Citation: 2A.379/2000 14.11.2000 E. 2

2.- En l'occurrence, Y.________, divorcé, est venu seul en Suisse en 1987, laissant ses enfants aux soins de divers membres de la famille. Ses fils B.________, A.________ et M.________ l'ont rejoint par la suite, alors que T.________ est, quant à lui, resté en Turquie où il a été élevé en dernier lieu par sa grand-mère paternelle qui est décédée le 30 octobre 1998. T.________ n'a apparemment pas eu de contacts avec sa mère lorsque celle-ci vivait en Turquie. Ayant terminé sa scolarité obligatoire en Turquie, T.________ a, le 3 mars 1999, sollicité le regroupement familial avec son père, alors qu'il était âgé de seize ans environ. Il est toutefois entré en Suisse en janvier 2000 sans autorisation. Au moment de la requête de regroupement familial, ses parents vivaient séparés. Ce n'est que le 31 mars 2000 que ses parents se sont remariés et qu'ils font depuis lors ménage commun. A noter que l'enfant D.________, actuellement majeur, est demeuré en Turquie. Compte tenu des circonstances particulières du cas d'espèce, on peut sérieusement douter que T.________ soit venu en Suisse dans le but principal de créer une véritable vie familiale commune avec ses parents, avec lesquels il n'a pratiquement pas eu de contacts pendant la séparation. Les recourants n'indiquent pas pourquoi T.________ n'a pas rejoint son père plus tôt, ainsi que ses trois frères aînés. Tout porte donc à croire que T.________, qui est actuellement à la recherche d'une place d'apprentissage en Suisse, est venu en Suisse avant tout pour assurer son avenir économique en obtenant plus facilement une autorisation d'établissement et non pour des motifs d'ordre familial. Point n'est cependant nécessaire d'examiner plus avant si l'on est en présence ou non d'un abus de droit manifeste, dès lors que le regroupement familial doit être rejeté déjà pour un autre motif (voir consid. 3 ci-après).