Citation: 4A_306/2020 E. 6

Ce mémoire s'étend sur 125 pages et il contient 456 allégués de fait. Le dernier des allégués occupe à lui seul plus d'une page et il présente plutôt le caractère d'une plaidoirie écrite. Dans son propre mémoire de détermination, la demanderesse a déclaré contester en bloc l'ensemble des allégués du défendeur; elle n'a pris position de manière topique que sur certains d'entre eux. A l'instar du Tribunal civil, la Cour d'appel juge que divers allégués ne sont pas contestés de manière suffisante et elle tient les faits correspondants pour établis. Ce raisonnement estexactement conforme à l'art. 150 al. 1 CPC selon lequel, en relation avec la maxime des débats qui est consacrée par l'art. 55 CPC (Jürgen Brönnimann, in Commentaire bernois, n° 1 ad art. 150 CPC), la preuve ne porte que sur les faits pertinents et contestés. La demanderesse argue inutilement de l'ampleur à son avis excessive du mémoire de son adverse partie. A teneur des art. 222 al. 2 et 224 al. 3 CPC, il lui incombait d'exposer quels étaient les faits reconnus ou au contraire contestés, et de consentir l'effort même important qui était nécessaire à cette fin; la contestation globale de l'ensemble des allégués était inopérante (Laurent Killias, in Commentaire bernois, n° 17 ad art. 222 CPC). Les faits ainsi retenus faute d'une contestation suffisante concernent surtout la diminution des revenus du défendeur et le lien de causalité entre la campagne d'Appel au peuple et cette diminution. La demanderesse a contesté sans équivoque la force probante de tableaux de chiffres créés par le défendeur personnellement et produits par lui à titre de moyens de preuve. Contrairement à l'argumentation soumise au Tribunal fédéral, la Cour d'appel n'a pas méconnu cette contestation. La Cour expose de manière précise comment ces tableaux de chiffres peuvent être rapprochés des taxations fiscales du défendeur et elle vérifie ainsi leur force probante. Sur ce point notamment, la demanderesse omet de discuter les motifs de la décision qu'elle attaque; il s'ensuit que la motivation du recours en matière civile ne répond pas entièrement aux exigences de l'art. 42 al. 2 LTF (cf. ATF 140 III 86 consid. 2 p. 89).