Citation: 2C_302/2022 E. 6.6

6.6. Sous l'angle des intérêts privés à rester dans ce pays, l'autorité précédente n'a négligé aucun élément essentiel. En faveur du recourant, elle a mentionné la longue durée de son séjour en Suisse (18 ans), pays dans lequel il est arrivé âgé de 11 ans et dans lequel il a effectué son école obligatoire et une formation pratique de peintre en bâtiment. Elle a également mentionné la présence dans ce pays de plusieurs membres de la famille du recourant, dont son père et ses frère et soeurs, demi-frères et demi-soeurs, ainsi que celle de sa compagne avec laquelle il a noué une relation stable depuis janvier 2020. Les juges cantonaux ont également relevé au crédit de l'intéressé que celui-ci était actif professionnellement, tout en précisant que cela n'était pas particulièrement méritoire et en indiquant sur ce point un manque de stabilité. En outre, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant parle parfaitement le français, qu'il n'a jamais émargé à l'aide sociale et qu'il a remboursé une partie de ses dettes. En revanche, le recourant ne fait pas partie d'association locale et n'est pas particulièrement intégré en Suisse. Le Tribunal cantonal relève également à raison que la durée du séjour de l'intéressé dans ce pays doit être relativisée puisque celui-ci n'a cessé d'occuper les forces de l'ordre et les autorités pénales depuis son adolescence. En sa défaveur, il convient aussi de mentionner l'existence de dettes importantes. Le recourant fait valoir l'excellente relation qu'il entretiendrait avec les filles de sa compagne, avec lesquelles il habiterait depuis bientôt un an. Il prétend représenter pour elles un père de substitution. Ces éléments, dans la mesure où ils ne ressortent pas de l'arrêt attaqué, ne pourront pas être pris en compte (cf. supra consid. 3.1). Sur ce point, il ne faut pas perdre de vue que le Tribunal cantonal relève à juste titre que la relation entre le recourant et sa compagne a commencé alors que la procédure de révocation de l'autorisation d'établissement était pendante. Le couple ne pouvait donc pas ignorer que le recourant risquait d'être renvoyé et que les concubins devraient éventuellement déplacer leur centre de vie au Kosovo, étant précisé que la compagne et ses filles sont ressortissantes de ce pays. Concernant les possibilités de se réintégrer au Kosovo, il ressort de l'arrêt querellé que le recourant, qui est âgé de 29 ans, dispose d'une parfaite santé et qu'il pourra mettre à profit son expérience professionnelle dans son pays d'origine. En outre, il en connaît la langue et la culture, puisqu'il a vécu au Kosovo comme enfant et qu'il y est retourné à l'occasion de vacances à raison d'une fois par année. Selon les faits, retenus sans arbitraire, par l'autorité précédente, le recourant ne sera pas sans lien social dans ce pays, puisqu'il y réside encore un cousin, qui a sa propre entreprise, ainsi que sa mère, qui ne serait pas partie du Kosovo de façon définitive. De plus, le recourant pourra maintenir des contacts avec ses proches restés en Suisse par le biais des moyens de télécommunication modernes ou de visite. Sur le vu de ces éléments, l'autorité précédente a considéré à raison que le recourant disposait des ressources suffisantes pour se réintégrer dans son pays d'origine, sans nier les difficultés qu'un tel retour comporte. Sur ce point, il est rappelé que le fait de trouver des conditions de vie moins avantageuses qu'en Suisse ne saurait être décisif (cf. arrêt 2C_737/2020 du 23 novembre 2020 consid. 4.2)