Citation: 8C_757/2023 E. 10.2.1

10.2.1. Selon ces médecins, le recourant avait fait l'objet d'une exposition modérée à l'amiante lors de son apprentissage de serrurier mécanique et de l'activité professionnelle déployée depuis 1983 en Macédoine. En 1990 (recte 1991), lorsqu'il avait travaillé comme soudeur à S.________, dans une maison dont la construction était antérieure à 1990 et qu'il était logé dans le galetas de cette même maison, l'exposition avait été forte. De même, de 2004 à 2006, puis de 2008 à 2019, l'exposition avait certainement été forte, au travers d'activités de meulage de matériaux de récupération, décapage de matériel friable ou encore peinture et soudure de ces matériaux. En effet, par le passé, l'amiante était ajoutée dans beaucoup de produits tels que la peinture, les matériaux bitumeux ou le mastic. De plus, entre 2010 et 2015, il avait travaillé dans des bâtiments anciens, vétustes, connus pour contenir de l'amiante. Dès 2010, il avait effectué ces travaux sur le site de C.________, soit dans une déchetterie dans laquelle les matériaux de démolition et désamiantage étaient déversés à quelques mètres de son poste de travail. Au surplus, jusqu'à 2016, il n'y avait pas de système d'aspiration/ventilation ni de protection des voies respiratoires adéquates. Ensuite, les doctoresses L.________ et M.________ ont fait valoir six arguments en faveur du diagnostic d'asbestose: leurs constatations cliniques, la latence respectée de 30 ans, les résultats de l'imagerie et de l'analyse minéralogique, l'anamnèse professionnelle approfondie permettant de retrouver des environnements de travail avec des expositions à l'amiante et, enfin, l'absence d'une exposition à l'amiante issue d'activités extra-professionnelles. Au surplus, une co-exposition professionnelle aux fumées de soudure et à la silice cristalline avait pu être mis en évidence, laquelle était d'ailleurs en concordance avec les résultats de l'analyse minéralogique effectuée en 2018. En conclusion, le recourant devait être conforté dans ses démarches visant à faire reconnaître sa pathologie comme maladie professionnelle. Dans un rapport complémentaire du 12 août 2021, les doctoresses L.________ et M.________ ont précisé que les diagnostics figurant en première page du rapport initial étaient les hypothèses diagnostiques fournies par les pneumologues au moment de la demande de consultation en médecine du travail, raison pour laquelle le mot probable y figurait. Mais au vu de l'analyse minéralogique, de l'évaluation approfondie en médecine du travail et de la discussion pluridisciplinaire (pneumologue, anatomopathologiste, radiologue, spécialisé en thoracique et médecins du travail), le diagnostic d'asbestose était le plus probable, conformément à l'argumentation figurant sur le rapport d'expertise de médecine du travail du Centre N.________.