Citation: U 74/01 10.12.2001 E. 4

4.- a) Le recourant conteste également le taux d'atteinte à l'intégrité retenu par l'intimée, reprochant à cette dernière de n'avoir pas tenu compte des conséquences concrètes de ses atteintes à la santé sur sa vie quotidienne. Il résulte toutefois de l'art. 25 al. 1 LAA que l'indemnité pour atteinte à l'intégrité est fixée en fonction de la gravité de l'atteinte, qui s'apprécie d'après les constatations médicales. C'est dire que chez tous les assurés présentant le même status médical, l'atteinte à l'intégrité est la même; elle est évaluée de manière abstraite, égale pour tous, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de tenir compte des inconvénients spécifiques qu'elle entraîne pour l'assuré concerné (ATF 115 V 147 consid. 1, 113 V 221 consid. 4b et les références). Dès lors, l'intimée pouvait à bon droit déterminer le taux d'atteinte à l'intégrité du recourant sans prendre en considération les répercussions concrètes des lésions subies au regard de ses activités. b) A.________ fait ensuite valoir que le taux d'atteinte à l'intégrité retenu par l'intimée ne prend pas suffisamment en considération la gravité des atteintes subies, ni le fait qu'elles s'aggraveront avec les années, selon toute probabilité. aa) L'annexe 3 à l'OLAA comporte un barème des atteintes à l'intégrité en pour cent du montant maximum du gain assuré. Ce barème - reconnu conforme à la loi - ne constitue pas une énumération exhaustive (ATF 124 V 32 consid. 1b et les références). Il représente une "règle générale" (ch. 1 al. 1 de l'annexe). Pour les atteintes qui sont spéciales ou qui ne figurent pas dans la liste, il y a lieu d'appliquer le barème par analogie, en tenant compte de la gravité de l'atteinte (ch. 1 al. 2 de l'annexe). A cette fin, la division médicale de la CNA a établi des tables complémentaires comportant des valeurs indicative destinées à assurer autant que faire se peut l'égalité de traitement entre les assurés. Ces tables émanant de l'administration ne constituent pas une source de droit et ne lient pas le juge, mais sont néanmoins compatibles avec l'annexe 3 à l'OLAA (ATF 113 V 219 consid. 2b). bb) D'après le rapport du 27 mars 1998 du docteur E.________, le recourant souffre d'une importante arthrose du coude gauche limitant sa mobilité et diminuant la force du bras gauche, ainsi que d'une arthrose fémoro-patellaire droite débutante. Ces affections ne figurent pas dans l'annexe 3 à l'OLAA, mais sont mentionnées dans la table 5.2 établie par la CNA (atteinte à l'intégrité résultant d'arthroses), à laquelle le Tribunal fédéral des assurances s'est déjà référé à plusieurs reprises (cf. notamment RAMA 2000 no U 362 p. 43 sv. consid. 2b, 1987 no U 21 p. 328). Cette table prévoit un taux d'atteinte à l'intégrité de 10 à 25 % pour une arthrose grave du coude, et un taux de 5 à 10 % pour une arthrose moyenne fémoro-patellaire. Dès lors, en proposant de retenir un taux de 20 % pour les lésions subies au coude gauche et de 7,5 % pour l'arthrose fémoropatellaire, le docteur E.________ a pris en considération aussi bien l'importance des atteintes dont souffrait le recourant, que leur aggravation prévisible. Il n'y a pas de motif de s'écarter du rapport établi par ce médecin, dont les constatations sont corroborées par l'expertise du 13 août 1997 du docteur D.________ (qui n'a toutefois pas fait de proposition relative au taux d'atteinte à l'intégrité). Le recours est donc mal fondé, en tant qu'il porte sur le montant de l'atteinte à l'intégrité allouée par l'intimée. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :