Citation: 9C_894/2013 E. 6.2

6.2. Selon le recourant, le docteur E.________ se serait fondé exclusivement sur les déclarations mal traduites par l'interprète pour en déduire qu'il ne pouvait pas poser le diagnostic de schizophrénie simple, à l'inverse du docteur D.________. Pour exclure ledit diagnostic, l'expert psychiatre avait nié un retrait social, au vu du souhait qu'aurait exprimé l'assuré de voir ses amis plus souvent, alors que celui-ci indique avoir dit le contraire (ses amis voulaient le voir plus souvent); le médecin avait également retenu la mention d'hallucinations et d'idées délirantes, tandis que le recourant indique avoir parlé de cauchemars. A la lecture de l'expertise du docteur E.________, on constate que les deux éléments invoqués par le recourant, qui reposeraient sur une erreur de compréhension, ne sont que deux facteurs parmi beaucoup d'autres mentionnés par le psychiatre pour expliquer les raisons le conduisant à s'écarter de l'appréciation du docteur D.________. Il ressort en particulier des explications de l'expert que nombre d'éléments déterminants pour le diagnostic de schizophrénie simple n'étaient pas présents chez l'assuré: son apathie était le reflet de la diminution de l'élan vital en lien avec la dépression; il n'y avait pas d'émoussement affectif, ni de ralentissement idéique; la communication non verbale n'était pas marquée par la pauvreté; le comportement n'était pas caractérisé par la bizarrerie, l'assuré était cohérent et adéquat dans sa souffrance dépressive; son discours était de type dépressif, ce qui n'était pas compatible avec le diagnostic de schizophrénie. L'expert a par ailleurs exposé qu'aucun médecin consulté par le patient antérieurement au docteur D.________ n'avait mentionné le diagnostic retenu uniquement par celui-ci, alors que la schizophrénie était une atteinte qui commençait chez l'adulte jeune, entre l'âge de 18 et 35 ans. Compte tenu de l'ensemble des facteurs mis en évidence par l'expert, ses conclusions apparaissent convaincantes en ce qui concerne la pathologie retenue et ses effets, même s'il fallait faire abstraction des éléments de "retrait social" et d'"exclusion d'hallucinations et d'idées délirantes". Quoi qu'en dise le recourant, l'avis de son psychiatre traitant n'est pas propre à mettre en doute l'évaluation de son confrère, comme l'a retenu la juridiction cantonale, dans une appréciation qui ne saurait être qualifiée d'arbitraire. Dans son rapport du 2 janvier 2012, le docteur D.________ ne fait état d'aucun élément nouveau dont l'expert E.________ n'aurait pas tenu compte, mais en donne une interprétation différente (l'assuré ne transmet pas "un ressentiment dépressif, mais de vide"), sans se référer aux constatations de l'expertise. Parmi les facteurs énumérés par le psychiatre traitant, on ne trouve par ailleurs pas d'indices de "bizarreries du comportement", telles que mentionnées dans la définition de la schizophrénie simple de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10, dixième révision, Organisation mondiale de la santé; F20.6: trouble caractérisé par la survenue insidieuse et progressive de bizarreries du comportement, d'une impossibilité à répondre aux exigences de la société et d'une diminution globale des performances. La survenue des caractéristiques "négatives" de la schizophrénie résiduelle [par exemple un émoussement affectif et une perte de volonté, etc] n'est pas précédée d'un quelconque symptôme psychotique manifeste"). A cet égard, on rappellera qu'on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée par l'administration ou le juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait qu'un ou plusieurs médecins traitants ont une opinion contradictoire. Il n'en va différemment que si ces médecins font état d'éléments objectivement vérifiables ayant été ignorés dans le cadre de l'expertise et qui sont suffisamment pertinents pour remettre en cause les conclusions de l'expert (ATF 125 V 351 consid. 3b/bb p. 353). Tel n'est pas le cas en l'occurrence.