Citation: 4P.26/2007 12.06.2007 E. 4

Invoquant l'art. 9 Cst., les recourants se plaignent d'arbitraire dans la constatation des faits, l'appréciation des preuves et l'application des règles de procédure cantonale. 4.1 D'après la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire préférable; pour que cette décision soit annulée, encore faut-il qu'elle se révèle arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son résultat (ATF 132 III 209 consid. 2.1). Dans la mesure où l'arbitraire est invoqué en relation avec l'établissement des faits, il convient de rappeler que le juge dispose d'un large pouvoir lorsqu'il apprécie les preuves. La partie recourante doit ainsi expliquer dans quelle mesure le juge a abusé de son pouvoir d'appréciation et, plus particulièrement, s'il a omis, sans aucune raison sérieuse, de prendre en compte un élément de preuve propre à modifier la décision attaquée, s'il s'est manifestement trompé sur son sens et sa portée ou encore si, en se fondant sur les éléments recueillis, il en a tiré des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1). Lorsque la partie recourante invoque une violation arbitraire du droit cantonal, elle doit indiquer avec précision quelle est la disposition cantonale qui aurait été violée et l'examen se limite à cette question (ATF 128 I 273 consid. 2.1 p. 275 s.). En cette matière, l'arbitraire et la violation de la loi ne sauraient être confondus; une violation de la loi doit être manifeste et reconnue d'emblée pour être considérée comme arbitraire. Le Tribunal fédéral n'a pas à déterminer quelle est l'interprétation correcte que l'autorité cantonale aurait dû donner des dispositions applicables; il doit uniquement examiner si l'interprétation qui a été faite est défendable (ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 18). 4.2 A titre préliminaire, il y a lieu de relever que la recevabilité du recours dans sa globalité est douteuse au regard des exigences découlant de l'art. 90 al. 1 let. b OJ et de celles précitées en matière de démonstration de l'arbitraire. En effet, dans une motivation appellatoire, les recourants exposent pêle-mêle des arguments réitératifs, semble-t-il repris à tout le moins en partie tels quels de leurs appels. Peu importe, toutefois, puisque comme on le verra après avoir brièvement examiné, dans la mesure où ils sont compréhensibles, chacun des moyens soulevés dans leur écriture, ceux-ci sont de toute façon dénués de pertinence. 4.3 Les recourants élèvent successivement six critiques relatives à l'appréciation prétendument arbitraire des preuves à laquelle les juges cantonaux se sont livrés. 4.3.1 En rapport avec la valeur des travaux, ils reprochent en substance aux instances cantonales de s'être fondées sur les témoignages de leur architecte et d'un ingénieur, dès lors qu'ils avaient exposé que le recourant était en procédure avec le premier ainsi qu'avec le bureau du second, de sorte que les déclarations en question devaient être appréciées avec une certaine prudence; par ailleurs, ils avaient toujours dit que la valeur des travaux devait être prouvée par expertise. Sur ce point, la cour cantonale a été forcée de constater l'irrecevabilité de la critique toute générale des recourants, qui n'exposaient pas en quoi l'appréciation des témoignages par les premiers juges n'était pas soutenable; dans cette mesure, le grief présentement soulevé devant le Tribunal fédéral est irrecevable pour défaut d'épuisement des voies cantonales. Cela étant, les juges cantonaux ont relevé qu'au demeurant, le tribunal ne s'était pas fondé sur les seules déclarations des personnes concernées et qu'il n'y avait aucune raison de penser que les explications de ces témoins soient en principe teintées de partialité; au surplus, les recourants n'avaient non seulement émis aucune réserve sur les réquisitions de preuves de leur adverse partie qui avait sollicité les témoignages en question, mais encore avaient requis eux-mêmes l'audition de ces personnes. Les recourants ne s'en prennent pas davantage à cette argumentation d'une manière qui satisfasse aux exigences découlant de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en exposant de manière précise en quoi les précédents juges auraient mésusé de leur pouvoir de libre appréciation des preuves, mais se contentent de persister à présenter leur propre version des événements, de sorte que leur critique est derechef irrecevable. S'agissant pour le reste de la réquisition tendant à ce qu'une expertise soit ordonnée, la cour cantonale a évoqué que, dans