Citation: 6B_944/2016 E. 3.1

3.1. En l'espèce, il ressort du jugement querellé (art. 105 al. 1 LTF) que le recourant a transmis le 7 ou le 8 juillet 2009 à D.A.________, alors hospitalisé, un dossier concernant l'immeuble " J.________ ". Aux dires du recourant lui-même, D.A.________ s'est déclaré intéressé le 9 juillet 2009 et lui a demandé que l'immeuble soit bloqué durant durant ses vacances. La cour cantonale a également retenu que l'hospitalisation de D.A.________ l'empêchait de jouir des possibilités normales de déplacement et de communication dont il aurait bénéficié d'ordinaire. Il était dès lors contraint de se faire assister et représenter pour tout acte extérieur important. Au matin du 15 juillet 2009, D.A.________ a confirmé vouloir acheter les parts de copropriété de l'immeuble " J.________ ", pour le prix de 16'500'000 fr., avant de signer, le 22 juillet 2009, à l'hôpital G.________, la procuration spéciale en faveur du recourant, pour lui permettre d'acquérir les parts de copropriété en son nom. Ces éléments conduisent, contrairement à ce que soutient le recourant, à considérer l'existence d'une relation contractuelle entre les parties, puisque D.A.________ a chargé le recourant, dont il ne pouvait se passer des services, d'effectuer les démarches nécessaires à l'acquisition et de le représenter. De cette relation contractuelle, qui relève du mandat (art. 394 ss CO; cf. ATF 139 III 217 consid. 2.3 p. 223; CATERINA AMMANN, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, Art. 1-529 OR, 6e éd. 2015, n° 1 i. f. ad art. 412 CO), découle un devoir de fidélité (art. 398 al. 2 CO), qui englobe un devoir d'information concernant toutes les circonstances importantes (ATF 115 II 62 consid. 3a p. 65; 110 II 276 consid. 2a p. 278; arrêt 4A_168/2008 du 11 juin 2008 consid. 2.4; FRANZ WERRO, in Commentaire romand, Code des obligations I, 2e éd. 2012, n° 17 ad art. 398 CO; PIERRE TERCIER/ LAURENT BIERI/BLAISE CARRON, Les contrats spéciaux, 5 e éd. 2016, n° 4465 s., p. 636 s.). Le recourant ne saurait se prévaloir d'une analogie avec les règles du courtage, en faisant état d'une prétendue interdiction de communiquer à un acquéreur potentiel le montant du courtage et le prix de vente souhaité par le vendeur. L'auteur sur lequel il s'appuie (CHRISTIAN MARQUIS, Le contrat de courtage immobilier et le salaire du courtier, 1993, p. 153) se limite à mentionner le devoir de discrétion du courtier, mais n'évoque pas de façon explicite l'existence d'une telle interdiction (loc. cit.). Cette référence doctrinale ne lui est donc d'aucun secours. Au surplus, en faisant valoir une interdiction de communiquer à l'égard de D.A.________ alors qu'il était mandaté par lui pour l'opération immobilière en cause, le recourant ne fait que souligner le flagrant conflit d'intérêts dans lequel il s'est lui-même placé. Il échoue quoi qu'il en soit à remettre en cause le devoir d'information qu'il assumait envers D.A.________, en sa qualité de mandataire. Cela étant, le 15 juillet 2009 dans l'après-midi, après que D.A.________ eut confirmé le matin même qu'il souhaitait se porter acquéreur pour un prix de 16'500'000 fr., le recourant et I.________ ont tenu une séance dont le procès-verbal établit que ces derniers se sont entendus pour fixer le prix " d'achat " des parts de l'immeuble " J.________ " à 16'500'000 fr., pour englober les frais d'achat dans ce prix et pour fixer le prix " de vente " demandé par I.________ à 15'000'000 fr., la différence entre le prix " d'achat " et le prix " de vente " étant acquise au recourant par le biais d'une de ses sociétés. D.A.________ n'en a rien su, ni à l'issue de cette séance, ni lorsque le recourant s'est rendu à son chevet, les 17 puis 22 juillet 2009, pour lui faire signer, notamment, la procuration spéciale intitulée " procuration pour acquérir un immeuble " qui mentionnait toujours un prix de 16'500'000 francs. Ce faisant, le recourant laissait à penser à D.A.________ que le prix discuté avec lui au matin du 15 juillet 2009 demeurait d'actualité, alors qu'il passait sous silence le prix " de vente " de 15'000'000 fr. finalement souhaité par le vendeur, tout comme il passait également sous silence l'existence d'une très importante commission à son profit. Il a ainsi dissimulé une modification notable d'un élément essentiel de la transaction, qu'il ne pouvait de bonne foi tenir pour indifférente à D.A.________, et lui a communiqué des informations tronquées, qui en travestissaient la réalité. Il y a donc eu tromperie au sens de l'art. 146 CP.