Citation: 4P.43/2004 23.06.2004 E. A

A.a En automne 1999, D.________ SA (ci-après: D.________), d'une part, qui exploite, sous la férule du médecin-radiologue A.________, administrateur unique, un laboratoire d'analyses médicales et de diagnostic à l'enseigne "T.________", et S.________, d'autre part, médecin radiologue indépendant alors âgé de 58 ans, lequel n'entendait pas poursuivre seul son activité médicale, ont décidé de s'associer et de collaborer. A cette fin, le 13 octobre 1999, ils ont conclu une convention aux conditions suivantes: - S.________ ferme son cabinet médical au 31 décembre 1999 (art. 1) et entreprend les démarches nécessaires pour faire savoir à ses médecins correspondants et à sa clientèle qu'il transfère son activité chez D.________ avec laquelle "il s'associe" (art. 2); - les factures sont rédigées de manière telle que S.________ soit considéré comme exerçant une activité indépendante en particulier selon les critères de l'administration fédérale (art. 4); - S.________ s'oblige à collaborer avec D.________ pour une durée de six ans, soit jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de la retraite (art. 5); - en contrepartie de la clientèle apportée par S.________, D.________ lui paye sans intérêts une somme de 510'000 fr. à raison de 100'000 fr. le 30 juin et de 70'000 fr. le 31 décembre des années 2000, 2001 et 2002. En cas de rupture unilatérale du contrat par D.________ après le 1er janvier 2000, celle-ci versera à S.________ la soulte du goodwil due à ce moment, ainsi qu'une pénalité de 300'000 fr., dégressive de 50'000 fr. par an jusqu'à un minimum de 100'000 fr. En cas de rupture unilatérale par S.________, sa clientèle est acquise à D.________ et, s'il poursuit une activité faisant concurrence à cette société, il devra encore lui payer une pénalité équivalente à la moitié du goodwil qu'il aura effectivement touché (art. 8); - à titre d'honoraires, S.________ reçoit le 12% de l'ensemble des factures encaissées par "T.________" (art. 9). Par avenant du 21 octobre 1999, les parties sont convenues d'une révision du pourcentage d'honoraires de S.________ au cas où les assureurs sociaux ou le fisc considéreraient ce dernier comme exerçant une activité dépendante. Dès le 15 novembre 1999, le Dr S.________ a informé ses médecins correspondants et sa clientèle de la fermeture de son cabinet suivie du transfert de son activité chez D.________. Le 18 juillet 2000, D.________ a versé à S.________ la somme de 100'000 fr. en paiement de la première tranche du goodwill. A.b Au cours du premier semestre 2000, alors que S.________ se plaignait de n'avoir pas assez de travail, D.________ a engagé à temps partiel, sans son accord, deux médecins supplémentaires, au lieu de lui confier une plus grande partie de sa clientèle. En novembre 2000, D.________, à l'insu de S.________, a requis des autorités AVS un contrôle de sa qualité de travailleur indépendant, à la suite de quoi celles-ci ont dénié au prénommé son statut d'indépendant et ordonné à D.________ de prélever des cotisations paritaires sur les rétributions qui lui seraient versées dès le 1er janvier 2001. Par courrier recommandé du 21 décembre 2000, D.________, sous la signature de A.________, a fait savoir à S.________ qu'elle n'entendait pas "maintenir la convention qui nous lie" et a précisé que "les obligations instituées par cette convention s'éteindront le 31 décembre 2000". Le 16 janvier 2001, D.________, sous la plume de A.________, a soumis à S.________ un projet de convention contenant des conditions différentes. Dans cette écriture, D.________ qualifiait la convention du 13 octobre 1999 de "caduque" et déclarait notamment ce qui suit au destinataire: "Dès lors que tu conviens toi-même que notre convention du 13 octobre 1999 est aujourd'hui devenue sans objet ... ..., je pars de l'idée que tu ne verras pas d'objections à ce que nous élaborions une nouvelle convention ...". S.________ n'a pas accepté ce projet et, par l'entremise de son conseil, a rappelé à D.________ le 19 janvier 2001 les conséquences possibles d'une rupture unilatérale par elle de l'accord du 13 octobre 1999. Dès janvier 2001, D.________ n'a plus confié à S.________ le soin de s'occuper de la "patientèle" préexistante et a cessé de lui rétrocéder des honoraires, tout en lui réclamant mensuellement une participation aux frais généraux. Après avoir, dans un premier temps, continué d'exercer son activité dans les locaux de D.________ au profit de sa "patientèle", S.________ a informé cette société qu'il quitterait T.________ le 24 mai 2001. A fin mai 2001, S.________ s'est installé à la Clinique V.________, laquelle a informé le public de cette nouvelle collaboration. S.________ a reconnu qu'il a informé ses médecins correspondants de sa nouvelle adresse professionnelle; il a allégué qu'une majorité de ces derniers a continué de lui adresser des patients.