Citation: 1B_36/2017 E. 5

La recourante tient la durée de sa détention provisoire pour excessive au regard de la peine privative de liberté à laquelle elle s'expose en cas de condamnation dès lors que seules entreraient en considération les infractions de blanchiment d'argent et faux dans les titres, qu'elle n'a pas d'antécédents judiciaires et qu'elle peut se prévaloir de circonstances atténuantes. La recourante est prévenue de complicité de brigandage qualifié, de faux dans les titres et de blanchiment d'argent qualifié. Si l'on ne devait prendre en considération que ces deux dernières infractions, sans retenir la forme qualifiée, elle s'expose en l'état à une peine privative de liberté plus longue que la détention provisoire subie à ce jour, étant précisé qu'il n'y a pas lieu de tenir compte de l'éventualité de l'octroi du sursis ou d'un sursis partiel (ATF 139 IV 270 consid. 3.1 p. 275). La recourante dénonce enfin une violation du principe de célérité, relevant qu'aucune mesure d'instruction n'a été menée au Brésil pour faire entendre les dernières personnes impliquées, alors même que la défense avait fait des demandes dans ce sens depuis le mois de juin 2016 déjà. Il ressort effectivement de la demande d'entraide judiciaire adressée le 21 juin 2016 aux autorités judiciaires brésiliennes que la Procureure en charge du dossier a choisi dans un premier temps de procéder aux mesures conservatoires nécessaires pour déterminer le cheminement des fonds transférés au Brésil et récupérer une partie du butin et, une fois celles-ci exécutées, d'adresser une demande d'entraide judiciaire complémentaire en vue notamment de procéder à certaines auditions. Il n'y a pas lieu d'examiner ici la pertinence de cette manière de procéder. Il suffit de constater que le Ministère public dispose aujourd'hui du résultat des mesures de contrainte effectuées au Brésil en exécution de la demande d'entraide judiciaire et qu'il lui appartiendra d'en tirer les conséquences sur la suite de l'instruction et, en particulier, sur la détention provisoire de la recourante. En l'état, le principe de célérité est encore respecté. Il pourrait en revanche en aller différemment si les mesures d'instruction en cours ou envisagées notamment au Brésil devaient ne pas pouvoir aboutir dans un délai raisonnable ni permettre de faire progresser l'enquête.