Citation: 4A_12/2019 E. 4.3.2

4.3.2. Ces éléments ont partiellement au moins été mis en exergue dans l'opinion dissidente émise par le troisième arbitre, à laquelle la recourante se réfère. La sentence datée du 23 novembre 2018 est signée par les trois arbitres, avec une réserve de l'un d'eux qui renvoie à son opinion dissidente ( "Subject to the dissent annexed to the present award") elle-même datée du 8 novembre 2018. On peut déjà inférer que les éléments soulevés dans cette opinion ont été disputés, et partant pris en compte par les deux autres arbitres (cf. arrêt 4P.74/2006 du 19 juin 2006 consid. 5.3 in fine). Par ailleurs, et comme l'admet la recourante, la sentence mentionne le courrier du 16 avril 2015, dans lequel l'aéroport reproche à Z.________ de n'avoir jamais fourni le moindre document attestant de son droit d'exclusivité (sentence, p. 34 n. 110), tout comme l'allusion au fait que ni A.________, ni l'aéroport ne s'opposaient à ce que Z.________ continuât d'exploiter le bar B.________ (sentence, p. 44 s. n. 159). Le Tribunal arbitral s'est référé à maintes reprises aux déclarations de M.________. Dans le cadre de la présente procédure, il a confirmé que les éléments pointés par la recourante avaient tous été pris en compte, expliquant avoir considéré, à la majorité, que ces éléments n'étaient pas de nature à obliger Z.________ à prouver aux autorités aéroportuaires l'exclusivité de ses droits, respectivement à influer sur son analyse. Ces éléments conduisent à la conclusion que le droit d'être entendu n'est pas en cause. Certes, selon les circonstances, un Tribunal arbitral pourra être amené à détailler les motifs l'ayant conduit à réfuter implicitement des éléments mis en exergue par la partie recourante, s'il entend dissiper tout doute quant au grief de violation du droit d'être entendu. Cela étant, on ne se situe pas ici dans un tel cas de figure. Il s'avère que le Tribunal arbitral était divisé sur les questions mises en évidence par la recourante et sur le rôle respectif des parties dans la procédure de soumission; encore une fois, on peut en inférer que les points litigieux ont été débattus entre arbitres. Qui plus est, le Tribunal a résumé, à chaque étape de sa décision, le point de vue respectif des parties avant de se prononcer. Il a également présenté de façon circonstanciée le contexte dans lequel la mise à l'écart de Z.________ était intervenue, en se référant à réitérées reprises aux témoignages des personnes mentionnées par la recourante et en renvoyant aux écritures des parties. Tous ces éléments, pris dans leur ensemble, conduisent à la conclusion que la recourante n'a pas été lésée dans son droit d'exprimer son point de vue, de faire valoir ses arguments et moyens de preuves, de participer au procès et d'influer sur celui-ci; en bref, elle a effectivement été entendue. Le Tribunal arbitral a majoritairement décidé que les faits, moyens de preuves et arguments mis en exergue par la recourante n'avaient pas la portée et l'importance qu'elle leur prêtait. Il en a inféré que la recourante avait présenté les droits exclusifs de l'intimée de façon fallacieuse, alors qu'elle eût dû clarifier ce point auprès de l'aéroport; ce faisant, elle avait violé ses obligations découlant du contrat de licence. Il échappe au pouvoir de la cour de céans de revoir les constatations de fait et l'analyse juridique des arbitres, étant évident qu'un tel examen, s'il avait été possible, eût impliqué de tenir compte de l'ensemble des circonstances, et non pas seulement des éléments pointés par la recourante.