Citation: 6B_812/2015 E. 2.6

2.6. Le recourant soutient que la cour cantonale aurait insuffisamment pris en compte, en sa faveur, son très jeune âge au moment des faits (18 ans et 4 mois). Il souligne l' "effet de seuil " induit par le passage de la minorité à la majorité pénale quant aux peines ainsi que le développement encore incomplet et incertain de sa personnalité ressortant de l'expertise psychiatrique. La cour cantonale n'a pas ignoré le facteur du jeune âge, qu'elle a mentionné expressément. Toutefois, le jeune âge n'impose pas, à lui seul, une réduction de peine. Il n'impose pas, en particulier, en raison de l'effet de seuil invoqué, de prononcer des peines se rapprochant le plus possible de celles prévues par le droit pénal des mineurs. Il s'agit plutôt de déterminer en quoi cette circonstance personnelle influence l'appréciation de la faute, soit en quoi elle a pu faciliter le passage à l'acte, notamment, en empêchant l'auteur d'apprécier correctement la portée de ses actes, par exemple en raison de son immaturité ou d'un discernement limité (v. arrêt 6B_584/2009 du 28 janvier 2010 consid. 2.2.3). L'expert expose que si la grille psychanalytique met en évidence une certaine souplesse dans les mécanismes psychiques décrits comme " état-limite ", ces traits ne s'inscrivent pas dans un trouble de la personnalité constitué au sens de la CIM-10, à l'heure actuelle, l'expertisé faisant preuve de capacités adaptatives, tant psychiques que comportementales. Ce spécialiste relève, à ce propos qu'un tel diagnostic est toujours très difficile à poser chez des sujets jeunes, de l'âge du recourant, la personnalité n'étant souvent pas totalement constituée (expertise, p. 13). On comprend ainsi que selon l'expert, le jeune âge du recourant, respectivement sa personnalité non encore totalement constituée, est un facteur le conduisant à ne pas poser le diagnostic d'un trouble de la personnalité. En revanche, le praticien n'en conclut d'aucune manière que le recourant n'aurait pas été en mesure de percevoir la portée de ses actes. Du reste, le seul fait de n'avoir passé le cap de la majorité que depuis peu ne permet pas de conclure que le recourant, même s'il présentait une certaine immaturité, n'aurait pas été capable de concevoir d'emblée le risque que comportait le fait de se munir d'une arme dans un contexte perçu comme conflictuel, puis les conséquences irrémédiables qu'emportait l'usage homicide de cet objet et d'adapter son comportement, comme cela lui avait, de surcroît, été suggéré par une personne présente sur les lieux. Aussi les éléments relevés par le recourant n'imposaient-ils pas à la cour cantonale de réduire la sanction dans la mesure très importante appelée de ses voeux par le recourant.