Citation: 4A_614/2021 E. 5.2.1

5.2.1. 5.2.1.1. En ce qui concerne l'opération du 1er novembre 2005, la cour cantonale a constaté que la patiente n'avait pas été informée des complications potentielles, parmi lesquelles l'hémorragie qui avait nécessité une seconde intervention le lendemain. Nonobstant, la recourante aurait donné son consentement si elle avait été correctement renseignée. Vu l'anémie grave dont elle souffrait à l'époque, l'absence d'intervention chirurgicale l'aurait exposée au risque d'être hospitalisée et de subir des transfusions sanguines en urgence, voire une intervention chirurgicale en urgence avec un risque d'hystérectomie. Selon l'expert judiciaire, l'intervention en question était nécessaire, sans quoi il y avait même un risque vital pour la patiente. Cette conclusion était corroborée par l'expert hors procès, selon lequel l'opération proposée était l'une des seules options thérapeutiques permettant à la fois de maintenir les chances de grossesse de la patiente et de mettre fin à ses saignements. Or, en dépit de ses dénégations, la recourante avait la ferme volonté de tomber enceinte à cette époque, peu importe que ses chances eussent été faibles d'un point de vue médical. La recourante soutient qu'elle n'aurait pas donné son consentement si elle avait disposé des informations nécessaires avant la première intervention chirurgicale de 2005. Des alternatives existaient, comme l'expert hors procès l'évoquait, même s'il s'agissait d'"options thérapeutiques limitées". Et les complications graves qui pouvaient survenir l'auraient incitée à choisir un traitement alternatif. 5.2.1.2. Il est constant que le défendeur n'a pas informé la patiente des risques de la myomectomie par laparotomie exécutée le 1er novembre 2005 alors qu'il était tenu de le faire, le risque d'hémorragie notamment n'étant pas négligeable. La cour cantonale a considéré que la recourante aurait donné son consentement, même si elle avait été informée de ces risques. Quoiqu'en dise la recourante, cette appréciation, fondée sur des éléments pertinents, ne peut être que confirmée. La présence des fibromyomes d'un poids important provoquait chez la patiente des saignements la rendant gravement anémique et contrecarrait son désir de devenir mère. Et surtout l'absence d'intervention chirurgicale au moment donné l'exposait à un risque vital. Il est dès lors raisonnable de considérer qu'en 2005, la recourante aurait consenti à la myomectomie, malgré les risques que cette opération comportait.