Citation: 5D_17/2015 E. 2

L'autorité cantonale a considéré que la lettre du 30 mars 2009 adressée par " C.________ Sàrl " à A.________ SA constituait une reconnaissance de dette. Les signataires de ce document - E.________ et F.________ - se sont engagés à payer 25'000 fr. à A.________ SA, par acomptes hebdomadaires de 500 fr., à savoir dans un délai de 50 semaines. Il s'agissait d'un engagement ferme, sans réserve ni condition. La Cour des poursuites et faillites a relevé que B.________ Sàrl s'était incontestablement engagée, puisque l'en-tête de la lettre mentionnait cette raison sociale et son adresse, que la raison sociale figurait aussi en bas du document, en dessus des signatures, et que la signature de F.________, associé gérant président de la société, qui dispose selon le registre du commerce de la signature individuelle, y était apposée. Elle a en outre considéré que E.________, par sa signature du document précité, s'était aussi engagé personnellement au côté de B.________ Sàrl. Il n'était pas un représentant de celle-ci et, si l'en-tête et le bas du document comportaient en outre la mention " D._______ ", ce libellé ne correspondait à aucune raison sociale inscrite au registre du commerce. Il a encore été relevé que par lettre du 2 avril 2009, A.________ SA a, pour l'essentiel, pris acte de la reconnaissance de dette. Si cette lettre n'a été signée, sous la rubrique " Bon pour accord ", que par E.________, qui n'est pas représentant de la poursuivie, cela ne remettait toutefois pas en question l'engagement clair pris par celle-ci, sous la signature de F.________, dans la lettre du 30 mars 2009. La cour cantonale a relevé que B.________ Sàrl et E.________ n'étaient pas débiteurs solidaires de l'intégralité des montants ressortant de la reconnaissance de dette. En effet, les documents produits ne contenaient aucune déclaration expresse permettant d'établir une solidarité conventionnelle; en outre, aucun élément du dossier n'était susceptible de fonder un engagement solidaire sur des actes concluants ou tacites. Il ne s'agissait pas non plus d'un cas de solidarité passive découlant de la loi. Il en résultait que la poursuivie ne pouvait être recherchée que pour la moitié de la somme reconnue. Dès lors que la poursuivante avait admis un remboursement partiel de 8'580 fr., le solde restant dû s'élevait à 16'420 fr., dont la moitié seulement (8'210 fr.) pouvait être réclamée à la poursuivie. La mainlevée provisoire de l'opposition a été prononcée à concurrence de ce montant, sans intérêt, vu l'absence de conclusion en ce sens.