Citation: 1C_541/2023 E. 2

La question se pose donc de savoir si la recourante, qui invoque son rôle d'architecte et de responsable de la planification et de la construction des bâtiments, dispose de la qualité pour recourir auprès du Tribunal fédéral. Dans son jugement, le Tribunal administratif retient que la recourante "ayant été mandatée par l'ancienne propriétaire de la parcelle sur laquelle les bâtiments nord et sud ont été construits aux fins de déposer une demande de permis de construire [...], elle est particulièrement touchée par la décision attaquée qui confirme l'ordre de remise en état conforme à la loi et l'abaissement des toits des immeubles [...]. Elle peut ainsi se prévaloir d'un intérêt personnel et digne de protection à l'annulation de la décision [de la DDT] du 11 juillet 2022 et est particulièrement atteinte par celle-ci" (cf. jugement attaqué, consid. 1.2.2). La recourante reprend en substance cette argumentation en ajoutant qu'elle était le bureau d'architecture responsable de la planification et de la construction des bâtiments en question. Tout comme le Tribunal administratif, elle renvoie à l'arrêt du Tribunal fédéral 1C_547/2020 précité (cf. ci-dessus consid. 1.4). Toutefois, contrairement aux exigences de motivation exposées dans cet arrêt, la recourante n'indique pas qu'elle serait, en tant qu'architecte et responsable de la planification et de la construction des bâtiments, légitimée à recourir grâce à une disposition légale cantonale particulière. Elle ne soutient pas non plus que la décision litigieuse ne lui aurait pas uniquement été adressée en tant que mandataire des propriétaires, mais aussi personnellement en tant que personne soumise à une obligation de remise en état. En outre, la recourante ne se présente pas comme une propriétaire, une copropriétaire ou une ancienne propriétaire de la parcelle sur laquelle sont érigés les immeubles litigieux. Elle ne prétend pas agir au nom des propriétaires actuels; ceux-ci ont au demeurant renoncé à recourir contre le jugement du Tribunal administratif alors qu'ils avaient participé à l'entier de la procédure cantonale aux côtés de la recourante. La recourante se contente d'affirmer, comme le retient d'ailleurs le jugement attaqué, avoir été mandatée par l'ancienne propriétaire de la parcelle sur laquelle les bâtiments litigieux sont érigés pour déposer une demande de permis de construire. Au vu de ce qui précède, il ne saurait être retenu que la recourante était partie au projet au-delà de sa qualité d'architecte et de responsable de la planification et de la construction des bâtiments et, partant, qu'elle serait particulièrement atteinte, respectivement qu'elle disposerait d'un intérêt digne de protection à l'annulation de la décision attaquée. Dans ces circonstances, et en l'absence de toute explication idoine de la part de la recourante, rien ne permet d'établir que les conditions de l'art. 89 al. 1 LTF seraient remplies. Comme expliqué, le fait que les instances cantonales lui avaient accordé la qualité pour recourir ne change rien à cela, le droit cantonal pouvant concevoir celle-ci de manière plus large (cf. ci-dessus consid. 1.1).