Citation: 1P.79/2007 12.04.2007 E. 3.1

En l'espèce, la Chambre d'accusation a considéré que la précision apportée par l'intimé le 21 août 2006, à savoir qu'il aurait remis une "liste de proposition d'achat" au recourant, paraissait plausible, ce dernier n'ayant cessé de soutenir que l'ensemble des transactions opérées pour le compte du recourant était subordonné à l'aval de celui-ci. L'autorité cantonale a également relevé que le recourant n'avait pas contesté ces allégations. Par ailleurs, elle a jugé qu'il ne pouvait pas être exclu que le procès-verbal ne reflétât pas exactement les dires de l'intimé. D'une part, ce document ne mentionnait pas les questions posées et, d'autre part, l'intimé avait clairement indiqué qu'il n'avait pas relu sa déclaration, s'étant contenté d'adhérer au résumé présenté par la Présidente du Tribunal. La Chambre d'accusation a d'ailleurs spécifié que "les parties ne signent pas au Tribunal de première instance le procès-verbal de leur audition". On ne pouvait donc pas conclure à une quelconque volonté d'entériner ainsi un propos mensonger. La Chambre d'accusation a également noté que si l'intimé avait certes admis subséquemment que certaines acquisitions avaient pu être financées par les avoirs personnels du recourant, il avait toutefois précisé qu'une partie avait été acquittée au moyen des intérêts versés jusqu'en 2001, ce que le recourant n'avait pas non plus contesté. L'autorité cantonale a estimé que l'on ne pouvait pas inférer du procès-verbal que l'intimé avait été explicitement interrogé sur la totalité des transactions et qu'il avait délibérément omis de nuancer sa réponse. L'arrêt attaqué a enfin souligné qu'il n'existait aucun élément permettant de présumer une quelconque connivence entre la banque et l'intimé en vue d'influencer l'issue de l'action civile en faveur de celle-là. L'intimé avait du reste quitté l'établissement en 2004 et un différent l'opposait à son ancien employeur. 3.2 Le recourant reproche à la Chambre d'accusation d'avoir violé son droit d'être entendu. Il fait valoir que son prétendu acquiescement aux corrections apportées par l'intimé le 21 août 2006 constituerait l'argument principal du rejet de son recours. Une audition de quelques minutes aurait cependant suffi à convaincre les autorités cantonales qu'il était absurde de retenir qu'il n'avait pas contesté ces allégations. Pour le surplus, le recourant soutient que la Chambre d'accusation aurait arbitrairement constaté que le procès-verbal avait été mal tenu, sans procéder à une quelconque vérification. Enfin, l'autorité cantonale aurait arbitrairement retenu qu'il ne s'était pas opposé aux déclarations de l'intimé. 3.3 Ces deux derniers griefs relèvent de l'appréciation des preuves. Ils sont donc clairement irrecevables au vu de la jurisprudence rappelée ci-dessus (cf. consid. 2.1). Le recourant n'est en effet pas habilité à remettre en cause la décision de la Chambre d'accusation sur ce point. D'autre part, sous couvert du grief tiré de la violation du droit d'être entendu, le recourant reproche à la Chambre d'accusation de ne pas avoir tiré de la procédure civile la conclusion qui selon lui s'imposait, à savoir qu'il avait contesté les propos tenus par l'intimé le 21 août 2006. Il s'agit-là aussi d'une pure question d'appréciation des preuves que le recourant ne peut critiquer comme plaignant. Certes, le recourant fait valoir qu'il n'a pas été entendu "par la Police de sûreté, par le Parquet ou par l'autorité de recours cantonale". Outre qu'il n'invoque sur ce point aucune disposition cantonale de procédure qui prévoirait une telle audition, le recourant n'indique pas non plus qu'il aurait sollicité celle-ci ou qu'il se serait plaint devant l'autorité cantonale de ne pas avoir été entendu. Sous cet angle, le grief est également irrecevable. Dans ces conditions, en tant que la violation du droit d'être entendu dont se plaint le recourant se réfère exclusivement à l'appréciation des preuves, le grief doit être déclaré irrecevable.