Citation: 2C_302/2022 E. 6.5

6.5. En l'occurrence, il ressort des faits de l'arrêt attaqué que le recourant a fait l'objet de huit condamnations pénales par les autorités suisses entre 2006 et 2020. Alors qu'il avait déjà été sanctionné pour voies de fait en tant que mineur en janvier 2006, il a été condamné à deux reprises pour lésions corporelles simples avec un objet dangereux, la première fois à 150 jours-amende en décembre 2012 et la seconde fois en 2017 à 19 mois de peine privative de liberté (en lien également avec l'infraction de rixe). Ces condamnations se fondent sur des actes portant atteinte à l'intégrité corporelle, soit à un bien juridique important (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3; arrêts 2C_668/2021 du 20 décembre 2021 consid. 6.4; 2C_974/2015 du 5 avril 2016 consid. 3.3). La condamnation à 19 mois de prison est significative et souligne la gravité de la faute commise. Cette condamnation, les nombreux sursis octroyés et même l'ouverture de la procédure de révocation de l'autorisation d'établissement en novembre 2017 n'ont pas dissuadé le recourant de commettre de nouvelles infractions. Si les trois condamnations prononcées à son encontre depuis 2017 sont moins graves, elles soulignent une propension à ne pas vouloir ou pouvoir respecter l'ordre juridique suisse. La condamnation à 30 jours-amende prononcée en avril 2020 n'est du reste pas négligeable puisqu'elle sanctionne une mise en danger de l'intégrité physique, voire la vie des autres usagers de la route en prenant le volant sous l'emprise de l'alcool (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.5.1; arrêt 2C_344/2016 du 6 septembre 2016 consid. 5.1). Cette peine n'a par ailleurs pas été assortie du sursis, en raison d'un pronostic défavorable du recourant dû à ses antécédents et à la récidive en matière de LCR. Le Tribunal cantonal considère de plus à raison que le fait de systématiquement relativiser l'importance de ses condamnations pénales, en invoquant notamment des erreurs de jeunesse ou une inexpérience dans le domaine des affaires, permet de douter que le recourant ait réellement pris la mesure de ses actes. Celui-ci adopte par ailleurs la même attitude dans le présent recours lorsqu'il mentionne qu' "hormis les trois exceptions précitées, [son] comportement à été exemplaire durant cette période " (recours ch. 18). Certes, l'intéressé n'a plus fait l'objet de condamnations depuis avril 2020. Cependant, ce constat ne peut à lui seul être déterminant. En particulier, les juges cantonaux relèvent à raison que l'importance du bon comportement que l'étranger adopte alors qu'il est en exécution de peine ou se sait l'objet d'une procédure de révocation de son autorisation de séjour ou d'établissement est limitée (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.5.2; arrêt 2C_782/2019 du 10 février 2020 consid. 3.3.2). Il en va de même du bon comportement adopté lorsque plane la menace d'une révocation du sursis. Le changement d'attitude adopté durant ces phases devant être relativisé, on ne peut déduire de l'absence de condamnation récente du recourant que celui-ci a opéré un changement clair dans son comportement futur, ni que cette nouvelle attitude serait due à la seule présence de sa compagne et des filles de celle-ci. Sur le vu de ce qui précède, c'est à juste titre que l'autorité précédente a confirmé qu'il existait un intérêt public important à la révocation de l'autorisation d'établissement du recourant.