Citation: 1B_544/2022 E. 3.2

3.2. Dans le cas d'espèce, la qualité de propriétaire du diamant n° xxx de la recourante est loin d'être établie. Cette question a fait et est encore l'objet de différentes procédures judiciaires; la recourante elle-même a ouvert action en constatation de ses droits devant les autorités de Hong Kong. Il ne saurait donc être retenu qu'en cas de levée du séquestre, elle aurait un droit immédiat de disposer librement du diamant n° xxx; cela semble d'autant moins être le cas que les autorités américaines ont également ordonné le blocage de cette pierre jusqu'à droit connu sur son propriétaire. En l'état, la recourante se prévaut donc uniquement d'un intérêt futur, basé en outre sur l'hypothèse - incertaine - qu'elle obtiendrait gain de cause sur la question de la propriété; la recourante ne semble pas soutenir le contraire au vu des termes et temps utilisés dans son acte de recours (cf. ad A/1/a p. 8 de cette écriture : "dans l'éventualité où la recourante se verrait reconnue dans ses droits par les seules juridictions civiles compétentes, elle ne pourrait toutefois pas se voir remettre la pierre dont elle serait pourtant la légitime propriétaire et ce, par le fait du séquestre; elle se trouverait alors privée temporairement de la libre disposition de son bien"). Faute d'intérêt juridique actuel et pratique à obtenir l'annulation ou la modification de l'arrêt attaqué, la recourante ne dispose pas de la qualité pour recourir. Pour ces mêmes motifs, elle ne subit aucun préjudice irréparable qu'aucune décision ultérieure ne pourrait réparer. On ne voit en particulier pas ce qui l'empêcherait, si elle devait obtenir une décision constatant son droit de propriété, de demander sa reconnaissance auprès des autorités suisses, puis de requérir auprès du Ministère public la levée de la mesure de séquestre. On peine également à comprendre pourquoi le séquestre ordonné péjorerait ses intérêts. Au contraire, le maintien de cette mesure - certes en l'état justifiée par l'art. 263 al. 1 let. c CPP (restitution au lésé) - paraît propre à lui offrir une garantie supplémentaire pour la protection de ses éventuelles prérogatives futures sur le diamant n° xxx, en particulier si celui-ci devait se retrouver sur le territoire suisse; pour ces mêmes motifs, le séquestre, en tant que mesure conservatoire, ne viole ainsi pas le principe de la proportionnalité (cf. art. 197 al. 1 let. c CPP). Au vu de la contestation existant quant à la propriété de cette pierre, ainsi que de la saisine des autorités étrangères sur cette question, sa restitution - notamment par le Ministère public - ne saurait d'ailleurs intervenir en Suisse sans décision formelle au sens notamment de l'art. 267 CPP, prononcé qui, selon l'autorité qui la rendrait, peut faire l'objet d'un appel ou d'un recours (sur cette disposition, cf. arrêts 6B_831/2021 du 26 janvier 2023 consid. 1.2; 1B_117/2022 du 18 mai 2022 consid. 4.1; 1B_667/2021 du 19 avril 2022 consid. 2.2; 1B_573/2021 du 18 janvier 2022 consid. 3.1).