Citation: 7B_143/2024 E. 5.3.2

5.3.2. 5.3.2.1. S'agissant des liens entre la juge intimée et le Procureur C.________, il est d'abord établi qu'entre 2012 et 2018, tous deux avaient exercé simultanément une charge de premier procureur au sein du Ministère public genevois. La juge intimée a toutefois précisé, à cet égard, qu'elle n'entretenait aucun lien d'amitié avec le précité, ni aucune relation privilégiée. On rappellera dans ce contexte que, de jurisprudence constante, des liens de collégialité ne suffisent pas à fonder à eux seuls un soupçon de partialité (cf. ATF 141 I 78 consid. 3.3; 139 I 121 consid. 5.3; arrêt 1B_57/2023 du 3 février 2023 consid. 4). Il en va de même du fait pour un magistrat du siège d'avoir exercé précédemment la charge de procureur, puisqu'il faut au contraire partir du principe que lorsqu'un juge entre en fonction, il s'affranchisse suffisamment des éventuelles inclinations de ses anciennes fonctions, comme de celles de son parti politique d'ailleurs, pour pouvoir statuer avec indépendance et impartialité (cf. ATF 138 I 1 consid. 2.3 et 2.4; arrêt 1B_57/2023 du 3 février 2023 consid. 3), le simple fait d'avoir précédemment exercé la fonction de procureur n'apparaissant pas abstraitement de nature à remettre en cause la capacité d'un magistrat à statuer de manière impartiale (cf. arrêts 7B_577/2023 du 31 octobre 2023 consid. 4.1.3; 7B_156/2023 du 31 juillet 2023 consid. 2.3.2). 5.3.2.2. Il est tout aussi constant qu'en 2004, la juge intimée avait été représentée par C.________, alors avocat au barreau, dans le cadre d'une affaire pénale liée à sa fonction. Ce mandat se serait inscrit dans le cadre d'un recours qu'une justiciable avait formé contre le classement d'une plainte pénale déposée contre la juge intimée lorsque cette dernière exerçait comme substitut du Procureur général. La cour cantonale a estimé qu'il ne pouvait objectivement être tiré aucune conclusion de prévention pour ce motif. Il fallait ainsi prendre en considération l'éloignement temporel - près de vingt ans - de ce seul et unique mandat brièvement exercé par C.________ pour le compte de la juge intimée. Le mandat ne portait par ailleurs pas sur une affaire privée, mais sur une cause liée à sa fonction, ce qui réduisait encore la possibilité d'en déduire une prévention. Les faits en question n'avaient enfin manifestement aucun rapport avec ceux liés au recourant (cf. arrêt attaqué, consid. 2.3 p. 15). Par une telle approche, l'autorité précédente ne s'est pas écartée des exigences déduites de la jurisprudence rendue dans un contexte similaire, lesquelles imposent, d'une manière générale, de tenir compte des circonstances spécifiques dans lesquelles s'était inscrit le mandat de représentation en justice ayant par le passé lié un juge à une partie ou à son mandataire - ou inversement -, alors qu'en tant que telle, l'existence d'un mandat de cette nature - unique, bref et remontant à plusieurs années -, n'est pas suffisante pour retenir une apparence de prévention. En particulier, la nécessité d'une récusation avait déjà été déniée s'agissant d'un juge cantonal qui avait été consulté quelque sept ans auparavant par une partie dans une affaire qui n'avait aucun rapport avec le litige dont il avait à connaître; il y avait à cet égard également lieu de tenir compte de la courte durée du mandat (cf. arrêt 1B_554/2019 du 28 novembre 2019 consid. 2 et les références citées).