Citation: 7B_744/2023 E. 3.5.3

3.5.3. Quant au fond, le recourant reproche à la cour cantonale une appréciation arbitraire des preuves. Il affirme d'abord que l'intimé aurait eu conscience du danger lié au faux plafond dès lors qu'avant de chuter, ce dernier avait entrepris de déplacer les planches qui le surplombaient. En résumé, le recourant soutient que, par cette manoeuvre, l'intimé aurfait cherché à se créer un platelage de fortune pour accéder à une poutre en hauteur. Cette précaution indiquerait que l'intimé aurait consciemment veillé à ne pas marcher ni prendre appui sur la surface entre les poutres et, partant, qu'il aurait identifié le risque de chute. Le recourant estime que dans le cas contraire, l'intimé ne se serait pas donné la peine de modifier la disposition des planches, aurait marché sur le faux plafond et serait tombé au travers dès son entrée dans la pièce. Selon le recourant, l'intimé n'avait pas pu ignorer que le plancher avait été enlevé, puisque le niveau du sol était différent de celui du reste de l'étage et que la poutraison était bien visible; seul un enfant en bas âge n'aurait pas remarqué un tel danger. Comme déjà dit, la cour cantonale a retenu que l'intimé n'était pas à même de se rendre compte du danger lié au sol et qu'il n'avait pas adopté le comportement reproché dans le but de se créer un platelage de fortune, mais pour accéder à la poutre sur laquelle il devait travailler. Elle a également relevé que si l'intimé n'avait certes pas chuté immédiatement en entrant dans la pièce, ce fait ne permettait pas pour autant de conclure qu'il aurait consciemment veillé à ne pas marcher sur la surface entre les poutres (cf. consid. 3.5.1 supra). Par son argumentation, le recourant ne fait donc qu'opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, ceci de manière purement appellatoire. De plus, l'appréciation de la cour cantonale n'apparaît pas insoutenable. Selon les constatations de cette autorité au sujet d'un cliché pris le jour de l'accident (cf. p. 13 du dossier cantonal) - dont l'arbitraire n'a pas été soulevé -, les planches qui surplombaient le faux plafond ne donnaient pas l'impression d'avoir été installées de façon ordonnée, afin de servir de platelage. D'une part, l'une d'elles était trop courte pour pouvoir traverser la pièce en longueur sans devoir marcher sur cette surface. D'autre part, plusieurs planches étaient installées de façon décalée vers le fond de la pièce (cf. p. 17 du jugement attaqué). En outre, la surface entre les poutres était de nature indéterminée et jonchée de débris (cf. p. 17 du jugement attaqué). Dans ces circonstances, il apparaît que l'intimé a pu éprouver des difficultés à se déplacer dans cette pièce et a fortiori à y installer une échelle, à tout le moins sans modifier au préalable la configuration des planches disposées - sans régularité apparente - au-dessus du faux plafond. A cela s'ajoute que la nature de cette surface et son caractère fragile n'étaient pas perceptibles, surtout pour l'intimé qui ne possédait pas les connaissances pour le reconnaître. Si ce dernier avait eu conscience du risque de chute, on ne comprend en outre pas pourquoi il aurait alors pris le risque de modifier la disposition des planches disposées au-dessus du faux plafond et encore moins de chercher à installer une échelle dans cette pièce. Partant, la cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en retenant que le comportement de l'intimé avant sa chute ne signifiait pas qu'il avait compris le danger. On ne voit donc pas non plus en quoi cette autorité aurait dû éprouver, sur la base des éléments susmentionnés, un doute qui aurait dû profiter au recourant. Deuxièmement, à bien le suivre, le recourant soutient que l'intimé aurait été averti du danger de chute par la présence de la planche de bois clouée en diagonale de l'ouverture de la porte. A ses yeux, il n'était en effet pas possible d'interpréter une telle installation autrement que comme un avertissement du danger. Le recourant s'appuie à cet égard sur les témoignages de trois professionnels du bâtiment qui sont intervenus sur le chantier et qui font état d'une interdiction claire de pénétrer dans la pièce litigieuse. La présence d'une telle barrière aurait été un moyen reconnaissable, tant pour les témoins précités que pour les autres ouvriers travaillant sur le chantier, d'interdire l'accès à la pièce concernée. Sur ce point, la cour cantonale a toutefois estimé que ce dispositif en bois était facilement contournable et n'était accompagné d'aucun panneau ou texte permettant de comprendre qu'il était interdit de pénétrer dans la pièce en question ou qu'il y avait un danger; elle en a déduit que le dispositif en question n'était pas propre à rendre l'intimé attentif au risque de chute qui le guettait. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. En effet, il n'est pas insoutenable de considérer que cette planche de bois, qui ne demandait presque aucun effort pour être évitée et qui ne comportait aucune inscription ni pictogramme avisant du danger, n'avait pas généré une prise de conscience du danger par l'intimé. Il sied par ailleurs de rappeler que l'intimé ne possédait pas les connaissances requises pour se rendre compte d'un tel danger et que personne ne l'avait avisé oralement de l'état du chantier, en particulier de la pièce dans laquelle il devait intervenir. Là encore, le recourant se borne à opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, sans nullement en démontrer l'arbitraire. Partant, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en retenant que l'intimé n'avait pas eu conscience d'un danger de chute au moment des faits.