Citation: 4P.157/2003 20.10.2003 E. 3.2

3.2.1 En l'espèce, le tribunal, puis la cour ont privilégié le témoignage de D.________ qui était l'associée de B.________ et revêtait simultanément les qualités d'administratrice de la SI X.________ et de Y.________ SA. En ces qualités, elle a déclaré que B.________ et elle-même demandaient "soit l'équivalent de trois mois de garantie, soit une garantie bancaire de trois mois", selon une pratique généralisée qui concernait notamment les appartements d'un certain standing. Elle a indiqué au tribunal qu'elle se souvenait de l'intimé, qui avait payé trois mois d'avance "au moment de la signature du bail ou quelques jours avant (...) à titre de garantie", l'argent ayant été remis soit à elle-même, soit à B.________. Elle a ajouté qu'aucun locataire ne recevait d'appartement sans avoir versé l'équivalent de trois mois de garantie, ce qui constituait une règle "impérative". 3.2.2 Même si la recourante ironise sur l'âge du témoin (72 ans) et sur son imprécision, parce qu'elle n'a pas pu dire le jour exact du paiement, ni si la somme a été remise à elle-même ou à B.________, la déposition est univoque et les éléments qu'elle contient en totale harmonie avec la pratique usuelle de l'époque, tout particulièrement à l'endroit d'un locataire étranger voulant louer un appartement "d'un certain standing", ce qui était le cas du logement de six pièces avec dépendances, pris à bail par l'intimé. A juste titre, la cour cantonale a relevé que le témoignage de E.________ ne pouvait apporter aucun élément concluant pour apprécier la situation de l'intimé. Même à titre indicatif, le cas de comparaison qu'elle propose n'est pas déterminant. En effet, la date de location est différente et relativement imprécise, s'agissant d'un contrat de bail passé en 1987 ou en 1988. De plus, aucun renseignement n'est donné quant à la nature de l'appartement loué, notamment quant à son standing et quant au montant du loyer. Enfin, ce qui constitue une différence remarquable réside dans le fait que E.________ a obtenu "sans difficulté" cette location, parce qu'elle était une amie de l'épouse de C.________, fils de B.________. Les disparités entre les deux situations étaient telles que la Chambre d'appel était fondée à retenir que la déposition de ce dernier témoin n'avait de valeur probante que pour son propre cas, et ne pouvait être utilisée dans l'appréciation de celui de l'intimé ou d'autres locataires. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale a écarté ce témoignage, selon lequel E.________ n'avait versé aucune garantie à la signature du bail, et lui a préféré celui de D.________. De plus, E.________ a déclaré qu'elle ignorait "la situation des autres locataires", ce qui confirme la relativité de sa déposition. En conséquence, le grief d'arbitraire dans l'appréciation des preuves doit être écarté, ce qui entraîne le rejet du recours.