Citation: 7B_1027/2023 E. 2.6.3

2.6.3. La recourante reproche au Ministère public un comportement contradictoire, au motif qu'il n'aurait pas entendu I.________ dans le délai annoncé, soit dans la première quinzaine du mois de décembre 2023 (cf. p. 13 de l'arrêt attaqué). Elle perd toutefois de vue qu'elle n'est pas admise à se prévaloir de faits ultérieurs à l'arrêt attaqué (cf. art. 99 al. 1 LTF). Son grief tiré d'une violation de la bonne foi ou de l'interdiction de l'abus de droit est ainsi irrecevable. Ensuite, la recourante soutient en résumé que l'invocation de cette mesure d'instruction ne serait qu'un prétexte du Ministère public pour justifier l'existence d'un risque de collusion. Elle ne saurait être suivie. Vu le danger que la recourante compromette l'instruction en dévoilant des éléments qui n'ont pas encore été exposés à I.________, c'est à juste titre que la cour cantonale a retenu que le Ministère public n'avait pas à préciser les points sur lesquels il comptait entendre ce témoin, sauf à révéler des informations jusqu'ici gardées secrètes. De plus, selon les faits constatés par la cour cantonale dont l'arbitraire n'a pas été démontré, l'examen des pièces sous scellés a mis en lumière des contradictions importantes avec les premières déclarations de I.________. Pour cette raison, le Ministère public a considéré qu'une nouvelle audition s'imposait, lors de laquelle les pièces du dossier seraient remises à ce témoin (cf. p. 13 de l'arrêt attaqué). Cette audition n'était toutefois pas envisageable sans que les parties plaignantes soient présentes et puissent faire valoir leur droit d'être entendues, notamment en posant des questions au témoin. Or ces dernières n'avaient pu être confrontées aux pièces qui étaient sous scellés - soit celles au sujet desquelles le témoin devait être réentendu - que dès le 20 mars 2023, date de notification de l'arrêt du 19 décembre 2022 de la cour cantonale (cf. pp. 17-18 de l'arrêt attaqué; consid. A.b.c supra). Par conséquent, le Ministère public ne pouvait de toute évidence procéder à l'audition de I.________ qu'à partir d'avril 2023. La recourante le conteste et soutient que le Ministère public n'aurait pas eu à "stopper" son instruction pendant la procédure de recours précitée, qu'il aurait pu limiter le droit d'être entendu des parties plaignantes ou enjoindre à leur conseil de garder le secret (cf. ad ch. 2 pp. 8-9 du mémoire de recours). Ce faisant, elle méconnaît qu'elle n'est pas partie à la procédure pénale, mais un tiers au sens de l'art. 105 al. 1 let. f CPP (cf. arrêt 1B_74/2020 du 5 août 2020 consid. 2.4 rendu dans la même cause). En cette qualité, elle dispose seulement, dans le cadre limité de la procédure incidente d'accès au dossier, des droits de procédure nécessaires à la défense de ses intérêts (cf. art. 105 al. 2 CPP; arrêt 1B_74/2020 du 5 août 2020 consid. 2.5). Il s'ensuit qu'elle ne saurait utiliser la présente procédure incidente pour critiquer la manière dont le Ministère public conduit son instruction, ni a fortiori les conditions auxquelles il entend procéder à l'audition de I.________, qui n'apparaissent au demeurant pas critiquables. Pour la même raison, la recourante ne peut pas non plus se plaindre du manque de célérité dont ferait preuve le Ministère public dans la conduite de l'enquête pénale, ce qu'elle n'ignore du reste pas (cf. ad ch. 2 p. 8 du mémoire de recours). Tout au plus pourrait-elle être admise à invoquer un retard injustifié dans le traitement de la procédure d'accès au dossier, ce qu'elle n'allègue toutefois pas et qu'on ne perçoit pas non plus. En tout état, c'est le lieu de constater que la procédure introduite en 2020 visant la mise sous scellés des documents produits par G.________ et celle entamée par cette dernière et la recourante en 2022 afin d'interdire aux parties plaignantes de prendre connaissance de ces documents ont contribué à prolonger l'existence d'un risque de collusion. Certes, la recourante et G.________ ont usé de leurs droits de procédure les plus stricts, ce que n'ont d'ailleurs pas méconnu la cour cantonale ni le Ministère public. Toujours est-il que des informations susceptibles d'être utiles pour l'avancée de l'enquête n'ont pas pu être communiquées aux parties concernées, respectivement utilisées par le Ministère public pendant près de trois ans. On ne voit donc pas que le Ministère public aurait adopté, au jour de l'arrêt attaqué, un comportement susceptible de violer le principe de la bonne foi, respectivement l'interdiction de l'abus de droit, en ne mettant pas en oeuvre l'audition de I.________. Cela vaut d'autant plus que les conditions lui permettant de procéder à cette mesure d'instruction n'ont été réalisées que postérieurement à la demande d'accès au dossier qui est à l'origine de la présente procédure.