Citation: 1C_521/2022 E. 4.3

4.3. En ce qui concerne les critères extérieurs, la cour cantonale a en particulier retenu l'absence d'éléments communs ou continus sur les façades du projet. La recourante affirme au contraire que les aménagements architecturaux visibles de l'extérieur seraient communs à chaque partie du projet, ce qui conférait à l'ensemble une homogénéité confirmant l'existence d'un unique bâtiment; les mêmes balcons seraient projetés pour chaque volume, les distances entre les fenêtres seraient proportionnelles et plusieurs d'entre elles seraient de mêmes dimensions. Ce faisant, la recourante propose sa propre lecture des plans sans toutefois expliquer ni démontrer en quoi la cour cantonale se serait livrée à un établissement inexact des faits ou encore à une appréciation arbitraire des preuves (cf. ATF 148 I 127 consid. 4.3; 143 IV 241 consid. 2.3.1; 142 II 433 consid. 4.4). Quoi qu'il en soit, en soutenant qu'à la lumière des plans, les deux parties de bâtiment présenteraient des éléments communs, de mêmes dimensions et aux proportions similaires, pour conclure à l'homogénéité du projet, la recourante se trompe de cible. Ce n'est en effet pas l'absence d'éléments communs aux deux corps de bâtiment qu'a pointé le Tribunal cantonal, mais l'absence d'éléments de continuité entre ces différentes parties pouvant, le cas échéant, être constatés depuis le point de vue d'un observateur extérieur, à l'instar de balcons courant le long d'une même façade ou encore de fenêtres aux dimensions similaires, indépendamment du fait de se situer sur une partie de la construction rattachée à l'un ou l'autre corps de bâtiment; l'examen des plans de façade ne le dément au demeurant pas (cf. en particulier plans EN.08 et EN.09 du 6 février 2019). Cet aspect est encore renforcé par le décalage (à la base du "L") entre la base horizontale, au sud, et la partie verticale, au nord, occasionnant un décrochement de 5,58 m, respectivement de 8,28 m en comptant les balcons. Il en va d'ailleurs de même des attiques et leurs terrasses qui ne sauraient, en raison du décrochement qu'ils présentent en toiture - et contrairement à ce que prétend la recourante - nécessairement constituer un "élément central indissociable [...] permettant précisément de constater, d'un point de vue extérieur, une continuité cohérente des parties du bâtiment projeté et l'existence «d'un seul bloc» consacré par la mitoyenneté des deux parties de l'attique". Enfin, l'existence d'aménagements extérieurs communs, outre qu'il ne s'agit pas d'un critère identifié par la jurisprudence, ne démontre pas immanquablement la présence d'un unique bâtiment, de telles infrastructures pouvant à l'évidence être partagées par différentes bâtisses au sein, notamment, d'un même quartier.