Citation: 1B_145/2020 E. 2.2

2.2. Les refus d'entendre des témoins constituent des décisions incidentes, tout comme l'arrêt attaqué qui en partage la nature (cf. arrêt 1B_349/2012 du 21 juin 2012 consid. 2). Le recours en matière pénale n'est donc recevable qu'aux conditions de l'art. 93 al. 1 LTF, soit si la décision attaquée peut causer un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF) ou si l'admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (art. 93 al. 1 let. b LTF). Cette dernière hypothèse n'entre pas en considération (ATF 144 IV 127 consid. 1.3 p. 130). Quant à l'art. 93 al. 1 let. a LTF, il suppose, en matière pénale, que le recourant soit exposé à un dommage de nature juridique, qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision qui lui serait favorable (ATF 137 IV 172 consid. 2.1 p. 173). Les décisions rejetant une réquisition de preuves ne sont en principe pas de nature à causer un tel dommage puisqu'il est normalement possible de réitérer la réquisition devant le juge du fond puis, à l'occasion d'un recours contre la décision finale, d'obtenir que la preuve refusée à tort soit mise en oeuvre si elle devait avoir été écartée pour des raisons non pertinentes ou en violation des droits fondamentaux (ATF 134 III 188 consid. 2.3 p. 191). Cette règle, également prévue à l'art. 394 let. b CPP, comporte toutefois des exceptions. Il en va notamment ainsi lorsque le refus d'instruire porte sur des moyens de preuve décisifs qui risquent de disparaître (arrêts 1B_17/2013 du 12 février 2013 consid. 1.1; 1B_189/2012 du 17 août 2012 consid. 1.2). En l'occurrence, la cour cantonale a retenu que les deux témoins n'étaient ni âgés ni malades et qu'il ne risquaient pas de s'éloigner pour une longue période. Le recourant craint qu'avec l'écoulement du temps, les témoins ne perdent le souvenir des évènements sur lesquels ils devraient être entendus. Comme le relève la cour cantonale, il s'agit d'un dommage de fait, et non d'un préjudice juridique au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF.