Citation: 5A_518/2020 E. 3.3

3.3. Reprenant largement le point de vue qu'elle avait défendu en instance cantonale, la recourante propose sa propre appréciation des preuves (cf. supra consid. 2.2), notamment des procès-verbaux de chantier et des témoignages recueillis, pour affirmer que les travaux d'étiquetage litigieux rentrent dans le cadre du " contrat de base " conclu avec l'entrepreneur général, correspondaient à une exigence de l'intimée et que l'ouvrage n'était pas livrable tant que ces travaux n'étaient pas effectués. Ce faisant, elle ne remet pas en cause le fait que les travaux litigieux ont été réalisés après l'envoi de sa facture finale. Il s'ensuit que la recourante ne pourrait être suivie que si elle parvient à démontrer que la cour cantonale a considéré à tort que, se résumant à de simples travaux de finition, ces travaux d'étiquetage n'étaient pas déterminants. Or, elle ne saurait valablement le faire en reprochant aux juges cantonaux de ne pas avoir donné " le poids qu'il[s] mérite[nt] " aux témoignages du directeur des travaux C.________ et de l'ingénieur D.________. Une telle critique apparaît en effet sans portée dès lors que les témoins ne s'expriment pas sur la qualification juridique des faits et qu'on ne saurait attendre d'eux qu'ils connaissent et maîtrisent la délicate notion de travaux d'achèvement, comme l'a du reste aussi relevé la cour cantonale. Les conséquences que la recourante entend tirer des déclarations des deux témoins susnommés n'apparaissent ainsi pas décisives. Quant à l'" élément essentiel " que la cour cantonale aurait passé sous silence, à savoir les difficultés financières de l'entrepreneur général qui avaient conduit au prononcé de sa faillite le 3 octobre 2017 et à des " procédures judiciaires notoires, connues de l'intimée " ayant " manifestement " beaucoup retardé le chantier, force est de constater qu'il n'apparaît pas (art. 105 al. 1 LTF; ATF 140 III 16 consid. 1.3.1), et la recourante ne le prétend pas, que le grief aurait été dûment présenté en instance cantonale, de sorte qu'il est irrecevable (cf. supra consid. 2.2). Dès lors qu'elle se fonde également sur les difficultés financières auxquelles l'entrepreneur général aurait été en proie, la recourante ne saurait être entendue lorsqu'elle tente d'expliquer les motifs qui l'auraient conduite à envoyer sa facture finale avant l'achèvement des travaux. Pour ce qui est ensuite des indices retenus par la cour cantonale pour juger que la fin des travaux remontait au plus tard au mois d'avril 2017 et que l'étiquetage ne constituait que des travaux de finition, la recourante les discute, comme si elle plaidait devant une cour d'appel, en exposant son point de vue sans démontrer le caractère prétendument insoutenable de l'appréciation des preuves à laquelle les juges cantonaux ont procédé et en se référant de surcroît à des faits qui ne sont pas mentionnés dans le jugement attaqué. Il en va ainsi lorsque la recourante s'en prend au constat que le chauffage était en marche depuis plusieurs mois en affirmant, sans preuve, qu'il ne s'était en réalité agi que d'ouvrir " certaines vannes " pour chauffer " certains appartements avant la pose des étiquettes (et alors [qu'elle] travaillait encore sur le chantier) ". De la même manière, outre qu'elles sont également émises sur un mode appellatoire, les considérations de la recourante relatives au " tour des appartements " effectué début 2017 par le directeur des travaux ne sauraient convaincre dès lors que la cour cantonale a évoqué cet élément en lien avec d'autres, notamment l'absence de procès-verbaux de chantier après le 9 mai 2017, sur lesquels la recourante ne dit rien. Reste l'argument fondé sur la norme SIA 380/7 que la recourante avait déjà présenté en instance cantonale: en application du chiffre 5 303 de dite norme, il y avait lieu de considérer que la pose des étiquettes était nécessaire à l'exploitation des installations de chauffage et que, sans leur exécution, l'ouvrage n'était pas livrable. Ce faisant, sauf à affirmer péremptoirement le contraire, la recourante ne discute pas l'opinion de la cour cantonale selon laquelle le fait que le travail accompli soit exigé par une norme SIA ne veut pas encore dire qu'il s'agisse d'un travail d'achèvement au sens de la jurisprudence. Outre qu'elle ne saurait tirer argument des chiffres 6 101 et 6 2 de la norme SIA 380/7, dès lors qu'il n'apparaît pas que leur teneur, non alléguée en instance cantonale (cf. réponse à l'appel p. 5), peut aisément être vérifiée en consultant des ouvrages de doctrine (cf. arrêt 4A_156/2018 du 24 avril 2019 consid. 3, précisant l'arrêt 4A_582/2016 du 6 juillet 2017 consid. 4.4-4.6), le reste de son argumentation porte uniquement sur la constatation des faits et l'appréciation des preuves opérées par la cour cantonale, qui, comme retenu ci-dessus, ne prêtent pas le flanc à la critique. Elle échoue ainsi à démontrer que les travaux d'étiquetage constituaient des prestations non négligeables pour faire fonctionner les installations de chauffage. Peut ainsi être confirmée l'opinion de la cour cantonale selon laquelle lesdits travaux n'étaient pas indispensables au fonctionnement et à la sécurité de l'installation, dès lors notamment que l'utilisation de l'ouvrage était possible avant qu'il soit procédé à leur exécution.