Citation: 1C_512/2017 E. 3.4

3.4. Le recourant ne conteste pas, à juste titre, avoir mis sérieusement en danger la sécurité d'autrui au sens de l'art. 16c al. 1 let. a LCR. Son véhicule a en effet non seulement dévié de sa trajectoire et franchi la ligne séparant les deux voies de l'autoroute, mais a également heurté un autre véhicule par l'arrière. Le recourant prétend en revanche n'avoir commis qu'une faute légère. Il fonde son raisonnement sur le fait qu'il n'aurait détourné son regard du trafic qu'un très bref instant, contrairement à ce que l'instance précédente a retenu. Il affirme à cet égard que la rapidité avec laquelle il avait rattrapé le véhicule devant lui s'expliquait aisément par la différence importante de vitesse entre les deux véhicules, de sorte qu'on ne pouvait en déduire une inattention prolongée de sa part; de plus, selon lui, en jetant un bref coup d'oeil en direction de l'autoradio, tout conducteur dévierait instinctivement son véhicule sur la droite. Ce faisant, le recourant se contente d'opposer sa propre version des faits à celle de l'instance précédente, sans en démontrer le caractère arbitraire. Sa critique est dès lors irrecevable (cf. ci-dessus consid. 2). Au demeurant, le constat de l'instance précédente n'apparaît pas insoutenable. On voit en effet mal comment le recourant aurait pu entrer en collision avec le véhicule circulant devant lui, certes à une allure relativement modérée mais néanmoins visible de loin, s'il n'avait détourné son regard du trafic qu'un bref in stant. Il soutient dès lors à tort que la manipulation de son autoradio devrait être assimilée à un " simple réflexe instantané ". Aussi, selon les faits établis, le recourant a quitté l'autoroute des yeux pour manipuler son autoradio pendant un moment non négligeable, ce qui impliquait un risque évident pour la sécurité du trafic. Ce risque était d'autant plus grand que l'intéressé circulait sur la voie de dépassement de l'autoroute au maximum de la vitesse autorisée. Le recourant a en l'occurrence sciemment adopté un comportement dont le caractère manifestement dangereux ne pouvait pas lui échapper. Il y a donc là, à tout le moins, une négligence grossière de sa part. Quoi qu'en pense le recourant, cette appréciation apparaît conforme à la jurisprudence fédérale qui a qualifié de fautes graves les pertes de maîtrise du véhicule consécutives au fait de ramasser un téléphone portable tombé à ses pieds (arrêt 1C_299/2007 du 11 janvier 2008 consid. 2.2), ou un document dans un sac situé devant le siège passager (1C_71/2008 du 31 mars 2008 consid. 2.2) ou encore une bouteille se trouvant entre la portière et le siège passager (arrêt 1C_188/2010 du 6 septembre 2010 consid. 2.2). Les différents arrêts du Tribunal fédéral, cités à titre exemplatif par le recourant, ne permettent pas de modifier cette appréciation. Enfin, le recourant ne saurait tirer argument du fait que sur le plan pénal il a été condamné pour infraction simple selon l'art. 90 al. 1 LCR. En effet, si les faits retenus au pénal lient en principe le juge administratif, il n'en va pas de même pour les questions de droit, en particulier l'appréciation de la faute (cf. 1C_146/2015 du 7 septembre 2015 consid. 2.2, CÉDRIC MIZEL, Droit et pratique illustrée du retrait du permis de conduire, 2015, p. 689 s. et les références citées à la note de bas de page 3372).