Citation: 5A_476/2023 E. 3.3

3.3. En l'espèce, les juges précédents ont considéré que, compte tenu d'une capacité de gain hypothétique de l'épouse de 3'500 fr., une contribution d'entretien de 2'200 fr. du 1er juin 2022 au 31 août 2023, puis de 2'400 fr. dès le 1er septembre 2023, permettait de lui assurer son train de vie antérieur; ils ont ainsi admis que celui-ci s'élevait à ces montants. Il s'agit là d'une constatation de fait, que le recourant devait critiquer selon les exigences du principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.2). En l'occurrence, il ne démontre pas en quoi cette appréciation de la cour cantonale serait insoutenable. Il découle de la jurisprudence précitée (cf. supra consid. 3.2.2) qu'il appartient au débirentier de rendre vraisemblable que durant la vie commune le train de vie du crédirentier était inférieur à celui qui résulte d'un partage de l'excédent actuel de la famille. Or, en tant que le recourant affirme que les époux ne s'étaient pas endettés pendant la vie commune, il se prévaut d'un fait irrecevable car non constaté dans l'arrêt entrepris sans qu'un grief d'arbitraire quant à son omission soit valablement soulevé (cf. supra consid. 2.2). Il ne peut donc pas être suivi lorsqu'il en déduit que le train de vie avant la séparation ne pouvait dépasser les montants perçus en 2021. Par ailleurs, son allégation sur laquelle il fonde l'entier de son raisonnement, à savoir que les parties n'auraient allégué aucune augmentation de leurs charges, sous réserve des bases d'entretien LP, du loyer de l'appartement de l'intimée ainsi que d'une assurance RC nouvellement conclue par cette dernière, ne permet pas d'établir le train de vie de l'intimée pendant la vie commune. D'une part, l'arrêt entrepris ne constate pas que seules les charges invoquées par le recourant auraient augmenté, ce que le recourant ne critique pas en soulevant un grief d'arbitraire à cet égard (cf. supra consid. 2.2) ou en se plaignant d'une violation de son droit d'être entendu sous l'angle d'un défaut de motivation (art. 29 al. 2 Cst.). D'autre part, cette allégation est erronée, dans la mesure où la charge fiscale mensuelle cumulée des parties que la cour cantonale a retenue après la séparation, à savoir 1'900 fr. pour le recourant (taxe militaire comprise) et 310 fr. pour l'intimée jusqu'au 31 août 2023, puis 2'250 fr. pour le recourant et 350 fr. pour l'intimée dès le 1er septembre 2023, est supérieure à la charge fiscale 2021 du couple, le recourant ayant allégué en appel que cette charge était de 1'762 fr. sur la base des acomptes d'impôts et l'arrêt entrepris constatant que les acomptes versés cette année-là étaient en réalité de 1'235 fr. par mois en moyenne. Quant aux frais de crèche qui disparaissent à partir du mois de septembre 2023 au profit de frais de parascolaire beaucoup moins élevés que le recourant entend voir retranchés du train de vie de l'intimée, il n'apparaît pas que ce grief ait été soulevé en appel, alors que l'âge d'entrée à l'école de l'enfant C.________, dont il se prévaut à ce titre, était un fait connu. Sur ce point, la critique est irrecevable faute d'épuisement matériel des instances cantonales (art. 75 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.3). Le recourant ne fournit ainsi aucun élément pertinent dont on pourrait déduire que le niveau de vie auquel l'intimée peut prétendre serait inférieur à celui admis par la cour cantonale. Partant, il échoue à démontrer que la contribution d'entretien allouée à l'intimée la placerait dans une situation plus confortable que celle dont elle bénéficiait durant la vie commune. S'agissant du niveau de vie de l'enfant, dont la détermination constitue également une question de fait (cf. arrêt 5A_751/2016 du 6 avril 2017 consid. 3.3.2 et les références), le recourant fonde ses calculs sur la base de chiffres corrigés en fonction de sa précédente critique relative au maintien du train de vie prévalant avant la séparation. En tant que celle-ci a été rejetée, le calcul du coût de l'enfant proposé par le recourant est sans portée, étant par ailleurs rappelé que l'entretien de l'enfant n'est de toute manière pas limité au niveau de vie qui était le sien avant la séparation en cas d'augmentation des ressources de la famille après la séparation (cf. supra consid. 3.2.3).