Citation: 6B_572/2018 E. 3.4.2

3.4.2. La recourante soutient qu'en exigeant d'elle qu'elle explique dans quelles circonstances elle avait pris connaissance des informations litigieuses, la cour cantonale a renversé le fardeau de la preuve. La cour cantonale a relevé qu'à une exception près (situation de N.________, cf. infra consid. 4.3 et 5.2), la recourante n'avait pas établi d'éléments susceptibles d'étayer sa version selon laquelle l'intégralité des données litigieuses provenaient de sources publiques, ou encore de recoupements et de discussions privées tenues hors du cadre professionnel. Pour parvenir à cette conclusion, la cour cantonale a examiné, de manière détaillée pour les quinze employés visés, si les données les concernant pouvaient être déduites des nombreux documents produits par la recourante, qui consistaient en des communiqués de presse et des articles publiés soit sur internet, soit dans des journaux, soit dans " A.________ Magazine ", le mensuel d'informations destiné aux collaborateurs de l'intimée. L'autorité précédente a par ailleurs constaté que des contradictions dans les déclarations de la recourante jetaient un sérieux doute sur sa crédibilité et partant sur la provenance des faits divulgués. La recourante avait ainsi indiqué que les données livrées dans son mémoire du 22 octobre 2010 émanaient notamment de courriels reçus par l'ensemble du personnel et de notes internes faisant état de dérogations. Or, ceux-ci ne pouvaient aucunement être assimilés à des informations de portée générale. Il était en outre surprenant que l'intéressée avait pris le soin dans son mémoire d'abréger les noms de deux personnes liées à des procédures pénale ou administrative (" G.________ "; " H.________ "), alors même que les faits les concernant seraient de notoriété publique. L'intéressée avait du reste admis que l'intégralité des données qu'elle avait fait figurer dans un précédent courrier adressé à l'intimée le 5 décembre 2009 provenait de sources internes à l'administration. Dans la mesure où les informations divulguées à cette occasion étaient pour certaines les mêmes que celles figurant dans le mémoire du 22 octobre 2010, elle n'était pas crédible en affirmant dans un second temps que ces informations étaient publiques. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale pouvait considérer, par un raisonnement de bon sens, que l'incapacité de la recourante à fournir des explications crédibles quant à la provenance alléguée des données litigieuses ne pouvait s'expliquer que par le fait qu'elle en avait pris connaissance dans le cadre de son activité au sein de l'administration municipale. Une telle démarche ne procède pas d'un renversement inadmissible du fardeau de la preuve (cf. arrêts 6B_85/2012 du 21 mai 2012 consid. 3.3; 6B_148/2011 du 17 mai 2011 consid. 1.1).