Citation: 6B_515/2007 04.12.2007 E. B

S'agissant des faits pertinents pour statuer sur la présente cause, ce jugement retient, en résumé, ce qui suit. B.a Au début des années 1990, Y.________ a d'abord exploité, en raison individuelle, A.________, puis B.________. Après la faillite de celle-ci, il a constitué, en décembre 1997, C.________ GmbH et, en juillet 1999, D.________ GmbH, toutes deux tombées en faillite en 1999. Alors que ces deux sociétés étaient "en perdition", il a décidé de constituer une société anonyme, E.________ SA, censée reprendre les activités des deux Sàrl, avant de créer G.________ SA, pour "sauver" E.________ SA, puis F.________ Sàrl, pour "sauver" G.________ SA. Il n'a jamais apporté d'espèces à l'une ou l'autre société; d'une manière ou d'une autre, il s'arrangeait pour récupérer du matériel d'anciennes sociétés, ce qui lui permettait de libérer le capital social d'une nouvelle société, avec une raison sociale distincte et un siège social différent. A chaque fois, les faillites se soldaient par une suspension faute d'actifs ou par un dividende proche de zéro. B.b E.________ SA a été inscrite au registre du commerce le 19 mai 1999. Elle a connu d'emblée des difficultés financières et a été déclarée en faillite le 25 avril 2001. Alors que la situation financière de la société se dégradait, Y.________ a envisagé d'en créer parallèlement une nouvelle, H.________ SA, qui devait permettre de sauver E.________ SA, en prélevant de l'argent dans cette dernière, pour l'intégrer ensuite à H.________ par une reprise de ses actifs et passifs. Dans cette optique, Y.________ a transféré du mobilier et des machines de E.________ SA, soi-disant en compensation de dettes de celle-ci payées par H.________, ce qu'il n'a toutefois jamais pu établir. B.c Y.________ ayant décidé de créer G.________ SA, H.________ n'a finalement pas été constituée. Elle a néanmoins été maintenue en activité jusqu'à la création de G.________ SA. Pendant cette période, elle s'est endettée pour près de 100'000 fr. auprès de fournisseurs. Y.________ a notamment acquis pour elle du matériel auprès de P.________ SA, qui, induite en erreur quant à l'existence de la société, le lui a livré, mais n'a jamais pu en obtenir le paiement. B.d G.________ SA a été inscrite au registre du commerce le 9 mars 2001. Selon contrat du 14 février 2001, son capital, s'élevant à 100'000 fr., était libéré à concurrence de 80'000 fr. par des apports en nature, les mêmes que ceux prévus pour H.________. Ainsi, Y.________ a apporté du matériel, du mobilier et des machines de bureau pour 60'000 fr., dont 48'000 fr. ont été imputés sur le capital, le solde constituant une créance envers la société. X.________ a apporté du matériel, du mobilier et un véhicule pour 30'000 fr, dont 24'000 fr. imputés sur le capital, le solde constituant une créance envers la société; le véhicule, soit une voiture de marque Hyundai, taxée 17'000 fr., était toutefois propriété de son père. Enfin, I.________, beau-frère de X.________, a apporté du mobilier et des machines pour 10'000 fr., dont 8000 fr. imputés sur le capital, le solde constituant une créance envers la société. G.________ SA a été mise en faillite le 21 août 2002, laquelle a été suspendue peu après faute d'actifs. Selon le rapport de l'office des poursuites, elle ne possédait ni immeubles, ni véhicules; ses biens mobiliers faisaient l'objet d'un droit de rétention en faveur du bailleur et ses comptes étaient tous débiteurs. B.e X.________ avait été engagée par E.________ SA comme secrétaire. Elle a participé à la fondation de G.________ SA, puis de F.________ Sàrl, ainsi qu'au projet de fondation de H.________. Elle n'a pas été impliquée dans la gestion d'E.________ SA. Elle l'a en revanche été de manière importante dans celle de G.________ SA, dont elle était vice-directrice avec signature individuelle. Selon ses propres explications, elle était responsable du secrétariat et c'est elle qui s'occupait de l'administration; elle avait notamment la charge des relations avec la clientèle et les fournisseurs; elle prenait les décisions avec Y.________, qui tranchait en cas d'avis divergents; elle était au courant des activités de ce dernier et avait une vue complète de celles de la société, notamment du fait qu'elle avait connaissance du courrier et des appels téléphoniques. B.f Il a été retenu que X.________, en contribuant, avec Y.________, à créer l'apparence de l'existence de H.________, avait déterminé P.________ SA à livrer du matériel qui ne pourrait lui être payé et qu'elle s'était ainsi rendue coupable de complicité d'escroquerie. En souscrivant à toutes les démarches de Y.________ depuis la constitution de G.________ SA, dont elle était la vice-directrice et dont elle connaissait parfaitement la situation financière, ainsi qu'en contribuant à la faillite de cette société, elle s'était en outre rendue coupable de complicité de gestion fautive. Elle savait par ailleurs qu'une société anonyme a l'obligation de tenir une comptabilité; elle avait néanmoins omis de le faire, se rendant ainsi coupable de l'infraction réprimée par l'art. 166 CP. Enfin, pour avoir trompé le notaire, en se déclarant propriétaire du véhicule Hyundai, appartenant en réalité à son père, apporté en nature lors de la constitution de G.________ SA, et l'avoir ainsi amené à constater un fait faux dans l'acte de constitution de la société, elle s'était rendue coupable d'obtention frauduleuse d'une constatation fausse. B.g A titre préliminaire, la cour cantonale a rejeté le grief de l'appelante pris d'une violation du principe de l'accusation, considérant que l'arrêt de renvoi était suffisant pour permettre à celle-ci de savoir quels faits lui étaient reprochés et pour préparer sa défense. Sur le fond, elle a écarté l'ensemble des griefs par lesquels la recourante contestait la réalisation des infractions retenues à sa charge.