Citation: 4A_313/2018 E. 1

Force est d'admettre qu'au regard du droit suisse - présupposé semblable au droit italien -, les deux avocats n'étaient pas en droit de témoigner dans le procès civil dès lors qu'ils n'avaient été déliés du secret professionnel ni par la défenderesse, ni par l'autorité de surveillance dont ils relevaient. L'arrêt attaqué retient que les témoignages et les courriers litigieux portent sur les faits appris lors de la réunion du 1er juin 2009, la présence des avocats à cette réunion étant liée au mandat que la défenderesse leur avait confié. Le demandeur ne remet pas en question ces constatations, qui conduisent inéluctablement à la conclusion d'un devoir de silence. Pour le surplus, si l'on suit la doctrine préconisant d'appliquer l'art. 152 al. 2 CPC au témoignage que l'avocat a fait au mépris de son secret professionnel, force est alors de constater que l'autorité précédente pouvait admettre que dans de telles circonstances, le demandeur ne justifiait pas d'un intérêt prépondérant à la manifestation de la vérité. Par surabondance, il paraît douteux que dans le cadre d'une libre appréciation des preuves et dans le contexte qui sera évoqué ci-dessous (cf. notamment consid. 4.4), ces témoignages émanant de deux confrères du demandeur, en désaccord avec la stratégie de leur ex-mandante qui a résilié leurs mandats, puissent avoir la portée que le demandeur voudrait leur conférer.