Citation: I 384/03 25.03.2004 E. 1

4.3 En l'occurrence, l'évaluation du docteur M.________ - seul avis psychiatrique au dossier - se base sur un examen extrêmement sommaire de l'assuré. On y apprend que celui-ci est «déraciné» et qu'il se trouve dans «une situation socioprofessionnelle plus que précaire», ce qui expliquerait son «attitude rigide de victime avec un statu quo qui lui permet de pallier à l'angoisse de perte et de séparation (le fait de devoir quitter la Suisse)»; rien, en revanche, sur sa structure de personnalité ni sur ses ressources envers la douleur. Le psychiatre n'a pas non plus discuté les critères consacrés par la jurisprudence qui fondent un pronostic défavorable en ce qui concerne l'exigibilité d'une reprise d'activité en cas de troubles somatoformes douloureux (voir arrêt N. du 12 mars 2004, I 683/03, destiné à la publication; VSI 2000 p. 155 consid. 2c). En fait, il ne s'est même pas véritablement prononcé sur la capacité de travail de l'assuré au plan psychique, se contentant de dire au terme de son analyse qu'il «(était) possible qu'on soit face à une situation fixée de façon définitive». La brièveté de son rapport de consilium s'explique peut-être par le départ imminent de celui-ci de la Suisse. Quoi qu'il en soit, les éléments qu'il a retenus sont insuffisants pour qu'on puisse admettre, comme l'a fait la CNA, une atteinte psychique invalidante de longue durée. Pour cette même raison, on ne saurait cependant non plus conclure, sans plus amples examens, à l'absence d'une affection psychique susceptible d'entraver le recourant dans sa capacité de travail. Il convient par conséquent de renvoyer la cause à l'office intimé afin qu'il mette en oeuvre une expertise psychiatrique (comprenant une investigation de type neuropsychologique) qui réponde aux réquisits précisés par la jurisprudence concernant la valeur probante d'un rapport médical (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). Au cas où le diagnostic posé par le docteur M.________ devrait se confirmer, il appartiendra à l'expert psychiatre de fournir à l'office AI tous les éléments permettant à ce dernier de déterminer avec précision l'incidence des troubles somatoformes douloureux sur la capacité de travail à la lumière de la jurisprudence récente de la Cour de céans en la matière (notamment de l'arrêt N. du 12 mars 2003, I 683/03). Après quoi, l'office intimé rendra une nouvelle décision. Dans cette mesure, le recours se révèle bien fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: