Citation: 5A_456/2022 E. 5.1.1

5.1.1. L'autorité cantonale a constaté que durant la vie commune, la recourante, désormais âgée de 56 ans, avait maintenu une activité lucrative sans interruption, diminuant le taux de celle-ci à 80% en 2007, puis à 60% en 2011. A teneur des attestations médicales produites, établies en mars et avril 2016, et des témoignages, la recourante avait souffert d'une dépression en réaction à la séparation des parties intervenue en septembre 2015. Cela étant, même à admettre que son état psychologique fragile subsiste, il n'était pas établi que celui-ci avait une quelconque influence sur sa capacité de gain ou constituerait un obstacle à l'augmentation de son taux d'activité. En effet, la psychiatre de la recourante ne s'était pas prononcée sur la capacité de gain de celle-ci et son médecin traitant avait uniquement recommandé, il y avait six ans, le maintien de son activité professionnelle " a minima, mais pas au-delà ". Lors de son audition, ledit médecin avait déclaré que la recourante était encore, en 2021, en état de dépression, ce qui pouvait l'affecter dans son quotidien, sans autre précision. Il ne s'était pas exprimé sur la capacité de gain actuelle de la recourante et n'avait pas exposé de quelle manière celle-ci pouvait être impactée par l'état psychique de la recourante. Par ailleurs, une proche collègue de celle-ci avait déclaré qu'elle ne s'était jamais absentée de son travail et que son activité professionnelle n'avait pas été impactée par sa situation, ce qui renforçait l'idée que l'état psychique actuel de la recourante ne l'empêchait pas d'augmenter son taux de travail à 100%. Au moment de la séparation, la recourante était âgée de 50 ans. Elle n'avait toutefois pas démontré que son taux de travail actuel n'était pas susceptible d'être augmenté par son employeur, qui était un établissement de droit public genevois. Elle n'avait pas non plus effectué de démarches pour trouver un autre emploi, alors que les parties étaient séparées depuis de nombreuses années. Aucun élément ne permettait ainsi de retenir qu'elle ne serait pas en mesure de retrouver un tel emploi en fournissant les efforts qui pouvaient être attendus d'elle. Dans ces circonstances, un revenu net de 7'870 fr. par mois, correspondant à son revenu mensuel actuel pour une activité exercée à temps plein (4'722 fr x 100 / 60), pouvait lui être imputé. Le délai d'adaptation d'environ six mois octroyé par le premier juge avant l'imputation du revenu hypothétique était équitable, de sorte que celui-ci pouvait être imputé à la recourante dès le mois de février 2022.