Citation: 6B_750/2020 E. 3.1

3.1. Sur le premier point, la cour cantonale aurait méconnu l'art. 305bis CP en considérant que la subsistance d'un paper trail aurait exclu le blanchiment. La recourante objecte qu'au contraire, nombre d'actes considérés par la jurisprudence comme susceptibles d'entraver la confiscation (virements bancaires à l'étranger, virements d'un compte à un autre dont les détenteurs ne correspondent pas, etc.) n'entraînent aucune rupture de la trace documentaire et que l'acquisition de biens ou de valeurs susceptibles d'être négociés, dont des titres, peut précisément constituer un acte incriminé par l'art. 305bis CP. Elle allègue dans ce contexte, en se référant à la procédure pénale ouverte à Luxembourg, que K.________, qui avait toujours géré le compte no yyy au sein de B.________ Europe, avait investi une part conséquente des avoirs en violation du contrat liant A.________ SA à la banque dans des fonds " extrêmement douteux, sans doute frauduleux ". En particulier, les fonds gérés par les sociétés du dénommé V.________ étaient domiciliés dans les Îles Vierges britanniques, étaient qualifiés de " fonds privés " et ne pouvaient compter, au plus, que 50 investisseurs. Leur gestionnaire pouvait, en vertu de leur prospectus très vague, investir dans toutes les classes d'actifs dans le monde entier et environ 40'000'000.- de dollars investis dans ces fonds avaient disparu, seuls des titres non liquides et sans valeur demeurant en main de la recourante. En outre, nombre des investissements contestés, qui avaient conduit à la disparition de quelque 60'000'000.- au total, étaient liés au dénommé V.________, CEO de C.A.________, comportant des ramifications en Suisse et en Angleterre, dont l'une, C.B.________, serait administrée par l'épouse de K.________. Selon la recourante, cela poserait la question d'actes de blanchiment commis par d'autres employés du groupe B.________, dont des employés chargés de la surveillance des activités de B.________ Europe et/ou les administrateurs de A.________ SA, eux-mêmes employés de B.________ Europe. La recourante allègue enfin que K.________ aurait reçu, à une reprise tout au moins, des dividendes d'une société affiliée à V.________, sise à X.________. La recourante en conclut qu'il ne pourrait être exclu que l'acquisition de parts de fonds constituât un acte de blanchiment.