Citation: 8C_268/2021 E. 4.2.1

4.2.1. Dans son argumentation, la recourante se contente d'affirmer qu'un abattement dans le cas d'une personne borgne ne se justifierait pas dès lors qu'il existe suffisamment d'activités sur le marché du travail dans lesquelles l'intimé pourrait travailler sans diminution de revenu, en comparaison avec d'autres personnes actives non atteintes dans leur santé. Dans l'arrêt U 343/04 du 10 août 2005 auquel se réfère la recourante, il s'agissait d'un jeune assuré (35 ans) qui, mis à part les activités nécessitant une vision stéréoscopique ainsi que celles impliquant de monter sur des échafaudages, n'était pas limité dans l'exercice d'une activité adaptée. On ne voit pas, contrairement à ce qu'affirme la recourante, que cet arrêt résume la jurisprudence en matière d'abattement dans le cas d'une personne borgne. Le Tribunal fédéral a par exemple confirmé, dans un arrêt U 233/06 du 2 février 2007, un abattement de 15 % retenu par la juridiction cantonale dans le cas d'un assuré présentant une situation très similaire avec la présente cause (perte de son oeil gauche à la suite d'un accident; activité adaptée encore exigible à 100 %). Quant à l'arrêt U 471/05 du 15 mars 2006 également cité par la recourante, un abattement de 10 % avait été admis en présence d'un assuré borgne, mais dont l'oeil sain était également atteint d'un strabisme divergent limitant fortement l'usage d'un écran d'ordinateur ou encore le travail de nuit.