Citation: 6B_672/2018 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a exposé que l'excès de vitesse avait eu lieu sur un tracé de route rectiligne, alors que les conditions de circulation étaient bonnes (bonne visibilité, route sèche, trafic fluide, beau temps). D'ordinaire, la vitesse sur le tronçon en cause était limitée à 80 km/h. Le 1er février 2017, elle était toutefois abaissée à 40 km/h, dans les deux sens de circulation, en raison de travaux sur la chaussée opposée à celle empruntée par l'intimé. L'appareil radar qui avait photographié sa voiture était installé à la fin de la zone des travaux, adossé à la dernière barrière, dans le sens de circulation de l'intéressé. L'intimé avait admis les faits, indiquant qu'il effectuait ce trajet quotidiennement afin d'amener ses enfants à l'école. Il avait indiqué avoir ralenti, le jour des faits, en arrivant à hauteur des travaux - alors même qu'il n'y avait aucun obstacle sur la route, notamment aucun ouvrier -, puis avoir accéléré à la hauteur de la fin du chantier. L'autorité précédente a considéré que des circonstances exceptionnelles étaient réalisées. En accélérant en prévision de la fin du chantier, l'intimé avait circulé, à 1 km/h près, à la vitesse normalement autorisée sur le tronçon en question. En l'absence de relevés métriques, voire d'une expertise permettant d'identifier précisément la hauteur, par rapport à la fin des travaux - qui se trouvait également constituer l'emplacement du radar -, à laquelle l'intimé avait commencé à accélérer pour atteindre la vitesse à laquelle sa voiture avait été photographiée, il convenait de retenir que l'intéressé était tout proche de cette limite. Ainsi, selon la cour cantonale, l'intimé avait certes commis un excès de vitesse qui, objectivement, tombait sous le coup de l'art. 90 al. 2 LCR, mais dans un contexte particulier, soit alors que la vitesse était abaissée à cause des risques causés par la présence du chantier sur la chaussée opposée. A la fin du chantier, dans le sens de marche de l'intimé, les conditions concrètes de circulation étaient celles qui se présentaient d'ordinaire sur le tronçon, soit des conditions permettant de rouler à 80 km/h. Cela permettait exceptionnellement d'exclure que l'intéressé eût fait preuve d'absence de scrupules, nonobstant l'ampleur de son excès de vitesse. Il convenait en définitive, pour la cour cantonale, de retenir une violation simple des règles de la LCR.