Citation: 2C_959/2020 E. 5.3

5.3. Ainsi, s'il faut certes reconnaître que la situation du recourant s'est modifiée depuis l'entrée en force de la décision de révocation de son autorisation d'établissement, il sied malgré tout de constater que cette modification, en l'occurrence la naissance d'un enfant et l'annonce d'un mariage, n'est pas à même de contrebalancer l'importante condamnation à 42 mois de peine privative de liberté subie par le recourant. C'est d'autant moins le cas que, comme cela a déjà été relevé dans l'arrêt 2C_113/2020 du 21 avril 2020, le recourant est un ressortissant français et que la proximité de ce pays avec la Suisse lui permettra de voir régulièrement sa future femme et son enfant. Il faut également rappeler qu'en France se trouvent ses deux premiers enfants, âgés de 12 et 16 ans. Il convient encore de mentionner que, s'il faut certes tenir compte de l'intérêt fondamental de l'enfant (art. 3 CDE) à pouvoir grandir en jouissant d'un contact étroit avec ses deux parents, on doit néanmoins préciser que, sous l'angle du droit des étrangers, cet élément n'est pas prépondérant par rapport aux autres et que l'art. 3 CDE ne saurait fonder une prétention directe à l'octroi ou au maintien d'une autorisation (ATF 144 I 91 consid. 5.2 p. 98 et les références). En outre, les deux jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'homme citées par le recourant ( El Ghatet contre Suisse du 8 novembre 2016, requête n° 56971/10; Udeh contre Suisse du 16 avril 2013, requête n° 12010/09), ne lui sont d'aucun secours. La première concerne en effet une demande de regroupement familial présentée par un binational suisse et égyptien en faveur de son fils, initialement âgé de quinze ans, mais devenu majeur pendant la procédure de recours, situation qui n'est en rien comparable à celle du recourant. Quant à la seconde, qui n'énonce aucun principe nouveau, sa portée a été relativisée par le Tribunal fédéral (ATF 139 I 325 consid. 2.4 p. 327 ss et les références). Finalement, en tant que le recourant se prévaut d'une application arbitraire du droit cantonal de procédure, en l'occurrence de l'art. 64 al. 2 let. a de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), qui prévoit que l'autorité entre en matière sur une demande de réexamen si l'état de fait à la base de la décision s'est modifié dans une mesure notable depuis lors, son grief doit d'emblée être écarté. On ne voit en effet aucunement en quoi le Tribunal cantonal aurait fait une application arbitraire de cette disposition, dès lors qu'il a justement traité au fond le recours contre la décision du Département, dans laquelle celui-ci, certes à titre subsidiaire, est entré en matière sur la demande de réexamen.