Citation: 5A_940/2020 E. 4.3

4.3. Dans un dernier moyen, toujours tiré d'une violation de l'art. 82 al. 1 LP, la recourante soutient que les juges cantonaux auraient dû refuser la mainlevée au motif que la reconnaissance de dette était conditionnelle. Le prêt octroyé était conditionné à l'exécution par ses soins de son obligation de se fournir exclusivement auprès du poursuivant. L'analyse de l'acte du 22 novembre 2017 laissait en effet apparaître, d'une part, que les conditions du remboursement du prêt étaient liées au respect de l'accord d'exclusivité conclu par les parties et, d'autre part, que ledit prêt pouvait être compensé par le bénéfice découlant des achats effectués par l'emprunteuse au sein de l'officine du prêteur dès lors que les termes " en contrepartie " avaient été utilisés. Il n'y avait du reste aucun intérêt à concéder un contrat d'exclusivité sans pouvoir bénéficier d'un prêt en conséquence. Il est exact que la jurisprudence a posé le principe selon lequel il convient de faire le départ entre la condition à la réalisation de laquelle le débiteur subordonne expressément le remboursement de la dette et la clause qui ne concerne qu'une simple modalité de remboursement de celle-ci (cf. supra consid. 3.2.1). Encore faut-il toutefois qu'il puisse être déduit des termes employés l'existence d'une obligation conditionnelle. Or, en l'occurrence, on ne voit pas qu'il y ait trace d'une quelconque condition qu'aurait posée la recourante et de l'avènement de laquelle dépendrait l'exigibilité de la dette. L'argumentation proposée à cet égard par la recourante, qui s'épuise en sa propre interprétation dudit acte, ne permet en effet pas d'infirmer la constatation de la cour cantonale, fondée sur les propres déclarations de la recourante, selon laquelle l'obligation de se fournir exclusivement auprès du poursuivant venait compenser le fait que le prêt était accordé sans intérêts. Le grief est infondé.