Citation: 1C_415/2022 E. 6.2

6.2. Les recourants se prévalent de l'absence de surdimensionnement de la zone à bâtir communale. Cependant, contrairement à ce qu'ils affirment, le seul besoin en zones à bâtir - établi à 67 ha par le SDT (respectivement un "surplus négatif" de 59,1 ha [cf. arrêt rendu ce jour dans la cause connexe 1C_409/2022, consid. 4.2.2]) - ne justifie pas le classement de nouvelles parcelles en zone constructible, les autres critères d'aptitude définis par l'art. 15 al. 4 LAT devant également être observés (cf. JEAN-BAPTISTE ZUFFEREY, Droit public de la construction, 2024, schéma no 6, p. 187; voir également PIERMARCO ZEN-RUFFINEN/CHRISTINE GUY-ECABERT, Aménagement du territoire, construction, expropriation, 2001, p. 148 s. et les arrêts cités sous n.b.p. no 823). Or, comme l'a souligné la cour cantonale, se fondant sur les données des organes cantonaux spécialisés, les modifications discutées sont entièrement ou partiellement concernées par des zones de danger élevé des crues du Rhône (cf. plan des zones de danger d'inondation du Rhône, disponible à l'adresse https://appsittel.sdplus.ch/dangerr3/; consultée le 17 mai 2024). Les recourants ne le discutent pas, leur recours étant muet sur cet aspect, si bien qu'on ne discerne aucun élément commandant de s'écarter de l'analyse opérée par l'instance précédente. Compte tenu de ce danger et faute d'explications convaincantes des recourants, c'est à bon droit que l'instance précédente a pour ce motif nié aux parcelles des recourants leur aptitude au classement (cf. HEINZ AEMISEGGER/SAMUEL KISSLING, in Commentaire pratique LAT: Planifier l'affectation, 2016, n. 92 ad art. 15 LAT). S'ajoute à cela l'atteinte aux SDA qu'entraînerait le classement des parcelles des recourants. Il n'est d'ailleurs pas établi que la commune disposerait de surfaces suffisantes pour assurer leur compensation: il ressort de l'arrêt attaqué que les surfaces proposées à cette fin sont essentiellement occupées par de la vigne et qu'une expertise pédologique serait le cas échéant nécessaire à leur validation (cf. rapport du SDT, ch. 2.4.3, let. e, p. 22). Quoi qu'il en soit, on ne décèle pas dans le rapport 47 OAT de motifs pertinents, respectivement importants, qui permettraient de justifier une telle atteinte aux SDA existantes et inventoriées pour la création d'une zone à bâtir de faible, respectivement de moyenne densité (cf. art. 3 al. 2 et 15 al. 3 LAT et art. 30 al. 1bis OAT (RS 700.1); à ce sujet, voir AEMISEGGER/KISSLING, op. cit., n. 80 ad art. 15 LAT). Enfin, on cherche en vain, que ce soit dans le rapport 47 OAT ou dans le recours, une justification à l'atteinte paysagère qu'entraînerait l'affectation en zone à bâtir des parcelles des recourants. Or, les modifications C2 et C6 se situent dans la dernière césure paysagère interrompant le déroulement devenu continu de l'urbanisation locale, césure dont l'importance paysagère a été clairement soulignée par le SBMA, organe cantonal spécialisé, et dont le maintien répond aux demandes du plan directeur cantonal (cf. PDc, Mesure C2). Mal fondé, le grief est rejeté.