Citation: 6S.165/2005 05.07.2005 E. 1

2.1 Bien qu'elle soit de manière prépondérante une mesure servant à la protection de la sécurité publique, l'expulsion est aussi une peine accessoire réprimant une infraction. Elle doit donc être fixée en tenant compte non seulement du but de sécurité publique qu'elle remplit mais aussi des critères qui régissent la fixation d'une peine, soit d'après la culpabilité du délinquant, eu égard aux mobiles, aux antécédents et à la situation personnelle de celui-ci. Le juge dispose à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que la Cour de cassation n'intervient que s'il s'est fondé sur des critères non pertinents ou s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation en prenant une décision exagérément sévère ou clémente (ATF 123 IV 107 consid. 1 p. 108 s.). S'agissant du sursis à l'expulsion, il dépend exclusivement du pronostic relatif au comportement futur du condamné en Suisse. Les éléments à prendre en considération pour poser ce pronostic ont été exposés dans l'ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 111 s., auquel on peut se référer. Il doit toutefois être rappelé que les chances de resocialisation ne jouent ici pas de rôle (ATF 123 IV 107 consid. 4 p. 111; 119 IV 195 consid. 3b et 3c p. 198 et la jurisprudence citée). Pour le surplus, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que sa décision ne sera annulée que si elle apparaît exagérément sévère ou clémente au point qu'on puisse lui reprocher d'en avoir abusé (ATF 119 IV 195 consid. 3b p. 198; 117 IV 3 consid. 2b p. 5 et la jurisprudence citée). 2.2 Des faits retenus, il résulte que le recourant, après sa scolarité obligatoire, a quitté son pays d'origine pour émigrer en France. Dans ce pays, il a été condamné à neuf reprises entre 1982 et 2001, pour de multiples infractions, dont des escroqueries. Arrivé en Suisse en novembre 2001, il a commencé très rapidement à y commettre des infractions, puisque les premiers agissements qui lui sont reprochés remontent au mois de décembre 2001 déjà. L'état de fait de première instance, dont la cour cantonale ne s'est pas écartée, révèle par ailleurs une personnalité séductrice et fourbe. De l'arrêt attaqué, il résulte au demeurant que les déclarations qu'il a faites au cours de l'enquête n'ont été qu'un tissu de mensonges, qui lui a fait perdre toute crédibilité. En Suisse, où il a déposé une requête d'asile qui a été rejetée en première instance, il n'a, hormis quelques activités juridiques, pas eu d'occupation régulière, étant entretenu par la FAREAS. Si ce n'est avec ses victimes et pour les exploiter, il n'a pratiquement pas noué de liens dans le pays. Les infractions qui lui sont reprochées sont au demeurant loin d'être légères. Dans ces conditions, le prononcé de son expulsion, dont la durée n'est pas ou du moins plus remise en cause, ne viole en rien le droit fédéral. Pour le contester, le recourant se borne d'ailleurs à alléguer, manifestement à tort, qu'on ne peut en définitive guère lui reprocher que des délits relativement mineurs. 2.3 Compte tenu des antécédents du recourant, de la pluralité des infractions qui lui sont reprochées ainsi que de son absence totale de prise de conscience de ses actes - telle qu'elle résulte notamment de son comportement durant la procédure - et de tout lien particulier avec la Suisse, la possibilité d'un pronostic favorable quant à son comportement futur pouvait être niée sans aucun abus du pouvoir d'appréciation. Que le recourant, comme il se borne à le faire valoir, ait déposé une demande d'asile en Suisse, qui a d'ailleurs été écartée en première instance, n'est pas propre à l'infirmer. Le refus des juges cantonaux d'assortir l'expulsion du sursis n'est dès lors en rien contraire au droit fédéral.