Citation: 1P.714/2005 25.11.2005 E. 3

Le recourant se plaint également d'un défaut de motivation de l'arrêt attaqué. Il reproche à la Chambre d'accusation de s'être référée à son arrêt du 17 mai 2005, sans avoir tenu compte de la nouvelle situation résultant de la clôture de l'instruction. L'arrêt attaqué ne reposerait sur aucun fait précis, et sur aucune appréciation du degré de responsabilité du recourant. 3.1 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. confère à toute personne le droit d'exiger qu'un jugement ou une décision défavorable à sa cause soit motivé. Cette garantie tend à donner à la personne touchée les moyens d'apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, s'il y a lieu, devant une instance supérieure. Elle tend aussi à éviter que l'autorité ne se laisse guider par des considérations subjectives ou dépourvues de pertinence; elle contribue, par là, à prévenir une décision arbitraire. L'objet et la précision des indications à fournir dépend de la nature de l'affaire et des circonstances particulières du cas; néanmoins, en règle générale, il suffit que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée, sans qu'elle soit tenue de répondre à tous les arguments présentés (ATF 112 Ia 107 consid. 2b p. 109; voir aussi ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102, 125 II 369 consid. 2c p. 372, 124 II 146 consid. 2a p. 149). Cela concerne notamment les décisions consécutives à une demande de prolongation de la détention, sur laquelle l'autorité doit statuer à bref délai; il est d'ailleurs admis que celle-ci peut se borner à adhérer aux motifs de la demande ou à ceux d'une décision antérieure (ATF 123 I 31 consid. 2 p. 33). 3.2 La Chambre d'accusation s'est en effet référée à son arrêt du 17 mai 2005, s'agissant des présomptions de culpabilité et des risques de fuite et de réitération (recte: de collusion, cf. ci-dessous consid. 4.3). S'agissant des charges à l'encontre du recourant, telles qu'elles sont précisées dans les arrêts de la Chambre d'accusation du 14 février et du 17 mai 2005, la clôture de l'instruction et le préavis du juge d'instruction du 16 juin 2005 n'apportent rien de nouveau. Il y est en effet rappelé que le rôle de A.________ n'a pas pu être défini avec certitude, mais que celui-ci aurait participé à des séances de préparation, de reconnaissance des lieux et du parcours. Tout en relevant les indices d'une participation active au brigandage, le juge d'instruction n'exclut pas que la seule complicité soit finalement retenue. Cette appréciation ne modifie pas l'état des charges retenu dans les arrêts précédents de la Chambre d'accusation; elle ne nécessitait donc pas une motivation supplémentaire.