Citation: 8C_165/2007 05.03.2008 E. 3

3.1 Selon l'art. 9 al. 1 LAA, sont réputées maladies professionnelles les maladies (art. 3 LPGA) dues exclusivement ou de manière prépondérante, dans l'exercice de l'activité professionnelle, à des substances nocives ou à certains travaux. Ces substances et travaux, ainsi que les affections dues à ceux-ci sont énumérés de manière exhaustive (RAMA 1988 no U 61 p. 449 consid. 1a) à l'annexe 1 de l'OLAA. Sont aussi réputées maladies professionnelles les autres maladies dont il est prouvé qu'elles ont été causées exclusivement ou de manière nettement prépondérante par l'exercice de l'activité professionnelle (art. 9 al. 2 LAA). La condition d'un lien exclusif ou nettement prépondérant n'est réalisée que si la maladie a été causée à 75% au moins par l'exercice de l'activité professionnelle (ATF 119 V 200 consid. 2b p. 201 et la référence). Cela signifie, pour certaines affections qui ne sont pas typiques d'une profession déterminée, que les cas d'atteinte pour un groupe professionnel particulier doivent être quatre fois plus nombreux que ceux que compte la population en général (ATF 116 V 136 consid. 5c p. 143; RAMA 1997 no U 273 p. 178 s. consid. 3a). 3.2 La CNA a nié l'existence d'une maladie professionnelle au sens tant de l'art. 9 al. 1 LAA que de l'art. 9 al. 2 LAA. Elle a constaté que l'assuré ne souffre pas d'un trouble de nature organique mais d'une affection psychique qui apparaît sous la forme d'un trouble phobique lié à différentes odeurs et associé à des attaques de panique, et qui se manifeste par des malaises et des nausées en présence d'odeurs diverses, comme celles de peinture, de vinaigre, de produits décapants, de nettoyage, ainsi que de parfums en général. Selon la CNA, il n'existe aucun indice d'ordre médical permettant d'établir que cette affection psychique est une maladie professionnelle au sens de l'art. 9 al. 1 et 2 LAA. La juridiction cantonale a confirmé le point de vue de la CNA, selon lequel l'assuré souffre d'une affection de nature psychique sous la forme d'un trouble phobique lié aux odeurs et accompagné d'attaques de panique. Par ailleurs, elle a nié l'existence d'une intoxication aiguë aux solvants, de sorte qu'elle a écarté l'éventualité d'une maladie professionnelle au sens de l'art. 9 al. 1 LAA en liaison avec la liste des substances et travaux, ainsi que des affections dues à ceux-ci, figurant à l'annexe 1 de l'OLAA. En ce qui concerne l'affection de nature psychique, la juridiction cantonale a considéré qu'une relation avec l'exercice de l'activité professionnelle était tout au plus possible, voire vraisemblable, l'existence d'une relation exclusive ou nettement prépondérante au sens de l'art. 9 al. 2 LAA n'étant cependant pas établie. De son côté, le recourant conteste le point de vue de la CNA et de la juridiction cantonale, selon lequel il ne présente pas un trouble de nature organique. En particulier, il soutient que le rapport des médecins de l'Institut Y.________ n'a pas de valeur probante en tant que ceux-ci nient l'existence d'une intoxication aiguë aux solvants. Selon l'intéressé, en effet, ces médecins n'ont pas pu détailler de façon exhaustive l'anamnèse professionnelle en raison d'un épisode d'attaque de panique survenu au cours de l'examen à l'évocation de l'odeur de peinture régnant dans le cabinet de consultation rénové huit mois auparavant. En outre, le recourant reproche aux médecins de l'Institut Y.________ de n'avoir fait aucune observation au sujet des produits chimiques auxquels il a pu être exposé dans son activité professionnelle. Quoi qu'il en soit, ajoute le recourant, même si l'existence d'une intoxication aiguë aux solvants devait être niée, il faut admettre la présence d'une hypersensibilité aux odeurs ou MCS (Multiple Chemical Sensitivity) due aux différents produits chimiques auxquels il a été exposé au cours de son activité professionnelle. 3.3 En ce qui concerne une intoxication aiguë aux solvants, il n'existe pas d'indices de nature à mettre en doute la valeur probante des conclusions des médecins de l'Institut Y.________, selon lesquelles une telle symptomatologie n'existe pas en l'occurrence. En particulier, aucun des médecins dont les avis ont été versés au dossier n'atteste la présence d'une telle affection. 3.4 En revanche, le diagnostic d'hypersensibilité aux odeurs ou MCS a été posé par les docteurs A.________, spécialiste en médecine générale (rapport du 23 février 2006), et O.________, spécialiste en médecine interne (rapport du 10 juin 2005).