Citation: 1B_188/2022 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, la cour cantonale a considéré que le recourant s'était prêté sans difficulté à des infractions qui avaient pour seule fin de lui procurer de l'argent par la revente de drogue et pour lesquelles l'usage d'arme, même factice ou à blanc, dénotait une tendance marquée à la contrainte d'autrui; la succession de ces infractions à moins de deux semaines d'intervalle relevait du même processus: identifier et gagner la confiance de la victime, commander ensuite une quantité plus importante de drogue et se rendre, accompagné d'un comparse, avec une arme, factice d'abord et ensuite à bille, auprès de la victime qui a été frappée la seconde fois: cela dénotait d'un perfectionnement dans le processus de mise au point du plan qui ne permettait pas de penser que le prévenu aurait cessé de lui-même ses comportements violents. La Cour de justice a ainsi conclu que ces faits ne se résumaient pas à une atteinte au patrimoine, mais touchaient aussi de façon prépondérante à la liberté et à l'intégrité d'autrui. Ce raisonnement peut être suivi. Il s'agit en effet d'infractions violentes contre le patrimoine, allant dans le sens d'une aggravation (tentative dans un premier temps avec une arme factice puis exécution complète avec violence physique et arme à blanc). Contrairement à ce que soutient le recourant, l'emploi d'armes factices ou à blanc et le fait que la victime portait un couteau avec lequel elle les a menacés n'y change rien: des violences réelles ont été exercées. Quoi qu'en dise le recourant, la proximité temporelle des événements du 12 et du 21 novembre 2022 ne permet pas de relativiser la succession et la répétition des infractions mais tend au contraire à démontrer une banalisation inquiétante. S'agissant de la collaboration du prévenu (son aveu s'agissant des faits du 12 novembre 2021), elle est survenue uniquement après avoir pris connaissance d'éléments à charge (notamment, son ADN a été retrouvé sur le morceau de crosse du pistolet utilisé lors de la tentative de brigandage, lequel correspond au pistolet factice endommagé retrouvé lors d'une perquisition à son domicile). Quant au fait que le recourant ne serait pas l'auteur des coups portés le 21 novembre 2021 (mais que ce seraient ses deux comparses, l'un de ceux-ci ayant admis être l'auteur du coup de feu tiré à blanc), il ne suffit pas à rendre inexistant le risque de récidive. Il en va de même du fait que le recourant a été condamné une seule fois, le 5 décembre 2017, par le Tribunal des mineurs de Genève pour consommation et possession de stupéfiants, du fait qu'il aurait pris conscience de ses actes durant les cinq mois passés en détention et du fait qu'il a exprimé des remords et excuses à plusieurs reprises (lors des auditions du 1er février 2022 et du 4 mars 2022). Par conséquent, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, retenir l'existence d'un risque concret de récidive au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP.