Citation: 1B_321/2019 E. 2.2

2.2. Compte tenu de ce qu'a retenu le Tribunal fédéral dans l'arrêt 1B_177/2019, le prévenu ne revient pas sur la reconnaissance de forts soupçons au sens de l'art. 221 al. 1 CPP. Lors du précédent examen du risque de fuite du recourant, le Tribunal fédéral avait constaté que celui-ci entretenait des relations familiales et amicales dans son pays d'origine, le Portugal, que la réalité du travail à plein temps dont il se prévalait était sujette à caution, que la relation avec sa compagne n'était pas décisive et qu'en dépit de l'attachement à sa fille de trois ans dont le recourant se prévalait, celui-ci ne l'avait pas encore reconnue. Au vu de ces éléments, un risque de fuite était bien concret. Le recourant conteste l'appréciation de la cour cantonale dans la présente procédure s'agissant de l'ampleur de ses attaches au Portugal. Il met en avant l'intensité de ses relations avec sa famille vivant en Suisse (parents et frère). S i l'importance de ses relations avec le Portugal n'est pas clairement établie et ne saurait effectivement découler d'un seul récent séjour en famille (il ne ressort pas de l'arrêt attaqué qu'il y en ait eu d'autres ni, à l'inverse, que celui-ci ait été le seul), il n'en demeure pas moins que de tels liens existent, que le recourant est familier avec ce pays où il est né, dont il est ressortissant et parle la langue, et où il se rend encore à son âge adulte. Dans la présente procédure, la cour cantonale a retenu que le recourant, à supposer qu'il démontre, à l'aide de pièces jugées irrecevables car produites tardivement, qu'il était au bénéfice d'un contrat de travail lors de sa mise en détention, demeurerait manifestement sans emploi à sa sortie de prison de sorte que cette situation accentuait le risque de fuite. Avec les juges cantonaux, il y a lieu de constater que cet élément est défavorable au recourant. S'il est certes regrettable que le recourant ne soit pas parvenu à établir l'existence d'un travail stable au début de son incarcération, ce fait, révolu, n'est désormais plus de nature à minimiser le risque de fuite. Quant à la relation que le recourant entretient avec sa compagne, à l'instar de ce que retient la cour cantonale, on ne saurait considérer qu'elle suffit à exclure une volonté de fuir. Quel que soit l'attachement de celle-ci au recourant, il ressort des propres déclarations de ce dernier qu'il a été infidèle par deux fois - indépendantes l'une de l'autre - au moins, ce qui permet de douter du sérieux qu'il accordait, lui, jusqu'à son incarcération, à cette relation. Enfin, revenant sur son attachement à sa fille, le recourant se contente de faire valoir les nombreuses visites en prison de celle-ci accompagnée de sa mère. Cet élément n'apporte en réalité rien de plus par rapport à ce qui a été constaté dans l'arrêt 1B_177/2019, à savoir que jusqu'à son incarcération, le recourant n'avait jamais entrepris la démarche de reconnaissance de l'enfant, née le 14 juillet 2015. Ces éléments - liens (mêmes ténus) avec le Portugal, absence de stabilité professionnelle, vie familiale apparemment prise peu au sérieux - pris en considération dans leur ensemble conduisent à confirmer le risque de fuite constaté jusqu'à présent au sens de l'art. 221 CPP.