Citation: I 650/06 11.07.2007 E. 2

2.1 L'assurée se plaint d'une constatation manifestement incomplète des faits pertinents. Elle reproche en substance à la commission de recours de n'avoir pas pris en considération les différents rapports médicaux qu'elle avait produits en cours de procédure et qui faisaient état d'un tableau clinique particulièrement complexe. D'après les documents en question, elle souffrirait notamment d'une arthrose cervicale avec rectification de la lordose cervicale, de discopathies C5-C6 et C6-C7, d'arthrose inter-apophysaire postérieure, d'une arthrose de l'articulation temporo-mandibulaire droite avec épisodes fréquents de subluxation, d'une spondylose lombaire, d'une hernie discale centrale L4-L5 et d'un hypothyroïdisme post-thyroïdectomie (rapports du service de rhumatologie du Complexe hospitalier universitaire Y.________ du 26 janvier 2005 et des docteurs E.________ des 15 janvier 2005 et 13 octobre 2003, G.________ du 21 juin 2004, C.________ du 20 septembre 2004, M.________ du 30 septembre 2003 et F.________ du 15 septembre 2003). La majorité des médecins consultés par l'assurée s'accordaient par ailleurs à lui reconnaître une incapacité de travail totale et permanente dans tout type d'activité lucrative. 2.2 Se fondant sur l'expertise psychiatrique réalisée par le docteur V.________, laquelle remplissait pleinement les exigences posées par la jurisprudence quant à la valeur probante des expertises médicales (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352), la commission de recours a retenu - de manière à lier la Cour de céans - que l'état de santé psychique de l'assurée s'était significativement amélioré depuis le moment de l'octroi de la rente entière d'invalidité, point de vue que les documents médicaux produits par l'assurée n'étaient pas de nature à mettre en doute. L'atteinte à la santé psychique ne limitait plus que de 20 % au maximum la capacité de travail de l'assurée dans son activité d'employée de cuisine ou dans toute activité adaptée, tandis que les atteintes orthopédiques n'étaient pas susceptibles d'entraîner une incapacité de travail supplémentaire. L'exercice d'une telle activité permettait par voie de conséquence à l'assurée de réaliser plus de 60 % du gain qui pouvait être obtenu sans invalidité, de sorte que le droit à une rente d'invalidité, même partielle, n'était plus ouvert. 2.3 Au regard des moyens soulevés par l'assurée au cours de la procédure, cette motivation doit être qualifiée d'incomplète. Il ressort du jugement entrepris que les premiers juges se sont limités à examiner l'évolution de l'état de santé psychique de l'assurée, laissant ainsi entendre que le tableau clinique relevait essentiellement d'un trouble de somatisation qui, en l'occurrence, ne revêtait pas de caractère invalidant (sur l'ensemble de la question, voir ATF 132 V 65 et 131 V 49 et les références). En revanche, la sentence attaquée ne fait nulle mention, que ce soit dans sa partie « en fait » ou « en droit », de l'une ou l'autre des pièces produites par l'assurée. Or les premiers juges étaient tenus, vu les circonstances, d'examiner la question de l'existence d'une éventuelle comorbidité somatique. Ils ne pouvaient se contenter de la formule lapidaire selon laquelle les atteintes orthopédiques n'étaient pas susceptibles d'entraîner une incapacité de travail supplémentaire, d'autant moins que cette affirmation ne reposait sur aucun élément probant et décisif émanant du dossier médical. Aussi bien l'expertise du docteur V.________ que les prises de position des docteurs L.________ et R.________ (voir rapports des 8 janvier, 27 janvier et 27 décembre 2004) sont en effet antérieures à la production par l'assurée des pièces médicales litigieuses. Quant à l'appréciation délivrée le 24 février 2005 par le docteur R.________, on ne saurait considérer qu'elle puisse apporter un éclairage pertinent sur le tableau somatique présenté par l'assurée, dès lors que les spécialisations de ce médecin sont la psychiatrie et la psychothérapie.