Citation: I 288/06 20.04.2007 E. 1

5.2.1 En l'espèce, le seul document médical figurant au dossier qui soit de nature à permettre de porter une appréciation sur la capacité résiduelle de travail de la recourante est le rapport du 18 décembre 2002 établi par le docteur B.________ à la demande de l'office AI, qui concluait principalement à une capacité de travail de 25 % dans l'activité exercée jusqu'alors. Le licenciement prononcé par la commune de X.________ a démontré cependant que les troubles neuropsychologiques qui l'affectaient ne lui permettaient pas, même à un faible taux d'activité, la poursuite d'une activité requérant des efforts intellectuels soutenus. Dans la mesure où le docteur B.________ ne s'est pas prononcé de manière précise sur la capacité de travail de la recourante dans une activité adaptée à ses limitations, le dossier ne contient aucun élément utile à une appréciation adéquate de la situation médicale de la recourante, le bref avis émis par le SMR ne revêtant indubitablement pas la valeur probante requise par la jurisprudence (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352 et les références). A la différence de l'office AI et des premiers juges, on ne saurait retenir en l'état du dossier que seule une activité dans un atelier protégé permettrait de mettre en valeur la capacité résiduelle de travail de la recourante, faute de renseignements médicaux suffisants sur ce point. 5.2.2 Le degré d'empêchement de la recourante dans l'accomplissement de ses travaux habituels a été fixé à 35 % et repose sur les conclusions de l'enquête économique sur le ménage effectuée au domicile de la recourante le 2 avril 2003. Les arguments développés par la recourante à l'appui de son recours de droit administratif ne justifient en principe pas que l'on s'écarte de ce rapport qui remplit formellement toutes les exigences auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 128 V 93). Cela étant, la recourante souffre de troubles neuropsychologiques, qui, vu la nature de cette atteinte, ne permettent pas d'expliquer objectivement une divergence aussi importante entre ce qui peut apparemment être exigé sur le plan professionnel et ce qui peut être demandé dans le cadre de l'accomplissement des travaux habituels. On ne saurait dès lors confirmer le taux de 35 % retenu par l'office AI et les premiers juges sans de plus amples informations sur cette question. 5.2.3 S'agissant de l'empêchement subi par l'assurée dans le cadre de son activité viticole indépendante, force est de constater que le taux d'invalidité retenu par la personne chargée de procéder à l'enquête économique sur le ménage ne repose sur aucun élément concret, qu'il soit d'ordre médical (capacité de travail) ou économique (capacité de gain). On ignore d'ailleurs sur quelle méthode d'évaluation l'enquêtrice s'est fondée pour déterminer ledit taux (méthode ordinaire de comparaison des revenus ou méthode extraordinaire). Cette absence de motivation - qui constitue au demeurant une violation du droit d'être entendu au sens de l'art. 29 al. 2 Cst. - justifie également un renvoi de l'affaire à l'administration. On précisera néanmoins qu'il appartiendra à l'office AI de déterminer le degré d'invalidité de la recourante dans son activité viticole indépendante selon la méthode extraordinaire d'évaluation de l'invalidité. Il ressort en effet du dossier qu'il n'est pas possible de déterminer sur la base des résultats d'exploitation - et donc au moyen d'une comparaison des revenus - l'impact sur les perspectives de gain de la diminution de rendement subie par la recourante en raison de ses troubles neuropsychologiques, dès lors que les gains issus de l'activité viticole n'ont pas varié depuis l'accident en raison de l'apport des membres de la famille de la recourante. 5.3 Sur le vu de ce qui précède, il y a lieu de renvoyer l'affaire à l'office AI pour qu'il procède à une instruction complète sur le plan médico-théorique et économique en vue de déterminer de manière précise le degré d'invalidité de la recourante dans l'exercice d'une activité lucrative (selon la méthode générale de comparaison des revenus), dans l'accomplissement de ses travaux habituels (selon la méthode spécifique) et dans l'exercice de son activité viticole indépendante (selon la méthode extraordinaire). Conformément aux principes dégagés en relation avec la méthode mixte d'évaluation de l'invalidité, applicable pour déterminer l'invalidité globale de la recourante, il appartiendra en particulier à l'office AI de prendre en compte les éventuelles interactions qui pourraient exister entre les diverses activités exercées par la recourante (arrêt I 156/04 du 13 décembre 2005, consid. 6.2, publié in SVR 2006 IV n° 42 p.151).