Citation: 6B_150/2020 E. 4.2

4.2. A l'instar des premiers juges, la cour cantonale a acquis la conviction de la culpabilité de la recourante et a considéré que celle-ci ne faisait aucun doute (jugement attaqué. p. 19). Elle s'est fondée sur un ensemble d'éléments. Elle a d'abord retenu que la recourante avait menti sur l'événement du 18 septembre 2014 ayant causé des lésions pétéchiales au visage de E.B.________, dès lors qu'elle en avait donné plusieurs versions successives différentes qui ne concordaient ni entre elles ni avec les constats et avis des experts, lesquels avaient conclu que ces pétéchies n'étaient pas compatibles avec une chute sur un tapis. Elle a également exposé qu'à l'issue de journées de garde chez la recourante, l'enfant avait présenté plusieurs petites lésions cutanées au visage, soit le 23 juin 2014, des bleus sous les yeux, le 12 septembre 2014, du sang séché sur le nez et une petite marque rouge à l'intérieur de la lèvre supérieure, à une date indéterminée, une croûte sur le crâne et, enfin, le 18 septembre 2014, des éraflures sur le nez. Or, les pédiatres du CHUV avaient déclaré que "toute ecchymose ou autre blessure inexpliquées sont en effet exceptionnelles chez un nourrisson qui n'a pas encore acquis une motricité suffisante pour s'exposer à des accidents et parlent avant tout en faveur de sévices" (pièce 17 du dossier cantonal). Les explications de la recourante à cet égard n'étaient en outre pas crédibles. Par ailleurs, durant la période où E.B.________ était gardé par la recourante, les parents s'étaient montrés vigilants envers leur fils en l'emmenant aux urgences de l'hôpital et chez le pédiatre afin de le faire soigner et en se préoccupant de comprendre les raisons des épisodes de pleurs prolongés et des légères traces que l'enfant présentait au visage. Cela excluait la moindre maltraitance de leur part ou de l'un d'eux. S'agissant des autres tiers qui auraient pu avoir la possibilité de fracturer les os de l'enfant lorsqu'ils s'occupaient de lui, soit une baby-sitter pendant une nuit, les grands-parents paternels durant les jours de début septembre 2014 où l'intimée était allée suivre un stage de yoga en Grèce, voire le père de l'enfant ou d'autres encore, ils devaient être exclus comme suspects dès lors qu'à dire d'expert, la survenance des fractures s'était traduite par de forts pleurs. Or, de semblables pleurs n'avaient pas été signalés en lien avec des prises en charge par les tiers susmentionnés. En revanche, les deux épisodes de pleurs vifs et soutenus de l'enfant les 10 et 29 juillet 2014 étaient intervenus à des dates où E.B.________ était gardé par la recourante et avaient conduit les parents à emmener rapidement leur enfant à l'hôpital. En outre, des photos des 19 et 20 juillet 2014 montraient des rougeurs au tibia gauche et attestaient donc que la lésion tibiale était intervenue durant cette période. Enfin, la cour cantonale a relevé que l'enfant E.B.________ n'avait plus présenté de lésions depuis la dénonciation des faits et que l'adéquation des parents avait été confirmée par le pédiatre de l'enfant ainsi que par le Service de protection de la jeunesse.