Citation: 6B_161/2021 E. C

Par arrêt du 7 janvier 2021, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise a rejeté le recours formé par A.________ contre la décision du TAPEM. Les faits pertinents de la cause sont les suivants. C.a. A teneur de l'expertise psychiatrique effectuée le 21 décembre 2019, A.________ souffre d'une personnalité dyssociale, de trouble dépressif récurrent sans précision et de syndrome de dépendance à l'alcool et à la cocaïne, abstinent en milieu protégé. L'experte a considéré que l'intéressé présentait un risque élevé de commettre de nouvelles infractions similaires à celles qui ont fait l'objet de sa condamnation, à savoir des menaces verbales et physiques (à l'arme blanche), voire des agressions physiques si personne n'intervenait pour l'arrêter, dès lors qu'il se trouvait sous l'emprise d'alcool et de cocaïne; il pourrait provoquer ou participer à des rixes et bagarres. Il pourrait aussi commettre des vols lui permettant d'obtenir l'argent nécessaire pour l'achat de cocaïne ou de bières, ainsi que des oppositions à des actes de l'autorité, des insultes et injures. Ce risque pouvait être considéré comme faible en cas d'abstinence. Par le passé, une prise en charge ambulatoire avait échoué en raison de plusieurs fugues qui avaient eu pour conséquences de mettre fin aux suivis. L'experte préconisait une prise en charge dans un milieu spécialisé pour les personnes souffrant de polytoxicomanie, d'une durée de l'ordre de 1 à 3 ans. C.b. Dans le cadre de la mise en oeuvre du jugement pénal, le Service d'application des peines et mesures (ci-après: SAPEM) a pris contact le 28 mai 2020 avec la Fondation B.________ pour envisager l'admission de A.________. La fondation, qui a rencontré l'intéressé le 25 juin 2020, a informé le SAPEM le 3 juillet 2020, de son refus en raison notamment du manque de connaissance de la langue française de l'intéressé, obstacle important pour la thérapie, mais également pour préserver la sécurité institutionnelle, compte tenu des fréquentations du concerné. Le 13 juillet 2020, la Fondation C.________, contactée par le SAPEM, a répondu ne pas avoir de place disponible et placer A.________ sur sa liste d'attente. Au mois de juillet 2020, les démarches du SAPEM auprès de l'association D.________ à Genève et E.________ se sont soldées par des refus d'admission. Le 5 août 2020, le SAPEM a transmis une demande d'admission à F.________ à Bâle, mais le cadre proposé ne correspondait pas aux exigences. Les 7 et 11 septembre 2020, le SAPEM a adressé une demande d'admission auprès de la Fondation G.________ à Bienne et à la Clinique H.________ dans le canton de Berne, la première ayant donné une réponse négative expliquant que, selon leur expérience, un placement dans leur foyer directement à la sortie de prison s'avérait en général voué à l'échec. C.c. Le 31 juillet 2020, le SAPEM a dû interrompre l'entretien avec l'intéressé à la prison de Champ-Dollon en raison de son comportement irrespectueux et agressif, notamment physiquement. Dans un rapport du 3 septembre 2020, la prison de Champ-Dollon a rapporté que A.________ se comportait de manière " limite " avec le personnel de l'établissement en étant toujours dans la provocation. Il avait notamment fait l'objet de cinq sanctions, notamment pour menaces envers le personnel, attitude incorrecte envers le personnel, trouble à l'ordre de l'établissement et dégradation des locaux et refus d'obtempérer. C.d. A teneur du rapport du 8 septembre 2020 du Service de médecine pénitentiaire (SMP) de la prison de Champ-Dollon, A.________ bénéficiait d'un suivi mensuel avec un psychiatre et une psychologue ainsi que d'un contact journalier avec les infirmiers pour la prise du traitement. C.e. Le 11 décembre 2020, le SAPEM a indiqué que A.________ était placé sur la liste d'attente de la Fondation C.________; les démarches visant à le placer dans une institution en Suisse allemande, région où il avait vécu durant 6 ans, n'avaient pas abouti parce que son niveau d'allemand ne permettait pas un suivi thérapeutique dans cette langue. L'intéressé ne parlant qu'espagnol, des démarches étaient également entreprises pour trouver, à Lausanne, un thérapeute et un membre du personnel pouvant effectuer le suivi en cette langue. La recherche d'une institution adéquate prenait également davantage de temps en raison de la pandémie de Covid-19.