Citation: 7B_121/2023 E. B

Par arrêt du 25 janvier 2023, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton de Genève a très partiellement admis l'appel formé par A.________ contre ce jugement en ce sens qu'elle a réduit l'amende à 900 fr. Elle a confirmé le jugement de première instance pour le surplus. En résumé, il ressort de cet arrêt ce qui suit. B.a. Le 12 septembre 2018, une vidéo pornographique illégale montrant la pénétration du vagin d'une enfant par un pénis d'adulte a été partagée sur Facebook via le compte "ttt". Après avoir bloqué le compte en question, la plateforme a dénoncé le cas au National Center for Missing and Exploited Children américain (NCMEC). Celui-ci a saisi l'Office fédéral de la police (ci-après: Fedpol) pour l'informer que l'utilisateur du compte Facebook "ttt" correspondant à l'adresse de messagerie "vvv" et au raccordement www était fortement soupçonné de distribuer de la pornographie mettant en scène des actes sexuels impliquant des enfants, par le biais de son adresse IP xxx. Cet utilisateur a été identifié par la suite comme étant A.________, né en 1985, domicilié à Genève; les faits ont été dénoncés par Fedpol aux autorités pénales genevoises. B.b. Avec la collaboration de A.________, la Brigade de criminalité informatique a accédé à l'espace de stockage sur le Cloud de l'intéressé et a vérifié le contenu des téléphones de celui-ci depuis 2017. Elle a établi un rapport le 1er octobre 2019. Il en ressortait notamment que la vidéo dénoncée avait effectivement été transmise depuis un compte Facebook appartenant à A.________ alors qu'il était connecté à une adresse IP lui étant attribuée. Cette vidéo avait été envoyée à son contact sur Facebook enregistré comme étant B.________, née en 1979, titulaire de l'adresse de messagerie "yyy" et du raccordement téléphonique sss, domiciliée à U.________. Aucun autre élément probant n'était ressorti de cette mesure. B.c. Entendu au cours de la procédure préliminaire, A.________ a déclaré en substance qu'il était bien l'utilisateur du raccordement téléphonique relevé et du compte Facebook "ttt" lié à l'adresse de sa messagerie électronique vvv", qu'il était le seul à utiliser. Il était également titulaire de la messagerie électronique "zzz". En septembre 2018, il vivait seul et disposait d'un abonnement Sunrise pour le wifi et Swisscom pour son téléphone mobile. Il ne connaissait pas de B.________, ni ne se souvenait de tous les contacts qu'il avait sur Facebook. S'il lui arrivait de visionner un petit peu de pornographie classique, il n'était pas intéressé par la pédophilie; il était choqué par la situation. Il lui était arrivé de fournir le code wifi de son domicile à des amis lui rendant visite. Il n'avait pris aucune mesure afin de protéger son mot de passe sur les réseaux sociaux, faute de maîtriser l'informatique. Il contestait avoir partagé la vidéo illicite. B.d. Entendue également par la police, B.________ a admis être titulaire du raccordement et de l'adresse de messagerie relevés. Elle possédait deux comptes Facebook actifs répondant aux noms d'utilisateur "C.________" et "D.________", le second ayant été créé en raison de la perte du mot de passe du premier, récupéré par la suite. Elle a admis connaître A.________ depuis plusieurs années et l'a formellement reconnu; elle communiquait avec lui par périodes, la dernière fois une semaine avant son audition par la police. Elle n'avait pas le souvenir d'avoir reçu de l'intéressé une vidéo pédopornographique et n'avait jamais vu les images qui lui avaient été présentées, précisant qu'au vu du nombre de contacts sur Facebook, elle recevait plusieurs messages et vidéos qu'elle ne prenait parfois pas la peine de consulter. Elle effaçait par ailleurs régulièrement le contenu de sa messagerie, ses comptes Facebook ayant été piratés à plusieurs reprises. Il était également possible qu'elle ait reçu la vidéo litigieuse à l'époque où elle n'avait plus accès au compte "C.________".