Citation: 4A_313/2018 E. 4.4

4.4. Il appert que le dépôt de la plainte pénale contre C.________ avait encore été évoqué en préambule de la réunion du 1er juin 2009 sans qu'une décision ne fût prise à ce sujet. La réunion s'est achevée sur le constat d'une impossible collaboration entre avocats, à la suite de quoi le demandeur a remis son sort de mandataire entre les mains de la défenderesse, indiquant attendre sa décision en l'assurant qu'il n'entreprendrait aucune action contraire à ses intérêts. Dans ces circonstances, le demandeur ne pouvait pas déposer une plainte pénale sans s'assurer au préalable que la défenderesse consentait toujours à cette démarche malgré leurs divergences en cours. Le dépôt, par le mandataire, d'une plainte pénale signée en son nom propre, sans s'être assuré de l'accord de l'intéressée - laquelle, sitôt informée, a révoqué le mandat avec effet immédiat - ne peut pas être qualifié d'"exécution régulière du mandat". En conséquence, le demandeur ne saurait réclamer, sur la base de l'art. 402 al. 1 CO, le remboursement des frais qu'il a encourus pour assurer la défense de ses intérêts ensuite de sa démarche non couverte par l'accord de la mandante. Ces frais n'ayant pas leur origine dans l'exécution régulière du mandat - sans égard au fait qu'ils ont été engagés après la résiliation du mandat (cf. consid. 4.1.1 supra) -, ils ne sauraient être considérés comme nécessaires à l'exécution du mandat. Peu importe que la stratégie ait pu apparaître utile au mandat (consid. 4.1.2 supra). Force est en effet d'admettre qu'elle présentait des risques non négligeables - le demandeur lui-même qualifiant les parties adverses de "personnes redoutables" et évoquant une "inévitable contre-attaque". Dans le contexte précité, il ne pouvait pas déployer une telle stratégie sans s'être enquis du consentement persistant de sa mandante. Le demandeur objecte que son confrère aurait eu les mêmes réactions avec ou sans le dépôt de la plainte pénale du 1er juillet 2009; il en veut pour preuve que l'intéressé avait déjà formulé des accusations d'extorsion par voie de presse dès la mi-juin 2009. Cet argument ne lui est toutefois d'aucun secours. On peut certes discerner les prémices d'une offensive dans cet article de presse, voire dans les faits que le demandeur a évoqués dans son courrier du 1er juillet 2009, étant entendu qu'il pouvait être enclin à présenter un tableau minimisant l'importance du dépôt de la plainte (let. A.h supra). Il n'en demeure pas moins que l'état de fait (présenté ici sous une forme résumée) est insuffisamment étayé pour permettre de conclure avec une vraisemblance prépondérante que l'adversaire aurait initié des procédures pénales et des campagnes médiatiques de cette ampleur sans le dépôt d'une plainte pénale. A tout le moins est-il impossible de discerner l'incidence respective des démarches antérieures à la plainte pénale, approuvées par la défenderesse, et de la plainte pénale du 1er juillet 2009, sans compter que le demandeur a tout de même touché 60'000 fr. à bien plaire pour les frais qu'il a engagés. Pour le surplus, le demandeur a échoué à démontrer que la défenderesse ait approuvé ou ratifié les démarches ainsi entreprises, étant précisé qu'un tel accord ne saurait en aucun cas être déduit du paiement effectué à bien plaire le 2 mai 2011 par la défenderesse, pour les motifs pertinents exposés par l'autorité cantonale (cf. consid. 2.3 supra). Les prétentions du demandeur ne peuvent pas davantage se fonder sur l'art. 402 al. 2 CO, dès lors que les frais litigieux ne constituent pas un dommage causé par l'exécution régulière du mandat. De toute façon, on ne voit pas quelle faute - respectivement quelle violation d'un devoir de protection - pourrait être reprochée à la défenderesse, alors que le demandeur a décidé de déposer la plainte pénale sans s'assurer de son accord et alors qu'il connaissait les conséquences possibles d'une telle démarche, qu'il dit avoir effectuée en son nom propre pour protéger sa cliente des "personnes redoutables" auxquelles il s'attaquait. Enfin, le demandeur ne soutient pas qu'il y aurait eu un accord spécial sur la prise en charge des frais litigieux, ce qui dispense de revenir sur la motivation - convaincante - des juges cantonaux (consid. 2.3 supra).