Citation: 5A_80/2023 E. 3.1

3.1. La Cour de justice a retenu que le 26 avril 2004, l'ex-époux avait fait l'acquisition d'une maison sise à C.________ dans la commune de V.________, qui avait constitué le domicile conjugal. Le prix de cette acquisition, s'élevant à 850'000 fr., avait été payé par le biais d'un acompte de 100'000 fr. versé en mains du notaire avant la vente, ainsi qu'à hauteur de 750'000 fr. par le produit de la vente d'un autre bien immobilier acquis par l'ex-époux avant le mariage. Le 3 mai 2004, sur réquisition de l'ex-époux, une cédule hypothécaire d'un montant de 650'000 fr. avait été constituée sur l'immeuble susvisé, en faveur d'un établissement bancaire. Le montant de ce gage avait été augmenté de 150'000 fr. au mois de janvier 2006, dans le cadre de divers travaux d'amélioration apportés par l'ex-époux à l'immeuble en question. Le 26 septembre 2006, l'ex-époux avait revendu la maison de V.________ au prix de 1'600'000 fr. A la date du 15 août 2006, correspondant à la date du dépôt de la requête ayant conduit au jugement du 6 novembre 2006 prononçant la séparation de biens, le principal actif que possédaient les époux était l'immeuble dont l'ex-époux était propriétaire à V.________. Il est constant que son acquisition avait été financée très majoritairement au moyen du produit de la vente d'un autre immeuble qu'il détenait avant le mariage. Par remploi, l'immeuble de V.________ constituait donc un bien propre de l'ex-époux, échappant en tant que tel au partage. Il convenait cependant d'examiner si le solde des montants investis dans ce bien pouvait donner lieu à une récompense en faveur des acquêts de l'ex-époux, comme le soutenait l'ex-épouse. En l'occurrence, l'acquisition du bien susvisé avait également été financée à hauteur de 100'000 fr. par des fonds dont l'acte de vente n'indiquait pas l'origine. Il fallait donc présumer que ces fonds provenaient des acquêts de l'ex-époux. Les allégations de ce dernier selon lesquelles lesdits fonds provenaient de l'emprunt hypothécaire qu'il avait souscrit sur l'immeuble en cause n'étaient pas vérifiées par titre, étant observé que la cédule hypothécaire relative à l'emprunt en question n'avait été formellement constituée qu'après l'acquisition de l'immeuble par l'ex-époux. Partant, au jour de la dissolution du régime matrimonial, les acquêts de l'ex-époux possédaient une créance en récompense contre ses biens propres. Cette créance devait être calculée proportionnellement à la valeur de l'immeuble au jour de la liquidation, soit en l'occurrence par rapport à la valeur de l'immeuble au jour de sa réalisation, puisque celui-ci avait été vendu entre la dissolution du régime et sa liquidation.