Citation: 6P.151/2000 19.12.2000 E. B

B.- Le 19 février 1999, la police lausannoisea arrêté Y.________, alors porteur de cocaïne. Le relevé des appels de son téléphone portable ayant permis d'établir qu'il avait été en contact avec un appareil fixe à Lausanne, la police a visité le 3 mars 1999 l'appartement correspondant à ce téléphone. Elle y a notamment trouvé de l'héroïne, de la cocaïne, de nombreuses feuilles manuscrites contenant des calculs ainsi qu'un agenda recelant une importante comptabilité manuscrite d'acquisitions et de ventes de stupéfiants. Alors que la visite était en cours, un dénommé Z.________, né en 1983, est entré et a été interpellé. Porteur de trois boulettes de cocaïne et de 2'050 fr., il a concédé qu'il transportait drogue et argent pour le compte d'un ressortissant du Kosovo. Quelques minutes plus tard, X.________ est de même apparu, en possession d'un agenda rouge contenant de nombreux noms et divers calculs, accompagnés des lettres K et B, soit des abréviations des mots "rouge" et "blanche" en albanais, qui désignent respectivement l'héroïne et la cocaïne. Interrogée, la voisine de palier a déclaré que X.________ séjournait dans ce logement depuis la mi-janvier 1999. Par ailleurs, une empreinte digitale de l'intéressé a été découverte sur l'une des feuilles de la susdite comptabilité. Enfin, la police a retrouvé son passeport dans l'appartement d'un dénommé W.________, lui-même impliqué dans un vaste trafic de drogue, avec lequel il a entretenu au moins 250 conversations téléphoniques. L'examen détaillé des feuilles manuscrites etdes agendas saisis a permis d'établir que Y.________ et X.________ étaient mêlés aux activités d'un réseau de trafiquants de drogue qui, entre la fin décembre 1998 et février 1999, s'est adonné à l'achat et à la revente de plusieurs kilos d'héroïne et de plus d'un kilo et demide cocaïne. En principe, ces deux protagonistes ne revendaient pas directement aux toxicomanes résidant en Suisse, mais approvisionnaient des petits dealers albanais, généralement mineurs. S'agissant plus précisément de X.________, le Tribunal correctionnel a retenu que l'intéressé s'était rendu à Genève le 27 janvier 1999, afin d'y livrer de la drogue à un acheteur en contact avec W.________. En effet, le tableau des dépenses inclus dans la susdite comptabilité mentionnait les déplacements de X.________ et indiquait que celui-ci avait effectué un trajet en train ce jour-là. En outre, le relevé des communications des téléphones utilisés par W.________ et X.________ révélait que l'utilisateur non identifié du numéro 079/ 271 88 32 avait contacté W.________ le soir du 26 janvier 1999, puis appelé X.________ deux fois le lendemain matin alors que tous deux se trouvaient à Genève. Quant à la fixation de la peine, après avoir rappelé les facteurs d'appréciation concernant notamment la personnalité de l'accusé, son mode préparatoire et ses mobiles, le Tribunal correctionnel a indiqué qu'une peine sévère se justifiait "tant en raison des faits commis que dans un but de prévention générale, particulièrement important à l'égard du crime organisé. "