Citation: 4A_25/2024 E. 4.2.1

4.2.1. S'agissant de C.________, le recourant estime avoir été suffisamment clair s'agissant de la prétention dont il serait titulaire envers elle. Il ressort de la demande de B.________ contre le recourant qu'elle lui reproche, en sa qualité d'ancien administrateur, d'avoir omis de facturer des prestations à C.________ (et non le contraire, comme évoqué dans l'arrêt attaqué; cf. supra consid. 4.1), lesquelles représenteraient 6'256'352 fr. C'est d'ailleurs ce que le recourant explique dans sa requête d'admission de l'appel en cause. S'il est condamné à lui verser la somme que ces prestations représentent, le recourant indique vouloir se retourner contre C.________ en vertu de l'art. 50 CO. Il est vrai que dans sa requête, le recourant était très succinct. Visiblement, il a pris l'art. 82 al. 1 2e phr. CPC très à la lettre, ce qui ne poserait pas de problème majeur si ses explications étaient d'une parfaite clarté, ce qui n'est pas tout à fait le cas. La requête mentionne que B.________ prétendait que C.________ aurait encaissé à sa place une somme équivalente, ce qui correspond certes à la demande de B.________ où il est notamment question de cet encaissement, mais n'en demeure pas moins confondant. S'y ajoute que tant le recourant que ses adverses parties utilisent le terme "refacturation" pour désigner apparemment des services que B.________ aurait dû facturer à C.________, ce qui prête à confusion puisque cela recouvre en principe une prestation facturée à une société qui elle-même la refacture à un tiers; or, ce n'est pas la refacturation de C.________ à un tiers qui est en cause ici. Toujours est-il que la requête d'admission de l'appel en cause fait (aussi) référence au reproche, formulé par B.________ à l'encontre du recourant, de n'avoir pas "refacturé" ( recte: facturé) des montants de B.________ à C.________, ce qui est plus explicite. On parvient donc à cerner, en élaguant quelques éléments, que le coeur du litige tient à une problématique de facturation ou de prix de transfert entre sociétés apparentées. Si le recourant est condamné à verser à B.________ le montant de 6'256'352 fr. qu'il lui est reproché, en sa qualité d'ancien administrateur, d'avoir omis de facturer à C.________, il entend se retourner contre cette dernière société qui serait alors, à ses yeux, pareillement responsable. Le lien de connexité matérielle est donné. Autre est la question de savoir si cette prétention serait matériellement fondée. La cour cantonale, que cette potentielle créance a laissée perplexe, a noté à ce propos que, comme le recourant était seul administrateur et actionnaire de C.________ au moment des faits, les éventuels manquements de cette société relèveraient de son propre fait. Quant à l'intimée, elle soutient que l'art. 50 CO ne trouverait pas application s'agissant d'une responsabilité fondée sur le droit des sociétés, régie par l'art. 759 CO. Le recourant a étoffé la liste des dispositions légales sur lesquelles il entend asseoir sa prétention en lui ajoutant, dans son recours, les art. 51 CO (référence faite à l'arrêt 4A_164/2016 du 18 octobre 2016), 148 et 149 CO. Ces éléments ne doivent toutefois pas influencer la décision puisque, au stade de la requête d'admission de l'appel en cause, le juge n'a pas à se préoccuper de savoir si la prétention dont il s'agit est fondée ou non. Le recours fait donc mouche sur ce point. Par ailleurs, aucune des autres conditions auxquelles l'art. 81 CPC subordonne l'appel en cause ne pose problème. Il demeurera à examiner l'argument que les intimées opposent à un appel en cause tout à la fois de C.________ et D.________ ( infra consid. 4.2.3).