Citation: 6P.1/2004 16.03.2004 E. 9

Le recourant conteste l'expulsion de 10 ans prononcée à son encontre. 9.1 La jurisprudence en matière d'expulsion judiciaire a été exposée dans l'ATF 123 IV 107 consid. 1 p. 108 s., auquel on peut se référer. Il suffit ici de rappeler que, bien qu'elle soit de manière prépondérante une mesure servant à la protection de la sécurité publique, l'expulsion est aussi une peine accessoire réprimant une infraction. Elle doit donc être fixée en tenant compte non seulement du but de sécurité publique qu'elle remplit mais aussi des critères qui régissent la fixation d'une peine, à savoir la culpabilité du délinquant, eu égard à ses actes, ses mobiles, ses antécédents et sa situation personnelle. Le juge dispose à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que la Cour de cassation n'intervient que s'il ne s'est pas fondé sur des critères pertinents ou s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation en prenant une décision exagérément sévère ou clémente (ATF 123 IV 107 consid. 1 p. 108 s. et les arrêts cités). 9.2 Le recourant est venu en 1988 en Suisse, où il a successivement travaillé comme sommelier et aide-mécanicien dans diverses entreprises de la région lausannoise. Il est actuellement employé par une société comme agent de production. Après un premier mariage avec une ressortissante canadienne, il s'est remarié. Aucun enfant n'est issu de cette union. La culpabilité du recourant est très lourde. Il a fait preuve de sauvagerie et a montré par ses agissements que, pour soumettre une femme à sa volonté, il n'hésitait pas à lui faire subir des sévices et des contraintes sexuelles, ceci après lui avoir fait des promesses de mariage qu'il savait ne pas pouvoir tenir aux fins de profiter d'elle, démontrant un état d'esprit détestable et son mépris d'autrui. Outre la gravité des infractions commises, son comportement s'apparente pour le moins à celui d'un bigame, ce qui est de nature à relativiser la présence de son épouse en Suisse pour juger de ses attaches avec notre pays. Il n'a par ailleurs jamais manifesté le moindre remords. Dans ces conditions, les juges cantonaux, qui se sont fondés sur des critères pertinents, n'ont pas abusé de leur pouvoir d'appréciation en prononçant, au demeurant avec sursis pendant deux ans, l'expulsion du recourant pour une durée de dix ans. En particulier, la durée de cette mesure ne peut être qualifiée de disproportionnée au regard de celle, de trois ans de réclusion, de la peine principale (cf. ATF 123 IV 107 consid. 3 p. 110 s.).