Citation: 6B_168/2019 E. 2.4

2.4. Il ressort du jugement attaqué que le recourant, après avoir été administrateur unique de A.________ SA, en est devenu administrateur délégué avec signature collective à deux à partir de mars 2007, qualité qu'il a perdue, selon un extrait du registre du commerce, en octobre 2011. Il a néanmoins continué après mars 2007 à assumer la gestion opérationnelle de la société, déclarant lui-même avoir été seul aux commandes de la société jusqu'en 2009, date à laquelle E.________ est entré dans l'entreprise. Il a par ailleurs précisé qu'à ce moment-là ni la description de ses tâches ni son salaire n'ont été modifiés. E.________ a dit avoir été nommé directeur général chez A.________ SA en mai 2011 et n'avoir eu jusqu'à ce moment-là aucune responsabilité au sein de l'entreprise, s'y rendant une à deux fois par semaine et s'occupant uniquement du contrôle de qualité des pièces livrées au groupe C.________. G.________, ancien directeur financier de C.________, a pour sa part déclaré que E.________ avait été délégué par le groupe C.________ pour faire fonctionner A.________ SA de manière plus efficace et qu'il avait déjà des responsabilités avant le licenciement du recourant. F.________, l'un des administrateurs de A.________ SA depuis l'investissement de C.________ dans la société, a expliqué que E.________ était chargé d'épauler la direction de A.________ SA. Il ressort en outre d'un document intitulé " Gestion rigoureuse de M. E.________ " que dans le cadre de la réorganisation de 2009, E.________ devenait directeur général alors que le recourant restait directeur opérationnel. Le premier était chargé de superviser A.________ SA et d'aider le second à réorganiser la société afin de réduire ses coûts de production. Il y est précisé que E.________, qui n'était pas basé à H.________, n'assumait pas la gestion quotidienne de A.________ SA. En juin 2010, C.________ a adressé au recourant un courrier l'informant que plus aucun achat ni commande ne pourrait être effectué chez A.________ SA sans une contre-signature par la direction du siège. Il ressort enfin du jugement attaqué que c'est le recourant qui a signé, en octobre 2010, un contrat de travail entre A.________ SA et une employée de commerce, qui a déclaré que le recourant avait été " son directeur " jusqu'à son départ. Une autre collaboratrice a également dit avoir considéré le recourant comme son supérieur. Dans ces circonstances, force est de constater que même si le recourant ne dirigeait plus A.________ SA de manière totalement autonome depuis l'investissement fait par C.________ dans la société, il avait conservé une certaine autonomie et assumait la gestion opérationnelle. Cette situation lui conférait une indépendance et un pouvoir de disposition suffisants pour qu'on puisse considérer qu'il avait au moment des faits litigieux la qualité de gérant.