Citation: 4A_364/2018 E. 7

L'appréciation des chances de succès prévue par l'art. 117 let. b CPC exige du juge qu'il suppute le futur résultat de l'instance sur la base d'un examen sommaire et provisoire des éléments qui lui sont déjà apportés au moment de la requête d'assistance judiciaire (ATF 139 III 475 consid. 2.2 p. 476/477). La décision doit être motivée avec une certaine précision mais elle ne doit pas usurper sur un jugement au fond (arrêt 5A_858/2012 du 4 février 2013, consid. 3.3.1.1). Les recourants reprochent à la juge Boson de n'avoir pas respecté les limites de cet examen sommaire dans sa décision du 4 janvier 2018 et d'y avoir au contraire discuté la cause civile comme si l'instruction et, en particulier, comme si l'administration des preuves étaient achevées. Les recourants reprochent aussi à ce magistrat d'avoir porté un jugement sur des faits que nul n'avait allégués, donc hors de cause, et de s'être exprimé dans des termes tels que son opinion paraît définitivement établie, donc insusceptible d'évoluer dans la suite de l'instruction et des débats. Selon leur exposé, la motivation ainsi développée dénote que l'issue du procès de première instance est scellée et qu'ils n'ont aucune perspective de parvenir au rejet de l'action; ils tiennent ainsi la prévention de la juge Boson pour avérée. La motivation de la décision du 4 janvier 2018 est en effet critiquable. Selon la thèse de C.________, les trois défendeurs sont libérés de leur obligation envers les hoirs X.________ par l'effet d'un contrat de reprise de dette conclu conformément à l'art. 176 COentre ces derniers et D.________. Pour motiver le refus de l'assistance judiciaire, il suffisait de relever que la conclusion de ce contrat de reprise de dette est contestée par les hoirs X.________, qu'elle est peu vraisemblable car ceux-ci n'avaient apparemment aucun intérêt à ce que D.________ vînt remplacer les défendeurs dans le rapport d'obligation concerné, et que la preuve d'un consentement à ce remplacement, à apporter par les défendeurs dans le procès, sera à l'évidence difficile. Toute autre discussion est oiseuse; en particulier, il n'était ni nécessaire ni utile de mettre en doute la cession de toutes les actions à C.________. Les autorités ont fréquemment tendance à renforcer leurs décisions, croient-elles, en y insérant des développements sur des points qui ne sont pas décisifs et y en ajoutant des commentaires, lesquels peuvent se révéler excessifs ou inappropriés. Ce travers est classique et il ne dénote pas, d'ordinaire, une approche partiale de l'autorité. En l'occurrence, l'erreur de procédure effectivement imputable à la juge Boson est certes regrettable mais elle n'est pas objectivement propre à engendrer le doute sur sa volonté et sa faculté d'apprécier de manière impartiale, le moment venu, l'ensemble des éléments de fait et de droit que l'instruction aura apportés. Le rejet de la demande de récusation se révèle donc conforme à l'art. 47 al. 1 let. f CPC, ce qui conduit au rejet du recours.