Citation: 6S.193/2005 16.07.2005 E. B

S'agissant des faits utiles au jugement de la présente cause, cet arrêt retient, en résumé, ce qui suit. B.a Née en 1948 en Algérie, X.________ a quitté ce pays alors qu'elle avait 15 ans pour s'établir en France avec sa famille. A l'âge de 17 ou 18 ans, elle est venue en Suisse et y a obtenu un baccalauréat. Par la suite, elle a épousé B.________, dont elle a eu cinq enfants, nés entre 1970 et 1981, et dont elle a divorcé en 1986. Le 20 octobre 1988, elle a donné naissance hors mariage, à Lausanne, à C.________, qui, selon acte d'état civil du 13 décembre 1995, a été reconnu par D.________, de nationalité française, avec lequel elle aurait eu une relation entre 1992 et 1997. De 1988 à 2000, elle a vécu à Genève avec C.________, chez un homme d'une nonantaine d'années, qui est décédé avant d'avoir pu l'épouser. En décembre 2001, elle s'est mariée avec F.________, qui était arrivé en Suisse deux mois auparavant. Elle est actuellement dans l'attente d'une rente AI et reçoit à ce titre une avance mensuelle de 2375 francs. Selon une expertise psychiatrique à laquelle elle a été soumise en cours de procédure, elle souffre d'un trouble de la personnalité paranoïaque, assimilable à un développement mental incomplet et, de ce fait, n'a pas pleinement la capacité d'apprécier le caractère illicite de ses actes ni de se déterminer de façon adéquate. B.b C.________ a vécu avec sa mère, d'abord dans le canton de Vaud, puis à Genève, où il a été scolarisé de 3ème en 6ème primaire. De septembre à décembre 2001, il a fréquenté un collège à Nice, où il n'a toutefois pas souhaité retourner à l'issue des vacances de Noël. Il a alors vécu chez sa mère, étudiant à la maison, jusqu'en juillet 2002. A cette époque, celle-ci a entrepris des démarches en vue d'hospitaliser son fils, qui souffrait de surcharge pondérale, au centre médical "les Oiseaux", dans la Var (France). N'ayant pas de couverture sociale en France et n'étant pas scolarisé, C.________ n'a toutefois pu entrer dans cet établissement. Parallèlement, suite à un avis d'expulsion, X.________ et son fils ont dû quitter leur appartement en juillet 2002. Depuis lors, ils ont vécu, d'abord entre Lausanne et Genève, puis dans le sud de la France, dans un mobile home. B.c Par courrier du 18 mars 2002, la Justice de Paix du cercle de Lausanne a fait part au Tribunal tutélaire genevois des inquiétudes manifestées par les cinq demi-frères et soeurs de C.________, tous majeurs, quant aux conditions d'existence et à l'apparente non-scolarisation de ce dernier. Le Tribunal tutélaire a sollicité une évaluation du Service de protection de la jeunesse (SPJ), qui, dans un rapport du 6 mai 2002, a estimé la situation du mineur préoccupante. Le Tribunal tutélaire a alors sommé X.________ d'indiquer où se trouvait son fils. Celle-ci n'ayant pas répondu, l'assistance de la police a été sollicitée. Dans un rapport du 10 juillet 2002, la Brigade des mineurs a relevé que X.________ et son fils n'habitaient pas à l'adresse où ils étaient officiellement domiciliés. Finalement, X.________ a pu être jointe grâce à son numéro de téléphone portable. Elle a affirmé avoir confié C.________ à son père en février 2002, mais a refusé de fournir les coordonnées de celui-ci. Elle a par ailleurs indiqué n'avoir ni domicile fixe ni emploi depuis le mois de décembre 2001. Par ordonnance du 11 juillet 2002, confirmée le 6 septembre 2002, le Tribunal tutélaire, statuant sur mesures provisoires, a retiré la garde de C.________ à sa mère et ordonné son placement en foyer d'accueil d'urgence dès qu'il serait localisé. Il a par ailleurs mis en place une curatelle en faveur du mineur. Le 12 juillet 2002, il a demandé à la police de rechercher ce dernier et de le placer en foyer dès qu'il serait retrouvé. B.d Dans la nuit du 22 novembre 2002, une patrouille de garde-frontières a interpellé X.________ et son fils près de la douane de Ferney-Voltaire. Ils se trouvaient, en compagnie de F.________, dans un camping-car, où se trouvaient également 10 à 14 chiens de petite taille et de race inconnue. C.________ a immédiatement été placé dans un foyer. Auditionné par la police, il a expliqué que, depuis le mois de décembre 2001, il n'était plus scolarisé et que, depuis le mois de juillet 2002, il vivait dans un camping-car avec sa mère, son beau-père et une dizaine de chiens. Il a également expliqué que le camping-car ne comportait pas d'installation sanitaire, n'étant notamment pas équipé de toilettes, et qu'il se lavait occasionnellement, lorsque sa mère le conduisait dans une chambre d'hôtel. Il a par ailleurs précisé n'avoir plus revu son père depuis 4 ou 5 ans. Confronté ultérieurement à sa mère, qui affirmait qu'il avait été hébergé par son père en France entre la mi-février et la mi-novembre 2002, il a maintenu n'avoir plus revu son père depuis plusieurs années. B.e Il a notamment été relevé que C.________ avait dans une certaine mesure été mis en marge de la société et cela à une époque particulièrement délicate de sa vie, soit l'adolescence. Empêché pendant près d'une année de fréquenter l'école, il accusait un retard scolaire. Il n'avait pas été pris en charge médicalement pour son problème de poids et avait vécu dans des conditions d'hygiène précaires. Selon les médecins, il avait une vision du monde déformée, imposée par sa mère. Des lésions physiques qu'il s'était infligées et les troubles du sommeil dont il souffrait étaient le reflet d'une mauvaise santé psychique. Il avait dû faire face à des difficultés familiales et à de nombreux changements, qui l'avaient rendu vulnérable. Aux dires de son tuteur, il ne savait pas comment se comporter par rapport aux autres. B.f Les faits susdécrits ont été considérés comme constitutifs de violation du devoir d'assistance ou d'éducation au sens de l'art. 219 al. 1 CP. L'alinéa 2 de cette disposition a été écarté au motif que l'infraction avait été commise par dol éventuel.