Citation: 6B_273/2020 E. 1.5

1.5. La recourante indique qu'elle aurait su, dès le début de la procédure, avoir versé au total 165'000 fr. à l'avocat de son époux en vue du paiement de la caution, mais prétend qu'elle n'aurait alors pas disposé des pièces susceptibles de le prouver - puisque celles-ci seraient parvenues en sa possession le 28 juillet 2017 seulement - et que cet aspect se serait révélé en contradiction avec "les déclarations de son mari et de son avocat". Pour expliquer l'absence de présentation des faits et preuves évoqués dans le cadre de la procédure d'appel, la recourante rappelle qu'il lui était reproché, à elle et à son époux, "d'avoir menti à plusieurs reprises à leurs différents créanciers", et que le ministère public "ne donnait que peu, voire pas du tout, de crédit aux explications fournies" par les deux intéressés. Elle en conclut qu'elle aurait pu "légitimement craindre que le fait d'invoquer que l'avocat de son mari n'indiquait pas les montants réels qu'elle lui avait versés, puisse notamment compliquer voire saboter sa position dans ce dossier", ou qu'elle "pouvait également légitimement craindre que de telles déclarations auraient pu mettre en danger les chances de succès de la mise en liberté de son mari et affaiblir sa défense". Cette argumentation ne convainc pas. Tout d'abord, la recourante ne peut être suivie lorsqu'elle suggère qu'elle aurait récupéré les pièces produites à l'appui de sa demande de révision trop tard pour faire valoir les éléments en question. Dès lors que l'intéressée a été accusée de s'être approprié une partie des montants qui lui avaient été prêtés par l'intimée en vue de fournir des sûretés au pouvoir judiciaire, on ne voit pas ce qui empêchait la recourante d'indiquer qu'elle aurait en réalité versé 165'000 fr. au total à l'avocat de son époux. Il aurait appartenu au ministère public, voire à l'autorité de jugement, d'apprécier la crédibilité de ces allégations, en administrant si nécessaire les moyens probatoires adéquats. La recourante aurait pu, pour le reste, signaler aux autorités pénales l'existence des pièces grâce auxquelles elle pensait pouvoir étayer sa position, voire produire directement les détails de transactions bancaires concernant le compte de l'avocat de son époux, dont elle se prévaut désormais. La recourante ne s'est donc nullement trouvée dans une situation où elle aurait allégué un fait pour sa défense mais aurait - faute de pouvoir fournir des pièces appuyant son argumentation - vu les autorités pénales retenir une autre version des événements. Elle a au contraire choisi, à titre de tactique de défense, de taire les éléments sur lesquels elle s'appuie aujourd'hui. Reste l'argument de la recourante selon lequel elle n'aurait pu, jusqu'au stade du jugement d'appel, se prévaloir des éléments de fait concernés, sous peine de porter préjudice à sa défense, voire à celle de son époux. On ne comprend toutefois pas comment tel aurait pu être le cas, les explications de la recourante se limitant à quelques vagues suppositions en la matière, contrairement aux réquisits jurisprudentiels sur ce point (cf. consid. 1.2 supra). A l'époque où la recourante cherchait à obtenir la remise en liberté de son époux, rien ne l'obligeait certes à signaler spontanément au ministère public le montant exact des sommes versées à l'avocat de ce dernier, même si l'on ne perçoit pas dans quelle mesure une telle information aurait amenuisé les chances de libération. En revanche, lorsque la recourante s'est trouvée confrontée à l'accusation d'abus de confiance concernant une partie des sommes prêtées par l'intimée, on ne voit pas en quoi l'allégation des éléments prétendument nouveaux aurait pu desservir sa cause, puisque, à lire l'intéressée, ceux-ci l'auraient clairement disculpée. On ne voit pas davantage - et la recourante ne le précise pas - en quoi sa défense aurait pu être affectée par une opposition, sur ce point précis de l'accusation, entre sa version des événements et celle de l'avocat de son époux. Ainsi, la recourante a sciemment tu, au cours de la procédure ordinaire, des éléments de fait, en espérant que cette tactique de défense servirait sa cause ou celle de son époux. Cette tactique ayant échoué - puisque la recourante a été condamnée pour abus de confiance s'agissant d'un montant de 20'000 fr. qui aurait dû être affecté au paiement de sûretés pour la remise en liberté de C.________ -, celle-ci ne peut, sous peine de commettre un abus de droit, tenter de se ménager une nouvelle voie de droit en adoptant désormais une ligne de défense alternative. La cour cantonale pouvait donc, sans violer le droit fédéral, qualifier la demande de révision d'abusive et déclarer celle-ci irrecevable. Partant, point n'est besoin d'examiner l'argumentation subsidiaire développée par l'autorité précédente afin de conclure - de surcroît -au caractère infondé de ladite demande.