Citation: I 836/06 05.10.2007 E. 5

L'intéressé reproche enfin au docteur L.________ d'avoir ignoré l'hypocondrie diagnostiquée en 1995 ou de la qualifier de syndrome somatoforme douloureux persistant. 5.1 On rappellera au préalable que seul l'état psychique peut justifier un changement important dans l'état de santé du recourant entre le moment de la dernière décision entrée en force et celui de la décision litigieuse (cf. consid. 3). A l'origine, le diagnostic retenu était celui d'état régressif avec hypocondrie (F 45.2 CIM-10) chez une personnalité psychosomatique, tandis qu'au moment de la décision litigieuse, l'expert a mentionné un syndrome somatoforme douloureux persistant (F 45.5 CIM-10). On notera à cet égard que dans la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes de l'Organisation mondiale de la santé, ces affections sont toutes deux classées parmi les troubles somatoformes (F 45 CIM-10) et ont comme caractéristique essentielle une apparition de symptômes physiques associés à une quête médicale insistante, persistant en dépit de bilans négatifs répétés et de déclarations faites par les médecins selon lesquelles les symptômes n'ont aucune base organique. On constatera par contre que l'état régressif mentionné tout d'abord n'a pas été confirmé par le docteur L.________ qui, au contraire, a notamment constaté que le recourant disposait d'une bonne qualité de vie et s'était reconstruit un équilibre auprès de ses amis, de ses deux filles et de sa nouvelle compagne (l'assuré s'occupe de tout chez lui, fait son ménage, ses courses, prépare les repas pour ses filles, prend soin de lui de manière scrupuleuse, s'occupe seul de ses démarches administratives, est souriant et agréable dans l'échange, etc.). Dans ces circonstances, la qualification de l'aspect psychosomatique du trouble psychique dont souffre l'intéressé est secondaire d'autant plus qu'on imagine mal comment la seule hypocondrie, dont l'une des caractéristiques spécifiques est l'interprétation de sensations ou de signes normaux et anodins comme étant anormaux et pénibles, peut impliquer une incapacité totale sans que le moindre traitement ne soit tenté. La disparition de l'état régressif par contre constitue une modification notable de l'état de santé qui justifie, en l'espèce, la suppression de la rente. 5.2 On ajoutera que les considérations du recourant relatives au caractère invalidant du trouble somatoforme retenu sont d'une manière générale infondées et ne remettent pas en question la constatation des faits par les premiers juges. Il ne suffit effectivement pas d'opposer la perte de toute chance d'intégration dans le monde du travail à la constatation de la reconstruction d'un équilibre auprès de ses amis, de ses filles et de sa nouvelle compagne pour établir une perte d'intégration sociale dans tous les domaines de la vie, l'absence d'un état psychique cristallisé à la négation de toute souffrance ou problématique psychique ou l'échec des traitements entrepris à l'allégation de douleurs qui soi-disant se péjorent constamment alors que le médecin traitant a toujours rapporté un état stationnaire. Le recours est donc en tous points mal fondé.