Citation: 5A_156/2023 E. 7.1

7.1. Le Tribunal cantonal a confirmé l'appréciation de la Juge itinérante selon laquelle il était très concrètement à craindre qu'il y ait un sérieux risque de conflit d'intérêts. Il a constaté que le recourant n'avait pas sollicité la récusation de la magistrate en cause uniquement en raison de sa possible obséquiosité envers l'étude où elle avait accompli son stage d'avocat. Son avocat avait également écrit ceci (demande de récusation p. 4 ch. 11) : " Dans le cadre de cette demande de récusation du 17 décembre 2021, de nombreux motifs, pièces à l'appui, ont été rendus vraisemblables, notamment un lien d'amitié avec le mandataire [...] de la partie adverse ceci depuis leur adolescence, un comportement inacceptable de la magistrate en cause tant en audience que dans ses écrits fondant ainsi un rapport d'inimitié à l'endroit de la défenderesse et du soussigné, ainsi que des décisions rendues manifestement en défaveur de la défenderesse sans motif valable. " Plus loin, ledit conseil précisait que cette défenderesse et lui-même avaient déposé plainte pénale contre la Juge itinérante, aboutissant à ce que celle-ci se dessaisisse finalement du dossier. L'avocat du recourant relevait ainsi lui-même que le comportement de la magistrate à son encontre empêchait désormais celle-ci de traiter une affaire où il agissait comme avocat. Il lui reprochait d'ailleurs dans son mémoire de recours (p. 15) d'agir sous l'influence de circonstances étrangères au procès l'empêchant de fonctionner comme juge, ayant tout mis en oeuvre pour l'évincer, son comportement étant contraire aux valeurs démocratiques. Les juges cantonaux en ont conclu que le sérieux risque de conflit d'intérêts entre l'avocat et la magistrate était manifeste. Ils ont ajouté que le fait que le comportement de la Juge itinérante ne soit pas la seule cause du conflit n'était pas déterminant. Peu importait également l'origine de l'inimitié ou de définir si elle était réciproque ou unilatérale. Seule était décisive la question de savoir qui avait été saisi du dossier en premier lieu (arrêt 5A_124/2022 du 26 avril 2022 consid. 4.2.2). Dans ces conditions, l'avocat du recourant devait s'abstenir d'accepter de défendre les intérêts de celui-ci dans cette cause, sachant que c'était la Présidente qui était déjà en charge de la procédure. C'était dès lors avec raison que la capacité de postuler lui avait été refusée.