Citation: 6B_640/2008 12.02.2009 E. 2

Dans un second moyen, le recourant reproche aux juges cantonaux de n'avoir pas fait application de l'art. 177 al. 2 CP en ce qui concerne la plainte de A.________. 2.1 Cette disposition permet au juge d'exempter l'auteur d'une injure de toute peine si l'injurié a directement provoqué l'injure par une conduite répréhensible. Il s'agit, là encore, d'une faculté, non d'une obligation (ATF 109 IV 39 consid. 4b in fine p. 43). Le juge peut ou non exempter l'auteur de toute peine. Il peut aussi se borner à atténuer cette dernière. Il dispose à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation, que le Tribunal fédéral ne sanctionne qu'en cas d'abus. Le juge ne peut faire usage de la faculté que lui réserve l'art. 177 al. 2 CP que si l'injure a consisté en une réaction immédiate à un comportement répréhensible de l'injurié, lequel peut consister en une provocation ou en tout autre comportement blâmable. Ce comportement ne doit pas nécessairement viser l'auteur de l'injure; une conduite grossière en public peut suffire (ATF 117 IV 270 consid. 2c p. 173; 83 IV 151). La notion d'immédiateté doit être comprise comme une notion temporelle, en ce sens que l'auteur doit avoir agi sous le coup de l'émotion provoquée par la conduite répréhensible de l'injurié, sans avoir eu le temps de réfléchir (ATF 83 IV 151; cf. aussi Franz Riklin, Strafbare Handlungen gegen die Ehre und den Geheim- oder Pivatbereich, in Basler Kommentar, Strafrecht II, 2ème éd. Bâle 2007, art. 177 CP, n° 17). 2.2 En l'espèce, le recourant n'impute pas un comportement provocateur spécifique à A.________. L'arrêt attaqué ne constate pas non plus un tel comportement de la part de ce dernier, mais explique les injures proférées par un profond sentiment d'injustice éprouvé par le recourant à la suite de diverses décisions de police du commerce prises par la municipalité dont A.________ est le syndic. Quelle que soit la pertinence des griefs du recourant quant à ces décisions administratives, l'irritation qu'il a pu concevoir envers des membres de la municipalité ne se trouvait pas dans le rapport d'immédiateté exigé par la jurisprudence pour excuser les injures formulées à l'encontre de A.________, notamment en sa qualité de syndic. L'art. 177 al. 2 CP ne pouvait donc trouver application. Le présent grief est dès lors également infondé.