Citation: 1C_246/2014 E. 3.3

3.3. Conformément à la jurisprudence précitée, il convient à présent d'examiner si la recourante est parvenue à renverser cette présomption en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugale, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune. Pour renverser cette présomption, la recourante invoque le besoin de déménager qu'elle a ressenti afin de guérir du traumatisme subi dû à l'agression dont elle a été victime; elle affirme en effet qu'elle ne pouvait plus supporter de vivre à proximité de son agresseur, précisant qu'elle souhaitait changer d'air et vivre dans un lieu où l'on parlait français et où elle avait des connaissances. En l'occurrence, les explications avancées par la recourante ne sont pas convaincantes. Comme relevé par l'instance précédente, les agissements délictueux de nature sexuelle reprochés à son ancien employeur n'ont pas été établis, le ministère public ayant classé la plainte de la recourante. Sur ce point, cette dernière se contente d'affirmer de manière purement appellatoire et pour la première fois devant le Tribunal fédéral que son ancien employeur aurait été démis de ses fonctions par sa congrégation religieuse en raison des actes commis à son encontre; cet élément de fait nouveau - dont elle ne produit au demeurant aucune preuve - est en l'occurrence irrecevable (art. 99 LTF). Par ailleurs, la recourante n'a produit aucun certificat médical attestant la gravité du traumatisme qu'elle aurait vécu. L'intéressée n'a pas non plus remis en cause l'argumentation de l'instance précédente qui a expliqué que, au vu des déclarations faites par son médecin-traitant dans le cadre de la procédure pénale, il y avait lieu de relativiser la gravité de la dépression dont elle prétendait souffrir (cf. consid. 7.2.2 de l'arrêt entrepris). La dépression de la recourante n'a d'ailleurs pas été évoquée dans le cadre de la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale. Par ailleurs, dans son écriture, la recourante n'a pas critiqué l'appréciation de l'instance précédente qui a démontré de manière convaincante - en se fondant notamment sur les déclarations faites par les deux époux dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale (cf. également supra consid. 3.2) - que les relations entre les époux se trouvaient déjà mises à mal avant l'octroi de la naturalisation facilitée en mars 2010, le couple ayant été confronté au cours des années précédentes à des différends d'ordre financier et à un désaccord quant à la venue des enfants de la recourante en Suisse (cf. consid. 7.2.2 de l'arrêt entrepris). Force est dès lors d'admettre que les problèmes conjugaux étaient antérieurs à la signature de la déclaration de vie commune et que la recourante ne pouvait en ignorer la gravité. Enfin, le fait que la recourante s'entend bien avec son époux et qu'elle ait pu ouvrir un salon de coiffure en avril 2012 avec l'aide de ce dernier n'est pas pertinent pour l'examen de la question de savoir s'il y a eu obtention frauduleuse de la naturalisation au sens de l'art. 41 LN. Ne sont pas non plus déterminantes les considérations que la recourante a émises au sujet de l'importance de la dote dans son pays d'origine.