Citation: 6B_749/2022 E. 1

B.d.b. La défense de A.________ a par ailleurs mandaté le Dr I.________, psychiatre et expert à la Cour d'appel de Paris, afin de réaliser une expertise psychiatrique privée, consistant principa-lement à analyser et à décrire sa construction psychologique et ses relations avec son épouse et son fils F.________. Les conclusions du rapport déposé le 6 février 2021 sont les suivantes: " Au total et en conclusion, je commencerai par souligner les points d'accord avec l'expertise des docteurs G.________ et H.________: - Je les rejoins sur l'impossibilité d'évaluer les risques statistiques d'un acte exceptionnel. En ce qui concerne les crimes passionnels (au sens large), on observe un très faible taux de récidive, que l'on interprète comme conséquence de la rareté de la répétition d'une configuration de nombreux facteurs, ce que les experts nomment à juste titre un concours de circonstances exceptionnelles. - La poursuite de la prise en charge actuelle est indiquée, d'autant qu'elle est investie par l'intéressé lui-même. - L'ensemble de la description de sa personnalité et de la dynamique du passage à l'acte, relèvent de caractéristiques notables, de dispositions du caractère, mais non d'une pathologie mentale aliénante. Autrement dit, elles éclairent le passage à l'acte criminel mais ne diminuent pas sa responsabilité pénale, sur un plan strictement médico-légal. Pour le reste, j'ai analysé la relation de monsieur A.________ avec son épouse et avec son fils F.________ [sic] dans la discussion médico-légale, ainsi que la pesée de son enfance maltraitée dans la construction de sa personnalité, avec un registre de vulnérabilité narcissique, de sensitivité, de profond sentiment d'insécurité. La bascule dans le passage à l'acte criminel répond à une conjonction de facteurs régulièrement repérés en criminologie clinique: personnalité fragile et insécure; posture victimaire; vécu de répétition intolérable des conditions de son enfance traumatique; demande consciente d'apaisement dans une "discussion", en toute méconnaissance de son propre ressentiment accumulé; contexte d'épuisement dépressif; bascule dans le passage à l'acte accompagné de vide de la pensée ". B.d.c. Selon le rapport établi le 4 décembre 2020 par le Service de médecine et psychiatrie pénitentiaires, A.________ a bénéficié à son entrée en prison d'une prise en charge psychiatrique et psychothérapeutique en raison d'une symptomatologie anxio-dépressive avec des idées suicidaires persistantes justifiant des hospitalisations. Son évolution clinique était stable avec une amélioration considérable de la symptomatologie rapportée au début de son incarcération. Le suivi psychiatrique se poursuivait afin d'aborder certains éléments douloureux de son passé. Les aspects de gestion de la frustration, en particulier dans le cadre de relations émotionnellement chargées, ainsi que le travail sur ses problématiques délictueuses avaient également été abordés durant les séances. Il est décrit comme investi adéquatement dans la relation thérapeutique. Les médecins ont constaté qu'il avait présenté une certaine progression dans sa capacité d'introspection, ainsi que dans la reconnaissance de ses difficultés relationnelles, mais ont préconisé la poursuite du travail psychothérapeutique. A.________ avait déclaré se sentir " plus adapté " en prison, sa participation aux activités et son travail en tant que peintre ayant également joué un rôle important dans son intégration en milieu carcéral.