Citation: 8C_90/2024 E. 4.4

4.4. La relation entre la fixation de la rente d'invalidité par l'assureur-accidents et la réadaptation professionnelle en matière d'assurance-invalidité est exhaustivement réglée aux art. 19 al. 3 LAA et 30 OLAA. En l'espèce, rien n'indique que des mesures d'ordre professionnel aient été en cours d'examen par l'office AI au moment de la décision sur opposition du 22 avril 2022. Le recourant, qui avait pris sa retraite anticipée au moment où cette décision sur opposition a été rendue, n'expose d'ailleurs pas quelle mesure aurait été concrètement envisagée et dans quel but, que ce fût antérieurement ou postérieurement à cette décision. Il ne soutient même pas avoir sollicité la moindre mesure. On notera qu'aucune des situations visées par la jurisprudence susmentionnée en matière d'assurance-invalidité (cf. consid. 4.1.2 supra) - en particulier la réduction ou la suppression du droit à la rente de l'assurance-invalidité - n'étaient données, de sorte que l'office AI n'avait pas à faire application de cette jurisprudence. On ne voit donc pas qu'au moment où l'intimée a rendu sa décision sur opposition, elle devait compter avec une future décision de l'office AI portant sur des mesures de réadaptation professionnelle ayant une potentielle incidence sur le taux de la rente d'invalidité en assurance-accidents, qui devait être fixé en tenant compte des seuls troubles en lien de causalité avec l'accident du 2 mai 2018, à savoir les atteintes orthopédiques et neurologiques, à l'exclusion des affections psychiques, urologiques et érectiles. En tout état de cause, le recourant perd de vue que la rente provisoire doit aussi être fixée d'après la méthode de comparaison des revenus et que dans ce cadre, l'activité raisonnablement exigible ne correspond pas forcément à l'activité habituelle (arrêt 8C_99/2023 du 7 août 2023 consid. 4.2 et les arrêts cités). En l'espèce, au moment de la décision sur opposition, le recourant bénéficiait selon l'intimée et la cour cantonale d'une pleine capacité de travail dans une activité adaptée à ses restrictions fonctionnelles. À ce propos, le recourant n'émet aucune critique à l'encontre de l'appréciation du médecin d'arrondissement de l'intimée. Il n'y a donc pas de raison de s'en écarter. En outre, contrairement à ce qu'il affirme, l'office AI ne lui a pas accordé une rente entière d'invalidité en prenant en considération les seuls troubles causés par l'accident du 2 mai 2018. Il a fondé sa décision sur une incapacité de travail totale dans toute activité, en soulignant que l'intimée avait, pour sa part, tenu compte des seules séquelles de l'accident pour retenir une pleine capacité de travail dans une activité adaptée. Au demeurant, l'assureur-accidents n'est pas lié par l'évaluation de l'invalidité de l'assurance-invalidité (ATF 131 V 362 consid. 2.3; arrêt 8C_493/2022 du 8 mars 2023 consid. 4.5), tout comme l'évaluation de l'invalidité par l'assurance-accidents n'a pas de force contraignante pour l'assurance-invalidité (ATF 133 V 549). Le recourant ne peut donc pas prétendre à une rente - qu'elle soit provisoire ou définitive - fondée sur un taux d'invalidité de 100 % du fait de son incapacité de travail dans son activité habituelle d'ouvrier dans la construction. Pour le reste, on ne voit pas ce que pourrait tirer le recourant de la jurisprudence en matière d'assurance-invalidité dont il se prévaut. Celle-ci ne s'adresse pas aux assureurs-accidents, lesquels ne sont pas compétents pour octroyer des mesures de réadaptation professionnelle. Aussi, la fin du versement de l'indemnité journalière par l'assureur-accidents ne peut aucunement être corrélée à une quelconque obligation de sa part découlant de cette jurisprudence. Il s'ensuit que le grief du recourant est mal fondé.