Citation: 7B_1027/2023 E. 2.6

2.6. S'agissant à présent de l'existence d'un intérêt public prépondérant au moment de sa demande du 13 décembre 2022, la recourante ne soutient pas que les circonstances qui prévalaient au moment du précédent arrêt rendu par la cour cantonale le 29 octobre 2020 se seraient modifiées. Bien au contraire, sans se plaindre formellement d'une violation du principe de la célérité, elle reproche en substance au Ministère public une "inaction totale" dans l'enquête et considère que ce dernier ne pourrait pas "prolonger artificiellement" la durée de l'instruction pour l'empêcher indéfiniment d'accéder au dossier. En particulier, la recourante conteste que les auditions annoncées puissent fonder concrètement un risque de collusion et, partant, l'existence d'un intérêt public prépondérant. D'une part, celles-ci seraient impossibles à mettre en oeuvre pour cause de suspension totale de l'entraide avec la Russie, respectivement n'auraient pas été réalisées dans les délais annoncés. D'autre part, le Ministère public n'aurait pas précisé l'étendue de ces mesures ni sur quels éléments I.________ devrait être réentendu. Les pièces sur lesquelles les scellés ont été levés seraient en outre déjà connues des personnes devant être auditionnées. Par l'invocation de telles mesures d'instruction vouées à rester au point mort, le Ministère public violerait gravement la bonne foi ainsi que l'interdiction de l'abus de droit. En d'autres termes, l'absence de modification des circonstances depuis le dernier arrêt rendu par la cour cantonale empêcherait de retenir l'existence, respectivement la persistance d'un intérêt public prépondérant.