Citation: 1B_607/2019 E. A

Une procédure pénale est ouverte pour blanchiment d'argent à la suite d'un rapport de la police du 29 juin 2017 faisant état du transport d'argent et d'or (environ 1'730'000 fr.) entre U.________ (Suisse) et V.________ (Liban) de 2013 à 2017 effectué par B.________. Dans le cadre de cette enquête, une surveillance téléphonique active a été ordonnée et différents rapports de police ont été rendus. Il en ressort notamment que B.A.________, domicilié à W.________ (Suisse), pourrait être le coordinateur des récoltes de fonds organisées notamment en Suisse en vue de leur transfert vers l'étranger (cf. en particulier ad B/b, c et e). Selon des conversations téléphoniques enregistrées lors de la surveillance et l'audition de certains personnes (cf. notamment ad B/d), les sommes récoltées pourraient avoir été transférées vers des camps de réfugiés, ce qui permettait de penser qu'elles pourraient avoir permis de payer des passeurs ("semsar"). B.________ a été interpellé le 26 août 2019 et mis en prévention de blanchiment d'argent (art. 305bis CP). Quant à B.A.________, il a été arrêté le 3 septembre 2019 à X.________ (Suisse) et a été mis, le 4 septembre suivant, en prévention pour blanchiment (art. 305bis CP). Il lui est reproché d'avoir, à U.________ et à W.________, entre le 14 janvier et le 3 septembre 2019, participé à une organisation ayant pour but d'acheminer de l'argent de Suisse vers l'Érythrée et les pays voisins, en assumant un rôle de coordinateur dans l'organisation des récoltes d'argent auprès d'une cinquantaine de collecteurs en Suisse et des rendez-vous avec B.________ qui regroupait l'argent pour le transporter par avion à raison de deux voyages par mois entre U.________ et V.________; l'argent - environ 600'000 fr. à chaque voyage (10 millions de francs ou équivalent en USD au total pour l'année 2019) - était ensuite envoyé à Y.________ (Émirats arabes unis) où B.________ le récupérait, soit personnellement, soit par un tiers de confiance, puis l'argent était transféré en Érythrée ou dans des pays voisins. Cet argent servait notamment pour payer des passeurs de réfugiés en Afrique du nord. Il ressort encore de l'enquête que, lors de ses différentes auditions, B.A.________ a notamment reconnu avoir aidé des compatriotes qui souhaitaient envoyer de petits montants à leur famille en Érythrée, Éthiopie ou Somalie; pour ce faire, il pratiquait l'"hawala". Il a en revanche contesté avoir su que l'un des destinataires des transferts effectués était un passeur ("semsar"). Selon le rapport de police du 11 octobre 2019, B.A.________ - toujours sous surveillance téléphonique - se serait entendu avec l'amie d'un des autres collecteurs arrêtés pour qu'elle brûle tous les documents compromettant, dont un grand cahier dans lequel étaient inscrits les montants récoltés; B.A.________ avait également informé son épouse de son intention d'envoyer 20'000 fr. - qui se trouvait dans leur chambre à W.________ - à un Sri Lankais afin qu'il les transfère en Angleterre et à Y.________.