Citation: 5A_979/2021 E. 3.2

3.2. S'agissant des revenus perçus par le recourant en 2021, la Cour de justice a repris la motivation du premier juge. Contrairement à ce qu'affirme le recourant, elle a ainsi bien tenu compte du fait qu'il n'était pas acquis qu'il percevrait un bonus cette année-là et qu'il pourrait donc réaliser un revenu mensuel de 38'000 fr. correspondant à la moyenne de ses revenus de 2019 et de 2020. Elle a toutefois estimé que le recourant pouvait combler cette éventuelle différence de salaire par sa fortune. Or, si le recourant soutient certes qu'une grande partie de sa fortune est constituée d'actifs immobilisés, il n'en demeure pas moins qu'il admet disposer d'économies bancaires à hauteur de 124'676 fr. Il ressort par ailleurs de la décision de première instance que la fortune mobilière des époux s'élevait à 1'114'033 fr. fin 2018 et qu'elle était certes constituée en grande partie de droits de participation bloqués dans la société F.________ SA, précédent employeur du recourant, mais également d'actions et d'obligations de diverses autres sociétés ainsi que d'un compte dépôt à la banque H.________, dont rien n'indique qu'ils ne seraient pas réalisables. Enfin, dans la mesure où rien dans l'arrêt cantonal ne laisse supposer que l'intimée bénéficierait d'une fortune personnelle autre que celle qualifiée de " fortune mobilière du couple " par le premier juge et que le recourant ne fait pas non plus état d'une telle fortune, son grief selon lequel il devrait également être exigé de l'intimée qu'elle puise dans sa fortune pour assurer son entretien est infondé. Partant, il n'apparaît pas arbitraire d'avoir retenu que, si tant est que le recourant n'eût effectivement pas perçu de bonus en 2021 pour l'activité déployée en 2020, il pouvait toutefois compenser la différence de revenus en puisant dans sa fortune. A toutes fins utiles, il convient de préciser que contrairement à ce qu'il soutient, il n'a pas été exigé de lui qu'il démontre un fait négatif, à savoir l'absence de bonus, mais bien qu'il prouve le montant des revenus qu'il a effectivement perçus. Or, le recourant se contente à cet égard de soutenir qu'il a produit toutes ses fiches de salaire pour 2020 et que, s'il avait dû percevoir un bonus de son ancien employeur, il l'aurait perçu cette même année et non l'année suivante comme à l'accoutumée puisque leurs rapports de travail avaient pris fin en décembre 2020. Il aurait toutefois été aisé pour le recourant de produire ses relevés de compte de l'année 2021 afin de démontrer que, jusqu'à ce que la cause soit gardée à juger par la Cour de justice, il n'avait rien perçu d'autre que le revenu versé par son nouvel employeur. Faute de l'avoir fait, il n'y avait rien d'arbitraire à considérer que le recourant percevrait son bonus de 2020 au cours de l'année suivante comme cela avait toujours été le cas, ce d'autant que l'affirmation du recourant selon laquelle son licenciement était fondé sur de mauvaises performances de son équipe ne ressort que de ses déclarations en audience du 12 janvier 2021 et constitue dès lors un allégué de partie. Quant aux revenus que le recourant percevra ensuite, respectivement le montant du bonus qu'il percevra éventuellement auprès de son nouvel employeur, cette question demeure incertaine et n'est pas vraiment thématisée par le recourant. Cela étant, celui-ci relève lui-même qu'une procédure de divorce est pendante depuis le 3 juin 2021, de sorte que le montant des contributions dues pourra rapidement être actualisé en conséquence. Dans ces circonstances, il n'apparaît pas arbitraire d'avoir considéré dans l'intervalle que le recourant pourra réaliser un revenu similaire au précédent compte tenu du fait qu'il exerce son emploi dans le même domaine.