Citation: 8C_657/2023 E. 5.2

5.2. Les premiers juges ont évalué que l'absence d'engagement effectif au sein de l'unité "MEK Helvetia", de même que l'absence d'assurances données par l'AFD quant à cet engagement, ne permettait pas d'en conclure que les perspectives de développement professionnel n'avaient pas été rendues vraisemblables. Ce qui était déterminant, c'était que l'intention de progresser s'était manifestée par des étapes concrètes. À ce propos, il ressortait du courriel du 28 janvier 2021 de l'AFD que l'intimé, avant la péjoration de son état de santé, avait débuté le cours de base "MEK Helvetia". Même s'il n'avait effectivement pas rejoint cette unité, et bien que la participation au cours de base ne donnait pas le droit d'occuper un poste spécifique au sein de l'unité spéciale des douanes, on ne pouvait pas nier que l'intention de progresser de l'intimé ait dépassé le stade des simples déclarations d'intention, celui-ci ayant pris des dispositions concrètes en vue d'obtenir les prérequis nécessaires pour rejoindre l'unité en question. L'intimé avait d'ailleurs dû mettre un terme à la fréquentation de ses cours et sa postulation n'avait pas été prise en compte en raison de ses facultés physiques restreintes de par l'état de sa cheville. Selon le degré de la vraisemblance prépondérante, sans l'accident, l'intimé aurait développé ses compétences professionnelles et aurait pu rejoindre l'unité d'élite. Or, le montant des indemnités ("de nuit, de dimanche,...") n'était pas déterminable d'après les pièces du dossier, ce qui exigeait de renvoyer la cause à la recourante pour qu'elle procède à une instruction complémentaire afin de pouvoir fixer le revenu sans invalidité sur la base du salaire auquel l'intimé aurait pu prétendre en tant que membre de cette unité.