Citation: 5P.299/2003 23.09.2004 E. 1

Après avoir constaté dans la partie "En fait" de son arrêt que le recourant alléguait avoir mis à la disposition de Gertrude Allegra le solde de la rémunération qu'il lui devait et que celle-ci reconnaissait avoir conservé les clés des bureaux malgré cette offre, la cour cantonale a retenu que le recourant a admis n'avoir pas payé à Gertrude Allegra la rémunération à laquelle elle avait droit pour les services qu'elle avait rendus à Montebello Finance SA ou à lui-même, ce pendant plusieurs années. Comme le fait litigieux n'était pas contesté par le recourant, une motivation de l'appréciation des preuves sur ce point était superflue. Le fait que la Cour de justice n'ait pas expressément tiré de ce fait une conséquence juridique - le recourant ne précise d'ailleurs pas laquelle -, ne constitue pas un défaut de motivation (art. 29 al. 2 Cst.), mais une critique de l'application du droit civil fédéral et, partant, ne ressortit pas au recours de droit public. 3.2 Le recourant reproche ensuite à la Cour de justice de ne pas avoir motivé non plus sa décision en ce qui concerne la maltraitance physique, à savoir les coups qu'il aurait donnés, selon l'article litigieux, à Gertrude Allegra. La cour cantonale a retenu, au terme d'une motivation d'une page, en se basant sur les certificats médicaux et le témoignage de Suzanne Brunner, que le recourant s'était livré à plusieurs reprises à des actes de violence sur la personne de Gertrude Allegra, sans toutefois lui infliger les blessures assez sérieuses indiquées dans l'article incriminé ou des hématomes permanents. Elle a estimé que le fait que plusieurs témoins ont affirmé n'avoir jamais rien constaté d'anormal dans les relations entre le recourant et son ancienne secrétaire n'était évidemment pas déterminant. C'est à tort que le recourant reproche à la cour cantonale de n'avoir pas motivé sa décision puisque précisément la cour a estimé que les certificats médicaux et le témoignage de Suzanne Brunner prévalaient sur l'absence de constatations de la part des témoins. Lorsque le recourant soutient que ces témoignages devaient amener la cour cantonale à considérer comme peu vraisemblables les dires de Gertrude Allegra, il critique en réalité l'appréciation des preuves, grief qui ne ressortit pas à l'art. 29 al. 2 Cst., mais relève de l'art. 9 Cst., qui n'est pas invoqué à cet égard (art. 90 al. 1 let. b OJ; cf. consid. 2.1). 3.3 Le recourant reproche encore à l'autorité cantonale d'avoir violé son droit à une décision motivée en ne se prononçant pas, ni en fait ni en droit, sur l'assertion contenue dans l'article du 16 septembre 2001 selon laquelle il aurait été décrit par de nombreuses personnes comme un individu incapable de se contrôler, tenant des propos violents à l'égard de ses contradicteurs. Il estime qu'il est mensonger de le présenter "sous ce jour". L'autorité cantonale a considéré, au vu de la véracité des insultes et de la maltraitance physique manifestées à l'égard de Gertrude Allegra, que le recourant s'était montré colérique à l'égard de celle-ci, n'étant pas toujours capable de contrôler ses actes. Contrairement à ce qu'affirme le recourant, la cour cantonale n'a donc pas omis de se prononcer sur le trait de caractère qui lui était imputé. Certes, elle n'a pas constaté que de nombreuses personnes l'auraient décrit de cette manière. Toutefois, dans la mesure où le recourant en déduit seulement que l'image donnée ainsi de lui est mensongère, il s'en prend en réalité à l'appréciation des preuves, critique qui ne relève pas de l'art. 29 al. 2 Cst. (art. 90 al. 1 let. b OJ; cf. consid. 2.1). 3.4 Toujours au titre de violation du droit à une décision motivée, le recourant fait valoir que l'autorité cantonale aurait dû considérer comme incorrecte et illicite l'allégation relative au temps de travail de Gertrude Allegra, qui "doit parfois travailler tard dans la soirée et être à la disposition totale de cet homme". Le recourant n'a pas fait valoir en appel que cette assertion était mensongère et portait atteinte à sa personnalité. Or, seuls sont recevables devant le Tribunal fédéral les moyens qui, à condition qu'ils aient pu être portés devant l'autorité cantonale de dernière instance - ce qui est le cas en l'espèce -, ont effectivement été présentés à cette autorité. Il s'ensuit que le grief que le recourant a renoncé à invoquer devant la dernière autorité cantonale est irrecevable (art. 86 al. 1 OJ; cf. consid. 2.1).