Citation: 6B_1307/2020 E. B

B. Par arrêt du 28 septembre 2020, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal a rejeté l'appel formé par A.________ à l'encontre du jugement du 9 juillet 2019, qu'elle a intégralement confirmé. Elle s'est fondée, en substance, sur les faits suivants. B.a. A.________, née en 1973 en Roumanie, est arrivée en Suisse au mois d'août 2013 et est titulaire d'un permis B. Elle est mariée et mère de deux enfants, nés respectivement en 2004 et 2008. Sur le plan professionnel, A.________ est médecin. Elle a été engagée le 19 août 2013 en qualité de cheffe de clinique dans le secteur de psychiatrie et psychothérapie d'enfants et d'adolescents du Réseau U.________, puis nommée médecin adjointe dès le 1er mai 2014 à "V.________". A partir du 1er décembre 2015 et durant six mois, elle a dû assumer un poste supplémentaire au Service ambulatoire, à W.________. Le 10 février 2016, constatant que A.________ ne répondait pas entièrement aux exigences de sa fonction, son contrat a été résilié avec proposition d'un nouveau contrat de cheffe de clinique, qu'elle a accepté. Ce contrat a pris fin le 26 juillet 2016. Le 6 mars 2017, la Direction de la santé et des affaires sociales a suspendu l'autorisation de pratiquer la profession de médecin psychiatre de A.________ jusqu'à droit connu sur l'issue de la procédure devant la Commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients, laquelle a également été suspendue jusqu'à droit connu sur l'issue de la procédure pénale. Actuellement, A.________ travaille comme médecin-assistante auprès de X.________ à Y.________. B.b. B.________, né en 1997, a été diagnostiqué, au printemps 2012, comme souffrant d'un trouble du spectre de l'autisme, à savoir le syndrome d'Asperger. Ses fréquentes hospitalisations et ses angoisses témoignent de son état psychique fragile. Un diagnostic d'agoraphobie sans trouble panique, de trouble dissociatif sans précision et de trouble de la personnalité anxieuse a également été posé. Depuis 2013-2014, B.________ fréquente régulièrement le Centre de soins hospitaliers du Réseau Z.________. Il y a séjourné à plusieurs reprises pour de longues périodes, notamment à la suite d'une mise en danger de lui-même et de l'apparition d'idées suicidaires importantes. Du mois de février 2014 au mois de mars 2015, B.________ a été le patient de la pédopsychiatre A.________ au sein de Z.________. Ensuite, A.________ a traité B.________ en suivi ambulatoire officiellement jusqu'en début d'année 2016, sous la forme d'entretiens hebdomadaires. La dernière séance de thérapie dite "officielle" a eu lieu au mois de janvier 2016. La thérapie avec A.________ a été très bénéfique pour lui et il a fait de grands progrès. En raison de ses problèmes de santé psychique et malgré ses capacités intellectuelles remarquables, B.________ est au bénéfice d'une curatelle de portée générale depuis le 15 avril 2015 et d'une rente AI de 100 % depuis le 1er juin 2015, soit le premier mois qui a suivi son dix-huitième anniversaire. B.c. A.________ a développé, en 2015-2016, des sentiments amoureux à l'endroit de B.________. Elle voulait entretenir des relations sexuelles avec ce dernier. Or, elle savait que ses sentiments n'étaient pas réciproques et que B.________ ne voulait pas entretenir de relations sexuelles avec elle. Elle a admis que, lorsqu'elle lui a annoncé ses sentiments, il lui a répondu : "en quoi ça me touche, en quoi ça me regarde". B.________ n'a jamais répondu à ses messages d'amour. Au mois de mars 2016, A.________ avait envoyé des messages à B.________ lui proposant de "le sucer". Le prénommé lui a demandé si elle était vraiment sûre, si elle n'était pas en train de faire un contretransfert ( "reflection off me"). Devant l'insistance de sa pédopsychiatre ( "moi je veux vous gouter"; "moi je sais ce que je demande"; "J'ai ENVIE"), il lui a répondu que, ce qu'il voulait lui, c'était se débarrasser de toute la pression. A la suite de ces messages, le jeune homme a proposé à deux reprises à la doctoresse de lui prodiguer une fellation, se déshabillant devant elle. Il voulait que cela arrive une fois pour qu'ensuite elle ne lui en parle plus. Il espérait que si elle obtenait ce qu'elle voulait, elle le laisserait tranquille. A une reprise à la fin du mois de mai 2016 ou au début du mois de juin 2016, A.________ et B.________ se sont vus dans le bureau de celle-ci au Centre de pédopsychiatrie de W.________. B.________, qui avait tenté en vain de couper le contact avec la thérapeute quelques semaines auparavant, lui a dit qu'il en avait marre. A.________ lui a répondu qu'elle ne pourrait plus s'arrêter. Le jeune homme lui a dit que ce serait l'un ou l'autre et, en désespoir de cause, il a proposé à A.