Citation: 5A_926/2021 E. 4.3.3

4.3.3. Le recourant, qui se focalise sur la dimension neurologique de la problématique, ne conteste pas le caractère déterminant que revêtent également l'influençabilité du patient et sa capacité à exprimer sa volonté propre compte tenu des circonstances, à savoir ici le contexte particulier d'une hospitalisation pour une baisse de l'état général suite à un état infectieux, singulièrement à peine 24 heures après avoir été emmené d'urgence au bloc opératoire pour une intervention chirurgicale finalement reportée. Ainsi, le recourant ne prétend pas que les rapports neurologiques ou logopédiste auxquels il se réfère longuement, établis soit sur la base d'observations essentiellement antérieures à l'hospitalisation, voire à la situation d'urgence du 22 décembre 2016 (logopédiste et Drs K.________ et L.________), soit bien après (rapport du neuropsychologue établi en 2019), permettraient de trancher cette question. Dans cette perspective, l'on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir arbitrairement apprécié les preuves en jugeant que ces rapports n'étaient pas déterminants au regard des conclusions de l'expertise et que l'audition de leurs auteurs ne se justifiait pas. L'autorité cantonale insiste en effet sur la globalité des conséquences qu'entraînait la signature des documents litigieux le 23 décembre 2016 et la dépendance du patient liée à ses importantes difficultés de communication, circonstances susceptibles de le placer dans une situation d'influençabilité nettement accrue, pouvant l'empêcher d'exprimer sa volonté propre; à cela s'ajoutait la précipitation dans laquelle ces documents apparaissaient avoir été signés. Or ces différents éléments ne sont nullement contestés par le recourant. Le caractère lacunaire de l'expertise, également invoqué par le recourant, ne peut non plus être retenu. L'entretien avec le patient n'était en effet pas déterminant dans la mesure où l'expertise portait sur sa capacité de discernement deux ans auparavant. Les experts ont par ailleurs largement fait état, dans leur rapport, des conclusions divergentes auxquelles sont parvenus les neurologues et la logopédiste, sur lesquelles tente principalement de s'appuyer le recourant. Ils ne les ignoraient donc pas. Le fait qu'ils ne les aient pas jugées déterminantes ne permet pas de déduire le caractère incomplet de leurs conclusions, vu les éléments liés à la volonté, respectivement influençabilité du patient, sur lesquels les intéressés se sont fondés et qui ne sont pas entrepris par le recourant. C'est également en vain que celui-ci se réfère dans ce contexte à l'expertise privée du Dr R.________ dès lors qu'il s'agit en réalité d'une nouvelle tentative de privilégier l'aspect neurologique de la problématique sur son aspect psychiatrique, sans que soit préalablement démontré en quoi cet élément aurait été arbitrairement jugé déterminant par l'autorité cantonale. Le recourant conteste également que l'incapacité de discernement de son père quant à la question des soins - qu'il admet - eût une incidence sur sa capacité à le désigner comme personne de confiance pour gérer ses affaires, cette question étant à son sens nettement moins complexe que les décisions à prendre dans le domaine médical. Il perd cependant de vue les développements des experts sur ce point, rapportés dans la partie " en fait " de l'arrêt querellé. Ceux-ci soulignent en effet le soin apporté par le père du recourant à l'établissement des mandats pour cause d'inaptitude en août 2015 et sa volonté de prendre en compte, dans ce contexte, ses intérêts personnels, ceux de sa famille et de sa fondation, dénotant ainsi l'ampleur de la complexité entourant la gestion de ses affaires et sa grande préoccupation à cet égard. Dans ces conditions, le défaut de complexité de la décision tendant à transférer la gestion de l'intégralité de ses affaires au seul recourant apparaît particulièrement douteux.