Citation: 6B_265/2023 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a d'abord examiné, de manière générale, la crédibilité des déclarations respectives de l'intimée et du recourant. Elle a en substance retenu que l'attitude et la teneur des déclarations de l'intimée étaient des éléments militant en faveur de la crédibilité générale de son récit. L'intimée avait été mesurée et non vindicative dans l'ensemble de ses propos. Elle avait en particulier relaté qu'au début de sa relation avec le recourant, les choses se passaient bien et elle avait admis qu'elle avait entretenu des relations sexuelles consenties avec lui. La cour cantonale a relevé que l'intimée avait certes menti ou fait obstacle au bon déroulement de la procédure civile en désaveu de paternité, introduite par le recourant, en prétendant que ce dernier était le père de l'enfant à naître. Néanmoins, la cour cantonale a considéré que les enjeux de la procédure civile et de la procédure pénale étaient différents; les intérêts de l'intimée à s'opposer à l'action en contestation de reconnaissance pouvant être multiples (autorisation de séjour; motifs religieux). En revanche, l'intérêt de l'intimée à porter de fausses accusations de viol contre le recourant dans la procédure pénale était difficile à concevoir. La cour cantonale a écarté l'intention, prêtée par le recourant à l'intimée, de " multiplier les chances de pouvoir rester sur le sol helvétique en invoquant des violences conjugales ", dès lors que l'événement du 8 août 2018 - que les intéressés avaient dévoilé devant un nombre important de témoins - suffisait à démontrer ces violences. La crédibilité du recourant était, elle, plus réduite. Il avait contesté durant la procédure préliminaire et jusque devant l'autorité de jugement, les faits constitutifs de menaces et de séquestration survenus le 8 août 2018, alors qu'il avait reconnu les faits en présence de ses amis, membres de la communauté soudanaise. Alors que le recourant avait fini par admettre ces faits devant les premiers juges, il les avait à nouveau contestés lors de son interrogatoire par la cour cantonale. Sur d'autres points, plus secondaires, le recourant s'était aussi contredit, voire avait menti (circonstances de la rencontre avec l'intimée, nombre d'enfants dont il est le père, consommation d'alcool, etc.). Quant à la procédure civile parallèle, le recourant n'avait pas non plus été un modèle de collaboration. Il avait commencé par dire qu'il était le père de l'enfant à naître, puis avait émis un doute à ce sujet et, devant le tribunal criminel, il avait contesté en être le père. S'agissant plus spécifiquement des faits commis peu après le 26 août 2018, la cour cantonale a considéré que, même si le récit de l'intimée avait été dévoilé au compte-goutte, il était cohérent et laissait percevoir, entre autres, l'opposition de la victime, puis sa résignation. Les actes subis avaient porté atteinte à sa sphère intime et pouvaient difficilement être évoqués de manière "gratuite" dans le seul but d'accabler un innocent. Les émotions exprimées par l'intimée au moment de dévoiler ce qu'elle avait vécu ne disaient d'ailleurs pas autre chose. Le récit de l'intimée sur les violences sexuelles subies trouvait encore appui dans l'attitude générale affichée par le recourant à son égard (aveux concernant les événements du 8 août 2018, compagne traitée de " prostituée " et de " sous-femme, inférieure ", insistance reconnue pour les rapports sexuels), alors qu'il affirmait, devant la cour cantonale, qu'il n'avait jamais eu de relations sexuelles avec elle. En définitive, la cour cantonale a considéré que les déclarations de l'intimée relatives à l'agression sexuelle subie peu après le 26 août 2018 étaient crédibles et s'y est référée.