Citation: 1B_302/2020 E. C

C.a. Les 6, 7, 9, 10 janvier et 6 avril 2020, le Ministère public a déposé différentes demandes d'entraide internationale en matière pénale priant les autorités espagnoles, françaises, allemandes et néerlandaises de bien vouloir valider ou faire valider les données - conversations et/ou localisations - enregistrées dans leur pays à différentes dates grâce à la pose en Suisse d'une balise GPS et d'un microphone dans les véhicules Peugeot [...], immatriculés en Suisse (VD xxx), mesures qui avaient été ordonnées et autorisées en Suisse. Les décisions suivantes ont été obtenues : - le 31 janvier 2020, les autorités néerlandaises ont autorisé l'utilisation des données de localisation recueillies aux Pays-Bas entre le 16 et le 17 août 2017; - le 11 mars 2020, les autorités allemandes ont autorisé l'utilisation des données de localisation récoltées sur leur sol entre le 21 juin et le 2 décembre 2017, mais ont refusé l'exploitation des conversations; - le 1er avril 2020, les autorités espagnoles ont autorisé l'utilisation des données de localisation et des conversations recueillies sur leur territoire entre le 21 juin et le 21 septembre 2017; - le 6 avril 2020, les autorités françaises ont autorisé l'utilisation des données de localisation et des conversations recueillies sur leur sol entre le 21 juin 2017 et le 3 janvier 2018; - le 8 avril 2020, les autorités espagnoles ont autorisé l'utilisation des conversations recueillies en Espagne entre le 19 septembre 2017 et le 19 janvier 2018, respectivement ont étendu l'autorisation d'utilisation des données de localisation recueillies sur leur territoire entre le 6 et le 30 octobre 2017. C.b. Par ordonnance du 24 avril 2020, le Ministère public a déclaré exploitables (1) les données de localisation et les conversations recueillies en France et en Espagne, ainsi que (2) les données de localisation recueillies aux Pays-Bas et en Allemagne; vu la validation a posteriori reçues des autorités de ces pays, ces moyens de preuve pouvaient en conséquence être maintenus au dossier. Le Procureur a ensuite retenu que, dans la mesure de leur existence, les données qui avaient été recueillies au Kosovo et en Albanie étaient inexploitables. Il a encore constaté l'inexploitabilité des conversations recueillies en Allemagne - dont celles nos yy et xx - qui devaient donc être retranchées du dossier; les questions "D.aa et D.bb" du procès-verbal d'audition de B.________ du 13 juin 2019, les réponses et les transcriptions de ces conversations, ainsi que leurs mentions dans le rapport final de la police du 14 novembre 2019 étaient par conséquent caviardées. Selon le Ministère public, aucune preuve dérivée ne découlait de ces deux conversations. C.c. Le 15 mai 2020, la Chambre des recours pénale a rejeté les recours formés par A.________, B.________ et C.________ contre cette ordonnance. En substance, cette autorité a considéré que le renvoi opéré dans l'arrêt 1B_164/2019 n'empêchait pas l'obtention d'autorisations a posteriori par le Ministère public de la part des pays dans lesquels des données avaient été récoltées (cf. notamment consid. 3.2, 4.2, 5.3 et 6.3); eu égard au principe de réciprocité, les autorités suisses ne seraient pas tenues de refuser une autorisation d'exploiter des enregistrements ou des données de localisation du seul fait qu'aucune demande préalable n'a été déposée ou que les mesures de surveillance mises en place par l'État étranger requérant lui permettraient d'écouter en temps réel les conversations enregistrées (cf. consid. 7.2). Selon la cour cantonale, le Ministère public avait déterminé les lieux d'enregistrement litigieux, avait obtenu le consentement des autorités espagnoles, françaises, néerlandaises et allemandes pour exploiter, tout ou en partie, les données récoltées sur leur territoire et pouvait donc les maintenir au dossier, ainsi que les exploiter à titre de moyen de preuve, sans qu'il soit nécessaire de rechercher plus précisément ce que prévoient les traités et les règles de droit international public applicables entre la Suisse et le pays concerné (cf. consid. 11.1). Les Juges cantonaux ont encore écarté la violation du droit d'être entendu - sous l'angle du droit de participer à l'administration des preuves -, la violation du principe de présomption d'innocence et l'incompétence des autorités étrangères ayant approuvé les mesures de surveillance soulevées par B.________ (cf. consid. 8.2, 9.2 et 10.2).