Citation: 8C_687/2022 E. 4.4

4.4. En l'état du dossier, on ne saurait confirmer le raisonnement de la cour cantonale. On rappellera que le juge appelé à connaître de la légalité d'une décision rendue par les organes de l'assurance sociale doit apprécier l'état de fait déterminant existant au moment de la décision sur opposition, soit en l'occurrence les faits, tels qu'ils se présentait au 14 février 2022 (ATF 129 V 167 consid. 1; 121 V 366 consid. 1b). Devant la cour cantonale, la recourante a produit une attestation du 26 novembre 2021 qui lui a été délivrée par le service cantonal des automobiles, confirmant que les plaques minéralogiques avaient été déposées le 16 juillet 2021 et que la situation était inchangée depuis. Elle a également produit une facture datée du 4 juin 2021, établie en faveur du D.________ SA à V.________ d'un montant de 338 fr. 85, qui était adressée aux "EMPLOYES MERCEDES". Avec les premiers juges, il sied de constater que la recourante a prouvé, au degré requis de la vraisemblance prépondérante (ATF 129 V 177 consid. 3.1 et les arrêts cités), qu'au moment de son assignation, le 19 octobre 2021, elle ne disposait plus de son véhicule privé, qui lui aurait le cas échéant permis d'effectuer les trajets entre son domicile et son potentiel lieu de travail. Toutefois, en ce qui concerne les motifs qui l'ont conduite à déposer les plaques minéralogiques de son véhicule, les premiers juges ne pouvaient pas se limiter à constater qu'avec la facture du D.________ SA du 4 juin 2021, la recourante n'avait "nullement démontré que l'utilisation d'un véhicule privé porterait atteinte à son minimum vital". En effet, celle-ci a régulièrement invoqué ses problèmes financiers devant son conseiller ORP, puis elle a dûment allégué devant la cour cantonale ne pas disposer de moyens financiers suffisants afin de faire expertiser le véhicule pour en trouver la panne. Cette allégation paraît pour le moins plausible, compte tenu des pièces versées au dossier de l'intimé, dont il ressort notamment que l'indemnité de chômage versée à la recourante a fait l'objet d'une saisie par l'office des poursuites entre le 14 juillet et le 14 septembre 2021. Dans ces conditions, conformément à la maxime inquisitoire, il appartenait aux premiers juges d'établir avec la collaboration des parties les faits déterminants pour la solution du litige (art. 61 let. c LPGA), en particulier la capacité financière de la recourante à récupérer l'usage de son véhicule et à en supporter les charges sans porter atteinte à son minimum vital, compte tenu de son devoir d'entretien à l'égard des membres de sa famille. Quant à ce dernier point, on relèvera par surabondance qu'on ne saurait uniquement se fonder sur l'âge de la fille de la recourante, qui a atteint la majorité en octobre 2021, pour en conclure que sa mère est déliée de toute obligation d'entretien, en particulier si la fille n'a pas encore terminé sa formation (cf. art. 277 al. 2 CC), comme cela ressort de l'attestation du lycée pour l'année scolaire 2021/2022. Il conviendra également d'instruire les faits liés à un éventuel devoir d'assistance de la recourante à l'égard de sa mère.