Citation: 5A_447/2023 E. 7.2

7.2. En l'occurrence, la cour cantonale a considéré que, contrairement à ce que soutenait l'appelant, le premier juge avait appliqué à juste titre la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent pour déterminer la contribution due à l'entretien des enfants, s'agissant de la méthode de calcul désormais préconisée par le Tribunal fédéral. Vu les principes exposés plus haut (cf. consid. 7.1), cette opinion n'apparaît pas arbitraire. En tout cas, le recourant ne démontre pas que tel serait le cas. Il se contente de soutenir, en premier lieu, que l'application de la méthode en deux étapes conduit au déplacement de l'intégralité de sa fortune en faveur de l'intimée, " les arriérés d'entretien étant plus importants que ses avoirs épargnés, alors même que les époux sont en séparation de biens ". Autant qu'il soit intelligible (art. 106 al. 2 LTF), ce grief est à l'évidence infondé. La jurisprudence invoquée à cet égard par le recourant, selon laquelle le principe de l'égalité de traitement des époux en cas de vie séparée ne doit pas conduire à ce que, par le biais du partage par moitié de leur revenu global, se produise un déplacement de patrimoine qui anticiperait sur la liquidation du régime matrimonial, le train de vie antérieur constituant la limite supérieure du droit à l'entretien (ATF 147 III 293 consid. 4.4, 265 consid. 7.3; arrêt 5A_945/2022 du 2 avril 2024 consid. 8.1.2 et les références; cf. déjà: ATF 115 II 426 consid. 3), est en l'occurrence sans pertinence, aucune contribution d'entretien ni, partant, aucune part d'excédent n'ayant été allouée à l'intimée. Dans la mesure où le recourant prétend en outre que la solution adoptée par l'autorité cantonale consacrerait " un financement indirect de l'autre parent par le biais d'une contribution d'entretien excessive ", la critique, autant qu'elle est suffisamment motivée, est également infondée. A cet égard, il convient d'abord de relever que les pensions pour les enfants comprennent une contribution de prise en charge de 2'800 fr. par mois, limitée au déficit de l'épouse et comptabilisée dans le budget du cadet, contribution de prise en charge que le recourant a critiqué sans succès (cf. supra consid. 6). Pour le surplus, il n'établit pas en quoi l'entretien direct des enfants, tel qu'arrêté par la cour cantonale, dépasserait leurs besoins respectifs, étant précisé que, contrairement au Tribunal, il n'apparaît pas que l'autorité d'appel ait ajouté une part d'excédent à leurs charges admissibles. Le recourant ne démontre pas non plus en quoi les pensions, hors contribution de prise en charge, seraient arbitrairement élevées par rapport à l'âge des enfants, ce qui poserait des problèmes éducationnels, étant rappelé que l'entretien convenable ne dépend pas seulement des besoins de ceux-ci, mais également de la situation et des ressources de leur père et mère (art. 285 al. 1 CC; ATF 147 III 265 consid. 5.4). L'autorité cantonale ne peut en outre se voir reprocher de n'avoir pas tenu compte de l'accord des parties relatif à leur prise en charge respective de l'entretien en espèces des enfants durant la vie commune, puisqu'il a été retenu, sans arbitraire (cf. supra consid. 4), que la fortune de l'intimée avait considérablement diminué, de sorte que cette répartition financière ne pourrait de toute manière plus être maintenue. A cela s'ajoute qu'il ressort de l'arrêt attaqué qu'une partie du coût d'entretien des enfants a été laissée à la charge de l'intimée, nonobstant la situation financière des époux (solde disponible moyen de 14'549 fr. par mois entre la séparation et août 2022, puis de 16'648 fr. pour le mari, déficit s'agissant de l'épouse), faute pour l'intéressée d'avoir interjeté appel sur ce point. Le moyen est ainsi mal fondé, dans la mesure où il est recevable.