Citation: 1B_175/2021 E. 1

La recourante tient cette appréciation pour insoutenable, estimant qu'en la citant à comparaître à la même heure et au même titre que l'intimé aux fins de tenter la conciliation, le Ministère public aurait implicitement rejeté sa requête tendant à ce qu'elle ne soit pas confrontée à son agresseur. Elle soutient que l'arrêt querellé lui cause un préjudice irréparable en tant qu'elle l'expose à être confrontée contre son gré à B.________, l'irrecevabilité du recours permettant au Ministère public de la convoquer à nouveau à la même heure que l'intimé en qualité de prévenue, ce qui ne serait pas acceptable. L'affirmation du Ministère public selon laquelle l'audience pourra être aménagée en conformité aux droits de la victime LAVI ne constitue pas une garantie suffisante de ses droits procéduraux. Selon l'expérience de son mandataire, les aménagements d'audience consisteraient uniquement à installer une paroi amovible entre le prévenu et la victime dans la même salle d'audience, ce qui serait insuffisant à garantir son droit à ne pas être confrontée à son agresseur. Cette argumentation ne convainc pas et la recourante ne saurait être suivie lorsqu'elle affirme être exposée à un préjudice irréparable en cas de convocation à une nouvelle audience en même temps que l'intimé. Le Ministère public n'a certes pas clairement spécifié les aménagements auxquels il entendait procéder aux fins de garantir les droits procéduraux de la recourante découlant de l'art. 152 al. 3 CPP. Si une nouvelle citation à comparaître devait être notifiée aux parties, celle-ci pourra requérir les mesures de protection qu'elle estime appropriées pour éviter tout contact avec l'intimé et garantir ses droits en tant que victime au sens de l'art. 116 al. 1 CPP. Si elle devait ne pas être suivie et ne pas se satisfaire des mesures de protection prises par le Ministère public, elle pourrait recourir auprès de la Chambre pénale contre sa citation à comparaître et le refus du Ministère public de prendre les mesures de protection qu'elle jugeait adéquates et solliciter l'effet suspensif, comme elle l'a fait dans le cas présent. L'admission de son recours mettrait ainsi fin au préjudice redouté. En tout état de cause, le risque de dommage irréparable en lien avec une violation de ses droits procéduraux découlant de son statut de victime selon l'art. 116 al. 1 CPP par une convocation à une nouvelle audience à la même heure que l'intimé n'est pas établi ni manifeste. La recourante ne démontre pas davantage avoir subi un dommage irréparable des suites du constat d'irrecevabilité de son recours contre un prétendu refus du Ministère public de se prononcer sur sa qualité de victime faute de toute décision prise à ce sujet. La condition posée à l'art. 93 al. 1 let. a LTF n'est ainsi pas réalisée. L'hypothèse visée à la let. b de cette disposition n'entre pas davantage en considération, de sorte que l'arrêt attaqué ne saurait faire l'objet d'un recours immédiat auprès du Tribunal fédéral.