Citation: I 132/03 26.04.2005 E. 3

3.1 A l'époque de la décision initiale de refus de rente, le recourant souffrait de douleurs cervicales et lombaires, ainsi que de céphalées chroniques. En outre, il présentait un syndrome dépressif associé à d'importants troubles du sommeil, des angoisses, de l'irritabilité et des affections neuro-végétatives assorties d'hypotension orthostatique. Le diagnostic posé fut celui de syndrome douloureux cervico-lombaire et syndrome dépressif chronique correspondant (rapports du 15 janvier 1996 et du 24 mars 1997 de la doctoresse T.________ [médecin traitant de l'assuré]). Les douleurs lombaires relevaient d'une composante à la fois somatique (légères atteintes dégénératives dans la région lombaire assorties d'un syndrome réactionnel de surcharge des articulations intervertébrales) et psychique (humeur dépressive correspondant aux critères de "major depression"). Du point de vue rhumatologique, la capacité de travail de l'assuré était entière dans une activité manuelle exigeant des efforts légers à moyens, telle que celle qui lui avait été confiée après son accident par son ancien employeur. Pour autant, ces explications ne justifiaient ni les affections de l'intéressé, ni les limitations de rendement constatées au cours du stage d'observation professionnelle qu'il avait effectué. L'incidence d'une problématique de nature psychique s'avérait prépondérante (rapport du 22 juillet 1997 des docteurs E.________ et L.________, rhumatologues). Sur ce plan, le docteur H.________ (psychiatre et psychothérapeute) a indiqué que le recourant souffrait d'un syndrome lombaire chronique consécutif à un accident de la circulation routière, ainsi que d'une détérioration de l'humeur réactionnelle. Celle-ci était issue des troubles physiques affectant l'assuré, mais elle n'entravait pas sa capacité de travail. Aussi subissait-il une incapacité de travail résultant non pas tant d'une symptomatologie psychique que physique, associée à des facteurs socioculturels liés à l'immigration, à des difficultés linguistiques, à l'intégration sociale et au manque de formation (rapport du 21 octobre 1997). 3.2 L'office et la juridiction cantonale considèrent qu'il ne s'est produit aucune modification notable de ces circonstances, de sorte que l'octroi d'une rente d'invalidité demeure infondé. Le recourant conteste ce point de vue, faisant valoir une aggravation de son état de santé. A l'appui de ces conclusions, il se fonde sur un rapport d'expertise privée établi le 6 avril 2001 par le docteur W.________ (spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie), dont le contenu peu compréhensible est dépourvu de toute valeur probante (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). En outre, il produit plusieurs rapports médicaux dont il appert, en bref, que l'assuré souffre, sur le plan physique, de céphalées et de lombo-sciatalgies bilatérales, ainsi que, sous l'angle psychique, d'un trouble somatoforme douloureux persistant et d'un état dépressif récurrent (cf. rapports des 12 avril 2002 et 16 juillet 2002 des docteurs C.________ et M.________, respectivement P.________, O.________ et R.________, ainsi que du 11 décembre 2002 de la doctoresse T.________ [spécialistes en médecine générale]). En tant que ces affections sont étroitement liées à l'objet du litige et de nature à influencer l'appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue (ATF 99 V 102 et les arrêts cités), il convient d'en tenir compte dans l'appréciation du cas d'espèce. Aussi, à l'époque de la décision litigieuse, le recourant souffrait-il des mêmes troubles physiques et psychiques qu'à l'époque de la décision initiale de refus de rente. S'agissant de sa capacité de gain, les rapports médicaux précités n'attestent d'aucune incapacité de travail corrélative aux affections physiques qu'il présente. Sur le plan psychique, aucune de ces pièces ne permet de se convaincre que l'on se trouve en présence d'un trouble somatoforme invalidant au sens de la jurisprudence récente (cf. ATF 130 V 353 consid. 2.2.2. sv.); en effet, l'assuré ne présente pas de comorbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée suffisamment importantes pour admettre qu'un effort de volonté en vue de surmonter la douleur et réintégrer un processus de travail n'est pas exigible de sa part, il ne subit pas de perte d'intégration sociale, pas plus qu'il n'y a lieu de conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé sans évolution possible au plan thérapeutique ou à l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art. 3.3 Sur le vu de ce qui précède, aucun changement important des circonstances, propre à influencer le degré d'invalidité, donc le droit à la rente du recourant ne s'est produit. Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.