Citation: 6B_31/2024 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a jugé que si la présence d'ADN du recourant sur les vêtements de la victime aurait été de nature à confirmer sa culpabilité, l'absence de telles traces ne conduirait pas nécessairement au constat qu'il n'était pas l'auteur des faits, la preuve par ADN, respectivement par l'absence d'ADN, ne constituant pas une preuve matérielle absolue mais un indice à décharge, à apprécier au regard des autres éléments du dossier. En objectant que seule une partie du vêtement a été analysée, en affirmant péremptoirement qu'il serait impossible que la lutte alléguée par la victime n'ait laissé aucune trace sur ses vêtements ou objets, respectivement qu'" aucun élément ne permet d'expliquer à satisfaction de droit le fait que le recourant [a] commis un viol en état d'ébriété avancée sans laisser de traces ADN ", le recourant se borne à opposer sa propre conviction à celle de la cour cantonale, qui n'a du reste pas retenu un viol mais une tentative de ce crime. Cette démarche appellatoire est irrecevable dans le recours en matière pénale. Le recourant fait, au demeurant, fausse route. Il ne s'agit, en effet, pas d'apprécier la crédibilité du récit de la victime quant à la réalité de son agression, qui n'est guère discutable, notamment au vu des lésions constatées médicalement, des traces de son sang retrouvées sur les coussins et des explications fournies par son fils et des voisins. Aucun soupçon ne s'est, par ailleurs, jamais porté sur l'époux de la jeune femme et le recourant n'envisage pas non plus expressément cette hypothèse, nonobstant les traces ADN retrouvées, correspondant à un profil de mélange d'un homme et d'une femme compatible avec le mari (arrêt entrepris, consid. 3.3 p. 11). Cela étant, force est de constater que l'échauffourée a bien pu avoir lieu sans que l'auteur de la tentative de viol, quel qu'il soit, ait laissé de traces suffisamment perceptibles pour que la police en entreprenne l'analyse. Mais il n'y a rien d'incompréhensible à cela, puisque rien n'indique que l'agresseur se serait dénudé, même partiellement, ou aurait été blessé. On ne voit donc pas pourquoi des traces biologiques susceptibles d'analyse auraient nécessairement dû se trouver sur d'autres parties du pantalon de la victime. La question porte, en réalité, exclusivement sur la responsabilité du recourant dans ces faits. En tant que de besoin, on peut relever à ce propos que l'évaluation de l'absence de correspondance ou de l'absence de détection d'ADN pose des questions scientifiques spécifiques quant à l' activité que la personne avec laquelle on cherche à établir un lien a pu déployer sur les lieux ainsi qu'aux modes de transfert de traces biologiques et qu'il existe encore dans ce domaine des lacunes méthodologiques (v. SAMIE FOUCART LYDIE, Évaluation des résultats ADN considérant des propositions au niveau de l'activité, thèse 2019, p. 5 et 8). Compte tenu de ces incertitudes, il n'y avait, dès lors, rien d'insoutenable à conclure que l'absence de traces d'ADN compatibles avec le recourant ne conduirait pas nécessairement au constat que l'intéressé n'était pas l'auteur des faits, que la preuve par ADN, respectivement par l'absence d'ADN, ne constituait pas une preuve matérielle absolue mais un indice à décharge (à apprécier au regard des autres éléments du dossier) et à renoncer, pour ce motif, à procéder à de plus amples investigations scientifiques. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.