Citation: 2A.77/2007 18.06.2007 E. 4

4.1 Les premiers juges ont correctement exposé le droit et la jurisprudence applicables au présent cas (art. 10 al. 1 lettre a LSEE et 5 annexe I ALCP; ATF 131 II 352 consid. 3 p. 357 ss; 130 II 493 consid. 3 p. 497 ss et les arrêts cités), de sorte qu'il suffit, sur ce point, de renvoyer au considérant 2 de l'arrêt attaqué, conformément à ce que permet l'art. 36a al. 3 OJ. 4.2 Pour l'essentiel, le recourant proteste de son innocence et conteste le bien-fondé des condamnations pénales prononcées à son encontre. Il relève également que le juge pénal a assorti son expulsion du territoire suisse du sursis, qu'il est établi en Suisse depuis 28 ans et qu'il n'a jamais dû recourir à l'aide du chômage ou des services sociaux, laissant implicitement entendre que son expulsion serait une mesure disproportionnée. En procédure cantonale, il soulignait encore vivre "pratiquement maritalement" depuis 1989 avec sa compagne suisse. 4.3 Vagues et de nature purement appellatoire, les critiques du recourant concernant sa condamnation à une peine de quatre ans de réclusion sont totalement impropres à remettre en cause les constatations convaincantes établies par la justice pénale à cet égard (cf. ATF 123 II 97 consid. 3c/aa p. 100; 119 Ib 158 consid. 3c/aa p. 163 s. et les références citées). En revanche, la décision du juge pénal de surseoir à son expulsion, avant tout dictée par des considérations liées à la durée de son séjour en Suisse et à ses perspectives de réinsertion sociale, ne lie pas l'autorité de police des étrangers qui doit mettre les questions d'ordre et de sécurité publics au centre de la pesée des intérêts à effectuer (cf. ATF 130 II 176 consid. 4.3.3 p. 188; 129 II 215 consid. 3.2 et 7.4, p. 216 s. et 223 et les références citées). 4.4 Comme l'ont constaté les premiers juges, les faits pour lesquels le recourant a été condamné sont particulièrement graves et odieux, se sont étalés sur plusieurs années, et sont allés crescendo: quelques mois après qu'elle est venue le rejoindre en Suisse, l'intéressé a en effet profité de sa position de père et de la fragile situation de sa fille, alors adolescente, éloignée des autres membres de la famille et confrontée à un nouveau cadre de vie, pour abuser d'elle, d'abord par des attouchements, puis en la violant de manière répétée, sous la menace et en usant parfois de violence, voire même de cruauté; à cela s'ajoute, comme l'a également souligné le Tribunal administratif, que l'intéressé présente objectivement un important risque de récidive que l'écoulement du temps et l'exécution de la peine n'ont pas permis d'atténuer; ce risque, déjà mis en évidence par les experts psychiatres qui l'avaient examiné pour les besoins de son procès pénal en 2003, a d'ailleurs conduit l'autorité compétente à lui refuser une libération conditionnelle en 2006, la thérapie mise en oeuvre à sa demande pendant l'exécution de sa peine étant restée sans effet et ayant révélé le caractère "inauthentique" et à visée purement "utilitaire" de sa volonté de se soumettre à un traitement médical. Le fait qu'après sa sortie de prison, il ne sera éventuellement plus amené à être en contact avec sa fille et qu'il pourra semble-t-il compter sur une certaine stabilité affective et professionnelle ne changent rien à cette appréciation, car il a commis les actes qui lui sont aujourd'hui reprochés alors qu'il jouissait déjà d'une telle stabilité et il est établi qu'il avait auparavant déjà porté atteinte à l'intégrité sexuelle d'autres enfants en 1989. Dans ces conditions, force est d'admettre, avec les premiers juges, que le recourant réalise les conditions de l'expulsion au sens de l'art. 10 al. 1 lettre a LSEE et que sa présence en Suisse après sa sortie de prison en août prochain représenterait une menace réelle, actuelle et grave pour l'ordre et la sécurité publics au sens de l'art. 5 annexe I ALCP. Au vu de l'importance de cette menace, les éléments mis en avant par le recourant pour établir son intérêt personnel à demeurer en Suisse (soit la longue durée de son séjour, sa bonne intégration socio-professionnelle et l'existence d'une relation affective durable avec une ressortissante suisse) ne sont pas de nature à contrebalancer l'intérêt public à son éloignement, d'autant que, dans la pesée des intérêts, il y a également lieu de prendre en considération le fait que l'intéressé compte des membres de sa famille en Espagne et que ce pays, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans, offre un cadre et des conditions de vie sensiblement comparables à la Suisse.