Citation: 4A_382/2018 E. A

A.a. Le Comité International Olympique (CIO) est une organisation internationale non gouvernementale, à but non lucratif, constituée sous la forme d'une association de droit suisse; son siège est à Lausanne. La Charte olympique lui confère la mission de diriger le Mouvement olympique dont les Jeux Olympiques (JO) - à savoir les JO d'été, aussi dénommés Jeux de l'Olympiade, et les JO d'hiver - constituent le point culminant. Du 7 au 23 février 2014, la ville russe de Sotchi a accueilli les JO d'hiver (ci-après: les Jeux de Sotchi). Les athlètes du pays organisateur y ont obtenu 33 médailles, ce qui a permis à la Russie de finir en tête du tableau des médailles, alors qu'elle n'avait atteint que le onzième rang du même classement aux JO d'hiver précédents qui s'étaient déroulés à Vancouver (Canada) en 2010. X.________ est un skieur de fond russe qui a participé aux Jeux de Sotchi. Il a remporté la médaille... du... libre en individuel ainsi que la médaille... du relais... avec l'équipe de Russie. Les 13, 21 et 23 février 2014, le fondeur russe a été soumis à trois contrôles antidopage qui se sont tous révélés négatifs à l'image de l'ensemble des contrôles effectués sur les athlètes russes impliqués dans la procédure d'arbitrage dont il sera question plus loin. A.b. En date du 3 décembre 2014, une chaîne de télévision allemande a diffusé un documentaire concernant l'existence alléguée d'un programme de dopage étendu, secret et institutionnel au sein de la Fédération russe d'athlétisme, ensuite de quoi l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) a nommé une commission indépendante de trois membres pour enquêter sur cette allégation. Dans son rapport du 9 novembre 2015, la commission indépendante a confirmé que des tricheries généralisées avaient été organisées par des membres de l'entourage des athlètes, des officiels et des athlètes eux-mêmes afin d'augmenter les chances de succès des sportifs et des équipes du pays organisateur par l'utilisation de substances et de méthodes tombant sous le coup de la réglementation antidopage. En 2015, le Dr A.________, ancien directeur du Laboratoire antidopage de Moscou et de celui qui avait été mis en place à Sotchi pendant la durée des JO, a quitté la Russie et a fait une série de révélations largement publiées quant à l'existence d'un plan de dopage sophistiqué avant, pendant et après les Jeux de Sotchi. Aussi, le 19 mai 2016, l'AMA a-t-elle chargé le Professeur Richard H. McLaren de mener une enquête indépendante sur les allégations du Dr A.________. Dans un premier rapport, daté du 16 juillet 2016, le Prof. McLaren est arrivé à la conclusion que le Laboratoire de Moscou opérait, pour la protection des athlètes russes dopés, dans le cadre d'un système très fiable, dicté par l'État, désigné dans le rapport sous l'appellation de Méthodologie de Dissimulation Positive ( Disappearing Positive Methodology); que le Laboratoire de Sotchi avait usé d'un système d'échange d'échantillons unique - il consistait en la mise à disposition des athlètes russes d'une banque d'urine leur permettant d'y stocker par avance des échantillons d'urine propre, fournis par eux, qui seraient échangés le jour du contrôle venu avec les échantillons contenant des substances interdites - pour permettre aux athlètes russes dopés de participer aux JO d'hiver 2014; enfin, que la manipulation des résultats des analyses antidopage et l'échange des échantillons avaient été dirigés, contrôlés et supervisés par le Ministère du Sport avec la participation active des Services secrets fédéraux (FSB), du Centre de préparation sportive des équipes nationales de Russie (CSP) et des deux laboratoires susnommés. Le deuxième rapport du Prof. McLaren, daté du 9 décembre 2016, contenait des explications détaillées sur la mise en oeuvre d'un programme de dopage sans précédent à l'occasion des Jeux de Sotchi. A en croire son auteur, il y avait eu une conspiration méticuleusement orchestrée, incluant la complicité des officiels au sein du Ministère du Sport, du CSP, du personnel du Laboratoire de Sotchi basé à Moscou, de l'Agence antidopage russe (RUSADA), du Comité d'organisation olympique russe, des athlètes et du FSB. Entre la publication des deux rapports du Prof. McLaren, le CIO avait nommé une Commission d'enquête avec, à sa tête, M. Samuel Schmid, ancien président de la Confédération suisse, dans le but d'établir les faits susceptibles de justifier l'ouverture d'une procédure disciplinaire. Le 2 décembre 2017, ladite Commission a rendu un rapport qui confirmait, en substance, l'existence et l'étendue du programme de dopage russe et insistait sur le caractère sans précédent de la tricherie mise au jour. A.c. En décembre 2016, le CIO a institué une Commission disciplinaire de trois membres, présidée par le Prof. Denis Oswald (ci-après: la Commission disciplinaire), qui a été chargée d'enquêter sur de potentielles violations des règles antidopage commises par des athlètes individuels russes aux Jeux de Sotchi. Ladite Commission a ouvert formellement des enquêtes disciplinaires à l'encontre d'un premier groupe de 28 athlètes russes auxquels elle reprochait de s'être engagés sciemment et activement, lors des Jeux de Sotchi, dans un système de dopage et de camouflage sophistiqué, orchestré par l'État. L'une des personnes visées était X.________, qui a été informé par le CIO, en date du 22 décembre 2016, de l'introduction d'une procédure disciplinaire à son encontre. Le même jour, la Fédération Internationale de Ski (FIS) a suspendu l'athlète russe à titre provisoire. Sur recours de l'intéressé, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), statuant le 31 août 2017, a dit que la suspension provisoire de l'intéressé prendrait fin, le cas échéant, le 31 octobre de la même année au plus tard.