Citation: 6B_4/2020 E. 4.2

4.2. En l'espèce, il est tout d'abord constant que A.________ ne gère pas elle-même un établissement dédié à la prostitution et que tant l'exploitation de E.________ que la soumission de celle-ci ont été le fait de son mari H.________, rencontré en 2007 (jugement de première instance, consid. B.1.ii p. 21). Sous cet angle, déjà, il est douteux que le comportement de A.________, que le recourant voudrait voir qualifié de recrutement, puisse correspondre à la notion légale de cette activité, conçue dans la perspective d'un rapport bipartite victime-exploiteur. Quoi qu'il en soit, la cour cantonale a constaté que E.________ était déjà venue en octobre 2015 à aaa, pour s'y prostituer. Cette première venue n'était toutefois pas couverte par l'acte d'accusation (arrêt entrepris consid. 3.5 p. 13). Elle avait envoyé de l'argent à son mari dès janvier 2016 tout au moins (jugement de première instance, consid. 2.vi.a p. 23), ce qui indique qu'elle se prostituait à ce moment-là. Or, la décision entreprise retient que A.________ n'a eu connaissance des conditions dans lesquelles E.________ se prostituait sous la contrainte de son mari que dans le courant de l'année 2016. Dans la mesure où l'enquête n'a pas révélé le moment auquel A.________ a acquis cette connaissance, il n'est pas établi qu'elle ait pu avoir en vue l'exploitation de E.________ par son mari au moment où elle aurait établi les premiers contacts avec celle-ci en vue de son activité dans l'établissement en 2016 et où elle lui a, notamment, loué une chambre. Il n'est, partant, pas établi non plus qu'elle ait pu déployer une activité causale dans la perte de libre arbitre de E.________, ce qui suffit à exclure la qualification de recrutement. Pour le surplus, le recourant ne tente ni de démontrer que le comportement de A.________ devrait être qualifié de complicité d'un comportement de H.________ ou d'un tiers, ni qu'elle apparaîtrait comme un intermédiaire entre H.________ et l'exploitant de l'établissement dans lequel la jeune femme se prostituait, et rien n'indique qu'il aurait pu en aller ainsi. Dans ces conditions, le recourant ne démontre pas en quoi l'acquittement de A.________ violerait le droit fédéral et il n'apparaît pas non plus que tel pourrait être le cas. Le grief doit être rejeté.