Citation: 4A_292/2022 E. 8.3

8.3. Dans leur mémoire de recours, les sociétés recourantes soutiennent que l'administrateur intimé a agi fautivement puisqu'il a gravement manqué à son devoir de diligence - en s'abstenant notamment de veiller à la tenue régulière d'une comptabilité et de suivre avec circonspection l'évolution de la situation financière de D.________ - et n'a pas fait constater le surendettement de la société en 2010 au plus tard. Elles affirment que l'intéressé ne peut invoquer aucune circonstance exceptionnelle au sens de la jurisprudence sus-rappelée permettant de le disculper. Elles font valoir, en substance, que l'administrateur intimé savait pertinemment qu'aucune comptabilité régulière n'était tenue, que D.________ était désorganisée et qu'elle ne disposait pas des documents nécessaires à l'établissement des comptes. Elles exposent en outre que l'intéressé connaissait la situation financière précaire de D.________ puisque celle-ci n'avait pas été en mesure de payer les intérêts prévus par les prêts que lui avaient accordés L.________, M.________ et N.________. Lorsqu'il avait octroyé un prêt supplémentaire à D.________ par le truchement de sa société O.________, l'administrateur intimé avait du reste prévu des intérêts mensuels extrêmement élevés et des pénalités de retard prohibitives. Tout ceci démontre que l'administrateur intimé connaissait parfaitement la véritable situation financière de D.________ lorsqu'il a démissionné de son poste d'administrateur. Le projet de convention d'actionnaires négocié en février 2011 faisait en outre état de nombreux reproches formulés par l'administrateur intimé à E.________ tant s'agissant de la situation financière de D.________ que de sa gestion totalement hasardeuse. L'administrateur intimé n'avait dès lors aucune raison de faire confiance à E.________.