Citation: 5A_339/2023 E. 4.4

4.4. Il ressort de l'argumentation présentée ici par le recourant que celui-ci tente manifestement de réviser la décision rendue par les tribunaux anglais au sujet de la garde de sa fille et d'éviter ainsi son retour en invoquant sa parfaite intégration en Suisse. Or, ainsi que l'a relevé à juste titre la cour cantonale et comme le prescrit l'art. 27 CLaH96, la révision de la décision rendue dans l'État de l'ancienne résidence habituelle est exclue dans le processus de reconnaissance. L'on peut certes bien comprendre que le retour de l'enfant au Royaume-Uni, nécessité par l'attribution de la garde à sa mère, constituera un bouleversement pour la mineure qui est prise en charge par son père depuis l'été 2020. Le recourant ne saurait cependant s'en prévaloir pour appuyer une situation qu'il a lui-même créée et dont on peut questionner la conformité même à l'intérêt supérieur de l'enfant, étant établi que celle-ci n'a pas revu physiquement sa mère depuis août 2020. L'on relèvera par ailleurs - et le recourant ne le conteste pas - que pour arrêter sa décision, la juridiction anglaise a procédé à un examen détaillé de la situation familiale - audition des parties, de l'enfant et de témoins, expertise médico-légale des parents. Le rapport d'évaluation établi par la DGEJ en 2021 lui a également été transmis, en sorte que les conditions de vie de l'enfant en Suisse suite à son enlèvement lui étaient connues, quoi qu'en dise le recourant. Quant aux mesures d'exécution prévues dans la décision attaquée, elles s'insèrent dans le cadre du pouvoir d'appréciation qu'aménage l'art. 28 CLaH96 à l'État requis, sans que l'on doive en déduire une mise en doute de la conformité de la décision anglaise aux intérêts de la mineure concernée. Dans ces conditions, il faut admettre que la décision dont la reconnaissance est requise n'est pas manifestement incompatible avec l'intérêt supérieur de l'enfant.