Citation: 6S.443/2001 10.05.2002 E. B

B.- Par arrêt du 23 septembre 1999, la Cour d'assi- ses genevoise a condamné X.________, pour lésions corpo- relles graves, à la peine de six ans de réclusion et à l'expulsion du territoire suisse pour une durée de dix ans. Elle a alloué à A.________, compagne de Y.________ et mère de ses deux enfants, une indemnité pour tort mo- ral de 30'000 francs, et à T.________, frère de la vic- time, une indemnité de 15'000 francs. A.________ et T.________ ont formé un pourvoi can- tonal en cassation contre cet arrêt. Ils ont principale- ment soutenu que la Cour d'assises avait violé le droit fédéral en ne retenant pas la qualification de meurtre. Le Procureur général s'est aussi pourvu en cassation et s'est plaint de ce que la Cour d'assises n'avait pas re- tenu l'homicide par négligence en concours idéal avec les lésions corporelles graves. Par arrêt du 19 mai 2000, la Cour de cassation ge- nevoise a admis le pourvoi du Procureur général. Elle a en revanche déclaré irrecevables les pourvois de A.________ et de T.________, pour le motif que ceux-ci n'avaient pas exposé en quoi l'arrêt entrepris les lésait dans leurs prétentions civiles. Par arrêt du 17 août 2000, le Tribunal fédéral a admis le pourvoi en nullité formé par A.________ et T.________ et a annulé l'arrêt du 19 mai 2000 dans la me- sure où il déclarait les pourvois cantonaux formés par ces derniers irrecevables. Le Tribunal fédéral a jugé qu'il apparaissait clairement que le sort des prétentions civiles des recourants pouvait être influencé négative- ment par le fait que l'arrêt de la Cour d'assises ne re- tenait que l'infraction de lésions corporelles graves; même en l'absence de motivation sur ce point, la Cour de cassation genevoise pouvait aisément constater que les conclusions en tort moral des victimes étaient suscepti- bles d'être modifiées si la qualification de meurtre était retenue; elle avait par conséquent violé l'art. 8 al. 1 let. c LAVI en déclarant irrecevables les pourvois cantonaux des victimes pour le seul motif qu'elles n'avaient pas exposé en quoi leurs prétentions civiles étaient touchées par la sentence de la Cour d'assises. Statuant à nouveau par arrêt du 19 janvier 2001, la Cour de cassation genevoise a annulé l'arrêt de la Cour d'assises du 23 septembre 1999 et a renvoyé la cause de- vant cette autorité pour nouvelle décision.