Citation: 5A_42/2024 E. 6.1

6.1. S'agissant de la question du maintien ou non du curateur désigné par l'APEA le 20 mai 2019 ( cf. supra, consid. 1.2), l'autorité cantonale a retenu que, pendant toute la durée de son mandat, le curateur n'est jamais parvenu à rencontrer la mère ni l'enfant, celle-là refusant d'être localisée par crainte qu'on lui retire sa fille. La recourante a également persisté à ne pas vouloir respecter le droit de visite du père, alléguant des suspicions d'abus sexuels sur l'enfant. Dans ces conditions, après avoir tenté à plusieurs reprises de contacter la mère, de s'être rendu à son domicile et de l'avoir convoquée, le curateur pouvait prendre acte du comportement insaisissable de l'intéressée et faire des suggestions à l'APEA. Le curateur étant un assistant social au sein de l'OPE depuis plusieurs années, il dispose des compétences professionnelles idoines pour accomplir son mandat, et il n'est pas prétendu qu'il n'aurait pas le temps nécessaire pour s'y consacrer. Aucun reproche ne peut lui être adressé quant à la diligence requise, et aucun motif objectif ne permet d'affirmer que les intérêts de l'enfant seraient mis en péril en raison de l'exécution de sa tâche; pour que le curateur soit investi dans la prise en charge de l'enfant et puisse veiller à son bon développement, il faut qu'il ait accès de manière directe à l'enfant, ce que la mère refuse. La mesure instituée concernant la fillette, le dialogue avec celle-ci s'avère indispensable; le curateur n'a donc pas agi à l'encontre de ses intérêts en préconisant, à l'issue de son rapport et de ses courriers destinés à l'APEA, de convoquer la mère ou la grand-mère à une audience. Les problèmes relationnels entre la mère et le curateur résultent davantage du mandat imposé par l'autorité que de la personnalité de celui-ci, dont le rôle ne consiste pas à satisfaire les attentes de celle-là tournées sur ses besoins personnels, mais à favoriser le bien-être de l'enfant; or, la correspondance écrite, qui est le seul moyen de communication toléré par la mère, ne peut suffire à elle seule pour garantir la bonne exécution du mandat de curatelle. Le curateur s'est efforcé, en vain, d'établir un contact avec la mère; dans ces conditions, on ne saurait lui reprocher de n'avoir mis en place aucune mesure visant à créer un semblant de dialogue commun; vu l'attitude de l'intéressée, rien ne permet d'ailleurs de retenir que de tels problèmes ne surviendraient pas avec un autre curateur. La recourante ne peut en outre être suivie lorsqu'elle affirme que le curateur a pris parti pour le père, argument qui est démenti par le rapport contesté; les observations du curateur ne contredisent pas les éléments du dossier selon lesquels le conflit est particulièrement vif et a abouti à une rupture des liens père-fille. La cour cantonale a en outre estimé que le souhait de la recourante de voir une curatrice désignée en raison de prétendus actes d'ordre sexuel sur sa fille n'était pas justifié; en effet, force est de constater qu'aucun élément objectif n'est venu confirmer de tels soupçons; des arguments de même nature ont, par ailleurs, déjà été examinés et écartés par la justice pénale - Tribunal fédéral compris -, et aucun élément nouveau n'est intervenu depuis lors. En définitive, les conditions de l'art. 423 CC ne sont pas réalisées. Le bien-être de l'enfant n'est pas mis en danger par des manquements ou une violation du devoir de diligence du curateur; on ne perçoit aucune cause d'inaptitude, non plus qu'un élément objectif justifiant de relever celui-ci de son mandat. Au demeurant, on ne constate pas de conflits ou de perturbation irrémédiable de la relation entre la recourante et le curateur; il appartiendra particulièrement à celle-là de faire preuve d'un " minimum de bonne volonté " pour collaborer avec celui-ci, aux fins de contribuer à une reprise du droit de visite et de permettre au curateur d'accomplir sa mission de veiller au bien-être de l'enfant.