Citation: 1C_335/2021 E. 7.4

7.4. La limitation des périodes de fonctionnement des éoliennes en fonction d'un algorithme, assortie d'un monitoring bioacoustique sur au moins trois ans fait partie des méthodes désormais reconnues pour limiter la mortalité des chauves-souris (ATF 148 II 36 consid. 8.4.2, 8.9.2, 9.5; arrêt 1C_628/2019 du 22 décembre 2021 consid. 7.5). Le processus consistant à adapter les algorithmes en fonction du suivi sur place constitue lui aussi un outil reconnu permettant de tenir compte de l'amélioration progressive des connaissances in situ (arrêt 1C_628/2019 du 22 décembre 2021 consid. 7.5 in fine). Dans leur dernière écriture, les recourants dénoncent l'absence d'un monitoring par recherche de cadavres; ils relèvent à juste titre, en se référant à l'ATF 148 II 36 consid. 8, qu'un tel moyen de contrôle est très compliqué à mettre en place car il nécessite un investissement considérable et conduit à des résultats aléatoires (difficulté de retrouver les cadavres dans un certain rayon en raison des spécificités du terrain, de la prédation et des animaux victimes de barotraumatismes qui meurent en dehors du périmètre de recherches). Ainsi, dans le cas où des mesures sont prises afin de réduire le nombre de victimes à 1 ou 2 par éoliennes, le nombre de victimes retrouvées serait trop faible pour permettre une extrapolation fiable, et les moyens à mettre en oeuvre seraient alors disproportionnés (ATF 148 II 36 consid. 8.4.2). Tel est précisément le cas en l'espèce: le protocole d'arrêt des éoliennes doit en effet permettre d'emblée une forte réduction du nombre de collisions, soit une à quatre par éolienne et par année. Dans ces circonstances, la mise sur pied d'un monitoring par enregistrement en continu de l'activité depuis les nacelles de quatre machines dans les deux mois suivant la mise en service et sur une période de trois ans, apparaît comme une mesure appropriée dont l'efficacité n'est au demeurant pas contestée par l'OFEV.