Citation: 9C_732/2013 E. 4

Les arguments soulevés par la recourante n'autorisent pas à remettre en cause l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la juridiction cantonale. Celle-ci a expliqué de manière circonstanciée les raisons pour lesquelles elle considérait que l'expertise du docteur S.________ permettait de conclure à l'existence d'une modification sensible de l'état de santé psychique de la recourante. Une évaluation médicale complète telle que l'expertise susmentionnée ne saurait être remise en cause au seul motif qu'un ou plusieurs médecins ont une opinion divergente. Il ne peut en aller différemment que si lesdits médecins font état d'éléments objectivement vérifiables ayant été ignorés dans le cadre de l'expertise et suffisamment pertinents pour en remettre en cause les conclusions. Pour défendre sa position, la recourante s'appuie en l'espèce exclusivement sur le point de vue de son psychiatre traitant, le docteur L.________. Il est vrai que, malgré des constats diagnostiques similaires, l'opinion de ces deux médecins concernant la question de l'étendue de la capacité de travail diverge notablement: alors que le docteur S.________ retient une capacité de travail de l'ordre de 80 %, le docteur L.________ estime que celle-ci ne dépasse pas 20 %. Cela étant, il n'est pas suffisant de juxtaposer l'avis différent de son médecin traitant à celui de l'expert dont les conclusions sont contestées. Car en procédant de la sorte, la recourante ne démontre pas, par une argumentation précise et étayée, que l'expertise du docteur S.________ comporterait des contradictions manifestes ou i gnorerait des éléments cliniques ou diagnostiques essentiels, ni n'explique en quoi le point de vue de son médecin traitant serait objectivement mieux fondé que celui de l'expert ou justifierait - au travers des éléments qu'il mettrait en évidence - la mise en oeuvre d'un complément d'instruction sous la forme d'une surexpertise. Comme l'a mis en évidence la juridiction cantonale, le docteur L.________ s'est contenté, dans les différentes prises de position qu'il a rédigées, d'exposer péremptoirement son point de vue personnel de la situation, sans donner d'explications précises, fondées sur la description d'observations cliniques concrètes, sur les raisons pour lesquelles la symptomatologie empêcherait objectivement la recourante, moyennant les mesures d'accompagnement et de soutien décrites par le docteur S.________ (et également préconisées par le docteur U.________), de reprendre progressivement une activité professionnelle. On soulignera en particulier que le docteur L.________ ne s'est pas exprimé sur l'amélioration de la situation clinique survenue depuis 2010 ni sur les remarques faites par l'expert en rapport avec le fonctionnement quotidien de la recourante et l'autonomie importante dont celle-ci semble disposer dans un certain nombre d'activités (telles que la conduite automobile ou les achats de la vie courante).