Citation: 5A_1003/2021 E. 4

Le recourant se plaint en outre de la violation des art. 29 al. 2 Cst. et 53 al. 1 CPC, ainsi que de l'art. 318 al. 1 let. c CPC. Il reproche à la cour cantonale d'avoir reconnu l'existence d'une violation du droit d'être entendu, en tant que le premier juge n'avait pas donné l'occasion aux parties de s'exprimer spécifiquement sur la question de la légitimation active, mais de ne pas en avoir tiré les " conséquences adéquates ". En effet, quand bien même le juge applique le droit d'office (art. 57 CPC), la jurisprudence impose aux tribunaux d'interpeller les parties lorsqu'ils envisagent, comme en l'espèce, d'adopter une solution juridique imprévisible pour elles. Le recourant affirme que s'il avait été dûment interpellé, il aurait pu s'exprimer plus en détail et, si nécessaire, rappeler au Tribunal civil que l'original du testament olographe du 10 janvier 2001 se trouvait dans ses locaux, conformément à l'attestation de dépôt apposée le 26 mai 2010. Selon lui, la cour cantonale ne pouvait pas considérer qu'elle était en mesure de statuer elle-même sur le fond et renoncer à renvoyer la cause au premier juge. En effet, non seulement un " élément essentiel de la demande n'a[vait] pas été jugé " (art. 318 al. 1 let. c ch. 1 CPC), soit le fond du litige et la totalité des arguments procéduraux soulevés par les défendeurs, mais " l'état de fait [devait aussi] être complété sur des points essentiels " (art. 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC), à savoir sur l'existence et le dépôt du testament olographe du 10 janvier 2001. Partant, les conditions pour qu'il soit fait exception au principe du double degré de juridiction et que la cour d'appel puisse ainsi statuer elle-même au fond n'étaient pas remplies. L'argument consistant à dire qu'un renvoi en première instance retarderait encore la procédure, ce qui n'était pas dans l'intérêt des parties, n'était pour le surplus pas pertinent.