Citation: 6B_290/2021 E. 4.4.1

4.4.1. Les éléments à prendre en considération dans l'examen de l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse se recoupent largement avec ceux évoqués dans l'analyse d'une éventuelle situation personnelle grave (consid. 4.3 supra). Le recourant se prévaut également de la situation politique et économique médiocre au Cameroun, qu'il entend étayer en se référant à des pièces produites à l'appui de son appel cantonal. Il soutient en particulier que son expulsion, dans la mesure où elle entraînerait également le renvoi de ses enfants vers le Cameroun, conduirait à une violation des art. 6 et 9 CDE. Les faits que le recourant invoque à l'appui de son argumentation à propos de la situation au Cameroun ne ressortent pas du jugement entrepris, sans que l'arbitraire de leur omission ne soit invoqué (art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF). De même, lorsque le recourant affirme qu'il ne trouvera pas d'emploi au Cameroun compte tenu de son âge, ses développements sont purement appellatoires et donc irrecevables (ATF 146 IV 88 consid. 1.3.1; 145 IV 154 consid. 1.1). Au demeurant, on peut tenir pour acquis que la situation économique du Cameroun est moins bonne que celle de la Suisse. Cela étant, selon les propres explications du recourant, il avait, jusqu'à récemment, conservé des liens avec son pays d'origine, y faisant du commerce avec les plus hauts dirigeants du pays (cf. jugement entrepris, consid. 6.2). Dans cette mesure, sa réinsertion professionnelle dans ce pays ne paraît pas aussi compromise que ce qu'il allègue. Par ailleurs, si le recourant dépeint une situation politique alarmante dans son pays d'origine, mettant en exergue les attaques terroristes du groupe Boko Haram, des affrontements entre l'armée et des civils ainsi que des exactions commises à l'encontre des femmes et des enfants, il ne démontre pas en quoi il existerait un danger concret pour lui ou ses proches en cas de retour dans ce pays. Il ne fait en particulier pas valoir que son expulsion contreviendrait à l'art. 3 CEDH (interdiction de la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants), disposition qui doit être prise en considération dans l'examen de l'art. 66a al. 2 CP (cf. arrêt 6B_38/2021 du 14 février 2022 consid 5.5.3). Pour le surplus, selon la jurisprudence de la CourEDH, pour apprécier l'existence d'un risque réel de mauvais traitements au sens de l'art. 3 CEDH, il convient de rechercher si, eu égard à l'ensemble des circonstances de la cause, il y a des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé, si on le renvoie dans son pays, y courra un risque réel d'être soumis à un traitement contraire à l'art. 3 CEDH (Arrêts de la CourEDH F.G. contre Suède du 23 mars 2016 [requête n° 43611/11], § 113; Saadi contre Italie du 28 février 2008 [requête n° 37201/06], § 125 et 128; Chahal contre Royaume-Uni du 15 novembre 1996 [requête n° 22414/93], § 74 et 96). Selon la jurisprudence du Tribunal administratif fédéral, il est notoire que le Cameroun ne connaît pas, sur l'ensemble de son territoire, une situation de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d'emblée - et indépendamment des circonstances du cas d'espèce - de présumer, à propos de tous les ressortissants du pays, l'existence d'une mise en danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEI (arrêt du Tribunal administratif fédéral E-5624/2017 du 11 août 2020 consid. 7.2; cf. également, plus récemment, l'arrêt D-5326/2021 du 3 février 2022; ces deux décisions admettent la licéité du renvoi vers le Cameroun). En l'espèce, le recourant n'invoque aucune circonstance propre à son cas d'espèce qui lui ferait craindre un danger concret, pour lui ou les membres de sa famille, en cas de renvoi dans son pays d'origine. En tous les cas, il n'établit nullement que son expulsion contreviendrait à une norme impérative de droit international (cf. art. 66d al. 1 let. b CP). Enfin, en tant que le recourant se prévaut de l'art. 9 CDE, qui dispose que les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, on se limitera à relever que cette disposition n'est pas pertinente ici puisque la vie de famille peut se poursuivre à l'étranger. En tout état de cause, le recourant ne saurait déduire aucun droit à demeurer en Suisse des dispositions de la CDE. (cf. ATF 140 I 145 consid. 3.2 p. 148; 139 I 315 consid. 2.4 et 2.5 p. 320 ss; arrêts 6B_1035/2021 du 16 décembre 2021 consid. 4; 6B_939/2020 du 4 mars 2021 consid. 3.3.1; 6B_1027/2018 du 7 novembre 2018 consid. 3).