Citation: 2C_1057/2020 E. A

A.a. A.________, de nationalité suisse (ci-après: l'intéressé, le contribuable ou le recourant), et son épouse sont domiciliés dans la commune de B.________ dans le canton de Genève depuis le 1 er avril 1995, avec leurs trois enfants nés en 1997 et 2000. Le père et trois oncles du contribuable dirigent le groupe C.________, actif dans une dizaine de secteurs économiques (véhicules automobiles, hydrocarbures, banque et finance, technologies de l'information, énergies, médias, immobilier, santé, développement de projets, trading). Le groupe emploie des dizaines de milliers de personnes dans de nombreux pays. Selon le magazine D.________, en mars 2016, la fortune globale du conglomérat, basé à Londres, équivalait à 15 milliards de dollars, soit la cinquante-huitième fortune mondiale. A.b. Suite aux dépôts des déclarations fiscales de l'intéressé et de son épouse pour les impôts cantonal et communal (ICC) et l'impôt fédéral direct (IFD) pour les années 2008 à 2012, ainsi que 2015 et 2016, l'Administration fiscale cantonale de la République et canton de Genève (ci-après : l'Administration fiscale) a procédé à diverses mesures d'instruction visant notamment à déterminer la fortune mobilière du contribuable et le montant des frais professionnels. Concernant ce premier objet, il s'agissait en particulier d'examiner si le contribuable faisait partie des bénéficiaires de trusts détenant le groupe C.________ et de déterminer les revenus qu'il percevait pour les activités qu'il exerçait au sein des sociétés de ce groupe. L'Administration fiscale et le contribuable ont trouvé un accord, notamment pour le mode de calcul des frais professionnels, la prise en compte des écolages payés par le père de celui-ci et des prêts consentis par la banque C.________ SA. Par courriel du 12 juin 2018, l'Administration fiscale a indiqué au contribuable les montants déterminés en fonction de son train de vie qui seraient repris à titre de revenu pour les années 2008 à 2012 - sous réserve d'éléments de revenu supplémentaires - à savoir respectivement : 308'684 fr., 309'769 fr., 357'978 fr., 395'438 fr. et 400'250 fr. Des intérêts moratoires seraient en outre prélevés sur les montants d'impôts, conformément à la loi. Le 20 juin 2018, le contribuable a donné son accord à la reprise de ces montants. Par lettres recommandées des 12 décembre 2014, 25 novembre 2015, 2 décembre 2016 et 20 novembre 2017, l'Administration fiscale a informé le contribuable qu'elle interrompait la prescription du droit de procéder à la taxation pour les années fiscales 2009, 2010, 2011 et 2012. A.c. Le 4 juillet 2018, le Ministère public genevois a informé l'Administration fiscale de l'instruction d'une procédure pénale ouverte notamment du chef d'infractions à la loi sur les étrangers, d'usure et de traite d'êtres humains à l'encontre du contribuable, de son épouse, de son père et de sa mère. Ces infractions étaient liées à la mise en place d'un système de recrutement d'employés de maison indiens oeuvrant pour la villa que les prévenus occupaient ensemble à B.________. Le 8 août 2018, le Ministère public genevois a informé l'Administration fiscale qu'une autre procédure pénale était ouverte à l'encontre du contribuable pour faux dans les titres et lui a demandé copie des déclarations fiscales 2015 à 2017. L'Administration fiscale a procédé à de nouvelles mesures d'instruction. Le 18 avril 2019, le Conseiller fédéral en charge du Département fédéral des finances a autorisé l'administration fédérale des contributions à mener une enquête en collaboration avec l'Administration fiscale à l'encontre notamment du contribuable et de son père. Les motifs de cette enquête étaient notamment les suivants : "Les éléments au dossier laissent également penser que [le père du contribuable] est, de concert avec d'autres membres de la famille C.________, un ayant droit économique du trust E.________ (île de Man), sans que la fortune y relative ne soit déclarée. Ils laissent en outre penser que, dans le cadre de versements effectués par des sociétés indirectement contrôlées par E.________, dont notamment la société F.________ limited (Bahamas), d'importantes distributions dissimulées ont été effectuées entre autre en faveur [du père du contribuable et de celui-ci], sans que celles-ci ne soient déclarées au titre de revenus par ces derniers. (...) Selon les estimations, les montants soustraits pendant la période allant de 2009 à 2017 pourraient porter (...) pour [le contribuable], sur plus de CHF 5'000'000.-, s'agissant des revenus, (...). Si l'on se base sur ces chiffres, les rappels IFD et ICC devraient avoisiner un total de (...) CHF 2'000'000.- pour [le contribuable] (...). En l'espèce, des soupçons fondés concernant de graves infractions fiscales ressortent des documents transmis". Le 1 er mai 2019, la Division des affaires pénales et enquêtes de l'administration fédérale des contributions a ouvert une enquête pénale, en raison de soupçons fondés que des soustractions continues de montants importants d'impôt ou une instigation/complicité à de telles soustractions avaient été commises par les précités. Le contribuable aurait commis, durant les périodes fiscales 2009 à 2017, des soustractions portant sur des montants importants d'impôt sur le revenu, en omettant de déclarer des salaires et/ou des distributions dissimulées de revenu versés par E.________ et/ou ses sociétés filles. Les 8 et 16 mai 2019, la division précitée a perquisitionné la propriété sise à B.________ et mis sous scellés ou séquestré de nombreux documents, matériels informatique, clés et coffre-fort. A.d. Le 24 mai 2019, l'Administration fiscale a informé le contribuable et son épouse de l'ouverture d'une procédure en tentative de soustraction d'impôt pour les années 2008 à 2012, 2015 et 2016.