Citation: 9C_265/2023 E. 6.3.1

6.3.1. On ne saurait déduire - comme semble le proposer le médecin du SMR dans son avis du 19 janvier 2023 - l'absence de gravité des atteintes à la santé de l'intimé en raison de l'exercice d'une activité lucrative sans problème majeur apparent jusqu'à l'âge de 52 ans (2013). Une telle conclusion méconnaîtrait - surtout en l'absence d'une prise en charge médicale adéquate - la problématique de la décompensation d'un trouble de la personnalité (narcissique) consécutivement à des événements de vie. Cependant, le fait d'avoir pu travailler pendant une longue période est un élément important à considérer dans l'évolution de la situation médicale (dans ce sens, voir arrêt 9C_618/2019 du 16 mars 2020 consid. 8.2.1.2). En ce qui concerne ensuite les circonstances indiquant une possible exagération, l'expert judiciaire a relevé que la symptomatologie était clairement majorée par l'intimé qui considérait que l'accès à une rente de l'assurance-invalidité était un droit dont il était privé. Ainsi, lors des entretiens, l'assuré avait été très peu authentique, utilisant des superlatifs pour décrire sa situation (contrastant avec une clinique pauvre en symptômes), et les tests neuropsychologiques avaient mis en évidence des éléments en faveur d'une majoration des symptômes. De plus, l'intimé s'était révélé rapidement irritable si l'expert n'épousait pas son point de vue, se montrant amer et désillusionné, et avait pu également tenir des discours contradictoires ou proposer des théories explicatives (p. ex. la mort accidentelle de son frère qui aurait changé toute sa vie) de manière très inauthentique avec un discours plaqué.