Citation: 5P.218/2004 03.09.2004 E. 1

2.3 Le recourant soutient ensuite qu'il était arbitraire d'admettre que les augmentations successives du prêt hypothécaire (au total 277'300 fr.) grevant la villa de son ex-épouse avaient servi à la construction du chalet. Il réaffirme avoir acquis la parcelle pour un montant d'environ 36'850 fr. le 29 mars 1996 et y avoir fait construire un chalet à l'aide de ses fonds propres, à savoir la somme de 105'000 fr. reçue de son père du vivant de celui-ci et dans sa succession. Pour démontrer l'arbitraire de l'appréciation cantonale, le recourant rappelle que la première augmentation du prêt hypothécaire accordée par la Banque X.________ a eu lieu le 11 septembre 1995 pour un montant de 127'300 fr., alors que le paiement de l'avance de 1'550 fr. pour la réservation de la parcelle est intervenu trois semaines auparavant et a été réglé par débit d'un compte bancaire français. L'achat de la parcelle n'a en outre eu lieu que six mois plus tard. Il affirme par ailleurs n'avoir jamais fait usage de la procuration qu'il détenait sur le compte de son ex-épouse auprès de la banque et sur lequel ont été versées les augmentations de crédit. Celle-ci n'aurait en tout cas pas produit de pièces bancaires démontrant l'utilisation de cette procuration. Les arguments du recourant, en partie irrecevables car de type appellatoire, ne sont pas de nature à rendre insoutenable l'appréciation cantonale. La Cour de justice s'est fondée sur les accords écrits avec la banque et sur le témoignage de l'employé de cette banque pour retenir que les augmentations de crédit avaient été accordées en vue de l'achat de la parcelle et de la construction du chalet. Cette autorité n'a pas ignoré que la destination des montants n'avait pas été vérifiée par la banque et que le recourant avait hérité, lors de la construction du chalet, d'une somme d'environ 105'000 fr. Elle a cependant relevé que cette somme était très nettement inférieure au prix de revente du chalet moins de cinq ans plus tard, soit 283'066 fr. En revanche, l'augmentation du prêt hypothécaire se montait à 277'300 fr., ce qui correspondait au prix de revente, sous réserve d'une petite augmentation de valeur de 5'766 fr. Cette appréciation des éléments de preuve échappe au grief d'arbitraire. 2.4 Le recourant soutient par ailleurs qu'il était arbitraire de le condamner à rembourser à son ex-épouse les intérêts hypothécaires relatifs à l'augmentation du prêt de 277'300 fr., puisque cette somme n'avait jamais servi à financer le chalet. Vu le sort du grief précédent, relatif au capital de 277'300 fr., le présent grief doit être également rejeté. 2.5 L'avant-dernier grief du recourant concerne la pension de 1'000 fr. qu'il a été condamné à verser à son ex-épouse jusqu'à ce que celle-ci atteigne l'âge de la retraite, en 2017. Il affirme devoir lui-même prendre sa retraite au plus tard à fin février 2006 et ne pouvoir ainsi assumer une contribution d'entretien pour son ex-épouse au-delà de cette date. La cour cantonale a constaté que le recourant approchait du moment où il pouvait prendre une retraite anticipée, mais qu'en raison de son grade élevé, il n'était pas obligé de quitter son service avant l'âge de 63 ans. Par ailleurs, rien ne l'empêchait d'exercer une activité rémunérée pour compléter le montant de sa retraite, tant qu'il devait entretenir ses enfants. Lorsque la décision attaquée se fonde sur deux motivations indépendantes et alternatives, suffisant chacune à la motiver, le recourant doit, à peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'entre elles viole ses droits constitutionnels (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 119 Ia 13 consid. 2 et l'arrêt cité). En l'espèce, le recourant s'en prend exclusivement à la constatation de la cour cantonale quant à sa possibilité de continuer à travailler au sein de la police jusqu'à l'âge de 63 ans et laisse intacte l'argumentation subsidiaire des juges cantonaux, selon laquelle, même s'il prenait sa retraite en 2006, il pourrait compléter ses revenus par une activité rémunérée. Son grief est donc irrecevable. 2.6 Le recourant soutient enfin que son ex-épouse serait en mesure de reprendre une activité lucrative à plein temps, vu sa formation, son expérience professionnelle, le marché de l'emploi des secrétaires et l'âge de la dernière des enfants. La cour cantonale a retenu que l'intimée devra encore s'occuper pendant plusieurs années de l'éducation d'une, voire de plusieurs enfants, selon leur âge et que sa capacité de gain est par conséquent toujours restreinte, essentiellement en raison de la répartition des tâches opérée durant le mariage. La critique du recourant, de nature purement appellatoire, ne répond pas aux exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495), de sorte que le grief est irrecevable.