Citation: 6B_1202/2022 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a repris pour sienne l'appréciation des premiers juges selon laquelle le recourant ne s'était pas trompé de pédale, comme il le prétendait, et tant l'éternuement que l'état de panique qui en aurait résulté avaient été inventés dans le seul but d'échapper aux sanctions. En particulier, lors de sa première audition par la police, B.________ n'avait aucunement mentionné que le recourant avait éternué. Or, s'il avait certes modifié sa version lors de son audition subséquente devant le ministère public, en confirmant celle du recourant quant à l'existence d'un éternuement au moment où il lui avait demandé de freiner, la cour cantonale a estimé qu'il ne faisait pas de doute que, si cette circonstance avait réellement existé, il en aurait fait état dès sa première audition, au regard de son importance sur le déroulement des évènements. La cour cantonale a encore souligné qu'avant sa deuxième audition, soit par courrier du 28 avril 2020 adressé au ministère public, B.________ avait déjà relevé l'existence d'un éternuement, forçant même le trait en affirmant que le recourant avait non seulement éternué, mais également "toussé", ce que ce dernier n'avait pourtant jamais prétendu avoir fait. Les deux protagonistes avaient eu tout loisir d'accorder leurs versions avant d'être entendus par le ministère public et que l'hypothèse d'un élément déclencheur involontaire et imprévisible servait manifestement la cause de B.________, qui avait tout intérêt à se rallier à la version présentée par le recourant. En outre, la version présentée par le recourant était surtout infirmée par l'expertise technique réalisée en cours d'instruction, ainsi que par celle en psychologie de la circulation, commanditée par le SAN, dont les explications et conclusions étaient convaincantes. Dans son rapport du 18 février 2021, l'expert C.________ avait ainsi relevé que, pour passer d'une vitesse de 70-80 km/h à celle de 111 km/h avec une voiture du même modèle, la durée de l'accélération était comprise entre 5.2 secondes (80-111 km/h) et 6.6 secondes (70-111 km/h) au minimum, soit sur une distance de 138 à 166 mètres, ce qui correspondait aux données techniques fournies par la presse spécialisée et à une vidéo répertoriée sur Youtube, examinée image par image. Considérant que, pour un conducteur lambda, le temps nécessaire pour réagir et relâcher la pédale d'accélérateur était de 2.5 secondes au maximum (1 seconde de "temps de réaction" + 0.5 secondes pour ressentir l'accélération + 1 seconde de "temps de surprise"), l'expert avait estimé à 3 secondes au minimum le temps à disposition pour se rendre compte de l'accélération. Or, pour l'expert, un temps aussi important aurait dû normalement suffire au conducteur pour se rendre compte de son erreur et freiner. Selon lui, la version donnée par l'appelant n'était dès lors "pas très plausible". L'expert avait certes émis une réserve concernant le fait que le conducteur avait peu d'expérience en matière de conduite automobile, ce qui selon lui avait pu jouer un rôle aggravant sur la durée de la réaction. Il s'en était remis sur ce point à une éventuelle expertise psychologique du conducteur. Or, une telle expertise avait précisément été réalisée le 14 juillet 2020 par la psychologue D.________, à la demande du SAN, au moment où ce dernier devait examiner la levée du retrait préventif du permis d'élève conducteur. Il en ressortait que le recourant disposait de "bonnes capacités de réaction pour des tâches demandant un haut niveau de concentration et d'attention" et qu'il présentait de "bonnes capacités de concentration et de précision pour des tâches demandant un grand niveau d'attention". Elle indiquait encore que le recourant se montrait précis tout en faisant preuve de rapidité dans l'exécution des tâches. S'agissant du certificat médical dont le recourant se prévalait, qui faisait état de la possibilité qu'en raison d'un apport pollinique important des symptômes ORL chez le recourant aient pu entraîner des éternuements incontrôlables, la cour cantonale a objecté qu'en l'occurrence, ce n'était pas l'éternuement qui était la cause la plus directe de l'accélération subite et involontaire alléguée, mais bien l'état de confusion et de panique dans lequel il se serait trouvé à la suite de cet éternuement. Or, le recourant ne présentait sur ce point aucun élément tendant à démontrer qu'il avait déjà rencontré, en d'autres circonstances, des affections semblables d'ordre psychologique, telles que pourraient l'avoir été également des crises d'angoisses ou des excès de stress par exemple. Les conclusions de l'experte D.________ mettaient à l'inverse en évidence une maîtrise de soi qui tranchait avec l'état décrit. L'experte avait observé chez le recourant une gestion des situations et des risques encore lacunaires, une surévaluation de ses propres compétences et une disposition élevée à prendre des risques dans la circulation routière, ce qui accréditait l'hypothèse d'un comportement conscient et délibéré. Enfin, il était observé que, sur les photographies prises par le radar, les feux des freins étaient allumés, ce qui indiquait qu'en dépit de la panique alléguée, le recourant avait tout de même eu la présence d'esprit d'activer la pédale de frein, au plus tard au moment du flash, de même qu'il avait également été en mesure, selon B.________, d'enclencher immédiatement le clignotant à la suite du flash, avant de s'arrêter. Du reste, il était tout aussi surprenant que, malgré l'état allégué, le recourant ait été en mesure de conserver sa trajectoire.