Citation: 1P.630/2004 16.11.2004 E. 3

Le recourant reproche à la Cour de cassation d'avoir violé la présomption d'innocence en émettant dans son arrêt des remarques laissant entendre qu'il était d'ores et déjà tenu pour coupable des faits qui lui sont reprochés: selon la cour cantonale, le recourant s'était rendu en Suisse "pour s'y livrer à un vaste trafic de stupéfiants, aux larges ramifications"; il s'exposait "à une peine de réclusion, dont il apparaît peu probable que la durée soit inférieure à quatre ans et demi, ainsi qu'à une mesure d'expulsion conséquente"; "il était l'un des piliers du réseau; le recourant s'est en outre rendu coupable de blanchiment d'argent". Le recourant estime que, formulées par l'instance susceptible de connaître d'un recours contre une éventuelle nouvelle condamnation, ces remarques pourraient influencer l'autorité de jugement. 3.1 La présomption d'innocence, garantie notamment par les art. 6 par. 2 CEDH et 32 al. 1 Cst., est violée lorsque l'autorité de jugement - ou toute autre autorité ayant à connaître de l'affaire à un titre quelconque - désigne une personne comme coupable d'un délit, sans réserve et sans nuance, incitant ainsi l'opinion publique à tenir la culpabilité pour acquise et préjugeant de l'appréciation des faits par l'autorité appelée à statuer au fond (ATF 124 I 327 consid. 3b p. 331).