Citation: 6B_661/2015 E. 2.2.1

2.2.1. En l'espèce, il faut constater que c'est à juste titre que l'autorité précédente a retenu que les travaux s'étaient déroulés en violation des normes applicables pour l'entretien et la taille des arbres, l'utilisation d'une tronçonneuse et le travail en hauteur (Directive CFST concernant les travaux forestiers et différentes listes de contrôle émanant de la SUVA [pièce 47 du dossier cantonal]). Il faut constater que l'équipement personnel de la victime était inexistant: absence d'un casque, de lunettes, de gants, de pantalon et de souliers de protection ainsi que d'un harnais de sécurité. L'encordement de la victime était très insuffisant au vu de la hauteur de travail et de l'utilisation d'une tronçonneuse. En sachant que la victime ne portait rien pour se protéger et pour remédier aux chutes, le recourant a violé son devoir de prudence en la laissant monter sur l'arbre. S'agissant d'apprécier le caractère fautif de la violation du devoir de prudence, il y a lieu d'admettre que l'extrême danger qu'un écimage - réalisé dans de telles conditions - faisait courir à la victime, ne pouvait pas échapper au recourant, qui travaillait comme jardinier indépendant depuis 2003 et qui, de ce fait, était habitué à tailler et élaguer des arbres, même s'ils étaient beaucoup plus petits. Même si le recourant ne connaissait pas les directives de la CFST et les prescriptions de la SUVA, il devait néanmoins, compte tenu de ses connaissances et de ses aptitudes personnelles, réaliser que E.________ mettait en danger sa vie en montant sur l'arbre. Le recourant allègue avoir eu recours à la victime, car elle lui aurait affirmé avoir les compétences nécessaires pour faire ce travail. Même dans ce cas de figure, le recourant ne saurait prétendre que les supposées compétences de la victime pouvaient à elles seules supprimer ou réduire le risque. Ainsi, force est de reconnaître que le recourant a violé fautivement son devoir de prudence.