Citation: 6S.359/2006 03.11.2006 E. 1

2.1 Le juge ordonnera l'exécution de la peine notamment si, pendant le délai d'épreuve, le condamné commet un crime ou un délit (art. 41 ch. 3 al. 1 CP). Lorsque des motifs permettent d'envisager l'amendement du condamné, le juge pourra renoncer à ordonner l'exécution de la peine si le cas est de peu de gravité (art. 41 ch. 3 al. 2 CP). Selon la jurisprudence, le cas est, dans la règle, de peu de gravité au sens de cette disposition lorsqu'une peine privative de liberté n'excédant pas trois mois est prononcée (ATF 122 IV 156 consid. 3c; 117 IV 97 consid. 3c/cc et dd). La perspective d'amendement exigée par l'art. 41 ch. 3 al. 2 CP doit être examinée à l'aune des mêmes critères que ceux régissant, conformément à l'art. 41 ch. 1 al. 1 CP, l'octroi du sursis (ATF 98 IV 76). Le juge, qui dispose sur ce point d'un large pouvoir d'appréciation, doit poser un pronostic sur le comportement futur du condamné. Le Tribunal fédéral n'annule le jugement que lorsque le juge s'est fondé sur des critères étrangers à l'art. 41 CP ou s'il a excédé ou abusé de son pouvoir d'appréciation (ATF 118 IV 97 consid. 2a et b). La question de l'amendement durable doit faire l'objet d'une appréciation globale de l'ensemble des circonstances. Il convient de tenir compte, outre les faits reprochés, des antécédents et de la réputation de l'intéressé, ainsi que de toutes les autres circonstances qui permettent valablement de formuler des conclusions quant à son caractère et à la perspective de son amendement. Il n'est pas admissible de conférer un poids prépondérant à certaines des circonstances, d'en négliger d'autres ou d'en faire purement et simplement abstraction (cf. ATF 123 IV 107 consid. 4 et les références).