Citation: 1P.595/2003 11.02.2004 E. A

L'Université de Genève est propriétaire de la parcelle n° 1708 de la commune de Carouge, à l'angle du chemin de Pinchat et du chemin Vert. Cette parcelle, partiellement bâtie, de 53'185 mètres carrés, est classée en cinquième zone, réservée aux villas en vertu de l'art. 19 al. 3 de la loi genevoise d'application de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LaLAT). Le 31 mai 2002, la Direction des bâtiments du Département cantonal de l'aménagement, de l'équipement et du logement (ci-après: le Département) a déposé une demande d'autorisation de construire par voie de procédure accélérée visant à ériger sur cette parcelle quatre pavillons modulaires provisoires de deux niveaux chacun, destinés à accueillir quelque 200 requérants d'asile, avec un parking de 26 places le long du chemin Vert. Ce projet devait permettre de répondre aux besoins urgents du canton de Genève en matière d'hébergement des requérants d'asile. Par décision du 2 décembre 2002, publiée dans la Feuille d'Avis Officielle du 6 décembre 2002, le Département a accordé l'autorisation de construire requise à la condition posée sous chiffre 5 que les constructions autorisées soient limitées à une durée de dix ans. L'Association B.________, a recouru contre cette décision le 6 janvier 2003. La Ville de Carouge et divers consorts en ont fait de même. Par décision du 21 mars 2003, la Commission cantonale de recours en matière de constructions a déclaré irrecevable le recours formé par Pic Vert au motif que cette association n'avait ni démontré que la majorité de ses membres était touchée plus que quiconque par la décision attaquée, ni établi sa qualité d'association d'importance cantonale ou active depuis plus de trois ans au sens de l'art. 145 al. 3 de la loi genevoise sur les constructions et les installations diverses (LCI). Elle a admis le recours formé contre cette décision par la Ville de Carouge et divers consorts, annulé l'autorisation de construire du 2 décembre 2002 et renvoyé le dossier au Département pour qu'il instruise la cause dans le sens des considérants. Elle a considéré que le projet litigieux n'était pas conforme à l'affectation de la cinquième zone et qu'il ne pouvait faire l'objet d'une dérogation au sens de l'art. 26 al. 1 LaLAT, sans une enquête publique préalable. Au terme d'un arrêt rendu le 26 août 2003, le Tribunal administratif du canton de Genève (ci-après: le Tribunal administratif ou la cour cantonale) a déclaré irrecevable le recours formé contre cette décision par l'Association B.________ au motif que les statuts de cette association ne prévoyaient pas que celle-ci puisse représenter ses membres dans le cadre d'une procédure contentieuse, d'une part, et qu'elle ne se vouait pas, selon ses statuts, par pur idéal à l'étude de questions relatives à l'aménagement du territoire, à la protection de l'environnement ou à la protection des monuments, de la nature et des sites, au sens de l'art. 145 al. 3 LCI, dans la mesure où elle avait pour but la protection des villas et, par-là même, la sauvegarde des droits et des intérêts de ses sociétaires pris en leur qualité de propriétaires. Il a admis partiellement le recours formé par le Département contre cette même décision et rétabli l'autorisation de construire du 2 décembre 2002, dont elle a modifié la condition posée sous chiffre 5 en ce sens que les quatre pavillons autorisés le sont pour une durée de trois ans, dès la fin des travaux.