Citation: 6B_34/2017 E. 1.3.2

1.3.2. Selon la jurisprudence, même s'il a été rendu attentif aux risques de sa conduite, un automobiliste pourra naïvement envisager, souvent de façon irrationnelle, qu'aucun accident ne se produira (consid. 1.1 supra). Partant, la négligence n'est pas encore exclue du fait que les amis de l'intimé lui ont demandé à plusieurs reprises de conduire plus prudemment. L'intéressé pouvait penser que ses amis avaient tort de douter de ses aptitudes à la conduite. Qu'il ait par moment ralenti à leur demande ne saurait nécessairement être interprété comme le signe que l'intimé avait conscience des risques qu'il faisait courir à ses passagers. En effet, l'on peut aussi bien en déduire que l'intimé a ralenti lorsqu'il pensait que ses amis avaient raison de le lui demander, mais pas quand il considérait qu'ils avaient tort. De la même manière, il n'est pas déterminant que le dernier virage avant l'accident ait été franchi avec justesse; si le recourant en tire la conclusion que l'intimé ne pouvait ignorer le danger, la cour cantonale considère au contraire que le fait que ce virage ait été négocié avec succès a conforté l'intimé dans sa confiance en ses capacités de conducteur.