Citation: I 675/04 21.03.2006 E. A

P.________, ressortissant portugais né en 1952, a travaillé à plein temps à partir du 1er novembre 1993 en qualité de magasinier-préparateur au rayon des fruits et légumes d'une grande surface commerciale. Dès le 1er juin 1997, il a en outre pris la charge de travaux de conciergerie selon un taux d'occupation de 45 heures par mois. A la suite de lombalgies chroniques suivies de plusieurs blocages, il a interrompu l'exercice de toute activité lucrative depuis le 3 septembre 1998. Le 14 juin 1999, il a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité tendant à l'octroi d'une rente. Procédant à l'instruction du dossier, l'Office cantonal AI de Genève (ci-après : l'office) a recueilli divers avis médicaux. En particulier, selon le médecin traitant de l'assuré, ce dernier subit une incapacité totale de travail dans toute activité lucrative depuis le 29 avril 1999 à la suite de cervico-dorso-lombalgies chroniques sur troubles statiques et dégénératifs de la colonne cervico-dorso-lombaire et sur hernie discale L4-L5, de lombosciatalgies aiguës gauches à répétition, fibromyalgie éventuelle, gonalgies droites aiguës sur dégénérescence méniscale et chondropathie rotulienne, état anxio-dépressif chronique, adénome thyroïdien droit, stéatose hépatique et cytolise hépatique, céphalées chroniques sur sinusite maxillaire et atrophie cérébrale modérée, asthme chronique et hypertension artérielle (rapports des 26 mars 2000 et 8 juin 2002 de la doctoresse A.________ [spécialiste en médecine générale]). Un mandat d'expertise pluridisciplinaire a ensuite été confié au Centre d'observation médical de l'assurance-invalidité (ci-après : COMAI). Dans le cadre de celui-ci, les avis des docteurs H.________ (spécialiste en rhumatologie) et M.________ (spécialiste en psychiatrie) ont été requis. Selon le premier, P.________ présente des cervico-lombalgies et des gonalgies chroniques persistantes entraînant, sur le plan clinique, une limitation fonctionnelle algique des colonnes cervicale et lombaire, des hanches et des genoux. Les examens radiologiques mettent en évidence une discopathie L4-L5 et L5-S1 qui n'explique cependant ni l'intensité, ni la persistance des douleurs. Inférant une composante non-organique de la symptomatologie douloureuse, le rhumatologue conclut, en regard des répercussions fonctionnelles de l'état douloureux, à une capacité de travail de l'assuré de 70 % dans un travail léger, sans port répétitif de charge supérieure à 15 kg, sans mouvement en porte-à-faux et sans position statique prolongée. De son côté, la doctoresse M.________ diagnostique un syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4), un épisode dépressif léger, sans syndrome somatique (F 32.00) et un trouble de la personnalité de type dépendant (F 60.7) entraînant une incapacité de travail de 70 %. Au terme du colloque de synthèse multidisciplinaire, les experts posent les diagnostics de syndrome douloureux somatoforme persistant sous forme de lombalgies, gonalgies bilatérales et cervico-brachialgies bilatérales (F 45.4), de discopathies L4-L5 et L5-S1 (M 47.96), d'épisode dépressif léger sans syndrome somatique (F 32.00) et de trouble de la personnalité de type dépendant (J 45). Ils indiquent que P.________ présente une capacité de travail très réduite dans le métier de magasinier-préparateur. Relativisant les pathologies psychiatriques dans la mesure où l'intéressé a expressément exprimé le désir de reprendre une activité professionnelle, ils considèrent que dans un emploi adapté sur le plan rhumatologique, il dispose d'une capacité de travail oscillant entre 60 et 70 % (rapport du 30 novembre 2001). Enfin, l'office a requis le point de vue de son Service médical régional (ci-après : SMR). Dans un rapport du 28 janvier 2002, la doctoresse L.________ indique que la spondylarthrose L5-S1 et la protrusion discale L4-L5 sont les seules pathologies exerçant une influence sur la capacité de travail de l'assuré, dans la mesure où les limitations fonctionnelles constatées résultent exclusivement de ces affections. En l'absence d'une grave comorbidité psychiatrique associée aux troubles précités, le syndrome douloureux somatoforme persistant ne constitue pas une atteinte à la santé invalidante au sens de la loi. La capacité de travail de P.________ doit donc être évaluée à la lumière des limitations fonctionnelles objectives, à l'exclusion de celles liées à la symptomatologie douloureuse. La doctoresse L.________ conclut par conséquent à une capacité totale de travail de l'assuré dans une activité lucrative adaptée. Se fondant sur ces dernières conclusions, l'office a refusé à P.________ tout droit aux prestations (mesures de reclassement comprises), considérant qu'il dispose d'une capacité totale de travail dans une activité manufacturière et n'encourt par conséquent aucune perte de gain (décision du 23 mai 2002).