Citation: 5A_387/2024 E. 3.1

3.1. Rappelant que la recourante avait déposé pas moins de quatre requêtes de récusation à l'encontre de la juge intimée, dont la première le 13 janvier 2023 déjà, l'autorité cantonale a estimé, dans une considération d'ordre général, en se fondant sur l'arrêt du Tribunal fédéral 5A_350/2023 du 18 juillet 2023, que toute demande de récusation contenait implicitement la requête que le magistrat visé n'accomplisse plus d'autres actes de procédure ou que d'éventuels futurs actes de procédure soient renouvelés en cas d'admission de la demande de récusation. Ainsi, la recourante reprochait à la juge intimée de ne pas faire certains actes de procédure ou de ne pas rendre certaines décisions, alors qu'elle avait expressément indiqué, dans son courrier du 23 janvier 2023, qu'elle demanderait " en tant que besoin " l'annulation de tous " ses actes futurs inconnus ". Selon la cour cantonale, il était ainsi difficile de ne pas voir dans le recours pour déni de justice ou retard injustifié un procédé, si ce n'est abusif, à tout le moins contraire à la bonne foi. Dans la suite détaillée de sa motivation, l'autorité cantonale a constaté qu'à la date du dépôt du recours, soit le 9 juin 2023, quelque neuf mois s'étaient écoulés sans que les questions de la provisio ad litem et de la contribution d'entretien requise à titre provisionnel n'aient été tranchées. A première vue, ce laps de temps était trop long et peu compatible avec la procédure sommaire applicable aux mesures provisionnelles (art. 248 lit. d CPC). Néanmoins, force était de constater que, de manière générale, la juge intimée avait déployé une activité très soutenue et qu'aucun temps mort n'était à relever. La magistrate avait donné rapidement suite aux diverses écritures des parties et s'était déterminée sur les observations et objections de la recourante (nécessité d'une autorisation de procéder, mise en doute de la pertinence d'une séance d'information pour le consensus parental, contestation de la délégation à l'APEA de la compétence pour exécuter la curatelle notamment, contestation de l'absence de motivation de la décision rendue à titre superprovisionnel, propos tenus à C.________ en audience, remise en cause des compétences des intervenants OPE, questionnement sur leur formation, critique de la non-application des règles du CPC sur l'expertise à l'enquête sociale, demande de répétition des actes effectués par les intervenants OPE, contestation de la compétence de l'OPE pour arrêter les modalités des appels téléphoniques, etc.). Elle avait en outre tenu une audience de plus de sept heures, rendu des décisions intermédiaires ou superprovisionnelles concernant des aspects importants et sensibles de la cause comme celui du droit de visite (cf. notamment décisions des 28 septembre 2022, 9 décembre 2022, 20 décembre 2022, 4 avril 2023, 21 avril 2023 et 25 avril 2023) et mis en oeuvre des mesures de protection de l'enfant urgentes, telles qu'une curatelle de surveillance des relations personnelles ou une enquête sociale. L'autorité cantonale a estimé que, dans l'ensemble, la magistrate avait donc fait preuve de diligence. L'autorité cantonale a constaté que la recourante avait, quant à elle, largement participé à l'allongement de la procédure dont elle se plaignait. Celle-ci avait contesté de manière quasi systématique les actes de toutes les autorités ou services administratifs intervenus, soit ceux de la juge intimée, de l'APEA et de l'OPE. Elle avait de plus adressé à la juge intimée de très nombreuses écritures, parfois plusieurs le même jour, comme par exemple les 9 mars 2023, 22 mars 2023, 17 avril 2023 ou 24 avril 2023, et s'était quelquefois déterminée sur les mêmes sujets à plusieurs reprises, comme ceux de l'absence de motivation des décisions superprovisionnelles, de non-application des règles de l'expertise à l'enquête sociale ou de l'absence de compétences suffisantes des intervenants OPE. Elle avait au demeurant contraint la magistrate à justifier la plus grande partie de ses actes de procédure, même ceux qui ne prêtaient pas à discussion, comme la délégation à l'APEA pour la mise en oeuvre des mesures de protection de l'enfant ou la précision selon laquelle l'OPE pouvait, dans le cadre de son mandat de curateur de surveillance des relations personnelles, définir les modalités des appels téléphoniques entre l'enfant et son père. Elle avait finalement requis à quatre reprises la récusation de la juge intimée et déposé plusieurs recours et appels. Que cette manière d'agir ait été pertinente et/ou justifiée, il n'en demeurait pas moins qu'elle avait entraîné une charge de travail importante pour la magistrate, retardant ainsi immanquablement l'avancée de la procédure. S'agissant plus particulièrement des aspects financiers de la cause, l'autorité cantonale a constaté que la recourante soutenait que les questions pécuniaires ne pouvaient être traitées sans l'assistance d'un curateur de représentation et elle avait par ailleurs formé un recours portant sur la question de l'étendue des compétences de la curatrice. Elle avait toutefois demandé la suspension de cette procédure de recours jusqu'à droit connu sur sa demande de révision. Or, la juge intimée avait indiqué qu'elle ne traiterait pas de celle-ci jusqu'à droit connu sur les demandes de récusation formées par la recourante. Au moment du dépôt du recours, ces dernières avaient tout juste été rejetées et venaient de faire l'objet d'un recours au tribunal cantonal. L'autorité cantonale en a déduit que, au mois de juin 2023, la juge intimée était tout bonnement dans l'impossibilité, due en partie à la recourante - sans à nouveau juger du bien-fondé de ses actes procéduraux -, de statuer sur les questions financières. L'autorité cantonale a conclu que, après une appréciation globale des circonstances d'espèce, aucun retard injustifié à statuer ne pouvait être reproché à la juge de district. Par ailleurs, la recourante se plaignant encore de retard injustifié parce que la juge de district n'avait pas instruit sa demande de révision, déposée le 13 mars 2023, de la décision de nomination de la curatrice et la requête de suspension y figurant, l'autorité cantonale a relevé que, à la date du recours dont elle était saisie, à peine trois mois s'étaient écoulés depuis le dépôt de cette demande. Il était ainsi douteux qu'un tel laps de temps soit contraire aux exigences de célérité et qu'il n'était pas exclu que la juge de district n'entendait tout simplement pas effectuer d'actes d'instruction avant de rendre son prononcé.