Citation: 5P.301/2002 20.01.2003 E. 1

3.2 Se prévalant de l'ancien art. 4 Cst., qui a été remplacé par l'art. 9 Cst., de la jurisprudence en matière d'arbitraire, ainsi que de l'art. 6 par. 2 CEDH, qui prohiberait "les constatations manifestement fausses", la recourante soutient que "la décision entreprise est profondément arbitraire quant à son résultat." Elle reproche au Tribunal d'arrondissement d'avoir commis l'arbitraire dans l'application des règles légales et jurisprudentielles, en prenant en considération non pas le besoin réel de son époux de bénéficier d'une contribution d'entretien, mais sa faculté à elle de verser cette contribution. Dans la mesure où son époux ne paie plus ses primes d'assurances et vit au-dessus de ses moyens, elle estime que le Tribunal devait supprimer la pension. 3.3 Dès lors que la recourante ne cite aucune disposition légale, ni jurisprudence en matière de fixation de contributions d'entretien, qui auraient été appliquées arbitrairement, la recevabilité de son recours est déjà douteuse de ce point de vue. 3.4 De plus, pour qu'une pension fixée par une convention entre époux, qui a été ratifiée par le juge, puisse être supprimée par une ordonnance de modification de mesures provisoires, il faut que la convention en question soit entachée d'une erreur au sens des art. 23 ss CO ou que les circonstances dans lesquelles elle a été signée aient changé (cf. Bühler/Spühler, Berner Kommentar, n. 437 ss ad art. 145 aCC). L'erreur ne peut être prise en considération que si les parties se sont fondées sur un état de fait déterminé qui s'est révélé inexact par la suite, ou si l'une d'elles, par erreur connue de l'autre, a tenu un fait déterminé pour établi (cf. ATF 117 II 218 consid. 3a). Quant à la modification des circonstances qui ont présidé à la conclusion de la convention, il faut qu'elle soit notable et durable et ne soit pas due à la mauvaise volonté de l'époux qui demande la suppression de la contribution d'entretien (cf. Bühler/Spühler, op. cit., n. 439 ad art. 145 aCC; Leuenberger, Praxiskommentar Scheidungsrecht, Bâle 2000, n. 16 ad art. 137 CC). Pour démontrer le caractère arbitraire de la décision refusant de supprimer la pension provisoire fixée par convention, la recourante ne peut se borner à soutenir le contraire de ce que l'autorité cantonale a admis. Il ne suffit pas qu'elle prétende que la conclusion à laquelle parviennent les juges est arbitraire parce que son époux ne s'est pas acquitté de ses primes d'assurances, ce d'autant qu'il peut être mis en poursuite pour non-paiement, ou parce qu'il vit au-dessus de ses moyens en logeant dans un appartement dont le loyer est de 1'600 fr., ce qu'elle savait déjà au moment de la conclusion de la convention. Son recours doit donc être déclaré irrecevable pour défaut de motivation.