Citation: 5P.277/2001 07.05.2002 E. 3

3.1 La recourante reproche aux juges cantonaux d'avoir procédé à une constatation lacunaire des faits en écartant de leur appréciation des éléments pertinents relatifs aux violences subies, en particulier psychologiques, et à son état de détresse lors de son départ du domicile conjugal. Elle fait ainsi grief à la Cour de justice d'avoir soulevé l'absence d'un certificat médical, alors même qu'une telle pièce figure au dossier, et d'avoir omis deux témoignages, émanant de la Dresse B.________ et de Sr P.________, soit des deux personnes l'ayant accueillie lors du départ précité. 3.2 Dans sa partie en droit, la Cour de justice a indiqué ce qui suit: "(...) l'appelante a prétendu subir de son conjoint des violences physiques (...) et avoir été victime de violences psychiques (...) qui rendraient pour elle la continuation du mariage insupportable. Il ressort des enquêtes que des violences verbales et physiques de l'appelant envers son épouse et l'enfant mineure ont été constatées par le témoin A.________, l'ami de l'intimée et le Service du tuteur général. Il n'a pas été précisé par le témoin A.________ s'il avait constaté de tels faits pendant la vie commune ou après la séparation des époux. L'ami de l'intimée et le Service du tuteur général n'ont pas constaté de tels faits pendant la vie commune. Pour le surplus, les violences alléguées par l'épouse n'ont pas fait l'objet de témoignages directs confirmés par des éléments objectifs tels que des certificats médicaux. Ces violences, si elles ont eu lieu, ne revêtent toutefois pas un caractère durable et de gravité si intense que le mariage soit totalement insupportables. Elles ne sauraient fonder des motifs sérieux de divorce au sens de l'art. 115 CC (...)." Ce considérant semble abscons. La Cour de justice constate d'abord l'existence de violences verbales et physiques (en laissant indécis le point de savoir si ces actes sont survenus déjà pendant la vie commune), puis remet en doute, dans le paragraphe suivant, la survenance de "ces violences" (en gardant de même cette question ouverte dès lors que celles-ci ne réalisent de toute façon pas les motifs sérieux au sens de l'art. 115 CC). En tout état de cause, la Cour de justice a violé le droit constitutionnel, à savoir non pas l'art. 9 Cst. invoqué expressément par la recourante mais l'art. 29 al. 2 Cst. soulevé implicitement, en passant sous silence des pièces, figurant au dossier, qui contribuent à établir les violences subies, en particulier avant la séparation. Tel est le cas du certificat médical de la Dresse V.________ du 3 décembre 1998, laquelle indique soigner la recourante depuis 1995 en raison d'une "dépression sévère réactionnelle à sa maladie (cancer du sein) et à un conflit de famille". Dès lors que ce document, qui se réfère du reste à une période antérieure à la séparation, atteste d'une dépression aux causes notamment familiales, il constitue un élément propre à démontrer de graves difficultés matrimoniales, que le tribunal devait examiner au regard de l'art. 115 CC. Il en va de même des témoignages de la Dresse B.________ (selon laquelle la recourante a en particulier souffert, comme l'indique la partie en fait de l'arrêt attaqué "de violences morales et physiques conjuguées") et de Sr P.________, car ceux-ci attestent notamment de l'état de désespoir et d'angoisse dans lequel se trouvait la recourante au moment du départ du domicile conjugal. Le recours de droit public doit ainsi être admis sous cet angle. 3.3 Pour le surplus, dans la mesure où la recourante se livre à une critique amplement appellatoire (en outre sous l'angle de l'art. 4 aCst., pourtant largement caduc) de l'appréciation de celles des preuves que la Cour de justice a effectivement prises en considération, le recours est irrecevable au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 127 I 38 consid. 3c; 125 I 492 consid. 1b).