Citation: 7B_630/2023 E. 3.4.4

3.4.4. Contrairement à ce que paraît penser également l'autorité précédente (cf. notamment consid. 5.3 p. 28 de l'arrêt attaqué), le classement de la procédure pénale ne peut pas non plus être motivé par le fait que l'enregistrement vidéo réalisé par l'intimé à l'insu de l'intéressée ne révèle rien de compromettant. En effet, dès lors que le domaine privé est concerné, le contenu des enregistrements n'a pas d'importance (Henzelin/Massrouri, in Commentaire romand, Code pénal II, 2017, no 4 ad art. 179quater CP; Bernard Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3e éd. 2010, no 4 ad art. 179quater CP; José Hurtado Pozo, Droit pénal, Partie spéciale, 2009, no 2251 p. 670). Le point de vue du Ministère public - confirmé par la cour cantonale (cf. consid. 5.3 in fine p. 28 de l'arrêt attaqué) -, selon lequel la fille des recourants aurait accepté à des occasions antérieures que l'intimé puisse enregistrer des interactions sexuelles la concernant, est également erroné dans le cas d'espèce. Rien ne permet en effet de retenir que l'accord éventuellement donné le 9 février 2020 à l'intimé pour filmer la fille des recourants en train de lui prodiguer une fellation (cf. consid. 4.3 p. 21 de l'arrêt attaqué) aurait également visé d'éventuelles relations sexuelles - en outre futures - de la fille des recourants avec C.________; un tel consentement ne résulte pas non plus des enregistrements des rapports sexuels intervenus entre la première précitée et l'intimé ce même soir, puisqu'ils ont été effectués ultérieurement au film relatif à C.________ (cf. les heures d'enregistrement indiqués au consid. 4.3 p. 21 de l'arrêt attaqué). Il n'appartient d'ailleurs pas au Tribunal fédéral de trancher en tant que première instance la question de savoir s'il faut éventuellement partir du principe qu'il y a eu consentement en raison d'autres circonstances.