Citation: 8C_50/2023 E. 7.2

7.2. En l'espèce, l'expert judiciaire et le médecin d'arrondissement partagent l'avis qu'on est en présence d'un état préexistant, qui n'était pas causé par l'accident, faute de traumatisme sévère, l'intimé ayant chuté de sa hauteur. En effet, le professeur E.________ a expliqué, que la survenue d'un spondylolisthésis ou d'une spondylolyse lombaire post traumatique était comprise comme étant une lésion rare qui ne survenait que lors d'un traumatisme majeur (chute d'une hauteur de plusieurs mètres, collision sévère, écrasement). Le docteur F.________ a retenu que la théorie traumatique ne pouvait prospérer que lorsque le traumatisme était très sévère, ce dernier entrainant une fracture aiguë de l'isthme lors du mécanisme très violent. Il a noté en outre que le spondylolisthésis était un glissement de la vertèbre L5 sur le sacrum. Sur le plan médico-assécurologique, il n'avait pas été créé par l'évènement, ni même aggravé de façon définitive, en vraisemblance prépondérante. La mobilité du segment vertébral L5-S1 n'avait pas pu être aggravée par l'évènement à faible cinétique, évènement qui n'avait pas créé d'atteinte de surcroît. En ce qui concerne l'état préexistant, ces deux praticiens sont rejoints par le docteur D.________, qui a relevé que le bilan radiologique effectué par le Service des urgences de l'hôpital C.________ le 8 mai 2018 n'avait pas mis en évidence de fracture, en particulier de fracture vertébrale dorso-lombaire, ou de lésion structurelle pouvant être mise en rapport avec le traumatisme. Au surplus, le docteur G.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie, qui avait examiné l'intimé le 24 mai 2019, a expliqué dans son rapport du même jour que le CT-Scanner thoraco-abdominal réalisé le 8 mai 2019 (recte: 2018) montrait l'absence de lésion fracturaire avec la présence d'un antélisthésis de L5-S1 et une lyse isthmique bilatérale de L5. Il précisait qu'il était très fréquent de découvrir fortuitement des lyses isthmiques, qui étaient des lésions fréquentes pouvant atteindre jusqu'à 15 % de la population et qui n'étaient que très rarement liées à des accidents. L'image de cette lyse isthmique ne faisait pas du tout penser à une lyse fracturaire; il s'agissait probablement d'une lésion présente depuis plusieurs années. Cette lésion n'expliquait pas à elle-même les problèmes du patient. Probablement, l'accident, avec le choc au niveau lombaire, pouvait provoquer des douleurs lombaires propres à aggraver une situation déjà précaire.