Citation: 1P.788/2005 19.12.2005 E. 3

Sur le fond, le recourant se plaint d'un abus du pouvoir d'appréciation et d'arbitraire. Devant la cour cantonale, il avait produit un engagement formel à demeurer en Suisse, ainsi qu'une lettre de son futur employeur garantissant son engagement en tant qu'aide-monteur dès sa sortie de prison. Il avait également proposé le dépôt de ses papiers d'identité. Le versement d'une caution n'était pas envisageable dès lors qu'il était sans ressources et que ses parents ne disposaient que de revenus modestes. Le Juge d'instruction avait d'ailleurs refusé de fixer le montant de la caution. Le recourant estime avoir favorisé son extradition. Il aurait ainsi présenté des garanties suffisantes pour prévenir tout risque de fuite, ce que la Chambre d'accusation aurait méconnu. 3.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence; il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). S'agissant d'une restriction grave à la liberté personnelle, le Tribunal fédéral examine librement cette question, sous réserve de l'appréciation des preuves, revue sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 123 I 268 consid. 2d p. 271). 3.2 Le recourant est de nationalité portugaise. Selon ses déclarations du 10 septembre 2005, il est né en France où il a effectué toute sa scolarité. Il a séjourné en Suisse où il s'est trouvé sans emploi depuis le 1er janvier 2000, puis à la charge des services sociaux dès le 1er janvier 2002. Le 31 janvier 2003, il a rejoint son épouse, dont il est séparé et qui vit en Italie avec ses trois enfants. En mai 2003, il s'est rendu chez ses parents dans les Yvelines et a travaillé dans un garage jusqu'à son arrestation en février 2004. L'arrêt attaqué mentionne encore que le recourant a séjourné durant quelques mois auprès d'une soeur en Angleterre, et qu'il aurait encore des attaches au Portugal. Le recourant ne conteste aucun de ces éléments de fait. Il en ressort clairement qu'il possède toutes ses attaches familiales à l'étranger. A l'inverse, le recourant ne prétend pas qu'il avait, avant son arrestation, le moindre lien, personnel ou professionnel avec la Suisse. Dans ces conditions, un engagement solennel et la volonté de travailler en Suisse dès sa sortie de prison ne permettent pas de réduire le risque de fuite dans une mesure acceptable. Le recourant relève qu'il ne dispose pas d'avoirs suffisants qu'il pourrait, lui ou sa famille, déposer en garantie. Le risque de fuite ne peut, par conséquent, être nié.