Citation: I 349/03 11.09.2003 E. 5

5.1 Comme la Cour de céans a déjà eu l'occasion de le rappeler à plusieurs reprises (arrêts M. du 20 mars 2003, I 182/02, Q. du 8 août 2002, I 783/01, et S. du 6 mai 2002, I 275/01), il ne ressort pas de la jurisprudence relative au caractère invalidant de troubles somatoformes (voir consid. 3.3) que seuls des troubles somatoformes douloureux liés à une comorbidité psychiatrique grave seraient susceptibles de fonder une invalidité au sens de la LAI (VSI 2000 p. 154 consid. 2c). Une telle comorbidité constitue tout au plus l'un des critères, certes important, à prendre en considération dans le cadre d'une évaluation globale de la situation médicale de l'assuré. Aussi, ne saurait-on, comme l'office recourant le soutient dans sa détermination, s'écarter des conclusions des experts du COMAI au seul motif que leur rapport ne fait pas état d'une comorbidité psychiatrique grave. 5.2 Cela étant, il n'en demeure pas moins qu'il faut examiner si l'expertise contient suffisamment d'éléments pertinents au plan psychiatrique pour que l'on puisse se convaincre, dans le cas particulier, que l'intéressé n'est pas en mesure de reprendre pleinement une activité lucrative. Chargé d'examiner les aspects psychiatriques dans le cadre de l'expertise du COMAI, le docteur A.________ a constaté des pensées envahissantes, sous la forme d'angoisses de mort, qui empêchent le patient de fonctionner normalement dans son quotidien. Il a cependant nié l'existence d'un état dépressif, ou encore la présence, sur le plan clinique ou para-clinique, d'éléments métaboliques permettant d'expliquer les plaintes exprimées. D'autre part, en présence d'une anamnèse reflétant une excellente santé jusqu'en 1992, l'expert prénommé a souligné la difficulté de définir les raisons du déclenchement du trouble somatoforme douloureux. Selon les médecins du COMAI, on peut faire le rapprochement avec le décès du père (probablement par suite d'un infarctus), alors que le recourant était âgé de deux ans, mais également avec la néphrectomie subie en 1994 après une hydronéphrose rénale gauche. Par ailleurs, le rapport du COMAI ne fait pas état d'échec dans les traitements : la fonction rénale est quasiment intacte et les soins prodigués à la Policlinique Psychiatrique P.________, en 1997 et 1998, ont permis de faire disparaître l'état dépressif. Au sujet du mode de vie de l'intéressé, on relèvera également dans ce rapport qu'il n'est pas question d'une perte d'intégration sociale, les observations qui y sont contenues allant davantage dans le sens d'une intégration sociale normale. Enfin, les experts attestent de nombreuses plaintes relatives à des douleurs dont les caractéristiques demeurent vagues (p. ex. douleurs dorsales que l'assuré associe aux problèmes rénaux, douleurs atypiques et vagues de l'hypochondre et de la fosse iliaque gauche, angoisse d'être constamment en sursis, laquelle n'incite toutefois pas l'intéressé à se comporter de manière à atténuer les risques [tabagisme, absence d'exercice]). On constate ainsi que l'expertise du COMAI ne contient pas suffisamment d'éléments au plan psychiatrique pour que l'on puisse se convaincre que l'intéressé n'est pas en mesure de reprendre pleinement une activité lucrative. Dans sa décision de refus de rente du 27 juillet 2000, l'office recourant était par conséquent fondé à s'écarter des conclusions des experts. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: