Citation: 4P.12/2006 30.03.2006 E. A

X.________, actuellement âgée de soixante-huit ans, est propriétaire d'un immeuble sis à Vandoeuvres. En 1993, alors qu'elle était soucieuse de se garantir un revenu suffisant pour ses vieux jours, une amie l'a mise en contact avec Y.________, directeur d'une fiduciaire. Tous deux convinrent que Y.________ se procurerait un crédit hypothécaire garanti par l'immeuble et qu'il en investirait le montant dans une société anonyme exploitant divers restaurants. La propriétaire aurait droit à des intérêts sur la somme investie; elle percevrait de plus 40% des bénéfices de la société. Par acte authentique du 16 mars 1994, X.________, Y.________ et la banque A.________ ont convenu qu'une cédule hypothécaire au montant de 800'000 fr. serait constituée sur l'immeuble de Vandoeuvres et remise à l'établissement bancaire en garantie d'un crédit que celle-ci ouvrait à Y.________. Un contrat de prêt hypothécaire fut par ailleurs conclu entre ce dernier et la banque. Y.________ souscrivit encore un acte de nantissement qui autorisait la banque à exercer tous les droits appartenant au propriétaire de la cédule, tels que, en particulier, la dénoncer en vue d'en obtenir le paiement. Afin que la propriétaire de l'immeuble fût consciente du risque encouru par elle, la banque exigea qu'elle contresignât ces documents. Le montant du crédit fut mis à la disposition de Y.________. Le 31 mars 1994, celui-ci adressa à la banque un ordre de transfert en faveur d'un compte ouvert à son nom auprès de la banque B.________, au montant de 670'000 fr. Cet ordre fut exécuté. Y.________ n'ayant pas satisfait à ses obligations envers la banque A.________, celle-ci dénonça le prêt et la cédule avec effet au 28 février 1998; elle entreprit ensuite une poursuite par voie de réalisation du gage immobilier. En qualité de tierce propriétaire, X.________ reçut un exemplaire du commandement de payer et elle fit opposition. La banque obtint la mainlevée provisoire de cette opposition. Contestant que la poursuivante eût le droit de faire réaliser l'immeuble, la propriétaire ouvrit action en libération de dette devant les tribunaux genevois; selon son argumentation, Y.________ l'avait trompée en lui dissimulant une situation financière obérée et la banque n'avait pas suffisamment contrôlé sa solvabilité avant de lui ouvrir un crédit. Elle fut déboutée par le Tribunal de première instance d'abord, le 31 mai 2001, puis par la Cour de justice, le 11 octobre 2002. Interrogé en qualité de témoin le 24 novembre 2000, Y.________ avait confirmé que le montant emprunté à la banque - hormis 50'000 fr. utilisés autrement, conformément à son accord avec X.________ - avait été investi dans une société exploitant deux restaurants à Genève; il a expliqué que cette même société avait fait faillite moins d'un an après.