Citation: 8C_348/2020 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, pour le docteur C.________, plusieurs éléments plaident en faveur de l'origine traumatique du kyste arthro-synovial diagnostiqué chez l'assuré, à savoir que celui-ci ne s'était jamais plaint de sa cheville avant le traumatisme, que l'événement du 14 octobre 2017 avait occasionné un choc axial violent sur le membre inférieur droit et qu'il s'en était suivi le développement d'une voussure sous-malléolaire antérieure droite; ce médecin a également produit un article de littérature médicale mentionnant que de tels kystes peuvent faire suite à un traumatisme et s'est référé à G.________, praticien et auteur médical, qui cite précisément le traumatisme comme première étiologie de ces kystes (document consultable à l'adresse https://www. orthobullets.com/hand/6086/ganglion-cysts?expandLeftMenu=true.). En d'autres termes, le docteur C.________ s'est basé sur un ensemble de critères tels que l'expérience médicale, l'absence de troubles antérieurs, un événement traumatique clairement défini et une corrélation temporelle entre celui-ci et l'évolution clinique observée. S'il est vrai que le principe «post hoc ergo propter hoc» ne suffit pas en soi à établir un rapport de causalité entre une atteinte à la santé et un accident (ATF 119 V 341 sv.), on ne saurait cependant lui dénier toute valeur lorsqu'il est mis en relation avec d'autres éléments médicalement déterminants comme l'a fait le docteur C.________. On doit dès lors reconnaître avec la cour cantonale que son rapport remplit les exigences formelles et matérielles auxquelles sont soumises les preuves médicales pour pouvoir être pris en considération (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352). Par ailleurs, et quoi qu'en dise la recourante, on peut comprendre, même si cela tient à d'autres raisons, les réserves exprimées par les juges cantonaux au sujet de l'appréciation de la doctoresse F.________. L'argumentation de cette dernière pour nier l'existence du lien de causalité repose essentiellement sur une citation de H. Hempfling et K. Weise tirée de leur article, publié en 2011, "Ganglien und Ihre Begutachtung", aux termes de laquelle "Ein traumatisch entstandenes Ganglion wird also frühestens drei Monaten nach dem Unfallereignis nachzuweisen sein". Or, en l'absence de production de l'article médical d'où vient cette citation et qui n'est pas librement accessible sur Internet, il n'est pas possible d'en vérifier la portée et la pertinence pour le cas d'espèce. Non seulement on ignore sur quelles observations se fondent les auteurs cités mais aussi si le critère des trois mois qu'ils ont posé a ou non une simple valeur indicative. Cela étant, on ne saurait écarter d'emblée l'avis de la doctoresse F.________ pour ce motif au profit de celui du médecin traitant de l'intimé. A supposer que la citation de H. Hempfling et K. Weise constitue une référence pertinente, le point de savoir quelles conclusions de l'une ou de l'autre sont plus convaincantes demande en tout état de cause des connaissances médicales dont le juge ne dispose pas. Dans ces conditions, la cour cantonale était tenue, en vertu de la maxime inquisitoire (art. 61 let. c LPGA), d'ordonner une expertise par un médecin indépendant pour les départager. Toutefois, contrairement à ce que voudrait la recourante, il n'appartient pas au Tribunal fédéral, à ce stade de la procédure, de se prononcer sur la prise en charge des frais de cette expertise.