Citation: 6B_135/2019 E. 3.5

3.5. Pour le surplus, les développements du recourant s'épuisent en une longue et libre discussion quant aux raisons ayant conduit l'intimé à modifier la structure de C.________ SA, à vider cette société de sa substance en transférant notamment la marque " C.________ " à une société chypriote et à retarder l'aboutissement d'un accord en exigeant une clause de confidentialité. Il s'attarde dans ce contexte sur les usages prétendument en vigueur dans le commerce d'articles de luxe ainsi que sur les avantages de devenir actionnaire d'une société opérationnelle plutôt que d'une société holding. Le recourant ne parvient toutefois nullement à démontrer que l'appréciation des preuves effectuée par la cour cantonale serait empreinte d'arbitraire, sous l'angle du principe in dubio pro duriore, en particulier s'agissant de l'absence d'éléments susceptibles d'établir chez l'intimé ou B.________ une intention de tromper le recourant. A cet égard, l'intéressé ne conteste pas que les premiers versements étaient survenus alors que le recourant entretenait des liens d'amitié sincères avec B.________, qui était à la recherche d'investisseurs, souhaitant développer sa marque et distribuer ses montres sur le marché russe, projet auquel le recourant avait effectivement participé dans son intérêt. Il apparaît du reste que les pourparlers entre les parties s'étaient par la suite principalement heurtés à l'exigence par l'intimé d'une clause de confidentialité quant à la participation du recourant dans les activités de B.________, alors qu'aux yeux du recourant, une telle clause supprimait tout intérêt de sa part à participer à l'opération, dans la mesure où il entendait précisément arguer de sa qualité de copropriétaire d'une marque de prestige à des fins de marketing (cf. ordonnance de classement du 15 septembre 2015, p. 4). Or, dès lors qu'une clause de confidentialité figurait déjà dans le premier projet de convention de mars 2007 (cf. ordonnance de classement du 15 septembre 2015, p. 9), on ne saurait déduire que les dissensions au sujet du caractère secret de l'accord avaient été utilisées par l'intimé comme un prétexte fallacieux pour retarder la conclusion de l'accord. Il n'est de surcroît nullement établi que le recourant ait tenté, avant le mois de décembre 2007, de sécuriser ses investissements en exigeant par exemple de l'intimé ou de B.________ des garanties en vue d'un éventuel remboursement des montants versés au cas où aucun accord n'interviendrait. Il ressort au contraire de ses déclarations que, s'il avait certes admis bien s'entendre avec B.________, il avait en revanche affirmé que l'intimé le haïssait (cf. procès-verbal d'audition n° 3, p. 8 s.), ce qui devait à tout le moins éveiller une certaine méfiance chez le recourant. De telles circonstances auraient dû amener le recourant à prendre en considération les risques de voir l'accord sur sa participation ne pas aboutir et de rencontrer, le cas échéant, des difficultés à récupérer les montants investis au vu du manque de liquidités de l'entreprise, dont les activités étaient alors embryonnaires, et du montage financier relativement complexe mis en place par l'intimé. On ne voit à cet égard pas en quoi les affirmations du recourant selon lesquelles il ne pouvait pas faire " marche arrière " après avoir investi plus d'un million de francs le dispensaient de prendre des précautions s'agissant des montants qu'il continuait à verser. En s'abstenant de toute mesure en vue de se prémunir contre ces risques et en poursuivant malgré tout ses versements, le recourant a adopté un comportement qui dénote un manque de prudence dans la gestion de ses affaires et tend également à exclure qu'il puisse avoir été dupé par l'intimé.