Citation: 6B_55/2025 E. 3.4.2

3.4.2. On comprend de l'argumentation du recourant qu'il conteste sa réintégration. 3.4.2.1. Si, durant le délai d'épreuve, le détenu libéré conditionnellement commet un crime ou un délit, le juge qui connaît de la nouvelle infraction ordonne sa réintégration dans l'établissement (art. 89 al. 1 CP). Si, malgré le crime ou le délit commis pendant le délai d'épreuve, il n'y a pas lieu de craindre que le condamné ne commette de nouvelles infractions, le juge renonce à la réintégration (art. 89 al. 2, 1re phrase, CP). Il peut adresser un avertissement au condamné et prolonger le délai d'épreuve de la moitié au plus de la durée fixée à l'origine par l'autorité compétente (art. 89 al. 2, 2e phrase, CP). La nouvelle infraction doit revêtir une certaine gravité, à savoir être passible d'une peine privative de liberté ou d'une peine pécuniaire (cf. art. 10 CP). La commission d'un crime ou d'un délit n'entraîne toutefois pas obligatoirement la révocation de la libération conditionnelle. Selon l'art. 89 al. 2 CP, le juge renoncera à la réintégration s'il n'y a pas lieu de craindre que le condamné ne commette de nouvelles infractions. Par sa nature même, le pronostic à émettre ne saurait être tout à fait sûr; il doit suffire de pouvoir raisonnablement admettre que le détenu ne commettra pas de nouvelles infractions (ATF 98 Ib 106 consid. 1b; arrêts 7B_91/2023 précité consid. 8.1; 6B_623/2017 du 28 novembre 2017 consid. 2.1; 6B_715/2015 du 21 mars 2016 consid. 2.1; 6B_1085/2013 du 22 octobre 2014 consid. 4.2.1). Pour l'évaluation du pronostic (art. 89 al. 2 CP), il convient de se référer aux critères développés par le Tribunal fédéral pour l'octroi du sursis à l'exécution de la peine (art. 42 al. 1 CP). Ainsi, pour formuler un pronostic sur le comportement futur du condamné, le juge doit se livrer à une appréciation d'ensemble. Outre les circonstances de l'infraction, il doit tenir compte des antécédents de l'auteur, de sa réputation et de tous les éléments propres à l'éclairer sur l'ensemble du caractère du condamné et les perspectives d'une libération conditionnelle. Pour évaluer le risque de récidive, il est essentiel d'avoir une vision d'ensemble de la personnalité du condamné (arrêts 7B_91/2023 précité consid. 8.1; 6B_1265/2021 du 29 décembre 2022 consid. 4.3). 3.4.2.2. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir minimisé l'importance de la thérapie entreprise. Selon lui, cette thérapie a permis de comprendre les causes de son comportement. Il fait également grief à la cour cantonale d'avoir retenu qu'il avait entrepris cette thérapie trop tard, en soulignant que la prise en charge thérapeutique est toujours bénéfique, même si elle est initiée après un certain délai. Si le fait que le recourant a entrepris une thérapie est à saluer, la cour cantonale a correctement estimé que cette démarche était insuffisante et tardive. Il ressort par ailleurs du jugement attaqué que c'est sur conseil de son avocat qu'il a entamé ce processus de thérapie. Le fait qu'il ait arrêté ses séances en août 2024 et qu'il n'ait effectué que 11 séances entre fin 2022 et début 2024 tend à démontrer qu'il n'a pas fait d'efforts conséquents pour modifier son comportement. La cour cantonale pouvait dès lors retenir qu'on ne savait, en définitive, rien du travail réellement effectué et de ses effets sur la prise de conscience du recourant. Le grief est rejeté. 3.4.2.3. Le recourant considère que la cour cantonale a abusé de son pouvoir d'appréciation en concluant à un pronostic défavorable concernant son futur comportement. Il invoque à cet égard ses actions depuis les infractions (bonne collaboration, travail, remboursement des plaignants et thérapie). La cour cantonale a bien pris en considération les éléments invoqués par le recourant. Cependant, compte tenu de sa récidive seulement trois mois après sa dernière libération conditionnelle, et de ses nombreux antécédents, qui incluent six condamnations à des peines privatives de liberté notamment pour abus de confiance et escroquerie, - lesquelles ne l'ont pas empêché de persister dans ses comportements criminels -, les éléments précités ne sont pas suffisants, au vu de l'ensemble des circonstances, pour considérer que le recourant ne commettra pas d'autres infractions. C'est donc à bon droit que la cour cantonale a considéré que le pronostic était défavorable.