Citation: 1B_409/2019 E. 4

Le Président de la Chambre pénale a considéré que tant le recours que l'action civile de A.________ étaient dénués de toute chance de succès au motif que rien ne peut sérieusement être attendu d'une commission rogatoire internationale au Cameroun ou aux Etats-Unis, au vu de la modicité du montant de 280 francs qui lui aurait été escroqué, ajoutant que si le Tribunal fédéral devait revenir sur la limite de 300 francs arrêtée dans son arrêt publié aux ATF 121 IV 261, ce serait, selon toute vraisemblance, pour l'augmenter et non pas pour la diminuer, étant donné le renchérissement survenu depuis 1995. Le recourant conteste l'avis du Président de la Chambre pénale selon lequel il ne pourrait rien être attendu d'une commission rogatoire internationale auprès des autorités camerounaises et américaines. Une telle démarche permettrait, selon lui, de vérifier si le site Internet C.________ a été utilisé frauduleusement "pour valider une page Facebook n'ayant rien à voir avec eux" et faire fermer ladite page en interpellant directement Facebook à son siège principal en Californie. La somme de 280 francs ne serait pas modique au Cameroun et l'intérêt public à éviter que l'escroquerie ne perdure justifierait de faire une exception à la jurisprudence du Tribunal fédéral qui fixe à 300 francs la limite permettant de dire qu'un élément patrimonial a une faible valeur au sens de l'art. 172 ter al. 1 CP et d'entrer en matière sur sa plainte. On peut admettre, ce faisant, que le recourant conteste la motivation retenue selon laquelle le recours serait dénué de toute chance de succès; le Président de la Chambre pénale a toutefois également rejeté la demande d'assistance judiciaire gratuite parce que l'action civile était vouée à l'échec. Le recourant ne s'exprime nullement sur ce point comme il lui appartenait de le faire. Il n'expose en particulier pas les prétentions civiles qu'il pourrait faire valoir si la cause devait être renvoyée en jugement. Or, le législateur fédéral a expressément limité l'octroi de l'assistance judiciaire aux cas où le plaignant peut faire valoir des prétentions civiles (cf. art. 136 al. 1 let. b CPP; Message du Conseil fédéral relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 p. 1160). Le recours ne répond ainsi pas aux exigences de motivation requises lorsque, comme en l'espèce, la décision attaquée repose sur plusieurs motivations et doit être déclaré irrecevable pour ce motif.