Citation: I 567/04 16.11.2005 E. 8

Se pose dès lors la question de la présence éventuelle d'autres critères dont le cumul permet d'apprécier le caractère invalidant des troubles somatoformes douloureux. A l'examen de l'expertise du COMAI, on peut tenir pour établie l'existence d'affections corporelles chroniques. En revanche, on ne saurait conclure à l'existence d'une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, du moment que l'intéressée bénéficie d'une bonne cohésion familiale. Si l'expert-psychiatre a mentionné la présence d'antécédents dépressifs comme facteur de fragilisation supplémentaire, il convient de relever qu'il s'agit d'un épisode dépressif et non d'un état dépressif majeur, par ailleurs actuellement en rémission, de sorte qu'on ne saurait davantage conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique. Enfin, le docteur L.________ a relevé que l'assurée était tout à fait capable d'exercer une activité professionnelle adaptée à temps complet et avec un rendement total, ce dont elle a fait preuve par un rendement parfaitement satisfaisant durant son stage au COPAI. Quant au stage de réinsertion professionnelle, il a été relevé que la recourante s'était montrée très plaintive dès la première heure et ce, malgré un travail léger permettant l'alternance des positions. D'autre part, les responsables de la réadaptation ont indiqué que le mauvais rendement au cours de cette seule journée n'était pas représentatif du réel potentiel de la recourante. Au vu de l'ensemble de ces éléments, et en dépit du caractère chronique des douleurs de l'assurée, on doit nier - d'un point de vue juridique - qu'une mise en valeur de sa capacité de travail, jugée complète au plan somatique dans une activité légère et adaptée, ne puisse pratiquement plus raisonnablement être exigée d'elle. Aussi, c'est à juste titre que la juridiction cantonale s'est écartée des conclusions du COMAI et qu'elle a reconnu une pleine capacité de travail de la recourante dans une activité légère et adaptée. La juridiction cantonale a en outre relevé que même si l'on devait admettre une capacité résiduelle de travail de 70 %, l'évaluation de l'invalidité selon la méthode mixte impliquait un taux d'invalidité de 30 %, inférieur au seuil minimum pour ouvrir le droit à une rente. Le calcul auquel a procédé la juridiction cantonale n'apparaît pas critiquable et n'est au demeurant pas contesté, de sorte que même avec une capacité de travail diminuée de 30 %, la recourante n'aurait pas droit à une rente. Le recours se révèle par conséquent mal fondé.