Citation: 5A_241/2022 E. 5

La recourante fait valoir que la décision querellée contrevient à l'art. 117 CPC, en tant qu'elle lui refuse le bénéfice de l'assistance judiciaire pour le motif que sa demande en modification du jugement de divorce serait dénuée de chances de succès. En particulier, elle soutient que l'autorité cantonale n'a à tort pas pris en compte le fait que si, dans son jugement du 3 décembre 2020, le Tribunal avait décidé d'attribuer la garde des enfants à leur père et ne s'était pas interrogé sur la possibilité de la lui réattribuer ou d'instaurer une garde alternée, c'était exclusivement en raison du statut de prévenue qu'elle avait à l'époque, étant alors soupçonnée d'avoir enlevé ses enfants. S'il avait certes mentionné l'expertise du CURML du 11 février 2020, le Tribunal ne l'avait pas pris en considération, de sorte que cette expertise constituerait bel et bien un élément nouveau au sens de l'art. 134 al. 2 CC. Selon la recourante, analysée à l'appui du jugement du Tribunal de police qui l'a désormais acquittée - et qui constituerait un fait nouveau -, cette expertise deviendrait absolument essentielle et devrait être prise en considération. La recourante ajoute que la garde des enfants lui a été retirée par ordonnance du 2 septembre 2019 sur la base des conclusions des experts familiaux du 4 juillet 2019, et qu'à la lecture de celles-ci, la préconisation du retrait de la garde ne reposait pas sur de mauvaises capacités parentales mais sur un prétendu trouble psychique dont elle souffrait, que l'expert auteur du rapport du 11 février 2020 avait infirmé. L'expertise du 11 février 2020 relevait par ailleurs sa tendance prononcée à l'idéalisation concernant par exemple la vie saine, l'écologie, les études et les voyages, ce qui laisserait supposer, selon la recourante, que ses capacités parentales sont plus que satisfaisantes. La recourante affirme aussi que les conclusions de l'expertise du 4 juillet 2019 tendaient à un retrait temporaire de la garde des enfants le temps que les experts familiaux puissent mener leur analyse. Il serait donc particulièrement choquant qu'elle soit encore aujourd'hui privée de la garde de ses enfants, ou à tout le moins que les questions de la garde et du droit de visite ne soient pas revues, alors que la procédure pénale est actuellement pendante au Tribunal fédéral. Par ailleurs, la baisse " drastique et avérée " de leurs résultats scolaires depuis que le père en a la garde, manifestement due au fait que le père ne s'investirait guère dans leur scolarité, commanderait aussi que la garde lui soit transférée. Le manque de présence de leur mère à des âges particulièrement délicats, alors qu'elle en avait la garde depuis leur naissance, aurait entraîné des conséquences déplorables sur eux et il conviendrait d'instruire leur volonté quant à la garde, ce que la Présidente de la Cour de justice aurait passé sous silence. La recourante souligne que la présente procédure n'est pas destinée et ne se prête pas à mettre en évidence de manière définitive ses capacités parentales. Une nouvelle expertise serait susceptible d'anéantir toutes les raisons pour lesquelles la garde lui a été retirée. Enfin, la recourante relève que toutes ces questions devront être résolues dans le procès principal, après que les parties auront développé leurs arguments, présenté des offres de preuve détaillées et discuté le résultat des mesures probatoires.