Citation: 1B_581/2020 E. 2.2

2.2. A.________ ne prétend pas que l'enregistrement litigieux serait absolument inexploitable au motif qu'il aurait été recueilli en recourant à des méthodes interdites au regard de l'art. 140 al. 1 CPP. Il soutient se trouver dans un cas où le caractère illicite de l'enregistrement litigieux s'imposerait d'emblée parce que les conditions légales d'une surveillance ne seraient pas réalisées et justifierait une entrée en matière immédiate sur son recours. La procédure pénale contient des dispositions sur les méthodes d'administration des preuves interdites (art. 140 CPP) et sur l'exploitation des moyens de preuves obtenus illégalement (art. 141 CPP). Elle ne règle en revanche pas de manière explicite dans quelle mesure ces dispositions s'appliquent quand les moyens de preuve sont récoltés, non pas par les autorités, mais par des personnes privées. Dans une telle situation, il n'existe donc pas d'interdiction de principe de les exploiter (arrêt 1B_76/2016 du 30 mars 2016 consid. 2.1). Cela étant, selon la jurisprudence, de tels moyens de preuve sont uniquement exploitables si, cumulativement, ils auraient pu être obtenus par les autorités de poursuite pénale conformément à la loi et si une pesée des intérêts en présence justifie leur exploitation. En tout état de cause, au stade de l'instruction, il convient de ne constater l'inexploitabilité de ce genre de moyen de preuve que dans des cas manifestes (ATF 143 IV 387 consid. 4.5 p. 394 et consid. 4.6 p. 396; arrêt 6B_1282/2019 destiné à publication du 13 novembre 2020 consid. 1.1). La Chambre des recours pénale a considéré que l'enregistrement dont le recourant avait vainement requis le retranchement du dossier aurait pu être obtenu licitement par l'autorité pénale car les conditions posées par l'art. 269 CPP à la mise en oeuvre d'une surveillance téléphonique étaient réalisées et que la pesée des intérêts en présence justifiait son exploitation. Elle a relevé que la conversation litigieuse avait été enregistrée après plusieurs rencontres au cours desquelles A.________ et/ou B.________ avaient respectivement indiqué à D.________ qu'un examen était entrepris pour revoir à la baisse ses conditions d'intervention en partenariat avec C.________ SA, lui avaient demandé de partager la marge obtenue par sa société sur le projet X., avaient insisté pour obtenir le versement de 100'000 fr. en liquide et l'avaient informé avoir trouvé un complice pour émettre de fausses factures pour un montant de 180'000 fr., donnant ainsi à D.________ de sérieux indices de la commission d'infractions suffisamment graves pour qu'il décide d'enregistrer la conversation du 3 octobre 2017. Elle a ajouté que, même si les fausses factures n'avaient pas encore été émises au moment de l'enregistrement litigieux, il existait déjà des soupçons suffisants de corruption et de tentative d'extorsion. Le fait que le Ministère public central n'ait, dans un premier temps, ouvert l'instruction que pour corruption privée passive n'y changeait rien, dès lors qu'il l'avait étendue par la suite notamment à l'infraction visée à l'art. 269 al. 2 CPP de tentative d'extorsion et chantage. Par ailleurs, au vu de la gravité des actes reprochés au recourant, l'intérêt public à la découverte de la vérité l'emportait manifestement sur l'intérêt privé du recourant à ce que la preuve retenue demeure inexploitable. Cette argumentation, bien que contestée par le recourant, n'en est pas moins solidement étayée et ne consacre pas une violation manifeste du droit fédéral qui s'imposerait d'emblée de sorte qu'il peut être renvoyé à faire valoir ses objections à ce sujet devant le juge du fond. Le recourant ne saurait davantage être suivi lorsqu'il estime qu'il y aurait lieu d'entrer en matière sur son recours au motif que l'enregistrement litigieux constituerait l'unique moyen de preuve à charge. Il perd en effet de vue que, selon les faits exposés dans la plainte pénale, les prévenus auraient procédé à la tentative de corruption passive par le biais de fausses factures émises par une société tierce à l'attention de la société dirigée par D.________. L'enregistrement litigieux n'est donc pas en l'état l'unique moyen de preuve à charge des prévenus. Le recourant voit enfin un préjudice irréparable dans le risque d'influence que le maintien de l'enregistrement litigieux au dossier pénal pourrait avoir sur la suite de la procédure et, en particulier, sur l'audition de E.________ et la réaudition de F.________ en qualité de prévenu prévue le 2 février 2021. Le dommage allégué pourrait être réparé par le retranchement du dossier et la destruction des procès-verbaux d'audition qui auraient été recueillis sur la base de cet enregistrement si celui-ci devait finalement être tenu pour inexploitable par les juges de première instance et par l'acquittement des prévenus s'il ne devait pas y avoir d'autres preuves à charge. Or, un tel acquittement mettrait fin au préjudice allégué. Le risque d'influence allégué ne suffit ainsi pas à conférer au recourant un intérêt particulier juridiquement protégé particulièrement important à ce que la question de l'exploitabilité de l'enregistrement soit tranchée sans attendre. Partant, l'inexploitabilité du moyen de preuve en cause n'est, en l'état, pas manifeste et un risque de préjudice irréparable pour le recourant au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF n'est pas démontré. Il s'ensuit que l'arrêt attaqué ne saurait être contesté immédiatement auprès du Tribunal fédéral.