Citation: 2C_52/2020 E. 6.3

6.3. En l'occurrence, il ressort de l'arrêt attaqué que la recourante est détenue par la société Glénat France et qu'elle constitue à ce titre une filiale du groupe Glénat. Durant la période sous enquête, soit entre 2005 et 2011, elle a entretenu un partenariat commercial avec A.________. En effet, par le biais d'un contrat daté du 10 septembre 2004 et cosigné par sa société mère, elle a délégué à cette dernière la " distribution exclusive " en Suisse des ouvrages édités ou, simplement, diffusés par son groupe. Elle s'est simultanément engagée, à l'instar de Glénat France, " à ne pas ouvrir de comptes directs pour des clients suisses sans accord préalable de A.________, sauf pour la vente des titres soldés ou les ventes directes prévues ci-dessus ". Il n'est pas contesté que, ce faisant, elle a souscrit à un contrat au sens de l'art. 1 ss CO qui impliquait au moins deux entreprises indépendantes, soit le groupe Glénat et A.________. De même est-il indubitable que cette convention visait et engendrait une restriction à la concurrence. Quoi que prétende la recourante, la clause d'exclusivité contenue dans la convention limite en effet les canaux d'approvisionnement des livres édités ou diffusés par le groupe Glénat. Par le biais d'une telle clause, celui-ci a non seulement assurément renoncé à la faculté de livrer ses produits lui-même directement aux revendeurs de livres helvétiques, mais s'est aussi interdit de recourir aux services d'autres entreprises que A.________ pour réaliser cette tâche en Suisse.