Citation: I 784/04 20.06.2005 E. 4

4.1 A l'issue d'un examen clinique complet, fondé sur deux entretiens avec la recourante, des tests psychométriques ainsi que la documentation mise à disposition par l'office AI, le docteur E.________ a considéré que la recourante présentait un état dépressif majeur d'intensité moyenne chronique et un trouble de somatisation léger à moyen (axe I), une personnalité à traits évitants, dépendants et borderline (axe II), des céphalées de tension et des cervico-lombalgies aspécifiques (axe III) ainsi qu'un conflit de couple et des difficultés socio-économiques et d'intégration socio-culturelle (axe IV). L'état dépressif d'intensité moyenne associé au trouble de somatisation ne justifiait qu'une diminution de la capacité de travail de l'ordre de 50 à 60 %. Les symptômes n'étaient en effet pas suffisamment sévères pour empêcher toute activité professionnelle dans le champ de ses compétences professionnelles. Les phénomènes d'amplification décelés lors de l'expertise relevaient également une personnalité possédant une faible estime d'elle-même et une volonté d'évitement des difficultés liées au monde professionnel. A moyen terme, l'état de santé psychique de la recourante pourrait par ailleurs être améliorée par une médication adaptée. 4.2 L'appréciation médicale des médecins du Centre Y.________ n'est pas de nature à remettre en question les conclusions du docteur E.________. L'expertise réalisée par ce spécialiste se fonde sur des examens complets et une description claire de la situation médicale de la recourante. Les conclusions sont en outre bien motivées et aboutissent à un résultat convaincant. Répondant aux conditions posées par la jurisprudence, l'expertise revêt une valeur probante certaine. Les constatations médicales des médecins traitants de la recourante sont, pour l'essentiel, superposables à celles retenues par l'expert. S'il existe une divergence, celle-ci réside dans l'appréciation de la capacité résiduelle de travail, que les docteurs L.________ et G.________ estiment nulle. Relativement succincte, leur motivation ne fournit pas d'éléments propres à remettre en cause l'évaluation de l'expert. Tout au plus se contentent-ils de lui reprocher de ne pas avoir tenu compte du contexte difficile dans lequel leur patiente se trouvait et de la fragilité de sa personnalité. Il ressort toutefois de l'expertise que ces critiques sont infondées. Le docteur E.________ a en effet admis que la recourante présentait une structure de personnalité fragile (personnalité à traits évitants, dépendants et borderline; axe II de l'évaluation multiaxiale) et avait été soumise ces dernières années à de multiples facteurs de stress (immigration, conditions de travail difficiles, conflits conjugaux, chômage du mari, soucis financiers, divorce des parents, décès successifs de sa grand-mère, puis de sa mère; axe IV de l'évaluation multiaxiale). C'est donc en pleine connaissance de ces éléments que la capacité résiduelle de travail exigible de la recourante a été appréciée. Au demeurant, on rappellera que les facteurs psychosociaux et socioculturels ne revêtent pas, de par leur nature, un caractère invalidant et ne sont pas pertinents du point de vue des assurances sociales (ATF 127 V 299 consid. 5). Dans ces circonstances, il n'y a pas de motif de s'écarter des conclusions du docteur E.________, de sorte que la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire ne s'avère pas nécessaire.