Citation: 8C_807/2019 E. 5

La cour cantonale a nié que les lésions du genou gauche du recourant traitées par arthroscopie le 15 août 2017 (déchirure du ménisque interne et lésion cartilagineuse sur le condyle fémoral interne) fussent en relation de causalité avec l'accident initial du 20 janvier 2015. Elle s'est fondée pour cela sur les appréciations établies par les doctoresses K.________ et L.________, de la division de médecine des assurances de la CNA, que l'intimée a produites dans le cadre de la procédure cantonale parallèle portant sur sa décision de suppression des prestations d'assurance du 13 septembre 2015. En résumé, d'après les médecins précités, sur les images IRM du genou gauche du 5 février 2015, on pouvait visualiser que les ménisques tant interne qu'externe étaient touchés et qu'ils présentaient une fissure horizontale caractéristique d'une atteinte dégénérative du ménisque; du côté interne, la fissure était associée à un kyste méniscal, ce qui parlait en faveur d'une dégénérescence dès lors qu'un tel kyste ne se développait pas en peu de temps. Par ailleurs, toujours selon ces médecins, l'assuré présentait une altération du cartilage sous la forme d'une chondropathie de grade IV qui ne pouvait pas être séquellaire à l'accident du 20 janvier 2015. D'une part, il s'agissait là d'une dégénérescence du cartilage articulaire due à des pressions excessives ou mal réparties sur le cartilage; or le grade IV constaté chez l'assuré représentait déjà une évolution très avancée. D'autre part, la face antérieure du condyle fémoral où se situait la chondropathie diagnostiquée chez l'assuré ne pouvait pas, physiologiquement, être atteinte lors d'une rupture du ligament collatéral causée par une entorse du genou qui se produisait lorsque celui-ci était en flexion. Les doctoresses K.________ et L.________ en ont conclu que le mouvement de torsion du genou gauche survenu le 20 janvier 2015 avait uniquement entraîné la rupture du ligament et que la lésion méniscale ne pouvait qu'être antérieure à cet événement. Pour la cour cantonale, aucun élément au dossier n'était de nature à mettre en doute ces constatations et conclusions claires et motivées. En particulier, le recourant ne pouvait rien tirer en sa faveur du rapport du docteur R.________ du 31 mars 2017. En tant que ce médecin avait posé le diagnostic de "déchirure traumatique du ménisque interne du genou gauche (traumatisme de janvier 2015) ", il s'était contenté de se référer aux déclarations de l'assuré sans examiner ni expliquer en quoi cette lésion était consécutive à l'accident du 20 janvier 2015.