Citation: U 38/07 29.05.2007 E. 3

3.1 Selon le docteur C.________, une origine « contusionnelle » du kyste méniscal doit être écartée, puisqu'il n'y a pas eu de contusion au genou droit. En revanche, une brusque torsion d'un genou est un mécanisme classique pouvant provoquer une lésion horizontale ou verticale d'une corne postérieure du ménisque interne. La lésion horizontale a été mise en évidence par une IRM pratiquée le 15 mars 2006. Il est permis de penser que cette lésion horizontale était déjà présente avant l'accident. Le fait que le patient a senti un craquement et une forte douleur lors de la torsion de son genou a agrandi cette lésion. On peut également penser que cette lésion horizontale a été provoquée par la torsion du genou, puisqu'elle a entraîné une forte douleur et un craquement et que le patient, à la suite de cela, a été mis à l'arrêt de travail le lendemain. Il s'est donc passé « quelque chose de brusque à ce niveau ». Aussi bien le docteur C.________ incline-t-il fortement à penser que cette lésion méniscale sous-jacente, présente ou non avant l'accident, est à l'origine du développement du kyste, responsable actuellement des fortes douleurs ressenties par le patient et de son incapacité de travail. En conclusion, il paraît donc probable que l'affection actuelle est en relation de causalité X.________ l'accident : il s'agit soit d'une lésion méniscale antérieure à l'accident qui a été décompensée violemment par cet événement, soit d'une lésion méniscale qui a été provoquée par l'événement. Pour le docteur K.________, l'assuré souffre d'un clivage horizontal de la corne postérieure du ménisque et c'est dans ce contexte qu'il a développé un kyste méniscal, qui s'est agrandi au fil des mois. Si l'étiologie de la lésion méniscale est clairement dégénérative, celle du kyste méniscal ne peut être élucidée du fait que le débat à ce sujet n'est pas clos dans la littérature médicale. Il faut cependant rappeler que l'âge des malades qui développent un kyste méniscal est extrêmement variable. Si la majorité des patients a 30 ans environ, on rencontre ces kystes également chez des enfants ou des vieillards. Ceci pourrait signifier que la cause des kystes méniscaux n'est pas isolée; selon les cas, elle peut être « congénitale » (chez l'enfant), traumatique (chez l'adulte dans la force de l'âge qui développe un kyste sans lésion méniscale associée), alors que chez les sujets âgés porteurs d'une lésion méniscale, une origine dégénérative doit être postulée selon une majorité d'auteurs. 3.2 La recourante reproche aux premiers juges d'avoir procédé à une appréciation contestable des preuves en omettant d'indiquer les motifs qui les ont conduits à écarter l'avis du docteur K.________ au profit de celui du docteur C.________. 3.3 Il est exact que les motifs qui ont conduit le tribunal des assurances à donner la préférence aux conclusions du docteur C.________ ne ressortent pas des considérants du jugement attaqué. Les premiers juges parraissent toutefois avoir été convaincus par les explications fournies par ce médecin à l'audience de comparution du 29 août 2006. Pour l'essentiel, le docteur C.________ a confirmé à cette occasion les termes de son expertise. Il a affirmé que l'argumentation du docteur K.________ au sujet d'une origine dégénérative « lorsqu'il y a lésion et kyste » relevait de la « théorie », l'expérience lui ayant enseigné que tel n'était pas nécessairement le cas. Le docteur C.________ a aussi fait état d'une longue pratique clinique et d'une large expérience en matière d'expertises (plus de 1'000 expertises). De manière plus ou moins implicite, la juridiction cantonale a considéré que cette expérience pratique justifiait d'écarter les conclusions du docteur K.________ au profit de celles du docteur C.________. Mais cet élément ne saurait être décisif : c'est avant tout le contenu de l'expertise qui doit permettre au juge de trancher le litige. Le fait qu'un expert a un approche plus théorique qu'un autre expert ne permet pas, dans un domaine qui requiert des connaissances médicales hautement spécialisées, de tirer des conclusions décisives sur la valeur de leurs conclusions respectives. A partir de là, il y a lieu de constater qu'aucun des deux rapports médicaux en présence n'est entaché d'erreurs ou de contradictions ou d'autres défauts qui seraient, le cas échéant, reconnaissables pour le juge. Les deux rapports sont complets et bien documentés. Leurs auteurs aboutissent cependant à des conclusions opposées. En l'absence d'éléments déterminants qui permettraient de départager les avis opposés en présence, il se justifie d'annuler le jugement attaqué, ainsi que la décision sur opposition, et de renvoyer la cause à la CNA pour qu'elle mette en oeuvre une expertise et rende une nouvelle décision.