Citation: 2A.251/2001 27.09.2001 E. 1

La chronologie des événements, et plus encore leur enchaînement conduit, en définitive, à se demander si le recourant a jamais vraiment rompu avec sa deuxième épouse. Quoi qu'il en soit, cette question peut rester indécise. En effet, bien que le mariage avec l'épouse suisse ait formellement duré plus de cinq ans, il reste que la procédure de divorce a été précédée d'une séparation qui, elle, est déjà survenue en juillet-août 1996, soit moins de trois ans après la célébration du mariage. Or, après s'être séparés, les époux n'ont plus jamais repris la vie commune. Cette circonstance n'est certes pas à elle seule suffisante, selon la jurisprudence, pour qu'on puisse retenir l'existence d'un abus de droit de la part du recourant. D'autres éléments démontrent toutefois que celui-ci n'avait plus la volonté de reprendre la vie commune avec son épouse suisse après qu'il se fut séparé d'elle et que, par voie de conséquence, le maintien du mariage n'a servi qu'à lui assurer la poursuite de son séjour en Suisse. Il est en effet avéré que, peu de temps après sa séparation, entre 1997 et 1998, il a entretenu une liaison extra-conjugale avec une autre femme, D.________. Par ailleurs, il apparaît qu'il s'est remarié avec sa deuxième épouse, d'origine yougoslave, en Albanie en mai 1999, après que celle-ci lui eut donné, en 1998, une troisième fille; c'est dire qu'au plus tard au début de l'année 1998, il avait renoué avec sa deuxième épouse - pour autant qu'il eût jamais rompu - une relation sérieuse, ce qui témoigne bien qu'il n'avait, dès ce moment, plus la volonté ni même le désir de reprendre la vie commune avec son épouse suisse. c) C'est donc à bon droit que le Tribunal administratif a conclu que le mariage d'X. ________ avec C.________ n'a plus revêtu, trois ans environ après sa célébration, qu'un caractère purement formel, son maintien n'ayant, dès ce moment, servi qu'à assurer au recourant - de manière abusive - la poursuite de son séjour en Suisse. Comme cet abus de droit existait déjà avant l'écoulement du délai de cinq ans prévu par l'art. 7 al. 1 2ème phrase LSEE, le recourant, bien qu'ayant été formellement marié pendant plus de cinq ans avec une Suissesse, ne peut se prévaloir de cette disposition pour se voir délivrer une autorisation d'établissement.