Citation: 4C.83/2007 07.06.2007 E. 5

5.1 La demanderesse a fait valoir, devant les juridictions cantonales, que la défenderesse n'avait pas respecté l'horaire hebdomadaire de 40 heures de travail sur la base duquel elle avait été engagée. Soutenant que l'employeur était en demeure, elle lui a réclamé, à ce titre, le paiement de la différence entre le salaire prévu pour un tel horaire de travail et celui qui lui avait été versé. La Chambre des recours considère, à l'instar du Tribunal de prud'hommes, que la durée indiquée dans le contrat de mission n'était qu'indicative, comme l'atteste la mention "en principe" figurant dans la clause topique. Elle retient que, jusqu'à la fin du mois d'août 2004, la demanderesse n'a travaillé qu'une vingtaine d'heures par semaine, parce qu'elle avait un emploi à mi-temps comme femme de ménage ou concierge et qu'elle devait assumer ses obligations familiales. La cour cantonale souligne, à ce propos, que, durant cette période, la demanderesse n'a jamais mis en demeure la défenderesse d'augmenter son taux d'occupation, ni contesté les décomptes de salaire reçus. Elle en déduit qu'il y a eu modification tacite du contrat de travail. Pour la période subséquente, les juges cantonaux relèvent que la durée hebdomadaire du travail confié à la demanderesse a augmenté progressivement, pour approcher les 40 heures, après que la travailleuse en avait fait la demande et qu'un poste était devenu vacant. Ils ajoutent que la demanderesse ne s'est plainte à aucun moment de ce qu'elle travaillait parfois moins de 40 heures par semaine et qu'elle a, au contraire, refusé d'accomplir des heures supplémentaires. Partant, selon eux, la demanderesse ne saurait non plus exiger un supplément de salaire pour cette période-là. 5.2 S'il empêche par sa faute l'exécution du travail ou se trouve en demeure de l'accepter pour d'autres motifs, l'employeur doit payer le salaire sans que le travailleur doive encore fournir sa prestation (art. 324 al. 1 CO). La demeure de l'employeur suppose, en principe, que le travailleur ait clairement offert ses services, en vain (ATF 115 V 437 consid. 5a p. 444; arrêt 4C.383/1991 du 23 octobre 1992, consid. 3c, reproduit in SJ 1993, p. 365). Il ressort des constatations de la dernière autorité cantonale, auxquelles la Cour de céans doit se tenir, que la demanderesse n'a jamais invité la défenderesse à augmenter son horaire de travail, de manière à ce qu'il corresponde à celui qui était mentionné, à titre indicatif d'ailleurs, dans le contrat de mission. Par conséquent, c'est en pure perte qu'elle croit pouvoir fonder ses prétentions sur la demeure de l'employeur, sans qu'il importe de savoir si, pour la première période de travail, il y a eu ou non modification tacite de l'horaire contractuel de travail. Les arguments qu'elle avance dans son recours en réforme pour étayer sa thèse revêtent un caractère appellatoire manifeste et ne consistent qu'en une remise en cause - moyennant discussion des témoignages et autres éléments de preuve extraits du dossier cantonal - des faits pertinents constatés par les juges précédents. S'y ajoute une critique irrecevable de l'application, faite par ceux-ci, d'une disposition du code de procédure civile vaudois, à savoir l'art. 456a (art. 55 al. 1 let. c in fine OJ). Il convient, dès lors, de réserver à ce second moyen le même sort qu'au premier.