Citation: 6B_1232/2023 E. 3.2.2

3.2.2. La cour cantonale a retenu qu'il était établi, ce que le recourant ne contestait plus sur le principe, qu'il avait entretenu une relation sexuelle complète avec l'intimée 2 la nuit du 28 novembre 2014, avec pénétrations vaginale et anale, les deux coïts étant prouvés par l'analyse des prélèvements ADN effectués au niveau de la vulve, du fornix et de l'anus de la victime. L'intimée 2 avait fait part de manière constante de souvenirs sous forme de flashs, selon lesquels elle s'était trouvée à l'arrière d'une voiture et avait dû résister à quelqu'un. Ses déclarations étaient circonscrites à ses réminiscences, qu'elle n'avait pas exagérées ni cherché à combler en faisant des conjectures, pour donner plus de poids à sa plainte. Elle avait expliqué de manière cohérente qu'elle avait craint un éventuel abus de nature sexuelle dès lors qu'elle avait constaté ne plus porter de culotte et que cette crainte avait été renforcée par les taches de sang constatées sur le slip mis pour se rendre à l'hôpital. Il apparaissait dès lors qu'elle avait porté plainte dans le but de trouver une réponse à ce qu'il s'était passé. Elle n'avait sinon aucun bénéfice à retirer de la procédure pénale. Celle-ci n'aurait pas servi à cacher à sa famille ou à justifier auprès de celle-ci un comportement qu'elle aurait tenu pour indigne. Si elle avait voulu lui cacher avoir eu une relation intime d'un soir, elle aurait donné une autre explication à son état et sa rentrée tardive et refusé de se rendre à l'hôpital pour effectuer des analyses. L'utilisation de la contrainte physique résultait pour le surplus du contexte, de l'état et de la personnalité de l'intimée 2, ainsi que des lésions subies et de l'analyse des prélèvements sous les ongles de sa main droite. Jeune, vierge, elle avait soudainement quitté ses amis vers 01h30, alcoolisée mais capable de marcher, dans le but de rentrer chez elle avec le dernier bus, et non de poursuivre la fête. Il n'était donc pas crédible qu'elle eût choisi de librement discuter avec un inconnu, et encore moins de le suivre afin d'entretenir un rapport sexuel non protégé à l'extérieur, en plein mois de novembre, pour ensuite poursuivre sa route. L'intimée 2 présentait des dermabrasions, en particulier dans la région vaginale et anale. L'ADN du recourant avait été retrouvé sous les ongles de la victime, ce qui corroborait le fait qu'elle lui avait résisté. Elle était rentrée chez elle après avoir erré en ville puis dormi dans le bus durant près de six heures, dans un état déplorable, sans son sac ni son téléphone, ce qui témoignait d'une perte complète de contrôle, due à une consommation d'alcool excessive associée à celle de benzodiazépines. Il n'importait pas de savoir comment cette substance-ci s'était retrouvée dans son sang, elle-même n'ayant pas le souvenir d'avoir pris des médicaments de ce type. Quelle que fut la réponse donnée, elle n'influait pas sur le constat que le rapport sexuel en cause n'avait pas pu avoir lieu sans contrainte. Quoi qu'en disait désormais le recourant, il était établi qu'il disposait à l'époque des faits d'une voiture, vraisemblablement au nom de sa femme dont il n'avait été séparé que provisoirement, et qu'il y avait entretenu des rapports non protégés avec plusieurs partenaires. Cela était conforme à ses premières déclarations et avait été confirmé par le témoin N.________. Les déclarations du recourant étaient évolutives et imprécises. Il s'était défendu d'être un violeur mais n'avait donné aucun détail convaincant sur le déroulement des faits, qui se seraient passés très rapidement dans le froid au bord de l'Arve. Sa thèse n'expliquait pas la présence de son ADN dans l'anus de la victime et les caresses de celle-ci sur son dos justifiaient bien plus difficilement la présence de son ADN sous les ongles de l'intimée 2 que l'hypothèse, retenue par la cour cantonale, dans laquelle celle-ci avait dû se défendre. Le recourant avait au surplus décrit la victime comme normale et joyeuse et expliqué qu'ils s'étaient séparés rapidement et naturellement après avoir marché ensemble, ce qui n'était pas du tout compatible avec l'état et les délais dans lesquels elle avait pris le bus puis était rentrée chez elle. Au vu de ce qui précédait, il était établi à satisfaction de droit que l'intimée 2 avait eu le rapport susdécrit avec le recourant sous la contrainte, très certainement à l'arrière de la voiture utilisée par celui-ci à l'époque, garée à proximité du domicile conjugal, quai Z.________, dès lors que le véhicule était inscrit au nom de son épouse, dont il n'était que provisoirement séparé.