Citation: 4A_478/2015 E. A

Par contrat du 18 août 2010, H.X.________ et F.X.________ (ci-après: les bailleurs) ont remis à bail à Y.________ et Z.________ (ci-après: les locataires) une villa de neuf pièces et demie, située à.... Conclu initialement du 15 août 2010 au 31 juillet 2011, le bail se renouvelait ensuite tacitement d'année en année, sauf avis de résiliation notifié au moins quatre mois à l'avance. Le loyer mensuel net s'élevait à 9'000 fr. A.________ AG (ci-après: A.________), dont le siège est à Opfikon (ZH), a pour but le transport, le déménagement et la mise en dépôt de matériel. Elle dispose à Genève d'une succursale, dont le directeur est B.________, au bénéfice de la signature individuelle. Le 25 mars 2012, les locataires ont signé une procuration en faveur de A.________, autorisant cette société à "s'occuper de toutes les activités et services liés à [leur] relocation". Par lettre recommandée du 26 mars 2012 sur papier à en-tête de la société, A.________ a résilié le bail pour le 31 juillet 2012 au nom des locataires, en précisant que ceux-ci allaient quitter la Suisse. La procuration du 25 mars 2012 était jointe au courrier, lequel portait la signature de C.________ en qualité d'"Account Manager" et indiquait l'adresse électronique de la signataire ("xxx.com"). Des courriels ont été échangés entre H.X.________ et C.________. Ainsi, le 4 avril 2012, le premier a fait savoir à la seconde qu'il n'avait reçu aucun avis de retrait d'un pli recommandé envoyé le 28 mars 2012 et que la guichetière de la poste n'avait rien trouvé. Le même jour, C.________ a envoyé à H.X.________ le suivi "Track & Trace" de l'envoi n°...; il ressort de ce document qu'une lettre recommandée a été déposée le 28 mars 2012 à 10 h 22 à l'office postal de Genève La Praille, qu'elle est arrivée à l'office postal d'Yverdon-les-Bains le 29 mars 2012 à 7 h 54 et que le destinataire a été avisé le même jour à 10 h 20, avant que le courrier ne soit réacheminé à l'office postal d'Yverdon-les-Bains à 15 h 22. H.X.________ a répondu immédiatement qu'il retournerait à la poste le lendemain, ce qu'il a dû effectivement faire puisqu'il a reconnu par la suite avoir reçu la résiliation le 5 avril 2012. Toujours par voie électronique, H.X.________ a indiqué à C.________, le 1 er mai 2012, qu'un congé pouvait certes être le fait d'un représentant, mais qu'en l'occurrence, elle ne disposait pas du droit de signer au nom de A.________ et que la procuration du 25 mars 2012 ne donnait pas le pouvoir de résilier un bail. Par lettre du 11 juin 2012, le bailleur a informé A.________ que la réception de la résiliation en date du 5 avril 2012 reportait l'échéance du bail d'un an, soit au 31 juillet 2013. Il ajoutait qu'il ne pouvait pas considérer qu'une résiliation, même anticipée, avait été donnée valablement aussi longtemps qu'il n'était pas en possession de la preuve des pouvoirs de C.________ et d'une procuration des intimés autorisant A.________ à résilier le bail. Dans une nouvelle procuration en faveur de A.________ datée du 27 juin 2012, les locataires précisaient que la résiliation du 26 mars 2012 était intervenue conformément à leurs instructions. Pour sa part, B.________ a attesté, dans une lettre du 17 juillet 2012 adressée au recourant, qu'il avait expressément autorisé C.________ à rédiger et à signer la lettre de résiliation du 26 mars 2012. Par courriel du 26 juillet 2012, Me Laurent Strawson a adressé à H.X.________ les lignes suivantes: "Monsieur, Vous trouverez en pièce jointe la procuration attestant des pouvoirs de Madame C.________, conférés par A.________ AG. Je joins également les procurations attestant des pouvoirs de A.________ AG, respectivement de mes pouvoirs, conférés par Monsieur Y.________ et Madame Z.________. (...) " Seules les deux dernières procurations citées figurent sous la rubrique "pièces jointes" du courriel. L'état des lieux de sortie a eu lieu le 27 juillet 2012. La villa a été relouée à partir du 1 er octobre 2012.