Citation: 5A_121/2024 E. 4.3

4.3. L'autorité de surveillance apprécie librement les preuves (art. 20a al. 2 ch. 3 LP), c'est-à-dire selon sa libre conviction. Cela signifie que l'autorité n'est pas liée à une hiérarchie entre les moyens de preuve et l'on ne peut nier par avance et de manière générale le caractère adéquat d'un moyen de preuve déterminé (arrêt 5A_88/2020 du 11 février 2021 consid. 4.3.2; 5A_113/2015 du 3 juillet 2015 consid. 3.2; 5A_250/2012 du 18 mai 2012 consid. 7.4.1). L'admissibilité des moyens de preuve et la forme de l'administration des preuves sont régies par le droit cantonal (art. 20a al. 3 LP; ATF 102 III 10 consid. 2a; arrêt 5A_44/2008 du 7 juillet 2008 consid. 5.3; COMETTA/MÖCKLI, in Basler Kommentar, SchKG I, 3e éd. 2021, no 40f ad art. 20a LP). Dans le canton de Fribourg, les moyens de preuve autorisés sont régis par l'art. 46 CPJA/FR, auquel l'art. 9 al. 2 LALP/FR renvoie. Selon cette disposition, l'autorité peut notamment recourir aux documents et renseignements des parties, des autorités et à l'audition des parties (art. 46 al. 1 let. a et c CPJA/FR); elle peut également recourir à l'audition de témoins, mais seulement si les faits ne peuvent pas être suffisamment élucidés à l'aide des autres moyens de preuve (art. 46 al. 2 CPJA/FR). En l'occurrence, il est constant que le procès-verbal de la vente aux enchères ne contient pas d'indication en lien avec la production de la procuration et d'une copie de la pièce d'identité de E.________. L'arrêt entrepris mentionne que si une pièce attestant de la réception desdits documents existait, l'Office l'aurait déjà produite dans ses déterminations, ce qui explique pour quelle raison l'autorité cantonale n'a pas requis la production de pièces. Cela étant, dite autorité a acquis la conviction que la procuration et la copie de la pièce d'identité avaient été produites en temps utile en se basant sur les déclarations écrites de E.________ et de F.________, ainsi que sur celles du préposé et de sa substitute. S'agissant de ces dernières déclarations, la recourante ne discute pas, en tant que telle, la motivation cantonale en lien avec l'absence d'intérêts et le risque que prendraient les représentants de l'Office de certifier faussement la remise à temps de la procuration. En effet, elle se limite à observer que le préposé aurait subi des pressions de l'adjudicataire, opposant ainsi sa propre appréciation à celle de l'autorité précédente. S'il est vrai que le préposé s'est enquis à plusieurs reprises de l'avancée de la procédure auprès de l'autorité cantonale et du Tribunal de céans en précisant que l'acquéreur s'impatientait, il n'apparaît pas que l'on puisse en déduire qu'il aurait été " sous pression " et a fortiori que cela l'aurait amené à faire de fausses déclarations. La position du préposé, déjà exprimée dans les déterminations de l'Office du 23 mai 2023, est du reste confirmée par la substitute, qui a cosigné la détermination du 14 novembre 2023 adressée à l'autorité cantonale dans lequel l'Office précise que celle-ci était présente lors de la vente et certifie de la remise des documents litigieux avant l'adjudication. Or, la recourante ne dit mot de cette prise de position de la substitute, qui, avant l'écriture du 14 novembre 2023, ne s'était jamais manifestée dans le cadre de la présente procédure. Singulièrement, la recourante ne remet pas en cause sa présence à la vente ni ne soutient qu'elle aurait personnellement subi des pressions de la part de l'adjudicataire. En ce qui concerne les déclarations de E.________ et de F.________, ceux-ci ont répondu aux questions posées par l'autorité cantonale en indiquant que le premier avait transmis directement sa procuration et la copie de sa carte d'identité à l'Office, le jour des enchères et avant l'adjudication. La recourante ne conteste pas que ces déclarations ont valeur de preuves, ce qui, au regard des dispositions cantonales précitées, et en particulier de l'art. 46 CPJA/FR, apparaîtrait de toute manière infondé. Mais elle fait uniquement valoir qu'elles ne seraient corroborées par aucune " autre preuve " par pièces confirmant l'envoi desdits documents, telles qu'une copie d'enveloppe ou un tirage de courriel. Elle perd ainsi de vue que l'autorité cantonale n'est pas liée à une hiérarchie entre les moyens de preuve. Le seul fait que les administrateurs de l'adjudicataire puissent avoir un intérêt à l'issue de la présente procédure ne saurait par ailleurs conduire à exclure leurs déclarations, celles-ci devant être prises en compte par l'autorité dans le cadre de la libre appréciation des preuves (cf. arrêts 5A_185/2023 du 7 juin 2023 consid. 3.2.2; 4A_673/2016 du 3 juillet 2017 consid. 2.1.2 avec les références). Au vu de ce qui précède, il y a lieu de considérer que la recourante ne parvient pas à démontrer que l'appréciation cantonale, fondée sur les déclarations écrites des administrateurs de l'adjudicataire et des représentants de l'Office, serait entachée d'arbitraire. Dès lors qu'il résulte de ces déclarations que les documents ont été remis directement à l'Office avant l'adjudication, le refus de l'autorité cantonale d'entendre comme témoins les autres personnes présentes au moment de la vente aux enchères au motif qu'elles n'avaient pas accès aux documents déjà en mains de l'Office n'apparaît pas critiquable, la recourante n'exposant pas en quoi, dans ces circonstances, l'audition de ces personnes serait susceptible de modifier l'appréciation cantonale. N'apparaît pas non plus critiquable le rejet de la requête tendant à poser des questions complémentaires à F.________ sur le mode de transmission de la procuration, celui-ci ayant expliqué que E.________ avait transmis directement à l'Office sa procuration, de sorte qu'il n'a à l'évidence pas eu de connaissance directe de ce fait. Il suit de là qu'autant que recevable, le grief doit être rejeté.