Citation: 7B_810/2024 E. 4.4.1

4.4.1. S'agissant spécifiquement de la proposition de suivi, les experts ont indiqué, dans leur rapport d'expertise du 30 avril 2024, que les prises en charge ambulatoires avaient jusqu'alors toutes été mises en échec et ne sauraient en l'état actuel suffire à procurer les soins et le traitement nécessaires ni permettre en conséquence de réduire le risque de récidive. Au vu de la sévérité de la maladie psychiatrique, du besoin de soins et de traitement et de son anosognosie (absence pathologique de conscience des troubles psychiques), l'expertisée nécessitait une prise en charge psychiatrique et psychothérapeutique soutenue et continue. Elle nécessitait aussi la prise d'une médication antipsychotique régulière et suivie au long cours. Il apparaissait que seule une mesure thérapeutique institutionnelle selon l'art. 59 CP dans un établissement approprié pouvait procurer les soins et le traitement indispensables pour diminuer le risque de rechutes aiguës dans la maladie et contenir le risque de récidive d'actes répréhensibles qui pouvaient en résulter. Le maintien de la recourante dans un établissement carcéral, même avec un suivi psychiatrique, semblait aggraver son état de santé et ne permettait pas d'offrir les soins et le traitement qu'elle nécessitait. L'expertisée montrait, par son comportement apaisé et le tableau clinique amélioré, les bienfaits d'une prise en charge thérapeutique institutionnelle et le reconnaissait par ailleurs. Elle l'évoquait aussi en annonçant qu'elle allait réitérer une grève de la faim en prison. Il était médicalement indiqué qu'elle puisse être traitée dès que possible dans un établissement à même d'offrir une prise en charge institutionnelle, et ceci même avant jugement, à l'instar de l'amélioration clinique constatée à l'UHPP de E.________ (cf. expertise, p. 34; arrêt attaqué, pp. 4-5). Il résulte ainsi clairement du rapport d'expertise précité qu'un traitement institutionnel de la recourante avant jugement est préconisé (le terme "préférablement" utilisé par les experts allant dans ce sens et ne permettant pas, contrairement à ce que prétend la recourante, de s'écarter sans raison des recommandations des experts) et qu'un tel traitement permet en l'état de prévenir le risque de récidive présenté par la recourante.