Citation: 7B_65/2023 E. 8.4

8.4. En l'espèce, au vu du raisonnement développé par l'instance précédente, on ne décèle pas, comme l'affirme la recourante, que le MPC se serait fondé sur une expertise privée produite par la partie plaignante tout en faisant fi des conclusions de son propre expert. Le MPC s'est en effet appuyé sur des rapports établis par sa division FFA. Cette division est appelée à fournir au MPC des prestations d'analyse et de soutien, notamment dans les domaines de compétence suivants: processus économiques et financiers, comptabilité, banques et finances (art. 11 al. 2 du règlement du 26 février 2021 sur l'organisation et l'administration du Ministère public de la Confédération; RS 173.712.22). Avec ses prestations, la division FFA apporte son soutien aux unités du MPC qui mènent des procédures pénales ou des procédures d'entraide judiciaire (art. 11 al. 3 du règlement précité). Le MPC s'est dès lors basé sur des rapports établis par une division disposant de connaissances spécifiques en lien avec le présent litige; celle-ci a documenté à l'aide de pièces bancaires des schémas de flux destinés à établir le cheminement des fonds litigieux; il ne saurait par conséquent être reproché au MPC de ne pas avoir pris en compte une expertise privée produite par la recourante. Au surplus, la recourante ne développe aucune argumentation destinée à établir que la Cour des plaintes aurait fait preuve d'arbitraire en confirmant l'appréciation du MPC qui a assis son raisonnement sur les rapports de sa division FFA décrits ci-dessus; la recourante n'expose pas plus que l'expertise privée dont elle se prévaut aurait permis de mettre en lumière que ces rapports auraient été entachés de défauts évidents. Enfin, vu ce qui précède, il ressort clairement de la motivation de la décision querellée pour quels motifs les autorités précédentes se sont fondées sur les rapports de la division FFA et non sur l'expertise privée produite par la recourante. On ne voit dès lors pas que la Cour des plaintes aurait violé son droit d'être entendue en ne se prononçant pas expressément sur les conclusions de l'expertise privée; la recourante pouvait en effet comprendre de la motivation que les rapports figurant au dossier étaient convaincants et suffisaient à la résolution du litige et que son expertise privée n'était pas propre à les mettre en doute. En tout état, dans son recours à la Cour des plaintes, hormis un renvoi à quatre pages du rapport établi par son expert privé, la recourante n'a développé aucune argumentation destinée à établir devant cette autorité pour quels motifs il se serait imposé de s'écarter des rapports au dossier en faveur de l'expertise dont elle se prévalait (cf. recours devant la Cour des plaintes du 6 août 2021, p. 20). Pour ces motifs, la Cour des plaintes n'a pas violé le droit fédéral en fondant son raisonnement notamment sur les rapports établis par la division FFA.