Citation: 4A_646/2017 E. 4

Les décisions en matière de mesures provisionnelles sont incidentes, aux termes de l'art. 93 al. 1 LTF, lorsque l'effet des mesures en cause est limité à la durée d'un procès en cours ou à entreprendre, dans un délai qui lui est imparti, par la partie requérante. En conséquence, la recevabilité d'un recours en matière civile suppose que la décision soit de nature à causer un préjudice irréparable aux termes de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (ATF 137 III 324 consid. 1.1 p. 323/324; 134 I 83 consid. 3.1 p. 86/87). Cette exigence vise non seulement le recours dirigé contre une décision accordant des mesures provisionnelles, mais aussi celui dirigé contre une décision de refus (arrêts 4A_380/2017 du 11 octobre 2017, consid. 3; 4A_478/2011 du 30 novembre 2011, consid. 1.1, SJ 2012 I 468). Selon la jurisprudence relative à cette exigence, un préjudice irréparable n'est réalisé que lorsque la partie recourante subit un dommage qu'une décision favorable sur le fond ne fera pas disparaître complètement; il faut en outre un dommage de nature juridique, tandis qu'un inconvénient seulement matériel, résultant par exemple d'un accroissement de la durée et des frais de la procédure, est insuffisant (ATF 137 III 380 consid. 1.2.1 p. 382; 134 III 188 consid. 2.2 p. 191; 133 III 629 consid. 2.3.1 p. 632). Il incombe à la partie recourante d'indiquer de manière détaillée en quoi elle se trouve menacée d'un préjudice juridique irréparable par la décision de mesures provisionnelles qu'elle conteste; à défaut, le recours est irrecevable (ATF 137 III 324 consid. 1.1 p. 324). En l'espèce, le demandeur se borne à affirmer que si l'existence du bail à ferme litigieux n'est pas reconnue en procédure de mesures provisionnelles, au degré de la simple vraisemblance qui est déterminant selon l'art. 261 al. 1 CPC, elle ne le sera pas non plus, selon toute probabilité, au stade du jugement final qui interviendra sur l'action introduite le 14 juin 2017, parce que les juges seront alors réticents à contredire leur appréciation antérieure. Le demandeur se dit en ce sens menacé d'un préjudice irréparable. Cette conjecture n'est pas concluante. Le Tribunal fédéral a au contraire déjà discuté, du point de vue de la garantie de l'impartialité des tribunaux, le cumul des fonctions de juge des mesures provisionnelles et de juge du fond, et il est parvenu à la conclusion qu'une décision sur mesures provisionnelles ne préjuge pas la décision au fond (ATF 131 I 113 consid. 3.6 p. 119). Le recours en matière civile est donc irrecevable déjà en raison du manque d'un exposé pertinent au regard de la jurisprudence ci-mentionnée relative à l'art. 93 al. 1 let. a LT.