Citation: 5A_359/2018 E. 3.2

3.2. La juridiction précédente a constaté que l'intimé fonde sa requête sur un prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale rendu le 1er avril 2009 par le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte, en vertu duquel la recourante contribuera à l'entretien de son mari par le versement d'une pension mensuelle de 4'200 fr. à compter du 1er décembre 2008; un appel contre ce prononcé a été rejeté par le Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte du 18 juin 2009, dont la décision est définitive et exécutoire. Il ressort de ces jugements que, lors d'une première audience du 23 mai 2008, les parties ont signé une convention, ratifiée séance tenante pour valoir prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale; selon cette convention, elles ont été autorisées à vivre séparées jusqu'au 30 avril 2009, étant précisé que cette convention était « prévue en principe jusqu'au 30 novembre 2008 », les parties faisant alors le point et se réservant le droit de demander une deuxième audience. Celle-ci a été requise le 9 décembre 2008 par le mari. Le prononcé du 1er avril 2009 indique ce qui suit: « Mis à part la contribution d'entretien qui demeure seule litigieuse, la convention est valable pour le surplus jusqu'au 31 (sic) avril 2009 ». Certes, l'autorité précédente a souligné que la recourante s'appuie sur le prononcé du 23 mai 2008 pour soutenir que la validité des mesures protectrices de l'union conjugale était limitée au 30 avril 2009, le prononcé rendu à la suite de la seconde audience allouant à l'intimé une pension mensuelle de 4'200 fr. dès le 1er décembre 2008. Toutefois, le dispositif de l'ordonnance du 1er avril 2009 indique que la recourante versera à son époux une pension de 4'200 fr. par mois, sans aucune limite dans le temps. Les motifs de l'ordonnance sont « peu clairs », en tout cas pas suffisamment pour qu'on puisse admettre sans hésitation que la pension ne serait due que jusqu'au 30 avril 2009. Il y a donc lieu de retenir que l'intéressée n'a pas établi par pièces l'avènement de la condition résolutoire dont elle se prévaut. Enfin, la juridiction cantonale a souligné que les pièces du dossier, en particulier l'arrêt de la Cour d'appel civile du 24 novembre 2016, selon lequel il ressort des termes « mis à part pour la contribution d'entretien qui demeure litigieuse, la convention est valable pour le surplus jusqu'au 31 (sic) avril 2009 » que la contribution était due au-delà de la date butoir du 30 avril 2009, ne contredisent pas l'interprétation littérale du titre de mainlevée définitive, mais vont au contraire dans le même sens.