Citation: 2C_90/2023 E. 5.6

5.6. Sur le plan de l'intérêt privé, le recourant, âgé de 28 ans au moment de l'arrêt attaqué, est arrivé en Suisse à l'âge de 3 ans et a donc passé pratiquement toute sa vie dans ce pays, ce qui constitue indéniablement une circonstance importante à prendre en considération. Selon l'arrêt attaqué, le recourant n'a toutefois pas de formation professionnelle et n'a pas acquis de stabilité professionnelle, ayant enchaîné trois emplois successifs depuis le 3 août 2020. Le recourant a eu recours à l'aide sociale par le passé. Le Tribunal administratif fédéral n'a pas établi l'état des dettes, y compris en matière d'aide sociale. Il est seulement relevé dans les faits que le recourant a produit des justificatifs de remboursements réguliers de ses frais pénaux et de ses dettes. Il apparaît ainsi que le recourant a fait des efforts depuis sa sortie de prison. Ces circonstances sont toutefois trop récentes au regard du passé pénal du recourant et sa situation est encore trop instable pour que l'on puisse conclure à un revirement biographique au sens de la jurisprudence. Sur le plan personnel et affectif, le recourant est célibataire et sans enfant. Sa mère et son frère vivent en Suisse. Son père est décédé. Il n'y a aucune indication dans l'arrêt entrepris dont on pourrait déduire que le recourant entretient, excepté avec les membres de sa famille, des relations sociales particulièrement intenses en Suisse. En définitive, hormis l'intégration inhérente à tout séjour de plus de 25 ans, il n'y a pas d'éléments particuliers ou d'attaches affectives spécifiques plaidant en faveur du maintien du titre de séjour du recourant. Il est certain que le recourant fera face à des difficultés d'intégration dans son pays d'origine, comme toute personne après des années vécues dans un autre pays. Le recourant est toutefois jeune et en bonne santé. Fût-elle avérée, ce qui est douteux (cf. supra consid. 2.5), sa méconnaissance du bosnien ne suffirait pas à elle seule à retenir qu'il ne sera pas en mesure de surmonter les difficultés liées à la réintégration. Enfin, le recourant ne peut rien déduire d'un parallèle avec les affaires Maslov et Emre jugées par le CourEDH. Dans le premier cas, le requérant avait commis toutes les infractions lui ayant valu une interdiction d'entrée en Autriche alors qu'il était mineur et les actes reprochés étaient en outre de moindre gravité (CourEDH, arrêt Maslov c. Autriche du 23 juin 2008, requête n° 1638/03, § 77, 81, 84). Dans le second cas, les infractions étaient multiples, mais moins graves que celles reprochées au recourant, les peines cumulées totalisant 18 mois et demi. La situation avait en outre ceci de particulier que le requérant souffrait d'un trouble de la personnalité, qui rendait encore plus difficile le retour dans le pays d'origine (CourEDH, arrêt Emre c. Suisse du 22 mai 2008, requête n° 42034/04, § 75, 76, 83).