Citation: 1B_241/2007 13.11.2007 E. B

Par ordonnance du 14 septembre 2007, le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne a admis une demande de mise en liberté et ordonné la libération de l'inculpé. Celui-ci avait été libéré conditionnellement en septembre 2006, après une condamnation à cinq ans de réclusion pour le meurtre de son père en avril 2003. Selon l'expertise psychiatrique du 9 août 2007, la consommation d'alcool était seule à l'origine des comportements violents de l'inculpé. Compte tenu de la mise sur pied d'un traitement ambulatoire visant l'abstinence totale de boissons alcoolisées, assorti de contrôles réguliers par prise de sang, le risque de récidive apparaissait amoindri. Son ancien employeur était prêt à réengager le prévenu et la victime ne s'opposait pas à une libération. Sur recours du Ministère public, le Tribunal d'accusation du Tribunal cantonal vaudois a, par arrêt du 11 octobre 2007, annulé cette ordonnance et ordonné le maintien en détention préventive. Le prévenu avait été condamné en 2001 et 2002 pour ivresse et soustraction à la prise de sang, et en 2004 pour le meurtre de son père; il avait récidivé durant le délai d'épreuve malgré les conditions posées à sa libération conditionnelle, incluant un suivi alcoologique visant l'abstinence. Selon la nouvelle expertise psychiatrique, l'intéressé présentait une intoxication aiguë à l'alcool, une intoxication pathologique et des traits de personnalité schizoïde, mais sans l'état dépressif relevé auparavant. L'échec du précédent traitement ambulatoire et les déclarations du prévenu à l'audience, selon lequel le traitement visant à l'abstinence l'autorisait à boire mais "sans prendre trop de cuites", faisaient apparaître un risque de récidive majeur. Le traitement préconisé pouvait être mis en place en détention. Pour le surplus, la durée de la détention préventive était encore conforme au principe de la proportionnalité.