Citation: 1C_442/2022 E. 4.2.2

4.2.2. Le recourant expose sur plusieurs pages de son recours une argumentation tendant à démontrer en quoi le mariage qu'il a conclu n'était pas fictif, au contraire des déclarations faites par son ex-épouse dans le cadre d'une procédure pénale le concernant. Or, ainsi que l'a expressément souligné le TAF, la sincérité du mariage au moment où celui-ci a été conclu ne fait pas l'objet de la présente procédure, ni n'a été jugé décisif pour retenir une obtention frauduleuse de la naturalisation. Il en va de même de la durée du mariage, seule comptant la volonté commune et intacte des époux de maintenir une union conjugale stable au moment de la procédure de naturalisation facilitée. En rapport avec le raisonnement du TAF, le recourant se borne à faire état d'une "dégradation subite" de l'état de santé de son épouse sans la démontrer - ni même tenter de le faire -, de sorte que cela ne peut être retenu en l'espèce. Le recourant n'explique notamment pas le fait que son ex-épouse ait toujours été en état de partir en vacances pour son "traditionnel" voyage avec une amie en Tunisie, élément qui contredit pourtant de manière flagrante un état de santé rendant subitement la poursuite de l'union conjugale insupportable. Le recourant affirme lui-même que les dissensions que lui et son épouse connaissaient les ont éloignés "avec l'écoulement du temps", ce indépendamment d'un facteur de détérioration soudain (p. 27 du recours). Le seul fait qu'il n'ait quitté le domicile conjugal que deux mois après la requête commune en divorce, alors qu'il "avait la possibilité de quitter ce logement bien plus tôt, dans la mesure où il disposait d'un appartement [ailleurs]", ne démontre en rien la séparation douloureuse qu'il allègue. La date officielle de son changement d'adresse ne saurait en effet être décisive. Pour le surplus, le recourant ne fait pas état d'une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale ou du recours à une personne tierce en vue de tenter de sauver le mariage. Enfin, les propos, mis en avant par le recourant, de diverses personnes attestant d'un "couple soudé" ou d'activités communes ne sauraient changer cette appréciation puisqu'elles sont étrangères à la question de la prétendue subite évolution des circonstances justifiant le rapide divorce après l'octroi de la naturalisation facilitée. En définitive, ainsi que l'a retenu le TAF, le recourant ne parvient pas à renverser la présomption de déclarations abusives en vue de l'octroi de la naturalisation facilitée. L'annulation de celle-ci respecte par conséquent les conditions posées par l'art. 36 al. 1 LN.