Citation: 4A_500/2018 E. A

A.a. En juin 2010, X.________ (ci-après: le demandeur), qui était à la recherche d'un investisseur pour développer un nouveau projet horloger, et A.________, qui a accepté d'assurer le financement de ce projet, ont fondé Z.________ SA (ci-après: Z.________, la société ou la défenderesse), société anonyme qui a pour but la conception, la réalisation, la production et la distribution de tous produits horlogers, accessoires et produits de luxe. Le capital-actions de Z.________, composé de 100 actions d'une valeur nominale de 1'000 fr., a été réparti en parts égales entre X.________ et U.________, société dont A.________ était le directeur. X.________ et A.________ ont chacun été nommés administrateur président de Z.________, avec signature collective à deux; ils étaient les seuls membres du conseil d'administration. A.b. Le 17 juin 2010, X.________ et U.________, représentée par A.________, ont signé une convention portant sur l'exercice des droits et obligations liés à l'actionnariat de Z.________. Cette convention prévoyait notamment la délégation de la gestion de Z.________ à un CEO (chief executive officer), à l'exception de certaines attributions réservées exclusivement au conseil d'administration. Il était prévu que la rémunération initiale du CEO s'élèverait à 250'000 fr. bruts par année. La fonction de CEO prévue dans la convention du 17 juin 2010 a été exercée par X.________. A.________ n'assumait aucune fonction opérationnelle au sein de Z.________, à l'instar des autres sociétés dans lesquelles il avait investi de l'argent. X.________ a perçu pour sa fonction de CEO une rémunération brute de 54'000 fr. entre le 1er octobre et le 31 décembre 2010, de 240'000 fr. entre le 1er janvier et le 31 décembre 2011, de 234'000 fr. entre le 1er janvier et le 31 décembre 2012 et de 247'000 fr. entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013. Des déductions en faveur des assurances sociales étaient retranchées de cette rémunération. Une fois par mois, au cours d'une séance organisée par et avec A.________, X.________ devait présenter un compte-rendu de l'activité déployée. Il devait également faire avaliser ses choix de gestion par A.________. A.c. Par convention du 14 décembre 2011, X.________ et U.________ ont convenu d'augmenter le capital-actions de Z.________ à 125'000 fr., par la création de 25 nouvelles actions d'une valeur nominale de 1'000 fr. chacune, et de constituer un agio de 5'975'000 fr. L'apport financier de ces opérations a été exclusivement supporté par U.________. La part de celle-ci dans l'actionnariat de Z.________ a ainsi augmenté à 60%, tandis que celle de X.________ a été réduite à 40%. Cette convention précisait que toutes les décisions inhérentes à l'engagement et au licenciement de personnel au sein de Z.________ devaient désormais être prises à l'unanimité du conseil d'administration de la société. A.d. Par courriel du 15 février 2012, X.________ s'est plaint auprès de A.________ du fait qu'il s'occupait seul de la gestion du marketing, du commercial, de la logistique, du secrétariat, de l'administratif, du travail de création, de la production et du service après-vente de Z.________, fonctions qui n'étaient jamais confiées à une seule personne dans les sociétés horlogères. Il s'est également plaint de ne pas avoir d'assistante et de ce que A.________ avait unilatéralement décidé de ne pas lui verser son salaire durant les mois d'août et septembre 2012, ce que ni les statuts ni les accords passés ne permettaient. Par la suite et à plusieurs reprises, X.________ a encore attiré l'attention de A.________ sur sa charge de travail qu'il considérait comme importante, en indiquant notamment consacrer tous ses week-ends au travail et n'avoir, depuis trois ans, pas eu la possibilité de prendre des vacances. Les 12 janvier et 4 février 2013, X.________ s'est plaint de ne pas avoir reçu ses salaires des mois de décembre 2012 et janvier 2013. A.e. Le 8 février 2013, R.A.________, le fils de A.________ qui avait été nommé CFO (chief financial officer) de Z.________ un an plus tôt, a été nommé administrateur de la société avec signature collective à deux. Afin de remplacer son fils qui s'absentait de Suisse pendant trois mois minimum, A.________ a, sans consulter préalablement X.________, engagé un nouveau CFO en la personne de B.________. X.________ a fait part à plusieurs reprises de son désaccord avec cet engagement à A.