Citation: 5A_128/2016 E. 5.1.4

5.1.4. 5.1.4.1. En l'espèce, le mariage a eu une influence concrète sur la situation de l'intimée, compte tenu de sa durée de plus de 13 ans et de la naissance d'un enfant commun dont l'intimée s'est occupée. Par ailleurs, il n'est pas contesté que l'intimée, bénéficiaire d'une rente d'invalidité entière, n'est pas en mesure de subvenir elle-même à son entretien et ne pourra augmenter ses revenus dans le futur. Comme l'a à juste titre retenu l'autorité cantonale, il n'y a pas lieu de tenir compte des prestations complémentaires reçues par l'intimée dans le calcul de ses ressources visant à déterminer si elle est en mesure de pourvoir elle-même à son entretien, puisque ces prestations sont subsidiaires aux obligations d'entretien du droit de la famille (arrêt 5A_158/2010 du 25 mars 2010 consid. 3.2 et les références). Au vu de ces éléments, le principe de solidarité s'applique, la confiance placée par l'épouse dans la continuation du mariage méritant d'être protégée. A cet égard, l'argument du recourant selon lequel, à la date du mariage, les époux ne pouvaient s'attendre à ce que l'intimée devienne invalide n'est pas déterminant, dans la mesure où la question de savoir si le mariage a concrètement influencé les conditions d'existence du conjoint est examinée à la lumière de la situation des époux pendant la vie commune et non uniquement au moment de la conclusion du mariage. Il résulte de ce qui précède que l'autorité cantonale n'a pas violé l'art. 125 CC en retenant que l'intimée avait en principe droit à une contribution d'entretien. Le fait que le dépôt de la demande de divorce soit postérieur à la date à laquelle l'enfant des parties a atteint l'âge de 16 ans n'est pas propre à remettre en cause cette conclusion, dès lors que, comme il sera examiné ci-après (cf. infra consid. 5.1.4.3), l'intimée avait droit à une contribution au-delà de cette date. 5.1.4.2. S'agissant de la quotité de la contribution d'entretien, le recourant ne remet pas en cause, ni dans leur principe ni dans leur montant, les revenus et charges des parties retenus par l'autorité cantonale (cf. supra consid. 2.2). Il affirme que la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent, utilisée par la juridiction précédente pour calculer la contribution d'entretien, n'est pas justifiée en l'espèce, au motif qu'une part importante du revenu - qu'il ne chiffre au demeurant pas - était consacrée, pendant la vie commune, à l'entretien de l'enfant commun et ne bénéficiait dès lors pas à l'épouse. Or, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant " n'a pas établi que la [répartition par moitié de l'excédent] équivalaut (sic) à un transfert de patrimoine parce qu'une partie seulement de son revenu était utilisée pour l'entretien du couple ". Le recourant ne critique pas cette constatation sous l'angle de l'établissement arbitraire des faits ou de l'appréciation arbitraire des preuves. Sa critique est dès lors appellatoire, partant irrecevable (cf. supra consid. 2.2). Pour autant qu'on puisse le comprendre, le recourant reproche également à l'autorité cantonale d'avoir adapté à la hausse le montant de la contribution d'entretien pour tenir compte du fait qu'il serait libéré de son obligation d'entretien en faveur de son fils une fois celui-ci majeur. Il résulte de la jurisprudence susmentionnée (cf. supra consid. 5.1.3.3) que la cour cantonale n'a, en l'espèce, pas commis d'abus ou d'excès de son pouvoir d'appréciation en confirmant la décision du premier juge de tenir compte de l'augmentation prévisible des revenus du débirentier et d'adapter à la hausse la contribution d'entretien, dont le montant initial ne permettait pas de couvrir le minimum vital de l'intimée. Les arrêts 5A_767/2011 du 1er juin 2012 et 5A_23/2014 du 6 octobre 2014 cités par le recourant à l'appui de son argumentation ne sont pas pertinents sur ce point, car ils ne traitent pas de la question de la hausse de la rente en raison de la fin de l'obligation d'entretien en faveur d'enfants communs. La comparaison avec l'arrêt 5A_384/2008 du 21 octobre 2008 - que le recourant semble invoquer à titre subsidiaire pour limiter le montant de la contribution d'entretien à 900 fr. par mois - ne convainc pas non plus, la contribution d'entretien n'ayant pas été calculée selon la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent dans cet arrêt. 5.1.4.3. S'agissant de la durée de la contribution d'entretien, la cour cantonale l'a limitée à la retraite du recourant. Celui-ci ne critique pas directement la prise en compte de ce critère, mais soutient que le droit de l'intimée à une contribution d'entretien aurait dû s'éteindre au moment où leur fils avait atteint l'âge de 16 ans ou, subsidiairement, que la durée admissible serait inférieure à celle retenue dans le jugement attaqué, la durée de la vie commune devant être considérée comme une " limite absolue ". La jurisprudence invoquée par le recourant, selon laquelle on ne peut exiger d'un époux la prise ou la reprise d'une activité lucrative à un taux de 50 % avant que le plus jeune des enfants n'ait atteint l'âge de 10 ans révolus, et de 100 % avant qu'il n'ait atteint l'âge de 16 ans révolus (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 p. 109; 115 II 6 consid. 3c p. 10) ne permet en l'espèce pas, en elle-même, d'exclure toute contribution d'entretien au-delà de l'âge de 16 ans de l'enfant, dès lors qu'elle a clairement été pensée pour les situations dans lesquelles le parent gardien est en mesure de prendre ou reprendre une activité lucrative (arrêt 5A_767/2011 du 1er juin 2012 consid. 7.3), ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Au demeurant, on ne saurait - contrairement à ce que propose le recourant - déterminer la durée de la contribution d'entretien en fonction de la seule durée du mariage (ATF 109 II 286 consid. 5b p. 290; arrêt 5A_11/2010 du 18 mars 2011 consid. 6.1), ce critère devant être pris en compte au même titre que les autres critères mentionnés à l'art. 125 al. 2 CC. En l'espèce, il n'apparaît pas que la cour cantonale, qui a tenu compte de la longue durée du mariage, de l'incapacité de l'intimée de pourvoir à son entretien en raison de son état de santé et de la baisse de revenus du recourant lorsqu'il atteindra l'âge de la retraite, ait commis un excès ou un abus de son pouvoir d'appréciation en condamnant le recourant à contribuer à l'entretien de l'intimée jusqu'à sa retraite. Les arrêts 5A_767/2011 et 5A_24/2014 précités, sur lesquels le recourant fonde son argumentation, ne sont pas propres à remettre en cause cette conclusion, dès lors que leurs états de fait diffèrent du présent cas.