Citation: H 116/00 24.10.2000 E. 4

4.- a) Selon une jurisprudence constante, tout manquement aux obligations de droit public qui incombent à l'employeur en sa qualité d'organe d'exécution de la loi ne doit cependant pas être considéré sans autre comme une faute qualifiée de ses organes au sens de l'art. 52 LAVS. Pour admettre que l'inobservation de prescriptions est due à une faute intentionnelle ou une négligence grave, il faut bien plutôt un manquement d'une certaine gravité. Pour savoir si tel est le cas, il convient de tenir compte de toutes les circonstances du cas concret (ATF 121 V 244 consid. 4b et les arrêts cités). b) La juridiction cantonale a constaté - de manière à lier le Tribunal fédéral des assurances (cf. consid. 1) - que d'après le bilan au 31 décembre 1996, la perte subie par la société s'élevait à plus de 240 000 fr. - y compris le montant dû à la caisse au titre des cotisations arriérées -, alors que la somme des adjudications pour l'année 1997 était comprise entre 1 400 000 fr. et 1 600 000 fr. Selon les premiers juges, le recourant n'avait pas toutefois de raisons sérieuses et objectives de "retarder le paiement des cotisations", en pensant qu'il pourrait s'en acquitter dans un délai raisonnable. Une négligence grave doit dès lors lui être reprochée. A l'appui de ce point de vue, la juridiction cantonale a considéré que la simple obtention d'adjudications ne signifie pas encore que des bénéfices vont être réalisés, d'autant qu'en l'occurrence, "il semble que certains contrats aient été remplis en-dessous du prix". Cette argumentation n'emporte pas la conviction, dans la mesure où elle repose essentiellement sur la simple apparence que certaines adjudications ont été négociées à la baisse. Surtout, il est pour le moins contradictoire d'affirmer, d'une part, que le recourant n'avait pas de raisons sérieuses et objectives de "retarder le paiement des cotisations" et, d'autre part, qu'il "a agi avec célérité durant le premier semestre de l'année 1997", soit dès qu'il a eu connaissance "du bilan au 31 décembre 1996, qui révélait une situation notablement péjorée par rapport aux exercices précédents". Si, comme l'ont constaté les premiers juges, le recourant a pris les mesures qui s'imposaient - requête de sursis concordataire, demande de dépôt de bilan - dès qu'il a eu connaissance de la situation financière préoccupante de la société, on ne peut lui reprocher d'avoir pris la "décision de retarder le paiement des cotisations". Sur le vu des constatations de la juridiction cantonale, on ne saurait donc admettre que l'intéressé a manqué à ses obligations en commettant une faute qualifiée au sens de l'art. 52 LAVS. Certes, les cotisations sont restées impayées depuis le mois de septembre 1996. Cependant, dans la mesure où la situation financière de la société ne s'est sensiblement dégradée qu'au terme de l'exercice 1996 et où le montant des adjudications était alors important, on ne saurait reprocher au recourant une faute intentionnelle ou une négligence grave, mais tout au plus une faute légère. Cela étant, la juridiction cantonale n'était pas fondée à condamner V.________ au paiement de la somme de 68 014 fr. 05 à titre de réparation du dommage subi par la caisse intimée dans la faillite de la société I.________-Façades SA. Le recours se révèle ainsi bien fondé.