Citation: 1P.164/2000 04.04.2000 E. 4

4.- a) Le Tribunal d'accusation a également retenu les nécessités de l'instruction pour maintenir le recourant en détention préventive. Ce dernier tient l'invocation de ce motif de détention pour abusive en raison des lenteurs qui caractériseraient la conduite de la procédure. Il dénonce à ce propos une violation des art. 10 al. 2, 29 al. 1, 31 al. 1 et 3 Cst. et des art. 5 § 1 let. c, 5 § 3 et 6 § 1 CEDH. X.________ est également soupçonné de participation à une organisation criminelle à la suite des accusations portées contre lui par R.________, lequel a affirmé avoir transporté, pour le compte de celui-ci, de la cocaïne qu'il devait remettre à un membre d'une organisation de type mafieux prénommé Y.________, domicilié en Suisse à environ deux heures de la frontière allemande, et qui posséderait une discothèque. Aucune investigation n'a apparemment été entreprise aux fins de confirmer ou d'infirmer ces accusations. L'autorité intimée pouvait dès lors admettre de manière soutenable que l'ampleur exacte de l'activité délictueuse du prévenu n'était pas établie et que des investigations étaient encore nécessaires. La question de savoir si l'invocation d'un tel motif est abusive se confond pour le surplus avec le grief tiré de la violation du principe de la célérité qui sera examiné plus loin. b) Le risque de fuite ne peut par ailleurs être écarté. Celui-ci ne doit pas s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction, même si la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit et ses contacts avec l'étranger (ATF 117 Ia 69 consid. 4 et les arrêts cités). En l'occurrence, le recourant, de nationalité colombienne, n'a aucune attache avec la Suisse. Son épouse et ses enfants habitent à Bogota. Il existe ainsi un risque évident et important que le prévenu retourne dans son pays d'origine et se soustraie à la justice s'il était libéré, nonobstant la durée de la détention préventive déjà subie. Ce risque serait renforcé si les autorités espagnoles devaient accéder à la requête de la Suisse visant à extrader le recourant pour les infractions mentionnées dans le mandat d'arrêt international du 1er septembre 1998. c) Le maintien en détention étant justifié pour les motifs évoqués ci-dessus, il n'est pas nécessaire d'examiner s'il existe également un risque de réitération.