Citation: 4A_405/2018 E. A

A.a. P1.________ et P2________ avaient deux fils, F1.________ et F2.________. Le 29 juin 1999, les parents P.________ ont concédé à leur fils F1.________ un prêt de 60'000 fr. pour l'acquisition et la rénovation du restaurant R.________, dans le canton du Jura. A cette même date, l'emprunteur a signé une reconnaissance de dette écrite portant sur le montant précité. Ce prêt s'ajoutait à un prêt de 10'000 fr. concédé antérieurement par les parents P.________, de sorte que le total des emprunts s'élevait à 70'000 fr. A.b. F1.________ a exploité le restaurant dès 1999 jusqu'à son décès en octobre 2006. Tout au long de cette période, la tenue des comptes du restaurant a été assurée par X.________, de la Fiduciaire Y.________ à xxx (JU). Ce comptable fiscaliste avait précédemment travaillé au Service... des contributions. A.c. Le 10 avril 2005, P1.________ et P2________ ont signé une déclaration officielle selon laquelle ils donnaient 70'000 fr. à leur fils F1.________. Il était fait état d'un «abandon de la créance par donation», soit la «créance/avance de fonds faite à notre fils dans le cadre de l'achat du restaurant R.________ en 1999». Cette déclaration avait été remplie par X.________. Le 16 juin 2005, l'administration fiscale jurassienne a imposé à F1.________ une taxe de donation de 750 fr. calculée sur le montant de 70'000 fr. Le prénommé s'en est acquitté le 13 août 2005. Cette décision de taxation n'a jamais été remise en cause. A.d. F1.________ a mis fin à ses jours le 7 octobre 2006. Sa veuve A.________ a donné une procuration à X.________ pour qu'il gère ses affaires et celles découlant de la succession du défunt. Le comptable, qui était un ami de F2.________, a assumé la gestion administrative du restaurant et en a établi la comptabilité pour les années 2005 et 2006. Il a rempli la déclaration d'impôt 2005 et les suivantes, pendant trois ou quatre ans après le décès de F1.________. La déclaration d'impôt 2005, datée du 17 octobre 2006 et donc postérieure à la mort du prénommé, comprend un «Etat des dettes» assorti d'une annexe I mentionnant, au titre des dettes commerciales, un «prêt de son frère» F2.________ de 35'000 fr., dont il est précisé que «[c]e nouveau prêt [...] fait suite à la donation/abandon de créance de 70'000 fr. des Parents P1.________ et P2.________. C'est la part 50% due à son frère.» Il n'est pas établi que A.________ ait signé cette déclaration. La déclaration d'impôt 2006, datée du 23 novembre 2006, annonce dans l'état des dettes, sous rubrique «autres dettes commerciales», un montant de 30'000 fr. avec la mention «prêt frère». A.________ a signé cette déclaration, tout comme celle de 2007 indiquant dans l'état des dettes une dette de 30'000 fr. relative à un «prêt s/rest[aurant] R.________». La veuve a ensuite changé de fiduciaire. Dès 2013, les déclarations d'impôt établies par la nouvelle fiduciaire ne tiennent plus compte de cette dette de 30'000 fr. A.e. F2.________ n'a rien revendiqué au décès de son frère. L'inventaire successoral établi le 7 mars 2007 par le notaire... mentionne le passif commercial du restaurant. Entendu comme témoin dans le cadre de la procédure judiciaire évoquée ci-dessous, le notaire a expliqué que si la dette litigieuse figurait dans le passif commercial, elle n'avait pas à être mentionnée à part de façon spécifique. A.f. Par courrier du 3 juin 2013, F2.________ a exigé de sa belle-soeur A.________ qu'elle lui rembourse la somme de 30'000 fr., sous peine de poursuite. L'intéressée a contesté devoir un tel montant. Le 22 octobre 2013, F2.________ a précisé le fondement de sa prétention, alléguant en substance qu'au moment du don de 70'000 fr., P1.________ et P2________ auraient déclaré à F1.________ qu'il devait rembourser la moitié de ce montant à son frère. Le 30 avril 2014, A.________ a reçu un commandement de payer la somme de 35'000 fr., notifié sur réquisition de son beau-frère. Elle a formé opposition totale.