Citation: 4A_263/2017 E. B

B.a. Le 22 octobre 2013, A.________ SA et C.________ SA ont saisi le Tribunal de première instance du canton de Genève d'une demande en reddition de compte visant à obtenir de la banque «l'intégralité des documents [...] reçus, créés, établis, rédigés et/ou utilisés dans le cadre des mandats respectifs, ou que chacune des demanderesses lui a[vait] confiés». Suivait une liste non exhaustive des documents requis, incluant notamment les correspondances avec les notaires relatives à la réception des fonds visés par le contrat-cadre et l'acte de nantissement signé par I.________. B.b. En audience, l'administrateur unique de A.________ SA a déclaré que lorsque la banque avait renoncé, il n'avait pas pu se tourner vers d'autres investisseurs, ce d'autant plus que les actes avaient déjà été passés. La FINMA avait donné des délais très stricts pour la vente du parc immobilier. Il y avait une cinquantaine d'acquéreurs potentiels et il avait obtenu de haute lutte la primeur de l'achat. Il souhaitait obtenir la production de tout document attestant des échanges avec d'autres établissements bancaires, notamment avec la «petite succursale luxembourgeoise d'une succursale [recte: caisse d'épargne] allemande», afin de démontrer que la banque avait pris des prétextes erronés pour rompre les transactions et que l'argent était en route. Il s'agissait d'établir que les 10 millions de francs de I.________ avaient été obtenus et que l'affaire était réalisée. B.c. Le Tribunal a rejeté la demande par jugement du 6 mai 2015. Il a considéré que les demanderesses n'avaient pas établi avoir formé une société simple avec la banque, de sorte que la reddition de compte ne pouvait se fonder sur une telle relation. L'art. 400 al. 1 CO n'entrait pas davantage en considération. Les parties avaient noué une relation de mandat tout au plus à travers les deux comptes courants ouverts par les demanderesses; toutefois, la seule existence de ces deux comptes ne suffisait pas pour obtenir des informations dépourvues de tout lien avec ceux-ci. B.d. Statuant par arrêt du 18 mars 2016, la Cour de justice genevoise a déclaré irrecevable l'appel formé par C.________ SA mais a partiellement admis celui interjeté par A.________ SA. Statuant à nouveau, la Cour a ordonné à la banque, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, de remettre à A.________ SA l'intégralité des documents reçus, créés, établis, rédigés et/ou utilisés dans le cadre du projet d'acquisition du parc immobilier. Elle énonçait ensuite des documents plus précis, dont l'acte de nantissement signé par I.________. En bref, la Cour de justice a jugé que la banque avait formé une société simple avec A.________ SA; en vertu de l'art. 541 CO, la première devait renseigner la seconde sur les affaires de la société. B.e. La banque a interjeté deux recours en matière civile auprès du Tribunal fédéral. Statuant par arrêt du 13 décembre 2016, l'autorité de céans a confirmé la décision entreprise en tant qu'elle déclarait irrecevable l'appel formé par C.________ SA. Elle l'a annulée pour le surplus et a renvoyé la cause à l'autorité précédente pour qu'elle statue à nouveau sur les conclusions de A.________ SA, ainsi que sur les frais et dépens de la procédure cantonale (arrêts 4A_251/2016 et 4A_265/2016). La cour de céans a considéré que les faits retenus ne suffisaient pas à établir l'existence d'une société simple, nonobstant la constatation d'une volonté d'atteindre un but commun par des efforts fournis de part et d'autre; il s'ensuivait que A.________ SA ne pouvait fonder sa demande sur l'art. 541 CO. Il incombait aux juges genevois d'examiner l'autre grief soulevé en appel, selon lequel la reddition de compte pourrait se fonder sur le droit du mandat (art. 400 CO). B.f. La Cour de justice a recueilli les déterminations des parties. A.________ SA a persisté dans ses conclusions d'appel, tandis que la banque a derechef conclu au rejet de l'appel. Statuant à nouveau par arrêt du 24 mars 2017, la Cour de justice a ordonné à la banque de remettre à A.________ SA l'intégralité de la correspondance échangée avec les différents notaires relative à la réception des fonds visés par le contrat-cadre. Cette injonction a été assortie de la menace de peine prévue à l'art. 292 CP et d'un délai d'exécution au 31 mai 2017. La Cour a rejeté toutes autres conclusions et a statué sur les frais et dépens de la procédure cantonale. En substance, la Cour de justice a considéré que les parties étaient liées par un contrat complexe présentant des traits du prêt et du mandat. La composante du prêt dominait; économiquement, les obligations découlant du mandat ne représentaient qu'une fraction du montant destiné à être prêté, soit en particulier la recherche d'un investisseur pour 10 millions de francs afin d'aider A.________ SA à remplir les conditions fixées. La relation de crédit initiée entre les parties ne conférait pas en soi un droit à la reddition de compte. Il convenait d'examiner l'étendue des obligations de la banque découlant de la composante du mandat. En premier lieu, la banque s'était engagée à offrir à A.________ SA les connaissances de ses collaborateurs en matière de placements collectifs. Toutefois, ce mandat n'avait pas été mis à exécution, de sorte qu'il ne pouvait fonder un droit à l'information pour A.________ SA. En deuxième lieu, la banque s'était obligée à trouver un investisseur, tâche qui relevait du mandat et fondait une obligation de rendre des comptes. Cela étant, l'engagement d'indiquer un cocontractant s'était terminé au plus tard le 23 avril 2010, lors de la conclusion du contrat de garantie entre A.________ SA et I.________. La fourniture des fonds et de l'acte de nantissement signé relevaient de ce contrat de garantie, et non d'un prétendu mandat entre la banque et A.________ SA. C'était dès lors sur la base de ce contrat et à l'encontre de I.________ que A.________ SA pourrait le cas échéant obtenir les renseignements sollicités. En troisième lieu, la banque avait écrit à certains notaires au sujet de l'octroi du prêt à A.________ SA et du versement qu'elle s'apprêtait à effectuer pour celle-ci en leurs mains. Elle était donc tenue de rendre des comptes sur tous les contacts qu'elle avait eus avec les notaires. Aussi A.________ SA avait-elle le droit d'obtenir la correspondance échangée entre la banque et les notaires chargés d'instrumenter les ventes immobilières au sujet de la réception des fonds visés par le contrat-cadre. La Cour de justice a finalement précisé que la requête ne pouvait trouver aucune assise sur la relation de compte courant qui avait lié la banque à A.________ SA; en effet, ce compte n'avait enregistré aucun mouvement.