Citation: 2A.54/2006 02.05.2006 E. 2

2.1 Selon la jurisprudence, les conditions pour la reconnaissance d'un cas de rigueur au sens de l'art. 13 let. f OLE, disposition dérogatoire présentant un caractère exceptionnel, doivent être appréciées restrictivement. L'étranger concerné doit se trouver dans une situation de détresse personnelle; ses conditions de vie et d'existence, comparées à celles applicables à la moyenne des étrangers, doivent être telles qu'un refus de le soustraire aux restrictions des nombres maximums comporte pour lui de graves conséquences. Lors de l'appréciation d'un cas personnel d'extrême gravité, il y a lieu de tenir compte de l'ensemble des circonstances (ATF 130 II 39 consid. 3 p. 41/42). 2.2 En l'espèce, le recourant fait notamment valoir que sa présence permanente auprès de sa fille aînée, souffrant d'épilepsie myoclonique juvénile depuis 1991, est indispensable parce qu'il serait le seul à pouvoir s'en occuper en cas de crise. S'agissant de sa fille cadette, elle souffrirait d'un grave manque affectif depuis sa séparation d'avec lui. Les attaches du recourant en Suisse seraient profondes en raison de ses liens avec ses filles, dont il a l'autorité parentale et la garde conjointe et avec lesquelles il a vécu durant la moitié de sa vie de manière très proche. Le recourant invoque à cet égard l'art. 8 CEDH. Les arguments du recourant ne sauraient justifier un cas de rigueur au sens de l'art. 13 let. f OLE. En effet, c'est volontairement et avec son accord que les filles et leur mère ont décidé de venir s'établir en Suisse en 2002, alors que, de l'aveu même du recourant, l'état de santé de l'aînée s'était stabilisé dès 1998 et n'a recommencé à se dégrader qu'après son arrivée en Suisse. Elles n'ont donc pas quitté l'Argentine en vue d'assurer à l'aînée un meilleur suivi médical et rien ne permet de penser que celle-ci n'y retrouverait pas le traitement médical qui a fait ses preuves avant son départ pour la Suisse. Par ailleurs, dans la mesure où les filles demeurent, en dépit de leur âge, extrêmement dépendantes de leur père, leur retour en Argentine avec celui-ci n'équivaudrait guère à un véritable déracinement, constitutif à son tour d'un cas personnel d'extrême gravité (cf. ATF 123 II 125 consid. 4a p. 128). Quant à leur mère, dès lors qu'elle s'était mariée en Argentine et qu'elle y a vécu durant neuf ans, on peut raisonnablement envisager qu'elle suive ses filles au cas où elles rentreraient avec leur père. Il s'ensuit que le recourant ne saurait prétendre réaliser en sa personne un cas personnel d'extrême gravité. Dans ces conditions, il n'y a pas non plus lieu de rechercher si une prise en compte - de toute manière limitée - de l'art. 8 CEDH pourrait permettre de fonder une exception aux mesures de limitation sur un cas personnel d'extrême gravité réalisé en la personne des deux filles du recourant. Il sied encore de préciser que même si le retour en Argentine devait entraîner pour le recourant et ses filles des difficultés financières, l'art. 13 let. f OLE ne saurait être invoqué pour se soustraire aux conditions économiques régnant dans un pays. Pour le surplus, il convient de renvoyer aux motifs convaincants de la décision attaquée (art. 36a al. 3 OJ).