Citation: 5A_174/2023 E. 5.3

5.3. Cela étant, le recourant soutient qu'il était arbitraire de ne pas avoir imputé un revenu hypothétique à son épouse. Les motifs retenus à cet égard par la cour cantonale, à savoir qu'ils n'étaient séparés que depuis sept mois et que son épouse avait souscrit, avec son accord, à des investissements visant à rendre son activité indépendante plus rentable, ne ressortaient d'aucun élément du dossier et la conclusion d'un bail commercial pour une durée de cinq ans ne permettait nullement de renoncer à l'imputation d'un tel revenu. Il était insoutenable de retenir qu'elle exerçait une activité à 80 % en qualité d'enseignante de yoga et qu'elle ne réalisait qu'un revenu de 314 fr. Les pièces qu'il avait produites en appel attestaient qu'une monitrice de yoga percevait un salaire de 8'545 fr. net par mois, soit plus de 27 fois que le salaire que son épouse prétendait obtenir. La cour cantonale a constaté que l'épouse avait souscrit à des investissements avec l'accord du recourant en se fondant, d'une part, sur les déclarations de celle-ci en audience, lesquelles n'avaient pas été contredites et étaient corroborées par le contrat de bail pour locaux commerciaux que les époux avaient conclu en tant que locataires " solidairement responsables " et, d'autre part, sur la comptabilité de l'épouse, établie par le recourant. Celui-ci ne peut donc être suivi lorsqu'il allègue que cette constatation ne repose sur aucun élément du dossier. Au surplus, il n'apparaît pas que la cour cantonale aurait définitivement renoncé à imputer un revenu hypothétique à l'épouse, mais a jugé qu'il fallait lui accorder un délai d'adaptation d'une année à compter de la notification de l'arrêt, un revenu hypothétique pouvant entrer en ligne de compte à la fin de ce délai (cf. supra consid. 5.1 in fine). En conséquence, dans la mesure où le recourant se limite à contester le principe de l'imputation d'un revenu hypothétique, sa critique est mal fondée.