Citation: 8C_520/2023 E. 7.2.4

7.2.4. C'est dans ce contexte que le docteur C.________ s'est exprimé. Dans un premier avis du 20 mars 2019, celui-ci, se référant à l'IRM du 5 juillet 2017, a rapporté une importante inflammation péri-articulaire chondro-sternale du premier arc droit et conclu à une entorse chondro-sternale de cet arc; il expliquait ne pas voir de lien entre cette lésion et les brachialgies droites, associées à des troubles sensitifs de la main homolatérale et des troubles vasomoteurs, décrits à la consultation de la douleur. Quelques jours plus tard, le 29 mars 2019, il a complété son appréciation en fournissant de nouveaux éléments, "à la lumière de l'entier des documents [...], de la littérature, [de] la relecture de l'iconographie, en particulier de l'IRM dorsale du 5 juillet 2017, [et après] avoir discuté de la situation complexe [...] avec plusieurs collègues de différentes spécialités". Exposant qu'il était difficile de comprendre l'entier de la symptomatologie par une entorse chondro-sternale du premier arc droit, même instable, "l'hypothèse d'une décompensation post-traumatique d'un syndrome du défilé thoracique, à composante neurogène et veineuse", se faisait jour. Il proposait, malgré le contexte psychologique et assécurologique défavorable, une résection de la première côte par voie transaxillaire droite, qui permettrait possiblement de soulager une partie des symptômes. Le docteur C.________, en sa qualité de spécialiste en chirurgie thoracique, a ainsi proposé un nouveau diagnostic, ensuite d'une étude plus approfondie du dossier médical et après consultation de plusieurs confrères spécialisés. Le trouble en question, à savoir un syndrome du défilé thoracique à composante neurogène et veineuse, expliquerait selon lui les symptômes présentés par la recourante, lesquels ne s'expliquent en revanche pas, de l'avis de nombreux médecins, par la seule disjonction chondro-sternale du premier arc droit, mais sont mis sur le compte d'affections dénuées de tout substrat organique. Les premiers juges ne pouvaient donc manifestement pas constater que le docteur C.________ ne faisait pas état d'éléments objectifs expliquant les plaintes de l'assurée. Quand bien même le syndrome du défilé thoracique n'est cité qu'à titre hypothétique et le rapport du 29 mars 2019 est assez sommaire, l'avis du docteur C.________ fait naître, compte tenu des lacunes de l'expertise de SMEX (cf. consid. 7.2.2 supra) et des rapports faisant état d'une composante neurogène (cf. consid. 7.2.3 supra), de très sérieux doutes sur la pertinence des conclusions de l'expertise concernant l'origine et l'ampleur des atteintes thoraciques et au membre supérieur droit, ainsi que la capacité de travail qui en découle. On ajoutera que les experts de SMEX n'ont pas été confrontés aux avis postérieurs à leur expertise, en particulier à l'appréciation du docteur C.________. En vue de lever ces doutes, un complément d'instruction est nécessaire, sous la forme d'une expertise judiciaire, compte tenu par ailleurs des discordances de l'expertise de SMEX mises en évidences au consid. 7.2.2. Etant donné la nature de l'affection évoquée par le docteur C.________ (syndrome du défilé thoracique à composante neurogène et veineuse), l'expertise devra comprendre un volet neurologique et un volet angiologique.