Citation: 1P.761/2001 18.02.2002 E. 1

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 127 III 41 consid. 2a p. 42; 127 IV 148 consid. 1a p. 151, 166 consid. 1 p. 168 et les arrêts cités). Il vérifie en particulier la voie de droit ouverte dans chaque cas particulier, quel que soit l'intitulé de l'acte de recours (ATF 121 I 173 consid. 3a p. 175 et les arrêts cités). 1.1 Le recourant reproche tout d'abord à la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire et violé son droit d'être entendu en statuant sans avoir procédé à une nouvelle appréciation des faits et des preuves; il lui fait en outre grief d'avoir violé la présomption d'innocence consacrée aux art. 32 al. 1 Cst. et 6 § 2 CEDH et son droit à être jugé par un tribunal impartial garanti aux art. 30 al. 1 Cst. et 6 § 1 CEDH en refusant de voir dans l'appréciation des premiers juges quant à l'usage qu'il a fait de son droit d'être entendu personnellement par le juge d'instruction plutôt que par la police un indice de leur prévention à son égard et un renversement inadmissible du fardeau de la preuve; seule la voie du recours de droit public pour violation des droits constitutionnels est ouverte dans ce cas (ATF 127 IV 215 consid. 2d p. 218; 124 IV 81 consid. 2a p. 83 et les arrêts cités). Le recourant prétend également que son expulsion à vie du territoire suisse serait incompatible avec l'art. 3 CEDH. Par cette argumentation, il entend en réalité se plaindre d'une fausse application des art. 41 ch. 1 al. 1 et 55 al. 1 CP, soit de règles de droit pénal fédéral matériel, dont il ne peut en principe faire contrôler l'application et l'interprétation qu'au moyen du pourvoi en nullité à la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral (art. 269 al. 1 PPF; ATF 126 I 97 consid. 1c p. 101); on peut d'ailleurs se demander si cette dernière voie est ouverte et si le grief tiré de la violation de l'art. 3 CEDH en relation avec l'art. 55 al. 1 CP ne devrait pas être invoqué dans le cadre d'un recours de droit administratif dirigé non pas contre le jugement ordonnant son expulsion, mais contre la décision d'exécution de cette mesure (ATF 121 IV 345 consid. 1a p. 348). Il n'y a pas lieu de trancher définitivement cette question, car une conversion du recours de droit public, irrecevable sur ce point, en un pourvoi en nullité n'entre de toute manière pas en considération, le recourant étant assisté d'un mandataire professionnel qui devait connaître les voies de droit disponibles (ATF 120 II 270 consid. 2 p. 272). 1.2 Le recourant est directement touché par l'arrêt attaqué qui confirme sa condamnation à une peine de quinze mois de réclusion et à son expulsion à vie du territoire suisse; il a un intérêt personnel, actuel et juridiquement protégé à ce que ce jugement soit annulé et a, partant, qualité pour recourir selon l'art. 88 OJ. Interjeté en temps utile contre une décision finale rendue en dernière instance cantonale, le recours répond au surplus aux réquisits des art. 86 al. 1 et 89 al. 1 OJ. 1.3 Selon l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recours de droit public doit contenir l'énoncé des faits essentiels et un bref exposé démontrant quels droits constitutionnels ou quels principes juridiques ont été violés par la décision attaquée, et dans quelle mesure. Le Tribunal fédéral n'examine que les motifs soulevés de façon claire et détaillée. Il n'entre pas en matière sur les griefs développés de manière insuffisante et sur de pures critiques appellatoires du jugement entrepris (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43; 126 III 534 consid. 1b p. 536). Par ailleurs, dans un recours fondé sur l'art. 9 Cst., le recourant ne peut pas se limiter à une critique globale de l'arrêt attaqué, en prétendant que ce dernier est arbitraire. Il doit bien davantage démontrer que l'appréciation des preuves à laquelle a procédé la cour cantonale est manifestement insoutenable, se trouve en contradiction grossière avec la situation de fait, qu'elle lèse une règle ou un principe juridique incontestés ou qu'elle heurte de façon choquante le sentiment de la justice (ATF 110 Ia 1 consid. 2a p. 3/4; sur la notion d'arbitraire, ATF 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70).