Citation: 5A_399/2019 E. 8.3

8.3. Il convient préalablement de relever que dans son appel joint, le recourant a conclu principalement à ce qu'il soit dit qu'il ne doit aucune contribution d'entretien à l'intimée et, subsidiairement, à ce que dite pension soit fixée à 300 fr. par mois jusqu'à ce que celle-ci - et non pas lui - atteigne l'âge de la retraite. Comme le débirentier est né le 2 mai 1959, et la crédirentière le 12 novembre 1962, celle-ci ne parviendra cependant à la retraite qu'après lui. Or dans le présent recours, le recourant sollicite la mise à sa charge d'une contribution post-divorce jusqu'à ce que lui-même atteigne l'âge légal de la retraite: dans la mesure où il excède celui pris en appel, ce chef de conclusions est irrecevable. Pour le surplus, le recourant conteste à tort avoir omis de remettre en cause la motivation du premier juge relative à la durée illimitée de la contribution d'entretien. Le mémoire de réplique du 14 juin 2018, qu'il invoque à cet égard, ne contient en effet rien de plus qu'une critique de la durée fixée, sans aucun grief portant sur le motif avancé par le Tribunal. Par ailleurs, il n'est pas contesté qu'il ne peut être exigé de l'intimée qu'elle reprenne une activité lucrative, de sorte qu'elle n'est pas en mesure de pourvoir elle-même à son entretien convenable et de se constituer une prévoyance vieillesse, étant précisé, eu égard au partage des avoirs LPP des conjoints qui a été ordonné, que selon l'arrêt entrepris, l'épouse n'a que très peu cotisé, et que la prestation de libre passage du mari s'élevait à 482'498 fr. 30 au 30 avril 2016, celle à la date du mariage étant inconnue. Le recourant - qui, selon les constatations non critiquées de l'arrêt querellé, bénéficie de ressources mensuelles nettes de 45'500 fr. pour des charges alléguées de 12'053 fr. par mois - soutient que "force est de constater" que lorsque les parties auront toutes deux atteint l'âge de la retraite, l'intimée se trouvera dans une situation financière plus avantageuse que lui. A l'appui de cette affirmation, il fait valoir que celle-ci est propriétaire de deux biens immobiliers, soit une villa d'une valeur de 1'700'000 euros, libre d'hypothèque, et un chalet estimé par une expertise à 2'300'000 fr., grevé d'une hypothèque de 200'000 fr. Elle serait en outre l'héritière d'un patrimoine important provenant de ses parents, son père étant décédé en décembre 2015. Pour sa part, il aurait démontré qu'il n'a pas d'épargne, mais des dettes importantes (prêt de 4'000'000 fr. et prêt hypothécaire de 3'500'000 fr.), ainsi que d'importants arriérés d'impôts. A cela s'ajoute que son avoir de prévoyance aura été divisé par moitié et qu'il ne pourra pas être obligé de travailler au-delà de l'âge légal de la retraite. Par ces allégations, en grande partie appellatoires, le recourant qui, dans le courant de l'année 2018, a vendu sa villa - certes acquise au moyen d'un prêt de 4'000'000 fr. et d'une hypothèque de 3'700'000 fr. - au prix de 9'000'000 fr. -, n'établit pas qu'une fois qu'il aura cessé ses activités professionnelles, ses moyens ne lui permettront plus de verser à l'intimée la contribution mensuelle mise à sa charge. Si ses ressources devaient diminuer, notamment en raison de la cessation de son activité professionnelle ou dans le cas où surviendraient d'autres circonstances nouvelles et imprévues, il lui appartiendra de demander une modification ou une suppression de la contribution (art. 129 al. 1 CC; arrêts 5A_424/2014 du 15 décembre 2014 consid. 4.2; 5A_508/2007 du 3 juin 2008 consid. 4.1 in fine; 5A_11/2008 du 18 mars 2008 consid. 7.2). Compte tenu de ces circonstances, en particulier de l'incertitude concernant la situation financière des parties lorsqu'elles auront atteint l'âge légal de la retraite, ainsi que le moment où le débirentier diminuera ou cessera ses activités lucratives, il n'y a pas lieu de reprocher à la cour cantonale d'avoir alloué à l'intimée une contribution d'entretien sans limite de temps.