Citation: 5A_214/2024 E. 4.3

4.3. En tant que le recourant fonde son raisonnement sur la simulation de son conseiller fiscal, il omet que la cour cantonale a retenu que cette simulation n'était à elle seule pas probante, faute de reposer sur d'autres pièces. Le recourant ne remettant pas en cause cette motivation qui relève de l'appréciation des preuves, il échoue à démontrer que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en écartant les déclarations de son conseiller contenues dans cette pièce. Dût-on prendre en considération ce document que l'on ne pourrait de toute manière pas conclure sur cette base que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en tenant compte de déductions forfaitaires de 15%. En effet, dite simulation ne fait que mentionner que le montant total présumé d'impôt du recourant s'élèverait à 141'482 fr. pour 2023 et à 145'866 fr. pour 2024, en tenant compte d'une fortune de 9'100'000 fr. et des contributions d'entretien arrêtées dans l'ordonnance de première instance. Dès lors qu'elle ne détaille pas le calcul permettant d'arriver à ces montants et, en particulier, les déductions effectives qui auraient été retenues, l'on ignore le montant de celles-ci, le recourant n'apportant de surcroît aucune précision sur ce point dans son mémoire. Concernant la critique relative à l'absence de prise en considération de l'impôt sur la fortune, il a déjà été relevé qu'une diminution de la fortune entre 2021 et 2022 n'était pas établie (cf. supra consid. 3.3). Par ailleurs, pour les raisons qui viennent d'être exposées au sujet de la simulation précitée, l'on ne saurait retenir sur cette base que l'impôt sur la fortune serait de 65'305 fr. en 2023 et 2024. N'ont pas non plus à être prises en compte les allégations du recourant portant sur la composition de sa fortune et sur l'absence de revenus qu'elle lui rapporterait. En effet, elles prennent appui sur des faits non constatés dans l'arrêt entrepris sans qu'un grief d'arbitraire en lien avec ceux-ci soit valablement soulevé et le recourant n'expose pas en quoi elles seraient pertinentes pour l'issue du litige (cf. supra consid. 2.2). Ces allégations sont au demeurant contredites par le constat cantonal selon lequel les revenus de la fortune du recourant s'étaient élevés à 70'325 fr. 25 en 2020 et à 70'873 fr. 66 en 2021 (cf. supra consid. 3.1). Cela étant, le recourant se plaint à juste titre du refus de la cour cantonale de prendre en considération l'impôt sur la fortune dans ses charges. Pour fixer la capacité contributive des parties en matière de contribution d'entretien, le juge doit déterminer les ressources et les charges de la famille. Lorsque les moyens financiers permettent de dépasser le minimum vital du droit des poursuites en matière d'entretien, la charge fiscale doit être prise en compte dans le minimum vital du droit de la famille des parents (ATF 149 III 297 consid. 5.3.2; 147 III 265 consid. 7.2; 140 III 337 consid. 4.2.3) et des enfants (ATF 149 III 297 consid. 5.3.2; 147 III 457 consid. 4.2.2.1; 147 III 265 consid. 7.2). La détermination de la charge fiscale ne se limite pas aux impôts sur les revenus, mais s'étend à l'ensemble des dettes d'impôts courants effectivement acquittées (ATF 140 III 337 consid. 4.2.3). L'impôt sur la fortune n'échappe pas à la règle (ATF 148 III 353 consid. 7.3.2; arrêts 5A_219/2014 du 26 juin 2014 consid. 5.2.2; 5A_610/2012 du 20 mars 2013 consid. 7.6.1). En l'occurrence, il est constant que les moyens financiers des parties sont favorables et qu'ils permettent d'inclure dans leurs charges respectives les impôts courants, dont l'impôt sur la fortune fait partie; contrairement à ce que retient la cour cantonale, peu importe que les contributions d'entretien ne doivent pas être payées au moyen de la fortune du débirentier. Il suit de là qu'en refusant d'inclure dans la charge fiscale du recourant l'impôt sur la fortune, la cour cantonale a appliqué de manière arbitraire le droit fédéral. Compte tenu de l'importance de la fortune du recourant, c'est en vain que l'intimée oppose que l'absence de prise en compte de cet impôt aurait un impact " plutôt accessoire " sur les contributions d'entretien " dans la mesure où l'impôt sur le revenu est bien plus significatif que l'impôt sur la fortune". La cause sera donc renvoyée à la cour cantonale pour compléter l'instruction sur ce point et nouvelle décision.