Citation: 1C_644/2012 E. 6.3

6.3. Il ressort de ce qui précède que la variante 1 autorisée ne représente pas la seule alternative permettant d'une part d'atteindre des conditions de stabilité satisfaisantes et durables du site et de ses abords et, d'autre part, de créer les conditions favorables à une renaturation. A cet égard, il sied de rappeler que la sécurisation du Châble du Midi est l'objectif prioritaire et que la renaturation des lieux ne revêt qu'un caractère secondaire, d'autant que, au vu de l'état actuel de la falaise, de la carrière et de l'importance de son impact sur les Monts d'Arvel, la réintégration paysagère du site semble difficile à réaliser de façon satisfaisante, à moyen terme en tout cas, et ce quelle que soit la solution retenue. Quoi qu'il en soit, on ne voit pas que la variante 1 offrirait, comme l'affirment les exploitants, des perspectives de renaturation nettement plus avantageuses que la variante 4. En tout état de cause, il n'est pas possible d'affirmer, à ce stade, que les travaux de sécurisation autorisés ménagent "le plus possible" le site des Monts d'Arvel. Les mesures préconisées par l'arrêt cantonal provoqueront indéniablement une aggravation importante de l'atteinte au paysage (extension de 10 % de la surface du périmètre d'exploitation déjà autorisé), sans que l'on ne soit toutefois sûr, sur la base des expertises au dossier, qu'une intervention en-dehors du périmètre actuel d'extraction est absolument indispensable à la sécurisation du site et ne provoque pas d'autres dangers susceptibles d'entraîner des mesures de sécurité supplémentaires. Les avantages que pourrait retirer l'intimée de la variante 1, laquelle lui permettrait d'extraire un volume non négligeable de roches supplémentaires - alors que l'exploitation de la carrière du "Châble du Midi" est interrompue depuis l'éboulement du 12 décembre 2008 et que son permis d'exploiter est échu depuis le 30 juin 2011 -, ne sont en outre pas déterminants face aux intérêts public prépondérants que sont la sécurisation des lieux et la protection du paysage. Il s'ensuit que le Tribunal cantonal a violé l'art. 6 LPN en confirmant les mesures litigieuses sans procéder à un examen plus approfondi des solutions alternatives, et notamment sans requérir une expertise complémentaire, alors que ces opérations avaient pourtant été requises en procédure cantonale par la cheffe du DSE. Le recours doit par conséquent être admis. L'arrêt attaqué est annulé ainsi que le plan d'extraction "Carrières d'Arvel, travaux de sécurisation du sommet de la falaise" approuvé par le DSE le 29 août 2011. L'autorisation de défrichement du 22 juillet 2011 devient dès lors sans objet.