Citation: 4A_541/2020 E. A

A.a. En vue de la réalisation du projet " U.________ " à xxx, comprenant la construction de cinq immeubles d'habitation et les aménagements extérieurs sur des parcelles lui appartenant, C.________ SA, à laquelle a succédé A.________ SA (ci-après: la société cliente, la défenderesse ou la recourante), a conclu avec B.________ (ci-après: la société d'architecture, la demanderesse ou l'intimée) un contrat d'architecte, soumis à la norme SIA 102, édition 2003. Le contrat, passé les 9 mai et 11 juin 2012 (ci-après: le contrat du 11 juin 2012), prévoyait des prestations d'architecte allant de l'avant-projet à l'achèvement de l'ouvrage pour un prix de 2'617'454 fr. nets à titre d'honoraires pour les prestations ordinaires et de 53'860 fr., TVA en sus, pour les frais accessoires. Les honoraires de la société d'architecture devaient être réglés par le biais d'acomptes mensuels. A.b. Tandis que la société d'architecture avait déjà exécuté une partie de ses travaux, la société cliente s'est acquittée en retard des acomptes, dont le solde s'élevait à 681'000 fr. au 20 novembre 2014. A.c. Suite à ces retards de paiement, il a été envisagé qu'une nouvelle société reprenne le projet immobilier de la société cliente. La société d'architecture a engagé des négociations avec D.________ SA (ci-après: la société reprenante) en décembre 2014 en vue de la reprise par celle-ci du projet U.________ des mains de la société cliente. Dans le contexte de ces négociations, la société d'architecture a adressé à la société reprenante, le 18 décembre 2014, une offre forfaitaire pour un montant de 1'440'000 fr., ce montant correspondant à un rabais de 15 % par rapport au contrat du 11 juin 2012. Ce document (ci-après: le contrat du 18 décembre 2014), signé par la société d'architecture, la société reprenante et la société cliente, devait servir de base à un futur contrat relatif aux prestations d'architecte et prévoyait qu'il " lib[érait] [la société cliente] de tout engagement envers [la société d'architecture], sous réserve de son application [...] ". A.d. Le 29 décembre 2014, la société cliente a vendu à la société reprenante les parcelles et le projet U.________. Le contrat (ci-après: le contrat du 29 décembre 2014) prévoyait, en gras, que " [la société reprenante] ne repren[ait] aucun des contrats conclu[s] [...] par la [société cliente] en relation (directe ou indirecte) avec les parcelles " et précisait que sa validité était notamment soumise à l'obtention par la société cliente de la " [d]éclaration irrévocable de [la société d'architecture] selon laquelle cette société n'a[vait] aucune prétention d'aucune sorte à faire valoir en relation avec la promotion immobilière [...], notamment quant aux plans remis en vue de construction ". La société d'architecture n'a pas été consultée sur le texte du contrat du 29 décembre 2014 et n'a pas donné son accord à celui-ci. Suite audit contrat, la société cliente n'est plus intervenue à quelque titre que ce soit dans le projet U.________. A.e. En février ou mars 2015, la société reprenante a adressé une proposition à la société d'architecture en vue de concrétiser le contrat du 18 décembre 2014; elle lui a fait parvenir un projet de " contrat d'architecte global " pour un prix forfaitaire de 1'100'000 fr., soit un prix plus bas que celui, s'élevant à 1'440'000 fr., discuté le 18 décembre 2014. La société d'architecture a refusé cette proposition et a formulé une contre-proposition, que la société reprenante n'a, à son tour, pas acceptée. A.f. Le 5 mai 2015, la société d'architecture a informé la société cliente qu'aucune solution pour la poursuite du mandat d'architecte n'avait pu être trouvée avec la société reprenante et que ledit mandat avait été rompu lors de la vente du projet à celle-ci. Se basant sur la situation de ses honoraires en novembre 2014, elle a établi le solde de ses honoraires à 681'000 fr. La société d'architecture et la société reprenante étant néanmoins parvenues, le 16 mars 2015, à un accord concernant la remise des plans contre le paiement du montant de 600'000 fr., versé le 17 mars 2015, la société d'architecture a réclamé à la société cliente le paiement du solde, soit 81'000 fr., avec intérêts à 5 % l'an dès le 1er novembre 2014. A.g. Les parties sont en litige au sujet du sens à donner à la clause contenue dans le contrat du 18 décembre 2014, selon laquelle cet accord signé par les parties " lib[érait] [la société cliente] de tout engagement envers [la société d'architecture] [...], sous réserve de son application [...] " (cf. supra consid. A.c). Selon la société d'architecture, la société cliente devait s'acquitter du solde des honoraires en 81'000 fr., intérêts en sus, dès lors que le contrat du 18 décembre 2014 n'avait, faute d'accord avec la société reprenante, pas pu être appliqué. Selon la société cliente, dès lors qu'une relation contractuelle avait bien été nouée entre la société d'architecture et la société reprenante (soit la remise des plans contre le prix de 600'000 fr.), le contrat du 18 décembre 2014 avait bien débouché sur un contrat relatif aux prestations d'architecte, de sorte qu'elle était libérée de tout engagement financier envers la société d'architecture.