Citation: 5P.21/2007 31.05.2007 E. 3

Le recourant se plaint d'arbitraire dans la constatation des faits et l'appréciation des preuves. Il critique successivement les constatations portant sur la rupture définitive du lien conjugal et sa capacité de travail. 3.1 En matière d'appréciation des preuves et de constatation des faits, il n'y a arbitraire que si l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, si elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément ou encore si elle procède à des déductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 et les références). 3.2 En l'espèce, en tant qu'il se plaint d'une appréciation arbitraire des preuves en reprochant à la cour cantonale d'avoir déduit d'un courrier du mandataire de l'intimée qu'il n'y avait plus de perspectives de reprendre une vie commune, son grief est irrecevable car il ne s'en prend pas à la motivation de la cour cantonale. Celle-ci a tiré cette constatation non seulement de ce courrier, mais encore du fait que l'épouse, au cours de la procédure, a constamment invoqué la possibilité pour le recourant, de reprendre une activité lucrative pour s'opposer à l'octroi de toute contribution d'entretien. Les magistrats cantonaux en ont déduit la volonté de celle-ci de se placer sur le terrain d'une séparation définitive. En s'abstenant d'expliquer en quoi cette déduction était arbitraire et de démontrer le caractère insoutenable du raisonnement de l'autorité cantonale, le recourant ne se conforme pas aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. consid. 1.3 supra), ce qui rend sa critique irrecevable. En tant qu'il reproche aux juges précédents d'avoir retenu la rupture définitive du lien conjugal en l'absence de toute allégation et de preuve au dossier, le recourant se plaint d'une violation de la règle sur le fardeau de l'allégation et de la preuve, telle qu'elle ressort de l'art. 8 CC. Or, cette disposition est sans pertinence en l'espèce, puisque l'autorité cantonale a considéré que les pièces du dossier établissaient la rupture définitive du lien conjugal (cf. arrêt 4C.10/1999 du 8 avril 1999, consid. 1, publié in : SJ 2001 I p. 165). Au demeurant, l'art. 8 CC n'est pas directement applicable (cf. ATF 118 II 376 consid. 3), vu que les mesures protectrices de l'union conjugale sont ordonnées à la suite d'une procédure sommaire avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degré de la preuve à la simple vraisemblance (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb et les références). 3.3 Le recourant estime qu'il était arbitraire de retenir qu'il disposait d'une capacité de travail de 80 % sur la base de l'expertise établie en 2002 dans le cadre de la procédure AI. Selon lui, cette expertise est contredite par "d'autres certificats médicaux" émanant de spécialistes en rhumatologie, psychiatrie et du Centre psycho-social, lesquels sont d'avis qu'il est incapable d'exercer une quelconque activité professionnelle. Il prétend que depuis 2002, son état psychique s'est aggravé, comme l'attesterait un séjour en hôpital psychiatrique effectué du 12 janvier 2006 au 28 février 2006 et le dépôt d'une nouvelle demande de prestations AI, le 3 juillet 2006. En l'espèce, les juges cantonaux ont relevé que, contrairement au rapport d'expertise pluridisciplinaire établi en 2002 par la Clinique romande de réadaptation, qui était fouillé et émanait d'une équipe de spécialistes objectivement neutres, les attestations des médecins traitants du recourant ne présentaient pas les mêmes garanties d'objectivité et d'impartialité, n'étaient pas motivées de manière précise et ne semblaient fondées sur aucun examen circonstancié tel que radiographie de la colonne, IRM lombaire ou spirométrie. Il ne suffit pas d'affirmer, comme le fait le recourant, que des avis médicaux plus récents contredisent l'expertise de 2002. Outre que sa critique se fonde en partie sur des faits non constatés dans le jugement attaqué, à savoir l'aggravation de l'état de santé psychique, le séjour en hôpital psychiatrique et la demande de prestations AI déposée en juillet 2006 et qui, partant, ne peuvent être pris en considération (cf. consid. 1.4 supra), elle est purement appellatoire (cf. consid. 1.3 supra). Les juges cantonaux ayant en effet exposé pour quels motifs ils ont retenu l'opinion des experts de la Clinique romande de réadaptation tout en écartant celle des médecins traitants, le recourant devait démontrer que leur motivation était insoutenable ou que l'expertise retenue par la cour cantonale ne contenait pas les réponses aux questions, que les conclusions de dite expertise étaient contradictoires ou que, de quelqu'autre manière, elle était entachée de défauts à ce point évidents et reconnaissables, même en l'absence de connaissances ad hoc, qu'il n'était tout simplement pas possible de les ignorer (cf. arrêts 5P.421/2001 du 22 janvier 2002, consid. 4a; 5P.187/2001 du 29 octobre 2001, consid. 2a; 5P.457/2000 du 20 avril 2001, consid. 4a). Le recourant prétend certes que l'expertise de 2002 était incomplète car elle ne portait que sur les lombosciatalgies et l'asthme. Cet argument tombe à faux, car il se heurte aux constatations du jugement cantonal, qui précise que le rapport traitait également des aspects psychiatriques dont se plaignait déjà le recourant à l'époque. Dans ces conditions, le grief doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.