Citation: 4A_562/2009 27.01.2010 E. 3.2

3.2.1 Dans un premier moyen, les recourants font valoir que la solution retenue n'est pas conforme au contrat de pool d'actionnaires du 15 juin 2004. Ils expliquent, à ce propos, que leur conclusion reconventionnelle n° 2 découlait notamment de la violation de l'art. I de ce contrat de société simple, qui oblige les associés à favoriser le développement de V.________ et des sociétés détenues par celle-ci. Or, poursuivent-ils, en vertu de l'art. 536 CO, aucun associé ne peut faire pour son compte personnel des affaires qui seraient contraires ou préjudiciables au but de la société. Dès lors, selon eux, comme cette obligation de fidélité subsiste même pendant la période de dissolution et de liquidation de la société, c'est à tort que la cour cantonale a avalisé le raisonnement de l'arbitre d'après lequel l'obligation de fidélité incombant à X.________ et incluant une prohibition de concurrence s'était éteinte lorsque les rapports de travail et la qualité de sociétaire du prénommé avaient pris fin. Partant, de l'avis des recourants, les juges vaudois leur auraient dénié sans raison valable le droit de se fonder sur le contrat du 15 juin 2004 et d'invoquer à leur profit la clause compromissoire insérée à l'art. X de ce contrat. 3.2.2 Il est exact que l'obligation de fidélité, au sens de l'art. 536 CO, survit à la dissolution de la société simple et vaut aussi pour la période de liquidation, quoique dans une moindre mesure (FELLMANN/MÜLLER, Commentaire bernois, 2006, n° 34 ad art. 536 CO). Vrai est-il aussi que la société simple dont il s'agit n'a pas encore été liquidée; du moins, aucune des parties ne soutient le contraire. Cependant, les recourants ne sauraient rien déduire de cette double constatation en faveur de leur thèse. L'art. 536 CO ne s'applique, en effet, qu'aux associés, comme cela ressort de son texte même. Ainsi, lorsqu'un associé perd cette qualité, son obligation de fidélité s'éteint en principe ispo jure, sauf convention contraire, bien que la société simple perdure (sur cette question et de manière nuancée, cf. FELLMANN/MÜLLER, op. cit., n°s 31 à 33 ad art. 536 CO avec de nombreuses références). Conformément à l'art. III du contrat de pool d'actionnaires, X.________ a perdu la qualité d'associé de la société simple en question lorsqu'il a démissionné de D.________ SA (ex-W.________ SA) à fin juillet 2006. A partir de ce moment-là, il n'était donc plus tenu de respecter l'obligation légale de fidélité envers les autres associés; il n'est, au demeurant, pas établi ni même allégué qu'il se serait engagé à l'égard de ceux-ci, par une convention spéciale, à ne pas leur faire concurrence. C'est, dès lors, à juste titre que l'arbitre a exclu la possibilité pour les recourants de déduire directement du contrat de pool d'actionnaires une prohibition de concurrence applicable aux actes prétendument déloyaux commis par X.________ après qu'il eut perdu sa qualité d'associé et, partant, qu'il leur a dénié le droit d'invoquer la clause compromissoire incluse dans ledit contrat à l'égard de ces actes-là. Aussi, en confirmant la sentence sur ce point, la cour cantonale n'a-t-elle pas violé le concordat.