Citation: 2C_444/2023 E. 2.3

2.3. Le recourant reproche tout d'abord à la Cour de justice d'avoir estimé que le Tribunal administratif de première instance "pouvait ainsi retenir à bon droit que le recourant faisait l'objet d'une attention particulière". En substance, le recourant fait valoir que la Cour de justice n'a pas pris en compte l'ensemble des déclarations du psychiatre traitant, desquels il ressortait notamment que sa détention présentait un danger sérieux pour sa vie, ni différents éléments qui ressortaient de la partie en fait de l'arrêt attaqué, soit ses trois tentatives de suicide, ainsi que plusieurs actes d'automutilation durant sa détention. Dans l'arrêt attaqué, la Cour de justice se fonde essentiellement sur les auditions du recourant et du médecin-psychiatre auprès de l'établissement de V.________, faites devant le Tribunal administratif de première instance. Il ressortait de celles-ci que le recourant avait vu à plusieurs reprises le psychiatre précité. Celui-ci avait évoqué sa disponibilité à l'égard de tous les détenus et avait démontré avoir une connaissance approfondie de la situation du recourant, en décrivant notamment les difficultés de sa prise en charge et les différentes mesures envisageables (hospitalisation, traitement plus puissant, présence accrue des infirmières). La Cour de justice s'est également basée sur le courriel du directeur de V.________ du 22 juin 2023, lequel indiquait que le recourant était vu régulièrement par les deux infirmières et à sa demande par le médecin généraliste et le psychiatre, ajoutant que, "conscients que [le recourant] présentait des fragilités importantes, tous les gardiens de V.________ rest[aient] très attentifs à son état de santé physique et mental et passaient beaucoup de temps avec lui quand il donnait des signes d'anxiété". Sur le vu de ces éléments, la Cour de justice pouvait confirmer sans arbitraire l'appréciation du Tribunal administratif de première instance lorsqu'il retenait que le recourant faisait l'objet d'une attention et d'une surveillance toute particulière à V.________. Elle pouvait également de façon soutenable considérer que le recourant bénéficiait dans le cadre de sa détention d'un suivi adapté au risque qu'il présentait pour sa propre santé. Le recourant ne parvient pas à établir le contraire. En particulier, les autres éléments qu'il invoque ne viennent pas contredire ce qui précède. Ni les précédentes tentatives de suicide, ni les difficultés exprimées par le psychiatre concernant la prise en charge en prison des troubles du recourant et, de façon générale, concernant le fait de devoir gérer seul le risque suicidaire des détenus ne s'opposent au fait qu'il ferait l'objet d'une attention particulière. Contrairement à ce que le recourant soutient, les circonstances personnelles de son cas n'ont pas été négligées par l'autorité précédente.