Citation: 4A_107/2023 E. A

A.a. B.________ (ci-après: le demandeur ou l'intimé) est négociant en pierres précieuses et créateur de bijoux en raison individuelle. C.________ SA était une société sise à U.________ active dans l'achat, la vente et la représentation de diamants et autres pierres précieuses. La société a été radiée en raison de sa faillite en août 2015 suite à une poursuite de B.________, puis réinscrite par décision du Tribunal de première instance du 5 mars 2020. D.________ est administrateur unique de C.________ SA. A.________ SA (ci-après : la défenderesse ou la recourante) est une société sise à U.________, active dans le commerce de montres et de tous articles relevant de l'horlogerie et de la joaillerie ainsi que de tous produits de luxe, accessoires et services y relatifs. E.________ en est l'administrateur unique. A.b. En septembre 2014, E.________ a rencontré à Lyon, par l'intermédiaire d'un marchand de tableaux, une personne se faisant appeler F.________ - en réalité un escroc, nommé G.________ - qui se disait intéressé par des montres. Quelques jours plus tard, G.________ l'a recontacté, manifestant son intérêt pour l'achat de pierres précieuses. E.________ a alors approché D.________ afin qu'il lui fournisse des pierres précieuses. Il lui a indiqué que son client était un éminent membre du gouvernement algérien avec qui il était en affaires depuis plusieurs années, ce qui était faux. D.________ s'est alors tourné vers B.________ pour lui demander de lui fournir des diamants et des bijoux pour l'un de ses clients. B.________ s'est exécuté en obtenant ceux-ci auprès de ses fournisseurs à l'étranger. A.c. Le 30 septembre 2014, B.________ a remis à C.________ SA des bijoux (colliers, boucles d'oreilles, bagues), des diamants et autres pierres précieuses, dont la valeur, colloquée dans la faillite de C.________ SA, est de 4'471'842 fr. A.d. Le 1er octobre 2014, C.________ SA, par D.________, a remis ces pierres précieuses et bijoux à A.________ SA, soit à E.________. Ce dernier a signé au nom de la société, deux quittances pour la livraison, pour les montants de 2'488'750 fr. et 2'251'800 fr. (soit au total 4'740'550 fr.) Les quittances précisent que les pierres précieuses et bijoux restaient la propriété de C.________ SA jusqu'au règlement intégral de leur contre-valeur. Ils devaient soit être vendus, soit être restitués. Le montant de 4'740'550 fr. précité comprenait la marge bénéficiaire escomptée par C.________ SA, en plus de celle de B.________, raison pour laquelle le montant total figurant sur les quittances (entre C.________ SA et A.________ SA) était plus élevé que celui résultant des quittances signées par C.________ SA (le montant convenu entre B.________ et C.________ SA). D.________ a exposé à E.________ plusieurs recommandations et principes de sécurité lors de la remise des objets. Celui-ci ne les a pas respectées. A.e. Le 1er octobre 2014, E.________, seul avec les bijoux et pierres précieuses, a rejoint G.________ dans le lobby d'un hôtel de luxe, à la demande de celui-ci. Lorsque E.________ les lui a présentés, G.________ s'est brusquement levé, s'est emparé du sac contenant les diamants et les bijoux et a disparu. A.f. G.________ a été reconnu coupable d'abus de confiance par jugement du Tribunal correctionnel du 31 octobre 2018 pour les faits décrits ci-dessus. Les objets volés n'ont jamais été retrouvés. Aucune assurance n'a couvert le sinistre. A.g. E.________ a signé au nom de A.________ SA une déclaration du 12 novembre 2014 à teneur de laquelle il reconnaissait sa pleine responsabilité dans la disparition des diamants et bijoux qui lui avaient été confiés par D.________ et C.________ SA, d'une valeur de 4'740'550 fr. (dette de A.________ SA envers C.________ SA). Il précisait que le vol s'était produit en raison du fait qu'il n'avait pas suivi les recommandations de D.________. Suite à la dissimulation de certains faits relatés dans le dernier rapport de police (notamment le transport des pierres précieuses et bijoux dans un autre lieu que son bureau), il assumait entièrement la responsabilité de cette disparition. A.________ SA a ultérieurement contesté la validité de cette déclaration, signée selon elle sous la contrainte. A.h. C.________ SA a fait notifier à A.________ SA, poursuivie conjointement et solidairement avec E.________, un commandement de payer de 4'740'550 fr. avec intérêts, auquel il a été fait opposition.