Citation: 4A_586/2019 E. A

A.a. Au cours de l'année 2006, A.________ (ci-après: le recourant), B.________ (ci-après: l'intimé 1), G.________ et E.________ ont fait l'acquisition de la société F.________ SA (ci-après: la société). Le siège de cette société, dont le but consiste en la détention de participations dans des sociétés ainsi que l'acquisition et l'administration de biens immobiliers, se situe à U.________. C.________ (ci-après: l'intimé 2) et D.________ (ci-après: l'intimée 3) sont les enfants de G.________. Ils ont hérité des actions de ce dernier dans la société au moment de son décès en 2013. A.b. Au moment de l'acquisition de la société, les quatre acquéreurs ont conclu une convention d'actionnaires visant selon son préambule à assurer la pérennité de la société et à régler les rapports réciproques des actionnaires. A.b.a. Les art. 4, 12, 15 et 16 de cette convention datée du 18 décembre 2006 ont la teneur suivante: " Article 4 Activité conjointe et solidaire des actionnaires Les actionnaires agissent conjointement et solidairement pour tout ce qui a trait à l'activité de la société. [...] Tous travaux ou engagements inférieur [sic] à CHF 25'000.- par appartement seront signés collectivement à deux. Au-delà de ce seuil il sera nécessaire de réunir la signature des quatre actionnaires." " Article 10 Valeur de l'action La valeur de l'action est déterminée d'une année à l'autre sur la base des comptes du 31 décembre, selon le critère suivant: Etat locatif de l'année précédent [sic] la transaction capitalisé à 7% Moins les dettes au bilan divisé par le nombre d'actions (425676+298572) / (8850000+1500000) %=6.997565 arrondi à 7 Exemple de formule au jour d'acquisition ( (425676 + 298572) /7%/8'850'000/100 Ce taux correspond au rendement brut ressortant du prix d'achat en regard de l'état locatif au 25 septembre 2006. [...] " " Article 12 Exclusion d'un associé En cas de comportement préjudiciable d'un associé envers la société, tant à titre privé que professionnel, celui-ci peut être exclu du syndicat et de la société par les autres associés. Il en va de même pour toute omission, faute, manquement, entrave à la bonne marche des affaires envers les associés, de nature grave et intentionnelle, ou de négligences répétées. L'actionnaire exclu doit céder, donner ou vendre ses actions, conformément aux articles 6 et 7. Le prix est fixé conformément à la présente Convention, avec une pénalité de 40% de la valeur, ne comprenant pas d'éventuels dommages-intérêts supplémentaires. Le paiement du prix correspondant à la cession d'actions sera effectué dans un délai de 180 jours après le trimestre suivant l'exclusion. " " Article 15 Confidentialité Tous les Associés s'engagent sur l'honneur à conserver les informations qu'ils détiennent sur la Société et son activité de manière confidentielle. Tout manquement à ce devoir de la part d'un Associé pourra se voir sanctionner selon l'article 12 de la présente Convention. " " Article 16 Règlement des différends Tout différend ou litige découlant de la présente Convention, de son interprétation, de son exécution ou de son inexécution qui ne pourra être réglé à l'amiable dans un délai raisonnable sera soumis à U.________ à un arbitre unique, droit suisse applicable. " A.b.b. Selon l'art. 14 de la convention, toute modification est soumise à l'approbation unanime des actionnaires et devra faire l'objet d'un avenant écrit. Depuis son adoption, la convention n'a fait l'objet d'aucun avenant écrit au sens de cet article. Nonobstant l'art. 11 de la convention, auquel il est notamment prévu que les héritiers d'un actionnaire décédé adhèrent à la convention, l'intimé 2 et l'intimée 3 n'ont jamais signé le pacte d'actionnaire après avoir hérité des actions de leur père G.________. A.c. Entre 2011 et 2013, puis entre 2015 et 2017, la société a entrepris d'importants travaux immobiliers permettant la création d'appartements supplémentaires. Au cours de ces travaux, il est apparu que E.________, dont l'entreprise faisait partie de celles mandatées, avait détourné à son profit des sommes considérables et surfacturé des travaux effectués, occasionnant à la société un important préjudice. Lors d'une assemblée générale extraordinaire convoquée en raison de ces faits, E.________ s'est notamment engagé à rembourser la totalité de sa dette et à céder ses actions à la société pour la somme de 541'000 fr. en cas de non-remboursement. Il a été destitué de toutes ses fonctions. N'ayant pas remboursé sa dette à l'égard de la société à l'échéance convenue, la société a acquis ses actions pour le montant convenu de 541'000 fr., calculé selon l'art. 10 de la convention d'actionnaires, sans toutefois faire application de la pénalité de 40% prévue à l'art. 12 al. 3. E.________ s'est engagé à rembourser le solde par le versement de mensualités à compter du 1er décembre 2012. Lors de l'assemblée générale du 11 mars 2014, il a été décidé à l'unanimité de procéder au rachat des 25 actions de E.