Citation: I 893/05 17.10.2006 E. 3

3.1 Les médecins de la Clinique Y.________, ainsi que les docteurs M.________ et H.________ ont tous constaté que le recourant présentait d'importants signes d'aggravation de ses douleurs, et qu'il n'utilisait quasiment plus son bras gauche en situation d'observation, sans que cette attitude puisse être attribuée à une atteinte à la santé physique objectivable. Le docteur M.________ précise que l'assuré présente une attitude figée du bras gauche en demi-flexion dans les locaux de la CNA et un balancement régulier des membres supérieurs à la marche à l'extérieur du bâtiment. Compte tenu des atteintes à la santé objectivement constatées, il a fait état d'une capacité résiduelle de travail de 50 % dès le 31 août 2000, puis de 100 % dès le 1er octobre 2000. Les médecins de la clinique Y.________ ont mis en évidence une grande variabilité des amplitudes actives et passives enregistrées au cours de divers exercices et activités, l'assuré utilisant par ailleurs son membre supérieur gauche lorsqu'il n'est plus «en situation thérapeutique». Pour sa part, le docteur H.________ a fait état de manifestations sévères d'aggravation de la symptomatologie, en précisant : «La personnalité humaine est si complexe qu'il est toujours difficile de savoir à quel point le patient est conscient réellement de son attitude, à quel point elle est délibérée ou non. Nous pouvons concevoir qu'il y ait absence de pathologie psychiatrique au sens où l'entend le confrère qui avait examiné le patient. Nous avons néanmoins la certitude qu'il reste un domaine très flou et mal connu à la limite des attitudes d'autosuggestion, des pathologies de conversions et des simulations délibérées. N'étant nullement expert en la matière, nous nous abstiendrons ici de toute élaboration plus prétentieuse.» Les examens psychiatriques pratiqués à la Clinique Y.________, puis par la doctoresse O.________, n'ont pas permis de mettre en évidence d'atteintes à la santé psychique, hormis éventuellement un trouble somatoforme douloureux. Les psychiatres consultés ont tous exclu une incapacité de travail en raison d'atteintes à la santé psychique. 3.2 Compte tenu de ces différents rapports médicaux, les premiers juges ont considéré, à juste titre, qu'il n'était pas établi, au degré de la vraisemblance prépondérante, que le recourant souffrait encore d'une atteinte à la santé physique ou psychique entraînant une incapacité de travail supérieure à 50 %, postérieurement au 31 août 2000; de même, le jugement entrepris ne prête pas flanc à la critique, en tant qu'il nie toute incapacité de travail notoire pour la période postérieure au 31 octobre 2000. Contrairement à ce que soutient le recourant, les premiers juges n'avaient pas à mettre en oeuvre de nouvelles expertises médicales jusqu'à ce qu'un médecin atteste que l'absence d'usage de son bras droit résulte clairement d'une simulation ou, au contraire, d'une atteinte à la santé. Il est en effet peu probable qu'un expert soit en mesure de poser une telle affirmation de manière convaincante, comme cela ressort du reste des précisions apportées par le docteur H.________ (consid. 3.1 ci-dessus). Les constatations du docteur V.________ relatives à l'incapacité de travail du recourant ne justifient pas davantage la mise en oeuvre de nouvelles mesures probatoires. Comme l'ont déjà précisé les premiers juges, ce médecin ne fait pas état d'atteintes objectives à la santé, dont ses collègues auraient négligé de constater l'existence. Il ne motive pas véritablement son attestation relative à l'incapacité de travail de l'assuré par une telle atteinte à la santé, mais se limite plutôt à prendre acte de l'incapacité de travail alléguée par son patient («Il est vrai qu'il s'agit de conséquences inattendues d'une simple déchirure musculaire. Il faut signaler aussi que [la CNA] avait décidé de faire un examen psychiatrique qui n'avait rien montré de pathologique. S'il est vrai qu'au sens stricte du terme, le problème de la cicatrisation des muscles est résolu, il est vrai aussi que depuis cet accident, P.________ n'a plus pu travailler»). Enfin, le recourant reproche à tort aux premiers juges de n'avoir pas pris en considération une modification de son état de santé résultant d'un traumatisme des vertèbres cervicales survenu dans le courant de l'année 2002, allégué en instance cantonale. Lui-même n'a pas informé l'Office AI de cet accident, qu'il n'a que vaguement allégué devant la juridiction cantonale, sans produire aucun document probant relatif aux circonstances dans lesquelles l'événement s'est produit et à ses conséquences (rapport de police, certificat médical relatif à des consultations à la suite de l'accident). Dans les rapports qu'il a établis les 22 avril et 1er juillet 2004, soit postérieurement à l'accident allégué, le docteur V.________ ne mentionne aucun traumatisme des vertèbres cervicales, ni même la survenance d'un accident en 2002. C'est dire que les premiers juges n'étaient pas tenu d'admettre un tel traumatisme et pouvaient nier une dégradation significative de l'état de santé de l'assuré en raison de l'accident allégué.