Citation: 7B_832/2024 E. 3.4.2

3.4.2. Le recourant se plaint d'une instruction à charge. En particulier, il reproche à l'intimée de n'avoir pas donné suite à ses réquisitions de preuve formulées lors de l'audience du 23 avril 2024. Il fait en outre valoir que les "accusations" portées contre lui seraient "démenties par les faits" que l'intimée refuserait de reconnaître. Dans l'arrêt du 10 octobre 2023 susmentionné, la Chambre pénale de recours a expliqué que le but de l'instruction préparatoire consistait notamment à éclaircir des faits pour permettre le classement de la poursuite, s'il y avait lieu. Que le prévenu estimât ce stade déjà atteint ne rendait pas la magistrate intimée suspecte de prévention contre lui. Cette dernière, qui assumait la direction de la procédure, n'avait pas à se faire dicter la manière ou le tempo avec lesquels elle entendait conduire son instruction ou poser ses questions. Le fait, pour l'intimée, de ne pas avoir fait analyser des codes informatiques, de ne pas avoir nommé d'expert ou de n'avoir pas "lu" la plainte pénale du prévenu ne matérialisait pas de manquements à l'impartialité. Le refus d'actes d'instruction ou le refus de statuer sur des réquisitions de preuve pouvaient être frappés, s'il y avait lieu, d'un recours aux conditions des 393 al. 2 let. a, 394 let. b et 396 al. 2 CPP. Le recourant soulève en vain des arguments similaires à ceux déjà examinés dans le cadre de sa précédente demande de récusation. En tout état de cause, il ne peut pas être déduit de la manière dont a été menée l'audition du 23 avril 2024 une violation particulièrement lourde ou répétée des devoirs de l'intimée à même de fonder une apparence de prévention qui l'empêcherait de continuer à mener l'instruction. C'est le lieu de rappeler que, par le biais de la procédure de récusation, le recourant ne saurait contester la teneur du procès-verbal établi à cette occasion. Il ressort de l'arrêt attaqué que son avocat a d'ailleurs demandé et obtenu, lors de cette même audience, que soit mentionnée une autre réponse à une question qu'il disait ne pas avoir comprise. Le recourant n'allègue pas avoir présenté d'autres requêtes formelles dans ce sens, en particulier de la part de son avocat, qui n'auraient pas été prises en considération. On ne discerne aucun comportement partial ou déloyal de la part de la Procureure intimée. Comme relevé ci-avant, la procédure de récusation n'a pas pour objet de permettre aux parties de contester la manière dont est menée l'instruction et de remettre en cause les différentes décisions incidentes prises par la direction de la procédure (cf. consid. 3.2.2 supra). Au demeurant, les griefs soulevés par le recourant sortent du cadre du litige; selon les explications données par ce dernier, ils feraient d'ailleurs l'objet d'une plainte pénale déposée contre la magistrate en question.