Citation: 4P.36/2000 24.07.2000 E. A

A.- Jacqueline Peter (défenderesse) est la nièce et la filleule d'Agnès Reboul (demanderesse). Ces deux personnes étaient très liées. La demanderesse a toujours été très généreuse envers les siens, en particulier, avant leur mésentente, avec la défenderesse et sa famille. Le 31 octobre 1977, la défenderesse a signé un acte sous seing privé, intitulé "reconnaissance de dette", où elle se reconnaissait débitrice de la demanderesse de la somme de 400 000 fr., qui lui avait été remise en prêt. Le même jour, elle a acquis un immeuble à Coppet pour le prix de 390 000 fr. Après diverses péripéties, dont une renonciation aux intérêts, la signature de quittances annuelles d'amortissements de 10 000 fr. entre 1978 et 1987, la donation à la défenderesse, en 1985, de trois immeubles sis à Le Vaud, la brouille survenue en 1988, une procédure en séparation de corps entre la défenderesse et son mari, où a été évoqué le versement litigieux de 400 000 fr., la demanderesse a introduit, en 1996, une poursuite de 300 000 fr. contre la défenderesse. Le 18 juin 1996, le Président du Tribunal du district de Nyon a rejeté une requête de mainlevée d'opposition présentée par la demanderesse, au motif que la défenderesse avait "rendu suffisamment vraisemblable que la poursuivante avait voulu lui faire une avance d'hoirie de 400 000 fr. et que le contrat signé le 31 octobre 1977 constitu[ait] en réalité un acte simulé par lequel les parties [avaient] voulu créer l'apparence d'un prêt dans le but d'éviter un impôt sur la donation".