Citation: 4C.85/2000 23.10.2000 E. 2

2.- a) Dans un premier moyen, les défendeurs reprochent à la cour cantonale d'avoir enfreint le principe "iura novit curia". Ils estiment que l'autorité cantonale devait examiner d'office si les conditions d'un dol ou d'un vice du consentement étaient réalisées, et si la compensation ou la prescription avaient été invoquées valablement par eux. b) L'adage "iura novit curia" signifie que le juge doit appliquer d'office le droit, sans être lié par l'argumentation des parties. Toutes les causes susceptibles d'un recours en réforme au Tribunal fédéral sont régies par celui-ci, qui relève alors du droit fédéral; sa violation par le juge cantonal peut par conséquent être invoquée à l'appui d'un recours en réforme (ATF 125 III 82 consid. 3; 107 II 119 consid. 2a; Poudret, COJ II, n. 1.3.2.9 ad art. 43 OJ). Mais il ne suffit pas de démontrer que l'autorité cantonale n'a pas examiné un point de droit soulevé en procédure. De même qu'on ne peut reprocher au juge cantonal d'avoir violé le droit d'être entendu des parties, s'il motive son jugement par des arguments décisifs sans reprendre tous les éléments de fait et de droit non déterminants avancés devant lui (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa), on ne peut non plus exiger de sa part qu'il discute toutes les hypothèses juridiques envisageables sous peine de violer le principe "iura novit curia". c) En ce qui concerne la question des vices du consentement qui auraient affecté l'acte de vente conclu le 18 mai 1988 entre Multival et Antoine de Lavallaz, ou celle de la compensation entre les frais d'assainissement des parcelles qui seraient polluées aux hydrocarbures et les prétentions de la demanderesse, les défendeurs se contentent de l'affirmation que les conditions d'application des art. 23 ss CO et 120 CO auraient dû être examinées. Cette motivation est insuffisante au regard de l'art. 55 al. 1 let. c OJ (ATF 106 II 175, confirmé in 116 II 745 consid. 3), ce qui rend le recours irrecevable de ce chef. Quant à la question de la prescription, le moyen se confond avec celui tiré de la violation des art. 62 et 67 CO, qui sera examiné ci-dessous.