Citation: 2A.202/2000 23.05.2000 E. 3

3.- Le recourant demande à être libéré afin de "chercher un travail, pour assurer sa propre subsistance ou rentrer en Albanie". a) Le recourant a été mis en détention administrative le 23 mars 2000 afin d'éviter qu'il se soustraie à son refoulement (art. 13b al. 1 lettre c LSEE). aa) Des indices suffisants permettent de conclure à un danger de fuite. En premier lieu, le recourant a adopté un comportement pénalement répréhensible car, accompagné d'un compatriote, il est entré par effraction dans une cabane de montagne et y a dérobé des vêtements et des chaussures. Du reste, par ordonnance pénale du 22 mars 2000 entrée en force et figurant au dossier, le recourant a été condamné pour vol (et entrée illégale en Suisse) à un mois d'emprisonnement avec sursis. Or, selon la jurisprudence, un étranger condamné pénalement est en principe plus susceptible qu'une personne sans antécédents judiciaires de se soustraire à l'avenir aux injonctions de l'autorité (ATF 119 Ib 193 consid. 2b p. 198). Certes, le recourant explique avoir été poussé par la fatigue et le froid, mais cet élément ne saurait être pris en considération par le Tribunal fédéral, car le juge pénal en a déjà tenu compte. Puis, si le recourant affirme avoir dû se résigner à jeter son passeport - ce document ayant été soi-disant trempé pendant la traversée de l'Adriatique au point d'être illisible -, ses déclarations à cet égard sont contradictoires, partant, peu crédibles. En effet, selon le dossier, le recourant a affirmé le 21 mars 2000 s'en être débarrassé à son arrivée à Bari, alors qu'il allègue maintenant avoir agi de la sorte à la frontière italo-suisse. De plus, le recourant ne s'est pas contenté de refuser de coopérer à l'obtention de documents de voyage, mais a tenté de faire obstruction à l'action des autorités en s'engageant à effectuer des démarches qu'il n'a finalement pas accomplies. Ainsi, d'après le dossier, il a déclaré le 21 mars 2000 à la police cantonale pouvoir demander à son père résidant en Albanie de lui procurer une attestation d'identité. En revanche, il a affirmé le 24 mars 2000 au Tribunal cantonal qu'il refusait de s'adresser à sa famille à ce propos, sous prétexte que celle-ci lui créerait des ennuis en apprenant sa mise en détention. Par ailleurs, il paraît douteux qu'un cousin séjournant en Italie consente à se déplacer à cet effet en Albanie, comme le recourant l'a prétendu le même jour. Enfin, le recourant est démuni de tout moyen d'existence en Suisse. bb) D'un autre côté, le recourant ne s'oppose pas, apparemment, à son rapatriement en Albanie. Selon le dossier, il a affirmé le 24 mars 2000 au Tribunal cantonal qu'il souhaitait "rentrer au plus vite en Albanie". Cette volonté a été confirmée le 20 avril 2000 dans sa requête de levée de détention, puis le 28 avril 2000 devant le Tribunal cantonal. Enfin, il demande maintenant à ce qu'un délai de vingt-quatre heures lui soit accordé afin de quérir lui-même un laissez-passer auprès de la représentation albanaise en Suisse. Toutefois, d'après le dossier, il a déclaré le 21 mars 2000 à la police cantonale qu'il entendait travailler en Europe; ce but apparaissant difficile à réaliser, il préférait rentrer en Albanie plutôt que d'être incarcéré. Dans ces circonstances, sa volonté affirmée de rapatriement est sujette à caution, dès lors qu'elle semble ne se manifester que par opposition à une détention. Le recourant paraît surtout intéressé à travailler, sinon en Suisse, du moins en Europe, ce qui n'est pas contredit par son écriture de recours. Du reste, son peu d'empressement à obtenir un laissez-passer tend à conforter cette présomption. cc) Dans ces conditions, il est douteux qu'une fois libéré, le recourant reste à disposition des autorités en vue de son renvoi, de sorte que le risque de fuite au sens de l'art. 13b al. 1 lettre c LSEE subsiste. b) Par ailleurs, il ressort du dossier que les autorités ont mené avec la diligence voulue les démarches en vue d'obtenir un laissez-passer, dès lors que, le 28 mars 2000, la police cantonale a demandé à la représentation albanaise en Suisse de délivrer un tel document. Au demeurant, selon ses observations, le Service cantonal a encore requis le 11 mai 2000 - postérieurement à l'arrêt attaqué - la nouvelle Division chargée des rapatriements de l'Office fédéral des réfugiés (cf. ordonnance du 11 août 1999 sur l'exécution du renvoi et de l'expulsion d'étrangers [OERE; RS 142. 281], entrée en vigueur le 1er octobre 1999), de solliciter la représentation suisse en Albanie d'examiner l'identité de l'intéressé. De plus, rien ne laisse supposer que ces démarches ne pourraient aboutir avant l'échéance des trois mois de détention, d'autant que, pour l'instant, l'identité du recourant est présumée correcte. Enfin, le recourant ne s'étant pas plaint des conditions de sa détention, il n'y a pas lieu de traiter ce point. c) En conséquence, il sied de confirmer le maintien en détention du recourant.