Citation: 6B_1055/2021 E. 1.2

1.2. La juridiction d'appel a retenu qu'il était certain que le recourant avait constaté, après le premier repérage des lieux, que la maison était occupée, à tout le moins par le propriétaire et sa compagne. Elle en a déduit que le recourant avait alors pleinement accepté et envisagé qu'il participait désormais à l'organisation d'un vol avec violence, les habitants devant être maîtrisés, le crime prenant la forme soit d'un brigandage, soit d'une extorsion, en fonction de la nécessité sur place d'obtenir le concours des occupants pour s'approprier le butin. Il y avait une forte probabilité que celui-ci se trouvât dans un coffre-fort nécessitant la contribution des habitants pour l'ouvrir. Les mesures prises après le 13 août 2017, soit le recrutement de deux hommes supplémentaires, d'un chauffeur avec véhicule immatriculé en Suisse et l'équipement d'au moins une arme à feu, conduisaient à admettre que le recourant disposait de tous les éléments caractérisant le plan d'attaque de la villa E.________, y compris le mode d'exécution s'inscrivant dans la violence envers les occupants pour les maîtriser et, si besoin, les contraindre à ouvrir le coffre-fort pour leur extorquer le butin. Cela exposé, la cour d'appel a admis que le mode d'exécution était particulièrement dangereux, compte tenu de l'utilisation d'une arme à feu. En outre, le fait d'avoir agi à plusieurs démontrait la méthode téméraire et particulièrement dépourvue de scrupules choisie par les protagonistes. Même si le recourant avait recouru à un intermédiaire et ne connaissait pas les quatre hommes de main, il savait à tout le moins qu'ils étaient des criminels provenant de la région parisienne, soit des hommes a priori dangereux et dépourvus de scrupules. Pour les juges d'appel, le recourant a voulu, accepté et envisagé que soit commise une extorsion aggravée par brigandage à l'encontre des occupants de la villa E.________ et son adhésion à la décision dont est issue l'infraction ne faisait aucun doute. Il était à l'origine du plan et avait joué un rôle actif dans son renforcement à compter du premier repérage. Il savait que ses comparses, dont un au moins était muni d'une arme à feu, auraient un comportement menaçant et violent, particulièrement à l'intérieur d'une habitation. Il a lui-même déclaré s'être rendu compte que les malfrats étaient "prêts à tout" pour obtenir le butin escompté. La juridiction d'appel a admis que cette conclusion s'imposait également eu égard à la façon téméraire avec laquelle l'infraction a été commise, qui a supposé de vaincre la résistance des habitants, ainsi qu'au nombre des malfrats. Retenant dès lors sa qualité de coauteur, la cour d'appel l'a reconnu coupable d'extorsion aggravée par brigandage réalisant la circonstance aggravante du caractère particulièrement dangereux du mode d'exécution (art. 156 ch. 1 et 3 CP cum art. 140 ch. 3 CP), de sorte que le jugement de première instance a été modifié sur ce point. En revanche, la juridiction d'appel a admis que les hommes de main étaient allés au-delà de ce qui avait été décidé de concert avec le recourant en ce qui concerne les bijoux portés par B.________. En application du principe " in dubio pro reo ", elle n'a pas retenu que le recourant avait envisagé ces actes, de sorte qu'ils ne devaient pas lui être reprochés. Le jugement du 16 octobre 2020 a ainsi été modifié à cet égard.