Citation: 5A_836/2015 E. 5.2

5.2. Avec le recourant, force est d'admettre qu'il n'est pas raisonnable d'exiger de lui la reprise d'une activité professionnelle vu son âge, son état de santé et son éloignement pendant près de dix ans du monde du travail. C'est ainsi à tort que la cour cantonale, reprochant au recourant de ne pas avoir effectué de nouvelles démarches auprès de l'assurance-invalidité, s'est basée sur les revenus d'invalide hypothétiques calculés en 2007 par l'Office cantonal de l'assurance-invalidité. En effet, même constatée médicalement, une incapacité de travail ne donne pas encore droit à une rente d'invalidité. Pour que l'on puisse tenir compte d'une telle rente sous l'angle d'un revenu hypothétique, il faut que le droit à l'indemnité soit établi ou, à tout le moins hautement vraisemblable (arrêts 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 3.2; 5A_51/2007 du 24 octobre 2007 consid. 4.3.2). Or aucun élément du dossier ne permet de retenir, au degré de preuve exigé par la jurisprudence, que les troubles dont souffre actuellement le recourant lui donnent droit à une rente d'invalidité, le Dr H.________ affirmant du reste expressément que des démarches auprès de l'assurance-invalidité n'auraient que de très faibles chances de succès. Par ailleurs, le fait que le recourant n'ait pas adressé de demande de rente ne saurait être à lui seul déterminant et permettre de retenir un revenu hypothétique. L'état de santé doit bien plutôt s'analyser indépendamment d'éventuels droits envers l'assurance-invalidité. Ainsi, une incapacité de travail durable, telle qu'attestée par des certificats médicaux, peut, selon les circonstances, suffire à admettre que l'intéressé ne peut effectivement trouver un emploi (cf. arrêt 5P.423/2005 du 27 février 2006 consid. 2.2.1). En l'occurrence, il résulte des faits retenus par la cour cantonale que selon le Dr H.________, le recourant n'est pas en mesure d'assumer une tâche professionnelle régulière ou suivie; ce médecin a en effet attesté que son patient souffrait actuellement de troubles de l'humeur, qui avaient pris la forme d'un trouble dysthymique et qui se manifestaient par des variations récurrentes de son état psychique caractérisé par une humeur dépressive, une baisse de l'élan vital et de l'estime de soi, des troubles du sommeil, de la fatigue, de l'anxiété et de la procrastination (tendance à remettre systématiquement au lendemain des actions) ainsi qu'une tendance au retrait social. Le Dr G.________ a également estimé que le recourant n'était actuellement plus en mesure d'assumer une tâche professionnelle. Malgré les traitements entrepris pour ses lombalgies chroniques, un soulagement effectif du dos du patient n'avait pas été constaté; plusieurs arrêts de travail étaient intervenus jusqu'à fin 2004 et l'intéressé avait en outre commencé à développer des problèmes psychiques dès 1997. Retenir, sur la base de tels certificats médicaux, que le recourant peut travailler à 40% dans un emploi ne nécessitant pas de formation particulière viole le droit fédéral. En effet, on ne saurait considérer, vu l'état de santé du recourant, qu'une reprise d'une activité lucrative soit raisonnablement exigible. Une telle conclusion s'impose d'autant plus si l'on considère l'âge du recourant et son éloignement prolongé du marché du travail, éloignement dont il n'est au demeurant nullement établi qu'il ait été provoqué par le recourant dans le seul but de péjorer sa situation. Le grief apparaît ainsi fondé sans qu'il soit nécessaire de l'examiner plus avant.