Citation: 4P.43/2000 12.05.2000 E. 2

2.- La recourante reproche, par ailleurs, à la Cour civile d'avoir procédé à une appréciation arbitraire des éléments de preuve dont elle disposait. a) Bien qu'il soit dirigé contre le jugement de première instance, le grief en question n'est pas irrecevable au regard de l'art. 86 al. 1 OJ, dès lors que, selon les indications de la Chambre des recours, il ne pouvait pas être soumis à cette autorité par la voie du recours en nullité (ATF 120 Ia 19 consid. 2b p. 23 et les arrêts cités). b) Lorsqu'il statue sur un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqués et suffisamment motivés (ATF 122 I 70 consid. 1c, 121 IV 317 consid. 3b). Selon l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit contenir un exposé des faits essentiels et un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation alléguée (ATF 117 Ia 393 consid. 3). Le Tribunal fédéral, saisi d'un recours de droit public, ne doit ainsi examiner que les griefs exposés de manière claire et détaillée (ATF 120 I 70 consid. 1c p. 73, 119 Ia 197 consid. 1d p. 201, 118 Ia 64 consid. 1b p. 67, 117 Ia 10 consid. 4b p. 11 s., 115 Ia 183 consid. 3 p. 185). S'il invoque une violation de l'art. 9 Cst. , le recourant ne peut se contenter de prétendre que la décision entreprise est arbitraire. Il lui faut démontrer que la décision attaquée est manifestement insoutenable, qu'elle est en contradiction flagrante avec la situation de fait ou viole gravement un principe de droit incontesté ou encore contredit de manière choquante le sentiment de la justice (ATF 122 III 130 consid. 2a p. 131, 121 I 113 consid. 3a p. 114, 120 Ia 369 consid. 3a p. 373). Une critique de nature purement appellatoire est irrecevable (ATF 107 Ia 186). S'il s'en prend à l'appréciation des preuves, le recourant doit démontrer que le juge cantonal a abusé du large pouvoir qui lui est reconnu dans ce domaine (ATF 112 Ia 371 consid. 3), en parvenant à des conclusions manifestement insoutenables (ATF 101 Ia 306 consid. 5, 100 Ia 468, 98 Ia 142 consid. 3a et les arrêts cités). Il ne suffit pas, au demeurant, que les motifs de la décision critiquée soient insoutenables; encore faut-il que cette dernière soit arbitraire dans son résultat (ATF 123 I 1 consid. 4a p. 5; 122 III 130 consid. 2a p. 131; 121 I 113 consid. 3a p. 114; 120 Ia 369 consid. 3a p. 373; 119 Ia 433 consid. 4 p. 439 et les arrêts cités). Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire préférable (ATF 120 Ia 369 consid. 3a p. 373; 118 Ia 497 consid. 2a p. 499; 116 Ia 325 consid. 3a p. 326/327). En l'espèce, le recours ne satisfait nullement à ces exigences. Son auteur se contente, en effet, de substituer sa propre appréciation des preuves à celle de la Cour civile et de soumettre au Tribunal fédéral sa version des faits, comme s'il plaidait devant une juridiction d'appel, sans tenter de démontrer ce qu'il pourrait y avoir d'arbitraire dans celle qui a été retenue par les juges de première instance. En particulier, la recourante n'indique pas en quoi le prétendu débauchage de ses employés par l'intimé et l'utilisation abusive de son fichier de clients auraient une incidence sur l'issue du litige relatif à la dissolution d'une société anonyme. Quant à l'argument selon lequel il existerait une contradiction entre les conclusions de l'expert judiciaire et les considérations émises par la Cour civile, la Chambre des recours l'a déjà réfuté et la recourante laisse intact ce point de l'arrêt cantonal. Il n'y a pas lieu non plus d'entrer en matière sur le recours en tant qu'il soulève la question de la violation du droit fédéral, puisque la voie du recours en réforme est ouverte dans la présente cause (art. 84 al. 2 OJ).