Citation: 7B_129/2023 E. 3

3.1 Dans un grief d'ordre formel, le recourant reproche aux juges cantonaux d'avoir violé son droit d'être entendu en fondant leur raisonnement - en particulier l'appréciation des soupçons pesant sur lui - sur des images de vidéo surveillance. Le recourant soutient qu'il n'aurait pas eu accès à ces images malgré plusieurs demandes et qu'il n'aurait dès lors pas eu l'occasion de s'exprimer sur ce point avant que l'arrêt en cause soit rendu. 3.2 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour l'intéressé de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision soit prise touchant sa situation juridique, d'avoir accès au dossier, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 145 I 73 consid. 7.2.2.1; 142 III 48 consid. 4.1.1). Le droit d'être entendu n'empêche en outre pas le juge de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, il a la certitude que ces dernières ne pourraient pas l'amener à modifier son opinion (ATF 147 IV 534 consid. 2.5.1; 145 I 167 consid. 4.1). Le refus d'instruire ne viole ainsi le droit d'être entendu des parties que si l'appréciation anticipée de la pertinence du moyen de preuve offert, à laquelle le juge a procédé, est entachée d'arbitraire (ATF 147 IV 534 consid. 2.5.1; 144 II 427 consid. 3.1.3). 3.3 La Chambre des recours pénale a retenu que, s'agissant des faits survenus le 3 novembre 2022, les soupçons pouvaient être considérés comme suffisamment sérieux. Se référant à la "P. 128, p. 3", elle a indiqué que les images de la vidéosurveillance permettaient de constater que le recourant avait sorti un couteau de sa poche, avait fait "un geste comme un coup en direction du gérant", puis avait été désarmé par un client. Elle a en outre rapporté les déclarations du gérant du magasin qui avait affirmé que le recourant avait "fait un geste par le bas, en direction de [son] bassin". 3.4 En l'espèce, si l'autorité précédente indique s'être appuyée sur les images de la vidéosurveillance, elle s'est en réalité fondée sur une pièce versée au dossier pénal, à savoir sur le rapport d'investigation du 20 décembre 2022 de la Police cantonale vaudoise (cf. dossier cantonal, pièce 128, p. 3). Or à ce stade de l'enquête, dans le cadre de l'examen des soupçons suffisants, la Chambre des recours pénale pouvait se fonder sur un tel rapport comportant les constatations des policiers intervenus sur place. Elle ne s'est d'ailleurs pas appuyée sur ce seul document, mais également sur les déclarations d'un témoin pris à partie par le recourant lors des événements litigieux, ce qui était suffisant à ce stade. Dans la mesure où la Chambre des recours pénale n'a pas directement fondé son raisonnement sur les images de la vidéosurveillance auxquelles le recourant se plaint de n'avoir pas eu accès, son droit d'être entendu n'a pas été violé et le grief doit être rejeté.