Citation: 1B_601/2021 E. 2.4

2.4. Ne mettant pas un terme à la procédure pénale, la décision attaquée revêt un caractère incident et les recours ne sont recevables qu'aux conditions de l'art. 93 al. 1 let. a LTF, l'hypothèse prévue à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'entrant pas en considération dans le cas d'espèce. En matière pénale, le préjudice irréparable au sens de la disposition susmentionnée se rapporte à un dommage de nature juridique qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable aux recourants (ATF 144 IV 127 consid. 1.3.1 p. 130). A cet égard, les recourants - prévenus - prétendent en substance que, si l'intimée en tant que société étatique - partie plaignante - devait disposer de copies de l'intégralité du dossier d'instruction, elle le transmettrait aux autorités du Venezuela, ce qui pourrait induire des poursuites pénales à leur encontre - alléguées au demeurant déjà en cours -, un danger pour leur sécurité et celle de leurs proches résidant dans ce pays vu l'instabilité de son régime politique et/ou l'utilisation des pièces dans des procédures étrangères, soit notamment dans le cadre d'un procès civil pendant aux États-Unis d'Amérique. Si la société intimée soutient être une entité juridique disposant de la personnalité juridique, elle ne conteste pas être entièrement détenue par l'État vénézuélien (cf. ad B/ii p. 12 de ses observations du 13 décembre 2021 [1B_602/2021]; voir également les informations données dans sa plainte pénale du 9 février 2018 [pièces 100'0021 s. du dossier d'instruction], ainsi que celles figurant sur son site internet : "D.________ S.A. and its subsidiaries is a Corporation property of the Bolivarian Republic of Venezuela, subordinated to the Venezuelan State [...]. Its operations are controlled and supervised by the People's Power Ministry of Petroleum, oil national policy governing body, within the framework of the Homeland Plan Law guidelines, Second Socialist Plan of the Nation's Social and Economic Development 2013-2019" [cf. site internet, consulté le 17 août 2022, 13h23]). Ce pays est représenté, au sein de l'assemblée des actionnaires de la société intimée, par le Ministre du pétrole H.________ (cf. ad ch. 53 p. 13 du recours 1B_602/2021; voir également le site de la société intimée, consulté le 17.08.2022, 13h34); celui-ci est inscrit, depuis le 10 juillet 2018, sur la liste des personnes faisant l'objet de sanctions en réaction aux violations des droits de l'homme, ainsi qu'aux atteintes à l'État de droit et aux institutions démocratiques commises au Venezuela (cf. RS 946.231.178.5; voir https://www.eda.admin.ch/eda/fr/dfae/representations-et-conseils-pour-les-voyages/venezuela/suisse-venezuela. html [consulté le 17 août 2022, 13h25] et https://www.seco. admin.ch/seco/fr/home/Aussenwirtschaftspolitik_Wirtschaftliche_ Zusammenarbeit/Wirtschaftsbeziehungen/exportkontrollen-und-sanktionen/sanktionen-embargos/sanktionsmassnahmen/massnahmen-gegenueber-venezuela.html [consulté le 17 août 2022, 13h37]). Ces éléments suffisent pour constater la nature de société étatique de la société intimée (cf. également ad B p. 5 des observations du Ministère public du 30 novembre 2021). Au stade de la recevabilité - et dans la mesure où certaines problématiques se recoupent avec les questions à examiner au fond -, ces éléments - dont les liens existant entre la société intimée et les autorités vénézuéliennes, voir son contrôle par les secondes - suffisent pour retenir qu'indépendamment notamment de toute procédure d'entraide judiciaire internationale, il ne paraît pas exclu que, par le biais du droit de la société intimée d'avoir accès au dossier pénal suisse, l'État vénézuelien puisse également en prendre connaissance. Dès lors que ce pays n'est pas partie dans la procédure pénale suisse et qu'aucune procédure d'entraide n'est en l'état pendante, ce risque ne peut pas être supprimé ou réduit par des engagements de la part des autorités vénézuéliennes de ne pas utiliser ces pièces dans d'autres procédures, notamment étrangères (arrêt 1B_350/2020 du 28 mai 2021 consid. 6.4 non publié in ATF 147 IV 544; MARIA LUDWICZAK GLASSEY, L'accès au dossier pénal suisse par la partie plaignante (quasi-) Etat étranger, comment concilier l'inconciliable ? Etat de la jurisprudence récente, in Jusletter 15 juin 2020, p. 1 ss, ad ch. 5.2.1 p. 20; voir également en matière d'entraide judiciaire, ATF 128 II 211 consid. 2.1 p. 215 s.; arrêt 1A.3/2007 du 11 janvier 2007 consid. 2.3). Partant, l'existence d'un préjudice irréparable qu'aucune décision ultérieure ne peut réparer doit être admise dans le présent cas.