Citation: U 44/05 13.04.2006 E. 1

Dans sa réponse au recours formé devant la juridiction cantonale, la CNA a fait valoir en premier lieu que celui-ci était tardif et devait être déclaré irrecevable. Toutefois, ce point de vue a été écarté par les juges cantonaux qui sont entrés en matière sur le recours. Cela étant, il convient d'examiner si la juridiction cantonale était fondée à déclarer le recours recevable. En effet, le Tribunal fédéral des assurances examine d'office les conditions dont dépend la qualité pour recourir et les conditions formelles de validité et de régularité de la procédure précédente, soit en particulier le point de savoir si c'est à juste titre que la juridiction cantonale est entrée en matière sur le recours. Aussi, lorsque l'autorité de première instance a ignoré qu'une condition mise à l'examen du fond du litige par le juge faisait défaut et a statué sur le fond, c'est un motif pour le tribunal, saisi de l'affaire, d'annuler d'office le jugement en question (ATF 128 V 89 consid. 2a, 125 V 347 consid. 1a, 122 V 322 consid. 1). Certes, dans sa réponse au recours de droit administratif, l'intimée ne remet pas en cause sur ce point le jugement entrepris, mais se contente de conclure au rejet du recours. Cependant, le Tribunal fédéral des assurances n'étant pas lié par les motifs que les parties invoquent (art. 114 al. 1 en corrélation avec l'art. 132 OJ), il examine d'office si le jugement attaqué viole des normes de droit public fédéral ou si la juridiction de première instance a commis un excès ou un abus de son pouvoir d'appréciation (art.104 let. a OJ). Il peut ainsi admettre ou rejeter un recours sans égard aux griefs soulevés par le recourant ou aux raisons retenues par le premier juge (ATF 125 V 500 consid. 1, 124 V 340 consid. 1b et les références). Au demeurant, comme elle a obtenu gain de cause en instance cantonale, l'intimée n'avait pas de raison de demander l'annulation du jugement attaqué pour un motif d'ordre formel.