Citation: 1B_591/2021 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, il est reproché au recourant d'être entré et d'avoir voyagé sur le territoire suisse en dépit d'une décision d'expulsion judiciaire. Celui-ci avait été interpellé le 6 mai 2021 par le personnel du corps des gardes-frontières dans un bus effectuant le trajet de Milan à Genève. Interrogé en anglais par la police le jour même de son interpellation, le recourant, assisté d'un interprète, a expliqué avoir pris le bus à Milan pour aller voir son épouse et ses trois enfants, domiciliés dans le canton de Genève. Il a précisé qu'il savait qu'il n'avait pas le droit d'entrer en Suisse et que c'était la première fois qu'il agissait de la sorte depuis son expulsion en 2019. Contrairement à ce que prétend le recourant, la cause ne présente pas, sur le plan des faits et du droit, de difficultés qu'il ne pourrait pas surmonter sans l'aide d'un avocat. Le recourant a en effet admis les faits qui lui sont reprochés et il s'agit d'une procédure pénale simple qui ne soulève pas de questions délicates, y compris en lien avec l'éventuel état de récidive du prévenu. En se contentant d'affirmer de manière appellatoire que, en raison de ses antécédents, la question de la révocation du sursis serait complexe, tout comme celle de l'obtention du sursis, la critique du recourant ne satisfait pas aux exigences de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF; le recourant ne prend en particulier pas la peine d'exposer ses précédentes condamnations pénales. Cela étant, la question de la révocation d'un précédent sursis ne présente pas de difficulté particulière en l'espèce et elle constitue une question courante de droit pénal que le tribunal examine d'office. Le Ministère public a, à cet égard, exposé dans son ordonnance avoir renoncé à la révocation du sursis accordé le 10 avril 2019, les infractions commises étant de nature différentes (crime contre la loi sur les stupéfiants, d'une part, et rupture de ban, d'autre part). Il ressort de l'ordonnance pénale que le recourant a été impliqué dans plusieurs procédures pénales en Suisse, une pour infraction grave à la loi sur les stupéfiants et, à deux reprises, pour infraction d'entrée illégale au sens de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration; le recourant n'est donc pas dénué de toute expérience devant les autorités pénales et apparaît en mesure de comprendre l'enjeu de la situation, quoi qu'il en dise.