Citation: 5A_174/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la Chambre des curatelles a retenu qu'il n'était pas contesté que le conflit entre les parents était aigu et les modes de fonctionnement de ces derniers incompatibles. Dans ses déterminations du 7 octobre 2021, la DGEJ avait expliqué que les moments de tensions étaient particulièrement exacerbés autour de l'exercice du droit de visite et que le passage de l'enfant à l'autre parent, les informations sur l'état de santé de celui-ci et sur sa médication ainsi que les documents à remettre (scolaires ou médicaux) étaient autant de raisons pour chacun des parents de critiquer et de s'en prendre à l'autre. La DGEJ avait toutefois considéré que l'instauration d'une autorité parentale exclusive ne mettrait en rien un terme à ces altercations, qui continueraient en marge de l'exercice des relations personnelles. En excluant un des parents de l'exercice des droits parentaux, le risque était certain que l'autre soit d'une manière ou d'une autre écarté de la vie de l'enfant et que le parent bénéficiaire se retrouve dans un sentiment de toute-puissance. Cela était d'ailleurs confirmé par les derniers événements rapportés par le recourant, ainsi que par la DGEJ puisque, depuis que la décision de première instance avait été rendue, la mère de l'enfant apparaissait ne tenir aucunement compte du besoin de celui-ci de voir son père. La mère semblait désormais être dans une posture de toute-puissance. S'agissant du motif invoqué par la mère pour justifier son refus de remettre l'enfant au père pour l'exercice du droit de visite, la Chambre des curatelles a constaté qu'il ne ressortait pas des documents au dossier que le père aurait failli à un quelconque de ses devoirs parentaux durant l'épisode de l'hospitalisation de l'enfant du 25 au 31 octobre 2021. Au demeurant, aucun élément au dossier ne permettait de considérer que, si la mère avait refusé de remettre l'enfant à son père pour l'exercice du droit de visite, c'était dans l'intérêt premier de l'enfant, étant précisé qu'il n'appartenait pas à la mère de décider de manière unilatérale de modifier le calendrier des visites établi avec l'aide du curateur H.________, sans même en discuter avec ce dernier. Ainsi, l'expérience avait démontré que l'attribution de l'autorité parentale exclusive à la mère, alors qu'elle n'était même pas encore exécutoire, n'avait pas arrangé la situation mais l'avait au contraire aggravée. L'ensemble du dossier et les divergences profondes de point de vue et de mode de fonctionnement entre les parents étaient autant d'indices, confirmés s'agissant de la mère, qu'une autorité exclusive à l'un ou l'autre parent aurait pour conséquence de renforcer la division parentale, sans garantie d'un quelconque bénéfice pour l'enfant. Il était ainsi préférable de maintenir l'enfant dans le statu quo s'agissant de l'autorité parentale, soit en confirmant son exercice conjoint, sans l'exposer encore davantage au conflit d'adultes et à une parentalité d'autant plus perturbée du côté du parent qui n'obtiendrait pas l'autorité parentale, ce qui engendrerait une péjoration de l'équilibre global de la situation de l'enfant.