Citation: 6B_1126/2023 E. 6.3

6.3. Au demeurant, la cour cantonale n'a pas méconnu que l'expertise psychiatrique concluait à l'absence de pathologie psychiatrique, respectivement de trouble de la personnalité et, plus généralement, à l'impossibilité d'expliquer par les résultats de l'examen psychopathologique un passage à l'acte violent. Elle n'a pas non plus ignoré que l'analyse du mécanisme de passage à l'acte chez la recourante devait être considérée comme une hypothèse qui ne valait que dans le cas où celle-ci était reconnue coupable des faits qui lui étaient reprochés. Preuve en est que la cour cantonale ne prend pas appui sur le contenu de l'expertise pour asseoir sa conviction quant à l'implication de la recourante. Cependant, dès lors que celle-ci déduit de l'expertise du 3 décembre 2019 qu'elle était incapable d'avoir commis les faits reprochés, la cour cantonale était fondée à observer que le mode opératoire brutal utilisé, aussi inimaginable soit-il, pouvait être mis en lien avec le déferlement de colère ou de rage impulsive envisagé par l'expert, conjugué avec tout l'agacement que la recourante éprouvait pour la fille de son compagnon. Dans ce contexte, les caractéristiques que les témoins ont attribuées à la recourante ("douce", "calme", "joyeuse", "franche", "qui a le respect de l'autorité", "distante", "molle" et "sans motivation") ne sauraient suffire à faire douter de l'hypothèse développée par l'expert afin d'expliquer le passage à l'acte, étant encore ajouté que la recourante omet opportunément les descriptifs qui ne servent pas sa cause (ainsi: "froide et détachée", "sans émotions ou qui ne les montre pas", "renfermée", "qui ne montre pas d'empathie"; cf. arrêt entrepris, consid. 1.3.2). Enfin, la cour cantonale a relevé sans arbitraire que D.________ n'avait que deux ans et demi et pesait onze kilos, présentant ainsi une immense vulnérabilité physique face à la recourante. En ce qui concerne le comportement de la recourante après les faits, qui apparaît particulièrement dénué d'affect, la cour cantonale a considéré qu'il pouvait être mis en lien non seulement avec le manque d'empathie de la recourante et le fait qu'elle n'était pas démonstrative de ses émotions et sentiments, mais aussi avec sa volonté de faire passer son crime pour un accident. Cette appréciation n'a rien d'insoutenable, étant ajouté que les hypothèses envisagées par l'expert, soit un positionnement conscient de refus du fait d'avoir pu commettre un tel acte, respectivement un déni (cf. En fait, section B.i supra), permettent d'envisager comment la recourante a pu se comporter normalement après avoir commis un acte aussi atroce. Du reste, le comportement de la recourante choque, en toute hypothèse, par sa froideur et son égocentrisme. Ainsi, comme l'a relevé la cour cantonale, la recourante a cruellement manqué d'empathie pour son compagnon qui venait de perdre son enfant. Selon un exemple parmi beaucoup d'autres, lors d'une soirée entre amis quelques jours après l'enterrement de D.________, alors que C.________ consultait à cette occasion des photos de sa fille sur son téléphone, la recourante lui a lancé: "C'est bon, tu vas pas encore regarder ces photos pendant je sais pas combien de temps!".