Citation: 4C.98/2001 12.06.2001 E. A

A.- Par contrat du 18 mars 1998, la Compagnie de navigation aérienne X.________ S.A. (ci-après: X.________) a engagé C.________ en qualité d'hôtesse de l'air pour un salaire mensuel brut de 3'320 fr. A l'expiration d'une période d'essai de 3 mois débutant le 1er avril 1998, le contrat était réputé conclu pour trois ans. Le 7 décembre 1998, X.________ a sollicité et obtenu un sursis concordataire pour une durée de six mois. Ce sursis a été prolongé par la suite. A la même époque, X.________ a licencié l'ensemble de son personnel. C.________, qui avait mandaté un avocat avec deux autres collaborateurs, a protesté en faisant valoir que la résiliation contrevenait à son contrat de travail. Des négociations s'engagèrent avec la direction de la société pour tenter de trouver de nouveaux emplois aux trois intéressés. Le 5 mai 1999, X.________ a invité C.________ et ses deux collègues à se présenter deux jours plus tard dans le bureau du président du conseil d'administration de X.________, afin de discuter des "possibilités éventuelles de placement". Cette invitation n'était assortie d'aucune menace de licenciement en cas d'absence et ne formulait pas le moindre grief à l'encontre de son destinataire. A cette époque, X.________ avait cessé toutes ses activités. C.________ a pris contact avec son mandataire, qui lui a indiqué que l'un des deux autres employés concernés, absent de Suisse, ne pouvait assister à cette réunion. Il a alors été convenu de solliciter un report du rendez-vous. Par l'intermédiaire de leur avocat, les trois employés ont aussitôt répondu à X.________ qu'ils n'étaient pas en mesure de donner suite à la convocation et ont proposé un rendez-vous de remplacement le 17 mai suivant. Par courrier du 10 mai 1999, X.________ a résilié avec effet immédiat le contrat de travail de C.________ en raison du refus de l'employée de se présenter à la réunion prévue trois jours plus tôt.