Citation: 6B_1015/2023 E. 1.2

1.2. Dans un premier grief, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir considéré que l'intimée a traversé la chaussée alors qu'il se trouvait à l'arrêt sur la ligne de STOP. Selon lui, deux des trois témoins entendus dans le cadre de la procédure auraient au contraire déclaré que son véhicule était déjà en mouvement lorsque l'intimée a commencé à traverser la chaussée. Toujours selon le recourant, la cour cantonale aurait à tout le moins dû expliciter pourquoi elle avait retenu la version des faits qui est la sienne, ce qu'elle n'aurait pas fait. Il peut être donné acte au recourant que la cour cantonale n'a aucunement expliqué pourquoi elle entendait finalement retenir que le camion n'était pas en mouvement lorsque l'intimée a commencé à traverser la chaussée. Tout au plus a-t-elle analysé en quoi la version de l'intimée - encore différente des deux variantes exposées supra - ne pouvait être retenue. Dans ce contexte, elle a brièvement fait référence aux déclarations supposément concordantes des trois témoins pour parvenir à la conclusion susmentionnée, sans autres explications (arrêt attaqué consid. 3.2.1). Pourtant, comme le relève le recourant, deux des trois témoins ont indiqué lors de leurs auditions que l'intimée s'est engagée sur la chaussée alors que le camion conduit par le recourant était déjà en mouvement (procès-verbal de l'audition de C.________ du 22 mars 2019: " Lorsque les pneus ont commencé à tourner, la piétonne a surgit de nulle part devant le camion "; procès-verbal de l'audition de D.________ du 4 mars 2019: " Il a démarré très lentement et il a eu une vitesse très lente tout le long. J'ai vraiment eu l'impression que c'était du slow-motion. J'ai commencé à voir la piétonne quand elle avait traversé environ un tiers du camion [...]; procès-verbal de l'audition de C.________ du 26 novembre 2019: " Le camion était déjà engagé lorsque nous avons vu la piétonne. Nous nous sommes demandés pourquoi elle traversait alors que le camion était déjà en mouvement "; procès-verbal de l'audition de D.________ du 26 novembre 2019: " Je suis sûr que lorsque la piétonne a traversé le camion était déjà en mouvement "). Quant au troisième témoin, il a livré une version concordante à celle retenue par la cour cantonale (procès-verbal de l'audition de E.________ du 4 mars 2019: " Cette dame a traversé au nez du camion, sur la bande du STOP, quand, arrivée aux 2 tiers du camion, celui-ci a démarré du STOP et a renversé la dame avec sa partie avant gauche "; procès-verbal de l'audition de E.________ du 26 novembre 2019: " Lorsqu'elle s'est engagée, le camion était toujours à l'arrêt "). Sans préjuger du fait que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire, il y a lieu de constater avec le recourant qu'elle ne pouvait faire l'économie d'expliquer pourquoi elle entendait retenir la version de l'un des témoins au détriment de celle des autres, d'autant plus que tous les témoins jouissaient d'une " bonne visibilité des lieux " au moment des faits (arrêt attaqué consid. 3.2.1) et que leur crédibilité n'a été remise en doute d'aucune manière que ce soit (bien au contraire, la cour cantonale a résumé les déclarations de C.________ et de D.________ au moment de relater les faits pertinents, relevant notamment que, selon ces derniers, le camion du recourant était déjà en mouvement lorsque l'intimée a traversé la chaussée; v. arrêt attaqué consid. B.c.a et B.c.b). Ainsi, l'arrêt attaqué est contradictoire et ne permet pas de déterminer si les faits tels qu'arrêtés par la cour cantonale résultent d'une appréciation arbitraire des moyens de preuve à disposition. Il convient dès lors d'annuler l'arrêt attaqué et de renvoyer la cause à la cour cantonale pour nouvelle décision (art. 112 al. 3 LTF).