Citation: 2A.153/2000 18.04.2000 E. 3

3.- a) En l'espèce, le recourant a été mis en détention en vue du refoulement au sens de l'art. 13b al. 1 lettre c LSEE, des indices concrets faisant craindre qu'il entende se soustraire à son renvoi. Les motifs de la mise en détention (sur les indices de danger de fuite, voir notamment ATF 122 II 49 consid. 2ap. 50/51, 148 consid. 2 p. 151) subsistent, dès lors que le recourant persiste à refuser de rentrer en Algérie et de collaborer à l'obtention de ses documents de voyage. Du reste, l'évasion du recourant confirme l'importance du risque qu'il se dérobe à son renvoi. b) Puis, des obstacles particuliers au sens de l'art. 13b al. 2 LSEE s'opposent effectivement au renvoi de l'intéressé. L'autorité cantonale n'a aucune certitude quant à la nationalité et l'identité du recourant, dès lors que le Consulat d'Algérie a échoué dans ses recherches et que le recourant a réussi à se soustraire à l'expertise linguistique. c) En outre, les autorités cantonales ont satisfait à leur obligation de diligence imposée par l'art. 13b al. 3 LSEE, consistant à effectuer rapidement les démarches propres à déterminer l'identité et à obtenir les papiers nécessaires au renvoi de l'intéressé, avec ou sans sa collaboration (cf. Andreas Zünd, Die Rechtsprechung des Bundesgerichts zu den Zwangsmassnahmen im Ausländerrecht, in: ZBJV 132/1996 p. 89). En effet, avant la mise en détention administrative de l'intéressé, les autorités cantonales ont requis l'aide du Consulat d'Algérie et celle d'Interpol Algérie. Elles se sont ensuite adressées à Interpol Tunisie et Maroc le 6 février 2000, puis à l'Office fédéral des réfugiés deux jours plus tard, notamment en vue d'une expertise linguistique. Au demeurant, le retard dans l'exécution du renvoi est pour l'essentiel dû au manque de collaboration et aux renseignements vraisemblablement erronés de l'intéressé. d) Par ailleurs, on ne saurait affirmer que les autorités ne pourront obtenir le laissez-passer nécessaire avant l'échéance des six mois supplémentaires de détention (art. 13c al. 5 lettre a LSEE; cf. ATF 122 II 148 consid. 3p. 152 ss). Certes, les recherches effectuées par le Consulat d'Algérie n'ont pas abouti. Toutefois, rien n'indique que celles faites auprès d'Interpol seraient vaines. Du reste, dans ses observations, le Service cantonal a déclaré poursuivre les démarches en vue de l'identification de l'intéressé, notamment avec la France, pays dans lequel il a vécu et où séjournent deux de ses frères. e) Selon l'art. 13b al. 2 LSEE, la détention peut être prolongée de six mois au plus. Le Juge de la détention peut certes accorder une telle durée en une seule fois plutôt qu'en plusieurs tranches. Il doit toutefois prendre en considération le principe de la proportionnalité et apprécier la durée de la prolongation selon les circonstances. En l'occurrence, une prolongation de six mois ne paraît pas disproportionnée, dès lors que le Service cantonal a été conduit à réorienter ses recherches. f) Le recourant ne se plaint pas des conditions de sa détention au sens de l'art. 13c al. 3 LSEE, de sorte qu'il n'y a pas lieu de traiter ce point. Le recourant fait toutefois état d'une mauvaise santé et, devant le Tribunal cantonal, a réclamé une expertise médicale. Il a cependant admis avoir pu consulter un médecin le 22 février 2000 pour des problèmes dermatologiques et, par ailleurs, il ne déclare pas qu'une nouvelle consultation lui aurait été refusée. g) Le Tribunal cantonal pouvait donc, sans violer les art. 13b ss LSEE ou le principe de la proportionnalité, accepter la proposition de prolongation de la détention du recourant pour six mois au maximum. Les autorités cantonales sont toutefois tenues de continuer activement leurs démarches, notamment envers les représentations diplomatiques de la Tunisie et du Maroc. Encore convient-il de confirmer que le recourant pourra déposer une demande de levée de la détention deux mois après l'examen de la légalité de la prolongation de celle-ci (art. 13c al. 4 LSEE). Enfin, si les actes de violence que le recourant aurait commis contre le gardien en s'évadant, selon les dires de celui-ci, devaient aboutir à une condamnation à une peine ferme de privation de liberté, la détention administrative devrait être remplacée par une détention pénale, en vertu de l'art. 13c al. 5 lettre c LSEE. 4.- Vu ce qui précède, le recours est mal fondé en tant que recevable et doit être rejeté. Succombant, le recourant doit normalement supporter un émolument judiciaire (art. 156 al. 1 OJ). Compte tenu de sa situation financière précaire, il se justifie cependant de statuer sans frais (art. 153 et 153a OJ). _____________