Citation: 2A.550/2003 21.11.2003 E. 2

En l'espèce, à supposer même qu'une libération conditionnelle, susceptible de survenir en 2008, permette de différer l'expulsion pénale, voire d'y renoncer par la suite (cf. art. 55 al. 2-4 CP), une expulsion administrative serait de toute façon justifiée (cf. ATF 129 II 215 consid. 3.2; 125 II 105 consid. 2; 124 II 289 consid. 3). Il en va de même dans l'hypothèse où l'expulsion pénale serait remise par voie de grâce, moyen auquel le recourant projette d'ores et déjà de recourir. D'une part, le recourant réalise un motif d'expulsion administrative, puisqu'il a été condamné pour crime par une autorité judiciaire (cf. art. 10 al. 1 lettre a LSEE). D'autre part, son expulsion administrative respecte le principe de la proportionnalité. Le recourant a été condamné à quinze ans de réclusion pour meurtre, plus précisément pour avoir étranglé son épouse et mère de ses enfants. La nature de l'infraction, ainsi que la quotité de la peine, démontrent que la faute commise est extrêmement grave et que son auteur constitue une menace particulièrement importante pour l'ordre et la sécurité publics (ATF 125 II 105 consid. 3a, 521 consid. 4a; 120 Ib 129 consid. 5b). Dans ces conditions, l'intérêt privé du recourant à entretenir d'éventuels contacts en Suisse avec ses enfants doit céder le pas devant l'intérêt public prépondérant à éloigner l'intéressé de notre pays. Par ailleurs, le prononcé attaqué ne heurte pas davantage l'art. 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH; RS 0.101), qui protège le droit à la vie familiale, dès lors que l'expulsion incriminée respecte le principe de la proportionnalité exigé par cette disposition (cf. ATF 129 II 215 consid. 4.1).