Citation: 6B_35/2017 E. B

Statuant par jugement du 2 septembre 2016 sur l'appel formé par X.________, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois l'a rejeté. En bref, il en ressort les faits suivants. B.a. A la recherche de femmes qui vendent leurs charmes, X.________ a obtenu, le 5 mars 2013, d'un contact qu'il avait sur Skyrock, l'adresse d'une certaine « D.________ », pseudonyme utilisé par D.A.________, qu'il a approchée le 10 mars 2013 sur Skyrock. D.A.________, sous son pseudonyme, a alors donné à X.________ accès à son blog secret. Après avoir échangé plusieurs messages entre le 19 et le 20 mars 2013 au sujet des tarifs et des prestations pratiqués par « D.________ » en tant qu' « escort », cette dernière a ensuite indiqué à X.________ ses disponibilités et son numéro de portable. Ils ont continué à correspondre sur Skyrock, puis par téléphone et par WhatsApp puis se sont rencontrés à quatre reprises entre le 14 et le 28 avril 2013, date à laquelle ils ont eu leur première relation sexuelle dans la voiture de X.________. Le lendemain, soit le 29 avril 2013, X.________ a contacté par téléphone le détective E.________, qui avait déjà travaillé pour lui auparavant et l'a mandaté, le 30 avril 2013, pour qu'il se renseigne sur D.A.________. X.________ soupçonnait cette dernière de lui mentir. E.________ était chargé de vérifications. Le 1er mai 2013, X.________ et D.A.________ se sont à nouveau vus et ont eu des relations sexuelles. Le 2 mai 2013, X.________ et sa future victime ont échangé des messages sur WhatsApp. X.________ a notamment écrit à D.A.________ qu'il tenait beaucoup à elle et qu'il espérait que ce fût réciproque. Le 3 mai 2013, tôt le matin, X.________ s'est impatienté car D.A.________ ne lui répondait pas au téléphone, alors qu'elle correspondait avec lui via WhatsApp. Il lui a envoyé différents messages via WhatsApp en lui demandant successivement si elle lui faisait la tête, si elle voulait le revoir ou non, pourquoi elle ne répondait pas, si elle avait passé la nuit avec un client et si elle était sincère avec lui. D.A.________ lui a répondu qu'elle avait fini à minuit et qu'elle était fatiguée. Ils se sont encore envoyés des messages au cours de la journée et durant la soirée qui se sont soldés par un « Jt'aime » de X.________. Ils sont ensuite restés en contact via WhatsApp et par téléphone. X.________ et D.A.________ ont passé la nuit du 5 au 6 mai 2013 ensemble à l'appartement du prénommé où ils ont eu plusieurs rapports sexuels, que X.________ a filmés avec son téléphone portable et sa caméra Go-Pro. Au matin du 6 mai 2013, X.________ a déposé D.A.________ à F.________ où elle devait faire des courses. Arrivé à son travail, doutant fortement de ses dires, il l'a contactée via WhatsApp, puis s'est rendu à la gare où elle attendait son train pour rentrer chez elle. X.________ lui a alors demandé de prendre le train suivant, ce qu'elle a refusé car ses parents l'attendaient. De retour à sa voiture, X.________ a encore appelé D.A.________ et lui a dit notamment qu'il avait engagé un détective pour la surveiller. Ils se sont disputés et X.________ lui a dit que si elle n'arrêtait pas de faire l'« escorte », elle allait « pleurer sa mère ». Il a également exigé qu'elle change son message de recherche de clients sur Skyrock, ce qu'elle a fait les jours suivants. Ils se sont envoyés ensuite différents messages via WhatsApp. Toujours le 6 mai 2013, lorsqu'il a fini son travail en fin d'après-midi, X.________ s'est rendu immédiatement chez D.A.________. Comme il n'a pas vu la lumière dans la maison, il en a déduit qu'elle lui avait menti et il a alors appelé E.________. Puis, vers 19h00, X.________ a appelé, sous un faux prétexte, le père de D.A.________. Il a acheté ensuite une tax card et a appelé, depuis une cabine téléphonique publique, D.A.________ avec laquelle il s'est à nouveau disputé. X.