Citation: 5P.152/2006 27.07.2006 E. 4

Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et la constatation des faits. Il critique successivement les constatations portant sur son expérience professionnelle, la possibilité de retrouver un emploi et le gain hypothétique de 4'500 fr. ainsi que l'appréciation par la Chambre des recours du fait qu'il a choisi de rester au foyer. 4.1 Observant que le recourant n'a pas de revenu effectif puisqu'il est père au foyer depuis l'an 2000, le Tribunal cantonal a examiné le pronostic posé par le premier juge quant au revenu hypothétique, lui reconnaissant en la matière une marge d'appréciation importante. Il a considéré qu'au vu des éléments concrets du cas - expérience professionnelle importante et variée (malgré l'absence de diplôme), dont découlaient des capacités effectives (gestion, comptabilité, connaissance du bâtiment et de l'immobilier, rénovation d'immeubles anciens, enseignement de la voile), et bon état de santé du recourant -, ce dernier pourrait retrouver une activité professionnelle lui assurant un revenu, et ce malgré le fait qu'il ait atteint l'âge de 50 ans en 2005. Le recourant avait d'ailleurs admis lui-même ce point de vue en soutenant qu'un chômeur de cinquante ans et plus a besoin de plusieurs années pour se réinsérer. Ainsi, il avait fait le choix de rester au foyer en 2000 et, s'il ne l'avait pas fait, serait vraisemblablement réinséré professionnellement. Il était donc justifié de lui imputer un revenu hypothétique. 4.2 Selon le recourant, la cour cantonale lui a reconnu à tort une expérience professionnelle et des compétences. Il n'aurait en effet pas de diplôme; il n'aurait exercé la fonction de régisseur de 1983 à 1997 qu'en raison du fait que l'agence a été fondée par son père; depuis la faillite, malgré de nombreuses recherches, il n'aurait trouvé que de petits emplois temporaires; il ne pourrait se prévaloir d'aucune expérience dans la rénovation d'immeubles anciens, ayant transformé en amateur la ferme qu'il occupe; enfin, ses compétences en matière sportive ne se limiteraient qu'à quelques cours de voile. Ce faisant, le recourant ne fait qu'opposer son appréciation à celle de l'autorité cantonale. Il ne soutient pas que les faits sur lesquels l'appréciation de celle-ci repose seraient inexacts, mais se contente d'en déduire une appréciation différente. Conformément à la jurisprudence (supra consid. 2), cela ne suffit pas à démontrer le caractère arbitraire de la première. Dans ces conditions, le grief est irrecevable. 4.3 Le recourant prétend par ailleurs que la Chambre des recours semble avoir oublié qu'il a tout mis en oeuvre pour retrouver du travail. Il lui reproche de ne pas avoir pris en considération qu'il a été contraint de demander la modification du jugement de divorce par le Service de prévoyance et d'aide sociale. Il relève qu'il est notoire que les personnes de plus de cinquante ans ont des difficultés à trouver du travail. S'il a admis qu'un chômeur de cet âge a besoin de plusieurs années pour se réinsérer, l'autorité intimée aurait méconnu qu'il ne fait pas partie de ces "chanceux". Sa condamnation pénale hypothéquerait en outre ses chances. Enfin, le fait qu'il reste au foyer résulterait plus des circonstances que d'un choix. Cette critique est également appellatoire et, partant, irrecevable. Le recourant ne démontre pas en quoi l'appréciation des juges cantonaux serait insoutenable; il ne fait que lui opposer sa propre appréciation. Il n'expose en particulier pas, avec indication des pièces du dossier, avoir allégué et prouvé en instance cantonale qu'il aurait fait, après l'an 2000 et jusqu'à récemment encore, de nombreuses et sérieuses recherches et offres d'emploi, qui toutes auraient été vaines. Le grief tiré du fait que le Service de prévoyance et d'aide sociale l'aurait contraint à agir est dénué de toute pertinence, dès lors qu'en vertu de la loi (cf. art. 289 al. 2 CC), les collectivités publiques qui assument l'entretien d'enfants se retournent contre le débiteur de l'entretien, à moins que celui-ci n'ait été libéré de toute obligation par le juge civil (art. 286 CC). 4.4 Le recourant reproche enfin vainement à la cour cantonale d'avoir ignoré que, s'il gagnait 4'500 fr. au moment du divorce en 1992, il y a eu des changements dans sa situation depuis cette époque et que sa capacité contributive est désormais nulle avec deux nouveaux enfants à sa charge. La Chambre des recours n'a pas méconnu cette situation, mais a imputé au recourant un revenu hypothétique, soit le revenu que celui-là pourrait réaliser s'il se réinsérait dans le milieu professionnel.