Citation: 1C_149/2015 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, dans une lettre concise, la recourante a soumis à la municipalité un échantillon du crépi pour approbation, tout en précisant que le crépissage se ferait entre les pierres "comme [c'était alors] le cas". Ses intentions étaient claires et l'information de l'étendue prévue du crépissage était évidente. En réponse, la municipalité s'est adressée à la recourante en lui exposant avoir accepté la couleur choisie. Elle n'a certes pas fait mention de l'étendue du crépissage. Toutefois, l'approbation étant donnée sans réserves à une demande contenant de tels détails, il n'est pas soutenable de prétendre que la municipalité n'aurait pas approuvé le mode de crépissage prévu à cette occasion. Il ne ressort par ailleurs pas de l'arrêt attaqué que le permis de construire contenait des indications expresses sur le mode de crépissage. En outre, cet aspect-là de la rénovation n'avait pas été mentionné par le SIPAL dans son préavis. La recourante pouvait ainsi d'autant moins s'attendre à ce qu'une approbation sans réserves, mais sans que le mode de crépissage soit mentionné, équivalait à un refus. La cour cantonale relève au demeurant que la décision litigieuse est fondée sur l'avis de la Commission communale des monuments et des sites, une expertise et les déterminations du SIPAL, soit des appréciations émises après l'approbation du crépi par la municipalité, ce en dépit de la procédure suivie en bonne et due forme par la recourante. De tels avis ne sauraient par conséquent remettre en cause a posteriori la manière dont l'autorisation de construire pouvait être comprise par sa bénéficiaire. On ne saurait non plus déduire du fait que la recourante ait accepté de participer aux discussions sur un éventuel nouveau crépissage qu'elle aurait ainsi admis avoir effectué des travaux non autorisés par la municipalité. Il ressort au contraire de l'état de fait de l'arrêt attaqué qu'elle considérait alors que les travaux de réfection de la façade avaient été "exécutés selon l'approbation des autorités communales du 24 février 2014" (arrêt attaqué, consid. E, p. 4). Quant à l'intérêt à la correcte application du droit, il est ténu vu les règles légales appliquées par la cour cantonale. Celle-ci se réfère en effet à l'art. 7.3 al. 2 RPPA qui prévoit que les maçonneries extérieures des bâtiments existants devront être crépies ou badigeonnées, à l'exception des cas où il peut être établi qu'une maçonnerie "à vue" correspond à l'état original, le choix des revêtements devant être compatible avec la nature de la maçonnerie et se faisant suivant les directives de la section des monuments historiques. Il existe ainsi des exceptions au crépissage. A cet égard, avec toute la retenue que lui impose l'appréciation de circonstances locales, le Tribunal fédéral constate que la cour cantonale a précisément relevé l'aspect partiellement crépi des façades sur les photographies, déjà anciennes, de la fiche du recensement cantonal. Quoi qu'il en soit, il ressort du dossier que la recourante ne s'est jamais opposée au principe d'un crépissage complet, sa contestation étant uniquement dirigée contre une mise à sa charge des coûts résultant de tels travaux. Il n'est ainsi pas exclu que, moyennant une solution alternative de financement des travaux, le traitement de la façade voulu par les autorités puisse finalement être réalisé. En définitive, les conditions permettant à la recourante de bénéficier de la protection de la confiance qu'elle a placée dans la décision d'approbation du 24 février 2014 sont réunies. L'autorité communale ne pouvait dès lors exiger de la recourante qu'elle assume entièrement les frais des nouveaux travaux.