Citation: 6B_859/2022 E. 4.4

4.4. En l'espèce, s'agissant de l'atteinte à sa vie privée, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant, ressortissant érythréen qui a passé la majeure partie de sa vie dans ce pays, vit certes en Suisse depuis douze ans, mais il ne parle pas bien le français et ne peut pas se prévaloir de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. Dans ces conditions, il est douteux qu'il puisse se prévaloir d'un droit au respect de sa vie privée au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH. S'agissant de l'atteinte à sa vie familiale, le recourant entretient une relation étroite et effective avec les membres de sa famille nucléaire, lesquels sont de nationalité suisse et ont un droit de résider durablement en Suisse. Il s'ensuit que son expulsion le placerait dans une situation personnelle grave, en vertu de son droit au respect de sa vie familiale, puisqu'elle l'empêcherait de vivre avec son épouse et ses enfants qui bénéficient d'un droit de présence consolidé en Suisse. La première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP étant réalisée, il reste à déterminer si l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer en Suisse prévaut sur les intérêts publics à son expulsion. Cet examen implique en particulier de déterminer si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH.