Citation: 6P.56/2004 07.06.2004 E. B

En résumé, l'arrêt attaqué retient les faits suivants: B.a A.X.________, ressortissant kosovar, né en 1961, a eu deux enfants d'un premier lit, à savoir B.X.________, née en 1985, et C.X.________, né en 1986. Après avoir quitté son épouse en 1989, il a conservé la garde des enfants et les a privés de tout contact avec leur mère. Il a ensuite rencontré une compatriote, Y.________, née en 1970, avec laquelle il a eu deux filles, D.X.________, née en 1990, et E.X.________, née en 1992, soit une année après l'arrivée de la famille en Suisse. Les relations du couple se sont rapidement dégradées, allant jusqu'à la violence, A.X.________ supportant mal que sa compagne s'ouvre à une culture plus moderne qu'au Kosovo. A une occasion, un ami, qui était venu rendre visite au couple, a trouvé A.X.________ avec un couteau de boucher dans les mains, menaçant sa compagne qui était couchée par terre et qui hurlait tout comme les enfants. Le 5 août 1997, une dispute plus importante a conduit Y.________ à se réfugier au Foyer Malley-Prairie, à Lausanne. La directrice de l'institution a déclaré qu'elle avait alors craint pour la vie de Y.________, ce qui lui arrivait rarement. Celle-ci n'est toutefois restée que quelques jours au Foyer, car elle ne voulait pas laisser les quatre enfants seuls avec A.X.________, dont elle connaissait la violence, exercée également contre B.X.________. Interrogée au cours de l'enquête, cette dernière a décrit le climat de violence existant entre son père et sa compagne, parlant d'enfer et précisant que son père, qu'elle avait toujours connu comme violent, la frappait également, elle et son frère. Elle a déclaré qu'à une reprise son père avait voulu étrangler Y.________ avec le fil du téléphone. B.b Le 1er février 1998, Y.________ a quitté le domicile en début d'après-midi pour aller se promener avec les deux cadettes. A.X.________ les a suivies jusqu'à la gare, ce qui a irrité Y.________, qui a alors rebroussé chemin. Dans l'appartement, A.X.________ a frappé extrêmement violemment sa compagne, particulièrement au visage, afin de la forcer à avouer qu'elle le trompait et pour savoir avec qui. Y.________, qui avait le visage marqué par les coups, a tenté de se soigner et a demandé à pouvoir se rendre à l'hôpital, ce que A.X.________ refusa. L'après-midi touchait à sa fin lorsque A.X.________ a envoyé ses quatre enfants jouer dehors et verrouillé la porte de l'appartement. Une deuxième bagarre a éclaté dans la chambre à coucher. Armé d'un vase, A.X.________ a frappé sa compagne à la tête à de nombreuses reprises, puis l'a étranglée. Lorsque les enfants sont rentrés dans l'appartement, A.X.________ a demandé à sa fille B.X.________, qui avait tout vu par la fenêtre, de l'aider et d'aller chercher en taxi son frère. Aidé de ses frères et d'un neveu, A.X.________ a enterré le corps de la victime dans la forêt. Il a demandé à B.X.________ de nettoyer la moquette tachée de sang et l'a menacée de mort si elle parlait. Après son crime, A.X.________ a annoncé à la mère de son amie la disparition subite de sa fille. Il a expliqué à son entourage que sa compagne avait abandonné sa famille en volant de l'argent pour aller mener une vie dépravée sous d'autres contrées. B.c Après l'assassinat de Y.________, A.X.________ a continué à battre B.X.________, utilisant à une occasion un câble électrique qui lui a laissé une marque au genou encore visible. De surcroît, au début de l'année 2000, il a violé sa fille aînée à une quinzaine de reprises, ce qui lui a valu d'être condamné le 1er février 2001 par le Tribunal correctionnel de La Broye et du Nord vaudois pour actes d'ordre sexuel avec des enfants, viol et inceste à la peine de trois ans d'emprisonnement. B.d Une expertise psychiatrique a été ordonnée en cours d'enquête. Dans son rapport du 27 octobre 2001, l'expert a diagnostiqué un trouble de la personnalité, sous la forme d'une personnalité affectivement et intellectuellement fruste, avec des traits infantiles, dissociaux et histrioniques. Il a expliqué que ce trouble implique une certaine facilité à se convaincre, en situation de crise, que la mainmise physique sur les proches est justifiée, des facteurs d'ordre culturel pouvant entrer en compte. L'expert a conclu à une pleine et entière responsabilité dans l'hypothèse d'un "accident" survenu dans un scénario répétitif de violence conjugale habituelle ou d'un meurtre délibéré. En revanche, selon lui, une légère diminution de la responsabilité devrait être retenue dans l'hypothèse d'une scène violente à caractère exceptionnel, survenue au terme d'un processus d'escalade relationnelle, où l'expertisé aurait pu être insulté de façon humiliante et agressé physiquement. Il a catégoriquement exclu que la culture d'origine de A.X.________ puisse fonder une quelconque diminution de responsabilité. Les juges ont estimé que A.X.________ savait très bien ce qu'il faisait, que la scène du 1er février 1998 n'avait rien d'exceptionnel et que la victime n'avait ni provoqué, ni humilié A.X.________. En conséquence, ils ont retenu une responsabilité pénale pleine et entière.