Citation: 2C_824/2018 E. 2

Par arrêt du 18 juillet 2018, la Cour de justice du canton de Genève a rejeté le recours des intéressés contre le jugement rendu le 22 mars 2018 par le Tribunal administratif de première instance du canton de Genève. Les raisons familiales majeures invoquées par les intéressés ne permettaient pas d'autoriser un regroupement familial différé : B.X.________ avait passé la majeure partie de sa vie dans son pays. Il y était arrivé à l'âge de 9 mois et y avait vécu jusqu'à l'âge de 12 ans et 6 mois. Il parlait espagnol et avait suivi sa scolarité jusqu'en octobre 2016 au Pérou. Sa mère avait assumé sa prise en charge quotidienne pendant plus de dix ans. L'accord des parents relatif au droit de garde indiquait que le changement de garde avait pour but pour l'enfant d'«avoir de meilleures possibilités d'études, de formation et d'avenir» et que, si B.X.________ devait ne pas s'habituer à sa nouvelle vie en Suisse, il retournerait au Pérou où sa mère assumerait à nouveau sa garde. Il vivait désormais en Suisse où il était scolarisé depuis près de deux ans, avait renforcé ses liens avec son père et sa belle-mère et s'était familiarisé avec les us et coutumes locaux. Ces éléments, bien que d'une importance certaine pour son développement, ne constituaient pas à eux seuls des raisons familiales impératives exigées pour l'octroi d'un regroupement familial au sens de l'art. 47 al. 4 LEtr. Ils étaient la conséquence du fait que l'arrivée de B.X.________ avait placé les autorités devant le fait accompli. Comme celui-ci avait passé la majeure partie de sa vie au Pérou avec sa mère où il avait tissé des attaches sociales et culturelles, un retour en ce pays - après un séjour d'environ deux ans en Suisse - apparaissait envisageable.