Citation: 4C.34/2005 18.08.2005 E. A

A.a En 1995, les époux A.________, domiciliés en France, ont acquis en copropriété, pour la moitié chacun, la parcelle N° 547, plan N° 2, d'une surface de 400 m2, sise au lieu-dit T.________ sur le territoire de la commune de R.________ (Valais). Ce bien-fonds est situé en bordure amont d'une route et dans une pente orientée au sud-ouest, d'une déclivité de 60 à 70% ou 35°. Les époux A.________ ont décidé d'édifier un chalet de vacances sur ce terrain; à cette fin, ils ont mandaté le bureau d'architectes X.________ SA en vue d'élaborer le projet de construction et les plans provisoires d'exécution, de mener à bien la procédure d'autorisation de construire et de procéder à un appel d'offres auprès des différents corps de métier. Lors de la réception des soumissions, H.________ a établi un tableau récapitulatif dont il découlait que le coût total de la construction était de 410'000 fr., non-compris les honoraires d'architecte et d'ingénieur. A.________, qui est directeur technique d'une entreprise active notamment dans la construction, a adjugé les travaux et exercé lui-même la direction et la surveillance du chantier, sans l'aide de quiconque. Les travaux de terrassement ont été adjugés à l'entrepreneur valaisan G.________. L'ouvrage consistait à creuser dans la pente une fouille de manière à aménager une surface plane permettant l'édification du chalet, et à créer un remblai constitué d'un enrochement; le 1er avril 1997, l'entrepreneur avait devisé le coût total de ces travaux à 25'080 fr. 75, TVA incluse. Conformément à ce que prévoyait le contrat de vente de la parcelle, A.________ a adjugé les travaux de maçonnerie et de chapes à l'entreprise Y.________ SA. Du fait de leur domicile à l'étranger, les époux A.________ n'étaient pas en mesure de suivre régulièrement l'avancement des travaux; I.________, qui entretenait de bonnes relations avec les prénommés et était régulièrement présent sur le chantier, les a ainsi tenus informés de l'évolution de la construction. Postérieurement à l'adjudication des travaux de terrassement, A.________ a décidé de reculer d'un mètre l'emplacement de son chalet en direction amont, ce qui a eu pour effet d'augmenter la hauteur du remblai et l'angle de la pente. C'est ainsi que G.________ a finalement creusé une fouille de quinze mètres de profondeur, de dix mètres de large et de douze mètres de haut et aménagé un remblai avec un enrochement haut de quatre mètres cinquante. Cet enrochement n'avait pas de point de butée contre la partie bétonnée du chalet et ne prenait dès lors appui que sur le terrain naturel. Le talus présentait depuis lors une déclivité d'environ 45°. G.________ n'a disposé d'aucun plan d'enrochement et n'a pas été conseillé par un géologue ou un ingénieur. Les 22 mai et 4 août 1998, G.________ a adressé à A.________ deux factures de respectivement 19'460 fr. 85 et 32'654 fr. 45, que celui-ci a acquittées. A.b En raison des conditions climatiques particulières du début de l'année 1999 - enneigement record en février et douceur des températures en avril et mai 1999 -, le terrain situé en amont du bien-fonds des époux A.________ s'est gorgé d'eau à la fonte des neiges, puis a buté contre l'enrochement, dont une partie s'est déplacée, atteignant la paroi est de la construction. Il en est résulté des infiltrations d'eau, en particulier dans la cage d'escalier du rez-de-chaussée, dans la salle de séjour et dans le garage. Ce glissement de terrain est intervenu en deux temps. Un premier mouvement s'est produit à la mi-mars 1999. Alertés par I.________, les conjoints A.________ ont chargé l'entreprise Y.________ SA de dégager les côtés du chalet et sauvegarder les madriers. Séjournant dans leur chalet durant les vacances de Pâques 1999, les époux A.________ ont remarqué que deux blocs de pierre étaient en déséquilibre et que de la terre s'était accumulée entre l'enrochement et le chalet. Un nouveau glissement, plus important, est survenu au début du mois de mai 1999. Par téléphone du 3 mai 1999, G.________ a informé les époux A.________ de l'affaissement de terrain qui menaçait la construction. Il a confirmé cet entretien par courrier du lendemain et conseillé à A.________ de prendre l'avis d'un ingénieur et d'un géologue afin de déterminer les mesures à prendre pour l'exécution des travaux de remise en état . A.c Le 6 mai 1999, l'ingénieur J.________ et le géologue K.________, consultés par les époux A.________, ont procédé à une inspection des lieux. L'ingénieur a établi le 20 mai 1999 un rapport préconisant une série de mesures à prendre; à cette même date, il a décrété une interdiction de séjour dans le chalet jusqu'à ce que le glissement de terrain et l'enrochement aient pu être stabilisés. Les époux A.________ ont annoncé le sinistre à l'assurance V.________ qui assurait leur chalet contre les dommages naturels et les dégâts d'eau. L'architecte L.________, mandaté par cette compagnie d'assurances, a attribué le glissement de terrain à un enrochement mal exécuté et non stable, les pierres ayant été mal choisies et mal calées. Il a estimé les dégâts causés à 1'500 fr., non sans relever que l'implantation de ce chalet, du point de vue altimétrique, n'était pas correcte et que cette situation était à l'origine du problème. L'architecte a encore remarqué que les époux A.________ avaient pris un risque important en s'économisant les conseils d'une direction des travaux compétente et d'un ingénieur en génie civil. A.d G.________ est décédé le 11 août 1999, laissant pour héritiers son épouse C.________ et leurs trois enfants mineurs D.________, E.________ et F.________. A.e Le 6 septembre 1999, les époux A.________ et l'assurance U.________, qui assurait la responsabilité civile de G.________, ont décidé de confier une expertise au Bureau technique Z.________ SA. Dans son rapport du 6 octobre 1999, le Bureau technique a attribué l'origine du sinistre à la conjonction de quatre causes, à savoir - l'apport exceptionnel d'eaux de pluie lors de la fonte des neiges, - la déclivité trop forte au vu des conditions locales de la pente du terrain aménagé, - la hauteur insuffisante de l'enrochement et l'absence de soutènement du talus, - l'absence de mesures destinées à limiter l'effet des eaux de surface. Il a considéré que la responsabilité du dommage incombait à 60 % au maître de l'ouvrage pour ne pas avoir pris l'avis de spécialistes et à 40 % à l'entrepreneur défunt pour avoir accepté de réaliser l'ouvrage sans le concours d'un spécialiste et pour avoir mal choisi et mal disposé les blocs. Le Bureau technique a estimé à 141'478 fr. le coût des travaux de protection du chalet des époux A.________. A.f Le coût effectif des travaux d'urgence s'est élevé à 89'494 fr. et celui des travaux relatifs à la stabilisation définitive du terrain à 114'723 fr. Pour faire face à ces frais, les époux A.________ ont dû contracter un emprunt bancaire de 210'000 fr. garanti par une hypothèque. L'assurance U.________ a finalement versé, sous les réserves d'usage, 18'000 fr. correspondant à 40% des frais relatifs aux travaux d'urgence et 1'100 fr. représentant 40% de divers frais (nettoyage, canalisation des eaux de surface, etc.). L'assurance V.________ a pris en charge 70% des travaux de déblaiement effectués par Y.________ SA, par 15'351 fr. 60, le coût des travaux de peinture, par 7'659 fr., ainsi que le tiers des travaux d'ancrages, par 15'000 fr.