Citation: 4A_195/2013 E. 2

La recourante se plaint ensuite d'une violation du droit fédéral, plus précisément du principe de la confiance. Savoir si un contrat a été conclu ou non est régi en première ligne par l'art. 1 CO. S'il est possible d'établir - ce qui relève du fait - une réelle et commune intention des parties, la question est réglée. Si, comme en l'espèce, une volonté commune ne peut pas être établie, il faut d'ordinaire faire appel au principe de la confiance et se demander comment une déclaration ou attitude d'une partie pouvait être comprise de bonne foi par l'autre partie (cf. ATF 136 III 186 consid. 3.2.1; 135 III 295 consid. 5.2 p. 302). En l'espèce, la question litigieuse est de savoir si la recourante et Z.________ SA, au moment de la vente de la parcelle n° 1, ont tacitement convenu du transfert du contrat d'architecture passé avec l'intimé. La recourante et Z.________ SA étaient représentées par la même personne, agissant en qualité d'organe des deux entités; il y a donc identité entre la personne physique émettrice et la personne physique réceptrice d'éventuelles manifestations de volonté expresses ou tacites. Il est dès lors exclu d'appliquer le principe de la confiance, à savoir de se demander comment une seule et même personne, en tant que représentant de l'une des parties au contrat, pouvait et devait, comme représentant de l'autre partie, comprendre de bonne foi son propre comportement. La recourante fonde pour l'essentiel son argumentation sur le courriel du 18 août 2008, dont il aurait fallu déduire de bonne foi qu'il y avait eu transfert. Ce courriel, émis par A.________ au nom d'une société de gérance étrangère au contrat d'architecture, a été adressé à l'intimé. Savoir comment l'intimé devait de bonne foi interpréter ce courriel est sans pertinence pour dire si un contrat de transfert a été conclu, en vertu du principe de la confiance, entre la recourante et Z.________ SA. Au demeurant, la simple évocation de la parcelle n° 1 comme propriété de Z.________ SA, dans un courriel émis par une société tierce et dont l'objet était le changement de raison sociale de Z.________ SA, n'impliquait pas que l'intimé devait de bonne foi en déduire que Z.________ SA avait repris le contrat d'architecte; il devait d'autant moins le déduire que le courriel ne contenait pas la moindre indication en ce sens, alors qu'il eût été aisé de mentionner le transfert si tel était bien le cas. La recourante relève enfin que le 12 décembre 2008, l'intimé a envoyé un rappel à l'adresse de Z.________ SA, qui portait tant sur la créance relative à la parcelle n° 1 que sur des créances relatives à d'autres parcelles propriétés de la société précitée. L'autorité d'appel a retenu que l'intimé avait procédé de la sorte pour des raisons de simplification administrative; cette constatation de fait n'ayant pas été valablement remise en cause, elle est acquise. Au demeurant, le commandement de payer du 4 février 2009 puis la facture finale du 2 avril 2009 ont été adressés à la recourante, et l'action judiciaire intentée contre celle-ci; on ne discerne pas pour quel motif l'intimé aurait procédé de la sorte s'il avait précédemment admis que Z.________ SA était sa débitrice pour les travaux relatifs à la parcelle n° 1.