Citation: 4C.313/2002 09.03.2004 E. A

A.a En août 1995, B.________, associé gérant et propriétaire économique de X.________ Sàrl (ci-après: X.________ ou la demanderesse), a fondé avec A.________, C.________, D.________ et E.________, la société Y.________ AG (ci-après: Y.________), à W.________; les quatre dernières personnes précitées ont été nommées administrateurs de Y.________, avec signature collective à deux (art. 64 al. 2 OJ). Y.________ a été créée dans le but unique d'exploiter, en Suisse allemande et au Tessin, les publications éditées en langue française par X.________, cela sous le nouveau titre "Z.________". Le 18 août 1995, B.________, A.________, C.________ et E.________ ont signé une "déclaration d'intention", dont les clauses suivantes sont extraites: "La convention d'affermage est acceptée par tout le monde (...). (...) Les actionnaires sont d'accord de reprendre les actions à M. B.________ ou ses nommables, dans les deux ans qui suivent, soit: 50 % jusqu'à fin 1996 et 50 % jusqu'à fin 1997. A fin 1997, les actions que détiendra B.________ ou ses nommables correspondront à 20 % du capital-actions et du droit de vote; à parts égales avec les autres actionnaires. (...) Après la fondation de la nouvelle société [Y.________], la convention d'affermage et la convention des actionnaires seront signées dans les plus brefs délais". Toujours le 18 août 1995, X.________, représentée par B.________, et Y.________, agissant par A.________, D.________, C.________ et E.________, ont signé une convention dite "d'affermage" réglant les modalités de leur collaboration. Elle précisait que B.________ "donnait son copyright à Y.________", en contrepartie du versement par celle-ci à X.________ d'un pourcentage variable sur le chiffre d'affaires annuel minimum net que s'engageait à réaliser Y.________ au moyen de la publication de l'édition "Z.________" (art. 64 al. 2 OJ). Il a été retenu que l'existence de la convention "d'affermage" précitée était vitale pour la survie de la société Y.________. Pour éviter toute concurrence entre X.________ et Y.________, les limites territoriales de leur activité respective ont été fixées par un avenant du 28 novembre 1995, prévoyant des exceptions éventuelles. Le 22 août 1995, B.________, D.________, C.________, E.________ et A.________ ont passé une "convention des actionnaires" stipulant notamment ce qui suit: "Les autres actionnaires s'engagent à reprendre les actions de M. B.________ ou de ses nommables dans les deux ans qui suivent, soit: 50 % jusqu'à fin 1996 et 50 % jusqu'à fin 1997 et ceci à leur valeur réelle, mais au minimum à leur valeur nominale. A fin 1997, les actions que détiendra B.________ ou ses nommables correspondront à 20 % du capital-actions et du droit de vote; à parts égales avec les autres actionnaires". A.________ a signé cette convention dans la perspective de l'essor de la future société Y.________. Le 23 août 1995, l'actionnariat de Y.________ était constitué de la manière suivante: B.________ était titulaire de 80 actions nominatives de 1'000 fr. chacune représentant le 80 % du capital-actions; A.________, C.________, D.________ et E.________ étaient titulaires chacun de 5 % du capital social sous la forme de 50 actions nominatives d'une valeur nominale de 100 fr. Le 4 décembre 1996, B.________ a cédé ses actions à X.________. A.b Après quelques mois d'activité, Y.________ a périclité, en raison notamment d'un préjudice de 40'000 fr. environ causé par son administrateur C.________, lequel a été contraint de remettre ses actions à titre fiduciaire à la société, avant d'être radié du registre des actionnaires. Le 18 février 1997, X.________ s'est adressée notamment à A.________ pour obtenir l'exécution de la "convention des actionnaires" et a invité cette dernière à reprendre 11 actions nominatives de 1'000 fr. et à verser le montant de 11'000 fr. A.________ n'a pas donné suite à la requête. Par lettre du 27 novembre 1997, X.________ a retiré à Y.________ les droits d'exploitation de ses publications et demandé la "rupture" du contrat d'affermage du 18 août 1995 pour le 31 mai 1998. Y.________ a signé cette écriture "Pour accord" par l'entremise de A.________. Il résulte de la lettre susmentionnée que X.________ avait l'intention de continuer l'exploitation de "Z.________" par l'intermédiaire d'une nouvelle société, tout en se réservant d'établir une nouvelle convention avec Y.________ si cette dernière proposait "d'autres possibilités" pour la poursuite de l'exploitation de "Z.________". Au moment de la résiliation de la convention d'affermage, Y.________ n'avait pas réalisé le chiffre d'affaires minimum qui y était prévu et n'avait pas payé la contrepartie financière due à la demanderesse pour les années 1996 et 1997. Mise en liquidation le 4 mai 1998, Y.________ a été radiée du registre du commerce le 13 mars 2000.