Citation: 7B_357/2024 E. A

A.a. Le Ministre public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) a ouvert une instruction pénale contre A.________ pour vol par métier (art. 139 ch. 1 et al. 2 CP), dommages à la propriété (art. 144 al. 1 CP), violation de domicile (art. 186 CP), recel (art. 160 al. 1 CP), utilisation frauduleuse d'un ordinateur (art. 147 CP) et infractions à l'art. 33 al. 1 let. a de loi fédérale du 20 juin 1997 sur les armes, les accessoires d'armes et les munitions (LArm; RS 514.54), ainsi qu'à l'art. 19a ch. 1 de loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup; RS 812.121; cause P/14066/2019). A.b. Dans ce cadre, il est tout d'abord reproché à A.________ d'avoir, à U.________ entre 2018 et décembre 2022, pénétré - respectivement tenté d'entrer - sans droit, à réitérées reprises, dans plusieurs immeubles ou caves et d'y avoir dérobé différents objets (en particulier des bouteilles de vin ou d'alcool fort et, le 26 mai 2020, une arme militaire), des lettres et des colis; il aurait en outre effectué des retraits bancaires sans contact pour un montant de 998 fr. 10 au moyen d'une carte de crédit soustraite dans un courrier. Le prévenu aurait également soustrait, le 11 avril 2020, un vélo et, le 26 avril 2020, un porte-cartes contenant notamment des cartes bancaires; celles-ci lui auraient ensuite permis d'effectuer, entre le 26 et le 27 avril 2020, des retraits et des achats frauduleux pour un montant de 203 fr. 90. Les personnes - physiques ou morales - concernées par ces faits ont porté plainte pénale. Au cours de l'instruction, le Ministère public a encore été saisi de deux demandes de la police visant à entendre le prévenu sur d'autres cambriolages de caves. Lors de l'audience du 1er juin 2023, A.________ s'est vu communiquer les préventions complémentaires de vol (art. 139 CP), dommages à la propriété (art. 144 al. 1 CP) et violation de domicile (art. 186 CP) pour une dizaine de cambriolages perpétrés entre le 24 avril 2017 et le 6 juillet 2020, le 21 octobre 2021, le 24 octobre 2021, le 23 janvier 2022, entre le 17 et le 18 février 2022, vers le 7 mars 2022, le 15 novembre 2022, entre le 4 et le 17 novembre 2022, entre le 23 et le 24 novembre 2022, entre le 14 et 15 décembre 2022 et le 24 décembre 2022. Le prévenu a en grande partie reconnu ces faits. A.c. A.________ est également soupçonné d'avoir régulièrement consommé des stupéfiants, notamment de la cocaïne et du crack. A.d. En août 2022, le prévenu a fait l'objet de nouvelles dénonciations notamment de la part de B.________, son ancienne amie, pour des atteintes à l'intégrité sexuelle de celle-ci, qu'il conteste. Citée à comparaître à deux reprises - le 13 juin, puis le 4 juillet 2023 - par le Ministère public, B.________ ne s'est pas présentée. Le prévenu a sollicité que les messages échangés avec la précitée qui se trouvaient dans son téléphone cellulaire soient extraits et analysés. Le 19 juin 2023, le Ministère public a donné un mandat d'enquête à la police dans ce sens. A.e. Par avis de prochaine clôture du 2 novembre 2023, le Ministère public a annoncé son intention de rendre une ordonnance de classement partiel s'agissant notamment de certains vols et cambriolages, ainsi que des faits dénoncés par B.________; un acte d'accusation serait dressé pour le surplus. Dans ses déterminations du 17 novembre 2023, A.________ a exposé avoir subi de graves conséquences en raison de la dénonciation calomnieuse de B.________; alors que l'instruction aurait pu être clôturée à fin juin 2023, elle ne l'avait été qu'en novembre 2023 à cause des défauts successifs de la précitée. Il concluait à l'allocation d'une indemnité pour tort moral à la charge de l'État en raison de la prolongation excessive de la détention provisoire, soit pour une durée de quatre mois à 200 fr. le jour. Il relevait en outre avoir, toujours en raison de cette dénonciation, été considéré comme un "pointeur" au sein de la prison, de sorte qu'il avait été placé seul en cellule, n'avait pas eu accès au travail et avait subi des violences physiques ainsi que psychiques de la part d'autres détenus, ce qui justifiait une indemnité supplémentaire de 50 fr. par jour pour ces quatre mois. A.f. Par ordonnance du 8 décembre 2023, le Ministère public a classé partiellement la procédure ouverte contre A.________ en raison des faits dénoncés par B.________. Il a refusé de lui allouer une indemnité pour la détention effectuée, ainsi que pour le tort moral découlant de ses conditions de détention. Il a en substance considéré que, si les faits dénoncés par B.________ avaient conduit à l'arrestation du prévenu le 5 août 2022, celui-ci avait été libéré le 7 août 2022 au bénéfice de mesures de substitution (interdiction de contact avec la précitée). La détention provisoire ensuite subie résultait d'autres charges pesant sur lui, lesquelles faisaient l'objet de l'acte d'accusation du 8 décembre 2023 et pour lesquelles une peine privative de liberté pourrait être requise. Quant à l'indemnité pour tort moral sollicitée en raison des conditions de détention - prétendument péjorées à la suite de la dénonciation de B.________ -, le Ministère public a en substance estimé que le prévenu n'avait pas démontré le préjudice éprouvé, que ce soit l'impact psychologique ressenti du fait de se trouver seul en cellule ou les violences physiques ou psychiques subies; aucune plainte pénale n'avait été déposée.