Citation: 2P.104/2000 06.10.2000 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 125 I 253 consid. 1a p. 254). a) D'après l'art. 86 OJ, le recours de droit public n'est en principe recevable qu'à l'encontre des décisions prises en dernière instance cantonale. Toutefois, la décision de l'autorité inférieure peut être simultanément attaquée si l'autorité de dernière instance cantonale n'avait pas la compétence d'examiner toutes les questions qui font l'objet du recours de droit public ou n'avait qu'un pouvoir d'examen plus restreint que celui du Tribunal fédéral (ATF 120 Ia 19 consid. 2b p. 23; 118 Ia 165 consid. 2b p. 169). En principe, saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne prend pas en considération les allégations, preuves ou faits qui n'ont pas été soumis à l'autorité cantonale de dernière instance. Ainsi, un argument est irrecevable s'il est invoqué pour la première fois dans le recours de droit public, alors qu'il pouvait l'être auparavant (ATF 117 Ia 1 consid. 2 p. 3). aa) Dans la mesure où l'intéressé s'en prend aux décisions des autorités inférieures (Commission d'examen et Conseil d'Etat), son recours est irrecevable. En effet, le Tribunal cantonal avait la compétence d'examiner toutes les questions faisant l'objet du présent recours de droit public et n'avait pas un pouvoir d'examen plus restreint que celui du Tribunal fédéral (cf. consid. 4b/aa et 4b/bb ci-dessous). bb) Le recourant produit pour la première fois devant l'autorité de céans la "Convocation pour les examens oraux des candidats au barreau" du 18 novembre 1998. Dans un recours de droit public fondé sur l'interdiction de l'arbitraire (selon l'art. 4 aCst. cf. l'art. 9 de la nouvelle Constitution fédérale [Cst. ]), il y a lieu d'écarter ce moyen de fait nouveau, dont au demeurant l'intéressé ne tire aucun argument (ATF 108 II 69 consid. 1 p. 71; Walter Kälin, Das Verfahren der staatsrechtlichen Beschwerde, 2e éd., Berne 1994, p. 370). cc) Le recourant invoque de façon générale l'art. 6 CEDH, en rapport avec tous les griefs qu'il a fait valoir devant l'autorité intimée et dont il se prévaut actuellement. Sans trancher la question de l'applicabilité de l'art. 6 CEDH dans le domaine d'examens visant à l'obtention du brevet d'avocat, on rappellera tout d'abord que cette disposition consacre le respect de garanties de procédure uniquement. De plus, jusqu'à la présente procédure, l'intéressé ne s'est référé à l'art. 6 CEDH que dans le cadre du moyen qu'il tirait d'une prétendue violation du droit d'être entendu, plus particulièrement d'une motivation insuffisante. Dès lors, dans la mesure où le recourant invoque cette disposition à l'appui de griefs différents, notamment de la violation de règles de procédure relatives au déroulementde l'examen, et qu'il aurait pu soulever devant le Tribunal cantonal, son recours est irrecevable au regard de l'art. 86 al. 1 OJ (cf. ATF 123 I 87 consid. 2b et 2d p. 89; 120 Ia 19 consid. 2c/bb p. 25/26). b) Selon l'art. 90 al. 1 lettre b OJ, l'acte de recours doit - sous peine d'irrecevabilité - contenir "un exposé des faits essentiels et un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation". Lorsqu'il est saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'a donc pas à vérifier, de lui-même, si l'acte attaqué est en tout point conforme au droit et à l'équité; il n'examine que les moyens de nature constitutionnelle, invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76). En outre, dans un recours pour arbitraire (fondé sur l'art. 4 aCst. cf. l'art. 9 Cst.), le recourant ne peut pas se contenter de critiquer la décision entreprise comme il le ferait dans une procédure d'appel où l'autorité de recours peut revoir librement l'application du droit (ATF 107 Ia 186). Il doit préciser en quoi la décision attaquée serait arbitraire, ne reposant sur aucun motif sérieux et objectif, apparaissant insoutenable ou heurtant gravement le sens de la justice (ATF 110 Ia 1 consid. 2a p. 3/4). Dans la mesure où le recourant invoque de façon théorique la violation du principe de l'égalité de traitement et des armes, sans expliquer en quoi, dans son cas particulier, une telle violation consisterait, son grief est irrecevable parce qu'il ne remplit pas les conditions strictes de l'art. 90 al. 1 lettre b OJ. Pour le surplus, son argumentation se confond avec celle qui se rapporte à l'absence de procès-verbal de ses épreuves orales. c) Au surplus, déposé en temps utile et dans les formes prescrites par la loi, le présent recours remplit en principe les conditions de recevabilité des art. 84 ss OJ, de sorte que le Tribunal fédéral peut entrer en matière.