Citation: 4P.277/2004 02.05.2005 E. 4

La recourante estime que la Cour de justice a procédé à une appréciation insoutenable des preuves, en retenant que l'omission fautive de la banque de la renseigner à fin mars 1995 sur la réalité de la perte litigieuse n'aurait pas incité B.________ à dénouer les opérations futures en vigueur avant juin 1995, mais uniquement à interdire à C.________ d'initier de nouvelles opérations sur transactions futures à partir du 17 mai 1995. 4.1 Selon la jurisprudence, il y a causalité naturelle lorsqu'un comportement est une condition sine qua non d'un résultat. Le constat de la causalité naturelle relève du fait et lie le Tribunal fédéral saisi d'un recours en réforme (ATF 128 III 174 consid. 2b p. 177, 180 consid. 2d p. 184). A juste titre, la recourante a soulevé le problème dans le cadre du présent recours de droit public, les principes régissant l'appréciation des preuves (cf. consid. 3.1) s'appliquant également dans ce contexte. 4.2 La recourante reproche tout d'abord aux précédents juges de lui avoir imputé le fait que B.________ serait un adepte des opérations à risque élevé pour conclure à tort à la gestion spéculative de ses avoirs. La Cour de justice a établi que ces derniers étaient pour l'essentiel investis en obligations, ainsi qu'en devises, actions et placements fiduciaires. Or, ces avoirs étaient gérés directement par B.________ et représentaient une gestion classique et prudente, portant sur la plus grande partie des avoirs de son épouse. Par contre, C.________ procédait aux opérations sur futures, à la connaissance et avec l'accord de B.________, qui ne maîtrisait pas cette technique de placement, et auquel C.________ rendait des comptes. Il ressort de ces constatations que la relation "... Jet" faisait l'objet d'une gestion en majeure partie classique et prudente, mais également, par l'entremise de C.________, sous la surveillance de B.________ comme représentant de la recourante, d'une gestion à risque élevé, s'agissant des opérations sur transactions futures. Dans ce sens, et dans cette limite, il n'était absolument pas arbitraire de retenir que, pour cette partie du portefeuille de son épouse, B.________ était prêt à assumer des risques élevés, même s'il n'est pas le spéculateur que la banque décrit. Ces constatations ne remettent pas en cause l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale pour exclure l'ordre d'arrêter toutes les opérations sur transactions futures en novembre 1994, pour les motifs exposés plus haut. Il n'était pas davantage arbitraire de considérer que la recourante, représentée par B.________, avait interdit toute nouvelle opération sur futures avant leur reprise le 17 mai 1995, sans pour autant ordonner simultanément la liquidation de toutes les positions ouvertes, détermination qui ne trouve pas appui dans le dossier cantonal. Au contraire, il ressort d'un des deux courriers du 7 novembre 1995, à C.________, que ce dernier n'était plus autorisé à conclure de nouveaux contrats, ce qui révèle bien que les investissements en cours n'étaient pas touchés et que B.________ n'aurait pas nécessairement ordonné le dénouement des opérations sur transactions futures encore en vigueur avant fin juin 1995. Dans ces conditions, la cour cantonale pouvait retenir sans arbitraire que la causalité naturelle hypothétique n'était pas donnée, l'inexécution du mandat par omission fautive de C.________ n'étant pas la condition nécessaire de la survenance du dommage invoqué.