Citation: 6B_1426/2020 E. C

Par décision du 15 septembre 2020, le Collège des Juges d'application des peines a libéré conditionnellement A.________ de l'internement prononcé le 8 juin 2018 au premier jour utile où son renvoi pourrait être mis en oeuvre et a fixé à deux ans la durée du délai d'épreuve imparti au condamné. Par arrêt du 23 novembre 2020, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois a admis le recours interjeté par le Ministère public central contre la décision du 15 septembre 2020. Elle a réformé la décision attaquée en ce sens qu'elle a refusé la libération conditionnelle de l'internement à A.________. Il en ressort ce qui suit. C.a. A.________ est né en 1970 en Algérie, pays dont il est ressortissant. En Espagne, le prénommé a été condamné pour infraction à la législation sur les étrangers et a été expulsé du territoire de ce pays. En France, entre 1993 et 1996, A.________ a été condamné cinq fois à des peines privatives de liberté, assorties d'interdictions de territoire, pour vol, entrée ou séjour irrégulier en France, pénétration non autorisée sur le territoire après interdiction, prise du nom d'un tiers entraînant une inscription au casier judiciaire et violence commise en réunion. En Suisse, outre la condamnation de 2011, l'intéressé a été condamné, en 2005, pour vol, dommages à la propriété et brigandage, en 2014, pour lésions corporelles simples et injure, ainsi qu'en 2015, pour diffamation, injure et menaces. C.b. A.________ a été soumis à une première expertise psychiatrique. Dans un rapport daté du 1er août 2015, le Dr B.________ a indiqué que l'intéressé souffrait de schizophrénie paranoïde se manifestant par la présence d'idées délirantes relativement stables, en rémission incomplète mais "traitées" par le cadre. Cet expert a précisé que " la présence de ce diagnostic participe aux facteurs de risque puisqu'il altère, chez Monsieur [A.________], des traitements symboliques de stress tant interne qu'externe. Cela constitue objectivement un facteur clinique de risque moyen à élevé de passage à l'acte. Ce risque est actuellement très largement tempéré par le cadre " offert " à Monsieur ". C.c. Sur ordre du Président du Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne, A.________ a fait l'objet d'une seconde expertise psychiatrique. Dans un rapport daté du 16 décembre 2016, le Dr C.________ a exposé que l'intéressé souffrait de troubles spécifiques de la personnalité - trouble de la personnalité dyssociale sévère - et de dépendance à l'alcool, utilisation nocive pour la santé. Cet expert a conclu à l'existence d'un risque élevé de récidive s'agissant d'infractions évoquées à l'art. 64 al. 1 CP. Il a ajouté qu'il n'existait, en l'état actuel des connaissances en psychiatrie, aucun moyen d'amender le trouble dont souffrait A.________. C.d. Il ressort du rapport du Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires du 20 décembre 2019 que le condamné a été vu à quatre reprises régulièrement, depuis novembre 2019 alors qu'il avait jusqu'ici décliné le suivi proposé. C.e. Le 31 décembre 2019, la Direction des Établissements pénitentiaires de la plaine de l'Orbe (ci-après: EPO) a préavisé défavorablement à la libération conditionnelle de A.________, estimant qu'un élargissement anticipé apparaissait prématuré en l'état. C.f. Selon l'évaluation criminologique réalisée le 20 janvier 2020, si A.________ reconnaît les faits pour lesquels il a été condamné, il minimise sa responsabilité, ainsi que le tort causé à sa victime, estime avoir agi défensivement uniquement et démontre des capacités empathiques limitées. Le risque de récidive générale et violente est considéré comme élevé, alors que le niveau des facteurs de protection est quant à lui jugé comme moyen. C.g. Le 16 mars 2020, l'Office d'exécution des peines du canton de Vaud (ci-après: l'OEP) a proposé au Collège des Juges d'application des peines de refuser à A.________ la libération conditionnelle de l'internement, invoquant notamment l'importance du bien juridiquement protégé, le risque de récidive très élevé ainsi que le fait qu'un engagement volontaire dans un processus thérapeutique n'en était qu'à ses prémisses.