Citation: 6B_784/2018 E. 1.2

1.2. En substance, la cour cantonale a exclu l'hypothèse que les recourantes eussent été induites en erreur par des personnes compétentes sur la base de conseils erronés. Elle a considéré que le contenu d'éventuels conseils de la police, autres que ceux du 31 janvier 2016, n'était pas établi et a exclu que l'avocate consultée la veille des faits eût pu recommander de changer les cylindres de serrure après avoir examiné l'ensemble des éléments de faits connus des recourantes sous tous leurs aspects juridiques. Elle a pris en compte les déclarations de Y.X.________ devant le tribunal des baux et loyers, à teneur desquelles elle avait décidé de changer les cylindres de la serrure, étant donné qu'elle devait s'acquitter du loyer envers le bailleur et qu'une procédure civile contre les époux A.________ était sa seule option. Le fait que les recourantes ont décidé " dans ces circonstances ", de changer les cylindres de la serrure semblait plutôt confirmer qu'elles étaient conscientes de l'illégalité de leur comportement. En définitive, la cour cantonale a retenu que les recourantes étaient conscientes du fait qu'il n'était pas possible d'évacuer les intimés comme elles entendaient le faire, puisque la police les en avait informées le 31 janvier 2016. Le fait d'avoir agi au moment où les intimés étaient absents traduisait également un malaise certain quant à la licéité de leur comportement. Le soutien offert par la police, après leurs démarches le 6 février 2016 ne permettait pas non plus de parvenir à une autre conclusion, étant relevé l'étonnement des policiers de voir l'intimé B.A.________ aussi " bien installé ". Enfin, toute personne consciencieuse ne pouvait ignorer qu'il n'était pas permis de s'introduire chez autrui sans consentement, de même que d'empêcher le retour des occupants du logement. Dans de telles circonstances, il ne pouvait être question de bonne foi et d'erreur sur l'illicéité, les recourantes ayant manifestement été conscientes que leur manière de procéder était prohibée, ce qu'elles ont néanmoins préféré à la voie civile.