Citation: 1P.479/2003 11.09.2003 E. 2

Une mesure de détention préventive est compatible avec la liberté personnelle, garantie par les art. 10 al. 2 Cst. et 5 CEDH, pour autant qu'elle repose sur une base légale, qu'elle réponde à un intérêt public et qu'elle respecte le principe de la proportionnalité (art. 31 al. 1 et 36 al. 1 à 3 Cst.; ATF 123 I 268 consid. 2c p. 270). S'agissant d'une restriction grave à la liberté personnelle, le Tribunal fédéral examine librement ces questions, sous réserve toutefois de l'appréciation des preuves, revue sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 123 I 268 consid. 2d p. 271). A teneur de l'art. 146 al. 1 du Code de procédure pénale jurassien (CPP jur.), le prévenu est mis en liberté provisoire par décision motivée du juge d'instruction dès que la cause de l'arrestation ou de son maintien vient à cesser. L'art. 129 al. 2 CPP jur. dispose à cet égard que le juge d'instruction peut arrêter tout prévenu contre lequel il existe des présomptions graves et précises de culpabilité, si les circonstances font craindre qu'il n'abuse de sa liberté pour prendre la fuite, ou pour compromettre le résultat de l'instruction, ou pour poursuivre son activité délictueuse. Enfin, conformément à l'art. 130 CPP jur., si le but de l'arrestation peut être atteint par une mesure moins accusée, telle que le blocage des papiers d'identité, l'obligation de se présenter personnellement et régulièrement à un office déterminé, l'interdiction de s'éloigner d'un endroit fixé, il y a lieu d'ordonner pareille mesure; celle-ci peut être liée à la fourniture de sûretés conformément aux art. 148 à 152 CPP jur.