Citation: 6B_886/2022 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a souligné que le relevé des entretiens avec les collaborateurs de l'aide sociale durant la période considérée montrait que la recourante n'avait pas spontanément indiqué qu'elle n'habitait plus à son domicile officiel, mais à celui de D.________, au moins depuis l'été 2018, ni que son fils s'était installé dans son appartement de juillet 2018 à mai 2019. La cour cantonale a par conséquent considéré que l'élément de la tromperie de l'art. 148a CP était réalisé. Le bureau d'aide sociale s'était ainsi trouvé dans l'erreur et avait versé des prestations indues, dans la mesure où l'appartement n'aurait plus été pris en charge par les services sociaux, si la recourante avait trouvé une autre solution pour se loger. La cour cantonale a aussi relevé que, même dans l'hypothèse - non tenue en l'espèce - où la recourante et son fils auraient partagé un appartement, la situation de celui-ci, majeur et au bénéfice d'un emploi, aurait entraîné un réajustement des prestations d'aide sociale. La cour cantonale a enfin considéré que l'élément constitutif subjectif de l'infraction était également réalisé. En effet, la recourante était consciente du fait qu'un concubinage stable entraînait une redéfinition voire une suppression de l'aide sociale, de même qu'elle savait qu'elle devait annoncer tout accueil de personne dans le logement financé par les services sociaux - ce qui ressortait sans aucune ambiguïté de la demande d'aide sociale qu'elle avait signée le 2 février 2017, de ses déclarations et du fait qu'elle s'était plainte en 2010 de la dureté des directives en matière d'aide sociale.