Citation: 1P.741/2003 23.12.2003 E. 7

Le recourant se plaint encore d'une violation du principe de la proportionnalité. Il cite à ce propos les art. 31 al. 3 Cst. et 5 par. 3 CEDH, lesquels imposent au juge de la détention de statuer dans un délai raisonnable; or, d'après son argumentation, il fait bien plutôt valoir son droit d'être libéré parce que la durée de son incarcération se rapprocherait de la peine privative de liberté susceptible d'être prononcée (cf. supra, consid. 3 in fine). A la date de l'arrêt attaqué, la détention préventive avait duré environ 300 jours. L'auteur d'une escroquerie par métier encourt, d'après le code pénal, la réclusion pour dix ans au plus ou l'emprisonnement pour trois mois au moins (art. 146 al. 2 CP). Le blanchiment d'argent est, dans les cas graves, puni de la réclusion pour cinq ans au plus ou de l'emprisonnement (art. 306bis ch. 2 CP). Il est manifeste, lorsque les sommes en jeu représentent plusieurs centaines de milliers de francs, et qu'il est question de tromperies répétées au détriment de plusieurs victimes, une détention préventive de dix mois ne viole pas le principe de la proportionnalité. Il ressort en outre du dossier que l'enquête pourrait prochainement parvenir à son terme. Dans ces conditions, les griefs du recourant sont mal fondés.