Citation: 2C_899/2017 E. 4.3.3

4.3.3. C'est enfin à tort que les recourants reprochent à l'instance précédente de n'avoir pas tenu compte des différents intérêts privés à ce que le recourant demeure en Suisse. Ils perdent de vue que le Tribunal cantonal a bel et bien reconnu ces derniers, tout en considérant cependant qu'ils ne l'emportaient pas sur l'intérêt public à l'éloignement du recourant hors de Suisse. L'instance précédente n'a pas méconnu le fait que la relation qu'entretient le recourant avec sa fille serait ébranlée par son départ. De même, elle est également partie de la prémisse selon laquelle le départ de Suisse du recourant, qui séjourne en Suisse depuis l'âge de huit ans, ne serait pas aisé, au regard notamment des difficultés d'apprentissage et des lacunes professionnelles et intellectuelles de celui-ci. L'instance inférieure a toutefois estimé sans arbitraire que la relation du recourant et de sa fille pourrait être poursuivie de manière adaptée malgré un renvoi, car la fille, adolescente, a déjà acquis une certaine autonomie qui pourra faciliter d'éventuels déplacements en Turquie. Il ressort en outre de l'arrêt entrepris que le recourant, qui s'est mal intégré en Suisse, se rend régulièrement dans son pays d'origine, dont la langue est sa langue maternelle et pour lequel il a des attaches socio-culturelles bien ancrées. Au moment de s'installer en Turquie, de chercher un travail ou de faire face aux divers défis et difficultés liés à un retour en Turquie, le recourant pourrait du reste compter sur le soutien de son épouse qui l'accompagnerait et sur celui de la famille de celle-ci, éventuellement sur l'appui d'autres connaissances résidant là-bas, comme son frère. Il est donc raisonnable d'admettre, comme l'a fait l'instance précédente, que le recourant parviendrait à refaire sa vie en Turquie. Il est enfin possible que le recourant, qui souffre de problèmes psychiques, ne puisse pas bénéficier du même encadrement médical en Turquie qu'en Suisse et que ce changement ait des conséquences sur sa situation. Toutefois, comme l'a relevé le Tribunal cantonal, rien n'indique que le traitement, les contrôles réguliers et les soins nécessaires ne soient pas accessibles en Turquie, dont l'offre et la qualité des prestations hospitalières se sont fortement améliorées ces dernières années. Le recourant, qui a longtemps refusé de se soumettre à un traitement médical, se limite d'ailleurs à estimer qu'un renvoi serait simplement " contre-indiqué " sur un plan médical. Il n'invoque pas non plus de violation de l'art. 25 al. 3 Cst., respectivement de l'art. 3 CEDH à ce propos, si bien que, dans le cadre de la proportionnalité de la mesure, si son intérêt personnel à être soigné et à demeurer en Suisse est incontestable, il ne saurait l'emporter sur l'intérêt public à l'en éloigner (cf. p. ex. 2C_972/2011 du 8 mai 2012 consid. 4.3).