Citation: 1C_120/2021 E. 6.2

6.2. La ville reconnaît que B.________ intervient régulièrement comme spécialiste-conseil du jury, apte à donner son avis lors de concours d'architecture. Il n'est en outre pas contesté qu'il est le signataire du préavis favorable au projet de la CA. Sur une dizaine de pages, la recourante tente d'en déduire que B.________ serait prévenu dans la présente affaire. Son argumentation est toutefois jalonnée de conjectures et de spéculations, nébuleuses et souvent difficilement compréhensibles. Où la recourante croit voir des indices de prévention, il faut en réalité voir l'application de la réglementation cantonale: B.________ n'est pas membre de la CA, mais, en tant qu'employé de l'Office cantonal des autorisations de construire (ci-après: OAC), il a fonctionné en tant que secrétaire de la commission, comme le prévoit l'art. 6 al. 6 du règlement cantonal sur les commissions d'urbanisme et d'architecture du 19 juin 1974 (RCUA; RS/GE L 1 55.03). La recourante reconnaît par ailleurs que le prénommé n'était pas non plus membre du jury du concours d'architecture concernant l'immeuble projeté. Du reste le jury demeurait libre de suivre ou non l'avis de B.________ quant au choix du projet finalement retenu; que B.________ soit régulièrement consultant est donc ici sans pertinence. Que celui-ci soit par ailleurs - on l'a dit - employé de l'OAC ne permet pas non plus, faute d'élément objectif pertinent avancé par la recourante, de conclure qu'il serait prévenu, étant rappelé que l'art. 29 al. 1 Cst. n'impose pas, contrairement à l'art. 30 al. 1 Cst., l'indépendance et l'impartialité comme maxime d'organisation d'autorités gouvernementales, administratives ou de gestion et n'offre pas, dans ce contexte, une garantie équivalente à celle applicable aux tribunaux (cf. ATF 140 I 326 consid. 5.2, également consid. 7.4; 125 I 209 consid. 8a; arrêt 1C_44/2019 du 29 mai 2019 consid. 4.2). Enfin, comme cela sera exposé ci-après en lien avec la question de l'application des art. 89 ss de la loi cantonale sur les constructions et installations diverses du 11 juin 1988 (LCI; RS/GE L 5 05) (cf. consid. 8 ci-dessous), la décision du département - rappelée et suivie par l'instance précédente - de ne pas soumettre le bâtiment à la protection de ces dispositions n'a été justifiée ni par le préavis de la CA, ni par le concours organisé par la ville pour choisir un projet de construction; aussi l'intervention du prénommé n'apparaît-elle pas avoir été déterminante pour l'issue du présent litige. Les motifs qui précèdent suffisent à confirmer la compatibilité de l'intervention de B.________ avec les garanties de l'art. 29 al. 1 Cst.; il n'est en conséquence pas nécessaire de s'attarder sur les nombreux faits en lien avec cette question que la recourante reproche à l'instance précédente d'avoir omis (cf. art. 97 al. 1 et art. 105 LTF) ni sur son refus de donner suite aux mesures d'instructions requises en relation avec cette problématique.