la mesure où les griefs relatifs aux métrés ne résistaient pas à l'analyse des premiers juges - qui avaient considéré qu'aucune contestation précise n'avait été émise en ce qui concernait les métrés et les quantités indiquées -, la requête des recourants tendant à ce que soit établie une expertise en vue de la vérification de tous les métrés des travaux objet de la soumission et également des travaux hors de la soumission devait être rejetée. Dans ce contexte, les premiers juges avaient au demeurant relevé que l'on voyait mal comment un expert pourrait aujourd'hui vérifier que l'exactitude de quantités de matériau ou de travaux nécessaires à des terrassements, des années après leur exécution, d'autant moins que l'expertise requise n'aurait pas pour objet de vérifier tel ou tel métré précis, mais d'examiner en général si toutes les quantités facturées étaient exactes ou non, alors qu'il incombait aux maîtres de l'ouvrage d'alléguer au moins brièvement en quoi consisteraient les inexactitudes. Or, les recourants n'ont pas valablement critiqué ces développements, ce qui clôt le débat au sujet de l'expertise. 4.3.2 Les recourants reprochent ensuite à la cour cantonale d'avoir arbitrairement considéré que les travaux de confection du mur de soutènement n'étaient pas compris dans la soumission initiale; dans ce cadre, ils soutiennent en vrac que contrairement à ce qui a été retenu, la preuve du bien-fondé des montants facturés n'aurait pas été apportée, que les précédents juges auraient arbitrairement constaté - sans examiner leurs arguments - qu'ils s'étaient abstenus, le 24 mars 2000, de participer à la détermination des métrés, alors que le recourant n'aurait pas pu se rendre à ladite séance de chantier pour cause d'agenda surchargé; or, selon l'art. 142 al. 3 SIA-18, la partie absente ne perdrait pas le droit de se prévaloir de l'inexactitude des métrés contradictoires; par ailleurs, il serait totalement erroné de prétendre qu'une partie importante des travaux liés au mur de soutènement avait été admise et, surtout, avait fait l'objet d'un contrat complémentaire, aucun élément de preuve suffisant ne permettant d'aboutir à une telle conclusion; en définitive, ils exposent que « l'appréciation des premiers juges, qui ont reconnu la créance de l'intimée, n'est donc pas admissible »; ils reviennent enfin sur le fait qu'une expertise n'a pas été ordonnée. En tant qu'elle ressortit au droit fédéral, en particulier à l'application de l'art. 8 CC, des normes SIA par hypothèse intégrées au contrat liant les parties, ou encore du principe de la confiance selon lequel les instances cantonales sont parvenues à la conclusion que les travaux en question n'étaient pas compris dans la soumission de base, l'argumentation des recourants n'a pas sa place dans un recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ). Par ailleurs, à supposer que ceux-ci, en reprochant aux autorités cantonales de ne pas avoir examiné leurs arguments, aient voulu se plaindre de la violation de leur droit d'être entendus, il ne saurait être entré en matière sur leur grief, dès lors qu'ils ne l'ont pas soulevé en invoquant la disposition constitutionnelle concernée et dans les formes requises; quand bien même, il convient de rappeler que l'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais qu'elle peut au contraire se limiter à ceux qui lui paraissent pertinents (ATF 130 II 530 consid. 4.3 p. 540). Pour le surplus, la critique des recourants, qui n'expliquent pas à proprement parler en quoi l'appréciation des preuves par les instances cantonales - lesquelles se sont en particulier fondées sur le descriptif des postes de la soumission et les témoignages - serait arbitraire, mais se limitent à présenter leur propre version des événements, revêt un caractère appellatoire qui la rend derechef irrecevable. S'agissant enfin de la requête d'expertise, on se référera à ce qui a été dit supra. 4.3.3 En troisième lieu, les recourants reprochent à la cour cantonale de ne pas avoir examiné leur argumentation par laquelle ils contestaient le montant de 2'900 fr. de la facture du 31 décembre 1999 relative aux travaux de déplacement et de reprise de la terre végétale; sur ce point, ils soutiennent à nouveau que les autorités cantonales auraient fait une appréciation erronée des déclarations de leur architecte et d'un ingénieur, dont ils estiment que les témoignages auraient dû être pris avec circonspection; ils répètent que la mise en oeuvre d'un expert aurait été nécessaire; en conclusion, l'intimée n'aurait pas apporté la preuve du bien-fondé du travail facturé. Dans la mesure où elle a trait à l'application de l'art. 8 CC, la critique des recourants n'a pas sa place dans un recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ). Pour le reste, on se contentera de renvoyer à ce qui a été dit plus haut concernant l'appréciation des témoignages en cause, la prétendue absence d'examen de leur argumentation et la question de l'expertise. 