Citation: 1C_182/2023 E. 4.4

4.4. Quant à la dérogation qu'entraîne l'activité d'aéromodélisme, elle ne saurait être qualifiée de mineure: outre que la recourante exerce sans autorisation valable une activité contraire à l'affectation de la zone, celle-ci se déroule sur une parcelle agricole de plus 3'500 m². De plus, l'activité d'aéromodélisme pratiquée par la recourante - "aéromodélisme associatif" selon ses termes - constitue une activité organisée et régulière, qui à ce titre met non seulement à mal la préservation de la destination agricole de la zone, mais emporte avec elle une série d'atteintes et de nuisances à l'environnement. Il est en effet indéniable qu'une telle activité entraîne des nuisances sonores (cf. décision de la DIME du 8 mars 2022, consid. 5e, p. 12). À cet égard, le fait que les valeurs de planification soient prétendument respectées - ce qui ne ressort cependant pas des constatations cantonales et demeure contesté par les intimés - n'y change rien: celles-ci ne sont pas directement pertinentes, dans la mesure où elles servent à la planification de nouvelles zones à bâtir pour la protection contre de nouvelles installations fixes bruyantes (cf. art. 23 de la loi fédérale sur la protection de l'environnement du 7 octobre 1983 [LPE; RS 814.01]); elles ne constituent pas un critère absolu pour l'admissibilité du bruit causé par des utilisations étrangères à la zone. C'est au surplus de manière appellatoire, se référant à ses propres moyens de preuves, sans démontrer l'arbitraire dans leur appréciation au mépris des exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF, que la recourante se prévaut des améliorations techniques des modèles réduits pour en inférer une diminution des nuisances. À cela s'ajoute encore notamment, à la lumière des photographies versées au dossier, que les membres, ou certains d'entre eux, se rendent sur le site en voiture, voire en camping-car. On relèvera enfin que le Tribunal cantonal fribourgeois avait, dans son premier jugement, retenu l'existence d'effets sur l'environnement, sur lesquels la recourante n'était alors pas revenue, ce qu'a constaté le Tribunal fédéral dans son arrêt du 12 mai 2020 (cf. arrêt 1C_292/2019 consid. 4.3.2).