Citation: 4A_289/2023 E. 5.3

5.3. La recourante soutient que la cour cantonale a pris en compte des éléments étrangers à ceux requis par l'art. 958e al. 2 CO. Elle cite en particulier le critère cité par la cour cantonale, de l'existence de rapports spécifiques entre les parties accréditant le caractère abusif de la procédure. La cour cantonale a cependant mentionné celui-ci en raison du fait qu'il répond à l'argument tiré du fait que la défenderesse fait l'objet de poursuites. En effet, celles-ci ayant été soit intentées par des sociétés contrôlées par l'administrateur principal de la demanderesse, soit provoquées par les décisions de celui-ci en son ancienne qualité d'administrateur de la défenderesse, la cour cantonale ne viole pas le droit en considérant que celles-ci n'accréditent pas le péril de la créance de la demanderesse. A juste titre, la cour cantonale considère en outre que le changement de siège social de la défenderesse intervenu en mai 2022 ne soulève pas de préoccupation particulière en lien avec les finances de la défenderesse. En outre, contrairement à ce que soutient la recourante, aucune action civile en paiement qui ne paraîtrait pas d'emblée dénuée de chances de succès n'est dirigée contre la défenderesse, de sorte que la créance de la demanderesse ne semble pas en péril pour cette raison non plus. Lorsqu'elle soutient avoir ouvert une action civile en paiement contre la défenderesse en se référant à sa procédure de mainlevée, la recourante confond manifestement ces deux institutions. Pour le surplus, la recourante invoque des circonstances étrangères à l'état de fait retenu par la cour cantonale, sans toutefois soutenir qu'elles auraient été omises de façon arbitraire, de sorte qu'il n'en sera pas tenu compte. La cour cantonale a donc, à bon droit, considéré que les éléments laissant penser que la créance de la demanderesse serait concrètement en péril, n'étaient pas réunis. Elle a, de plus, considéré que la demanderesse tentait d'exercer la faculté de consulter les comptes de la défenderesse dans un but qui n'est pas protégé par la loi, au vu des rapports particuliers existant entre les parties.