Citation: 6S.778/2000 23.03.2001 E. 4

4.- Enfin, le recourant fait grief à l'autorité cantonale d'avoir refusé d'assortir l'expulsion du sursis. a) Selon l'art. 55 al. 1 CP, le juge peut expulser du territoire suisse, pour une durée de 3 à 15 ans, tout étranger condamné à la réclusion ou à l'emprisonnement. Il dispose d'un large pouvoir d'appréciation et ne viole le droit fédéral que s'il ne fonde pas sa décision sur les critères pertinents ou s'il abuse de son pouvoir d'appréciation en prenant une décision exagérément sévère ou clémente (ATF 123 IV 107 consid. 1 in fine; 104 IV 222 consid. 1b). Selon l'art. 41 ch. 1 al. 1 CP, le juge peut suspendre l'exécution de l'expulsion, si les antécédents et le caractère du condamné font prévoir que cette mesure le détournera de commettre d'autres crimes ou délits. L'octroi ou le refus du sursis à l'expulsion dépend exclusivement du pronostic relatif au comportement futur du condamné en Suisse; peu importe en revanche de savoir si les chances de resocialisation sont meilleures en Suisse ou dans son pays d'origine. Pour décider si le sursis serait de nature à détourner l'accusé de commettre de nouvelles infractions, l'autorité cantonale doit se livrer à une appréciation d'ensemble. Elle doit tenir compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de l'auteur et de tous les autres éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère de l'accusé et ses chances d'amendement. Il est contraire au droit fédéral d'accorder un poids particulier à certaines circonstances visées par l'art. 41 CP, et de négliger ou d'omettre d'autres critères pertinents (ATF 123 IV 107 consid. 4a). En cette matière, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que la Cour de cassation ne peut intervenir, en considérant le droit fédéral comme violé, que si la décision attaquée ne repose pas sur les critères légaux ou si elle apparaît exagérément sévère ou clémente, au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 119 IV 195 consid. 3b; 117 IV 3 consid. 2b). b) En l'occurrence, le Tribunal cantonal a prononcé l'expulsion du recourant pendant quinze ans en relevant, d'une manière qui lie le Tribunal fédéral, que le recourant n'était pas intégré en Suisse, bien qu'il y séjourne depuis 1987-1988. Par ailleurs, le lien avec son épouse vivant en Suisse était pour le moins distendu, puisque les conjoints étaient séparés de fait depuis plus de quatre ans. En outre, sa conscience morale peu développée et les risques réels d'une récidive s'opposaient à l'octroi du sursis. c) Le recourant ne conteste nullement ces éléments, mais souligne qu'il reste marié à une personne vivant en Suisse et qu'il a travaillé régulièrement jusqu'à ce que la maladie l'en empêche. Toutefois, dès lors qu'il est démontré qu'un pronostic favorable ne peut être posé, l'autorité cantonale n'a nullement abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant le sursis, d'autant que le recourant est séparé de son épouse et ne fait valoir aucun autre lien particulier avec la Suisse.