Citation: 7B_506/2023 E. 3.3.2

3.3.2. La cour cantonale n'a cependant pas accordé de crédit à la version présentée par B.________ lors des débats d'appel, cette version s'écartant très nettement des propos qu'elle avait jusqu'alors maintes fois répétés, de manière crédible, tant lors de l'instruction qu'aux débats de première instance (cf. jugement attaqué, consid. 6.1 p. 27). Il fallait d'abord prendre en considération que les premières déclarations de B.________ étaient confirmées sur de nombreux points par le recourant lui-même. Ce dernier avait en effet reconnu que, le 31 juillet 2020, il l'avait saisie par les cheveux et qu'il lui avait ordonné de lui prodiguer une fellation, ce qu'elle avait refusé. De même, il avait admis qu'il avait fait preuve de violence verbale envers sa compagne, indiquant, aux débats de première instance, qu'il était désolé de l'avoir frappée, que cela avait dépassé toutes les limites, qu'il le regrettait, qu'il lui avait présenté ses excuses et qu'elle les avait acceptées. Le recourant a également relevé qu'à un moment donné, il avait dit à B.________ qu'il allait la "baiser" et qu'elle allait voir "comment on traite les filles comme [elle]", reconnaissant avoir craché sur le vagin de sa compagne pour faciliter la pénétration, tout comme il avait dû se masturber pour atteindre une érection suffisante. Il a également admis avoir interrompu la conversation téléphonique entre B.________ et C.________, alors que la première appelait la seconde à l'aide, saisissant le téléphone portable et frappant B.________ avec cet objet, ce qui lui avait provoqué une lésion à la lèvre (cf. jugement attaqué, consid. 6.2 p. 28). Par ailleurs, contrairement à ce que le recourant avait plaidé, les violences subies par B.________ ne s'inscrivaient pas dans le cadre de jeux à caractère sexuel. Aussi, même s'il fallait retenir la possibilité que le couple avait pu se satisfaire de claques - sur les fesses, voire plus rarement sur le visage - au cours de leurs relations sexuelles habituelles, il n'en demeurait pas moins que la violence des coups prodigués par le recourant dépassait l'entendement, le déroulement des événements du 31 juillet 2020 montrant bien plutôt que les actes commis par le recourant - et subis par B.________ - ne correspondaient pas à des pratiques consenties de part et d'autre. Les allégations du recourant, qui avait confié à B.________ qu'il aurait pu l'étrangler durant la nuit et qu'il aurait pu lui "mettre un coup de couteau", manifestaient sans équivoque la haine qu'il ressentait à son égard et non une intention de jouer, même à ce qui pourrait être qualifié de "jeu d'adultes". Le climat de violence présent au moment des faits était corroboré par des éléments objectifs: le témoin C.________ avait vu une vidéo de B.________ montrant son appartement comme "dévasté par un ouragan", alors que pour leur part les agents de police qui étaient intervenus dans l'appartement avaient fait état de traces de lutte. De même, aucun des témoignages recueillis durant l'instruction ne permettait de confirmer, ne serait-ce que partiellement, la thèse du recourant: si le témoin D.________ - qui, plusieurs années auparavant, avait fait ménage commun avec B.________ - avait expliqué que celle-ci était demandeuse de claques sur les fesses et, occasionnellement, sur le visage, il avait précisé que celles-ci n'étaient pas violentes. Le témoin C.________ avait déclaré que B.________ aimait le sexe et "jouer", mais que la violence n'était pas son fantasme. Quant au témoin E.________, il avait relevé que B.________ et le recourant adoraient coucher ensemble, qu'ils étaient "passionnels au pieu", mais qu'à sa connaissance, il n'y avait pas de violence sexuelle (cf. jugement attaqué, consid. 7.2 p. 29 ss). La cour cantonale a encore observé que le recourant avait tout fait pour empêcher B.________ de prendre contact avec l'extérieur par son appel téléphonique à C.________, ce qui était dur à expliquer si les relations sexuelles s'étaient effectivement déroulées alors que chacun était libre et tout émoustillé par le fait de s'être prêté à des jeux érotiques incluant des mises en scène comportant des actes de soumission et une violence feinte (cf. jugement attaqué, consid. 7.3 et 7.4 p. 31 s.). Enfin, les autres arguments avancés par le recourant ne reposaient sur aucun élément crédible. Il en allait notamment ainsi de la crainte de B.________ d'une possible réaction négative de son père, crainte qui l'aurait poussée à accuser le recourant pour éviter que ce dernier dise à son père que sa fille était une "dévergondée". Le fait que B.________ pratique des arts martiaux n'était pas davantage pertinent, tant il ressortait des faits établis que le recourant avait adopté une attitude particulièrement violente, aussi bien verbalement que physiquement, et que B.________ n'avait pas été en mesure de se défendre. Rien n'indiquait non plus que cette dernière avait déposé plainte contre le recourant pour s'en débarrasser, étant observé qu'elle aurait pu le faire bien avant le 31 juillet 2020, dès lors qu'il a été établi que le recourant s'en était pris physiquement à elle à de multiples reprises depuis le début de l'année 2019 (cf. jugement attaqué, consid. 7.5 p. 33).