Citation: 5A_864/2024 E. 3.4

3.4. La recourante ne saurait être suivie lorsqu'elle prétend que le refus de la Cour de justice d'appliquer la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent est exclusivement motivé par référence à la part importante des revenus non dépensée de l'intimé, et non de l'ampleur de ceux-ci. Il ressort en effet de la lecture de l'arrêt entrepris que ce refus est également fondé sur l'importance des revenus de la famille, l'arrêt entrepris retenant que la situation de la famille est particulièrement favorable et que les revenus de l'intimé sont largement supérieurs à la moyenne. Sa critique ne permet pas de démontrer que cette motivation serait arbitraire. L'assertion de la recourante selon laquelle son train de vie et celui des enfants constatés par la Cour de justice ne correspondraient pas à une situation "particulièrement favorable" ne saurait suffire, faute notamment pour la recourante d'exposer pour quelle raison il faudrait, dans les circonstances du cas d'espèce, se référer au train de vie de la famille pour apprécier l'existence d'une situation "particulièrement favorable" plutôt qu'aux revenus des parties comme exposé dans l'arrêt entrepris, étant observé que la doctrine évoque, elle aussi, la possibilité de tenir compte de l'ampleur des revenus pour qualifier une situation financière d'"exceptionnellement favorable" (cf. supra consid. 3.1). Au demeurant, le revenu de 80'407 fr. 15 par mois, repris par la recourante dans son recours sur la base du jugement de première instance et qui correspond au salaire mensuel moyen que l'intimé a réalisé entre 2018 et 2021 - à savoir durant les dernières années précédant la séparation des parties -, est proche du seuil de 1'000'000 fr. de revenus annuels (83'333 fr. par mois) mentionné par certains auteurs de doctrine pour s'écarter de la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent. Ainsi, dût-on considérer que la recourante avait valablement motivé son grief qu'il n'apparaîtrait de toute manière pas insoutenable de qualifier la situation des parties d'exceptionnellement favorable et ainsi d'appliquer la méthode du train de vie (cf. supra consid. 2.1 in fine). Le sort du moyen s'en trouve ainsi scellé. En conséquence, la question de savoir si la Cour de justice a arbitrairement considéré que la forte fluctuation des revenus de l'intimé et les difficultés de détermination de sa quote-part d'épargne justifiaient également de s'écarter de la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent n'a pas besoin d'être tranchée. Il n'y a pas lieu non plus de se pencher plus avant sur le reproche fait à dite autorité de ne pas avoir tenu compte de la charge fiscale familiale, dans la mesure où la recourante n'expose pas en quoi cet élément serait pertinent dans le choix de la méthode. Quant aux critiques que la recourante tente de tirer de la répartition de l'excédent, elles sont dénuées de pertinence puisque la méthode du train de vie ne connaît pas une telle répartition, mais se base sur les dépenses nécessaires au maintien de ce train de vie des parties (cf. supra consid. 3.1), dont les dépenses de loisirs et de voyage font notamment partie.