Citation: 1C_481/2018 E. 5.4

5.4. S'agissant précisément de ces cinq "arbres à conserver", le Tribunal cantonal a estimé que leur abattage était justifié par la réalisation du chemin d'accès, projeté au sud. Il a en particulier considéré qu'un accès par le nord - comme le souhaiteraient les recourants - ne pouvait être imposé. Compte tenu de la topographie du terrain, notamment de la forte pente, la création de cet accès impliquerait la réalisation d'une tranchée très importante au coeur de la campagne de xxx, ce qui irait à l'encontre des objectifs de l'art. 11 al. 2 RPEP (cf. consid. 5.1) et générerait un impact important sur l'environnement. La vision locale avait en outre confirmé que l'accès prévu s'imposait de manière évidente au regard de la configuration des lieux. Refuser cet accès au motif que celui-ci implique l'abattage de certains arbres "à conserver" au sens de l'art. 3 al. 1 et 2 RPEP rendrait particulièrement difficile tout projet de construction sur la parcelle no 1826 et porterait par conséquent une atteinte grave au droit de la propriété, ce bien-fonds étant colloqué en zone à bâtir. Examinant plus particulièrement cette problématique sous l'angle du principe de la proportionnalité (cf. art. 36 al. 3 Cst.), l'instance précédente a retenu que l'objectif poursuivi par l'art. 3 al. 1 et 2 RPEP était la sauvegarde des "arbres à conserver", notamment lors de la réalisation de voies d'accès. L'arborisation du secteur avait cependant évolué depuis l'approbation du PEP en 1981; il convenait de prendre en considération l'intérêt que présentaient encore les "arbres à conserver", 37 ans après l'adoption du plan. Après avoir précisé compter un assesseur spécialisé ingénieur forestier au sein de sa composition, la cour cantonale a procédé à l'analyse des différents arbres concernés. Le bouleau avait terminé sa croissance. Le pin n'avait pas beaucoup évolué depuis sa mise sous protection en 1981 et ne présentait pas d'intérêt majeur. Les trois épicéas, situés plus à l'ouest, n'étaient pas des arbres en station, mais d'une essence des étages montagnards et subalpins; ils étaient en outre de grande taille, de sorte qu'un abattage ultérieur, indépendant du projet en cause, serait une opération plus complexe et plus coûteuse. Leur abattage permettait en outre aux pins voisins de se développer. Le Tribunal cantonal a néanmoins estimé, compte tenu des objectifs de protection poursuivis par l'art. 3 RPEP, et en application du principe de la proportionnalité, que leur abattage devait être complété par une mesure de compensation, à définir ultérieurement.