Citation: 1P.749/2004 13.01.2005 E. 5

Le recourant nie le risque de collusion retenu en l'espèce pour faire échec à sa libération provisoire. L'arrêt attaqué serait insuffisamment motivé sur ce point. 5.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151; 123 I 31 consid. 3c p. 36; 117 Ia 257 consid. 4c p. 261). L'autorité doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer, et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (cf. ATF 123 I 31 consid. 2b p. 33/34). Enfin, les besoins de l'instruction ne peuvent constituer un motif valable de détention que si les opérations d'enquête, dont le bon déroulement ne doit pas être compromis par la libération provisoire du prévenu, se poursuivent sans désemparer (arrêt 1P.468/2003 du 2 septembre 2003 consid. 3.2). 5.2 Le Tribunal d'accusation a motivé le risque de collusion par le fait que des investigations étaient en cours afin de déterminer la nature et l'ampleur de l'activité délictueuse du prévenu, que la présente cause semblait n'être qu'un volet d'une enquête plus vaste portant sur un important trafic de stupéfiants et qu'une libération était de nature à compromettre l'issue des recherches. Il ne donne cependant aucune indication sur les mesures d'instruction entreprises ou à entreprendre. En particulier, le renvoi au rapport de police du 8 octobre 2004 est inopérant car celui-ci ne dit rien de telles mesures. On ignore ainsi si ces mesures seraient en relation avec les faits qui sont reprochés au recourant et si ce dernier aurait les moyens d'y faire obstacle en cas de libération provisoire. Le Juge d'instruction n'a donné aucune indication à ce sujet propre à pallier le défaut de motivation qui affecte sur ce point l'arrêt attaqué. Pour le surplus, sur la base des pièces versées au dossier, le Tribunal fédéral n'est pas en mesure de tenir pour avérée l'existence d'un risque concret de collusion. Le Tribunal d'accusation a justifié le maintien de la détention par les besoins de l'instruction exclusivement. Le Juge d'instruction a certes évoqué le risque de fuite pour s'opposer à la libération provisoire du recourant; il n'a cependant fourni aucun élément propre à l'établir concrètement, de sorte que la détention préventive ne saurait, en l'état, être ordonnée pour ce motif. L'arrêt attaqué doit dès lors être annulé. Cela ne signifie pas pour autant que le recourant doive être libéré car il n'est pas exclu que son maintien en détention puisse se justifier par un risque de collusion, suffisamment motivé, ou pour d'autres motifs. Il appartiendra aux autorités cantonales de réexaminer à bref délai cette question sur le vu du résultat des diverses mesures d'instruction entreprises dans l'intervalle (cf. ATF 125 I 113 consid. 3 p. 118; 116 Ia 60 consid. 3b p. 64; 115 Ia 293 consid. 5g p. 308; 114 Ia 88 consid. 5d p. 93).