Citation: I 546/06 16.07.2007 E. 5

M.________ est atteint de surdité bilatérale congénitale sévère et d'hyperactivité. Au bénéfice de prothèses acoustiques ainsi que d'un traitement de logopédie et psychomotricité, il a présenté une amélioration remarquable au niveau du langage, de l'écoute, de son comportement ainsi que de son intégration sociale. Sur le plan de la compréhension, il a rattrapé son décalage par rapport aux autres enfants de son âge et il s'exprime avec facilité devant le groupe. En outre, la prise de ritaline a permis d'augmenter sa concentration en classe et M.________ s'avère aujourd'hui à même de bien suivre les apprentissages scolaires (rapports des 1er décembre 2005, 5 décembre 2003, 22 juillet 2002 et 26 décembre 2001 de C.________ [logopédiste], 6 janvier 2004, 8 avril 2003 et 22 juillet 2002 du docteur H.________ [médecin auprès de la Divison de pédo-audiologie des Hôpitaux Universitaires Z.________], courrier du 23 juillet 2002 de N.________ [membre de direction de la Crèche Y.________]). Cela étant, M.________ demeure un enfant turbulent. En particulier, lorsqu'il souhaite entrer en contact avec un autre enfant, il présente encore la tendance de lui taper sur l'épaule plutôt que de l'appeler. Angoissé à l'idée de ne pas être le premier, il bouscule tout sur son passage, dérangeant de fait le bon ordre de la classe. Compte tenu d'une vitalité qui demeure ainsi importante, il nécessite une surveillance permanente et un encadrement qui lui fixe des limites strictes (procès-verbal de comparution personnelle et d'enquête du 4 mai 2006 et certificat médical du 16 février 2006 du docteur V.________ [médecin traitant, spécialiste en pédiatrie]; rapport du 1er décembre 2005 de C.________). Pour autant, l'état de santé de M.________ ne saurait justifier la prise en charge par l'assurance-invalidité des frais de transport excédant ceux déjà consentis dans la décision sur opposition litigieuse. Les affections dont celui-ci souffre ne l'empêchent pas en soi de se déplacer au moyen des transports en commun ou par véhicule privé. Il en irait autrement s'il présentait un handicap qui rendait à tout le moins difficile l'utilisation de ces moyens de transport, ce qui pourrait être le cas s'il était incapable de se mouvoir par ses propres forces ou s'il souffrait de troubles mentaux ne lui permettant pas de mémoriser le trajet à effectuer. Même s'il exige une surveillance étroite et permanente, l'état de santé et notamment son incidence sur le comportement de l'assuré ne s'avèrent pas incompatibles avec l'intégration de ce dernier à l'école publique où il suit l'enseignement scolaire régulier. En particulier, il ne ressort pas du dossier que M.________ perturbe la classe à tel point que l'institutrice ne parvient pas à en assurer le bon déroulement et à y dispenser un enseignement adéquat sans le soutien d'un assistant. Dès lors que les troubles en cause n'exigent pas l'intégration en classe spéciale de l'assuré, on ne voit pas qu'en revanche ils requièrent son transport par le biais de services spécialisés, au motif qu'un accompagnateur - sauf à manquer d'engagement ou d'autorité ce qui ne relève pas de l'assurance-invalidité - ne parviendrait pas à garantir sa sécurité lors de déplacements en transports publics. D'ailleurs, lorsque le docteur V.________ laisse entendre que la sécurité de M.________ nécessite une surveillance étroite voire ferme, ce médecin n'exclut nullement pour autant la possibilité qu'il utilise les transports en commun (procès-verbal de comparution personnelle et d'enquête du 4 mai 2006 et certificat médical du 16 février 2006). Au contraire et dans un esprit de pédagogie curative, il convient de favoriser l'intégration la plus étendue possible de M.________, notamment en l'écartant des milieux protégés autant que faire se peut (sur ce point voir arrêt du 29 août 1969 en la cause N. [I 86/69], RCC 1970 p. 157). Au reste, la Cour de céans se rallie aux premiers juges selon lesquels l'incompatibilité de l'horaire scolaire avec celui des transports en commun ne relève pas de l'assurance-invalidité. Il y a lieu d'ajouter qu'il n'est pas déraisonnable d'imposer à l'assuré un trajet de quarante cinq minutes, cela d'autant moins qu'il n'est pas inhabituel que des enfants en âge scolaire soient tenus en raison de l'éloignement de leur domicile d'effectuer quotidiennement de tels trajets pour rejoindre leur école.