Citation: 1C_334/2024 E. 3.2

3.2. Les recourants prétendent que le modèle choisi par le canton de Vaud dans la mesure A11 de la planification directrice serait purement théorique, qu'il ne résisterait pas à la réalité et violerait par conséquent l'art. 15 LAT; s'appuyant encore sur la prétendue pénurie de logements que connaîtrait la commune de Gilly, ils concluent, au terme d'un raisonnement lapidaire, que la zone à bâtir communale ne serait pas surdimensionnée. Il est toutefois rappelé que la jurisprudence a déjà eu l'occasion de confirmer la méthodologie de dimensionnement des zones à bâtir fondée sur des plafonds de population à un horizon donné par type d'espace ou de centre cantonal préconisée par la mesure A11 du PDCn (cf. arrêt 1C_218/2020 du 23 juillet 2021 consid. 2.1 et 2.2). Par ailleurs, la question de la prétendue pénurie de logements est ici sans pertinence: il ne s'agit pas en l'espèce - contrairement au cas de figure de l'arrêt 1C_190/2020 du 9 février 2021 cité par les recourants - de déterminer, dans le cadre d'un contrôle incident, si un projet de construction concret est susceptible d'aggraver la situation de surdimensionnement, singulièrement de compromettre la révision future du plan de zones et un redimensionnement conforme (cf. arrêt 1C_190/2020 précité consid. 3.2.2.2), mais bien de réviser la planification d'affectation selon la mesure A11, dont l'application ne tient pas compte de ce critère. D'ailleurs, à la supposer établie (cf. consid. 2.2 ci-dessus), la pénurie de logements, respectivement le faible taux de vacances, ne permet en tant que tel pas de déduire que les pronostics d'évolution démographique à l'horizon 2036 seraient erronés. Il n'y a ainsi pas lieu de revenir sur le dimensionnement de la zone à bâtir communale établi par les autorités cantonales (surcapacité d'accueil de 170 habitants à l'horizon 2036 malgré les mesures prises dans la planification litigieuse).