Citation: 1C_558/2024 E. 2.3

2.3. L'autorité précédente a considéré que le SEM avait suffisamment instruit la question de la date de naissance du recourant en l'interrogeant directement sur ce point ainsi que sur les différents éléments qui plaidaient en défaveur de la minorité alléguée. Pour le TAF, les éléments du dossier étaient suffisants pour se déterminer sur la vraisemblance de la date de naissance alléguée. À son avis, il était patent que les moyens de preuve produits étaient dénués de valeur probante et que les propos tenus lors de l'audition ne suffisaient pas à eux-seuls à rendre hautement vraisemblable la date de naissance alléguée au 8 avril 2007. En particulier, le TAF a estimé que les documents produits (l'extrait du registre de transcription du jugement supplétif d'acte de naissance et le jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance) étaient dénués de toute valeur probante et ne pouvaient pas être qualifiés de pièce d'identité; ils ne comprenaient pas de photo et étaient aisément falsifiables. Leur authenticité était par ailleurs remise en doute par les importantes divergences avec le récit du recourant qui avait notamment déclaré que son oncle paternel les avait obtenus lorsqu'ils étaient arrivés en Italie. Cependant, il ressortait de ces documents qu'ils avaient été établis deux mois avant leur arrivée dans ce pays, prétendument à la demande du père du recourant qui était pourtant décédé en 2020. L'extrait du registre de transcription du jugement supplétif d'acte de naissance comprenait également des incohérences, puisqu'il était daté du 14 mai 2020 alors que le jugement supplétif n'avait été établi que le 28 avril 2023. Même à considérer qu'il s'agissait d'une erreur de plume, ces dates étaient néanmoins antérieures à l'arrivée du recourant en Italie et à la demande faite à son oncle paternel de les établir. L'autorité précédente a ajouté que les propos tenus par le recourant lors de son audition étaient dénués de détails et d'éléments concrets. Il n'avait ainsi pas décrits son quotidien au pays depuis la fin de sa scolarité, ni précisé son parcours de vie. Pour le TAF, il était en outre peu crédible que le recourant ait suivi aveuglément son oncle dans un voyage migratoire sans avertir sa famille proche; la manière dont ce voyage aurait commencé et les motivations du recourant, qui ne savait pas qu'il s'apprêtait à quitter le pays, n'étaient de surcroît pas crédibles. Par conséquent, le SEM disposait de tous les éléments de faits pertinents pour rendre sa décision, sans qu'il ne doive entreprendre une autre mesure d'instruction.