Citation: 2P.107/2001 31.07.2001 E. 5

5.- Les recourantes reprochent à l'autorité intimée d'être tombée dans l'arbitraire, soit d'avoir excédé ou abusé de son pouvoir d'appréciation, en refusant à l'Association l'autorisation d'exploiter les appareils litigieux sans tenir compte du fait que les jeux "Bonheur" et "Vidéo Bonheur" avaient été régulièrement exploités depuis 1995. Une décision est arbitraire lorsqu'elle contredit clairement la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou qu'elle heurte d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une solution autre que celle de l'autorité intimée apparaît concevable, voire préférable. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité intimée que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, pour qu'une décision soit annulée, il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que cette décision soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168). La nouvelle Constitution n'a pas amené de changement à cet égard (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170). Les recourantes se bornent à faire valoir que la décision litigieuse leur apparaît manifestement choquante, sans développer de motivation topique. Elles n'exposent pas en quoi cette décision serait insoutenable, ne se fonderait pas sur des motifs objectifs ou violerait un droit certain. A cet égard, le grief d'arbitraire paraît insuffisamment motivé. Même s'il était recevable, il serait infondé. En effet, la décision entreprise fait clairement état de l'absence en faveur des recourantes de toute autorisation d'exploiter les jeux litigieux, des modifications apportées par la loi sur les maisons de jeu dans le régime des autorisations et de la politique stricte du canton de Genève en la matière; de plus, elle expose de manière convaincante la prépondérance des intérêts publics en jeu sur les intérêts privés des recourantes.