Citation: 5D_6/2018 E. 3.3

3.3. En l'espèce, le grief du recourant est infondé dans la mesure où le Juge Adrian Urwyler est intervenu dans deux procédures séparées, pendantes devant des autorités distinctes, ayant un état de fait différent et posant des questions juridiques sans rapport entre elles. Dans l'affaire ayant donné lieu à l'arrêt du 5 décembre 2017, il s'agissait de statuer sur un recours déposé le 25 novembre 2017 à l'encontre d'un prononcé de mainlevée définitive rendu le 7 novembre 2017 par la Présidente du Tribunal civil de la Gruyère en lien avec la poursuite n° x'xxx'xxx de l'Office des poursuites et faillites du district de U.________ diligentée à l'instance de la Ville de U.________ en recouvrement d'une amende de xxx fr. selon mandat de répression n° xx/xxxx du 15 novembre 2016 du Tribunal de police de U.________. La dénonciation formée le 22 novembre 2017 devant le Conseil de la magistrature tend à l'ouverture d'une enquête contre tous les magistrats (fribourgeois) qui sont intervenus " dans l'affaire A.________ ", contre X.________, Procureur général du canton de Fribourg, ainsi que contre Y.________, Conseiller national. L' "affaire A.________ ", telle que résumée dans la dénonciation, est liée à la procédure de divorce ayant opposé le recourant et son ex-épouse B.________ et ses suites, partant nullement à la procédure de mainlevée diligentée par la Ville de U.________. Non seulement ne s'ancrent-elles pas dans le même contexte factuel, mais les questions juridiques posées dans les deux procédures sont indépendantes et ne relèvent pas de la compétence de la même autorité. Pour le surplus, le grief doit être écarté, dans la mesure où, vu la jurisprudence susmentionnée, un juge ne peut pas être récusé pour le simple motif que, dans une procédure antérieure, il a eu à trancher en défaveur du recourant. Par surabondance, il sera relevé que la possibilité que l'un des membres du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg siège au sein du Conseil de la magistrature résulte expressément de l'art. 126 al. 1 let. c Cst./FR, qui dispose que " le Conseil de la magistrature comprend un membre du Tribunal cantonal ", et ne saurait empêcher le membre concerné de continuer à fonctionner comme juge cantonal ordinaire. L'élection par le Grand Conseil (art. 126 al. 2 1ère phr. Cst./FR et art. 93 al. 1 1ère phr. de la loi sur la justice [LJ; RSF 130.1]), du Juge Adrian Urwyler en qualité de membre du Conseil de la magistrature a par ailleurs dûment été publiée au Bulletin officiel des séances du Grand Conseil (séance du 11 mai 2016, p. 1050).