Citation: 4A_104/2017 E. 2.2.2

2.2.2. La recourante consacre les trois premières pages de son mémoire au calcul de la valeur litigieuse. Elle oppose aux montants qu'auraient retenus à ce titre, selon elle, le Tribunal de prud'hommes (24'370 fr.) et la Cour d'appel civile (16'124 fr.), celui auquel la mènent ses propres calculs (11'040 fr. 25). Partant de là, dans la partie de son mémoire intitulée "Mon Commentaire", elle reproche aux deux instances cantonales de ne pas avoir fait allusion au dividende de 35% retenu dans le jugement d'homologation du concordat pour les créances chirographaires. A s'en tenir au montant avancé par la recourante (11'040 fr. 25), le présent recours serait irrecevable ratione valoris, étant donné que la valeur litigieuse minimale de 15'000 fr., dont dépend la recevabilité d'un recours en matière civile relatif au droit du travail (art. 74 al. 1 let. a LTF), ne serait pas atteinte. Certes, la cour cantonale en a jugé autrement, puisqu'elle considère que cette valeur est supérieure à 15'000 fr. (arrêt attaqué, p. 19). Il s'agit là toutefois d'une indication qui ne lie pas le Tribunal fédéral (JEAN-MAURICE FRÉSARD, in Commentaire de la LTF, 2e éd. 2014, n° 37 ad art. 51 LTF; BERNARD CORBOZ, in op. cit., n° 40 ad art. 112 LTF). Quoi qu'il en soit, on ne discerne pas, en lisant les explications fournies sur ce point par la recourante, en quoi elle serait lésée par le montant qui a été retenu, dans l'arrêt attaqué, au titre de la valeur litigieuse, ni, partant, pourquoi cette décision la toucherait particulièrement (cf. art. 76 al. 1 let. b LTF). L'essentiel est, en effet, que, quel que soit le montant alloué par le juge du fond sur la créance chirographaire produite dans le concordat par l'intimé, ce dernier ne pourra pas réclamer davantage à la recourante que le dividende concordataire afférent à cette créance, du moment que le concordat homologué a force obligatoire pour tous les créanciers dont les créances sont nées avant l'octroi du sursis (art. 310 al. 1 LP). Au demeurant, il n'est peut-être pas inutile de souligner que, dans le seul arrêt, déjà ancien, qui ait été apparemment publié sur la question, il est vrai contestée, de la valeur litigieuse de l'action du créancier fondée sur l'art. 315 al. 1 LP, le Tribunal fédéral a jugé que, lorsqu'un créancier déduit en justice une prétention touchée par un concordat, ce n'est pas le dividende concordataire, mais le montant total de la prétention qui constitue la valeur litigieuse, eu égard notamment au fait que le créancier recouvrera l'exercice intégral du droit litigieux en cas de révocation du concordat (ATF 65 II 180; dans le même sens, cf.: PIERRE-ROBERT GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, 2003, n° 12 ad art. 315 LP; d'un autre avis: GUGGISBERG/HARDMEIER, in Commentaire bâlois, Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs II, 2e éd., 2010, n° 23 ad art. 315 LP; FRANÇOIS BOHNET, Actions civiles, 2014, n° 8 ad § 140).