Citation: 1P.525/2001 27.08.2001 E. 4

4.- Contestant l'existence de charges suffisantes, le recourant expose les faits qui, selon lui, plaideraient pour un décès accidentel. La victime se serait comportée imprudemment en pénétrant de nuit dans le box du cheval, sans allumer la lumière. Le traumatisme cérébral avec fracture multiple du crâne serait la cause directe du décès, le crâne de la victime présentant des traces de métal compatibles avec celles provenant d'un fer à cheval; les autres blessures - heurts et morsures - seraient également imputables au cheval. Les experts n'auraient pas mis en évidence des indices de strangulation ou d'étouffement. Compte tenu de la personnalité fragile et instable du recourant, ses aveux ne constitueraient pas une preuve absolue et rien ne permettrait de penser que le geste du recourant - pour autant qu'il ait été commis - soit la cause du décès. Le recourant reproche aussi à la cour cantonale d'avoir renversé le fardeau de la preuve en se référant à son arrêt du 2 avril 2001, en exigeant la preuve de son innocence et en ne tenant pas compte des éléments recueillis ultérieurement, alors que l'enquête touche maintenant à son terme. L'expertise complémentaire ordonnée peu avant le prononcé de l'arrêt attaqué démontrerait l'existence d'un doute en sa faveur. a) L'intensité des charges susceptibles d'autoriser un maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale; si des soupçons encore peu précis peuvent être suffisants dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (arrêt non publié F. du 27 novembre 1991, non reproduit sur ce point in SJ 1992, 191). b) Cela étant, le recourant confond manifestement les conditions de maintien en détention préventive, soit l'existence d'indices suffisants de culpabilité, et les conditions auxquelles une condamnation peut être prononcée, soit l'absence de doutes sérieux quant à la culpabilité de l'accusé. S'agissant de la détention préventive, les charges recueillies contre le recourant sont manifestement suffisantes. Elles sont fondées sur les aveux passés devant la police le 5 septembre 2000, et confirmés le lendemain devant le juge d'instruction. A suivre ces déclarations, après que A.________ eût été blessée par son cheval, le recourant aurait appliqué sa main sur la bouche et le nez de la victime afin de l'empêcher de revenir à elle. Le recourant ne soutient pas que ces aveux aient été obtenus par une quelconque pression des enquêteurs. Il invoque sa personnalité instable, mais cela n'explique pas qu'il se soit pareillement accablé par des déclarations dont le caractère déterminant ne pouvait manifestement lui échapper. Sur le vu de cet élément de preuve essentiel, la cour cantonale pouvait se borner à constater que les autres éléments du dossier, soit les diverses expertises effectuées, ne contredisaient pas ces aveux. Il n'y a pas, en effet, contradiction entre les blessures infligées par le cheval, et l'intervention ultérieure du recourant. L'existence de charges suffisantes pouvait être admise à ce stade, sans qu'il y ait renversement inadmissible du fardeau de la preuve.