Citation: 2A.422/2002 04.11.2002 E. 3

3.1 Arrivé en Suisse le 11 février 1999, le recourant a été placé en détention préventive à partir du 19 juin 1999 à la suite d'une instruction pénale ouverte contre lui pour infractions graves à la loi fédérale sur les stupéfiants; le 20 décembre 2001, il a été condamné à deux ans et demi de réclusion du chef de ces infractions, sous déduction de 917 jours de détention préventive. Dans son arrêt, le Tribunal correctionnel a souligné que l'intéressé avait, sans être lui-même toxicomane, "en pleine conscience participé, en bande, à un trafic de stupéfiants d'une gravité certaine", sans témoigner le moindre signe de scrupules par la suite. Dans ces circonstances, la faute du recourant apparaît lourde et justifie pleinement de lui refuser la prolongation de son autorisation de séjour, en l'absence de motifs qui commanderaient de faire exception à la jurisprudence précitée applicable aux délinquants étrangers mariés à un ressortissant suisse. 3.2 En particulier, le recourant ne saurait se prévaloir de la durée de son séjour et des attaches qu'il aurait prétendument nouées en Suisse, n'y ayant passé que quelques mois avant d'être placé en détention provisoire puis condamné pénalement. S'agissant de son intégration en Suisse, les constatations du Tribunal correctionnel ne lui sont d'ailleurs, quoi qu'il en dise, guère favorables: en effet, cette autorité n'a pas caché qu'elle avait le "sentiment très net" que son mariage n'avait été qu'une formalité destinée à lui faciliter son séjour dans ce pays, et c'est seulement "au bénéfice du doute" que son expulsion a été assortie d'un sursis, le Tribunal correctionnel considérant que son attache avec la Suisse pouvait "éventuellement (être) sérieuse". Au demeurant, si l'on considère qu'il a entretenu une liaison adultère alors qu'il venait tout juste de se marier (cf. les déclarations de V.________ à la Police de sûreté), il est sérieusement permis de douter de la sincérité de ses sentiments à l'égard de son épouse; ce doute est en outre renforcé par le fait - inhabituel - qu'après leur mariage célébré le 1er avril 1999, les époux ont continué à vivre séparément l'un de l'autre, elle chez sa mère et lui chez un ami, jusqu'à l'arrestation de ce dernier le 19 juin 1999. En réalité, les liens du recourant avec la Suisse sont donc ténus, pour ne pas dire inexistants, tandis qu'ils sont restés forts avec l'Albanie, pays où il a grandi jusqu'à l'âge de 22 ans et où vivent encore son père, sa mère ainsi que ses trois frères, soit des membres de sa très proche famille avec lesquels, contrairement à ses allégations, il est resté en contact étroit (cf. les écoutes téléphoniques ordonnées dans le cadre de l'enquête pénale). Le non-renouvellement de son autorisation de séjour ne prête donc pas le flanc à la critique, le fait que l'on puisse difficilement exiger de son épouse qu'elle s'en aille vivre avec lui en Albanie n'étant pas un obstacle dirimant à une telle mesure au vu notamment de la gravité de la faute commise.