Citation: 4A_405/2018 E. B

B.a. Le 22 octobre 2015, F2.________ a saisi le Tribunal de première instance du canton du Jura d'une demande dirigée contre A.________, concluant au paiement de 35'000 fr. plus intérêts ainsi qu'à la mainlevée définitive de l'opposition formée dans la poursuite en cours. Il alléguait qu'en 2005, ses parents P1.________ et P2________ avaient fait don de 70'000 fr. à son frère F1.________, en lui précisant toutefois qu'il devrait rembourser la moitié (35'000 fr.) au demandeur. Ce dernier agissait contre sa belle-soeur en sa qualité d'unique héritière de F1.________. Le Tribunal a auditionné les parties ainsi que plusieurs témoins, dont X.________. A l'audience des débats du 29 mars 2017, le demandeur a réduit ses conclusions de 35'000 fr. à 30'000 fr. Statuant le 10 mai 2017, le Tribunal de première instance a rejeté la demande. En substance, le premier juge a constaté que la dette de 35'000 fr. envers le demandeur était certes inscrite dans la comptabilité et dans les déclarations fiscales depuis 2005, mais n'était accompagnée d'aucune pièce justificative telle qu'une reconnaissance de dette, alors que trois pièces du dossier montraient que le défunt établissait et signait de tels actes. Aucun élément ne permettait de remettre en cause la déclaration de donation du 10 avril 2005, laquelle avait été établie par un comptable fiscaliste ayant travaillé dans l'administration fiscale (soit X.________) et avait donné lieu à une décision de taxation jamais remise en cause. Le tribunal ne pouvait donc écarter cette donation établie sans aucune charge, même s'il restait «quelque peu perplexe» face aux agissements dudit comptable, lequel n'avait mentionné aucune charge le 10 avril 2005, pour ensuite évoquer une telle charge de 35'000 fr. en faveur du demandeur dans la comptabilité 2005 de F1.________. Le témoignage de la première épouse du défunt (E.________) ne suffisait pas à remettre en cause le document fiscal de donation signé par les parents P.________ dès lors qu'il ne s'agissait que d'un témoignage indirect rapportant des déclarations orales de la mère du défunt. Au demeurant, le premier juge ne comprenait pas pourquoi le demandeur n'avait pas ouvert action du vivant de ses parents, qui auraient pu éventuellement infirmer la donation du 10 avril 2005. B.b. Statuant sur appel du demandeur et appel joint de la défenderesse, le Tribunal cantonal jurassien a réformé le jugement attaqué et condamné la défenderesse à payer 30'000 fr. plus intérêts au demandeur, ordonnant à concurrence dudit montant la mainlevée définitive de l'opposition formée dans la poursuite en cours. Contrairement au premier juge, les juges cantonaux ont conclu que le demandeur avait établi «à suffisance de preuve» qu'il était titulaire d'une créance de 35'000 fr. contre feu F1.________, ramenée ensuite à 30'000 fr. par un amortissement de 5'000 fr. effectué en 2006. Les motifs de cette décision seront évoqués ultérieurement dans la mesure nécessaire à la discussion. Le Tribunal cantonal ayant admis l'action du demandeur, il a pu se dispenser d'examiner les griefs - privés d'objet - concernant le montant des dépens de première instance alloués à la défenderesse.