Citation: 4A_557/2021 E. 1

L'indemnité de départ était précédemment réglementée de la manière suivante dans la CCT 2004: " si le licenciement est principalement imputable à la personne concernée ou s'il est prononcé avec effet immédiat, l'indemnité de départ n'est pas due (...) ". Lors de la négociation de la CCT 2009, les parties signataires ont estimé nécessaire de préciser la notion de " principalement imputable ": il y avait désormais une gradation entre la faute grave et le licenciement immédiat pour justes motifs, les deux motifs ne donnant pas droit à l'indemnité de départ. La CCT 2009 a ainsi été modifiée à cet égard, ce qui a été repris tel quel à l'art. 55.4 CCT 2013 précité. A.c. C.________ est entrée au service de l'employeuse en 1985. Durant de nombreuses années, elle a été louée pour ses talents d'xxx et son sens de l'humour. A la suite du décès de son fils, elle s'est renfermée sur elle-même. Dès 2013, elle a dû en outre lutter contre un cancer. Sa maladie n'était initialement pas connue de ses collègues. A.d. Le climat de travail au sein de l'employeuse s'est dégradé en 2014. Il y avait des craintes parmi l'équipe que la U.________ ne ferme. Des restructurations ont provoqué des difficultés ayant contribué à générer une forme d'anxiété. Le climat de travail s'est également dégradé en raison de tensions entre les membres de l'équipe. Les dissensions ont aussi été causées par la personnalité de C.________, sa souffrance, ses absences, sa distanciation de l'équipe et son habitude de ne jamais dire bonjour. A.e. En 2014, C.________ a accusé de mobbing deux employés, D.________ et E.________. Pour faire suite à la plainte déposée, l'employeuse a confié à F.________, consultante juridique indépendante, le soin de mener une enquête externe. F.________ a procédé à l'audition de la totalité des collaborateurs d'U.________, soit 16 personnes. Dans son rapport du 18 juillet 2014, elle a déclaré que si la souffrance de la plaignante était bien réelle, les actes de D.________ et E.________ à son égard n'étaient pas pour autant constitutifs de mobbing. A.________ n'a fait l'objet d'aucune accusation dans le cadre de cette enquête. A.f. A la suite de nouveaux événements dont s'est plainte C.________, l'employeuse a imparti un délai de 48 heures aux collaborateurs pour se dénoncer de leur plein gré. Ils ont été informés qu'à l'issue de ce délai et en l'absence de démarche, une enquête serait diligentée, avec pour objectif de découvrir le (s) auteur (es) de ces malveillances. Des sanctions seraient prononcées à leur égard. Personne ne s'étant annoncé dans le délai imparti, un enquêteur externe, G.________, ancien magistrat judiciaire vaudois, a été mandaté par l'employeuse. Il était chargé d'établir les faits s'étant déroulés du 1er septembre 2014 au 27 mai 2015 et d'en découvrir le ou les auteurs. L'enquête a consisté presque exclusivement en l'audition de tous les collaborateurs d'U.________. Dans son rapport du 22 octobre 2015, G.________ a relevé que A.________, par ses gestes ou ses remarques méprisants et répétés directement ou indirectement à l'endroit de C.________ avait " non seulement contribué sérieusement à déstabiliser cette dernière, voire en incitant ", de manière que l'on pouvait qualifier de sournoise, d'autres collaborateurs à en faire de même. Bien qu'elle le contestait formellement, A.________ avait éteint ou modifié à plusieurs reprises l'ordinateur lorsque C.________ la suivait.... On ne pouvait exclure en outre qu'elle ait participé au dépôt sur le bureau de C.________, sinon de vaisselle sale, du moins des affichettes relatives à la médiation, voire qu'elle ait encouragé cette pratique. En conclusion, les deux personnes principalement impliquées dans les actes de mobbing étaient A.________ et D.________. A.g. L'employeuse a pris connaissance de ce rapport le 26 octobre 2015. Elle a fait valoir qu'elle avait pris la décision de licencier avec effet immédiat A.________ et D.________, et de prononcer un avertissement à l'égard de quatre autres collaborateurs; elle avait également décidé de les convoquer individuellement dans la matinée du 28 octobre 2015. A.________ a travaillé le 26 octobre 2015 selon l'horaire prévu et a été en incapacité de travail à 100 % dès le lendemain. Le 27 octobre 2015, au moment de préparer les convocations, l'employeuse a été informée de l'arrêt de travail de A.________. Sa convocation pour le lendemain n'a pas été possible. Par courrier recommandé du 28 octobre 2015, adressé par porteur à A.________, l'employeuse l'a licenciée avec effet immédiat, en motivant cette décision par les actes de mobbing commis à l'encontre de C.________, tels que mis en évidence par l'enquêteur. A.h. Le 3 novembre 2015, C.________ a repris le travail à 80 %, après plus de cinq mois d'incapacité de travail. Si les malveillances ont pris fin, elle se sentait toujours très angoissée.