Citation: 2D_11/2024 E. 4.2

4.2. Dans son arrêt, la Cour de justice a relevé que la situation dans les régions anglophones (nord-ouest) du Cameroun était tendue avec des affrontements armés impliquant les groupes séparatistes, des exécutions extrajudiciaires, des pillages, des arrestations arbitraires et, parfois, des actes de torture; les citoyens camerounais ressortissants de l'une des régions anglophones, ou toute autre personne qui s'y trouvait installée, vivaient dans une insécurité indéniable; dans les régions du pays épargnées par le conflit, "la discrimination n'était pas courante"; les personnes ne représentant pas une cible politique bénéficiaient des avantages dus à tout citoyen; du moment qu'elles s'exprimaient dans la langue de la majorité, elles pouvaient s'intégrer, "à condition qu'elles puissent se prendre en charge, même avant de se trouver un emploi". Les juges précédents ont ensuite retenu que le recourant n'alléguait pas appartenir à un parti d'opposition ni à un mouvement séparatiste, qu'il avait demandé des visas pour se rendre au Cameroun en 2016 et 2017, alors que la crise dans le nord-ouest avait déjà commencé; il vivait à Genève depuis plus de dix ans et savait donc le français, si bien que rien ne l'empêcherait de s'installer ailleurs que dans les régions touchées par le conflit armé.