Citation: 5A_716/2009 22.04.2010 E. A

A.a A.________ SA, devenue B.________ SA en 2003, a été constituée en 1998 par les frères C.________ et D.Z.________, qui en furent les ayants droit économiques et, aux côtés de E.________, les administrateurs. Active dans le domaine de l'horlogerie, la société avait en particulier pour objectif le développement d'un chronographe qui exploitait, avec son accord, le nom et l'image de la star du football F.________. Dans ce contexte, elle a souscrit auprès de l'assureur G.________ une assurance couvrant, à hauteur de 10'000'000 USD, le risque que F.________ ne puisse plus pratiquer son sport pendant une période de 12 mois consécutifs. En 1998 et 1999, ce risque s'est réalisé, ensuite de blessures subies par le footballeur. Cet événement a compromis l'essor du chronographe précité et a fait naître une prétention de A.________ SA à l'encontre de l'assureur. Le 25 juin 2003, A.________ SA a obtenu un sursis concordataire, qui a été prolongé le 16 septembre 2003; le 12 janvier 2004, elle a été déclarée en faillite. X.________ est une société offshore située dans les Îles Vierges Britanniques, dont les frères Z.________ sont les ayants droit économiques et les animateurs. Principal bailleur de fonds de A.________ SA, elle a permis à celle-ci d'obtenir de la Banque H.________, en fournissant des garanties à cet établissement, une ligne de crédit de 2'000'000 USD en 1998, laquelle a été portée à 10'000'000 USD en janvier 2000. Elle a également effectué, sans contreprestation, des apports en nature et en liquide à A.________ SA, qui ont totalisé 20'330'000 USD en janvier 2002. A.b Dans le courant de l'année 2000, X.________ a obtenu, en son nom, une ligne de crédit auprès de la Banque H.________. Rendu possible grâce à des garanties fournies par I.________, connaissance des frères Z.________ et ancien employé de la banque, et par une société dont le prénommé était l'ayant droit économique, J.________ SA, cet emprunt devait servir, aux dires des intéressés, au financement de A.________ SA. En contrepartie desdites garanties, X.________ a signé, le 4 juillet 2000, une convention avec J.________ SA par laquelle elle s'engageait à rembourser sa ligne de crédit au plus tard le 30 juin 2000 (sic); si elle ne devait pas être en mesure de libérer J.________ SA avant le 1er août 2000, elle s'engageait alors à lui payer, à première réquisition de sa part, la somme de 1'000'000 USD, étant précisé que ce montant correspondait au solde débiteur du compte de X.________ auprès de la Banque H.________. La convention ne comportait aucune mention de A.________ SA. En 2001, les frères Z.________, X.________ et A.________ SA ont signé conjointement une reconnaissance de dette en faveur de I.________ et J.________ SA, remboursable selon des échéances fixées. Initialement arrêté à 1'850'000 USD le 30 mars 2001, le montant de cette dette a été réduit à 1'650'000 USD le 7 mai 2001. A cette dernière date également, A.________ SA, alors en négociation avec l'assureur à qui elle réclamait la somme de 10'000'000 USD ensuite des accidents subis par F.________, a déclaré céder à I.________ et J.________ SA, « en garantie des engagements souscrits aux côtés de C.________ et D.Z.________ et de X.________ en relation avec la reconnaissance de dette », sa prétention à l'encontre de l'assureur à concurrence de 1'650'000 USD. A.c Au début de 2003, l'assureur a versé à l'administrateur E.________ une indemnité d'assurance de 1'700'000 USD en faveur de A.________ SA. De cette somme, 1'250'000 USD ont, sur instruction des frères Z.________ et en accord avec I.________ et J.________ SA, été versés le 26 mars 2003 sur le compte de A.________ SA auprès de la Banque H.________; 200'000 USD (244'320 fr.) ont été payés le 31 mars 2003 à Me K.________, avocat, en faveur d'une personne indéterminée. Le solde de l'indemnité d'assurance, soit 250'000 USD, est resté en mains de l'administrateur E.________. La somme de 1'250'000 USD versée le 26 mars 2003 à la Banque H.________ a servi à rembourser le montant de 833'481 fr. 14 qui figurait alors au débit du compte de A.________ SA et a rendu ce compte créditeur. Les 26 mars, 12 mai et 4 juin 2003, A.________ SA a fait transférer de son compte, en faveur de X.________, les sommes de 920'000 fr., 14'000 fr. et 23'704 USD (28'956 fr. 80). Ces transferts ont permis à cette dernière de solder le débit de son propre compte auprès de la Banque H.________, intérêts compris, étant précisé que le montant de 23'704 USD a été versé directement à I.________. Selon la banque, ce dernier et J.________ SA ont, grâce auxdits versements, été libérés des garanties qu'ils avaient fournies, à hauteur de 1'850'000 USD, en faveur de X.________, garanties qui avaient permis à celle-ci d'obtenir en 2000 la ligne de crédit de même montant destinée au financement de A.________ SA. A.d A tout le moins depuis la fin de l'année 2001, X.________ SA a régulièrement postposé ses créances contre A.________ SA, jusqu'à concurrence d'un montant de 17'996'940 fr. au 13 juin 2003, intérêts compris. Ces postpositions successives ont permis à A.________ SA d'éviter le dépôt de son bilan. Dans la faillite de cette dernière, X.________ a produit une créance de 12'500'673 fr. 60, laquelle a été écartée en totalité par la masse en faillite, motif pris des postpositions précitées.