Citation: 4C.367/2004 22.03.2005 E. 1

Décidé à reconstituer une flotte de vaisseaux, Y.________ s'est mis à la recherche de capitaux pour racheter notamment à B.________ d'anciens navires de A.________. C'est ainsi que le demandeur est entré en relation avec X.________ (le défendeur), spécialiste en matière de crédit maritime, lequel en juin 1996 dirigeait C.________ SA (ci-après: C.________), société de courtage financier dont il était l'actionnaire principal et le propriétaire économique. Comme X.________ entretenait des relations privilégiées avec les dirigeants de B.________ et qu'il pouvait donc servir d'intermédiaire en vue du rachat des anciens navires de A.________ détenus par cette société, les parties sont convenues que le prénommé s'efforcerait de trouver un financement pour le rachat des bateaux et qu'il prendrait contact avec B.________. L'opération devait permettre la création d'une nouvelle compagnie propriétaire des vaisseaux. X.________, conscient que le rachat des navires en question était une excellente affaire, a commencé en janvier 1996 à effectuer des démarches auprès de B.________, sous son nom ou par l'entremise de la société C.________. Il a notamment tenté d'obtenir de B.________ qu'elle octroie un prêt de 15 millions de dollars à Y.________ pour l'achat de cinq bateaux de l'ex-A.________. Dans le même temps, X.________ a également approché la Banque D.________ en vue de rechercher un financement. En avril 1996, à la demande de B.________, quatre navires de la flotte précitée ont été inspectés. Dans une offre présentée à B.________ le 8 juillet 1996 concernant le rachat de onze navires de l'ex-A.________, X.________ a inclus, en faveur de C.________, une commission de 280'000 US$, représentant le 1 % du prix de vente fixé. En juillet 1996, B.________ a adressé à C.________, à l'intention de X.________, deux projets de financement portant sur le rachat de navires de l'ex-A.________. Le 18 juillet 1996, X.________ s'est encore enquis auprès de E.________ du prix que consentirait cette société pour la vente en bloc des navires de l'ex-A.________ qu'elle détenait. Le 6 août 1996, X.________ a établi une facture de 300'000 US$ à l'intention de l'armateur Y.________; il y était fait mention en particulier du "travail effectué pour le compte de M. Y.________ sur les dossiers la Banque D.________/B.________ et E.________". Il n'a pas été établi que Y.________ ait reçu cette facture. A.b Le 7 août 1996, l'armateur Y.________ a signé la reconnaissance de dette suivante (traduction de l'anglais): "Moi, Y.________, résident en Suisse (...) reconnaît devoir payer à X.________, citoyen suisse, le montant de US$ 300'000.- (trois cent mille US$). Ce montant m'a été prêté à titre personnel et je m'engage à le rembourser au plus tard le 31 décembre 1997. Au cas où le prêteur aurait la preuve que je touche des revenus avant cette date, je m'engage à rembourser cette somme immédiatement". Il a été retenu qu'en fin de compte le projet de rachat des navires auprès de B.________ a échoué, aucun financement n'ayant pu être trouvé. A.c Après le 7 août 1996, X.________ a traité des affaires impliquant la société F.________ Limited, dont il avait pris le contrôle, cela dans le contexte de relations nouées avec une compagnie d'armement. Il n'a pas été prouvé que Y.________ ait confié ces dossiers à X.________.