Citation: 5A_22/2023 E. 3.2

3.2. En l'espèce, l'autorité cantonale a considéré qu'il n'était pas contesté, à juste titre, que la naissance du second enfant du débirentier constituait un fait nouveau commandant d'entrer en matière sur sa demande de suppression ou réduction de la contribution d'entretien due à son fils aîné. Contrairement au Tribunal, elle a cependant retenu que l'intéressé n'avait pas démontré qu'il n'aurait pas la possibilité effective de retrouver un travail, pour les motifs suivants. Il avait allégué, sans produire de document à cet égard, qu'il avait renoncé à l'aide sociale en mars 2019 et qu'il était parvenu, le 1er septembre suivant, à retrouver un emploi à 80% dans une sandwicherie pour un salaire mensuel net 2'307 fr. 30, mais que celle-ci avait dû fermer en 2020 à cause de la pandémie de coronavirus. Afin de prouver ses démarches en vue de réintégrer le marché de l'emploi, il avait produit une pièce destinée à l'assurance-chômage attestant d'offres de service présentées dans huit restaurants lors de visites effectuées en personne le 15 décembre 2021, soit trois jours avant le dépôt de la demande. Il avait par ailleurs versé à la procédure une liste manuscrite de seize noms de restaurants auprès desquels il affirmait, sans preuve concrète à l'appui, avoir postulé, à des dates indéterminées. Pour l'autorité cantonale, ces quelques éléments étaient impropres à démontrer que le débirentier n'aurait pas la possibilité effective de trouver un emploi. En particulier, l'épidémie de Covid-19 constituait certes un fait notoire, mais son impact concret devait être allégué et prouvé par la partie qui s'en prévalait. Or, s'il était indéniable que le domaine de la restauration avait été particulièrement touché par les mesures sanitaires en 2020 et 2021, aucun élément concret ne permettait de retenir que l'intéressé n'aurait pas pu obtenir un travail dans ce domaine en fournissant sérieusement et assidûment les efforts qui pouvaient être attendus de lui, la majorité des mesures nationales de lutte contre la pandémie ayant du reste été levées en février 2022, soit moins de deux mois après le dépôt de la demande. A cet égard, la perception de prestations d'assistance par le débirentier était par ailleurs sans incidence, la loi genevoise sur l'insertion et l'aide sociale individuelle (RS/GE J 4 04) n'astreignant pas le bénéficiaire de telles prestations à un contrôle systématique de ses recherches d'emploi, contrairement à la loi sur l'assurance-chômage. Désormais âgé de 46 ans, il n'avait au demeurant invoqué aucune circonstance nouvelle, comme des problèmes de santé, de nature à l'empêcher d'exercer une activité professionnelle.