Citation: 6P.70/2005 19.07.2005 E. 4

La recourante se plaint du refus du sursis, contestant le déni de pouvoir émettre un pronostic favorable quant à son comportement futur. 4.1 Il est évident qu'une peine de 5 mois d'emprisonnement, par sa nature et sa durée, peut objectivement être assortie du sursis. La seule question est donc de savoir si la condition subjective prévue à l'art. 41 ch. 1 al. 1 CP est réalisée, c'est-à-dire si l'on peut prévoir, en fonction des antécédents et du caractère de la recourante, que cette mesure sera de nature à la détourner de commettre d'autres crimes ou délits, c'est-à-dire si un pronostic favorable peut être posé quant à son comportement futur. Pour poser ce pronostic, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que sa décision sur ce point ne sera annulée que si elle repose sur des considérations étrangères à la disposition applicable, si elle ne prend pas en compte les critères découlant de celle-ci ou si elle se révèle à ce point sévère ou clémente que l'on doive conclure à un abus du pouvoir d'appréciation. Pour déterminer si le sursis serait de nature à détourner l'accusé de commettre de nouvelles infractions, le juge doit se livrer à une appréciation d'ensemble de tous les éléments pertinents. Il doit être tenu compte, d'une part, des circonstances de l'acte et, d'autre part, de la situation personnelle de l'auteur. Il n'est pas admissible d'accorder une importance prépondérante à certains des éléments à prendre en considération dans l'application de l'art. 41 ch. 1 al. 1 CP et d'en négliger d'autres, voire de ne pas en tenir compte (ATF 128 IV 193 consid. 3b p. 198 et les références citées). 4.2 La recourante invoque son absence d'antécédents pénaux et le fait que les renseignements généraux recueillis sur son compte ne sont pas défavorables, relevant encore que le montant de ses prélèvements ne dépasse pas 30.000 francs. Les juges cantonaux n'ont nullement méconnu ces éléments, mais les ont considérés comme insuffisants à faire contre-poids à ceux qui les ont conduits à nier la possibilité d'émettre un pronostic favorable quant au futur comportement de la recourante. A cet égard, ils ont relevé que la recourante avait récidivé en cours d'enquête, puis s'était efforcée d'induire l'autorité pénale en erreur en rejetant la faute sur sa coaccusée et en affirmant que les témoins qui contredisaient sa version des faits mentaient. Cette appréciation n'est pas critiquable et en tout cas pas abusive. En récidivant en cours d'enquête, en s'obstinant à nier les faits contre l'évidence et en cherchant par tous les moyens à reporter sa faute sur sa coaccusée, la recourante, qui n'a par ailleurs jamais émis le moindre regret ni entrepris quoi que ce soit en vue de la réparation du dommage, a clairement démontré qu'elle n'a pas pris conscience de sa faute ou refuse de l'admettre. Dans ces conditions, il n'y avait aucn abus du pouvoir d'appréciation à considérer que, nonobstant les éléments invoqués par la recourante, il n'était pas possible de conclure que l'octroi du sursis suffirait à la détourner de commettre de nouvelles infractions. 4.3 Au reste, la recourante conteste vainement avoir affirmé que les témoins qui contredisaient sa version des faits mentaient et avoir chargé sans aucun regret sa coaccusée. Elle s'en prend ainsi aux constatations de fait cantonales et à l'appréciation des preuves sur laquelle elles reposent, ce qu'elle est irrecevable à faire dans son pourvoi (cf. supra, consid. 2).