Citation: 4C.68/2000 23.08.2000 E. 1

1.- Les recours en réforme déposés par ces deux demandeurs ont été rédigés de façon identique. Il y a lieu, partant, de les traiter simultanément. Les recourants contestent le bien-fondé du résultat de l'interprétation auquel est parvenue la Cour civile. Ils reprochent à l'autorité cantonale d'avoir passé complètement sous silence la seconde partie de la lettre du 31 mars 1987, soit la clause dite d'"amortissement", et d'avoir ainsi méconnu le véritable but poursuivi par les cocontractants. A leur avis, la seule interprétation compatible avec le principe de la confiance et le texte de cette clause est de considérer le prêt litigieux comme un crédit-relais qui devait permettre à Fresse-Luxit S.A., dont la situation financière n'était pas bonne, de survivre et à ses actionnaires de disposer du temps nécessaire pour réunir de nouveaux fonds en vue de l'augmentation du capital de ladite société à opérer avant le 31 décembre 1988. Quant à la garantie du crédit-relais, elle consistait dans la cession par les demandeurs, à la défenderesse, de leur créance en remboursement des fonds mis à leur disposition par la banque et prêtés par eux à Fresse-Luxit S.A. Ainsi, du point de vue économique, les parties avaient bel et bien envisagé un prêt à cette société, remboursable au premier chef par celle-ci et ayant les demandeurs pour garants. Les recourants en déduisent que, dans le doute, la cour cantonale aurait dû qualifier leur engagement de cautionnement, pour tenir compte du but protecteur de la législation en la matière, et, par voie de conséquence, constater la nullité de cet engagement, lequel ne revêtait pas la forme authentique prescrite par l'art. 493 CO.