Citation: 1P.334/2004 23.06.2004 E. 5

Le recourant se prévaut de sa liberté personnelle. ll conteste l'existence d'un risque de récidive. Tel qu'il est formulé, le grief d'arbitraire n'a pas de portée propre à ce sujet. 5.1 Le risque de récidive doit être concret (ATF 125 I 361 consid. 4c p. 365/366). Il faut pour cela que le pronostic à faire soit très défavorable et graves les délits redoutés. Le caractère purement hypothétique ou bénin d'une telle éventualité ne suffit pas pour maintenir la détention préventive (ATF 124 I 208 consid. 5 p. 213/214; 123 I 268 consid. 2c p. 270/271). Le principe de la proportionnalité impose que des mesures moins incisives que la détention (comme par exemple un traitement médical) soient ordonnées, lorsqu'elles peuvent l'être (ATF 123 I 268 consid. 2c p. 271). 5.2 Pour la Chambre d'accusation, le recourant serait concrètement exposé à un risque de récidive, compte tenu des changements importants intervenus dans son train de vie, de son addiction aux jeux de casino, de ses troubles psychologiques et de sa duplicité, révélée par l'épisode de l'affaire dévoilé par Y.________. Cette appréciation échappe à la critique. Selon ses propres déclarations, le recourant a dilapidé des dizaines de millions de francs. Il a indiqué qu'à une certaine époque, il dépensait un montant de l'ordre de 300'000 fr. par mois à des fins frivoles et personnelles. Pendant des années, le recourant a ainsi vécu sur un grand pied, consacrant souvent plus de temps à la gestion d'un club sportif qu'au soin de ses affaires. Le recourant aurait retrouvé un emploi de magasinier, pour un salaire mensuel de 3000 fr. A cela s'ajoute qu'il est atteint dans sa santé psychique, qu'il doit se soumettre à une psychothérapie, qu'il ne dispose pas d'attaches familiales et affectives solides, et loge chez des amis. Ce brutal changement de statut social, la perte de ses repères et de ses relations, la dévalorisation de soi-même qui en résulte, exposent le recourant à un risque concret de récidive. Les révélations faites par Y.________ alimentent également le soupçon que le recourant disposerait d'autres fonds cachés, qu'il chercherait à récupérer pour procéder à de nouvelles opérations financières. Le traitement médical auquel se soumet le recourant n'est pas de nature à parer ce danger. Il ne l'a en tout cas pas dissuadé de tenter de mettre la main sur l'argent confié à Y.________. 5.3 Le risque de collusion, retenu par la Chambre d'accusation, existe également. Après s'être dénoncé spontanément et avoir fait grand cas de son repentir, ainsi que de son désir d'amendement et de collaboration avec la justice, le recourant n'a pas hésité, dès sa mise en liberté provisoire, à chercher à récupérer des fonds cachés. Cet épisode est non seulement propre à faire douter de la sincérité et de la bonne volonté du recourant, mais encore suscite la crainte objectivement fondée qu'il entrave la recherche de la vérité, en tentant de se concilier les témoins, de faire pression sur Y.________ ou de dissimuler des preuves. 5.4 Ces éléments suffisent pour maintenir le recourant en détention. Le recours doit être rejeté, sans qu'il soit nécessaire d'examiner pour le surplus si la mesure contestée est justifiée par les besoins de l'instruction et si le recourant a violé les conditions assorties à sa libération provisoire du 20 octobre 2003. Il en va de même des conditions posées à l'octroi de sûretés en droit genevois.