Citation: 6B_653/2021 E. 1.4.4

1.4.4. Le recourant soutient enfin que, dans la mesure où l'intimée était administratrice avec droit de signature individuelle de F.________ SA, titulaire d'une procuration sur l'ensemble des comptes de la société et avait participé activement au développement de l'entreprise, notamment en choisissant les locaux loués - particulièrement onéreux -, il était difficilement concevable, sous l'angle des devoirs et obligations des administrateurs prévus par l'art. 716a CO, de reconnaître en l'espèce une " escroquerie à l'investissement " au préjudice d'une administratrice et actionnaire de la société. Compte tenu de son rôle et de sa fonction au sein de la société, l'intimée était parfaitement au courant des charges et des mouvements financiers effectués par la société. Elle ne pouvait donc pas se prévaloir d'une astuce effectuée à son détriment. En tant qu'il s'écarte de l'état de fait retenu dans le jugement attaqué sans démontrer en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire, le grief du recourant est appellatoire et, partant, irrecevable. Il en va ainsi du fait que l'intimée aurait participé activement au développement de la société. Au demeurant, le procès-verbal cité par le recourant à l'appui de ce moyen ne lui est d'aucun secours, puisque l'intimée se contente d'exposer que le recourant et elle-même avaient fini par louer des locaux à 10'000 fr. par mois auprès de la société G.________, au motif que celle-ci leur offrait 3 mois de loyer gratuit sur un contrat d'une année, qu'il s'agissait de locaux meublés, et que l'intimée ne souhaitait pas conclure un bail de 5 ans vu qu'elle était seule domiciliée en Suisse et aurait dû en répondre le cas échéant (cf. PV aud. 1, p. 5; art. 105 al. 2 LTF). Ainsi, l'intimée s'est préoccupée du choix des locaux afin d'éviter de s'engager dans un contrat de bail de relativement longue durée. Hormis cet élément, il ne ressort pas du jugement querellé que l'intimée aurait participé d'une autre manière au développement de la société. Elle a d'ailleurs déclaré à ce sujet avoir confié l'argent nécessaire à la constitution du capital social au recourant et qu'ensuite, c'était lui qui gérait la société; elle avait pour sa part son travail qui lui prenait beaucoup de temps (cf. PV aud. 1, p. 6; art. 105 al. 2 LTF). L'on ne peut dès lors suivre le recourant quand celui-ci affirme que l'intimée participait activement au développement de la société. Même si l'on doit admettre qu'en tant qu'administratrice, l'intimée avait un devoir d'exercer la haute surveillance de la société en application de l'art. 716a CO, ce devoir ne saurait toutefois fonder à lui seul une coresponsabilité de l'intimée. En effet, conformément à la jurisprudence précitée, il faut plutôt prendre en considération la situation concrète et le besoin de protection de la dupe, telle que l'auteur la connaît et l'exploite (cf. supra consid. 1.3.2). Tel est en particulier le cas, lorsque, comme en l'espèce, la victime se trouve dans un état de dépendance psychique faisant qu'elle n'est guère en mesure de se méfier de l'auteur, ce que la cour cantonale a retenu sans arbitraire (cf. supra consid. 1.4.3). Outre l'exploitation de la dépendance psychique de l'intimée en raison de ses sentiments amoureux, la cour cantonale a également retenu que l'intimée n'avait aucune formation dans le domaine commercial ou comptable, ni dans le domaine médical, et était inexpérimentée dans la gestion d'une entreprise. Le recourant s'occupait donc seul de la gestion de la société et pouvait, vu la dépendance psychique et l'inexpérience de l'intimée, prévoir l'absence de vérification de la part de sa victime, ce qui constitue précisément l'une des configurations d'une tromperie astucieuse.