Citation: 5P.47/2006 03.05.2006 E. 5

Le recourant fait ensuite grief aux juges cantonaux d'avoir apprécié arbitrairement les charges et le revenu de l'intimée. 5.1 Il taxe tout d'abord d'arbitraire la compensation des frais d'écolage - qui n'existent désormais plus - par des charges nouvelles de l'intimée. 5.1.1 Opposant les critiques du recourant à celles de l'intimée et se référant à la pièce 108 de celle-ci, dont il ressort des charges mensuelles de quelque 7'000 fr., la Chambre des recours a considéré qu'au vu des éléments y indiqués, il était possible de retenir que les frais invoqués par le recourant étaient compensés par ceux mis en avant par l'intimée, la situation financière de celle-ci n'étant pas plus favorable que celle prise en considération dans le jugement attaqué. De plus, le tribunal d'arrondissement avait tenu compte, dans le calcul du minimum vital du recourant, de la base mensuelle pour une personne seule (1'100 fr.), alors même que l'intéressé vivait en concubinage, ce qui justifiait que l'on se réfère à la moitié du montant précité (775 fr.); ce fait compensait donc également l'amélioration prétendue de la situation de l'intimée dont se prévalait le recourant. 5.1.2 Cette motivation ne résiste pas au grief d'arbitraire (supra consid. 3.2). Il a été admis des frais d'écolage et de garde pour un montant de 1'493 fr. Il n'est pas contesté que les frais d'écolage par 937 fr. 50 n'existent plus. La Chambre des recours considère pourtant que cette diminution est compensée par des frais de transport, de nouveaux frais de garde - dont 555 fr. étaient déjà pourtant pris en compte -, des cours privés et des frais d'orthodontie, sur la base de simples allégations de partie sans aucun chiffre à l'appui des postes compensés. L'intimée admet que les frais de garde étaient déjà inclus dans le budget établi par les premiers juges, mais elle estime qu'il n'est pas exclu de retenir une augmentation de ces frais. Elle n'en indique toutefois ni le motif ni ne soutient en avoir apporté la preuve en instance cantonale. Quant aux pièces 101 à 113 qu'elle invoque, elles n'établissent pas la réalité de frais supplémentaires à concurrence de 937 fr. 50. C'est ainsi à raison que le recourant qualifie d'insoutenable la compensation opérée par la cour cantonale. Lorsque les ressources des époux sont serrées, que le débiteur ne dépasse pas de beaucoup son minimum vital, il est choquant d'admettre, sans motivation chiffrée et sans preuve, une augmentation de plus de 900 fr. pour divers frais et, en particulier, pour des frais de garde déjà pris en considération aux termes d'une motivation détaillée pour un montant de 555 fr. 50. Bien qu'il soutienne - entre parenthèses - que le fait qu'il vivrait en concubinage n'a été ni allégué ni prouvé, tout en relevant que la maxime d'office de l'art. 133 CC s'applique à cet égard, le recourant ne prétend même pas que tel ne serait pas le cas ni que le concubinage ne serait pas durable ou qu'il aurait été retenu arbitrairement. Il s'ensuit que le grief selon lequel l'autorité cantonale aurait arbitrairement réduit de moitié le montant de base est irrecevable (supra consid. 3.1). 5.2 Le recourant reproche enfin aux juges cantonaux de ne pas avoir compté dans les revenus de l'intimée les intérêts courant sur la part de cette dernière à la liquidation du régime matrimonial (12'100 fr. par an) ainsi que ceux résultant du placement des indemnités pour tort moral des enfants (100 fr. par mois au moins). L'arrêt attaqué ne contient aucune motivation à ce sujet. Le recourant ne se plaint toutefois d'aucune violation de l'art. 29 al. 2 Cst. Or, lorsqu'une décision cantonale n'est pas motivée, le recourant doit invoquer la violation du droit d'être entendu garanti par cette disposition. Il ne peut se contenter de la taxer d'arbitraire car, en l'absence de motifs, le Tribunal fédéral n'est pas en mesure de contrôler la conformité de la décision attaquée à la Constitution, en particulier son caractère insoutenable.