Citation: 6B_343/2024 E. 1

Sous couvert d'arbitraire, le recourant oppose sa propre appréciation à celle de la cour cantonale. Cette démarche est essentiellement appellatoire. Le moyen apparaît irrecevable. En tant que de besoin, on peut se limiter à relever que pour établir la manière dont les coups ont été portés, la cour cantonale a notamment mis en exergue les explications d'un troisième témoin, qui a utilisé le terme " s'acharner " et attesté de manière claire de la violence des coups tout en restant mesuré nonobstant ses liens avec le lésé. Or, le recourant ne remet pas en question les conclusions de la cour cantonale sur ce point et il ne démontre donc pas en quoi la décision entreprise serait insoutenable dans son résultat, ce qui suffit à conduire au rejet du grief. De surcroît, le deuxième témoin dont le recourant discute les explications a dit avoir appelé la police pour " éviter un mort ". Que cette expression fût, cas échéant, métaphorique et que ce témoin ait ensuite nié avoir constaté une volonté homicide n'est pas de nature à remettre en question la violence du comportement du recourant. Enfin, un quatrième témoin, dont le recourant ne discute pas les explications, a décrit des coups donnés avec la semelle de la chaussure et dans un geste d'écrasement (jugement sur appel, consid. 20.1 p. 30). Il n'y a rien d'insoutenable à qualifier de " violent " un tel comportement. Pour ce qui est de l'intention, la cour cantonale a souligné que la violence exercée (y compris le mouvement d'écrasement de la tête sur le sol avec le pied) n'était pas justifiée. Elle a relevé l'état de santé et la fragilité générale du lésé, qui souffrait d'addictions diverses, ainsi que la stature imposante du recourant, qui n'avait pas poursuivi sa fuite lorsque le lésé l'avait suivi avec un couteau, mais s'était au contraire retourné pour le mettre au sol et lui avait asséné plusieurs coups de pied sur le haut du corps et à la tête, alors que son adversaire, en infériorité numérique, s'était retrouvé rapidement désarmé. La cour cantonale en a conclu que le recourant avait accepté, s'il se réalisait, le risque de le blesser gravement (jugement sur appel, consid. 20.3 p. 31 s.). Il n'y a rien d'insoutenable dans ce raisonnement, de sorte que le recourant discute ensuite en vain les conclusions que la cour cantonale a tirées de ses propres déclarations au stade de la qualification de cette intention comme relevant d'un dol éventuel extrêmement proche du dol direct (jugement sur appel, consid. 25.4 p. 37 s.).