Citation: 4A_483/2022 E. 3.2

3.2. Toutefois, la cour cantonale a écarté le grief de l'acheteur quant au prétendu accord du 6 avril 2017 sur la base d'une double motivation, chacune suffisant à sceller le sort de celui-ci. Or, lorsque la décision attaquée comporte plusieurs motivations indépendantes dont chacune suffit à sceller le sort de la cause ou d'une partie de celle-ci, il appartient au recourant, sous peine d'irrecevabilité, de s'attaquer conformément aux art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF à chacune d'entre elles, et, pour obtenir gain de cause, de démontrer que ces motivations sont contraires au droit (ATF 142 III 364 consid. 2.4; 138 III 728 consid. 3.4; 136 III 534 consid. 2). Dans sa seconde motivation, la cour cantonale a retenu que la déclaration contenue à l'allégué 7 de la requête de conciliation ne pouvait quoi qu'il en soit pas être retenue comme telle, car l'ensemble des éléments démontraient qu'aucun accord sur le décompte du 6 avril 2017 ne liait les parties. La cour cantonale est parvenue à déterminer la réelle et commune intention des parties, à savoir qu'elles n'avaient pas conclu d'accord sur ce décompte. Ce faisant, la cour cantonale a constaté un fait, soit la volonté subjective des parties (ATF 144 III 93 consid. 5.2.2 et les références). Il appartenait ainsi au recourant de démontrer l'arbitraire de cette constatation, ce qu'il ne parvient pas à faire. Il se limite à relever qu'il avait émis des doutes seulement sur le contenu de la citerne de mazout. Il ajoute qu'à l'exception des dénégations de l'intimé dans la procédure au fond, l'existence d'un accord était confirmé par tous les autres moyens de preuve, à savoir les courriels des 8 décembre 2017 et 28 ( recte : 29) janvier 2018, qu'il a reproduits (en s'écartant partiellement des faits constatés par la cour cantonale), " les discussions précontractuelles entre les parties (pièces 102 et 104 de la procédure cantonale) ", " l'audition du témoin D.________ " et l'allégué 7 précité. Le recourant se contente d'opposer, globalement et de manière peu détaillée, sa propre appréciation à celle de la cour cantonale. Il ne précise par exemple pas à quelles déclarations de D.________ il se réfère. Celles figurant dans l'état de fait cantonal ne sont quoi qu'il en soit pas propres à appuyer sa thèse quant à un accord sur le décompte précité. Par ailleurs, un simple renvoi à des pièces (la pièce 102 est le courriel du 3 mars 2017 rédigé par l'intimé; la pièce 104 le courriel du 6 avril 2017 et son décompte) est insuffisant. Au final, le recourant ne parvient pas à démontrer que la cour cantonale aurait retenu de manière arbitraire, même en tenant compte de l'allégué 7 précité, l'absence d'accord entre les parties sur le décompte du 6 avril 2017. Dès lors, il n'y a même pas lieu d'examiner les arguments du recourant quant à la première motivation présentée par la cour cantonale en lien avec l'art. 205 al. 1 CPC.