Citation: 8C_733/2020 E. 4.2

4.2. Les juges cantonaux ont ensuite exposé que la doctoresse I.________, spécialiste en médecine interne et médecin traitant, avait estimé, le 7 novembre 2017 et le 16 mars 2018, que la marche était toujours très difficile et que l'assurée ne pouvait pas reprendre son activité habituelle à 100 %. Cette appréciation avait été confirmée par le docteur G.________, dont le rapport d'expertise du 2 avril 2019 remplissait les réquisits pour se voir reconnaître une pleine force probante. L'expert avait conclu que sur le plan strictement somatique objectivable, et si l'on ne tenait pas compte des symptômes douloureux décrits par l'intimée, il n'y avait aucun argument pour dire que celle-ci ne pourrait pas exercer une activité sédentaire ou semi-sédentaire comme celle exercée jusqu'à décembre 2016. En revanche, si l'on prenait en compte les intenses douleurs qu'elle décrivait, elle ne pouvait plus exercer aucune activité ni lucrative ni ménagère. Dès lors qu'il avait été établi par la suite que les douleurs de l'intimée avaient une cause objective, soit la compression de nerfs, il fallait conclure, selon les premiers juges, que l'intimée était totalement incapable de travailler dans toute activité, conformément à la seconde conclusion de l'expert. En effet, il ressortait du rapport établi par le docteur J.________, médecin assistant au département de l'appareil locomoteur, service de chirurgie plastique et de la main de l'Hôpital F.________, du 9 novembre 2019, que les douleurs étaient en lien de causalité naturelle avec l'accident subi en avril 2017, de même que l'opération pratiquée en avril 2019. Le docteur J.________ avait indiqué qu'anamnestiquement, le traumatisme par écrasement du pied par une grosse planche pouvait expliquer la contusion subie par la recourante et que l'on pouvait affirmer de manière quasi certaine qu'une compression sur les nerfs avait eu lieu. L'opération du 8 octobre 2019 avait consisté en la libération de ces nerfs et en l'ablation de toute structure anatomique pouvant les comprimer et conduire à une irritation nerveuse. De plus, le rapport du docteur E.________ du 13 février 2020 indiquait qu'ensuite de l'opération précitée, une amélioration nette de l'état de santé était apparue. Ce constat confirmait que les douleurs de l'intimée étaient, du moins en partie, dues à une compression des nerfs causée par l'accident d'avril 2017. Enfin, les juges cantonaux ont écarté l'appréciation faite par la doctoresse D.________ dans son rapport du 29 mai 2018. Cette praticienne avait retenu que les éventuelles séquelles d'un syndrome algodystrophique n'empêchaient pas la recourante d'exercer partiellement sa profession, en se déplaçant le moins possible avec des moyens auxiliaires, en portant des charges légères avec un sac à dos et en surélevant sa jambe blessée si nécessaire. Selon les premiers juges, ces conclusions ne suffisaient pas à remettre sérieusement en cause l'appréciation de l'expert, ce d'autant moins qu'il ressortait des rapports des 30 et 31 juillet 2018, établis par la doctoresse I.________ et la physiothérapeute K.________, que la recourante ne pouvait pas utiliser des béquilles en 2017 et 2018. Au vu de ces considérations, la juridiction cantonale a conclu que la recourante était totalement incapable de travailler dès novembre 2017 et, à tout le moins, jusqu'à la décision querellée.