Citation: 4A_321/2020 E. 5.1

5.1. La cour cantonale a constaté, en fait, que l'intimée avait réalisé des travaux couvrant toute la panoplie des travaux de menuiserie intérieure. Elle avait conçu certains éléments sur mesure et avec des finitions spécifiques, mais cela ne représentait qu'un aspect mineur de l'ensemble de son travail, qui avait été d'une grande ampleur. Les travaux avaient nécessité l'utilisation de machines professionnelles et d'un outillage professionnel et conséquent. Ces opérations correspondaient à la palette de réalisations qu'une entreprise professionnelle d'une certaine taille était en mesure de fournir à ses clients. Elles n'étaient en rien assimilables au volume restreint, au travail courant ainsi qu'à une certaine routine d'un artisan. Certes, l'intimée avait aussi effectué des travaux de détail, mais elle avait surtout participé à la reconstruction intégrale d'un chalet. En définitive, elle avait effectué un travail d'une grande ampleur pour une surface et un volume importants (448 m2et 1354 m3 respectivement), ce qui avait impliqué de coordonner ses efforts avec d'autres corps de métier tels que l'électricien et le chauffagiste. En raison du seul nombre d'employés qu'elle avait mis en oeuvre sur ce chantier (16 personnes), elle avait dû organiser le personnel et planifier leur occupation ainsi que les tâches à réaliser. La cour cantonale en a déduit, à l'instar des premiers juges, qu'il ne s'agissait pas d'un travail artisanal au sens de l'art. 128 ch. 3 CO. La prescription décennale de l'art. 127 CO n'était dès lors pas acquise.