Citation: 8C_321/2022 E. 5.2.1

5.2.1. La cour cantonale a considéré que, malgré sa capacité de travail entière dans une activité adaptée, l'intimé était lourdement limité dans la mesure où très peu d'activités pouvaient être envisagées. En effet, seules des activités de type administratif semblaient envisageables, lesquelles ne devaient au demeurant pas nécessiter de déplacement de plus de quelques pas dans un bureau (sans devoir monter des escaliers ou des échelles). Cependant, les tâches administratives requéraient d'ordinaire de pouvoir se déplacer ou faire quelques activités manuelles debout ou assis. Il fallait dès lors imaginer une activité de bureau dans un établissement adapté à une personne qui ne pouvait que très peu se mouvoir et qui était empêchée de faire des activités de type administratif exigeant certaines tâches manuelles même légères. Le niveau de compétence 2 de l'ESS, appliqué par la recourante, correspondait à des tâches pratiques telles que la vente, les soins, le traitement des données et les tâches administratives, l'utilisation de machines et d'appareils électroniques, les services de sécurité et la conduite de véhicules. Or au vu des limitations fonctionnelles que présentait l'intimé, on devait exclure de cette liste la vente (puisque l'intimé ne pouvait pas piétiner ou se déplacer), les soins (qui comprenaient des activités lourdes ou légères et des activités debout) ainsi que les services de sécurité et la conduite de véhicules (qui étaient prohibés par les limitations du genou). Seules restaient envisageables le traitement des données et les tâches administratives, voire l'utilisation de machines et d'appareils électroniques, sauf s'il s'agissait d'une activité manuelle même légère ou dans une position autre qu'assise. Les possibilités concrètes pour l'intimé de retrouver un emploi dans le secteur administratif, soit un domaine qui n'était pas le sien avant ses accidents, apparaissaient également restreintes. S'il était vrai que l'intimé s'était occupé dans le cadre de la gestion de son entreprise des aspects administratifs (à raison de 15 % avant l'accident, selon ses propres indications), force était cependant de prendre en compte qu'il avait exercé principalement une activité manuelle de plâtrier-peintre, seule activité pour laquelle il disposait d'une formation professionnelle. Il avait en outre exposé qu'avant son accident, il avait été assisté d'une secrétaire et d'une fiduciaire pour les tâches administratives et, lorsqu'il avait été empêché de reprendre son activité manuelle de peintre, il avait eu des difficultés à gérer le travail de bureau en raison de lacunes en informatique. Enfin, quand son entreprise s'était approchée de la faillite et qu'il ne pouvait plus employer de secrétaire, li avait encore pu compter sur l'aide de son ex-compagne dans ce domaine. Son expérience en matière de travail administratif apparaissait ainsi peu étendue. Partant, même sur un marché du travail équilibré, l'éventail des activités accessibles à l'intimé était très limité en raison de ses limitations médicales, de sorte qu'un abattement entrait en considération.