Citation: 5A_321/2021 E. 1

Au vu de ces circonstances, l'autorité de surveillance a jugé que le nombre d'heures facturées par l'administration spéciale paraissait disproportionné au regard de l'ampleur et de la complexité de la tâche assumée sur la période considérée. En particulier, elle a considéré que la quotité des heures facturées par l'administrateur spécial pour le travail qu'il avait consacré personnellement à des tâches de nature administrative était exagérée, celles-ci pouvant être confiées de façon prépondérante à des auxiliaires rémunérés à un tarif moindre, pour que l'administrateur spécial se consacre aux activités nécessitant des connaissances spéciales pour gérer le passif et réaliser l'actif. Elle a relevé à cet égard que cela était d'autant plus vrai que l'ouverture de la faillite avait été précédée d'une procédure d'ajournement relativement longue, durant laquelle un dossier complet avait été établi par le curateur et soumis au juge puis à l'office et qui avait permis de recouvrer plusieurs créances à l'étranger pour un total dépassant 5'000'000 fr., et que l'administrateur spécial n'avait dévolu qu'un temps limité au recouvrement de la faillie à l'étranger, de sorte que l'administrateur spécial disposait d'emblée des éléments pertinents pour pouvoir traiter la procédure de faillite avec célérité et efficience en limitant les frais y relatifs, étant précisé aussi que le nombre de productions à traiter n'était pas élevé, de même que le nombre de créanciers à l'état de collocation. L'autorité de surveillance a ajouté que les services d'un mandataire externe (Me D.________) avaient été requis pour exécuter de très nombreuses tâches, dont on pouvait attendre de l'administrateur spécial qu'il les accomplît personnellement en grande partie. Elle a relevé à cet égard que si l'administration spéciale pouvait mandater un professionnel externe dans des procédures complexes, elle ne pouvait systématiquement déléguer les tâches usuelles inhérentes à sa mission, ce d'autant si elle était secondée, comme en l'espèce, par une commission de surveillance composée d'un avocat et d'une clerc d'avocat. En définitive, l'autorité de surveillance a décidé de pondérer la rémunération de l'administrateur spécial et de ses auxiliaires à l'aune de l'activité adéquate et raisonnable justifiée par l'importance et la difficulté des tâches confiées et par les mesures d'exécution effectivement réalisées par ceux-ci. Elle a alors retenu que la note d'honoraires de l'administration spéciale du 9 mai 2019 devait être réduite de 1/3, de sorte que la rémunération de l'administrateur spécial pour la période courant du 22 novembre 2016 au 31 décembre 2018 était arrêtée à 161'078 fr.