Citation: 6B_718/2020 E. 2.4

2.4. Dans la mesure où les recourants invoquent l'art. 21 CP et l'erreur sur l'illicéité, l'application de cette disposition a été définitivement écartée par le Tribunal fédéral dans le cadre de l'arrêt du 1 er juillet 2019 (cf. arrêt 6B_1020/2018 consid. 3, en particulier 3.3). Leurs arguments fondés sur une telle erreur sont partant irrecevables. Les recourants font grief à la cour cantonale d'avoir ignoré qu'ils auraient agi dans le cadre de leur activité professionnelle et de leurs obligations contractuelles et donc dans un rapport de subordination avec leurs employeurs, les syndicats X.________ et Y.________ qui soutenaient la grève, même si les recourants auraient également eu la conviction personnelle que la défense des intérêts des salariés de F.________ était une noble cause. Contrairement à ce qu'affirment les recourants, la cour cantonale n'a pas ignoré le statut de secrétaires syndicaux des recourants, qui ressort clairement de l'arrêt attaqué. A cet égard, peu importe qu'il n'apparaisse pas expressément dans la motivation de la peine mais ailleurs dans l'arrêt. La cour cantonale n'était en effet pas tenue de le répéter au stade de la fixation de la peine car le jugement forme un tout et on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent (parmi de nombreux autres cf. arrêts 6B_592/2020 du 5 novembre 2020 consid. 4.2; 6B_757/2020 du 4 novembre 2020 consid. 3.3.1; 6B_537/2020 du 29 septembre 2020 consid. 2.2). Les recourants n'exposent pas en quoi l'élément qu'ils invoquent aurait dû influer sur leur culpabilité, ce d'autant moins qu'ils affirment par ailleurs eux-mêmes avoir pleinement adhéré à la cause. En outre, la cour cantonale a retenu, à décharge, qu'ils avaient agi pour défendre leurs convictions, si bien qu'elle n'a pas ignoré cet élément non plus. Les recourants soutiennent que le piquet de grève se serait déroulé sur l'emplacement désigné par F.________, soit sur le parking du personnel et ils n'auraient pas cherché à accéder à l'intérieur du bâtiment ou à placer le piquet devant l'entrée de l'hôpital. Il n'aurait existé aucun emplacement moins attentatoire aux intérêts de l'hôpital, à moins de placer le piquet hors de sa propriété mais alors les recourants auraient porté atteinte, sans justification, au droit de propriété d'un tiers. La cour cantonale aurait retenu, sans que rien ne vienne l'étayer, que l'objectif du piquet de grève était d'avoir un impact sur les patients et les visiteurs. Contrairement à ce qu'affirment les recourants, la cour cantonale n'a pas ignoré que le piquet s'était déroulé sur l'emplacement désigné par F.________, soit sur le parking. Elle a en effet retenu que s'il était vrai que les grévistes avaient installé leurs tentes à l'extérieur de l'hôpital, sur des places de parc désignées par la direction de F.________, leur but était que leur présence ait un impact sur le personnel, les patients et les visiteurs de sorte qu'ils ne pouvaient maintenant prétendre que leur action n'aurait eu que des effets bénins. La simple affirmation qu'il n'y aurait rien pour étayer que le but des recourants étaient d'avoir un impact sur les patients et les visiteurs n'est pas suffisante pour démontrer en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement établi ce fait et la critique des recourants est irrecevable. Par ailleurs, c'est à juste titre que la cour cantonale, fondée sur les faits retenus, a considéré que l'impact du piquet ne pouvait être qualifié de bénin. Il ressort par ailleurs du jugement attaqué (p. 11 et supra consid. D in fine), qu'une fois évacués par la police, les grévistes ont trouvé un nouvel emplacement à l'extérieur de l'enceinte de l'hôpital pour s'installer et monter leur tente si bien que l'argument des recourants selon lequel il n'aurait pas existé d'emplacement moins attentatoire aux intérêts de l'hôpital tombe à faux. Les recourants ne citent, en définitive, aucun élément important, propre à modifier la peine, qui aurait été omis ou pris en considération à tort par la cour cantonale. Au vu des circonstances, il n'apparaît pas que la peine infligée soit exagérément sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. En outre, eu égard aux éléments relevés par la cour cantonale, c'est à juste titre qu'elle a estimé que la culpabilité des recourants n'était pas de peu d'importance. Il en va de même s'agissant des conséquences de l'infraction, notamment en raison de la durée de l'occupation illicite de plusieurs jours et, comme l'a relevé la cour cantonale, de la nécessité de faire appel à la police pour évacuer les grévistes. La cour cantonale n'a ainsi pas violé le droit fédéral en refusant de faire application de l'art. 52 CP. Les recourants ne remettent en cause ni le genre de peine, ni le montant du jour-amende si bien qu'il n'y a pas lieu d'examiner ces points du jugement.