Citation: 6B_183/2020 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a qualifié les faits concernés de gravissimes et la faute de très lourde. Compte tenu de la diminution moyenne de responsabilité, liée à la dépression, au trouble de la personnalité et au manque de sommeil de la recourante, elle a considéré que la faute était lourde et aurait justifié une peine hypothétique de l'ordre de 11 à 12 ans. A charge, elle a retenu les antécédents judiciaires de la recourante et le fait qu'elle ne voulait pas que toute la lumière puisse être faite sur les raisons de son comportement et, partant, qu'elle n'en mesurait pas véritablement la portée ni les conséquences pour sa fille. A décharge, elle a considéré que la recourante avait tout de même reconnu le caractère monstrueux de son acte et le fait que l'intimée serait très probablement morte si la recourante n'avait pas appelé les secours, sachant que, malgré une prise en charge médicale rapide, la victime avait rapidement montré une instabilité hémodynamique et avait fait deux arrêts cardiaques. Vu ces facteurs liés à l'auteur, il y avait lieu de considérer qu'une peine de 10 à 11 ans aurait été appropriée si la recourante était parvenue à ses fins. Pour déterminer ensuite la quotité de la réduction qui découlait de l'art. 22 al. 1 CP, la cour cantonale a relevé que la recourante avait poursuivi jusqu'au bout son activité coupable puisqu'elle avait concrètement tiré plusieurs balles sur sa fille dans le but de la tuer. Il s'agissait donc d'une tentative achevée d'assassinat. Un des projectiles avait pénétré le dos de la victime et provoqué une atteinte à la colonne vertébrale qui avait engendré une paraplégie. Une autre balle avait pénétré le thorax et provoqué deux plaies au niveau de l'aorte descendante, engendrant une perforation du parenchyme pulmonaire droit, un volumineux hémothorax gauche, ainsi qu'un hématome du médiastin postérieur gauche. Ces lésions, en particulier celles provoquées par le projectile qui avait perforé le thorax, avaient concrètement mis en danger la vie de la victime et auraient donc pu être fatales. La recourante ne devait en outre qu'au hasard l'absence de lésions immédiatement mortelles. Les conséquences de son geste étaient quoi qu'il en soit gravissimes. La victime souffrait en effet d'une paraplégie sensitivomotrice incomplète de niveau T10 et avait encore dans son corps des résidus de balles qui ne pouvaient pas être retirés chirurgicalement. La paraplégie avait entraîné des dysfonctions autonomes vésicales, intestinales et sexuelles, et l'intimée présentait des symptômes de la lignée dépressive et des symptômes liés à son vécu traumatique, nécessitant un suivi psychiatrique attentif. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale a considéré que l'application de l'art. 22 al. 1 CP devait conduire à une réduction de peine d'au maximum 2 à 3 ans (jugement attaqué, consid. 5.3 p. 28 ss).