Citation: 5P.23/2002 22.03.2002 E. 4

4.- A la fin de la partie "En fait" de son jugement, la Cour civile a mentionné que d'"autres faits allégués et admis ou prouvés, mais sans incidence sur la solution du présent procès, ne sont pas reproduits". La Chambre des recours a rejeté les griefs formulés sur ce point par les recourantes, ajoutant que, pour le surplus, elles n'avaient pas précisé quel fait, allégué et prouvé, et de nature à influer sur le jugement n'aurait pas été retenu. Les recourantes font valoir que, vu le mode de faire de la Cour civile, il leur était impossible de déterminer quels allégués admis et prouvés n'avaient pas été retenus; les premiers juges devaient, au contraire, reprendre tous les faits allégués prouvés ou admis, ou indiquer ceux qui n'étaient pas retenus. Elles se plaignent d'arbitraire dans l'application de l'art. 300 al. 2 CPC/VD, ainsi que d'une violation de leur droit d'être entendues. Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. (= art. 4 aCst.) oblige les juridictions cantonales à motiver leurs décisions (ATF 121 I 54 consid. 2c p. 57); l'art. 300 al. 2 CPC/VD découle de cette exigence (arrêt 5P.105/1995 du 18 juillet 1995, consid. 3b, publié in: JdT 1996 III p. 148 et les références citées). Lorsque le choix que le juge est amené à faire dépend de l'éclaircissement de certains points de fait et que des moyens de preuve ont été administrés, il lui appartient de dire, dans la motivation de son jugement et en se référant à cette administration des preuves, pourquoi il a retenu tel fait plutôt que tel autre (ATF 101 Ia 545 consid. 4d p. 552). Il suffit cependant qu'il mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que le justiciable puisse saisir la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause; il n'est pas obligé d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs présentés par les parties, mais peut, au contraire, se limiter à ceux qui, sans arbitraire, apparaissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102/103 et la jurisprudence citée). Dès lors, c'est à tort que les recourantes se plaignent de l'absence de motivation de faits auxquels les premiers juges ont expressément dénié toute incidence sur l'issue du procès. Au surplus, l'arrêt attaqué apparaît conforme sur ce point à la jurisprudence cantonale (JdT 1987 III p. 64), dont les recourantes ne démontrent nullement en quoi elle serait arbitraire (art. 90 al. 1 let. b OJ).