Citation: U 19/03 07.06.2004 E. 5

Le point de savoir dans quelles mesure les symptômes du recourant découlent d'une atteinte à sa santé psychique, en rapport de causalité naturelle avec l'accident assuré, n'a pas été tranché par la juridiction cantonale. Cette question peut également demeurer ouverte dans le cadre de la présente procédure, dès lors que le rapport de causalité adéquate devrait, quoi qu'il en soit, être nié. 5.1 Selon la jurisprudence, l'existence d'un lien de causalité adéquate entre un accident insignifiant ou de peu de gravité et des troubles psychiques peut, en règle générale, être niée d'emblée, tandis qu'en principe, elle doit être admise en cas d'accident grave; pour admettre le caractère adéquat du lien de causalité entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques, il faut que soient réunis certains critères particuliers et objectifs. Les plus importants à prendre en considération sont les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident, la gravité des lésions subies, la durée et le degré de l'incapacité de travail, la durée anormalement longue du traitement médical et les douleurs persistantes ainsi que les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notables des séquelles de l'accident (ATF 115 V 139 sv. consid. 6, 408 consid. 5). L'examen de ces derniers critères sera fondé sur les seuls troubles somatiques dont souffre l'assuré, dans la mesure où les symptômes qu'il présente ne peuvent être attribués à un traumatisme de type «coup du lapin» à la colonne cervicale, à un traumatisme analogue ou à un traumatisme cranio-cérébral (cf. ATF 117 V 366 consid. 6a, 382 consid. 4b; RAMA 2002 no U 470 p. 531). 5.2 E.________ a été victime le 9 avril 1999 d'un accident de gravité moyenne. Les circonstances dans lesquelles il s'est déroulé ne sauraient être qualifiées de dramatiques ou de particulièrement impressionnantes. Les lésions physiques subies n'étaient pas particulièrement graves ni leur traitement particulièrement long, le docteur M.________ n'attestant plus d'incapacité de travail en raison des séquelles de l'accident, dans son rapport du 28 septembre 1999. La situation médicale a certes été compliquée en raison de lésions aux genoux et à l'épaule, pour lesquelles une incapacité de travail de 50 % dans l'activité de carreleur a du reste été admise (rapports du docteur M.________ du 10 février 2000 et des docteurs L.________ et A.________ du 26 juin 2001). Mais les plaintes de l'assuré ont d'emblée largement dépassé le cadre de ces lésions physiques, dont l'importance apparaît donc relative par rapport à l'ensemble des symptômes présentés après l'accident. Par ailleurs, elles-mêmes sont sans rapport avec l'événement assuré. Partant, elles ne sauraient conduire, à elles seules, à l'admission d'un lien de causalité adéquate entre l'accident du 9 avril 1999 et des troubles d'ordre psychique.