Citation: 6B_252/2024 E. 2.3

2.3. Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir pris en considération la mesure d'expulsion lors de la fixation de la peine, compte tenu de l'importance de l'impact d'une expulsion sur la vie personnelle de l'étranger. Il explique que son expulsion aura pour conséquence de lui faire perdre son travail, son logement et éventuellement sa relation intime. Certains auteurs admettent que le prononcé d'une expulsion doit être pris en considération dans le cadre de la fixation de la peine, bien qu'il s'agisse d'une mesure (et non d'une peine), compte tenu de l'impact d'une expulsion sur la vie personnelle de l'étranger (PERRIER DEPEURSINGE/MONOD, in Commentaire romand, Code pénal I, 2e éd., 2021, n° 10 ad art. 66a CP; CAMILLE PERRIER DEPEURSINGE, L'expulsion selon les art. 66a à 66d du Code pénal suisse, in Revue pénale suisse 4/2017, p. 390; ZURBRÜGG/HRUSCHKA, in Basler Kommentar, Strafrecht I, 4e éd., 2019, n° 29 ad art. 66a; FIOLKA/VETTERLI, Die Landesverweisung nach Art. 66a StGB als strafrechtliche Sanktion, in Plädoyer 5/2016, p. 83 s.; GRODECKI/JEANNERET, L'expulsion judiciaire, in Droit pénal - Evolutions en 2018, CEMAJ, Faculté de droit de l'Université de Neuchâtel, 2017, p. 127 ss, spéc. p. 139 s.). La question de la prise en considération de l'expulsion sur le quantum de la peine peut toutefois rester indécise (cf. pour une discussion détaillée, GRODECKI/JEANNERET, op. cit., p. 140). En effet, en l'occurrence, il n'apparaît pas que l'expulsion aurait un grand impact sur la vie du recourant et devrait en conséquence entraîner une réduction de peine. Le recourant, d'origine française, pourra s'établir en France, d'où il pourra continuer à entretenir une relation avec son amie. Les pertes de son logement et de son travail sont, quant à elles, des conséquences (inhérentes) de la peine privative de liberté ferme, et non de l'expulsion. C'est donc à juste titre que la cour cantonale a considéré que la peine privative de liberté de huit mois, prononcée par le tribunal de première instance, se justifiait au vu de la gravité des faits commis, même si l'on devait tenir compte de son expulsion (cf. jugement attaqué p. 22).