Citation: 5A_276/2019 E. 6.2

6.2. En l'espèce, la cour cantonale a considéré qu'il n'était pas rendu vraisemblable que les époux entretenaient le train de vie dispendieux allégué par l'appelante. Selon les déclarations concordantes des parties, le mari prenait en charge tous les frais du ménage durant la vie commune. L'épouse avait pour sa part constamment déclaré qu'elle n'avait réalisé aucune économie, finançant les séjours linguistiques des enfants et effectuant des donations. Elle n'utilisait pas ses revenus pour son propre entretien, hormis sa participation aux frais des vacances, disposant ainsi librement de ses propres ressources qu'elle dépensait à sa guise. Par conséquent, le maintien du train de vie de l'appelante impliquait qu'elle puisse continuer à bénéficier d'un disponible similaire. Il convenait toutefois de tenir compte du fait que la création de deux ménages séparés avait engendré une augmentation des charges totales du couple et qu'il se justifiait que l'épouse prenne à sa charge la moitié de cette augmentation, chacun des conjoints devant voir son train de vie réduit en raison de ces nouvelles charges. Depuis que l'appelante s'était créée un domicile séparé, ses charges s'élevaient à 5'198 fr., comprenant le loyer (1'425 fr.), le parking (100 fr.), les primes d'assurance-maladie (745 fr.), les frais médicaux non couverts (172 fr.), la prime d'assurance RC/ménage (31 fr.), sa part privée de frais de véhicule (150 fr.), les acomptes d'impôts (estimés à 1'200 fr.), les frais de vacances (175 fr., soit 4'200 fr. en moyenne pour le couple entre 2010 et 2014) et son entretien de base selon les normes du droit des poursuites (1'200 fr. au lieu de 850 fr. [1'700 fr. : 2] durant la vie commune). Dès lors, la création de deux ménages distincts avait entraîné pour les parties une augmentation de leurs charges de 2'256 fr., comprenant le loyer de l'épouse, frais de parking compris (1'525 fr.), la prime d'assurance RC/ménage (31 fr.) et l'entretien de base du droit des poursuites (700 fr. soit 2 x 1'200 fr. - 1'700 fr.) Compte tenu du fait que l'épouse prenait déjà elle-même en charge sa participation aux frais de vacances (175 fr.) et qu'il y avait lieu de la faire participer pour moitié aux frais engendrés par la création de deux foyers séparés (1'128 fr.), elle avait besoin d'une somme de 3'895 fr. (5'198 fr. - 175 fr. - 1'128 fr.) pour conserver son train de vie antérieur. Comme elle avait limité ses prétentions au versement d'une contribution d'entretien à 3'000 fr. par mois, il serait fait droit à ses conclusions.