Citation: 1B_66/2022 E. 2.2

2.2. Un important trafic de stupéfiants tel que celui auquel le recourant a participé (1,5 kg de crystal meth et entre 800 g et 1 kg de cocaïne) est indubitablement propre à mettre en danger non seulement la sécurité d'autrui, mais aussi la santé de très nombreuses personnes, de sorte que la condition de la gravité des faits est à l'évidence réalisée. Même si le rôle exact du recourant dans ce trafic doit encore être précisé (ce que la cour cantonale admet), il apparaît vraisemblable à ce stade qu'il était proche de la personne qui dirigeait le réseau; il était son chauffeur et, au contraire d'autres membres du réseau, il a directement livré de la marchandise et encaissé de l'argent auprès des clients. Comme le relève la cour cantonale, il est notoire que l'arrestation de participants à un trafic de stupéfiants ne met pas fin à l'activité, les personnes arrêtées étant rapidement remplacées. Il est donc vraisemblable qu'en cas de libération, et en dépit de ses dénégations, le recourant, dépourvu de toute autre source de revenu, reprenne place dans le réseau. S'agissant de ses antécédents, le recourant a déjà été condamné trois fois en 2013-2014 dans le canton de Bâle-Ville pour différents délits (dommages à la propriété et infractions à la LCR), la dernière condamnation remontant à 2014. Une enquête est en cours dans le canton de Bâle depuis 2018 pour infraction à la LStup. A ce stade et au regard de la gravité des faits, le risque de récidive doit être confirmé, sur le vu des faits qui sont l'objet de la présente procédure et dont le recourant est sérieusement soupçonné. Ce risque devra néanmoins être réévalué lorsque le degré de participation du recourant au trafic aura pu être précisé, en particulier après l'analyse de son téléphone portable.