Citation: 9C_451/2007 22.04.2008 E. 4

Contrairement à ce qu'affirme l'intéressé, les premiers juges ont clairement exposé les raisons qui les ont conduit à préférer les conclusions du docteur S.________ à celles des docteurs D.________, I.________ et T.________. Ils ont considéré que le travail du premier était plus approfondi, détaillé et objectif que celui des seconds qui retenaient notamment un syndrome de stress post-traumatique seulement sur la base d'hypothèses en sachant que les critères n'étaient pas remplis. Ce raisonnement, certes succinct, constitue néanmoins une motivation qui permet de comprendre le choix adopté par la juridiction cantonale conformément au principe de libre appréciation des preuves (cf. ATF 125 V 351). Le déroulement de l'expertise psychiatrique ne démontre pas plus une atteinte à ce principe. Le docteur S.________ fait lui-même état des difficultés de communication rencontrées lors du premier entretien et du «phénomène d'accrochage» avec l'interprète lors du second entretien, mais n'affirme, ni n'insinue jamais que ces éléments aient pu avoir une quelconque incidence sur son travail. Au contraire, l'expert, dont le rôle ne consiste pas à établir une intimité ou avec le sujet de l'expertise, mais à tirer ponctuellement des conclusions objectives et fiables d'un cas déterminé, a mis à profit cette situation particulière pour procéder à des observations utiles à son but. Ainsi, il apparaît que l'exploration anamnestique en deux temps a permis de confirmer la facilité de contact du recourant qui, s'il faisait preuve de retenue au début, s'affirmait par la suite, ses bonnes capacités mnésiques dès lors qu'il s'irritait de devoir répondre deux fois aux mêmes questions ou, surtout, la parfaite neutralité émotionnelle avec laquelle il relatait longuement («facilement un quart d'heure») les événements de 1994. Ces observations directes et concrètes d'un comportement non focalisé sur le contexte spécifique de l'expertise ont d'ailleurs été résumées sous forme d'échelle psychopathologique élaboré par l'Association pour la méthodologie et la documentation en psychiatrie qui prend en compte non seulement une hétéro-évaluation, mais aussi une auto-évaluation; les éléments y figurant ont donc confirmé ou infirmé les plaintes objectivables lors d'un examen médical - tel l'irritabilité, la nervosité ou l'agressivité (évoquées et observée), les angoisses (évoquées, mais pas observées) ou la perte d'appétit (poids stable selon les dires de l'intéressé) -, permis l'établissement du tableau relatif aux critères du trouble dépressif selon la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10) et fait l'objet d'une discussion argumentée, pertinente et exhaustive de près de sept pages. Dans ces circonstances, on ne saurait donc reprocher aux premiers juges d'avoir préféré cette expertise à celle du COMAI sur la valeur de laquelle planaient certains doutes en raison des arguments déjà avancés (cf. consid. 3). Le même raisonnement peut s'appliquer au rapport de la doctoresse V.________ dont les diagnostics se rapprochaient de ceux des docteurs D.________, I.________ et T.________ et dont le raisonnement était bien moins motivé.