Citation: 8C_748/2023 E. 3.5

3.5. Le grief tiré d'une violation du principe de l'égalité de traitement est mal fondé. La situation d'un assuré actif victime d'un accident avant la retraite est différente de celle d'un individu accidenté après qu'il a pris sa retraite; le premier exerce une activité lucrative au moment de l'accident et se trouve privé de son salaire ou d'une partie de celui-ci en cas d'incapacité de travail, alors que le second ne perçoit aucun salaire - et ne connaît donc aucune perte de gain - au moment de l'accident. L'un peut ainsi prétendre à l'octroi d'indemnités journalières en vertu de l'art. 16 LAA, l'autre non. Le moment auquel s'éteint le droit à l'indemnité journalière doit être fixé sans égard à la situation de personnes qui ne pouvaient pas prétendre à un tel droit. Pour le surplus, la poursuite du versement des indemnités journalières à un assuré au-delà de l'âge ordinaire de la retraite, indépendamment du point de savoir s'il aurait ou non continué à exercer une activité lucrative après cette échéance, résulte du fait que l'indemnité journalière est calculée de manière abstraite et rétrospective, sur la base du revenu perçu avant l'accident. Pour éviter des lacunes d'assurance et pour des raisons de simplification administrative, le législateur a renoncé à mettre fin au versement des indemnités pour les assurés qui auraient cessé leur activité après l'âge de la retraite, pour autant que le droit aux indemnités ait pris naissance auparavant. Il a également renoncé à appliquer à cette situation une réglementation analogue à celle prévue par la jurisprudence en cas d'accident subi pendant une période d'assurance prolongée par un assuré en retraite anticipée (ATF 130 V 35 [cf. consid. 3.1 supra]; cf. Message du 30 mai 2008 relatif à la modification de la LAA [FF 2008 4877], p. 4895). Il s'agit d'un choix du législateur fédéral, guidé par des motifs de praticabilité, dont il n'y a pas lieu de s'écarter (cf. art. 190 Cst.; ATF 149 I 41 consid. 6.3; 143 V 9 consid. 6.2). Pour le reste, l'arrêt 8C_811/2008, cité par la recourante, ne lui est d'aucun secours. Cet arrêt confirme la jurisprudence publiée aux ATF 134 V 392, qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause. Par ailleurs, le moment auquel les primes d'assurance ont été versées et le calcul de celles-ci ne constituent pas des éléments pertinents. C'est à bon droit que les premiers juges ont reconnu le droit de l'intimée à l'indemnité journalière jusqu'au 27 mars 2023. Les griefs de la recourante s'avèrent mal fondés.