Citation: 4P.76/2002 25.06.2002 E. 1

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 128 II 13 consid. 1a, 46 consid. 2a). 1.1 Les deux recours présentent des similitudes profondes, sauf en ce qui concerne leur rubrique I respective (Formelles) et les conclusions prises . Par contre, les deux parties III, Berufungsbegründung et Beschwerdebegründung, cette dernière devant en réalité porter le ch. IV, sont strictement identiques, littéralement. Ainsi, les deux écritures invoquent dans les mêmes termes et avec les mêmes arguments sous let. A et B l'appréciation arbitraire des preuves et la violation de l'art. 8 CC, ainsi que la violation de l'art. 248 aCPC/VS. Sous let. C l'appréciation arbitraire de l'expertise judiciaire est alléguée, parallèlement à la violation de l'art. 248 aCPC/VS, ce qui aurait conduit la juridiction cantonale à ne pas appliquer, à tort, l'art. 42 CO. L'appréciation arbitraire des preuves est avancée, parallèlement à la violation de l'art. 88 aCPC/VS, sous let. D, ainsi que la lésion de l'art. 42 CO, sous let. E. 1.2 S'agissant des exigences posées par la loi quant à la motivation des recours, la jurisprudence prohibe la réunion de deux recours dans une seule et même écriture. Chaque recours doit être présenté séparément et motivé pour lui-même. Ne se conforme pas à cette jurisprudence le plaideur qui dépose deux recours dans des écritures certes distinctes, mais dont la motivation identique mélange les griefs propres à une voie de droit avec ceux propres à une autre voie. Le Tribunal fédéral a qualifié un tel procédé d'abusif et a refusé d'entrer en matière tant sur l'un que sur l'autre des deux recours qui lui étaient soumis (ATF 116 II 92 consid. 1; 115 II 396 consid. 2a). Cette jurisprudence a été précisée, en ce sens que deux recours ne sont pas irrecevables du seul fait qu'ils ont la même motivation; il ne peut être refusé d'entrer en matière que si, en raison du mélange des griefs soulevés, la motivation des recours n'apparaît pas suffisamment claire et, partant, ne respecte pas les exigences légales (ATF 116 II 745). En présence de deux recours dont la motivation est similaire, il convient ainsi d'examiner si, pour chaque acte de recours, les moyens invoqués sont recevables dans le cadre de cette voie de droit et satisfont aux exigences de motivation qui lui sont propres (ATF 118 IV 293 consid. 2a; ). Le Tribunal fédéral s'est aussi demandé si, lorsque le mélange des moyens est inextricable, les recours ne devraient pas être déclarés irrecevables, faute d'une motivation répondant aux exigences légales (ATF 118 IV 293 consid. 2a; 116 II 745 consid. 2 et 3). 1.3 En l'espèce, l'imbrication des moyens de droit soulevés est telle que l'on peut se demander si les griefs tirés de la violation du droit fédéral peuvent être distingués de ceux fondés sur la violation de droits constitutionnels. Toutefois, même si ce n'est pas le rôle du Tribunal fédéral de tenter de découvrir la matière de chaque recours, il apparaît que sous let. A à C et E , le recourant se plaint de la violation des art. 8 CC et 42 al. 1 et 2 CO; ces moyens relèvent de la réforme et leur motivation satisfait, du moins prima facie, aux exigences de l'art. 55 al. 1 let. 1c OJ. Dans ces limites, et sous réserve d'un examen ultérieur plus approfondi, la recevabilité du recours en réforme peut être admise. De même, le recourant se plaint expressément, sous let. A à E, de l'appréciation arbitraire des preuves, grief justiciable de la procédure de recours de droit public, et qui peut être considéré comme suffisamment motivé au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495), même si l'argumentation est parfois implicite (let. B) ou se fonde sur l'art. 4 aCst. (let. E). Si le recours de droit public n'a pas pour objet de corriger la violation de prescriptions de droit cantonal, la référence à l'art. 248 aCPC/VS peut être comprise comme un aspect du reproche de l'appréciation arbitraire des preuves par le Tribunal cantonal. Ainsi, il y a lieu d'admettre, dans le cas particulier, la recevabilité des deux recours, sous réserve des considérants qui suivent.