________ lui a dit qu'elle avait menti, qu'il était passé chez elle et qu'il n'y avait pas de lumière. D.A.________ lui a alors passé G.________, une amie de ses parents chez qui elle logeait. X.________ s'est plaint auprès de celle-ci du comportement de D.A.________ et lui a proposé de se rencontrer pour en discuter, ce qu'elle a accepté. La conversation s'est terminée, X.________ a compris que D.A.________ ne souhaitait pas qu'il rencontre G.________. Ils ont eu encore des contacts dans la soirée au cours desquels D.A.________ lui a dit qu'il ne devait pas aller boire de verre avec G.________. Alors qu'elle avait refusé auparavant de venir passer la nuit du 7 mai 2013 chez lui, elle a fini par accepter. Le mardi 7 mai 2013, D.A.________ s'est rendue aux cours, mais comme elle ne se sentait pas bien, un de ses camarades l'a raccompagnée à la gare de H.________. X.________, persuadé que D.A.________ allait annuler leur soirée, a essayé de l'appeler à deux reprises, entre midi et 13h00 et lui a renvoyé ensuite un message via WhatsApp. Elle lui a répondu plus tard qu'elle était aux urgences. Dès qu'il a fini son travail, peu après 17h00, X.________ s'est rendu à l'Hôpital I.________ où il a retrouvé D.A.________. Celle-ci a essayé d'esquiver la soirée mais, à l'insistance de X.________, a finalement accepté de venir passer la nuit chez lui. Après être passés chez elle chercher quelques affaires et à la pharmacie, ils sont arrivés à l'appartement de X.________ vers 19h30, où ils se sont à nouveau disputés. X.________ a fouillé le sac à main de sa future victime et a vérifié aussi son téléphone portable. A un moment donné, au cours de la soirée et dans des circonstances qui n'ont pas pu être établies, X.________ a donné une, voire plusieurs gifles, à D.A.________. Le lendemain, soit le mercredi 8 mai 2013, X.________ et D.A.________ se sont envoyé, durant la journée et la soirée, des photographies de leur anatomie intime, ainsi que des messages à caractère sexuel. Le jeudi 9 mai 2013, tôt dans la matinée, X.________ et D.A.________ se sont encore échangé des messages via WhatsApp. Durant la journée, X.________ a notamment dit à son père qu'il avait une nouvelle copine. Le vendredi 10 mai 2013, peu avant 7h00, X.________ a envoyé des messages via WhatsApp à D.A.________ qui lui a répondu brièvement, puis dans la soirée, mais celle-ci ne lui a pas répondu. Il a également écrit à G.________ un message WhatsApp et a eu un entretien téléphonique avec elle. Le 11 mai 2013, après avoir acheté une paire de jumelles, X.________ s'est rendu au restaurant J.________, à K.________, où D.A.________ travaillait et y est resté environ deux heures. Il est ensuite passé devant la maison de sa future victime et l'a filmée avec son téléphone portable. En début de soirée, il a encore envoyé deux messages à D.A.________ sur WhatsApp, puis il a correspondu avec G.________. Le 12 mai 2013, peu après minuit, X.________ a écrit un message WhatsApp à D.A.________ pour lui souhaiter un bon anniversaire. Celle-ci lui a répondu brièvement. Il lui a ensuite envoyé encore plusieurs messages. Il s'en est suivi ensuite un échange de messages sur WhatsApp entre X.________ et D.A.________, laquelle lui a écrit pour lui dire que si elle ne lui avait jamais menti tout serait bien allé, mais qu'elle l'avait fait et que c'était la première fois qu'elle se faisait gifler par quelqu'un qui n'était pas ses parents, qu'il la traumatisait, qu'il lui faisait peur et qu'elle avait besoin de rester seule. Elle a ensuite « bloqué » X.________ sur WhatsApp, après quoi ce dernier lui a écrit, par sms, pour lui demander pourquoi elle l'avait bloqué et pour lui dire que ce n'était « pas cool ». Vers 10h30, X.________ est allé parquer sa voiture près du domicile de D.A.________. Elle est ensuite sortie pour se rendre à son travail au restaurant J.