Citation: 1B_531/2018 E. 1.2

1.2. En ce qui concerne tout d'abord les considérants de la décision attaquée confirmant l'ordonnance du 14 août 2018, cela ne met pas un terme à la procédure pénale et le recours sur ce point n'est donc recevable qu'en présence d'un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF). Tel est le cas en l'occurrence. En effet, le recourant se trouve, à la suite de l'arrêt attaqué, dans l'obligation de répondre, de manière conforme à la vérité, aux trois questions posées par le Ministère public genevois sous peine d'encourir les sanctions prévues à l'art. 307 CP. Or, à le suivre, les réponses à ces interrogations, en lien notamment avec son éventuel rôle dans la diffusion d'informations à la presse, ainsi que son éventuelle participation au paiement des honoraires de certaines parties plaignantes opposées à B.________ à la suite de la déconfiture de ses sociétés, pourraient être utilisées dans le cadre de la procédure pénale vaudoise PE-- instruite à son encontre, en particulier vu les chefs de prévention dénoncés par B.________ dans sa plainte pénale du 7 décembre 2016 (dénonciation calomnieuse, subsidiairement induction de la justice en erreur, calomnie, subsidiairement diffamation et escroquerie au procès); ce dernier aurait d'ailleurs déjà transmis au Procureur vaudois une information - donnée dans la cause genevoise - relative au paiement par le recourant des honoraires du notaire ayant instrumenté les déclarations à la charge de B.________ effectuées par son ancien chauffeur relatives à l'organisation d'une agression des époux A.________. L'obligation de témoigner et de dire la vérité dans la cause P/6246/2018 pourrait ainsi porter atteinte au droit fondamental du recourant de ne pas s'auto-incriminer dans la procédure PE-- (cf. art. 113 al. 1 et 158 al. 1 let. b CPP; ATF 144 IV 28 consid. 1.2.3 p. 31; 142 IV 207 consid. 8.1, 8.2, 8.3 et 8.3.1 p. 213 s.), droit que le refus de témoigner au sens de l'art. 169 al. 1 let. a CPP ou le statut conféré par l'art. 178 let. f CPP pourrait permettre, le cas échéant, de garantir. Dès lors que la question au fond tend à examiner si le recourant peut à juste titre se prévaloir de l'une ou l'autre de ces dispositions, ces éléments, au stade de la recevabilité, sont suffisants. Cela vaut d'ailleurs indépendamment de l'éventuelle procédure civile invoquée en lien avec l'art. 169 al. 1 let. b CPP. Sous cet angle, le recourant, qui conteste le statut de témoin retenu à son encontre, respectivement se prévaut d'un droit de refuser de témoigner, a un intérêt juridiquement protégé à obtenir l'annulation ou la modification de la décision attaquée (art. 81 al. 1 let. a et b LTF). Il y a donc lieu d'entrer en matière.