Citation: 8C_493/2023 E. 4.2

4.2. Dans son attestation médicale du 2 juillet 2021, le docteur C.________ a explicitement constaté que les douleurs résiduelles et les limitations fonctionnelles de la recourante étaient compatibles avec la chute survenue le 3 janvier 2021, de sorte qu'elles relevaient, selon ce praticien, d'un cas d'accident. La recourante semble perdre de vue que la cour cantonale n'a pas nié l'existence d'un lien de causalité initial entre la chute et ses troubles. Elle a toutefois considéré qu'en l'absence de toute lésion structurelle en lien avec l'accident, celui-ci avait cessé de jouer un rôle dans l'évolution des troubles. En ce qui concerne le rapport radiologique du 28 juillet 2021, ce dernier faisait état d'une petite rupture partielle de la partie profonde du tendon du muscle supra-épineux sans rétraction musculaire tendineuse ni altération de la trophicité musculaire, l'espace sous-acromial étant préservé. Le docteur D.________ a constaté que l'IRM décrivait une tendinopathie interstitielle sévère du tendon supra-épineux avec une rupture partielle des parties profondes du tendon, ce qui correspondait à une lésion partielle dégénérative de ce tendon, fréquemment observée chez une femme de l'âge de l'assurée. Il a précisé que de telles lésions partielles étaient bien décrites dans la littérature médicale et que le terme de "tendinopathie" voulait dire "maladie des tendons". Le docteur D.________ a encore relevé l'absence d'altérations réparatrices visibles sur l'IRM réalisée six mois après l'événement traumatique, lesquelles auraient été le signe d'une blessure au niveau de l'épaule après la chute du 3 janvier 2021. La cour cantonale pouvait en outre retenir que l'utilisation par le docteur E.________ du terme "post-traumatique" dans son rapport du 9 mars 2022 ne suffisait pas à elle seule à reconnaître un lien de causalité entre l'accident et les troubles. En effet, comme l'a déjà retenu le Tribunal fédéral, on peut entendre par une affection "post-traumatique", des troubles qui ne sont pas causés par l'accident mais qui ne sont apparus qu'après l'accident (cf. arrêt 8C_524/2014 du 20 août 2014 consid. 4.3.3 et les références). En l'espèce, le docteur E.________ a posé le diagnostic de tendinopathie post-traumatique du supra-épineux et de probable capsulite rétractile post-traumatique de l'épaule droite. Or il ne suffit pas de mentionner un diagnostic "post-traumatique", sans étayer par quelle lésion structurelle objectivable en lien avec l'accident celui-ci aurait été causé, pour en déduire un effet causal avec l'événement traumatique plus d'une année après sa survenance. En tant qu'il faisait état d'une probable capsulite en voie de récupération, le docteur E.________ n'émettait, selon la cour cantonale, qu'une hypothèse qu'il justifiait au vu de l'enraidissement de l'épaule. Or si une éventuelle capsulite avait été évoquée dans l'échographie du 7 avril 2021, l'IRM du 28 juillet 2021 n'a pas confirmé cette atteinte. Au demeurant, ce médecin avait fait état d'une mobilisation de l'épaule droite "pratiquement complète et symétrique", ce qui n'objectivait pas la présence d'une capsulite.