Citation: 5A_127/2025 E. A

A.a. A.________, de nationalité suisse, et B.________, ressortissant canadien, sont les parents de C.________, né en 2019. Les parties, qui ne sont pas mariées, ont signé le 2 juillet 2019 un document établissant que B.________ est bien le père de C.________ et qu'elles partagent l'autorité parentale sur celui-ci. A.b. En 2019, le couple s'est établi en Suède, au bénéfice d'un permis de séjour valable cinq ans, à savoir jusqu'au 9 mai 2024. C.________ y était régulièrement suivi par des professionnels de la santé, fréquentait l'école maternelle et faisait notamment partie d'un club de hockey. Les parties se rendaient régulièrement en Suisse pendant les vacances. A.c. Le couple s'est séparé en juillet 2021. A.c.a. B.________ a mis à disposition de A.________ un bien immobilier voisin de l'ancien domicile familial afin qu'elle y réside. Jusqu'en décembre 2021, les parents s'étaient accordés sur un partage de la garde de C.________, à temps égal. A.c.b. Entre 2021 et 2022, A.________ a contacté divers intervenants (médiatrice en Suisse, services sociaux suédois, psychologue en Suisse) en raison des difficultés rencontrées avec son ex-compagnon, exprimant en substance des peurs à son encontre ainsi que des craintes sur le danger qu'il représenterait pour son fils. A.c.c. Le 21 décembre 2021, à l'issue de son temps de garde tel que prévu avec A.________, B.________ a refusé de lui remettre C.________ au motif que certains événements lui faisaient craindre pour la sécurité de son fils auprès de sa mère. Il a finalement laissé la mère récupérer l'enfant le 17 janvier 2022. A.d. Le 30 décembre 2021, A.________ a assigné B.________ devant le tribunal du district de T.________ (Suède) afin de régler les droits parentaux sur leur fils. A.d.a. Par jugement provisoire du 30 mars 2022, le tribunal précité a confirmé l'autorité parentale conjointe des deux parents, fixé la résidence habituelle de l'enfant chez sa mère, qui exerçait la garde de fait, et réservé un droit de visite en faveur du père, une semaine sur deux, du mercredi à la sortie de la garderie au lundi suivant, début de la garderie. A.d.b. Dans son jugement du 13 janvier 2023, l'autorité judiciaire suédoise a confirmé l'autorité parentale conjointe des deux parents, fixé la résidence habituelle de C.________ chez sa mère, qui exerçait la garde de fait, et réservé un droit de visite en faveur du père en ce sens que C.________ passait en substance la moitié du temps chez chaque parent, si ce n'est quatre nuits de plus par mois chez sa mère. Ledit tribunal a estimé que les deux parents disposaient des capacités parentales nécessaires pour s'occuper de leur fils; il a précisé qu'il n'avait pas été allégué que l'enfant aurait été victime de violences de la part de ses parents et qu'il n'y avait pas lieu de penser qu'un tel risque existait. Les juges suédois ont remarqué que la mère avait fait part à ses proches d'épisodes de violence de la part de son ex-compagnon, mais que les informations fournies à ce sujet et les témoins étaient maigres. L'autorité judiciaire a par ailleurs noté le fort conflit parental, mais confirmé l'autorité parentale conjointe au motif qu'aucun des parents ne présentait de lien particulier avec la Suède en sorte que le risque existait, en cas d'autorité parentale exclusive, que l'un d'eux reparte avec l'enfant dans son pays d'origine. A.d.c. Par décision provisoire du 7 octobre 2024, ensuite d'une audience tenue le 25 septembre 2024 lors de laquelle les parties ont été entendues en personne, le tribunal du district de T.________ a confirmé la décision du 13 janvier 2023. Ledit jugement exposait que A.________ s'opposait à une "enquête" sur la question de la garde en raison du temps que prendrait celle-ci et du fait qu'aucun des parents ne remettait en question les capacités parentales de l'autre. A.e. Le 29 octobre 2024, A.________ et son fils ont voyagé à destination de la Suisse. Alors qu'il était prévu qu'ils rentrent en Suède au terme de leur séjour le 7 novembre 2024, A.________ a refusé d'y retourner, dans un premier temps en raison d'une prétendue maladie de l'enfant. Elle a finalement déposé ses papiers et ceux de son fils dans la commune de U.________ (VD) où résident ses propres parents. A.f. Depuis le 8 novembre 2024, A.________ et C.________ sont hébergés au Centre V.________. Le même jour, A.________ s'est présentée au Centre universitaire romand de médecine légale pour y établir un constat médical. A.________ a indiqué aux intervenants du Centre V.________ qu'elle aurait été victime de plusieurs actes de violence psychique, sexuelle et physique de la part de B.________ (viols, strangulations, menaces de mort, dénigrement, insultes constantes), actes qu'elle a également rapportés au Centre universitaire romand de médecine légale. Elle s'interrogeait sur l'existence d'éventuels abus de son ex-compagnon sur leur fils, se fondant sur les problèmes et infections urinaires de l'enfant lorsqu'ils vivaient en Suède. Les intervenants ont attesté de l'état de stress et de peur de A.________ face aux comportements allégués de B.________. Dans ce contexte, C.________ a été suivi en Suisse par le Child Abuse and Neglect Team (ci-après: CAN-Team, rattaché au Centre hospitalier universitaire vaudois [CHUV]) et A.________ a consulté un centre d'aide aux victimes d'infraction (LAVI). Elle a par ailleurs pris part à une enquête développée par les services sociaux suédois, soit le test "FREDA"; sur la base des déclarations de A.