Citation: 1A.85/2004 01.06.2004 E. 2

La recourante est une société de droit suisse. Elle a pour but social l'achat, la vente et le commerce de marchandises de toutes sortes. Le capital-actions de 100'000 fr. est détenu par F.________. Celle-ci est contrôlée par le groupe Menatep, pour une moitié, et par le ressortissant russe V.________, pour l'autre moitié. La recourante écoule de l'apatite sur le marché, pour le compte de diverses sociétés productrices russes, dont A.________. Le chiffre d'affaires annuel est de l'ordre de 363'000'000 USD. Le bénéfice a été thésaurisé. Au titre du dommage irréparable, la recourante fait valoir que la saisie de son compte l'empêche d'honorer des factures échues, pour un montant total de 6'279'236 USD, 68'500 GBP et 1237 CHF, de payer le fret des marchandises qui lui sont livrées, de faire face à ses dépenses de fonctionnement (salaires et loyers) et d'exercer son activité économique. La recourante dispose d'un montant de 4'474'920,56 USD sur un compte ouvert auprès de la banque C.________, ainsi que d'un montant de 2'847'525,42 USD sur un compte ouvert auprès de la banque I.________. Elle estime toutefois que cela ne lui permettrait pas de faire face à ses engagements. Elle se réfère à ce propos aux montants visés dans sa demande de mesures provisionnelles, augmentés, au 27 avril 2004, d'un montant de 3'223'998,46 USD et 1'874'386 CHF. Une fois déduits les fonds disponibles sur les comptes non saisis, subsisterait un reliquat de facture à payer pour un montant total de 5'596'670,57 USD, 68'500 GBP et 1'875'623,40 CHF. La recourante prétend ne pas disposer d'autres avoirs. Cette dernière affirmation est cependant contredite par la recourante elle-même qui a, le 16 avril 2004, indiqué au Ministère public devoir encaisser des produits d'un montant de 25'552'478,96 USD, dont une part de 15'000'000 USD environ correspondrait à des factures non échues. Dans sa réplique du 12 mai 2004, la recourante n'évoque aucun élément propre à corriger ces éléments qu'elle a elle-même fournis. Elle prétend en outre que la saisie du compte n°bbb l'empêcherait d'encaisser ces produits et de poursuivre son activité. Cette affirmation n'est pas étayée et on ne discerne pas les motifs qui s'opposeraient à ce que les montants en question soient mis, d'une manière ou d'une autre, à la disposition de la recourante. Il faut en conclure que celle-ci dispose de créances exigibles qui compensent largement le préjudice résultant du séquestre litigieux.