Citation: 9C_496/2015 E. A

A.a. A.________, domiciliée à B.________, est mariée et mère de trois enfants. Elle bénéficie d'une formation de laborantine en chimie acquise dans son pays d'origine. Le 15 mai 2003, elle a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité tendant à une rente, en mentionnant que son activité principale consistait à être mère au foyer. En complément à cette requête, elle a indiqué qu'elle travaillerait en dehors du ménage à 100 % si elle était en bonne santé. Après avoir instruit le cas en recueillant divers avis médicaux et une enquête économique sur le ménage, l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après: l'office AI) a retenu que l'assurée avait un statut mixte (active sur le marché du travail à 50 %, ménagère à 50 %) et qu'elle présentait trois affections ayant des répercussions sur la capacité de travail, à savoir des lombosciatalgies à gauche, un status une année après une cure de hernie discale (L5-S1 à gauche) et une scoliose idiopathique dorsolombaire. Il a estimé que l'intéressée avait une capacité de travail de 50 % dans son activité habituelle de nettoyeuse et de 100 % dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles. Procédant à l'évaluation de l'invalidité de l'assurée selon la méthode mixte, l'administration a fixé le degré de l'invalidité à 33,19 %, insuffisant pour ouvrir le droit à une rente de l'assurance-invalidité, par décision du 7 décembre 2007. Le recours déposé par A.________ contre cette décision a été admis par le Tribunal des assurances sociales du canton de Vaud par jugement du 23 avril 2008. La cause a été renvoyée à l'office AI pour qu'il mette en oeuvre une expertise psychiatrique de l'assurée et rende une nouvelle décision. A.b. Mandaté par l'administration, le docteur C.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a indiqué, dans un rapport du 14 février 2009, qu'il ne retenait aucun diagnostic d'ordre psychiatrique et que l'assurée ne présentait aucune incapacité de travail, ni diminution de rendement. Après avoir encore complété l'instruction du cas par d'autres avis médicaux, l'office AI a rendu une nouvelle décision de refus de prestations, le 24 février 2010. Contestant être en mesure de travailler, A.________ a porté la décision du 24 février 2010 devant la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal du canton de Vaud, en concluant à l'octroi d'une rente entière de l'assurance-invalidité. La juridiction cantonale a soumis l'assurée à une expertise médicale pluridisciplinaire qu'elle a confiée au Centre d'expertises D.________. Dans leur rapport du 5 avril 2011, les doctoresses E.________ et F.________, spécialistes en médecine interne, et le docteur G.________, spécialiste en psychiatre et psychothérapie, ont retenu les diagnostics suivants ayant une influence essentielle sur la capacité de travail: lombosciatalgies gauches avec failed back surgery syndrom, status après cure de hernie discale L5-S1 à deux reprises, en février 2004 et le 7 avril 2009 pour récidive, discopathie L5-S1 gauche. Les experts ont estimé que l'activité habituelle de nettoyeuse exercée par A.________ n'était plus possible du tout en raison des lomboscialgies. Ils ont ajouté qu'à la suite des opérations de hernie discale subies, elle avait présenté une incapacité totale de travail durant six mois environ. L'assurée était affectée des limitations suivantes: les mouvements nécessitant une flexion antérieure du tronc de manière répétée, le levage régulier et répétitif de charges égales ou supérieures à 10 kg, les mouvements en porte-à-faux répétitifs, les activités monotones et l'exposition à des vibrations corporelles. Les médecins du Centre D.________ ont estimé que l'assurée pourrait exercer une activité adaptée à son état de santé à 100 %, avec un rendement diminué de 50 %, ou à 50 % avec un rendement normal. Ils ont indiqué que le pronostic global quant à une reprise d'activité professionnelle quelconque dans le circuit économique, même adaptée, restait très réservé en tenant compte de tous les facteurs de risque non médicaux présentés par l'assurée, à savoir la longue période d'incapacité de travail durant presque dix ans, la chronification des douleurs, l'absence d'effet de toutes les thérapies entreprises et le fait que son mari bénéficiait d'une rente entière d'invalidité. Dans un rapport complémentaire du 11 octobre 2011, les experts ont notamment précisé qu'ils avaient constaté chez l'assurée un état dépressif d'intensité légère à modérée; ils ont expliqué que si les problèmes psychiques participaient aux limitations dans une moindre mesure, ils rendaient une activité possible à 50 %. A.________ a déposé un rapport du 11 novembre 2011 émanant de sa psychiatre traitante, la doctoresse H.________, qui faisait état chez sa patiente d'un épisode dépressif moyen et d'une capacité de travail nulle dans toute activité, même de caractère occupationnel. Par jugement du 19 juin 2012, la cour cantonale a admis le recours de A.________ et annulé la décision de l'office AI du 24 février 2010, renvoyant une nouvelle fois la cause à l'administration pour instruction complémentaire sur l'aptitude de l'assurée à tenir son ménage. L'office AI a été chargé de préciser les empêchements ménagers de l'intéressée dans les différentes tâches de cette activité et d'effectuer une nouvelle comparaison des revenus pour trois périodes, à savoir avant avril 2009, pendant les six mois d'incapacité totale de travail dès avril 2009 et après la fin de cette incapacité de travail. L'instance de recours a notamment relevé que A.________ ne contestait ni le statut d'active à 50 % sur le marché du travail ni celui de ménagère à 50 %, ni les empêchements de 50 % retenus pour la part active. Elle a en outre reconnu pleine valeur probante aux pièces médicales sur lesquelles l'administration s'était fondée pour constater, jusqu'en avril 2009, une capacité de travail de 50 % dans l'activité de nettoyeuse, puis une incapacité de travail totale pendant six mois et enfin une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles. A.c. Sur la base d'une nouvelle enquête économique sur le ménage (rapports des 14 et 17 décembre 2012) et de la comparaison des revenus, auxquels il a été procédé en exécution du jugement du 19 juin 2012, l'office AI a retenu que l'assurée présentait un degré d'invalidité de 25 % jusqu'en avril 2009, puis un taux d'invalidité moyen de 41,25 %, lui ouvrant le droit à un quart de rente du 1 er juillet 2009 au 31 janvier 2010. Dès lors que ce degré d'invalidité se situait à 33,53 % dès la mi-octobre 2009, aucun droit à une rente ne pouvait être reconnu à A.________ après le 1 er février 2010. L'office AI a rendu une décision en ce sens le 31 janvier 2014.