Citation: 4A_490/2021 E. A

A.a. La société... SA, désormais Z.________ SA, est statutairement vouée à fournir des services en matière de correspondance. Dans le cadre d'un premier contrat de sous-traitance, elle s'était chargée d'assurer le service interne de poste et de messagerie pour l'entreprise C.________ SA à XX (VD). C.________ SA et la société qui avait délégué l'exécution de ces prestations à Z.________ SA ont mis fin à leur relation pour le 1er août 2014. La première a trouvé une nouvelle partenaire en la société A.________ AG. Il a été convenu que Z.________ SA continuerait d'oeuvrer en sous-traitante, désormais pour le compte d'A.________ AG. Ces deux dernières se sont attelées à formaliser leur relation et ont entamé des négociations en ce sens au mois de juillet 2014. Elles ont ainsi élaboré un contrat-cadre et une annexe "SLA" ( Service Level Agreement) qui ont recueilli leur accord le 4 août 2014. Contrairement à ce qui avait été prévu, ces documents n'ont pas été signés par les représentants autorisés des deux parties (cf. infra let. B.b). En substance, la sous-traitante Z.________ SA s'obligeait à prendre en charge, dans les locaux de C.________ SA, le courrier entrant livré par La Poste Suisse ou par d'autres entreprises de courrier. Elle devait le distribuer dans cette société selon un horaire et un mode établis par l'annexe "SLA". Elle devait aussi collecter le courrier sortant, le traiter - affranchir les lettres, apposer un code-barres sur les colis - puis le remettre à La Poste. Enfin, elle devait collecter, traiter et distribuer le courrier interne d'après un protocole établi. Selon l'art. 8.1 du contrat-cadre, Z.________ SA s'engageait à accomplir "ses prestations contractuelles dans la qualité et la quantité convenues, dans les délais fixés et aux lieux prévus. Ell[e] garantisss[ai]t une sélection méticuleuse d'un personnel compétent possédant le savoir-faire nécessaire". Elle devait remédier aux défauts constatés dans les 30 jours, faute de quoi elle s'exposait à une réduction de sa rémunération. Une performance minimale de 95% en moyenne mensuelle était attendue d'elle (art. 4 de l'annexe "SLA"). Pour accomplir ses tâches, elle devait dépêcher quatre employés couvrant 3,5 postes. Les parties avaient renoncé à un poste supplémentaire pour réduire les coûts. En contrepartie, A.________ AG verserait une rémunération forfaitaire annuelle de 385'600 fr. Une rubrique intitulée "Confidentialité, protection et sécurité des données" imposait aux parties de traiter confidentiellement les informations, à moins qu'elles ne fussent connues du public ou librement accessibles. Les dispositions relatives au secret postal étaient applicables (art. 10.1 du contrat). L'art. 12 réglait ainsi la "Durée du contrat": "12.1 Le présent contrat[-]cadre prend effet au 1er août 2014 et se termine le 31 juillet 2019. 12.2 Chaque partie peut en tout temps résilier avec effet immédiat le présent contrat ou [l'annexe] pour justes motifs, notamment en cas de violation fautive, grave ou répétée de ceux-ci, ou en cas d'incapacité de paiement de l'autre partie." L'annexe réglait le niveau de service à atteindre. Dès le lundi 4 août 2014, quatre employés de Z.________ SA ont travaillé sur le site de C.________ SA où ils ont assuré le service interne de poste et de messagerie. A.________ AG a rémunéré Z.________ SA au prix prévu, soit 385'600 fr. par an. A.b. Le 19 septembre 2014, A.________ AG a demandé à Z.________ SA de réduire à deux ans la durée de leur contrat. L'intéressée s'en est étonnée et a répondu qu'elle "ne pouv[ait] accepter une offre de modification de la durée du contrat". A.c. L'année suivante, soit le 31 août 2015, A.________ AG a déclaré résilier le contrat-cadre et l'annexe pour le 31 décembre 2015. Invoquant de "justes motifs" au sens de l'art. 12 al. 2 du contrat, elle arguait du fait que sa cliente C.________ SA avait décidé de réorganiser "ses activités courrier" en Suisse romande, tout en précisant que la résiliation n'était "en aucun cas liée à une mauvaise prestation" de Z.________ SA. Peu après, cette dernière a accusé réception de la missive et indiqué qu'à son sens, la réorganisation de C.________ SA ne constituait pas un juste motif de résiliation. Le 26 octobre 2015, Z.________ SA s'est encore opposée au procédé en annonçant qu'elle agirait "par la voie légale" pour obtenir réparation de son dommage et qu'elle licencierait les employés concernés pour éviter de faire accroître le préjudice. Les parties se sont entendues pour que A.________ AG réengage au 1er janvier 2016 les employés de Z.________ SA qui travaillaient sur le site de C.________ SA. En revanche, elles ont campé sur leur position quant à la résiliation.