Citation: 8C_313/2021 E. 5.3

5.3. En l'espèce, il n'est pas contesté par les parties que les conditions de l'art. 30 al. 1 let. d LACI sont remplies puisque l'intimée n'avait pas postulé à l'emploi assigné. A juste titre, la juridiction cantonale a retenu que l'envoi d'une requête LinkedIn à l'auteur de l'annonce du poste était une démarche largement insuffisante et que l'intimée aurait dû contacter sa conseillère en personnel pour lui signaler le problème. L'arrêt attaqué ne fait pas état d'un motif valable qui ferait apparaître la faute de l'intimée comme étant de gravité moyenne ou légère. Les premiers juges ont motivé la réduction à 20 jours de suspension de l'indemnité de chômage uniquement par le fait que l'intimée prenait au sérieux ses obligations de chômeuse (premier manquement, chômeuse très active dans ses recherches d'emploi). Si le fait de prendre au sérieux ses obligations de chômeuse est une circonstance pertinente pour fixer la durée de la suspension, elle ne constitue pas pour autant un motif valable pour refuser un travail convenable (arrêt 8C_650/2017 du 25 juin 2018 consid. 7.4). Les circonstances prises en compte par les premiers juges ne sont pertinentes que pour fixer la durée de la suspension à l'intérieur du cadre légal. Or en réduisant la durée de la suspension à 20 jours, les premiers juges sont manifestement sortis de ce cadre, fixé entre 31 et 60 jours en cas de faute grave au sens de l'art. 30 al. 3 LACI en lien avec l'art. 45 al. 4 let. b OACI. En outre, ils n'ont pas fait état d'un motif valable lié à la situation subjective de l'intimée ou à des circonstances objectives, étant précisé que de faibles chances d'obtenir le poste assigné - argument avancé par l'intimée au long de la procédure - ne constituent pas un motif valable (arrêt C 143/04 du 22 octobre 2004 consid. 3.2). On relèvera finalement qu'en cas de faute grave sans motif valable, la valeur moyenne dans l'échelle de suspension de 31 à 60 jours prévue par l'art. 45 al. 3 let. c OACI doit être retenue comme point de départ pour l'appréciation individuelle de la faute (ATF 123 V 150 consid. 3c; arrêt 8C_24/2021 précité consid. 6 et les références). En l'espèce, en fixant à 34 jours la suspension du droit à l'indemnité de chômage, l'OCE s'était déjà écarté considérablement de la moyenne de 45 jours de suspension et avait ainsi dûment tenu compte, en faveur de l'intimée, des circonstances évoquées par les premiers juges.