Citation: B 36/01 27.06.2002 E. 2

2.- a) En l'occurrence, il ressort des questionnaires remplis à l'intention de l'office AI par les médecins traitants de l'intimée, que cette dernière présente plusieurs affections dont l'origine remonte à des périodes différentes. Ainsi, le docteur A.________, ophtalmologue, a-t-il fait état d'une atteinte rétinienne à l'oeil droit depuis 1979 dont les suites - restées longtemps sans incidence sur la capacité de travail de l'assurée - étaient susceptibles, selon lui, d'entraîner dès 1995 une certaine diminution de son rendement à cause du développement d'une presbytie importante à l'oeil gauche (rapport du 5 novembre 1996); la doctoresse B.________, psychiatre, d'une dépression majeure dont elle a situé la genèse en automne 1995 (rapport du 23 octobre 1996); enfin, le docteur C.________, spécialiste FMH en médecine interne, de troubles rhumatismaux (fibromyalgie) nécessitant un traitement médical depuis 1994 (rapport du 28 octobre 1996). Tous trois n'ont toutefois attesté d'une incapacité de travail due aux affections précitées que dès le mois de juin 1996. Entendu en cours de procédure cantonale, le docteur A.________ a encore précisé que si l'état des yeux de R.________ était resté stable depuis 1995, à partir de cette année-là, la reconnaissance d'une capacité de travail diminuée de 20 % à 50 % dans sa profession de secrétaire pouvait se justifier d'un point de vue médical, même si la prénommée avait effectivement travaillé à un taux supérieur; il a également ajouté qu'il avait prescrit une incapacité de travail de 100 % du 1er juin au 31 août 1995 sur la demande de l'intéressée, qui s'était plainte à l'époque d'une fatigabilité accrue des yeux (cf. procès-verbal du 15 décembre 1999). b) Compte tenu de ces indications médicales, la décision de l'office AI fixant le droit de l'intimée à une demi-rente d'invalidité au 1er décembre 1995 paraît manifestement insoutenable. Cette décision implique en effet de considérer que l'intimée a subi, dès le 1er décembre 1994 déjà, une incapacité de travail d'une certaine ampleur. Rien au dossier ne permet cependant de retenir une telle conclusion puisque hormis la période allant du 1er juin au 31 août 1995, R.________ a exercé son activité auprès de la société X.________ SA normalement (soit à 100 %), et ce jusqu'à la fin de ses rapports de service au 31 novembre 1995. Certes, l'avis exprimé par le docteur A.________ montre que l'assurée a dû subir une diminution de son acuité visuelle à la même époque; on ne saurait cependant en inférer le début d'une invalidité. Ce n'est en effet pas l'apparition des troubles comme telle qui fonde l'événement assuré au sens de l'art. 23 LPP, mais bien la survenance d'une incapacité de travail d'une certaine importance due à l'affection invalidante (VSI 1998 p. 126 consid. 3c). Partant, c'est en vain que la recourante s'est référée à la date de la survenance de l'invalidité retenue par l'office AI dans sa décision du 12 février 1998 pour refuser ses prestations. c) La recourante ne peut pas non plus obvier à sa responsabilité au motif que l'incapacité de travail survenue chez R.________ dès le mois juin 1996 (soit durant la période d'assurance) serait dans une relation d'étroite connexité matérielle et temporelle avec celle qui s'est manifestée du 1er juin au 31 août 1995 (date à laquelle la prénommée était affiliée à l'institution de prévoyance de son précédent employeur). Des déclarations faites par le docteur A.________ devant les premiers juges, on peut retenir deux choses. D'une part, que l'intimée souffre de longue date de troubles de la vue qui se sont aggravés en 1995, au point de justifier depuis lors une réduction de son aptitude à travailler d'au moins 20 %. D'autre part, que la situation médicale de l'intimée sur le plan strictement ophtalmologique n'a pas connu d'évolution significative entre 1995 et 1996. Or, force est de constater qu'à raison de ces seuls troubles, R.________ n'a jamais présenté, avant ou après le 1er décembre 1995, une incapacité de travail propre à fonder une invalidité lui ouvrant le droit à des prestations de la prévoyance professionnelle. L'arrêt de travail de trois mois en été 1995 doit, à cet égard, être considéré comme l'expression d'une aggravation passagère d'un état pathologique préexistant. Après cet épisode, l'intimée a d'ailleurs été en mesure de poursuivre son activité durant plusieurs mois, d'abord à 100 %, par la suite à 80 %, sans rencontrer de problèmes particuliers en relation avec ses yeux. L'incapacité de travail pour laquelle l'intimée s'est vue allouer une rente AI doit bien plutôt être imputée à l'apparition de la grave dépression dont la doctoresse B.________ a fait état dans son rapport du 23 octobre 1996. Il est vrai que selon la psychiatre l'atteinte psychique remonterait à l'automne 1995, soit à une époque où R.________ n'était pas encore affiliée à la recourante; toutefois, à ce moment-là, le trouble en cause n'avait encore aucune incidence sur sa capacité de travail. Dans ces conditions, on ne peut pas retenir l'existence d'une connexité matérielle entre l'invalidité de l'intimée et l'incapacité de travail survenue alors qu'elle travaillait au service de X.________ SA; la question de savoir s'il existe également une relation de connexité temporelle peut ainsi rester ouverte.