Citation: 2C_991/2017 E. 5.3

5.3. On rappellera tout d'abord que, contrairement à ce qu'il semble laisser entendre, le recourant a bel et bien été condamné à deux reprises et pas à une seule. Il ne faut nullement minimiser la seconde condamnation pour violation grave de la LCR. Bien au contraire, le fait que le recourant ait participé à un meurtre en tant que coauteur et que la procédure pénale ait été pendante devant les instances cantonales ne l'a aucunement empêché de commettre cette seconde infraction. En conduisant dans les conditions qui étaient les siennes le 3 octobre 2015, le recourant a potentiellement mis en danger un grand nombre de personnes, traversant en particulier deux voies de circulation. Cette suite d'infractions démontre son incapacité à respecter l'ordre juridique et l'absence de prise de conscience dont il fait preuve. On ajoutera à ce propos que la première condamnation concernait plusieurs infractions bien différentes. Certes, après le 3 octobre 2015, il n'a plus adopté de comportement répréhensible. Toutefois, le 2 novembre 2016 (art. 105 al. 2 LTF), c'est-à-dire peu après sa seconde condamnation du 20 juin 2016, le recourant a été incarcéré pour exécuter sa peine. Or, il est de toute façon attendu d'un délinquant qu'il se comporte de manière adéquate durant l'exécution de sa peine (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128). Ainsi, même s'il ne l'invoque pas expressément, on ne saurait déduire de son comportement depuis sa dernière condamnation qu'il ne présente plus un risque de récidive. Il faut bien plus tenir compte de la culpabilité du recourant, en particulier du fait qu'il ait continuellement cherché à travestir la réalité pour donner une image positive de soi et n'ait pas su tirer les conséquences de ses actes en commettant une nouvelle infraction alors qu'une procédure pénale pour meurtre était encore pendante. A cela s'ajoute que le recourant a commis des infractions graves envers lesquelles le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux. Par conséquent, il ne saurait être question de relativiser à ce point ses agissements et ne pas admettre un risque de récidive concret. L'expertise psychiatrique du recourant rendue le 13 août 2014 qui fait effectivement état d'un faible risque de commettre une infraction violente n'y change rien. Le risque de récidive ne s'apprécie en effet pas uniquement à l'aune de telles infractions, mais de l'ensemble des circonstances. L'âge du recourant lors de la commission de l'infraction n'est pas non plus pertinent pour apprécier le risque de récidive.