Citation: 6B_842/2015 E. 3.1

3.1. Le recourant se plaint de son transfert des EPO à Champ-Dollon. A l'appui de ce grief, il affirme que l'examen de la conformité de la mesure de transfert avec les droits fondamentaux du détenu n'aurait pas été fait en l'espèce. Tel que formulé, un tel grief ne répond pas aux exigences de motivation rappelées ci-dessus. Le recourant invoque que le SAPEM n'avait pas été sollicité comme l'exigeait le droit applicable et y voit une violation du principe de légalité. On comprend qu'il se plaint que le SAPEM ait statué sans que la Direction des EPO lui ait préalablement présenté une demande en ce sens en application de l'art. 16 al. 4 du Concordat du 10 avril 2006 sur l'exécution des peines privatives de liberté et des mesures concernant les adultes et les jeunes adultes dans les cantons latins (CLDPA; RS/GE E 4 55). En vertu de l'art. 95 let. e LTF, le Tribunal fédéral est habilité à examiner la bonne application du droit concordataire. L'art. 16 al. 4 CLDPA prévoit que si, en cours d'exécution, la direction de l'établissement est de l'avis que la personne détenue doit être transférée, elle adresse une demande à l'autorité compétente du canton de jugement ou de celui dont la personne détenue dépend. Cette disposition n'a pas pour vocation d'empêcher le SAPEM de prendre des décisions dans son domaine de compétence, soit l'exécution des peines et mesures (cf. arrêt attaqué, p. 11 - 12 ch. 2), en l'absence de demande expresse de la direction de l'établissement concerné. L'absence de demande formelle de la part de la direction des EPO n'enlevait ainsi pas au SAPEM la compétence de trancher du transfert du recourant d'un établissement à l'autre. Le grief est infondé. Dans le cadre de celui-ci, le recourant déclare également que l'isolement cellulaire aurait permis de contenir le risque supposé qu'il présentait alors jusqu'à ce qu'une place en un lieu adéquat soit trouvée. Il s'agit d'une simple affirmation du recourant non étayée et contredite par les faits constatés par l'arrêt entrepris, notamment quant au manque de places adéquates et aux longs délais pour en trouver. Or le recourant n'aurait pu rester en isolement cellulaire jusqu'à ce qu'une telle place lui soit trouvée. Le grief est sur ce point également infondé. Le recourant invoque que son placement dans un établissement inadéquat n'avait rien d'exceptionnel et de temporaire, ce qui était constatable à tout le moins lors de la décision du SAPEM. Le recourant était soupçonné d'avoir participé avec d'autres détenus à la préparation d'une évasion avec usage d'une arme. Il s'agissait clairement d'une situation exceptionnelle propre à justifier des mesures de sécurité, dont l'éloignement les uns des autres des différents détenus soupçonnés, notamment par leur placement dans des établissements distincts. Un tel éloignement était justifié autant de temps que durait la menace de mise à exécution de leur plan. La durée du placement du recourant à Champ-Dollon, en date de la décision du SAPEM, ne saurait par conséquent rendre celle-là illégale. L'insécurité juridique avancée par le recourant et l'atteinte à sa personne qu'il invoque, sans toutefois en tirer aucune conclusion claire, ne sont pas non plus propres à fonder son recours. Le recourant invoque une violation du principe de proportionnalité en relation avec le fait que la Direction des EPO ait initialement pris une décision de transfert. Tel que formulé, le grief n'est pas intelligible et est irrecevable. Le recourant invoque une violation du principe de la célérité et du principe de bonne foi. Si l'on doit effectivement constater que les autorités cantonales, en particulier du fait de tergiversations quant à l'autorité compétente pour statuer en première et en deuxième instance, ont tardé à traiter la cause, on ne voit pas en quoi - et le recourant, assisté, ne l'explique aucunement - de tels éléments devraient conduire à la modification de la décision de transfert confirmée par l'autorité précédente. Les griefs ainsi soulevés doivent être écartés.