Citation: 1P.234/2001 25.06.2001 E. 2

2.- a) Saisi d'un recours de droit public dirigé contre une condamnation pénale, le Tribunal fédéral ne revoit l'appréciation des preuves que sous l'angle de l'arbitraire; il ne lui appartient pas de substituer sa propre appréciation à celle du juge de la cause. A cet égard, la présomption d'innocence, garantie actuellement par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 par. 2 CEDH, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence rendue à propos de l'art. 4 aCst. L'entrée en vigueur de l'art. 9 Cst. , qui prohibe l'arbitraire, n'a rien changé au pouvoir d'examen du Tribunal fédéral dans ce domaine (ATF 127 I 38). Le recourant doit démontrer qu'à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves, le juge aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles sur sa culpabilité (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 41, 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88, 120 Ia 31 consid. 2e p. 38 et 4b p. 40). L'appréciation des preuves est arbitraire lorsqu'elle heurte d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral n'invalide la solution retenue par le juge de la cause que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective ou adoptée sans motifs objectifs. L'appréciation doit apparaître arbitraire tant dans ses motifs que dans son résultat. Il ne suffit pas qu'une solution différente puisse être tenue pour également concevable ou apparaisse même préférable (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41 et les arrêts cités). b) Au terme d'une argumentation de type appellatoire dont la recevabilité paraît douteuse au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recourant soutient qu'il existait un "doute suffisant" sur le point de savoir si W.________ avait ou non attaché sa ceinture de sécurité. La cour cantonale s'est fondée sur les déclarations de R.________, elle-même choquée par l'accident, alors qu'il ressortait du rapport de police du 15 août 1999 et du rapport technique du 16 juin 1999 que les ceintures avaient été trouvées ouvertes, ce qui ne pouvait s'expliquer par une défectuosité; cela impliquait que ni le conducteur, ni sa passagère n'avaient attaché leur ceinture. c) Le Tribunal de police, puis la Chambre pénale, n'ont pas méconnu que l'éjection des deux occupants du véhicule se conciliait mal avec le port de la ceinture de sécurité. La Cour de justice s'est toutefois fondée sur un élément de preuve important et objectif, soit le témoignage direct de R.________, qui a affirmé de manière catégorique, lors de l'audience du 30 octobre 2000, que W.________ avait bouclé sa ceinture de sécurité. La Cour a ensuite retenu que celle-ci pouvait avoir passé sous la ceinture, en raison des deux chocs successifs et des violents mouvements subis par le véhicule. Une telle explication n'est pas incompatible avec les constatations faites par la police. Le recourant ne tente d'ailleurs pas de démontrer que cette version des faits serait totalement invraisemblable, ce qui pourrait la faire apparaître arbitraire. Comme cela est rappelé ci-dessus, il n'y a pas arbitraire du simple fait qu'une autre solution - celle préconisée par le recourant - puisse être envisagée.