Citation: 8C_622/2015 E. 1

S'agissant du déroulement de l'accident du 17 novembre 2006, on sait que l'intimée a été renversée par une moto au moment de traverser un passage piéton. Il n'y a toutefois aucune information sur la vitesse à laquelle la moto a heurté l'assurée ni sur les dimensions de celle-ci. On ignore également si le conducteur responsable de l'accident a effectué un freinage. Il semble qu'un rapport de police ait été établi, mais ce document ne se trouve pas au dossier. Selon les dires de l'assurée, celle-ci aurait été projetée à douze mètres avant de retomber violemment sur l'asphalte. Si l'on se réfère à la casuistique des accidents concernant des personnes renversées à un passage piétons, les cas classés dans la catégorie des accidents de gravité moyenne ont en commun le fait que la collision s'est produite à une vitesse plutôt modérée (voir par exemple les arrêts 8C_236/2016 du 11 août 2016 et 8C_816/2012 du 4 septembre 2013). En revanche, l'accident subi par une assurée, fauchée par une voiture qui n'a pratiquement pas freiné et projetée en l'air à près de 15 mètres, a été rangé à la limite supérieure des accidents de gravité moyenne (arrêt U 214/04 du 15 mars 2005). En l'espèce, à défaut d'une indication autre que les lésions subies - qui consistent tout de même en un polytraumatisme important - pour déterminer la gravité de l'accident assuré, on peut hésiter à classer cet événement dans la catégorie des accidents de gravité moyenne ou à la limite de celle des accidents graves. A cela s'ajoute qu'on ne peut pas non plus considérer que le présent cas ne réunit d'emblée aucun des critères déterminants dans l'examen de la causalité adéquate. En particulier, on ne saurait retenir que l'assurée avait recouvré, sur le plan somatique, une capacité de travail après une année. Les pièces médicales citées par la recourante à cet égard ne permettent pas de tirer une telle conclusion. Certes, dans son rapport du 31 octobre 2007, le docteur E.________ a fait état "d'une évolution plutôt favorable" des atteintes de l'appareil locomoteur. Outre le fait que cette observation ne dit encore rien sur la capacité de travail de l'intimée, ce médecin a clairement indiqué que la situation n'était pas stabilisée, cette constatation ne pouvant se comprendre seulement comme une référence à l'état psychique de l'assurée vu tous les autres points abordés dans le rapport (suites du TCC, troubles de l'audition, compte-rendu de l'atelier de réadaptation professionnelle dont il ressortait que, prises dans leur globalité, les séquelles de l'assurée étaient encore trop limitatives pour conclure à une capacité de travail dans le marché primaire). On relèvera que c'est à l'issue de son examen final du 14 mai 2009, que le docteur E.________ a conclu à une stabilisation de la situation sur plan orthopédique et à l'absence d'une incapacité de travail sous cet angle. Quant à son confrère neurologue, le docteur H.________, il a exclu une atteinte importante de nature neurologique et neuropsychologique imputable à l'accident qu'à partir du début de l'année 2009 (au plus tard). C'est dire qu'on ne saurait confirmer le point de vue de la recourante sans procéder à un examen plus approfondi des critères jurisprudentiels applicables. Dès lors qu'il manque des éléments essentiels au dossier, et compte tenu aussi du fait qu'il n'incombe pas au Tribunal fédéral de se prononcer pour la première fois sur l'existence ou non d'un lien de causalité adéquate entre les troubles psychiques et l'accident ni d'instruire plus avant les faits, il convient de renvoyer la cause au tribunal cantonal afin qu'il examine cette question en procédant aux mesures d'instruction nécessaires à cette fin.