Citation: 6B_632/2022 E. 2.5.2

2.5.2. Il convient d'examiner la question de savoir si le recourant a agi dans le cadre d'un fait justificatif, laquelle est prioritaire sur celle d'éventuelles preuves libératoires (cf. RIEBEN/MAZOU, Commentaire romand, Code pénal I, Art. 1-110 CP, 2e éd. 2021, n° 17 ad art.173 CP; HURTADO POZO, Droit pénal, Partie spéciale, 2009, § 74 N 2050 ; ATF 131 IV 154, 157, SJ 2006 I 42). Dans l'ATF 118 IV 248, les propos litigieux avaient été tenus par le prévenu dans le cadre de la procédure pénale dirigée contre lui. En effet, celui-ci, défendu par son avocat, avait contesté les faits, soutenant en substance que les plaignants faisaient bloc contre lui et ne disaient pas la vérité. Dans le cas d'espèce, comme l'a relevé la cour cantonale, le recourant n'a pas tenu les propos litigieux dans le cadre de la procédure pénale dirigée contre lui à la suite de la plainte de l'intimé, mais dans le cadre de la procédure ouverte par D.________ (MPB 16 896) pour atteinte à l'honneur en relation avec une détermination du 25 février 2016 adressée au tribunal du travail. Il ne peut dès lors pas faire valoir que, par ses propos tenus à l'égard de l'intimé, il contestait des déclarations à charge. Le fait que les deux procédures seraient "intimement liées" et que l'audition en question aurait eu lieu trois mois après son audition dans le cadre de la procédure ouverte par D.________ n'y change rien. En effet, on ne voit pas en quoi le fait d'accuser l'intimé d'avoir menti dans sa plainte pour menaces serait nécessaire et pertinent pour contester les déclarations à charge dans le cadre de la procédure ouverte par D.________ pour atteinte à l'honneur. Si, comme le fait valoir le recourant, les propos ont certes été portés à la connaissance d'un nombre restreint de personnes, il n'en demeure pas moins que lesdites déclarations n'étaient pas "une réaction de défense" pour "s'échapper à la poursuite pénale" dans le cadre de la procédure en cours (cf. ATF 118 248 consid. 2 b). La situation serait différente si le recourant avait accusé l'intimé d'avoir menti dans la plainte déposée contre lui pour menaces, dans le cadre de la procédure instruisant ladite plainte. Le grief est donc rejeté.