Citation: 2A.6/2002 23.05.2002 E. 1

3.3 Le recourant ne critique pas l'arrêt attaqué dans la mesure où il traite d'une autorisation d'établissement. Seule est donc litigieuse la question de la prolongation de l'autorisation de séjour de l'intéressé, ce dernier contestant l'existence d'un abus de droit. Il ressort du dossier que les époux X.________ n'ont vécu ensemble que pendant une période très brève: environ quatre mois dont un avant leur mariage. De plus, leur vie commune éphémère a été émaillée de disputes parfois très violentes. Depuis leur séparation, qui remonte au mois d'avril 1998, les époux X.________ n'ont plus jamais fait ménage commun; en revanche, la femme du recourant a mené une vie affective instable, ponctuée de nombreuses liaisons. Contrairement à ce que pense le recourant, les considérations émises dans le jugement du Tribunal civil du 2 juin 1999 ne sont pas déterminantes en l'espèce. En effet, plus de deux ans se sont écoulés entre le moment où le Tribunal civil a constaté que l'intéressé ne semblait pas souhaiter le maintien des liens conjugaux uniquement pour des questions administratives et le moment où le Tribunal administratif a rendu l'arrêt attaqué. En réalité, l'autorité intimée a tenu compte à juste titre des circonstances qui existaient quand elle a statué. Or, il résultait de la situation prévalant alors que le mariage des époux X.________ n'avait qu'une existence purement formelle. Certes, en septembre 2001, la femme du recourant a écrit plusieurs lettres (cf. courriers adressés le 2 septembre 2001 à son mari et le 26 septembre 2001 au Tribunal administratif) dans lesquelles elle a notamment fait état de son amour pour son mari et de la volonté du couple X.________ de reprendre la vie commune - comme elle l'a d'ailleurs écrit à l'attention du Tribunal fédéral le 17 décembre 2001. Cependant, il y a lieu d'apprécier ces déclarations avec la plus grande circonspection, comme l'a fait l'autorité intimée. D'une part, les sentiments et intentions ressortant des lettres précitées de la femme du recourant contrastent singulièrement avec son attitude antérieure. En effet, elle a ouvert action en divorce et, n'ayant pas obtenu gain de cause devant le Tribunal civil, elle a recouru sans succès à la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud. En outre, elle a multiplié des liaisons qui témoignent peut-être d'une instabilité affective, voire de troubles plus graves, mais qui pouvaient seulement contribuer à l'éloigner encore de son mari. Par ailleurs, le 11 mai 2000, elle écrivait à la Caisse cantonale vaudoise de chômage que le recourant s'était marié pour obtenir une autorisation de travail; elle prétendait avoir été humiliée et salie par lui, qu'elle présentait comme ambitieux, avare, malin, menteur et manipulateur. Cela rend particulièrement suspectes les lettres susmentionnées datant de septembre 2001 qui, rédigées durant la procédure de recours cantonale, pourraient avoir été écrites pour les besoins de la cause. D'autre part, l'intention manifestée dans ces lettres de reprendre la vie commune n'a pas été concrétisée par la suite. Quand le Tribunal administratif a statué, les époux X.________ étaient séparés depuis plus de trois ans et demi et ils n'avaient pris aucune disposition pour se remettre en ménage - et rien ne permet de penser que cette situation a changé depuis lors. D'ailleurs, la convention de suspension de la vie commune qu'ils avaient conclue en février 2000 n'avait pas été rapportée, ce qui suffit au demeurant à expliquer que l'intéressé ait continué à verser une pension mensuelle de 200 fr. à sa femme. Ainsi, les déclarations faites en septembre 2001 par la femme du recourant n'ont que peu de poids face à l'ensemble des indices concordants montrant que le mariage des époux X.________ n'est plus qu'une union formelle. De plus, le Tribunal administratif a aussi retenu que les conjoints, donc également le recourant, n'avaient rien entrepris pour surmonter leurs difficultés. Dès lors, il faut admettre que le recourant commet un abus de droit en invoquant son mariage avec une Suissesse pour obtenir la prolongation de son autorisation de séjour. Le Tribunal administratif n'a donc pas violé le droit fédéral ni, plus particulièrement, abusé de son pouvoir d'appréciation en rendant l'arrêt attaqué.