Citation: 4A_139/2021 E. A

A.a. Z.________, est une fondation inscrite au registre du commerce dont le siège est à... (VD). Le 25 juin 2015, elle est devenue propriétaire d'une parcelle située en ville de Lausanne. A cette même date, elle a confié à X.________ SA la tâche d'ériger un immeuble locatif doté d'un parking souterrain sur le bien-fonds nouvellement acquis. Ce contrat d'entreprise totale a été résilié cinq mois plus tard, soit le 25 novembre 2015. A.________ SA était l'architecte de l'entreprise éconduite. Le 25 novembre 2015, cette société a signé avec la constructrice un contrat d'architecte assorti de diverses annexes et renvoyant au Règlement SIA 102 (édition 2003), relatif aux prestations et honoraires des architectes (ci-après SIA-102; SIA = Société suisse des ingénieurs et des architectes). Un devis des coûts de construction figurait en annexe. L'art. 2.2 du contrat prévoyait une rémunération "d'après le coût de l'ouvrage", avec la précision suivante: "dans l'éventualité où le décompte final est d'un montant plus élevé que le devis, c'est le montant du devis qui est pris en compte pour le calcul des honoraires". Cet accord contenait encore une clause désignant comme juridiction compétente "le tribunal arbitral selon la directive SIA 150", situé au siège de la "mandant[e]". A.b. La découverte d'eau dans le terrain a nécessité un changement dans la technique de terrassement: au lieu d'un système de pieux prévu dans les premières études, il a été décidé de recourir au " jetting ". Un contrat sur ces travaux spéciaux a été signé par le groupe G.________ le 18 novembre 2015 et par la constructrice le 12 décembre 2015. A.c. Le chantier a pris du retard; les coûts ont dépassé les prévisions. Le 27 septembre 2016, la société d'architecture a exigé le paiement d'un nouvel acompte de 150'000 fr. Confrontée au refus de l'intéressée, elle a indiqué qu'à défaut de versement le 31 octobre, elle suspendrait toute prestation; elle a mis ses menaces à exécution le moment venu. Le 2 novembre 2016, la constructrice a résilié le contrat d'architecte avec effet immédiat au motif que sa cocontractante avait commis un "abandon de poste" et ainsi rompu l'indispensable rapport de confiance entre les parties. Le 4 novembre 2016, la constructrice a annoncé cette décision aux entreprises concernées en indiquant que le projet était repris par une entité tierce (Y.________ Sàrl). La société d'architecture a adressé 4 factures à son ex-partenaire. Un litige s'en est suivi.