Citation: 4A_490/2021 E. 4.2.3

4.2.3. Elle tente surtout d'imposer la thèse d'un contrat de transport. Au niveau factuel, les juges cantonaux auraient indûment dissocié deux éléments qui relèveraient selon elle de la tautologie: l'obligation de remettre le courrier sortant à La Poste impliquerait nécessairement de transporter le courrier hors du site de C.________ SA jusqu'à l'office postal. En réalité, une telle conclusion ne s'impose pas de façon impérieuse. Il est concevable qu'une entreprise notoirement aussi importante que C.________ SA négocie un arrangement avec La Poste pour qu'elle vienne enlever le courrier sur son site. La recourante objecte encore que le courrier devait bel et bien être transporté d'un lieu à un autre à l'intérieur de l'entreprise C.________ SA; or, on ne saurait conditionner la qualification de "contrat de transport" à une distance minimale entre deux points. En réalité, elle ne fait que jouer sur les mots au mépris de la typicité des contrats. Car on ne saurait sérieusement voir dans les prestations dues une obligation de transport au sens où l'entendent les art. 440 ss CO. Et ce, quand bien même Z.________ SA aurait dû apporter le courrier sortant à l'office postal; l'obligation (hypothétique) d'acheminer jusqu'au bureau de poste le courrier d'une entreprise située au centre-ville ne constitue pas la prestation la plus importante, qui marquerait la relation au point d'en faire un contrat de transport. Qui plus est, l'accord prévu était un contrat de durée prévoyant une rémunération forfaitaire sans égard au volume du courrier à traiter. Il se distingue, de ce point de vue aussi, du contrat de transport nommé (consid. 4.1.2 supra). La recourante ne saurait contourner l'écueil du contrat sui generis en défendant l'existence d'une accumulation de "micro-contrats de voiturier".