Citation: 2C.1/2002 15.02.2005 E. A

X.________, né le 30 mai 1956, titulaire du brevet d'avocat fribourgeois, a exercé la fonction de juge d'instruction dans le canton de Fribourg à partir du 16 juin 1988. Il a été nommé en qualité de Vice-Président de l'office des juges d'instruction à partir du 1er décembre 1998. Chargé d'une enquête ouverte en février 1998 à l'encontre de Z.________, chef de la brigade des stupéfiants auprès de la police de sûreté, X.________ a fait l'objet de vives critiques de la part de A.________, professeur de droit pénal à l'Université de Fribourg. A.________ est intervenu à plusieurs reprises, notamment par voie de presse, pour se plaindre, sur un ton souvent polémique, du fonctionnement de la justice pénale fribourgeoise, plus spécialement de la manière de travailler des juges d'instruction, et plus particulièrement de celle de X.________. Par lettres des 9 et 16 juillet 1999, il a dénoncé X.________ pour diverses infractions et délits pénaux en rapport avec des enquêtes qui lui avaient été confiées. Me B.________, désigné en qualité de juge d'instruction spécial, a rendu un non-lieu le 25 avril 2000 et la Chambre pénale du Tribunal cantonal fribourgeois (ci-après: le Tribunal cantonal) a alloué à X.________ une indemnité de 7'000 fr. pour tort moral. L'Etat de Fribourg a également pris en charge ses frais d'avocat, à concurrence de 49'853 fr. 45. Invitée à mener une enquête disciplinaire à l'encontre de Z.________, Me C.________, avocate à Neuchâtel, a rédigé le 31 décembre 1998 un rapport intitulé "dysfonctionnements dans les relations juge d'instruction-police". Elle y a notamment fait état de la dégradation du climat de confiance entre la police et certains juges d'instruction ainsi que de l'évidente gravité des faits reprochés à X.________ et a suggéré que son rapport soit soumis à l'autorité de surveillance des juges d'instruction aux fins d'ouverture d'une enquête éventuelle. X.________ s'est déterminé le 4 février 1999 sur les reproches formulés à son endroit. La Chambre pénale du Tribunal cantonal, en sa qualité d'autorité de surveillance, a estimé que les faits portés à sa connaissance ne justifiaient pas une intervention immédiate et qu'il convenait d'attendre les conclusions et propositions éventuelles des experts D.________ et E.________.