Citation: H 234/00 27.04.2001 E. 5

5.- a) Le jugement entrepris expose correctement les dispositions légales et la jurisprudence applicables en matière de responsabilité de l'employeur et des organes de celui-ci (art. 52 LAVS), de sorte qu'il suffit d'y renvoyer. b) Les premiers juges ont constaté, de manière à lier la Cour de céans (consid. 1) que le recourant, inscrit comme administrateur de X.________ SA dès le 14 février 1983, avait conservé cette fonction par amitié envers A.________ jusqu'au 21 mai 1991, quand bien même il s'était retiré, en 1985 déjà, de la gestion de la société. Ils ont également retenu qu'il était au courant des difficultés financières de la société mais qu'il n'avait rien entrepris pour remédier à cette situation, s'en remettant sur ce point aux explications fournies par A.________. Ils en ont déduit que le recourant avait, par son attitude passive, commis une négligence grave au sens de l'art. 52 LAVS, laquelle était en relation de causalité naturelle et adéquate avec le dommage subi par la caisse. c) Comme en procédure cantonale, le recourant fait valoir qu'il a effectivement quitté la société en 1985 et qu'il n'avait eu, depuis lors, plus aucune influence sur la marche des affaires de la fiduciaire. Le seul reproche qu'on pouvait lui adresser était d'avoir omis d'effectuer sa radiation comme administrateur auprès du registre du commerce dès son retrait effectif du conseil d'administration. En outre, il estime que son comportement, qualifié de léger par les premiers juges, ne saurait constituer une négligence grave au sens de l'art. 52 LAVS. d) Cette argumentation se situe à la limite de la témérité. Non seulement le recourant s'est borné, durant toute la procédure, à prétendre sa démission du conseil d'administration sans pouvoir en apporter la moindre preuve, mais il a encore reconnu, devant le juge d'instruction pénal, "que du moment où (il avait) conservé ces fonctions, (il était) solidairement responsable avec A.________" (cf. procès-verbal de l'audience du 26 février 1991). En demeurant administrateur sans en assumer la charge dans les faits, le recourant a tout simplement méconnu l'une des attributions intransmissibles et inaliénables que lui confère l'art. 716a al. 1 CO, soit l'exercice de la haute surveillance sur les personnes chargées de la gestion, pour s'assurer notamment que celles-ci observent la loi, les règlements et les instructions données (ch. 5). En réalité, sa situation n'était pas très éloignée à celle d'un homme de paille, et c'est précisément en cela que réside sa faute, car celui qui se déclare prêt à assumer ou à conserver un mandat d'administrateur, tout en sachant qu'il ne pourra pas le remplir consciencieusement, viole son obligation de diligence (ATF 122 III 200 consid. 3b; RDAT 1993, I, p. 374 consid. 6). Sa négligence doit donc, sous l'angle de l'art. 52 LAVS, être qualifiée de grave (ATF 112 V 3 consid. 2b), surtout qu'elle s'est prolongée sur une période relativement longue. Que le recourant a finalement été acquitté de toute infraction en relation avec le non paiement des cotisations AVS n'est pas ici un élément décisif car, comme l'ont fait remarquer à juste titre les premiers juges, l'infraction réprimée à l'art. 87 al. 3 LAVS est soumise à des conditions de punissabilité différentes. La passivité du recourant est, de surcroît, en relation de causalité naturelle et adéquate avec le dommage subi par la caisse de compensation. En effet, s'il avait correctement exécuté son mandat, il aurait pu constater que les cotisations sociales étaient impayées et prendre les mesures qui s'imposaient; s'il n'avait plus la volonté de s'occuper de la gestion de la société, il devait alors démissionner de ses fonctions. Ne l'ayant pas fait, il répond du dommage qui en est résulté pour la caisse. Le recours est mal fondé.