Citation: 5A_117/2024 E. 4

Après avoir rappelé les conditions (strictes) de l'annulation par voie de plainte d'une poursuite prétendument abusive, la juridiction précédente a retenu qu'elles n'étaient pas réalisées en l'espèce. Fondées ou non, les prétentions des poursuivants découlent du contrat de bail ayant lié les parties; elles ne sont ni manifestement inexistantes, ni exagérées, au point qu'il faille admettre que les poursuivants ne visent pas à leur recouvrement, mais à un autre but ( i.e. détruire la bonne réputation du poursuivi), étant observé que les sommes réclamées se fondent sur un jugement du Tribunal des baux et loyers (partiellement confirmé par la Cour de justice), et que leurs titulaires ont déjà requis la mainlevée de l'opposition, ce qui atteste le sérieux de leur démarche. De surcroît, la volonté de " tourmenter " le poursuivi n'est pas démontrée. L'intéressé n'a fourni aucune indication sur la nature et le montant des précédents commandements de payer, de sorte qu'il n'est pas possible de vérifier s'il s'agit des mêmes prétentions que celles qui se trouvent à l'origine de la poursuite litigieuse. Dans le contexte d'une relation durable, il est d'ailleurs en soi plausible que les poursuivants aient déjà recouru à la voie de l'exécution forcée pour recouvrer d'autres créances; la simple existence de précédentes poursuites est donc insuffisante à elle seule pour conclure au caractère abusif de la présente poursuite.