Citation: 4A_525/2022 E. 3.3

3.3. Dans sa réponse, D.________ indique que la composition de la cour cantonale a été communiquée aux parties par lettre du 10 juin 2022. On peut ainsi s'interroger sur le point de savoir si le courrier en question a effectivement été transmis à toutes les parties à la procédure ou s'il n'a, par mégarde, pas été notifié à l'une ou plusieurs d'entre elles. Cet élément n'est toutefois pas décisif en l'espèce. Aussi est-ce en vain que l'intéressé se plaint d'un déni de justice formel et d'une violation de son droit d'être entendu. A supposer même que le recourant n'ait pas été tenu informé de la composition de la cour cantonale avant que celle-ci ne rende son jugement, l'intéressé conservait en effet la possibilité de faire valoir, dans le cadre d'un recours dirigé contre la décision attaquée, ses motifs de récusation à l'égard des juges ayant siégé au sein de la cour cantonale, ce qu'il a du reste fait. Les pièces produites par le recourant pour étayer sa demande de récusation sont également recevables. En effet, l'exclusion des faits et moyens de preuve nouveaux prévue par l'art. 99 al. 1 LTF connaît une exception lorsque c'est la décision de l'autorité précédente qui, pour la première fois, a rendu pertinents ces faits ou moyens de preuve. Il peut s'agir, notamment, de faits et moyens de preuve qui se rapportent à la procédure conduite devant l'instance précédente, telle une prétendue irrégularité affectant la composition de l'autorité ayant rendu la décision querellée (ATF 139 III 120 consid. 3.1.2 et les références citées). Le recourant soutient que la cour cantonale ne constituait pas un tribunal indépendant et impartial, étant donné que deux juges ayant siégé en son sein auraient dû se récuser. L'argumentation développée par l'intéressé pour étayer sa double demande de récusation n'emporte cependant nullement la conviction de la Cour de céans. Force est en effet de relever d'emblée que le recourant n'indique pas ni n'explique quel motif de récusation visé par l'art. 47 CPC serait susceptible de trouver application en l'espèce. L'intéressé croit discerner un élément susceptible de remettre en cause l'indépendance et l'impartialité de la juge cantonale Camille Rey-Mermet dès lors que celle-ci avait siégé au sein de la cour cantonale ayant statué dans le cadre de la procédure en responsabilité introduite par la masse en faillite de F.________ SA à l'encontre du recourant. Ce faisant, il semble faire allusion au cas de récusation visé par l'art. 47 al. 1 let. b CPC. Les conditions d'application de ladite norme ne sont toutefois manifestement pas remplies. La juge mise en cause n'est en effet pas intervenue "à un autre titre" dans la "même cause". Elle a ainsi agi dans les deux cas en qualité de juge cantonale. Par ailleurs, même si la faillite de F.________ SA constitue l'arrière-fond de l'action en responsabilité fondée sur l'art. 754 CO dirigée contre le recourant et de l'action récursoire introduite par ce dernier sur la base de l'art. 759 al. 3 CO à l'égard des intimés et que ces deux causes se rapportent à un complexe de faits similaire, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de deux procédures formellement distinctes n'impliquant pas les mêmes parties. En outre, le seul fait qu'une juge ait déjà rendu une décision défavorable au recourant ne suffit pas pour admettre un motif de prévention. Ce dernier n'invoque dès lors aucun motif commandant d'ordonner la récusation de la juge cantonale Camille Rey-Mermet. Les explications avancées par le recourant au soutien de sa demande de récusation visant le juge cantonal Jérôme Emonet n'apparaissent pas davantage convaincantes. Certes, le juge mis en cause s'était spontanément récusé en 2010 dans le cadre du procès en responsabilité introduit par la masse en faillite de F.________ SA à l'encontre du recourant, en raison du fait qu'il avait déjà été amené à se prononcer sur certains points litigieux du dossier dans le cadre du volet pénal de l'affaire en 2004. Cela étant, force est de constater que le recourant n'indique nullement en quoi le juge incriminé ne présentait pas les garanties d'indépendance et d'impartialité nécessaires pour trancher le présent litige sous prétexte qu'il s'était récusé de son propre chef, il y a plus de douze ans, dans une procédure formellement distincte ne concernant au demeurant pas toutes les mêmes parties. En particulier, l'intéressé n'allègue pas ni ne rend vraisemblable que la circonstance qui avait guidé le choix du juge mis en cause de se récuser spontanément, à savoir le fait qu'il avait tranché certaines questions litigieuses dans une décision rendue en matière pénale en juillet 2004, serait également pertinente dans le cadre de l'action récursoire dirigée contre des personnes qui n'étaient pas parties à la procédure civile liquidée en 2013. L'intéressé n'explique pas davantage, à satisfaction de droit, en quoi le fait que le magistrat mis en cause a renoncé à statuer sur une demande de récusation visant l'un de ses collègues formée dans le cadre de la présente procédure impliquerait qu'il aurait nécessairement dû en faire de même dans la procédure au fond. En définitive, il n'apporte aucun élément tangible susceptible de remettre en cause l'impartialité du juge incriminé respectivement d'éveiller un soupçon de prévention de celui-ci dans le cadre de la présente procédure. C'est également, en vain, que le recourant se plaint de ce que l'épouse de l'avocat de l'une des parties au litige occupe la fonction de greffière au Tribunal fédéral. D'une part, le recourant formule cette critique uniquement au stade de la réplique alors qu'il aurait parfaitement pu s'en plaindre dans le délai de recours. D'autre part, on ne discerne pas en quoi le fait que l'avocat de l'une des parties est l'époux d'une greffière, laquelle n'exerce pas son activité au sein de la Ire Cour de droit civil, créerait une apparence de partialité des personnes oeuvrant au sein de la cour précitée. A supposer qu'elles satisfassent aux exigences de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF, ce qui est douteux, les critiques émises par le recourant tombent ainsi à faux.