Citation: 8C_816/2023 E. 4

En l'espèce, les juges cantonaux ont exposé que selon les experts de SMEX, la capacité de travail du recourant sur le plan psychiatrique était d'au moins 50 % dès décembre 2017 et de 100 % dès juin 2018 et, au plan rhumatologique, de 100 % - avec une baisse de rendement de 30 % - dès 2016 dans une activité adaptée aux restrictions fonctionnelles. L'expert psychiatre avait retenu les diagnostics non incapacitants de trouble anxieux et dépressif mixte, de troubles mentaux et de troubles du comportement liés à l'utilisation de l'alcool (utilisation nocive). Il avait motivé de façon convaincante les raisons pour lesquelles il n'avait pas retenu les diagnostics, posés par le psychiatre traitant actuel, d'épisode dépressif sévère sans symptômes psychotiques (d'évolution chronique) et de modification durable de la personnalité après expérience de catastrophe. Il avait notamment expliqué que le recourant ne suivait actuellement aucun traitement psychotrope et qu'il n'avait plus pris de Temesta depuis plus de six mois. L'expert psychiatre avait par ailleurs indiqué n'avoir observé aucun ralentissement psychomoteur ni tristesse pathologique, et n'avoir pas non plus constaté de symptôme neurovégétatif en faveur d'un état anxieux, de signe de fatigue ou de fatigabilité ou un trouble cognitif notable. Il avait critiqué le manque de cohérence entre le diagnostic d'épisode dépressif sévère et ses propres constats objectifs lors de l'examen clinique ainsi que la description faite par le recourant d'une journée type. Il avait en outre discuté le diagnostic, posé par l'ancien psychiatre traitant, de syndrome de stress post-traumatique, qui selon l'expert avait été présent dans les premiers mois ayant suivi l'accident mais n'avait ensuite plus été incapacitant. Enfin, il avait précisé les motifs pour lesquels il avait écarté les diagnostics de syndrome douloureux somatoforme, de phobie sociale et d'anxiété sociale. La cour cantonale a estimé que les médecins traitants du recourant n'avaient pas fait état d'éléments objectivement vérifiables - de nature clinique ou diagnostique - qui auraient été ignorés par les experts. Le fait que l'intimé s'était écarté des conclusions de l'expertise, en maintenant la rente entière au-delà de la date à partir de laquelle la capacité de travail était complète, ne remettait pas en doute sa valeur probante. Sur la base des expertises du CEMed et de SMEX, on pouvait admettre, au degré de la vraisemblance prépondérante, que l'état de santé du recourant s'était amélioré à partir de juin 2019.