Citation: 6B_660/2019 E. 4.3

4.3. Le recourant soutient tout d'abord que la mesure thérapeutique institutionnelle dont il bénéficie serait vouée à l'échec. Il prétend, à cet égard, que le traitement suivi ne permettrait aucune amélioration de son état mental et que les médicaments qui lui sont injectés seraient la source d'effets secondaires indésirables. S'agissant de ce dernier aspect, on peut d'emblée relever que le recourant s'écarte de l'état de fait de la cour cantonale, par lequel le Tribunal fédéral est lié (cf. art. 105 al. 1 LTF) et dans lequel on cherche en vain une quelconque constatation relative aux effets prétendument néfastes de sa médication. Concernant les chances de succès de la mesure, le recourant livre une lecture partielle de l'expertise psychiatrique réalisée en 2017, la plus récente figurant au dossier. Dans leur rapport, les experts ont posé le diagnostic de trouble schizo-affectif mixte. Ils ont relevé que la mise en oeuvre de la mesure n'avait jusqu'alors pas permis d'enrayer les troubles du comportement du recourant, puisque celui-ci avait persisté à proférer des injures et des menaces, sans par ailleurs saisir les motifs de son traitement. Les experts ont cependant précisé que cet échec était essentiellement celui du placement en milieu ouvert, puisque l'intéressé ne s'apaisait pas au contact d'autrui (cf. pièce 240 du dossier cantonal, p. 21 s.; art. 105 al. 2 LTF). Ils ont ajouté que le seul cadre réaliste susceptible de contenir le recourant afin que celui-ci soit "dans la mesure du possible, stabilisé et apaisé et de ce fait moins à risque de passages à l'acte menaçants", était celui offert par un établissement fermé offrant un traitement médical idoine (cf. Idem, p. 24). Selon eux, si un traitement permettant de supprimer le trouble psychiatrique n'existait pas, le suivi offert au recourant pouvait ponctuellement diminuer le risque de récidive. Un traitement ordonné contre la volonté de l'intéressé avait ainsi des "chances d'être mis en oeuvre", l'état du recourant ayant déjà été stabilisé lors des hospitalisations qui avaient suivi ses décompensations. Les experts ont dès lors émis de grands doutes concernant les chances de succès d'une mesure thérapeutique institutionnelle telle qu'elle avait été exécutée jusqu'alors, mais ont indiqué qu'une telle mesure pouvait être tentée dans un établissement fermé (cf. Idem, p. 26 s.). Dans leur rapport complémentaire, ils ont en outre signalé que le recourant trouvait, dans le milieu carcéral, un apaisement - certes relatif - de son angoisse, et qu'il y éprouvait moins le besoin d'user de la menace pour tenir autrui à distance (cf. pièce 307 du dossier cantonal, p. 2; art. 105 al. 2 LTF). Cette appréciation a par la suite été corroborée par le rapport social et d'évaluation du 21 mars 2018, selon lequel le traitement suivi en milieu fermé avait permis une stabilisation et une atténuation des effets du trouble mental de l'intéressé. Au vu de ce qui précède, même si la mesure thérapeutique institutionnelle n'a pas, au cours des premières années, produit d'effets notables sur le trouble mental du recourant, il n'apparaît pas que celle-ci serait définitivement vouée à l'échec dans un milieu durablement plus contenant et moyennant l'emploi d'une médication adaptée. Le recourant soutient encore qu'une mesure moins incisive, en particulier un traitement ambulatoire, devrait désormais être préférée à une mesure thérapeutique institutionnelle. Outre que cette affirmation ne trouve aucun appui dans l'expertise psychiatrique réalisée - avec laquelle elle entre en contradiction puisque les experts ont au contraire insisté sur la nécessité d'imposer un cadre strict -, elle s'avère contradictoire, puisque le recourant prétend lui-même qu'il serait inaccessible à tout traitement.