Citation: 9C_232/2007 05.03.2008 E. 4

Les premiers juges ont donc implicitement tranché par la négative la question de la gravité de la dépression. L'intéressée soutient toutefois qu'eu égard aux documents déposés, ils auraient dû constater qu'elle avait apporté la preuve d'une «dépression gravissime». 4.1 On notera au préalable que le degré de gravité d'une dépression et l'impossibilité de maintenir une hygiène buccale suffisante sont intimement liés dès lors que seul un trouble grave peut rendre l'absence d'hygiène dentaire excusable et entraîner la prise en charge des frais de traitement afférents par un assureur maladie. La présence d'un lien de causalité entre ces éléments étant fondamentale, ils peuvent donc faire l'objet d'une analyse commune. On ajoutera que la recourante ne conteste pas que le manque d'hygiène était à l'origine de ses problèmes dentaires, ce qui est unanimement admis par tous les médecins-conseils ou traitants consultés. Reste donc à examiner si la juridiction cantonale pouvait déduire des pièces figurant au dossier que l'état de santé de l'intéressée n'était pas tel qu'elle ne pouvait plus prendre soin de ses dents. 4.2 En l'occurrence, on ne saurait conclure à une appréciation arbitraire des faits par les premiers juges. En effet, en réponse au questionnaire adressé par la caisse intimée, le docteur I.________ a fait état d'un trouble dépressif réactionnel sans en indiquer les causes, la gravité ou la durée. Ce questionnaire sollicitant l'indication d'un «diagnostic précis», l'assureur maladie pouvait partir de l'idée que le psychiatre traitant n'aurait pas manqué d'indiquer si le trouble en question avait revêtu une gravité particulière. Cette idée lui était du reste confirmée par la relative absence d'importance du traitement médicamenteux, qualifié de banal par le docteur T.________, et l'irrégularité de la psychothérapie entreprise, le défaut de médication ou de consultations pendant plusieurs mois consécutifs renforçant l'impression d'un état de santé qui permettait le maintien d'une hygiène buccale suffisante. L'opinion des docteurs D.________ et V.________, contenue dans les documents déposés en instance cantonale, n'y peuvent rien changer. L'attestation du premier ne consiste fondamentalement qu'en des considérations générales sur les liens pouvant exister entre un trouble dépressif et certains problèmes dentaires et ne comporte pas d'observations, ni de conclusions particulières sur le cas d'espèce. L'absence de tels éléments ne permet justement pas de déduire un quelconque élément utile sur le plan psychiatrique. Le certificat et le témoignage de la seconde mentionnent certes une dépression grave, des angoisses, l'inefficacité des traitements prescrits ou l'existence d'effets secondaires, mais ne sauraient emporter la conviction dans la mesure où la description du trouble reste très superficielle, on ignore tout de son contexte et le suivi ne semble pas avoir été intensif et régulier, excepté peut-être durant l'année 2000. Enfin, le témoignage de l'amie de la recourante n'apporte rien de plus. 4.3 On notera également que le diagnostic de trouble dépressif, initialement vague et sans indication de gravité particulière, a gagné en précision péremptoire quant à son intensité et son incidence sur l'hygiène dentaire, sans pour autant gagner en précision sur les éléments objectifs, anamnestiques ou analytiques sur lesquels repose la valeur probante des rapports médicaux (sur ce sujet, cf. ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352), au fur et à mesure que la conscience de l'incidence de la gravité de la dépression sur la prise en charge du traitement dentaire par un assureur maladie s'est précisée. Il en va ainsi des attestations déposées en instance fédérale. Dans ces circonstances, le Tribunal fédéral estime qu'il faut s'en tenir aux premières déclarations (ATF 121 V 45 consid. 2a p. 47 et les références; VSI 2000 p. 201 consid. 2d; voir également le commentaire de Kieser/Pribnow, paru in PJA 2000 p. 1195). On remarquera enfin que les médecins les plus susceptibles de fournir les précisions nécessaires, à savoir le dentiste et le psychiatre traitant qui ont eu un contact direct avec l'intéressée durant la dépression et le traitement dentaire, ne l'ont pas fait.