Citation: I 151/06 29.06.2007 E. 7

7.1 En l'occurrence, il convient préalablement de déterminer la clé de réparation des activités lucrative et ménagère accomplies par l'intimée. Il est établi qu'avant son atteinte à la santé, celle-ci exerçait le métier de vendeuse à raison de trente heures hebdomadaires. Au regard de l'horaire usuel de travail dans l'entreprise (41 heures et 40 minutes), elle consacrait ainsi 72% ([1'800 minutes x 100%] / 2'500 minutes) de son temps à l'exercice d'une activité lucrative, respectivement 28% de celui-ci à l'accomplissement des travaux ménagers. 7.2 La juridiction cantonale a fixé à 31,58% l'empêchement global subi par l'intimée dans l'accomplissement des travaux habituels, confirmant ainsi les taux établis par l'office recourant sur la base de son enquête économique du 7 septembre 2004, ce que l'intimée ne conteste pas. Il en résulte un taux d'invalidité ménagère de 9% ([31,58% x 28%] / 100). 7.2.1 L'invalidité des assurés qui n'exercent que partiellement une activité lucrative est, pour cette part, évaluée selon la méthode ordinaire de comparaison des revenus. Concrètement, lorsque l'assuré ne peut plus exercer (ou plus dans une mesure suffisante) l'activité lucrative qu'il effectuait à temps partiel avant la survenance de l'atteinte à la santé, le revenu qu'il aurait pu obtenir effectivement dans cette activité (revenu sans invalidité) est comparé au revenu qu'il pourrait raisonnablement obtenir en dépit de son atteinte à la santé (revenu d'invalide). La comparaison des revenus s'effectue, en règle générale, en chiffrant aussi précisément que possible les montants de ces deux revenus et en les confrontant l'un avec l'autre, la différence permettant de calculer le taux d'invalidité. En l'occurrence toutefois, il est superflu de chiffrer avec exactitude les revenus avec et sans invalidité, dès lors que tous deux se basent sur le même salaire. En pareil cas, le degré d'invalidité se confond en effet avec celui de l'incapacité de travail (arrêt M. du 15 avril 2003 [I 1/03] consid. 5.2) - sous réserve d'une éventuelle réduction du revenu d'invalide (cf. ATF 126 V 75 ss), laquelle ne se justifie pas en l'occurrrence. Il ressort du rapport d'expertise que l'intimée a présenté une capacité de travail de 50% pour un plein temps à partir du 15 mars 2004. Contrairement aux considérations du jugement entrepris, l'incapacité corrélative de travail (50%) ne saurait se confondre avec la perte de gain subie par l'intimée, dès lors que le taux d'activité professionnelle déterminant en l'espèce n'est pas de 100% mais de 72%. L'incapacité de travail ne saurait davantage être déterminée par pondération avec le taux d'activité professionnelle de l'assurée tel que préconisé par l'office recourant (72% x 50% = 36%). Il en résulterait une capacité résiduelle de travail de 36 % (72% - 36%). Or, compte tenu de l'obligation faite aux assurés de réduire le dommage, il leur incombe de mettre à profit toute la capacité de travail raisonnablement exigible de leur part (cf. ATF 123 V 230 consid. 3c et les références citées p. 233). En ce sens, la jurisprudence considère d'ailleurs que l'assuré ne subit pas d'incapacité de gain tant que sa capacité résiduelle de travail est plus étendue ou égale au taux d'activité qu'il exercerait sans atteinte à la santé (sur l'ensemble de la question, voir ATF 125 V 146; SVR 2006 IV n° 42 p. 151 [arrêt E. du 13 décembre 2005, I 156/04]; arrêt non publié B. du 19 mai 1993, I 417/92). L'incapacité de travail subie par l'intimée correspond ainsi à la différence entre le taux d'activité professionnelle (72%) et la capacité de travail médicalement attestée (50%). Elle s'élève à 22%, entraînant une perte de gain du même taux à partir du 15 mars 2004. Elle s'avère en revanche nulle à partir du 15 avril 2004, l'intimée ayant recouvré depuis lors une pleine capacité de travail. 7.3 Compte tenu d'une invalidité ménagère de 9% (cf. consid. 7.2 supra), l'intimée présente un taux global d'invalidité de respectivement 31% depuis le 15 mars 2004 et 9 % à partir du 15 avril 2004, justifiant la suppression du droit à la rente à partir du 1er avril 2004. Le jugement entrepris s'avère ainsi non conforme au droit fédéral et le recours se révèle bien fondé.