Citation: 6B_672/2022 E. 2.4.1

2.4.1. En l'espèce, la cour cantonale n'a pas clairement distingué les deux conditions de l'art. 66a al. 2 CP. En tout état, sous l'angle de la garantie du droit au respect de la vie familiale, il faut tenir compte du fait que ses parents vivent en Suisse. Comme il le souligne, il semble néanmoins avoir renoué avec sa famille que depuis sa sortie de prison, ce qui suffit à mettre en doute le fait qu'une relation étroite et effective avec ses parents existe, lesquels ne font du reste pas partie de la famille nucléaire au sens de la jurisprudence (cf. supra consid. 2.2.2). En outre, le recourant n'invoque pas une relation de dépendance avec eux qui va au-delà de liens affectifs normaux, en raison par exemple de ses troubles psychiatriques. Au contraire, il soutient que, depuis sa libération de prison, il est autonome financièrement. Il s'ensuit que le recourant ne peut pas se prévaloir de l'art. 8 CEDH sous l'angle de la protection de la vie familiale. En ce qui concerne le droit à la vie privée, il est admis que le recourant vit en Suisse depuis longtemps, soit environ 22 ans, et qu'il y a effectué (non sans complications) une partie de sa scolarité. En revanche, il n'a jamais exercé une activité professionnelle fixe, a, dans son passé, alterné plusieurs périodes de chômage et a émargé à l'aide sociale. Pour le surplus, le recourant ne conteste pas l'absence de formation achevée, ni les nombreuses poursuites dont il a fait l'objet. Il n'apparaît ainsi pas qu'il puisse justifier de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. Sous cet angle, il est douteux qu'il puisse se prévaloir d'un droit à la protection de sa vie privée. En tout état, la cour cantonale a aussi considéré la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP comme remplie (soit que l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse). Ainsi, par surabondance de droit, il se justifie d'examiner cette condition (cf. consid. infra 2.4.2).