Citation: 2C_653/2023 E. 6.2

6.2. Dans son jugement, la Cour de justice a rejeté le grief de la constatation manifestement inexacte des faits formulé par la recourante, les éléments décrits comme centraux par celle-ci étant sans pertinence. Pour établir la fraude à la loi commise par B.________, la Cour de justice a d'abord exposé le droit applicable, d'une manière générale, à l'activité d'accueil et de prise en charge d'enfants dans le canton de Genève. La Cour de justice a ensuite précisé que l'interdiction prononcée contre B.________ était fondée sur l'art. 32 let. c LEJ/GE, qui permet en substance au Département d'interdire à une personne l'accueil de mineurs. Cette disposition concernait non seulement l'accueil d'enfants, mais aussi le fait d'"organiser ou diriger leurs loisirs", selon les termes de la loi, repris dans les décisions des 4 juin 2020 et 30 mai 2022. La Cour de justice a qualifié ces deux éléments de "tâches de gestion". A ce titre, il ressortait du dossier que B.________ était incontestablement active dans la gestion de la société recourante, et ce malgré une incapacité de travail médicalement constatée. Dès lors, la Cour de justice a conclu que B.________ avait commis une fraude à la loi en exerçant les activités qui lui étaient interdites par l'entremise d'une société dotée de la personnalité juridique, soit la recourante, qu'elle contrôlait intégralement. Dans de telles circonstances, la norme éludée par B.________ (soit l'art. 32 let. c LEJ/GE) devait être appliquée directement à la société recourante, conformément à la théorie de la fraude à la loi (cf. infra consid. 7.1). Dès lors, déterminer quel est le droit applicable à l'activité de la société recourante était sans pertinence.