Citation: 4P.206/2005 11.11.2005 E. 1

2.3.2.2 Le recourant avait requis également une nouvelle audition de B.________, l'ancien sous-directeur de l'intimée, déjà longuement entendu par le premier juge, dans l'espoir d'une variation de son témoignage, compte tenu de la prescription de délits pénaux - non spécifiés - que le témoin pourrait être amené à admettre désormais. La Cour de justice a rejeté cette requête aux motifs que le témoin en question n'avait jamais été condamné pour infraction à l'art. 307 CP et que le recourant n'avait pas déposé plainte pénale à son encontre pour solliciter la révision du jugement entrepris, sur la base d'une condamnation pénale (art. 157 let. c LPC gen.). Elle a précisé que le recourant ne pouvait plus remédier à son inaction en sollicitant une nouvelle audition de ce témoin, correctement interrogé par le premier juge, un simple espoir n'étant d'ailleurs pas un fait nouveau susceptible de justifier la réouverture des enquêtes en appel. Le recourant laisse intact le raisonnement de la cour cantonale fondé sur la nécessité de passer par la voie pénale et par celle de la révision civile pour effacer les effets du faux témoignage imputé à B.________ et sur la sanction qu'emporte l'absence de telles démarches judiciaires. Il se contente de répéter que cette personne serait libre de témoigner aujourd'hui, alors qu'elle ne l'était pas auparavant. Cette seule affirmation ne suffit pas à faire apparaître comme arbitraire le véritable motif pour lequel la cour cantonale a refusé d'entendre B.________. Le recours est, dès lors, irrecevable sur ce point. 2.3.3 Le recourant avait requis, par ailleurs, la mise en oeuvre de deux expertises: la première visait à démontrer la valeur réelle des actions U.________ au 21 novembre 1983 sans les opérations effectuées auparavant par B.________, afin d'établir que ces titres avaient fait l'objet de manipulations de la part de cette personne; la seconde devait permettre de chiffrer le dommage subi par le recourant. Cette double requête d'expertise a été rejetée parce que le recourant ne l'avait pas formulée en première instance et qu'au surplus le montant du dommage ne constituerait un fait pertinent que dans l'hypothèse où la responsabilité de l'intimée serait reconnue. Loin de faire apparaître comme insoutenable le premier motif invoqué par la cour cantonale pour refuser d'ordonner les expertises requises, le recourant concède lui-même que, s'il n'a sollicité l'expertise concernant le cours des actions U.________ qu'en instance d'appel, c'est "en raison du fait que son premier conseil ne l'avait pas demandée". Or, il doit se laisser opposer l'inaction de cet ancien mandataire, lequel, s'étant "mué en expert", n'a pas jugé nécessaire de requérir l'expertise de ces titres en première instance. En refusant d'administrer en appel un moyen de preuve que le recourant aurait pu proposer dans l'instance précédente, la Cour de justice n'a, dès lors, fait qu'appliquer l'art. 307 LPC gen., tel qu'elle l'interprète de longue date. Semblable refus était ainsi le résultat de l'application non arbitraire de cette disposition aux circonstances du cas concret. Pour le reste, en tant que le recourant soutient, ici aussi, que le moyen de preuve invoqué se rapportait à une question - la ratification des actes accomplis par B.________ - qui était apparue postérieurement à la notification du jugement de première instance, on peut le renvoyer à ce qui a été dit plus haut au sujet du même argument, avancé alors pour justifier la requête d'audition de nouveaux témoins (cf. 2.3.2.1 in fine). 2.3.4 Il convient de souligner, enfin, que les requêtes tendant à l'audition de témoins et à la mise en oeuvre d'expertises n'ont été formulées par le recourant que le 15 mars 2005, lors de la dernière audience de la Cour de justice. Lesdites requêtes n'avaient donc pas été soumises à cette autorité dans le cadre de la première procédure d'appel ayant débouché sur l'arrêt du 10 octobre 2003, rétracté ultérieurement suite à l'admission de la demande de révision cantonale. Aussi le recourant est-il peu crédible lorsqu'il allègue aujourd'hui le caractère indispensable de moyens de preuve qu'il n'avait pas jugé utile de faire administrer à l'époque. Ainsi, la Cour de justice n'a violé aucune des garanties conventionnelles et constitutionnelles invoquées par le recourant en refusant de donner suite à ces nouvelles offres de preuve.