Citation: 4A_550/2017 E. 3.4

3.4. La lecture de la sentence résumée ci-dessus (consid. 3.2 et 3.3) permet de constater que les arbitres ont bel et bien pris en compte l'argumentation de la recourante, contrairement à ce qu'elle plaide. En particulier, ils ont intégré son argument quant à une simulation de partie, puisqu'ils ont expressément mentionné que le contrat simulé était censé lier la recourante à une entité du groupe I.________. Quant à savoir si la motivation fournie est cohérente et convaincante, cette question ne ressortit plus au droit d'être entendu et échappe à la cognition du Tribunal fédéral. La recourante fait également grief aux arbitres d'avoir ignoré une série d'arguments et de moyens de preuve portant notamment sur l'existence « dûment allégué[e], preuve à l'appui», d'un accord conclu avec II.________ - l'un des héritiers du fondateur du groupe - pour la distribution du bichromate de sodium; sur le fait que l'avocat de M.________ était en réalité celui de II.________, lequel avait des liens dûment établis avec M.________; que cette société monégasque n'avait fourni aucune prestation et établi aucun contact avec la recourante et l'administrateur de la société faillie. Les arbitres auraient de surcroît négligé le fait qu'il était question de payer le montant de 2'000'000 USD sous forme de livraisons de bichromate de sodium, marché qui n'entrait pas dans le domaine d'activité de M.________, ou encore le fait que la recourante avait fourni de nombreux arguments pour justifier le paiement de l'acompte. Le grief est infondé. Certains éléments sont mentionnés dans la sentence, qui relève notamment que le contrat « théorique» n'a jamais été signé et concède que la demanderesse était bien en peine d'expliquer quelles prestations elle avait fournies. Les arbitres sont arrivés à la conclusion que nonobstant divers éléments non élucidés, l'obligation telle qu'énoncée dans l'accord litigieux était contraignante dès lors qu'elle était assujettie à une condition qui avait été formulée en toute connaissance de cause, et qui s'était réalisée. Ils ont ainsi implicitement rejeté les arguments opposés par la recourante, qui ne saurait au demeurant obtenir une motivation détaillée sur chaque détail de son raisonnement, droit que ne confère pas non plus l'art. 29 al. 2 Cst. Enfin, la recourante ne saurait conduire l'autorité de céans, sous le couvert du moyen tiré de la violation du droit d'être entendu, à revoir l'appréciation des preuves et l'argumentation juridique des arbitres.