Citation: 4C.264/2002 25.08.2003 E. A

Par contrat du 4 novembre 1998, Y.________ SA a remis à bail à X.________ SA un terrain d'environ 1100 m2 situé à Z.________ et destiné au stockage de matériaux divers. Le loyer annuel était fixé à 15'000 fr. Le contrat a été conclu pour une année à partir du 1er décembre 1998; sauf résiliation signifiée trois mois à l'avance, il se renouvelait ensuite pour une année, puis de trois mois en trois mois. En mai 1999, la bailleresse a autorisé X.________ SA à construire un enclos sur le terrain loué. Par courrier du 10 juin 1999, elle informait la locataire que d'autres locataires de la parcelle et des voisins plus éloignés s'étaient plaints de la forte poussière dégagée lors de la manutention de déchets de bois entreposés sur le site; elle l'invitait à apporter au plus vite les modifications nécessaires afin que les voisins ne soient plus incommodés par son activité et lui rappelait son obligation d'obtenir une autorisation officielle pour la construction et le rehaussement de l'enclos. X.________ SA a répondu que son activité, clairement précisée lors de la conclusion du bail, générait immanquablement des poussières; elle précisait par ailleurs avoir pris des mesures pour diminuer les nuisances et déposé une demande d'autorisation de rehausser le mur de l'enclos à quatre mètres. Par lettre recommandée du 26 août 1999, Y.________ SA a mis un terme au contrat pour l'échéance du 30 novembre 1999; elle invoquait les demandes de dédommagement pour perte d'exploitation que deux locataires voisins lui avaient adressées ainsi que l'absence d'efficacité des mesures adoptées par la locataire pour éviter les nuisances. X.________ SA a saisi la Commission de conciliation en matière de baux et loyers. Le 9 mai 2000, les parties ont signé devant la Commission un procès-verbal au terme duquel la bailleresse, pour avoir ignoré l'exigence de la formule officielle à l'époque de la résiliation du bail, retirait le congé du 26 août 1999. Dans l'intervalle, par avis officiel du 26 novembre 1999, Y.________ SA avait résilié le bail pour le 29 février 2000, toujours en raison des nuisances provoquées par la locataire.