Citation: 4P.159/2004 19.11.2004 E. 1

La recourante semble donc fondée à contester l'existence d'un aveu judiciaire tel que les juges d'appel l'ont retenu. Néanmoins, sur la base du procès-verbal d'audience, ces magistrats pouvaient constater sans arbitraire que la défenderesse, loin de dénier tout arriéré à la date de la sommation, a alors reconnu qu'elle devait, à l'époque indiquée, un montant évalué par elle à 6'755 fr.95. Par la suite, dans son mémoire d'appel, la défenderesse a certes reconnu un montant inférieur de 5'928 fr.85; toutefois, dans le même acte et selon son propre décompte, il fallait éventuellement y ajouter un poste "à contrôler" de 2'250 fr.80 correspondant à des loyers et charges antérieurs au 31 décembre 2001. Or, elle n'alléguait pas avoir intégralement payé ces loyers et charges et elle n'offrait donc pas non plus de prouver ce paiement. En particulier, elle ne produisait aucune pièce à cette fin. Dans ces conditions, la reconnaissance précitée n'a été sérieusement contredite par aucune autre déclaration, antérieure ou postérieure, de la défenderesse, ni par aucun autre élément de la procédure, de sorte que les juges d'appel pouvaient s'y référer sans violer l'art. 9 Cst. Savoir si cette reconnaissance permet de retenir l'existence effective de l'obligation correspondante est une question de droit civil fédéral que le Tribunal fédéral n'examine pas dans le cadre du recours de droit public. A ce sujet, l'arrêt attaqué est peut-être critiquable dans sa motivation, mais il n'est en tout cas pas arbitraire dans son résultat.