Citation: 6B_1078/2014 E. 1.2.2

1.2.2. Selon les déclarations de A.________ à la police, le chèque en faveur de la Caisse H.________ de 50'000 euros (prélevés sur le premier versement de B.________, soit sur le compte C.________) avait été établi à la demande du recourant. A.________ a aussi indiqué que lui-même et celui-ci s'informaient mutuellement de l'utilisation des fonds de B.________ et qu'il avait établi trois chèques à l'attention du recourant, dont l'un de 180'000 euros pour les besoins personnels de ce dernier ainsi qu'un autre de 60'000 euros pour mener à bien une affaire immobilière. A.________ a encore déclaré qu'il avait lui-même demandé à D.________ d'établir un chèque de 50'000 euros en faveur de la Caisse H.________, qui concernait plus spécifiquement le recourant (arrêt entrepris, consid. e.b. p. 13). De son côté, le recourant a admis, lors de son audition du 18 avril 2005, que A.________ avait fait émettre, entre 2003 et 2004, trois chèques en sa faveur, de 170'000 euros, 60'000 euros et 50'000 euros " en règlement de la rémunération due par B.________ " (arrêt entrepris, consid. d.b p. 8). Comme le relève à juste titre le recourant, il s'ensuit que les 280'000 euros dont la cour cantonale a fait état comme représentant " ses aveux " ne pouvaient pas avoir été intégralement prélevés sur le compte de la société E.________ alimenté par les 600'000 euros de B.________, mais, à concurrence de 50'000 euros, ont été prélevés déjà sur les premiers versements de B.________ parvenus sur les comptes de D.________, respectivement sur le compte C.________ auprès de la banque M.________. Le recourant ne conteste pas spécifiquement ces faits, alléguant, pour sa part, que le chèque de 50'000 euros a été émis par D.________ par le débit du compte C.________. Il souligne, en revanche, que D.________ a indiqué " [C'est] A.________ qui m'a demandé ce chèque. Il n'y a aucune hésitation à avoir. Il était apparemment destiné à un office de cautionnement en vue de l'acquisition d'un hôtel à T.________ " et en conclut que D.________ aurait formellement exclu que ce chèque le concernât. Toutefois, si ces déclarations ne permettent pas d'établir que D.________ sût au profit de qui la somme devait être versée, elles ne remettent pas en cause les explications de A.________, selon lequel il s'agissait du recourant. Il s'ensuit que ce dernier ne pouvait ignorer qu'une partie déjà des deux premiers versements effectués par B.________ n'avait pas été utilisée en vue d'un investissement " à levier ". Nonobstant l'imprécision relative au montant de 170'000 ou 180'000 euros (selon les explications du recourant ou de A.________), on comprend ainsi que le recourant avait déjà bénéficié d'une partie tout au moins des premiers fonds versés par B.________, ce qu'il a, du reste, aussi confirmé en déclarant, par ailleurs, avoir reçu 10'000 euros de la part de D.________ (arrêt entrepris, consid. i.g.d p. 18). Que l'accusation d'instigation à abus de confiance n'ait pas été retenue à ce propos pour des raisons de procédure (arrêt entrepris, consid. 2.8.1) n'empêche ni de constater les faits y relatifs ni d'en tirer des déductions quant à l'aspect subjectif des infractions retenues à l'égard du recourant. Or, la cour cantonale a écarté, de manière non arbitraire, l'ensemble des explications de celui-ci relatives à ses prétentions à l'égard de l'investisseur (v. infra consid. 2). Il s'ensuit qu'il n'était pas insoutenable de retenir, déjà, que le recourant savait qu'une partie tout au moins des premiers fonds versés par B.________ n'avaient pas été affectés à l'investissement " à levier ". Cela étant, il n'était pas arbitraire non plus de conclure qu'à supposer même qu'un tel investissement ait pu être envisagé initialement, le recourant ne pouvait ignorer que sa réalisation devenait d'autant plus improbable à mesure que les fonds crédités par B.________ le 2 octobre 2003 sur le compte E.________ auprès de la banque R.________ s'amenuisaient, en particulier après amputation de près d'un tiers des fonds, le 28 octobre 2003, par l'émission du chèque bancaire de 180'000 euros en faveur de la Caisse H.________, soit au bénéfice du recourant. Ces griefs sont infondés.