Citation: 5A_489/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que la situation de la recourante sur le plan économique était peu claire. Ce manque de clarté ne permettait pas d'établir si son budget était, ou non, déficitaire. Se référant à ce qu'elle avait déjà exposé dans sa décision du 12 septembre 2022, la juridiction précédente a rappelé que la recourante n'avait pas complètement renoncé à un revenu, les coups de mains qu'elle fournissait à son fils E.________ l'étant en échange de " bons procédés ". Sa situation était de plus particulière, compte tenu de l'exploitation de deux domaines agricoles par les parties et leur fils, situation encore complexifiée par les multiples procédures qui les opposaient les uns aux autres. Cette situation particulière nécessitait d'autant plus que la recourante, respectivement son mandataire, fasse preuve de clarté et justifie, pièces à l'appui, sa situation financière. Or, la recourante persistait à requérir le bénéfice de l'assistance judiciaire sans exposer, pièces à l'appui, ses revenus et charges, s'étant limitée, dans sa requête au Juge civil du 21 novembre 2022, à se prévaloir du fait qu'elle bénéficiait de l'aide sociale dès octobre 2022. La jurisprudence retenait toutefois que la seule production d'une attestation de perception de prestations d'aide sociale n'était pas d'emblée suffisante pour apporter la preuve de l'indigence au sens de l'art. 117 let. a CPC; cela dépendait d'un examen des circonstances concrètes et des documents transmis (arrêt 4A_461/2022 du 15 décembre 2022 consid. 4.4 et les références). La Circulaire du Tribunal cantonal jurassien n° 14 du 30 septembre 2015 relative à l'octroi de l'assistance judiciaire et à la défense d'office (ci-après: Circulaire du Tribunal cantonal no 14), qui prévoyait que l'indigence était réputée établie lorsque le requérant bénéficiait de prestations d'aide sociale matérielle, ne posait à cet égard qu'une présomption susceptible d'être écartée au vu des circonstances concrètes du cas. Par ailleurs, ainsi que déjà relevé dans la décision du 12 septembre 2022, le fait que l'assistance judiciaire ait été accordée à la recourante dans une autre procédure ne liait pas le juge saisi d'une nouvelle requête et ne pouvait pallier le défaut de collaboration de la recourante dans la nouvelle procédure (cf. arrêt 4A_48/2021 du 21 juin 2021 consid. 7). En tout état de cause, le fait que la recourante ait été mise au bénéfice de l'assistance judiciaire dans le cadre de la procédure d'appel à l'encontre de la décision de mesures protectrices de l'union conjugale du 18 juin 2019 n'était, en l'occurrence, pas non plus pertinent, dans la mesure où sa situation concrète de revenus et de charges qui prévalait à l'époque avait été dûment établie. Au vu du défaut de collaboration de la recourante dans la détermination de sa situation économique concrète, la cour cantonale a jugé que le recours devait être rejeté et la décision attaquée confirmée.