Citation: 6B_1247/2021 E. 3.4

3.4. La cour cantonale a relevé que si certains changements de comportement observés chez A.A.________ durant l'enfance, l'apparition de rougeur sur son sexe, des peurs inexpliquées et la simple évocation des "flashs" qui étaient à l'origine de la présente procédure étaient autant de circonstances troublantes, il n'en demeurait pas moins que ces manifestations pouvaient avoir une autre explication que l'exposition de l'enfant à des abus sexuels. Ainsi, le refus soudain de se rendre à la ferme "N.________" ou la crainte subite d'aller seule aux toilettes chez elle ou à la ferme pouvaient avoir d'autres explications chez un enfant d'une dizaine d'années que son exposition à des abus sexuels par le prévenu. Il en allait de même des irritations sur la vulve de l'enfant, lesquelles pouvaient aussi bien être dues à un relâchement dans l'hygiène intime d'une fillette laissée un peu trop à elle-même (cf. le rapport du Dr M.________ déplorant le manque de collaboration des parents qui n'avaient notamment pas donné suite à sa proposition de voir régulièrement l'enfant en 2014). Quant aux "flashs" qui étaient au centre de la procédure, ils n'étaient pas non plus la preuve irréfutable d'un syndrome de stress post-traumatique dû à des abus sexuels qui auraient été commis par le prévenu. La cour cantonale a ensuite relevé que les déclarations du prévenu (D. 26 ss) qui niait farouchement les faits avaient parfois été surprenantes, ainsi lorsqu'il avait affirmé d'emblée qu'il n'avait jamais été seul avec A.A.________, sans avoir su au moment de sa réponse ce qui lui était reproché. Il était aussi singulier qu'il ait déclaré, après avoir eu connaissance des mises en cause de A.A.________: "vous ne voulez pas appeler F.________ pour y demander". Cependant, opposés aux déclarations de la plaignante, qui étaient très imprécises, les propos singuliers du prévenu ne suffisaient pas pour sceller un verdict de culpabilité, alors que dans le reste de son interrogatoire il avait nié l'ensemble des charges qui pesaient contre lui. Le fait d'avoir déclaré ne jamais avoir été seul avec l'enfant pouvait s'expliquer tant par le choix tactique d'une personne coupable pour éviter d'être découverte que par la réaction instinctive de méfiance d'une personne innocente ayant déjà été accusée à tort qui aurait essayé de couper court à une instruction pénale dont il redoutait les conséquences, notamment le risque d'une détention injustifiée avant jugement. Quant à la suggestion faite aux policiers d'interroger F.________, elle s'expliquait avec la suite de sa réponse, d'où l'on comprenait que cette dernière serait en mesure de confirmer que la mère de l'enfant A.A.________ avait été victime d'actes d'ordre sexuel, suggérant par là qu'il pourrait y avoir des liens entre le passé traumatique maternel et les accusations actuelles proférées contre lui, ce qui n'était pas totalement absurde. Au surplus, l'examen des appareils électroniques du prévenu n'avait pas permis de retrouver un quelconque contenu qui suggérerait que ce dernier aurait des troubles du comportement s'agissant de son orientation sexuelle.