Citation: 4A_127/2015 E. 3.5

3.5. La recourante s'en prend à la déduction qui a permis aux magistrats genevois de retenir que son horaire de travail hebdomadaire était de 28 heures, et non de 64 heures comme elle l'a allégué. Elle se prévaut de quatre témoignages, soit ceux du jardinier D.________, de l'architecte E.________, de la voisine des défendeurs C.________ et de F.________, responsable pédagogique en charge du fils handicapé des défendeurs de 2009 à 2012. Le jardinier D.________ a déclaré que lorsqu'il arrivait le jeudi à 15 heures, la demanderesse était toujours présente et qu'elle jouait parfois dans le jardin avec C.B.________. A certaines occasions, il lui est arrivé de se rendre le jeudi matin dans la villa des défendeurs, mais il n'y a pas rencontré la travailleuse. L'architecte E.________, qui venait de septembre 2011 à septembre 2012 chaque mercredi à 13 heures chez les défendeurs pour une réunion de chantier, s'est souvenu y avoir rencontré la demanderesse une fois sur quatre, l'avoir aperçue faire du repassage dans un local au sous-sol, mais ne l'avoir jamais vue cuisiner. S'étant rendu en outre deux à trois fois par semaine au domicile des défendeurs en dehors des réunions de chantier, il a affirmé que la demanderesse était présente "certaines fois ". C.________ a indiqué qu'elle a vu arriver " quelques fois " la demanderesse le matin en semaine, entre 9 heures et 11 heures, voire plus tard. Lorsqu'elle venait, une fois par semaine environ, prendre le café l'après-midi chez les défendeurs, la demanderesse était dans la maison. Elle a relevé que celle-ci préparait le goûter des enfants et faisait le ménage. La demanderesse s'est plainte auprès de ce témoin d'être fatiguée et d'avoir beaucoup de travail. Quant à F.________, il a déclaré n'être jamais venu au domicile des défendeurs. Son témoignage n'est en conséquence d'aucune utilité pour établir l'horaire de travail effectué par la demanderesse. Il résulte des trois premières dépositions que la travailleuse était présente tous les après-midis au domicile des défendeurs, parfois dès 13 heures. Il n'est pas indéfendable d'admettre qu'elle restait jusqu'à 18 heures puisqu'elle a été vue jouer avec l'enfant C.B.________, lequel était ramené d'une institution spécialisée à son domicile à 16 heures, et qu'elle préparait le goûter des enfants. Il arrivait de surcroît à la demanderesse de venir travailler le matin, au plus tôt à partir de 9 heures, mais sans que l'on puisse déterminer la fréquence du travail matinal. Il n'est en revanche pas contesté qu'elle travaillait tous les samedis entre 9 heures et 12 heures. Il appert ainsi que la cour cantonale n'a pas fait montre d'arbitraire en constatant que la demanderesse n'avait pas été à même de démontrer qu'elle travaillait quotidiennement en semaine de 8 heures à 20 heures pour les défendeurs, aucun des témoins invoqués par l'employée n'ayant mentionné l'accomplissement d'un tel horaire. Certes, le témoin C.________ a certifié que la demanderesse avait fait allusion à la fatigue que générait pour elle le travail qu'elle accomplissait, mais il ne s'agit pas là d'un élément décisif. Il résulte des témoignages que l'employée travaillait chaque après-midi en tout cas entre 14 heures et 18 heures. On ne voit donc pas en quoi il était arbitraire de retenir qu'elle travaillait en moyenne cinq heures par jour, pour tenir compte qu'elle venait de temps en temps à 13 heures, voire certains matins à partir de 9 heures. En retenant un horaire de 28 heures par semaine, soit cinq heures du lundi au vendredi plus trois heures le samedi, la cour cantonale a procédé à une constatation qui résiste au grief d'arbitraire. Le troisième pan du moyen est infondé.