4.3.4 Les recourants font ensuite grief à la cour cantonale d'avoir retenu, en se fondant sur les déclarations de leur architecte et d'un ingénieur, que l'entrepreneur n'encourait aucune responsabilité dans l'éboulement du 12 décembre 1999 suite à de fortes pluies; ils présentent leur propre interprétation des déclarations de ces témoins, dont ils rappellent qu'ils doivent être appréciés avec retenue, et exposent une nouvelle fois avoir demandé une expertise; ils reprochent derechef à la cour cantonale de ne pas avoir examiné l'argumentation développée dans le recours. Purement appellatoire et pour le surplus dénué de pertinence pour les motifs déjà mentionnés, le grief ne saurait être accueilli. 4.3.5 Les recourants s'en prennent encore aux considérations de la cour cantonale selon lesquelles, dans la mesure où, suite à l'éboulement, l'entrepreneur a exécuté les travaux de déplacement du tuyau de drainage conformément aux indications de l'ingénieur chargé de la direction des travaux de réalisation du mur de soutènement, leurs critiques sur l'utilité de ces travaux étaient vaines; ils soutiennent qu'il convenait de déterminer qui encourait la responsabilité de l'éboulement, ce qui aurait dû être fait par expertise, leur argumentation n'ayant de surcroît pas été examinée, ce qui aboutirait « à une forme de déni de justice et à une appréciation arbitraire des preuves » exigeant l'annulation de l'arrêt attaqué. Du même genre que les précédentes, la critique n'est pas davantage pertinente. 4.4 Sous le titre « reproches arbitraires aux recourants de ne pas avoir respecté le fardeau de l'allégation des faits selon l'art. 4 al. 2 CPC fribourgeois » (réd.: code de procédure civile fribourgeois du 28 avril 1953, CPC/FR; RSF 270.1), les recourants présentent deux griefs distincts. 4.4.1 Ils reprochent d'abord à la cour cantonale d'avoir considéré, avec les premiers juges, que leurs prétentions relatives à la réfection de deux pans de la façade qui avait été salie étaient irrecevables, dès lors qu'aucun allégué formel dans leurs écritures ne les appuyaient; à cet égard, ils soutiennent que, dans leur mémoire de réponse du 29 avril 2002, ils auraient allégué la « nécessité de procéder à la réfection de la peinture suite aux salissures reconnues: Fr. 4000.-- », ce qui aurait d'ailleurs été admis par l'intimée, la divergence entre les parties ne portant que sur le montant dû pour procéder à cette réfection, sur lequel ils avaient d'ailleurs requis une expertise qui n'a pas été administrée, sans qu'on indique la moindre raison valable; en définitive, on serait donc en « totale contradiction avec le texte clair du code de procédure civile fribourgeois qui exige que les parties allèguent et prouvent les faits à la base de leurs prétentions (art. 4 et 5 CPC) ». Force est de constater que les recourants se bornent à faire allusion à l'art. 4 al. 2 CPC/FR, sans indiquer avec la précision requise en quoi cette disposition aurait en l'occurrence été appliquée de manière arbitraire. Quoi qu'il en soit, il n'apparaît pas insoutenable de considérer que la seule allégation susmentionnée ne suffisait pas pour fonder les prétentions des recourants, soit en particulier leur existence, leur étendue et la personne qui répondait du dommage. Partant, la critique ne saurait être accueillie. 4.4.2 Les recourants reprochent enfin aux juges cantonaux d'avoir considéré que leurs griefs relatifs à l'absence de métrés contradictoires étaient tardifs, tout comme la production d'un tableau récapitulatif des factures admises et contestées figurant dans le mémoire complémentaire du 25 février 2003. A cet égard, les instances cantonales se sont notamment fondées sur les art. 4 al. 2 et 130 CPC/FR, concernant le fardeau de l'allégation, respectivement de la contestation, et le stade auquel les parties doivent faire valoir leurs moyens d'attaque et de défense. Faute pour les recourants de démontrer par une argumentation précise en quoi ces dispositions auraient été violées, leur grief est irrecevable. 4.5 En définitive, le recours doit donc être rejeté dans la faible mesure de sa recevabilité.