Citation: 5P.349/2004 18.10.2004 E. 3

3.1 Le recourant invoque l'arbitraire dans la fixation du montant de la pension en application de l'art. 125 CC. Il reproche à la Cour de justice de ne pas avoir tenu compte des besoins actuels de son épouse, ni du mode de vie que les conjoints ont adopté depuis plusieurs années. Il explique que son épouse vit au Liban et que ses charges sont par conséquent extrêmement faibles, le niveau de vie pour la classe moyenne libanaise correspondant à 5'090 USD par an. Il soutient que l'intimée ne peut lui imposer des frais nouveaux liés à un changement complet dans son mode de vie et que le fait qu'il ne se soit pas opposé à son projet de changement de domicile est irrelevant. 3.1.1 La Cour de justice a retenu qu'une contribution d'entretien est due à l'intimée, âgée de 41 ans, puisque celle-ci ne perçoit actuellement aucun revenu en raison du mode de répartition traditionnel des tâches adopté par les époux. Elle n'a pas ignoré que l'épouse réside aujourd'hui au Liban. Elle a toutefois relevé que celle-ci veut s'établir en Suisse - ce que son mari ne conteste pas -, que ses besoins ne sauraient donc être calculés en fonction du coût de la vie libanaise, que ses projets ne sauraient être contrecarrés par la fixation d'une contribution moindre, laquelle empêcherait son retour ou son séjour en Suisse, à l'instar de ce qui s'est passé en 2002 et 2003, et que, sans ressources financières suffisantes, elle ne pourrait entreprendre de sérieuses démarches en vue d'obtenir un emploi et pourvoir à son propre entretien. Enfin, contrairement aux allégations du recourant, la Cour de justice a tenu compte des besoins de l'intimée, jugeant que ceux-ci devaient être évalués selon le coût de la vie d'une personne seule en Suisse et ainsi lui assurer un train de vie moyen, comprenant les charges mensuelles suivantes: un loyer de 1'700 fr., une assurance maladie de 562 fr., des impôts de 950 fr., un minimum vital de 1'100 fr., soit un total de 4'312 fr., lui laissant encore un disponible de 688 fr. pour ses autres frais. 3.1.2 De nature purement appellatoire, la critique du recourant ne répond manifestement pas aux exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ et est donc irrecevable. En effet, le recourant se contente d'opposer sa propre appréciation des faits à celle de l'autorité cantonale, sans démontrer en quoi il serait manifestement insoutenable d'admettre que l'intimée veut s'établir en Suisse, que ses projets ne doivent pas être compromis par la fixation d'une pension moindre et que ses besoins doivent par conséquent être calculés selon le coût de la vie en Suisse. De plus, le recourant ne prétend pas, ni ne démontre que son épouse disposerait de ressources suffisantes pour assurer sa subsistance, ni qu'il n'aurait pas les moyens de payer une pension mensuelle de 5'000 fr., son disponible s'élevant, selon les constatations cantonales, à 12'000 fr. par mois.