Citation: 9C_214/2023 E. 3.1

3.1. Dans l'arrêt attaqué, le Tribunal cantonal a, en se fondant sur ses précédents arrêts, ainsi que sur l'arrêt du Tribunal fédéral 2C_1144/2018 (supra let. A.c), confirmé que les eaux concédées qui se perdent par infiltration dans des failles rocheuses du lac du barrage devaient être incluses dans l'assiette de l'impôt spécial. En substance, il a rappelé que la puissance théorique de l'eau, qui constitue l'assiette de l'impôt spécial et de la redevance hydraulique, se détermine d'après le débit utilisable multiplié par la hauteur de chute. En droit valaisan comme en droit fédéral, le débit utilisable est défini comme la quantité d'eau qui est disponible en vertu de la concession. Il est en principe calculé par des mesurages aux prises d'eau et aux points de déversement. En cas de difficulté technique, la puissance théorique de l'eau peut être calculée sur la base de l'énergie produite, compte tenu de la hauteur de chute et du débit disponible non utilisé. Dans le cas où le débit utilisable ne peut être calculé en raison de difficultés techniques, il doit être établi sur la base du volume d'eau effectivement turbiné, à quoi doit être ajouté le débit disponible non utilisé, afin de reconstituer le débit concédé et permettre ainsi de parvenir à une assiette correspondant à la puissance théorique de l'eau, comme voulu par le législateur. En l'occurrence, les juges cantonaux ont rappelé qu'il n'était pas possible de procéder au mesurage des apports d'eau provenant du bassin de D.________ avant leur déversement dans le barrage, faute de cours d'eau persistant où des appareils pourraient être installés à cette fin. La puissance théorique de l'eau devait donc être établie en partant du volume d'eau turbiné, à quoi devait être ajouté le volume d'eau concédé perdu par infiltration dans la roche, de manière à reconstituer le débit concédé. À cet égard, les juges cantonaux ont rappelé que le Tribunal fédéral avait déjà jugé, dans l'arrêt 2C_1144/2018 du 10 mars 2020 relatif à l'impôt spécial dû par la recourante pour les années 2007 à 2012, que ce mode de calcul était conforme au principe de légalité (art. 127 al. 1 Cst.) et que la majoration de 15% du volume d'eau turbiné qui avait été appliquée en l'espèce n'était pas arbitraire (art. 9 Cst).