Citation: I 840/02 28.02.2003 E. 2

2.1 En l'espèce, selon l'administration et la juridiction cantonale, le recourant n'a pas droit à une rente, motif pris qu'il ne présente pas un degré d'invalidité suffisant (33 %). Pour déterminer ce taux, elles ont considéré que l'intéressé disposait d'une capacité entière de travail dans une profession adaptée à son état de santé et que le manque à gagner issu d'une comparaison entre le revenu tiré de cette activité et celui que l'intéressé réaliserait sans invalidité, était insuffisant pour ouvrir droit à une rente. A l'appui de leur point de vue, elles se sont fondées sur les rapports du 12 octobre 1999 et du 9 mai 2000 du docteur A.________, cardiologue. Selon ces rapports, le recourant souffre d'un status après un remplacement valvulaire aortique. Il présente une incapacité de travail entière et définitive dans son métier. En revanche, dans une activité physiquement légère, considérée comme adaptée à son état de santé (ouvrier affecté à la confection de petites pièces, magasinier, caissier de parking), il dispose d'une capacité entière de travail. 2.2 Le recourant conteste ce point de vue et allègue que sa capacité de travail dans une activité exigible s'élève à 50 % seulement. Il se fonde sur un certificat du 18 novembre 2002 du docteur B.________, psychiatre et psychothérapeute. Aux termes de ce certificat, l'intéressé souffre d'un épisode dépressif moyen, entraînant, à lui seul, une incapacité de travail de 50 %. Dans un courrier du 28 novembre 2002, ce médecin précise que ces troubles sont présents depuis l'intervention chirurgicale subie par l'assuré au mois d'avril 1999 et qu'ils se sont aggravés au mois de février 2002. Il ajoute qu'un soutien psychothérapeutique peut aider le recourant à exercer une activité lucrative à 50 %. En revanche, de nouvelles mesures de réadaptation professionnelle se révèlent en l'état dépourvues de chances de succès. 2.3 En se fondant sur les seuls rapports du docteur A.________, l'administration et la juridiction cantonale ont pris en considération la capacité de travail de l'assuré correspondant à ses seules affections physiques. Or selon les pièces versées au dossier au moment de la décision litigieuse, il apparaît qu'à cette époque, le recourant était déjà soigné par anti-dépresseurs contre des troubles psychiques (rapport du 5 juillet 2000 de la division de réadaptation professionnelle). Le rapport d'évaluation du 30 novembre 2000 de C.________, responsable du Centre d'évaluation professionnelle, mentionnait que l'état psychologique de l'assuré était probablement plus invalidant que ses limitations physiques. C'est d'ailleurs précisément en raison de ces troubles, que le recourant avait été mis au bénéfice d'une période de réentraînement au travail, la condition préalable à l'octroi de cette mesure ayant été que le recourant se soumette parallèlement à une psychothérapie. 2.4 Dans ces circonstances, afin de pouvoir statuer en connaissance de cause, il appartenait à l'administration et à la juridiction cantonale, d'instruire l'affaire en réunissant les informations nécessaires (art. 88 al. 4 en relation avec l'art. 69 RAI), en particulier en recueillant des renseignements d'ordre médical et économique relatifs aux troubles psychiques et à leur impact sur la capacité de travail du recourant, ce qui n'a pas été fait. A défaut d'informations sur ces points, il n'est pas possible de se prononcer sur le degré d'invalidité de l'assuré et donc sur son éventuel droit aux prestations de l'assurance-invalidité. Il convient dès lors de renvoyer la cause à l'Office AI afin qu'il rende une nouvelle décision après complément d'instruction.