Citation: I 90/05 08.06.2006 E. 3

Il y a lieu d'examiner si un changement important des circonstances s'est produit depuis la décision initiale de rente. 3.1 Le recourant fait valoir qu'il présente une incapacité de travail de manière irréversible et que cela l'empêche d'exercer un emploi quelconque, qu'il s'agisse d'une activité professionnelle pour le compte d'autrui ou d'une activité de substitution comme celles retenues par l'office AI. 3.2 Il convient de comparer la situation du recourant telle qu'elle se présentait le 12 mars 2003, date de la décision initiale d'octroi d'un quart de rente d'invalidité, et celle qui était la sienne au moment de la décision sur opposition du 16 juin 2004. A l'époque de la décision initiale de rente, le recourant souffrait de chondrocalcinose du genou droit, traitée par arthroscopie le 18 janvier 2002. Les premiers juges ont retenu une bonne fonctionnalité de la rotule droite. Ainsi que cela ressort du dossier, le recourant se plaignait de douleurs continuelles au repos et à l'effort, d'une déambulation limitée avec une claudication entre 50 et 100 mètres et de difficultés à monter et descendre les escaliers. En juin 2002, il avait subi un examen radiologique qui avait mis en évidence des changements dégénératifs modérés. Dans son avis médical du 4 décembre 2002, la doctoresse E.________ a conclu à une incapacité de travail de 70 % dans l'activité de maçon et d'ouvrier du bâtiment. En revanche, dans une activité de substitution, le recourant ne présentait aucune incapacité de travail. Dans son avis médical du 25 février 2003, le docteur R.________ a constaté que la documentation fournie par le recourant - soit le rapport du docteur A.________ du 31 janvier 2003 - n'était pas différente de celle qui avait été appréciée jusque-là et qu'elle ne permettait pas de la modifier. En ce qui concerne la situation du recourant au moment de la décision sur opposition du 16 juin 2004, les premiers juges ont retenu que selon le rapport du docteur A.________ du 24 octobre 2003, l'assuré présentait de graves problèmes à la marche qui nécessitait l'usage d'un bâton, ainsi que des douleurs persistantes. Du point de vue orthopédique, il existait toujours une limitation due aux séquelles de l'intervention du genou droit en 2001. Le patient gardait néanmoins une certaine mobilité et l'atteinte alléguée, bien que non contestée, ne le limitait pas dans l'exercice d'une activité, essentiellement sédentaire. D'après les constatations des premiers juges, il n'est pas mis en doute que le patient présente des douleurs au membre inférieur droit, que sa marche peut être pénible et que le fait de monter et descendre les escaliers sera difficile et parfois douloureux. Toutefois, le recourant est encore en mesure de travailler assis, par exemple dans le secteur industriel comme contrôleur de machines de production automatique, ou comme caissier dans un kiosque, ou dans toute autre activité simple qui ne requiert pas beaucoup de déplacements. Au demeurant, la douleur peut être atténuée à l'aide de médicaments et par des thérapies particulières. Les premiers juges ont retenu que sur la base des documents produits - soit les rapports médicaux du docteur A.________ des 24 octobre 2003 et 24 mars 2004 -, les docteurs I.________ dans son avis médical du 12 février 2004 et T.________ dans son avis médical du 8 juin 2004 avaient estimé que l'état de santé de l'assuré ne s'était pas aggravé depuis la décision initiale de rente. De l'avis de ces médecins, l'intéressé pourrait toujours travailler à 100 % dans une activité légère et sédentaire. Le recourant produit un rapport médical du docteur A.________ du 20 janvier 2005, dans lequel ce praticien fait état d'une aggravation des lésions anatomiques et conclut à une incapacité de travail totale et définitive. La fiche du 17 janvier 2005 de l'Hôpital Y.________ confirme le diagnostic d'ostéochondrose, d'arthrose fémoro-patellaire et fémoro-tibiale et de lésion du ménisque médial posé par ce médecin. Ainsi que le fait remarquer le docteur T.________ dans son avis médical du 15 mars 2005, il s'agit là de l'évolution naturelle de la maladie depuis la décision du 12 mars 2003 d'octroi d'un quart de rente et l'on peut ainsi admettre qu'une certaine aggravation clinique et radiologique s'est produite. Toutefois, de l'avis du médecin de l'office AI, cela n'a pas eu de répercussion sur la capacité de travail de l'assuré dans une activité de substitution, les activités de substitution retenues par l'intimé prenant déjà en compte la pathologie du genou droit, laquelle était déjà importante à l'époque de la décision initiale de rente. En effet, mis à part la phase aiguë des douleurs accrues à la suite d'une synovite, ces activités de substitution demeuraient pleinement exigibles de la part du recourant. La Cour de céans n'a aucune raison de s'écarter de l'avis du docteur T.________ du 15 mars 2005. Même si une certaine aggravation clinique et radiologique a pu se produire jusqu'à la décision sur opposition litigieuse du 16 juin 2004, il ne s'agissait pas pour autant d'une modification sensible de l'état de santé pouvant motiver une révision selon l'art. 17 LPGA. Les conséquences de l'état de santé du recourant sur sa capacité de gain n'ont pas subi de changement important pendant la période entre la décision initiale de rente et la décision litigieuse. Avec le docteur T.________, on doit admettre que l'aggravation clinique et radiologique qui a pu se produire durant cette période n'a pas eu de répercussion sur la capacité de travail de l'assuré, dans la mesure où l'on pouvait exiger de lui qu'il exerce une activité de substitution adaptée à son état de santé. Il se justifie dès lors de considérer, comme l'ont fait les premiers juges, que le recourant pouvait au moment déterminant - soit lors de la décision sur opposition litigieuse du 16 juin 2004 - travailler à 100 % dans une activité légère et sédentaire. La requête de celui-ci tendant à la mise en oeuvre d'une expertise médicale indépendante doit ainsi être rejetée.