Citation: 9C_771/2023 E. 6.3.2

6.3.2. En l'occurrence, tant l'office intimé que la juridiction cantonale se sont écartés du salaire de 76'180 fr. annoncé par le recourant dans sa demande de prestations du 16 mai 2018 (5'860 fr. x 13), sans prendre de renseignements auprès de l'employeur, ainsi qu'il est d'usage de le faire et que le commande le devoir d'instruction. Ils se sont fondés sur le salaire inférieur de 62'213 fr. (soit, avec indexation, de 62'524 fr. 05 pour 2019 et de 63'024 fr. 25 pour 2021) tel qu'il ressort du compte individuel AVS de l'assuré. Comme le relève ce dernier, il apparaît que le salaire retenu à titre de revenu sans invalidité diffère sensiblement du revenu de 76'960 fr., retenu par l'administration pour déterminer le montant des indemnités journalières versées à la suite de la décision du 5 septembre 2019. Or, selon l'art. 23 al. 1 LAI, les indemnités journalières se calculent en fonction "du revenu que l'assuré percevait pour la dernière activité exercée sans restriction due à des raisons de santé". Il existe donc une apparente contradiction entre le revenu retenu par l'office intimé pour déterminer le droit du recourant à une rente d'invalidité, qui devrait correspondre en principe au salaire réalisé en dernier lieu avant l'atteinte à la santé, et celui qu'il a retenu pour déterminer le montant des indemnités journalières. L'arrêt attaqué ne contient aucune justification concernant cette différence. Si l'on devait comparer un revenu sans invalidité de 76'180 fr. (non indexé aux années déterminantes [2019 et 2021]) au revenu d'invalide de 42'456 fr. 15 pour 2019 et de 45'033 fr. 95 pour 2021, on obtiendrait déjà un taux arrondi d'invalidité de 44% pour 2019 et de 41% pour 2021. Dans la mesure où la détermination du revenu d'invalide (la plus concrète possible) est susceptible d'influencer le droit du recourant à une rente d'invalidité pour les périodes du 1er août 2019 au 28 février 2021 et dès le 1er août suivant, il convient en principe d'annuler l'arrêt attaqué sur ce point ainsi que la décision administrative litigieuse et de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il détermine concrètement auprès de l'employeur concerné le montant du salaire réalisé par le recourant avant l'atteinte à la santé et rende une nouvelle décision.