Citation: 1C_503/2015 E. 3.3

3.3. Dans son écriture, le recourant soutient qu'il formait une union conjugale stable et effective au moment de la naturalisation. Il conteste avoir menti et affirme que sa demande de naturalisation était un acte d'intégration de sa part dépourvu de tout intérêt. En lien avec les mesures protectrices de l'union conjugale ordonnées en 2005, il explique que son ex-épouse n'a jamais voulu aller au centre de consultation conjugale. Il évoque en outre les problèmes d'alcool et la jalousie maladive de cette dernière. Le recourant énumère par ailleurs les activités communes de la famille (ski, bateau, courses, voyage) et son souhait d'acheter une maison. Enfin, il explique avoir demandé la révision de sa condamnation pénale le 15 juin 2015. Les explications du recourant ne sont toutefois pas convaincantes et ne permettent pas de renverser la présomption établie. L'instance précédente a démontré de manière convaincante que le couple rencontrait des problèmes conjugaux dès les débuts du mariage, en se basant notamment sur la requête de mesures protectrices de l'union conjugale du 1 er septembre 2005, ainsi que le jugement de la Cour d'assise du 11 novembre 2010 duquel il ressort que la police avait dû intervenir au domicile conjugal en 2002 déjà. L'instance précédente soulignait que les ex-époux avaient momentanément vécu séparés à la suite d'une altercation en 2005; à l'occasion de la demande de mesures protectrices déposée par l'ex-épouse en 2005, celle-ci avait expliqué que le couple rencontrait des difficultés conjugales, que son mari était dur, autoritaire et violent à son encontre, que la situation était devenue insupportable pour elle, qu'elle avait été battue par son mari et qu'elle avait dû solliciter la protection du Centre LAVI. Plusieurs témoins (la mère de l'ex-épouse et un voisin du couple) avaient confirmé que le couple était déjà confronté à des problèmes conjugaux avant 2009 (cf. arrêt entrepris consid. 8.2). Force est dès lors d'admettre que les problèmes conjugaux étaient antérieurs à la signature de la déclaration de vie commune et que le recourant ne pouvait en ignorer la gravité. Le fait que son ex-épouse aurait refusé de se rendre dans un centre de consultation conjugale n'apparaît pas déterminant. Le fait que le couple vivait ensemble depuis 1999, que le recourant est parfaitement intégré en Suisse, qu'il s'est dévoué à sa famille et qu'il aidait ses beaux-parents n'est pas pertinent pour l'examen de la question de savoir s'il y a eu obtention frauduleuse de la naturalisation au sens de l'art. 41 LN.