Citation: 4A_202/2016 E. 3.2

3.2. Considéré à la lumière de ces principes, le grief examiné apparaît dénué de tout fondement. Au chiffre 9 du compromis arbitral qu'elles ont signé le 12 août 2014, les parties ont réglé en ces termes la question du droit applicable: "The parties authorise the Arbitral Tribunal to assist them in reaching a settlement and, if it deems it appropriate, to decide ex aequo et bono. Applicable law should be X.________ law; the Arbitral Tribunal can also apply any rule of law that it will consider appropriate." A la lecture de ladite clause, et singulièrement du dernier membre de phrase de celle-ci, les parties ne pouvaient pas raisonnablement exclure que le Tribunal arbitral décidât d'appliquer un autre droit que le droit X.________, voire qu'il s'affranchît de toute référence à un droit déterminé pour trancher la cause en équité, d'autant moins que la forme verbale should, utilisée dans ladite clause en regard de la référence au droit X.________, ne leur permettait en aucun cas de conclure à l'application impérative de ce droit-ci. En outre, comme la Formation était composée de trois arbitres suisses, que le TAS a son siège en Suisse et que le droit suisse constitue le droit supplétif dans la procédure ordinaire conduite devant ce tribunal arbitral sportif (cf. art. R45 du Code de l'arbitrage en matière de sport), la recourante, assistée de cinq avocats dans la procédure d'arbitrage, aurait pu, à tout le moins, envisager la possibilité d'une application de ce droit, et non pas - pour reprendre ses propres termes - des "règles légales du Vietnam, du Sénégal ou des Etats-Unis". Mais il y a plus. En effet, l'ordonnance de procédure du 19 août 2015 ( Order of procedure), signée par toutes les parties sans objection ni remarque, contient une clause 7, intitulée Law applicable to the merit, qui rappelle, dans un premier paragraphe, l'autorisation donnée à la Formation de statuer en équité, reproduit, dans un deuxième paragraphe, la clause 9, précitée, du compromis arbitral, puis expose ce qui suit dans un dernier paragraphe: "In view of the discretion granted to the Panel by the Parties, of their written submissions and of the fact that they chose Swiss arbitrators, the Panel deems it appropriate to decide this case ex aequo et bono and to refer to Swiss law whenever it deems it appropriate." Sur le vu de cette dernière phrase, on ne saurait soutenir euphémiquement, comme le fait la recourante, que le TAS avait "effleuré" la possible prise en considération du droit suisse. Il en appert, bien plutôt, que la Formation s'était réservé la faculté d'appliquer le droit suisse selon son bon vouloir. Dès lors, à supposer, ainsi que la recourante paraît le soutenir, que les parties n'eussent évoqué que le droit X.________ dans leurs différentes écritures, lesquelles étaient toutes antérieures à la date de reddition de l'ordonnance de procédure en question, la bonne foi eût commandé que la recourante réagît à réception de celle-ci et qu'elle s'insurgeât contre l'intention, exprimée par la Formation, de faire fond sur le droit suisse si elle le jugeait opportun. Au lieu de quoi, l'intéressée a choisi de rester silencieuse et a signé ladite ordonnance telle quelle. Partant, elle ne saurait venir invoquer aujourd'hui un quelconque effet de surprise, dont elle aurait été la victime, sans commettre ipso facto un abus de droit. Pour le surplus, une fois admis le caractère prévisible de l'application du droit suisse in casu, il n'y avait rien d'extraordinaire à ce que la Formation, dans sa démarche visant à trancher la cause en équité, fît appel, pour l'aider dans cette démarche, aux dispositions de ce droit régissant la résiliation pour justes motifs du contrat de travail. Aussi bien n'était-il pas insolite de qualifier ainsi le SEA qui formalisait les rapports professionnels noués par la recourante avec le coureur cycliste intimé. La recourante, il est vrai, consacre une grande partie de son mémoire à démontrer qu'elle serait tombée des nues en constatant que la Formation avait appliqué le droit suisse du travail au problème de l'extinction de l'AIR, alors que ce contrat, passé par deux personnes morales au sujet de l'exploitation de l'image d'un tiers, était exorbitant de toute relation de travail. Ce faisant, l'intéressée méconnaît la véritable nature de l'argumentation développée par la Formation relativement à l'AIR (cf. sentence, n. 158 à 164). Il en ressort que les arbitres n'ont pas conclu au caractère injustifié de la résiliation de l'AIR en appliquant les dispositions du code suisse des obligations concernant l'extinction des rapports de travail, mais en se fondant exclusivement sur une clause de l'AIR qui liait le sort de ce contrat à celui du SAE et en tirant la conclusion que cette clause imposait après avoir démontré que ce dernier contrat avait été résilié avec effet immédiat sans justes motifs. C'est aussi en ayant égard à l'interdépendance entre les deux contrats qu'ils ont fait référence, dans leur sentence en équité, à l'art. 339 al. 1 CO pour fixer la date d'exigibilité des créances découlant de la rupture unilatérale injustifiée de chacun d'eux (sentence, n. 206). Dans ces conditions, la recourante s'insurge à tort contre "l'irruption inopinée du droit suisse du travail et de l'art. 339 al. CO dans le cas de C.________ Sàrl".