Citation: 4A_420/2022 E. 5.5.4

5.5.4. Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la décision rendue par l'organe juridictionnel d'une association sportive, cet organe fût-il dénommé tribunal arbitral, ne constitue en principe qu'une simple manifestation de volonté émise par l'association intéressée (ATF 148 III 427 consid. 5.2.3; 147 III 500 consid. 4; 119 II 271 consid. 3b; arrêt 4A_344/2021 du 13 janvier 2022 consid. 5.2 et les références citées). La Cour de céans a aussi eu l'occasion de préciser que la CSJ FIFA ne constitue pas une autorité arbitrale mais uniquement l'organe juridictionnel interne d'une association privée (ATF 148 III 427 consid. 5.2.4; arrêt 4A_344/2021, précité, consid. 5). Il appert ainsi que les organes juridictionnels de la FIFA ne constituent pas de véritables tribunaux arbitraux, comme le reconnaît du reste expressément l'intéressé dans son mémoire de recours (recours, n. 134). La CSJ FIFA n'était ainsi en l'occurrence pas tenue d'appliquer l'art. 377 CPC - lequel règle le point de savoir si l'arbitre est compétent pour statuer sur une créance invoquée en compensation -, et ce indépendamment du point de savoir si la disposition précitée est applicable mutatis mutandis en matière d'arbitrage international (cf. notamment sur ce point: TARKAN GÖKSU, Schiedsgerichtsbarkeit, 2014, n. 611; GASSER/RICKLI, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2e éd. 2014, no 3 ad art. 377 CPC), car la CSJ FIFA n'est précisément pas un tribunal arbitral et la procédure conduite par elle ne saurait être qualifiée de procédure arbitrale. Le recourant ne peut pas davantage être suivi lorsqu'il soutient que le principe, prétendument " universel ", selon lequel " le juge de l'action est le juge de l'exception " devait trouver application en l'espèce. La jurisprudence a certes reconnu qu'il incombe en principe à l'autorité judiciaire chargée de statuer sur la prétention principale de se prononcer sur l'existence de la créance invoquée en compensation (ATF 124 III 207 c. 3b/bb; 85 II 103 consid. 2b; 63 II 133 consid. 3c), tout en réservant parfois certaines exceptions audit principe (ATF 85 II 103 consid. 2c). Dans un arrêt isolé, le Tribunal fédéral a également indiqué que la tendance était à la généralisation dudit principe dans le domaine de l'arbitrage (arrêt 4A_482/2010, précité, consid. 4.3.1). Cela étant, il convient d'insister, à nouveau, sur le fait que la CSJ FIFA n'est ni une autorité étatique ni un tribunal arbitral mais uniquement l'organe juridictionnel d'une association de droit privé. Aussi n'est-il pas possible de transposer simplement un principe de procédure civile suisse - qui n'est du reste consacré ni dans la LDIP ni dans le CPC sauf en matière d'arbitrage interne (cf. art. 377 CPC) - aux litiges soumis à l'organe de règlement des différends d'une association privée.