Citation: 1B_213/2013 E. 4.2

4.2. En l'espèce, le TPF a retenu plusieurs éléments de fait tendant à démontrer, sous l'angle de la vraisemblance, qu'en dépit des apparences, D.________ demeurerait le véritable ayant droit des fonds déposés au nom des recourantes auprès de la banque I.________. L'instance précédente a ainsi relevé que les opérations par lesquelles D.________ avait transféré d'importants avoirs - soit plus de USD 200 millions - avaient débuté cinq jours seulement après l'émission (le 6 avril 2011) d'un avis de recherche à son encontre par les autorités de poursuite pénale russes. Les opérations entreprises pour transférer les fonds étaient par ailleurs en tous points identiques à celles effectuées par C.________, lequel fait également l'objet d'une enquête en Russie pour les mêmes faits que ceux reprochés à D.________: elles consistaient en la création d'une société de droit panaméen (B.________, le 11 avril 2011) ainsi que d'une fondation de famille de droit liechtensteinois (A.________ - détenant à 100% B.________ -, le 18 mai 2011) et en la donation de plusieurs millions de dollars à des membres de sa famille, tout en prenant soin de ne pas apparaître personnellement comme bénéficiaire des fonds légués. Le TPF a également pris en compte le fait que l'allégué relatif au "Donation agreement" (cf. act. 6.14 du dossier BB.2012.136-137) - qui aurait été dressé le 19 juin 2010 dans un restaurant à l'occasion des festivités d'anniversaire de la mère de D.________ - avait été introduit tardivement en procédure par les intéressées. Celles-ci n'avaient en effet fait état de cet élément à leur décharge qu'en annexe à leurs déterminations du 30 octobre 2012, alors que leur recours du 2 février 2012 - qui ne consacrait aucune ligne à l'engagement pris en juin 2010 par le prévenu - mentionnait pourtant déjà l'acte de donation ("Deed of Gift"; cf. act. 1.11 du dossier BB.2012.14-15) du 20 juin 2011.