Citation: I 214/02 29.10.2002 E. 4

4.1 Les premiers juges ont considéré que le taux d'invalidité de l'intimée dans une activité lucrative adaptée s'élevait à 50 %, en se référant à un emploi de femme de ménage. Selon la juridiction cantonale, les tâches que l'intimée exerçait dans cette profession étaient pratiquement les mêmes que celles qu'elle accomplissait dans son ménage. Quant à l'intimée, elle allègue qu'elle n'a aucune qualification ou expérience professionnelle et que seul un travail de femme de ménage entre en ligne de compte. Les activités lucratives retenues par l'office recourant lui paraissent ainsi inaccessibles. A l'opposé, l'office recourant soutient que dans un emploi adapté (caissière de station service, montage industriel, travaux d'établi et de conditionnement), l'intimée serait en mesure d'obtenir un revenu quasi semblable à celui qu'elle réalisait jadis comme femme de ménage. 4.2 Le point de vue de la juridiction cantonale de recours est erroné dès lors que le docteur A.________ a attesté que sa patiente n'était plus en mesure d'exercer sa profession de femme de ménage, vu l'état de ses épaules (cf. rapport du 7 août 2000). De plus, les travaux confiés à une femme de ménage ne sont pas forcément les mêmes que ceux qui sont dévolus à une ménagère, de sorte qu'on ne peut reprendre le taux d'invalidité applicable aux tâches ménagères. Quant au moyen soulevé par l'intimée, il est mal fondé, car les emplois retenus par l'office recourant ne requièrent pas de qualifications professionnelles particulières. Pour autant, l'appréciation de l'office AI ne saurait être suivie en l'état. D'une part, l'administration a omis d'indiquer les données salariales sur lesquelles elle s'était fondée pour admettre que le revenu d'invalide était presque identique à celui que l'assurée percevait jadis comme femme de ménage. D'autre part, l'office recourant part de l'idée que la capacité de travail de l'intimée était entière, alors que le docteur A.________ avait uniquement attesté, de façon nuancée, qu'elle s'élevait théoriquement au-delà de 66 2/3 % dans une activité adaptée, mais à 50 % seulement en présence de limitations (cf. rapport du 7 août 2000). Les éléments nécessaires à la détermination du revenu d'invalide (c'est-à-dire le taux précis de la capacité de travail résiduelle dans une activité adaptée et le salaire susceptible d'être versé à l'intimée) font défaut, si bien que le taux d'invalidité dans l'activité lucrative ne peut être déterminé. La cause n'est donc pas en état d'être jugée, sans complément d'instruction.