Citation: 1P.503/2000 04.09.2000 E. 3

3.- Le recourant ne conteste pas l'existence de charges suffisantes à son encontre. Il prétend en revanche que l'autorité intimée aurait retenu à tort qu'il présentait un risque de collusion et de fuite propre à justifier son maintien en détention préventive. Il dénonce à cet égard une violation des art. 10 al. 2 et 31 al. 1 Cst. a) Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne doit pas s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit et ses contacts avec l'étranger (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Il est sans importance, pour apprécier le risque de fuite, que son extradition puisse être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3dp. 36/37). b) En l'occurrence, le recourant, âgé de trente-cinq ans, est originaire du Kosovo où il a passé toute son enfance et effectué un apprentissage de soudeur; il est venu pour la première fois en Suisse en 1987 pour s'y établir définitivement en 1993; il a épousé en premières noces une compatriote dont il a divorcé en 1993; il s'est remarié en 1994 avec une Suissesse dont il est aujourd'hui séparé; il vit actuellement avec son ex-épouse, qui ne parle pas le français, et leurs deux enfants; il travaille à plein temps comme maçon auprès de l'entreprise Z.________, à Saint-Sulpice; il est endetté à concurrence de 10'000 fr. environ et fait l'objet d'une saisie de salaire de 700 fr. par mois. Compte tenu de ces circonstances et de la peine d'emprisonnement à laquelle il s'expose si sa culpabilité était retenue (cf. consid. 4 ci-dessous), l'éventualité que le recourant se rende dans son pays d'origine pour se soustraire à la justice apparaît suffisamment vraisemblable, en dépit des inconvénients qui en résulteraient aussi pour lui. La mesure litigieuse se justifiant pour ce motif, le grief tiré de la violation de la liberté personnelle doit être rejeté sans qu'il soit nécessaire d'examiner si les besoins de l'instruction nécessitaient également le maintien du recourant en détention.