Citation: 9C_127/2016 E. 6.2

6.2. Sur le fond, les considérants par lesquels l'autorité judiciaire a justifié son choix de s'en tenir aux conclusions du docteur E.________ ne sont pas davantage arbitraires. A propos du trouble dépressif, les premiers juges ont relevé que le docteur E.________ s'était déterminé sur l'expertise de ses confrères du Centre D.________ (p. 41-49 de son rapport du 4 mai 2015), en exposant en quoi il ne se ralliait pas à leur point de vue et justifiant son diagnostic. A l'inverse de ce que prétend le recourant, l'expert n'a pas dépassé son mandat en donnant son avis sur les évaluations médicales antérieures puisque la juridiction cantonale le lui avait expressément demandé; celle-ci a par ailleurs dûment motivé la nécessité d'une expertise, sans que sa mesure d'instruction n'apparaisse contraire au droit (cf. ordonnance du 23 décembre 2014). De plus, comme l'ont admis les premiers juges, les éléments factuels et les détails sur la vie de l'assuré mis en exergue par l'expert lui ont servi à expliquer ses diagnostics sans qu'on puisse ici parler de facteurs psychosociaux indépendants de l'atteinte à la santé. Dans ce contexte, on rappellera qu'il n'appartient pas au juge de remettre en cause le diagnostic retenu par un médecin et de poser de son propre chef des conclusions qui relèvent de la science et des tâches du corps médical. Il convient bien plutôt pour la partie (en l'occurrence, l'office AI) qui entend remettre en cause le bien-fondé du point de vue médical sur lequel se sont fondées les autorités judiciaires de mettre en évidence des éléments objectivement vérifiables - de nature notamment clinique ou diagnostique - qui auraient été ignorés dans le cadre de l'appréciation et qui seraient suffisamment pertinents. En ce qui concerne les critiques relatives à l'importance du trouble dépressif, l'office recourant fait grief aux premiers juges d'avoir attaché une importance trop grande à cette affection. L'appréciation de la sévérité du trouble admise par l'expert est toutefois un débat qui relève typiquement de la compétence du corps médical et dans lequel le juge ne saurait en principe s'immiscer. En l'absence d'autres explications médicales permettant d'éclairer sous un jour différent le point de l'expert, il n'y a pas lieu de s'écarter de son avis (cf. arrêt 9C_855/2015 du 2 mai 2016 consid. 4.3). Quoiqu'en dise par ailleurs le recourant, l'expert a retenu les diagnostics psychiques en se fondant sur ses propres observations et non pas seulement sur les plaintes rapportées par l'intimé (cf. rapport du 4 mai 2015, p. 26 ss). Il a en outre détaillé quels traitements étaient effectivement suivis régulièrement par l'assuré et mentionné que celui-ci prenait en tous cas les médicaments "véritablement nécessaires et indiqués". En définitive, l'office recourant n'a pas fait valoir d'éléments impératifs, au sens de la jurisprudence rappelée ci-avant (cf. consid. 5), sur la base desquels les juges cantonaux auraient dû ordonner une surexpertise, voire s'écarter des conclusions du docteur E.________ au profit de celles des experts du Centre D.________. Ces derniers avaient du reste relevé, dans leur anamnèse psychiatrique, un sentiment de démoralisation et une dépression qui avait nécessité l'administration de plusieurs psychotropes (rapport du 8 février 2012, p. 27-28). Les experts du Centre D.________ avaient également mis en évidence un élément persécutoire peut-être en rapport avec un trait de personnalité pathologique, l'intimé se sentant menacé et devenant ainsi agressif (rapport, p. 37); quant au trouble dépressif engendrant une diminution de la capacité de travail de 30 %, il était évolutif (cf. rapport, p. 47). Compte tenu de ce qui précède, l'autorité intimée pouvait sans arbitraire se rallier au résultat de l'expertise judiciaire, si bien que ses constatations relatives à l'étendue de l'incapacité de travail, qui n'ont pas été établies de façon manifestement inexacte ou en violation du principe inquisitoire (art. 61 let. c LPGA), lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF). Le recours est infondé.