Citation: I 692/00 29.01.2002 E. 2

2.- a) L'office recourant soutient d'abord que la solution du litige devrait découler de l'art. 88bis al. 1 let. c RAI dont les premiers juges n'ont pas fait usage. Il rappelle à cet égard que la décision rendue en application de cette disposition déploie uniquement un effet ex nunc. b) D'après l'art. 85 al. 1 RAI, l'article 77 RAVS est applicable par analogie au paiement après coup d'indemnités journalières, de rentes et d'allocations pour impotents, sous réserve des forclusions prévues à l'art. 48 LAI. Ainsi, celui qui n'a pas touché la rente à laquelle il avait droit, ou qui a reçu une rente inférieure à laquelle il pouvait prétendre, peut réclamer son dû à la caisse de compensation. Si une caisse de compensation apprend qu'un ayant droit n'a pas touché sa rente ou n'a touché qu'une rente d'un montant trop faible, elle doit payer le montant arriéré. Selon l'art. 88bis al. 1 let. c RAI, l'augmentation de la rente ou de l'allocation pour impotent prend effet, au plus tôt s'il est constaté que la décision de l'office AI désavantageant l'assuré était manifestement erronée, dès le mois où ce vice a été découvert. Cette disposition codifie la question de l'effet dans le temps d'une reconsidération en faveur de l'assuré d'une décision en matière de rente ou d'allocation pour impotent; elle s'applique également dans le cas où, à tort, aucune rente ou allocation pour impotent n'a été versée (ATF 110 V 294 consid. 3b, 296 consid. 3d). Les effets dans le temps de la modification d'une décision erronée par laquelle une personne ne touche pas ou pas entièrement la prestation à laquelle elle avait droit sont ainsi réglés de manière différente dans ces deux dispositions. Alors que la première prévoit un droit au paiement subséquent, limité seulement par le délai de prescription de l'art. 48 al. 1 LAI, la seconde fixe l'effet dans le temps à partir de la découverte de l'erreur si bien que la modification ne porte qu'ex nunc et pro futuro (VSI 2000 p. 90 consid. 2b). Examinant la légalité de l'art. 88bis al. 1 let. c RAI, le Tribunal fédéral des assurances a encore précisé (cf. ATF 110 V 296 consid. 3c) que l'application de cette disposition se limitait au cas où l'erreur a été commise dans l'appréciation d'une question spécifique du droit de l'assurance-invalidité. En revanche, lorsque l'erreur constatée dans la procédure de reconsidération porte sur une question analogue à celles que pose le droit de l'AVS, l'art. 85 RAI s'applique et l'assuré a droit au paiement de l'arriéré (VSI 2000 pp. 90-91 consid. 2c). c) Dans le cas d'espèce, l'erreur de l'administration ne portait pas sur une question spécifique du droit de l'AI mais bien sur une question analogue à celles de l'AVS, la condition d'assurance ayant été niée à tort (ATF 107 V 36 consid. 2). Dès lors, et contrairement à ce que soutient l'office recourant, l'art. 88bis al. 1 let. c RAI est inapplicable à la solution du litige. Il s'ensuit que son raisonnement fondé sur l'effet ex nunc qu'il souhaitait attacher pour ce motif à la présente reconsidération, en se fondant sur la jurisprudence (cf. ATF 110 V 296 consid. 3c), tombe à faux.