Citation: 4A_209/2016 E. 3

La Cour a statué le 9 mars 2016; elle a rejeté la requête de mesures provisionnelles. Selon son jugement, V.________ Sàrl n'est tenue à aucune obligation de s'approvisionner exclusivement auprès de F.________ SA et G.________ n'est donc pas fondé à lui reprocher des importations illégales. Depuis un courriel que W.________ avait reçu de G.________ le 24 mars 2015, celui-là pouvait croire qu'à l'avenir, F.________ SA refuserait d'approvisionner V.________ Sàrl. Les démarches de G.________ auprès des distributeurs à l'étranger, tendant elles aussi à priver V.________ Sàrl de ses fournisseurs, étaient propres à renforcer cette crainte. W.________ a expédié des courriels à un éditeur et distributeur de jeux en France, avec qui F.________ SA se trouvait en pourparlers, où il affirmait que cette société « facture à un prix exorbitant pour les boutiques suisses, dans le but de couler sa concurrence », qu'elle ne livrait plus de marchandise à V.________ Sàrl, que celle-ci était désormais empêchée de proposer « de nombreux produits » à sa clientèle, et que même si F.________ SA acceptait de livrer, « les prix seraient tellement énormes que tout le monde passerait par internet ». A d'autres partenaires commerciaux aussi, W.________ a affirmé que F.________ SA ne cherchait qu'à « détruire le monde du jeu en Suisse et à se l'approprier ». La Cour retient que ces accusations ont été exprimées dans ce contexte tendu où G.________ exerçait une pression injustifiée pour déterminer V.________ Sàrl à s'approvisionner exclusivement auprès de F.________ SA. W.________ pouvait croire que V.________ Sàrl était menacée dans sa survie. Dans ces conditions, le comportement de cette société et de son gérant n'était pas contraire aux règles d'une concurrence loyale et il ne portait pas non plus atteinte à la personnalité de G.________ et de F.________ SA. La Cour prend également en considération que G.________ s'est lui aussi exprimé auprès des mêmes partenaires commerciaux pour contester les propos de W.________, contester que F.________ SA refusât de fournir V.________ Sàrl, et affirmer que celle-ci pratiquait depuis plusieurs années l'importation illégale de jeux, qu'elle se trouvait « à deux doigts de la faillite » et qu'elle n'acquittait plus ses factures. La Cour parvient à la conclusion que les conditions dont dépendent des mesures provisionnelles selon l'art. 261 al. 1 CPC ne sont pas accomplies. En particulier, selon son appréciation, les requérants n'ont pas rendu vraisemblable la menace d'un préjudice difficilement réparable à teneur de l'art. 261 al. 1 let. b CPC.