Citation: 8C_773/2021 E. 4.6

4.6. On ne peut pas non plus suivre l'argumentation du recourant quant à l'interruption du lien de causalité adéquate entre le comportement du recourant et le résultat qui est survenu (sur cette notion cf. ATF 134 V 340 consid. 6.2; 133 V 14 consid. 10.2; 130 III 182 consid. 5.4; voir également, pour un cas où une interruption de la causalité adéquate a été admise, l'arrêt 8C_363/2010 du 29 mars 2011 et, concernant la même affaire au plan civil, l'arrêt 4A_66/2010 du 27 mai 2010), en particulier lorsqu'il fait valoir qu'il n'y aurait pas de continuité entre l'altercation routière et l'agression. En effet, les faits se sont produits dans un périmètre restreint (à une distance de quelques centaines de mètres) et dans un intervalle relativement court puisque l'agression à la place de la gare a eu lieu environ 30 voire 60 minutes après l'incident routier, comme l'admet le recourant. La cour cantonale était dès lors fondée à considérer que les diverses phases de la bagarre formaient un tout et ne pouvaient pas être considérées indépendamment l'une de l'autre (cf. consid. 3.2.4 supra; cf. arrêt 8C_405/2016 du 18 août 2016 consid. 3.4, publié in SVR 2016 UV n° 42 p. 140, dans lequel le Tribunal fédéral a admis une unité entre deux altercations qui s'étaient déroulées à un intervalle de 2,5 heures et à une distance de 1 km). Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'entre les deux événements, le recourant a appelé son ami H.________ en lui expliquant "j'ai un problème vers chez J.________ à C.________". Ensuite de son appel, celui-ci a rejoint le recourant ("pour aider mon copain A.________) qui l'attendait avec K.________. À trois, ils se sont rendus à la place de la gare, où le recourant s'est fait agresser par E.________, qui était également venu avec deux amis. Cela tend à démontrer qu'avant même l'altercation proprement dite, le recourant avait déjà conscience du fait que la situation présentait un danger pour lui.