Citation: 5P.207/2006 02.11.2006 E. 2

La recourante se plaint, en l'espèce, d'arbitraire dans la constatation des faits et l'appréciation des preuves. En bref, elle reproche à la Cour de justice d'avoir retenu que l'intimé était l'«actionnaire majoritaire» de la société qu'il a créée en 2003 (i.e. Y.________ SA), alors qu'il en est l'«actionnaire unique», et, partant, d'avoir fixé son revenu mensuel net à «seulement» 76'000 fr.; elle conteste, de surcroît, le montant des charges de l'intéressé (i.e. 42'000 fr. par mois). 2.1 De jurisprudence constante, le Tribunal fédéral se montre réservé dans le domaine de la constatation des faits et de l'appréciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconnaît en la matière aux autorités cantonales; il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte, lorsque des constatations de fait sont manifestement fausses, ou encore lorsque l'appréciation des preuves apparaît tout à fait insoutenable (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9;128 I 81 consid. 2 p. 86; 127 I 38 consid. 2a p. 41 et les arrêts cités). 2.2 En admettant même qu'elle prête le flanc à la critique quant aux points en discussion, la décision attaquée ne devrait être annulée que si elle se révélait arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 et 49 consid. 4 p. 58; 128 I 81 consid. 2 p. 86 et les références citées). En l'occurrence, cela suppose que la recourante démontre qu'une pension de 24'000 fr. par mois ne lui permet absolument pas de maintenir le train de vie qui était le sien durant la vie commune; ce n'est que dans cette éventualité qu'il y aura lieu de rechercher si la capacité contributive de l'intimé (revenu et charges) a été ou non appréciée de manière arbitraire. Certes, en instance cantonale, la recourante a estimé «ses besoins à environ 32'000 fr. par mois». Toutefois, devant le Tribunal fédéral, elle n'expose pas d'une façon motivée (art. 90 al. 1 let. b OJ; cf. ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495) qu'ils dépassent manifestement, non seulement le montant des «charges documentées» en relation avec son train de vie (i.e. 15'122 fr.), mais encore ceux que la cour cantonale a évalués plus largement «au regard du train de vie mené par les parties durant la vie commune» (i.e. 24'000 fr.). Il s'ensuit que, faute d'avoir établi le caractère arbitraire de cette prémisse, le recours apparaît irrecevable dans son entier.