Citation: 1B_626/2022 E. 2.3

2.3. S'il est, en l'occurrence, constant que la communication - par courrier "A Plus" - de la décision du 6 octobre 2022 du Ministère public l'a été en violation de l'art. 85 al. 2 CPP, il est également établi que la recourante en a pris connaissance le 14 octobre 2022. En outre, il n'est pas discuté que la décision en cause ne précise pas le délai légal de recours et que la recourante l'a contestée par expédition du 25 octobre 2022, soit après l'échéance du délai de dix jours prescrit par l'art. 396 al. 1 CPP. Malgré cette indication incomplète, le Tribunal cantonal a toutefois considéré que la recourante ne pouvait bénéficier de la protection de sa bonne foi pour divers motifs: la lecture de l'art. 396 al. 1 CPP lui aurait permis de connaître le délai de recours; celui de 30 jours imparti à cette dernière pour désigner un nouveau mandataire ne pouvait être interprété comme l'indication d'un tel délai; en cas de doute, la recourante pouvait s'adresser à son avocat ou demander que le Ministère public lui précise le délai de recours; en tout état de cause, les motifs du recours déposé contre la décision du 6 octobre 2022 du Ministère public démontraient que la recourante possédait des connaissances juridiques et qu'elle n'ignorait pas les dispositions en matière de délai ou qu'elle s'était faite assister par un homme de loi. Ces considérations ne sauraient être partagées. En effet, le Tribunal cantonal est malvenu de faire grief à la recourante de ne pas s'être adressée à son avocat, Me B.________, dans la mesure où la décision du 6 octobre 2022 du Ministère public dénie la faculté de ce dernier de la représenter; elle n'était donc pas assistée lorsqu'elle a recouru contre cette décision. En outre, dite décision ne contient aucune référence à l'art. 396 al. 1 CPP ni n'indique le délai de recours de dix jours prescrit par cette disposition légale. Le Tribunal cantonal ne saurait, dès lors, reprocher à la recourante de ne pas avoir lu la loi. Il n'existe de plus aucun indice, au contraire de ce qu'indique l'autorité précédente, selon lequel la recourante aurait été rendue attentive d'une autre manière à ce délai ou disposerait de connaissances juridiques suffisantes, notamment sur la base de procédures pénales antérieures. A cela s'ajoute que la décision du Ministère public impartit à la recourante un délai judiciaire de 30 jours pour désigner un nouveau mandataire, ce qui est de nature, quoi qu'en dise l'autorité précédente, à entretenir une confusion sur la durée du délai pour recourir. Dans ces conditions, on ne peut lui tenir rigueur de ne pas s'être adressée au Ministère public; c'est à lui qu'il incombait d'indiquer de manière complète et sans ambiguïté la voie de droit à disposition de la prénommée. L'absence de précision du délai de recours ne doit en définitive pas porter préjudice à la recourante, dont la bonne foi mérite protection. Dans ces circonstances, on ne saurait lui reprocher d'avoir tardé à déposer le recours. Le recours doit par conséquent être admis, l'ordonnance attaquée annulée et la cause renvoyée à l'autorité précédente, afin que celle-ci déclare recevable le recours de la recourante contre la décision du 6 octobre 2022 du Ministère public.