Citation: 5A_328/2023 E. 1

Selon l'autorité cantonale, la volonté de A.A.________ de mettre ses biens hors de portée de ses créanciers ressortait en outre clairement du fait que le 1er avril 2020, alors qu'il se savait sous le coup d'une enquête pénale pour banqueroute frauduleuse et qu'un rapport d'expertise judiciaire avait conclu à l'existence de défauts dans l'exécution du mandat confié à la société dont il était administrateur unique, il avait fait donation à son épouse de ses parts de copropriété pour une demie de l'immeuble sss de S.________ et de l'immeuble rrr de R.________. Son épouse, en acceptant ces donations, s'était prêtée à cette dissimulation ou soustraction de biens aux créanciers de son époux. De plus, elle avait conclu le 7 février 2022 un contrat de vente à terme de l'immeuble de R.________ - qui n'était certes pas tombé sous le coup du séquestre LP - pour plus de 5 millions de francs, et la vente avait été exécutée le 10 juin 2022; le produit de la vente avait toutefois été séquestré pénalement au profit des requérants à concurrence de 500'000 fr., de même que l'immeuble sss de S.________ - déjà sous le coup du séquestre LP - avait été séquestré pénalement à concurrence de 1'000'000 fr. L'autorité cantonale a enfin relevé que, prétendument le 24 mars 2022, soit quelques jours seulement avant l'ordonnance de séquestre du 29 mars 2022 suivant et alors qu'il se savait toujours poursuivi pour banqueroute frauduleuse et recherché en responsabilité, le recourant avait vendu sa yyy pour le prix de 140'000 fr., payable par l'acheteur en versant un montant de 90'000 fr. à la société de leasing pour solder le contrat du vendeur et le montant de 50'000 fr. à ce dernier, soit le recourant. L'ordonnance de séquestre désignait la yyy comme objet à séquestrer. Le séquestre n'avait pu porter, ledit véhicule ayant été vendu, mais le montant de 50'000 fr. versé par l'acheteur aurait pu être séquestré. Or, le procès-verbal n'en dit mot, ce qui laissait penser que l'existence de ce montant avait été dissimulée par les débiteurs séquestrés ou que ceux-ci l'avaient déjà dépensé. En tout cas, dans leur plainte du 1er avril 2022 contre l'ordonnance de séquestre, alors que prétendument sept jours plus tôt, leur véhicule yyy avait été vendu et la somme de 50'000 fr. versée au recourant, ils avaient soutenu que le séquestre exécuté la veille avait porté sur tous leurs biens et revenus et qu'ils étaient ainsi privés de leur minimum vital; ce fait retenu dans l'arrêt de la Cour des poursuites et faillites du 10 juin 2022 était notoirement connu du tribunal (art. 151 CPC). Au vu de ce qui précède, l'autorité cantonale a retenu que, par le passé, le recourant avait tenté de mettre ses actifs hors de portée de ses créanciers, d'abord par diverses manoeuvres touchant les sociétés dont il était l'administrateur et l'actionnaire unique, puis surtout, plus récemment, par la donation de deux immeubles à son épouse, que celle-ci avait acceptée alors qu'elle n'ignorait pas la situation dans laquelle se trouvait son mari. La recourante avait de plus revendu l'immeuble rrr dont elle était devenue l'unique propriétaire à la suite de l'une de ces donations et qui était le seul immeuble non séquestré. Enfin, le recourant avait revendu peu avant le séquestre ce qui constituait apparemment, vu ses déclarations dans la plainte précitée, son dernier bien de valeur encore à sa disposition, soit sa yyy. Ces éléments étaient l'indice d'un risque actuel et concret pour les créanciers de voir disparaître d'autres éléments du patrimoine restant des recourants. Les éléments objectif et subjectif du cas de séquestre invoqué par les intimés étaient ainsi rendus vraisemblables, ce qui justifiait le maintien du séquestre ordonné.