Citation: 1P.128/2004 16.03.2004 E. 3

Le recourant ne conteste ni la base légale de la mesure attaquée, ni l'existence de présomptions suffisantes de culpabilité à son encontre. Il nie en revanche tout risque de collusion propre à justifier le refus de sa mise en liberté provisoire. Il voit également une violation du principe de la célérité dans le fait que le juge d'instruction n'a procédé à aucun des actes d'instruction qui justifiaient, selon lui, de le maintenir en détention préventive. 3.1 Selon la jurisprudence, le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151; 123 I 31 consid. 3c p. 36; 117 Ia 257 consid. 4c p. 261). L'autorité qui entend justifier le maintien de la détention par ce motif doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer, et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (cf. ATF 123 I 31 consid. 2b p. 33/ 34; 116 Ia 149 consid. 5 p. 152). 3.2 En l'espèce, la Chambre d'accusation a estimé qu'au stade actuel de l'enquête, il existait un risque évident que le recourant, une fois remis en liberté, ne tente de contacter les personnes qui le mettent en cause pour avoir vendu de la cocaïne et ne compromette le résultat des confrontations que le juge d'instruction entend organiser. Elle n'a certes pas donné d'éléments en ce sens permettant d'étayer concrètement un tel risque. Il ressort toutefois du dossier que K.________ n'a pas hésité à s'approcher de l'un des témoins pour se concerter sur les déclarations qu'il devait faire à la police en vue de sa convocation du 3 septembre 2003, profitant de l'occasion pour proférer des menaces de mort à son encontre. Une autre personne entendue à titre de renseignement a fait également part des craintes qu'il nourrissait pour lui-même et sa famille s'il témoignait à charge. Dans ces conditions, il était justifié de craindre que le recourant ne mette à profit sa libération provisoire pour prendre contact avec les personnes qui le mettent en cause et exercer des pressions sur eux pour qu'ils se rétractent ou modifient leurs déclarations lors de leur confrontation. Le recourant prétend, il est vrai, qu'il savait faire l'objet d'une enquête pénale depuis plus d'une année de sorte qu'il aurait pu exercer une influence sur les témoins et ses éventuels complices durant ce laps de temps. Il perd toutefois de vue que les charges se sont considérablement aggravées dans l'intervalle, avec les déclarations à charge recueillies auprès d'une douzaine de témoins entre le 10 octobre et le 3 décembre 2003, ce qui rend le risque collusion d'autant plus important. Cela étant, les besoins de l'instruction ne peuvent constituer un motif valable de détention que si les opérations d'enquête, dont le bon déroulement ne doit pas être compromis par la libération provisoire du prévenu, se poursuivent sans désemparer. Le juge d'instruction n'est certes pas resté inactif depuis le dépôt de la demande de mise en liberté provisoire. Il ne ressort cependant pas du dossier qu'il aurait entrepris à ce jour les démarches nécessaires aux fins de confronter le recourant aux personnes qui le mettent en cause. Dans ces conditions, il convient de procéder à ces mesures d'instruction dans les meilleurs délais, à défaut de quoi le maintien de la détention préventive ne pourra plus se justifier pour le motif retenu, sans violer les règles du principe de célérité.