Citation: 8C_301/2009 17.09.2009 E. 3

3.1 La recourante fait grief aux premiers juges d'avoir considéré que la pathologie lombaire ayant motivé l'opération du 28 février 2006 n'était pas, au degré de vraisemblance prépondérante, en lien de causalité avec l'accident du 22 juillet 2004. Se référant à l'art. 36 LAA, elle fait valoir que dans la mesure où l'expert judiciaire a admis que l'accident a agi de manière probable comme « facteur prédisposant à la hernie discale » à raison de 20 %, l'intimée doit intervenir même si l'accident n'est pas la cause unique ou immédiate de l'atteinte à la santé. 3.2 Contrairement à ce que soutient la recourante, on ne saurait retenir que la hernie discale lombaire constatée en février 2006 a été provoquée ou même simplement déclenchée par l'accident de juillet 2004. En effet, ainsi que l'a indiqué l'expert judiciaire, il est très peu vraisemblable que le traumatisme subi, lequel n'a pas été à même d'entraîner à l'époque des plaintes qui aient été rapportées dans les différentes constatations médicales comme douleurs lombaires, ait entraîné une hernie discale quasi silencieuse pendant 18 mois et qui se soit soudainement déclenchée sur le plan symptomatique. Toujours selon le docteur G.________, la causalité traumatique directe entre l'événement de juillet 2004 et la hernie discale peut être raisonnablement écartée. L'appréciation de l'expert judiciaire se concilie avec la jurisprudence relative aux hernies discales exposée ci-dessous. Selon l'expérience médicale, en effet, pratiquement toutes les hernies discales s'insèrent dans un contexte d'altération des disques intervertébraux d'origine dégénérative, un événement accidentel n'apparaissant qu'exceptionnellement, et pour autant que certaines conditions particulières soient réalisées, comme la cause proprement dite d'une telle atteinte. Une hernie discale peut être considérée comme étant due principalement à un accident, lorsque celui-ci revêt une importance particulière, qu'il est de nature à entraîner une lésion du disque intervertébral et que les symptômes de la hernie discale (syndrome vertébral ou radiculaire) apparaissent immédiatement, entraînant aussitôt une incapacité de travail. Si la hernie discale est seulement déclenchée, mais pas provoquée par l'accident, l'assurance-accidents prend en charge le syndrome douloureux lié à l'événement accidentel. En revanche, les conséquences de rechutes éventuelles doivent être prises en charge seulement s'il existe des symptômes évidents attestant d'une relation de continuité entre l'événement accidentel et les rechutes (RAMA 2000 no U 378 p. 190 consid. 3, no U 379 p. 192 consid. 2a; arrêt 8C_486/2008 du 4 avril 2008 consid. 4.3). 3.3 En l'occurrence, la confrontation de l'avis de l'expert judiciaire à la jurisprudence précitée a conduit les premiers juges à nier, avec raison, l'existence d'un rapport de causalité naturelle entre l'accident du 22 juillet 2004 et la pathologie lombaire ayant motivé l'opération du 28 février 2006. Cela étant, le seul fait que l'expert judiciaire a indiqué que l'accident avait « agi comme un facteur prédisposant à la hernie discale » ne suffit pas pour que l'on puisse admettre que l'accident a déclenché les symptômes d'une hernie discale.