Citation: 7B_438/2023 E. 2.4.1

2.4.1. Dans l'ordonnance querellée, l'autorité cantonale a tout d'abord qualifié les faits. Elle a considéré que la destruction des données du programme G.________ et celle des journaux des polices municipales étaient susceptibles de causer un préjudice financier considérable au sens de l'art. 144bis ch. 1 al. 2 CP. Elle a en outre indiqué que le blocage ou la mise hors d'usage du programme de gestion des corps de sapeurs pompiers et des données du journal de police étaient, en cas de résiliation par les collectivités publiques des engagements pris avec la société du recourant, propres à compromettre le bon fonctionnement des différents services et à mettre en péril la sécurité publique. Elle a donc retenu que ces menaces pouvaient relever de l'infraction d'extorsion, en précisant que même si elles n'étaient constitutives que d'extorsion simple au sens de l'art. 156 ch. 1 CP, elles étaient suffisamment graves pour justifier une détention provisoire en raison d'un risque de passage à l'acte. La cour cantonale a en définitive estimé que les deux infractions considérées atteignaient le seuil de gravité exigé par l'art. 221 al. 2 CPP. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. Il y a en effet lieu d'admettre que les infractions prévues par les art. 144bis ch. 1 al. 2 et 156 ch. 1 CP, toutes deux passibles d'une peine privative de liberté de cinq ans au plus, peuvent en l'espèce, comme l'a relevé l'autorité précédente, entrer dans le champ d'application de l'art. 221 al. 2 CPP, dans la mesure où leur réalisation serait susceptible de porter une atteinte d'une grande ampleur à la sécurité publique (cf. ordonnance querellée, p. 40). Le recourant ne conteste d'ailleurs pas ce point de l'ordonnance attaquée et on relève du reste que pour retenir les qualifications précitées, l'autorité précédente s'est fondée sur les faits retenus dans son ordonnance du 8 février 2023 et dans l'arrêt 1B_138/2023 (cf. ordonnance querellée, p. 36). En tout état de cause, le grief de constatation arbitraire des faits soulevé par le recourant, lequel se réfère à de nombreux éléments qui auraient, selon lui, été écartés ou omis de manière manifestement inexacte par l'autorité précédente, doit être écarté. Il ne lui suffit en effet pas de substituer sa propre appréciation à celle faite par la cour cantonale (art. 106 al. 2 LTF). Cela vaut d'autant plus que les explications du recourant tendent à remettre en cause l'appréciation déjà émise par le Tribunal fédéral dans son arrêt 1B_138/2023 quant à l'existence d'un risque de passage à l'acte important en lien avec les menaces de destruction ou de diffusion de données informatiques (cf. arrêt 1B_138/2023 consid. 2.4, p. 8), constatations par lesquelles la cour cantonale, statuant sur renvoi, était liée (cf. consid. 2.2.1 supra).