a déduit du salaire au moment du divorce la somme de 977 fr. correspondant à l'indemnité de non-résidence, estimant que le demandeur devait s'attendre à la voir disparaître, selon ses propres déclarations lors du divorce, ou, à tout le moins, il ne pouvait être certain de la voir perdurer. Le recourant objecte, en se référant à la pièce n° 7 annexée à son recours, que l'autorité précédente ne pouvait pas déduire 1'000 fr., alors qu'il ne s'agirait que de 40 fr. Outre que cette conclusion chiffrée ne résulte pas clairement de la pièce produite - qui paraît, au demeurant, nouvelle (art. 99 al. 1 LTF) -, il ne démontre pas en quoi la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire en se fondant sur ses propres déclarations au moment du divorce pour admettre ce fait; il ne s'en prend pas davantage au second motif selon lequel il ne pouvait être certain que cette indemnité perdure (cf. ATF 133 IV 119). Il ne remet pas non plus en question la quotité des pensions par rapport aux besoins des enfants qui sont en formation. Il s'ensuit que son grief est irrecevable.