Citation: 6P.16/2005 13.03.2005 E. 1

L'art. 68 ch. 2 CP enjoint au juge de prononcer une peine complémentaire ou additionnelle (Zusatzstrafe), de telle sorte que le délinquant ne soit pas puni plus sévèrement que si les deux infractions avaient été jugées en même temps et réprimées par une peine d'ensemble (ATF 118 IV 119 consid. 2c p. 121). Pour fixer la peine, le juge doit se demander comment il aurait fixé la peine en cas de concours simultané, puis déduire de cette peine d'ensemble hypothétique la peine de base, soit celle qui a déjà été prononcée. En principe, le juge n'est pas tenu d'indiquer en chiffres ou en pourcentage l'importance qu'il accorde à chacun des éléments qu'il cite (ATF 118 IV 14 consid. 2 p. 16., 119 consid. 2b p. 221, 337 consid. 2a p. 338). Il ne doit, exceptionnellement, fournir des chiffres que si, en l'absence de précisions suffisantes sur la quotité des différentes peines encourues, il n'est pas possible de contrôler quels éléments ont été pris en considération et quelle importance leur a été attribuée (ATF 118 IV 119 consid. 2b p. 121). En l'occurrence, l'autorité cantonale a implicitement estimé qu'une peine d'ensemble de plus de dix ans devait sanctionner l'ensemble des infractions reprochées au recourant, y compris celles pour lesquelles il a été condamné en 1993. Elle a ainsi relevé que le comportement du recourant réalisait les circonstances aggravantes prévues aux lettres a (quantité de stupéfiants) et b (bande) de l'art. 19 ch. 2 LStup, que la quantité de drogue en jeu, pour les deux condamnations, était de plus de dix kilos d'héroïne et 30 grammes de cocaïne, que le recourant occupait une place importante dans l'organisation et qu'il avait uniquement agi par appât du gain, n'étant pas lui-même toxicomane. Elle a atténué la peine d'ensemble hypothétique pour tenir compte de la circonstance atténuante de l'art. 64 avant-dernier alinéa CP et a déduit la peine de cinq ans prononcée en 1993 à l'encontre du recourant pour arriver à une peine de cinq ans de réclusion. Le raisonnement de l'autorité cantonale ne prête pas le flanc à la critique. En fixant la peine complémentaire à cinq ans, cette dernière n'a pas violé le droit fédéral.