Citation: 5A_136/2025 E. 3.2

3.2. Au sujet du droit de visite du père, la Chambre des curatelles a indiqué que les enfants avaient déclaré, lors de leur audition par la juge de paix le 25 janvier 2023, qu'ils souhaitaient que leur père ne l'exerce plus car ils ne souhaitaient plus le voir. La curatrice a alors demandé la suspension à titre provisoire des relations personnelles, exposant que les visites se passaient mal, que les enfants avaient rapporté que leur père était agressif et autoritaire avec eux, que leur récit marquait une "très importante" souffrance et une incompréhension des motifs du comportement paternel et que ces enfants apparaissaient catégoriques sur la souffrance que ces visites leur faisait éprouver et sur l'injustice qu'ils ressentaient de ne pas être entendus. Alors que le père a conclu au rejet de la requête de la curatrice, la juge de paix a ordonné l'exercice d'un droit de visite par l'intermédiaire du Point Rencontre. La Chambre des curatelles a ajouté que le recourant s'était plaint, le 3 avril 2023, du fait qu'un enfant avait un cours de pompier le samedi 1er avril 2023, jour de son droit de visite. Il ressort des échanges entre avocats que la curatrice avait contacté les parents le 29 mars 2023 à ce sujet, qu'elle avait réagi à la tristesse de l'enfant de devoir renoncer à ce cours en raison du droit de visite de son père en tentant - en vain - de déplacer ce dernier, qu'elle s'était renseignée sur les modalités d'inscription au cours (effectuée en novembre 2022) et, tenant compte du caractère indéniable de l'obligation de l'enfant de se rendre à la visite, s'était engagée auprès de lui à relayer aux parents sa demande de privilégier la sortie des jeunes sapeurs-pompiers. L'arrêt querellé a encore retenu que le 19 juin 2023, le père avait précisé que ses enfants ne s'étaient pas présentés au droit de visite le samedi 17 juin 2023 et que la mère avait indiqué que tel serait également le cas pour celui du 15 juillet 2023 en raison de vacances. Par courrier du 20 juin 2023, la mère avait alors proposé que le droit de visite manqué soit rattrapé avec le concours de la curatrice, à quoi le père avait répondu qu'il n'appartenait pas à celle-ci de "jouer le chaperon". Dans ses déterminations du 30 juin 2023, la curatrice avait notamment exposé avoir été informée le 23 mars 2023 que la visite du 17 juin 2023 ne pouvait avoir lieu; s'agissant du souhait d'un enfant d'être enrôlé dans les jeunes sapeurs-pompiers, elle avait indiqué avoir appris que le père avait contacté les organisateurs de l'activité pour leur signifier son opposition en raison du fait qu'elle se tenait parfois durant les jours de visite, problème qu'elle avait évoqué avec l'enfant en lui indiquant que, en soi, son père n'entendait pas interdire cette activité, mais que le droit de visite était problématique; quant au droit de visite durant les vacances d'été, elle avait relevé que les enfants avaient besoin de se changer les idées, mais également leur avoir expliqué, de façon régulière, qu'il était essentiel pour eux de reconstruire un lien avec leur père. En réaction à cette prise de position, le recourant avait réagi en indiquant notamment qu'elle "achevait pour lui toute confiance qui pouvait exister"; s'agissant de la volonté de son enfant d'exercer une activité comme jeune sapeur-pompier, il avait indiqué être intervenu non pas pour lui faire abandonner celle-ci, mais afin d'obtenir des informations.