Citation: I 21/06 06.02.2007 E. 3

3.1 Du point de vue psychiatrique, on peut d'emblée exclure le rapport du docteur F.________ dès lors que le juge des assurances sociales apprécie généralement la légalité des décisions attaquées d'après l'état de fait existant au moment où la décision litigieuse a été rendue (ATF 121 V 366 consid. 1b, 116 V 248 consid. 1b et les références) et que les faits survenus postérieurement et qui ont modifié cette situation doivent normalement faire l'objet d'une nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b 117 V 293 consid. 4). Le psychiatre a en effet expressément mentionné qu'il n'entendait pas prendre position sur le conflit assécurologique et n'a attesté une incapacité totale due à un état dépressif d'intensité moyenne à sévère qu'à partir du 26 mai 2003, date à laquelle a débuté le traitement de l'intéressé. L'avis du docteur K.________ doit être écarté pour les mêmes motifs. Bien qu'il ait diagnostiqué un syndrome somatoforme douloureux persistant et un état dépressif sévère constituant une comorbidité psychiatrique grave, celui-ci n'a examiné le recourant que postérieurement à la date de la décision litigieuse et ses observations n'ont porté que sur des faits dont le juge des assurances sociales n'a pas à tenir compte. Le praticien a certes tenté d'établir un lien entre la situation qu'il a observée et celle prévalant au moment de la décision litigieuse. Il a notamment mentionné que les complications psychologiques étaient en partie dues au conflit interminable avec l'AI. On peut cependant observer que le comportement de l'intéressé a été constant depuis le dépôt de sa demande. L'attitude démonstrative de ce dernier, par exemple, était présente dès le début de la procédure (en 1997 déjà, le docteur R.________ affirmait que le patient était «inexaminable» en raison des douleurs invoquées) et n'était pas une conséquence de la négation de ses douleurs comme le prétend l'expert privé; l'intensité de cette démonstrativité n'a d'ailleurs pas évolué. On ajoutera par ailleurs que les docteurs L.________ et V.________ ont estimé possible d'attribuer le tableau clinique présenté lors de l'expertise privée à un état réactionnel avec amplification des symptômes consécutif au refus de la rente. 3.2 Le docteur S.________ parle d'un trouble douloureux associé à la fois à une affection psychologique et à une affection médicale générale chronique légère. Il atteste que l'intéressé ne présente aucune comorbidité psychiatrique et estime que son expertise a permis de démontrer de façon quasi-définitive qu'il existait une simulation ou une exagération massive des plaintes. Cet avis est partagé par les médecins du SMR qui excluent toutefois la simulation pour ne retenir que le syndrome d'amplification des plaintes. On notera tout d'abord que le rapport d'expertise du docteur S.________ comprend sept pages d'anamnèse (antécédents personnels, judiciaires, psychiatriques familiaux, médicaux et anamnèse affective, professionnelle, socio-économique récente) qui contiennent une grande quantité d'informations ne figurant dans aucune autre pièce du dossier, de sorte que l'argument selon lequel l'entretien n'aurait duré que cinq minutes est peu vraisemblable. On ajoutera que le fait que le recourant ait refusé de subir les tests psychométriques n'a pas entraîné d'autres conclusions que celle constatant un manque de collaboration, ce qui avait du reste été observé à maintes reprises en cours de procédure. On notera encore que l'intéressé a été soumis à un test de Hamilton établissant que celui-ci ne souffrait pas de dépression, à des tests paracliniques démontrant que celui-ci ne prenait pas les médicaments qu'il affirmait prendre, ainsi qu'à un examen clinique fouillé. Le rapport d'expertise contient en outre une analyse détaillée qui par recoupement d'informations obtenues auprès des autres médecins consultés (démonstrativité, simulation observée au Centre X.________, signes de non-organicité positifs, exagération certaine de l'anamnèse, etc.), d'observation (absence de symptômes anxio-dépressifs), d'indications subjectives et de résultats de tests aboutit à des conclusions motivées. Pour répondre aux critiques du recourant à cet égard, on notera que la méthode utilisée par le docteur K.________ est tout à fait similaire. On relèvera également que les observations et conclusions du docteur S.________ concordent avec celles des médecins du SMR dont le rapport comprend une anamnèse détaillée, un status général, neurologique, ostéoarticulaire et psychique complet et argumenté, ainsi qu'une analyse détaillée du dossier radiologique. Le statut psychique peut certes paraître bref, mais son contenu ainsi que les conclusions qui en découlent sont le fruit d'une évaluation consensuelle du cas par trois experts. 3.3 Au regard de ce qui précède, les rapports du docteur S.________ et des médecins du SMR sont donc pertinents et remplissent parfaitement les conditions jurisprudentielles relatives à la valeur probante des expertises (cf. ATF 125 V 351). Ils ne sont en outre remis en question par aucun avis contraire concluant, de sorte qu'il n'y a pas lieu de retenir que l'intéressé souffrait d'un trouble psychique d'une intensité suffisante à justifier une incapacité de travail sur le plan psychiatrique. On ajoutera qu'à la lumière de l'arrêt publié aux ATF 131 V 49, plusieurs aspects qui parlent en défaveur d'une invalidité ouvrant droit à une rente se trouvent réunis dans le cas d'espèce.