Citation: U 228/01 28.05.2002 E. 4

4.- a) En l'espèce, il est constant que le recourant ne peut plus exercer de tâches requérant une vision stéréoscopique; les avis des doctoresses A.________ et B.________ concordent à ce sujet. Les prénommées s'accordent également à dire qu'un emploi de fondeur n'est plus exigible, vu le risque accru de cécité auquel le recourant serait confronté en cas de nouvel accident. Les appréciations des médecins ne divergent pas à proprement dit sur le degré de la capacité résiduelle de travail du recourant dans un emploi déterminé, mais sur l'étendue des risques qu'il est admissible de faire supporter à leur patient dans l'exercice d'une activité lucrative. A cet égard, le médecin traitant estime que les emplois retenus par la CNA ne sont pas exigibles de la part du recourant, car des vapeurs et des matériaux pourraient entrer en contact avec son oeil valide; le docteur C.________ partage le même avis lorsqu'il propose une activité ne présentant aucun risque pour l'oeil gauche. b) En assurance-chômage, n'est pas réputé convenable, et, par conséquent, est exclu de l'obligation d'être accepté, tout travail qui ne convient pas à l'âge, à la situation personnelle ou à l'état de santé de l'assuré (art. 16 al. 2 let. c LACI). A fortiori, une activité qui est raisonnablement exigible selon les critères de l'assurancechômage l'est également dans les domaines de l'assuranceaccidents et de l'assurance-invalidité (par analogie : arrêt non publié R. du 12 octobre 1999, C 202/99). Le principe de l'obligation de réduire le dommage (cf. ATF 123 V 233 consid. 3c, 117 V 278 consid. 2b, 400 et les arrêts cités; Riemer-Kafka, Die Pflicht zur Selbstverantwortung, Fribourg 1999, p. 57, 551 et 572; Landolt, Das Zumutbarkeitsprinzip im schweizerischen Sozialversicherungsrecht, thèse Zurich 1995, p. 61) commande à un assuré de mettre sa capacité de gain résiduelle à profit en accomplissant une activité lucrative compatible avec son état de santé. Sous peine de vider ce principe général du droit des assurances sociales de son sens, un assuré ne saurait se soustraire à cette obligation pour le seul motif qu'un accident de travail serait susceptible de mettre sa santé en péril. c) Il convient en conséquence de déterminer si les activités que la CNA a retenues pour évaluer le salaire d'invalide (voir les DPT versées au dossier) étaient exigibles de la part du recourant, ce que ce dernier conteste. Une expertise ophtalmologique apparaît à cet égard superflue, dès lors que le dossier médical est suffisamment documenté sur la nature de l'affection oculaire et qu'il s'agit en définitive de trancher un point de droit, savoir de décider si les emplois dont il a été tenu compte pour comparer les revenus (cf. art. 18 al. 2 LAA) étaient ou non convenables et, partant, exigibles. Les emplois décrits par la CNA dans ses DPT sont certes, par essence, tous susceptibles de porter atteinte à la santé des travailleurs qui les exercent. Toutefois, ces activités ne présentent pas un danger accru pour l'oeil gauche du recourant, dans une mesure qui les rendraient incompatibles avec son état de santé et partant non-exigibles de sa part, à l'instar d'un travail de fondeur (voir le rapport de la doctoresse A.________ du 15 janvier 1999, commentant l'exigibilité de diverses professions). Au demeurant, le recourant peut réduire le risque de blessures en portant des lunettes de protection sur son lieu de travail.