Citation: 1C_144/2022 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a considéré que les tranchées prévues afin d'éclairer les sous-sols portent sur des surfaces relativement limitées et n'ont pas d'impact sur l'aménagement de la parcelle. Aussi, toujours dans le cadre de la liberté d'appréciation dévolue à la commune dans l'interprétation de son règlement, la commune pouvait, selon les premiers juges, considérer qu'il ne s'agissait pas de mouvements de terre au sens de l'art. 9 RC. Sans véritablement discuter l'appréciation de la cour cantonale, ni même revenir sur la liberté d'appréciation qu'elle accorde à la commune dans l'interprétation de son règlement - motivation principale des premiers juges -, les recourants affirment de façon appellatoire que l'arrêt attaqué limite arbitrairement la portée du règlement qui exclurait toute exception à la règle. Les recourants s'appuient ensuite sur le raisonnement tenu par la cour cantonale par rapport à l'éventuel caractère habitable des sous-sols, pour faire valoir une contradiction dans l'arrêt attaqué qui, d'une part, qualifierait les mouvements de terre de "talus largement évasés" (arrêt attaqué, consid. 4b) et, d'autre part, considérerait que ces excavations ne sont pas des mouvements de terre au sens du règlement communal (arrêt attaqué, consid. 3b/aa). Traitant d'un autre grief, la cour cantonale a en effet considéré que, si le "talus largement évasé" le long de la façade sud, destiné à permettre un éclairage conséquent des locaux en sous-sol, restait dans les limites du bâtiment et était par conséquent admissible, les "tranchées (talus largement évasés) " des côtés est et ouest se situaient à l'extérieur des limites du bâtiment et étaient sans commune mesure avec ce qui est généralement admis pour éclairer un sous-sol. Par conséquent, ces talus devaient être remplacés par des sauts-de-loup. La contradiction dont font état les recourants n'en est pas véritablement une. En effet, la cour cantonale a précisément réformé le permis de construire en faisant supprimer du projet les "tranchées" que les recourants qualifient de mouvements de terre sur deux des trois façades concernées pour n'autoriser que celles qui sont limitées au décrochement intérieur de la façade sud. Dans la mesure où, selon ce qu'a constaté la cour cantonale sans que cela ne soit contesté par les recourants, de telles tranchées s'inscrivent dans le volume global du bâtiment et ne sont pas visibles pour l'observateur de la façade concernée, il n'est pas arbitraire de considérer qu'il ne s'agit pas de mouvements de terre soumis à la restriction de l'art. 9 RC, ce quand bien même la solution inverse aurait également pu être retenue. Le grief est par conséquent mal fondé.