Citation: 2A.180/2000 14.08.2000 E. 3

3.- Les recourants reprochent à l'autorité intimée d'avoir violé leur droit d'être entendus en n'ordonnant pas la mise en oeuvre d'une expertise pédo-psychiatrique de V.________. a) Le droit d'être entendu est de nature formelle, de sorte que sa violation entraîne en principe l'annulation de la décision entreprise sans qu'il soit même nécessaire de vérifier si, au fond, la décision apparaît justifiée ou non (ATF 120 Ib 379 consid. 3b p. 383). En conséquence, il convient d'examiner en priorité les griefs relatifs à ce droit. b) En procédure administrative fédérale, la garantie constitutionnelle minimale du droit d'être entendu issue de l'art. 4 aCst. (cf. l'art. 29 Cst.) a été concrétisée notamment par les art. 29 ss PA. En particulier, l'art. 33 al. 1 PA prévoit que l'autorité admet les moyens de preuve offerts par la partie s'ils paraissent propres à élucider les faits. Au surplus, la jurisprudence admet que le droit d'être entendu n'empêche pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 122 V 157 consid. 1d p. 162; 119 Ib 492 consid. 5b/bb p. 505/506). c) Les recourants ont produit, à l'appui de leur demande de réexamen du 21 septembre 1999, deux certificats établis par le Dr Y.________ les 17 mars et 5 juillet 1999 au sujet de V.________. Dans le second de ces certificats, le Dr Y.________ a déclaré: "En cas de doute de la part des organes responsables de décider ou non d'un retour, une expertise serait souhaitable". C'est en se référant à cette déclaration que les recourants ont sollicité de l'autorité intimée la mise en oeuvre d'une expertise pédo-psychiatrique de V.________. Le Département fédéral, qui disposait des deux certificats médicaux récents susmentionnés, pouvait considérer que la mise en oeuvre de l'expertise pédo-psychiatrique demandée n'était pas propre à élucider les faits. Il a admis que V.________ se trouvait dans un état anxio-dépressif et que le traitement psychologique requis par cet état pouvait être poursuivi dans sa patrie. D'ailleurs, le certificat médical concernant V.________, établi le 12 avril 2000 par le Dr Y.________ et produit dans la présente procédure de recours va dans le même sens, puisqu'il indique que "le traitement psychothérapeutique pourrait très probablement être effectivement réalisé en Equateur". L'autorité intimée disposait donc des éléments médicaux nécessaires pour statuer et il lui appartenait de décider si, d'un point de vue juridique, il existait un fait nouveau en rapport avec la santé de V.________ que l'Office fédéral aurait dû prendre en considération. Le grief des intéressés n'est donc pas fondé.