Citation: I 764/01 20.11.2002 E. 1

D.________ conteste l'interprétation donnée par l'office AI de son comportement; il aurait, de son côté, entrepris tout ce qui était en son pouvoir pour se réinsérer dans la vie professionnelle et c'est au contraire l'administration qui, faisant fi de ses obligations légales, ne lui aurait à aucun moment proposé une mesure de réadaptation concrète. Il estime que l'office AI aurait dû, en tout état de cause, mettre en oeuvre la procédure de sommation prévue par l'art. 31 al. 1er LAI avant de lui supprimer son droit à la rente et aux mesures de réadaptation. 3.2 Ainsi qu'on l'a vu plus haut, la suppression de la rente se justifie par l'existence d'un motif de révision au sens de l'art. 41 LAI, et non pas par le fait que le recourant aurait entravé ou empêché la réadaptation, hypothèse couverte par l'art. 31 al. 1er LAI. Le reproche que D.________ fait à l'office AI de ne pas lui avoir adressé de sommation - procédure préalable à la suppression de la rente en vertu de la disposition précitée - tombe donc à faux. Cela étant, on doit lui donner raison lorsqu'il fait grief à l'intimé d'avoir failli à ses obligations en matière réadaptation. Quand bien même le recourant dispose d'une capacité de travail entière dans une activité adaptée, sa capacité de gain résiduelle n'atteint pas 70 % de celle dont il jouissait en tant que personne valide. Compte tenu de l'importance de cette perte de gain, susceptible de se prolonger durant vingt ans encore, on ne saurait exiger de lui qu'il la compense de sa propre initiative et sans l'intervention de l'assurance-invalidité; elle dépasse d'ailleurs largement le seuil minimum de 20 % environ pour ouvrir le droit à une mesure de reclassement (cf. 124 V 110 consid. 2b; RCC 1984 p. 95 consid. 1a). Aussi, D.________ réunit-il, en principe, les conditions mises à l'octroi de mesures de réadaptation (art. 8 LAI). Les motifs invoqués par l'office AI pour les lui refuser ne sont pas convaincants. De l'échec des diverses tentatives de réinsertion professionnelle entreprises par l'assuré, on ne peut pas conclure que ce dernier est, de façon générale, inapte à suivre une mesure de réadaptation et de la mener à son terme. Car force est de constater que l'office AI ne l'a pas assisté - comme il en a pourtant le devoir (cf. art. 57 al. 1 let. c LAI) - dans l'élaboration d'un véritable projet de réadaptation adapté à ses intérêts et ses aptitudes, se bornant à prendre acte de ses démarches infructueuses. On peut regretter par exemple l'absence de réaction de l'intimé lorsque le responsable du Centre de formation X.________ s'est montré favorable à accueillir l'assuré dans son centre de formation professionnelle à partir du mois d'août 2000 (cf. lettre du 4 juillet 2000). Dès lors que l'office AI n'a jamais réellement entrepris de déterminer quelle mesure d'ordre professionnel serait susceptible d'améliorer la capacité de gain du recourant, on ne saurait opposer à ce dernier un manquement à son devoir de collaborer à la réadaptation. Sur ce point, le recours se révèle bien fondé. Il y a dès lors lieu de renvoyer à la cause à l'office AI pour qu'il examine quelles mesures d'ordre professionnel peuvent entrer en ligne de compte dans le cas du recourant, et rende une nouvelle décision à ce sujet.