Citation: 9C_578/2023 E. 10.2

10.2. Sans remettre en cause le montant des reprises ou la quotité des amendes, les recourants se plaignent de ce que la Cour de justice aurait retenu à tort que les conditions relatives à l'évasion fiscale et à la théorie de la transparence étaient réunies. En particulier, la condition relative à l'existence d'une construction insolite ne serait pas remplie, puisque l'organisation des sociétés choisie par la recourante répondrait à un besoin de confidentialité et de sécurité lors des achats et ventes d'oeuvres d'art. En outre, les procédures pénales engagées contre la contribuable "démontre[raient] bien l'intérêt que peut avoir le recours à des sociétés sous l'angle de la protection de sa responsabilité civile", ce que des sociétés de droit suisse ne permettraient pas puisque les informations contenues au registre du commerce seraient "facilement accessible[s] et très détaillé[es]". En outre, les juges cantonaux ne pouvaient pas considérer que la volonté d'économiser des impôts constituait la seule raison, à l'exclusion de toute autre, de la mise en place des sociétés sises à l'étranger. Partant, il demeurerait un doute sur l'une des conditions relatives à l'évasion fiscale, de sorte qu'il ne serait pas possible de procéder à un "Durchgriff" et d'attribuer directement aux contribuables les montants des commissions que les sociétés étrangères de la recourante avaient reçues.