Citation: 5A_286/2022 E. B

B.a. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 20 juillet 2020, la présidente du tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-après: la présidente) a admis la conclusion prise par la mère (I), retiré à celle-ci le droit de déterminer le lieu de résidence et la garde de fait des enfants, les a confiés à la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse (ci-après: DGEJ) et a chargé ce service de les placer dans les meilleurs délais dans un foyer correspondant au mieux à leurs intérêts (II), dit que le droit aux relations personnelles de chaque parent sur leurs enfants serait réglementé par le gardien selon les modalités prévues au chiffre III lettre e) des considérants de l'ordonnance (III) et autorisé la DGEJ, dans l'attente du placement effectif des enfants, à prendre toute mesure éducative nécessaire pour soutenir les parents dans leur prise en charge (IV). Le placement était en substance motivé par le fait que la mère n'était plus en mesure de gérer l'attitude oppositionnelle de C.A.________, ni de protéger D.A.________ de ces confrontations. Vu le possible processus d'aliénation parentale qui semblait se dessiner, il n'était pas envisageable de confier la garde des enfants à leur père, un éloignement progressif et potentiellement irrémédiable des enfants de leur mère étant suffisamment rendu vraisemblable dans cette perspective. B.a.a. Le Juge délégué de la Cour d'appel civile a rejeté l'appel que le père des enfants avait formé contre cette ordonnance. B.a.b. Les enfants ont été placés en foyer dès le 14 septembre 2020. Ils se rendaient chez leur père du samedi au dimanche, une semaine sur deux. En alternance, D.A.________ se rendait du samedi matin au dimanche soir chez sa mère et C.A.________ restait au foyer. Un droit de visite médiatisé au foyer a en outre été instauré en faveur de chacun des parents, à raison d'une heure par semaine pour la mère et chacun des enfants et, en alternance, de deux heures pour le père et les deux enfants et une heure pour le père et chacun des enfants. B.a.c. Différents rapports ont été rendus suite au placement. Le 5 novembre 2020, un rapport d'expertise a été réalisé par le centre d'expertise Unité Familles et Mineurs de l'Institut de psychiatrie légale du CHUV. Le maintien du droit de déterminer le lieu de résidence des enfants en faveur de la DGEJ était préconisé, maintien incluant l'accompagnement des parents dans leur fonction parentale ainsi que la poursuite du placement en milieu neutre; une réévaluation de la situation était réservée en fonction de l'avancée du travail coparental. La DGEJ a également établi le 14 décembre 2020 un rapport d'évaluation suite au rapport d'expertise. Elle a proposé de la maintenir dans le cadre de son mandat de garde et de placement au sens de l'art. 310 CC, de maintenir le cadre du droit de visite actuellement en vigueur et de lui confier un mandat de curatelle de représentation au sens de l'art. 306 al. 2 CC afin de permettre la mise en place des suivis pédopsychiatriques des enfants ainsi que le suivi familial. Par courrier du 31 mars 2021, la DGEJ a fait part de l'évolution préoccupante de la situation (pour l'essentiel: insuffisance de l'évolution de la relation entre C.A.________ et sa mère, malgré la collaboration de celle-ci; impossibilité du père de se remettre en question ou d'entamer un processus de soutien à la parentalité avec le foyer). Un complément d'expertise a été rendu le 5 juillet 2021, soulignant également l'évolution défavorable des enfants (ainsi: persistance, voire cristallisation du clivage dans les relations à chacun des parents; persistance de l'implication des enfants dans la dynamique conflictuelle des relations parentales; renforcement de l'idéalisation du père). Un placement sans travail thérapeutique (suivis des relations parents-enfants notamment) risquait de cristalliser encore davantage les relations existant actuellement, pourrait s'avérer délétère pour l'évolution de l'état psychique des enfants et altérer encore davantage la relation qu'ils entretenaient avec leur mère. Vu l'extrême fragilité de cette relation, un retour au domicile du père semblait plus favorable, ses compétences parentales étant certes fragiles mais partiellement préservées. Dans l'hypothèse du maintien du placement, la mise en place urgente des suivis parents-enfants était préconisée. B.b. Un nouveau rapport de la DGEJ, daté du 22 septembre 2021, confirme la dégradation de la situation des enfants dans le cadre du foyer et constate l'échec du placement. La DGEJ a conclu à être relevée de son mandat de placement et de garde au sens de l'art. 310 CC; à ce que la garde de C.A.