Citation: 1C_242/2022 E. 1.1

1.1. Le recourant estime que son alibi aurait été présenté dès que possible, soit dès le moment où il s'est trouvé en possession de son passeport échu en 2001; sur le fond, la consultation des tampons d'entrées et de sorties sur ledit passeport ferait clairement ressortir qu'il ne se trouvait pas aux Etats-Unis au moment du vol du véhicule en mars 2001. Aux termes des art. 47 al. 1 let. b et 53 al. 1 EIMP, l'alibi doit être présenté sans délai, c'est-à-dire immédiatement après l'arrestation. Comme le relève la Cour des plaintes, le recourant a déjà fait l'objet d'une procédure d'extradition en Italie en 2021 pour les mêmes faits, et a été libéré dans ce cadre le 1er juillet 2021. Il avait donc eu le loisir de reconstituer son emploi du temps avant son arrestation en Suisse en décembre 2021, et de se procurer le cas échéant les documents pertinents; le recourant ne conteste d'ailleurs pas qu'il n'a pas invoqué d'alibi à l'encontre du mandat d'arrêt extraditionnel notifié le 17 décembre 2021, ni à l'occasion d'une première demande de mise en liberté le 4 mars 2022, de sorte que l'alibi a été présenté tardivement. L'appréciation des instances précédentes est conforme au droit fédéral et il ne se pose aucune question de principe. Il en va de même sur le fond: la preuve proposée ne présentait pas le caractère d'immédiateté et d'évidence nécessaire à l'admission d'un alibi (ATF 123 II 279 consid. 2b; 113 Ib 276 consid. 3b-c et les références; cf. aussi ATF 131 II 235 consid. 2.14). Celui-ci n'était d'ailleurs que partiel puisque les faits reprochés au recourant ont aussi été commis en 2005 (faux dans les titres) puis en 2015 (escroquerie).