Citation: 2A.349/2006 31.08.2006 E. 2

2.1 L'art. 8 CEDH, comme l'art. 13 al. 1 Cst., garantissent à toute personne le droit au respect de sa vie privée et familiale. Un étranger peut se prévaloir de ces dispositions pour s'opposer à l'éventuelle séparation avec un membre de sa famille ayant un droit de présence assuré en Suisse (ATF 130 II 281 consid. 3.1; 126 II 335 consid. 2a; 125 II 633 consid. 2e p. 639). Ce droit est reconnu aux ressortissants suisses et aux étrangers disposant d'une autorisation d'établissement ou ayant un droit à une autorisation de séjour. En l'espèce, le père de la fille de la recourante a en principe droit à une autorisation annuelle de séjour depuis son mariage, le 4 février 2002, avec une ressortissante vénézuélienne au bénéfice d'une autorisation d'établissement (art. 17 al. 2 LSEE). La question de savoir si cette autorisation sera maintenue et s'il aura droit à une autorisation d'établissement après le délai de cinq ans, dès lors qu'il a déclaré à l'audience de la Commission cantonale de recours qu'il était séparé de son épouse depuis le mois de novembre 2005, peut rester ouverte. Il n'est pas non plus certain que la relation qu'il entretient avec sa fille J.________ puisse être considérée comme étroite et effective, au sens de la jurisprudence (ATF 129 II 193 consid. 5.3.1 p. 211, 215 consid. 4.1), pour que le droit au respect de la vie privée et familiale puisse être invoqué. Quoi qu'il en soit, au vu de la pesée des intérêts à laquelle il y a lieu de procéder dans un tel cas, cette relation ne suffit manifestement pas pour délivrer une autorisation de séjour sur la base de l'art. 8 CEDH. 2.2 Il ressort en effet du dossier que Y.________ ne vit pas avec sa fille J.________ et ne s'occupe d'elle que de manière très limitée. Sur ce point, seule une déclaration du 2 mars 2004, selon laquelle il voit régulièrement sa fille J.________ tous les 15 jours et pendant les vacances scolaires, a été produite. En outre, il ne verse qu'occasionnellement une contribution financière à sa mère. Il a également deux autres filles: Z.________, née de son mariage avec son épouse vénézuélienne, et C.________, née en 1992, d'une précédente union avec une autre compatriote. Il n'existe donc pas de liens familiaux vraiment forts dans les domaines affectif et économique entre Y.________ et sa fille J.________ pour que l'intérêt privé à l'octroi d'une autorisation de séjour à cette dernière l'emporte sur l'intérêt public à une politique restrictive en matière de séjour des étrangers et d'immigration (ATF 120 Ib 1 consid. 3c p. 5, 22 consid. 4a p. 25). Au regard du droit de visite limité du père et du faible soutien financier de ce dernier, les garanties découlant de l'art. 8 CEDH sont suffisamment sauvegardées si J.________ rencontre son père pendant de courts séjours en Suisse ou que celui-ci la retrouve occasionnellement dans son pays d'origine. 2.3 Il s'ensuit que le recours doit être rejeté en tant qu'il porte sur l'octroi d'une autorisation de séjour sur la base de l'art. 8 CEDH.