Citation: 4C.54/2005 24.05.2005 E. A

Par contrat de travail du 19 décembre 2001, X.________ SA a engagé A.________ comme coiffeur, pour son salon "B.________ Coiffure", dès le 7 mars 2002. Le contrat prévoyait un salaire mensuel de 3'500 fr. et précisait qu'"après les trois premiers mois, vous aurez également à votre charge la formation de nos assistantes en ce qui concerne la coupe et la technique de coiffure. Pour ce poste de formateur, votre traitement mensuel sera de 2'000 fr." Le 26 décembre 2001, X.________ SA a adressé à l'Office cantonal de la population une demande d'autorisation de travail pour frontalier en faveur de A.________, afin de l'engager en tant que "coiffeur qualifié dames et hommes", avec une rémunération de 5'500 fr. par mois. A l'appui de cette demande ont été fournies une lettre explicative ainsi qu'une copie du contrat de travail. Le 6 février 2002, l'Office cantonal de la population a délivré une autorisation de travail conforme à la demande qui lui avait été adressée. Pendant la durée de son engagement, A.________ a enseigné et donné des conseils pour les brushings, teintures et massages du cuir chevelu, ainsi que pour les soins capillaires, mais pas en ce qui concerne la coupe de cheveux. B.________ donnait la technique de base et A.________ l'affinait. B.________ avait consigné ses méthodes dans un recueil, dont elle s'écartait en pratique, ce qui rendait leur application difficile aux employés, ainsi que leur enseignement par A.________, qui avait exercé durant deux ans une activité de formateur dans une école privée de coiffure, à Lyon. Pendant toute la durée du contrat, A.________ a reçu un salaire mensuel de 3'500 fr., qu'il a accepté sans autre discussion. B.________ a précisé que le temps d'essai était une période lors de laquelle elle devait "former" A.________ à sa nouvelle méthode, ce que ce dernier a reconnu. Par contre, il a contesté que le temps d'essai ait été allongé de trois mois supplémentaires pour cette activité de formateur ou qu'il y ait eu un accord entre lui et B.________ selon lequel, faute de posséder les compétences de formateur, il aurait été gardé en tant que coiffeur pour un salaire de 3'500 fr. par mois. Le 28 mars 2003, A.________ a résilié son contrat à l'échéance du 3 mai 2003, en respectant le délai de congé prévu. Le 3 octobre 2003, A.________ a réclamé à son ancien employeur la somme de 30'000 fr. pour différence de salaire dû. Il affirmait qu'il aurait dû être rémunéré conformément à la demande d'autorisation de travail, soit à hauteur de 5'500 fr. par mois, alors que, pendant la durée de son engagement, il avait reçu un salaire de 3'500 fr. Il réclamait ainsi la différence de 2'000 fr. sur toute la durée des rapports de travail, soit quinze mois. Le 7 octobre 2003, X.________ SA a répondu à A.________ que le contrat de travail avait été joint à la demande d'autorisation de travail, de sorte que celle-ci devait se lire à la lumière de celui-là. Elle relevait par ailleurs que le salaire convenu était de 3'500 fr. pour le poste de coiffeur et de 2'000 fr. pour celui de formateur, mais que A.________ n'avait pas fourni d'activité de formateur car il ne possédait pas les qualités nécessaires. Dès lors, "n'étant pas capable d'assurer la seconde partie de son contrat, nous ne lui avons pas donné la rémunération qui s'y rapportait".