Citation: 1P.430/2005 29.07.2005 E. 5

Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas s'être prononcée sur l'existence d'un danger de fuite, en évoquant de manière détaillée les éléments qui établiraient, selon lui, l'absence d'un tel risque. Ce grief n'est pas pertinent dans la mesure où le Tribunal d'accusation a admis le risque spécial et alternatif de la récidive. Au demeurant, l'examen du dossier, dans son état actuel, démontre que ce grief est matériellement vain. 5.1 Selon la jurisprudence, le danger de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Il est sans importance que l'extradition du prévenu puisse être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36/37). 5.2 En l'espèce, si sa culpabilité devait être établie pour l'ensemble des faits qui lui sont reprochés, le recourant s'exposerait à une peine ferme de réclusion ou d'emprisonnement supérieure à une année, s'agissant d'un cas grave (art. 19 ch. 1 et 2 let. a LStup; ATF 109 IV 143 consid. 3b p. 144; cf. ATF 122 IV 360 consid. 2a p. 363; 120 IV 334 consid. 2a p. 338). Le risque que le recourant veuille échapper à une possible condamnation pénale par la fuite est donc relativement élevé. Sur le plan personnel, A.________ est né au Maroc d'une famille de cinq enfants; il est venu en 1990 en Suisse, où vivent également deux de ses frères. Il s'est marié en mai 1991 avec C.________, mais n'a pas d'enfants. De fin 1991 à 2002, il a travaillé comme ouvrier rectifieur dans l'entreprise X.________, à Fribourg, pour un salaire brut mensuel de 4'000 fr. Il a ensuite ouvert avec son frère D.________ un cabaret night club, à Yverdon, dont il retire un salaire de 3'000 fr. par mois. Il envoie régulièrement de l'argent à sa famille au Maroc, qui habite dans une maison entièrement refaite. Il se rend environ deux fois par année dans son pays d'origine, où il a séjourné durant l'été 2004. Cette même année, il a effectué de nombreux voyages en Europe, selon le relevé des mouvements de sa carte VISA. Aux dires de son épouse, elle ne connaît aucune des connaissances de son mari et ne le suit pas lorsqu'il sort ou qu'il se rend au Maroc. Dans ces circonstances, et compte tenu en particulier des liens que le recourant entretient avec son pays d'origine et des nombreux voyages qu'il a entrepris avant son arrestation, le risque de fuite aurait donc également pu être retenu sans violer les art. 10 al. 2 Cst. et 5 CEDH.