Citation: 6B_240/2024 E. 4.3.2

4.3.2. D'emblée, il est constaté que les seuls éléments retenus par la cour cantonale pour déterminer la réelle et commune intention des parties sont largement postérieurs au contrat du 22 mai 2006. Ainsi, B.________ Inc. mentionne une " transaction sur métaux précieux " pour la première fois dans son courrier du 28 avril 2009 (dossier de la cause, pièce n° 100'108), soit près de trois ans après la conclusion du contrat de prêt. Quant aux déclarations de la recourante et de E.________ censées démontrer que les fonds prêtés devaient être affectés à une opération déterminée, elles remontent à leur audition du 14 janvier 2009 (dossier de la cause, pièce n° 100'096). S'il n'est pas exclu de tenir compte de faits postérieurs à la conclusion du contrat pour en déterminer la teneur, les éléments antérieurs et/ou contemporains à celle-ci sont également pertinents (cf. supra consid. 2.2). La cour cantonale n'en a toutefois pas tenu compte. Ainsi, elle n'a accordé aucun poids au fait que l'affectation éventuelle des fonds n'a pas été discutée par les parties avant, simultanément ou peu après la conclusion du contrat du 22 mai 2006, du moins à la teneur du dossier de la cause, ce qui constituait pourtant également un indice - temporellement convaincant - permettant de déterminer le contenu du contrat. Il en résulte une interprétation subjective du contrat à tout le moins incomplète au regard des règles déduites par la jurisprudence en la matière ( ibidem).