Citation: 1P.415/2000 07.07.2000 E. 1

b) Le recourant est mis en cause dans une affaire instruite contre des mineurs pour leur avoir vendu des stupéfiants en vue de revente. La cour cantonale se fonde à cet égard sur les renseignements de police recueillis par le Juge d'instruction ainsi que sur les écoutes téléphoniques mises en oeuvre dans le cadre de la présente procédure. Lors d'une conversation téléphonique tenue le 2 février 2000, à 16h40, I.________ a en effet demandé à M.________ s'il savait "quelque chose pour ces garçons". Ce dernier lui a répondu qu'il avait vu "son frère" et qu'"ils n'ont trouvé sur eux que des leks". Certes, M.________ a déclaré par la suite qu'il était seul impliqué dans cette affaire et que I.________ n'était pas au courant de ce que faisaient ces garçons. Il appartiendra cependant au Juge d'instruction d'orienter ses recherches sur cet aspect de l'accusation et de déterminer le rôle respectif des deux hommes dans cette affaire. En l'état actuel de l'enquête, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en voyant dans cette conversation téléphonique un indice sérieux de la possible implication du recourant dans un trafic de drogue mettant en cause des mineurs, venant corroborer les renseignements de police. Par ailleurs, dans la mesure où I.________ a eu accès aux retranscriptions des écoutes téléphoniques à la suite de l'arrêt rendu le 5 mai 2000 par le Tribunal fédéral, le droit d'être entendu a été respecté sur ce point. Le recourant conteste également avoir participé au trafic de stupéfiants auquel s'adonnerait M.________. Il prétend avoir reçu un téléphone mobile de ce dernier sur lequel les fournisseurs de M.________ auraient continué à appeler sans qu'il sache de quoi il retourne. Ces explications ne permettent cependant pas d'exclure toute implication du prévenu dans un trafic de stupéfiants, notamment dans la transaction portant sur les 7 kilos d'héroïne saisis en main de M.________ le 10 février 2000. Le recourant aurait en effet eu des contacts avec le fournisseur de la drogue ainsi qu'avec d'autres personnes impliquées dans le financement de ce trafic, lorsqu'il a accompagné M.________ à la gare d'Olten, à Châtel-St-Denis, à Berne et à Genève; il se serait en outre proposé pour aller chercher l'argent nécessaire à payer la drogue et l'amener à son destinataire, comme cela résulte d'une conversation téléphonique qu'il a eue le 2 février 2000, à 18h45 avec M.________. L'autorité intimée pouvait voir dans ces différents éléments un indice suffisant que le recourant a eu un rôle peut-être plus actif dans l'opération du 10 février 2000, malgré ses dénégations et les déclarations de son coaccusé postérieures à l'arrêt attaqué, pour autant que l'on puisse en tenir compte dans le cadre d'un recours soumis à l'exigence de l'épuisement des instances cantonales (cf. art. 86 al. 1 OJ). Sur ce point également, il appartiendra au Juge d'instruction de procéder aux investigations nécessaires aux fins de déterminer le rôle exact joué par I.________ dans cette opération, en entendant les autres personnes impliquées qui ont été arrêtées dans l'intervalle.