Citation: 4A_382/2018 E. 1

La décision complète a été rendue le 27 novembre 2017. Les motifs qu'elle énonce sont résumés dans la sentence du TAS (n. 52-68). A titre liminaire, la Commission disciplinaire précise que, contrairement à d'autres organisations sportives, elle n'appliquera pas le système de sanctions collectives à l'encontre de l'ensemble des athlètes russes ayant participé aux Jeux de Sotchi, mais examinera chaque cas individuellement, y compris celui de X.________, afin de ne sanctionner que les athlètes dont elle se sera convaincue de la preuve suffisante de l'implication personnelle dans la violation des règles antidopage constatée par elle. Toutefois, la Commission disciplinaire se réserve le droit, une fois l'existence d'une fraude généralisée établie, de tenir compte de cet état de choses lorsqu'elle procédera à l'appréciation des preuves de culpabilité de chaque athlète individuel. Elle explique ensuite pourquoi les affaires concernant les athlètes russes soupçonnés de dopage sortent de l'ordinaire, mettant en particulier l'accent sur le fait qu'il ne s'agit pas ici d'une violation ordinaire des règles antidopage consistant en l'usage d'une substance interdite, mais du recours à des procédés visant à camoufler l'existence d'un cas de dopage; d'où l'impossibilité de faire appel à certains types de preuve de caractère direct et objectif. Aussi compare-t-elle son travail à l'assemblage des pièces d'un puzzle censé lui permettre de constater, à sa satisfaction, que l'image globale résultant des preuves disponibles correspond à la réalité. Passant ensuite à l'examen des éléments de preuve concrets, la Commission disciplinaire en déduit, tout d'abord, que les explications fournies par les deux rapports du Prof. McLaren sont suffisamment fiables pour être prises en compte dans le cadre de l'enquête diligentée contre X.________, qu'il en va de même quant à la majorité des pièces produites ainsi qu'aux deux analyses forensiques versées au dossier, enfin que tel est également le cas du témoignage écrit émanant du Dr A.________. Au terme de cet examen, elle arrive à la conclusion que les preuves disponibles établissent, à sa satisfaction plus que confortable (" that it was more than comfortably satisfied that... "), qu'un programme d'échange d'échantillons avait effectivement été mis en place et réalisé aux Jeux de Sotchi. Pour la Commission disciplinaire, il était inconcevable que les athlètes russes n'eussent pas été impliqués dans ce programme, lequel, à l'image d'une montre suisse, n'eût pas pu fonctionner en l'absence d'un seul de ses multiples rouages. A son avis, X.________ n'échappait pas à la règle pour diverses raisons. Aussi devait-il être reconnu coupable de violation des art. 2.2, 2.5 et 2.8 du Code Mondial Antidopage (CMA), version 2009, et se voir infliger les sanctions susmentionnées.