Citation: 2C_48/2023 E. 6.5

6.5. En l'occurrence, la requête d'assistance judiciaire litigieuse a été formée en lien avec une demande déposée auprès du Service de la population concernant, au fond, l'octroi d'une autorisation de séjour en Suisse en faveur de la recourante en vue de son placement chez sa demi-soeur sans adoption par celle-ci. Au moment du dépôt de la demande précitée, la recourante, enfant mineure, faisait l'objet d'une décision de renvoi entrée en force. S'il est vrai qu'elle avait, avant son entrée en Suisse, toujours vécu en France, il ressort des faits de l'arrêt attaqué qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) que ses parents n'étaient plus en mesure de s'occuper d'elle. Il est également vrai que la recourante, avant son entrée en Suisse, faisait déjà l'objet d'une mesure de placement, en l'espèce dans un internat. Il n'apparaît toutefois pas que cette structure était adaptée à ses besoins, la recourante y ayant, selon le rapport d'évaluation du Service de l'enfance du 2 septembre 2022, commis une tentative de suicide en février 2021 (art. 105 al. 2 LTF). Il sied ainsi d'admettre, au vu de ces circonstances particulières, que la situation juridique et personnelle de la recourante était, en cas de renvoi en France, susceptible d'être affectée de façon particulièrement grave. En outre, compte tenu des enjeux de la situation juridique très spécifique de la recourante, qui demandait à pouvoir vivre auprès de sa demi-soeur, soit d'une parente pour laquelle l'ALCP ne reconnaît pas le regroupement familial (cf. supra consid. 1.3), et que sa première demande d'autorisation de séjour avait déjà été rejetée par les autorités de droit des étrangers, il est évident que l'appel à un professionnel du droit s'imposait du point de vue du droit des étrangers et ce déjà devant l'autorité administrative. Considérer que cela n'était pas nécessaire au motif que, dans les compétences de la curatrice de représentation dont était pourvue la recourante figurait le placement d'enfants de nationalité étrangère, comme l'a fait le Tribunal cantonal, est une approche déconnectée des spécificités du cas qui, si elle peut se justifier pour un cas standard, constitue en l'espèce une violation de l'art. 29 al. 3 Cst., étant précisé qu'il n'est pas contesté que les autres conditions cumulatives au droit à l'assistance gratuite d'un défenseur (indigence et chances de succès) étaient en l'occurrence réunies.