Citation: 4P.99/2002 30.08.2002 E. 4

4.1 La défenderesse prétend que les juges cantonaux ont apprécié arbitrairement la portée des déclarations des entrepreneurs entendus comme témoins en procédure. D'après la recourante, ces derniers, hormis le fils du demandeur D.________, auraient compris qu'une éventuelle augmentation de crédit en faveur de C.________ était conditionnée au fait que celui-ci "déniche" un repreneur ayant les moyens de s'acquitter du loyer demandé par la bailleresse. 4.2 L'autorité cantonale a retenu que si tous les témoins entendus au sujet de la séance de chantier ont relaté une promesse de paiement des entrepreneurs ainsi qu'une éventuelle reprise des locaux par un tiers, ils n'ont pas fait le même lien entre les deux événements. Sur la base de la ténorisation de ces témoignages, on ne voit pas en quoi ces constatations seraient arbitraires. Le maître carreleur D.________ n'a fait aucune allusion à un quelconque rapport entre l'assurance donnée aux maîtres d'état qu'ils seraient payés et l'arrivée d'un éventuel repreneur. Le peintre en bâtiment E.________ a affirmé que B.________ avait demandé aux entrepreneurs de continuer les travaux "car il avait trouvé quelqu'un qui allait reprendre la salle et payer les factures arriérées"; ce témoin ne prétend donc pas que le règlement des factures était soumis à condition. Le menuisier ébéniste F.________ a dit que B.________ avait déclaré "qu'il fallait finir les travaux et que (les entrepreneurs) serai(en)t) payés du moment que quelqu'un reprenait le fitness"; pour le témoin F.________, il n'y avait ainsi aucune incertitude à propos de la reprise du fitness et du paiement des travaux restant à effectuer. Seul C.________ a fait le lien entre l'arrivée d'un repreneur solvable et le règlement par B.________ du solde des factures. En présence de ces dépositions divergentes, il n'était pas insoutenable pour l'autorité cantonale de considérer qu'il n'était pas établi que la défenderesse ait voulu lier sa promesse de paiement des factures des entrepreneurs à la découverte par C.________ d'un repreneur pour les locaux. La Cour civile a du reste trouvé un élément corroborant son point de vue dans le courrier que la recourante, sous la plume de son administrateur, a adressé à la Fiduciaire Z.________ SA le 31 août 1998. S'exprimant sur le financement des travaux commandés par le locataire C.________, B.________ a écrit notamment ce qui suit: "Personnellement, sans le support bancaire, je ne peux pas financer seul une somme aussi importante". Il apparaît ainsi que pour l'auteur de cette lettre, le règlement par la défenderesse desdits travaux dépendait uniquement de l'obtention par la société d'un crédit bancaire. Or, dans le présent recours, la recourante ne discute même pas ce moyen de preuve, qu'elle a pourtant déposé dans le cadre de la procédure d'inscription provisoire d'hypothèque légale. Le grief est dénué de fondement.