Citation: 4C.364/2001 19.07.2002 E. A

Le groupe X.________ est actif dans le domaine du fret, du transport et des expositions de grande envergure. P.________ travaille pour cette entreprise depuis 1989. En novembre 1998, il a été nommé responsable de X.________ SA, à Genève, qui fait partie du groupe X.________. Son activité consistait essentiellement à mettre en place les stands pour les expositions organisées à Palexpo. Dans le cadre de ses fonctions, P.________ était compétent pour engager le personnel, en particulier temporaire, dont il avait besoin pour le montage des stands; par ailleurs, il était libre d'organiser son temps de travail comme il l'entendait. A la suite de ses nouvelles attributions, P.________ s'est vu proposer un contrat de travail, daté du 13 décembre 1998. A l'époque, il a refusé de le signer; les parties admettent toutefois qu'elles sont liées par ce document. Le contrat prévoit notamment une durée de travail de 41 heures sur cinq jours, le versement d'un salaire mensuel brut de 7500 fr. sur treize mois, ainsi qu'une participation aux résultats de l'activité générée par la société dans le cadre des manifestations organisées à Palexpo. Le 26 février 1999, H.________, employé par P.________ à Palexpo, a informé X.________ SA que le montant figurant sur son certificat de salaire ne correspondait pas aux sommes indiquées sur ses fiches de paie. Après avoir procédé à quelques vérifications, dame H.________, responsable du personnel, a constaté que les fiches de travail de certains employés ne comportaient pas la véritable signature desdits collaborateurs. Elle a alors entrepris de contacter tous les employés concernés. Plusieurs lui ont répondu qu'ils n'avaient pas reçu le salaire mentionné sur la fiche de travail établie à leur nom. Ces contrôles ont duré quelques semaines. dame H.________ a ensuite demandé des explications à P.________, qui a évoqué entre autres des problèmes informatiques. Au début 1999, P.________ avait adressé à X.________ SA des quittances pour des salaires d'un montant total de 21 089 fr., prétendument versés à des employés qui, en réalité, n'avaient pas travaillé pour la société aux dates indiquées. Début mai 1999, P.________ devait engager plusieurs employés en vue du Salon de la haute horlogerie qui allait se tenir à Palexpo. Il a informé X.________ SA qu'il entendait s'adresser à l'entreprise de travail temporaire Interiman. En fait, il a contacté le dénommé L.________, ressortissant français ayant travaillé comme employé temporaire à Palexpo; il a alors fait part à X.________ SA de son initiative de recourir aux services de la société française Y.________, qui n'a jamais existé. Par l'intermédiaire de L.________, P.________ a engagé plusieurs employés de nationalité étrangère, dépourvus de toute autorisation de travail en Suisse. Lors d'une entrevue tenue le 30 juin 1999, A.________ et W.________, respectivement administrateur et responsable régional de X.________ SA, ont remis à P.________ une lettre de résiliation immédiate des rapports de travail, dont la teneur est la suivante: "Nous nous référons à l'entretien que nous avons eu ce jour en nos bureaux de Genève. En raison de la présomption de faute grave, notre confiance est ébranlée et nous nous voyons dans l'obligation de mettre fin à votre contrat d'engagement de travail sans préavis ni indemnité. Les raisons qui nous ont amenés à cette décision vous ont été exposées lors de notre entretien personnel. Il s'agit essentiellement de paiements passés par caisse, soi-disant à des personnes qui ont travaillé pour nous et qui nous ont confirmé ne pas l'avoir fait. Il s'agit d'une facturation venant de France d'une société qui n'existe pas et à des taux exagérés. Nous vous demandons de justifier ces irrégularités éventuelles, ressortant de votre responsabilité (...)." Par courrier du 1er juillet 1999, P.________ a répondu à dame H.________ qu'il avait quitté son poste la veille au soir; il réclamait par ailleurs le versement de divers montants à titre d'indemnités de vacances et de jours fériés, ainsi que les provisions et frais de représentation prévus contractuellement. Sur demande de W.________, P.________ a, par lettre du 10 juillet 1999, fourni des précisions concernant le recrutement et le salaire convenu avec plusieurs des employés intérimaires engagés par ses soins; il ajoutait que "suite à [son] renvoi et aux divergences profondes au sujet de [sa] gestion, [il avait] renoncé aux 3 mois de préavis, mais [qu'il tenait] à ce que tous les autres montants qui [lui étaient] dus contractuellement [lui fussent] réglés par retour". Par lettre du 13 août 1999, X.________ SA a admis devoir payer les montants réclamés à titre de vacances et de treizième salaire, prorata temporis, ainsi que les provisions, mais uniquement sur la base des factures encaissées; par ailleurs, elle a fait savoir à P.________ que les samedis et dimanches travaillés ne donnaient lieu à aucune rémunération spécifique.