Citation: 6B_812/2015 E. 2.3

2.3. La cour cantonale n'en a pas pour autant développé une motivation permettant de suivre précisément et de bout en bout le raisonnement conduisant à une peine de 14 années de privation de liberté qu'elle " confirme ", après avoir indiqué que les premiers juges avaient longuement motivé ce point. La jurisprudence précédemment citée n'impose toutefois pas en toute hypothèse, contrairement à ce que paraît penser le recourant, à l'autorité d'appel de motiver la fixation de la peine comme le ferait une autorité de première instance. L'autorité d'appel doit en effet aussi se prononcer sur les griefs soulevés devant elle (art. 398 al. 3 CPP) et l'on peut admettre, afin d'éviter d'inutiles redites, qu'après avoir répondu aux critiques de l'appelant, elle renvoie aux considérants de l'autorité inférieure et fasse sienne l'appréciation de cette dernière, sans restreindre de manière critiquable son pouvoir d'examen. Une telle manière de procéder n'apparaît même pas critiquable, pour peu que le raisonnement demeure clairement exposé, si l'autorité d'appel, en modifiant une partie du raisonnement de l'autorité précédente, renvoie, pour le surplus, aux considérants de cette dernière en indiquant que, pour les motifs ainsi corrigés, elle parvient à la même conclusion que l'autorité précédente. Ce qui importe, au regard de l'art. 398 al. 2 CPP, c'est que l'autorité supérieure se soit forgée sa propre conviction. Une telle manière de motiver le jugement sur appel suppose cependant soit que la motivation de l'autorité de première instance soit d'emblée et en tout point conforme au droit fédéral, soit que l'on puisse comprendre sans ambiguïté le raisonnement fondant la peine prononcée en appel en se référant aux considérant de l'autorité de dernière instance cantonale et à ceux de l'autorité de première instance et que ce tout, qui doit apparaître cohérent, soit lui-même conforme au droit fédéral.