Citation: 8C_233/2023 E. 5.2.1

5.2.1. A propos des trophées représentant des quenelles d'or, la cour cantonale a retenu que la recourante devait s'attendre à l'ambiguïté que provoquerait l'exposition du symbole du trophée, geste à connotation antisémite notoire. De telles considérations sont dépourvues d'arbitraires. Dans l'ATF 143 IV 308 (cité par la recourante à l'appui de son recours), le Tribunal fédéral a certes admis que la signification de la "quenelle" pouvait varier selon les contextes et les avis, mais il a également reconnu que le geste qui y était associé était à tout le moins perçu comme obscène et méprisant et empreint d'une connotation antisémite compte tenu de la polémique qui l'entourait, généralement connue de la population genevoise (consid. 4.3). Cela étant, on ne peut se limiter, comme le fait la recourante, à considérer les trophées qu'elle a exhibés et qui reproduisent le geste de la quenelle comme une simple référence parodique aux Oscars. Quant aux considérations des juges cantonaux, selon lesquelles la comparaison entre les mesures sanitaires et les mesures imposées aux communautés juives était à tout le moins susceptibles de susciter une controverse, elles répondaient aux allégations de la recourante, laquelle expliquait en substance que son objectif était de sensibiliser les gens sur la fragilité des droits et libertés généralement tenus pour acquis et s'inscrivait dans un débat public sur les libertés et les dérives totalitaires menaçant la société démocratique. Contrairement à ce que celle-ci soutient, on ne voit là aucun flou "sur les réels reproches" retenus par les juges cantonaux. Lorsque la violation des devoirs de service se fonde sur le contenu de publications en ligne, notamment sur les réseaux sociaux, il n'est en tout cas pas arbitraire de mettre l'accent sur la manière dont les contenus sont susceptibles d'être perçus par un tiers, même si l'intention de l'émetteur n'est pas dénuée de toute pertinence. Dans ce contexte, les arrêts du 4 janvier 2023 de la Chambre pénale de recours produits par la recourante en instance cantonale (annulant le refus d'entrer en matière du ministère public sur ses dépôts de plainte pénale pour injure et dénonciation calomnieuse) n'ont pas la portée que celle-ci leur donne. En considérant que deux publications (dont la vidéo contenant la comparaison entre les mesures sanitaires et les mesures imposées sous le régime nazi) ne permettent pas d'établir d'emblée et de façon claire l'éventuel sentiment interne antisémite de la recourante et en renvoyant la cause pour que les personnes visées par les plaintes puissent apporter la preuve de la vérité ou de leur bonne foi, ces arrêts ne font que confirmer le caractère controversé des publications. Or, après avoir fait l'objet d'un blâme portant sur des manquements de même nature, la recourante a été avertie que de telles publications ne seraient plus tolérées. Ainsi, alors qu'elle avait déjà été sanctionnée pour avoir diffusé des images d'elle-même, au côté de D.________, vêtue d'un gilet jaune orné d'un symbole en référence à la chanson de celui-ci, la recourante a fait fi des mises en garde de son employeur en publiant une nouvelle fois les images litigieuses. L'argumentation développée à cet égard, sur l'absence de lien entre ces images et la chanson pour laquelle le prénommé a été condamné, est purement appellatoire et frise la témérité. En conclusion, on ne voit pas dans la motivation du recours d'arguments susceptibles de démontrer une application arbitraire du droit cantonal, en tant que les premiers juges ont retenu qu'elle avait failli à ses devoirs d'enseignante en persistant, après le blâme, par des publications d'images et vidéos à connotation antisémite. Dans ces conditions et sous l'angle de l'arbitraire, la révocation de la recourante peut déjà être confirmée. L'argumentation développée à l'égard des autres manquements retenus ne permet en tout cas pas d'aboutir à un autre résultat. On relèvera en particulier que les reproches liés aux prises de position publiques de la recourante sur les différends qui l'opposaient à son employeur ne sont pas isolés du contenu de ses propos, en sens que ce sont bien plus les termes utilisés (p. ex. acharnement de la part de l'employeur sous l'influence de E.________) qui sont problématiques (cf. arrêt entrepris consid. 6e) que le fait d'avoir parlé ouvertement de la procédure. De ce point de vue, la médiatisation de l'affaire n'apparaît pas décisive et, en tout état de cause, l'argumentation de la recourante repose en grande partie sur des faits qui n'ont pas été constatés dans l'arrêt attaqué, de sorte qu'elle n'est pas admissible (cf. consid. 2.1 supra). Il en va de même lorsqu'elle soutient que "des campagnes de plus en plus virulentes se dressent contre les politiques qui ont préconisé la vaccination obligatoire contre le Covid-19, lui donnant en tous les cas partiellement raison". Quant à la diffusion de l'entretien avec F.________, même si les juges cantonaux ne donnent pas plus d'indications sur les "valeurs véhiculées par le DIP" incompatibles avec les propos de l'intéressé (cf. let. A.d supra supra), ils n'ont pas fait preuve d'arbitraire en retenant que la passivité de la recourante, son manque d'esprit critique, de recul et de remise en question risquait de la faire apparaître comme soutenant le discours de l'interviewé. Enfin, s'agissant de la prise de position de la recourante sur le courrier de la DGEO concernant le port du masque par les élèves, s'il faut admettre avec la recourante que, contrairement aux considérations des premiers juges, on ne voit pas d'ambiguïté entre son point de vue personnel et celui de son employeur, il n'en demeure pas moins que son devoir de réserve et de fidélité lui imposait une certaine retenue.