Citation: 9C_735/2019 E. 5.2

5.2. Comme l'ont indiqué le tribunal cantonal dans son jugement et l'administration dans son recours, des faits nouveaux - c'est-à-dire des faits qui se sont produits jusqu'au moment où des allégations de faits étaient encore recevables dans la procédure principale mais qui n'étaient pas connus du requérant malgré toute sa diligence - peuvent justifier la révision procédurale d'une décision au sens de l'art. 53 al. 1 LPGA. Les documents médicaux destinés à prouver ces faits ne doivent pas donner une appréciation différente de la situation prévalant au moment de la décision entreprise mais démontrer que les bases de ladite décision comportaient des défauts objectifs. Une appréciation initiale inexacte doit donc être la conséquence de l'ignorance ou de l'absence de preuve de faits essentiels pour la décision (cf. ATF 127 V 353 consid. 5b p. 358). En l'occurrence, comme le relève l'office recourant, le docteur F.________ a évoqué l'existence probable d'une dépression pour la première fois le 6 mai 2015 et la doctoresse G.________ des symptômes psychiques pour le première fois le 5 novembre 2015. Cette dernière a alors précisé que l'état psychologique s'était dégradé de façon importante après une intervention neurochirurgicale. Sur demande de l'administration, elle a indiqué que sa patiente souffrait d'un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère avec symptômes psychotiques, constaté en juillet 2015 mais en rémission partielle depuis l'automne 2015, et d'un trouble mixte de la personnalité, avec prédominance des traits évitants et histrioniques. Elle a daté l'apparition des symptômes (persistants mais de gravité fluctuante) en 2010 en se fondant uniquement sur l'anamnèse. Le docteur I.________ a quant à lui établi son rapport le 28 juin 2018. Il a diagnostiqué un état de stress post-traumatique depuis l'âge de quinze ans, une altération de la personnalité après une expérience de catastrophe décompensée depuis 2011, ainsi qu'un trouble de l'humeur non spécifié, un trouble somatoforme non spécifié et une majoration des symptômes physiques pour des raisons psychologique depuis 2011. Il a fixé l'incapacité totale de travail au mois d'octobre 2011. Il a déduit cette date également de l'anamnèse et l'a liée au licenciement survenu le 27 septembre 2011 ainsi qu'à la perte corrélative du rôle de soutien financier pour la famille élargie. Ces considérations sont ainsi le résultat d'une appréciation fondée essentiellement sur les déclarations - subjectives - de l'assurée. Elles sont certes motivées de façon circonstanciée. Elles ne sont cependant pas entièrement concordantes entre elles. En effet, la doctoresse G.________ a lié la dégradation de l'état psychique (dont les symptômes auraient été présents avec une gravité fluctuante depuis 2010) à la craniotomie pour excision d'un carcinome pratiquée le 11 septembre 2015 et a constaté sa rémission partielle déjà en automne 2015 tandis que le docteur I.________ a lié la survenance de l'incapacité de travail pour raisons psychiatriques à la perte de l'emploi qui, contrairement à ce qu'il semblait accroire sur la base des plaintes de l'intimée, n'était pas due à une atteinte à la santé mais à la commission d'une faute grave. Ces motivations divergentes tendent déjà à démontrer que le psychiatre traitant et l'expert psychiatre ont apprécié différemment la même situation.