Citation: 4A_666/2012 E. 4.1

4.1. A l'appui de sa demande de révision, la requérante invoque la découverte, après coup, de faits pertinents et de moyens de preuve concluants que l'intimée lui aurait délibérément cachés pendant toute la durée de la procédure arbitrale (art. 123 al. 2 let. a LTF). A raison de ces faits, elle reproche également à son adverse partie d'avoir commis une escroquerie au procès, qui aurait influencé la décision prise par les arbitres à son détriment (art. 123 al. 1 LTF). En bref, selon la requérante, l'intimée n'aurait produit qu'après la clôture de la procédure arbitrale les factures des entreprises qui avaient procédé à la réfection des défauts affectant le système de climatisation de son hôtel, alors qu'elle aurait pu et dû le faire pendente lite, ainsi qu'elle en avait été requise. Pour cette raison, le Tribunal arbitral a fixé les dommages-intérêts alloués à cette partie sur la base de simples devis produits par celle-ci. Or, la confrontation des factures avec les devis démontrerait qu'une part importante des travaux exécutés n'a aucun lien avec les défauts imputés à la requérante. Il s'agit, selon toute vraisemblance, de travaux, notamment d'embellissement, que l'intimée, de connivence avec les entreprises mandatées par elle, a cherché à réaliser aux frais de la requérante. En définitive, suivant l'avis émis par l'expert judiciaire A.________ dans le cadre d'une procédure parallèle, le montant alloué à l'intimée dépasserait de 3'100'171, 62 euros au minimum celui auquel cette partie aurait normalement droit. Si l'on en croit la requérante, la découverte de ces faits et moyens de preuve nouveaux aurait eu lieu, au plus tôt, le 11 juillet 2012, date de la tenue d'une audience devant la Cour d'appel de Paris dans le cadre de la procédure en référé dont il a été question plus haut (cf. let. B.b, 2e par.). A cette occasion, en effet, l'intimée a déposé, pour la première fois, sous pièce 9, un jeu de factures et des demandes d'acomptes émanant des sociétés V.________ et W.________ qui avaient exécuté des travaux dans son hôtel. Par la suite, l'expert judiciaire A.________ aurait confirmé, dans une note du 6 août 2012, les soupçons de la requérante quant à la tentative de l'intimée de lui faire supporter le coût de travaux sans lien avec les défauts ayant donné lieu à la procédure arbitrale.