Citation: 1P.720/2005 02.12.2005 E. 1

2.2 La phrase à laquelle s'en prend le recourant s'insère dans un raisonnement venant à l'appui de la motivation cantonale quant à l'existence d'un risque de réitération. Pour justifier l'existence de ce risque, l'autorité cantonale a exposé que le recourant avait été longuement entendu par la police en mai 2004, notamment à la suite de la plainte d'un investisseur spolié, dame D.________, de sorte qu'il savait faire l'objet d'une enquête préliminaire. Malgré ces circonstances, il avait "continué à tromper activement ses victimes, en n'hésitant pas, à titre d'exemple, à démarcher, en novembre 2004, l'un de ses clients, C.________, en vue de l'augmentation des investissements de celui-ci (pièces 10252 et 20293)". En novembre 2004 également, il avait aussi assuré à un autre investisseur, E.________, qu'il lui rendrait son capital investi avant le 31 mai 2005. Il avait agi de la sorte alors que, selon ses déclarations constantes à la police et au Juge d'instruction, il n'aurait plus reçu, depuis fin mai 2002, de B.________ - son prétendu associé en Espagne, auquel il aurait remis l'argent en liquide et qui se serait volatilisé - les intérêts sur les fonds investis et n'aurait ensuite plus eu, depuis février 2004 au plus tard, de nouvelles de celui-ci et des fonds des derniers investisseurs qu'il lui aurait remis. La première pièce à laquelle se réfère l'autorité cantonale à l'appui de la phrase litigieuse, soit la pièce 10252 du dossier, correspond à un procès-verbal d'audition par la police de C.________, dont il ressort que, le 3 février 2005, celui-ci a effectivement déclaré à la police que le recourant l'avait contacté, en novembre 2004, pour savoir s'il voulait augmenter le montant investi auprès de sa société. Quant à la pièce 20293, elle correspond à un rapport complémentaire de police du 4 février 2005, qui confirme les déclarations précitées de C.________. 2.3 Examinée isolément, la phrase litigieuse, telle qu'elle est formulée, peut certes donner l'impression que le recourant, qui avait trompé les victimes, a continué à le faire. Cette impression est toutefois dissipée par le contexte dans lequel elle s'inscrit. Les phrases qui la précèdent et celles qui la suivent montrent qu'elle n'est pas le reflet d'une conviction de l'autorité cantonale quant à la culpabilité du recourant, mais une motivation de celle-ci à l'appui du risque de réitération qu'elle a admis. Sur la base de pièces qui sont de nature à attester du comportement décrit et, au demeurant, d'un autre comportement similaire du recourant à la même époque, l'autorité cantonale a exposé ce qui la conduisait à admettre l'existence d'un risque de réitération, en faisant état d'indices tendant à démontrer que le recourant, alors même qu'il savait, depuis mai 2004, être sous le coup d'une enquête pénale, avait persisté dans les agissements suspectés. Replacée dans son contexte, la phrase litigieuse n'a donc pas la portée que lui prête le recourant. Certes, sa formulation est maladroite. La lecture de l'ensemble du passage fait toutefois apparaître clairement que l'autorité cantonale n'a pas manifesté une conviction quant à des faits établis, mais fait état d'indices à l'appui du risque de réitération qu'elle invoque pour justifier le maintien en détention. Le grief est donc infondé.