Citation: 6B_231/2021 E. 3.4

3.4. Il ressort du jugement attaqué que le rapport d'analyse financière du 5 décembre 2019 de la police neuchâteloise (ci-après: le rapport d'analyse financière) a conclu que le découvert de I.________ SA était au 12 mai 2011, date de la reprise du club par le recourant, de 1'450'000 fr. et qu'il avait passé au 26 janvier 2012, date de la faillite, à 18'020'000 fr. (valeur de liquidation). L'augmentation du surendettement durant la période considérée était donc de 16'570'000 francs. Selon la cour cantonale, pour établir ces montants, l'analyste de la police avait procédé à diverses corrections au bilan du club au 31 décembre 2010, avait tenu compte de l'évolution entre cette date et le 12 mai 2011, avait pris l'état de collocation comme base pour établir le surendettement au jour de la faillite, mais avait apporté des corrections, notamment en rapport avec les prétentions salariales (déductions des parts des salaires exigibles après la faillite et prise en compte du fait que certains salariés avaient trouvé un nouvel emploi). Le rapport avait aussi tenu compte des produits distribués par l'Office des faillites. La cour cantonale a considéré que les chiffres mentionnés dans le rapport d'analyse financière étaient basés sur un examen soigneux et sérieux des pièces disponibles. Elle a également retenu que l'aggravation du surendettement résultait des actes de gestion fautive du recourant, soit en particulier du fait qu'il avait augmenté de manière irréfléchie et injustifiée la masse salariale de la société, ce qui avait coûté environ 9'000'000 fr. à celle-ci, du fait qu'il avait facturé le coût de ses déplacements en jet privé, soit un montant de plus de 100'000 fr., du fait qu'il avait causé d'importantes dettes supplémentaires en raison de licenciements intempestifs, soit d'environ 4'200'000 fr. et du fait que, à la suite de graves négligences, il avait provoqué la perte de ressources de 400'000 fr. liée à la résiliation du contrat avec le Groupe O.________ et celle de 120'000 fr. en relation avec le renoncement du recourant aux contributions des clubs de soutien. La cour cantonale a ainsi considéré que si le lien de causalité pouvait être établi pour un montant de l'ordre de 13'800'000 fr., les comptabilités lacunaires et le désordre administratif ne permettaient pas de démontrer clairement ce lien pour le solde (2'770'000 fr.) du montant correspondant à l'aggravation du surendettement (16'570'000 francs). Au bénéfice du doute, elle a donc retenu que les actes de gestion fautive du recourant avaient aggravé le surendettement de I.________ SA d'un montant de l'ordre de 13,8 millions de francs.