Citation: 5P.18/2006 03.05.2006 E. 1

3.3 En l'espèce, l'assignation du 11 septembre 1990 à une audience d'introduction et de comparution personnelle fixée au 25 octobre 1990 a été notifiée à "A.________, ...." et a été réceptionnée à cette adresse, le 12 septembre 1990, par la dénommée D.________, que l'intimée affirme ne pas connaître. Contrairement à ce que prétend la recourante, du reste sans chercher à le démontrer (art. 90 al. 1 let. b OJ), la notification de l'assignation faite à une personne adulte du ménage du destinataire suppose, pour être valable, l'existence d'une réelle cohabitation entre les intéressés (Bertossa/Gaillard/Guyet/ Schmidt, op. cit., n. 3 ad art. 14; cf., pour l'art. 64 al. 1 LP, l'arrêt paru aux ATF 117 II 5 consid. 1 p. 7, qui utilise les termes de "communauté domestique"). Or cette condition n'est en l'occurrence nullement établie. Autant qu'il est recevable, le grief selon lequel la Cour de justice aurait arbitrairement appliqué l'art. 14 LPC/GE en considérant que la remise de l'assignation en mains de D.________ ne constituait pas une notification valable est donc infondé. Dans la mesure où la recourante prétend que l'autorité cantonale a estimé à tort que la notification du jugement du 25 octobre 1990 n'était pas valable, et ce malgré le certificat de non-opposition attestant indubitablement que ledit jugement a été signifié à l'intimée, son grief est irrecevable dès lors qu'elle n'indique pas précisément quelle règle de droit cantonal aurait été à cet égard arbitrairement violée (ATF 128 I 273 consid. 2.1 p. 275/276). Quant à l'affirmation selon laquelle l'intimée a nécessairement eu connaissance du jugement fondant la requête de mainlevée au plus tard dans le cadre de cette procédure, de sorte qu'elle aurait pu exercer son droit d'opposition à ce moment-là, elle se heurte au délai de péremption de cinq ans dès la signification du jugement prévu par l'art. 86 al. 3 LPC/GE, le premier commandement de payer ayant été notifié à la débitrice le 4 avril 2001, soit plus de dix ans après la reddition du jugement du 25 octobre 1990. Sur le vu de ce qui précède, l'autorité cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire dans l'application des art. 80 et 81 LP en considérant que ledit jugement ne constituait pas un titre de mainlevée valable.