Citation: 1B_634/2022 E. 1

Dans sa prise de position sur la demande de récusation, le Procureur a réfuté connaître D.________ et l'avoir tutoyé à l'audience du 14 décembre 2018. Dans leur mémoire de recours au Tribunal fédéral, A.________ et B.A.________ affirment que le Procureur et le prévenu se seraient tutoyés au cours de deux échanges téléphoniques qui auraient eu lieu en raison du retard du prévenu à l'audience. Leur allégation suivant laquelle D.________ serait arrivé à l'audience non pas avec dix à quinze minutes de retard, mais avec trente-huit minutes de retard, ne trouve aucun appui dans le dossier cantonal. D'après le procès-verbal de la séance du 14 décembre 2018, dont la véracité n'est pas remise en cause, l'audience a débuté à 09h38, alors que les parties avaient été convoquées pour 09h30 suivant la citation à comparaître versée au dossier. Le procès-verbal ne fait nulle mention de téléphones que le Procureur aurait eus avec D.________ avant son arrivée à l'audience au cours desquels ils se seraient tutoyés. La tenue de tels entretiens dans un laps de temps aussi court pour s'enquérir des raisons d'un éventuel retard est hautement invraisemblable. L'audition de la greffière qui assistait à l'audience ne s'imposait dès lors pas pour éclaircir ce point. Au demeurant, elle pourrait tout au plus attester de l'existence de tutoiement entre les deux hommes sans être en mesure de se prononcer sur l'intensité des liens d'amitié qui pourraient les unir. Les recourants n'expliquent au demeurant pas les raisons pour lesquelles A.________ n'a pas invoqué cette circonstance pour demander la récusation du Procureur à l'issue de l'audience du 14 décembre 2018, dans les jours suivant sa tenue ou dans le recours formé contre l'ordonnance de classement rendue le 19 mars 2019 en faveur de D.________.