Citation: 5A_553/2020 E. 5.1

5.1. Dans l'arrêt querellé, l'autorité cantonale a repris les indications du jugement de première instance relatives à la situation professionnelle et financière des parties. Elle a retenu que l'épouse était sans revenu, qu'elle émargeait à l'aide sociale et qu'elle s'occupait de l'enfant du couple depuis sa naissance. Quant à l'époux, il était diplômé en télécommunications de... Il exerçait le métier de " consultant ", étant précisé que le dossier de la cause ne permettait pas de définir plus précisément l'activité et le domaine concernés. Selon ses dires, il aurait, lors des douze dernières années, alterné des périodes de travail en... et en..., dans toutes sortes de domaines, y compris des petits travaux sporadiques et des remplacements dans l'enseignement public. Il avait néanmoins omis de mentionner, dans le descriptif de son expérience professionnelle, des emplois qu'il avait occupés... en 2017 et 2018 au sein de sa propre société ainsi que d'une société tierce. De juin 2008 à mars 2017, il avait également travaillé en tant que... pour la société F.________ Sàrl, sise à U.________, active dans le conseil en stratégie d'entreprises et dont l'associé gérant était son frère. Il avait ensuite été employé par E.________ SA de novembre 2018 à février 2019 et avait perçu à ce titre 8'590 fr. 95 en novembre 2018, 14'028 fr. 55 en décembre 2018 et 13'625 fr. 25 en janvier 2019. L'époux avait produit un courrier daté du 8 avril 2019 de la société précitée, dont la teneur était la suivante : " A la suite de ton message du 7 avril, nous te confirmons par la présente que nos rapports de travail se sont terminés comme convenu à la fin du mois de février 2019, basé sur notre conversation du 4 février 2019 ". Selon une attestation du 30 juillet 2019, la société avait en outre confirmé que le contrat avait été interrompu en raison d'une baisse des performances de son employé, qui n'avait pas atteint les objectifs. Depuis le 1er avril 2019, l'époux était au bénéfice d'un contrat à durée déterminée avec F.________ Sàrl pour un salaire mensuel brut de 7'200 fr. Il était en outre propriétaire de deux biens immobiliers, dans l'un desquels il avait à tout le moins investi 100'000 fr. L'autorité cantonale a relevé qu'en appel, l'époux avait indiqué avoir travaillé pour F.________ Sàrl de juin 2008 à avril 2009, puis de février 2014 à mai 2015 et dès avril 2019. Il se fondait à cet égard sur un extrait de son compte individuel auprès de la Fédération des Entreprises Romandes, selon lequel il aurait réalisé un revenu brut de quelque 192'000 fr. entre 2008 et 2018, soit en moyenne environ 1'500 fr. par mois. Il admettait être en mesure de réaliser un revenu de 6'100 fr. net par mois et affirmait exercer une " profession libérale ". En audience, il avait d'abord exposé traiter des mandats de conseils par l'intermédiaire de F.________ Sàrl, puis recevoir un salaire fixe de celle-ci. Il avait admis qu'il gagnait 15'000 fr. bruts versés douze fois l'an par E.________ SA et qu'il n'avait pas été licencié par celle-ci, mais qu'il avait eu " une discussion avec les dirigeants " au motif qu'il n'avait pas réussi à développer la clientèle. Le 31 mars 2020, il avait allégué que F.________ Sàrl avait dû formuler une demande de réduction de l'horaire de travail de 100 % pour lui dès le 27 mars 2020. Il avait également indiqué avoir vendu sa part de copropriété sur l'un des deux immeubles dont il était propriétaire. S'agissant de la question de l'imputation d'un revenu hypothétique, l'autorité cantonale a tout d'abord considéré, s'agissant de l'épouse, qu'il était incontesté qu'elle ne pouvait pas, en l'état et en raison du jeune âge de l'enfant, se procurer de revenu. Elle a ensuite estimé que, pour l'époux, il convenait de confirmer la solution du Tribunal de première instance s'agissant des mois de janvier et de février 2019, dans la mesure où, durant cette période, l'époux réalisait