Citation: 8C_286/2024 E. B

A.________ a déféré cette décision à la Chambre des assurances sociales de la Cour de Justice de la République et canton de Genève (ci-après: la cour cantonale). Par ordonnance du 10 mai 2021, la cour cantonale a ordonné une expertise rhumatologique qu'elle a confiée au professeur D.________, spécialiste en rhumatologie à l'Hôpital E.________. Dans son rapport du 25 juin 2021, ce médecin a posé le diagnostic de syndrome douloureux chronique (CIM-10 F48) avec notamment un status après rupture du ménisque de grade II en septembre 2016, des douleurs régionales accompagnées d'une limitation fonctionnelle antalgique du genou et de la hanche droites, un trouble trophique et neuro-vasculaire probablement dû à l'usage excessif de glace, des lombalgies chroniques et des douleurs multifocales. En résumé, pour l'expert, il s'agissait d'une problématique post-traumatique d'abord locale qui s'était transformée en un syndrome douloureux chronique. Il existait chez l'assuré des limitations fonctionnelles à prendre en considération dans ce contexte, ce qui l'amenait à conclure à une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée depuis début 2017. Interpellé par la cour cantonale sur le fait qu'il avait posé un diagnostic de nature psychiatrique, le professeur D.________ a répondu que la classification du CIM-10 était inadéquate pour appréhender le tableau clinique de l'assuré, qu'il utilisait généralement le diagnostic de "syndrome douloureux chronique" (code F45 au lieu de F48) en présence de tels tableaux cliniques, mais qu'il faisait ici référence à des symptômes et des limitations fonctionnels d'ordre physique et non psychique; en définitive, le code R52.2 (autres douleurs chroniques) du CIM-10 lui semblait plus approprié à la situation présentée par l'assuré (voir ses rapports complémentaires des 20 juin et 9 décembre 2022). Le SMR a pris position sur l'expertise les 20 janvier et 14 juillet 2022 ainsi que le 10 janvier 2023). Par ordonnance du 9 juin 2023, la cour cantonale a mis en oeuvre une expertise psychiatrique auprès du docteur F.________, psychiatre. Dans son rapport du 5 octobre 2023, ce dernier n'a retenu aucune pathologie psychiatrique (pas de syndrome dépressif ou anxieux, pas de symptômes psychotiques ni de signes pour une pathologie de la personnalité), écartant en particulier les diagnostics de syndrome somatoforme douloureux persistant ou de trouble factice. Pour l'expert psychiatre, il n'y avait pas d'explication d'ordre psychique au syndrome douloureux de l'assuré et donc pas d'incapacité de travail pour un motif psychiatrique. Par arrêt du 3 avril 2024, la cour cantonale a rejeté le recours, mettant les frais des expertises judiciaires à la charge de l'office AI.