Citation: 5C.260/2003 17.02.2004 E. 4

4.1 Le recourant affirme enfin que l'autorité cantonale aurait négligé de prendre en considération l'art. 125 al. 2 ch. 5 CC en ce qui concerne les revenus et la fortune de l'intimée. En effet, les juges cantonaux ont retenu que, tandis que le recourant doit faire face à plus de 140'000 fr. d'actes de défaut de biens délivrés contre lui après sa faillite, l'intimée est propriétaire de plusieurs immeubles et "devrait également être en mesure de trouver à terme une solution plus rentable s'agissant de l'immeuble de Tavannes, puisque l'appartement qu'elle occupe seule pourrait accueillir une famille"; en outre, "la dette hypothécaire grevant sa maison d'habitation lui a aussi servi à acquérir les immeubles de Court et, en cas de vente de ceux-ci, elle pourrait diminuer ses charges d'autant". Compte tenu de ces éléments et de l'art. 126 al. 3 CC qui permet de subordonner l'obligation de contribuer à l'entretien à certaines conditions, la cour cantonale aurait dû, selon le recourant, considérer qu'il ne pouvait être question d'une dépendance économique durable ou définitive de l'intimée et supprimer toute contribution d'entretien à la charge du recourant dès le moment où l'intimée aura atteint l'âge de la retraite. 4.2 Contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale n'a pas omis de prendre en considération, dans le calcul de la contribution à l'entretien de l'intimée après que celle-ci aura atteint l'âge de la retraite, de sa fortune respectivement des revenus qu'elle pourra en tirer. En effet, les juges cantonaux ont d'abord procédé à un calcul arithmétique qui ne tenait pas compte des possibilités qu'a l'intimée de mettre à terme davantage en valeur - dans une mesure impossible à chiffrer avec précision - sa fortune immobilière, soit en augmentant les revenus de ladite fortune, soit, le cas échéant, en entamant son capital. Considérant toutefois que le résultat auquel aboutissait ce calcul arithmétique (soit une contribution d'entretien de 487 fr. par mois) était trop sévère au regard précisément des possibilités qu'avait l'intimée de mettre à terme davantage en valeur sa fortune immobilière, ils ont ramené ex aequo et bono à 200 fr. la contribution qui permettra à l'intimée de pourvoir à son entretien convenable après sa retraite (cf. lettre C.d supra). Cette correction équivaut dans son résultat - en reprenant la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent, dont l'application n'est pas critiquable en soi dans les circonstances de la présente espèce (cf. arrêt non publié 5C.205/2001 du 29 octobre 2001, consid. 4c) - à imputer à l'intimée un revenu supplémentaire, tiré de la mise en valeur de sa fortune immobilière, de 574 fr. par mois. Sur le vu des éléments de fait contenus dans le jugement attaqué (cf. lettres C.b.c et C.b.e supra), qui lient le Tribunal fédéral (cf. consid. 2.1 supra), il n'apparaît pas que la cour cantonale ait omis de prendre en considération tous les éléments pertinents selon l'art. 125 al. 2 CC pour fixer la contribution qui permettra à l'intimée de pourvoir à son entretien convenable après sa retraite. Le maintien après cette date d'une (modeste) rente d'une durée indéterminée n'apparaît pas davantage contraire au droit fédéral.