Citation: 7B_619/2024 E. 3.3.3

3.3.3. En l'espèce, le recourant semble certes intégré professionnellement en Suisse, pays dans lequel il vit depuis de nombreuses années et dans lequel il a des attaches familiales (son épouse et ses deux filles y vivent également). La décision attaquée constate en outre qu'il s'est présenté devant le Tribunal criminel et la Cour pénale, respectivement qu'il a toujours respecté les mesures de substitution prononcées durant la procédure, sans jamais tenter de se soustraire à la justice. Un élément nouveau est toutefois intervenu depuis, lequel peut constituer un motif de détention apparu au cours de la procédure au sens de l'art. 232 al. 1 CPP (ATF 139 IV 277 consid. 2.2; 138 IV 81 consid. 2.1; arrêt 1B_60/2016 du 7 mars 2016 consid. 2.3). En effet, la Cour pénale a rendu le 22 mai 2024 un jugement, confirmant le jugement de première instance tant par rapport à la condamnation pour de graves infractions que par rapport à la lourde peine privative de liberté ferme prononcée. Il s'ensuit que le recourant se trouve désormais confronté à la possibilité concrète de passer plusieurs années en prison. Certes, le jugement sur appel n'est pas encore définitif. Il constitue toutefois un indice supplémentaire de la peine susceptible de devoir être exécutée (ATF 143 IV 168 consid. 5.1). Dès lors, la situation est, quoi qu'en dise le recourant, radicalement différente de celle qui prévalait avant le 22 mai 2024. En effet, il pouvait alors encore espérer, compte tenu de ses dénégations concernant certaines qualifications juridiques, une peine plus clémente voire un acquittement en lien avec celles-ci. De plus, il ressort de la décision entreprise que le recourant est de nationalité française, à l'instar de son épouse, et qu'il a encore des liens solides avec la France, où il a vécu les 22 premières années de sa vie, effectué sa formation et occupé divers emplois, et où réside le reste de sa famille (une de ses filles, sa mère et ses frère et soeurs). A cela s'ajoute que son épouse est atteinte dans sa santé et qu'elle dépend totalement de lui tant sur le plan financier que pour les tâches quotidiennes, ce qui pourrait, comme l'a retenu la Cour pénale, amener le recourant à vouloir quitter le pays pour continuer à en prendre soin, avec ses filles. Au demeurant, il apparaît, au vu de l'ensemble des circonstances évoquées, qu'un départ à l'étranger, voire une entrée dans la clandestinité, même sans ressources particulières, pourraient constituer, aux yeux du recourant, des alternatives préférables à celle de devoir affronter l'éventualité d'une longue incarcération, ce d'autant que la peine a été assortie d'une expulsion obligatoire. La bonne collaboration et prise de conscience du recourant mises en exergue par les intervenants, respectivement le Centre neuchâtelois de psychiatrie (cf. recours, p. 5 et 6), ne sont pas de nature à modifier cette appréciation.