Citation: I 277/04 11.04.2005 E. 2.2

Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). Les organes d'observation professionnelle ont pour fonction de compléter les données médicales en examinant concrètement dans quelle mesure l'assuré est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur le marché du travail (voir, à propos du rôle des COPAI pour l'évaluation de l'invalidité : L'instruction des possibilités de gain des personnes prétendant une rente, compte-rendu d'une séance du 10 novembre 1989 consacrée aux problèmes de l'expertise médicale et professionnelle, in : RCC 1990 p. 59 ss; Karl Abegg, Coup d'oeil sur l'activité des centres d'observation professionnelle de l'AI [COPAI], in : RCC 1985 p. 246 ss). En particulier, lorsque l'appréciation d'un COPAI diverge sensiblement de celle des médecins d'un COMAI, il incombe à l'administration ou, en cas de recours, au juge de confronter les deux appréciations, au besoin en requérant un complément d'instruction de la part du COPAI ou du COMAI (consid. 4.3, publié dans Plädoyer 2004/3 p. 64, de l'arrêt G. du 24 octobre 2003, I 35/03). 2.3 En l'espèce, l'office recourant et la juridiction cantonale ont fixé la capacité résiduelle de travail dans une activité adaptée en se fondant uniquement sur les conclusions de rapports d'observation professionnelle, à l'exclusion d'appréciations médicales. Pourtant, le dossier contient divers renseignements médicaux fournis à la demande de l'office AI ou recueillis auprès d'autres institutions d'assurance. Si les renseignements médicaux requis par l'office AI ne sont pas suffisants pour connaître la capacité résiduelle de travail dans une activité adaptée, le dossier contient cependant un rapport d'examen médical final (du 20 décembre 2001) établi par le docteur M.________, spécialiste en chirurgie et médecin d'arrondissement de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Selon ce médecin, l'assuré est encore tout à fait capable d'exercer, à plein temps, une activité adaptée, essentiellement assise ou permettant d'alterner les positions, et n'exigeant que des déplacements sur de courtes distances en terrain plat. Dans ces conditions, outre le fait qu'elles sont elles-mêmes largement divergentes, les conclusions des organes d'observation professionnelle, loin de compléter les données médicales, apparaissent manifestement opposées à celles-ci. Cela étant, elles ne pouvaient servir valablement de critère pour déterminer l'activité adaptée ni établir dans quelle mesure celle-ci est raisonnablement exigible. La cause doit dès lors être renvoyée à l'office recourant pour qu'il rende une nouvelle décision, après avoir complété l'instruction en tenant compte des exigences exposées au consid. 2.2.