Citation: 1B_14/2020 E. 1

La Chambre pénale de recours a constaté qu'aucun déni de justice n'était réalisé dans le cadre de la procédure P/7214/2019, laquelle n'avait pas connu de temps mort, et a rejeté le recours sur ce point, rappelant au surplus qu'un éventuel retard à statuer dans le traitement des plaintes ouvertes par la recourante contre son son ex-conjoint ne saurait fonder la récusation du Premier procureur. Elle n'a pas davantage suivi l'argumentation de la recourante qui voyait une marque d'amitié envers le plaignant et d'inimitié à son égard dans les décisions prises par ce magistrat. Ce grief était irrecevable dans la mesure où, pour se conformer aux exigences de l'art. 58 al. 1 CPP, il aurait dû être soulevé à tout le moins à réception de l'ordonnance pénale du 30 juillet 2019. Quoi qu'il en soit, il devrait être rejeté au fond, la requérante n'ayant pas rendu vraisemblable que, au moment où elle a présenté sa demande de récusation, un lien d'amitié aurait existé entre le magistrat incriminé et le plaignant, de nature à faire craindre objectivement, de par son intensité et sa qualité, qu'il n'influence le magistrat visé dans la conduite de la procédure dont il a la charge et dans sa décision y relative, en lui faisant perdre sa complète liberté de décision. En tout état de cause, la requérante ne saurait se réfugier derrière une procédure de récusation pour remettre en cause les ordonnances de non-entrée en matière rendues par le Premier procureur dans les procédures antérieures P/7332/2017 et P/16150/2017. La décision attaquée comporte plusieurs motivations indépendantes, alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes pour sceller le sort de la cause. En pareil cas, la partie recourante doit, sous peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'elles est contraire au droit en se conformant aux exigences de motivation requises (ATF 142 III 364 consid. 2.4 p. 368). En l'occurrence, la recourante reproche au Premier procureur de ne pas avoir instruit sur les faits constitutifs de maltraitance et d'abus commis au détriment de sa fille mineure qu'elle dénonçait depuis le mois de mars 2017, malgré les pièces invoquées comme moyens de preuve, et tient le déni de justice pour manifeste. L'inaction qu'elle dénonce ne concerne pas la procédure P/7214/2019 dont l'intimé est en charge, mais les plaintes concernant son ex-compagnon et les parents de celui-ci, sans préciser lesquelles, les seules procédures auxquelles elle fait référence dans les annexes à son recours pour déni de justice ayant trait aux causes P/7332/2017 et P/16150/2017, qui ont fait l'objet d'ordonnances de non-entrée en matière les 8 mai et 19 septembre 2017. Or, le recours pour déni de justice ou retard injustifié de l'art. 393 al. 2 let. a CPP vise à faire constater et redresser des retards à statuer dans une procédure pénale en cours, de sorte que l'on ne saurait reprocher à la Chambre pénale d'avoir examiné ce grief à l'aune de la procédure P/7214/2019. Pour le surplus, la recourante ne conteste pas que cette procédure suivrait son cours sans désemparer et sans retard injustifié. Sur ce point, le recours est manifestement mal fondé. La recourante soutient que la partialité du Premier procureur serait "extrêmement manifeste après l'ouverture de plusieurs dossiers pour des publications Facebook, sans temps mort, la condamnation sans audition préalable, le refus des preuves libératoires sur la vérité et le refus de nommer Me B.________ alors qu'il était prêt de nommer un autre avocat dont [elle] n'a pas voulu". L'argumentation développée sur ce point est appellatoire et n'est pas topique. La recourante ne développe aucune motivation en lien avec le grief d'inimitié du Premier procureur à son égard et d'amitié vis-à-vis de la partie adverse que la Chambre pénale de recours a traité et écarté. Elle ne prétend pas que cette autorité aurait abusivement limité l'examen de la récusation à ce seul motif et qu'elle aurait omis de se prononcer sur d'autres motifs de récusation qui auraient été évoqués dans sa demande de récusation du 18 septembre 2019 ou dans sa réponse aux observations de l'intimé du 27 septembre 2019. Le recours est insuffisamment motivé en tant qu'il se rapporte à la récusation du Premier procureur. Au demeurant, les griefs évoqués portent sur des décisions de l'intimé qui auraient dû être contestées, le cas échéant, par les voies ordinaires de recours et qui ne sauraient fonder une récusation de ce magistrat (ATF 143 IV 69 consid. 3.2 p. 74).