Citation: 6B_1501/2022 E. 2.2

2.2. Le recourant objecte que son désarroi profond au moment des faits ressortirait déjà de la motivation de la décision querellée, en particulier dans la mesure où la cour cantonale avait relevé, pour écarter la qualification d'assassinat, que la perspective concrète de voir son amie le quitter l'avait bouleversé, qu'il s'était senti perdu et abandonné, ne pouvant imaginer sa vie sans elle, que son monde s'écroulait, que sa détresse se ressentait dans la conversation téléphonique avec son ami la veille des faits, que la soirée à V1._________ et la discussion qu'il avait eue avec son rival ce soir-là, tout comme les messages qu'il avait découverts dans le téléphone de son amie n'avaient pu qu'aggraver son sentiment de désespoir et d'abandon conjugués à des difficultés personnelles et professionnelles. Les circonstances qui avaient conduit à ce geste reflétaient une importante dimension émotionnelle. Il s'était décidé à agir par jalousie lorsqu'il avait eu la confirmation que celle qu'il aimait avait un nouvel homme dans sa vie. Il était en dépression et souffrait d'un profond sentiment d'abandon et de perte. Le geste mortel avait été porté sans acharnement et s'était achevé par un baiser, signe d'un débat émotionnel chez le recourant, tiraillé entre la jalousie, la possessivité et son amour pour sa victime. Le recourant en conclut qu'il se trouvait dans un profond désarroi provoqué par son état dépressif d'intensité moyenne, sa relation tumultueuse avec D.B._________, ses soupçons quant à la relation qu'elle entretenait avec H.H._________, le silence et les mensonges à son égard de D.B._________ sur cette relation, la perte de son travail et le chômage qui avait suivi, son inquiétude par rapport à son avenir professionnel, la relation distante avec son frère et la peur de se retrouver seul pour les fêtes. Hormis que la qualification du profond désarroi doit faire abstraction des éléments anormaux qui touchent à la personnalité de l'auteur, comme une jalousie maladive, ou une forte irritabilité ou encore un état particulier (maladie mentale, influence de l'alcool ou de substances psychotropes; ATF 107 IV 161 consid. 2), la cour cantonale a souligné le caractère transitoire des difficultés du recourant, qui bénéficiait d'une formation ainsi que du soutien de sa famille et de ses amis; ses perspectives d'amélioration de sa situation étaient nombreuses au vu de son jeune âge et de sa très bonne intégration à U._________ (arrêt entrepris, p. 30). Dans la mesure où il s'écarte de ces constatations de fait, l'argumentaire du recourant est au mieux appellatoire. On peut se dispenser de l'examiner plus avant sous cet angle. Pour le surplus, dans la mesure où le recourant invoque les circonstances de la relation de D.B._________ avec H.H._________, ces éléments qui se sont produits sur une durée relativement courte avant les faits ne sont manifestement pas de nature à mettre en évidence une situation qui aurait mûri progressivement durant une longue période. Enfin, sauf à ériger la jalousie et l'égoïsme en circonstance atténuante, ils ne sont pas non plus de nature à rendre excusable l'état psychologique dont entend se prévaloir le recourant et l'on ne voit pas qu'un homme raisonnable puisse facilement se trouver dans un état tel qu'aucune autre issue ne lui paraisse plus envisageable que l'homicide d'une compagne au seul motif qu'elle désire mettre un terme à leur relation. Enfin le recourant ne tente pas de démontrer que d'autres facteurs, sociaux ou culturels, tout à fait exceptionnels, pourraient soutenir l'existence d'éléments éthiques objectifs rendant excusable l'état qu'il invoque et l'on ne voit de toute manière pas lesquels. On ne saurait ainsi reprocher à la cour cantonale d'avoir exclu la circonstance atténuante du profond désarroi.