Citation: 7B_553/2023 E. 2.4

2.4. L'autorité précédente a examiné les comportements dénoncés par les recourants à l'appui de leur demande de récusation, ceux-ci se plaignant du fait que l'intimé, policier de l'IGS, aurait fait preuve de partialité à leur égard durant l'enquête (griefs 1 à 3). À cet égard, elle a souligné que l'intimé - chargé d'un complément d'enquête par le Ministère public - disposait d'une large marge de manoeuvre pour déterminer les actes d'enquête à entreprendre. Se référant à la jurisprudence en la matière, l'autorité précédente a en outre rappelé en substance que les policiers pouvaient être amenés à prendre position et ne revêtaient jamais la qualité de direction de la procédure. C'est dans le contexte particulier lié à l'enquête de police que l'autorité précédente a examiné les griefs des recourants, retenant que le comportement de l'intimé ne présentait pas d'apparence de prévention à leur endroit. Ainsi, elle ne décelait aucun indice de prévention dans le fait que l'intimé n'avait pas procédé à l'audition des parties plaignantes (grief 1); celui-ci disposait de plaintes détaillées accompagnées d'annexes qui lui permettaient d'agir conformément aux devoirs de sa charge. Les recourants ne pouvaient au demeurant tirer aucun argument des commentaires de l'intimé ressortant de son rapport, notamment de ses observations sur les photographies produites. Le Ministère public, direction de la procédure, était en effet en mesure de se forger sa propre opinion, voire d'administrer des preuves qui lui paraissaient pertinentes. En outre, un examen d'ensemble des auditions auxquelles l'intimé avait procédé donnait l'image d'un travail factuel et objectif (grief 2); aucune question tendancieuse ou orientée n'avait été posée aux personnes interrogées, les plaignants ne l'affirmant du reste pas. L'intimé était enfin en droit de consulter les renseignements de police des personnes apparaissant dans la procédure et d'évoquer ceux concernant le recourant 1, sans que cette manière de procéder constituât un indice de prévention (grief 3). En insistant sur la récurrence des comportements du recourant 1, l'intimé pouvait certes avoir donné une clé de lecture possible sur les faits de l'enquête; ce faisant, il n'était pas pour autant sorti de son rôle de policier, ce d'autant que la direction de la procédure était en mesure de se forger sa propre opinion et d'administrer de nouvelles preuves. Le fait que l'intimé n'ait pas mentionné de renseignements de police sur les prévenus ni sur la recourante 2 n'était pas décisif et pouvait s'expliquer par le fait qu'ils ne présentaient pas d'antécédents ou que d'éventuels antécédents n'étaient pas déterminants pour la procédure en cours. En tout état, cet élément n'était pas constitutif d'une apparence de prévention au préjudice de la recourante 2.