Citation: 1C_410/2021 E. 5.2

5.2. Le recourant voit une interprétation arbitraire et une constatation inexacte des faits dans l'omission du Tribunal administratif fédéral de considérer les difficultés du couple à trouver un appartement adapté aux problèmes de l'épouse comme une circonstance extraordinaire susceptible d'expliquer la détérioration rapide du lien conjugal. Selon l'autorité précédente, l'épouse connaît des problèmes de santé depuis de nombreuses années. Elle a été diagnostiquée "borderline" depuis l'âge de 22 ans et souffre, depuis 2009, de sérieux problèmes de santé, en particulier d'une malformation congénitale non diagnostiquée et d'une paralysie causée par les suites opératoires d'une forte hernie discale. Elle ressent quotidiennement d'importantes douleurs. Son état de santé nécessite un lit orthopédique et l'utilisation d'une chaise roulante. Le Tribunal administratif fédéral a relevé qu'elle avait confirmé qu'au moment de la naturalisation de son mari, le couple avait pour projet de trouver un appartement adapté à ses difficultés. Cela étant, comme l'a souligné l'autorité précédente, si les deux époux ont évoqué une dégradation de l'état de santé, leurs déclarations sont restées vagues quant au moment où cette dégradation se serait produite. Le mari évoque une opération en 2012 alors que l'épouse ne fournit aucune précision à ce sujet, si ce n'est qu'elle indique, dans une lettre adressée au SEM, une opération difficile en septembre 2010. Aucun des deux conjoints n'a mentionné, ni même évoqué une brusque aggravation de l'état de santé de l'ex-épouse après l'obtention de la naturalisation facilitée qui aurait potentiellement rendu la situation insoutenable pour le couple. L'état de santé précaire de l'épouse, tant psychique que physique, existait déjà au moment de la signature de la déclaration sans qu'aucun élément ne démontre une quelconque aggravation de ceux-ci. Le Tribunal administratif fédéral pouvait ainsi arriver à la conclusion que l'état de santé de l'ex-épouse et, partant, les difficultés à trouver un logement en raison de cet état de santé, ne pouvait être considéré comme une circonstance extraordinaire expliquant la détérioration rapide du lien conjugal. Dans ce contexte, l'autorité inférieure pouvait également relativiser la valeur probante des déclarations de l'ex-épouse dans la mesure où, bien qu'elle affirme être seule à l'origine de la séparation, les éléments ci-dessus démontrent que, dans les faits, rien ne peut expliquer la soudaine séparation des époux. Enfin, le Tribunal administratif met également en évidence que le départ précipité de l'épouse, quatre mois après l'entrée en force de la naturalisation, ne lui a pas permis, comme elle le soutient, de prendre de la distance puisque deux mois plus tard la séparation officielle du couple était enregistrée. L'autorité précédente pouvait donc considérer que la valeur probante des déclarations de l'épouse devait être tempérée.