Citation: 6B_54/2019 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a exposé que la recourante avait acquis, auprès du bijoutier D.________, à Beyrouth, des bijoux dont elle avait pris possession début 2009 et qu'elle avait amenés à E.________, moyennant le paiement d'un simple acompte. L'intéressée avait obtenu la confiance du bijoutier en lui faisant croire qu'elle déposerait 2'000'000 USD sur un compte au Liban, ce qu'elle n'avait pas fait. Visiblement à court de liquidités, la recourante avait très rapidement mis en gage tout ou partie de ces bijoux auprès de la Caisse publique B.________. Les 4 et 8 septembre 2009, la recourante avait obtenu du bijoutier C.________ qu'il lui remît en consignation deux bracelets et deux colliers qu'elle était censée vendre à des clients en Angleterre, le bénéfice devant ensuite être partagé entre les deux intéressés. En réalité, la recourante avait déposé ces objets auprès de la Caisse publique B.________ dans la foulée. Elle avait ensuite fait croire à C.________ qu'elle avait vendu les bijoux et qu'il allait être rapidement payé, puis avait fourni des prétextes pour gagner du temps. Ainsi, au cours de l'automne 2009, la recourante devait des sommes considérables aux deux bijoutiers précités ainsi qu'à la Caisse publique B.________ et ne disposait pas des liquidités correspondantes. Elle n'avait pas été en mesure de fournir la moindre pièce étayant l'existence d'une commande de la part de clients du Qatar pour un achat de bijoux. A cette époque, la recourante avait cherché des financements à hauteur de 1'200'000 USD, cette somme n'étant pas très différente de l'addition des dettes contractées, soit 350'000 USD auprès de D.________, 536'000 fr. auprès de C.________ et 200'350 fr., plus intérêts, à la Caisse publique B.________. Les courriels fournis par A.________ avaient montré qu'en novembre 2009, les négociations étaient en cours. Le courriel du 8 décembre 2009 détaillait l'utilisation du financement, qui n'était alors pas encore intervenu. A la demande de la recourante, le prénommé avait envoyé un fax à C.________ pour le rassurer sur ses intentions de payer. Visiblement soucieux d'obtenir davantage de garanties, il avait attendu fin janvier 2010 pour régler directement cette facture au bijoutier, après avoir fait signer à la recourante le document intitulé "Personal guarantee". Grâce aux fonds de A.________, la recourante avait dégagé les bijoux auprès de la Caisse publique B.________. Le montant qu'elle avait réclamé à ce titre au prénommé, soit 320'000 fr. versés sur son compte à la Banque F.________, était supérieur à la dette échue, laquelle s'élevait à 207'000 francs. La recourante avait aussi commandé d'autres pièces, voire en avait fait modifier certaines. Ces acquisitions avaient été financées par A.________, qui avait payé directement les deux mêmes bijoutiers jusqu'à concurrence d'un investissement total de 3'454'480 francs. Le prénommé - dont le nom n'avait pas été mentionné sur les factures car la recourante lui avait indiqué que le prix serait plus avantageux si elle y apparaissait à sa place - avait payé directement les bijoutiers afin d'acquérir des droits de propriété sur les bijoux jusqu'à leur revente. Il avait fait signer à la recourante la lettre de garantie, afin de se faire transférer la propriété des bijoux en mains de la Caisse publique B.________, puisqu'il avait versé directement l'argent sur le compte de la recourante. A.________ était venu à E.________ début février 2010 pour voir les bijoux et s'était fait remettre une clé du coffre à la Banque F.________, dans lequel la recourante était censée déposer toute la joaillerie avant sa vente. La recourante avait par ailleurs encaissé des commissions de la part de C.________ en lien avec les paiements opérés par A.________. Ces commissions avaient été encaissées à l'insu de ce dernier. A partir du mois de mars 2010, la recourante avait fait croire au prénommé ainsi qu'à la Banque F.________ que la vente des bijoux avait bien eu lieu et que le paiement de quelque 23'000'000 USD interviendrait. Le dernier message en ce sens, dans lequel la recourante affirmait que les "nouvelles factures" avaient été acceptées, datait de juillet 2010. Celle-ci n'avait pas hésité à établir des factures, complétées dans un second temps du nom d'une société libanaise censée représenter le prétendu acheteur qatari, alors qu'il s'agissait de sa propre société. Rien n'avait permis de retenir l'existence d'une livraison des bijoux au Qatar. Fin juin 2010, la recourante avait loué deux nouveaux coffres à la Banque G.________ à E.________ et y avait placé une partie des bijoux financés par A.________, le reste ayant été à nouveau mis en gage auprès de la Caisse publique B.________, cela pour obtenir des liquidités supplémentaires alors que les bijoux étaient censés rester dans les coffres de la Banque F.________ jusqu'à leur vente. En définitive, la recourante avait, de manière délibérée et en recourant au mensonge, agi pour obtenir de l'argent destiné à financer son entretien et celui de sa famille.