Citation: 4A_484/2019 E. 4.4.3

4.4.3. Dans le cas présent, le litige a trait au loyer initial. Il est de jurisprudence que le loyer doit être identique pour tous les colocataires qui en sont les débiteurs solidaires; ils ne sauraient être débiteurs solidaires de montants différents (ATF 136 III 431 consid. 3.3 p. 435). Il en découle la nécessaire consorité des colocataires dans les actions formatrices relatives au loyer. Afin de concilier cette exigence avec le besoin de protection sociale contre les loyers abusifs, l'autorité de céans a introduit des tempéraments à l'action conjointe en cas de désaccord entre locataires: l'un d'eux peut agir seul et attraire ses autres colocataires aux côtés du bailleur, non seulement pour contester une hausse de loyer (ATF 136 III 431 consid. 3.3 p. 435), mais aussi pour requérir une baisse de loyer (arrêt 4A_157/2019 du 21 avril 2020 consid. 2.3.2 et 2.4). Le même régime doit prévaloir pour la contestation du loyer initial, autre mesure dans l'arsenal contre les loyers abusifs elle aussi soumise à une contrainte temporelle (cf. art. 270 al. 1 CO en lien avec l'arrêt précité 4A_157/2019 consid. 2.3.2.2 in fine). Enfin, on ne discerne pas, dans l'état de fait retenu, de circonstances particulières qui permettraient de retenir la figure exceptionnelle d'un abus de droit manifeste, sauf à vider de sa substance la notion de consorité nécessaire. En bref, le moyen se révèle inconsistant.