Citation: 4C.217/2004 09.07.2004 E. 1

1.1 Par contrat du 18 juillet 2001, A.________ SA a sous-loué à B.________ SA une partie des locaux commerciaux qu'elle loue dans un immeuble sis à Genève. Le loyer mensuel a été fixé à 3'000 fr. et l'acompte pour les frais accessoires à 200 fr. par mois. La convention de sous-location comportait une clause ainsi libellée: "Une période d'essai est convenue entre les parties jusqu'au 31 décembre 2001. Passé ce délai, les parties s'engagent pour une durée indéterminée. Il est prévu un délai de 6 (six) mois pour la fin d'un mois pour dénoncer ladite convention." Le loyer relatif à la période allant du 1er septembre au 31 décembre 2001 a été payé par un unique versement intervenu en novembre 2001. B.________ SA a quitté les locaux sous-loués le 10 janvier 2002. Elle a versé 1600 fr. à A.________ SA pour l'occupation des locaux durant les 10 premiers jours du mois en question. Par courrier de son conseil du 6 février 2002, A.________ SA a mis un terme au bail de sous-location pour son prochain terme, soit le 31 août 2002. Un avis officiel de résiliation était joint à ce courrier. Dans une lettre du 14 février 2002, B.________ SA a contesté la position de sa bailleresse, affirmant qu'en date du 11 décembre 2001, celle-ci avait été informée, devant témoins, que la sous-locataire avait décidé de mettre un terme au bail de sous-location pour le 31 décembre 2001. La sous-locataire ajoutait que si elle était demeurée dans les locaux jusqu'au 10 janvier 2002, en réglant un demi-mois de loyer, c'était parce que le déménagement n'avait pas pu avoir lieu plus tôt. 1.2 Le 23 septembre 2002, A.________ SA a saisi la Commission de conciliation en matière de baux et loyers d'une requête dirigée contre B.________ SA en vue d'obtenir le paiement de 24'000 fr., avec intérêts à 5 % dès le 30 avril 2002, montant correspondant aux loyers et charges des locaux loués pour les mois de janvier à août 2002, sous déduction des 1'600 fr. déjà versés. Non conciliée, la cause a été portée devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Genève, le 6 novembre 2002. B.________ SA a conclu au rejet de la demande. Par jugement du 30 mai 2003, le Tribunal des baux et loyers a condamné la défenderesse à payer à la demanderesse la somme de 24'000 fr. plus intérêts à 5 % dès le 30 avril 2002. Les premiers juges ont vu dans le contrat conclu par les parties un bail de durée indéterminée ne pouvant prendre fin qu'au moyen d'une résiliation. Comme celle-ci devait être faite par écrit, en vertu de l'art. 266l CO, et que tel n'avait pas été le cas de la part de la sous-locataire, il importait peu de connaître la teneur des propos échangés lors de l'entrevue du 11 novembre 2001. Aussi, seule pouvait être prise en considération la résiliation notifiée pour le 31 août 2002 par la bailleresse au moyen de la formule ad hoc. Partant, le loyer était dû jusqu'à cette date. Statuant par arrêt du 5 avril 2004, sur appel de la défenderesse, la Chambre d'appel en matière de baux et loyers a annulé ce jugement et renvoyé la cause à la juridiction de première instance pour instruction complémentaire dans le sens des considérants. Contrairement au Tribunal des baux et loyers, les juges d'appel ont considéré que le contrat de sous-location comportait une période d'essai expirant automatiquement le 31 décembre 2001. Cette période échue, le bail se transformait en un bail congéable. Dès lors que la défenderesse n'avait restitué les locaux que le 10 janvier 2002, il importait de savoir si son représentant avait informé oralement la demanderesse, le 11 décembre 2001, de son intention de quitter les locaux à la fin de la période d'essai et si celui de la bailleresse lui avait effectivement accordé un délai supplémentaire de quelques jours pour quitter les lieux. C'est la raison pour laquelle la cause devait être retournée au Tribunal des baux et loyers, afin qu'il procède à une instruction complémentaire sur ce point. 1.3 La demanderesse recourt en réforme au Tribunal fédéral. Elle conclut à ce que l'arrêt cantonal soit annulé et la défenderesse condamnée à lui payer la somme de 24'000 fr. avec intérêts à 5 % dès le 30 avril 2002. La défenderesse n'a pas été invitée à déposer une réponse.