Citation: 4A_592/2012 E. 6

La demanderesse ne met pas en doute que l'état de fait soit litigieux aux termes de l'art. 257 al. 1 let. a CPC; en revanche, elle le tient pour susceptible d'être immédiatement prouvé. Elle soutient que le Juge de district aurait pu et dû tenir audience pour interroger les parties et entendre le témoin proposé, et qu'il serait ainsi parvenu à élucider les faits sans retard et de manière indiscutable. Elle se plaint d'une application prétendument incorrecte de l'art. 254 CPC relatif aux moyens de preuve admis en procédure sommaire. En règle générale, selon l'art. 254 al. 1 et 2 let. a CPC, la preuve est apportée par titres (al. 1); d'autres moyens de preuve sont admissibles, parmi d'autres cas, si leur administration ne retarde pas sensiblement la procédure (al. 2 let. a). Il est douteux que le témoignage et l'interrogatoire des parties soient en principe admissibles dans la procédure sommaire prévue par l'art. 257 CPC; cette question juridique est controversée et le Tribunal fédéral l'a jusqu'ici laissée indécise (ATF 138 III 123 consid. 2.1.1 et 2.6 p. 125). Quoi qu'il en soit, le droit à la preuve ne porte que sur les moyens adéquats aux termes de l'art. 152 al. 1 CPC, c'est-à-dire aptes à la manifestation de la vérité. D'ordinaire, également en procédure ordinaire ou simplifiée, la preuve des dettes de loyer et de frais accessoires contractées par le locataire s'apporte par titres, et celle des paiements exécutés en vue d'éteindre ces dettes s'apporte aussi de cette manière. En l'espèce, le Juge de district a considéré les documents produits par les parties comme insuffisants à amener « aucune certitude dans un sens ou dans l'autre »; son appréciation n'a pas été contestée. Dans cette situation confuse, le magistrat saisi pouvait raisonnablement présumer qu'un interrogatoire des parties et l'audition d'un témoin ne permettraient pas non plus d'élucider précisément et sûrement les sommes encore dues, le cas échéant, au jour de la sommation. Ainsi, les faits décisifs ne pouvaient pas être immédiatement prouvés aux termes de l'art. 257 al. 1 let. a CPC. Il y a lieu de rappeler que le Tribunal fédéral ne contrôle l'appréciation de preuves, y compris leur appréciation anticipée, que dans la mesure restreinte admise par l'art. 97 al. 1 LTF. La décision présentement attaquée se révèle donc compatible tant avec l'art. 254 al. 2 let. a CPC, à supposer que cette disposition soit applicable, qu'avec l'art. 257 al. 1 let. a CPC.