Citation: 6B_514/2024 E. 3.8

3.8. En tout état, la cour cantonale a aussi considéré que la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP n'était pas remplie (au motif que l'intérêt public à l'expulsion l'emportait sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse). Ainsi, par surabondance de droit, il convient d'examiner cette condition. Cet examen implique en particulier de déterminer si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH. Le recourant dispose d'un certain intérêt à demeurer en Suisse compte tenu de la durée relativement longue de son séjour dans ce pays avant son incarcération et du fait que ses enfants y vivent. Toutefois, il doit également être tenu compte de sa faible intégration, de l'absence de liens socio-professionnels particuliers en Suisse et de ses chances de réintégration dans son pays d'origine. De plus, avec la cour cantonale, il faut considérer que la condamnation du recourant du chef de tentative de meurtre consacre un intérêt public important à son expulsion. Il est rappelé que le recourant s'en est pris à l'un des biens juridiques le plus précieux, soit la vie, et que dans ce contexte la jurisprudence commande de se montrer particulièrement strict (cf. arrêts 6B_639/2023 du 21 décembre 2023 consid. 3.3.2; 6B_1214 2022 du 2 octobre 2023 consid. 3.3.2). Un tel comportement, couplé en l'espèce à d'autres infractions, ainsi que le fait que le recourant a déjà fait l'objet de condamnations par le passé, démontre un mépris total pour l'ordre juridique suisse et le sentiment de sécurité d'autrui. Au vu de l'ensemble des circonstances, l'intérêt public à son éloignement l'emporte sur son intérêt privé à demeurer en Suisse.