Citation: 4A_656/2018 E. 3

En règle générale, d'après l'art. 330 CPC auquel renvoie l'art. 334 al. 2, 1re phrase CPC, une demande de rectification doit être soumise à l'adverse partie pour prise de position. En dérogation à cette règle, l'art. 334 al. 2, 2e phrase, CPC permet au tribunal de renoncer à cette démarche lorsque la demande porte sur des erreurs d'écriture ou de calcul. Il est incontesté que le dispositif originel de l'arrêt du 12 septembre 2017, avant rectification, ne correspondait pas à la décision réellement prise par la Cour de justice. Dans ce dispositif, l'expression correcte « X.________ Sàrl », voulue par la Cour d'après la motivation de l'arrêt, y était trois fois remplacée par l'expression incorrecte « B.________ Limited ». Il s'agissait typiquement d'une erreur d'écriture aux termes de l'art. 334 al. 2, 2e phrase, CPC. La Cour était donc textuellement autorisée à ne pas inviter la demanderesse à prendre position. Cette partie admet d'ailleurs, dans son mémoire de recours, que le droit d'être entendu doit être observé « sous réserve de la rectification de simples erreurs d'écriture ou de calcul ». A cela s'ajoute que dans l'examen de la demande de rectification, la Cour de justice n'avait certainement pas à prendre en considération des faits postérieurs à l'arrêt visé par cette demande, tels l'accord intervenu le 30 octobre 2018. Il s'imposait au contraire d'opérer la rectification qui était formellement requise et intrinsèquement nécessaire à la cohérence de l'arrêt. Une prise de position de la demanderesse n'aurait donc rien changé à l'issue de la procédure. Enfin, il n'est pas certain que l'accord intervenu le 30 octobre 2018 doive être interprété en ce sens que A.________ ait renoncé aussi au remboursement de frais et aux dépens de première instance qui lui étaient déjà alloués par un jugement, à savoir par l'arrêt du 12 septembre 2017. Dans l'affirmative, la rectification de ce même arrêt n'empêche en aucune manière la demanderesse, dans une éventuelle procédure d'exécution forcée, de faire valoir cet accord et la remise de dette qui en résulte (ATF 144 III 193 consid. 2.1 p. 195).