Citation: 8C_632/2020 E. 5.1

5.1. En l'espèce, les juges cantonaux ont constaté que lors d'un entretien téléphonique du 28 mars 2019 avec sa conseillère, le recourant avait déclaré vivre à l'étranger depuis fin janvier 2019. Lors de son audition par l'inspecteur de l'OCE en avril 2019, ainsi que dans son opposition du 21 juin 2019, il avait expliqué avoir emménagé dès le 1 er février 2019 à Y.________ (GE), chez les parents de sa compagne. Dans son recours du 7 novembre 2019 et ses observations du 16 janvier 2020, il avait reconnu avoir résidé à l'étranger, mais tout au plus une vingtaine de jours. Enfin, lors de l'audience de comparution personnelle, il avait affirmé n'avoir jamais transféré sa résidence habituelle à l'étranger. Selon la cour cantonale, il convenait d'accorder la préférence aux premières déclarations du recourant, faites alors qu'il ignorait les conséquences juridiques de son changement de domicile, et retenir qu'il vivait à l'étranger depuis février 2019. En outre, si le recourant avait véritablement emménagé chez ses beaux-parents, la question de son éventuel domicile à l'étranger n'aurait très probablement pas été abordée lors de l'entretien téléphonique avec sa conseillère. Une résidence à l'étranger paraissait d'autant plus vraisemblable que le recourant y avait acquis un appartement avec sa compagne et que cette dernière y avait effectivement emménagé. Bien que certains membres de sa famille résidassent en Suisse, force était de constater que sa compagne, dont il convenait de considérer qu'elle constituait le centre de ses intérêts personnels, avait quitté le territoire. Le fait que son fils habitait en Suisse était peu pertinent dans la mesure où il n'en avait la garde qu'un week-end sur deux et que le droit de visite s'exerçait régulièrement à l'étranger. Dans ces circonstances, l'adresse de Y.________ ressemblait plus à un pied-à-terre utilisé pour les besoins de la cause qu'à une résidence habituelle, étant précisé que le recourant n'y disposait que d'une chambre et qu'il ne participait aucunement au loyer. Le fait qu'il y avait laissé quelques affaires personnelles ne suffisait pas à établir qu'il y résidait habituellement. Son affiliation à l'assurance obligatoire des soins en qualité de résident suisse n'était pas non plus pertinente dans la mesure où ce changement de statut n'était intervenu qu'après que l'intéressé avait appris qu'un changement de domicile le priverait de ses indemnités de chômage. Quant au défaut d'autorisation de port de son arme (acquise dans le cadre de son activité d'agent de sécurité) à l'étranger, il n'était pas non plus déterminant dès lors que le recourant avait visiblement trouvé une solution de dépôt en Suisse, en tout cas lorsqu'il rejoignait sa compagne en fin de semaine. Enfin, il n'était pas contesté que le recourant avait conservé des liens avec la Suisse, puisque sa mère, son frère et son fils y vivaient et que lui-même y avait vécu depuis l'âge de trois ans et y avait suivi toute sa formation. Ces liens n'étaient toutefois pas suffisants pour retenir une résidence principale en Suisse. Par conséquent, l'intimée avait nié à juste titre le droit du recourant aux prestations à compter du 1 er février 2019. Pour le reste, les conditions légales pour réclamer la restitution des indemnités versées en février et mars 2019 étaient remplies, de sorte que la décision attaquée devait également être confirmée sur ce point.