Citation: I 787/04 09.08.2005 E. 5

5.1 Lorsqu'il s'agit d'examiner dans quelle mesure un assuré peut encore exploiter économiquement sa capacité de gain résiduelle sur le marché du travail entrant en considération pour lui (art. 16 LPGA), on ne saurait subordonner la concrétisation des possibilités de travail et des perspectives de gain à des exigences excessives; l'examen des faits doit être mené de manière à garantir dans un cas particulier que le degré d'invalidité est établi avec certitude. Il s'ensuit que pour évaluer l'invalidité, il n'y a pas lieu d'examiner la question de savoir si un invalide peut être placé eu égard aux conditions concrètes du marché du travail, mais uniquement de se demander s'il pourrait encore exploiter sa capacité résiduelle de travail lorsque les places de travail disponibles correspondent à l'offre de la main d'oeuvre (VSI 1998 p. 296 consid. 3b et les références). Le gain d'invalide reste en effet une donnée théorique. Il ne s'agit donc pas d'imposer à un assuré de déménager dans une autre région du pays que la sienne où se situeraient les emplois pris en considération. Ces données servent simplement à fixer le montant du gain qu'il pourrait obtenir, sur un marché équilibré du travail, en mettant pleinement à profit sa capacité résiduelle de travail, dans une activité adaptée à son handicap (arrêt P. du 15 juin 2005, I 85/05, consid. 6.2). S'il est vrai que des facteurs tels que l'âge, le manque de formation ou les difficultés linguistiques jouent un rôle non négligeable pour déterminer dans un cas concret les activités que l'on peut encore raisonnablement exiger d'un assuré, ils ne constituent pas des circonstances supplémentaires qui, à part le caractère raisonnablement exigible d'une activité, sont susceptibles d'influencer l'étendue de l'invalidité, même s'ils rendent parfois difficile, voire impossible la recherche d'une place et, partant, l'utilisation de la capacité de travail résiduelle (VSI 1999 p. 247 consid. 1 et les références). 5.2 Sur la base des limitations fonctionnelles mises en évidence sur le plan médical, la conseillère en réadaptation de l'office AI a précisé, dans son rapport du 10 mai 2004, les diverses activités professionnelles envisageables qui répondaient aux limitations physiques de la recourante et ne requéraient pas de formation professionnelle préalable (ouvrière d'usine pour l'usinage et le fraisage de petite pièce, ouvrière de fabrique à l'ajustage, aide de laboratoire, ouvrière d'usine à la chaîne dans une fabrique d'ébauches, employée d'usine au décolletage). A défaut de motivation plus précise sur ce point, on ne voit pas en quoi ces activités ne seraient pas raisonnablement exigibles de la part de la recourante au regard de son handicap. Elle ne saurait au surplus se prévaloir de son âge ou de la situation défavorable du marché local du travail, ces facteurs ne constituant pas des circonstances dont l'assurance-invalidité doit répondre. Au demeurant, au vu des limitations fonctionnelles de la recourante et du large éventail d'activités légères que recouvre le marché du travail en général, on doit convenir qu'un nombre significatif d'entre elles - en plus de celles proposées par la conseillère en réadaptation - sont adaptées aux problèmes de santé de la recourante et accessibles sans aucune formation professionnelle particulière. Cela étant, la recourante est en mesure de mettre à profit sa capacité résiduelle de travail sur un marché équilibré du travail.