Citation: 1B_215/2023 E. 2.4

2.4. Le recourant est impliqué dans cinq enquêtes pénales ouvertes la même année, à quelques mois d'intervalle, pour des infractions graves accompagnées d'actes de violence et/ou de contrainte. Dans le cadre de l'enquête pénale conduite par les autorités neuchâteloises pour séquestration et enlèvement, il a admis avoir fait l'acquisition d'un pistolet d'alarme, avoir tiré à l'aide de cette arme dans un bus ainsi que sur l'Esplanade à La Chaux-de-Fonds, en visant des voitures, puis avoir menacé la victime présumée de la séquestration de son arme pour la forcer à entrer dans le coffre de la voiture, selon ce qu'il ressort de l'arrêt rendu par l'Autorité de recours en matière pénale le 11 juin 2021 sur recours contre l'ordonnance de prolongation de sa détention provisoire. Alors que la levée de cette mesure avait été assortie à la condition que le recourant s'abstienne de tout contact, sous quelque forme que ce soit, avec les autres prévenus et/ou membres de sa bande de jeunes pendant toute la procédure en cours, il a pris part à une altercation entre bande rivale le 26 septembre 2021 au matin, à Lausanne, au cours de laquelle des coups de couteau ont été portés, dont il est suspecté d'être l'auteur. L'ensemble de ces éléments était de nature à susciter un doute sérieux sur l'état mental du recourant et à suspecter un trouble de la personnalité ou un défaut de caractère propre à affecter le cas échéant sa responsabilité pénale. Il ne saurait prendre prétexte qu'il aurait agi en bande, sous l'effet de groupe ou l'influence de tiers, pour expliquer l'usage de la violence, voire le recours à des armes, dès lors que certains protagonistes le décrivent comme le meneur. L'absence d'antécédents judiciaires, médicaux ou familiaux doit au surplus être relativisé compte tenu du jeune âge du recourant. Cela étant, la Chambre des recours pénale n'a pas violé l'art. 20 CP en confirmant le mandat d'expertise ordonné par le Ministère public.