Citation: 6B_780/2022 E. 2.4.1

2.4.1. 2.4.1.1. Certes, compte tenu du comportement adopté par les intéressés le soir du 23 octobre 2014, la cour cantonale s'est affirmée convaincue que l'intimée, âgée de 35 ans au moment des faits et expérimentée sexuellement, ne pouvait qu'avoir envisagé l'éventualité d'entretenir une relation sexuelle avec le recourant une fois arrivée dans sa chambre, n'y ayant vu aucun inconvénient. Selon les termes utilisés par G._________, le recourant et l'intimée avaient en effet "intensément flirté", alors qu'ils se trouvaient dans le bar, dansant de manière rapprochée, l'intimée se laissant, pour sa part, enlacer par le recourant sur le chemin qui menait aux toilettes, avant de le prendre dans ses bras pour faire une photo, puis rire avec lui quand elle était étendue dans la rue, situations que le témoin a qualifiées de "en ordre". Selon lui, l'intéressée était certes sous l'effet de l'alcool, mais elle parlait et marchait normalement, en sorte qu'il ne s'était pas inquiété pour elle, si ce n'était lorsqu'il l'avait perdue de vue dans la rue, et uniquement en raison de la situation politique du pays et de la présence inquiétante de soldats allemands en ville, sensation étrange qui leur avait fait convenir de rentrer ensemble à l'hôtel. De fait, l'intimée, qui, bien que reconnaissant avoir été dans un état d'ébriété, se sentait parfaitement responsable de ses actes, avait faussé compagnie à son collègue pour prendre un taxi en compagnie du recourant et était volontairement montée avec lui dans sa chambre d'hôtel. Rien au dossier ne permettait en effet de dire qu'elle avait été forcée de le faire et elle-même ne le soutenait pas (cf. jugement attaqué, consid. 4.17.4.2 p. 43). 2.4.1.2. Certes également, selon la cour cantonale, l'intimée n'y avait pas non plus vu de problèmes le lendemain des faits, lorsqu'à son réveil dans la chambre du recourant, bien que n'ayant gardé aucun souvenir de la nuit précédente, elle avait très clairement imaginé avoir entretenu une relation sexuelle avec lui. Ainsi, son comportement le lendemain et le surlendemain (envoi de messages rassurants au recourant, lui disant de ne pas s'inquiéter, ainsi qu'à son amie I._________; sortie en discothèque en compagnie du recourant notamment) dénotait que l'éventualité d'une relation sexuelle entretenue avec le recourant ne lui avait pas posé de problème. Bien plutôt, à ce moment, seul l'inquiétait et la perturbait le fait de n'avoir gardé aucun souvenir d'une grande partie de la nuit en cause, comme elle l'avait fait savoir tant à G._________, qu'à I._________, à qui elle avait confié s'être "manifestement défoncé la gueule". Il n'en allait pas différemment lorsque, dans le courant de la journée du 24 octobre 2014, constatant la présence sur son corps d'hématomes, de griffures et autres rougeurs et ressentant les premières douleurs, l'intimée en avait informé le recourant, avant de lui dire une nouvelle fois de ne pas s'inquiéter. Il fallait en déduire que ce n'était qu'après avoir retrouvé des bribes de souvenirs, soit deux jours après les faits, que l'intimée s'était convaincue que, si elle avait entretenu une relation sexuelle complète avec le recourant le soir en question, celle-ci ne pouvait avoir été que non consentie (cf. jugement attaqué, consid. 4.17.4.3 p. 43 ss).