Citation: 8C_93/2024 E. 4.1

4.1. À ce propos, les juges cantonaux ont relevé que l'office AI avait, dans sa décision du 20 juillet 2021, reconnu une invalidité de 90 % uniquement pour des troubles psychiques. Le docteur B.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie et médecin d'arrondissement de l'intimée, avait expliqué de manière cohérente les raisons pour lesquelles la causalité naturelle entre l'accident de 2006 et ces atteintes psychiques devait être niée. Ce médecin avait exposé que le trouble mixte de la personnalité dont souffrait le recourant l'affectait déjà avant cet accident et que son trouble dépressif n'était apparu que sept ans plus tard, en 2013; entre-temps, l'intéressé avait accompli un stage et repris une activité à la voirie sans qu'aucune symptomatologie dépressive ou autre perturbation psychique n'ait été observée. Au terme d'un consilium psychiatrique effectué à la Clinique C.________ en juin 2007, les médecins n'avaient pas mentionné d'argument en faveur d'une prise en charge psychiatrique. Le second séjour dans cette clinique en 2012 n'avait pas non plus mis en évidence de psychopathologie décompensée ni trouble phobique. La cour cantonale a ajouté que le docteur D.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, désigné comme expert psychiatre par l'office AI, avait évoqué un patient symptomatique depuis l'enfance, gravement traumatisé par la mort accidentelle de son père, et dont le parcours de vie était d'une grande instabilité. Cet expert avait en outre fait état de fortes tensions conjugales, en précisant que le trouble de la personnalité, présent depuis l'enfance, s'était aggravé en 2013 dans un contexte de difficultés existentielles, sans laisser entendre que l'accident du 11 octobre 2006 avait influencé cette péjoration. Il avait précisé que le trouble de la personnalité avait largement contribué au développement des limitations psychiatriques. Les premiers juges ont encore indiqué que le docteur E.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie à la Clinique C.________, avait décrit une situation sociale, familiale et professionnelle compliquée, à l'origine de l'épisode dépressif, sans relier les troubles psychiatriques à l'accident de 2006. La doctoresse F.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, avait observé que le trouble dépressif récurrent évoluait depuis 2018. De l'avis des juges cantonaux, il était donc difficile de le mettre en relation avec l'accident survenu douze ans auparavant. Toujours selon ceux-ci, bien que cette psychiatre traitante ait relevé que ce trouble était lié à l'état physique du recourant, son avis ne permettait pas de remettre en cause l'appréciation des autres médecins. L'instance précédente en a conclu qu'au degré de la vraisemblance prépondérante, il n'était pas possible de relier les affections psychiques du recourant à l'accident du 11 octobre 2006.