________, cette enquête a évalué que la situation présentait un danger de niveau 4, soit un danger très grave pour la mère et l'enfant en lien avec le comportement du père. A.g. Le 19 novembre 2024, A.________ a saisi la justice de paix du district de Morges d'une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles tendant notamment à l'attribution exclusive de l'autorité parentale sur C.________. Relevant sa probable incompétence, la juge de paix a suspendu la procédure dans l'attente de l'issue de la présente cause. A.h. Le 17 janvier 2025, à la suite d'une audience tenue le 10 janvier 2025, lors de laquelle les parties ont été entendues personnellement, en présentiel ou par visio-conférence, le tribunal du district de T.________ a attribué la garde exclusive de C.________ à son père. Le tribunal a considéré en substance que rien ne démontrait que l'enfant aurait été victime de violences auprès de son père et que celui-ci semblait à même de s'en occuper, ce qui avait déjà été constaté dans le jugement du 13 janvier 2023. Le tribunal a rappelé la tenue d'une audience "principale" pour mars 2025. A.i. Depuis son arrivée en Suisse, C.________ a été soumis à plusieurs consultations médicales en raison de son comportement préoccupant; l'enfant a également donné lieu à un signalement auprès de la justice de paix du district de Lausanne. A.i.a. Le Dr D.________ et la Dre E.________, pédiatre, consultés le 13 novembre 2024, respectivement le 26 novembre 2024, ont tous deux conseillé une prise en charge médicale pour l'enfant. Le premier cité a constaté que celui-ci était perturbé, agité et colérique, qu'il présentait un état de stress et d'anxiété ainsi qu'une perte de repères; la seconde a relevé un sévère trouble du comportement, précisant qu'à plusieurs reprises, l'enfant avait menacé de lui lancer des objets en bois à la figure en rugissant et avait eu des attitudes de forte provocation. Le 13 décembre 2024, la Dre F.________ du Département femme-mère-enfant du CHUV auquel est rattaché le CAN-Team a adressé un rapport concernant le mineur C.________ à l'attention de la Dre E.________, sur demande de l'Unité de médecine des violences. Il en ressort en particulier que l'enfant devient agressif et se débat lorsque l'on s'approche de lui. La doctoresse a renoncé à des examens plus poussés compte tenu de la situation et a conseillé un arrêt de contact entre l'enfant et son père jusqu'à l'évaluation par le CAN-Team. Le 31 décembre 2024, C.________ a été reçu en urgence par l'Hôpital de l'Enfance à Lausanne ensuite d'une forte crise durant laquelle l'enfant aurait évoqué des idées morbides. En l'absence de critères somatiques ou psychiques, l'enfant n'a pas été hospitalisé. La médecin assistante a estimé qu'en raison de son stress, une séparation d'avec sa mère pourrait se révéler trop difficile à supporter par celui-ci. Le 16 janvier 2025, la Dre G.________, médecin associée au Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (ci-après: SUPEA) du CHUV a rendu un rapport sur C.________ dans le contexte de la procédure de retour initiée par le père (cf. infra let. B.c). Elle a relevé l'attitude défiante et opposante de l'enfant, qui se mettait à grogner et à montrer les dents en présence des professionnels. Le mineur avait détruit et cassé plusieurs objets dans le bureau en regardant les intervenants et la doctoresse relevait qu'il présentait clairement une intolérance à la frustration. Selon les professionnels, l'enfant présentait des difficultés relationnelles, qui ne relevaient pas d'un trouble de la communication et de la socialisation. La doctoresse a souligné que la mère ne contenait pas les comportements agressifs et défiants de C.________ lors de la séance et ne posait pas de limite claire à son fils, mais lui verbalisait les choses dans l'après-coup et à la demande des professionnels. Elle a précisé que le père s'était présenté à un rendez-vous mais que l'entretien n'avait pas pu avoir lieu en présence de C.________, compte tenu du comportement difficile de l'enfant. La conclusion du rapport était ainsi libellée: "C.________ est un enfant vif et intelligent. Il présente des attitudes et des comportements très défiants et provocants. Il semble en difficultés relationnelles avec les personnes extérieures. Il a clairement besoin d'un environnement contenant et d'un soutien sur le plan éducatif. C.________ serait au bénéfice d'un accompagnement thérapeutique dans un espace plus sécurisant et plus contenant que l'espace de consultation ambulatoire, de type hôpital de jour ". A.i.b. Le 9 janvier 2025, la direction du Centre V.________ a effectué un signalement auprès de la justice de paix du district de Lausanne en raison des comportements parfois violents de C.________ envers les adultes et envers ses pairs ainsi que de nombreuses difficultés relationnelles et crises, lors desquelles il était difficile, voire impossible de l'apaiser. La séparation avec la mère restait très compliquée, même impossible. L'enfant avait par ailleurs indiqué vouloir se jeter par la fenêtre ensuite d'un épisode au cours duquel un adulte aurait haussé la voix à son encontre, l'enfant répétant, en colère et en larmes que seul son père " lui criait comme ça dessus ". Il était constaté que C.________ " [était] en grande souffrance et fortement impacté psychologiquement ".