Citation: 2C_1009/2018 E. 3.6.2

3.6.2. Du point de vue de l'intérêt privé, le recourant, qui est venu à l'âge de 17 ans environ en Suisse, n'y a jamais résidé légalement et y a passé de longues périodes en détention ou en institution, ne peut se se prévaloir d'aucune forme d'intégration professionnelle ou sociale à teneur de l'arrêt entrepris. Son intérêt à demeurer en Suisse réside donc uniquement dans les relations qu'il entretient avec sa fille. Sans aller jusqu'à nier la sincérité des sentiments qu'il manifeste à l'égard de celle-ci, on doit relever que son attachement et sa préoccupation sont en partie contredits par son attitude: sa fille était déjà née quand il a commis les infractions qui lui ont valu sa condamnation en 2016 à une peine privative de liberté (d'ensemble) de trente mois. Sa libération est par ailleurs beaucoup trop récente (avril 2018) pour affirmer que le décès de sa compagne l'aurait radicalement changé, alors que le recourant est un multirécidiviste que la paternité n'a pas détourné de la délinquance. Quant à l'intérêt de l'enfant à grandir auprès de son père, la fille du recourant est désormais orpheline de mère, de sorte que la présence de son père revêt une importance toute particulière. Il convient toutefois de relever que l'enfant a grandi jusqu'à présent essentiellement sans son père, puisqu'il était en traitement ou incarcéré (traitement institutionnel de mai 2013 à février 2015; détention d'octobre 2015 à avril 2018). La petite fille est prise en charge par sa grand-mère maternelle depuis le décès de sa mère en mai 2016 et rien n'indique dans l'arrêt entrepris que cette situation lui serait préjudiciable; au contraire même, puisqu'il résulte du dossier que l'enfant se développe bien compte tenu des circonstances (cf. art. 105 al. 2 LTF). On ne peut donc affirmer que la présence de son père en Suisse est indispensable. Par ailleurs, s'il devait néanmoins être considéré que l'intérêt de l'enfant est mieux préservé en maintenant une relation avec son père, il serait à noter que le refus de l'autorisation sollicitée n'empêchera pas des visites de l'enfant à son père en Albanie, ni les contacts par les moyens de communication modernes.