Citation: 6B_1252/2021 E. B

Par jugement du 8 juin 2021, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté l'appel formé par A.________ et confirmé le jugement attaqué. En résumé, elle a retenu les faits suivants: B.a. A.________, né en 1974 à U.________, est ressortissant v.________. Il a suivi une scolarité en arabe, mais parle bien le français. Arrivé en Suisse au début des années 2000, il a travaillé en Argovie comme aide-relieur avant de s'installer dans le canton de Vaud. En 2010, il a épousé D.________, qui est aide-soignante et naturalisée suisse, avec laquelle il a eu deux enfants, nés en 2007 et 2009. B.b. En 2005, en Argovie, A.________ a fait la connaissance de E.________ avec laquelle il a eu une relation intime pendant deux ans. Après leur rupture, décidée par E.________, A.________ a adopté à l'égard de celle-ci un comportement qui lui a valu d'être condamné le 22 mai 2017 par la Staatsanwaltschaft Lenzburg-Aarau pour dommages à la propriété, utilisation abusive d'une installation de télécommunication, tentative de contrainte, injure et violation du domaine secret ou du domaine privé au moyen d'un appareil de prise de vues à 150 jours-amende à 60 fr. avec sursis durant 3 ans et à une amende de 2'800 fr. B.c. De juin 2018 à octobre 2019, dans le but de se venger, A.________ a créé un compte Facebook au nom de E.________ et y a publié des annonces érotiques avec vingt-deux clichés, dont des photographies d'elle prises lors de leur relation commune, en inscrivant le numéro de téléphone professionnel de E.________ et ses adresses privées, et parfois aussi le numéro de téléphone et l'adresse privée de la mère ou du père de celle-ci. E.________ a ainsi reçu la visite de nombreux hommes qui se sont présentés tant à son adresse professionnelle que privée. Cette situation l'a conduite à enlever la sonnette de la porte d'entrée de son domicile, puis à déménager. B.d. En 2013, à Lausanne, A.________ a rencontré B.________, qui vivait séparée de son époux avec ses deux enfants, nés en 2006 et 2008. Ils ont commencé une relation amoureuse au cours de laquelle, à sa demande, B.________ lui a envoyé des images et des vidéos d'elle nue ou à caractère sexuel. A partir de 2017, elle a cherché à prendre ses distances avec A.________. En été 2018, elle a noué une nouvelle relation intime avec C.________. Après avoir appris l'existence de cette relation dans le courant du mois de mai 2019, A.________ a changé son comportement envers elle. B.e. Entre le 9 et 19 juillet 2019, A.________ a menacé B.________ de divulguer à l'ex-mari et aux proches de celle-ci des images compromettantes d'elle dans le but explicite d'obtenir un rapport sexuel, lui fixant des ultimatums pour se rendre disponible et passer une partie de la nuit avec lui. Il a renouvelé à réitérées reprises ses menaces devant le refus et les protestations de B.________ qui lui a clairement fait comprendre qu'elle voulait rompre avec lui, manifestant sa détermination par l'envoi de plusieurs images compromettantes, cela jusqu'à ce qu'elle finisse par accepter, le soir du 19 juillet 2019, de se rendre chez lui et d'avoir un rapport sexuel en échange de la suppression des fichiers qu'il possédait d'elle. B.f. Durant le mois d'août 2019, A.________ a semblé accepter la rupture voulue par B.________. Début septembre 2019, il a toutefois recommencé à la harceler en vue de la contraindre à d'autres rapports sexuels avec lui, n'ayant de cesse de la menacer d'utiliser les images et les vidéos qu'il avait encore en sa possession à chaque fois qu'elle montrait de la résistance ou n'agissait pas comme il le souhaitait. Il a ainsi obtenu de B.