Citation: 6B_226/2019 E. 3.6

3.6. Les recourants évoquent certaines expressions figurant dans les courriers litigieux et affirment que celles-ci seraient attentatoires à leur honneur, en livrant leur propre appréciation des termes en question. Ce faisant, ils omettent que, pour apprécier le caractère attentatoire à l'honneur d'un texte, il ne faut pas se fonder sur le sens que donne la personne visée de certaines expressions prises séparément mais sur une interprétation objective du texte pris dans son ensemble, dans les circonstances d'espèce (cf. ATF 137 IV 313 consid. 2.1.3 p. 315 s.). Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les recourants, le terme de "tyran", employé à l'endroit de la recourante dans un courrier, ne fait nullement apparaître cette dernière comme une personne martyrisant des enfants. La lettre en question décrit en effet l'attitude de l'intéressée face à une employée ainsi qu'en relation avec la gestion de son personnel et des horaires de travail (cf. pièce 13 du dossier cantonal). Les expressions utilisées peuvent tout au plus rabaisser la recourante dans ses aptitudes en qualité de dirigeante d'un établissement. Elles ne portent pas atteinte à son honorabilité et ne la font pas apparaître comme méprisable en qualité d'être humain. S'agissant de prétendues menaces ou insultes proférées par la recourante et qui ont été évoquées dans certains courriers adressés à l'OAJE, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que l'intéressée aurait été accusée d'avoir commis une infraction d'injure au sens de l'art. 177 CP ou de menaces au sens de l'art. 180 CP. Ici encore, au vu du contexte dans lequel les courriers ont été envoyés, il s'agissait non pas de dénoncer la commission d'une éventuelle infraction pénale, mais de critiquer l'attitude professionnelle de la recourante et en particulier sa gestion du personnel. Il en va de même s'agissant de prétendues tricheries et falsifications relatives aux horaires de travail, de l'exploitation des employés de la crèche, du mobbing du personnel et de la manière de gérer l'établissement, évoqués dans certains courriers envoyés à l'OAJE. Tous ces aspects concernent strictement le comportement des recourants dans la direction de la crèche et les relations avec les employés. Il ne s'agit pas d'attitudes clairement réprouvées par les conceptions morales généralement admises. Au vu de ce qui précède, dans la mesure où l'appréciation des courriers adressés à l'OAJE et dénoncés par les recourants ne permettait pas de considérer que ces derniers auraient été atteints dans leur honneur - compte tenu du contexte dans lequel les termes litigieux ont été utilisés -, la cour cantonale pouvait, à bon droit, estimer que les chances d'acquittement étaient supérieures à la probabilité d'une condamnation pour diffamation, respectivement pour calomnie. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.