Citation: 5P.420/2000 19.12.2000 E. 3

3.- Selon la recourante, les reconnaissances de dette ne l'engagent en aucun cas, faute d'avoir été signées par elle-même, de sorte qu'en prononçant la mainlevée de l'opposition sur cette base, le juge aurait fait preuve d'arbitraire. La recourante a reçu le commandement de payer en tant qu'épouse du débiteur: comme il s'agit d'un immeuble dans lequel est logée la famille, elle peut former opposition au même titre que le débiteur poursuivi et faire valoir que la mise en gage a été faite en violation des dispositions de l'art. 169 CC (sur ce dernier point, voir Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, Lausanne 2000, n. 29 ss ad art. 153 LP; Commentaire bâlois, n. 16 in fine ad art. 169 CC). Point n'est besoin qu'elle ait signé les reconnaissances de dette: la poursuite se réfère à un crédit accordé par le créancier au débiteur et elle est dirigée contre le débiteur. Le conjoint, bien que copoursuivi, n'est pas nécessairement débiteur (Marc Bernheim/Philippe Känzig, in: Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, n. 30 ad art. 153 LP). Par ailleurs, la recourante ne soutient pas avoir refusé son consentement à la constitution des droits de gage: avant tout, leur constitution originaire est antérieure à l'introduction de l'art. 169 CC; en deuxième lieu, la recourante était d'accord avec les gages hypothécaires, comme cela résulte du document bancaire signé par elle le 21 janvier 1996 et versé au dossier cantonal (p. 40). Au vu de ces circonstances, il n'est pas nécessaire de décider si la constitution des gages tombait sous le coup de l'art. 169 CC. Enfin, contrairement à ce qui est prévu en matière de bail (art. 266m CO), la loi n'impose pas au créancier hypothécaire, lorsque le gage grève un immeuble destiné au logement de la famille, de communiquer une copie de la lettre de dénonciation du crédit au conjoint également: dans cette hypothèse, comme le prévoit l'art. 153 al. 2 let. b LP, la notification du commandement de payer suffit. Sur ce point aussi, le grief de la recourante tombe à faux.