Citation: 8C_204/2019 E. 5.3.3

5.3.3. 5.3.3.1. Sur le plan neurologique, l'examen du CEMed a révélé une limitation de la mobilité de la nuque avec provocation de douleurs le long du membre supérieur droit, une aréflexie tricipitale droite et des troubles sensitifs au niveau de l'index et du majeur droits compatibles tant avec une atteinte plexuelle brachiale qu'une souffrance radiculaire C7, ainsi qu'une discrète instabilité non latéralisée à la station pieds joints et à la marche un pied devant l'autre. Selon les experts, il ne faisait guère de doute que le recourant avait été victime le 16 janvier 2013 d'un TCC ainsi que d'une atteinte cervicale ou plexuelle brachiale. L'évolution neurologique était à considérer comme normalement favorable, notamment en ce qui concernait l'atteinte du membre supérieur droit où actuellement l'on n'observait plus que quelques troubles sensitifs distaux. Ces derniers ne représentaient visiblement pas une cause d'incapacité de travail dans son activité professionnelle. Sur le plan neuro-ophtalmologique et ophtalmique, les examens pratiqués préalablement permettaient d'écarter une atteinte entraînant une incapacité de travail significative. En conclusion, il n'y avait pas d'incapacité de travail persistante pour cause neurologique (rapport d'expertise du 28 août 2015 p. 15). 5.3.3.2. De son côté, le docteur F.________ a indiqué que l'examen neurologique était parasité par des anomalies atypiques mais a relevé une hyporéfléxie achilléenne bilatérale et une altération de la sensibilité posturale, tableau qui pourrait être compatible avec une atteinte neuropathique périphérique mais en aucun cas être mis sur le compte d'un éventuel événement accidentel. Pour le reste, l'examen s'était révélé normal et il n'y avait plus aucun élément en faveur d'une éventuelle plexopathie brachiale à droite. En conclusion, cet expert a retenu un TCC mineur avec un statu quo ante à deux ans après l'accident, soit au 15 janvier 2015 (rapport d'expertise du 2 novembre 2017 p. 16 s.). 5.3.3.3. Quant à la doctoresse J.________, elle a conclu, sur le plan neuro-vestibulaire, à un déficit vestibulaire droit persistant objectivé par un nystagmus battant à gauche dans l'obscurité ainsi qu'à une augmentation de la latence des saccades horizontales. Sur le plan neuro-ophtalmique, elle a retenu une dysversion papillaire bilatérale congénitale ne pouvant pas être responsable de troubles visuels, sans signes de neuropathie optique (rapport d'expertise du 12 février 2018 p. 6 s.). Au regard des symptômes actuels du recourant (pour l'essentiel: difficultés à rester debout de manière prolongée, sensations de tangage et d'instabilité, nausées, gêne visuelle face à l'écran, ralentissement général, troubles de la concentration, fatigue), la doctoresse J.________ a indiqué que le déficit vestibulaire pouvait expliquer certains symptômes, qu'elle jugeait néanmoins importants au regard d'un déficit partiel de la fonction vestibulaire. Elle a relevé aussi que l'intolérance aux troubles vestibulaires et la difficulté de compensation vestibulaire pouvaient être attribuées à l'état psychologique du patient. Pour le reste, l'augmentation de la latence des saccades pouvait selon elle traduire le ralentissement global du patient. En revanche, la dysversion papillaire et le reste de l'examen neurologique ne pouvaient pas expliquer les symptômes visuels décrits par le patient (rapport d'expertise du 12 février 2018 p. 9). La doctoresse a considéré par ailleurs que les données médicales des médecins traitants étaient cohérentes avec un déficit vestibulaire droit installé immédiatement dans les suites du traumatisme cranien en lien avec un diagnostic de commotion labyrinthique, en précisant toutefois qu'une commotion labyrinthique n'avait aucune traduction anatomique décelable par imagerie (sauf quelques rares cas où ils étaient visibles sur une IRM) et qu'un déficit vestibulaire pouvait être la conséquence d'autres diagnostics. La commotion labyrinthique lui paraissait toutefois très probable et la relation de causalité entre l'accident et le déficit vestibulaire certaine (rapport d'expertise du 12 février 2018 p. 10). 5.3.3.4. Enfin, le docteur L.________ a retenu comme lésion neurologique consécutive à l'accident une souffrance motrice pure des racines antérieures C6 droite et à un moindre degré C5 et C7. Notant que l'interrogatoire ne révélait aucun antécédent susceptible d'expliquer cette souffrance, il a indiqué que la relation de causalité avec l'accident était certaine au vu de la brutalité et du type de traumatisme subi (rapport d'expertise du 13 septembre 2018 p. 4).