Citation: 5P.8/2000 08.05.2000 E. 3

3.- Selon le recourant, la Cour de justice aurait arbitrairement appliqué le droit français en retenant qu'il a eu une maladie du foie en 1987. Se référant à l'arrêt publié aux ATF 97 V 1, il soutient que la notion de maladie est une question de droit, qui aurait dû être résolue au regard du droit applicable, en l'occurrence de la jurisprudence française selon laquelle "est malade celui qui est invalide au point de ne pas pouvoir accomplir ses tâches quotidiennes et qui suit un traitement" et ne l'est pas "celui qui subit une gêne, fût-elle accompagnée de douleurs, dans le fonctionnement de son corps". Ce grief tombe à faux. La jurisprudence du Tribunal fédéral citée par le recourant répond à la question de savoir si une lésion précise incontestée doit être qualifiée de maladie ou d'accident selon le droit des assurances sociales, domaine qui relève effectivement du droit. En revanche, lorsqu'il s'agit de déterminer si, au regard d'un questionnaire médical destiné à une assurance, une personne a été atteinte à un moment donné d'une maladie, c'est-à-dire d'une affection à sa santé physique ou psychique, la problématique ressortit à l'établissement des faits. En considérant qu'il est établi que le recourant a été atteint d'une maladie du foie en 1987, les juges cantonaux n'ont ainsi fait que poser une constatation, dont le recourant ne peut invoquer que le caractère insoutenable. A cet égard, c'est en vain que l'intéressé prétend que la cour cantonale se serait arbitrairement écartée des témoignages des Drs L.________ et P.________. Contrairement à ce qu'il tente de soutenir, ces deux praticiens ont en effet clairement déclaré que l'assuré a souffert d'une hépatite B non chronique en 1987 (cf. arrêt attaqué, p. 5 s.), affection qui est sans conteste une maladie du foie. En outre, la même année, la doctoresse P.________ a informé son patient qu'il avait eu une atteinte au foie qui était en voie de guérison. En dépit de tout symptôme, le recourant ne pouvait donc décemment penser qu'il n'avait jamais souffert d'une maladie du foie. Comme il n'est par ailleurs pas contesté qu'il a répondu négativement à la question topique, l'autorité cantonale pouvait admettre sans arbitraire qu'il a omis de déclarer une circonstance qui aurait dû l'être ou, en d'autres termes, qu'il a commis une réticence. Dans ces conditions, il ne saurait plus être question - comme l'affirme par ailleurs le recourant - d'une violation arbitraire de l'art. 1315 du Code civil français, en ce sens que les magistrats intimés auraient retenu un fait non prouvé.