Citation: 6A.3/2005 02.03.2005 E. 2

2.1 Selon l'art. 38 ch. 1 CP, lorsqu'un condamné à la réclusion ou à l'emprisonnement aura subi les deux tiers de sa peine, mais au moins trois mois en cas de condamnation à l'emprisonnement, l'autorité compétente pourra le libérer conditionnellement si son comportement pendant l'exécution de la peine ne s'oppose pas à son élargissement et s'il est à prévoir qu'il se conduira bien en liberté. Lorsqu'un condamné à la réclusion à vie aura subi quinze ans de sa peine, l'autorité compétente pourra le libérer conditionnellement. Il n'est pas contesté que le recourant a subi quinze ans de sa peine et qu'il a eu un bon comportement pendant l'exécution, de sorte que seule demeure litigieuse la question de savoir si la troisième condition prévue par l'art. 38 ch. 1 al. 1 CP est remplie, c'est-à-dire si un pronostic favorable peut être posé quant à la conduite future du recourant en liberté. 2.2 La libération conditionnelle n'est ni un droit ni une faveur, mais la quatrième phase de l'exécution de la peine. Comme telle, elle constitue la règle dont l'autorité ne peut s'écarter que si de bonnes raisons font penser qu'elle sera inefficace (ATF 125 IV 113 consid. 2a p. 115). La décision relative à la libération conditionnelle procède d'une appréciation globale prenant en considération les antécédents de l'auteur, sa personnalité, le degré de son éventuel amendement, les conditions dans lesquelles il est à prévoir qu'il vivra après sa libération, ainsi que son comportement en général, d'une part, et dans le cadre de la commission des délits qui sont à l'origine de sa condamnation, d'autre part (ATF 125 IV 113 consid. 2a p. 115; 119 IV 5 consid. 1b p. 8; 104 IV 281 consid. 2 p. 282). Par sa nature même, le pronostic constitue une prévision, au sujet de laquelle on ne peut exiger une certitude absolue. Il faut se contenter d'une certaine probabilité, un risque de récidive étant inhérent à toute libération, conditionnelle ou définitive (ATF 119 IV 5 consid. 1b, p. 7). Pour déterminer si l'on peut courir le risque de récidive, on doit non seulement prendre en considération le degré de probabilité qu'une nouvelle infraction soit commise mais également l'importance du bien qui serait alors menacé. Ainsi, le risque de récidive que l'on peut admettre est moindre si l'auteur s'en est pris à la vie ou à l'intégrité corporelle de ses victimes que s'il a commis par exemple des infractions contre le patrimoine (ATF 125 IV 113 consid. 2a p. 116; 124 IV 193 consid. 3 p. 195). 2.3 Lorsque l'intéressé a été condamné à la réclusion à vie pour avoir commis des crimes graves, il faut accorder une importance toute particulière à la protection de la sécurité publique. Dans ce cas, ce n'est pas à la société d'assumer un risque de récidive, mais au condamné, en se sens que sa libération conditionnelle doit être refusée tant qu'un risque subsiste (ATF 125 IV 113 consid. 2a p. 116). La libération conditionnelle ne pourra être alors envisagée que si une expertise psychiatrique, émanant d'un expert neutre, a permis d'établir que le danger spécifique révélé par les actes qui sont à l'origine de la condamnation n'existe plus (ATF 125 IV 113 consid. 2b p. 117; cf. aussi art. 75a P-CP; FF 2002 p. 7687; message du 21 septembre 1998 concernant la modification des dispositions générales du code pénal suisse, FF 1999 p. 1927).