Citation: 1B_36/2017 E. 4.2

4.2. La recourante a la double nationalité suisse et brésilienne. Elle est célibataire et n'a pas d'enfants. Sa mère et sa demi-soeur vivent au Brésil. Certes, elle dit avoir coupé toute relation avec sa mère depuis son arrestation, estimant avoir été piégée par celle-ci, en sorte que les contacts avec l'étranger seraient inexistants. En l'état de la procédure, elle pourrait néanmoins malgré la colère ressentie à son encontre être tentée de la rejoindre pour échapper aux autorités de poursuite. Au demeurant, le ressentiment qu'elle dit éprouver à l'égard de sa mère ne signifie pas encore qu'elle n'a plus aucune attache avec son pays d'origine où elle a vécu sans interruption jusqu'à l'âge de 19 ans et où elle s'est rendue quatre à cinq fois depuis qu'elle s'est définitivement installée en Suisse. Les attaches dont elle peut se prévaloir avec la Suisse doivent en outre être relativisées depuis son arrestation. La recourante a en effet reconnu à l'audience du Tribunal des mesures de contrainte du 12 décembre 2016 que les liens avec ses proches avaient été endommagés par cette affaire, en particulier avec son fiancé avec lequel elle devait se marier. En l'état, aucun élément ne permet de retenir qu'elle pourra renouer des liens solides avec celui-ci. Il n'est d'ailleurs pas prévu qu'elle retourne chez lui à sa sortie de prison. Cela étant, la cour cantonale pouvait considérer, sans violer le droit fédéral, qu'il existait un risque concret que la recourante ne soit tentée de quitter la Suisse afin de se soustraire aux autorités pénales et que le dépôt des documents d'identité n'était, en l'état, pas suffisant pour pallier ce risque, étant précisé qu'il appartiendra aux autorités de détention de procéder à une nouvelle appréciation du danger de fuite au regard des développements de la procédure pénale. La référence faite à l'arrêt 1B_237/2011 du 7 juin 2011 où la Cour de céans avait qualifié de faible le risque de fuite présenté par un homme prévenu d'assassinat n'est pas pertinente. La situation personnelle de l'intéressé, de nationalité suisse, dont la compagne et les enfants vivaient en Suisse et qui n'avait aucun lien connu avec l'étranger, n'est pas comparable à celle de la recourante, binationale, célibataire et sans enfants, dont la relation avec ses proches et son fiancé en Suisse a été sérieusement mise à mal par la procédure pénale en cours. La recourante se prévaut également en vain de la différence de traitement avec sa belle-soeur, de nationalité brésilienne, qui n'a été détenue que pendant une durée de 48 heures avant d'être libérée moyennant l'interdiction de quitter la Suisse et le dépôt de ses documents d'identité. L'ampleur de son implication dans le blanchiment de l'argent issu du braquage n'est à première vue pas comparable à celle de la recourante et pouvait justifier une appréciation différente de l'intensité du danger de fuite et des mesures de substitution propres à le pallier. L'existence d'un risque de fuite dispense d'examiner ce qu'il en est du risque de collusion également évoqué pour refuser la mise en liberté provisoire de la recourante.