Citation: 4P.250/2004 03.02.2005 E. A

A.a Par contrat de travail du 28 décembre 1993, A.________, qui est né en 1963 et est père de deux enfants, a été engagé, dès le 1er janvier 1994, en qualité de directeur par la société X.________ SA, dont l'administrateur-président est B.________; ce dernier est le fils de C.________, décédé le 21 mars 2001, qui avait racheté le capital de la société à la fin 1993. X.________ SA a notamment pour but l'importation, l'exportation, l'achat et la vente de produits du sol et primeurs en gros. Le salaire de A.________ se composait d'un montant mensuel brut de 7'000 fr., porté par la suite à 8'000 fr., payable treize fois l'an, de 500 fr. net par mois, versé douze fois l'an, pour frais de représentation et d'une commission annuelle de 7 % calculée sur le total des ventes "au comptant" facturées, sous déduction du prix de revient. Le contrat précisait que les frais extraordinaires, tels que voyages, dîners d'affaires, seraient remboursés au directeur sur présentation de justificatifs. Les tâches dévolues à A.________ consistaient à gérer l'entreprise au quotidien. Ce dernier effectuait ainsi les achats et les ventes de produits frais, vérifiait les bulletins de livraison, prenait les commandes, s'occupait des relations avec les clients, fournisseurs et producteurs et contrôlait les factures avant de les transmettre à B.________, lequel les inscrivait dans la comptabilité et assurait leur paiement. A titre professionnel, A.________ a parcouru au volant de sa propre automobile, durant neuf années de service, environ 26'000 km, ce qui représentait une moyenne mensuelle de 250 km. Le chiffre d'affaires de X.________ SA, qui se montait à 1'275'000 fr. en 1993, a atteint 6'100'000 fr. en 2001. A.b En octobre 1995, A.________ a accepté, à la demande de C.________ avec lequel il entretenait d'excellentes relations, de renoncer à la partie variable de sa rémunération pour 1994, qui représentait 30'000 fr., cela en raison des difficultés économiques traversées par X.________ SA. Le directeur a consenti à d'autres baisses de salaire du même type ultérieurement. Ainsi, de 1994 à 2001, le directeur a abandonné en tout environ 45'000 fr. sur la rétribution liée à la marche des affaires. A.c Après avoir engrangé un bénéfice brut de 239'774 fr. au 30 juin 2001, X.________ SA a enregistré au 30 juin 2002 une perte nette d'exploitation de 50'173 fr. B.________ a alors demandé à A.________ de limiter à 50'000 fr. la part variable de sa rémunération pour l'année 2001, laquelle atteignait la somme de 66'000 fr. A.________ s'y étant refusé, X.________ SA lui a réglé le montant dû pour 2001 en deux versements, les 4 juillet et 7 août 2002. A.d Durant le mois de juin 2002, A.________ a été absent pour cause de dépression due aux rapports tendus qu'il entretenait avec B.________. A.e Par lettre du 22 août 2002, X.________ SA, sous la plume de l'administrateur B.________, a licencié A.________ pour le 13 janvier 2003. Dans ce pli, l'administrateur a exprimé le regret que le directeur ne se soit pas "senti concerné par le sacrifice financier à consentir et nécessaire à la pérennité de l'entreprise". Il a reproché à l'intéressé d'avoir proposé au personnel de l'entreprise de réduire les horaires de travail, sans avoir l'accord préalable du conseil d'administration et sans égard aux circonstances économiques difficiles de l'heure. Le 24 septembre 2002, X.________ SA a licencié avec effet immédiat A.________. Elle a fait valoir que ce dernier avait utilisé abusivement durant plusieurs années une carte d'essence de l'entreprise à des fins privées, qu'il avait employé cette carte en juin 2002 alors qu'il était en incapacité de travailler pour cause de maladie et que le directeur avait dépassé des contingents douaniers pour l'importation de primeurs, sans en référer au conseil d'administration, ce qui avait valu à X.________ SA de se voir réclamer par l'Office fédéral de l'agriculture une somme avoisinant les 75'000 fr. pour les dépassements des années 1998 à 2001. Il résulte de différents certificats médicaux que A.________ a été incapable de travailler du 24 septembre au 31 octobre 2002. Sitôt après avoir reçu le congé sans délai susmentionné, le travailleur a disparu du domicile conjugal; localisé dans le canton des Grisons, il a été hospitalisé pour troubles dépressifs dans ce canton, puis à la Clinique Z.________. Le 27 septembre 2002, le conseil du prénommé a dénoncé le caractère abusif de la résiliation du 22 août 2002 au regard de l'art. 336 al. 1 let. d CO et contesté les motifs invoqués à l'appui du congé abrupt.