Citation: 1C_129/2022 E. 4.3.2

4.3.2. S'agissant ensuite des caractéristiques du terrain litigieux, la recourante fait valoir que son terrain, équipé pour accueillir une construction et qui ne présenterait pas de "difficultés d'accès", se trouverait dans une zone très largement bâtie, les seules parcelles non construites de la zone étant la sienne et le bien-fonds n o 1211. Elle en déduit que sa parcelle devrait nécessairement faire partie de la zone constructible. Il apparaît en l'occurrence prématuré de faire valoir ces griefs à ce stade, dans la mesure où les réflexions sur l'affectation définitive de la parcelle en cause devront être menées séparément, dans le cadre de la révision du plan général d'affectation. Cela étant, outre l'orientation du développement de l'urbanisation vers l'intérieur du milieu bâti (art. 1 al. 2 let. abis LAT), la création d'un milieu bâti compact (art. 1 al. 2 let. b LAT) ou la prise de mesures propres à assurer une meilleure utilisation dans les zones à bâtir des possibilités de densification des surfaces de l'habitat (art. 3 al. 3 let. a bis LAT), la loi prescrit de répartir judicieusement les lieux d'habitation et les lieux de travail et de les planifier en priorité sur des sites desservis de manière appropriée par les transports publics (art. 3 al. 3 let. a LAT). Or, selon les constatations cantonales que la recourante ne conteste pas valablement, la parcelle de cette dernière se situe hors du périmètre de centre (dans le secteur "Les Monts-de-Corsier), en bordure du périmètre du PEP "L'Hautigny", et jouxte directement la zone agricole à l'ouest; elle est éloignée du centre de Corsier-sur-Vevey de plusieurs kilomètres mais également du centre de Châtel-Saint-Denis ainsi que des infrastructures publiques. Par ailleurs, d'une surface de 1'544 m 2, la parcelle litigieuse n'est pas construite, à l'instar de la parcelle n o 1211 se trouvant dans le même périmètre et qui fait également l'objet d'une mesure de zone réservée cantonale. Une telle configuration ne permet pas d'emblée d'exclure nécessairement tout déclassement. Quoi qu'en dise la recourante, et comme l'a retenu à juste titre la cour cantonale, dans un contexte général d'habitat de très faible densité et dispersé dans une même commune, cumulé à un surdimensionnement de la zone à bâtir, toutes les "brèches" créées par ce type d'urbanisme ne sont peut-être pas raisonnablement destinées à être comblées (arrêts 1C_394/2019 du 14 août 2020 consid. 4.2.1; 1C_429/2018 du 30 septembre 2019 consid. 4.2).