Citation: 1B_46/2023 E. 2

La recourante se plaint d'une violation de l'art. 393 CPP. A l'ouverture des débats, elle avait soulevé deux questions préjudicielles, relatives l'une au caractère exploitable de pièces (procès-verbal d'audience) en lien avec une procédure simplifiée qui n'a pas abouti, l'autre au respect du principe de la spécialité, son extradition n'ayant pas été accordée pour l'infraction d'escroquerie. Le tribunal devait statuer immédiatement à ce propos (art. 339 al. 3 CPP) et aurait commis un déni de justice en n'y procédant pas; la condition du préjudice irréparable n'aurait pas, dans un tel cas, à être examinée. En outre, le renvoi à l'instruction permettrait de réparer les vices soulevés dans les questions préjudicielles, et priverait définitivement la recourante de ces moyens de défense. L'allongement de la procédure serait susceptible de causer un préjudice irréparable dès lors que la recourante est en détention depuis le 15 avril 2021 et que les débats ont été convoqués plus de six mois après le dépôt de l'acte d'accusation. Le tribunal aurait pu, dans ce long laps de temps, organiser lui-même les confrontations. Au lieu de cela, le renvoi à l'instruction - qui doit demeurer exceptionnel - provoquerait un allongement de plusieurs mois de la procédure, en violation du principe de célérité.