Citation: 8C_688/2023 E. 6.4

6.4. En l'occurrence, on ne saurait suivre le raisonnement de la cour cantonale quant à la détermination du revenu sans invalidité du recourant. Certes, en avril 2017, ce dernier a résilié ses rapports de travail avec l'entreprise B.________ SA qui, peu de temps après, a fermé la succursale où il travaillait. Le salaire brut de 85'000 fr. que le recourant y gagnait au moment de son accident ne saurait ainsi servir de référence pour fixer son revenu sans invalidité en 2020. Cependant, il est établi que le 10 avril 2017 - sentant probablement que son poste de travail allait être supprimé dans un avenir proche -, le recourant avait signé un nouveau contrat de travail avec l'entreprise D.________ SA pour un salaire annuel brut de 84'500 fr. Il est constant qu'il n'a pas pu débuter son activité auprès de cette entreprise en raison de l'accident du 8 mars 2016, son médecin traitant, le docteur H.________, ayant prolongé l'incapacité de travail totale prescrite depuis lors. Toutefois, rien ne permet de penser qu'il se fût agi d'un contrat de travail de complaisance. Le salaire offert est pratiquement équivalent à ce que le recourant réalisait auprès de B.________ SA (85'000 fr.), ce qui montre que malgré la diminution de l'activité des télécommunications chez son ancien employeur dans le courant de l'année 2017, le recourant était en mesure de valoriser sa longue expérience professionnelle dans ce domaine au sein d'une autre entreprise. Par ailleurs, la société D.________ SA, active dans l'installation de moyens de télécommunications, existe toujours. Ces éléments sont suffisants pour admettre au degré de la vraisemblance prépondérante que le recourant aurait pu obtenir le salaire indiqué dans le contrat de travail du 10 avril 2017 s'il n'était pas devenu invalide et aurait continué à réaliser un tel salaire. Il y a dès lieu de se référer à ce salaire au lieu des données salariales de l'ESS qui ne représentent qu'une valeur moyenne des salaires versés par les employeurs dans la branche économique considérée. Le revenu sans invalidité du recourant doit être fixé à 90'239 fr. 70 (84'500 fr. + 0,5 % en 2018 + 0,9 % en 2019 + 0,8 % en 2020). Après comparaison avec le revenu d'invalide - non remis en cause par le recourant - de 68'992 fr., on obtient un taux d'invalidité arrondi de 24 % ([90'239 - 68'992] / 90'239 x 100 %). Bien que le recourant ait conclu à l'octroi d'une rente d'invalidité avec effet au 1er janvier 2021, il y a lieu de lui allouer la rente LAA de 24 % à laquelle il a droit dès le 1er octobre 2020, date de la clôture du cas par l'intimée. En effet, le Tribunal fédéral, qui est lié par le montant global réclamé, ne sort pas du cadre délimité par les conclusions du recourant dès lors que celles-ci tendaient à l'allocation d'une rente bien plus élevée, soit au minimum 50 % (cf. arrêt 9C_93/2008 du 19 janvier 2009 consid. 7.6 in SVR 2009 IV 27 75; GRÉGORY BOVEY, Commentaire de la LTF, 3e éd., n. 11 ad art. 107 LTF; voir également JOHANNA DORMANN, in Basler Kommentar, Bundesgerichtsgesetz, 3e éd., n. 8 ad 107 LTF). Le recours doit être admis dans ce sens.