Citation: 6B_1329/2018 E. 2.4.2

2.4.2. En l'espèce, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, dès lors que celui-ci s'est livré à un trafic de stupéfiants ayant porté sur une quantité de 118,2 g de cocaïne pure. A cet égard, on rappellera que la Cour européenne des droits de l'Homme estime que, compte tenu des ravages de la drogue dans la population, les autorités sont fondées à faire preuve d'une grande fermeté à l'encontre de ceux qui contribuent à la propagation de ce fléau (cf. arrêts CourEDH K.M. c. Suisse du 2 juin 2015 [requête no 6009/10] § 55; Dalia c. France du 19 février 1998, Recueil CourEDH 1998-I 76 § 54; cf. aussi arrêt 6B_1192/2018 du 23 janvier 2019 consid. 2.2.3). Par ailleurs, il convient de relever que la peine privative de liberté à laquelle a été condamné le recourant dépasse une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019 : LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement). Le recourant est arrivé en Suisse à l'âge adulte et n'y a passé qu'une quinzaine d'années. Son intégration en Suisse est uniquement professionnelle, l'intéressé ne revendiquant aucune participation particulière à la vie sociale. Rien ne permet de considérer que le recourant se réintégrerait plus difficilement au Kenya - où il possède de la famille et où il a déjà travaillé par le passé - qu'en Suisse. Le temps écoulé depuis la commission des infractions n'est pas important. Il ne ressort par ailleurs pas du jugement attaqué que le comportement du recourant durant cette période aurait été particulièrement bon ou mauvais. Le recourant met en avant les différents travaux qu'il a exercés en Suisse ainsi que l'emploi dont il bénéficie actuellement et la satisfaction donnée à son employeur. On ne voit pas que cet élément aurait été ignoré par la cour cantonale, ni qu'il constituerait l'unique aspect déterminant dans la pesée des intérêts à effectuer en matière d'expulsion. En définitive, compte tenu de la gravité de l'infraction sanctionnée en matière de stupéfiants et de l'intégration tout au plus ordinaire du recourant en Suisse, l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer dans ce pays. La réintégration au Kenya, pays dans lequel celui-ci a grandi, a passé la majeure partie de sa vie et avec lequel il conserve des liens culturels et familiaux, ne sera pas particulièrement difficile. Il n'apparaît pas que le recourant s'y trouvera dans une situation sensiblement plus défavorable. Dans ces circonstances, l'expulsion s'avère conforme au principe de la proportionnalité.