Citation: 4P.85/2006 04.07.2006 E. 1

5.2 La recourante tente de démontrer l'arbitraire de ce raisonnement en présentant une argumentation prolixe, dont on ne parvient toutefois pas à discerner en quoi la référence à des études de géologues russes dans l'arrêt attaqué parviendrait à un résultat choquant. Par exemple, ce n'est pas parce que la Banque a admis avoir pris J.________ comme géologue de référence pour étudier le potentiel du projet qu'il est insoutenable d'admettre qu'elle ne pouvait, sans tromper les investisseurs, présenter les projections découlant des études en possession du groupe Z.________, dont J.________ a lui-même admis qu'elles étaient, de manière générale, exactes. Certes, la recourante conteste également, sous l'angle de l'art. 9 Cst., l'appréciation du témoignage de ce géologue par la cour cantonale. Elle ne fait toutefois que discuter les propos de l'expert de manière appellatoire, en présentant les éléments qui seraient favorables à sa thèse, ce qui ne suffit pas à établir l'arbitraire. En outre, les nuances que tente d'apporter la recourante entre la notion de ressources et de réserves sont manifestement inaptes à démontrer que les propos de J.________, qui a lui-même confondu les termes, auraient été interprétés de manière choquante. Quant au fait que les rapports russes ne figurent pas à la procédure, la recourante perd de vue que l'arrêt attaqué ne se fonde pas directement sur ces rapports. Il ne fait qu'indiquer que la société Z.________ avait à disposition de tels documents, ce qui ressort textuellement du feuillet d'information remis à la recourante. En revanche, la cour cantonale n'affirme pas qu'elle connaîtrait le contenu de ces rapports, mais précise seulement que l'exactitude des données évoquées dans le feuillet d'information qui se réfère à ces rapport n'est contredite par aucun élément figurant à la procédure. Une telle position ne paraît pas insoutenable. 5.3 Au demeurant, il n'y a pas lieu d'entrer plus avant sur la multitude de griefs présentés, car la recourante s'égare dans les détails de la procédure et, bien qu'elle le rappelle à plusieurs reprises, il semble lui échapper qu'une décision, pour être arbitraire, doit parvenir à un résultat insoutenable (cf. supra consid. 4.2). En l'espèce, il s'agit de déterminer si les juges sont parvenus à une conclusion choquante en considérant comme non établi le fait que le feuillet d'information fourni par l'intimée aux futurs investisseurs serait inexact ou trompeur. Comme il l'est souligné dans l'arrêt attaqué, l'exploitation d'une mine de diamants est par nature aléatoire. De plus, le feuillet d'information, hormis les données chiffrées critiquées par la recourante, précisait que des informations supplémentaires pouvaient être obtenues auprès des responsables de la Banque, en mentionnant le Loan Indenture du 31 mars 1997 et la documentation complète se rapportant à l'émission. Il comportait également une mise en garde enjoignant aux personnes intéressées de se référer à ces documents avant de prendre toute décision d'investissement. Compte tenu du caractère hasardeux inhérent au commerce de diamants et de la mise en garde expresse figurant dans le feuillet, le refus de la cour cantonale d'admettre le caractère inexact ou trompeur de ce document échappe au grief d'arbitraire, peu importe que les prévisions chiffrées qui y sont présentées soient un peu trop optimistes. 5.4 La recourante soutient encore que l'appréciation de la cour cantonale au sujet des rapports russes revient à une application arbitraire de l'art. 186 al. 1 LPC, qui prohibe les preuves indirectes, et de l'art. 126 LPC gen., qui interdit de retenir un fait contesté qui ne repose sur aucune pièce. Ces critiques se confondent avec le grief concernant l'arbitraire dans l'appréciation des preuves, de sorte qu'il peut être renvoyé à ce qui vient d'être dit sur le sujet (cf. supra consid. 5.2 et 3). Quant à l'art. 196 LPC, la recourante se contente de mentionner la disposition, mais sans indiquer en quoi celle-ci aurait été appliquée de manière insoutenable. Faute de motivation suffisante, il ne sera donc pas entré en matière (cf. supra consid. 2.2). 5.5 La recourante affirme enfin que la cour cantonale aurait violé l'art. 29 Cst. en ne tenant pas compte du fait qu'elle avait contesté l'existence des rapports russes dans sa plaidoirie. Comme on l'a vu, il peut être reproché aux juges de ne pas avoir donné suite aux offres de preuves seulement si celles-ci sont présentées en temps utile et portent sur des faits pertinents (cf. supra consid. 4.1). On peut se demander si, en remettant en cause l'existence des rapports des géologues russes au stade des plaidoiries la recourante n'a pas formé une contestation tardive. Au demeurant, il vient d'être démontré que l'on ne peut reprocher à la cour cantonale d'avoir arbitrairement refusé d'admettre le caractère trompeur ou inexact du feuillet d'information, même si les données chiffrées se référant aux évaluations russes étaient trop optimistes. On ne peut donc faire grief à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 29 Cst. en ne se prononçant pas sur l'existence des rapports des géologues russes, la question pouvant, sans arbitraire, être considérée comme non pertinente.