Citation: 6B_1241/2020 E. 4.2

4.2. En l'espèce, en reprochant à la cour cantonale d'avoir considéré à tort qu'une personne s'entretenant avec un journaliste devrait s'attendre à ce que la conversation soit enregistrée par ce dernier pour peu qu'elle souhaite ou sache que les informations fournies pourraient être communiquées à l'opinion publique, le recourant perd tout d'abord de vue que la norme pénale ne protège pas de manière générale contre la prise de son à la dérobée, mais que son application présuppose une conversation non publique et l'absence d'accord à l'enregistrement des participants (RAMEL/VOGELSANG, in Basler Kommentar Strafgesetzbuch, 4e éd. 2019, nos 3 et 5 ad art. 179ter CP). Dans cette mesure, il importe peu de savoir si l'enregistrement, réalisé assurément de manière peu élégante par le journaliste, contrevenait aussi aux devoirs professionnels de ce dernier ou était même civilement illicite. Que les participants qui n'ont pas procédé à l'enregistrement aient ou non eu conscience de ce caractère public au sens de la norme pénale au moment des faits demeure, de même, sans influence sur l'application de celle-ci. Par ailleurs, on ne peut déduire des art. 28a CP et 172 CPP aucune prétention directe de la source du journaliste à une protection pénale, dont elle ne bénéfice que secondairement (ATF 136 IV 145 consid. 3.3; FRANZ ZELLER, in Basler Kommentar Schweizerisches Strafgesetzbuch, 4e éd. 2019, no 1 ad art. 28 CP; LE MÊME, in Basler Kommentar Schweizerische Strafprozessordnung, 2e éd. 2014, no 1 ad art. 172 CPP). Le recourant ne peut donc rien déduire en sa faveur de ces arguments.