Citation: 4A_144/2023 E. 1

On peut d'emblée légitimement s'interroger sur le point de savoir si les critiques formulées par les recourants sont recevables. Il ressort en effet du passage de la sentence attaquée consacré à l'examen de la compétence du Tribunal arbitral à l'égard des recourants que les arbitres ont considéré, à la majorité, que les intéressés avaient "manifesté leur volonté réelle" d'être liés par les clauses d'arbitrage litigieuses (sentence, n. 714). Or, la constatation de la réelle intention des parties relève du domaine des faits et lie, partant, le Tribunal fédéral (ATF 132 III 626 consid. 3.1; 131 III 606 consid. 4.1). Aussi bien, en argumentant comme ils le font, les recourants s'en prennent au résultat de l'interprétation subjective effectuée par le Tribunal arbitral, point qui échappe en principe à la connaissance du Tribunal fédéral. Quoi qu'il en soit, même à supposer que l'argumentation développée par les recourants soit recevable, la solution retenue par le Tribunal arbitral résiste aux critiques dont elle est la cible. Il ressort, en effet, des constatations de fait qui lient la Cour de céans que les recourants ont pris une part active aux discussions relatives au remboursement des prêts litigieux et qu'ils se sont même opposés à ce que les biens immobiliers, acquis grâce aux fonds en question, qu'ils occupaient avec leur famille, soient vendus pour permettre le remboursement desdits prêts. Sur la base des éléments factuels mis en exergue dans la sentence, le comportement adopté par les intéressés - et singulièrement le rôle joué par eux dans les discussions relatives au remboursement des prêts litigieux - pouvait objectivement s'interpréter comme l'expression de leur volonté d'être liés par les clauses d'arbitrage insérées dans les contrats de prêt litigieux. Les arguments avancés par les recourants dans leurs écritures, soigneusement contredits par leurs adversaires, ne modifient en rien cette conclusion.