Citation: 6B_84/2016 E. 2.7.1

2.7.1. On comprend de la motivation de la cour cantonale qu'elle a tenu compte, à la décharge de l'intimé, du fait qu'il avait aidé les fugitifs à se soustraire à la justice, mais seulement de façon temporaire, en ce sens qu'il les avait hébergés et les avait aidés à subsister, sans toutefois participer à leur évasion. Elle a ensuite considéré qu'il convenait néanmoins de prendre en compte, à la charge de l'intéressé, le fait qu'il avait hébergé les fugitifs sur une certaine durée. Il était, certes, justifié de prendre en considération la durée de l'intervention de l'intimé puisqu'elle s'est poursuivie pendant plusieurs jours. Il n'était, en revanche, pas admissible de tenir compte, en sa faveur, du fait qu'il n'a joué aucun rôle dans l'évasion. En effet, il n'est pas acceptable de relativiser la gravité de l'entrave à l'action pénale commise par l'intimé, réprimée par l'art. 305 CP, au motif qu'il n'a pas participé à l'évasion des fugitifs, ce qui serait constitutif d'une autre infraction (art. 310 CP). La gravité de l'acte commis, respectivement l'importance de la faute de l'intimé, ne s'en trouve en rien diminuée. Cet élément, qui constituait tout au plus un facteur neutre dans le cadre de la fixation de la peine, ne pouvait, dès lors, être retenu dans un sens atténuant.