Citation: 6B_1434/2020 E. 1.2.2

1.2.2. La cour cantonale a condamné le recourant pour actes d'ordre sexuel avec un enfant. En substance, elle a retenu que les déclarations de C.________ étaient parfaitement crédibles. Se fondant sur les 19 critères d'analyse d'un témoignage, la cohérence (critère 1) et la consistance (critère 3) du récit de C.________ étaient évidentes. L'enfant donnait les mêmes indications sur la fréquence et le type d'attouchements, le lieu, le mode opératoire, la présence ou l'absence de certaines personnes lors de ses deux auditions. C.________ verbalisait partiellement spontanément ce qui s'était passé en incorporant des anecdotes, des détails ou des discussions qu'il avait eues avec son père au moment des faits (critère 2). Il illustrait à plusieurs reprises le comportement de son père par des gestes. Le fait que le recourant avait dit " occupe-toi de tes affaires " ou qu'il avait les mains sales ce qui énervait C.________, car il venait de se laver, ne s'inventait pas ni résultait d'une transposition, surtout à cet âge. Il en était de même de se faire toucher les parties intimes à travers les trous d'un pyjama. La cour cantonale a donc retenu que les critères de l'enchâssement contextuel (critère 4), de la description d'interactions (critère 5), de détails inusités (critère 8) ainsi que le rappel de conversation (critère 6) étaient également remplis. En outre, C.________ évoquait une complication inattendue (critère 7) lorsqu'il a expliqué avoir crié et que sa mère était venue voir alors que le recourant était parti dans l'intervalle. Il donnait des détails périphériques (critère 9), par exemple en indiquant que sa mère n'était pas dans la pièce au moment des faits mais dans la cuisine ou au téléphone. Il avait fait référence à plusieurs reprises à son état psychologique au moment des faits (critère 12), puisqu'il avait expliqué que les attouchements lui faisaient mal et que cela l'énervait. La cour cantonale a également retenu que C.________ ne cherchait pas à charger son père et qu'il indiquait lorsqu'il ne se souvenait pas et ne pouvait pas répondre aux questions posées. L'inspectrice, qui avait notamment procédé aux auditions de C.________ et de son frère, H.________, avait dû questionner celui-là assez longuement pour qu'il aborde le sujet des attouchements reprochés au recourant, preuve qu'il n'était pas là pour dénoncer ce type d'agissements et accuser son père sans fondement. Vu le nombre de critères réalisés, la cour cantonale a retenu que le récit de l'enfant était totalement ancré dans la réalité. Ce constat était confirmé notamment par le fait que le niveau de langage et le récit de C.________ correspondaient à l'âge et au développement de celui-ci, que la gestuelle était parfaitement adaptée et le mouvement fait pour illustrer les actes du recourant n'avait rien d'artificiel. Le contexte de dévoilement était logique et ne présentait aucun signe d'irréalité. Les auditions des enfants s'étaient déroulées de manière conforme. Les explications de C.________ étaient corroborées par de nombreux éléments, en particulier par les déclarations de son frère, mais aussi par les photographies d'enfants nus, le sexe mis en évidence et, pour partie, relatives au pincement du sexe d'enfants, retrouvées dans le téléphone portable du recourant. La cour cantonale s'est en outre fondée sur les déclarations de l'intimée. A cet égard, elle a notamment retenu que celle-ci n'exagérait pas ni n'extrapolait les faits dénoncés par C.________ et ne relatait que ce que son fils lui avait dit dans les termes utilisés par celui-ci. Elle ne posait aucun jugement sur les agissement reprochés au recourant ni ne les qualifiait d'actes sexuels, contextualisait la genèse de ces révélations faites au foyer E.________ à U.________. Les déclarations de l'intimée n'avaient pas varié au cours de la procédure et étaient demeurées constantes sur les éléments essentiels comme sur les éléments périphériques, sans qu'elle ne serve un discours préparé exempt d'erreurs liées à l'effacement des souvenirs. Ses déclarations étaient en outre cohérentes et détaillées, de sorte qu'elles devaient être considérées comme crédibles. La cour cantonale a enfin retenu que le recourant avait commis une centaine d'actes environ au préjudice de C.________. Cette évaluation ne pouvait être qu'approximative. Néanmoins, les déclarations de C.________ selon lesquelles le recourant procédait à ces attouchements " matin, midi et soir ", tous les jours, bien qu'imagées, permettaient de saisir que l'enfant n'avait jamais la sensation de répit. Dans ce contexte et dans une mesure favorable au recourant, la cour cantonale a retenu que celui-ci avait commis un acte d'ordre sexuel à raison d'une fois par semaine grosso modo.