Citation: 1P.18/2004 09.03.2004 E. 1

Saisi d'un recours de droit public mettant en cause l'appréciation des preuves, le Tribunal fédéral examine seulement si le juge cantonal a outrepassé son pouvoir d'appréciation et établi les faits de manière arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). Une constatation de fait n'est pas arbitraire pour la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle de l'accusé ou du plaignant; encore faut-il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable, en contradiction flagrante avec la situation effective, qu'elle constitue la violation d'une règle de droit ou d'un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 58, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 81 consid. 2 p. 86), ce qu'il appartient au recourant d'établir (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). En l'espèce, les premiers juges se sont déclarés convaincus de la participation du recourant au vol du coffre-fort commis le 29 novembre 1999 au détriment de G.________ en se fondant sur les déclarations de L.________, qui accompagnait S.________ et U.________ sur les lieux du crime, sur les empreintes digitales des trois hommes découvertes sur les montants de la voiture, à l'intérieur de celle-ci et sur des déchets de victuailles déposés dans le véhicule, ainsi que sur les aveux de U.________, qui a admis avoir commis ce vol, même s'il a soutenu avoir agi seul. Cette appréciation échappe au grief d'arbitraire. L.________ a été constant dans ses déclarations et parfaitement clair s'agissant du but de la venue au Tessin et de la participation de chacun des protagonistes dans le vol du coffre-fort. Comme l'a pertinemment relevé la Cour de cassation pénale, il n'avait aucune raison de se charger lui-même et d'en vouloir au recourant, qu'il ne connaissait pas et qu'il a identifié sur photo. Le fait que S.________ n'a pas pu interroger ou faire interroger L.________ n'emporte aucune violation de l'art. 6 § 3 let. d CEDH puisqu'il a finalement renoncé à l'audition de ce témoin lors de l'audience de jugement (cf. ATF 125 I 127 consid. 6c/bb p. 134); une telle renonciation ne rend pas nulles les dépositions recueillies durant l'enquête et n'est pas de nature à susciter un doute sérieux sur les déclarations de L.________. Du reste, ces dernières sont corroborées par les aveux de U.________, qui a reconnu sa participation au vol, et par la présence d'empreintes digitales des différents protagonistes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du véhicule loué par le recourant et sur des papiers ayant servi à emballer des victuailles trouvés dans le coffre de la voiture. Le fait que U.________ a déclaré avoir agi seul n'est pas de nature à jeter un doute fondé sur la participation du recourant au vol perpétré le 29 novembre 1999 puisque, confronté à L.________, il avait déclaré mensongèrement que ce dernier ne se trouvait pas au Tessin ce jour-là, alors même qu'il avait fait le voyage de Lausanne à Lugano avec lui. S.________ a d'ailleurs lui-même menti en prétendant s'être rendu au Tessin en la seule compagnie de son amie. S'agissant du recel, les premiers juges ont estimé invraisemblable la version des faits de U.________ suivant laquelle il aurait déposé les habits acquis de manière illicite dans la chambre d'hôtel de S.________ pendant que celui-ci dormait, pour lui faire une surprise, alors qu'ils avaient tous deux participé au vol du coffre-fort en début de matinée. Dès lors que l'implication du recourant dans cette infraction pouvait être tenue pour établie sans violer la présomption d'innocence, cette considération échappe au grief d'arbitraire. Enfin, pour les raisons pertinentes évoquées par la Cour de cassation pénale, auxquelles il suffit de renvoyer (art. 36a al. 3 OJ), S.________ ne pouvait ignorer la provenance délictueuse des vêtements remis par U.________. 2.3 En définitive, le recourant ne parvient pas à démontrer que le jugement de première instance reposerait sur une appréciation arbitraire des preuves, ni qu'un examen objectif de l'ensemble des éléments de la cause aurait dû inciter les premiers juges, puis la Cour de cassation pénale à concevoir des doutes sur sa culpabilité, au point que sa condamnation serait contraire à la présomption d'innocence.