Citation: 6B_912/2022 E. 5.6

5.6. Le recourant est né le 1er mai 1979 en France, pays dans lequel il a effectué sa scolarité, sa formation professionnelle, et a par la suite travaillé jusqu'en 2014, date de sa venue en Suisse. Il y a entretenu des relations avec ses deux parents, ses douze frères et soeurs et ses amis, lesquels vivent toujours en France. Ainsi, il a passé la majeure partie de sa vie d'enfant et d'adulte en France, pays dans lequel il a tissé des liens sociaux, familiaux et professionnels, pour certains toujours existants. Sa venue en Suisse a été motivée principalement par des considérations professionnelles. S'il est vrai que depuis son arrivée en 2014, le recourant a travaillé et qu'il ne semble pas s'être endetté, il n'appert pas qu'il ait tissé des liens particuliers en Suisse. À tout le moins, son intégration sociale et professionnelle ne paraît pas supérieure à celle qui résulterait d'une intégration ordinaire, d'autant plus qu'il n'a pas été confronté à la barrière de la langue ou d'une culture très différente de la sienne. L'état de santé connu du recourant, a priori excellent, ne s'oppose pas à son expulsion. En plus des liens familiaux et amicaux qu'il entretient toujours en France, il est constaté que le recourant est toujours très lié à son pays d'origine, puisqu'il a décidé de s'établir à quelques kilomètres seulement de la frontière. Quant au comportement adopté par le recourant depuis son arrivée en Suisse en 2014, il est constaté qu'il a d'ores et déjà fait l'objet de deux condamnations pénales, présente cause comprise, ce qui ne parle pas en faveur d'une intégration réussie, indépendamment de la relative gravité des actes reprochés. Il convient encore d'ajouter que la réintégration du recourant en France ne poserait pas de problèmes sociaux (il y dispose d'un large soutien), professionnels (puisqu'il a toujours travaillé, de surcroît dans un domaine ou les emplois ne manquent pas), linguistiques ou logistiques (compte tenu de la proximité de son domicile actuel avec la frontière française). À cela s'ajoute que le recourant ne peut pas se prévaloir d'une atteinte à sa vie familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH, quand bien même il entretient une relation de concubinage avec son amie depuis sept ans, relation que la cour cantonale a décrite comme " solide " et dont on peut présumer qu'elle est assimilable à une véritable union conjugale (à ce propos, v. la jurisprudence rendue en matière de concubinage qualifié: arrêt 5A_902/2020 du 25 janvier 2021 consid. 5.1.2 et les références). En effet, il y a lieu de constater que la compagne du recourant pourrait sans autres difficultés quitter la Suisse avec lui et s'installer en France, pays voisin situé à seulement quelques kilomètres de leur domicile actuel, auquel elle a librement accès en sa qualité de citoyenne suisse, dont elle pratique la langue et connaît la culture, et duquel elle pourrait aisément conserver son éventuel emploi et sa vie sociale en Suisse. Alternativement, compte tenu de la proximité particulière de la frontière française et de la durée limitée à 5 ans de l'expulsion, rien n'empêcherait le couple de poursuivre une relation amoureuse d'une intensité similaire à celle prévalant aujourd'hui, quand bien même la compagne du recourant devait demeurer en Suisse.