Citation: 6B_924/2022 E. 2.3

2.3. La cour cantonale a écarté les dénégations de l'intimé qui n'étaient pas concluantes; elle s'est déclarée convaincue par la version du recourant, corroborée par les déclarations du témoin C.________ et par le contexte dans lequel le recourant avait fait ses révélations - dénotant d'une absence d'intention de nuire. Sur cette base, la cour cantonale a retenu que l'intimé avait mis sa main dans le caleçon du recourant, avait saisi son pénis, l'avait manipulé et serré, puis s'était penché pour lui prodiguer une fellation. Dans le cadre de l'examen de la réalisation des éléments constitutifs de la contrainte, la cour cantonale a souligné que lors de son audition par le ministère public le 6 février 2019, le recourant avait déclaré qu'il était "tétanisé et surpris par ce qui se passait". Or, le témoin C.________ - à laquelle le recourant s'était confié le 29 août 2018 - avait indiqué très bien se souvenir que le recourant lui avait dit qu'il voulait voir jusqu'où l'intimé était capable d'aller et qu'elle avait compris qu'il avait peut-être laissé les choses se faire. La cour cantonale a considéré que les déclarations du témoin étaient en contradiction avec les faits retenus dans l'acte d'accusation. Selon la cour cantonale, le seul fait de déclarer avoir voulu "tester" l'intimé pouvait tout aussi bien signifier que le recourant attendait des confidences ou des gestes de séduction de la part de l'intimé, mais pas directement un acte d'ordre sexuel. Du point de vue subjectif, la cour cantonale a retenu que rien n'indiquait que le recourant ait, d'une manière ou d'une autre, manifesté son désaccord avec ce que l'intimé était en train de lui faire, en tous les cas pas avant que ce dernier comprenne qu'il devait s'arrêter, soit que le recourant se lève et s'en aille dans sa chambre. Ainsi, selon la cour cantonale, au moment où le recourant avait décidé de partir, il avait pu le faire sans que l'intimé ne s'y oppose et tout s'était arrêté. En définitive, la cour cantonale a considéré que le recourant n'avait pas clairement signifié son opposition à l'intimé. Il n'y avait dès lors pas eu contrainte au sens de l'art. 189 al. 1 CP, de sorte que l'intimé devait être libéré du chef d'accusation de contrainte sexuelle.