Citation: 2C_74/2022 E. 1.1

1.1. A.________, ressortissante turque née en 1963, est arrivée en Suisse en juin 1990, afin d'y rejoindre son époux, ressortissant turc domicilié en Suisse depuis novembre 1987. Elle était accompagnée de leur fille, née en 1987. Le couple a eu un deuxième enfant, en 1991. Après avoir, sans succès, demandé l'asile, la prénommée et sa famille ont été admis en Suisse à titre provisoire et ont obtenu, le 20 avril 2001, une autorisation de séjour dans le canton de Neuchâtel pour cas personnel d'extrême gravité. Cette autorisation a été prolongée par le Service des migrations de la République et canton de Neuchâtel (ci-après: le Service des migrations) sans interruption jusqu'en 2005. Après un séjour dans le canton de Berne, débuté en février 2005, l'intéressée et sa famille sont retournés à La Chaux-de-Fonds. Malgré l'existence d'importantes dettes, le Service des migrations a, en date du 3 juillet 2008, accordé une nouvelle autorisation de séjour à l'intéressée. L'intéressée a été condamnée pour infraction à la LCR (RS 741.01), le 27 avril 2004, à une peine de 10 jours d'arrêts avec sursis pendant un an et à une amende de 800 fr, et, le 1er septembre suivant, à une amende de 800 fr. En date du 28 août 2007, elle a été reconnue coupable d'infraction à l'ancienne loi sur le séjour et l'établissement des étrangers (aLSEE; RO 49 279) et sanctionnée de 10 jours-amende à 50 fr. avec sursis pendant 2 ans et d'une amende de 200 fr. Par décision du 17 mai 2017, entrée en force, le Service communal de l'action sociale de La Chaux-de-Fonds a fermé le dossier d'aide sociale des époux au 31 mars 2017, en raison du manque de transparence de leurs moyens financiers. Par décision du 14 mai 2018, se fondant notamment sur leur dépendance répétée à l'aide sociale et l'étendue de leurs dettes, le Service des migrations a prolongé l'autorisation de séjour des époux aux conditions posées pour chacun à titre individuel qu'ils conservent leur autonomie financière, ne contractent pas de nouvelles dettes et entreprennent des démarches productives pour désintéresser leurs créanciers. Il a formellement précisé qu'en cas de non-respect de ces conditions à l'échéance desdites autorisations, leur prolongation serait refusée. Au 23 mai 2019, l'intéressée faisait état de 29 poursuites pour un montant total de 223'602.04 fr., de 11 actes de défaut de biens ouverts pour un montant total de 201'630.25 fr. et de l'ouverture d'une faillite, en date du 5 décembre 2018. Répondant aux questions posées dans le cadre du renouvellement de son titre de séjour, l'intéressée a informé le S ervice des migrations en mai 2019 qu'elle vivait séparée de son époux et qu'elle allait demander le divorce. Elle a également indiqué avoir exploité de manière indépendante un établissement public à La Chaux-de Fonds qui a été fermé par l'Office des faillites et donc ne pas exercer d'activité lucrative rémunérée ni percevoir de prestations de chômage. L'intéressée a reçu une assistance financière de la Ville de La Chaux-de-Fonds dès le 1er mai 2019, puis a pris domicile au Locle en juillet 2019 et a perçu une aide matérielle de cette commune depuis le 1er août 2019. Le Service des migrations lui a accordé une assistance administrative le 25 juillet 2019. L'intéressée a régulièrement demandé et obtenu des visas de retour pour se rendre en Turquie (13 séjours entre 2009 et 2018). Elle a encore bénéficié de tels visas pour des voyages dans ce pays du 23 septembre au 23 octobre 2019 et du 14 mai au 16 juin 2021. L'intéressée a été engagée par une entreprise en tant qu'aide de cuisine à 50 %, à compter du 1er novembre 2019. Elle a perdu cet emploi en raison de la crise sanitaire.