Citation: 6B_1237/2014 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, le recourant a été condamné « à une prestation personnelle sous la forme de la participation à un cours de prévention contre la drogue (REPER) » (cf. ordonnance pénale du 13 mai 2014). L'ordonnance pénale, qui n'a pas été contestée, ne précisait pas la durée du cours. Celle-ci, ainsi que le moment où le cours est dispensé et sa forme relèvent des modalités d'exécution de la sanction. Dans ce contexte, le recourant a été convoqué à deux fois deux heures de cours, les mardis matins. Ces modalités d'exécution n'étaient toutefois pas conformes aux intérêts du mineur, en particulier aux principes de protection et d'éducation qui prévalent en droit pénal des mineurs (cf. supra consid. 4.1 et art. 2 al. 1 DPMin), dès lors que ces cours empiétaient sur ceux que le recourant suivait pour l'obtention de sa maturité professionnelle. C'est donc à bon droit que le juge des mineurs a privilégié la formation du recourant en ne maintenant pas sa participation aux cours de prévention. Toutefois, un tel cours ne pouvant être dispensé en dehors des heures de cours de maturité professionnelle du recourant, le juge n'avait d'autre choix que d'aménager la sanction pour qu'elle puisse être exécutée sans empiéter sur la formation du recourant. C'est ce qu'il a fait en convoquant le recourant un samedi pour qu'il exécute sa prestation personnelle sous forme d'astreinte au travail. Cette transformation de la sanction reste dans le cadre d'une modification des modalités d'exécution de la sanction et, à ce titre, relève de la compétence de l'autorité d'exécution et de son pouvoir d'appréciation. Quant à la durée fixée à une journée d'astreinte au travail, il convient de considérer que, même si la durée du cours de prévention n'était que de deux fois deux heures - durée fixée non par l'ordonnance pénale mais par l'autorité d'exécution - quasi deux matinées auraient dû être consacrées par le recourant à ces cours. A tout le moins n'était-il pas disproportionné de la part du juge, dans le cadre de son large pouvoir d'appréciation, de considérer que ces deux cours correspondaient à une journée d'astreinte au travail. Contrairement à ce que soutient le recourant, l'art. 39 CP ne s'applique pas au droit pénal des mineurs (art. 1 al. 2 DPMin a contrario). Ainsi, son argument consistant à prétendre qu'une journée de travail correspondrait à deux jours-amende ou deux jours de privation de liberté est vain. Au vu de ce qui précède, la modification des modalités d'exécution de la prestation personnelle (passant de la participation à un cours de prévention à un jour d'astreinte au travail) ne prête pas le flanc à la critique et ne procède ni d'un excès, ni d'un abus du pouvoir d'appréciation de l'autorité cantonale. Infondé, le grief du recourant est rejeté.