Citation: 5A_924/2017 E. 3.2.3

3.2.3. D'emblée, il convient de souligner que l'absence d'intérêt à l'exception d'incompétence ne relève pas à elle seule d'un comportement abusif (SCHÜPBACH, Traité de procédure civile, vol. I: Introduction, 1995, p. 89 et la jurisprudence citée en n. 261). Un tel comportement pourrait, tout au plus, se concevoir si l'intimée avait acquiescé à la demande de son époux ou avait elle-même conclu au divorce devant le juge russe ( cf., par analogie: ATF 137 III 421 consid. 5.1). Les faits constatés par la juridiction cantonale (art. 105 al. 1 LTF) n'autorisent cependant pas pareille déduction; au contraire, l'intéressée a demandé au juge russe " d'abandonner la procédure"en raison de la procédure antérieurement ouverte en Suisse. A juste titre, l'autorité cantonale a également retenu que l'intimée avait un intérêt à ce que le juge suisse compétent statue sur sa requête de mesures provisionnelles (art. 62 LDIP; cf. à ce sujet: OTHENIN-GIRARD, in: Droit matrimonial, 2016, nos 32 ss ad Annexe Ie et les nombreuses références). Le recourant le conteste, par l'argument que l'intéressée pourrait alors en requérir dans le cadre d'une action en modification du jugement de divorce russe selon l'art. 64 LDIP. Cette opinion ne peut être suivie. Certes, le juge suisse compétent pour connaître d'une telle action l'est aussi pour ordonner des mesures provisionnelles (OTHENIN-GIRARD, ibid., n° 126, avec les citations). Encore faut-il qu'elle soit par ailleurs recevable en Suisse, ce qui n'est nullement acquis. A la lecture de l'arrêt déféré (art. 105 al. 1 LTF) il n'est pas possible de déterminer si le juge russe s'est uniquement prononcé sur le principe du divorce ou s'il a en outre statué sur les effets accessoires; dans ce dernier cas, une action en complément du jugement de divorce étranger ne serait pas possible (arrêt 5A_227/2015 du 16 novembre 2015 consid. 2.2.2 et la jurisprudence citée).