Citation: 6B_4/2020 E. 3.2

3.2. Le recourant objecte, en reprochant à la cour cantonale d'avoir omis de constater des faits déterminants, que A.________ jouissait d'une position centrale à aaa, qu'elle aurait recruté les prostituées, que tel aurait aussi été le cas de E.________ le 26 mars 2016 et qu'il était déjà convenu auparavant que E.________ viendrait travailler là. A.________ avait aussi facilité les démarches de E.________ dès avril 2016 pour l'obtention du permis B dans le cadre de l'activité de prostituée de cette dernière. Le recourant en conclut que A.________ n'avait pas fourni un logement " après avoir été mise devant le fait accompli ". A l'appui de ce raisonnement, le recourant allègue encore, avec des références à de très nombreuses pièces du dossier, que A.________ exerçait non seulement la profession de barmaid mais aussi celle de " recruteuse " pour l'exploitant de aaa, qui s'en remettait totalement à elle pour cela. A.________ trouvait ainsi des filles pour " remplir les chambres " et percevait à ce titre un bonus de quelques centaines de francs tous les deux ou trois mois. Elle était reconnue dans ce rôle tant par B.________ que par les filles, qui s'adressaient à elle pour avoir l'assurance qu'une chambre leur serait réservée à leur retour après une absence. Elle encaissait le loyer des chambres auprès des prostituées, ce qui augmentait son pouvoir sur elles. Elle décidait en toute autonomie de qui venait ou non travailler à aaa et pouvait aussi renvoyer les prostituées. Elle exerçait, par ailleurs, une activité de médiatrice pour l'organisation N.________, qui " lutte contre la traite d'êtres humains et pour la reconnaissance des droits et de la dignité des personnes exerçant le travail du sexe comme une profession " et offre, dans ce cadre, son soutien pour les formalités administratives en lien avec l'obtention d'un permis B. Selon le recourant, le tribunal de première instance et, à sa suite, la cour cantonale auraient attribué à certaines conversations un sens qu'elles n'avaient pas, ainsi en particulier en retenant que A.________ aurait conseillé à E.________ de déposer plainte contre son mari H.________, alors qu'il ressortait d'autres pièces du dossier que cette conversation portait, en réalité, sur le viol de E.________ par un client la nuit précédente. Par ailleurs, si A.________ avait exprimé dans une conversation du 20 octobre 2020 qu'elle préférait que E.________ ne revienne pas à aaa, c'est elle qui avait demandé à son employeur de faire l'annonce au SPoMi pour E.________ et elle aurait encore fait des démarches en vue de l'obtention par cette dernière d'un permis B le 5 octobre 2016, soit 6 jours avant une conversation du 11 octobre 2016. Le recourant soutient aussi que A.________ n'aurait manifesté qu' a posteriori des réticences à faire revenir E.________ et que cela s'expliquait par la situation révélée par l'agression sexuelle subie par cette dernière en septembre 2016. Par ailleurs, A.________ avait expliqué dans une conversation du 10 octobre 2016 à B.________ et C.________ que leur implication dans la situation de E.________ " [...] s'appelle encouragement à la prostitution ". De plus, A.________ aurait caché la situation de E.________ à l'association ainsi qu'à son employeur. Enfin, le recourant conteste, toujours en se référant à de nombreuses pièces du dossier, qu'il ne fût pas établi à satisfaction de droit que E.________ donnait de l'argent à A.________ pour rester à aaa. Il relève que E.________ avait dit: " je t'ai donné de l'argent pas pour que tu me pardonnes ". A.________ avait admis avoir reçu 200 fr., lorsque E.________ avait obtenu son permis B et H.________ avait déclaré que E.________ lui donnait 100 à 200 fr. par mois. Il ressortait aussi de conversations de A.________ avec sa soeur, d'une part, et avec B.________, d'autre part, qu'elle percevait de l'argent et que E.________ lui en donnait.