Citation: 8C_21/2024 E. 5.2

5.2. Cette critique est mal fondée. La recourante a eu 30 jours à disposition pour prendre position sur le projet de décision de l'intimé du 23 juin 2022. Il n'est pas contesté que ce délai de 30 jours, légal, n'était pas prolongeable. La recourante a toutefois bénéficié ensuite d'un nouveau délai - d'ordre cette fois-ci - pour compléter ses observations et surtout produire d'éventuels moyens de preuve. Ce délai, fixé au 31 août 2022, a été prolongé au 7 octobre 2022. La recourante a ainsi disposé de suffisamment de temps pour agir, en particulier pour déposer d'éventuels avis médicaux remettant en cause l'appréciation des experts de SMEX, qui ont remis leur rapport en février 2022. A cet égard, on ne saurait retenir, comme le soutient la recourante, que seule une expertise privée pouvait remplir cette fonction. On rappellera que selon la jurisprudence, l'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 143 V 124 consid. 2.2.2; 125 V 351 consid. 3a; 122 V 157 consid. 1c). Aussi, des avis de médecins traitants peuvent suffire à remettre en cause les conclusions d'une expertise, si ceux-ci font état d'éléments objectifs et pertinents ignorés dans le cadre de l'expertise (arrêt 8C_685/2023 du 28 mars 2024 consid. 5.1 et l'arrêt cité). L'intimé ayant spécifié que la prolongation de délai au 7 octobre 2022 était la dernière, il était en droit de rendre une décision le 10 octobre 2022 sans donner suite à la nouvelle demande de prolongation de la recourante. En tout état de cause, une éventuelle violation du droit d'être entendue de la recourante aurait pu être guérie en instance cantonale (cf. arrêt 9C_6/2024 du 27 mai 2024 consid. 4.2 et les arrêts cités). La recourante avait en effet la possibilité de produire une éventuelle contre-expertise devant le tribunal cantonal, qui est doté d'un plein pouvoir d'examen, ce dont elle s'est abstenue bien qu'elle ait été invitée à le faire par la juge instructrice et que l'arrêt cantonal ait été rendu plus d'un an après le dépôt du recours. Comme relevé par les premiers juges, la recourante n'a même pas fourni le moindre document prouvant la mise en oeuvre concrète d'une expertise. On ne peut pas leur faire grief de ne pas avoir requis spécifiquement la production d'un tel document, la recourante étant de surcroît représentée par un mandataire professionnel spécialisé. Il s'ensuit que le recours, mal fondé, doit être rejeté.