Citation: 1C_62/2020 E. 1.2

1.2. Le recours en matière de droit public est recevable contre les décisions qui mettent fin à la procédure (art. 90 LTF) ainsi que contre les décisions partielles qui statuent sur un objet dont le sort est indépendant de celui qui reste en cause (art. 91 let. a LTF) ou qui mettent fin à la procédure à l'égard d'une partie des consorts (art. 91 let. b LTF). Il est également recevable contre certaines décisions préjudicielles et incidentes. Il en va ainsi de celles qui concernent la compétence et les demandes de récusation (art. 92 LTF). Quant aux autres décisions préjudicielles et incidentes notifiées séparément, elles peuvent faire l'objet d'un recours si elles peuvent causer un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF) ou si l'admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (art. 93 al. 1 let. b LTF). Le recours est formé contre une décision qui confirme en dernière instance cantonale l'ordre donné à la recourante de déposer une garantie financière de 25,5 millions de francs en vue de l'assainissement d'un site pollué. Selon la jurisprudence, au même titre qu'une décision d'avance de frais en vue des investigations de détail sur un site pollué, une décision de constitution de garantie de couverture des frais ne met pas fin à la procédure d'assainissement du site et revêt un caractère incident (arrêt 1C_17/2019 du 29 juillet 2019 consid. 1.1; cf. également ATF 136 II 370 consid. 1.3; arrêts 1C_126/2009 du 20 août 2009 consid. 4.2 in DEP 2010 p. 102; 1C_17/2019 du 29 juillet 2019 consid. 1.2). Elle ne peut dès lors faire l'objet d'un recours immédiat auprès du Tribunal fédéral que si elle satisfait aux exigences de l'art. 93 al. 1 LTF, s'agissant d'une décision qui n'entre pas dans le champ d'application de l'art. 92 LTF (arrêts 1C_130/2016 du 30 mars 2016 consid. 2.3; 1C_397/2013 du 21 avril 2015 consid. 1.3 in DEP 2015 p. 529). Selon la jurisprudence, le préjudice irréparable visé à l'art. 93 al. 1 let. a LTF doit être de nature juridique et ne pas pouvoir être ultérieurement réparé par une décision finale favorable au recourant (ATF 144 III 475 consid. 1.2; 143 III 416 consid. 1.3; 141 IV 289 consid. 1.2). Tel est le cas lorsque la prise en charge anticipée de frais ou la constitution d'une garantie financière peut entraîner la faillite de la recourante (ATF 136 II 370 consid. 1.5; arrêts 1C_17/2019 du 29 juillet 2019 consid. 1.1; 1C_130/2016 du 30 mars 2016 consid. 2.3). En l'espèce, la cour cantonale, sans constater expressément un risque de faillite de la recourante, a considéré que le dépôt de la garantie requise d'un montant de 25,5 millions de francs était de nature à causer un préjudice irréparable, ce d'autant que la recourante alléguait disposer de fonds propres pour un montant de 3,4 millions de francs seulement. Produisant ses comptes des exercices 2017/2018 et 2018/2019, la recourante allègue à nouveau devant le Tribunal fédéral son manque de liquidités. Dans de telles circonstances, il existe en effet un risque de préjudice irréparable, de sorte que l'exception de l'art. 93 al. 1 let. a LTF doit être admise.