Citation: 2A.173/2006 08.05.2006 E. 5

5.1 L'art. 10 al. 1 LSEE prévoit qu'un étranger peut être expulsé de Suisse ou d'un canton s'il a été condamné par une autorité judiciaire pour crime ou délit (lettre a) ou lorsque sa conduite, dans son ensem- ble, et ses actes permettent de conclure qu'il ne veut pas s'adapter à l'ordre établi dans le pays qui lui offre l'hospitalité ou qu'il n'en est pas capable (lettre b). L'expulsion ne sera cependant prononcée que si elle paraît appropriée à l'ensemble des circonstances et respecte le principe de la proportionnalité (art. 11 al. 3 LSEE). Compte tenu de l'accumulation des condamnations pénales du recou- rant depuis 1995, dont la dernière, en juin 2002, à deux ans et demi de réclusion, il est manifeste que l'intéressé a démontré qu'il n'était pas en mesure de respecter les règles de conduite en vigueur en Suisse. Le Tribunal administratif pouvait ainsi retenir, sans abuser de son pouvoir d'appréciation que les conditions d'expulsion de l'art. 10 al. 1 lettres a et b LSEE étaient réunies. L'ensemble des infractions commises constitue en effet une atteinte particulièrement grave à la sécurité publique et le recourant ne fournit aucun élément permettant d'établir, comme il le prétend, qu'il aurait changé définitivement son comportement depuis la peine privative de liberté qu'il a effectuée du du 15 juillet 2003 au 7 mai 2005. 5.2 Le recourant se prévaut certes des bons contacts qu'ils entretiendrait avec sa fille Y.________, actuellement âgée de 10 ans et demi, laquelle déclare avoir besoin de son père (voir lettre du 16 mars 2006). Le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'art. 8 § 1 CEDH n'est cependant pas absolu et la question de savoir si le recourant peut se prévaloir de cette disposition pour obtenir une auto- risation de séjour doit être résolue sur la base de tous les intérêts publics et privés en présence (ATF 120 Ib 22 consid. 4a p. 25). Il est en l'espèce constant que la femme du recourant et deux de ses enfants vivent en Algérie, de sorte que l'expulsion de l'intéressé ne porterait qu'une atteinte minime à sa vie familiale. Quant aux relations avec sa fille Y.________, même s'il dispose maintenant d'un appartement pour l'accueillir, elles restent relativement restreintes, puisque celle-ci vit avec sa mère qui s'est remariée et a eu deux autres enfants. De toute façon, ces relations ne sauraient prévaloir sur l'intérêt public très important qu'il y a à expulser le recourant de Suisse. Dans ces conditions, l'autorité intimée n'a pas violé l'art. 8 CEDH, en retenant que la mesure d'expulsion était conforme à la loi et respectait le principe de la proportionnalité.