Citation: 5A_362/2024 E. 3

L'autorité cantonale a d'abord relevé que dès lors que le CPC ne régissait pas la procédure devant les autorités cantonales de surveillance mais seulement la procédure judiciaire en matière de LP (art. 1 let. c CPC a contrario), il était exclu d'examiner la violation de dispositions du CPC dans le cadre du recours prévu par l'art. 18 LP. Dans ces conditions, les griefs du recourant tirés de la violation des art. 53 et 58 CPC étaient irrecevables. Cela étant, l'autorité cantonale a relevé que c'était à raison que le recourant critiquait le raisonnement opéré par l'autorité inférieure de surveillance au sujet de la validité de l'opposition qu'il avait faite et de la possibilité que cette opposition guérisse le vice résidant dans l'inexistence d'un for de la poursuite au lieu de notification. En effet, l'éventuelle admission de la plainte déposée en raison de la violation de la règle sur le for de l'art. 46 al. 1 LP ne pouvait avoir que pour conséquence l'annulation du commandement de payer. Le raisonnement de l'autorité inférieure de surveillance était donc sous cet aspect clairement erroné. Il restait donc à examiner si la plainte devait être admise. À cet égard, l'autorité cantonale a jugé que les pièces produites par le recourant ne permettaient manifestement pas de déduire que, lorsque le commandement de payer lui avait été notifié, le 20 juillet 2023, l'intéressé n'était plus domicilié, au sens de l'art. 23 CC et de la jurisprudence, dans l'immeuble dont il est copropriétaire au sein de la PPE sise rue de S.________ à T.________, adresse où il était domicilié depuis 1975. Citant sa propre jurisprudence, l'autorité cantonale a en particulier considéré que la copie du " certificato di residenza " n'était pas probante. D'après la législation italienne, dit certificat ne valait qu'entre les privés. Et le fait que le recourant l'ait obtenu après avoir déposé une requête en ce sens ne permettait pas du tout, à lui seul, de déduire que ce lieu était bien - concrètement - au centre de ses intérêts personnels, qu'il y était présent physiquement et qu'il avait l'intention d'y demeurer durablement. Sur ce point, comme relevé par l'Office dans sa détermination, les allégués et les éléments de preuve présentés par le recourant étaient clairement insuffisants. On aurait attendu de lui, vu son devoir de collaboration déduit de l'art. 20a al. 2 ch. 2 LP, qu'il participe à l'établissement des faits en produisant par exemple des relevés de consommation d'électricité ou d'autres abonnements à des services publics italiens. L'autorité cantonale en a conclu que c'était en définitive à raison que l'autorité inférieure de surveillance avait rejeté la plainte, même si c'était pour un autre motif.