Citation: 5A_277/2016 E. 1

En l'espèce, les conclusions de la demande tendaient au partage de la succession de feu P.A.________, et notamment au constat que le compte n° xxxx de la banque Q.________ SA, ou le compte sur lequel l'actif de ce compte a été transféré, fait partie intégrante des actifs de la succession de feu P.A._______. En tranchant la question de l'intégration des actifs du compte à la succession de feu P.A.________, sans se prononcer sur le partage de dite succession ou des actifs dudit compte bancaire, même de manière abstraite, par fractions de la masse successorale ou des actifs bancaires, la cour cantonale a certes statué définitivement sur l'une des conclusions de la demande, mais n'a pas statué de manière définitive sur l'objet de la demande, ni sur un objet indépendant qui aurait pu faire l'objet d'un procès séparé, dès lors que les héritiers ne se sont pas encore entendus sur tous les autres aspects du partage (voir à cet égard ATF 141 III 395 consid. 2.4 in fine p. 398 précité, avec la référence à l'ATF 123 III 49 consid. 1b p. 52). Il n'existe au demeurant aucune action "en détermination des actifs et passifs de la masse successorale" dans le droit successoral suisse. La question litigieuse de l'appartenance de certains avoirs à la masse successorale est en soi dépourvue d'intérêt pour les parties, hors du contexte du partage successoral (ATF 141 III 395 consid. 2.4 p. 398). L'autorité cantonale a ainsi uniquement tranché une question préalable qu'elle aurait également pu trancher dans sa décision finale fixant les parts et la masse successorale sur laquelle calculer le montant revenant à chaque héritier. La décision entreprise revient à constater - à titre préalable - que la masse successorale s'étend aussi aux actifs du compte de la banque Q.________ SA, mais la cause doit à présent continuer d'être instruite par le Tribunal d'arrondissement afin qu'il se prononce sur l'objet de la requête, et ce n'est qu'à la suite de cette instruction qu'une décision définitive sur les conclusions de la demande sera rendue, sous réserve d'éventuels recours. L'arrêt déféré, qui n'est ainsi qu'une étape vers la décision finale, ne revêt pas les caractéristiques d'une décision partielle contre laquelle un recours est recevable en vertu de l'art. 91 LTF ( cf. supra consid. 1.3) : il ne tranche pas un objet dont le sort est indépendant de la requête en partage (art. 91 let. a LTF) et ne met pas un terme à la procédure pour l'une des parties (art. 91 let. b LTF).