Citation: 7B_932/2024 E. 3.3

3.3. Le recourant fait grief à la juridiction précédente d'avoir considéré comme dénué de pertinence pour l'examen du risque de récidive son futur transfert aux autorités françaises en vue de l'exécution d'une peine privative de liberté. Il soutient que la détention en France à venir assurerait l'absence de risque de récidive. En l'espèce, il résulte de l'arrêt querellé que le recourant a été condamné à une peine privative de liberté d'un an par une autorité judiciaire française et qu'un mandat d'arrêt a été émis par l'OFJ en vue de son extradition en France. Vu cette demande d'extradition, il est à prévoir que le recourant exécutera une peine dans ce pays dès sa libération d'un établissement pénitentiaire suisse, ce que le recourant invoque lui-même à l'appui de son grief. Ainsi une libération conditionnelle du recourant reviendrait, dans le cas d'espèce, bien plutôt à un transfert anticipé dans un autre établissement pénitentiaire qu'à une étape de l'exécution de la sanction pénale. Or la jurisprudence a précisément retenu qu'une libération conditionnelle ne pouvait pas être prononcée dans un tel cas de figure (cf. consid. 3.1.2 supra). La Chambre pénale de recours n'a dès lors pas violé le droit fédéral en considérant qu'une libération conditionnelle du recourant viderait de son sens son principe même ainsi que ses modalités d'exécution. Elle était ainsi fondée à considérer que l'exécution prévisible d'une peine à l'étranger - vu le mandat d'arrêt de l'OFJ - l'empêchait de prononcer des mesures de probation de liberté sur la base des art. 86 ss CP en faveur du recourant. Le recourant fait valoir que le refus automatique d'accorder la libération conditionnelle en présence d'une incarcération à l'étranger prévisible créerait une inégalité de traitement par rapport aux détenus faisant l'objet d'une mesure de renvoi de la Suisse. Dans un tel cas, selon lui, les autorités helvétiques s'accommoderaient d'ignorer d'éventuels échecs de la mise à l'épreuve, voire d'éventuels nouveaux séjours carcéraux. Son grief tombe cependant à faux vu la jurisprudence en la matière. En effet, lors de l'examen des conditions de la libération conditionnelle, en particulier du pronostic différentiel, il y a lieu de prendre en considération autant la sécurité publique suisse que la sécurité publique étrangère; autrement dit, la libération conditionnelle doit être refusée en cas de pronostic défavorable émis sur le comportement futur, peu importe que le condamné soit renvoyé du territoire suisse (cf. arrêt 7B_ 505/2023 du 9 octobre 2023 consid. 4.5 et les références citées). En définitive, une libération conditionnelle du recourant n'entre pas en ligne de compte vu l'exécution à venir d'une peine privative de liberté en France. Dès lors, ses griefs portant sur le risque de récidive, sur ses conditions de vie en cas de libération, ainsi que sur l'établissement des faits deviennent sans objet. Il en va de même du grief de violation des droits fondamentaux en relation avec les critères pris en compte par la cour cantonale pour retenir un risque de récidive; au demeurant, ce grief s'avérerait irrecevable, faute de répondre aux exigences de motivation accrues de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. ATF 147 IV 73 consid. 4.1.2; 143 IV 500 consid. 1.1).