Citation: 1B_260/2017 E. 3.2

3.2. Pour la Chambre pénale de recours, la combinaison d'une caution, d'une assignation à résidence (élargie à la Suisse entière) et le dépôt des pièces d'identité visait à élever la garantie de représentation du recourant, eu égard aux charges extrêmement graves qui pèsent sur lui. Elle a en outre souligné que le recourant avait lui-même proposé, à titre de mesures de substitution, le versement d'une caution d'un tel montant, ainsi que l'interdiction de quitter la Suisse. L'instance précédente a estimé que comme les charges à l'appui d'une hétéro-agression sur son épouse n'avaient pas diminué, l'écoulement du temps ne commandait pas d'alléger les dispositions prises par le Tmc pour garantir la représentation du recourant. Dans son écriture, le recourant ne remet pas en cause l'existence d'un risque de fuite. Celui-ci a en l'occurrence été qualifié de concret par les autorités pénales, compte tenu notamment de l'aisance financière du prévenu, de ses relations à l'étranger et de la peine d'emprisonnement concrètement encourue au vu de la gravité des faits reprochés. Le recourant ne critique pas non plus, s'agissant des mesures de substitution prononcées, le versement d'une caution de 4 millions et l'interdiction d'aliéner ses biens immobiliers. Il estime cependant que ces mesures seraient suffisantes pour le détourner de toute velléité de fuite. A ses yeux, l'interdiction totale de quitter la Suisse et, partant, de se rendre en Italie au mariage de son fils, serait disproportionnée. Il se prévaut du fait que durant les 8 premiers mois de l'instruction, il s'est rendu plusieurs fois à l'étranger et est toujours revenu en Suisse. De plus, une fuite constituerait un aveu de culpabilité et lui ferait perdre tous ses amis. Enfin, il invoque le fait qu'il serait aisé de quitter le territoire suisse sans pièce d'identité. Comme relevé par le recourant, le dépôt des papiers d'identité ne constitue certes qu'un obstacle à la fuite d'une efficacité relative puisqu'il est relativement aisé de franchir la frontière; il en va de même pour l'interdiction de quitter la Suisse. On ne saurait toutefois - quoi qu'en pense l'intéressé - qualifier ces mesures de disproportionnées pour ce seul motif (cf. ALEXIS SCHMOCKER, in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, n. 9 ad art. 237 CPP). Elles restent de nature à compliquer d'éventuelles velléités de fuite à l'étranger. Par ailleurs, comme souligné par le Tmc, le départ du prévenu en Italie priverait les autorités pénales suisses de tout contrôle sur les éventuels déplacements de celui-ci à partir de ce pays. En l'occurrence, un allégement des mesures de substitution prononcées par le Tmc se justifie d'autant moins que, comme relevé par le Ministère public, les lourds soupçons d'avoir commis un crime particulièrement grave pesant sur le recourant se sont renforcés depuis sa mise en liberté. Aussi, n'apparaît pas déterminant le fait que, durant l'instruction, ce dernier se soit rendu plusieurs fois à l'étranger et qu'il soit à chaque fois revenu en Suisse. On ne saurait donc suivre le recourant lorsqu'il affirme que le versement de la caution de 4 millions et l'interdiction d'aliéner ses biens immobiliers seraient suffisants pour le dissuader de fuir. Il sied d'ailleurs de relever que, nonobstant le versement de cette caution, la situation financière du recourant reste aisée. Dans ces circonstances, l'instance précédente pouvait à juste titre considérer que le maintien de l'ensemble des mesures de substitution prononcées, y compris l'interdiction de quitter la Suisse, même de façon temporaire, étaient nécessaires pour limiter de façon déterminante le risque de fuite, tout en restant proportionné.