Citation: 1B_66/2018 E. 3.3

3.3. La recourante ne s'exprime nullement sur la question du préjudice irréparable, comme il lui incombait de le faire. Elle ne prétend en particulier pas que les motifs qui ont conduit la Chambre des recours pénale à confirmer le refus de la Procureure de donner suite à sa proposition de désigner comme défenseur d'office Me C.________ ou tout autre avocat mentionné dans ses écritures ainsi que la nomination de Me B.________ en cette qualité seraient insoutenables ou consacreraient une violation de l'art. 133 al. 2 CPP qui permettrait exceptionnellement d'admettre l'existence d'un tel préjudice et d'entrer en matière sur le recours (cf. ATF 139 IV 113 consid. 1.1 et 1.2 précité). Elle soutient que le lien de confiance avec l'intimée serait rompu parce que Me B.________ lui aurait menti en déclarant maîtriser l'allemand et l'anglais et en se disant spécialiste du droit pénal, alors que, de son propre aveu, elle ne se serait jamais occupée de procès en matière de stupéfiants. Elle se plaint également du fait qu'à chaque visite, elle doit lui répéter ce qu'elle lui a déjà dit la fois précédente, que l'intimée n'a pas de temps à lui consacrer et qu'elle serait complètement dépassée. Ces reproches sont infondés, respectivement insuffisamment étayés. Selon les indications ressortant du site internet de l'étude d'avocats dans laquelle Me B.________ est associée, l'allemand et l'anglais font partie des langues que cette dernière maîtrise et le droit pénal relève de ses principaux domaines d'activité. Il n'y a pas lieu de mettre en doute ces indications. L'exercice de l'activité d'avocat en Suisse suppose une bonne maîtrise de l'allemand étant donné que la majorité des arrêts rendus par le Tribunal fédéral ainsi que des ouvrages et articles de doctrine sont rédigés dans cette langue. Me B.________ bénéfice d'une longue pratique en tant qu'avocate. Elle a écrit des contributions juridiques dans le domaine pénal en lien avec la pénalisation de la transmission du sida et la place des proches dans le droit de l'aide aux victimes d'infractions. Elle est intervenue devant le Tribunal fédéral en qualité de mandataire d'office ou de choix dans une quinzaine de causes pénales, dont deux relevaient de la loi fédérale sur les stupéfiants (cf. causes 6B_418/2009 et 6S.636/2000). Le fait qu'elle ne soit pas spécialisée dans ce domaine particulier du droit pénal, pour autant qu'une telle spécialisation existe, ou qu'elle n'ait pas suffisamment de temps à consacrer à la recourante ne signifie pas encore qu'une défense efficace ne serait pas garantie. Il ne ressort au demeurant pas du dossier que l'intimée aurait manqué aux devoirs de sa charge. Me B.________ a assisté la recourante lors de sa quatrième audition le 24 octobre 2017. Elle a transmis à l'inspecteur de la Police de sûreté, avec copie à la Procureure en charge de la procédure, les corrections que sa mandante entendait apporter au procès-verbal de son audition. Elle a relayé les demandes de la recourante concernant les modalités d'exercice de son autorisation de téléphoner à ses parents. Elle s'est également déterminée sur la demande de prolongation de la détention provisoire déposée par le Ministère public en s'opposant à la durée de celle-ci qu'elle estimait excessive. En définitive, au vu de la motivation du recours - et pour autant qu'elle satisfasse aux exigences découlant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF -, on ne peut que constater que la décision litigieuse ne prive pas la recourante d'une défense effective et ne lui cause pas de préjudice juridique irréparable au sens de la jurisprudence susmentionnée. La décision attaquée ne saurait dès lors faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral.