Citation: 1C_392/2010 16.09.2010 E. 1.2

Le recourant prétend qu'il y aurait des raisons de supposer que la procédure en Estonie viole des principes fondamentaux graves. Il se réfère aux griefs soulevés sur le fond dans lesquels il se plaint du statut réservé en Estonie à la minorité russophone qui ne dispose pas de la nationalité estonienne. Il s'agit là de griefs de nature générale, sans rapport direct avec la procédure pénale dirigée contre le recourant. Celui-ci ne prétend notamment pas qu'il serait poursuivi en raison de son appartenance à une minorité, ou qu'il encourrait de ce fait un traitement discriminatoire (art. 2 let. b EIMP). Reprenant les griefs soulevés devant le Tribunal pénal fédéral, le recourant se plaint aussi de ne pas avoir été entendu à propos de certaines infractions, et prétend que la décision du juge d'instruction du 18 février 2010 violerait la présomption d'innocence. La Cour des plaintes a répondu à ces griefs en relevant d'une part que le recourant s'était volontairement soustrait à l'audition, et d'autre part que la décision incidente prise par le magistrat instructeur concernait la seule détention du recourant, et ne préjugeait pas du fond. Sur ces différents points, le recourant ne rend pas vraisemblable un risque sérieux d'une violation des droits de l'homme dans l'Etat requérant. Le recourant relève enfin que des audiences de jugement ont déjà été appointées pour les 13, 16 et 17 septembre 2010. Il en déduit qu'il pourrait être condamné par défaut, sans que l'on sache s'il existe une possibilité de relief. On ne saurait toutefois reprocher à l'Etat requérant de poursuivre la procédure, le cas échéant par défaut, tant qu'elle ignore le sort qui est réservé à sa demande d'extradition. Cela est conforme, en particulier, au principe de célérité. En l'occurrence, l'autorité de poursuite ou de jugement pourra soit renoncer à un jugement par défaut et attendre que le recourant soit effectivement extradé, soit donner à celui-ci la possibilité d'être rejugé en sa présence. Dans l'un et l'autre cas, il n'y a pas de violation des droits de la défense et les craintes du recourant apparaissent purement théoriques.