Citation: 4A_244/2022 E. 3.3.1

3.3.1. Invoquant pêle-mêle la violation des art. 398 et/ou 97 CO, et/ou de l'art. 8 CC et/ou de l'art. 55 CPC et/ou de l'art. 221 CPC, la recourante soutient, principalement, que la société fiduciaire aurait dû alléguer les faits à l'origine de la causalité hypothétique, en particulier qu'il existait une solution de remplacement (possibilité d'assurer le véhicule auprès d'un autre assureur en Suisse, possibilité d'assurer le véhicule en Belgique, renonciation au montage fiduciaire ou modification de celui-ci en vue d'assurer le véhicule). Selon elle, la cour cantonale ne pouvait apprécier les preuves selon son expérience générale de la vie sans que le fait lui-même ait été allégué au préalable, soit qu'elle aurait entrepris des démarches pour faire assurer le véhicule et quelles démarches elle aurait entreprises. Cette argumentation ne peut être suivie. Pour satisfaire à l'exigence d'allégation, il suffit d'alléguer les éléments de fait correspondant aux faits constitutifs (conditions) de la règle de droit applicable. En l'occurrence, il suffisait à la demanderesse d'alléguer que, si la société de courtage n'avait pas violé ses obligations, elle n'aurait pas subi de dommage, ce dont tout un chacun peut déduire que son véhicule aurait été assuré ou qu'elle aurait choisi une autre solution. Les différentes hypothèses que la cour cantonale a tirées sur ce point de la situation concrète, en faisant appel à son expérience générale de la vie, n'avaient pas à être alléguées spécialement. En particulier, la demanderesse n'avait besoin ni d'alléguer ni de prouver quelles solutions de remplacement se seraient présentées à elle et laquelle elle aurait choisie. Le grief de violation de l'art. 55 CPC est donc infondé. Quant aux autres dispositions invoquées, elles ne sont pas pertinentes à l'appui du reproche formulé.