Citation: 5A_447/2023 E. 4.1

4.1. Selon les constatations des juges précédents, l'épouse est titulaire de 200 actions préférentielles de la société suédoise Connecting Capital Holding AB détenue majoritairement par son père, et perçoit à ce titre des dividendes de 2'500 fr. net par mois (500'000 SEK brut - 30 % d'impôts à la source). Aucun des éléments au dossier ne permet de retenir, sous l'angle de la vraisemblance, qu'elle bénéficierait d'autres revenus, en particulier résultant d'une activité lucrative. Elle dispose certes d'une adresse mail ainsi que d'une carte de visite de la société précitée et son compte Linkedin mentionne que depuis 2011, elle occupe au sein de celle-ci la fonction d'associée et de gestionnaire d'investissement; elle a de plus indiqué au SEASP qu'elle travaillait épisodiquement pour sa famille. À teneur de deux attestations émises par cette société, elle n'a cependant jamais été employée ni mandatée comme consultante par celle-ci. Les relevés bancaires et les déclarations fiscales au dossier corroborent en outre le fait qu'elle n'exerce pas d'activité rémunérée, étant précisé que l'absence de mention de certaines données financières dans les déclarations d'impôt des époux ne saurait enlever toute valeur probante à celles-ci. L'arrêt attaqué retient par ailleurs qu'ensuite du décès de sa mère, en 2012, l'épouse a hérité d'un tiers d'un bien immobilier situé en Suède, dont la vente lui a permis de disposer d'avoirs bancaires importants déposés sur un compte auprès d'une banque suédoise. A fin 2018, ce compte présentait un solde de 6'062'214 fr. Selon les pièces produites par l'épouse, elle ne bénéficie cependant plus d'une telle fortune. Sur requête de l'administration fiscale, elle a en effet expliqué avoir payé 1'800'000 fr. d'impôt sur le gain immobilier en Suède, remboursé un tiers du prêt hypothécaire grevant le bien concerné, soit 470'000 fr., effectué des travaux dans l'ancienne maison familiale pour un montant de 579'997 fr., remboursé 1'000'000 fr. à son père, assumé les frais des enfants durant la séparation à hauteur de 150'000 fr. et acquis une voiture au prix de 57'000 fr. Sa fortune se compose désormais d'un appartement acquis en 2022 et rénové au moyen du produit de la vente d'un autre bien immobilier acheté en 2020, de sa part de copropriété dans la maison familiale, ainsi que d'avoirs bancaires s'élevant à 343'720 fr. à fin 2020 et à 136'118 fr. à fin 2021. Ainsi, il n'apparaît pas que l'épouse dispose d'une fortune susceptible de générer des rendements, puisqu'une majeure partie de celle-ci est immobilisée dans des biens immobiliers occupés soit par elle-même et les enfants, soit par le mari.