Citation: 4A_223/2016 E. 5

Invoqué par les demandeurs, le droit d'être entendu garanti par les art. 29 al. 2 Cst. et 53 al. 1 CPC confère à toute personne le droit d'exiger qu'une décision prise à son détriment soit motivée. Cette garantie tend à donner à la personne touchée les moyens d'apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, s'il y a lieu, dans une instance supérieure. Elle tend aussi à éviter que l'autorité ne se laisse guider par des considérations subjectives ou étrangères à la cause; elle contribue, par là, à prévenir une décision arbitraire. L'objet et la précision des indications que l'autorité doit fournir dépend de la nature de l'affaire et des circonstances particulières du cas (ATF 112 Ia 107 consid. 2b p. 109; voir aussi ATF 141 IV 249 consid. 1.3.1 p. 253; 138 I 232 consid. 5.1 p. 237). A l'issue d'une procédure contentieuse, la motivation du montant alloué à une partie à titre de dépens n'est en principe pas nécessaire lorsque l'autorité s'en tient aux limites du tarif applicable et que les parties n'allèguent aucune circonstance particulière (ATF 111 Ia 1 consid. 2a); en revanche, lorsque l'autorité se prononce sur la base d'une liste de frais et qu'elle entend s'en écarter, elle doit au moins brièvement indiquer les raisons pour lesquelles elle en élimine certains postes, afin que la partie concernée puisse éventuellement attaquer la décision en connaissance de cause (arrêts 4A_592/2014 du 25 février 2015, consid. 3; 6B_124/2012 du 22 juin 2012, consid. 2.2 et 2.3). Le conseil de la défenderesse a déposé une liste de frais en vue de la taxation des dépens et les demandeurs ont pris position sur cette liste. La défenderesse a ensuite pris position sur leurs critiques. La décision de taxation indique le nombre d'heures d'activité retenu pour chaque étape du procès. Les demandeurs pouvaient donc aisément examiner si et dans quelle mesure leurs observations ont été prises en considération. S'ils s'y croyaient fondés, ils pouvaient persister dans les mêmes moyens à l'appui de leur recours cantonal. Contrairement à leur opinion, la motivation de la décision de taxation est donc suffisante.