Citation: 2D_19/2023 E. 4.4

4.4. Finalement, la recourante invoque une violation du principe d'égalité entre concurrents directs. Elle relève qu'elle est traitée différemment que ses concurrentes au seul motif qu'elle a décidé de se restructurer et de fusionner tous ses établissements à partir de 2018; tout propriétaire d'un établissement hospitalier qui serait exploité "sous forme séparée", comme l'était la E.________ jusqu'en 2020, ou d'un groupe qui exploiterait ses établissements sous formes de filiales séparées par établissement pourrait demander et obtenir une aide financière. La recourante oublie que, à l'instar de la liberté économique, l'exigence de neutralité en matière de concurrence ne confère en principe pas de droit à une prestation de la part de l'État (cf. supra consid. 4.1 et 4.2). Il est vrai que récemment le Tribunal fédéral a admis l'application du principe d'égalité entre concurrents directs, à savoir entre des prestataires de services touristiques en lien avec le droit au versement d'une "subvention discrétionnaire" ("Ermessenssubvention", "sovvenzioni di natura discrezionale") provenant des recettes communales de la taxe de séjour (cf. arrêt 2D_53/2020 susmentionné consid. 4, non publié in ATF 149 I 146). Quoi qu'il en soit, in casu, la recourante se plaint d'une violation purement hypothétique dudit principe et ne démontre en aucune manière que tel serait le cas. De plus, à supposer que ses concurrentes directes aient perçu une aide financière, c'est qu'elles en remplissaient les conditions légales. Le refus de l'aide, au motif que les activités de la E.________ ne constituent pas un secteur d'activités clairement délimité au sens de l'art. 12 al. 2ter loi Covid-19 (applicable par renvoi de l'art. 17d OMECR COVID-19/FR) et 2a OMCR 20, est la conséquence de choix stratégique et économique de la société, du rachat de D.________ AG (et de la radiation de cette société au registre du commerce), de la forme juridique qu'a prise cette acquisition, à savoir la fusion par absorption, et des dates auxquelles celle-ci a été réalisée. On ne perçoit pas là de distorsion de concurrence. Il découle de ces éléments que le Tribunal cantonal n'a pas violé le principe d'égalité entre concurrents directs et le grief est rejeté.