Citation: 1B_206/2020 E. A

A.a. A la suite d'un signalement du Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (ci-après : MROS) du 4 novembre 2013, le Ministère public de la République et canton de Genève a ouvert, fin 2013, une procédure pénale contre C.________ et B.________ - tous deux ressortissants d'un pays de l'est domiciliés dans ce pays - pour blanchiment d'argent (cause P_x). A suite d'ordres de dépôt, des documents bancaires ont été versés au dossier. Par ordonnance du 7 juillet 2014, cette procédure a été classée, le Ministère public considérant qu'il n'était pas possible de démontrer que le produit des infractions "dont l'intermédiaire financier avait eu vent par les m[é]dias aurait transité par les comptes de prévenus en Suisse"; il était précisé que les poursuites engagées dans le pays de l'est concerné avaient été pour l'essentiel abandonnées à la suite d'une transaction judiciaire. Les éléments recueillis dans cette procédure ont été versés au dossier de la cause P/2183/2016 (voir ci-après let. A.e). Ne figure toutefois dans ce dossier aucune décision de jonction de cause. A.b. Le 16 février 2016, D.________ ou D1.________ (ci-après : D.________) - citoyen [...] anciennement directeur général de AJ.________ - a déposé plainte pénale contre l'Émir de J.________ - [...] - et son représentant, E.________ (cause P_z). Il leur a reproché une tentative d'extorsion aggravée et de contrainte. Cette procédure a été suspendue par arrêt du 26 avril 2017 de la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après : la Chambre pénale de recours). A.c. En novembre 2016, le Ministère public a ouvert une nouvelle procédure pour blanchiment d'argent à la suite d'une dénonciation du MROS découlant d'un courrier de l'étude anglaise H.________, qui représentait l'émirat du J.________ et dénonçait D.________. Cette procédure - sous référence P_w - a été jointe le 27 juin 2017 à la cause P/2183/2016 (voir ci-après let. A.e). A.d. En janvier 2017, le Gouvernement du J.________ a demandé l'entraide à l'Office fédéral de la justice (ci-après : OFJ), afin notamment d'obtenir de la documentation bancaire. A la suite de la délégation de l'exécution de cette requête au Ministère public genevois, celui-ci a rendu, le 24 février 2017, une décision d'entrée en matière (cause_u). Suivant les recommandations de l'OFJ, le Procureur a, le 4 juillet 2019, rendu une décision partielle de refus et de clôture eu égard à la situation des droits de l'Homme dans le pays requérant dont les autorités n'avaient jamais fourni les garanties nécessaires à la tenue d'un procès équitable. A.e. Le 2 février 2016, AJ.________ a déposé plainte pénale contre D.________, C.________ et B.________ notamment pour gestion déloyale (art. 158 CP) et blanchiment d'argent (art. 305bis CP [cause P/2183/2016]). Il leur est en substance reproché d'avoir, en tant que représentants/membres/ayants droits de AJ.________ et de différentes autres sociétés agissant dans le pays de l'est en cause pour le Gouvernement du J.________, lésé les intérêts de la société plaignante par le biais de transactions sans fondement économique, le dommage s'élevant à des dizaines de millions; en particulier, les positions exercées auraient permis à C.________ et à B.________ d'obtenir le versement en leur faveur de USD 12'800'000.-, respectivement USD 4'400'000.-, sur leur compte bancaire respectif détenu auprès de la banque F.________ SA, à Genève. Durant l'été 2016, le conseil de l'émirat de J.________ a été autorisé par la direction de la procédure à consulter le dossier, y compris les documents bancaires et les procès-verbaux d'auditions réunis dans la cause P_x (cf. supra let. A.a), sans la possibilité notamment de lever copie ou d'effectuer des photographies. En juillet et août 2016, l'avocat s'est rendu dans les locaux du Ministère public, accompagné de G.________, "sollicitor" au sein de l'Étude H.________ en Angleterre, pour consultation du dossier. Les informations alors recueillies ont été rapportées au Procureur général de l'émirat de J.________, qui en a fait état dans sa demande d'entraide de 2017 (cause précitée C_u [cf. supra let. A.d]). En outre, les 28 août et 25 septembre 2019, G.________ a déposé deux "witness statements" devant un tribunal arbitral constitué en Suède dans une cause concernant notamment les mêmes parties; il y exposait avoir été autorisé par le Ministère public genevois à consulter le dossier en compagnie de son confrère helvétique et fournissait avec une grande précision le détail des mouvements bancaires issus du dossier. Selon C.________, ces "witness statements" faisaient état d'éléments recueillis dans la procédure classée en 2014 - cause P_x (cf. supra let. A.a) - dans laquelle l'émirat de J.________ n'avait pas la qualité de partie. Sur interpellation de C.________, le Ministère public a confirmé, par courrier du 4 septembre 2019, avoir autorisé le conseil suisse de l'émirat de J.________ à consulter la procédure pénale relative au complexe de fait lié à la plainte pénale déposée en 2016, à la condition stricte qu'il n'y ait aucune copie ou reproduction des documents consultés, ce qui incluait de ne pas faire de photographie ou de recopier intégralement les documents; il a précisé qu'il ne connaissait pas G.________, avec qui il n'avait eu aucun contact, supposant que celui-ci avait accompagné l'avocat suisse de l'émirat de J.________. Le 14 janvier 2019, le Ministère public s'est adressé aux avocats de l'émirat du J.________, de C.________, de B.________ et de D.________ pour leur rappeler qu'aucune audience n'avait pu être organisée avec les différents participants : D.________ était assigné à résidence à l'étranger; quant à C.________ et B.________, ils refusaient de se rendre à Genève, de crainte d'être placés en détention durant leur voyage. Le Procureur a indiqué vouloir demander leur audition dans leur pays par le biais de l'entraide internationale en matière pénale. Il a encore précisé que le dossier - constitué principalement de la plainte - n'était pas encore consultable, vu le défaut d'administration des preuves principales et l'absence d'audition des personnes dénoncées. Cette décision n'a pas été contestée. Après avoir rappelé la clôture de la procédure d'entraide C_u (cf. supra let. A.d), le Ministère public a, le 27 septembre 2019, indiqué aux mis en cause qu'il leur notifiait, ce même jour et par courrier séparé, les charges pesant à leur encontre. Il a également ouvert l'accès au dossier pénal aux parties, afin qu'elles puissent faire valoir leur droit.