Citation: 6B_588/2015 E. 5

La cour cantonale a également considéré que les éléments constitutifs de l'abus de confiance étaient réalisés. Elle a relevé qu'en ne restituant pas le véhicule utilisé pour son activité commerciale, le recourant n'avait pas respecté les termes de la convention du 13 décembre 2010, singulièrement ses art. 2.1 et 3.1; à la fin des rapports de collaboration entre prêteur et utilisateur de la voiture D.________, le recourant avait une obligation contractuelle de restituer le véhicule, ou, à défaut, de ne plus circuler, au regard de la convention qui prévoyait une utilisation exclusive pour les besoins professionnels. Les motifs invoqués avaient évolués avec le temps, ce qui démontrait la mauvaise foi du recourant. Celui-ci avait dans un premier temps revendiqué des prestations salariales qu'il estimait lui être encore dues, sans faire de lien avec la voiture D.________. Il avait ensuite élargi ses revendications à des commissions et à des créances existantes en lien avec les mensualités de leasing et de frais d'assurance. Il avait encore modifié sa position, concentrant ses revendications sur les seules commissions dues, la voiture D.________ lui servant de garantie de paiement, pour revenir sur des revendications plurielles. Finalement, il avait justifié la conservation du véhicule par un accord oral qui aurait été passé devant témoin, selon lequel il était en droit d'acquérir la voiture à la fin des rapports de travail, à sa valeur d'achat. Il avait au surplus fourni des informations erronées et tronquées sur le lieu d'entreposage de la voiture, tantôt situé dans le canton de Vaud, tantôt à Genève, mais toujours dans des endroits insolites dont il ne pouvait fournir les coordonnées complètes. La cour cantonale a ainsi jugé que le recourant avait usé d'un moyen coercitif pour chercher à obtenir satisfaction dans ses revendications salariales; il avait sciemment usé d'un droit de rétention illicite pour faire pression sur son ancien employeur en parallèle à sa demande auprès des tribunaux compétents. A cela, le recourant rétorque qu'il n'avait cessé d'offrir de prouver que le transfert de propriété du véhicule avait été convenu avec la société intimée, compte tenu des charges y relatives assumées par lui-même d'une part, et des créances ouvertes en sa faveur, d'autre part. Ce faisant, le recourant se distance de manière inadmissible des faits constatés puisqu'il ressort de l'arrêt attaqué - dont il ne conteste pas l'établissement des faits - qu'il n'a évoqué un hypothétique accord tacite avec la société intimée, selon lequel "il paie le leasing et à la fin du leasing la voiture en question [lui] appartenait" que le 30 juin 2011, étant rappelé que la société intimée lui avait accordé un ultime délai au 22 février 2011 pour restituer la voiture et qu'il avait été entendu par la police le 18 avril 2011. En outre, même si le recourant continue d'affirmer qu'il avait assumé l'intégralité des frais de leasing, il ressort de la convention du 13 décembre 2011 que le paiement des redevances de leasing et les assurances étaient à la charge de l'employeur; la société intimée avait par ailleurs indiqué au ministère public qu'elle continuait à payer les mensualités du leasing, qui s'élevaient à 460 fr., et que la prime d'assurance casco du véhicule se montait à 2'500 fr. par an. Le recourant allègue encore qu'il n'a jamais menti ni varié dans ses déclarations et que ses agissements, totalement dénués de toute intention délictuelle, s'inscrivaient dans un contexte particulier, à savoir la volonté manifeste de la société intimée de ne pas respecter un contrat écrit et complété oralement. Ce faisant, le recourant plaide à nouveau sa cause, sans toutefois démontrer en quoi l'appréciation des preuves à laquelle ont procédé les juges cantonaux serait entachée d'arbitraire. Il ne formule aucune critique recevable quant à l'application de l'art. 138 CP en considération des faits retenus en instance cantonale. Sur la base de ceux-ci, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en parvenant à la conclusion que le recourant s'était rendu coupable d'abus de confiance en refusant de restituer le véhicule à la société intimée après le 22 février 2011.