Citation: 1P.40/2005 10.02.2005 E. 4

Sur le fond, le recourant conteste l'existence d'un risque concret de récidive. 4.1 L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un détenu peut, en principe, maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Selon la jurisprudence, le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par d'autres moyens que le maintien en détention, tels que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine p. 271 et les arrêts cités). Le recourant a été mis en détention préventive du chef d'escroquerie, voire d'abus de confiance. Selon la décision attaquée - et le prononcé de première instance auquel elle renvoie - un danger sérieux de répétition de tels actes découlait des motifs suivants. Les activités de "placement" reprises par le recourant en mai 2003 au préjudice des époux A.________ et de B.________ présentaient une étrange similitude avec celles ressortant déjà du premier volet de l'instruction. Elles portaient en outre sur des montants non négligeables et revêtaient des formes élaborées, ainsi qu'en témoignait par exemple la création des statuts de la fondation "Enfants Y.________". De surcroît, le prévenu s'était lancé dans d'autres projets financiers qui, s'ils ne s'étaient finalement pas concrétisés, révélaient la réitération d'activités potentiellement dommageables entre l'automne 2003 et l'été 2004. Il avait par ailleurs obtenu de son père plusieurs montants pendant l'année 2004. Enfin, il avait déclaré avoir dû utiliser les sommes empruntées pour rembourser certains créanciers pressants; or, il pourrait fort bien se retrouver dans une situation identique s'il était libéré. Le recourant conteste les éléments retenus à sa charge. S'agissant du premier volet de l'affaire, il soutient avoir été lui-même victime d'un tiers auquel il avait remis aux fins de placement la plupart des montants reçus. Quant aux sommes obtenues des époux A.________ et de B.________, il prétend s'être trouvé "obligé" d'en utiliser une partie à des buts personnels. Pour le surplus, il disconvient avoir agi de manière potentiellement préjudiciable entre l'automne 2003 et l'été 2004, dès lors que "toutes les garanties avaient été prises afin d'éviter une prise de risque inconsidérée". Enfin, il dénie que les prêts consentis par son père puissent être assimilés à des activités de placement. Dans ces conditions, on ne peut le tenir pour susceptible de réitérer ses activités délictueuses aux fins, notamment, de rembourser des créanciers. Les arguments avancés par le détenu pour démontrer l'improbabilité d'une récidive ne sont manifestement pas convaincants. A supposer même que le recourant ait été grugé par un tiers, cela ne signifie pas qu'il n'aurait pas lui-même recueilli par des moyens répréhensibles les sommes qu'il avait ainsi "placées". Par ailleurs, le recourant ne conteste pas à suffisance les actes à l'origine de la présente détention, commis à l'encontre des époux A.________ et de B.________, dès lors qu'il ne dénie ni les modalités d'obtention, ni l'usage personnel des sommes obtenues. Quant aux agissements perpétrés entre l'automne 2003 et l'été 2004, s'ils n'ont, semble-t-il, pas entraîné de préjudice, ils révèlent que le recourant n'a pas renoncé à se lancer dans des opérations financières hasardeuses, d'autant plus périlleuses qu'elles visaient cette fois, selon le dossier, un prêt de plusieurs centaines de millions de dollars américains. Ainsi, les éléments rassemblés indiquent de manière convergente que le recourant tend à répéter un comportement consistant à obtenir des sommes d'argent en appâtant ses présumées victimes par des rendements particulièrement avantageux, voire par la réalisation d'un projet humanitaire dans un domaine sensible, sans être en mesure d'assurer même la restitution du capital, respectivement l'usage promis. Le risque est ainsi élevé qu'il ne se détache pas de cette attitude réitérative, d'autant que sa situation est toujours obérée. A cela s'ajoute que les délits redoutés - à savoir de nouvelles escroqueries ou abus de confiance - sont graves. Enfin, on ne voit pas quelle mesure moins incisive serait apte à écarter le risque de récidive résultant des circonstances évoquées ci-dessus.