Citation: 5D_90/2022 E. 3.4

3.4. Dans le cadre d'un recours limité à l'arbitraire et, partant, à l'examen des griefs soulevés de façon motivée (cf. supra, consid. 2.1), il n'y pas lieu de revenir sur les considérations de l'autorité cantonale - non critiquées par le recourant - qui admettent la violation du droit d'être entendu. S'agissant du grief tiré de la constatation arbitraire des faits, il est certes patent qu'aucune pièce du dossier ne permet de retenir que la détermination écrite du créancier poursuivant aurait été remise au débiteur poursuivi " le 30 septembre au matin alors que le début de l'audience était prévu à 10h05 ". L'arrêt attaqué est au demeurant contradictoire sur ce point. Sous l'angle de la violation du droit d'être entendu, l'autorité cantonale a en effet relevé que la détermination du créancier poursuivant a été notifiée au débiteur poursuivi " en même temps " que la décision de première instance (arrêt cantonal p. 12, consid. 4.2) - ce qui est étayé par la pièce 9 de chacun des dossiers de mainlevée -, puis, sous l'angle de l'abus de droit, qu'elle l'avait été juste avant l'audience (arrêt cantonal p. 13, consid. 4.3, let. b). Cet établissement arbitraire des faits ne porte toutefois pas à conséquence pour les motifs qui suivent. Pour autant que le reste de la critique réponde aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra, consid. 2.1), on ne saurait reprocher à l'ARMC d'être tombée dans l'arbitraire en qualifiant, dans les circonstances du cas d'espèce, l'attitude du débiteur poursuivi de manifestement incompatible avec les règles de la bonne foi. A réception des requêtes de mainlevée, le Tribunal civil a convoqué les parties à une " audience de débats ". Il a expressément indiqué qu'une décision serait rendue même en l'absence des parties et que ces dernières devraient exposer oralement les faits à cette séance et être alors en mesure d'indiquer leurs moyens de preuve et de déposer immédiatement les documents. La requête de mainlevée a en outre été transmise en annexe de la convocation à l'audience sans qu'aucun délai ne soit imparti au débiteur pour répondre. Ce faisant, le Tribunal civil avait clairement opté pour une procédure strictement orale. Cela impliquait que le débiteur poursuivi serait entendu oralement - et non par écrit - sur les arguments de la requête de mainlevée et, éventuellement, répliquerait sous la même forme à ceux que la partie adverse pourrait lui opposer oralement à l'audience. En renonçant à sa comparution personnelle, le recourant s'est lui-même privé de son droit de s'exprimer oralement alors même qu'il formulait par écrit - sans toutefois que le juge l'y ait invité - des objections dont il ne pouvait de bonne foi ignorer qu'elles ne manqueraient pas de susciter des observations de la part du créancier poursuivant, à tout le moins lors de la séance de mainlevée. Il ne saurait par ailleurs nier qu'il n'est pas à l'origine de " l'enchaînement chronologique " procédural. C'est son choix unilatéral et non justifié de se déterminer uniquement par écrit - au demeurant au dernier moment - alors que le juge avait décidé qu'il devrait le faire par oral à l'audience qui l'a mis dans la situation de ne pas pouvoir se déterminer sur les observations du créancier. Que le Tribunal civil - qui était seul maître de la direction de la procédure (cf. arrêt 5A_256/2020 du 8 novembre 2021 consid. 4.3.3, publié in : SJ 2022 206) - n'ait pas ordonné un second échange d'écritures - lequel demeure l'exception (cf. ATF 138 III 252 consid. 2.1; dans le cadre d'une mainlevée de l'opposition : arrêt 5A_465/2014 du 20 août 2014 consid. 6.1) - n'apparaît par ailleurs pas insoutenable en l'absence de motifs particuliers qui l'auraient justifié. Mutatis mutandis, l'ARMC n'est pas tombée dans l'arbitraire en considérant, au nom de l'abus de droit, que le recourant ne pouvait se prévaloir d'une violation du principe de l'égalité des armes garanti par l'art. 6 § 1 CEDH pour n'avoir pas pu se déterminer par écrit sur les observations de l'intimé.