Citation: 5A_264/2020 E. 4.2

4.2. En l'espèce, pour retenir que la recourante avait suspendu ses paiements, l'autorité cantonale s'est fondée sur six poursuites introduites par des collectivités publiques en recouvrement d'impôts, dont l'une d'un montant qu'elle a considéré comme très faible (90 fr. 65), fondées sur des décisions de taxation définitives, soit deux introduites par la commune, par 502 fr. 85 pour des impôts relatifs à l'année 2007 et par 119'315 fr. 25, et quatre introduites par le canton, par 21'952 fr. 30, 22'471 fr. 80, 22911 fr. 65 et 90 fr. Pour retenir que la recourante était aussi insolvable, l'autorité cantonale s'est fondée sur ses extraits de compte bancaire qui laissaient apparaître, au 10 septembre 2019, un montant total de 40'014 fr. 60 et sur l'absence de tout autre moyen de paiement liquide. Ainsi, en tant que la recourante affirme que les créances d'impôts ne sont pas exigibles parce qu'elle avait introduit des requêtes de remise d'impôts pour les années 2014 à 2017 sur lesquelles il n'avait pas encore été définitivement statué au moment du prononcé de la faillite, non seulement elle ne prétend pas que tel serait aussi le cas pour les impôts cantonaux de 2007, mais elle n'avance aucun argument à propos de l'effet de ces requêtes sur l'exigibilité des créances, en particulier sur un quelconque effet suspensif qui lui aurait été accordé; en tant qu'elle affirme que la procédure de remise d'impôts revient à contester ces créances, elle se méprend sur le but de cette institution qui est d'éviter les conséquences trop rigoureuses pour des contribuables tombés dans le dénuement en raison du paiement d'impôts normalement dus (ATF 143 II 459 consid. 4.2); elle ne prétend en tout cas pas que l'autorité cantonale aurait arbitrairement (art. 9 Cst.; ATF 143 précité consid. 2.1) appliqué le droit cantonal pertinent en s'en tenant à cette conception. Pour le reste, en se bornant à affirmer qu'il n'y avait pas d'autres indices pour retenir une suspension des paiements, elle ne démontre pas que l'autorité cantonale aurait abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que l'indice des cinq poursuites engagées par des collectivités publiques, pour une somme très faible s'agissant de l'une d'elles, revêtait une importance telle qu'il est suffisant pour admettre cette suspension. Enfin, le grief de la recourante selon lequel l'autorité cantonale n'aurait pas examiné le caractère durable de la suspension des paiements n'est pas fondé, en tant que les créances en souffrance s'échelonnent sur plusieurs années. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que la recourante ne démontre pas l'arbitraire dans l'établissement des faits permettant de retenir la suspension des paiements et, d'autre part, que l'autorité cantonale n'a ni méconnu cette notion ni abusé de son pouvoir d'appréciation dans son application. Cela suffit à rejeter le recours sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres griefs de la recourante, qui procèdent au demeurant en partie d'une compréhension erronée de l'art. 174 al. 2 LP. Par surabondance, on relèvera encore que les critiques que la recourante formule contre la seconde partie de la motivation de l'arrêt attaqué selon laquelle elle serait également insolvable doivent toutes être rejetées au vu de la jurisprudence précitée à laquelle il suffit de renvoyer: la recourante se méprend manifestement sur le sens de la distinction entre suspension des paiements et insolvabilité - la seconde permettant a fortiori de prononcer la faillite -, sur la notion de faux nova de l'art. 174 al. 1 LP, en invoquant une éventuelle intervention de son actionnaire principal et une garantie bancaire du 23 septembre 2019, et sur la portée de la maxime inquisitoire dans la procédure de faillite, qui permet à l'autorité de recours de se fonder sur un extrait des poursuites actualisé. Par ailleurs, les revenus locatifs que rapporteraient ses unités d'étages ne ressortent pas de l'arrêt attaqué, sans que la recourante expose avoir introduit ce fait dans ses écritures cantonales, de sorte qu'il est irrecevable en tant que la recourante ne démontre pas l'arbitraire en fait de cet arrêt. Au demeurant, la recourante n'attaque pas la constatation de la cour selon laquelle, quels que soient ses revenus, elle ne disposait que de 40'000 fr. sur ses comptes à la date du prononcé de le faillite. Il suit de là que les griefs doivent être rejetés, dans la mesure où ils sont recevables.