Citation: I 741/04 13.02.2006 E. 3

3.1 Rendue au terme d'une étude fouillée de l'ensemble du dossier médical (y compris les avis des médecins traitants consultés par le recourant) à l'issue d'examens cliniques approfondis tant sur le plan somatique que psychique, l'expertise des médecins de la Clinique Z.________ remplit toutes les exigences auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 352 ss consid. 3a et 3b/bb et les références). A l'instar des premiers juges, le Tribunal fédéral des assurances n'a aucune raison de s'en écarter. 3.2 Les experts ont diagnostiqué, à titre principal, un syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4). Cette atteinte avait des répercussions sur la capacité de travail de l'assuré, contrairement aux autres affections inventoriées (tabagisme chronique, status après amputation de la phalange distale de l'index droit, status après fracture du scaphoïde carpien droit en 1970, status après cure de hernie hiatale en 1983, discopathies L4-L5 et L5-S1 modérées et une arthrose acromioclaviculaire bilatérale). D'après les experts, les incohérences lors de l'examen clinique étaient manifestes et maintes fois soulignées par les examinateurs précédents. Hormis une discrète limitation de la mobilité des poignets, il n'y avait pas de restriction fonctionnelle significative chez cet assuré. Les documents d'imagerie confirmaient que l'arthrose cervicale et lombaire était à peine mise en évidence par l'IRM, en dépit de la grande sensibilité de ce type d'examen en face d'une souffrance discale. Il n'y avait aucun signe radiculaire déficitaire ni irritatif susceptible de s'intégrer dans un tableau de hernie discale symptomatique. Les radiographies des genoux étaient sans anomalie significative et sur les radiographies des poignets, on ne retrouvait pas de trait de fracture au niveau du scaphoïde. Il n'y avait de toute façon pas de retentissement de cette possible ancienne fracture sur les structures adjacentes au scaphoïde, en particulier pas de signe d'arthrose de la colonne du pouce. Selon les conclusions des experts, sous l'angle somatique, il n'y avait pas lieu d'additionner chacune des séquelles traumatiques, des particularités anatomiques ou des troubles dégénératifs; ces anomalies étaient triviales chez un sujet de 55 ans ayant exercé des activités de manutentionnaire. Elles n'étaient pas susceptibles d'expliquer l'état douloureux, ni de nature à amputer le rendement dans les activités exercées au moment de l'incapacité de travail. L'importance subjective des troubles et leur répercussion sur la capacité de travail s'expliquaient essentiellement par un trouble somatoforme douloureux chez une personnalité narcissique et quérulente. La discordance et les inconsistances entre les plaintes et les éléments objectifs sur le plan somatique accréditaient ce diagnostic. 3.3 L'expert psychiatre a précisé que l'assuré ne présentait pas de comorbidité psychiatrique ou de trouble intellectuel. Du point de vue thymique, il n'y avait pas de symptômes de la lignée dépressive (absence de symptômes psychiques spécifiques et de symptômes « somatiques » de la dépression). Des facteurs de surcharge psychologique, tels la récente paternité de l'assuré (dans le cadre d'un deuxième mariage) et un climat de travail poussant à la performance avaient contribué à l'émergence de ce comportement d'invalidation, sans parler de la précarité de sa situation sociale actuelle (marquée par des préoccupations financières sortant du champ médical). Au regard du dossier, les premiers juges n'avaient aucune raison d'admettre qu'il existait des éléments justifiant que l'on déroge, exceptionnellement, au principe selon lequel un trouble somatoforme douloureux n'entraîne pas une limitation de longue durée de la capacité de travail (ATF 131 V 49, 130 V 352).