Citation: 5P.51/2001 02.04.2001 E. 3

3.- a) Selon la recourante, les juges cantonaux auraient fait une application arbitraire de l'art. 240 al. 3 LPC/GE en refusant l'audition des témoins Chavaux et Chevrier (cf. consid. 2a supra). Ils auraient ainsi omis de considérer la ratio legis de cette disposition, qui serait d'empêcher la partie défenderesse de faire rebondir les enquêtes indéfiniment dans un but dilatoire. De plus, la recourante ne pouvait pas avoir connaissance en temps utile, à savoir avant la date du dépôt de la liste en prorogation d'enquêtes, du nom des véritables administrateurs et liquidateurs de la Galerie Z.________. Le nom d'Hubert Lafont lui avait été indiqué par Z.________ lui-même, dont elle n'avait aucune raison de mettre en doute les dires, et elle n'avait aucun moyen d'instiguer pour en obtenir confirmation. La cour cantonale aurait également omis de manière arbitraire de tenir compte des circonstances propres à l'audition des témoins à Genève, où les dispositions légales et les règles déontologiques en la matière prohibaient tout contact avec un témoin. Enfin, les juges cantonaux auraient omis de prendre en considération le fait que la nature particulière de la mesure de commission rogatoire pose souvent des problèmes en cas de désignation inexacte du témoin à entendre hors du canton et qu'il convient alors en principe de donner à la partie qui a produit le témoin la possibilité de rectifier l'inexactitude (Bertos-sa/Gaillard/Guyet/Schmidt, op. cit. , n. 3 ad art. 246 LPC/GE): a fortiori aurait-il dû en aller de même en l'espèce, s'agissant non de la désignation inexacte d'un témoin, mais de l'audition ès qualités de l'administrateur ou du liquidateur judiciaire de la Galerie Z.________. b) Ces griefs doivent être écartés. Certes, les commentateurs de la LPC/GE admettent que la nature particulière de la mesure de commission rogatoire pose souvent des problèmes en cas de désignation inexacte du témoin à entendre hors du canton, notamment d'indication d'une fausse adresse, et qu'il convient alors en principe de donner à la partie qui a produit le témoin la possibilité de rectifier l'inexactitude (cf. SJ 1980 p. 575); ils précisent toutefois aussitôt que le juge peut refuser de décerner une nouvelle commission rogatoire s'il apparaît que la partie connaît ou aurait dû connaître l'erreur ayant entraîné l'inexécution de la requête (Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, op. cit. , n. 3 ad art. 246 LPC/GE). Or la recourante échoue à démontrer qu'elle n'aurait pas dû connaître l'erreur qui a entraîné l'inexécution de la requête de commission rogatoire, se bornant pour l'essentiel à affirmer le contraire sans véritablement l'étayer. Elle ne précise pas non plus quelles dispositions légales ou règles déontologiques empêcherait une partie à un procès de vérifier qu'un témoin dont elle entend demander l'audition en sa qualité d'administrateur ou liquidateur judiciaire d'une société le soit effectivement (cf. l'art. 13 des Us et coutumes du Barreau genevois, qui prévoit que "[l]'avocat doit s'interdire de discuter avec un témoin de sa déposition et de l'influencer de quelque manière que ce soit"). Enfin, si l'art. 240 al. 3 LPC/GE a bien pour but d'éviter que les enquêtes rebondissent indéfiniment (Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, op. cit. , n. 3 ad art. 240 LPC/GE), il n'en résulte pas qu'il soit inapplicable à la demanderesse, le défendeur ayant aussi un intérêt évident à ne pas demeurer indéfiniment dans l'incertitude sur le sort du litige.