Citation: 4C.149/2001 19.12.2001 E. 7

7.- Par un dernier moyen, la recourante prétend qu'il y avait matière à réduction de l'indemnité au sens de l'art. 44 CO pour le motif que des faits dont le lésé était responsable avaient contribué à créer ou à aggraver le dommage. Elle soutient qu'il aurait fallu procéder, avant la mise en service de l'installation, à un essai pour déterminer si le réservoir était étanche à l'eau. Certes, un tel essai avait été préconisé par la défenderesse et il lui avait été opposé le fait qu'une telle mesure n'était alors pas possible en l'absence d'un système d'évacuation des eaux. Néanmoins, il faut rappeler que l'entrepreneur a une obligation générale de diligence et qu'il existe entre lui et le maître un rapport de confiance, lequel requiert que le premier remplisse consciencieusement ses obligations (Tercier, op. cit. , n. 3457). L'une des conséquences qui en résulte consiste dans les devoirs d'avis qui incombent à l'entrepreneur, lesquels ont leur fondement dans l'idée que celui-ci n'est pas tenu seulement de suivre fidèlement les instructions du maître, mais encore qu'en sa qualité de spécialiste, il doit conseiller le maître et lui signaler toute circonstance importante qui influe sur l'exécution de l'ouvrage, de telle sorte que ce dernier puisse comprendre sans équivoque la nature et l'importance des remarques ainsi formulées (Tercier, op. cit. , n. 3460 à3464). Dès lors, c'est à juste titre que l'autorité cantonale a pris en considération l'avis des experts judiciaires à cet égard et qu'elle a estimé qu'il appartenait à la recourante d'adresser un tel avis aux demanderesses à propos des conséquences de la non-exécution d'un essai de pression à l'eau avant la mise en service du réservoir. Il appert ainsi que l'application de l'art. 44 CO in casu n'entrait manifestement pas en ligne de compte.