Citation: 5A_844/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a quant à elle retenu que l'enfant, âgée de 13 ans, était une jeune fille vive et joviale, qui allait bien sur le plan scolaire et qui se liait facilement avec ses pairs et les adultes. Ses parents s'étaient séparés alors qu'elle avait trois mois et sa garde avait été confiée à sa mère. Le conflit parental perdurait depuis la séparation et restait majeur. Le lien père-fille était très ténu, le recourant ayant peu vu l'enfant malgré plusieurs réglementations du droit aux relations personnelles, l'exercice de celles-ci étant régulièrement entravé notamment en raison de la méfiance et des peurs de la mère. Cela étant, l'enfant avait présenté, dès son plus jeune âge, divers troubles en lien avec les visites de son père. A ce jour, elle manifestait toujours une anxiété très importante à l'idée de le voir et verbalisait son refus. La juridiction précédente a également souligné que la souffrance de l'enfant en lien avec les rencontres avec son père avait été clairement objectivée et que les professionnels avaient constaté la mise en danger de son développement. En dernier lieu, le Dr G.________, pédopsychiatre, avait observé, dans un rapport du 17 mai 2022, que les contacts avec le père provoquaient chez l'enfant une anxiété très importante qui pouvait être assimilée à une anxiété observée dans les situations de réaction à un traumatisme, constats qu'il avait confirmé lors de son audition du 15 novembre 2022, évoquant que les symptômes de l'enfant pouvaient s'apparenter à des manifestations de stress post-traumatique, que ces manifestations étaient à même de réapparaître si des visites reprenaient et que la conséquence d'une reprise des visites serait de renforcer son aversion envers son père. Selon le pédopsychiatre, même s'il y avait des risques liés à la construction identitaire découlant du fait de ne pas voir le recourant, les contacts avec ce dernier ne semblaient pas, jusqu'à présent, efficaces pour la désensibilisation du stimulus anxiogène qu'il représentait. Le praticien avait ajouté que, quelle que soit la solution choisie, il y aurait des risques pour le développement de l'enfant, en précisant qu'il était difficilement imaginable que la jeune fille veuille un jour renouer avec son père dans le cadre thérapeutique. La juridiction précédente a également relevé que toutes les mesures prises depuis douze ans n'avaient pas eu l'effet escompté et que la situation ne s'était pas améliorée. En effet, rien n'avait permis de créer une relation père-fille, ni même une amorce suffisante de ce lien. Pourtant, de nombreux suivis thérapeutiques avaient été initiés et l'enfant avait bénéficié de la présence d'assistantes sociales ainsi que de curatrices pour s'assurer de l'adéquation des visites père-fille. L'enfant avait aussi été accompagnée par ces professionnels dans le cadre de séances thérapeutiques tendant à la reprise d'un lien avec le recourant. De même, les modalités d'exercice du droit aux relations personnelles avaient tantôt été fixées par Point Rencontre, tantôt en présence de tiers, comme de la curatrice ou encore de F.________. L'autorité cantonale a enfin rappelé que, si le père déclarait dénoncer une situation "injuste" et considérer que le retrait des relations personnelles avec sa fille reviendrait à "récompenser la mère", la situation était, comme souligné par le Dr G.________, inextricable et que c'était le bien de l'enfant qui primait. Or, l'enfant était en danger dans son développement et il y avait lieu de craindre qu'une décision judiciaire la contraignant ait pour effet de la braquer et s'avère contre-productive. En définitive, les juges cantonaux ont considéré que, à la lumière du seul intérêt de l'enfant, il convenait de confirmer le retrait au père du droit d'entretenir des relations personnelles sur sa fille, ces visites étant en l'état préjudiciables à cette dernière.