Citation: 6B_667/2007 16.02.2008 E. 5

Le recourant se plaint de la peine infligée. 5.1 La jurisprudence relative à la fixation de la peine a été rappelée dans l'ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20/21, auquel on peut donc se référer. Il suffit ici de relever que le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Il n'y a violation du droit fédéral que si la décision attaquée repose sur des considérations étrangères à l'art. 63 aCP, si elle ne tient pas compte des critères découlant de cette disposition ou si le juge s'est montré à ce point sévère ou clément que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 21 et les arrêts cités). Lorsqu'il admet une responsabilité pénale restreinte, le juge doit réduire la peine en conséquence, sans être tenu toutefois d'opérer une réduction linéaire. En effet, il ne s'agit pas d'appliquer un tarif ou une relation mathématique, mais de tirer des conséquences raisonnables de la situation. Une diminution légère, respectivement moyenne ou forte, de la responsabilité n'entraîne donc pas nécessairement une réduction de 25 %, respectivement de 50 % ou de 75 % de la peine. Il doit cependant exister une certaine corrélation entre la diminution de responsabilité constatée et ses conséquences sur la peine (ATF 129 IV 22 consid. 6.2 p. 35). Lorsque le résultat de l'infraction ne s'est pas produit, la peine doit aussi être atténuée. La mesure de cette atténuation dépend notamment de la proximité du résultat et des conséquences effectives des actes commis (ATF 121 IV 49 consid. 1 p. 53 ss). Ces réductions, de même que celles découlant de l'art. 64 aCP, peuvent toutefois être compensées par une augmentation de la peine s'il existe des circonstances aggravantes, ces dernières pouvant de la sorte neutraliser les effets de circonstances atténuantes; il en va de même en cas de concours d'infractions (art. 68 ch. 1 al. 1 aCP; cf. ATF 116 IV 300 consid. 2 p. 302 ss). 5.2 Le recourant soutient que sa peine est trop sévère par rapport à d'autres cas portés à l'appréciation du Tribunal fédéral. Il se réfère en particulier aux arrêts 6S.166/2004, 6S.417/2003, 6P.9/2004 et à l'ATF 130 IV 58. Compte tenu des nombreux paramètres qui interviennent dans la fixation de la peine, une comparaison avec des affaires concernant d'autres accusés et des faits différents est d'emblée délicate (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 144). En l'occurrence, les arrêts invoqués par le recourant ne permettent aucune déduction pertinente du point de vue de la peine. En effet, tant les infractions commises, que les circonstances personnelles et les peines infligées sont différentes. 5.3 Le recourant reproche en vain à la Cour criminelle d'avoir ignoré sa situation personnelle difficile, en particulier son enfance chaotique, cet élément ayant été relevé à la page 21 de l'arrêt attaqué. 5.4 Aucun élément pertinent pour la fixation de la peine n'a été omis ou pris en considération à tort. Il reste à examiner si celle-ci est exagérément sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. En effet, selon le recourant, l'autorité cantonale n'aurait pas suffisamment tenu compte de l'absence de résultat de l'acte principal, ni de sa responsabilité moyennement restreinte. L'infraction la plus grave retenue à la charge du recourant est le meurtre, de sorte que le cadre de la peine encourue se situe entre un minimum de cinq ans et un maximum de vingt ans de réclusion (art. 111 aCP). Selon l'arrêt attaqué, les actes commis sont lâches. Le recourant a agi avec une détermination particulière, fermement décidé à éliminer l'intimée. En effet, il n'a pas hésité, lorsqu'il a constaté que celle-ci ne résidait pas dans l'immeuble de Courrendlin, de perpétrer un nouvel incendie le jour suivant, à son domicile. Son comportement témoigne d'une absence totale de scrupules. De plus, en concours avec le meurtre, le recourant s'est rendu coupable de deux incendies, soit une infraction qui est également punissable de la réclusion (art. 221 al. 1 CP), de menace, d'infractions à la LStup et à la LCR et de dommages à la propriété d'importance mineure. Son casier judiciaire fait état d'infractions à la LCR. Son comportement en détention préventive a été fluctuant. A décharge, le résultat de l'infraction de meurtre ne s'est pas produit. En outre, le recourant, qui présente un trouble grave de la personnalité et un abus chronique de cannabis, a une responsabilité pénale moyennement diminuée. Enfin, il a eu une enfance difficile. Sur le vu de ce qui précède, l'autorité cantonale a fixé la peine dans le cadre légal et n'a manifestement pas abusé de son large pouvoir d'appréciation. Pour le reste, elle n'était pas tenue, par le droit fédéral, d'indiquer en chiffres ou en pourcentages l'importance qu'elle a accordé à chacun des éléments cités. En particulier, elle n'avait pas à mentionner quelle peine elle aurait infligée en l'absence de circonstances aggravantes ou atténuantes ou d'autres éléments importants (ATF 127 IV 101 consid. 2c p. 104 s.; 121 IV 49 consid. 2a/aa p. 56 s.).