Citation: 1B_106/2020 E. 1

Le Ministère public central du canton de Vaud, Division criminalité économique, instruit depuis le 6 mars 2017 une procédure pénale contre A.________ pour de prétendus actes de gestion déloyale aggravée commis au préjudice de la Fondation B.________ en tant que membre du conseil de fondation. Le 3 août 2017, le Département fédéral de l'intérieur a nommé l'avocat C.________ en qualité de commissaire de la Fondation B.________ en remplacement de Me D.________. Le 11 novembre 2019, A.________ a indiqué au Procureur Anton Rüsch, en charge de l'instruction de la cause, que la consultation du dossier lui avait permis de constater de " nouveaux dérapages de la part de la direction de la procédure ". Il l'a accusé de " voler au secours de C.________ ", contre lequel il a déposé deux plaintes pénales en 2018 et 2019, de " maintenir contre vents et marées des poursuites pénales contre lui ", de " jouer à cela depuis trois ans et demi " et de " gérer les intérêts publics dont il était en charge d'une manière déloyale et illégale ". Il a déposé une nouvelle plainte pénale pour dénonciation calomnieuse et induction de la justice en erreur contre C.________ qui, selon ses dires, " se livrerait entre autres à des élucubrations et des pleurnicheries devant le Tribunal pénal fédéral ". Il a présenté diverses réquisitions tendant à ce que C.________ soit désormais partie à la procédure non plus en qualité de partie plaignante ou de représentant de la plaignante mais en qualité de prévenu, à ce qu'il indique les démarches entreprises pour localiser un tableau de la fondation qui aurait disparu et à ce qu'il produise, avec Me D.________, tous les inventaires des biens de la fondation, ces documents devant être séquestrés, tout comme divers autres documents de la société E.________ Sàrl. Le 12 novembre 2019, le Procureur a renvoyé ce courrier, qu'il tenait pour inconvenant au sens de l'art. 110 al. 4 CPP, au prévenu et lui a imparti un délai au 22 novembre 2019 pour lui adresser un nouvel écrit expurgé de toute considération outrancière ou inutilement polémique en indiquant qu'à défaut, ses requêtes ne seraient pas prises en considération. Le 23 novembre 2019, A.________ a contesté avoir tenu des propos inconvenants à l'encontre de C.________ et a refusé en conséquence de reprendre ou de modifier son courrier. Se fondant sur l'arrêt du Tribunal pénal fédéral, il a précisé que les tentatives du Procureur d'enterrer ses plaintes avaient échoué et que l'application de l'art. 110 al. 4 CPP constituait une tentative d'intimidation justifiant qu'il se récuse. Il requérait enfin que les comptes de la Fondation B.________ et de la société E.________ Sàrl fassent l'objet d'une véritable expertise.