Citation: 1B_347/2020 E. 3.3

3.3. Les actes reprochés au recourant et dont il convient d'éviter la réitération se rapportent à des infractions à l'intégrité sexuelle d'autant plus graves que, selon le jugement d'appel, ils se sont non seulement intensifiés avec le temps mais que leur fréquence a également augmenté au fil des mois. La jurisprudence se montre en pareil cas moins exigeante quant à la vraisemblance du risque de récidive dans l'intérêt de la victime sur qui le recourant exerçait une véritable emprise. La Cour d'appel pénal ne saurait se voir reprocher de s'être basée sur l'expertise psychiatrique du prévenu et son complément pour apprécier et retenir l'existence d'un risque de récidive. L'expert s'est notamment fondé sur la dynamique familiale actuelle, marquée par des alliances et des clivages, avec une idéalisation du couple A.________, risquant de participer à maintenir chez l'expertisé une forme de déni des faits, d'attitudes de victimisation et de projections de la responsabilité des faits, et sur l'attitude de l'expertisé vis-à-vis de sa petite-fille, pour considérer ce risque comme non négligeable. Le recourant ne prétend pas que cette dynamique familiale aurait évolué depuis lors dans un sens qui permettrait de revenir sur l'appréciation de l'expert. Il s'agit d'un élément objectif qui, ajouté au fait évoqué par l'expert que la victime avait tendance à banaliser et à minimiser les faits, respectivement à ne pas en appréhender la gravité, permettait à la Cour d'appel pénal de tenir pour concret le risque de récidive sous la forme d'une reprise d'une relation incestuelle voire même dépassant ce cadre. Le fait que le recourant se soit établi le 1 er novembre 2019 avec son épouse à U.________, loin du domicile de sa petite-fille, et qu'il ne s'agisse ainsi pas uniquement d'une intention manifestée, comme l'a retenu à tort la Cour d'appel pénal, respectivement qu'il n'a plus eu de contacts avec la victime depuis son arrestation et sa libération provisoire, ne sont pas de nature à atténuer le risque de récidive ainsi mis en évidence. Dans son rapport d'expertise de la petite-fille du recourant du 21 mai 2019, l'expert psychiatre a relevé la fragilité de celle-ci et ses difficultés au niveau des relations sociales et de son autonomie, permettant de suspecter une altération de sa personnalité et de ses capacités psychiques et suggérant qu'elle avait vis-à-vis de son grand-père une autonomie psychique réduite. Aucun élément au dossier ne permet d'affirmer qu'il en irait différemment actuellement, de sorte que le fait qu'elle n'a pas manifesté de détresse absolue ou grave lors des entretiens avec l'expert ne permet pas d'écarter une éventuelle récidive. Enfin, la Cour d'appel pénal n'a pas tenu pour probants les remords exprimés à l'audience que ce soit dans la fixation de la peine ou dans l'appréciation du risque de récidive, relevant le fait également souligné par l'expert que le recourant persistait à se dépeindre en victime et à soutenir qu'il avait cédé aux avances de sa petite-fille. Cela étant, on ne saurait dire qu'elle aurait fait preuve d'arbitraire en retenant un manque d'introspection de la part du recourant. Cela étant, compte tenu de ces éléments, et plus particulièrement de la forte emprise exercée par le recourant sur sa petite-fille, de la fragilité de cette dernière et du manque d'introspection relevé ci-dessus, la Cour d'appel pénal pouvait effectivement craindre que les engagements du prévenu de vivre dans la maison familiale à U.________ et de ne pas approcher sa petite-fille à moins de 200 mètres ou de prendre contact avec elle par quelque moyen que ce soit n'étaient pas suffisants pour pallier le risque de récidive. En définitive, la Cour d'appel pénal n'a pas violé le droit fédéral en confirmant le maintien du recourant en détention pour des motifs de sûreté.