Citation: 5A_76/2021 E. 4.2

4.2. En l'espèce, la recourante méconnaît tant le champ d'application de l'art. 265 LP que la portée de cette norme. En effet, l'art. 265 LP distingue expressément les conditions posées à la réquisition d'une nouvelle poursuite dans la faillite et dans la saisie en exigeant, dans la première, le retour à meilleure fortune, montant qui diffère de celui protégé à titre de minimum vital dans la saisie des revenus (art. 93 LP). L'idée selon laquelle l'opportunité doit être donnée au débiteur de se remettre économiquement est propre à l'exécution générale et doit donc être limitée à celle-ci (cf. entre autres: arrêt 5A_21/2010 du 19 avril 2010 consid. 4.1 et les références). Par ailleurs, le retour à meilleure fortune n'a pas d'influence sur l'application des règles sur la saisie: l'art. 265 LP ne pose aucune règle supplémentaire pour la saisie subséquente, comme un " minimum vital de second rang "; la constatation de la nouvelle fortune et la saisie subséquente sont deux opérations distinctes. Le législateur n'a pas eu dans l'idée de ménager encore davantage, à savoir au stade de la saisie subséquente, le débiteur dans l'hypothèse où il est revenu à meilleure fortune et que la poursuite ne peut être requise que jusqu'à concurrence de cette limite (ATF 136 III 51 consid. 3.3). Le grief de la recourante selon lequel l'autorité de surveillance aurait dû appliquer l'art. 265 LP dans la saisie doit donc être rejeté. Pour tenter d'obtenir la réforme de l'arrêt entrepris, il appartenait ainsi uniquement à la recourante de critiquer l'exercice du pouvoir d'appréciation de l'autorité précédente dans l'application de la notion de " grand train de vie ". Or, force est de constater que, dans les autres griefs qu'elle soulève (arbitraire dans l'établissement des faits et violation de l'art. 2 CC), elle se fonde sur des faits qu'elle n'expose pas clairement avoir allégués et offerts de prouver. En particulier, concernant la charge fiscale du couple, elle ne se réfère précisément à aucune pièce et n'indique pas si le montant de 2'791 fr. concerne un arriéré ou les impôts courants; concernant l'amortissement de la dette hypothécaire, elle ne se réfère pas non plus à une pièce et ne donne aucune information sur le paiement effectif et régulier d'un quelconque montant, et, enfin, concernant les dettes de 807'084 fr., elle n'indique non seulement pas sur quelle pièce elle se fonde mais n'explique pas non plus l'objet de telles dettes. En outre, concernant ses frais de traitement à l'étranger et les frais de formation de son fils, elle n'attaque pas les constatations de l'arrêt attaqué selon lesquelles les premiers ne sont démontrés qu'à hauteur de 1'500 euros et les seconds sont sans fondement étant donné que le début effectif de la formation n'est pas démontré; elle ne critique pas non plus l'argumentation en droit des juges précédents selon laquelle l'intérêt des créanciers prime sur l'entretien d'un enfant majeur. Enfin, concernant les frais de 57'500 fr. relatif aux travaux d'aménagement de sa maison, force est de constater que la recourante affirme elle-même qu'il ne s'agit là que d'un devis, et non d'une dépense effective. A cela s'ajoute qu'il ressort des faits que le conjoint de la recourante réalise des revenus de 9'926 fr., ce qui correspond à 172% du salaire brut médian dans le canton du Jura, de 5'756 fr. (https://stat.jura.ch/fr/STATISTIQUES/3-Travail-et-remuneration-1/33-Salaires-et-revenus-du-travail.html), et que l'autorité cantonale a en outre précisé que ces revenus ont été arrêtés sans tenir compte ni d'éventuelles gratifications, ni de la part de l'employeur aux cotisations de l'assurance-maladie. Il suit de là que la recourante ne démontre nullement que l'autorité supérieure de surveillance aurait mésusé de son pouvoir d'appréciation en retenant que, dans la mesure où le solde disponible de la famille se monte à 5'088 fr. une fois le minimum vital de celle-ci couvert, et ce sans prendre en compte la fortune du couple en sus des revenus de l'époux avoisinant 172% du salaire médian jurassien, les règles sur l'abus de droit commandent de procéder à une saisie de 820 fr. par mois sur sa rente AI de 1'915 fr. Ses griefs (violation des art. 9 Cst. et 2 CC) doivent être rejetés, dans la faible mesure de leur recevabilité.