Citation: I 596/03 19.08.2004 E. 2

Dans un deuxième moyen, le recourant allègue que la juridiction cantonale a violé le droit fédéral en confirmant la décision de suppression de rente par substitution de motifs; il conteste, en particulier, le fait que les conditions d'une reconsidération soient réalisées. En l'espèce, la juridiction cantonale a nié que les conditions de la révision de la rente à laquelle avait procédé l'office intimé fussent remplies, au motif que ni l'état de santé du recourant, ni sa situation économique ne s'étaient modifiés entre le moment de la décision initiale d'octroi de la rente et celle de la décision litigieuse. En revanche, elle a confirmé la décision de suppression de rente par voie de reconsidération, considérant que l'octroi d'une rente entière d'invalidité au recourant à partir du 1er décembre 1997 était manifestement erroné. Cette appréciation paraît être en contradiction avec l'expertise de la CRR, selon laquelle, dans une phase initiale, l'incapacité de travail de l'assuré était attribuable à des douleurs épitrochléennes gauches puis droites ayant un retentissement fonctionnel important chez un travailleur de force, expliquant une interruption de longue durée. D'après l'expertise, la capacité de travail de l'assuré avait d'ailleurs subi une réduction de 25 % au moins dès le 12 décembre 1996, pour fluctuer pendant deux ans, suite aux ténotomies et aux neurolyses des nerfs médians droit et gauche. On ne saurait dès lors conclure sans autre examen que la décision d'octroi de rente du 24 septembre 1998 était manifestement erronée. Ce point peut, toutefois, souffrir de rester indécis, dès lors que la cause n'est pas suffisamment élucidée pour que la suppression de la rente apparaisse justifiée que ce soit sous l'angle de la révision ou de celui de la reconsidération.