Citation: 2D_40/2020 E. 4

La qualité pour former un recours constitutionnel subsidiaire suppose toutefois un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée (art. 115 let. b LTF). La recourante, qui ne peut se prévaloir de l'art. 30 LEI, ni invoquer de manière indépendante l'interdiction de l'arbitraire, n'a pas une position juridique protégée lui conférant la qualité pour agir au fond sous cet angle (ATF 133 I 185). Même si elle n'a pas qualité pour agir au fond, la recourante peut se plaindre par la voie du recours constitutionnel subsidiaire de la violation de ses droits de partie équivalant à un déni de justice formel (cf. ATF 129 I 217 consid. 1.4 p. 222), pour autant qu'il ne s'agisse pas de moyens ne pouvant être séparés du fond (cf. ATF 133 I 185 consid. 6 p. 197 ss). Or, les griefs de violation du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) et du droit à une composition correcte de l'autorité (art. 30 al. 1 Cst.) soulevés par la recourante sont fondés sur la prémisse que la Cour de justice aurait opéré un revirement de sa jurisprudence en matière de cas d'extrême gravité (art. 30 al. 1 let. b LEI), sans le motiver, sans permettre à l'intéressée de se déterminer et de produire des preuves à ce sujet et sans statuer dans la composition correcte prévue dans ces cas. Ces griefs ne peuvent pas être séparés du fond. En effet, en cas d'admission, cela reviendrait à devoir examiner la situation de la recourante sous l'angle de l'art. 30 LEI et à se pencher sur l'application faite par la Cour de justice de cette disposition, ce qui - comme exposé ci-avant - est précisément exclu.