Citation: 4C.352/2000 07.02.2001 E. A

A.- Le 1er novembre 1982, R.________ (ci-après: le client) a ouvert un compte auprès d'ABN Amro Bank (Suisse) S.A. (ci-après: la banque), succursale de Genève. Le client n'a pas confié de mandat de gestion à la banque. Il procédait à des opérations de spéculation sur les marchés des changes, en particulier sur le dollar américain. Il avait acquis une grande expérience de ces marchés et donnait à la banque des instructions précises, que celle-ci exécutait. Par acte daté du 18 avril 1994 et signé par les deux parties, la banque a octroyé à son client "une facilité de crédit" d'un montant maximum de 16 900 000 US$, prêt garan-ti par les avoirs du client auprès de la banque. L'acte du 18 avril 1994 prévoit que les avoirs en couverture doivent fournir en tout temps une marge de sécurité minimum de 10% pour les opérations de change à terme et pour les ventes à découvert d'options sur devises. Il contient la clause suivante: "En cas d'insuffisance de couverture non remédiée dans un délai de deux jours ouvrables, la banque se réser-ve le droit de clôturer les contrats existants avant leur échéance, à sa seule appréciation et sans notification préalable au client". En mars 1995, le client, qui spéculait sur une hausse du dollar, a subi les effets de la baisse du cours de cette monnaie. La banque lui a demandé d'augmenter ses avoirs. Le client s'est rendu dans les locaux de la banque, à Genève, une première fois le 15 mars 1995. Le 17 mars 1995, il a demandé à deux autres banques, à savoir la Republic National Bank et l'Union Bancaire Privée, de transférer ses avoirs auprès d'ABN. Il s'est rendu une seconde fois à la banque le 28 mars 1995. Il était par ailleurs en relation téléphonique constante avec les gestionnaires responsables. Selon le témoin Niederberger, les fonds apportés étaient insuffisants pour reconstituer la marge; la banque a conseillé à son client d'apporter des fonds supplémentaires ou de résilier des contrats en cours; le client tenait cependant à garder ses positions; toujours selon le témoin, un employé de la banque passait des heures au téléphone avec celui-ci pour essayer de suggérer des solutions; le dollar américain continuait de baisser, ce qui représentait des pertes très importantes pouvant aller jusqu'à 500 000 fr. par heure. Le 31 mars 1995, la banque a pris la décision de liquider les positions du client, considérant que la marge n'était plus couverte. Par la suite, les relations entre la banque et le client se sont poursuivies, mais le client a estimé qu'il avait droit à une indemnisation. Le 1er mars 1997, le client a cédé à Paschusa Corp. S.A., société anonyme de la République de Panama, tous ses droits de demander des dommages-intérêts à la banque.