Citation: 5A_10/2021 E. 3.3.1

3.3.1. Tout d'abord, elle reproche à l'autorité cantonale d'avoir retenu que les flux financiers entre l'intimée n° 1, d'une part, et l'intimé n° 2 et ses sociétés, d'autre part, trouvaient leur fondement dans des prêts, alors que ces flux reposent uniquement sur la confusion des patrimoines. A l'appui de cette allégation, elle relève que, dans son opposition à séquestre, l'intimé n° 2 a justifié ces flux en se référant à des " apports de fonds " et des " retraits " et que les remboursements aux diverses sociétés n'étaient qu'aléatoires. La recourante soutient qu'il faut déduire de l'absence de fondement contractuel de ces flux, premièrement, que les patrimoines de ces différentes entités sont entièrement mélangés et que l'intimé n° 2 utilise les fonds de sa société comme un seul et même portefeuille, et, secondement, que les bénéfices de la société étaient régulièrement transférés à l'intimé n° 2, comme cela ressort de l'opposition à séquestre de l'intimée n° 1 et de sa pièce n° 16 jointe à cette opposition, qui fait état d'un transfert de 3,7 millions USD sur le compte de l'intimé n° 2. Ensuite, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir retenu que la garantie bancaire à première demande d'un montant de 3'000'000 USD émise par E.________ SA en sa faveur était une garantie personnelle de l'intimé n° 2. Elle soutient que cette constatation est contredite par les pièces n° 35 de son bordereau et les pièces n° s 13 et 14 du bordereau de l'intimée n° 1. Elle ajoute que cette qualification est juridiquement fausse, étant donné qu'il n'a pas été question, en mettant en place cette garantie, de formaliser et limiter la responsabilité de l'intimé n° 2, dès lors qu'il était acquis pour elle que l'intimé n° 2 était déjà engagé à son égard conjointement avec l'intimée n° 1. Cette garantie avait simplement servi à lui conférer un actif supplémentaire réalisable facilement sur simple demande écrite à la banque émettrice. Elle ajoute que le fait que l'intimé n° 2 a spontanément conféré cette garantie bancaire depuis l'un de ses comptes personnels constituait un indice supplémentaire de l'abus de droit à invoquer la dualité juridique. La recourante reproche aussi à l'autorité cantonale d'avoir ignoré la pièce n° 6 produite par l'intimée n° 1 à l'audience du 29 juin 2020. Elle soutient que cette pièce remet en cause la constatation de l'arrêt attaqué selon laquelle le comportement de l'intimé n° 2 ne lui donnait aucune assurance que celui-ci continuerait de soutenir l'intimée n° 1 de manière illimitée, puisqu'il en ressort qu'elle a tenu compte de la situation financière de l'intimé n° 2 pour revoir les conditions de crédit et de marge et que celui-ci a donné comme assurance que sa fortune privée servirait à compenser les dettes de sa société en cas d'insuffisance de marge. Elle en conclut que cette pièce suffit à admettre l'abus de droit à invoquer la dualité juridique. Enfin, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir retenu que l'intimée n° 1 n'était plus en mesure de rembourser sa dette alors que celle-ci n'avait jamais allégué cette défaillance.