Citation: 6A.30/2006 29.05.2006 E. 2

En résumé, le Tribunal administratif a considéré que l'art. 55 al. 2 CP laissait un large pouvoir d'appréciation à l'autorité compétente pour différer ou non l'expulsion à titre d'essai (ATF 116 IV 283 consid. 2a). D'après le Tribunal administratif, l'autorité compétente a apprécié correctement les chances de réinsertion sociale de l'intéressé, qui ne paraissent pas meilleures en Suisse qu'auprès de sa famille en Algérie. En effet, outre le fait qu'il est sous le coup d'une expulsion administrative, il s'est marié une première fois en Algérie et a eu deux enfants nés en 1988 et en 1990. Il a divorcé en 1990 et a épousé une Italienne titulaire d'une autorisation de séjour en Suisse. De cette union est née la fille qui déclare aujourd'hui avoir besoin de son père. Cependant, celui-ci a divorcé derechef en 1998 puis s'est remarié en 2003, en Algérie, avec sa première épouse. Son ex-épouse italienne s'est remariée et a deux enfants issus de cette nouvelle union. Ainsi, le recourant a sa famille en Algérie (épouse, deux enfants, ses parents) et a pu y retourner régulièrement pour y passer des vacances. Sur le plan des possibilités de travail en Suisse où il a été au chômage depuis mai 2005, les perspectives ne sont pas solides, même s'il a obtenu un emploi temporaire d'aide-cuisinier de trois mois, dès janvier 2006. Il ne jouit d'aucune formation et, par le passé, il a bénéficié plusieurs fois de l'aide sociale. Cette précarité prévisible fait craindre que le recourant ne se retrouve dans la situation de commettre de nouvelles infractions. Le Tribunal administratif en conclut que la seule présence en Suisse de la fille du recourant, dont il désire se rapprocher, ne suffit pas pour conjecturer qu'il se conduira bien. Ainsi, l'autorité compétente n'aurait commis aucun excès ou abus de son pouvoir d'appréciation en refusant de différer l'expulsion (art. 55 al. 2 CP). Ces considérants sont convaincants et il peut y être renvoyé (art. 36a al. 3 OJ). En particulier, le recourant ne conteste pas l'existence des nombreux liens familiaux qu'il a en Algérie mais voudrait faire prévaloir celui qui l'attache à sa seule fille en Suisse, vivant dans une famille recomposée. Des lors, le recours doit être rejeté, dans la mesure où il est recevable.