Citation: 8C_184/2007 19.06.2008 E. 3

3.1 Sous l'angle somatique, dans son expertise du 26 juin 2003, le docteur S.________ a indiqué que la recourante se plaignait de gonalgies gauches et de cervicalgies. Au terme de son examen du cas, cet expert a retenu les diagnostics de cervicalgies chroniques communes (status après accident de la circulation avec vraisemblable entorse cervicale; protrusion discale C5-C6 banale; spondylarthrose discrète C5-C6), de gonalgies gauches post-traumatiques anamnestiques (syndrome fémoro-patellaire modéré à gauche). En ce qui concerne la capacité de travail de l'intéressée, le docteur S.________ a estimé que, d'un point de vue ostéo-articulaire, on pouvait exiger d'elle l'exercice de son ancienne activité de nettoyeuse à raison d'environ 20 heures par semaine et l'exercice à plein temps d'une activité adaptée (évitant le port de charges, les positions accroupies ou à genoux, les mouvements en flexion-extension et les rotations du rachis cervical). Quant aux limitations de la mobilité du rachis cervical révélées par l'examen clinique, elles étaient difficilement interprétables eu égard à l'attitude de résistance manifestée par l'assurée, laquelle présentait en outre des signes comportementaux clairs décrits par la littérature médicale consacrée aux signes de non-organicité dans la région cervicale. Le docteur S.________ a en outre relevé qu'il apparaissait clairement une discordance entre ses constatations cliniques objectives concernant le genou gauche de l'assurée et les doléances de cette dernière. Les conclusions de l'expert S.________ procèdent d'un examen détaillé de la situation de la recourante prenant en compte l'ensemble de ses plaintes et portant sur un dossier médical complet. Leur auteur est un spécialiste, notamment en rhumatologie. Elles sont dûment motivées et remplissent toutes les conditions posées par la jurisprudence pour que leur soit reconnue en principe pleine valeur probante (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352). 3.2 Le fait que l'expert n'a pu communiquer avec B.________ que par le truchement du mari de cette dernière, qui n'a aucune connaissance de la langue française, n'est pas de nature à faire douter du bien-fondé de ses déductions, puisqu'elles se fondent sur des constatations objectives, en particulier sur les signes comportementaux de l'expertisée durant l'examen clinique (exagération de la réponse verbale, extension de la zone douloureuse au cours du temps, projection non-anatomique de la douleur, maintien de la main de l'examinateur, annonce d'un malaise et de vertiges lors de l'examen, résistance non-anatomique à la mobilisation tant du rachis cervical que lombaire). Certes, le docteur G.________, spécialiste en médecine interne et en rhumatologie, a indiqué que des cervico-scapulagies chroniques empêchaient la reprise totale du travail (rapport du 28 novembre 2002). Cet avis, qui reconnaît d'ailleurs qu'une certaine activité est exigible de l'intéressée, n'est cependant pas motivé et se révèle ainsi insuffisant pour que soit mise en doute la valeur probante des conclusions de l'expertise susmentionnée. 3.3 Dans ces conditions et dès lors que l'expert S.________ n'a pas proposé de traitement, hormis une prise en charge cognito-comportementale de physiothérapie et d'ergothérapie destinée à améliorer la capacité de travail de l'assurée dans son ancienne activité de nettoyeuse, la décision de l'intimée de mettre fin à ses prestations à compter du 1er septembre 2002 était en principe justifiée. Il y a lieu cependant d'examiner encore si l'intimée devrait répondre envers la recourante, comme cette dernière le soutient, à raison d'une lésion du type « coup du lapin ».