Citation: 9C_334/2015 E. 4.2.2

4.2.2. On rappellera que, selon la jurisprudence correctement citée par les premiers juges, l'alcoolisme ne constitue pas en soi une invalidité au sens de la loi mais qu'il peut jouer un rôle dans l'assurance-invalidité lorsqu'il provoque une atteinte à la santé, qui nuit à la capacité de gain de l'assuré, ou s'il résulte lui-même d'une atteinte à la santé, qui a valeur de maladie. L'usage de l'expression alcoolisme secondaire par le tribunal cantonal fait indiscutablement référence au caractère secondaire, ou dépendant, de la problématique alcoolique par rapport à l'état thymique. Les griefs de l'administration à ce propos ne sont pas de nature à remettre en cause de façon décisive la valeur probante du rapport d'expertise judiciaire ni par conséquent l'appréciation de la juridiction cantonale. On ne saurait effectivement qualifier d'incohérente la constatation d'une dépendance alcoolique découlant d'un trouble dépressif, même lorsque l'anamnèse parle en faveur d'un alcoolisme de longue durée largement antérieur à l'apparition des problèmes psychiques, puisque la préexistence de la consommation régulière d'alcool ne signifie pas que celle-ci a toujours été source de problèmes. Il en va de même lorsque les troubles thymiques se sont produits lors d'événements extérieurs (décès des parents, perte d'un emploi, etc.), dès lors que ces troubles ont engendré une surconsommation d'alcool relevant d'un processus d'automédication, ou lorsque la rémission desdits troubles a été observée après une certaine période d'abstinence, dans la mesure où l'alcoolisme et la dépression peuvent avoir suivi leur propre cours.