Citation: 4A_451/2022 E. 4.3

4.3. Il n'est pas ici question du droit à la preuve, ni du droit d'être entendu invoqués par le recourant, mais bien de l'appréciation anticipée des preuves effectuée par les magistrats cantonaux, confirmant celle des juges de première instance. Le recourant ne parvient pas à démontrer que cette appréciation anticipée des preuves serait arbitraire. Lorsqu'il fait valoir que le rapport du Dr H.________ n'était pas propre à remettre en cause les certificats faisant état de troubles somatiques, il perd de vue que la cour cantonale s'est référée à ce rapport uniquement pour discuter les troubles psychiques. Le recourant affirme ensuite n'avoir eu de cesse de contester la teneur de la prétendue retranscription de ses déclarations par I.________ dans le procès-verbal du 11 avril 2018, à la suite d'un entretien qui se serait déroulé dans un français hors de sa portée. Il se réfère de manière vague, et insuffisante, au " pied de sa réplique ". Il se rapporte encore aux déclarations qu'il a faites lors de l'audience du 1er juin 2021 au tribunal, mais sans alléguer, ni a fortiori démontrer, s'en être déjà prévalu valablement devant la cour cantonale. Par ailleurs, lorsqu'il soutient que ce serait uniquement le repos et le fait de rester immobile qui le soulagerait dans ses douleurs, il propose sa propre lecture de ce procès-verbal. Il fait aussi valoir qu'il a pu travailler de nombreuses années dans son domaine d'activité (malgré ses troubles) et que c'est uniquement pour des raisons économiques qu'il a été engagé à un taux de 40 %, ce qu'il avait confirmé lors de son audition au tribunal. S'agissant des motifs l'ayant poussé à travailler à 40 %, ce qui relève du fait, le recourant se limite à opposer, en une seule phrase, sa propre appréciation à celle des juges cantonaux. Ce faisant, il ne parvient pas à démontrer que la cour cantonale aurait retenu de manière insoutenable, sur la base de ce procès-verbal, que ce sont des motifs médicaux qui l'ont amené à travailler à 40 %. Enfin, ses critiques toutes générales sur les auditions des assurés par les assureurs, dans une langue que les assurés ne maîtriseraient pas, ne sont pas propres à remettre en cause l'appréciation qu'a faite la cour cantonale de ce procès-verbal. Le recourant soutient encore que le Dr F.________, un compatriote, exerçait notamment en matière gynécologique, mais disposait d'un titre fédéral de médecin praticien, dont le détenteur était habilité à exercer la médecine de famille. Les premiers juges avaient certes déjà relevé ce point - non repris par la cour cantonale - mais s'étaient légitimement demandé pourquoi l'assuré n'avait pas fait appel à un rhumatologue, tout en ajoutant que la réponse à cette question ne changerait en rien leur appréciation. La cour cantonale s'est quant à elle fondée également sur d'autres éléments pour écarter le certificat établi le 19 janvier 2019 par ce médecin, de sorte que ce point n'est quoi qu'il en soit pas déterminant. Le recourant reproche également à la cour cantonale d'avoir donné moins de poids aux rapports des Drs F.________ et D.________, attestant de troubles physiques et psychiques, imagerie à l'appui, au profit d'insinuations fondées sur aucun élément probant s'agissant de prétendus certificats de complaisance. Il ajoute que sous réserve d'une expertise psychiatrique concernant une infime partie de ses troubles, l'intimée n'avait produit aucun élément de preuve de nature médicale permettant de mettre en doute un dossier médical complet. Or, la cour cantonale a expliqué avec soin, et de manière convaincante, les différentes raisons pour lesquelles elle s'est écartée du certificat du 19 janvier 2019 attestant une incapacité totale de travail, et pour lesquelles elle considérait que la mise en oeuvre d'une expertise n'était pas justifiée. S'agissant précisément de ce certificat, outre le fait qu'il n'émanait pas d'un rhumatologue, elle a notamment relevé qu'en dehors de celui-ci, aucun rapport médical ou certificat d'incapacité de travail n'avait été établi après le 8 août 2018; il faisait en outre état d'un travail de maçonnerie, ce qui n'était pas l'activité pour laquelle l'employé avait été engagé. On n'y décèle nul arbitraire. Par ailleurs, le recourant soutient que la cour cantonale a retenu à tort un prétendu défaut de motivation de son appel. Il affirme que dans son appel, il avait " martelé " que les premiers juges avaient écarté l'incapacité de travail litigieuse sans se fonder sur des certificats médicaux, soit en d'autres termes sur des considérations extérieures. Toutefois, les pages de son appel auxquelles renvoie le recourant ne font pas apparaître de critiques précises et ciblées sur les développements pourtant détaillés opérés par les premiers juges, les ayant poussés à considérer que le certificat médical du 19 janvier 2019 ne revêtait pas de force probante. Si l'appelant a certes reproché aux premiers juges de s'être écartés des avis des Drs F.________ et D.________ sans se fonder sur des avis médicaux, il n'a pas discuté l'appréciation fournie par les premiers juges à cet égard (cf. aussi consid. 6.2 infra). Enfin, le recourant fait valoir qu'il a été empêché de faire examiner sa situation par une entité indépendante. Il ajoute qu'un justiciable indigent ne pouvait que se heurter à des considérations sans portée de l'assureur sur les certificats médicaux produits par l'assuré, sans qu'aucun examen impartial ne puisse confirmer ces derniers. Toutefois, le recourant n'est pas parvenu à démontrer que les considérations ayant amené au refus de la mise en oeuvre d'une expertise étaient dénuées de pertinence. Tel n'est d'ailleurs pas le cas. En définitive, la cour cantonale n'a pas procédé à une appréciation anticipée des preuves arbitraire en considérant que la mise en oeuvre d'une expertise n'était pas justifiée.