Citation: 5A_887/2022 E. 5.1

5.1. Dans l'arrêt entrepris, les juges cantonaux ont indiqué que, le 6 juin 2007, les parties avaient signé un contrat de mariage de séparation de biens ainsi qu'un pacte successoral abdicatif et qu'un second pacte successoral avait été conclu le 14 juin 2016. Par ailleurs, le 22 septembre 2020, l'épouse avait adressé à la Chambre patrimoniale une demande concluant principalement à la nullité du contrat de mariage et des deux pactes successoraux susmentionnés. En substance, elle soutenait qu'elle ne parlait pas le français lors de la signature de ces actes et qu'elle ignorait ce qu'elle signait. Le 20 janvier 2022, la Juge déléguée de la Chambre patrimoniale avait rendu une ordonnance de preuves qui prévoyait notamment la production de 17 pièces et l'audition de 28 témoins, dont plusieurs étaient domiciliés à l'étranger et devraient être entendus par voie de commission rogatoire. Au cours de la procédure, l'épouse avait en outre demandé plusieurs prolongations de délai, notamment pour produire les questionnaires destinés aux témoins et les pièces requises. La cour cantonale a considéré que l'époux avait suffisamment allégué que la procédure était susceptible de durer. En particulier, dans sa demande de divorce, il avait indiqué que l'épouse faisait preuve de manoeuvres dilatoires dans le cadre de la procédure pendante devant la Chambre patrimoniale (cf. all. 174 ss). Il avait en outre allégué, le 26 janvier 2022 (cf. all. 201, renuméroté 201bis), que la procédure pendante devant cette autorité ne donnerait pas lieu à un jugement avant plusieurs années. En outre, l'impact de la procédure pendante devant la Chambre patrimoniale sur la procédure de divorce et sur les projets de remariage de l'époux avait encore été décrit dans la partie en droit de la demande de divorce (cf. p. 52). La juridiction précédente a relevé que la situation procédurale concernant les parties était complexe et que la question de la validité du contrat de mariage conclu entre elles devait être en partie résolue dans le cadre de la procédure pendante devant la Chambre patrimoniale, soit devant une autre autorité judiciaire que celle du divorce. Le régime matrimonial des époux ne pourrait ainsi pas être liquidé avant qu'une décision définitive et exécutoire portant sur cette question ne soit rendue. Cette procédure était manifestement appelée à durer, en particulier compte tenu des témoins qui devaient être entendus à l'étranger. Les juges cantonaux ont retenu que l'épouse ne pouvait être suivie lorsqu'elle soutenait que la procédure serait " désormais bien avancée " au vu des preuves qui devaient encore être administrées. Il ressortait par ailleurs de la pièce 5 produite par l'époux avec sa réponse sur appel que l'épouse n'entendait pas favoriser un déroulement rapide de la procédure, demandant à réitérées reprises que le délai pour produire les questionnaires à l'intention des témoins et les pièces requises soit prolongé. C'était dès lors à raison que l'autorité de première instance avait considéré que la procédure sur les effets accessoires du divorce serait amenée à durer longtemps. Pour le surplus, l'épouse ne pouvait être suivie lorsqu'elle soutenait que l'époux aurait dû introduire sa demande en divorce plus tôt s'il estimait son mariage avec sa compagne imminent. D'une part, on ignorait quand l'époux avait mûri son projet de remariage avec son ex-femme et actuelle compagne, intention relevant de la sphère intime des intéressés. D'autre part, il avait consulté son conseil au début du mois de décembre 2020, lequel avait déposé une demande d'emblée motivée - comportant 78 pages et 199 allégués -, écriture dont la rédaction avait incontestablement nécessité du temps. La cour cantonale a encore relevé que l'urgence n'était de toute manière pas une condition au prononcé d'un jugement partiel sur le principe du divorce, de sorte qu'il ne pouvait être reproché à l'époux d'avoir tardé à agir, ce d'autant qu'il avait mandaté son avocate en vue d'obtenir le divorce dans les semaines qui avaient suivi l'expiration du délai de deux ans permettant à l'épouse de s'y opposer.