Citation: 8C_304/2010 05.01.2011 E. 3

3.1 Par un premier moyen, le recourant reproche à la juridiction cantonale d'avoir nié l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'atteinte à la santé psychique et, d'une part, les deux chutes des 8 janvier 1998 et 29 septembre 1999, qu'elle a qualifiées d'accidents de peu de gravité et, d'autre part, l'accident de moto du 18 mai 1996, qualifié de gravité moyenne. Le recourant soutient que les trois accidents subis font partie de la catégorie des accidents de gravité moyenne et que les critères développés par la jurisprudence (ATF 115 V 133 consid. 6c/aa p. 140 et 403 consid. 5c/aa p. 409) pour juger du caractère adéquat du lien de causalité entre de tels accidents et une atteinte à la santé psychique sont réunis. 3.2 En l'occurrence, il n'est pas nécessaire de trancher le point de savoir si les deux chutes survenues les 8 janvier 1998 et 29 septembre 1999 sont de peu de gravité, comme l'a jugé la juridiction cantonale, ou si, d'un point de vue objectif et compte tenu de l'importance du choc, ces deux événements doivent être classés dans la catégorie des accidents de gravité moyenne, à la limite des accidents de peu de gravité. En effet, quelle que soit la gravité des deux chutes, les circonstances à prendre en considération ne revêtent pas une intensité suffisante pour que le caractère adéquat du lien de causalité puisse être admis. En particulier, on ne saurait admettre que les ruptures de la coiffe des rotateurs sont des lésions physiques d'une gravité ou d'une nature particulière, soit susceptibles, selon l'expérience, d'entraîner des troubles psychiques. Certes, le docteur F.________, médecin adjoint à l'Hôpital X.________, dont l'avis est invoqué par le recourant (rapport du 2 octobre 2007), a fait état d'une évolution défavorable et indiqué une augmentation des douleurs. Toutefois, ce médecin a ajouté que des facteurs non orthopédiques ont vraisemblablement contribué à l'évolution des troubles. A cet égard, le docteur L.________, directeur médical au Centre de psychiatrie, site de Y.________, a posé le diagnostic de trouble dépressif récurrent et de syndrome douloureux chronique (rapport du 28 avril 2009). De son côté, le docteur E.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et médecin d'arrondissement de la CNA est d'avis que le tableau douloureux est dû pour une part à une cervicarthrose évoluée pluri-étagée en regard de C6-C7 et C3-C4, d'origine dégénérative (rapport du 17 mars 2005). Cela étant, il apparaît que l'évolution de la symptomatologie a été assez vite influencée par l'apparition de troubles d'origine psychogène, ainsi que par la présence de troubles cervicaux sans lien avec les accidents, de sorte que l'on ne saurait admettre que les lésions physiques subies par le recourant sont d'une gravité ou d'une nature particulière. Ces facteurs ont également joué un rôle prépondérant sur le tableau algique et l'importance des soins administrés à l'intéressé, de sorte que la durée du traitement médical - à supposer qu'elle fût anormalement longue - et la persistance des douleurs n'apparaissent pas comme des effets directs ou indirects de l'événement assuré. Cela étant, les premiers juges étaient fondés à nier l'existence d'une relation de causalité adéquate entre l'atteinte à la santé psychique et les accidents subis.