Citation: 6B_264/2022 E. 2.5

2.5. S'agissant de l'intention, la cour cantonale a retenu qu'au moment où la dispute avait éclaté, le recourant avait d'emblée sorti son couteau, dont il avait lui-même relevé l'aspect particulièrement dangereux, indiquant à C.________ qu'il coupait comme un rasoir. Il avait, ce faisant, manifesté l'intention d'en découdre. Même une fois au sol, le recourant n'avait pas lâché son arme, bien au contraire. Il avait au total infligé sept plaies à l'intimé, visant tant le haut que le bas du corps de ce dernier et l'atteignant notamment au cou et à l'intérieur des jambes. La gravité des lésions occasionnées, dont l'une avait concrètement mis en danger la vie de l'intimé, n'était pas remise en cause. En agissant de la sorte, le recourant ne pouvait qu'envisager et accepter le risque de causer une lésion mortelle à l'intimé. Il était en effet notoire que plusieurs organes vitaux se trouvaient dans ces régions du corps. Les caractéristiques des plaies, dont deux étaient pénétrantes, l'une ayant impliqué la section de l'artère fémorale et la section quasi-complète des muscles abducteurs, étaient manifestement incompatibles avec un mouvement de balayage effectué dans un but de défense. Elles ne correspondaient pas davantage à un mouvement visant à déplacer le recourant sur le côté, étant précisé qu'effectué avec une lame en main, un tel mouvement aurait impliqué, en tout état, l'intention homicide. Les menaces de mort proférées par le recourant à de nombreuses reprises après l'altercation, et même depuis l'intérieur de son véhicule, attestées par le récit des témoins C.________ et D.________, venaient encore confirmer que celui-ci s'était décidé contre la vie de l'intimé. Le recourant avait d'ailleurs abandonné à son sort sa victime, qui gisait alors au sol et baignait dans son sang, en l'esquivant volontairement avec sa camionnette, étant précisé qu'il ne pouvait manifestement pas être suivi lorsqu'il affirmait ne pas l'avoir reconnue. Après avoir rejoint E.________ et constaté que son t-shirt était couvert de sang, le recourant, qui avait d'emblée affirmé avoir fait une "connerie" et craindre de se retrouver en prison, ce qu'il avait admis bien qu'en relativisant la portée de ses propos, avait immédiatement cherché à se débarrasser de l'arme et de ses habits tâchés. Ses dénégations à cet égard n'étaient pas crédibles, étant relevé qu'il avait lui-même affirmé avoir jeté ses habits dans la nature, ce qui ne pouvait poursuivre aucun autre objectif que celui de les faire disparaître. Quant au couteau, force était de constater que si celui-ci avait véritablement été oublié par mégarde dans le bac à fleurs, il aurait selon toute vraisemblance échappé à la vigilance de E.________. Or, c'est cette dernière qui avait précisément permis aux policiers de localiser l'objet. La cour cantonale a ainsi indiqué que, fondée sur l'intégralité des éléments au dossier et considérant le déroulement des faits tel qu'elle l'avait retenu, elle avait acquis la conviction que le recourant ne pouvait qu'avoir envisagé le risque mortel qu'il avait fait courir à sa victime, s'accommodant d'une éventuelle issue fatale.