Citation: U 282/06 04.06.2007 E. A

O._________, né en 1967, a travaillé en qualité de project manager au service de S._______ SA jusqu'au 30 juin 2002. A partir du 1er juillet suivant, il a bénéficié d'indemnités de l'assurance-chômage. A ce titre, il était assuré contre les accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 18 juillet 2002, il a fait parvenir par l'intermédiaire de la Caisse cantonale genevoise de chômage une déclaration d'accident LAA pour les chômeurs en raison d'un événement survenu le 11 juillet 2002 au cours duquel l'intéressé, en déplaçant un carton de livres, avait subi une « déchirure des muscles du milieu du dos jusqu'au bas du dos ». Il a reçu les premiers soins le même jour à la Permanence X.________ SA. Les médecins de la permanence ont posé le diagnostic d'entorse du rachis lombaire; ils ont attesté une incapacité de travail de 100 pour cent dès le 11 juillet 2002 et prévu une reprise du travail à partir du 1er septembre suivant. Invité par la CNA à expliciter dans un questionnaire les circonstances de l'événement en question, l'assuré a répondu, le 22 août 2002: « I was lifting a box full of books and I felt pain in my back, ripping muscles/strain in back ». A la question de savoir s'il s'était passé quelque chose de particulier (coups, chute etc..), il a répondu: « Lifting box from floor to garbage bin + felt pain and injury on my back ». Cette version des faits a encore été confirmée lors d'un entretien téléphonique du 26 août 2002 avec un collaborateur de la CNA: l'assuré a affirmé qu'il n'y avait pas eu de chute et qu'il était clair pour lui que le fait de soulever un carton de livres était constitutif d'un accident. Par fax urgent transmis à la CNA le 27 août 2002, l'assuré est revenu sur les circonstances de l'accident en indiquant: « I was lifting a box of books to throw away in garbage (ca 10-15 kg) and I slipped and fell to the floor landing on my back. When I hit the floor I felt terrible pain in my middle and lower back and could barely walk ». La CNA a pris en charge le cas (traitement médical et indemnités journalières). L'assuré a recouvré sa capacité de travail à 100 pour cent dès le 1er septembre 2002. Le 6 février 2003, l'assuré a annoncé une rechute. Il a exposé que le 8 janvier 2003, il marchait normalement à N.________ et avait subitement tourné la tête en direction de quelqu'un qui l'appelait. Il avait alors ressenti les mêmes douleurs dorsales qu'en juillet 2002 et avait dû être transporté par ambulance à l'hôpital. Il a été suivi à N.________ par le docteur M.________, neurochirurgien, avant d'être rapatrié en Suisse. La CNA a pris en charge les conséquences de cette rechute. Le 19 août 2003, alors qu'il se trouvait au salon-bar de l'hôtel R.________, il a été agressé par un client de l'hôtel. Selon les déclarations de l'assuré, son agresseur lui a donné un coup de poing sur l'épaule, l'a giflé et précipité à terre avant de le frapper avec la boucle métallique de son ceinturon. Une imagerie par résonance magnétique lombaire (IRM) a été pratiquée le 23 septembre 2003. Cet examen a révélé, notamment, une discopathie avec dégénérescence discale à l'étage dorsal inférieur, de multiples irrégularités des plateaux vertébraux, une protrusion discale ostéophytaire en D10-D11, une même protrusion en D11-D12, une dégénérescence discale en L4-L5 avec hernie discale sous-ligamentaire, ainsi qu'une probable vertèbre de transition lombo-sacrée (rapport du docteur B.________ du 24 septembre 2003). Selon une attestation du docteur O.________ du 4 octobre 2004, l'agression a décompensé les lombalgies occasionnelles dont souffrait l'assuré et qui répondaient jusqu'alors bien à la physiothérapie simple. Dans deux appréciations médicales des 22 octobre 2004 et 17 janvier 2005, le docteur L.________, spécialiste FMH en chirurgie et médecin d'arrondissement de la CNA, a fait le point de la situation. Il a confirmé qu'à la date de la reprise du travail à partir du 1er septembre 2002, les conséquences délétères de l'événement du 11 juillet 2002 étaient totalement éteintes. Quant à l'IRM lombaire du 23 septembre 2003, elle n'avait révélé que des lésions de type dégénératif. Aucune lésion traumatique n'avait été mise en évidence. Par décision du 18 mars 2005, la CNA a considéré que la prise en charge des troubles annoncés en 2002 et au début de l'année 2003, était manifestement erronée, attendu que l'événement du 11 juillet 2002 ne revêtait pas les caractéristiques d'un accident. Elle a décidé de mettre un terme à toute prestation relative à cet événement et à ses suites au 15 mars 2005. Elle a toutefois renoncé à exiger le remboursement par l'assuré des prestations déjà versées en indiquant que cette question serait éventuellement réexaminée avec les assureurs concernés. La CNA a relevé, au demeurant, que l'appréciation du docteur L.________, fondée sur l'IRM lombaire pratiquée auparavant, montrait la présence d'un important état dégénératif et d'une hernie discale antérieure et, par voie de conséquence, l'absence de lésion à caractère traumatique. L'assuré a formé opposition. Par décision incidente du 28 juin 2005, la CNA a refusé de restituer l'effet suspensif à l'opposition. Par décision du même jour, elle a rejeté l'opposition formée par l'assuré contre la décision du 18 mars 2005.