Citation: 5A_862/2014 E. 6.2

6.2. La recourante semble critiquer l'application de la méthode du minimum vital élargi avec répartition de l'excédent, exposant qu'il aurait plutôt fallu calculer sa contribution d'entretien en fonction du train de vie antérieur à la séparation. Il est d'emblée douteux que son grief soit suffisamment motivé (cf. supra consid. 2.1). Quoi qu'il en soit, en l'espèce, il apparaît que la méthode appliquée n'est pas arbitraire, à tout le moins dans son résultat, étant relevé que le solde disponible des époux, qui s'élève à 305 fr. (disponible époux 2'665 fr.; déficit épouse 2'360 fr.), a été réparti à raison de 290 fr. pour l'épouse et 15 fr. seulement pour l'époux. En tant que la recourante expose que le résultat est arbitraire dans la mesure où il a pour effet de réduire considérablement les pensions fixées en première instance, outre que cet argument n'est pas pertinent (cf. supra consid. 4), on relèvera qu'en l'espèce, cette différence s'explique par le fait que le premier juge n'a pas procédé à un calcul des contributions d'entretien ni appliqué une quelconque méthode à cette fin; il a fixé lesdites contributions à 2'500 fr. par enfant et 7'000 fr. pour l'épouse en vertu de son " pouvoir d'appréciation ", sans que l'on ne puisse véritablement comprendre sur quels éléments il a fondé sa décision, mis à part peut-être sur le montant versé spontanément par l'époux depuis la séparation, considération qui, en soi, était insuffisante. Dans la mesure où les revenus du mari suffisent à couvrir les montants des contributions d'entretien calculés par la Cour de justice, il n'y a pas lieu de déterminer si on pourrait attendre de lui qu'il entame aussi sa fortune. Par ailleurs, le fait que le montant global des pensions fixées judiciairement soit inférieur au montant de 8'000 fr. que l'époux a versé spontanément dans un premier temps n'est, en soi, pas insoutenable. S'agissant du montant de ses propres charges retenu par l'autorité cantonale, les critiques présentées par la recourante relèvent d'une approche essentiellement appellatoire, partant, irrecevable (cf. supra consid. 2.3). En effet, elle n'explique pas en quoi la Cour de justice aurait arbitrairement violé le droit en considérant que le tableau et les relevés bancaires qu'elle a produits ne suffisent pas à rendre vraisemblable ses charges. Elle ne prétend pas non plus avoir produit des factures ou tout autre élément permettant d'attester de ses besoins, axant encore une fois sa critique sur le fait que les charges admises en première instance n'auraient pas été contestées (à ce sujet, il sera simplement renvoyé supra consid. 4). Elle ne s'en prend pas non plus aux considérations relatives à ses frais médicaux ou à ses frais de transport. En définitive, elle présente sa propre appréciation de la cause sans même citer les postes de charges qui ne pourraient pas être couverts. Concernant les besoins des enfants, la recourante ne précise pas non plus quels postes de charge auraient été arbitrairement omis; or, même lorsque la situation des parents est particulièrement favorable, la contribution d'entretien des enfants doit être calculée sur la base de leurs besoins concrets (ATF 120 II 285 consid. 3b/bb p. 290 s.; arrêt 5A_593/2014 du 24 décembre 2014 consid. 5.1). En tant qu'elle se plaint des références faites par l'autorité cantonale aux lignes directrices de l'Office des poursuites, elle semble oublier qu'en sus du versement de la pension, le mari s'acquitte des frais d'école privée des enfants (3'545 fr. par mois en moyenne) et assume aussi environ 979fr. par mois pour leurs loisirs; elle ne saurait donc prétendre que ses enfants sont réduits au minimum vital. A cela s'ajoute que les besoins résiduels des enfants (hors frais scolaires et loisirs) ont été fixés à 450fr. chacun après déduction des allocations familiales, mais que le père a été condamné à verser un montant bien supérieur, à savoir 1'000 fr. par enfant. On soulignera enfin que l'épouse sollicite une pension mensuelle de 2'500 fr. par enfant en se référant au premier jugement (ce qui, on l'a vu, est en soi dénué de pertinence, cf. supra consid. 4), sans toutefois expliquer comment elle aboutit à ce montant.