Citation: 1P.744/2000 26.06.2001 E. 2

2.- Le recourant se plaint d'arbitraire dans les constatations de fait et l'appréciation des preuves, en se référant exclusivement aux coupures constatées sur le cou de l'intimée après l'altercation du 25 février 1997. Selon lui, les déclarations de la victime seraient contradictoires à ce sujet, et incompatibles avec le témoignage d'un des gendarmes appelé à intervenir dans l'appartement. Dans sa version, le recourant reproche à son ex-épouse une mise en scène destinée à lui nuire - elle se serait infligée elle-même les trois coupures au cou - et il indique que différents éléments pouvaient remettre en cause la crédibilité de la victime, tandis que rien ne prouve qu'il aurait lui-même provoqué ces blessures. a) Selon la jurisprudence relative à l'art. 9 Cst. , les constatations de fait et le résultat de l'appréciation de preuves sont arbitraires s'ils sont insoutenables ou en contradiction flagrante avec la situation effective (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170; 125 I 166 consid. 2ap. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15, 129 consid. 5b p. 134; 124 IV 86 consid. 2 p. 88 et les arrêts cités). b) Le recourant, qui ne conteste pas avoir frappé son épouse au visage et lui avoir ainsi causé des blessures (hématomes, tuméfaction du nez), ne prétend plus, comme il l'avait fait devant les juridictions cantonales, avoir agi en état de légitime défense. Certains faits, constitutifs à eux seuls de lésions corporelles simples - même si l'on fait abstraction des coupures au cou -, ne sont donc pas litigieux. c) Le recourant reproche à la Cour cantonale d'avoir écarté le témoignage "probant" d'un gendarme. Or il n'expose pas en quoi ce témoignage corroborerait sa version de l'automutilation de la victime. Certes, ce gendarme a déclaré qu'à aucun moment l'intimée ne lui avait dit, lors de son intervention, que son mari avait employé un couteau. On ne saurait cependant en déduire que le gendarme avait constaté une mise en scène de la part de l'intimée, voire recueilli des indices d'une automutilation. L'arrêt attaqué retient que le gendarme n'a pas observé de près la victime, qui se trouvait en état de choc et qui n'a donc pas décrit les circonstances précises de l'agression. Le gendarme en question et son collègue n'ont du reste procédé à aucune investigation précise; ils ont entendu les protagonistes, le recourant évoquant alors une tentative de suicide de son épouse au moyen d'un tesson de bouteille, tandis que l'intimée reprochait à son mari d'avoir essayé de lui entailler le cou avec cet instrument. En d'autres termes, la Cour cantonale n'avait pas à écarter le témoignage de ce gendarme; elle l'a au contraire pris en considération dans l'ensemble des éléments et indices à charge. d) Cela étant, les circonstances de l'altercation litigieuses ont été établies de façon suffisamment convaincante dans l'arrêt attaqué. Il apparaît qu'à la suite d'une précédente dispute, quelques jours plus tôt, au cours de laquelle l'intimée avait déjà reçu des coups, elle craignait les réactions du recourant; une attitude violente de sa part, à cette période, était plausible. Dans ces circonstances, peu importent les incertitudes subsistant au sujet de l'instrument - couteau ou tesson de bouteille - employé pour provoquer les coupures, car c'est un élément secondaire. Par ailleurs, rien ne laisse entrevoir un état dépressif de l'intimée, qui inscrirait les blessures au cou dans le contexte d'une tentative de suicide. En définitive, les critiques du recourant au sujet des faits constatés ne sont pas concluantes. Aussi la version retenue par la Cour cantonale n'apparaît-elle pas insoutenable, de sorte que le grief d'arbitraire se révèle mal fondé.