Citation: 4A_488/2010 21.01.2011 E. 7

Le recourant reproche enfin à la cour cantonale d'avoir appliqué l'art. 252 de l'ancien code de procédure civile valaisan du 24 mars 1998 (CPC/VS; RS/VS 270.1) de manière arbitraire en mettant les frais et dépens intégralement à sa charge. 7.1 Aux termes de cette dernière disposition, en règle générale, les frais sont mis à la charge de la partie qui succombe. Lorsqu'aucune des parties n'a entièrement gain de cause, ils sont répartis proportionnellement entre elles (al. 1); Il peut être fait exception à cette règle, en particulier lorsque la partie qui succombe pouvait de bonne foi se croire fondée à procéder ou lorsque le demandeur ne pouvait pas chiffrer exactement la prétention dont le principe a été admis (al. 2). Le législateur valaisan reconnaît au juge une certaine liberté d'appréciation; selon l'art. 252 al. 1 CPC/VS, la répartition en fonction du résultat constitue une "règle générale" et l'al. 2 de ladite disposition permet de déroger au principe en particulier dans les hypothèses qu'il énumère (cf. Michel Ducrot, Le droit judiciaire privé valaisan, 2000, p.182). 7.2 En l'espèce, la cour cantonale a relevé que sur les 478'226 fr. réclamés, le recourant s'était vu allouer 30'524 fr. 90, soit moins de 7 % de ses prétentions; considérant qu'il succombait ainsi pour l'essentiel, elle a décidé de mettre les frais intégralement à sa charge. 7.3 Le recourant reproche à la cour cantonale de n'avoir procédé à aucun examen de la nature des prétentions qui étaient invoquées et soutient qu'il serait arbitraire de prétendre que seulement 7 % des prétentions lui ont été allouées, une telle affirmation revenant à ne prendre en compte que les seules prétentions relatives au calcul du dommage au détriment de la conclusion principale qui les sous-tendait, à savoir le principe de la responsabilité; il relève que sa situation serait ainsi assimilée arbitrairement à celle d'un plaideur totalement défaillant. Le grief est fondé. En effet, quand bien même le juge dispose d'une grande marge d'appréciation en la matière, la cour cantonale ne pouvait pas, sans plus ample motivation, faire exception au principe de la répartition proportionnelle et mettre l'intégralité des frais et dépens à la charge du recourant, dès lors qu'il n'avait pas entièrement succombé, tandis que l'intimé avait succombé sur le principe d'une responsabilité. Elle a donc commis arbitraire et la cause doit lui être renvoyée pour nouvelle décision sur ce point.