Citation: U 183/05 16.12.2005 E. 4.1

4.1.1 Des séances de physiothérapie sont rapidement venues à bout des douleurs à l'épaule (rapport d'entretien du 7 janvier 1998), dont le docteur M.________ a pu constater la complète guérison lors de son premier examen déjà. S.________ ne s'en est d'ailleurs jamais plaint. La guérison a été confirmée par les docteurs B.________ et T.________ quelques mois plus tard. La déchirure du ménisque interne a été traitée par arthroscopie. Les médecins de la Clinique Y.________ ont constaté une bonne fonctionnalité, ainsi qu'un rétablissement complet de cette articulation dès l'été 1998. Cela a été corroboré par le médecin d'arrondissement lors de son deuxième examen. Concernant les douleurs alléguées au pied, le docteur E.________ avait diagnostiqué, sept mois après l'accident, un status après choc direct sur la partie médio-tarsienne du pied ayant probablement provoqué une fracture par compression de la région scapho-cunéenne. Cependant, les divers examens pratiqués n'ont jamais révélé d'atteintes organiques. Ainsi, la doctoresse R.________ estimait qu'il n'y avait aucune lésion visible compatible avec la douleur. Les docteurs B.________ et T.________ n'avaient décelé aucun trouble suffisant à expliquer cette dernière, malgré une scintigraphie osseuse et des radiographies conventionnelles. Enfin, le médecin d'arrondissement admettait la guérison de cette fracture, étant donné l'absence de substrat objectivable. En dépit de ces éléments, le recourant a continué de se plaindre de douleurs, notamment de «lâchage» de la cheville et de l'avant pied. Les experts mandatés par l'AI sont arrivés à la conclusion que la conjonction des troubles constatés au plan physique en juin 2002, majorés d'un trouble somatoforme douloureux, induisait une incapacité de travail de 50 % au plus; le patient ne pouvait plus travailler dans une occupation lourde, mais pouvait effectuer des travaux légers et adaptés (surveillance de chantier, travail de bureau). Seul le docteur G.________, directeur médical de la Clinique Z.________, mentionnait une incapacité de travail de 20 % au moins dès le 19 août 1997. On précisera que pour aboutir à cette conclusion, les praticiens mentionnés se sont référés aux rapports médicaux, diagnostics et pièces des quatre accidents déclarés par le recourant, ce qui dépasse l'objet du litige. La doctoresse U.________, du Service médical de l'AI pour la région lémanique, a par ailleurs précisé que les avis, concernant la période du 7 novembre 1998 au deuxième accident de janvier 2001, étaient concordants et que les séquelles du traumatisme du pied gauche, à elles seules, ne justifiaient pas d'incapacité de travail. 4.1.2 Il apparaît ainsi que les éléments médicaux figurant au dossier sont concordants et conduisent à admettre la complète guérison de l'épaule et du genou, ce qui n'est pas contesté, ainsi que du pied. Aucun motif ne permet de s'écarter de cette conclusion. Le recourant, lui-même, n'apporte aucun élément allant dans ce sens et ne remet pas en question la valeur probante des rapports mentionnés. On constate par ailleurs que l'expertise AI ne contredit pas les avis exprimés antérieurement. Au contraire, elle se réfère aux diagnostics posés à l'époque et repose sur les mêmes éléments médicaux. Le fait que le docteur G.________ ait mentionné une incapacité de travail de 20 % dès le 19 août 1997 ne justifie pas de s'écarter des autres avis concordants au dossier. Il ne s'agit en effet que d'une évaluation différente du cas. De surcroît, cette évaluation, faite a posteriori, n'apparaît dans le rapport de ce praticien que sous la forme d'une brève réponse, non motivée. L'argumentation du recourant sur ce point ne lui est donc d'aucune utilité. 4.2 Les médecins consultés étaient en outre unanimes à constater une amplification des plaintes par le patient. Ainsi, la doctoresse R.________ estimait que le recourant abusait de la situation, vu l'absence de troubles justifiant une incapacité de travail de si longue durée (notice téléphonique du 30 avril 1998). Les docteur B.________ et T.________ mentionnaient que le recourant réagissait à l'examen fonctionnel du pied par un comportement douloureux nettement ostentatoire, mais inconstant, et par des tressaillements, même si les diverses investigations n'avaient révélé aucun trouble. Le docteur M.________ a également constaté des phénomènes de retrait accompagnés de plaintes lors de la palpation du pied. Enfin, la doctoresse L.________, dans un rapport adressé directement à l'avocat du recourant, a noté une nette exagération de la symptomatologie et surtout des plaintes, compte tenu du peu de découverte sur le plan clinique. 4.3 Au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que les premiers juges ont conclu à l'absence de séquelles après le 6 novembre 1998. De plus, la guérison complète des lésions observées à l'époque ayant été établies de manière probante et avec un degré de vraisemblance prépondérante (cf. ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références), les douleurs alléguées ne pouvaient pas découler de l'accident. Le rapport de causalité, naturelle déjà, ne pouvait ainsi qu'être nié.