Citation: 5A_15/2023 E. 1

C.e. Le rapport d'évaluation de l'UEMS a été rendu le 7 mai 2021. Les propos de chacun des parents y ont été relatés. A l'issue de leur évaluation, les auteures du rapport se sont notamment dites inquiètes d'un retour de l'enfant chez son père, considérant que les conditions d'accueil ne permettaient pas un retour avant que les conclusions d'une expertise pédopsychiatrique soient connues. Elles ont préconisé de rétablir l'autorité parentale à la mère, de fixer des droits de visite médiatisés au foyer pour chacun des parents et d'instituer des curatelles d'assistance éducative et de surveillance des relations personnelles au sens des art. 308 al. 1 et 2 CC en faveur de l'enfant. Les auteures du rapport ont par ailleurs émis l'hypothèse que les révélations de l'enfant liées à des actes d'ordre sexuels auraient été un moyen pour lui de se faire entendre afin qu'on le sorte du conflit parental, se référant dans ce contexte à l'enquête sociale française du 21 mars 2021 qui avait relevé le " risque majeur que l'enfant cherche à se faire entendre d'une autre manière (par des mises en danger par exemple) ". C.f. Par convention signée en audience du 20 mai 2021 et ratifiée séance tenante par la juge de paix pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles, les parties ont convenu d'instituer en faveur de leur fils une curatelle à forme de l'art. 308 al. 1 et 2 CC, d'exercer un droit de visite fixé par le foyer et de mettre en oeuvre une expertise pédopsychiatrique. C.g. Cette expertise a été menée par le Dr D.________, médecin FMH psychiatrie et psychothérapie d'enfants et d'adolescents. Le rapport, daté du 17 février 2022, conclut à ce que l'autorité parentale et la garde de l'enfant soient exclusivement attribuées à la mère, laquelle était, des deux parents, la plus à même d'offrir à C.________ un encadrement adéquat et une prise en charge correspondant à ses besoins. Cette conclusion coïncidait d'ailleurs avec le souhait de l'enfant. Un droit de visite progressif devait être mis en place en faveur du père, l'expert soulignant par ailleurs qu'une prolongation du placement était susceptible de porter préjudice au développement du mineur. B.________, de même que les intervenants de la DGEJ et le curateur de l'enfant, ont indiqué adhérer aux conclusions de l'expertise. A.________ a en revanche conclu à la réalisation d'une contre-expertise et subsidiairement, a réclamé d'investiguer plus avant les conditions de vie et compétences éducationnelles de B.________. C.h. Par décision de mesures superprovisionnelles du 4 avril 2022, vu les conclusions de l'expertise, le violent conflit parental et le refus du père de signer l'accord de placement au foyer T.________, la juge de paix a retiré provisoirement le droit de A.________ de déterminer le lieu de résidence de son fils et a confié à la DGEJ un mandat provisoire de placement et de garde. C.i. Par courrier du 15 juin 2022, l'expert a réfuté les critiques émises par le père de l'enfant à l'encontre de son rapport. Les parties, de même que le curateur de l'enfant et les intervenants de la DGEJ se sont à nouveau déterminés à plusieurs reprises, entre fin juin et fin septembre 2022, pour l'essentiel dans le sens de leurs conclusions respectives précédentes. L'enfant a été entendu par la juge de paix le 26 septembre 2022, indiquant préférer pouvoir vivre chez sa mère. Une audience s'est tenue le lendemain. A l'issue de celle-ci, le père a conclu à l'attribution exclusive de l'autorité parentale et de la garde, avec un droit de visite par l'intermédiaire du Point rencontre en faveur de la mère; il a renoncé à requérir la mise en oeuvre d'une contre-expertise; à titre subsidiaire, il a demandé que son droit de visite s'exerce un week-end sur quatre ainsi que la moitié des vacances scolaires (hors vacances d'été) et durant sept semaines pendant l'été. La mère a réclamé l'attribution exclusive de l'autorité parentale et de la garde, avec la mise en place d'un droit de visite en faveur du père; elle a adhéré à la proposition subsidiaire de celui-ci sur son droit de visite et a conclu à l'institution d'une curatelle de surveillance des relations personnelles ainsi qu'à l'instauration d'une surveillance judiciaire. Les conclusions du curateur de l'enfant et de l'assistant social rejoignaient en substance celles de sa mère. C.j. Par décision du 27 septembre 2022, la justice de paix a notamment mis fin aux enquêtes en transfert/modification de l'autorité parentale conjointe, en modification du droit de visite et en limitation de l'autorité parentale ouvertes en faveur de C.________ (I), levé la mesure de retrait provisoire du droit de déterminer le lieu de résidence instituée en faveur de l'enfant et relevé la DGEJ de son mandat de gardien (II et III), restitué à B.________ l'autorité parentale sur son enfant (IV) et lui a attribué l'autorité parentale exclusive ( sic !) sur celui- ci (V), réservé le droit de visite du père A.________ (VI), maintenu la curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l'art. 308 al. 2 CC (VII), confirmé le curateur et défini ses tâches (VIII à X), invité la DGEJ à prendre contact avec les services de protection de l'enfance de la région de V.________ en vue d'une future intervention (XI), levé la mesure de curatelle d'assistance éducative provisoire au sens de l'art. 308 al. 1 CC (XII), institué une surveillance judiciaire au sens de l'art. 307 CC (XIV) et levé la curatelle de représentation de mineur au sens de l'art. 306 al. 2 CC (XVII). Statuant le 23 décembre 2022, la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud - après avoir suspendu l'exécution de l'ensemble des chiffres du dispositif de cette décision - a rejeté le recours du père et confirmé la décision attaquée. C.k. Entre-temps, par ordonnance pénale du 5 octobre 2022, le Ministère public de l'arrondissement du Nord vaudois a reconnu B.________ coupable de dénonciation calomnieuse et l'a condamnée à une peine privative de liberté ferme de 180 jours. L'intéressée a fait opposition. Par ordonnance du même jour, dite autorité a ordonné le classement de la procédure pénale dirigée contre A.________ pour lésions corporelles simples qualifiées et voies de faits qualifiées. Selon les informations communiquées par A.________, une enquête pénale semblait par ailleurs avoir été ouverte contre C.________ en lien avec une vidéo dans laquelle il serait filmé "en train de faire des actes d'ordre sexuel avec une barre de fer".