Citation: 6B_768/2018 E. 3.2

3.2. Dans leurs déterminations, les intimés soutiennent que la comparaison que fait le recourant avec l'arrêt 1C_509/2014 du 1er mai 2015 est sans fondement, l'intéressé ne se plaignant, dans cette affaire, que d'une " petite cicatrice sur la lèvre ", raison pour laquelle le droit à une indemnité pour tort moral lui a été dénié. Or, dans l'arrêt en question, le Tribunal fédéral ne s'est pas limité à examiner les lésions physiques, mais a également considéré ce qui suit sous l'angle de l'atteinte à la santé psychique: " Par ailleurs, sous l'angle psychologique, l'intimé a certes présenté un syndrome de stress post-traumatique ayant engendré des mécanismes d'évitement, des comportements d'hypervigilance, des difficultés de concentration et des troubles du sommeil. Toutefois, après deux séances de deux heures, l'intimé a été en mesure de faire face à ses obligations professionnelles et familiales. Bien que le thérapeute consulté ait indiqué que certains éléments du traumatisme pourraient devoir être traités ultérieurement, on ne décèle pas que l'état de stress vécu par l'intimé ait durablement et significativement modifié sa personnalité; le fait que celui-ci fasse depuis les événements preuve d'une plus grande prudence lors de ses interventions ne témoigne pas à lui seul d'un tel changement. Il ne ressort en outre pas du dossier que l'état de stress post-traumatique diagnostiqué ait nécessité, ou nécessite encore des traitements médicaux particuliers. Sur le vu de ce qui précède, et sans nier le caractère déplorable des événements vécus par l'intimé, les éléments retenus par l'instance précédente apparaissent insuffisants à fonder le droit à une réparation morale. " (arrêt 1C_509/2014 du 1er mai 2015 consid. 2.4). Quoi qu'en disent les intimés, il importe peu que cette affaire ait été jugée sous l'angle de la LAVI et non des art. 41 ss CO, puisque l'art. 22 al. 1 LAVI prévoit expressément l'application par analogie des art. 47 et 49 CO. L'arrêt cité est pertinent en tant qu'il atteste du degré d'exigence requis pour démontrer l'existence d'un tort moral au sens de l'art. 47 CO lorsqu'une atteinte à la santé psychique est alléguée. En particulier, il en ressort que même en présence d'un trouble de stress post-traumatique dûment constaté par un spécialiste, l'intéressé n'a pas encore droit à une réparation de son tort moral lorsqu'il n'est pas établi que ce trouble a entraîné une modification durable et significative de sa personnalité. En l'espèce, compte tenu des explications fournies par les intimés (consid. 2.2 supra), il est indéniable que ceux-ci ont souffert d'une certaine atteinte à leur santé, en tous les cas durant les mois qui ont suivis (troubles du sommeil, angoisses, hypervigilance, etc.). Toutefois, comme le relève le recourant, mis à part B.________, aucun des intimés n'a allégué faire l'objet d'un suivi psychiatrique ou psychologique, ou encore avoir subi une incapacité de travail. Aucun d'eux n'a produit un certificat médical. On ne dispose, dès lors, d'aucune précision sur la gravité de l'atteinte subie par chacun d'entre eux et sur son éventuel caractère durable.