Citation: 4P.34/2005 02.05.2005 E. 4

Au vu des principes énoncés (consid. 2), il n'apparaît pas que la Chambre des recours a substitué sans motifs concluants son opinion à celle de l'expert. Ainsi, elle s'est fondée sur une circonstance bien établie pour s'écarter des conclusions de l'inspecteur du travail quant aux heures supplémentaires, à savoir qu'il ne s'était lui-même pas toujours tenu à l'horaire de référence de 33,6 heures. Elle s'est ensuite rendu compte que l'admission de cette moyenne dès 1999 aurait été en contradiction avec la constatation qui ressort du dossier, selon laquelle ce n'est qu'après l'intervention de l'inspecteur du travail en 2000 que les employeurs ont décidé de tenir compte, dans l'horaire du demandeur, de la compensation des heures supplémentaires effectuées précédemment. S'agissant du nombre d'heures hebdomadaires effectuées par le recourant, la Chambre des recours pouvait, de manière soutenable, s'y référer en tant que données supplémentaires découlant de l'instruction, dans la mesure où ces heures ne représentaient que le résultat de la transcription par l'expert des horaires figurant dans les registres des employeurs dès 1999. Le nombre d'heures hebdomadaires effectuées par le recourant n'a, du reste, pas été contesté par le travailleur. Aussi, c'est sans arbitraire que la Chambre des recours s'est fondée sur les données ainsi recueillies. Quant à la différence entre le nombre d'heures supplémentaires établies par l'expert et celles retenues par la Chambre des recours, elle n'est pas déterminante, puisque celle-ci ne s'est pas bornée à exprimer une opinion différente de celle de l'expert à ce sujet, mais qu'elle a démontré comment elle avait abouti à ce résultat divergent. Enfin, contrairement à ce que prétend le recourant - qui ne s'appuie pas, dans le cadre de l'allégement du fardeau de la preuve qui lui incombe, sur un décompte personnel d'heures qu'il aurait produit (cf. art. 21 ch. 3 CCNT 1998; arrêt 4C.7/2004 du 8 mars 2004, consid. 2.2.2 et 2.2.3; consid. 2.4 non publié de l'ATF 130 III 19) - l'examen des périodes retenues pour établir le décompte des heures effectuées révèle que des périodes de vacances ont été prises en compte, c'est-à-dire déduites, pour les années concernées. A titre d'exemple, seules deux semaines de travail ont été retenues pour les mois de janvier et de février 1999, ainsi que trois semaines de travail pour les mois de juillet et d'août 1999. En résumé, en retenant que le recourant a effectué 284,5 heures supplémentaires de 1998 à 2000 et que celles-ci ont été compensées par 287,5 heures en 2001 et 2002, la Chambre des recours n'est pas tombée dans l'arbitraire.