Citation: 6B_948/2017 E. B

Par arrêt du 20 juin 2017, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a rejeté les appels formés par A.________, B.________, C.________ et par le ministère public contre ce jugement et a confirmé celui-ci. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. X.________, né en 1951, au bénéfice d'une formation de mécanicien de précision acquise en Italie, est arrivé en Suisse en 1970. Il y exerce depuis lors la profession de forain. En 1999, il a acquis en Italie, auprès de l'entreprise D.________, une attraction appelée "E.________", composée de deux rangées de cinq tapis de trampoline, entourée d'un filet et couverte d'une tente. X.________ a notamment installé cette attraction au quai Gustave-Ador, à l'occasion des Fêtes de Genève en 2011. B.b. F.________, ressortissant macédonien né en 1973, a été engagé par X.________ afin d'assurer l'ordre du manège "E.________" durant les Fêtes de Genève, du 1er au 14 août 2011. Sa mission première consistait à faire entrer les enfants dans l'enceinte, puis à les en faire sortir au terme de la session - d'une durée de quatre minutes -, de veiller à l'ordre et au respect du règlement. Selon le règlement, un seul enfant devait se trouver par tapis, les sauts périlleux et les saltos étaient interdits, de même que les changements de tapis ou le port de chaussures. F.________ devait expulser les personnes qui ne respectaient pas les consignes. A l'époque des faits, X.________ connaissait F.________ depuis trois ans et l'employait régulièrement durant les Fêtes de Genève ou d'autres fêtes en Suisse. B.c. Le 1er août 2011, une patrouille de police a été appelée à la suite d'un accident survenu sur un trampoline. Arrivée sur les lieux, celle-ci a constaté que des ambulanciers dispensaient les premiers soins à un jeune homme, A.________. Le prénommé, alors âgé de 17 ans, avait auparavant utilisé l'attraction "E.________", sur laquelle il avait tenté d'exécuter un double salto arrière. Ce faisant, il était mal retombé puis avait constaté qu'il ne pouvait plus bouger les membres. F.________ était alors arrivé, l'avait soulevé par les aisselles et traîné hors de l'attraction. Il l'avait ensuite assis sur une chaise, avant que A.________ ne soit finalement allongé sur le sol dans l'attente des secours. B.d. A l'époque de l'accident, X.________ était au bénéfice d'une attestation de sécurité pour installation foraine ou de cirque, valable jusqu'au 29 décembre 2012, qui lui avait été délivrée le 4 décembre 2008 par le Secrétariat d'Etat à l'économie (ci-après : SECO), soit pour lui la société allemande G.________ GmbH, et mentionnait que son manège était "en ordre". L'attraction "E.________" respectait les exigences des normes suisses en la matière, notamment la norme SN EN 13219 "Matériel de gymnastique - trampolines - exigences fonctionnelles et de sécurité, méthode d'essai", reprise de la norme européenne EN 13219 relative à la conception et à la fabrication des trampolines autres que ceux destinés à un usage domestique. B.e. Au souvenir de X.________, il n'existait pas, à l'époque de l'achat de son attraction, de manuel de montage ou de règlement d'utilisation, mais D.________ envoyait des techniciens chargés de s'assurer que ses instructions pour l'érection et l'utilisation du manège étaient bien comprises. Par ailleurs, le site Internet de l'entreprise H.________ srl, qui avait livré les tapis équipant les trampolines, comportait plusieurs vidéos à ce propos, montrant notamment des personnes effectuant des saltos arrière simples. B.f. Un règlement d'utilisation en trois langues, établi par X.________, sur la base d'un règlement existant en Italie, était affiché sur les vitres de la caisse et indiquait notamment que les "sauts périlleux" étaient interdits. B.g. Selon son dossier médical, A.________ a subi un trauma médullaire au niveau des vertèbres C4-C5, entraînant une tétraplégie complète. Selon une expertise confiée au Centre universitaire romand de médecine légale, les lésions subies par A.________ devaient être attribuées à la mauvaise réception du saut sur la nuque. Le déplacement inadéquat du prénommé aurait théoriquement pu aggraver la situation, mais A.________ avait immédiatement présenté un déficit complet des quatre membres, la récupération fonctionnelle d'un ou deux autres métamètres en-dessous du niveau de la lésion qu'il avait présentée étant celle de la majorité des blessés médullaires. Les experts ont précisé que, selon la littérature médicale, l'imprudence de la mobilisation des blessés médullaires transformait, dans 15% des cas, des syndromes "incomplets" en syndromes "complets", entraînant une perte significative de chances de récupération. Cela n'avait toutefois pas été le cas de A.________, quand bien même son déplacement - effectué au moyen d'une prise au niveau des aisselles sans fixation préalable du cou, position assise avec des mouvements de flexion et extension - avait été totalement injustifié.