Citation: 4A_529/2015 E. 2

Dans l'arrêt attaqué, la cour cantonale a tout d'abord confirmé l'interprétation opérée par les premiers juges de l'art. 3, 1er par., de la convention conclue par les parties le 6 juin 2006, accord qu'elle a considéré comme étant un contrat de courtage de négociation. Elle a ainsi admis que cette clause comporte une coquille et qu'il faut y remplacer les termes "désigné par le Mandataire" par les termes "désigné par le Mandant". Elle a ainsi interprété cette disposition comme stipulant que l'acquéreur du capital-actions de la société devait être agréé par la demanderesse (mandante), que cette acquisition se fasse directement par l'acquéreur ou indirectement, au moyen d'une société contrôlée par ce dernier. La cour cantonale a ensuite retenu que le défendeur a participé activement à la manoeuvre ayant consisté à tromper la demanderesse sur le véritable acheteur des actions de la société et qu'il a agi dans l'intérêt d'un tiers contractant au mépris de ses obligations vis-à-vis de la demanderesse. Le défendeur savait que la demanderesse était en conflit ouvert avec N.________ et qu'elle ne voulait plus lui vendre les actions de la société. L'autorité cantonale en a inféré que le défendeur avait perdu son droit au salaire en vertu de la première hypothèse visée par l'art. 415 CO, qui recouvrait précisément cette situation. Pour la cour cantonale, la seconde hypothèse de l'art. 415 CO (prohibition du double courtage de négociation générant un conflit d'intérêts) est également réalisée, car il importe peu à cet égard que la promesse de N.________ de rémunérer le défendeur pour sa participation à l'acquisition du capital-actions de la société ait eu lieu postérieurement (deux jours plus tard) à la vente desdites actions à C.________.