Citation: 1B_210/2016 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, il n'est pas contesté que les deux rapports d'expertise retiennent un risque de récidive élevé. Selon le recourant, l'existence de ce danger n'aurait cependant pas justifié son placement en détention à l'issue du jugement de première instance (mai 2015) ou au cours de la procédure d'appel (avril 2016); il n'y aurait dès lors aucune nouvelle circonstance qui permettrait actuellement d'avoir une appréciation différente. Le recourant omet toutefois de prendre en compte le jugement sur appel rendu le 30 mai 2016. Il y est reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, de contraintes sexuelles, ainsi que d'inceste au préjudice, non plus de deux enfants tel que retenu en première instance, mais de trois victimes. La durée de la peine privative de liberté à laquelle il est condamné est également supérieure à celle prononcée par le tribunal de première instance et un internement au sens de l'art. 64 al. 1 CP a de plus été ordonné. La situation a ainsi manifestement évolué - au demeurant de manière défavorable - depuis le prononcé de première instance, respectivement le rejet le 14 avril 2016 de la demande de mise en détention. Ces circonstances imposaient une nouvelle appréciation du risque de récidive et c'est donc à juste titre que la juridiction précédente y a procédé. Lors de son examen, elle a ainsi pris en considération la condamnation en 2001 du recourant à trois ans de réclusion pour des infractions similaires (art. 187 et 189 CP; cf. aussi le jugement sur appel p. 29), le pronostic défavorable relevé dans les rapports d'expertise sur la question du risque de récidive et les infractions retenues - notamment celles nouvelles en lien avec une troisième victime - dans l'arrêt du 30 mai 2016. Les arguments mentionnés par le recourant (en particulier le complot allégué des mères et la présence d'un tiers lors de ses contacts avec les enfants) ne permettent pas de modifier cette appréciation; le recourant pourra, le cas échéant, les faire valoir lors d'un recours au Tribunal fédéral contre le jugement sur appel. Au vu de ces considérations, c'est à juste titre que la Cour pénale a retenu l'existence d'un risque de récidive (art. 221 al. 1 let. c CPP).