Citation: 5A_428/2020 E. 5.1

5.1. Se prévalant de l'arrêt publié aux ATF 117 III 17, elle prétend tout d'abord que l'autorité de surveillance aurait dû examiner si l'intimé, qui invoquait l'irrecevabilité manifeste de l'action en libération de dette le 15 décembre 2017 et savait dès lors que plus aucun acte n'interrompait valablement le cours du délai, pouvait solliciter la continuation de la poursuite dès décembre 2017. D'emblée, il sied de relever que ce premier argument est sans consistance: si la recourante entend reprocher à l'autorité de surveillance une violation de son droit d'être entendu, sous l'aspect du droit à une décision motivée, non seulement ce grief est irrecevable faute de motivation conforme au principe d'allégation (cf. supra consid. 2.1), mais il ne pourrait être reçu dans la mesure où la motivation attaquée expose que le sort réservé à l'action est sans conséquence pour la suspension du délai; au demeurant, il sied de constater que l'ATF 117 cité par la recourante ne lui est d'aucune aide: il ne traite en rien d'une quelconque incombance du poursuivant de requérir la continuation de la poursuite malgré l'introduction d'une action en libération de dette. Au contraire, il tranche des conséquences sur la poursuite de cette introduction avant droit connu sur la mainlevée de l'opposition; il retient alors que, lorsqu'il y a incertitude sur le point de savoir si l'action en libération de dette a été introduite en temps utile, les autorités de poursuite ne peuvent se dispenser d'attendre la décision judiciaire à ce sujet que s'il ressort indubitablement du dossier que l'action a été ouverte après l'expiration du délai légal; dès qu'il y a doute, elles doivent s'abstenir de considérer la mainlevée comme définitive et de poursuivre l'exécution forcée.