Citation: I 262/00 03.10.2000 E. 3

3.- a) En l'espèce, dans son jugement incident du 15 juillet 1998, le Tribunal des assurances du canton de Vaud a constaté que le recourant n'avait pas compris les questions que le docteur R.________ lui avait posées, en raison de sa mauvaise connaissance de la langue française, l'expert n'ayant d'ailleurs pas cherché à élucider les apparentes contradictions de ses déclarations. En outre, le Tribunal a admis que les conclusions de ce médecin ne reposaient pas sur une analyse suffisamment motivée. Dès lors, la juridiction de recours a considéré que le rapport du docteur R.________ du 6 janvier 1997 ne satisfaisait pas aux exigences que la jurisprudence a posées en matière de valeur probante des rapports médicaux (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a et les références), de telle sorte que le Juge instructeur avait ordonné à bon droit la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique judiciaire. Le jugement incident du 15 juillet 1998 est entré en force, si bien que le Tribunal des assurances était lié par les considérants de son jugement. Il paraît dès lors singulier qu'il se soit néanmoins fondé sur le rapport du docteur R.________ pour fonder sa décision (consid. 4, in fine, p. 10 du jugement attaqué). b) Quant à la manière dont l'expert V.________ interprète le symptôme de la douleur, en tant que phénomène modifiant le psychisme d'une personne, les premiers juges ont considéré qu'elle ne constitue qu'une hypothèse, certes fort intéressante mais qui ne dépasse pas le degré de la possibilité, insuffisant pour admettre qu'il existe dans le cas du recourant une incapacité de travail et de gain justifiant l'octroi de prestations de ces deux assurances sociales (consid. 4, in fine, p. 10 du jugement attaqué). Ce raisonnement est insoutenable. L'expertise du docteur V.________ répond pleinement aux exigences de la jurisprudence précitée (consid. 2 ci-dessus). En conséquence, sur la base des conclusions de l'expert, le recourant a droit aux prestations des intimés en fonction d'une incapacité de travail et de gain de 70 %. Le dossier de la cause leur sera donc renvoyé afin qu'ils statuent l'un et l'autre sur les prestations d'assurance dues au recourant. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :