Citation: 6B_1335/2018 E. 4.4.3

4.4.3. Le comportement délictueux visé par l'art. 138 ch. 1 alinéa 2 CP consiste à utiliser la valeur patrimoniale confiée contrairement aux instructions reçues, en s'écartant de la destination fixée (ATF 129 IV 257 consid. 2.2.1 p. 259; arrêt 6B_251/2012 du 2 octobre 2012 consid. 1.4). Quant au résultat visé par l'art. 8 al. 1 CP, celui-ci, à l'instar de l'infraction d'escroquerie, englobe s'agissant de l'abus de confiance non seulement l'appauvrissement causé par celui-ci (ATF 124 IV 241 consid. 4d p. 245), mais également le résultat recherché par l'auteur de l'abus de confiance. Est ainsi suffisant à l'aune de l'art. 8 al. 1 CP le fait qu'un compte ouvert en Suisse appartenant à une société ayant son siège en Suisse ne soit pas, à la suite d'un abus de confiance, crédité des actifs convenus (ATF 141 IV 336 consid. 1.1 p. 338). En revanche le débit de sommes pour être confiées à l'auteur, sis à l'étranger, qui les détourne ensuite ne constitue pas un résultat au sens de l'art. 8 CP, propre à fonder la compétence des autorités suisses où se trouverait le compte débité. En effet, le titulaire du compte n'est pas appauvri par ce débit, mais du fait de l'utilisation postérieure indue des montants confiés par l'auteur (arrêt 6B_178/2011 du 20 juin 2011 consid. 3.3; cf. également ALEXANDRE DYENS, Territorialité et ubiquité en droit pénal international suisse, 2014, p. 273 n° 878 s.).