Citation: 2C_275/2023 E. 7

Dans un dernier grief, les recourants se plaignent, pour la première fois devant le Tribunal fédéral, d'une violation du principe de la bonne foi (art. 5 al. 3 Cst.) en lien avec l'art. 57 al. 11 RTVTC/GE. Ils estiment en substance que la faculté, prévue par cette dernière disposition, de délivrer - pendant une période transitoire de 12 mois depuis l'entrée en vigueur de la LTVTC/GE - jusqu'à 200 autorisations d'usage accru du domaine public supplémentaires aux utilisateurs effectifs de celles-ci, aurait pour effet de leur faire perdre immédiatement le bénéfice d'un système "qui a[vait] existé pendant des années". Comme on l'a vu, lorsque le droit cantonal instaure, tel qu'en l'espèce, une voie de recours contre les actes normatifs, il convient d'épuiser préalablement cette voie de recours conformément à l'art. 86 LTF (cf. supra consid. 1.1). Lorsque le recourant invoque de nouveaux griefs constitutionnels pour la première fois devant le Tribunal fédéral, ce dernier doit en principe entrer en matière, dans la mesure où l'autorité précédente disposait d'un plein pouvoir d'examen et devait appliquer le droit d'office (ATF 142 I 155 consid. 4.4.6). Cela signifie, a contrario, que lorsque l'autorité de dernière instance cantonale peut se limiter à examiner les griefs régulièrement soulevés, les griefs soumis au Tribunal fédéral doivent avoir déjà été invoqués devant l'instance précédente (principe de l'épuisement matériel des voies de recours; cf. ATF 146 III 203 consid. 3.3.4; 145 III 42 consid. 2.2.2). Or, en l'espèce, ainsi que cela a déjà été dit, la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice ne contrôle pas d'office et librement la constitutionnalité des actes normatifs dont elle est saisie, mais se limite aux griefs invoqués, qui plus est de manière détaillée (cf. art. 65 al. 3 LPA/GE; cf. supra consid. 3.1.1). Il s'ensuit que le grief de violation de la bonne foi en lien avec l'art. 57 al. 11 RTVTC/GE, dont les recourants ne se sont à aucun moment prévalus devant l'autorité précédente, et qu'ils invoquent pour la première fois devant la Cour de céans, est irrecevable.