Citation: 1C_169/2023 E. A

La Ville de Genève est propriétaire des parcelles n os 2'631 et 2'643 de la commune de Genève-Eaux-Vives en zone de développement 3. Ces parcelles, non bâties, se situent au pied des immeubles d'habitation édifiés sur les parcelles nos 2'636 et 2'637, dont sont notamment copropriétaires A.________ et consorts (ci-après, les copropriétaires ou A.________ et consorts). Les sociétés immobilières B.________ SA, D.________ SA et C.________ SA sont respectivement propriétaires des parcelles nos 3'523, 3'526 et 3'527 situées en zone de développement 3, au nord des parcelles des copropriétaires et de la Ville de Genève. Le 31 mars 1993, le Conseil d'Etat de la République et canton de Genève a adopté le plan localisé de quartier n° 28400 situé au plateau de Frontenex. Ce plan prévoyait la création d'un parc accessible au public pouvant accueillir des constructions et installations d'utilité publique sur la parcelle n° 2'643, propriété de la Ville de Genève, et la parcelle no 2'631, propriété de la Commune de Cologny qui devait être cédée gratuitement à la Ville de Genève. Le plan localisé de quartier valant pour partie plan de site n° 29281 "Plateau de Frontenex" adopté par le Conseil d'Etat le 17 décembre 2014 a remplacé partiellement le plan localisé de quartier n° 28400. Il prévoit la construction de deux bâtiments de logements sur les parcelles des sociétés immobilières ainsi qu'une place de jeux figurée entre les immeubles, dont l'emplacement exact sera déterminé dans le cadre de l'autorisation de construire. Cette autorisation a été délivrée et les deux bâtiments ont été construits. Des rangées de bouleaux ont été plantées entre les deux immeubles à l'emplacement indiqué pour l'aménagement de la place de jeux. Le 29 mars 2021, le Conseil municipal de la Ville de Genève a autorisé le Conseil administratif à inscrire une servitude à destination de parc public sur la parcelle n° 2'631 ainsi qu'une servitude de passage à pied et véhicules à charge de la parcelle n° 2'893, propriété de la Ville, au profit des parcelles des sociétés immobilières, à charge pour celles-ci de procéder au réaménagement des parcelles n°s 2'643 et 2'893. Les 25 et 26 mai 2021, les sociétés immobilières ont conclu avec la Ville de Genève un acte de constitution d'une servitude foncière d'aménagements extérieurs de parc public portant sur les parcelles nos 2'631 et 2'643 leur permettant de procéder avec l'accord de la Ville à tous les aménagements hors-sols des fonds grevés qu'elles souhaiteraient y faire exécuter à l'avenir, à charge pour elles d'en supporter, à raison d'un tiers chacune, tous les frais de réalisation, d'entretien, d'éclairage et de nettoyage. Elles ont également constitué une charge foncière destinée à garantir leur obligation. Le 10 mai 2021, F.________, agissant notamment pour le compte des sociétés immobilières et de la Ville de Genève, a déposé une requête en autorisation de construire en procédure accélérée ayant pour objet la réalisation de cheminements et d'aménagements extérieurs ainsi que l'installation et la suppression de clôtures sur les parcelles nos 2'631 et 2'643. Le cheminement prévu se présente sous la forme d'un Y dont l'une des branches traverse la parcelle n° 2'643 et l'autre la parcelle n° 2'631. Deux embranchements de 1,5 mètre de large et d'une longueur respective de 10 et 7 mètres viennent le compléter. Le projet prévoyait également la plantation de nouveaux arbres. Par décision du 23 juin 2021, le Département du territoire de la République et canton de Genève a délivré l'autorisation de construire sollicitée après avoir recueilli les préavis des offices cantonaux concernés par le projet, dont celui de l'Office cantonal de l'agriculture et de la nature. Le Tribunal administratif de première instance a rejeté le recours déposé contre cette décision par les copropriétaires qui contestaient la nécessité du second cheminement prévu sur la parcelle n° 2'643 au terme d'un jugement rendu le 16 juin 2022. La Chambre administrative de la Cour de justice a rejeté le recours interjeté par les copropriétaires contre ce jugement par arrêt du 28 février 2023.