Citation: U 160/99 22.09.2000 E. 2

2.- a) Le recourant fait grief aux premiers juges d'avoir violé son droit d'être entendu, dans la mesure où il n'a pas eu la possibilité de se déterminer sur l'avis du docteur P.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, du 14 janvier 1999, mis en oeuvre dans le cadre des enquêtes de l'AI et dont le rapport d'expertise a été versé au dossier en instance cantonale. b) La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu, en particulier, le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d'avoir accès au dossier, celui de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 124 I 51 consid. 3a, 242 consid. 2, 124 II 137 consid. 2b, 124 V 181 consid. 1a, 375 consid. 3b et les références). Une condition nécessaire du droit de consulter le dossier est que l'autorité, lorsqu'elle verse au dossier de nouvelles pièces dont elle entend se prévaloir dans son jugement, soit tenue d'en aviser les parties (ATF 124 II 137 consid. 2b, 114 Ia 100 consid. 2c et les références). Encore qu'elle ne soit pas obligée de les renseigner sur chaque production de pièces, car il suffit qu'elle tienne le dossier à leur disposition (ATF 112 Ia 202 consid. 2a et les références; RCC 1991 p. 107 consid. 4a). Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel, dont la violation doit entraîner l'annulation de la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recourant sur le fond (ATF 124 V 183 consid. 4a, 122 II 469 consid. 4a et les arrêts cités). c) Quoi qu'en disent les premiers juges et l'intimée, il est sans incidence pour la solution du litige que le recourant ait eu la possibilité de se déterminer sur le rapport du docteur P.________ au cours d'une autre procédure, en l'occurrence celle qui l'oppose à l'AI. Par ailleurs, le recourant avait expressément invité la juridiction cantonale à lui soumettre le rapport précité, avant de statuer, ce qu'elle n'a pas fait. Il n'a donc pas pu défendre pleinement ses droits dans l'affaire qui l'oppose à la CNA. La violation de son droit d'être entendu est patente, de sorte que le jugement attaqué doit être annulé pour ce motif déjà (à ce sujet, voir aussi ATF 125 V 332 et RAMA 1999 n° U 350 p. 480).