Citation: 4C.178/2001 28.11.2001 E. 4

4.- a) Le demandeur reproche quant à lui à la cour cantonale de lui avoir dénié le droit à une commission pour la construction de la villa E.________. Invoquant une mauvaise application du principe de la confiance, il prétend que, dans son courrier du 16 décembre 1994, la défenderesse reconnaîtrait implicitement l'activité qu'il a déployée pour la conclusion du contrat avec B.________, et le lien de causalité entre le service rendu par le demandeur et les autres constructions que la société d'entreprise générale a pu réaliser; il aurait donc été dispensé d'apporter la preuve d'une activité ayant mené le propriétaire de la dernière villa à conclure. Si telle n'avait pas été l'intention de la défenderesse, elle n'aurait pas précisé que sa lettre concernait la construction "des villas au chemin des Princes", que la promesse de paiement incluait non seulement les époux B.________, mais également tous les autres clients éventuels soit en tout cas les époux C.________ qui avaient déjà signé, ainsi que les époux E.________ et D.________ avec lesquels la société d'entreprise générale était en négociation, en précisant même le montant de la rémunération. La distinction opérée par la cour cantonale entre les époux C.________ et D.________ d'une part et les époux E.________ d'autre part apparaîtrait incompréhensible. Les constatations de la cour cantonale montreraient que la conclusion des 3 derniers contrats ne constituerait que l'effet indirect du premier. B.________ aurait du reste été rémunéré par la défenderesse pour avoir apporté ces trois contrats. b) Il est constant en l'occurrence que c'est le demandeur qui a amené la défenderesse et les B.________ à conclure le premier contrat de construction, et, indirectement, les trois autres, dans la mesure où c'est par les B.________ que les propriétaires voisins sont entrés en contact avec la société d'entreprise générale et ont décidé de lui confier aussi les travaux de leur maison. La cour cantonale perd de vue le fait qu'un lien de causalité, même indirect comme dans le cas particulier, peut suffire à justifier le paiement d'une commission pour courtage (Hofstetter, op. cit. , p. 176; Engel, Contrats de droit suisse, 2e éd., p. 531; cf. aussi ATF 114 II 357). La cour cantonale a aussi constaté de manière à lier le Tribunal fédéral que la promesse de rémunération émanant de la défenderesse était la manifestation de sa volonté de récompenser le mérite du demandeur de lui avoir adressé non seulement B.________, mais encore d'autres clients par son biais. On doit donner raison au demandeur lorsqu'il soutient que la lettre du 16 décembre 1994 ne pouvait se comprendre, selon les règles de la bonne foi, que comme la reconnaissance implicite de l'activité déployée en faveur de la défenderesse pour la conclusion du contrat avec B.________, et comme la reconnaissance du lien de causalité entre le service rendu par le demandeur et les autres constructions qu'elle a pu réaliser sur la parcelle. Le demandeur n'avait donc plus à fournir la preuve d'une activité spécifique pour ces derniers. Le recours joint doit donc être admis. Le jugement attaqué sera annulé et la défenderesse condamnée à verser au demandeur une commission équivalant à 2% du prix de la villa E.________, 1 146 000 fr., soit une commission de 22 920 fr. venant s'ajouter au montant déjà alloué par la cour cantonale.