Citation: I 648/03 18.09.2004 E. 4

Selon ce rapport, la recourante a commencé, dès 1995, à souffrir de céphalées chroniques rebelles à tout traitement, lesquelles ont entraîné des incapacités de travail de durée provisoire (entre quelques jours et un mois) puis définitive à partir du 23 octobre 1997. A l'issue de multiples examens médicaux (notamment neurologiques et psychiatriques), le diagnostic de troubles somatoformes douloureux chroniques sous forme de céphalées avec comorbidité psychiatrique a été posé en 1998. Malgré d'innombrables traitements anti-inflammatoires, anti-migraineux et antidépresseurs, les céphalées ont persisté et empêché toute reprise du travail. Selon les constatations ressortant de la consultation spécialisée du docteur H.________, neurologue, il ne fait aucun doute que sur ce plan, la recourante présente des céphalées chroniques quotidiennes de type mixte vasomoteur et tensionnel avec probablement également une composante médicamenteuse. Il s'agit de céphalées très certainement en grande partie psychogènes rentrant dans le cadre d'un trouble somatoforme douloureux chronique. Sur le plan thérapeutique et en particulier psychothérapeutique, l'ensemble des mesures potentielles a été tenté et s'est révélé dépourvu d'effet sur la symptomatologie de telle sorte qu'il est peu vraisemblable que la poursuite d'un traitement quelconque soit de nature à améliorer l'état de santé de l'assurée. Du point de vue strictement neurologique, il n'existe toutefois pas d'incapacité de travail. Se fondant sur les conclusions ressortant de la consultation spécialisée du docteur G.________, psychiatre, les experts retiennent que sous cet angle, la recourante présente, d'une part, une personnalité émotionnellement labile de type borderline. Celle-ci s'est développée dès le jeune âge de l'assurée, à la suite d'importantes carences infantiles, d'une astreinte précoce au travail (sentiment d'exploitation par ses grands-parents paternels) et, par la suite, de la maltraitance dont elle a été victime de la part de son premier mari. Cette personnalité s'est manifestée par une réaction de défense située dans l'agir, selon un mode impulsif l'ayant conduite à accomplir deux tentamens au cours de l'année 1992. Sans être invalidant en soi, ce trouble explique les raisons pour lesquelles la recourante s'est enfermée dans un vécu douloureux chronique entraînant une rigidité, une inaffectivité et une diminution de ses ressources. Bien qu'elle ne ne présente pas en l'état de troubles de l'humeur, il convient de retenir d'autre part le diagnostic de trouble dépressif récurrent, en rémission, étant entendu qu'en regard de l'anamnèse, elle a déjà subi plusieurs épisodes dépressifs graves dès l'âge de 16 ans et plus récemment en 1998. Il y a lieu enfin de retenir le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant en regard des céphalées qui constituent la principale plainte de l'assurée. En conclusion, les experts posent les diagnostics de troubles somatoformes douloureux persistants sous forme de céphalées, de personnalité émotionnellement labile de type borderline, de céphalées chroniques pluri-factorielles (vasomotrices, tensionnelles et médicamenteuses) et de trouble dépressif récurrent, en rémission. Ils estiment que l'assurée n'a pas pour autant épuisé toutes ses ressources adaptatives. Compte tenu de son jeune âge, du fait qu'elle a reconstitué une famille en se mariant une seconde fois, qu'elle mène une vie de couple harmonieuse et qu'elle ne présente pas d'état dépressif ni de retrait social important, ils considèrent que globalement, une capacité résiduelle de travail de l'ordre de 50 % demeure exigible de la part de la recourante.