Citation: 8C_511/2023 E. 6.2

6.2. Pour l'indicateur "comorbidités", le recourant soutient que c'est de manière arbitraire que la cour cantonale se limite à se référer aux avis des médecins traitants qui ont déclaré que l'interférence entre les atteintes psychiques et somatiques de l'intimée (notamment les deux capsulites) avait largement entamé les ressources adaptatives de celle-ci. Il souligne que les comorbidités psychiatriques n'ont pas évolué depuis la décision initiale et que les atteintes somatiques constatées chez l'intimée n'entraînent pas d'incapacité de travail durable. À cet égard, la doctoresse G.________ a clairement indiqué que l'état de l'épaule droite de l'intimée s'était stabilisé sans aucune limitation fonctionnelle dans la profession habituelle. Or la cour cantonale n'expliquait pas comment l'influence des atteintes somatiques se serait poursuivie au-delà d'une période de six mois. Par conséquent, l'intimée n'était pas totalement privée de ses ressources personnelles. La cour cantonale a constaté que les interférences entre le trouble somatoforme et les autres atteintes à la santé de l'intimée, que ce soit au plan psychique ou somatique, avec notamment les capsulites successives, avaient largement entamé les ressources adaptatives de celle-ci, qui n'avait plus été en mesure de faire face à l'augmentation des douleurs comme l'avaient observé ses médecins traitants. On voit mal en quoi le fait d'avoir pris en considération ces comorbidités incontestées, et en particulier la survenance des capsulites rétractiles, permettrait de qualifier d'arbitraires les constatations de la cour cantonale relatives à cet indicateur. Par ailleurs, comme l'a relevé l'instance précédente, le docteur F.________ a confirmé l'avis des médecins traitants relatif à l'épuisement des ressources personnelles de l'intimée face à l'augmentation des douleurs par rapport à la situation de 2017. Enfin, la stabilisation de l'état de l'épaule droite constatée par la doctoresse G.________ n'implique pas nécessairement un retour à la situation qui prévalait auparavant en ce qui concerne l'intensité du trouble somatoforme et ses effets sur la capacité résiduelle de travail. En affirmant que, dans la mesure où les capsulites rétractiles ne sont pas durablement incapacitantes, l'intimée n'est pas privée de toutes ses ressources personnelles, le recourant procède à sa propre appréciation de la situation sans s'appuyer sur un avis médical probant au dossier concluant à une amélioration globale de l'état de santé de l'intimée pour ce motif.