Citation: 6B_729/2008 08.06.2009 E. A

Par arrêt du 22 février 2008, la Cour correctionnelle sans jury du canton de Genève a condamné X.________ à une peine privative de liberté de deux ans avec sursis pendant cinq ans pour contrainte sexuelle et actes d'ordre sexuel avec un enfant. Ce jugement repose en résumé sur l'état de fait suivant. A.a Le 21 février 2005, A.________ a porté plainte contre inconnu pour abus sexuels commis sur sa fille Y.________, née le 24 avril 1997. Selon les indications livrées par l'enfant à la police judiciaire, "Papa X.________", compagnon de sa mère, est venu la chercher plusieurs fois dans son lit pour l'emmener dans celui du couple. Il lui a alors touché la "poubigne" (expression portugaise désignant le sexe) en effectuant des mouvements circulaires du doigt dont l'ongle "rentrait et lui faisait mal". Il a aussi mis son "zizi" sur sa "poubigne" et "quelque chose d'un peu blanc et collant" en est sorti. Enfin, il lui a fait des "bisous" sur la bouche. Mimant les faits, Y.________ s'est mise à quatre pattes et, imitant quelques mouvements de va-et-vient, a indiqué que "Papa X.________ mettait son zizi par-derrière et il sortait par-devant". Elle s'est en outre souvenue qu'à une reprise, elle avait été réveillée par "Papa X.________" qui, après l'avoir rejointe dans son lit, effectuait des mouvements de va-et-vient au-dessus d'elle; il avait alors heurté le plafond avec la tête, ce qui l'avait fait rire. A.b X.________ a nié les faits, affirmant que ces accusations avaient été induites par sa belle-mère, B.________, qui ne l'appréciait pas et qui n'avait cessé de mettre sa fille en garde contre lui. A.c Le 3 mars 2005, Y.________ a avoué à sa maman avoir dit "un gros mensonge", que "Papa X.________" n'avait pas abusé d'elle. Entendue une seconde fois par la police judiciaire, l'enfant a déclaré avoir dit un peu la vérité et un peu un mensonge, sans toutefois pouvoir distinguer le vrai du faux. Elle s'était sentie obligée de mentir en raison des questions persistantes de sa grand-maman. Selon un rapport établi le 7 mars 2005 par les médecins du Département de pédiatrie de l'hôpital cantonal, Y.________ présentait, à la suite de sa rétractation, un important conflit de loyauté entre les différents adultes qui l'entouraient. Aux termes de l'expertise de crédibilité qui a été ordonnée consécutivement, les déclarations initiales de Y.________ apparaissaient crédibles à hauteur de plus ou moins 80%.