Citation: 6B_642/2022 E. 1.3

1.3. En l'espèce, à la suite de l'autorité de première instance, la cour cantonale a tenu pour établi que, le 29 janvier 2019, le recourant avait utilisé une petite bouteille d'essence à briquet pour asperger du liquide inflammable sur le visage et les habits de l'intimée avant de lui dire qu'il allait la "cramer" muni d'un petit briquet allumé et, ce faisant, de tenter de lui mettre le feu (cf. let. B.b.d supra). La cour cantonale s'est à cet égard fondée sur les déclarations constantes, cohérentes et détaillées de l'intimée, qu'elle a considérées comme étant crédibles, cela malgré les interventions de la police lors desquelles, elle n'avait pas indiqué avoir subi des violences. L'intimée n'avait en effet pas cherché à charger davantage le recourant, étant observé qu'elle avait passé sous silence les faits s'étant produits aux urgences de l'hôpital. En outre, ses accusations étaient corroborées par les déclarations de D.________ et de C.________, ainsi que par différents moyens de preuve figurant au dossier, tels que les images de vidéosurveillance prises à l'hôpital et les rapports d'expertise, médicaux et de police. À l'inverse, le recourant ne pouvait pas être suivi dans ses dénégations, dès lors que, par des propos contradictoires et une attitude générale de victimisation, il avait admis des actes de violence envers son épouse. Il avait ainsi reconnu l'avoir poussée vers la salle de bain, l'y avoir enfermée "pour ne pas que les gens entendent", lui avoir dit de partir à défaut de quoi il lui "casserait la gueule" en tenant un couteau à la main, l'avoir obligée à retirer de l'argent et l'avoir traitée de "grosse pute" (cf. arrêt attaqué, consid. 3.2 p. 12). S'agissant de la tentative de lésions corporelles graves, la cour cantonale a précisé que les faits étaient de surcroît accrédités par le rapport technique complémentaire de la police cantonale du 16 septembre 2020. Il y était rapporté que le flacon d'essence à briquet avait été retrouvé fermé avec 15 ml de liquide uniquement, pour une capacité totale de 125 ml. Aussi, une simple chute du flacon sur le sol ne permettait pas de laisser s'échapper suffisamment de liquide pour imprégner les vêtements de l'intimée, ce qui excluait la première hypothèse du recourant (selon laquelle l'intimée avait imprégné ses habits de liquide inflammable lorsqu'elle avait nettoyé le sol). La seconde hypothèse du recourant (selon laquelle l'intimée avait reçu du liquide inflammable sur ses habits car il gesticulait avec le flacon) pouvait également être écartée, dès lors que, dans ce cas, trop peu d'essence aurait atteint les habits de l'intimée et que, s'agissant d'un liquide à forte volatilité, une quantité moindre, voire nulle, d'essence aurait été retrouvée deux à trois jours après les faits (cf. arrêt attaqué, consid. 3.2.1 p. 12 ss). Enfin, la cour cantonale a relevé qu'en allumant un briquet à faible distance de l'intimée qui était alors aspergée de liquide inflammable, le recourant aurait pu la blesser gravement. Son geste relevait incontestablement de l'intention, compte tenu des propos selon lesquels il voulait la "cramer". Le recourant avait donc conscience des lésions qu'il entendait causer à l'intimée et s'était accommodé du fait de pouvoir les lui infliger, étant précisé que la gravité des lésions potentielles, corroborée par le rapport technique complémentaire de la police, était incontestable s'agissant de brûlures de la peau à différents degrés (notamment au visage) et d'atteintes aux voies respiratoires. L'intention du recourant avait du reste paru si concrète et imminente aux yeux de l'intimée qu'elle avait immédiatement renversé sur elle une bassine d'eau qui se trouvait à sa portée (cf. arrêt attaqué, consid. 3.3.3 p. 17 s.).