Citation: 6B_866/2022 E. 2.3

2.3. Bien qu'il conclue à son acquittement de toutes les infractions qui lui sont reprochées, le recourant ne formule aucun grief recevable en lien avec sa condamnation du chef d'infraction d'actes d'ordre sexuel avec des enfants commis à l'encontre de D.________ (art. 42 al. 2 LTF; cf. aussi infra, consid. 4.3). S'agissant de l'intimée, les éléments constitutifs objectifs de l'art. 187 ch. 1 CP étant réunis et non contestés par le recourant, la seule question qui se pose est de savoir si le recourant a agi par dol éventuel, c'est-à-dire s'il avait, à l'époque des faits, accepté l'éventualité que l'intimée fût âgée de moins de 16 ans, ou s'il a au contraire cru que la prénommée avait déjà atteint cet âge. Le recourant nie avoir su que l'intimée était âgée de moins de 16 ans. Il soutient qu'il serait très difficile, voire impossible de déterminer l'âge de l'intimée au moment des faits. Il était ainsi arbitraire de retenir, sur la base de préjugés ou d'appréciations personnelles de la cour cantonale, que le recourant aurait dû avoir des doutes sur l'âge de l'intimée. Au contraire, tout laissait croire que l'intimée avait plus que 16 ans. En tout état, la version la plus favorable selon laquelle l'intimée paraissait avoir plus de 16 ans devait être retenue. Le recourant développe une argumentation appellatoire, partant irrecevable, par laquelle il rediscute librement l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait entachée d'arbitraire. Il en va ainsi lorsqu'il prétend que tous les témoins entendus auraient émis un avis différent au sujet de l'âge de l'intimée. Au demeurant, les témoignages ne constituent qu'un élément probatoire parmi d'autres pris en compte par la cour cantonale dans son appréciation globale. Il en va de même lorsqu'il affirme que vivre chez ses parents ne saurait être un argument en faveur d'un âge inférieur à 16 ans, a fortiori au regard des coutumes de la "société africaine", et qu'il en irait de même des marques de scarification. A cet égard, on relèvera que la cour cantonale n'a aucunement affirmé que les scarifications seraient l'apanage des seuls adolescents de moins de 16 ans, se contenant de relever que ce genre de troubles était plus rarement présent chez des adultes. Quoi qu'il en soit, cette considération, elle aussi, n'est qu'un élément parmi de nombreux autres mis en exergue par la cour cantonale (cf. arrêt entrepris, p. 24 s.). Le recourant critique l'estimation opérée par la cour cantonale (selon laquelle l'intimée paraissait avoir entre 13-14 ans et 17-18 ans au plus lorsqu'elle en avait 14), laquelle serait purement subjective et ne découlerait d'aucun moyen de preuve. Ce seul élément ne permet toutefois pas non plus de conclure que la cour cantonale a procédé, dans l'ensemble, à un établissement arbitraire des faits ou à une appréciation arbitraire des preuves. Se contentant d'affirmer que donner un âge précis à une personne serait notoirement difficile, ce que la science confirmerait, le recourant procède de manière purement appellatoire, partant irrecevable. Contrairement à ce qu'il prétend, la cour cantonale n'a pas substitué sa propre appréciation à celle du recourant. Elle a simplement procédé à une libre appréciation des preuves (cf. art. 10 al. 2 CPP). Or, les développements du recourant ne sont pas de nature à démontrer l'arbitraire de cette appréciation. Le recourant prétend par ailleurs que la cour cantonale aurait omis de prendre en compte le fait que l'intimée passait de nombreuses nuits hors du domicile de ses parents. Tel n'est pas le cas, la cour cantonale ayant relevé que l'intimée découchait parfois (cf. arrêt entrepris, p. 26). En tout état, il n'établit pas, conformément aux exigences de motivation accrue (cf. art. 106 al. 2 LTF), en quoi ce fait aurait fait l'objet d'une omission arbitraire. En fin de compte, le recourant se contente d'isoler les différentes parties de la motivation cantonale pour en tirer des griefs d'arbitraire. Cependant, il perd de vue que lorsque, comme en l'espèce, l'autorité cantonale a forgé sa conviction quant aux faits sur la base d'un ensemble d'éléments ou d'indices convergents, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux pris isolément soit à lui seul insuffisant. Bien plutôt, l'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble. Or, le recourant ne démontre pas qu'il était insoutenable, fondé sur le rapprochement de l'ensemble des éléments retenus par la cour cantonale (apparence de la jeune fille, témoignages, dépendance à ses parents, troubles du comportement, etc.), de conclure, d'une part, que tous ces éléments mis ensemble étaient autant d'indices suscitant une interrogation et excluaient à tout le moins la conclusion que l'intimée avait atteint l'âge de la majorité sexuelle et, d'autre part, que ce contexte ambigu devait inciter le recourant à la prudence, cela même dans le cas plus favorable d'une affirmation de l'intimée au sujet de son âge. Pour le recourant, la cour cantonale aurait fait abstraction d'éléments notoires concernant le biais lié à l'ethnie en matière d'estimation de l'âge d'une personne, citant à cet égard des extraits d'un article publié dans une revue de psychologie (NORJA/KARLSSON/ANTFOLK/ET AL., How old was she? The accuracy of assessing the age of adolescents' based on photos, in Nordic Psychology, vol. 74 n° 1 2022). C'est toutefois bien dans le contexte susdécrit que la cour cantonale a considéré que la difficulté alléguée par le recourant à estimer l'âge d'une eurasienne ne lui était d'aucun secours puisque cela serait un motif supplémentaire d'éprouver au moins des doutes. On ne voit dès lors pas en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire. Le recourant ne démontre pas plus, eu égard aux exigences accrues de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF, en quoi consisterait la violation du principe in dubio pro reo, si bien qu'insuffisamment motivées, ses critiques sont irrecevables. Au vu des faits constatés, la cour cantonale pouvait conclure sans violer le droit fédéral que le recourant avait à tout le moins accepté l'éventualité que l'intimée avait moins de 16 ans. Les griefs sont partant rejetés, dans la mesure de leur recevabilité. Sur le vu de ce qui précède, point n'est besoin d'examiner les développements du recourant en lien avec l'art. 187 ch. 4 CP, ni ceux qu'il entend tirer d'une erreur sur les faits.