Citation: 6B_639/2023 E. B

Par arrêt du 23 mars 2023, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise, statuant notamment sur appel de A.________, l'a rejeté. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. Le 15 février 2020, à l'avenue de U.________, vers 05h45, de concert avec D.________ et E.________, à tout le moins, A.________ avait participé à une agression dirigée à l'encontre de F.________, lequel a été blessé, et de G.________, H.________ et I.________. Munis de couteaux, A.________ et ses comparses avaient d'abord pris à partie et donné des coups de poing à F.________, agent de sécurité à W.________, qui rentrait chez lui et était retourné se réfugier à l'intérieur de l'établissement. Alors que F.________ était ressorti de celui-ci en compagnie de G.________, H.________ et I.________, A.________ et ses comparses les avaient pris à partie, E.________ courant vers 05h54, un couteau à la main, en direction de G.________, puis de H.________. A.________ et ses comparses avaient tous trois, à un moment donné durant les faits, eu un couteau entre les mains qu'ils avaient brandi et tous trois avaient poursuivi, respectivement menacé verbalement et par des gestes, F.________, G.________, H.________ et I.________ de les tuer pour les effrayer, ces derniers n'ayant fait que repousser l'attaque. A.________ avait donné, respectivement accepté pleinement et sans réserve, que D.________ ou E.________, donnât un coup de couteau à F.________ au niveau de la région inguinale droite, causant une plaie de 1 x 0.5 cm, ce dernier ayant également subi lors des faits un érythème et une tuméfaction au niveau de la région temporale et mandibulaire gauche ainsi qu'un érythème au bras gauche. B.b. Le 12 décembre 2020, vers 01h30, dans le préau de l'école primaire de U.________, A.________ et C.________ avaient pris part à une rixe au cours de laquelle ceux-ci, d'une part, et K.________ et B.________, d'autre part, avaient activement échangé des coups de poing et de pied, et subi des lésions corporelles, les deux premiers nommés ayant en outre porté des coups de couteau. K.________ présentait notamment trois plaies suturées, dont une au niveau de la face antérieure du tiers proximal du bras gauche de 5.7 x 0.1 cm d'une profondeur de 6 cm et suturée par 11 points, et les deux autres au niveau du sub-axillaire gauche de 2.1 x 0.2 cm, respectivement de 1.5 x 0.2 cm suturées par trois et quatre points, ayant les caractéristiques de lésions provoquées par un instrument tranchant ou tranchant et piquant tel qu'un couteau, ainsi que des dermabrasions et ecchymoses aux membres supérieurs. Les plaies suturées se situaient, pour la plus importante, sur le bras gauche et, pour les deux autres, à proximité immédiate l'une de l'autre, sur le bras directement à l'entrée de l'aisselle pour la première et, pour la seconde, à l'opposé sur le tronc, à proximité immédiate du creux de l'aisselle. La vie de K.________ n'avait pas été mise en danger. Les experts légistes avaient déclaré que les trois plaies au bras pouvaient avoir été causées par un seul coup de couteau mais qu'elles n'étaient pas compatibles avec un coup de ciseaux. Quant à B.________, il présentait notamment les lésions suivantes: six plaies au niveau du cuir chevelu en régions pariétale latérale gauche, frontale droite, temporale droite et pariétale médiane, ainsi qu'au niveau pariétal latéral droit ayant les caractéristiques d'une lésion provoquée par un objet tranchant tel qu'un couteau; une plaie linéaire en région frontale de 3 x 0.1 cm suturée par quatre points; une plaie arciforme de 8 x 0.2 cm suturée par des agrafes au niveau cervical d'une profondeur minimale estimée à 7.25 cm, la trajectoire de la plaie allant de l'arrière vers l'avant, de la gauche vers la droite et du haut vers le bas; une plaie linéaire avec une " queue de rat " en région cervicale latérale inférieure gauche de 1.7 cm ayant les caractéristiques d'une lésion provoquée par un objet piquant tel qu'un couteau. À teneur du rapport médical des urgences, B.________ avait un Glasgow d'un score de 14/15 et présentait une plaie au niveau du cou/paraclaviculaire gauche avec saignement actif, ainsi qu'une hypothermie, la radiographie du thorax et le scanner du cou ayant mis en évidence un emphysème sous cutané au niveau de la clavicule gauche et un saignement actif à la veine jugulaire interne gauche. Deux grandes blessures de 4 cm avaient été constatées sur les parois de la veine jugulaire interne qui avait dû être sacrifiée par ligature. Les lésions constatées avaient mis la vie du prénommé en danger. Les experts légistes avaient relevé que B.________ avait reçu au moins deux coups de couteau ou d'un objet tranchant, soit un au niveau du cou et l'autre à l'arrière droit du crâne. Pour les cinq autres plaies constatées au niveau du crâne, il ne pouvait pas être exclu qu'elles eussent été causées par un objet tranchant mais elles avaient un aspect contus. La plaie au niveau du cou ne pouvait pas avoir été causée par une paire de ciseaux et il ne pouvait être établi si la victime était en station debout ou couchée lorsque ladite plaie avait été causée. Sans soins immédiats, le prénommé serait décédé d'une hémorragie après un saignement de 20 à 30 minutes. C.________, quant à lui, présentait des ecchymoses au niveau du cuir chevelu, du visage, de la nuque, du bras, de l'avant-bras droit, du bras gauche et du genou gauche ainsi que des dermabrasions au niveau du visage, du cou, du dos, des mains et de la cuisse droite, conséquence de traumatismes contondants, à la suite par exemple de heurts ou de coups reçus. B.c. A.________, âgé de 27 ans, est né en 1995 à V.________ au Venezuela, pays dont il est ressortissant. Il est célibataire et sans enfant. Après avoir passé au Venezuela un baccalauréat et débuté l'université en faculté de chimie, il est arrivé en Suisse le 17 février 2015 et y réside depuis lors. Il parle un peu le français. Sa mère, son père et ses deux demi-frères résident en Suisse, de même que ses cousins, des oncles et des tantes. Il n'a plus de famille au Venezuela. Sa mère, avec laquelle il y résidait avant de venir en Suisse, n'a pas de permis de séjour. Pour sa part, il n'a pas formulé de demande d'autorisation de séjour par crainte d'être expulsé. Avant son arrestation, il a suivi des cours de français et aidé son père ainsi que des membres de la famille ou des tiers en effectuant des petits boulots. Il a expliqué avoir subi une opération médicale durant son enfance à la suite d'un accident et avoir perdu partiellement l'usage de son bras gauche. En prison, il suit des cours de français, d'anglais, de mathématiques et d'informatique. À sa sortie de prison, il a le projet d'épouser sa compagne en vue d'obtenir un titre de séjour et d'entreprendre une formation d'aide-soignant. À teneur de l'extrait de son casier judiciaire, A.________ a été condamné le 30 août 2019, par le Tribunal de police de Genève, à une peine pécuniaire de 100 jours-amende à 10 fr. l'unité, assortie du sursis avec un délai d'épreuve de trois ans, pour séjour illégal, rixe et exercice d'une activité lucrative sans autorisation.