Citation: 6P.20/2004 28.04.2004 E. 1

En bref, il ressort les éléments suivants de ce jugement: R. Z.________, né en 1962 au Maroc, s'est établi en Suisse en 1990. Il est l'époux d'une compatriote, divorcée et mère d'une fillette. F. C.________, de nationalité libyenne, s'est établi en Suisse en 1991. Son épouse et ses trois fils (E. C.________, né en 1978, B. C.________, né en 1979 et D. C.________, né en 1981) l'ont rejoint la même année. En 1998, les familles C.________ et Z.________, qui habitaient le même immeuble, ont sympathisé et noué des relations très fortes jusqu'au printemps 1999, par l'intermédiaire des deux épouses. Un premier incident s'est produit lorsque dame C.________ a informé S. Z.________ que son époux R. Z.________ avait profité de son absence au Maroc pour faire dormir une parente éloignée au domicile conjugal. Une tension manifeste s'est installée entre les époux Z.________. Le 18 mai 1999, les époux C.________ se sont rendus sur le lieu de travail de N.________, l'ex-mari de S. Z.________. F. C.________ a informé celui-ci que R. Z.________ battait sa femme, rudoyait la petite O.________, fille de N.________, et avait même sexuellement abusé d'elle. N.________ a immédiatement pris contact avec son ex-épouse. Le tribunal a relevé qu'aucun élément n'avait permis d'établir la véracité des accusations portées contre R. Z.________. Toujours le 18 mai 1999, en soirée, R. Z.________ a attaqué les époux C.________, leur fils B. C.________ et une amie, à leur sortie de voiture. Il a donné un violent coup de pied dans la poitrine de dame C.________, qui s'est évanouie. Puis il a saisi un couteau qu'il dissimulait dans son dos à sa ceinture et a donné un coup au visage de F. C.________, lui causant une plaie à la lèvre supérieure. Il a également endommagé la voiture. A la suite de ces événements, l'ambiance s'est fortement dégradée. Le 31 juillet 1999, D. C.________ et B. C.________ se sont rendus en compagnie de H.________sur un chantier où ils ont pris un tuyau métallique, une hache et deux bâtons en bois, qu'ils ont taillés pour en faire de longues matraques. Les deux frères ont informé leur frère E. C.________et des amis du but recherché, soit agresser en groupe R. Z.________ pour lui donner une leçon. Ils n'entendaient pas blesser gravement celui-ci, sans exclure un contact physique. Alors que R. Z.________ était parti à la mosquée, située à proximité de son domicile, le groupe s'est mis en place pour l'attaque. Un trio formé de B. C.________, D. C.________ et K.________ s'est embusqué dans l'encoignure d'un immeuble. Les deux premiers étaient armés respectivement d'une matraque en bois et d'une barre de fer, le troisième d'un couteau-papillon. Un second groupe composé de E. C.________ (armé d'un spray au poivre), J.________, L.________ et I.________ (muni d'une matraque en bois) s'est placé à une centaine de mètres de l'immeuble, à un endroit qui permettrait de barrer le passage à R. Z.________ en cas de fuite. Vers 23 heures, celui-ci a quitté la mosquée. Arrivé vers l'immeuble, le trio s'est élancé sur lui. R. Z.________ a immédiatement pris conscience de la situation, il a fait demi-tour pour aller se réfugier dans la mosquée et a appelé au secours. K.________ l'a rattrapé et lui a asséné un coup de poing au visage. Une échauffourée s'est engagée. R. Z.________ est parvenu à saisir un couteau de cuisine long de 30 cm, dissimulé comme à l'accoutumée à sa ceinture dans son dos, et a porté un coup dans le ventre de son agresseur. Il a agi dans un geste défensif, pour neutraliser K.________, sans enfoncer le couteau dans le corps. Ce dernier a cessé le combat. R. Z.________ en a profité pour reprendre sa fuite. Après quelques mètres, il s'est retourné vers ses assaillants en leur disant "venez, venez". A ce stade, il n'avait pas encore vu l'autre groupe. Alors qu'il s'avançait couteau à la main, il s'est retrouvé face à J.________, de l'autre groupe. Celui-ci l'a saisi par le bras. R. Z.________ a tenté de se dégager en portant un coup de couteau au ventre, que J.________ a esquivé. Il n'a été que légèrement blessé par la lame. Il a toutefois trébuché aux pieds de R. Z.________. E. C.________ s'est alors approché et a fait usage de son spray au poivre. B. C.________ et D. C.________ sont aussi arrivés. Craignant que R. Z.________ ne blesse J.________ au sol, ils lui ont asséné de nombreux coups. R. Z.________ a fini par tomber. Il a continué à prendre des coups une fois à terre. Il a encore eu le réflexe de jeter son couteau dans un saut-de-loup proche, dans l'espoir d'échapper aux enquêteurs. Il a souffert d'un traumatisme cranio-cérébral avec perte de connaissance, de plaies du cuir chevelu, d'un pneumothorax gauche sur fracture de la septième côte, d'une fracture ouverte du radius gauche, d'une fracture du premier métacarpien de la main gauche et d'un arrachement de la plaque palmaire de l'articulation du troisième doigt de la main gauche. Sa vie n'a pas été mise en danger, en particulier du fait de l'intervention rapide des secours appelés par des voisins.