Citation: 6B_437/2024 E. 4.2

4.2. La cour cantonale, en faisant référence au raisonnement du tribunal de première instance, a considéré que la manoeuvre du recourant consistant à libérer fictivement le capital nécessaire à la création d'une société avait permis à son comparse d'éviter d'avoir à injecter lui-même des fonds dans celle-ci, et donc de diminuer ses propres actifs ou d'avoir à emprunter pour ce faire. Dans la mesure où la création de la société lui avait permis par la suite de mener ses activités commerciales dans le domaine de la construction, il avait effectivement retiré un avantage financier de cette opération. C'était d'ailleurs bien dans ce but que l'opération avait été mise en oeuvre par le recourant, tant il était évident qu'il savait que la manoeuvre allait avantager financièrement le propriétaire économique de l'entité. La cour cantonale a souligné que ce dernier avait d'ailleurs reconnu, dans le cadre d'une procédure pénale dirigée contre lui, que le but recherché était que, moyennant le paiement d'un montant de 7'000 ou 6'000 fr. au recourant, celui-ci lui crée une société en apportant le financement nécessaire à la libération du capital-actions. Ainsi, et au regard de la situation économique de l'obtenteur de la société anonyme "clé en main", la cour cantonale a retenu que le recourant avait bel et bien agi dans le dessein de lui procurer un enrichissement illégitime. Par surabondance, le recourant ayant été rémunéré pour son activité délictueuse à hauteur de 6'000 ou 7'000 fr., la cour cantonale a également conclu qu'il avait bénéficié, à titre personnel, d'un enrichissement dont il ne pouvait qu'avoir conscience du caractère illégitime compte tenu de sa formation et de son expérience professionnelle dans le domaine comptable.