Citation: 4C.10/2004 29.04.2004 E. 2

Les premiers juges ont estimé que les demandeurs ont violé, bien que très accessoirement, leur obligation de travail en consacrant des heures de travail au logiciel "N.________" et au projet "M.________", même si leur travail auprès de la défenderesse n'en avait pas souffert. Ils auraient en revanche violé de manière crasse leur devoir de fidélité, strictement réglé dans leur contrat, en omettant d'annoncer la création de la société B.________ et leur participation au développement du logiciel "N.________". En s'engageant dans le projet "M.________", qui entrait directement en concurrence avec l'activité de la défenderesse et dont le développement devait commencer en février 1995, les demandeurs auraient également violé leur devoir de fidélité. Il ne s'agissait plus de la simple préparation d'une activité future, puisque les demandeurs n'auraient pu donner leur congé que pour fin juillet 1995. La seule perspective de la réalisation de ce projet justifiait leur licenciement immédiat. Ces violations du devoir de fidélité devaient être appréciées avec d'autant plus de rigueur que les demandeurs assumaient une fonction de cadre, que le délai de congé ordinaire était d'une durée supérieure à la moyenne et que les rapports de confiance étaient particulièrement importants au vu de l'activité de la défenderesse, qui bénéficie d'accès privilégiés aux réseaux informatiques de ses clients. Le cumul de violations du devoir de fidélité et accessoirement du devoir de travail justifiait le licenciement avec effet immédiat.