Citation: I 576/05 25.11.2005 E. 3

3.1 Les mesures médicales accordées conformément à l'art. 13 LAI doivent tendre, en principe, à soigner l'infirmité congénitale elle-même. La jurisprudence admet toutefois qu'elles puissent traiter une affection secondaire qui n'appartient certes pas à la symptomatologie de l'infirmité congénitale, mais qui, à la lumière des connaissances médicales, en sont une conséquence fréquente. Il doit exister entre l'infirmité congénitale et l'affection secondaire un lien très étroit de causalité adéquate (ou rapport de causalité adéquate qualifié: ATF 129 V 209 consid. 3.3, 100 V 41 consid. 1a; arrêt A. du 14 octobre 2004 [I 438/02], SVR 2005 IV no 22 p. 86; arrêt M. du 19 mai 2000 [I 43/98], VSI 2001 p. 75 sv. consid. 3a). Il n'est pas nécessaire que l'affection secondaire soit directement liée à l'infirmité; des conséquences même indirectes de l'infirmité congénitale peuvent également satisfaire à l'exigence d'un lien qualifié de causalité adéquate (Pra 1991 no 214 p. 903 consid. 3b et les références). Par ailleurs, la question de la prise en charge par l'assurance-invalidité des effets secondaires d'une infirmité congénitale pour laquelle le Conseil fédéral a lui-même restreint l'étendue des prestations se pose exclusivement dans les limites temporelles qu'il a fixées. Ainsi les atteintes secondaires d'infirmités congénitales mentionnées au chiffre 395 de l'Annexe à l'OIC n'ouvrent-elle droit aux prestations que jusqu'à l'accomplissement de la deuxième année de la vie (ATF 129 V 209 sv. consid. 3.3 sv.). 3.2 Conformément à ces principes, le Tribunal fédéral des assurances a par exemple conclu à l'existence d'un lien qualifié de causalité adéquate entre l'impossibilité pathologique de déglutir chez un enfant gravement infirme et une pneumonie dite d'aspiration (ATFA 1962 p. 215 sv.), entre l'hydrocéphalie et un certain strabisme (ATF 97 V 54), entre des leucopénies et l'affection causée par une gingivite (Pra 1991 no 214 p. 903 consid. 4a), entre une psychose primaire ou une oligophrénie grave et une hypotonie musculaire (arrêt A. non publié du 7 novembre 1997 [I 125/96]), entre le syndrome de Prader-Willi et l'obésité (arrêt M. du 19 mai 2000 [I 43/98] consid. 3b, VSI 2001 p. 76), entre le rétinoblasme ayant nécessité l'énucléation de l'oeil gauche d'un enfant de trois ans et ses troubles du comportement (arrêt M. du 12 octobre 2001 [I 355/01]), entre des malformations congénitales du diaphragme, du coeur et des vaisseaux ainsi qu'un reflux gastro-oesophagien congénital, d'une part, et la nécessité d'hospitaliser un assuré en raison d'une gastro-entérite et de problèmes respiratoires, puis d'une oxygénothérapie à domicile et d'une physiothérapie respiratoire, d'autre part (arrêt B. du 15 avril 2005 [I 283/04]). En revanche, il a nié tout lien qualifié de causalité adéquate entre la dystrophie musculaire progressive et une fracture de la jambe due à une chute (ATFA 1965 p. 160 consid. 3), entre la surdi-mutité et une névrose d'abandon (RCC 1965 p. 415), entre un défaut congénital de la cloison ventriculaire et une endocardite ou une pancardite (RCC 1966 p. 304, 1967 p. 559), entre des troubles cérébraux accompagnés de débilité mentale et la schizophrénie (ATF 100 V 41), entre la myopathie congénitale avec troubles moteurs cérébraux et une lésion aux dents subie après une chute (arrêt F. non publié du 22 janvier 1998 [I 218/97]), enfin entre une épilepsie congénitale et les lésions aux dents consécutives à une chute (VSI 1998 p. 255 consid. 2b).