Citation: 2A.11/2001 05.06.2001 E. 3

3.- a) Le droit à une autorisation de séjour dans le cadre d'un regroupement familial qui est reconnu par l'art. 17 al. 2 LSEE n'est pas absolu. Il s'éteint si l'ayant droit a enfreint l'ordre public et, évidemment, s'il existe un motif d'expulsion (art. 10 al. 1 LSEE). Cependant, pour que le regroupement familial puisse être refusé en raison du motif d'expulsion figurant à l'art. 10 al. 1 lettre d LSEE, il faut qu'il existe un danger concret que les membres de la famille tombent d'une manière continue et dans une large mesure à la charge de l'assistance publique. Le simple risque n'est pas suffisant (cf. ATF 122 II 1 consid. 3c p. 8; 119 Ib 81 consid. 2d p. 87). La notion d'assistance publique doit être interprétée dans un sens technique (arrêt non publié du 2 novembre 1999 en la cause Munoz Carrasco, consid. 4b). C'est dire qu'elle comprend l'aide sociale traditionnelle et les revenus minima d'aide sociale à l'exclusion des prestations d'assurances sociales, comme les indemnités de chômage. Pour apprécier si une personne se trouve dans une large mesure à la charge de l'assistance publique, il faut tenir compte du montant total des prestations déjà versées à ce titre. Pour évaluer si elle tombe d'une manière continue à la charge de l'assistance publique, il faut examiner sa situation financière à long terme et non pas seulement au moment de la demande de regroupement familial. Il convient en particulier d'estimer, en se fondant sur la situation financière actuelle de l'intéressé et sur son évolution probable, s'il existe des risques que, par la suite, il se trouve à la charge de l'assistance publique (ATF 122 II 1 consid. 3c p. 8; 119 Ib 1 consid. 3c p. 6/7). Comme le regroupement familial vise à réunir une même famille, il faut prendre en compte la disponibilité de chacun de ses membres à participer financièrement à cette communauté et à réaliser un revenu. Celui-ci doit être concret et vraisemblable et, autant que possible, ne pas apparaître purement temporaire (ATF 122 II 1 consid. 3c p. 8/9). b) D'après une attestation émise le 29 avril 1999 par le Service social et du travail de la Ville de Lausanne (ciaprès: le Service communal), A.________ a bénéficié de l'aide sociale vaudoise à partir du mois de novembre 1998. Selon une attestation du Service communal du 26 juillet 1999, la dette de la famille A.________ s'élevait à cette date à 36'030, 55 fr. En outre, depuis le 1er décembre 1999, A.________ reçoit un revenu minimum de réinsertion mensuel de 3'098, 10 fr. pour couvrir les besoins de sa famille. Par ailleurs, il aurait eu un emploi auprès de C.________ durant onze semaines au maximum à partir du 7 février 2000 et l'on peut considérer qu'il n'a plus ou plus autant recouru à l'assistance publique pendant cette période, bien que cela ne ressorte pas du dossier. Quant à la recourante, elle aurait travaillé en qualité de femme de chambre pour D.________ du 1er juillet au 27 août 2000. De plus, elle aurait été engagée par E.________ comme employée d'entretien à partir du 4 septembre 2000 et travaillerait dix heures par semaine pour une rémunération horaire de 14,03 fr. Enfin, dans le délai imparti, les intéressés n'ont pas produit devant l'autorité intimée des pièces établissant que A.________ percevait un salaire ou faisait l'objet d'une demande de main-d'oeuvre étrangère ni d'attestation prouvant que le couple A.________ ne bénéficiait plus d'un revenu minimum de réinsertion. Dès lors, le Tribunal administratif était en droit de considérer que les conditions de l'art. 10 al. 1 lettre d LSEE étaient remplies en l'espèce. Il a cependant relevé qu'il était difficile pour la recourante et son mari, qui n'avaient apparemment pas de formation professionnelle, de trouver un emploi stable, en dépit de la légère amélioration de la situation économique et du marché de l'emploi. Enfin, contrairement à ce que croient les recourants, il ne pouvait pas prendre en compte les efforts des époux A.________ pour améliorer leur situation financière, alors qu'il n'y a pas trace de ces efforts au dossier. En effet, les recourants n'ont pas produit devant l'autorité intimée des pièces permettant d'établir "qu'ils émargent de moins en moins à l'assistance publique", si ce n'est les documents relatifs aux engagements de la recourante qui sont mentionnés dans l'arrêt entrepris.