Citation: I 542/00 11.05.2001 E. 3

3.- a) Se fondant sur l'expertise du 24 décembre 1996, les premiers juges ont retenu que la composante psychogène de l'atteinte à la santé de l'assuré avait été analysée par les médecins du COMAI, qui sont d'avis qu'elle ne justifie pas une incapacité de travail, mais apparaît plus susceptible d'être à l'origine d'un processus de revendication. b) La Cour de céans n'a aucune raison de s'écarter de cette appréciation. Le recourant a séjourné du 10 au 21 juillet 1995 dans le Service de rhumatologie, médecine physique et réhabilitation du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), à X.________. Dans un rapport du 24 juillet 1995, les docteurs B.________ et H.________ ont mis en évidence une importante composante de surcharge chez le patient. Ils étaient frappés par le fait qu'il était très tendu. Le 21 juillet 1995, il fut examiné par les médecins de la Division autonome de médecine psycho-sociale du CHUV. Dans un rapport du 25 juillet 1995, les docteurs I.________ et A.________ ont posé le diagnostic de trouble somatoforme douloureux persistant, chez un homme de 38 ans souffrant de lombalgies chroniques et présentant un trouble de la personnalité mixte. Ils relevaient que les douleurs avaient probablement une origine mixte, d'une part organique et d'autre part comme l'expression d'une tension psychologique qui ne peut trouver une issue à un niveau plus mentalisé. Lors de son séjour au COMAI en septembre 1996, l'assuré a été examiné par la doctoresse R.________ dans le cadre d'une consultation de psychiatrie. Sur le plan psychique, il paraissait d'une part assez angoissé face à l'avenir et, d'autre part, il était irritable, impatient et exaspéré par sa situation actuelle et il présentait une réactivité de type caractériel. Dans le rapport du 24 décembre 1996, le docteur M.________ a retenu une régression et des troubles somatoformes douloureux chez une personnalité dépendante à traits caractériels. En ce qui concerne la question de la capacité de travail, il a répondu ce qui suit : "Les limitations actuelles découlent des lombosciatalgies chroniques, qui ne peuvent être reliées actuellement qu'à l'existence d'un spondylolisthésis dont on sait qu'il s'agit d'une affection qui peut être également asymptomatique. Le début de la coxarthrose gauche ne joue actuellement pas de rôle limitant la capacité de travail, mais pourrait le devenir en cas d'aggravation nette. Compte tenu de ces affections, on peut retenir une incapacité de travail pour le port de charges lourdes et les travaux en force tels qu'ils doivent être exécutés pour le port des quartiers de boeuf ou de désossage. Pour le reste des travaux de boucher, il n'y a pas de contre-indication. Afin d'éviter l'apparition de douleurs liées aux longues stations debout, des changements de position et la marche devraient être rendus possibles dans l'activité. Dans un travail tenant compte de ces limitations, la capacité de travail est entière". Dès lors, quand bien même le recourant présente une personnalité dépendante à traits caractériels et qu'il est atteint de troubles somatoformes douloureux, il n'y a pas de contre-indication, mis à part le port de charges lourdes et les travaux en force, à l'exercice d'un emploi de boucher dans une situation adaptée à son handicap physique, par ex. une boucherie dans une grande surface. Dans un tel emploi, orienté davantage vers la vente, sa capacité de travail est entière. Il en va de même en ce qui concerne toute autre activité ne sollicitant pas fortement le dos. Certes, dans l'expertise du 13 février 1996 effectuée pour la Winterthur Assurances, le docteur V.________ était d'un autre avis. Cela ne saurait toutefois être décisif. Il n'est pas non plus déterminant que le docteur J.________ ait la même opinion que ce spécialiste en chirurgie orthopédique sur la question de la capacité de travail et de la réadaptation de l'assuré. En effet, selon l'expérience générale, l'avis du médecin de famille ou du médecin traitant est, dans le doute, plutôt favorable au patient, vu les liens de confiance qui existent entre eux (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc et les références). Dans le rapport complémentaire du 30 août 1996, le docteur V.________ a modifié sa position par rapport à l'expertise du 13 février 1996. Se demandant si le recourant n'exagérait pas un peu sa symptomatologie et n'évoluait pas vers une névrose d'assurance, ce praticien a proposé un reclassement professionnel dans une activité semi-assise ne nécessitant pas le port de charges de plus de 10 kg, associé à une véritable prise en charge d'hygiène posturale et gestuelle par un ergothérapeute. Les médecins du COMAI ont aussi été frappés, comme le docteur V.________, par l'important état de crispation de l'assuré, ainsi que par les positions antalgiques qu'il prend, et qui vont souvent à fin contraire. Dans ces conditions, le traitement ergothérapeutique qui a été entrepris leur paraît utile et devrait être poursuivi, afin qu'il apprenne de meilleures postures, ainsi que des mesures de protection lombaire (expertise du 24 décembre 1996). Enfin, les autres arguments du recourant, qui tendent à démontrer qu'il n'est pas un paresseux ni un simulateur, ne changent rien à ce qui précède.