Citation: 5C.85/2000 14.09.2000 E. 2

2.- a) Sur le principe du divorce, la motivation de l'arrêt attaqué peut être résumée comme suit. Les art. 111 ss nouveaux CC, entrés en vigueur le 1er janvier 2000, sont applicables en l'espèce en vertu de l'art. 7b al. 1 tit. fin. CC (arrêt attaqué, consid. 2). Les époux n'ayant pas vécu séparés pendant quatre ans, le divorce ne peut être prononcé en application de l'art. 114 CC. Il peut en revanche l'être sur la base de l'art. 115 CC, dont la formulation rejoint pratiquement celle de l'art. 142 aCC et qui peut donc être interprété selon les principes développés à propos de cette ancienne disposition (arrêt attaqué, consid. 3a). En l'espèce, les enquêtes effectuées devant le premier juge ont permis de faire ressortir la profonde mésentente des époux. Si les épisodes de violence physique dont la demanderesse a allégué avoir été victime n'ont pas fait l'objet de témoignages directs, ni n'ont été confirmés par des éléments objectifs tels que des certificats médicaux, ils n'en dénotent pas moins une profonde dissension entre les époux et ont eu un effet traumatisant pour l'enfant. Au surplus, les époux vivent séparés depuis plus de deux ans et aucune des parties n'a sérieusement envisagé de reprendre la vie commune. D'ailleurs, sur le plan matériel, l'attitude du défendeur n'est pas allée dans le sens d'une réconciliation, dans la mesure où il ne s'est pas acquitté du loyer de l'ancien appartement conjugal, mettant ainsi la demanderesse dans une situation précaire; cette dernière a en effet fait l'objet de poursuites et d'un avis de saisie et a donc dû s'acquitter des arriérés de loyer restés impayés par le défendeur. A la lumière de l'ensemble de ces éléments, la reprise de la vie commune n'apparaît pas envisageable et ne peut être imposée (arrêt attaqué, consid. 3b). Dès lors que les motifs de la désunion ne sont pas imputables à la demanderesse, le principe du divorce doit être admis sur la base de l'art. 115 CC (arrêt attaqué, consid. 3c). b) Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir méconnu le sens de l'art. 115 CC en interprétant cette disposition selon les mêmes principes que ceux développés à propos de l'art. 142 aCC. Quoique s'inspirant de l'art. 142 al. 1 aCC, l'art. 115 CC devrait être interprété plus restrictivement. Dans la conception qui sous-tend le nouveau droit du divorce, il constituerait en effet une sorte de lex specia-lis, applicable uniquement lorsque la continuation du mariage apparaît si insupportable que l'on ne puisse exiger du demandeur qu'il attende l'expiration du délai de quatre ans prévu à l'art. 114 CC. Or tel ne serait pas le cas en l'espèce, sur le vu des éléments exposés par la cour cantonale.