Citation: 9C_460/2010 16.12.2010 E. 3

3.1 Selon le docteur W.________, les répercussions fonctionnelles de toutes les pathologies affectant la recourante entraînaient des limitations en mobilité active, force et endurance au niveau des membres supérieurs, de manière prédominante à droite, particulièrement lors des mouvements au-dessus de l'horizontale, des mouvements répétitifs ou exigeant une certaine force d'appui et les ports de charges. De plus, dans ce contexte algo-fonctionnel, un fond dysthymique avec état dépressif réduisait les capacités compensatoires de l'assurée, soit le « coping » et la gestion de la douleur. Ainsi, même dans une activité manuelle légère ou toute activité adaptée raisonnablement exigible, il existait un degré d'invalidité correspondant à la sommation des différentes pathologies (20 % pour l'épaule droite; 10 % pour l'épaule gauche; 10 à 20 % pour les troubles psychiques), soit au total une invalidité de 40 à 50 %. 3.2 En soi, la démarche adoptée par l'expert ne suffit pas à considérer qu'il se serait écarté du mandat qui lui a été confié et nier d'emblée la valeur probante de ses constatations relatives à la capacité de travail résiduelle de la recourante (arrêt I 249/05 du 11 juillet 2006 consid. 3.1). Cela étant, lesdites constatations ne peuvent être tenues pour probantes que si l'expert explique son point de vue de manière cohérente et si les autres exigences posées par la jurisprudence en la matière sont remplies. 3.3 En l'occurrence, les conclusions du docteur W.________ ne sont pas étayées par des explications claires quant aux motifs pour lesquels les atteintes à la santé psychique de la recourante nécessiteraient un allégement supplémentaire du rythme ou du temps de travail, par rapport à l'incapacité de travail de 30 % déjà admise en raison des atteintes à la santé physique. Certes, ce médecin a indiqué que l'existence d'un fond dysthymique avec état dépressif dans un contexte algo-fonctionnel réduisait les capacités compensatoires de l'assurée, soit le « coping » et la gestion de la douleur. Cette affirmation n'est toutefois pas fondée sur une analyse concrète et approfondie de la situation de l'assurée, mais relève bien plutôt d'une appréciation de nature générale et subjective. En vérité, le docteur W.________ s'est limité à reprendre abstraitement les conclusions de l'expertise psychiatrique réalisée par le docteur E.________, sans en discuter la portée ni le contenu. Or, le docteur E.________ a indiqué que l'assurée présentait une symptomatologie dépressive et anxieuse qui devait tout au plus être qualifiée de légère, susceptible par ailleurs de s'amender si elle observait mieux le traitement antidépresseur qui lui avait été prescrit. Compte tenu du tableau extrêmement peu symptomatique décrit par le docteur E.________, on ne saurait considérer que les premiers juges ont abusé de leur pouvoir d'appréciation en considérant en l'espèce que le taux d'incapacité somatique englobait le taux d'incapacité psychique. Les explications du docteur W.________, dont la spécialité n'est au demeurant pas la psychiatrie, ne sont pas suffisantes, au regard du tableau clinique présenté par l'assurée, pour que l'on puisse se convaincre, au degré de vraisemblance requis, que les troubles psychiques l'empêcheraient de mettre en valeur ses capacités physiques dans une activité exercée à plus de 50 %.