Citation: 1C_253/2023 E. 4.3

4.3. Les recourants critiquent cette appréciation. Ils reprochent tout d'abord au rapport trafic et bruit de février 2020 de ne pas respecter les exigences posées par la Directive de la Confédération sur l'étude de l'impact sur l'environnement, publiée par l'OFEV en 2009. Cette critique doit être écartée. En effet, les recourants reconnaissent que le projet litigieux n'est pas soumis à une EIE. Ils se réfèrent dès lors en vain à la directive précitée. Quoi qu'il en soit, le rapport n'apparaît pas critiquable. Contrairement à ce qu'affirment les recourants, les dates des comptages pour la rue Centrale sont connues. L'arrêt attaqué a exposé qu'il ressort des protocoles versés à la procédure que les comptages ont été effectués au niveau de la rue Centrale 4 du jeudi 26 avril au mardi 1 er mai 2018, soit sur six jours, avec une extrapolation pour un septième jour (moyenne des 4 jours ouvrés) et ont permis d'établir un TJM de 1'150 véh./j. (cf. arrêt attaqué consid. 6.2.2.1). La cour cantonale pouvait estimer que le fait d'avoir calculé un cinquième jour ouvré sur la base de la moyenne des 4 autres jours ouvrés ayant fait l'objet de comptages, n'entamait pas la fiabilité des résultats; les recourants n'apportent aucun élément de nature à expliquer en quoi ce procédé aurait faussé le TJM. Les recourants soutiennent en outre à tort qu'on ignorait si le comptage a été réalisé en sens unique ou bidirectionnel; cela ressort à nouveau clairement de l'arrêt attaqué qui mentionne que "la circulation était unidirectionnel" (cf. arrêt attaqué consid. 6.2.2.1). Les recourants ne peuvent pas non plus être suivis lorsqu'ils affirment, sur la base de l'arrêt 1C_366/2017 en lien avec la "maille nord", que le trafic sur la rue Centrale passera de 1'150 véh./j. à 11'600, voire 12'300 véh./j. Outre le fait que ces données sont contredites par le rapport bruit et trafic de février 2020, le Tribunal cantonal a exposé que l'importance du trafic constaté en 2012, sur la rue Centrale, l'avait été à l'occasion d'une situation exceptionnelle (manifestation), ce que ne contestent pas les recourants. C'est donc en vain que ces derniers tentent de remettre en cause les comptages réalisés. Le grief de constatation inexacte et incomplète des faits, soulevé par les recourants, doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. Les recourants soutiennent encore à tort qu'on ignorerait quel modèle de calcul de bruit du trafic a été utilisé. Le rapport de bruit et l'arrêt attaqué mentionnent expressément l'utilisation du modèle StL-86+. L'OFEV considère d'ailleurs que l'utilisation de ce modèle a eu pour effet de surévaluer les nuisances dans le cas d'espèce (cf. aussi arrêts 1C_244/2020 du 17 juin 2021 consid. 4.3 et 1C_366/2017 du 21 novembre 2018 consid. 4.3). Les vagues critiques des recourants sont donc infondées. Par ailleurs, contrairement à ce que laissent entendre les recourants, le SEN a estimé que le projet de zone piétonne était conforme au droit en matière de protection contre le bruit. Il a considéré que le rapport bruit et trafic - qui démontre que les VLI demeureront respectées le long de la rue Centrale nord après la mise en double sens - était fait dans les règles de l'art et que ses conclusions étaient plausibles. Le SEN a certes recommandé d'effectuer des mesures de contrôle des immissions de bruit une fois le double-sens en fonction pour permettre un contrôle des hypothèses de calcul admises dans le rapport de février 2020. Les recourants ne peuvent toutefois rien en déduire à ce stade. Enfin, contrairement à ce que soutiennent les recourants, l'état futur du trafic a été évalué par les experts avant la réalisation des projets du Pont de Beaulieu et de la liaison de l'Esplanade de la Gare ("maille Gare"), qui entraîneront une diminution du trafic au centre-ville; comme constaté par l'instance précédente, les charges de trafic ont en l'espèce été calculées pour la situation la plus péjorante à cet égard, soit celle prévalant en 2019 (cf. rapport trafic et bruit, p. 3, ch. 2.4; cf. arrêt attaqué consid. 6.2). Pour l'essentiel, force est de constater que les recourants se contentent de reprendre les critiques déjà vainement avancées devant la cour cantonale, sans apporter d'éléments supplémentaires commandant de douter de l'opinion exprimée par le SEN et confirmée par l'OFEV concernant le respect du droit de l'environnement.