Citation: 1C_618/2020 E. 3.4

3.4. En définitive, les autorités précédentes ont retenu à tort que les éléments recueillis dans le cadre de la procédure d'annulation de la naturalisation facilitée plaidaient en l'occurrence, au niveau de la vraisemblance prépondérante, en faveur de déclarations mensongères quant à la stabilité et à l'effectivité de la relation entretenue par la recourante avec son mari lors de la signature de la déclaration de vie commune. On observera que le cas d'espèce présente des singularités propres (époux de mêmes origine et âge, mariés après plusieurs années de vie commune, vivant sous le même toit, partageant de nombreuses activités et ayant des projets d'avenir, malgré une relation adultérine de l'épouse qui s'est poursuivie sur quelques années après l'octroi de la naturalisation facilitée sans déboucher sur une relation fixe et à laquelle celle-ci a mis un terme en raison de son caractère conflictuel et toxique) qui le distinguent des cas usuellement soumis au Tribunal fédéral et auxquels l'autorité précédente se réfère, où il était manifeste que les époux ne formaient pas une communauté conjugale effective, stable et orientée vers l'avenir lors de la signature de la déclaration de vie commune parce que l'intéressé était marié à une ressortissante suisse plus âgée et entretenait simultanément une relation extra-conjugale suivie avec une ressortissante du même pays d'origine et du même âge, avec qui il a eu des enfants et/ou il s'est mis en ménage dans les mois suivant l'obtention de la naturalisation facilitée (arrêts 1C_244/2016 du 3 août 2016 consid. 4.1 et 1C_48/2010 du 15 avril 2010 consid. 3.5).