Citation: 4A_263/2017 E. 3.3

3.3. Dans son premier arrêt du 18 mars 2016, la Cour de justice a retenu l'existence d'une société simple entre la banque et A.________ SA. Elle a relevé que le contrat-cadre du 27 avril 2010 était atypique à plus d'un titre: non seulement il conditionnait l'octroi du crédit hypothécaire à la participation de la banque dans la future SICAV, mais il prévoyait aussi une garantie qui avait été amenée par la banque elle-même. Il n'était pas contesté que l'administrateur de A.________ SA n'avait jamais rencontré I.________; dans ses échanges de courriers avec les différents protagonistes de la vente immobilière, la banque se référait à un investisseur tiers connu d'elle. Dès lors, si cet investisseur était connu de la banque mais pas de A.________ SA, c'était forcément la première qui avait proposé à I.________ de fournir la garantie précitée. Il n'était pas non plus contesté que la banque avait rédigé la convention du 23 avril 2010 conclue entre le prénommé et A.________ SA et avait recueilli leurs signatures; ces faits tendaient à corroborer les déclarations de l'administrateur de A.________ SA selon lesquelles la banque lui avait demandé de «laisser entrer» le prénommé dans l'affaire. La Cour de justice a conclu que par son comportement entre les mois de mars et mai 2010, en particulier par l'intégration dans le contrat-cadre d'une clause complémentaire lui réservant certaines fonctions dans la future SICAV et par l'initiative de faire appel à I.________ pour investir dans l'opération immobilière, la banque s'était ingérée dans les affaires de A.________ SA au point de former avec elle une société simple. Discutant dans la foulée des apports des deux associées, la Cour de justice a observé que la banque amenait les connaissances de ses employés, le financement nécessaire à l'acquisition du parc immobilier, un investisseur en la personne de I.________ et l'engagement d'exercer les fonctions de directrice du fonds et de banque dépositaire dans la future SICAV. De cet arrêt, il résulte que le contrat-cadre conditionnait l'octroi du crédit à la fourniture successive de deux garanties de dix millions de francs chacune, dont la première tranche devait être versée par I.________ (cf. let. A.b supra). La banque elle-même a pris l'initiative de faire appel à cet investisseur, lequel s'est engagé envers A.________ SA à déposer ladite garantie auprès de la banque; celle-ci a rédigé la convention liant ces deux parties et a recueilli leurs signatures. Cela ne signifie pas encore que la banque se soit obligée envers A.________ SA à ce que l'investisseur connu d'elle fournisse effectivement la garantie de 10 millions de francs qui constituait une condition au versement du crédit; le fait que le comportement de la banque ait pu être considéré comme un apport dans la perspective d'une société simple ne conduit pas davantage à une telle conclusion. Ce n'est pas non plus ce que dit l'arrêt de renvoi du 13 décembre 2016. La cour de céans était en effet saisie du grief de violation des art. 1 et 530 CO. En discutant des apports que les parties étaient censées amener à la prétendue société simple, la cour de céans a concédé que le rôle de la banque excédait celui d'une bailleuse de fonds, dans la mesure notamment où elle «amenait un investisseur fournissant une garantie». Elle a néanmoins exclu l'existence d'une société simple, en relevant que la banque assumait essentiellement les risques d'une bailleuse de fonds et en retirait les profits usuels, avec le bénéfice supplémentaire de toucher des revenus pour l'exercice de sa fonction dans la future SICAV. Il apparaît ainsi que la Cour de justice n'a pas contrevenu à l'arrêt de renvoi en retenant que la banque s'était tout au plus engagée à présenter un investisseur. Il serait au demeurant curieux, dans une relation qui ressortit essentiellement au contrat de prêt, que la banque s'engage envers l'emprunteur à ce que l'investisseur qu'elle a trouvé fournisse effectivement la garantie. En bref, l'autorité précédente n'a pas enfreint l'autorité de l'arrêt de renvoi en définissant le contenu de l'obligation de la banque, et en retenant qu'elle se limitait à la présentation d'un investisseur, de sorte que l'engagement de la banque avait pris fin au plus tard avec la signature du contrat de garantie liant la recourante à I.________. Partant, la reddition de compte ne saurait porter sur l'acte de nantissement que celui-ci devait signer auprès de la banque. La recourante ne dispose pas d'un droit matériel fondé sur l'art. 400 al. 1 CO à la remise de ce document.