Citation: 4A_531/2020 E. 7.4

7.4. Le mandant a certes émis le souhait que le devis de septembre 2014 soit ramené de 879'029 fr. à 850'000 fr., mais il s'est gardé d'indiquer quels postes devraient être diminués. Il n'a pas non plus exigé des architectes qu'ils lui soumettent une nouvelle estimation respectant ce cadre, ce qui lui aurait permis de voir quels postes seraient supprimés et de valider ces modifications. En mars 2015, il s'est contenté de pointer le coût d'aménagement de sa chambre en proposant des meubles Ikea, afin de "compenser la plus-value du gros oeuvre" qu'il n'a pas remise en cause en tant que telle. Le devis actualisé affichait une réduction de 33'664 fr. sur le poste "menuiserie intérieure", mais il accusait des hausses sur d'autres postes. Même s'il indiquait un total erroné de 879'029 fr. au lieu de 905'942 fr., il révélait que la prétendue limite de 850'000 fr. était toujours dépassée. Qui plus est, le devis mentionnait les variations sur les différents postes et une variation totale de 24'919 fr. 74, dont il était aisé de constater qu'il s'agissait d'une hausse, si l'on prenait simplement la peine de confronter le devis actualisé au premier devis. Dans la procédure cantonale, le mandant ne s'est d'ailleurs pas plaint de cette erreur de total (arrêt attaqué, p. 5 let. d/f). Il a certes réexprimé le souhait de contenir les travaux dans la limite de 850'000 fr. en proposant la suppression de deux postes censés permettre d'aboutir à ce résultat. Comme l'a expliqué la cour cantonale sans s'attirer de critiques, ces suggestions n'étaient pas pertinentes, et le recourant n'a pas fait signe d'accepter d'autres réductions. Il n'a pas relancé les architectes à qui il avait demandé d'établir un nouveau devis intégrant les corrections prescrites. A cela s'ajoute qu'il a admis avoir commandé 18'383 fr. 20 de travaux de charpente supplémentaires sans se soucier de savoir si ce montant s'inscrivait dans la prétendue limite de 850'000 fr. Il a laissé les travaux aller de l'avant et a payé sans protestation tous les bons de paiement et factures des entrepreneurs et des architectes jusqu'en décembre 2015, date à laquelle il a refusé de payer aux architectes un solde d'honoraires. L'interprétation subjective permet d'intégrer des éléments postérieurs à la déclaration de volonté, de sorte que les éléments précités peuvent être pris en compte; la remarque effectuée dans un précédent à propos de commandes supplémentaires s'inscrivait en revanche dans le cadre d'une interprétation objective (arrêt précité 4A_210/2015 consid. 6.2.2 i.f. et 6.3.2 i.f.). On notera encore que le mandant avait accepté le projet du permis de construire indiquant un coût total (1'422'345 fr.) proche du montant affiché dans le devis de septembre 2014 (1'427'648 fr.); s'il a ensuite exprimé le souhait de s'en tenir à un budget de 850'000 fr., il n'apparaît pas que ce montant ait été à la limite de ses capacités financières, d'autant qu'il a effectué des commandes supplémentaires pour 18'383 fr. 20. Il est enfin symptomatique que devant le premier juge, l'intéressé a calculé son dommage d'après le montant devisé en septembre 2014 (879'029 fr.), et non selon la prétendue limite de 850'000 fr. Dans ces circonstances, il était loisible d'exclure sans arbitraire une volonté ferme de fixer une limite absolue de 850'000 fr. aux coûts de construction; n'y change rien le fait qu'une autre solution eût été défendable.