Citation: 4A_219/2021 E. 5.3

5.3. Il apparaît ainsi que la jurisprudence, approuvée par la doctrine, a attribué de longue date un effet interruptif de la prescription à la notification du commandement de payer. Ni les considérants de l'arrêt attaqué, ni la motivation développée par les intimés ne recèlent de motifs sérieux justifiant un changement de jurisprudence (cf. ATF 147 III 14 consid. 8.2), lequel porterait manifestement atteinte à la sécurité juridique requise par le régime de la prescription (cf. ATF 137 III 16 consid. 2.1). Il s'ensuit que, contrairement à ce que la cour cantonale a jugé, la réquisition de poursuite déposée le 11 mars 2013 contre l'intimée a interrompu la prescription dès lors qu'elle est intervenue moins d'une année après la notification d'un commandement de payer en date du 16 mars 2012; tel est également l'effet des réquisitions de poursuite du 26 février 2015 et du 17 janvier 2018, déposées plus d'un an après les réquisitions précédentes, mais moins d'un an après la notification de commandements de payer le 28 février 2014, respectivement le 26 janvier 2017. Comme la recourante le demande de manière motivée (cf. consid. 2.2 supra), il convient par ailleurs de compléter l'état de fait déterminant sur la base de l'art. 105 al. 2 LTF en constatant que la poursuite introduite le 13 avril 2017 contre l'intimé a donné lieu à la notification d'un commandement de payer en date du 25 avril 2017. La réquisition de poursuite déposée le 18 avril 2018 a dès lors interrompu la prescription. En conclusion, la cour cantonale a violé le droit fédéral en jugeant prescrites les créances envers les intimés au motif que la recourante avait laissé passer plus d'une année entre le dépôt de deux réquisitions de poursuite.