________. Après avoir attendu environ dix minutes, X.________ s'est également rendu au restaurant J.________. A un moment donné, il s'est rendu à l'étage et, se déplaçant de pièce en pièce, a filmé les lieux au moyen de son téléphone mobile. Durant cette journée, X.________ a eu des contacts avec L.________, un ancien co-détenu, pour lui dire qu'il avait besoin, assez rapidement, d'une arme. L.________ lui a proposé de contacter un autre de leurs anciens co-détenus, M.________ et lui a donné, sur demande de X.________, son numéro de portable. Ce dernier a appelé M.________ le même jour et lui a expliqué qu'il avait besoin d'une arme rapidement. Toujours le 12 mai 2013, X.________ a également écrit, via WhatsApp, plusieurs messages à G.________. D.A.________ a ensuite repris contact via WhatsApp avec X.________. Ils ont échangé des messages, dans lesquels ce dernier lui a dit qu'il tenait à elle et qu'il l'aimait, mais celle-ci lui a demandé de la laisser tranquille, lui a dit qu'il lui faisait peur, qu'il n'était plus rien à part son cauchemar, qu'elle ne l'aimait pas et que leur relation était terminée. B.b. Dans ce contexte, X.________, ne supportant pas que D.A.________ le délaisse et le rejette, a décidé d'avoir une explication avec celle-ci. Lorsqu'il est parti pour son travail le lundi 13 mai 2013 au matin, il a emporté avec lui tout son matériel informatique, notamment son ordinateur portable, sa caméra Go-Pro et ses différentes clés USB. Il a notamment appelé E.________ pour savoir si ce dernier avait de nouvelles informations pour lui sur sa future victime, puis M.________ qui l'a informé qu'il avait bien une piste pour l'arme, mais qu'il avait besoin encore de temps. Après avoir quitté le bureau et s'être entretenu avec N.________ et un collaborateur de ce dernier sur la terrasse d'un bowling peu avant 18h00, il est passé au magasin O.________ dans la zone industrielle de K.________ pour s'y procurer du matériel en vue de son explication avec D.A.________, soit une lampe de poche, un rouleau de scotch et des colsons dont il a payé le prix à la caisse à 18h34. Puis, il s'est rendu à la station P.________, y a fait le plein d'essence et a acheté quelques victuailles. Peu avant 19h00, X.________ est arrivé au restaurant J.________. Le concierge de J.________, sur interpellation de X.________, a répondu à ce dernier que le restaurant venait de fermer. X.________ s'est alors mis au volant de son véhicule et a attendu. X.________ a vu D.A.________ sortir seule du restaurant. Il l'a rejointe sur l'allée qui menait à J.________. Des échanges verbaux s'en sont suivis lors desquels D.A.________ a dit à plusieurs reprises « Non ». Elle a tenté de partir en courant. X.________ est alors sorti de sa voiture et l'a poursuivie. Il l'a rattrapée, ceinturée et portée en direction de la voiture, alors qu'elle hurlait « Non, laisse-moi! ». Il a tenté de la faire entrer dans la voiture par la portière du conducteur. Comme elle se débattait et qu'il n'y arrivait pas, il l'a poussée la tête la première dans la voiture. Elle a tenté de s'enfuir en ouvrant la portière côté passager mais X.________, qui était également entré dans la voiture, côté conducteur, l'a retenue à l'intérieur. D.A.________, qui a vu un témoin qui avait assisté à la scène et qui promenait son chien à quelques mètres, lui a hurlé « Aidez-moi, au secours! ». Lors du trajet, D.A.________ s'est débattue et a donné notamment un coup de volant. X.________ a ensuite emprunté un petit chemin afin de trouver un endroit tranquille pour attacher les chevilles et les poignets de D.A.________ au moyen du scotch qu'il venait de se procurer, puis a déconnecté et enlevé les puces de ses téléphones portables et de celui de sa victime. Il est ensuite reparti et, après quelques centaines de mètres, a enlevé son bracelet électronique et l'a jeté par la fenêtre de la voiture. Il a roulé jusqu'à ce qu'il arrive dans une forêt et a parqué la voiture à l'écart sur un petit chemin. X.