Citation: I 498/99 02.08.2000 E. 4

4.- a) L'office intimé a considéré que le revenu d'invalide dans une profession adaptée au handicap du recourant se situe entre 19 500 fr. et 20 800 fr., compte tenu d'une incapacité de travail de 50 %. Il s'est fondé pour cela sur des salaires moyens réalisables dans des activités simples et répétitives, tirés de l'Enquête suisse sur la structure des salaires 1994 établie par l'Office fédéral de la statistique (OFS), soit 47 544 fr. (valeur 1994) et 49 208 fr. (valeur 1998). Il a toutefois réduit de 15 % environ ces montants de référence, afin de tenir compte du fait que les salaires offerts dans le canton de Fribourg pour ce genre d'emplois sont inférieurs à la moyenne suisse. b) Selon un arrêt récent, destiné à la publication (arrêt A. du 9 mai 2000 [I 482/99]), le revenu d'invalide doit être évalué avant tout en fonction de la situation professionnelle concrète de l'intéressé. En l'absence d'un revenu effectivement réalisé - soit lorsque l'assuré, après la survenance de l'atteinte à la santé, n'a pas repris d'activité ou alors aucune activité adaptée, normalement exigible -, le revenu d'invalide peut être évalué sur la base des statistiques sur les salaires moyens (cf. RCC 1991 p. 332 sv. consid. 3c; Omlin, Die Invalidität in der obligatorischen Unfallversicherung, thèse Fribourg 1995, p. 215). Dans ce cas, la jurisprudence considère que certains empêchements propres à la personne de l'invalide exigent que l'on réduise le montant des salaires ressortant des statistiques. Toutefois, de telles déductions ne doivent pas être effectuées de manière schématique, mais tenir compte de l'ensemble des circonstances du cas particulier, et cela dans le but de déterminer, à partir de données statistiques, un revenu d'invalide qui représente au mieux la mise en valeur économique exigible des activités compatibles avec la capacité de travail résiduelle de l'intéressé. Une déduction ne doit pas être opérée automatiquement, mais seulement lorsqu'il existe des indices qu'en raison d'un ou de plusieurs facteurs, l'assuré ne peut mettre en valeur sa capacité résiduelle de travail sur le marché du travail qu'avec un résultat économique inférieur à la moyenne. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de procéder à des déductions distinctes pour chacun des facteurs entrant en considération comme les limitations liées au handicap, l'âge, les années de service, la nationalité ou la catégorie de permis de séjour, ou encore le taux d'occupation. Il faut bien plutôt procéder à une évaluation globale, dans les limites du pouvoir d'appréciation, des effets de ces facteurs sur le revenu d'invalide, compte tenu de l'ensemble des circonstances du cas concret. Enfin, on ne peut procéder à une déduction globale supérieure à 25 %. L'administration doit motiver brièvement la déduction opérée. Quant au juge, il ne peut, sans motif pertinent, substituer son appréciation à celle de l'administration (arrêt A. du 9 mai 2000, déjà cité). c) En l'espèce, l'office intimé a effectué une déduction globale de 15 % environ sur le revenu tiré de l'Enquête de l'OFS, déduction qu'il a motivée par le fait que les salaires offerts dans le canton de Fribourg pour ce genre d'emplois sont inférieurs à la moyenne suisse. En l'occurrence, il n'est pas nécessaire de renvoyer la cause à l'administration, pour qu'elle examine s'il existe certains empêchements propres à la personne du recourant, qui exigent que l'on réduise le montant du salaire moyen de référence, conformément à la jurisprudence ci-dessus exposée. En effet, même si l'on effectuait une déduction globale maximum de 25 % sur le salaire moyen (valeur 1998) de 49 208 fr. (pour une activité de type simple et répétitive exercée à plein temps ou avec un rendement complet), on obtiendrait un revenu d'invalide de 18 453 fr. en fonction d'une incapacité de travail de 50 %. Ainsi donc, si l'on tient compte d'un revenu sans invalidité-non contesté-de 44590 fr. ,il en résulte une invalidité de 58, 6%, selon la formule : (44 590 - 18 453) x 100 ----------------------- 44 590 Cela étant, l'invalidité est insuffisante pour ouvrir droit à une rente entière. Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle ainsi mal fondé.