Citation: 1P.161/2000 02.05.2000 E. 2

2.- Le recourant se plaint d'une violation du principe de la présomption d'innocence, garanti par les art. 4 de la constitution genevoise, 5 du code de procédure pénale genevois, 6 par. 2 CEDH et 32 Cst. S'agissant de l'infraction d'atteinte à la paix des morts, il relève avoir été aperçu en compagnie d'un homme arabe le 15 juillet vers 21 heures. Les trois fouilles des caves, des 15 et 16 juillet 1994, avec des chiens policiers, étaient restées infructueuses. Les restes de la victimes ne pouvaient dès lors s'y trouver dès le 15 juillet, et le recourant, qui avait quitté Genève le 15 juillet au soir ne pouvait avoir dispersé les restes de la victime dans la cave. S'agissant de l'assassinat, les éléments relevés par la police entre ses deux visites du 15 juillet 1994 (la lumière allumée à la salle de bains et le dépôt d'un pantalon) ne pouvait être le fait que d'un tiers. a) Consacré à l'art. 6 par. 2 CEDH, le principe de la présomption d'innocence n'exige pas que l'administration des preuves aboutisse à une certitude de culpabilité absolue, mais simplement que l'autorité de jugement renonce à condamner lorsqu'il subsiste un doute sérieux quant à la réalisation des conditions objectives et subjectives de l'infraction. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne revoit la constatation des faits et l'appréciation des preuves que sous l'angle de l'arbitraire; il n'intervient que si l'appréciation des preuves est manifestement insoutenable, soit qu'elle se trouve en contradiction avec la situation effective telle qu'elle ressort clairement du dossier et des débats, soit qu'elle résulte d'une inadvertance manifeste ou qu'elle fasse fi de circonstances objectives et dûment établies qui auraient dû susciter un doute sérieux quant à la culpabilité du condamné. L'art. 32 al. 1 Cst. (entré en vigueur le 1er janvier 2000), qui consacre spécifiquement le principe de la présomption d'innocence, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence (FF 1997 1 ss, 188-189). Les dispositions constitutionnelle et légale du droit genevois invoquées par le recourant n'ont pas non plus de portée propre. b) Pour l'essentiel, l'argumentation du recourant consiste en une répétition des griefs figurant dans le mémoire à l'appui du pourvoi cantonal. De type appellatoire, une telle motivation n'est pas recevable dans le cadre du recours de droit public. S'agissant de l'infraction d'atteinte à la paix des morts, la cour cantonale a considéré que la police n'était pas, dans un premier temps, à la recherche d'un cadavre, que la cave n'était pas localisée avec certitude et que, de l'extérieur, rien ne paraissait suspect. Cela suffit à expliquer que les premières recherches, même à l'aide de chiens policiers, aient pu être infructueuses, quand bien même les restes de la victime s'y trouvaient déjà. Le recourant passe sous silence qu'il avait menacé de dépecer sa femme si elle tentait de divorcer ou de se séparer; il n'avance aucune explication plausible qui permettrait de comprendre qui aurait pu déposer les restes de la victime dans la cave, en son absence, et pour quelles raisons. Le jury a écarté la thèse de l'intervention d'une tierce personne, pour des motifs que le recourant ne conteste d'ailleurs pas. Le verdict, confirmé par la cour cantonale, n'a dès lors rien d'arbitraire sur ce point. S'agissant de l'infraction principale d'assassinat, le recourant insiste sur l'apparition inexpliquée d'un pantalon et l'allumage de la lumière de la salle de bain, entre les deux visites de l'appartement par la police, le soir du 15 juillet 1994. Il en déduit, sur ce point également, l'intervention d'un tiers. Il omet toutefois d'indiquer en quoi cette intervention - pour autant qu'elle soit démontrée - supprimerait sa propre culpabilité; il n'explique pas comment et surtout pourquoi un tiers aurait pu s'introduire dans l'appartement entre les deux visites domiciliaires, alors que F.________ avait déjà disparu. Le recourant ne remet pas non plus en cause les nombreux indices sur lesquels le jury a fondé sa conviction: les traces de sang des deux époux qui sont les seules retrouvées dans l'appartement, la fuite précipitée du recourant, les menaces proférées et sa réaction à l'annonce de l'intention de divorcer, la blessure au front qu'il dissimulait le 14 juillet au soir, les expertises excluant que des coups ou une chute soient à l'origine du décès, celui-ci provenant le plus probablement d'une blessure à l'arme blanche. La cour cantonale a aussi relevé, à l'instar du jury, les invraisemblances et contradictions dans les versions présentées par le recourant. Dès lors, même si certains éléments demeurent inexpliqués, ceux-ci apparaissent secondaires par rapport aux éléments à charge retenus contre le recourant.