Citation: 1C_573/2022 E. 4.2.1

4.2.1. Dans ce contexte, dans la mesure où l'autorisation de construire porte sur la modification de locaux dont elle n'est plus locataire, respectivement dont elle n'a plus l'usage (cf. art. 253 CO [RS 220]), la recourante ne saurait, sous cet angle, se prévaloir d'un intérêt digne de protection à son annulation ou à sa modification (cf. arrêt 1C_390/2021 du 13 septembre 2022 consid. 1.1-1.3; voir également arrêts 1C_206/2019 du 6 août 2019 consid 3.2 et 1C_572/2011 du 3 avril 2012 consid. 1.2 a contrario). Là n'est d'ailleurs pas son propos: l'intérêt au recours dont elle se prévaut est celui de préserver un état de fait à des fins probatoires - le maintien en l'état des locaux anciennement loués - pour servir ses intérêts financiers dans le procès civil mené contre son ancienne bailleresse (cause cantonale C/17279/2019). Or, comme l'a souligné la Cour de justice, cette problématique - singulièrement les prétentions civiles formées dans ce cadre - est sans lien direct avec les travaux autorisés et n'a aucune portée sur le point de savoir si ceux-ci sont conformes au droit: par son recours à l'encontre de l'autorisation de construire, la recourante ne recherche pas la réalisation des objectifs poursuivis par une telle autorisation, plus largement par le droit public des constructions, mais une réglementation, respectivement une intervention indirecte, par ce biais, dans le procès civil pendant contre son ancienne bailleresse. Selon la jurisprudence, un tel intérêt indirect ne répond cependant pas aux exigences de l'art. 89 al. 1 let. c LTF, si bien que la recourante ne peut s'en prévaloir pour prétendre agir contre le permis de construire litigieux (cf. arrêt 2C_1028/2014 du 20 juillet 2015 consid. 4.5 et la référence à l'ATF 131 II 649 consid. 3.4); comme le relève la Cour de justice, la recourante n'a de surcroît soulevé aucun motif de droit des constructions à l'encontre de l'autorisation litigieuse dans son recours au TAPI (ni dans son complément au recours). A cela s'ajoute que la jurisprudence a précisé que la qualité pour recourir d'un locataire fondée sur l'intérêt digne de protection devait lui être niée s'il existait un moyen de droit privé à sa disposition, même moins commode, pour écarter le préjudice dont il se plaignait (cf. ATF 101 Ib 212 consid. c et chapeau; plus récemment, arrêt 1P.70/2005 du 22 avril 2005 consid. 3.2 et les arrêts cités; voir également, ATF 135 II 145 consid. 6.1, arrêt 1C_268/2021 du 26 novembre 2021 consid. 2.3; PIERRE MOOR/ETIENNE POLTIER, Droit administratif, vol. II: Les actes administratifs et leur contrôle, 3e éd., n. 5.7.2.1, p. 730 in fine). Or, dans le cas particulier, c'est bien dans le cadre de la procédure civile que la recourante doit, respectivement devait agir, par la voie de mesures provisionnelles, en matière d'administration des preuves. La recourante ne prétend d'ailleurs pas avoir demandé de telles mesures ni qu'une telle demande serait procéduralement exclue dans le cadre de la procédure civile pendante dans laquelle elle fait valoir ses prétentions en dommages-intérêts.