Citation: 4A_152/2023 E. 3.3.1

3.3.1. Dans la sentence attaquée, l'arbitre relève que les parties ont échangé trois projets de contrat qui contenaient chacun une clause de résolution des litiges. Elle observe que la clause proposée par les recourantes, d'une part, et celle émanant de l'intimé, d'autre part, différaient matériellement sur trois aspects. Premièrement, la clause V des projets de contrat rédigés par les recourantes instaurait une tentative de résolution des litiges à l'amiable en tant que préalable obligatoire à la saisine de l'autorité juridictionnelle. Deuxièmement, elle permettait expressément aux parties de saisir les tribunaux étatiques turcs pour régler un éventuel différend. Enfin, troisièmement, elle contenait une renonciation à entreprendre la sentence auprès du Tribunal fédéral. Quand bien même les parties avaient accepté l'idée générale d'une compétence du BAT, l'arbitre estime que les parties ne se sont pas mises d'accord sur les éléments essentiels d'une clause d'arbitrage. Sur le vu des différences fondamentales existant entre les projets de contrat échangés par les parties, elle estime que ceux-ci correspondent à des contre-offres successives. Faute d'accord entre les parties sur les éléments essentiels d'une convention d'arbitrage, elle conclut à l'inexistence de celle-ci (sentence, n. 61-69).