Citation: 2A.413/1999 05.01.2000 E. 2

2.- a) En l'occurrence, il ressort du dossier que les époux G.________-B. ________, qui sont formellement mariés depuis le 5 janvier 1994, se sont séparés au plus tard en mars 1995, soit quelque quatorze mois seulement après leur mariage. Et depuis lors, ils n'ont jamais tenté, ni même sérieusement envisagé de reprendre la vie commune. Peu après la séparation, l'époux a même ouvert une action en divorce. Certes, cette procédure a été suspendue le 27 novembre 1997 à la requête des époux. Ceux-ci ont par ailleurs déclaré devant l'autorité intimée qu'ils s'étaient réconciliés. Or force est de constater que cette prétendue réconciliation n'a pas été suivie d'une reprise de la vie commune effective et durable. Si la recourante a affirmé devant l'autorité intimée vivre sous le même toit que son mari depuis mai-juin 1998, son époux a par contre déclaré qu'il s'était réconcilié avec elle en automne 1998. Il a dit en outre qu'il avait conservé son propre domicile, tout en précisant qu'il voyait sa femme cinq jours sur sept et qu'il passait parfois la nuit avec elle. Certes, un mariage réel peut prendre des formes extérieures non conventionnelles. Mais, en l'espèce, les relations "amicales" instaurées entre les époux depuis 1998 - si tant est qu'elles existent - ne sont pas absolument déterminantes, dans la mesure où les époux n'envisagent pas sérieusement de vivre ensemble pour former une véritable communauté conjugale. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, tout porte à croire que les déclarations des époux - en partie contradictoires - ont été faites pour les besoins de la cause et qu'il n'existe donc aucun espoir de reprise de vie commune, chacun des époux menant sa propre vie. C'est donc à bon droit que l'autorité intimée a conclu que le mariage est maintenu dans le seul but de permettre à la recourante d'obtenir la prolongation de son autorisation de séjour et, par conséquent, que l'intéressée se prévaut de manière abusive de son mariage n'existant plus que formellement. Comme l'abus de droit existait déjà avant l'écoulement du délai de cinq ans prévu par l'art. 7 al. 1 2ème phrase LSEE, la recourante ne peut pas invoquer cette disposition pour obtenir une autorisation d'établissement. b) Avec l'autorité intimée, il y a lieu de relever encore que la recourante ne saurait se prévaloir de l'art. 8 CEDH vis-à-vis de O.________ ayant acquis la nationalité suisse pour obtenir la prolongation de son autorisation de séjour. En effet, sa fille n'a aucun lien avec G.________, qui n'est du reste pas son père naturel. Par ailleurs, on peut attendre de cette enfant qu'elle suive sa mère à l'étranger, étant donné qu'elle jouit d'une grande faculté d'adaptation du fait de son jeune âge (cf. ATF 122 II 289 ss).