Citation: 6B_244/2023 E. 6.9

6.9. En conclusion, il n'est pas contestable que l'expulsion du recourant entraîne une atteinte d'une certaine importance à sa vie privée, familiale notamment, dès lors qu'elle est susceptible d'entraîner la séparation du recourant et de son épouse; cette atteinte ne doit pourtant pas être surestimée. Comme l'a souligné la cour cantonale, le recourant n'est arrivé en Suisse qu'à l'âge de 25 ans, il y est néanmoins resté établi durant une trentaine d'années depuis lors, y a fondé une famille et a exploité diverses entreprises. Ces éléments certes positifs doivent toutefois être relativisés au regard du comportement et de la situation du recourant depuis 2011, année de la faillite de sa société, qui a précédé les faits jugés en l'espèce, qui sont graves et dont le recourant paraît toujours supporter les conséquences sous forme de dettes, qu'il dit ne pas être en mesure de chiffrer, mais qui sont assurément importantes ne serait-ce que compte tenu des montants qu'il doit rembourser aux services sociaux. De même, l'évolution des besoins de soutien des enfants du recourant, qui seront tous majeurs à l'époque à laquelle l'exécution du renvoi entrera en considération, conduit-elle à tempérer les conséquences négatives de l'expulsion sur ce plan. L'intéressé parle, par ailleurs, l'albanais du Kosovo et a de la famille dans ce pays; il est au bénéfice d'une formation et d'une expérience professionnelle dans le domaine des revêtements de sol, du nettoyage et de la rénovation ainsi que de la conduite d'entreprises; il peut mettre à profit les années de détention à venir pour étayer un nouveau projet professionnel adapté à son âge, à son état de santé et à son pays d'origine. Rien n'indique donc qu'il ne sera pas en mesure de refaire sa vie dans son pays et, à la lumière de ce qui vient d'être exposé, ni sa situation familiale ni sa situation médicale ne s'opposent au prononcé du renvoi, la question des possibilités de soins de sa sclérose en plaques devant, le cas échéant, être réexaminée au stade de l'exécution afin de tenir compte de l'évolution actuellement en cours dans la prise en charge de cette maladie. A la lumière de tout ce qui précède, les intérêts privés du recourant à demeurer en Suisse n'apparaissent pas devoir primer sur l'intérêt public à son renvoi, qui est d'une importance certaine, compte tenu de la gravité des faits et de leur durée, ce qui conduit au rejet du grief.