Citation: 4A_132/2009 18.05.2009 E. 3.2

3.2.1 D'après l'art. 337b al. 1 CO, si les justes motifs de la résiliation immédiate du contrat consistent dans son inobservation par l'une des parties, celle-ci doit réparer intégralement le dommage causé, compte tenu de toutes les prétentions découlant des rapports de travail. Le dommage couvert par l'art. 337b al. 1 CO correspond à l'ensemble des préjudices financiers qui sont dans un rapport de causalité adéquate avec la fin anticipée du contrat de travail (ATF 133 III 657 consid. 3.2; 123 III 257 consid. 5a p. 258). Le travailleur peut ainsi réclamer la perte de gain consécutive à la résiliation prématurée des rapports de travail, ce qui correspond au montant auquel peut prétendre un salarié injustement licencié avec effet immédiat en application de l'art. 337c al. 1 et 2 CO (ATF 133 III 657 consid. 3.2 et les références doctrinales). 3.2.2 Dans le cas présent, le défendeur, ainsi qu'on vient de le voir, a résilié abruptement son contrat de travail parce que la demanderesse lui avait unilatéralement retiré un portefeuille important de clients, lequel lui avait été confié conformément à l'art. 3 let. b de l'accord conclu le 11 janvier 2006. Partant, la recourante, qui a violé cette convention, doit indemniser l'intimé sur la base de l'art. 337b al. 1 CO. L'autorité cantonale a alloué à ce titre 21'600 fr. au défendeur, somme correspondant au 3/12e du salaire qu'il avait perçu en 2006. Dès l'instant où le délai de congé ordinaire était de trois mois, le montant accordé représente la rémunération que le défendeur aurait touchée si son contrat avait pris fin à l'échéance du délai trimestriel prévu par la convention. Ce calcul résiste manifestement à la critique. Le moyen fondé sur une violation des art. 337 et 337b CO est sans fondement.