Citation: 5A_429/2024 E. 10.4

10.4. L'observation selon laquelle l'intimée percevait mensuellement 16'513 fr. de revenus, en tenant compte des contributions fixées dans l'arrêt entrepris, ne permet pas de démontrer que ces revenus seraient suffisants pour couvrir d'autres dépenses que celles relevant de l'entretien courant des enfants et de l'intimée, étant par ailleurs rappelé que les contributions d'entretien n'ont pas pour but de servir à assumer les frais de procès (cf. supra consid. 10.1). Par ailleurs, contrairement à ce que semble invoquer le recourant, il n'apparaît pas que la cour cantonale aurait considéré que le montant de ses revenus lui permettait à la fois d'assumer son propre train de vie, de régler ses frais de défense et de verser en sus une provisio ad litem à l'intimée, dite autorité ayant relevé à l'inverse que le mari devrait vraisemblablement puiser dans sa fortune pour s'acquitter de ces charges. Reste ainsi à examiner si la cour cantonale pouvait octroyer une provisio ad litem au regard des éléments de fortune de chaque partie. À cet égard, il sera d'abord relevé que c'est en vain que le recourant invoque le principe de l'égalité de traitement de l'art. 8 al. 2 Cst.; la garantie conférée par ce principe s'adresse à l'État, de sorte qu'elle ne peut être invoquée à l'appui d'un recours dirigé contre une décision rendue dans une affaire matrimoniale opposant deux particuliers (ATF 137 III 59 consid. 4.1; 136 I 178 consid. 5.1). C'est également en vain que le recourant expose devoir puiser dans des avoirs de vieillesse ou acquis avant le mariage pour s'acquitter de la provisio ad litem, ces allégations ne trouvant aucune assise dans les constatations de l'arrêt entrepris (cf. supra consid. 2.2). Cela étant, il est vrai que l'état de fait de l'arrêt entrepris ne mentionne pas que les actions de F.________ SA étaient assorties d'une clause de restriction de transfert de propriété ou que l'intimée devait rembourser 136'000 fr. à sa famille. Toutefois, aucune disposition légale n'imposait au juge unique d'énumérer les faits de manière exhaustive dans la partie en fait de son arrêt (arrêt 9C_703/2023 du 15 octobre 2024 consid. 5.2 et les références). Les frais précités pouvant figurer dans la partie en droit de l'arrêt entrepris, le recourant se devait, pour les remettre en cause devant le Tribunal de céans, de soulever valablement un grief d'arbitraire dans l'établissement des faits, soit de manière conforme aux exigences de motivation en la matière (cf. supra consid. 2.2), ce qu'il n'a pas fait. Il est en outre constant que l'intimée avait perçu un montant de 25'000 fr. le 2 juin 2021 de F.________ SA et une donation de 8'000 fr. de son père le 21 octobre 2022. Dès lors que le recourant n'expose pas pour quelle raison l'indigence de l'intimée devrait être appréciée au moment de la perception de ces montants (cf. supra consid. 10.1), sa critique faite au juge unique d'avoir arbitrairement omis de prendre en compte ces éléments de fortune doit être écartée. Le même sort doit être réservé à la critique faite à ce même juge d'avoir omis de tenir compte du portefeuille (...) dans la fortune de l'intimée. En effet, cette critique s'épuise dans une considération péremptoire selon laquelle la valeur de ce portefeuille était suffisante au moment du dépôt de la requête de mesures protectrices de l'union conjugale, respectivement du dépôt de l'appel, pour permettre à l'intimée de couvrir ses propres frais d'avocat. Ce faisant, le recourant ne démontre pas que le juge unique aurait versé dans l'arbitraire en retenant, dans les circonstances particulières du cas d'espèce, la valeur du portefeuille au 22 mai 2023. En tant qu'au surplus il n'établit pas que les liquidités sur ses comptes bancaires privés seraient insuffisantes pour payer les arriérés de contributions d'entretien, régler ses propres frais de défense et verser le montant des provisions ad litem qu'il a été condamné à payer, son grief doit être rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.