Citation: 1P.389/2004 03.08.2004 E. 3

Le recourant ne conteste ni la base légale de la mesure attaquée, ni l'existence de présomptions suffisantes de culpabilité à son encontre. Il conteste en revanche présenter un danger pour l'ordre public et nie tout risque de collusion et danger de fuite propres à justifier le refus de sa mise en liberté provisoire. 3.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Il est sans importance, pour apprécier le risque de fuite, que l'extradition du prévenu puisse être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36/37). 3.2 En l'occurrence, le recourant est inculpé d'assassinat, soit d'un crime passible de la réclusion à vie ou de la réclusion pour dix ans au moins. Il a partiellement reconnu les faits, même s'il conteste toute préméditation. Ressortissant français, né en 1940, il a quitté Evian en 1956 avec ses parents pour venir s'installer à Lausanne, où il a toujours vécu depuis lors, sous réserve du service militaire qu'il a effectué en France de 1959 à 1962. Actuellement à la retraite, il n'a pas d'autres ressources financières que sa rente d'assurance vieillesse. Il est divorcé, sans enfants, et n'a plus de famille proche. Il ne s'est jamais remarié et vit apparemment seul. Il n'a ainsi aucune attache personnelle ou professionnelle solide en Suisse. On ignore par ailleurs les liens qu'il entretient avec la France, si ce n'est qu'à l'époque des faits incriminés, il se rendait régulièrement à Evian en bateau. Compte tenu de ces circonstances, le Tribunal d'accusation a à juste titre considéré que le recourant pourrait préférer regagner son pays d'origine, plutôt que prendre le risque de rester en Suisse et de devoir purger une peine privative de liberté de très longue durée. Le danger de fuite est donc démontré et justifie à lui seul le maintien du recourant en détention préventive, sans qu'il soit nécessaire de rechercher si les autres motifs retenus dans l'arrêt attaqué s'opposent également à sa relaxation immédiate.