Citation: 2C_1067/2018 E. 4.3

4.3. Seule se pose donc en l'espèce la question de la proportionnalité de la mesure prononcée à l'encontre du recourant (art. 96 al. 1 LEtr). A ce propos, il peut être renvoyé aux considérants de l'arrêt attaqué dans lequel l'instance précédente a correctement exposé la jurisprudence et dûment appliqué le droit fédéral et international (art. 109 al. 3 LTF). Elle a notamment expliqué que le recourant avait commis des infractions contre l'intégrité sexuelle de son épouse et de ses enfants mineurs et relevé à juste titre que le Tribunal fédéral se montre particulièrement sévère à l'encontre des auteurs de tels infractions (ATF 139 II 121 consid. 5.3 p. 126). La culpabilité du recourant, condamné à cinq ans de peine privative de liberté, est en l'espèce particulièrement lourde, comme le souligne l'instance précédente, en se référant aux considérants du jugement pénal du 23 novembre 2016. Il en ressort en effet que les viols et les contraintes sexuelles ont été perpétrés à de multiples reprises quasi quotidiennement dans un climat de terreur sur une longue période contre une jeune épouse et des enfants mineurs. Le jugement pénal expose également que, malgré une longue période de séparation et des promesses, les violences ont repris dès que l'épouse et les enfants sont revenus vivre avec le recourant et que ce dernier est encore loin d'une prise de conscience réelle de la gravité des faits et des souffrances infligées à ses victimes. Sur le plan personnel, familial et professionnel, l'instance précédente a dûment pris en considération le fait que le recourant avait travaillé jusqu'en 2011 dans des postes subalternes, qu'une rente AI lui avait été refusée et qu'il vit en Suisse depuis 37 ans. Elle a aussi pris en compte le fait qu'il n'entretient aucune relation avec ses cinq enfants, mais s'acquitte d'une pension alimentaire de 100 fr. par mois pour ses deux enfants mineurs, qu'il aurait lui-même renoncé à voir, ce qui semble correspondre à un début de prise de conscience des souffrances infligées. S'agissant du renvoi du recourant au Chili, l'instance précédente a constaté qu'il avait deux frères qui y vivaient encore. En ce qui concerne les problèmes de santé du recourant, elle a correctement fait référence aux données collectées par l'OMS en matière d'infrastructures de santé mentale au Chili, qu'elle a jugées suffisantes. Le recourant objecte que la situation n'est pas aussi bonne que ne le décrit l'instance précédente, mais ne démontre pas que l'appréciation par l'instance précédente des données que l'OMS a collectées serait arbitraire. Pour le surplus, il n'expose pas en quoi son renvoi soulèverait des "considérations humanitaires impérieuses" qui lui permettraient exceptionnellement de rester sur le territoire helvétique, afin de continuer à y bénéficier de l'assistance médicale, étant précisé que le fait que la situation d'une personne dans son pays d'origine serait moins favorable que celle dont elle jouit dans le pays d'accueil n'est pas déterminant du point de vue de l'art. 3 CEDH (arrêts 2C_932/2017 du 27 novembre 2017 consid. 3.4; 2C_654/2013 du 12 février 2014 consid. 6.1; 2D_67/2009 du 4 février 2010 consid. 6 et les références à la jurisprudence de la CourEDH en la matière). C'est par conséquent à bon droit que l'instance précédente a confirmé que l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emportait sur son intérêt privé à la poursuite de son séjour en Suisse.