Citation: 8C_769/2023 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, l'appréciation des rapports médicaux par les juges cantonaux ne prête pas flanc à la critique. En effet, le docteur B.________ a déclaré que le traumatisme de l'accident avait vraisemblablement, pour le moins, décompensé l'inégalité de longueur entre le radius et le cubitus, et sinon provoqué son aggravation anatomique. En l'absence d'accident, cette anomalie aurait très bien pu être tolérée encore plusieurs années. Il a par ailleurs admis que l'opération pratiquée permettait de faire d'une pierre deux coups, en traitant tant le syndrome de compression ulno-carpien que l'instabilité articulaire. Il a clairement expliqué qu'en pratique, confirmée tant par son expérience que par la littérature spécialisée, l'ostéotomie de l'ulna suffit souvent à cet effet et que le fait de ne pas réparer directement le TFCC n'implique pas que la lésion fût exclusivement congénitale. Le docteur B.________ a démontré, avec des références à des articles scientifiques, que cette intervention se pratique ainsi aussi bien pour une inégalité de longueur constitutionnelle que pour une situation post-traumatique voire pour traiter une lésion du TFCC. Concrètement, sur la base du protocole opératoire et dès lors que l'articulation de l'assurée était à nouveau stable, le docteur B.________ a renoncé à pratiquer un geste local supplémentaire, sachant que dans les faits, l'ostéotomie suffit souvent à retendre le TFCC ou ses restes et les stabilisateurs secondaires. Quant au docteur C.________, sans remettre en cause ses compétences théoriques en matière de traumatologie, il se limite à constater qu'à son avis, les atteintes étaient antérieures à l'accident. Il en veut pour preuve le fait que le TFCC n'a pas été opéré. Ce raisonnement ne suffit pas à remettre en question l'appréciation du docteur B.________ qui repose sur un ensemble de critères complémentaires, dont son expérience médicale et opératoire, ses connaissances théoriques, un événement traumatique violent et une concordance temporelle entre celui-ci et la gêne douloureuse constatée. Dans ce contexte et s'il est vrai que le principe "post hoc ergo propter hoc" ne suffit pas en soi à établir un rapport de causalité entre une atteinte à la santé et un accident (ATF 119 V 341), on ne saurait cependant lui dénier toute valeur lorsqu'il est mis en relation avec d'autres éléments médicalement déterminants comme c'est le cas en l'espèce. Mal fondées, les critiques de la recourante doivent être rejetées.