Citation: 9C_501/2023 E. 8.2.2

8.2.2. Ensuite, l'art. 5 al. 2 et al. 5 aRTPT/Ann. contient une liste exemplative des entreprises assujetties - dont les stations d'essence - avec trois catégories selon leur but statutaire afin de guider l'autorité exécutive dans son application (s'agissant de l'intérêt d'une telle liste exemplative, voir ATF 122 I 61 consid. 2c). Le Tribunal fédéral a jugé, comme le rappelle la commune intimée, qu'utiliser le but statutaire d'une entreprise pour déterminer si celle-ci tombe dans la catégorie des contribuables, c'est-à-dire si elle peut potentiellement bénéficier d'un avantage individuel et pratique issu du tourisme, direct ou indirect, ne constitue pas une violation du principe de l'égalité de traitement (arrêt 2C_150/2015 précité consid. 3.4). Dès lors, contrairement à ce que soutient la recourante, il est pleinement soutenable de retenir - en dépit du schématisme - qu'une station-service bénéficie des retombées directes et indirectes du tourisme de par son intégration à l'économie locale. Au demeurant, la station-service de la recourante se trouve insérée dans un réseau d'intérêts convergents, liés à l'attractivité touristique de la commune. L'industrie touristique ne se limite en outre pas aux visiteurs de passage s'acquittant de leur carburant en "monnaie étrangère", comme semble le croire la recourante. Elle englobe également un vaste réseau de travailleurs, de prestataires de services, de résidents en Suisse pratiquant le tourisme interne et de résidents temporaires qui, durant la saison touristique, demeurent sur place pour assurer le bon fonctionnement des infrastructures touristiques (hôtels, restaurants, remontées mécaniques, etc.). Ces personnes sont susceptibles d'utiliser les stations-service de la commune pour se ravitailler en carburant, le cas échéant au moyen de cartes de fidélité (respectivement de "B.________"). À ce sujet, on ajoutera aux constatations cantonales que les dépenses mensuelles en carburant de la commune d'Anniviers auprès de la recourante augmentent nettement pendant la saison touristique (de novembre à février), selon les informations qu'elle a fournies en instance cantonale. Dans ce cadre, l'autorité précédente a retenu sans arbitraire que la station-service de la recourante avait un lien avec le tourisme local (au sens de l'art. 29 LTour/VS). Les études citées par le Conseil d'État et l'autorité précédente ne font qu'illustrer cette évidence par des données générales concernant les stations-service valaisannes. C'est donc à tort que la recourante prétend ne pas tirer d'avantages particuliers du développement et de la promotion touristiques de la Commune d'Anniviers, et cela même si l'autorité précédente a renoncé à chiffrer concrètement ces avantages.