Citation: 6P.49/2006 06.04.2006 E. 7

Enfin, le recourant s'en prend à la peine de dix-sept ans qui lui a été infligée. 7.1 Selon l'art. 63 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité du délinquant, en tenant compte des mobiles, des antécédents et de la situation personnelle de ce dernier. La loi n'énonce cependant pas de manière détaillée et exhaustive les éléments qui doivent être pris en considération, ni les conséquences exactes qu'il faut en tirer quant à la fixation de la peine. Elle laisse donc au juge un large pouvoir d'appréciation, de sorte que le Tribunal fédéral n'admettra un pourvoi en nullité portant sur la quotité de la peine que si la sanction a été fixée en dehors du cadre légal, si elle est fondée sur des critères étrangers à l'art. 63 CP, si les éléments d'appréciation prévus par cette disposition n'ont pas été pris en compte ou enfin si la peine apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20 s. et les arrêts cités). Les éléments pertinents pour la fixation de la peine ont été exposés dans les ATF 117 IV 112 consid. 1 et 116 IV 288 consid. 2a et, plus récemment, dans l'ATF 129 IV 6 consid. 6.1, auxquels on peut se référer. Le critère essentiel est celui de la gravité de la faute. Les autres éléments concernent la personne de l'auteur, soit ses antécédents, sa situation personnelle, familiale et professionnelle, l'éducation reçue, la formation suivie, son intégration sociale et, d'une manière générale, sa réputation (ATF 118 IV 21 consid. 2b p. 25). 7.2 En l'espèce, la cour cantonale a relevé, à charge du recourant, que les faits commis étaient d'une rare gravité, s'agissant d'un assassinat en concours avec un brigandage, auquel s'ajoutaient, quelques mois plus tard, l'enlèvement et la séquestration d'une personne avec la circonstance aggravante de la cruauté. Elle a mentionné que le recourant avait été l'initiateur des actes et qu'il avait agi dans l'unique et égoïste mobile de se procurer des biens et de l'argent. Elle a noté que le recourant s'en était pris les deux fois à des victimes plus faibles que lui, précisant que, dans le cas de l'étudiant allemand, il avait abusé de la gentillesse du jeune homme qui avait accepté de le transporter dans sa voiture et l'avait par la suite terrorisé par son attitude menaçante et l'emploi d'armes à feu. A décharge du recourant, la cour cantonale a mentionné que le recourant avait manifesté des regrets et demandé pardon à ses victimes, même s'il manquait d'empathie. Elle a tenu compte de sa situation personnelle et a relevé son jeune âge. Elle a retenu que le recourant avait collaboré positivement à l'instruction en reconnaissant l'essentiel de ses actes, même s'il avait pendant de longs mois présenté une fausse identité et modifié sa version lors de l'audience. C'est en vain que le recourant invoque l'absence d'antécédent, puisqu'il a été condamné le 30 janvier 2002 à un mois d'emprisonnement avec sursis pendant trois ans et à une mesure d'expulsion ferme de trois ans. Le raisonnement adopté par la cour cantonale peut être facilement suivi. Elle a motivé de manière détaillée et complète la peine, et le recourant n'invoque aucun élément, propre à la modifier, qu'elle aurait omis ou pris en considération à tort. La peine a été fixée en tenant compte non seulement de l'extrême gravité des actes commis par le recourant, mais aussi de sa prise de conscience subséquente, de ses regrets et de sa bonne collaboration à l'enquête. Au vu de l'ensemble de ces éléments, la peine de dix-sept ans ans de réclusion n'apparaît pas sévère à un point tel qu'il faille conclure à un abus du large pouvoir d'appréciation accordé à la cour cantonale. Le grief de violation de l'art. 63 CP est dès lors infondé.