Citation: 6P.97/2006 22.09.2006 E. 1

2.3 En l'espèce, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arrêté les quantités de stupéfiants dont il a fait le trafic ainsi que le chiffre d'affaires et le bénéfice qu'il en a retiré sur la base des déclarations de Y.________, sans examiner la question de la capacité de ce dernier de déposer de manière fiable en raison de sa consommation de drogue avant son arrestation. 2.3.1 Selon la jurisprudence, le juge ne peut se fonder sur une déposition que s'il est établi que le témoin avait la volonté et la capacité de dire la vérité. Les témoignages à charge doivent être accueillis avec une prudence particulière. Pour apprécier la crédibilité du témoin, il importe de tenir compte de son état psychique et corporel. Des circonstances telles que la fatigue, l'émotion ou des troubles psychiques doivent évidemment être prises en considération. La mémoire des faits et la capacité d'en rendre compte entrent en ligne de compte au nombre des qualités requises. Les personnes souffrant de troubles mentaux ne sont aptes à témoigner que dans la mesure où ces troubles n'affectent pas leur capacité de déposer valablement. Il faut aussi tenir compte, le cas échéant, de l'influence des stupéfiants sur le comportement du témoin. Une réserve particulière s'impose à l'égard des toxicomanes dépendants en état de manque. Dans cette situation, l'intéressé peut présenter des troubles de compréhension, de concentration et d'expression (ATF 118 Ia 28 consid. 1c p. 31). 2.3.2 En procédure cantonale, le recourant a fait valoir que Y.________ était un polytoxicomane et a reproché aux premiers juges de n'avoir pas pris en compte les effets possibles de la drogue sur la capacité de ce témoin de relater les faits tels qu'ils se sont passés (déclaration d'appel p. 16). Il ressort du dossier et du jugement attaqué que Y.________ était dépendant du cannabis et de la cocaïne. L'expertise a retenu que Y.________ souffrait d'un développement mental incomplet qui l'empêchait d'apprécier pleinement le caractère illicite de ses actes ou de se déterminer d'après cette appréciation. Dans le jugement attaqué, la cour cantonale a expliqué les raisons qui l'ont conduite à retenir le témoignage de Y.________ plutôt que celui du recourant. Elle n'a cependant pas discuté l'argument du recourant, selon lequel la consommation de drogue pouvait altérer la capacité de Y.________ de témoigner. Or, le grief soulevé n'est pas d'emblée dénué de toute pertinence au vu de la jurisprudence précitée, dès lors qu'il est constant que le témoin consommait des stupéfiants de manière importante. Il importait donc à la cour cantonale de se prononcer sur le grief soulevé, quitte à l'écarter. En omettant de traiter ce grief, elle a violé le droit d'être entendu du recourant. 2.4 Il s'ensuit que le recours doit être admis et l'arrêt attaqué doit être annulé. Comme le recourant a obtenu gain de cause, il ne sera pas perçu de frais et le canton du Valais lui versera une indemnité à titre de dépens.