Citation: 5A_29/2015 E. 3.4.2

3.4.2. C'est précisément le fardeau de la preuve de ce gabarit que les recourants reprochent à la cour cantonale d'avoir arbitrairement mis à leur charge. La législation cantonale ne donne pas de précision quant à la répartition du fardeau de la preuve sur ce point; c'est donc sans arbitraire que la juridiction cantonale a fait application de l'art. 8 CC, applicable à titre de droit cantonal supplétif (consid. 3.3.3 supra). La suite du raisonnement cantonal ne prête pas le flanc à la critique sous l'angle de l'arbitraire. Dans la mesure où les plantations litigieuses existaient au 10 juillet 1999, le principe qui prévaut est donc celui de l'absence de prescriptions de hauteur (droit transitoire, art. 134 al. 1 LaCC), ce que confirment d'ailleurs les travaux législatifs ayant donné lieu à l'introduction des hauteurs maximales (consid. 3.3.2 supra). L'application de l'art. 129 al. 3 LaCC, qui constitue certes le principe pour les plantations postérieures au 10 juillet 1999, devient cependant l'exception pour celles qui existaient à cette date (art. 134 al. 2 LaCC). La cour cantonale n'a donc pas statué arbitrairement en faisant supporter aux recourants le fardeau de la preuve dès lors que ce sont eux qui prétendent disposer du droit à l'écimage des deux arbres litigieux et ainsi de l'exception aménagée par le droit transitoire. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale a jugé que les intéressés devaient être déboutés de leur conclusion en écimage, faute pour eux d'établir qu'au 10 juillet 1999, les arbres s'inscrivaient dans un gabarit de 8 mètres.