Citation: 4A_127/2015 E. B

Le 6 mai 2013, l'employée a saisi l'Autorité de conciliation du Tribunal des prud'hommes du canton de Genève d'une requête dirigée contre les employeurs, dans laquelle elle leur réclamait paiement de 72'420 fr. en capital. Au bénéfice d'une autorisation de procéder délivrée le 1er juillet 2013, A.________ (demanderesse) a déposé le 14 août 2013 une demande devant le Tribunal des prud'hommes de Genève, concluant à ce que les époux B.________ (défendeurs) lui versent le montant total de 72'420 fr., plus intérêts à 5% l'an dès le 1er juillet 2012, à titre de différence de salaire par rapport aux salaires minimaux arrêtés par les contrats-types impératifs applicables pour la période du 4 mai 2008 au 30 juin 2012, ainsi que de salaire pendant le délai de congé légal d'un mois. Les défendeurs ont conclu à leur libération. Par jugement du 6 août 2014, le Tribunal des prud'hommes a condamné les défendeurs à payer à la demanderesse le montant brut de 180'014 fr. avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1er juillet 2012, correspondant aux salaires minimaux prévus par les contrats-types applicables entre le 4 mai 2008 et le 30 juin 2012, sous déduction du montant net de 108'600 fr. avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1er juillet 2012, somme que la travailleuse a perçue des défendeurs pendant la période considérée (ch. 2), ainsi que le montant brut de 3'969 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 1er juillet 2012 à titre de salaire pendant le délai de congé d'un mois (ch. 3), invité la partie qui en avait la charge à opérer les déductions sociales et légales usuelles (ch. 4) et débouté les parties de toute autre conclusion (ch. 5). Saisie d'un appel des défendeurs, la Chambre des prud'hommes de la Cour de justice du canton de Genève, par arrêt du 23 janvier 2015, a annulé les chiffres 2, 3 et 5 du dispositif du jugement précité et, statuant à nouveau sur ces points, condamné les défendeurs à verser solidairement à la demanderesse le montant brut de 2'572 fr.20 plus intérêts à 5% l'an dès le 1er juillet 2012, les parties étant déboutées de toutes autres conclusions. En substance, la cour cantonale a retenu que la demanderesse n'était pas parvenue à prouver qu'elle a accompli régulièrement au service des défendeurs un total de 64 heures par semaine, que, d'après les témoignages recueillis les plus favorables à la travailleuse, elle a effectué un horaire de travail de 28 heures par semaine au maximum (point admis au demeurant subsidiairement par les employeurs) et que cette dernière ne travaillait pas pour ses employeurs durant trois mois par an (période des vacances scolaires où les défendeurs et leurs enfants quittaient régulièrement leur domicile). A partir de là, la Chambre des prud'hommes a arrêté le montant total dû à la demanderesse selon les contrats-types de travail à 96'675 fr.45 bruts, montant qui reste inférieur à la somme non contestée de 108'600 fr. nets qu'elle a encaissée auprès des défendeurs. Contrairement aux premiers juges, elle a donc rejeté les prétentions de la demanderesse fondées sur l'écart de salaire avec les salaires minimaux instaurés par les contrats-types de travail genevois, mais lui a alloué le versement du montant brut de 2'572 fr.20 au titre du salaire dû pour juillet 2012, soit pendant le délai de congé d'un mois, montant qu'elle a calculé en fonction de l'horaire hebdomadaire retenu de 28 heures.