Citation: 7B_545/2024 E. 3.2

3.2. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, le TPF n'a pas considéré que la détention respectait le principe de la proportionnalité uniquement en raison de la gravité des faits reprochés. Il a tenu compte de l'ensemble des peines menaces pour les infractions pour lesquelles de forts soupçons pesaient contre le recourant, à savoir 3 ans au plus pour les lésions corporelles simples et les menaces, entre 1 et 10 ans pour le viol et 5 ans au plus pour l'incitation au faux témoignage, l'escroquerie et le faux dans les titres. Puis, il a considéré que la détention subie par le recourant depuis son incarcération le 17 décembre 2021, à laquelle s'ajoutait celle demandée par le MPC le 12 mars 2024, soit un total de 30 mois, demeurait encore compatible avec la sanction prévisible au regard notamment de la gravité et de la longue période sur laquelle portaient les viols. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique et le recourant n'apporte aucun argument susceptible de le remettre en cause. En effet, en tant qu'il part de la prémisse erronée que les soupçons de viol se seraient affaiblis, son argumentation est mal fondée (cf. consid. 2.5 supra). Par ailleurs, le recourant ne saurait rien tirer de l'injonction donnée par Tribunal fédéral au MPC, dans son arrêt 1B_99/2023 du 7 mars 2023, de procéder rapidement. Le Tribunal fédéral avait alors considéré que le résultat de l'expertise psychiatrique prévue sur la personne du recourant permettrait une meilleure appréciation des soupçons de culpabilité. Il avait donc enjoint au MPC de faire en sorte qu'un rapport soit rapidement rendu, ajoutant que l'instruction devrait alors toucher à sa fin sans tarder et la mise en accusation intervenir rapidement le cas échéant (cf. arrêt 1B_99/2023 précité consid. 5.2). Or le rapport d'expertise psychiatrique a bel et bien été rendu et il en ressortait notamment une tendance manipulatoire et dominatrice du recourant permettant de renforcer la crédibilité de la plaignante et, partant, les soupçons existants. De plus, depuis cet arrêt, la procédure contre le recourant s'est étendue à d'autres infractions. La durée de la procédure ne viole pas non plus le principe de la célérité d'une manière qui permettrait de considérer que la détention provisoire subie serait disproportionnée. Le recourant estime que si le Tribunal fédéral pouvait certes considérer que le principe de la célérité n'était pas violé lorsqu'il avait rendu son arrêt le 6 septembre 2023, la situation serait néanmoins différente aujourd'hui, quelques 8 mois plus tard. Il ne saurait être suivi. En effet, dans la décision attaquée, la juridiction précédente a constaté - d'une manière qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) et que le recourant ne conteste pas - que depuis la dernière demande de prolongation de la détention provisoire, le MPC a notamment mené des actes d'instruction dans le volet de l'homicide, en particulier l'audition de l'ex-femme du recourant et de celui-ci en janvier 2024. Il a ordonné le classement de la procédure s'agissant de la plainte déposée par le recourant contre la plaignante le 1er février 2024. Il a également instruit les faits s'agissant des autres infractions auxquelles s'était étendue la procédure (cf. consid. 2.3 supra). On ne saurait dans ces circonstances reprocher au MPC d'être resté inactif depuis septembre 2023. L'argumentation du recourant ne permet pas de démontrer le contraire. En effet, il se limite à mettre en évidence des temps morts en ne se fondant que sur un seul volet de la procédure ou critique d'une manière purement appellatoire les jonctions ou disjonctions des causes ordonnées, estimant qu'elles apparaissaient "sans cohérence perceptible".