Citation: 6B_981/2024 E. 3.5.4

3.5.4. Déterminer ce que l'auteur sait ou doit savoir des conséquences du comportement qu'il adopte, revient à s'interroger ex post sur ce qu'il savait ex ante de son comportement et des conséquences de celui-ci. Or, il n'est pas possible de prédire avec exactitude et dans ses moindres détails, le déroulement de faits futurs. Peu importe donc que l'auteur ait pu ou dû prévoir que les choses se passeraient exactement comme elles se sont déroulées (pour un cas d'application d'un tel raisonnement en matière de dol éventuel, v. p. ex: arrêt 6S.327/1995 du 26 juin 1995 consid. 2a). Selon la jurisprudence, il suffit qu'il ait pu prévoir que son comportement était de nature à produire ou à favoriser, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience générale de la vie, un résultat du genre de celui qui est survenu. Une erreur sur le déroulement des faits demeure donc sans influence aussi longtemps que ne surviennent pas des conséquences si inhabituelles qu'il n'y avait pas lieu de s'y attendre selon le cours ordinaire des choses et l'expérience générale de la vie (arrêt 6B_899/2013 du 17 mars 2014 consid. 3.3). Dans le même sens, et indépendamment de toute référence au principe de la causalité adéquate, il n'importe pas, par exemple, de savoir si la balle tirée intentionnellement par l'auteur en direction du coeur de la victime l'a atteinte à la tête, ou si la victime jetée d'un pont est morte des suites du choc contre une pile ou par noyade (NIGGLI/MAEDER, in Basler Kommentar Strafrecht, 4e éd. 2019, no 34 ad art. 12 CP).