Citation: 2C_54/2022 E. 5.2

5.2. En l'espèce, le recourant s'en prend d'abord au constat du Tribunal administratif selon lequel il consommerait du cannabis de façon "excessive", d'une part, et que cette consommation aurait influencé négativement l'évolution de sa maladie, d'autre part. On ne saurait suivre la critique du recourant. En effet, comme l'indique le Tribunal administratif dans l'arrêt attaqué, il ressort de plusieurs rapports médicaux produits au dossier que certains troubles psychiques et comportementaux du recourant présentent un lien avec sa dépendance au cannabis. Un rapport du 24 février 2016 relate en particulier que l'intéressé a lui-même reconnu une "augmentation de sa consommation de cannabis" juste avant l'une de ses hospitalisations (cf. art. 105 al. 2 LTF; dossier de l'Office cantonal de la population, p. 500). L'arrêt attaqué mentionne également un article médical et un site internet dont il ressort que les personnes schizophrènes souffrent souvent d'une dépendance à certains produits et que la consommation de cannabis peut, en cas de prédisposition génétique correspondante, augmenter le risque de développer une schizophrénie, respectivement influencer négativement l'évolution d'une telle maladie. Le recourant, qui ne conteste pas de telles considérations, semble d'ailleurs être lui-même conscient des liens existant entre sa maladie et sa consommation de cannabis, puisque, comme l'a constaté le Tribunal administratif, il a indiqué, lors d'un interrogatoire de police du 2 février 2000, avoir déjà suivi un traitement médical au Maroc en 1998 pour des problèmes mentaux ou psychiques liés à sa consommation de cannabis. Le Tribunal administratif pouvait donc retenir sans arbitraire non seulement que le recourant avait consommé du cannabis de façon excessive, mais également qu'il existait des indices selon lesquels cette consommation de cannabis avait renforcé les symptômes de la schizophrénie dont il souffre, voire contribué à la provoquer. Cela étant dit, un tel constat ne préjuge toutefois pas la question de savoir s'il peut être reproché au recourant d'avoir commis une quelconque faute en lien avec sa maladie, dans la mesure où, selon l'arrêt attaqué, celle-ci favoriserait précisément les phénomènes d'addictions, et, par voie d'extension, s'il doit être tenu pour responsable, à tout le moins en partie, de la dépendance à l'aide sociale qui en découle. Il s'agit là d'une question distincte qui relève du droit et qui sera traitée plus loin pour autant que besoin.