Citation: 6B_600/2007 22.02.2008 E. 2

La recourante conteste sa condamnation pour calomnie qualifiée au sens de l'art. 174 ch. 2 CP. Elle ne nie pas que les allégations qu'elle a propagées étaient fausses et qu'elle le savait, ni qu'elle a, de propos délibéré, cherché à ruiner la réputation de sa victime. Elle soutient en revanche que ses allégations ne visaient que la réputation professionnelle de l'intimé et qu'elles ne constituent donc pas une atteinte à l'honneur pénalement répréhensible. 2.1 Les art. 173 ss CP protègent la réputation d'être une personne honorable, c'est-à-dire de se comporter comme une personne digne a coutume de le faire selon les conceptions généralement reçues. Il faut donc que l'atteinte fasse apparaître la personne visée comme méprisable. Il ne suffit pas qu'elle l'abaisse dans la bonne opinion qu'elle a d'elle-même ou dans les qualités qu'elle croit avoir, notamment dans le cadre de ses activités professionnelles. Echappent donc à la répression les assertions qui sont seulement propres à ternir la réputation dont une personne jouit dans son entourage ou à ébranler sa confiance en elle-même, notamment celles qui ne visent que l'homme de métier, l'artiste, le politicien, etc. De façon générale, l'honneur protégé par le droit pénal est conçu comme un droit au respect, qui est lésé par toute assertion propre à exposer la personne visée au mépris en sa qualité d'être humain (cf. ATF 132 IV 112 consid. 2.1 p. 115; 128 IV 53 consid. 1a p. 57/58; 119 IV 44 consid. 2a p. 47; 117 IV 27 consid. 2c p. 28/29; 116 IV 205 consid. 2 p. 206/207). Pour déterminer si une déclaration est attentatoire à l'honneur, il faut se fonder non pas sur le sens que lui donne la personne visée, mais sur une interprétation objective selon le sens qu'un destinataire non prévenu doit, dans les circonstances données, lui attribuer (ATF 128 IV 53 consid. 1a p. 58 et les arrêts cités). 2.2 Il est reproché à la recourante d'avoir, dans un article qu'elle a rédigé et publié sur un site de presse internet ainsi que dans un courrier adressé au rédacteur en chef du journal Le Temps, accusé faussement l'intimé de laisser ses clients être condamnés à tort, à la place des vrais coupables dont il connaissait les crimes, et d'avoir donné à entendre que l'intimé trempait dans une obscure affaire de faux. Contrairement à ce qu'estime la recourante, de telles assertions ne visent pas uniquement à ternir la réputation professionnelle de l'intimé. Elles ne se réduisent pas à faire apparaître ce dernier comme un avocat sans scrupules, qui trahirait gravement la confiance de ses clients. A travers l'accusation portée contre lui, elles le font apparaître comme un homme vil et méprisable. Elles ne l'abaissent pas seulement dans ses qualités professionnelles, mais sont propres à l'exposer au mépris en tant qu'être humain. Au demeurant, les propos incriminés font en outre peser sur l'intimé le soupçon d'être mêlé à une obscure affaire de faux, ce qui revient à laisser entendre qu'il pourrait avoir commis une ou des infractions; dans cette mesure, ils visent uniquement l'homme en tant que tel, et non l'avocat. C'est donc sans violation du droit fédéral que les allégations litigieuses ont été considérées comme attentatoires à l'honneur au sens de art. 173 ss CP. Pour le surplus, il n'est à juste titre pas contesté, au vu des faits retenus, que les autres conditions de l'infraction de calomnie qualifiée sont réalisées. Le grief doit dès lors être rejeté.