Citation: 6B_498/2022 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a retenu que la faute du recourant était extrêmement lourde. Au cours de l'agression très violente de la victime, le recourant et ses comparses s'en étaient pris à sa vie, bien juridique protégé le plus important de l'ordre juridique suisse. Par leurs agissements, en le frappant à de nombreuses reprises au visage et à la tête, soit des zones particulièrement sensibles du corps, cela pour des motifs particulièrement répréhensibles, ils avaient démontré une absence totale de considération pour l'existence de la victime qui était handicapée et au sol, ayant fait preuve d'une lâcheté et d'un sang-froid significatifs d'une volonté délictuelle très lourde. Ils étaient prêts à sacrifier sa vie, ce qui était d'autant plus manifeste qu'ils l'avaient abandonnée à son sort, fermant la porte de l'appartement et la laissant seule alors qu'elle était bâillonnée et qu'elle agonisait. Le recourant en avait forcément eu conscience au vu des coups portés et de l'instant seul face à elle avant de quitter les lieux, ce qui démontrait une absence de scrupules et un mépris particulier pour la vie humaine à laquelle il avait mis fin. En particulier, les premiers juges n'avaient pas forcé le trait en retenant que le recourant était le chef ou le leader du trio, étant relevé que les actes qui lui étaient imputés l'avaient été à titre direct ou en raison de la coactivité, E.________ et lui-même s'en étant pris de concert à la victime. Sa responsabilité était pleine et entière, le recourant ne présentant pas de troubles psychiatriques au moment des faits et sa consommation d'alcool n'ayant pas impacté sa responsabilité pénale. Sa situation personnelle au moment des faits ne pouvait expliquer ni encore moins justifier son comportement, tandis que son jeune âge ne représentait pas en soi un élément d'immaturité ayant favorisé le passage à l'acte, étant relevé que le recourant avait agi d'une manière organisée et en qualité d'affilié à un groupe formé pour commettre un brigandage. Bien que jeune, il n'était pas novice et avait déjà fait l'objet de plusieurs condamnations pour vol qualifié et brigandage. Sa collaboration à la procédure était globalement mauvaise. La cour cantonale a relevé notamment la manière dont le recourant avait constamment minimisé sa participation, menti sur des éléments centraux et périphériques du dossier, décrit de manière évolutive le déroulement des faits dans l'appartement, tenté de se retrancher derrière l'alcool et son ignorance du projet, tu ses liens avec les différentes parties ou encore, jusqu'en appel, sur ses antécédents judiciaires. Devant l'autorité précédente, le recourant n'avait pas eu d'explications à fournir quant aux gestes qui pouvaient l'impliquer plus fortement dans les faits reprochés, se réfugiant derrière l'absence de souvenirs, que son conseil estimait consécutive au choc subi, mais que rien ne prouvait. Bien qu'il ne contestait plus formellement sa culpabilité, sa prise de conscience était extrêmement faible, étant rappelé que sa position sur les points essentiels n'avait pas changé devant la cour cantonale. Tout au plus, pouvait-on parler d'ébauche. Certes, le recourant ne se réfugiait plus derrière le prétexte de l'alcool, mais il ne s'expliquait pas sur les ressorts de ses actes. Dans ces circonstances, et en l'absence d'amendement, les excuses qu'il avait données apparaissaient de circonstance et dictées par la seule volonté que sa peine fût réduite. Loin de chercher à comprendre son acte, le recourant n'avait entrepris au jour de l'arrêt querellé aucune psychothérapie ou sollicité aucune aide qui lui aurait permis de se remettre en question. Le recourant avait de nombreux antécédents, notamment pour vol qualifié et brigandage. Son parcours démontrait qu'il était durablement ancré dans la délinquance et que les sanctions prononcées jusqu'ici n'avaient eu aucun effet sur ses agissements illicites, étant observé au contraire que les actes commis dans la présente procédure représentaient même une escalade dans la violence et qu'ils s'inscrivaient seulement six mois après sa précédente incarcération. Quant à l'infraction de brigandage qualifié, il avait agi par égoïsme primaire et appât d'un gain facile, étant renvoyé pour le surplus aux considérations précédentes, notamment ses antécédents spécifiques et le rapport d'expertise psychiatrique qui concluait à un risque moyen de récidive d'infractions violentes. Au vu de la violence extrême déployée, et non expliquée - que celle-ci eût été mue par le fait de faire parler la victime, ou de se décharger sur elle de la frustration engendrée par le fait de ne pas avoir trouvé le butin, sinon par le fait de la faire taire définitivement -, tout comme de la liberté de choix qu'avait à tout moment le recourant, qui s'était décidé en défaveur de la vie, l'assassinat aurait mérité, à lui seul, une peine privative de liberté de l'ordre de 15 à 16 ans, augmentée encore de deux ans et demi pour tenir compte du brigandage qualifié en concours. La cour cantonale est ainsi arrivée à la conclusion qu'il n'y avait aucun motif à revisiter à la baisse la peine prononcée, tous les critères présidant à la fixation de la peine ayant été pris en compte par le tribunal criminel, étant précisé que la peine aurait même pu être plus lourde si la cour cantonale n'était pas limitée par l'interdiction de la reformatio in pejus (cf. arrêt attaqué, consid. 4.2 p. 20 ss).