Citation: 4C.421/2006 04.04.2007 E. 4

4.1 Les défendeurs soutiennent en outre que le prix de l'ouvrage n'est pas exigible sur la base de l'art. 372 al. 1 CO, faute de livraison conforme au contrat. Invoquant l'art. 102 CO, ils ajoutent que la cour cantonale a violé le droit fédéral en admettant que le rappel du 7 juin 1993 valait interpellation. 4.2 Aux termes de l'art. 372 al. 1 CO, le prix de l'ouvrage est payable au moment de la livraison. Comme déjà relevé, les copropriétaires ont chargé l'architecte d'établir un projet de construction. Il n'est pas contesté que la demanderesse a livré les plans de ce projet et donc fourni sa prestation. Par ailleurs, il ne résulte pas des constatations cantonales que les parties auraient soumis le paiement du prix à la condition que le permis de construire soit accordé. En conséquence, la créance de la demanderesse est exigible et la cour cantonale n'a pas méconnu l'art. 372 al. 1 CO en condamnant les défendeurs à payer les honoraires afférents à l'établissement du projet de construction. Quant à l'argument tiré de la prétendue violation de l'art. 102 al. 1 CO, il n'est pas des plus compréhensibles. Il semble que les défendeurs cherchent ainsi à nier leur mise en demeure et, par conséquent, l'allocation d'un intérêt moratoire à partir du 9 juin 1993. A cet égard, la cour cantonale a retenu implicitement que A.________ avait reçu le rappel du 7 juin 1993, valant interpellation (cf. Luc Thévenoz, Commentaire romand, n. 19 ad art. 102 CO). Les critiques que les défendeurs adressent aux juges valaisans sur ce point de fait ne sont pas recevables. Pour le reste, il ressort de l'état de fait du jugement attaqué que les trois copropriétaires étaient parties au contrat passé avec l'architecte, mais que A.________ était l'interlocutrice principale de la demanderesse et que les deux autres copropriétaires ont laissé leur soeur agir seule. La demanderesse pouvait déduire de bonne foi de ces éléments que A.________ était la représentante des copropriétaires (cf. art. 32 al. 2 CO; Pierre Engel, Traité des obligations en droit suisse, 2e éd., p. 377). La cour cantonale n'a dès lors pas violé le droit fédéral en admettant un effet de représentation à cet égard. Contrairement à ce que les défendeurs paraissent prétendre, l'interpellation reçue par A.________ a mis en demeure les trois copropriétaires.