Citation: 8C_567/2016 E. 5

La recourante semble se référer à la jurisprudence selon laquelle, en vertu du principe de l'égalité des armes découlant de l'art. 6 § 1 CEDH, lorsqu'il existe un doute, même léger, quant à la fiabilité et la pertinence des constatations des médecins internes à l'assurance, le juge a le devoir d'ordonner une expertise (ATF 135 V 465 consid. 4 p. 467 ss). La juridiction cantonale ne devait cependant pas trancher entre l'avis de médecins traitants et celui de médecins internes à l'assureur, les rapports des docteurs I.________, L.________ et K.________ étant des expertises administratives établies par des médecins externes et indépendants de l'intimée (au sens de l'art. 44 LPGA). En tout état de cause, on peut observer que la recourante n'avait visiblement aucune raison pertinente de récuser les experts désignés par l'intimée, ce qui explique d'ailleurs pourquoi elle a pas engagé de procédure de récusation. De plus, il lui a été donné la possibilité de se déterminer sur les rapports d'expertise, et il ne ressort pas non plus du dossier qu'elle aurait vainement demandé à l'assureur de pouvoir poser aux experts des questions complémentaires. La recourante ne saurait donc prétendre qu'elle a été désavantagée sous l'angle du droit d'administrer les preuves. Cela étant, en matière d'appréciation des preuves, le juge doit examiner objectivement tous les documents à disposition, quelle que soit leur provenance, puis décider s'ils permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Il peut renoncer à accomplir certains actes d'instruction, sans que cela n'entraîne une violation du devoir d'administrer les preuves nécessaires, s'il est convaincu, en se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves (cf. ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352), que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation (sur l'appréciation anticipée des preuves en général: ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157; 130 II 425 consid. 2 p. 428). En l'occurrence, outre le fait que la plupart des rapports produits par la recourante sont peu motivés comme l'a relevé à juste titre l'instance précédente, on doit constater que les experts neurologues ont fourni des explications convaincantes sur les motifs pour lesquels il faillait s'écarter du diagnostic de lésion traumatique des ligaments alaires posé par le docteur H.________. Ainsi le docteur I.________ a souligné que l'absence de symptômes d'insuffisance vertébro-basilaire lors des mouvements d'hyperextension ou de rotation de la nuque chez l'assurée à l'initiation de l'effort lui permettait d'exclure l'existence d'une lésion osseuse ou ligamentaire au niveau de la jonction cervico-occipitale. De son côté, le docteur L.________ a précisé que des études récentes menées sur des volontaires sains avaient montré que les anomalies de la charnière, en particulier des ligaments alaires, étaient très fréquentes et sans incidence clinique, ce qui l'amenait également à se distancer des conclusions du docteur H.________. L'expert précité est également convaincant quand il a rejeté - vu le déroulement de l'accident, ses propres constatations cliniques et l'évolution des plaintes de l'assurée - la thèse de la doctoresse N.________ en faveur de la persistance d'un traumatisme de type Whiplash de stade 2, pour retenir le diagnostic d'un traumatisme crânien mineur dont les effets ne perduraient pas au-delà du 18 août 2012 (statu quo sine). Enfin, on ne voit pas de raison de douter de la fiabilité de l'appréciation du docteur M.________ au sujet du trouble à l'épaule gauche de l'assurée compte tenu de l'écoulement du temps entre l'accident et les premières plaintes y relatives. Dans ces conditions, aucun reproche ne saurait être fait à la cour cantonale de s'être tenue aux expertises administratives sans donner suite à la demande de la recourante tendant à la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise. Partant, celle-ci était également fondée à confirmer la décision litigieuse, étant précisé qu'il n'y a pas lieu d'examiner la manière dont elle a tranché la question de la causalité adéquate des troubles psychiques existants, faute de grief sur ce point dans le recours (art. 42 al. 2 LTF).