Citation: 1B_211/2023 E. 2.3

2.3. Il ressort de l'arrêt attaqué (cf. p. 2) que selon les précisions obtenues par le Ministère public auprès de l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM), le recourant est démuni de documents d'identité et n'est pas formellement identifié, de sorte qu'aucune décision n'a été prise depuis le prononcé d'expulsion. L'arrêt entrepris précise en outre qu'une demande de soutien en vue d'exécuter l'expulsion du recourant sera présentée au Secrétariat d'Etat aux Migrations. La Chambre pénale de recours relève à cet égard que le recourant ne conteste pas que son identité et sa nationalité ne sont pas formellement établies pour l'autorité d'exécution, respectivement que son casier judiciaire révèle quatre alias. Il ajoute qu'il ne voit pas ce que, depuis le prononcé de l'expulsion, l'OCPM aurait pu et dû tenter auprès de la représentation d'Algérie en Suisse en vue de son renvoi vers un pays tiers au sens de la Directive sur le retour. En l'occurrence, le recourant est mis en cause pour avoir intentionnellement persisté à séjourner en Suisse jusqu'à son interpellation en février 2023 alors qu'il fait l'objet d'une décision d'expulsion judiciaire prise en 2020. Il est également mis en cause pour consommation illicite de stupéfiants (cf. art. 19a LStup), soit une infraction qui est passible uniquement de l'amende. Même si le recourant a de nombreux antécédents qui ont justifié son expulsion, aucun élément ni indice n'indique qu'au jour de l'arrêt attaqué, le prénommé aurait réitéré les infractions qu'il a commises antérieurement, respectivement commis d'autres délits, en dehors du droit pénal sur les étrangers, justifiant une peine privative de liberté. Dès lors, dans la mesure où le comportement appréhendé passible d'une peine privative de liberté est en l'espèce uniquement la transgression intentionnelle d'une décision d'expulsion, la Directive sur le retour est en principe applicable. Cela étant, il faut examiner quelles mesures ont été entreprises par les autorités pour mettre en oeuvre le renvoi du recourant. Il faut toutefois également tenir compte du comportement de ce dernier, en particulier de sa collaboration aux préparatifs de son départ ou de son obstruction (cf. ATF 119 Ib 423 consid. 4c).