Citation: 4A_336/2012 E. A

H.X.________, décédé le 4 juin 2012, a exercé la profession de notaire dans le canton de Vaud. Le 17 novembre 1988, il a instrumenté une vente d'immeuble conclue entre A.________ et B.________. La venderesse avait entrepris de faire ériger plusieurs bâtiments sur un bien-fonds de la commune de Puidoux. Un compte de construction lui était ouvert par la Banque N.________ à Genève et le remboursement de ce compte était garanti par deux cédules hypothécaires constituées sur l'immeuble. B.________ acquérait l'un des bâtiments en construction, soit une halle de stockage, sur une parcelle à détacher du bien-fonds qui par ailleurs restait à la venderesse. Sans plus de précisions, l'acte de vente prévoyait que le compte de construction serait « remboursé » et que les cédules hypothécaires, désormais reportées sur la parcelle vendue, seraient remises à l'acquéreur. Le prix de vente était fixé à 1'500'000 francs. B.________ a remis en paiement deux chèques, l'un de 600'000 fr., l'autre de 400'000 fr.; le solde du prix devait être acquitté au plus tard le 30 novembre 1988. Le 29 de ce mois, B.________ a fait virer par sa propre banque 3'600'000 fr. à la Banque N.________ pour solder le compte de construction et libérer ainsi les cédules. Il a agi sur le conseil et avec le concours de Me H.X.________. Par la suite, A.________ lui a restitué le chèque de 600'000 fr. qu'elle avait reçu le jour de la vente. En définitive, B.________ a donc versé au total 4'000'000 de francs pour l'acquisition d'un immeuble qui ne valait, selon la convention des parties, que 1'500'000 francs. A ses dires, il a de plus supporté des frais de travaux au total de 500'000 fr. pour l'achèvement de la halle, alors que ces travaux incombaient à la venderesse.