Citation: 5A_289/2023 E. A

A.a. Depuis 2007, H.H.________ et I.H.________ sont propriétaires en commun de la parcelle formant l'actuel art. 1'404 de la commune de U.________ (FR), d'une surface de 858 m2. Une habitation individuelle y est érigée. Sur le feuillet de l'immeuble au registre foncier fédéral figure notamment, sous la rubrique " Servitudes ", l'inscription " 01.01.1931 GL (C) passage selon plan, ID.2001/000463 en faveur de U.________/371 31.07.1990 8702V et 09.11.2006 2006/2189/0 ". A.b. Les membres de l'hoirie A.________ sont propriétaires en commun de l'art. 371 (lieu-dit "V.________"). Il s'agit d'un pré de 14'583 m2. Sur le feuillet de l'immeuble au registre foncier fédéral figure notamment, sous la rubrique " Servitudes ", l'inscription " 01.01.1931 GL (D) Passage selon plan, ID.2001/000463 à la charge de U.________/1'404 31.07.1990 8702V et 09.11 2006 2006/2189/0 ". A.c. L'inscription au registre foncier de la servitude de passage en faveur du fonds no 371 remonte au 1er janvier 1931, date à laquelle le Grand Livre a été introduit à U.________. L'indication (GL) sur le feuillet de la parcelle no 1'404 signifie que la servitude existait déjà auparavant, mais qu'elle n'était fondée sur aucune pièce justificative. L'inscription de 1931 apparaissait sur le feuillet de l'art. 16, dont est issu l'actuel art. 1'404. Elle se présentait comme suit: " a. CH-Passage pour nos 371, 645". En 1931, et a fortiori auparavant, lorsque la servitude a été constituée, les fonds dominants et servants étaient tous deux des champs agricoles. C'est actuellement toujours le cas de la parcelle no 371. La servitude n'a subi aucune modification jusqu'au 31 juillet 1990, date à laquelle le fonds servant (à savoir l'ancien art. 16) a été divisé. C'est à cette occasion qu'a été créé l'art. 1'404, sur lequel la servitude de passage a été reportée sans modification. Elle a simultanément été radiée de la parcelle no 16. A.d. La construction de la partie sud du quartier "W.________", auquel appartient le fonds des époux H.________, a été planifiée dès 2004. Le lotissement de "Y.________" a été créé. La parcelle de base no 1'404, alors propriété de l'hoirie J.________, a été divisée pour créer différentes parcelles; l'art. 1'404 a été réduit à sa surface actuelle. A.e. Le 20 avril 2006, des représentants des propriétaires de l'art. 371 et de l'art. 1'404 ainsi que des représentants de la commune de U.________ se sont réunis pour discuter d'un échange de terrains et de la question de la servitude de passage. L'hoirie J.________ et l'hoirie A.________ ont ainsi procédé à un échange de terrains afin de modifier les limites de leurs propriétés. Une parcelle de 366 m2 accolée au fonds no 1'404 (dans sa topographie actuelle) a été séparée de celui-ci et rattachée à l'art. 371. Une parcelle de 75 m2 a ensuite été détachée du fonds no 371 et rattachée au nouvel art. 1'653, issu de la division de l'ancien art. 1'404. Jusqu'en 2006, l'assiette de la servitude de passage en faveur du fonds no 371 n'était pas définie. Les projets de construction de l'art. 1'404 ont toutefois rendu nécessaire la fixation de l'assiette de cette servitude, dite parcelle étant passée d'une surface de 25'604 m2 à 858 m2. Le 17 juillet 2006, l'entreprise d'ingénieurs-géomètres K.________ SA a établi un verbal de division. La mention "selon plan" a été ajoutée à la servitude en question et son assiette a été fixée à une largeur de 5 mètres à l'extrémité sud de la parcelle no 1'404. A.f. A.f.a. Lorsqu'ils ont acquis l'art. 1'404 en 2007, les époux H.________ n'ont pas consulté les pièces justificatives au registre foncier. Ils savaient que ce fonds était grevé d'une servitude de passage mais se sont fiés aux déclarations d'un membre de l'hoirie J.________, selon lesquelles il s'agissait d'une servitude agricole qui ne serait plus utilisée si l'affectation de l'art. 371 était modifiée. Il n'est pas contesté qu'ils savaient qu'un projet de mise en zone à bâtir était envisagé sur ce bien-fonds. A.f.b. Dans le cadre de la révision du plan d'aménagement local, l'hoirie A.________ projette en effet de faire classer sa parcelle en zone à bâtir; elle estime que la servitude litigieuse en garantit l'accès. Les autorités administratives en charge de la planification du territoire ont jusqu'alors considéré que la servitude assurait un passage suffisant au fonds dominant, la question de savoir si le cercle des titulaires du droit ou si l'assiette réelle de la servitude permettaient effectivement le passage du point de vue du droit privé relevant du juge civil. A.f.c. Actuellement, la servitude de passage n'est encore utilisée qu'occasionnellement par le fermier exploitant les champs de l'art. 371.