Citation: 6B_1209/2023 E. 2.8

2.8. En rapport avec l'intérêt privé de la recourante à demeurer en Suisse, il sied de tenir compte, tout d'abord, de la longue durée du séjour de celle-ci dans ce pays (15 ans) ainsi que du fait que son époux et sa fille y vivent. La recourante fait valoir que l'expulsion compromettrait gravement le projet concret de rétablissement des relations personnelles parent/enfant. Si l'on peut admettre que l'expulsion est certes susceptible de porter atteinte aux relations entre la recourante et sa fille, il convient de relever que cette mesure reste d'une durée limitée et, à l'instar de ce qu'a retenu la cour cantonale, qu'elle n'empêchera pas l'intéressée d'entretenir, le cas échéant, des contacts avec sa fille par le biais des moyens de télécommunications modernes. S'agissant de l'époux de la recourante, celui-ci parle le portugais, de sorte qu'il pourra, le cas échéant, la suivre au Portugal, voire à tout le moins lui rendre visite régulièrement. Pour ce qui est de la réintégration de la recourante dans son pays d'origine, celle-ci a vécu au Portugal jusqu'à ses 25 ans et y a effectué toute sa scolarité, de sorte qu'elle a la grande majorité de ses attaches familiales, sociales et culturelles au Portugal. Sa mère ainsi que sa première fille, majeure, vivent notamment là-bas. La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir ordonné son expulsion sans tenir compte de son état de santé. A cet égard, il sied de constater que le jugement attaqué retient le fait que la recourante présente des troubles mentaux liés à l'utilisation d'opiacés ainsi qu'un syndrome de dépendance pour lesquels elle suit un traitement pour se soigner. Dans sa critique, la recourante précise que l'expulsion aura pour conséquence d'anéantir les progrès qui ont résulté des suivis médicaux, se construisant sur la base d'une relation de confiance entre le soignant et le patient. Si le changement dans la prise en charge ne sera certes pas évident, force est de constater que rien n'indique que la recourante ne pourra pas continuer à être suivie pour ses troubles et sa dépendance dans son pays d'origine, ce qu'elle admet d'ailleurs elle-même. C'est enfin en vain que la recourante expose que la cour cantonale a omis de tenir compte qu'elle a sollicité une reprise de suivi auprès du CHUV et a été hospitalisée du 25 juillet 2022 au 2 août 2022 dans l'unité hospitalière Tamaris/Calypso du Service de médecine des addictions du CHUV, ne démontrant pas en quoi ces éléments sont déterminants sur l'issue du litige (cf. art. 97 al. 1 LTF). Son état de santé ne saurait ainsi faire obstacle à son renvoi. Enfin, c'est en vain que la recourante soutient qu'elle n'a pas "le profil de l'étranger à expulser", dès lors que les intérêts présidant à son expulsion sont importants, en raison notamment de la gravité des infractions commises. En outre, elle a déjà été condamnée à six reprises entre 2013 et 2021 et les infractions figurant dans son casier judiciaire ont porté atteinte à plusieurs biens juridiquement protégés, ce qui révèle un mépris persistant de la recourante pour les lois et l'ordre juridique suisses. Contrairement à ce qu'elle soutient, le fait qu'elle ait commis ces infractions en raison d'un besoin pathologique d'argent à cause d'une addiction plutôt que par un mode de vie ne diminue en rien l'intérêt public à son expulsion.