Citation: 9C_529/2020 E. 5.4

5.4. Les thèses développées par les parties ne sont pas décisives pour la résolution du litige, pas plus du reste que les considérations émises par le tribunal cantonal. On relèvera d'abord que, comme déjà mentionné, les constatations de la juridiction cantonale sont non seulement très succinctes (cf. consid. 5.1 supra) mais également inexactes, dans le sens où les décisions de taxation ne lient pas forcément les caisses de compensation chargées de fixer le montant des cotisations sociales (cf. consid. 5.2 supra). De plus, elles ne permettent pas de comprendre la raison pour laquelle le fait que les autorités fiscales ont accepté de reconsidérer le montant des salaires déclarés par les époux A.B.________ et B.B.________ en 2016, en retenant un montant salarial global inférieur à celui déclaré initialement, justifierait de qualifier de dividendes les prélèvements de 18'000 fr., qui devaient apparemment être qualifiés de salaire auparavant. On ne trouve à cet égard aucune explication dans l'arrêt attaqué. On ajoutera ensuite que les thèses défendues par les parties à propos de la manière dont les époux A.B.________ et B.B.________ remboursaient la dette que représentait le solde négatif de leur compte courant engendré par les prélèvements de 18'000 fr. (sur le fonctionnement du compte courant actionnaire, cf. arrêt 9C_77/2020 du 25 mars 2021 consid. 5.1) ne permettent pas de déterminer la nature des prélèvements en question. En effet, peu importe que par le passé, les époux A.B.________ et B.B.________ aient d'un point de vue comptable versé leurs salaires sur leur compte courant, ainsi que le prétend la caisse recourante, ou qu'en 2016, ils y aient versé une partie des dividendes distribués cette année-là, ainsi que le soutient la société intimée. Dès lors que leur compte courant présentait un solde débiteur à la fin de l'année 2016, les époux A.B.________ et B.B.________ étaient libres de s'acquitter de leur dette envers la société intimée au moyen des salaires qu'il percevaient en raison de leur qualité de salariés ou des dividendes qu'ils percevaient en raison de leur qualité d'actionnaires. Ce n'est pas parce que, par le passé, le montant annuel des prélèvements (18'000 x 13 = 234'000) équivalait approximativement au montant des salaires déclarés et reversés sur le compte courant (205'913,6 + 23'200,8 = 228'514, 4), et laissait ainsi penser que les prélèvements évoqués correspondaient à une avance sur salaire, ou que, pour l'année 2016, une partie des dividendes avait servi à compenser la dette engendrée par lesdits prélèvements, et laissait ainsi penser que ceux-ci correspondaient à une avances sur dividendes, que la situation est figée à tout jamais. Le fait que A.B.________ a atteint l'âge de la retraite durant l'année 2016, ce dont le raisonnement de la caisse recourante et des premiers juges ne tient pas compte, peut en soi justifier un changement de qualification des prélèvements mensuels. En effet, lorsqu'un travailleur atteint cet âge, il cesse - d'ordinaire - toute activité professionnelle. Il n'est toutefois pas impossible qu'il continue à exercer une telle activité au-delà dudit âge, sans changer son taux d'occupation ou en le diminuant, ni que l'employeur choisisse du point de vue financier de maintenir le niveau antérieur de vie de l'employé sans contre-prestation en retour, d'autant plus lorsqu'employeur et employé sont une seule et même personne qui - comme en l'espèce - est administratrice et actionnaire de la société dans laquelle elle est également salariée.