Citation: 6B_67/2019 E. 5.9.6

5.9.6. Pour ce qui concerne A.________, il convient de se placer au moment où il a reçu les valeurs confisquées, qui coïncide, par ailleurs, avec le moment où ces valeurs ont été blanchies. A.________ a été membre du conseil d'administration de MUS du 11 juillet 1997 au 2 septembre 2002, au côté notamment de W.________, soit durant la période des versements à DDD.________. En outre, DDD.________ était formellement dirigée par A.________, V.________ et W.________. Tous trois étaient par ailleurs titulaires du droit de signature sur l'un ou l'autre des comptes bancaires de DDD.________, conjointement avec l'un ou l'autre des administrateurs de FFF.________ (cf. supra consid. B.e.a). Il ressort du jugement attaqué, qui se réfère au jugement du 10 octobre et complément du 29 novembre 2013, que W.________ et A.________ ont procédé, au nom de MUS, à 13 augmentations de capital de DDD.________, jusqu'à hauteur d'un montant de 150 mio USD. Ainsi, les procès-verbaux relatifs aux décisions successives d'augmentation du capital-actions jusqu'à concurrence de 150 mio USD, prises par l'assemblée générale de DDD.________, constatent que W.________ et A.________ représentent la titulaire des droits de fondation de DDD.________ (soit MUS) et qu'ils constituent l'assemblée générale universelle de DDD.________. Aux termes de ces procès-verbaux, W.________ agit en qualité de représentant de MUS et A.________ tient le procès-verbal (cf. jugement du 10 octobre 2013 et complément du 29 novembre 2013 p. 195 s.). Entre le 8 décembre 1998 et le 30 avril 2002, MUS a intégralement libéré le capital de sa société fille par 19 versements totalisant 150 mio USD sur les comptes de DDD.________ auprès de banques suisses. Sur les 150 mio USD reçus de MUS, DDD.________ en a utilisé 145'850'000 USD pour capitaliser GGG.________. Les versements y relatifs, intervenus entre le 26 mars 1999 et le 29 mai 2002, ont tous été décidés par le conseil d'administration de DDD.________, soit par lettres circulaires signées notamment par A.________, W.________ et V.________ ou sur instruction des deux premiers nommés au troisième (cf. jugement du 10 octobre 2013 et complément du 29 novembre 2013 p. 62). En échange de ces versements, DDD.________ a reçu 145'850'000 actions A de GGG.________ (qui ne donnaient pas le contrôle effectif de la société). MUS a ainsi transféré 150 mio USD à DDD.________ qui les a elle-même remis à GGG.________, en échange d'actions qui ne donnaient pas le contrôle effectif sur cette société. Quant à GGG.________, qui avait été fondée quelques jours avant le premier versement et qui appartenait à S.________, elle a transféré les fonds versés par DDD.________ au fur et à mesure, immédiatement après leur réception ou à brève échéance, à PP.________. Celle-ci les a redistribués à S.________ et à diverses sociétés appartenant à celle-ci, à l'unique profit des ayants droit économiques de S.________. C'est le lieu de rappeler que A.________ était l'un des ayants droit économiques de S.________ (au travers de divers sociétés écran, cf. supra consid. B.a.j). En outre, PP.________ avait été fondée sur mandat de W.________, X.________ et A.________, puis un peu plus d'une année plus tard, avait été transférée, sur ordre des prénommés, à S.________ (cf. supra consid. B.a.k). Il se déduit des différents éléments retenus par le TPF et exposés ci-dessus qu'au moment où les fonds confisqués sont parvenus sur les comptes de A.________, il avait connaissance du rôle et des devoirs inhérents à la fonction de W.________ envers MUS ainsi que des circonstances des transferts de fonds et de leur utilisation finale, singulièrement qu'ils n'avaient pas été utilisés dans l'intérêt de MUS, ce qui devait faire naître chez lui le soupçon pressant que le comportement de W.________ réalisait l'ensemble des éléments constitutifs du crime de gestion déloyale aggravée.