Citation: I 45/01 09.08.2001 E. 3

3.- a) Les premiers juges ont considéré, en se fondant sur les sept rapports des spécialistes en psychiatrie de la Fondation X.________ que, même si les traits de caractère relevés par ces médecins se sont accentués, il n'y a aucune contre-indication formelle à l'exercice d'une quelconque profession, sinon les limites propres du caractère de l'assuré, soit une grande fragilité narcissique à l'échec et à la critique (traits paranoïdes), ainsi que les problèmes psychosociaux, qui remontent à son arrivée en Suisse, en 1992, à la non-reconnaissance de son diplôme d'électricien, au divorce, à la solitude, à la perte de permis de séjour et à la consommation d'alcool. La juridiction cantonale en a conclu que le recourant ne présente pas une pathologie psychiatrique grave, mais des troubles de l'adaptation avec réaction mixte anxio-dépressive sur personnalité paranoïaque. Elle a retenu que l'absence d'un diagnostic psychiatrique clairement posé ne permet pas d'établir une atteinte à la santé invalidante au sens de l'assurance-invalidité. b) Cette conclusion n'est pas critiquable. En effet, selon les premiers diagnostics posés par les psychiatres de la Fondation X.________, en août 1996 et juillet 1997, le recourant présente des troubles de l'adaptation avec prédominance de la perturbation d'autres émotions (F43. 23), chez une personnalité dissociale, d'abord (F60. 2), puis chez un patient présentant des troubles mixtes de la personnalité (traits paranoïaques et antisociaux F61. 0). En 1998 et 1999, ces praticiens ont complété ce tableau en diagnostiquant des troubles de l'adaptation avec réaction mixte anxieuse et dépressive (F43. 22), une personnalité paranoïaque (F60. 0), des troubles mentaux et du comportement liés à la consommation d'alcool (F10. 26), une intoxication aiguë sans complication (F10. 00) et des lésions auto-infligées par utilisation d'objets tranchants (X.78). En outre ces médecins ont aussi mentionné une consommation épisodique de dérivés de cannabis (F12. 26), ainsi que de sédatifs et d'hypnotiques (F13. 26). Dans leur rapport du 14 août 1998, les médecins de la Fondation X.________ ont précisé que le malaise provient essentiellement de la perte par le recourant de son permis de travail, de l'avis d'expulsion du canton de Vaud et de la résiliation de son contrat de travail (pour abandon de poste) par son employeur. De surcroît, à plusieurs reprises, les psychiatres de la Fondation X.________ ont fait état de comportements mensongers et manipulateurs de la part du recourant, ainsi que de l'absence de collaboration et de demande d'aide. A cet égard, leur dernier rapport (du 12 février 1999) fait ressortir que la relation d'aide se trouve rapidement pervertie par toute une série de comportements manipulateurs et de mensonges enlevant tout sens à une véritable approche thérapeutique. Basées sur une observation clinique attentive du recourant au cours de sept séjours hospitaliers, ainsi que sur les plaintes exprimées par celui-ci et, établies en pleine connaissance de l'anamnèse, les conclusions des psychiatres de la Fondation X.________ remplissent toutes les exigences requises pour se voir reconnaître pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3a et 353 sv. consid. 3b/ee et les références). Ces conclusions rejoignent d'ailleurs pour l'essentiel celles du médecin-conseil de l'OAI, pour lequel le recourant ne souffre pas de maladie, mais de troubles réactifs à des facteurs extérieurs (rapport du 27 septembre 1999). Le point de vue du médecin traitant, le docteur A.________ - selon lequel les troubles de l'adaptation majeurs chez une personne paranoïaque grave qu'il a diagnostiqués chez son patient justifient l'octroi d'une rente d'invalidité fondée sur un taux d'invalidité de 100% - n'est pas de nature à faire douter du bien-fondé des conclusions des médecins de la Fondation X.________. En effet, contrairement à ces derniers praticiens, le docteur A.________ n'est pas un spécialiste en psychiatrie. Par ailleurs, le juge doit tenir compte du fait que le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc et les références). Dans ces circonstances, force est d'admettre que le recourant ne présente pas une atteinte à la santé invalidante au sens de la jurisprudence citée au consid. 2b ci-dessus, de sorte que c'est à juste titre que les premiers juges ont nié son droit à des prestations de l'assurance-invalidité. Le recours est dès lors mal fondé.