Citation: 4A_409/2021 E. 4.2.2

4.2.2. La lecture des passages topiques atteste que la cour cantonale a adopté le degré de preuve standard, soit celui de la certitude. Il importe peu qu'elle ait utilisé ça ou là une expression qui, prise isolément, peut paraître ambiguë. Au demeurant, le juge peut se déclarer convaincu même s'il conserve quelques doutes, pour autant que ceux-ci soient légers (ATF 141 III 569 consid. 2.2.1 p. 573). Or, rien ne montre que les magistrats auraient nourri de sérieux doutes. Le grief de violation de l'art. 8 CC se révèle infondé. Quant à l'appréciation des preuves, elle échappe au reproche d'arbitraire, vu les explications circonstanciées fournies par les deux instances. La défenderesse s'étonne que la cour se soit satisfaite des moyens de preuve fournis alors que le demandeur se serait délibérément gardé de livrer toutes les "preuves de paiement" dont il disait disposer. Deux objections doivent être émises. D'une part, l'autorité précédente a dénoncé une réaction tardive de la défenderesse, qui aurait pu demander la production de contre-preuves topiques en première instance déjà. Or, le recours ne contient aucune critique sur ce pan de jugement. D'autre part, la pièce censée contenir le prétendu "aveu" du demandeur n'a pas la portée que la défenderesse lui prête: l'intéressé a tout au plus fait état de "décomptes des (...) travaux effectués ou payés par [s]es soins", pour préciser plus loin que "ces pièces et preuves de paiement" se trouvaient en mains de son conseil d'alors. De là à en déduire qu'il s'agirait de relevés bancaires - seuls aptes à prouver un paiement avec certitude, si l'on en croit la défenderesse -, il y a un pas qui ne saurait être franchi. La défenderesse croit instiller un doute sérieux en plaidant que le demandeur a attendu 2015 pour réclamer le paiement des travaux, puis a varié dans le montant de sa prétention, passant de 68'490 fr. à 483'034 fr. 80. On rétorquera qu'il n'est pas incongru - tant s'en faut - d'attendre que la mésentente s'installe dans un couple et que les partenaires décident de mettre un terme à la société qu'ils formaient pour émettre des prétentions. Quant au fait que le demandeur n'est pas resté constant dans ses prétentions (qui ne se limitaient pas aux factures payées par ses soins), il est tout aussi impropre à démontrer un arbitraire. Avant de clore ce chapitre, on rappellera que l'arbitraire ne découle pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire préférable (ATF 136 III 552 consid. 4.2).