Citation: U 166/06 21.12.2006 E. 5

Les experts considéraient encore que les atteintes entrant en ligne de compte (cervicalgies et contusions à l'épaule avec rupture du sus-épineux), ainsi que leur évolution respective, ne justifiaient pas l'état de santé de la recourante au moment de leurs examens et qu'il existait de surcroît des discordances entre les plaintes formulées et le substrat organique objectivable. 5.1 D'après le docteur S.________, des affections psychiques interféraient également sur la capacité de travail de l'intéressée. Il mentionnait des troubles de la personnalité, un état anxio-dépressif et un probable syndrome somatoforme douloureux chronique qui, selon lui, étaient liés à l'accumulation des interventions chirurgicales subies par la recourante et dont beaucoup s'étaient mal déroulées, ainsi qu'au sentiment de persécution développé dans le cadre de relations soignant/soigné très perturbées et non aux événements traumatiques du 6 avril 2000. 5.2 Cet avis a été confirmé par les docteurs E.________ et F.________. Les observations de ce dernier lui ont permis d'exclure tout trouble psychique cérébro-organique ou stress post-traumatique. Il retenait toutefois un trouble de l'adaptation, voire un épisode dépressif moyen dont il fixait la fin probable à l'été 2002, d'origine mixte (accident, personnalité pathologique à traits persécutoires et contexte soignant-soigné très perturbé), en rémission au moment de l'expertise et estimait que le statu quo ante sur le plan de l'humeur était atteint. Il retenait également un possible ou probable syndrome douloureux somatoforme persistant, même si manquait le contexte psychosocial délétère (la patiente se disait bien intégrée en Suisse, vivre dans un contexte favorable et harmonieux, ne pas rencontrer de difficultés particulières en famille, recevoir un soutien conséquent et chaleureux de ses proches), qu'il attribuait aussi à la personnalité pathologique de l'intéressée et à son histoire médicale particulièrement dramatique, dans la mesure où, selon son expérience, les suites d'un tel accident ne pouvaient évoluer de façon aussi catastrophique sans l'intervention de facteurs prédominants qui lui sont étrangers. 5.3 Cette opinion était du reste confortée par celle du docteur M.________ qui retenait une profonde dépression due à l'accumulation des opérations, ce qui, bien que non étayé, démontre que l'état psychique ne découlait en tout cas pas de l'accident. On notera à ce propos que le praticien élude totalement la question de la causalité dès lors qu'il se contente d'énumérer tous les troubles dont souffre sa patiente et d'en déduire une incapacité totale de travail.