Citation: 1B_107/2023 E. 4.3.1

4.3.1. L'interdiction de consommer de l'alcool et des stupéfiants est une mesure de substitution qui a été introduite le 9 janvier 2022, à la suite des événements du 7 janvier 2022, dans lesquels la consommation de cocaïne semble avoir joué un rôle (voir Faits point A supra). Il est vrai, comme le relève le recourant, que lors de son interpellation le 7 janvier 2022, (bien qu'il ait refusé de se soumettre à la prise de sang et d'urine), le résultat de l'éthylotest était négatif (voir rapports d'arrestation et d'interpellation du 7 janvier 2022 p. 6 et p. 3). Le recourant n'a cependant pas contesté l'interdiction de consommer de l'alcool et n'a pas demandé sa levée avant le 12 octobre 2022. Les événements qui ont suivi sont aussi à prendre en compte dans l'examen du risque de récidive. Durant l'été 2022, le recourant a présenté une consommation excessive et régulière d'alcool, en violation des mesures de substitution. Il a été hospitalisé du 13 juillet au 6 septembre 2022 et a été traité en raison de sa dépression et de ses consommations d'alcool. Dans leur rapport du 22 juillet 2022, les experts psychiatriques ont conclu à un épisode dépressif moyen ainsi qu'à une consommation nocive pour la santé d'alcool et de cocaïne. A sa sortie de clinique le 6 septembre 2022, le recourant s'est même mis à boire de façon compulsive suite à la séparation avec son épouse, ce qui a conduit à une nouvelle hospitalisation en urgence du 13 au 23 octobre 2022. Depuis lors, il allègue être suivi par un psychiatre et poursuivre un traitement médicamenteux. S'ajoute à cela que les résultats des analyses de prélèvements du CURML démontrent une consommation importante voire quotidienne et excessive d'alcool. De plus, selon les rapports du SPI des 1 er juillet, 8 août, 7 octobre et 6 décembre 2022, A.________ a régulièrement omis de se présenter à ses rendez-vous au SPI ainsi qu'aux contrôles inopinés du CURML. Enfin, lors de l'audience du 7 décembre 2022 devant le Ministère public, le recourant a indiqué se trouver dans un état psychologique déplorable, étant relevé encore la séparation d'avec son épouse et l'absence de liens avec ses filles. Lors de l'audience du 9 décembre 2022 devant le Tmc, le recourant a admis avoir consommé de l'alcool et des stupéfiants (nonobstant l'interdiction ordonnée) avant son hospitalisation, en raison d'une grave dépression. Il affirme aller "un peu mieux". Dans ce contexte particulier, la cour cantonale a considéré que rien ne permettait d'affirmer, faute d'éléments médicaux probants, que le risque que le recourant commette à nouveau des infractions du type de celles reprochées le 7 janvier 2022 était écarté, vu son état psychique actuel, le recourant se disant encore "extrêmement déprimé". Le fait qu'il vive seul dans un hôtel et n'ait plus de contact avec sa famille constituait en outre un facteur aggravant; dans ces circonstances, la promesse du recourant de ne plus consommer de l'alcool et de cocaïne n'apparaissait pas suffisante, pas plus qu'elle ne l'était au regard de la violation reconnue de ses précédents engagements. L'instance précédente en a conclu que le risque de récidive relatif à la commission d'infractions graves de la circulation routière en étant ivre, s'était accru vu l'état psychique actuel du prévenu.