Citation: 6B_1177/2021 E. 2.2

2.2. Pour retenir que le recourant était impliqué dans l'agression au préjudice de l'intimé, la cour cantonale s'est principalement fondée sur les aveux livrés par le recourant à la police le 11 avril 2019 et confirmés le lendemain par devant le procureur, auxquels elle a accordé une valeur probante accrue dès lors qu'ils constituaient ses premières déclarations en lien avec l'infraction en cause. Ils contenaient des éléments de réalité, un certain nombre de détails et corroboraient le récit de l'intimé, quand bien même celui-ci n'avait pas été en mesure d'identifier le recourant comme l'un de ses agresseurs, élément pouvant toutefois s'expliquer de différentes manières et ne permettant aucunement d'innocenter ce dernier. En outre, l'absence de certains détails et les quelques nuances dans les déclarations du recourant s'expliquaient aisément par le temps écoulé et par les confusions auxquelles celui-ci, coutumier des bagarres et emprunt d'alcool, pouvait être confronté et n'étaient pas de nature à décrédibiliser ses aveux. L'implication du recourant était par ailleurs corroborée par la version de deux des protagonistes principaux de l'agression tandis que les témoins qui avaient indiqué ne pas l'avoir vu avaient livré des témoignages dénués de toute valeur probante; ils étaient soit mensongers, soit issus d'un manque de collaboration. La cour cantonale a retenu que les rétractations ultérieures du recourant étaient en revanche dénuées de toute crédibilité. Il était tout d'abord frappant de constater qu'elles étaient intervenues après que le projet d'acte d'accusation lui avait été soumis, lui permettant de comprendre concrètement quelle était la peine qu'il encourrait pour ses actes. En outre, elles contenaient bon nombre de demi-vérités, de contradictions et d'incohérences. Le recourant avait ainsi tout d'abord indiqué que les déclarations du 11 avril 2019 avaient été faites dans le seul but de "décharger ses amis". Puis, il avait expliqué que son ami D.________ lui avait demandé de s'incriminer "à la place" de leur ami E.________ au moment où celui-ci se faisait juger pour l'agression en cause et risquait l'expulsion. Cette deuxième version, qu'il avait maintenue par la suite, était peu crédible. Elle ne coïncidait pas avec les courriers envoyés par le recourant à ses amis au mois de juillet 2019 lorsqu'il était en détention, dans lesquels il n'avait indiqué à aucun moment s'être faussement incriminé, n'exprimant que des regrets de s'être dénoncé, contrairement aux autres qui étaient restés libres et qu'il n'avait pas dénoncé. En outre, alors qu'il aurait été clairement dans l'urgence de se dénoncer pour "sauver" son ami se faisant juger, il aurait toutefois attendu que la police vienne l'interpeller pour passer aux aveux. Lors de son audition, D.________ n'avait par ailleurs pas confirmé avoir incité le recourant à se dénoncer à la place de E.________, confirmant toutefois lui avoir dit qu'il fallait "trouver une solution". Il avait ainsi selon toute vraisemblance fait part au recourant des difficultés rencontrées par leur ami et l'avait encouragé à admettre les faits qu'il avait lui-même commis, afin de tenter de mettre leur ami hors de cause, sans toutefois lui demander de s'incriminer "faussement à la place" de celui-ci.