Citation: 6B_42/2024 E. 3.5.4

3.5.4. En invoquant l'interdiction de la torture selon l'art. 3 CEDH, la recourante aurait dû exposer, dans le cadre de son obligation de collaborer, les circonstances qui constitueraient un " risque réel " et s'opposeraient à son renvoi (cf. supra consid. 3.5.2). Comme l'a relevé à juste titre la cour cantonale, l'intéressée n'a produit aucun document prouvant que sa vie serait concrètement mise en danger en cas d'expulsion au Kosovo. Comme déjà vu, la recourante n'indique pas précisément les médicaments (le type d'hormones thyroïdiennes) qui lui sont nécessaires. Elle n'établit ainsi a fortiori pas que ceux-ci sont indisponibles dans son pays d'origine. Au surplus, comme mentionné supra, même si les moyens de traiter sa maladie devaient être inférieurs à ceux disponibles en Suisse, un renvoi reste compatible avec l'art. 3 CEDH, sauf dans des cas très exceptionnels, en présence de considérations humanitaires impérieuses (cf. supra consid. 3.5.3), qui ne sont pas réalisées en l'espèce. En effet, comme souligné à raison par la cour cantonale, s'il est vrai que la recourante a développé une complication relativement rare comme l'atteste sa doctoresse, les affections thyroïdiennes sont fréquentes et le traitement qu'elle doit suivre, soit la prise d'hormones et de vitamines, n'a rien d'extraordinaire. Quant au risque d'aggravation qu'elle fait valoir, l'autorité précédente a considéré, à juste titre, et la recourante n'en démontre de toute manière pas l'arbitraire, qu'il pourrait en tout état de cause être atténué voire évité par une préparation au retour adéquate de la part de son thérapeute. Ainsi, la recourante ne justifie d'aucune circonstance personnelle particulière qui permettrait de considérer une mise en danger concrète de sa personne en cas de renvoi dans son pays d'origine. Par ailleurs, comme relevé supra, il n'est pas inconcevable que ses soeurs et leur famille ainsi que ses enfants en Suisse puissent la soutenir afin de l'aider à subvenir à ses besoins vitaux les plus élémentaires, en lui envoyant aussi, le cas échéant, les médicaments dont elle aurait besoin.