Citation: 6B_798/2022 E. 1.2

1.2. La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir violé le principe de la non-rétroactivité de la loi pénale en prenant en compte l'ensemble des faits incriminés qui ont porté sur la période 2015 à 2018 pour justifier son expulsion, alors que l'art. 66a CP est entré en vigueur en octobre 2016. L'art. 66a CP ne s'applique qu'aux infractions commises après le 1er octobre 2016 (art. 2 al. 1 CP). Lorsqu'il examine s'il est en présence d'un cas de rigueur (art. 66a al. 2 CP), le juge doit procéder à une pesée des intérêts, afin de déterminer lequel de l'intérêt public à l'expulsion ou de l'intérêt privé de l'étranger à rester en Suisse l'emporte. Dans ce cadre, selon la jurisprudence, il apprécie le risque de récidive au regard de l'ensemble du comportement de l'intéressé. A cet effet, il prend en compte les comportements délictueux de l'étranger antérieurs à l'entrée en vigueur de l'art. 66a CP (cf. ATF 146 II 1 consid. 2.1.2 p. 4; arrêts 6B_651/2018 du 17 octobre 2018 consid. 8.3.3; 6B_1043/2017 du 14 août 2018 consid. 3.1.2 et 3.2.2). En l'espèce, la cour cantonale a constaté que la recourante avait commis les faits punissables, à réitérées reprises, entre le 30 septembre 2015 et le 15 octobre 2018, à savoir, pour une grande partie, après l'entrée en vigueur de l'art. 66a CP, de sorte que cette disposition était applicable. La cour cantonale a ensuite analysé si l'expulsion pouvait se justifier au regard de l'accord sur la libre circulation des personnes. Pour ce faire, elle a évalué le risque de récidive, en se fondant sur l'ensemble des comportements délictueux de la recourante, y compris ceux antérieurs au 1er octobre 2016, comme le lui autorise la jurisprudence. Le grief tiré de la violation du principe de la non-rétroactivité de la loi pénale est donc infondé.