Citation: 5A_91/2022 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la décision de première instance a été rendue le 14 avril 2020, soit avant que l'arrêt paru aux ATF 147 III 265, daté du 11 novembre 2020, fût rendu. Après avoir relevé que les parties n'invoquaient pas cette jurisprudence, alors que plusieurs écritures avaient été déposées depuis sa publication, l'autorité cantonale, dans le cadre d'un examen d'office, a en définitive estimé qu'il n'y avait pas lieu de calculer à nouveau les contributions d'entretien, tant les griefs soulevés à l'encontre des situations financières des parents que ceux en lien avec les contributions d'entretien des enfants étant infondés. Ce raisonnement résiste à la critique. Comme lesdites contributions n'avaient pas à être modifiées, les critiques soulevées à leur encontre ayant toutes été rejetées, la cour cantonale, à l'instar du Tribunal fédéral (cf. supra consid. 5.1 in fine), n'était pas tenue de procéder à un nouveau calcul de celles-ci en se fondant sur la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent, étant rappelé que cette méthode n'avait pas encore un caractère contraignant au moment de la reddition de la décision de première instance. De toute manière, le recourant n'expose pas en quoi l'application de ladite méthode - qui, en plus de prévoir un calcul concret de l'entretien, se caractérise par un éventuel partage d'excédent - eût conduit à un résultat différent, étant précisé que les contributions en faveur des enfants dépendent non seulement des besoins de ceux-ci, mais aussi de la situation et des ressources des père et mère. Il se borne en effet à affirmer qu'il aurait fallu ajouter un montant de 112 fr. 50 à titre de part d'impôt dans les charges de son fils, d'une part, et qu'il incomberait à l'intimée d'assumer la totalité de celles-ci puisqu'il détient la garde exclusive de l'enfant, d'autre part. L'inclusion d'une charge fiscale dans le budget des enfants ne dépend cependant pas, du moins directement, de l'application de la méthode concrète en deux étapes, désormais contraignante (ATF 147 III 265 précité consid. 6.1); avant que cet arrêt fût rendu, la doctrine préconisait du reste déjà la prise en compte de tels frais dans le minimum vital du droit de la famille de l'enfant (AESCHLIMANN/SCHWEIGHAUSER, in FamKomm Scheidung, 3e éd. 2017, n° 33 ad Allg. Bem. zu Art. 276-293 ZGB; JUNGO/ARNDT, Barunterhalt der Kinder, Bedeutung von Obhut und Betreuung der Eltern, in FamPra.ch 2019 p. 758 note de bas de page 38; SCHWEIGHAUSER/STOLL, Neues Kindesunterhaltsrecht, Bilanz nach einem Jahr, in FramPra.ch 2018 p. 638 note de bas de page 175; BÄHLER, Unterhaltsberechnungen, von der Methode zu den Franken, in FamPra.ch 2015, p. 271 et 329), et certains tribunaux s'y conformaient (cf. notamment arrêt 5A_525/2019 du 27 septembre 2019 consid. 2.3). Par ailleurs, pour déterminer la contribution d'entretien due selon l'art. 285 al. 1 CC par chacun des parents séparés, il convient de répartir les besoins non couverts des enfants entre les père et mère en fonction de leur capacité contributive respective. Si le parent qui ne prend pas en charge l'enfant ou qui ne s'en occupe que très partiellement doit en principe subvenir à son entretien financier, compte tenu du concept bien établi selon lequel les prestations en argent et en nature sont équivalentes (ATF 135 III 66 consid. 4; 114 II 26 consid. 5b), dans certains cas, le juge peut et doit toutefois, selon son appréciation, astreindre le parent qui prend (principalement) en charge l'enfant à couvrir également une partie de l'entretien en espèces, lorsque l'intéressé a une capacité contributive plus importante que celle de l'autre parent (ATF 147 III 265 consid. 8.1; arrêts 5A_848/2019 du 2 décembre 2020 consid. 7.1; 5A_727/2018 du 22 août 2019 consid. 4.3.2.2; 5A_339/2018 du 8 mai 2019 consid. 5.4.3; 5A_583/2018 du 18 janvier 2019 consid. 5.1 in fine; 5A_584/2018 du 10 octobre 2018 consid. 4.3). Or, le recourant se contente d'affirmer que, dans la mesure où il fournit déjà sa contribution à son fils en nature, l'autorité cantonale aurait dû fixer le montant de la contribution d'entretien due par l'intimée à hauteur de la totalité du coût d'entretien de l'enfant, et non confirmer le jugement de divorce, qui tient compte des soldes disponibles "avant impôts" des parties (art. 42 al. 2 LTF). Quoi qu'il en soit, l'arrêt entrepris constate qu'en appel, il n'a pas contesté la clé de répartition retenue par le premier juge pour fixer la contribution d'entretien due par l'intimée (art. 75 al. 1 LTF). Le grief se révèle par conséquent entièrement mal fondé, autant qu'il est recevable.