Citation: 4A_268/2021 E. 4.2

4.2. La recourante a allégué en procédure que la demanderesse " (avait) également admis que 10 % de ses montants facturés au maître de l'ouvrage écherrait à A.________, respectivement à la défenderesse " (cf. allégué 56 de la réponse) et se proposait d'en apporter la preuve par témoins. La demanderesse a contesté cet allégué dans sa réponse sur la demande reconventionnelle. Deux personnes ont été entendues sur l'allégué 56, à savoir K.________, employé de la recourante, en qualité de témoin, et A.________, en qualité de partie (cf. ordonnance de preuves du 7 juin 2013; complément d'office sur la base du dossier). De son côté, l'intimée avait allégué ce qui suit dans son mémoire de demande (complément d'office sur la base du dossier; la détermination de son adverse partie étant évoquée entre crochets, par référence à sa réponse) : Al. 15: " La Direction des travaux a établi le 21 novembre 2011 un décompte final reprenant le montant de la facture finale de la demanderesse et déduisant soudainement un rabais de 25,5 % " (cf. sa demande) [" Admis indivisiblement qu'il était prévu avec la direction des travaux et avec les sous-traitants, y compris la demanderesse, un rabais de 25,5 % "]. Al. 16: " Or, la soumission du 6 septembre 2010 ne prévoyait qu'un rabais de 5 % " [" Rapport soit à la pièce, qui ne fait pas état de l'entier des accords trouvés "]. Al. 17: " C'est ce rabais de 5 % qui a été admis par la demanderesse dans ses factures du 23 septembre 2011 " [" A tort; le rabais convenu était de 25,5 % "]. Al. 18: " En aucun cas, la demanderesse n'a admis un rabais de 25,5 % " [« contesté »]. L.________, à savoir l'associé gérant président de la société demanderesse, a été interrogé - comme partie (art. 191 CPC) - à la requête de la demanderesse elle-même sur l'allégué 18 lors de l'audience du 11 septembre 2013 (complément d'office sur la base du dossier; cf. ordonnance de preuve du 7 juin 2013). Il a déclaré: " C'est exact. Mon père et M. A.________ sont convenus oralement d'un rabais de 10 %. C'est au stade de la facture finale, corrigée par l'architecte, qu'est apparu le rabais de 25,5 %; la demanderesse n'a jamais consenti à un tel rabais. " (cf. procès-verbal d'interrogatoire du prénommé, p. 13). Cela étant, L.________ n'était pas interrogé sur l'allégué 56 de la réponse de la recourante, allégué par ailleurs explicitement contesté par l'intimée. La défenderesse ne prétend d'ailleurs pas le contraire. Il n'est donc pas possible de retenir que, par cette déclaration, la demanderesse a reconnu que ce rabais de 10 % vaudrait sur les montants facturés au maître de l'ouvrage. Les allégués de la demanderesse, quant à eux, n'offrent aucune indication sur les contours dudit rabais. L.________ faisait-il référence à celui concédé au maître de l'ouvrage ou à celui dont bénéficiait la défenderesse ? Il est permis d'hésiter. L'intimée avait connaissance de la soumission initiale de la recourante - ceci a été constaté par la cour cantonale - mais pas nécessairement du rabais conséquent (25,5 %) que la recourante a octroyé ultérieurement pour se voir adjuger les travaux. Le rabais de 10 % - à supposer que l'intimée l'ait accordé à la recourante - était-il lié au prix des travaux connu de la demanderesse et vaudrait-il également si sa marge était réduite par le jeu du rabais conséquent octroyé au maître de l'ouvrage? Là également, il est permis d'en douter. Aussi est-il excessivement compliqué de construire une quelconque admission sur le fondement d'une phrase aussi laconique. La cour cantonale y a certes vu un aveu judiciaire, mais elle a souligné parallèlement que la base de calcul demeurait indéterminée. Autant dire que cet aveu n'amène rien de concret (on ne sait pas à combien se monte le rabais) et qu'il est hasardeux de se lancer dans des hypothèses, que la recourante n'appréhende pas exhaustivement, pour reconstituer le chaînon manquant. Dans le doute, c'est à bon droit que la cour cantonale a appliqué les règles sur le fardeau de la preuve et estimé que la recourante n'avait pas démontré les éléments de fait allégués au ch. 56 de sa réponse. Quant à l'expression « rétrocession » utilisée par la cour cantonale, elle ne prête pas à conséquence et c'est d'ailleurs la recourante elle-même qui la lui a soufflée dans ses écritures. Le Tribunal fédéral ne décèle pas de violation du droit fédéral, singulièrement pas de l'art. 18 CO, dans ce volet de l'arrêt cantonal. Le grief est donc mal fondé.