Citation: 1C_387/2021 E. 3.3

3.3. A l'instar de l'OFROU et de l'OFEV, le TAF considère que le caractère économiquement supportable de la mesure doit être calculé en tenant compte des coûts de celle-ci, indépendamment de la personne (personne privée ou collectivité publique) appelée à les supporter. Le fait que les recourants mettent gratuitement à disposition leur bien-fonds afin de réaliser la butte antibruit serait sans pertinence, tout comme l'arrangement avec une société permettant le dépôt de matériel d'excavation non polluant, contre une partie du financement des travaux de construction de la butte antibruit. Ces considérations sont conformes au droit fédéral et doivent être confirmées. Le WTI constitue en effet un moyen destiné à assurer une pratique uniforme dans toute la Suisse (arrêt 1C_183/2019 du 17 août 2020 consid. 4.3). Dans ce cadre, l'autorité doit prendre en compte l'ensemble des coûts - effectifs ou standards - de la mesure antibruit, sur une base unifiée permettant d'assurer une égalité de traitement et une uniformité de pratique (cf. Manuel du bruit routier, p. 33). Les recourants ne sauraient prétendre faire baisser artificiellement ces coûts en prenant en charge une partie des frais, que ce soit par la mise à disposition d'un bien-fonds ou d'autres avantages en nature, par le financement de certains travaux, voire même par une contribution financière directe. Ce faisant, ils obtiendraient la réalisation de l'assainissement par l'autorité alors que la mesure, tous frais pris en compte, ne serait pas économiquement supportable. Un tel mode de faire avantagerait indéniablement les riverains disposant de certains moyens et compromettrait l'objectif d'égalité de traitement qui est inhérent à la notion de caractère économiquement supportable (art. 17 al. 1 LPE et 13 al. 2 OPB) et notamment poursuivi par l'index WTI. En ce sens, la solution confirmée par le TAF repose bien sur une base légale, contrairement à ce que soutiennent les recourants. En outre, l'argument tiré du droit de l'expropriation n'apparaît pas pertinent dans ce contexte et le grief doit par conséquent être rejeté. Il ne se justifie dès lors pas, comme le demandent les recourants dans un grief distinct, de compléter l'instruction afin de définir le WTI en tenant compte de la prise en charge qu'ils proposent.