Citation: 4A_437/2017 E. 3

En l'espèce, la Cour d'appel civile a choisi de calculer le revenu hypothétique du lésé (revenu de valide) en appliquant par analogie la méthode préconisée en matière de dommage ménager (et non selon la méthode concrète employée par les premiers juges). Sur le principe, ce choix n'est plus discuté par les parties, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y revenir. Dans la suite de son calcul, la cour cantonale a notamment entrepris le calcul de la perte de gain de manière globale, imputé sur le résultat les prestations versées par les assureurs, sans distinguer entre la perte de gain actuelle et la perte de gain future, et sans procéder à la capitalisation de cette dernière. Il s'impose, en partant de la méthode (dommage ménager) retenue par la cour cantonale, de reprendre l'analyse de la situation ab ovoet de procéder à l'examen des griefs formulés par les parties dans leurs recours respectifs. Devant la Cour de céans, le lésé considère que l'autorité précédente aurait dû tenir compte d'un tarif horaire de 30 fr. et il revient sur le nombre d'heures travaillées par année, en soutenant qu'il a droit à un revenu majoré pour des heures supplémentaires. De son côté, l'assurance estime que la cour cantonale a calculé la perte de gain du lésé en se fondant sur des faits non allégués, que l'arrêt cantonal contient une erreur de calcul, que les juges cantonaux n'ont pas distingué entre les divers postes du dommage (ce qui ne permettrait pas de fixer correctement les intérêts compensatoires), qu'ils ont omis de procéder à la capitalisation de la perte de gain future et elle conteste sous divers angles les intérêts compensatoires retenus dans l'arrêt entrepris. Les critiques des parties sont, sous plusieurs aspects, liées entre elles. En conséquence, le Tribunal fédéral n'examinera pas les recours de manière successive, mais conjointement, en tranchant les griefs invoqués par chacune des parties en fonction des étapes qui jalonnent le calcul du dommage.