Citation: 4C.95/2000 13.06.2000 E. 3

3.- a) La défenderesse invoque une violation de l'art. 337c al. 3 CO. Cette disposition prévoit une indemnité en faveur du travailleur dans le cas d'une résiliation immédiate sans justes motifs. L'octroi de cette indemnité constitue la règle (ATF 121 III 64 consid. 3c; 120 II 243 consid. 3e p. 247; 116 II 300 consid. 5a), mais suppose un comportement fautif de l'employeur ou en tout cas des circonstances qui lui sont imputables (cf. ATF 116 II 300 consid. 5a in fine). L'indemnité a une double fonction, punitive et réparatrice (ATF 123 III 391 consid. 3c p. 394); le juge en fixe librement le montant - qui ne peut toutefois dépasser six mois de salaire - en tenant compte de toutes les circonstances (art. 337c al. 3 CO). b) Selon les constatations cantonales qui lient le Tribunal fédéral saisi d'un recours en réforme (art. 63 al. 2 OJ), la défenderesse n'a pas seulement dit qu'elle n'avait plus de travail pour l'employé, mais elle l'a renvoyé à s'adresser à un autre travailleur, ce qui montre qu'elle n'entendait plus lui payer quoi que ce soit. Cette interprétation est confirmée par l'attitude adoptée dans la procédure par la défenderesse, qui a soutenu qu'un contrat de durée déterminée avait été conclu et qu'il était arrivé à expiration. La déclaration de la défenderesse ne peut donc pas être comprise comme une résiliation ordinaire impliquant l'obligation de payer le salaire jusqu'à l'échéance du délai de congé. Il s'agit bien d'une résiliation immédiate: l'employé a été informé que l'employeur ne lui donnerait plus de travail et ne lui verserait plus de salaire. En l'absence de justes motifs, une indemnité est en principe due. Il résulte des constatations cantonales que l'employeur a spéculé sur les difficultés de preuve liées à l'absence de contrat écrit pour soutenir à tort qu'il avait été conclu un contrat de durée déterminée et pour annoncer soudainement à l'employé qu'il n'aurait plus ni travail ni salaire. L'octroi d'une indemnité en pareilles circonstances ne viole pas le droit fédéral. Enfin, on ne voit pas en quoi l'autorité cantonale aurait abusé de son large pouvoir d'appréciation en fixant l'indemnité à un mois de salaire.