Citation: 7B_29/2023 E. 3.2

3.2. Il ressort du dossier cantonal - le jugement querellé est lacunaire sur ce point et les faits peuvent être complétés, comme le requiert le recourant, dans une mesure pertinente conformément à l'art. 105 al. 2 LTF -, notamment du document intitulé Bericht du 23 septembre 2019, que le paquet contenant la marchandise litigieuse a été intercepté trois jours plus tôt à la poste de Y.________. Selon ce document, l'Administration des douanes a constaté que la marchandise litigieuse contenait du LSD, ainsi que du 1cP-LSD; elle a indiqué que la substance avait été analysée par un institut forensique, puis transmise au service spécialisé de la police cantonale du canton de U.________ (cf. " Sichergestellt z.H. Kantonspolizei U.________, Kriminalabteilung"; "dem Fachdienst des Empfängerkantons U.________"). Selon le document intitulé Kurzbericht, daté du 18 octobre 2019, l'Institut forensique de Y.________, à savoir une organisation de la police cantonale et de la ville de Y.________, a reçu une commande de la part de l'Administration des douanes et de son service "E.________" pour procéder à l'analyse de la marchandise interceptée le 20 septembre 2019. Le 25 février 2020, la police cantonale U.________ a adressé un rapport au Ministère public du canton de U.________, afin de dénoncer une éventuelle infraction à la LStup de la part du recourant en raison de la présence de LSD dans la marchandise interceptée. Dans ce rapport, elle a précisé qu'une annonce lui avait été faite par l'Administration des douanes le 16 décembre 2019. Par ordonnance du 6 mars 2020, ce Ministère public a ouvert une instruction pénale contre le recourant pour les faits qui lui sont reprochés. En l'espèce, le déroulement de ces évènements ne révèle aucun manquement de la part des autorités qui se sont chargées de traiter le cas du recourant. Il appartient en effet au bureau des douanes de prendre part à la surveillance et au contrôle, en particulier avec Swissmedic, de l'importation et du transit de stupéfiants (cf. art. 5 al. 2 LStup; art. 37, 39 et 67 al. 2 de l'ordonnance du 25 mai 2011 sur le contrôle des stupéfiants [OCStup; RS 812.121.1]). Dans ce cadre, l'Administration des douanes a intercepté la marchandise litigieuse et a fait procéder à un premier contrôle de celle-ci, en la transmettant à l'Institut forensique de la police de Y.________. Cette façon de procéder ne prête pas le flanc à la critique, dès lors que, pour discerner si elle était en présence de produits stupéfiants, elle devait bien déterminer si la substance commandée par le recourant constituait ou non des produits stupéfiants. Par ailleurs, l'Administration des douanes n'a pas elle-même procédé à l'analyse des papiers buvard concernés, puisque c'est en réalité la police - à savoir une autorité de poursuite pénale au sens des art. 12, 15 et 300 al. 1 let. a, 306 et 307 CPP, qui est habilitée à procéder à l'analyse des preuves en question conformément à l'art. 306 al. 2 let. a CPP - qui s'est chargée de cette tâche. Il y a lieu de préciser que, contrairement à ce qu'affirme le recourant, l'Administration des douanes n'a pas instruit elle-même la cause, puisqu'elle a ensuite, à réception des résultats d'analyse et après avoir constaté la présence de LSD, immédiatement dénoncé le cas et transmis la marchandise à la police U.________. A cet égard, on relève que s'il est vrai que, selon l'art. 85 al. 1 OCStup, c'est en principe Swissmedic qui transmet le dossier à l'autorité compétente, le recourant ne prétend pas que l'Administration des douanes ne pouvait pas elle-même le faire directement, parce qu'elle se chargerait de l'exercice de la surveillance et du contrôle des importations de stupéfiants conjointement à cette institution ou qu'elle aurait été mandatée par cette dernière pour le faire. On peut également ajouter que le fait que le dossier soit muet au sujet de Swissmedic ne veut pas encore dire que l'Administration des douanes n'aurait pas valablement elle-même transmis le dossier aux autorités pénales. Sur ce point, le recourant se contente de livrer sa propre interprétation d'un important nombre de dispositions légales et réglementaires pour en déduire que l'analyse des papiers buvard aurait été effectuée sans base légale, mais ne fournit pas suffisamment d'éléments permettant de soupçonner que les autorités douanières auraient agi de manière contraire à la loi. En définitive, le grief du recourant est infondé et l'illicéité des documents Bericht et Kurzbericht précités ne saurait être constatée pour le motif invoqué ci-dessus par le recourant.