Citation: 4F_7/2018 E. 1

A.b. Dans le cadre d'une procédure de liquidation des effets accessoires du divorce introduite par l'ex-épouse devant les juridictions genevoises, la Cour de justice a, par arrêt du 26 mai 2003, ratifié l'accord des parties notamment en tant que: - l'ex-époux s'engageait à verser à son ex-épouse une contribution d'entretien de 6'000 fr. par mois, indexable, dès le 1er janvier 2003, toute modification ultérieure au sens de l'art. 127 CC étant exclue. - l'ex-époux s'engageait à transférer à son ex-épouse des avoirs LPP accumulés par lui à concurrence de 140'000 fr., à verser sur un compte de libre passage ouvert par elle. - pris acte de ce que les parties ont réglé l'intégralité de leurs rapports patrimoniaux. Par convention de liquidation du régime matrimonial du 13 février 2003, les parties ont en effet convenu notamment: " A titre forfaitaire et transactionnel, X.________ s'engage à verser à M.X.________, dès le 1er janvier 2003, à titre viager, par mois et d'avance, la somme mensuelle de 14'000 fr. en lieu et place d'un capital, au titre de la liquidation de leurs rapports patrimoniaux (1). La rente est incessible (2). Elle s'éteint au décès de la créancière (3). X.________ s'engage à souscrire une assurance-vie, dont M.X.________ sera bénéficiaire, pour garantir à M.X.________, en cas de prédécès de X.________, une somme mensuelle de 20'000 fr. pendant 30 ans, soit au maximum jusqu'au 31 décembre 2032. X.________ remettra à M.X.________ l'original de la police d'assurance-vie une fois conclue. M.X.________ s'acquittera des primes d'assurances en lieu et place de X.________ ". L'ex-époux a soldé l'arriéré dû dès l'entrée en force de l'arrêt de la Cour de justice. Il s'est ensuite acquitté des rentes mensuelles de 6'000 fr. et 14'000 fr. séparément et sans interruption jusqu'à son décès en juin 2012. A.c. En ce qui concerne l'assurance-vie à conclure, l'avocat de l'ex-épouse a adressé à l'avocat de l'ex-époux un courrier de relance le 21 octobre 2003. Les ex-époux ont signé le 25 novembre 2003 une proposition d'assurance de U.________ dans laquelle l'ex-épouse figurait aussi en qualité de preneur d'assurance, de payeur des primes et de bénéficiaire et l'ex-époux en qualité d'assuré, le montant assuré étant une rente annuelle de 240'000 fr. sur une durée de 30 ans, pour une prime annuelle de 59'940 fr. L'avocat de l'ex-épouse a relancé l'avocat de l'ex-époux le 25 février 2004. Les ex-époux ont signé le 1er septembre 2004 une seconde proposition d'assurance de U.________, aux mêmes conditions que la première, mais pour une prime annuelle de 64'824 fr. D'autres propositions d'assurance leur étaient parvenues de V.________ et de W.________. En dépit de la signature de ces deux propositions d'assurances, celles-ci n'ont pas été transmises à la compagnie d'assurance et aucune assurance-vie n'a finalement été conclue. En mars 2009, l'ex-époux s'est inquiété auprès de son assistante de l'absence d'une réponse de l'assureur U.________ aux deux propositions d'assurance qu'il avait pourtant remplies et signées en 2003 et 2004. Celle-ci lui a répondu n'avoir rien trouvé dans les dossiers et que c'était plutôt son ex-épouse qui avait été en contact avec l'agent de U.________, soit D.________, qui était également l'époux de N.X.________ à l'époque. A.d. Dans l'intervalle, X.________ s'était remarié avec A.X.________, union dont est issue une fille, B.X.________, née le 19 mars 2001. X.________ s'est suicidé le 4 juin 2012 à Istanbul. Sa succession a été ouverte en Turquie. Ses héritières sont sa seconde épouse A.X.________, leur fille mineure B.X.________ et ses deux filles majeures, N.X.________ et O.X.________, issues de son premier mariage, à raison d'un quart chacune. Les héritières ont accepté la succession, qui n'est toujours pas partagée ni ne fait l'objet d'une liquidation officielle. A.e. Après le décès de son ex-époux, l'ex-épouse n'a plus perçu ses rentes mensuelles. Les 21 août 2012 et 30 octobre 2012, elle a réclamé aux héritières les montants de ses rentes mensuelles de 14'000 fr., au titre de rente viagère, et de 6'000 fr., au titre de dommages-intérêts pour défaut de conclusion du contrat d'assurance-vie par le défunt. La seconde épouse et sa fille se sont opposées à ces prétentions. A.f. M.X.________ a requis et obtenu le séquestre de divers biens de la succession à Genève en se fondant sur ses rentes viagères impayées.