Citation: U 190/02 12.08.2003 E. 4

4.1 Cela étant, il n'en demeure pas moins que le recourant souffre d'un trouble psychique sous la forme de traits paranoïaques chez une personnalité émotionnellement labile, de type impulsif. Selon le docteur B.________ (rapport d'expertise du 30 novembre 1999), ce grave trouble de la personnalité entraîne une incapacité à verbaliser et à s'introspecter, ce qui se traduit par des plaintes douloureuses rendant impossible toute reprise du travail. L'expert indique que ce trouble existait avant l'accident, lequel n'a joué aucun rôle dans son développement. Cependant, dans la mesure où il affirme par ailleurs que le manque de capacité d'élaboration, ainsi que les traits caractériels immatures et projectifs ont empêché le recourant d'assimiler psychiquement de manière adéquate le vécu de l'accident et les suites physiques de celui-ci, force est d'admettre que l'événement en cause apparaît bel et bien comme la condition sine qua non des troubles actuels, quand bien même il n'en est que la cause très partielle. 4.2 Quoi qu'il en soit, si l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les troubles psychiques et l'accident doit être admise, l'existence d'un lien de causalité adéquate doit en l'occurrence être niée. En effet, sur le vu des circonstances de l'accident, telles qu'elles ressortent du rapport de la police cantonale genevoise du 23 septembre 1986, l'événement du 16 septembre précédent doit être classé dans la catégorie des accidents de gravité moyenne. Par ailleurs, il apparaît que les critères objectifs posés par la jurisprudence en matière de troubles psychiques consécutifs à un accident de gravité moyenne (cf. ATF 115 V 138 ss consid. 6 et 407 ss consid. 5) ne sont pas réalisés en l'occurrence. En particulier, l'accident et les circonstances concomitantes sont dénués de tout caractère particulièrement impressionnant ou particulièrement dramatique. En outre, le recourant n'a pas subi de lésion physique grave, propre, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. Quant à la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques, elle n'apparaît pas particulièrement longue. En effet, dans un rapport du 19 juin 1987, le docteur E.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, a indiqué que l'assuré était en mesure, sur le plan orthopédique, de reprendre son activité habituelle dès le début du mois d'août suivant. Enfin, en ce qui concerne la durée du traitement, force est de constater, sur le vu du rapport du docteur E.________ déjà cité et du rapport de sortie de la Clinique de médecine Y.________ (du 30 octobre 1987), que les troubles psychiques ont exercé très tôt une influence déterminante sur l'état de santé du recourant.