Citation: 2C_935/2019 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, le recourant a été condamné à quatre reprises pour des infractions commises avant le 1er octobre 2016. Il a ensuite été condamné, par ordonnance pénale du 18 janvier 2017, pour des voies de fait et des injures commises le 29 décembre 2016. Ces dernières infractions, qui ne figurent pas dans le catalogue de l'art. 66a CP, ne peuvent donner lieu à une expulsion obligatoire. Elles ne peuvent également pas donner lieu à une expulsion facultative, au sens de l'art. 66a bis CP, dès lors qu'elles ne constituent pas un crime ou un délit selon l'art. 10 al. 2 et 3 CP. Le grief soulevé par le recourant tombe dès lors à faux. En effet, conformément au principe de l'interdiction de la rétroactivité posé à l'art. 2 al. 1 CP, les art. 66a et 66a bis CP ne s'appliquent qu'aux infractions commises après le 1er octobre 2016 (cf. arrêts 2C_1154/2018 du 18 novembre 2019 consid. 2, destiné à publication; 2C_628/2019 du 18 novembre 2019 consid. 7.2 et les arrêts cités). Les voies de fait et injures commises après cette date ne peuvent par ailleurs donner lieu ni à une expulsion obligatoire au sens de l'art. 66a CP, ni à une expulsion facultative au sens de l'art. 66a bis CP. Dès lors, quoi qu'en dise le recourant, le juge pénal ne pouvait en aucun cas, dans son ordonnance pénale du 18 janvier 2017, envisager le prononcé d'une quelconque expulsion, a fortiori renoncer à celle-ci. Au demeurant, on soulignera qu'un tel prononcé ne peut pas être effectué par le biais d'une ordonnance pénale (cf. arrêt 2C_628/2019 précité consid. 7.4). Dans ces circonstances, l'art. 63 al. 3 LEI ne pouvait pas entrer en ligne de compte, si bien que l'autorité du droit des étrangers restait entièrement compétente pour révoquer l'autorisation de l'intéressé en se fondant sur n'importe quelle des infractions commises par celui-ci et, plus particulièrement dans le cas d'espèce, sur les infractions pour lesquelles il a été condamné à une longue peine privative de liberté de 26 mois. Enfin, l'argumentation du recourant, selon laquelle l'ordonnance pénale du 18 janvier 2017 aurait tenu compte de la condamnation précitée confine à la témérité, dès lors que cette condamnation n'a été jugée de manière définitive que le 15 septembre 2017, soit huit mois après que l'ordonnance pénale en question avait été rendue.