Citation: 5A_685/2018 E. 5.2

5.2. En l'espèce, l'autorité cantonale a considéré que, sous réserve de dix-neuf mois entre février 2014 et septembre 2015, le mari était sans emploi depuis le mois d'octobre 2012. Le fait qu'il ait perçu des indemnités de chômage de 2012 à 2014, puis de 2015 à mars 2017, ajouté aux pièces justificatives qu'il avait produites en appel pour la période de novembre 2016 à juin 2017, permettaient de retenir, sous l'angle de la vraisemblance, qu'il avait déployé pendant cette période les efforts qui pouvaient être attendus de lui aux fins de trouver une activité lucrative lui permettant de satisfaire à son devoir d'entretien. Il devait ainsi être retenu que les perspectives du mari de retrouver en Suisse un tel emploi étaient extrêmement faibles. Il ne pouvait dès lors lui être reproché d'avoir regagné l'Angleterre, son pays d'origine. En revanche, il ne pouvait attendre, pour prendre cette décision, la fin de son droit aux indemnités de chômage. De même, il ne pouvait sans motif impérieux renoncer à la profession qu'il avait jusqu'alors exercée pour entamer une reconversion professionnelle dans l'enseignement impliquant, après une longue période de formation pendant laquelle il ne réaliserait aucun revenu, une diminution de salaire importante. Il lui appartenait au contraire, à compter du moment où il avait acquis la conviction que ses recherches d'emploi en Suisse étaient vouées à l'échec, soit au début de l'année 2017, de rechercher un emploi en Angleterre dans le domaine qui était le sien, plus rémunérateur que l'enseignement. Il devait donc se laisser imputer, dès juin 2017 - soit après un délai de deux mois à compter de la fin de son droit aux indemnités de chômage -, le revenu hypothétique qu'il aurait pu réaliser dans ce pays en exerçant une activité dans le domaine dans lequel il avait toujours travaillé. Considérant que le salaire du mari devait être estimé selon les statistiques établies pour la ville de Londres, l'autorité cantonale a retenu, sur la base de l'étude des prix et salaires effectuée par UBS SA en 2015, que les salaires moyens bruts londoniens étaient d'environ 42% inférieurs aux salaires moyens bruts suisses. D'après les calculateurs de salaire en ligne des sites anglais de référence de recherches d'emploi Monster et Reed, le salaire moyen brut était de 48'000 GBP par an pour un "senior marketing manager" à Londres (Monster), respectivement pour un "marketing manager" en Grande-Bretagne (Reed; hors poste de "marketing director"), soit un montant annuel net d'environ 36'000 GBP, ce qui correspondait à environ 48'000 fr. nets par année (au taux de 1,32). Sur cette base, les juges précédents ont imputé à l'intimé un revenu hypothétique de 4'000 fr. nets par mois, auquel il convenait d'ajouter ses revenus locatifs (aucun en 2018 puis, comme précédemment, 18'873 GBP en 2019). Ainsi, les revenus mensuels du mari devaient être estimés à environ 6'000 fr. entre juin et décembre 2017, environ 4'000 fr. pour l'année 2018, puis environ 6'000 fr. dès janvier 2019, pour des charges incompressibles de 2'800 fr. par mois. Il en résultait un montant disponible de 3'200 fr. entre juin et décembre 2017, de 1'200 fr. pour 2018 puis de 3'200 fr. dès janvier 2019.