Citation: I 541/02 06.05.2003 E. 3

3.1 Le recourant admet que sa problématique principale est d'ordre psychique. A cet égard, il fait grief aux experts du COMAI de B.________ d'avoir mal instruit cet aspect médical du dossier, alléguant que l'unique entretien qu'il a eu avec le psychiatre-assistant du COMAI n'a duré qu'une vingtaine de minutes, durant lequel il a fallu de surcroît recourir aux services d'un traducteur. En revanche, le recourant rappelle que le professeur P.________ et le docteur K.________ ont pu s'entretenir avec lui à plusieurs reprises, en langue française qu'il maîtrise, de sorte qu'il a pu leur exprimer précisément ses souffrances. En pareilles circonstances, le recourant soutient que la juridiction de recours de première instance aurait dû suivre l'avis majoritaire (exprimé par le professeur P.________ et le docteur K.________) selon lequel il présente une incapacité totale de travail ou, à tout le moins, ordonner une nouvelle expertise médicale. Cela d'autant plus, ajoute-t-il en se référant à l'écriture du 13 août 2002, que l'avis des médecins prénommés est désormais confirmé par leurs confrères du DUPA qui le suivent actuellement pour ses problèmes psychiques. 3.2 Quoi qu'en dise le recourant, l'administration et le juge ne sauraient déduire des rapports du professeur P.________ (du 16 juin 1999) et du docteur K.________ (du 16 juillet 2001) qu'il subit une incapacité de travail en raison d'affections psychiques, pour les motifs qui suivent. 3.2.1 Le professeur P.________, qui n'est pas spécialisé en psychiatrie, a attesté que le recourant présente un syndrome douloureux chronique difficile à diagnostiquer de façon claire, mais pouvant faire évoquer l'existence d'une fibromyalgie malgré le défaut de points de fibromyalgie positifs. Par ailleurs, il a relevé l'absence de diagnostic somatique précis. Le professeur P.________ a néanmoins proposé d'admettre initialement une incapacité de travail de 100 % et d'allouer à son patient une rente AI, à réévaluer d'année en année, afin de reconnaître sa souffrance et de lui permettre d'entrer dans une relation thérapeutique bénéfique. Cette appréciation de la capacité de travail (et de l'invalidité) du recourant, plutôt singulière, ne lie pas l'AI. En effet, le diagnostic posé est douteux et les conclusions que le professeur P.________ en tire sur la capacité de travail du recourant sont dépourvues de fondement objectif, si bien que son rapport du 16 juin 1999 n'a pas de valeur probante (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a). Ceci dit, il sied de rappeler que l'octroi d'une rente d'invalidité obéit à des règles légales (cf. art. 4 et 28 LAI); sous peine d'arbitraire, pareille prestation ne saurait donc être allouée en reconnaissance de la souffrance qu'un assuré peut endurer ou pour accroître le bénéfice d'une mesure thérapeutique qui lui est prodiguée. 3.2.2 Le docteur K.________ a attesté un trouble somatoforme douloureux chronique, ainsi qu'un trouble de la personnalité mixte, avec des traits narcissiques instables de type impulsif, évitants et asthéniques. Il a toutefois indiqué qu'une reprise du travail devrait pouvoir être envisagée, dès lors que les souffrances du recourant sont désormais reconnues.