Citation: 5A_281/2023 E. 5.3

5.3. En l'espèce, dans sa critique dirigée contre les faits établis dans l'arrêt attaqué, complétant l'ordonnance de première instance, la recourante se borne principalement à opposer sa propre version des faits, de plus, même lorsqu'elle invoque un droit constitutionnel (art. 9 ou 29 al. 2 Cst.), en relatant des faits qui ne concernent pas l'exécution des mesures de sûreté mais l'ensemble du litige successoral, notamment le prononcé même desdites mesures qu'elle critique abondamment. La recourante tente en particulier de remettre en cause l'administration d'office de la succession ainsi que la confirmation de l'administrateur officiel dans ses fonctions par le biais d'une critique sur l'incapacité de postuler de celui-ci, qui sera examinée ci-après pour autant que recevable. Quant à ses développements sur le contenu de ses arguments dont les instances précédentes n'auraient pas fait mention, ou ses suppositions sur le fait que les magistrats précédents n'auraient pas lu ses écritures, la recourante méconnaît les principes relatifs au respect de la garantie du droit d'être entendu, selon lesquels le juge ne doit pas se prononcer sur tous les moyens des parties mais peut se limiter aux questions décisives pour l'issue du litige (ATF 147 IV 249 consid. 2.4; 142 II 154 consid. 4.2). En particulier, les magistrats précédents ont motivé leur décision sur la portée de l'arrêt du Tribunal fédéral du 14 novembre 2022 et les raisons de refuser à la recourante de se déterminer sur cet arrêt (cf. consid. 4.4 de l'arrêt attaqué), de sorte qu'il appartient à cette dernière d'attaquer cette motivation si elle entend la contester. En l'état, son argumentation, par laquelle elle se borne à dénoncer une violation de son droit d'être entendue, est insuffisante. La critique de fait développée par la recourante doit donc être déclarée irrecevable, notamment en raison de son caractère appellatoire. Pour ce qui est de sa critique dirigée contre l'irrecevabilité de la partie intitulée " A. Faits " de son recours cantonal, son argument relatif à la mauvaise application de l'art. 320 let. b CPC ne porte pas. La recourante méconnaît la notion susexposée d'arbitraire lorsqu'elle prétend que c'est à tort que l'autorité cantonale a exigé d'elle, pour entrer en matière sur son grief, qu'elle démontre également que le résultat de l'ordonnance de première instance était arbitraire. Dans le reste de sa critique, la recourante n'expose pas en quoi l'arrêt attaqué consacrerait une application indûment sévère de l'art. 321 al. 1 CPC. Elle ne s'en tient nullement aux éléments contenus dans son recours cantonal pour démontrer que l'autorité cantonale aurait dû, sur cette base, examiner l'arbitraire dans l'établissement des faits de l'ordonnance de première instance. La lecture de ce recours révèle dans tous les cas que la recourante n'a pas dénoncé l'établissement arbitraire des faits de l'ordonnance de la juge de paix, si ce n'est, à une reprise, sur une question exorbitante du présent litige (qualification d'actifs successoraux des biens en sa possession; cf. p. 6 du recours du 13 janvier 2023). Au point A.a du recours cantonal, elle a exposé le contenu des décisions rendues depuis le 25 août 2021. Au point A.b, la recourante est encore une fois revenue sur l'ensemble du litige et sur son droit à se déterminer sur l'arrêt du Tribunal fédéral précité, grief que l'autorité cantonale a traité à la lumière de son droit d'être entendue. Elle a également tenté de remettre en cause l'arrêt cantonal du 8 mars 2022 en ce qu'il a retenu qu'elle est en possession des biens de la succession et qu'il maintient l'administration d'office de la succession ainsi que l'administrateur officiel dans ses fonctions. A cet égard, dans le présent recours, la recourante dénonce le fait que l'autorité cantonale aurait passé sous silence son grief relatif au compte bancaire sur lequel elle doit s'exécuter, compte qui ne correspondrait pas à celui mentionné dans la décision cantonale du 8 août 2022. Néanmoins, la recourante n'a pas d'intérêt à recourir sur ce point, étant donné que sa principale motivation tient au conflit d'intérêts qu'elle considère exister en la personne de Me O.________. Or, cet administrateur a été libéré de cette fonction par ordonnance du 12 juillet 2023. Par surabondance, il apparaît que, dans son recours cantonal, elle n'a dénoncé aucune violation des règles sur l'exécution à cet égard: elle a uniquement signalé que le compte bancaire où elle devait s'exécuter appartenait à l'administrateur officiel dont elle remettait en cause l'impartialité pour des motifs, comme elle l'affirme elle-même, antérieurs au 25 août 2021 (cf. recours cantonal, p. 5). C'est donc à raison que l'autorité cantonale a considéré qu'il s'agissait là d'un grief de fait irrecevable, en tant que, portant sur la destitution de l'administrateur officiel, il était sans influence sur la décision d'exécution. Il suit de là que les griefs de la recourante sont irrecevables.