Citation: 1B_67/2019 E. 4

La Cour des plaintes a rejeté le recours pour déni de justice et retard injustifié déposé par A.________ SA parce que le Ministère public de la Confédération avait indiqué le 29 mars 2018 au directeur de cette société B.________, dans le même contexte, concernant des sociétés et personnes représentées par celui-ci, dont les avoirs ont été séquestrés dans le cadre de la même procédure, qu'il ne serait plus donné suite à tous les courriers de sa part portant sur les mêmes sujets et dépourvus d'éléments nouveaux pertinents. Or, l'écrit de B.________ du 30 juillet 2018 ainsi que les rappels des 11 et 20 août 2018 ne contenaient aucun élément nouveau relatif aux séquestres en cours. Le Ministère public de la Confédération était par conséquent en droit de considérer que sa réponse du 29 mars 2018 était suffisante même pour les demandes à venir, ayant expliqué clairement quelles seraient les exigences mises pour statuer à nouveau sur les séquestres. La Cour des plaintes a relevé de surcroît que la lettre et les rappels de la recourante étaient intervenus quelques semaines après qu'elle a statué dans le même contexte (décision BB.2017.214 du 27 juin 2018). Rien n'indiquait en outre que ces écritures aient été transmises au Ministère public de la Confédération alors que, de jurisprudence constante, celui qui s'apprête à déposer un recours pour déni de justice ou retard injustifié contre une autorité doit en avertir cette dernière afin que celle-ci ait l'occasion de statuer rapidement. Enfin, le procédé consistant à submerger l'autorité de demandes infondées à la forme et au fond et persévérer sans tenir compte de l'issue de recours et des incombances fixées par l'autorité devait être qualifié d'abusif. La recourante considère que la décision attaquée se fonde sur des motifs de convenance. Il ressortirait du dossier que le Ministère public de la Confédération a reçu une copie du " Certificate of Incumbency " légitimant B.________ à la représenter en sa qualité de directeur. Le compte ouvert en son nom auprès de la banque C.________ AG est désormais bloqué depuis sept ans, sans que les soupçons se soient renforcés, ce qui suffirait à justifier la levée du séquestre. La Cour des plaintes n'a pas déclaré le recours irrecevable parce que la recourante n'aurait pas établi la légitimation de son directeur B.________ pour la représenter; l'argument selon lequel le Ministère public de la Confédération disposait d'une copie du " Certificate of Incumbency " attestant de ses pouvoirs est donc hors de propos (cf. arrêt 1B_375/2018 du 7 août 2018 consid. 3.1). Pour le surplus, la recourante ne s'en prend pas ou, du moins pas dans les formes requises, à l'argumentation de la Cour des plaintes selon laquelle le Ministère public de la Confédération ne s'est pas rendu coupable d'un déni de justice dans la mesure où il avait informé B.________ le 29 mars 2018 qu'il ne rendrait à l'avenir pas de décision sur de nouvelles requêtes de levée de séquestre en l'absence d'éléments nouveaux pertinents, alors que son directeur avait été rendu attentif à cette question par la Cour de céans dans des arrêts rendus le 13 juillet 2018 sur recours pour le compte d'autres entités dans les causes 1B_311/2018, 1B_312/2018, 1B_313/2018, 1B_320/2018 (cf. consid. 4 in fine). Elle n'expose en particulier pas les faits nouveaux importants qui seraient survenus depuis lors et qui auraient justifié un nouvel examen du bien-fondé du séquestre de son compte. Le seul écoulement du temps ne suffit pas pour justifier un réexamen de cette mesure. L'affirmation au demeurant non étayée selon laquelle les soupçons ne se seraient pas renforcés ne constitue à cet égard pas une motivation suffisante. La recourante ne cherche pas davantage à démontrer, comme il lui appartenait de faire (cf. arrêt 1B_375/2018 précité consid. 3.1), que le Ministère public de la Confédération aurait reçu le courrier du 30 juillet 2018 ainsi que les rappels des 11 et 20 août 2018 le mettant en demeure de statuer sur sa requête de levée de séquestre et que la Cour des plaintes aurait fait preuve d'arbitraire en ne considérant pas ce fait comme avéré. Le recours ne satisfait ainsi manifestement pas aux exigences de motivation requises. La recourante prétend que la Cour des plaintes n'aurait pas traité ses griefs sans toutefois indiquer lesquels comme il lui appartenait de le faire en vertu de l'art. 106 al. 2 LTF si elle entendait se plaindre d'un déni de justice au sens de l'art. 29 al. 1 Cst. ou d'une violation de son droit à une décision motivée telle qu'elle découle de l'art. 29 al. 2 Cst. Le recours est sur ce point purement appellatoire et méconnaît le rôle du Tribunal fédéral.