Citation: 1B_51/2014 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, contrairement à ce que voudrait croire le recourant, le danger de réitération existe, ainsi que cela ressort expressément de l'expertise psychiatrique figurant au dossier. Les experts ont d'ailleurs qualifié celui-ci d'élevé en raison de la banalisation de ses actes par le recourant et indiqué que "la nature des nouvelles infractions dépendr[ait] en partie du nouveau contexte social dans lequel l'expertisé évoluer[ait] et ser[ait] certainement lié aux infractions commises à ce jour". Certes, dans l'intervalle, le recourant a débuté un traitement dans le sens préconisé par l'expertise. Cependant, le rapport qu'il produit a été établi par sa psychologue traitante à l'attention de son mandataire. Cette thérapeute, qui certes n'avait pas à se prononcer sur le risque de récidive, mentionne uniquement qu'il lui "paraît que le patient évolue positivement" sans indiquer sur quel plan et/ou dans quelle mesure. Elle se limite ensuite à rapporter les impressions - subjectives - constatées par le recourant (sentiment d'un changement personnel et commentaires de proches qui auraient constaté cette évolution). Ce rapport ne permet donc pas de s'écarter du pronostic défavorable retenu par les psychiatres en avril 2011. En outre, les infractions reprochées au recourant sont d'une extrême gravité, non seulement par leur nombre, mais aussi en raison de la durée pendant laquelle il les a commises (entre le 1er août 2000 et le 31 août 2010), appréciation par ailleurs partagée par le Ministère public (cf. p. 2 de ses observations). Abusant ainsi pendant près de dix ans de la position dominante que lui offrait sa qualité d'enseignant pour manipuler de jeunes adolescentes, il les soumettait à son emprise, s'assurant de plus avec les nouvelles élèves de la continuité de ce mécanisme. Certes, après une première période de détention d'un an, il semble n'avoir pas commis de nouvelle infraction pendant les deux années suivantes; cependant, cette période correspond aussi au temps nécessaire pour clôturer l'instruction et renvoyer le recourant en jugement. Au vu de l'effet que peut avoir le prononcé de première instance - s'écartant de loin des trente mois de peine privative de liberté, dont douze mois fermes, requis par le Ministère public - et du fait que sa propre thérapeute a reconnu que "les thérapies relatives à des auteurs d'infractions à caractère sexuel sont des traitements à "très long terme", la durée du traitement suivi ne paraît pas permettre à ce jour d'assurer que les mécanismes pervers développés pour mettre en place et assurer sur une si longue période ce mode de vie délictueux puissent avoir disparu ou pour le moins être réduits dans une mesure qui garantirait de manière suffisante que le recourant ne reproduise pas ces mêmes schémas. Par conséquent, la Présidente de la Cour d'appel pénale pouvait retenir l'existence d'un risque concret de récidive sans violer le droit fédéral.