Citation: 1C_434/2021 E. 3.2

3.2. Les recourants reconnaissent que le stockage des matériaux de chantier et de véhicules devrait, sur le principe, prendre place en zones artisanale ou industrielle. Selon eux, toutefois, il serait insoutenable d'affirmer qu'il existerait des alternatives aux parcelles nos 567 et 684 dans de telles zones, la région de Nyon faisant face à une pénurie de secteurs de ce type. La municipalité avait d'ailleurs déclaré travailler depuis 15 ans sur la création d'une zone artisanale, sans réponse du canton, et avoir peur de perdre une entreprise locale employant des personnes dans la région, payant des impôts et effectuant des travaux pour la commune. A suivre les recourants, on ne saurait contraindre une petite entreprise familiale et locale implantée dans la région de Nyon depuis près de 60 ans à s'expatrier dans une autre région du canton pourvue de zones artisanales ou industrielles. Les efforts déployés par les recourants et les difficultés rencontrées ne sauraient certes être niés. Toutefois, l'absence de zone adéquate dont ils se prévalent n'est pas établie; au contraire, la DGTL précise céans que le canton de Vaud dispose de 700 ha de zones d'activités non occupées, correspondant à une réserve suffisante pour plus de dix ans (cf. plan directeur cantonal, ligne d'action D1). En tout état de cause, on ne saurait déduire de la prétendue indisponibilité de terrains affectés à une zone adéquate, que les aménagements litigieux et l'activité des recourants sur la parcelle no 567 y seraient imposés par leur destination. L'implantation hors de la zone à bâtir imposée par sa destination suppose en effet des raisons d'ordre technique, des motifs liés aux conditions d'exploitation économique ou encore à cause de la configuration ou des particularités du sol (cf. arrêt 1C_304/2008 du 30 avril 2009 consid. 3.1). Or cela n'est pas le cas en l'espèce: la nécessité alléguée de pouvoir exercer son activité sur un terrain à proximité de la Commune de Le Vaud, si elle est compréhensible, n'en relève pas moins de motifs subjectifs, de convenance personnelle, qui ne sauraient justifier une implantation hors de la zone à bâtir; l'implantation de l'activité et les installations hors zone à bâtir entraîne en outre, avec une occupation de près de 3'000 m² et le stockage de matériel lourd, un changement d'affectation importants de terrains non constructibles (cf. ATF 141 II 245 consid. 7.9). On ne discerne enfin pas dans l'argumentaire des recourants quels avantages objectifs pourraient découler d'une implantation hors de la zone à bâtir. En définitive, les intérêts privés allégués, de nature purement économique et d'agrément, ne sauraient l'emporter sur l'intérêt public important, de rang constitutionnel, à la séparation du territoire bâti et non bâti. Le refus d'accorder une dérogation au sens de l'art. 24 LAT apparaît ainsi conforme au droit fédéral. Le grief doit en conséquence être rejeté.