Citation: 6P.151/2000 19.12.2000 E. 1

b) aa) En l'espèce, le Tribunal cantonal a confirmé les faits admis par le Tribunal correctionnel, retenant en particulier que le recourant avait effectué une livraison de stupéfiants à Genève le 27 janvier 1999. L'autorité intimée a toutefois précisé qu'il était certes possible que le correspondant inconnu n'ait pas été physiquement présent à Genève et qu'un intermédiaire ait réceptionné la drogue, mais cela démontrait en définitive que la présence de l'interlocuteur non identifié n'avait qu'une importance secondaire, seule la réalité de la livraison par le recourant étant déterminante. bb) D'une part, le recourant persiste à soutenir qu'une rencontre le 27 janvier 1999 à Genève avec le correspondant inconnu n'est pas établie. D'autre part, il déclare qu'il ne suffit pas de rapprocher sa présence à Genève de contacts téléphoniques entre un inconnu non localisé et deux acteurs d'un trafic de drogue, pour démontrer qu'il aurait remis des stupéfiants dans cette ville, que ce soit à l'interlocuteur non identifié ou à un tiers. Du reste, il ne ressort pas de la comptabilité qu'un tel acte soit survenu à cette date. Surtout, toujours selon le recourant, la livraison en cause est le seul cas précis retenu à sa charge. cc) Cependant, le recourant ne conteste pas s'être rendu à Genève le 27 janvier 1999. Il ne nie pas davantage que ce déplacement intervenait dans le cadre d'un trafic de drogue, ainsi qu'en attestait le tableau des dépenses relatif à ce commerce, ni que ce trajet était lié à des contacts téléphoniques entre lui-même, le correspondant inconnu et le dénommé W.________, impliqué dans un vaste trafic de stupéfiants. En outre, le Tribunal cantonal ne s'est pas limité à retenir la livraison litigieuse, mais a confirmé l'ensemble des faits admis par le Tribunal correctionnel, soit notamment la participation du recourant, de janvier à mars 1999, à un trafic portant sur plusieurs kilos d'héroïne et plus d'un kilo et demi de cocaïne. Or, cette conviction repose sur plusieurs éléments que le recourant ne conteste pas non plus. En particulier, le téléphone fixe de l'appartement hébergeant le recourant a été contacté par Y.________, arrêté en possession de cocaïne. Dans ce logement a également été interpellé un mineur, alors porteur de trois boulettes de cocaïne et de 2'050 fr. transportés pour le compte d'un ressortissant du Kosovo. Enfin, cet appartement abritait, outre de la cocaïne et de l'héroïne, une importante comptabilité manuscrite relative à un trafic de stupéfiants. S'agissant du recourant lui-même, une de ses empreintes digitales ainsi que son nom figuraient sur la comptabilité précitée. De plus, son agenda contenait des noms et des calculs traitant également d'un trafic de stupéfiants. Enfin, son passeport a été découvert dans l'appartement où logeait notamment W.________, avec lequel il a entretenu au moins 250 conversations téléphoniques. Dans ce contexte, le Tribunal cantonal pouvait sans arbitraire imputer la livraison litigieuse au recourant, que les stupéfiants aient été remis à l'interlocuteur non identifié ou à un tiers. En conclusion, le Tribunal cantonal s'est conformé au principe de la protection contre l'arbitraire ainsi qu'à la maxime "in dubio pro reo", de sorte que le recours de droit public est mal fondé.