Citation: I 476/02 27.03.2003 E. 3

En l'espèce, l'intimé et la juridiction cantonale ont considéré que les conditions d'une révision du droit à la rente du recourant étaient réunies dans la mesure où celui-ci ne présentait plus d'invalidité. 3.1 A l'appui de leur point de vue, ils se sont fondés sur une expertise établie le 29 janvier 2001 par la clinique X.________, aux termes de laquelle le recourant présente un trouble factice avec exclusion fonctionnelle d'une extrémité (pied droit) et un status après entorse bénigne de la cheville droite. Le trouble factice résulte des suites d'une atteinte mineure à la cheville droite à la faveur de motifs psychologiques probablement liés à une demande de compensation financière. Il s'agit d'une limitation fonctionnelle d'ordre psychologique et non somatique. Ce tableau clinique et le fait que l'intéressé est convaincu du bien-fondé de son droit à des prestations financières de la CNA et de l'AI rendent toute mesure de reclassement professionnel inefficace. Toutefois, au vu de la trajectoire professionnelle de l'intéressé, ce dernier devrait être parfaitement en mesure de retrouver par lui-même un emploi dans le cadre d'un travail de manutention s'effectuant en position assise et n'exerçant pas de charge sur les jambes. Le jeune âge de l'assuré, l'absence de comorbidités psychiatriques, son bon état de santé physique et le fait qu'il ne se sente pas complètement incapable d'exercer une activité professionnelle fondent un pronostic favorable. Les experts en concluent qu'une reprise du travail du recourant dans son ancien métier serait contre-indiqué au plan psychologique. En revanche, il présente une capacité entière de travail dans une activité adaptée à son état de santé (sans port de charge, ni travaux lourds, ni marche continue), laquelle n'est toutefois pas susceptible d'amélioration, fût-ce par le biais de mesures médicales ou professionnelles. 3.2 En ce qui concerne la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 3.3 En l'occurrence, l'expertise pluridisciplinaire de la clinique X.________ a été rendue à la suite de plusieurs consultations, notamment psychiatrique et rhumatologique, avec le recourant. Elle repose sur une étude attentive et complète du dossier, en considération de l'anamnèse médicale et familiale du recourant, des plaintes de celui-ci, ainsi que des résultats d'examens médicaux (densitométrie osseuse calcanéenne et IRM de la cheville droite). Le diagnostic posé est clair et motivé. En particulier, les conclusions selon lesquelles le recourant présente un trouble factice concordent avec celles du rapport du 2 juillet 2001 du docteur B.________, psychiatre et psychothérapeute. Dans la mesure où celles-ci ne s'écartent de l'appréciation de la consultation psychiatrique de la doctoresse C.________ - qui fait état de troubles somatoformes ayant valeur de maladie - qu'au terme d'une discussion détaillée et convaincante, l'expertise de la clinique X.________ répond en tous points aux critères jurisprudentiels énumérés ci-dessus (consid. 3.2) et revêt une pleine valeur probante. Dès lors, il y a lieu de retenir, à l'instar de l'intimé et des premiers juges, que le recourant dispose d'une capacité entière de travail dans une activité adaptée. Dans la mesure où à l'époque de la décision initiale de rente, le recourant présentait une incapacité entière de travail dans toute profession (expertise du 25 mars 1997 du docteur D.________, psychiatre et psychothérapeute), force est de constater qu'il s'est produit depuis lors une modification importante des circonstances qui est de nature à influencer le degré d'invalidité de l'assuré, donc son droit à la rente.