Citation: U 130/01 22.03.2002 E. 3

3.- a) Le Tribunal administratif a retenu à juste titre, en se fondant sur un rapport d'expertise du 8 septembre 1999 du docteur A.________, spécialiste en médecine interne et rhumatologie, que le recourant était en mesure d'exercer à 50 % une activité adaptée d'ouvrier non qualifié, en position assise ou alternée. Ce rapport répond, en effet à toutes les exigences requises par la jurisprudence pour se voir conférer entière valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3a et 353 consid. 3b/bb). L'appréciation du docteur A.________ n'est d'ailleurs pas contestée par le recourant. La capacité de travail résiduelle de 50 % constitue le point de départ pour déterminer le revenu d'invalide de l'assuré. b) Les premiers juges ont confirmé le bien-fondé du revenu d'invalide de 21 600 fr. par an ou de 1800 fr. par mois fixé par l'intimée sur la base de revenus moyens résultant de cinq descriptions de poste de travail (DPT) adaptés au handicap du recourant, pour une activité exercée à 50 % (conditions salariales 1999). Contrairement à ce que soutient le recourant, les cinq DPT respectent les exigences médicales de la position assise ou alternée, et ne nécessitent pas une activité debout de longue durée. Dans quatre cas, la position debout est mentionnée avec l'adverbe "parfois", dans un cas (travail d'aide-mécanicien chez X.________, DPT n° 1587) avec la désignation "souvent", mais dans cette hypothèse, la position "assise" est également souvent requise, de sorte que l'alternance des positions est respectée. Le recourant invoque sa formation scolaire insuffisante, l'absence d'expérience dans les travaux de précision, l'impossibilité d'alterner les positions pour des motifs de santé, le fait qu'il n'a plus travaillé depuis cinq ans pour demander que le revenu d'invalide de 21 600 fr. soit réduit de 20 %, et ramené à 16 800 fr. ou 1400 fr. par mois. Dès lors que les cinq postes visés par les DPT n'exigent qu'une éducation scolaire élémentaire, des gestes certes précis, mais simples consistant en le montage, l'assemblage et le polissage de pièces, on doit pouvoir exiger du recourant qu'après une courte période d'adaptation, il accomplisse ces travaux de manière satisfaisante, sans qu'une déduction quelconque du revenu d'invalide fixé sur la base des DPT ne soit justifiée. Il s'ensuit que l'intimée était fondée à fixer le revenu raisonnablement exigible à 1800 fr. et à retenir que la comparaison avec le revenu - non contesté - réalisable sans invalidité de 4680 fr. par mois, en 1999, (part du 13ème salaire comprise) laisse apparaître une incapacité de gain voisine de 60 %. Quoi qu'il en soit, le revenu d'invalide et donc le taux d'invalidité retenus par l'intimée doivent être confirmés, pour une autre raison. c) Lorsque l'assuré n'a pas - comme en l'espèce - repris d'activité professionnelle, il y a lieu de se référer aux données statistiques, telles qu'elles résultent des enquêtes sur la structure des salaires de l'Office fédéral de la statistique (ATF 126 V 76 sv. consid. 3b/aa et bb). On se réfère alors à la statistique des salaires bruts standardisés, en se fondant toujours sur la médiane ou valeur centrale. En l'occurrence, compte tenu de l'activité légère de substitution que pourrait exercer le recourant, le salaire de référence est celui auquel peuvent prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives dans le secteur privé, à savoir 4268 fr. par mois, part au 13ème salaire comprise (La Vie économique, 9-2001 p. 85, tabelle B 10.1; niveau de qualification 4). Ce salaire mensuel hypothétique représente, compte tenu du fait que les salaires bruts standardisés se basent sur un horaire de travail de quarante heures, soit une durée hebdomadaire inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 1999 et en 2000 (41,8 heures; La Vie économique, 9-2001 p. 84, tabelle B 9.2) un revenu d'invalide de 4460 fr. par mois (4268 x 41,8 : 40). Comme 2000 est en l'occurrence l'année de référence pour la comparaison des revenus (cf. ATF 121 V 366 consid. 1b), ce montant doit être adapté à l'évolution des salaires des années 1999 (0.3 %) et 2000 (1.3 %), ce qui donne 4532 fr. par mois (cf. La Vie économique, 9-2001 p. 85, tabelle B 10.2). Attendu qu'il est raisonnablement exigible du recourant qu'il exerce à 50 % une activité légère de substitution, le salaire mensuel hypothétique est dès lors de 2266 fr. (ou 27 192 fr. par an). Ce revenu doit toutefois être réduit afin de tenir compte de certains empêchements propres au recourant (nécessité de faire des pauses pour alterner les positions). En l'espèce les circonstances personnelles et professionnelles du cas justifient une réduction du revenu d'invalide qui ne saurait excéder 15 % (comp. RAMA 1998 N° U 320 p. 600 ss). Compte tenu d'une diminution de ce pourcentage, le revenu d'invalide s'élève en définitive à 1926 fr. par mois (ou 23 113 fr. par an.) d) Le revenu réalisable sans invalidité de 4680 fr. par mois en 1999 doit être adapté à l'évolution des salaires entre 1999 et 2000 (1.3 %) et porté à 4740 fr. La comparaison avec le revenu d'invalide résultant des données statistiques applicables en 2000 (1926 fr.) laisse apparaître une incapacité de gain de 59.36 %, proche de celle retenue par l'intimée.