Citation: I 267/01 23.05.2002 E. 2

2.- a) En l'espèce, l'office intimé, se fondant sur un prononcé de l'office AI cantonal du 6 avril 2000, a reconsidéré la décision initiale d'octroi d'une demi-rente du 29 novembre 1996. Il a considéré que cette décision était sans nul doute erronée, dans la mesure où le degré d'invalidité y avait été calculé compte tenu du revenu d'invalide que l'assuré pouvait encore obtenir dans son ancienne activité de maçon, alors que sa capacité de gain, bien supérieure dans une activité adaptée, sans port de lourdes charges, excluait effectivement tout droit à une rente. La juridiction cantonale a confirmé cette décision de reconsidération. De son côté, le recourant allègue que son invalidité s'est aggravée postérieurement à la décision d'octroi d'une demi-rente, de sorte que, si cette décision devait bel et bien être modifiée, c'est pour être remplacée par une décision d'octroi d'une rente entière. b) Le principe selon lequel l'administration peut en tout temps revenir d'office sur une décision formellement passée en force qui n'a pas donné lieu à un jugement sur le fond, lorsque celle-ci est certainement erronée et que sa rectification revêt une importance appréciable, l'emporte sur la procédure de révision au sens de l'art. 41 LAI. Ainsi, l'administration peut aussi modifier une décision de rente lorsque les conditions de la révision selon l'art. 41 LAI ne sont pas remplies (ATF 125 V 369 consid. 2 et les arrêts cités; cf. aussi ATF 112 V 373 consid. 2c et 390 consid. 1b). Cette faculté correspond d'ailleurs à celle du juge de confirmer, le cas échéant, une décision de révision rendue à tort pour le motif substitué que la décision de rente initiale était sans nul doute erronée et que sa rectification revêt une importance notable (ATF 110 V 296, 106 V 87 consid. 1, 105 V 201 consid. 1 et les arrêts cités). Le principe de la priorité de la reconsidération sur la révision au sens de l'art. 41 LAI permet donc à l'administration de reconsidérer une décision lorsque les conditions d'une révision ne sont pas réalisées. A plus forte raison, l'administration peut procéder à une reconsidération lorsque l'instruction mise en oeuvre ne permet pas d'affirmer à coup sûr que les conditions d'une révision sont réalisées. Il est en effet superflu d'obliger l'administration à compléter l'instruction à ce sujet (avec tout ce que cela suppose de démarches dispendieuses), lorsque le caractère manifestement erroné de la décision initiale d'octroi de prestations ressort clairement des éléments du dossier et qu'une reconsidération apparaît, pour ce motif, justifiée. c) En l'occurrence, il s'agit d'examiner si l'octroi au recourant d'une demi-rente d'invalidité en 1996 était manifestement erroné. Dans un rapport d'expertise du 18 juin 1996, le docteur B.________, spécialiste en médecine physique et réhabilitation, avait diagnostiqué des lombosciatalgies gauches chroniques sur discopathie L5-S1, sans syndrome lomboradiculaire actuel, des cervicalgies chroniques sans syndrome cervical et des arthralgies diffuses sans substrat clinique actuel. Il avait attesté une capacité résiduelle de travail de 50 % dans l'activité habituelle de maçon, tout en faisant état d'une capacité entière dans une profession ne nécessitant pas le port de lourdes charges. Se fondant sur cet avis médical, l'office AI cantonal a fixé l'invalidité à 50 % par prononcé du 30 août 1996, ce qui a donné lieu à l'octroi d'une demi-rente à partir du 1er janvier 1995 (décision du 29 novembre 1996). Pour cela, l'administration a considéré que l'assuré, incapable de travailler à 50 % dans sa profession habituelle de maçon, n'était en mesure de ne réaliser que la moitié du gain qu'il aurait obtenu sans atteinte à la santé. Ce faisant, elle a omis de tenir compte du fait - non contesté - que l'intéressé avait une capacité de travail entière dans toute profession ne nécessitant pas le port de lourdes charges et dans laquelle il pouvait réaliser un revenu excluant tout droit à une rente. Cette méthode d'évaluation de l'invalidité n'est pas soutenable : en procédant à une comparaison des activités dans la profession de maçon et en évaluant le degré d'invalidité d'après l'incidence de la capacité de rendement amoindrie dans cette activité, l'office AI cantonal a considéré comme revenu d'invalide le gain perçu effectivement par l'assuré dans une activité impliquant des travaux difficilement compatibles avec son handicap. Ainsi, il a omis de tenir compte du principe selon lequel il appartient au premier chef à l'assuré d'atténuer le mieux possible les conséquences de son invalidité (ATF 113 V 28 consid. 4a et les références), ce qui se traduit par la prise en compte, dans l'évaluation de l'invalidité, du revenu d'invalide réalisable dans une activité raisonnablement exigible (cf. art. 28 al. 2 LAI). Or, en l'espèce, l'activité exercée par l'intéressé après la survenance de l'atteinte à la santé ne satisfaisait manifestement pas à cette exigence, dès lors que sa capacité résiduelle de travail pouvait être mieux mise en valeur dans une activité n'exigeant pas le port de lourdes charges. En exerçant une activité légère dans différents secteurs de l'industrie ou des services, l'assuré aurait pu réaliser, selon l'évaluation de l'office AI cantonal du 9 novembre 1999, un revenu largement supérieur à 60 % du gain qu'il percevait avant l'atteinte à la santé dans son activité de maçon sans certificat fédéral de capacité. Cela étant, la décision d'octroi d'une demi-rente du 29 novembre 1996, fondée sur une méthode d'évaluation de l'invalidité non conforme à la loi, apparaît sans nul doute erronée au sens de la jurisprudence, ce qui justifie sa révocation par voie de reconsidération. L'office intimé était dès lors fondé à supprimer le droit à la demi-rente avec effet ex nunc (ATF 110 V 296 consid. 3c). d) Cela étant, il n'en demeure pas moins qu'au cours de la procédure administrative déjà, le recourant a demandé à plusieurs reprises à bénéficier de mesures de réadaptation, sous la forme d'un reclassement professionnel. Dans la mesure où l'office intimé n'a pas statué sur cette requête, il convient de lui renvoyer la cause pour qu'il examine le droit éventuel de l'intéressé à une telle prestation après la suppression du droit à la demi-rente.