Citation: 6S.201/2005 16.07.2005 E. 3

En l'espèce, la recourante admet, à la p. 3 al. 3 de son mémoire, qu'en principe l'abus d'autorité et la contrainte ne peuvent fonder la situation de victime LAVI, mais elle considère que son cas est exceptionnel. Cependant, elle ne parvient pas à rendre vraisemblable que l'atteinte psychique alléguée, résultant directement des actes des personnes mises en cause, serait objectivement d'une intensité lui conférant la qualité de victime. En effet, la recourante indique les conséquences pénibles et néfastes pour elle du comportement des confrères dénoncés. Elle ne produit cependant aucune preuve, tel qu'un certificat médical, d'une sérieuse atteinte à son intégrité psychique. Au demeurant, elle déplore le nombre d'heures consacrées à sa défense face aux bâtonniers successifs mais ne soutient pas que cela l'ait empêchée d'effectuer les activités habituelles de son Etude. Elle indique, au contraire, qu'elle a dû fournir ce travail en plus du traitement des affaires normales de l'Etude (mémoire p. 3 ch. 3). On en conclut que l'atteinte psychique alléguée n'a pas nécessité un arrêt de travail. L'argumentation présentée à l'appui de l'existence d'une grave atteinte à l'intégrité psychique relève donc d'une appréciation subjective de la plaignante, ce qui n'est pas déterminant. Sur le plan objectif, on ne saurait considérer que les sanctions infligées à la recourante ou dont elle a été menacée, telles que prévues par les règles de l'Ordre des avocats, soient de nature à causer une atteinte psychique de la gravité requise pour l'admission de la qualité de victime. D'une part, considéré objectivement, le but de ces mesures n'est pas de porter atteinte à l'équilibre psychique des avocats sanctionnés. D'autre part, elles frappent des membres d'une profession accoutumés à des situations litigieuses et conflictuelles, dont on peut attendre une certaine résistance psychique. Dès lors, faute d'avoir rendu vraisemblable l'existence d'une atteinte à son intégrité psychique, la recourante ne saurait se prévaloir de la qualité de victime au sens des art. 2 al. 1 LAVI et 270 let. e PPF. Il n'y a donc pas lieu d'examiner si une éventuelle atteinte de cette nature pourrait être qualifiée de directe au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI. Le pourvoi est en conséquence irrecevable car la plaignante n'a pas la qualité pour agir.