Citation: 4A_252/2021 E. 3.4

3.4. Dans un premier grief, la recourante invoque une violation de l'art. 257d CO et de l'art. 2 de l'ordonnance. Elle tire tout d'abord argument du rapport explicatif relatif à l'ordonnance établi par l'Office fédéral du logement, qui précise notamment ce qui suit au sujet de l'art. 2 de l'ordonnance (p. 3 n. 3.2) : " La prolongation du délai de paiement vaut uniquement pour les locataires touchés par les mesures prises par le Conseil fédéral en vue de lutter contre le coronavirus et qui les ont mis en difficultés de paiement, par exemple parce qu'elles les ont contraints à fermer boutique. Pour tous les autre s locataires, à l'instar d'une pharmacie restée ouverte et qui enregistre peut-être même une augmentation de son chiffre d'affaires, le délai de mise en demeure reste fixé à 30 jours. " Elle se base également sur le fait que le Conseil fédéral a levé la mesure ordonnant la fermeture des restaurants avec effet au 11 mai 2020, en abrogeant l'art. 6 al. 2 let. b de l'ordonnance 2 du 13 mars 2020 sur les mesures destinées à lutter contre le coronavirus (COVID-19) (Ordonnance 2 COVID-19; RO 2020 1499). Dans la mesure où l'arrêt entrepris n'a pas retenu que les locataires auraient fait valoir qu'ils n'avaient pas pu reprendre l'exploitation de leur restaurant à partir du 11 mai 2020, elle soutient que c'est à tort que la cour cantonale aurait fixé un délai de 90 jours pour que les intimés s'acquittassent du loyer du mois de juin 2020. Elle fait à ce sujet valoir également une violation de l'art. 9 Cst., l'arrêt entrepris étant sur ce point arbitraire selon elle. La recourante invoque aussi que la cour cantonale aurait violé l'art. 257 CPC en retenant que la requête en expulsion était irrecevable, dans la mesure où les intimés ne s'étaient pas acquittés du loyer du mois de juin 2020 dans le délai comminatoire applicable de 30 jours.