Citation: 1A.179/2000 05.07.2000 E. 2

2.- Le recourant se prévaut uniquement du principe de la proportionnalité et demande que ne soient pas transmises les informations concernant quatre opérations effectuées sur le compte n°119. 288. a) Ne sont admissibles, au regard des art. 3 CEEJ et 64 EIMP, que les mesures de contrainte conformes au principe de la proportionnalité. L'entraide ne peut être accordée que dans la mesure nécessaire à la découverte de la vérité recherchée par les autorités pénales de l'Etat requérant. La question de savoir si les renseignements demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la procédure pénale instruite dans l'Etat requérant est en principe laissée à l'appréciation des autorités de cet Etat. L'Etat requis ne disposant généralement pas des moyens lui permettant de se prononcer sur l'opportunité de l'administration des preuves déterminées au cours de l'instruction menée à l'étranger, il ne saurait substituer sur ce point sa propre appréciation à celle du magistrat chargé de l'instruction. La coopération internationale ne peut être refusée que si les actes requis sont sans rapport avec l'infraction poursuivie et manifestement impropres à faire progresser l'enquête, de sorte que la demande apparaît comme le prétexte à une recherche indéterminée de moyens de preuve (ATF 122 II 367 consid. 2c p. 371; 121 II 241 consid. 3a p. 242/243; 120 Ib 251 consid. 5cp. 255). Le principe de la proportionnalité empêche aussi l'autorité d'aller au-delà des requêtes qui lui sont adressées et d'accorder à l'Etat requérant plus qu'il n'a demandé (ATF 121 II 241 consid. 3a p. 243, 118 Ib 111 consid. 6p. 125, 117 Ib 64 consid. 5c p. 68 et les arrêts cités). Au besoin, il lui appartient d'interpréter la requête selon le sens que l'on peut raisonnablement lui donner; rien ne s'oppose à une interprétation large de la requête s'il est établi que, sur cette base, toutes les conditions à l'octroi de l'entraide sont remplies; ce mode de procéder évite aussi une éventuelle demande complémentaire (ATF 121 II 241 consid. 3a p. 243). Sur cette base, peuvent aussi être transmis des renseignements et des documents non mentionnés dans la demande d'entraide (arrêt non publié D. du 7 décembre 1998, consid. 5). Il incombe à la personne visée de démontrer, de manière claire et précise, en quoi les documents et informations à transmettre excéderaient le cadre de la demande ou ne présenteraient aucun intérêt pour la procédure étrangère (ATF 122 II 367 consid. 2c p. 371/372). Lorsque la demande vise à éclaircir le cheminement de fonds d'origine délictueuse, il convient d'informer l'Etat requérant de toutes les transactions opérées au nom des sociétés et des comptes impliqués dans l'affaire (ATF 121 II 241 consid. 3c p. 244). b) A l'appui de son grief, le recourant expose qu'il est l'un des spécialistes de la retransmission télévisée d'"événements sportifs planétaires" (sic). A ce titre, H.________ l'avait consulté dans le cadre des tractations entre cette société et D.________. Pour des raisons fiscales, il avait été convenu que H.________ rémunérerait A.________, pour un montant total de 2'100'000 USD, par l'intermédiaire de L.________. A la demande de H.________, D.________ avait versé le montant de 1'500'000 USD dû selon le contrat du 20 mars 1990, sur le compte n°4160 de L.________. Le recourant avait également rendu des services à la société O.________, dominée par un dénommé P.________ et titulaire d'un compte n°106-369-30. La rémunération du recourant avait été fixée à 87'500 fr., dont un montant de 26'000 fr. avait été rétrocédé à P.________. Ainsi, O.________ avait crédité le compte n°119. 288 d'un montant de 50'000 fr., le 20 janvier 1992, et d'un montant de37'750 fr., le 11 août 1992, alors que A.________ avait fait débiter ce compte d'un montant de 15'315 fr., le 28 janvier 1992, en faveur du compte n°106-369-30, et d'un montant de 11'015 fr., le 15 octobre 1992, en faveur de P.________. Sans s'opposer à la transmission du solde de la documentation relative au compte n°119. 288, le recourant demande que ne soit pas communiquées les informations relatives à ces quatre virements. Il fait valoir que ses relations avec O.________ et P.________ n'entrent pas dans le champ de l'enquête ouverte dans l'Etat requérant et que ces renseignements, concernant la partie du compte libellé en francs suisses et non point en dollars américains (monnaie de la transaction entre D.________ et H.________), ne présenteraient aucun intérêt pour les investigations en cours. Cette thèse ne peut être partagée. Sur la base des renseignements reçus en exécution de la demande initiale, les autorités de l'Etat requérant ont inculpé A.________ des mêmes délits dont sont soupçonnés C.________, E.________, F.________ et G.________. Ainsi, contrairement à ce qu'il laisse entendre, le recourant est considéré, dans l'Etat requérant, comme un acteur actif des faits délictueux à l'origine de l'enquête et non point seulement comme un tiers impliqué par hasard dans le mouvement de fonds entre D.________ et H.________. Ce fait pourrait justifier à lui seul de remettre l'intégralité de la documentation relative au compte n°119. 288. Savoir si O.________ et P.________ sont absolument étrangers aux faits poursuivis dans l'Etat requérant relève en outre du juge du fond et non du juge de l'entraide. Il n'appartient pas à ce dernier de démêler les liens entre les différents protagonistes de l'enquête. Il suffit de relever que les relations entre D.________, H.________ et le recourant, d'une part, et O.________ et le recourant, d'autre part, s'inscrivent, les unes comme les autres, dans le cadre de la préparation des Jeux Olympiques de 1992, ce qui n'exclut pas, de prime abord, l'existence d'un lien entre elles. Quant à l'argument que le versement de H.________ au recourant, par l'entremise de D.________, a été libellé en dollars américains, alors que celui de O.________ au recourant l'a été en francs suisses, il est sans pertinence. Les autorités de l'Etat requérant n'ont pas limité leur demande sous le rapport de la monnaie des transactions effectuées sur le compte n°119. 288. A supposer qu'il existe un lien entre ces opérations, le critère préconisé par le recourant est inopérant car il suffirait, en pareil cas, de procéder à une opération de change pour échapper aux mesures de contrainte requises pour les besoins de l'entraide. Enfin, le recourant n'applique pas lui-même la règle qu'il propose, puisqu'il admet la communication de renseignements touchant à d'autres opérations effectuées en francs suisses sur le compte litigieux. c) Si le recourant redoute que l'Etat requérant utilise à des fins fiscales les renseignements transmis, le Juge d'instruction l'a de toute manière mis à l'abri d'un tel risque par le rappel, dans sa décision du 7 février 2000, du principe de la spécialité, dont les autorités suisses exigent le strict respect (cf. arrêt L. du 15 juin 2000, consid. 4).