Citation: 6P.7/2006 13.03.2006 E. 3

Le recourant se plaint d'arbitraire. Cette dernière notion a été rappelée dans divers arrêts récents, auxquels on peut donc se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182). 3.1 Le recourant soutient tout d'abord que les deux expertises sont contradictoires, celles-ci faisant état de troubles différents. Dans l'expertise du 29 janvier 2002, le Dr C.________ a diagnostiqué un épisode dépressif léger sans syndrome somatique, mais sous traitement antidépresseur, des séquelles de psychose infantile sous la forme d'un trouble mixte de la personnalité à traits borderlines et schizotypiques, une évolution schizophrénique n'étant pas exclue, et une dépendance à l'alcool et au cannabis, avec abstinence en détention (cf. rapport d'expertise, p. 8 et 10). Dans l'expertise complémentaire du 8 mars 2005, les Dr A.________ et B.________ ont confirmé le diagnostic posé antérieurement, à savoir celui d'un trouble mixte de la personnalité. Ils n'ont relevé aucun élément pouvant faire évoquer une évolution vers une schizophrénie et constaté que l'épisode dépressif décrit au début de l'incarcération était actuellement totalement résorbé. Ils ont mentionné que cet état pouvait être au moins partiellement dû au sevrage des substances psycho-actives (alcool et cannabis) que l'expertisé prenait en grande quantité avant son incarcération. Sur le plan de l'utilisation de ces substances, ils ont constaté que ce dernier ne répondait actuellement plus aux critères d'un syndrome de dépendance, compte tenu de l'environnement protégé dans lequel il se trouvait, relevant toutefois la possibilité d'une poursuite au moins occasionnelle de consommation. Les psychiatres ont conclu que l'état psychique de l'expertisé paraissait actuellement stabilisé, en raison principalement de la dimension structurante de l'organisation de vie en milieu carcéral (cf. rapport d'expertise, p. 6). Au regard de ces éléments et explications, on ne discerne aucune contradiction entre les deux expertises, les seconds médecins ayant pour l'essentiel confirmé le diagnostic précédent, à savoir celui de trouble mixte de la personnalité. Ils ont clairement expliqué l'évolution du recourant quant aux aspects schizophrénique et dépressif et exposé les motifs de cette stabilisation. Le grief invoqué doit dès lors être rejeté. 3.2 Le recourant explique ensuite que le complément d'expertise est insuffisant, les experts n'étant pas certains de leur résultat. Cette critique est vaine. Dans leur rapport, les psychiatres ont relevé que l'expertisé s'était montré méfiant et extrêmement prudent, chacune de ses réponses visant à les convaincre des progrès accomplis et de l'inutilité d'une mesure d'internement. Ils ont mentionné que cette dynamique d'entretien rendait l'évaluation psychopathologique délicate, le recourant niant toute difficulté psychique actuelle. Contrairement aux allégations du recourant, on ne saurait déduire de ces deux phrases que les experts auraient admis ne pas être certains de leur résultat. Au contraire, leur rapport est dûment motivé, clair et exhaustif sur les questions posées. Il ne contient aucune contradiction, ni aucun doute quant à l'évaluation effectuée. Le grief d'arbitraire doit donc être rejeté.