Citation: 8C_652/2022 E. 5.2

5.2. Il est vain pour le recourant de se prévaloir de l'avis du docteur G.________ en vue de démontrer que l'état psychique de l'intimé n'a pas connu d'évolution notable depuis 2008-2009. En effet, cet expert s'est prononcé pour la première fois en 2011, soit trois ans après la décision déterminante du 26 novembre 2008. Le recourant ne peut rien tirer non plus en sa faveur des conclusions du docteur F.________. Ce sont les constatations et les conclusions effectuées par le docteur D.________ dans son rapport du 23 juin 2008 - sur lesquelles s'appuie la décision du 26 novembre 2008 - qui doivent servir de point de comparaison pour déterminer si la situation médicale de l'intimé s'est modifiée de manière à influencer ses droits. Si la cour cantonale a fait abstraction de ce rapport dans sa partie "en droit", elle en a cependant reproduit l'essentiel dans sa partie "en fait" (p. 7 de l'arrêt attaqué), de sorte qu'il est possible pour la Cour de céans de statuer au fond sans lui renvoyer la cause. Il y est ainsi mentionné que selon le docteur D.________, le début de l'incapacité de l'intimé remontait au 7 septembre 2006 (date de l'accident) et s'élevait à 100 % jusqu'au 31 janvier 2008; depuis le 1er février 2008, la capacité de travail exigible était de 50 % dans l'activité habituelle et de 100 % dans une activité adaptée. Par ailleurs, le médecin du SMR avait noté que si l'évolution avait été compliquée par l'apparition d'un trouble de l'adaptation avec réaction anxieuse de type post-traumatique, la situation s'était améliorée au début 2008 avec une interruption du traitement; seules les limitations fonctionnelles ostéo-articulaires devaient être prises en compte et elles n'empêchaient pas l'exercice d'une activité adaptée. Le recourant ne soulevant aucune critique à l'encontre de la manière dont la cour cantonale a apprécié les effets du syndrome somatoforme douloureux persistant sur la base des constatations du docteur G.________, il y a lieu de constater (art. 105 al. 2 LTF) que l'état de santé de l'intimé s'est bel et bien aggravé entre la décision du 28 novembre 2008 et celle du 14 mars 2015. En effet, l'expert judiciaire psychiatre a retenu que la situation en 2017 était la même que lors de son examen en 2011, à savoir que l'intimé présentait une incapacité de travail pratiquement totale du point de vue psychiatrique. En outre, au vu des constatations respectives des docteurs D.________ et G.________, il y a lieu de retenir que cette incapacité de travail est effectivement due à une reprise de l'invalidité ayant donné droit à la rente supprimée le 1er mai 2009 (les troubles psychiques constatés dans les suites de l'accident ayant évolué en un syndrome douloureux somatoforme persistant). La fixation au 1er avril 2012, par la cour cantonale, du début du droit à la rente entière en application de l'art. 29bis RAI peut donc également être confirmée. Il s'ensuit que le recours est mal fondé.