Citation: 6B_1198/2020 E. 4.5

4.5. Pour le reste, il y a lieu de constater que le recourant peut se prévaloir d'une longue durée de séjour en Suisse, où il a passé une partie de son enfance et terminé sa scolarité avant de suivre une formation de charpentier. Il a donc en partie grandi en Suisse, ce dont il y a lieu de tenir compte. Par ailleurs, le recourant dispose d'un permis d'établissement et exerce une activité lucrative. Sa mère et ses soeurs vivent en Suisse, tandis que ses plus proches parents au Cameroun sont des cousins. Dans cette mesure, on peut admettre que l'expulsion est susceptible de porter atteinte au respect de la vie privée du recourant au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH et de le placer dans une situation personnelle grave au sens de l'art. 66a al. 2 CP. Il convient dès lors d'examiner si les intérêts publics à l'expulsion l'emportent sur l'intérêt privé de l'étranger à demeurer en Suisse, respectivement si une restriction au droit garanti par l'art. 8 par. 1 CEDH respecte le principe de proportionnalité. En ce qui concerne l'intérêt personnel du recourant à demeurer dans ce pays, les éléments à prendre en compte se recoupent largement avec ceux ayant conduit à retenir l'existence d'une situation personnelle grave en cas d'expulsion. La cour cantonale a cependant relevé avec pertinence que le recourant vivait seul et n'avait pas de charge de famille. Malgré son activité de charpentier, sa mère, l'une de ses soeurs et des amis lui prêtent de l'argent lorsqu'il ne s'en sort pas. Il a indiqué avoir des dettes envers des amis pour un montant de l'ordre de 30'000 fr. (jugement entrepris, p. 19), si bien que sa situation financière en Suisse apparaît mitigée. Par ailleurs, si la soeur jumelle du recourant a déclaré que son frère et elle n'avaient pas de contact avec leurs cousins au Cameroun, en revanche, celui-ci a admis qu'il entretenait des relations avec eux par l'intermédiaire des réseaux sociaux (jugement entrepris, p. 6), de sorte que la constatation de la cour cantonale en ce sens n'a rien d'arbitraire. Le recourant est jeune et aucun problème de santé particulier n'a été constaté. En outre, comme relevé dans le jugement entrepris, il pourra tirer profit de sa formation et de son expérience en tant qu'indépendant dans son pays d'origine. Ses possibilités de réintégration au Cameroun n'apparaissent donc pas mauvaises. Sous l'angle de l'intérêt public à l'expulsion du recourant, il faut tenir compte, en particulier, de la nature et de la gravité particulière de l'infraction entraînant l'expulsion obligatoire, mais également des autres infractions commises, en particulier celles portant atteinte à l'intégrité sexuelle, de la peine privative de liberté conséquente prononcée à son égard (cinq ans), et du pronostic très mitigé concernant son avenir, découlant du défaut de prise de conscience et de la récidive en cours d'enquête (cf. jugement attaqué, consid. 8.3 p. 46). Au vu de la peine infligée (supérieure à un an), l'autorisation d'établissement du recourant pourrait être révoquée sur la base de l'art. 63 al. 1 let. b LEI (cf. l'arrêt publié aux ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147, selon lequel constitue une " peine privative de liberté de longue durée " toute peine dépassant un an d'emprisonnement). L'intérêt public à l'éloignement du recourant est donc important. En définitive, au regard de la persistance du recourant à violer l'ordre juridique suisse, de la gravité des faits pour lesquels il a été condamné et du danger qu'il représente pour un bien juridique important (l'intégrité sexuelle) - la cour cantonale ayant constaté qu'il ne parvenait pas à maîtriser ses pulsions - mais également de ses possibilités de réinsertion dans son pays d'origine, la cour cantonale pouvait valablement estimer que l'intérêt public à expulser le recourant primait sur son intérêt privé à rester en Suisse (seconde condition de l'art. 66a al. 2 CP). Dans cette mesure également, la cour cantonale n'a pas violé l'art. 8 CEDH en ordonnant son expulsion. Pour le surplus, le recourant ne discute pas de la durée de la mesure - par 8 ans - prononcée à son encontre.