Citation: 1C_233/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale, qui a procédé à une inspection locale, a exposé de manière détaillée les motifs pour lesquels le projet était insolite et constituait - à suivre son appréciation - un exemple trop brutal de densification par rapport à l'environnement bâti immédiat. Elle a notamment constaté que le bâtiment et les accès extérieurs projetés occupaient la quasi-totalité de la parcelle, en violation des règles sur le CUS. Vu son volume et sa conception architecturale insolite, le projet présentait un véritable problème d'intégration dans l'environnement bâti immédiat qui était caractérisé par une structure bâtie uniforme, claire et bien conservée, marquée par des constructions à la volumétrie orthogonale et simple. Ainsi, les villas construites de part et d'autre du bras secondaire du chemin du Creux-de-Corsy (qui se termine en cul-de-sac au bas de la parcelle n° 3703) suivaient toutes le sens de la pente et étaient coiffées de toits à tuiles à deux pans orientés est/ouest. Les parcelles accueillant ces villas étaient par ailleurs pourvues de vastes jardins arborisés, tout comme la parcelle n° 3703 disposant actuellement d'un jardin de 1'100 m2. Par son volume et sa forme complexe, le bâtiment projeté, qui s'étalait sur toute la longueur et la largeur de la parcelle, formerait selon la cour cantonale un contraste saisissant avec les villas environnantes et ne laisserait pratiquement plus aucune place aux espaces verts. La cour cantonale a relevé que l'aspect massif de la construction et son manque d'intégration avaient également été relevés par plusieurs membres (dont des architectes) de la Commission consultative de la Commune de Lutry (CCU). Elle a relevé que si un autre secteur délimité au nord par le chemin de Pontfilet et au sud par les voies des CFF était composé de bâtiments hétéroclites, de forme et de volume variés, ce n'était toutefois pas le cas du secteur proche, dans lequel se trouvait la parcelle n° 3703, qui était constitué de bâtiments de dimensions nettement plus modestes que le bâtiment projeté. Le Tribunal cantonal a, sur la base des ces éléments, considéré que l'appréciation de la municipalité sur l'esthétique et l'intégration du bâtiment projeté dans le cas particulier n'était pas soutenable au vu des circonstances locales.