Citation: 8C_367/2022 E. 6.2

6.2. Il est constant qu'entre son licenciement le 2 octobre 2018 et la production de sa créance salariale auprès de l'Office cantonal des faillites le 18 février 2021, le recourant s'est limité à interpeller oralement son employeur, à lui adresser une mise en demeure écrite le 30 septembre 2018 et à se faire remettre une reconnaissance de dette le 8 janvier 2019. Or des interventions orales ne suffisent pas pour satisfaire à l'obligation de réduire le dommage, à tout le moins lorsque, comme en l'espèce, l'employeur ne remplit pas ses obligations contractuelles sur une longue période (arrêts 8C_327/2020 du 17 juin 2020 consid. 6; 8C_956/2012 précité consid. 6 et les références). Il en va de même de l'obtention d'une simple reconnaissance de dette (arrêt 8C_641/2014 du 27 janvier 2015 consid. 4.3). Dans ces conditions, l'inactivité prolongée du recourant entre le 30 septembre 2018 et le 18 février 2021, soit durant près de 29 mois, constitue une violation fautive de son obligation de diminuer le dommage. Le seul espoir d'une amélioration de la situation financière de la société ensuite d'un éventuel dédommagement par l'assurance responsabilité civile de l'auteur de l'incendie ne justifie pas une si longue période d'inactivité de la part du recourant, celui-ci n'ayant de surcroît fourni aucun détail à propos d'une telle procédure d'indemnisation. Il ressort en outre des faits constatés par la juridiction cantonale que l'employeur s'est retrouvé dans l'incapacité d'honorer le salaire du recourant au cours de l'été 2018 également en raison de mauvais résultats financiers, de sorte que les difficultés de la société et son éventuel redressement n'étaient pas uniquement liés aux suites de l'incendie du 28 février 2018. Les importants problèmes financiers de l'entreprise - qui étaient connus du recourant - auraient dû inciter celui-ci à entreprendre rapidement des démarches sérieuses en vue de tenter de récupérer sa créance salariale. Il ne pouvait pas se contenter de rester inactif jusqu'à la mise en faillite de la société. On rappellera à ce titre qu'en matière d'indemnité en cas d'insolvabilité, il n'appartient pas à l'assuré d'estimer lui-même si des démarches en vue de récupérer sa créance peuvent ou non être couronnées de succès (ATF 131 V 196 consid. 4.1.2; arrêt 8C_364/2012 du 24 août 2012 consid. 4.1), la probabilité d'un échec de telles démarches augmentant du reste de manière constante au fil du temps (arrêt 8C_364/2012 précité consid. 4.1). Quant à l'impossibilité alléguée d'une péjoration de la situation de la société, on notera encore qu'un lien entre le dommage de l'assurance-chômage et des démarches insuffisantes de l'assuré ne peut pas être nié au motif de l'absence d'indices en faveur d'une détérioration de la situation financière de l'employeur (arrêt 8C_66/2013 du 18 novembre 2013 consid. 4.4).