Citation: 5A_593/2014 E. 4.2.1

4.2.1. En l'espèce, compte tenu de la situation économique favorable dont bénéficiaient les parties durant la vie commune, la cour cantonale a estimé à juste titre que la méthode de calcul fondée sur les dépenses nécessaires au maintien du train de vie antérieur devait être appliquée pour établir l'éventuelle contribution d'entretien due à l'intimée par son mari. La méthode de calcul choisie par la cour cantonale n'est d'ailleurs pas remise en cause par le recourant, qui ne conteste donc pas que la contribution d'entretien soit établie exclusivement sur la base des dépenses nécessaires au maintien du train de vie du couple avant la séparation. La cour cantonale s'est toutefois ensuite écartée de la méthode de calcul précitée. Elle a ainsi retenu que les époux avaient disposé d'un montant mensuel moyen de 52'300 fr. pour l'ensemble de leurs dépenses pendant la période de référence, y compris l'entretien de la famille au sens large, les loisirs et la charge fiscale (cf. supra consid. 3.1 2e para.). S'agissant de la clé de répartition des dépenses de la famille, il n'y avait pas lieu de s'écarter de celle convenue entre les époux, à savoir que le mari contribuait pour 82% à l'ensemble de celles-ci et l'épouse pour le reste (18%). Le recourant reproche à l'autorité cantonale de ne pas avoir établi les dépenses concrètes nécessaires au maintien du train de vie de l'intimée. Cette critique est fondée. La méthode de calcul finalement appliquée par l'autorité cantonale, qui consiste à établir le niveau de vie des parties sur la base du revenu moyen du couple durant les trois années qui ont précédé le divorce, à déduire de cette somme les montants utilisés à d'autres fins que l'entretien de la famille, notamment à l'épargne, et enfin à considérer qu'un tiers du montant finalement obtenu en procédant de la sorte, à savoir 17'450 fr., correspondait au niveau de vie dont l'intimée a bénéficié durant la vie commune est arbitraire. En effet, la décision entreprise ne contient aucune indication quant aux dépenses effectives de l'intimée, de sorte que rien ne permet de savoir si le montant mensuel nécessaire à l'intimée pour assurer un train de vie équivalent à celui dont elle bénéficiait durant la vie commune correspond effectivement à 17'450 fr. En outre, s'il est vrai que la loi n'impose aucune méthode en particulier pour le calcul de la contribution d'entretien, force est cependant de constater que la méthode de calcul appliquée par l'autorité cantonale et les critères utilisés conduisent à un résultat dont la conformité avec la jurisprudence sus-évoquée est difficilement vérifiable. Le grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 276 CPC ainsi que des art. 163 et 176 CC doit dès lors être admis. Faute d'indication quant aux dépenses actuelles de l'intimée, la cause doit être retournée à l'autorité cantonale pour complément d'instruction et nouvelle décision sur ce point. Le recourant reproche en outre à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement omis de déduire la charge fiscale du couple du revenu mensuel net disponible des parties. L'autorité cantonale a retenu que la question de la charge fiscale n'est en principe pas pertinente dans le cadre de l'application de la méthode fondée sur le calcul du train de vie antérieur puisqu'il faut alors déterminer les dépenses nécessaires au créancier de la contribution pour assurer le maintien de ce train de vie, de sorte que la question de la charge fiscale du débirentier n'est pas déterminante (arrêt 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.1). En l'occurrence, ladite méthode n'a toutefois pas été appliquée strictement puisque l'autorité cantonale a établi le niveau de vie antérieur des parties sur la base de leurs revenus dont elle a déduit les montants alloués à d'autres fins que l'entretien de la famille. Le recourant soutient que la charge fiscale aurait dû être déduite du calcul du train de vie puisqu'il est "manifeste que celle-ci fait partie des sommes que les parties n'ont pas consacrées à l'entretien de la famille". Ainsi, si la critique du recourant est fondée eu égard à la méthode de calcul appliquée par l'autorité cantonale, elle perd toutefois sa pertinence compte tenu du renvoi de la cause à l'autorité cantonale pour une application conforme à la jurisprudence de la méthode dite du maintien du train de vie antérieur.