Citation: 7B_29/2023 E. 5.4.1

5.4.1. La juridiction cantonale a retenu que l'appréciation du tribunal de première instance selon laquelle le recourant avait intentionnellement commandé du LSD, à savoir un produit stupéfiant, devait être suivie. Elle a indiqué que, lors de son audition du 19 février 2020, le recourant, assisté d'un avocat et sachant de quoi il était question, avait toujours parlé de LSD et jamais d'une autre substance, comme le 1cP-LSD, dont il aurait su qu'elle était légale. Elle a ajouté que l'intéressé avait admis qu'il savait que l'importation de stupéfiants était illégale, mais qu'il pensait toutefois qu'une telle importation était légale dans le cadre d'une recherche. De plus, selon la cour cantonale, le recourant avait indiqué qu'il voulait vérifier avec "une petite quantité" si les tests prévus fonctionnaient, avant d'engager la procédure correcte afin de commander le produit concerné. La cour cantonale a enfin indiqué que le premier juge avait considéré que les explications du recourant avaient changé uniquement après que son conseil avait eu accès au dossier, dans lequel la substance 1cP-LSD, non répertoriée comme produit stupéfiant, apparaissait et qu'il avait dès lors estimé que la nouvelle version du recourant était une déclaration visant à échapper à la sanction pénale (jugement querellé, p. 17). L'autorité cantonale a également retenu que s'il était vrai que la commande sur le site internet parlait d'un produit contenant du 1cP-LSD, le fait de présenter publiquement un produit licite devait être perçu comme une astuce pour dissimuler la substance illicite, à savoir le LSD, et que le recourant devait à tout le moins l'avoir envisagé et accepté en passant sa commande. Elle a précisé que rien ne permettait de penser que la volonté de l'intéressé portait sur autre chose que du LSD et que celui-ci aurait pu expliquer qu'il avait seulement commandé une substance proche du LSD, qui était légale, et attiré l'attention de ses interlocuteurs sur cette nuance. Or, selon la cour cantonale, le recourant n'avait jamais tenté de le soutenir. Cette dernière a également retenu que la mention du " so etwas ", dans l'audition du recourant, démontrait qu'il ne faisait pas la différence entre ce qu'il avait commandé et la substance saisie et que ce qui lui importait était le LSD. Ainsi, la juridiction cantonale a considéré que le recourant savait ou devait savoir qu'il commandait une substance illicite et qu'il en avait pris le risque, de sorte qu'il avait à tout le moins agi par dol éventuel. Elle a ajouté qu'il fallait retenir, avec l'autorité de première instance, que le recourant ignorait, jusqu'à l'obtention des résultats d'analyse de la substance commandée, que les feuilles de buvard contenaient aussi du 1cP-LSD et que ce n'était qu'après avoir appris cette différence qu'il avait commencé à faire valoir que son intention était de commander du 1cP-LSD (jugement querellé, pp. 17-18).