Citation: 4C.17/2001 07.08.2001 E. A

A.- a) En 1991, la Commune d'Orbe (ci-après: la défenderesse) a ouvert un concours d'architecture restreint en vue de la construction d'un bâtiment administratif, avec surface commerciale et parc souterrain, sur la parcelle n° 403 dont elle était propriétaire au chemin des Terreaux 22, à Orbe. Le projet visait à regrouper différents services communaux sous le même toit. Parmi les six bureaux d'architectes invités à participer à ce concours figurait la société X.________ S.A. (ci-après: la demanderesse), qui exploite un atelier d'architecture. Les architectes A.________ et B.________ sont, respectivement, le président et la secrétaire du conseil d'administration de cette société. Les conditions du concours prévoyaient l'application du Règlement SIA 152, édition 1972. La demanderesse a déposé un projet et s'est vu attribuer le premier prix du concours par décision du jury du 3 octobre 1991. Mandatée, à la suite de ce concours, pour établir un avant-projet et s'occuper de la mise au point du plan partiel d'affectation, la demanderesse a déposé ces documents en temps utile. En décembre 1992, la défenderesse a décidé d'abandonner la construction du bâtiment administratif projeté en invoquant des considérations d'ordre financier; elle a alors versé à la demanderesse la somme de 12 680 fr. pour les prestations effectuées jusque-là. b) En avril 1994, une société Y.________ S.A. a abordé la défenderesse pour lui proposer d'effectuer pour son compte une préétude financière de faisabilité d'un complexe administratif sur la parcelle n° 403 (phase I) et d'établir un avant-projet avec esquisses et budget (phase II). Ladite société s'est également proposée de rechercher ultérieurement un tiers qui achèterait cette parcelle pour y réaliser la construction projetée et qui lui confierait le mandat d'exécution (phase III). Au cas où, dans la période des phases I et II, la défenderesse ne confierait pas les mandats d'exécution à Y.________ S.A., elle devrait payer à cette dernière un montant de 50 000 f. pour les prestations effectuées. Le 27 avril 1994, la défenderesse a informé Y.________ S.A. qu'elle lui donnait son accord pour entreprendre l'étude envisagée, selon les modalités fixées; elle lui a également indiqué le résultat du concours, tout en lui laissant le libre choix du projet et des mandataires. Ne voulant pas collaborer avec la demanderesse, Y.________ S.A. a choisi un autre bureau d'architectes, qui a établi un projet d'entente avec l'acheteur potentiel. La défenderesse a accueilli favorablement ce projet. Par acte du 2 avril 1996, la défenderesse a vendu la parcelle en question à la Caisse intercommunale de pensions (CIP) qui a signé un contrat d'entreprise avec Y.________ S.A. et qui a fait réaliser le bâtiment en recourant aux services des mêmes mandataires (architectes et ingénieurs) que ceux qui avaient été choisis initialement par cette société. c) Le 12 mars 1996, la demanderesse a adressé une note d'honoraires de 48 800 fr. à la défenderesse, qui a refusé de la payer.