Citation: 4A_303/2017 E. A

A.a. Par «convention pour mandat d'architecte et ingénieur» du 11 mai 1994, B.________ (ci-après: le maître d'ouvrage) a confié à A.________ (ci-après: l'architecte) la construction d'une villa familiale au lieu-dit U.________, à V.________ (VS). Aux termes de cette convention, l'architecte était chargé d'effectuer l'avant-projet, l'estimation sommaire du coût de construction, le projet, la mise à l'enquête, le devis global, l'établissement des plans d'exécution, la mise en soumission, le plan financier, la direction des travaux, la surveillance du chantier et l'établissement du décompte final. Le maître d'ouvrage a par ailleurs conclu un contrat d'entreprise avec C.________ (ci-après: le maçon) pour les travaux de maçonnerie et de béton armé. A.b. Le maître a pris possession de la villa le 19 juillet 1996. Dès la survenance de problèmes d'humidité des façades en 1997, il s'en est plaint oralement à l'architecte et au maçon, puis par écrit en septembre 1998. Dans un courrier du 29 septembre 1998, l'architecte a promis d'«intervenir directement auprès des entreprises concernées», à savoir le peintre et le maçon, en ajoutant «Mais SVP, pas de procédure judiciaire... ça coûte plus cher que le rustique total de vos façades !!!». Il a conclu qu'il «aurai (t) toujours le bon sens d'éviter les désagréments d'une procédure». A.c. L'architecte a imputé l'humidité à une ventilation insuffisante du vide sanitaire. Le 29 avril 1999, il a avisé son assureur en responsabilité civile, qui a accepté son explication et estimé à deux tiers sa part de responsabilité, le reste étant imputable au maçon. Ce dernier est intervenu sur le vide sanitaire et la façade a été refaite. A la suite d'une convention conclue le 23 juin 1999, l'assureur de l'architecte a versé une indemnité de 4'787 fr. au maître d'ouvrage, notamment pour «réfection peinture, selon devis..., main-d'oeuvre pour percer façade afin de poser les grilles... ». En automne 2000, de nouveaux travaux ont été réalisés par le maçon, qui a agrandi les ouvertures du vide sanitaire. En automne 2001, il a ôté une partie du crépi des murs pour s'assurer que la façade était désormais sèche, puis a mandaté une entreprise tierce en juillet 2002 pour faire le crépi de la façade; il a monté des échafaudages pour faire le lissage. Comme l'humidité persistait, l'entreprise n'a pas pu faire le travail et les échafaudages ont été démontés. A.d. L'intervention sur le vide sanitaire n'ayant pas résolu le problème d'humidité des façades, le maître d'ouvrage s'est alors tourné vers un nouveau spécialiste qui a mis en évidence une autre cause, à savoir l'absence d'étanchéité des façades latérales enterrées. Par lettre du 27 juillet 2002, l'architecte s'est adressé au maître en ces termes: « N'étant pas compris et chiffrés dans l'offre de maçonnerie (voir devis C.________), le Barrapren ainsi que la feuille Delta d'isolation de la tête de radier en contact avec les aménagements extérieurs doivent être impérativement posés lors de ce dernier travail effectué par le paysagiste responsable des travaux, en l'occurrence toi-même, comme décidé à l'époque d'entente avec la direction des travaux (D.T) et C.________». A réception de ce courrier, le maître d'ouvrage a consulté un avocat qui a répondu le 13 août 2002, en rappelant la cause du défaut décrite par le spécialiste et en concluant à la responsabilité manifeste de l'architecte. A.e. Le maître a fait notifier plusieurs réquisitions de poursuite à l'encontre de l'architecte, la première fois le 12 septembre 2002. A.f. A la requête du maître d'ouvrage, une expertise à titre de preuve à futur a été ordonnée le 7 octobre 2003. Dans son rapport, l'expert a recensé trois «désordres constructifs», en particulier d'importantes traces de remontées d'humidité par capillarité sur tout le pourtour de la villa, dues à l'absence d'étanchéité du mur enterré et à un mauvais drainage. Il a expliqué que l'humidité s'infiltrait dans le mur en plots de ciment, remontait sur la façade par capillarité et pénétrait le crépi. La pose de l'étanchéité nécessitait trois opérations distinctes: l'application d'un enduit bitumeux de type «barraprène» sur les parties enterrées, la pose de drains et celle d'une isolation «delta» directement contre les murs au moment du remblayage. L'application de l'enduit sur les façades enterrées et de la feuille «delta» devait impérativement intervenir avant un quelconque remblayage, et donc avant les aménagements extérieurs. En l'occurrence, l'étanchéité avait bien été prévue et dessinée dans les plans de l'architecte, mais elle n'avait pas été réalisée. Elle n'avait pas non plus été adjugée à l'entreprise de maçonnerie. Les documents préparés par l'architecte ne définissaient pas clairement la répartition et l'enchaînement des tâches nécessaires à la réalisation de l'étanchéité.