Citation: 1P.166/2000 29.09.2000 E. 2

2.- Pour contester le verdict de culpabilité, le recourant fait valoir que la victime a dû recourir à des séances d'hypnose pour parvenir à décrire les visages de ses agresseurs; il critique aussi la procédure par laquelle les enquêteurs l'ont amenée à le reconnaître personnellement comme l'un d'eux. a) La Cour d'assises a interrogé le Dr Philippe Bourgeois, médecin-psychiatre expérimenté dans le domaine de l'hypnose, au sujet de la crédibilité des souvenirs qu'une personne n'a d'abord pas conservés, puis dont elle fait état à la suite de séances d'hypnose. Ses déclarations devant la Cour ont été enregistrées et transcrites, à l'instar de l'ensemble des débats. Le Dr Bourgeois a expliqué que dans la pratique de l'hypnose, le risque de suggestion est important, en particulier lorsque le sujet est incité à retrouver des souvenirs pour satisfaire une attente exprimée, verbalement ou non, par le praticien. L'enregistrement vidéo des séances d'hypnose est une précaution indispensable pour permettre d'évaluer après coup l'influence exercée par ce dernier. Les souvenirs retrouvés peuvent correspondre aussi bien à des faits réels qu'à une représentation imaginaire, analogue à un rêve; leur véracité ne peut donc être admise que s'ils sont confirmés par d'autres indices. Néanmoins, le sujet est toujours certain de leur véracité et réalité. L'hypnose a été employée comme méthode d'investigation judiciaire aux Etats-Unis d'Amérique, mais à la suite d'erreurs, le droit de plusieurs Etats dénie de façon absolue toute force probante aux dépositions recueillies avec cette technique. A l'appui du recours de droit public, le recourant insiste sur le fait que l'hypnose a été mise en oeuvre, au cours de la thérapie suivie par la victime, dans le but explicite de l'aider à se rappeler les visages de ses agresseurs, et que la thérapeute lui assurait qu'elle y parviendrait. Il en déduit que la pertinence des images visuelles ainsi retrouvées est particulièrement douteuse. Il se plaint également d'un risque très élevé de suggestion dans l'exécution des opérations de l'enquête à l'issue desquelles la victime l'a reconnu personnellement comme l'un des agresseurs. b) La victime a d'abord été invitée à examiner six paires de photographies d'identification qui lui étaient soumises simultanément, dont une correspondait à Y.________.