Citation: 2A.301/2001 14.02.2003 E. 1

Il ressort de ce qui précède que les recourantes n'ont pas avancé à la légère qu'elles étaient victimes d'une discrimination liée au sexe. Elles se sont livrées à une comparaison approfondie de leur fonction avec une fonction analogue exercée par un homme. Elles ont aussi étudié les différentes fonctions comprises entre leur classe de l'échelle des traitements et celle qu'elles revendiquent. Elles se sont également appuyées sur des pièces et témoignages permettant de penser qu'elles subissent une discrimination fondée sur le sexe. Il y a lieu dès lors de considérer qu'elles ont rendu vraisemblable l'existence d'une telle discrimination, conformément aux exigences de l'art. 6 LEg rappelées ci-dessus (cf. consid. 5.1). D'ailleurs, la vraisemblance d'une discrimination liée au sexe ressort déjà du dossier cantonal; il contient en effet différentes décisions du Conseil d'Etat traitant du statut du personnel féminin, de la classification du personnel féminin, des fonctions spécifiquement féminines, etc., et instituant un système de primes au mérite qui permet notamment de compenser le niveau anormalement bas des traitements versés à des femmes travaillant dans l'Administration valaisanne (cf. les décisions du Conseil d'Etat des 24 octobre 1973 et 11 juillet 1984). Or, le fait de créer un régime de fonctions féminines comportant un système de rattrapage salarial - dont on ignore s'il est total ou partiel -, par rapport aux traitements des fonctionnaires masculins, constitue en soi l'indice d'une discrimination liée au sexe. Un tel rattrapage ne compense d'ailleurs pas une classification discriminatoire. 5.4 On ne saurait donc suivre l'autorité intimée qui considère que les recourantes n'ont pas rendu vraisemblable qu'elles étaient victimes d'une discrimination liée au sexe mais qui, paradoxalement, s'est brièvement prononcée sur l'existence d'une inégalité fondée sur le sexe entre les recourantes et le chef du secrétariat de la Chancellerie. Il convient dès lors d'examiner si le Conseil d'Etat a apporté la contre-preuve imposée part l'art. 6 LEg et démontré ainsi l'inexistence d'une inégalité liée au sexe tombant sous le coup de l'art. 3 LEg.