Citation: 8C_675/2023 E. 4.4

4.4. En l'occurrence, on ne saurait confirmer le point de vue de la cour cantonale selon laquelle le dossier ne contient aucun avis laissant subsister des doutes quant à la fiabilité et à la pertinence des conclusions du médecin d'arrondissement de l'intimée. Tout d'abord, la cour cantonale se trompe lorsqu'elle retient que le docteur F.________ ne s'est pas exprimé sur l'existence d'un lien de causalité. Sur le protocole opératoire du 13 juillet 2020, ce chirurgien a posé le diagnostic du recourant en ces termes: "Traumatische Subscapularis- und Infraspinatussehnen-Ruptur, chronische Supraspinatussehnen-Ruptur, Pseudoparalyse Schulter rechts". Or, le terme "traumatisch" fait plutôt référence à une origine accidentelle et le médecin opère clairement une différenciation à cet égard entre les diverses ruptures constatées. Ensuite, la cour cantonale ne pouvait pas simplement mettre de côté l'avis du docteur H.________, qui s'est prononcé à trois reprises en procédure administrative et cantonale, au prétexte qu'il semblait confondre les notions de stabilisation de l'état de santé et de statu quo sine. Sans nier l'existence d'un état antérieur chez le recourant, ce médecin a déclaré que l'événement du 21 mai 2020 avait entraîné une aggravation définitive et non pas temporaire de cet état antérieur sous la forme de nouvelles lésions de tendons de la coiffe des rotateurs qui n'existaient pas avant l'accident et qui ont rendu nécessaire l'intervention du 8 juillet 2020. Le docteur H.________ a également souligné que le médecin d'arrondissement omettait de prendre en considération l'absence de signe clinique avant l'accident. Finalement, on peut encore observer que le docteur G.________ fonde ses conclusions sur la rétraction de deux tendons à l'imagerie alors que le protocole opératoire fait état de trois tendons rompus, dont un partiellement et deux complètement, et qu'il n'explique pas, comme le relève Mutuel dans sa détermination sur le recours, en quoi l'intervention aurait été rendue nécessaire à la date à laquelle celle-ci a eu lieu sans l'accident. Ces éléments sont suffisants pour susciter des doutes sur la fiabilité et la validité des conclusions du médecin précité. Partant, une instruction par un médecin indépendant selon la procédure de l'art. 44 LPGA s'impose en vue de se déterminer sur le lien de causalité entre les atteintes constatées à l'épaule droite du recourant et l'accident ainsi que, le cas échéant, sur la date éventuelle à laquelle un statu quo sine peut être établi. La cause sera renvoyée à l'intimée afin qu'elle mette en oeuvre une telle expertise et rende une nouvelle décision sur le droit du recourant aux prestations d'assurance. Dans cette mesure, le recours se révèle bien fondé.