Citation: 9C_985/2008 20.07.2009 E. 5

5.1 D'après les faits constatés par le Tribunal cantonal des assurances sociales, le recourant s'est vu allouer une rente d'invalidité non tant sur la base des informations médicales recueillies à l'époque - comme le laisse suggérer le jugement entrepris - que sur l'impression alors dégagée par le recourant. Dans le rapport qu'il a établi le 30 octobre 1992, le service de réadaptation de l'office AI avait indiqué que le recourant paraissait angoissé et bégayait et qu'il était trop fragile pour que l'exercice d'une activité dans une entreprise puisse être envisagée, préconisant de ce fait l'exercice d'un emploi protégé. En 1994, la rente a été maintenue après que le service de réadaptation eut signalé que le recourant, qui travaillait désormais auprès d'une institution spécialisée, paraissait très angoissé et exprimait son désarroi face à son état de santé (rapport du 7 avril 1994). Dans l'arrêt 9C_340/2008 du 29 août 2008, le Tribunal fédéral a d'ailleurs considéré qu'il n'était pas insoutenable de privilégier à l'époque le point de vue du service de réadaptation de l'office AI par rapport à celui exprimé par le corps médical. Il n'y a pas lieu de revenir sur cette question. 5.2 Dans son rapport du 2 février 2007 le docteur M.________ n'a pas retenu de diagnostic psychiatrique; à son avis, le recourant pouvait sans difficulté, moyennant une reprise progressive de l'activité lucrative, s'intégrer à un nouveau milieu professionnel. A teneur de cette expertise, dont le recourant n'a pas sérieusement remis en cause la valeur probante, on ne saurait considérer que la juridiction cantonale a procédé à une constatation manifestement arbitraire des faits en tenant pour établi l'existence d'un changement - propre à influencer le degré d'invalidité - entre les circonstances qui ont présidé à l'octroi de la rente le 1er février 1993 - et à son maintien le 6 juin 1994 - et celles régnant à l'époque de la décision litigieuse. Le point de savoir si celui-ci résulte effectivement d'une amélioration de l'état de santé psychique du recourant peut à cet égard demeurer indécis. L'analyse des états de fait déterminants fait apparaître une évolution significative quant à l'aptitude objective de l'intéressé à reprendre une activité lucrative, ce qui est suffisant pour constituer un motif de révision. 5.3 Le fait que le docteur M.________ ait estimé qu'il conviendrait d'initier d'abord une reprise de travail à 50 % au regard de la longue période d'inactivité du recourant est sans portée dans la présente affaire. En effet, les difficultés mises en évidence par ce médecin ne résultent pas de la persistance d'une limitation de nature physique ou psychique, mais du retrait du monde professionnel, lequel est une circonstance étrangère à la notion d'invalidité définie aux art. 7 et 8 al. 1 LPGA (cf. ATF 130 V 343 consid. 3.3 p. 347; voir également ATF 127 V 294 consid. 5 p. 299).