Citation: 6B_963/2008 26.03.2009 E. 2.3

2.3.1 En l'espèce, les prélèvements nombreux et indus opérés par le recourant sur les comptes de ses clients se sont étendus sur plusieurs années. Ce dernier a vécu sur ce système qui lui permettait ainsi, selon ses dires, de faire face à des difficultés de trésorerie occasionnées, apparemment, par des dépenses exagérées de son épouse à l'égard de laquelle il adoptait une conduite évitante. Au moment où il effectuait ces prélèvements, il avait à l'esprit qu'il disposait toujours d'avoirs en suffisance et qu'il était en mesure en tout temps de restituer, ce qui de l'avis pleinement justifié de la juridiction cantonale était objectivement faux. Il s'ensuit que, d'une part, le recourant ne se trouvait ni objectivement, ni subjectivement, dans un état de nécessité qui aurait justifié l'application de l'art. 48 let. a ch. 2 CP, puisqu'il considérait que ses prélèvements indus étaient couverts par ses avoirs. Dans ce cas, le fait de jongler avec les différents comptes de ses clients et le sien propre ne saurait relever d'un état de nécessité matérielle. D'autre part, la durée de quatre ans pendant laquelle il a opéré ces prélèvements ne correspond pas à un état de détresse passager selon le diagnostic retenu. Quant à la gravité particulière requise pour retenir l'état de détresse au sens de la définition légale, elle ne ressort nullement de l'expertise. Le grief est ainsi infondé. 2.3.2 Au demeurant, les premiers juges ont pris en compte dans le cadre de l'art. 47 CP, comme ils étaient en droit de le faire, des circonstances particulières au recourant. 2.3.3 Au vu de ce qui précède, les autorités cantonales n'ont pas violé le droit fédéral en refusant de faire application de la circonstance atténuante de la détresse profonde lorsqu'ils ont fixé la peine.