Citation: 6B_491/2021 E. 2.2.3

2.2.3. Le lien de causalité entre ces interventions et les nombreuses souffrances décrites par la recourante n'était pas non plus établi à satisfaction de droit. La cour cantonale a retenu que le torticolis et les douleurs irradiant du haut de la colonne vertébrale jusqu'aux oreilles préexistaient aux interventions tant de l'intimé 2 que de l'intimé 1, ainsi que cela ressortait du dossier d'assurance-invalidité de la recourante, en particulier de sa demande de rente entière formulée en 2002. A l'époque, la recourante avait également évoqué des douleurs dentaires, lesquelles existaient donc avant l'intervention des mis en cause. Aucun des praticiens qui avaient été amenés à se pencher sur son cas dans le cadre de la présente procédure n'avait été à même d'établir une corrélation entre les faits reprochés et les douleurs affectant la recourante depuis lors. Le Dr G.________ avait relevé que celles-ci ne trouvaient pas d'explication somatique évidente. La Dresse F.________ s'était elle aussi déclarée incapable d'objectiver, lors de ses consultations, les douleurs chroniques dont se plaignait sa patiente. Le Dr E.________ n'avait pas non plus constaté d'inflammation, ni cliniquement, ni radiologiquement, qui pouvait les expliquer. L'expert avait confirmé qu'elles étaient difficiles à objectiver en l'absence de signe radiologique. A l'audience, il avait ajouté que leur origine se situait vraisemblablement ailleurs qu'au niveau dentaire, ce qui l'avait amené à formuler les recommandations contenues dans son expertise de consultation d'un spécialiste ORL ou d'un centre de la douleur, ce qui rejoignait l'hypothèse faite par le Dr I.________ en 2016 de l'existence de douleurs fantômes. La déformation de la mâchoire alléguée par la recourante n'était pas décrite par les experts et ne pouvait dès lors être considérée comme établie. Des difficultés à mastiquer avaient été admises par l'expert. Elles n'étaient toutefois que de nature temporaire, étant imputables en premier lieu au fait que les implants avaient été déposés sans être remplacés. L'expert avait par ailleurs déclaré qu'il était difficile d'objectiver les plaintes liées aux difficultés à s'alimenter. La recourante avait reconnu devant le tribunal de première instance que des problèmes d'anorexie figuraient au nombre des constats médicaux posés à l'époque par l'assurance-invalidité et J.________ avait affirmé que depuis qu'il connaissait la recourante, il n'avait pas constaté de perte de poids. L'on ne pouvait dès lors considérer que ces problématiques étaient la conséquence des actes incriminés. Si l'existence d'une parosmie et d'une anosmie avait été confirmée par le Pr K.________, ce dernier avait uniquement indiqué qu'elles étaient probablement post-infectieuses, ce qui était insuffisant pour retenir l'existence d'un lien de causalité naturelle et adéquate avec les interventions de l'intimé 1. Ce constat valait également pour les acouphènes, dont le ministère public avait été informé en 2018 par la recourante. Quant au grave mal-être psychologique, associé à un état dépressif et d'épuisement, il apparaissait qu'il existait à tout le moins depuis l'ouverture du dossier AI de la recourante et s'était notablement aggravé avec le temps, ce qui avait d'ailleurs justifié l'octroi d'une rente entière d'invalidité en mars 2013. Il n'était dès lors pas possible d'en imputer l'existence aux interventions des mis en cause, lesquelles n'étaient en toute hypothèse pas propres à entraîner un tel état. Le limage des dents avait quant à lui été effectué par le Dr L.________, et non par l'un des deux intimés. Dans ces conditions, les effets secondaires résiduels décrits ne revêtaient pas une gravité comparable aux atteintes prévues par les deux premières hypothèses de l'art. 122 CP (cf. arrêt attaqué, consid. 4.2.2 p. 27 ss).