Citation: 6B_797/2013 E. 2.3

2.3. Il ressort de l'arrêt cantonal que le recourant devait être entendu le 18 septembre 2009 par la directrice de la prison du Bois-Mermet dans le cadre d'une procédure disciplinaire menée à son encontre. A ces fins, il a été amené par les gardiens et intimés E.________ et C.________, afin d'être placé en cellule d'attente. L'arrêt attaqué ne retient pas que le recourant ait été dangereux, mais uniquement, en substance, pénible et oppositionnel. Une fois en cellule d'attente, le recourant a présenté aux deux gardiens l'escortant un tube de crème qu'il portait dans sa poche (arrêt attaqué, p. 3, également rapport du 19 septembre 2009, p. 1), indiquant qu'il contenait de la pommade (arrêt attaqué, p. 5 let. b). Il s'agissait d'un "tout petit tube", genre "Vitamerfen" (arrêt cantonal du 9 novembre 2011, p. 12 [cf. supra let. Bb], auquel se réfère l'arrêt attaqué). Le surveillant-chef et l'un des gardiens l'ayant escorté ont attesté de la taille et de la nature de cet objet lors de leur première audition (audition de D.________ du 5 mai 2011, lignes 158-159; audition de C.________ du 14 juillet 2011, ligne 116). L'arrêt attaqué laisse entendre que le recourant aurait eu droit de garder ce tube sur lui, même lors de son entretien avec la directrice de la prison (cf. arrêt attaqué, p. 15; également auditions de G.________ du 25 octobre 2010, ligne 119, et du 24 avril 2012, ligne 80). Après l'avoir montré, le recourant a mis de la pommade sur son mollet gauche avant de remettre le tube dans sa poche. Il a par la suite refusé de montrer à nouveau ou de donner ce tube aux gardiens qui le lui demandaient. Les cinq gardiens, faute pour le recourant d'obtempérer à l'ordre, ont pris le tube par la force. Dans le cadre de cette intervention, le recourant a subi des lésions. Le recourant a montré une fois le tube à deux des intimés. Il y a lieu de retenir en l'état qu'il s'agissait d'un tout petit tube. L'ensemble des intimés savaient avant l'intervention dommageable qu'il s'agissait d'un tube de pommade (arrêt attaqué p. 12). Il apparaît peu vraisemblable, notamment compte tenu du fait que le recourant n'était pas connu comme quelqu'un de dangereux et de la petite taille du tube, que celui-ci ait présenté un risque sécuritaire. Le recourant pouvait semble-t-il garder ce tube sur lui. Des lésions lui ont néanmoins été causées afin de lui prendre cet objet de force. Au vu de ces différents éléments, le principe " in dubio pro duriore " ne permettait pas d'exclure que ces lésions aient été commises sans que les intimés puissent se prévaloir d'un droit d'agir comme ils l'ont fait, notamment sous l'angle de la proportionnalité de leur action, ou d'un état de nécessité ou de légitime défense. Les autorités cantonales ne pouvaient retenir qu'il n'existait aucun soupçon justifiant une mise en accusation (art. 319 al. 1 let. a CPP). En classant, respectivement en confirmant le classement de la procédure, elles ont donc violé le principe " in dubio pro duriore ". L'arrêt cantonal doit par conséquent être annulé.