Citation: 1P.9/2004 10.03.2004 E. 2

Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. Il reproche aux instances inférieures d'avoir retenu la version des faits qui lui est la plus défavorable, en s'appuyant sur des considérations insoutenables. S'agissant de l'endroit du choc, il y aurait lieu, dans le doute, de retenir que celui-ci coïncidait avec l'emplacement du corps. La Cour de cassation, ayant admis qu'il n'existait pas d'élément matériel permettant de reconstituer le cheminement exact de la victime, ne pouvait écarter sans autre la version du recourant. Le recourant reproche ensuite au premier juge d'avoir retenu l'hypothèse décrite dans le procès-verbal de reconstitution alors que celle-ci est également compatible avec sa propre thèse. Le premier juge avait estimé qu'il n'y avait pas de raison pour que la victime se trouve derrière le monticule puisque cette zone n'avait pas encore fait l'objet d'un grattage de terre. Tout en remettant en cause cette dernière constatation, la Cour de cassation a considéré comme plus probable le fait que la victime ait continué à fouiller près du tas de terre amassé par la pelleteuse. Elle s'est fondée sur un témoignage auquel le premier juge ne s'était pas référé, qui ne figurait pas au procès-verbal du jugement, et dont l'auteur avait déclaré devant le juge d'instruction qu'il ne pouvait situer l'emplacement de la victime. Enfin, pour écarter la thèse du recourant, le premier juge avait considéré comme improbable que la victime se soit dirigée sur plusieurs mètres en direction du camion, sans l'apercevoir; or, la cour cantonale a relevé que cette objection s'appliquait aussi - voire davantage, selon le recourant - à la version retenue. Cette version ne serait dès lors pas la plus plausible. Subsidiairement, le recourant se plaint d'une violation de la présomption d'innocence: le premier juge devait retenir, dans le doute, l'hypothèse qui lui soit la plus favorable. La Cour de cassation a aussi estimé que, dans les deux hypothèses, il y avait négligence du recourant; toutefois, la faute de ce dernier serait nettement moindre si la victime avait surgi au dernier moment du monticule de terre.