Citation: 2C_1068/2013 E. 3.3

3.3. Pour admettre l'existence d'un rapport de travail entre la recourante et D.________, le Tribunal cantonal s'est exclusivement fondé sur les déclarations de l'inspecteur des chantiers, que ce soit celles qu'il a formulées par écrit dans son rapport relatif au contrôle du 2 novembre 2010, ou celles qu'il a tenues en audience, le 19 mars 2013, ce que la recourante considère à juste titre comme arbitraire. En effet, lors de leurs auditions, les témoins ont été rendus attentifs aux conséquences d'un faux témoignage, passible d'une peine privative de liberté de cinq ans au plus (art. 307 CP), de sorte que le Tribunal cantonal ne pouvait pas, sans tomber dans l'arbitraire, considérer que les déclarations effectuées par les employés de la recourante auditionnés ne présentaient qu'une valeur probante réduite, à tout le moins sans autres motifs concrets. L'instance précédente est aussi tombée dans l'arbitraire en considérant que les déclarations de l'inspecteur des chantiers suffisaient pour reconnaître l'existence d'un rapport de travail entre la recourante et D.________. Tout d'abord, l'inspecteur des chantiers s'est contredit en affirmant dans son rapport se fonder sur les déclarations de D.________ quant à l'activité de celui-ci, alors qu'en audience il est apparu qu'il n'avait jamais interrogé cette personne à ce sujet. Ensuite, il n'a été qu'un témoin indirect des informations données par D.________, n'ayant fait que reproduire des déclarations d'un collègue qui n'avait même pas vu D.________ travailler. Enfin, nonobstant le fait que le Tribunal fédéral a déjà considéré la force probante des déclarations de D.________ comme réduite (cf. arrêt 2C_778/2012 et 2C_779/2012 du 19 novembre 2012 consid. 3.4), force est de constater que l'instance précédente ne pouvait, sans tomber dans l'arbitraire, accorder plus de poids aux premières déclarations de D.________ faites dans une langue étrangère qu'à celles qui ont été formulées, le même jour, avec l'aide d'un interprète, dans le cadre d'un interrogatoire de police. Partant, c'est de manière arbitraire que le Tribunal cantonal a apprécié les preuves en se fondant sur les seules affirmations contradictoires et incomplètes de l'inspecteur des chantiers. Pour cette raison, le recours doit être admis.