Citation: 1C_552/2023 E. 6.3.3

6.3.3. Au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que la CDAP a retenu que sur les 66 arbres à abattre, 36 étaient des arbres protégés. Elle a rappelé que, selon la jurisprudence cantonale, pour statuer sur une demande d'autorisation d'abattage, l'autorité communale procède à une pesée complète des intérêts en présence et détermine si l'intérêt public à la protection des arbres en cause l'emporte sur les intérêts publics ou privés qui lui sont opposés. Dans le cadre de cette pesée des intérêts, il convient notamment de tenir compte de l'importance de la fonction esthétique ou biologique des plantations en cause, de leur âge, de leur situation dans l'agglomération et de leur état sanitaire. L'intérêt à la conservation d'un arbre protégé doit en outre être comparé à l'intérêt visant à permettre une utilisation rationnelle des terrains à bâtir conforme au plan d'affectation (cf. arrêt 1C_182/2022 du 20 octobre 2023 consid. 7.2 avec les références). La CDAP a confirmé l'avis de la municipalité selon lequel l'intérêt public à densifier la zone concernée et celui de la constructrice à utiliser les possibilités à bâtir de son terrain l'emportait sur l'intérêt à la préservation des arbres. En effet, la parcelle était intégrée dans le périmètre compact du projet d'agglomération Lausanne-Morges (PALM), dans un environnement déjà densément urbanisé, à proximité immédiate d'un important axe routier et de transports publics. En outre, une arborisation complémentaire viendrait compenser les arbres abattus. La cour cantonale a ajouté que l'emplacement exact des arbres majeurs à conserver et à supprimer figurait sur le plan paysage et le bilan des arbres établis par le bureau J.________ SA. Cette solution est convaincante et soupèse de manière raisonnable les différents intérêts en jeu, étant rappelé que sur les 36 arbres protégés, seuls 4 ont été qualifiés de "remarquables". Par leurs critiques, les recourantes ne démontrent du reste pas le caractère arbitraire de l'analyse de l'autorité précédente. Sans réellement remettre en cause le raisonnement de la cour cantonale, elles se contentent d'exposer de manière appellatoire leur propre opinion et déduction, en partant de la prémisse erronée que l'art. 3 RPA ne s'appliquerait pas. Au demeurant, les recourantes n'ont pas contesté l'arrêt attaqué en tant qu'il confirme que les boisements et la végétation sis sur la parcelle n° 3047 ne constituaient pas une forêt au sens de l'art. 2 al. 1 de la loi fédérale sur les forêts (LFo; RS 921.0). Le grief doit partant être rejeté. Cela étant, dans l'hypothèse où la présence d'un biotope digne de protection devait être confirmée par l'instruction complémentaire, la question de la préservation d'arbres et de la nature forestière devrait être réexaminée à l'aune de ce nouvel élément, pour déterminer s'il remplit une fonction sociale particulièrement importante au sens de l'art. 2 al. 4 LFo, spécialement sous l'angle de la protection du paysage et de son importance biologique en tant qu'habitat pour la faune et la flore (cf. ATF 114 Ib 224 consid. 9a/ac). Dans un tel cas de figure et dès lors que le projet litigieux entraîne l'abattage d'arbres, sa conformité aux critères autorisant exceptionnellement un défrichement (cf. art. 5 LFo) devrait alors également être réexaminée (cf. arrêt 1C_96/2022 du 18 mars 2024 consid. 7.2).