Citation: 6B_1166/2022 E. 9.3

9.3. Le recourant soutient que la cour cantonale ne pouvait justifier le prononcé d'une peine privative de liberté ferme par un motif de prévention spéciale. Il expose que l'exécution des précédentes peines pécuniaires auxquelles il a été condamné au titre de l'art. 97 al. 1 let. b LCR avait été suspendue au profit du sursis, du moins jusqu'à leur révocation le 13 octobre 2017. Selon lui, la question de l'effet dissuasif ne peut pas s'examiner avant que le sursis ne soit révoqué. En d'autres termes, le recourant semble soutenir que la prise en compte des antécédents judiciaires, au moment de décider si une peine privative de liberté est justifiée par un motif de prévention spéciale, n'est possible que si les sanctions découlant de ces précédentes condamnations ont été exécutées. Ce faisant, il s'écarte sans aucune explication circonstanciée de la jurisprudence fédérale bien établie selon laquelle les " antécédents " dont il est question à l'art. 47 al. 1 CP (inchangé lors de la modification du droit des sanctions au 1er janvier 2018) comprennent notamment les précédentes condamnations judiciaires inscrites au casier judiciaire, indépendamment de l'octroi du sursis (v. notamment arrêts 6B_1345/2021 du 5 octobre 2022 consid. 1.6.1 cum consid. B.f; 6B_568/2021 du 11 mars 2022 consid. 5.3 cum consid. B.c in fine). Il découle de ce qui précède que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en tenant compte des sept précédentes condamnations du recourant, dont on rappelle que l'exécution de quatre d'entre elles n'a pas été assortie du sursis, pour juger qu'une peine privative de liberté s'imposait pour un motif de prévention spéciale.