Citation: 4A_230/2023 E. 4.1

4.1. Les juges cantonaux ont retenu que les parties n'avaient pas conclu de contrat de bail à ferme agricole. Ils ont relevé que le fait que le fils de A.a.________ ait opté pour un apprentissage d'agriculteur en 2020 n'était pas pertinent. Au contraire, il était surprenant que A.a.________ ait encouragé son fils à entamer une formation en vue d'exploiter un domaine agricole ayant fait l'objet d'une vente forcée en 2019. Au vu des décisions d'interdictions d'exploiter le domaine agricole et de disposer des récoltes rendues en mai et juin 2020, A.a.________ savait que l'exploitation du domaine était fortement compromise. De leur côté, les intimés avaient constamment affirmé vouloir exploiter eux-mêmes le domaine agricole, ce que les appelants avaient d'ailleurs explicitement reconnu dans leur appel. Les juges cantonaux ont ajouté qu'au moment où A.a.________ aurait prétendument conclu le contrat de bail à ferme par oral, il n'était pas en mesure d'engager la société A.b.________ Sàrl. A.c.________ en était seule gérante et détentrice de la signature individuelle. Le fait qu'elle aurait validé cet acte n'avait jamais été allégué ni démontré dans le cadre de la procédure de première instance. En outre, selon les juges cantonaux, il ne ressortait pas des pièces du dossier que les parties auraient convenu que A.a.________ allait pouvoir continuer à exploiter le domaine agricole, malgré la vente forcée. La décision de l'autorité foncière cantonale du 17 décembre 2019 précisait que B.c.________ entendait exploiter lui-même l'entreprise agricole en cause. Dans leur courrier du 27 janvier 2020, les intimés l'avaient confirmé. Le terme de " résiliation " qu'ils avaient employé devait être relativisé, car ils n'étaient pas encore représentés par un avocat. Il ne saurait en être déduit que les appelants allaient pouvoir continuer à exploiter le domaine agricole, ni l'existence d'un contrat de bail. Ensuite, les juges cantonaux ont relevé qu'un tel contrat n'avait pas non plus été conclu par actes concluants. Les appelants n'étaient pas entrés en jouissance du domaine, puisque A.a.________ avait simplement refusé de le quitter. Les appelants n'apportaient aucune preuve que les intimés auraient réellement utilisé 180 à 200 balles de foin, ni qu'elles constitueraient un fermage, ce d'autant plus qu'il n'y avait pas d'accord sur le montant des fermages. Enfin, il ne pouvait être déduit des deux versements de 10'000 fr. opérés la conclusion d'un quelconque contrat de bail à ferme.