Citation: 5P.278/2004 13.10.2004 E. 1

2.2 Le recourant reproche d'abord à l'autorité cantonale d'avoir considéré que, comme la reconnaissance de dette et l'engagement de remboursement sans réserve résultaient clairement du document intitulé "reconnaissance de dette", il importait peu que le préambule de ce document parle d'une avance sur salaire du FC B.________ (cf. lettre F supra). En effet, s'il s'agit d'une avance de salaire par Y.________ SA, cette société se substituait au FC B.________; or, s'agissant du remboursement, la cession du salaire futur n'est possible qu'aux conditions de l'art. 325 CO. Au demeurant, un prêt (art. 305 ss CO) ne se confond pas avec une avance sur salaire (cf. art. 323 al. 4 CO). Dans le premier cas, la prétention en remboursement s'éteint par le paiement. Dans le second, elle s'éteint par la prestation en nature du travailleur qui libère progressivement celui-ci du remboursement de la prestation anticipée en espèces de l'employeur, et c'est uniquement dans l'hypothèse où le travailleur ne presterait plus en nature que son obligation de rembourser en espèces s'actualise. En l'espèce, le FC B.________, pour le travail d'entraîneur du recourant, a remboursé les avances de Y.________ SA, qui étaient des "avances sur salaire" du FC B.________, dans une confusion des caisses dont le recourant n'a pas à pâtir. Par cette argumentation, le recourant ne démontre pas en quoi l'arrêt attaqué reposerait sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (cf. ATF 125 I 492 consid. 1b et les arrêts cités). Il est incontestable que le document produit par la poursuivante constitue une reconnaissance de dette signée par le poursuivi, lequel y reconnaît devoir à la poursuivante, sans réserve ni condition, la somme de 15'000 fr., remboursable au 30 juin 2000 au plus tard. Ce document indique bien qu'il s'agit d'un prêt concédé par Y.________ SA - le montant du prêt ayant d'ailleurs été payé par deux chèques tirés sur le compte de cette société - et devant être remboursé à Y.________ SA. C'est en vain que le recourant invoque la mention selon laquelle le prêt en question était "une avance sur le salaire de la saison d'entraîneur 1999-2000 du F.C. B.________" : du moment que la poursuivante ne se prévaut d'aucune cession ni mise en gage du salaire d'entraîneur du poursuivi pour le FC B.________, mais réclame simplement le remboursement du prêt qui fait l'objet de la reconnaissance de dette, il n'y a pas d'arbitraire à considérer que les conditions de l'art. 82 al. 1 LP sont remplies et que le poursuivi ne rend pas vraisemblable sa libération au sens de l'art. 82 al. 2 LP. 2.3 Le recourant reproche également à l'autorité cantonale d'avoir admis le principe d'une dette elle-même, à hauteur de 10'400 fr. En effet, d'une part il ne s'agirait même pas de la créance déduite en poursuite, à hauteur de 12'400 fr., et d'autre part on ne saurait retenir que l'adjonction unilatérale ultérieure de A.________ satisferait à établir une créance d'une telle quotité. Ces griefs sont à la limite de la témérité. Il y a en effet identité manifeste entre la créance déduite en poursuite et celle faisant l'objet de la reconnaissance de dette : l'autorité cantonale a accordé la mainlevée provisoire, compte tenu d'un remboursement partiel de 4'600 fr. admis par la poursuivante, pour la part restant due sur le montant reconnu de 15'000 fr., soit 10'400 fr., plus intérêt à 5% l'an dès le 1er juillet 2000, alors que la poursuivante, tout en tenant compte du remboursement partiel de 4'600 fr., arrivait au montant de 12'400 fr. déduit en poursuite en incluant les intérêts (composés) sur le solde dû (cf. lettres C et D supra). Par ailleurs, la cour cantonale a constaté - d'une manière qu'il n'y a pas à revoir (cf. consid. 1.2 supra) - que l'exemplaire original de la reconnaissance de dette produit par le poursuivi lui-même portait les mêmes ajouts manuscrits que l'exemplaire produit par la poursuivante. Dès lors, la signature apposée sur la reconnaissance de dette par le poursuivi le 6 juin 2000, soit le jour même où celui-ci a reçu un chèque de 5'000 fr. (cf. lettres A et B supra), se rapportait bien à un montant de 15'000 fr. 2.4 Le recourant entend enfin tirer argument de l'absence, sur la reconnaissance de dette du 6 juin 2000, de la signature de son épouse, alors que celle-ci était également censée signer ce document en qualité de débiteur conjoint. Aux yeux du recourant, le fait que son épouse n'a rien signé "amoindrit d'autant plus la pertinence du titre que celui qui prend un engagement en qualité de débiteur conjoint n'entend pas le prendre en qualité de débiteur exclusif". Cette argumentation est dénuée de pertinence. Il est en effet établi que la somme de 15'000 fr. - remise au recourant sous la forme de deux chèques de respectivement 10'000 fr. et 5'000 fr. (cf. lettre A supra) - représentait un prêt accordé conjointement aux époux X.________, lesquels en étaient dès lors solidairement responsables en vertu de l'art. 308 CO. Par conséquent, la créancière pouvait bien poursuivre le recourant pour le tout (art. 143 CO) et réclamer la mainlevée sur la base d'une reconnaissance de dette signée par le seul recourant.