Citation: I 481/01 10.05.2002 E. 4

4.- a) De l'avis des spécialistes consultés, l'assuré était, à tout le moins jusqu'au mois de décembre 1999, en mesure d'exercer sa profession de jardinier, d'un point de vue cardiologique. Dans ce contexte, le docteur N.________ relève en effet, notamment, une capacité fonctionnelle satisfaisante sur la base des tests d'effort réalisés (rapport du 14 décembre 1999). D'un autre côté, sur le plan purement rhumatologique, le docteur S.________ retient une capacité de travail entière dans une activité ne nécessitant ni le port de charges très lourdes, ni travaux en flexion prolongée ou en positions inadéquates du tronc. Contrairement à l'avis des premiers juges, aucun de ces rapports médicaux ne permet de justifier un abattement global de 40 % du revenu d'invalide retenu par l'office. Ni les considérations émises en relation avec les conditions de travail - en plein air ou en milieu fermé - ni l'obésité du recourant, qualifiée de modérée par le docteur N.________, ne permettent d'étayer cette appréciation. On ne voit, du reste, pas ce qui, dans ce contexte, autoriserait une telle réduction globale, supérieure à celle admise par la jurisprudence de la Cour de céans en relation avec les revenus hypothétiques déterminés sur la base des statistiques salariales (ATF 126 V 78 consid. 5) On ne saurait toutefois non plus s'en remettre au revenu d'invalide tel que déterminé par l'office recourant. Dans son écriture du 14 août 2000, ce dernier indique s'être référé à des données établies sur la base du listing REA et du fichier DPT CNA-AI. Les indications fournies - aucune description de poste de travail n'ayant, au demeurant, été produite formellement - ne permettent de déterminer ni à quelle année de référence se rapportent les salaires en question, ni même si les postes de travail en question existent toujours. Elles ne renseignent, par ailleurs, que de manière très succincte sur les activités en cause. On ignore ainsi, notamment, si elles sont concrètement accessibles à une personne qui, comme l'intimé, ne bénéficie pratiquement que d'une vision monoculaire (rapport du docteur S.________, anamnèse personnelle, p. 2). b) Cela étant, l'assuré n'ayant pas repris d'activité lucrative, sa capacité résiduelle de gain peut être déterminée sur la base de données statistiques (ATF 126 V 76 consid. 3). Au regard du large éventail d'activités simples et répétitives offertes par les secteurs de la production et des services, on doit convenir qu'un marché du travail équilibré offre un nombre significatif de postes de travail n'exigeant ni port de charges très lourdes, ni travail en flexion prolongée ou position inadéquate du tronc et pouvant, par ailleurs, être occupés sans risque ni difficulté particulière par une personne atteinte d'une importante diminution de l'acuité visuelle d'un oeil. c) Selon les données de l'enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) 1998, le revenu mensuel standardisé d'un homme exerçant une activité simple et répétitive s'élevait, tous domaines confondus, à 4268 fr. par mois (valeur médiane). Ce montant correspond, pour un horaire de travail moyen de 41,9 heures (cf. ATF 126 V 81 consid. 7a) à un salaire annuel brut, en 1998, de 53 648 fr. 75. Compte tenu, par ailleurs, de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce (soit en particulier l'âge de l'assuré, né en 1947, sa scolarité interrompue à l'âge de 12 ans, la diminution de son acuité visuelle et les diverses limitations posées par les médecins à son activité), qui justifient la réduction maximale de 25 % de ce salaire statistique, le revenu d'invalide peut être arrêté à 40 236 fr. 55. En comparaison du revenu de 55 800 fr. (4650 fr. x 12) ressortant du compte individuel de l'intimé, ce gain sans invalidité fait apparaître un taux d'incapacité de gain de 27,89 % ([55 800 - 40 236] / 55 800], qui demeure insuffisant pour lui ouvrir le droit à une rente (art. 28 al. 1 LAI), si bien que le recours de l'office se révèle fondé dans son principe. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :