Citation: 7B_545/2024 E. 2.3

2.3. Le TPF s'est tout d'abord référé aux motifs exposés par le TMC-BE dans son ordonnance du 20 mars 2024, lequel constatait en particulier que les éléments soulevés par la défense n'étaient pas aptes à renverser les conclusions retenues le 4 décembre 2023 par le Tribunal fédéral, qui restaient pleinement d'actualité. Le TPF a ainsi rappelé les considérations ressortant de cet arrêt, puis a exposé les arguments avancés par le MPC dans sa requête de prolongation du 12 mars 2023. Il en ressortait en substance que plus aucun acte d'instruction n'avait été entrepris depuis la dernière prolongation de la détention provisoire, concernant le volet des violences physiques et sexuelles commises au préjudice de C.________. Le MPC avait en outre classé la procédure s'agissant de la plainte déposée par le recourant contre la plaignante. Des nouveaux actes d'instruction étaient intervenus dans le volet de l'homicide (art. 111, 112 CP), soit en particulier un rapport de la Police judiciaire fédérale (ci-après: la PJF) du 20 décembre 2023 et des auditions du recourant et de son ex-femme en janvier 2024. Le MPC avait également rappelé brièvement les faits instruits et les déclarations du recourant s'agissant des autres infractions objet de la procédure, soit l'instigation au faux témoignage (art. 307 al. 1 CP cum art. 24 CP), l'enregistrement non autorisé de conversations (art. 179ter CP), la représentation de la violence (art. 135 al. 1 et 1bis CP) et la pornographie (art. 197 al. 4 CP), les infractions à la LCR et celles à la LEtr, les crimes ou délits dans la faillite (art. 163 ss CP), ainsi que les infractions d'escroquerie (art. 146 CP), de faux dans les titres (art. 251 CP) et de blanchiment d'argent (art. 305bis CP). Il précisait encore ne plus envisager de mesure d'instruction et attendre le rapport final de la PJF, prévu pour fin mars/début avril 2024, à la suite duquel il procéderait à l'audition finale du recourant et des autres prévenus et au dépôt de l'acte d'accusation au début du mois de juin 2024. Compte tenu de ces considérations, en particulier du fait que plus aucun acte d'enquête n'avait été entrepris dans le volet de la procédure concernant C.________ depuis la dernière prolongation de la détention provisoire confirmée par le Tribunal fédéral dans son arrêt du 4 décembre 2023, le TPF a considéré que les soupçons demeuraient tels que retenus dans cet arrêt, quel que fût l'interprétation du recourant relative aux termes employés par le TMC-BE dans l'ordonnance entreprise et par le MPC dans sa réponse. Les messages du "chat351" auxquels se référaient le recourant et le TMC-BE ne constituaient au demeurant pas de nouveaux éléments de l'enquête; ils figuraient dans l'annexe au rapport de la PJF du 23 novembre 2022. Le TPF a encore souligné, s'agissant du volet de la procédure concernant D.________, que le recourant ne pouvait pas faire valoir que le TMC-BE avait retenu des charges "par erreur", puisqu'à ce jour, l'ensemble des charges ne lui avaient pas encore été communiqué. Cela ne l'avait toutefois pas empêché de faire valoir ses arguments sur ce point, devant la Cour des plaintes. En tout état, les soupçons de commission des infractions concernant les violences physiques et sexuelles commises à l'endroit de C.________ étaient toujours très sérieux et suffisamment graves pour maintenir le recourant en détention. Le TPF a par ailleurs relevé que les considérations du recourant relatives à la manière de mener l'enquête n'avaient pas à être examinées dans la procédure de prolongation de la détention. S'il estimait nécessaire de procéder à de nouvelles mesures d'enquête, il lui appartenait de s'en prévaloir en premier lieu devant le MPC. Enfin, il a rappelé qu'il appartenait au juge du fond - et non à celui de la détention - de faire une appréciation complète des éléments à charge et à décharge.