Citation: 4C.160/2002 08.07.2002 E. B

B.- Le 11 août 1999, A.________ a déposé devant le Tribunal de prud'hommes de Lausanne une demande dirigée contre X.________ S.A. (ci-après: la défenderesse) aux fins d'obtenir le paiement de 23 416 fr.35 correspondant à la différence entre le salaire qu'il a touché et celui qu'il estime lui être dû selon son interprétation du contrat; à cette demande s'ajoutent 663 fr.35 à titre d'indemnité pour les vacances et les jours fériés, 4281 fr.25 pour des heures supplémentaires et 1200 fr. à titre de rémunération pour une activité additionnelle. Pour que le litige reste dans les limites de compétence de la juridiction saisie, le demandeur a réduit ses conclusions à 19 999 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 14 décembre 1998. Par jugement du 12 avril 2000, le Tribunal de prud'hommes n'a accueilli la demande qu'à concurrence de 3344 fr.60 brut, avec intérêts à 5% l'an dès le 14 décembre 1998. Par arrêt du 5 juillet 2000, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois a annulé ce jugement et renvoyé la cause au Tribunal de prud'hommes pour complément d'instruction. Statuant à nouveau le 29 mai 2001, le Tribunal de prud'hommes de Lausanne a admis la demande en totalité, condamnant la défenderesse à payer au demandeur la somme de 19 999 fr. brut (à charge pour elle d'effectuer les déductions légales) avec intérêts à 5% l'an dès le 14 décembre 1998. Saisie d'un recours formé par la défenderesse, la Chambre des recours, par arrêt du 28 mars 2002, l'a rejeté et confirmé le jugement attaqué. Il résulte de la procédure cantonale que le montant réclamé à titre d'indemnité pour les vacances et les jours fériés (663 fr.35) a été d'emblée admis par la défenderesse. L'autorité cantonale a conclu que l'employeur devait payer les heures supplémentaires alléguées, faute d'avoir tenu le décompte exigé par la convention collective; en revanche, elle a rejeté, faute de justification, la prétention à une rémunération pour une activité additionnelle. Ces questions ne sont plus litigieuses. Le différend se réduit à une seule question: l'interprétation de la clause contractuelle fixant le salaire. Sur ce point, la cour cantonale a retenu les faits suivants. Le contrat a été rédigé par l'employeur sur une formule préimprimée. Il a indiqué le chiffre de 2500 fr. sous la mention "salaire fixe" et il a ajouté au-dessous, sous la mention "participation au chiffre d'affaires", le taux de 13,04%. La rubrique "salaire minimum" n'a pas été remplie. Le contrat se référait encore à la convention collective de travail. Procédant à une appréciation des preuves, l'autorité cantonale a retenu que l'employeur voulait en réalité rémunérer le demandeur par une participation au chiffre d'affaires de 13,04% et que le chiffre de 2500 fr. constituait le salaire minimum. Tenant compte de l'attitude du travailleur - qui a protesté auprès de la direction et auprès de collègues -, l'autorité cantonale a retenu que le demandeur pensait que le salaire fixe et la participation au chiffre d'affaires devaient être additionnés. Il a été admis qu'il pouvait effectivement comprendre de cette manière, selon le principe de la confiance, la clause contractuelle rédigée par son employeur.