Citation: 2C_540/2024 E. 1.3

1.3. Selon l'art. 89 al. 1 LTF, a qualité pour former un recours en matière de droit public quiconque a pris part à la procédure devant l'autorité précédente ou a été privé de la possibilité de le faire (let. a), est particulièrement atteint par la décision ou l'acte normatif attaqué (let. b) et a un intérêt digne de protection à son annulation ou à sa modification (let. c). Cette exigence d'un intérêt particulier et digne de protection au recours, que l'on retrouve également en procédure administrative genevoise (cf. art. 60 al. 1 let. b de la loi du 12 septembre 1985 sur la procédure administrative genevoise [LPA/GE; RS/GE E 5 10]), tend notamment à exclure les "recours populaires", formés uniquement dans l'intérêt général à la bonne application du droit (cf. ATF 144 I 43 consid. 2.1; 139 II 499 consid. 2.2). Or, dans la décision entreprise, la Cour de justice a estimé qu'il était "douteux" que les recourants aient qualité pour recourir au fond contre l'arrêté de tir actuellement attaqué devant elle, dans la mesure où celui-ci ne les atteindrait à première vue pas de manière personnelle et particulière, ce qui pourrait à terme justifier de déclarer leur recours irrecevable. Cette question - encore ouverte à ce jour - n'a cependant pas à être approfondie à ce stade par la Cour de céans. Il est en effet admis que les personnes dont le recours fait l'objet d'une décision de retrait de l'effet suspensif par une autorité précédente au Tribunal fédéral sont particulièrement touchées par une telle décision et ont un intérêt digne de protection à en obtenir l'annulation, ce indépendamment de leur qualité pour agir au fond dans le litige principal. Cette dernière question doit être tranchée dans l'arrêt final à rendre par cette autorité, étant précisé qu'une éventuelle absence de qualité pour recourir sur le fond peut, si elle est d'ores et déjà manifeste, être prise en compte par le Tribunal fédéral au moment d'examiner la pesée des intérêts à la base de la décision de retrait de l'effet suspensif litigieuse devant lui (cf. ATF 129 II 286 consid. 1.3; aussi arrêt 1C_114/2010 du 30 avril 2010 consid. 1.2). En l'occurrence, dans sa décision de retrait de l'effet suspensif, la Cour de justice a certes évoqué la problématique de la qualité pour recourir au fond des recourants contre l'arrêté de tir du Conseil d'État, sans toutefois la trancher. Ceci étant, il convient de reconnaître que les recourants ont qualité pour recourir contre cette décision incidente en application de l'art. 89 al. 1 LTF, ce conformément à ce qui vient d'être exposé. Cela ne préjuge toutefois pas de leur qualité pour recourir sur le fond du litige, laquelle suppose encore une analyse circonstanciée de la part de la Cour de justice.