Citation: 2C_149/2023 E. 5.1

5.1. D'après une jurisprudence constante, les relations visées par l'art. 8 CEDH sont avant tout celles qui concernent la famille dite nucléaire ("Kernfamilie"), soit celles qui existent entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant en ménage commun (cf. ATF 135 I 143 consid. 1.3.2; 129 II 11 consid. 2; 127 II 60 consid. 1d/aa; 120 Ib 257 consid. 1d). La notion de "famille" au sens de l'art. 8 CEDH ne se limite toutefois pas aux seules relations fondées sur le mariage, mais peut englober d'autres liens "familiaux" de fait, notamment lorsque deux personnes en couple cohabitent en dehors du mariage. Selon la Cour européenne des droits de l'homme (ci-après: CourEDH), pour déterminer si une relation s'analyse en tant que "vie familiale", il y a lieu de tenir compte d'un certain nombre d'éléments, comme le fait de savoir si le couple vit ensemble, depuis combien de temps et s'il a des enfants communs (cf. notamment arrêts de la CourEDH Nazarenko c. Russie du 16 juillet 2015, req. no 39438/13, § 56; Serife Yigit c. Turquie du 2 novembre 2010, req. no 3976/05, § 94 et 96 et les références; Emonet et autres c. Suisse du 13 décembre 2007, req. no 39051/03, § 34 et 36; aussi ATF 144 I 266 consid. 2.5 et arrêt 2C_661/2010 du 31 janvier 2011 consid. 3) En l'espèce, le Tribunal administratif fédéral a constaté que le recourant faisait ménage commun avec sa compagne actuelle depuis 2015 et que le couple avait eu deux enfants communs, nés en 2018 et 2020. Il y a ainsi lieu d'admettre l'existence d'une famille "naturelle" bénéficiant de la protection de l'art. 8 CEDH. Reste à examiner si le recourant peut s'en prévaloir pour contester le refus de prolongation de son autorisation de séjour.