Citation: 6B_1262/2023 E. 1.4

1.4. La recourante fait valoir que son intégration professionnelle, économique et sociale en Suisse doit être considérée comme correcte et conteste chaque élément pris en compte par la cour cantonale. Contrairement à ce que suggère la recourante, la cour cantonale n'a pas ignoré qu'elle a séjourné en Suisse entre ses 11 et 18 ans, puis dès ses 46 ans (deux séjours de respectivement 7 ans et 8 ans), néanmoins, elle a pris en compte la durée de séjour comme un élément parmi d'autres pour examiner son intégration, conformément à la jurisprudence topique. Avant son retour, en 2015, elle était établie en Italie durant près de trente ans, y a acquis une formation d'aide soignante, activité qu'elle a ensuite exercée, et y a fondé une famille. Dans ces circonstances, la recourante ne saurait se contenter de rappeler la durée totale de ses séjours distincts pour justifier d'une intégration réussie. Sur le plan professionnel, la recourante prétend que "si elle avait une perspective de réintégration dans le monde professionnel, elle n'aurait pas été mise au bénéfice d'une rente d'invalidité de 70 %". En cela, elle échoue à démontrer une quelconque intégration professionnelle. La recourante ne saurait rien déduire en sa faveur du fait que son autorisation de séjour en Suisse aurait été prolongée jusqu'à droit connu dans la présente procédure, alors qu'il ressort de l'arrêt entrepris qu'elle a perdu l'emploi qui lui avait permis d'obtenir cette autorisation en raison des vols pour lesquels elle a été condamnée en 2017 (arrêt entrepris consid. 4.2). Sur le plan économique, la recourante ne conteste pas avoir fait l'objet de poursuites pour un montant total de 18'035 fr. 10, incluant des actes de défaut de biens pour une valeur de 11'072 fr. 50. Elle procède d'une manière purement appellatoire, partant irrecevable (cf. art. 106 al. 2 LTF, ATF 146 IV 88 consid. 1.3.1), en affirmant qu'elle touchera des prestations complémentaires lui permettant d'éteindre ses dettes. En outre, la recourante oppose une appréciation personnelle de l'impact de ses trois antécédents depuis son retour en Suisse en 2015 sur sa difficulté à respecter l'ordre juridique suisse, voire son mépris à cet égard. Pareille argumentation est irrecevable (cf. art. 106 al. 2 LTF). La recourante ne démontre pas en quoi, par ses activités bénévoles ainsi que par les divers postes qu'elle a occupés par le passé, et dont elle a été licenciée notamment en raison de vols, elle dispose de liens professionnels et sociaux spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Enfin, dans les circonstances d'espèce, il n'apparaît pas qu'elle se trouverait dans une situation sensiblement plus défavorable ni qu'elle disposerait, en Suisse, de meilleures chances de réinsertion professionnelle et sociale que dans son pays d'origine, dont elle parle couramment la langue, et où elle a passé son enfance et vécu et a travaillé une grande partie de sa vie adulte (cf. en ce sens arrêt 6B_1089/2022 du 16 août 2023 consid. 3.3 et a contrario arrêt 6B_1373/2021 du 23 mars 2023 consid. 6.3). Le constat de la cour cantonale selon lequel l'intégration professionnelle, économique et sociale de la recourante en Suisse était très faible, ne prête pas le flanc à la critique.