Citation: 6B_240/2024 E. 3.2

3.2. Quant à l'existence de valeurs patrimoniales confiées, la cour cantonale a d'abord admis que le contrat conclu le 22 mai 2006 ne précisait rien quant à l'utilisation des fonds. Pour cette raison, elle s'est alors penchée sur les échanges subséquents entre les parties et leurs déclarations en cours de procédure, retenant notamment: - que B.________ Inc., après s'être rapidement enquis de l'absence de remboursement des fonds au terme convenu, s'était également inquiété de l'affectation de la somme versée à C.________ SA, sollicitant à plusieurs reprises des explications à ce sujet (se préoccupant tout particulièrement du fait que les fonds avaient pu ne pas faire l'objet de l'investissement sur métaux précieux qui aurait été susceptible de générer les plus-values annoncées lors de la signature du contrat), explications que C.________ SA n'avait jamais données; - que dans le cadre du litige civil antérieur à la procédure pénale, la recourante et E.________ avaient tous deux confirmé que le contrat du 22 mai 2006 avait été conclu dans le but d'effectuer une transaction sur le marché de l'or, élément ressortant également de la requête de sursis concordataire du 24 juin 2010 et de l'appel du 25 novembre 2010 formé par C.________ SA; - que malgré le fait que les déclarations des parties avaient ensuite varié dans le cadre de la procédure pénale, elles permettaient de confirmer que le contrat avait pour objectif le financement à court terme d'une opération spécifique sur le marché des métaux précieux; - que le taux d'intérêt mensuel de 20 % convenu entre les parties avait pour but de sécuriser la participation de B.________ Inc. aux bénéfices de l'opération, tout en limitant ses risques de perte et qu'en réalité, ce taux d'intérêt particulièrement élevé s'expliquait par le fait que C.________ SA s'attendait à pouvoir reverser un bénéfice substantiel à B.________ Inc. suite à l'opération prévue dans les 30 jours suivant la conclusion du contrat et ainsi éviter la mise en oeuvre de cette clause; - que les déclarations de la recourante selon lesquelles, si l'opération devait échouer, chacun récupérerait son investissement initial et que finalement cette affaire n'avait rien rapporté, constituaient des indices sur le fait qu'il existait bien un projet spécifique auquel étaient destinés les 300'000 USD. Sur cette base, la cour cantonale a considéré que les parties avaient " bien conclu le contrat du 22 mai 2006 avec l'objectif d'utiliser les fonds dans un but déterminé, à savoir de procéder à un investissement spécifique sur le marché des métaux précieux ", de sorte que la recourante n'en avait pas la libre disposition et ne pouvait se les approprier (arrêt attaqué consid. 4.3).