Citation: 1C_406/2015 E. 3.3

3.3. En l'espèce, le Tribunal administratif fédéral a considéré que le court laps de temps séparant la déclaration commune (le 3 mai 2010), l'octroi de la naturalisation facilitée (le 9 juin 2010), le dépôt d'une requête commune de divorce (le 23 février 2011) et le jugement de divorce (le 23 mai 2011) était de nature à fonder la présomption que cette naturalisation avait été acquise au moyen de déclarations mensongères, respectivement en dissimulant des faits essentiels. En l'occurrence, la présomption de fait n'est pas discutée par la recourante et elle peut effectivement se fonder sur un enchaînement chronologique relativement rapide des événements, en particulier la séparation définitive des époux intervenue quelques mois après l'octroi de la naturalisation (cf. notamment arrêts du Tribunal fédéral 1C_796/ 2013 du 13 mars 2014 consid. 3.2 et 1C_172/2012 du 11 mai 2012 consid. 2.3). Pour les premiers juges, les allégations contradictoires tenues par la recourante dans le cadre de la procédure d'annulation de sa naturalisation facilitée corroboraient la présomption établie. L'instance précédente relevait notamment que, dans ses déterminations du 19 août 2013, la recourante avait expliqué que la communauté conjugale qu'elle formait avec son époux s'était "peu à peu dégradée à la fin de l'année 2010" sans mentionner toutefois le fait que sa rencontre avec un autre homme - qui s'était installé dans son appartement - était à l'origine de leur séparation. L'instance précédente relevait également que ce n'était qu'ultérieurement qu'elle avait donné l'identité de cet homme (C.________), en exposant "l'avoir connu aux Etats-Unis par l'intermédiaire de son beau-frère à fin 2010" (cf. courrier du 22 mai 2014), alors qu'il ressortait clairement du dossier que le prénommé avait emménagé dans l'appartement de la recourante à Pully en août 2010 (cf. attestation de résidence de la ville de Pully du 11 juin 2014). Sur ce point, la recourante critique en vain avoir tenu des propos contradictoires. On ne saurait en particulier la suivre lorsqu'elle prétend avoir cru que l'ODM l'interrogeait au sujet du début de sa relation avec cet ami qu'elle situait fin 2010. La question posée par l'ODM ne prêtait pas à confusion et sa réponse - telle qu'elle est formulée - ne peut être interprétée dans le sens voulu par l'intéressée. Quoi qu'en pense cette dernière, l'instance précédente pouvait, sans violer le droit fédéral, tenir compte de ces explications contradictoires dans son appréciation. Conformément à la jurisprudence précitée, il convient à présent d'examiner si la recourante est parvenue à renverser cette présomption en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugale, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune.