Citation: 5A_956/2021 E. 1

Par décision du 24 juillet 2020, la Juge de paix du district de Lausanne (ci-après: la Juge de paix) a rejeté l'appel formé par l'intéressée contre la décision de placement. A.b. Par ordonnance de mesures d'extrême urgence du 12 août 2020, la Juge de paix a ordonné provisoirement le placement à des fins d'assistance de A.________. A.c. Dans un rapport du 17 août 2020, le Dr E.________, médecin responsable à la Fondation C.________, a fait état d'un déni anosognosique total de l'intéressée, qui était dépendante pour presque tous les actes de la vie quotidienne hormis manger. Sa démarche était incertaine et le risque de chute était majeur, de sorte qu'une surveillance rapprochée était nécessaire malgré l'usage d'un déambulateur. Si son discours paraissait structuré, les troubles cognitifs dont elle souffrait n'en étaient pas moins sérieux, ce d'autant qu'elle présentait une incapacité totale à évaluer la situation avec objectivité. A.d. Par attestation du 19 août 2020, le Dr F.________ a exposé qu'il suivait A.________ depuis janvier 2006 et que si sa patiente retournait à son domicile, il n'aurait aucun problème à organiser une prise en charge par le CMS deux fois par jour. A.e. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 20 août 2020, la Juge de paix a dit qu'elle poursuivait l'enquête en placement à des fins d'assistance et a confirmé le placement provisoire à des fins d'assistance. A.f. Dans un rapport du 7 octobre 2020, la Dre G.________, médecin traitant de A.________ à la Fondation C.________, a notamment indiqué que l'intéressée restait dépendante pour tous les gestes de la vie quotidienne. A la suite d'une nouvelle chute, le 9 octobre 2020, elle ne parvenait plus à marcher par crainte de tomber à nouveau, si bien que des moyens auxiliaires étaient nécessaires pour le transfert du lit au fauteuil. Ses capacités de marche ne s'étant pas améliorées durant le séjour, un risque de chute restait très élevé, voire aggravé depuis le rapport établi le 17 août 2020, et ce malgré une surveillance rapprochée au sein de l'EMS. Le nouveau bilan cognitif restait déficitaire, parlant en faveur de troubles cognitifs majeurs. L'intéressée restait dans le déni de sa problématique et disait vouloir rentrer chez elle. A.g. Le 12 février 2021, un rapport d'expertise a été rendu par la Dre H.________, psychiatre de la personne âgée. L'experte concluait que l'intéressée présentait un trouble cognitif majeur chronique, soit une démence probablement d'origine neuro-dégénérative et potentiellement toxique (antécédents de consommation chronique éthylique et de benzodiazépines), dont l'évolution la plus probable était une aggravation progressive. Elle ne disposait pas de la capacité de discernement pour la gestion de l'ensemble de ses affaires administratives et financières, ni en ce qui concernait sa santé. En outre, elle ne paraissait pas prendre conscience des atteintes à sa santé et de son besoin d'aide, ni qu'elle présentait un besoin de protection, n'étant pas à même d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts et étant susceptible de prendre des engagements contraires à ceux-ci. De plus, en raison de son anosognosie et de ses difficultés lors de la marche, elle présentait un danger pour elle-même, notamment sous la forme d'une hygiène dégradée, d'une incapacité de se relever, d'un risque de chute avec risque de fracture et traumatisme crânien, d'une déshydratation et d'une dénutrition. Elle nécessitait une aide et une présence permanentes pour toute activité de la vie quotidienne, hormis manger. Selon les indications de son entourage et du réseau, lorsqu'elle était encore à domicile, son hygiène était très relative, elle n'était pas compliante pour les soins de base avec le CMS et son réfrigérateur était régulièrement rempli d'aliments pourris. Lors des diverses hospitalisations, des retours à domicile avaient été tentés, cependant, une fois chez elle, A.________ était de nouveau peu compliante et complètement anosognosique de son état et de ses difficultés. L'experte était d'avis que seule une prise en charge institutionnelle dans un établissement de type EMS psychogériatrique ou psychogériatrique compatible (en raison des troubles cognitifs majeurs) pouvait apporter à A.________ l'assistance nécessaire, l'intéressée étant incapable d'adhérer à l'aide dont elle avait besoin, ne se rendant pas compte de sa problématique.