Citation: I 315/04 20.10.2005 E. 3

Selon la juridiction cantonale, un changement important des circonstances n'était pas intervenu entre la décision de 1993 supprimant le droit à la contribution pour mineur impotent et la décision attaquée, dans la mesure où la vue du recourant n'avait pas subi de péjoration notable. Les conditions de la révision n'étaient dès lors pas remplies et le droit à la prestation devait être nié; en outre, vu les valeurs obtenues aux examens d'acuité visuelle, le recourant ne présentait pas une grave faiblesse de la vue. 3.1 Les premiers juges ont cependant oublié que les conditions de la révision ne sont pas indispensables pour l'admission d'une impotence moyenne ou de faible degré lors du passage, en raison de l'âge, du droit à une contribution aux frais de soins à celui d'une allocation pour impotent (RCC 1990 p. 52). En l'absence de définition plus précise de l'impotence, l'art. 20 LAI permet en effet, contrairement à l'art. 42 al. 2 LAI, de prendre en considération des éléments qui ne peuvent plus être retenus pour un assuré adulte, bien qu'en principe la notion et l'évaluation de l'impotence des assurés mineurs s'appuient sur les mêmes critères. 3.2 Selon la demande d'allocation, le recourant a besoin de l'aide de son entourage pour couper les aliments, se raser, mettre en orde les habits et contrôler la propreté après les toilettes, entretenir et mettre en place ses lentilles oculaires, se déplacer (lieux inconnus ou lorsqu'il fait sombre) à l'extérieur et entretenir des contacts avec l'entourage. Le docteur C.________ a cependant relevé dans son rapport du 14 juin 2001 les incohérences que comportait le questionnaire sur l'impotence; ainsi l'aide était-elle indiquée comme nécessaire pour replacer les habits après les toilettes, alors que l'habillage et le déshabillage pouvaient se faire de manière autonome; d'autre part, la vision de 0,4-0,6 établie par les examens d'acuité visuelle ne permettait pas de retenir le besoin d'une aide importante pour couper des aliments ou établir des contacts avec l'entourage. 3.3 De l'avis de l'OCAI et de son service médical, la personne qui dispose d'une acuité visuelle de 0,4-0,6, vision la meilleure dans le cas du recourant, est capable de faire seule tous les actes ordinaires de la vie; certes, avec quelques difficultés supplémentaires par rapport à un assuré qui ne présenterait pas les troubles visuels dont le recourant est affligé, notamment lors de déplacements à l'extérieur en cas d'obscurité. Les éléments au dossier ne justifient pas de s'écarter de cette appréciation : lors de la dernière enquête sur l'impotence, à la base de la décision mettant fin au droit à la contribution pour mineur impotent, il a été établi que l'assuré ne nécessitait pas d'aide pour les autres actes ordinaires de la vie, hormis les déplacements dans un lieu inconnu. L'acuité visuelle du recourant avec moyens auxiliaires ne s'étant pas modifiée depuis lors, on ne voit pas qu'une aide régulière et importante d'autrui soit devenue nécessaire pour accomplir au moins deux actes ordinaires de la vie (art. 36 al. 3 let. a RAI). De même, l'aide apportée pour l'entretien et la mise en place de lentilles de contact, une fois par semaine, ne peut être assimilée à des soins permanents et particulièrement astreignants (art. 36 al. 3 let. c RAI). L'administration et les premiers juges ont également considéré que les conditions posées par la pratique pour admettre une grave infirmité nécessitant d'importants services fournis régulièrement par des tiers, en l'espèce une grave faiblesse de la vue, n'étaient pas réunies (art. 36 al. 3 let. d RAI). Les griefs invoqués ne permettent pas de retenir une autre solution : le recourant ne présente pas une acuité visuelle à distance corrigée bilatéralement, inférieure à 0,2. Aucune pathologie pouvant évoquer une atteinte du champ visuel (maladie de la rétine ou des voies optiques) n'est signalée; chez le recourant, un examen du champ visuel n'est pas possible ou l'interprétation de celui-ci serait difficile voire impossible, en raison d'un nystagmus, sans que l'on puisse conclure à un champ visuel altéré (rapport du docteur C.________ du 25 janvier 2002 et complément du 26 mars 2003). Selon le docteur I.________, on peut admettre une grande faiblesse de la vue en raison de l'absence de vision binoculaire et la présence d'un fort nystagmus; cette assertion, succinte et timide, n'explique cependant pas en quoi ces deux éléments devraient être assimilés aux autres atteintes du champ visuel (pertes sectorielles ou en croisant, hémianopsies ou scotomes central) entraînant les mêmes effets qu'une diminution visuelle ou une limitation du champ visuel dans les limites retenues par la pratique pour admettre une grave faiblesse de la vue.