Citation: 1B_13/2009 16.02.2009 E. 6

Le recourant se plaint aussi d'une violation du principe de célérité. Il reproche au Juge d'instruction d'avoir été inactif durant plusieurs mois, de l'avoir auditionné une seule fois et de n'avoir donné aucune précision ni sur l'état de l'instruction, ni sur le délai dans lequel la clôture de l'enquête pourra intervenir. 6.1 Sans se plaindre formellement d'une violation de son droit d'être entendu au sens de l'art. 29 al. 2 Cst., le recourant reproche au Tribunal cantonal de ne pas avoir motivé cette problématique. A lire le recours cantonal, on constate toutefois que le recourant se limitait à relever qu'il se trouvait en détention préventive depuis deux mois: le déroulement de l'instruction n'était pas critiqué en tant que tel, de sorte que les juges cantonaux, qui ont examiné la question générale du respect du principe de proportionnalité, n'étaient pas tenus de motiver spécifiquement leur décision sur ce point. 6.2 En vertu du principe de célérité, une incarcération peut être disproportionnée lors d'un retard injustifié dans le cours de la procédure pénale (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1 p. 151; 123 I 268 consid. 3a p. 273; 116 Ia 147 consid. 5a; 107 Ia 257 consid. 2 et 3). Il doit toutefois s'agir d'un manquement particulièrement grave, faisant au surplus apparaître que l'autorité de poursuite n'est plus en mesure de conduire la procédure à chef dans un délai raisonnable (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1 p. 151 s.). Le caractère raisonnable de la durée d'une procédure pénale s'apprécie selon les circonstances particulières de la cause, eu égard en particulier à la complexité de l'affaire, au comportement du requérant et à celui des autorités compétentes, ainsi qu'à l'enjeu du litige pour l'intéressé (ATF 133 I 270 consid. 3.4.2 p. 281 et les arrêts cités). 6.3 En l'occurrence, même si l'instruction n'a peut-être pas suivi un rythme particulièrement soutenu, elle n'a pas non plus connu de période d'inactivité susceptible de contrevenir à l'art. 5 par. 3 CEDH. La police, sous la direction du Juge d'instruction, a régulièrement fait progresser le dossier en entendant les protagonistes et divers témoins ainsi qu'en procédant à une visite domiciliaire chez le recourant. Le prévenu a par ailleurs été entendu à trois reprises. Le Centre hospitalier universitaire vaudois a également été mandaté pour établir des rapports médicaux sur l'état des personnes blessées. Dans son ordonnance du 18 novembre 2008, le Juge d'instruction relève au surplus que l'instruction se trouve dans sa phase finale. A ce stade et dans ces conditions, il peut être admis que le principe de célérité est respecté.