Citation: 6B_517/2020 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a exposé que le recourant présentait un risque de récidive important. Ce dernier avait été condamné à de nombreuses reprises. Il avait en outre bénéficié d'une libération conditionnelle en 2009, avant de récidiver durant la semaine ayant suivi sa sortie de prison. Détenu depuis huit années, le recourant n'avait modifié son comportement que depuis le début 2019. Il consultait désormais un psychiatre et avait commencé à rembourser ses victimes. Son abstinence à l'alcool paraissait solide, mais sa consommation de cannabis était encore courante en 2018, puisque des analyses en la matière s'étaient encore révélées positives durant plusieurs mois en 2019. Un processus de renoncement aux benzodiazépines, que le recourant consommait, était toujours en cours. Ainsi, l'évolution favorable récente du recourant pouvait être saluée, mais ne permettait pas de poser un pronostic favorable, en l'absence d'un projet de réinsertion solide, condition indispensable afin que le recourant ne se retrouve pas dans une situation précaire et désoeuvré à sa sortie de prison. En l'occurrence, le projet de vie du recourant consistait dans l'ouverture d'un atelier de couture au Maroc. Si l'intéressé possédait les compétences nécessaires pour ce projet et pouvait obtenir à tout le moins un laisser-passer pour son pays d'origine, les documents qu'il avait produits ne permettaient pas de corroborer la solidité de son dessein. L'aide financière du Service social international ayant été refusée, le recourant avait allégué vouloir financer l'achat du matériel nécessaire grâce à ses avoirs personnels résultant de son travail en prison ainsi qu'à un prêt de 10'000 fr. au total, consenti par son oncle et sa soeur. Or, cette dernière s'était contentée, dans l'attestation fournie, de confirmer qu'elle était prête à "coopérer" pour aider le recourant, sans aucunement faire référence à un prêt de plusieurs milliers de francs. Aucun élément au dossier ne permettait non plus de conclure que la tante du recourant serait couturière à Casablanca et, à ce titre, en mesure d'aider ce dernier à démarrer son entreprise. L'oncle de l'intéressé, qui vivrait à Turin, n'avait pas davantage manifesté son accord à propos d'un prêt de 5'000 fr. évoqué par celui-ci. Pour l'autorité précédente, le fait que le recourant entende quitter la Suisse ne la dispensait pas d'examiner le risque de récidive, au regard du parcours carcéral et du projet de vie du recourant. Ce dernier n'avait modifié son comportement en prison que très récemment et le dossier présenté concernant son projet au Maroc n'était pas suffisamment étayé, de sorte que, compte tenu de l'important risque de récidive et d'un pronostic très défavorable, les conditions de la libération conditionnelle n'étaient pas réunies.