Citation: 1A.351/1999 24.01.2000 E. 1

que le 8 décembre 1997, le Ministre de la Justice de la République française a adressé à l'Office fédéral de la police (ci-après: OFP) une demande d'entraide judiciaire présentée pour les besoins d'une enquête pour délits d'initiés conduite par un Juge d'instruction près le Tribunal de Grande Instance de Paris contre B.________, S.________, X.________ et autres; que l'enquête se rapporte à la vente de gré à gré de titres du groupe S.________, en 1992, à un prix supérieur au cours, juste avant l'annonce des résultats du Groupe - en retrait par rapport à l'exercice précédent - suivie d'une baisse du cours des titres; que le canton de Genève a été désigné comme canton directeur le 15 décembre 1997; qu'après être entré en matière le 6 janvier 1998, et avoir obtenu de différentes banques la documentation requise, le Juge d'instruction genevois a, le 12 mai 1999, retourné la demande à l'OFP en considérant, sur le vu des explications fournies par B.________ et S.________, que la condition de la double incrimination n'était pas remplie, à défaut notamment d'exploitation de faits confidentiels et d'enrichissement; que par décision de clôture du 26 juillet 1999, il a rejeté la demande d'entraide, pour les mêmes motifs; que par ordonnance du 13 octobre 1999, la Chambre d'accusation du canton de Genève a admis un recours formé par l'OFP contre cette dernière décision, et a renvoyé la cause pour nouvelle décision au juge d'instruction, au motif que celui-ci n'avait pas à revoir l'état de fait - clair et dépourvu de contradictions - joint à la demande, en méconnaissance du principe de la double incrimination; que S.________, B.________ et trois sociétés panaméennes forment un recours de droit public et un recours de droit administratif contre cette ordonnance dont elles demandent l'annulation et, dans le recours de droit administratif, le renvoi de la cause à la cour cantonale afin de permettre aux recourants de prendre connaissance du recours cantonal de l'OFP et des observations des autorités, et de pouvoir y répondre; que les deux recours comportent une demande d'effet suspensif; que la cour cantonale n'a pas formulé d'observations, le juge d'instruction s'en rapportant à justice; que l'OFP conclut à l'irrecevabilité du recours de droit public et au rejet du recours de droit administratif dans la mesure où il est recevable; que les deux recours, connexes, peuvent être joints afin qu'il soit statué par un même arrêt; que les recourants S.________ et B.________ se désignent sous les lettres A. et B., et demandent à ce que leur recours soit traité de cette manière afin de préserver leur anonymat; qu'il n'y a pas lieu de donner suite à cette demande, car l'identité des recourants est connue du juge d'instruction, de la Chambre d'accusation et de l'OFP, autorités liées - de même que le Tribunal fédéral lui-même - par le secret de fonction mettant les recourants à l'abri de tout dévoilement intempestif de leur identité; que le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 125 I 253 consid. 1a p. 254); que les décisions rendues par l'autorité cantonale de recours en application de l'EIMP peuvent faire l'objet d'un recours de droit administratif (art. 97 et 98 let. g OJ en relation avec l'art. 80f EIMP), ce recours permettant aussi l'invocation des droits constitutionnels en relation avec l'application du droit fédéral (ATF 125 II 1 consid. 2a p. 5; 124 II 120 consid. 4a p. 121; 123 II 8 consid. 2 p. 11, et les arrêts cités).