Citation: U 352/02 05.09.2003 E. 1.4

1.4.1 Dans la mesure où la symptomatologie douloureuse ressentie par la recourante s'est progressivement diffusée pour atteindre, sans explication morphologique, le segment lombaire vertébral, puis le segment cervical, ainsi que les ceintures scapulaires, elle relève d'un état dépressif réactionnel à l'accident et à ses suites, soit de troubles psychiques. En raison de ceux-ci, l'assurée présente une incapacité entière de travail. 1.4.2 Sur le vu des pièces médicales versées au dossier, le lien de causalité naturelle entre ces troubles et l'accident du 26 mai 1993 n'est ni contesté ni contestable. 1.4.3 En présence de troubles psychiques consécutifs à un accident, la jurisprudence a dégagé des critères objectifs qui permettent de juger du caractère adéquat de ce lien de causalité. Elle a tout d'abord classé les accidents en trois catégories, en fonction de leur déroulement : les accidents insignifiants ou de peu de gravité (par ex. une chute banale); les accidents de gravité moyenne et les accidents graves. Pour procéder à cette classification des accidents, il convient non pas de s'attacher à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais bien plutôt de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même. En présence d'un accident de gravité moyenne, il faut prendre en considération un certain nombre de critères, dont les plus importants sont les suivants : les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident; la gravité ou la nature particulière des lésions physiques, compte tenu notamment du fait qu'elles sont propres, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques; la durée anormalement longue du traitement médical; les douleurs physiques persistantes; les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident; les difficultés apparues au cours de la guérison et des complications importantes; le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques. Tous ces critères ne doivent pas être réunis pour que la causalité adéquate soit admise. Un seul d'entre eux peut être suffisant, notamment si l'on se trouve à la limite de la catégorie des accidents graves. Inversement, en présence d'un accident se situant à la limite des accidents de peu de gravité, les circonstances à prendre en considération doivent se cumuler ou revêtir une intensité particulière pour que le caractère adéquat du lien de causalité puisse être admis (ATF 115 V 138 consid. 6; cf. également Jean-Maurice Frésard, L'assurance-accidents obligatoire in: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht, Soziale Sicherheit, ch. m. 39 et les références). 1.4.4 En l'occurrence, la juridiction cantonale a nié l'existence d'un lien de causalité adéquate en fonction des critères objectifs développés par la jurisprudence pour juger du caractère adéquat du lien de causalité entre l'accident du 26 mai 1993, qu'elle a qualifié d'accident de gravité moyenne, voire légère, et l'incapacité de travail ou de gain d'origine psychique. En particulier, elle a considéré que les circonstances dans lesquelles l'accident s'est déroulé apparaissent dénuées de tout caractère particulièrement dramatique ou impressionnant. Les séquelles physiques ne présentent pas une gravité particulière. Le traitement médical n'a pas été entaché d'erreur. Quant à la durée du traitement et de l'incapacité de travail, elles ont été assez rapidement influencées par des facteurs étrangers à l'accident. Ce point de vue est convainquant et il n'y a pas lieu de s'en écarter. Aussi, doit-on le confirmer et nier l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident et les troubles psychiques constatés.