Citation: 6B_1332/2023 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, l'autorité cantonale a accordé un poids prépondérant, voire exclusif, aux condamnations antérieures, en ne tenant pas compte, dans son examen, des circonstances particulières du cas d'espèce. En effet, il ressort du jugement entrepris que le recourant a certes dans un premier temps pris la fuite, mais il a rapidement pris conscience de la gravité de son comportement, s'est dénoncé de son propre chef aux autorités de police dès le lendemain, a reconnu les faits et collaboré tout au long de la procédure. En outre, les facteurs déterminants que l'autorité cantonale a énumérés, tels que la réinsertion professionnelle du recourant, sa stabilité de vie personnelle puisqu'il vit actuellement chez ses parents et contribue par des versements mensuels aux frais de location et de nourriture ainsi que le remboursement des frais de la victime et de ceux de l'État, n'ont finalement pas pesé dans l'établissement du pronostic. Relevant le contenu du rapport d'évaluation du 4 juin 2020 relatif notamment au risque de récidive, la cour cantonale ne l'a pas mis en relation avec les déclarations du recourant en audience d'appel sur sa consommation d'alcool et sa pratique de sport. Elle n'a pas non plus tenu compte du fait que les conditions de vie du recourant se sont modifiées de manière particulièrement positive, de sorte qu'il a créé un cadre de vie stable et structuré. Enfin, les infractions faisant l'objet de la présente procédure n'ont aucun rapport avec les précédentes infractions. L'ensemble de ces circonstances sont propres à compenser la crainte de récidive fondée sur l'infraction commise. Ainsi, l'autorité précédente a énuméré les critères pertinents permettant de tenir compte de circonstances particulièrement favorables au sens de l'art. 42 al. 2 CP, sans toutefois se livrer à une appréciation de l'ensemble des facteurs déterminants. Elle s'est fondée quasiment exclusivement sur les antécédents du condamné pour refuser l'octroi du sursis, la culpabilité ayant déjà été examinée dans le cadre de la fixation de la peine. Ce faisant, elle a commis un abus de son pouvoir d'appréciation (cf. en ce sens notamment arrêts 6B_665/2021 du 20 juin 2022 consid. 2.4.2; 6B_64/2017 du 24 novembre 2017 consid. 3.2). Dès lors, au vu des modifications notables des circonstances de vie du recourant et de l'absence de tout lien entre les infractions antérieures et celle de la présente cause, il se justifie, en application de l'art. 42 al. 2 CP, d'accorder au recourant le bénéfice du sursis à l'exécution de la peine. Il appartiendra à la cour cantonale d'en fixer le délai d'épreuve (art. 44 CP).