Citation: 1B_42/2020 E. 2.2

2.2. La décision du 23 août 2017 prenant acte du retrait de l'opposition en raison de l'absence du recourant à l'audience du même jour a été annulée par arrêt de la Chambre pénale du 10 novembre 2017, la citation n'étant pas parvenue au recourant dix jours au moins avant l'audience. On ne saurait y voir une irrégularité grave dès lors que la citation avait bien été adressée plus de dix jours avant l'audience, mais reçue le 17 août seulement à l'échéance du délai de garde pour les envois non retirés. Cette irrégularité a d'ailleurs été réparée, sans aucun inconvénient pour le recourant, et ne constituait pas une erreur propre à justifier une récusation, comme l'a d'ailleurs déjà retenu le Tribunal fédéral dans son arrêt du 3 mai 2018 (1B_82/2018 consid. 2.2). Il en va de même du refus de renvoyer l'audience du 17 septembre 2019. Si le Juge de police a accepté plusieurs renvois d'audience sur le vu des premiers certificats médicaux produits, il pouvait se montrer plus exigeant par la suite: plus de deux ans s'étaient écoulés depuis la saisine du Tribunal, de sorte qu'un nouveau renvoi ne pouvait être obtenu que pour des raisons impérieuses, sauf à violer le principe de célérité (art. 5 al. 1 CPP). Le Juge de police pouvait considérer que de telles raisons faisaient défaut dès lors que les derniers certificats médicaux préconisaient d'éviter les situations stressantes, mais ne faisaient pas état d'une impossibilité absolue de comparaître en justice. L'écoulement du temps et la teneur des certificats justifient ainsi la décision du magistrat, malgré les précédentes décisions et une appréciation apparemment différente (bien que le recourant ne donne aucun détail à ce sujet) de magistrats d'un autre canton. Le refus de renvoyer l'audience ne saurait dès lors justifier une récusation. Quant aux autres motifs de récusation soulevés, notamment la connivence alléguée avec un autre juge et le fait que le Juge de police a statué lui-même sur sa propre récusation, ils n'ont pas été soulevés à l'occasion du recours cantonal, le recourant ayant expressément limité ses griefs aux questions relatives à ses certificats médicaux. Dans la mesure où le recourant a pu saisir la cour cantonale d'un recours contre le refus du magistrat de se récuser, la décision de celui-ci a la même portée que la prise de position exigée à l'art. 58 al. 2 CPP et ne saurait dénoter une quelconque prévention à l'égard du recourant. Les allégations générales à l'égard des autorités fribourgeoises ne sauraient non plus justifier une récusation, comme l'a maintes fois rappelé le Tribunal fédéral (cf. notamment arrêt 1B_414/2018 du 26 septembre 2018). C'est dès lors sans violer le droit fédéral que la cour cantonale a retenu que les motifs allégués étaient insuffisants pour justifier une récusation.