Citation: 5A_258/2018 E. 5.1

5.1. Les juges précédents ont considéré que l'appelant ne contestait pas que le mariage ait concrètement influencé la situation financière de l'épouse, ni que celle-ci soit fondée à obtenir, sur le principe, une contribution lui assurant un niveau d'entretien convenable. Il reprochait en revanche au Tribunal de ne pas avoir réexaminé l'ensemble de la situation financière des conjoints, notamment la diminution de ses revenus et de sa fortune depuis 2012 ainsi que la capacité contributive des parties, pour déterminer le montant de l'entretien convenable. Selon l'autorité cantonale, comme l'avait relevé le Tribunal, ledit montant avait été estimé par la Cour de justice à 20'000 fr. par mois jusqu'à la fin du droit d'habitation dont bénéficie la défenderesse, puis à 25'000 fr. par mois dès l'expiration dudit droit, et ce par arrêt du 6 février 2015 aujourd'hui définitif et exécutoire. Dès lors, à l'instar du premier juge, elle ne pouvait revenir sur ces considérants, ni revoir les éléments ayant conduit à la fixation de ces montants. Le droit de la défenderesse de disposer, sur le vu de ces éléments, du même train de vie que celui qui était le sien durant la vie commune ne pouvait notamment être remis en question. Seule l'existence de faits ou d'éléments pertinents nouveaux, survenus postérieurement à l'arrêt de renvoi du 6 février 2015 et non pris en compte dans celui-ci, pouvait commander de revoir le montant de l'entretien convenable ainsi défini. Or l'appelant alléguait uniquement à ce propos l'acquisition récente par la défenderesse d'un véhicule coûteux, grâce aux économies que lui permettait de réaliser la contribution d'entretien fixée sur mesures provisionnelles, contribution pourtant moins élevée que celle fixée par le Tribunal; il en déduisait que ces pensions excéderaient le montant de l'entretien convenable dû à l'épouse. Selon l'autorité cantonale, l'appelant perdait cependant de vue que la défenderesse possédait déjà, grâce à son soutien, un véhicule du même type durant la vie commune, de sorte que celui-ci faisait partie du train de vie auquel elle pouvait prétendre. Le seul fait qu'elle ait pu, au moyen des contributions versées par l'appelant, remplacer ledit véhicule une douzaine d'années plus tard par une voiture du même type - de surcroît d'une valeur à neuf légèrement inférieure à celle de la précédente et par le biais d'un contrat de leasing - ne permettait pas de retenir que lesdites contributions excéderaient l'entretien convenable qui lui était dû.