Citation: I 501/04 13.12.2005 E. A

A.________, né en 1959, a travaillé en qualité de magasinier au service de l'entreprise X.________ SA depuis l'année 1987. Il a cessé son travail le 16 janvier 2001, pour cause de maladie, et a été licencié en août 2001. Invoquant un tassement de vertèbres et des disques usés, il s'est annoncé à l'assurance-invalidité, le 28 janvier 2002, en vue d'obtenir un reclassement dans une nouvelle profession ainsi qu'une rente. L'Office cantonal de l'assurance-invalidité du canton de Genève (l'office AI) a recueilli plusieurs avis médicaux provenant du dossier de l'Elvia Assurances. Il en ressort que cet assureur perte de gain avait alloué des indemnités journalières sur la base d'une incapacité totale de travail attestée par le docteur N.________, généraliste et médecin traitant, et qu'il a mis fin à ses versements à compter du 19 février 2001 en se fondant sur une appréciation du docteur G.________ (rapport du 8 février 2001). Ce spécialiste en médecine physique et rééducation avait diagnostiqué des gonalgies d'origine indéterminée, en précisant qu'aucun élément objectif ne permettait de corréler les plaintes; au regard des signes cliniques et radiologiques, le docteur G.________ s'était déclaré frappé par l'importance des plaintes et du handicap décrits par l'assuré, qui s'estimait handicapé à 80 %. De son côté, le docteur R.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie, a fait état d'un discret syndrome rotulien bilatéral possible, de lombalgies sur discrets troubles statiques et dégénératifs et de somatisation probable. Selon ce médecin, aucun substrat anatomique n'a pu être objectivé. L'état orthopédique n'explique pas les douleurs alléguées et ne justifie pas d'incapacité de travail (rapport du 21 août 2001). Sur recommandation du docteur R.________, l'assuré a fait l'objet d'investigations d'ordre psychiatrique auprès du docteur C.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie. Ce psychiatre a attesté l'absence de troubles psychiques et exclu le diagnostic de trouble somatoforme douloureux; à son avis, la capacité de travail de l'assuré était totale d'un point de vue psychiatrique (rapport du 17 octobre 2001). Le dossier de l'AI comporte également plusieurs rapports spécialisés adressés au docteur N.________. Parmi ceux-ci figure un radiodiagnostic, sur la base duquel le docteur B.________ a fait état d'un début de dégénérescence discale en C6-C7 avec protrusion discale de localisation médiane et paramédiane, sans image d'hernie ni effet compressif sur les racines, de trous de conjugaison symétriques et non rétrécis, en ajoutant qu'il n'y avait pas d'argument pour un canal cervical étroit (rapport du 13 février 2001). Par ailleurs, une IRM du genou gauche a permis de mettre en évidence un petit kyste intra-ligamentaire et de petits foyers de dégénérescence, l'examen étant par ailleurs normal (rapport du docteur S.________, du 25 septembre 2000). En outre, un scanner lombaire n'a pas fait apparaître de hernie discale décelable ou de rétrécissement canalaire, mais une arthrose interfacettaire débutante bilatérale à l'étage L3-L4 et uniquement du côté droit à l'étage L4-L5 (rapport du docteur Y.________, du 3 novembre 2000). Le docteur D.________, médecin à la Clinique et policlinique de neurologie de l'hôpital Z.________, a estimé que l'IRM cervicale pouvait être considérée comme étant dans les limites de la norme et que le rétrolisthésis L4-L5 avec conflit radiculaire L4 gauche ne permettait pas d'expliquer la clinique actuelle du patient (rapport du 14 mai 2001). L'AI s'est également procuré un avis du docteur M.________, spécialiste en neurologie, qui a indiqué que son évaluation neurophysiologique n'avait mis en évidence aucune anomalie significative (rapport du 14 août 2001). Quant au docteur O.________, chef de clinique adjoint à la Clinique de rééducation de l'hôpital Z.________, il a posé les diagnostics de gonalgies gauches d'origine peu claire, de lésions kystiques de la région du plateau tibial externe, de gonarthrose fémoro-tibiale interne gauche discrète, de lombalgies basses, d'un Scheuermann lombaire et de rétrolisthésis L4 sur L5 stable d'origine dégénérative. A son avis, les examens ne montraient pas de pathologie significative du genou gauche; quant au dos, il a relevé que les radiographies fonctionnelles de la colonne lombaire ne présentaient pas d'instabilité flagrante du listhésis (rapport du 29 octobre 2001). De son côté, le docteur I.________, spécialiste en neurochirurgie, a fait état de lombosciatalgies atypiques d'origine probablement pseudo-radiculaire dans le cadre d'une ancienne maladie de Scheuermann, d'une discopathie L3-L4 débutante, ainsi que d'une pathologie mal définie du genou gauche; selon ce médecin, l'assuré ne pouvait plus exercer sa profession de magasinier (rapport du 21 février 2002). Le docteur N.________ a confirmé l'incapacité totale de travailler de son patient en tant que magasinier depuis le 16 janvier 2001, en raison des douleurs cervicales, dorsales et lombaires; en revanche, l'assuré pourrait exercer une activité légère à raison de quatre heures par jour (rapport du 9 mai 2002). Au regard de l'ensemble du dossier, le SMR a estimé qu'il existait une discordance très nette entre l'incapacité totale de travail attestée par le médecin traitant et les allégations de l'assuré d'une part, et les avis des trois experts médicaux mandatés par l'assurance perte de gain d'autre part. Le SMR a souligné que les plaintes de l'assuré n'avaient pas été expliquées, aussi bien par un avis spécialisé que par les experts de l'Elvia Assurances. En l'absence de limitation fonctionnelle d'origine somatique ou psychique, le SMR a déduit que l'incapacité totale de travailler ne pouvait être justifiée d'un point de vue médico-théorique. Dès lors, à défaut de relation de causalité entre l'incapacité de travail et les constatations cliniques et radiologiques objectives, l'AI ne devait pas répondre des facteurs qui avaient conduit l'assuré à cesser le travail (rapport des doctoresses U.________ et V.________, du 28 août 2002). Par deux décisions du 25 novembre 2002, l'office AI a nié le droit de l'assuré à des mesures professionnelles ainsi qu'à une rente.