Citation: 5A_479/2023 E. 5.1.2

5.1.2. En l'espèce, pour autant que l'on puisse considérer que le grief de violation du droit d'être entendu soit véritablement soulevé, force est de constater que la motivation cantonale ne viole pas le droit d'être entendue de la recourante, sous l'angle du droit à une décision motivée (art. 29 al. 2 Cst.). Contrairement à ce que fait valoir la recourante, l'autorité précédente a bel et bien mentionné les motifs sur lesquels elle s'est appuyée pour confirmer la décision de première instance s'agissant des faits dont il est ici question. A cet égard, elle a tout d'abord indiqué que la société recourante ne reprochait pas à la première juge d'avoir constaté arbitrairement les faits, conformément aux exigences de motivation posées par l'art. 321 al. 1 CPC, de sorte que dans un premier temps, elle procéderait à l'examen des griefs soulevés en se fondant sur l'état de fait établi par l'autorité de première instance. Elle a ensuite mentionné ceci (consid. 3.4 p. 15 de l'arrêt cantonal) : " comme on l'a vu plus haut (cf. supra cons. 2.5), c'est en vain que la recourante se plaint de ce que la première juge n'a pas pris en compte la lettre d'intention d'un futur investisseur, prêt à prendre une participation importante dans la société et qu'elle affirme que le salon "D.________" à V.________ lui permet légitimement d'espérer des ventes venant grossir les chiffres déjà réalisés ". Dans ce passage (consid. 2.5 p. 10 s. de l'arrêt attaqué), il est expressément renvoyé au considérant 2.5, dans lequel la cour cantonale a motivé davantage sa décision s'agissant de l'appréciation de la lettre d'intention litigieuse. Elle a retenu, sur ce point, que dans l'ordonnance du 6 avril 2023 admettant la requête d'effet suspensif, le Président de l'ARMC avait déjà indiqué que la réalisation concrète de la perspective alléguée semblait à première vue hypothétique, sachant que l'investissement devait être entrepris " entre 2023 et 2024", soit une période allant très largement au-delà de celle considérée comme déterminante en lien avec le sursis provisoire; en outre, à ce jour, la recourante n'avait toujours pas fait état de discussions plus concrètes avec cet investisseur, l'argument présenté en lien avec le prétendu investissement conséquent se révélant dès lors sans consistance. Quant à l'argument de la recourante selon lequel le salon "D.________" à V.________ lui permettait légitimement d'espérer des ventes venant grossir les chiffres déjà réalisés, la cour cantonale a jugé qu'elle n'avait fait qu'alléguer cette perspective sans apporter aucun élément de preuve, de sorte que l'appréciation de la première juge ne pouvait qu'être confirmée. Une telle motivation est suffisante pour que la recourante soit en mesure de l'attaquer, de sorte que le grief doit être rejeté.