Citation: 1B_255/2022 E. 1

Le recours au sens des art. 78 ss LTF est ouvert contre les décisions rendues en matière pénale, qu'elles se fondent sur le droit pénal matériel ou le droit de procédure pénale. Il s'étend donc à un avis de recherche et d'arrestation émis par le Ministère public en application de l'art. 210 al. 2 CPP. La personne qui a connaissance de l'existence d'un mandat d'arrêt ou d'amener décerné à son encontre dispose d'un intérêt actuel à recourir tant que ce mandat n'est pas encore exécuté puisque son exécution est de nature à porter atteinte à ses droits fondamentaux (art. 10 al. 2 Cst.; arrêt 1B_51/2021 du 31 mars 2021 consid. 1). La question se présente différemment lorsque le mandat a été exécuté ou révoqué. Un recours peut toutefois tendre à une décision de constatation de son illicéité, notamment sous l'angle de la proportionnalité (arrêt 1B_451/2017 du 7 décembre 2017 consid. 2.3). Ces considérations, également transposables à un avis de recherche et d'arrestation, trouvent à s'appliquer en l'occurrence où le recourant fait valoir que l'avis émis à son encontre était injustifié (car l'accusation de violation de domicile était infondée), disproportionné (car il aurait suffi de lui envoyer un mandat de comparution ou de lui notifier l'ordonnance pénale sans l'entendre) et illicite en tant qu'il avait une durée de validité de dix ans et qu'il aurait tout au plus dû être limité à deux ans au vu de l'infraction qui lui était reprochée. Cela étant, on doit lui reconnaître un intérêt actuel et pratique à recourir contre l'avis de recherche et d'arrestation. La condition du préjudice irréparable de l'art. 93 al. 1 let. a LTF est réalisée puisque le recourant a été arrêté et amené au poste de police en exécution de l'avis de recherche et d'arrestation litigieux. Les conditions d'entrée en matière sont ainsi réunies.