Citation: U 131/05 27.10.2005 E. A

G.________, né en 1971, était au bénéfice d'indemnités de l'assurance-chômage et, à ce titre, assuré auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA). Le 11 décembre 2001, alors qu'il se trouvait dans un bar, il a écrasé un verre dans sa main droite. Il en est résulté des coupures superficielles au niveau des doigts II et III et de la paume de la main droite. Cette dernière plaie a été suturée au Service des Urgences de l'Hôpital X.________. La CNA a pris en charge le cas. Le 15 février 2002, le docteur R.________, spécialiste FMH en médecine interne, a constaté la persistance d'une douleur élective au niveau de la phalange distale de l'index et des douleurs dans le pli palmaire de l'IPP de l'index et à la base du majeur. Il a adressé l'assuré au docteur P.________, spécialiste FMH en chirurgie à l'Hôpital X.________, lequel a examiné G.________ le 20 février 2002 (cf. rapport du docteur P.________ du 5 mars 2002). Une échographie pratiquée le même jour a révélé la présence d'un corps étranger compatible avec un bris de verre résiduel à l'index. Le bilan radiologique a été complété par une IRM ne confirmant pas le diagnostic de l'échographie. Le docteur P.________ a procédé à une révision de l'index et une aponévrectomie des rayons II et III de la main droite (cf. rapport opératoire du 18 mars 2002). Le 25 mars 2003, l'employeur de l'assuré a annoncé une rechute. Dans son rapport médical du 8 avril 2003, le docteur M.________, chirurgien FMH, a fait état d'un petit kyste épidermoïde palmaire sur cicatrice ainsi qu'une résistance sous-cutanée due aux séquelles d'une blessure de la main droite. Le 12 mars 2003, ce médecin a pratiqué une intervention, en vue d'exciser le kyste palmaire. Le 16 juin 2003, le médecin d'arrondissement de la CNA, le docteur S.________, a diagnostiqué deux pathologies indépendantes : la première au niveau de l'index avec persistance d'un nodule gênant la préhension d'outils, de nature post-traumatique et la seconde avec présence d'une maladie de Dupuytren qui a certainement progressé depuis l'intervention du 11 mars 2002. Il a proposé d'adresser l'assuré à la Clinique Y.________. Dans leur rapport du 22 août 2003, les docteurs B.________ et O.________, respectivement médecin-chef et chef de clinique adjoint de la Clinique Y.________, ont posé le diagnostic suivant : - nodule de la base de P2 de l'index : il s'agit vraisemblablement d'un kyste dermoïde. Il n'a pas l'aspect d'un nodule de Dupuytren. - nodule de la paume de la main : l'aspect est aussi compatible avec un kyste dermoïde quoique un nodule de Dupuytren ne soit pas exclu. Les médecins précités préconisaient l'excision des deux nodules sous-cutanés avec examen histologique. Dite opération a eu lieu le 13 octobre 2003. Il ressort du rapport d'histologie de l'Institut Z.________, du 16 octobre 2003, le diagnostic suivant : 1) Paume main droite, biopsie: fibromatose palmaire (maladie de Dupuytren). 2) 2ème phalange index droite, fibromatose (maladie de Dupuytren). Dans son appréciation médicale du 10 novembre 2003, le médecin d'arrondissement de la CNA a constaté qu'au vu du résultat du rapport d'histologie, lequel excluait des granulomes ou des tumeurs cicatricielles post-accidentelles, la responsabilité de la CNA pour l'intervention du 13 octobre 2003 n'était pas engagée. En effet, selon ce médecin, l'assuré présentait une inflammation chronique nodulaire au niveau de la paume de la main avec évolution progressive d'origine purement maladive, voire génétique. Se fondant sur ces observations, la CNA a refusé de prendre en charge l'intervention du 13 octobre 2003 ainsi que l'incapacité de travail consécutive (décision du 12 novembre 2003). L'assuré a formé opposition à cette décision au motif que, d'une part, la CNA avait elle-même ordonné les mesures médicales précitées et que, d'autre part, la doctrine médicale admettait l'existence d'un lien de cause à effet chez les jeunes patients développant la maladie de Dupuytren dans un délai de deux ans après avoir subi un traumatisme accidentel. Par décision sur opposition du 16 février 2004, la CNA a rejeté l'opposition formée par l'assuré. Elle a considéré que l'existence d'un lien de causalité chez les jeunes patients qui développent la maladie de Dupuytren dans un délai de deux ans après avoir subi un traumatisme accidentel n'était qu'une hypothèse non partagée par le spécialiste en traumatologie de la CNA.