Citation: 2C_440/2020 E. 9.2

9.2. En l'occurrence, il y a lieu de confirmer la proportionnalité de la mesure pour les raisons exposées par l'instance précédente, auxquelles il est renvoyé (art. 109 al. 3 LTF). Elle a en particulier dûment pris en considération la durée de la peine de prison de 24 mois prononcée, les nombreux antécédents pénaux, la gravité des infractions commises et le fait qu'en dépit des sursis et des occasions qui lui ont été offertes de s'amender, le recourant a persévéré dans ses agissements délictueux. Elle a également pris en compte à juste titre l'intégration en Suisse du recourant, qu'elle a qualifiée de quasi inexistante, ainsi que sa situation économique défavorable. Le Tribunal cantonal a correctement exposé que l'amélioration tardive du comportement du recourant ne saurait être déterminante et que durant la période d'exécution de la peine, il est de toutes les façons attendu d'un délinquant qu'il se comporte de manière adéquate (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128 et les références). Par ailleurs, il ressort de l'arrêt attaqué que, contrairement à ce que laisse entendre le recourant, son comportement durant la mesure institutionnelle n'a pas été irréprochable. Enfin, si la toxicomanie de celui-ci semble avoir joué un rôle dans son parcours pénal et professionnel, elle ne saurait le décharger de toute responsabilité. Sur le plan des intérêts privé et contrairement à ce que soutient le recourant, le Tribunal cantonal a pris en compte la longue durée de son séjour en Suisse (plus de 20 ans), en relevant à bon droit que ce seul élément ne saurait être décisif. Sur ce point, il relève correctement que la révocation de l'autorisation d'établissement d'un étranger même né et élevé en Suisse (un étranger dit de la deuxième génération) n'est pas exclue, en cas d'infractions très graves et de récidive (cf. arrêt 2C_746/2019 du 11 mars 2020 consid. 6.1). Il n'a pas non plus négligé la présence de membres de sa famille (mère, frères et soeurs) dans ce pays, ainsi que celle de ses enfants. A cet égard, il ressort de l'arrêt attaqué que l'existence d'un lien affectif particulièrement fort avec ses enfants, dont il n'a pas la garde, n'est pas établie et qu'il n'a jamais contribué économiquement à leurs besoins. Par ailleurs, le recourant pourra maintenir des liens avec sa famille restée en Suisse par le biais des moyens de télécommunications modernes. De plus, le Maroc n'est pas très éloigné de la Suisse et il est envisageable pour le recourant ou les membres de sa famille de faire le voyage. Une possible augmentation du prix du billet d'avion en raison de la crise sanitaire (Covid-19) ne rend pas impossible un tel déplacement et le recourant n'établit pas que ce prix serait pour l'heure prohibitif. De plus, le Tribunal cantonal a pris en compte la possibilité pour le recourant de faire soigner son addiction au Maroc. Le recourant ne démontre pas que le suivi thérapeutique léger dont il fait état ne pourrait pas être réalisé dans ce pays. Par ailleurs, une meilleure prise en charge en Suisse ou une situation plus favorable au recourant dans ce pays, notamment sur le plan économique, en raison de la perception de prestations de l'assurance-invalidité, ne sauraient justifier un droit à séjourner en Suisse et contrebalancer l'intérêt public important à le renvoyer de ce pays. En dépit, de difficultés indéniables, un retour au Maroc est exigible du recourant qui est encore jeune et qui pourra éventuellement disposer du soutien des membres de sa famille restés en Suisse. Le recourant reproche également à l'autorité précédente de ne pas avoir pris en compte la suppression de sa rente en cas de retour au Maroc, ainsi que son incapacité de travail. Il y voit une violation de son droit d'être entendu, sans toutefois expliquer en quoi de manière détaillée ce droit aurait été violé. Son grief ne remplit ainsi pas les conditions de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 5). Au demeurant, le recourant n'indique pas qu'il aurait fait valoir son incapacité de travail ou la perte de sa rente devant l'autorité précédente et celle-ci pouvait retenir de manière implicite, en respectant le droit d'être entendu, que ces éléments ne s'opposaient pas à son renvoi de Suisse (cf. 2C_653/2019 du 12 novembre 2019 consid. 3.1 et références). Par ailleurs, le recourant se contente sur ce point de se référer à sa rente d'invalidité, mais sans aucunement étayer la nature et l'ampleur de l'incapacité de travail qui le frapperait. Enfin, il ne prétend pas que le système de sécurité sociale au Maroc ne pourrait pas le prendre en charge.