Citation: 5A_429/2024 E. 5.4

5.4. En l'occurrence, le revenu de 16'000 fr. par mois retenu par la cour cantonale ne correspond ni au bénéfice net moyen de 10'307 fr. 60 par mois réalisé par le recourant entre 2018 et 2022 ni au montant des prélèvements privés moyens de 14'829 fr. 83 par mois pour les années 2018 à 2021. Les motifs exposés dans l'arrêt entrepris ne permettent pas de justifier la prise en compte d'un revenu effectif de cet ordre. La possibilité que le recourant perçoive des honoraires en espèces et sur ses comptes privés prend appui sur une attestation d'un tiers adressée à l'intimée faisant état de paiement d'honoraires en espèces au recourant, dont un montant de 20'000 fr. en décembre 2004, et sur un versement de 15'000 fr. opéré sur son compte privé le 25 juin 2021, ce qui est insuffisant pour admettre l'existence d'un revenu réel mensuel supérieur de près de 5'700 fr. au bénéfice net réalisé par le recourant entre 2018 et 2022. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'arrêt entrepris - et l'intimée ne le prétend du reste pas dans sa réponse au recours - que le recourant se serait soustrait à son obligation de collaborer à l'établissement de ses revenus, en refusant de produire les pièces justificatives comptables pour les années 2018 à 2022 ou les relevés de ses comptes privés. La cour cantonale ne pouvait donc pas se limiter à prendre argument de ce que les pièces produites étaient insuffisantes ou à invoquer de manière générale que la cause de nombreux retraits et versements n'était pas connue pour justifier la prise en compte d'un revenu effectif supérieur. Elle se devait, conformément à la maxime inquisitoire illimitée applicable ici (art. 296 al. 1 CPC), d'instruire ce point en examinant les comptes détaillés, accompagnés des justificatifs, comme elle l'a fait, à tout le moins en partie, pour les années 2021 et 2022, le cas échéant en requérant du recourant la production des documents qu'elle estime manquants. Les constats auxquels elle est parvenue sur la base de cet examen - à savoir que le recourant a réglé des frais purement privés de 5'385 fr., 2'048 fr., 3'448 fr., 4'628 fr. et 2'303 fr. au moyen de ses comptes professionnels et qu'il a perçu des revenus non annoncés de 15'000 fr., 2'457 fr. 10 et 2'521 fr. 80 pour ces deux années - ne mènent pas à considérer que le recourant perçoit effectivement 16'000 fr. par mois. Quant à la considération cantonale portant sur la vraisemblance du salaire dont le recourant pourrait prétendre s'il était employé, elle n'est d'aucune pertinence pour déterminer l'ampleur de ses revenus effectifs, mais résulte d'un raisonnement qui relève de l'imputation d'un revenu hypothétique, dont il n'est pas examiné dans l'arrêt entrepris si les conditions sont remplies. Il suit de là que le grief d'arbitraire soulevé par le recourant en lien avec l'établissement de ses revenus doit être admis et la cause renvoyée à la cour cantonale pour complément d'instruction et nouvelle décision sur ce point. En tant qu'elles reposent sur des constatations qui ne résultent pas de l'arrêt entrepris (cf. supra consid. 2.2), les considérations de l'intimée selon lesquelles des montants d'au minimum 60'000 fr. auraient été versés directement sur le compte BCV personnel du recourant au titre d'honoraires et de remboursement de primes professionnelles entre 2018 et 2021 ou que le recourant avait offert un train de vie élevé à la famille pendant la vie commune sont sans influence sur le sort du grief.