Citation: 7B_443/2024 E. A

A.a. Le Ministère public de la République et canton de Genève a dirigé une instruction pénale contre A.________ notamment en raison des chefs de prévention d'abus de confiance (art. 138 ch. 1 al. 2 CP), d'escroquerie par métier (art. 146 al. 1 et 2 CP), de gestion fautive (art. 165 al. 1 CP), de détournement de valeurs patrimoniales mises sous main de justice (art. 169 CP) et de faux dans les titres (art. 251 CP). Dans ce cadre, dès le 18 janvier 2016, A.________ a produit des certificats médicaux destinés à attester, outre d'une incapacité de travail, du fait qu'il devait, pour des raisons médicales, éviter autant que possible toute forme de tension, de stress ou d'anxiété susceptible d'influer négativement sur son système cardio-vasculaire. A.b. Les problèmes de santé rencontrés par A.________, en particulier sur le plan cardiaque, ayant persisté dans la suite de la procédure, il s'est posé la question de sa capacité à prendre part à d'éventuels débats. Dès lors, les 9 et 22 juin 2020, la Procureure Mélanie Wyss, alors en charge de la direction de la procédure, a désigné à titre d'experts la Prof. B.________, assistée du Dr D.________, ainsi que le Prof. C.________ (ci-après également: les experts), avec pour mission: "- [de] prendre connaissance de la procédure, [de] s'entourer de tous renseignements utiles, [de] prendre connaissance du dossier médical du/des médecins traitants du prévenu; - [d']examiner A.________ et [de] décrire son état physique; - [d']établir un rapport dont les conclusions doivent répondre à la question suivante: l'examen du prévenu met-il en évidence un trouble physique qui a pour conséquence de l'empêcher de prendre part aux débats dans la présente procédure? Si oui, pour quelle durée et dans quelle mesure (incapacité de compréhension, d'expression et/ou de déplacement) ?" A.c. Dans leur rapport du 30 avril 2021, les experts sont parvenus à la conclusion qu'il n'existait alors pas de trouble physique empêchant A.________ de prendre part aux débats. Ils s'étaient à cet égard fondés sur l'étude du dossier pénal transmis par le Ministère public et sur les documents médicaux remis par A.________ le 28 janvier 2021, étant précisé que ce dernier avait, selon les experts, refusé de se présenter à l'examen médical prévu le 8 décembre 2020 et n'avait pas délié ses médecins traitants du secret médical. Par courrier du 30 juillet 2021 adressé au Ministère public, A.________, se déterminant sur le rapport d'expertise, a contesté avoir refusé de se présenter à la convocation des experts le 8 décembre 2020. Il a expliqué les avoir informés qu'au regard de son "profil de risque extrêmement élevé au Covid-19", il n'était pas en mesure de se rendre durant une journée entière à l'Hôpital X.________ pour les examens sollicités. S'étant toutefois fait vacciner dans l'intervalle, il a demandé à être convoqué une nouvelle fois par les experts en vue d'un examen actualisé de son état de santé. A.d. Après que, par avis de prochaine clôture du 23 décembre 2021, le Ministère public avait informé les parties qu'il entendait rédiger un acte d'accusation contre A.________, ce dernier a sollicité, à titre de réquisition de preuves, principalement la mise en oeuvre d'un complément d'expertise ainsi que, subsidiairement, l'audition des experts. Le 15 décembre 2022, le Ministère public a rejeté ces réquisitions de preuve. Par acte d'accusation du même jour, adressé au Tribunal de police, il a en outre renvoyé A.________ en jugement à raison des infractions évoquées ci-avant (let. A.a supra). A.e. Le 30 octobre 2023, le Tribunal de police a tenu son audience de jugement, à laquelle A.________ n'a pas comparu. Le défenseur de ce dernier, qui était pour sa part présent, a réitéré ses réquisitions de preuve, produisant un certificat médical émanant du cardiologue de son client, aux termes duquel ce dernier devait en l'état éviter "les situations engendrant un stress important ou une contrariété, notamment celles pouvant être engendrées par une audience en présentiel au tribunal". Entendus par le Tribunal de police, les experts ont confirmé leur rapport d'expertise. Lors de leur audition, ils ont notamment fait état d'un appel téléphonique entre eux et la Procureure Mélanie Wyss, qui n'était pas mentionné dans leur rapport et lors duquel la Procureure avait acquiescé à leur proposition d'effectuer leur expertise sur la base du seul dossier médical. Cet appel remontait à une date comprise entre le 16 et le 18 février 2021. Évoquant également l'existence de courriels qui avaient été échangés avec la Procureure au sujet des options à envisager à la suite de l'absence de A.________ à la consultation prévue le 8 décembre 2020, ils se sont toutefois opposés à la production de ces courriels, qui ne faisaient selon eux pas partie du dossier.