Citation: 1P.535/2006 01.12.2006 E. 4

Le recourant soutient que sa condamnation repose sur une appréciation arbitraire des preuves. 4.1 De jurisprudence constante, une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 131 I 57 consid. 2 p. 61; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178). 4.2 Le recourant reproche essentiellement à l'autorité cantonale d'avoir nié arbitrairement que W.________, actionnaire majoritaire de Y.________ SA, ou d'autres cadres ou organes de cette société, notamment U.________, étaient au courant du système mis en place. La motivation qu'il présente à l'appui ne constitue toutefois pas une démonstration de ce que l'appréciation des éléments de preuve, en particulier des déclarations, sur laquelle repose le déni du fait invoqué serait manifestement insoutenable. L'argumentation du recourant s'apparente à une longue plaidoirie, dans laquelle il propose une nouvelle fois sa version des faits, en invoquant des extraits de déclarations, dont, le plus souvent, il n'indique pas de quelles pièces précises du dossier il les tire, en les interprétant en sa faveur et en qualifiant l'appréciation des juges cantonaux d'arbitraire dans la mesure où elle ne va pas dans le sens de sa thèse. Sur plus d'un point, son argumentation se réduit même à de simples affirmations quant au contenu prétendu de certaines déclarations, de même qu'à la simple affirmation de l'arbitraire allégué. Il semble faire grand cas du fait que son coaccusé a été acquitté en seconde instance, sans que l'on parvienne clairement à saisir en quoi, selon lui, cet acquittement était propre à influencer décisivement le jugement de sa cause et en quoi l'autorité cantonale l'aurait méconnu arbitrairement; il ne le démontre en tout cas pas conformément aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Sa motivation prolifique et, parfois, confuse ne permet au demeurant pas toujours de comprendre ce que visent au juste certaines de ses critiques, notamment dans quelle mesure il entendrait s'en prendre aux faits considérés comme constitutifs de gestion déloyale et/ou à ceux considérés comme constitutifs de faux dans les titres. Sous chiffre 4 de l'arrêt attaqué, l'autorité cantonale a réfuté une série d'arguments qui lui étaient soumis, sans que le recourant n'établisse en quoi le raisonnement qui lui a été opposé sur ces divers points serait manifestement insoutenable, se contentant, au mieux, de le rediscuter. S'agissant plus précisément du fait que le recourant lui reproche d'avoir nié, elle s'est référée à la motivation de première instance, telle qu'elle ressort notamment des pages 15 à 21 de l'arrêt de la Cour correctionnelle, où cette dernière a exposé de manière précise et détaillée sur quelles déclarations elle se fondait, comment elle les appréciait et quelles conclusions elle en tirait. Or, là encore, une appréciation arbitraire, au sens défini ci-dessus (cf. supra, consid. 4.1), de ces divers éléments n'est pas démontrée, comme l'exige l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Le recourant perd de vue que le recours de droit public n'est pas une procédure d'appel et que, dans le cadre de cette voie de droit, il ne saurait, à l'appui du grief d'arbitraire, se borner à livrer une nouvelle fois sa version des faits, en critiquant simplement celle de l'autorité cantonale et en la qualifiant d'arbitraire. Sous peine d'irrecevabilité, il lui appartient non seulement d'indiquer mais de démontrer, pièces à l'appui, en quoi, sur chacun des points contestés, la décision attaquée serait arbitraire, c'est-à-dire manifestement inadmissible. Le mémoire du recourant ne satisfait manifestement pas à ces exigences. 4.3 L'unique grief soulevé, donc le recours, est par conséquent irrecevable.