Citation: 1P.174/2006 23.05.2006 E. 3

La recourante soulève plusieurs griefs d'ordre formel. 3.1 Elle se plaint de ne pas avoir eu l'occasion d'interroger les témoins qu'elle proposait, et met en cause l'appréciation anticipée des preuves ayant conduit au refus de ces témoignages. La recourante omet toutefois d'indiquer quels témoins elle souhaitait faire entendre et sur quels faits ceux-ci auraient été amenés à s'exprimer. Faute de telles indications, le grief est irrecevable. 3.2 La recourante reproche ensuite au Tribunal d'accusation d'avoir écarté l'expertise produite en instance de recours. Considérant - jurisprudence à l'appui - qu'elle devait statuer sur la base du dossier dans son état au moment de la décision attaquée, la cour cantonale a écarté ce moyen de preuve en raison de son caractère nouveau. La recourante invoque l'art. 309 CPP/VD. Cette disposition prévoit la réouverture de l'enquête après un non-lieu, en cas d'indices nouveaux, mais ne s'applique pas à la procédure de recours devant le Tribunal d'accusation, et n'impose pas la prise en compte de faits intervenus après la décision attaquée. Supposé suffisamment motivé, le grief est manifestement mal fondé. 3.3 La recourante met également en cause l'impartialité du Juge d'instruction; elle lui reproche d'avoir omis de lui notifier immédiatement sa décision de non-lieu. On ne voit toutefois pas en quoi cela dénoterait un parti pris en sa défaveur, dès lors que que l'ordonnance a été notifiée par la suite et que la recourante a pu recourir en temps utile. Pour le surplus, les griefs de la recourante concernent la manière dont ce magistrat a apprécié les preuves. Or, selon la jurisprudence constante, le simple fait de rendre une décision défavorable à une partie ne constitue pas un motif de récusation (ATF 114 Ia 278 consid. 1). Comme cela est relevé ci-dessus, la recourante ne démontre pas que le refus d'entendre des témoins constituerait une violation de ses droits de partie. On ne saurait dès lors en aucun cas y voir une faute grave susceptible de mettre en cause l'impartialité du magistrat. Sur ce point également, l'arrêt attaqué ne prête pas le flanc à la critique. La recourante prétend aussi que les juges "cantonaux" ne seraient pas indépendants "en raison de leur subordination hiérarchique au Tribunal cantonal". Elle remet en cause la conformité du droit cantonal à la CEDH, mais omet d'indiquer la disposition légale concernée et ne précise pas en quoi consisterait le manque d'indépendance dont elle se plaint. Le grief est lui aussi irrecevable.