Citation: 4A_34/2016 E. B

B.a. Le 6 octobre 2011, X.________ a déposé une requête d'arbitrage, dirigée contre B.________ et Y.________, auprès de la Cour internationale d'arbitrage de la CCI. Elle alléguait que B.________ avait violé ses obligations de livraison de gaz au regard tant du GSPA que du Tripartite Agreementet qu'elle avait indûment mis fin aux deux contrats. S'agissant de ses prétentions dérivant du contrat de fourniture, la demanderesse déduisait la compétence du Tribunal arbitral de l'art. 14.9 de l'annexe 1 audit contrat et, subsidiairement, de l'art. 9 du contrat tripartite; pour ses créances découlant de ce contrat, elle fondait la compétence des arbitres sur cette dernière disposition. X.________ a demandé au Tribunal arbitral de constater que la responsabilité des dommages subis par Y.________ incombait exclusivement à B.________, elle-même n'y étant pour rien. Assignée comme défenderesse dans cette procédure, Y.________ a saisi cette occasion pour formuler des conclusions reconventionnelles à l'encontre de B.________, estimant pouvoir les soumettre au Tribunal arbitral en application de l'art. 9 du contrat tripartite. Au titre de l'indemnisation du dommage subi par elles, X.________ et Y.________ ont réclamé à B.________ le paiement d'une somme approchant les six milliards de dollars. A l'appui de ses conclusions libératoires, B.________ a notamment excipé d'emblée de l'incompétence du Tribunal arbitral CCI pour connaître des demandes de X.________ aussi bien sur la base du contrat de fourniture que sur celle du contrat tripartite. Le 5 avril 2012, la Cour internationale d'arbitrage de la CCI a désigné trois arbitres. Le siège de l'arbitrage a été fixé à Genève. Après avoir instruit la cause, le Tribunal arbitral a clos la procédure le 3 novembre 2015 avant de rendre, le 4 décembre 2015, une sentence de 469 pages. En substance, s'agissant tout d'abord des prétentions de X.________, le Tribunal arbitral a exclu sa compétence dans la mesure où ces prétentions découlaient du contrat de fourniture ( GSPA claims; ch. 1 du dispositif), mais l'a admise en tant qu'elles se fondaient sur le contrat tripartite ( Tripartite Agreement Claims; ch. 2 du dispositif). Déclarant ces prétentions-ci recevables et exécutoires (ch. 3 du dispositif), puis constatant que B.________ avait violé le contrat tripartite en n'exécutant pas son obligation de livrer régulièrement la marchandise ( Tripartite Delivery Breaches) et en mettant fin à ce contrat de manière injustifiée ( Tripartite Repudiatory Breach) (ch. 4 du dispositif), le Tribunal arbitral a constaté que cette seconde infraction au contrat autorisait X.________ à résilier le Tripartite Agreementet à réclamer une pleine indemnisation de ce chef (ch. 5 du dispositif). Sur la base de ces prémisses, il a condamné B.________ à payer à X.________ la somme de 230'935'579 USD à titre de réparation du dommage lié au Tripartite Repudiatory Breachet le montant de 57'357'135 USD à titre d'indemnité pour les Tripartite Delivery Breaches (ch. 6 du dispositif), intérêts en sus (ch. 7 du dispositif). Quant aux prétentions de Y.________, le Tribunal arbitral s'est déclaré compétent pour en connaître, sur le fondement du contrat tripartite (ch. 8 du dispositif), puis les a jugées recevables et exécutoires (ch. 9 du dispositif). Constatant la violation par B.________ dudit contrat ainsi que les Tripartite Delivery Breacheset le Tripartite Repudiatory Breach imputables à cette partie (ch. 10 du dispositif), de même que la validité de la résiliation consécutive du contrat par Y.________ (ch. 11 du dispositif), il a condamné B.________ à payer à cette dernière les montants de 1'650'564'941 USD, au titre du Tripartite Repudiatory Breach, et de 113'092'525 USD, du chef des Tripartite Delivery Breaches (ch. 12 du dispositif), le tout augmenté des intérêts y afférents (ch. 13 du dispositif). Le Tribunal arbitral a encore statué sur le sort des frais et dépens de la procédure d'arbitrage (ch. 14 à 16 du dispositif). Enfin, il a rejeté toutes les autres conclusions des parties (ch. 17 du dispositif). Les motifs sur lesquels repose cette sentence seront indiqués plus loin dans la mesure utile à la compréhension des griefs formulés par les recourantes. En date du 15 mars 2016, le Tribunal arbitral a rendu une décision au terme de laquelle il a rejeté les requêtes de B.________ et de Y.________ tendant à la correction de ladite sentence ainsi qu'une demande de X.________ visant à l'allocation de dépens pour la procédure y relative.