Citation: 8C_483/2022 E. 3.2

3.2. On rappellera en outre, s'agissant de la condition d'un lien exclusif ou nettement prépondérant au sens de l'art. 9 al. 2 LAA - parfois appelé causalité qualifiée -, qu'elle n'est réalisée que si la maladie a été causée à 75 % au moins par l'exercice de l'activité professionnelle (ATF 126 V 183 consid. 2b et l'arrêt cité). Le Tribunal fédéral a précisé que ce taux de 75 % signifie, pour certaines affections qui ne sont pas typiques d'une profession déterminée, qu'il doit être démontré, sur la base des statistiques épidémiologiques ou des expériences cliniques, que les cas de lésions pour un groupe professionnel déterminé sont quatre fois plus nombreux que ceux enregistrés dans la population en général (ATF 126 V 183 consid. 4c; arrêt 8C_757/2018 du 28 mars 2019 consid. 4.2). Si, en revanche, il apparaît comme un fait démontré par la science médicale qu'en raison de la nature d'une affection particulière, il n'est pas possible de prouver que celle-ci est due à l'exercice d'une activité professionnelle, il est alors impossible d'apporter la preuve, dans un cas concret, de la causalité qualifiée (ATF 126 V 183 consid. 4c; arrêt 8C_516/2020 du 3 février 2021 consid. 3.2.3, in SVR 2021 UV n° 40 p. 179; JEAN-MAURICE FRÉSARD/MARGIT MOSER-SZELESS, L'assurance-accidents obligatoire, in: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, 3e éd., Bâle 2016, n° 164 p. 951). S 'agissant en particulier des troubles dégénératifs de la colonne vertébrale, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de confirmer, à maintes reprises, que la preuve qualifiée entre une activité professionnelle et une telle atteinte ne pouvait pas être apportée (cf. arrêts 8C_1029/2009 du 11 janvier 2010 consid. 2.2.2; U 337/2001 du 27 août 2003 de l'ancien Tribunal fédéral des assurances consid. 3; cf. aussi ATF 116 V 136 consid. 5; arrêts 8C_641/2016 du 29 novembre 2016 consid. 5.2; 8C_683/2014 du 17 juillet 2015 consid. 4.2.2; 8C_465/2011 du 7 septembre 2011 consid. 7.2).