Citation: 4C.144/2000 19.07.2000 E. 2

2.- a) La défenderesse conclut à ce que le Tribunal fédéral déclare irrecevable la demande en paiement formée contre elle par le demandeur, parce que, à l'en croire, elle n'était pas l'employeur de ce dernier. Selon la jurisprudence, la qualité pour agir ou pour défendre est une question de fond et non de recevabilité (ATF 125 III 82 consid. 1a; cf. Bernard Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral, SJ 2000 no 1. p. 31 et les références). En conséquence, à supposer que la défenderesse n'ait pas été l'employeur du demandeur, la demande ne serait pas irrecevable, mais mal fondée. La conclusion tendant à la déclaration d'irrecevabilité de la demande est ainsi dénuée de tout fondement. b) L'autorité cantonale a considéré que la défenderesse était l'employeur du demandeur. La défenderesse demande au Tribunal fédéral de constater l'absence de contrat de travail entre elle et le demandeur. La recevabilité d'une conclusion prise dans le cadre d'un recours en réforme est subordonnée à l'existence d'un intérêt suffisant (ATF 120 II 5 consid. 2a et les références). Une conclusion tendant à la constatation de l'existence ou de l'inexistence d'un rapport de droit ne présente pas d'intérêt lorsque celui qui la formule peut obtenir immédiatement une décision mettant un terme au litige, de sorte que la constatation de l'existence ou de l'inexistence du droit n'a pas de portée autonome (Poudret, COJ II, n. 1.3.2.8 ad art. 43 OJ, p. 120; Messmer/Imboden, Die eidgenössischen Rechtsmittel in Zivilsachen, ch. 85 p. 117-118). En l'occurrence, comme la défenderesse estimait n'être pas liée par un contrat de travail avec le demandeur, il lui était loisible de conclure au rejet de la demande. On ne voit donc pas quel intérêt elle aurait à requérir seulement la constatation de l'absence d'un contrat de travail entre les parties. Elle ne tente d'ailleurs même pas d'établir son intérêt à une conclusion purement constatatoire. Cette conclusion est donc irrecevable.