Citation: I 805/03 24.01.2005 E. 4

4.1 Sur le plan orthopédique, le docteur C.________ a examiné le recourant le 6 avril 2000. Au terme d'un examen clinique qui a permis de constater que la cheville droite n'était pas tuméfiée, qu'elle ne présentait pas de différence significative quant à sa circonférence par rapport au pied gauche et que la mobilité de l'articulation sous-astragalienne n'était que discrètement diminuée par rapport à celle de gauche, le médecin a conclu que «la seule activité qui conviendrait actuellement est un travail en position assise que le patient pourrait probablement réaliser à 100 %». Si le rapport du docteur C.________ est certes relativement sommaire, on ne saurait, malgré ce que soutient le recourant, lui dénier toute valeur probante. En effet, contrairement à ce que prétend ce dernier, le fait que le praticien a utilisé le conditionnel pour se prononcer sur la capacité résiduelle de travail ne démontre pas une absence de conviction de sa part, mais est inhérent, dans le contexte, au caractère pronostic des conclusions posées. Par ailleurs, loin d'être émaillées de contradictions, comme tente en vain de le démontrer le recourant, les constatations du docteur C.________ tiennent compte des plaintes du recourant (d'où l'utilisation répétée des termes «aux dires du patient») et se fondent sur l'examen clinique pratiqué. En particulier, le fait que ce médecin reconnaisse une capacité de travail entière dans une activité exercée en position assise, tout en relevant, dans la partie décrivant les plaintes du patient que «la station assise prolongée est semble-t-il également douloureuse mais dans une mesure nettement moindre», n'est pas contradictoire, mais démontre bien que le médecin a procédé à une appréciation propre de la situation, sans faire sienne l'évaluation subjective du patient. 4.2 Cela étant, les conclusions du docteur C.________ rejoignent celles de son confrère H.________. Des rapports du médecin d'arrondissement de la CNA - dont le recourant ne conteste à juste titre pas la valeur probante -, il ressort que les séquelles objectives de la fracture du pilon tibial droit subie par l'assuré sont relativement peu importantes, dans la mesure où il a récupéré une bonne mobilité de la cheville droite. Selon le médecin, même si le recourant continuait à marcher avec une boiterie démonstrative, il présentait une bonne souplesse et force de la cheville droite, le fait de s'aider avec des cannes relevant d'un moyen de démontrer «le plus grand handicap possible». Le docteur H.________ concluait que toute activité légère, de type industriel, exercée de préférence en position assise était pleinement accessible à l'assuré (rapports des 9 janvier et 17 décembre 1997). En l'absence d'éléments susceptibles de mettre en cause le bien-fondé de ces conclusions, il n'y a pas lieu de s'en écarter. 4.3 Pour le surplus, c'est en vain que le recourant cherche à démontrer que sa situation se serait aggravée par l'apparition de nouvelles affections entre le moment où la CNA a rendu sa décision, le 8 juillet 1998, et le prononcé de la décision litigieuse, le 26 novembre 2001. Du point de vue orthopédique tout d'abord, le docteur G.________ décrivait la situation comme stationnaire en mars 2000, précisant de manière succincte qu'une activité légère en position assise était envisageable. Il est vrai que le médecin traitant a par la suite indiqué, dans son courrier au conseil du recourant du 21 décembre 2001, qu'un «travail assis, en tous cas la demi journée, paraît possible». Il s'agit cependant d'une simple affirmation qui, faute de motivation, ne permet pas de douter des conclusions des docteurs C.________ et H.________. Ensuite, les atteintes à la santé que le recourant invoque en se référant au rapport du docteur N.________ (du 16 janvier 2001) n'apparaissent pas déterminantes dans le cadre de l'évaluation de l'invalidité. D'une part, comme l'ont retenu les premiers juges, on ne voit pas que les troubles dermatologiques (eczéma) et l'hypertension artérielle dont a fait état ce médecin empêcheraient le recourant de mettre à profit sa capacité de travail résiduelle, ce d'autant plus que ces affections peuvent être traitées par médicaments, comme le relève le docteur N.________. Faute d'indices susceptibles d'étayer l'affirmation du recourant selon laquelle il s'agirait d'«affections handicapantes», il ne s'avère pas nécessaire d'ordonner une instruction sur ce point. On rappellera à cet égard que le juge n'est pas tenu de procéder à une instruction complémentaire lorsqu'il est convaincu que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation (appréciation anticipée des preuves, cf. ATF 124 V 94 consid. 4b, 122 V 162 consid. 1d et l'arrêt cité). Il en va de même, par ailleurs, en ce qui concerne une éventuelle affection psychique que présenterait le recourant et les mesures d'instruction y relatives. Le seul argument évoqué par M.________, qui justifierait selon lui de procéder à une instruction complémentaire sur son état psychique, n'est pas convaincant. Le simple fait qu'il n'a pas travaillé depuis longtemps ne constitue en effet pas un élément suffisant pour admettre l'existence éventuelle d'un trouble psychique, ni la nécessité de procéder à une instruction sur ce point. Au demeurant, suivre cette argumentation reviendrait à admettre que tout arrêt de travail prolongé provoque immanquablement une affection psychique, ce qui ne correspond pas - heureusement - à la réalité. Il convient de préciser par ailleurs que les renseignements obtenus par les premiers juges auprès du docteur A.________ se rapportent à des circonstances postérieures à la date déterminante de la décision litigieuse. Dès lors, dans la mesure où l'état dépressif croissant retenu par le psychiatre, le 18 août 2003, aurait des répercussions négatives sur la capacité de travail du recourant, il n'y a pas lieu d'en tenir compte dans la présente procédure (voir ci-avant consid. 2.1).