Citation: 5A_636/2016 E. 5.2.3

5.2.3. Le recourant estime que le versement de la contribution d'entretien doit être limité au 19 mai 2019, correspondant à la date à laquelle il atteindra l'âge de la retraite de l'ONU. Entre cette date et le 19 mai 2022, à savoir la date à laquelle il atteindra l'âge de la retraite pour un homme en Suisse, il reproche en particulier à la cour cantonale d'avoir intégré à ses revenus un montant de 80 fr. correspondant au revenu estimé provenant de son compte de libre passage alimenté avant le mariage. Il estime qu'elle aurait ce faisant violé l'art. 13 al. 1 let. a de la Loi fédérale du 25 juin 1982 sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP; RS 831.40) selon lequel les hommes ont droit à des prestations vieillesse dès qu'ils ont atteint l'âge de 65 ans. Le recourant omet toutefois que l'alinéa 2 de cette même disposition prévoit expressément que les dispositions réglementaires de l'institution de prévoyance peuvent prévoir que le droit aux prestations vieillesse prend naissance dès le jour où l'activité lucrative prend fin. En l'occurrence, il ne soutient pas que tel ne serait pas le cas. Dans la mesure où il ne remet pour le surplus pas en cause le montant retenu à ce titre qu'il intègre d'ailleurs lui-même à son calcul s'agissant de son revenu pour la période postérieure à juin 2022, il convient de confirmer l'intégration de ce montant à son revenu dès juin 2017. S'agissant de ses charges pour cette même période, le recourant fait grief à la Cour de justice de ne pas avoir tenu compte des cotisations obligatoires AVS qu'il devra verser et qu'il chiffre à 150 fr. par mois. Il estime qu'elle a ce faisant violé l'art. 3 al. 1 LAVS en vertu duquel les personnes sans activité lucrative sont également tenues de payer des cotisations à compter du 1er janvier de l'année qui suit la date à laquelle elles ont eu 20 ans jusqu'à la fin du mois où les femmes atteignent l'âge de 64 ans et les hommes l'âge de 65 ans. Il se réfère en outre au " Memento à l'intention des fonctionnaires internationaux de nationalité suisse et de leurs conjoints ", document qu'il ne produit pas mais aux termes duquel il serait, selon lui, précisé que les fonctionnaires cessant leur activité auprès d'une organisation internationale sont en principe à nouveau soumis obligatoirement à l'AVS/AI/APG et à l'AAC pour les salariés s'ils conservent leur domicile en Suisse ou continuent d'y exercer une activité lucrative, cela valant notamment pour les fonctionnaires internationaux prenant leur retraite avant l'âge de 65 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes. Le recourant invoque une violation de l'art. 3 LAVS au motif qu'il devrait obligatoirement cotiser en qualité de personne sans activité lucrative à compter du jour où il bénéficiera de la retraite de l'ONU jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de 65 ans, de sorte que le montant afférent à ces cotisations aurait dû être intégré à ses charges pour cette période. La cour cantonale a en revanche considéré qu'il s'agirait de cotisations volontaires et qu'il n'y avait, partant, pas lieu de les admettre au titre des charges incompressibles du recourant compte tenu des ressources à disposition des parties. Hormis ce dernier constat, l'arrêt querellé ne comprend toutefois aucune information sur les motifs pour lesquels ces cotisations futures ont été considérées comme volontaires. Les faits constatés ne permettent pas davantage de déterminer si ces cotisations AVS seront effectivement à la charge du recourant une fois l'âge de la retraite onusienne atteint. Dans ces circonstances, s'agissant de ce point en particulier, force est d'admettre que l'arrêt attaqué ne satisfait pas aux exigences de l'art. 112 al. 1 LTF dans la mesure où le Tribunal de céans ne peut, en l'état et sur la base des faits tels qu'ils ressortent de dit arrêt, déterminer si le grief du recourant est fondé. Pour ce qui est en revanche de la charge fiscale du recourant, c'est à bon droit que la cour cantonale ne l'a pas intégrée dans ses charges incompressibles. Selon une jurisprudence constante, il faut en effet tenir compte de la charge fiscale courante lorsque la contribution est calculée conformément à la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent et que les conditions financières sont favorables (cf. arrêt 5A_329/2016 du 6 décembre 2016 consid. 4.2.1 et les arrêts cités). Or, en l'espèce, la situation financière des parties ne peut être qualifiée de favorable puisque l'intimée subit un déficit que le solde disponible du recourant ne suffit pas à couvrir. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le recourant, la charge fiscale de l'intimée n'a pas non plus été prise en compte une fois qu'elle aurait atteint l'âge de la retraite. Si elle a en revanche été prise en compte pour la période antérieure à la retraite pour l'intimée mais non pour le recourant c'est uniquement car en ce qui le concerne cette charge est assumée par son employeur. Partant, les critiques du recourant sur ce point doivent être écartées. Il suit de ce qui précède que le recours doit être admis en ce qui concerne le calcul de la contribution d'entretien due par le recourant à l'intimée pour la période comprise entre juin 2019 et mai 2022. La cause doit en conséquence être renvoyée à l'autorité cantonale en application de l'art. 112 al. 3 LTF afin que la décision soit parfaite s'agissant de la question du paiement de cotisations AVS obligatoires par le recourant durant la période comprise entre juin 2019 et mai 2022 ou que cette question soit instruite et, cas échéant, le montant des cotisations à payer établi. Une fois le solde disponible mensuel dont le recourant bénéficiera durant cette période arrêté sur cette base, il conviendra d'établir dans un deuxième temps s'il sera en mesure d'assumer une contribution d'entretien en faveur de l'intimée durant cette période et, cas échéant, d'en arrêter le montant.