Citation: 4A_313/2018 E. 3.6.2

3.6.2. Les deux avocats italiens ayant collaboré avec le demandeur exerçaient leur profession en Italie et défendaient les intérêts de la défenderesse dans ce pays. Le demandeur a requis leur audition et a produit des courriers rédigés par ceux-ci. Le Tribunal de première instance a rendu les deux avocats attentifs à leur droit de refuser de témoigner. La défenderesse ne les a pas déliés du secret professionnel. Ils ont néanmoins témoigné, au sujet des faits appris lors de la réunion du 1er juin 2009. La Cour de justice a constaté que ces dépositions contrevenaient au droit matériel italien. Selon la loi italienne relative à la profession d'avocat et le code déontologique auquel celle-ci renvoyait, les avocats de la défenderesse étaient tenus au respect du secret professionnel et ne pouvaient pas, sauf cas exceptionnels énoncés à l'art. 28 ch. 4 du code déontologique, témoigner sur des faits dont ils avaient eu connaissance dans le cadre de leur activité professionnelle. Le devoir de secret perdurait au-delà de la fin du mandat. En l'occurrence, il résultait du dossier que les témoignages des deux prénommés portaient sur des informations obtenues du fait de leur activité de mandataires. Tel était en particulier le cas des faits appris lors de la réunion du 1er juin 2009 dès lors que leur présence à cette réunion était liée au mandat confié par la défenderesse. Il s'ensuivait que les moyens de preuve litigieux, obtenus en violation du droit matériel italien, étaient illicites au sens de l'art. 152 al. 2 CPC. Dans cette cause de nature patrimoniale soumise à la maxime des débats, aucun intérêt prépondérant à la manifestation de la vérité ne pouvait justifier la prise en compte desdits moyens de preuve; un tel intérêt devait s'effacer devant l'intérêt public au respect du secret professionnel, qui était essentiel à l'administration de la justice. En conséquence, les témoignages des deux avocats italiens ont été écartés, tout comme les courriers qu'ils avaient rédigés, lesquels étaient assimilables à des témoignages écrits (pièces 73 et 74).