Citation: 1B_464/2018 E. 2.3

2.3. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. Certes, tant la demande du 11 juillet 2018 que le recours déposé le 6 août suivant auprès de la Cour des plaintes - auquel la recourante ne fait cependant pas référence dans son mémoire fédéral, ni d'ailleurs aux nombreuses pièces alors déposées afin d'étayer ses dires - comportent une argumentation visant à remettre en cause les séquestres la concernant (défaut de soupçons suffisants d'infractions en lien avec certains comptes séquestrés, ainsi que violation du principe de la proportionnalité eu égard à l'ampleur de la mesure ordonnée). Cela étant, à la lecture des écritures de la recourante, il apparaît que si les arguments développés tendent à contester le séquestre pour près de 300 millions (cf. la requête du 11 juillet 2018 [p. 2] et ad B/1 du recours du 6 août 2018 [p. 16]), la levée n'est pourtant sollicitée qu'à hauteur de 500'000 fr. (cf. les conclusions prises dans la requête du 11 juillet 2018 [p. 1] et dans le recours du 6 août 2018 [p. 2]). Cette demande est de plus motivée par la nécessité de pouvoir procéder au paiement des frais de défense de la recourante, y compris les honoraires de son avocat (cf. la requête du 11 juillet 2018 [p. 2 s.] et ad D du recours au Tribunal pénal fédéral [p. 25 s.]). Ces deux éléments suffisent pour comprendre que la requête déposée ne tend pas, sur un plan général, à la défense des intérêts de la recourante à recouvrer la libre disposition de ses avoirs, mais uniquement à obtenir le paiement des honoraires de son avocat. Or, au regard de la désignation de ce dernier en tant qu'avocat d'office, sa rémunération est prise en charge par l'Etat. La recourante ne dispose donc d'aucun intérêt juridiquement protégé propre à l'issue de cette procédure, de sorte que l'instance précédente pouvait, sans violer le droit fédéral, déclarer son recours irrecevable. Cette conclusion s'impose d'autant plus qu'en parallèle à la présente cause, l'avocat a demandé et obtenu du MPC un acompte de 125'000 fr. pour les frais liés à son mandat d'office (cf. la décision du 25 septembre 2018 du MPC). De manière générale, c'est le lieu aussi de rappeler que, sous réserve de l'existence d'une base légale, la facturation d'honoraires à un client au bénéfice de l'assistance judiciaire, même si le montant reçu de l'État ne couvre pas l'entier des frais en cause, constitue en principe une violation des devoirs professionnels susceptible d'être sanctionnée disciplinairement (arrêts 2C_550/2015 du 1er octobre 2015 consid. 5.1; 2C_452/2011 du 25 août 2011 consid. 5.1; WALTER FELLMANN, Anwaltsrecht [ci-après : Anwaltsrecht], 2e éd., 2017, nos 478 ss p. 209 s.; BENOÎT CHAPPUIS, La profession d'avocat, T. I, 2e éd. 2016, ad H/3 p. 86; BRUNNER/HENN/KRIESI, Anwaltsrecht, 2015, ad H/V/3 p. 162; WALTER FELLMANN, in FELLMANN/ZINDEL (édit.), Kommentar zum Anwaltsgesetz [ci-après : Kommentar zum Anwaltsgesetz], 2e éd. 2011, n° 149 ad art. 12 de la loi fédérale du 23 juin 2000 sur la libre circulation des avocats [LLCA; RS 935.61]; MICHEL VALTICOS, in VALTICOS/ REISER/CHAPPUIS (édit.), Commentaire romand, Loi sur les avocats, 2010, n° 257 ad art. 12 let. g LLCA; BOHNET/MARTENET, Droit de la profession d'avocat, 2009, n° 1217 p. 518 et n° 1244 p. 528). Il ressort cependant du dossier des instances précédentes que l'avocat de la recourante a déclaré que l'acompte perçu du MPC sera remboursable le jour où il ne sera plus avocat d'office, mais sera devenu avocat de choix et sera rémunéré directement par sa cliente (cf. son courrier du 3 septembre 2018 adressé au Tribunal pénal fédéral et faisant référence à sa demande d'acompte déposée auprès du MPC du 8 août 2018). Enfin, la défense assurée dans le cadre d'un mandat d'office ne saurait être d'une qualité moindre que celle qui pourrait être développée dans le cadre d'un mandat de choix, sauf à nier tout sens à cette institution et, pour l'avocat désigné, à violer ses obligations professionnelles (art. 12 let. a et g LLCA; ATF 141 IV 344 consid. 4.2 p. 347; arrêt 4A_558/2017 du 29 mai 2018 consid. 5.3.2; FELLMANN, Anwaltsrecht, op. cit., n° 476 p. 209 s.; CHAPPUIS, op. cit., ad H/1 p. 83; FELLMANN, Kommentar zum Anwaltsgesetz, op. cit., n° 147 ad art. 12 LLCA; VALTICOS, op. cit., nos 242 et 248 ad art. 12 let. g LLCA).