Citation: U 200/03 18.03.2004 E. 3

3.1 S'agissant de l'affection psychique du recourant, la caisse a en effet nié l'existence d'un lien de causalité adéquate entre ces troubles et l'accident de travail survenu le 13 avril 1999, de sorte qu'elle a déterminé le degré d'invalidité sans tenir compte de l'incapacité de travail en résultant. 3.2 En présence de troubles psychiques consécutifs à un accident, la jurisprudence a dégagé des critères objectifs qui permettent de juger du caractère adéquat du lien de causalité. Elle a tout d'abord classé les accidents en trois catégories, en fonction de leur déroulement: les accidents insignifiants ou de peu de gravité (par ex. une chute banale); les accidents de gravité moyenne et les accidents graves. Pour procéder à cette classification des accidents, il convient non pas de s'attacher à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais bien plutôt de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même. En présence d'un accident de gravité moyenne, il faut prendre en considération un certain nombre de critères, dont les plus importants sont les suivants: les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident; la gravité ou la nature particulière des lésions physiques, compte tenu notamment du fait qu'elles sont propres, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques; la durée anormalement longue du traitement médical; les douleurs physiques persistantes; les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident; les difficultés apparues au cours de la guérison et des complications importantes; le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques. Tous ces critères ne doivent pas être réunis pour que la causalité adéquate soit admise. Un seul d'entre eux peut être suffisant, notamment si l'on se trouve à la limite de la catégorie des accidents graves. Inversement, en présence d'un accident se situant à la limite des accidents de peu de gravité, les circonstances à prendre en considération doivent se cumuler ou revêtir une intensité particulière pour que le caractère adéquat du lien de causalité puisse être admis (ATF 129 V 407 consid. 4.4.1; cf. également Jean-Maurice Frésard, L'assurance-accidents obligatoire in: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, Bâle, 1998, ch. 39 et les références). 3.3 En l'espèce, le recourant a subi des lésions au niveau du genou droit après avoir été heurté, au cours de son travail, par une poutre de 650 kg. qu'il était en train de déplacer. Au vu de son déroulement, un tel accident doit être qualifié comme étant de gravité moyenne, se situant en deçà de la limite supérieure de cette catégorie. Les circonstances dans lesquelles il s'est produit, sont dépourvues de tout caractère particulièrement dramatique ou impressionnant. Les séquelles physiques ne présentent pas non plus une gravité singulière et ne sont pas propres, selon l'expérience de la vie, à entraîner des troubles psychiques. La durée du traitement médical ne s'est pas avérée anormalement longue et ce dernier n'est pas entaché d'erreurs ayant entraîné une aggravation des séquelles physiques de l'accident. Le degré et la durée de l'incapacité de travail résultant de ces dernières ne présentent pas de caractère particulier dans la mesure où le recourant était apte à reprendre une activité lucrative à mi-temps dès le 29 novembre 1999 (cf. avis des 24 novembre 1999 et 2 décembre 1999 du docteur M.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, rapports du 2 décembre 1999 du docteur D.________ et du 9 décembre 1999 du docteur G.________, médecins traitants de l'assuré). Sur le vu de ce qui précède, c'est à juste titre que la caisse a nié l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident survenu le 13 avril 1999 et les troubles psychiques constatés.