Citation: 6B_740/2008 09.12.2008 E. B

Saisie de recours en appel de l'accusé et du Ministère public, la Cour d'appel pénal du Tribunal cantonal du canton de Fribourg les a admis tous deux partiellement, par arrêt du 25 juin 2008. Elle a réformé le jugement du 23 mai 2006 en ce sens que X.________ a été reconnu coupable de meurtre, de délit manqué de lésions corporelles graves, de lésions corporelles simples (avec un objet dangereux), de vol, de tentative de vol, de dommages à la propriété, de menaces, de violation de domicile, d'incendie intentionnel (de peu d'importance), de délit contre la loi fédérale sur les armes, d'avoir conduit en étant pris de boisson, d'avoir circulé sans permis de conduire, et de délit contre la loi sur la protection des animaux. Elle a, en revanche, acquitté l'intéressé des chefs d'accusation de lésions corporelles simples, voies de fait, injure, escroquerie, faux dans les titres, vol d'usage, contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants et contravention à la loi d'application du Code pénal. X.________ a été condamné à une peine de 14 ans de réclusion, sous déduction de la détention avant jugement subie du 23 au 24 avril 2003 et du 17 juillet 2003 au 24 mars 2004 (date à laquelle il a été mis en exécution anticipée de peine), ainsi qu'au paiement des frais pénaux de première instance comprenant un émolument de 1800 francs et les débours à déterminer. Un traitement ambulatoire a été ordonné en application de l'ancien art. 43 ch. 1 CP. Cet arrêt statue en outre sur les prétentions civiles et les frais de la procédure d'appel. En bref, s'agissant de la qualification de l'homicide, la cour cantonale a estimé qu'il convenait de nuancer l'appréciation du tribunal de première instance sur les différents éléments constitutifs retenus à l'appui de la qualification d'assassinat. Dans l'appréciation globale, plusieurs éléments rapprochaient de l'assassinat l'acte commis par X.________, en particulier l'horreur de tuer en coupant la gorge, qui plus est d'une frêle jeune femme qui l'avait hébergé et lui avait prodigué son aide peu de temps auparavant, l'invocation des raisons inconsistantes et le peu d'état d'âme. Il n'y avait cependant sur aucun des éléments topiques (mobiles, manière d'agir, sang froid), une distinction nette avec le meurtre. L'acte avait été accompli sans que ce soit pour en retirer un avantage, au sortir d'une nuit blanche, par un auteur de moins de dix-neuf ans, qui en raison de son parcours de vie supportait très mal d'être abandonné et qui précisément se trouvait écarté une nouvelle fois, qui avait beaucoup bu comme il le faisait depuis plusieurs mois, qui s'était retrouvé confronté à des reproches qu'il acceptait mal même s'ils étaient justifiés et dont le geste criminel, selon les faits constatés, avait été bref et sans acharnement particulier. L'assassinat ne pouvait être retenu faute de pouvoir être nettement distingué, en l'espèce, d'un meurtre.