Citation: 4A_406/2020 E. A

A.a. J.A.________ habite avec son épouse une villa, dont il est propriétaire, située en face d'une parcelle acquise en 2015 par B.________ SA. Les deux terrains sont séparés par un chemin privé sans issue. Une servitude de passage à pied et pour tous véhicules à charge de la parcelle de J.A.________ permet l'accès à la parcelle acquise par B.________ SA par le chemin en question. A.b. B.________ SA projetait de démolir la maison édifiée sur la parcelle qu'il avait acquise pour y construire, à la place, une villa de deux logements avec garages et piscines privés. L'immeuble destiné à la démolition contenait de l'amiante à différents endroits. Quant au terrain, il présentait une nappe phréatique de faible épaisseur sous une couche de terrain de couverture. A.c. Le permis de construire lui a été délivré le 18 mai 2015. Il y était notamment indiqué que le suivi du désamiantage, effectué par une entreprise spécialisée et reconnue, devait parvenir à la Municipalité avant le début des travaux. A.d. Les travaux ont débuté à l'automne 2015 par la démolition, laquelle était confiée à C.________ SA. A.e. Entre fin octobre 2015 et octobre 2016, les époux A.________ ont adressé à B.________ SA, à C.________ SA ainsi qu'à l'Office des poursuites, pas moins de vingt-sept courriers par lesquels ils ont formulé des réclamations à l'encontre du déroulement du chantier, en y annexant des photographies de celui-ci, annotées. L'épouse de J.A.________ interpellait systématiquement le directeur des travaux, D.________, lorsqu'il venait sur le chantier, soit plusieurs fois par semaine; elle interrompait le chantier pour donner des ordres aux ouvriers au sujet des nuisances dont elle se plaignait et des mesures qu'elle préconisait pour y mettre fin. A.f. Le 29 octobre 2015, les époux A.________ ont avisé B.________ SA qu'ils avaient ressenti des chocs liés aux travaux. Durant le chantier et en particulier lors des travaux de démolition, l'épouse de J.A.________ avait l'impression que la toiture et les murs de sa maison allaient tomber en raison des secousses qu'elle a qualifiées de violentes liées à l'utilisation de la pelleteuse. A l'initiative des époux A.________, il a été procédé à des mesures de vibrations du 7 au 18 décembre 2015. Selon le rapport de mesures in situ du 3 octobre 2017, les capteurs, qui se déclenchaient à 0,5 mm/s, se sont activés principalement entre 11 heures et 13 heures, ainsi qu'une fois à 9 h 24, une autre à 10 h 14 et une fois à 15 h 36. A ces occasions, les vibrations constatées se sont situées entre 0.03 et 2.02 mm/s. En moyenne, elles ont été mesurées à une vitesse de 0.929 mm/s. Elles ont dépassé le seuil d'avertissement de 2 mm/s à une seule reprise et le seuil d'alarme de 4 mm/s n'a jamais été atteint. Par courrier du 30 octobre 2015, les époux A.________ ont informé la Municipalité qu'ils avaient constaté des fissures à l'intérieur de leur maison et ont requis la suspension des travaux. La Municipalité leur a rétorqué que la situation relevait du droit privé. Ils ont alors montré les fissures au directeur de chantier. Le 5 novembre 2015, B.________ SA a informé J.A.________ qu'un constat d'huissier serait diligenté le 11 novembre suivant en vue d'établir l'état de la villa. L'épouse du prénommé a toutefois annulé le rendez-vous de sorte que ce constat n'a pas été effectué. Elle a ensuite mandaté un autre huissier pour effectuer le constat, qui n'a pas eu lieu le 17 novembre 2015 faute de disponibilité de l'huissier concerné. Le 1er décembre 2015, un premier constat d'huissier a finalement été effectué, sans la participation de la société B.________ SA qui n'en était pas informée. Il fait état de fissures et de décollements à différents endroits de la villa. Il ressort d'un second constat, dressé le 11 octobre 2016 par un autre huissier mandaté par J.A.________, l'existence de nouvelles fissures et l'agrandissement d'autres fissures. A.g. Le 4 novembre 2015, un technicien communal s'est rendu sur le chantier et a ordonné la suspension des travaux. Par courrier du 7 novembre 2015 à la Municipalité, les époux A.________ et une douzaine de leurs voisins ont requis la suspension provisoire des travaux en vue du désamiantage préalable de la maison existante. Le 9 novembre 2015, un employé de la SUVA s'est également rendu sur le chantier. Par courriel du 12 novembre 2015, la SUVA a informé B.________ SA qu'elle n'autoriserait la reprise des travaux qu'une fois certaines mesures adoptées. Les travaux d'assainissement d'amiante devaient être entrepris par une société spécialisée reconnue. A sa connaissance, l'entreprise mandatée, à savoir E.________ SA, n'en faisait pas partie.