Citation: 1C_220/2024 E. 3.3

3.3. Les recourants ne remettent pas réellement en cause la motivation développée par la CDAP en lien avec la pratique de la Municipalité de Lausanne consistant à appliquer son RPGA à la lumière des normes VSS. Ils ne critiquent aucunement le raisonnement de la cour cantonale selon lequel cette pratique devait être maintenue afin de tenir compte du fait que la commune de Lausanne se trouve dans un périmètre concerné par le plan des mesures de l'OPair de l'agglomération Lausanne-Morges (cf. art. 44a al. 1 LPE et art. 31 ss OPair), dont l'un des objectifs est l'application d'une politique de stationnement restrictive dans le but d'obtenir un transfert modal accru (mesure MO-3 "stationnement privé"). La CDAP a également indiqué que, depuis son arrêt du 21 décembre 2007 (AC.2007.0110), la Municipalité de Lausanne n'appliquait plus le critère selon lequel le plus grand nombre de logement ou de surface de plancher devait être retenu et que cette pratique ne pouvait plus être remise en question compte tenu du principe de la sécurité du droit (cf. également arrêt de la CDAP AC.2014.0402 du 30 mars 2016 consid. 4). Dès lors que le raisonnement de l'autorité précédente se base sur une jurisprudence cantonale constante guidée par des motifs d'intérêts publics, son calcul, fondé sur une application du RPGA à l'aune de la norme VSS et des mesures particulières de l'OPair (imposant notamment d'appliquer le bas de la fourchette de la norme VSS), n'apparaît pas insoutenable et demeure admissible sous l'angle de l'arbitraire (cf. arrêt 1C_80/2014 du 16 décembre 2014 consid. 3.2.3). L'arrêt de la CDAP cité par les recourants (AC.2017.0322 du 1er mars 2018) n'est pas pertinent, puisqu'il concernait une autre localité alors que c'est précisément la pratique de la Ville de Lausanne qui fait l'objet de la jurisprudence cantonale litigieuse. Par conséquent, il n'était pas arbitraire pour les autorités précédentes de déterminer le besoin en stationnement sur la base du critère de la surface de plancher brut et d'écarter celui du nombre d'appartement. Les recourants ne parviennent également pas à démontrer que la réduction de 40% opérée en sus par la Municipalité et la CDAP, afin de tenir compte des circonstances concrètes, procéderait d'une interprétation arbitraire du texte de l'art. 61 RPGA. La méthode de la Municipalité, consistant d'abord à fixer le nombre de places de stationnement puis à réduire ce nombre en fonction des conditions locales particulières n'apparaît pas insoutenable, au vu des mesures particulières de limitation des nuisances atmosphériques devant être mises en place en ville de Lausanne. Il n'est ainsi pas arbitraire de considérer que la proximité immédiate avec le centre-ville et des arrêts de transports publics régulièrement desservis (arrêt de bus à 350 mètres, station de métro à 500 mètres) est propice à des déplacements à pieds ou à vélo réduisant ainsi le besoin en places de stationnement. S'agissant des futurs occupants, la cour cantonale a retenu qu'il s'agira principalement de personnes qui travailleront au CHUV. Sans se plaindre d'un établissement manifestement inexact des faits (art. 97 LTF), les recourants reprochent à la CDAP de s'être fondée sur des allégations non prouvées de la constructrice. La recevabilité d'un tel grief questionne, le recourant se bornant à critiquer l'appréciation de ce moyen de preuve de manière appellatoire sans en démontrer l'arbitraire (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF). Cela étant, il n'est pas insoutenable de considérer que des appartements d'une pièce (studios) seront principalement occupés par des personnes travaillant ou étudiant en ville de Lausanne qui privilégieront des moyens de mobilité douce ou les transports publics. Le résultat réduit de 6 places de stationnement se situe, au demeurant, dans la fourchette basse des places admissibles (entre 5 et 10). Ce grief est par conséquent rejeté.