Citation: I 481/00 19.06.2001 E. 2

2.- a) A l'instar de l'administration, les premiers juges se fondent principalement sur les conclusions du rapport du COPAI et sur l'avis exprimé par le médecin d'arrondissement de la CNA pour admettre que le recourant est apte à exercer une activité légère à plein temps, avec un rendement de 80 pour cent environ. Le recourant reproche à la commission de recours d'avoir écarté d'autres certificats médicaux qu'il a produits à l'appui de son recours de première instance. C'est ainsi qu'il a fait l'objet, le 3 décembre 1999, d'un examen neurologique par le docteur E.________, neurologue FMH. Ce médecin a diagnostiqué des algies faciales proches d'un Cluster headache, de nature probablement post-traumatique, et une diplopie au regard latéral extrême des deux côtés, d'étiologie indéterminée; la sévérité des algies faciales, leur menace perpétuelle de survenance et leur interférence avec le sommeil aggravent les séquelles douloureuses des traumatismes rachidiens et réduisent certainement la capacité de travail du sujet du fait d'une diminution de résistance et d'une plus grande difficulté d'adaptation (rapport du 6 décembre 1999). Dans un rapport du mois de décembre 1999, le docteur F.________, privat-docent à la Faculté de médecine à R.________ et médecin consultant à la Clinique universitaire d'orthopédie, qui a lui-même demandé un rapport de consultation neurologique au docteur E.________, reconnaît qu'il n'est pas à même de prendre position sur les conclusions de ce neurologue. Mais il semble bien, à son avis, que les séquelles neurologiques de l'accident dont a été victime l'assuré n'ont pas été suffisamment prises en compte. Ce praticien conclut que le patient n'est probablement pas apte à assumer un travail à 60 pour cent et "qu'un maximum de 50 pour cent de capacité de travail devrait lui être reconnu". Enfin, dans un rapport du 18 janvier 1999, également produit par le recourant devant la commission de recours, le docteur G.________, spécialiste en rhumatologie, exprime l'avis que la capacité de travail de l'assuré ne dépasse pas 50 pour cent. Dans une note du 8 février 2000, le médecin-conseil de l'office cantonal, le docteur D.________, a pris position sur les rapports des docteurs E.________ et F.________. Selon lui, les limitations objectives décrites par le docteur E.________ sont quasi inexistantes. Quant aux troubles neurologiques, ils apparaissent modérés et relèvent essentiellement des plaintes de l'assuré. Le médecin-conseil constate que les appréciations respectives du COPAI et des docteurs B.________ et C.________ ont été émises en dehors de tout conflit juridique, alors que les rapports des docteurs F.________ et E.________, établis à la demande de l'assuré, sont postérieurs à la décision de l'assurance-invalidité. Finalement, conclut le médecin-conseil, l'assuré a démontré en situation pratique et non théorique qu'il était capable - quel que soit son état de santé - de travailler dans une mesure se situant entre 75 et 85 pour cent dans un emploi adapté; en pareille situation, les constatations du COPAI doivent l'emporter sur l'appréciation médico-théorique des médecins consultés par l'assuré. b) Le juge des assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Si les rapports médicaux sont contradictoires, il ne peut liquider l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. C'est ainsi qu'il importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions du médecin soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). Ces principes, développés à propos de l'assurance-accidents, sont applicables à l'instruction des faits d'ordre médical dans toutes les branches d'assurance sociale (Spira, La preuve en droit des assurances sociales, in Mélanges en l'honneur de Henri-Robert Schüpbach, Bâle 2000, p. 268). Quand la situation médicale est élucidée, l'assuré peut être admis dans un COPAI aux fins de déterminer si et, le cas échéant, dans quelle mesure il est à même, concrètement, de mettre en valeur sa capacité de travail et de gain. Les informations recueillies au cours d'un tel stage peuvent donc se révéler utiles, en complément des données médicales, pour fixer le degré de l'invalidité (voir à ce sujet, L'instruction des possibilités de gain des personnes prétendant une rente, compte-rendu d'une séance du 10 novembre 1989 consacrée aux problèmes de l'expertise médicale et professionnelle, RCC 1990 p. 59 ss; Karl Abegg, Coup d'oeil sur l'activité des centres d'observation professionnelle de l'AI [COPAI], RCC 1985 p. 246 ss; voir aussi les ch. m. 6007 ss de la circulaire de l'OFAS sur la procédure dans l'assurance-invalidité [CPAI]). c) En l'occurrence, il n'y a pas de raison d'écarter d'emblée l'avis du docteur E.________ au sujet de l'existence de troubles neurologiques propres à influer sur la capacité de travail du recourant. Ce médecin, en effet, a procédé à des examens approfondis, après avoir eu connaissance des dossiers de l'assurance-invalidité et de l'assurance-accidents. De même, il n'existe a priori aucun motif de mettre en doute la crédibilité du rapport du docteur F.________ : l'appréciation selon laquelle la capacité de travail de l'assuré ne dépasse pas 50 pour cent n'a pas été émise à la légère, mais au terme d'un examen orthopédique approfondi de ce praticien, qui a reçu à trois reprises le patient, les 9, 18 et 30 novembre 1999. L'argument selon lequel le recourant a démontré, pendant le stage d'observation professionnelle qu'il a suivi, qu'il était en mesure de travailler à plein temps avec un rendement diminué de 20 pour cent en moyenne, n'apparaît en l'occurrence pas décisif. Tout d'abord, il s'est écoulé un laps de temps relativement important (presque deux ans et demi) entre le séjour de l'assuré au COPAI et le moment où il a été soumis à l'examen d'un neurologue. On ne peut donc pas exclure que l'état de santé du recourant se soit aggravé postérieurement à ce stage. Ensuite, il n'est pas toujours aisé pour les COPAI de porter, dans un cas concret, une appréciation qui corresponde aux exigences et à la réalité du marché du travail (cf. Abegg, loc. cit. , p. 250 sv.). En l'espèce, il existe en tout cas un élément qui donne à penser que ces exigences ont été sous-estimées. En effet, le stage suivi par le recourant dans l'entreprise Z.________ SA n'a pas confirmé le taux de rendement de 75 à 85 pour cent attesté par les spécialistes du COPAI. Dans son rapport du 7 août 1997, cet employeur a noté que le stagiaire a obtenu (dans une activité légère de menuiserie d'atelier) un rendement, qualitatif et quantitatif, de 60 pour cent par rapport aux exigences minimales qui seraient normalement fixées lors de l'engagement d'un collaborateur; un rendement supérieur pourrait être envisagé, mais seulement pour certains travaux, au demeurant non précisés. Cette différence de rendement constatée de part et d'autre, qui est de l'ordre de 15 à 25 pour cent, est suffisamment sensible pour jeter un doute sur les possibilités réelles du recourant de travailler dans une proportion de 80 pour cent, comme le retiennent l'office cantonal et la commission de recours. d) Dans ces conditions et compte tenu également des divergences d'opinion émises par les médecins, il apparaît nécessaire de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il procède à une instruction complémentaire sous la forme d'une expertise médicale, par exemple dans un Centre d'observation médicale de l'assurance-invalidité (COMAI; voir à ce sujet ATF 123 V 175).