Citation: 9C_475/2020 E. 5

Le docteur B.________ a attesté l'existence d'un nouvel épisode dépressif sévère depuis janvier 2018, dans le cadre d'un trouble dépressif récurrent (cf. expertise du 12 novembre 2018, p. 9), ainsi qu'une incapacité totale de travail depuis janvier 2018 en raison des limitations fonctionnelles psychiatriques significatives objectivables (cf. rapport du 8 juin 2018, p. 39). Avec les premiers juges, on doit admettre qu'il s'agit-là d'une nouvelle appréciation de la situation par le docteur B.________, laquelle se trouve partiellement en contradiction avec celle du docteur C.________. En effet, si le prénommé avait attesté un épisode dépressif de gravité légère en 2017 (cf. jugement attaqué, consid. 3.2 p. 6), son confrère B.________ a laissé entendre qu'il ne partageait pas cette approche de la sévérité de l'atteinte à la même époque: "Par contre, nous n'avons aucun élément objectif nous permettant de comprendre l'attitude des psychiatres traitants de ne pas retenir les améliorations de 2012 et 2017, ni l'attitude du Docteur C.________ de ne pas retenir l'existence d'épisodes dépressifs plus sévères que l'épisode dépressif léger (...) " (cf. rapport du 9 février 2018, p. 36). Par ailleurs, les divergences de vues semblent aussi porter sur l'évaluation de la capacité de travail, dès lors que le docteur B.________ a mentionné une incapacité depuis 2008 (p. 1 du même rapport), en omettant de rappeler qu'elle n'était plus objectivable à partir de l'année suivante (cf. arrêt 9C_236/2015 du 2 décembre 2015 dans la cause opposant les mêmes parties, consid. 6.2), et que le docteur C.________ avait attesté une capacité entière dans toute activité en 2017 (rapport du 13 avril 2017, p. 22). En tout état de cause, en ce qui concerne le point central de la détérioration alléguée de ses contacts sociaux à partir de janvier 2018, le recourant ne peut être suivi dans son argumentation. Il ressort du rapport du docteur C.________ du 13 avril 2017 (p. 6) que ses relations avec des tiers étaient à cette époque déjà limitées au seul cercle familial, de surcroît de façon très restreinte (une visite annuelle des frères et de la soeur de son épouse pour les fêtes de famille, ou une visite de temps en temps, sans autre précision). Comme le recourant avait déjà décrit une absence quasi-totale de loisirs ou de contacts sociaux avant janvier 2018, les juges cantonaux n'ont donc pas établi les faits de manière erronée en constatant que le déroulement de ses journées mentionné dans l'expertise du docteur B.________ du 8 février 2018 était globalement superposable à celui indiqué par l'expert C.________ en 2012 et 2017. En l'absence de changements significatifs dans la vie quotidienne du recourant, le diagnostic du docteur B.________ - qui est fondé de manière prépondérante sur les déclarations du recourant, quoiqu'en dise ce dernier - apparaît, pour ce motif aussi, comme une nouvelle appréciation d'une situation globalement inchangée. En bref, l'argumentation du recourant ne permet pas de rendre plausible que son invalidité s'était modifiée de manière à influencer ses droits depuis la décision du 14 juillet 2017, laquelle avait été confirmée par jugement du 22 août 2018. A elle seule, l'évolution du trouble dépressif ne permet pas de rendre plausible qu'elle aurait péjoré la capacité de travail dans une mesure significative qui aurait eu une incidence sur le taux d'invalidité (cf. art. 6 à 8 LPGA; art. 87 al. 2 et 3 RAI). A cet égard, l'intimé avait rappelé, dans sa décision du 6 décembre 2018, que la fluctuation de la thymie au cours du temps est la caractéristique première du trouble dépressif récurrent, si bien qu'il ne saurait être question de réévaluer l'état de santé et le droit aux prestations de l'assurance-invalidité à chaque variation de l'humeur. Quant à la situation prévalant à compter du 1er janvier 2018, on peine à saisir les motifs pour lesquels il faudrait retenir que le recourant aurait totalement perdu sa capacité de travail dans un laps de temps relativement court, qui serait passée de 100 % à 0 %. Le recours est donc infondé. Il convient néanmoins de relever à l'avantage du recourant que, selon l'évolution du trouble dépressif, il a la possibilité de présenter une nouvelle demande de prestations, comme l'avait du reste suggéré le docteur D.________ dans son rapport du 19 avril 2018. A ce propos, on souligne que, contrairement à ce que fait valoir le recourant, ce médecin n'a pas exposé que l'état de santé s'était déjà aggravé de telle manière qu'il se justifiait d'entrer en matière sur la demande de prestations du 13 mars 2018, mais il a tenu simplement à rappeler la possibilité de présenter une nouvelle demande.