Citation: 5P.138/2000 06.07.2000 E. 2

2.- Les recourants font valoir que c'est uniquement au regard du droit cantonal que la cour d'appel aurait dû traiter les faits nouveaux invoqués par leurs lettres des 30 novembre 1999 et 1er février 2000; le refus de les prendre en considération serait arbitraire en tant qu'il se fonde sur l'art. 82 al. 2 LP. a) S'agissant de la lettre du 30 novembre 1999, la juridiction intimée s'est référée à l'art. 82 al. 2 LP pour rappeler que le débiteur doit rendre vraisemblable sa libération immédiatement, ou "séance tenante" selon la version précédente, mais équivalente, du texte français de l'art. 82 al. 2 LP (Gilliéron, op. cit. 1999, n. 5 ad art. 82). La lettre en question ayant été adressée au juge compétent après l'audience de mainlevée, le moyen qu'elle soulevait (compensation opérée prétendument à tort par le créancier) était à l'évidence invoqué tardivement au regard du droit fédéral, de sorte qu'en vertu de ce seul droit il n'y avait pas lieu d'en tenir compte (cf. Daniel Staehelin, in: Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, n. 86 ad art. 82). Il appartient certes au droit cantonal de régler l'admission des nova et/ou des pseudo-nova dans la procédure de recours cantonale (Gilliéron, op. cit. 1999, n. 109 ad art. 82). Or, comme le relève l'intimé, la jurisprudence fribourgeoise relative à l'admissibilité des nova en appel est restrictive; elle a posé, par exemple, que le moyen tiré de la compensation ou de la prescription ne peut être invoqué pour la première fois en appel (Extraits 1986, p. 59; RFJ 1993 p. 322 et 1994 p. 117). Le Tribunal fédéral a jugé cette jurisprudence compatible avec l'art. 4 aCst. (ATF 119 III 108). La décision de la cour d'appel étant conforme à cette jurisprudence, il n'y a pas lieu de lui renvoyer la cause à seule fin qu'elle le constate formellement. b) L'arrêt attaqué ne fait nullement état de la lettre du 1er février 2000, second novum invoqué. Toutefois, un renvoi à l'autorité cantonale pour complément de décision sur ce point ne s'impose pas non plus. En effet, outre que le fait nouveau en question serait vraisemblablement tenu pour inadmissible au regard de la jurisprudence cantonale précitée, ce qui peut rester indécis en l'espèce, il n'appartenait de toute façon pas à la cour d'appel de décider des conséquences que la cession de créance annoncée par la lettre du 1er février 2000 aurait pu avoir sur le sort de l'opposition pendante. En effet, en cas de cession de créance en cours de poursuite, la procédure d'opposition tardive prévue par l'art. 77 LP est ouverte et il incombe alors au juge du for de la poursuite d'en connaître, à l'instance du poursuivi (art. 77 al. 1 et 2 LP; Gilliéron, op. cit. 1993 p. 75; Amonn/Gasser, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 6e éd., Berne 1997, § 18 n. 30 ss; Balthasar Bessenich, in: Kommentar SchKG déjà cité, n. 5 ad art. 77 et les références), le juge compétent étant en l'occurrence le président du tribunal d'arrondissement (art. 19 al. 1 ch. a de la loi fribourgeoise concernant l'exécution de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite).