Citation: 6P.133/2003 24.11.2003 E. 2

Le recourant invoque une violation de son droit d'être entendu. 2.1 Ce droit, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., comprend en particulier le droit pour l'intéressé d'offrir des preuves, de prendre connaissance du dossier, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16). Toutefois, le droit d'être entendu ne peut être exercé que sur les éléments qui sont déterminants pour décider de l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes lorsque le fait à établir est sans importance pour la solution du cas, qu'il résulte déjà des constatations ressortant du dossier ou lorsque le moyen de preuve avancé est impropre à fournir les éclaircissements nécessaires. L'appréciation anticipée des preuves qui ne constitue pas une atteinte au droit d'être entendu (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc p. 135; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242; 124 V 180 consid. 1a p. 181) est soumise à l'interdiction de l'arbitraire au même titre que toute appréciation des preuves (ATF 124 I 274 consid. 5b p. 285). L'appréciation des preuves est arbitraire lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. Le Tribunal fédéral n'invalide la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, ou adoptée sans motif objectif. En outre, il ne suffit pas que les motifs du verdict soient insoutenables; encore faut-il que l'appréciation soit arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 58; 128 I 273 consid. 2.1 p. 275). 2.2 Le recourant se plaint de ne jamais avoir été entendu sur le fond de l'affaire. En l'espèce, la cour cantonale s'est trouvée en présence de deux versions de faits contradictoires, l'intimé prétendant que le recourant était à l'origine de l'échauffourée survenue dans le bar et qu'il s'était uniquement défendu contre ce dernier, ce que celui-ci conteste. A cet égard, le recourant ne précise pas en quoi son audition aurait pu utilement résoudre ces contradictions en faveur de sa thèse exposée dans sa plainte circonstanciée. De plus, celui-ci ne cite aucune disposition cantonale contraignant la police ou le Procureur général à l'entendre avant de classer l'affaire. Enfin, une éventuelle violation du droit d'être entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. a de toute manière été réparée puisque le recourant a eu la possibilité d'attaquer la décision prise, de faire valoir tous ses moyens devant une autorité de recours jouissant d'un plein pouvoir d'examen et de s'exprimer à l'audience de plaidoiries (cf. ATF 124 V 389 consid. 5a p. 392 et les références citées). 2.3 Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir auditionné deux des témoins directs des événements. Les juges ont estimé que l'audition de ces témoins, présents lors de l'altercation, ne saurait contribuer davantage à la manifestation de la vérité, dès lors qu'en leur qualité de proches de la victime la force probante de leurs déclarations serait inévitablement atténuée et contredite par les propres témoins du mis en cause et qu'il subsisterait un doute sur les circonstances exactes de l'altercation. En l'espèce, le recourant a indiqué, dans sa plainte pénale, que la nuit en question, il était accompagné de trois amis. Au regard des relations unissant ces personnes, la cour cantonale pouvait sans arbitraire estimer que les témoignages requis n'auraient fait qu'appuyer la version du recourant et auraient été entachés de partialité. En outre, la motivation cantonale selon laquelle un doute demeurerait sur les circonstances exactes de l'altercation n'est pas critiquable puisque d'une part la version de l'intimé selon laquelle la bagarre aurait été initiée par le plaignant et qu'il aurait lui-même agi en légitime défense paraît réaliste et que d'autre part elle est confirmée par les déclarations du portier de l'établissement. Dans ces conditions, la Chambre d'accusation pouvait renoncer à administrer les mesures d'instructions requises sans violer le droit d'être entendu du recourant.