Citation: 2D_3/2024 E. 4.2

4.2. Les recourantes reprochent aux juges précédents d'avoir omis de faire mention de leur allégation selon laquelle, lorsqu'elle était âgée de 6 mois, la recourante 2 avait dû partir pour l'Inde avec sa famille, afin de permettre la réalisation d'une intervention du coeur qui n'était pas réalisable au Nigeria, ce qui prouvait selon elles les limites du système de santé de ce pays. Il ressortait par ailleurs du site internet du DFAE, ce qui constituait des faits notoires devant être pris en compte, que les soins médicaux au Nigeria n'étaient pas toujours assurés et que les hôpitaux exigeaient une garantie financière avant de commencer un traitement. Il était conseillé aux voyageurs prenant régulièrement des médicaments d'en emporter une quantité suffisante avec eux et, en cas de maladie ou de blessure grave, de rentrer en Europe pour se faire soigner. Enfin, il était déconseillé aux voyageurs de se rendre dans certaines parties du pays sans une personne de confiance qui connaissait bien les lieux en raison du risque élevé d'enlèvements et en prenant les mesures de précaution requises, notamment au vu du taux de criminalité élevé dans les agglomérations urbaines, ainsi que du risque d'attentats terroristes en particulier dans le nord du pays. Il était dès lors "choquant" de retenir qu'une famille accompagnant une mineure trisomique pouvait retourner au Nigeria.