Citation: 6S.153/2004 09.06.2004 E. 1

2.2 L'art. 133 CP réprime le fait de prendre part à une rixe ayant entraîné la mort d'une personne ou une lésion corporelle. La rixe est une altercation physique réciproque entre au moins trois personnes qui y participent activement. Est un participant celui qui frappe un autre protagoniste. En l'espèce, les constatations cantonales ne permettent pas de déterminer les personnes qui ont pris une part active à la bagarre. Le patron de l'établissement se serait borné à séparer les protagonistes, comportement qui n'est pas punissable (art. 133 al. 2 CP). A.________ et le serveur, C.________, se sont retrouvés au sol, mais il n'a pas été retenu qu'ils se sont livrés à un acte de violence. Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir mélangé la question de la participation à une rixe avec celle de la punissabilité des participants. On ne saurait toutefois punir pour rixe des personnes dont on ignore si elles ont échangé des coups et pris ainsi une part active à la bagarre. Au vu des faits constatés, il convient donc d'admettre que C.________, A.________ et Y.________ n'ont pas participé à une rixe au sens de l'art. 133 CP. Dans la mesure où il est recevable, le grief du recourant doit donc être rejeté. 2.3 L'art. 134 CP punit de l'emprisonnement pour cinq ans au plus celui qui aura participé à une agression dirigée contre une ou plusieurs personnes au cours de laquelle l'une d'entre elles ou un tiers aura trouvé la mort ou subi une lésion corporelle. L'agression se caractérise comme une attaque unilatérale; plusieurs personnes (au moins deux) s'en prennent à une victime qui reste passive. En l'espèce, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant a pris l'initiative de l'altercation en plaquant le serveur au sol. Dans la mesure où le recourant fait valoir qu'il a agi sous le coup de la légitime défense, afin de parer à ce qu'il pouvait légitimement considérer comme une attaque du serveur et d'un autre membre du personnel du restaurant contre son ami, il s'écarte de l'état de fait retenu par l'autorité cantonale, et son grief est irrecevable. L'arrêt attaqué ne constate en effet pas que le serveur et un autre membre du personnel auraient eu un geste pouvant être qualifié d'agression. En conséquence, c'est à juste titre que l'autorité cantonale a renoncé à appliquer l'art. 134 CP. Dans la mesure où il est recevable, le grief du recourant doit donc être rejeté.