Citation: U 513/00 18.03.2002 E. 4

4.- a) Pour apprécier la diminution de la capacité de gain du recourant, les premiers juges ont retenu, d'une part, un gain sans invalidité de 4250 fr. par mois en 1997. Ce montant, calculé sur la base du salaire horaire de 22 fr. 55 communiqué par le Syndicat de l'industrie et des bâtiments n'est pas contesté. Les juges cantonaux ont admis, d'autre part, un gain hypothétique avec invalidité de 3500 fr. par mois correspondant au revenu moyen ressortant des descriptions de poste de travail (DPT) nos 2300, 793 et 780, correspondant à des activités telles que celles décrites comme exigibles par le docteur R.________. Ils ont, en revanche, écarté les DPT nos 841 et 613 au motif que les deux employeurs concernés n'engageaient que des femmes pour ces postes. b) Pour sa part, la recourante soutient que rien ne justifiait d'écarter les deux DPT précitées. Elle relève en particulier que si la DPT no 841 indique certes que ce poste est occupé essentiellement par des femmes, qui ont plus de dextérité que les hommes, les hommes n'en sont pas exclus pour autant. c) Il n'est toutefois pas nécessaire d'examiner ce point de manière plus approfondie. Selon la jurisprudence, lorsque, comme en l'espèce, l'assuré n'a pas repris d'activité lucrative ensuite de l'accident, le revenu d'invalide peut être évalué sur la base des statistiques salariales (ATF 126 V 76 consid. 3a bb), par rapport auxquelles les données résultant des DPT de la CNA n'ont pas de valeur prépondérante (RAMA 1999 U 343 consid. 4b/aa, p. 412). Dans la mesure où les juges cantonaux estimaient ne pouvoir se fonder sur les cinq DPT produites par la recourante, il leur incombait donc de se référer à ces données d'expérience. Selon les données de l'enquête suisse sur la structure des salaires, la valeur médiane des salaires versés dans l'ensemble du secteur privé à des hommes exerçant une activité simple et répétitive s'élevait à 4294 fr. en 1996. Compte tenu de l'évolution des salaires nominaux de 1996 à 1997 (base 1993 = 100; 1996 = 104,1; 1997 = 104,6; Annuaire statistique de la Suisse 2001, T 3.4.3.2, p. 204), d'un temps de travail hebdomaire moyen de 41,9 heures et d'un abattement de 20 % de ce salaire statistique (ATF 126 V 78 consid. 5, 124 V 322 consid. 3) - alors que, compte tenu de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce (âge, handicap, difficultés linguistiques, nationalité) une déduction de l'ordre de 15 à 20 % apparaît tout au plus justifiée - le recourant pouvait espérer réaliser, en 1997, un gain mensuel de 3390 fr. En comparaison de son gain présumable sans invalidité, ce revenu d'invalide révèle un taux d'invalidité n'excédant pas celui arrêté par la recourante dans ses décision et décision sur opposition des 19 mars 1998 et 13 janvier 1999. Il n'y a, dès lors, pas lieu de s'en écarter. Le recours de la CNA se révèle ainsi bien fondé.