Citation: 8C_731/2018 E. A

Le 3 juillet 2014, A.________ maçon au service de la société B.________, s'est fracturé le tibia et le péroné gauches en sautant du chariot à moteur qu'il conduisait, lorsque celui-ci s'est renversé. Un fixateur externe tibio-calcanéen a été mis en place le lendemain. Il a été retiré le 18 juillet 2014 et une ostéosynthèse du tibia distal a été réalisée. La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après: la CNA), auprès de laquelle A.________ était assuré obligatoirement contre le risque d'accident, a pris en charge le cas. Par la suite, l'assuré a souffert d'un syndrome douloureux régional complexe du membre inférieur gauche. Il a séjourné à la clinique C.________ du 17 au 31 décembre 2014. Le 9 janvier 2015, le matériel d'ostéosynthèse a été retiré en raison d'une "infection à Enterobacter Cloacae". L'assuré a effectué un deuxième séjour à la clinique C.________ du 11 mars 2015 au 15 avril suivant, puis un troisième du 13 juillet au 10 août 2016. A l'issue du dernier séjour, les médecins ont considéré que le pronostic de réinsertion était défavorable à la fois dans l'ancienne activité en raison des facteurs médicaux retenus après l'accident et dans une activité adaptée, en raison de facteurs non médicaux (absence de permis de séjour valable et de qualification ou mauvaise connaissance du français) (rapport du 9 septembre 2016). Dans son rapport final du 13 février 2017, le docteur D.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et médecin d'arrondissement de la CNA, a constaté que la fracture était consolidée et que les douleurs persistaient. Il a retenu un pronostic de réinsertion défavorable dans l'ancienne activité, mais favorable dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles (activité sédentaire ou semi-sédentaire en évitant la position debout statique prolongée, les travaux accroupis ou à genoux, la marche en terrain irrégulier [les courts déplacements à plat étant possibles] et le port de charges de plus de 15kg). Il a en outre considéré qu'en l'état actuel, il n'y avait pas droit à une indemnité pour atteinte à l'intégrité. Se fondant notamment sur ces conclusions, la CNA a rendu une décision, le 18 juillet 2017, confirmée sur opposition le 27 septembre suivant, par laquelle elle a nié le droit de A.________ à une rente d'invalidité dès le 1er avril 2017 ainsi qu'à une indemnité pour atteinte à l'intégrité. Elle a considéré, en particulier, qu'il n'existait aucune diminution notable de la capacité de gain due à l'accident.