Citation: 2C_802/2018 E. B

Le 17 décembre 2014, l'Office fédéral des migrations (ODM, devenu Secrétariat d'Etat aux migrations [SEM]) a transmis au Service de la population du canton de Vaud (ci-après: le Service cantonal), comme objet de sa compétence, une lettre de dénonciation datée du 21 novembre 2014, rédigée par un avocat à Alger, expliquant que l'intéressé s'était remarié avec A.________ en 2010, malgré son mariage avec une ressortissante suisse. En annexe à cette lettre a été produit un jugement du Tribunal El Harrach d'Alger du 27 mars 2014 qui homologuait le mariage coutumier (fatiha) célébré le 23 avril 2010, entre A.________ et X.________, sur la base d'une enquête diligentée par le Ministère public au cours de laquelle deux témoins ont attesté avoir assisté audit mariage. Bien que régulièrement cité à comparaître, l'intéressé ne s'est pas présenté à l'audience, le jugement précité du 27 mars 2014 a ainsi été rendu par défaut (art. 105 al. 2 LTF). Le 26 janvier 2016, le Service cantonal a informé l'intéressé qu'il avait l'intention de proposer au Chef du Département de l'économie, de l'innovation et du sport du canton de Vaud (ci-après: le Département) de révoquer son autorisation d'établissement compte tenu des circonstances précitées. Le 15 mars 2016, le Service cantonal a suspendu la procédure de révocation de l'autorisation d'établissement jusqu'à droit connu dans la procédure algérienne d'opposition formée par l'intéressé contre le jugement rendu le 27 mars 2014 par le Tribunal d'El Harrach. Le 28 avril 2017, l'intéressé a communiqué au Service cantonal que l'opposition qu'il avait formulée contre le jugement susmentionné avait été rejetée le 19 mai 2016 et que l'appel interjeté contre ce dernier jugement avait subi le même sort (arrêt du 17 février 2017). Il précisait avoir déposé un recours en cassation contre l'arrêt précité, en relevant qu'il n'était pas certain qu'il obtienne gain de cause (art. 105 al. 2 LTF). Par décision du 28 août 2017, le Chef du Département a révoqué l'autorisation d'établissement de l'intéressé et prononcé son renvoi de Suisse en lui impartissant un délai de trois mois pour quitter le pays. Dans un courrier du 12 septembre 2017, le SEM a indiqué à l'intéressé que la naturalisation facilitée lui était refusée au motif que celui-ci était bigame et que cela était contraire à l'ordre public en Suisse. Par arrêt du 31 juillet 2018, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: le Tribunal cantonal) a rejeté le recours de X.________ interjeté contre la décision du Département du 28 août 2017.