Citation: 5A_550/2023 E. B

B.a. B.a.a. Par requête déposée le 6 janvier 2022 auprès du tribunal, A.________ a requis l'autorisation de faire séquestrer, en mains de IATA, tous avoirs, notamment créances, appartenant à la République d'U.________ ou à l'un de ses services, organes, entités ou offices, notamment à B.________, à concurrence de l'équivalent en francs suisses des sommes susmentionnées. La requête de séquestre visait concrètement la créance de la République d'U.________ en remise des redevances perçues par IATA pour son compte. A l'appui du séquestre, A.________ a exposé qu'B.________ était une entité hybride publique-privée qui utilisait les redevances aéronautiques en majeure partie pour financer ses activités commerciales et non pas des tâches relevant de la souveraineté étatique de surveillance de l'espace aérien ainsi que de maintien de la sécurité du transport aérien. La créance visée par le séquestre était par conséquent saisissable au regard de l'art. 92 al. 1 ch. 11 LP. B.a.b. Le 7 janvier 2022, le tribunal a ordonné le séquestre requis et confié son exécution à l'Office cantonal des poursuites de Genève (ci-après: office). B.b. B.b.a. L'office a ouvert un dossier de séquestre sous n° xxx, avisé IATA le 10 janvier 2022 du séquestre et enjoint celle-ci à l'exécuter. Des échanges de courriels et de téléphones s'en sont ensuivis entre l'Office, IATA et A.________. IATA a transmis à l'office, le 1 er février 2022, une note diplomatique du 31 janvier 2022 du Ministère U.________ des Affaires étrangères à teneur de laquelle B.________ affectait intégralement et exclusivement les redevances aéronautiques perçues par IATA à des tâches de souveraineté, telles que le contrôle de l'espace aérien et le financement des infrastructures de sécurité aérienne. Sur cette base, elle a conclu à ce que les fonds séquestrés soient déclarés insaisissables en application de l'art. 92 al. 1 ch. 11 LP. Par courrier du 8 février 2022, IATA a encore expliqué que les redevances RNFC-Landing, TNLC, landing and parking fees et user development fees étaient collectées sur un compte bancaire ouvert en U.________ par IATA Montréal. Les services indemnisés par ces quatre redevances " impliquaient nécessairement une composante de navigation et de surveillance aérienne ". Seules les RNFC-Overflying étaient collectées sur le compte bancaire de IATA à Genève et comptabilisées au nom de B.________. Elle précisait que ces dernières redevances étaient également des biens affectés exclusivement à des tâches relevant de l'exercice de la puissance publique (surveillance aérienne). B.b.b. L'office a établi le 10 février 2022 un procès-verbal de non-lieu et de nullité du séquestre n° xxx. Il a motivé sa décision de non-lieu de séquestre par son incompétence à raison du lieu pour saisir une partie des créances visées par le séquestre, soit les landing and parking fees et les user development fees, qui n'étaient pas collectées sur le compte bancaire genevois de IATA, mais sur un compte qu'elle détenait en U.________. Pour le surplus, il a constaté la nullité du séquestre en ce qui avait trait aux RNFC-Overflying, RNFC-Landing et TNLC car les redevances perçues par IATA pour le compte de la République d'U.________ étaient affectées à une tâche relevant de l'exercice de la puissance publique. Il s'est fondé sur la note diplomatique du Ministère U.________ des Affaires étrangères du 31 janvier 2022 pour le retenir. B.c. B.c.a. Par acte déposé le 18 février 2022, à l'attention de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: chambre de surveillance), A.________ a formé une plainte contre ce procès-verbal de non-lieu et de nullité du séquestre. Elle a notamment conclu à son annulation et à ce qu'il soit ordonné à l'office de maintenir le séquestre n° xxx et d'émettre un nouveau procès-verbal de séquestre. En substance, A.________ soutenait que les redevances aéronautiques récoltées par B.________ pour le compte de la République d'U.________ étaient majoritairement dévolues, par cette dernière, à des activités commerciales de B.________. Le séquestre des redevances aéronautiques était en l'espèce possible puisque qu'elles ne relevaient pas automatiquement d'une tâche souveraine, mais que leur affectation par l'Etat bénéficiaire faisait foi pour déterminer leur nature iure gestionis ou iure imperii. Dans ses observations du 13 avril 2022, B.________ a conclu, principalement, à la confirmation du procès-verbal de non-lieu de séquestre et de nullité du séquestre du 10 février 2022 de l'office. En substance, elle a contesté affecter les redevances aéronautiques à ses activités commerciales, mais uniquement aux activités souveraines de contrôle de l'espace aérien et de sécurité aérienne. En tout état, la construction, l'entretien, l'amélioration et l'exploitation d'aéroports était une tâche relevant également de la souveraineté étatique. Les créances séquestrées étaient par conséquent insaisissables en application de l'art. 92 al. 1 ch. 11 LP ainsi que l'avait retenu l'office, puisqu'affectées à l'ensemble des activités précitées. Les parties ont encore déposé de volumineuses écritures jusqu'au 17 octobre 2022, A.________ notamment sur l'absence de ségrégation dans la comptabilité de B.________ quant aux redevances, charges et tâches, et B.________ notamment sur la ventilation de ses revenus et sur les modalités de collecte et versement des redevances aéronautiques. Elles ont produit chacune plusieurs avis de droit. B.c.b. Par décision du 6 juillet 2023, la chambre de surveillance a annulé le procès-verbal de séquestre n° xxx du 10 février 2022 en tant qu'il prononçait le non-lieu de séquestre sur certains avoirs dont le séquestre était ordonné, a confirmé ledit procès-verbal de séquestre en tant qu'il constatait la nullité du séquestre à raison de l'insaisissabilité des biens séquestrés et a invité l'office à compléter le procès-verbal de séquestre dans le sens des considérants, le constat de nullité devant être étendu à l'ensemble des créances visées par le séquestre.