Citation: 4A_498/2013 E. 3

Il est constant que le demandeur n'a pas confié de mandat de gestion à la défenderesse. Il est également constant que celle-ci ne s'est pas non plus explicitement liée à lui par un contrat de conseil en placements qui l'eût obligée à suivre les investissements choisis personnellement par le client, à observer l'évolution de ses avoirs et à le conseiller régulièrement en lui proposant les mutations à opérer dans son portefeuille (cf. arrêt 4A_168/208 du 11 juin 2008, consid. 2.2, SJ 2009 I 13; voir aussi les arrêts 4A_444/2012 du 10 décembre 2012, consid. 3.2, SJ 2013 I 512, et 4A_525/2011 du 3 février 2012, consid. 8.1, PJA 2012 p. 1317). Il y aurait lieu de retenir la conclusion tacite d'un contrat de conseil en placements si la défenderesse avait recommandé au défendeur, spontanément et de manière répétée, la liquidation totale ou partielle de certains de ses investissements en vue de les remplacer par d'autres. Un pareil comportement n'a pas été allégué par le demandeur et moins encore constaté par la juridiction cantonale. Il est en revanche établi et incontesté qu'en plusieurs occasions, la défenderesse a fourni des conseils et renseignements lorsque le demandeur procédait à de nouveaux placements; elle a notamment agi de cette manière lors de l'acquisition des parts Fairfield et Kingate en 1997. Le demandeur ne prétend pas que la défenderesse lui ait à ce moment donné un conseil inadéquat, ni - sous réserve de ce qui suivra au consid. 4 - qu'elle ait omis d'attirer son attention sur les caractéristiques particulières de ces placements et sur les risques encourus par l'investisseur. Pour le surplus, la recommandation d'un investissement n'est actuelle qu'au moment où la banque la communique à son client. Celle-là ne garantit pas que sa recommandation demeurera valable dans l'avenir; à moins qu'elle n'agisse en exécution d'un contrat de conseil en placements incluant la surveillance du portefeuille, elle ne s'oblige pas non plus à avertir spontanément le client s'il survient des circonstances nouvelles propres à justifier un nouvel examen de l'investissement en cause (arrêt 4A_525/2011, ibid.; Carlo Lombardini, Droit bancaire suisse, 2e éd., 2008, n° 12 p. 791). La défenderesse n'était donc pas contractuellement tenue d'avertir le demandeur lorsque sa division private banking a décidé de ne plus investir dans les placements gérés par des sociétés dominées par Madoff. Contrairement à l'opinion avancée à l'appui du recours, et nonobstant les contacts réguliers du demandeur avec les collaborateurs de la défenderesse, cette obligation n'était pas inhérente à la relation d'affaires qui s'était établie entre les parties. Il s'ensuit que la défenderesse n'a pas engagé sa responsabilité en omettant cet avertissement.