Citation: U 154/02 17.03.2003 E. 6

6.1 Enfin, dès lors que l'appréciation médiale du docteur D.________ était propre, comme on l'a vu (cf. consid. 5.1), à emporter la conviction des premiers juges et, partant, à rendre superflue l'administration d'autres preuves, l'autorité cantonale de recours n'a pas, contrairement à ce qu'invoque le recourant à l'appui de son écriture, violé son obligation d'administrer les preuves au sens de l'art. 108 let. c LAA. En effet, selon la jurisprudence, le juge peut renoncer à un complément d'instruction, sans violer le droit d'être entendu de l'assuré découlant de l'art. 29 al. 2 Cst., s'il est convaincu, en se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves fournies, par les investigations auxquelles il doit procéder d'office, que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation (appréciation anticipée des preuves; Kieser, Das Verwaltungsverfahren in der Sozialversicherung, p. 212, n° 450; Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd., p. 39, n° 111 et p. 117, n° 320; Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2e éd., p. 274; cf. aussi ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 consid. 3c, 120 Ib 229 consid. 2b, 119 V 344 consid. 3c et la référence). A cet égard, le recourant se limite à affirmer que les premiers juges auraient été tenus d'entendre des témoins «qui auraient dû être en tout cas les médecins-dentistes traitants», voire ordonner une expertise. Il n'indique toutefois pas en quoi l'audition de ces témoins aurait permis à l'autorité cantonale de modifier son appréciation fondée sur l'ensemble des preuves à disposition. Singulièrement, le recourant ne rend pas vraisemblable - ni n'allègue au demeurant - que ses médecins traitants ne partageaient pas l'avis de l'intimée ou du médecin-dentiste de confiance de cette dernière quant au caractère adéquat ou non des traitements proposés en 1987 ou quant à la cause des problèmes dentaires apparus en automne 1999. Dans la mesure où l'avis médical du docteur D.________ est convaincant et n'est contredit par aucun élément de fait du dossier, ni par aucun moyen de preuve que le recourant aurait eu le loisir de produire, les premiers juges étaient en droit de ne pas procéder à l'administration d'autres preuves. Le moyen tiré de la violation de l'art. 108 let. c LAA doit donc être rejeté. 6.2 Il en va de même de celui fondé sur la violation du droit d'être entendu du recourant qui se plaint laconiquement de ce que «les parties n'ont pas été convoquées à des débats». A cet égard, on constate que le recourant a eu largement la possibilité de s'expliquer par écrit dans la procédure cantonale (recours et réplique). Une audition personnelle des parties ne se justifie, quant à elle, que si elle est de nature à permettre au tribunal de fonder ou d'étayer sa décision (RAMA 1996 n° U 246 p. 167 consid. 6 c/bb; cf. ATF 127 V 494 consid. 1b). Or, on ne voit pas - et le recourant n'allègue rien à ce sujet - dans quelle mesure sa comparution personnelle ou celle de l'intimée aurait pu pu influencer directement sur la formation de la décision des premiers juges, de sorte que l'on ne saurait retenir une violation de son droit d'être entendu tel qu'il est protégé par l'art. 29 al. 2 Cst (ATF 124 V 181 consid. 1a), une telle mesure probatoire s'avérant superflue au regard de l'appréciation anticipée des preuves (ATF 122 V 162 consid. 1d et 2 et les références). Par ailleurs, sous l'angle de la publicité des débats, la simple offre de preuve par l'audition de témoins figurant dans le recours interjeté par A.________ devant l'instance cantonale n'équivaut pas à une demande de débats publics au sens de l'art. 6 para. 1 de la Convention européenne des Droits de l'Homme (ATF 125 V 38 consid. 2; Jean-Maurice Frésard, L'applicabilité de l'art. 6 [para] 1 CEDH au contentieux de l'assurance sociale et ses conséquences sous l'angle du principe de la publicité des débats, RSA 1994 p. 194 et ss.).