Citation: 5A_432/2024 E. 3.3

3.3. La recourante soutient que le mariage revêt incontestablement un caractère " lebensprägend " dès lors qu'il a duré 33 ans, que deux enfants sont issus de cette union, qu'elle a subvenu au besoin de son ex-mari après la conclusion du mariage afin de lui permettre de reprendre et de terminer ses études, ce qui lui avait permis d'avoir un poste de référence, et que les époux bénéficiaient d'un train de vie très confortable du temps de la vie commune résultant du cumul de leurs revenus. Il convenait, au-delà de la séparation, de protéger la confiance qu'elle avait placée dans la continuité du mariage. Étant à la retraite, elle ne disposait plus que d'une rente AVS d'un montant de 1'630 fr. et d'une rente LPP de 2'800 fr. par mois. C'était de manière arbitraire que la Cour de justice avait évoqué qu'elle bénéficiait d'un revenu additionnel de 1'052 fr. 60 par mois au titre du placement de son capital LPP, dès lors que ce montant reposait sur une allégation non démontrée de l'intimé et qu'elle ambitionnait d'acheter un bien immobilier avec ces avoirs. En tout état de cause, ses expectatives de retraite ne lui permettraient pas de couvrir ses charges mensuelles de base estimées à 6'000 fr. au moins. Il était tout aussi arbitraire de lui reprocher de s'être logée dans un appartement de 3'000 fr., compte tenu du prix de location d'un simple studio et du fait qu'elle s'était dispensée de frais onéreux de déménagement. Par opposition, les revenus réalisés par son ex-mari étaient importants et il était certain qu'il bénéficierait d'une rente correspondant à 60% de son dernier salaire une fois à la retraite. Cette disparité de situation imposait l'octroi d'une contribution d'entretien après divorce en sa faveur de 4'500 fr. a minima, ce montant pouvant être réduit en fonction des expectatives de retraite de son ex-mari.