Citation: 4A_541/2014 E. 3.2

3.2. Quant au rapport de causalité, la cour cantonale a rappelé tout d'abord qu'elle avait admis que l'ingénieur avait manqué à son devoir de diligence en ne menant pas de réflexion sur le type de fondations à envisager, en s'écartant de la solution de pieux de 35 m préconisée par le géotechnicien, en ne procédant pas à l'adaptation de la longueur des pieux en fonction des charges des ouvrages et du terrain et en ne suivant pas la méthode de battage préconisée par le géotechnicien. Ensuite, elle a considéré que les tassements seraient également survenus avec une solution de pieux plus longs, le système de fondations par pieux n'ayant pas été remis en question par l'expert et ayant été admis par les premiers juges. En effet, il ressort de l'expertise qu'il est illusoire d'assurer une stabilité parfaite dans de tels terrains et qu'il n'est pas possible d'affirmer que la longueur précise des pieux aurait suffi à y garantir une horizontalité parfaite. Quant au fait que l'expert F.________ a indiqué qu'on aurait pu uniformiser les tassements en prévoyant des longueurs de pieux différentes sous les bassins et sous le terrain, il ne suffit pas à rendre vraisemblable que le dommage ne serait pas survenu, ce d'autant moins que l'expert F.________ avait fait preuve de la plus grande réserve lors de son audition, expliquant que la situation dans cette zone était pire que tout ce qui était prévisible et que, même avec des pieux plus longs, qui auraient entraîné un surcoût de l'ordre de 1 million de francs, aucune garantie supérieure n'aurait pu être accordée. L'expert a précisé qu'il faudrait, dans le cadre de l'Expo.01, prévoir des pieux d'une longueur d'au minimum 45 m engendrant des coûts particulièrement élevés. Il a également relevé que la variation de certains paramètres et les constructions voisines ultérieures pouvaient avoir eu une influence sur les résultats à analyser. La cour cantonale en a ainsi conclu qu'on ne saurait considérer que le dommage ne serait pas survenu si l'ingénieur avait prévu des pieux d'une longueur minimale de 35 m ou s'il avait adapté la longueur des pieux aux charges des ouvrages et du terrain. Même s'il avait choisi la méthode adéquate, les tassements seraient quand même survenus, peut-être dans une moindre mesure, mais cela reste de l'ordre de l'hypothèse, compte tenu de la nature du terrain et du manque d'expérience sur celui-ci; la butte et les remblais supplémentaires à proximité ont eu une incidence sur les tassements, ce qui ajoute à l'incertitude, et les constructions voisines ultérieures pouvaient avoir eu aussi une influence. La cour cantonale a relevé en outre que, selon l'expert judiciaire, la seule solution technique qui aurait pu empêcher les tassements est celle utilisée dans le cadre de la construction de la nouvelle piscine couverte, ouvrage qui a toutefois bénéficié des expériences faites avec la piscine en plein air litigieuse et de la technique de mise en oeuvre des pieux. On ne saurait toutefois en tirer argument dès lors que cette technique résulte des expériences liées à la piscine litigieuse, ce que les premiers juges ont admis.