Citation: 6B_1247/2021 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a rappelé que l'instruction s'était déroulée en deux phases. Lors de la première, la police avait entendu la plaignante, le prévenu, F.________, L.________ et B.A.________, et avait examiné les appareils électroniques en possession du prévenu. Sur cette base, le Ministère public avait ouvert une instruction et donné mandat à la police d'entendre d'autres personnes. Une fois ces actes d'enquête effectués, il avait, par avis de prochaine clôture du 22 août 2019, informé les parties qu'il envisageait de classer la procédure pénale faute d'éléments suffisants contre le prévenu. Après que les parties avaient pu se déterminer sur la suite à donner à la procédure, le Ministère public avait décidé dans une seconde phase d'ordonner la mise en oeuvre d'une expertise, laquelle avait conclu à la crédibilité des déclarations de A.A.________, ensuite de quoi il avait renvoyé le prévenu devant le Tribunal de police. Comme cette expertise n'était pas destinée à déterminer si les faits reprochés au prévenu s'étaient réellement passés ou non, mais seulement à établir si les déclarations de la jeune fille étaient exploitables dans une procédure pénale, il fallait en déduire que ce n'était pas l'expertise en elle-même qui avait emporté la conviction du Ministère public, mais les déclarations de la jeune fille telles qu'elles devaient être comprises et prises en compte après la mise en oeuvre de cette expertise. C'était donc la parole de l'enfant qui était apparue comme déterminante. Or, les déclarations de l'enfant lors de son audition LAVI - et sur ce point l'expertise n'y changeait rien - étaient très peu circonstanciées, à tel point que l'on ne pouvait pas y rattacher bon nombre des comportements reprochés au prévenu, parmi lesquels les faits les plus graves de l'acte d'accusation. La juridiction cantonale a ainsi considéré, à l'instar du premier juge, qu'il subsistait un doute sérieux et insurmontable quant à l'existence des faits reprochés au prévenu, dès lors que la plaignante n'avait pas fourni des déclarations suffisamment explicites à la police et que les témoins indirects n'offraient pas de versions suffisamment convergentes.