Citation: 1P.665/2006 24.10.2006 E. 3

Le recourant ne remet pas en cause la base légale sur laquelle repose la détention préventive et il renonce expressément à soumettre au Tribunal fédéral la question des soupçons de culpabilité. Il nie cependant l'existence d'un risque de fuite. 3.1 Le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence citée). La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67). 3.2 En l'espèce, la Chambre pénale a considéré que la perspective d'une peine sensiblement inférieure à sept ans et demi, à laquelle le recourant croyait encore aux débats, s'amenuisait considérablement. Vu cette situation nouvelle, elle a estimé que l'absence de fuite jusqu'à ce jour, la perte d'une caution payée par un emprunt familial non remboursé et même les liens qui l'attachaient à sa femme et à ses deux enfants n'étaient plus déterminants pour apprécier le risque de fuite. La peine de neuf ans de réclusion apparaissait donc comme un indice concret de fuite.