Citation: 5A_530/2019 E. 3.2.3

3.2.3. Certes, dans certaines circonstances, l'intervention d'un expert pourrait s'avérer inutile, voire déraisonnable, en particulier parce qu'elle engendrerait des coûts disproportionnés (cf. supra, consid. 3.1.3). L'autorité cantonale a nié que tel soit le cas en l'espèce. Se plaignant d'une constatation des faits " manifestement inexacte ", le recourant lui reproche, à cet égard, d'avoir tenu pour acquis que le coût de l'expertise était de 60'000 fr., montant correspondant à l'avance de frais demandée. Il allègue que, comme exposé dans sa réplique au recours cantonal, cette dernière couvre non seulement les frais d'expertise en tant que tels mais aussi les frais d'enlèvement, d'entreposage et d'assurance, qu'à la fin du mois d'octobre 2018 ces derniers se sont élevés à près de 30'000 fr. et qu'il ne fait dès lors aucun doute que l'avance de frais ne suffira pas à couvrir les frais d'expertise qu'il estime à " plusieurs centaines de milliers de francs ". Ce grief est irrecevable. Le recourant reprend en effet in extenso l'argumentation qu'il a exposée devant l'autorité cantonale pour contester la position de l'Office, alors qu'il devait s'en prendre aux considérations de la Chambre de surveillance (art. 42 al. 2 LTF), selon lesquelles la proportion entre l'avance de frais, voire une éventuelle avance de frais complémentaire, et le montant (40 millions de francs) des créances fondant le séquestre (0,15%), respectivement les valeurs assurées (0,8%), est négligeable. Le recourant invoque comme autres circonstances justifiant la renonciation à une expertise les risques d'une atteinte à sa réputation et d'endommagement des oeuvres d'art. Il n'expose toutefois nullement en quoi les mesures déjà prises par l'Office, à savoir la limitation du nombre d'intervenants impliqués dans le processus d'expertise et l'assurance prise auprès de D.________ d'une exécution de l'expertise discrète et confidentielle ainsi que la conclusion d'assurances couvrant d'éventuels dommages, ne suffiraient pas à protéger sa réputation et les biens mis sous main de justice. Il ne conteste pas non plus - ainsi que l'a retenu l'autorité cantonale - que l'expert appelé à intervenir est un professionnel habitué à manipuler de tels biens et pourra se déplacer dans les locaux sécurisés de l'entreposeur pour les examiner si besoin, sans qu'il soit nécessaire de les déplacer à nouveau. De fait, la maison de vente mandatée a déclaré pouvoir établir des estimations préliminaires sur la base des photos, sous réserve de quelques pièces qu'elle pourrait demander à voir. La critique du recourant se limite à une suite d'affirmations hypothétiques ou non démontrées dont il tire que la mise en oeuvre d'une expertise pourrait entacher sa réputation et endommager les oeuvres séquestrées.