Citation: 5A_901/2014 E. 5.2

5.2. Selon l'autorité cantonale, l'épouse dispose d'une formation de laborantine et a travaillé jusqu'à la naissance de son premier enfant comme réceptionniste et assistante médicale. Dès 2003, elle s'est largement investie dans la rénovation de la villa familiale. Elle est aujourd'hui âgée de 47 ans, mais n'en avait que 43 au moment de la séparation intervenue le 1 er octobre 2010. Elle est de surcroît en bonne santé et ses tâches éducatives lui ont permis, dès le mois de septembre 2014, d'entreprendre une formation. En l'absence de tout espoir de réconciliation entre les parties, on pouvait donc attendre de l'épouse qu'elle reprenne une activité lucrative, du moins à temps partiel, dès lors que le cadet des enfants avait atteint l'âge de 10 ans le 19 octobre 2014. Un délai de quelques mois devait toutefois lui être accordé pour se réintégrer dans le monde du travail. Selon l'estimation du salaire mensuel brut dans le canton de Vaud en 2010, les personnes nées en 1967, au bénéfice d'une formation "de type apprentissage" et sans ancienneté, exerçant des activités simples et répétitives à raison de vingt heures par semaine, percevaient dans l'industrie chimique et pharmaceutique un salaire mensuel brut moyen de 3'790 fr., tandis que celles travaillant en qualité de secrétaire dans la branche "d'activités pour la santé humaine" réalisaient un gain mensuel brut moyen de 2'680 fr. Par conséquent, il se justifiait d'imputer à l'épouse, dès le 1 er mars 2015, un revenu hypothétique de l'ordre de 1'200 fr. net par mois, correspondant à un travail à faible temps partiel dans les domaines précités. En ce qui concerne cette question, la recourante n'indique pas non plus quel droit constitutionnel ou principe juridique aurait été violé par l'autorité cantonale, ni la nature de ces violations. Même si elle entendait implicitement invoquer l'arbitraire (art. 9 Cst.), la recourante ne démontre pas que les principes rappelés plus haut auraient été appliqués de manière insoutenable. Elle se borne en effet à affirmer, en substance, que son emploi du temps ne lui permet pas de travailler, eu égard aux difficultés rencontrées par ses quatre enfants qui, outre de nombreuses activités parascolaires, ont de fréquents rendez-vous chez des médecins, dont des pédopsychiatres, et chez des logopédistes, que l'importante formation continue de l'intimé a été possible grâce à elle, qui non seulement s'est chargée d'élever pratiquement seule leurs quatre enfants, mais aussi a largement contribué à la rénovation de leur maison, enfin, que la formation qu'elle vient de débuter ne saurait être interprétée dans le sens d'une disponibilité suffisante pour reprendre une activité lucrative: cette argumentation ne suffit pas à démontrer que l'autorité cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en considérant qu'en dépit de la garde de ses quatre enfants, il pouvait être exigé de l'épouse qu'elle reprenne une activité lucrative à faible temps partiel dès le 1er mars [recte: avril] 2015. Autant qu'il est suffisamment motivé, le moyen est dès lors infondé. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur les critiques de la recourante concernant le refus de l'autorité cantonale de tenir compte des pièces produites en appel, tendant à démontrer que les activités parascolaires de ses enfants et les difficultés psychologiques de deux d'entre eux auraient une incidence sur la question de son éventuelle capacité de gain, et d'avoir par conséquent insuffisamment établi les faits sur ce point.