Citation: 2C_226/2023 E. 4.7

4.7. Concernant l'enfant, il ressort de l'arrêt attaqué que, selon les dernières observations de la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse du 14 novembre 2022, "une situation plutôt complexe, voire chaotique, semble toujours régner au sein du foyer de [la mère de l'enfant]. [L'enfant] a ainsi expliqué aux enquêteurs qu'il était exposé à de la violence domestique, qu'il entendait régulièrement des cris et des injures et devait subir les interventions de la police. Il a du reste lui-même été l'objet de violences de la part du compagnon de sa mère et a émis le souhait que ce dernier quitte le domicile de sa mère." Le Tribunal cantonal retient alors que l'environnement chez l'ex-épouse demeure défavorable à l'enfant qui, à l'inverse, semble retrouver une certaine sérénité lorsqu'il vit chez son père, dont le foyer est actuellement exempt de violence. Les juges cantonaux relèvent cependant que le recourant peut difficilement être qualifié de père modèle, au vu de sa problématique de consommation d'alcool et de gestion de la violence. Ils retiennent que le renvoi du recourant au Cameroun va indéniablement conduire à la modification du régime de la garde sur l'enfant, qui sera vraisemblablement confiée à sa mère seule. L'éloignement de Suisse du recourant impliquera assurément des conséquences négatives sur le développement du fils du recourant qui sera durablement privé des bénéfices d'un lieu de vie exempt de violence domestique. Selon eux, le recourant et son fils pourront garder contact par le biais des moyens de télécommunications modernes, ainsi que de visites ponctuelles. Sur le vu de ces éléments, ils considèrent que l'intérêt de l'enfant ne prime pas l'intérêt public au renvoi du recourant. En l'occurrence, il ressort de l'arrêt querellé que le fils, aujourd'hui âgé de 12 ans, pourra résider chez sa mère. Dans son courrier du 14 novembre 2022, la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse ne retient pas que celle-ci, qui s'occupe déjà de son enfant une semaine sur deux, ne serait pas apte à assumer une garde complète (art. 105 al. 2 LTF). Elle a d'ailleurs assuré seule la garde de son enfant pendant les nombreux mois que le recourant a passé en prison. Il ressort en outre de l'écrit précité que l'ex-épouse a semblé prendre conscience de la gravité de la situation et être déterminée à se séparer de son actuel compagnon, lui ayant notamment fixé à cette fin un ultimatum au 31 décembre 2022 pour quitter son logement. Enfin, la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse indique dans ce même courrier qu'elle accompagne la mère dans la protection de son fils (art. 105 al. 2 LTF). Sur le vu de l'ensemble de ces éléments, le Tribunal cantonal, qui a instruit avec soin la question du bien-être de l'enfant, n'a pas violé le droit fédéral et conventionnel en confirmant la décision de révocation du 4 novembre 2021. Au regard de la gravité et du nombre des infractions commises - y compris, alors que le recourant se savait sous la menace d'une expulsion (le Département avait déjà prononcé son renvoi de Suisse en mai 2017) -, les inconvénients pour l'enfant de ne plus avoir auprès de lui son père ne sont pas en mesure de contrebalancer les intérêts publics au renvoi du recourant, liés à l'ordre public et à la nécessité de mener une politique migratoire restrictive.