Citation: 6B_762/2009 04.12.2009 E. 2

Le recourant soutient que la cour cantonale serait également tombée dans l'arbitraire en retenant qu'il n'avait pas la capacité à accomplir une formation professionnelle complémentaire et, partant, en refusant d'ordonner son placement dans un établissement pour jeunes adultes (art. 61 CP). 2.1 Selon l'art. 61 CP, le juge n'ordonnera le placement dans un établissement pour jeunes adultes que s'il est à prévoir que cette mesure détournera l'auteur de nouvelles infractions en relation avec les troubles dont il souffre (art. 61 al. 1 let. b CP). Le jeune délinquant doit être accessible à des actions socio-thérapeutique et socio-pédagogique (ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 240; TRECHSEL ET AL., Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, n. 9 ad art. 61 CP; MARIANNE HEER, Basler Kommentar, Strafrecht I, n. 35 ad art. 61 CP). Savoir si, sur la base de l'expertise, la cour cantonale était fondée à retenir que le recourant n'avait pas la capacité d'accomplir une formation professionnelle relève de l'établissement des faits, que le Tribunal fédéral ne peut revoir que si ceux-ci sont entachés d'arbitraire. On peut renvoyer, sur la notion d'arbitraire, aux principes maintes fois exposés par le Tribunal fédéral (voir p. ex.; ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4/5; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148). En bref, pour qu'il y ait arbitraire, il ne suffit pas que la décision attaquée apparaisse discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation, mais aussi dans son résultat. 2.2 En l'espèce, l'expert a constaté que le recourant n'avait pas de retard dans ses connaissances scolaires de base et que son niveau d'intelligence était dans la moyenne (expertise, p. 18, question 14). Malgré ces éléments favorables, il a toutefois considéré que, même si le recourant en avait la volonté, il n'avait pas actuellement les capacités d'accomplir une formation professionnelle complémentaire, en raison des graves troubles du comportement issus de sa personnalité pathologique (expertise, p. 18, question 15). Les conclusions de l'expertise ne sont pas contradictoires. L'incapacité à accomplir une formation professionnelle du recourant est due à ses troubles de comportement, et non à un défaut d'intelligence ou à un retard dans ses connaissances scolaires. La cour cantonale n'est donc pas tombée dans l'arbitraire en retenant que le recourant n'avait pas la capacité d'accomplir une formation professionnelle. Au demeurant, c'est à juste titre qu'elle s'est fondée sur l'incapacité actuelle du recourant pour refuser de le placer dans un établissement pour jeunes adultes. Si l'état du recourant évolue et qu'une mesure au sens de l'art. 61 CP paraît mieux adaptée, le juge d'application des peines pourra toujours ordonner une telle mesure (art. 62c al. 6 CP; art. 28 al. 4 let. g de la loi vaudoise sur l'exécution des condamnations pénales, LEP, RSV 340.01).