un revenu suffisant pour couvrir les contributions d'entretien dues, ce qui était du reste incontesté. Pour la période subséquente, l'intéressé avait en revanche fait grief au Tribunal de première instance d'avoir retenu qu'il réalisait un revenu de 12'000 fr. net par mois, nonobstant ses déclarations et les pièces qu'il avait produites. Selon la cour cantonale, les explications de l'époux, qui s'était abstenu de fournir des extraits de comptes bancaires permettant de se faire une idée concrète de ses revenus réguliers, n'étaient guère convaincantes. En effet, on concevait mal qu'une personne diplômée de... aurait pu vivre en gagnant 1'500 fr. bruts par mois en moyenne lors des dix dernières années, tout en accumulant une fortune de plus de 200'000 fr. et en investissant 100'000 fr. dans un bien immobilier. En outre, le métier qu'il exerçait n'avait pas été décrit avec précision, étant souligné qu'il semblait travailler à la fois comme indépendant et comme salarié, la nature exacte des revenus perçus n'ayant pas été explicitée et aucun compte d'indépendant n'ayant été produit. Les déclarations fiscales récentes n'étaient guère plus explicites, au vu de la modicité des revenus déclarés. Il n'en demeurait toutefois pas moins que l'emploi qu'il avait trouvé auprès de E.________ SA lui rapportait plus de 12'000 fr. net par mois et il ressortait du jugement de première instance qu'il serait en mesure de réaliser un revenu net de cet ordre. Le raisonnement de l'autorité de première instance était du reste compréhensible dans la mesure où elle avait apprécié la situation financière globale de l'époux pour parvenir à cette conclusion. Par ailleurs, ce dernier n'alléguait aucune circonstance particulière restreignant sa capacité de gain et disposait d'un diplôme supérieur ainsi que d'une bonne expérience. Au vu de son âge, inférieur à 50 ans, il n'existait pas de raison qu'il ne trouve, ni n'exerce une activité lucrative à temps plein et en exploitant totalement ses capacités de gain, ce qu'il était obligé de faire en raison de ses obligations découlant du droit de la famille. Dans ce cadre, selon le comparateur de salaire de la Confédération, une personne de 46 ans, titulaire d'un diplôme..., travaillant dans le domaine des télécommunications en qualité de spécialiste des sciences techniques et occupant à temps plein une position de cadre inférieur réalisait, sans aucune ancienneté dans l'entreprise, un salaire médian brut de 12'609 fr. Il était en outre réaliste de soutenir que l'époux pouvait trouver un emploi en rapport avec ses compétences, ce qu'il avait d'ailleurs fait quelques mois auparavant. Eu égard au salaire élevé auquel il avait pu prétendre au sein de E.________ SA, il était ainsi vraisemblable qu'il pouvait réaliser un revenu mensuel de 12'000 fr. net, comme l'avait retenu l'autorité de première instance, cela sans même tenir compte du revenu qu'il pourrait obtenir du bien immobilier qu'il détenait encore. En outre, dès lors que le contrat de travail avec la société précitée s'était terminé en accord avec l'employeur, il n'était pas rendu vraisemblable que l'intéressé n'aurait pas pu continuer à travailler pour cette entreprise encore pour un certain temps, nonobstant ses prétendues baisses de performance. Son accord donné à la résiliation du contrat de travail devait donc être assimilé à une renonciation à des revenus, de sorte qu'il n'était pas arbitraire de ne pas lui avoir octroyé de délai pour qu'il puisse réaliser le revenu imputé. Au demeurant, les allégués formés par l'époux en lien avec une réduction de son salaire due à la pandémie en cours n'avaient pas été appuyés par des pièces chiffrant la baisse de salaire, de sorte qu'ils devaient être rejetés. Finalement, la cour cantonale a considéré qu'au vu des éléments retenus, il n'y avait pas lieu de se déterminer sur la fortune détenue par l'époux, ni de donner suite aux réquisitions de preuves qu'il avait formulées.