Citation: 1C_304/2015 E. 2.3

2.3. En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours doivent être motivés. Selon l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient au recourant de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse (ATF 134 II 244 consid. 2.1 p. 245). Les griefs de violation des droits fondamentaux et des dispositions de droit cantonal sont en outre soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant doit alors mentionner les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés; de même, il doit citer les dispositions du droit cantonal dont il se prévaut et démontrer en quoi ces dispositions auraient été appliquées arbitrairement ou d'une autre manière contraire au droit (ATF 136 II 489 consid. 2.8 p. 494). Lorsque la décision attaquée repose sur une double motivation, il doit, sous peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'elles est contraire au droit en se conformant aux exigences de motivation requises (ATF 138 I 97 consid. 4.1.4 p. 100). Pour que le recours doive être rejeté, il suffit toutefois que l'une des motivations apparaisse conforme au droit, permettant ainsi de maintenir la décision entreprise (cf. ATF 133 III 221 consid. 7 p. 228; 132 I 13 consid. 6 p. 20). En l'occurrence, le Président de la Cour constitutionnelle a relevé que la recevabilité de la requête de suspension était discutable dans la mesure où elle ne faisait l'objet d'aucune motivation. Il n'a pas tranché cette question car la requête devait de toute façon être rejetée au fond. Il a considéré qu'il n'était pas nécessaire de suspendre la procédure car la Cour constitutionnelle disposait de tous les éléments qui lui permettront d'examiner si les demandes en révision de son arrêt du 28 juin 2013 dont elle était saisie sont fondées sur l'existence des faits nouveaux importants allégués par les demandeurs de sorte que l'admissibilité de la révision ne dépendait pas de l'issue de la procédure d'appel devant la Cour pénale. Il a aussi retenu que le principe de célérité applicable au contentieux électoral exigeait que le litige soit liquidé rapidement compte tenu du fait que la législature était déjà largement entamée et que s'il fallait surseoir à la procédure en révision jusqu'à droit connu au plan pénal, la procédure pourrait devoir être reprise vers la fin de la législature en cours, de telle sorte que la révision pourrait devenir sans objet. La décision attaquée repose ainsi sur une double motivation qu'il incombait au recourant d'attaquer sous peine d'irrecevabilité. Or s'il tente de démontrer en quoi il serait arbitraire de considérer qu'il n'était pas nécessaire de suspendre la procédure jusqu'à droit connu sur le plan pénal, il ne cherche pas à établir en quoi les considérations tirées de la célérité de la procédure le seraient également. Le recours ne répond ainsi pas aux exigences de motivation déduites des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF.