Citation: 4A_286/2019 E. B

B.a. Le 24 mai 2012, B.________ a requis la poursuite en réalisation de gage immobilier des propriétaires, se fondant sur les quatre cédules hypothécaires. Un commandement de payer en réalisation de gage immobilier a été notifié à chacun d'eux le 19 juin 2012 pour les montants sus-indiqués. Les débiteurs n'ont pas formé d'opposition aux commandements de payer. B.b. En juin 2012, puis en décembre 2012 et en janvier 2013, puis encore en mai 2013, les propriétaires ont eu des discussions avec la banque, au cours desquelles ils ont formulé des propositions (de vente partielle, soit de la dépendance, de reprise du financement par une autre banque, soit D.________) que la banque a refusées. La question de savoir si la banque a violé ses obligations de diligence en refusant ces propositions est litigieuse. L'immeuble était estimé par l'Établissement cantonal d'assurance des bâtiments à 1'271'000 fr. L'experte mandatée par l'Office des poursuites l'a estimé à 990'000 fr. en février 2013 et entre 1'164'912 fr. 95 et 1'354'015 fr. en mars 2016. L'expert judiciaire a considéré que l'estimation de 1'345'000 fr. était raisonnable. B.c. La banque a produit une créance de 1'083'958 fr. 60 (valeur au 29 mai 2013). L'immeuble a été vendu aux enchères forcées le 29 mai 2013. Il a été adjugé à la banque, seule enchérisseuse, pour le prix de 795'000 fr. La plainte déposée contre l'adjudication a été rejetée. Du produit de la vente, la banque a reçu de l'Office le montant de 774'975 fr. 05. Elle a reçu un certificat d'insuffisance de gage de 308'983 fr. 60 (soit un total de 1'083'958 fr. 65). L'experte mandatée par l'Office, comme l'expert judiciaire ont estimé que le prix d'acquisition se situait à 20% en dessous de la valeur d'estimation de mars 2013, le second ayant précisé que la propriété avait été acquise à une valeur entre 30% à 40% inférieure aux estimations et de plus de 40% inférieure à l'estimation découlant de la proposition de l'autre banque. B.d. La banque a offert aux époux de racheter leur immeuble au prix de 795'000 fr. plus les frais et le montant de son découvert. Par courrier du 8 novembre 2013, elle le leur proposait pour le prix de 1'131'936 fr. 35. Finalement, la banque a revendu l'immeuble à un tiers en mars 2014 pour le prix de 950'000 fr. L'expert judiciaire a estimé que, probablement, la banque avait subi une perte plus importante en ayant acheté l'immeuble dans la vente aux enchères forcées puis en l'ayant revendu à un tiers que si elle avait accepté la dernière proposition de refinancement des propriétaires, si celle-ci avait été concrète, ferme et sans conditions (perte oscillant entre 91'090 fr. et 44'905 fr.).