Citation: 5P.416/2000 12.01.2001 E. 3

3.- Les griefs que soulève le recourant, dans la mesure où ils sont recevables au regard des exigences de motivation posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, ne font pas apparaître les constatations de l'autorité cantonale comme arbitraires au sens de la jurisprudence relative à l'art. 4 aCst. , laquelle garde toute sa pertinence sous l'empire de l'art. 9 Cst. (cf. ATF 126 I 168 consid. 3a et la jurisprudence citée). a) Le recourant ne saurait se fonder sur la demande en paiement qu'il a déposée le 30 août 2000 devant le Tribunal de première instance de Genève contre la bailleresse de l'ancienne maison conjugale de Juvigny pour affirmer que son intention de s'y établir aurait perduré jusqu'au moment où la propriétaire l'aurait empêché manu militari de continuer la jouissance de cette maison pour la relouer à l'intimée. En effet, dans le cadre d'un recours de droit public pour arbitraire, le Tribunal fédéral ne prend pas en considération les allégations, preuves ou faits qui n'ont pas été soumis à l'autorité cantonale; nouveaux, ils sont irrecevables (ATF 119 II 6 consid. 4a; 118 III 37 consid. 2a et les arrêts cités). b) Le recourant, recopiant sur ce point son mémoire réponse sur appel du 29 mai 2000, expose qu'après la séparation de son épouse, il était simplement à la recherche d'un logement et ne s'est nullement constitué de domicile au lieu de son travail, où se trouve un studio dans lequel il a parfois dormi; il soutient que la cour cantonale lui aurait "inventé un domicile genevois" alors que le centre des activités professionnelles n'est pas constitutif d'un domicile au sens de la LDIP. Ce faisant, le recourant méconnaît que l'autorité cantonale a considéré qu'il n'avait pas de domicile entre le 17 juillet et le 1er septembre 1998, et qu'elle s'est ainsi fondée sur la notion de résidence habituelle (cf. consid. 2b supra). c) Le recourant prétend enfin qu'il ne ressort d'aucune déclaration qu'il "vivait" en Suisse pendant la période considérée; il affirme qu'au cours de l'été 1998, il aurait dormi à plusieurs reprises chez des amis en France. Dès lors, soit la cour cantonale devait constater qu'elle n'avait pas assez d'éléments factuels probants pour trancher la question qui lui était posée, et partant retourner l'affaire au Tribunal de première instance ou instruire elle-même cette question, soit elle devait s'abstenir de considérer des faits pour lesquels elle n'avait ni preuve ni indice. L'arrêt attaqué résiste toutefois au grief d'arbitraire sur ce point. En effet, l'autorité cantonale s'est fondée sur les propres déclarations du recourant lors de l'audience de comparution personnelle du 7 mars 2000 pour constater que pendant la période en cause, le recourant avait dormi soit dans le studio se trouvant sur son lieu de travail à Chêne-Bougeries, soit chez un ami (pendant trois semaines), soit chez sa mère (pendant trois semaines également). Le recourant ne prétend pas que sa mère ainsi que l'ami en question n'auraient pas leur domicile en Suisse; par ailleurs, son affirmation selon laquelle il aurait dormi à plusieurs reprises chez des amis en France n'est étayée par aucun élément, pas même par ses déclarations lors de l'audience de comparution personnelle du 7 mars 2000. Dans ces conditions, la cour cantonale pouvait sans arbitraire retenir, sur la base des éléments au dossier, que pendant la période allant du 17 juillet au 1er septembre 1998, le recourant vivait et assumait son activité professionnelle sur territoire genevois et qu'il avait coupé tout lien effectif avec la France.