Citation: 6B_1052/2020 E. 1.2.2

1.2.2. Suivant l'appréciation des premiers juges, la cour cantonale a retenu que le recourant avait causé le décès de B.________, lequel l'hébergeait, le soir ou la nuit du 8 au 9 décembre 2012. Le décès de la victime résultait d'un homicide intentionnel. L'intervention d'un tiers était évidente (logement fermé depuis l'extérieur, clé emportée), la victime était probablement décédée lorsque le feu avait pris (faute de suie dans les poumons). La position du corps de la victime (sur le flanc, un bras dans le dos, poignet tordu) et la pince coupante à proximité du corps comportant un mélange d'ADN renforçait l'hypothèse de l'intervention d'un tiers. Lors d'un appel téléphonique avec sa soeur dans l'après-midi du 8 décembre 2012, la victime avait évoqué son inquiétude au sujet des Géorgiens qu'il logeait, lesquels avaient un coffre-fort emballé dans un duvet (PV d'audition du 3 janvier 2013 p. 5 s.: "il disait des choses en rigolant, comme s'il sentait que la mort allait venir"). En outre, quelqu'un avait dérobé les bijoux sur le corps de la victime qui ne les enlevait jamais, selon ses proches, et avait organisé un dispositif pour mettre le feu au logement. Compte tenu des constatations du rapport d'autopsie, l'absence de traces sur le corps ne signifiait pas encore l'absence de violences et les médecins n'excluaient pas l'hypothèse d'une mort violente, certains actes (étouffement, noyade, électrocution) ne laissant pas de traces durables. Les experts ne privilégiaient aucune hypothèse, indiquant que la cause du décès ne pouvait pas être déterminée. Selon le cardiologue de la victime, un patient transplanté était moins sujet aux problèmes cardiaques, et l'état de santé de B.________ était stable, son suivi médical n'indiquant aucun problème imminent. La mise en place d'un système destiné à provoquer un incendie signifiait clairement qu'il importait aux auteurs de brûler le corps de B.________, ce qu'ils n'avaient pas de raison de faire s'il n'y avait pas eu homicide intentionnel. Les juges cantonaux ont écarté l'hypothèse, avancée par le recourant, selon laquelle d'autres hôtes russophones auraient été présents cette nuit-là au domicile de la victime. Les déclarations des protagonistes à cet égard avaient varié lors des auditions et comportaient des contradictions, aucun matelas n'ayant été retrouvé dans le logement et le dossier ne contenait aucun indice concret en ce sens. En outre, le recourant et C.________ avaient affirmé, lors de leur arrestation le 9 décembre 2012, avoir passé la nuit dehors dans la rue, mensonge qu'ils n'avaient pas de raison de proférer si la victime était en train de dormir tranquillement, ainsi que le prétendait le recourant. Par la suite, le recourant avait admis avoir passé la nuit chez la victime. En se fondant sur l'analyse du téléphone portable du recourant et les contrôles téléphoniques rétroactifs de ses comparses (cf. supra B.f) ainsi que sur les traces ADN découvertes dans le logement (cf. supra B.e) alors que le ménage venait d'être fait, la cour cantonale a retenu que le recourant, C.________ et D.________ étaient les derniers à avoir vu B.________ en vie. Par ailleurs et surtout, le 9 décembre 2012 au petit matin, le comparse du recourant était porteur des bijoux que la victime ne quittait jamais, ce qui était confirmé tant par les déclarations de G.________, bijoutier qui travaillait avec la victime, que celles du fils et de la soeur du défunt, ainsi que de son ami, H.________. La cour cantonale a considéré que le tatouage que s'était fait faire le recourant en prison, à propos duquel il présentait des explications variables (joli de se faire tatouer la date du jour de son arrestation, symbole de renoncement au jeu, hasard), était un indice supplémentaire de son implication dans l'homicide commis le 9 décembre (9 du 12) 2012. Compte tenu du tatouage et des images extraites de son téléphone portable contenant les symboles de l'organisation criminelle "Vory v Zakone", la cour cantonale a considéré qu'il ne faisait pas de doute que le recourant avait des liens avec cette organisation et que son tatouage avait un sens codé en lien avec la mort de B.________, l'as de pique étant associé à la malchance ou à la mort.