Citation: 9C_420/2023 E. 6.1.3

6.1.3. En l'occurrence, la recourante n'a signé aucun contrat écrit avec son père, qui formaliserait le rapport de fiducie allégué. Dans ces circonstances, il est douteux que la preuve de l'existence d'un rapport de fiducie puisse être établie de manière indiscutable. En outre, c'est en vain que la recourante allègue qu'en tant qu'enseignante à temps partiel et sans formation en matière de restauration, elle avait accepté d'occuper les rôles de propriétaire et de gérante de la Société pour rendre service à son père et éviter que sa future activité d'exploitant de l'auberge communale de U.________ ne soit lésée par les actes de défaut de biens dont il avait fait l'objet. En effet, et quoi qu'elle en dise, elle n'est pas restée totalement étrangère à la gestion de la Société. Il ressort des faits constatés par la juridiction cantonale que c'est la recourante qui a signé, conjointement avec son père, une convention de gérance de l'auberge communale avec la commune de U.________, à teneur de laquelle cet établissement était mis à disposition de la Société, que la recourante représentait. C'est aussi la recourante qui a répondu personnellement des cotisations sociales non versées par la Société, pour lesquelles elle avait fait l'objet de saisies sur salaire. La recourante a du reste toujours déclaré les parts sociales dans la Société dans ses déclarations d'impôt des périodes litigieuses, montrant par là qu'elle considérait elle-même que ces titres faisaient partie de sa fortune. À cet égard elle se prévaut en vain d'une prétendue erreur commise par le comptable qu'elle avait mandaté pour remplir ses déclarations (cf. arrêt 2C_148/2016 du 25 août 2017 consid. 4.2 et les références). La recourante s'est ainsi comportée comme la véritable détentrice des parts sociales de la Société. Le fait que ce soit son père qui a obtenu l'autorisation d'exploiter l'auberge de U.________ et le fait qu'il en a été le gérant ne sont pas des éléments propres à établir l'existence d'un contrat de fiducie, pas plus que la déclaration écrite sur l'honneur que le père de la recourante a établie, dès lors que cette déclaration n'est intervenue qu'après l'ouverture de la procédure de rappel d'impôts à l'encontre de la recourante. Enfin, l'argument de la recourante selon lequel la formalisation de rapports fiduciaires ne serait pas nécessaire entre personnes de confiance tombe à faux, dès lors que cette formalisation sert avant tout à établir l'existence d'un rapport fiduciaire à l'attention des tiers et notamment des autorités fiscales.