Citation: 7B_1013/2024 E. 3.3.1

3.3.1. L'autorité cantonale a livré un raisonnement relatif à l'art. 56 CPP concernant les services d'interprète fournis tant à titre officiel en audience qu'à titre privé. Elle a considéré que la recourante avait invoqué en vain l'arrêt 1B_404/2012 du 4 décembre 2012, où était en jeu l'admissibilité du recours à l'interprète d'audience pour traduire des conférences entre un prévenu et son défenseur et où le Tribunal fédéral avait considéré que le fait que l'interprète officiellement requis pour une audition de l'autorité pénale soit le même que celui qui traduirait les discussions en aparté, confidentielles, posait des problèmes de maxime de l'instruction, de droit de la défense, de conflit d'intérêts et de secret professionnel, de sorte qu'il valait mieux mandater un interprète distinct. Selon la cour cantonale, l'affaire jugée dans cet arrêt n'était en effet pas comparable à celui de la présente cause, dans la mesure où, le 11 juin 2024, l'intimée 2 devait traduire les déclarations en U.________ des parties plaignantes en audience, et non les propos de la recourante, qui bénéficiait pour sa part d'un interprète en anglais. La juridiction cantonale a indiqué que les questions de la maxime de l'instruction, de droit de la défense, de conflit d'intérêts et de secret professionnel ne se posaient donc pas au moment de l'incident qui était survenu durant l'audition du plaignant 2. De plus, elle a relevé que, dans l'arrêt précité, le Tribunal fédéral avait voulu préserver les droits du prévenu, sous l'angle de la confidentialité des échanges entre celui-ci et son défenseur, et que, contrairement à ce qu'avait affirmé la recourante à cet égard, la doctrine qu'elle avait citée (GRETER/ILSCHNER/SEPPEY, L'audition d'un comparant allophone en procédure pénale, in Forumpoenale, 2017, p. 421) n'étendait pas ces principes à la partie plaignante dans un sens plus rigoureux que pour le prévenu. Sur ce point, elle a précisé qu'elle ne voyait pas ce qui justifierait de traiter plus strictement la partie plaignante que le prévenu. Par ailleurs, l'autorité cantonale a retenu que la partie qui aurait éventuellement pu se plaindre, en l'espèce, d'un conflit d'intérêts ou de problèmes de confidentialité était en réalité la plaignante 1, parce que c'était elle qui avait utilisé les services de l'intimée 2 pour ses entretiens privés et que celle-ci avait été requise pour traduire les propos du plaignant 2, dont les intérêts pourraient ne pas converger avec les siens. Enfin, elle a relevé que la recourante ne démontrait pas que ses propres droits de prévenue bénéficieraient d'une protection plus large, fondée sur l'art. 6 CEDH, et qu'elle avait pu soulever l'incident du 11 juin 2024 dans des conditions conformes aux garanties conventionnelles (arrêt querellé, pp. 8-9).