Citation: 1P.486/2001 15.10.2001 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et avec une pleine cognition la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 127 I 92 consid. 1 p. 93; 127 II 198 consid. 2 p. 201 et les arrêts cités). a) L'arrêt attaqué confirme la saisie probatoire de documents bancaires ordonnée en application de l'art. 181 du Code de procédure pénale genevois (CPP gen.). Il ne s'agit pas d'une confiscation définitive au sens des art. 58 et 59 CP, dont la violation devrait être invoquée par la voie du pourvoi en nullité (art. 269 PPF; ATF 108 IV 154). Seule la voie du recours de droit public est en l'occurrence ouverte. b) Selon l'art. 87 OJ, le recours de droit public est recevable contre les décisions préjudicielles et incidentes sur la compétence et sur les demandes de récusation, prises séparément. Ces décisions ne peuvent être attaquées ultérieurement (al. 1). Le recours de droit public est recevable contre d'autres décisions préjudicielles et incidentes prises séparément s'il peut en résulter un préjudice irréparable (al. 2). Lorsque le recours de droit public n'est pas recevable en vertu de l'alinéa 2 ou qu'il n'a pas été utilisé, les décisions préjudicielles et incidentes peuvent être attaquées avec la décision finale (al. 3). L'ordonnance de perquisition et de saisie litigieuse est une décision incidente, car elle ne met pas fin à la procédure pénale au cours de laquelle elle a été prise (ATF 123 I 325 consid. 3b p. 327 et les arrêts cités). Cette décision est de nature à causer un dommage irréparable au recourant dans la mesure où elle astreint les banques concernées à produire des documents privés couverts par le secret bancaire (arrêt du 26 octobre 1998 dans la cause SFC contre Tribunal des prud'hommes du canton de Genève, consid. 1b/bb reproduit à la SJ 1999 I p. 188). Le recourant ne fait cependant pas valoir une violation des règles de procédure destinées à sauvegarder le secret bancaire, mais il conteste la pertinence des documents saisis pour atteindre le but recherché; dans cette mesure, il est douteux qu'il puisse prétendre à l'existence d'un dommage irréparable, car il aura l'occasion de faire valoir ultérieurement ce grief devant le juge du fond, voire, plus tard, à l'occasion d'un recours de droit public dirigé contre la décision finale (cf. art. 87 al. 3 OJ; SJ 1999 I p. 186 consid. 1b/bb précité). L'atteinte à la réputation et à la sphère privée du recourant qu'une telle mesure est susceptible de provoquer est par ailleurs un pur dommage de fait, et non un dommage juridique, qui n'est pas suffisant pour établir un préjudice irréparable (cf. sur cette notion, ATF 126 I 207 consid. 2 p. 210). La recevabilité du recours au regard de l'art. 87 OJ peut cependant demeurer ouverte vu l'issue du recours.