Citation: 1P.865/2005 13.04.2006 E. B.a

En décembre 2001, B.________ a remis à A.________ un chèque de 325.000 CAD et la somme de 25.000 USD en cash, en vue d'un investissement direct dans le X.________ Fund, en particulier le X.________ Portfolio. Le 17 juillet 2002, A.________ a confirmé à B.________ avoir pris la participation requise, précisant toutefois l'avoir fait en son propre nom jusqu'à ce qu'il lui fournisse les coordonnées bancaires permettant de la transférer dans des parts nominatives. Par courriel du 22 août 2002, il lui a expliqué que, lorsque l'argent lui avait été confié, le fonds n'était toujours pas enregistré; il avait donc pris la participation sur l'un de ses comptes. Une fois le fonds enregistré, il avait demandé à la personne chargée de son compte d'effectuer le transfert des positions en parts de fonds, mais cette opération n'avait pas été effectuée. Dès lors, il sollicitait un nouveau délai au 15 septembre 2002 pour remettre les titres ou, sinon, restituer les sommes en espèces. Le 30 août 2002, B.________ a donné pour instruction à A.________ d'acquérir 202 parts de X.________ Portfolio et 29 parts de X.________ Portfolio USD et de les transférer auprès de la banque Y.________. Par courriel adressé le 8 septembre 2002 à C.________, administrateur de X.________ SA, B.________ a sollicité la restitution immédiate des fonds remis à A.________. Le 18 septembre 2002, A.________ a indiqué à B.________ devoir vendre toutes les positions qu'il détenait pour pouvoir finaliser la transaction; il ajoutait qu'il lui faudrait peut-être attendre 60 jours pour récupérer l'argent. Le 23 septembre 2002, B.________ a mis A.________ en demeure de restituer les fonds remis. Le 16 octobre 2002, il a déposé plainte pénale contre A.________. B.b B.________ n'a été entendu ni par la police, ni par le juge d'instruction, ni par le Tribunal de police. A.________ a reconnu avoir reçu de B.________ un chèque de 325.000 CAD et 25.000 USD en cash aux fins d'investissement dans les fonds susmentionnés. Il a expliqué avoir indiqué à B.________ que les produits d'investissement désirés n'existaient pas encore. Celui-ci souhaitant néanmoins déposer son argent auprès de X.________ SA, il lui avait proposé de verser les sommes remises sur le compte courant de la société en attendant de l'investir, ce que B.________ avait accepté. Les parts avaient été disponibles dès mars-avril 2002, mais, à ce moment, les fonds remis avaient été utilisés pour les besoins courants de X.________ SA. La soeur de B.________, D.________, avait donné son accord à ce que les sommes versées soient utilisées de la sorte. En juin 2002, elle lui avait demandé de régulariser la situation de son frère. Pensant que X.________ SA allait résoudre ses problèmes de liquidités, il lui avait déclaré qu'il allait faire le nécessaire. D.________, entendue à titre de renseignement, a exposé que son frère avait décidé d'investir dans X.________ SA parce que A.________ lui avait fait parvenir de la documentation probante sur les résultats de cette société. Entre janvier et juillet 2002, A.________ avait évoqué un retard administratif. Cependant, ni elle ni son frère ne savaient que les sommes confiées avaient été utilisées pour les besoins courants de X.________ SA. Elle a confirmé que A.________ s'était toujours engagé à rembourser B.________. En avril 2003, A.________ a remboursé la somme de 25.000 USD à B.________. B.c A l'audience de la Cour de justice du 19 septembre 2005, A.________ a notamment fait valoir que B.________ avait consenti à ce que son argent soit déposé provisoirement sur le compte courant de X.________ SA; on ignorait toutefois quelle était sa position à cet égard, dès lors qu'il n'y avait jamais eu de confrontation. La partie civile a objecté que A.________ avait renoncé à une confrontation, en ne sollicitant pas la réouverture des enquêtes en appel. B.d La cour cantonale a estimé qu'une confrontation ne s'imposait pas. Seule demeurait en effet incertaine la question de savoir si B.________ savait que les fonds confiés avaient été déposés sur le compte courant de X.________ SA. Or, serait-il établi qu'il le savait et y avait consenti, qu'un tel accord n'autorisait pas l'appelant à utiliser les sommes confiées à sa guise, ainsi qu'il l'avait fait, selon ses propres déclarations.