Citation: 5A_88/2023 E. 4.4

4.4. Il est vrai que, conformément à la pratique, il aurait pu être justifié de condamner l'intimé, qui en a les moyens tant qu'il travaille, à contribuer à l'entretien de la recourante de manière à ce que celle-ci puisse couvrir ses dépenses courantes jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge légal de la retraite. Cela étant, sous l'angle de sa durée, l'obligation d'entretien ne doit, en principe être versée que pendant le temps nécessaire à l'époux pour retrouver son autonomie financière, y compris du point de vue de la prévoyance vieillesse (arrêts 5C.227/2003 du 20 janvier 2004 consid. 3.1.2; 5C.100/2002 du 11 juillet 2002 consid. 3.1, publié in Fam.Pra.ch 2002 p. 827; cf. ég. ATF 147 III 249 consid. 3.4.5). Or, par son argumentation appellatoire, partiellement fondée sur des faits ne résultant pas de l'arrêt attaqué, la recourante ne parvient pas à démontrer qu'à compter du moment où elle accédera à l'âge légal de la retraite, elle ne pourra pas, au moyen de ses propres revenus (rente AVS + rente 2ème pilier) entièrement subvenir à son entretien. Certes, la recourante avait allégué dans sa réponse à l'appel de l'intimé qu'une rente calculée sur la base d'un capital de 200'000 fr. s'élève mensuellement à 1'133 fr., ce qui ne lui permettrait pas de couvrir ses charges mensuelles arrêtées à 2'918 fr. 65. Dans son recours, elle relève également que, si par hypothèse, elle pouvait réellement obtenir un salaire de caissière à 50% pendant sept ans, l'accroissement de son capital en résultant serait trop dérisoire pour combler le déficit subsistant. Cette argumentation ne suffit toutefois pas à démontrer l'arbitraire dans la motivation des juges précédents. En effet, le seul fait d'alléguer que l'accroissement de sa rente serait dérisoire est impropre à valablement démontrer que le montant en résultant serait insuffisant à combler son déficit. Cela vaut d'autant que la recourante percevra alors également une rente AVS qu'elle omet de mentionner et de chiffrer. Pour démontrer l'arbitraire, il lui appartenait dès lors de prouver que le montant de 1'133 fr. qu'elle a allégué à satisfaction dans sa réponse à l'appel additionné à l'augmentation de sa rente LPP engendrée par le revenu supplémentaire qu'elle percevra durant les sept années retenues par la Cour de justice ainsi qu'à sa rente AVS ne suffit pas à couvrir ses charges mensuelles de 2'918 fr. 65, ce qu'elle ne fait pas. Il suit de ce qui précède qu'autant que recevable, le grief apparaît infondé.