Citation: 5D_220/2017 E. 5.2

5.2. D'après le texte clair de l'art. 272 al. 1 ch. 1 LP, le juge autorise le séquestre à condition que le requérant ait rendu vraisemblable que sa créance existe; à cet effet, le requérant doit alléguer les faits pertinents et, en principe, produire une pièce ou un ensemble de pièces (art. 254 al. 1 CPC) qui permettent au juge du séquestre d'acquérir, au degré de la simple vraisemblance, la conviction que la prétention existe pour le montant énoncé et - lorsque la requête est fondée sur l'art. 271 al. 1 ch. 4 LP - qu'elle est exigible (arrêts 5A_560/2015 du 13 octobre 2015 consid. 3; 5A_828/2015 du 23 février 2016 consid. 3, avec les citations; BAUER, in : Basler Kommentar, SchKG, Ergänzungsband, 2e éd., n° 4a ad art. 272 LP, avec les références). Comme la disposition précitée se rapporte à la requête de séquestre, il n'est aucunement arbitraire d'en déduire, avec la cour cantonale, que le requérant doit produire avec sa requête les pièces propres à rendre vraisemblable sa créance, et non seulement lors de la procédure d'opposition introduite par le débiteur séquestré. Autrement dit, si le requérant n'a pas rendu vraisemblable sa prétention devant le juge du séquestre, sa requête doit être rejetée d'emblée (BERTRAND REEB, Les mesures provisoires dans la procédure de poursuite, in : RDS 116/1997 II 466 et les références); elle ne saurait être admise moyennant sûretés (arrêt 5P.180/1995 du 11 juillet 1995 consid. 3a, avec la doctrine citée). En l'espèce, il ressort des faits constatés par la cour cantonale (art. 105 al. 1 LTF) que la requête de séquestre n'était accompagnée que du contrat de bail, alors que le recourant disposait déjà des pièces qu'il a produites dans sa réponse à l'opposition formée par l'intimé. Vu ce qui précède, la juridiction précédente n'est pas tombée dans l'arbitraire en examinant la vraisemblance de la créance au regard de la seule pièce produite à l'appui de la requête de séquestre.