Citation: 4P.225/1999 09.02.2000 E. 1.-

Le jugement déféré ne pouvait pas être attaqué par un recours de droit cantonal. On est donc en présence d'une décision finale prise en dernière instance (art. 87 OJ). Comme l'unique point de cette décision remis en cause devant le Tribunal fédéral porte sur le montant des dépens, autrement dit sur l'application du droit de procédure canto- nal, seule est ouverte, en l'espèce, la voie du recours de droit public, de sorte que la règle de la subsidiarité abso- lue de ce moyen de droit est respectée (art. 84 al. 2 OJ). Les recourants sont touchés personnellement par la décision de la cour cantonale, qui arrête le montant des dé- pens. Le code de procédure civile valaisan a institué la rè- gle de la distraction des dépens, en vertu de laquelle l'avo- cat de la partie qui a obtenu gain de cause est en droit de réclamer directement à la partie qui a été condamnée aux frais le paiement de ses honoraires judiciaires et de ses dé- bours (art. 260 al. 3 CPC val.; voir déjà l'art. 312 aCPC val.). La décision critiquée porte donc atteinte aux droits de Pierre-André Veuthey, si les dépens qu'elle alloue à cet avocat ont été fixés de manière arbitraire. Fasa S.A. est aussi concernée personnellement par cette décision. En effet, la distraction des dépens constitue, juridiquement, une ces- sion légale à l'avocat des droits de son mandant contre la partie adverse; toutefois, cette cession n'intervient qu'en vue de paiement, et non à titre de paiement, si bien que la créance de l'avocat contre son propre client subsiste jusqu'à concurrence de ce qui n'a pas été obtenu de la partie chargée des frais (RVJ 1991 p. 201 consid. 3a in fine et les référen- ces). Fasa S.A. a ainsi intérêt à ce que l'autorité de juge- ment arrête le montant des dépens en respectant les droits constitutionnels des citoyens, car, à ce défaut, elle devra indemniser elle-même son avocat dans la mesure où les dépens alloués à ce dernier ne suffiraient pas à lui assurer une ré- munération convenable de ses services (art. 394 al. 3 CO). D'où il suit que la qualité pour recourir doit être reconnue tant à Fasa S.A. qu'à son avocat (art. 88 OJ; cf. l'arrêt non publié du 8 octobre 1997, dans la cause 4P.156/1997, consid. 1). Interjeté en temps utile (art. 89 al. 1 OJ), dans la forme prévue par la loi (art. 90 al. 1 OJ), le recours est en principe recevable, sous réserve de l'examen des divers griefs articulés par ses auteurs.