Citation: 4A_406/2024 E. 5.2

5.2. Semblable argumentation n'emporte pas la conviction de la Cour de céans. Force est d'emblée de relever que la requérante fonde en l'occurrence sa demande de révision sur la décision rendue par le Tribunal disciplinaire de l'UCI en mai 2024, soit un moyen de preuve postérieur au prononcé de la sentence entreprise. Or, il ressort clairement du texte de l'art. 190a al. 1 let. a LDIP qu'une partie ne peut pas se prévaloir de faits ou de moyens de preuve postérieurs à la sentence querellée. La requérante, qui cherche à contourner ce problème en affirmant que l'organe disciplinaire de l'UCI a nécessairement dû se baser sur des moyens de preuve qui existaient déjà au moment de la reddition de la sentence arbitrale pour retenir que l'intimé avait enfreint la réglementation antidopage lors du Tour d'Italie 2022, ne saurait être suivie, car pareille démarche est incompatible avec la lettre de l'art. 190a al. 1 let. a LDIP (ATF 149 III 277 consid. 4.3 et les références citées; arrêt 4A_69/2022 du 23 septembre 2022 consid. 4.4 non publié in ATF 148 III 436). Mais il y a plus. Au cours de la procédure d'arbitrage, la Formation et la requérante savaient pertinemment qu'une procédure disciplinaire avait été ouverte en mai 2023 à l'encontre de l'intimé car ce dernier était suspecté d'avoir utilisé de la ménotropine à l'époque du Tour d'Italie 2022. Ainsi, le prétendu nouvel élément allégué par la requérante - à savoir l'usage par l'intimé d'une substance interdite lors du Tour d'Italie 2022 - n'a en réalité pas été découvert après coup. Seule la sanction prononcée par le Tribunal disciplinaire de l'UCI à raison de ces faits, postérieurement au prononcé de la sentence attaquée, est nouvelle. Cette seule circonstance n'est toutefois pas déterminante. La lecture de la sentence attaquée permet en effet de constater que la Formation a considéré qu'elle était saisie d'un litige d'ordre contractuel et qu'il ne lui appartenait pas de déterminer si l'intimé avait commis ou non une infraction à la réglementation antidopage (sentence, n. 117). La Formation avait du reste refusé de suspendre la cause pendante devant elle jusqu'à droit connu sur la procédure disciplinaire initiée contre l'intimé. Autrement dit, les arbitres ont visiblement considéré, à tort ou à raison, que le point de savoir si l'intimé avait enfreint la réglementation antidopage n'avait aucune incidence sur le sort du présent litige. Il s'ensuit que les éléments prétendument nouveaux invoqués par la requérante ne présentent pas un caractère pertinent respectivement concluant, puisqu'ils ne sont pas de nature à entraîner une modification de la sentence entreprise, eu égard aux considérations émises par les arbitres pour justifier la solution retenue par eux.