Citation: I 244/05 03.05.2006 E. A

A.a S.________ a travaillé comme employée d'usine au service de l'entreprise X.________ SA. Elle a présenté de nombreuses périodes d'inactivité dès le mois de mai 1997, en raison de douleurs diffuses dans le dos et les jambes, et n'a pas repris le travail depuis le 27 août 1997. Son médecin traitant, la doctoresse D.________, a attesté une incapacité de travail totale depuis le 14 mai 1997, en raison notamment d'un syndrome fibromyalgique, d'un syndrome vertébral et cervical sur trouble statique, de lombo-sciatalgies droites sur hernie discale, d'une épicondylite gauche et d'un état dépressif chronique. Le 24 décembre 1997, S.________ a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité. L'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après : l'Office AI) a fait réaliser une expertise par les docteurs B.________ et C.________, de la Policlinique médicale universitaire Y.________. Ces praticiens se sont adjoint les services de plusieurs spécialistes, notamment de la doctoresse M.________, psychiatre. Ils ont attesté une incapacité de travail de 70 % depuis le mois de mai 1997, en raison de troubles somatoformes douloureux; la capacité de travail résiduelle de 30 % pouvait être mise à profit dans une activité légère permettant d'adopter une position adéquate (semi-assise). Considérant que cette expertise ne permettait pas de retenir l'existence d'une maladie psychique et que les atteintes à la santé physique de la recourante ne la rendaient pas invalide, l'Office AI a rejeté la demande de prestations, par décision du 13 avril 2000. Le Tribunal des assurances du canton de Vaud a rejeté le recours formé par l'assurée contre cette décision, par jugement du 30 janvier 2001. Par arrêt du 6 mai 2002, le Tribunal fédéral des assurances a admis le recours de l'assurée contre ce jugement et renvoyé la cause à l'Office AI pour qu'il mette en oeuvre une nouvelle expertise psychiatrique et statue à nouveau. Le Tribunal fédéral des assurances a précisé que l'Office AI devrait également prendre en considération une éventuelle dégradation de l'état de santé physique de l'assurée depuis la décision du 13 avril 2000. S.________ avait en effet subi une acromioplastie de l'épaule gauche pour conflit acromio-huméral, le 10 mai 2001. A.b A réception de l'arrêt du 6 mai 2002, l'Office AI a confié au docteur E.________ le soin de réaliser une expertise psychiatrique. Ce praticien a posé les diagnostics de trouble somatoforme indifférencié léger et de personnalité à traits passifs-dépendants, et a attesté une pleine capacité de travail dans une activité adaptée à sa motivation et à ses qualifications professionnelles, sous réserve des limitations dues à d'éventuelles atteintes à la santé physique (rapport du 15 janvier 2003). Par décision du 6 février 2003, l'Office AI a rejeté la demande de prestations de l'assurée, en considérant que celle-ci disposait encore d'une pleine capacité de travail. S.________ a fait opposition à cette décision et a produit des rapports médicaux établis le 5 mars 2003 par la doctoresse D.________ et le 12 mai 2003 par le docteur I.________, spécialiste en médecine interne, oncologie et hématologie. Un rapport médical a également été demandé au docteur V.________, qui avait opéré l'assurée en mai 2001. Ce praticien a posé les diagnostics de lombalgies sur discopathie lombaire avec hernie discale postéro-latérale droite au niveau de l'espace intersomatique L5-S1, de probable fibromyalgie, de douleurs de l'épaule droite sur conflit acromio-huméral, de status après acromioplastie de l'épaule gauche et d'arthrose acromio-claviculaire bilatérale depuis 1997. Il a attesté une capacité de travail très réduite, parce que l'assurée ne pouvait pas effectuer des mouvements répétitifs ni des mouvements en force avec ses épaules et que ses problèmes lombaires ne lui permettaient pas d'effectuer des travaux debout ou assise pendant une longue durée; la fibromyalgie provoquait par ailleurs des douleurs migrantes, difficilement évaluables, mais augmentées par tout effort physique (rapport du 13 octobre 2003). Compte tenu du rapport établi par le docteur V.________, l'assurée a été convoquée au Service médical régional Q.________, pour un examen rhumatologique par les docteurs O.________ et H.________. Ces médecins ont notamment posé les diagnostics d'état douloureux persistant plus marqué à gauche, de hernie discale médiane para-médiane droite L5-S1 non déficitaire et de status post acromioplastie gauche le 10 mai 2001; selon eux, ces atteintes à la santé n'entraînaient pas d'incapacité de travail, sous réserve d'une diminution de rendement, pendant deux à trois mois, en raison d'un déconditionnement (rapport du 13 janvier 2004). Par décision sur opposition du 16 février 2004, l'Office AI a maintenu le rejet de la demande de prestations.