Citation: 4A_333/2021 E. 5.1

5.1. Les juges d'appel ont reproché à l'assuré de n'avoir pas établi la thèse du vol au degré de la vraisemblance prépondérante: il était tout aussi vraisemblable qu'il ait lui-même commandité le vol. A défaut de preuve du sinistre, la compagnie d'assurances n'avait pas à entrer en matière. En substance, les juges cantonaux se sont appuyés sur les informations données par M.________, qui concordaient avec les faits mis en lumière dans les diverses procédures. Ils ont pointé l'importance des détails factuels que le prénommé avait fournis au sujet de l'assuré et de sa propriété (apparence physique; configuration des lieux; présence des photos de la collection dans la remise, ainsi que des moules de [l'invention] rangés dans des caisses dépourvues d'inscription; présence du majordome - et origine de celui-ci - durant les vacances de fin d'année, puis absence lors des vacances pascales; manière de conduire de l'assuré; marques, modèles et couleurs des voitures stationnées dans le garage). Il ne pouvait détenir ces informations de la compagnie d'assurances, avec laquelle il n'avait entretenu aucun contact avant février 2009. En fin de compte, il n'avait pu apprendre tous ces détails que grâce à sa propre visite des lieux, ou par l'intermédiaire de N.________ ou de l'assuré lui-même. M.________ savait en outre que les enregistrements de la caméra de surveillance ne permettraient pas de remonter aux auteurs ni de fournir une quelconque information; or, ce fait connu du seul assuré et de son entourage s'était révélé exact. Qui plus est, l'assuré ne s'était pas montré des plus coopératifs durant la procédure, tant avec l'intimée qu'avec les autorités. Si ce n'est quelques démarches effectuées pour récupérer les photos auprès des anciens assureurs, il s'était d'abord refusé à répondre aux questions qui lui étaient posées. Il avait ensuite indiqué à la juge d'instruction qu'il s'opposait à ce que l'intimée participe à la procédure pénale française. Puis il avait affirmé à celle-ci que la juge d'instruction refusait de lui transmettre le dossier pénal, alors que cette magistrate avait autorisé l'intimée à se rendre à Paris pour consulter les objets retrouvés, sous réserve de l'accord de l'assuré qui ne l'avait jamais donné. L'assuré avait en outre prétendu ne pas avoir des doubles des photographies relatives aux objets d'art ayant disparu de la remise où elles étaient stockées. Or, d'après les déclarations de son fils, ces photos se trouvaient dans son bureau. Qui plus est, il avait soutenu avoir pris de nouvelles photos. Finalement, il fallait avoir égard au fait que les oeuvres d'art de l'assuré, aux dires des experts E1.________ et E2.________ - spécialiste en ethnologie pour l'Afrique et le Pacifique -, avaient subi une grande dépréciation depuis plusieurs années. Dès lors qu'elles étaient assurées à la "valeur agréée", correspondant au prix d'achat, l'assuré pouvait obtenir un montant plus important en déclarant ces oeuvres volées plutôt qu'en les vendant. L'assuré était à même de distinguer la valeur plus ou moins importante de ses biens, qu'il stockait dans la chambre forte de la villa pour les plus précieux d'entre eux, et dans la remise non sécurisée pour les autres. Il était en outre curieux que les voitures de collection parquées dans un garage dépourvu d'alarme n'aient pas été volées.