Citation: 6B_1107/2017 E. 2.6.3

2.6.3. L'autorité précédente a écarté à tort tout soupçon d'augmentation du surendettement de A.________ SA depuis le 8 octobre 2010 au motif que le dommage de ses créanciers n'aurait pas augmenté: l'augmentation du surendettement en tant que telle constitue la seule notion pertinente pour trancher de l'existence d'un soupçon de gestion fautive. L'augmentation du surendettement de A.________ SA entre le 8 octobre 2010 et l'avis au juge le 9 décembre 2011 n'apparaît ensuite pas pouvoir être niée pour les raisons indiquées par l'autorité précédente. D'une part, la société a continué de fonctionner, employant des personnes après le 8 octobre 2010 (cf. audition de G.________, arrêt attaqué, p. 6 let. o) et comptabilisant, ne serait-ce que pour l'exercice 2011, des charges administratives à hauteur de 42'972 fr. 69. D'autre part et surtout, à la suite de la demande arbitrale formée par la recourante le 8 octobre 2010, A.________ SA a été condamnée à lui payer, outre des dommages-intérêts par 1'059'913.19 USD, également 150'789.52 USD de dépens et 176'800 USD à titre de participation à la provision payée. Or, il apparaît arbitraire, eu égard au principe " in dubio pro duriore ", de retenir à ce stade que le report de l'avis au juge après la date du 8 octobre 2010 n'a pas augmenté le surendettement de A.________ SA: si celle-ci avait procédé à l'avis au juge à réception de la demande arbitrale, il n'est de loin pas évident que la recourante aurait maintenu sa demande. Les frais et dépens auxquels A.________ SA a été condamnée n'auraient dès lors très probablement pas été ajoutés, à tout le moins entièrement, à son passif. Ici encore, le raisonnement de l'autorité précédente ne tient pas. Celle-ci devait en outre établir l'augmentation du surendettement de A.________ SA non pas en comptant les contrats conclus par elle, mais comptablement, au besoin à l'aide de l'expertise demandée par la recourante.