Citation: 1C_282/2024 E. 3.3

3.3. Les recourants prétendent ensuite que la largeur de la route serait insuffisante pour assurer les croisements et les manoeuvres de rebroussement en toute sécurité, en particulier sur certains passages plus étroits. La desserte est composée d'une première partie comprenant un virage à droite puis à gauche, ainsi que deux autres parties rectilignes très légèrement coudées. Le tronçon est utilisé quotidiennement par les habitants du quartier qui doivent ainsi déjà effectuer différentes manoeuvres de croisements tout en respectant la priorité des piétons. Dans la même mesure, l'existence d'une problématique de visibilité liée à un contour serré entre deux rochers sis sur la première partie du chemin est préexistante au projet litigieux et rien n'indique que ce passage aurait par le passé conduit à des accidents ni que la modeste augmentation du trafic due au projet accroîtrait ce risque et aboutirait à un danger excessif (cf. arrêt 1C_225/2017 du 16 janvier 2018 consid. 5.3.3). Comme retenu par la cour cantonale, la majorité du tronçon présente une largeur variant entre 4.20 et 4.50 mètres, permettant ainsi à des véhicules de tourisme, dont la largeur moyenne est estimée à 1.80 mètres (cf. arrêt 1C_216/2021 du 21 avril 2022 consid. 4.2.2 citant la norme VSS 40 201), de croiser sans difficulté. Il n'en résultera également aucun conflit avec les piétons et les deux-roues qui occupent une largeur d'environ 0.60 cm (cf. ibidem), ce d'autant plus dans une zone de rencontre limitée à 20 km/h. Ces dimensions de la desserte sont confirmées par les données ressortant du géoportail du canton de Neuchâtel, selon lesquelles 75 % du tronçon présente une largeur supérieure à 4.4 mètres. Contrairement à ce que soutiennent les recourants, ces données n'attestent pas de faits nouveaux qui ne ressortent pas déjà de l'arrêt attaqué, mais donnent une confirmation supplémentaire aux constatations de la cour cantonale (cf. arrêt 4A_50/2022 du 24 juin 2022 consid. 2.4 cité par les recourants sur la recevabilité de faits nouveaux). Par ailleurs, les informations ressortant du géoportail, librement accessibles et bénéficiant d'une empreinte officielle, sont considérées comme notoires (cf. arrêt 2C_201/2020 du 18 septembre 2020 consid. 4). Il n'y a ainsi pas lieu de s'écarter des faits établis par l'instance précédente quant à la largeur du tronçon. C'est également sans violer le droit fédéral qu'elle a retenu que le court passage plus étroit sur la dernière partie du tronçon ne permettait pas de conclure que la voie d'accès serait insuffisante. En effet, ce passage plus étroit (jusqu'à 3.20 mètres) ne devra être emprunté que par les résidents du projet litigieux et les visiteurs des copropriétés A.________, réduisant ainsi les risques de croisement. Cela étant, du fait de son caractère rectiligne offrant une bonne visibilité et de la présence d'une zone d'évitement immédiatement avant le passage étroit, les manoeuvres de croisement pourront être réalisées sans difficulté et en toute sécurité par des usagers respectant les règles de la circulation routière. Les possibilités de rebroussement ne seront du reste pas réduites par les nouvelles constructions, puisqu'elles ne sont, déjà à ce jour, pas effectuées à la hauteur des bâtiments litigieux (cf. observations du bureau C.________ SA, p. 7). En outre, la cour cantonale a relevé que l'accès avait été jugé praticable pour des véhicules des services d'urgence, ce que les recourants ne remettent pas en cause et qui est une contrainte essentielle de l'accès suffisant exigé par l'art. 19 LAT (cf. arrêt 1C_216/2021 précité consid. 4.2.2). Dans ces conditions, il n'existe aucune raison de s'écarter de l'appréciation des autorités locales quant à la capacité de la voie d'accès existante d'absorber l'augmentation du trafic qui sera engendrée par les deux futurs immeubles.