Citation: P 88/01 08.10.2002 E. 1

Comme ses recherches d'emploi en qualité de femme de ménage sont restées vaines durant cette période, la juridiction cantonale a considéré que l'inactivité était due à des raisons d'ordre conjoncturel, lesquelles ne sauraient constituer un critère décisif pour trancher le point de savoir si l'on peut exiger de l'intéressée qu'elle exerce une activité lucrative. Sur le vu des principes jurisprudentiels exposés au consid. 2.2, cette argumentation est mal fondée. Il importe en effet d'évaluer les chances de l'intéressée sur le marché du travail. Or, en l'occurrence, force est de constater que l'épouse du recourant ne travaille plus depuis le 1er octobre 1998. Ses difficultés d'intégration dans le marché du travail sont illustrées par ses nombreuses recherches d'emplois restées vaines. Certes, la caisse fait valoir qu'une partie des démarches en vue de retrouver une occupation ont été effectuées par téléphone, de sorte qu'il est difficile d'en évaluer l'étendue. Cependant, il faut bien admettre que durant la période d'allocation de l'indemnité de chômage, l'intéressée a fait tout ce que l'on pouvait attendre d'elle pour retrouver un emploi, faute de quoi les organes de l'assurance-chômage lui auraient dénié tout droit à une telle prestation (art. 8 al. 1 let. g en liaison avec l'art. 17 al. 1 LACI). Par ailleurs, le recourant a produit devant la juridiction cantonale plusieurs attestations établies par des agences de placement de personnel, aux termes desquelles aucun emploi n'a pu être fourni à son épouse depuis le début de l'année 2000. Dans ces conditions, force est de constater, en se fondant sur la règle du degré de vraisemblance prépondérante - appliquée généralement à l'appréciation des preuves dans le domaine des assurances sociales (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références) -, qu'après son licenciement, l'intéressée, sans formation professionnelle et âgée de près de 54 ans lors du prononcé de la décision litigieuse, n'était plus en mesure, pour des raisons liées au marché de l'emploi d'exercer une activité lucrative. Les nombreuses démarches qu'elle a entreprises pour retrouver une occupation attestent de sa bonne volonté de mettre en valeur sa capacité de gain sur le marché de l'emploi. Il y a lieu dès lors d'admettre, comme la juridiction cantonale, que l'inactivité est due à des motifs conjoncturels. Mais contrairement au point de vue des premiers juges, ces motifs, en relation avec l'âge et l'absence de formation professionnelle, sont décisifs pour considérer que l'inactivité de l'intéressée ne constitue pas une renonciation à des ressources au sens de l'art. 3c al. 1 let. g LPC. Cela étant, les chiffres I et II du jugement attaqué ainsi que la décision litigieuse doivent être annulés et la cause renvoyée à la caisse intimée pour qu'elle rende une nouvelle décision de prestations complémentaires calculées compte non tenu d'un revenu hypothétique de l'épouse du recourant.