Citation: 5A_1016/2017 E. 5.1

5.1. S'agissant des panneaux solaires, la cour cantonale a ensuite estimé que, s'ils entravaient certes l'exercice de la servitude de par leur emplacement et leur nature, la recourante ne pouvait toutefois s'en plaindre et solliciter leur retrait sans faire preuve d'un comportement contradictoire, constitutif d'un abus de droit. La chronologie des faits et le comportement adopté par la recourante et son époux indiquaient en effet que, malgré leurs contestations initiales, ceux-ci avaient finalement accepté la pose des panneaux solaires à certaines conditions, que l'intimée avait en l'espèce respectées. C'était du reste en vain que la recourante alléguait que son mari avait agi sans son consentement vu sa propre implication dans le suivi du projet de construction litigieux. Dans la mesure enfin où le transport sur place avait démontré que les panneaux n'étaient pas visibles depuis son logement, sous réserve d'un seul panneau perceptible depuis le côté ouest de la terrasse, la prétention de la recourante tendant à leur enlèvement apparaissait disproportionnée. Concernant les tuyaux de ventilation - dont il a été admis que la présence ne violait pas le contenu de la servitude (consid. 4 supra) - la cour cantonale a considéré qu'il ressortait du témoignage de l'architecte E.________ qu'aucun élément ne permettait de mettre en doute qu'un accord était intervenu entre les parties sur ce point, lequel avait conduit l'intimée à raccourcir au maximum ces installations, au risque d'ailleurs de mettre en péril les garanties de construction. La position de la recourante était au demeurant incohérente en tant qu'elle persistait à solliciter le retrait des tuyaux pour des questions esthétiques alors que le résultat en serait encore plus incommodant selon les déclarations unanimes des architectes entendus. Dépourvue d'intérêt digne de protection, cette prétention était également constitutive d'un abus de droit.