Citation: 7B_1284/2024 E. 2.3.3

2.3.3. Certes, comme le souligne le recourant, celui-ci a obtenu son AFP en juin 2023. Ce seul élément ne suffit toutefois pas à retenir que sa situation aurait "manifestement changé de manière notable (...) au point qu'une nouvelle expertise s'imposerait". Le recourant ne démontre en effet pas que, dans les rapports sur lesquels la cour cantonale a fondé son appréciation à cet égard, il serait fait mention d'éléments laissant suggérer qu'en dépit de son suivi psychothérapeutique, il pourrait avoir fait preuve d'une prise de conscience suffisante quant à la gravité des faits pour lesquels il avait été condamné et quant à son fonctionnement psychique, alors qu'une telle reconnaissance était préconisée par les experts. En particulier, c'est en vain que le recourant invoque le rapport du SMPP du 14 mars 2024, dès lors que les éléments qui y figurent ne ressortent pas de l'arrêt attaqué, sans que soit démontré l'arbitraire dans leur omission. Ensuite, si, dans le rapport du SMPP du 21 novembre 2023 auquel la cour cantonale se réfère, il est indiqué que le recourant montre de bonnes capacités réflexives et introspectives et qu'il reconnaît les délits pour lesquels il a été condamné, il y est toutefois expressément mentionné que "les objectifs de sa prise en charge psychothérapeutique demeurent une meilleure reconnaissance de son propre fonctionnement psychique, notamment en lien avec (...) les passages à l'acte violent" (cf. arrêt attaqué, p. 7; dossier du SESPP, pièce 7022). Par ailleurs, malgré une amorce de remise en question, le risque de récidive générale et violente demeure élevé, selon le rapport de l'Unité d'évaluation criminologique du Service pénitentiaire du 22 mai 2024 auquel se réfère la Direction des Établissements de U.________ dans son rapport du 14 août 2024 (cf. arrêt attaqué, p. 7). S'y ajoutent la persistance du recourant à enfreindre les règles de l'établissement et les nombreuses sanctions disciplinaires dont il a fait l'objet, notamment pour avoir porté atteinte à l'intégrité physique d'un codétenu. En ces aspects, la situation se distingue de celle examinée dans l'arrêt 7B_175/2023 du 6 février 2024, dont le recourant se prévaut. Elle se distingue également de celle faisant l'objet de l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme (CourEDH) Kadusic c. Suisse du 9 janvier 2018 (requête n° 43977/13), où il a été retenu que l'affaire était "particulière" dès lors que les autorités suisses avaient - dans le cadre d'une procédure à laquelle avaient été appliquées par analogie les règles sur la révision d'un jugement pénal - soumis le requérant à une mesure thérapeutique institutionnelle qui n'était pas initialement prévue par ledit jugement (§ 47). Cela étant, le recourant ne fait état d'aucun élément permettant de se convaincre que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en niant l'existence d'une modification des circonstances déterminantes en vue du pronostic prévu par l'art. 62 al. 1 CP. En l'absence d'une telle modification, la cour cantonale n'a ainsi pas violé le droit fédéral en renonçant à ordonner une nouvelle expertise, d'autant moins qu'il est prévu, selon la décision du SESPP du 7 février 2024, qu'une nouvelle expertise soit mise sur pied au début de l'année 2025.