Citation: 1B_59/2019 E. A

Des enquêtes pénales sont diligentées par le Ministère public du canton du Valais - Office central - contre B.________ et C.________, dirigeants de D.________ Sàrl; cette société, actuellement en liquidation, était active dans le domaine de la promotion immobilière. Les deux susmentionnés sont suspectés d'avoir détourné des fonds dans le cadre de promotions immobilières gérées par cette société. Le 1er mars 2018, le Ministère public a ordonné le blocage des feuillets du Registre foncier relatifs aux parties d'étages PPE n° 1 (un appartement), n° 2 et n° 3 (deux places de parc) de la parcelle de base n° 4 (commune de U.________), consignées dans ledit registre au nom de B.________; le Procureur a interdit toute opération d'enregistrement dans le grand livre sans son autorisation expresse et a déclaré que ce blocage tendait au séquestre d'une somme de 150'000 fr. en cas de réalisation de la vente immobilière en cours concernant ces immeubles. Selon cette ordonnance, différents faits en lien avec la gestion de la société D.________ Sàrl, respectivement avec les faillites d'autres sociétés contrôlées par les deux prévenus - dont E.________ Sàrl - sont examinés par les autorités pénales (enrichissement abusif de certaines sociétés, gestion fautive de D.________ Sàrl en raison notamment d'un financement exagéré d'un club sportif, malversations financières et infractions dans la faillite en particulier de D.________ Sàrl et de E.________ Sàrl). Les investigations ont notamment permis d'établir que le 4 mars 2016, un montant de 990'000 fr. avait été versé par l'assurance F.________ à D.________ Sàrl pour être exclusivement affecté au paiement de prestations en lien avec la construction d'un complexe résidentiel au lieu-dit "xxx" à V.________; le compte de la banque G.________ détenu par D.________ Sàrl, crédité de cette somme, avait ensuite été débité de 320'000 fr. le 5 février 2016 en faveur de E.________ Sàrl, sur son compte auprès de la banque H.________, compte lui-même débité ce même jour de 150'000 fr. au profit de celui de B.________ détenu dans ce même établissement; B.________ avait ensuite transféré ce montant sur son compte auprès de la banque G.________ et, le 9 février suivant, cet argent avait été utilisé par B.________ pour financer partiellement l'acquisition des biens dont le blocage des feuillets était ordonné; cet achat immobilier avait été enregistré le 10 février 2016 au Registre foncier en son nom. En février 2018, le Ministère public avait été informé que B.________ avait entrepris des démarches pour réaliser ces biens et que la vente était sur le point d'être finalisée; le Procureur avait, le 28 février 2018, contacté le notaire chargé d'instrumenter cet acte, A.________, afin de l'informer de la décision de blocage à venir, mesure visant à confisquer la somme de 150'000 fr. en raison de son origine criminelle. Le Registre foncier a, par courrier du 15 mars 2018, informé le Ministère public que le notaire A.________ avait déposé, par porteur en date du 1er mars 2018, une réquisition de transfert immobilier des feuillets précités. Ce même registre a, le 19 avril 2018, rejeté la demande du Procureur tendant à l'inscription de la mesure de blocage, au motif que celle-ci avait été déposée le 2 mars 2018 (art. 105 al. 2 LTF), soit postérieurement à la réquisition de transfert immobilier effectuée par le notaire. Par ordonnance de séquestre du 19 avril 2018, le Ministère public a ordonné le blocage du compte de consignation du notaire A.________ ouvert auprès de la banque I.________ jusqu'à concurrence du montant de 40'000 francs.