Citation: 6P.87/2004 16.08.2004 E. 5

Le recourant conteste avoir abusé de Z.________. Il souligne que, lors des débats, celle-ci a déclaré n'avoir "jamais entretenu de relations sexuelles avec [lui]". Cette déclaration a été verbalisée (cf. jugement de première instance, p. 6). Le Tribunal correctionnel a déduit d'une écoute téléphonique, qui concernait une dénommée Caroline, que le recourant envisageait concrètement de pouvoir abuser sexuellement de toxicomanes. Il a jugé qu'il n'avait aucune raison de mettre en doute les déclarations de B.________ et Z.________. Il n'a accordé aucun crédit à la rétractation de Z.________ aux débats. La Cour de cassation vaudoise a de son côté admis que l'écoute téléphonique n'apportait pas la preuve que le recourant était passé à l'acte, mais qu'elle était révélatrice de l'attitude du recourant. Elle a noté que la rétractation de Z.________ aux débats n'était qu'un élément parmi d'autres et que les déclarations de celle-ci et de B.________ avaient été concordantes de sorte qu'il n'était pas d'arbitraire de conclure que le recourant avait obtenu les faveurs sexuelles de Z.________ contre de la drogue. Comme l'a observé la Cour de cassation vaudoise, l'écoute téléphonique ne démontre pas l'existence d'un abus sur Z.________. B.________ a quant à elle été abusée séparément et il n'a pas été constaté que ses déclarations concernaient d'une quelconque manière Z.________. Il apparaît donc que la condamnation du recourant pour abus de la détresse (art. 193 CP) au détriment de Z.________ repose essentiellement, voire exclusivement, sur les accusations de celle-ci durant l'instruction. Or, Z.________ est revenue sur ses accusations aux débats. Il s'agit là d'un élément dont l'importance saute aux yeux. Le procès-verbal des débats mentionne uniquement, sans autre précision, que Z.________ a déclaré n'avoir pas entretenu de relations sexuelles avec le recourant. Les considérants du jugement de première instance ne sont pas plus étoffés. En particulier, le Tribunal correctionnel ne dit rien, alors que ceci était pourtant primordial, sur les raisons du revirement. Il se borne à le considérer comme non crédible, mais n'indique pas pourquoi ni ne justifie son choix de préférer la première déclaration. Dans ces conditions, l'appréciation des preuves ne peut qu'être qualifiée d'insoutenable. Sur ce point, le recours doit être admis.