Citation: 2C_395/2021 E. 9.3

9.3. Sur le vu de ce qui précède, la Cour de céans ne voit pas que le Tribunal administratif fédéral aurait violé l'art. 4 al. 2 LCart en retenant que la recourante détenait une position dominante sur le marché genevois du raccordement d'immeubles au téléréseau. La part de marché monopolistique de la recourante, qui dépasse par essence le "seuil critique" de 50 % esquissé par la jurisprudence (cf. supra consid. 9.1), laisse supposer l'existence d'une position dominante. Quant à l'arrêt attaqué, il ne fait état d'aucun élément propre à renverser ou à ébranler un tel présupposé. Il en ressort au contraire que la recourante n'a jamais eu à craindre l'arrivée d'un quelconque concurrent sur le marché du raccordement au téléréseau. A l'instar de l'autorité précédente, il faut également convenir que les propriétaires immobiliers n'ont jamais été en position d'exercer une quelconque pression sur la recourante propre à réduire sa capacité à agir de manière essentiellement indépendante. Ces partenaires contractuels ne disposent pas de véritable pouvoir de négociation au moment d'envisager le raccordement de leurs immeubles, car ils n'ont d'autre choix que de s'adresser à la recourante. Or ce lien de dépendance n'est pas réciproque. La recourante ne dépend de son côté pas de chaque propriétaire, dont le ou les bâtiments, pris individuellement, ne représentent qu'une fraction minime des gains qu'elle peut espérer obtenir grâce à l'utilisation de son réseau. Elle peut donc renoncer sans difficulté à raccorder certains immeubles, ce qu'elle a d'ailleurs parfois fait durant la période sous enquête selon l'arrêt attaqué. Il faut ainsi admettre que, compte tenu de sa position monopolistique, de l'absence de tout concurrence potentielle et de véritable contre-pouvoir des propriétaires à son égard, la recourante était à même de se comporter de manière essentiellement indépendante sur le marché du raccordement au téléréseau entre 2008 et 2016, de sorte que considérer qu'elle y occupait une position dominante au sens de l'art. 4 al. 2 LCart n'est pas contraire à cette disposition.