Citation: 1C_618/2020 E. 3.3

3.3. En l'occurrence, la recourante a certes tu aux autorités et à son mari qu'elle entretenait une liaison extra-conjugale avec C.________ depuis plus de cinq ans lorsqu'elle a entamé les démarches visant à obtenir la naturalisation facilitée et signé la déclaration de vie commune. Par ailleurs, cette relation pouvait être qualifiée de suivie, en raison de sa durée, même si elle avait été jalonnée de nombreuses ruptures, et de sérieuse avant de devenir toxique, dès lors que la recourante a reconnu avoir aimé son amant en raison de leurs affinités communes pour la musique, les animaux et les activités sportives et d'un partage intellectuel aisé et stimulant. Toutefois, l'élément décisif pour décider de l'octroi de la naturalisation facilitée est la présence d'une véritable communauté de vie des conjoints; tel est le cas s'il existe une volonté commune et intacte de ceux-ci de maintenir une union conjugale stable, effective et orientée vers l'avenir (ATF 135 II 161 consid. 2). L'entretien d'une relation extra-conjugale au moment où les époux ont signé la déclaration de vie commune n'exclut dès lors pas de facto l'existence d'une communauté conjugale et ne constituait pas un élément déterminant à lui seul pour retenir que la recourante aurait obtenu la naturalisation facilitée de manière frauduleuse. Il ne permettait en particulier pas de retenir sans autre que la recourante aurait menti ou trompé les autorités en déclarant former avec son mari une communauté de vie étroite " de toit, de table et de lit ", au sens ou l'entend l'art. 27 al. 1 let. c aLN, et ne dispensait pas le SEM d'examiner s'ils avaient la volonté commune et intacte de maintenir une union conjugale stable, effective et orientée vers l'avenir. En l'occurrence, la recourante a indiqué aux autorités en février 2013 avoir fait la connaissance de son futur mari à l'âge de quinze ou seize ans, lorsqu'il est venu en vacances en Macédoine du Nord, d'où il est également originaire. Leur relation a débuté l'été précédant sa venue en Suisse. Ils se sont mariés neuf ans plus tard. Dans le cadre de la procédure en annulation de la naturalisation facilitée ouverte par le SEM, B.________ a déclaré vouer un amour inconditionnel à la recourante qu'il connaissait depuis de nombreuses années avant de se marier d'un commun accord et avoir vécu une relation réelle de mari et femme, fondée sur le respect mutuel et tournée vers l'avenir avec des projets communs, tels que refaire la décoration intérieure de leur maison, faire des voyages ou encore avoir des enfants une fois que son épouse aurait achevé sa formation de psychothérapeute. Ils partageaient de même les tâches quotidiennes, leurs biens et leurs dépenses. S'il dit ne pas avoir vraiment accepté la liaison de son épouse lorsque celle-ci lui en a fait part en 2014, il a néanmoins tenu à poursuivre leur relation conjugale jusqu'à leur séparation définitive survenue en 2016 en raison des relations de plus en plus difficiles entre son épouse et ses parents, vivant sous le même toit. Ils n'avaient pas l'intention de divorcer. Ces déclarations viennent corroborer celles de la recourante suivant lesquelles elle aimait et aime encore son mari, qui lui assure le respect et la sécurité affective et matérielle dont elle a besoin, que sa relation conjugale primait celle entretenue avec C.________ et qu'elle n'avait jamais envisagé de rompre pour se mettre en ménage avec son amant une fois la naturalisation facilitée obtenue. Aucun élément au dossier ne permet au surplus de douter de la véracité de l'allégation de la recourante selon laquelle elle entendait mettre fin à sa relation extra-conjugale en raison de son caractère toxique et de plus en plus conflictuel lorsqu'elle a entrepris les démarches en vue d'obtenir sa naturalisation facilitée. De même, aucun élément ne vient remettre en cause les affirmations concordantes du couple suivant lesquelles leur séparation définitive intervenue en mai 2016 n'était pas la conséquence de la relation extra-conjugale de la recourante, mais tenait bien plutôt à la violente réaction des beaux-parents à l'égard de leur belle-fille lorsqu'ils ont eu connaissance de cette relation, et qu'ils n'avaient pas la volonté de mettre un terme à leur union.