Citation: 2D_22/2024 E. 6.3

6.3. En l'occurrence, il ressort des constatations cantonales, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) et que la recourante ne remet pas en cause sous l'angle de l'arbitraire (cf. supra consid. 5.2), que cette dernière a indiqué être victime d'une première vague de violences psychologiques quelques mois après son arrivée en Suisse et jusqu'en janvier 2023. Son époux l'aurait dévalorisée, insultée et aurait tenté de contrôler ses ressources, ce qui l'avait conduite à déposer plainte pénale. Sous cet angle, l'autorité précédente a considéré que la situation décrite par la recourante, sans la remettre en doute, n'atteignait pas l'intensité exigée par la jurisprudence. Elle a précisé que le certificat médical du généraliste, selon lequel la recourante avait souffert, en juin 2022, de douleurs abdominales aiguës possiblement liées à un stress psychologique familial n'y changeait rien, celui-ci se référant à une consultation isolée et n'émettant qu'une hypothèse. En outre, s'il pouvait être admis que la recourante avait entamé un suivi psychologique à cette période, elle l'avait interrompu fin 2022, au motif que sa vie de couple s'était améliorée. Le Tribunal cantonal a ensuite retenu que la nouvelle vague de violences psychologiques dont se prévalait la recourante était postérieure à la séparation, ces faits et les pièces y relatives ne pouvaient partant pas être pris en compte. Le Tribunal cantonal a enfin relevé que la recourante avait indiqué, tout au long de la procédure, qu'elle continuerait à vivre en ménage commun avec son époux jusqu'à ce qu'une décision définitive ne la contraigne à quitter le domicile conjugal, notamment car elle souhaitait garder son autorisation de séjour. Dans ces circonstances, les juges cantonaux ont retenu que la violence conjugale invoquée, pour peu qu'elle porte sur une période où l'union conjugale durait encore, n'avait pas revêtu une intensité susceptible de constituer une raison personnelle majeure au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI. Pour le reste, le Tribunal cantonal a constaté que la recourante, qui était en Suisse depuis trois ans, avait vécu toute sa vie à Madagascar où résidait son fils, sa soeur et son père. Avant d'arriver dans notre pays, elle exerçait la profession d'avocate et gérait un institut de soins. Dès lors, il a conclu que la réintégration sociale et professionnelle dans le pays d'origine ne devait pas poser de problème particulier.