Citation: 1P.185/2005 05.04.2005 E. 3

Le recourant ne conteste pas que cette dernière exigence serait réalisée. Il prétend en revanche que les besoins de l'instruction et les risques de fuite, de collusion et de réitération ne justifieraient pas son maintien en détention. 3.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Il est sans importance, pour apprécier le risque de fuite, que l'extradition du prévenu puisse être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36/37). Par ailleurs, conformément à l'art. 5 § 3 dernière phrase CEDH, le prévenu a le droit d'être libéré s'il lui est possible de fournir des sûretés propres à garantir sa présence aux débats et, s'il y a lieu, sa soumission au jugement, lorsque l'incarcération n'a plus d'autre justification que le seul risque de fuite (cf. art. 155 et 156 CPP gen.). De même, il peut être astreint à se présenter régulièrement à un office déterminé, à déposer ses papiers d'identité ou à se soumettre à d'autres obligations propres à écarter le risque de fuite (art. 157 CPP gen.; cf. ATF 51 I 388 consid. 2 p. 392). 3.2 Le recourant est arrivé en Suisse en 1991; il est divorcé et n'a pas eu d'enfants avec son ex-épouse avec qui il a été marié durant trois ans, entre 1994 et 1997. Il est père d'une première fille, née en 1997, qu'il a reconnue et qui vit avec sa mère au Pérou, et d'une seconde fille, née en 2001, qui habite avec sa mère en Suisse allemande et dont il n'a aucune nouvelle. Avant son incarcération, il travaillait pour une maison de placement intérimaire et réalisait un revenu mensuel de 6'000 francs. Il est titulaire d'une autorisation de séjour annuelle. Sa mère vit dans le canton de Genève depuis 1978, ainsi que son frère et plusieurs cousins. Si le recourant peut ainsi se prévaloir d'attaches importantes avec la Suisse, il conserve cependant également des liens avec son pays d'origine où résident son père et une enfant qu'il a reconnue et à qui il verse de l'argent dans la mesure de ses moyens financiers. Il vit seul et n'a pas de fortune; il a des dettes pour quelques milliers de francs, ce qui tend à fragiliser les liens qu'il peut faire valoir avec la Suisse. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, la Chambre d'accusation était fondée à retenir un risque concret de fuite. Par ailleurs, elle pouvait admettre, sans violer l'art. 10 al. 2 Cst., que le dépôt du passeport ne constituait pas une mesure suffisante pour le pallier. Le risque de fuite suffit à lui seul pour justifier le maintien du recourant en détention préventive, sans qu'il soit nécessaire d'examiner ce qu'il en est de la réalité des autres motifs de détention invoqués à l'appui de la décision attaquée.