Citation: 1C_280/2023 E. 7.2

7.2. Les recourants ne démontrent nullement que la situation de la parcelle n° 171 serait en tout point similaire à la leur. Au contraire, il ressort du dossier cantonal que cette parcelle était classée pour une partie de sa surface en zone d'activités 1 dans le plan d'aménagement local de l'ancienne commune d'Albeuve, à l'instar des parcelles voisines à l'est et à l'ouest, qui supportent toutes deux des bâtiments voués à l'artisanat bâtis avant le 1 er janvier 1988. Cela étant, au vu de cette configuration particulière, une différence de traitement pouvait se justifier dans le cadre de la révision du plan d'aménagement local. Au demeurant, même si l'inclusion de la parcelle n° 171 en zone à bâtir devait être discutable du point de vue de l'art. 15 LAT, elle n'aurait pas permis aux recourants de prétendre au classement de leur parcelle en zone de village II. Il n'y a pas d'égalité dans l'illégalité (cf. ATF 146 I 105 consid. 5.3.1). Pour le surplus, la cour cantonale n'a pas examiné si l'intégration en zone à bâtir des parcelles ne faisant pas partie du largement construit, qui ont bénéficié de permis de construire au-delà de la date du 1 er janvier 1988, était conforme aux principes du plan directeur cantonal dès lors qu'elle ne pouvait pas aller au-delà des conclusions des parties, à l'avantage ou au détriment de celles-ci (art. 95 al. 1 CPJA). Les recourants n'émettent aucune critique sur ce point. Quoi qu'il en soit, l'affectation en zone constructible des parcelles qui ont bénéficié de permis de construire postérieurement au 1 er janvier 1988 peut se justifier dès lors qu'elles sont bâties et jouxtent le noyau bâti du village d'Albeuve. La situation se présente ainsi différemment de la parcelle des recourants qui n'est pas bâtie.