Citation: 6P.206/2006 09.02.2007 E. 8

Le recourant reproche ensuite à la cour cantonale, toujours en relation avec la qualification des faits survenus à X.________, d'avoir méconnu la notion de droit fédéral de coactivité. 8.1 Est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de manière déterminante, avec d'autres personnes à la décision de commettre une infraction, à son organisation ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des participants principaux; il faut que, d'après les circonstances du cas concret, la contribution du coauteur apparaisse essentielle à l'exécution de l'infraction. La seule volonté quant à l'acte ne suffit pas; il n'est toutefois pas nécessaire que le coauteur ait effectivement participé à l'exécution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La coactivité suppose une décision commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement être expresse, mais peut aussi résulter d'actes concluants, le dol éventuel quant au résultat étant suffisant. Il n'est pas nécessaire que le coauteur participe à la conception du projet; il peut y adhérer ultérieurement. Il n'est pas non plus nécessaire que l'acte soit prémédité; le coauteur peut s'y associer en cours d'exécution. Ce qui est déterminant c'est que le coauteur se soit associé à la décision dont est issue l'infraction ou à la réalisation de cette dernière, dans des conditions ou dans une mesure qui le font apparaître comme un participant non pas secondaire, mais principal (ATF 130 IV 58 consid. 9.2.1 p. 66; 125 IV 134 consid. 3a p. 136; 120 IV 136 consid. 2b p. 141, 265 consid. 2c/aa p. 271 s. et les arrêts cités). 8.2 En l'espèce, il ressort de l'arrêt entrepris que, selon la cour cantonale, les faits de la cause démontraient que tous les accusés, y compris donc le recourant, avaient asséné des coups à la victime et s'étaient acharnés sur lui, chacun des protagonistes s'associant à ce passage à tabac motivé par la soif de vengeance. Le recourant n'ayant soulevé aucun grief sur ce point dans son recours de droit public, ces constatations de fait lient la cour de céans. Il en résulte suffisamment que le recourant, qui a reconnu la victime comme son agresseur et a donc déclenché lui-même la suite des événements, l'a ensuite lui-même frappée du poing au dos ainsi que d'un coup de pied alors qu'elle était au sol, ne s'est pas cantonné dans un rôle secondaire, mais a été à la source du passage à tabac et y a participé de manière déterminante, quand bien même il aurait, tout à la fin, retenu D.________ de continuer de donner des coups de pied à la victime. Pour le surplus, l'argumentation du recourant tend à opposer à l'état de fait retenu par la Cour de cassation genevoise celui de la Cour d'assises. Elle est irrecevable dans cette mesure, si bien que le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. 8.3 Le recourant soulève le même grief en relation avec les faits survenus à Y.________, qualifiés de tentative d'assassinat. 8.3.1 Sur ce point, la cour cantonale a considéré, sans arbitraire, que le recourant avait initialement une intention homicide, qui résultait notamment de ce qu'il s'était procuré une arme et des munitions avant d'arriver à Y.________. Aucun élément de fait retenu par la cour cantonale ne permet, par ailleurs, d'étayer la version du recourant selon laquelle cette intention aurait disparu avant qu'il saisisse l'arme des mains de D.________. Au contraire, les éléments de fait retenus par la Cour d'assises, qui n'ont pas été remis en cause par la Cour de cassation cantonale, confirment l'existence de cette volonté homicide durant les faits. La Cour d'assises a ainsi retenu que C.________ avait sciemment laissé D.________, qu'il savait excité et ébloui par l'arme reçue des mains de G.________, s'en emparer et la pointer en direction de F.________, en le laissant appuyer sur la détente, l'arme épaulée, en sachant qu'il prenait le risque de voir son comparse tuer la partie civile, qu'il avait pris soin de placer en face de lui, à distance rapprochée. Ces éléments de fait démontrent suffisamment que, sur les lieux, il a existé une volonté d'homicide commune entre le recourant et D.________ en ce sens que celui-ci s'est associé à la volonté homicide de celui-là, lequel l'a ensuite simplement laissé agir jusqu'au moment où il a pris conscience de la gravité des actes et s'est alors saisi de l'arme. Le rôle du recourant n'apparaît dès lors pas secondaire, si bien que c'est à juste titre que la cour cantonale a retenu la co-action à son égard. Le grief est infondé. Dans la mesure où le recourant soutient qu'il serait acquis à la lecture de l'arrêt entrepris qu'aucun projet qui aurait impliqué, même de manière éventuelle, la mort de la victime n'aurait été conçu, ni même envisagé par le recourant et D.________, il s'écarte de manière inadmissible de l'état de fait de l'arrêt cantonal. Le grief est irrecevable dans cette mesure.