Citation: 9C_337/2020 E. 6.2

6.2. Comme le fait valoir à juste titre le recourant, la juridiction cantonale n'était en l'espèce pas en droit de procéder à une nouvelle appréciation du statut de l'assuré après un examen différent des faits qui étaient déjà connus au moment de la décision de l'office AI du 10 juin 2008, réformé par jugement du 30 juin 2009. Elle devait examiner si des circonstances ayant déterminé le choix de la méthode ordinaire d'évaluation de l'invalidité s'étaient modifiées depuis lors. A cet égard, dans le cadre de l'expertise psychiatrique du 3 décembre 2017 et de son complément du 8 février 2018, les experts ont constaté que le recourant présentait des traits exacerbés de personnalité de type narcissique et que ceux-ci étaient présents depuis le début de l'âge adulte, avec un sens exagéré de sa propre valeur, une autosuffisance et un faible investissement des liens affectifs (complément du 8 février 2018, p. 2). Les experts ont retenu qu'après le revers de santé de mars 2004 (sur le plan orthopédique), ainsi que la perte subséquente de son statut social et financier, le trouble de la personnalité du recourant était devenu apparent et persistant (expertise psychiatrique, p. 11). En affirmant qu'il n'existait pas suffisamment d'éléments établissant, au degré de la vraisemblance prépondérante, que le recourant aurait exercé, voire repris, une activité professionnelle s'il n'avait pas été atteint dans sa santé le 22 mars 2004, les premiers juges ont insuffisamment tenu compte du contexte médical. Aux dires des experts, le retrait social et la volonté du recourant d'initier des projets professionnels dans son pays d'origine sont en particulier apparus de manière concomitante à son appréhension de nouveaux échecs professionnels. On ne saurait donc admettre que le recourant aurait cessé par choix d'exercer une activité lucrative, dès lors qu'il a eu recours, en raison d'une atteinte à la santé psychique, à des stratégies dysfonctionnelles d'adaptation à sa nouvelle situation. Le trouble de la personnalité du recourant explique dès lors pourquoi il a investi un statut d'invalide, en dépit de l'amélioration de son état de santé sur le plan somatique dès juillet 2006. Aussi, en l'absence d'autres éléments mis en évidence par la juridiction cantonale, il convient de retenir que les circonstances (hypothétiques) ayant déterminé le choix de la méthode d'évaluation de l'invalidité ne se sont pas modifiées depuis le 10 juin 2008. Sans atteinte à la santé, le recourant aurait consacré l'entier de son temps à l'exercice d'une activité lucrative.