Citation: 5A_924/2017 E. 3.1

3.1. En l'espèce, le recourant se plaint d'une violation de l'art. 59 al. 1 et 2 let. aete CPC, ainsi que de l'art. 2 al. 2 CC. L'invocation de ces règles du droit interne dans un litige dont le caractère international est évident (art. 1er al. 1 let. aet c LDIP) - et d'ailleurs incontesté - mérite quelques précisions. C'est au regard de la lex fori suisse ( i.c. l'art. 59 al. 2 let. a CPC) qu'il convient de vérifier que la nature de l'intérêt invoqué correspond bien à celle " qui fait naître une action dans le système juridique du for" (dans ce sens: KNOEPFLER/SCHWEIZER/OTHENIN-GIRARD, Droit international privé suisse, 3e éd., 2005, n° 647; BUCHER, Droit international privé suisse, t. I/1: Partie générale - Conflits de juridictions, 1998, n° 407 [lorsque l'intérêt " dépend de considérations générales, tenant au fonctionnement et à la disponibilité des tribunaux"]). Par contre, l'art. 59 al. 2 let.e CPC n'entre pas en considération: la question de savoir si le jugement russe s'oppose, en raison de l'autorité de la chose jugée, à la continuation du procès en Suisse doit être résolue selon les traités ou les règles de la LDIP, conformément à l'art. 2 CPC (parmi d'autres: FF 2006 6989 n° 5.24.1 ad art. 333; JEANDIN, in: Code de procédure civile commenté, 2011, n° 22 ad art. 335 CPC). Enfin, s'il est vrai que l'art. 2 al. 2 CC est une norme d'application immédiate au sens de l'art. 18 LDIP (ATF 128 III 201 consid. 1c), cette disposition ne revêt pas de portée propre par rapport au moyen pris de la violation de l'art. 59 al. 2 let. a CPC; ces deux griefs se fondent en effet sur la prémisse commune que l'intimée n'a pas un intérêt digne de protection au maintien d'une procédure en divorce, alors que la dissolution du lien conjugal est déjà sanctionnée par le jugement russe ( cf. par exemple: BOHNET, in: Code de procédure civile commenté, op. cit., n° 52 ad art. 52 et n° 89 ad art. 59 CPC, avec les références).