Citation: 4A_524/2023 E. 5

Dans un troisième grief, qu'il convient de traiter en second lieu, les recourants invoquent la violation de l'art. 55 CPC et du fardeau de la preuve. En tant qu'ils soutiennent que le renversement des rôles des parties dans l'action en libération de dette n'a pas pour effet de renverser la répartition du fardeau de la preuve et du fardeau de l'allégation et qu'il incombe au créancier d'alléguer et d'établir les faits, les recourants méconnaissent que la créance de la banque en remboursement du prêt de 9'000'000 fr. avec intérêts n'est pas litigieuse, mais que c'est leur contre-créance en dommages-intérêts, qu'ils invoquent en compensation, concluant au rejet de la demande, qui l'est. En tant que prétendus créanciers de cette contre-créance, c'est bien à eux qu'incombent les fardeaux de la preuve et de l'allégation. Leur grief de violation du fardeau de la preuve (art. 8 CC) est donc infondé. Quant au grief de violation de l'art. 55 CPC, il est sans pertinence puisque les deux fardeaux en question relèvent du droit matériel.