Citation: 4P.23/2001 17.10.2001 E. A

A.- a) G.________, décédé en 1964, était propriétaire en France, d'un vaste domaine comprenant un château, classé monument historique en 1943, ainsi que des terres, des maisons, des fermes et des bois. Ses héritiers, au nombre desquels figure A.________, domicilié à Genève, ont été en litige durant plus de vingt ans. En exécution d'une promesse de vente signée le 23 mars 1987, les hoirs du de cujus, par acte notarié du 3 juin 1987, ont vendu à Y.________ S.à r.l. (ci-après: Y.________), à Paris, l'ensemble du domaine pour le prix de 27 210 000 fr.fr. Par une "déclaration de command", rédigée en la forme authentique le 3 juin 1987 également, A.________ a acquis de Y.________ la propriété du château, à l'exclusion de son mobilier. b) Au mois de mai 1987, Y.________ a pris contact avec X.________ Limited (ci-après: X.________), en vue de lui revendre une partie du mobilier du château pour le prix de 28 000 000 fr.fr. Le 22 mai 1987, ces deux sociétés ont passé, sous seing privé, un accord comprenant notamment le passage suivant (traduction de l'anglais fournie par la recourante): "Par la présente, Y.________ vend avec la condition suspensive ci-après à X.________, dont le représentant accepte, les meubles meublants et les autres biens mobiliers qui se trouvent actuellement au château de ..., décrits, point par point, dans l'estimation établie ce jour par les soussignés, dressée à la suite de l'évaluation susmentionnée de M. D.________ et jointe au présent après avoir été certifiée sincère et véridique par les soussignés. ... La présente vente est faite sous réserve de la condition suspensive que Y.________ en deviendra propriétaire par acquisition aux consorts promettants selon les clauses et conditions prévues dans la promesse de vente susmentionnée.. " c) En juin 1987, Y.________ a fait enlever deux bas-reliefs en marbre blanc réalisés en 1769 par le sculpteur Félix Lecomte et intégrés dans le décor du grand salon du château. En novembre 1990, Y.________ a proposé au Musée du Louvre de lui vendre les bas-reliefs. Cependant, la vente projetée s'est heurtée à l'opposition du Ministère de la Culture de la République française, qui a promulgué, le 10 juillet 1995, un arrêté ordonnant la remise en place des deux bas-reliefs, alors entreposés au Louvre, dans le grand salon du château. Cet arrêté ministériel a été confirmé, en dernier lieu, par un arrêt du Conseil d'Etat français du 24 février 1999, lequel a considéré que les bas-reliefs avaient le caractère d'immeubles par nature, qu'ils bénéficiaient donc du classement dudit château comme monument historique et qu'ils devaient, partant, être remis en place conformément à la législation en la matière.