Citation: 4A_269/2024 E. A

A.a. Avocat de profession, A.________ est un spécialiste du droit des affaires et du droit bancaire. Il bénéficie d'une grande expérience dans le domaine des sociétés offshore. Il a reconnu en avoir administré près d'une cinquantaine à une certaine époque. En 2005, il était déjà associé au sein du cabinet D.________ (ci-après: l'étude D.________). L'avocat E.________ y travaillait également comme collaborateur à cette époque-là. A.b. C.________, homme d'affaires français actif dans le secteur du négoce pétrolier, qui avait placé de l'argent sur un compte auprès de la banque F.________ SA, à (...), lequel était géré par G.________, a transféré ses avoirs à la banque H.________ SA (ci-après: la banque) lorsque ce dernier a rejoint cet établissement en 2004, d'abord comme employé puis comme directeur adjoint dès le 28 juillet 2005. Le 17 novembre 2004, C.________ a signé personnellement les documents relatifs à l'ouverture de deux comptes auprès de la banque, sous des pseudonymes. A.c. En 2005, les avoirs de C.________ se trouvant sur lesdits comptes ont été transférés sur deux comptes nouvellement créés auprès de la banque ("I.________ 1" et "I.________2 "; ci-après: les comptes I.________), ouverts au nom de la société offshore de droit panaméen B.________, constituée le 8 août 2005, dont le prénommé était l'ayant droit économique. Le 31 août 2005, la banque, par l'intermédiaire de G.________, a contacté A.________ aux fins de mettre en place ladite structure. Le 1er septembre 2005, C.________ a signé les documents nécessaires à l'ouverture des comptes I.________ en présence de G.________ et de E.________. L'art. 11 des conditions générales annexées aux contrats d'ouverture desdits comptes prévoyait notamment que les décomptes, relevés ou autres avis de la banque qui ne faisaient pas l'objet d'une réclamation écrite de la cliente dans le délai d'un mois suivant leur envoi étaient considérés comme reconnus et approuvés, sans préjudice des cas où les circonstances exigeaient une réclamation immédiate de la cliente. B.________ a fait le choix de ne pas recevoir directement la correspondance bancaire et les relevés relatifs aux comptes I.________, demandant à ce qu'ils soient adressés à l'étude D.________, à l'attention de E.________. Le même jour, B.________ a confié à la banque un mandat de gestion en optant pour un profil de risque équilibré, la gestion étant assurée par G.________. Les comptes I.________ ont été formellement ouverts les 6 et 7 septembre 2005. C.________ et son épouse, ainsi que A.________ et E.________, disposaient chacun de la signature individuelle sur lesdits comptes, raison pour laquelle ils étaient notamment habilités à passer et à confirmer des ordres. A.d. Le 24 octobre 2005, C.________ a rencontré pour la première fois A.________. Les deux hommes ont signé un contrat de mandat lié à la mise en place et à la gestion de l'entité B.________. Ledit contrat prévoyait notamment que le mandataire A.________ avait droit à une rémunération annuelle de 4'600 fr. pour la constitution, la mise à disposition et l'administration de la société B.________ durant la première année, le montant de la rémunération annuelle étant ensuite de 3'800 fr. A.e. Le 30 avril 2007, G.________ a quitté la banque pour rejoindre J.________ SA, entité sise à (...) active dans la gestion de patrimoine et les conseils en placement. Il a exercé la fonction d'administrateur vice-président de ladite société, avec signature individuelle, et a déployé une activité de gérant externe auprès de la clientèle de cette dernière. Le 4 juin 2007, B.________ a résilié le mandat de gestion conclu avec la banque pour le confier à J.________ SA, respectivement à G.________ avec signature individuelle, en tant que gérant indépendant. Les fonds sont restés sur les comptes I.________ ouverts auprès de la banque. Sous la signature de A.________, B.________ a octroyé une procuration à J.________ SA envers la banque, pour chacun desdits comptes. Ce document stipulait que J.________ SA n'avait pas le pouvoir de retirer les actifs en question ni d'en disposer en sa faveur ou celle d'un tiers. À partir de cette date, la documentation bancaire, qui était transmise jusque-là uniquement à l'étude D.________, a aussi été envoyée en duplicata à J.________ SA. A.f. Entre le 8 mai 2009 et le premier trimestre de l'année 2010, G.________ a commis diverses opérations frauduleuses sur les comptes I.________ sur la base de plusieurs ordres falsifiés imitant la signature de C.________. Les montants débités des comptes I.________ ont fait l'objet d'avis de débit qui ont été envoyés à l'étude D.________. Une note établie le 12 janvier 2010 par G.________ à l'attention de la banque tendant à la clôture des comptes I.________ et à la vente de toutes les positions a également été transmise à A.________. A.g. En 2009 et 2010, C.________ s'est rendu deux fois par an dans les locaux de J.________ SA. A ces occasions, G.________ lui a présenté de faux décomptes bancaires. En janvier 2011, après avoir été alerté par des connaissances dont les avoirs étaient aussi gérés par G.________, C.________ s'est rendu dans les locaux de la banque où il s'est vu remettre les relevés des comptes I.________. Il a alors découvert que les documents que lui avait soumis G.________ avaient été falsifiés, que les avoirs figurant sur les comptes I.________ avaient été intégralement retirés et que ces derniers avaient été clôturés. C.________ a immédiatement mandaté un avocat aux fins d'éclaircir la situation. Le 2 février 2011, il a pu obtenir de la banque copie des avis d'instruction, ordres de transfert et notes d'entretien afférents aux comptes I.________. Il a ainsi identifié les transferts qu'il n'avait pas sollicités, mais qui avaient été exécutés par la banque, sans contestation ultérieure des relevés de compte y relatifs. Il a constaté qu'un montant de près de 1'370'000 euros (EUR) avait été débité des comptes en question et qu'environ la moitié de cette somme avait été débitée en deux virements effectués le même jour, soit le 23 décembre 2009. A.h. Plusieurs plaintes pénales ont été déposées à l'encontre de G.________ par des clients de la banque lésés par ses agissements. C.________ n'a pas pris de conclusions civiles à l'égard de l'accusé dans le cadre de ladite procédure. G.________ a été reconnu coupable d'abus de confiance et de faux dans les titres et condamné à une peine privative de liberté de trois ans, avec sursis partiel de trente mois, par jugement du Tribunal correctionnel du canton de Genève du 21 juin 2016. A.i. Le 6 septembre 2013, B.________ a assigné la banque devant la Chambre patrimoniale cantonale vaudoise en vue d'obtenir le paiement d'un montant supérieur à 1'369'000 EUR, intérêts en sus. Par jugement du 17 janvier 2019, la Chambre patrimoniale cantonale vaudoise a rejeté la demande. Elle a certes considéré que la banque avait commis une faute grave en ne procédant pas à des mesures de vérification auprès de sa cliente lorsqu'elle avait reçu divers ordres, falsifiés, qui présentaient un caractère insolite. Elle a toutefois estimé que la demanderesse avait eu connaissance de la correspondance bancaire relative à ces ordres par l'intermédiaire de ses représentants A.________ et E.________. Or, comme la demanderesse ne s'était pas opposée aux opérations litigieuses dans le délai d'un mois prévu dans les conditions générales applicables au contrat, elle était réputée avoir ratifié ces opérations et ne pouvait donc pas réclamer à la banque la restitution de son avoir. L'appel formé par la cliente a été rejeté par arrêt du 14 février 2020 de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud. Par arrêt du 6 juillet 2020 (cause 4A_161/2020), le Tribunal fédéral a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, le recours formé par la demanderesse à l'encontre de cet arrêt.