Citation: 5A_674/2021 E. 3.3

3.3. Invoquant l'arbitraire dans la constatation des faits, la recourante soutient, en substance, que l'autorité cantonale aurait dû retenir que, par le courrier du 27 novembre 2020 de son précédent conseil, elle avait manifesté son intention de ne pas maintenir l'acte d'adjudication et, par le blocage des fonds versés, de répéter ce qu'elle avait payé. Sauf à violer l'interdiction du formalisme excessif ainsi que les art. 17 et 132a LP, l'autorité précédente aurait aussi dû retenir que ce courrier pouvait être compris par le préposé comme une plainte dirigée à l'encontre de l'adjudication, qui, déposée dans le délai, aurait dû être traitée. Ce faisant, la recourante occulte complètement le fait que l'art. 32 al. 2 LP - dont elle se prévalait expressément devant l'autorité cantonale - ne donne pas aux parties le droit de déposer leur acte auprès de l'autorité (incompétente) de leur choix, en lui laissant le soin de le faire suivre à l'autorité compétente. L'application de l'art. 32 al. 2 LP suppose bien plutôt que l'intéressé se soit trouvé dans l'erreur sur l'autorité qu'il devait saisir, respectivement qu'il ait de bonne foi cru adresser son acte à l'autorité compétente pour en connaître (cf. arrêt 5A_421/2012 du 20 décembre 2012 consid. 3.1; BAERISWYL/MILANI/ SCHMID, op. cit., n° 16 ad art. 32 LP; JENT-SØRENSEN, Das kantonale Verfahren nach Art. 20a Abs. 3 SchKG: ein Relikt und die Möglichkeit einer Vereinheitlichung, BlSchK 2013 p. 89 ss [106]). Le fait pour un justiciable de s'adresser consciemment et volontairement à une autorité incompétente, alors que l'autorité compétente lui est connue, ne saurait être protégé au regard du principe de la bonne foi, l'obligation de transmettre l'acte considéré selon l'art. 32 al. 2 LP n'entrant pas en ligne de compte dans une telle hypothèse (ATF 145 III 487 consid. 3.4.5; STAEHELIN, in Basler Kommentar SchKG, Ergänzungsband, 2017, ad n° 6b ad art. 32 LP). En l'occurrence, il n'est pas contesté que la recourante était dûment représentée par un mandataire professionnellement qualifié et que le courrier du 27 novembre 2020 adressé à l'office est de sa main. Or l'on ne saurait raisonnablement considérer qu'un avocat ignore l'institution de la plainte LP - dont la recourante reconnaît à juste titre qu'il s'agit de la seule voie à disposition pour remettre en cause l'adjudication litigieuse (recours p. 13 et 15) - et puisse se tromper sur l'autorité compétente pour traiter son acte. Les faits retenus par la décision attaquée démontrent au contraire très clairement que l'ancien conseil de la recourante a volontairement et consciemment déposé son courrier du 27 novembre 2020 auprès de l'office, incompétent pour statuer sur une plainte LP. Il ne s'agissait donc pas d'une erreur de sa part, ce d'autant qu'il demandait également, dans ledit courrier, qu'une décision avec indication des voies de droit soit rendue en cas de rejet de sa requête. L'office pouvait ainsi partir du principe que la recourante n'entendait pas alors porter plainte auprès de l'autorité (inférieure) de surveillance. Conformément à la jurisprudence susrappelée, le courrier litigieux ne saurait dès lors être de bonne foi assimilé à une plainte, comme l'autorité cantonale l'a correctement retenu. L'office n'avait ainsi pas à le transmettre à l'autorité de surveillance, de sorte que le délai de plainte n'a pas pu être préservé par ce biais. Les arguments que la recourante entend tirer " des éléments [ayant précédé] la communication du 27 novembre 2020 ", soit essentiellement des courriers que son ancien conseil a adressés à l'office, n'y changent rien. La confirmation du constat de la tardiveté - et donc de l'irrecevabilité -de la plainte dispense le Tribunal fédéral d'examiner le bien-fondé du raisonnement superfétatoire de l'autorité cantonale en lien avec l'invocation de la clausula rebus sic stantibus, étant par ailleurs précisé que la recourante n'a pas conclu à la constatation de la nullité des enchères, ni fait valoir un motif de nullité (art. 22 LP).