________ un rapport sexuel le 17 septembre 2019 et un autre à une date indéterminée, qui ont eu lieu au domicile de celle-ci. Fin septembre 2019, il a encore accentué la pression sur elle en menaçant d'envoyer une lettre de dénonciation à l'adresse du Service de Protection de la Jeunesse (SPJ) dans laquelle il l'accusait de réaliser des vidéos pornographiques avec ses enfants. B.g. Sous cette pression et pour tenter de convaincre une dernière fois A.________ de la laisser tranquille et de cesser son chantage, B.________ a accepté de le rencontrer aux bains de W.________ le 7 octobre 2019. La discussion a tourné court, A.________ s'étant mis en colère. Alors qu'ils se trouvaient dans les vestiaires pour partir, celui-ci a ouvert la porte d'une cabine et a dit à B.________ d'y entrer avec lui. Une fois à l'intérieur, il lui a ordonné de se déshabiller, ce qu'elle a fait. Il a ensuite pénétré B.________, qui ne s'est pas opposée de peur et de honte en raison du public autour. A.________ a filmé le rapport sexuel avec son téléphone portable qu'il avait posé sur le banc à l'insu de B.________. B.h. Le 10 octobre 2019, A.________ a envoyé à B.________ la séquence vidéo du rapport sexuel dans les vestiaires des bains de W.________. Constatant qu'elle ne lui répondait plus, il a envoyé deux vidéos à caractère sexuel, dont celle du 7 octobre 2019, via l'application WhatsApp au numéro de téléphone du fils de B.________, G.________, alors âgé de 13 ans. B.i. B.________ a porté plainte contre lui le 12 octobre 2019 pour violation du domaine secret au moyen d'un appareil de prise de vues, utilisation abusive d'une installation de télécommunication et calomnie. Le 16 octobre 2019, elle a informé la police que certains membres de sa famille à l'étranger, son employeur et son ami C.________ avaient reçu des fichiers contenant des images et des vidéos intimes d'elle, précisant encore que A.________ lui avait envoyé quelques jours auparavant d'innombrables messages de menace en ce sens. Les fichiers contenant des vidéos et des images à caractère sexuel de B.________ envoyés le 14 octobre 2019 à l'employeur l'ont été via les adresses électroniques suivantes: xxx@gmail.com, yyy@gmail.com et zzz@gmail.com. Ceux envoyés à la soeur et à d'autres membres de la famille de B.________ l'ont été via la messagerie Facebook au nom de E.________ et via le numéro de téléphone X.________ +xx xxx xxx xx xx. B.j. Le 9 décembre 2019, C.________ a déposé plainte contre A.________ à raison des faits suivants: entre le 13 et le 17 octobre 2019, il a reçu dans sa boîte e-mail et/ou sur son téléphone portable des fichiers contenant des photographies et des vidéos à caractère sexuel de B.________, dont une vidéo intime d'elle avec la mention "ta salope", ainsi que l'enregistrement vidéo du rapport sexuel aux bains de W.________ et des messages menaçants en langue x.________ via le numéro de téléphone X.________ +xx xxx xxx xx xx. Le 20 octobre 2019, il a encore reçu via ce même numéro X.________ une photographie montrant les parties intimes de B.________ avec le message en X.________ "Je vais baiser mon cul comme celui-ci, fils de pute" et en allemand "C._______ C.________ attends-moi". B.k. Le 18 octobre 2019, A.________ a été arrêté à son domicile et son matériel informatique (téléphone portable, tablette et ordinateur) a été saisi. Il a été placé en détention provisoire. B.l. Le 18 novembre 2019, à l'occasion de sa troisième audition, B.________ a dénoncé les quatre rapports sexuels non consentis que A.________ lui avait fait subir et une instruction a également été ouverte en lien avec ces faits. B.m. Au cours de l'enquête, A.________ a été soumis à une expertise psychiatrique. Dans son rapport du 7 avril 2020, le docteur F.________ a posé le diagnostic de trouble de la personnalité de type personnalité dyssociale et a conclu à une responsabilité entière.