Citation: 6B_1465/2020 E. 4.3.4

4.3.4. L'intérêt public présidant à l'expulsion du recourant s'avère important, dès lors que celui-ci a été condamné à une peine privative de liberté de 18 mois. En droit des étrangers, une révocation de l'autorisation de séjour est prévue par l'art. 62 al. 1 let. b LEI en cas de "peine privative de liberté de longue durée", c'est-à-dire toute peine privative de liberté supérieure à un an (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147). Le recourant pourrait donc voir son autorisation de séjour révoquée dans les mêmes circonstances en vertu de la LEI. S'agissant plus spécifiquement de l'infraction qui entraîne l'expulsion obligatoire, soit le brigandage au sens de l'art. 140 ch. 1 al. 2 CP, on relève qu'il s'agit d'une infraction de violence qui porte atteinte à des biens juridiques précieux, en particulier la vie et l'intégrité corporelle. Dans le cas d'espèce, il ressort du dossier cantonal que B.________ est apparue, devant le ministère public puis le tribunal de première instance, comme étant toujours très affectée par les faits dont elle avait été victime, expliquant notamment souffrir de troubles du sommeil et d'anxiété et avoir été obligée de vendre son restaurant car elle ne parvenait plus à bien y travailler à la suite de ces événements (auditions de B.________ du 8 février 2019, pièce 3012 et du 19 décembre 2019, pièce 100072; cf. art. 105 al. 2 LTF). Les agissements du recourant ont ainsi eu un impact sérieux sur la vie de la victime, ce qui leur confèrent une gravité concrète non négligeable. Il n'y a rien à redire sur la conduite du recourant durant le laps de temps écoulé depuis la perpétration des infractions, soit un peu plus de trois ans, durée qui n'est toutefois pas encore significative. Par ailleurs, il sied de relever que le recourant a remboursé les personnes lésées par les infractions en question dans cette affaire et leur a présenté des excuses (pièces 6028-6032; cf. art. 105 al. 2 LTF), manifestant ainsi un certain amendement. Le recourant fait en outre valoir que les quatre vols et le brigandage ont été commis dans un laps de temps très restreint, soit pendant le seul mois de juin 2018, à un moment où il souffrait d'une addiction au jeu et n'était pas traité pour cela. Il ressort d'ailleurs de l'arrêt cantonal que le recourant a entamé un suivi psychiatrique en novembre 2018, poursuivi à ce jour, et qu'il est actuellement abstinent. Les efforts consentis sur ce point sont louables. Cela étant, le recourant persiste à nier une partie des faits qui lui sont reprochés (consid. 2 supra), ce qui révèle un défaut de prise de conscience. Par ailleurs, la présente condamnation du recourant doit être mise en perspective avec ses antécédents. Ainsi, par le passé, le recourant a été condamné à cinq reprises pour différentes infractions à des peines pécuniaires avec sursis. Les infractions commises se sont déployées dans le temps (de 2009 à 2014) et n'apparaissent pas toutes liées à son statut illégal en Suisse: le recourant a été condamné en 2009 pour séjour illégal et activité lucrative sans autorisation, en 2010 pour vol, violation de domicile et recel, en 2012 pour activité lucrative sans autorisation, en 2013 pour dommages à la propriété, utilisation abusive d'une installation de télécommunication, menaces, contrainte et injure et en 2014 pour violation grave des règles de la circulation routière. Ainsi, entre son arrivée en Suisse en 2009 et les faits de la présente cause commis en 2018, le recourant a été condamné pénalement à six reprises. A l'instar de la cour cantonale, on peut relever que ces antécédents, s'ils ne comprennent pas d'infractions graves, dénotent cependant une propension à transgresser la loi en même temps qu'une incapacité à s'amender. On peut encore observer que la création d'une vie familiale n'a pas empêché le recourant de récidiver, de manière plus grave cette fois, puisqu'il est désormais condamné à une peine privative de liberté. Le bénéfice du sursis lui a été accordé sur la base d'un pronostic qui n'était pas entièrement défavorable, conformément à la jurisprudence pertinente (cf. ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2), et non en raison de l'existence d'un pronostic favorable. Les préoccupations à cet égard ont conduit la cour cantonale à imposer une période probatoire de cinq ans, soit le maximum prévu par la loi (art. 44 al. 1 CP).