Citation: 6B_554/2024 E. 1.2

1.2. En substance, la cour cantonale a retenu qu'il n'y avait aucune raison de douter de la crédibilité de l'intimée. Elle indique notamment que les faits que celle-ci a rapportés à sa mère sont les mêmes que ceux qu'elle a dénoncés à la police, que ses déclarations sont précises et constantes, et que son discours a toujours été très modéré. L'intimée a évoqué clairement les différents attouchements qu'elle a subis en donnant des détails sur les gestes accomplis par le recourant en utilisant toujours les mêmes termes. Contrairement à ce que veut faire croire le recourant, les détails des gestes de celui-ci fournis par l'intimée et le fait qu'à aucun moment il n'ait voulu aller plus loin ou aurait demandé la réciprocité de ses gestes à sa victime n'entament en rien sa crédibilité. Au contraire, quand l'enfant explique que cela lui faisait mal et qu'elle se baissait dans l'ascenseur pour que le recourant ne puisse pas se coller à elle et qu'il n'ait pas accès à ses "parties génitales", cela sonne vrai. Si l'intimée avait tout inventé, elle ne présenterait pas un état de stress post-traumatique et les symptômes qui sont les siens. Même si elle avait voulu "se rendre intéressante", ou mentir pour une toute autre raison, on ne discerne pas pourquoi elle accuserait un gentil grand-père de coeur qui n'aurait rien fait, lui causant des ennuis importants, ce dont elle pouvait être consciente à 13 ans. La cour cantonale relève en particulier que lors de ses auditions, l'intimée a expliqué que le recourant avait commencé à lui faire des attouchements quand il l'accompagnait à la logopédie, "dès l'âge de 7-8 ans" et qu'"à l'âge de 11-12 ans" elle avait commencé à se baisser et à s'accroupir dans l'ascenseur pour qu'il ne puisse pas la toucher. Les tranches d'âge évoquées par l'intimée sont indicatives et correspondent à peu de chose près aux dates qui ressortent du dossier, puisqu'elle avait 9 ans lorsqu'elle a débuté un suivi chez la logopédiste en été 2017 et qu'elle venait d'avoir 11 ans lorsque ce suivi a pris fin. Ces légères imprécisions ne sont pas de nature à remettre en cause la crédibilité de la victime. L'autorité note en outre que l'intimée a aussi décrit les lieux où le recourant commettait les attouchements, évoquant deux ascenseurs - celui du bâtiment de la logopédiste et celui de son immeuble -, la cave de son domicile et la chambre. L'autorité indique qu'il peut être donné acte au recourant qu'il n'y avait pas d'ascenseur dans l'immeuble de la rue Z.________ où était alors domiciliée l'intimée. Elle précise que cela étant, comme l'a admis le recourant, celui-ci pouvait bien prendre deux ascenseurs avec l'intimée, soit un ascenseur public entre le niveau de la rue Z.________ et la passerelle desservant les bâtiments n os xx à yy et un ascenseur pour monter au cabinet de la logopédiste situé au 1 er étage. Dans la mesure où il s'agissait d'anciens souvenirs douloureux enfouis, la confusion faite par l'intimée lors de ses auditions entre l'ascenseur de son immeuble, qui n'existe pas, et l'ascenseur reliant la rue Z.________ à la passerelle conduisant à son immeuble ne constitue qu'un détail et n'est pas de nature à remettre en cause sa crédibilité. La cour cantonale examine également les déclarations de la mère de l'intimée, relevant que le dévoilement qu'elle présente, croyant totalement à la sincérité de sa fille, n'a rien d'insolite, et que son ressenti et ses constatations sont corroborés par les indications du psychologue de cette dernière. L'autorité indique encore qu'il n'est certes pas exclu que la procédure concernant sa demi-soeur [procédure pénale concernant des faits similaires à ceux de la présente procédure commis sur celle-ci par son propre père] ait aidé l'intimée à oser parler de ce qui lui était arrivé, mais rien ne permet de penser que sa demi-soeur l'aurait amenée à inventer de fausses accusations. S'agissant de la durée des trajets des deux ascenseurs concernés, la cour cantonale constate que la durée de dix secondes entre la fermeture complète des portes et leur ouverture un étage plus haut a été vérifiée et confirmée par la police. Elle retient que contrairement à ce que soutient le recourant, ce court laps de temps n'est pas incompatible avec la version des faits de l'intimée. Les attouchements dénoncés ne nécessitaient pas beaucoup de temps, un laps de temps de dix secondes étant suffisant pour permettre au recourant de se rapprocher de sa victime et d'introduire une main sous sa robe ou sous son legging. Quant à l'allégation du recourant que l'intimée était hypersensible et fragile, et qu'elle était déjà suivie avant les faits, la cour cantonale relève que la pédiatre de celle-ci a indiqué la suivre depuis juin 2014, que l'intimée était de nature méfiante, qu'elle avait une image fausse de son corps, et que sa fragilité émotionnelle l'avait conduite à consulter un psychologue avec qui elle avait un bon lien. L'autorité considère que cet état de fait ne suffit pas à faire douter de la crédibilité de l'intimée. La cour cantonale discute par ailleurs les différents témoignages recueillis. Elle examine en particulier les déclarations de I.________, qui explique que le recourant était un ami proche de la famille, que sa mère était copine avec la femme du précité, qui l'avait gardée, que le recourant s'était rapproché d'elle petit à petit, et qu'elle avait eu un problème avec lui lorsqu'elle avait 15 ans. Un jour, il avait voulu l'embrasser une fois alors qu'elle était seule chez lui; elle en avait parlé à ses parents dès leur arrivée, ceux-ci s'étaient énervés et sa famille avait alors pris de la distance avec le recourant et sa femme. Elle précise que celui-ci était très tactile et la mettait "mal à l'aise" dans ses gestes. La cour cantonale considère ce témoignage crédible nonobstant que la témoin se soit trompée sur l'adresse à laquelle habitait le recourant au moment de l'épisode évoqué, ce détail n'étant pas pertinent compte tenu du temps écoulé depuis les faits. Par ailleurs, en ce qui concerne le témoignage écrit de J.________, considéré pareillement crédible, la cour cantonale indique en bref que la précitée a raconté que lorsqu'elle avait huit ans, sa mère était très proche du recourant et de sa famille. Un jour, alors qu'elle était descendue seule avec lui à la cave pour ranger son vélo, il avait éteint la lumière avant de la soulever par derrière en se collant à elle et de lui toucher l'entre-jambe. Sa mère avait coupé tout contact avec lui. Les seules fois où elle l'avait recroisé dans la rue, elle avait toujours ressenti un malaise. Enfin, après avoir encore écarté d'autres arguments soulevés par le recourant en appel et apprécié les déclarations de celui-ci, retenant qu'il manque de crédibilité et que ses dénégations doivent être écartées, la cour cantonale conclut que la culpabilité du recourant ne suscite aucun doute raisonnable. Elle relève qu'outre les accusations crédibles de la victime qui doivent être privilégiées aux dénégations du recourant, les déclarations de plusieurs jeunes filles - E.________, K.________, I.________ et J.________ - ayant relaté un sentiment de malaise en présence du recourant à la suite d'un épisode particulier sont révélatrices du comportement du recourant qui semble anormalement attiré par les jeunes filles et confortent la conviction de la cour.