Citation: 9C_308/2009 10.09.2009 E. 2

2.1 A l'issue d'une appréciation exhaustive et minutieuse des documents médicaux recueillis au cours de la procédure, le Tribunal cantonal des assurances sociales a constaté que l'état de santé de l'assurée ne s'était pas amélioré entre la date de la naissance du droit à la rente et celle de la décision litigieuse du 18 mars 2008. Il a retenu que la capacité de travail de l'assurée était nulle au début de l'année 2006 (rapport du docteur L.________ du 8 février 2006). L'office recourant avait d'ailleurs accepté d'octroyer à l'assurée une orthèse lombaire. Bien que ce corset ait eu un effet positif pendant deux mois (disparition complète des douleurs lombaires), les douleurs réapparaissaient dès que l'assurée l'enlevait pour la nuit (rapport du docteur T.________ du 25 août 2006). Le docteur T.________ a conseillé à sa patiente de suivre un sevrage progressif du corset et de débuter des séances de musculation du dos. Par la suite, l'assurée est demeurée de façon permanente sous traitement physiothérapeutique. Malgré cela, les douleurs lombaires basses ont augmenté et l'assurée a présenté des blocages lombaires répétitifs (rapport du docteur T.________ du 7 mars 2007). Le docteur T.________ a estimé nécessaire d'effectuer de nouveaux examens. Ceux-ci ont fait apparaître une origine probablement mixte, discale et facettaire, des lombalgies basses. Le 6 décembre 2007, l'assurée a subi une arthroplastie L5-S1. A la date de la décision litigieuse du 18 mars 2008, l'assurée n'était toujours pas rétablie de cette intervention et présentait encore une incapacité totale de travailler. Dans la mesure où le rapport du docteur P.________ du 11 juin 2007 ne faisait pas mention des derniers examens subis par l'assurée ni de la surcharge facettaire L5-S1 bilatérale, les premiers juges ont estimé qu'il ne fallait pas en tenir compte. Au surplus, le Tribunal cantonal des assurances sociales a considéré que l'office AI avait instruit de manière incomplète le dossier, puisque le diagnostic de fibromyalgie posé par le docteur P.________ aurait dû conduire à la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique afin d'établir si l'assurée disposait des ressources psychiques nécessaires pour surmonter cette maladie. Cela s'imposait d'autant plus que l'assurée était indéniablement atteinte dans sa santé psychique au vu des rapports psychiatriques versés au dossier et des maltraitances vécues. Elle était par ailleurs suivie sur le plan psychiatrique depuis septembre 2004. Compte tenu de ces éléments, on ne pouvait exclure d'emblée, comme l'a fait le docteur P.________, que la fibromyalgie n'était pas invalidante. Toutefois, cette question pouvait demeurer indécise, dès lors qu'une incapacité de travail devait déjà être admise sur la base des seules atteintes somatiques objectives. 2.2 Les griefs invoqués par l'office recourant n'apportent aucun élément concret et sérieux laissant à penser que le Tribunal cantonal des assurances sociales aurait apprécié de manière arbitraire les moyens de preuve dont il disposait. Il ne parvient nullement à établir, au moyen d'une argumentation précise et étayée, le caractère insoutenable du raisonnement ayant conduit à écarter le rapport établi par le docteur P.________ et à retenir l'existence durable d'une incapacité totale de travailler d'origine somatique. Le simple renvoi aux conclusions du docteur P.________ ne saurait suffire à établir l'existence d'une irrégularité dans la constatation et l'établissement des faits. L'office recourant échoue en particulier à démontrer que les premiers juges auraient abusé de leur pouvoir d'appréciation en procédant à une analyse chronologique des diverses pièces médicales versées au dossier et de l'évolution de la symptomatologie présentée par l'assurée. La juridiction cantonale a par ailleurs clairement indiqué qu'à la date de la décision litigieuse du 18 mars 2008, l'atteinte à la santé physique justifiait à elle seule une incapacité totale de travailler. Quand bien même il a été reproché à l'office recourant de n'avoir pas instruit correctement la question de l'existence éventuelle d'une atteinte à la santé psychique, il apparaissait superflu d'administrer d'autres preuves. La conclusion de l'office recourant tendant à la mise en oeuvre d'une expertise bidisciplinaire doit par conséquent être rejetée.