Citation: 6P.28/2005 08.06.2005 E. 2

Selon le recourant, c'est sur la base d'une appréciation arbitraire des éléments de fait dont elle disposait que l'autorité cantonale est parvenue à la conclusion que la déclaration faite par B.________ devant un notaire était un fait nouveau mais pas sérieux en ce sens qu'elle n'était pas de nature à ébranler les constatations qui fondent la condamnation du recourant. 2.1 Une décision est arbitraire et donc contraire à l'art. 9 Cst. lorsqu'elle viole nettement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou contredit de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables, il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son résultat. A cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale apparaisse également concevable ou même préférable (ATF 128 II 259 consid. 5 p. 280; 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, une décision est entachée d'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un moyen de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des déductions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). 2.2 En l'espèce, il ressort des constatations de l'arrêt attaqué que B.________ a été entendu à quatre reprises entre début septembre et fin novembre 2002 et qu'à ces occasions il a expliqué qu'il avait accepté la proposition d'un Albanais prénommé A.________ de l'accompagner au Tessin pour y commettre un vol et avait fait en voiture le voyage de Lausanne à Lugano en compagnie de celui-ci et d'un autre Albanais, dont il avait oublié le nom et qu'il a identifié sur photo comme étant X.________, ainsi que l'amie de ce dernier, qu'il a également identifiée sur photo. L'autorité cantonale a relevé que ces déclarations étaient parfaitement crédibles notamment eu égard au fait que l'intéressé se chargeait lui-même et n'avait pas de raison d'en vouloir au recourant qu'il ne connaissait pas et avait identifié sur photo. En outre, le fait nouveau dont se prévaut le recourant est une déclaration faite devant notaire, par laquelle B.________ revient sur les dépositions qu'il avait faites à la police et au juge d'instruction et affirme que le recourant ne s'est pas rendu à Lugano avec lui le jour du vol. Il explique que lorsque la police lui avait demandé la première fois de confirmer que le recourant était avec lui, il avait répondu par l'affirmative car c'était effectivement la voiture de celui-ci. D'après B.________, il aurait alors été plus difficile de dire la vérité car la police aurait cru qu'il voulait minimiser l'affaire. Par la suite, il n'aurait pas rétabli la vérité par peur de se contredire par rapport à sa première déclaration car il voulait en finir avec cette affaire. B.________ a encore ajouté que s'il avait su que ses fausses déclarations pouvaient causer du tort au recourant il aurait dit la vérité. L'autorité cantonale a considéré que les motifs invoqués par B.________ pour justifier sa rétractation n'étaient pas convaincants. On ne saurait y voir une appréciation arbitraire des faits tant il est vrai qu'il est difficile de croire notamment qu'une personne qui est elle-même l'objet d'une enquête puisse dénoncer un tiers pour avoir participé à une infraction sans imaginer que ces déclarations puissent nuire à celui-ci. De même, c'est sans arbitraire que les juges cantonaux ont estimé que les dépositions de B.________ confirmées à quatre reprises au cours de l'instruction et qui n'apparaissaient dictées ni par une quelconque animosité envers le recourant qu'il ne connaissait pas ni par un intérêt personnel puisqu'elles avaient au contraire pour conséquence de charger leur auteur, ne pouvaient pas être sérieusement remises en question par une simple rétractation justifiée par des motifs peu convaincants. Au surplus, il faut encore noter que dans le cadre de l'application de l'art. 397 CP les seules questions de fait, qui peuvent donner lieu à un recours de droit public, sont de savoir si les faits ou moyens de preuve invoqués étaient inconnus des premiers juges, ce qui n'est pas litigieux en l'espèce, et s'ils sont propres, en fonction d'une appréciation des preuves, à ébranler la conviction des juges sur la constatation d'un fait pertinent influençant la décision, la vraisemblance étant à cet égard suffisante (ATF 130 IV 72 consid. 1; 122 IV 66 consid. 2a; 116 IV 353 consid. 2b et les références citées). Dès lors, dans la mesure où le recourant semble reprocher à l'autorité cantonale d'avoir posé des exigences excessives pour établir le caractère sérieux des faits invoqués, il s'en prend à l'interprétation de l'art. 397 CP, grief qui relève du pourvoi en nullité et ne peut donc être invoqué dans le cadre d'un recours de droit public eu égard au caractère subsidiaire de celui-ci.