Citation: 6B_1364/2023 E. 1.3.3

1.3.3. Le premier argument du recourant, selon lequel les policiers auraient profité de sa fatigue physique et émotionnelle, est infondé. Avant de passer aux aveux, le recourant a été auditionné durant 6h34 le 4 janvier 2020, durant 6h28 le 5 janvier 2020, durant 2h45 le 6 janvier 2020, puis durant 2h40 le 7 janvier 2020, soit un total de 18h27 sur quatre jours, ce qui correspond à près de 4h37 par jour en moyenne. Si cela n'est pas anodin, les faits que les autorités de poursuite pénale étaient chargées d'élucider ne l'étaient pas moins; la disparition de F.B.________, alors âgée de 17 ans, puis la découverte de son corps sans vie, nécessitaient d'agir avec une grande célérité, que ce soit pour la retrouver, dans un premier temps, ou pour élucider les circonstances de son décès, dans un second temps. Compte tenu de ces éléments et du rôle clé joué par le recourant - qui, rappelons le, était alors considéré comme la dernière personne à avoir vu la précitée, de surcroît comme son petit-ami, et dont les déclarations étaient pour le moins changeantes - il n'y a rien de choquant, sur le principe, à ce qu'il ait été entendu selon les modalités décrites supra. Ce d'autant moins que la durée moyenne de ses auditions, mais également la durée individuelle de chacune d'elles, n'ont de loin pas excédé la durée d'une journée de travail standard, mais encore qu'elles ont été espacées de nombreuses heures et agrémentées de plusieurs pauses ayant permis au recourant de se reposer. Il peut en être dit autant s'agissant des horaires de ses auditions, lesquelles ont pris fin à 02h00 le 4 janvier 2020 et à 23h35 le 5 janvier 2020, moment auquel il était encore question de retrouver F.B.________ au plus vite et où la police agissait en dehors du cadre de l'art. 309 CPP. En plus de ne pas pouvoir être qualifiées d'interdites au sens de l'art. 140 al. 1 CPP, sur le principe et compte tenu des circonstances, les méthodes mises en oeuvre par la police n'ont concrètement pas eu pour effet d'affaiblir le recourant au point de restreindre ses facultés intellectuelles ou son libre arbitre. Du moins, cela ne ressort pas du jugement attaqué, des griefs du précité ou des procès-verbaux d'auditions. Au contraire, le recourant a confirmé à plusieurs reprises être en bonne santé (procès-verbal de l'audition du 5 janvier 2020, p. 4; procès-verbal de l'audition du 6 janvier 2020, p. 4), être apte et disposé à répondre aux questions des policiers (procès-verbal de l'audition du 4 janvier 2020, p. 2; procès-verbal de l'audition du 5 janvier 2020, p. 2 et 3; procès-verbal de l'audition du 6 janvier 2020, p. 1 et 4; procès-verbal de l'audition du 7 janvier 2020, p. 2) et ne pas avoir besoin de voir un médecin (procès-verbal de l'audition du 5 janvier 2020, p. 5; procès-verbal de l'audition du 6 janvier 2020, p. 4). Le 5 janvier 2020, il a par ailleurs déclaré débuter une formation en vue de son apprentissage dès le lendemain, ce qui confirme qu'il s'estimait à tout le moins apte à travailler à cette date (procès-verbal de l'audition du 5 janvier 2020, p. 4). De manière plus générale, le recourant n'a, durant les auditions dont il est question, jamais mentionné être fatigué ou montré de tels signes; mis face à ses contradictions, il ne les a jamais justifiées par un tel problème; toutes les pauses sollicitées par ce dernier ont été accordées et il a toujours déclaré, à l'issue de celles-ci, être apte à poursuivre (procès-verbal de l'audition du 4 janvier 2020, p. 6; procès-verbal de l'audition du 5 janvier 2020, p. 5 et 13; procès-verbal de l'audition du 6 janvier 2020, p. 4; procès-verbal de l'audition du 7 janvier 2020, p. 9); il a répondu aux questions des policiers de manière cohérente et structurée, sans difficultés apparentes; les signes de mal-être exprimés par le recourant n'ont jamais été justifiés par une hypothétique fatigue, mais faisaient plutôt suite à des tournants dans l'enquête, tels que le fait qu'il lui soit pour la première fois reproché d'être " impliqué dans la disparition de F.B.________ " (procès-verbal de l'audition du 5 janvier 2020, p. 4 et 5) ou qu'il soit informé du décès de F.B.________ et confronté à des photographies de la scène de crime (procès-verbal de l'audition du 7 janvier 2020, dès la p. 2). En définitive, rien ne laisse entendre que les policiers en charge d'auditionner le recourant auraient sciemment décidé de l'entendre selon les modalités décrites supra dans le seul but de le fatiguer et ainsi, de lui soutirer des aveux en profitant de la diminution de ses facultés intellectuelles ou de son libre arbitre. Au contraire, leur mode d'action était parfaitement justifié par les circonstances. De même, rien ne laisse entendre que les policiers en question se seraient, auraient pu ou auraient dû se rendre compte de ce que les capacités du recourant étaient limitées par une intense fatigue, tout simplement parce que celle-ci n'a jamais existé, du moins à la rigueur du comportement et des déclarations du précité tels que retranscrits dans les différents procès-verbaux.