Citation: 2C_333/2018 E. 6.2

6.2. Il ressort de l'arrêt attaqué que, selon l'extrait du registre des poursuites du 13 octobre 2017, les dettes de la société s'élevaient à 571'826 fr. Sur ce montant, 351'185 fr. correspondaient à quatorze commandements de payer de la caisse interprofessionnelle AVS relatifs à des prestations sociales. Ces poursuites suffisent déjà pour retirer l'autorisation d'exploiter à l'entreprise sur la base de l'art. 13 al. 1 let. a cum 8 al. 1bis let. b et 15 al. 1 CES, puisque, de la sorte, celle-ci viole ses obligations découlant de la législation régissant les assurances sociales. Dans la mesure où les intéressés considèrent que cet extrait des poursuites est obsolète et qu'il ne reflète pas la situation actuelle, il leur incombait, comme le leur avait demandé le Département de la sécurité, de présenter des documents qui attestaient du respect d'un éventuel plan de remboursement convenu avec l'autorité compétente pour les arriérés des cotisations sociales; les recourants ne les ont produits ni devant ledit département ni devant la Cour de justice. De plus, dans sa décision du 26 avril 2016 par laquelle il refusait de délivrer à la société les attestations permettant de soumissionner pour des marchés publics pour une période de deux ans, l'Office de l'inspection du travail a, entre autres éléments, constaté que la société n'avait pas respecté les salaires minima et les conditions de rémunération des vacances de ses employés et qu'elle n'avait pas fourni les documents permettant un contrôle complet du respect des conditions minimales de travail dans son secteur d'activité. De la sorte, la société a également violé différentes dispositions de la convention collective de travail du 9 septembre 2013 pour la branche des services de sécurités privés, entrée en vigueur le 1er juillet 2014, y relatives (http://www.service-cct.ch/Contract.aspx?stellaNumber = 760001&versionName=6#DokumenteLinks consulté le 6 décembre 2018; cf. art. 16 et 20 de ladite convention), dont les dispositions ont force obligatoire générale (cf. art. 2 de l'arrêté du 17 juin 2014 du Conseil fédéral étendant le champ d'application de la convention collective de travail pour la branche des services de sécurité privés [FF 2014 4713]). Or, la violation de la convention collective permet aussi de retirer l'autorisation en question (cf. supra consid. 6.1). C'est donc à bon droit que les juges précédents ont estimé que le comportement incriminé tombait sous le coup des art. 13 al. 1 let. a cum 8 al. 1bis let. b et 15 al. 1 CES et que l'autorisation d'exploiter la société a été retirée à Y.________.