Citation: 5A_717/2016 E. 3.4

3.4. La Chambre civile de la Cour de justice a d'abord jugé que la querelle des parties, d'une part, au sujet de l'authenticité du document de voyage du 21 juillet 2015, portant la signature du père et autorisant la mère à emmener l'enfant hors du Honduras à destination de la Suisse, et, d'autre part, au sujet de la validité de l'attestation du 25 février 2016 des autorités honduriennes certifiant que la mineure avait été déplacée au moyen de faux documents d'identité, n'était pas pertinente. La cour cantonale a exposé que le retour d'un enfant doit être ordonné non seulement en cas de déplacement illicite, mais aussi dans l'hypothèse d'un non-retour illicite, en sorte que la querelle sur la validité de ces documents n'est pas pertinente pour trancher la requête en retour de la mineure, puisqu'à supposer que le père a consenti au départ de sa fille en juillet 2015, il en a sollicité le retour par le dépôt d'une requête en février 2016 et ne consent donc plus, depuis lors, à ce que l'enfant séjourne en Suisse. Ensuite, la Chambre civile de la Cour de justice a constaté qu'il résultait des décisions des autorités honduriennes des 26 mars et 11 juin 2008 que la garde de l'enfant C.________ avait été attribuée de manière exclusive à la mère et qu'aucune décision judiciaire postérieure modifiant cette réglementation n'avait été produite, en sorte que la mère de l'enfant était seule titulaire du droit de garde de la mineure. A ce titre, la mère était seule légitimée à exercer le droit de garde sur sa fille, à la confier à la grand-mère paternelle et à décider de s'établir à l'étranger avec elle. Sur ce point, la cour cantonale a encore précisé que l'attestation des autorités honduriennes du 25 février 2016 constatant l'illicéité du déplacement de l'enfant n'était fondée que sur la validité des papiers d'identité de la mineure et non sur les décisions judiciaires attribuant les droits parentaux. En définitive, la Chambre civile de la Cour de justice a considéré que le non-retour de la mineure C.________ au Honduras n'était pas illicite, puisque la mère est, au regard des décisions judiciaires des 26 mars et 11 juin 2008, seule titulaire du droit de garde sur sa fille. Par surabondance, la Chambre civile de la Cour de justice a considéré qu'à supposer que la mère - détentrice exclusive du droit de garde - ne puisse pas décider seule du lieu de résidence de sa fille, le déplacement et le non-retour de l'enfant seraient alors certes illicites, mais elle aurait néanmoins renoncé à ordonner le retour de l'enfant en raison du grave danger auquel la mineure aurait été exposée (problèmes de violence, d'alcool et de stupéfiants du père tels que cela résulte des décisions judiciaires honduriennes de 2008).