Citation: 4P.264/2002 15.04.2003 E. A

A.a A.________, ressortissante colombienne née en 1965, a été engagée par B.________ le 6 juin 1998 en qualité d'employée de maison. Cette dernière est haut fonctionnaire internationale, directeur à X.________, bénéficiaire de privilèges et immunités diplomatiques. Outre les tâches usuelles d'une employée de maison, A.________ devait également s'occuper de l'enfant de B.________, né en 1993. L'employée était rémunérée en espèces, nourrie et logée. A partir du 1er septembre 1998, A.________ a pu faire loger et nourrir sa fille, C.________ née en 1989, auprès de B.________. En novembre 1998, B.________ a régularisé le statut de son employée en l'annonçant à la Mission suisse permanente auprès des Organisations internationales à Genève. Elle l'a en outre affiliée auprès d'une caisse-maladie, d'une assurance-accidents et d'une caisse de compensation AVS. A.b Au cours de l'été 1999, les relations entre les parties se sont détériorées. Le 21 septembre 1999, A.________ a remis à B.________ une lettre indiquant qu'elle résiliait son contrat de travail, sans indiquer de terme. Le samedi 9 octobre 1999, A.________ a reçu des mains de B.________ la somme de 2'102 fr., à titre de salaire pour les mois d'août et de septembre (2 x 1'400 fr.), moins 200 fr. versés à titre d'avance sur salaire, 226 fr. à titre de frais de clé et 372 fr. à titre de cotisations AVS sur trois mois. Le dimanche 10 octobre 1999, une querelle a éclaté entre les parties au sujet des conditions de travail et de rémunération. A la fin de cette discussion, B.________ a dit à son employée qu'elle ne souhaitait plus héberger sa fille, dont le statut était irrégulier. A.________ a quitté le domicile de B.________ avec sa fille et s'est rendu chez sa soeur où elle a passé la nuit. Le lundi 11 octobre 1999, B.________ a prié son employée de lui rendre sa carte de légitimation. Le soir même, A.________, accompagnée de sa soeur, s'est rendue chez B.________; cette dernière l'a reçue en compagnie de D.________, haut fonctionnaire internationale à X.________ et avocate de formation. A l'issue d'une discussion fort animée, les parties ont signé un document dont chacun des termes a été négocié et traduit. Ce texte a la teneur suivante: "Mme B.________ Genève le 11.10.1999 Mme A.________ a donné sa démission le 21 septembre 1999. Je l'ai dispensée de terminer son contrat sur place. En conséquence, elle a quitté son emploi effectivement le 10 octobre 1999. Elle recevra donc ses indemnités légales (salaires, congés payés, contributions de l'employeur à l'AVS déduits etc.) sur son compte bancaire (Banque Z.________) le 22 octobre 1999, date de la fin de son contrat et de son préavis d'un mois. La somme qui reste à déterminer sera versée pour solde de tout compte. En échange, Mme A.________ remet sa carte pour les autorités suisses. Fait à Genève le 11.10.99 Signé: B.________ A.________" A.________ a signé ce document en connaissance de cause, sans avoir fait l'objet de menaces. Elle a ensuite restitué sa carte de légitimation et quitté l'appartement de B.________; le 22 novembre 1999, cette dernière a fait virer un montant de 1'400 fr. sur le compte bancaire de A.________, à titre de salaire pour octobre 1999. Par courrier du 23 novembre 1999, A.________ a annoncé à B.________ qu'elle comptait rester en Suisse. Par ailleurs, elle déclarait vouloir réclamer la différence entre la rémunération reçue, à savoir 500 fr. par mois, et celle prévue par le contrat type de travail de l'économie domestique, à savoir 2'240 fr.