Citation: 9C_260/2024 E. 5

L'assurée reproche au tribunal cantonal d'avoir arbitrairement apprécié les preuves en fondant son jugement essentiellement sur le rapport du docteur E.________, alors que le docteur C.________ avait expliqué de façon circonstanciée en quoi l'expertise était incomplète et que l'expert avait nié l'existence d'un syndrome d'Asperger sans même se prononcer sur l'appréciation de son psychiatre traitant. Elle rappelle que les docteurs C.________ et E.________ ont eu l'occasion de s'exprimer sur leurs rapports respectifs. Elle soutient en substance que son psychiatre traitant a apporté des précisions qui ne constituent pas une simple appréciation différente d'une même situation médicale mais des informations essentielles, contraires à celles retenues par l'expert, sur lesquelles celui-ci n'a jamais pris position et susceptibles de faire naître un doute sur la légitimité des conclusions de l'expertise. Elle fait singulièrement valoir que le docteur E.________ ne s'est pas déterminé sur le résultat du test conçu pour diagnostiquer les troubles du spectre de l'autisme pratiqué par le docteur C.________ et qu'il existait beaucoup de contradictions flagrantes entre des éléments anamnestiques pertinents rapportés par ces deux praticiens. À cet égard, elle oppose notamment l'absence de difficulté pour gérer le quotidien et prendre en charge les enfants mentionnée par l'expert au besoin de soutien parental, marital et institutionnel (soit un Suivi Intensif Famille Parentalité [SIFP] mis en place par l'Office de protection de l'enfant, une psychologue pour apprendre à gérer les émotions de ses enfants, une infirmière en psychiatrie pour l'organisation des journées en présence de ses enfants) dans tous les domaines et à tous âges, au manque d'autonomie ou aux nombreuses carences affectives, sociales ou organisationnelles constatées par son psychiatre traitant. Elle soutient que ces éléments sont déterminants pour diagnostiquer un syndrome d'Asperger et qu'il existe dès lors une divergence médicale entre les docteurs E.________ et C.________ que les premiers juges ne pouvaient trancher faute de connaissances médicales nécessaires pour le faire. Elle ajoute par ailleurs que les motifs ayant conduit l'expert à nier une aggravation de la situation médicale (à savoir l'absence de traitement antidépresseur ou antipsychotique) démontre sa méconnaissance des troubles du spectre de l'autisme.