Citation: 8C_807/2019 E. 6.2

6.2. A cet égard, comme le Tribunal fédéral l'a déjà relevé dans l'arrêt fédéral 8C_806/2019, on doit convenir avec le recourant qu'il existe des éléments qui auraient dû faire douter la cour cantonale de la pertinence des conclusions des doctoresses K.________ et L.________, lesquelles retiennent que cette déchirure méniscale a un caractère dégénératif et est antérieure à l'événement accidentel initial. Tout d'abord, on peut observer que les médecins prénommés font une analyse et une interprétation des images IRM de février 2015 différentes de celles de la doctoresse N.________, radiologue à l'Institut de radiologie de l'Hôpital P.________ à U.________, qui a effectué cet examen (voir son compte-rendu du 5 février 2015). Alors qu'ils affirment que les ménisques interne et externe de l'assuré sont touchés et qu'ils présentent une fissure horizontale typique d'une atteinte dégénérative, la radiologue constate l'absence de déchirure méniscale ou de méniscopathie au niveau du compartiment externe et décrit la déchirure du ménisque interne comme étant une déchirure complexe avec un trajet horizontal compliqué par un trajet oblique, ceci accompagné par un kyste mesurant 2x2 mm. Des constatations similaires ressortent d'un courriel du docteur Q.________, également radiologue à l'Hôpital P.________, auquel le recourant avait demandé de réexaminer toutes les imageries de son genou gauche depuis le 5 février 2015 (voir le courriel du 3 mai 2018 du médecin précité au recourant produit dans le cadre de la procédure cantonale parallèle). Dans ce courriel, le docteur Q.________ a encore souligné que "sur la base de l'imagerie seule, il n'est pas possible de déterminer si une déchirure méniscale est traumatique, dégénérative ou mixte". Dans ces circonstances, on peut s'étonner que les doctoresses K.________ et L.________ n'aient pas estimé utile de visualiser les vidéos de l'arthroscopie pratiquée par le docteur J.________ pour rendre leurs conclusions. De plus, le docteur Q.________ ne semble pas accorder la même importance que les médecins de la CNA à la présence du petit kyste visible déjà sur le premier examen IRM. Ensuite, il a échappé à la cour cantonale que le docteur H.________ a expressément précisé dans son appréciation médicale du 12 octobre 2015 que "si le patient devait ultérieurement se faire opérer de la lésion méniscale au genou gauche, il peut toujours annoncer une rechute à la [CNA]". Or une telle déclaration ne peut qu'être comprise en ce sens que le médecin d'arrondissement n'a pas écarté l'hypothèse d'un lien de causalité entre cette lésion du ménisque interne et l'événement assuré, bien au contraire. Enfin, en ce qui concerne le rapport du docteur R.________ du 31 mars 2017, on ne voit pas comment la cour cantonale est parvenue à la conclusion que ce médecin s'était contenté de se référer aux déclarations de l'assuré pour poser le diagnostic de "déchirure traumatique du ménisque interne du genou gauche (traumatisme de janvier 2015) ". A priori, rien ne permet de penser qu'il s'agisse d'un diagnostic de complaisance. L'origine traumatique de cette lésion est au demeurant également soutenue par le docteur J.________, dans son bref rapport du 25 août 2017.