Citation: U 391/01 17.12.2002 E. A

Le 27 janvier 1999, S.________ perdit le contrôle de son automobile, avec laquelle il emboutit un mur de jardin ainsi qu'une glissière de sécurité. Légèrement blessé, il a fait état après l'accident de douleurs cervicales et lombaires. Un traitement médicamenteux et le port d'une collerette cervicale lui furent prescrits, mais aucune fracture ne fut décelée par son médecin traitant, le docteur A.________. L'événement a été annoncé à la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : la CNA). Dès le 3 mars 1999, le prénommé a été engagé et a commencé à travailler au service de l'entreprise X.________ SA, comme monteur d'échafaudage. Le 4 mars 1999, il a heurté de la tête une barre métallique sur son lieu de travail. Il portait un casque et l'accident n'a pas laissé de marque ou de plaie au front. Selon ses déclarations, S.________ a senti sa tête repoussée en arrière sous l'effet du choc et s'est trouvé "groggy", avec une sorte de voile noir devant les yeux. Après être descendu avec l'aide d'un tiers de l'échafaudage sur lequel il travaillait, il a commencé à vomir. Après une demi-heure, il s'est rendu à l'hôpital Y.________, où le docteur B.________ constata une certaine raideur de la nuque et de la colonne cervicale, mais l'absence de fracture visible, et posa le diagnostic de traumatisme cranio-cérébral (rapport du 7 avril 1999). Ce second accident fut également annoncé à la CNA. Près d'un mois plus tard, l'assuré faisait toujours état de douleurs à la nuque, de nausées et de vertiges. Le docteur A.________ décrivait une perte de poids de 8 kg ainsi que des limitations de la mobilité de la nuque, et posait le diagnostic de contusion frontale, de nucalgies post-traumatiques et d'état dépressif réactionnel larvé (rapport du 13 avril 1999); il a depuis lors régulièrement attesté une incapacité de travail totale de l'assuré (formulaire "feuille-accident LAA"). Pour sa part, le docteur C.________, médecin d'arrondissement de la CNA, a examiné l'assuré le 21 mai 1999 et n'a pas constaté d'atteinte à la santé physique pouvant expliquer ses plaintes (rapport du 26 mai 1999). Sur la suggestion de son médecin d'arrondissement, la CNA a confié une expertise au docteur D.________, spécialiste en neurologie. Ce praticien a dressé un bilan neurologique sans anomalie significative, en dépit d'une limitation majeure et caricaturale de la mobilité du rachis cervico-dorso-lombaire, avant de nier l'existence d'une incapacité de travail de l'assuré en relation de causalité naturelle avec l'accident du 4 mars 1999 (rapport du 21 juin 1999; cf. également le rapport du 10 août 1999). Par décision du 25 août 1999 et décision sur opposition du 19 janvier 2000, la CNA a mis fin, avec effet au 31 août 1999, à l'ensemble des prestations allouées jusqu'alors à S.________ (soins médicaux et indemnités journalières). Elle a considéré que les éventuelles atteintes à la santé dont il souffrait encore à cette date n'étaient pas en relation de causalité naturelle ou adéquate avec l'accident du 4 mars 1999.