Citation: 1B_122/2018 E. 2.2

2.2. Le Juge des mineurs a notamment relevé que le médecin qui avait examiné le recourant à son arrivée à La Clairière avait constaté que celui-ci présentait des symptômes psychiques inquiétants (méfiance, persécution, hallucinations auditives et visuelles et froideur affective) faisant penser à un risque d'entrée dans la psychose. Le recourant avait déclaré entendre une voix alors qu'il se trouvait chez lui; après son arrivée à La Clairière, il aurait eu "des bruits bizarres dans sa tête", précisant qu'il avait cru voir une image alors qu'il donnait les coups de couteau. Il avait encore déclaré qu'il aurait agi pour reprendre sa place à la maison, l'une de ses soeurs ayant été hospitalisée après un burn-out, ce qui aurait accaparé l'attention de la famille. Le 18 janvier 2018, l'éducatrice sociale en charge de l'assistance personnelle du recourant s'est adressée au Juge des mineurs en indiquant qu'une observation à La Clairière lui paraissait judicieuse. Il est vrai que les motifs invoqués ont trait exclusivement à la protection du recourant, à la réorganisation de sa scolarité et de la vie familiale, soit des buts étrangers à une mesure d'instruction. Toutefois, il existe d'autres motifs à la base de la décision contestée. Dans son rapport du 1 er février 2018, les responsables de La Clairière indiquent qu'une médication avait été mise en place dans un premier temps et que l'évolution au fil des premiers jours montrait un jeune homme plus ouvert et plus apaisé. Toutefois, il fallait compter avec une opposition de la famille sous la forme d'objections en lien avec la prise en charge du mineur. La collaboration de la famille était peu investie et elle montrait de la méfiance à l'égard de l'établissement. Elle s'était ainsi opposée à la prise de médicaments, ce qui compromettait le début d'un travail éducatif et thérapeutique. En dépit de l'opposition familiale, le recourant se montrait réceptif, voire demandeur de l'aide proposée. Il profitait des effets de la mesure d'observation et il la comprenait comme adaptée aux circonstances. Le recourant perd ainsi de vue que ce n'est pas seulement une expertise psychiatrique qui a été ordonnée, et au demeurant non contestée. Une évaluation socio-éducative par le responsable pédagogique du foyer a également été demandée, afin d'apporter des éléments nécessaires au choix de la mesure à ordonner. Il s'agit assurément d'une mesure d'instruction, et celle-ci ne serait pas envisageable hors d'un cadre fermé puisqu'il implique une observation au jour le jour du comportement du recourant avec les membres de l'institution, les autres jeunes voire les membres de sa famille. Le fait que cette dernière manifeste de la défiance, voire de l'opposition envers l'institution, serait susceptible de compliquer, voire de compromettre une observation réalisée en milieu ouvert. Dès lors que la mesure ordonnée par le Juge des mineurs répond à une nécessité de l'instruction, il est indifférent du point de vue de la base légale que d'autres motifs relevant de la protection du mineur puissent également être retenus. Ceux-ci peuvent en revanche être pris en considération sous l'angle de la proportionnalité.