Citation: 5C.212/2003 27.01.2004 E. A

Le recourant X.________ est docteur en statistique, licencié en mathématiques et informaticien de profession. Après avoir travaillé 15 ans au service de la société Z.________ à Meyrin, il a été nommé au poste de chef de la division informatique de l'Université de Genève avec effet au 1er juillet 1997. L'intimé Y.________ est économiste d'entreprise et psychologue indépendant. Jusqu'à la fin de l'année 2000, son activité a notamment consisté à fournir des expertises concernant le personnel d'entreprises et plus particulièrement à procéder à des évaluations et à des orientations de cadres. L'Université de Genève a eu recours à ses services à plusieurs reprises. Après une première période de fonction qui a donné lieu à des appréciations positives de son travail, le recourant a rencontré, au second semestre de l'année 1998, des difficultés dans la gestion du personnel de la division informatique dont il avait la charge. Le 24 septembre 1998, le directeur de l'administration de l'Université de Genève a confié à l'intimé, avec l'accord du recourant, un mandat d'accompagnement de ce dernier. Dans le cadre de ce mandat, l'intimé a eu, aux mois d'octobre et de novembre 1998, dix entretiens avec des collaborateurs de la division informatique de l'Université et trois avec des collaborateurs externes. Il a également eu un entretien approfondi avec le recourant le 30 novembre 1998, à l'occasion duquel ce dernier a notamment rempli des questionnaires et des tests relatifs à sa personnalité. Le 15 décembre 1998, l'intimé a remis au directeur de l'administration de l'Université un audit partiel de la gestion humaine du recourant et une étude psychologique détaillée de ce dernier. Ces deux documents portaient la mention "strictement confidentiel". Leur teneur avait été abordée oralement entre l'intimé et le recourant le 11 décembre 1998. L'audit partiel comprend essentiellement une énumération des appréciations positives et négatives recueillies par l'intimé auprès des différents collaborateurs interrogés. En guise de conclusion, ce rapport contient diverses remarques parmi lesquelles: "- Si l'on ne tient pas compte des externes, le nombre des appréciations négatives est équivalent à celui des positives. Les trois avis hors Division font cependant pencher la balance en sa défaveur. [...] - Ce qu'il aurait fallu pour franchir cette étape, c'est d'avoir un Leader, ce que [le recourant] n'est assurément pas. Au contraire, il a multiplié les erreurs, a dressé contre lui plusieurs de ses collaborateurs et on peut dire qu'il a contribué à creuser sa propre tombe. - Sur la base de son seul certificat de Z.________, nous ne l'aurions jamais engagé, car [le recourant] y est reconnu pour ses grandes compétences en qualité de Chef de projets, mais pas comme Manager. [...]" L'étude réalisée par l'intimé contient notamment les observations suivantes au sujet du recourant: "Habité par une insécurité profonde qui lui donne une certaine souplesse d'adaptation, il manque cependant de constance et ne peut ainsi rien offrir de concret à ses collaborateurs, ce qui s'aggrave encore en situation de stress. Ne disposant pas de solides racines, il se réfugie dans l'irréel et a de la peine à faire face à des situations conflictuelles. [...]. Il a sans doute plus d'intuition que de rigueur et privilégie la rapidité à l'exactitude. Malgré ses dons, il devient superficiel soit pour gagner du temps, soit parce que les choses l'ennuient. Il risque ainsi de tomber dans un activisme agité qui le conduit à "faire beaucoup de vent" sans résultats tangibles. Personnalité quelque peu hors du commun mais très complexe, [le recourant] n'est incontestablement pas à sa place dans sa fonction actuelle. Enlisé dans un combat éternel entre vouloir et pouvoir, il a beaucoup de peine à réaliser ses brillantes idées, se coupant de surcroît volontairement de l'environnement dont il aurait besoin. En fait, [il] est uniquement un concepteur qui initie. D'ailleurs, son certificat de Z.________ ne fait que confirmer cela. Son engagement à l'Université est une erreur et la période passée à le "coacher" n'a été que pure perte de temps, car il est et restera un Spécialiste de pointe dans son domaine, mais n'a pas les qualités d'un Manager et encore moins d'un Leader pour diriger dans une phase de changement et de surcroît dans le service public. [...] Compte tenu de son engagement incontestable dans les missions qui lui ont été confiées par la Direction de l'Administration de l'Université, [le recourant] mérite d'être traité avec égards et de retrouver rapidement une activité à sa hauteur". Le recourant a quitté son poste à l'Université de Genève avec effet au 30 juin 1999. Dès le lendemain, il a occupé un poste de chef des services d'infrastructure informatique dans une entreprise de communications.