Citation: 7B_889/2023 E. B

Par arrêt du 23 mai 2023, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois (ci-après: la Chambre des recours pénale) a rejeté, dans la mesure où il était recevable, le recours formé par la plaignante contre cette ordonnance de classement. L'état de fait de la Chambre des recours pénale est résumé de la manière suivante. B.a. Le 28 avril 2021, la plaignante a déposé plainte contre le prévenu, avec qui elle était en couple lors des faits, pour contrainte sexuelle. Elle lui reproche en particulier de lui avoir fait subir, un soir durant les vacances d'été 2020, à U.________, en V.________, un rapport sexuel anal non consenti. Dans sa plainte, elle a notamment exposé que les parties auraient commencé à entretenir un rapport sexuel vaginal, mais qu'elle aurait notamment eu des douleurs les ayant conduits à cesser l'acte. La plaignante a ajouté que, peu après, le prévenu lui aurait proposé un rapport sexuel anal, proposition à laquelle elle aurait répondu, outrée, "ben non, y'a pas moyen, j'ai pas envie". Elle a indiqué qu'elle se serait ensuite éloignée du prévenu, puis les intéressés auraient échangé des propos sur un tout autre sujet. Ensuite, selon la plaignante, le prévenu se serait approché d'elle, non pour s'excuser ou lui faire un câlin, comme elle l'avait imaginé, mais pour se mettre sur elle et la pénétrer analement, par surprise. La plaignante a expliqué qu'elle aurait résisté physiquement en crispant son corps, en serrant ses muscles et en poussant sur ses avant-bras pour repousser le prévenu, en vain. Elle a précisé qu'elle aurait eu très mal, qu'elle aurait exprimé verbalement sa douleur au prévenu, mais qu'il lui aurait dit "chut" à l'oreille, comme pour lui signifier d'arrêter de résister. Elle a encore expliqué qu'après le rapport sexuel, elle aurait déclaré au prévenu qu'il l'avait violée et qu'elle avait des séquelles psychiques de cet évènement. La plaignante a joint à sa plainte une lettre du prévenu, qu'elle aurait reçue le 22 avril 2021, dans laquelle il lui a notamment indiqué, en lien avec l'acte sexuel précité, qu'il était désolé, qu'il était coupable et qu'il lui demandait pardon. B.b. Le 16 juillet 2021, le prévenu, après avoir été informé du dépôt de plainte de la plaignante, a déposé plainte contre elle pour diffamation ou calomnie, pour avoir indiqué de manière erronée auprès de tierces personnes qu'il l'avait violée. Dans sa plainte, il a notamment relaté sa version des faits, selon laquelle, en substance, il n'avait pas compris que la plaignante, bien qu'indécise ou "peu enjouée" au début, n'avait pas consenti à la relation sexuelle anale litigieuse. Le prévenu a expliqué qu'après la cessation du rapport vaginal, les parties auraient continué à s'embrasser et à se caresser. Il a indiqué qu'à un moment donné, la plaignante lui aurait dit "Fais-moi ce que tu veux", selon lui en référence à sa proposition faite peu de temps avant de pratiquer une sodomie, et qu'il l'aurait alors sodomisée. Il a précisé que la plaignante n'aurait à aucun moment montré de signe de contestation ou de douleur. Il a enfin exposé qu'ils en auraient parlé dès le lendemain et qu'il y aurait eu un malentendu, en particulier au sujet de la signification de "Fais-moi ce que tu veux" ou "Fais ce que tu veux". Il a expliqué que, suite à cela, la plaignante souffrait et qu'il avait dès lors accepté de prendre sur lui, notamment de se placer "dans un rôle de violeur", afin d'aller dans son sens pour l'aider à aller mieux. B.c. Dans le cadre de son instruction, le Ministère public a délivré un mandat d'investigation à la police le 9 août 2021. Le 27 septembre 2021, la plaignante a informé le Ministère public qu'elle avait entamé une médiation avec le prévenu, qui a finalement échoué. La police a procédé à l'audition des deux protagonistes, à savoir à celle de la plaignante le 14 février 2022 et à celle du prévenu deux jours plus tard. Tous deux ont livré des détails sur leur version des faits et sur les évènements qui ont suivi ceux-ci. La police a également entendu C.________, une amie du couple au moment des faits et désormais une amie proche de la plaignante, en qualité de témoin. Questionnée sur les motifs ayant poussé la plaignante à porter plainte, ce témoin a notamment déclaré que la plaignante ne voulait d'abord pas déposer plainte contre le prévenu car elle voulait arranger les choses, mais que, comme il n'entreprenait rien pour cela, elle avait décidé de porter l'affaire devant la justice pénale. Le 5 avril 2022, la police a rendu son rapport d'investigation, dans lequel elle a conclu qu'il n'y avait en l'état aucun élément permettant de corroborer l'une ou l'autre des versions. B.d. Le 9 août 2022, la plaignante a remis au Ministère public plusieurs documents à caractère médical, dont une demande du 30 novembre 2021 d'un psychiatre, visant à la prolongation de son suivi psychothérapeutique, et une réponse du 5 août 2022 d'un médecin-assistant du département de psychiatrie du CHUV, indiquant que la plaignante avait été suivie les 14 et 15 avril 2022 dans le cadre des urgences psychiatriques après un geste auto-agressif. La plaignante a également produit un courriel que lui avait adressé le prévenu le 12 octobre 2020, qui parle de leur relation, ainsi que du rapport sexuel litigieux. Dans ce courriel, le prévenu a notamment indiqué "[à] U.________ car il faut dire les choses comme elles sont je t'ai violé[e], inconsciemment et je dis inconsciemment car il n'y a aucun moment, absolument aucun, ou il y avait une volonté de ma part de t'abuser". Par courrier du 18 août 2022, le prévenu s'est déterminé sur ces documents et a précisé que la seule chose qu'il avait admise dans son courriel du 12 octobre 2020, lorsque le seul point de discorde entre les intéressés était de savoir si la plaignante lui avait dit "Fais-moi ce que tu veux" ou "Fais ce que tu veux", était qu'il comprenait la souffrance émotionnelle de cette dernière de ne pas s'être sentie comprise lors de leur rapport sexuel et qu'il admettait ne pas avoir agi correctement sur le plan éthique. B.e. Le Ministère public a également procédé à l'audition des parties. Le 25 août 2022, il a entendu le prévenu, qui s'est expliqué sur les faits et sur la version livrée par la plaignante dans sa plainte. Le 1er novembre 2022, il a procédé à l'audition de la plaignante, qui s'est une nouvelle fois expliquée sur les faits. B.f. Le 8 novembre 2022, la plaignante a notamment transmis une lettre manuscrite que lui aurait écrite le prévenu le 14 août 2020, dans laquelle celui-ci a déclaré qu'il était désolé et touché par ce qui s'était passé à U.________, qu'il était terriblement stupide et irresponsable, qu'il pensait pourtant tout bien faire, mais qu'il avait appris par mauvaise expérience qu'il n'était jamais assez attentif, et qu'il aimait la plaignante et espérait qu'elle lui pardonnerait un jour.