Citation: C 205/05 02.12.2005 E. 3

3.1 Aux termes de l'art. 8 al. 1 let. e LACI, l'assuré a droit à l'indemnité de chômage notamment s'il remplit les conditions relatives à la période de cotisation ou en est libéré. 3.2 Selon l'art. 13 al. 1 LACI, celui qui, dans les limites du délai-cadre (art. 9 al. 3 LACI), a exercé durant six mois au moins une activité soumise à cotisation (cf. art. 16 aLACI) remplit les conditions relatives à la période de cotisation. En l'espèce, il est constant que le recourant n'a exercé aucune activité lucrative soumise à cotisation durant les deux années précédant le dépôt de sa demande d'indemnité de chômage. Aussi ne remplit-il pas les conditions d'assurance relatives à la période de cotisation. Il convient dès lors d'examiner s'il peut en être libéré au titre de l'un des motifs de libération figurant à l'art. 14 LACI et en particulier celui prévu à l'alinéa 2. 3.3 Selon cette disposition, sont libérées des conditions relatives à la période de cotisation, les personnes qui, par suite de séparation de corps ou de divorce, d'invalidité ou de mort de leur conjoint ou pour des raisons semblables ou pour cause de suppression de leur rente d'invalidité, sont contraintes d'exercer une activité salariée ou de l'étendre. Cette disposition ne s'applique que si l'événement en question ne remonte pas à plus d'une année et si la personne concernée était domiciliée en Suisse au moment où il s'est produit (art. 14 al. 2 LACI). 3.3.1 Par domicile, il faut entendre le lieu où la personne concernée réside avec l'intention de s'y établir (art. 23 al. 1 CC). La notion de domicile englobe deux éléments: objectivement, la résidence effective dans un lieu donné et, subjectivement, la volonté de s'y établir, soit d'en faire le centre de son existence, de ses intérêts personnels et professionnels. Selon la jurisprudence, ce n'est pas la volonté intime de l'intéressé qui est déterminante, mais les circonstances objectives, reconnaissables pour les tiers, qui permettent de déduire une telle intention (ATF 120 III 8 consid. 2a). 3.3.2 Depuis plusieurs années, le recourant séjourne neuf mois durant en Thaïlande où il s'est établi en raison du climat particulièrement favorable à l'état de santé de son épouse. Sur place, il a investi une part importante de son capital de prévoyance dans l'acquisition d'une maison de deux appartements qui lui sert de logement, ainsi qu'à l'un de ses fils, lui-même établi en Thaïlande avec sa famille depuis plus de quatorze ans. Titulaire d'une autorisation de séjour, il a engagé une procédure tendant à l'octroi d'un permis d'établissement. Même provisoirement suspendues et reportées à une date ultérieure pour des motifs d'ordre financier et administratif, ces démarches n'en témoignent pas moins l'intention manifeste du recourant de s'établir dans ce pays. Inversement, en Suisse, il a mis fin au 31 décembre 1996 à des rapports de travail longs d'une dizaine d'années. Il a résilié le contrat de bail de son logement, ne conservant qu'une caravane stationnée sur une place de camping où il habite durant ses séjours en Suisse. Il a liquidé l'ensemble de ses biens. Enfin, il a obtenu le paiement en espèces de son capital de prévoyance, manifestant indiscutablement sa décision de quitter définitivement la Suisse (cf. art. 5 al. 1 let. a 1ère phrase LFLP). Sur le vu de ce qui précède, le centre des activités et des intérêts personnels du recourant se situe en Thaïlande. Le seul dépôt de ses papiers auprès de l'Office de la population de E.________ n'exprime nullement sa volonté de s'établir en Suisse, attendu qu'il a entrepris cette démarche dans le but de bénéficier de l'aide sociale, avant de pouvoir regagner la Thaïlande; son retour en Thaïlande n'était que reporté, jusqu'au moment où le couple obtiendrait des médecins la garantie qu'un retour dans un pays tropical serait compatible avec l'état de santé de l'épouse (cf. courriers du recourant datés du 25 octobre et du 21 novembre 2002). En tant qu'il n'était pas domicilié en Suisse au moment de l'attaque cérébrale de son épouse, le recourant ne saurait être libéré des conditions relatives à la période de cotisation. Il ne peut prétendre des prestations de l'assurance-chômage. Le jugement entrepris n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.