Citation: 1B_503/2018 E. 3.3

3.3. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. Certes, la lecture du procès-verbal d'audition du 2 mai 2018 d'un co-prévenu laisse à penser que les images de vidéo-surveillance étaient peut-être déjà à la disposition de la police antérieurement à leur mention dans le rapport d'investigation du 22 août 2018; le recourant ne prétend cependant pas y avoir été personnellement confronté préalablement, notamment par rapport aux photos produites à l'appui de ce rapport. Ces éléments viennent en tous les cas corroborer une éventuelle incapacité de discernement - de plus déjà antérieurement aux faits examinés - de la part de la victime, ce qui ne permet pas au juge de la détention - à qui il n'appartient pas d'examiner tous les éléments à charge et à décharge - d'écarter tout soupçon d'infraction à l'art. 191 CP. En outre, le rapport de police mentionne le résultat des contrôles rétroactifs des appels du recourant; en particulier, il y est relevé que "c'[était] bien [le recourant] qui a[vait] appelé D.________ et non pas le contraire comme [le recourant] l'affirm[ait]" (cf. ad 2.3 p. 17 du rapport); cette circonstance vient aussi renforcer l'hypothèse d'une éventuelle instigation à commettre des actes d'ordre sexuel avec une personne incapable de discernement ou de résistance. De plus, le 24 août 2018, lors de leur audition récapitulative respective, les deux co-prévenus ayant mis en cause le recourant pour une éventuelle infraction à l'art. 191 CP et/ou instigation à la commission de celle-ci ont confirmé leurs précédentes déclarations (cf. les procès-verbaux n° 30 en particulier L. 68 et 141, ainsi que n° 31 L. 78). On relèvera enfin qu'à ce jour, aucun des chefs de prévention retenus contre le recourant n'a été formellement abandonné (cf. en particulier ceux rappelés lors de son audition récapitulative du 24 août 2018). Le stade procédural ne peut pas non plus être ignoré dans le cadre de l'examen des soupçons suffisants (arrêt 1B_208/2018 du 28 mai 2018 consid. 4.2). En effet, lorsque la procédure d'instruction est sur le point d'arriver à son terme - ce qui semblait être le cas en l'espèce au jour du jugement cantonal (cf. le rapport final de la police et la mise en oeuvre d'auditions récapitulatives, ainsi que les déterminations du 30 août 2018 du Ministère public) -, il paraît difficile de pouvoir exiger de l'autorité d'instruction qu'elle continue à étayer les soupçons existants, notamment en ordonnant d'autres mesures d'instruction. Partant, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant l'existence de soupçons suffisants de la commission d'infractions de la part du recourant.