Citation: 5A_24/2018 E. 5.3

5.3. La recourante soutient que selon la jurisprudence, l'imputation d'un revenu hypothétique dans le cadre de mesures protectrices de l'union conjugale ne constitue qu'une ultima ratio, à laquelle on ne saurait recourir que si aucune économie n'a été constituée durant la vie commune et si aucune fortune ne pourrait être utilisée. Dès lors qu'en l'espèce, il ressort de l'arrêt attaqué (consid. 4.3) que son époux dispose d'une fortune nette imposable de 1'360'000 fr., dont 841'582 fr. de titres, le Juge délégué aurait dû, selon elle, affecter ces ressources à son entretien avant de lui imputer un revenu hypothétique. Le fait que cette fortune disponible du couple se trouve sur des comptes d'exploitation liés à l'activité professionnelle de l'intimé n'y changerait rien, compte tenu de la qualité d'indépendant de celui-ci et du fait qu'aucun élément ne permet de retenir qu'il doit impérativement utiliser ces ressources, dès lors que son activité lui permet amplement de subvenir à ses besoins. En outre, la recourante fait valoir qu'il était insoutenable de considérer qu'elle pourrait immédiatement recommencer à travailler, sur la seule base du fait que, d'une part, elle aurait " soi-disant " participé à la transformation complète de la propriété du couple - ce que fait, selon elle, tout propriétaire lorsqu'il engage un architecte et lui donne des instructions - et que, d'autre part, le 2 novembre 2016, G.________, qui n'est autre qu'un ami de son conjoint, a indiqué, sur demande de celui-ci, qu'il était prêt à la recevoir pour " évoquer les possibilités d'un emploi ". L'épouse ajoute que le Juge délégué ne pouvait " balayer du revers de manche " les deux dernières décennies, lors desquelles le couple s'était mis d'accord pour qu'elle ne travaille pas et s'occupe du ménage, le fait qu'elle n'ait exercé sa profession que durant deux ans et demi et ce il y a plus de vingt ans, ainsi que le fait qu'elle était âgée de 45 ans au moment de la séparation. Enfin, la recourante expose que le fait qu'elle pratique la peinture dans un but thérapeutique et en tentant d'en tirer un maigre revenu démontre qu'elle fait preuve de bonne volonté afin de réduire les coûts liés à la séparation. Cela étant, cela ne lui permettrait absolument pas de réaliser un revenu de 4'800 fr. par mois.