Citation: 4F_24/2017 E. D

Les recourantes demandent la révision de l'arrêt du 4 juin 2013. Elles concluent à ce qu'il soit annulé, que l'arrêt de la Cour de justice du 23 novembre 2012 soit annulé et que la demanderesse soit déboutée de toutes ses conclusions. Subsidiairement, elles concluent à ce que l'arrêt de la Cour de céans soit annulé, que l'arrêt cantonal soit annulé et que la cause soit renvoyée à la cour cantonale pour nouvelle instruction et nouvelle décision dans le sens des considérants. Invoquant l'art. 123 al. 2 let. a LTF, les requérantes rappellent que leur condamnation à verser 225'965 fr.40 à la société intimée repose sur le contrat d'architecte SIA (ci-après: le contrat SIA), daté du 23 mars 2009, conclu entre la société intimée et le bureau d'architectes, sur la facture du 19 mai 2010 - établie par celui-ci - d'un montant de 421'302 fr.40 (calculé en fonction du contrat SIA), ainsi que sur la base du témoignage de l'architecte qui était venu témoigner sous serment de l'exactitude du contrat du 23 mars 2009, selon lequel les honoraires sont fixés en fonction du coût de l'ouvrage et indépendamment de l'obtention du permis de construire, ainsi que de la facture du 19 mai 2010. Les requérantes relèvent que, le 12 juin 2017, dans le cadre d'une procédure pénale impliquant notamment l'un des associés de la société intimée et l'architecte, elles ont découvert une autre convention d'architecte datée du 23 mars 2009 et conclue entre les mêmes parties (ci-après: la " nouvelle " convention). Elles expliquent que celle-ci diffère substantiellement du contrat SIA, puisqu'elle prévoit des honoraires forfaitaires (40'000 fr. par villa pour l'activité d'architecte, soit au total 160'000 fr.) et que, toujours selon cette convention, le versement de ce montant serait soumis à la condition de l'obtention du permis de construire. Elles soulignent que l'architecte, alors entendu lors de l'audience d'instruction pénale, a confirmé la validité de la " nouvelle " convention et expliqué qu'il avait lui-même établi le contrat SIA, qu'il avait antidaté au 23 mars 2009, à la même période que la facture du 19 mai 2010. La société intimée conclut principalement au rejet de la demande en révision et, subsidiairement, à l'annulation de l'arrêt du Tribunal fédéral et au renvoi de la cause à l'autorité cantonale pour nouvelle décision. Plus subsidiairement, elle conclut à l'annulation de l'arrêt du Tribunal fédéral et à la suspension de la procédure jusqu'à droit jugé dans le cadre de la procédure pénale diligentée par le Ministère public de Genève. Par ordonnance du 20 octobre 2017, la Présidente de la Cour de céans a rejeté la requête de l'intimée tendant à la suspension de la procédure de révision. Les requérantes ont déposé des observations et l'intimée a indiqué qu'elle s'en tenait à sa réponse et ne voulait pas se déterminer sur la portée des contrats d'architecte (soit le contrat SIA et la " nouvelle " convention), ni sur leur lien avec les faits fondant l'arrêt du 4 juin 2013.