Citation: 5P.205/2000 06.10.2000 E. 4

4.- Le recourant se plaint en outre d'une appréciation arbitraire des revenus de sa nouvelle épouse. a) Se fondant sur les pièces du dossier, l'autorité cantonale a considéré que ladite épouse avait réalisé en 1999 un revenu mensuel net de 5'227 fr.63, correspondant à une activité de 80%, bien qu'elle n'ait effectivement travaillé qu'à 40%. Ce salaire lui serait versé en totalité jusqu'en avril 2000, mois à partir duquel son cas relèverait des prestations pour cause d'invalidité du premier et du deuxième piliers et serait donc revu. La cour cantonale a de plus admis que sa capacité de travail ne pourrait vraisemblablement pas être supérieure à 50% à l'avenir. Elle a cependant estimé que son revenu devait être entièrement pris en compte, car il n'avait pas été démontré que celui-ci serait réévalué dès le mois de mai 2000; le montant de son salaire à partir de cette date n'était pas non plus établi. En particulier, il n'était nullement prouvé que son employeur eût l'intention de résilier son contrat de travail. L'autorité cantonale a de plus considéré qu'il ressortait clairement des certificats médicaux produits que l'actuelle épouse du débirentier conserverait une capacité de gain résiduelle, qu'elle pourrait être contrainte d'utiliser en raison de l'obligation d'assistance entre conjoints. Toujours selon la cour, elle devrait aussi bénéficier à la fois des prestations de l'assurance-invalidité et de la prévoyance professionnelle, qui couvriraient en principe au moins une partie de sa perte de salaire. Il y avait dès lors lieu de prendre en compte, en l'état, un revenu mensuel net de 5'227 fr.63. b) Le recourant prétend qu'à défaut d'être certaines, les ressources futures de sa nouvelle épouse étaient déterminables au vu des pièces du dossier. Il allègue qu'à partir de mai 2000, sa capacité de gain s'est réduite de moitié (40% au lieu de 80%), ce qui ne représente plus qu'un revenu de 2'613 fr.80 par mois. Si tant est qu'elle puisse percevoir des rentes d'invalidité, celles-ci ne devraient par ailleurs être fixées que dans deux ans. De plus, il serait notoire que de telles rentes ne compensent pas intégralement la perte de salaire. En retenant que la capacité de travail résiduelle de son épouse et la rente d'invalidité dont elle pourrait bénéficier lui procureraient un revenu identique à celui d'une activité à 80%, l'autorité cantonale aurait commis arbitraire. D'autant qu'il serait choquant d'obliger son épouse à travailler, alors qu'elle est handicapée et mère de trois enfants en bas âge, pour assurer le paiement d'une rente d'assistance en faveur d'une première épouse parfaitement apte au travail et au bénéfice d'une solide formation professionnelle. c) Contrairement à ce que soutient le recourant, l'autorité cantonale n'a pas affirmé que sa nouvelle épouse continuerait de percevoir le même revenu que celui réalisé jusqu'alors. Elle s'est contentée de dire que ses futures ressources étaient incertaines, son degré d'invalidité et les répercussions de celui-ci sur ses moyens financiers n'étant nullement établis. Le recourant ne démontre pas que cette opinion soit arbitraire (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 110 Ia 1 consid. 2a p. 3-4). S'il résulte des pièces produites que le cas de son épouse sera effectivement revu à partir d'avril 2000 et qu'il est probable que celle-ci ne pourra à l'avenir pas travailler à plus de 50%, rien ne permet toutefois d'évaluer le montant de ses futurs revenus. Or, cette question ne constitue pas un fait notoire, mais dépend de circonstances de fait concrètes propres à l'intéressée. Comme le recourant n'a pas été à même de fournir des preuves à ce sujet, l'autorité cantonale ne saurait se voir reprocher d'avoir commis arbitraire sur ce point. La question d'un délai d'attente avant l'obtention des prestations d'invalidité n'est au demeurant pas déterminante, le fait nouveau justifiant la modification devant être durable (ATF 120 II 4 consid. 5d). Quant à savoir si et dans quelle mesure le conjoint du débirentier peut être tenu, en vertu de son devoir d'assistance, d'aider l'autre dans l'accomplissement de son obligation d'entretien envers son ex-époux (art. 159 al. 3 CC; ATF 79 II 137 consid. 3 p. 140/141; Hausheer/Reusser/Geiser, Kommentar zum Eherecht, n. 41 ad art. 159 CC), il s'agit d'une question qui relève du droit fédéral, donc du recours en réforme lorsque, comme en l'espèce, celui-ci est ouvert (art. 43 al. 1 OJ). Les critiques soulevées à cet égard sont dès lors irrecevables dans le présent recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ).