Citation: 1B_110/2022 E. 2.3

2.3. Cette appréciation peut être confirmée. Aucun des arguments développés par le recourant ne permet de la remettre en cause. Certes, la magistrate intimée instruit et juge plusieurs causes du même genre, en lien avec la manifestation non autorisée du 20 septembre 2019. Toutefois, au vu de la jurisprudence rappelée ci-dessus (consid. 2.1 in fine), cet élément n'est pas en soi un motif de récusation, la juge étant présumée capable de faire la différence entre les causes déjà jugées et celle concernant le recourant. Ce dernier ne fournit en l'occurrence aucun élément concret permettant de considérer que la magistrate intimée avait laissé paraître qu'elle allait le condamner par avance. Le recourant ne prétend en particulier pas que la juge intimée se serait déjà prononcée sur sa culpabilité dans le cadre de la précédente procédure pénale qu'il invoque ayant abouti au jugement du 8 décembre 2021. La présidente du Tribunal de police n'a pas non plus pas laissé entendre, en début d'audience le 9 décembre 2021, qu'elle allait nécessairement condamner le recourant. Il n'est pas contesté que la juge intimée a procédé à une instruction normale de la cause, en examinant l'activité reprochée spécifiquement au recourant ainsi que ses motivations propres et sa situation personnelle. Ce dernier ne prétend pas que ladite juge l'aurait empêché d'exposer sa position et de faire valoir ses droits. Le fait que la magistrate se soit déjà prononcée sur des questions juridiques spécifiques qui se posaient à nouveau (liberté de manifestation; fait justificatif selon l'art. 17 CP) ne permettait pas d'affirmer que l'issue de la cause concernant le recourant serait prédéterminée et que les éléments spécifiques à la situation ne seraient pas pris en compte. Il apparaît dès lors que, lorsque la demande de récusation a été déposée, le sort de la procédure concernant le recourant demeurait suffisamment ouvert. Au demeurant, la question de savoir si - au regard de l'art. 99 al. 1 LTF - le recourant peut se prévaloir, pour fonder sa demande de récusation du 9 décembre 2021, des considérants des jugements motivés le concernant et concernant les autres prévenus, notifiés en janvier 2022, peut demeurer indécise. En effet, quoi qu'en pense le recourant, la similitude qui pourrait exister entre les peines prononcées par le Tribunal de police ainsi qu'entre certaines formulations adoptées dans les jugements de condamnation ne constitue pas en soi un motif objectif de prévention: dans la mesure où les faits reprochés et le contexte dans lequel ils ont été commis sont semblables, une rédaction se fondant sur les mêmes principes juridiques ne relève pas de la prévention du juge concerné, mais d'une saine administration de la justice prenant en compte le principe de l'égalité de traitement de tous les prévenus jugés séparément. Enfin, le fait que, conformément à la loi (cf. art. 29-30 CPP), des procédures parallèles menées séparément puissent être jugées par les mêmes juges est dans l'intérêt de l'économie de la procédure (cf. art. 5 al. 1 CPP) et ne saurait en soi révéler une apparence de prévention (cf. arrêts 1B_75/2020 du 10 décembre 2020 consid. 2.2; 1B_150/2017 du 4 octobre 2017 consid. 4.3).