Citation: 4P.119/2005 02.06.2005 E. 1

1.1 Par jugement du 15 juin 2004, le Tribunal de prud'hommes de l'arrondissement de La Côte a condamné X.________ SA, défenderesse, à payer à son ex-employé Y.________, demandeur, la somme brute de 16'694 fr. 90 et le montant net de 736 fr. 60, avec intérêts à 5% l'an dès le 1er août 2002, à titre de rémunération d'heures de travail supplémentaires. Le jugement motivé a été notifié le 22 décembre 2004 à la défenderesse et au syndicat représentant le demandeur. Il a été distribué le lendemain à la défenderesse dont l'un des employés a signé l'avis de réception y relatif. Le 3 février 2005, Me Julien Fivaz a interjeté un recours en nullité contre ce jugement, en indiquant que sa mandante avait reçu celui-ci le 5 janvier 2005. Par lettre du 10 février 2005, le Président de la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois a informé le conseil de la défenderesse que le recours lui paraissait tardif, sur le vu de l'avis de réception du 23 décembre 2004, et il l'a invité à lui fournir toutes explications utiles à ce sujet jusqu'au 21 du même mois. Me Fivaz s'est exécuté dans le délai imparti. Il a exposé que l'entreprise défenderesse avait officiellement fermé durant les fêtes de fin d'année, soit du 22 décembre 2004 au 4 janvier 2005, raison pour laquelle, en date du 21 décembre 2004, elle avait donné l'ordre au bureau de poste de ... de conserver l'intégralité de son courrier durant cette période. Selon l'avocat, à la reprise du travail, le 5 janvier 2005, l'enveloppe contenant le jugement prud'homal a été ouverte en même temps que le reste du courrier et un tampon de réception du même jour a été apposé sur la lettre de transmission dudit jugement. Le 20 janvier 2005, la défenderesse a signé une procuration en faveur de son conseil actuel, lequel a demandé au Tribunal de prud'hommes, par lettre du 24 janvier 2005, à pouvoir consulter le dossier de la cause, ensuite de quoi il a déposé son recours au Tribunal cantonal. Sur la base de ces explications, le conseil de la défenderesse, tout en mettant en doute la validité de la notification du jugement attaqué, a sollicité la restitution du délai de recours en application de l'art. 37 du Code de procédure civile vaudois (CPC vaud.). Par arrêt du 30 mars 2005, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois, considérant que les raisons invoquées par la défenderesse pour justifier le dépôt tardif de son recours ne constituaient pas un cas de force majeure au sens de la disposition citée, a déclaré le recours irrecevable. Selon les juges cantonaux, la recourante est, en effet, responsable des conséquences de sa décision de fermer ses bureaux du 22 décembre au 4 janvier 2005 et de l'absence de personnel administratif résultant de cette décision. Son personnel n'a du reste commis aucune faute, ayant, bien au contraire, réceptionné le pli litigieux conformément aux règles de la distribution postale. Au demeurant, même lorsque le destinataire demande à la poste de garder son courrier pendant une période donnée, il est censé l'avoir reçu le dernier jour du délai de garde de sept jours. 1.2 Agissant par la voie du recours de droit public pour violation de l'art. 9 Cst., X.________ SA demande au Tribunal fédéral d'annuler l'arrêt cantonal. Ledit recours est assorti d'une requête d'effet suspensif. La Cour de céans a ordonné la production du dossier cantonal, mais n'a pas invité la Chambre des recours et l'intimé à déposer une réponse.