Citation: 1B_384/2022 E. 2.2

2.2. Si la recourante conteste avoir commis les faits qui lui sont reprochés, elle n'affirme cependant pas pour autant que la condition des charges suffisantes posées à l'art. 221 al. 1 CPP (sur cette notion, ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 316 consid. 3.1 et 3.2) ne serait pas réalisée. Elle ne développe ainsi aucune argumentation propre à remettre en cause l'appréciation de la Chambre pénale de recours sur ce point, de sorte qu'il convient de se référer à l'arrêt entrepris. La recourante reproche en revanche à cette instance d'avoir retenu l'existence d'un risque de récidive au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP sur la base des infractions faisant l'objet de la présente procédure, dans la mesure où elle soutient ne pas les avoir commises, respectivement qu'il n'existerait aucune preuve accablante à son encontre. On peut en l'espèce relever que les faits reprochés s'inscrivent sur une certaine durée et qu'ils sont graves. Pour autant, la présente procédure est celle d'une prévenue sans antécédents, qui conteste entièrement les faits qui lui sont reprochés, à savoir d'avoir administré des médicaments à C.C.________ qui ne lui étaient pas prescrits ou à des doses plus importantes que celles prévues. A la lecture de l'arrêt entrepris, on comprend en substance que les charges pesant à l'encontre de la recourante reposent principalement sur: le fait que cette dernière, travaillant au Foyer en tant qu'éducatrice remplaçante, était la co-référente de C.C.________ durant la période pénale; la présence de la première le soir du 28 mars 2021 auprès de la victime, avec qui elle était restée seule au moment du coucher. L'instance précédente se fonde en outre sur les réponses données par la recourante à la question de savoir s'il lui était arrivé de donner du TEMESTA® à l'adolescente, qu'elle juge " confuses ". Ces seuls éléments ne permettent toutefois pas de retenir, avec une vraisemblance confinant à la certitude au sens de la jurisprudence précitée, que la recourante aurait commis les faits qui lui sont reprochés; en effet, on ne se trouve pas dans une situation de preuve manifeste quant au rôle joué par la recourante dans les infractions en cause, et ce alors que divers actes d'instructions ont d'ores et déjà été accomplis à ce jour. De plus, les agissements reprochés à la recourante ne semblent pas viser des tiers, mais C.C.________ en particulier. Sur ce point, l'arrêt entrepris ne donne aucune explication sur les motifs objectifs que la recourante avaient de lui administrer une médication qui ne lui était pas prescrite ou à des doses plus importantes et rien n'indique qu'elle puisse, respectivement veuille à nouveau s'en prendre à cette dernière spécialement. A ces éléments s'ajoutent que les faits reprochés à la prénommée, si elle en est l'auteure, l'on été dans le cadre de son activité professionnelle. Dans ces circonstances, on distingue mal que le Foyer, ou tout autre foyer ayant eu connaissance de ces faits, à Genève du moins, puisse à nouveau engager la recourante et encore moins pour prendre soin de la victime en cause. On ne saurait non plus constater une tendance à l'aggravation de l'activité délictuelle. Aucune infraction nouvelle n'est survenue depuis l'instauration des mesures de substitution le 9 février 2022, lesquelles ont été respectées par la recourante. Ces éléments amoindrissent le risque de récidive à l'encontre de l'adolescente, étant pour le surplus relevé que ce risque est, selon la jurisprudence, soumis à des exigences moins élevées pour les mesures de substitution que pour la détention (arrêts 1B_234/2021 du 21 mai 2021 consid. 2.3; 1B_167/2021 du 5 mai 2021 consid. 5.4; 1B_461/2020 du 14 octobre 2020 consid. 5.3; pour le risque de fuite: ATF 133 I 27 consid. 3.3). Dans ces circonstances, il n'apparaît pas qu'il y ait sérieusement lieu de craindre que la recourante cherche à l'avenir à prendre contact avec la victime, ou qu'elle soit en mesure de le faire, afin de commettre des infractions du même genre à l'encontre de cette dernière. Au demeurant, des mesures administratives - de nature à empêcher la recourante de pratiquer sa profession - peuvent le cas échéant être instaurées. Le maintien de la mesure de substitution en cause au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP n'est dès lors pas justifié.