Citation: 2C_223/2015 E. A

A.________, ressortissant français né le 1er janvier 1960, a travaillé entre le début des années 1980 et 1998 en Suisse d'abord comme frontalier en qualité de plâtrier-peintre, puis comme saisonnier dans le domaine de la restauration. Après avoir épousé, le 15 mars 1999, une ressortissante suisse, il a été mis au bénéfice d'une autorisation de séjour, pour regroupement familial, dès le 24 mars 1999 valable jusqu'au 14 mars 2000. Cette autorisation de séjour a été régulièrement renouvelée. Le 25 janvier 2008, ayant divorcé de sa première épouse, il a épousé une ressortissante du Venezuela née le 4 octobre 1975, qui a une fille née en 1994. Ces dernières ont quitté leur pays d'origine pour vivre auprès de A.________ en Suisse. Le 6 juin 2012, A.________ s'est vu octroyer une autorisation d'établissement. Le 20 octobre 1999, A.________ a été condamné par le Juge d'instruction de Fribourg pour ivresse au volant à une peine de six jours d'emprisonnement, avec sursis pendant trois ans, et à 500 francs d'amende. Le 5 octobre 2000, il a été condamné par le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois pour violation simple des règles de la circulation routière en raison d'une perte de maîtrise du véhicule, ivresse au volant (taux d'alcoolémie de 1,67 gr o/oo) et contravention à l'art. 147 ch. 1 OAC, à une peine de 15 jours d'emprisonnement. Le sursis qui lui avait été accordé le 10 octobre 1999 a par ailleurs été révoqué. Le 16 juin 2011, il a été condamné par ordonnance du procureur à Fribourg pour ivresse au volant qualifiée à une peine pécuniaire de 45 jours-amende, avec sursis pendant trois ans, et à une amende de 1'000 francs. Le 1er mai 2013, il a été condamné par le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois pour homicide par négligence, violation grave des règles de la circulation routière, ivresse au volant qualifiée, vol d'usage, conduite malgré un retrait de permis et défaut de port de la ceinture de sécurité à une peine privative de liberté de 36 mois, dont 18 mois avec sursis pendant quatre ans, le sursis étant subordonné à l'absence de toute consommation d'alcool et à des contrôles réguliers auprès de l'institution désignée par l'autorité d'exécution des peines. Il ressort des considérants de ce jugement que le 10 août 2011 au petit matin, A.________ a fait demi-tour sur l'autoroute et a heurté de front une voiture conduite normalement par un tiers. Sous l'effet de l'impact, ce dernier est décédé sur le coup. A.________ présentait au moment des faits un taux d'alcool dans le sang d'au moins 1,89 g o/oo. L'expertise psychiatrique du 17 février 2012 a diagnostiqué un trouble mixte de la personnalité à traits paranoïaques, schizotypiques et dyssociaux, ainsi qu'une utilisation nocive d'alcool pour la santé sans présenter de dépendance à l'alcool, mais bien une difficulté à contrôler l'utilisation d'alcool. Selon les experts, la responsabilité de l'intéressé dans les actes illicites restait entière. Le risque de récidive a été jugé élevé s'il recommençait à boire, nettement moindre s'il observait une abstinence alcoolique complète. Les juges du Tribunal correctionnel ont retenu que, bien que A.________ ait déjà été condamné pour ivresse au volant et qu'il ait fait l'objet de plusieurs mesures administratives, le pronostic sur son comportement futur n'était pas entièrement défavorable. L'intéressé avait notamment fait annuler son permis de conduire. De plus, il observait une abstinence complète, comme en attestaient les cinq rapports de l'Unité socio-éducative, et il se soumettait à des entretiens réguliers avec son psychothérapeute. A.________ a été incarcéré le 19 décembre 2013 aux Etablissements de la Plaine de l'Orbe.