Citation: 5P.298/2003 28.10.2003 E. 4.1

4.1.1 Le jugement de première instance retient que les précédents propriétaires de l'immeuble des intimés, G.________ et H.________, ont acquis le chalet dont le dallage et les escaliers extérieurs existaient déjà, qu'ils se sont contentés de les rénover en toute bonne foi car ils n'avaient aucune raison de craindre que cet accès se trouvât à cheval sur la limite et que, partant, ils paraissent avoir admis, du moins tacitement, que les aménagements extérieurs se trouvaient sur leur fonds n° ww. De surcroît, le mur de soutènement situé au sud du chalet des intimés a vraisemblablement été érigé par la famille qui possédait celui-ci entre 1977 et 1985; ce mur existe ainsi depuis vraisemblablement 25 ans et semble avoir toujours été considéré comme appartenant aux propriétaires de ce chalet. Les recourants ayant reproché au premier juge de n'avoir pas constaté que le prépossesseur des intimés, I.________, avait reconnu la limite, la cour cantonale a considéré, par substitution de motifs, que, même si un accord sur la limite entre les prépossesseurs avait été constaté, cet accord ne saurait lier les intimés puisqu'il n'aurait qu'une nature personnelle. 4.1.2 En soutenant dans leur recours de droit public, en se référant à 5 pièces (pièces 9 à 13) dont ils ne détaillent pas le contenu, avoir démontré que le prépossesseur des intimés, I.________, et - ce qu'ils invoquent pour la première fois - le prépossesseur de leur immeuble, K.________, avaient admis que le cheminement en béton lavé et l'escalier extérieurs de la parcelle n° ww se trouvaient partiellement sur la parcelle n° zzz, les recourants ne font qu'affirmer leur appréciation sur ce point, de manière appellatoire, mais ne tentent nullement de démontrer, conformément aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. supra consid. 2.1), en quoi le premier juge a apprécié les preuves de manière arbitraire en retenant que les anciens propriétaires, G.________ et H.________, ont admis, du moins tacitement, que les aménagements extérieurs se trouvaient sur le terrain de la parcelle n° ww. Il en résulte que le grief sur ce point est irrecevable dans son entier et qu'il est donc superflu d'examiner si le grief dirigé contre le motif juridique substitué par la cour cantonale est "hors de propos" comme le soutiennent les recourants. 4.2 En ce qui concerne la prétendue reconnaissance de la limite par les intimés eux-mêmes, la cour cantonale retient que les recourants n'ont ni allégué, comme ils en avaient la charge, ni a fortiori démontré que les intimés l'ont reconnue. Au contraire, il ressort de leur lettre du 3 octobre 1995 que les intimés n'ont jamais accepté la limite et les propositions d'achat ou d'échange faites dans la recherche d'une solution transactionnelle ne valent pas reconnaissance d'une limite dont l'emplacement est précisément contesté. C'est donc sans arbitraire que le premier juge n'a pas retenu un fait qui n'a été ni allégué ni prouvé. Dans leur recours de droit public, les recourants se bornent à affirmer leur point de vue, estimant que les intimés ont sollicité le déplacement de la limite de cinquante centimètres par une lettre du 19 juin 1995 et qu'une modification de limite a été envisagée lors d'une rencontre entre les propriétaires concernés le 28 mai 1995. Ce faisant, ils ne s'en prennent pas à la motivation de la cour cantonale, qui a rejeté leur grief tout d'abord pour défaut d'allégation et, ensuite, par appréciation de la lettre des défendeurs du 3 octobre 1995 - dont elle cite le passage topique - et de la portée des discussions transactionnelles intervenues. Ne satisfaisant pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le grief est irrecevable (cf. supra consid. 2.1).