Citation: 1C_40/2022 E. 2.2

2.2. L'entreprise C.________ SA, consultée par la recourante à la suite de l'intervention du Service d'incendie et de secours au mois d'août 2019, a indiqué dans son rapport du 26 mars 2020 les travaux qui devaient être entrepris sans délai pour assurer la sécurité de la voie publique et celles des occupants de l'immeuble, à savoir la pose d'échafaudages avec filets de protection le long des façades donnant sur la Grand-Rue et la rue du Cheval-Blanc, la sécurisation des cheminées et des ferblanteries et l'élimination des éléments stockés en toiture. Les travaux de sécurisation de la toiture ont fait l'objet de deux devis établis par les entreprises E.________ et F.________ et soumis le 12 août 2020 au Département du territoire qui les a approuvés. Le mandataire professionnellement qualifié auquel la recourante a fait appel pour assurer la correcte exécution de l'autorisation de construire et le suivi du chantier a indiqué que les échafaudages avaient été dressés sur les façades du bâtiment donnant sur la Grand-Rue et la rue du Cheval-Blanc. Il a également précisé le 7 septembre 2020, photographies à l'appui, que les travaux de sécurisation de la toiture mentionnés dans le devis de l'entreprise E.________ avaient été réalisés le 28 août 2020. La recourante ne démontre pas en quoi les mesures de sécurisation prises selon les recommandations des entreprises C.________ SA et E.________ seraient insuffisantes à garantir la sécurité des voies publiques contre la chute d'éléments des façades ou de la toiture de l'immeuble. Dans son courriel du 7 septembre 2020, le mandataire professionnellement qualifié n'a nullement précisé que des travaux de sécurisation des façades étaient encore nécessaires ou que le remplacement de la charpente devait intervenir sans délai pour assurer la sécurité des locataires encore présents dans l'immeuble. Au contraire, le 12 août 2020, il a précisé que les travaux de sécurisation des lieux devisés par les entreprises E.________ et F.________ permettront d'attendre que le bâtiment soit libre de tous locataires afin d'entamer les travaux de rénovation des façades, de la toiture et des logements. La recourante n'avance aucun élément qui permettrait de remettre en cause ces propos ou d'en limiter la teneur aux travaux de toiture uniquement. Elle ne prétend en particulier pas que l'entreprise F.________, qui devait suivre les travaux pour vérifier et intervenir en cas de nécessité concernant la charpente de la toiture, aurait indiqué que d'autres travaux urgents en toiture devaient être entrepris et n'auraient pas été exécutés. L'ingénieur civil consulté au printemps 2020 réservait certes un contrôle de l'état de santé de la charpente en bois existante par un spécialiste et, selon la nécessité, le remplacement des poutres en mauvais état pour garantir la sécurité structurale de la toiture. Il ne ressort pas du dossier que la recourante aurait procédé à un tel contrôle qui aurait confirmé la nécessité de procéder sans délai ou en urgence à des travaux de sécurisation de la charpente elle-même. L'audition du mandataire professionnellement qualifié ne remplaçait pas l'avis d'un spécialiste. Cela étant, la Chambre administrative pouvait de manière soutenable et au terme d'une appréciation anticipée non arbitraire des preuves retenir sur la base des pièces du dossier à sa disposition que les travaux de sécurisation de l'immeuble avaient été exécutés dans leur intégralité, que les travaux de rénovation de l'immeuble faisant l'objet de l'autorisation de construire du 17 janvier 2013 ne pouvaient pas débuter avant le départ de tous les locataires et que l'audition du mandataire professionnellement qualifié mandaté par la recourante ne s'imposait pas. Comme l'a relevé la Chambre administrative, la recourante conserve la faculté de déposer une demande urgente en procédure accélérée fondée sur l'art. 3 al. 7 let. d de la loi cantonale sur les constructions et les installations diverses (LCI; RSG L 5 05) si des travaux de démolition et de reconstruction de la charpente devaient se révéler nécessaires sans attendre le départ des derniers locataires, ce qui n'est pas démontré en l'état. Elle dénonce ainsi en vain une application arbitraire de cette disposition. Enfin, l'arrêt attaqué n'exclut pas d'emblée que d'autres travaux de sécurisation des lieux puissent être réalisés en urgence si ceux-ci étaient établis par des avis étayés de spécialistes qui font défaut à ce jour.