Citation: 1A.102/2005 04.07.2006 E. 6

Les recourants qualifient d'arbitraire la prolongation, pour un tronçon des rives du Pétozan, du délai fixé pour le reboisement après le défrichement autorisé pour l'exploitation de la première gravière. En vertu du droit fédéral, tout défrichement doit en principe être compensé en nature, dans la même région (art. 6 al. 1 LFo). La décision de défrichement doit préciser les délais pour réaliser cette compensation (art. 7 al. 1 let. c OFo). En l'occurrence, le délai initial (selon la décision de défrichement du 15 décembre 1987) était fixé à la fin de l'année 2002; il a été prolongé de huit ans par l'autorité compétente pour l'application de la législation forestière dans le cadre de projets d'aménagement cantonaux. Le Tribunal administratif a considéré qu'une telle prolongation équivalait à une adaptation de la décision initiale en raison de la modification sensible des circonstances, et que le sort de l'ancien cordon boisé pouvait être revu lors de l'adoption du nouveau plan d'extraction, le tronçon riverain litigieux se trouvant dans le périmètre de ce plan. Il ressort en outre de l'arrêt attaqué que le service forestier cantonal avait d'emblée admis (implicitement) de différer le reboisement à un endroit où, selon le mode d'exploitation prévu pour la gravière des Gavardes, un passage libre devait être maintenu pour le transports des matériaux (piste d'accès et bande). On ne voit pas en quoi cette décision, qui confirme le principe du reboisement intégral des rives du Pétozan mais en retarde de quelques années la réalisation, serait contraire aux règles matérielles du droit forestier fédéral, ou compromettrait à terme la conservation de la forêt. Les recourants ne présentent aucun argument sérieux à l'encontre de cette solution, que l'Office fédéral de l'environnement n'estime au demeurant pas inopportune. Le Tribunal administratif a ainsi veillé à l'application coordonnée du droit forestier et du droit cantonal relatif à l'aménagement de gravières; il n'a pas violé le droit fédéral, de sorte que les griefs des recourants sont sur ce point mal fondés.