Citation: 2C_325/2019 E. 3.5

3.5. Il est indéniable qu'au moment où la présente demande de regroupement familial a été déposée le 30 août 2010, le recourant avait vécu l'essentiel de sa vie et de son enfance en Irak loin de son père, celui-ci étant arrivé en Suisse en 1999 pour y déposer une demande d'asile. La demande de regroupement familial répondait ainsi à un souhait de la famille de retrouver leur père et mari en Suisse, ce qui, pris isolément, ne correspond pas à une "raison familiale majeure" au sens de l'art. 47 al. 4 LEtr. Contrairement à ce qu'a retenu l'autorité précédente, il n'est cependant pas possible d'ignorer le contexte dans lequel la demande de regroupement familial litigieuse a été effectuée, de même que la suite donnée aux autres requêtes déposées. La procédure engagée en 2010 ne concernait pas uniquement le recourant, mais également d'autres membres de sa famille, dont sa mère et son petit frère de 12 ans, qui ont finalement tous deux obtenu le droit de séjourner en Suisse. Si l'intéressé n'avait pas requis une autorisation de séjour simultanément au reste de sa famille, il risquait de se retrouver en Irak sans aucun de ses parents, alors même qu'il n'était encore qu'un adolescent. Le risque de demeurer sans sa mère en Irak, couplé à la crise politique et humanitaire dans laquelle se trouvait ce pays, représentait assurément une raison familiale majeure justifiant d'entrer en matière sur la demande de regroupement familial du recourant, quand bien même elle avait été déposée tardivement. Le simple fait que le recourant n'ait pas invoqué immédiatement cette situation dans le cadre de la procédure cantonale n'est à cet égard pas déterminant. Il incombait aux autorités cantonales - qui revoient librement les faits - de tenir compte de la crise politique et humanitaire notoire que traverse l'Irak, sans ignorer du reste que le recourant avait déposé une demande d'asile en arrivant en Suisse, la retirant au profit de sa demande de regroupement familial.