Citation: 5A_524/2017 E. 3.1

3.1. La contribution due à l'entretien d'un enfant dans le cadre des mesures protectrices est prévue à l'art. 176 al. 3 CC, lequel renvoie aux art. 276 ss CC et est soumise à la maxime d'office (art. 296 al. 3 CPC; ATF 129 III 417 consid. 2.1.2; 128 III 411 consid. 3.2.2 et les références), ce qui a pour conséquence que le juge n'est pas lié par les conclusions des parents. En vertu de l'art. 282 al. 2 CPC (correspondant à l'art. 148 al. 1, 2e phrase, aCC), lorsque le recours porte sur la contribution d'entretien allouée au conjoint, la juridiction de recours peut également réexaminer les contributions d'entretien allouées aux enfants, même si elles ne font pas l'objet du recours. Cette règle est une émanation de la maxime d'office applicable en matière de contribution d'entretien pour les enfants (art. 296 al. 3 CPC); l'interdiction de la reformatio in pejus ne s'applique pas (DENIS TAPPY, in Code de procédure civile commenté, 2011, n° s 8 et 9; FRANÇOIS BOHNET, in Bohnet/Guillod (éd.), Commentaire pratique, Droit matrimonial, 2016, n° 38 ad art. 282 CPC; AESCHLIMANN/FANKHAUSER, in FamKomm Scheidung, vol. II, 3e éd., 2017, n° 43 ad art. 282 CPC). Dès lors, même lorsque seule la contribution du conjoint est remise en cause en appel, le juge peut fixer à nouveau tant la contribution due au conjoint que celles dues aux enfants et ce même en l'absence de conclusions quant à ces dernières, puisque cette disposition introduit une exception au principe de la force de chose jugée et que le juge n'est pas lié par les conclusions des parties du fait de l'application de l'art. 296 al. 3 CPC. L'inverse n'est en revanche pas possible, car la contribution d'entretien due par un conjoint à l'autre est quant à elle soumise au principe de disposition, conformément à l'art. 58 al. 1 CPC (ATF 129 III 417 consid. 2.1.1; 128 III 411 consid. 3.2.2 in fine; arrêts 5A_132/2014 du 20 juin 2014 consid. 3.1.3; 5A_906/2012 du 18 avril 2013 consid. 6.2.2; 5A_361/2011 du 7 décembre 2011 consid. 5.3.3 publié in FamPra.ch 2012 p. 447). La maxime d'office de l'art. 296 al. 3 CPC vaut pour toutes les procédures applicables aux enfants dans les affaires du droit de famille selon le titre 7 de la deuxième partie du CPC (Message du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civil suisse, FF 2006 p. 6973 ch. 5.21; NICOLAS JEANDIN, in Code de procédure civile commenté, 2011, n° 19 ad art. 296 CPC). Dès lors que l'art. 282 al. 2 CPC en est une manifestation en deuxième instance, cette disposition s'applique également dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale (arrêts 5A_1020/2015 du 15 novembre 2016 consid. 5.3; 5A_132/2014 du 20 juin 2014 consid. 3.1.3; 5A_704/2013 du 15 mai 2014 consid. 3.4; 5A_906/2012 du 18 avril 2013 consid. 6.2.2, publié in Fam.Pra.ch 2013 p. 713 et les références; pour les mesures provisionnelles: arrêt 5A_361/2011 du 7 décembre 2011 consid. 5.3.2). Compte tenu de la jurisprudence rendue à propos de l'art. 280 al. 2 aCC, repris dans le CPC (Message, op. cit., loc. cit.), il y a lieu d'admettre que l'art. 296 al. 3 CPC ne s'applique pas aux demandes d'entretien d'un enfant majeur, une protection procédurale accrue ne se justifiant pas dans cette hypothèse (ATF 118 II 93 consid. 1a; JACQUES HALDY, in Code de procédure civile commenté, 2011, n° 10 ad art. 58 CPC; PETER BREITSCHMID, in Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I, 5e éd., 2014, n° 24 ad art. 277 CC).