Citation: 5A_664/2018 E. 4.2

4.2. La cour cantonale a estimé que l'état de fait n'était en l'espèce pas incontesté et qu'il ne pouvait être immédiatement prouvé. L'état du mur de soutènement longeant le passage litigieux restait indéterminé. Or il apparaissait que son renforcement en 1994 avait eu un impact sur l'exercice de la servitude et il n'était pas exclu qu'à la suite de ce changement, la réalité du terrain ne correspondît plus aux pièces justificatives de la servitude, singulièrement à la largeur de 3m50 qui y était indiquée. Une administration complète des preuves était ainsi nécessaire. A cela s'ajoutait que les places de stationnement avaient fait l'objet de discussions entre les propriétaires ou gérants respectifs des parcelles, à intervalles variant entre cinq et seize ans d'affilée sans qu'il semblât y avoir eu de manifestations au sujet de la servitude pendant certaines périodes; ces discussions étaient ainsi sujettes à appréciation à la lumière de l'application du principe de la bonne foi ou de l'abus de droit et leur imputation à la recourante, en vertu du principe de la transparence, nécessitait une instruction complète, qui ne pouvait s'envisager dans le contexte d'une procédure en cas clair.