Citation: 5A_378/2021 E. 4

En substance, l'autorité cantonale a considéré qu'en l'espèce, la situation des parties n'était pas confortable puisque, si l'on ajoutait les impôts aux charges des parties, l'ex-époux ne pourrait plus couvrir l'entretien convenable des enfants. Faute d'excédent significatif, les charges des parties devaient ainsi être établies conformément au minimum vital du droit des poursuites, de sorte que contrairement à ce qu'avait jugé l'autorité de première instance, il n'y avait pas lieu de tenir compte des impôts du couple. Il ne se justifiait pas non plus de prendre en considération dans les charges de l'ex-époux les mensualités de remboursement de son crédit à la consommation. En effet, l'ex-époux ne contestait pas que ce crédit avait été contracté lors de la séparation afin de se constituer un nouveau logement et de le meubler. Les mensualités de remboursement se rapportaient donc à une dette postérieure à la fin de la vie commune, dont les époux ne répondaient pas solidairement et qui n'était pas nécessaire à l'acquisition du revenu. Aussi, indépendamment du point de savoir si les ressources couvraient le minimum vital des parties au sens du droit des poursuites, le montant de 247 fr. 60 pris en compte par le premier juge à titre de " crédit à la consommation " dans les charges de l'ex-époux devait être retranché de celles-ci. Compte tenu d'un salaire de 6'533 fr. 60 et de charges de 3'698 fr. 70, le disponible de l'ex-époux s'élevait à 2'834 fr. 90, étant relevé que la pension qu'il devait verser à son enfant F.________, né d'une seconde relation, n'avait pas à être prise en compte dans ses charges, ceci afin d'assurer une égalité de traitement entre tous ses enfants. Quant à l'ex-épouse, elle avait des charges mensuelles de 2'013 fr. 60 pour un salaire de 1'950 fr. Il en résultait un déficit de 63 fr. 60. La Cour d'appel civile a ensuite établi le montant de l'entretien convenable de chacun des enfants en tenant compte du montant de base OP, de la prime d'assurance-maladie de base, d'une participation de 10% au loyer du parent gardien, de frais médicaux, de frais de garde (jusqu'au 31 août 2019 puis dès le 1er août 2020) et enfin d'une contribution de prise en charge destinée à couvrir le déficit de leur mère. Elle a considéré que le père devait supporter l'entier de l'entretien convenable des enfants du couple, la contribution d'entretien en faveur de son quatrième enfant F.________ (400 fr.) et, jusqu'au 29 février 2020 la contribution d'entretien de 150 fr. en faveur son ex-épouse. Après avoir couvert tous ces éléments, l'excédent mensuel de l'ex-époux s'élevait à 429 fr. 85 jusqu'au 31 août 2019, à 830 fr. 35 du 1er septembre 2019 au 29 février 2020, à 980 fr. 35 du 1er mars au 31 juillet 2020, puis à 480 fr. 35 dès le 1er août 2020. Cet excédent ne permettant pas un élargissement du budget des membres de la famille, il devait selon la Cour d'appel civile être réparti entre l'ex-époux et ses enfants - y compris F.________ - à raison d'un tiers pour lui-même et d'un sixième pour chaque enfant.