Citation: 9C_273/2022 E. 4

En se fondant sur les déclarations et conclusions de la doctoresse B.________ (procès-verbal d'enquêtes du 25 février 2022 et rapport du 29 août 2020), la juridiction cantonale a admis que l'assurée était en incapacité totale de travail depuis avril 2019. S'il ne pouvait être nié que l'intimée présentait déjà des troubles psychiques lorsqu'elle est entrée en Suisse, en 2012, soit notamment une modification durable de la personnalité après un événement de catastrophe, à la suite du trouble de stress post-traumatique survenu en 2008 (au moment où sa fille aînée, alors âgée de douze ans, lui avait fait part des abus commis par son père), ceux-ci n'étaient cependant pas incapacitants. A cet égard, l'intéressée avait en effet travaillé à plein temps comme cuisinière dans une famille en Turquie, jusqu'à son départ pour la Suisse. Si elle n'avait certes pas exercé une activité lucrative depuis son entrée en Suisse, cela pouvait s'expliquer en raison de son statut de requérante d'asile, qui lui interdisait de travailler au début, ainsi que de la méconnaissance de la langue française. Après avoir constaté que l'intimée remplissait la condition de la durée minimale de cotisations pour ouvrir le droit à une rente ordinaire prévue par l'art. 36 al. 1 LAI (dès lors qu'il ressortait de son compte individuel qu'elle avait cotisé depuis octobre 2012), les premiers juges lui ont reconnu le droit à une rente entière d'invalidité depuis le 1er janvier 2021, compte tenu de la date du dépôt de la demande de prestations, en juillet 2020 (art. 29 al. 1 LAI).