Citation: 6B_1197/2015 E. 2.3.2

2.3.2. Au demeurant, la cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en ne retenant pas les éléments de fait invoqués par le recourant. Le recourant ne conteste plus avoir envisagé d'attenter à la vie de la victime un certain temps déjà avant les faits, même si sa décision n'était pas encore définitivement prise lorsqu'il a rapporté le fusil du Portugal. Compte tenu également du fait que le recourant avait déjà adressé des menaces de mort à la victime, l'acte homicide n'apparaît pas comme irraisonné ou impulsif. De plus, l'enquête pénale en cours à son encontre aurait pu lui donner à réfléchir sur les conséquences de ses actes de violence sur la victime. Sa volonté criminelle n'en a pas pour autant été infléchie; au contraire, la gravité de ses actes n'a fait que s'amplifier. Le recourant ne fait valoir par ailleurs aucune circonstance qui attesterait de l'existence d'un débat intérieur dénotant certaines hésitations ou scrupules dans la phase précédant l'homicide. L'existence d'une dispute précédant les faits, de même que la responsabilité de la victime dans la situation conflictuelle avec le recourant n'ont pas été établies par ce dernier (consid. 1 supra). Attendu également que le recourant avait refait sa vie, qu'il avait d'ailleurs poursuivie comme si de rien n'était après l'homicide, rien ne justifiait de considérer qu'il s'agissait de l'acte d'un homme désespéré par la perte de l'amour de son ex-compagne. En rapport avec le lien de confiance dont le recourant conteste l'existence, il appert que si la victime ne souhaitait plus partager une vie de couple avec le recourant aussi longtemps qu'il ne soignait pas ses problèmes de violence, elle se sentait tout de même suffisamment en confiance avec lui pour le laisser entrer chez elle, permettant ainsi au recourant d'accomplir son funeste dessein. Enfin, le sang-froid et la présence d'esprit avec lesquels il a méticuleusement essayé de dissimuler son crime - il a démonté et nettoyé l'arme, ramassé les douilles, jeté les habits tachés de sang dans un container, s'est infligé une blessure à la tempe pour soutenir la thèse de la légitime défense et a apporté ses armes à son ex-épouse pour qu'elle les cache -, ajoutés à la reprise immédiate de sa vie normale, permettaient d'exclure sans arbitraire que le recourant était profondément affecté par son acte. C'est, en conséquence, sur la base de l'état de fait arrêté dans la décision attaquée qu'il convient de déterminer si la qualification d'assassinat retenue par la cour cantonale est conforme au droit.