Citation: 1C_733/2021 E. 3.2

3.2. En l'espèce, les recourants reprochent au Juge assesseur Muller d'être engagé sur le plan de la politique cantonale du logement et dans le domaine des coopératives d'habitation. Ils lui font aussi grief d'assumer de multiples responsabilités auprès de différentes fondations immobilières de droit public et de coopératives d'habitation à Genève (vice-président de la société coopérative d'habitation I.________, membre du comité de la Fondation J.________, membre de la coopérative K.________). Ils voient encore un motif de récusation dans le fait qu'il est avocat associé auprès d'une étude spécialisée en matière de coopérative, étant déjà intervenue comme représentante de D.________. La Cour de justice a considéré à cet égard que ce juge assesseur n'avait intégré l'étude d'avocats dans laquelle il travaille qu'en 2011, soit après qu'un des associés aurait assuré la défense de D.________, il y a seize ans environ, dans un dossier dont il n'est pas soutenu qu'il aurait un rapport avec l'immeuble projeté. La cour cantonale a ajouté que l'implication et les liens dudit juge assesseur dans différentes fondations immobilières de droit public, dont il n'est pas avancé qu'elles seraient liées directement aux deux coopératives intimées, de même que son engagement politique dans le parti socialiste genevois, ne suffisaient pas à retenir qu'il n'aurait pas fait preuve de toute la retenue requise par sa fonction de juge assesseur. L'instance précédente a enfin ajouté que l'expérience acquise par sa profession et ses diverses fonctions sont précisément les qualités attendues d'un juge assesseur spécialisé. Face à cette argumentation, les recourants se contentent de répéter, de façon appellatoire, le fort engagement sur le plan de la politique cantonale du logement du juge assesseur en question, tout en reconnaissant ne pas avoir de preuve de l'existence de liens directs ou d'implications entre les fondations immobilières de droit public et coopératives d'habitation au sein desquelles il siège et les deux coopératives intimées. Ils relèvent encore que le Juge assesseur Muller est président de la Coopérative L.________, détentrice d'un immeuble coopératif à la Jonction, dans le même secteur que l'immeuble projeté, appelé à devenir mitoyen avec celui-ci. Cela est insuffisant à démontrer une apparence de prévention, le juge prénommé n'étant pas membre de D.________ ou de C.________ et ne les ayant jamais représentées. En définitive, on ne distingue pas dans les allégués des recourants d'éléments concrets permettant objectivement de retenir une apparence de prévention du Juge assesseur Muller. Dans ces conditions, il y a lieu de constater que la garantie du juge impartial a été respectée, de sorte que c'est à bon droit que la Cour de justice a confirmé le rejet de la demande de récusation. Le grief de violation de l'art. 30 Cst. doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.