________, à raison de 9 actions pour l'intimé 1, 8 actions pour le recourant et 8 actions pour l'intimé 2. Le 27 mars 2017, les statuts de la société ont été modifiés en ce sens que le capital-actions a été divisé en 200 actions de 500 fr., 66 d'entre elles étant détenues par le recourant, 68 par l'intimé 1, 33 par l'intimé 2, et 33 par l'intimée 3. Après que l'administration fiscale n'a pas validé le prix convenu de 541'000 fr., les actionnaires se sont finalement acquittés de la valeur nominale d'une partie des actions de E.________. A.d. Dès son achat en 2006, la société a été administrée par E.________ et l'intimé 1. Après que E.________ a été destitué de ses fonctions pour les raisons susmentionnées en 2012, il a été remplacé par le recourant. Lors de l'assemblée générale extraordinaire du 11 décembre 2014, il a été décidé - suite à la proposition formulée par l'intimé 1 lors d'une précédente assemblée générale - que le recourant soit remplacé par l'intimé 2 au sein du conseil d'administration. Le recourant n'a jamais perçu de rémunération pour son activité d'administrateur. Les intimés 1 et 2 ont en revanche perçu et continuent de percevoir à ce jour une rémunération annuelle de 10'000 fr. chacun. A.e. Suite à la convocation aux assemblées générales relatives aux exercices 2014 et 2015 devant se tenir le 30 juin 2016, le recourant a adressé 27 questions à la société portant sur ces deux exercices et sollicité la production de plusieurs documents regroupés en 9 rubriques. Les comptes relatifs aux exercices 2014 et 2015 ont été approuvés à la majorité des voix, le recourant s'y opposant. Par courrier de son conseil, la société a adressé au recourant les procès-verbaux des deux assemblées générales ainsi qu'un classeur contenant prétendument les documents sollicités. L'assemblée générale relative à l'exercice 2016 s'est tenue le 15 juin 2017. Les comptes de l'année 2016 ont été approuvés, le recourant s'y opposant. À l'issue de la séance, le recourant a sollicité par la voix de son conseil la production du grand livre, requête à laquelle la société a accédé par e-mail du 11 juillet 2017. Par courrier de son conseil du 30 août 2017, le recourant a notamment sollicité la production de pièces justificatives relatives à des débits pour des montants supérieurs à 25'000 fr., invoquant la teneur de l'art. 4 al. 3 de la convention d'actionnaires. Les intimés ont refusé de donner suite à cette requête, jugée chicanière, exposant que les associés avaient renoncé dès la reprise de la société à l'application de cette disposition de la convention, optant pour un système de signature collective à deux. Le recourant a contesté cette version dans un courrier subséquent. A.f. Le 5 décembre 2016, l'intimé 1 a été contacté par courrier électronique par un courtier immobilier de la place ayant été informé par des tiers que la société était à la recherche d'acquéreurs pour ses immeubles. D'autres e-mails échangés avec différents courtiers, comprenant notamment l'état locatif détaillé des immeubles, étaient joints à ce courriel. À la suite d'investigations, l'intimé 1 s'est forgé la conviction que le recourant était à l'origine de la divulgation de ces informations confidentielles et en a fait part aux intimés 2 et 3. Par courrier du 8 novembre 2017, il a convoqué les autres actionnaires à une assemblée générale pour le 15 novembre 2017, invoquant la violation par le recourant de la clause de confidentialité consacrée à l'art. 15 de la convention d'actionnaires et proposant son exclusion en application de l'art. 12 de cette convention. Au cours de l'assemblée générale, l'intimé 1 a fait état de sa conviction selon laquelle les documents litigieux n'avaient pu être transmis à des tiers que par le recourant, dont les demandes de renseignements avaient pour unique but la constitution d'un dossier en violation de son obligation de confidentialité. Les trois intimés ont par la suite voté pour l'exclusion du recourant du syndicat d'actionnaires, invitation étant faite au réviseur de déterminer la valeur des actions détenues par le recourant en application des art. 10 et 12 et la convention. Par courrier de son conseil du 30 novembre 2017, le recourant a contesté son exclusion. Par la suite, la société a réfuté les contestations du recourant et invité celui-ci à lui remettre ses actions contre la remise du montant de 169'171.20 fr. correspondant à la valeur calculée selon les art. 10 et 12 de la convention. Ladite valeur n'a pas été déterminée au 31 décembre 2016, ce qui aurait abouti à une valorisation négative, mais au 30 septembre 2017 et en tenant compte de la pénalité de 40% stipulée à l'art. 12 de la convention. Le recourant a opposé une fin de non-recevoir à la requête de la société en remise de ses actions.