Citation: 4A_37/2019 E. 4.4.1

4.4.1. Dans la mesure où l'expert judiciaire avait indiqué que les demanderesses devaient selon lui savoir qu'un échafaudage était nécessaire pour réaliser les joints de carrelage des têtes de dalles des balcons (cf. lettre B.b.c supra), la cour cantonale a considéré que la question de savoir si celles-ci disposaient, sur ce point, des mêmes compétences que la défenderesse se posait. Cette question pouvait toutefois demeurer ouverte étant donné qu'il incombait de toute façon à la défenderesse, en vertu des règles de la bonne foi, de rendre les demanderesses attentives aux risques de démonter prématurément les échafaudages. Or cet avis faisait défaut. En effet, s'il ressortait du témoignage de M.________, ancien employé de Y.________ SA, que l'architecte avait proposé des solutions alternatives, on ne pouvait pas déduire de ces déclarations, ni du fait qu'il y ait eu des discussions entre les parties, qu'un avis formel avait été émis. L'expert avait d'ailleurs relevé que les avis devaient être donnés par écrit, précisant que s'ils étaient effectués oralement, ils devaient être consignés dans un procès-verbal, ce qui n'était pas le cas en l'espèce. Dès lors, le seul avis pouvant être retenu était celui du 21 juin 2013 (cf. lettre B.b.c supra), lequel était tardif. En outre, l'omission d'aviser devait être excusable, ce qui n'était pas le cas en l'occurrence puisque la défenderesse savait que l'ordre de démonter les échafaudages pouvait entraîner des problèmes dans l'exécution de son travail et donc des dommages. La défenderesse supportait ainsi la pleine responsabilité de ce dommage.