Citation: 6S.454/2006 28.12.2006 E. 1

2.2 L'art. 41 ch. 1 al. 1 CP prévoit la possibilité d'accorder le sursis "en cas de condamnation à une peine privative de liberté n'excédant pas dix-huit mois ou à une peine accessoire". L'octroi ou le refus du sursis à l'expulsion dépend exclusivement des critères fixés à l'art. 41 ch. 1 al. 1 CP (ATF 119 IV 193 consid. 3b p. 197; 118 IV 97 consid. 1b/aa p. 104; 114 IV 95 p. 97). Ainsi, le juge pourra suspendre l'exécution de l'expulsion si les antécédents et le caractère du condamné font prévoir que cette mesure le détournera de commettre d'autres crimes ou délits (ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 111 s.; 119 IV 195 consid. 3b p. 197; 117 IV 3 consid. 2b p. 4; 114 IV 95 p. 97). La protection de la sécurité publique n'intervient qu'au moment de décider ou non d'une expulsion. Quant aux chances de resocialisation, elles doivent être prises en considération - lorsque l'accusé est condamné à une peine ferme - au moment de la libération conditionnelle (ATF 119 IV 195 consid. 3b p. 197/198; 114 IV 95 p. 97). Est seul déterminant, en vue de l'octroi ou du refus du sursis, le pronostic relatif au comportement futur du condamné en Suisse (ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 111; 119 IV 195 consid. 3c p. 198 et la jurisprudence citée). 2.3 Le recourant fait valoir qu'il a sa famille en Suisse et que sa situation financière est saine. Il reproche en outre à la Cour de cassation d'avoir passé sous silence les huit années de séjour en Suisse. Pour les mêmes raisons qu'évoquées ci-dessus, le pronostic relatif à un comportement futur en Suisse est défavorable. Le fait que le recourant est marié en Suisse avec une ressortissante seychelloise et qu'il a un enfant avec elle n'est pas propre à l'empêcher de récidiver. Il ressort en effet du jugement de première instance que le recourant est actuellement au chômage et qu'il peine à parler le français. Dans ces circonstances, les conditions de vie du recourant en Suisse ne sont pas particulièrement propices pour éviter la récidive. Il convient en outre de relativiser le long séjour du recourant en Suisse, puisque celui-ci est arrivé en 1998 et qu'il a commis des infractions déjà en 2002. En définitive, la Cour de cassation a tenu compte des éléments essentiels pour poser son pronostic quant au comportement futur du recourant et a suffisamment motivé sa décision. Vu le risque de récidive et en l'absence d'intégration réelle du recourant, les juges cantonaux n'ont pas abusé de leur large pouvoir d'appréciation en considérant qu'une expulsion assortie du sursis ne serait pas de nature à détourner le recourant de la récidive. Le grief tiré de la violation de l'art. 41 ch. 1 CP est donc infondé.