Citation: 6B_123/2024 E. 1.5

1.5. Le recourant conteste la réalisation des éléments constitutifs objectifs de l'infraction. Selon lui, les faits ne remplissent pas les conditions d'intensité de l'art. 183 CP. En premier lieu, contrairement à ce que semble penser le recourant, le fait que la porte d'entrée n'aurait pas été fermée à clé et n'aurait de toute façon pas pu l'être depuis l'intérieur (système de molette côté interne) est sans importance. Il n'est en effet pas nécessaire qu'une personne se fasse enfermer pour que l'art. 183 CP s'applique (MICHEL DUPUIS ET AL., Petit commentaire du Code pénal, 2e éd., 2017, no 7 ad art. 183 CP; cf. JOSÉ HURTADO POZO, Droit pénal, partie spéciale, 2009, no 2534). Du reste, comme susmentionné, la victime ne doit pas nécessairement être totalement privée de sa liberté; il suffit que celle-ci se trouve dans une situation dans laquelle il est difficile ou risqué pour elle de tenter de recouvrer sa liberté (cf. supra consid. 1.1), ce qui apparaît être le cas en l'espèce. En effet, comme relevé par la cour cantonale, ce sont les violences exercées par le recourant et son comparse qui ont constitué les moyens de privation de liberté (le comportement agressif à son égard pour obtenir notamment qu'il demeure assis, le repoussant lorsqu'il tentait de se lever, le fait de le gifler, de lui cracher au visage, les différentes menaces proférées à son encontre, etc.). Par leurs agissements, les prénommés ont mis l'intimé dans des conditions telles que celui-ci s'est senti dans l'impossibilité de quitter l'appartement. Il sied également de relever que l'intimé s'est vu privé par le recourant de son portable, qu'ils étaient trois - pour le moins à partir de 6h00/6h30 - à surveiller ses moindres faits et gestes pendant qu'ils saccageaient son appartement et qu'ils avaient pris soin de retirer le téléphone fixe de la chambre avant d'accepter qu'il aille se coucher, en exigeant qu'il laisse la porte ouverte. Les trois hommes avaient encore continué à le surveiller en procédant à des rondes à tour de rôle pour vérifier que la porte de la chambre demeurât ouverte (cf. supra consid. B.f). Contrairement à ce que fait valoir le recourant, ces éléments étaient d'une intensité - largement - suffisante pour placer l'intimé dans des conditions telles qu'il se soit senti dans l'impossibilité de s'en aller, au point qu'il avait dû se barricader à l'intérieur de la chambre avant de tenter de s'échapper par le toit. Lorsque le recourant considère que l'intimé n'aurait nullement été entravé dans sa liberté de mouvement - preuve en était que personne ne l'avait empêché d'aller s'allonger sur son lit - et que s'il n'avait pas quitté le canapé, respectivement était resté assis à table, c'était qu'il voulait expliquer à ses hôtes son impossibilité de transmettre le VIH et non parce qu'il ne pouvait pas se mouvoir, il oppose sa propre appréciation des faits à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Au surplus, le recourant critique sa condamnation pour séquestration non sur la base des faits retenus par la cour cantonale, dont il n'a pas démontré l'arbitraire, mais sur la base des faits qu'il invoque librement. Il en va ainsi lorsqu'il allègue que l'intimé aurait rendu publics d'autres films pornographiques le concernant, ou que ce dernier n'accordait pas d'importance à son mariage, de sorte qu'il ne se serait pas senti menacé par les propos du recourant. De cette manière, il n'articule aucun grief recevable tiré de l'application erronée du droit matériel. Au demeurant, ces faits ne sont pas pertinents en lien avec l'infraction dénoncée. C'est dès lors à bon droit que la cour cantonale a retenu que le recourant avait entravé la liberté de mouvement de l'intimé et ainsi réalisé les éléments objectifs de l'infraction de séquestration. Le grief est rejeté dans la mesure où il est recevable.