Citation: 1P.685/2005 04.01.2006 E. A

Le 10 avril 2002, la banque B.________ a déposé plainte pénale, pour escroquerie et blanchiment d'argent, à l'encontre de A.________ et de la fille de ce dernier, C.________. La plaignante expliquait avoir été victime d'une escroquerie, commise par D.________, par le biais d'un groupe de sociétés dénommé X.________. Elle exposait qu'au début de l'année 2001, C.________, représentante du groupe pour la Suisse, avait, au moyen de documents dont le contenu "était manifestement frauduleux", convaincu l'un des associés de la banque, E.________, d'investir pour le compte de celle-ci des montants de l'ordre de 25 millions US$ dans un fonds d'investissement de X.________, qui s'était révélé inexistant. A.________, qui résidait à Marbella (Espagne), où D.________ avait sa base opérationnelle, et qui disposait de capitaux à placer, avait également investi dans X.________, attiré par les rendements très importants qu'il espérait en tirer. Toujours selon la plainte, en février 2001, F.________, gendre de A.________ et beau-frère de C.________, qui était l'un des animateurs des sociétés de X.________, avait brusquement démissionné, ayant compris que X.________ n'était qu'une "officine avec une activité illicite". Entre le 7 février et le 10 avril 2001, A.________, qui avait investi quelque 8.300.000 US$ dans X.________ et ses satellites, avait pu récupérer un montant de l'ordre de 7.125.000 US$ à titre de remboursement de ses investissements. Quant à C.________, qui recevait une commission de 4% sur les investissements qu'elle obtenait pour X.________, il apparaissait que la société du groupe ayant bénéficié des investissements avait transféré, entre le 28 février et le 3 juillet 2001, des montants de l'ordre de 1 million US$ sur les comptes qu'elle possédait auprès de la banque G.________ et d'une banque espagnole, H.________. Enfin, après son départ de X.________, F.________ avait reçu un montant de 500.000 US$. Selon la plaignante, les transferts opérés par X.________ en faveur de A.________ et C.________ avaient été effectués avec des fonds subtilisés à des investisseurs trompés, dont elle-même, et cela à un moment où A.________ et C.________ connaissaient le caractère pénal de l'activité de D.________, donc la provenance criminelle des fonds qui leur étaient versés. Les éléments constitutifs d'un blanchiment d'argent étaient donc réalisés. Par ailleurs, le comportement de C.________ - qui, en profitant de ses relations privilégiées avec E.________, un ami d'enfance, avait convaincu la banque d'investir dans X.________, en lui taisant ce qu'elle avait découvert, et avait obtenu des avantages pécuniaires importants - apparaissait constitutif d'escroquerie.