Citation: 6B_1120/2023 E. 1.3.2

1.3.2. Le recourant soutient tout d'abord qu'un observateur neutre ne pouvait manifestement pas accorder le moindre crédit à un tel tweet, puisqu'il tombait sous le sens que l'intimé n'en était pas l'auteur. Selon le recourant, la cour cantonale aurait en effet complètement omis d'examiner le contexte dans lequel ce faux tweet avait été rédigé, soit la course à l'élection au Conseil d'État valaisan, où des groupes " anti-B.________ " avaient vu le jour sur les réseaux sociaux; c'était précisément sur un groupe intitulé " dégage B.________ " que le tweet litigieux avait été posté par le recourant à deux jours du second tour de l'élection. Il était ainsi impossible de croire un seul instant que l'intimé publierait une telle déclaration sur un réseau social, qui plus est dans un groupe qui lui était notoirement hostile. Par ailleurs, les mentions " @couponsluilavoie ", " @degageB.________ " et " @jesuisputchiste " démontraient que l'intimé ne pouvait de toute évidence pas être à l'origine du tweet en question. Contrairement à ce que semble croire le recourant, le fait d'avoir posté le tweet litigieux dans un groupe qui était antagoniste à l'intimé ne suffit pas pour considérer qu'un destinataire non prévenu, dans les circonstances d'espèce, aurait objectivement pu se rendre compte que ce tweet était un faux et qu'il n'émanait pas de l'intimé. Il ne faut en effet pas minimiser l'impact particulier d'un post qui apparaît provenir clairement de l'intimé - son nom et prénom figuraient en gras dans l'intitulé - (cf. pièce 3 du dossier cantonal [plainte pénale du 20 juin 2017]), ce qui frappe aussitôt l'attention du lecteur, lequel ne se représente d'emblée pas que celui-ci puisse être un faux. Au contraire, comme l'a relevé la cour cantonale, par le subterfuge utilisé (soit l'utilisation d'un logiciel accessible via internet permettant de générer des faux tweets), il était difficile pour tout un chacun d'imaginer que le tweet émanait d'un tiers et de reconnaître une éventuelle volonté de son auteur réel de tourner en dérision tant l'intimé que les procédés des partisans de celui-ci, comme le confirmaient par ailleurs les réactions des internautes (cf. infra consid. 1.3.3). Du reste, comme dans le contexte d'un article - où il n'est pas rare que son lecteur ne lise que le titre ou l'intertitre (cf. supra consid. 1.1) -, il en va de même dans le cas d'un post sur les réseaux sociaux: il est tout à fait envisageable, et même assez courant, qu'un lecteur lambda, parce qu'il n'en prend pas la peine ou parce qu'il n'en a pas le temps, ne lise que le post et de qui il provient et non pas les hashtags (#), ou toute autre mention, qui figurent à la fin du commentaire. Par ailleurs, comme souligné à juste titre par la cour cantonale, le recourant avait lui-même admis que certains visiteurs du site avaient pu croire que le tweet litigieux était bien le fait de l'intimé, nonobstant les termes " @couponsluilavoie " " @degageB.________ " et "# jesuisputchiste " qui le suivaient immédiatement. Le fait que le post du recourant ait été publié quelques jours avant la potentielle réélection de l'intimé au Conseil d'État valaisan ne change rien à cette appréciation. Il est également sans pertinence de savoir que sur les réseaux sociaux circuleraient beaucoup de fake news.