Citation: 2C_195/2024 E. 4.4

4.4. Le même raisonnement s'applique ici. Il n'est pas contesté que le recourant a, au mois de mars, reçu une facture du Service cantonal lui demandant de s'acquitter de l'émolument relatif au renouvellement de son autorisation, qu'il a payée. N'ayant toujours pas de nouvelles au mois de juillet, il a contacté ledit Service pour s'inquiéter de ne pas avoir reçu le formulaire de nouvellement requis malgré le paiement de la facture précitée, ce à quoi le Service cantonal lui a indiqué qu'un courrier lui avait été adressé le 5 janvier 2023 et que celui-ci exposait que la demande de renouvellement devait intervenir entre le 28 février et le 31 mars 2023. Le recourant a alors immédiatement répondu au Service cantonal qu'il n'avait pas reçu le courrier litigieux et qu'il n'était au demeurant pas dans son intérêt de manquer le délai en question, avant de déposer sa requête le 25 juillet 2023 au guichet dudit Service. Un tel comportement tend à indiquer que l'intéressé n'était pas au courant des démarches à entreprendre et des délais fixés, et qu'il attendait de bonne foi d'être informé à ce sujet par le Service cantonal, ce d'autant que les conséquences pour lui étaient très importantes, puisqu'il y en allait de la possibilité de continuer à exercer en tant que chauffeur de taxi indépendant. Au surplus, comme le souligne le recourant, son cas n'est pas unique puisqu'il ressort des arrêts de la Cour de justice que de nombreux autres chauffeurs avaient contesté avoir reçu le pli A+ litigieux. A cet égard, il faut admettre qu'il apparaît pour le moins incongru que tant de chauffeurs, s'étant pourtant tous acquittés de l'émolument lié au renouvellement de leur autorisation, aient ensuite omis de donner suite au courrier litigieux. Dans de telles circonstances, il convient de retenir, comme l'a conclu la Cour de céans dans son arrêt 2C_138/2024 précité, que le Service cantonal aurait dû consentir au recourant d'entrer en matière sur sa requête, quand bien même celle-ci a été déposée en dehors du délai. C'est partant à tort que la Cour de justice, par renvoi mutatis mutandis au raisonnement tenu dans son arrêt ATA/73/2024 mais ultérieurement invalidé par le Tribunal fédéral, a retenu que la décision de non-entrée en matière du 25 juillet 2023 n'était pas constitutive de formalisme excessif ni n'était disproportionnée.