Citation: 1C_96/2017 E. 2.3

2.3. La procédure dans laquelle la recourante demande à intervenir porte sur l'octroi d'un permis de construire. La société recourante ne conteste pas n'être ni propriétaire ni locataire du stand de tir des Breuleux. Elle prétend uniquement en être l'utilisatrice principale. Or ses buts statutaires se rapportent au maintien et à la promotion de l'aptitude au tir sportif de ses membres, au soin de la camaraderie et des sentiments patriotiques; ils ne mentionnent pas que la pratique du tir a lieu au stand de tir des Breuleux. La société ne nie d'ailleurs pas que ses buts statutaires peuvent se réaliser dans d'autres stands de tir des Franches-Montagnes. Dans la mesure où il existe d'autres stands de tir dans les Franches-Montagnes (notamment à Soubey et à Saignelégier), le seul fait de promouvoir la pratique du tir est, en soi, insuffisant à démontrer que la société est touchée dans un intérêt personnel se distinguant nettement de l'intérêt général. En effet, ce n'est que de façon indirecte que la recourante est concernée, voire atteinte. Ainsi, l'intéressée ne parvient pas à démontrer qu'elle retire un avantage pratique de l'annulation de la décision contestée qui permette d'admettre qu'elle est touchée dans un intérêt personnel se distinguant nettement de l'intérêt général (cf. arrêt 1C_38/2015 du 13 mai 2015 consid. 3 et 4 in SJ 2016 I 73, dans lequel une fondation - qui a pour but idéal de soutenir les activités d'une église - n'a pas, en raison de ce but idéal, un intérêt suffisant pour disposer de la qualité pour recourir contre une autorisation de construire concernant cette église). On ne discerne en effet pas que la société recourante soit touchée de manière plus intense que tout autre administré témoignant d'un intérêt marqué pour le tir. La recourante fait aussi valoir que la fermeture du stand de tir depuis le 22 mai 2014 a une influence certaine sur son activité dans la mesure où elle ne peut plus proposer à ses membres de tirer aux Breuleux. La décision de fermeture immédiate du stand de tir, en raison de défauts graves de sécurité, ne fait cependant pas l'objet de la présente contestation qui porte uniquement sur l'agrandissement et la transformation du stand de tir. De même, il importe peu que ce soit après l'annulation par le Tribunal cantonal de la décision du Syndicat F.________ de lui vendre le stand que la recourante ait demandé à être appelée en cause. Cette circonstance ne lui confère pas une position juridique différente de celle de n'importe quel tiers. En décider autrement reviendrait à admettre une action populaire, ce que n'autorise pas l'art. 89 LTF.