Citation: 7B_19/2022 E. 6

6.1 Indépendamment des conditions posées par l'art. 81 al. 1 LTF, la partie recourante est aussi habilitée à se plaindre d'une violation de ses droits de partie équivalant à un déni de justice formel, sans toutefois pouvoir faire valoir par ce biais, même indirectement, des moyens qui ne peuvent être séparés du fond (ATF 146 IV 76 consid. 2; 141 IV 1 consid. 1.1 et les références citées). Sous cet angle, la partie recourante est notamment habilitée à se plaindre d'une décision qui déclare un recours cantonal irrecevable au motif du défaut de qualité pour recourir (cf. arrêt 6B_1004/2022 du 23 mai 2023 consid. 1.2 et les références citées). Dès lors que les juges cantonaux ont déclaré irrecevable le recours formé par la recourante, au motif qu'elle ne disposait pas de la qualité pour recourir au sens de l'art. 382 al. 1 CPP, celle-ci est habilitée à s'en plaindre devant le Tribunal fédéral. 6.2 La recourante conteste l'irrecevabilité du recours qu'elle a déposé devant la cour cantonale. Elle fait valoir qu'étant née le 23 janvier 2004, elle était mineure au moment du dépôt de plainte du 21 janvier 2022 et que c'est son père qui a signé cette écriture en son nom. Elle ajoute que, dans la plainte, le recourant avait précisé qu'il la déposait également au nom de sa fille. Elle indique également qu'elle aurait le statut d'héritière instituée dans le cadre de la succession litigieuse et qu'elle aurait donc des intérêts légitimes à dénoncer les faits exposés dans la plainte. 6.3 Ces critiques sont partiellement fondées. Selon le certificat de famille (état au 8 avril 2005) produit à l'appui du recours - recevable dans la mesure où il permet de déterminer la recevabilité du recours en matière pénale (cf. arrêt 6B_1148/2021 du 23 juin 2023 consid. 1.3 et les références citées) -, la recourante, née le 23 janvier 2004, était effectivement mineure au moment du dépôt de plainte du 21 janvier 2022. De plus, il est exact que le recourant, qui a signé la plainte, a indiqué qu'il agissait également au nom de celle-ci (cf. art. 105 al. 2 LTF). Il ressort en outre du certificat de famille précité que le recourant s'est marié avec la mère de la recourante le 8 avril 2005 et qu'il est le père de cette dernière. Il est en outre vrai que la recourante a le statut d'héritière instituée (cf. appel à l'ouverture du 30 mars 2021, produit avec le recours au Tribunal fédéral; également recevable pour le motif précité). Au regard de ces éléments, c'est à tort que l'autorité cantonale a retenu, sans avoir préalablement instruit - ou interpellé la recourante sur - la question de la qualité pour agir de celle-ci (cf. la titularité de l'autorité parentale et de la représentation légale; art. 304 al. 1 CC), que la plainte, qui ne contenait certes que la signature du recourant, n'avait été déposée qu'au nom de celui-ci. Par conséquent, elle ne pouvait pas, sur cette seule base, considérer que la recourante n'était pas partie à la procédure. A ce stade, on peut ajouter que, dans la présente procédure, la recourante - dont la capacité de discernement n'est pas remise en cause -, ainsi que son représentant légal, bénéficiaient, chacun, d'un droit indépendant pour déposer plainte pour celle-ci (cf. ATF 127 IV 193 consid. 5b; arrêt 6B_1148/2021 du 23 juin 2023 consid. 1.4 et les références citées). De plus, au vu des écritures adressées par la recourante aux autorités, qui vont dans le même sens que celles du recourant, il n'est pas nécessaire de rechercher si elle a consenti au dépôt de plainte en son nom par son père, l'accord sur ce point apparaissant à tout le moins tacite (cf. arrêt 6P.121/2003 du 9 octobre 2003 consid. 3 et les références citées). 6.4 Cela étant, même si on se trouve en présence d'un manquement de l'autorité cantonale, il n'y a pas lieu de lui renvoyer la cause pour ce seul motif, dès lors qu'un tel renvoi constituerait en l'espèce une vaine formalité et aboutirait à un allongement inutile de la procédure (cf. ATF 142 II 218 consid. 2.8.1 et les arrêts cités). Les griefs de fond soulevés par la recourante devant la cour cantonale étaient en effet identiques à ceux du recourant, l'intéressée n'ayant formulé aucun grief propre qui aurait nécessité d'être examiné de manière autonome. Il en va de même des moyens soulevés devant le Tribunal fédéral. Dans ces circonstances, et au regard de l'issue donnée aux griefs du recourant (cf. consid. 4 supra), le prononcé d'irrecevabilité du recours de la recourante n'a pas entraîné de violation nécessitant d'annuler l'arrêt querellé et de renvoyer la cause à l'autorité cantonale.