Citation: 5A_495/2024 E. 4.4

4.4. La recourante expose que la garde alternée à R.________ qu'elle requiert n'empêche pas l'intimé de demeurer domicilié en Valais et de se rendre une fois par mois à R.________ pour y exercer son " droit de garde " (sic) sur une durée de deux semaines consécutives comme initialement ordonné par le Tribunal de Móstoles le 7 mars 2022. En effet, cette organisation de la garde " avait été pratiquée et s'[était] avérée praticable ". Les enfants étaient pris en charge par leur parent respectif pendant deux semaines en alternance, étant précisé que leur père les accueillait dans une vaste villa se trouvant à R.________ et appartenant à ses parents. Ainsi, d'une part, l'instauration d'une garde alternée à R.________ n'obligerait pas l'intimé à modifier son domicile. D'autre part, le fait que celui-ci ait maintenu des liens importants avec son pays d'origine, et y dispose notamment d'une ou plusieurs propriété (s), devait être pris en considération puisqu'il en découlait qu'il était parfaitement en mesure d'accueillir ses enfants dans le cadre d'une garde alternée de deux semaines consécutives à R.________, contrairement à elle qui ne disposait pas de logement en Valais et devait exercer son droit de visite sur ses enfants dans des lieux anonymes et froids, tels que des hôtels, motels, logements Airbnb, etc. On ne pouvait donc pas partager l'avis de la cour cantonale selon lequel une garde alternée à R.________ était de facto impossible compte tenu de la distance géographique. Ce d'autant que l'intimé disposait d'une grande liberté dans l'emploi de son temps, puisqu'il ne travaillait pas en Suisse et qu'il jouissait de moyens financiers lui permettant sans autre de voyager entre la Suisse et R.________, ce qui n'était pas son cas. La recourante ajoute que l'instauration d'une garde alternée de deux semaines à R.________ serait dans l'intérêt des enfants, contrairement à une garde exclusive en faveur du père. Elle aurait en effet comme avantage que non seulement les enfants pourraient côtoyer suffisamment et à parts égales leurs deux parents, mais également qu'elle puisse accepter l'offre d'emploi concrète dont elle disposait déjà, ce qui lui permettrait de subvenir aux besoins financiers de ses enfants et aux siens propres. La cour cantonale ne pouvait pas lui reprocher que son " projet de vie " était demeuré à l'état de projet. Elle n'était en effet pas en mesure de concrétiser voire de mettre en oeuvre celui-ci aussi longtemps que la situation de ses deux enfants n'était pas réglée. Il était donc suffisant qu'elle présente une vision concrète, réaliste et réalisable de la manière dont elle pourrait organiser sa vie personnelle et professionnelle ainsi que celle des enfants si la garde alternée devait se dérouler à R.________. Or elle avait en l'occurrence plus qu'esquissé les contours de son " projet de vie " devant les instances précédentes. Elle avait ainsi clarifié toutes les questions qui pouvaient se poser en lien avec l'instauration d'une garde alternée à R.________ (emploi, scolarisation et prise en charge des enfants, lieu de vie, contacts avec leurs pairs et leurs proches, du côté maternel et paternel) et avait démontré comment concrètement une garde alternée à R.________ pouvait se dérouler et dans quelle mesure celle-ci présentait divers avantages pour les personnes concernées, notamment les enfants. De plus et contrairement à ce que la cour cantonale avait retenu, la proposition d'engagement comme professeure d'anglais n'était pas restée purement hypothétique puisqu'elle avait produit en instance cantonale une attestation du 6 mars 2024 qui confirmait qu'elle pouvait intégrer immédiatement l'école en question. En vertu de la maxime inquisitoire illimitée applicable, les autorités précédentes auraient pu et dû investiguer davantage la pertinence et la faisabilité de son " projet de vie ", et tout particulièrement son offre d'emploi, si elles estimaient que des questions devaient être encore clarifiées. La recourante reproche en outre à la cour cantonale d'avoir considéré que le critère de la stabilité devait l'emporter sur le rapprochement géographique avec leur mère. Dans le mesure où la juridiction précédente avait constaté que les enfants étaient encore jeunes et que le noyau qu'ils avaient construit en Suisse était relativement récent, il était manifestement insoutenable et contraire à l'intérêt supérieur de ceux-ci de refuser l'instauration d'une garde alternée à R.________, qui leur permettrait d'entretenir des contacts directs suffisants et à parts égales avec leurs deux parents. Ce d'autant qu'elle avait démontré dans son " projet de vie " - qui était concret et réalisable - comment exactement une telle garde alternée pouvait être organisée à R.________ et quels avantages elle présentait pour les enfants. En outre, l'arrêt attaqué heurtait de manière choquante le sentiment de justice et d'équité dans la mesure où il lui imposait de se rendre tous les quinze jours de R.________ en Valais afin d'y voir ses enfants pour une durée relativement limitée d'un jour et demi, ce qui était déraisonnablement contraignant et coûteux, alors qu'une garde alternée à R.________ imposerait à l'intimé de faire ces trajets seulement une fois par mois et qu'il pouvait, contrairement à elle, se les permettre financièrement. Par ailleurs, ne plus devoir se déplacer toutes les deux semaines de R.________ en Valais lui permettrait de " se constituer " un emploi fixe à R.________.