Citation: 8C_17/2022 E. 5.3

5.3. En l'espèce, la cour cantonale a relevé qu'il n'était pas contesté que les publications litigieuses constituaient des propos insultants et haineux. Ils contrevenaient aux devoirs de fidélité et de réserve du fonctionnaire, concrétisés notamment par la directive précitée. Par référence à un arrêt dans lequel le Tribunal fédéral a confirmé la révocation d'un policier en raison de ses prises de position privées sur les réseaux sociaux en lien avec les milieux d'extrême droite et le nazisme (arrêt 8C_740/2017 du 25 juin 2018), l'instance cantonale a constaté que les propos litigieux constituaient des manquements graves fondant une résiliation des rapports de service pour justes motifs. Le recourant ne contestait pas ce point en tant que tel. La question centrale était ainsi de savoir si les propos en cause pouvaient lui être attribués. La cour cantonale y a répondu par l'affirmative. Dans son analyse, elle a notamment expliqué pourquoi la thèse du recourant selon laquelle son collègue, B.________, aurait créé ou participé à la création d'un faux profil Facebook pour lui nuire ne résistait pas à l'examen. C'était ainsi à juste titre que l'autorité intimée avait retenu le recourant comme l'auteur des commentaires litigieux publiés sur Facebook. La cour cantonale a ensuite reconnu que la suspension du recourant près d'un an après la découverte des publications litigieuses pouvait sembler avoir tardé à intervenir. Le recourant ne pouvait cependant pas, de bonne foi, se plaindre de cette durée alors qu'il avait toujours consenti à l'attente des décisions pénales. Par ailleurs, le département a expliqué ne pas avoir eu accès aux éléments ressortant du dossier pénal avant le mois de juin 2017, ce que le recourant n'a pas contesté. Or, il était compréhensible que le département ait voulu attendre d'avoir connaissance notamment des témoignages apportés avant de suspendre le recourant de ses fonctions.