Citation: C 190/06 20.12.2006 E. 3

3.1 On rappellera au préalable que le Tribunal des prud'hommes n'a jamais qualifié la faute commise par le recourant en lui attribuant un quelconque degré de gravité. Il s'est contenté de constater le manque de respect le plus élémentaire envers l'employeur et l'absence d'excuses subséquentes, auxquelles on aurait pu s'attendre de la part de l'intéressé, pour conclure à un comportement fautif ne justifiant cependant pas un licenciement immédiat. Il n'a fait aucune allusion au rendez-vous manqué et aux mensonges afférents du moment qu'en cours de procédure, l'employeur lui-même n'y faisait plus référence pour motiver la cessation des rapports de travail. Il apparaît ainsi que le recourant est responsable de son chômage en raison de l'attitude adoptée vis-à-vis de son employeur, le fait que les motifs d'un licenciement immédiat n'ait pas été réunis ou que les qualités professionnelles n'aient pas été remises en question n'y changeant rien au regard de la jurisprudence citée. 3.2 On ajoutera encore qu'en fonction des faits non contestés (absence à un rendez-vous non excusée confirmée par le client), l'employeur pouvait légitimement soupçonner l'intéressé de lui mentir. Ce sentiment était d'autant plus renforcé qu'à la question de savoir ce qu'il avait fait depuis le matin, le recourant avait fourni des explications peu convaincantes sur un ton moqueur. Il contrevenait ainsi à ses obligations de diligence, de fidélité et de rendre compte (cf. art. 321a et 321b CO). Au regard de ce qui précède, la réaction du recourant consistant à menacer son employeur de «[lui] rapporter [ses] cliques et [ses] claques et les [lui] mettre à travers la gueule» sous prétexte d'avoir été traité de menteur apparaît donc totalement disproportionnée et ne correspond en rien à l'attitude que l'on peut attendre d'un employé envers son patron. L'intéressé est également mal venu de se prévaloir d'une réaction émotionnelle spontanée à l'accusation d'être un menteur puisque les faits, non contestés devant le Tribunal des prud'hommes, relatifs à son rendez-vous manqué, associés à ses explications railleuses sur son emploi du temps, ont contribué à provoquer la réaction de son employeur. Le comportement du recourant est dès lors clairement à l'origine de son chômage et, compte tenu de la violation de ses obligations et de son comportement irrespectueux, doit être qualifié de grave, de sorte que la juridiction cantonale n'a pas outrepassé son pouvoir d'appréciation en confirmant la suspension de 31 jours, minimum légal pour une faute d'une telle gravité. Le recours est ainsi en tout point mal fondé.