Citation: 8C_264/2018 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, la cour cantonale était fondée à évaluer le revenu d'invalide sur la base des salaires statistiques au lieu de prendre en considération la situation concrète de l'assurée au moment de la naissance du droit à la rente au 1 er juillet 2000. En effet, au cours des treize mois précédents (du 1 er juin 1999 au 30 juin 2000), c'est seulement en tant que participante à une mesure professionnelle de reclassement de l'assurance-invalidité que l'intéressée a effectué un stage pratique en qualité d'aide de bureau, d'intendante de la cafeteria et de réceptionniste auprès de la Fondation B.________. Dans ces conditions il n'est pas possible de conclure à l'existence de rapports de travail particulièrement stables au sens de la jurisprudence. Par ailleurs on ne saurait inférer de l'appréciation du Professeur C.________ que seule une occupation dans un atelier protégé était compatible avec les limitations fonctionnelles résultant de l'accident. Il apparaît bien plutôt qu'en dépit de la persistance d'une gêne fonctionnelle, l'assurée présentait une capacité de travail de 75 % dans toute activité adaptée n'exigeant pas d'efforts physiques importants - comme les efforts en demi-flexion, le port de charge, la descente de pentes ou la marche dans des terrains accidentés - et permettant en outre d'alterner les positions assise et debout. Si donc elle était fondée à évaluer le revenu d'invalide en fonction des salaires statistiques, la cour cantonale n'avait cependant pas de motif de s'écarter de la décision sur opposition en ce qui concerne le domaine d'activité déterminant. En se référant en partie au salaire auquel peuvent prétendre des femmes effectuant des activités de l'hôtellerie-restauration et d'économie domestique, selon le chiffre 37 du tableau TA7, la juridiction précédente a voulu, en quelque sorte, tenir compte de la situation professionnelle concrète de l'assurée au moment de la naissance du droit à la rente. Or, s'il n'est pas possible de conclure à l'existence de rapports de travail suffisamment stables pour évaluer l'invalidité au regard de la situation concrète, il ne paraît pas non plus justifié de se référer à différents domaines d'activités pour tenir compte de tous les aspects de cette situation concrète. En l'occurrence une activité commerciale et administrative selon le tableau TA7 de l'ESS, ligne 23, était tout à fait compatible avec les limitations fonctionnelles attestées médicalement, compte tenu d'une capacité de travail de 75 %, et était donc pleinement exigible. En outre la juridiction précédente était fondée à retenir le niveau de qualification 3 dans ce domaine d'activité du moment que l'assurée avait bénéficié d'une mesure de reclassement dans une activité d'aide de bureau et qu'elle est titulaire d'un diplôme de secrétariat obtenu en 1984.