Citation: 5A_416/2024 E. 3.2

3.2. Dans l'arrêt entrepris, la juridiction cantonale a considéré que, selon l'appréciation du SEASP, les deux parents avaient de bonnes capacités parentales et qu'il était dans l'intérêt de l'enfant d'avoir accès à ses deux parents, ce qui avait motivé la recommandation de ce service d'instaurer une garde alternée. Elle a ajouté que le même rapport dudit service avait toutefois relevé que la communication parentale n'était pas bonne, ce qui avait été confirmé par l'attitude des parties tout au long de la procédure. Il résultait en effet des nombreux échanges d'écritures parvenus à l'autorité cantonale que les parties ne parvenaient pas à communiquer et à coopérer sereinement dans l'intérêt bien compris de leur fille, chacune rendant l'autre responsable de leurs désaccords. Or, le fait de se partager la garde de l'enfant impliquerait une communication fluide, afin que les informations la concernant, provenant notamment de l'école, puissent circuler facilement d'un parent à l'autre. La juridiction cantonale a considéré que, en l'état des choses et en dépit du fait que la séparation remontait à près de trois ans, les parties n'étaient pas encore parvenues à mettre de côté leurs différends pour se centrer sur leur fille et persistaient à adopter une attitude inutilement chicanière; par ailleurs, le fait qu'elles aient réussi à établir des calendriers pour les vacances ne permettait pas de retenir que la communication serait suffisante dans le cadre de l'exercice d'une garde partagée. La cour cantonale a encore souligné que le Tribunal de protection avait certes exhorté les parties à entreprendre une médiation, qui pourrait améliorer leurs relations, mais que la mère, mettant en avant les violences dont elle avait été victime et pour lesquelles le père avait été condamné, refusait de participer à de telles séances. Quant au père, son attitude apparaissait pour le moins contradictoire puisque, tout en prônant dans ses écritures la médiation et le dialogue direct entre les parties, il adoptait en réalité un comportement bien différent, considérant notamment qu'il n'avait pas à informer la mère du fait qu'il déjeunait avec leur fille à midi, alors qu'il était prévu que celle-ci se rende au parascolaire. L'autorité précédente a par ailleurs relevé que le défaut de communication entre les parties ne représentait pas le seul obstacle à la mise en oeuvre d'une garde partagée. Elle a indiqué que la mère et l'enfant habitaient à U.________, à V.________, l'enfant fréquentant une école située à proximité. Quant au père, il s'était installé en France, au chemin de W.________, à X.________. En cas de trafic favorable et selon Google Maps, le temps de trajet prévisible était compris entre une vingtaine et une trentaine de minutes en voiture, mais il était toutefois notoire que la forte circulation du matin et du soir pouvait sensiblement prolonger le temps de parcours. La juridiction cantonale a ainsi retenu que, en cas de garde partagée, l'enfant devrait, une semaine sur deux, se lever de très bonne heure afin d'être certaine d'arriver à temps à l'école, la crainte d'une arrivée tardive pouvant générer un stress important. Elle a relevé que la distance entre les domiciles des parents et ses conséquences sur l'enfant en cas de garde partagée étaient des problématiques que le SEASP n'avait pas spécifiquement abordées dans son rapport, alors qu'elles ne pouvaient être occultées. Cette distance aurait également pour conséquence de couper l'enfant, une semaine sur deux, des relations amicales qu'elle avait nouées dans son quartier, ce qui ne paraissait pas favorable alors qu'elle entrerait bientôt dans l'adolescence. La cour cantonale a enfin relevé que, selon ce qui ressortait du rapport du SEASP, l'enfant allait bien et qu'elle évoluait positivement, ce qui permettait de retenir que les modalités de sa prise en charge actuelle lui étaient bénéfiques. Elle a finalement considéré que, compte tenu des obstacles mentionnés, il ne se justifiait pas de mettre en oeuvre une garde partagée, au risque de perturber l'équilibre de l'enfant. Il convenait ainsi de privilégier le statu quo et d'en attribuer la garde exclusive à la mère, laquelle avait principalement assumé sa prise en charge depuis la séparation des parties.