Citation: I 26/05 31.05.2005 E. 5

5.1 Un expert passe pour prévenu lorsqu'il existe des circonstances propres à faire naître un doute sur son impartialité. Dans ce domaine, il s'agit toutefois d'un état intérieur dont la preuve est difficile à rapporter. C'est pourquoi il n'est pas nécessaire de prouver que la prévention est effective pour récuser un expert. Il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale de l'expert. L'appréciation de ces circonstances ne peut pas reposer sur les seules impressions de la personne expertisée. La méfiance à l'égard de l'expert doit au contraire apparaître comme fondée sur des éléments objectifs (ATF 125 V 353 sv. consid. 3b/ee, 123 V 176 consid. 3d et l'arrêt cité; VSI 2001 p. 109 sv. consid. 3b/ee; RAMA 1999 n° U 332 p. 193 consid. 2a/bb et les références). 5.2 En l'espèce, le recourant soutient que certains faits relevés par l'expert dans l'anamnèse - en particulier le fait qu'il aurait été expulsé à deux reprises de la Suisse avant d'y revenir avec un permis de séjour valable, qu'il aurait connu sa seconde épouse peu avant d'être expulsé, qu'il est détenteur d'un véhicule de marque BMW, ainsi que sa situation et celle de sa famille vis-à-vis de l'aide sociale - sont sans pertinence pour l'appréciation de la situation médicale. D'autre part, il relève que selon son interprétation de certains paragraphes de l'expertise (cf. premier et dernier paragraphes de la page 28 et premier paragraphe de la page 29), l'expert le traiterait implicitement de menteur, de tricheur, de trompeur et encore de calculateur. D'après le recourant, d'éventuelles rumeurs reprochant au docteur E.________ d'être défavorable, dans ses rapports, aux assurés originaires des Balkans, pourraient être justifiées à la lecture des paragraphes cités de l'expertise. Au vu du rapport d'expertise, on ne voit pas que les critiques formulées par le recourant soient justifiées. En effet, si l'expert doit éviter tout jugement de valeur sur le comportement de l'assuré ou de son entourage, cela ne signifie pas qu'il doive négliger d'analyser les données anamnestiques sur le plan personnel et familial (François Paychère, Le juge et l'expert - plaidoyer pour une meilleure compréhension, p. 147, in: L'expertise médicale, éd. Médecine et Hygiène, Genève et Paris 2002). Or, s'il est vrai qu'il n'est pas déterminant, pour l'appréciation de son état de santé, que le recourant soit détenteur d'une BMW, cette remarque n'est pas encore de nature à ébranler la crédibilité des conclusions de l'expert. Quant aux données concernant sa situation familiale (mariage, divorce, remariage) et personnelle (statut administratif et sur le plan financier), elles ne sont pas inutiles, comme semble le penser le recourant, d'autant moins que ses difficultés personnelles ont été évoquées à plusieurs reprises dans le dossier en relation avec ses problèmes psychiques. Quant aux prétendues accusations de la part de l'expert, selon lesquelles le recourant serait un menteur, un tricheur, un trompeur ou un calculateur, elles n'ont strictement aucun fondement dans la mesure où elles procèdent de la pure interprétation du recourant. D'une part, ces termes ne figurent pas comme tels dans le rapport d'expertise, d'autre part, il ne ressort pas non plus du jugement cantonal que les premiers juges auraient interprété les paragraphes litigieux comme l'a fait le recourant. Quoi qu'il en soit, le seul fait qu'un expert-psychiatre emploie des expressions qui peuvent subjectivement être ressenties comme déplaisantes par la personne expertisée ne constitue pas en soi un indice de prévention à l'égard de celle-ci tant que les termes utilisés demeurent dans les limites de ce qui est nécessaire pour poser un diagnostic psychiatrique. C'est le cas en ce qui concerne les observations du docteur E.________ qui n'ont d'autre but que de décrire très précisément le contexte affectif dans lequel a évolué le recourant, lequel contexte s'avère particulièrement important en matière de troubles psychiques.