Citation: I 645/04 26.09.2005 E. 3

3.1 Pour rendre leurs conclusions, les experts du COMAI se sont adjoints les services d'un rhumatologue, le professeur G.________ et de deux psychiatres, les docteurs O.________ et R.________. Sur un plan purement rhumatologique, le recourant ne présente pas d'atteinte telle qu'il ne puisse pas exercer un métier, où des positions debout trop prolongées ne soient pas exigées. En revanche, on s'imagine qu'il peut, d'un point de vue rhumatologique, être capable d'exercer une profession sans port de charges lourdes (rapport du professeur G.________du 13 mars 2003). Sur le plan psychiatrique, les docteurs O.________ et R.________ ont posé les diagnostics selon le CIM-10 de syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4), de dépression atypique (F 32.8) et de personnalité paranoïaque (F 60.0). Dans leur rapport du 18 mars 2003, ils indiquent qu'il s'agit clairement de troubles psychiques qui ont une valeur de maladie. La durée du syndrome somatoforme douloureux persistant et son aggravation progressive sur le fond d'une dépression atypique amènent ces médecins à postuler chez le patient une incapacité totale de travail. En plus, l'âge du patient et l'accentuation du trouble de la personnalité en particulier, réduisent considérablement les capacités adaptatives de ce dernier. Ils considèrent que la gravité et la chronicité du symptôme douloureux somatoforme persistant, du trouble affectif et du trouble de la personnalité, entravent l'accès vers toute activité professionnelle en raison de l'absence de capacités adaptatives suffisantes et que cette incapacité totale de travail remonte vraisemblablement à l'été 1995, période durant laquelle le patient a exercé une dernière fois une activité professionnelle. Selon les docteurs O.________ et R.________, le patient paraît incapable de pouvoir à nouveau s'adapter à un cadre professionnel, même souple et peu exigeant, en raison de l'importance du syndrome douloureux somatoforme persistant et de la comorbidité psychiatrique associée, ce qui, à leur avis, rendrait toute mesure de réadaptation professionnelle caduque. 3.2 Les experts du COMAI ont retenu comme diagnostics avec influence essentielle sur la capacité de travail un syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4), une dépression atypique (F 32.8) et une personnalité paranoïaque (F 60.0). Dans leur rapport d'expertise du 24 juillet 2003, le professeur P.________ et le docteur B.________ ont relevé que malgré de très importantes difficultés psychiques, le recourant avait un certain nombre de ressources, en particulier sur le plan physique, puisqu'il fait chaque jour des promenades, qu'il va faire des courses, en étant toutefois clairement limité par ses douleurs. Par ailleurs, il se présente également comme ayant des ressources psychiques. Il s'agit d'un homme qui lit beaucoup, s'intéresse à son entourage et bénéficie d'un environnement social. Pour toutes ces raisons et de façon globale, c'est-à-dire en intégrant les aspects physiques et somatiques, le professeur P.________ et le docteur B.________ ont estimé l'incapacité de travail du recourant à 50 %. Celle-ci atteste des difficultés psychiques réelles du patient, liées aux douleurs et à leur impact dans sa vie de tous les jours. Par contre, ils attestent aussi d'une certaine capacité de travail et d'activités pour lesquelles des mesures de reconversion seraient à mettre en place en fonction des désirs mais aussi des limitations du patient. Leur jugement global, qui conclut à la possibilité d'une activité résiduelle (50 %) est différent de celui de leurs confrères psychiatres, plus « pessimistes » sur les chances du recourant de pouvoir retravailler un jour. Le professeur P.________ et le docteur B.________ assument ces discordances, qui font partie des évaluations multidisciplinaires.