Citation: 4C.257/2005 07.03.2006 E. 4

A la lecture de l'acte de recours, il appert que les recourants ne s'en prennent qu'aux deux premières de ces motivations indépendantes. Les sept griefs à l'appui du recours en réforme sont en effet résumés aux pages 6 et 7 de l'acte de recours. D'après le premier moyen des recourants, l'autorité cantonale aurait transgressé les art. 1, 6 et 16 CO en admettant que le contrat du 7 mai 2001 a été valablement conclu. Dans leur deuxième moyen, ils soutiennent que la cour cantonale a enfreint l'art. 8 CC en retenant que B.________ a discuté les éléments essentiels de l'accord du 7 mai 2001 avec le demandeur. Puis, ils reprochent à l'autorité cantonale d'avoir violé les art. 102 ss CO pour avoir admis que la défenderesse n'avait pas l'obligation de mettre le demandeur en demeure. A l'appui de leur quatrième moyen, ils allèguent que la cour cantonale a enfreint l'art. 10 du contrat de prêt et le principe de la fidélité contractuelle en considérant que la banque n'avait pas le devoir de respecter les marges convenues. Comme cinquième moyen, ils font valoir que la Cour de justice a violé les principes de la confiance et de la relativité des conventions en ayant retenu que la télécopie adressée par le demandeur à la défenderesse le 12 septembre 2001 équivalait à une résiliation immédiate du prêt en yens. Les recourants prétendent, dans leur sixième moyen, que la cour cantonale a commis une violation de l'art. 8 CC en refusant d'entrer en matière sur la requête d'expertise qu'ils avaient formée pour déterminer si les marges fixées par le contrat de prêt étaient ou non respectées au moment où les actifs gagés ont été réalisés par l'intimée. Le septième et dernier moyen des recourants consistent en une violation alléguée de l'art. 97 CO que l'autorité cantonale aurait commise en niant que la défenderesse ait engagé à leur endroit sa responsabilité contractuelle. On voit donc nettement que les recourants n'ont pas attaqué la troisième motivation surérogatoire d'après laquelle les demandeurs n'ont pas prouvé leur dommage. Lorsqu'ils affirment, à la fin de leur premier moyen, que l'argumentation surérogatoire précitée de la Cour de justice tombe à faux (cf. p. 9 de leur mémoire de recours), les demandeurs méconnaissent la question du dommage (diminution du patrimoine) et ne motivent en réalité qu'une violation contractuelle pour non-respect de la forme réservée et défaut de mise en demeure. Les demandeurs n'ont formulé aucune critique contre le motif de la cour cantonale, d'après lequel ils n'ont pas subi de dommage. L'existence d'un préjudice étant une condition nécessaire à l'admission d'une action en dommages-intérêts (cf. Pierre Engel, Traité des obligations en droit suisse, 2e éd., p. 704), cette motivation alternative est, en elle, propre à justifier le maintien de l'arrêt cantonal. Au vu de la jurisprudence susrappelée, le recours en réforme exercé par les demandeurs est donc irrecevable.