Citation: 2C_746/2019 E. 6.3

6.3. En l'espèce, le Tribunal cantonal a pris en considération tous les éléments imposés par la jurisprudence pour procéder à la pesée des intérêts, conformément à l'art. 96 al. 1 LEI. Prenant en compte la nature des infractions commises, la durée et le nombre des condamnations, la gravité des actes pénaux, le degré de culpabilité et le risque de récidive, il a tout d'abord considéré à bon droit que l'intérêt public à l'éloignement du recourant pesait lourd en la cause. Comme déjà relevé, le recourant a été condamné à une peine privative de liberté de cinq ans pour des infractions graves et variées, pour lesquelles il n'a exprimé aucun réel repentir. Ayant commis divers abus de confiance et escroqueries, baigné dans le trafic de marijuana et participé à un brigandage, il a développé une énergie criminelle importante durant une longue période et, en partie, alors qu'il bénéficiait d'un sursis. Il existe ainsi un intérêt public important à son renvoi de Suisse sous l'angle de la protection des biens économiques et de la préservation de l'intégrité de la population. Le Tribunal cantonal a ensuite contrôlé correctement que l'intérêt au renvoi du recourant n'était pas contrebalancé par l'intérêt contraire de celui-ci à pouvoir demeurer en Suisse. En l'occurrence, il pouvait relativiser cet intérêt privé, même s'il revêtait un poids non négligeable s'agissant d'une personne née en Suisse et y ayant passé toute sa vie. Selon l'arrêt attaqué, le recourant, divorcé et sans enfant, n'a pas d'autre famille que ses parents en Suisse. Ces derniers, bien qu'âgés, n'ont pas besoin de son aide et pourraient, le cas échéant, rejoindre leur fils en Italie. Dépendant de l'aide sociale et largement endetté avant son incarcération, le recourant n'a par ailleurs jamais réussi à s'intégrer professionnellement en Suisse. A la suite de son apprentissage, il n'est jamais demeuré plusieurs années au service d'un même employeur et a enchaîné les périodes de chômage. Il a également conduit à la faillite chacune des trois entreprises qu'il avait fondées. De plus, il les a utilisées pour réaliser des escroqueries et abus de confiance et s'est retrouvé lui-même débiteur de divers créanciers pour un montant total de plus de 420'000 fr. En somme, en dépit des attaches indéniables que l'intéressé entretient avec la Suisse, son intégration sociale et professionnelle ne saurait pour le moins être considérée comme réussie. Pour le reste, un renvoi vers l'Italie n'apparaît pas inexigible. Le Tribunal cantonal a retenu, d'une manière qui lie la Cour de céans (cf. art. 105 al. 1 LTF), que le recourant était une personne ouverte, qui s'intégrait rapidement dans un milieu social et qui présentait la capacité de s'adapter à de nouvelles tâches. Il est ainsi possible de considérer qu'il est capable de s'intégrer dans la société italienne, même à l'âge de quarante-sept ans. Cette appréciation de l'autorité précédente résiste à l'examen, même si l'on devait considérer que le recourant n'a pas une maîtrise complète de l'italien, ni d'affinités particulières avec l'Italie, ainsi qu'il l'allègue dans son recours. Conformément à la jurisprudence, on peut exiger de l'intéressé, qui dispose des ressources pour parfaire ses connaissances linguistiques, qu'il s'adapte à son nouveau milieu de vie, même s'il risque d'éprouver des difficultés de communication dans un premier temps.