Citation: 1C_525/2020 E. 4.3

4.3. Pour renverser cette présomption, le recourant soutient qu'il formait une union conjugale stable et effective au moment de la naturalisation. Il explique que la rechute de son ex-épouse dans l'alcool, amplifiée par les problèmes de bipolarité, constitue l'élément extraordinaire expliquant la détérioration rapide du lien conjugal. Les explications du recourant ne sont toutefois pas convaincantes et ne permettent pas de renverser la présomption établie. En effet, ce n'est que devant l'instance précédente que le recourant a brièvement invoqué le fait que son ex-épouse se serait remise à boire de l'alcool pour expliquer la dégradation rapide du lien conjugal. Il ne donne par ailleurs aucun détail à ce sujet dans les écritures qu'il a déposées devant l'instance précédente, se contentant de se référer à un témoignage écrit et à un message Whatsapp du 21 mai 2016 de la fille de son ex-épouse. A cet égard, l'instance précédente peut être suivie lorsqu'elle considère qu'il est peu plausible, s'agissant d'un couple totalisant alors plus de dix ans de vie commune, que le seul fait que l'épouse " replonge dans l'alcool " puisse constituer un événement extraordinaire pouvant entraîner en trois ou quatre mois la séparation définitive des époux, suivie immédiatement de la rédaction d'une convention de divorce signée le 24 septembre 2016. Le recourant ne démontre par ailleurs pas qu'il aurait tenté d'une manière ou d'une autre de sauver son couple; le fait qu'il ait aussi rapidement et facilement accepté l'idée d'une séparation définitive et que, environ, deux mois après son divorce, il se soit remarié (le 10 avril 2017) avec une compatriote qui lui a très rapidement donné un enfant (né le 1er janvier 2018), tend à confirmer que le lien conjugal ne présentait pas la stabilité requise au moment déterminant et qu'il est peu plausible que le recourant l'ignorait. Celui-ci n'apporte au demeurant aucun élément permettant de contredire cette dernière appréciation. Il importe peu en l'occurrence que l'ex-épouse ait pris l'initiative de la séparation. Quant à la maladie de cette dernière (trouble bipolaire), le recourant ne l'invoque, en tant que cause de la détérioration rapide du lien conjugal, qu'au stade du présent recours et ne donne à nouveau aucun détail à ce sujet. Cela étant, dans la mesure où la maladie était connue du recourant avant l'introduction de la demande de naturalisation, elle ne saurait être retenue comme un événement extraordinaire postérieur à la naturalisation permettant de renverser la présomption établie. Enfin, le fait que le recourant aurait pu formuler sa demande de naturalisation en 2011 déjà et qu'il est également ressortissant italien n'est pas pertinent pour l'examen de la question de savoir s'il y a eu obtention frauduleuse de la naturalisation au sens de l'art. 41 aLN.