Citation: 6B_654/2018 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a considéré que la recourante avait agi dans un contexte conflictuel ainsi que dans un état émotionnel qui ne correspondait pas à la froideur affective usuellement relevée chez les assassins. Néanmoins, l'acte de l'intéressée apparaissait, dans son ensemble, comme empreint d'un égoïsme absolu. D'abord, au lieu de chercher de l'aide auprès d'un thérapeute, comme elle l'avait fait en 2011 puis en décembre 2014, la recourante avait laissé se développer son ressentiment envers son père, au point de voir celui-ci se muer en haine. La recourante aurait pourtant eu les moyens de gérer ses problèmes, lesquels n'étaient pas nouveaux ni imprévus, puisque D.C.________ avait manifesté, à de nombreuses occasions et de différentes manières, son emprise sur elle, affectivement ou financièrement. La façon de gérer ces difficultés relationnelles apparaissait sous un aspect défavorable à l'intéressée s'agissant de ses motivations financières, puisque la falsification de testaments et l'appropriation des lingots étaient particulièrement sournoises. Si le comportement de la recourante envers son père n'apparaissait pas hautement blâmable, compte tenu des difficultés relationnelles précitées, il n'en allait pas de même vis-à-vis de son fils. Celle-ci avait ainsi égoïstement entraîné Y.X.________ dans son projet homicide, en le manipulant et alors que ce dernier s'y était tout d'abord opposé. Elle avait ensuite associé son fils à une mise à mort cruelle, en lui fournissant d'abord une canne, puis une écharpe, et en le laissant accomplir la plupart des actes fatals. En définitive, le motif du crime n'était pas, selon l'autorité précédente, humainement compréhensible. Par ailleurs, la cour cantonale a estimé que la façon d'agir avait été particulièrement cruelle et qu'elle avait engendré de grandes souffrances morales et physiques chez D.C.________, qui avait vu sa fille et son petit-fils le battre avec brutalité avant de l'étrangler. La violence déployée après la chute dans les escaliers était révoltante, puisque la survie du prénommé après cette première phase aurait dû ramener la recourante à la raison. Les faits s'étaient pourtant révélés sordides par la suite. D.C.________ avait eu la force de prononcer quelques paroles, mais ces mots n'avaient eu aucun effet sur la recourante, qui apparaissait à nouveau totalement égoïste dans sa poursuite de son projet homicide. Lorsque celle-ci avait constaté que son père respirait encore, elle était remontée dans son appartement et avait entendu l'opératrice "Sécutel", mais n'avait pas renoncé et s'était emparée d'une écharpe afin d'achever D.C.________ avec l'aide de Y.X.________. Enfin, après avoir constaté la mort de l'intéressé, la recourante ne s'était pas rendue à la police, mais avait pris la fuite avant de se débarrasser de ses habits ensanglantés. Elle avait encore feint d'apprendre la mort de son père, avait tenté de se constituer un alibi puis d'influencer des témoins, lesquels avaient en conséquence menti durant leurs premières auditions. En définitive, selon l'autorité précédente, si certains éléments de l'homicide pouvaient s'apparenter à ceux du meurtre, en particulier l'état émotionnel de la recourante, de nombreux autres aspects trahissaient une faute très lourde, au point que le sacrifice de D.C.________ apparaissait comme essentiellement dicté par des motifs égoïstes.