Citation: U 138/04 16.02.2005 E. A

C.________, née le 18 février 1941, inspectrice d'assurance de profession, était inscrite à l'assurance-chômage. Elle était assurée à titre obligatoire contre les accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 14 février 2002, C.________ était allée chercher de l'argent à la banque auprès d'une agence sise au bas du chemin Y.________, lorsqu'elle a été victime d'une agression commise par un inconnu muni d'une cagoule. Ayant soudainement senti une pression venant de derrière, sur la lanière de son sac à main qu'elle portait en bandoulière, elle a été projetée à terre. Elle a résisté, tenant la courroie de manière forte. Selon les déclarations de C.________, elle a été tirée sur le sol à plat ventre « comme un sac de patates » par son agresseur. Celui-ci est parvenu à s'emparer du sac convoité, a quitté les lieux en courant, avant d'être intercepté un peu plus loin par des témoins qui avaient assisté aux faits. Le même jour, C.________ a été examinée par le docteur H.________, médecin de la Division des Urgences Médico-Chirurgicales (DUMC) de l'Hôpital X.________. Selon un constat médical du 14 février 2002, l'examen clinique a mis en évidence une contusion occipitale gauche, douleur à la palpation, mais pas de plaie ni d'hématome, des dermabrasions multiples de 0,5 cm de la base de l'annulaire gauche et interdigital (doigts 3 et 4), une dermabrasion du coude droit de 0.7 cm de long et une dermabrasion rouge du genou droit, de 2.5 cm de diamètre. Dans une déclaration d'accident-bagatelle LAA pour les chômeurs datée des 5 et 8 avril 2002, la Caisse cantonale genevoise de chômage a annoncé le cas à la CNA. C.________ a été adressée par le Centre LAVI à la psychologue E.________, spécialiste FSP en psychothérapie, auprès de laquelle elle a bénéficié de cinq séances de psychothérapie entre le 19 mars et le 12 avril 2002. La psychologue a rempli à l'attention du médecin d'arrondissement de la CNA la feuille pour le médecin relative à la déclaration d'accident-bagatelle LAA, du 24 avril 2002, dans laquelle elle a posé le diagnostic d'état de stress post-traumatique (DSM-IV : 309.81), ce qu'elle a confirmé dans un certificat psychologique daté du même jour. Du 17 avril au 27 mai 2002, C.________ a suivi une psychothérapie de soutien auprès de la doctoresse A.________. Dans un rapport médical du 28 novembre 2002, ce praticien a posé le diagnostic de stress post-traumatique suite à une agression grave dans la rue, attestant que la patiente avait montré plusieurs symptômes typiques (angoisse, insomnie, confusion, état dépressif). Depuis le 2 décembre 2002, C.________ est en traitement auprès du docteur O.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie (attestation du 13 décembre 2002). Par décision du 5 décembre 2002, la CNA a avisé C.________ qu'elle payait les frais d'ambulance ainsi que le traitement effectué par l'Hôpital X.________ pour les blessures physiques. En revanche, elle refusait de prendre en charge les troubles psychiques, ceux-ci n'étant pas en relation de causalité adéquate avec l'accident du 14 février 2002. C.________ a formé opposition contre cette décision. Elle a produit un jugement de la 4ème Chambre du Tribunal de police de la République et canton de Genève, du 22 janvier 2003, reconnaissant son agresseur coupable de brigandage (art. 140 ch. 1 CP), le condamnant à la peine de 12 mois d'emprisonnement avec sursis et au paiement de la somme de 2'000 fr. à titre d'indemnité pour tort moral. Par décision du 20 mars 2003, la CNA a rejeté l'opposition dont elle était saisie. Laissant la question de la causalité naturelle indécise, elle a nié que l'accident du 14 février 2002 fût en relation de causalité adéquate avec la composante psychique.