Citation: 6B_103/2024 E. 2.2.2

2.2.2. En l'espèce, la cour cantonale a estimé qu'il n'y avait pas lieu de s'écarter de l'expertise de crédibilité, qui avait conclu que les déclarations de la fillette étaient crédibles. L'audition avait été menée conformément au protocole d'audition des enfants victimes d'infractions graves (EVIG) du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD). Les experts avaient ensuite utilisé la méthode SVA ("Statement Validity Analysis"), analogue à la méthode dite de l'analyse du témoignage, qui est préconisée par le Tribunal fédéral (arrêts 6B_288/2017 du 19 janvier 2018 consid. 2.2; 6B_693/2015 du 31 mars 2016 consid. 2.5 et 6B_539/2010 du 30 mai 2011 consid. 2.2.3). Le score selon la grille SVA était de 11 sur 19, à savoir particulièrement élevé. Les experts avaient cité encore plusieurs éléments qui venaient augmenter la crédibilité de l'intimée 3. À de nombreuses reprises, l'enfant avait évoqué son ressenti (sa tristesse, son impuissance, des pertes d'appétit, etc.). Elle avait également mentionné à plusieurs reprises les états de colère de son père. Elle s'était montrée capable de résister face à l'inspectrice en charge de son audition, mentionnant des blancs de mémoire ou ne pas se souvenir précisément de certains éléments ou moments. Elle avait également fait référence à des éléments extérieurs, qui sont spécifiques à ce type de maltraitance (le fait que le père ferme la porte et les volets pour que les voisins n'entendent pas; le fait que la mère minimise les violences subies). Elle avait souvent relaté les violences subies à son amie; elle avait également dévoilé les agissements de son père à sa maîtresse, son discours étant resté constant au travers des différents professionnels de la santé et de la police qu'elle a rencontrés par la suite. Enfin, le constat médical effectué mentionnait de nombreuses cicatrices compatibles avec les dires de l'enfant.