Citation: I 788/01 21.01.2003 E. 4

Le jugement entrepris ne fournit, en revanche, aucune indication précise sur les conséquences de cette incapacité de travail sur le plan économique. Sur ce point, les premiers juges se sont bornés à indiquer en se référant aux rapports de l'expert psychiatre et du centre X.________, mais sans procéder à une quelconque comparaison des revenus avec et sans invalidité, que l'assuré présentait un taux d'invalidité de deux tiers. Cette manière de procéder, qui aboutit à une assimilation de l'incapacité médico-théorique de travail à l'invalidité, n'est pas conforme aux exigences de l'art. 28 al. 2 LAI et ne peut, partant, être confirmée. Selon les pièces figurant au dossier, l'assuré a réalisé avant la survenance de l'atteinte à sa santé des revenus mensuels de 1854 fr. 70 à 5484 fr. 65 (déclaration de l'employeur, du 23 décembre 1997). Hormis les différences saisonnières de l'horaire de travail quotidien (8 heures en hiver; 9 heures en été), on ignore concrètement les raisons de ces importantes différences entre les revenus des différents mois de l'année 1996, qui ne permettent pas de déterminer si les gains effectivement réalisés de mai 1996 à mars 1997 correspondaient réellement à la capacité de gain de l'assuré. Dans une lettre du 26 octobre 2000, l'OAI fait, par ailleurs, état pour l'année 2000 d'un revenu sans invalidité mensuel de 4508 fr. 20 (treize fois l'an), qui aurait été communiqué par l'ancien employeur de l'assuré. On ignore à cet égard concrètement les conditions dans lesquelles cette communication est intervenue et il convient de rappeler dans ce contexte que la collecte téléphonique d'informations ne constitue pas une mesure admissible lorsqu'il s'agit d'établir des faits déterminants pour l'issue du litige (ATF 117 V 284 consid. 4c). En l'état, le dossier de la cause ne fournit pas les éléments permettant de procéder à la comparaison des revenus, aussi la cause doit-elle être renvoyée à l'administration afin qu'elle complète l'instruction sur ce point et rende une nouvelle décision en procédant à une comparaison des revenus tenant compte des rapports existant au moment du début du droit à la rente ainsi que des modifications éventuelles survenues jusqu'au moment de la décision et susceptibles d'influencer le droit de l'assuré (ATF 128 V 174; arrêts G. du 22 août 2002 [I 440/01] et L. du 18 octobre 2002 [I 761/01]).