Citation: 5A_16/2016 E. A

Le 10 février 1998, E.B.________ (1913) - qui ne s'est jamais mariée et n'a jamais eu d'enfants - a rédigé un testament instituant comme seuls héritiers, à parts égales, son cousin germain, B.B.________ (1921) et l'épouse de celui-ci, D.B.________ (1921). A.a. Entre 2000 et 2001, E.B.________ a commencé à " perdre un peu ses esprits ", selon F.________, sa voisine pendant plus de 50 ans qui lui rendait régulièrement visite. En octobre 2001, sur recommandation de son médecin traitant, E.B.________ a consulté la Dresse G.________, neurologue. Au test " Minimal Mental Status " réalisé lors de l'examen, E.B.________ a obtenu un score de 21/30 et la Dresse G.________ a posé le diagnostic de " démence sénile de type Alzheimer ". La médecin a complété l'examen par une IRM cérébrale qui a mis en évidence une légère atrophie du cerveau. F.________ ayant été informée par la Dresse G.________ que E.B.________ ne récupérerait plus toutes ses facultés et que son "esprit ne suivait plus ", elle a cherché une dame de compagnie pour celle-ci. A.________ a été engagée en septembre 2002 en qualité d'employée de maison. Au début des rapports de travail, A.________ se déplaçait au domicile de E.B.________, puis elle a emménagé dans la villa de celle-ci, sise à X.________. A.b. Le 1 er février 2007, E.B.________ s'est rendue, en compagnie de A.________, en l'étude d'un notaire avec l'intention de rédiger un testament en faveur de son employée de maison, avec révocation du précédent testament en faveur de B.B.________ et D.B.________. Ayant immédiatement des doutes sur la capacité de discernement de E.B.________ et ayant également la conviction que celle-ci n'était pas libre de ses propos, le notaire a jugé qu'un avis médical s'imposait. Interpellé par le notaire le 8 février 2007, le médecin traitant de E.B.________, en se fondant sur les observations faites lors d'une consultation au mois d'octobre 2006, lui a confirmé que sa patiente ne disposait pas de sa capacité de discernement, mais a suggéré que ce diagnostic soit confirmé par un spécialiste neurologue. Le 10 mars 2007, le Dr H.________ a consulté E.B.________ à son domicile. Lors de l'examen, le neurologue a notamment constaté que la patiente avait des éclairs de lucidité, bien que ses troubles mnésiques se soient aggravés depuis l'examen de 2001 et, au test du " Minimal Mental Status ", celle-ci a obtenu un score de 13/30, correspondant à un stade de démence. Le 22 mars 2007, le notaire a informé A.________ de ce qu'il ne pouvait pas instrumenter un nouveau testament pour E.B.________. A.c. Le 5 juin 2007, B.B.________ - après avoir été informé par Me I.________, son conseil d'alors, que E.B.________ dépendait entièrement et était influencée par sa gouvernante - a sollicité l'intervention du Tribunal tutélaire. Requis dans ce contexte, le Dr H.________ a établi un certificat médical le 21 juin 2007, attestant que E.B.________ remplissait les conditions d'une mise sous tutelle, dès lors qu'elle était dans l'incapacité de gérer ses affaires et était dépendante de soins et secours permanents, et précisait que l'intéressée n'avait pas le discernement suffisant pour être valablement entendue.