Citation: 5A_648/2020 E. 3.1

3.1. La recourante reproche aux juges cantonaux d'avoir fait fi de la maxime inquisitoire pourtant applicable de manière illimitée dans le cas d'espèce et de s'être fondée sur de simples apparences pour retenir que la capacité de coopération entre les parties était suffisante pour instaurer une garde alternée. Or, lors de son audition par le tribunal de première instance le 30 août 2019, elle avait qualifié le dialogue entre les parents de " très tendu ", précisant même qu'elle avait la " boule au ventre " lorsque son mari venait chercher ou ramener l'enfant. Dans son appel, elle avait relevé que la communication était quasiment inexistante entre les parents et que leurs rencontres débouchaient sur des disputes, lors desquelles l'intimé exerçait des violences physiques à son encontre. Sur la base de ces déclarations, la Cour suprême ne pouvait se contenter de relever qu'il ne semblait pas y avoir de frein à la mise en place d'une garde alternée. Elle devait au contraire instruire cet aspect du dossier pour disposer de tous les faits pertinents nécessaires à déterminer si le conflit invoqué par la recourante était suffisamment marqué pour faire obstacle à la garde alternée. Cela valait d'autant que l'absence de consentement de l'un des parents à une garde alternée laissait présager qu'ils auraient du mal à trouver un accord sur les questions importantes concernant l'enfant et rencontreront des difficultés futures dans la collaboration entre eux. La Cour suprême avait également appliqué arbitrairement la maxime inquisitoire dans l'examen du critère de la disponibilité de chaque parent pour s'occuper personnellement de l'enfant. En effet, depuis l'introduction de la procédure, elle avait dû renoncer à l'un de ses emplois à temps partiel pour des raisons médicales. Depuis le 13 janvier 2020, elle ne travaillait donc plus que le mercredi après-midi en qualité d'enseignante, de sorte qu'elle était en mesure de s'occuper de son fils quatre jours et demi par semaine. L'intimé qui travaillait quant à lui à temps complet à cent kilomètres environ de son domicile n'avait aucune disponibilité en journée durant la semaine pour son enfant et devait en conséquence le confier aux bons soins de tierces personnes du mercredi midi au vendredi soir. La Cour suprême avait en outre apprécié arbitrairement la situation en jugeant qu'il n'était pas établi que la plus grande disponibilité de la recourante pour l'enfant perdurerait. En effet, si son incapacité de travailler à plus de 30% n'était pas permanente, elle n'aurait pas engagé une procédure de révision de sa rente AI, fait qu'elle avait d'ailleurs rendu suffisamment vraisemblable. La cour cantonale aurait donc dû à tout le moins instruire la question de la disponibilité des parents en application de la maxime inquisitoire. La cour cantonale avait également omis arbitrairement de prendre en compte un fait essentiel à savoir que l'enfant serait scolarisé à U.________ dès le 17 août 2020, de sorte que l'intimé ne pourrait plus le confier à une maman de jour ou à ses parents à V.________, lieu où il travaille, les mercredis et un jeudi sur deux. L'enfant devrait donc systématiquement être placé dans une structure d'accueil tous les jours où l'intimé en avait la garde. Il fréquenterait ainsi l'accueil déjà tôt le matin pour que son père puisse se rendre à son travail qui se situe à 100 kilomètres de son domicile puis pour y manger à midi et y passer toute l'après-midi, ce qui n'était pas adéquat pour un enfant de son âge, ce d'autant qu'elle était elle-même disponible pour s'en occuper personnellement et qu'elle était domiciliée à cinquante mètres de l'école. L'enfant se sentirait de ce fait trahi et abandonné par sa mère, ce qui ne serait pas tolérable. Force était dès lors de constater que l'instauration de la garde alternée ne servait en l'espèce pas le bien de l'enfant.