Citation: 5A_394/2020 E. 4.1.2

4.1.2. Les constatations cantonales, de même que les affirmations formulées par la recourante sont partiellement erronées. Il convient donc de rappeler la chronologie du présent litige et la motivation qui ressort de l'arrêt de renvoi, dans la mesure où son interprétation fait manifestement l'objet d'incompréhension de part et d'autre. L'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 13 mai 2013 retenait que la recourante dispensait des cours de Pilates et qu'elle pouvait à ce titre se voir imputer un salaire hypothétique de 1'000 fr., réalisable immédiatement, puis de 2'000 fr. dès 2014. Ce montant ne tenait pas compte du revenu de la fortune mobilière de l'épouse, l'intéressée étant cependant expressément enjointe à mettre sa fortune à contribution afin de couvrir les frais induits par la séparation qui ne pouvaient être assumés par l'époux. L'ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 14 décembre 2018 - objet de l'arrêt attaqué - retenait quant à elle un revenu moyen de 2'360 fr., revenus de la fortune mobilière inclus (cf. arrêt 5A_531 et 540/2019 consid. 4.1.2). Se fondant sur la prémisse erronée que la décision de mesures protectrices du 13 mai 2013 incluait les revenus mobiliers de la recourante dans le revenu hypothétique de 2'000 fr. qui lui étaient imputés, l'arrêt cantonal du 24 mai 2019 en a conclu que les revenus réels de l'intéressée dépassaient le revenu hypothétique qui lui avait été imputé en 2013. Celui-ci devait ainsi être nouvellement examiné. Cette confusion opérée entre les revenus allégués par la recourante pour son activité de professeur de Pilates et les revenus issus de sa fortune mobilière a conduit la cour cantonale dans ce dernier arrêt à corriger la décision de mesures protectrices qui faisait abstraction de la fortune mobilière dans l'établissement du revenu hypothétique de la recourante. En tant qu'aucune des parties, singulièrement la recourante, ne se prévalait de ce procédé pourtant inadmissible dans le cadre d'une procédure de modification des mesures protectrices de l'union conjugale, la Cour de céans a estimé qu'il ne lui appartenait pas d'y remédier d'office dans le cadre d'un recours en matière civile restreint; elle a donc examiné si la cour cantonale avait arrêté le nouveau revenu hypothétique de la recourante de manière conforme au droit (cf. arrêt 5A_531 et 540/2019 consid. 4.1.2). Dans ce contexte, le Tribunal fédéral a relevé que les montants allégués par la recourante pour son activité de professeur de Pilates - à savoir 533 fr. 50 par mois entre 2013 et 2016, puis 1'760 fr. allégués en début d'année 2018 - permettaient de retenir que ses revenus n'étaient pas maximisés en tant qu'ils étaient en-deça de ceux imputés par le juge des mesures protectrices en 2013 (arrêt 5A_531 et 540/2019 consid. 4.2.3.2.3). Cette conclusion était partagée par la cour cantonale, du moins implicitement dès lors que celle-ci exigeait de la recourante une " légère augmentation de son revenu actuel effectif ". La Cour de céans a cependant souligné qu'en imputant un revenu de 3'000 fr. à la recourante, montant incluant les revenus de sa fortune mobilière (à savoir 1'830 fr. environ), la cour cantonale imputait en réalité à l'intéressée un revenu hypothétique inférieur (à savoir 1'170 fr. environ) à celui retenu par le juge des mesures protectrices de l'union conjugale et par la recourante elle-même. Le résultat était ainsi en contradiction avec sa motivation et arbitraire. La cause a ainsi été renvoyée à l'autorité cantonale afin qu'elle détermine le revenu hypothétique imputable à la recourante, abstraction faite du revenu de sa fortune. Vu l'absence d'atteinte à la santé, la Cour de céans a indiqué qu'il paraissait a prioriexigible que la recourante augmente la fréquence de ces cours, à tout le moins en vue d'obtenir le revenu hypothétique qui lui avait été imputé dans la précédente procédure de mesures protectrices de l'union conjugale; une éventuelle réduction des charges professionnelles de la recourante devait également être examinée par l'autorité cantonale (arrêt 5A_531 et 540/2019 consid. 4.2.3.2.4). Au contraire de ce qu'affirme la recourante en jouant sur les mots, le Tribunal fédéral n'a aucunement confirmé que seule une légère augmentation de son revenu était exigible; le revenu fixé dans le cadre des mesures protectrices devait au minimum (" à tout le moins ") être atteint.