Citation: 6B_661/2009 09.11.2009 E. 1

Le recourant soutient que c'est de façon arbitraire et contraire au principe in dubio pro reo que la cour cantonale lui a attribué un rôle de trafiquant d'envergure. 1.1 Tel qu'il est invoqué, soit comme règle de l'appréciation des preuves, le principe "in dubio pro reo" interdit au juge de se déclarer convaincu d'un état de fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une appréciation objective des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute sérieux et insurmontable quant à l'existence de cet état de fait (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral ne revoit que sous l'angle de l'arbitraire la question de savoir si le juge aurait dû éprouver un doute, c'est-à-dire celle de l'appréciation des preuves (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40 ss; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38). La notion d'arbitraire a été rappelée récemment dans l'ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4/5, auquel on peut donc se référer. En bref, une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation, mais dans son résultat. 1.2 Le recourant ne conteste pas les motifs qui ont conduit la cour cantonale à écarter l'existence du dénommé Z.________ (cf. consid. B.c ci-dessus). Mais il tente d'infirmer la conséquence qu'elle a tirée de l'inexistence de ce dernier, à savoir qu'il serait le destinataire et commanditaire de la drogue. Selon le recourant, il serait arbitraire de retenir qu'un délinquant, sans antécédents, qui ne fait l'objet d'aucune mise en cause, qui ne dispose guère de moyens financiers, ni de relation dans le milieu, puisse être à même d'écouler la quantité de drogue dont il a pris livraison à Vevey. 1.2.1 Se fondant sur l'exploitation des données techniques prélevées sur les téléphones portables de la "mule" et du recourant, les enquêteurs ont pu établir que ces derniers se connaissaient et que le recourant lui avait remis, avant son départ pour l'Afrique, un téléphone, dans lequel il avait enregistré ses coordonnées (rapport de police [pièce 23], p. 7 ss, spéc. 8). Au demeurant, ces faits ont été confirmés par cette dernière, après maints interrogatoires (rapport de police, p. 17). En outre, le recourant s'est présenté lorsque la "mule" l'a informé de son arrivée en Suisse. Il a payé le chauffeur de taxi, extrait les valises du coffre et en a pris possession (arrêt attaqué, p. 2). Contrairement à ce qu'il soutient, le recourant avait des contacts africains dans le milieu de la drogue en terre vaudoise (jugement de première instance, p. 12, 14 ss). Enfin, l'existence d'un tiers commanditaire a été écartée. 1.2.2 Au vu de ces faits, le recourant ne saurait prétendre que son rôle devait se limiter à transporter une quantité de stupéfiants. Il est intervenu avant le départ de la "mule" pour l'Afrique, en vue d'organiser son voyage, puis, de nouveau, à son arrivée en Suisse, pour réceptionner la marchandise. Il connaissait en outre le milieu de la drogue dans la région. La cour cantonale n'est donc pas tombée dans l'arbitraire en retenant que le recourant revêtait le rôle de commanditaire et de destinataire de la drogue. Mal fondé, le grief soulevé doit être rejeté.