Citation: 5A_480/2023 E. 5.1.1

5.1.1. En particulier, la cour cantonale se fourvoyait lorsque, sur la base de l'extrait du registre des poursuites du 11 avril 2023 et des comptes 2022, elle semblait opérer une comparaison hasardeuse entre un extrait des poursuites en grande partie contesté et les passifs à court terme, pour lesquels rien n'indiquait que les paiements ne pourraient pas être honorés. Sa description "fallacieuse et tronquée" ne pouvait pas servir d'appui à une analyse sérieuse des perspectives d'assainissement. La constatation selon laquelle on ne pouvait pas prendre en compte la lettre d'intention de l'investisseur du U.________ serait arbitraire. Selon la recourante, le contenu de cette lettre était extrêmement clair, de même que la preuve qu'un premier paiement devait intervenir en juin 2023, de sorte que la cour cantonale ne pouvait pas décider de ne pas tenir compte de cet investissement en lui reprochant de ne pas avoir fourni d'éléments supplémentaires, ceux-ci étant superflus dans le cadre restreint des conditions qui régissent le prononcé d'un sursis provisoire. De même, s'agissant des 850'000 fr. dont la recourante est créancière ensuite d'une décision d'arbitrage, la juridiction précédente faisait preuve d'arbitraire en n'en tenant pas compte du simple fait qu'elle ne disposerait pas de tous les détails relatifs à cet arbitrage. Concernant le salon "D.________" à V.________, la recourante "s'étonne" de ce que l'autorité cantonale se contente d'indiquer qu'elle avait allégué une expectative "sans fournir d'éléments de preuve". Elle affirme ne jamais avoir prétendu que des ventes allaient être effectivement conclues, mais seulement que la tenue de ce salon permettait d'espérer des ventes. La juridiction précédente en avait arbitrairement conclu que l'on ne pouvait rien retenir de ces allégations, alors que la nature manifeste d'un tel salon et la façon dont les contacts s'y nouaient ne permettaient évidemment pas de fournir des "preuves" préalables à la tenue de pourparlers contractuels. Du reste, l'autorité précédente semblait bien retenir que les capitaux propres s'élevaient à 2'822'776 fr. 12 (consid. 4.1), que le total des actifs s'élevait à 82'378'752 fr. 65 ainsi que le soutenait la recourante (consid. 4.2) et que des montants importants avaient été mis en compte à l'Office des poursuites à son bénéfice (consid. 4.7) à la suite d'une saisie et d'une vente aux enchères par la maison F.________. En définitive, la recourante estime que la cour cantonale a détaillé son appréciation lorsque les éléments lui étaient en apparence défavorables (par ex. poursuites, bilan, prétendu manque de preuve), mais jamais lorsqu'elle a analysé les éléments plaidant en faveur d'un assainissement (inventaire, stocks, montants déjà réalisés par l'Office des poursuites). Elle se risquait donc à une conclusion hâtive lorsqu'elle retenait que "les dettes de la société ne seraient, de loin, pas couvertes et que la société n'aurait aucun disponible pour couvrir (...) ses charges courantes". Partant, il convenait de s'écarter de l'état de fait retenu et de reconnaître qu'il n'était pas possible de nier toute perspective d'assainissement.