Citation: 9C_311/2023 E. 6.1

6.1. Cette argumentation est fondée en tant qu'elle démontre une constatation manifestement inexacte des faits et une appréciation arbitraire des preuves par la cour cantonale. Comme le soutient la recourante, dans son rapport du 7 juin 2021, la doctoresse E.________ a diagnostiqué un épisode dépressif moyen avec syndrome somatique. Elle a évoqué des limitations fonctionnelles liées à l'inhibition du fonctionnement dépressif actuel, ainsi que des symptômes tels que notamment des troubles de l'attention, de la concentration et surtout de la mémoire. Elle a en outre attesté une incapacité de travail de "100 % depuis trois ans jusqu'à présent" affectant aussi bien les activités professionnelles que les tâches ménagères. Elle a encore indiqué que son pronostic était réservé, que les ressources de sa patiente lui "semblaient peu exploitables dans ce moment", qu'elle ne pouvait pas l'imaginer retourner dans son domaine professionnel "vu ses difficultés actuels physiques et psychiques" et que le nombre d'heures exigible dans une activité qui tenait compte de l'atteinte à la santé était "à voir avec les médecins somaticiens dès que la symptomatologie dépressive soit surmonter". Dans ces circonstances, il était manifestement insoutenable de la part du tribunal cantonal de retenir que la psychiatre traitante avait simplement renvoyé aux médecins somaticiens concernant la capacité de travail. En effet, si la doctoresse E.________ a certes laissé entendre que la pathologie dépressive diagnostiquée pouvait s'amender, elle a toutefois très clairement indiqué que cette pathologie était présente au moment de son dernier examen du 7 juin 2021 et empêchait l'exercice de toute activité, y compris celles adaptées aux limitations fonctionnelles d'ordre somatique. Ce n'est qu'au moment de l'amendement de l'épisode dépressif que la capacité résiduelle de travail de sa patiente ne dépendrait plus que des limitations fonctionnelles d'ordre somatique.