Citation: 4C.193/2003 04.11.2003 E. A

A.a Le 19 septembre 1989, B.________ SA (ci-après: B.________ ou la défenderesse) a facturé à C.________ Import s.r.l. (ci-après: C.________), à Modène (Italie), une livraison de 3121 boîtes de "peperoni a filetti tricolori" au prix de 7 fr.20 l'unité. Par courrier du 21 novembre 1989, C.________ a indiqué à la défenderesse que la facture en cause, qui se montait à 22 471 fr.20, serait payée par swift bancaire. Il n'a pas été établi que C.________ ait réglé cette note. A.b A.________ Sàrl (ci-après: A.________ ou la demanderesse), dont la raison sociale jusqu'au 16 novembre 1988 était "A.________ Société par actions", est une société à responsabilité limitée de droit italien, sise à W.________, qui fait le commerce en gros de produits alimentaires. Le 13 novembre 1989, C.________ a facturé à A.________ une livraison de 8367 cartons de boîtes de tomates pelées. C.________ a mis cette marchandise à la disposition de A.________ au terminal D.________ s.r.l., à D.________. Le 14 novembre 1989, A.________ a indiqué à C.________ qu'elle lui avait envoyé à titre d'acomptes deux chèques d'un montant respectif de 8 533 400 et 51 520 460 lires italiennes (L). Le 16 novembre 1989, A.________ a fait réexpédier une partie de cette marchandise à deux sociétés allemandes, auxquelles elle l'avait vendue. A.c Le 6 novembre 1989, B.________ a adressé à E.________ SA, à Z.________, un fax ayant la teneur suivante: "Bonjour de B.________ SA qui vous prie de prendre au plus vite chez: C.________, Via S.________. Prière de téléphoner pour l'adresse de chargement (Mr X.________) 1 camion = 27 Pal de 50 cartons tomates pelées 6/3 (23500 kg) Livraison: H.________ Sion (...) et 1 camion = 27 pal de 50 cartons tomates pelées 6/3 (23500 kg) Livraison: I.________ Payerne (...)". Il a été retenu que le dénommé "X.________" auquel se réfère la télécopie était à l'époque un employé de C.________. Le 21 novembre 1989, C.________ a rédigé la télécopie suivante à l'adresse de B.________: "(...) B.________ 0041/22/430297 (...) Nous vous confirmons la vente de 3 camions de tomates pelées 6 x3/1 à retirer auprès du terminal D.________ S.r.l. sur le compte de la société A.________ S.r.l. La marchandise s'entend vendue franco départ à Lit. 10'800 le carton. Paiement à 30 jours dès la date de prélèvement. Meilleures salutations C.________ IMPORT s.r.l.". Il n'a pas été établi que la défenderesse ait reçu ce téléfax. E.________ SA a pris en charge au terminal D.________ s.r.l. les deux cargaisons de boîtes de tomates, qui représentaient chacune 8100 boîtes; dédouanées en Italie respectivement les 28 et 30 novembre 1989, ces conserves de légumes ont été par la suite transportées à Martigny, où elles ont été dédouanées le 29 novembre et 1er décembre suivants, pour être finalement livrées respectivement à H.________ Sion et I.________ Payerne. Il a été retenu que les tomates ont été prélevées sur le stock mis à disposition de A.________ par C.________ le 13 novembre 1989 au terminal D.________ s.r.l. Les documents établis par ledit terminal au moment de la sortie de la marchandise désignent C.________ comme "déposante", B.________ y figure sous la rubrique "lieu de destination", alors que A.________ y est mentionnée en tant que "bénéficiaire-raison sociale". Quant aux documents de douane et aux factures de E.________ SA, ils mentionnent que la demanderesse est l'expéditrice, la défenderesse étant destinataire de la marchandise. A.________ a facturé à B.________ les deux livraisons en question respectivement les 28 novembre 1989 et 1er décembre 1989 au prix de 1800 L l'unité, ce qui représentait 14 580 000 L par cargaison; le prix de la première livraison était "franco fabbrica", celui de la seconde "franco partenza". La défenderesse n'a pas honoré ces notes. Le livre de facturation de B.________, en regard de la commande de C.________ de septembre 1989, porte l'inscription suivante: "C.________ I (peperoni) 22'471.20 22'471.20", avec, en marge, la mention manuscrite "compensation". A.d Le 15 février 1990, C.________ a adressé le téléfax suivant à B.________: "Concerne: votre livraison du 19/09/1989 Messieurs, Comme nous vous l'avons déjà communiqué par téléphone, nous nous voyons obligés de vous rendre vos "peperoni a filetti tricolori". Notre client suisse, la maison F.________ ne veut absolument pas payer cette marchandise, car elle ne correspond pas à l'échantillon fourni en son temps par la maison G.________. Vous voudrez bien nous faire connaître au plus vite la façon de procéder. En outre, nous ne considérons pas très correcte votre façon de procéder avec la maison A.________ S.r.l. ceci en ce qui concerne le paiement des deux camions de tomates pelées. (...)". Le 19 février 1990, la défenderesse a répondu à C.________ par la télécopie suivante: "Att. M. X.________ Conc. Peperoni a Filetti Messieurs, Vous avez eu un échantillon parfaitement conforme de cette marchandise et nous ne sommes donc pas prêts à la reprendre. Vous saviez pertinemment que cette marchandise n'était pas parfaitement en ordre, et le prix était en conséquence. Pelati Si vous nous vendez une marchandise, nous n'acceptons pas de recevoir une marchandise de quelqu'un d'autre. D'autre part, cette marchandise n'était pas en ordre. Il est clair que nous n'effectuerons aucun paiement avant d'avoir été réglé nous-mêmes. (...)". A.e En mai 1990, A.________ a ouvert action contre B.________ devant le Tribunal de Modène. B.________ a refusé d'entrer en matière, contestant avoir jamais acheté à A.________ des boîtes de tomates.