Citation: 1B_192/2013 E. 3.4

3.4. Conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention (règle de la nécessité). Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention provisoire ou de la détention pour des motifs de sûreté si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f) ainsi que l'interdiction de se rendre dans un certain lieu ou un certain immeuble (let. c). En l'espèce, selon l'expert, le risque d'une nouvelle infraction est susceptible d'être diminué moyennant le suivi d'un traitement psychiatrique visant surtout à diminuer les angoisses à connotation psychotique avec concomitamment une diminution de la consommation d'alcool, lequel sera impérativement accompagné d'un soutien et d'un encadrement social. L'instance précédente a considéré que, vu la description du processus du passage à l'acte chez le prévenu et la lecture plus nuancée du degré du risque de récidive, seule l'action conjointe et vouée au succès de toutes ces mesures de substitution serait susceptible de prévenir un risque de récidive. Or, elle a émis des doutes quant à la réelle motivation du prévenu à se soumettre aux deux aspects du suivi thérapeutique: sur le traitement psychiatrique destiné à diminuer les angoisses à connotation psychotique, deux suivis du Centre psychosocial avaient échoué, le dernier ayant pris fin sur initiative du recourant en janvier 2012; quant à la diminution de la consommation d'alcool, différents propos de l'intéressé montraient qu'il avait tendance à nier la véritable portée à attribuer à sa consommation d'alcool. Cette analyse de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique. En l'état, l'organisation de la mise en liberté du recourant qui a une tendance marquée à la consommation abusive d'alcool et dont le comportement est aussi imprévisible paraît en effet difficile. Le Tribunal cantonal peut être suivi lorsqu'il juge que les mesures de substitution ordonnées par le Tmc ne sont pas propres à écarter tout risque de récidive et qu'elles ne présentent pas de garantie sécuritaire suffisante, au regard de l'imprévisibilité dont la société doit s'accommoder si le prévenu devait être remis en liberté aujourd'hui. Par ailleurs, il n'apparaît pas que la détention provisoire doive se prolonger encore longtemps, dans la mesure où le Ministère public a indiqué que l'acte d'accusation clôturant l'instruction est déjà rédigé et qu'il sera notifié aux parties et au Tribunal pénal de la Sarine lorsque le dossier lui aura été retourné.