Citation: 5A_486/2018 E. 4.1

4.1. A titre préliminaire, l'autorité cantonale a retenu qu'aucun élément du dossier ne permettait d'admettre que le poursuivi serait domicilié en Suisse. Celui-ci a annoncé son départ de ce pays en 2006 déjà, lequel a été confirmé par le témoin entendu en audience; ce témoin a ajouté que le poursuivi n'est plus retourné en Suisse, sous réserve de rares exceptions. La créancière a elle-même admis n'avoir jamais rencontré le poursuivi à Genève (ni ailleurs). Les nombreuses pièces produites par ce dernier sont des indices sérieux de son domicile en Indonésie, d'autant que l'Office des poursuites lui-même, lors d'autres poursuites visant l'intéressé, a reconnu que celui-ci était domicilié en Indonésie et a procédé à des notifications par voie de publication. Partant, il n'existe pas de for de poursuite à Genève au regard de l'art. 46 al. 1 LP. Examinant les conséquences de l'absence de for de poursuite, la cour cantonale a rappelé que la notification irrégulière d'un commandement de payer n'est pas frappée de nullité absolue, cet acte étant annulable dans le délai de plainte de dix jours (art. 17 al. 1 LP), même lorsque le poursuivi est domicilié à l'étranger. En l'espèce, les juges précédents ont considéré que la notification opérée en main de D.________ n'était pas valable sous l'angle de l'art. 66 al. 3 LP, et que le poursuivi avait eu connaissance du commandement de payer le 21 avril 2017, si bien que la plainte est recevable. Notifié par un office incompétent et contesté en temps utile, cet acte doit ainsi être annulé. L'avis de saisie adressé le 16 décembre 2015 au poursuivi par un office incompétent doit quant à lui être déclaré nul, comme tous les actes effectués par l'Office des poursuites de Genève postérieurement à la notification du commandement de payer.