Citation: 1B_496/2016 E. 4

En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours doivent être motivés. Selon l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient au recourant de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse (ATF 134 II 244 consid. 2.1 p. 245). Les griefs de violation des droits fondamentaux sont en outre soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF; ATF 138 I 274 consid. 1.6 p. 281). Le recourant doit alors mentionner les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés (ATF 136 II 489 consid. 2.8 p. 494). Lorsque la décision attaquée repose sur une double motivation, il doit, sous peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'elles est contraire au droit en se conformant aux exigences de motivation requises (ATF 138 I 97 consid. 4.1.4 p. 100). La cour cantonale n'a pas discerné, dans les motifs de récusation invoqués, ce qui aurait empêché le prévenu de les faire valoir dans les jours suivant la réception du mandat signé par le Procureur, de sorte que la requête était tardive. Par surabondance, elle a considéré que ces motifs étaient étrangers à la cause. En particulier, le fait que le magistrat intimé était soi-disant précédemment avocat dans la même étude que Me C.________, lequel était impliqué dans une vaste affaire de blanchiment et d'escroquerie des royalties Ferrayé dont le requérant était le bénéficiaire à 50%, n'avait aucun lien avec la plainte en diffamation constituant l'objet de la procédure pénale. Quant aux faits exposés de manière aussi succincte que confuse en lien avec un dossier F.________, ils n'étaient pas davantage de nature à mettre en cause l'indépendance du magistrat saisi ou à susciter une apparence de prévention. Le recourant prétend avoir eu connaissance des faits justifiant la récusation du Procureur six jours avant l'audience de conciliation de sorte que sa demande de récusation n'était pas tardive. On ne voit cependant pas ce qui l'aurait empêché de les invoquer avant, s'agissant de faits largement antérieurs à l'audience de conciliation. Quoi qu'il en soit, à supposer que la cour cantonale n'était pas habilitée à écarter la demande de récusation pour cette raison, elle pouvait sans arbitraire ni violer les garanties déduites de l'art. 30 al. 1 Cst. considérer que les faits invoqués étaient insuffisamment étayés et impropres à entraîner la récusation du procureur. Le fait que le magistrat intimé a été nommé procureur alors qu'il assistait D.________ en sa qualité d'avocat dans une demande de révision d'un jugement rendu le 5 mars 2004 par le Tribunal de police de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois ne permet à l'évidence pas de retenir objectivement qu'il serait sous le contrôle de l'Etat de Vaud et qu'il prendra parti en faveur du plaignant, employé par cette entité. Il n'est pas davantage établi que le Procureur aurait travaillé au sein de l'étude E.________ à Genève. En effet, lorsque le magistrat intimé a été nommé à ce poste, il oeuvrait au sein de l'étude Avocats-ch à Lausanne, de sorte que la référence à la cause Ferrayé est dénuée de toute pertinence. On ne voit enfin pas en quoi la présence d'une conseillère juridique de l'Etat de Vaud, qu'il considère comme complice de sa détention illégale, à l'audience de conciliation pour assister le plaignant, serait propre à susciter une prévention fondée du Procureur.