Citation: 4P.99/2002 30.08.2002 E. 3

3.1 A l'appui de son premier moyen, la recourante invoque une appréciation arbitraire de la déclaration effectuée par son administrateur à l'occasion de la séance de chantier du 10 septembre 1998. Elle se réfère singulièrement au passage suivant du considérant 3 du jugement déféré: "A ce sujet (i.e. l'éventuelle garantie donnée en cours de travaux par la défenderesse), l'administrateur B.________ a déclaré qu'appelé à la séance de chantier du 10 septembre 1998, il avait entendu C.________ parler d'un repreneur pour les locaux. "J'ai alors laissé entendre que je pourrais faire un effort", ajoutait-il (D.36), sans préciser qu'un tel geste serait formellement conditionné à l'acceptation dudit repreneur". Selon la recourante, les juges cantonaux auraient arbitrairement sorti la phrase "J'ai alors laissé entendre que je pourrais faire un effort" du contexte général dans lequel s'est tenue ladite séance de chantier ainsi que de l'ensemble des déclarations faites le 10 septembre 1998 par l'administrateur B.________. La cour cantonale aurait ainsi dû tenir compte que les entrepreneurs, et donc le demandeur, savaient qu'un crédit de construction avait été accordé à C.________ et que ce crédit était épuisé au début septembre 1998. De même, la Cour civile devait prendre en considération le fait que c'est seulement après que C.________ a affirmé qu'il disposait d'un repreneur solvable pour les locaux que B.________ a déclaré qu'il pourrait faire un effort, ce qui démontrerait, aux yeux de la recourante, le lien qui existait entre l'effort en question et la reprise des locaux par un locataire solvable. Enfin, compte tenu du crédit de construction octroyé au locataire, la notion de "faire un effort" devait être rattachée à la volonté de la défenderesse d'augmenter cette avance, et non de reprendre la dette du locataire. 3.2 L'autorité cantonale, au considérant C du jugement critiqué, a fait état des allégations de la défenderesse, selon lesquelles celle-ci, au moyen du crédit de construction de 100 000 fr. ouvert en faveur de C.________, réglait directement les factures des divers entrepreneurs "par mesure de simplification". Il appert donc que la Cour civile n'a pas ignoré l'existence du crédit en cause, pas plus le fait que les entrepreneurs avaient connaissance de l'octroi de cette avance, puisque les factures qu'ils adressaient à C.________ étaient en définitive payées par la défenderesse elle-même. La circonstance que l'administrateur de la défenderesse a déclaré pouvoir faire un effort après que le locataire a affirmé disposer d'un repreneur pour les locaux ne permettait pas de retenir que l'octroi de l'aide financière évoquée était indiscutablement liée à la condition qu'un tiers soit prêt à louer la salle de fitness. Il n'était en tout cas pas arbitraire de nier que le simple déroulement chronologique des faits susrappelés établisse un tel lien. Dans le langage courant, "faire un effort" signifie, en matière de dépense, apporter une aide financière dépassant les limites prévues (cf. Le Grand Robert de la langue française, vol. 3, p. 810). La cour cantonale n'a pas méconnu le sens courant de cette expression. Savoir comment cette manifestation de volonté devait être comprise selon le principe de la confiance est une question de droit fédéral, qui, au vu de la valeur litigieuse de la querelle, ressortit à l'instance de réforme. Il suit de là que l'autorité cantonale n'a pas déterminé arbitrairement le contenu de la déclaration incriminée de la recourante, si bien que le moyen doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.