Citation: 1C_64/2017 E. 4.5

4.5. Comme le souligne la cour cantonale, à la lumière du texte de l'art. 22 ARIC, il apparaît que le législateur communal a entendu ouvrir la zone "Chalets" à d'autres activités que la seule habitation. Il a néanmoins entendu garantir une certaine quiétude au secteur, ce qui se concrétise notamment par la mention, à titre d'autres activités admises, des commerces et des constructions artisanales, domaines qui ne génèrent en principe pas d'activités gênantes (cf. ALEXANDER RUCH, op. cit., n. 74 ad art. 22 LAT). Cette protection se trouve en outre renforcée par l'attribution au secteur d'un degré II de sensibilité au bruit, qui définit, d'après l'art. 43 al. 1 let. b OPB, le seuil de tolérance pour les zones où aucune entreprise gênante n'est autorisée, notamment dans les zones d'habitation. La volonté de minimiser les immissions se traduit encore par l'interdiction expresse d'implanter dans le secteur des établissements industriels ou encore des locaux destinés à la détention d'animaux, sources de nuisances sonores (cf. art. 43 al. 1 let. d OPB) et olfactives (cf. ch. 51 ss de l'annexe 2 de l'ordonnance sur la protection de l'air du 1 er avril 2017 [OPair; RS 814.318.142.1]). Or, dans la mesure où le hangar litigieux ne tombe sous le coup d'aucune des interdictions explicitement mentionnées à l'art. 22 ARIC et qu'il répond de surcroît - ce qui n'est plus contesté - aux exigences découlant d'un degré II de sensibilité au bruit (cf. rapport SPE, p. 4 s.), il n'est pas insoutenable d'avoir admis l'implantation de celui-ci dans la zone 18.5 "Chalets". Cela est d'autant plus vrai que l'installation, considérée dans son ensemble (avec les garages préexistants), respecte les valeurs de planification (art. 23 LPE), ce indépendamment de la question de savoir si celle-ci doit être qualifiée, en raison de l'adjonction de l'abri projeté, d'installation nouvelle (cf. art. 25 al. 1 LPE), ce que les autorités précédentes ont exclu. Or ces valeurs sont de 5 dB (A) inférieures aux valeurs limites d'immission, applicables aux installations existantes, ce qui répond à des exigences élevées en matière de protection contre le bruit (cf. ch. 2 à l'annexe 6 de l'OPB). Des mesures préventives au sens de l'art. 11 al. 2 LPE ont en outre été intégrées par le SPE en tant que conditions au permis de construire; il s'agit notamment de l'adoption d'un système de fermeture des portes silencieux, du stationnement des cars en marche arrière pour éviter les manoeuvres le matin ou encore la réalisation d'éventuels travaux de maintenance à l'intérieur, portes closes (cf. rapport SPE, points a à d, p. 4). Dans ces circonstances, rien ne permet de conclure que l'exploitation du nouveau hangar générera plus de bruit que l'implantation d'une entreprise commerciale ou artisanale, au sens littéral du terme; on ne peut en particulier pas conclure que le trafic entraîné par l'exploitation litigieuse, limité, selon le rapport du SPE (rapport SPE, p. 3), à des mouvements de véhicules en matinée et en soirée, serait supérieur à celui généré par la clientèle d'un commerce ou d'un artisan (à ce propos, cf. ALEXANDER RUCH, op. cit. n. 74 ad art. 22 LAT). On ne saurait enfin pas non plus, à rigueur de texte et sans autre forme de précision, déduire des notions de commerce et d'artisanat contenues à l'art. 22 ARIC que l'affectation de la zone exclurait tout travail exécuté le week-end; il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre de rappeler que certaines professions relevant de ces domaines d'activité bénéficient explicitement, de par le droit fédéral, du droit d'occuper des travailleurs le soir et les dimanches (cf. notamment, à titre d'exemple, art. 4 al. 2, 23 et 27 de l'ordonnance 2 relative à la loi sur le travail [OLT 2; RS 822.112]).