Citation: 4A_75/2007 05.06.2007 E. A

E.________ est architecte à ..., dans le canton du Valais. En 1996, il a élaboré un projet immobilier dénommé « W.________ ». Ce projet consistait en la construction d'une résidence pour personnes âgées, complétée par un hôtel et un centre de bien-être et de congrès. A.a Dans le cadre de ses recherches en vue de trouver un financement, E.________ a été mis en contact avec F.________. Celui-ci, ne trouvant aucun investisseur intéressé en Suisse, a orienté ses recherches vers l'Italie et a notamment parlé du projet « W.________ » avec G.________. F.________ a été mis en contact avec H.________, représentant la société italienne K.________. Après une première rencontre à Milan, H.________ a accueilli à Rome, le 10 octobre 2000, E.________ et F.________; une autre personne, présentée comme le « s. » et dénommée, semble-t-il, I.________, était présente. A.b H.________ s'est engagé, au nom de K.________, à financer le projet « W.________ » à hauteur de 25'000'000 fr., à condition qu'une commission de 2'000'000 fr. lui soit versée. Il a exigé que cette commission soit présentée en espèces, arguant qu'il avait eu de mauvaises expériences dans des affaires similaires. Il a été convenu que la somme de 25'000'000 fr. serait mise à disposition après que le « s. » se serait vu présenter, dans une grande ville de Suisse, la commission de 2'000'000 fr. et aurait pu confirmer à H.________ l'existence de celle-ci. Cette confirmation obtenue, les contrats seraient signés, les fonds virés en faveur de la banque C.________ et la commission remise au « s. ». A.c Après l'échec de l'opération de visualisation susmentionnée, qui n'a pas pu être exécutée conformément à ce qui avait été prévu, F.________ a repris contact avec E.________ et H.________. E.________, qui voulait absolument que le projet « W.________ » se réalise, a contacté X.________, avocat à Genève. Il lui a demandé, d'une part, de trouver des personnes prêtes à fournir la commission en cash et, d'autre part, de prêter son concours à une nouvelle opération de visualisation de la commission de 2'000'000 francs. Une commission de 50'000 fr. devait être versée à X.________ pour son intervention et une autre de 200'000 fr. au(x) bailleur(s) de fonds. A.d En mars 2001, E.________ s'est rendu, en compagnie de son ancien avocat J.________, à l'étude de X.________, pour lui présenter l'opération à conclure, en particulier son contexte juridique et les projets de contrats. A cette occasion, J.________ a informé X.________ de l'échec de la première opération de visualisation. Par la suite, X.________ a contacté Z.________ dans l'idée qu'il l'aiderait à trouver des bailleurs de fonds. Z.________ a expliqué qu'il fournirait lui-même l'intégralité de la somme, qui provenait de la vente d'une maison. Z.________ s'est adressé à la banque D.________ pour obtenir une garantie bancaire. Cette garantie était exigée par la banque C.________ pour le transport de la somme de 2'000'000 fr. vers Genève, afin que E.________ puisse prouver qu'il dispose de ce montant et qu'il puisse ainsi obtenir un crédit de 25'000'000 francs. Il était prévu qu'après présentation des 2'000'000 fr. au représentant des financiers italiens à l'étude de X.________, le « s. » téléphonerait à Rome pour confirmer l'existence de ce montant. La signature des contrats par E.________ et H.________ devait suivre, de même que le transfert de la somme de 25'000'000 fr. sur le compte ouvert auprès de la banque C.________. Cette manière de procéder a été discutée lors d'une réunion tenue à la banque C.________ le 30 mai 2001 entre E.________ et X.________. Z.________ n'a pas participé à cette réunion, mais il a été informé de la manière dont l'opération de visualisation devait se dérouler. E.________ a informé X.________ du fait que le « s. » ne s'identifierait pas, mais qu'il signerait une quittance si l'opération avait lieu. Il lui a également dit que le « s. » voudrait relever les numéros des billets. La garantie bancaire a été émise le 1er juin 2001. Le 5 juin 2001, E.________ a donné l'ordre à la banque C.________ de transférer le montant de 2'000'000 fr. à l'étude de X.