Citation: I 764/05 30.05.2006 E. 1

A l'exception de l'excès pondéral, les diagnostics posés par le docteur C.________ correspondent à ceux mentionnés et ont été repris par ses confrères dans leurs observations ultérieures. Il a déduit des examens pratiqués, particulièrement pauvres en résultats, spécialement au niveau des genoux sur lesquels reposent les plaintes principales, l'absence de limitations fonctionnelles articulaires (absence d'instabilité ligamentaire, d'épanchement intra-articulaire, de signes méniscaux ou de chondropathie rotulienne et d'éléments annonçant une étiologie inflammatoire rhumatismale), sauf en ce qui concerne l'épaule droite; les radiographies n'ont par ailleurs permis de déceler qu'une ébauche de gonarthrose fémoro-patellaire et fémoro-tibiale bilatérale compatible avec l'âge de l'intéressé et banale chez un individu de sa corpulence. Pour le praticien, la discordance entre les doléances et les constatations objectives, la non-réponse au traitement, l'extension et l'aggravation des douleurs, même après une baisse du temps de travail, étaient autant d'éléments anamnestiques tendant à étayer l'hypothèse de l'existence d'un trouble somatoforme douloureux. Il a toutefois retenu une pleine capacité de travail, du point de vue rhumatologique, l'activité de restaurateur pouvant être considérée comme adaptée, même à la périarthropathie modérée de l'épaule. 2.2 Sur le plan psychiatrique, le docteur R.________ a fait état d'un épisode dépressif moyen avec syndrome somatique et évoqué, sans le retenir, un trouble somatoforme douloureux dans l'hypothèse où la polyarthrose n'était pas à l'origine de la gravité symptomatique vécue par le recourant. Il ne s'est pas prononcé sur la capacité résiduelle de travail, se contentant de renvoyer à l'avis du médecin traitant; il considérait toutefois le cas comme complexe en raison de la comorbidité de la dépression et de l'arthrose, ainsi que de l'interaction défavorable de ces deux affections. Le docteur B.________, qui a exclu tout diagnostic psychiatrique, n'a mis en évidence qu'un manque de motivation professionnelle. Pour aboutir à cette conclusion, il a procédé à une analyse détaillée des affirmations de l'intéressé et de son comportement durant l'entretien (évitement à répondre aux questions relatives aux conséquences fonctionnelles des troubles psychiques, dissimulation de certains symptômes, annonce de périodes de rémission importante sans écho dans les attestations médicales d'incapacité, minimisation des points positifs, arrêt unilatéral du traitement antidépresseur, fréquence relativement faible des rendez-vous médicaux malgré l'allégation d'une symptomatologie proche du trouble psychique grave, énergie consacrée aux plaintes opposée à l'angoisse et à la déprime supposées empêcher la reprise du travail); il en a déduit une impression d'exagération de la symptomatologie et de son retentissement fonctionnel, ainsi qu'une capacité totale de travail dès le 2 avril 2003 en tant que restaurateur. Le praticien a nié la présence d'un trouble somatoforme douloureux, car il n'existait pas de symptômes diagnostiques selon les critères fixés par l'Organisation mondiale de la santé (CIM-10). 2.3 Tant sur le plan somatique que psychiatrique, il apparaît que les conclusions des praticiens consultés ne divergent que sur le point de la capacité de travail. Outre le fait qu'un médecin traitant est, selon l'expérience, enclin à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (cf. ATF 125 V 353 consid. 3b/cc), on notera que l'avis du docteur P.________ est minoritaire et que ses différents rapports (6 mai, 25 septembre et 6 novembre 2002; 8 janvier, 6 août et 17 octobre 2003; 21 janvier 2003) ne sont constitués que de brèves réponses à des questions standardisées, non motivées, en particulier sur le point de la capacité de travail, ou de résumés d'opinions de ses confrères; on ignore tout des examens qu'il a personnellement mis en oeuvre et du raisonnement qui lui a permis d'aboutir à ses conclusions. Il en va de même de l'avis du docteur R.________ qui, quoique plus étoffé, n'en demeure pas moins succinct et ne traite pas de la capacité de travail. En revanche, les rapports des docteurs C.________ et B.________, établis en pleine connaissance de l'anamnèse, font état d'un contexte médical clair dont l'appréciation amplement développée est limpide; leurs conclusions sont dûment motivées (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a). Sur la base de leurs examens, constatations et analyses, les experts ont exclu toute incapacité de travail; le docteur M.________ l'avait déjà mentionné auparavant. On notera par ailleurs que la reconnaissance de l'existence d'une atteinte à la santé psychique, y compris de troubles somatoformes douloureux persistants, suppose notamment la présence d'un diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu (ATF 130 V 398 ss consid. 5.3 et 6), ce qui n'est pas le cas en l'occurrence, le docteur B.________ ayant exclu le trouble en question, le docteur R.________ l'ayant évoqué sans le retenir et le docteur C.________ n'étant pas psychiatre. C'est donc à juste titre que la juridiction cantonale s'est fondée sur les rapports d'expertise pour conclure à une pleine capacité de travail. L'absence de perte de gain n'entraîne donc pas l'ouverture du droit à la rente et n'atteint de loin pas les 20 % requis par la jurisprudence pour l'octroi de mesures d'ordre professionnel (cf. ATF 124 V 110 consid. 2b et les références). Le reproche de l'intéressé concernant la brièveté de l'entretien qu'il a eu avec le docteur B.________ (15 minutes) ne lui est pour le surplus d'aucune utilité. D'une part, le recourant n'apporte aucun élément susceptible de prouver ses affirmations qui sont au demeurant contredites par les précisions de l'expert. D'autre part, la durée alléguée de l'entretien n'enlève pas sa valeur au rapport de l'expert, celle-ci n'étant pas proportionnelle au temps consacré, d'autant plus que le travail du praticien ne s'est pas arrêté à ce stade, mais qu'il a également consisté en l'analyse des propos recueillis et du comportement observé.