Citation: 6B_543/2022 E. 6.4

6.4. Le recourant conteste la réalisation des éléments constitutifs objectifs et subjectifs de l'infraction, en particulier l'usage d'un moyen de contrainte. Dans la mesure où le recourant conteste avoir dit à l'intimée que, s'ils étaient dans un autre pays, il l'aurait attachée, mise dans son coffre et forcée à se prostituer, le recourant procède de manière purement appellatoire; sa critique est irrecevable. Dans le cas d'espèce, il ressort des faits constatés que le recourant a admis s'être disputé avec l'intimée le soir en question et avoir cassé son téléphone à cette occasion. Cet acte était de nature à contraindre l'intimée. Il convient donc d'admettre que le recourant a fait usage de la violence. Le recourant a également fait usage du second moyen de contrainte évoqué par l'art. 156 ch. 1 CP, soit la menace d'un dommage sérieux. Il a exploité le climat général de violence qu'il avait instauré et les menaces proférées à l'endroit de l'intimée, selon lesquelles s'ils étaient dans un autre pays il l'aurait attachée, mise dans son coffre et forcée à se prostituer. La menace portait donc sur un dommage sérieux. Le recourant faisait ainsi comprendre à l'intimée qu'il était en mesure de lui faire subir un préjudice important. Peu importe qu'il n'ait pas eu l'intention de s'exécuter. À cet égard, il suffit que la menace était propre à entraver l'intimée dans sa liberté d'action, ce qui était le cas, compte tenu du climat général de violence instauré par le recourant. En usant de violence (briser le téléphone de l'intimée) respectivement en menaçant l'intimée d'un dommage sérieux (attacher l'intimée et la forcer à se prostituer), pour le cas où celle-ci ne se rendrait pas au bancomat pour retirer le montant de 390 fr. et ensuite le lui donner, le recourant a voulu contraindre l'intimée à lui remettre une somme indue. On comprend qu'il ressort implicitement de l'état de fait retenu par la cour cantonale que le recourant a agi intentionnellement, à tout le moins sous la forme du dol éventuel. L'intimée ne devait pas d'argent au recourant et celui-ci ne pouvait pas non plus croire que tel était le cas (art. 105 al. 1 LTF). L'appréciation de la cour cantonale selon laquelle le rec ourant était mû par un dessein d'enrichissement illégitime ne prête dès lors pas le flanc à la critique. Les griefs soulevés sont infondés. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en reconnaissant le recourant coupable d'extorsion et chantage au sens de l'art. 156 ch. 1 CP.