Citation: U 152/06 10.04.2007 E. A

B.________, né en 1961, maçon, a été victime d'un accident de la circulation le 14 janvier 2000, entraînant des contusions multiples, notamment lombaires. Les examens radiologiques initiaux ont mis en évidence une fracture du plateau supérieur de D11, associée à un spondylolisthesis de L4 sur L5. L'évolution a été défavorable, malgré un traitement conservateur. Le 6 octobre 2000, l'assuré a subi en milieu hospitalier une spondylodèse postérieure L4-L5 doublée d'une greffe iliaque postérieure gauche. Par la suite, le patient a séjourné à la Clinique X.________ du 26 octobre au 6 décembre 2000. Le séjour a été interrompu en raison d'une irritation radiculaire L5 droite occasionnée par une visse transpédiculaire. Aussi bien l'assuré a-t-il été opéré une seconde fois le 13 décembre 2000 afin de repositionner le matériel d'ostéosynthèse. La réadaptation s'est ensuite poursuivie à la Clinique X.________ du 9 janvier au 21 février 2001. Durant ce séjour, les médecins ont été confrontés à un patient très algique, fixé sur ses douleurs et incapable de reconnaître l'amélioration objective progressive de son état. Le patient a ensuite été adressé à la consultation de la douleur de l'hôpital Y.________. Le docteur W.________, responsable de cette unité, a tenté des blocs anesthésiques au niveau des facettes articulaires de L3-L4 et de L5/S1, mais sans succès. A l'initiative de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Neuchâtel, une expertise médicale a été confiée au docteur B.________, spécialiste FMH en médecine interne et rhumatologie. Dans son rapport du 13 mai 2002, l'expert a posé le diagnostic de lombalgies chroniques persistantes, de status après intervention pour spondylolisthesis L4-L5 par spondylodèse L4-L5, de reprise chirurgicale pour syndrome radiculaire L5 droit irritatif, de fracture-tassement du plateau vertébral supérieur de D11, actuellement consolidée. Selon l'expert, l'examen rhumatologique a permis de constater un rachis lombaire particulièrement enraidi et limité dans tous les axes. Il s'y ajoute un important syndrome vertébral lombaire étagé avec une difficulté d'évaluer avec précision le status neurologique du membre inférieur gauche, vu les algies. L'expert a noté que les signes de non-organicité décrits par Waddell dans les lombalgies étaient absents chez l'assuré dans une proportion de 5/5. Il a conclu que l'assuré était dans l'incapacité totale de reprendre sa profession antérieure dans le bâtiment, qui apparaissait formellement contre-indiquée. Il n'était en outre pas possible d'attester l'existence d'une capacité de travail résiduelle dans une profession adaptée, vu la persistance d'algies intenses et non simulées. L'assuré a été examiné le 7 juin 2002 par le docteur E.________, spécialiste FMH en chirurgie et médecin-conseil de la CNA. En ce qui concerne les activités adaptées d'un point de vue médico-théorique, ce médecin a fait référence à des activités légères, sans position figée ou vicieuse du rachis, le patient devant pouvoir se dégourdir à sa guise et alterner les positions assise et debout, avec également la nécessité de pauses prolongées. Afin de déterminer les réelles capacités d'endurance de l'intéressé, le médecin-conseil a préconisé la réalisation de tests d'évaluation des capacités fonctionnelles à la Clinique Z.________. L'assuré a séjourné dans cet établissement les 26 et 27 novembre 2002. Le 3 janvier 2003, la clinique a déposé un rapport signé par le docteur O.________, chef du service d'ergonomie, et F.________, physiothérapeute. Il en ressort, en substance, que les tests pratiqués ne permettaient pas de retenir une capacité résiduelle de travail, en raison de l'auto-limitation des capacités physiques présentée par l'intéressé. Les aptitudes de ce dernier ne pouvaient pas être réellement évaluées. Par comparaison avec d'autres cas semblables, une activité très légère à plein temps pouvait cependant être exigée de l'assuré. Par décision du 3 mai 2004, la CNA a alloué à l'assuré une rente d'invalidité fondée sur une incapacité de gain de 28 %, ainsi qu'une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 23 %. Pour calculer l'invalidité, la CNA a retenu que l'assuré serait à même d'exercer une activité légère, en position essentiellement assise, toute la journée. Il pourrait réaliser ainsi un revenu mensuel de 3'750 fr. Comparé à un revenu sans invalidité de 5'240 fr., on obtient un taux (arrondi) d'invalidité de 28 %. Par acte du 3 juin 2004, l'assuré s'est opposé à cette décision en se prévalant d'un rapport du 19 mai 2004 de la doctoresse N.________, spécialiste FMH en médecine interne/maladies rhumatismales. La CNA a rejeté cette opposition par une nouvelle décision du 7 septembre 2004.