Citation: 6B_558/2023 E. 3.2

3.2. Selon la recourante plusieurs éléments étaient propres à établir qu'il existait des raisons sérieuses de douter de sa responsabilité. Il ne ressort pas du jugement entrepris que la recourante ait formulé une requête d'expertise devant les instances inférieures. D'ailleurs, la recourante ne le prétend pas. Dès lors, il paraît douteux que le grief soit recevable sous l'angle du principe de la bonne foi en procédure (art. 5 al. 3 Cst.; cf. ATF 143 IV 397 consid. 3.4.2). Quoi qu'il en soit, à titre d'indices propres à faire douter de sa responsabilité pénale, la recourante évoque différentes fragilités psychiques (en rapport avec son enfance et le décès de sa mère) de manière purement appellatoire sans démontrer qu'ils constituaient des motifs sérieux devant conduire la cour cantonale à ordonner une expertise. En outre, on ne voit pas en quoi le fait que l'intimé, qui n'a pas de formation médicale, aurait décrit sa femme comme une "psychopathe" ou une suicidaire seraient des éléments à prendre au sérieux. Il ne ressort pas non plus du jugement que la recourante aurait eu un comportement suicidaire au moment des faits. Contrairement à ce qu'elle invoque, le simple fait d'avoir déclaré ce jour-là, à une collègue, "j'en peux plus, je ne peux plus continuer à vivre comme cela" et que son voisin aurait eu peur qu'elle se suicide n'imposait aucunement à la cour cantonale de conclure à l'existence d'un indice sérieux en raison d'un soit-disant risque suicidaire. En outre, une hospitalisation postérieure aux faits dans un service psychiatrique et psychothérapeutique n'est pas à lui seul un indice suffisant. Au demeurant, bien que les faits soient hors du commun, ils n'impliquent pas forcément que le comportement de la recourante était "aberrant" au sens de la jurisprudence (cf. supra consid. 3.1). En effet, on comprend qu'il s'agissait d'une mise en scène et que les éléments techniques permettaient à la cour cantonale d'exclure une exposition prolongée à la fumée et aux flammes (taux de CO2 retrouvé dans le sang, absence de trace d'exposition aux flammes), ce qui donne une composante moins absurde aux actes de la recourante. Dans ces conditions et faute d'indices sérieux propres à faire douter de la pleine responsabilité de la recourante au moment des faits, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en n'ordonnant pas d'expertise.