Citation: 5P.286/2002 23.12.2002 E. 5

La recourante se prévaut de la protection contre l'arbitraire. 5.1 L'intéressée considère que la Cour de justice est tombée dans l'arbitraire en refusant d'inclure dans son minimum vital élargi la somme de 2'744 fr., déduite directement de son salaire, représentant les amortissements de deux prêts conclus auprès de l'Association mutuelle des fonctionnaires internationaux, ainsi qu'un montant de 500 fr., correspondant de même à l'amortissement, intérêts compris, d'un prêt de 57'000 fr. accordé par le Crédit agricole. La recourante précise que tous ces emprunts ont servi à acquérir son logement actuel. Cela étant, la recourante circonscrit son grief aux amortissements et ne prétend pas que la Cour de justice aurait omis d'englober dans son minimum vital élargi les intérêts proprement dits du troisième prêt en cause. Le grief exposé ci-dessus est irrecevable au vu des exigences posées à l'art. 90 al. 1 let. b OJ. La recourante se contente d'alléguer qu'elle est obligée de rembourser les prêts, que les amortissements de deux d'entre eux sont directement déduits de son salaire, qu'ils ont été contractés aux fins d'habitation, que le logement en cause aurait été acquis avant la séparation des époux et qu'elle y serait domiciliée avec leur fils. En revanche, elle ne prétend pas que ces emprunts auraient servi, contrairement aux faits retenus, aux besoins du couple ou au ménage commun. Elle ne soutient pas davantage que l'autorité cantonale aurait appliqué arbitrairement une disposition légale. Par ailleurs, son grief est en partie fondé sur des faits nouveaux, irrecevables dans le cadre d'un recours de droit public pour arbitraire (art. 86 OJ; ATF 118 Ia 20 consid. 5a; 118 III 37 consid. 2a; 107 Ia 265 consid. 2a). Lorsqu'elle se plaint d'appréciation arbitraire des preuves au sujet de son salaire arrêté à 7'100 fr., la recourante fait valoir en réalité le même grief que celui traité ci-dessus. 5.2 La recourante conteste le montant du loyer de l'intimé, de 1'402 fr. A son avis, la Cour de justice a déduit cette somme du seul récépissé du montant versé à la gérance, sans interpeller l'époux aux fins de déterminer si ce chiffre couvrait uniquement le loyer de l'appartement. Les juges cantonaux auraient ainsi procédé à une appréciation arbitraire de la pièce en question. Cependant, la recourante n'indique pas avoir remis en cause le montant de 1'402 fr. au cours de la procédure d'appel. Au contraire, ses conclusions motivées se réfèrent elles-mêmes à cette somme (p. 11). Le grief est ainsi irrecevable, faute d'épuisement des voies de recours cantonales (art. 86 al. 1 OJ; cf. ATF 119 Ia 88 consid. 1a; 117 Ia 491 consid. 2a, 522 consid. 3a). 5.3 La recourante soutient que la Cour de justice est tombée dans l'arbitraire en retenant que l'intimé avait vendu en 1996 l'immeuble acquis en Espagne en 1988 selon la pièce 25. Cette aliénation, attestée par la pièce 33, ne concernerait pas l'immeuble en cause, dit "L'I.________", mais un appartement, dit "La J.________", sis à Gandia, ainsi qu'un chalet et un terrain sis à Barig. Certes, la pièce 33 mentionne exclusivement la vente des immeubles de Gandia et Barig, de sorte que ce document s'avère effectivement inapte à démontrer, à lui seul, l'aliénation de "L'I.________", sise à Tabernes de Valldigna selon la pièce 25. Cependant, la recourante ne chiffre pas les revenus, bruts ou nets, que l'intimé tirerait, cas échéant, de ce bien. Ainsi, elle ne s'attache pas à démontrer que la prise en compte de cette propriété immobilière rendrait la décision attaquée arbitraire dans son résultat (cf. sur la notion d'arbitraire, ATF 127 I 54 consid. 2b; 125 I 166 consid. 2a; 125 II 129 consid. 5b). Le grief est dès lors irrecevable en vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 5.4 La recourante conteste le montant de 267 fr. retenu par la Cour de justice au titre d'"allocation pour conjoint", au motif qu'il s'élèverait en réalité à 500 fr., conformément aux constatations du jugement de première instance. Toutefois, la recourante ne se réfère à aucune pièce. Or, il n'appartient pas au Tribunal fédéral saisi d'un recours de droit public de rechercher lui-même dans le dossier quels sont les documents propres à étayer les arguments du recourant. Ce moyen est ainsi irrecevable sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 5.5 Pour le surplus, les griefs d'arbitraire de la recourante relatifs à son propre loyer, aux frais d'entretien de l'enfant D.________, ainsi qu'aux impôts et aux frais de transport de l'intimé, sont appellatoires, partant irrecevables au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il en va de même quant au grief d'erreur manifeste relatif à son domicile.