Citation: U 412/05 20.09.2006 E. 5.2

5.2.1 L'accident de la circulation du 19 février 2000 - dont la gravité doit être appréciée d'un point de vue objectif, sans s'attacher à la manière dont l'assurée a ressenti et assumé le choc traumatique (ATF 117 V 366 consid. 6a et la référence) - doit, compte tenu de son déroulement, être qualifié de gravité moyenne, à la limite des accidents graves. La collision frontale a été violente et les passagers des deux véhicules ont subi des blessures de gravité diverse (cf. rapport de la police cantonale neuchâteloise du 25 février 2000), la recourante ayant été victime de plusieurs lésions traumatiques qui ont nécessité une hospitalisation. Dans un tel cas, lorsque l'on se trouve à la limite de la catégorie des accidents graves, il n'est pas nécessaire que soient réunis dans chaque cas tous les critères objectifs posés par la jurisprudence, un seul d'entre eux peut être suffisant pour faire admettre l'existence d'une relation de causalité adéquate (ATF 117 V 367 consid. 6a). 5.2.2 Depuis l'accident et de manière persistante, la recourante souffre de douleurs cervicales, qualifiées d'«insomniantes» (cf. rapport du docteur E.________ du 8 novembre 2001). Contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, si les passages de l'appréciation du docteur S.________ qu'ils citent expliquent - du point de vue psychique - l'attitude passive de la recourante face à sa situation actuelle, ces extraits ne permettent pas de relativiser les douleurs ressenties par la recourante, l'expert ne remettant nullement en cause la réalité de celles-ci (même s'il note une discordance entre l'importance des plaintes, le handicap allégué et l'observation objective). En ce qui concerne ensuite l'incapacité de travail, elle a tout d'abord été estimée totale pendant plus de dix-huit mois, avant que les médecins de la CRR attestent d'une capacité de travail de 50 % dans la profession exercée jusqu'alors. La recourante n'a toutefois pas été en mesure de reprendre son activité en raison de ses problèmes de santé. De son côté, le docteur E.________ a, lors de son examen final du 8 novembre 2001, indiqué que la recourante disposait d'une capacité de travail résiduelle de 80 % dans une activité adaptée. Il a cependant déterminé l'incapacité de travail au regard des seuls troubles somatiques (syndrome cervico-vertébral avec limitation fonctionnelle partielle), sans prendre en compte les répercussions des affections psychiques développées par la recourante à la suite du traumatisme cervical (et que le docteur S.________ a évaluées à 30 % [d'incapacité de travail]). On peut en tout cas en déduire, en ce qui concerne la durée de l'incapacité de travail, que la recourante n'est de manière durable plus à même de travailler dans la dernière activité qu'elle a exercée et présente une incapacité de travail d'une certaine importance dans toute autre activité adaptée aux séquelles du syndrome cervical. Quant à la durée du traitement médical, l'assurée nécessitait, près de deux ans après l'accident, un suivi médical à long terme comme l'attestait le médecin-conseil de l'intimée (cf. rapport du 8 novembre 2001). De son côté, le docteur S.________ préconisait en août 2003 une prise en charge psychothérapeutique et le maintien du traitement par anti-dépresseurs. L'ensemble de ces circonstances - persistance des douleurs, durée du traitement médical et de l'incapacité de travail - permet de retenir qu'il existe un rapport de causalité adéquate entre l'accident en cause et les atteintes à la santé présentées par la recourante.