Citation: 1B_500/2017 E. 3.3

3.3. Dans l'arrêt entrepris, la cour cantonale a nié la qualité de victime à l'enfant D.________ au motif qu'il n'avait pas souffert de troubles psychologiques en relation directe avec les actes des prévenus tombant sous le coup de l'infraction de l'art. 219 CP. En l'espèce, il est reproché au père et à la belle-mère de D.________ d'avoir fait venir en Suisse fin février 2017 une enfant macédonienne afin de la " marier " à leur fils, 400 euros ayant été versés à la famille de cette dernière en Macédoine en échange de sa venue. Après avoir organisé une cérémonie de mariage, ou à tout le moins de fiançailles, avec échanges d'alliances en or entre les enfants (tous deux âgés de 13 ans), D.________ a été installé avec sa jeune " épouse " (dont il ne partage pas la langue) dans la chambre conjugale des prévenus, lesquels ont emménagé dans celle des autres enfants afin d'assurer l'intimité du jeune couple. Le jeune " épouse " était par ailleurs confinée au domicile familial où elle participait aux tâches ménagères. Au vu des circonstances particulières du cas d'espèce, la Cour de justice ne pouvait pas exclure que les actes reprochés aux prévenus aient occasionné une atteinte d'une certaine importance à l'intégrité psychique de l'enfant. Une telle atteinte n'apparaissait en effet pas invraisemblable, en particulier lorsque le Ministère public a rendu sa décision (20 juillet 2017), soit à peine quelques mois après les faits en question. Il sied en particulier de relever que, le 30 mai 2017, le Service de protection des mineurs préavisait l'instauration d'un suivi thérapeutique pour D.________ et que la curatrice de ce dernier relevait, dans un courrier du 15 juin 2017 adressé au TPAE, qu'elle était particulièrement inquiète concernant l'évolution de son protégé En l'occurrence, il convient d'accorder une protection accrue à D.________ compte tenu de son jeune âge et du fort lien de dépendance existant à l'égard des prévenus, auprès desquels il avait été placé après avoir été fragilisé par des actes de maltraitance infligés par son oncle paternel - alors en ménage commun avec sa propre mère - (cf. ATF 129 IV 216 consid. 1.2.1 p. 219). Ainsi, à ce stade de l'enquête, l'instance précédente ne pouvait nier à D.________ le statut de victime au sens de l'art. 116 al. 1 CPP et s'abstenir d'examiner si la recourante pouvait se prévaloir de prétentions civiles propres dans la procédure pénale. L'arrêt attaqué doit, par conséquent, être annulé et la cause renvoyée à la Cour de justice pour qu'elle examine si la qualité de partie plaignante de la mère de la victime peut être admise. La conclusion subsidiaire du recours se révèle ainsi bien fondée.