Citation: 6B_722/2008 23.03.2009 E. 3

Le recourant conteste avoir participé au brigandage commis à St?Margrethen (cf. supra consid. B.b; consid. B.1 à B.5 p. 15 ss de l'arrêt attaqué). 3.1 Invoquant une violation du principe d'accusation, il soutient qu'il n'a pas pu réaliser les actes décrits dans l'ordonnance de renvoi. Il explique que, selon les déclarations de la victime, celle-ci a été emmenée par deux hommes âgés de 25 à 35 ans et qu'il a téléphoné avec son fils durant l'infraction de sorte qu'il ne pouvait être dans le véhicule avec ce dernier. Il relève qu'il aurait éventuellement pu suivre les brigands, mais que ce comportement n'a toutefois pas été décrit dans l'acte d'accusation. 3.1.1 Par ordonnance du 20 décembre 2007, le recourant a été renvoyé devant la Cour criminelle, pour brigandage qualifié, pour avoir dérobé, au préjudice de E.________, de l'argent et divers objets. Il était accusé d'avoir agi en étant masqué, en bande avec B.X.________ et Y.________, et avec cruauté envers la victime selon le mode opératoire suivant: séquestrer celle-ci et l'enlever en l'attendant devant son domicile, la contraindre, sous la menace d'une arme à feu, alors qu'elle venait de parquer son véhicule, à s'asseoir sur le siège passager, à baisser la tête alors qu'un auteur a pris place sur le siège arrière, puis se déplacer avec ce véhicule sur une place de parc pour dévaliser la victime, enfin forcer celle-ci à monter dans le coffre de la voiture et l'y enfermer, tout en la menaçant de lui tirer dessus si elle cherchait à bouger, infraction commise le 25 novembre 2002, à St?Margrethen et Untervaz, entre 23 heures et 24 heures environ. 3.1.2 La Cour cantonale n'a pas précisé les actes accomplis par chacun des participants au brigandage, ni indiqué le lieu où chacun d'eux se trouvait au moment de l'infraction. Elle a toutefois retenu, sans qu'une violation du droit fédéral ne soit invoquée à ce sujet, que les trois prévenus avaient agi en qualité de coauteurs, compte tenu de la manière dont les infractions avaient été commises, les endroits où avaient été localisés les natels, les nombreux entretiens qu'ils avaient échangés et le fait qu'ils avaient utilisé plusieurs téléphones portables et plusieurs cartes SIM pour brouiller les pistes. Dans ces conditions, il importe peu de savoir si le recourant a effectivement effectué tous les comportements décrits dans l'acte de renvoi et s'il était ou non dans le véhicule avec la victime, tous les actes mentionnés pouvant lui être imputés de par sa coactivité (cf. ATF 120 IV 17 consid. 2d p. 23 s). Le grief est donc vain. 3.2 Invoquant l'arbitraire et une violation du principe « in dubio pro reo », le recourant se prévaut de l'absence de preuves directes et soutient que les relevés téléphoniques ne suffisent pas à établir sa culpabilité. Il reproche également à l'autorité cantonale d'avoir écarté sa version des faits, alors qu'il a été interrogé quelque 3 ans après les événements et relève que diverses explications sont envisageables quant à l'emploi de son natel. 3.2.1 Selon les constatations cantonales, le brigandage commis à St?Margrethen s'est déroulé, le 25 novembre 2002, vers 23 heures et a duré environ une heure. La surveillance rétroactive des portables des trois accusés a établi que la localisation des appels se recoupait avec les déclarations de la victime, notamment qu'elle les avait entendus téléphoner alors qu'ils se trouvaient dans la voiture. D'après les relevés téléphoniques, Y.________ a appelé B.X.________, le 26 novembre 2002, à minuit 07, l'antenne de Coire ayant été activée à cette heure-là. Tous deux s'étaient déjà appelés à 9 reprises le 25 novembre 2002 entre 19 heures 47 et 21 heures 18, alors que Y.________ faisait le parcours des environs de l'antenne de Rieden à l'antenne de Flums. Le portable de Y.________ a également activé l'antenne de Coire de 22 heures 13 à minuit 15 à quatre reprises le 25 et 26 novembre 2002. A minuit 07, le portable de B.X.________ était également localisé par l'antenne de Coire. De 22 heures 44 à 23 heures 30, il activait l'antenne de Haag, localité située à une trentaine de kilomètres de St?Margrethen, puis dès 23 heures 36 successivement les antennes de Weite, Zizers et Trimmis, soit sur le parcours St-Margrethen-Untervaz. Pratiquement au même moment, le natel du recourant était localisé de 23 heures 30 à 23 heures 56 entre Buchs et Untervaz, soit également sur le parcours entre St-Margrethen et Untervaz. Dès minuit 19, il était localisé par l'antenne de Mels, reprenant la direction de Zurich où il a été localisé à 1 heure 07 le 26 novembre 2002. Entre 23 heures 30 et 2 heures 21, le père et le fils se sont appelés à 14 reprises. 3.2.2 La Cour criminelle a admis la culpabilité du recourant en se fondant sur les relevés précités, l'absence d'explications plausibles et pertinentes concernant la localisation des portables au moment des faits et la situation financière précaire des intéressés. Certes, au vu des échanges téléphoniques entre le père et le fils X.________, on ne saurait admettre que les deux hommes étaient ensemble dans la voiture de la victime. Reste que les relevés démontrent, d'une part, que le recourant a également fait le trajet St?Margrethen-Untervaz et, d'autre part, qu'il a eu de nombreux contacts avec son fils durant la commission de l'infraction, de sorte que l'autorité cantonale pouvait, sans arbitraire, retenir ces éléments à charge. Pour le reste, l'argumentation du recourant est purement appellatoire. En effet, il se contente d'avancer des hypothèses et d'opposer diverses appréciations des preuves à celle retenue par la Cour criminelle, sans démontrer d'arbitraire. Les explications relatives au prêt de son natel ou à l'absence de souvenirs, de même que les visites familiales invoquées pour éventuellement justifier la présence des protagonistes sur les lieux des infractions, ne permettent en aucun cas d'expliquer pour quels motifs le recourant est entré en contact avec son fils lors de la commission du brigandage de St-Margrethen, aux heures et sur le parcours même où cette infraction a été commise, ni pour quelles raisons son natel a été repéré à plusieurs reprises aux environs immédiats des lieux et aux heures de commission de divers brigandages (cf. supra consid. B.a et B.b). La critique est donc vaine.