Citation: 6B_70/2010 22.03.2010 E. 1

Reste cependant à examiner si, comme l'exige la jurisprudence constante, la décision attaquée, sur le point litigieux, est également arbitraire dans son résultat, et non seulement dans sa motivation (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4/5; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148 et les arrêts cités). Partant, il y a lieu de rechercher si, sur ce point, elle nie à tort l'existence d'un fait ou moyen de preuve nouveau et sérieux au sens de l'art. 385 CP. 1.5 Selon la jurisprudence, un fait ou un moyen de preuve est nouveau au sens de cette disposition, lorsque le juge n'en a pas eu connaissance au moment où il s'est prononcé, c'est-à-dire lorsqu'il ne lui a pas été soumis sous quelque forme que ce soit (ATF 130 IV 72 consid. 1 p. 73), sans qu'il importe qu'il ait été connu ou non du requé-rant, sous réserve de l'abus de droit, qui ne doit être admis qu'avec retenue en cas de révision fondée sur l'art. 385 CP (ATF 130 IV 72 consid. 2.2 p. 74). Le fait ou moyen de preuve est sérieux, s'il est propre à ébranler les constatations de fait sur lesquelles se fonde la condamnation et que l'état de fait ainsi modifié rend possible un jugement sensiblement plus favorable au condamné (ATF 130 IV 72 consid. 1 p. 73). 1.6 Les pièces dont se prévaut le recourant, produites pour la première fois dans la présente procédure et dont l'une est d'ailleurs postérieure au jugement dont la révision est demandée, sont manifestement nouvelles. Ces pièces ne constituent en revanche pas des moyens de preuve sérieux. Celle qui a été produite le 30 novembre 2009 émane de personnes dont l'identité n'est pas vérifiable. Dans la lettre du même jour qui l'accompagne, le recourant indique qu'il s'agit de membres de sa famille en Croatie, alors que, de la traduction de cette pièce, qu'il a effectuée lui-même, il résulte qu'il s'agit d'amis chez lesquels il était invité. Le document annexé, sensé attester de la validité des signatures qui y sont apposées, n'est accompagnée d'aucune traduction. De plus, cette pièce est datée de la veille du jugement de condamnation. Elle n'a cependant jamais été utilisée dans la procédure précédente, au cours de laquelle le recourant ne s'en est jamais prévalu ni ne s'est réservé de la produire, n'arguant même pas du fait qu'il se serait trouvé en Croatie pour contester sa participation aux actes de trafic litigieux. Il a attendu plus de deux ans depuis qu'elle a été établie pour demander la révision de son jugement et ne l'a même pas produite au moment où il a déposé sa demande, mais seulement une dizaine de jours plus tard. Ces circonstances eussent justifié des explications. Le recourant n'en fournit toutefois aucune. S'agissant de la pièce transmise le 3 décembre 2009 à l'autorité cantonale, le recourant n'explique pas pourquoi elle n'a été établie et produite qu'à cette date, au sujet de faits remontant à plus de 5 ans et dont il se défend depuis plusieurs années. Selon son contenu, elle émane au demeurant de son frère, qui l'a manifestement établie à sa demande. Elle vient étayer, a posteriori et à titre d'indice supplémentaire, une demande de révision déjà déposée. Plus généralement, on ne peut que s'interroger quant aux raisons pour lesquelles le recourant a tu, depuis sa mise en cause pour l'opération de trafic litigieuse, un fait qui, supposé établi, eut été de nature à le disculper et qu'il eut été logique d'invoquer immédiatement et quant aux motifs pour lesquels il produit aussi tard des pièces qui eussent manifestement pu l'être depuis longtemps. Dans ces conditions, la valeur probante des pièces invoquées est des plus ténues. Il aurait en tout cas pu être admis sans arbitraire, au sens défini par la jurisprudence, qu'elles ne suffisaient pas à faire contre-poids aux éléments de preuve sur lesquels s'est fondé le Tribunal correctionnel, ni, partant, à ébranler l'état de fait qui en a été déduit et sur lequel repose la condamnation du recourant. A cet égard, il y a lieu de relever que, pour conclure à l'implication de ce dernier dans l'opé-ration de trafic litigieuse, le Tribunal correctionnel, comme cela ressort des pages 9 à 12 de son jugement du 30 octobre 2007, ne s'est pas uniquement, ni même principalement, fondé sur le fait que celui-ci a appelé un trafiquant depuis une cabine téléphonique à R.________ le 27 juillet 2004 vers 19 heures. Il a essentiellement forgé sa conviction sur le fait que le recourant, comme il l'a admis, a personnellement utilisé, depuis 2003, un téléphone portable dont il a été établi qu'il avait servi à des communications relatives au trafic et sur la base du contenu de conversations, enregistrées, effectuées par téléphone portable, de la localisation de certaines d'entre elles, de l'implication du téléphone du recourant et de la nature des propos échangés. 1.7 Au vu de ce qui précède, l'arrêt attaqué n'est pas arbitraire dans son résultat en tant que, sur le point litigieux, il écarte la demande de révision. Le grief doit dès lors être rejeté.