Citation: 4A_666/2012 E. 5.2.1

5.2.1. La requérante affirme que c'est à l'occasion du dépôt par l'intimée, le 11 juillet 2012, dans les circonstances susmentionnées (cf. consid. 4.1, dernier par.), d'un jeu de factures et des demandes d'acomptes émanant des sociétés V.________ et W.________ qu'ont été confirmés ses soupçons selon lesquels l'intimée tentait de lui faire supporter le coût de travaux sans lien avec les défauts ayant donné lieu à la procédure arbitrale. Force est toutefois de constater que, dans le projet d'assignation joint à la requête qu'elle avait adressée le 28 juin 2012 au premier président de la Cour d'appel de Paris afin d'arrêter l'exécution de la sentence finale, elle soutenait déjà que le Tribunal arbitral l'avait condamnée à payer 9'000'170,62 euros à l'intimée sur la base de simples devis fournis par celle-ci et émanant d'une seule entreprise, dont il apparaissait qu'ils ne correspondaient à aucune réalité. Et d'ajouter ceci: "A ce jour, l'expertise judiciaire en cours montre en effet que les travaux décrits dans ces devis ... n'ont pas été effectués par [l'intimée], ou ne correspondent pas à l'indemnisation d'un préjudice subi". Ainsi, de son propre aveu, la requérante était déjà en possession, à la date du 28 juin 2012, d'un moyen de preuve concluant - une expertise judiciaire - lui permettant d'étayer ses soupçons quant au comportement prétendument dolosif de son adverse partie. Elle ne saurait, partant, tirer argument du dépôt des susdites pièces par l'intimée, le 11 juillet 2012, en vue de reporter à cette dernière date le dies a quo déterminant pour le cours du délai dans lequel elle devait déposer sa demande de révision. Il serait, en effet, contraire au caractère exceptionnel de la procédure de révision et à l'esprit de la jurisprudence relative à l'art. 124 al. 1 let. d LTF de permettre à une partie qui a découvert un moyen de preuve concluant de différer le dépôt de sa demande de révision et de profiter de la découverte subséquente d'un nouveau moyen de preuve ne faisant que corroborer le précédent pour bénéficier artificiellement d'une prolongation du délai de déchéance prévu par cette disposition. En l'espèce, il y a donc lieu de fixer au 28 juin 2012 le point de départ du délai de 90 jours dans lequel la requérante devait déposer sa demande de révision. Suspendu du 15 juillet au 15 août 2012 en application de l'art. 46 al. 1 let. c LTF, ce délai est arrivé à échéance le lundi 29 octobre 2012, compte tenu du report prévu à l'art. 45 al. 1 LTF. Déposée le 8 novembre 2012, la demande de révision est, dès lors, irrecevable.