Citation: 8C_687/2017 E. 5

En l'occurrence, on peut admettre que les troubles sensitifs mis en évidence par le docteur E.________ constituent un élément médical nouveau dès lors qu'ils reposent sur un test de sensibilité (tactile, froid, chaud et piqué) qui n'avait pas été réalisé jusque-là. Les docteurs H.________ et I.________ de la CNA en conviennent d'ailleurs également (voir leur appréciation médicale du 2 novembre 2016). Le fait nouveau pertinent qui fonde la demande de révision ne réside toutefois pas dans l'existence de ces troubles sensitifs mais dans le diagnostic d'une atteinte des fibres fines au niveau des racines L1 et S4 que le docteur E.________ a posé à raison de ceux-ci. Or, dans son dernier rapport du 9 décembre 2016, le docteur E.________ concède que l'unique examen pour objectiver une atteinte des fibres fines consiste en une méthode appelée thermo-test développée par le neurologue suédois Ulf Lindblom et qu'à ce jour, il n'a pas trouvé une telle machine en Suisse. Cela étant, il reconnaît lui-même que les constatations nouvelles dont il fait état sur la base du test de sensibilité qu'il a effectué constituent tout au plus un indice allant dans le sens du diagnostic posé. Cela est toutefois insuffisant pour considérer que les éléments de preuve invoqués établissent le fait nouveau pertinent. Par ailleurs, le docteur E.________ s'est abstenu de dire en quoi une atteinte des fibres fines dans les racines L1 et S4 entraînerait chez l'assurée une incapacité de travail ou des limitations fonctionnelles plus importantes que celles retenues à l'époque par le médecin de la CNA. Si ce dernier a certes nié que la symptomatologie de l'assurée avait encore une base organique en lien avec l'accident du 5 mai 2011 à la date de son examen final, il n'en a pas moins évalué l'exigibilité d'une reprise d'activité professionnelle en tenant compte de la présence de douleurs résiduelles au niveau dorso-lombaire et fessier. Ainsi, il a estimé que l'ancienne activité de l'assurée exigeait d'elle des efforts qui allaient peut-être au-delà de ses capacités, et qu'elle devrait exercer une activité industrielle légère sans ports de charges lourdes, en position alternée avec la possibilité de se dégourdir les jambes, ne nécessitant que peu d'accroupissements ou de travail à genoux, aucun travail sur des échafaudages ou des échelles, et pas de montée ou descente répétitive d'escaliers. On précisera que c'est en fonction de descriptions de poste de travail (DPT) compatibles avec ces limitations fonctionnelles que la CNA a déterminé le revenu d'invalide de l'assurée. Il s'ensuit que les rapports du docteur E.________ ne permettent pas d'établir un élément de fait nouveau, déterminant sur le plan juridique, dont il résulterait que les bases de la décision du 19 décembre 2013 comportait des défauts objectifs. Partant, les conditions de l'art. 53 al. 1 LPGA ne sont pas réalisées. Mal fondé, le recours doit être rejeté.