Citation: U 288/02 01.07.2003 E. 2

2.1 En l'occurrence, l'intimé a varié dans sa description du déroulement de l'événement du 27 janvier 2000. S'il a d'abord expliqué à la recourante qu'il avait sauté depuis un tronc d'arbre abattu, sans avoir glissé (courrier du 18 février 2000), il ressort des allégations à l'appui de son opposition du 2 mars 2000, complétée par une écriture du 18 avril 2000, ainsi que de ses déclarations devant l'instance cantonale de recours (du 2 juillet 2002), qu'il aurait perdu l'équilibre et serait ainsi tombé du tronc d'arbre de manière involontaire. 2.2 En présence de deux versions différentes au sujet des circonstances d'un accident, il faut, selon la jurisprudence, donner la préférence à celle que l'assuré a donné en premier, alors qu'il en ignorait les conséquences juridiques, les explications nouvelles pouvant être - consciemment ou non - le produit de réflexions ultérieures (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références, VSI 2000 p. 201 consid. 2d). En l'espèce, le fait que l'intimé a sauté volontairement ou été déséquilibré et est tombé du tronc n'est toutefois pas déterminant pour trancher le point de savoir si l'événement du 27 janvier 2000 doit être qualifié d'accident au sens de l'art. 9 al. 1 OLAA, en particulier si l'atteinte est due à une cause extérieure extraordinaire. En effet, que l'intimé ait sauté de par sa propre volonté ou en raison d'un déséquilibre, c'est le contact avec le sol (d'un corps de près de 100 kg d'une hauteur d'au moins un mètre), soit un facteur extérieur, qui a provoqué le claquement de la mâchoire d'une force telle que deux dents se sont fissurées. Le facteur extérieur extraordinaire réside ici dans le déroulement du mouvement, qu'il soit qualifié de saut ou de chute, qui, par la mauvaise réception au sol, a entraîné un claquement de la mâchoire et sollicité les dents de manière anormale. C'est en vain que la recourante se réfère à un cas (publié dans la RAMA 1996 n° U 243 p. 137) présentant, selon elle, des similitudes avec la situation présente. En effet, on ne saurait comparer le choc résultant du heurt d'un verre avec une dent en buvant à celui provoqué par le contact entre un corps de près de 100 kg tombant d'une hauteur d'au moins un mètre et le sol, entraînant, par contre-coup, une contrainte soudaine - qualifiée d' «anormalement élevée» par le médecin-dentiste traitant de l'intimé - des maxillaires. En conséquence, c'est à juste titre que l'instance judiciaire cantonale a retenu que la lésion dentaire incriminée revêt un caractère accidentel au sens de l'art. 9 al. 1 OLAA et que l'intimé a droit à des prestations de l'assurance-accidents ensuite de l'accident du 27 janvier 2000. 2.3 A cet égard, le fait que l'autorité de recours inférieure a admis l'existence d'un lien de causalité naturelle et adéquate entre l'accident et l'atteinte à la santé n'est pas critiquable et n'est du reste pas remis en cause par la recourante. En effet, il est établi que l'intimé s'est fissuré deux dents en sautant - ou en tombant - d'un tronc d'arbre, de sorte que cet événement est en relation de causalité naturelle avec l'atteinte à la santé qu'il a subie. Par ailleurs, conformément à la jurisprudence, le caractère adéquat du lien de causalité entre le fait constitutif d'un accident et la survenance d'un dommage dentaire ne peut être nié que s'il y a lieu d'admettre que la dent fût brisée même en l'absence d'une sollicitation anormale (ATF 114 V 170 consid. 3b, RAMA 1999 n° U 349 p. 477). Or, le docteur A.________, consulté par l'intimé, a indiqué que les lésions au niveau des dents touchées ont été provoquées par «une contrainte soudaine et anormalement élevée par effet de coins, lors du choc violent des deux maxillaires», excluant ainsi toute autre cause de fissure (rapport du 1er mai 2000 et courrier au conseil de l'intimé du 16 août 2000). On ne saurait dès lors nier l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident du 27 janvier 2000 et le dommage subi par l'intimé. 2.4 Il suit de là que le recours est rejeté.