Citation: 9C_779/2020 E. 4

La juridiction cantonale a retenu que le recourant avait commis une négligence qui devait, sous l'angle de l'art. 52 LAVS, être qualifiée de grave. Elle a considéré qu'en sa qualité d'organe formel de la société, il ne pouvait pas se contenter des seules informations qui lui étaient communiquées épisodiquement par les autres administrateurs, notamment par les époux A.B.________ et B.B.________. En conservant formellement un mandat d'administrateur qu'il n'assumait pas dans les faits, le recourant avait occupé une situation comparable à celle d'un homme de paille qui se serait déclaré prêt à assumer ou à conserver un mandat d'administrateur d'une société anonyme, tout en sachant qu'il ne pourra (ou ne voudra) pas le remplir consciencieusement, et a violé, en cela, son obligation de diligence. Selon les premiers juges, s'il était incapable de remplir son mandat d'administrateur, le recourant aurait dû démissionner sans délai, et à cette fin, requérir au besoin l'assistance d'un tiers. La passivité du recourant avait été en relation de causalité naturelle et adéquate avec le dommage subi par la caisse de compensation. Quant au montant du dommage, le recourant ne contestait pas que le solde dû s'élevait de prime abord à 124'120 fr. 75 après déduction des montants qu'il avait déjà versés. Les premiers juges ont relevé qu'il n'existait cependant pas de base légale suffisante pour rechercher les employeurs ou leurs organes pour le dommage résultant du défaut de paiement des cotisations dues en vertu de la LAMat. Aussi, la juridiction cantonale a renvoyé la cause à la caisse de compensation pour nouveau calcul dommage en excluant les cotisations impayées découlant de la LAMat, les intérêts moratoires et les frais administratifs afférents à ces montants, puis nouvelle décision sur ce point.