Citation: 6B_364/2024 E. 2.4

2.4. En l'espèce, en tant que la recourante prétend, sans affirmer pour autant qu'elle serait elle-même propriétaire de la palissade détruite ni remettre en cause la qualité pour porter plainte de l'intimée, que celle-ci n'est pas propriétaire de la palissade, que cet objet est sans valeur et que, selon une convention de droit privé, l'intimée et son compagnon devaient supporter les coûts de remplacement de la palissade, ces faits n'ont aucune influence sur le sort de la cause en droit pénal. En effet, la chose détruite appartient à autrui et les choses même objectivement sans valeur sont protégées, car il y a dommage à la propriété chaque fois que la chose est modifiée sans l'accord de l'ayant droit (ATF 120 IV 319 consid. 2c; arrêt 6B_998/2019 du 20 novembre 2020 consid 3.1; MONNIER, in Commentaire romand, CP II, 2017, n° 1 ad art. 144 CP). Ces conditions de l'art. 144 CP sont ainsi remplies. Par ailleurs, par son argumentation sur l'appréciation des preuves portant sur la réalisation des deux autres infractions, la recourante présente une argumentation purement appellatoire. Elle ignore que l'autorité cantonale ne s'est pas seulement fondée sur les déclarations des uns et des autres mais aussi sur les images de vidéosurveillance d'où il ressort que la recourante se trouvait dans un important état de colère. Dans tous les cas, les déclarations divergentes de la personne accusée et de la partie plaignante ne doivent pas nécessairement, sur la base du principe in dubio pro reo, conduire à un acquittement (ATF 137 IV 122 consid. 3.3 p. 127; arrêts 6B_1047/2022 du 30 juin 2023 consid. 2.1). Or, la recourante n'apporte aucun élément convaincant permettant de retenir que l'appréciation des magistrats précédents sur la crédibilité des différentes déclarations serait arbitraire, notamment lorsque ceux-ci ont considéré comme un détail le fait portant sur l'heure de rentrée de l'intimée. S'agissant de sa condamnation au paiement de dommages-intérêts de 3'352 fr. 90, l'argumentation de la recourante est tout aussi vaine. En effet, en droit civil, l'art. 8 CC règle la répartition du fardeau de la preuve et détermine quelle partie doit assumer les conséquences de l'échec de la preuve. Lorsque l'appréciation des preuves convainc le juge qu'un fait est établi ou réfuté, la question de la répartition du fardeau de la preuve ne se pose plus et le grief tiré de la violation de l'art. 8 CC devient sans objet (ATF 141 III 241 consid. 3.2; 130 III 591 consid. 5.4). Partant, en se prévalant uniquement du principe d'accusation de droit pénal et en se bornant à affirmer que la propriété n'est pas prouvée, la recourante omet que l'autorité cantonale a, au contraire, considéré que l'intimée était propriétaire de la palissade. Il lui appartenait dès lors de démontrer l'arbitraire de ces constatations, alors qu'elle se limite à présenter une argumentation louvoyante. Elle affirme que la palissade se trouve sur le terrain de son époux, mais sans prétendre pour autant que ce dernier en serait dès lors, en application du principe de l'accession (art. 667 al. 1 CC; ATF 150 III 103 consid. 5), propriétaire. Elle se prévaut aussi d'une convention imposant à ses voisins de prendre en charge les coûts liés à cette palissade mais sans expliquer pourquoi ces personnes devraient supporter ceux-ci bien qu'elles n'en seraient pas propriétaires. Quant à l'octroi d'une indemnité en réparation du dommage matériel, la recourante se borne à invoquer le titre d'un accord entre les protagonistes du 15 juin 2021 intitulé "Remplacement et prolongement de la palissade" pour soutenir qu'il incombait dans tous les cas à leurs voisins de supporter le coût de remplacement de la palissade, ainsi que des courriers échangés après la destruction de la palissade, d'où il ressort que l'intimée et son compagnon exigent de son époux et d'elle le remboursement de leurs frais liés au remplacement de la palissade. Elle affirme aussi que la palissade était une épave. La recourante méconnaît tant le moment que le mode de calcul du dommage (cf. art. 42 CO), de sorte que ces arguments ne sont pas pertinents. En effet, le dommage se calcule au moment du jugement et la recourante n'allègue aucun élément pour affirmer qu'elle aurait une quelconque créance en remboursement exécutable réduisant l'indemnité en réparation. Par ailleurs, si une chose est totalement détruite, le dommage matériel correspond à la valeur de remplacement de cette chose et s'il convient certes, dans la détermination de son montant, de procéder à l'imputation des avantages en faveur du lésé, la recourante n'a pas démontré l'existence d'un tel fait (dirimant) en procédure cantonale (arrêt 4A_61/2015 du 25 juin 2015 consid. 3). Il suit de là que les griefs de la recourante doivent être rejetés, dans la faible mesure de leur recevabilité.