Citation: 5A.6/2004 07.06.2004 E. 1

1.1 Dirigé contre une décision refusant en dernière instance cantonale l'autorisation d'accueillir un enfant en vue d'adoption, le recours de droit administratif est recevable de ce chef (ATF 107 Ib 283 consid. 1 p. 284/285). Il a en outre été déposé en temps utile (art. 106 al. 1 OJ). 1.2 Lorsque le recours est formé, comme en l'espèce, contre une décision rendue par une autorité judiciaire, le Tribunal fédéral est lié par les faits constatés, sauf s'ils sont manifestement inexacts ou incomplets ou s'ils ont été établis au mépris de règles essentielles de procédure (art. 105 al. 2 OJ). La possibilité de faire valoir des faits nouveaux ou de nouveaux moyens de preuve est dès lors très restreinte (sur les conditions y relatives, cf. ATF 128 II 145 consid. 1.2.1 p. 150; 128 III 454 consid. 1 p. 457). Sur ces questions, le Tribunal fédéral ne dispose en quelque sorte que d'un pouvoir d'examen limité à l'arbitraire (Karlen, Verwaltungsgerichtsbeschwerde, in Prozessieren vor Bundesgericht, Thomas Geiser/Peter Münch [éditeurs], 2e éd., 1998, n. 3.61, p. 110/111). Le recourant expose qu'il ne peut adhérer aux intentions qui lui ont été prêtées par le rapport d'évaluation du SPJ (page 4), repris par la décision querellée (page 3). Se référant à la réponse qu'il a donnée en comparution personnelle à la question de savoir pourquoi il ne s'était pas marié, il précise qu'il "n'exclut bien sûr pas de nouer une relation amoureuse à l'avenir, mais n'envisage que sa future compagne soit intégrée dans sa vie familiale que si la relation est durable et stable". Ce faisant, il ne démontre pas que l'état de fait de la décision attaquée serait manifestement inexact ou incomplet. Il ne prétend pas non plus, ni a fortiori ne prouve, que les faits pertinents auraient été établis au mépris de règles essentielles de procédure. L'autorité cantonale a retenu sur ce point qu'il "ne souhaitait pas s'engager dans une relation avec une femme pour pouvoir devenir père, ayant vécu, vers l'âge de quarante ans, une expérience douloureuse", et que s'il "n'excluait cependant pas nouer une relation amoureuse à l'avenir", il "n'envisageait pas établir un lien de filiation entre celle qui deviendrait sa compagne et l'enfant". Or, les propos invoqués par le recourant à l'appui de sa critique ("J'ai eu en fait une liaison qui a duré longtemps. J'avais aussi une profession prenante, ce d'autant que je travaillais parallèlement à Genève et à l'Université de Padoue. Le temps a ainsi passé et c'est comme cela que je ne me suis pas marié. Je vis actuellement seul et n'ai pas de relation sentimentale, du moins définitive, sinon stable.") ne contredisent en rien les constatations de l'autorité cantonale. Il y a donc lieu de s'en tenir à celles-ci. Le chef de conclusions visant à ce que le recourant soit acheminé à prouver les faits allégués dans son écriture est dès lors irrecevable. Pour le surplus, le recourant critique moins les faits tels qu'ils ont été établis par l'autorité intimée que leur appréciation juridique, question que le Tribunal fédéral revoit d'office et librement sans être lié par les motifs invoqués (art. 114 al. 1 in fine OJ; ATF 129 II 183 consid. 3.4 p. 188 et les arrêts cités).