Citation: 7B_691/2023 E. 4.4.2

4.4.2. L'état de santé du recourant est sans conteste mauvais et les éléments mis en évidence sur ce point, tels qu'exposés ci-dessus (cf. consid. 4.3 supra), ne sauraient être minimisés. Ceux-ci n'atteignent cependant pas la gravité exceptionnelle exigée par la jurisprudence pour être à même de faire obstacle à l'exécution de la peine. Le médecin traitant du recourant a certes relevé, dans son rapport du 26 octobre 2022, que le décès de ce dernier en prison serait "plus que probable" et qu'il interviendrait "plus tôt" qu'en cas de suivi médical en situation normale. Toutefois, outre le fait qu'en présence d'avis médicaux de spécialistes, les rapports d'un médecin traitant doivent être appréciés avec retenue (cf. ATF 127 I 73 consid. 3f/bb; arrêt 6B_494/2021 précité consid. 4.2.3), il apparaît, comme indiqué ci-dessus, que l'état de santé a évolué par la suite de manière positive, vraisemblablement contre toute attente. Seule demeure ainsi pertinente la situation au moment de la date de la décision attaquée. La cour cantonale a soigneusement examiné les nombreuses atteintes à la santé du recourant et est parvenue, sans faire preuve d'arbitraire, à la conclusion qu'elles ne justifiaient pas un ajournement de l'exécution de la peine. Même en cas de réapparition de la tumeur, il n'est pas allégué ni établi qu'une intervention médicale serait impossible à mettre en oeuvre dans le cadre de l'exécution de la peine. Le recourant procède par pure affirmation quand il soutient que sa détention mettrait concrètement en danger sa vie ou lui ferait courir un risque sérieux pour sa santé en cas de récidive tumorale, ce qui est insuffisant sous l'angle des exigences de motivation (art. 42 al. 2 LTF). La résection d'une tumeur en février 2023 a d'ailleurs été effectuée avec succès en ce sens qu'aucune complication n'est survenue lors de l'intervention, même si une exacerbation de l'hémiataxie a été révélée, avec l'apparition d'une dysarthrie et de difficultés dans la mobilisation du recourant, affections dont il n'est pas allégué, ni a fortiori démontré, qu'elles ne pourraient pas être traitées en prison. Ensuite, en tant que le recourant argue qu'une fois incarcéré, il ne pourrait pas avoir accès aux mêmes soins qui lui sont prodigués à l'extérieur - en particulier s'agissant de la possibilité d'être suivi par la Clinique C.________ à V.________ -, sa critique est purement appellatoire et donc irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). La cour cantonale a retenu, sans que cela soit critiquable, qu'il pourra être suivi tant par le médecin de l'établissement pénitentiaire concerné que, le cas échéant, par la division carcérale de l'Hôpital B.________ à U.________, qui est parfaitement habilitée à la prise en charge de toutes les situations médicales et collabore avec d'autres services spécialisés selon chaque exigence (décision attaquée, p. 12 in fine). Le recourant n'aborde pas les possibilités de traitements mentionnées par l'instance précédente. Par ailleurs, même si sa prise en charge médicale peut être considérée comme plus difficile en prison, compte tenu de son état de santé précaire et de son âge avancé, il ne parvient pas à démontrer qu'une peine privative de liberté entraînerait inévitablement un danger considérable pour sa vie ou sa santé et que ce danger ne pourrait pas être contré par des mesures appropriées prises dans le cadre d'une exécution dérogatoire selon l'art. 80 CP (cf. arrêt 6B_494/2021 précité consid. 3.3). Concernant les traitements (thérapie par protons) qu'il envisage de subir à l'étranger, le recourant n'explique pas en quoi l'instance précédente aurait retenu de manière arbitraire qu'il pourra, le cas échéant, poursuivre ses recherches en détention avec le soutien de ses médecins et solliciter des congés pour passer d'éventuels examens médicaux à cet égard (décision attaquée, p. 13). Il se limite à invoquer la formulation potestative de l'art. 75 OEP ( recte : OEJ [ordonnance du 22 août 2018 sur l'exécution judiciaire; RSB 341.11]) - selon laquelle la SPESP peut octroyer des sorties ou des congés à la personne détenue (al. 1) pour, notamment, suivre une thérapie (let. c) -, sans motiver de manière circonstanciée ses griefs sur ce point (art. 106 al. 2 LTF), ce qui n'est pas suffisant (ATF 141 IV 305 consid. 1.2; arrêt 7B_70/2022 du 31 août 2023 consid. 3.2.1). A la rigueur de la jurisprudence précitée (cf. consid. 4.2 supra), il résulte de ce qui précède que rien de ce qu'objecte le recourant ne conduit à remettre en cause le constat de la cour cantonale selon lequel son état de santé ne constitue pas un motif grave au sens de l'art. 92 CP qui justifierait le report de l'exécution de la peine pour une durée indéterminée.