Citation: 9C_675/2022 E. 6

D'une manière générale les recourants font grief aux juges précédents d'avoir appliqué le droit cantonal (art. 15A let. f LPA) qui concrétise les garanties ancrées à l'art. 30 al. 1 Cst. de manière arbitraire. En particulier, ils reprochent d'abord à la Cour de justice d'avoir limité ind ûment son analyse de l'impartialité à son aspect subjectif. Ils soutiennent que le rapport d'inimitié entre leur avocat et l'associé du juge suppléant serait un élément objectif et suffisant pour prononcer la récusation du juge Vecchio. A cet égard, les recourants considèrent que le fait qu'un tiers - étroitement lié au juge suppléant qui traite leur cause - nourrissant un sentiment d'inimitié envers leur représentant est objectivement propre à fonder une suspicion de partialité à l'instar du rapport d'inimitié qui lierait l'épouse du juge suppléant aux parties au procès auquel ce dernier prend part. En outre, les recourants font valoir que, contrairement à ce que les juges précédents ont décidé, un conflit de mandat - qui nécessite un lien direct et contractuel entre le juge suppléant ou son associé avec l'une des parties - ne représente pas la seule situation dans laquelle on retiendrait l'existence d'un motif de récusation. Ils soutiennent qu'une étude d'avocat doit être prise comme un tout et que donc le comportement de Me Degni était propre à créer un conflit d'intérêt qui allait au-delà du simple conflit de mandat et suffirait à justifier la récusation du juge Vecchio. Enfin, ils font valoir que l'absence de prise de position du juge suppléant sur les propos de son associé à l'égard de leur représentant, et le fait que le juge Vecchio ne s'en est pas distancié, renforcerait le risque de partialité.