________ soit attribuée à son père avec un droit de visite usuel en faveur de sa mère; à ce qu'une garde alternée soit décidée en faveur de D.A.________; à ce qu'elle se voie confier un mandat de curatelle d'assistance éducative et de surveillance des relations personnelles. B.c. Par requête de mesures provisionnelles du 22 septembre 2021, A.A.________ a conclu à ce que le domicile des enfants soit fixé au sien, leur garde de fait lui étant confiée; à ce que la mère bénéficie sur C.A.________ d'un droit de visite médiatisé, évoluant conformément aux recommandations des thérapeutes chargés de traiter leurs dynamiques relationnelles et à ce qu'elle bénéficie sur D.A.________ d'un droit de visite du samedi matin au dimanche soir, un week-end sur deux ainsi que durant six semaines de vacances scolaires, sous réserve de recommandations des thérapeutes précités. Une audience de mesures provisionnelles s'est tenue le 24 septembre 2021 en présence des parties, de leurs conseils et de l'assistante sociale auprès de l'Office régional de protection des mineurs (ci-après: ORPM) de l'Est vaudois. La mère a conclu au maintien du retrait du droit de déterminer le lieu de résidence et la garde de fait des enfants, ceux-ci étant confiés à la DGEJ, à charge pour cette institution de placer les enfants au mieux de leurs intérêts; à ce qu'il soit dit que le droit aux relations personnelles des enfants avec leurs parents sera réglementé par la DGEJ, à charge pour elle de tenter le placement de C.A.________ chez son père, celui de D.A.________ la moitié du temps chez elle et l'autre moitié du temps chez son père, et de mettre en place, en sa faveur, un droit de visite à l'égard de C.A.________; à ce que la DGEJ soit autorisée à prendre toutes les mesures éducatives nécessaires pour soutenir les parents dans la prise en charge de leurs enfants, l'organisation des activités extrascolaires, scolaires et tous autres événements de la vie, et de servir d'intermédiaire entre les parents pour toute communication relative à leurs enfants; à ce qu'il soit dit que la mesure de " relation médiatisée " entre elle et C.A.________ soit ordonnée auprès de l'association " Accord Famille ", l'État prenant en charge le financement. Le père a complété ses conclusions dans le sens d'une poursuite de la médiation entre les parties et des mesures thérapeutiques préconisées par l'expertise et de la relève de la DGEJ de son mandat. Subsidiairement, il a conclu à ce que ses conclusions soient mises en place sur six mois, dans l'attente d'un complément d'expertise. B.d. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 2 novembre 2021, la présidente a dit que le droit de déterminer le lieu de résidence et la garde de fait des enfants demeuraient confiés à la DGEJ, chargé cette institution de placer dans les meilleurs délais l'enfant C.A.________ auprès de son père et l'enfant D.A.________ auprès de chacun de ses parents selon les modalités suivantes: auprès de sa mère un week-end sur deux, ainsi que chaque semaine du lundi à midi au mercredi matin à la reprise de l'école; auprès de son père un week-end sur deux ainsi que chaque semaine du mercredi à la sortie de l'école au vendredi à midi; réparti son placement entre ses parents durant les jours fériés et les vacances scolaires (I); autorisé la DGEJ à prendre toutes les mesures éducatives nécessaires pour soutenir les parents dans la prise en charge de leurs enfants (II); ordonné la poursuite du suivi pédopsychiatrique des enfants (III); ordonné aux parents et à la DGEJ de mettre en oeuvre les suivis thérapeutiques entre parents et enfants (IV); exhorté les parents à poursuivre la médiation (V); dit que le droit de visite de la mère sur son fils C.A.________ s'exercerait dès que le suivi mère-enfant aura débuté et selon les prescriptions du praticien en charge des consultations (VI); réparti les frais judiciaires et les dépens (VII); rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (VIII) et déclaré l'ordonnance immédiatement exécutoire (IX). Le père a formé appel. Une nouvelle audience s'est tenue en présence des parties et de leurs conseils ainsi que d'une représentante de la DGEJ. Le 10 mars 2022, la Juge déléguée de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: la juge déléguée) a rejeté l'appel (I) et confirmé l'ordonnance du premier juge (II).