Citation: 4A_553/2020 E. A

A.a. A.________ Sàrl (ci-après: A.________) est une société ayant notamment pour but le commerce de véhicules neufs et d'occasion. Elle exploite un garage à l'enseigne " xxx ". C.________ en est l'associé gérant avec signature individuelle. B.________ est un collectionneur et revendeur de voitures anciennes. C.________ et B.________ entretenaient une relation d'affaires depuis de nombreuses années. Selon des factures émises par A.________ Sàrl datant de 2002, 2006 et 2008, B.________ a acquis plusieurs véhicules. Ce dernier a déclaré devant le tribunal de première instance que les transactions effectuées avec A.________ faisaient généralement l'objet de documents signés et que des factures étaient toujours émises. C.________ a au contraire affirmé qu'ils avaient toujours travaillé en confiance, sans documents signés. Ils avaient deux ou trois discussions par année où ils procédaient à la balance entre les sommes dues et versées. A.b. Le... 2005, A.________ a déposé une demande d'homologation d'un véhicule de la marque Maserati, modèle Bora, auprès de l'Administration fédérale des douanes. Le 4 janvier 2006, celle-ci a répondu que pour ce faire, plusieurs redevances devaient être acquittées. Il s'agissait notamment des droits de douane, lesquels étaient soumis à la présentation d'une preuve d'origine du véhicule. A.c. Le 6 janvier 2006, un " contrat de vente automobile pour véhicules d'occasion " entre B.________, acheteur, et C.________, vendeur, portant sur la Maserati précitée, " restaurée ", pour un prix total de 56'500 fr., a été signé par ce dernier. Sous la rubrique " Equipement supplémentaire " était écrit " Facture de réparation à fournir à l'acheteur ", sans mention de prix. Sous le titre " Livraison " était indiqué " Fin janvier ". En bas à droite du document figurait encore une fois le montant de 56'500 fr., correspondant au prix d'achat résiduel. Sous " Conditions de paiement " était inscrit " A[c]ompte 10'000.- dix mille le 6.1.06 ". Un document intitulé " Conditions générales du contrat ", préimprimé, était annexé au contrat de vente. Devant le tribunal de première instance, B.________ a déclaré qu'il avait vu le véhicule précité dans les locaux de xxx et qu'il avait demandé à l'acquérir, ce que C.________ avait accepté. Le véhicule était en parfait état, sous réserve de petits travaux à effectuer. Il avait versé un acompte de 10'000 fr. pour cet achat. La livraison devait intervenir dans les mois suivants, après expertise. C.________ lui avait expliqué que le client qui avait importé ce véhicule n'avait pas payé les factures des travaux de restauration effectués, totalisant 110'000 fr., de sorte qu'il en était devenu propriétaire. B.________ a expliqué qu'il avait demandé une copie des factures de restauration, ce que C.________ avait accepté. Le prix de vente convenu était de 56'500 fr. B.________ a encore indiqué qu'il avait complété le " contrat de vente " en précisant " 2006 " pour l'année de livraison et en ajoutant le montant de " 110'000 fr. " relatif aux travaux effectués; il avait également signé le document. Il restait débiteur de deux factures relatives à une Aston Martin, mais il attendait que la Maserati lui soit livrée pour les acquitter. Par la suite, il avait contacté C.________ à plusieurs reprises pour la livraison de la Maserati. Celui-ci demandait chaque fois un délai supplémentaire, au motif que quelque chose restait à faire ou que des papiers manquaient. B.________ a ajouté qu'il avait ensuite été gravement malade et ne s'était plus manifesté durant de nombreux mois. C.________ a exposé au tribunal que B.________ était venu au garage le 6 janvier 2006 et qu'il lui avait versé 10'000 fr. pour solder diverses factures ouvertes. Ce n'était qu'après avoir payé cette somme que B.________ avait vu la Maserati. Celle-ci n'était pas à vendre, en particulier parce qu'il manquait des documents de douane et d'homologation. Elle n'était que partiellement restaurée. Ils avaient discuté de sa valeur initiale (valeur d'importation de 56'000 fr.), de celle des travaux de restauration (estimés à 110'000 fr.), du coût administratif de l'homologation et de la TVA. Cela portait la valeur totale du véhicule à 200'000 fr. Le document " contrat " du 6 janvier 2006, signé de sa main, était un pense-bête, aucune vente n'ayant été conclue ce jour-là. B.________ n'était pas reparti avec ce document. Selon deux extraits d'un magazine spécialisé dans l'automobile ( " zzz ") datés de... et... 2006, le véhicule Maserati modèle Bora en très bon état général était estimé, selon la valeur moyenne des transactions, de 43'000 à 49'000 euros. A.d. Par courrier du 8 janvier 2014, B.________, estimant " avoir fait preuve de suffisamment de patience ", a invité C.________ et A.________ à lui livrer sous dix jours la Maserati, en faisant référence au contrat de vente du 6 janvier 2006. Dans plusieurs courriers successifs, A.________ lui a indiqué ne pas être en mesure de livrer le véhicule en raison de documents manquants. Le 17 février 2014, A.________ a prié B.________ de lui communiquer ses coordonnées bancaires, afin qu'il soit procédé au remboursement de l'acompte de 10'000 fr., après déduction des " factures en cours concernant l'Aston Martin ". Le 24 avril 2015, B.________ a mis A.________ en demeure de lui livrer avant le 15 mai 2015 le véhicule Maserati Bora, vendu pour la somme de 56'500 fr. selon le contrat du 6 janvier 2006. Selon divers extraits du site de vente de véhicules d'occasion "yyy", la valeur de la voiture précitée pouvait être estimée à environ 200'000 fr. en 2016, ce que B.________ a confirmé devant le tribunal de première instance.