Citation: 4P.316/2006 23.02.2007 E. 3.4

3.4.1 Le recourant s'en prend enfin à l'appréciation de la Cour de justice selon laquelle on peinait à concevoir, vu les montants en présence, que le recourant ait pu ignorer l'état de ses avoirs au moment du transfert de ceux-ci à la banque W.________ (cf. lettre E.e supra). Cette déduction relèverait d'un abus manifeste de son pouvoir d'appréciation par la Cour de justice : d'une part, en effet, celle-ci n'aurait tenu aucun compte des déclarations et explications fournies par le recourant sur la manière dont s'est effectué le transfert de ses avoirs de Y.________ à la banque W.________; d'autre part, elle aurait donné un poids incompréhensible à la déposition de A.________, qui soutenait que le recourant avait consulté ses relevés lors du transfert de ses avoirs à la banque W.________. 3.4.2 Ce grief se révèle mal fondé dans la mesure où il est recevable. En effet, la cour cantonale n'a pas principalement fondé sa conviction sur ce point sur le témoignage de A.________, dont on a déjà vu qu'il pouvait sans arbitraire être pris en considération (cf. consid. 3.3.3 supra). Elle a estimé qu'il n'était guère plausible que le recourant n'ait pas pris connaissance de l'état de ses avoirs lors de la clôture de la relation bancaire auprès de Y.________, et elle a mentionné plusieurs éléments à l'appui de cette conviction (cf. lettre E.e supra). Tout d'abord, le recourant admet être venu à Genève le 1er novembre 2000 pour signer les documents d'ouverture du compte n° zzz auprès de W.________; il a produit les instructions écrites du même jour de clôture du compte auprès de Y.________, dont on imagine mal qu'il les ait adressées par la poste. Au surplus, à cette date, les avoirs du recourant étaient de l'ordre de CHF 1'500'000.-; or il est difficilement crédible que le recourant ne se serait rendu compte que des années plus tard qu'un montant correspondant pratiquement à la moitié de ces avoirs lui aurait été soustrait frauduleusement. Le recourant ne discute pas cette motivation, mais se borne à opposer à nouveau sa propre thèse, telle qu'il l'avait développée dans son mémoire responsif à la Cour de justice, à celle de l'autorité cantonale, dans une argumentation de nature appellatoire qui ne satisfait pas aux exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. consid. 1.4 supra). Cela étant, l'appréciation dûment motivée et en tous les cas soutenable de la cour cantonale sur le point ici litigieux échappe au grief d'arbitraire.