Citation: 6P.50/2007 18.06.2007 E. A

Par jugement du 2 février 2006, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne a notamment condamné A.________, pour escroquerie et abus de confiance, à trois ans de réclusion, sous déduction de la détention préventive, peine partiellement complémentaire à celle infligée le 15 août 2001 par le Tribunal correctionnel de Lausanne. Il a également révoqué le sursis accordé par cette autorité et ordonné l'exécution de douze mois d'emprisonnement. Cette condamnation repose, en bref, sur les éléments suivants. A.a A.________, indépendant en informatique depuis 1986, a mis au point le système "Scubiac", programme de spéculations sur des courses hippiques françaises. Au début 2000, il a créé une société d'affichage électronique Z.________ SA, qui était, en réalité, une coquille vide destinée à donner une impression de crédibilité et qui est tombée en faillite deux ans plus tard. A.________ a travaillé avec X.________, qui était également un des directeurs de Z.________ SA. Le second amenait des fonds que le premier pariait dans des courses de chevaux. En règle générale, X.________ allait démarcher des compatriotes pour obtenir des fonds à placer, sans toutefois leur indiquer en quoi consistaient les placements en question. Il leur expliquait que cela rapportait beaucoup plus que de garder cet argent sur des comptes bancaires. Il ne leur a jamais parlé de paris sur des courses de chevaux, quand bien même il a pu citer le mot "Scubiac". Dans la mesure où les investisseurs avaient en lui une confiance absolue, X.________, qui passait pour un grand financier, ne donnait pas forcément beaucoup d'explications, ce d'autant plus que la majorité de ses clients étaient totalement ignares en matière de finances. Les deux compères n'ont pu que se rendre compte rapidement que les investissements "Scubiac" ne rapportaient pas autant que ce qu'ils espéraient. En effet, à de rares exceptions près, ils n'ont jamais payé d'intérêts, ni remboursé les montants en capitaux. Ils ont perdu la majorité de leurs paris. A.b Entre le 27 juin 1997 et le 24 septembre 2001, X.________ a obtenu, en plusieurs versements, un montant total de 993'000 fr. de E.________. Ce dernier lui a confié toutes ses économies parce qu'ils se connaissaient depuis de très nombreuses années, qu'ils étaient amis et qu'il lui faisait entièrement confiance. E.________, qui désirait un bon placement, était appâté par des intérêts pouvant s'élever jusqu'à 20 % du capital selon ce qui lui avait été promis. A.________ et X.________ ont perdu l'entier des fonds confiés, dans des courses de chevaux, puis dans leur société Z.________. A.c Le 13 mai 1998, X.________ a obtenu 50'000 fr. de A.F.________. Selon le mandat de gestion signé à cette occasion, cette somme devait être placée avec un rendement prévisible de 10 %. Le 16 novembre 1999, les époux F.________ ont encore investi 50'000 fr. aux mêmes conditions. Il n'a jamais été question, dans les contrats, de courses hippiques, mais d'opérations relatives au marché. Contrairement à ce qui a été convenu, il semble que ces fonds ont servi à financer des paris sur des courses de chevaux selon le système "Scubiac". Ils ont été perdus, hormis un montant de 10'000 fr. que les époux F.________ ont pu obtenir pour des vacances. A.d Le 25 mars 1999, X.________ a obtenu 30'000 fr. de G.________. Selon le contrat de mandat de gestion spécifique, cette somme devait faire l'objet de placements avec rendement prévisible de 9 %. Il n'était pas précisé dans le contrat qu'il s'agissait de placements "Scubiac", mais d'opérations relatives au marché. Or, ces fonds ont vraisemblablement servi à financer des paris sur des courses de chevaux. Ils ont été entièrement perdus, à l'exception de 6'750 fr. que la lésée a obtenus en plusieurs versements à titre d'intérêts. A.e Entre le 24 février 2000 et le 12 octobre 2001, X.________ a obtenu de H.________ plusieurs montants représentant un total de 68'000 fr. contre la promesse d'un rendement d'environ 10 %, celui-ci n'étant pas absolument garanti, mais le capital étant en revanche assuré. Les sommes versées n'ont pas été placées tel que convenu. Le 27 février 2001, 38'000 fr. ont été déposés sur le compte bancaire de la Z.________, dont 20'000 fr. ont été retirés le même jour par l'un ou l'autre des directeurs. H.________ a pu récupérer 10'000 fr., alors qu'il avait besoin d'argent. En octobre 2001, comme il voulait s'acheter une voiture, H.________ s'est vu refuser un remboursement anticipé de son capital. A.________ et X.________ lui ont fait part, à cette occasion, des difficultés financières de la société Z.________, invoquant notamment que leur compte était bloqué. Ils ont convaincu H.________ de contracter un crédit de 35'000 fr., dont 16'000 fr. étaient destinés à l'achat de sa voiture et dont le solde devait être versé à la société. Ils lui ont faussement fait croire que celle-ci prendrait en charge les mensualités de remboursement envers la banque. A.f Le 22 juin 2000, I.________ a obtenu de J.________ 50'000 fr. destinés à être investis dans un programme financier sans risque avec un intérêt annuel de 9 à 10 %. Le 26 juin 2000, I.________ a remis cette somme à X.________, après avoir prélevé une commission de 1'000 fr. Selon le contrat signé entre ces deux hommes, les 49'000 fr. devaient être placés dans des opérations relatives au marché, mais "à caractère spéculatif pour son compte et à risques exclusifs". Le rendement prévisible était de 8 %. Cet argent n'a jamais pu être remboursé à la victime, à l'exception de 4'000 fr. A.g Le 28 juin 2000, X.________ a obtenu de A.K.________ 20'000 fr. en vue d'un placement avec un taux d'intérêt annuel de 9 %. Ce contrat a été passé sur du papier à en-tête Z.________ SA, qui spécifie que cette société est chargée d'exécuter des opérations relatives au marché. Cet argent a été injecté dans la société Z.________ SA, avec l'accord de A.________, qui connaissait la provenance de ces fonds. La victime n'a rien pu récupérer. Les 8 février et 26 avril 2001, X.________ a obtenu de A.L.________ un montant total de 20'000 fr. en vue d'opérations relatives au marché, le rendement prévu étant de 7,5 %. Cette somme a été injectée dans la société déficitaire Z.________ SA, avec l'accord de A.________, qui connaissait la provenance de ces fonds. La victime n'a perçu aucun intérêt et a perdu sa mise de fonds. Le 29 juin 2001, X.________ a obtenu de B.K.________, fils de A.K.________, 13'000 fr. qui devaient être placés au taux d'intérêt annuel de 9 %. Il a investi cet argent dans la société déficitaire Z.________ SA, avec l'accord de A.________, qui connaissait le provenance de ces fonds.