Citation: 6B_572/2018 E. 3.6

3.6. La violation du secret de fonction est une infraction intentionnelle. Le dol éventuel suffit et doit porter sur tous les éléments objectifs (arrêt 6B_599/2015 du 25 février 2016 consid. 2.3). Déterminer ce qu'une personne a su, envisagé, voulu ou accepté relève du contenu de la pensée, à savoir de faits " internes ", qui en tant que faits, lient la Cour de droit pénal (art. 105 al. 1 LTF), à moins qu'ils n'aient été retenus de manière arbitraire (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2 p. 156). En l'espèce, il ressort de l'arrêt entrepris que la recourante était consciente de son devoir de fonction, ce qui ressortait de son courrier du 5 décembre 2009 dans lequel elle avait estimé utile d'anonymiser les noms de ses collègues. Cela pouvait également être déduit du rôle qu'elle avait joué durant plusieurs années dans la gestion des dossiers du personnel du Département des affaires culturelles qui nécessitait selon son cahier des charges " un sens aigu de la discrétion et de la confidentialité ", ce qu'elle ne pouvait pas ignorer. Aussi, en transmettant des données dont elle avait eu connaissance dans le cadre de sa charge de fonctionnaire à une autorité judiciaire non habilitée à les recevoir, elle savait qu'elle violait son secret de fonction. L'intéressée ne revient pas sur ces constatations factuelles de l'autorité précédente, qui dénotent le caractère intentionnel de l'infraction.