Citation: 1B_173/2022 E. 2.3

2.3. Les arguments du recourant ne convainquent pas. En effet, selon la jurisprudence, le refus de traduire des actes de procédure et des pièces du dossier n'entraîne en principe pas de préjudice irréparable (cf. arrêts 1B_334/2021 du 7 avril 2022 consid. 2.5; 1B_204/2021 du 16 juillet 2021 consid. 2; 1B_421/2019 du 2 décembre 2019 consid. 3.3 et l'arrêt cité). En l'occurrence, le recourant ne parvient pas à démontrer l'existence d'un préjudice irréparable. Il sied à cet égard de relever que le recourant est assisté par un avocat (Me B.________, puis Me Baume) depuis le début de la procédure pénale en 2018 et il ne prétend pas que son avocat actuel ne serait pas en mesure de défendre efficacement ses intérêts. Le recourant a de plus reconnu avoir toujours été assisté d'un interprète lors de ses auditions, en particulier devant le Ministère public; le recourant a donc été informé en langue allemande des faits qui lui étaient reprochés. La Juge pénale a en outre indiqué que ces faits seront repris lors de l'audience des débats à laquelle le recourant sera accompagné d'une traductrice. On ne voit dès lors pas dans quelle mesure le recourant, qui a été informé des accusations portées à son encontre lors de ses auditions, en présence d'un interprète, subirait un préjudice irréparable, auquel il ne pourra plus être remédié par une décision ultérieure. Le grief tiré du refus de traduire les documents sollicités, dont l'acte d'accusation, pourra être soulevé efficacement, le cas échéant, contre un éventuel jugement défavorable au recourant (cf. arrêt 1B_421/2019 du 2 décembre 2019 consid. 3.3). Pour le surplus, il apparaît pour le moins douteux que le recourant ne possède pas de connaissances, à tout le moins passives, du français dès lors qu'il a, à deux reprises au moins, rédigé personnellement un mémoire de recours dans cette langue devant le Tribunal fédéral, en l'occurrence en janvier et février 2020 (causes 1B_90/2020 [mesures de substitution à la détention provisoire] et 5A_82/2020 [mesures protectrices de l'union conjugale]) et qu'il réside depuis plusieurs années à Develier, en territoire francophone. Il sied enfin de relever que, par son argumentation, le recourant semble méconnaître qu'il n'existe pas de droit à la traduction intégrale des actes de procédure et qu'une traduction - qui peut se limiter aux passages essentiels pour la défense - peut également intervenir oralement (art. 68 al. 2 CPP; ATF 115 Ia 64 consid. 6c; cf. arrêt 6B_936/2019 du 20 mai 2020 consid. 8.4.1; cf. également MAHON/JEANNERAT, in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2e éd. 2019, n° 18 ad art. 68 CPP; MOREILLON/PAREIN REYMOND, Petit commentaire CPP, 2e éd. 2016, n° 23 ad art. 68 CPP).