Citation: BGE 149 I 161 E. 5.1

Les limites posées au droit d'un détenu de recevoir de la part de tiers des photographies de ses enfants trouvent leur fondement dans les motifs qui sont à l'origine de sa condamnation pénale. Dans la mesure où les enfants sont les victimes directes d'infractions graves, des mesures de protection de leurs droits et de leurs libertés peuvent devoir être prises. En présence d'enfants victimes de viols et d'agressions sexuelles graves, susceptibles d'être exposés à un risque de victimisation secondaire, d'intimidation et de représailles, les obligations positives inhérentes à un respect effectif de leur vie privée (art. 13 al. 1 Cst. et art. 8 CEDH) imposent notamment l'adoption BGE 149 I 161 S. 170 de mesures de protection particulières jusque dans les relations des individus entre eux (cf. arrêt de la CourEDH J.L. contre Italie du 27 mai 2021 [requête n° 5671/16], § 119 et la référence). Ainsi, dansle canton de Vaud, l'art. 81 al. 3 RSPC rappelle que des mesures particulières sont prises lors des visites parent-enfants, notamment lorsque l'enfant est la victime directe ou indirecte de l'infraction de son parent.