Citation: 1P.417/2000 04.12.2000 E. 3

3.- a) En l'occurrence, le jugement attaqué retient que l'avocat a fourni deux cent quarante-deux heures d'activité utiles à la cause, et que les dépens correspondant à cette activité, d'après le tarif applicable, doivent lui être versés sans réduction à concurrence des trois quart et à 60 % pour le solde. Ces points ne sont pas contestés et échappent donc à l'examen du Tribunal fédéral (cf. art. 90 al. let. b OJ; ATF 124 I 159 consid. 1e p. 162/163). b) A l'appui du grief d'inégalité de traitement, le recourant fait valoir que le montant global non réduit de 49'440 fr. correspond, pour le nombre d'heures précité, à un tarif horaire de 204 fr. seulement, alors que le Tribunal cantonal s'est référé à un tarif de 240 fr. dans un jugement du 27 janvier 2000 concernant l'avocat A.________. En procédure pénale valaisanne, la décision par laquelle les frais sont mis à la charge du fisc entraîne, pour l'Etat, l'obligation de payer aussi les dépens, au tarif ordinaire de l'avocat du prévenu; il incombe à l'avocat de faire valoir les débours et dépens sous la forme d'un décompte (art. 210 CPP val. , dans sa teneur modifiée par l'art. 46 ch. 1 de la loi fixant le tarif des frais et dépens devant les autorités judiciaires et administratives, ci-après LTar, du 14 mai 1998). Les dépens correspondent essentiellement aux frais d'avocat, c'est-à-dire aux débours et honoraires de ce conseil (art. 3 al. 1 et 3 LTar). Les honoraires sont fixés entre le minimum et le maximum prévus par la loi, TVA comprise, d'après la nature et l'importance de la cause, ses difficultés, l'ampleur du travail, le temps utilement consacré par l'avocat et la situation financière de la partie (art. 26 al. 1 et 3 LTar). Dans des circonstances particulières, les honoraires peuvent être taxés au dessus ou, au contraire, au dessous des limites légales (art. 28 al. 1 et 2 LTar). Les honoraires sont ainsi compris, en principe, entre 500 et 5'000 fr. pour la procédure devant le Juge d'instruction, 1'000 et 8'000 fr. pour la procédure devant le Tribunal d'arrondissement en première instance et, également, 1'000 et 8'000 fr. pour l'appel au Tribunal cantonal (art. 36 let. d, f et i LTar). Ces dispositions de la loi du 14 mai 1998 sont applicables aussi aux procédures pendantes lors de son entrée en vigueur (art. 47 al. 2LTar). On constate que la loi applicable ne prévoit aucunement l'évaluation des honoraires sur la base d'un tarif horaire; le juge doit seulement effectuer une appréciation sur la base de critères généraux, dans le cadre des limites prescrites. Dans la présente affaire, celles-ci ont d'ailleurs été, à juste titre, largement dépassées en raison de l'ampleur du dossier et des débats. Pour le surplus, il est exact que dans son jugement du 27 janvier 2000 dans la cause A.________, le Tribunal cantonal a mentionné que le tarif de 240 fr. l'heure était "implicitement retenu par la [loi du 14 mai 1998]". Dans cette affaire toutefois, à la différence de la présente cause, le Tribunal cantonal n'a procédé à aucune évaluation chiffrée du nombre d'heures que l'avocat avait consacrées à sa mission; il apparaît donc que le tribunal n'a alors pas non plus effectivement appliqué le tarif précité pour arrêter le montant des honoraires. Au regard de cette situation, le recourant n'est pas fondé à réclamer, sur la base du droit constitutionnel à l'égalité de traitement, l'application rigoureuse d'un tarif de 240 fr. l'heure qui n'a pas joué de rôle déterminant dans le précédent invoqué. Même si, comme le souligne le recourant, il n'existe aucun motif objectif de réduire les dépens en cause, l'évaluation critiquée n'apparaît pas non plus arbitraire au sens de la jurisprudence (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170) pour cette seule raison qu'elle s'écarte dudit tarif (arrêt non publié du 10 novembre 2000, V. c. VS, TC, consid. 5). c) A l'appui du grief d'arbitraire, le recourant fait en outre valoir que la réduction à 60 % d'un quart de ses honoraires, conformément à l'art. 29 al. 1 LTar relatif à l'indemnité versée dans le cadre de l'assistance judiciaire, aboutit à un tarif horaire net, hors TVA, de 114 fr. pour cette indemnité. Il conteste que ce montant suffise à couvrir les frais généraux d'une étude d'avocats. Considéré isolément, ledit montant semble effectivement faible et ne laisse certainement aucune marge à l'avocat; néanmoins, il n'apparaît pas manifestement sous-estimé. En l'espèce, il convient de prendre aussi en considération qu'une part importante de l'activité fournie est rémunérée à un tarif plus élevé, alors même qu'elle concernait un prévenu assisté. Dans ces conditions, le grief d'arbitraire apparaît lui aussi mal fondé.