Citation: 6P.54/2004 21.05.2004 E. 6

6.1 Le recourant conteste sa condamnation pour diffamation (art. 173 CP) et injure (art. 177 CP), du moins pour les propos qu'il a tenus à l'égard de K.________, L.________ et M.________. Pour lui, les propos en question ne sont pas constitutifs d'atteinte à l'honneur. 6.2 L'honneur protégé par le droit pénal est le droit de chacun de ne pas être considéré comme une personne méprisable (ATF 117 IV 27 consid. 2c p. 28/29). Selon la jurisprudence, les art. 173 ss CP ne protègent que l'honneur personnel, la réputation et le sentiment d'être un homme honorable, de se comporter, en d'autres termes, comme un homme digne a coutume de le faire selon les idées généralement reçues; échappent à ces dispositions les déclarations qui sont propres seulement à ternir de quelque autre manière la réputation dont jouit quelqu'un dans son entourage ou à ébranler sa confiance en lui-même: ainsi en va-t-il des critiques qui visent comme tel l'homme de métier, l'artiste ou le politicien (ATF 128 IV 52 consid. 1a p. 55; 119 IV 44 consid. 2a p. 47). L'honneur protégé par le droit pénal doit être conçu de façon générale comme un droit au respect, qui est lésé par toute assertion propre à exposer la personne visée au mépris en sa qualité d'homme (ATF 117 IV 27 consid. 2c p. 29). Pour déterminer si une déclaration est attentatoire à l'honneur, il faut procéder à une interprétation objective selon le sens qu'un auditeur ou un lecteur non prévenu devait, dans les circonstances données, lui attribuer (ATF 128 IV 52 consid. 1a p. 58; ATF 119 IV 44 consid. 2a p. 47). 6.3 Les déclarations du recourant ont trait aux travaux relatifs à la rénovation et à la transformation d'une salle villageoise et à l'aménagement d'un chemin. Le recourant a mis en cause quatre responsables communaux par rapport aux travaux en question. Par ses différentes assertions, il a laissé entendre que ceux-ci étaient impliqués d'une manière ou d'une autre dans des "magouilles". Il faut comprendre par là qu'il leur reprochait des manoeuvres malhonnêtes. Le recourant a également utilisé d'autres termes, comme "passé d'une manière irrégulière des écritures comptables", "succession de mensonges et tricheries", "fausse facture". L'ensemble de ces éléments suggère au lecteur non averti que les responsables communaux, quel que soit leur degré exact d'implication, ont eu un comportement malhonnête dans la gestion des intérêts communaux. L'autorité cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant que les propos du recourant étaient attentatoires à l'honneur. Le grief doit être rejeté.