Citation: 6B_259/2020 E. 3.2

3.2. En l'espèce, il est constant que les parties ont présenté une version des faits diamétralement opposée. Pour retenir celle de l'intimée et écarter celle du recourant, la cour cantonale s'est fondée, à la suite des premiers juges, sur une pluralité d'éléments. De manière générale, la cour cantonale a retenu que l'intimée avait été constante dans ses déclarations tout au long de l'instruction, et ce aussi bien devant les enquêteurs que devant les médecins du CURML. S'agissant des propos tenus à l'adresse de l'intimée par le recourant au sujet de son passé judiciaire, elle avait livré un récit crédible et vérifié qu'elle ne pouvait tenir que de lui. Le rapport établi par les médecins du CURML mettait de surcroît en évidence des lésions sous forme d'ecchymoses et de dermabrasions sur la nuque, les bras, les cuisses, les genoux et les poignets (cf. supra B.c; pièce 6), jugées compatibles avec le déroulement des faits décrits par l'intimée. Sur ce point, le recourant objecte qu'un tel constat ne ressortirait pas dudit rapport. Or, il suffit de le lire pour constater qu'il se conclut précisément par la phrase suivante: "Les lésions constatées sont compatibles avec les déclarations de [l'intimée]." (pièce 6, p. 8 i. f.). Pour cette même raison, la cour cantonale pouvait exclure sans arbitraire que l'intimée eût pu s'infliger elle-même certaines de ces lésions, quoique le recourant fasse valoir que médecins "n'indiquent pas non plus que [l'intimée] n'aurait pas pu s'infliger elle-même ces lésions". Dans la mesure où le rapport établit sans ambiguïté la compatibilité des lésions constatées avec les dires de l'intimée, on ne voit pas pour quelle raison les médecins auraient dû, pour que leur constat puisse être pris en compte sans arbitraire par la cour cantonale, simultanément écarter l'hypothèse d'un comportement auto-agressif. Ce d'autant moins que le recourant échoue à établir que la cour cantonale aurait arbitrairement omis de prendre en compte un quelconque élément susceptible de donner corps à l'hypothèse qu'il formule à cet égard. Mutatis mutandis, le même argument prévaut s'agissant des prétendues pratiques sadomasochistes que le recourant prête à l'intimée pour tenter d'expliquer ses lésions. Par ailleurs, le recourant ne peut rien tirer en sa faveur de ce que le rapport des médecins du CURML ne constate aucune lésion au niveau vaginal ou anal. Les médecins ont en effet relevé que cet état de fait n'excluait pas qu'il y ait eu une relation sexuelle de cette nature. Ils ont de surcroît précisé que l'absence de lésion ne donnait pas d'information quant au fait qu'une relation sexuelle avait été consentie ou non (cf. supra B.c; pièce 6, p. 8 i. f.). Il s'ensuit que les constatations cantonales relatives à l'origine des lésions subies par l'intimée et à la nature des actes sexuels et d'ordre sexuels endurés par cette dernière échappent à la critique. Force est au contraire d'admettre que les juges précédents étaient fondés à se baser sur le rapport médical en cause pour en déduire un élément supplémentaire accréditant la version de l'intimée. En marge de ce qui précède, la cour cantonale a encore relevé que l'intimée avait expliqué de manière crédible, soit en mettant en exergue sa crainte de représailles à son encontre et à l'encontre de ses enfants, la raison pour laquelle elle avait accepté que le recourant revienne à son domicile après sa première agression. La cour cantonale a de surcroît souligné les circonstances de la dénonciation, liée à l'intervention d'une voisine, qui avait constaté l'état de panique de l'intimée et qui avait elle-même alerté la police. Pour les juges précédents, l'intimée était apparue sincère et éprouvée. Elle avait présenté juste après les faits une symptomatologie caractéristique d'un vécu post-traumatique et avait fait part des agressions sexuelles à son médecin traitant. Les constats effectués sur les plans physique et psychologique se rejoignaient. A l'inverse, la version du recourant, n'apparaissait guère crédible, compte tenu de son incapacité à expliquer les traces sur le corps de l'intimée ou encore en raison du fait qu'il l'avait largement critiquée, en alléguant qu'elle était sadomasochiste, qu'elle était instable psychiquement ou encore narcissique. Sur le vu de ce qui précède, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir motivé son jugement "à la carte", en passant sous silence des éléments à décharge. Il apparaît au contraire que la cour cantonale a mis en évidence différents éléments probants qui lui permettaient d'établir les faits dans le sens retenu sans verser dans l'arbitraire. Dans cette même mesure, on ne saurait davantage lui reprocher d'avoir violé la présomption d'innocence. Les griefs du recourant s'avèrent là encore infondés, dans la mesure de leur recevabilité.