Citation: 6B_596/2014 E. B

Par jugement du 9 avril 2014, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté l'appel du Ministère public vaudois et l'appel joint de A.________. En résumé, elle a retenu les faits suivants: B.a. A.________ et B.________ se connaissaient depuis plusieurs années. Du 1er mars 2011 au 29 février 2012, ils ont exploité un salon de massage, à U.________, dans un appartement situé dans l'immeuble où B.________ et son épouse D.________ avaient leur domicile. A.________ est intervenu en faveur de B.________ en lui cédant une créance de 60'000 fr. provenant de son deuxième pilier. Au mois d'avril ou mai 2011, il a demandé à B.________ - qui a accepté - d'immatriculer à son nom un voilier lui appartenant, dans le but d'éviter que le voilier ne soit saisi dans le cadre de poursuites dirigées contre lui, étant précisé que des actes de défaut de biens avaient été délivrés à son encontre. B.b. Depuis le mois de février 2012, A.________ était en litige avec B.________, principalement au sujet du salon de massage, et pensait soit lui tirer dessus, soit mettre le feu à sa maison. Il a décidé de passer à l'acte le 17 avril 2012, après avoir appris la décision unilatérale de B.________ d'annuler le permis de circulation de son voilier. Le 17 avril 2012, A.________ s'est d'abord arrêté à son garde-meuble de V.________ pour y récupérer une carabine Winchester 22 long rifle et de la munition. Il a ensuite fait halte dans une station-service à W.________ où il a acheté un estagnon d'essence d'une contenance de 5 litres, ainsi que trois bouteilles de vin. Sur le chemin en direction du domicile de B.________, à U.________, il s'est arrêté dans une forêt où il a vidé le contenu des bouteilles de vin avant de les remplir d'essence pour confectionner des bouteilles incendiaires. Il a également testé le bon fonctionnement de son fusil dans la forêt en tirant un coup de feu. A.________ est arrivé en début d'après-midi à U.________. Il est entré dans le logis de B.________ avec sa carabine et a attendu l'arrivée du propriétaire des lieux. Constatant qu'il n'arrivait pas, A.________ est ressorti, a déposé son arme dans son véhicule et a patienté. Un peu plus tard, A.________ a entendu que B.________ se trouvait dans la maison. Il y est retourné, sans sa carabine mais avec les bouteilles incendiaires, qu'il avait dissimulées dans un sac. Il a rencontré B.________ et lui a fait part de son mécontentement au sujet du permis du bateau. Une brève discussion s'en est suivie avant que B.________ ne quitte les lieux pour se rendre à un rendez-vous. A.________ est resté sur place. Il a tenté de mettre le feu à la maison, en allumant, puis en lançant les bouteilles incendiaires. Comme le feu n'a pas pris, il a quitté les lieux. Il y est retourné à deux reprises, d'abord vers 22h00, puis vers minuit, avec l'intention de bouter le feu à la maison. Dérangé par le fait qu'il y avait encore du monde sur la route et pour éviter d'être repéré, il a renoncé les deux fois à passer à l'acte et a patienté jusqu'au moment propice. Finalement, vers 2h00 du matin, le 18 avril 2012, A.________ s'est introduit dans la maison des époux B.________ et D.________, qu'il savait être chez eux, en fracturant un carreau de la porte du corridor au moyen d'une " clé en croix ", son estagnon d'essence de 5 litres à la main. Il a ensuite brisé une fenêtre qui donnait sur une grange mitoyenne de la partie habitation, puis a versé l'essence provenant du jerrican sur du bois et des cartons qui s'y trouvaient. Il y a mis le feu. Le feu est parti du rural et s'est ensuite propagé à la façade en bois, à la toiture, ainsi qu'aux autres parties de l'habitation, dégageant au passage une importante fumée. Après avoir pris la fuite avec sa voiture, en laissant sur place son estagnon d'essence, A.________ s'est rendu au port de T.________ pour couler son bateau, en faisant un trou dans la coque avec une perceuse. Réveillé par des crépitements et par l'odeur de la fumée, B.________ est parvenu à s'extraire de l'habitation en flammes par une fenêtre du rez-de-chaussée. D.________, vraisemblablement assoupie dans sa chambre sise au premier étage, n'a pas donné de signe de vie, malgré les appels et vaines tentatives de sauvetage de son époux. Elle a été découverte inanimée dans son lit et a été secourue par le personnel du service de secours et incendie de R.________. Gravement intoxiquée par la fumée, elle a été conduite en urgence au CHUV, avant d'être acheminée dans un état critique aux HUG, où elle est décédée le 20 avril 2012. B.________ a pour sa part été légèrement incommodé par la fumée.