Citation: 4A_204/2024 E. 3.4

3.4. Cette interprétation catalyse les griefs des recourants, lesquels estiment, d'une part, que l'arrêt 4C_1/2014 du 11 mai 2015 ne répondrait pas à la question litigieuse et, d'autre part, que la cour cantonale aurait erré dans ce qui était loin d'être une interprétation en bonne et due forme, échouant à restituer l'objectif imprimé à l'art. 3 al. 3 CCT LSE. Leurs critiques à cet égard peuvent être résumées ainsi: - en renvoyant à un arrêt rendu dans une cause relative à d'autres employés, contesté devant le Tribunal fédéral par un recours en matière civile, la cour cantonale se serait dérobée à son devoir de motivation, violant de ce fait le droit d'être entendu des recourants; - la cour cantonale aurait mal interprété les considérants à la base de l'arrêt 4C_1/2014 dont la portée, circonscrite au droit public, aurait été mésestimée; - l'interprétation de l'art. 3 al. 3 CCT LSE, et particulièrement celle des paragraphes non couverts par les arrêtés d'extension du Conseil fédéral, dicterait une tout autre solution que celle qui se dégage de l'arrêt attaqué. Notamment, le but poursuivi par les parties contractantes à la convention, à savoir protéger les employés bénéficiant de salaires moins élevés que ceux fixés à l'art. 20 CCT LSE, conférerait à l'art. 3 al. 3 CCT LSE un tout autre sens; - la cour cantonale aurait méconnu le commentaire de la CCT LSE où l'obligation de respecter des salaires usuels serait soulignée à plusieurs reprises, notamment dans un tableau récapitulatif des salaires en question. De surcroît, les juges cantonaux auraient confondu recommandation sur les moyens de calculer les salaires usuels et recommandation de pratiquer des salaires usuels minimums, alors que cette dernière aurait valeur de prescription; - finalement, les recourants estiment devoir être protégés dans ce qu'ils pouvaient comprendre de l'art. 3 al. 3 CCT LSE selon le principe de la bonne foi.