Citation: I 554/06 21.08.2006 E. 5

5.1 En l'occurrence, c'est en vue d'élucider les divergences sur la capacité de travail du recourant, issues des rapports médicaux du docteur K.________ (rapport du 21 octobre 2004) et de son confrère P.________ (avis du 31 mai 2005), que l'administration a mandaté l'expert R.________. Dans le cadre de son expertise du 13 octobre 2005, ce spécialiste a analysé les documents médicaux figurant au dossier, examiné l'assuré et procédé à des examens complémentaires (électrocardiogramme de repos, échocardiographie, ergométrie). Sur cette base, il a posé le diagnostic de status après opération de Bentall pour bicuspidie aortique modérée et anévrisme de l'aorte ascendante le 9 juin 2004 avec ectasie résiduelle de l'aorte au niveau de la crosse aortique, hypertension artérielle et état anxieux. Il a en particulier indiqué que depuis l'opération, l'évolution de l'état de santé du recourant était favorable. Il présentait toutefois encore des limitations tant physique que psychique. Ainsi, l'ectasie de la crosse aortique lui faisait courir un risque de dissection artérielle, si bien qu'il devait entreprendre un traitement optimal de l'hypertension artérielle et éviter les efforts isométriques et en particulier le port de charges supérieures à 10 kilos. Quant à l'état anxieux réactionnel, il était surtout occasionné par les inquiétudes liées à la reprise d'une activité lourde pouvant nuire à l'intervention chirurgicale subie. Cela étant, ce médecin a estimé que le recourant était en mesure d'exercer son métier de monteur en chauffage à mi-temps. Sa capacité de travail pouvait toutefois s'améliorer - et atteindre 75 % d'un temps complet - grâce à un programme de réadaptation cardio-vasculaire et dans la mesure où il évitait les travaux lourds impliquant le port de charges supérieures à 10 kilos. En revanche, dans une activité adaptée à son handicap, elle était entière. De l'avis de l'expert, il était cependant préférable de laisser l'intéressé exercer sa profession de monteur en chauffage en l'adaptant à ses limitations plutôt que de le réadapter; ce dernier étant âgé de 58 ans et ayant exercé cette profession durant quarante ans. 5.2 A l'instar des premiers juges, il y a lieu de reconnaître pleine valeur probante à l'expertise du docteur R.________ du 13 octobre 2005, dès lors qu'elle répond aux réquisits posés par la jurisprudence en la matière (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). On relèvera que ce spécialiste a estimé qu'un programme de réadaptation cardio-vasculaire en endurance permettrait d'améliorer la capacité de travail du recourant. Mais il se référait alors à l'activité de monteur en chauffage et non à une activité plus légère, adaptée à ses limitations fonctionnelles. Quant au traitement anti-hypertenseur également mentionné dans l'expertise, on ne voit pas en quoi il empêcherait la reprise d'une activité à temps complet. Aussi, doit-on déduire de cette expertise que le recourant est en mesure de travailler à plein temps dans une activité évitant les efforts isométriques et le port de charges supérieures à 10 kilos. L'appréciation antérieure du docteur P.________ (avis du 31 mai 2005) n'est pas propre à mettre en doute les conclusions convaincantes et motivées de son confrère R.________, dès lors d'une part que l'état de santé de l'intéressé a évolué favorablement depuis l'intervention chirurgicale. D'autre part, cet avis, très succinctement motivé, manque de crédibilité lorsque ce médecin considère qu'il n'y a pas d'activité simple et répétitive adaptée au handicap de son patient alors même que la poursuite de son travail de monteur en chauffage à temps partiel serait possible. 5.3 La juridiction cantonale a en outre exposé de manière pertinente les motifs qui l'ont conduit à retenir que les pièces médicales versées au dossier lui permettaient de statuer en pleine connaissance de cause sur le présent litige. Aussi, le recourant est-il renvoyé aux considérants du jugement entrepris sur ce point. La mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique complémentaire s'avérant ainsi superflue, les premiers juges pouvaient donc s'en dispenser par appréciation anticipée des preuves (cf. ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 consid. 3c, 120 Ib 229 consid. 2b, 119 V 344 consid. 3c et la référence).