Citation: 1C_642/2022 E. 4.5.2

4.5.2. En l'espèce, les recourants font d'abord valoir que la zone de travail pour les pompiers ne serait pas dimensionnée correctement et empiéterait sur le début de la pente de la rampe d'accès au parking. La plate-forme pompiers est de 5 m sur 12 m, ce qui est conforme au point 7.5 let. b RPSSP. Sans se plaindre d'une violation du droit intercantonal, les recourants citent toutefois la Directive concernant les accès, surfaces de manoeuvre et d'appui pour les moyens d'intervention sapeurs-pompiers du 4 février 2015 (Directive CSSP), qui impose pour les bâtiments de moyenne hauteur (jusqu'à une hauteur de 30 m) une zone de travail de 6 m de large et de 11 m de long au minimum. A cet égard, la cour cantonale a pris en compte le fait que le projet avait été modifié pour tenir compte de l'avis de la police du feu du 12 mars 2019: le couvert à poubelles et la cave B3 avaient été supprimés; le projet avait aussi été modifié s'agissant des pentes pour les places de travail des SIS qui devaient être de 11 % (déclivité) et 5 % (dévers); la police du feu avait ensuite émis un préavis favorable, sous conditions, le 17 juin 2019, puis le 16 décembre 2020, sans observations; elle n'avait, à cette dernière occasion, élevé aucune remarque quant aux voies d'accès pour les engins du SIS. La Cour de justice a ajouté que le représentant de la police du feu avait confirmé en audience devant le TAPI que l'accès d'un camion du SIS à la plateforme pompiers ne serait pas problématique, même si celui-ci devait emprunter la rampe; ce représentant avait aussi attesté que les dimensions de cette plateforme étaient suffisantes pour le projet en cause, compte tenu de son gabarit, considéré par la police du feu comme un "bâtiment de faible hauteur", de sorte que l'utilisation d'un camion tonne-pompe, de dimension réduite, serait suffisante en cas de sinistre; le Département avait rappelé que selon les plans, le dernier étage de la construction sera occupé uniquement par des vérandas non chauffées et des salles-de-bains; le représentant de la police du feu avait quant à lui précisé que les pompiers pourraient intervenir dans les étages supérieurs avec des échelles portatives. En définitive, la Cour de justice a considéré que vu la teneur fouillée du premier préavis de la police du feu et les diverses exigences y requises, les modifications apportées au projet en conséquence, le préavis en définitive favorable de cette instance et sa confirmation en audience par son auteur, étant rappelé l'aspect technique des questions en cause, il convenait de s'en remettre à l'avis de l'instance spécialisée.