Citation: 2C_113/2020 E. 5.3

5.3. Tout d'abord, et comme l'a déjà relevé le Tribunal cantonal, contrairement à ce que soutient le recourant, le pronostic du juge de l'application des peines et mesures ne peut pas renseigner de manière décisive les autorités compétentes en matière de droit des étrangers sur la dangerosité d'une personne pour l'ordre et la sécurité publics. Celles-ci demeurent libres de tirer leurs propres conclusions à ce sujet (ATF 137 II 233 consid. 5.2.2 p. 237; arrêt 2C_727/2019 du 10 janvier 2020 consid. 5.4.3 et les références). Ensuite, l'autorité précédente a justement constaté que le recourant ne pouvait pas se prévaloir de son bon comportement en prison et depuis sa sortie de prison, car le contrôle étroit que les autorités pénales exercent sur un détenu au cours de la période d'exécution de sa peine ne permet pas de tirer des conclusions déterminantes de son attitude, du point de vue du droit des étrangers, afin d'évaluer sa dangerosité une fois en liberté. Il en va de même de la période de libération conditionnelle, puisqu'une récidive conduirait probablement à la révocation de ce régime (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128; arrêt 2C_727/2019 du 10 janvier 2020 consid. 5.4.3 et les références). C'est bien plus des deux condamnations prononcées contre le recourant qu'il faut tenir compte en priorité. Or, on constate qu'après avoir été condamné en 2012 à 23 jours-amende pour avoir conduit en raison d'un taux d'alcoolémie qualifié, et avoir ainsi mis en danger un nombre important d'usagers de la route (cf. arrêt 2C_127/2016 du 13 septembre 2016 consid. 4.2.3), le recourant a été arrêté en 2015, puis condamné une seconde fois en 2018 à 42 mois de peine privative de liberté. Selon le jugement pénal, repris par l'autorité précédente, le recourant avait en effet "mis en place un trafic de produits stupéfiants important, loin d'une activité artisanale pendant plusieurs années. Il en était l'initiateur, l'organisateur et le meneur. Il a développé son commerce de produits cannabiques pour en faire une entreprise qui lui a permis de vivre de ses gains illicites. Il a agi sur une longue période et son activité délictueuse - soutenue - est allée en s'intensifiant". Si le recourant a fait des aveux complets, il n'en demeure pas moins que sa culpabilité a été jugée lourde par l'autorité de jugement pénal, qui a retenu les circonstances aggravantes de bande et de métier à l'infraction. Or, il convient ici de rappeler que le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux envers de telles infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants. Ainsi, même si le recourant n'a été condamné qu'à deux reprises, ce qui n'exclut en rien l'existence d'une menace réelle et actuelle pour l'ordre public au sens de l'art. 5 par. 1 annexe I ALCP (cf. arrêt 2C_158/2019 du 12 avril 2019 consid. 4.6 et les références), on constate que la première condamnation ne l'a pas dissuadé de continuer ses activités délictuelles, bien au contraire, la seconde condamnation ayant été prononcée pour des faits nettement plus graves et exercés sur plusieurs années. En outre, il ressort de l'arrêt entrepris que le recourant a minimisé les faits, en relevant devant le Tribunal cantonal que le trafic de cannabis, bien qu'illégal, ne saurait constituer à lui seul un danger réel. Il a en outre également cherché à excuser son comportement, en faisant référence à ses problèmes financiers et conjugaux. Ces éléments démontrent sans équivoque que le recourant présente un risque de récidive concret, quoi que celui-ci en dise.