Citation: 6B_1093/2018 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a exposé que l'analyse du compte bancaire de F.________ Sàrl avait révélé que les trois versements successifs de 20'000 fr. avaient chacun été suivis presque immédiatement de retraits très importants, ainsi un retrait de 7'000 fr. le 12 mars 2014, un autre de 24'833 fr. 55 le 17 mars 2014 et un dernier de 18'000 fr. le 14 avril 2014. Selon l'autorité précédente, les contrats signés par les parties étaient conditionnels, car soumis à une condition suspensive au sens de l'art. 151 CO, soit celle de l'obtention de "l'accord de la commune". F.________ Sàrl devait notamment "prendre en charge" un architecte pour la mise à l'enquête. C.B.________ et B.B.________ avaient, en connaissance de cause, exigé que les travaux débutassent avant la délivrance des autorisations administratives. Le recourant avait quant à lui soutenu avoir chargé l'architecte S.________ des démarches administratives auprès de la commune. Le prénommé avait expliqué avoir été contacté par le recourant et avoir envoyé, hors mandat, un schéma d'implantation à la commune pour un préavis avant le dépôt de l'enquête, ainsi qu'avoir effectué diverses autres interventions. Par la suite, les démarches administratives avaient été conduites directement par les propriétaires. Pour la cour cantonale, les retraits massifs sur le compte de la société, laquelle était dépourvue de ressources - son compte ayant été approvisionné par les acomptes concernés -, de même que les documents fabriqués par le recourant pour tenter de justifier ses retraits - soit un contrat signé avec lui-même lui réservant 35'000 fr. d'honoraires fantaisistes et deux notes d'honoraires datées des 10 mars et 15 avril 2014, de 10'500 fr. chacune - montraient que l'intéressé s'était d'emblée placé dans la situation de ne pas pouvoir financer et donc exécuter correctement les prestations promises. Il n'avait donc pas eu l'intention initiale de livrer l'intégralité de sa prestation et n'avait fourni que le montant des factures - tardivement acquittées - soit 15'727 fr. 20. Selon l'autorité précédente, C.B.________ avait expliqué que lui-même et son épouse avaient fait confiance au recourant dès lors que celui-ci avait été en relation d'affaires avec le tiers leur ayant vendu la villa, lequel avait présenté l'intéressé comme la personne ayant surveillé la rénovation de cet immeuble. Le recourant était intervenu comme courtier dans cette opération et les acheteurs avaient pu, dans cette vente à terme, entreprendre des transformations avant d'être propriétaires. Dans ce contexte de collaboration relative à l'achat et à la transformation d'une villa affectée au logement, imprégné d'un climat de confiance, on ne pouvait reprocher à C.B.________ et B.B.________ d'avoir négligé de se renseigner sur la solvabilité de leur interlocuteur et de sa société avant de se lier contractuellement à celle-ci pour la suite des modifications du même immeuble. Ce rapport de confiance expliquait que les prénommés eussent adhéré aux deux contrats rédigés par le recourant, défavorables pour eux car leur imposant des versements immédiats d'acomptes de 40'000 fr. chacun "à la signature du devis", soit lors de celle des contrats, alors que l'entrée en vigueur de ces actes était soumise à une condition suspensive.