Citation: 8C_181/2020 E. 4.4

4.4. En résumé, on se trouve en présence d'appréciations médicales probantes émanant d'une part d'experts mandatés dans une procédure selon l'art. 44 LPGA, et d'autre part du médecin-conseil de la recourante, qui aboutissent à des conclusions diamétralement opposées. Par ailleurs, l'expertise du CEMEDEX ayant été mise en oeuvre dans le cadre d'une procédure d'assurance-invalidité, toutes les atteintes ont été prises en compte dans l'évaluation de la capacité de travail, indépendamment de leur étiologie. S'agissant en particulier de l'oligoarthrite, dont les experts estiment qu'elle est de nature invalidante, ils n'ont pas pu dire s'il s'agissait d'une arthrite de Lyme, qui serait liée à la neuroborréliose. Dans ces conditions, les juges cantonaux ne pouvaient pas statuer sur le recours de l'intimé en se ralliant aux conclusions des experts du CEMEDEX. Au vu notamment de l'appréciation du docteur D.________, il existe en effet des indices concrets permettant de douter de leur bien-fondé. Conformément à la jurisprudence (cf. consid. 3.2 supra), cela justifie de renvoyer la cause aux juges cantonaux pour qu'ils ordonnent une expertise judiciaire pluridisciplinaire (rhumatologie, neurologie et neuropsychologie) afin de déterminer la capacité de travail de l'intimé dans son ancienne activité de maçon et dans une activité adaptée compte tenu des séquelles de la morsure de tique. Dans la mesure du possible, les experts répondront au préalable à la question de savoir si les troubles aux genoux doivent également être attribués, au degré de la vraisemblance prépondérante, à la neuroborréliose. Enfin, il conviendra aussi de faire examiner par les experts judiciaires s'il existe une atteinte à l'intégrité au sens de l'art. 24 LAA. Après quoi, les juges cantonaux rendront un nouveau jugement. Dans cette mesure, le recours se révèle bien fondé.