Citation: I 3/06 25.09.2006 E. 3

Le recourant reproche à la juridiction cantonale d'avoir suivi les conclusions de l'expertise du COMAI pour admettre (implicitement) qu'il n'y avait pas de motif de réviser son droit à la rente. 3.1 Il fait tout d'abord valoir que l'évaluation des médecins du COMAI serait lacunaire et contradictoire, en ce sens qu'elle ne tiendrait pas compte des déchirures du ménisque des genoux - pourtant établies par des IRM au dossier (des 17 juillet 2002 et 23 septembre 2003) - au chapitre des conclusions objectives du rapport, ni des limitations que celles-ci entraîneraient «inévitablement» sur sa mobilité et sa capacité de travail. Cette critique est infondée dès lors que les auteurs de l'expertise ont fait état, à réitérées reprises dans leur rapport, des lésions aux genoux invoquées et en ont tenu compte dans leur appréciation de la situation. Ainsi, celles-ci sont mentionnées tant dans l'anamnèse («rappel anamnestique», p. 10 du rapport) que dans le status clinique (rhumatologique; p. 16 sv. du rapport), de même que dans les conclusions («appréciation» du cas, p. 21 sv.), dont il ressort que l'ensemble des éléments objectifs - y compris la problématique au niveau des genoux - ne permet pas d'expliquer l'importance des douleurs dont l'assuré se plaint. Quant aux conséquences de l'atteinte aux genoux, le recourant se limite à affirmer qu'il subit des limitations de sa mobilité et de sa capacité de travail, sans que ces empêchements ne soient étayés par un avis médical. A cet égard, dans un rapport du 27 novembre 2002, le docteur P.________, spécialiste en orthopédie, répondait aux questions de l'administration en indiquant que l'assuré était en mesure d'exercer son activité du point de vue des problèmes du genou (diagnostic de petite lésion de la corne postérieure du ménisque interne du genou gauche). Cette évaluation a été confirmée par le docteur H.________, également spécialiste en orthopédie, le 15 septembre 2003, qui attestait d'une capacité de travail entière dans une activité sédentaire. De son côté, le docteur R.________ ne fait état d'aucune limitation liée aux atteintes méniscales (courrier du 18 mai 2004 au conseil du recourant). 3.2 Le recourant soutient ensuite que l'expertise serait incomplète puisque les documents médicaux ayant servi pour le bilan radiologique (p. 16 du rapport) ne figurent pas en annexe du rapport en cause; aussi, les premiers juges n'auraient-ils pas été en mesure de se faire une idée correcte de sa situation sans comparer ce bilan radiologique aux autres radiographies et scanners au dossier. En tout état de cause, les conclusions du bilan radiologique seraient contredites, quant à la discopathie dont il souffre, par un rapport IRM (colonne cervicale) du docteur B.________ du 5 octobre 2005, ainsi que par le bilan (scanner de la colonne lombaire) du docteur U.________ du 9 mars 2005. Contrairement à ce qu'invoque le recourant, le fait que les documents radiologiques sur lesquels se sont fondés les médecins du COMAI pour établir le bilan radiologique ne figurent pas au dossier à la disposition du tribunal (cantonal ou fédéral) n'entache en rien la valeur probante de l'expertise en cause. L'élaboration et l'interprétation de tels documents médicaux relèvent précisément de la tâche du médecin auquel le juge (ou l'administration) fait appel lorsqu'il est amené à déterminer l'invalidité d'une personne (cf. ATF 125 V 261 consid. 4). Le juge - à moins d'être en même temps médecin - ne dispose en principe pas des connaissances scientifiques nécessaires pour comparer différentes images radiologiques ou par scanner et en tirer les conclusions appropriées, de sorte qu'il s'adjoint l'aide d'un médecin pour apprécier celles-ci. Par ailleurs, les deux rapports médicaux invoqués par le recourant ne sont pas susceptibles d'infirmer les conclusions du bilan radiologique établi par les médecins du COMAI, dès lors qu'ils concernent une situation postérieure à l'état de faits existant au moment où la décision litigieuse a été rendue et sur laquelle se fonde le juge pour apprécier la légalité de celle-ci (ATF 121 V 366 consid. 1b et les arrêts cités). Au demeurant, les conclusions des deux rapports ne comprennent aucune indication quant aux éventuelles répercussions de la discopathie du recourant, si bien qu'on ne saurait rien en déduire sur ce point. 3.3 Enfin, le recourant fait valoir que les conclusions du rapport en cause seraient imprécises et peu motivées. Pour illustrer son argument, le recourant se réfère toutefois en grande partie aux réponses données par les experts aux questions particulières de l'administration. Ces réponses doivent être lues en rapport avec la partie «appréciation du cas» qui permet de suivre et comprendre le raisonnement des experts. De même, la conclusion sur la capacité de travail résiduelle du recourant (de 70%) ne peut-elle être lue de façon isolée, sans prendre en compte les explications fournies tant dans la partie susmentionnée du rapport que par les différents spécialistes qui ont examiné le recourant («examens paracliniques», «consultation de psychiatrie»). L'argumentation du recourant ne saurait donc être suivie. 3.4 Dans ces conditions, c'est à bon droit que les premiers juges ont suivi les conclusions de l'expertise du 21 juin 2004, sur la base desquelles il n'est pas possible d'admettre une péjoration de l'état de santé du recourant par rapport à la situation qui prévalait au moment de la décision d'octroi d'une demi-rente d'invalidité. Les constatations médicales ressortant du dossier étaient par ailleurs suffisantes pour statuer, de sorte que la juridiction cantonale n'avait pas à mettre en oeuvre une expertise complémentaire, sans qu'on puisse y voir une violation du droit d'être entendu du recourant (ATF 124 V 94 consid. 4b, 122 V 162 consid. 1d et l'arrêt cité; SVR 2001 IV n° 10 p. 28 consid. 4b). Il s'ensuit que le recours est mal fondé.