Citation: 1C_208/2020 E. 4.5

4.5. Pour renverser cette présomption, la recourante affirme que le revirement soudain de son mari au sujet de leur projet, de longue date, de revenir en Europe afin que leurs enfants y poursuivent leurs études - dont l'autorité précédente n'aurait pas tenu compte - constituerait un événement qui aurait précipité la fin de leur mariage. Il en irait de même des actes de violences commis par le prénommé le 26 mars 2017, qui seraient d'un tout autre ordre que ceux auxquels elle aurait été confrontée antérieurement. Les explications de la recourante ne sont toutefois pas convaincantes et ne permettent pas de renverser la présomption établie, respectivement de retenir qu'en janvier 2017, les époux vivaient en harmonie, au point qu'ils envisageaient la continuation de leur vie maritale pour une période durable. L'instance précédente a démontré de manière pertinente que les événements ayant eu lieu en mars 2017, sans qu'il y ait lieu de les minimiser, apparaissaient davantage comme des éléments supplémentaires venant s'ajouter aux nombreuses autres discordes rencontrées par le couple, plutôt que des événements soudainement révélateurs de la gravité des problèmes conjugaux. En effet, on constate à la lecture de l'arrêt entrepris que des violences - de quelque nature que ce soit - existaient déjà avant la séparation et que plusieurs des comportements brutaux de l'époux ont eu lieu durant la procédure de naturalisation facilitée. Contrairement à ce que suggère la recourante, on ne saurait considérer que de telles violences ont lieu " régulièrement " au sein de couples stables. A ces éléments s'ajoutent encore les tensions du couple en lien avec leurs rapports intimes. Il apparaît ainsi peu plausible que la recourante ait ignoré la gravité des difficultés rencontrées par son couple lors de la signature de la déclaration de vie commune en janvier 2017. Le revirement de son ex-époux au sujet de leur projet de vivre en Europe, certes planifié depuis longtemps et au demeurant pris en compte par l'autorité précédente, vient s'inscrire dans cette situation préexistante et ne saurait constituer, dans ce contexte, un événement extraordinaire au sens requis par la jurisprudence. Il en va de même de l'accès de violence qui s'en est suivi, même en admettant qu'il ait pu être plus virulent que ceux subis jusqu'alors. L'affirmation de la recourante selon laquelle le couple se serait toujours battu contre les problèmes émotionnels et les accès de rage de l'époux tend d'ailleurs à confirmer que leur union n'avait pas la stabilité requise au moment déterminant. Dans ces circonstances, l'autorité précédente pouvait arriver à la conclusion que les événements en cause n'apparaissaient pas comme des actes isolés et non prévisibles mais avaient précipité les choses, respectivement qu'ils étaient à interpréter comme la " dispute de trop " ayant poussé la recourante dans ses retranchements. Enfin, les considérations de la recourante en lien avec ses enfants, qui ont acquis la nationalité helvétique de par leur père, respectivement sa volonté qu'ils s'intègrent en Suisse et qu'ils y poursuivent leur formation, sont sans pertinence pour apprécier si la naturalisation a été obtenue de façon frauduleuse ou non.