Citation: I 458/00 02.04.2001 E. 4

4.- a) Dans son rapport d'expertise du 12 décembre 1996, le docteur M.________ a indiqué que le recourant se trouvait dans un état de régression et que les douleurs dont il souffre peuvent être considérées comme un trouble somatoforme indifférencié résultant de sa personnalité passive et dépendante. Il ne s'est toutefois pas prononcé sur la capacité de travail de l'intéressé, se limitant à indiquer que ce dernier est apte du point de vue psychiatrique à participer à des mesures de réadaptation professionnelle. Dans son arrêt du 5 février 1999, le Tribunal fédéral des assurances a considéré que cet avis médical ne permet pas d'exclure l'existence d'une incapacité de travail. De son côté, le docteur C.________ a posé le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant, d'épisode dépressif moyen avec syndrome somatique, ainsi que d'une personnalité fruste, avec traits de personnalité dépendante, caractérielle et passive-agressive. Il a conclu à une incapacité de travail de 100 % sans changements depuis le mois de mars 1995 (rapport du 7 décembre 1999). b) L'office recourant ne conteste pas sérieusement les conclusions du docteur C.________. Par ailleurs, bien que le docteur M.________ ne se soit pas prononcé sur l'incapacité de travail de l'assuré, il se contente d'alléguer que celui-ci pourrait travailler en faisant preuve de bonne volonté, du moment que ce médecin a attesté l'aptitude de l'intéressé à participer à des mesures de réadaptation professionnelle. c) Cette argumentation n'est pas convaincante et ne justifie pas que l'on s'écarte des conclusions du docteur C.________. Il ressort en effet du rapport de l'expert judiciaire que sont réalisés la plupart des divers critères cités plus haut pour justifier le fait que la reprise d'une activité lucrative n'est pas exigible de sa part. En particulier, l'expert a constaté que le discours de l'assuré se concentrait sur ses douleurs, au point que celles-ci expliquent tous les troubles dont il souffre. En outre, il a fait état de troubles de l'attention et de la concentration, ainsi que d'une symptomatologie dépressive bien réelle. Selon l'expert, la personnalité de l'assuré, dotée de capacités de mentalisation très limitées, a été fortement perturbée par la survenance de l'atteinte à la santé. Enfin, à l'instar des autres médecins qui se sont prononcés sur le cas, le docteur C.________ a exclu l'existence d'une simulation des symptômes, d'un trouble factice ou d'une exagération des symptômes physiques. Ces constatations médicales sont suffisantes pour qu'on puisse se convaincre, en accord avec les critères dégagés par la jurisprudence citée au consid. 3, du caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux de l'intimé. d) Avec les premiers juges, on doit ainsi admettre que l'incapacité de travail de 100 % présentée par l'intimé depuis le mois de mars 1995 entraîne une perte de gain de plus de 66 2/3 %, ce qui justifie l'octroi d'une rente entière d'invalidité à compter du 1er mars 1996 (art. 28 et 29 LAI). Le recours se révèle ainsi mal fondé.