Citation: 5A_447/2023 E. 5.3

5.3. Le recourant soutient qu'une telle appréciation est arbitraire, car elle revient à accorder à l'intimée un délai transitoire d'une durée indéterminée pour reprendre une activité lucrative. Il expose que les mesures protectrices, bien que provisoires, sont de toute évidence amenées à durer, une procédure de divorce pouvant être notoirement très longue et celle opposant les parties étant au demeurant particulièrement conflictuelle et complexe. De plus, l'autorité cantonale aurait ainsi substitué sa propre appréciation à celle du juge du divorce, ce qui reviendrait à ne pas trancher la question du moment à partir duquel la reprise d'une activité lucrative par l'intimée apparaît envisageable. Par cette argumentation, le recourant se borne à opposer son opinion à celle des juges précédents, ce qui ne permet pas d'admettre le caractère insoutenable de celle-ci. Il résulte de l'arrêt attaqué que les enfants sont suivis et sous traitement médicamenteux pour un TDAH (soit un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) et ont dès lors un besoin de stabilité et de constance accrus. Compte tenu de leurs troubles, ils présentent notamment des difficultés d'organisation et d'autonomie qui nécessitent un soutien dans leurs apprentissages. Ces besoins sont encore plus importants pour l'aîné, qui souffre en outre d'autisme atypique ainsi que de dyslexie, et chez qui les changements peuvent provoquer des crises d'angoisse qui se manifestent sous forme de colère. L'autorité cantonale relève en outre que depuis la séparation, les enfants ont vécu de nombreux changements, pour certains récents, à savoir l'emménagement dans un nouveau logement et la réintégration de l'aîné dans son ancien collège. Sur le vu de la jurisprudence rappelée plus haut (cf. consid. 5.1), la solution retenue par l'autorité cantonale n'apparaît dès lors pas indéfendable.