Citation: 1B_217/2016 E. 4.2

4.2. A l'appui de son grief, la recourante se prévaut de l'expertise psychiatrique et de son complément qui retiennent un risque faible de récidive d'acte de même nature; elle se réfère au contexte très particulier existant au moment des faits qui ne prévaudrait plus aujourd'hui. Elle entend également tirer argument de sa situation personnelle qui se serait stabilisée, notamment sur le plan familial (naissance de son petit-fils; fin de toute dissension et rapprochement avec sa fille devenue majeure; importance de la famille vivant en Suisse) et professionnel (certificat de travail attestant de ses qualités; offres d'hébergement). Elle fait aussi référence au courrier du 2 décembre 2015 du pasteur de la prison et à sa demande écrite de pardon adressée à la victime. Les éléments invoqués par la recourante ne permettent cependant pas de remettre en cause l'appréciation de l'instance précédente qui a retenu l'existence d'un risque de réitération concret justifiant son maintien en détention. Certes, l'expert a qualifié de faible le risque de récidive d'actes de même nature, au vu du caractère très contextuel du passage à l'acte et l'absence d'antécédents de violence; selon lui, la prévenue avait agit dans un moment de crise spécifique qui s'était amorcé avec l'annonce de la séparation et qui s'était exacerbé particulièrement avec la découverte de l'identité de la nouvelle compagne de son époux, à savoir sa prétendue meilleure amie. L'expert n'a toutefois pas exclu tout risque de récidive. Dès lors que l'acte reproché à la recourante est particulièrement grave et que le bien juridiquement protégé - la vie humaine - est très important, le juge de la détention pouvait se montrer moins strict dans l'exigence de la vraisemblance du risque de réitération (cf. supra consid. 4.1). A l'instar des instances précédentes, on peut considérer que plusieurs éléments font craindre que la prévenue puisse se retrouver en cas de libération dans un état d'esprit similaire à celui qui était le sien au moment des faits reprochés. Ainsi, il ressort des déclarations de la recourante qu'elle peine à appréhender la portée des faits reprochés et qu'elle se positionne toujours au moins partiellement en tant que victime de B.________ et de son époux; en effet, comme relevé par les instances précédentes, il apparaît entre autres que la recourante exprime peu de regrets quant à son comportement passé et qu'elle insiste sur le fait qu'elle ferait l'objet de diffamation de la part de la victime (cf. procès-verbal d'audition du 11 avril 2016 par le Ministère public, lignes 50 ss, 95 ss et 124 ss; procès-verbal d'audition du 19 avril 2016 par le Tmc, lignes 33 ss). Le fait qu'elle a envoyé une demande écrite de pardon à cette dernière n'apparaît pas suffisant dans ce contexte. De plus, quoi qu'en pense la recourante, sa situation personnelle et professionnelle ne permet pas de retenir qu'en cas de remise en liberté, elle se trouverait dans une situation propre à exclure de manière suffisante tout risque de récidive. Le fait qu'elle souhaite vivre pleinement son statut de grand-maman - son petit-fils étant né durant sa détention - et qu'elle se serait rapprochée de sa fille n'offre pas de garanties suffisantes. D'ailleurs, l'existence de ses deux enfants - dont une fille alors mineure - ne l'a pas empêchée de commettre les faits qui lui sont reprochés. Au vu de ces considérations, l'instance précédente n'a pas violé le droit fédéral en retenant l'existence d'un risque de réitération.