Citation: 5P.63/2001 23.03.2001 E. 2

2.- a) Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement méconnu l'art. 457 al. 1 CPC/VD, qui - dans son ancienne teneur applicable en l'espèce - prévoit qu'"[e]n matière de recours en réforme contre les jugements rendus par un président de tribunal statuant comme juge unique ou par un juge de paix, le Tribunal cantonal doit admettre comme constants les faits tels qu'ils ont été constatés par le jugement, à moins que la constatation d'un fait soit en contradiction avec les pièces du dossier. Il peut compléter des faits sur la base du dossier. " En effet, même si le premier juge n'a pas été très clair dans son état de fait, il aurait incontestablement admis que la situation financière du recourant s'est péjorée, dans la mesure où il a considéré que le recourant commet un abus de droit en invoquant cette péjoration. Dès lors, les juges cantonaux, en rejetant le recours pour le motif que le recourant n'a pas établi une modification de sa situation financière, auraient violé l'art. 457 al. 1 CPC/VD pour n'avoir pas admis pour constants les faits retenus par le premier juge. b) Ce grief est dénué de fondement. Certes, le premier juge semble être parti du principe - sans toutefois le constater clairement - que la situation financière du recourant s'est détériorée depuis le divorce. Il a en effet considéré que le recourant "n'a certainement pas choisi de précariser sa situation financière", mais qu'il devait "en assumer les conséquences" au vu de la jurisprudence selon laquelle, lorsque le débirentier diminue volontairement son revenu, il doit se laisser opposer le revenu hypothétique plus élevé qu'il pourrait réaliser. Estimant que le demandeur "n'avait pas à obtenir l'accord de son ex-épouse pour modifier son style de vie, mais [qu']on peut exiger de lui qu'il en limite les effets et ne les reporte pas sur la défenderesse", le premier juge a considéré que "le demandeur n'est pas habilité à invoquer une baisse de son revenu, parce qu'il commet un abus de droit" (jugement de première instance, p. 12). Contrairement à ce qu'affirme le recourant, la cour cantonale n'a nullement fondé sa décision sur le fait que celui-ci n'aurait pas établi une modification de sa situation financière. Après avoir rappelé qu'une rente ou pension après divorce peut être réduite ou supprimée en cas de péjoration de la situation économique du débirentier pour autant que l'on soit en présence d'une modification importante, à vues humaines durable et non prévisible au moment du divorce (arrêt attaqué, consid. 5a p. 14/15), elle a considéré que les deux dernières conditions n'étaient pas remplies en l'es-pèce. Premièrement, en effet, tout donnait à penser qu'au moment du divorce, le demandeur - ce qui était son droit le plus strict - avait déjà l'intention d'aller vivre au Brésil à plus ou moins long terme avec sa nouvelle épouse, alors qu'il était prévisible, pour un banquier possédant son expérience dans le négoce international, qu'il serait difficile de retrouver au Brésil une situation qui lui permette de faire face à ses obligations; en choisissant de quitter son emploi avant même d'être assuré d'en retrouver un autre, il avait pris le risque d'une diminution prévisible de son revenu, qui devait lui être opposée (arrêt attaqué, consid. 5d p. 17/18). Deuxièmement, le demandeur n'avait rapporté aucune preuve quant au fait que la modification de sa situation financière - dont la cour cantonale, à l'instar du premier juge, semble admettre la réalité - était durable (arrêt attaqué, consid. 5d p. 17/18). Dans ces conditions, l'on ne saurait prétendre que les juges cantonaux n'auraient, en violation de l'art. 457 al. 1 CPC/VD, pas admis comme constants les faits tels qu'ils ont été constatés par le jugement de première instance. Au contraire, sur la base des faits retenus par le premier juge, ils ont considéré que la péjoration de la situation financière du recourant ne lui permettait pas de réclamer la suppression ou la réduction de la pension due à l'intimée pour le double motif que cette péjoration n'était pas imprévisible au moment du divorce et que son caractère durable n'était pas établi. Dès lors, le grief subsidiaire du recourant - par lequel celui-ci reproche à la Chambre des recours de n'avoir pas réellement examiné le reproche fait au jugement de première instance de ne pas avoir dit si les déclarations du recourant et de ses témoins sur la péjoration de sa situation financière était prouvées ou non - tombe également à faux. En effet, du moment que les juges cantonaux ont considéré, sans s'exposer au grief d'arbitraire, que la détérioration de sa situation financière invoquée par le recourant n'était ni imprévisible ni encore durable, il se révèle vain de discuter sur le point de savoir si la réalité de cette détérioration est établie ou non.