Citation: 1B_161/2017 E. 1.2

1.2. La décision attaquée - qui refuse un changement d'avocat d'office - a un caractère incident. Elle ne cause en principe aucun préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF, dès lors que le prévenu continue d'être assisté par le défenseur désigné; l'atteinte à la relation de confiance n'empêche en règle générale pas dans une telle situation une défense efficace. L'existence d'un tel dommage ne peut être admise que dans des circonstances particulières faisant craindre que l'avocat d'office désigné ne puisse pas défendre efficacement les intérêts du prévenu, par exemple en cas de conflit d'intérêts ou de carences manifestes de l'avocat désigné ou encore lorsque l'autorité refuse arbitrairement de tenir compte des voeux émis par la partie assistée (ATF 139 IV 113 consid. 1.1 p. 115 s. et les arrêts cités). Le simple fait que la partie assistée n'a pas confiance dans son conseil d'office ne lui donne pas le droit d'en demander le remplacement lorsque cette perte de confiance repose sur des motifs purement subjectifs et qu'il n'apparaît pas de manière patente que l'attitude de l'avocat d'office est gravement préjudiciable aux intérêts de la partie (ATF 138 IV 161 consid. 2.4 p. 164 s.). Selon les écrits du recourant figurant au dossier, celui-ci n'a eu cesse de manifester sa volonté de contester le jugement de première instance rendu à son encontre (cf. en particulier les courriers du 31 janvier et 8 mars 2017). Une annonce d'appel a d'ailleurs été déposée le 26 janvier 2017. Dans la décision entreprise, l'autorité précédente a constaté que le jugement motivé du 25 janvier 2017 avait été notifié au recourant le 27 février 2017. Le délai pour déposer la déclaration d'appel est dès lors arrivé à échéance le 20 mars 2017 (cf. art. 399 al. 3 CPP). Or, il ne ressort pas du dossier de la Cour d'appel pénal qu'un tel acte ait été déposé par l'avocat d'office du recourant. Au contraire, dans son courrier du 20 mars 2017, cet avocat a confirmé sa volonté de ne pas procéder devant la juridiction d'appel. Ce courrier constitue certes une pièce nouvelle au sens de l'art. 99 al. 1 LTF : cette pièce est toutefois exceptionnellement recevable dans le cadre de l'examen de la recevabilité du recours, en vertu de l'art. 99 al. 1 LTF in fine. Or, ce courrier de l'avocat d'office contient notamment le passage suivant : " Le jugement rendu le 25 janvier 2017 par le Tribunal pénal de l'arrondissement de la Veveyse est correct. Dans ces conditions, il n'y a aucune raison de porter cette affaire en appel. Cela ne serait en tout cas pas admissible dans le cadre d'un dossier soumis à l'assistance judiciaire, où l'avocat doit se limiter aux opérations strictement nécessaires "). Ce courrier a eu pour conséquence que, le 27 mars 2017, la procédure d'appel a été rayée du rôle (cf. la pièce 19 du dossier de la Cour d'appel pénal; art. 105 al. 2 LTF), décision contestée par le biais d'un recours en matière pénale devant la Cour pénale du Tribunal fédéral.