Citation: 6B_553/2014 E. 2.4

2.4. Le recourant conteste que son comportement ait été astucieux. Il prétend que la tromperie prévue, soit utiliser une carte de crédit sans avoir besoin de faire le code, ni de la signer n'était objectivement pas astucieuse, compte tenu des précautions dont doit faire preuve tout fournisseur de prestations. Contrairement à ce que semble vouloir soutenir le recourant, il ne s'est pas contenté de présenter pour le paiement une carte de crédit sans en avoir le code et sans la signer. Bien plutôt, il a échafaudé un plan détaillé et mis en place toute une mise en scène avant et pendant la transaction. A cet égard, les éléments décrits par la cour cantonale - que le recourant ne conteste pas ou pour lesquels il n'a pas démontré l'arbitraire - sont pertinents et il peut y être renvoyé (cf. supra consid. 2.2). La mise en scène avait manifestement pour but de gagner la confiance du bijoutier et d'endormir sa vigilance. Dans le cadre d'une tentative d'escroquerie, il convient d'examiner si le plan, tel que prévu par l'auteur, était astucieux. Or, en l'espèce, le recourant n'avait pas prévu que le solde de la carte serait insuffisant pour couvrir le montant de ses achats. Le fait que l'intimée soit équipée d'un terminal à la pointe de la technologie est une circonstance extérieure non prévue par le recourant. A ce titre, il ne peut s'en prévaloir pour soutenir que son plan n'était pas astucieux. Quant à l'absence de signature de la carte, elle ne constituait pas un obstacle en soi dès lors que le recourant était muni d'une carte d'identité au même nom que celui figurant sur la carte de crédit. Ainsi, était-il en mesure de pallier le manque de signature en présentant ce document. En acquérant une carte d'identité au même nom que la carte de crédit, le recourant s'était préparé à devoir faire face à un contrôle, qui plus est plus poussé que celui exigé par l'usage commercial (cf. supra consid. 2.1.2). Au vu de ces éléments, c'est à bon droit que la cour cantonale a retenu que le plan élaboré par le recourant était astucieux. Les autres éléments constitutifs de l'escroquerie, au demeurant non contestés par le recourant, étant réalisés (au stade de la tentative), sa condamnation pour cette infraction ne viole pas le droit fédéral.