Citation: 6B_376/2009 31.08.2009 E. 2

Le recourant s'en prend ensuite à l'établissement des faits. Il taxe d'arbitraire la constatation de fait selon laquelle la victime a été dans un état d'incapacité totale de réaction et de résistance. Il relève, en se référant aux faits de la cause, les propos qu'on lui impute d'avoir tenus durant cette consultation à la victime, le comportement docile de cette dernière et ce qu'elle avait elle-même expliqué avoir vu. Le recourant en déduit qu'il était arbitraire de retenir l'existence d'un état de « sidération ». A ses yeux, il ressortirait plutôt des circonstances ainsi établies que la victime avait conservé tout au long des événements une capacité au moins partielle de réagir, parler et se mouvoir ainsi que la compréhension de ce qui se passait. 2.1 On peut renvoyer, sur la notion d'arbitraire, aux principes maintes fois exposés par le Tribunal fédéral (v. p. ex.: ATF 135 V 2 consid. 1.3 et les références p. 4 et 5; 134 I 140 consid. 5.4 et les arrêts cités p. 148). 2.2 Les faits au moyen desquels le recourant tente d'étayer son raisonnement doivent tout d'abord être replacés dans leur contexte. Le recourant a été condamné, à raison de ses agissements lors des deux premières consultations, pour abus de détresse au sens de l'art. 193 CP (jugement du 22 novembre 2005, consid. III, p. 76). Il a ainsi été jugé que la victime avait consenti aux actes d'ordre sexuel perpétrés par le recourant, mais que ce consentement n'était pas libre parce qu'il résultait d'une situation de dépendance (cf. ATF 133 IV 49 consid. 5.1 et 5.2). Ce point n'est plus litigieux dans la présente procédure. 2.3 L'état de fait de la décision entreprise ne fournit aucun élément concret permettant de penser que la consultation du 19 janvier 2002 aurait débuté dans un état d'esprit différent et que la patiente y aurait, en particulier, consenti librement aux actes d'ordre sexuel, les caresses notamment, que lui a imposés le recourant. Le manque de réaction de la victime, sa passivité face au comportement ainsi qu'aux réflexions du médecin et sa soumission aux caresses dirigées de ce dernier s'expliquent ainsi au moins partiellement par la situation de dépendance de la patiente. Les autorités cantonales, qui ont parlé d'un état de « sidération » (entendu au sens commun et non strictement médical), ont également souligné, ce faisant, l'étonnement et l'incrédulité croissants de la victime, abasourdie quant au déroulement de la consultation, en relevant, en outre, le caractère très rapide de l'enchaînement des événements. On comprend ainsi aisément comment la victime s'est, en définitive, retrouvée dans une position - sur le côté, dos au recourant - dans laquelle elle n'était absolument plus à même de percevoir qu'il s'apprêtait à lui imposer l'acte sexuel et non plus de simples caresses. Les autorités cantonales pouvaient en déduire sans arbitraire que, depuis ce moment-là, la victime était dans un état d'incapacité de résistance totale et momentanée, pour le court moment dont l'accusé a eu besoin pour parvenir à ses fins (v. aussi infra consid. 3.3 et 3.4). Le recourant ne peut ainsi rien déduire en sa faveur du déroulement des faits qu'il présente, qui ne démontre en rien que les constatations de fait des autorités cantonales seraient insoutenables. Il argumente de même, en vain, sur l'interprétation du terme « sidération » utilisé par les autorités cantonales. Le moyen est infondé.