Citation: 1C_443/2020 E. 6.3.2

6.3.2. En l'espèce, le Tribunal cantonal a longuement exposé en quoi les impacts du projet sur le paysage, sur la faune, sur la flore et sur l'ensemble de l'écosystème avaient été pris en compte et dûment évalués. Il s'est notamment référé au rapport explicatif selon l'art. 47 OAT qui renvoie sur ces aspects à la notice d'impact sur l'environnement du 19 février 2014 (ch. 5.10, 5.11, 5.12 et 5.13). S'agissant des incidences du projet au niveau de la protection de la nature (ch. 5.11 de la notice), le terrain a été parcouru à trois reprises; une carte de la végétation et une liste des espèces ont été établies; le projet garantit le maintien du corridor de zone humide dans lequel se trouve le lac de Plans-Mayens; le rehaussement de la digue ne touche aucune zone de protection de la nature et du paysage et aucun district franc; les effets du projet sur la végétation et sur la faune ont été décrits (ch. 5.11.2 de la notice) et leur impact en phase de chantier a été qualifié de modéré et de faible en phase d'exploitation. En ce qui concerne le gibier, aucune modification n'est à prévoir par rapport à la situation actuelle: le Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune a souligné le caractère bénéfique de la protection et de la valorisation des rives du lac: ces mesures vont améliorer la biocénose entre les interfaces lac et berges, augmenter l'offre en nourriture et en zones propices pour la nidification des oiseaux et en refuges pour la faune; la préservation de la végétation riveraine va apporter nourriture et abris pour l'avifaune et la faune terrestre; l'entretien des rives et l'installation d'une végétation riveraine vont apporter un gain de nourriture et des zones refuges pour la faune piscicole; les insectes et la faune benthique, nourriture des poissons, bénéficieront de cette mesure, l'interdiction d'activité dans la zone de protection de la nature étant positive (préavis du 4 mai 2017). S'agissant du paysage naturel et bâti (ch. 5.12 et 5.13 de la notice), le secteur concerné ne comporte aucun objet inventorié et constate que le paysage actuel est déjà marqué non seulement par la présence de la retenue artificielle, mais encore par la présence de routes, de chemins, de pistes de ski et de VTT, de remontées mécaniques et de résidences secondaires; la digue est située dans une dépression et masquée par les forêts à l'aval, de sorte que l'impact paysager ne se fait sentir qu'à proximité immédiate; le rehaussement de la digue la rendra plus visible principalement pour quelques résidences situées en rive droite du torrent du Partichiou; depuis plus loin, la digue actuelle est déjà très peu visible car fortement marquée par la forêt; le rehaussement de la digue n'apportera pas de modification importante à la situation actuelle, pronostic qui se vérifie à l'examen des montages photographiques figurant en page 36 de la notice: l'impact paysager est qualifié en définitive de moyen. A nouveau, les recourants ne répondent pas à l'argumentation de la cour cantonale, se bornant à affirmer péremptoirement que l'atteinte aux intérêts publics relevant de l'atteinte irréversible au paysage et à l'environnement devrait l'emporter. Fût-elle suffisamment motivée et recevable, cette critique devrait être rejetée, le Tribunal cantonal ayant exposé de manière détaillée pourquoi les impacts du projet sur le paysage, sur la faune et sur la flore pouvaient être qualifiés de modérés et ne l'emportaient pas sur l'intérêt public tendant à garantir l'approvisionnement en eau potable et en eau d'irrigation de plusieurs communes.