Citation: 6B_849/2022 E. 5.3.3

5.3.3. Dans un second moyen, le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir retenu, à tort, que l'intérêt public à l'expulsion primait son intérêt privé à demeurer en Suisse. Pour l'essentiel, le recourant se contente d'insister sur certains points issus de sa situation personnelle, en particulier le fait d'avoir grandi en Suisse depuis l'âge de 2 ans et la présence de ses fils dans ce pays. Il ne soulève toutefois aucun élément pertinent que l'autorité précédente aurait arbitrairement méconnu. Les aspects qu'il met en exergue ressortent tous du jugement attaqué. De tels éléments doivent être considérés dans le cadre d'une pesée d'intérêts et ne sauraient, à eux seuls, commander une application automatique de l'art. 66a al. 2 CP. Le recourant se limite à opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale. Une telle démarche, appellatoire, est donc irrecevable. Sur la base des constatations de fait dénuées d'arbitraire, la pesée des intérêts opérée par la cour cantonale peut être confirmée. En effet, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, compte tenu de la nature et de la gravité de l'infraction commise, celui-ci ayant porté atteinte à un bien juridique essentiel, à savoir l'intégrité sexuelle. Il ressort de l'état de fait cantonal que les agissements du recourant ont eu un impact sérieux sur la vie de la victime, ce qui leur confèrent une gravité concrète non négligeable. Il faut souligner, comme cela ressort de l'état de fait cantonal, que le recourant n'a jamais présenté d'excuses à l'intimée et n'a fait preuve d'aucun remords, persistant à nier les faits reprochés. A cela s'ajoutent les quatre condamnations antérieures du recourant à des peines pécuniaires assorties du sursis, lesquelles ne l'ont pas empêché de récidiver, à chaque fois durant le délai d'épreuve, et ce nonobstant la révocation, par deux fois, du sursis antérieur accordé. Si la gravité des premières infractions commises par le recourant était moindre, il en va différemment de celle faisant l'objet de la présente procédure, qui conduit au prononcé d'une peine privative de liberté de 24 mois, sous déduction de la détention subie, assortie du sursis partiel, la peine à exécuter étant fixée à neuf mois, et d'un délai d'épreuve de trois ans. Le risque de récidive est ainsi mis en évidence par ses antécédents et son défaut de prise de conscience. Au vu de ce qui précède, le recourant représente un danger pour la sécurité publique. Concernant l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, on peut relever la longue durée de son séjour dans ce pays (quelques 33 ans), le fait que ses enfants mineurs y vivent, ainsi que ses parents. Cependant, il faut constater que son rôle de père et la présence de ses relations familiales ne l'ont nullement dissuadé de commettre des infractions depuis 2015, alors que ses enfants sont nés en 2007 et 2010. En outre, il ne ressort pas de l'état de fait cantonal que le recourant (qui ne le prétend pas non plus) aurait la garde de fait de ses enfants ni l'autorité parentale, étant précisé qu'il ne fait pas ménage commun avec eux - ceux-ci vivant avec leur mère, avec laquelle il n'est plus en couple -, et qu'il bénéficie d'un droit de visite chaque semaine et contribue financièrement à leurs besoins. A cet égard, le recourant fait valoir que l'expulsion frapperait doublement ses enfants. Il invoque leur droit d'entretenir une relation forte avec leur père, lequel serait violé en cas d'expulsion; il ne pourrait plus assister aux matchs et entraînements de football comme il l'avait toujours fait. De plus, les enfants ne pourraient plus bénéficier de son assistance économique dans les mêmes proportions; la contribution versée serait de l'ordre de 2 x 250 euros (alors qu'elle serait actuellement de 1'540 francs). Les conséquences potentiellement difficiles, personnelles et financières, de l'expulsion du recourant sur ses enfants ne rendent pas encore la mesure disproportionnée au regard des autres éléments pris en compte dans la pesée d'intérêts. S'agissant d'une personne qui présente des antécédents et a été condamnée à une peine privative de liberté assortie du sursis partiel pour une infraction portant atteinte à l'intégrité sexuelle, avec un défaut de prise de conscience à cet égard, les intérêts publics à l'expulsion l'emportent sur l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer en Suisse. L'expulsion est certes susceptible de porter atteinte aux relations entre le recourant et ses enfants, mais rappelons, d'une part, que le recourant ne vit pas avec eux de sorte que l'expulsion ne conduit pas à un éclatement du noyau familial auparavant intact et, d'autre part, que la mesure d'expulsion reste d'une durée limitée. Dans ces conditions, les contacts peuvent être maintenus par l'intermédiaire des moyens de communication modernes, comme le recourant l'a d'ailleurs fait durant sa détention, voire par de brefs séjours dans le pays d'origine du recourant (cf. ATF 144 I 91 consid. 5.1 p. 97 et la référence citée), rendant ainsi possible l'exercice du droit de visite durant les vacances à tout le moins (le fils aîné ayant eu 15 ans en 2022). L'intérêt du recourant à demeurer en Suisse en raison de ses liens familiaux peut ainsi être relativisé. En outre, le recourant ne devrait pas rencontrer trop de difficultés à retrouver un emploi dans son pays d'origine compte tenu de sa formation, pays dans lequel il ne sera pas privé de toute relation familiale et dont il parle la langue. En affirmant que ses chances de réinsertion professionnelles au Portugal seraient extrêmement restreintes et en se prévalent du fait que son intégration serait très difficile, le recourant procède de manière appellatoire. En outre, une situation économique potentiellement plus favorable en Suisse qu'au Portugal n'est pas un motif empêchant l'expulsion (arrêt 6B_1116/2022 du 21 avril 2023 consid. 3.1.1). Dès lors, le montant potentiellement moins élevé de la pension versé à ses enfants au titre de leur entretien ne l'est pas non plus. En définitive, l'expulsion, ordonnée pour une durée de cinq ans, s'avère conforme au principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH.