Citation: 5A_113/2024 E. 3.3

3.3. La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir retenu arbitrairement, soit " contre [d]es évidences documentées ", qu'elle n'avait pas apporté la preuve de l'exécution des travaux. Elle estime que les acomptes versés, les " arrêtés de comptes ", les factures déposées, ainsi que les déclarations des témoins " confortant cette documentation " étaient à cet égard suffisants " au niveau de la vraisemblance (...) dans ce genre de procédure ". Elle rappelle que les sous-traitants entendus en qualité de témoins avaient déposé " sous les sanctions proscrivant le faux témoignage ". Il était ainsi inimaginable qu'ils se soient concertés pour faire état de travaux qui n'auraient jamais été exécutés. Le procès-verbal du 9 septembre 2021 relatif notamment aux auditions des sous-traitants confirmait l'exécution des travaux, les accords conclus avec les intimés portant notamment sur la reprise du chantier, la véracité des montants facturés, etc. L'exécution des travaux était en outre corroborée par les onze déclarations (écrites) des sous-traitants, qui la mentionnaient toutes. Si elles étaient mensongères, de telles déclarations seraient constitutives de faux dans les titres. Par ailleurs, le " récapitulatif des factures ouvertes ", " qui constituerait [également] un faux dans les titres s'il était faux ", incluait dix " arrêtés de comptes " admis par la direction des travaux, lesquels correspondaient, de par leur nature, à des travaux exécutés et réalisés, " dont le rapport d'expertise a[vait] établi la bonne facture, la qualité et l'absence de défauts ", et cinq factures également admises telles quelles par la direction des travaux. Ces pièces attestaient clairement de l'exécution des travaux et du montant de ceux-ci, qui devait d'ailleurs être mis en relation avec celui du contrat d'entreprise totale (3'300'000 fr.). Les intimés n'avaient du reste jamais allégué, notamment en procédure d'appel, que les travaux des sous-traitants n'avaient pas été réalisés. Ils s'étaient contenté de contester " en bloc " sans fournir le moindre détail sur les travaux qui n'auraient prétendument pas été effectués, contrairement aux constatations et aux attestations émanant de la direction des travaux. La cour cantonale ne pouvait donc pas sans arbitraire s'écarter de la position exprimée par le tribunal de district puisque cette autorité avait entendu tous les témoins et avait très clairement indiqué, conformément à la jurisprudence, que les contestations non explicitées par les intimés n'étaient absolument pas suffisantes. La recourante se réfère encore à la détermination (sur appel) de son ancien conseil du 4 juillet 2022, dont elle reproduit en partie le contenu. Elle souligne en outre que les intimés n'avaient pas exigé la production du rapport d'expertise rendu " dans le cadre de la procédure de preuves à futur ", puisque celui-ci ne leur permettait pas de démontrer leurs allégations et attestait au contraire de l'exécution parfaite et sans défauts des travaux réalisés.