Citation: 4A_629/2014 E. 4.2

4.2. Lorsque le juge ne parvient pas à établir la commune et réelle intention des parties, il lui incombe d'interpréter leurs déclarations et comportements selon la théorie de la confiance. Il doit rechercher comment une déclaration ou une attitude pouvait être comprise de bonne foi en fonction de l'ensemble des circonstances. Le principe de la confiance permet d'imputer à une partie le sens objectif de sa déclaration ou de son comportement, même si celui-ci ne correspond pas à sa volonté intime. L'application du principe de la confiance est une question de droit que le Tribunal fédéral examine librement. Pour résoudre cette question de droit, il doit cependant se fonder sur le contenu de la manifestation de volonté concernée et sur les circonstances dans lesquelles elle est intervenue, points qui relèvent du fait (ATF 135 III 410 consid. 3.2 p. 412; 133 III 675 consid. 3.3 p. 681; 131 III 606 consid. 4.1 p. 611). La convention du 12 août 2009 énonce séparément et distinctement les deux hypothèses ouvrant le droit à une rémunération, d'une part, et la base de calcul de la rémunération, d'autre part. Il n'en ressort pas que la base de calcul dût être connue déjà avant le 31 décembre 2010. Dans la deuxième des hypothèses ouvrant le droit à une rémunération, un contrat de fourniture n'était pas conclu avec le « client final », soit le maître du projet, mais avec un constructeur choisi par celui-ci; il était alors logiquement prévisible qu'en comparaison avec la première hypothèse, la conclusion de ce contrat nécessiterait davantage de temps. L'art. 413 CO - auquel le contrat des partie peut certes déroger - régit la condition dont dépend le droit du courtier de percevoir son salaire; selon la jurisprudence, le temps écoulé entre les derniers efforts du courtier et la conclusion du contrat souhaité par le mandant est en soi un fait dénué de portée (ATF 84 II 542 consid. 3 p. 546; arrêt 4A_401/2012 du 16 octobre 2012, consid. 4, SJ 2013 I 211). Enfin, l'interprétation avancée à l'appui du recours a pour effet de retirer toute portée et signification à l'une des deux hypothèses pourtant textuellement envisagées dans la convention. Or, quoiqu'elle tienne la clause concernée pour « malhabile », la défenderesse ne pouvait pas raisonnablement croire qu'elle n'assumerait aucune obligation dans cette hypothèse-ci. Ladite interprétation ne convainc donc pas et l'argumentation présentée ne parvient pas à mettre en évidence, dans l'arrêt de la Cour d'appel, une application incorrecte de l'art. 18 al. 1 CO.