________ de lui prodiguer une fellation, dans le but d'en finir avec ce type de relation. C'est alors que la pédopsychiatre a prodigué une fellation à B.________. Le prénommé ne voulait pas entretenir de relation sexuelle avec la pédopsychiatre, mais uniquement ramener la situation à la normale. Il voulait que le comportement de A.________ cesse. B.________ a d'ailleurs tenté de se convaincre en se disant à lui-même que la fellation "était ok". Après la fellation, il n'a pas éjaculé et il était soulagé que cela s'arrête car il était mal à l'aise et il trouvait pesant d'être seul avec A.________. Pour ces faits, A.________ a été reconnue coupable d'abus de la détresse. B.d. Au cours du week-end du 18 au 19 juin 2016, A.________ a contacté B.________ par téléphone en lui disant qu'elle souhaitait le voir pour lui parler et (en le lui disant plus doucement) "peut-être pour autre chose". Le jeune homme, qui avait ressenti que sa psychiatre avait besoin de parler, a accepté de l'accueillir à son domicile, lui précisant que ce serait uniquement dans le but de discuter. La mère de B.________ était absente. Arrivée au domicile du jeune homme avec une bouteille de vin, A.________ lui a rapidement fait des avances. B.________ ne voulait pas entretenir de relation sexuelle avec A.________. Le jeune homme avait, dans un premier temps, refusé de boire le vin apporté par la pédopsychiatre. Celle-ci lui a alors fait remarquer qu'il avait l'air tendu et que le vin pourrait l'aider à se détendre. B.________ lui a répondu qu'il n'avait pas besoin de se détendre puisqu'il n'allait rien se passer et qu'elle n'était là que pour parler. Il lui a rappelé qu'il avait accepté qu'elle vienne juste pour parler. A un moment donné, A.________ s'est mise derrière lui, lui a mis les mains sur les épaules et a commencé à lui faire des bisous dans le cou. B.________ est resté très rigide. Il a tenté de se dégager pour lui montrer qu'il n'était pas intéressé. Devant l'insistance de la psychiatre qui a profité de sa position ascendante sur lui, il n'avait pas la force mentale nécessaire pour résister. B.________ a alors bu du vin à ce moment-là pour que cela "passe mieux pour lui". A.________ l'a emmené vers le canapé, où elle lui a prodigué une fellation. B.________ est resté rigide, concentré sur le plafond. Il a finalement trouvé la force de la repousser et de se lever. C'est alors qu'elle lui a dit qu'elle voulait rester dormir avec lui, ce qu'il a refusé en la dirigeant vers la porte. Pour ces faits, A.________ a été reconnue coupable de contrainte sexuelle. B.e. Alors que la relation thérapeutique était officiellement terminée entre la pédopsychiatre et B.________ qui refusait de lui parler ou de répondre à ses messages, A.________ a harcelé le jeune homme en lui adressant d'innombrables courriels, messages ou appels contre la volonté de ce dernier, parfois plusieurs fois par jour, entre le mois de juin 2016 et le 22 juillet 2017. Dans ses courriels, A.________ a, à de très nombreuses reprises, supplié B.________ de reprendre contact avec elle. Elle a également fait des déclarations d'amour à son ancien patient. Certains messages avaient parfois comme contenu des propositions à caractère sexuel, lui suggérant par exemple en juillet 2016 une "sucette" dans la voiture, ou une autre "sucette" voire deux. Dans plusieurs autres messages, elle lui a dit qu'elle était folle et lui a demandé de l'aide. Dans certains courriels, A.________ a tenté de faire pression sur B.________ en évoquant les procédures pénales et administratives en cours à son encontre et en lui indiquant les démarches qu'elle comptait entreprendre. Durant cette période, B.________ a bloqué le numéro de téléphone de A.________. Quand la thérapeute a changé de numéro de téléphone, elle a tenté de reprendre contact avec B.________. A.________ s'est également rendue plusieurs fois au domicile de B.________ sans y avoir été invitée. Ne supportant pas que son ancien patient ait coupé tous liens avec elle, A.________ a demandé, dans le courant du mois de juin 2016, à l'une de ses anciennes patientes qui connaissait B.________ de lui donner rendez-vous à proximité de son domicile. Alors que les deux jeunes gens étaient ensemble, A.________ a forcé le jeune homme à entrer en contact avec elle contre son gré en se précipitant sur lui et en le saisissant par le bras pour tenter de lui parler. Le jeune homme l'a immédiatement repoussée. Même la lettre adressée le 6 février 2017 par la procureure à A.________ n'a pas dissuadé cette dernière de contacter B.________. Pour ces faits, A.________ a été reconnue coupable de tentative de contrainte.