Citation: 1C_521/2022 E. 3.2

3.2. Dans le cadre de l'exercice de la compétence en matière de planification que la législation valaisanne confère aux communes, l'art. 3 al. 1 de la loi cantonale sur les constructions du 15 décembre 2016 (LC; RS/VS 705.1) leur impose de prévoir dans leurs règlements des constructions et des zones (RCCZ) notamment l'ordre des constructions, ceci dans le respect du droit supérieur. Le droit cantonal leur concède en revanche un important pouvoir d'appréciation quant à la détermination et au choix de l'ordre des constructions applicable à chacun des secteurs du territoire communal (cf. art. 22 al. 1 let. a LC). Au mépris des exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF applicable au grief constitutionnel de violation de l'autonomie communale (cf. arrêt 1C_373/2016 du 7 novembre 2016 consid. 6), la recourante ne démontre cependant pas que le droit cantonal attribuerait à la commune une marge d'appréciation plus étendue en la matière, qui s'étendrait au-delà de ce seul choix, ni, le cas échéant, que cette latitude de jugement aurait été lésée par le Tribunal cantonal. La Commune de Saxon n'a au demeurant pas recouru contre l'arrêt cantonal ni ne se prévaut céans d'une violation de son autonomie, pas plus qu'elle ne s'en était plainte dans ses écritures cantonales, auxquelles elle renvoie. Rien ne permet dès lors de conclure que la définition de l'ordre des constructions, qu'il s'agisse de l'ordre contigu, non contigu, ou encore dispersé, échapperait au droit cantonal et ressortirait au droit communal (cf. arrêts 1C_92/2015 du 18 novembre 2015 consid. 3.1.2 et 1C_502/2017 du 5 juin 2018 consid. 1.1.1 s. a contrario); d'ailleurs, comme le souligne la cour cantonale, le glossaire annexé à l'ancienne ordonnance cantonale sur les constructions du 2 octobre 1996 (aOC; RO/VS 1996 p. 342 ss), en vigueur lors de l'adoption par la commune du RCC, prévoit une telle définition, contrairement au règlement communal, muet sur ce point. Il n'y a ainsi pas lieu de s'écarter de l'appréciation de la cour cantonale quand elle retient que la marge d'appréciation de l'autorité communale est fortement réduite par la jurisprudence fixant les critères pour résoudre la question, en lien avec l'ordre des constructions, de l'existence d'un ou d'une pluralité de bâtiments (cf. ZEN-RUFFINEN/GUY-ECABERT, Aménagement du territoire, construction, expropriation, 2001, n. 886, p. 387; voir également consid. 4.2 ci-dessous et les références). Le grief de violation de l'autonomie communale apparaît ainsi mal fondé et doit être écarté. La motivation développée à ce propos se confond du reste dans une large mesure avec le grief d'arbitraire examiné ci-après.