Citation: 4A_81/2018 E. 7.1

7.1. La Cour de justice a considéré que cette preuve n'était pas apportée. A cet égard, il ne suffisait pas qu'il y ait eu des disparités ou incohérences entre les deux ordres litigieux et les ordres précédemment donnés par la recourante, ni que les autorités coréennes - dont les investigations n'avaient pas permis de mettre en évidence une fraude - aient bloqué des comptes et délivré un mandat d'arrêt. En particulier, il n'était pas exclu que la cliente ou son représentant ait introduit des divergences à dessein, pour faire croire à un acte malveillant et contraindre la banque à recréditer le compte courant des montants débités, tout en récupérant tout ou partie des montants transférés avec la complicité du récipiendaire. La cliente n'avait pas contacté les autorités de police compétentes et avait refusé de collaborer pleinement à l'enquête pénale initiée par la banque en Corée, en omettant de fournir une confirmation formelle qu'il n'y avait aucun lien entre la cliente et la société récipiendaire titulaire du compte bancaire en Corée; ces faits étaient de nature à susciter des doutes. Alors que l'adresse e-mail concernée était celle de son représentant et principal animateur, on pouvait exiger d'elle qu'elle entame des démarches pour identifier les auteurs du piratage et produise des éléments de preuve attestant d'une utilisation frauduleuse de l'adresse en question, notamment d'un point de vue technique, ce qu'elle n'avait pas fait. De son côté, la banque avait déposé plainte successivement en Corée et en Suisse, sans que les procédures n'aboutissent.