Citation: 5A_495/2024 E. 4.5

4.5. Quoi qu'en dise la recourante, la distance géographique entre les domiciles des deux parents est un critère primordial pour décider de l'instauration d'une garde alternée. Cela étant, à teneur de la jurisprudence, si une distance géographique importante entre les domiciles parentaux peut entraver la garde alternée et justifier son refus, un tel mode de prise en charge reste néanmoins envisageable lorsque les parents collaborent et communiquent entre eux dans l'intérêt de l'enfant (cf. ATF 142 III 617 consid. 3.2.3). En l'occurrence, la garde alternée qu'envisage la recourante - en renvoyant à la décision du Tribunal de Móstoles du 7 mars 2022 dont la teneur exacte ne résulte toutefois pas de l'arrêt entrepris (art. 105 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.2) - suppose que les enfants résident à R.________ et que leur père se déplace à intervalles réguliers dans cette ville depuis la Suisse pour y exercer ses prérogatives parentales. Or la décision espagnole dont se prévaut la recourante a été rendue à titre provisoire jusqu'à droit jugé définitif sur la demande de retour des enfants en Suisse et à une époque où C.________ était scolarisé en Espagne, étant rappelé que D.________ n'avait pas encore deux ans. La recourante ne saurait faire fi des circonstances postérieures à cette décision, à savoir que le retour des enfants en Suisse a été ordonné de manière définitive par les autorités espagnoles, que ceux-ci sont revenus en Suisse avec leur père le 4 juin 2022, que les parents et le frère de l'intimé ainsi que la famille de celui-ci vivent également en Suisse, que C.________ est scolarisé depuis la rentrée 2022 dans une école internationale de W.________ (VS), et que D.________ a fréquenté dès septembre 2023 la crèche préscolaire de cette même école à raison de quatre jours par semaine avant le début de sa scolarité obligatoire en septembre 2024. Un déménagement des enfants du Valais à R.________ est à l'évidence de nature à impacter leur suivi scolaire ainsi que les liens familiaux et sociaux qu'ils ont noués en Suisse depuis leur retour début juin 2022. Par ailleurs, un tel changement impliquerait une organisation accrue à l'occasion de la planification de la prise en charge des enfants d'un parent à l'autre à R.________ ainsi que des interactions avec les intervenants scolaires et médicaux autour des enfants sur place, ce qui présuppose la démonstration d'une capacité éprouvée de collaboration des parents. Or, sauf à affirmer péremptoirement, et sur la base de faits ne résultant nullement de l'arrêt attaqué (cf. supra consid. 2.2), que la garde alternée qu'elle propose à R.________ est praticable et avait fonctionné lorsqu'elle avait été ordonnée par le Tribunal de Móstoles en mars 2022, la recourante n'oppose aucun élément au constat dûment étayé de la cour cantonale selon lequel la collaboration entre les parents est loin d'être fluide, respectivement qu'elle n'est pas acquise en l'espèce. Dans ces conditions et au vu des circonstances particulières de l'espèce, c'est sans arbitraire que la cour cantonale a refusé d'instaurer sur mesures provisionnelles une garde alternée à R.________, quand bien même le conflit parental n'apparaît pas particulièrement marqué. La critique doit ainsi être rejetée dans la mesure de sa recevabilité. La recourante se plaint encore du fait que la cour cantonale a donné une portée décisive au critère de la stabilité pour refuser sa demande de garde alternée à R.________ et confier en conséquence la garde exclusive au père. Or force est de constater que la recourante ne discute pas, a fortiori de manière conforme au principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1), les motifs que la cour cantonale a retenus pour confirmer l'avis de la juge de district, soutenu par celui de l'intervenante de l'OPE, selon lequel le critère de la stabilité devait être privilégié en l'espèce, même si les enfants sont encore jeunes et que le noyau qu'ils ont construit en Suisse est relativement récent. Elle ne dit ainsi mot sur le constat du juge cantonal quant à l'effet néfaste sur ceux-ci d'un nouveau déménagement à l'étranger, compte tenu de leur âge et de leur vécu, de surcroît dans le cadre de mesures provisoires. Elle se borne à circonscrire son argumentation, largement appellatoire, sur son "projet de vie" en Espagne, alors que celui-ci n'a été examiné que par surabondance par le juge cantonal pour renforcer ses arguments principaux, suffisants en tant que tels pour refuser l'instauration d'une garde alternée à R.________. On ne voit dès lors pas pourquoi le juge cantonal aurait dû, au motif que la maxime inquisitoire illimitée est applicable, instruire plus avant les allégués de la recourante en lien avec son "projet de vie" à R.________. Insuffisamment motivée, la critique se révèle irrecevable sur ce point. Pour le reste, sauf à les qualifier d'injustes et de déséquilibrées, la recourante ne critique pas de manière argumentée, partant conforme au principe d'allégation susvisé (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1), les modalités du droit de visite qui lui est réservé par la décision querellée. Point n'est donc besoin d'examiner plus avant cette question.