Citation: 4A_96/2023 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a retenu que jusqu'à la rupture intervenue en septembre 2018 entre l'intimé et C.________, la réelle et commune intention des parties (leur but ultime) était d'assurer le bien-être, notamment économique, de C.________, et de maintenir leurs relations personnelles. Ce n'était pas parce que l'intimé avait déjà consenti à d'importantes donations et éventuellement des abandons de créances en faveur de C.________, dissimulés ou non (pour des raisons fiscales et de confidentialité), qu'il voulait forcément en faire de même pour les contrats litigieux. La donation n'était pas le seul moyen de réaliser ce " but commun ultime " des parties. Un financement sous forme de prêts pouvait aussi s'inscrire dans ce but, ce qui avait d'ailleurs été le cas pour le contrat de prêt hypothécaire de 2013, faisant l'objet de garanties. Ce but et les dons, dissimulés ou non, ne suffisaient pas à retenir que les parties auraient eu la réelle et commune intention de dissimuler une donation en signant les contrats litigieux. Selon la cour cantonale, c'était le contraire qui découlait des messages de l'intimé des 22 mai 2016, 14 août, 31 octobre et 5 novembre 2018, ainsi que de ceux de C.________ des 12 avril 2017, 2 et 5 novembre 2018. Ils prouvaient que les parties avaient la réelle et commune intention de conclure les contrats de prêt litigieux. En particulier, C.________ y confirmait qu'elle (l'appelante) avait l'intention de rembourser les montants prêtés. Ses deux derniers messages ne pouvaient se référer qu'aux trois contrats de prêt litigieux, le prêt hypothécaire ayant déjà été entièrement remboursé le 4 mai 2018. D'ailleurs, dans son message du 5 novembre 2018, C.________ relevait qu'une partie avait déjà été remboursée, faisant référence à ce dernier contrat, l'autre partie à rembourser étant celle objet des contrats litigieux. Le fait, invoqué par l'appelante, que les donations consenties par l'intimé entre 2004 et 2017 avaient été pour l'essentiel dissimulées ne suffisait pas à ébranler la conviction qui découlait du contenu clair des messages précités. La prestation accordée par l'intimé au titre des contrats litigieux n'était pas comparable aux donations consenties jusqu'en 2010, ni au diamant offert en 2017. Elle était en effet d'une nature différente, puisqu'il s'agissait d'un soutien financier dans le but de permettre à C.________ de se réaliser professionnellement en tant qu'indépendante dans le domaine de l'immobilier. Le fait que les contrats litigieux n'avaient pas fait l'objet de garanties ne suffisait pas non plus à ébranler cette conviction. Il en serait déduit uniquement que l'intimé avait accepté le risque d'essuyer des pertes. C'était la raison pour laquelle il avait demandé des informations quant au développement du projet et un accès aux comptes de l'appelante, dans son courriel du 22 mai 2016. Il avait aussi tenté d'obtenir un remboursement anticipé des contrats litigieux dès que possible, par message du 14 août 2018. Cette prise de risque de l'intimé, qu'il tentait de limiter au maximum, expliquait enfin pourquoi il souhaitait analyser les projets pour lesquels il prêtait des fonds. Certes, la demande de remboursement des contrats litigieux était intervenue juste après la rupture entre l'intimé et C.________, survenue lors de leur rencontre du 14 septembre 2018. Toutefois, cela confirmait la réelle et commune intention des parties de conclure les contrats de prêt litigieux. Ce remboursement était attendu précisément à cette époque, avec une échéance au 30 septembre 2018. C'était cette question qui avait été à l'origine de la rupture et non l'inverse. Cela était démontré par les échanges entre l'intimé et C.________ postérieurs à la rupture: les fonds disponibles à la fin de la promotion immobilière auraient dû être utilisés afin de rembourser les montants prêtés. C.________ les avait toutefois investis dans un nouveau projet, en mettant l'intimé devant le fait accompli. Rien ne permettait de retenir que la rupture serait intervenue parce qu'elle se serait refusée à l'intimé lors de leur rencontre du 14 septembre 2018.