Citation: 6S.47/2006 24.03.2006 E. 1

Invoquant une violation des art. 64 et 65 CP, le recourant reproche à la Cour suprême de ne pas avoir admis le repentir sincère. 1.1 Les conditions permettant de retenir un repentir sincère au sens de l'art. 64 CP ont été analysées en détail dans l'arrêt publié aux ATF 107 IV 98, auquel il peut être renvoyé. En substance, cette circonstance atténuante n'est réalisée que si l'auteur adopte un comportement particulier, désintéressé et méritoire, qui constitue la preuve concrète d'un repentir sincère. L'auteur doit avoir agi de son propre mouvement dans un esprit de repentir, non pas principalement en fonction de considérations tactiques liées à la procédure pénale, et doit avoir fait la preuve de son repentir, notamment en tentant, au prix de sacrifices, de réparer le tort qu'il a causé (ATF 107 IV 98 consid. 1 p. 99). L'admission d'une circonstance atténuante prévue par l'art. 64 CP a pour effet d'élargir vers le bas le cadre légal de la peine. Le juge n'est toutefois pas obligé de faire usage des facultés ouvertes par l'art. 65 CP. A la condition de ne pas abuser de son pouvoir d'appréciation, il peut tenir compte de la circonstance atténuante dans le cadre ordinaire de la peine (ATF 117 IV 112 consid. 1 p. 113 s.). 1.2 Certes, le recourant s'est engagé, auprès de l'une de ses victimes, à effectuer un travail d'intérêt général, qui consiste à s'occuper, une fois par semaine, d'une personne tétraplégique; il a rapidement fait des excuses sincères à ses victimes et s'est aussi acquitté de son dû sur le plan financier. Toutefois, son comportement en procédure n'est pas irréprochable. En effet, il a, dans un premier temps, nié les faits avant finalement de les reconnaître, tout en persistant à garder un sentiment d'injustice. S'agissant de sa participation aux extorsions aggravées, il a eu tendance à minimiser son rôle, alors qu'il a, de toute évidence, participé activement à l'élaboration de la stratégie à adopter et qu'il a contribué à raffiner le plan d'attaque. Il était par ailleurs la seule personne majeure et disposait d'un véhicule. Au regard de ces éléments, ses excuses et divers engagements auprès des victimes ne sauraient être vus comme un acte de repentir spontané et particulièrement méritoire. En refusant l'application de l'art. 64 CP, tout en tenant compte des circonstances favorables au recourant dans le cadre de l'art. 63 CP, la Cour suprême n'a pas violé le droit fédéral.