Citation: 1C_238/2023 E. 5

Les recourants reprochent enfin à l'autorité cantonale de ne pas avoir procédé à une pesée des intérêts en présence ni appliqué le principe de proportionnalité alors même que la planification projetée générera une expropriation matérielle. Les recourants se contentent de souligner que l'autorité intimée aurait dû procéder à la pesée des intérêts en question, dès lors que le projet offre un accès à la parcelle no 4318 qui n'en disposait pas jusqu'alors. Excepté le fait qu'il s'agit précisément du but poursuivi par l'élaboration d'un plan spécial d'équipement, les recourants se réfèrent au principe de l'intérêt public et de la proportionnalité, sans étayer leurs griefs de façon conforme aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. Au demeurant, la cour cantonale a expliqué de façon circonstanciée les motifs de l'emplacement du chemin piéton, de la desserte routière et de la place de rebroussement. Elle a indiqué que la forme allongée du secteur et l'accès possible uniquement par le Sud imposait d'équiper le périmètre du plan avec une desserte centrale, malgré la largeur assez faible de ce secteur, les accès pour les zones à bâtir devant être réalisés en zone à bâtir. Elle a également souligné que, compte tenu des particularités de la forme du plan spécial, il se justifiait de prévoir une largeur de la route de 3 m, à savoir le minimum légal (cf. art. 6 al. 3 de l'ordonnance cantonale sur les constructions et l'aménagement du territoire du 3 juillet 1990 [OCAT; RS/JU 701.11]), largeur qui permet d'être praticable en cas de croisement. A l'extrémité, une place plus large a été proposée afin de permettre des manoeuvres pour le rebroussement des véhicules légers. Les recourants ne peuvent ainsi reprocher à l'autorité de ne pas avoir déterminé l'équipement de la parcelle sur la base d'un intérêt public pertinent tout en tenant compte des intérêts privés de chacun des propriétaires et en procédant à une pesée desdits intérêts. Quant aux questions relatives à l'obligation d'indemnisation et aux conditions d'expropriation, elles n'ont pas, comme l'ont souligné les recourants eux-mêmes, à être traitées dans la présente procédure.