________, lui rappelant que, selon la convention du 14 décembre 2011 (cf. consid. A.c. supra), l'engagement d'un nouvel employé nécessitait une décision unanime du conseil d'administration de Z.________. A.________ n'a pas tenu compte de ce désaccord. A.f. Le 28 février 2013, parallèlement à la notification de deux commandements de payer pour le salaire impayé du mois de janvier 2013 et le solde de salaire pour la période du 1er novembre 2010 au 31 décembre 2012, X.________, B.________ et R.A.________ ont signé une convention aux termes de laquelle il était convenu qu'une somme de 52'022 fr. 25, correspondant à trois mois de salaire impayé, serait versée à X.________. En contrepartie, X.________ s'est engagé à remettre un plan d'assainissement et à présenter de nouveaux investisseurs potentiels à A.________. A.g. Le 6 avril 2013, au cours d'une assemblée extraordinaire des actionnaires, différents accords ont été passés, ensuite formalisés dans une convention du 22 avril 2013 signée par X.________ et U.________, représentée par A.________. Cette convention indiquait que Z.________ était confrontée à des difficultés financières importantes, qu'elle se trouvait en cessation de paiement et qu'il existait une forte probabilité pour qu'elle se trouve en situation de surendettement. A titre de mesure d'assainissement, il était convenu que X.________ vendrait à U.________ dix actions de Z.________ au prix de 500'000 fr. et que le capital-actions de la société serait augmenté à 2'900'000 fr., par la création de 2'775 nouvelles actions d'une valeur nominale de 1'000 fr. chacune, acquises par U.________. La part d'actionnariat de cette dernière dans Z.________ a ainsi été augmentée à 98.62% et celle de X.________ réduite à 1.38%. Les parties ont pour le surplus confirmé ne plus être liées par la précédente convention d'actionnaires du 17 juin 2010 et son complément du 14 décembre 2011 à compter du 6 avril 2013. Il n'est pas contesté que les parties ont été liées par un contrat de travail à compter de ce moment, soit dès le 7 avril 2013. Est en revanche litigieuse la qualification de leur relation pour la période précédant la signature des accords du 6 avril 2013, soit pour la période du 10 octobre 2010 au 6 avril 2013. A.h. A compter du 1er juin 2013, X.________ n'a plus été autorisé à se servir de la carte de crédit délivrée au nom de Z.________ pour régler ses frais professionnels, ce qui l'a obligé à avancer lui-même les montants nécessaires au paiement desdits frais. Au mois d'août 2013, X.________ a transmis à B.________ et A.________ le planning de ses déplacements professionnels entre les mois de septembre et décembre 2013. Par courrier du 27 novembre 2013, B.________ a sommé X.________ de prendre des jours de congé et lui a indiqué que ses vacances restantes pour 2011 et 2012 ne seraient pas reportées sur 2014. Le 13 décembre 2013, B.________ a fait part à X.________ d'une proposition visant à modifier son salaire pour l'année 2014 en l'indexant aux ventes. X.________ a informé A.________ de son refus catégorique à ce propos par courriel du 23 décembre 2013. Après une mise en demeure infructueuse, les salaires dus à X.________ ont été acquittés par Z.________ le 3 février 2014. Pour justifier ce retard, la société a invoqué des problèmes de liquidités. A.i. Du 10 janvier au 4 juillet 2014, X.________ a été totalement incapable de travailler, pour des raisons de santé. A.j. Par courrier recommandé du 21 janvier 2014, X.________ a mis en demeure A.________ de lui verser la somme de 127'139 fr. 25, correspondant aux salaires des mois de décembre 2013, janvier 2014, au solde de salaires pour la période du 1er novembre 2010 au 31 décembre 2012, ainsi qu'aux indemnités pour les jours de vacances non pris en nature. A.k. Par courrier recommandé du 16 avril 2014, Z.________ a informé X.________ qu'elle mettait un terme à son contrat de travail pour le 30 juin 2014, l'a libéré avec effet immédiat de son obligation de travailler et lui a signifié que le solde de ses jours de vacances devait être pris d'ici à la fin des rapports de travail. En réponse à X.________, qui s'est opposé au congé en invitant la société à lui en indiquer les motifs, Z.________ a répondu que le lien de confiance nécessaire à toute relation contractuelle de travail était irrémédiablement rompu, étant donné l'existence de visions diamétralement opposées quant à la manière de conduire les affaires de la société.