Citation: H 163/00 19.10.2000 E. 3

3.- a) Les premiers juges retiennent en fait que le recourant travaillait au service de G._______ SA, qui était la société fiduciaire chargée des comptes de D._______ SA. A._______, qui maîtrisait mal la langue française, lui a demandé d'assumer la charge d'administrateur de D._______ SA. Dès le début de ses fonctions d'administrateur, le recourant savait que celle-ci se trouvait dans une situation difficile (comme employé de G._______ SA, il s'était personnellement occupé de la comptabilité de D._______ SA et avait été à ce titre en contact régulier avec A._______). En droit, les premiers juges considèrent que le recourant ne peut se disculper en affirmant, comme il l'a fait en procédure cantonale, qu'il n'était pas intéressé financièrement par l'activité de la société et qu'il avait accepté d'assumer la charge d'administrateur dans le seul but de rendre service à A._______. De plus, dans la mesure où des retards dans le règlement des cotisations d'assurances sociales étaient apparus en février 1995 déjà et qu'ils ont perduré jusqu'à la date de la faillite de la société, en été 1996, le recourant n'avait pas de raison sérieuse et objective de penser qu'en différant le paiement des cotisations, il serait à même d'assainir la situation. La juridiction cantonale a ainsi conclu à l'existence d'une faute qualifiée, au sens de l'art. 52 LAVS, à la charge du recourant. Le recourant objecte, pour l'essentiel, qu'il s'est toujours inquiété de la situation de la société. En mai 1995, des versements ont été opérés en faveur de la caisse de compensation, de manière à rattraper un arriéré qui s'était accumulé. Puis, le manque chronique de liquidités à disposition de la société l'a amené à négocier avec les banques, à exiger l'établissement d'une situation mensuelle et, enfin, à passer des accords avec l'office des poursuites pour l'amortissement progressif des dettes de cotisations, qui avaient fait l'objet de plusieurs poursuites. En outre, le recourant se prévaut d'une promesse faite par Valentin Alonso, qui se serait engagé à assainir la société par un apport de fonds et par la remise de garanties. b) Les arguments avancés par le recourant ne sont pas de nature à remettre en cause le bien-fondé du jugement attaqué. Le fait de s'alarmer de la situation, de négocier avec les créanciers ou encore de tabler sur la promesse d'un actionnaire majoritaire (sur ce point, le recours se réduit d'ailleurs à une simple affirmation) ne sont pas des circonstances qui feraient apparaître comme légitime ou non fautive l'inobservation par un administrateur des prescriptions en matière d'AVS (cf. ATF 108 V 186 consid. 1b, 193 consid. 2b; RCC 1985 p. 603 consid. 2 et 647 consid. 3a). Il faut observer, en plus, que la durée du mandat d'administrateur du recourant s'est étendue sur une période de vingt mois environ et que celui-ci - qui connaissait dès le début la situation difficile dans laquelle se trouvait la société - devait savoir que la poursuite de l'activité de l'entreprise ne pouvait guère être envisagée sans de nouveaux apports de fonds. Or, on ne voit aucun élément concret qui permettrait d'admettre que le recourant ait pu objectivement penser que de tels apports seraient fournis à la société à court ou moyen terme. Enfin, D._______ SA était une petite société, qui n'occupait que quelques salariés. En comparaison des salaires versés, le montant des cotisations impayées apparaît relativement important. A cela s'ajoute le laps de temps - en l'occurrence assez long - durant lequel les cotisations n'ont pas été - ou pas régulièrement - payées. Ce sont autant d'éléments qui doivent être pris en considération dans l'appréciation de l'ensemble des circonstances et qui, compte tenu des faits déjà relevés, conduisent à retenir l'existence d'une faute qualifiée propre à entraîner la responsabilité du recourant (comp. ATF 121 V 243).