Citation: 4A_606/2013 E. 2

Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits constatés dans la sentence attaquée (cf. art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut rectifier ou compléter d'office les constatations des arbitres, même si les faits ont été établis de manière manifestement inexacte ou en violation du droit (cf. l'art. 77 al. 2 LTF qui exclut l'application de l'art. 105 al. 2 LTF). Aussi bien, sa mission, lorsqu'il est saisi d'un recours en matière civile visant une sentence arbitrale internationale, ne consiste pas à statuer avec une pleine cognition, à l'instar d'une juridiction d'appel, mais uniquement à examiner si les griefs recevables formulés à l'encontre de ladite sentence sont fondés ou non. Permettre aux parties d'alléguer d'autres faits que ceux qui ont été constatés par le tribunal arbitral, en dehors des cas exceptionnels réservés par la jurisprudence, ne serait plus compatible avec une telle mission, ces faits fussent-ils établis par les éléments de preuve figurant dans le dossier de l'arbitrage (arrêt 4A_386/2010 du 3 janvier 2011 consid. 3.2). Cependant, comme c'était déjà le cas sous l'empire de la loi fédérale d'organisation judiciaire (cf. ATF 129 III 727 consid. 5.2.2; 128 III 50 consid. 2a et les arrêts cités), le Tribunal fédéral conserve la faculté de revoir l'état de fait à la base de la sentence attaquée si l'un des griefs mentionnés à l'art. 190 al. 2 LDIP est soulevé à l'encontre dudit état de fait ou que des faits ou des moyens de preuve nouveaux sont exceptionnellement pris en considération dans le cadre de la procédure du recours en matière civile (ATF 138 III 29 consid. 2.2.1 et les arrêts cités). Celui qui entend se prévaloir d'une exception à l'intangibilité des constatations figurant dans la sentence attaquée doit démontrer, en indiquant avec précision le ou les passages topiques de ses écritures, que les faits non retenus par le tribunal arbitral lui ont pourtant été régulièrement soumis au cours de la procédure arbitrale (arrêt 4A_450/2013 du 7 avril 2014 consid. 2.3). Au chapitre III de son acte de recours (n. 1 à 23), intitulé "Exposé des faits", la recourante, arguant du caractère lacunaire des faits retenus par le Tribunal dans ses sentences 2005 et 2006, ainsi que dans sa sentence finale, expose sa propre version des faits pertinents en renvoyant le Tribunal fédéral aux pièces du dossier "à toutes fins utiles" (note de pied 3) et en citant elle-même un certain nombre de pièces qui y figurent. Le procédé n'est pas admissible au regard de la jurisprudence précitée. Quoi qu'il en soit, il appert des explications fournies par l'intimée dans sa réponse au recours (n. 18 à 41) que les conditions permettant au Tribunal fédéral de revoir ou de compléter les faits sur lesquels repose la sentence attaquée n'ont pas été établies par la recourante.