Citation: 6B_172/2017 E. B

Par arrêt du 23 décembre 2016, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois a partiellement admis le recours formé par X.________ contre l'ordonnance de première instance et a réduit la durée de la prolongation de la mesure thérapeutique institutionnelle à 15 mois. Elle a confirmé l'ordonnance du 2 décembre 2016 pour le surplus. En substance elle a retenu les faits suivants. B.a. Par jugement du 12 avril 2012, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a confirmé le jugement rendu le 25 janvier 2012 par le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, constatant que X.________ s'était rendu coupable de lésions corporelles simples qualifiées et de mise en danger de la vie d'autrui. Elle l'a notamment condamné à une peine d'ensemble de 27 mois de privation de liberté (sous déduction de la détention subie avant jugement et de l'exécution anticipée de la mesure institutionnelle). Elle a en outre ordonné la poursuite du traitement institutionnel déjà commencé par X.________. Ce dernier était condamné pour avoir, en juin 2010, sous l'influence de l'alcool, frappé avec un marteau enroulé dans un maillot quelqu'un qu'il accusait d'avoir dérobé un collier offert par ses enfants. La victime a subi une fracture de l'os malaire droit, ainsi que des parois latérales et antérieures du sinus. A la fin du même mois, sous l'influence de l'alcool, X.________ s'est approché de trois mineurs dans une cour d'école et a saisi l'un d'eux (alors âgé de 14 ans) par les cheveux, tout en menaçant de le tuer en brandissant un couteau de cuisine dans sa direction. Il a ensuite tenté de poignarder sa victime laquelle est toutefois parvenue à retenir le coup, non sans avoir été blessée à la main droite. Après avoir proféré de nouvelles menaces de mort au préjudice des deux adolescents, l'auteur a crevé les pneus du vélomoteur du jeune homme qu'il avait agressé. Trois inscriptions antérieures à la condamnation du 12 avril 2012 figurent au casier judiciaire de X.________ et font état de condamnations notamment pour incendie intentionnel, ivresse au volant, menace et abus de confiance. B.b. Placé à l'EMS " A.________ ", X.________ bénéficie d'une sortie quotidienne d'une durée d'une heure au plus dans un rayon ne dépassant pas le territoire de la commune de B.________. Dès le 8 août 2014, une sortie hebdomadaire d'une durée maximale de trois heures (cumulée à la sortie quotidienne) lui a été accordée. Depuis le 5 mai 2015, il est autorisé à se rendre seul, en transports publics, à l'atelier protégé qui l'occupe à raison de deux, voire trois demi-journées par semaines. Il a également bénéficié de plusieurs sorties spéciales. Aucun incident n'a été rapporté. B.c. Déposée le 9 novembre 2015, l'expertise psychiatrique réalisée par la Dresse C.________ pose notamment les diagnostics de modification durable de la personnalité après une expérience de catastrophe, d'agoraphobie, de trouble dépressif récurrent et de syndrome de dépendance éthylique, actuellement abstinent. Parmi d'autres, ces troubles sont susceptibles d'être à l'origine de réactions violentes, encore accrues par l'alcool. Selon le rapport, le risque de récidive paraît bien contrôlé dans un cadre soutenant ou sous abstinence totale de l'alcool mais il n'est pas possible de l'évaluer, en l'état, dans un cadre plus autonome. Une ouverture progressive du cadre, avec accompagnement permettant un ajustement constant aux capacités de l'intéressé était dès lors préconisée afin de maintenir ce risque au plus bas. L'experte a considéré que l'intéressé tirait profit de la mesure qu'il exécutait, laquelle devait dès lors être maintenue afin d'accompagner son évolution, sous la forme d'une intégration en appartement protégé, avec accompagnement dans ses projets professionnels et poursuite de la psychothérapie et du traitement médicamenteux. L'experte considérait, en définitive, que l'évolution de l'intéressé était suffisamment positive pour justifier la mise en place d'un tel projet, pour autant que l'accompagnement fût rigoureux pour contrer les risques de déstabilisation. D'après un rapport déposé le 30 juin 2016 par le service de neuropsychologie et de neuroréhabilitation du CHUV, X.________ souffre d'un trouble mnésique antérétrograde verbal modéré à sévère, d'un dysfonctionnement exécutif et de troubles attentionnels modérés, le tableau cognitif étant relativement stable. Dans un rapport du 23 juin 2016, confirmé le 29 septembre 2016, la direction de l'EMS " A.________ " a relevé que le condamné avait accompli des efforts pour s'intégrer en institution et se conformer aux règles auxquelles il était soumis, malgré un déficit de compréhension. Il présentait une nette amélioration de la gestion de ses interactions avec autrui. L'intégration d'un logement protégé apparaissait opportune. Dans un rapport du 18 août 2016, le Dr D.________, psychiatre référent de l'EMS, a indiqué que l'intéressé présentait une évolution favorable quant à son intégration, à son comportement dans le cadre institutionnel, à la gestion de ses émotions et à ses relations à autrui. La compliance médicamenteuse était bonne, avec abstinence totale à l'alcool et aux stupéfiants. Il préconisait une orientation vers l'intégration d'un appartement protégé, avec poursuite d'un étayage institutionnel et d'un renforcement des capacités adaptatives; une libération conditionnelle apparaissait " encore prématurée ". B.d. Le 31 août 2016, l'Office d'exécution des peines (OEP) a saisi le Collège des Juges d'application des peines de l'examen annuel de la libération conditionnelle du condamné. Émettant un préavis défavorable, l'autorité a proposé une prolongation de la mesure pour une durée de 30 mois à compter du 15 septembre 2016. Entendu le 27 septembre 2016 par la Juge d'application des peines, X.________ a implicitement conclu à sa libération conditionnelle, respectivement à son transfert en appartement protégé. Le 30 septembre 2016, le Ministère public, se référant à la saisine de l'OEP, a déposé un préavis tendant au refus de la libération conditionnelle de la mesure thérapeutique. B.e. Le 11 novembre 2016, l'OEP a produit le compte rendu de la séance interdisciplinaire tenue le 30 août 2016 en présence, outre de l'intéressé et de son curateur, de l'infirmière référente de l'EMS, du Dr D.________ et d'un représentant de l'OEP. Il en ressort en particulier que le comportement de l'intéressé est toujours bon (compliance au suivi thérapeutique et gestion autonome du traitement). Les intervenants étaient toutefois d'avis que c'était par une activité supplémentaire et un élargissement du quota d'heures de congé que l'intéressé pouvait être préparé à plus d'autonomie, ce qui permettait d'envisager un éventuel placement en appartement protégé. Le rapport suggère d'envisager un tel placement après six mois de régime institutionnel élargi. B.f. Dans ses séances des 14 et 15 novembre 2016, la Commission interdisciplinaire consultative concernant les délinquants nécessitant une prise en charge psychiatrique (ci-après: CIC) a considéré que le processus de ritualisation du quotidien pratiqué par le condamné pour surmonter ses difficultés devait être poursuivi de manière progressive et assistée jusqu'à l'accession à un appartement protégé.