Citation: 6B_1030/2023 E. 2.6.1

2.6.1. La cour cantonale a constaté que le recourant, de nationalité turque, vivait en Suisse depuis l'âge de 7 ans, soit depuis 30 ans. Il n'était jamais retourné en Turquie, excepté pour l'enterrement de son père qui avait eu lieu en octobre 2021. Il était titulaire d'un permis C, valable jusqu'au 4 décembre 2023. Il parlait le kurde, le français et un peu le turc. Sa soeur et ses deux frères vivaient en Suisse. Il les voyait de temps en temps le week-end. Sa mère et son demi-frère étaient domiciliés en Hollande. Seuls ses cousins, avec qui il n'avait pas de contact, vivaient en Turquie. Le recourant avait effectué toute sa scolarité en Suisse et y avait obtenu une attestation fédérale de formation professionnelle. Il avait travaillé environ 10 ans en tant que plâtrier-peintre, soit de 1998 à 2008. En raison de problèmes de santé (douleurs dorsales et dépression), il avait été contraint d'arrêter et de trouver un emploi adapté. Sa demande de réinsertion professionnelle auprès de l'assurance-invalidité (ci-après: AI) lui avait été refusée et il n'avait pas déposé de demande de rente Al. Il avait donc bénéficié de l'aide sociale dès la fin de son activité professionnelle. Il avait stoppé sa consommation de stupéfiants depuis son arrestation. Toutefois, il fumait de temps à autre du cannabis, car cela diminuait ses douleurs dorsales. Le recourant entretenait une relation amoureuse avec B.________. Elle avait deux enfants de 16 et 15 ans, dont il s'occupait du mieux qu'il pouvait. Il leur préparait à manger, les amenait à l'école. Selon lui, ces derniers le considéraient comme leur père, mais ils n'avaient jamais vécu sous le même toit. Le recourant et B.________ n'avaient jamais fait ménage commun, alors même que leur relation durait depuis plus de 10 ans. Lors de son interrogatoire devant la cour cantonale, l'intéressé avait déclaré qu'ils désiraient vivre ensemble, se marier et avoir des enfants, mais ce projet ne s'était pas encore concrétisé. La cour cantonale a considéré que cette relation ne pouvait être assimilée à une véritable union conjugale. Le recourant n'avait pas d'enfant et bien qu'il ait expliqué s'occuper de ceux de sa compagne, ils ne peuvent être considérés comme une famille dite nucléaire au sens de l'article 8 CEDH. De plus, sa compagne avait déclaré qu'elle était prête à l'accompagner et à aller vivre avec lui en Turquie. Au vu de l'ensemble de ces éléments, il apparaissait que le renvoi du recourant en Turquie ne constituerait pas une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 § 1 CEDH et ne le mettrait pas dans une situation personnelle grave.