Citation: 4A_202/2022 E. 5.2

5.2. La recourante ne décrit pas clairement si elle conteste le refus de la prolongation de délai en tant que tel ou le fait que ce refus n'était pas assorti d'un bref délai supplémentaire, comme susmentionné. Quoi qu'il en soit, la cour cantonale a expliqué de manière détaillée les raisons pour lesquelles elle a refusé la prolongation de délai. Celles-ci étaient liées à la motivation insuffisante de la demande en ce sens présentée par la requérante, alors représentée par une avocate. Conformément aux exigences de motivation prévalant devant le Tribunal fédéral, il appartenait à la recourante de discuter les motifs développés par l'instance précédente pour attaquer utilement l'arrêt entrepris, ce qu'elle n'a pas fait. En outre, selon les constatations de la cour cantonale, liant le Tribunal fédéral, dans sa requête de prolongation de délai, la recourante n'avait pas indiqué qu'elle disposerait avec certitude du montant de l'avance de frais dans les jours suivants ou " dans le mois à venir ", comme elle tente de le faire croire. Ses allégations étaient au contraire vagues, incertaines et non étayées. Celles concernant sa situation financière étaient tout aussi lacunaires. Dans ces conditions, la recourante ne saurait formuler un quelconque reproche à l'encontre de la cour cantonale. Par ailleurs, en se contentant de soutenir que les décisions judiciaires " doivent être proportionnées au but visé ", la recourante ne présente pas une motivation suffisante s'agissant d'une prétendue violation de l'art. 5 Cst. En lien avec l'art. 6 par. 1 CEDH, la recourante se prévaut de ce que la Cour européenne des droits de l'homme a considéré, s'agissant des frais ou taxes judiciaires dont un justiciable était redevable, que leur montant, apprécié à la lumière des circonstances particulières d'une affaire donnée, y compris la solvabilité de l'intéressé et la phase de la procédure à laquelle la restriction en question était imposée, était un facteur à prendre en compte pour déterminer si un requérant avait bénéficié de son droit d'accès à un tribunal (arrêt CEDH Kaiser c. Suisse du 9 janvier 2018, requête n° 35294/11, § 62 CEDH; arrêt CEDH Ramos c. Suisse du 14 octobre 2010, requête n° 10111/06, § 37). La recourante n'a jamais contesté le montant de l'avance de frais. Quoi qu'il en soit, la somme de 9'000 fr. ne paraît pas excessive au regard de l'importante valeur litigieuse de la cause. De plus, la recourante a joui d'un délai global de presque deux mois pour exécuter le versement et a été dûment avertie des conséquences d'un retard. L'avance de frais a en outre été requise dans la phase d'appel, et non en première instance. Au demeurant, tel que susmentionné, la recourante s'est limitée, dans sa requête de prolongation du délai imparti pour procéder au versement de l'avance de frais, à alléguer ne pas disposer de liquidités suffisantes et avoir pris des mesures pour y pallier, sans autre explication ou élément étayant ses dires. Dans ces conditions, on ne décèle aucune violation de la garantie de l'accès au juge conférée par l'art. 6 par. 1 CEDH.