Citation: 8C_646/2023 E. 5.1

5.1. Concernant le caractère accidentel de la manipulation physiothérapeutique du 8 juillet 2020 (et éventuellement de celles qui ont suivi), les premiers juges ont considéré que, selon les déclarations du physiothérapeute D.________, la recourante lui avait été adressée pour une instabilité ulnaire bilatérale, raison pour laquelle il avait pratiqué un traitement neuro-méningé durant lequel la nuque était restée protégée et le visage calé dans la partie haute de la table de traitement. Le traitement avait consisté en des exercices de mobilisation active du rachis cervical par des mouvements postéro-antérieurs sur les facettes articulaires. Les juges cantonaux ont constaté que ces éléments n'étaient pas contestés par la recourante. Ils ont estimé qu'un tel traitement ne s'écartait pas considérablement de l'usage médical et ne comportait pas non plus de risques inhabituels. Il n'y avait par ailleurs pas d'indices d'une erreur de traitement ou d'un comportement irrégulier du physiothérapeute, et les allégations de la recourante selon lesquelles les manipulations au niveau des cervicales auraient été prodiguées avec une force telle que plusieurs vertèbres auraient été déplacées ou atteintes n'étaient pas corroborées par des éléments objectifs. Le fait que la recourante souffrait d'hyperlaxité et serait de petit gabarit n'y changeait rien. Même si tel avait été le cas, les actes décrits par la recourante ne sauraient être considérés comme résultant d'une confusion ou d'une méprise grossière et extraordinaire, si bien qu'ils ne représentaient pas un évènement répondant à la notion d'accident. Était frappante aussi la longue période entre l'évènement du 8 juillet 2020 et la consultation initiale du 27 août 2020 du docteur E.________, ce d'autant plus que, dans l'intervalle, la recourante était partie en vacances et avait poursuivi ses séances auprès du même cabinet de physiothérapie. Cela indiquait qu'elle n'avait pas accordé une grande importance à l'évènement du 8 juillet 2020 et était un indice supplémentaire en défaveur du caractère inhabituel. Dès lors que l'une des conditions de la notion d'accident faisait défaut, l'évènement ne pouvait pas être qualifié d'accident, et le recours devait être rejeté pour ce seul motif.