Citation: I 238/03 30.12.2003 E. 4.3

4.3.1 Sur le plan psychique, le recourant a été considérablement affecté par la maladie coronarienne dont il est atteint et souffre de dysthymie (F 34.1), ainsi que de troubles de l'adaptation avec humeur anxieuse et dépressive. Selon le docteur J.________, psychiatre, l'infarctus a été vécu comme une menace vitale assimilable à un état de stress post-traumatique. Il est peu probable que le recourant, de crainte d'une nouvelle crise, reprenne son travail en raison d'une peur partiellement motivée mais très forte de mourir s'il devait reprendre une activité qui serait ressentie comme stressante. La menace flottante de mort qui envahit l'espace psychique et qui est en partie justifiée peut constituer une atteinte à la santé qui peut expliquer une inaptitude au travail d'au moins 50 %. L'évolution de la maladie de son père et de sa femme peuvent expliquer, de plus, les raisons pour lesquelles l'intéressé sera vraisemblablement totalement incapable de travailler. Les experts retiennent dès lors que le vécu anxieux et la menace latente de mort présente en permanence justifient en partie une atteinte à la santé psychique entraînant une incapacité de travail de l'ordre de 50% dans une activité adaptée évitant le port de charges lourdes ou modérées. 4.3.2 Selon l'art. 4 al. 1 LAI, l'invalidité est la diminution de la capacité de gain, présumée permanente ou de longue durée, qui résulte d'une atteinte à la santé physique ou mentale provenant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident. Parmi les atteintes à la santé psychique, qui peuvent, comme les atteintes physiques, provoquer une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI, on doit mentionner - à part les maladies mentales proprement dites - les anomalies psychiques qui équivalent à des maladies. On ne considère pas comme des conséquences d'un état psychique maladif, donc pas comme des affections à prendre en charge par l'assurance-invalidité, les diminutions de la capacité de gain que l'assuré pourrait empêcher en faisant preuve de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi objectivement que possible. Il faut donc établir si et dans quelle mesure un assuré peut, malgré son infirmité mentale, exercer une activité que le marché du travail lui offre, compte tenu de ses aptitudes. Le point déterminant est ici de savoir quelle activité peut raisonnablement être exigée dans son cas. Pour admettre l'existence d'une incapacité de gain causée par une atteinte à la santé mentale, il n'est donc pas décisif que l'assuré exerce une activité lucrative insuffisante; il faut bien plutôt se demander s'il y a lieu d'admettre que la mise à profit de sa capacité de travail ne peut, pratiquement, plus être raisonnablement exigée de lui, ou qu'elle serait même insupportable pour la société (ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références; cf. aussi ATF 127 V 298 consid. 4c in fine). 4.3.3 En l'occurrence, le rapport d'expertise pluridisciplinaire du 14 juillet 2000 des docteurs G.________ et H.________ contient suffisamment d'éléments au plan psychiatrique pour que l'on puisse se convaincre du fait que l'intéressé n'est pas en mesure de reprendre pleinement une activité lucrative. En outre, ce rapport répond à toutes les exigences permettant de lui reconnaître pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références), de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'en écarter. En particulier, les conclusions claires des experts ne sont pas sujettes à interprétation et l'avis de l'office selon lequel une partie seulement de l'incapacité de travail du recourant résulterait d'une anxiété liée à la crainte de mourir, l'autre n'étant mise sur le compte d'aucune affection psychique de sorte qu'il présenterait en définitive une capacité entière de travail dans une activité adaptée, ne saurait être suivi. Par ailleurs, l'incapacité entière de travail présentée par le recourant à partir du 17 mai 1993 (cf. rapport du 29 septembre 1993 du docteur E.________) n'est pas déterminante pour évaluer le degré d'invalidité de l'intéressé dans la mesure où elle reflète l'état de santé qu'il présentait avant de subir, au cours du mois de juillet 1993, une dilatation coronarienne pour récidive de sténose de l'artère inter-ventriculaire arrière. Enfin, dans la mesure où le docteur I.________ (rapport du 11 mai 1999) indique que les activités physiques du recourant sont fortement diminuées par la maladie coronarienne, son avis corrobore celui des experts qui considèrent que celui-ci n'est plus en mesure d'exercer son activité lucrative habituelle, mais qu'il dispose toutefois d'une capacité entière de travail dans une activité exigible. Par contre, dans la mesure où ce médecin s'exprime au sujet de l'état de santé psychique du recourant (rapports du 11 mai 1999 et du 2 décembre 1996), son avis ne saurait prévaloir sur celui des experts qui considèrent que ces affections entraînent une incapacité de travail de 50 %. 4.4 Sur le vu de ce qui précède, c'est à juste titre que la juridiction cantonale a retenu que le recourant présente une capacité résiduelle de travail de 50 % dans une activité adaptée. Dans la mesure où cette capacité est passée de 100 à 50 % entre le moment de la décision initiale de refus de rente et celui de la décision litigieuse, il s'est produit une modification des circonstances dont il convient d'évaluer le caractère notable en examinant quelle en est l'incidence sur le degré d'invalidité du recourant.