Citation: 2A.578/1999 05.05.2000 E. 4.-

a) En se référant à l'arrêt susmentionné tranchant le cas jurassien (ATF 120 Ib 332), les recourants font va- loir que l'animation constituée par un marché de Noël ne saurait fonder un besoin urgent au sens de l'art. 19 al. 1 LTr. De plus, ils contestent que le marché de Noël de Mon- treux qui dure trois semaines pâtirait de la fermeture des magasins les dimanches 13 et 20 décembre 1998. Ils redoutent enfin que l'arrêt entrepris n'ouvre la porte aux abus. En l'occurrence, l'autorité intimée a retenu que les ouvertures dominicales querellées avaient été demandées en relation avec le marché de Noël organisé de manière réguliè- re depuis quelques années à Montreux. Le Tribunal adminis- tratif a rappelé qu'il s'agissait d'une manifestation d'en- vergure à vocation commerciale et touristique qui, mise sur pied par les commerçants montreusiens avec l'appui des auto- rités locales, attirait un nombre considérable de visiteurs durant une période limitée de deux à trois semaines. Des quelque trente commerces représentés par la Société, seuls cinq tenaient un stand au marché de Noël de Montreux. En re- vanche, ils participaient à cette manifestation au travers de leurs associations professionnelles qui étaient elles- mêmes des associées de "Marché de Noël Montreux S.à r.l.", société fondée en 1995. L'autorité intimée a souligné que le marché de Noël de Montreux était ainsi lié à l'ensemble des commerces du centre-ville non seulement géographiquement, mais encore économiquement. Avec ses chalets situés pour la plupart le long de la Grand-Rue devant les vitrines des ma- gasins de cette artère, le marché de Noël de Montreux n'était pas conçu comme une manifestation indépendante de l'activité commerciale habituelle du centre-ville. Cette dernière activité constituait un élément d'animation impor- tant sans lequel on pouvait présumer que le marché de Noël de Montreux perdrait une bonne partie de son attractivité, notamment pour ses visiteurs venant de l'extérieur. Dans ses déterminations, le Département cantonal a sou- ligné pour sa part qu'il existait un lien étroit entre l'ac- tivité commerciale générale et le marché de Noël de Mon- treux. Il a aussi relevé que le canton de Vaud devait, comme celui du Tessin, faire face à la concurrence des commerces étrangers. Il a en outre rappelé que les ouvertures domini- cales durant la période précédant Noël avaient déjà eu lieu de 1983 à 1994, sur la Riviera vaudoise. b) Dans l'arrêt précité concernant l'affaire jurassien- ne, auquel renvoie le mémoire des recourants, le Tribunal fédéral a admis l'existence avant Noël d'un besoin accru de biens de consommation qu'il faut satisfaire durant une pé- riode très limitée dans le temps. Reste à savoir si on peut considérer ce besoin comme urgent en l'espèce au regard de la jurisprudence (cf. consid. 3b ci-dessus), qui a estimé que la condition de l'urgence n'était pas remplie quand des commerçants tentaient de satisfaire une forte demande de biens de consommation en accompagnant leur offre d'anima- tions diverses, mais qu'elle l'était quand une telle demande devait également être soustraite à une concurrence étrangère vive et que l'ouverture dominicale des commerces avant Noël reposait sur une longue tradition. Dans le cas particulier, à la différence de la cause jurassienne susmentionnée, il faut souligner l'imbrication de l'animation qui résulte du marché de Noël de Montreux et de celle qui est due à l'ensemble de l'activité commerciale de la place. Cette interdépendance est une caractéristique de la présente espèce. C'est donc dans cette optique que doit être appréciée l'importance des ouvertures dominicales contestées. En effet, sur les quelque cent vingt mille visi- teurs de la manifestation, trente à quarante mille ont été recensés durant les dimanches 13 et 20 décembre 1998, soit un quart à un tiers du total des visiteurs. On ne saurait donc suivre les recourants quand ils prétendent que le mar- ché de Noël de Montreux ne pâtirait pas de la fermeture des magasins durant deux dimanches. Par ailleurs, les critères dégagés dans le cas tessinois précité sont réalisés en l'es- pèce. En effet, des ouvertures dominicales des commerces montreusiens pendant la période précédant Noël existent de- puis 1983, ce qui constitue une tradition. En outre, le Dé-