Citation: 6P.35/2006 21.03.2006 E. 2

Invoquant l'arbitraire, le recourant reproche à la Cour de cassation d'avoir retenu que sa consommation d'héroïne n'était qu'occasionnelle et non pas régulière. 2.1 La notion d'arbitraire a été rappelée dans divers arrêts récents, auxquels on peut donc se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178). 2.2 Les autorités cantonales ont admis que le recourant avait occasionnellement consommé de l'héroïne, mais qu'il avait en revanche exagéré sa consommation, pour masquer le mobile de son trafic, soit l'appât du gain. Elles ont fondé leur conviction sur les éléments suivants. Tout d'abord, l'explication selon laquelle le recourant avait commencé à consommer cette drogue par curiosité à son retour en Albanie n'était pas cohérente. D'une part, il avait déjà été condamné pour trafic de drogue à Genève sans qu'une consommation personnelle ne lui fût reprochée; s'il avait eu envie de goûter à l'héroïne, il aurait saisi l'occasion de le faire en Suisse. D'autre part, les activités qu'il affirmait avoir menées en Albanie, soit l'achèvement de ses études et le transport par camion de produits chimiques, étaient peu compatibles avec le profil d'un toxicomane. Par ailleurs, selon les écoutes téléphoniques, le marché était tendu et les trafiquants n'avaient pas toujours de quoi assurer les livraisons; or, à aucun moment il n'était apparu que le recourant était en état de manque. De plus, sur le plan financier, il n'était pas possible que ce dernier ait pu financer une consommation personnelle importante, en plus de ses dépenses courantes et de l'envoi de sommes importantes en Albanie. Enfin, son état de santé lors de son arrestation n'était absolument pas compatible avec celui d'un toxicomane consommant quotidiennement 3 à 4 g d'héroïne. Le recourant ne démontre pas, conformément aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en quoi cette appréciation des preuves serait arbitraire. En prétendant être un consommateur régulier, il se contente en réalité d'une critique purement appellatoire des faits retenus, en opposant sa version à celle des autorités cantonales. Au demeurant, il n'est pas manifestement insoutenable de retenir que le recourant n'était pas un toxicomane consommant quotidiennement 3 ou 4 g d'héroïne, même si, selon le rapport de détention, il a effectivement connu une période de sevrage d'une dizaine de jours et si des témoins ont affirmé l'avoir vu fumer de l'héroïne. En effet, d'une part, l'état du recourant, lors de son arrestation, n'a nécessité aucun soutien prolongé, que ce soit sur le plan médical ou psychologique; d'autre part, les témoins n'ont donné aucune précision sur les quantités de stupéfiants absorbées par le recourant. Le grief invoqué est dès lors rejeté dans la mesure où il est recevable.