Citation: 2C_369/2010 04.11.2010 E. 4

4.1 Aux termes de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr, après la dissolution de la famille, le droit du conjoint à l'octroi d'une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité en vertu de l'art. 42 LEtr subsiste lorsque la poursuite du séjour en Suisse s'impose pour des raisons personnelles majeures. L'art. 50 al. 2 LEtr précise que de telles raisons sont notamment données lorsque le conjoint est victime de violence conjugale et que la réintégration sociale dans le pays de provenance semble fortement compromise. L'énumération de ces cas n'est pas exhaustive et laisse aux autorités une certaine liberté d'appréciation fondée sur des motifs humanitaires (ATF 136 II 1 consid. 5.3 p. 4). S'agissant de la réintégration sociale dans le pays de provenance, l'art. 50 al. 2 LEtr exige qu'elle semble fortement compromise ("stark gefährdet"). La question n'est donc pas de savoir s'il est plus facile pour la personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d'examiner si, en cas de retour dans le pays d'origine, les conditions de sa réintégration sociale, au regard de sa situation personnelle, professionnelle et familiale, seraient gravement compromises (arrêts 2C_376/2010 du 18 août 2010 consid. 6.3.1 et 2C_663/2009 du 23 février 2010 consid. 3 in fine, avec renvoi à Thomas Geiser/Marc Busslinger, Ausländische Personen als Ehepartner und registrierte Partnerinnen, in Ausländerrecht, 2e éd., 2009, no 14.54). 4.2 En l'espèce, le recourant fait valoir qu'il est très bien intégré en Suisse, où il vit depuis février 2002. Il souligne qu'il y a passé l'essentiel de sa vie d'adulte et qu'il y compte tous ses amis. Il relève par ailleurs qu'il est économiquement indépendant, n'ayant connu aucune période de chômage et ne faisant pas non plus l'objet de poursuites. A l'inverse, il prétend qu'un retour en Turquie l'exposerait à de graves difficultés personnelles et économiques, car il n'y a ni famille, ni amis. Ces éléments ne sont pas décisifs, car ils tendent tout au plus à démontrer que les conditions de vie du recourant sont plus aisées et enviables en Suisse qu'en Turquie, mais n'établissent nullement le fait que sa réintégration sociale dans son pays comporterait des obstacles à ce point insurmontables ou pénibles qu'on ne saurait raisonnablement exiger un tel effort de sa part. En réalité, comme l'ont constaté les premiers juges, arrivé en Suisse à l'âge de dix-neuf ans, l'intéressé a vécu la plus grande partie de son existence en Turquie; ses attaches culturelles se trouvent donc indéniablement là-bas. Par ailleurs, il est encore jeune et en bonne santé et n'a aucune charge de famille. On ne voit donc pas quelle difficulté particulière il pourrait avoir à se réintégrer dans son pays d'origine. Certes n'y a-t-il, selon ses allégués, pas de famille. Il n'en va toutefois pas autrement en Suisse, si bien que ce point n'est pas décisif dans l'appréciation de sa situation. Comme en procédure cantonale, le recourant fait encore valoir qu'un renvoi en Turquie l'exposerait à de graves représailles de la part des autorités en raison de ses engagements politiques passés. De tels allégués, vagues et non étayés, ne sont pas de nature à remettre en question la décision de refus d'asile, aujourd'hui en force, qui lui a été opposée à son entrée en Suisse en 2002. C'est également en vain que le recourant expose qu'un retour dans son pays le mettrait à la merci de sa belle famille, originaire, à l'en croire, du même village que lui, en Turquie, et dont certains membres auraient prétendument proféré de sérieuses menaces à son encontre. Ces faits sont nouveaux et ne résultent pas de l'arrêt attaqué, si bien qu'ils sont irrecevables devant le Tribunal fédéral (art. 99 al. 1 LTF). Au demeurant, ils ne sont nullement circonstanciés et apparaissent peu crédibles, d'autant qu'on ne saurait, sans examen, accorder foi aux seules déclarations du recourant, celui-ci ayant déjà été condamné pour dénonciation calomnieuse après avoir faussement accusé son épouse de l'avoir blessé avec une arme blanche (cf. jugement précité du 18 août 2009 du Tribunal de police). 4.3 Le grief tiré de la violation de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr est dès lors mal fondé.