Citation: 1P.741/2003 23.12.2003 E. A

K.________, né le 4 juin 1972, ressortissant du Liban où il réside, a été arrêté le 31 janvier 2003 à Lausanne et placé en détention préventive. Il est prévenu d'escroquerie par métier, faux dans les titres et blanchiment grave d'argent. L'enquête a été ouverte sur plainte d'un ressortissant yougoslave ayant versé la somme de 110'000 USD sur un compte ouvert par K.________ auprès de la banque A.________ à Lausanne. On aurait indiqué au plaignant que cette avance, destinée à couvrir des frais, devait lui permettre d'obtenir le versement d'un montant cent fois plus élevé, part d'un héritage censée lui revenir. L'enquête a démontré que le prévenu avait ouvert plusieurs comptes, auprès de divers établissements bancaires en Suisse. D'importantes sommes d'argent, de l'ordre de plusieurs centaines de milliers de dollars US globalement, ont transité sur ces comptes. Les auteurs de certains versements ont expliqué aux enquêteurs avoir eux aussi été contactés par des hommes d'affaires puis invités à payer des avances pour obtenir ensuite la jouissance de sommes considérables. Les rapports de la police judiciaire évoquent à ce propos des escroqueries de type "nigérian" (ou "Nigerian Connection"). K.________ a d'emblée nié toute implication dans un tel réseau. Se présentant comme un homme d'affaires, il a prétendu en substance que les paiements opérés sur ses comptes bancaires se rapportaient à des projets de construction ou à des contrats de fourniture de marchandises dans différents pays, principalement au Nigéria et en Egypte, opérations commerciales pour lesquelles lui-même ou ses sociétés avaient droit à une rémunération. Le paiement des factures, par l'intermédiaire de bureaux de change, intervenait sous forme de transactions croisées: le montant des factures n'est pas directement réglé par le débiteur au Nigéria ou en Egypte, mais par un tiers à l'étranger, et le bureau de change organise une compensation dans le cadre d'une autre affaire.