Citation: 5A_683/2023 E. 7.4.4

7.4.4. En l'espèce, les recourants reprennent leur grief déjà formulé en instance cantonale mais ne s'en prennent pas à la motivation de l'autorité précédente en tant qu'elle concerne le caractère unicentré de l'analyse des thérapeutes. Au demeurant, si l'appréciation selon laquelle les troubles constatés chez l'enfant seraient le résultat d'un trouble de l'attachement résultant d'une rupture du lien mère-fille n'est certes pas dénuée de sens compte tenu de l'historique de la situation, il apparaît que toute analyse réalisée dans le domaine de la psychiatrie ou de la psychothérapie comporte une composante subjective qui n'exclut pas des visions opposées, voire complémentaires, sur le même état de fait. Or, dès lors que la conclusion retenue par l'autorité cantonale est le fruit d'une expertise judiciaire - laquelle revêt une force probante accrue, compte tenu du domaine de connaissances professionnelles particulières de l'expert (cf. supra consid. 7.1.1) - et que les avis des thérapeutes de l'enfant ne permettent pas d'entamer sérieusement le crédit de l'analyse effectuée, il sied de retenir que c'est sans arbitraire que la cour cantonale a privilégié les conclusions de l'expert. Au demeurant, quand bien même il faudrait retenir que l'enfant souffrirait effectivement d'un trouble de l'attachement, les recourants ne parviennent pas à démontrer en quoi l'octroi d'un droit de visite en leur faveur permettrait de pallier ce trouble et de servir positivement le bien de l'enfant. Ainsi, le fait que l'enfant ait passé trois ans et demi auprès d'eux et que l'autorité cantonale ait relevé leur investissement remarquable ainsi que la qualité de leurs liens avec l'enfant ne suffit pas pour faire tenir pour arbitraire le refus de mettre en oeuvre des relations personnelles, ces éléments ne pouvant à eux seuls contrecarrer les développements menant aux conclusions litigieuses. Par ailleurs, l'argumentation des recourants relative au droit de l'enfant de connaître ses origines n'est pas applicable au cas d'espèce. C'est également en vain que les recourants soutiennent que l'expertise devrait être relativisée du fait qu'ils n'y ont pas participé. Ils n'explicitent en effet pas leur grief en relation avec la motivation cantonale sur ce point, à savoir que le fait que l'expert n'ait jamais vu l'enfant avec ses parents d'accueil ou que son analyse n'ait pas porté sur les rapports entre l'enfant et ses parents d'accueil était sans incidence, puisque la qualité des liens entre la mineure et ses parents d'accueil ou l'investissement de ceux-ci à son égard n'avaient jamais été remis en cause, le refus d'octroi de relations personnelles étant fondé exclusivement sur le climat conflictuel opposant les familles et le conflit de loyauté en résultant pour la mineure. Il s'ensuit que le grief doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.