Citation: U 318/99 28.02.2000 E. 3

3.- a) A la demande de l'intimée, l'AI a fait savoir qu'elle n'avait pas examiné les possibilités de réadapter l'assuré en raison de son âge, et qu'elle lui avait accordé une rente entière sans procéder à une comparaison des revenus, attendu qu'il avait perdu son travail (lettre du 9 mai 1996 à la Nationale). Aussi bien, le taux d'invalidité qu'elle a fixé ne saurait lier l'intimée, faute d'être le fruit d'une évaluation conforme à l'art. 28 al. 2 LAI (Plädoyer, 1997, no 5 p. 61 consid. 2c; RCC 1987 p. 276 consid. 1a; Meyer-Blaser, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung [IVG], p. 21 ad art. 4 LAI). b) Il reste à examiner si la Nationale a de son côté correctement évalué l'invalidité du recourant. Au vu des pièces médicales au dossier, si ce dernier ne peut plus travailler comme aide de cuisine depuis l'aggravation de son état de santé en septembre 1994, il jouit encore d'une capacité de travail médico-théorique de 50 % dans une activité qui évite la station debout prolongée ou les déplacements fréquents et qui ne requiert pas de monter ou descendre les escaliers ou de porter des charges lourdes (cf. en particulier le rapport du docteur C.________ du 8 mai 1997 p. 14). Or, les activités prises en compte par l'intimée sont légères et essentiellement sédentaires, si bien qu'elles sont adaptées au handicap du recourant. A cet égard, les restrictions évoquées par les docteurs S.________ et C.________, qui touchent à l'âge et aux difficultés linguistiques de l'assuré, constituent des facteurs étrangers à son invalidité, dont l'intimée n'a pas à répondre (RCC 1999 p. 247 consid. 1 et les références; Meyer-Blaser, op. cité p. 225 ad art. 28 LAI). C'est par ailleurs en se référant à un marché du travail équilibré qu'il faut examiner sa capacité de gain résiduelle (ATF 119 V 470 consid. 2b; 116 V 249 consid. 1b et les arrêts cités). Certes, comme le recourant le soutient justement, seules des activités correspondant à ses facultés intellectuelles entrent en considération pour déterminer son revenu d'invalide (Plädoyer, 1997, no 5, p. 61 consid. 2c et les références). En l'occurrence, on ne voit toutefois pas que cette condition ferait défaut, l'intimée s'étant basée sur des activités très simples, qui ne nécessitent en tout cas pas de disposer de capacités cognitives supérieures à celles requises pour exercer l'activité d'aide de cuisine. Selon la jurisprudence, c'est en principe à la statistique des salaires bruts standardisés ressortant de l'enquête suisse sur la structure des salaires (menée par l'Office fédéral de la statistique) qu'il faut se rapporter pour déterminer le revenu d'invalide (ATF 124 V 323 consid. 3b/bb). Or, selon cette statistique, les hommes exerçant des activités simples et répétitives pouvaient prétendre, en 1994, un salaire mensuel brut (moyen) de respectivement 4302 fr. dans la production et 3735 fr. dans les services (TA 1.1.1). Aussi, le revenu d'invalide pris en compte par l'intimée et les premiers juges, d'un montant de 1500 fr. par mois (ce qui correspond à 3000 fr. pour une activité à plein temps), n'est pas critiquable. En particulier, il prend parfaitement en considération la réduction de 25 % qu'il se justifie en l'occurrence d'opérer sur le revenu d'invalide de l'assuré pour tenir compte d'un rendement réduit de celui-ci en raison de son handicap (cf. RAMA 1998 no U 320 p. 601 consid. 2a et les références). c) Le revenu sans invalidité, de 50 748 fr. par année, n'est pas remis en cause par le recourant. Son taux d'invalidité s'établit donc bien, après comparaison des revenus, à 65 % (100 - [18 000 : 50 748 x 100]). Le recours est mal fondé.