Citation: 6B_231/2021 E. 3.10.2

3.10.2. S'agissant de l'élément subjectif, la cour cantonale a considéré que, plus globalement, s'il fallait admettre que le recourant n'avait pas la volonté de nuire aux créanciers de I.________ SA, il avait commis de lourdes fautes de gestion et sa manière d'agir montrait qu'il avait fait preuve d'une extrême légèreté dans la conduite des affaires sociales, engageant des dépenses sans compter et sans relation avec les recettes que le club pouvait réaliser et avec les moyens qu'il pouvait lui-même mettre à disposition. C'est en vain que le recourant reproche à la cour cantonale de se livrer à une critique en termes très généraux du comportement du recourant. En effet, s'agissant en particulier de la question des dépenses liées à l'augmentation de la masse salariale, la cour cantonale a considéré à juste titre qu'elle n'avait pas à revenir sur cette question et s'est référée au considérant de son jugement précédent. Il ressort de celui-ci que le recourant avait fait exploser la masse salariale, concluant et faisant conclure des contrats de travail que le club ne pouvait pas se permettre, dans le but évident de renforcer l'équipe, mais sans égards pour les conséquences économiques de ces engagements. La cour cantonale a considéré que cette augmentation des dépenses ne pouvait avoir été qu'intentionnelle, le recourant ne pouvant qu'être conscient des chiffres et s'il ne s'était pas préoccupé de faire des additions, cela relevait du dol éventuel (jugement attaqué, p. 32). La cour cantonale s'est ensuite référée à juste titre à son premier jugement dans lequel elle a retenu que le recourant devait se rendre compte que le fait de faire facturer à I.________ SA plus de 100'000 fr. en quelques jours pour des déplacements en jet privé constituait une dépense exagérée, sans lien avec les ressources du club et avec une utilisation un tant soit peu rationnelle des fonds éventuellement à disposition. Il avait donc agi intentionnellement, au moins par dol éventuel (jugement attaqué, p. 33-34). La cour cantonale s'est enfin référée à son jugement antérieur s'agissant du coût des licenciements intempestifs effectués par le recourant. Il ressort de celui-ci que les licenciements abrupts et injustifiés de nombreux employés au bénéfice de contrats de durée déterminée ont péjoré la situation financière de I.________ SA, en ce sens que les personnes licenciées pouvaient faire valoir des prétentions financières assez conséquentes envers le club. La cour cantonale a retenu que la politique du recourant en matière de personnel avait entraîné des dépenses exagérées au sens de l'art. 165 CP. Ces actes qui par leur nombre et leur répétition, relevaient de la mauvaise gestion, dont les conséquences négatives pour I.________ SA pouvaient être évaluées à plusieurs millions de francs. La cour cantonale a souligné que le recourant, qui avait admis qu'il prenait lui-même toutes les décisions relatives aux engagements et licenciements, avait agi avec conscience et volonté, en ce sens qu'il avait décidé des engagements, licenciements et réengagements, ceci alors qu'il devait se rendre compte des conséquences financières de ses actes, ce qui réalisait au moins le dol éventuel (jugement attaqué, p. 35). Pour le surplus, en tant que le recourant soutient qu'il n'était pas conscient d'un éventuel surendettement au moment de la reprise du club et tout au long de ses dépenses, il oppose sa propre appréciation des faits à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Son grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.