Citation: 4P.51/2004 01.06.2004 E. 6

Par ailleurs, les recourants taxent d'arbitraire, à maints égards, le refus de l'autorité intimée de prendre en considération le mémoire complémentaire déposé par eux le 6 novembre 2003 aux fins de modifier leurs conclusions sur le fond. 6.1 En premier lieu, les recourants se plaignent d'une inégalité de traitement choquante, aboutissant à un résultat arbitraire, du fait que l'autorité cantonale n'a pas tenu compte de leur mémoire complémentaire, tout en prenant en considération les nouveaux moyens développés par l'intimée lors de la séance du 11 novembre 2003. Le grief des recourants, qui n'a pas de portée propre par rapport à celui d'arbitraire, apparaît dénué de fondement pour autant qu'il soit suffisamment motivé. Si le Tribunal des baux n'a pas tenu compte du novum que constituait le mémoire complémentaire du 6 novembre 2003, c'est parce que les demandes de réduction de loyer qui y étaient formulées auraient pu l'être auparavant. A l'inverse, la même autorité a tenu compte des indications chiffrées fournies le 11 novembre 2003 par l'intimée au motif qu'elles ressortaient d'un avis bancaire daté de la veille et qu'elles n'avaient donc pas pu être produites plus tôt. Fondée sur un motif objectif, cette différence de traitement n'apparaît pas insoutenable. 6.2 Le Tribunal des baux expose, à la page 20, paragraphe 4 de son arrêt, que les réductions de loyer supplémentaires requises par les recourants dans leur mémoire complémentaire du 6 novembre 2003 se basaient uniquement sur les rapports du vétérinaire cantonal, lesquels ne devisaient pas les coûts de la remise en état. De l'avis des recourants, ce raisonnement serait gravement erroné. En effet, une lecture même superficielle du mémoire complémentaire aurait dû amener les juges cantonaux à constater que les demandes de réduction de loyer supplémentaires n'étaient pas fondées sur les coûts de la remise en état, mais sur la perte de jouissance que le nouveau défaut constaté par le vétérinaire cantonal entraînait pour les locataires. Les recourants méconnaissent derechef les exigences de motivation propres au recours de droit public pour arbitraire lorsqu'ils renvoient la juridiction constitutionnelle à la lecture de leur mémoire complémentaire. De toute façon, on ne voit pas en quoi leur demande de réduction de loyer du fait de la non-conformité des boxes serait propre à influer sur le montant à déconsigner. En effet, la consignation ne constitue pas un moyen de droit auquel le locataire peut se référer pour faire valoir plus efficacement son droit à une réduction du loyer; elle complète uniquement le droit du locataire à la remise en état de la chose louée et ne se substitue pas au droit à la réduction du loyer (Renate Wey, La consignation du loyer, thèse Lausanne 1995, n. 231). 6.3 Par identité de motif, le grief fait à l'autorité intimée d'avoir refusé de tenir compte des conclusions en dommages-intérêts prises par les recourants dans leur mémoire complémentaire du 6 novembre 2003 ne saurait être admis, à le supposer recevable. Au reste, selon le Tribunal des baux, la solvabilité de l'intimée n'apparaît pas douteuse, si bien que le risque qu'une éventuelle créance en dommages-intérêts ne puisse être aisément recouvrée à l'issue du procès au fond n'est pas vraisemblable. Sans doute les recourants attaquent-ils cette constatation. Ils le font toutefois sur la base d'une simple hypothèse et en considération du fait que la bailleresse n'a actuellement pas d'autres recettes que les loyers payés par eux, ce qui ne suffit pas à établir le caractère prétendument insoutenable de la constatation incriminée.