________ a alors parlé à sa victime, lui disant notamment qu'il avait fait 15 ans de prison et lui a raconté, en détail, comment il avait tué son ex-amie. Il lui a expliqué ce qu'il avait vécu en prison et les différentes étapes jusqu'à sa sortie. Le huis clos a duré plusieurs heures, durant lesquelles X.________ a fait à sa victime des reproches sur ses mensonges et lui a dit qu'elle était responsable de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Il lui a annoncé qu'elle allait mourir. Profitant du fait que sa victime était entravée et terrorisée, il l'a contrainte à subir des baisers sur la bouche et des caresses sur les seins. Six ou sept heures se sont ainsi écoulées. Après avoir accompagné D.A.________ à l'extérieur du véhicule pour qu'elle puisse se soulager, X.________ en a profité pour lui enlever la ceinture qu'elle portait. Il l'a réinstallée ensuite dans la voiture, l'a entravée également au niveau des genoux et a repris place à côté d'elle, sur le siège conducteur. Vers 3h30, X.________ a embrassé une ultime fois sa victime sur la bouche. Puis, il a découpé un bout de ruban adhésif qu'il a collé sur les lèvres de sa victime et un deuxième un peu plus haut. Il a alors pris la ceinture qu'il lui avait enlevée auparavant, l'a passée dans la boucle et la lui a mise autour du cou. Toujours assis sur le siège du conducteur, il a placé la boucle de la ceinture à l'arrière du cou de la victime et a commencé à serrer. La position ne lui paraissait toutefois pas « bonne » et il avait l'impression de ne pas avoir de force. X.________ s'est alors déplacé et s'est mis en face de D.A.________, dos contre le pare-brise, en appuyant son genou gauche sur les avant-bras entravés de la victime. De la main droite, il a tiré la ceinture en direction de son propre torse. Simultanément, de la main gauche, il a pincé le nez de la jeune femme. La strangulation a duré près de 10 minutes, au cours desquelles le corps de la mourante a été à plusieurs reprises secoué par des spasmes. A un moment donné, la boucle de la ceinture a glissé, X.________ l'a remise en place et a recommencé à tirer, toujours en pinçant le nez. X.________ a agi ainsi jusqu'à ce que D.A.________ ne bouge plus, puis a vérifié qu'elle était bien morte en lui prenant le pouls et en lui soulevant les paupières. X.________ a ensuite déposé le cadavre au bord d'un talus qui surplombait un ruisseau. Vers 13h15, la voiture de X.________ a été repérée par les policiers qui survolaient le secteur en hélicoptère à sa recherche. Il a alors quitté rapidement les lieux. La police a tenté en vain de l'intercepter en descendant sur la route avec l'hélicoptère, mais X.________ s'est enfui en forçant le barrage. Lors de sa fuite, il a jeté par la fenêtre, notamment, sa caméra Go-Pro et du matériel en sa possession, dont les clés USB et la ceinture avec laquelle il avait étranglé sa victime. Durant son parcours pour échapper aux forces de l'ordre, X.________ a violé gravement et à plusieurs reprises les règles de la circulation. Sa tentative de fuite s'est soldée par la perte de maîtrise de son véhicule qui s'est trouvé projeté dans les airs et a terminé son embardée, sur le toit, environ 150 mètres plus loin. X.________ s'est extrait partiellement du véhicule, avant d'être interpellé et menotté par la police. B.c. X.________ a été condamné, par jugement rendu le 13 juin 2000 par le Tribunal criminel du district du Pays-d'Enhaut, à 20 ans de réclusion, sous déduction de la détention préventive subie, pour assassinat, menaces, séquestration et enlèvement, contrainte sexuelle et viol. B.d. Deux expertises ont été réalisées. L'une par le Dr Q.________, qui l'a rendue le 30 janvier 2014, et l'autre, par le Dr R.________, qui a déposé son rapport le 23 décembre 2014.