Citation: 1P.310/2001 29.06.2001 E. A

A.- A.________, ressortissant turc né le 1er janvier 1982, a été inculpé d'assassinat, subsidiairement de meurtre, ainsi que de brigandage, en relation avec l'homicide de D.________, perpétré le 28 juin 1999. Son frère B.________, né le 15 mars 1984, a été inculpé d'instigation à ces délits. Le Président de l'Autorité tutélaire du district de Neuchâtel, agissant comme autorité d'instruction selon l'art. 4 de la loi neuchâteloise sur la procédure pénale applicable aux enfants et adolescents, du 17 décembre 1974 (LPEA), a ordonné, le 30 juin 1999, le placement d'Emrah et de B.________ en détention préventive. Le 24 août 1999, le Président de l'Autorité tutélaire a admis la demande d'assistance judiciaire présentée par A.________ et lui a désigné Me Christophe Schwarb, avocat à Neuchâtel, comme défenseur d'office. Le 25 novembre 1999, A.________ a demandé le changement de son défenseur d'office, n'étant pas satisfait des services de Me Schwarb. Les 9 et 20 décembre 1999, C.________, père de B.________ et A.________, a réitéré cette requête, en expliquant que ses fils n'avaient pas besoin d'un avocat. Invité à se déterminer, Me Schwarb a, le 20 décembre 1999, rejeté les critiques formulées par C.________ et A.________ à son encontre, tout en admettant que ses relations avec C.________ étaient "très tendues". Le 6 janvier 2000, Me Freddy Rumo, avocat à La Chaux-de-Fonds, s'est adressé au Président de l'Autorité tutélaire pour lui indiquer que C.________ lui avait confié le mandat de défendre A.________, en précisant que C.________ avait décidé de "se débrouiller pour assurer les frais de défense d'A. ________". A ce courrier était joint une procuration établie le 20 décembre 1999 par C.________ en faveur de Me Rumo. Ce document comporte une mention selon laquelle "le mandant s'oblige à relever le mandataire et tous les frais et honoraires". Le 11 janvier 2000, le Président de l'Autorité tutélaire a invité Me Rumo à lui confirmer que son client renonçait à l'assistance judiciaire et, dans l'affirmative, à prendre l'engagement d'assurer la défense d'A. ________ "jusqu'à fin de cause". Le 17 janvier 2000, Me Rumo a confirmé au Président de l'Autorité tutélaire que son client renonçait à l'assistance judiciaire dans la mesure où il avait décidé de le consulter. Le 3 février 2000, le Président de l'Autorité tutélaire a pris acte du changement de mandataire de Tosun et invité Me Schwarb à lui soumettre sa liste de frais. Le 28 février 2000, le Président de l'Autorité tutélaire a clos l'instruction et transmis le dossier à l'Autorité tutélaire pour jugement. L'audience de jugement a été appointée au 30 mai 2000. Le 29 mai 2000, Me Rumo a présenté à la Présidente de l'Autorité tutélaire une demande d'assistance judiciaire pour le compte d'A. ________. Il a fait valoir que celui-ci était devenu majeur dans l'intervalle et qu'il lui était indispensable de disposer d'une défense indépendante, notamment à l'égard de C.________. Par jugement du 31 mai 2000, l'Autorité tutélaire a reconnu A.________ et B.________ coupables des faits mis à leur charge. Elle a ordonné leur placement en institution. Le 17 janvier 2001, la Présidente de l'Autorité tutélaire a rejeté la requête du 29 mai 2000. Par arrêt du 13 mars 2001, le Tribunal administratif du canton de Neuchâtel a rejeté le recours formé par A.________ contre la décision du 17 janvier 2001, et rejeté la demande d'assistance judiciaire présentée à l'appui du recours. Il a considéré, en bref, que dès l'instant où Tosun avait renoncé à l'assistance judiciaire pour mandater un défenseur de son choix, il ne pouvait plus, après coup, demander à l'autorité de désigner celui-ci comme défenseur d'office.