Citation: 8C_441/2017 E. A

A.________, née en 1953, travaillait à plein temps en qualité d'assistante de police pour la Ville de U.________ et était, à ce titre, assurée contre le risque d'accidents auprès de Generali Assurances Générales SA (ci-après: Generali). Le 26 février 2011 en début d'après-midi, alors qu'elle effectuait son service, elle a été la cible de plusieurs coups de feu tirés au niveau de ses jambes et de son bassin par un homme qui se trouvait derrière elle à une trentaine de mètres. Deux balles l'ont atteinte dont l'une s'est arrêtée dans le fémur tandis que l'autre est ressortie. L'homme a pris la fuite peu après. Il s'est dénoncé à la police deux jours plus tard, avouant avoir tiré sur A.________ qu'il avait choisie par hasard car il en voulait aux assistants de police (rapport d'arrestation provisoire du 1er mars 2011). A.________ a subi une fracture sous-trochantérienne du fémur droit et a été opérée le jour même de l'accident au service de traumatologie de l'hôpital B.________. Generali a pris en charge le cas qui a nécessité un suivi médical tant sur le plan orthopédique que psychiatrique, l'assurée ayant développé des crises d'angoisse durant son hospitalisation. A.________ a recommencé à travailler le 1er mars 2012 à 50 % dans un nouveau poste au sein du secrétariat des unités de circulation. Sur demande de Generali, les docteurs C.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et en traumatologie de l'appareil locomoteur, et D.________, spécialiste en psychiatrie, ont établi une expertise (voir leurs rapports respectifs des 3 et 17 septembre 2013). Le médecin orthopédiste a constaté que sur le plan osseux, la fracture s'était bien consolidée. L'assurée, dont l'état était stabilisé, présentait une insuffisance du muscle fessier qui avait été touché par la deuxième balle, ainsi qu'une hypoesthésie perdurante plantaire, entraînant une boiterie de Trendelenburg et de Duchenne. L'atteinte à l'intégrité s'élevait à 10 %. Une activité essentiellement debout n'était plus possible contrairement à celle en position semi-assise qui était réalisable à 100 % avec tout au plus une diminution de rendement de 10 %. Quant au médecin psychiatre, il a retenu les diagnostics de trouble dépressif récurrent (épisode actuellement moyen) (F33.1) et d'état de stress post-traumatique [ESPT] (F43.1). Selon lui, la causalité naturelle entre ces affections - qui entraînaient une incapacité de travail de 50 % - et l'accident était actuellement donnée. Il suggérait cependant une réévaluation du cas au début de l'année 2015 vu les antécédents psychiatriques de l'assurée sous la forme d'épisodes anxio-dépressifs et de trouble panique avec agoraphobie. Par décision du 23 octobre 2013, Generali a mis fin au traitement médical physique et alloué à A.________ une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 10 %. L'assurée a été réexaminée par le docteur D.________ le 6 janvier 2015. Ce médecin est parvenu à la conclusion que depuis le 26 février 2015, les facteurs étrangers à l'événement traumatique étaient la cause prépondérante du maintien et de la gravité des troubles psychiques actuels de A.________ avec un degré de vraisemblance plus grand que 75 % (rapport d'expertise du 12 janvier 2015). Informée par courrier de la fin des prestations envisagée par Generali, la prénommée a produit un rapport de son médecin traitant psychiatre, le docteur E.________, critiquant l'expertise. Invité à se déterminer, le docteur D.________ a établi le 9 mai 2015 un complément d'expertise dans lequel il confirmait ses conclusions. Par décision du 22 juin 2015, confirmée sur opposition le 1er février 2016, Generali a mis un terme à toutes ses prestations avec effet au 31 mars 2015.