Citation: 4D_71/2013 E. 2.5

2.5. Concernant les heures de travail, les recourants demandent que l'état de fait dressé par la cour cantonale soit complété, notamment qu'il soit retenu que le nombre d'heures mis à leur charge (414 heures) est excessif comparé aux heures facturées en lien avec le chantier exécuté à l'époque en faveur des propriétaires (cf. supra let. A). A titre d'argumentation, ils se limitent à présenter des extraits de diverses pièces, sans se plier aux exigences strictes pourtant posées en matière de recevabilité du recours constitutionnel subsidiaire (cf. supra consid. 1.4). Toujours en lien avec les heures de travail, les recourants reprochent à la cour cantonale d'avoir établi le nombre d'heures facturées en se fondant sur les devis établis par des collègues de l'intimé (A.________, C.________ et B.________); ils insistent sur le fait que, selon la jurisprudence, les déclarations écrites de ces " pseudo-experts " ne sont ni des témoignages, ni des titres, mais de simples expertises privées, considérées comme des allégués d'une partie. Dans ce contexte, ils invoquent une violation arbitraire de l'art. 8 CC. Quant aux déclarations de l'employé de l'intimé (qui accréditent l'exactitude du nombre d'heures facturées et leur adéquation avec les travaux effectués), les recourants estiment qu'il était arbitraire d'en tenir compte, étant donné qu'il résulte de l'arrêt entrepris que l'employé " n'avait pas vu toutes les factures ". Une expertise privée n'a pas la même valeur qu'une expertise judiciaire (ATF 125 V 351 consid. 3c p. 354). La jurisprudence ne lui reconnaît en principe pas de force probante particulière; elle doit être considérée comme de simples allégations d'une partie (cf. ATF 132 III 83 consid. 3.4; arrêt 4A_58/2008 du 28 avril 2008 consid. 5.3). Le fait qu'une expertise privée n'ait pas la même valeur qu'une expertise judiciaire ne signifie toutefois pas encore que toute référence à une expertise privée dans un jugement soit constitutive d'arbitraire. Il se peut en effet que ladite expertise ne soit pas contestée sur certains points ou encore qu'elle se révèle convaincante, à l'instar d'une déclaration de partie; il est également possible que l'expert privé, entendu comme témoin, confirme des éléments de fait précis de son rapport (4A_58/2008 déjà cité consid. 5.3 et les auteurs cités). Il s'ensuit que, contrairement à ce que les recourants prétendent, la seule mention des expertises privées à titre de moyens de preuve ne procède pas déjà d'une application arbitraire de l'art. 8 CC. Autre est la question de savoir si, en se fondant sur une expertise privée dans un cas précis, le juge s'est livré à une appréciation arbitraire des preuves.