Citation: U 432/00 17.08.2001 E. 2

2.- a) Le litige porte sur le point de savoir si les troubles dont est atteint le recourant ne sont plus en relation de causalité naturelle avec les événements des 23 décembre 1991 et 8 avril 1996, l'intimée ayant pour ce motif mis fin le 31 mai 1996 au versement des prestations. b) L'expertise de I.________ du 30 juin 1997, ne retient pas le diagnostic d'état de stress posttraumatique. Selon le docteur H.________ et la psychologue J.________, le recourant présente un trouble psychotique de la personnalité, dont l'évolution était indépendante des agressions dont il fut victime les 23 décembre 1991 et 8 avril 1996, qui doivent être considérées comme des événements intercurrents ayant provoqué une aggravation passagère de la maladie psychiatrique. Ils ont diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère avec symptômes psychotiques, et sont d'avis qu'il n'y a plus de causalité naturelle entre ces troubles et les agressions, mais que les facteurs de personnalité sont au premier plan. c) Dans un rapport du 10 juin 1998, le docteur M.________ a procédé à une évaluation de cette expertise. Selon ce spécialiste, un problème de diagnostic différentiel se pose entre la dépression et l'état de stress post-traumatique. Tant les notions de symptomatologie dépressive et de dépression majeure récurrente ou chronique, que ceux d'état de stress post-traumatique, apparaissent de manière répétée dans l'expertise du 30 juin 1997 et ceci dans les rapports établis par de nombreux intervenants. Toutefois, en ce qui concerne la dépression majeure récurrente, les renseignements disponibles ne sont pas suffisamment détaillés et ne permettent pas de juger si les critères requis pour poser ce diagnostic sont réellement remplis. Ceci est d'autant plus important que l'état de stress post-traumatique peut comporter une symptomatologie dépressive importante. Or, de très nombreux symptômes et signes cités dans l'expertise sont très suggestifs d'un état de stress post-traumatique. Cela est notamment le cas pour les troubles du sommeil, les cauchemars aux contenus rappelant les agressions (pistolets), les phénomènes de flash-back ramenant le souvenir des agressions, l'état de tension et d'insécurité, les réactions subites d'angoisse, ainsi que les sentiments de retrait par rapport à sa famille et l'impression d'être coupé du monde. Le diagnostic d'état de stress post-traumatique est écarté par l'expertise de I.________ mais sans que l'on puisse bien comprendre pourquoi, en l'absence d'une argumentation suffisamment circonstanciée, fondée sur une comparaison entre les critères diagnostiques et les signes et symptômes cliniques. L'expertise indique que pendant l'examen clinique il n'y a "pas de moments réellement anaffectifs, agressifs ou méfiants", sans autres précisions. Ceci est insuffisant pour éliminer le diagnostic d'état de stress post-traumatique, d'autant plus que ces signes ne sont pas considérés comme indispensables pour ce diagnostic dans la CIM-10.