Citation: 5A_934/2022 E. 3.4

3.4. C'est à raison - et partant sans arbitraire - que le juge cantonal a examiné s'il était en l'espèce rendu vraisemblable que le maintien durant la procédure de la mesure dont est plainte était susceptible de causer un préjudice difficilement réparable au plaignant (cf. supra consid. 3.1). C'est également sans arbitraire qu'il a constaté que la plainte était déficiente sur ce point. En effet, à lire cette écriture, versée au dossier cantonal, on ne trouve aucun allégué ni aucune motivation appuyant la conclusion tendant à l'octroi de l'effet suspensif à la plainte. En particulier, contrairement à ce qui figure pour la première fois dans le présent recours, il n'y est aucunement allégué que la saisie litigieuse priverait le recourant des ressources nécessaires à la couverture de ses besoins vitaux. L'allégué pour lequel la pièce n° 11 est offerte à titre de preuve se borne en effet à indiquer que " [l]e 20 octobre 2021 un calcul du minimum vital [du poursuivi] a été opéré par l'Office des poursuites de La Chaux-de-Fonds fixant le montant saisissable à CHF 1'650.-- par mois ". S'il est vrai que, selon l'art. 20a al. 2 ch. 2 LP - dont la violation arbitraire n'est quoi qu'il en soit même pas soulevée -, la maxime inquisitoire s'applique à la procédure de plainte LP, il n'apparaît pas encore insoutenable de considérer qu'une telle allégation est insuffisamment circonstanciée et étayée pour être admissible sous l'angle du devoir de collaboration du plaignant à l'établissement de l'atteinte au minimum vital que causerait la saisie de rente LPP litigieuse (sur le devoir de collaboration à l'établissement des faits essentiels: ATF 123 III 328 consid. 3; 112 III 79 consid. 2; arrêts 5A_324/2022 du 17 octobre 2022 consid. 2.3 et les arrêts cités; 5A_764/2019 du 10 mars 2020 consid. 6.1 non publié aux ATF 146 III 303; 5A_405/2017 du 14 novembre 2017 consid. 2.3 et les références; 5A_253/2015 du 9 juin 2015 consid. 4.1 et les arrêts cités), étant au demeurant précisé que le recourant ne prétend pas avoir indiqué à l'autorité cantonale que ladite saisie de rente consacre une telle atteinte. Dans ces conditions, on ne voit pas que le président de la Chambre de surveillance ait versé dans l'arbitraire en jugeant que le recourant n'avait pas exposé à satisfaction en quoi la mesure attaquée lui causerait un préjudice difficilement réparable si elle n'était pas suspendue durant la procédure de plainte, de sorte que la requête d'effet suspensif pouvait être rejetée pour ce motif.