Citation: 4C.44/2007 22.06.2007 E. A

Selon une convention écrite datée des 14 et 21 mars 2002, A.________ et B.________ ont reconnu devoir, solidairement entre eux, 300'000 fr. à M.________ et N.________, celles-ci créancières solidaires. Cette somme serait exigible au 30 juin 2011 mais elle était remboursable en tout temps et sans préavis; elle ne portait pas intérêts. Le remboursement était garanti par une cédule hypothécaire au montant de 300'000 fr. qui grevait divers biens immobiliers appartenant à C.________ et D.________; ces derniers étaient parties à la convention pour apporter ce titre en nantissement. La convention indiquait que les créancières, par l'intermédiaire d'un bureau fiduciaire, avait soldé diverses dettes de A.________ et B.________ au montant total et arrondi de 300'000 fr. Cette convention avait été précédée d'une lettre du fiduciaire adressée à A.________ et B.________, le 28 juin 2001, indiquant en détail les dettes soldées - il s'agissait notamment d'un emprunt bancaire garanti par la cédule hypothécaire - et précisant que les fonds affectés à cette opération constituaient un prêt sans intérêts. Le fiduciaire précisait également « que les autres dettes personnelles demeurent à votre charge et qu'aucune aide nouvelle ne pourra être envisagée ». Au mois de juin 2005, M.________ et N.________ ont appris qu'une poursuite pour dettes était en cours contre A.________, sur la base d'un jugement de 1997 qui condamnait cette dernière au paiement d'environ 120'000 fr. en capital. Peu après, les créancières apprirent que B.________ était lui aussi débiteur de ce montant. Par une lettre de leur avocat datée du 5 août 2005, les créancières ont déclaré invalider les clauses de la convention de mars 2002 prévoyant un remboursement sans intérêts et un délai au 30 juin 2011; elles exigeaient un remboursement au 5 octobre 2005 avec intérêts au taux annuel de 5% depuis le 1er juillet 2001. Elles reprochaient à leurs débiteurs de les avoir intentionnellement induites en erreur sur leur véritable situation financière et sur leur solvabilité future, en dissimulant l'existence de ces autres dettes tant au printemps de 2001 que lors de la convention de mars 2002.