Citation: 1C_398/2023 E. 4.2

4.2. En l'espèce, le recourant a consulté un centre LAVI pour la première fois en février 2012 et il a bénéficié de prestations LAVI, sous forme d'aide immédiate et d'aide à plus long terme. Il a en particulier bénéficié de plusieurs heures d'assistance juridique auprès de deux avocats, la première fois en mai 2012, la seconde en 2013, lorsqu'il a été entendu par la police. Lors de cette audition du 13 août 2013, il lui a expressément été demandé: "[c]onfirmez-vous avoir reçu le formulaire explicatif sur l'aide aux victime ?", ce à quoi il a répondu "Je suis déjà suivi par le centre LAVI de Fribourg". Ensuite, à la question "[a]vez-vous des questions à propos du formulaire des droits de la victime ?", il a répondu "non". Dans ces conditions, le Tribunal cantonal a jugé à bon droit que si - par hypothèse - l'on pouvait douter du fait que l'intéressé n'avait pas été informé de l'ensemble de ses droits en 2012 (par le biais de ses mandataires, des nombreux contacts qu'il a eus avec le personnel du centre LAVI ou dans le cadre des différents entretiens individuels ou de groupe qu'il a pu avoir avec l'Association "Faire le pas, parler d'abus sexuels"), il fallait en tout cas admettre qu'il n'y avait pas eu de défaut d'information dans le cadre de la procédure pénale; si, par impossible, son droit à une indemnisation et le délai pour la demander ne faisaient pas partie des informations figurant sur le formulaire explicatif LAVI qui lui avait été remis, ce qui paraissait inimaginable, l'instance précédente a retenu qu'il appartenait en tous les cas au recourant, dès son audition en 2013, de ne pas rester passif et de se renseigner plus avant sur ses droits; à cet égard, les juges cantonaux ont relevé qu'il était majeur et capable de discernement au moment de son audition et qu'il ne ressortait pas davantage du dossier que son inaction s'expliquait par une grande détresse physique ou morale, ou encore par un isolement social (cf. ATF 123 II 241); par ailleurs, une simple recherche sur Internet aurait suffi à renseigner exhaustivement l'intéressé. Le Tribunal cantonal a conclu que comme l'entretien auprès de la police avait eu lieu en août 2013, il fallait considérer que le recourant n'avait pas agi avec la diligence que l'on pouvait raisonnablement attendre de lui en ne déposant sa demande d'indemnisation que trois ans plus tard, en 2016; dans ces conditions, la péremption lui était opposable, aussi bien sous l'angle de l'aLAVI que de la LAVI.