Citation: 6B_178/2007 23.07.2007 E. 1

C.e B.X.________ a fait croire aux époux Y.________ que leur argent devait être placé, afin d'éviter qu'il ne soit saisi. En raison des liens d'amitié qui les liaient et de la confiance qu'ils avaient en elle, les époux Y.________ ont accepté de lui prêter 100'000 fr., provenant du solde du produit de la vente de leur domaine agricole, pour libérer le capital social de Z.________ SA et permettre ainsi la constitution de cette société. B.X.________ leur a assuré que les 100'000 fr. leur seraient ensuite remboursés. Selon les époux Y.________, elle leur a déclaré que cette somme serait ensuite placée sur un compte pour eux et leurs enfants. En vue du prêt, les époux Y.________ ont accepté de remettre à B.X.________ un chèque barré d'un montant de 130'961 fr. 60, qui avait été établi au nom de A.Y.________ et remis à ce dernier par le notaire L.________, lors de l'instrumentation de la vente du domaine agricole à D.________. Le chèque a été encaissé sur un compte de C.X.________ en France. Après quoi, B.X.________ a retiré 100'000 fr. du compte de sa fille et les a consignés à l'UBS à T.________. Ce montant a ensuite permis de libérer les 100'000 fr. nécessaires à la constitution de Z.________ SA. Ces faits ont également été considérés comme constitutifs d'escroquerie. C.f Sur les 35'000 fr. contenus dans l'enveloppe que lui avait remis A.Y.________, après l'avoir reçue de D.________ dans la salle d'attente du notaire L.________ (cf. supra, let. C.b), les 30'000 fr. restant, après déduction des 5000 fr. correspondant à l'avance sur culture, avaient été confiés à B.X.________ en vertu des pouvoirs de gestion que lui conféraient les procurations signées en sa faveur par les époux Y.________. Celle-ci n'a toutefois pas affecté cette somme aux besoins des époux Y.________, mais en a disposé à son profit. A raison de ces faits, B.X.________ a été reconnue coupable d'abus de confiance. C.g D'avril 1996 à décembre 1997, B.X.________ a encaissé divers montants revenant aux époux Y.________, mais n'en a jamais rendu compte à ces derniers, qui étaient tenus dans l'ignorance totale de leur situation. B.X.________ n'a produit de décompte, accompagné de pièces justificatives, que le 31 mai 2001, à l'adresse du juge d'instruction, avant de produire de nouvelles pièces quelques jours avant l'audience du 5 juillet 2006. Examinant et appréciant en détail ces diverses pièces, l'autorité cantonale a retenu que, sur un total de 40'821 fr. 90 encaissé, 32'410 fr. 80 avaient été restitués sous une forme ou une autre aux époux Y.________, de sorte que B.X.________ s'était enrichie d'un montant de 8411 fr. 10 à leurs dépens. En effet, celle-ci, qui avait des poursuites en cours de près de 975'000 fr. depuis le 1er janvier 1996, lesquelles, cumulées avec celles antérieures à cette date, atteignaient même 1,3 millions de francs, n'était pas en mesure de rembourser. Par ailleurs, outre qu'il n'était pas établi que son activité de mandataire avait un caractère onéreux, elle ne pouvait prétendre à des honoraires pour ce mandat, compte tenu de son exécution défectueuse, qui était assimilable à une inexécution totale, au vu de la situation, "cauchemardesque" selon leur curateur, des époux Y.________. Sur le vu de ces faits, B.X.________ a été reconnue coupable d'abus de confiance.