Citation: 6B_312/2020 E. 2.2.2

2.2.2. L'autorité précédente a exposé que même si la situation sanitaire au Nigéria n'était pas comparable aux standards de qualité prévalant en Suisse, des structures médicales suffisantes et du personnel qualifié y étaient disponibles. Les traitements dans certains hôpitaux gouvernementaux sont gratuits. Les médicaments sont à la charge des patients, mais des solutions peuvent être trouvées lorsque ceux-ci n'ont pas les moyens d'en assumer les coûts. Concernant spécifiquement le VIH, des thérapies antirétrovirales gratuites sont disponibles. Selon la cour cantonale, l'intérêt public à l'expulsion du recourant est important. Celui-ci s'était livré à un trafic de stupéfiants portant sur une grande quantité de cocaïne et s'était vu infliger une peine privative de liberté de 36 mois. Le recourant avait déjà été condamné, à trois reprises en Autriche ainsi qu'à une occasion en Suisse, à des peines privatives de liberté en raison d'infractions dans le domaine des stupéfiants. En plus d'avoir récidivé durant le délai d'épreuve qui lui avait été imposé, le recourant avait exposé sa fille, alors âgée de 11 ans, en emmenant celle-ci avec lui pour effectuer la transaction à l'occasion de laquelle il avait été appréhendé. Il n'avait pas fait amende honorable, mais avait au contraire nié toute implication dans une activité délictueuse jusqu'aux débats de première instance. En appel encore, l'intéressé avait persisté à nier être allé chercher de la drogue en compagnie de sa fille. Il faisait ainsi montre d'un mépris complet de l'ordre juridique suisse ainsi que d'une absence de prise de conscience. Le recourant était arrivé en Suisse à l'âge de 24 ans. Il était né et avait grandi au Nigéria, pays dans lequel il avait accompli sa scolarité obligatoire et exercé durant plusieurs années une activité d'employé polyvalent. En Suisse, le statut de l'intéressé était précaire. Sa demande d'asile avait été refusée et son autorisation de séjour n'avait pas été renouvelée, son renvoi de Suisse ayant d'ailleurs été prononcé. Les perspectives de régularisation du séjour du recourant en Suisse étaient pratiquement inexistantes. Ce dernier n'avait d'ailleurs entrepris aucune démarche en ce sens. De manière générale, le recourant ne pouvait se prévaloir d'une intégration réussie en Suisse. Sa maîtrise du français demeurait approximative et l'intéressé n'avait pu établir l'existence de liens sociaux particulièrement forts en Suisse. Pour la cour cantonale, le recourant avait certes une fille en Suisse et entretenait avec celle-ci des rapports réguliers. Cela n'avait pas empêché l'intéressé d'adopter un comportement irresponsable, en emmenant son enfant aux abords d'un squat afin de réceptionner des stupéfiants. La fille du recourant était désormais âgée de 12 ans et des visites dans le cadre de brefs séjours à l'étranger pouvaient désormais être réalisées. Cette hypothèse avait d'ailleurs été envisagée par la mère et la grand-mère de l'enfant. Des contacts resteraient de surcroît possibles grâce aux moyens de communication modernes. La cour cantonale a enfin examiné la situation médicale du recourant. Selon le rapport du 23 octobre 2019, la situation concernant le VIH était contrôlée sans traitement. Cette pathologie ne nécessitait pas, pour le recourant, de traitement particulier. L'infection VHC était chronique, avec virémie positive sans cirrhose ni fibrose. Un traitement avait été conduit durant huit semaines et s'était achevé à la fin de l'année 2019. Avant son incarcération, le recourant ne semblait pas réellement se préoccuper de cette maladie, dont il se savait pourtant atteint. La tuberculose était quant à elle traitée, le traitement suivi devant prendre fin en avril 2020. Le recourant pourrait de toute manière avoir accès à des soins adaptés au Nigéria, ainsi qu'à des médicaments. L'état de santé de l'intéressé ne s'opposait donc pas à son expulsion, la situation médicale apparaissant suffisamment maîtrisée.