Citation: 5A_530/2019 E. 3.2.2

3.2.2. Le recourant soutient par ailleurs que les valeurs d'assurance - au demeurant récentes puisqu'elles concernaient l'année 2018 - constituaient une estimation suffisante, car ce sont des " valeurs de remplacement " en cas de dommages ou de vol et, partant, sont donc représentatives de la valeur réelle des oeuvres d'art. Cette argumentation ne convainc pas. Certes, la valeur de remplacement désigne d'une façon générale le montant nécessaire au preneur d'assurance pour se retrouver, après le sinistre, dans la même situation économique que celle qu'il connaissait avant ce moment et correspond en principe à la valeur marchande, soit la valeur vénale au moment du sinistre (Pierre Gabus, Des différentes valeurs d'assurance et du rôle de l'expert, in L'expertise et l'authentification des oeuvres d'art [actes de la journée d'étude de Genève, Centre du droit de l'Art, du 17 mars 2006], p. 82 s.). Le recourant semble toutefois méconnaître que la valeur d'assurance peut avoir été fournie par le preneur d'assurance selon sa propre estimation sans qu'il n'ait eu à en apporter la preuve lors de la conclusion du contrat (valeur déclarée) ou déterminée par un expert puis acceptée par l'assureur et le preneur (valeur agréée; sur ces notions : Gabus, op. cit., p. 92 ss). Or, la Chambre de surveillance a constaté que les critères sur lesquels les valeurs d'assurance avaient été arrêtées en l'espèce étaient inconnus et que celles-là n'avaient probablement pas été fixées sur la base d'une expertise récente, constatations que le recourant laisse intactes (cf. supra, consid. 2.2). Le recours est en effet dépourvu de toute critique à cet égard. Dans ces circonstances, on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale d'avoir considéré que seule une expertise permettait d'établir avec suffisamment de précision le produit prévisible de la réalisation forcée des biens séquestrés.