Citation: U 250/04 03.05.2005 E. 2

Il y a donc lieu d'examiner si l'état pathologique qui a nécessité l'intervention chirurgicale du 4 février 2003 est une rechute ou une séquelle tardive en relation de causalité naturelle et adéquate avec l'événement du 28 juin 2002. 2.1 La juridiction cantonale a nié l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'atteinte à la santé constatée au mois de janvier 2003 et l'accident assuré. Elle s'est fondée pour cela sur les avis des docteurs C.________ (rapport du 7 avril 2003) et I.________ (rapport du 22 août 2003), selon lesquels l'existence d'un tel lien était tout au plus possible, ce qui est insuffisant pour apporter la preuve d'un fait au regard de la règle du degré de vraisemblance prépondérante. De son côté, le recourant conteste le point de vue des premiers juges, en alléguant que l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les troubles subis au mois de janvier 2003 et l'accident survenu le 28 juin 2002 est très vraisemblable. Il se fonde pour cela sur l'avis du docteur K.________, selon lequel l'assuré présente une déformation post-traumatique très vraisemblable (rapport du 5 août 2003). 2.2 Quoi qu'en dise le recourant, on ne saurait s'écarter du point de vue des premiers juges, selon lequel les conclusions tout à fait convaincantes des docteurs C.________ et I.________ ne sont pas remises en cause par l'appréciation du docteur K.________. Celui-ci conclut en effet à l'existence très vraisemblable d'une déformation post-traumatique en partant de l'hypothèse que l'assuré a subi « apparemment » une fracture-luxation du 2ème orteil à gauche lors de l'événement du 28 juin 2002. Or, cette hypothèse est clairement démentie par les pièces médicales versées au dossier. En effet, non seulement le docteur L.________ a exclu l'existence d'une fracture sur la base des radiographies du pied qu'il a effectuées (rapport du 20 août 2002), mais il apparaît également que la radiographie en charge effectuée par le docteur K.________ le 31 janvier 2003 ne révèle pas d'altérations compatibles avec un processus réparatif après fracture (cf. rapport du docteur C.________ du 7 avril 2003). Par ailleurs, le docteur C.________ a indiqué que, compte tenu de l'activité professionnelle de l'assuré, une fracture de l'avant-pied n'aurait pas permis la reprise du travail après une période d'incapacité d'une semaine seulement. Si l'hypothèse d'une fracture subie le 28 juin 2002 doit donc être écartée, il apparaît en outre que la déformation du 2ème orteil en marteau attestée par le docteur K.________ ressortait déjà du cliché radiologique effectué le 8 juillet 2002 et que la comparaison de cette image avec celle du 31 janvier 2003 ne révèle aucune accentuation de cette déformation (cf. rapports des docteurs C.________ et I.________). A ces constatations s'ajoutent des considérations tirées de la doctrine médicale. Ainsi, le docteur I.________ a indiqué que si la luxation de l'articulation métatarso-phalangienne du gros-orteil est rare, celle des autres orteils (II à V) est exceptionnelle; au demeurant, elle ne peut résulter que d'un traumatisme important, qui ne correspond certainement pas à l'événement survenu le 28 juin 2002. Cela étant, les 1ers juges étaient fondés, sans qu'il soit nécessaire de mettre en oeuvre une expertise médicale complémentaire, à s'écarter de l'appréciation du docteur K.________, selon laquelle l'intervention chirurgicale du 4 février 2003 était motivée par une déformation post-traumatique. Sur le vu des conclusions des docteurs C.________ et I.________, qui ont qualifié de tout au plus possible l'existence d'un lien de causalité entre l'atteinte à la santé constatée au mois de janvier 2003 et l'accident assuré, l'existence d'une relation de causalité naturelle n'apparaît pas établie au degré de la vraisemblance prépondérante généralement appliquée en matière de preuve dans le domaine des assurances sociales (cf. ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références). Aussi l'intimée était-elle en droit, par sa décision sur opposition du 26 août 2003, de refuser d'allouer ses prestations pour l'atteinte à la santé qui a nécessité l'intervention chirurgicale du 4 février 2003. Le jugement attaqué n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.