Citation: 6S.149/2005 31.05.2005 E. 1

2.3 L'argumentation du recourant se réduit très largement, si ce n'est exclusivement, à se prévaloir à nouveau d'éléments qu'il avait déjà invoqués devant la cour cantonale, qui les a examinés et réfutés point par point, sans qu'il ne critique réellement les objections que celle-ci lui a opposées. On peut dès lors s'interroger quant à la recevabilité du grief sous l'angle des exigences minimales de motivation de l'art. 273 al. 1 let. b PPF, qui implique que le recourant expose au moins succinctement dans son mémoire en quoi, sur les points qu'il conteste, le raisonnement de l'arrêt attaqué - qui seul peut faire l'objet du pourvoi (art. 268 ch. 1 PPF) - viole le droit fédéral (ATF 129 IV 6 consid. 5.1 p. 19 et les références citées). Quoiqu'il en soit, pour les motifs exposés ci-après, le grief est infondé. 2.4 S'agissant du fait que le recourant a été mis au bénéfice d'un permis B, l'arrêt attaqué observe qu'un rapport de police du 28 avril 2004 fait apparaître que ce permis serait échu depuis juillet 2004, ce qui n'est en rien contesté. Au demeurant, à lui seul cet élément ne suffirait pas à faire admettre que l'expulsion du recourant viole le droit fédéral, étant rappelé que même le bénéfice d'un permis C n'exclut pas le prononcé d'une expulsion (cf. supra, consid. 2.2). Contrairement à ce que laisse entendre le recourant, il n'est nullement certain qu'il puisse retrouver son emploi auprès de l'entreprise de jardinage qui l'a occupé pendant une dizaine d'années. L'arrêt attaqué constate en effet que le recourant a pris le parti de quitter délibérément cet emploi au début de l'année 2004, en cessant de se rendre au travail sans en avertir son employeur, pour se lancer dans la fabrication de fausse monnaie. A supposer que le recourant ait réellement l'intention de reprendre cet emploi, son réengagement est donc à tout le moins douteux. Le recourant insiste par ailleurs vainement sur ses relations avec ses enfants, sur le besoin qu'ils ont de lui et sur le fait qu'ils ne se sont jamais rendus dans son pays d'origine. Cette argumentation repose largement sur le contenu d'un courrier du Service de protection de la jeunesse (SPJ) du 13 janvier 2005 qu'il a produit devant la cour cantonale, qui a déclaré la production de cette pièce irrecevable. Au demeurant, l'arrêt attaqué observe subsidiairement que, de toute manière, cette pièce n'infirme pas le constat des premiers juges selon lequel le recourant, tant qu'il était en liberté, préférait passer ses week-ends avec sa nouvelle amie plutôt qu'avec ses enfants et ne se souciait guère de ces derniers, dont il avait admis, à l'époque où il n'était pas encore sensibilisé à la question de l'expulsion, qu'il les voyait "parfois" et ne leur donnait pas d'argent. Les enfants du recourant, dont on ignore la nationalité, vivent d'ailleurs auprès de leur mère, dont on ignore également la nationalité et dont le recourant vit séparé. Même si elles ont pour l'essentiel porté sur des infractions mineures, le recourant a déjà fait l'objet, depuis septembre 1998, de quatre condamnations, qui ne l'ont pas dissuadé de la récidive, malgré la révocation de sursis antérieurs. Actuellement, il doit répondre de fabrication et de mise en circulation de fausse monnaie et, pour la troisième fois, d'infraction à la loi fédérale sur les armes. Il ne s'agit pas d'infractions bénignes et, de par leur nature, elles fondent la crainte qu'il ne mette en danger la sécurité publique, d'autant plus qu'il ne s'agit pas d'un comportement délictueux isolé et que le recourant a par ailleurs été décrit comme un individu certes intelligent mais retors et comme un menteur effronté. Dès lors et compte tenu de l'ensemble des éléments évoqués, en particulier du fait que le recourant n'a pas de réelle perspective d'emploi, n'a qu'un lien distendu avec ses enfants et ne peut au reste invoquer aucune véritable attache dans le pays, on ne saurait dire que les juges cantonaux auraient abusé de leur pouvoir d'appréciation en prononçant son expulsion. Quant à la durée de l'expulsion, elle n'est plus contestée en instance fédérale, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner la question. 2.5 Le grief de violation de l'art. 55 CP doit par conséquent être rejeté autant qu'il est recevable.