Citation: 5A_729/2024 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a considéré que la mère ne démontrait pas l'existence d'un risque de danger majeur pour les enfants si celles-ci devaient rentrer en France; singulièrement, il n'était pas manifeste qu'un placement auprès de leur père les placerait dans une situation intolérable. La juridiction a d'abord relevé que les enfants n'étaient plus en bas âge et n'avaient plus besoin de leur mère pour les soins de base, que, depuis mars 2020 - âgées de 2 ans et demi et 1 an et demi -, elles avaient vécu en France auprès de leur père qui en avait la garde exclusive, qu'elles y bénéficiaient d'un cadre de vie stable et se portaient bien. Le père avait certes admis des violences envers ses filles (un coup de ceinture et des punitions inadaptées), mais ces actes avaient donné lieu à une intervention du service de protection de l'enfance, dont les objectifs avaient été atteints. Le dossier ne démontrait pas que les violences auraient été plus importantes que celles admises, qu'elles auraient perduré et aucun document médical probant n'attestait de violences physiques ou psychologiques répétées sur les enfants. Pour sa part, la recourante, informée du signalement à l'endroit du père en juin 2022, n'avait pas montré d'inquiétudes particulières, ni alors sollicité la garde des enfants. Antérieurement et postérieurement au déplacement des enfants en Suisse, la recourante n'avait d'ailleurs pas entrepris de suivi particulier pour ses filles, si ce n'est une consultation auprès de G.________, dont les attestations étaient dépourvues de force probante. L'attitude de la recourante était ainsi en décalage avec la gravité de ses allégations. La Chambre des curatelles a encore noté que, selon la DGEJ, la reprise de contact (par téléphone) entre les filles et leur père s'était bien déroulée, celles-ci l'ayant au demeurant spontanément acceptée; quant au curateur, il relevait que plusieurs éléments laissaient penser que les filles, notamment l'aînée, étaient potentiellement instrumentalisées par leur mère. Soulignant enfin que l'intimé avait bénéficié en France d'un suivi social apparemment sérieux et bénéfique, la cour cantonale a encore précisé que l'on ne pouvait affirmer que les autorités françaises n'interviendraient pas efficacement si, suite à leur retour, les enfants devaient se trouver en danger: les institutions et autorités françaises avaient jusqu'ici rapidement réagi et mené des enquêtes sans faire ressortir d'éléments alertants concernant l'intimé; informées des allégations de la mère au sujet des violences du père, les enseignantes des enfants, tant en Suisse qu'en France, n'avaient pour leur part rien noté de particulier.