Citation: 6B_656/2022 E. 1.8

1.8. Le recourant soutient qu'il n'aurait pas donné une image contraire à la réalité. Il admet que ses certificats ne mentionnent pas de manière détaillée le motif s'opposant à la comparution de sa patiente, mais fait valoir que cela ne pourrait pas lui être reproché, l'art. 318 CP devant être lu en lien avec l'art. 205 al. 2 CPP, qui prévoit que celui qui est empêché de donner suite à un mandat de comparution doit en informer sans délai l'autorité qui l'a décerné; il doit lui indiquer les motifs de son empêchement et lui présenter les pièces justificatives éventuelles. Le recourant fonde son raisonnement sur la prémisse que les certificats litigieux reposeraient sur un motif couvert par le secret médical et qu'il n'aurait pas révélé. Or la cour cantonale a retenu - sans que le recourant n'en démontre l'arbitraire - que les certificats avaient été établis par le recourant pour protéger sa patiente en lui évitant un stress supplémentaire lié à une comparution devant une autorité judiciaire (cf. ci-dessus consid. 1.7). Le stress dont il est question ici est celui tel qu'il peut être ressenti par tout un chacun. Il ne résulte en effet pas de l'état de fait que la patiente du recourant aurait souffert d'un stress plus important que la moyenne des gens; selon les faits retenus par la cour cantonale, le recourant a d'ailleurs attesté à plusieurs reprises de la bonne santé psychique de celle-ci. Autrement dit, en rédigeant trois certificats successifs attestant de l'impossibilité de sa patiente de comparaître en audience pour une longue durée alors que le motif réel était un stress que l'on peut qualifier de standard et que, par ailleurs, la patiente était en bonne santé physique et psychique, le recourant a dressé des certificats contraires à la vérité. Sur la base des faits ainsi établis, l'art. 205 al. 2 CPP qu'invoque le recourant ne lui est d'aucun secours. Il lui a été reproché d'avoir dissimulé une circonstance ou un fait important en ne mentionnant pas un motif non couvert par le secret médical. En d'autres termes, par ses certificats médicaux, le recourant a dressé un tableau inexact de l'état de santé de sa patiente, le motif sous-jacent n'étant pas suffisant pour renoncer à toute comparution personnelle en audience. Le recourant a ainsi décrit une réalité différente de la réalité effective, dès lors que le motif des certificats n'était pas médical et donnait une image incorrecte de l'état de santé de sa patiente. Ce faisant, le recourant réalise l'élément objectif de fausseté du certificat au sens de l'art. 318 CP. Les autres arguments invoqués par le recourant sont sans pertinence à cet égard.