Citation: 5A_724/2024 E. 4.2

4.2. En substance, la cour cantonale a retenu que la mère de l'enfant avait déclaré lors de son audition par-devant l'APEA que bien que les relations entre elle et le père biologique n'étaient pas idéales actuellement, ils arrivaient à communiquer s'agissant de l'enfant, ce que le père biologique avait confirmé. Une requête en institution d'une curatelle avait par ailleurs été déposée en date du 6 décembre 2021 à la suite de discordances entre le père biologique et la mère de l'enfant s'agissant des décisions relatives à l'enfant et il n'était pas exclu qu'une telle curatelle soit instaurée, respectivement maintenue suite à l'action en désaveu de paternité. Il ressortait également du dossier qu'au contraire du père juridique, le patrimoine du père biologique, que ce dernier estimait à 344'457 euros net et qui se composait de deux biens immobiliers, renforçait les expectatives successorales de l'enfant; de plus, le revenu mensuel du père biologique de 8'821 fr. 05 lui permettait dans une large mesure de subvenir aux besoins de l'enfant. À cela s'ajoutait que le père biologique montrait de l'intérêt pour l'enfant. Pendant la grossesse, il s'était manifesté; lui et la mère s'étaient vus à plusieurs reprises, avaient échangé des messages et avaient fait des sorties. Il avait également annoncé la grossesse à ses parents à la suite des premières échographies, conclu une assurance-maladie relative à la grossesse et tenté d'entreprendre des démarches dans le but de devenir le père juridique. S'agissant du droit de l'enfant à connaître ses origines, la cour cantonale a considéré que vu son très jeune âge, il était particulièrement important que l'enfant puisse forger pleinement son identité en référence à son lien d'origine, raison pour laquelle une clarification des rôles s'agissant de ses deux figures paternelles, bien que les deux aimantes, paraissait indispensable pour sa construction identitaire. Elle a jugé que le risque que l'enfant ne voie plus son père juridique actuel ne permettait pas de refuser la nomination d'un curateur. À cet égard, elle a reconnu l'importance du lien qui unissait le père juridique à l'enfant, précisant que le rapport d'évaluation sociale mentionnait que le premier présentait pour le second une figure de stabilité et qu'ils devraient avoir la possibilité de continuer à se voir. Cela étant, elle a considéré que le père biologique était particulièrement réticent à ce qu'il soit donné un droit de visite au père juridique, il n'avançait toutefois pas être réticent à tout contact. Aussi, le risque de rupture des relations personnelles entre le père juridique et l'enfant semblait faible, notamment car le père biologique ne serait pas en mesure d'empêcher la mère de l'enfant, détentrice de l'autorité parentale, de maintenir une relation. De même, le père biologique serait toujours en mesure de prétendre à ce que les relations personnelles entre lui et l'enfant soient maintenues, notamment sur la base de l'art. 274a CC. La cour cantonale a en outre retenu que le père biologique entretenait des contacts réguliers avec l'enfant, et ce depuis plusieurs années. Selon les déclarations de la mère, il se rendait tous les jours après le travail à son domicile pour voir l'enfant. De même, il était possible qu'il vienne parfois les week-ends. S'il le voyait moins souvent actuellement, c'était parce que la mère lui avait demandé de ne plus venir chez elle depuis fin septembre 2023, ce que le père biologique respectait. Celui-ci avait indiqué dans son courrier du 17 octobre 2023 que rencontrer son fils sur le palier de l'appartement de sa mère était particulièrement inconfortable pour lui. Toutefois, il s'accommodait de cet inconfort pour le bien de l'enfant. Selon la cour cantonale, le père biologique tentait de trouver des solutions, respectivement de fournir des efforts dans le but de voir son fils, bien que la mère lui avait interdit de rentrer dans son appartement. Il ne pouvait pas être retenu en sa défaveur le fait qu'il n'était plus en mesure de voir son enfant autant qu'il le souhaitait. Finalement, la mère avait déclaré, au sujet des relations entre le père biologique et l'enfant, qu'il était important selon elle qu'ils puissent continuer à se voir régulièrement et qu'à son avis, l'enfant avait du plaisir quand il voyait son père biologique. La cour cantonale a ainsi retenu qu'au vu de ces déclarations et du rapport de l'APEA, les relations entre l'enfant et son père biologique se déroulaient bien.