Citation: 8C_481/2022 E. 4.2

4.2. Il n'est pas contesté qu'en application de sa propre jurisprudence, la Cour de droit administratif et public n'est pas compétente, dans le cadre du litige opposant l'intimée à l'employé, pour se prononcer sur les prétentions pécuniaires de celui-ci à l'encontre de celle-là. Selon cette jurisprudence, l'action pécuniaire formée par un fonctionnaire relève en effet en principe du juge civil, à moins que l'employeur ne dispose d'une compétence décisionnelle, ce qui n'est pas le cas de l'intimée (cf. arrêt GE.2019.0119 du 14 avril 2022 consid. 1 et la référence citée). Il en découle que la recourante ne peut pas, devant la Cour de droit administratif et public, prendre de conclusions pécuniaires contre l'intimée sur la base de l'art. 29 al. 2 LACI. L'arrêt cantonal qui va être rendu n'en est pas moins susceptible d'avoir une influence sur les droits de la recourante, dès lors que celle-ci sera subrogée à l'employé dans ses droits au paiement de son salaire si les juges cantonaux se prononcent en faveur de ce dernier et annulent la décision du 6 janvier 2022. La recourante a donc un intérêt juridique manifeste à voir l'employé obtenir gain de cause, puisqu'en cas de perte du procès par celui-ci, elle ne pourra faire valoir aucune prétention financière contre l'intimée sur la base de l'art. 29 al. 2 LACI. En outre, le droit de procédure (en l'espèce la LPA-VD) doit permettre l'accomplissement du droit matériel (en l'occurrence l'art. 29 al. 2 LACI) et non en empêcher la réalisation (cf. arrêt 2C_774/2014 du 21 juillet 2017 consid. 10.2, non publié in ATF 143 I 403, et les arrêts cités). Les règles de procédure ne sauraient dès lors être interprétées dans un sens qui complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel (cf. arrêt 8C_686/2014 du 25 août 2015 consid. 2.3 et les arrêts cités).