Citation: 1C_160/2021 E. 4.5.2

4.5.2. A l'instar de l'instance précédente, il ne saurait être considéré que le SVE aurait fait preuve de formalisme excessif en refusant la liste des recourants, déposée hors délai. En effet, une stricte application des règles relatives aux délais est justifiée par des motifs d'égalité de traitement et par un intérêt public lié à une bonne administration de la justice et à la sécurité du droit (cf. ATF 125 V 65 consid. 1 p. 66; arrêt 1C_158/2018 du 4 juillet 2018 consid. 4). En matière de droits politiques, la brièveté des délais et la nécessité de leur stricte application se justifient également afin de permettre que les irrégularités puissent être si possible corrigées avant la votation en cause (ATF 121 I 1 consid. 2 p. 3). Il convient en particulier de rappeler que les autorités ont un devoir de respecter scrupuleusement la procédure en matière d'opérations électorales et ne peuvent donc s'écarter sans motifs impérieux des exigences légales en la matière. Cela se justifie d'autant plus en l'espèce que les dispositions sur les délais de dépôt des candidatures sont claires et facilement compréhensibles, même par des non-juristes. S'agissant enfin du délai de grâce de l'art. 24 al. 5 LEDP, le texte de la disposition est limpide: il ne concerne que les éventuelles indications manquantes à la suite du dépôt, dans le délai légal, de la liste des candidats, ce que les recourants n'ont pas fait. L'interprétation et l'application par la Cour de justice de l'art. 24 LEDP apparaît ainsi comme respectant le cadre juridique défini par le législateur et en vigueur depuis de nombreuses années à Genève.