Citation: C 311/01 09.07.2002 E. 4

4.- Il n'y a pas lieu de remettre en cause le bien-fondé du motif de suspension prononcé par le SPP comme l'a jugé à juste titre la juridiction cantonale. On doit en effet admettre que le poste assigné à l'intimée répond aux critères d'un travail convenable. Ce poste diffère, il est vrai, de son ancienne activité en qualité d'opératrice de saisie. Mais outre qu'il incombe au chômeur de chercher du travail au besoin en dehors de la profession qu'il exerçait précédemment (art. 17 al. 1 LACI), l'assurée avait d'ores et déjà travaillé dans des emplois similaires de 1995 à 1998; on ne saurait donc en conclure que le travail proposé ne tenait pas suffisamment compte de ses aptitudes (art. 16 al. 2 let. b LACI). Quant au caractère temporaire de cet emploi, il ne fait pas partie des motifs - exhaustifs - prévus par le législateur permettant de déroger à l'obligation d'accepter le travail proposé (art. 16 al. 2 LACI; Nussbaumer, op. cit. , n. 237 p. 94 et les références citées). En effet, si l'assurance-chômage a certes entre autres buts de favoriser la réinsertion la plus durable possible du chômeur dans le circuit économique (cf. art. 1er al. 2 LACI), l'assuré demeure tenu, de son côté, d'entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour sortir du chômage; cela signifie qu'il doit, le cas échéant, accepter une occupation temporaire. Enfin, l'intimée n'a jamais fait valoir d'autres circonstances telles que son âge, sa situation personnelle ou encore son état de santé qui pourraient à leur tour justifier un refus du travail proposé (art. 16 al. 2 let. c LACI). On doit également reconnaître que par son attitude - soit en manifestant un désintérêt évident pour les emplois à caractère temporaire -, S.________, a amené l'agence de placement à renoncer à sa candidature. Ce faisant, elle a implicitement montré sa volonté de ne pas entrer en matière sur un éventuel engagement - ce qu'elle n'a d'ailleurs jamais sérieusement contesté. Dans cette mesure, les éléments constitutifs d'un refus de travail convenable sont manifestement remplis et justifient une suspension du droit à l'indemnité de l'assurée (art. 30 al. 1 let. d LACI).