Citation: 1C_542/2023 E. 2.4

2.4. La cour cantonale a procédé à une analyse de l'impact esthétique de l'installation - composée de 5 antennes fixées sur un mât - sur le caractère du bâtiment de l'ancienne douane de la Croix-de-Rozon (dont le faîte s'élève à 10.90 m), mais également sur l'ensemble du quartier. Cette antenne était prévue sur le balcon situé en attique à l'arrière de cette ancienne douane construite en 1850, transformée en habitation, qui avait obtenu la note de 4+ (intéressant) au recensement architectural cantonal. L'instance précédente a retenu que cette installation d'une hauteur de 4.5 m et dont la flèche culminerait à 5 m, dépasserait de la toiture d'un peu plus de 2 m, quand bien même elle serait située à l'arrière du bâtiment sur un balcon. L'antenne serait clairement visible en surplomb de la toiture depuis la route du Pont-de-la-Fin malgré la présence de la haie et des arbres, mais également depuis la route d'Annecy et le rond-point situé à proximité. S'agissant de l'intégration de l'installation, la cour cantonale a retenu que les immeubles situés sur les parcelles immédiatement voisines (n os 2'586 et 2'833) avaient également reçu une valeur "intéressante" au recensement architectural cantonal et que, au vu de la structure imposante et de la hauteur de l'antenne projetée, son impact visuel sur le site sera important. Ce constat était renforcé par le préavis de la CA qui a considéré que l'antenne n'était pas intégrée au bâtiment, se détachant entièrement de la toiture et s'érigeant comme un élément incongru. La cour cantonale a ainsi considéré que l'antenne portera une atteinte grave au site en question et n'était pas conforme à la clause d'esthétique contenu à l'art 15 LCI. Certes, il ressort des faits constatés par l'instance précédente que le bâtiment de l'ancienne douane ne bénéficie d'aucune protection fédérale ou cantonale. Celui-ci a toutefois été qualifié d'intéressant au recensement cantonal, tout comme plusieurs immeubles voisins. Or, sur ce point, la recourante se limite à affirmer, sans aucune démonstration, que l'antenne serait prévue dans un environnement dépourvu de toute qualité esthétique et que la cour cantonale n'aurait procédé à aucune analyse de la visibilité concrète de l'antenne en lien avec les vues sur le bâtiment qualifié d'intéressant. La recourante semble méconnaître sur ce point que la cour cantonale a notamment exposé que l'installation serait visible depuis la route d'Annecy et le rond-point situé à proximité. Quoi qu'il en soit, la recourante ne cherche pas à démontrer le caractère insoutenable de l'appréciation de la cour cantonale au sujet de l'atteinte portée au site par l'installation litigieuse. La recourante ne soulève d'ailleurs pas le grief d'application arbitraire de l'art. 15 LCI (clause d'esthétique), disposition qu'elle n'invoque au demeurant pas. L'argumentation de la recourante ne remplit donc pas les exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF et est irrecevable (cf. ATF 145 II 32 consid. 5.1 et les réf. cit.). Il n'y a dès lors pas lieu de revenir ici sur l'appréciation de l'instance précédente quant au fait que l'installation litigieuse est contraire à la clause d'esthétique de droit cantonal.