Citation: 9C_407/2021 E. 5.2

5.2. On relèvera tout d'abord que la rente entière d'invalidité avait été octroyée principalement en raison d'une affection psychique. En effet, l'expert B.________ retenait déjà en 2004 qu'une incapacité de travail complète était difficilement justifiable d'un point de vue purement somatique. C'était du reste sur la base des conclusions conjointes des experts en rhumatologie et psychiatrie qu'une incapacité de travail entière avait été retenue par l'intimé. Dans son expertise du 10 mai 2019, l'expert D.________ a certes retenu un diagnostic nouveau de gonalgies sur syndrome fémoro-patellaire modeste, lequel ne serait à l'origine que d'une incapacité de travail de 20 % dans l'ancienne activité de femme de ménage et d'une diminution de rendement de 10 % dans toute autre activité adaptée aux limitations fonctionnelles de l'assurée. Pour le reste, il a fait état d'un syndrome cervico-brachial récurrent sans signe radiculaire irritatif ou déficitaire et d'un syndrome polyinsertionnel douloureux récurrent fibromyalgiforme, sans répercussion sur la capacité de travail. En ce sens, il convient d'admettre que sur le plan somatique, la situation n'a vraisemblablement que peu changé et que l'incapacité de travail totale retenue à l'époque de l'octroi de la rente entière d'invalidité était avant tout liée à la problématique dépressive résultant des problèmes conjugaux de la recourante avec son ex-mari et de ses problèmes financiers. Il convient donc d'examiner un éventuel changement de circonstances avant tout sur le plan psychiatrique. A cet égard, la cour cantonale a relevé que selon le docteur E.________, la recourante se plaignait essentiellement de problèmes physiques et que son sentiment de fatigabilité, son besoin de repos et sa contrainte à peu d'activités en raison de ses douleurs dominaient le tableau clinique. A la lumière des résultats des test psychométriques, l'expert avait conclu à une importante tendance à la dramatisation et à l'amplification des plaintes. Il soulignait en outre l'existence de causes extra-médicales, en particulier financières, susceptibles de jouer un rôle dans la revendication d'un statut d'invalide. Enfin, il relevait que l'ampleur de la symptomatologie douloureuse et surtout de l'impotence fonctionnelle qui en découlait était probablement à mettre en lien avec le syndrome fibromyalgiforme et le contexte psycho-social. Par ailleurs, le diagnostic de trouble dépressif majeur d'intensité importante posé à l'époque par le docteur C.________ n'a plus été retenu par le docteur E.________, qui a posé le diagnostic de trouble dépressif subclinique. De plus, ce dernier a expressément conclu à une amélioration de l'état de santé d'un point de vue psychique au moins depuis 2018 (rapport d'expertise du 18 juillet 2019, p. 42). Quoi qu'en dise la recourante, au regard de ces constatations médicales, l'appréciation de la juridiction cantonale est convaincante. On relèvera que si la symptomatologie douloureuse était totalement invalidante en 2004 en raison du contexte psycho-social délétère de l'époque (facteurs de stress aigus, tels que les problèmes conjugaux et financiers) et du trouble dépressif majeur, elle ne l'est cependant plus désormais du fait de la disparition de ces facteurs (l'assurée ne vit plus avec son conjoint violent, ses enfants sont désormais élevés et financièrement indépendants) et de la rémission du trouble dépressif. Les premiers juges ont encore relevé de manière convaincante que s'il n'y avait pas lieu de douter de la persistance d'une symptomatologie douloureuse chez la recourante, force était cependant de constater que celle-ci disposait désormais de suffisamment de ressources mobilisables pour les surmonter. La cour cantonale a également déduit le recouvrement d'une pleine capacité de travail de l'accoutumance de la recourante à la symptomatologie douloureuse. Enfin, elle a retenu qu'au vu de la rémission du trouble dépressif de la recourante, l'on pouvait conclure que son suivi médical sur le plan psychiatrique lui avait été bénéfique. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale a admis l'existence d'une amélioration de l'état de santé psychique de la recourante dans le sens d'une pleine capacité de travail.