Citation: 5A_417/2018 E. A

A.a. Par e-mail du 18 avril 2017, le secrétaire communal adjoint de la Commune mixte de U.________ a relayé à l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte du canton du Jura (ci-après: APEA) le signalement qui lui était parvenu de la Présidente de l'association " X.________ " selon lequel A._______, née en 1929, vivait dans l'insalubrité et avec une hygiène personnelle qui serait " à revoir ". A.b. Dans une attestation médicale du 25 mai 2017, le Dr B.________, médecin généraliste et médecin traitant de A.________, a précisé que sa patiente n'était pas incapable de discernement mais avait particulièrement besoin d'aide en matière d'assistance personnelle, de représentation légale et de gestion de ses biens et revenus. Selon lui, il était dans son intérêt de désigner un proche, respectivement son fils ou sa belle-fille, en qualité de curateur. Dans un courrier du 29 mai 2017, il a par ailleurs précisé ne jamais avoir constaté un déficit d'hygiène chez A.________. Elle était en revanche très diminuée et nécessitait une aide presque constante apportée par son fils et sa belle-fille. A.________ se déplace en effet en chaise roulante et prend quotidiennement, après avoir été victime d'une chute subie en 2005, un anticoagulant qui pourrait provoquer d'importants saignements si elle venait à tomber à nouveau ou se blesser. A.c. Informés du signalement, B.________ et C.________, fils et belle-fille de A.________ ont, dans un courrier du 26 mai 2017 cosigné par cette dernière, écrit à la Commune mixte de U.________ relevant que A.________ était à l'aise dans sa situation et ne désirait aucune intrusion dans sa vie privée, en particulier du diacre D.________ et de E.________ qui étaient des personnes mal intentionnées, néfastes et qui les accusaient sans fondement. A.d. Dans un courriel du 2 juin 2017, F.________, conseillère communale à la Commune mixte de U.________ a précisé qu'il était du devoir de la commune d'informer l'APEA de la situation de A.________ suite à différentes interventions de l'abbé et de l'association " X.________ ". En sus des remarques faites sur l'état d'hygiène de A.________ et l'insalubrité de son logement, elle faisait également état d'inquiétudes émises par l'abbé et une dame de la paroisse qui allaient lui rendre visite et lui donnaient la communion quant à l'isolement que celle-ci s'imposait de peur des réprimandes de sa belle-fille. A.e. Dans un rapport d'évaluation de la situation sociale du 27 juin 2017, G.________ et H.________, respectivement assistante sociale et assistante sociale en formation, ont recommandé à l'APEA de mettre en place une mesure de protection en faveur de A.________ avec pour tâche de la représenter dans ses affaires administratives et financières ainsi que dans le domaine médical et au niveau de la coordination du réseau médical. Au vu de la complexité de la situation et des possibles conflits d'intérêts, elles recommandaient la mise en place d'une curatelle confiée à un curateur professionnel. Dans les grandes lignes, ce rapport constate que la salubrité du logement avait interpellé plusieurs personnes parmi le personnel de l'association " X.________ ", des soins à domicile et de la paroisse. L'assistante sociale s'était présentée par deux fois au domicile qui était rangé et relativement propre lors de la visite annoncée mais non lors de celle effectuée à l'improviste. La gestion des finances de A.________ était assumée par sa belle-fille depuis 2004, laquelle bénéficiait d'une procuration sur tous ses comptes. Lors d'un entretien du 25 mai 2017, celle-ci avait expliqué que la rente AVS ne suffisait pas à couvrir les dépenses de A.________ et qu'une part de l'héritage de son défunt époux était utilisée pour payer les impôts en fin d'année. Le discours de C.________ n'avait toutefois pas été constant et cohérent. Invitée à amener les classeurs de comptabilité, elle avait en effet affirmé qu'elle gérait en réalité les affaires de sa belle-mère depuis 2008. Le rapport d'évaluation précisait par ailleurs qu'en examinant les relevés de comptes de la recourante, il apparaissait que son compte courant s'était passablement vidé depuis 2004 et qu'aucune réelle comptabilité n'était tenue. A.f. L'APEA a ordonné l'ouverture d'une procédure en faveur de A.________ le 3 juillet 2017 et l'a entendue, à l'instar de sa belle-fille, le 10 août 2017. Le fils de A.________ ne s'est pas présenté à l'audition pour laquelle il avait été convoqué. A.g. Par décision du 29 septembre 2017, l'APEA a institué une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine en faveur de A.________ tout en précisant qu'elle conservait l'exercice de ses droits civils. Me I.________ a été nommé en qualité de curateur.