Citation: 6B_30/2022 E. 4.5

4.5. En l'espèce, comme le souligne le recourant, la cour cantonale n'a pas ignoré l'impact que le transfert au Tessin du lieu d'exécution de la mesure pourrait, en principe, avoir sur lui, en relation avec ses liens familiaux et sa formation universitaire. Pour autant, la décision entreprise n'établit pas de manière absolue et sans aucune nuance, comme il le soutient, que " le transfert du recourant est propre à le faire évoluer positivement dans l'exécution de sa sanction pénale " (mémoire de recours, p. 60). La cour cantonale a, au contraire, relevé que son appréciation avait été portée au mois de novembre 2020, dans un contexte bien déterminé, favorable, et que cet aspect devait, désormais, être appréhendé en considérant aussi la dégradation importante de la santé psychique du recourant intervenue depuis plusieurs mois, si bien que ce seul aspect ne suffisait pas pour imposer un transfert immédiat dans la situation actuelle, qui impliquait notamment un réexamen des modalités de son suivi thérapeutique. Cette appréciation, qui met au premier plan l'état psychique du recourant, n'apparaît pas critiquable dans son principe, dans le cadre de l'exécution d'une mesure institutionnelle qui vise précisément à traiter le trouble dont l'intéressé est atteint (art. 59 al. 1 CP). Elle trouve également appui dans l'avis émis le 10 septembre 2021 par la CIC, selon lequel: " la perspective d'un transfert [...] ne repos[ait] sur aucun motif criminologique ou thérapeutique actuel, et relev[ait] de la question de l'opportunité d'un changement de lieu de détention qui pourr[ait] si besoin être examinée dans la prochaine expertise ". Dans ce cadre, la cour cantonale a souligné à juste titre que le précédent séjour du recourant au pénitencier de La Stampa ne s'était pas déroulé dans des conditions comparables à celles qui prévalent actuellement. Le recourant ne s'y trouvait, en effet, pas en exécution d'une mesure thérapeutique (mais en tant qu'interné) et n'y avait pas entrepris de psychothérapie comparable à la démarche attendue dans le cadre de la mesure institutionnelle actuelle (v. supra consid. A.b.c). Au contraire, il était alors apparu persuadé que ses propres réflexions menées durant son incarcération en Grande-Bretagne suffisaient à le prémunir contre un passage à l'acte et son manque d'adhésion à un traitement psychothérapeutique avait précisément été relevé en 2017 (v. supra consid. A.b.g), lors même que des progrès avaient pu être constatés à la même époque (v. supra consid. A.b.g). L'appréciation de la cour cantonale apparaît, par ailleurs, proportionnée en tant qu'il ne s'agit pas d'exclure le transfert sollicité, mais de permettre aux autorités d'exécution d'apprécier de manière plus globale, au travers d'une expertise dont la mise en oeuvre a déjà commencé, la situation psychique actuelle du recourant, compte tenu de l'évolution défavorable de son comportement au cours de l'année 2021, ainsi que les modalités selon lesquelles doit se poursuivre l'exécution de la mesure eu égard, en particulier, à sa situation sociale et familiale présente. Pour le surplus, sans minimiser l'importance pour le recourant de sa formation universitaire, rien n'indique que le seul maintien de l'intéressé aux EPO s'y opposerait (v. supra consid. A.f.e) et rien n'indique non plus que la seule proximité géographique avec l'Université de Lugano faciliterait, en l'état, la poursuite de cette formation, qui demeure néanmoins en retrait par rapport aux impératifs thérapeutiques au coeur de la mesure institutionnelle (cf. supra consid. A.e.h et consid. 4.4).