Citation: 5A_37/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a établi que le recourant était administrateur président de E.________. Il était également actionnaire et directeur, avec signature individuelle de F.________, société exploitant des boutiques de vêtements de luxe à X.________ et à Y.________. Le capital de l'entreprise était détenu par la famille du recourant et ses parents en étaient les deux administrateurs. Soulignant l'opacité qui se dégageait de la situation financière du recourant, l'autorité cantonale a considéré que celui-ci n'avait pas rendu vraisemblable une baisse essentielle et durable de ses revenus. La juridiction a d'abord relevé que le recourant ne documentait nullement l'absence d'activités de E.________ depuis plusieurs années. Sans en indiquer les motifs, il n'avait pas produit les documents comptables de la société F.________, ni ses avis de taxation ou encore de note manuscrite de son père attestant du fait qu'il ne pouvait plus puiser dans son compte courant actionnaire auprès de la société familiale. Le recourant n'apportait par ailleurs aucune preuve suffisante de la mauvaise santé financière de l'entreprise F.________ depuis la pandémie de Covid-19 qui justifierait sa prétendue perte de revenus. Il n'était enfin pas crédible que les sommes prélevées sur son compte courant actionnaire auprès de la société précitée constitueraient une dette, liée à son impossibilité de verser les contributions d'entretien suite à sa perte de salaire. D'une part, il ne démontrait pas rembourser ni devoir rembourser cette prétendue dette, alors qu'elle se montait à 900'000 fr. en 2018 déjà; en tant qu'il alléguait la précarité financière de l'entreprise, il était surprenant que celle-ci ne lui eût pas réclamé à tout le moins un début de remboursement. D'autre part, ses prélèvements sur son compte actionnaire s'élevaient déjà à 200'000 fr. entre 2017 et 2018 et le montant des prélèvements survenus ultérieurement n'était ni démontré, ni allégué, sans qu'il fût de surcroît prouvé qu'il n'était pas autorisé à y procéder. Il apparaissait ainsi en définitive vraisemblable que, par les prélèvements en question, le recourant ne s'était pas endetté, mais avait perçu un revenu déguisé.