Citation: 8C_454/2023 E. 5.4

5.4. S'agissant des restrictions fonctionnelles, la limite de marche de 30 minutes se recoupe avec la contre-indication à des marches prolongées, incluse dans les limitations retenues par l'intimée. Quant aux douleurs - qui ne sont au demeurant pas uniquement imputables aux suites des accidents -, il en a également été tenu compte pour fixer ces limitations, qui visent à solliciter le moins possible les chevilles. Le niveau de compétence 1 de l'ESS contient par ailleurs suffisamment d'emplois avec des tâches simples et légères, et on ne voit pas que ces emplois seraient moins rémunérés que ceux comprenant des activités plus lourdes. On rappellera encore que lorsque, comme en l'espèce, un nombre suffisant d'activités correspondent à des travaux respectant les limitations fonctionnelles de l'assuré, une déduction supplémentaire sur le salaire statistique ne se justifie en principe pas pour tenir compte des circonstances liées au handicap. En effet, un abattement n'entre en considération que si, sur un marché du travail équilibré, il n'y a plus un éventail suffisamment large d'activités accessibles à l'assuré (arrêt 8C_147/2023 du 8 août 2023 consid. 5.2.2 et les arrêts cités). Dans ces conditions, un abattement de 5 % en raison des limitations fonctionnelles apparaît suffisant. Comme exposé par la juridiction cantonale, le critère des années de service ne constitue pas un motif d'abattement en l'espèce, l'influence de la durée de service sur le salaire étant peu importante dans le cadre des emplois du niveau de compétence 1, qui ne nécessitent ni formation ni expérience professionnelle spécifique (arrêts 8C_615/2022 du 24 mai 2023 consid. 7.2.4; 8C_46/2018 du 11 janvier 2019 consid. 4.4 et les arrêts cités). Contrairement à ce que soutient le recourant, il ne ressort pas de l'arrêt qu'il cite (8C_283/2022 du 16 février 2023) qu'un abattement au titre des années de service devrait être opéré pour les activités du niveau de compétence 1. En ce qui concerne enfin le critère de la nationalité, le recourant, au bénéfice d'un permis d'établissement, vivait en Suisse depuis environ 20 ans au moment de la décision sur opposition de l'intimée. Au vu des activités simples du niveau de compétence 1, on peut douter que ses perspectives de gain soient moindres que celles d'un travailleur ayant la nationalité suisse (cf. ATF 126 V 75 consid. 5a/cc; arrêts 8C_883/2015 du 21 octobre 2016 consid. 6.3.2; 8C_738/2012 du 20 décembre 2012 consid. 6.2), quand bien même il maîtriserait mal le français et n'aurait pas de formation professionnelle (cf. arrêts 9C_550/2019 du 19 février 2020 consid. 4.3; 9C_898/2017 du 25 octobre 2018 consid. 3.4). Compte tenu de l'ensemble des circonstances, la juridiction cantonale n'a quoi qu'il en soit pas exercé son pouvoir d'appréciation de manière contraire au droit en retenant un abattement global de 5 %.