Citation: 5A_636/2016 E. 5.2.2

5.2.2. Pour ce qui est du montant de la contribution d'entretien due, et plus particulièrement de l'établissement des revenus et charges de l'intimée nécessaire au calcul de celui-ci, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir retenu à tort que l'intimée n'avait cotisé à l'AVS que durant quinze années à savoir en 1996 et de 2004 à 2017 alors qu'il ressortait d'un contrat de travail établi entre elle et la Ville de Genève le 23 novembre 2005 qu'il annulait et remplaçait celui établi le 7 août 2003, de sorte qu'il fallait en déduire qu'elle avait travaillé cette année-là. Il soutient qu'elle aurait également travaillé en qualité de " dame de buffet " dans une brasserie en 1994, 1995 et 1996. Comme l'a relevé la cour cantonale, selon l'art. 29ter al. 1 LAVS, la durée de cotisation est réputée complète lorsqu'une personne présente le même nombre d'années de cotisations que les assurés de sa classe d'âge. Partant, seules les années complètes de cotisation sont déterminantes pour le droit aux prestations de l'AVS. En l'occurrence, le recourant n'allègue pas et encore moins ne démontre que l'intimée aurait travaillé durant l'intégralité des années qu'il énonce et non de manière ponctuelle ou en qualité d'intérimaire. S'agissant de la période comprise entre 1997 et 2002, le recourant considère qu'il s'agit d'une " erreur manifeste " de ne pas la prendre en compte dans le calcul des années de cotisation de l'intimée. Dans un raisonnement difficilement compréhensible, il fait toutefois pour l'essentiel état de considérations sur les années durant lesquelles il a lui-même cotisé et se réfère à ses propres décomptes de cotisation dont on ne perçoit pas la pertinence s'agissant du nombre d'années de cotisation de l'intimée. Le recourant se réfère également à l'année 1984 sans exposer plus avant pourquoi cette année-là devrait être prise en compte. Il se contente ensuite d'opposer son propre calcul de la rente AVS estimée de l'intimée à celui de la cour cantonale sans exposer en quoi celui-ci serait arbitraire. Il soutient ainsi que l'intimée " totalisera environ 370'000 CHF, compte tenu de l'effet du « splitting » entre les années 1996 et 2002 " sans expliquer d'où il tire ce montant et en déduit, en se fondant sur la table des rentes AVS 2015, sur un nombre d'années de cotisation de 25 et sur un revenu moyen déterminant jusqu'à 15'510 fr., qu'il ne " paraît pas excessif d'estimer le droit de l'intimée aux prestations AVS à 685 CHF ". Dans ces circonstances, force est de constater que le recourant n'est pas parvenu à démontrer l'arbitraire dans l'établissement des faits en tant que la Cour de justice a retenu que l'intimée avait travaillé durant quinze années complètes, qu'elle avait donc cotisé pendant une durée correspondant à 34.88% de la durée complète de cotisation AVS et en a déduit qu'en application de l'art. 52 RAVS, elle aurait droit à une rente partielle équivalent à 36.36% d'une rente complète, à savoir à une rente estimée à 470 fr. par mois au regard des revenus qu'elle avait réalisés durant les années où elle avait travaillé, revenus que le recourant ne remet d'ailleurs pas directement en cause, puisqu'il conteste uniquement la durée durant laquelle elle aurait perçu de tels revenus. S'agissant du montant de la rente que l'intimée pourra puiser dans sa fortune une fois qu'elle sera à la retraite, le recourant relève à juste titre que la cour cantonale a commis une erreur dans son calcul puisque le capital total de 134'756 fr. 35 dont elle disposera divisé par son espérance de vie résiduelle estimée au regard de l'espérance de vie actuelle des femmes en Suisse (87 ans tels que retenus par la cour cantonale [supra consid. 5.1] - 64 ans) divisé par douze mois donne au final une rente mensuelle de 488 fr. (134'756 fr. 35 / 23 / 12) et non de 470 fr. comme arrêté dans l'arrêt attaqué. Partant, à sa retraite, l'intimée disposera de 958 fr. par mois pour assurer son entretien (470 fr. [rente AVS] + 488 fr.) et non de 940 fr. Cette erreur n'a toutefois aucune véritable incidence sur le résultat de la cause puisque la situation de l'intimée reste largement déficitaire malgré cette différence de 18 fr. (958 fr. [revenus] - 2'409 fr. 75 [charges]). La situation serait sensiblement la même quand bien même on prendrait encore en compte le montant de 18 fr. que le recourant souhaite voir ajouté aux revenus de l'intimée à titre de " rendement annuel de 6,8% " du deuxième pilier, étant précisé qu'on ne comprend pas d'où le recourant tient ce montant qui est simplement allégué sans aucune autre motivation. Le recourant conteste la prise en compte dans les charges de l'intimée d'un montant de 100 fr. pour les soins des chiens au-delà de septembre 2017. Les deux chiens étant nés respectivement en 2002 et 2005, il estime que la Cour de justice aurait dû fixer une date butoir pour leur prise en charge en tenant compte de la longévité de la race ou de l'espèce canine. Il admet toutefois que les chiens soient considérés comme vivants jusqu'en septembre 2017. La prise en compte d'un montant pour les frais afférents aux chiens ne saurait être limitée dans le temps dans la mesure où leur mort est un fait futur qui ne peut être daté. La critique du recourant n'apparaît par conséquent pas fondée. Bien que le recourant soutienne ensuite qu'à partir de septembre 2017, l'intimée aura droit à des prestations complémentaires qui lui permettront de couvrir toutes ses charges dès lors qu'elle remplit les conditions de l'art. 4 de la Loi fédérale du 6 octobre 2006 sur les prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI (LPC; RS 831.30), il ressort de sa motivation qu'il ne conteste en réalité que la prise en charge des frais afférents aux chiens (100 fr.) puisqu'il relève qu'en prenant en compte un revenu de l'intimée de 1'200 fr., elle subira un déficit mensuel de 1'100 fr. à compter de septembre 2017 (1'200 fr. - 2'300 fr.), étant rappelé que la cour cantonale a retenu des charges mensuelles de 2'409 fr. 75. Partant, le recourant ne peut être suivi lorsqu'il soutient qu'une contribution d'entretien de 1'050 fr. par mois jusqu'en mai 2019 serait suffisante puisqu'il construit son argumentation en partant du principe que les revenus de l'intimée s'élèveront à 1'200 fr. par mois et que la charge de 100 fr. afférente aux chiens doit être déduite. Or, ses griefs sur ces deux points ont été écartés.