Citation: 4A_10/2022 E. A

A.a. A.________, ancien athlète russe de niveau international, est un spécialiste de la discipline du saut en hauteur. Il a notamment remporté plusieurs médailles lors de diverses éditions des Championnats d'Europe d'athlétisme en salle. Il a mis un terme à sa carrière sportive en 2017. World Athletics (anciennement: International Association of Athletics Federations), association ayant son siège à Monaco, est l'instance dirigeante de l'athlétisme au niveau mondial. Russian Athletics Federation (ci-après: RAF) est la fédération russe d'athlétisme; son siège est à Moscou. A.b. A la demande de l'Agence Mondiale Antidopage, le Professeur Richard H. McLaren a été chargé de mener une enquête indépendante sur les allégations du Dr Rodchenkov, ancien directeur du Laboratoire de Moscou, quant à l'existence d'un plan de dopage généralisé impliquant les athlètes russes. Dans ses rapports datés des 16 juillet et 9 décembre 2016, le Prof. McLaren est arrivé à la conclusion que le Laboratoire de Moscou opérait, pour la protection des athlètes russes dopés, avec le concours des autorités étatiques russes, dans le cadre d'un système désigné sous l'appellation de Méthodologie de Dissimulation Positive (" Disappearing Positive s Methodology "). Selon lui, des programmes, intitulés "W ashout Testing ", auraient été menés avant certains événements sportifs majeurs tels les Jeux Olympiques de Londres 2012 ou les Championnats du monde d'athlétisme de Moscou 2013 pour déterminer si un athlète participant à un programme de dopage était susceptible d'être contrôlé positif, ce qui impliquait de prélever des échantillons, à intervalles réguliers, afin de surveiller l'évolution des quantités de substances interdites dans l'organisme de l'athlète concerné, de manière à ce que celui-ci ne fasse pas l'objet d'un contrôle positif en compétition. Le Laboratoire de Moscou a donc élaboré des documents, désignés sous le nom de " Moscow Washout Schedules ", contrôlés et mis à jour régulièrement par le Dr Rodchenkov, pour assurer le suivi des athlètes soumis à de tels programmes. Le Prof. McLaren a aussi expliqué que le Laboratoire de Moscou avait usé d'un système d'échange d'échantillons consistant en la mise à disposition des athlètes russes d'une banque d'urine leur permettant d'y stocker par avance des échantillons d'urine propre, fournis par eux, qui seraient échangés le jour du contrôle venu avec les échantillons contenant des substances interdites en ouvrant les flacons scellés à l'aide d'un outil prévu à cet effet. A.c. A la suite de la publication du second rapport du Prof. McLaren, de nombreux athlètes russes ont été identifiés et suspectés d'avoir bénéficié du programme de dopage décrit ci-dessus. A.________ (ci-après: l'athlète) était l'un d'entre eux. Le 24 novembre 2017, l'Unité d'intégrité de l'athlétisme a reproché à l'athlète - lequel n'a jamais fait l'objet d'un contrôle antidopage positif au cours de sa carrière - de s'être dopé, ce que l'intéressé a contesté quelques jours plus tard.