Citation: 6S.58/2003 05.06.2003 E. B

Cet arrêt retient, en substance, ce qui suit. B.a Né en 1975 et célibataire, R.________ a effectué, au terme de sa scolarité, un apprentissage d'employé de commerce. Après l'obtention de son diplôme, il a séjourné durant 14 mois aux Etats-Unis. De retour en Suisse, il a occupé divers emplois avant de se retrouver au chômage à la fin juin 2002. Lors de l'audience de la cour d'appel, il a déclaré travailler, depuis le 1er octobre 2002, pour une société à Genève, comme représentant en meubles, et réaliser un salaire de 3'500 francs par mois. Entre le 11 mai 1995 et le 13 juillet 2000, R.________ a été condamné à quatre reprises, à savoir: - le 11 mai 1995, pour violation grave des règles de la circulation et contravention à la LStup, à une amende de 700 francs avec délai d'épreuve de 2 ans; - le 23 août 1996, pour infractions à la LStup et violation des règles de la circulation, à 7 jours d'arrêts avec sursis pendant 2 ans et 300 francs d'amende; - le 6 janvier 1997, pour violation d'une règle de la circulation et conduite d'un véhicule sous le coup d'un retrait du permis, à 13 jours d'arrêts avec sursis pendant 1 an et 300 francs d'amende, peine complémentaire à celle du 23 août 1996; - le 13 juillet 2000, pour violation grave des règles de la circulation, à 3 jours d'emprisonnement ferme. B.b Entre novembre 1999 et juillet 2000, R.________ a organisé la réception de trois colis en provenance du Venezuela contenant de la cocaïne, à savoir deux colis contenant 225 g. de cocaïne pure et un troisième colis, qui a toutefois été intercepté par la police, contenant 390 g. de cocaïne pure, en vue de remettre cette drogue à une tierce personne. Il a procédé en faisant envoyer les colis à une amie, O.________, à l'adresse du salon de coiffure qu'elle exploitait, laquelle ignorait le contenu des envois, qu'elle avait accepté de réceptionner pour lui rendre service. A titre de commissions, il a reçu deux fois 20 g. de cocaïne pour sa consommation personnelle. Il a en outre acheté 50 g. de cocaïne à la personne qui lui avait remis ces commissions. R.________ a par ailleurs admis avoir consommé de la cocaïne et du cannabis plusieurs fois par an et des drogues synthétiques en été 2000 ainsi que de l'ecstasy. B.c Il a été relevé que, durant l'enquête, l'accusé s'était montré fortement désagréable avec les agents qui l'interrogeaient et que l'établissement des faits avait été rendu difficile par ses versions constamment changeantes. S'agissant de ses mobiles, il a été retenu qu'il avait agi afin d'obtenir de la drogue sous forme de commissions, et non pas pour rendre service à un ami, comme il le prétendait. Il a encore été observé qu'il avait agi de manière égoïste et sans scrupule, sans se soucier de la quantité de drogue importée et du danger qu'elle représentait ni du préjudice qu'il pouvait causer à une amie d'enfance, dont il s'était en outre dit amoureux. Enfin, il a été constaté que sa responsabilité pénale était entière. S'écartant de l'opinion des premiers juges, la cour cantonale a considéré que le rôle de l'accusé dans le trafic auquel il avait participé, s'il n'était pas crucial, n'était pas insignifiant, dès lors qu'il avait mis sur pied un moyen de réceptionner discrètement de la drogue dure provenant de l'étranger et de la remettre ensuite à une tierce personne. Elle a également indiqué ne pouvoir suivre l'opinion des premiers juges dans la mesure où ils avaient estimé qu'une peine dont la quotité exclurait le sursis serait disproportionnée au regard de la gravité des actes commis. Fondée sur ces considérations, la cour cantonale a jugé que la culpabilité de l'accusé justifiait le prononcé d'une peine de 2 ans d'emprisonnement, ce qui excluait l'octroi du sursis, renonçant en revanche, au vu de l'augmentation de peine opérée, à prononcer une amende.