Citation: 4A_364/2021 E. 1

Par jugement du 10 octobre 2019, le Tribunal d'arrondissement de la Côte a condamné la défenderesse B.________ à verser divers montants à la demanderesse A.________ et levé définitivement, à concurrence des montants alloués, l'opposition faite par la défenderesse au commandement de payer relatif aux prétentions élevées par la demanderesse. En substance, l'autorité de première instance a procédé à l'interprétation du contrat signé le 14 décembre 2014 par les parties ayant pour objet la vente par la demanderesse d'un centre d'hydrothérapie du côlon moyennant versement par la défenderesse d'un prix de 300'000 fr. payable en plusieurs tranches successives. Elle a retenu que la volonté des parties était que la demanderesse, infirmière et thérapeute, spécialisée en hydrothérapie du côlon, agréée par la Fondation suisse pour les médecines complémentaires (ASCA) et inscrite au Registre de Médecine Empirique (RME) mette à disposition de la défenderesse son agrément ASCA/RME de manière à ce que cette dernière puisse, pendant une durée de cinq ans, en contrepartie d'un paiement de 20 fr. par soin dispensé sous cet agrément, être remboursée par les assurances complémentaires de ses clients. Les premiers juges ont jugé pareil procédé contraire aux moeurs voire illicite. Ils ont considéré que le contrat était partiellement nul, dans la mesure où il se rapportait à la mise à disposition de l'agrément ASCA/RME. Soulignant que l'action partielle introduite par la demanderesse portait uniquement sur le paiement du solde de la deuxième tranche du prix de vente (année 2015), ils ont jugé qu'une réduction du prix de vente ne se justifiait pas, étant donné que la défenderesse avait bel et bien utilisé l'agrément ASCA/RME, ce d'autant que cette dernière ne s'était jamais acquittée du montant de 20 fr. par soin prodigué en vertu de cet agrément. Après avoir nié l'existence d'un contrat lésionnaire ou conclu sous l'empire d'un vice du consentement, l'autorité de première instance a estimé que la défenderesse devait ainsi s'acquitter du solde de la tranche due pour l'année 2015, intérêts en sus.