Citation: 4A_370/2014 E. 3

La cour cantonale a admis, sur la base d'une double motivation, que la demanderesse a apporté la preuve de ce qu'elle s'occupait à plein temps des trois enfants des défendeurs ainsi que de la tenue de leur ménage. Elle a tout d'abord estimé que ce fait était prouvé sur la base de deux témoignages - ceux de C.________ et D.________ -, corroborés par trois éléments. Elle a ainsi considéré que C.________ avait remplacé, durant deux semaines en avril 2005, une de ses amies qui effectuait le ménage chez les défendeurs, que ce témoin avait réalisé le même travail que la personne remplacée, que cette dernière avait elle-même été remplacée par la demanderesse et que rien n'indiquait que la nature de l'activité de celle-ci ait été différente. Elle a également tenu compte du témoignage de D.________, qui a expressément rapporté que la demanderesse travaillait comme femme de ménage. Elle a jugé en outre que ces témoignages étaient corroborés par le fait que la demanderesse savait où se trouvaient les produits de nettoyage, qu'elle s'était blessée le doigt dans la porte d'un camion loué par ses employeurs, ce qui n'était pas compatible avec une simple garde d'enfants, et qu'une photographie la montrait en train de repasser chez les défendeurs. Dans sa seconde motivation, la cour cantonale a estimé que son appréciation était également corroborée par l'expérience générale de la vie: pour la Cour d'appel, on ne conçoit guère que du personnel de maison engagé à plein temps, alors que ses deux employeurs travaillent à l'extérieur, ne s'occupe pas également des tâches ménagères lorsque les enfants sont à l'école ou à la garderie, ce d'autant que les époux n'ont ni allégué ni établi qu'ils auraient eu une femme de ménage en plus de la demanderesse. La cour cantonale en a donc inféré que l'activité de la demanderesse n'était pas comparable à celle d'une jeune fille au pair et que, dès l'instant où elle s'était occupée à plein temps des trois enfants et du ménage de ses employeurs, son salaire devait être fixé à 3'000 fr. par mois.