Citation: 5A_336/2022 E. 3.6

3.6. En l'espèce, la question qui se posait principalement en instance cantonale était celle de savoir si la libération de B.A.________ de son mandat de curatrice de portée générale par le Tribunal de protection était justifiée, respectivement si les conditions de libération de l'art. 423 al. 1 CC pouvaient effectivement être considérées comme remplies. Ce n'est que dans l'hypothèse où une réponse positive pouvait être apportée que l'autorité cantonale devait, au regard des art. 400 et 401 CC, examiner la question de savoir si Me E.________ pouvait être confirmé dans sa fonction de curateur de portée générale de la recourante. Partant, l'examen des compétences de l'intéressé en qualité de curateur était dépendant de l'examen des compétences de B.A.________. Or, en l'espèce, la cour cantonale n'a pas eu à se pencher sur la question concernant Me E.________, dès lors qu'elle a estimé que la mère de A.A.________ présentait les qualités nécessaires pour assurer la fonction de curatrice de portée générale de sa fille et qu'elle n'aurait par conséquent pas dû être libérée de son mandat. En tant que l'objet du litige portait à titre principal sur les compétences de B.A.________, on ne voit dès lors pas en quoi la recourante aurait pu souffrir d'un défaut de représentation sur cette question, Me E.________ étant tout à fait à même de faire valoir des arguments à cet égard; c'est du reste ce qu'il a fait, puisqu'il ressort de l'arrêt entrepris que, dans la procédure de recours cantonale, il a notamment soutenu que B.A.________ n'était plus capable d'exercer la curatelle de sa fille, que sa collaboration était inexistante, que sa dépendance à l'égard de son fils était probable et que les intérêts de A.A.________ ne seraient pas sauvegardés par la désignation d'un membre de sa famille aux fonctions de curateur. Par ailleurs, le fait que Me E.________ ait été amené à défendre ses propres compétences - ce qu'il a fait dans la procédure de recours cantonale en contestant tous les griefs soulevés à son encontre - ne change rien à ce qui précède. Ce point n'a en effet pas été déterminant en l'espèce et, en tout état de cause, la contradiction des arguments présentés par l'intéressé sur la question de ses propres compétences était dûment assurée par B.A.________ et C.A.________, qui étaient parties à la procédure et qui avaient eux-mêmes remis en question ses qualités de curateur. Dans ces circonstances, on peut retenir que la représentation de la recourante durant la procédure de deuxième instance était suffisante pour la défense correcte de ses intérêts et que la cour cantonale n'a pas outrepassé son pouvoir d'appréciation en ne lui désignant pas un curateur de représentation au sens de l'art. 449a CC. Il suit de là que le moyen doit être rejeté.