Citation: 2C_382/2024 E. 4.5.3

4.5.3. En ce qui concerne la participation à la vie économique des recourants, il apparaît que l'aide sociale perçue par ceux-ci et leurs quatre enfants, initiée en 2005, a continué de croître après le 1er janvier 2019 pour atteindre 866'674 fr. en novembre 2022. De cette somme, environ 174'600 fr. ont été touchés entre 2019 et novembre 2022. En outre, le recourant 1 faisait l'objet de quatorze actes de défaut de bien pour un montant total de 57'802 fr. en novembre 2022, somme qui n'avait pas baissé depuis 2018. Contrairement à ce que soutiennent les intéressés, la prise en compte de ces dettes dans le cadre de la présente cause ne viole pas le "principe de non-rétroactivité". En effet, quand bien même une grande partie d'entre elles sont nées avant le 1er janvier 2019, il est possible de les prendre en considération dans l'examen du défaut d'intégration, dès lors que ces dettes existaient toujours au moment où le Tribunal administratif a rendu son arrêt et qu'il s'agit ainsi d'une situation qui perdurera (arrêt 2C_723/2022 susmentionné c. 4.4 et l'arrêt cité). En lien avec les revenus du couple, on constate que le recourant 1 a gagné environ 32'280 fr. de juillet 2022 à novembre 2023, grâce à son activité de chauffeur de bus scolaire, conclu le 28 mai 2022. Ces salaires ont permis aux recourants de ne plus faire appel à l'aide sociale depuis le 1er mai 2023. Le revenu net mensuel le plus élevé ne s'est toutefois monté qu'à environ 4'000 fr. perçus en octobre et novembre 2023. Il est douteux qu'un telle somme suffise à faire vivre une famille de six personnes. Tout doute quant à la couverture des besoins de celle-ci n'est donc en aucun cas levé. De plus, la recourante 2 n'a jamais occupé d'emploi. Le recourant 1 souligne qu'il a trouvé un emploi moins de trois ans après l'avertissement reçu en août 2019, malgré la pandémie du Covid. Il oublie, néanmoins, qu'il n'a commencé à sérieusement chercher un travail et exercé une activité lucrative qu'après avoir reçu un avertissement en août 2019. En outre, ses premières postulations datent seulement du mois d'août 2020. On relève encore qu'avant ledit avertissement, les recourants avaient perçu l'aide sociale sans interruption pendant 18 ans. Enfin, il ne ressort pas des constatations de l'arrêt attaqué que le recourant s'emploie à rembourser ses dettes. Ainsi, au regard de la durée de la dépendance à l'aide sociale, du montant des prestations de cette aide, des actes de défaut de biens et des efforts infructueux déployés jusqu'à présent pour subvenir autant que possible aux besoins de la famille, il existe un sérieux défaut d'intégration, défaut qui existe depuis longtemps et qui a perduré sous le nouveau droit.