Citation: 9C_567/2023 E. 11.2

11.2. Contrairement à ce que prétend la recourante, sa situation ne se distingue pas fondamentalement de celle qui prévalait dans l'arrêt 2C_898/2019 du 21 janvier 2020. En effet, si la recourante était, selon les constatations cantonales, un "prête-nom" et que son implication directe peut a priori être niée, la juridiction cantonale a constaté que la recourante n'avait entrepris aucune démarche dans le but d'obtenir le remboursement du prêt octroyé par la Société en faveur de son père. Or la recourante ne conteste pas qu'elle aurait eu, en tant de détentrice de 75% des parts sociales de la société à responsabilité limitée, la légitimation active pour intenter l'action en restitution fondée sur l'art. 800 CO (sur la légitimation active d'un associé en lien avec l'action prévue à l'art. 800 CO, cf. HANS-RUDOLF TRÜEB/THIEMO STURNY, in GmbH, Genossenschaft, Handelsregister und Wertpapiere inkl. Bucheffektengesetz, in Handkommentar zum Schweizer Privatrecht, 4e éd., 2024, n° 12 ad art. 800 OR; HANS-UELI VOGT, in Commentaire bâlois, Obligationenrecht, vol. II, 6e éd. 2023, n° 13 ad art. 800 CO). Partant, l'absence de toute démarche de la part de la recourante en vue du remboursement supplée un éventuel manque de volonté de donner de sa part. Elle peut donc se voir imputer un revenu au titre de distribution dissimulée de bénéfice, étant rappelé qu'elle est proche du gérant bénéficiaire du prêt litigieux. En outre, on ne se trouve pas dans une situation semblable au cas particulier jugé dans l'arrêt 2C_449/2017 du 26 février 2019, puisque la distribution dissimulée de bénéfice trouve son fondement dans un prêt simulé et non pas dans la circonstance qu'un organe de fait proche des actionnaires se faisait payer, en plus de son salaire, diverses prestations supplémentaires par la société tout en tentant de les faire passer pour des dépenses économiquement justifiées d'un point de vue de la société (comme des vacances en famille, leasing d'une voiture à des fins privées, etc).