Citation: I 734/99 26.05.2000 E. 2

2.- a) Les premiers juges considèrent que l'assuré n'a pas ressenti la nécessité de porter un appareil acoustique depuis 1986, époque à partir de laquelle, au dire du doc- teur D.________, il a progressivement perdu sa capacité auditive, jusqu'à la date de sa demande de prestations (déposée en 1997). Cela tendrait à démontrer que, contrairement à ce que retient l'administration, le moment à partir duquel la nécessité de l'appareil s'est fait sentir ne coïncide pas forcément avec la date à laquelle l'assuré a consulté pour la première fois le docteur D.________ (avril 1996). Il importe dès lors, toujours selon les premiers juges, de déterminer "avec le plus de précision possible" le moment à partir duquel l'intéressé a effectivement eu besoin d'un appareil acoustique, d'où le renvoi à l'administration pour instruction complémentaire. b) La documentation médicale dont on dispose au dos- sier est suffisante pour trancher le cas et on ne voit pas quelle mesure d'instruction supplémentaire serait encore nécessaire. Les premiers juges, du reste, ne formulent à cet égard aucune proposition concrète à l'intention de l'administration. En fait, quand la juridiction cantonale prescrit à l'office de l'assurance-invalidité de déterminer la date à partir de laquelle l'assuré a eu besoin d'un appareil acoustique, elle l'invite à résoudre une question de droit, qui est de la compétence de l'autorité judiciaire saisie. Comme cela ressort du rapport du docteur D.________ du 26 février 1998, l'assuré souffrait alors depuis douze ans environ d'une diminution de sa capacité auditive, qui le gênait beaucoup lors de conférences. Il est également éta- bli que ce médecin, lorsqu'il a vu l'assuré le 1er avril 1996, a préconisé le port d'un appareil acoustique. Dans une note du 27 mai 1999, le médecin de l'office de l'assurance-invalidité, le docteur C.________, a consta- té, sur la base du dossier médical, que l'audiogramme pratiqué en avril 1996 montrait une atteinte significative de l'audition qui justifiait déjà la remise d'un appareil acoustique. Il y a eu une légère péjoration entre 1996 et 1998, un peu plus marquée à l'oreille gauche, mais cette différence est peu sensible et les courbes audiologiques sont presque pareilles. Ce médecin conclut que l'atteinte auditive était déjà suffisamment importante en avril 1996 pour justifier l'octroi d'un appareil acoustique. La perte auditive s'est faite progressivement et il est fort proba- ble que le port d'un appareillage eût déjà été indiqué bien longtemps auparavant. On peut se rallier à cette apprécia- tion, du moins en l'absence de tout élément contraire au dossier. Le fait que ce praticien soit le médecin de l'office de l'assurance-invalidité n'est pas, à lui seul, un motif suffisant pour mettre en doute la crédibilité de son appréciation ou pour le soupçonner de prévention (cf. ATF 122 V 161 sv. et les références citées). Sur le vu de ces avis médicaux, on doit admettre que l'atteinte à la santé rendait objectivement nécessaire le port d'un appareil auditif, dans le cas particulier, au plus tard au moment où l'assuré a consulté pour la première fois le docteur D.________, le 1er avril 1996. A cette époque, l'intimé ne comptait pas une année de cotisations (sur cette notion voir l'art. 29 al. 1 LAVS en corrélation avec l'art. 50 RAVS).