Citation: U 591/06 11.10.2007 E. A

M.________, ressortissante étrangère née en 1952, a travaillé en qualité de nettoyeuse à temps partiel au service de l'entreprise X.________ à G.________. A ce titre, elle était assurée contre le risque d'accidents professionnels et non-professionnels auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance contre les accidents (CNA). Le 29 juin 2002, elle a subi un écrasement de l'index de la main droite, alors que son mari refermait une porte à leur domicile. Il en est résulté une fracture ouverte de la phalange moyenne de ce doigt ayant nécessité, le même jour, une intervention chirurgicale à l'unité de la chirurgie de la main de l'Hôpital Z.________. Les broches posées à cette occasion ont été retirées le 3 septembre 2002. Un traitement physiothérapeutique intensif a été prescrit à l'assurée pour traiter un enraidissement marqué de l'articulation interphalangienne proximale (IPP). A la suite de l'opération de l'index, M.________ s'est plainte d'une douleur à l'épaule droite. Une échographie a mis en évidence une petite inflammation de la bourse sous-acromio-deltoïdienne qui a été traitée par infiltration. Sur proposition du docteur A.________, médecin-conseil de la CNA, l'assurée a séjourné à la Clinique Y.________ du 4 au 26 février 2003. Dans leur rapport de sortie du 13 mars 2003, les docteurs L.________ et V.________ ont relevé que la mobilité de l'épaule et dans une moindre mesure de l'index de l'assurée était améliorée, mais que le déficit d'intégration du membre supérieur droit restait marqué. Selon le consilium psychiatrique recueilli à la Clinique Y.________, M.________ ne présentait pas de comorbidité psychiatrique; en revanche, on observait chez elle une certaine passivité, un fatalisme important et des croyances liées à sa culture d'origine. Les docteurs L.________ et V.________ ont fixé la capacité de travail de l'assurée à 50 %, selon des modalités de reprise à discuter, compte tenu d'une limitation pour le port de charges lourdes et les travaux avec les mains au-dessus du niveau des épaules. Dans un rapport du 14 avril 2003, le docteur A.________ a déclaré que l'état de l'intéressée n'était pas stabilisé et qu'une amputation, évoquée semble-t-il par un confrère, n'était pas indiquée. Il a cependant proposé de soumettre le cas à un spécialiste en chirurgie de la main. Mandaté en cette qualité, le docteur C.________ a constaté que M.________ présentait des séquelles algodystrophiques à la suite d'une fracture de la deuxième phalange de l'index droit, ayant consolidé avec une déviation cubitale de 25° et qu'elle avait une attitude théâtrale avec vraisemblablement une exagération de ses plaintes. Une nouvelle intervention chirurgicale lui a paru dangereuse (rapport du 11 juin 2003). Le diagnostic d'algodystrophie a cependant été infirmé par le docteur B.________, médecin traitant de l'assurée, au regard d'une scintigraphie pratiquée en décembre 2002 (rapport du 31 octobre 2003). Après avoir procédé à l'examen médical final de M.________ le 1er décembre 2003, le docteur A.________ a noté qu'environ un an et demi après l'accident, cette dernière était toujours suivie par le docteur B.________, qu'elle éprouvait toujours des douleurs à l'épaule, au coude et à la main droite et qu'elle n'avait pas repris le travail. Il a constaté une réduction de la mobilité active de l'index droit, meilleure en passif, avec des troubles dysesthésiques. Le médecin-conseil de la CNA a considéré que l'état devait être tenu pour stabilisé et que la poursuite d'un traitement régulier ne s'avérait plus nécessaire tant au niveau de la main que de l'épaule. Il a estimé que, dans le cadre d'une activité à temps partiel de dix heures par semaines en qualité de nettoyeuse, l'état de santé de l'intéressée n'avait pas de répercussion sur sa capacité de travail et qu'elle pouvait théoriquement reprendre une telle activité. Le docteur A.________ a évalué l'atteinte à l'intégrité subie par l'assurée au taux de 5 %. Par lettre du 16 décembre 2003, la CNA a informé M.________ qu'elle mettait fin à la prise en charge des frais médicaux avec effet immédiat et qu'elle fixait la reprise du travail au 1er janvier 2004; elle a précisé que plus aucune indemnité journalière ne serait versée après la fin de l'année 2003. Par décision du même jour, l'assureur-accidents a alloué à la prénommée une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 5'340 frs, calculée au taux retenu par son médecin-conseil. Par décision formelle du 22 mars 2004, la CNA a confirmé le contenu de sa lettre du 16 décembre précédent. Après avoir soumis M.________ à une expertise de son service de médecine des assurances (docteur K.________; rapport du 10 août 2004), la CNA a rejeté, le 1er octobre 2004, les oppositions que la prénommée avait formées contre les décisions des 16 décembre 2003 et 22 mars 2004.