Citation: 8C_612/2023 E. 6

En l'occurrence, il est établi que l'opération a été préconisée dans le cadre du traitement médical pris en charge par l'intimée pour les suites de l'accident assuré. Ce qui est ici déterminant, sous l'angle de l'art. 6 al. 3 LAA, c'est de pouvoir imputer la symptomatologie douloureuse lombaire dont se plaint le recourant à l'intervention du 12 octobre 2018. Dans ce contexte, le point de savoir s'il était indiqué de pratiquer l'opération du 12 octobre 2018 n'est pas pertinent (cf. arrêt 8C_171/2023 précité consid. 6.4). En effet, que ce fût le cas ou non, l'intimée est tenue, sur le principe, de prendre en charge les lésions causées par le traitement médical de l'accident assuré. Or, la majeure partie de l'argumentation du recourant consiste à remettre en cause l'indication de l'opération, voire son propre consentement à s'y soumettre, sans discuter des (supposées) lésions causées par l'intervention. Au demeurant, son argumentation repose essentiellement sur de simples allégations, sans référence à des pièces précises, comme lorsqu'il affirme que le docteur D.________ aurait indiqué qu'il n'y avait pas eu d'accident antérieur ou lorsqu'il semble soutenir que l'intimée l'aurait poussé à s'y soumettre contre son gré. Le pouvoir d'examen élargi du Tribunal fédéral, au sens de l'art. 105 al. 3 LTF (cf. consid. 2.2 supra), ne signifie toutefois pas que le recourant peut se limiter à opposer sa version des faits et son appréciation des preuves à celles des premiers juges sans motivation circonstanciée et sans étayer ses allégations (cf. art. 42 al. 1 et 2 LTF; cf. arrêt 8C_809/2016 du 5 avril 2017 consid. 3.2.1 et 3.2.2). Quoi qu'il en soit, les premiers juges pouvaient renoncer, sans violer le droit d'être entendu du recourant ou les dispositions qu'il cite (art. 6, 10, 19 LAA et art. 61 LPGA), à toute mesure d'instruction complémentaire destinée à examiner le caractère indiqué de l'opération du 12 octobre 2018, dès lors qu'ils ont retenu que les troubles persistants au-delà du mois de juillet 2019 n'étaient pas dû à cette intervention, ni davantage à l'accident du 17 janvier 2018. Pour le reste, en soutenant qu'il est incontesté que l'opération a provoqué une fibrose ayant entraîné une symptomatologie douloureuse ou encore que son état de santé s'est immédiatement aggravé après l'intervention, le recourant ne convainc pas. L'expertise judiciaire a précisément été ordonnée parce que l'origine des plaintes faisait l'objet d'avis divergents (cf. ordonnance d'expertise du 15 juin 2021 p. 16). De surcroît, le docteur E.________ a conclu, au regard de l'IRM de la colonne lombaire du 11 avril 2019, que l'on se trouvait plus "en processus d'une cicatrice post-opératoire à six mois plutôt que d'une réelle fibrose péri-radiculaire qui occasionnerait un effet de masse ou de compression" et qu'en tout cas, le syndrome vertébral lombaire n'était pas en lien avec les suites de l'intervention (rapport d'expertise du 24 février 2022, réponses aux questions de la Chambres des assurances sociales, p. 3 s.). Enfin, on ne voit, dans l'argumentation du recours, aucun motif impérieux qui aurait dû conduire les juges cantonaux à s'écarter de l'expertise judiciaire.