Citation: 9C_300/2010 10.09.2010 E. 4.2

4.2.1 Dans le complément d'expertise du 7 février 2008, les docteurs O.________ et A.________ ont sur le plan psychique posé le diagnostic, avec répercussion sur la capacité de travail, de "autre trouble affectif de l'humeur persistant" (F34.8, CIM-10). Ils ont précisé que les critères de la dépression, présents en partie seulement, ne pouvaient être retenus, parce qu'ils n'avaient pas l'intensité nécessaire pour justifier un réel épisode dépressif ou une dysthymie. Au titre de diagnostics sans répercussion sur la capacité de travail, les experts ont retenu des troubles mentaux et troubles du comportement liés à l'utilisation d'alcool, actuellement abstinent, en rémission récente, ainsi qu'un trouble panique d'intensité légère. Ils ont également mentionné que le pronostic était favorable car le trouble de l'humeur pouvait être traité et avait déjà probablement répondu partiellement à la médication mise en place et que le trouble panique n'était pas limitatif en soi, alors que l'abstinence devait permettre une réduction des difficultés neurocognitives modérées. Répondant ensuite à la question de savoir quelle était l'influence des troubles constatés sur la capacité de travail, les docteurs O.________ et A.________ ont indiqué que la présence du trouble de l'humeur persistant et du trouble panique (non reconnu comme limitatif mais renforçant les autres troubles), la rémission récente du trouble mental et du comportement lié à l'alcool, ainsi que les difficultés mnésiques, certes peu limitatives dans les tâches habituelles, étaient susceptibles de réduire de moitié la capacité de travail résiduelle de l'exploré sur le plan purement psychiatrique. 4.2.2 Dans le rapport en cause, les experts ont certes expliqué, comme le fait valoir le recourant, les raisons pour lesquelles la situation était différente de celle qui prévalait au moment de leur première évaluation (l'intéressé avait osé s'exprimer et raconter ce qu'il n'avait pas pu évoquer quelques mois plus tôt). Leurs conclusions sur une incapacité de travail de 50 % sur le plan psychique seulement ne sont toutefois pas suffisamment étayées pour emporter la conviction. Dans la partie de leur expertise consacrée à l'appréciation du cas les médecins de la Clinique X.________ s'emploient, d'une part, à mentionner les raisons pour lesquelles ils ne peuvent pas retenir un diagnostic de dysthymie ou d'épisode dépressif, plus sévère que celui posé d'autre trouble affectif de l'humeur (cf. DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 2003, p. 458 s.) et nient toute répercussion sur la capacité de travail du trouble panique et des troubles liés à l'utilisation d'alcool en rémission récente. D'autre part, ils attestent d'un degré relativement important d'incapacité de travail (50 %) sur le seul plan psychiatrique. On ne comprend cependant pas, faute d'explication sur ce point, les motifs pour lesquels l'atteinte psychique diagnostiquée, dont les experts ont mis en évidence le caractère peu sévère, serait susceptible de limiter la capacité de travail du recourant. 4.2.3 On ajoutera que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, une dysthymie - dont les symptômes n'étaient précisément pas réunis selon les experts, qui ont posé un diagnostic de la catégorie résiduelle - ne constitue en règle générale pas à elle seule une atteinte à la santé ayant un caractère invalidant. Cette conclusion, qui se fonde sur l'expérience médicale et relève dès lors d'une question de droit, n'a pas une valeur absolue; un trouble dystymique peut, dans un cas particulier, limiter la capacité de travail de l'intéressé, lorsqu'il survient avec d'autres atteintes, comme par exemple un grave trouble de la personnalité (arrêts du Tribunal fédéral I 649/06 du 13 mars 2007 consid. 3.3.1 et les arrêts cités, in SVR 2008 IV n° 8 p. 23; 9C_98/2010 du 28 avril 2010 consid. 2.2.2). En l'occurrence, en l'absence de toute autre atteinte à la santé psychique dont les experts auraient reconnu les effets négatifs sur la capacité de travail - les autres troubles mentionnés ont été retenus au titre de diagnostics sans répercussion sur la capacité de travail -, la juridiction cantonale était en droit, quoi qu'en dise le recourant en lui reprochant en vain d'avoir discuté de l'application du CIM-10, de nier le caractère invalidant des troubles retenus par les experts dans leur complément d'expertise. En conséquence, les raisons mentionnées par les premiers juges pour écarter les conclusions du complément d'expertise de la Clinique X.________ ne sauraient être qualifiées d'arbitraires, sans qu'il soit nécessaire de mettre en oeuvre une nouvelle expertise, l'état de santé de l'assuré ne faisant l'objet d'aucune "incertitude" invoquée par le recourant. 4.3 En ce qui concerne le grief tiré de la violation du droit à l'égalité des armes, il doit également être rejeté. Contrairement à ce qu'affirme le recourant, la juridiction cantonale n'a en effet pas écarté "par principe" l'avis de ses médecins traitants (ce qui constituerait, en tant qu'un rapport médical serait écarté au seul motif qu'il est établi par le médecin traitant de la personne assurée, une violation du principe de la libre appréciation des preuves). Même s'ils ont mis en évidence l'origine des rapports (notamment) des docteurs R.________ et B.________ en rappelant la divergence consacrée par la jurisprudence entre un mandat thérapeutique et un mandat d'expertise, les premiers juges ont cependant aussi pris en considération les rapports des médecins traitants dans le cadre d'une appréciation globale de leur valeur probante. Ils ont en effet expliqué les raisons pour lesquelles ils ne pouvaient les suivre, compte tenu de l'absence de motivation de ces avis ou de toute indication quant à la capacité de travail de l'assuré dans une nouvelle activité adaptée. 4.4 Il résulte de ce qui précède que les griefs du recourant, qui ne conteste pas les autres aspects du jugement entrepris, sont mal fondés. Le recourant voit dès lors ses conclusions rejetées. Vu l'issue de la procédure, il supportera par ailleurs les frais de justice y afférents.