Citation: 9C_830/2016 E. 4.3.1

4.3.1. L'office recourant fait d'abord valoir que les conclusions de l'expertise seraient incohérentes. L'experte admettrait en effet que la dépression elle-même n'entraîne pas d'incapacité de travail et que celle-ci est seulement liée à l'interaction des différentes atteintes physiques et psychiques dont souffre l'intimé. Selon l'office recourant, dès lors que les experts du CEMed avaient retenu une capacité de travail entière sur le plan somatique, l'interaction entre des troubles physiques et psychiques qui n'étaient ni les uns ni les autres invalidants ne pouvait pas justifier une réduction de la capacité de travail de l'assuré. Le grief ne convainc pas et repose sur une lecture partielle du rapport d'expertise. L'office recourant oublie en particulier que l'experte ne fait pas seulement état d'un trouble dépressif récurrent, épisode actuel léger (qui ne serait pas à lui seul invalidant), mais aussi de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool, avec syndrome amnésique, tout en relevant également des troubles cognitifs avec une atteinte marquée des fonctions exécutives. Elle a expliqué de manière convaincante que l'ensemble de ces atteintes, auxquelles s'ajoutaient les limitations fonctionnelles décrites par les experts du CEMed sur le plan somatique, la conduisait à retenir une incapacité de travail totale, avec une amélioration depuis début 2016 permettant l'exercice d'une activité adaptée à 50 %. Cette motivation n'est pas contradictoire et ne met pas en doute les conclusions de l'experte judiciaire.