Citation: 8C_228/2024 E. 5

En l'espèce, les juges cantonaux ont relevé que l'expertise de CEMEDEX respectait les exigences de forme relatives à un tel document. Son volet psychiatrique, qui n'était pas contesté, avait permis de constater la stabilité de l'état de santé psychique de la recourante par rapport à la première expertise réalisée par le docteur C.________ en 2016. Au plan psychiatrique, l'intéressée bénéficiait d'une capacité de travail de 50 % dans une activité respectant ses limitations fonctionnelles (à savoir dans un travail maîtrisé, sans prise de décision immédiate, sans traitement d'informations simultanées et sans critique). Au niveau rhumatologique, la cour cantonale a observé que le docteur D.________ avait posé les diagnostics incapacitants de douleur du genou droit secondaire à un syndrome fémoro-patellaire, de névralgie d'Arnold à gauche, ainsi que de douleur sur syndrome cervico-brachial bilatéral chronique sur entorse cervicale ancienne avec discopathie C4-C5 et C5-C6. Cet expert avait notamment indiqué qu'à l'examen, aucun signe de syndrome du défilé thoraco-brachial ou du défilé des scalènes n'avait été retrouvé; en revanche, il existait une névralgie d'Arnold du côté gauche avec tous les signes cliniques. Selon l'expert, la recourante disposait d'une capacité de travail totale dans l'activité d'aide-laborantine et dans toute activité adaptée à ses limitations fonctionnelles (pas de soulèvement à partir du sol de plus de 5 kilos; pas de porte-à-faux du buste et du rachis cervical; pas de mouvement de rotation répété du rachis cervical; port de charge près du corps limité à 5 kilos; pas de position à genoux ou accroupie; pas de travail en hauteur; éviter la montée et la descente répétées d'escaliers; pas de piétinement prolongé), mais d'une capacité de travail nulle dans l'activité d'agente de surveillance à la B.________. Les premiers juges ont exposé que le docteur F.________, qui avait fait état d'un syndrome du défilé thoraco-brachial neurogène bilatéral, avait fait part de ses critiques sur le travail du docteur D.________, ce qui avait conduit l'intimé à demander un complément d'expertise. Dans le rapport complémentaire du 17 août 2021, l'expert en rhumatologie avait clairement expliqué les examens cliniques auxquels il avait procédé et pour quelles raisons il avait renoncé à de plus amples examens. Il avait décrit de manière détaillée pour quelles raisons le caractère diffus des symptômes et les signes neurologiques du membre supérieur n'étaient pas à eux seuls pertinents, et avait maintenu intégralement ses conclusions. Selon l'instance précédente, le docteur F.________ ne présentait pas d'élément clinique ou radiologique propre à remettre en cause le status clinique constaté par le docteur D.________. Par ailleurs, sur le plan fonctionnel, ce médecin ne remettait pas en question les limitations fonctionnelles retenues par les experts. En particulier, il n'expliquait pas pour quelles raisons celles-ci auraient causé une incapacité de travail totale dans l'activité d'aide-laborantine et dans toute activité. Les conclusions du docteur F.________ étaient en outre contradictoires avec la description de la recourante de sa vie quotidienne. L'appréciation du docteur D.________ devait dès lors être confirmée et il n'y avait pas lieu de mettre en place une nouvelle expertise. Aucun changement important des circonstances propres à influencer le taux d'invalidité n'ayant été établi au degré de la vraisemblance prépondérante, l'intimé avait maintenu le droit de la recourante à une demi-rente d'invalidité de manière conforme au droit.