Citation: 1P.377/2001 04.09.2001 E. 2

2.- Pour l'essentiel, les recourants reprennent les arguments soumis au Conseil d'Etat. Dans la brochure incriminée, le Conseil d'Etat s'exprimait sur douze pages, illustrées de nombreuses photographies et de sous-titres, dans des écritures de caractères différents, l'argumentation des référendaires étant limitée à une seule page, en petits caractères, sans espaces ni photographies. Cette disproportion, particulièrement évidente, engendrerait un déficit informatif. Les arguments des référendaires, qui ne figurent même pas dans le sommaire, seraient totalement étouffés, voire tournés en dérision. Les recourants évoquent l'art. 11 al. 2 de la loi fédérale sur les droits politiques (LDP, RS 161. 1), qui exige un message court et objectif; le message en cause ne remplirait aucune de ces conditions, et constituerait une propagande partiale, contenant des informations fausses, présentant la transformation des EEF en S.A. comme la seule possibilité de préserver des emplois alors que, selon les recourants, une société de droit public représenterait une alternative sérieuse. En prétendant (p. 17) que les EEF sont un fleuron de l'économie fribourgeoise, et que les autorités et le peuple "entendent bien qu'elles le restent", le message ferait croire que les intentions des référendaires seraient opposées; il serait aussi affirmé, faussement selon les recourants, que l'interruption des réformes déjà accomplies détruirait les perspectives d'avenir des 750 collaborateurs et 105 apprentis des EEF. La référence à l'adresse Internet des EEF n'aurait pas sa place dans un tel message, dès lors que le site pourrait contenir des informations non contrôlées. Les recourants persistent à tenir la brochure pour exagérément coûteuse. Son prix effectif global était de 52'000 fr., soit un montant nettement supérieur à la moyenne de 34'000 fr. pour les votations précédentes. Sa présentation était beaucoup plus luxueuse que les précédentes brochures; la présence de photographies, destinées à accroître l'attrait du texte, n'était pas justifiée par l'objet de la votation. Le fascicule se rapprocherait ainsi d'avantage d'un prospectus publicitaire que d'une information objective.