Citation: 4A_362/2007 13.11.2007 E. 6

Le demandeur critique l'expertise judiciaire et il reproche à la Cour civile d'avoir violé l'art. 9 Cst. en se référant à cette étude nonobstant ses défauts. Selon la jurisprudence relative à cette disposition constitutionnelle, le juge apprécie librement la force probante d'une expertise. Dans le domaine des connaissances professionnelles particulières de l'expert, il ne peut toutefois s'écarter de son opinion que pour des motifs importants qu'il lui incombe d'indiquer; il est au contraire tenu de recueillir des preuves complémentaires lorsque les conclusions de l'expertise judiciaire se révèlent douteuses sur des points essentiels (ATF 130 I 337 consid. 5.4.2 p. 345/346; 128 I 81 consid. 2 p. 86; 118 Ia 144 consid. 1c p. 146/147). Sur la base du rapport d'expertise, le demandeur relève que dans quelques-unes de ses opérations, l'expert s'est concerté avec la défenderesse. Il met aussi en évidence que de nombreux contacts sont survenus entre l'expert et cette partie, par le fait que l'appareil se trouvait dans les locaux d'icelle. A son avis, l'expert est donc suspect de partialité. Or, cette opinion et les commentaires qui l'accompagnent ne suffisent pas à susciter un doute sérieux sur la validité du rapport et de ses conclusions. L'expert a notamment étudié l'homogénéité de la température à l'intérieur du four. A cette fin, il a réparti plusieurs thermocouples en divers points de l'espace utile dans cet appareil. Il a préalablement fait un essai avec tous les thermocouples placés au même endroit, en vue de tenir compte ensuite des écarts de mesure apparaissant entre ces instruments. Le demandeur développe une longue critique de la méthode ainsi employée et des erreurs qu'elle a pu engendrer. Cette argumentation ne s'inscrit pas dans les moyens admissibles selon l'art. 97 al. 1 LTF car dans l'instance précédente, le demandeur n'a pas eu moins de trois occasions de poser des questions complémentaires à l'expert, questions auxquelles celui-ci a chaque fois répondu de façon détaillée. C'est dans ce cadre que le demandeur aurait pu et dû soulever la critique présentement exposée, pour ensuite, à défaut de réponse satisfaisante, dénoncer les faiblesses de la méthode devant la Cour civile; l'instance fédérale n'est pas le lieu de continuer une discussion de l'expertise.