Citation: 6B_958/2008 20.01.2009 E. 2

Les autorités cantonales ont reconnu X.________ coupable de viol (cf. art. 190 CP) pour avoir contraint A.________ à subir plusieurs actes sexuels au petit matin du 29 décembre 2005. 2.1 A l'appui de cette condamnation, elles se sont fondées principalement sur la déposition de la victime à la police judiciaire et au juge d'instruction, considérée comme détaillée et cohérente à quelques imprécisions mineures près. Elles se sont également appuyées sur les témoignages de son beau-frère et de son compagnon qui ont déclaré l'avoir rencontrée, dans la journée du 29 décembre 2005, en pleurs et en état de choc, gênée de leur révéler que l'accusé, après l'avoir conduite jusqu'à son domicile, dévêtue et frappée, l'avait violée à plusieurs reprises. Sa soeur avait confirmé avoir entendu le même récit deux ou trois jours après les faits de la bouche de A.________, encore bouleversée et en proie à une vive émotion. Le rapport médical du 13 janvier 2006 relatait le même déroulement des faits, précisant que l'ecchymose relevée sur la face interne de la cuisse droite confortait les allégations selon lesquelles l'accusé s'était aidé du genou pour contraindre sa victime. Enfin, la doctoresse D.________ (médecin légiste auprès de la consultation de médecine de prévention de la violence) avait décrit, à l'issue de cinq entrevues, une patiente en état de choc, présentant tous les symptômes d'un syndrome de stress post-traumatique et particulièrement embarrassée de rapporter des événements au cours desquels elle avait consenti de se soumettre à son agresseur par crainte de mourir. Les conséquences de l'agression sur son état de santé psychique étaient importantes, son état dépressif s'aggravant. Pour autant, elle ne souffrait cependant d'aucun trouble psychiatrique et ses déclarations se révélaient crédibles. P.________, psychologue qui avait rencontré la victime à sept reprises, avait confirmé ces constatations. Au reste, le condamné avait admis qu'au moment des faits, A.________ lui avait exprimé son opposition et son désarroi à diverses reprises. 2.2 Dans l'acte de recours, X.________ reproche à la Cour correctionnelle d'avoir versé dans l'arbitraire en procédant à une appréciation insoutenable de la déposition de la partie civile qu'il considère comme contradictoire et invraisemblable au regard des allégations selon lesquelles elle portait un tampon hygiénique au moment des faits, avait par la suite entretenu des rapports intimes avec son compagnon et patienté une semaine avant de se soumettre à une visite médicale. En outre, il leur fait grief d'avoir procédé à un tri sélectif de ses propres allégations, ne retenant que celles corroborant la version de la victime. Ce faisant, il se limite à reprendre les critiques exposées devant la juridiction cantonale sans exposer en quoi cette dernière aurait refusé à tort de les examiner ou de les qualifier d'arbitraires, de sorte que, sur ces points, l'acte de recours ne répond pas aux exigences de motivation rappelées au consid. 1.3 ci-dessus. 2.3 Le recourant se prévaut également d'appréciation arbitraire des preuves entraînant la violation du principe "in dubio pro reo". 2.3.1 En particulier, il reproche aux autorités cantonales d'avoir tenu pour avérées les violences prétendument subies par la victime, alors qu'aucune preuve matérielle n'en a été rapportée. D'une part, il ressort au contraire du rapport médical du 13 janvier 2006 qu'aucune lésion gynécologique n'a été constatée et, d'autre part, le beau-frère de A.________ a déclaré n'avoir observé aucune trace de violence sur cette dernière lorsqu'il l'a rencontrée quelques heures après les faits. En alléguant ainsi que si les violences prétendument subies avaient été réelles, elles auraient immanquablement laissé des traces, le recourant fait valoir une argumentation à caractère appellatoire qui ne démontre pas l'arbitraire de l'arrêt attaqué. En effet, la Cour cantonale y a exposé que, selon le rapport médical précité, l'absence de lésion gynécologique s'expliquait par le déroulement des événements tel que relaté par A.________ et par le fait qu'une semaine s'était écoulée entre le viol et la consultation gynécologique du 4 janvier 2006. En outre, le témoignage du beau-frère de la victime est infirmé par ledit rapport d'où il ressort qu'une semaine après les faits, la victime présentait encore une ecchymose sur la face interne de la cuisse droite. 2.3.2 Par ailleurs, le recourant tente d'établir la fausseté des déclarations de la victime, en se prévalant d'un appel lancé à 7h46 par cette dernière au moyen de son téléphone portable lequel a alors activé la borne située à proximité du domicile du condamné. Il en déduit qu'elle ne l'a pas quitté à 6h30 comme prétendu, mais plus tard. Sur ce point, la Cour cantonale a admis dans l'arrêt attaqué que les doutes qui demeuraient au sujet de la chronologie exacte des événements n'étayaient en rien la thèse ainsi défendue par le recourant, cela d'autant moins que l'appel en question pouvait avoir été lancé de l'appartement aussi bien que de la rue. Se contenter de se référer derechef à cet appel téléphonique, de même que soulever une nouvelle fois le fait que la victime n'aurait pas appelé son beau-frère à 6h30 mais ultérieurement, ne suffit à l'évidence pas non plus à remplir les exigences de motivation (cf. consid. 1.3 supra), ni à démontrer que l'appréciation cantonale serait insoutenable. 2.4 Enfin, le recourant reproche à la Cour cantonale une violation du principe "in dubio pro reo" en tant que règle sur la répartition du fardeau de la preuve, en lui opposant le fait d'avoir formulé de manière purement spéculative «plusieurs motivations envisageables» de la victime aux fins de démontrer la fausseté des accusations retenues contre lui. Une telle argumentation qui se limite à constater que le condamné a tenté de discréditer les déclarations de la victime par de pures spéculations qui n'ont pas été suivies par les premiers juges, ne constitue à l'évidence pas une inversion du fardeau de la preuve qui équivaudrait à exiger du recourant qu'il prouve son innocence. Ce grief, s'il est recevable, ne peut qu'être rejeté.