Citation: 1C_227/2022 E. 1.3

1.3. Comme le relève l'instance précédente, le tri des documents commandés par le principe de la proportionnalité a bien eu lieu puisque plus de la moitié des fichiers saisis a été retranchée dans un premier temps avec l'aide de l'enquêteur étranger. Le recourant s'est ensuite vu accorder un délai de 10 jours, prolongé de 7 jours pour faire valoir ses objections à la transmission de certaines pièces déterminées. Cette manière de procéder est conforme à la jurisprudence constante selon laquelle le délai accordé peut être bref, conformément au princi-pe de célérité ancré à l'art. 17a al. 1 EIMP (ATF 130 II 14 consid. 4.4). Même si le nombre de fichiers extraits est considérable, le recourant ne s'est pas retrouvé face à des documents inconnus puisqu'il en était le détenteur, voire l'auteur; il était donc à même d'identifier facilement ceux qui étaient sans rapport avec l'objet de l'enquête ou dont la transmission portait atteinte de manière disproportionnée au domaine secret. Quoi qu'il en soit, le recourant aurait ensuite pu profiter de la procédure devant la Cour des plaintes pour présenter ses objections détaillées, dans la mesure où la procédure de recours pouvait permettre, conformément également à la jurisprudence constante, de réparer une éventuelle violation du droit d'être entendu (arrêt 1C_254/2019 du 16 mai 2019 consid. 1.4). L'absence de décision incidente notifiée au recourant concernant la présence d'un enquêteur étranger constitue une irrégularité, d'ailleurs dûment constatée par la Cour des plaintes. Cela ne devait toutefois pas entraîner l'annulation de la décision de clôture ultérieure puisque les conditions de fond d'une telle présence étaient remplies et que le fonctionnaire étranger avait en outre fourni les garanties usuelles afin de prévenir toute transmission ou utilisation prématurée de renseignements. Sous l'angle du droit d'être entendu invoqué par le recourant, l'absence de décision incidente à ce propos ne prête pas non plus à conséquence puisque le recourant n'avait pas de droit de participer personnellement à la séance de tri avec l'enquêteur en question; il suffit qu'il ait eu ultérieurement l'occasion de faire valoir ses objections par écrit, comme cela a été le cas en l'espèce. Il n'y a par conséquent aucune violation du droit d'être entendu, ni aucun écart par rapport à la jurisprudence constante en matière de tri des documents.