Citation: 6B_1010/2023 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a relevé que le recourant s'était rendu coupable de violation d'une obligation d'entretien entre février et mars 2015, puis entre le 1er décembre 2015 et le 31 mars 2020. Concernant la nature de la peine, elle a constaté l'inefficacité des précédentes peines pécuniaires prononcées, que celles-ci aient été fermes ou assorties du sursis. Par ailleurs, seule une peine privative de liberté entrait en ligne au regard de la culpabilité du recourant. S'agissant de la quotité de la peine, la culpabilité du recourant était très lourde. Il se trouvait en situation de récidive spéciale. Ses agissements illicites s'étaient déroulés sur de nombreuses années et le montant total des arriérés impayés était impressionnant. Il avait agi de manière délibérée, faisant preuve d'un égoïsme et d'un mépris total pour ses obligations résultant du droit de la famille. Sa manière d'inverser sans cesse les rôles et de se faire passer pour la victime étaient détestables. Les décisions judiciaires rendues à son encontre et les condamnations prononcées, ainsi que les jours passés en détention préventive, n'avaient eu aucun effet sur lui. A décharge, la cour cantonale a pris en compte les troubles psychiatriques du recourant qui rendaient pour lui difficile de sortir de son mode de fonctionnement et de se remettre en question, ce qui justifiait une légère diminution de responsabilité pour retenir en définitive que sa culpabilité est lourde. C'était dès lors une peine privative de liberté de 12 mois, en lieu et place des 15 mois fixés par les premiers juges, qui devait sanctionner le comportement délictuel du recourant, la peine étant partiellement complémentaire à celle prononcée le 31 mars 2015 par le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de La Côte. La cour cantonale a considéré que le pronostic était défavorable. Le recourant avait déjà été condamné à trois reprises. Il violait ses obligations d'entretien depuis 2013 et les peines prononcées à son encontre n'avaient aucun effet sur lui. Deux précédentes condamnations concernaient déjà le même chef d'accusation. Le recourant ne faisait pas les efforts que ses enfants étaient en droit d'attendre de lui, renonçant à percevoir des indemnités chômage ou à demander des subsides pour son assurance maladie. Enfin, s'agissant de la révocation du sursis accordé le 1er février 2016, la cour cantonale a relevé que le recourant avait déjà subi 139 jours de détention préventive dans le cadre de sa première condamnation. Dans ces circonstances, on ne pouvait retenir que le prononcé de la peine sanctionnant les faits de la présente cause, soit une peine privative de liberté ferme, aurait un effet dissuasif suffisant sur l'intéressé. Il convenait par conséquent de confirmer la révocation du sursis qui lui avait été accordé par le Tribunal de police de l'arrondissement de La Côte le 1er février 2016.