Citation: 1B_169/2018 E. A

Le 23 août 2017, A.________ a été prévenu d'infraction grave à la loi sur les stupéfiants pour avoir, à tout le moins depuis le 16 février 2016, en compagnie de C.________, possédé et vendu de la marijuana à de nombreuses personnes qui se présentaient dans les locaux de l'Association D.________ à U.________ (dont il était président), réalisant des bénéfices importants au vu de la durée du trafic. Par ordonnance du 23 août 2017, Me E.________ a été désigné en tant que défenseur d'office du prévenu qui se trouvait dans un cas de défense obligatoire (art. 130 CPP). Ce dernier a, par courrier du 29 septembre 2017, requis le changement de son avocat d'office, dès lors qu'il n'avait plus confiance en Me E.________, ni en son stagiaire. Par écritures des 6 novembre et 18 décembre 2017, Me F.________ a sollicité sa désignation en qualité de défenseur d'office du prévenu, demande rejetée le 2 février 2018 par le Ministère public. Pour ce dernier, les conditions de l'art. 134 al. 2 CPP n'étaient pas remplies: il n'existait aucun élément objectif permettant d'admettre une grave rupture du lien de confiance entre le prévenu et son défenseur d'office et une défense efficace restait assurée. Le Ministère public a enfin ajouté que Me F.________ défendait déjà un co-prévenu, ce qui en l'espèce générait un conflit d'intérêt.