Citation: 4C.378/2004 30.05.2005 E. A

B.________ et A.________ ont divorcé à la fin des années 1970. Ils sont restés en bons termes. C.________, D.________ et E.________, les trois enfants mineurs du couple, ont été confiés à leur mère. A.________ a reçu un montant de 600 000 USD à titre de liquidation du régime matrimonial; dans un premier temps, elle a placé cette somme sur son compte auprès de la Banque Z.________ Ltd, à Jersey. A l'époque, F.________ était sous-directeur ou directeur de la Banque W.________, qui deviendra la Banque Y.________ SA, à Genève (ci-après: Y.________). Il connaissait B.________. En automne 1979, il s'est rendu à Londres pour rencontrer A.________ et lui présenter les documents d'ouverture d'un compte n° 1 au nom de X.________ Inc. (ci-après: X.________). La banque avait reçu en effet le mandat de constituer cette société panaméenne, dotée d'un but social étendu lui permettant d'agir comme «trustee» pour des personnes physiques ou morales et d'être active notamment dans le commerce, la finance, la prise de participations, le domaine maritime. Les documents présentés à A.________ et signés par les administrateurs de X.________ étaient au nombre de quatre: les conditions générales de la banque, les instructions de banque restante, une procuration sur le compte bancaire de la société et les instructions pour ordres téléphoniques. 1) Les conditions générales de Y.________ comprenaient une clause de prorogation de for en faveur des tribunaux genevois et l'application du droit suisse. Elles comportaient en outre les articles suivants: «10. Les communications de la banque sont réputées faites dès qu'elles ont été envoyées à la dernière adresse indiquée par le client. La date figurant sur le double ou sur la liste d'expédition en possession de la banque est présumée celle de l'expédition. Le courrier retenu en dépôt à la banque est considéré, en cas de doute, comme délivré à la date qu'il porte.