Citation: 6B_1403/2020 E. B

Par jugement du 10 juillet 2020, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a très partiellement admis l'appel de A.________ contre le jugement du tribunal criminel et l'a modifié en ce sens qu'elle l'a libéré du chef de prévention d'accès indu à un système informatique. Elle a confirmé le jugement de première instance pour le surplus. En résumé, elle a retenu les faits suivants: B.a. A.________, né en 1993 à U.________ (BE), a été soumis à une expertise psychiatrique, laquelle a été confiée au Dr B.________. Celui-ci a déposé un rapport le 12 février 2019 avec la Dresse C.________ puis un rapport complémentaire le 14 juin 2019 et a été entendu à l'audience de jugement du 13 février 2020. Il en ressort notamment que A.________ souffre de schizophrénie hébéphrénique qualifiée de grave. Les experts ont conclu à une diminution moyenne de la responsabilité ainsi qu'à un risque de récidive s'agissant d'infractions contre la vie et l'intégrité physique. Ils ont préconisé la mise en oeuvre d'un traitement psychopharmacologique associé à un suivi psychiatrique ambulatoire. B.b. Au début du mois de novembre 2017, A.________ s'est lié d'amitié avec D.________, de 12 ans son aînée. Ils ont dormi l'un chez l'autre à plusieurs reprises, dans des chambres séparées, au terme de soirées passées ensemble. Le prénommé a manifesté le désir d'entretenir avec D.________ une relation sentimentale, voire d'emménager chez elle, mais celle-ci n'a pas donné suite à ces avances, lui signifiant clairement qu'elle souhaitait uniquement son amitié. A.________ n'a pas accepté d'être éconduit et, dès février 2018, a cherché par divers moyens à imposer sa présence quotidienne à D.________. Il a effectué de multiples réparations sur la voiture de D.________, pour une valeur qu'il a estimée à 4'000 francs. Entre le mois de février et le 7 mars 2018, il a immobilisé la voiture de D.________ en invoquant diverses réparations. Il lui a servi de chauffeur entre son domicile et son travail durant cette période, dormant alors chez elle. Dans ce contexte, il a notamment adopté les comportements suivants. B.c. Le 7 mars 2018 vers 3 heures du matin, A.________ a tenté d'obtenir que D.________ signe une reconnaissance de dette d'un montant de 4'000 fr. au titre de réparations effectuées sur sa voiture, menaçant à défaut de conserver le véhicule. Il a également tenté de la convaincre d'entretenir des relations sexuelles avec lui moyennant la réduction du montant réclamé, insistant lourdement. Inquiète en raison du montant réclamé qu'elle ne pouvait pas rembourser en une fois et ne souhaitant plus être confrontée directement à A.________, D.________ a partiellement cédé à ses pressions, lui remettant un acompte de 500 fr. afin de récupérer son véhicule. B.d. Le 7 mars 2018 également, A.________ a transmis à D.________, par la messagerie WhatsApp, deux photographies d'elle dénudée provenant de son cloud, l'une d'elle étant accompagnée de l'inscription "la belle salope qui peut combler vos soirées". Il a expliqué mensongèrement avoir vu ces photos sur un site Internet dont il a inventé l'existence. B.e. Se faisant passer pour l'administrateur de ce site Internet, A.________ a ensuite contraint D.________ à lui fournir de nouvelles photos la représentant en sous-vêtements, sous prétexte de l'identifier formellement avant d'effacer les images compromettantes du site Internet. B.f. Le 10 mars 2018 à V.________, A.________ a une nouvelle fois exigé que D.________ signe la reconnaissance de dette le soir même, respectivement qu'elle s'acquitte du solde réclamé avant la fin du mois. Il s'est ensuite rendu sur le lieu de travail de D.________ sans la prévenir et lui a soumis un document pour signature. Malgré ces tentatives d'intimidation, elle n'a pas obtempéré. B.g. Dans la nuit du 11 au 12 mars 2018 à W.________ (VD), A.________ a crevé deux pneus du véhicule de D.________, ainsi que deux pneus du véhicule de E.________ garé à proximité. B.h. Le 13 mars 2018, A.________ s'est adressé à D.________ au travers d'un groupe WhatsApp, exigeant qu'elle débloque son contact et précise comment régler sa dette, faute de quoi elle allait "beaucoup perdre dans (son) travail, (sa) voiture et (son) cheval"; il en irait en outre de même si elle en parlait à "F.________". D.________ a été effrayée par ces propos mais n'a pas cédé à ces exigences. B.i. Dans la nuit du 13 au 14 mars 2018 à X.________ (F), A.________ a sectionné le flexible de frein AVD de la voiture de D.________, créant un important risque d'accident en cas de conduite du véhicule. Le 14 mars 2018, alors qu'elle circulait à bord de son véhicule, D.________, constatant que les freins ne répondaient plus, a rapidement dû se diriger vers le garage le plus proche. B.j. Le 18 mars 2018, A.________ a porté plainte, accusant mensongèrement D.________ de s'être appropriée sans droit une paire de skis qu'il avait entreposée chez elle et de l'avoir accusé d'un comportement contraire à l'honneur en prétendant qu'il se serait emparé sans droit des clés de son domicile et qu'il aurait récupéré ses skis quelques jours plus tôt. L'instruction a permis d'établir que A.________ s'était bien approprié illégitimement les clés du domicile de D.________ dans le dessein de lui nuire et qu'il avait lui-même récupéré sa paire de skis. Dès lors, la plainte déposée a fait l'objet d'un classement en faveur de D.________. B.k. Le 31 mars 2018, A.________ a pris le volant en direction du domicile de D.________ à X.________ (F), armé d'un couteau appartenant à sa mère, dont la lame mesurait 11,4 cm, et équipé notamment d'une combinaison de peintre blanche avec une capuche et de surchaussures, de deux foulards achetés quelques heures auparavant et d'une boîte de gants en nitrile. Il a éteint son téléphone portable à 20h46 avant de franchir la frontière au poste de Y.________ (GE), situé à 12 km de sa destination. Il est arrivé à cet endroit peu avant 21 heures, qui était l'heure à laquelle D.________ arrivait habituellement chez elle. Après être entré dans l'immeuble au moyen d'une clé qu'il avait préalablement subtilisée, il a revêtu la combinaison intégrale et une paire de gants, s'est dissimulé le visage avec un foulard et a attendu D.________ dans le hall plongé dans l'obscurité. D.________ est entrée dans le hall vers 21 heures. A.________ l'a alors immédiatement poussée contre un mur et lui a asséné au moins 19 coups de couteau, frappant au visage et à la gorge, puis aux mains, à la tête et à la nuque alors qu'il plaquait sa main gauche sur la bouche pour l'empêcher de hurler et qu'elle tentait de se débattre et de se protéger, jusqu'à ce qu'elle s'écroule au sol. Il lui a alors encore administré des coups de pied au visage, à la tête et sur le haut du corps. Ayant remarqué la présence d'un voisin alerté par les cris de D.________, il a saisi celle-ci par les cheveux et l'a emmenée de force à l'extérieur de l'immeuble. Un tiers est intervenu et A.________ a abandonné D.________ ensanglantée sur place pour prendre la fuite. Hospitalisée en France du 31 mars au 11 avril 2018, D.________ a porté plainte le 1er avril 2018 auprès de la Gendarmerie nationale française.