Citation: 1P.107/2007 11.01.2008 E. 6

6.1 Le recourant fait d'abord grief aux juges cantonaux d'avoir considéré à tort que les premières déclarations de l'intimée avaient été faites de manière spontanée. Le témoignage de la tante de l'intimée, C.________, permet pourtant d'établir que la victime a fait à sa cousine plusieurs récits en relation avec son père, alors qu'elle jouait avec celle-ci. Elle a également fait diverses déclarations que C.________ a entendues par hasard. A ces occasions, l'intimée a notamment dit que son père lui avait fait "des bisous à la zézette". Ce n'est qu'après qu'elle ait rapporté le comportement de son père à son égard que C.________ lui a demandé dans quelles circonstances ces bisous avaient été donnés. Dans ces conditions, on ne voit pas en quoi il serait manifestement insoutenable de considérer qu'il s'agit de déclarations spontanées. En retenant cet élément au nombre du faisceau d'indices, les juges cantonaux n'ont donc pas fait preuve d'arbitraire. 6.2 Le recourant ne saurait davantage soutenir - ce qu'il fait au demeurant de façon essentiellement appellatoire - que d'un point de vue physique, l'infraction ne peut être réalisée telle qu'elle a été décrite par la victime. Il était en effet possible pour le recourant de faire le geste incriminé en se penchant en avant et moyennant un léger déplacement de l'enfant, même s'il a été retenu que la victime se trouvait "sur son ventre". Dès lors, même si la position décrite n'était pas confortable pour l'agresseur, elle n'en reste pas moins praticable. Le recourant ne parvient en tout cas pas à démontrer en quoi l'appréciation des juges serait manifestement insoutenable. 6.3 Selon le recourant, le principe de la présomption d'innocence aurait dû conduire les juges à privilégier ses propres déclarations, qu'ils ont eux-mêmes qualifiées de "sincères". En réalité, l'autorité intimée a mis l'accent sur le fait que le recourant a confirmé un certain nombre de points secondaires du récit de sa fille alors qu'il nie toute implication dans les éléments importants. Les juges cantonaux ont en outre esquissé la personnalité du recourant, qui apparaît comme quelqu'un de fragile, peu stable et confronté à de nombreux problèmes. Ils ont également relevé que la "lettre de pressentiment" qu'il a écrite à son amie avant d'être interpellé par la police démontre qu'il s'est rendu compte "qu'il était allé trop loin". Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que l'appréciation des preuves faite par la Cour cantonale est circonstanciée et qu'elle échappe au grief d'arbitraire. 6.4 Par ailleurs, dans un grief de nature essentiellement appellatoire, le recourant reproche également à l'autorité cantonale de ne pas avoir examiné l'hypothèse d'une commission des actes litigieux sans intention dolosive. Il ressort toutefois des considérants du jugement attaqué que tel ne peut être le cas. En effet, les faits reprochés au recourant vont manifestement au-delà de la plaisanterie ou de la taquinerie; écarter le pyjama d'une enfant pour lui toucher les parties génitales avec les lèvres ou la langue ne peut en aucun cas être considéré comme un jeu et ne saurait arriver de manière fortuite. Par conséquent, la Cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en retenant que le comportement incriminé ne pouvait être qu'intentionnel. 6.5 Enfin, le recourant soutient que la Cour cantonale a violé la présomption d'innocence en choisissant, parmi les déclarations contradictoires de l'enfant, la version qui lui était la moins favorable. Il ressort des divers interrogatoires que la victime a mentionné que son père l'avait embrassée sur le sexe et, dans une audition ultérieure, qu'il l'avait léchée. Or, selon le recourant, en application du principe in dubio pro reo, la Cour aurait dû retenir qu'il n'avait donné qu'un baiser furtif sur le sexe de sa fille. A cet égard, le recourant se borne à donner sa propre interprétation des faits sans expliquer en quoi l'appréciation des juges serait manifestement insoutenable. Au demeurant, une telle contradiction - qui venant d'un enfant peut tout au plus être qualifiée d'imprécision - n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux et insurmontable quant à la véracité des déclarations de la victime. 6.6 Dans ces circonstances, il y a lieu de constater que la Cour suprême du canton de Berne s'est fondée sur un faisceau d'indices convaincants et qu'elle n'a pas usé de son pouvoir d'appréciation des preuves de manière arbitraire. Dès lors qu'au terme de cette appréciation des preuves exempte d'arbitraire il ne subsiste pas de doute sérieux et irréductible quant à la culpabilité du recourant, le grief tiré de la violation de la présomption d'innocence doit également être rejeté.