Citation: 2C_215/2024 E. 5.3

5.3. La recourante fait en second lieu valoir son état de santé, affirmant que celui-ci l'empêche de retourner dans son pays d'origine. Son renvoi porterait atteinte à sa dignité humaine et pourrait mettre sa vie en danger. Elle n'aurait en outre des points d'attache qu'en Suisse, et non au Portugal, en Espagne ou en France. Cela constituerait également des raisons personnelles majeures au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEI. En ce qui concerne la question de la réintégration sociale dans le pays de provenance, la question n'est pas de savoir s'il est plus facile pour la personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d'examiner si, en cas de retour dans le pays d'origine, les conditions de la réintégration sociale, au regard de la situation personnelle, professionnelle et familiale de l'étranger, seraient gravement compromises (ATF 139 II 393 consid. 6; arrêt 2C_266/2023 du 2 août 2023 consid. 3.4.1). Quant aux motifs médicaux, ils peuvent, suivant les circonstances, conduire à la reconnaissance d'une raison personnelle majeure lorsque l'intéressé démontre souffrir d'une sérieuse atteinte à la santé qui nécessite, pendant une longue période, des soins permanents ou des mesures médicales ponctuelles d'urgence, indisponibles dans le pays d'origine, de sorte qu'un départ de Suisse serait susceptible d'entraîner de graves conséquences pour sa santé. En outre, l'étranger qui entre pour la première fois en Suisse en souffrant déjà d'une sérieuse atteinte à la santé ne saurait se fonder uniquement sur ce motif médical pour y poursuivre son séjour (ATF 128 Il 200 consid. 5.3; arrêts 2C_266/2023 du 2 août 2023 consid. 3.4.1; 2C_861/2015 du 11 février 2016 consid. 4.2). En invoquant n'avoir aucune attache ailleurs qu'en Suisse, la recourante perd de vue qu'il s'agit uniquement d'examiner si les conditions de la réintégration sociale seraient gravement compromises en cas de retour dans le pays de provenance. Or, c'est à raison que le Tribunal cantonal a retenu que tel n'était pas le cas en l'espèce. En effet, la recourante est arrivée en Suisse à l'âge de 47 ans. Elle a vécu la majorité de sa vie au Portugal et en Espagne, pays où réside encore sa famille d'accueil. Le présence de son fils majeur en Suisse n'est pas suffisante pour reconnaître des raisons personnelles majeures. Concernant les motifs médicaux, il ressort de l'arrêt entrepris que la recourante souffre de dépression et est en rémission d'un cancer de l'utérus. Il est précisé qu'elle avait déjà souffert de dépression avant son entrée en Suisse. Il en ressort aussi que la recourante pourra s'affilier au système de santé portugais qui garantit un accès aux soins notamment pour ses ressortissants. Dès lors, on ne peut reprocher aux juges cantonaux d'avoir retenu que les traitements, à savoir un suivi psychothérapeutique ou une chimiothérapie, si nécessaire, pourront être poursuivis au Portugal, pays membre de l'Union européenne, et ce même si les difficultés liées à un changement de pays en cours de traitement ne sont pas à minimiser. Sur ces bases, il convient de confirmer que les conditions de l'art. 50 al. 1 let. b LEI ne sont pas remplies. Pour sa part, la recourante invoque de manière purement appellatoire qu'elle considère que les traitements psychiatriques et oncologiques ne pourront pas être poursuivis au Portugal et que sa vie serait mise en danger de ce fait, ce qui n'est pas suffisant (cf. supra consid. 2.2). En outre et en l'absence d'un motif médical constitutif d'une raison personnelle majeure, le point de savoir si la recourante souffrait de dépression au moment de son entrée en Suisse est sans pertinence. La critique de la recourante sur ce point tombe ainsi à faux. Enfin, les conditions de la disposition précitée n'étant pas remplies, la recourante ne peut pas invoquer une violation du principe de la proportionnalité pour prétendre à une autorisation fondée sur l'art. 50 LEI (cf. arrêt 2C_103/2024 du 3 avril 2024 consid. 7.2), un tel examen étant quoi qu'il en soit implicitement inclus dans l'analyse.