Citation: I 524/03 16.12.2003 E. 4.3

4.3.1 Il ressort des rapports médicaux figurant au dossier que le recourant présente des lombalgies chronifiées sur troubles statiques rachidiens avec syndrome lombo-vertébral très discret sans atteinte radiculaire. Au vu de l'absence de grandes contractures musculaires et de pathologie articulaire périphérique, de la pauvreté des lésions organiques, de la normalité du status neurologique, ainsi que de l'excellent état général du recourant, les différents médecins ont considéré que la pathologie présentée par O.________ était bénigne au plan physique. En outre, les spécialistes consultés ont relevé des discordances entre les constatations cliniques et les douleurs persistantes alléguées par l'assuré, qui avait une attitude démonstrative. Tant les docteurs C.________ que D.________ se sont déclarés convaincus qu'une composante psychogène avec somatisation entretenait le phénomène douloureux. Ce dernier praticien a fait état d'une sinistrose chez un patient cherchant des facilités économiques. De même, le médecin traitant a déclaré que son patient espérait obtenir une rente pour rentrer en Italie. Enfin, la doctoresse C.________ et le docteur B.________, qui s'est prononcé en faveur d'une réadaptation professionnelle, ont estimé qu'un arrêt de travail n'était pas justifié. Seuls le médecin traitant et le docteur D.________, dans une certaine mesure, ont considéré qu'il y avait lieu de retenir une incapacité de travail de 50 % pour des raisons physiques. 4.3.2 L'avis du docteur D.________ ne peut être suivi. En effet, pour autant qu'il rapporte réellement l'incapacité de travail du recourant à une atteinte physique, il justifie celle-ci par le fait que la nature plaintive du recourant ne permet pas d'attendre de lui l'exercice d'une activité plus poussée. Ce motif est étranger à l'invalidité (cf. ATF 107 V 21 consid. 2c; VSI 1999 p. 247 consid. 1). Quant aux conclusions du docteur A.________, elles ne reposent pas sur une motivation suffisante pour être retenues; en outre, ses constatations, proches de celles de la doctoresse C.________, apparaissent en contradiction avec les conclusions relatives à la capacité de travail. Dès lors, c'est à bon droit que les premiers juges ont considéré que le recourant, qui a été reclassé dans une profession adaptée à ses problèmes dorsaux, n'était pas atteint d'une affection physique entravant sa capacité de travail et de gain. 4.4 Il reste donc à examiner si une autre atteinte à la santé, de nature psychique, entrave l'une ou l'autre. 4.4.1 Le recourant a été examiné dans le cadre d'une expertise psychiatrique par le docteur E.________. Ce médecin, qui conclut à un trouble douloureux associé à des facteurs psychologiques et à une incapacité de travail de 50 %, relève en substance que l'intéressé ne présente aucun élément psychotique, ni signe d'un état dépressif. Si le discours est dénué d'affectif et d'introspection, il reste cohérent. Hormis le fait que l'assuré se sente peut-être déraciné - parce qu'éloigné de sa famille d'origine avec laquelle il entretient des liens très étroits, il n'en demeure pas moins qu'il ne souffre pas d'isolement social. Il a gardé d'excellents contacts avec ses anciens collègues, il voit chaque fin de semaine des membres de sa famille vivant en Suisse et il accompagne son fils aux matches de football notamment. De plus, l'assuré, dont la tendance démonstrative et revendicatrice est une nouvelle fois mise en évidence, tient le ménage familial, avec toutes les tâches que cela implique et ne prend plus de médicaments pour ses douleurs lombaires. 4.4.2 A l'examen de ces éléments, le recourant ne remplit pas les conditions qui, selon la jurisprudence en matière de troubles somatoformes douloureux (VSI 2000 p. 154 consid. 2c), permettent de ne pas retenir l'exercice d'une activité professionnelle comme exigible. En effet, outre l'absence de traits prémorbides, de comorbidité psychiatrique grave et d'isolement social, l'intéressé fait preuve d'une attitude démonstrative et revendicatrice et ses plaintes sont en contradiction avec les constatations médicales, de même qu'avec son comportement. Il semble par ailleurs que l'expert impute - en partie du moins - l'incapacité de travail aux difficultés socio-culturelles rencontrées en Suisse (déracinement). Or, de telles difficultés constituent des facteurs dont l'assurance-invalidité n'a pas à répondre (ATF 107 V 21 consid. 2c; VSI 1999, p. 247 consid. 1). Dès lors, nonobstant les conclusions quant à la capacité de travail, il y a lieu d'admettre que l'exercice d'une activité lucrative est pleinement exigible de la part du recourant. 4.5 Dans ces circonstances, les premiers juges étaient fondés à considérer que O.________ ne présentait pas d'invalidité et à confirmer la décision de refus de rente de l'intimé. Le recours se révèle donc mal fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: