Citation: 5A_480/2020 E. 3.2

3.2. La recourante fait grief à la Cour de justice d'avoir violé l'art. 8 CC en lien avec les art. 930 al. 1 CC et 978 al. 1 CO, en renversant le fardeau de la preuve, et d'avoir fait un usage arbitraire (art. 9 Cst.) de son pouvoir d'appréciation. Elle aurait également violé l'art. 157 CPC, confondant libre appréciation des preuves et " libre appréciation des allégations de fait ", ainsi que les art. 239 et 245 al. 1 CO en jugeant qu'une " donation révocable ne constitue pas une situation claire ". En bref, dès lors qu'elle bénéficiait de la présomption de propriété de l'art. 930 al. 1 CC - " encore plus intense " puisque celle-ci portait sur un titre au porteur (art. 978 al. 1 CO) -, la recourante soutient qu'il appartenait à l'intimé de détruire cette présomption légale et non à elle de prouver l'existence d'un contrat de donation ou la volonté de donner du de cujus. Le fait qu'elle n'ait pas déclaré la donation au fisc ne pouvait pas être retenu comme étant la preuve de l'existence d'un contrat de dépôt, la donation " boiteuse " ou " flottante " n'entrant dans le patrimoine du donataire qu'au moment où il est certain qu'il n'y aura pas de révocation, soit en l'occurrence au décès du donateur. C'était donc à tort que la Cour de justice avait admis l'allégué non prouvé et contesté de l'intimé selon lequel un contrat de dépôt avait été conclu avec le de cujuset qu'elle avait mis à sa charge la preuve de l'existence d'une donation. Il apparaît que la motivation présentée à l'appui d'une telle critique consiste pour l'essentiel en un simple " copié-collé " des écritures déposées en appel. S'il est vrai que ni le premier juge, ni la Cour de justice ne l'ont suivie et que des redites dans l'argumentation présentée devant le Tribunal fédéral sont inévitables, la recourante ne pouvait toutefois se contenter de reprendre quasiment mot pour mot l'argumentation développée dans ses écritures d'appel, dès lors que les motifs retenus dans l'arrêt attaqué ne se recoupent pas entièrement avec ceux du premier juge. La critique étant manifestement insuffisante (art. 42 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1), elle laisse intacte la constatation des juges cantonaux selon laquelle les circonstances entourant l'acquisition de la possession ou l'exercice de la maîtrise de la cédule litigieuse étaient peu claires ou susceptibles de plusieurs explications, avec pour conséquence que l'on se trouve dans un cas d'acquisition de la possession équivoque qui commande de s'écarter de la présomption attachée à la possession. Dans un tel cas, il ressort de la jurisprudence correctement rappelée par la Cour de justice que le possesseur doit faire la preuve directe de sa propriété (arrêt 5A_279/2008 du 16 septembre 2008 consid. 6.2 et la référence, publié in SJ 2009 I 325; cf. aussi ATF 81 II 197 consid. 7). Or il a été constaté dans l'arrêt querellé que les allégations de la recourante ne reposaient sur aucun commencement de preuve. L'on doit ainsi admettre que la Cour de justice est parvenue à la conviction que l'intéressée n'était pas propriétaire de la cédule litigieuse. Dès lors que les juges cantonaux ont en définitive procédé à une appréciation des éléments du dossier, la recourante ne peut se prévaloir que d'une violation de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.; cf. ATF 119 II 114 consid. 4c; arrêt 5A_279/2008 précité ibid.), car la question de la répartition du fardeau de la preuve ne se pose plus (ATF 141 III 241 consid. 3.2 et les références; arrêt 5A_571/2020 du 22 octobre 2020 consid. 6.2; 5A_489/2019 du 24 août 2020 consid. 10.1). Il sera au demeurant relevé que la recourante est particulièrement mal venue de se plaindre du fait qu'aucune mesure probatoire n'a été ordonnée dans cette affaire, dans la mesure où il ressort du procès-verbal de l'audience de débats d'instruction et de débats principaux du 1er octobre 2019 qu'elle a expressément renoncé à l'administration de preuves, estimant que l'affaire était en état d'être jugée sur pièces. Se bornant à soutenir, si on la comprend bien, qu'il ne s'agirait que de simples " détails (...) formulés pour la moralité de la cause ", ce qu'elle avait au demeurant d'ores et déjà soutenu sans succès dans sa réplique déposée en instance cantonale, la recourante est tout aussi mal venue de se plaindre de ce que la Cour de justice a écarté certains allégués de son appel au motif qu'ils étaient nouveaux. On cherche en vain un grief argumenté de violation de l'art. 317 al. 1 CPC, qui n'est même pas cité. Sous le chapitre intitulé " Arbitraire (art. 9 et 29 CC [sic]) ", la recourante reproduit derechef les passages de son acte d'appel. Comme le premier juge, la Cour de justice aurait ainsi " rendu un arrêt arbitraire qui a pour conséquence de contester l'honorabilité d'une partie en l'accusant de captation d'héritage, cela sans motif sérieux ". La recourante ajoute, toujours en reprenant le texte de son acte d'appel, qu'un " tel arrêt, rendu dans le cadre des relations d'une famille, et mettant gravement en cause l'un de ses membres avocat, est non seulement injuste, mais de plus profondément choquant[, c]ela indépendamment de l'aspect économique du dossier qui est très secondaire par rapport à la mise en cause de l'honorabilité d'une partie ". Une telle motivation, indigente, ne répond pas aux réquisits du principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF).