Citation: 1A.236/2004 11.02.2005 E. 4

Le recourant soutient que la demande d'entraide serait incomplète; outre qu'elle ne comporte pas de traduction des dispositions applicables du droit espagnol (en particulier en ce qui concerne le blanchissage d'argent), elle ne préciserait pas en quoi consistent les faits reprochés aux parents des frères Z.________, ainsi qu'aux ressortissants colombiens arrêtés en Espagne. 4.1 Comme le relève le MPC, la transmission des dispositions légales applicables dans l'Etat requérant n'est pas nécessaire pour une demande d'entraide judiciaire au sens de la troisième partie de l'EIMP. Par ailleurs, dans l'examen de la condition de la double incrimination, il n'y a pas lieu de s'interroger sur la punissabilité des faits selon le droit de l'Etat requérant (ATF 116 Ib 94 consid. 3c/aa et les arrêts cités), ni à rechercher une quelconque concordance entre les normes pénales des Etats requérant et requis (ATF 124 II 184 consid. 4b/cc p. 188). La production d'une traduction des dispositions du droit pénal espagnol n'aurait dès lors aucun sens. 4.2 Le recourant ne conteste pas que l'exposé des faits satisfait aux exigences posées, notamment à l'art. 14 CEEJ, en ce qui concerne les frères Z.________. Ceux-ci se voient en effet reprocher d'avoir blanchi plusieurs dizaines de millions d'Euros provenant du trafic de cocaïne. Selon le rapport du 8 juillet 2003 de la Brigade d'investigation des délits monétaires - rapport qui fait partie des documents produits à l'appui de la demande d'entraide, selon communication de l'autorité requérante du 12 novembre 2003 -, les frères Z.________ dirigeaient un groupe qui récoltait en Espagne de l'argent apporté par des agents colombiens travaillant pour des trafiquants de stupéfiants. A.________ profitait notamment de son statut d'employé d'une compagnie aérienne. L'argent était ensuite conditionné et déposé sur des comptes bancaires, puis viré à destination d'établissements de Bogota et de Miami. Par la suite, l'achat d'un avion aurait permis de transporter des quantités plus importantes d'argent, soit au total plus de 30 millions d'Euros. S'agissant de délits de blanchiment, pour lesquels s'applique la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation du produit du crime (CBl; RS 0.311.53), l'autorité requérante n'a pas à expliquer dans le détail en quoi consiste l'infraction principale, en l'occurrence le trafic de drogue (ATF 129 II 97 consid. 3.3). Contrairement à ce que soutient le recourant, l'autorité requérante n'a pas non plus à expliquer dans le détail l'activité reprochée à chacune des personnes poursuivies. Le grief doit par conséquent être rejeté.