Citation: 6B_979/2021 E. 5.3

5.3. La recourante soutient que l'acte d'accusation n'indique pas de manière suffisamment précise et claire les actes qui lui sont reprochés et ne contient ni les éléments objectifs, ni les éléments subjectifs des voies de fait, ni leur caractère répétitif. L'absence de mention de dates précises dans l'acte d'accusation - à l'exception des actes ayant eu lieu le 15 janvier 2017 - s'explique à l'évidence par l'incapacité des intimés de se souvenir avec exactitude de celles auxquelles sont intervenues les atteintes à leur intégrité corporelle. Or, selon la jurisprudence, on ne peut pas exiger, en particulier en ce qui concerne des infractions répétées commises dans la cellule familiale, un inventaire détaillant chaque cas (arrêts 6B_1498/2020 précité consid. 2.4 non publié in ATF 147 IV 505; 6B_1003/2020 du 21 avril 2021 consid. 1.2.1; 6B_103/2017 du 21 juillet 2017 consid. 1.5.2; 6B_167/2014 du 5 janvier 2015 consid. 1.5). Sous l'angle temporel, il est ainsi suffisant que les actes reprochés soient circonscrits de manière approximative. Par ailleurs, il ressort clairement de l'ordonnance pénale tenant lieu d'acte d'accusation qu'il était reproché à la recourante d'avoir maltraité et frappé ses enfants, de manière régulière et répétée, en leur jetant des objets, en les poursuivant, en les plaquant contre le mur, en leur donnant des coups de pied et de poing, en les giflant ou en les attrapant par les cheveux. Ainsi, même s'ils ne sont pas décrits précisément et qu'ils ne peuvent être exactement situés dans le temps, les coups décrits dans l'acte d'accusation constituent des voies de fait au sens de la jurisprudence (cf. infra consid. 6.1), dès lors qu'ils n'ont causé aucune lésion, ni atteinte à la santé des intimés, mais que ceux-ci ont subi une forme de violence qui excède ce qui est socialement toléré. Enfin, contrairement à ce que soutient la recourante, dans la mesure où l'acte d'accusation fait état d'actes commis "à nombreuses reprises" - l'intimé ayant indiqué que sa mère exerçait des violences physiques, "environ deux fois par semaine", et le père des intimés ayant déclaré que ces actes "se reproduisaient régulièrement le week-end et quelques fois la semaine" -, il y a lieu de considérer qu'il indique de manière suffisamment précise le caractère répétitif des actes reprochés.