Citation: I 274/05 21.03.2006 E. 3

A l'appui de son jugement, la juridiction cantonale a indiqué que l'avis du médecin traitant devait, « conformément à la jurisprudence, céder le pas à celui des spécialistes mandatés par l'assurance, respectivement les médecins du SMR ». 3.1 S'il est vrai que d'après la jurisprudence, il convient de faire preuve de prudence lorsqu'il s'agit d'apprécier la valeur probante d'un rapport médical émanant d'un médecin traitant, il n'en demeure pas moins que le seul et unique élément déterminant pour la valeur probante d'une pièce médicale reste le contenu de celle-ci, et non son origine. Dans tous les cas, il appartient à l'administration, puis au juge en cas de recours, d'examiner objectivement si le rapport d'un médecin traitant est propre à mettre en doute, sur les points litigieux importants, l'opinion et les conclusions de l'expert mandaté par le tribunal ou par l'assurance, puis d'expliquer ensuite les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion plutôt que sur une autre. En écartant la prise de position du 3 septembre 2004 du docteur P.________ sur la base de critères de nature essentiellement formelle, les premiers juges ont violé le principe de la libre appréciation des preuves et fait preuve d'un schématisme qui procède d'une interprétation erronée de la jurisprudence développée à l'ATF 125 V 351. 3.2 Certes, les premiers juges ont indiqué que le point de vue du docteur P.________ n'infirmait pas les avis circonstanciés du docteur H.________ et des médecins du SMR. Cette motivation, pour autant qu'elle puisse être qualifiée ainsi, est insuffisante au regard des conditions posées par la jurisprudence en la matière (ATF 126 I 102 consid. 2b, 124 V 181 consid. 1a et les références respectives). Elle ne permet en effet pas aux destinataires du jugement cantonal de le comprendre et de l'attaquer utilement, ni à la Cour de céans d'exercer son contrôle. Il appartenait en l'espèce à la juridiction cantonale de réfuter, serait-ce de manière sommaire, l'argumentation développée dans la prise de position du docteur P.________, si elle estimait qu'elle ne suffisait pas à admettre les conclusions de la recourante. Même s'il convient de constater le défaut de motivation du jugement entrepris, il ne s'agit pas, en l'occurrence, d'une violation du droit d'être entendu dont la gravité justifierait l'annulation du jugement entrepris, indépendamment des chances de succès du recours sur le fond. Dans la mesure où la recourante peut faire examiner dans le cadre du présent recours ses objections et où le Tribunal fédéral des assurances dispose d'un plein pouvoir d'examen, il convient d'admettre que la violation du droit d'être entendu a été réparée en instance fédérale (ATF 127 V 437 consid. 3d/aa, 126 I 72, 126 V 132 consid. 2b et les références).