Citation: 4A_505/2023 E. 4.2

4.2. La cour cantonale a considéré que la résiliation immédiate du contrat n'était pas justifiée; ce point n'est plus litigieux. Elle n'en a pas moins examiné les prestations fournies par l'intimée. En amont de son examen, elle a relevé que dans l'appréciation d'"éventuels manquements au niveau des prestations de maintenance fournies" par l'intimée, il devait être tenu compte de l'infrastructure informatique de la recourante, qui était "en fin de vie" et qui résultait du budget restreint qu'elle allouait à son département informatique. Cela dit, l'instance précédente a constaté qu'aucune paralysie des activités commerciales de la recourante n'était survenue. Les choix opérés par l'intimée, sous la supervision de D.________, semblaient au contraire avoir été favorables au maintien du bon fonctionnement du système informatique. Par ailleurs, il n'était pas démontré que l'intimée, qui détenait les compétences nécessaires à l'exécution du contrat, aurait failli à son devoir d'informer et conseiller la recourante. Au contraire, il était démontré que l'intimée s'était plainte à la recourante, par courriel du 26 mars 2015, de retard dans le renouvellement de certains contrats et qu'elle s'était dite préoccupée par ce retard qui pouvait avoir un impact sur l'ensemble des fonctions du département informatique. La cour cantonale a évoqué le fait que de nombreux patchs et mises à jour n'avaient pas été appliqués ou installés par l'intimée, sans toutefois retenir que ce comportement constituait une violation contractuelle et en précisant que leur installation n'aurait pas eu pour effet d'améliorer le système informatique. Les prétendues négligences en matière de "maintenance logicielle" n'étaient pas démontrées, tout comme le fait que le site distant n'aurait pas été opérationnel. Le fait que le site distant n'aurait pas été testé était en outre "peu plausible" et aurait dans tous les cas été toléré par la recourante, à laquelle il incombait de vérifier si le site fonctionnait correctement. A la lire, la recourante avait également toléré la "mauvaise gestion ainsi que [le] désordre dans les salles informatiques". Cela exposé, aux yeux de la cour cantonale, les faits démontraient que la recourante était satisfaite des services de l'intimée, cette dernière n'ayant jamais fait l'objet d'un avertissement, ni même de simples critiques durant l'ensemble des rapports contractuels, alors même que le département informatique faisait chaque année l'objet d'un audit externe et d'un audit interne. Enfin, aucun élément du dossier n'avait permis d'établir un lien de causalité entre l'état du système informatique de la recourante au moment de la résiliation du contrat et une éventuelle insuffisance des prestations de maintenance que l'intimée s'était engagée à fournir. Compte tenu de ce qui précède, il n'était pas nécessaire "d'examiner si les [autres] conditions posées par l'art. 97 CO (notamment l'existence et la quotité du prétendu dommage [...]) seraient remplies".