Citation: U 147/03 20.01.2005 E. A

E.________, née en 1946, a travaillé en qualité de démarcheuse pour le compte de la société X.________ SA. A ce titre, elle était assurée contre les accidents par la Nationale Suisse Assurances (la Nationale). Le 8 octobre 1997, alors que l'assurée était en train de garer sa voiture, un véhicule l'a percutée par l'arrière. Le même jour, elle s'est rendue au Service des urgences de l'hôpital Y.________, où les médecins ont posé notamment le diagnostic de distorsion de la colonne cervicale, sans présence d'une subluxation, ni d'image de fracture ou de signe indirect de fracture sur les différents segments de la colonne vertébrale (rapports du docteur H.________ des 8 et 24 octobre 1997). La Nationale a pris le cas en charge. Après avoir repris son travail le 11 octobre 1997, l'assurée a donné son congé pour le 30 avril 1998, invoquant des motifs de santé. Le 7 novembre 1997, le docteur D._______, neurochirurgien, a prescrit des séances de physiothérapie en raison de cervicalgies et de lombalgies, après traumatisme de la colonne cervicale avec whiplash-injury et contusion lombaire. Dans une attestation du 10 mars 1998, il a fait état de fatigabilité depuis l'accident. Le docteur D._______ a précisé, le 4 mai 1998, que l'examen avait révélé un syndrome vertébral cervical, sans signes radiculaires ou des voies nerveuses longues. De son côté, la doctoresse T.________, spécialiste en maladies rhumatismales, a relevé, dans un rapport du 24 juillet 1998, que le traitement médicamenteux avait amélioré l'état de santé et qu'un traitement de médecine manuelle serait nécessaire. A son avis, l'assurée avait certainement fait une réaction avec dépression agitée. Le 7 décembre 1998, la doctoresse T.________ a ajouté que la situation s'était améliorée grâce à la physiothérapie et au repos; l'évolution était toutefois en dents de scie. Elle a attesté une incapacité de travail du 26 juin au 12 août 1998. Quant au docteur N.________, spécialiste en neurologie, il a diagnostiqué, dans un rapport du 2 février 1999, des cervicalgies post-traumatiques. Selon ce médecin, la patiente a été victime d'un coup du lapin, le 8 octobre 1997, qui a entraîné des cervicalgies persistantes compliquées par un état dépressif. L'examen a révélé un syndrome vertébral cervical modéré sans signes d'atteinte radiculaire ou médullaire. De plus, le docteur N.________ a indiqué que des facteurs non liés à l'accident entretenaient la douleur chronique. Mandaté par la Nationale pour effectuer une expertise, le docteur J.________, spécialiste en médecine interne et rhumatologie, a déposé son rapport le 20 décembre 1999. En ce qui concerne les plaintes de l'assurée, l'expert a mis en évidence une douleur cervicale à la base du crâne, plutôt droite, survenant lors de certains mouvements de rotation vers la droite, dans un angle bien précis, ou après une position prolongée de la nuque en flexion antérieure. Cette cervicalgie irradiait vers le moignon de l'épaule droite et vers la pointe de l'omoplate du même côté. Le docteur J.________ a également noté que l'assurée se plaignait de céphalées survenant sans événement déclenchant particulier, le plus souvent occipito-temporales bilatérales qui remontaient vers le sommet du crâne depuis la base des mastoïdes. Ces céphalées survenaient surtout la nuit et présentaient souvent un caractère pulsatile. L'expert a précisé que la patiente ne voulait pas prendre de médicament contre ces douleurs, craignant de ne pas être apte à la conduite d'un véhicule. Enfin, l'expert a relevé que cette symptomatologie douloureuse s'inscrivait dans un contexte de fatigue chronique, doublée de la présence de plusieurs symptômes subjectifs tels qu'insomnie, céphalées de tension, manque d'entrain, perte d'envie d'entreprendre et difficultés de concentration. Selon le docteur J.________, l'examen neurologique et l'IRM n'ont mis en évidence aucune séquelle anatomique consécutive à l'accident et il n'existe pas d'explication objective à la présence des douleurs cervicales. En conséquence, ce médecin a posé le diagnostic de cervicalgies chroniques comme syndrome douloureux somatoforme persistant, en précisant que ses constatations objectives expliquaient les plaintes de l'assurée. L'expert a également attesté la présence d'un état anxio-dépressif postérieur à l'accident. Il a toutefois ajouté que si l'accident avait pu jouer un rôle momentané dans l'état dépressif, il n'existait plus aucune relation de causalité naturelle entre cet état dépressif et l'événement accidentel. L'accident ne saurait expliquer à lui seul la persistance de la pathologie douloureuse rachidienne. Quant à l'incapacité de travail, le docteur J.________ l'a fixée à 25 % jusqu'au jour de son expertise. Par décision du 15 mai 2000, la Nationale a mis fin à la prise en charge du traitement médical au 31 décembre 1999 et au versement des indemnités journalières au 20 septembre 1999. Elle a par ailleurs nié le droit de l'assurée à une rente d'invalidité et à une indemnité pour atteinte à l'intégrité. Par décision sur opposition du 4 décembre 2000, la Nationale a confirmé sa position.