Citation: 4C.345/2003 11.01.2005 E. 5

5.1 S'agissant du dommage, le recourant prétend que c'est contrairement à l'art. 8 CC que la cour cantonale a retenu que la valeur du cheval avant les vaccinations incriminées se montait à 250'000 fr. De plus, le dommage invoqué ne serait qu'un dommage de frustration, qui ne pourrait faire l'objet d'une réparation, comme l'a retenu l'ATF 126 III 388 consid. 11a. 5.2 Dire s'il y a eu dommage et quelle en est la quotité est une question de fait qui lie le Tribunal fédéral saisi d'un recours en réforme. C'est en revanche une question de droit de dire si la notion juridique de dommage a été méconnue (ATF 129 III 18 consid. 2.4; 128 III 22 consid. 2e, 180 consid. 2d; 127 III 73 consid. 3c, 543 consid. 2b). Le dommage juridiquement reconnu réside dans la diminution involontaire de la fortune nette; il correspond à la différence entre le montant actuel du patrimoine du lésé et le montant qu'aurait ce même patrimoine si l'événement dommageable ne s'était pas produit. Le dommage peut se présenter sous la forme d'une diminution de l'actif, d'une augmentation du passif, d'une non-augmentation de l'actif ou d'une non-diminution du passif (ATF 129 III 18 consid. 2.4, 331 consid. 2; 128 III 22 consid. 2e/aa, 180 consid. 2d; 127 III 543 consid. 2b). 5.3 En l'espèce, en fonction d'une appréciation des preuves qui a résisté au grief d'arbitraire, l'autorité cantonale a retenu que le cheval avait été acheté 250'000 fr. avant les faits litigieux. L'art. 8 CC ne dictant pas comment le juge peut forger sa conviction (ATF 127 III 519 consid. 2a et les arrêts cités), l'appréciation à laquelle a procédé la Cour civile ne peut être considérée à la lumière de cette norme, qui ne trouve donc plus application. Le préjudice allégué par le demandeur B.________ a trait à la perte de la valeur marchande de l'étalon. Il ne concerne en rien la privation de l'usage d'un bien, laquelle, à l'exemple de la perte de jouissance des vacances, ne constitue pas, d'après la jurisprudence citée par le recourant, un dommage juridiquement reconnu. Le grief est sans fondement en tant qu'il est recevable.