Citation: 8C_233/2007 25.03.2008 E. 4

4.1 Selon les experts du Centre P.________, qui se sont fondés sur un examen clinique et sur le dossier radiologique de l'assuré, les plaintes subjectives ne peuvent pas être objectivées, car le patient retient volontairement tous ses mouvements. D'un point de vue ruhmatologique, il n'y a aucune séquelle de l'accident. Il n'existe pas d'état maladif préexistant. On ne peut donc pas parler de statu quo ante ou sine. A ce moment de l'expertise, il n'y a plus de troubles dus à l'accident. La capacité de travail, concluent les experts, est totale depuis le 1er juillet 2004. 4.2 Le professeur E.________, qui a procédé à l'examen des disques cervicaux (discographies aux niveaux C4-C5, C5-C6 et C6-C7), constate, pour sa part, que le patient présente une lésion discale à trois niveaux, mais surtout au niveau C6-C7. Le type de lésion observé dans ce disque est uniquement possible à la suite d'un traumatisme cervical important. Il est exclu que cette pathologie existe sur la base d'une maladie dégénérative. Le professeur M.________ a quant à lui constaté des signes dégénératifs pluri-étagés très probablement antérieurs à l'accident, mais la composante douloureuse actuelle est le plus vraisemblablement en relation avec le niveau C6-C7. Ce médecin déclare ne pas être en mesure de se prononcer sur « le conflit assécurologique » dans le cadre d'une simple consultation. La première expertise, poursuit ce médecin, infirme l'origine accidentelle dans les douleurs actuelles du patient, ce qui peut, en partie, se comprendre sur la base des troubles dégénératifs préexistants à l'accident. On peut aussi admettre le fait qu'il s'agit d'un accident relativement mineur, mais il est vrai que le patient ne signalait aucune douleur préexistante et que les experts n'avaient pas à disposition tous les résultats des examens pratiqués par le professeur E.________. En conclusion de son rapport, le professeur M.________ préconise une nouvelle expertise par une « nouvelle instance neutre ». 4.3 Sur cette base, il y a lieu de constater que l'on est en présence d'appréciations médicales opposées, principalement en ce qui concerne le diagnostic. Cette divergence provient visiblement du fait que les experts du Centre P.________ se sont déclarés dans l'incapacité de poser un diagnostic du fait que l'assuré « retient (volontairement) tous ses mouvements ». Il n'y a donc pas de raison, à ce stade, d'écarter le diagnostic du professeur E.________, qui se fonde sur le résultat d'examens dont ne disposaient pas les experts du Centre P.________. 4.4 Il est vrai que ces derniers se sont exprimés - assez brièvement -sur les rapports des professeurs E.________ et M.________ en relevant que les constatations du professeur E.________ étaient en contradiction avec la description de l'accident faite par l'assuré et que les lésions décrites par ce même professeur pouvaient également être dues à un état dégénératif préexistant (que les experts auraient aussi eux-mêmes constaté). 4.5 Dans cette détermination, les experts ne remettent pas sérieusement en question le diagnostic posé par le professeur E.________ (même s'ils relèvent qu'une discographie en elle-même ne permet pas de poser un diagnostic de certitude). Il apparaît en tout état de cause que les rapports des professeurs E.________ et M.________ sont de nature à jeter un doute sérieux sur le bien-fondé des conclusions des experts. Le point de savoir si l'accident est ou non à l'origine des troubles constatés ne peut pas être tranché de manière définitive sur la base des pièces. Le seul avis du professeur E.________, au demeurant tempéré par celui du professseur M.________, qui va dans le sens d'une origine accidentelle, n'est à cet égard pas suffisant. En l'absence d'élément probant et décisif qui permettrait de statuer dans un sens ou dans un autre, il se justifie d'annuler le jugement attaqué ainsi que la décision sur opposition et de renvoyer la cause à l'intimée pour qu'elle mette en oeuvre une nouvelle expertise et rende une nouvelle décision.