Citation: 8C_250/2009 01.07.2009 E. 3.2

3.2.1 Selon la jurisprudence, pour que le revenu d'invalide soit fixé en fonction du gain que pourrait réaliser un assuré d'âge moyen présentant les mêmes séquelles accidentelles, il faut que l'âge avancé soit la cause essentielle de la diminution de la capacité de gain (ATF 126 V 418 consid. 3b p. 422; RAMA 1998 no U 296 p. 235, U 245/96 consid. 3c). Par ailleurs, l'art. 28 al. 4 OLAA ne vise pas seulement l'éventualité dans laquelle l'âge avancé est la cause essentielle de la limitation de la capacité de travail mais il concerne également la situation où il est la cause essentielle de l'empêchement d'exercer une activité professionnelle qui aurait permis de maintenir la capacité de gain (RAMA 1998 no U 296 p. 235, U 245/96 consid. 3c; arrêt U 538/06 du 30 janvier 2007 consid. 3.2). 3.2.2 En l'espèce, sur le vu des avis médicaux versés au dossier, l'intimé est en mesure d'exercer les activités proposées par la CNA dans ses DPT et d'obtenir ainsi un revenu mensuel de 4'380 fr. Aussi, en ne percevant qu'un salaire mensuel de 3'050 fr. au service de la société P.________ SA, il ne met pas pleinement en valeur sa capacité résiduelle de gain. Par ailleurs, il apparaît que l'âge avancé de l'intéressé (60 ans au moment de la naissance du droit à la rente) est la cause essentielle de cette diminution de la capacité de gain. En effet, c'est bien en raison de son âge avancé et de l'absence de diversité professionnelle que l'assuré a conservé son activité à temps partiel auprès de la société P.________ SA plutôt que de rechercher un autre emploi lui permettant de mieux mettre en valeur sa capacité résiduelle de gain. Certes, l'âge avancé et une expérience professionnelle unique sont deux obstacles distincts à la recherche d'un nouvel emploi. Cependant, ces causes sont intimement liées, en tant que l'absence de diversité professionnelle est aggravée par l'âge avancé de l'assuré. C'est pourquoi l'âge apparaît en l'occurrence comme la cause essentielle empêchant l'intimé de mettre pleinement en valeur sa capacité résiduelle de gain en exerçant une des activités proposées par la CNA. Etant donné que les renseignements médicaux versés au dossier font état d'une capacité de travail entière dans une activité adaptée comme celles qui ont été proposées par la CNA dans ses DPT, on ne peut dès lors se rallier au point de vue de la juridiction cantonale, selon lequel c'est en raison de ses problèmes à la jambe droite que l'intéressé ne met pas pleinement en valeur sa capacité de gain résiduelle. Cela étant, du moment que l'âge avancé apparaît comme la cause essentielle de la diminution de la capacité de gain, la CNA était fondée à fixer le revenu d'invalide en fonction du gain que pourrait réaliser un assuré d'âge moyen présentant les mêmes séquelles accidentelles. 3.3 Par ailleurs, la recourante a correctement fixé le taux d'incapacité de gain, notamment en se conformant aux exigences posées par la jurisprudence relative à l'évaluation de l'invalidité à l'aide des DPT. Au demeurant, l'intimé ne conteste pas ce calcul. 3.4 Vu ce qui précède, la CNA était fondée, par sa décision sur opposition du 30 mai 2008, à allouer à l'intimé une rente d'invalidité fondée sur un taux d'incapacité de gain de 33 %. Le recours se révèle ainsi bien fondé.