Citation: 1P.766/2005 02.03.2006 E. 2

Les recourants invoquent une violation de leur droit d'être entendus, à raison d'une motivation insuffisante. Ils reprochent à l'autorité cantonale d'avoir écarté sans les discuter les arguments avancés par le juge d'instruction pour justifier le maintien du séquestre. 2.1 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. implique notamment que le juge motive sa décision de manière à ce que le destinataire de celle-ci puisse la comprendre et l'attaquer utilement s'il y a lieu et à ce que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle (ATF 129 I 232 consid. 3.2 p. 236 et les références citées). Il suffit, pour satisfaire à ces exigences, que l'autorité examine les questions décisives pour l'issue du litige et expose les motifs qui fondent sa décision de manière à ce que le destinataire de celle-ci puisse en saisir la portée et exercer ses droits de recours à bon escient; elle n'est pas tenue de discuter de façon détaillée tous les arguments avancés et n'est pas davantage astreinte à se prononcer séparément sur chacune des conclusions qui lui sont présentées (ATF 130 II 530 consid. 4.3 p. 540; 129 I 232 consid. 3.2 p. 236; 126 I 97 consid. 2b p. 102). 2.2 En l'espèce, l'autorité cantonale était amenée à examiner si le maintien du séquestre, ordonné en application de l'art. 181 CPP/GE, était justifié et l'a nié, au motif que, faute de prévention suffisante, les conditions de cette disposition n'étaient pas réalisées. A l'appui, elle a observé que les allégations des recourants relatives à leur enlèvement et à l'absence de contrôle de leur détention étaient infirmées par des documents du Ministère public d'Abu Dhabi, versés à la procédure par les intimés. S'agissant de l'ordre de transfert du 9 juillet 2002 de leurs avoirs en faveur de l'intimé C.________, leurs allégations - selon lesquelles leur gestionnaire genevois n'avait pas cherché à les joindre pour en obtenir confirmation - étaient contredites par les déclarations faites par celui-ci au juge d'instruction et qu'ils n'avaient pas sérieusement contestées. Quant à la convention du 15 septembre 2002, les recourants avaient reconnu le 20 septembre 2004 devant le juge d'instruction avoir discuté de son libellé et de sa signature avec l'un de leurs mandataires et avoir, avec ce dernier, rencontré l'autre à Abu Dhabi; ces deux avocats, bien que déliés de leur secret professionnel, avaient au demeurant refusé de témoigner dans la présente procédure. L'autorité cantonale s'est ainsi prononcée sur les questions déterminantes pour l'issue du litige et a dûment motivé sa décision sur ces points, exposant ce qui la conduisait à tenir la prévention pour insuffisante et, partant, à considérer que le maintien du séquestre ne se justifiait pas. Elle n'avait pas, en sus, à expliquer pourquoi elle ne retenait pas l'opinion contraire du juge d'instruction, qu'elle avait exposée de manière détaillée plus avant, et à discuter chacun des arguments venant à l'appui. Sa motivation permet de comprendre sans difficulté quelle solution elle a retenue et les motifs de sa conviction, en particulier sur quels éléments elle s'est fondée pour écarter l'opinion du juge d'instruction. Les recourants ne démontrent au demeurant pas, conformément aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, que la motivation cantonale serait lacunaire au point qu'ils ne pouvaient en saisir la portée et l'attaquer à bon escient. Le grief, autant qu'il est recevable, est donc infondé.