Citation: 2C_556/2018 E. 6.3

6.3. En l'occurrence, le Tribunal administratif de première instance, dans son jugement du 10 mars 2016, a considéré que le recourant avait été condamné à plusieurs reprises entre 2007 et 2014, notamment à trois ans et demi d'emprisonnement pour vol à main armée le 18 septembre 2007 en Espagne. Le recourant a d'ailleurs sciemment dissimulé ce fait aux autorités suisses de police des étrangers lorsqu'il a déposé sa demande d'autorisation de séjour. L'infraction de vol à main armée (brigandage) est une infraction mettant en danger l'intégrité corporelle des victimes, envers laquelle le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.3 p. 126). Le nombre et plus encore la gravité des infractions commises ont justement amené le Tribunal administratif de première instance à retenir que les arguments d'intérêt public en faveur de l'éloignement de Suisse du recourant étaient clairs lors du dernier rejet de sa demande d'octroi d'autorisation de séjour. L'écoulement du temps depuis le prononcé de ce jugement ne saurait à lui seul justifier d'examiner à nouveau la situation du recourant. En effet, entre le 10 mars 2016, date du jugement du Tribunal administratif de première instance, et le 30 septembre 2016, date de la demande de reconsidération, seul un peu plus de six mois ce sont écoulés. Ce bref laps de temps ne saurait conduire à reconsidérer les conséquences administratives des activités délictueuses du recourant. Certes, celui-ci invoque nouvellement la naissance de son enfant en août 2016 pour prétendre à un nouvel examen de sa cause. Toutefois, comme l'a relevé la Cour de justice dans l'arrêt entrepris, si l'enfant n'était pas encore né au moment du prononcé du Tribunal administratif de première instance, il était déjà conçu et sa naissance, attendue, a été prise en compte par cette autorité dans la pesée des intérêts alors effectuée. En outre, lors de la conception de l'enfant, le couple connaissait pertinemment la situation précaire du recourant en Suisse et le risque de renvoi de celui-ci en Bolivie. A ce propos, l'enfant est encore jeune et ses deux parents bénéficient de la nationalité bolivienne, ce qui leur permet de retourner dans leur pays d'origine pour y vivre leur vie de famille. Le recourant, qui a un autre enfant dans ce pays, y a d'ailleurs vécu durant de nombreuses années et y est retourné, ce qui va nettement faciliter sa réintégration et celle de sa famille. En outre, si la femme du recourant venait à décider de rester en Suisse avec son fils, le recourant pourrait continuer d'entretenir des relations avec ses proches, que ce soit par téléphone ou Internet, ou lors de voyages en Suisse ou de visites de sa famille en Bolivie. Au demeurant, ni la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme ( Üner contre Pays-Bas du 18 octobre 2006, n° 46410/99), ni l'art. 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE; RS 0.107), cités par le recourant, ne conduisent à un autre résultat. La première n'énonce en effet aucun principe nouveau qui n'aurait pas été pris en compte par la Cour de justice dans la pesée des intérêts en présence et le second ne saurait de toute façon pas fonder une prétention directe à l'octroi ou au maintien d'une autorisation (ATF 144 I 91 consid. 5.2 p. 98 et les références citées).