Citation: I 713/00 25.05.2001 E. 1

1.- a) Le recourant reproche au premier juge une violation de son droit d'être entendu, au motif qu'il a omis de lui donner l'occasion de se déterminer sur la réponse de l'office AI du 4 septembre 2000, lequel prenait des conclusions tendant à la modification de sa décision au détriment de l'intéressé. b) Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel (art. 29 al. 2 Cst.), dont la violation doit entraîner l'annulation de la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recourant sur le fond (ATF 124 V 183 consid. 4a, 122 II 469 consid. 4a et les arrêts cités). La jurisprudence en a déduit, en particulier, le droit pour le justiciable d'avoir accès au dossier. Une condition nécessaire du droit de consulter le dossier est que l'autorité, lorsqu'elle verse au dossier de nouvelles pièces dont elle entend se prévaloir dans son jugement, soit tenue d'en aviser les parties (ATF 124 II 137 consid. 2b, 114 Ia 100 consid. 2c et les références). Encore qu'elle ne soit pas obligée de les renseigner sur chaque production de pièces, car il suffit qu'elle tienne le dossier à leur disposition (ATF 112 Ia 202 consid. 2a et les références; RCC 1991 p. 107 consid. 4a). c) Dans sa réponse au recours devant la juridiction cantonale, par laquelle il concluait à l'admission de celui-ci et au renvoi de la cause à l'administration pour instruction complémentaire, l'office AI a affirmé que la rente entière avait été allouée à l'assuré sur la base de renseignements médicaux incomplets, dans la mesure où il avait omis de tenir compte de l'avis de son médecin conseil, le docteur B.________. L'office AI se rapportait à une note établie par ce praticien le 9 septembre 1999, en réponse à des questions des organes de décision de l'office. Ceux-ci se référaient à un rapport de stage d'observation professionnelle (du 6 août 1999) au Centre de formation X.________, selon lequel l'assuré n'était pas en mesure d'assumer un emploi à plein temps dans le circuit économique, et désiraient savoir si le rapport en question permettait d'admettre l'existence d'un droit à une rente entière d'invalidité, le cas échéant à partir de quelle date. Or, dans sa note susmentionnée du 9 septembre 1999, le docteur B.________ a répondu négativement à cette question, précisant notamment qu'il n'y avait pas de lien de causalité entre les faibles rendements observés au Centre X.________ et l'atteinte à la santé de l'assuré. Aussi, doit-on admettre qu'en concluant, dans sa réponse au recours, à ce que la cause lui fût renvoyée pour complément d'instruction sous la forme d'une expertise médicale, l'office AI envisageait de statuer une nouvelle fois non seulement sur le moment de la naissance du droit à la rente entière, mais également sur le principe même du droit à une telle prestation. Force est dès lors de constater qu'en renvoyant la cause à l'office AI pour nouvelle décision après complément d'instruction sur le moment de la survenance d'une invalidité ouvrant droit à une rente, ainsi que sur la quotité de celle-ci, la juridiction cantonale s'est prévalue de la détermination de l'office AI. Dans la mesure où le recourant n'a pas eu connaissance de cette pièce - à réception de laquelle la juridiction cantonale a rendu le jugement attaqué -, son droit d'être entendu n'a pas été respecté. Ce vice, qui n'est pas dépourvu de gravité, ne peut pas être réparé en procédure fédérale (cf. ATF 125 V 371 consid. 4c/aa). L'affaire doit donc être renvoyée à la juridiction cantonale pour qu'elle statue à nouveau, après avoir donné au recourant la possibilité de s'exprimer sur la réponse de l'office AI et de retirer éventuellement son recours. Compte tenu de l'issue du litige, il est inutile d'examiner les autres griefs du recourant.