Citation: 6B_1453/2021 E. C

Par arrêt du 11 novembre 2021, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise a rejeté le recours formé par A.________ contre la décision du 11 février 2021. En bref, il en ressort les éléments suivants. C.a. C.________, employé de B.________ SA en qualité de "relationship manager", était chargé, dès 2006, de la gestion des avoirs de A.________ déposés auprès de cet établissement, en particulier ceux déposés sur un compte intitulé "E.________". Ce compte ne faisait pas l'objet d'un mandat de gestion mais était de type "execution only/advisory". En septembre 2015, l'existence d'opérations et de transferts sur les comptes gérés par C.________, effectués à l'insu des clients concernés, a été porté à la connaissance de la banque, qui a déposé plainte pénale en décembre 2015. Dans le cadre de son enquête, le ministère public a ordonné de nombreux séquestres. Ont ainsi été séquestrés les avoirs de certains des clients de C.________ dont les comptes avaient été crédités de fonds détournés au préjudice d'autres clients de la banque. Le compte "E.________" a ainsi fait l'objet, le 4 février 2016, d'une ordonnance de séquestre à hauteur de 34'625'445 francs. Le 4 août 2016, A.________ a déposé plainte pénale contre C.________ et toute autre personne le cas échéant impliquée, notamment pour abus de confiance, escroquerie et gestion déloyale. En substance, elle reprochait à C.________ d'avoir, durant plusieurs années, effectué un nombre important d'opérations sur son compte sans qu'elle en ait connaissance et d'avoir manipulé les informations qu'il lui transmettait (notamment les relevés Excel de l'état de ses investissements qui étaient mensongers) afin de la tromper sur l'état réel de ses avoirs. En outre, des montants provenant des comptes d'autres clients de C.________ avaient été crédités sur son compte pour masquer les pertes importantes subies en raison des activités frauduleuses de l'intéressé. Ainsi, des titres avaient été soustraits de son compte sans instruction de sa part ou sur la base d'informations erronées, afin de camoufler des pertes - qu'elle chiffrait à 34,6 millions de dollars et 13,7 millions d'euros depuis l'ouverture du compte - consécutives à des opérations non autorisées ou autorisées sur la base d'informations mensongères. A.________ a également indiqué qu'un certain nombre des entretiens téléphoniques et instructions d'effectuer des investissements mentionnés dans les notes de la banque n'étaient en réalité jamais intervenus. De plus, sa signature avait été grossièrement imitée sur un certain nombre de documents, soit sur des conditions générales et sur un mandat d'investissement sous forme de billets à capital protégé relatif à l'acquisition de parts dans un portfolio de B.________ SA (intitulé "F.________") pour un montant de 15 millions de dollars. Les 16 millions de dollars investis de manière non autorisée sur cette base (selon les notes de la banque, un ordre d'achat téléphonique du client pour un montant supplémentaire d'un million de dollars ayant été passé) avaient été partiellement perdus, les titres ayant été revendus pour 10'465'972 dollars, occasionnant à A.________ une perte de 5'558'071 dollars. Le 9 février 2017, le ministère public a ouvert une procédure séparée, contre inconnu, pour faux dans les titres au préjudice de A.________ en lien avec l'investissement "F.________". C.________ a, en substance, reconnu avoir dissimulé à A.________ les pertes subies sur ses investissements en les comblant, dès 2009, grâce à des transferts indus depuis les comptes d'autres clients, en particulier ceux de D.________. Afin de dissimuler ses agissements, il a admis lui avoir menti, par écrit ou oralement, en affirmant que les crédits sur son compte étaient justifiés par les investissements effectués et en lui adressant des relevés de fortune erronés ne mentionnant pas les pertes subies en 2008 et les opérations litigieuses. C.b. Le 8 juin 2017, le ministère public a ouvert, par disjonction, une procédure séparée contre B.________ SA, du chef de blanchiment d'argent, en lien avec une éventuelle responsabilité pénale de la banque pour les infractions reprochées à C.________. Cette décision n'a pas été attaquée. C.c. Le 31 janvier 2020, A.________ a déposé une plainte pénale complémentaire, insistant notamment sur la nécessité de rechercher qui avait été enrichi par les actes imputés à C.________. C.d. C.________ est mort le 27 juillet 2020. En conséquence, le ministère public a avisé les parties qu'il classerait la procédure. A.________ a critiqué cette intention, au motif que l'approche suivie par le ministère public était trop restrictive : il convenait encore de se pencher sur la probable participation d'autres employés de B.________ SA aux actes délictueux. Elle estimait que la cause devait être jointe à celle pendante contre B.________ SA. Par la suite, le ministère public a refusé de verser au dossier un rapport rendu par l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) le 6 avril 2017, tant que ne seraient pas tranchés des recours pendants à ce sujet dans la procédure ouverte contre B.________ SA.