Citation: 8C_15/2014 E. 3

Selon les docteurs J.________ et K.________, les éléments radiologiques et anamnestiques au dossier ne permettaient pas d'établir un lien de causalité entre les lésions coxo-fémorales gauches ayant fait l'objet du traitement en Angleterre et l'accident, ni même de retenir une aggravation structurelle de ces lésions due à cet événement. L'imagerie montrait une dégénérescence articulaire de gravité comparable des deux côtés de la hanche ainsi que des facteurs prédisposants pour une atteinte labrale et articulaire dégénérative (dysplasie frustre aux deux hanches), ce qui avait d'ailleurs été relevé par le docteur E.________ à l'issue de son premier examen de l'assurée. L'anamnèse, marquée d'abord par une évolution favorable avec une reprise du travail à 100 % puis extrêmement défavorable par la suite, venait également le confirmer. S'agissant de la symptomatologie initiale, elle correspondait à une lésion aiguë de gravité modérée avec un décours favorable, ce qui était tout à fait compatible avec la lésion musculaire au niveau de l'ilio-psoas mise à jour en avril 2006. Le docteur K.________ a donc fixé le statu quo sine six mois après l'accident tant pour la déchirure musculaire que pour la pathologie labrale et coxarthrosique, cette dernière ayant seulement pu être aggravée de manière transitoire par l'accident. Les rapports médicaux qui postulaient la nature post-traumatique de cette pathologie reposaient uniquement sur un raisonnement "post hoc, ergo propter hoc". Toutefois, reconnaissant une situation inhabituelle dans le refus de la CNA d'allouer une indemnité pour atteinte à l'intégrité pour un status après une opération prise en charge, le docteur K.________ a néanmoins proposé de reconnaître une atteinte à l'intégrité qu'il évaluait à 15 % (30 % pour le status après arthroplastie totale avec un résultat moyen dont 15 % dû à une origine maladive). En substance, la juridiction cantonale a fait siennes les conclusions des docteurs J.________ et K.________, considérant qu'ils avaient expliqué de manière convaincante et motivée les raisons pour lesquelles l'hypothèse d'une origine traumatique des lésions de la hanche gauche était peu vraisemblable. En ce qui concerne la proposition d'indemnisation du docteur K.________, la cour cantonale ne l'a pas suivie dès lors qu'elle n'avait pas de fondement juridique. Elle a toutefois renoncé à une reformatio in pejus, vu la décision de la CNA de reconnaître à l'assurée une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 5 %.