Citation: 4P.49/2001 28.06.2001 E. 1

1.- a) Le recourant se plaint en premier lieu d'une violation de l'interdiction de l'arbitraire. A l'appui de son grief, il invoque l'art. 9 Cst. ainsi que les articles 203 al. 1 (Libre appréciation des preuves), 249 (Cas d'expertise) et 259 (Complément et nouvelle expertise) CPC/FR. Il reproche, en substance, à la cour cantonale de s'être écartée de l'avis clairement exprimé par l'expert dans son complément d'expertise, selon lequel "la valeur prise en considération de Fr. 24'000.- est celle au moment du sinistre (non accidenté)". Le recourant s'étonne du fait que la cour cantonale, au lieu d'ordonner une contre-expertise, ait répondu elle-même à une question complémentaire, posée à l'expert pour lever un doute. Les motifs de la cour cantonale ne seraient nullement convaincants, puisqu'elle se base sur un document de l'expertise (Taxation pour dédommagement en valeur actuelle) en contradiction avec un autre (Estimation de la dépréciation). Enfin, le résultat de l'arrêt cantonal serait également arbitraire: en refusant de considérer que la valeur de 24 000 fr. était celle du véhicule avant l'accident en 1995, la cour cantonale ne tiendrait pas compte de la dépréciation due à l'écoulement du temps entre novembre 1995 et juillet 1996. b) aa) Le juge n'est en principe pas lié par le résultat d'une expertise. Mais s'il entend s'en écarter, il doit motiver sa décision et ne saurait, sans motifs déterminants, substituer son appréciation à celle de l'expert, sous peine de verser dans l'arbitraire (cf. ATF 122 V 157 consid. 1c p. 160/161; 119 Ib 254 consid. 8a p. 274; 118 Ia 144 consid. 1c p. 146 et les arrêts cités). En d'autres termes, le juge qui ne suit pas les conclusions de l'expert, n'enfreint pas l'art. 9 Cst. lorsque des circonstances bien établies viennent en ébranler sérieusement la crédibilité. Si, en revanche, les conclusions d'une expertise judiciaire lui apparaissent douteuses sur des points essentiels, il doit recueillir des preuves complémentaires pour tenter de dissiper ses doutes. A défaut, en se fondant sur une expertise non concluante, il pourrait commettre une appréciation arbitraire des preuves et violer l'art. 9 Cst. (ATF 118 Ia 144 consid. 1c p. 146). bb) Aux termes de l'art. 259 CPC/FR, il est loisible aux parties de demander à l'expert des éclaircissements et des compléments; à cet effet, le président du tribunal cite l'expert à l'audience ou l'invite à déposer un rapport complémentaire (al. 1). Si le tribunal s'estime insuffisamment renseigné, notamment par une expertise faite à titre de preuve à futur, il ordonne une seconde expertise (al. 2). cc) Se référant à la disposition précitée ainsi qu'à l'ATF 118 Ia 144 consid. 1c p. 146, la cour cantonale a relevé qu'une seconde expertise était notamment ordonnée si les conclusions de la première apparaissaient douteuses sur des points essentiels. Les juges cantonaux ont retenu que l'expertise rendue en l'espèce contenait des erreurs et des imprécisions, dont certaines ont cependant été écartées par le complément d'expertise, ordonné en application de l'art. 259 al. 1 CPC/FR. Quant aux insuffisances restantes, elles n'auraient pas empêché la cour cantonale de tirer les conclusions qui s'imposent sur les points essentiels, telle la valeur vénale de la voiture lors de la conclusion du contrat. La cour cantonale a donc estimé être suffisamment renseignée sur ce point (art. 259 al. 2 CPC/FR; Deschenaux/Castella, La nouvelle procédure civile fribourgeoise, p. 177). Pour déterminer ladite valeur, la cour cantonale s'est basée sur le prix catalogue de la voiture lors de sa première mise en circulation le 17 janvier 1995, soit 31 850 fr. d'après l'expertise, montant auquel elle a ajouté 1625 fr. pour les options (climatisation et airbag) mentionnées par l'expert, d'où un total du prix de neuf de 33 475 fr. Le 3 juillet 1996, la valeur de base correspondait, à dire d'expert, à 70% du prix de neuf, soit à 23 433 fr. A ce montant, la cour cantonale a ajouté 985 fr. (supplément pour modèle break d'occasion) et a déduit 2268 fr. (diverses malfaçons, dépréciation de la coque et de la carrosserie suite à l'accident, dépréciation de l'airbag). La valeur de la voiture au moment de la conclusion du contrat s'élevait ainsi à 22 150 fr.