Citation: 5A_708/2022 E. 3.2

3.2. La Cour de justice a dénié toute force probante aux pièces produites par le recourant pour attester son incapacité de travail. Elle a ainsi retenu que les décomptes de l'assureur perte de gain attestaient uniquement le fait qu'il avait admis une capacité de gain réduite à l'endroit du recourant pour la période de novembre 2021 à mars 2022, ainsi que le montant versé jusque-là à ce dernier par la société F.________ SA qu'il avait créée. Le certificat médical ne remplissait quant à lui pas les exigences de motivation posées par la jurisprudence. Enfin, la seule demande d'une rente AI équivalait à une allégation de partie, étant précisé que la capacité de travail figurant dans la demande AI produite par le recourant ne correspondait pas à celle du certificat médical. Ainsi, contrairement à ce que soutient le recourant, la Cour de justice n'a pas retenu que ces pièces ne correspondaient pas à la réalité mais uniquement qu'elles n'étaient pas à même de démontrer ses allégations puisque les décomptes de l'assurance perte de gain ne portaient que sur une courte période déterminée, que le certificat médical n'était pas motivé et que le seul fait qu'une partie ait formé une demande auprès de l'assurance invalidité ne signifiait pas encore qu'elle y avait droit. En conséquence, le recourant ne s'en prend pas valablement à la motivation cantonale sur ce point. Pour le surplus, la Cour de justice a retenu que le recourant ne s'en prenait pas aux motifs pour lesquels le premier juge s'était écarté des revenus qu'il avait allégués en première instance, à savoir notamment qu'il n'avait pas produit les états financiers de F.________ SA, ni l'acte de cession des actions de celle-ci à son frère, ni les documents explicitant ses liens avec l'actuel administrateur de la société, prétendument bailleur de fonds, qu'il avait fourni des explications alambiquées et peu vraisemblables sur son rôle au sein de l'entreprise et son taux d'activité et fixé lui-même le montant de son salaire, ce qui permettait de dénier toute crédibilité au montant de 3'000 fr. nets par mois allégué à titre de revenus. La Cour de justice a également mis en évidence qu'il s'était gardé de fournir devant elle les informations et pièces dont le défaut au dossier avait motivé la décision du premier juge. Le recourant ne s'en prend aucunement à cette motivation. Contrairement à ce qu'il soutient, la Cour de justice ne lui a donc pas imputé le même revenu que le premier juge au seul motif qu'il avait été en mesure de s'acquitter d'une contribution d'entretien de 1'000 fr. en faveur de son fils jusqu'au début de l'année 2020, étant précisé que l'allégation du recourant selon laquelle il se serait acquitté de ces montants grâce à l'aide de tiers est nouvelle et ne repose sur aucune offre de preuve. Quant aux nombreuses poursuites dont le recourant fait état, il est vrai que la Cour de justice a considéré que ce fait ne changeait rien à l'issue de la cause. Elle n'a toutefois pas fait cette affirmation de manière isolée, mais dans le contexte de sa motivation sur l'incohérence entre le revenu mensuel allégué par le recourant et le montant des charges auxquelles il soutenait faire face, respectivement les montants qu'il avait versés spontanément pour l'entretien de son fils durant une période où il prétendait déjà faire l'objet de poursuites. Ainsi, nonobstant les poursuites du recourant, elle a estimé que ses revenus réels étaient selon toute vraisemblance suffisants pour lui permettre de s'acquitter des contributions mises à sa charge. En dernier lieu, le recourant se plaint du fait que la Cour de justice se serait arbitrairement fondée sur des photographies produites par la mère de l'intimé pour retenir que la situation financière qu'il alléguait n'était pas compatible avec les nombreux voyages qu'il avait effectués avec sa nouvelle compagne dans des lieux touristiques réputés entre 2018 et 2021. Il soutient que ces photographies ne constituent pas une preuve qu'il avait effectivement effectué ces voyages ni qu'il les avait financés. Sur ce point, la Cour de justice a retenu que le recourant avait admis avoir effectué ces voyages. En tant qu'il soutient désormais le contraire, le recourant ne fait qu'opposer de manière irrecevable sa propre version des faits à celle retenue par l'autorité cantonale. Quant au fait qu'il n'aurait pas financé ces voyages, cette affirmation paraît peu compatible avec ses allégations relatives à l'absence de revenus de sa compagne. Quoi qu'il en soit, il ne s'agit là que de l'un des indices pris en compte par l'autorité cantonale pour retenir que les allégations du recourant quant à ses revenus étaient peu vraisemblables, de sorte que cet élément ne peut être pris isolément pour en déduire de l'arbitraire dans l'établissement des faits. En définitive, il suit de ce qui précède que le recourant n'est pas parvenu à démontrer un quelconque arbitraire dans l'établissement de ses revenus par la Cour de justice.