Citation: 5A_496/2020 E. 3.1

3.1. Relevant que la recourante avait annoncé, le 30 avril 2020, qu'elle avait déménagé en France " suite à un renvoi de la Suisse ", le Président a considéré qu'il était très peu vraisemblable qu'elle ait été renvoyée de Suisse avec effet immédiat. De surcroît, le père de l'enfant, qui disposait de l'autorité parentale conjointe et exerçait régulièrement son droit de visite, ignorait un tel projet de déménagement en France, tout comme le mandataire de la recourante. Il a ainsi constaté que le déplacement de l'enfant était illicite dès lors qu'il était intervenu au mépris de l'art. 301a al. 2 CC. Ce déménagement, clandestin et abrupt, n'était pas dans l'intérêt de l'enfant, qui, âgée de 5 ans, était inscrite à l'école D.________ (école privée à X.________ pour les 1èreset 2èmes HarmoS), se développait adéquatement et s'entendait bien avec ses demi-frères qu'elle voyait durant le droit de visite de son père, lequel s'exerçait durant la moitié des vacances scolaires et certains week-ends en plus, selon les accords trouvés entre les père et mère. Il était peu compréhensible que la recourante n'ait pas jugé utile de parler de ce projet de déménagement d'abord au père. Elle aurait pu ensuite, en cas de désaccord, demander à l'APEA qu'elle rende une décision, dont rien ne permettait d'affirmer qu'elle aurait été négative. Elle aurait ainsi pu préparer son départ pour la France en prenant les dispositions utiles pour l'organisation du droit de visite et aux relations personnelles du père sur sa fille, compte tenu de l'éloignement géographique. Elle aurait aussi pu faire le nécessaire pour permettre à sa fille de terminer son année scolaire à D.________. Au lieu de cela, elle avait choisi de quitter la Suisse discrètement et abruptement pour s'établir en France, à 900 km du domicile du père de l'enfant, sans prévenir ce dernier et sans prendre de dispositions pour permettre à sa fille de revoir son père et ses demi-frères lors d'un prochain droit de visite. En France, elle n'avait apparemment ni domicile propre, ni activité professionnelle, ni revenus. Dans ces conditions, la décision de la recourante contrevenait clairement au bien de l'enfant en chamboulant, sans motifs sérieux, tous ses repères et en la privant de liens vivants et essentiels pour son développement, ainsi que de la stabilité du cadre socio-éducatif dans lequel elle évoluait, en l'exposant derechef au risque de conditions de vie précaires. Le Président a ensuite jugé que les aptitudes de la recourante à prendre soin de l'enfant et à faire face aux responsabilités étaient remises en question de façon importante. Ayant agi de manière impulsive, elle ne paraissait pas être en mesure de distinguer l'intérêt de sa fille et/ou à le faire primer sur ses propres aspirations. Elle faisait preuve d'instabilité et menaçait le développement de l'enfant par ses décisions imprévisibles. Son lieu de résidence et ses conditions de vie paraissaient désormais incertains. En revanche, les capacités éducatives de l'intimé paraissaient meilleures que celles de la recourante. Il était enseignant à l'école primaire, entretenait de bonnes relations avec sa fille et ses fils ainsi qu'avec la mère de ceux-ci, dont il vit séparé. Il s'était en outre toujours montré respectueux des décisions de justice.