Citation: P 35/02 25.03.2003 E. 3

3.1 Le recourant fait grief à la caisse et au premier juge d'avoir retenu un montant de 16'880 fr., au titre de revenu hypothétique, dans l'examen de son droit aux prestations complémentaires. Plus spécifiquement, il se prévaut d'une violation du droit d'être entendu par le premier juge, au motif qu'il n'a pas donné suite à sa requête tendant à la production du dossier de l'ORP. Il reproche également au Tribunal des assurances d'avoir statué par un juge unique dans une cause où le recours n'était pas manifestement mal fondé au sens de l'art. 10 de la Loi vaudoise du 2 décembre 1959 sur le Tribunal des assurances (RSV 2.02 A; ci-après: LTA). 3.2 Avant de rendre sa décision, la caisse aurait dû entendre le recourant (ATF 117 V 158 consid. 3b). Visiblement, elle ne lui a pas donné la possibilité de s'exprimer sur la question de savoir s'il était en mesure de tirer parti de la capacité résiduelle de travail et de gain que lui reconnaît l'OAI. Cela aurait dû, en principe, conduire le premier juge à annuler sa décision. 3.3 Certes, ce vice aurait pu être réparé en procédure cantonale. Cela eût impliqué que le premier juge instruise la cause, notamment en donnant suite à l'offre de preuve du recourant. La cour cantonale aurait également pu joindre au dossier celui de l'assurance-invalidité (en sa possession) pour connaître éventuellement les circonstances objectives et subjectives susceptibles d'entraver ou de compliquer la réalisation d'un revenu. Dans la mesure où le droit d'être entendu de l'assuré avait été violé, l'autorité cantonale ne pouvait pas se borner à constater que le recourant n'avait pas renversé la présomption de l'art. 14a OPC-AVS/AI. 3.4 Il s'ensuit qu'un examen préalable même sommaire de la cause devait, au prime abord déjà, mener au constat que la décision de l'OAI, sur un point essentiel au moins, ne pouvait être justifiée par les seules pièces du dossier. Le juge unique ne pouvait, sans tomber dans l'arbitraire, considérer le recours d'emblée comme manifestement mal fondé au sens de l'art. 10 LTA. Le droit constitutionnel du recourant à voir sa cause jugée par un tribunal établi par la loi, compétent, indépendant et impartial au sens de l'art. 30 al. 1 Cst. a, dans cette mesure, été violé. La cause sera dès lors renvoyée au Tribunal des assurances pour qu'il statue par une cour composée de trois magistrats au sens de l'art. 3 al. 2 LTA (cf. arrêt K. du. 17 février 2003, I 791/02). 3.5 Dans la mesure où l'assuré a recouru contre la décision du 22 janvier 2001 par laquelle l'OAI l'a mis au bénéfice d'une demi-rente d'invalidité, on peut se demander s'il ne serait pas judicieux de suspendre la procédure cantonale relative aux prestations complémentaires, afin de ne pas préjuger de l'issue du recours en matière d'assurance-invalidité.