Citation: 6B_781/2024 E. 4.4.2

4.4.2. Concernant la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP, le recourant se limite à relever qu'il n'a aucun antécédent judiciaire, que les infractions commises, bien que graves, devaient être remises dans un contexte particulier, qu'il faisait état de rapports de probation excellents, et qu'il serait ainsi choquant de les ignorer et de considérer, en conséquence, que sa prise de conscience serait faible. Ces éléments ne peuvent aucunement suffire pour contrebalancer l'intérêt public à l'expulsion du recourant qui est considérable, compte tenu de la gravité des faits qui ont conduit à sa condamnation. En effet, il s'en est pris à l'un de biens juridiques les plus précieux, soit l'intégrité sexuelle d'une mineure qui le considérait comme un père. L'atteinte est d'autant plus grave que le recourant a exploité son statut d'adulte et de figure paternelle et s'est joué de la confiance d'une adolescente pour arriver à ses fins. Contrairement à ce qu'il affirme, il ressort du jugement entrepris qu'il n'a manifesté aucune prise de conscience de la gravité de son comportement. En effet, même lorsqu'il a finalement reconnu ses actes, il n'a eu de cesse de minimiser sa responsabilité en reprochant à l'adolescente de l'avoir provoqué, ce qui en dit long sur sa remise en question. Ainsi, comme relevé par la cour cantonale, les remords et excuses exprimés par la suite notamment dans le cadre de son suivi psychothérapeutique ont une portée relative (cf. jugement attaqué consid. 7d. pp. 31-32). Certes, le recourant n'a pas d'antécédents. Il est cependant le père de 4 filles, ce qui ne l'a pas empêché de commettre des viols et des contraintes sexuelles sur la fille de sa compagne, âgée de 14-15 ans au moment des faits. Il a profité notamment du rôle paternel et de personne de référence, de leur différence d'âge (plus de 40 ans), du fait qu'il était marié avec sa mère et qu'il était le pilier économique de la famille, pour assouvir, par pur égoïsme, ses pulsions. On rappelle du reste que le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux en présence notamment d'infractions contre l'intégrité sexuelle (ATF 139 II 121 consid. 5.3 et les références citées; arrêts 6B_945/2024 du 3 février 2025 consid. 2.5.4; 6B_922/2023 du 19 mars 2024 consid. 1.6.4; 6B_234/2021 du 30 mars 2022 consid. 2.2). Au demeurant, la peine privative de liberté à laquelle le recourant a été condamné dépasse largement le seuil des 2 ans, exigeant que des circonstances extraordinaires soient présentes pour que son intérêt privé l'emporte sur l'intérêt public (arrêts 6B_625/2024 du 12 décembre 2024 consid. 3.1.4; 6B_327/2024 du 11 decembre 2024 consid. 4.3; 6B_350/2024 du 7 novembre 2024 consid. 1.2.2). Pour le surplus, il sied de renvoyer à la motivation cantonale (cf. supra consid. 4.3 et jugement entrepris consid. 7g pp. 36-37), laquelle ne prête pas le flanc à la critique. Les griefs du recourant doivent ainsi être rejetés dans la très faible mesure de leur recevabilité.