Citation: 1B_134/2017 E. B

La société A.________ (société à responsabilité limitée sise à Bata, Guinée équatoriale) ainsi que la République de Guinée équatoriale ont recouru contre ces séquestres, expliquant que l'Etat détenait la société qu'il utilisait pour l'acquisition et l'entretien des véhicules du parc présidentiel, lesquels avaient été achetés sur l'ordre du Ministre de l'intérieur. Toutes deux se prévalaient de l'immunité. Par arrêt du 1er mars 2017, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise a rejeté le recours dans la mesure de sa recevabilité. En tant que simple actionnaire de la société propriétaire des véhicules, l'Etat n'avait pas qualité pour agir; aucune identité ne pouvait être établie en l'Etat et la société, de sorte que cette dernière ne pouvait se prévaloir de l'immunité. Rien ne permettait d'affirmer que les véhicules servaient à des fins officielles, les permis de circulation mentionnant au contraire un usage privé. Les ordonnances attaquées étaient certes succinctement motivées, mais se référaient à une précédente décision du 31 octobre 2016 (relative aux premiers séquestres) qui, elle, comportait des motifs suffisants. Si l'acquisition de véhicules constituait un acte de blanchiment, la compétence du Ministère public genevois - d'ailleurs non contestée en temps utile - apparaissait donnée. Ces mêmes soupçons justifiaient le séquestre des véhicules à titre de produit de l'infraction.