Citation: 1B_147/2023 E. 3

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis. L'ordonnance par laquelle le Juge présidant de la Cour d'appel du Tribunal pénal fédéral exige des recourantes qu'elles traduisent dans la langue de la procédure leur déclaration d'appel ainsi que les conclusions prises dans leur courrier du 3 mars 2023, ne met pas fin à la procédure d'appel et revêt un caractère incident. Elle ne peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral que si elle est susceptible de causer un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF, l'hypothèse visée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'entrant pas en considération. Il doit s'agir d'un dommage de nature juridique, qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision qui lui serait favorable (ATF 148 IV 155 consid. 1.1). Il incombe à la partie recourante d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision incidente lui cause un tel dommage, à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF 141 IV 284 consid. 2.2). L'obligation faite aux recourantes de traduire leur déclaration d'appel dans la langue de la procédure ne leur cause pas de préjudice irréparable de nature juridique. Si elles devaient ne pas obtempérer et voir leur appel déclaré irrecevable pour ce motif, elles pourraient recourir contre l'arrêt d'irrecevabilité de la Cour d'appel auprès du Tribunal fédéral en reprenant les arguments développés dans leur recours. L'admission du recours et le renvoi de la cause à la Cour d'appel pour qu'elle traite leur appel sur la base de leur déclaration d'appel originale mettraient fin au préjudice allégué. Certes, les recourantes pourraient faire l'économie des frais de traduction des actes si la Cour de céans devait entrer en matière sur leur recours. Il ne s'agit toutefois que d'un préjudice de fait qui n'est pas suffisant pour retenir que la condition de l'art. 93 al. 1 let. a LTF est réalisée (ATF 143 IV 175 consid. 2.2; cf. ATF 106 Ia 299 consid. 1 in fine). Les considérations tirées de la célérité de la procédure ne sont pas déterminantes dès lors qu'un jugement d'irrecevabilité pourrait intervenir à brève échéance si les recourantes devaient ne pas déposer une traduction en langue française de leur déclaration d'appel et des conclusions procédurales évoquées dans leur courrier du 3 mars 2023 dans le nouveau délai que la Cour d'appel sera appelé à leur notifier pour ce faire.