Citation: 7B_366/2023 E. 3.3.3

3.3.3. Il est tout d'abord incontesté que les autorités pénales ont procédé à différentes mesures d'instruction depuis le dépôt de la plainte. Elles disposent ainsi notamment des données figurant sur le serveur US, ainsi que de celles saisies à Genève; ces éléments semblent en outre avoir été à disposition des autorités pénales depuis, au plus tard, la levée des scellés d'août 2018. Les représentants de la société intimée ont également été entendus au printemps et en automne 2021; selon l'autorité précédente, ils ont apporté "moult détails" notamment sur les processus décisionnels et les organigrammes de la société intimée, ce qui contribuait à resserrer "quelque peu le périmètre des personnes physiques à identifier" (voir également les noms mis en évidence par des courriels; cf. consid. 3.4 p. 13 de l'arrêt attaqué). Cela étant, au jour de l'arrêt attaqué, les données figurant sur les supports susmentionnés n'avaient pourtant pas encore été exploitées, "même de façon embryonnaire" (cf. consid. 3.4 p. 13 de l'arrêt attaqué). Si on peut s'en étonner, on ne saurait non plus ignorer que le volume des données à exploiter est particulièrement important dans le cas d'espèce. Le Ministère public ne paraît pas non plus avoir disposé d'informations suffisantes lui permettant de cibler, notamment par des mots-clés, les données pertinentes, faute semble-t-il d'une collaboration appropriée de la part de la société intimée, pourtant partie plaignante. L 'autorité précédente a en outre expressément relevé l'absence de mise en évidence d'actes viciés ou de flux de fonds précis qui viendraient étayer le comportement de l'agent/des agents corrompu (s) en lien avec l'avantage indu qu'il (s) aurai (en) t perçu ("rapport de prestation à contre-prestation" ou "rapport d'équivalence" [DUPUIS ET AL., Petit commentaire, Code pénal, 2e éd. 2017, n° 19 ad art. 322ter CP]; cf. consid. 3.4 p. 14 de l'arrêt attaqué). La société intimée ne le conteste d'ailleurs pas, soutenant en substance qu'une analyse détaillée des contrats qu'elle considère comme entachés de corruption aurait été entreprise si elle avait eu accès au dossier (cf. notamment p. 23 de ses observations du 24 août 2023); dès lors que l'un des éléments à exploiter par le Ministère public est une "image" de son propre serveur, cette explication peine à convaincre. Au jour de l'arrêt attaqué, la société intimée n'avait pas non plus identifié lesquels des septante contrats produits auraient été entachés de corruption, examen qui aurait pourtant commencé en juillet 2022 (cf. let. B.p p. 7 de l'arrêt entrepris et p. 25 des déterminations de la société intimée du 24 août 2023). Au regard de ces premières considérations, les soupçons initiaux n'apparaissent ni diminués, ni renforcés, que ce soit par les mesures d'instruction effectuées - en raison principalement du défaut d'exploitation - ou par des informations qu'aurait apportées la société intimée à l'appui de ses allégations.