Citation: 1C_387/2008 21.01.2009 E. 4

En l'occurrence, seule l'application de l'art. 8.1 de la directive AEIA est critiquée par les recourants sous l'angle de l'arbitraire. 4.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst., ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue en dernière instance cantonale que si elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou si elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. Il ne suffit pas que la motivation de la décision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153; 132 I 13 consid. 5.1 p. 17; 131 I 217 consid. 2.1 p. 219; 129 I 173 consid. 3.1 p. 178). 4.2 Applicable en vertu des art. 27 al. 1 LC, 6 al. 3 LPI et 1 al. 2 de l'ordonnance du 12 décembre 2001 concernant les mesures préventives contre les incendies, l'art. 8.1 de la directive AEIA a la teneur suivante: 1Les matériaux et le mode de construction des toitures ne doivent pas favoriser la propagation des incendies de niveau en niveau, ni mettre en danger le voisinage. 2La couche supérieure des toitures doit être incombustible; les exceptions dépendent du type de construction et de l'importance de la surface de toiture. Ceci est également valable pour les couches d'isolation thermique et les autres couches des toits. [...] 4.3 Conformément à cette disposition, l'exigence selon laquelle la couche supérieure des toitures doit être incombustible constitue la règle. Cela étant, comme le relèvent les recourants, il est exact que l'alinéa 2 réserve des exceptions. Le Tribunal cantonal a toutefois considéré qu'il n'y avait pas lieu de faire une telle exception dans le cas d'espèce. Il a souligné qu'une couverture en bois n'était pas imposée par les circonstances, s'agissant d'une construction entièrement neuve réalisée dans une zone où le RCC prescrit expressément une couverture en ardoises. De plus, compte tenu de ses dimensions (93 m2), le couvert litigieux ne pouvait pas être considéré comme une construction de peu d'importance sous l'angle du risque de propagation du feu ou du danger pour le voisinage. Le fait que les règles sur les distances latérales soient différentes pour un couvert et pour une construction destinée à abriter des personnes n'y changeait rien, les règles sur les distances et sur les matériaux étant cumulatives sous l'angle de la prévention de la propagation du feu. Contrairement à ce que soutiennent les recourants, le Tribunal cantonal n'a pas totalement fait abstraction du fait que leur construction était destinée à abriter des véhicules automobiles et non des personnes et qu'il répondait dès lors à des exigences différentes quant aux distances de sécurité. Il a au contraire examiné cet argument dans le cadre d'une appréciation globale de la construction litigieuse sous l'angle des risques de propagation du feu, ce qui n'apparaît pas en soi comme manifestement insoutenable. Pour le surplus, la motivation de l'arrêt attaqué selon laquelle les circonstances ne justifiaient pas de faire une exception pour le couvert litigieux apparaît objectivement fondée et les recourants ne démontrent pas en quoi elle serait arbitraire au sens de la jurisprudence susmentionnée. Ce moyen doit donc être rejeté.