Citation: 1B_135/2017 E. 4.2

4.2. Dans le cadre de la procédure devant la Cour correctionnelle de Paris, Téodoro Obiang se voit reprocher d'avoir détourné des fonds au préjudice du trésor public, commis des actes de corruption et de gestion déloyale. Le Ministère public genevois estime que le navire saisi sur commission rogatoire pourrait avoir été acheté au moyen de ces fonds par l'intéressé, le salaire officiel de celui-ci apparaissant manifestement insuffisant au regard de la valeur du bien. Certes, les recourantes affirment, pièces à l'appui, que le navire aurait bien été acquis par le Ministère de la défense. Compte tenu de l'étroite proximité entre le prévenu et le pouvoir en place, on ne saurait exclure que le premier ne bénéficie de l'appui du second pour justifier après-coup des acquisitions effectuées au moyen de fonds publics utilisés à des fins personnelles. En dépit des explications détaillées fournies par les recourantes, le bateau séquestré n'a encore jamais servi pour des missions officielles, et il n'est pas évident qu'il soit équipé à ces fins. A ce stade, qui correspond encore à la première phase de l'enquête - les documents relatifs au navire, saisis auprès d'une avocate à Genève ou par voie de commission rogatoire en Hollande, n'ont pas encore pu être examinés -, les soupçons apparaissent suffisants pour retenir la probabilité d'une provenance illicite des fonds et d'une confiscation. Cela suffit pour justifier le séquestre, sans qu'il y ait à s'interroger sur une éventuelle restitution au lésé.