Citation: 4P.233/2000 12.02.2001 E. 2

2.- a) La recourante invoque tout d'abord l'interdiction de l'arbitraire, découlant de l'art. 9 Cst. Selon la jurisprudence, l'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 126 I 168 consid. 3a; 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b). b) aa) La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir retenu arbitrairement "que les fonds seraient arrivés auprès de X.________ à New York". Dans les passages invoqués par la recourante, la cour cantonale se réfère manifestement à la succession de virements qui était prévue, mais sans prendre position sur le stade où l'opération s'est effectivement arrêtée. Dans le premier passage cité, la cour cantonale se borne à évoquer la série de virements habituellement suivie. Dans le deuxième et troisième passage, elle indique que la défenderesse "se fiait" à l'arrivée des fonds, c'est-à-dire pensait qu'ils suivraient le cheminement ordinaire. Le quatrième passage se réfère également au processus habituellement suivi. On ne peut donc pas en déduire - contrairement à ce que soutient la recourante - que l'autorité cantonale aurait admis que X.________ à New York aurait été titulaire d'une créance, ce qui rendrait d'ailleurs le litige, tel qu'il est décrit, parfaitement incompréhensible. La recourante procède manifestement à une mauvaise interprétation de l'arrêt attaqué. Dès lors que la cour cantonale n'a pas fait les constatations que lui reproche la recourante, ce premier grief est dépourvu de tout fondement. bb) La recourante reproche à la Cour de justice d'avoir écarté arbitrairement certains faits constatés dans le jugement de première instance. Il perd cependant de vue que l'arrêt cantonal commence par les mots suivants: "la Cour se réfère aux faits exposés par le Tribunal de première instance dans son jugement du 27 janvier 2000 (ATF 119 II 478 consid. 1d = JT 1995 I 19; ATF 90 II 210 consid. 2; SJ 1969 p. 45), dont les plus importants peuvent être résumés, complétés et rectifiés comme suit". Il en résulte que les magistrats genevois ont adopté l'état de fait contenu dans le jugement de première instance, qui doit être considéré comme une partie intégrante de l'arrêt déféré. Dans un tel cas, le Tribunal fédéral, saisi d'un recours en réforme, est lié non seulement par les constatations de fait contenues dans l'arrêt attaqué, mais également par les constatations de l'autorité inférieure auxquelles la cour cantonale renvoie (Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral in: SJ 2000 II p. 61; Messmer/Imboden, Die eidgenössischen Rechtsmittel in Zivilsachen, p. 128 n° 93). Les faits invoqués par la recourante n'ont donc pas été écartés par la cour cantonale, mais au contraire incorporés à sa décision par renvoi. Le grief est dépourvu de tout fondement. Certes, la formule employée par la cour cantonale réserve la possibilité d'une rectification. La recourante ne prétend cependant pas que l'état de fait contenu dans l'arrêt attaqué modifierait, sur l'un ou l'autre des points qu'il cite, le jugement de première instance, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner la question sous cet angle (art. 90 al. 1 let. b OJ).