Citation: U 205/00 28.11.2001 E. 2

2.- Nonobstant l'avis du recourant, qui fait état essentiellement de douleurs et de limitations subjectives, mais non d'atteintes objectivables, force est de constater que l'ensemble du dossier met en évidence des lésions somatiques discrètes. Les médecins consultés sont pratiquement unanimes sur ce point : - dans un rapport du 27 décembre 1995, le docteur A.________, chef de clinique adjoint au service d'orthopédie et de traumatologie du Centre hospitalier Z.________, relève déjà "une discrépance assez importante entre les doléances du malade et (les) constatations objectives"; - le rapport de sortie de la Clinique W.________, du 19 mars 1996, mentionne que les divers examens pratiqués n'ont pas permis d'"expliquer la gravité des troubles encore existants" et fait état d'une "extension considérable des symptômes sur un terrain de névrose de conversion"; - le docteur B.________, spécialiste FMH en neurologie, qui juge son patient "extrêmement démonstratif dans ses plaintes et son attitude", constate aussi que D.________ présente "un status après évolution normale d'une fracturetassement de D12 pouvant expliquer quelques douleurs résiduelles, mais s'étant malheureusement compliquée d'une surcharge psychogène majeure expliquant le caractère et l'importance actuels des troubles" (rapport du 28 mars 1996); - le docteur C.________, médecin adjoint à l'Hôpital orthopédique V.________, observe que "l'examen du patient est rendu extrêmement difficile par un manque de collaboration", et se dit "frappé par une discrépance entre les plaintes du malade et les constatations objectives" (rapport médical intermédiaire du 25 juin 1996); - le docteur E.________, médecin d'arrondissement de la CNA estime que "ces constatations objectives ne permettent en aucune manière de comprendre l'évolution catastrophique à laquelle on assiste" et que "pour les seules suites organiques de l'accident du 3 juillet 1995, rien ne s'oppose à ce que ce patient reprenne en plein et sans aucune restriction son métier d'agent de sécurité" (rapport médical final du 23 avril 1997); - la doctoresse F.________, médecin traitant, dans un courrier du 23 mai 1997 déposé par l'avocat du recourant, reprend à son compte tous les avis qui précèdent en ce qui concerne la quasi absence de séquelles somatiques. Seuls les spécialistes de la Policlinique psychiatrique universitaire du Département Universitaire de Psychiatrie Adulte (DUPA) de U.________ expriment un avis divergent. Selon ces médecins "l'accident et la prise en charge qui s'en est suivie ont provoqué une atteinte physique et psychique dont la combinaison engendre une incapacité totale de travail qui persiste à ce jour". Retenant le diagnostic de "syndromes douloureux somatoformes persistants", sans écarter celui de "névrose de conversion", ils déclarent que l'équilibre psychique de leur patient a "été ébranlé, ce qui explique l'importance et le caractère des troubles actuels qui sont en décalage avec les constatations objectives" (rapports des 3 juillet 1997 et 24 février 1998). Dans ce contexte, c'est à juste titre que les premiers juges et la CNA ont limité leur examen au lien de causalité entre l'accident et les troubles psychiques présentés par le recourant.