Citation: 7B_739/2023 E. 2.4.1

2.4.1. Selon la cour cantonale, un motif de récusation ne découlait tout d'abord pas du refus - au demeurant motivé, notamment par référence aux conditions de l'art. 329 al. 2 CPP - par la Juge intimée de suspendre la procédure d'appel dans la cause P-2020 (cf. sa décision du 31 mai 2023). En outre, la Juge intimée s'était expliquée sur l'absence de décision immédiate sur cette question à la suite de la demande du 11 avril 2023 : le courrier en cause avait été versé au dossier relatif à la procédure de récusation visant la première Juge chargée de la procédure d'appel (cause PS-48); elle n'était pas non plus alors en charge de la direction de cette procédure de récusation. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. Dès lors qu'une décision a été rendue par la Juge intimée sur la requête de suspension du 11 avril 2023, on ne saurait lui reprocher d'avoir "gardé silence" sur ce courrier prétendument égaré. Cette conclusion s'impose d'autant plus que la Juge intimée n'a été saisie de la direction de la procédure d'appel que le 9 mai 2023, qu'elle a été rendue attentive à l'existence de ce courrier que le 23 mai 2023 et qu'elle s'est ensuite prononcée le 31 mai 2023 sur la question litigieuse; s'il est déjà douteux que, dans de telles circonstances chronologiques, on puisse lui reprocher un retard à statuer, cela ne représente en tout cas pas une erreur particulièrement lourde susceptible de démontrer une apparence de prévention à l'égard du recourant. Le seul fait que l'issue donnée à sa requête de suspension dans la décision du 31 mai 2023 ne corresponde pas à celle attendue par le recourant ne constitue pas en soi un motif de récusation. Il en va d'ailleurs de même du rejet, le 17 mai 2023, par la Juge intimée des réquisitions de preuve déposées par le recourant. En effet, ainsi que l'a relevé la cour cantonale, la procédure de récusation ne tend pas à permettre au recourant de remettre en cause l'instruction de la procédure d'appel ou les décisions relatives au déroulement de celle-ci qui ne lui conviennent pas, telles que les refus de ses réquisitions de preuve et celui de suspendre la procédure. Le recourant ne conteste d'ailleurs pas qu'il peut, le cas échéant, réitérer ses différentes requêtes aux débats (cf. art. 331 al. 3 in fine CPP). Les arguments invoqués pour étayer un prétendu motif de récusation tendent d'ailleurs à remettre en cause la décision de refus de suspendre la procédure au fond (cf. notamment le risque invoqué d'une éventuelle décision contradictoire en p. 33 s. du recours).