Citation: I 15/01 03.05.2001 E. 2

2.- a) Par un premier moyen, le recourant reprend l'argumentation qu'il a développée dans sa décision. Il fait valoir que si l'assuré avait mené à terme ses études et obtenu un titre universitaire, il aurait pu exercer un travail léger de bureau, adapté à son handicap. Dans cette hypothèse, il n'aurait pas subi de dommage économique, de sorte qu'il ne serait pas invalide au sens de l'art. 4 al. 1 LAI. La diminution de la capacité de gain de l'assuré étant due à son départ d'Iran et à la non-reconnaissance en Suisse de son baccalauréat, c'est-à-dire à des facteurs extérieurs à l'invalidité, il n'existe aucun lien de causalité entre l'atteinte à la santé et la diminution de la capacité de gain. Pour cette raison, l'assuré ne saurait prétendre des prestations de l'assurance-invalidité. b) Cette argumentation n'est pas fondée. Il n'est guère contestable, en effet, que l'intimé souffre d'une atteinte à sa santé qui est de nature à entraîner une incapacité de gain. Il travaille depuis 1994 dans un atelier protégé et c'est pour des raisons médicalement établies qu'il a dû réduire son temps de travail. Le fait que l'intimé aurait pu poursuivre des études de sciences économiques s'il était resté en Iran et, éventuellement, exercer ensuite une activité adaptée à son handicap est sans pertinence dans ce contexte. Pour déterminer l'invalidité d'un assuré, il faut se fonder sur la situation de fait qui prévaut au moment où il est statué sur ses droits. Il n'y a pas lieu de se demander pour quel motif un assuré n'a pas, dans le passé, entrepris une formation qui lui eût permis de réaliser un revenu suffisant pour exclure le droit à une rente à laquelle il pourrait prétendre ultérieurement. L'argumentation du recourant conduirait, pour fixer le degré de l'invalidité, à un examen rétrospectif des possibilités de formation professionnelle qui eussent été exigibles de l'intéressé, au regard de ses aptitudes, réelles ou supposées. Un tel procédé sortirait clairement du cadre légal, en particulier de la réglementation de l'art. 28 al. 2 LAI. Le point de savoir ce qui est exigible de l'assuré, afin de satisfaire à l'obligation qui lui incombe de diminuer le dommage, est un élément qui doit être examiné sur la base des circonstances existant après la survenance de l'invalidité (cf. Gabriela Riemer-Kafka, Die Pflicht zur Selbstverantwortung, Fribourg 1999 p. 220).