Citation: 1B_426/2018 E. 2.4

2.4. Le recourant reproche ensuite à la direction de la procédure de n'avoir statué formellement sur aucune de ses réquisitions de preuves, tout en indiquant que le Procureur aurait rejeté implicitement chaque acte d'instruction sollicité pour prouver ses allégations; la cour cantonale aurait omis d'énoncer ces éléments dans son état de fait. L'autorité précédente a jugé à cet égard que c'était à raison que, dans son ordonnance du 26 janvier 2018, le Ministère public avait rappelé au recourant qu'il ne tenait qu'à lui d'indiquer les éléments concrets sur lesquels il s'était fondé pour formuler les assertions incriminées dans son courrier du 31 janvier 2017 et de produire toutes pièces utiles à cet égard. Or, l'intéressé ne démontrait nullement qu'il aurait satisfait à cette incombance. La cour cantonale a considéré qu'il ne suffisait pas de requérir la production de tout document en mains des autorités qui serait susceptible de porter sur la véracité des soupçons litigieux ni de réserver de faire procéder à l'audition de témoins. En définitive, le recourant ne pouvait refuser d'indiquer les éléments concrets sur lesquels il s'était fondé pour formuler les allégations en cause dans son courrier du 31 janvier 2017 et tenter, par un procédé s'apparentant à une " fishing expedition ", d'imposer au procureur d'aller rechercher dans les dossiers du Département du territoire et de l'environnement les pièces qui établiraient sa bonne foi ou la véracité de ses allégations ainsi que d'entendre des témoins sur des bases aussi lacunaires. Tant la motivation du recourant que celle de la cour cantonale paraissent d'elles-mêmes exclure le déni de justice dont l'intéressé semble se plaindre. Il n'appartenait au demeurant pas à l'autorité précédente, en tant que juge de la récusation, de procéder à l'examen d'un tel grief. Il peut ainsi être écarté. Quant à la question de savoir si le Procureur aurait dû donner suite aux mesures d'instruction requises par le recourant pour étayer ses allégations propagées, elle n'a pas non plus lieu d'être tranchée. Même si l'on voulait voir dans le refus d'instruire une violation par le Procureur des devoirs de sa charge, celle-ci ne constituerait pas, dans les circonstances du cas, une erreur à ce point grave qu'elle dénoterait une prévention et justifierait la récusation de ce magistrat. Le recourant aurait d'ailleurs pu attaquer le refus du Procureur s'il estimait qu'il était de nature à l'exposer à un préjudice irréparable. Dans l'hypothèse où le recourant devrait être mis en accusation au terme de l'instruction, il pourra exciper de ce que ses allégations sont conformes à la vérité ou, à tout le moins, qu'il avait des raisons sérieuses de les tenir de bonne foi pour vraies et réitérer les réquisitions de preuves propres à établir ce fait devant l'instance de jugement. Il est donc prématuré de voir dans le refus de ce magistrat de donner suite aux réquisitions de preuves du recourant une faute particulièrement grave qui justifierait sa récusation. Quant à l'ordonnance de classement concernant la procédure PE17-...BUF (dénonciation du recourant reprochant aux responsables de l'entreprise E.________ SA d'avoir enfreint la législation sur la protection de l'environnement en entreposant sans autorisation des déchets de chantier sur une parcelle de l'Etat de Vaud située en zone naturelle protégée, à X.________ [cf. ordonnance de classement du 21 décembre 2017]), on ne voit pas et le recourant ne rend pas vraisemblable qu'elle prédéterminerait l'issue de la cause PE17.002740-BUF (envoi d'un courrier le 31 janvier 2017 annonçant la pollution de la nappe phréatique située au-dessous de la gravière exploitée par le groupe B.________ au point de mettre en danger la santé de milliers de Vaudois et mise en cause de la probité d'une Conseillère d'Etat; [cf. ATF 134 IV 289 consid. 6.2 p. 294 s.; arrêt 1B_430/2015 du 5 janvier 2016 consid. 3.2 publié in SJ 2017 I 49]), s'agissant de l'infraction de calomnie qu'il invoque. En effet, le Ministère public doit encore prouver que ces dernières allégations sont fausses, à tout le moins que le recourant avait connaissance de cette fausseté (cf. art. 174 CP; également ATF 136 IV 170 consid. 2.1 p. 176 s.; arrêts 1B_494/2017 du 1 er mai 2018 consid. 1.2.2; 6B_676/2017 du 15 décembre 2017 consid. 3.1). Il en va de même de l'infraction prévue par l'art. 258 CP, dans la mesure où l'auteur peut, dans ce cas également, invoquer les aspects relatifs à ce qu'il savait de l'événement communiqué, respectivement une éventuelle erreur (art. 13 CP) à ce propos, parce que celui qui tient le danger pour réel ne réalise pas l'infraction (cf. arrêt 6B_1003/2017 du 20 août 2018 consid. 4.4 et les références citées).