Citation: 4C.135/2005 20.06.2005 E. 5

La cour cantonale a nié que l'intimé n'ait pas informé la nouvelle direction de la recourante au sujet du contrat de représentation exclusive la liant à V.________ aux Etats-Unis. Sur la base d'une appréciation des preuves, elle est parvenue à la conclusion que C.________, parfaitement conscient de l'existence et de la nature de cet accord, avait pris la décision de suspendre provisoirement la livraison des montres à V.________. Concernant la violation du secret d'affaires qui serait intervenue au cours du procès ouvert dans l'Etat du Colorado, elle a considéré que s'exprimer en qualité de témoin - comme l'a fait l'intimé en produisant un affidavit - sur les anciennes relations commerciales entre les parties qui mènent un procès à ce sujet ne constitue par une telle violation, "car il ne s'agit plus d'interna". Le devoir de fidélité, a exposé le Tribunal de commerce, ne saurait d'ailleurs aller jusqu'à contraindre un ancien administrateur à produire un faux témoignage susceptible de lui valoir une sanction pénale, étant précisé que la demanderesse ne prétend pas que le contenu de l'affidavit ne reflétait pas la réalité, mais seulement que le défendeur l'a produit à un moment inopportun. Enfin, les éventuelles erreurs de procédure liées au dépôt de ce témoignage écrit sont dénuées de pertinence et, au surplus, sans relation de causalité adéquate avec le préjudice allégué. La demanderesse s'en prend exclusivement à l'appréciation des preuves lorsqu'elle prétend que l'autorité cantonale, à teneur de la déposition du témoin G.________ et de la correspondance du conseil du défendeur, n'aurait pas dû admettre que C.________ connaissait l'existence et le contenu du contrat de représentation exclusive. S'agissant de la violation du devoir de fidélité déduit de la production de l'affidavit, la recourante déclare uniquement que le procès mené aux Etats-Unis aurait vraisemblablement pu être évité si le défendeur lui avait communiqué plus tôt les déclarations qu'il y a faites et que ce dernier a de toute façon agi mal à propos. De tels développements sont totalement impropres à démontrer que la cour cantonale a violé le droit fédéral en exonérant l'intimé de toute responsabilité. A considérer encore la véracité du contenu de l'affidavit, on cherche en vain où résiderait dans ce contexte une entorse au devoir de l'administrateur.