Citation: 8C_539/2012 E. 3.3

3.3. Contrairement à ce que soutient l'assurée, on ne saurait faire grief au tribunal cantonal ni d'avoir fondé son jugement sur le rapport d'expertise du docteur H.________ plutôt que sur celui des docteurs B.________ et T.________, ni d'avoir fait preuve d'arbitraire en le faisant. Se référant aux considérations du docteur H.________, la juridiction cantonale a effectivement expliqué de manière claire et détaillée pourquoi l'expertise des docteurs B.________ et T.________ n'avait pas la valeur probante que la recourante voulait lui accorder. Outre le défaut de motivation de la conclusion relative à l'incapacité de travail, elle a relevé le caractère peu convaincant des diagnostics posés par ces experts. S'agissant de l'état de stress post-traumatique, elle a estimé que, si les plaintes évoquées par l'assurée (reviviscence de l'accident sous forme de cauchemars, peur de tout type de véhicules, crainte de la survenance de nouveaux accidents) au cours de la première expertise psychiatrique semblaient correspondre au moins en partie à la symptomatologie de cette affection, celles-ci avaient été mentionnées tardivement dès lors qu'elles n'avaient été exprimées ni devant le psychiatre U.________ de la Clinique Y.________ (rapport du 8 mars 2005), ni devant les psychiatres R.________ et I.________ du Département de psychiatrie adulte Z.________ (rapport du 6 décembre 2005), que selon la description faite au cours de la seconde expertise, l'accident ne semblait pas particulièrement menaçant ou catastrophique, ni susceptible de provoquer des symptômes de détresse chez la plupart des individus et que cette description ne générait d'ailleurs aucune réaction particulière chez la recourante. S'agissant ensuite du trouble dépressif, le tribunal cantonal a explicitement repris les observations concrètes (assurée mobile, vivante, parlant librement, expressive, de contact facile, éprouvant du plaisir à s'exprimer, affectivement souriante, faisant des blagues, sans tristesse, avec des intérêts maintenus, avec une tonicité bien présente, etc.) ayant permis au docteur H.________ de démentir de manière convaincante l'existence d'un état dépressif d'une gravité suffisante pour causer une incapacité de travail durable. Il a en outre relevé l'absence de compliance médicamenteuse. S'agissant finalement du trouble somatoforme douloureux qui, selon l'expert, même s'il était avéré, n'était pas de nature à générer une grave incapacité de travail, l'autorité précédente s'est attachée à mettre en évidence les différents critères jurisprudentiels permettant toujours selon l'expert d'exclure le caractère invalidant de cette pathologie (absence de comorbidité psychiatrique significative, nette divergence entre les symptômes décrits et le comportement observé, absence de compliance médicamenteuse et vie et intégration sociales conservées). La négation de la valeur probante du rapport du docteur H.________ en lien avec la seule citation d'extraits de rapports médicaux mentionnant l'existence de pathologies psychiatriques qui ont justement amené à la mise en oeuvre d'expertises, sans plus ample motivation que l'affirmation du caractère contradictoire de ces deux types de documents, ne saurait suffire à démontrer que les faits ont été établis de façon contraire au droit. La recourante ne saurait en outre rien déduire de l'échec des traitements, dès lors qu'il est établi par des analyses de laboratoire qu'elle ne prend pas les médicaments prescrits. On relèvera enfin que, contrairement à ce que prétend l'assurée, le devoir de l'administration est d'instruire les cas qui lui sont soumis (art. 43 al. 1 LPGA) et que le rôle du SMR est de lui apporter son soutien médical (art. 59 al. 2bis LAI) dans la réalisation des tâches qui lui sont confiées (art. 57 LAI). L'office AI pouvait donc se fonder sur l'avis de son service médical du 16 juillet 2007 qui, bien que succinct n'en demeurait pas moins motivé, pour justifier la mise en oeuvre d'une seconde expertise.