Citation: 5A_874/2014 E. 5.3

5.3. S'agissant de l'établissement de la situation financière du recourant, l'autorité cantonale a considéré que les affirmations de celui-ci quant au montant de ses revenus ne paraissaient pas vraisemblables et qu'il convenait de s'en écarter. Elle a ainsi relevé que le coût allégué de sa villa représentait à lui seul la quasi-intégralité du revenu qu'il faisait valoir et qu'il avait pris en charge des frais importants pour sa fille, en particulier un montant supérieur à 10'000 fr. pour un séjour linguistique et plus de 30'000 fr. pour une formation préparatoire d'esthéticienne. Le revenu allégué par le recourant, correspondant au bénéfice net comptabilisé de ses sociétés, ne lui permettrait à l'évidence pas de s'acquitter de telles charges. Elle a également relevé qu'il ressortait des déclarations du recourant que toutes ses factures personnelles étaient payées directement par le biais de l'une de ses sociétés, indépendamment de la quotité du bénéfice résultant des comptes. Ainsi, contrairement à ce que soutient le recourant, l'autorité cantonale a clairement exposé les motifs pour lesquels ses allégations sur le montant de ses revenus ne lui paraissaient pas vraisemblables et pourquoi les pièces produites n'étaient pas convaincantes. Les griefs du recourant sur ce point sont par conséquent infondés et c'est à bon droit que la cour cantonale a privilégié l'établissement du revenu de ce dernier sur la base des prélèvements effectués à titre privé. En tant que le recourant reproche à la cour cantonale de s'être écartée de ses allégués selon lesquels ces prélèvements auraient exclusivement été faits à crédit et mettraient en péril la situation financière de sa raison individuelle, ses critiques doivent être écartées. L'autorité cantonale a relevé à cet égard que le recourant n'avait jamais établi, ni même prétendu, que les dettes commerciales de sa raison individuelle, soit actuellement 2.8 millions de francs, auraient sensiblement augmenté ces dernières années, alors même que l'intimée avait affirmé le contraire. On ne pouvait par conséquent en inférer que son entreprise se porterait mal. Le recourant ne s'en prend pas à ce constat. Il paraît au demeurant douteux qu'il ait décidé d'assumer des frais aussi importants pour sa fille, lesquelles reflètent manifestement un train de vie élevé, tout en sachant que les prélèvements qu'ils impliquent sont effectués à crédit et mettent en péril sa raison individuelle, comme il le prétend. La cour cantonale a également relevé que les premiers juges ne s'étaient pas fondés sur les prélèvements privés tels qu'ils avaient été comptabilisés mais uniquement sur les montants bien inférieurs admis par le recourant. Ce dernier fait valoir que, s'il a fait état de ces montants, c'était précisément pour qu'on en tienne compte dans sa situation financière à titre de prélèvements effectués à crédit et non pour établir ses revenus. On ne peut toutefois suivre le raisonnement du recourant dans la mesure où ses griefs quant à la nature de ces prélèvements ont été écartés, de sorte que la motivation cantonale doit également être confirmée sur ce point. Le recourant reproche ensuite à la Cour d'appel d'avoir suivi les premiers juges en tant qu'ils se seraient fondés sur ses revenus au moment du divorce pour estimer ses revenus actuels au lieu de comparer la situation actuelle avec celle prévalant au moment du divorce. Sur ce point, le recourant semble toutefois s'être mépris sur le sens à donner à la motivation de l'autorité cantonale. Celle-ci ne s'est en effet pas fondée sur la situation prévalant au moment du divorce pour déterminer les revenus actuels du recourant, mais a simplement constaté, à l'instar des premiers juges, que les prélèvements privés de celui-ci, mis en relation avec les charges et le train de vie allégués, se rapprochaient des revenus qu'il percevait au moment du divorce. Il s'agissait par conséquent d'un indice supplémentaire tendant à confirmer l'hypothèse selon laquelle les revenus actuels du recourant étaient vraisemblablement plus élevés que ce qu'il soutenait. Enfin, le recourant se plaint du montant retenu dans ses charges pour les frais afférents à ses deux enfants issus d'un second mariage. Il reproche à la Cour d'appel, qui s'est fondée sur les tabelles zurichoises pour estimer le coût d'entretien des enfants, de ne pas avoir déduit les montants corrects du coût d'entretien de 1'500 fr. pertinent pour un enfant entre 7 et 12 ans issu d'une fratrie de trois enfants au titre de participation aux frais de logement et de coût des soins et de l'entretien. Dans sa motivation, le recourant omet toutefois le fait que la cour cantonale a également considéré que son épouse actuelle percevait vraisemblablement des allocations familiales pour ses deux enfants dont il n'avait pas été tenu compte et qu'elle exerçait une activité lucrative à temps partiel qui lui permettait soit de participer financièrement à leur entretien soit de leur fournir des soins en nature qui justifiaient une déduction de 330 fr. par enfant pour le poste "soins et éducation" et non de 195 fr. comme le soutient le recourant. En tenant compte de l'ensemble de ces éléments, l'autorité cantonale a estimé que, tout bien pesé, les frais pris en compte pour ces enfants par le Tribunal civil étaient corrects. Le recourant ne s'en prend pas valablement à ce constat dès lors qu'il ne conteste qu'une partie du raisonnement développé par la cour cantonale et se méprend sur le montant des chiffres retenus. Ses griefs à cet égard doivent en conséquence également être écartés.