Citation: 7B_992/2023 E. B

Par arrêt du 6 novembre 2023, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours formé par A.________ contre cette ordonnance. Il ressort en substance de cet arrêt les éléments suivants : B.a. A.________, ressortissant étranger, né en1985 à U.________, est arrivé en Suisse à l'âge de huit ans. Il a eu un enfant, B.________, né en 2014, avec son ex-compagne. Le 18 mai 2021, il a été condamné par le Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne pour vol en bande et par métier, brigandage qualifié, dommages à la propriété, tentative de dommages à la propriété, violation de domicile, tentative d'explosion, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, usage abusif de permis et de plaques de contrôle et infraction à la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration, à une peine privative de liberté de 8 ans, sous déduction de 1'055 jours de détention avant jugement et de 14 jours à titre de réparation du tort moral. Son expulsion du territoire suisse a par ailleurs été ordonnée pour une durée de 15 ans. Selon l'avis de détention du 10 septembre 2021, A.________ exécute sa peine depuis le 18 mai 2021, d'abord à la prison de la Croisée jusqu'au 7 septembre 2021, puis aux Etablissements de la plaine de l'Orbe (EPO). Les deux tiers de la peine ont été atteints le 14 octobre 2023; la fin de sa peine interviendra le 14 juin 2026. Antérieurement à la condamnation pour laquelle il purge actuellement une peine, A.________ avait été condamné : - le 28 août 2008, à 18 mois de réclusion avec sursis pendant 3 ans (sursis révoqué le 6 septembre 2010) pour délit à la LStup, brigandage et agression; - le 3 mars 2010, à 20 mois de réclusion et à une amende de 1'000 fr., pour brigandage, défaut d'avis en cas de trouvaille et pour avoir, au sens de la LCR, circulé sans assurance responsabilité civile, violé des règles de la circulation routière, conduit un véhicule automobile sans permis de conduire et sans permis de circulation ou plaques de contrôle; - le 12 novembre 2012, à 6 ans de réclusion et à 500 fr. d'amende pour brigandage en bande, tentative de brigandage, dommages à la propriété, infractions à la LEI (exercice d'une activité lucrative sans autorisation, entrée illégale et séjour illégal) et conduite d'un véhicule automobile sans le permis de conduire requis au sens de la LCR. B.b. Dans un rapport d'évaluation criminologique du 8 avril 2022, les chargés d'évaluation de l'Unité d'évaluation criminologique (UEC) du Service pénitentiaire ont constaté que A.________ expliquait son passage à l'acte par des difficultés rencontrées, notamment l'absence de revenus, le fait qu'il dépendait financièrement de sa compagne, un manque de motivation et de confiance en lui, la détérioration de l'état de santé de sa mère à V.________ et la dégradation des relations avec la mère de son fils. Les regrets formulés par A.________ paraissaient sincères, bien qu'il expliquât principalement son recours à la violence par des éléments externes (résistance de la victime, imprévus dans le déroulement des évènements); son discours était en outre teinté d'une confiance qui paraissait parfois excessive dans la mesure où il excluait tout risque de récidive et ne parvenait à identifier aucune situation à risque. S'il semblait confiant, ce qui s'inscrivait dans une dynamique positive, il était néanmoins essentiel qu'il reste particulièrement attentif aux différentes fragilités qui semblaient avoir, jusqu'alors, considérablement pesé sur son parcours délictuel. Les criminologues ont retenu que le condamné appartenait à une catégorie d'individus pour laquelle les niveaux de risque de récidive générale et violente pouvaient être qualifiés de moyens. Le niveau des facteurs protecteurs était élevé, étant précisé qu'une partie importante de ces facteurs était étroitement liée au cadre carcéral. La relation stable de l'intéressé avec sa compagne actuelle était une source de soutien non négligeable; ils avaient ensemble des projets communs sur le long terme. Certains des amis de sa compagne étaient venus lui rendre visite en prison et il avait des contacts avec des membres de sa famille qu'il décrivait comme soutenants et "prosociaux". A.________ adoptait un bon comportement en détention et occupait son temps de façon constructive. B.c. Dans un rapport du 4 mai 2023, la Direction des EPO a donné un préavis défavorable à la libération conditionnelle de A.________. Elle a constaté que les infractions pénales commises étaient graves et s'inscrivaient dans un parcours délictuel de multirécidiviste spécial, qui avait débuté alors que le prénommé était encore mineur. Les niveaux de risque de récidive générale et violente avaient par ailleurs été qualifiés de moyens par les criminologues. Enfin, bien que réalistes et en adéquation avec sa situation administrative, les projets d'avenir du condamné demandaient à être davantage préparés, élaborés et étayés. Un élargissement anticipé apparaissait dès lors prématuré. B.d. Le 28 juin 2023, l'Office d'exécution des peines (OEP) a saisi le Collège des Juges d'application des peines d'une proposition tendant à l'octroi de la libération conditionnelle à A.________ dès le jour où son expulsion judiciaire pourrait être mise en oeuvre, mais au plus tôt le 14 octobre 2023, avec un délai d'épreuve d'une durée équivalente au solde de peine, mais au minimum d'un an. Cette autorité a relevé que le condamné avait adopté un comportement irréprochable à l'égard du personnel pénitentiaire et de ses codétenus. Ses projets d'avenir s'avéraient pour l'heure peu concrets, faute d'éléments attestant notamment d'une prise d'emploi et d'un soutien familial au Portugal. Il n'apparaissait toutefois pas opposé à retourner dans ce pays; une demande de transfert au Portugal était en cours et d'après le Service de la population (SPOP), l'expulsion judiciaire était possible. Il fallait cependant que les projets de vie future du condamné soient encore sérieusement étayés par des éléments concrets présentés au Collège des Juges d'application des peines, le pronostic quant au comportement futur n'étant en l'état pas manifestement défavorable. Par ailleurs, l'OEP ne voyait pas en quoi l'exécution jusqu'à son terme de la peine privative de liberté amènerait une plus-value à la situation de A.________, la menace de devoir subir un solde de peine plus que conséquent, soit de deux ans et huit mois, en cas de retour en Suisse - en concours avec une éventuelle sanction en lien avec la rupture de ban de l'art. 291 CP - devant également jouer un rôle préventif. B.e. Entendu le 31 août 2023 par la Présidente du Collège des Juges d'application des peines, A.________ a expliqué avoir fait beaucoup de "conneries dans la vie", le brigandage dans une bijouterie étant la pire chose qu'il ait faite. Il a reconnu ce qu'il avait fait subir à la victime et le traumatisme de l'agression. Il a également indiqué avoir réalisé que si, sur le moment, il pensait n'avoir aucune autre solution pour s'en sortir financièrement, rétrospectivement il se rendait compte que tel n'était pas forcément le cas. Il "regrettait énormément". Le suivi thérapeutique de six mois entrepris en détention lui aurait apporté "les clés pour avancer". En sortant de détention, il voulait organiser des événements de courses d'obstacles en France, dans la région parisienne. Ce projet serait financé par sa compagne. Il souhaitait s'installer avec elle en France, à la frontière suisse, afin de préserver un lien avec son fils. B.f. Par acte du 19 septembre 2023, le Ministère public cantonal Strada (ci-après : le Ministère public) s'est rallié au préavis de l'OEP du 28 juin 2023.