Citation: I 604/01 13.08.2002 E. 2

2.- En l'espèce, l'office AI est entré en matière sur la nouvelle demande déposée le 22 mars 2000. Cela étant, il lui appartenait d'instruire la cause d'office (art. 69 RAI), dans le respect des droits procéduraux de l'assurée. Les premiers juges ont considéré que tel avait bien été le cas, le rapport du docteur U.________ produit par l'assurée postérieurement à la décision entreprise ne permettant au demeurant pas de retenir l'existence d'une atteinte durable à sa santé psychique. a) aa) La jurisprudence, rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. et qui s'applique également à l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 127 I 56 consid. 2b, 12 III 578 consid. 2c, 126 V 130 consid. 2a), a déduit du droit d'être entendu, en particulier, le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d'avoir accès au dossier, celui de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 126 I 16 consid. 2a/aa, 124 V 181 consid. 1a, 375 consid. 3b et les références). En règle générale, les renseignements relatifs aux faits déterminants en droit entrent en ligne de compte comme moyens de preuve seulement s'ils ont été demandés et fournis par écrit. Lorsqu'un renseignement est sollicité oralement, il y a lieu de procéder à une audition verbalisée. Conformément à son droit d'être entendu, le justiciable doit alors être invité à prendre position sur le renseignement écrit, voire sur le procès-verbal d'audition (ATF 124 V 94 consid. 4b, 119 V 213 sv. consid. 4b sv., 117 V 283 ss consid. 4b sv.). bb) Les services médicaux des offices de l'assurance-invalidité (médecins-conseils) ont en principe pour fonction d'examiner les demandes de prestations et de guider les collaborateurs et les conseillers de ces offices en ce qui concerne les questions médicales. En particulier, ils contrôlent, lors de l'évaluation de l'invalidité d'un assuré, si toutes les bases de décision nécessaires sont à disposition. Si tel n'est pas le cas, ils apportent leur aide pour le choix des mesures d'instruction à mettre en oeuvre et y participent parfois, par exemple en formulant les questions à soumettre à un expert (cf. Interface, Institut für Politikstudien, Die ärztliche Beurteilung und ihre Bedeutung im Entscheidverfahren über einen Rentenanspruch in der Eidg. Invalidenversicherung, in : Beiträge zur sozialen Sicherheit no 6/99, p. 43). Il ne leur appartient pas de procéder eux-mêmes à un examen médical de la personne assurée (art. 69 al. 4 RAI), mais d'aider les services des offices de l'assurance-invalidité à réunir les rapports médicaux et les expertises nécessaires, puis à les interpréter correctement. Dans ce cadre, ils peuvent si nécessaire prendre contact par téléphone avec l'auteur d'un rapport médical ou d'une expertise pour clarifier un point de détail, mais veilleront alors à consigner par écrit le résultat de cette mesure d'instruction, sur laquelle l'assuré doit avoir la possibilité de se déterminer. b) En l'occurrence, le médecin-conseil de l'office AI n'a pas demandé de rapport médical écrit aux docteurs X.________ et U.________, mais s'est borné à les interroger par téléphone. Or, d'une part, les renseignements demandés ne portaient pas sur des points secondaires, autant que cela ressorte des notes intitulées "appréciations du médecin de l'OAI"; d'autre part, et quoi qu'il en soit, il lui appartenait de consigner par écrit les renseignements médicaux obtenus par téléphone. A cet égard, le peu que l'on puisse déduire des appréciations du médecin-conseil de l'office AI est manifestement insuffisant et semble, du reste, partiellement contredit par le rapport du docteur U.________ produit devant la juridiction cantonale. Il s'ensuit que le droit d'être entendu dont bénéficiait l'assurée a été violé lors de la procédure dirigée par l'intimé, ce que les premiers juges devaient constater d'office.