Citation: 6B_688/2014 E. 13.3

13.3. Le recourant conteste que W.________ et X.________ revêtent la qualité de gérant. Le gérant devrait disposer d'un pouvoir de gestion autonome et d'une certaine indépendance. La décision entreprise ne déterminerait pas le degré d'indépendance des deux prénommés qui ferait défaut. Qui plus est, on ne saurait considérer comme gérant l'employé subordonné à une hiérarchie et soumis aux ordres de supérieurs. En qualité de membre du conseil d'administration, W.________ et X.________ auraient été soumis aux décisions de ce conseil et cette subordination hiérarchique exclurait la qualité de gérant. Le recourant ne conteste pas que W.________ et X.________ aient été membres du conseil d'administration. Conformément à la jurisprudence, chacun des membres d'un organe de gestion collectif peut tomber sous le coup de l'infraction de gestion déloyale si, seul ou avec d'autres, il en réalise les éléments constitutifs (cf. supra consid. 13.1.1). Il n'est ainsi pas nécessaire que W.________ et X.________ aient joui individuellement d'un pouvoir de disposition autonome. Qui plus est, il importe peu, s'agissant de décider si l'art. 158 CP est applicable, de savoir si W.________ et X.________ ont fait ou non qu'exécuter les décisions prises par d'autres membres de l'organe collectif. La jurisprudence admet que même un " homme de paille " peut se rendre coupable de gestion déloyale. En effet, dans la mesure où, en droit, sa position au sein de l'organe est égale à celle des autres, il participe comme les autres au pouvoir de gestion et d'administration de la personne morale (cf. ATF 105 IV 106 consid. 2 p. 110 s). En l'occurrence, W.________ et X.________ étaient membres du conseil d'administration comme les autres. A ce titre, ils disposaient donc d'un pouvoir de gestion autonome et ils n'étaient pas soumis à une quelconque hiérarchie. C'est par conséquent à bon droit que le TPF a reconnu que W.________ et X.________ occupaient une position de gérant au sens de l'art. 158 CP.