Citation: 5A_37/2021 E. 3.6

3.6. Enfin, l'autorité cantonale s'est saisie des griefs relatifs au refus de partager les avoirs de prévoyance professionnelle accumulés par l'intimé au cours du mariage. Elle a établi que l'intimé avait accumulé des avoirs de prévoyance professionnelle de 1'604'730 fr. au 31 juillet 2010, dont 1'567'383 fr. acquis pendant le mariage. Il s'était également constitué un 3ème pilier d'environ 175'000 fr. Pour sa part, la recourante n'avait accumulé que 19'335 fr. d'avoirs de prévoyance professionnelle pendant la période où elle était salariée. Durant toute la période où elle avait exercé comme avocate indépendante, elle avait fait le choix de ne pas continuer à cotiser à un deuxième ou troisième pilier, préférant placer l'argent qu'elle aurait pu y consacrer dans le domaine immobilier. Elle n'avait en effet pas acquis des immeubles pour les occuper mais acheté des immeubles locatifs à des fins de rendement. Elle avait donc volontairement choisi de renoncer à se constituer une prévoyance ordinaire pour préférer investir dans l'immobilier. Il pouvait donc être retenu que le patrimoine immobilier de la recourante constituait une forme de prévoyance qui aurait pu trouver son équivalent dans un deuxième ou un troisième pilier. L'autorité cantonale a considéré que l'intimé avait été mis au bénéfice d'une rente AVS de 2'340 fr. par mois et d'une rente mensuelle nette de 8'977 fr. 85 de son institution de prévoyance, qu'il serait seul propriétaire de l'immeuble familial mais ne disposerait plus d'aucune autre fortune. Pour sa part, la recourante disposait d'une rente AVS équivalente à celle de l'intimé et d'un parc immobilier important d'une valeur de plusieurs millions de francs, soit 2'713'000 fr. au moment du dépôt de la demande en divorce, que la recourante n'aurait pas à partager avec l'intimé. En conséquence, si l'on devait partager les avoirs de l'intimé, celui-ci ne disposerait plus que d'une rente de 4'500 fr. par mois alors que la recourante percevrait non seulement une rente mais continuerait de bénéficier de son parc immobilier. L'autorité cantonale a considéré que, dans ces conditions, le partage par moitié de l'avoir de libre passage accumulé par l'intimé conduirait à un résultat manifestement inéquitable.