Citation: U 278/04 06.01.2006 E. 4

Il s'est écoulé 14 ans depuis la fin du traitement médical prodigué par le docteur B.________ en mai 1986 et l'annonce de la rechute à l'assureur-accidents en avril 2000. Bien que la recourante allègue n'avoir jamais connu de rémission, on doit constater que les consultations médicales qu'elle a effectuées dans les années suivant l'accident assuré ont concerné des problèmes de santé d'un autre ordre. Il ressort ainsi de son dossier médical (produit en cours de procédure cantonale) qu'elle a régulièrement été suivie par son gynécologue, le docteur E.________; même si celui-ci a mentionné que sa patiente s'était souvent plainte de céphalées lors de ses consultations (cf. rapport du 3 juin 2002), rien ne permet encore de leur retenir une origine accidentelle. R.________ s'est également rendue à plusieurs reprises chez le docteur C.________. Tout en précisant qu'il ne pouvait donner de renseignements avant l'année 1990 faute d'avoir conservé les pièces y relatives, ce médecin a déclaré lui avoir prescrit en avril 1994 des séances de physiothérapie en raison d'une chute; des radiographies de la colonne vertébrale avaient été établies à l'époque, lesquelles ne montraient aucune lésion visible (rapport du 20 octobre 2002). Quant au docteur B.________, qui avait traitée l'assurée dans les suites immédiates de l'événement du 21 mai 1986, il a indiqué avoir fait mention dans ses notices d'une colonne cervicale indolore et fonctionnelle, ainsi que d'un status neurologique normal avec quelques céphalées résiduelles dès le 24 mai 1986; il ne trouvait par la suite aucune référence à des problèmes de santé qu'il aurait pu relier à l'accident en cause (rapport du 23 mai 2000). L'existence de troubles neuropsychologiques (ralentissement, difficultés de concentration et mnésiques, ainsi qu'un léger trouble de l'équilibre) est documentée pour la première fois dans un rapport du docteur N.________ du 8 septembre 1999. Dans ce rapport, le médecin précité semble imputer ces troubles à l'accident de la circulation de 1986 («R.________ présente, suite à un accident et probablement un traumatisme crânien mineur et peut-être une entorse cervicale discrète, [...]»). Entendu en cours de procédure cantonale, le docteur N.________ a toutefois relativisé ses propos, précisant que si les symptômes observés étaient selon lui «compatibles avec un syndrome post-commotionnel et un status après entorse cervicale», il lui était toutefois «difficile», treize ans plus tard, de parler de leur origine (cf. procès-verbal de comparution personnelle du 26 janvier 2004). Dans un rapport du 30 septembre 1999, le docteur L.________ a fait état de «discrètes anomalies des voies vestibulo-oculomotrices (qui) pourrai(en)t correspondre aux séquelles d'un ancien déficit vestibulaire brusque». Pour sa part, le docteur I.________ (de la Clinique W.________) a estimé que les dysfonctions cervicales qu'il avait constatées chez l'assurée au terme d'un examen pratiqué au mois de décembre 1999 entraient dans le cadre de «séquelles de l'accident» [de 1986] (attestation du 18 janvier 2000). Les docteurs S.________ et K.________ ainsi que les médecins de la Clinique Z.________, en revanche, concluent clairement à l'absence d'un lien de causalité ou à un rapport causal seulement possible (voir leurs rapports respectifs des 20 août 1999, 22 janvier 2001 et 22 janvier 2002). Selon ces médecins, plusieurs éléments plaident en faveur de cette conclusion : le long intervalle qui s'est écoulé entre l'accident et la rechute durant lequel l'assurée n'a jamais consulté de médecin pour des plaintes similaires, l'évolution rapidement favorable de la symptomatologie après l'accident, ainsi que la reprise d'une activité professionnelle régulière de 1986 jusqu'en 1997.