Citation: 4A_286/2020 E. 4

Dans un deuxième moyen, la recourante invoque l'art. 29 al. 2 Cst. pour se plaindre d'une décision insuffisamment motivée. Ce grief est également infondé car à la lecture de la décision attaquée, on reconnaît sans équivoque comment et sur quelles bases les juges ont constaté les circonstances déterminantes et comment ils les ont appréciées en droit. En effet, après avoir correctement rappelé les principes juridiques applicables en matière de suspension provisoire de la poursuite, et, singulièrement, l'exigence du caractère très vraisemblablement fondé de la demande, la cour cantonale souligne qu'il est incontesté que l'intimé a prêté la somme de 500'000 fr. à la recourante, laquelle est tenue à restitution. Elle relève que la seule question qui divise les parties est celle de l'exigibilité du remboursement du prêt. La recourante prétend qu'il n'a jamais été convenu que le prêt devrait être intégralement remboursé quinze mois après sa conclusion. De l'avis de l'intimé, le prêt consenti était de durée déterminée et arrivait à échéance le 31 mars 2019, de sorte que le remboursement des fonds était exigible à cette date, sans dénonciation préalable. Pour étayer sa thèse, l'intimé a notamment fourni un contrat de prêt de durée déterminée portant la signature attribuée à un représentant autorisé de la recourante ainsi qu'un rapport forensique censé confirmer l'authenticité de cette signature. La cour cantonale considère que l'intimé a rendu vraisemblable que le remboursement du prêt de 500'000 fr. était exigible à la date du 31 mars 2019. Les éléments avancés par la recourante - soit un autre contrat de prêt accompagné d'un rapport graphologique - ne suffisent pas à retenir que sa position serait très vraisemblablement fondée. Ledit rapport n'émane en effet pas d'une institution officielle, de sorte que sa force probante n'est en aucun cas supérieure à celle de celui fourni par la partie adverse. Par ailleurs, les deux rapports n'examinent pas la même signature. Dans ces conditions, la demande en annulation de la poursuite n'est pas très vraisemblablement fondée, ce qui entraîne le rejet de la requête de suspension provisoire de la poursuite.