Citation: 1S.51/2005 24.01.2006 E. 4

A.________ estime qu'en raison de la très longue durée de l'enquête préliminaire, un risque de collusion ne saurait raisonnablement être invoqué pour motiver son maintien en détention. Quant au danger de fuite, il pourrait être pallié par le versement d'une caution suffisante. 4.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, voire qu'il prenne contact avec des témoins, des complices ou toute autre personne impliquée dans la procédure pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et ne peut, par conséquent, être totalement exclu. L'autorité qui entend justifier la détention par le danger de collusion doit donc démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un risque concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à altérer la manifestation de la vérité (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). Si le danger de collusion est en règle générale plus important au début d'une procédure pénale (ATF 107 Ia 138 consid. 4g p. 144), il peut toutefois subsister après la clôture de l'enquête lorsque les circonstances font sérieusement craindre que le prévenu n'abuse de sa liberté pour empêcher ou altérer la manifestation de la vérité devant l'autorité de jugement, voire de recours (ATF 117 Ia 257 consid. 4c p. 261). Le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le danger de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Il est sans importance que l'extradition du prévenu puisse être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36/37). 4.2 En l'espèce, la procédure pénale dirigée contre le recourant se trouve au stade de l'instruction préparatoire. A.________ a été entendu par le Juge d'instruction fédéral et plusieurs confrontations sont prévues avec les autres protagonistes du trafic de drogue qu'il est soupçonné d'avoir mis en place et de diriger depuis le Kosovo. Par ailleurs, selon la décision du Juge d'instruction fédéral, des témoins doivent encore être entendus en exécution de commissions rogatoires décernées par le Ministère public de la Confédération. Il importe que ces opérations puissent se dérouler sans que le recourant ne soit en mesure de les influencer. L'oncle et la maîtresse de A.________ ont déclaré aux enquêteurs craindre pour leur vie et celle de leur famille en raison des déclarations qu'ils avaient faites mettant en cause le recourant; ce dernier n'a d'ailleurs pas hésité à proférer des menaces de mort contre l'un des inspecteurs de la Police judiciaire fédérale au terme d'une visite que son fils lui a faite en prison. Il existe donc un risque concret qu'il ne s'en prenne aux témoins à charge ou aux autres inculpés et ne cherche à les influencer ou à les intimider s'il était remis en liberté. Le maintien de la détention préventive se justifie ainsi par un risque de collusion évident aussi longtemps que ces actes d'instruction n'ont pas été accomplis. Le risque de fuite est également avéré, compte tenu de l'absence de liens personnels du recourant avec la Suisse. Celui-ci ne le conteste pas, mais il prétend pouvoir être libéré moyennant le versement d'une caution. Il perd toutefois de vue qu'une éventuelle libération sous caution ou moyennant sûretés n'est pas envisageable aussi longtemps qu'il existe un autre motif de détention (cf. arrêt P.424/1979 du 19 décembre 1979 consid. 5b paru à la SJ 1981 p. 137 et la jurisprudence citée). Cette question est ainsi prématurée.