Citation: 6P.68/2005 06.09.2005 E. 7

La recourante conteste avoir agi en qualité de coauteur. Selon elle, son activité ne peut être qualifiée que de complicité. 7.1 Selon la jurisprudence, le coauteur collabore, de manière déterminante, avec d'autres personnes, à la décision de commettre une infraction, à son organisation ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des participants principaux (ATF 125 IV 134 consid. 3a p. 136; 120 IV 136 consid. 2b p. 141; 265 consid. 2c/aa p. 271 s.). Le coauteur doit s'associer à la décision dont est issu le délit (mais sans accomplir nécessairement des actes d'exécution) ou à la réalisation de ce dernier. La seule volonté ne suffit cependant pas pour admettre la coactivité, il faut encore que le coauteur participe effectivement à la prise de la décision, à l'organisation ou à la réalisation de l'infraction; se référant à la doctrine, la jurisprudence exige même que le coauteur ait une certaine maîtrise des opérations et que son rôle soit plus ou moins indispensable (ATF 120 IV 17 consid. 2d p. 23; 118 IV 397 consid. 2b p. 399). Le complice est en revanche un participant secondaire qui "prête assistance pour commettre un crime ou un délit" (art. 25 CP). La contribution du complice est subordonnée: il facilite et encourage l'infraction ou son auteur par une contribution sans laquelle les événements auraient pris une tournure différente; son assistance n'est toutefois pas nécessairement une condition sine qua non à la réalisation de l'infraction (ATF 119 IV 289 consid. 2c p. 292). Contrairement au coauteur, le complice ne veut pas l'infraction pour sienne et n'est pas prêt à en assumer la responsabilité. 7.2 Il résulte de l'arrêt attaqué que la recourante s'est associée, par son comportement, à tous les stades du brigandage. Elle a pris part aux préparatifs du brigandage (participation aux séances préparatoires, acquisition de bonnets et de cartes easy), elle a participé à la commission du forfait (repérage des lieux et guet) et a prêté son concours pour éliminer les traces (nettoyage des vêtements, soins donnés à l'un des participants, restitution de l'arme et des habits aux protagonistes). En outre, elle a tiré un profit personnel du brigandage (cf. ATF 76 IV 102 consid. 1a p. 106; 109 IV 161 consid. 4c p. 165; Trechsel, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Kurzkommentar, 2e éd., Zurich 1997, n. 14, rem. préliminaire art. 24, p. 92). Elle ne s'est pas contentée - comme un complice - d'une rémunération fixe pour ses services, mais a reçu un pourcentage du butin total. La recourante a ainsi collaboré dans des conditions et dans une mesure qui la font apparaître comme un participant principal, et non secondaire. On ne voit dès lors pas que la cour cantonale ait violé le droit fédéral en considérant que la recourante avait agi en tant que coauteur. Les arguments avancés par la recourante pour le contester ne sont pas pertinents. Celle-ci fait valoir en premier lieu que les actes qui lui sont reprochés ne forment pas un élément essentiel du brigandage, sans lequel celui-ci n'aurait pas eu lieu. La condamnation à titre de coauteur ne suppose cependant pas que, sans la contribution de ce tiers, l'infraction n'eût pas été commise, mais que, vu la manière dont les événements se sont déroulés, cette collaboration ait, en fait, contribué au résultat (ATF 88 IV 53 consid. 5a p. 55). La recourante ne saurait non plus arguer qu'elle a agi sur les instructions de son ami. Il n'est en effet pas nécessaire que le coauteur soit le maître de la situation de fait, mais il suffit qu'il ait "une certaine maîtrise des opérations", c'est-à-dire qu'il apporte une contribution déterminante à la survenance du résultat (ATF 125 IV 134 consid. 3d p. 138). Enfin, s'il n'est pas établi que la recourante a pris part à la conception du projet délictueux, elle y a en tout cas pleinement adhéré par la suite, en acceptant d'apporter son concours à une opération, dont elle connaissait le plan. Il est à cet égard sans importance qu'elle ne parlât pas le serbe.