Citation: 2P.256/2005 10.03.2006 E. 1

Ce faisant, la recourante se contente pour l'essentiel d'opposer son appréciation des preuves à celle de la cour cantonale, sans démontrer le caractère arbitraire de cette dernière appréciation. Il ne suffit pas en effet d'affirmer, en se fondant sur les mêmes déclarations que celles appréciées par les juges cantonaux, qu'il aurait fallu admettre le caractère inadéquat de son comportement au moment des faits. Dans la mesure où le recours est recevable sur ce point, il faut observer que la recourante, outre les conclusions opposées qu'elle tire des témoignages E.________ et F.________, estime sans valeur les témoignages des personnes qui l'ont reçue le 8 juillet 2003, du simple fait que celles-ci auraient exercé sur elle des pressions inadmissibles et auraient eu un intérêt à ce que le litige soit résolu dans un sens favorable aux HUG. Or, la cour cantonale ne s'est pas fondée, quant à la question du discernement, sur les témoignages des supérieures hiérarchiques de la recourante. Elle a en revanche tenu compte, en plus des témoignages des médecins E.________ et F.________, des déclarations de C.________, qui s'était rendue au domicile de l'intéressée le 7 juillet, avant de participer à l'entrevue du 8 juillet 2003. Les juges cantonaux ont relevé à cet égard que ce dernier témoin était aussi une professionnelle de la santé et pouvait donc se rendre compte de l'état de la recourante, puisqu'elle était infirmière, responsable des infirmières de santé publique du personnel des HUG, et présidente du GRAAL, soit le groupe de réflexion et d'action en matière d'alcoolisme au sein des HUG. La cour cantonale n'a toutefois pas retenu que les témoins, dont l'objectivité est mise en doute par la recourante, aient exercé des pressions sur elle. Quoi qu'il en soit, rien de tel n'est établi en ce qui concerne le témoin C.________ qui était aussi présente lorsqu'elle a signé sa lettre de démission. Il y a lieu enfin de relever que, même en admettant, sur la base des témoignages, que le comportement de la recourante était "inadéquat" en juillet 2003, cela n'établit pas encore qu'elle ait été, le 8 juillet 2003, incapable de discernement au sens de l'art. 16 CC. Cette notion comporte en effet deux éléments: un élément intellectuel, soit la capacité d'apprécier le sens, l'opportunité et les résultats d'un acte déterminé, et un élément volontaire ou caractériel, soit la faculté d'agir en fonction de cette compréhension raisonnable, selon sa libre volonté (ATF 124 III 5 consid. 1a p. 8; 117 II 231 consid. 2a p. 232 ). Or, ces conditions ne sont pas réalisées dans le cas de la recourante. Le fait qu'elle ait été traitée pour son alcoolisme quelques années auparavant et qu'elle ait probablement connu des rechutes non annoncées à son employeur n'obligeait pas les premiers juges à retenir qu'elle se soit trouvée dans un état d'ivresse de nature à provoquer une incapacité de discernement au sens de l'art. 16 CC. Par conséquent, dans la mesure où il est recevable sur ce point, le recours doit être rejeté.