Citation: 1B_77/2007 21.05.2007 E. 3

Le recourant conteste ensuite l'existence d'un risque de collusion. Ses co-inculpés ont tous été libérés, en particulier C.________ avec lequel il entretenait une relation "d'élève à mentor". Il serait au surplus improbable qu'interrogé par voie rogatoire, B.________ se mette en cause en admettant sa participation à une organisation criminelle. 3.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours. Tel est le cas, par exemple, lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations (art. 44 al. 2 PPF). Ce risque doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance (ATF 123 I 31 consid. 3c p. 36, 117 Ia 257 consid. 4c p. 261); l'autorité doit indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer, et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (cf. ATF 123 I 31 consid. 2b p. 33/34, 116 Ia 149 consid. 5 p. 152). 3.2 Ces conditions sont satisfaites en l'occurrence. En effet, la commission rogatoire envoyée par le JIF en Algérie a pour but de vérifier les affirmations du recourant quant à la destination de ses transferts de fonds. Il s'agit là d'une question centrale, susceptible d'influer de manière déterminante sur le sort de la procédure. Dans ces conditions, le risque existe que le recourant ne profite d'une libération pour tenter d'influencer les déclarations de ce témoin important. Même s'il est peu vraisemblable que ce dernier reconnaisse sa participation à une organisation criminelle, il pourrait en revanche être amené à confirmer la réception de sommes d'argent provenant du recourant.