Citation: 6B_939/2020 E. 3.3.2

3.3.2. La recourante invoque l'affaire Udeh contre Suisse du 16 avril 2013 (requête n° 12010/09), lequel a abouti à une condamnation de la Suisse pour violation de l'art. 8 CEDH. La portée de cet arrêt dans l'ordre juridique suisse a été fortement relativisée par le Tribunal fédéral, dans la mesure où ce jugement n'est pas une décision de principe et n'énonce aucun principe nouveau (ATF 139 I 325 consid. 2.4 p. 327 ss; arrêt 2C_959/2020 du 28 décembre 2020 consid. 5.3). On peut ajouter que, sur le plan personnel et familial, les enfants du requérant étaient suisses. La recourante ne peut, partant, rien déduire de cette affaire. L'expulsion de la recourante, qui a la garde exclusive et l'autorité parentale sur son fils, est propre à remettre en cause le séjour de celui-ci en Suisse. En suivant sa mère dans son pays d'origine, cet adolescent se trouvera probablement confronté à certaines difficultés d'intégration dans ce pays, dans la mesure où il n'en parle pas la langue. Il faut toutefois considérer qu'il s'est déjà rendu à plusieurs reprises en Bosnie et Herzégovine, dans sa famille maternelle, de sorte que ce pays ne lui est pas totalement étranger. Il est encore à l'âge où cela est possible de s'intégrer dans un nouveau pays. Par ailleurs, ses relations avec son père en Suisse sont assez lâches et les contacts ne seraient pas interrompus grâce aux moyens de communication modernes et à la possibilité d'exercer le droit de visite pendant les vacances. Aussi, compte tenu de la mauvaise intégration en Suisse de la recourante et des possibilités qu'elle conserve de se réintégrer dans son pays d'origine - où elle ne sera pas privée de toute relation familiale -, l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé de l'intéressée à demeurer dans ce pays. L'expulsion de la recourante entraîne certes des conséquences importantes pour son fils, mais il convient de relever que cette mesure reste d'une durée limitée. L'expulsion, ordonnée pour une durée de cinq ans, s'avère dès lors conforme au principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH. La seconde condition pour l'application de l'art. 66a al. 2 CP n'étant pas réalisée, le prononcé d'expulsion de la recourante ne viole pas le droit fédéral, constitutionnel ou international.