Citation: 2D_11/2020 E. 1.2.2

1.2.2. Point n'est besoin non plus de déterminer, sous l'angle de la qualité pour recourir, si la jurisprudence développée sous l'empire de la loi fédérale du 16 décembre 1943 d'organisation judiciaire (OJ; RO 60 269) en lien avec l'ancien recours de droit public - qui nie tout intérêt juridiquement protégé de la personne récusée à recourir contre cette décision, dans la mesure où elle n'est pas atteinte dans sa situation personnelle, mais uniquement visée comme membre d'une autorité, et ne peut ainsi se prévaloir de la violation de ses droits constitutionnels (cf. ATF 107 Ia 266 p. 267 s.) - permettrait également de nier l'existence d'un intérêt juridique au sens de l'art. 115 LTF, respectivement, comme l'a envisagé l'autorité précédente sous l'angle de l'art. 75 let. a LPA/VD, dont le contenu correspond à celui de l'art. 89 al. 1 let. c LTF, d'un intérêt digne de protection au sens de cette dernière disposition. En effet, que l'on envisage la qualité pour recourir sous l'angle du recours en matière de droit public ou du recours constitutionnel subsidiaire, l'intérêt du recourant doit être actuel (cf. ATF 137 I 296 consid. 4.2 en lien avec l'art. 89 LTF; arrêt 2D_42/2016 du 3 octobre 2017 consid. 1.2 en lien avec l'art. 115 LTF). Cette exigence vaut aussi lorsqu'est invoqué un déni de justice formel; en ce cas, le recourant doit au moins justifier d'un intérêt actuel et digne de protection à ce que son grief (formel) soit examiné, intérêt qui se mesure à l'aune de l'objectif poursuivi par le dépôt de son recours ainsi qu'à la lumière des effets et de la portée possible d'une admission du recours (cf. ATF 131 I 153 consid. 1.2; arrêt 2D_21/2018 du 19 février 2019 consid. 2.4 et l'arrêt cité). L'intérêt actuel fait en particulier défaut lorsque la décision attaquée a été exécutée ou est devenue sans objet (ATF 125 II 86 consid. 5b; 120 Ia 165 consid. 1a; arrêt 1B_290/2020 du 4 août 2020 consid. 2.2). Il est exceptionnellement fait abstraction de l'exigence d'un intérêt actuel lorsque la contestation peut se reproduire en tout temps dans des circonstances identiques ou analogues, que sa nature ne permet pas de la trancher avant qu'elle ne perde son actualité et que, en raison de sa portée de principe, il existe un intérêt public suffisamment important à la solution de la question litigieuse (cf. ATF 142 I 135 consid. 1.3.1; 139 I 206 consid. 1.1). Il en va de même dans des circonstances très particulières, si le recourant formule de façon défendable un grief de violation manifeste de la CEDH (ATF 142 I 135 consid. 1.3.1; 137 I 296 consid. 4.3.1 et 4.3.4).