Citation: 8C_303/2018 E. 4.2

4.2. De son côté la cour cantonale a conclu à l'absence d'une capacité résiduelle de travail exploitable économiquement et, partant, exigible. Tout en reconnaissant pleine valeur probante aux conclusions des experts du CEMed, elle s'est référée à un rapport d'observation professionnelle du Centre d'intégration professionnelle (ci-après: COPAI; du 18 novembre 2003). Aux termes de ce rapport, l'assurée présente de nombreuses limitations physiques (limitations importantes de la mobilité des membres supérieurs, port de charges très limité, force insuffisante, absence de rythme de travail suffisamment rentable, résistance insuffisante des membres supérieurs) qui ne permettent pas de répondre aux exigences des milieux économiques. Aussi est-il impossible de réinsérer l'assurée dans le circuit économique ordinaire en raison de ces limitations, ainsi que de l'absence de perspectives d'emploi dans le secteur tertiaire, étant donné le niveau de compétences de l'intéressée et l'impossibilité physique d'utiliser un clavier d'ordinateur. Les premiers juges se sont ainsi ralliés au point de vue du Tribunal administratif fédéral (arrêt du 8 novembre 2010), selon lequel l'appréciation des experts du COPAI reposait sur les seules limitations physiques de l'assurée, à l'exclusion de toutes circonstances personnelles (formation, expérience professionnelle et capacité d'adaptation dans un autre domaine) dont l'assureur social n'a pas à répondre. Par ailleurs la cour cantonale a fait sien l'avis du Tribunal administratif fédéral (arrêt du 21 mars 2016), selon lequel les constatations médicales des experts du CEMed, confirmées par le docteur F.________, ne doivent pas l'emporter sur l'appréciation des experts du COPAI. En effet, ni la CNA ni le docteur F.________ ne donnent d'exemples concrets d'activités adaptées à la situation de l'assurée. Si le Service médical régional AI (SMR) a proposé des activités comme celles de contrôleuse-qualité en maroquinerie, contrôleuse en polissage, surveillante de parking ou de magasin, vendeuse de textiles ou de produits de maroquinerie, les premiers juges sont d'avis, à l'instar du Tribunal administratif fédéral, que l'appréciation des experts du CEMed ne permet pas de tabler sur cette liste d'activités dans la mesure où ils se sont prononcés uniquement sur la capacité de travail résiduelle médico-théorique et non sur l'exigibilité d'une activité concrète. Dans la mesure où l'appréciation des experts du COPAI complète donc utilement l'appréciation médico-théorique des médecins, les premiers juges ont retenu que l'assurée ne disposait pas, lors du stage d'observation professionnelle suivi en 2003, d'une capacité de travail résiduelle exploitable économiquement, de sorte que le taux d'invalidité est de 100 %.