Citation: 1B_38/2007 14.03.2007 E. 3

La décision attaquée est une décision incidente contre laquelle le recours en matière pénale (art. 78 ss LTF) n'est recevable qu'aux conditions de l'art. 93 al. 1 LTF. Une telle décision ne peut donc faire l'objet d'un recours au Tribunal fédéral que si elle peut causer un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF - il est manifeste que l'hypothèse de l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'entre pas en considération ici). Dans la procédure de recours en matière pénale, la notion de préjudice irréparable correspond à celle de l'art. 87 al. 2 OJ, qui soumettait à la même condition la recevabilité du recours de droit public contre de telles décisions incidentes. Selon la jurisprudence, il doit s'agir d'un dommage de nature juridique, qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable au recourant. Cette réglementation est fondée sur des motifs d'économie de la procédure; en tant que cour suprême, le Tribunal fédéral doit en principe ne s'occuper qu'une seule fois d'un procès, et cela seulement lorsqu'il est certain que le recourant subit effectivement un dommage définitif (arrêt 1B_13/2007 du 8 mars 2007, avec des références à la jurisprudence relative à l'art. 87 al. 2 OJ). Le recourant soutient qu'au contraire, l'économie de la procédure commanderait de faire abstraction de l'exigence légale du préjudice irréparable pour entrer en matière à ce stade. Il se réfère à ce propos à deux arrêts du Tribunal fédéral. La première référence (ATF 127 I 92 consid. 1d p. 95) n'est pas pertinente car la question traitée était celle de la recevabilité d'un recours de droit public formé à l'encontre d'une décision finale partielle tranchant définitivement le sort d'une prétention dans une procédure civile. La seconde référence (arrêt non publié 1P.546/2001 du 5 novembre 2001) est topique, mais la portée donnée à l'économie de la procédure dans cet arrêt isolé ne saurait être confirmée dans le cadre de l'art. 93 al. 1 let. a LTF, cette restriction à la recevabilité du recours en matière pénale étant précisément, elle aussi, fondée sur des motifs d'économie de la procédure (cf. arrêt 1B_13/2007 précité, consid. 4). En l'espèce, l'inconvénient invoqué par le recourant, à savoir l'impossibilité pour lui de comparaître devant le Juge d'instruction accompagné de son avocat, ne peut le cas échéant être considéré que comme un dommage de pur fait. Il s'ensuit que le recours est irrecevable.