Citation: 1P.171/2000 29.05.2000 E. 2

2.- Le recourant voit une violation de son droit d'être entendu dans le fait que la Cour pénale aurait omis sans raison d'examiner de nombreux arguments invoqués au coursde la procédure ou à l'appui de son mémoire de recours. Il ne dénonce pas sur ce point la violation de normes du droit cantonal, de sorte que le mérite de son grief doit être examiné sous l'angle de l'art. 29 al. 2 Cst. et de la jurisprudence rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). a) Selon cette dernière jurisprudence, une autorité cantonale de recours commet un déni de justice formel si elle omet de statuer sur une conclusion du recours dont elle est saisie alors qu'elle est compétente pour le faire (ATF 117 Ia 116 consid. 3a p. 117/118 et les arrêts cités; cf. aussi ZBl 96/1995 p. 174 consid. 2 p. 175). En outre, le droit d'être entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. impose à l'autorité de jugement l'obligation de motiver ses décisions afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient (ATF 125 II 369 consid. 2c p. 372 et les arrêts cités). Pour satisfaire cette exigence, il suffit que celle-ci mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision. Elle n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents (ATF 124 V 180 consid. 1a p. 181; 124 II 146 consid. 2a p. 149; 122 IV 8 consid. 2c p. 14/15 et les références citées). b) Dans le cas particulier, le recourant ne prétend pas que la motivation de l'arrêt attaqué serait insuffisante et qu'elle l'aurait empêché de comprendre les raisons ayant amené la Cour pénale à retenir sa culpabilité pour les chefs d'accusation de tentative d'instigation à faux témoignage et de lésions corporelles simples commises en automne 1993. Il discute au contraire abondamment et de manière appellatoire les faits retenus par la cour cantonale en examinant les témoignages et certificats médicaux versés à la procédure. Puisqu'il motive son grief de violation du droit d'être entendu par une discussion sur les faits tentant de prouver que les infractions visées ne lui étaient pas imputables, le recourant reconnaît implicitement que le fondement de la décision entreprise était suffisant pour qu'il puisse la contester. Pour le surplus, le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu ne remplit pas les exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ dans la mesure où le recourant se borne à reprendre les arguments auxquels la Cour pénale n'aurait pas répondu et se confond avec le reproche d'une appréciation arbitraire des preuves.