Citation: 6B_508/2018 E. 2.3

2.3. En l'espèce, le classement de la procédure, en tant qu'il se rapportait à la plainte pénale déposée par A.________, n'était pas contesté, les faits étant en tout état prescrits dans ce contexte. En revanche, pour motiver l'annulation du classement en ce qui concerne les autres plaintes pénales, la cour cantonale a considéré qu'il subsistait, à l'encontre de Y.________ notamment, des indices concrets permettant de supposer, en l'état du dossier, avec un certain degré de vraisemblance, que le prénommé et un comparse, seraient impliqués à des degrés divers dans des actes illicites commis au détriment de l'un au moins des recourants. Elle a par conséquent renvoyé le dossier au Ministère public pour complément d'instruction. On comprend, à la lecture de l'arrêt querellé, que la cour cantonale en a tiré argument pour considérer qu'il était prématuré de statuer sur les conclusions en levée de séquestre de la recourante, dont elle a admis la qualité de partie en vertu de l'art. 105 al. 1 let. f CPP. Ce nonobstant, l'arrêt querellé ne comporte aucun développement sur les droits que fait valoir la recourante ni sur les probabilités d'une confiscation ou du prononcé d'une créance compensatrice qui, au stade actuel de la procédure, soit huit ans après le dépôt des plaintes dont le sort demeure pendant, doivent s'examiner de façon rigoureuse. La cour cantonale n'expose ni le fondement, ni les motifs susceptibles de justifier, ne serait-ce que sous l'angle d'une simple vraisemblance, le maintien de séquestres ordonnés de longue date. On cherche en vain un quelconque développement sur l'existence d'un lien de connexité entre les infractions demeurant sous enquête et les fonds maintenus sous séquestre, sur les raisons pour lesquelles la recourante pourrait elle-même faire l'objet du prononcé d'une créance compensatrice (cf. art. 71 al. 1 i. f. CP), ou encore sur l'adéquation entre les avoirs frappés par les mesures provisoires en cause et les montants dont les plaignants auraient été spoliés. La cour cantonale ne discute nullement les arguments soulevés par cette dernière à l'appui de sa requête, que ce soit pour justifier ses prétentions sur les avoirs concernés ou pour solliciter la levée des séquestres. Quoi qu'il en soit, en se bornant à évoquer l'issue de la cause pour considérer qu'il était prématuré de statuer sur les conclusions en levée de séquestre de la recourante, avant de les déclarer sans objet, la cour cantonale les a en réalité rejetées sans motiver sa décision à satisfaction de droit. Le grief de violation du droit être entendu soulevé à cet égard par le recourante s'avère donc fondé.