Citation: 6S.340/2004 03.11.2004 E. B

Cet arrêt retient, en résumé, ce qui suit. B.a Né le 2 juin 1947, X.________ est musicien de variété. Il enseigne le piano et le chant dans le cadre de cours privés, individuels ou collectifs. Au mois de février 2002, l'une de ses élèves, Y.________, née le 12 mars 1985, s'est rendue au centre de consultation pour victimes d'infractions, indiquant avoir été victime de divers actes d'ordre sexuel de la part de X.________. Elle a déposé plainte le 8 février 2002. B.b Les faits dénoncés par la plaignante sont, en substance, les suivants. Sous prétexte de lui enseigner la respiration abdominale, X.________ a d'abord commencé par glisser sa main dans la culotte de son élève. Par la suite, dans un petit local où il lui avait demandé de l'accompagner, il s'est frotté contre elle. Quelque temps plus tard, il a entrepris de lui donner des baisers dans le cou avec la langue, puis s'est frotté contre elle, avant de glisser sa main dans le pantalon de sa victime pour la toucher devant et derrière. Les attouchements se sont par la suite précisés. A une occasion, X.________ a sorti un sein de la victime de son soutien-gorge et l'a baisé en se masturbant. A une autre occasion, il a entrepris de la déshabiller pour lui caresser le sexe avec la main puis avec la bouche. Une autre fois encore, l'ayant à nouveau déshabillée, il a frotté son sexe dénudé contre celui de sa victime, sans toutefois la pénétrer. Deux épisodes ultérieurs se sont terminés par une pénétration complète, dont une au moins a fait saigner la victime. En outre, à plusieurs occasions, cette dernière a dû masturber X.________ jusqu'à ce qu'il éjacule sur le tapis. Elle a toutefois pu refuser une fellation qu'il réclamait. B.c Deux autres adolescentes et élèves de X.________ ont été entendues au cours de l'enquête et ont rapporté avoir été victimes de divers comportements déplacés de sa part. L'une d'elles, A.________, alors âgée de quelque 16 ans, a été invitée à suivre X.________ dans son bureau, où, sous prétexte de l'aider à se détendre, il lui a demandé d'enlever son pull et lui a prodigué des massages ambigus, accompagnés de baisers dans le dos. L'autre, B.________, qui avait alors au plus 15 ans, a indiqué que, outre qu'il lui avait tenu des propos déplacés, X.________ lui avait touché les cuisses, prétendument pour en évaluer le diamètre, au motif que les chanteuses doivent avoir un beau corps. Ces deux adolescentes n'ont cependant pas déposé plainte. B.d Le Tribunal correctionnel a écarté la thèse du prévenu, qui soutenait que l'initiative des actes revenait à Y.________. Il a tenu pour établis les faits décrits par cette dernière, de même que ceux résultant des déclarations de deux autres adolescentes. S'agissant des actes commis sur Y.________, le tribunal, dans le doute, a retenu qu'il n'était pas démontré qu'ils auraient commencé avant le 12 mars 2001, date à laquelle la victime avait atteint l'âge de 16 ans. Il a dès lors renoncé à la prévention d'actes d'ordre sexuel avec des enfants. Il a par ailleurs également renoncé aux préventions de contrainte sexuelle et de viol. Il a en revanche considéré que les actes commis sur Y.________ étaient constitutifs d'actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante au sens de l'art. 188 CP. Cette même infraction a été retenue pour les actes commis sur A.________. Quant aux actes commis sur B.________, ils ont été considérés comme constitutifs d'actes d'ordre sexuel avec des enfants au sens de l'art. 187 CP.