Citation: 5A_398/2009 06.08.2009 E. A

A.a Du mariage entre X.________ et dame X.________ est issue l'enfant A.________, née le 8 mars 2000. Par jugement de divorce du 11 janvier 2005, le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne a attribué l'autorité parentale sur l'enfant à la mère et réservé en faveur du père un droit de visite dans les locaux de l'association Point Rencontre, deux fois par mois, alternativement le samedi ou le dimanche, durant deux heures. A la fin de l'année 2005, dame X.________ est devenue mère d'une deuxième fille. Elle vit désormais en ménage avec le père de cette enfant. A.b Entre le 6 mars 2005 et le 18 novembre 2006, X.________ a vu sa fille, de manière irrégulière, durant 25 visites. Au cours de l'année 2006, le Juge de paix a été saisi, d'abord, d'une requête du père en extension de son droit de visite sur l'enfant, le 14 avril 2006, puis, le 10 novembre 2006, d'une demande de la mère en suppression de ce droit de visite. La mère a produit un certificat médical établi le 30 octobre 2006 par la pédopsychiatre de l'enfant. A teneur de ce certificat, l'enfant avait des difficultés relationnelles avec son père et, depuis l'été, elle exprimait qu'elle n'avait plus envie d'aller le voir, même au Point Rencontre, car il disqualifiait sa mère, la famille de celle-ci et sa petite soeur. Le même médecin a précisé, par courrier du 6 décembre 2006, que l'équilibre psychoaffectif de l'enfant était perturbé à la suite des visites du père et qu'il fallait prendre des mesures de protection. Ces éléments ont amené le Juge de paix, par décision du 12 décembre 2006, à suspendre provisoirement le droit de visite du père sur sa fille. Un mandat d'expertise a été confié au Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (ci-après: SUPEA). A.c Précédemment sollicité par le Juge de paix, le Service de protection de la jeunesse (ci-après: SPJ) a fait état, dans un rapport d'évaluation du 22 février 2007, de la période de crise rencontrée par l'enfant en automne 2006. Il estimait que l'expertise en cours auprès du SUPEA était nécessaire avant d'envisager une reprise des visites et que, dans l'hypothèse où la fille et son père parviendraient à nouer une relation sécurisante pour l'enfant, un élargissement progressif des visites était envisageable. Le 30 juillet 2007, le SUPEA a rendu son rapport d'expertise. Il en ressort que l'enfant est fragile, émotive, assez vite angoissée et désécurisée par la nouveauté et le changement; les interactions avec son père ont des répercussions sur son développement; le père semble être très attaché à sa fille, mais montre une difficulté à s'adapter aux besoins de celle-ci et à être rassurant pour elle; les capacités de remise en question du père sont faibles et les possibilités d'évolution réservées; si la relation père-fille s'est détériorée, c'est probablement parce que le père ne réalise pas que les besoins de sa fille évoluent et qu'il ne s'adapte pas à ces nouveaux besoins. Au vu de cette situation, les experts ont estimé que le père devrait être autorisé à voir sa fille régulièrement une à deux fois par mois, en présence d'un tiers actif qui assisterait à toute la rencontre et qui aurait un rôle d'observateur et de guidance avec le père; il était important, selon eux, que le suivi pédopsychiatrique avec le médecin de l'enfant se poursuive et que son avis soit régulièrement demandé afin d'évaluer la situation et d'éviter toute péjoration; enfin, si les rencontres se déroulaient bien et si l'enfant reprenait une relation de confiance avec son père, le cadre pourrait être progressivement élargi. Avec l'accord des parties, le SUPEA a mis en place un suivi régulier permettant de renouer le contact entre l'enfant et son père. Six séances d'une heure ont eu lieu à partir du printemps 2008. Le 23 juin 2008, la mère a informé le Juge de paix que sa fille était de plus en plus angoissée lorsqu'elle devait voir son père et qu'elle était profondément perturbée, ce qui influait sur toute sa vie et ses résultats scolaires. Elle sollicitait dès lors la suppression, pour une certaine période tout au moins, du droit de visite. Le même jour, la psychologue assistante du SUPEA a rendu un rapport écrit. Selon ce médecin, la première rencontre s'était bien déroulée, mais au fur et à mesure des séances, l'enfant se montrait fuyante et distante dans la relation avec son père; cette attitude était due au fait que celui-ci s'était révélé tendu et revendicateur et insistait sur les week-ends et les voyages qu'il ferait avec sa fille; à deux reprises, celle-ci s'était effondrée et avait pleuré face au comportement de son père qui ne supportait pas qu'elle refuse d'aller en vacances avec lui et qui ne pouvait pas s'empêcher de critiquer sa mère. Au cours de ces séances, la psychologue avait observé de petits moments de plaisir et de complicité entre l'enfant et son père, mais ces moments étaient fortement contrebalancés par des comportements inadéquats du père et une impossibilité pour l'enfant, actuellement, d'établir une relation de confiance avec lui; en outre, l'enfant n'avait pas encore acquis les moyens de verbaliser ce qu'elle ressentait face aux critiques de son père; dès lors, les comportements qu'elle adoptait - agitation et repli sur elle-même - pouvaient avoir pour conséquence d'entraver son état psychoaffectif. Estimant qu'il faudrait du temps pour établir une relation de confiance permettant l'exercice d'un droit de visite plus libre, la psychologue a affirmé que des rencontres au Point Rencontre semblaient indiquées avec, parallèlement, un suivi pédopsychiatrique régulier de l'enfant. Elle a confirmé ses constatations devant le Juge de paix le 9 octobre 2008, tout en ajoutant que, à son avis, l'enfant n'avait pas été déstabilisée par les rencontres avec son père et que les moments de complicité qu'elle avait observés laissaient entrevoir la possibilité de créer un lien de confiance. Le 2 juillet 2008, la pédopsychiatre a indiqué que les séances avec le père s'étaient bien passées au début, puis s'étaient dégradées; elle jugeait souhaitable d'interrompre ces rencontres pendant un certain temps. De son côté, le 7 octobre 2008, le SPJ a constaté qu'une relation de confiance père-fille n'avait pas pu être établie et que l'enfant était toujours angoissée à l'idée de rencontrer son père. Un assistant social du service s'est montré sceptique face à l'idée de recommencer les visites au Point Rencontre, cette solution perturbant sérieusement l'enfant; il a estimé que le père devrait tout d'abord entreprendre une prise en charge thérapeutique.