Citation: 6P.95/2005 04.10.2005 E. 2

Se plaignant d'arbitraire dans l'appréciation des faits (art. 9 Cst.) et de violation du droit de l'accusé de garder le silence et de ne pas contribuer à sa propre incrimination (art. 29, 31 Cst., 6 ch. 1 CEDH et 14 ch. 3 let. g Pacte Onu II), le recourant reproche aux juges cantonaux de l'avoir condamné sur la base de ses aveux recueillis lors des deux premières auditions en violation des droits précités. 2.1 La Cour de cassation a admis que le juge d'instruction n'avait pas expressément informé le recourant de son droit de se taire et de ne pas s'incriminer lui-même. Elle a toutefois jugé que ce dernier n'ignorait pas ce droit, puisqu'il avait, par la suite, contesté définitivement tous les faits qui lui étaient reprochés. Elle a également relevé que le Tribunal correctionnel n'avait pas admis sa culpabilité en se basant principalement sur ses aveux, mais sur les déclarations de la victime, celles des témoins ainsi que sur des rapports médicaux; elle a constaté que l'autorité de première instance avait procédé à une appréciation des explications de la plaignante et des dénégations du recourant, avant d'écarter ces dernières pour retenir la version de la victime. Enfin, la Cour de cassation a estimé que le grief invoqué était de toute manière tardif, puisque, conformément au principe de la bonne foi et au droit cantonal de procédure, le recourant aurait déjà dû soulever ce moyen en cours d'enquête, sans attendre le jugement défavorable. 2.2 L'autorité cantonale s'est ainsi fondée sur une triple motivation pour écarter le grief du recourant. En pareil cas, ce dernier doit, à peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'elles viole ses droits constitutionnels (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 121 I 1 consid. 5a p. 10; 121 IV 94 consid. 1b p. 95 et les arrêts cités). Or, s'il conteste, en faisant valoir l'arbitraire, l'argumentation selon laquelle il aurait eu connaissance du droit de garder le silence et de ne pas s'incriminer, le recourant n'attaque pas, ou du moins pas dans les formes requises par l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 129 III 445 consid. 4.2.2.1 p. 465 et les arrêts cités), les deux autres motivations retenues pour écarter le grief. En particulier, il n'explique pas en quoi la Cour de cassation aurait fait preuve d'arbitraire en fondant sa culpabilité sur les déclarations de la victime, des témoins et des avis médicaux. Il ne démontre pas non plus en quoi elle aurait violé le droit cantonal de procédure en déclarant son moyen tardif. Le recours ne répond donc pas sur ces points aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ et doit être déclaré irrecevable.