Citation: 9C_78/2020 E. 4.2

4.2. La recourante fait valoir que le règlement de l'intimée est muet sur la manière de calculer les pensions si l'assuré travaille au-delà de l'âge terme (63 ans) et plus particulièrement sur la manière dont "il doit être rémunéré" lorsqu'il reste affilié à la CPEV après l'âge terme. Elle soutient que l'augmentation des rentes en cas d'ajournement de la retraite constitue un standard de la prévoyance professionnelle suisse. Elle reproche également à la juridiction cantonale de ne pas avoir examiné le plan de financement de la CPEV, afin de connaître l'impact de la "confiscation" des prestations de retraite d'un employé travaillant au-delà de l'âge de 63 ans, lorsqu'il bénéficie de 38 annuités de cotisations. Elle invoque aussi un préjudice financier, alléguant notamment qu'il est arbitraire qu'elle ne reçoive pas de contre-partie pour le montant abandonné (99'059 fr. 05 au titre de rentes non perçues et de cotisations versées), l'activité exercée s'apparentant en définitive à du bénévolat compte tenu des rachats effectués et des impôts payés. La recourante se prévaut en outre d'une inégalité de traitement entre un enseignant qui aurait travaillé dans le secteur privé après sa retraite (en étant pensionné de la CPEV) et elle-même qui a poursuivi son activité au service de l'Etat de Vaud; elle soutient que le jugement attaqué n'est pas motivé sur ce point ce qui constitue une violation de son droit d'être entendue. La recourante ajoute qu'il est sans importance qu'elle ait bénéficié d'un plan de prévoyance basé sur la primauté des prestations ou des cotisations, car en définitive un financement qui ne donne en aucun cas droit à une prestation est contraire aux dispositions légales et au principe d'adéquation, "solidarité ne signifi[ant] pas la confiscation". A son avis, l'ajournement de la rente sans contre-partie découle d'une lacune réglementaire qui doit être complétée en sa faveur, ce qui devait aboutir au versement d'une rente mensuelle de 4063 fr. 40 depuis le 1 er août 2018, ou alors au remboursement des cotisations versées à la CPEV (18'196 fr. 45) ainsi qu'au paiement des rentes non perçues pendant 23 mois (80'862 fr. 60) pour un total de 99'059 fr. 05.