Citation: 4C.128/2003 30.07.2003 E. 2

2.1 La cour cantonale a constaté que, le 18 février 1992, malgré la signature apposée sur la lettre rédigée et présentée par son employeur, le demandeur ne voulait pas mettre fin à son contrat de travail, ce que le défendeur savait. Par conséquent, cette lettre ne constituait pas un accord de résiliation conventionnelle, avec effet immédiat, de sorte que le travailleur avait droit au paiement de son salaire jusqu'au 30 avril 1992 (art. 335c al. 1 CO; art. 3 ch. 3 de la convention collective de travail (CCT) applicable), ainsi qu'à une indemnité au sens de l'art. 337c al. 3 CO, fixée à 10'695 fr., et correspondant à près de trois mois de salaire. Le recourant soutient que le texte du 18 février 1992, "parfaitement clair et non équivoque", ne donnait pas matière à interprétation et reflétait la concordance des manifestations de volonté. 2.2 En droit suisse des contrats, les problèmes qui concernent l'accord de volonté des parties doivent être résolus en première ligne sur la base de ce que les parties ont subjectivement voulu de manière concordante, avant d'examiner ce qu'elle ont objectivement déclaré, mais compris différemment du point de vue subjectif. Il suit de là que, par exemple, si les parties, dans les négociations contractuelles, se sont réciproquement comprises, mais ne se sont pas mises d'accord, on se trouve en présence d'un désaccord patent (offener Dissens), qui fait obstacle à la conclusion du contrat (ATF 123 III 39 consid. 2b, Ernst A. Kramer, Commentaire bernois, n. 138 ad art. 1 CO). Dans le cas présent, il a été retenu en fait que le demandeur n'avait pas la volonté réelle de mettre fin à son contrat de travail le 18 décembre 1992 et que le défendeur le savait. Conformément à ce qui vient d'être dit, dès l'instant où les plaideurs ont tous deux compris que l'intimé entendait poursuivre la relation contractuelle qu'il avait nouée avec le recourant, le document signé le 18 février 1992 ne saurait sortir aucun effet juridique. En conséquence, le demandeur avait bien droit à son salaire jusqu'au 30 avril 1992, comme l'ont admis les précédents juges.