Citation: 4A_641/2023 E. 5.3

5.3. La faculté de conduire le procès comme partie appartient au titulaire, respectivement l'obligé du droit (légitimation), mais aussi, dans certains cas, à un tiers qui agit à la place du titulaire ou de l'obligé ( Prozessstandschaft ou Prozessführungsbefugnis); ce tiers agit en son propre nom et en tant que partie à la place du titulaire, respectivement de l'obligé, qui n'ont plus le pouvoir de disposer de ce droit (arrêt 4A_600/2018 du 1er avril 2019 consid. 4.1.1). Dans ce cas, la légitimation et la faculté de conduire le procès sont séparés (FABIENNE HOHL, Procédure civile, T. I, 2e éd. 2016, n. 798 ss). La faculté de faire valoir en justice en son propre nom le droit d'un tiers est une condition de recevabilité de la demande (ATF 145 III 101 consid. 4.1.3; 144 III 552 consid. 4.1.2; 94 I 312 consid. 1b; arrêt 5C.194/2001 du 25 février 2002 consid. 2b; HOHL, op. cit., n. 824). Le tribunal examine d'office si les conditions de recevabilité de la demande sont remplies (art. 60 CPC). Cela ne dispense pas les parties du fardeau de la preuve, ni du devoir de collaborer activement à la preuve en soumettant au juge les faits et moyens de preuve pertinents; dans une procédure soumise à la maxime des débats, comme le contentieux de la mainlevée de l'opposition, il n'incombe pas au tribunal de rechercher lui-même les faits qui fondent la recevabilité de l'action (ATF 144 III 552 consid. 4.1.3; 141 III 294 consid. 6.1; 139 III 278 consid. 4.3). En revanche, le tribunal doit procéder d'office à des investigations s'il existe un risque que soit rendu un jugement au fond alors qu'une condition de recevabilité fait défaut (ATF 146 III 185 consid. 4.4.2; arrêt 4A_136/2022 du 3 août 2022 consid. 4.1.2 et les arrêts cités).