Citation: 5P.237/2006 04.08.2006 E. 1

Ce grief est irrecevable. En effet, seuls sont recevables devant le Tribunal fédéral les moyens qui, à condition qu'ils aient pu être portés devant l'autorité cantonale de dernière instance - ce qui est le cas en l'espèce -, ont effectivement été présentés à cette autorité. Or, le jugement du Tribunal de première instance retenait déjà que le principe du "Durchgriff" est soumis au droit de l'Etat en vertu duquel la société est organisée, qu'en procédure sommaire, il appartient au requérant de fournir au juge tous les éléments de droit étranger lui permettant de trancher, faute de quoi il est autorisé à appliquer le droit suisse, et que dans le cas particulier les recourants n'avaient fourni aucun élément du droit étranger - des Iles Vierges Britanniques -, de sorte qu'il devait appliquer les principes du droit suisse en la matière. Dans leur recours cantonal, les recourants ont soutenu seulement que le premier juge avait fait application de manière erronée de la théorie du "Durchgriff", parvenant à la conclusion que les biens séquestrés appartenaient à B.________ et non à C.________; ils ont exposé la doctrine et la jurisprudence suisse en la matière, concluant que C.________ était l'ayant droit économique de A.________ et B.________ et donc que, contrairement à ce qu'avait retenu le premier juge, il ne suffisait pas que la société écran allèguât être titulaire des comptes pour prouver son droit de propriété. Comme les recourants n'ont donc pas fait valoir dans leur recours cantonal que le premier juge ne pouvait pas se contenter du fait qu'ils n'avaient fourni aucun élément du droit étranger, qu'il aurait dû entreprendre d'office des démarches pour établir ce droit et que puisqu'il ne l'avait pas fait, il les aurait privés de leur droit à participer à l'administration des preuves, leur grief est nouveau, partant irrecevable (art. 86 al. 1 OJ; cf. consid. 2.1).