Citation: 1P.164/2000 04.04.2000 E. 1

b) En l'espèce, le recourant a reconnu avoir livré, entre septembre et novembre 1993, 600 grammes de cocaïne à V.________ par l'entremise de R.________. Il conteste pour le surplus les autres accusations que ce dernier a portées à son encontre parce qu'elles seraient en contradiction avec les propos des témoins V.________ et L.________, d'une part, et les considérants du jugement rendu à leur encontre le 23 décembre 1997, d'autre part. On peut se demander si le fait pour le prévenu de reconnaître une partie des charges retenues contre lui n'est pas suffisant à lui seul pour répondre aux exigences de l'art. 59 al. 1 CPP vaud. sur ce point. Peu importe en définitive car le recours est de toute manière mal fondé. Lors de son audition par la Police de sûreté, V.________ a déclaré qu'il avait fait la connaissance de X.________ à Genève, en 1984, en compagnie d'un ami commun décédé entre-temps, B.________, et que celui-ci leur avait vainement proposé d'acheminer de la drogue en Suisse. Il a également affirmé avoir remis au recourant, lors de son passage en Suisse en février 1994, la somme de 15'000 fr.; selon ces explications, cette somme était destinée non pas à rembourser à la famille de B.________ une facture de téléphone et des dégâts commis lors de son séjour à Bogota, mais à payer le solde de la cocaïne que lui avait remise R.________ à fin 1993. Les déclarations que L.________ avaient faites dans le cadre de la procédure ayant abouti à son jugement par défaut le 23 décembre 1997, tendent par ailleurs à confirmer les accusations de R.________ selon lesquelles la drogue saisie en septembre 1988 à l'aéroport de Francfort avait été dissimulée dans des tapis dans une ferme du prévenu proche de Bogota. L'autorité intimée n'a dès lors pas fait preuve d'arbitraire en admettant, au stade actuel de la procédure, l'existence d'indices suffisants d'une implication du recourant dans un trafic de drogue plus vaste que celui auquel il déclare avoir été mêlé. Partant, l'appréciation de la cour cantonale ne saurait être qualifiée d'insoutenable.