Citation: 6B_103/2021 E. 1.5

1.5. Les recourantes soutiennent que le comportement de C.________ et D.________, qui a constitué à évincer F.A.________ du projet de joint venture avec I.________, respectivement, permis qu'elle soit évincée, leur a causé un dommage, dans la mesure où elles avaient perdu, par l'intermédiaire de F.A.________, l'accès au marché russe du médicament. Plus précisément, I.________ et F.A.________ étaient convenues de distribuer les revenus générés aux actionnaires de J.________, et donc à elles-mêmes. Or, F.A.________ était détenue à 100% par A.A.________ SA et les dividendes qui allaient être perçus par F.A.________ au titre de sa participation dans la joint venture allaient être systématiquement redistribués à la société mère. Les recourantes se réfèrent sur ces points au projet d'accord entre I.________ et F.A.________ sur la réalisation des droits de participants à la société à responsabilité limitée " J.________ " (pièce 19 du bordereau joint à la plainte pénale et 34 du bordereau joint au recours cantonal). Il y a lieu d'observer que ce document ne fait nulle mention de A.A.________ SA ou B.A.________ SA. En particulier, il ne prévoit aucun droit de celles-ci sur les profits de J.________. Les recourantes s'appuient également sur le rapport d'expertise privée de la société L.________ SA, qui a estimé le préjudice subi par le groupe A.________ entre USD 70 et 75 millions (pièce 24 du bordereau joint à la plainte pénale et 39 du bordereau joint au recours cantonal). Selon ce rapport, les gains manqués résultant de l'échec du projet de joint venture " représentent pour le groupe A.________, et plus particulièrement A.A.________, l'absence de dividende versé par ses filiales B.A.________ et F.A.________ ". Cependant, les auteurs de l'expertise relevaient que " sans analyse particulière sur les prestations effectuées par F.A.________ pour B.A.________ au regard du " Agency Agreement " daté du 1er juillet 2013 et sur les retombées financières en faveur de B.A.________, nous ne sommes pas en mesure de déterminer à ce stade si le JV aurait eu [une] incidence sur la rentabilité [de] B.A.________ et sur d'éventuels versements de dividende y relatifs ". En ce qui concerne A.A.________ SA, il était observé qu' " une fois [la joint venture] bénéficiaire et générant suffisamment de trésorerie, A.A.________ se verrait créditer des dividendes provenant de F.A.________ " (p. 7). Les experts formulaient l'hypothèse que si le projet de joint venture avec F.A.________ s'était concrétisé, un dividende correspondant à 10% de la moitié des actifs nets de la joint venture aurait pu être remonté vers la holding suisse à partir de 2023 (p. 12; cf. art. 105 al. 2 LTF). Ainsi, l'atteinte à ses intérêts invoquée par la recourante A.A.________ SA résulte de la perte d'une expectative, soit celle de percevoir des dividendes de sa filiale générés par l'activité de la joint venture à laquelle cette dernière aurait dû participer, si ce n'est les actes de C.________ et D.________. En cela, A.A.________ SA fait valoir le préjudice subi en tant qu'actionnaire, c'est-à-dire un préjudice par ricochet. Il n'en va pas différemment en tant qu'elle soutient n'avoir pas bénéficié de l'augmentation de valeur de sa filiale F.A.________ dans ses comptes. Par ailleurs, les allégations des recourantes ne permettent pas d'entrevoir l'atteinte que B.A.________ SA aurait directement subie en raison des agissements des mis en cause.