Citation: 4C.366/1999 14.02.2000 E. 3

3.- a) Le défendeur se plaint ensuite de violations de l'art. 8 CC. Rappelant que la demanderesse supportait le fardeau de la preuve, il reproche à la cour cantonale d'avoir confirmé les constatations de fait du tribunal de première instance en ce qui concerne le temps nécessaire pour nettoyer la cuisine, alors que les témoins entendus et les photos produites démontreraient que trente minutes suffiraient à ce travail, et prétend que la demanderesse n'aurait apporté aucune preuve de l'existence d'un accord sur le versement d'un treizième salaire. b) Il est vrai que l'art. 8 CC est violé lorsque le juge admet un fait contesté qui n'a reçu aucun commencement de preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a). L'art. 8 CC prescrit également qui doit supporter l'échec de la preuve lorsque le juge, à l'issue de la procédure d'administration des preuves, ne parvient pas à se forger une conviction, dans un sens ou dans l'autre (Bernard Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral, in SJ 2000 II p. 1 ss, p. 39). L'art. 8 CC ne dicte cependant pas comment le juge doit se forger sa conviction (ATF 122 III 219 consid. 3c; 119 III 60 consid. 2c; 118 II 142 consid. 3a; 118 II 365). Le choix entre des preuves contradictoires ne relève pas de cette disposition; l'art. 8 CC ne permet de pas remettre en question l'appréciation des preuves et les constatations de fait des juges cantonaux qui sont soustraites au contrôle du Tribunal fédéral lorsqu'il statue en instance de réforme (art. 55 al. 1 let. c 2e phrase, 63 al. 2 OJ). Si le juge, sur le vu d'une appréciation des preuves déjà administrées, acquiert la conviction que la réalité ou l'inexistence d'un fait est établie, la question de la répartition des preuves ne se pose plus, et le grief de violation de l'art. 8 CC devient sans objet (ATF 119 III 60 consid. 2c; 118 II 142 consid. 3a; 114 II 289 consid. 2a; 111 II 381 consid. 3a). Le défendeur ignore ces règles en l'espèce. La cour cantonale a confirmé les constatations du tribunal de première instance relatives au temps de nettoyage de la cuisine au motif que le défendeur n'avait pas apporté de preuves lui permettant de remettre en cause l'horaire de travail retenu par les premiers juges. On est ainsi en présence d'une question d'appréciation des preuves qui ne peut être revue dans un recours en réforme. La cour cantonale a reconnu le droit de la demanderesse à un treizième salaire en considérant que les parties avaient entendu laisser subsister les conditions contractuelles en vigueur à l'échéance de la CCNT 92. Le contenu de la volonté des parties constitue une question de fait, sur laquelle le Tribunal fédéral est lié par les constatations des juges cantonaux (art. 63 al. 2 OJ). Le défendeur ne prétend pas que, sur la base de cette constatation, la cour cantonale aurait appliqué de manière fausse le droit fédéral. Sur ce point également, le recours est mal fondé.