Citation: 1B_377/2018 E. 4

La mandataire d'office du recourant soutient dans son complément au recours que, eu égard aux ordonnances de classement partiel dont son client a bénéficié et à l'abandon des infractions de mise en danger de la vie d'autrui initialement retenues à son encontre, il aurait effectué la peine prévisible à laquelle il sera condamné et que son maintien en détention viole le principe de proportionnalité. L'art. 212 al. 3 CPP prévoit que la détention provisoire et la détention pour des motifs de sûreté ne doivent pas durer plus longtemps que la peine privative de liberté prévisible. Le juge peut dès lors maintenir la détention provisoire ou pour des motifs de sûreté aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation. Il convient d'accorder une attention particulière à cette limite, car le juge de première instance ou d'appel pourrait être enclin à prendre en considération dans la fixation de la peine la durée de la détention avant jugement à imputer selon l'art. 51 CP (ATF 143 IV 168 consid. 5.1 p. 173; 139 IV 270 consid. 3.1 p. 275). Les mêmes principes s'appliquent lorsque le prévenu se trouve en détention sous le régime de l'exécution anticipée de la peine (ATF 143 IV 160 consid. 2.1 p. 162). En l'occurrence, il est établi que le recourant a bénéficié en juin 2018 de deux classements partiels en lien d'une part avec les infractions d'incendie intentionnel, dont la poursuite relevait de la compétence des autorités françaises, et d'autre part avec les infractions d'empêchement de procéder à un acte officiel, de violation des règles de la circulation routière et de mise en danger de la vie d'autrui. Il n'en demeure pas moins que le Ministère public entend le renvoyer en jugement pour trois cas de vols en bande, dommages à la propriété et violations de domicile, vol d'usage, empêchement d'accomplir un acte officiel, ainsi que six infractions à loi fédérale sur la circulation routière, dont deux graves, au motif que le recourant avait, par sa conduite, causé un sérieux danger pour la sécurité d'autrui au sens de l'art. 90 ch. 2 LCR. Par ailleurs, le recourant a été condamné en France à de multiples reprises entre le 5 septembre 2003 et le 7 septembre 2012 et subi des peines d'emprisonnement notamment pour vols. Il a été condamné le 4 décembre 2013 par le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers à une peine privative de liberté de 4 ans pour vol, vol en bande, tentative de vol et de vol en bande, brigandage, brigandage en bande, dommages à la propriété, violation de domicile et vol d'usage d'un véhicule automobile. Au vu des infractions reprochées au recourant, qui entrent en concours, de la gravité de certaines d'entre elles, de ses antécédents nettement défavorables, et plus particulièrement de sa dernière condamnation en Suisse pour des infractions similaires, dont il convient de tenir compte (cf. art. 47 al. 2 CP), la Chambre pénale des recours pouvait admettre qu'une peine privative de liberté supérieure à celle subie à ce jour entrait en considération et que le maintien du recourant en détention ne violait pas en l'état le principe de proportionnalité. Le fait que le Juge des mesures de contrainte ait été d'un autre avis sur la base de jugements prononcés par le Tribunal pénal de première instance dans des dossiers concernant des infractions similaires contre le patrimoine n'est à cet égard pas déterminant, le recourant étant également prévenu d'infractions graves à la loi fédérale sur la circulation routière. Toutefois, pour respecter les exigences de célérité, il appartiendra au Ministère public de faire diligence pour que le dépôt de l'acte d'accusation intervienne rapidement.