Citation: 4A_152/2022 E. 4.3

4.3. La recourante argue, d'une part, qu'elle ne comprend pas ce que la cour cantonale a voulu dire par " cause dépendante de sa situation personnelle ". La motivation de l'arrêt entrepris est selon elle incomplète sur ce point, ce qui ne permettrait pas de déterminer en quoi sa " propre organisation " ne constituerait pas un motif de suspension de la prescription. D'autre part, elle avance que le dossier aurait révélé qu'une majorité ne pouvait être dégagée au sein de l'assemblée générale pour contraindre les administrateurs de l'époque à agir à leur propre encontre. En tout état de cause, elle allègue que la société elle-même ne pouvait pas agir, dès lors que les auteurs du prétendu dommage composaient le conseil d'administration. Selon la recourante, la cour cantonale a, à tort, omis d'apprécier la possibilité d'action intentée par l'assemblée générale ou par un actionnaire d'une façon concrète, soit en rendant vraisemblable que l'actionnaire connaissait le dommage dans l'ensemble de ses composants et que le devoir d'agir devait raisonnablement lui être opposé. En particulier, la recourante invoque que c'est en se fondant sur une appréciation manifestement incorrecte des faits sur deux points que la cour cantonale a jugé qu'elle pouvait agir en justice au travers de son assemblée générale ou de tout actionnaire. Premièrement, l'administratrice aurait disposé, avec son époux, de 50 % des actions et d'une " voix de vote privilégiée en sa qualité de présidente du conseil d'administration ", de sorte que tous les votes lors des assemblées générales qui allaient à l'encontre de la position de la famille de l'administratrice auraient été systématiquement stoppés. Secondement, il ressortirait de la procédure que G.________ était hospitalisé dès juillet 2006 et qu'aucun élément relatif à la société exploitante ne figurait dans les comptes de la société, de sorte qu'il lui était impossible de connaître le préjudice.