Citation: 4A_82/2023 E. B

B.a. Après une tentative infructueuse de conciliation, la lésée a saisi, en date du 26 janvier 2018, la Chambre patrimoniale cantonale vaudoise d'une demande tendant au paiement de la somme de " 1'372'802 fr. ou de toute autre somme à dire de justice, plus intérêts à 5 % à dire de justice ". En cours de procédure, la demanderesse a renoncé à la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire. Statuant le 17 janvier 2020, la Chambre patrimoniale a admis partiellement la demande et a condamné A.________ SA à verser à la lésée la somme de 2'819 fr. 80 avec intérêts, à titre de frais de l'ergothérapeute consultée afin de déterminer le dommage ménager. Elle a retenu un lien de causalité entre l'accident et les cervico-scapulalgies chroniques de la lésée. Elle a toutefois considéré que la demanderesse avait échoué à rapporter la preuve du montant de son dommage, à l'exception de la somme précitée. B.b. Le 17 avril 2020, la lésée a fait appel de ce jugement, concluant à ce que la défenderesse soit condamnée à lui payer la somme de " 1'474'626 fr. ou telle autre somme à dire de justice ". A.________ SA a conclu, principalement, à l'irrecevabilité de l'appel et, subsidiairement, à son rejet. Elle a formé simultanément un appel joint. Par arrêt du 10 juin 2021, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté l'appel formé par la lésée et a admis l'appel joint formé par A.________ SA. Elle a réformé le jugement attaqué dans le sens que la demande de la lésée est rejetée. En bref, elle a considéré que la circonstance selon laquelle les rapports médicaux concluaient " en grande majorité " à l'existence d'un lien de causalité entre l'accident et l'état de santé de la lésée ne permettait pas de retenir ce fait comme prouvé, dès lors que lesdits rapports avaient été dûment contestés par la défenderesse et qu'il ne s'agissait pas d'expertises judiciaires. La lésée n'ayant pas apporté la preuve du lien de causalité entre l'accident de janvier 2006 et les cervico-scapulalgies chroniques dont elle souffrait, ni du lien causal entre l'accident et la fin de sa formation en soins infirmiers, elle ne pouvait pas prétendre à la réparation d'un quelconque dommage. B.c. Statuant par arrêt du 13 décembre 2021 (cause 4A_410/2021), le Tribunal fédéral a admis le recours formé par la lésée à l'encontre de cet arrêt. Partant, il a annulé celui-ci et renvoyé la cause à la cour cantonale afin qu'elle rende une nouvelle décision dans le sens des considérants. En bref, il a considéré que les rapports d'expertise mis en oeuvre par l'assureur-accidents de la lésée, à savoir le rapport pluridisciplinaire du 24 avril 2008 de la Clinique K.________ et celui établi par le Dr L.________, ne devaient pas être considérés comme des expertises privées et, partant, comme de simples allégations d'une partie. La cour cantonale aurait dû au contraire en apprécier librement la valeur probante, après avoir respecté le droit d'être entendu des parties, raison pour laquelle il convenait de lui renvoyer la cause afin qu'elle procède de la sorte et statue à nouveau sur le lien de causalité litigieux.