Citation: 9C_283/2022 E. 4

Les premiers juges ont d'abord considéré que l'évaluation de l'office AI ne liait pas les institutions de prévoyance intimées, dès lors que celles-ci n'avaient pas été intégrées à la procédure, que la décision octroyant la rente d'invalidité ne leur avait pas été notifiée et que, la demande de prestations de l'assurance-invalidité étant tardive, la date retenue pour la survenance de l'incapacité de travail n'était pas déterminante. Ils ont donc examiné librement à partir de quel moment le recourant avait présenté une incapacité de travail au sens de l'art. 23 let. a LPP. A cet égard, le tribunal cantonal a retenu que l'incapacité de travail présentée par le recourant - dont la cause est l'origine de son invalidité - était survenue après les périodes d'affiliation aux institutions de prévoyance intimées. D'une part, il a exclu que la survenance de l'incapacité de travail puisse s'être produite durant les rapports de travail avec B.________ SA, dès lors qu'aucun des documents médicaux disponibles ne permettait d'accréditer cette hypothèse: selon lui, le docteur C.________, médecin traitant (rapport du 19 septembre 2019), le psychologue D.________ (rapport du 2 juillet 2019), ainsi que la doctoresse E.________, experte mandatée par l'office AI, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie (rapport du 21 avril 2021), faisaient remonter l'effet incapacitant des pathologies retenues à une date ultérieure au licenciement. Il a en outre relevé que la fin des rapports de travail était imputable à des motifs économiques et que les troubles cognitifs probablement présents depuis toujours n'avaient pas empêché l'assuré de travailler à satisfaction de ses employeurs durant une vingtaine d'années. D'autre part, il a exclu que l'incapacité de travail déterminante se soit produite avant le terme (le 6 février 2018) de la couverture d'assurance par l'institution supplétive. Il a constaté qu'excepté une période d'incapacité de travail en novembre et décembre 2017 à cause d'un doigt cassé, l'assuré avait toujours été apte au placement. Il a encore relevé que ses médecin et psychologue traitants avaient situé l'apparition d'un trouble du sommeil à la fin 2018 (les autres troubles retenus étant apparus plus tard) et que l'incapacité totale de travail attestée par la doctoresse E.________ remontait à 2018, sans autre précision (l'experte ayant cependant indiqué que des ruminations anxieuses et le trouble du sommeil s'étaient développés dès avril 2018 en lien avec la fin du droit aux indemnités de chômage). Il a enfin constaté que le recourant avait accompli un stage du 26 février au 25 mai 2018 dans le secteur de la récolte de textile sans qu'il ne manque un jour ni que la qualité de son travail et son rendement n'aient été mis en doute.