Citation: 5P.259/2002 16.10.2002 E. 2

La recourante reproche aux juges intimés "de ne pas avoir respecté des principes importants de procédure". 2.1 Elle se plaint d'abord d'une violation de la maxime des débats. Après en avoir posé la définition, elle affirme "ne pas partager la manière de voir du Tribunal cantonal", selon lequel la maxime des débats au sens où l'entend la poursuivante ne s'applique pas telle quelle en procédure de mainlevée. A son avis, "même si le juge jouit d'une certaine marche (sic) de manoeuvre, il est tenu d'oeuvrer dans les limites imposées par la loi et les règles de procédure. Il en [irait] de la sécurité du droit". Une telle critique appellatoire ne répond manifestement pas aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Selon cette disposition, l'acte de recours doit contenir - sous peine d'irrecevabilité - un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'a pas à rechercher si la décision attaquée est en tous points conforme aux droits constitutionnels des citoyens; il n'examine au contraire que les moyens invoqués et suffisamment motivés (ATF 118 Ia 64 consid. 1b p. 67 et 184 consid. 2 p. 188/189). Celui qui forme un recours pour arbitraire doit non seulement indiquer clairement les dispositions que l'autorité intimée aurait violées de la sorte, mais encore préciser en quoi la décision attaquée serait insoutenable. Le recourant ne peut se contenter d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale. Il doit démontrer, par une argumentation précise, que la décision repose sur une interprétation ou une application de la loi manifestement insoutenable (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76; 122 I 70 consid. 1c p. 73; 120 Ia 369 consid. 3a p. 373 et la jurisprudence citée). 2.2 La recourante passe ensuite en revue diverses normes de procédure cantonale dont elle revendique l'application dans la procédure de mainlevée. Elle cite en particulier les art. 164 al. 1 à 3 CPC vaud. (admission des faits sur lesquels les parties sont d'accord) et 165 al. 3 CPC vaud. (admission des faits sur lesquels la partie interpellée ne s'est pas déterminée), qui seraient applicables en vertu du renvoi de l'art. 347 CPC vaud. Elle se prévaut aussi, par analogie, de l'art. 308 CPC vaud., qui règle les conséquences du défaut sur les faits allégués par la partie non défaillante, parce que cette disposition "démontre[rait] que, selon l'esprit du CPC vaudois, la partie qui garde le silence ne devrait en tout cas pas pouvoir en tirer un avantage comme cela a été le cas en l'espèce". De cet exposé, elle conclut que les faits qu'elle a allégués et qui n'ont pas été contestés par l'intimée, défaillante à l'audience du 19 février 2002, auraient dû être admis. Ce faisant, la recourante échoue derechef à établir une argumentation motivée conformément à l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Elle ne démontre en effet pas en quoi les considérations de l'autorité cantonale sur la procédure applicable en mainlevée seraient arbitraires, mais se contente d'opposer sa propre thèse à celle de la cour intimée (cf. supra, consid. 2.1).