Citation: 7B_885/2023 E. 3.3

3.3. En l'espèce, le TPF a rappelé les arguments avancés par le MPC dans sa requête de prolongation du 12 septembre 2023. Il en ressortait, en substance, que lors de l'audition du 31 août 2023, la plaignante s'était exprimée sur les nouveaux éléments à propos desquels le recourant souhaitait qu'elle soit entendue, soit 14 points, et sur la contradiction entre certains d'entre eux et les violences reprochées au recourant. La plaignante avait notamment admis l'envoi de photos à caractère sexuel au recourant, ses initiatives pour reprendre contact avec celui-ci et son désir d'avoir un enfant avec lui en 2014. Elle avait justifié ces éléments notamment par la dépendance affective dans laquelle elle se trouvait vis-à-vis du recourant et l'ambivalence de leur relation, indiquant que "tout s'était mélangé dans sa tête, s'était contredit et les perspectives étaient fausses, avec, toutefois, des moments de lucidité, mais également de déni". Le MPC revenait ensuite sur un complément d'expertise psychiatrique daté du 12 juin 2023 dont il avait considéré qu'il n'apportait pas de modifications aux conclusions émises dans un rapport du 13 mars 2023. Il dressait également un état de l'avancement de l'enquête s'agissant des autres infractions objet de l'instruction, soit l'instigation au faux témoignage (art. 307 al. 1 CP cum 24 CP), l'enregistrement non autorisé de conversations (art. 179ter CP), la représentation de la violence (art. 135 al. 1 et 1bis CP) et la pornographie (art. 197 al. 4 CP), les crimes ou délits dans la faillite (art. 163 ss CP) ainsi que les infractions à la loi sur la circulation routière (LCR) et celle de séjour illégal (art. 115 LEtr). L'autorité précédente a ensuite relevé que dans son ordonnance du 20 septembre 2023, le TMC-BE, à l'instar du MPC dont il avait repris par renvoi la motivation, avait retenu qu'à la suite des auditions du recourant et de la plaignante, les soupçons d'infraction - de viol - existants demeuraient suffisants au maintien en détention du recourant. Après s'être également référée aux développements du Tribunal fédéral dans son arrêt du 6 septembre 2023, l'autorité précédente a fait sienne l'appréciation du TMC-BE selon laquelle les différents éléments de l'audition de la plaignante du 31 août 2023 ne permettaient pas d'invalider les précédentes déclarations de celle-ci. La plaignante s'était exprimée sur les nouveaux éléments à propos desquels le recourant souhaitait qu'elle fût entendue. Ces nouveaux éléments ne permettaient pas d'infirmer les soupçons d'infractions de viol existants. La juridiction précédente a constaté que le TMC-BE était parvenu à cette conclusion en prenant également en considération les déclarations du recourant lors de son audition du 29 août 2023, dont il avait considéré la crédibilité "toujours très mauvaise", alors que les explications données par la plaignante lors de son audition du 31 août 2023 ne paraissaient pas, dans l'ensemble, invraisemblables ou infondées. L'autorité précédente a par ailleurs considéré que l'argumentation du MPC relative aux soupçons suffisants avait bien été étayée. Celui-ci avait tenu compte, en particulier, des résultats des dernières auditions du recourant et de la plaignante, conformément aux réquisits du Tribunal fédéral. Le TPF a ainsi retenu que les indices de culpabilité existants s'agissant des violences physiques et sexuelles et la présence d'autres soupçons d'infractions apparaissaient, en l'état, suffisants pour maintenir le recourant en détention. Il a également souligné que le rapport d'expertise psychiatrique du 13 mars 2023 mentionnait la tendance manipulatoire et dominatrice du recourant et a relevé que les soupçons devraient également être appréciés le moment venu à l'aune des conclusions du rapport d'expertise psychiatrique complété du recourant. Le TPF a enfin rappelé qu'il appartenait au juge du fond - et non à celui de la détention - de faire une appréciation complète des éléments à charge et à décharge.