Citation: 1P.614/2000 12.07.2001 E. 1

1.- La Municipalité de Delémont a déposé le 22 mai 1996 une demande de permis de construire pour la transformation d'un bâtiment, dont elle est propriétaire, en "Centre de la jeunesse et de la culture" (CJC). Le service cantonal compétent a délivré le permis de construire le 13 mars 1997. Plusieurs opposants au projet de CJC ont recouru contre cette décision auprès de la Juge administrative du district de Delémont. Par un jugement rendu le 16 décembre 1997, ce magistrat a annulé le permis de construire. La Municipalité de Delémont a recouru contre ce jugement auprès de la Chambre administrative du Tribunal cantonal du canton du Jura. Des opposants à qui la Juge administrative avait dénié la qualité pour recourir - N.________ et consorts, d'une part, et les époux S.________, d'autre part - ont également recouru, en demandant que leur précédent recours soit déclaré recevable et que, sur le fond, l'annulation du permis de construire soit confirmée. Comme la contestation portait sur les nuisances du CJC, le Juge instructeur de la Chambre administrative a ordonné deux expertises. La première, confiée à l'ingénieur Michel Jobin, concerne les places de stationnement (nombre, implantation, bruit des véhicules - rapport du 2 septembre 1998). La seconde expertise, au sujet de mesures de prévention contre le bruit, a été confiée à l'ingénieur Gilbert Monay (rapports des 4 février et 5 mai 2000). La Chambre administrative a statué sur ces recours par un arrêt rendu le 23 août 2000. Le recours de la Municipalité a été partiellement admis, le jugement de la Juge administrative étant, pour l'essentiel, annulé (sous réserve du sort d'une partie des frais de première instance). Statuant à nouveau au sujet de la demande de permis de construire, la Chambre administrative a partiellement confirmé la décision de la Section des permis de construire en y apportant quelques modifications et en imposant à la Municipalité diverses conditions en matière de construction et d'exploitation. Les recours des opposants N.________ et consorts, d'une part, et les époux S.________, d'autre part, ont eux aussi été partiellement admis: la Chambre administrative a considéré que leur qualité pour recourir aurait dû être admise en première instance et que, partant, les frais de la procédure devant la Juge administrative n'auraient pas dû être mis à leur charge. L'arrêt du 23 août 2000 règle de la manière suivante le sort des frais et dépens de dernière instance cantonale: les frais des rapports techniques et d'expertises ordonnés par la Chambre administrative sont mis à la charge de la Municipalité, par 36'958. 55 fr.; les frais de la procédure de recours, arrêtés à 6'300 fr., sont répartis entre la Municipalité (1/2), l'Etat (1/4), N.________ et consorts (1/8, dont ils sont du reste les débiteurs solidaires avec d'autres intimés avec lesquels ils avaient agi en première instance de recours), et les époux S.________ (1/8); une indemnité de 4'000 fr., à titre de dépens, est allouée à N.________ et consorts, à la charge de la Municipalité (2/3) et de l'Etat (1/3); une indemnité de 4'000 fr. à titre de dépens, est allouée aux époux S.________, à la charge de la Municipalité (2/3) et de l'Etat (1/3).