Citation: 7B_13/2023 E. 2.3.1

2.3.1. Le recourant estime tout d'abord qu'il était arbitraire de retenir que les armes utilisées lors du brigandage avaient été chargées de balles réelles. A cet égard, il reproche à l'autorité précédente d'avoir retenu qu'il n'avait pas, devant le tribunal de première instance, "insisté" sur la question de potentielles balles à blanc. Il fait valoir que depuis le moment où il a reconnu sa participation aux actes concernés, il se serait exprimé sur le matériel utilisé devant chaque autorité, à au moins deux reprises à chaque fois, et aurait toujours indiqué avoir reçu l'assurance que les armes ne seraient pas chargées, à tout le moins pas munitionnées de balles réelles, faute de quoi il n'aurait pas participé à cette opération. Le recourant considère en outre que "l'impression pour le moins subjective [qu'il] n'aurait pas insisté sur un élément, pour retenir son opposé" heurterait en particulier le principe de la présomption d'innocence, dès lors que cela reviendrait à renverser le principe du fardeau de la preuve ou à devoir prouver un fait négatif, au mépris de la version qui lui serait la plus favorable. L'argumentation du recourant n'est pas convaincante. Tout d'abord, les propres déclarations du recourant selon lesquelles il n'aurait pas été prévu, lors du brigandage, de faire usage d'armes chargées de balles réelles ne permettent pas à elles seules une autre appréciation que celle de la cour cantonale. Celle-ci a en effet retenu qu'il n'avait admis les faits qu'après le dépôt du rapport de police (du 27 janvier 2021) et a considéré qu'il tentait de minimiser son rôle et son implication dans le brigandage, ce qu'il ne conteste, à juste titre, pas (cf. jugement querellé, pp. 31-32). Or, les extraits de déclarations relevés par le recourant sont tous ultérieurs au dépôt de ce rapport, de sorte qu'il est logique que, dans une optique de minimisation de son implication, le recourant ait exclu l'utilisation de balles réelles. Dans ces circonstances, l'autorité cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en écartant de telles déclarations. Ensuite, le recourant se focalise sur le fait que la cour cantonale a indiqué, pour retenir que les armes utilisées lors du brigandage étaient chargées de balles réelles, qu'il n'avait pas franchement insisté sur la question de potentielles balles à blanc. Toutefois, il ne revient pas sur les autres éléments retenus par cette dernière (cf. jugement querellé, p. 28). Il omet en effet de mentionner que l'autorité précédente a également tenu compte, pour considérer que les armes étaient chargées, qu'il était impensable que les braqueurs se seraient attaqués avec un tel professionnalisme à des personnes armées, alors qu'eux-mêmes n'auraient été munis que d'armes déchargées, et que les auteurs avaient dû envisager une possible intervention de la police et prévoir de s'en défendre par tous les moyens. De plus, dans ce cadre, la cour cantonale a indiqué que le fait d'être muni d'armes non chargées, qui plus est de fusils d'assaut, aurait représenté un danger important pour eux, puisque cela aurait pu avoir pour conséquence de déclencher plus facilement des tirs de la part des forces de l'ordre. Enfin et surtout, elle a retenu qu'un des auteurs avait pris le pistolet d'un des convoyeurs, qui était chargé, conformément aux déclarations de celui-ci. Or, au vu de ce faisceau d'éléments concordants, on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale d'avoir, au moment de forger sa conviction, fait preuve d'arbitraire, voire d'avoir violé le principe de la présomption d'innocence, en retenant que les armes utilisées durant le brigandage étaient chargées.