Citation: 1P.409/2001 30.08.2001 E. 4

4.- Selon la jurisprudence, le droit à un juge impartial n'est pas violé lorsqu'un recours est admis et que la cause est renvoyée au juge qui a pris la décision invalide; d'ordinaire, on peut attendre de ce juge qu'il continue de traiter l'affaire de manière impartiale et objective, en se conformant aux motifs de l'arrêt rendu sur recours, et il n'est pas suspect de prévention du seul fait qu'il a erré dans l'application du droit (ATF 113 Ia 407 consid. 2b p. 410; voir aussi ATF 117 Ia 157 consid. 2b in fine p. 162, 114 Ia 50 consid. 3d p. 58). Seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constituant des violations graves de ses devoirs, peuvent justifier le soupçon de parti pris. La fonction judiciaire oblige le magistrat à se déterminer sur des éléments souvent contestés et délicats; c'est pourquoi, même si elles se révèlent viciées, des mesures inhérentes à l'exercice normal de sa charge ne permettent pas d'exiger sa récusation (ATF 116 Ia 135 consid. 3a p. 138; voir aussi ATF 125 I 119 consid. 3e p. 124). En l'occurrence, les actes du juge Knebel, sur lesquels le recourant entend fonder sa demande de récusation, sont demeurés incontestés ou ont été, sans aucune exception, confirmés par l'autorité de recours. Certes, l'ordonnance de non-lieu, motivée par l'expiration du délai de prescription absolue, est encore litigieuse. Le recourant soutient que les faits imputés à la prévenue doivent être qualifiés d'escroquerie plutôt que d'abus de confiance, de sorte que la prescription ne serait pas encore échue; cependant, même s'il obtenait gain de cause avec cette argumentation, l'erreur du Juge d'instruction ne saurait être tenue pour choquante au point de justifier un doute sur son impartialité. Pour le surplus, lors de ses ordonnances du 13 juin 1995 et du 7 octobre 1996, ce magistrat ne pouvait évidemment pas prévoir le retard considérable qui allait affecter l'aboutissement de l'expertise, au point que celle-ci finirait par devenir inutile, du point de vue de l'enquête pénale, en raison de la prescription. On ne peut d'ailleurs guère reprocher au Juge d'instruction de n'être pas intervenu à ce sujet, car l'expertise ne relevait pas de sa propre autorité, mais de celle du tribunal civil qui l'avait ordonnée. Le recourant ne fonde donc sa demande de récusation que sur des motifs inconsistants et dépourvus de pertinence; dans ces conditions, le rejet de cette demande apparaît pleinement conforme à l'art. 29 al. 1 Cst. et le recours de droit public doit lui aussi être écarté. Son auteur doit acquitter l'émolument judiciaire et les dépens à allouer à l'adverse partie. Par ces motifs, le Tribunal fédéral :