Citation: BGE 150 I 50 E. 4.5

et les références citées; VIREDAZ/VALLOTTON, in Commentaire romand, Code pénal, vol. I, 2e éd. 2021, n° 1 ad art. 84 CP et les références citées). Bien que la notion de proches ne doive pas être interprétée trop restrictivement (cf. MARTINO IMPERATORI, in Basler Kommentar, Strafrecht, vol. I, 4e éd. 2019, n° 19 ad art. 84 CP; BAECHTOLD ET AL., Strafvollzug, 3e éd. 2016, p. 179 n. 124), le Tribunal fédéral l'a pour l'instant limitée - en sus de l'époux et du concubin - aux parents, frères et soeurs, ainsi qu'aux enfants du détenu (ATF 118 Ia 64 consid. 3o; ATF 102 Ia 299 consid. 3). Dans ce dernier arrêt, tout en considérant que le droit de visite peut être limité dans la mesure où l'ordre dans l'établissement, le but de la détention ou la sécurité l'exigent (ATF 118 Ia 64 consid. 3cc), le Tribunal fédéral a estimé que, s'agissant des personnes ne faisant pas partie du cercle de celles autorisées à visiter le détenu, une limitation appropriée ("sachgerechte Beschränkung") devait intervenir dans l'intérêt du bon fonctionnement de la prison. Il a toutefois laissé ouverte la question de savoir si le détenu avait un droit fondamental à BGE 150 I 50 S. 59 recevoir la visite d'amis, de connaissances et de partenaires commerciaux (ATF 118 Ia 64 consid. 30). Dans sa jurisprudence plus ancienne, il avait en outre considéré qu'il n'était pas contestable du point de vue du droit constitutionnel que seuls les proches soient autorisés à rendre visite aux détenus et que d'autres fréquentations soient en règle générale exclues. Toutefois, on ne pouvait pas refuser à un prévenu placé en détention la visite d'une personne avec laquelle il entretenait des relations s'apparentant à celles d'un proche, par exemple un ami ou un compatriote, lorsqu'il n'avait aucun membre de sa famille en Suisse ou n'avait pas de rapports étroits avec celle-là, pour autant que le but de la détention n'exclue pas une telle visite (ATF 102 Ia 299 consid. 3; arrêts 1P.382/2002 du 13 août 2002 consid. 3; 1P.310/2000 du 9 juin 2000 consid. 2). Si le Tribunal fédéral n'a jamais eu à se pencher sur un cas ayant spécifiquement trait aux visites intimes, il ressort des considérations ci-avant que le cercle de personnes pouvant prétendre à des visites "ordinaires" est restreint. Il doit, a fortiori, en aller ainsi s'agissant des visites conjugales ou intimes, qui, par essence, sont moins fréquentes, plus difficiles à organiser, ne serait-ce qu'en termes de locaux, et ne peuvent pas être surveillées, au contraire des visites dites classiques (art. 84 al. 2 CP). Il est d'ailleurs communément admis par la doctrine que si de telles rencontres ne sauraient se limiter aux seuls conjoints, elles ne devraient pas pouvoir s'étendre par exemple à des personnes telles que les travailleurs du sexe, puisqu'elles visent avant tout à entretenir des relations solides et durables (IMPERATORI, op. cit., n° 19 ad art. 84 CP, qui exclut que de telles rencontres puissent permettre une expérience sexuelle "insulaire"; voir également BRÄGGER/ZANGGER, Freiheitsentzug in der Schweiz, 2020, p. 167 n. 490; dans le même sens: FABIENNE GERMANIER, Angehörigeninteressen in der Strafzumessung, Luzerner Beiträge zur Rechtswissenschaft, 2019, p. 9, qui laisse la question ouverte, mais relève que la relation entre un détenu et un travailleur du sexe n'est pas suffisamment étroite pour entrer dans la notion de "proche"; opinion contraire: TRECHSEL/AEBERSOLD, in Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, Trechsel/Pieth [éd.], 4e éd. 2021, n° 2 ad art. 84 CP).