Citation: 1P.224/2001 25.06.2001 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et avec une pleine cognition la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 127 III 41 consid. 2a p. 42; 126 I 81 consid. 1 p. 83, 207 consid. 1 p. 209, 257 consid. 1a p. 258, et les arrêts cités). a) Hormis des exceptions non réalisées en l'espèce, le recours de droit public n'a qu'un effet cassatoire (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 126 I 213 consid. 1c p. 216/217; 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 104 consid. 1b p. 107, et les arrêts cités). Les conclusions du recours allant au-delà de l'annulation de la décision attaquée sont ainsi irrecevables. b) L'acte de recours ne mentionne pas les dispositions constitutionnelles sur lesquelles les recourants fondent leurs moyens. Cela étant, on peut admettre que sous couvert du grief de violation arbitraire de la loi, les recourants se prévalent, de manière implicite, mais tout juste suffisante au regard du principe d'allégation régissant le recours de droit public (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 127 I 38 consid. 4 p. 43; 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 71 consid. 1c p. 76, 492 consid. 1b p. 495, et les arrêts cités), de l'art. 26 Cst. garantissant la propriété. c) aa) Ont qualité pour agir notamment les particuliers lésés par des arrêtés ou des décisions qui les concernent personnellement ou qui sont d'une portée générale (art. 88 OJ); la qualité pour recourir s'appréciant au regard du seul art. 88 OJ, le fait que la qualité de partie ait, comme en l'espèce, été reconnue aux recourants dans la procédure cantonale n'est pas déterminant (ATF 125 I 71 consid. 1b/aa p. 75, 253 consid. 1b p. 254/255; 123 I 279 consid. 3b p. 280, et les arrêts cités). La qualité pour agir au sens de l'art. 88 OJ se détermine en fonction des griefs soulevés dans le recours (ATF 123 I 212 consid. 1c p. 214; 116 Ia 316ss.). Le recours de droit public est ouvert seulement à celui qui est atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés; le recours formé pour sauvegarder l'intérêt général ou de simples intérêts de fait est irrecevable. Celui qui agit par la voie du recours de droit public doit, conformément à l'art. 90 al. 1 let. b OJ, présenter au Tribunal fédéral des éléments de fait qui permettent à celui-ci de déterminer dans quelle mesure la décision attaquée porte une atteinte actuelle et personnelle aux intérêts juridiquement protégés du recourant (ATF 125 I 173 consid. 1b p. 175; 123 I 279 consid. 3c/bb p. 280; 120 Ia 227 consid. 1 p. 229). La prohibition de l'arbitraire ne fonde pas à elle seule la qualité pour agir au sens de l'art. 88 OJ (ATF 123 I 41 consid. 5b p. 42/43, 279 consid. 3c/aa p. 280; 122 I 44 consid. 3b/bb p. 47, 373 consid. 1a p. 374, et les arrêts cités). Cette jurisprudence, développée sous l'empire de l'art. 4 aCst. , demeure applicable au regard de l'art. 9 Cst. (ATF 126 I 81), y compris pour ce qui concerne le recours de droit public formé par le propriétaire voisin contre une autorisation de construire (arrêts non publiés M., du 9 juin 2000, consid. 2a, et M., du 7 juillet 2000, consid. 1b/aa). En matière d'autorisation de construire, les propriétaires voisins ont qualité pour recourir selon l'art. 88 OJ s'ils invoquent la violation de dispositions qui tendent non seulement à la sauvegarde des intérêts de la collectivité, mais aussi à la protection de leurs intérêts de voisins. Il faut en outre que les recourants se trouvent dans le champ de protection des dispositions dont ils allèguent la violation et qu'ils soient touchés par les effets prétendument illicites de la construction litigieuse (ATF 116 Ia 177 consid. 3a p. 179). Ils ne peuvent en revanche se prévaloir de la clause d'esthétique, qui protège uniquement l'intérêt public (ATF 118 Ia 232 consid. 1b p. 235; 112 Ia 88 consid. 1b p. 90). bb) En tant que propriétaires de terrains voisins de la parcelle sur laquelle serait érigé le bâtiment litigieux, les recourants ont qualité pour se plaindre, au regard de l'art. 88 OJ, de la violation de normes fixant les possibilités d'utilisation du sol (ATF 117 Ia 18 consid. 3b p. 19/ 20; 112 Ia 88; la même règle s'applique au recours formé par un voisin contre un plan d'affectation, cf. ATF 127 I 44 consid. 2d p. 46/47; 119 Ia 362 consid. 1b p. 364/365; 118 Ia 112 consid. 2a p. 116, et les arrêts cités). Ces normes sont de nature mixte, car elles tendent à protéger tant l'intérêt public que l'intérêt des voisins (ATF 127 I 44 consid. 2d p. 46/47; 118 Ia 232 consid. 1b p. 235; 117 Ia 18 consid. 3b p. 20, et les arrêts cités). Les recourants ont aussi qualité pour soulever le grief de violation arbitraire de l'art. 59 al. 4 LCI, régissant les dérogations à la norme déterminant la surface maximale de plancher habitable. Ils sont aussi habilités à se plaindre de la violation de leurs droits procéduraux, en rapport avec l'application de cette disposition, et à invoquer, en outre, les droits formels que leur reconnaît le droit cantonal de procédure ou qui découlent directement de la Constitution ou de l'art. 6 par. 1 CEDH (ATF 125 II 86 consid. 3b p. 94; 123 I 25 consid. 1 p. 26/27; 122 I 267 consid. 1b p. 270, et les arrêts cités).