Citation: 1B_72/2019 E. 6

Il ressort du dossier cantonal que la demande de récusation du Procureur général a été faite oralement lors de l'audition de A.________ tenue le 13 décembre 2018. Seuls les motifs invoqués à cette occasion devaient être traités par la Chambre pénale. Selon le procès-verbal d'audition, que le recourant a refusé de signer mais dont celui-ci ne prétend pas qu'il ne résumerait pas correctement ses propos, la récusation du Procureur général a été demandée parce qu'il avait été élu grâce au soutien du Parti démocrate chrétien. Cela étant, on ne saurait reprocher à la Chambre pénale d'avoir examiné la demande de récusation sous cet angle exclusivement et de ne pas avoir recherché d'office d'autres motifs de récusation qui pouvaient résulter du dossier. Elle a constaté que A.________ savait, dès réception de la citation à comparaître du 24 janvier 2018, que le Procureur général était en charge d'instruire la plainte pour violation de domicile et troubles à l'ordre public dirigée contre lui. Le recourant ne le conteste pas. Cela étant, et conformément à l'art. 58 al. 1 CPP, il devait requérir sans délai, c'est-à-dire dans les jours suivant la réception de cette citation, la récusation de Fabien Gasser s'il considérait que ce magistrat ne présentait pas les garanties d'indépendance et de transparence requises pour instruire la cause parce qu'il avait été élu à son poste grâce au soutien des députés du Parti démocrate chrétien. La Chambre pénale n'a ainsi pas violé le droit fédéral en considérant que le recourant avait tardé à agir en sollicitant pour ce motif la récusation de l'intimé à l'audience du 13 décembre 2018. Cela étant, dans la mesure où l'arrêt attaqué peut être confirmé dans sa motivation principale, il n'y a pas lieu d'examiner si l'argumentation subsidiaire développée pour rejeter la récusation au fond est ou non arbitraire ou d'une autre manière non conforme au droit.