Citation: 7B_191/2024 E. 2.2.2

2.2.2. Le recourant expose ensuite qu'il aurait fourni des indices sérieux qui démontreraient "un changement de vie amorcé avec des perspectives d'une vie dans la légalité": il vivrait dans un appartement avec sa compagne et sa fille, il participerait aux tâches ménagères ainsi qu'à l'éducation de la fille de sa compagne, aurait recommencé à faire du sport et serait en recherche active d'un emploi. Il admet implicitement avoir menti sur sa dernière consommation de stupéfiants mais explique que sa volonté de mener une vie abstinente serait bien présente, qu'il aurait coupé tout contact avec ses anciens "amis" avec qui il vendait et consommait du crystal meth, qu'il se serait sevré de ladite substance et que, hormis quelques rechutes de consommation personnelle, il serait abstinent. Il précise que pour éviter les rechutes et calmer son stress, il aurait eu recours à du Gamma-butyrolactone (GBL), notamment le jour de l'audience du 9 mai 2023. Quant à sa compagne, il soutient qu'elle aurait avoué des infractions à la LStup pour couvrir son ex-mari, qu'elle ne serait qu'une consommatrice occasionnelle et qu'il n'aurait dès lors pas menti en avançant qu'elle ne faisait pas partie du "milieu" des stupéfiants. S'agissant de ses deux tentatives infructueuses de réinsertion sur le marché du travail, il souligne pour l'essentiel que les relations au sein des programmes mis en oeuvre par le service social pourraient être extrêmement conflictuelles et qu'il aurait parallèlement dû faire face à la grave maladie ayant frappé le compagnon de sa maman qui l'aurait pratiquement élevé depuis le départ de son père. En somme, il reproche à la cour cantonale de s'être exclusivement fondée sur ses rechutes et ses antécédents, ainsi que d'avoir totalement occulté son nouveau cadre de vie et l'absence de nouvelles infractions depuis l'audience du 9 mai 2023. Au surplus, sous l'angle de la proportionnalité, il soutient que, dans la mesure où son comportement, s'il devait récidiver, ne menacerait aucunement la vie ou l'intégrité de la population, son intérêt personnel à la réinsertion devrait être priorisé. Ce faisant, le recourant développe une argumentation largement appellatoire et, partant, irrecevable, par laquelle il rediscute librement l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la Chambre pénale, sans démontrer en quoi celle-ci serait insoutenable. En tout état, la cour cantonale a opéré une appréciation globale des chances de réinsertion du recourant en prenant en considération tous les éléments nécessaires et pertinents pour aboutir à un pronostic défavorable, d'une manière qui ne prête pas le flanc à la critique. En particulier, contrairement à ce que le recourant soutient, la cour cantonale a dûment examiné son cadre de vie et son comportement récent. Elle a cependant souligné que le recourant avait d'abord caché l'identité de sa compagne en donnant un faux prénom, puis qu'il avait menti en affirmant qu'elle n'avait aucun lien avec le milieu des stupéfiants. A raison, puisqu'il est établi et incontesté qu'elle consommait des amphétamines et a été condamnée pour trafic de stupéfiants; l'assertion du recourant selon laquelle sa compagne aurait voulu assumer les actes de son ex-mari est libre et aucunement étayée. En ce qui concerne son comportement récent, la cour cantonale a retenu que le recourant avait admis lors de son audition par la police le 9 mai 2023 avoir volé plusieurs vélos les semaines qui ont précédé ladite audition, dont un le 12 avril 2023, afin de pouvoir s'acheter des stupéfiants. Au demeurant, elle a relevé que le recourant n'avait jamais cessé de consommer de la drogue, à tout le moins jusqu'au mois de juin 2023, et qu'il avait admis avoir notamment consommé du GBL la veille de son audition au Tribunal pénal le 20 juin 2023. Le recourant n'a en aucune façon démontré l'arbitraire de cette appréciation; il n'a d'ailleurs, ainsi que l'a relevé la cour cantonale, produit aucune attestation médicale confirmant son abstinence alléguée. Enfin, s'agissant de ses efforts de réinsertion professionnelle, la Chambre pénale a retenu que les deux programmes d'insertion auxquels le recourant avait participé ont été interrompus par sa faute, soit d'une part à cause de son absentéisme massif et d'autre part en raison de l'influence négative qu'il a eue sur les autres participants, l'un d'entre eux s'étant plaint que le recourant lui avait proposé de lui vendre des stupéfiants. Ces constatations de fait n'ont aucunement été remises en question par le recourant. En définitive, au vu du risque concret de réitération résultant de ces différents éléments, les juges cantonaux n'ont manifestement pas abusé de leur pouvoir d'appréciation en posant un pronostic défavorable. Par ailleurs, même si elles n'entraînent en règle générale pas de danger immédiat et concret pour des biens juridiques de grande valeur tels que la vie et l'intégrité corporelle ou sexuelle, puisqu'elles ne mettent qu'abstraitement en danger la santé publique (cf. ATF 133 IV 201 consid. 3.2; 124 IV 97 consid. 2c), les conséquences d'infractions à la LStup ne doivent en aucun cas être minimisées. En l'occurrence, eu égard au risque de récidive constaté, les avantages présentés par l'exécution de la peine sont patents.