Citation: 6B_755/2021 E. 1.3

1.3. Le recourant ne conteste pas souffrir des troubles psychiques retenus, ni leur relation avec les infractions commises. Il ne s'en prend pas davantage à la qualification du risque de récidive retenu en lien avec des infractions dirigées contre l'intégrité physique, pas plus qu'au défaut d'effet constaté d'une peine privative de liberté. Pour l'essentiel, il nie toute chance de succès d'un traitement thérapeutique institutionnel, tant sous l'angle objectif que subjectif. Ce faisant, il oppose dans une large mesure sa propre appréciation de l'expertise judiciaire à celle de la cour cantonale, sans démontrer de manière recevable dans quelle mesure les juges cantonaux s'en seraient écartés. Sous l'angle objectif, le recourant apprécie librement les propos de l'expert et en déduit que la mesure thérapeutique institutionnelle n'aurait pas la moindre chance de succès. Il procède ainsi de manière purement appellatoire, partant irrecevable. En tout état, sur la base de l'expertise circonstanciée, notamment sur la question des chances de succès de la mesure, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, admettre la possibilité d'une amélioration du pronostic légal, résultant notamment d'une médication suivie dans un cadre clairement établi et détaillé dans le rapport. L'évocation par l'expert d'une naïveté quant aux effets escomptés du traitement institutionnel, se fonde sur le désaccord exprimé par l'intéressé (cf. infra sur ce point) et non sur les éléments objectifs liés aux troubles diagnostiqués. Aussi, l'on ne saurait y voir de conclusions contradictoires ou de vices que le juge ne pouvait pas ignorer. Si l'expert a admis la difficulté d'accès à un traitement (pour le trouble mixte de la personnalité), il a relativisé ce constat en décrivant les différents éléments thérapeutiques à associer pour être bénéfiques. S'agissant de l'efficacité du traitement des troubles mentaux du comportement, il n'a pas émis de réserve spécifique et a retenu qu'il pouvait contribuer à réduire le risque de récidive. Sur le plan subjectif, le fait que le recourant aurait expressément et systématiquement manifesté son opposition à une mesure institutionnelle, ne suffit pas à exclure qu'il soit susceptible d'être motivé, au sens où l'entend la jurisprudence; l'acceptation de la thérapie constituant souvent le premier objectif de celle-ci (cf. arrêts 6B_1321/2017 du 26 avril 2018 consid. 4.3; 6B_1287/2017 du 18 janvier 2018 consid. 1.3.3 et 6B_463/2016 du 12 septembre 2016 consid. 1.3.3). A cet égard, il est rappelé que selon la jurisprudence, il n'y a pas lieu de renoncer à ordonner une mesure thérapeutique institutionnelle au seul motif que la personne concernée la refuse catégoriquement. La question de savoir si une mesure doit être ordonnée et, le cas échéant, laquelle, est décidée sur la base de points de vue objectifs. L'opinion subjective de la personne concernée n'entre en principe pas en ligne de compte, pas plus que son sentiment personnel. Ce qui est déterminant, c'est de savoir si une possibilité minimale à être motivé pour un traitement thérapeutique est reconnaissable chez la personne concernée (arrêts 6B_1221/2021 du 17 janvier 2022 consid. 1.5.2; 6B_1287/2017 précité consid. 1.3.3; 6B_463/2016 précité consid. 1.3.3 [ minimale Motivierbarkeit]). Dès lors que l'expert a admis des chances de succès de la mesure, lesquelles pouvaient être "en partie" contrecarrées par son fonctionnement impulsif et dyssocial ainsi que sa faible capacité d'introspection, c'est en vain que le recourant insiste sur le fait qu'il a toujours affirmé s'opposer coûte que coûte à la mesure institutionnelle. Sous couvert d'une violation du principe de proportionnalité, le recourant prétend que la mesure ne viserait qu'à le neutraliser, au moyen d'une privation de liberté, ce sans impact dynamique. Là encore, le recourant présente sa propre appréciation des effets escomptés de la mesure, en se fondant sur l'absence de motivation exprimée jusqu'alors, sans discuter les étapes décrites par l'expert, tant sur l'aspect thérapeutique que préventif des traitements. Ainsi, l'expertise expose clairement les types de traitements recommandés (médicamenteux, encadrements psychiatriques et psychothérapeutiques, aspects cliniques et accompagnement social) pour chaque trouble examiné (trouble mixte de la personnalité; troubles mentaux et du comportement liés à la consommation d'alcool). La combinaison des facteurs thérapeutiques préconisés ne peuvent contribuer à réduire le risque de nouvelle infraction qu'en milieu institutionnel. La seule acceptation par le recourant d'un traitement ambulatoire n'est pas pertinente, la cour cantonale ayant constaté, sur la base de l'expertise diligentée, qu'une telle mesure n'était pas adéquate. Le recourant ne saurait se prévaloir de la durée de la peine prononcée, respectivement de la détention subie, dans le cadre de l'examen de la proportionnalité de la mesure (cf. arrêt 6B_1321/2017 du 26 avril 2018 consid. 4.3). Sur ce point, la cour cantonale a d'ailleurs relevé, en se fondant sur l'expertise, que la détention n'avait que très superficiellement et temporairement réduit certains troubles liés à la consommation d'alcool. Le recourant échoue à démontrer que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en ne tenant pas compte d'une mention de l'expert concernant "une activité délictuelle allant decrescendo ", alors même que les juges se sont ralliés aux conclusions de l'expertise, tout en tenant compte des très nombreuses condamnations précédentes, des infractions reprochées dans la présente procédure et de la qualification du risque de récidive. C'est en vain que le recourant se prévaut de sa responsabilité restreinte (cf. art. 19 CP) et de l'impact de celle-ci sur sa culpabilité, dès lors que la pesée des intérêts doit se faire en fonction de la gravité du danger que la mesure cherche à éviter, non pas de la faute subjective de l'intéressé. En définitive, compte tenu des graves troubles mentaux dont souffre le recourant, du risque de récidive élevé portant sur des infractions contre l'intégrité corporelle, que seule une mesure institutionnelle au sens de l'art. 59 CP est susceptible de contenir, la cour cantonale pouvait, sans violer le principe de proportionnalité (cf. art. 56 al. 2 CP et 36 al. 3 Cst.), considérer que l'atteinte aux droits du recourant est dans un rapport raisonnable avec le but de la mesure. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en instaurant une mesure thérapeutique institutionnelle en faveur du recourant.