Citation: 6F_2/2020 E. 3.1.2

3.1.2. Il n'en va pas différemment si l'on considère la question des liens allégués par le demandeur en révision entre la Juge fédérale dont il demande la récusation et le procureur cantonal en charge du dossier, respectivement l'association L.________. Sur ce point également, le demandeur en révision affirme n'avoir eu connaissance de ces éléments que par le biais de l'article de presse précité et de ses recherches ultérieures. Il convient toutefois de rappeler qu'il a formulé sa première demande de récusation du procureur le 31 août 2012, au terme de l'audience de mise en prévention, le jour même de son arrestation. Cette demande était fondée sur la publication dix ans plus tôt, en 2002, par l'association L.________, d'un ouvrage dans lequel ce procureur, alors qu'il exerçait le métier d'avocat, avait été remercié pour un travail de relecture et de correction. Il était également relevé que le père du procureur était lui-même membre de l'association et l'avait publiquement soutenue. Le Tribunal fédéral avait considéré que " le fait que le Procureur [avait] eu par le passé des engagements proches de ceux défendus par les associations dénonciatrices et qu'il [avait] pu côtoyer des membres de celles-ci ne suffisait pas à imposer sa récusation " (v. arrêt 1B_685/2012 du 10 janvier 2013). Cela démontre que le demandeur en révision a effectué des recherches d'une ampleur certaine sur les liens entre le procureur et les associations dénonciatrices dès le début de la procédure, de manière à être prêt à réagir quand il l'a jugé nécessaire, soit lorsque la procédure s'est focalisée formellement sur lui-même. Dans une seconde requête de récusation, le demandeur en révision avait notamment allégué que l'association L.________ avait émis une appréciation positive sur le procureur et que celui-ci avait considéré à tort l'association comme une " simple dénonciatrice ", respectivement les faits comme " circonscrits ". Le Tribunal fédéral avait jugé que cela n'engageait que l'association et que les déclarations du procureur ne dénotaient pas un parti pris en défaveur du recourant, respectivement ne constituaient pas un indice de partialité (arrêt 1B_86/2013 du 19 avril 2013). Une troisième requête du même type, des 9 mars et 6 avril 2013, fondée sur des comportements du procureur en cours de procédure, a été rejetée (v. arrêt 1B_205/2013 du 9 août 2013). Une quatrième requête de récusation du procureur a, ensuite, été fondée sur le reproche adressé à ce dernier " de ne pas avoir répondu à la question [...] avez-vous été membre de l'association L.________? ". Le Tribunal fédéral a considéré qu'en gardant ce moyen en réserve pour l'invoquer onze mois après son arrestation, alors que l'instruction ne suivait pas le cours désiré, le demandeur en révision avait contrevenu au principe de la bonne foi (arrêt 1B_321/2013 du 30 octobre 2013). La cinquième demande de récusation du procureur a été fondée à nouveau sur la question de ses liens avec l'association L.________, en qualité (supposée) de membre ou de donateur. Le Tribunal fédéral a alors jugé que cette question aurait dû être posée antérieurement et que le demandeur en révision ne pouvait " se saisir du moindre prétexte pour poser la même question relative à sa supposée appartenance à L.________ sous des angles différents " (arrêt 1B_72/2015 du 27 avril 2015).