Citation: 4P.33/2004 22.06.2004 E. 6

6.1 De façon générale, la recourante soutient qu'en réalité la convention d'entretien passée lors de l'achat des extincteurs n'a pas pris fin, qu'elle a été reprise par l'intimée et que, s'agissant d'un contrat de durée, elle doit être soumise aux règles du mandat. Le délai de prescription serait par conséquent de dix ans. Dans le cadre du recours de droit public, la recourante fait valoir que l'arrêt attaqué repose sur deux constatations de fait arbitraires: la rupture du rapport contractuel noué antérieurement avec A.________ ainsi que le caractère ponctuel de la vérification des appareils lors de la visite du 20 octobre 1995. 6.2 La détermination de la réelle et commune intention des parties par voie d'interprétation, selon l'art. 18 al. 1 CO, ne constitue pas une question de droit pouvant être remise en cause dans un recours en réforme (ATF 129 III 118 consid. 2.5; 126 III 25 consid. 3c). C'est donc à juste titre que la recourante agit par la voie subsidiaire du recours de droit public pour se plaindre des constatations de la cour cantonale sur son intention et celle de l'intimée, le contenu de leurs manifestations de volonté respectives et les circonstances dans lesquelles celles-ci ont été émises (ATF 126 III 375 consid. 2e/aa; 124 III 363 consid. 5a; 123 III 165 consid. 3a). La recourante invoque les déclarations de l'administrateur de l'intimée selon lesquelles sa société aurait repris le contrat oral conclu initialement avec A.________, en se référant à la carte client de la SNC qui indique les dates de contrôle des extincteurs. Les propos relatés, s'ils vont effectivement dans le sens de la thèse soutenue par la recourante, ne se concilient cependant pas avec les constatations de la cour cantonale relatives au déroulement effectif des relations entre les plaideurs, selon lesquelles les appareils litigieux n'ont subi aucune réfection entre 1990 et 1995, ce que l'examen de la carte client de la recourante confirme. Les déclarations de l'administrateur de l'intimée ne contredisent pas non plus le fait que l'intimée n'a pas effectué de recherche particulière pour retrouver le garage de la recourante, qui, de son côté, ne prétend pas s'être souciée d'une façon ou d'une autre de transmettre sa nouvelle adresse soit à A.________, soit à l'intimée. Enfin, l'achat de nouveaux extincteurs d'une autre marque pour le garage ne s'explique guère dans l'hypothèse du maintien des relations contractuelles nouées avec A.________. Dans ces conditions, il n'apparaît pas que la cour cantonale ait versé dans l'arbitraire en retenant que la vérification des extincteurs, le 20 octobre 1995, ne s'inscrivait pas dans un rapport contractuel durable mais avait un caractère ponctuel.