Citation: 2C_665/2022 E. 3.2.1

3.2.1. En l'occurrence, il sied d'emblée de relever que la recourante ne peut invoquer de manière soutenable la protection de la vie familiale garantie par l'art. 8 CEDH pour demeurer en Suisse. Conformément à la jurisprudence constante, les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de l'art. 8 CEDH, un droit à une autorisation de police des étrangers sont avant tout les rapports entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (ATF 144 II 1 consid. 6.1; 140 I 77 consid. 5.2; 139 II 393 consid. 5.1). Un étranger ne peutexceptionnellement se prévaloir de cette disposition que s'il se trouve dans un état de dépendance particulier par rapport à un proche parent hors famille nucléaire (par exemple un enfant majeur) qui est au bénéfice d'un droit de présence assuré en Suisse, notamment en raison d'un handicap - physique ou mental - ou d'une maladie grave dont il souffrirait (ATF 144 II 1 consid. 6.1; 140 I 77 consid. 5.2). La simple dépendance financière n'entre pas dans les hypothèses citées par la jurisprudence (arrêts 2C_153/2017 du 27 juillet 2017 consid. 3.1.1; 2C_1002/2015 du 14 septembre 2016 consid. 3.2; 2D_8/2016 du 24 février 2016 consid. 3). Or, en l'espèce, c'est essentiellement en raison de sa dépendance financière à l'égard de son fils majeur de nationalité suisse que la recourante entend se prévaloir d'un droit au regroupement familial déduit de l'art. 8 CEDH. Dans ces conditions, la protection conférée par cette disposition ne s'applique pas, ce d'autant moins que la recourante déclare que cela fait plus de vingt-cinq ans que son fils subvient à ses besoins en lui faisant régulièrement parvenir de l'argent au Kosovo, de sorte que l'on ne voit pas pourquoi il lui serait à présent absolument nécessaire de séjourner en Suisse afin de continuer à être assistée par l'intéressé. Quant à la "dépendance émotionnelle" par rapport à son fils qu'elle aurait développée depuis qu'elle vit en ménage commun avec lui - outre qu'un tel état ne satisfait manifestement pas aux situations restrictives de dépendance requises par la jurisprudence pour pouvoir déduire, dans une situation de regroupement hors famille nucléaire, un droit à séjourner en Suisse de l'art. 8 CEDH - on relèvera que de tels liens ont uniquement été créés au moyen du séjour illégal de l'intéressée, par lequel elle a mis les autorités devant le fait accompli et porté atteinte au principe de l'égalité de traitement par rapport aux nombreux étrangers qui respectent les procédures établies pour obtenir un titre de séjour en Suisse. Ils ne sauraient donc être pris en compte (cf. arrêt 2C_950/2017 du 16 mai 2018 consid. 4.3 et les arrêts cités).