Citation: 1B_305/2014 E. 3.1

3.1. Conformément à l'art. 221 al. 1 let. a CPP, la détention pour des motifs de sûreté peut être ordonnée s'il y a sérieusement lieu de craindre que le prévenu se soustraie à la procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite. Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'État qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable. La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Il est enfin sans importance que l'extradition du prévenu puisse être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36 s.). En l'espèce, la recourante soutient en substance que la solidité de son couple actuel et la perspective d'un travail en tant que vendeuse à 60% à Aigle garantiraient sa présence en Suisse. Cependant, au regard notamment du caractère récent - non contesté - de sa relation sentimentale, ces éléments ne sont pas suffisants pour exclure que la recourante ne se soustraie à la procédure pénale. Cette constatation découle en particulier de l'importance des charges pesant à son encontre (escroquerie par métier au sens de l'art. 146 al. 1 et 2 CP), ainsi que des possibles lourdes conséquences pouvant en résulter (peine privative de liberté de 10 ans au plus). Cela vaut d'autant plus que la recourante est loin d'être dénuée de tout lien avec son pays d'origine; elle y a gardé son domicile officiel et son fils y réside. Elle reconnaît aussi que cet Etat n'extrade pas ses ressortissants, mais affirme qu'elle n'y serait pas à l'abri de poursuites pénales de la part de la justice française. Toutefois, tel ne semble pas le cas à ce jour et la recourante ne le soutient d'ailleurs pas. Il en résulte que l'autorité précédente pouvait, sans violer le droit fédéral, retenir l'existence d'un risque de fuite.