Citation: U 256/05 25.10.2006 E. 6

6.1 La décision de la CNA du 25 mars 2002, niant l'existence d'un rapport de causalité entre l'exposition de la recourante au n-hexane et l'apparition de ses troubles, s'appuie essentiellement sur le rapport des docteurs B.________ et E.________, de Z.________. Ces médecins ont retenu, d'une part, que l'exposition au solvant n'avait a priori pas été très élevée et ne devait en principe pas conduire à une atteinte nerveuse et, d'autre part, que les atteintes subies par la recourante n'étaient pas typiques d'une exposition au n-hexane. Ils ont ainsi conclu que l'atteinte vestibulaire de l'assurée n'était probablement pas en relation de causalité directe avec l'exposition au n-hexane, cela restant «de l'ordre du possible». La relation temporelle entre exposition et manifestation clinique faisait davantage penser, selon eux, à un facteur aggravant lié à la présence du solvant. Pour arriver à de telles conclusions, les médecins précités se sont fondés sur les résultats d'une enquête ayant pour but la mesure de l'exposition au n-hexane sur le lieu de travail de la recourante. Il ressort du rapport d'enquête du 18 juillet 2001 que «l'exposition chronique à des concentrations excessives de n-hexane peut conduire à des affections neurologiques périphériques telles que troubles sensitifs dans les membres inférieurs se manifestant sous forme de sensation de froid, douleurs et crampes dans les jambes, fatigabilité rapide et perte de force musculaire. Lors d'expositions très sévères, des troubles au niveau respiratoire et d'atteinte du nerf optique ont été relevés. La valeur moyenne d'exposition (VME) est actuellement de 50 ppm et des valeurs limites d'exposition de 100 ppm durant 4 x 30 minutes sont tolérées, pour autant que la VME soit respectée». Selon les conclusions du rapport d'enquête, les conditions de travail de la recourante étaient bonnes et ne devaient pas conduire à des atteintes à la santé. Les valeurs mesurées se situaient aux alentours de 30 à 40 ppm, soit des taux inférieurs à la VME. 6.2 Sur la base de ces éléments, la CNA était fondée à considérer que les troubles apparus en décembre 2000 n'étaient pas en relation de causalité qualifiée avec l'exposition de la recourante au n-hexane. On ne saurait donc admettre le caractère manifestement erroné de la décision du 25 mars 2002. Les critiques émises à l'encontre de l'expertise des docteurs B.________ et E.________ par le docteur G.________ ne suffisent pas à démontrer le caractère manifestement erroné de l'appréciation des médecins précités. En effet, l'avis du docteur G.________, selon lequel l'ototoxicité des solvants est connue, demeure non seulement peu étayé par la littérature médicale mais il fait également l'objet de vives divergences entre spécialistes (cf. rapport du docteur A.________, du 4 août 2004). Dans le contexte d'une reconsidération d'une décision entrée en force, une appréciation médicale ultérieure divergente ne suffit pas pour faire apparaître comme manifestement erronée la décision initiale ou pour ordonner une nouvelle expertise.