Citation: 1B_72/2022 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que toute valeur probante ne pouvait pas être niée au nouveau rapport de police, lequel avait été établi à la suite de l'arrêt 1B_307/2020 du 15 février 2021; ce rapport était fondé sur des investigations, ainsi que sur des données recueillies en Suisse, notamment grâce à la mise en oeuvre et à la prolongation de diverses mesures techniques de surveillance, ainsi que sur d'autres moyens de preuve (perquisition de téléphones, surveillances policières, coopération policière et douanière, etc.). L'instance précédente a relevé que ce rapport avait été communiqué aux parties le 6 août 2021 avec la liste des données que le Ministère public entendait détruire, respectivement retirer du dossier; le 5 octobre 2021, le recourant avait demandé son retranchement et les autres parties s'étaient déterminées dans le délai prolongé au 15 novembre 2021. Selon la Chambre des recours pénale, rien ne justifiait donc à ce stade de s'écarter des conclusions du rapport en lien avec l'activité délictueuse reprochée au recourant; celui-ci se contentait au demeurant de le critiquer en bloc, en prétendant qu'il contiendrait des preuves illicites et en renvoyant à ses écritures du 5 octobre 2021 adressées au Ministère public sans démontrer quel élément du raisonnement de la police serait critiquable et quelles seraient les charges qui devraient être abandonnées. La cour cantonale a en outre considéré que le renvoi aux deux recours déposés le 14 janvier 2022 n'était pas un mode de faire admissible, une motivation par référence à une autre écriture n'étant pas recevable. Au surplus, la juridiction précédente a retenu que le Ministère public, dans sa décision du 3 janvier 2022, n'avait pas retranché le rapport du 19 avril 2021, mais celui du 14 novembre 2019; il avait aussi accepté, à la suite des déterminations des parties, de caviarder deux passages du nouveau rapport, sans estimer toutefois que cette suppression modifiait la teneur du rapport et/ou avait une influence sur ses conclusions. Au regard de l'activité délictueuse reprochée au recourant dans ce rapport (importation et écoulement [i] d'au moins 213 kg de marijuana et de 27 kg de haschich pour environ 768'151 fr. entre 2014 et 2018; [ii] d'au minimum 1 kg et 118 g de cocaïne, dont 707,6 g pure, en 2017), la Chambre des recours pénale a retenu l'existence de graves soupçons à l'encontre de celui-ci.