Citation: 4C.434/1999 19.01.2000 E. A

A.- Le 1er septembre 1993, B.________ a été engagé par l'Institut X.________ S.A. en qualité de professeur de violon. En août 1994, il a informé G.________, directeur et administrateur de l'Institut X.________ S.A., du fait qu'il ne lui était momentanément pas possible d'enseigner, dès lors qu'il séjournait en Australie, afin d'y rédiger une thèse. Il a obtenu un congé exceptionnel et il a été convenu qu'il reprendrait ses cours dès le 3 avril 1995. Par courrier du 28 avril 1995, G.________ a écrit à B.________ pour clarifier sa situation professionnelle. Il l'a notamment prié de faire tout son possible pour réintégrer la vie de l'Institut, aller au-devant de ses collègues et renouer le contact, afin de dissiper l'amertume provoquée par son départ brutal. Il lui a également demandé de cesser de se plaindre. Le 20 mai 1995, B.________ a confirmé à G.________ sa volonté de poursuivre sa collaboration avec l'Institut selon les modalités du courrier précité. Ses capacités professionnelles sur le plan musical ont été attestées. Depuis son retour, B.________ a fui et ignoré ses collèges, refusant de collaborer avec ses remplaçants pour se mettre au courant de ce qui avait été fait pendant son absence. Il a été agressif avec sa remplaçante de violon à l'issue d'un concert où elle se produisait. Enfin, il s'est plaint de son sort aux uns et aux autres. B.________ s'est parfois montré méprisant ou peu poli avec certains membres de l'Institut, alors qu'avec d'autres, il était aimable et gentil. Il lui arrivait d'adopter une conduite grossière, mais celle-ci n'a pas fait l'objet d'avertissement. B.________ ayant pris à partie le directeur en un moment inadéquat, celui-ci lui a écrit, le 6 juillet 1995, en lui indiquant notamment qu'il devait faire un effort sérieux pour collaborer dans un esprit positif avec tous les autres membres de l'Institut et qu'il tiendrait désormais pour faute professionnelle grave entraînant la rupture immédiate du contrat toute nouvelle démonstration d'incompréhension totale des problèmes liés à la vie communautaire du Rosey. Le 29 septembre 1995, B.________ s'est présenté en retard pour prendre son petit-déjeuner et a eu une altercation avec le maître d'hôtel, qui a refusé de le servir; ce dernier lui a dit de déguerpir en termes peu choisis. L'enseignant s'est rendu chez G.________ pour lui relater cet incident. Le 2 octobre 1995, au cours de la réunion hebdomadaire des professeurs, B.________ a obtenu la parole et est intervenu pour clarifier sa situation. G.________ a exigé à plusieurs reprises qu'il se taise, sans résultat. Le directeur lui a alors signifié oralement son renvoi avec effet immédiat. Par courrier du même jour, B.________ a contesté le congé et en a demandé la motivation écrite. Dans une lettre recommandée du 2 octobre 1995, G.________ a confirmé la résiliation avec effet immédiat de B.________. Il a invoqué l'incapacité de ce dernier à s'intégrer à la vie communautaire, ainsi que trois griefs particu- liers, à savoir le mépris de l'enseignant à l'égard du personnel de l'Institut, le fait qu'il ait insulté publiquement le maître d'hôtel et le directeur de l'internat, ainsi que son attitude lors de la séance des professeurs. Le 9 octobre 1995, B.________ a contesté le bienfondé de la résiliation et affirmé que la lettre du 2 octobre 1995 contenait des contrevérités qu'il réfutait totalement. En septembre 1995, le salaire mensuel brut de B.________ s'élevait à 4'030 fr., dont 810 fr. pour la nourriture et le logement.