Citation: 5P.336/1999 13.04.2000 E. 5

5.- Le recourant se plaint de surcroît d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. a) S'agissant du financement de l'appartement de Saanen, le recourant reprend les critiques émises précédemment, mais sans les motiver davantage (cf. supra, consid. 4), de sorte qu'elles appellent une sanction identique: l'irrecevabilité du grief (art. 90 al. 1 let. b OJ). b) En ce qui concerne le financement de la maison de Chêne-Bougeries, l'autorité cantonale, après avoir longuement analysé les pièces et allégations des plaideurs, est parvenue à la conclusion que la thèse du recourant, selon laquelle le service de la dette hypothécaire et l'amortissement auraient toujours été assurés par les revenus que son épouse réalisait en donnant des cours de yoga, n'était pas vraisemblable. Sans aucunement réfuter une pareille appréciation, le recourant se contente de renvoyer aux documents qui confirment l'octroi de prêts à sa femme et réaffirme que celle-ci aurait pris part, à concurrence de 90'000 fr., au "financement direct" de cette opération (alors qu'un chiffre de 100'000 fr. avait été articulé en instance cantonale). Insuffisamment motivée (art. 90 al. 1 let. b OJ), cette critique ne fonde pas, au demeurant, le reproche d'arbitraire, car le simple fait que la prénommée apparaisse en qualité d'emprunteuse ne renseigne pas sur la personne qui s'acquitte réellement des obligations découlant du prêt. Il n'est, en outre, pas arbitraire d'avoir admis que les intérêts hypothécaires et l'amortissement n'ont pas été financés au moyen des "cours de yoga"; l'autorité inférieure a retenu à cet égard, sans être contredite, que le recourant n'a produit aucune pièce ni donné d'indication quelconque sur les gains provenant de cette activité, et que la déclaration fiscale de 1979 ne mentionne aucun revenu mulièbre, seul un revenu d'environ 15'000 fr. ayant été déclaré en 1980. c) Dans son rapport destiné à estimer les immeubles de l'hoirie de R.________, l'expert a fixé à 6'432'000 fr. la valeur vénale de ces biens. Contrairement à ce que prétend le recourant, la Cour de justice ne s'est pas écartée de cette estimation en retenant une valeur de 6'871'500 fr.; elle a, en effet, considéré que, puisque certains de ces immeubles avaient été vendus "et que leur valeur réelle est connue, il apparaît justifié de retenir cette dernière valeur plutôt que celle d'estimation", qui n'est pas remise en discussion comme telle. Or, le recourant n'adresse aucune critique à l'égard de cette argumentation, dont il ne démontre pas, a fortiori, le caractère insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ). L'acte de recours ne renferme pas non plus de motivation suffisante lorsqu'il mentionne, sans autres développements, qu'il serait "choquant de retenir que les ventes réalisées en 1981, 1983 et 1984 se sont déroulées à une date proche du 31 mai 1979", à savoir la date à laquelle la clause litigieuse du concordat est devenue définitive. d) Au sujet des revenus réalisés en qualité d'employé de la Banque B.________ entre le 22 juillet 1977 et la fin de 1982, la Cour de justice a constaté que le salaire du recourant s'élevait à 140'000 fr. par an, indexé au coût de la vie; aucune attestation n'a cependant été fournie pour les années 1980 à 1982, omission qui pourrait s'expliquer par le fait que, durant ces trois ans, l'intéressé "aurait touché un salaire supérieur à celui des trois années précédentes" (1977 à 1979). Certes, l'autorité inférieure a relevé que, d'après un extrait AVS/AI/APG/LPP de la Caisse interprofessionnelle romande des syndicats patronaux, son salaire ne paraît avoir augmenté qu'en fonction de l'indice du coût de la vie, encore qu'il ait passé de 150'000 fr. à 167'000 fr. de 1981 à 1982; mais, compte tenu des prestations de son employé, il est permis de penser que la Banque B.________ l'ait recompensé en lui octroyant, par exemple, des commissions ou une participation au bénéfice lors du renouvellement de son contrat, qui venait à échéance le 31 juillet 1980. Cette appréciation n'est pas soutenable. Il ressort du témoignage de G.________, directeur de la Banque B.________, que le recourant ne percevait pas, en sus de son salaire, "de commissions ni de participation aux bénéfices"; l'autorité cantonale a d'ailleurs tenu à le rappeler afin de dissiper un "malentendu" provoqué par sa précédente décision du 1er mars 1996. S'il est exact que la déclaration fiscale afférente à la période incriminée n'a pas été produite - ce dont le recourant s'est expliqué -, l'extrait de la FRSP-CIAM n'en contenait pas moins les éléments nécessaires; les juges cantonaux n'ont, du reste, pas hésité à se fonder sur cette pièce pour apprécier les gains réalisés par le recourant dans la société G.________. Sauf à mettre en doute la crédibilité du témoin et la force probante d'une attestation émanant d'une association professionnelle, rien n'autorise à affirmer que l'intéressé a "bénéficié, de 1980 à 1982, d'un revenu qui, dans une mesure non négligeable", a été "supérieur à celui des trois années précédentes". Certes, l'autorité inférieure est d'avis que, "si l'on ne voulait pas admettre que c'est au moyen des revenus perçus auprès de la Banque B.________" que le recourant a investi des fonds importants pour l'achat d'un terrain à Chêne-Bougeries et la construction d'une villa, il faudrait alors considérer qu'il disposait d'"autres ressources, lesquelles pourraient provenir de gains réalisés en tant qu'associé de la Banque X.________ et non déclarés dans l'inventaire du 27 avril 1978"; or, cette hypothèse ne semble pas exclue, dès lors qu'il est constant que le recourant a touché à cette époque, en plus de son salaire annuel, un revenu moyen de 431'151 fr.25 par an à titre de bénéfices distribués de 1973 à 1976, lequel pourrait avoir servi à financer cette opération immobilière. Force est toutefois de constater que cette rétribution supplémentaire n'a pas été prise en compte pour fixer les gains du recourant destinés à désintéresser les créanciers, mais uniquement ceux dont il "a bénéficié en tant que collaborateur de la Banque B.________ et ceux qu'il s'est procuré dans les premières années au sein de G.________ SA". Enfin, comme le souligne avec raison le recourant, les juges cantonaux n'ont pas quantifié le salaire "non négligeable", ou "largement supérieur à celui des trois années précédentes", qu'il aurait réalisé de 1980 à 1982. Il est vrai que, dans l'esprit desdits magistrats, une estimation chiffrée ne pouvait guère entrer en considération, s'agissant de revenus par définition occultes; il n'en reste pas moins qu'une appréciation aussi vague ne permettrait pas au Tribunal fédéral de contrôler que l'exercice du pouvoir d'appréciation est demeuré dans des limites acceptables.