Citation: 1B_364/2009 05.01.2010 E. 4

Le recourant conteste ensuite l'existence d'un danger de fuite. Il allègue qu'il souhaite s'installer en Suisse, en vivant dans un premier temps chez son père, et qu'il entreprendra dès sa sortie de prison les démarches en vue de régulariser sa situation et de trouver très rapidement un emploi. Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que la gravité de l'infraction, le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'État qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître un tel danger non seulement possible, mais également probable (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Dans le cas particulier, la Chambre d'accusation a retenu que le recourant, d'origine kosovare, ne disposait d'aucune autorisation lui permettant de séjourner en Suisse. A ce propos, elle a relevé à juste titre qu'il était extrêmement douteux que l'autorité cantonale délivre à l'intéressé une telle autorisation à sa sortie de prison, étant donné qu'il n'y avait notamment aucun droit et qu'il était entré illégalement dans ce pays. Le recourant avait par ailleurs déposé une demande d'asile en France, où il avait également des projets de mariage, et fait de fréquents séjours en Italie. Lors de son audition du 10 septembre 2009, il a en outre déclaré qu'il pensait repartir au Kosovo, où vit sa mère. Le recourant ne conteste pas qu'il n'a aucun lieu de séjour ni aucune attache en Suisse, hormis son père, qui serait prêt à l'héberger à sa sortie de prison. Il ressort toutefois des écoutes téléphoniques que le prévenu donne le minimum de renseignements à son père quant à ses faits et gestes, de telle sorte qu'on peut douter de l'influence du père sur le recourant. De plus, le recourant n'exerce pas d'activité professionnelle et ne dispose d'aucun revenu. A cela s'ajoute que les charges qui pèsent contre lui sont graves (cf. consid. 5.2 ci-dessous) et que s'il devait être reconnu coupable de ces chefs d'accusation, il serait exposé à une lourde peine privative de liberté. Le fait qu'il n'a pas tenté de quitter le pays lorsque son père lui a indiqué qu'il était recherché par la police ne permet pas d'exclure tout danger de fuite. Au vu des circonstances précitées, la Chambre d'accusation pouvait admettre, sans mésuser de son pouvoir d'appréciation, qu'il existait un risque concret de fuite.