Citation: 6B_1321/2017 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a exposé que les premières déclarations de B.________ avaient été recueillies dans l'après-midi du 15 juillet 2015, soit un peu plus d'un jour après les faits. Ce faible intervalle de temps était favorable à des déclarations précises et proches des faits. Durant sa deuxième audition, auprès du ministère public des mineurs, le 1er juin 2016, la prénommée avait révélé un élément important s'agissant de la genèse de ses premières déclarations, savoir qu'elle n'avait pas pu dire toute la vérité concernant le fait que le recourant fût rentré dans sa maison la nuit des faits, en raison de la présence de sa mère à l'audition car elle avait l'interdiction de faire entrer celui-ci, ou tout autre garçon, dans la demeure. Selon l'autorité précédente, les explications fournies concernant cette dissimulation de la vérité étaient plausibles et étaient par ailleurs corroborées par les déclarations de E.________, selon lesquelles le recourant n'était jamais entré dans la maison. Cette dissimulation mise à part, il n'y avait pas d'éléments suspects dans la genèse des déclarations de B.________ par rapport aux événements des 13 et 14 juillet 2015. Il n'y avait pas davantage d'éléments susceptibles de faire naître des doutes s'agissant de la manière dont l'information avait été rapportée; il n'y avait pas d'exagération dans la description des événements ni de volonté de charger inutilement le recourant. B.________ n'avait ainsi pas prétendu s'être évanouie ni avoir présenté une incontinence ensuite de l'étranglement. Il y avait en outre de bons indices de crédibilité chez l'intéressée, notamment la description de la peur ressentie, un questionnement par rapport aux sentiments du recourant, la reconnaissance qu'elle ne se souvenait pas de certaines choses au cours des auditions subséquentes, la présence d'une certaine forme de refoulement, ou même des déclarations l'impliquant elle-même. Ces éléments permettaient d'exclure nettement l'hypothèse d'une vengeance, alléguée par le recourant. Dans les déclarations de B.________, il n'y avait pas non plus de signes de fantaisie ou de mensonge. Il n'était en particulier pas impossible qu'une personne parvienne à mordre l'avant-bras d'un tiers tentant de l'étrangler, en particulier si, comme en l'espèce, l'emprise n'était pas encore très forte. Il s'agissait au contraire d'un élément qui ne pouvait s'inventer. Le récit livré à la police par B.________ avait été précis, riche en détails et homogène. Il convenait en outre de souligner que les déclarations de la prénommée, selon lesquelles il y avait eu au moins un début de strangulation, étaient nettement corroborées par les ecchymoses autour du cou constatées médicalement. De manière générale, les déclarations de B.________ étaient confirmées par les constatations médicales, notamment les ecchymoses décelées autour du sein droit et de la région costale postérieure gauche. Ces déclarations apparaissaient ainsi crédibles. Lors de sa première audition par la police au sujet de ces événements, le recourant n'avait pas décrit librement les faits, mais s'était contenté de confirmer que les choses s'étaient déroulées comme rapportées par B.________. Il n'était donc pas possible de procéder à une analyse plus complète de ces déclarations. Il convenait cependant de relever que, confronté au reproche relatif aux strangulations, celui-ci n'avait pas cherché à nier. En outre, informé par la police des conséquences de ses déclarations, le recourant avait indiqué : "Ensuite il y a eu ce qu'elle a dit elle. Même si c'est grave ce qu'elle dit je le prends sur moi. Pas de problème." Dès la première audition par la police, les déclarations de l'intéressé avaient été ambivalentes concernant la violence employée : "C'est vrai que cette dernière fois c'est allé un peu loin, mais je ne tape pas des femmes. Je ne veux pas taper des femmes, ça va la tête ? Je l'aime vraiment beaucoup, mais il y a certains trucs que je ne comprends pas avec elle. Après on s'emballe tous les deux. Je consens à ce que j'ai fait et ça ne se fait pas." Lors de sa première audition par le ministère public des mineurs, un peu plus d'un mois après les faits, le recourant avait confirmé ses précédentes déclarations et avait refusé de s'exprimer en détail à propos des strangulations, en précisant qu'il ne s'en souvenait pas. Or, un peu plus d'un mois après des événements d'une telle portée, la déclaration selon laquelle le recourant ne s'en rappelait plus constituait un très mauvais indice de crédibilité. Lors de son audition finale, l'intéressé avait également déclaré ne plus se souvenir de ce qui s'était passé, en niant cependant toute tentative de meurtre. Il avait néanmoins pris position sur les faits et les avait largement contestés. Selon l'autorité précédente, ces dénégations n'étaient guère crédibles. Elles étaient survenues très tard dans la procédure, alors que le recourant était probablement pour la première fois conscient de la portée que les faits reprochés pourraient avoir. Elles étaient en outre marquées par la volonté de discréditer B.________ en lui prêtant de mauvais sentiments, ce qui était un mauvais indice de crédibilité. Le discours sur les faits eux-mêmes avait été marqué par la volonté de les minimiser en les ramenant à une bousculade par les épaules. Lors des débats de première instance, le recourant était même allé plus loin, en prétendant qu'il n'avait fait que repousser B.________, laquelle s'en était prise à lui. Or, il n'y aurait certainement pas eu un dépôt de plainte et des constatations médicales révélant autant de marques de coups s'il ne s'était agi que d'une bousculade. On voyait d'ailleurs mal, selon la cour cantonale, comment le fait de se pousser aux épaules aurait pu causer un hématome à l'oeil et des ecchymoses autour du cou. En définitive, les déclarations du recourant n'étaient pas crédibles. La cour cantonale a encore exposé que les strangulations n'avaient pas été particulièrement violentes. Cependant, la strangulation ayant eu lieu à l'intérieur de l'appartement avait été plus forte et avait causé des difficultés respiratoires, un léger étourdissement et des palpitations à B.________. S'agissant des intentions du recourant le soir des faits, l'autorité précédente a relevé les déclarations faites à B.________, lesquelles avaient clairement exprimé des intentions homicides. On ne pouvait toutefois retenir que l'intéressé avait souhaité rencontrer la prénommée pour mettre à exécution un projet homicide qu'il aurait mûri précédemment. Dans l'enchaînement des faits, il s'en était pris physiquement à B.________. Ses actes et ses paroles semblaient aller dans le sens des velléités homicides que celle-ci avait pu décrire, sans que l'on puisse dire s'il voulait vraiment la tuer ou lui faire peur. Le langage utilisé devait être replacé dans le contexte d'une dispute de couple au cours de laquelle des paroles pouvaient facilement dépasser les intentions, particulièrement s'agissant de jeunes personnes. Les gestes de strangulation répétés permettaient cependant à la cour cantonale d'affirmer que s'il n'y avait pas eu d'intention homicide ferme, dans le cadre de ce qui semblait être un jeu pour le recourant, ce dernier avait voulu exposer B.________ à un risque important pour sa vie et avait été parfaitement conscient d'agir en ce sens en l'étranglant.