Citation: 5A_970/2022 E. 3.2

3.2. L'autorité précédente a retenu que la situation personnelle et financière des époux était de plus en plus précaire et que les demandes d'intervention formulées à l'égard du curateur, respectivement de l'autorité de protection se multipliaient, entre autres par la gérance en charge de l'appartement occupé actuellement par A.________, sans que celle-ci ne soit en mesure d'admettre ni les limites de son mari, ni les siennes. Elle a exposé que lors de l'audience du mois de mai 2022, le curateur avait ainsi fait état de l'endettement inquiétant du couple, l'épouse devant faire face à des poursuites pour plus de 113'000 fr. et l'époux pour près de 89'000 francs. Elle a relevé qu'il ne faisait dès lors aucun doute que la situation financière des époux commandait que des mesures soient désormais prises. A cet égard, elle a notamment constaté que l'intéressée devait s'acquitter d'un loyer mensuel de 1'650 fr. pour un appartement de quatre pièces, lequel avait été pris en location en vue d'un futur retour à domicile du mari. Or si un tel retour n'était pas totalement exclu en théorie, il se heurtait dans la pratique à de nombreuses contraintes logistiques - ce que A.________ avait d'ailleurs admis - et surtout aux difficultés personnelles de celle-ci, en particulier son impossibilité de collaborer avec les personnes qui soignaient son époux, tel que constaté par les divers intervenants, notamment ceux du Home médicalisé U.________, constat qui avait du reste amené l'autorité intimée à lui retirer avec effet immédiat et pour une durée indéterminée la représentation thérapeutique de son mari. L'autorité cantonale a considéré que dans ce contexte, il ne se justifiait plus qu'elle demeure seule dans un appartement prévu pour deux personnes. Ses revenus ne lui permettaient en effet pas de couvrir son minimum vital et sa situation financière se péjorait de plus en plus, étant précisé qu'elle n'y avait emménagé qu'en juillet 2020, de sorte qu'un (nouveau) déménagement ne représenterait pas une intrusion démesurée dans sa vie ou dans celle de son couple, et ceci quand bien même des dépenses avaient été effectuées dans ou en lien avec l'appartement actuel. Elle a encore relevé que l'autorité intimée avait soigneusement examiné la situation et n'était pas intervenue de manière précipitée; elle avait notamment donné le temps à l'intéressée d'éviter un tel déménagement, et suspendu la procédure afin de demander un rapport d'évaluation audit Home pour connaître précisément la situation de l'époux, en particulier si et à quelles conditions un retour à domicile était envisageable. Enfin, l'autorité précédente a relevé que l'autorité intimée avait expressément chargé le curateur d'examiner la possibilité matérielle et financière de mettre les (très nombreux) meubles de A.________ dans un garde-meuble, tenant ainsi compte de la possibilité et du souhait de celle-ci de ne pas se séparer de ses biens.