Citation: 6B_818/2020 E. 6.2

6.2. Le Tribunal fédéral a déjà relevé que l'expulsion d'un individu étant né et ayant passé toute son existence en Suisse, jusqu'à l'âge adulte, ne peut que causer à celui-ci une atteinte à son droit au respect de sa vie privée, cela indépendamment de sa situation personnelle et familiale, sauf à considérer que l'intéressé n'aurait, en raison de sa mauvaise intégration, aucune vie privée (cf. arrêt 6B_153/2020 du 28 avril 2020 consid. 1.3.4). Tel n'est manifestement pas le cas en l'espèce puisque le recourant, qui a toujours vécu en Suisse, où il est né, est père de deux enfants, qui vivent également en Suisse et lui rendent régulièrement visite en prison, accompagnés de son épouse et de sa mère. Il y a donc lieu d'admettre que la première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP est réalisée. Reste à examiner si l'appréciation de la cour cantonale, selon laquelle l'intérêt public à l'éloignement de l'intéressé l'emporte sur l'intérêt privé de celui-ci à demeurer en Suisse, est pertinente. Sur le plan professionnel, économique et social, l'intégration du recourant n'est pas bonne puisque la cour cantonale a constaté que son parcours professionnel a été chaotique, qu'il n'a pas eu d'emploi fixe pendant une longue période et qu'au moment de son incarcération il bénéficiait de l'aide sociale depuis plusieurs mois et avait beaucoup de dettes. Contrairement à ce qu'il a indiqué à l'audience d'appel, il ressort des déclarations de son épouse que celle-ci n'envisage pas de reprendre la vie commune avec lui. Eu égard à cette situation, ses perspectives de réinsertion n'apparaissent pas notablement moindres en Italie qu'en Suisse. Par ailleurs, l'intérêt public à l'expulsion du recourant est important compte tenu de la gravité, du nombre et de la diversité des actes à l'origine de sa condamnation. Ses antécédents sont en outre très mauvais, et il faut bien constater qu'il ne montre aucune volonté de se conformer à l'ordre juridique suisse; de surcroît, les experts estiment qu'il existe un risque de récidive concret de violences verbales, physiques et sexuelles sur ses futures compagnes. Dans ces circonstances, il y a lieu d'admettre que l'intérêt public à son expulsion l'emporte sur son intérêt à rester en Suisse; l'expulsion prononcée à son encontre ne viole donc pas le droit fédéral.