Citation: 4P.86/2000 27.10.2000 E. 5

5.- Dans un dernier moyen, la recourante invoque la violation de son droit d'être entendue. Elle se plaint de ce qu'elle n'a pas pu préciser la nature et l'ampleur de ses activités dans le dossier de la procédure d'assainissement UBS, ni présenter le dossier complet y relatif, alors que des explications complémentaires de sa part et la production de documents auraient été d'autant plus nécessaires que "les membres siégeant à la Commission ne connaissent manifestement pas les procédures d'assainissement". a) Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend, de manière générale, le droit pour l'intéressé de prendre connaissance du dossier, d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer à l'administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). L'exercice d'un tel droit est soumis aux règles générales de la bonne foi (ATF 120 Ia 19 consid. 2c/aa p. 24 et les arrêts cités). b) Appliqués au cas particulier, ces principes jurisprudentiels commandent le rejet du dernier grief. Il ressort du dossier cantonal que, dans sa requête du 10 janvier 2000, la recourante a indiqué que "le dossier relatif à l'assainissement UBS [pouvait] être déposé à première demande". Par lettre du 7 février 2000, la recourante a informé la présidente de la Commission de taxation qu'elle était prête à déposer le dossier en question, mais que celuici comportait des informations précises et exhaustives au sujet de la situation financière globale des époux Joye. Pour cette raison, elle laissait à la Commission de taxation le soin de déterminer si elle devait déposer le dossier relatif à l'assainissement UBS. Il lui fut répondu, par téléphone du 10 février 2000, qu'en l'état la Commission de taxation renonçait au dépôt de ce dossier. La Commission de taxation a siégé le 7 mars 2000 en présence des parties. La recourante n'allègue pas et, en tout cas, ne démontre pas avoir formulé, lors de cette audience, une requête expresse tendant à la production du dossier complet de la procédure d'assainissement UBS. L'autorité intimée a rendu sa décision le jour même. Par lettre du 8 mars 2000, la recourante a sollicité l'autorisation de déposer l'intégralité du dossier en cause. L'énoncé chronologique de la procédure d'instruction suivie par la Commission de taxation permet à lui seul d'écarter le grief de violation du droit d'être entendu soulevé par la recourante. Il en appert que celle-ci n'a pas requis formellement le dépôt du dossier de la procédure d'assainissement UBS durant la période qui s'est écoulée entre la réponse téléphonique du 10 février 2000 et la séance du 7 mars 2000, ni à l'occasion de l'audience tenue ce jour-là, bien qu'elle se fût rendu compte, au cours de cette audience, que la Commission de taxation ne pouvait pas connaître l'ampleur du travail nécessité par un assainissement sans prendre connaissance du dossier y afférent; en fait, la recourante n'a accompli semblable démarche qu'après que la Commission de taxation eut rendu sa décision. Dans ces conditions, l'autorité intimée ne saurait se voir reprocher, sur ce point, une violation du droit d'être entendu.