________. Les employés de la banque C.________ ont préparé les billets et les ont remis au convoyeur de L.________. A.e La seconde opération de visualisation a eu lieu, le 6 juin 2001 à l'étude de X.________, pendant que E.________ et F.________ devaient rencontrer H.________ à Rome pour signer les contrats. A la demande de X.________, Z.________ était également présent à l'étude, mais attendait dans une pièce voisine; il n'a pas participé à la réunion. G.________, présenté à X.________ comme personne de confiance de E.________, était également présent; il officiait en qualité d'interprète. Le convoyeur a remis à X.________ deux enveloppes plastifiées et scellées chimiquement. Après avoir comparé les numéros figurant sur les enveloppes et les ordres de transfert, X.________ a signé une quittance valant réception des fonds. X.________ a essayé, en vain, d'obtenir le passeport du « s. » pour le photocopier. Une fois les enveloppes ouvertes, le « s. », aidé par G.________, a déchiré les bandes de papier portant l'inscription « banque C.________ », qui entouraient les liasses, et les a remplacées par des élastiques. X.________ n'a rien fait pour les en empêcher, dès lors qu'il était prévenu que le « s. » voudrait relever les numéros de billets. X.________ s'est absenté quelques instants du bureau dans lequel se tenait la réunion, mais sa secrétaire est restée pendant ce temps sur le pas de la porte. Le « s. » a placé les liasses dans une boîte en plexiglas, qu'il a fermée avec du scotch; il a ensuite posé la boîte dans sa serviette et a téléphoné à Rome pour dire que tout était en ordre. La confirmation de Rome que les contrats avaient été signés n'est toutefois pas venue et X.________ a décidé de rendre les fonds au convoyeur. Celui-ci a refusé de reprendre les billets dans la boîte en plexiglas et a indiqué que ses instructions lui imposaient de ne transporter de l'argent que dans les enveloppes prévues à cet effet. Après avoir protesté, le « s. » a accepté d'ouvrir, avec l'aide du convoyeur, la boîte en plexiglas et a déposé l'argent dans les enveloppes spéciales. Le « s. » a montré au convoyeur le dessus des liasses avant de les placer dans les enveloppes et lui a demandé s'il voulait vérifier, ce que celui-ci a refusé car l'entreprise n'était pas responsable du contenu des enveloppes. X.________ n'est pas intervenu à ce moment pour dire qu'il vérifierait lui-même les liasses de billets. Le convoyeur a refermé les enveloppes, y a reporté les numéros des ordres de transfert et a signé quittance à X.________. Le « s. » est ensuite parti. A.f La rencontre prévue à Rome pour la signature des contrats n'a jamais eu lieu. E.________ et F.________ n'ont pas pu entrer en contact avec H.________ et sont rentrés en Suisse sans avoir pu finaliser l'accord convenu. Lorsque, le 7 juin 2001, les enveloppes ont été retournées à la banque C.________ et ouvertes, il s'est avéré que seuls les premier et dernier billets de banque étaient authentiques et que les autres n'étaient que du papier teinté. La banque C.________ a informé la banque D.________ de ce qu'elle appelait la garantie pour le montant de 2'000'000 francs. Z.________ a alors essayé, par voie de mesures provisionnelles, d'empêcher le paiement de ce montant à la banque C.________. Sa démarche est restée vaine. A la suite de l'arrêt rendu le 8 avril 2002 par le Tribunal fédéral (arrêt 4P.5/2002), qui confirmait le jugement de l'instance cantonale déboutant Z.________ de toutes ses conclusions, la banque D.________ a le 15 avril 2002 payé à la banque C.________ le montant de 2'057'499 fr.20, puis en août 2002 un autre - supplémentaire - de 27'777 fr.75, destiné à couvrir le solde des intérêts pour la période allant du 13 juin au 20 septembre 2001. Ces montants ont été débités des avoirs de Z.________. Les 30 avril, 1er mai et 23 mai 2002, Z.________ a fait notifier à E.________, à la banque D.________ et à la banque C.________ des commandements de payer la somme de 2'200'000 francs. Ces commandements de payer ont tous été frappés d'opposition. X.________ a renoncé à soulever l'exception de prescription.