Citation: 4C.256/2001 14.11.2001 E. A

A.- Par contrat du 14 janvier 1996, N.________ a remis à bail à D.________ une villa jumelle dont il est propriétaire. Le bail a été conclu pour une période allant du 15 janvier 1996 au 31 décembre 1999; une clause expresse précisait qu'il n'était pas reconductible. Le loyer mensuel net a été fixé à 4500 fr. Le locataire aurait voulu obtenir la conclusion d'un bail de cinq ans. Il savait toutefois que la fin du bail dépendait de l'échéance du mandat professionnel confié à N.________ dans le canton du Valais où le bailleur s'était établi provisoirement. Le 28 juin 1999, N.________ a fait part à D.________ de son intention de réintégrer la villa louée dès le 1er janvier 2000, le mandat en question ayant pris fin. Il en est résulté un échange de correspondance qui a duré jusqu'au 6 octobre 1999 et qui n'a débouché sur aucun accord concernant la libération de la villa, D.________ ayant rappelé notamment qu'il avait offert sans succès à N.________ d'acquérir la villa au prix du marché, soit en dernier lieu pour 1 250 000 fr. En particulier, dans un courrier explicatif daté du 6 octobre 1999, le locataire précisait ne vouloir en aucun cas prolonger une situation inconfortable et il disait "écum[er] le marché immobilier en ratissant large (de Gland à Vandoeuvres)", mais en vain du fait de la rareté des biens disponibles et de "la gourmandise parfois démesurée de propriétaires peu réalistes". Pour cette raison, D.________ avait décidé d'acquérir un terrain afin d'y construire une villa. Le locataire, qui se plaisait à X.________ et qui avait toujours souhaité rester dans la villa, n'est pas parti à l'échéance du bail, faute d'avoir trouvé un autre logement à sa convenance. En outre, il n'entendait pas quitter la villa louée avant l'achèvement de la construction de la sienne, qui devait intervenir au plus tôt le 1er mars 2001. Même si le marché immobilier de la région de la Côte était effectivement tendu, D.________ était en mesure, au cours de la période allant du 31 décembre 1999 au début du mois de mars 2001, soit entre la fin du bail et l'achèvement de sa villa, de louer un logement à titre transitoire. Un tel changement aurait certes entraîné quelques inconvénients, mais ceux-ci n'auraient pas été plus importants que les désagréments liés à un double déménagement.