Citation: 8C_867/2014 E. 4.2

4.2. Le droit à des prestations de l'assurance-accidents suppose un rapport de causalité naturelle et adéquate entre l'accident et le dommage (ATF 129 V 177 consid. 3 p. 181). La causalité adéquate répond à la nécessité de fixer une limite raisonnable - et supportable pour la communauté - à la responsabilité de l'assurance sociale (ATF 127 V 102 consid. 5b/aa p. 102; 123 III 110 consid. 3 p. 111; 123 V 98 consid. 3d p. 104; arrêt 8C_1040/2012 du 15 mars 2013 consid. 4.2.3.1). Si la causalité adéquate coïncide pratiquement avec la causalité naturelle en présence d'une atteinte à la santé physique (ATF 127 V 102 consid. 5b/bb p. 103), la jurisprudence soumet cet examen à des règles particulières en cas d'atteinte à la santé sans déficit organique objectivable (ATF 115 V 133), compte tenu du fait qu'il est plus difficile, pour ces atteintes, d'apprécier juridiquement si l'accident revêt une importance déterminante dans la survenance du résultat. Il y a alors lieu de se fonder sur le déroulement de l'événement accidentel lui-même (et non sur la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique), en considération, selon les circonstances, de certains critères en relation avec cet événement. C'est justement pour parer aux incertitudes liées aux nombreux cas d'espèce et au risque d'inégalité de traitement que l'ancien Tribunal fédéral des assurances a dégagé des critères d'appréciation objectifs qui permettent de juger du caractère adéquat de troubles psychiques consécutifs à un accident (cf. FRÉSARD/MOSER SZELESS, L'assurance-accidents obligatoire, in: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Vol. XIV, 2 ème éd., n o 89 p. 868). Ces critères objectifs ont été établis en fonction d'un large cercle d'assurés et couvrent également les risques présentés par les personnes qui, sur le plan psychique, assument moins bien l'accident que les assurés jouissant d'une constitution normale en raison d'une prédisposition liée à leur état physique ou psychique (ATF 115 V 133 consid. 4b p. 135). Aussi, devient-il superflu d'examiner s'il existe d'autres facteurs ayant favorisé la survenance de troubles psychiques (cf. ATF 116 V 159 consid. 4 non publié). Cela implique, à l'inverse, qu'en cas d'admission du lien de causalité naturelle et adéquate selon ces critères, l'assuré ne se verra pas opposer les conséquences d'une éventuelle prédisposition constitutionnelle dont il souffrait déjà avant l'accident (voir par exemple l'arrêt 8C_380/2011 du 20 octobre 2011). Pour les raisons exposées ci-dessus, le Tribunal fédéral a déjà plusieurs fois refusé de s'écarter de cette jurisprudence en faveur d'une appréciation plus subjective et individuelle qui tiendrait compte des conditions personnelles de l'assuré (SVR 2001 UV n° 8 p. 31; SVR 1999 UV n° 10 p. 31; arrêt U 290/02 du 7 août 2003 consid. 4). Contrairement à ce que pense le recourant, ce procédé ne viole pas le principe de l'égalité de traitement. Il en garantit au contraire le respect, de sorte qu'il n'y a aucune raison de le modifier.