Citation: 4C.167/2000 28.09.2000 E. B

B.- Par jugement du 27 avril 1999, dont les considérants ont été notifiés le 6 avril 2000, la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois a rejeté les conclusions du demandeur. Admettant qu'aucun des détenteurs impliqués dans l'accident n'avait commis de faute, la cour cantonale a jugé, en substance, que, nonobstant l'identité des risques inhérents à l'emploi des deux véhicules, la circonstance que Durussel se soit porté sur la gauche de la chaussée en raison d'une perte de conscience justifiait que la défenderesse supporte l'entier du dommage subi par le demandeur. Faisant application de l'art. 46 al. 1 CO, les magistrats vaudois ont considéré que le demandeur n'avait pas établi l'existence d'une perte de gain indemnisable, actuelle ou future, ni d'une atteinte à son avenir économique. Si les juges cantonaux ont rejeté entièrement les prétentions du demandeur tendant à l'octroi d'une "perte de gain accessoire future", à l'indemnisation du dommage découlant de l'obligation de payer des taxes d'exemption ainsi qu'au paiement de "frais de cure futurs", ils lui ont octroyé 82 500 pour les investissements en machines supplémentaires rendus nécessaires par son handicap physique, 8500 fr. pour les frais de déplacement qu'il a consentis et les indemnités qu'il a versées aux conducteurs qui l'ont pris en charge, 2400 fr. pour les traitements dentaires qui lui ont été prodigués entre 1984 et 1994, montant ramené à 1600 fr. en raison du défaut de port de la ceinture de sécurité (art. 59 al. 2 LCR), et, enfin, 25 000 fr. pour le tort moral éprouvé, somme ramenée à 23 750 fr. après réduction de 5 % pour l'omission de porter ladite ceinture, d'où un total de 116 350 fr. (82 500 fr. + 8500 fr. + 1600 fr. + 23 750 fr.). Toutefois, comme la défenderesse a versé un premier acompte de 82 000 fr. avant l'introduction du procès, suivi d'une second acompte de 100 000 fr. en cours d'instance, l'autorité cantonale a admis qu'en payant les deux montants précités, la défenderesse avait déjà satisfait à ses obligations, même compte tenu d'un intérêt compensatoire de 5 % l'an depuis la date de l'accident.