Citation: 9C_2/2023 E. 6.2

6.2. En retenant que les troubles psychiques ont retardé l'achèvement de la formation de l'intimé avant l'âge de vingt-cinq ans et que le cursus normal de formation s'est prolongé en raison de la maladie, dans une mesure de 40 % au moins sur une année, les premiers juges n'ont pas apprécié la situation de façon insoutenable. Leur décision n'est pas contredite par un avis médical. En effet, si les troubles psychiques de l'intimé, qui existent depuis ses treize ans, ne l'ont pas empêché d'achever sans retard une formation bilingue gymnasiale en juillet 2012, puis de poursuivre ses études dans le domaine juridique à l'université F.________ (l'intimé y a obtenu son Bachelor en droit en février 2016 en travaillant à temps partiel auprès de la bibliothèque de cet établissement en qualité d'auxiliaire de juillet 2015 à février 2016), il en est allé différemment pour le Master en droit qu'il avait entrepris en 2016. L'intimé ne l'a achevé qu'en février 2021, ayant eu besoin de cinq ans alors que le plan d'études prévoit trois semestres. La durée inhabituellement longue de cette dernière formation s'explique, au degré de la vraisemblance prépondérante (cf. ATF 139 V 176 consid. 5.3), en raison de l'incidence délétère des troubles psychiques sur la capacité de l'intimé d'accomplir ses travaux habituels (c'est-à-dire la préparation du Master en droit), ces troubles ayant considérablement retardé le cursus de cette formation. L'atteinte à la santé a présenté un caractère progressivement déficitaire, aboutissant à une incapacité totale de travailler dès le mois de septembre 2020 selon les experts du centre B.________, qui ne l'ont toutefois pas quantifiée pour la période précédente. En se limitant à alléguer que les médecins consultés avaient indiqué qu'une incapacité (totale) de travail avait débuté en septembre 2020, sans aborder la durée des études du Master, le recourant ne démontre pas que la constatation des premiers juges, qui retiennent une aggravation progressive de l'état de santé de l'assuré déjà bien avant ses vingt-cinq ans, était manifestement erronée, voire arbitraire. Cette constatation lie le Tribunal fédéral (cf. consid. 1; ATF 142 V 178 consid. 2.4 avec les références). Il s'ensuit que l'invalidité au sens de l'art. 4 al. 2 LAI est survenue avant que l'intimé ait atteint l'âge de vingt-cinq ans.