Citation: 8C_112/2023 E. 3.2

3.2. Pour la cour cantonale, l'avis du docteur C.________ n'était pas de nature à mettre en doute l'appréciation convaincante du médecin d'arrondissement de la CNA. En tant qu'il était d'avis que la déchirure méniscale était d'origine accidentelle, son argumentation reposait essentiellement sur l'absence de douleurs avant l'accident et sur la persistance des douleurs plus de trois mois après l'accident, ainsi que sur le fait que le recourant aurait subi, d'après lui, une torsion du genou. Or, pour les juges cantonaux, une telle torsion n'était pas avérée. Il n'en était question ni dans la déclaration d'accident (qui mentionnait expressément une contusion), ni dans le rapport intermédiaire établi le 17 décembre 2020 par le docteur D.________, premier médecin consulté par le recourant en septembre 2020, ni dans la description de l'accident par l'assuré lui-même lors d'un entretien avec un collaborateur de la CNA, le 3 février 2021. Lors de cet entretien, le recourant avait précisé s'être "tordu le genou droit à ski en 2014"; en revanche, il ne mentionnait pas de torsion du genou gauche dans sa description de l'accident du 22 août 2020. Il exposait avoir raté les deux dernières marches de l'escalier, avoir chuté en avant et s'être retrouvé "avec la jambe gauche pliée sous les fesses". Selon la cour cantonale, cette description concordait avec la notion de "charge importante sur la jambe gauche" figurant dans le rapport du 17 décembre 2020 du docteur D.________. Elle ne permettait cependant pas de constater un mécanisme de torsion lors de l'accident et il était peu vraisemblable que le recourant n'eût pas mentionné explicitement un mouvement de torsion lors de l'entretien du 3 février 2021, ni lors de sa première consultation auprès du docteur D.________ si celui-ci se fût effectivement produit. Quant au rapport du docteur C.________, du 8 décembre 2020, il était insuffisant pour établir à lui seul, au degré de la vraisemblance prépondérante, une torsion du genou, compte tenu des autres pièces au dossier, d'autant que le docteur C.________ paraissait partir du principe que toute chute dans un escalier impliquait une torsion du genou. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutenait le docteur C.________, la survenance et la persistance des douleurs plus de trois mois après l'accident ne permettait pas, sous réserve d'autres indices concordants, de tirer des conclusions sur l'origine accidentelle d'une lésion méniscale, dès lors qu'il s'agissait d'un raisonnement "post hoc ergo propter hoc".