Citation: 6B_319/2024 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a relevé que la crédibilité des déclarations de l'intimée était bien supérieure à celle des propos tenus par le recourant, de sorte qu'elle a retenu en substance la version des faits livrée par l'intimée lors de sa première audition. Elle a notamment considéré que le récit de l'intimée était très cohérent et détaillé, tant s'agissant des circonstances précédant les actes et leur déroulement, que de la chronologie et les échanges entre les parties. Dans un langage propre à son âge et à sa maîtrise imparfaite du français, l'adolescente avait fait preuve de sincérité et avait été mesurée dans ses propos, ne cherchant d'aucune manière à charger le recourant. La cour cantonale a observé que certains nouveaux éléments introduits aux débats d'appel étaient confortés par des éléments au dossier (indication au recourant de l'âge de l'intimée; concordance sur le fait que le sexe du recourant avait "buté à l'orée du vagin" de l'intimée). Relevant des divergences entre les premières déclarations et les secondes, la cour cantonale les a expliquées (réflexes de déni ou oubli de certains détails fréquents chez les victimes d'abus sexuels; surmonter un sentiment de culpabilité), tout en écartant les secondes narrations qui seraient défavorables au recourant. En revanche, elle a retenu que ces variations n'enlevaient rien à la forte crédibilité intrinsèque de la première audition de la victime, recueillie quelques semaines après les faits, selon le protocole adéquat. Si le recourant avait admis tous les actes d'ordre sexuel décrits par l'adolescente, il n'avait décrit les étapes que sur questions précises de la police. L'apparente sincérité du recourant, retenue par les premiers juges, devait être nuancée dans la mesure où il savait que l'intimée s'était confiée à une amie. En outre, il avait maladroitement tenté en appel de revenir sur la portée de son aveu en première instance selon lequel, à l'époque des faits, les femmes n'étaient pour lui que des objets, faisant référence à son défaut d'attention à ce qu'elles disaient. La version selon laquelle il y aurait eu un accord préalable sur la fellation et l'éjaculation faciale n'était pas crédible, voire invraisemblable. Les déclarations du recourant selon lesquelles il n'avait pas cru que la jeune fille était vierge, dès lors qu'aucun homme ne pouvait résister à une femme se présentant comme telle et qu'à cette époque de sa vie il ne prêtait pas garde à ce que les femmes lui disaient, étaient autant d'indications qu'il n'était pas disposé à entendre un refus, ce qu'il avait communiqué à l'intimée verbalement et par son attitude. Cela objectivait le sentiment de l'intimée selon lequel elle ne pouvait "rien faire". Le récit de l'amie de l'intimée (témoin par ouï-dire) comportait des inexactitudes notamment sur le type d'habit contenant une tache de sperme et sa description du dévoilement de l'intimée s'expliquait à plusieurs égards. Le témoignage de la tante de cette amie était peu probant, car il était doublement indirect et il y avait clairement une confusion avec ce que sa nièce avait elle-même vécu avec le recourant (tentative de négocier des faveurs sexuelles). Enfin, rien ne permettait de penser que la mère de l'intimée l'eût sciemment conduite à porter de fausses accusations, celle-là n'ayant aucun motif de s'en prendre au recourant. En outre, les deux femmes étant en situation irrégulière, la démarche de se présenter à la police impliquait une prise de risque et la simple évocation d'actes d'ordre sexuel avec une enfant de 13 ans suffisait pour obtenir sa condamnation, sans qu'il fût nécessaire d'en rajouter. Le processus de dévoilement de l'intimée, d'abord auprès d'une amie censée conserver le secret, puis uniquement sur interpellation auprès de sa mère, était courant et aucun élément au dossier ne permettait d'identifier de bénéfice secondaire que l'adolescente eût pu espérer tirer d'accusations excessives.