Citation: 4P.175/2005 09.01.2006 E. B

B.a Le 3 septembre 2001, A.________ a assigné H.________ devant les tribunaux genevois en vue d'obtenir le paiement du montant de 55'737 fr. 75, avec intérêts à 5% dès le 21 février 2002, ainsi que l'inscription définitive de l'hypothèque légale à due concurrence. La défenderesse a conclu au rejet de la demande. Par jugement du 16 septembre 2004, le Tribunal de première instance du canton de Genève a débouté le demandeur de toutes ses conclusions. B.b Le demandeur a interjeté appel en concluant à ce que la défenderesse soit condamnée à lui verser la somme de 44'621 fr. avec intérêts à 5% dès le 1er mars 2001. Statuant par arrêt du 13 mai 2005, la Cour de justice a annulé le jugement de première instance, condamné la défenderesse à verser au demandeur la somme de 2'252 fr. 75, avec intérêts à 5% dès le 1er mars 2001, et autorisé l'inscription définitive d'une hypothèque légale des artisans et entrepreneurs sur la parcelle de la défenderesse à due concurrence. Pour ce faire, elle s'est fondée sur les motifs résumés ci-après. Lorsque le prix a été fixé à forfait, l'entrepreneur est tenu d'exécuter l'ouvrage pour la somme fixée. Demeurent réservées les prestations supplémentaires, résultant des modifications de commande, dont le prix doit être déterminé d'après la valeur du travail et les dépenses de l'entrepreneur. Le fardeau de la preuve est supporté par le maître dans le premier cas et par l'entrepreneur dans le second. En l'espèce, X.________ Sàrl, dont le demandeur a repris tous les droits et obligations se rapportant au contrat d'entreprise litigieux, s'est vu confier les travaux prévus dans ce contrat pour un prix forfaitaire de 157'862 fr. par villa. Telle est, en effet, la conclusion qui s'impose eu égard aux circonstances du cas concret. Les documents précontractuels de même que le comportement des différents protagonistes, avant et après la conclusion du contrat, démontrent clairement que le devis général du 9 mai 1999, confirmé le 7 mars 2000, constituait la pierre angulaire des relations juridiques établies entre les différents intéressés et que le contrat d'entreprise SIA, qui se référait à ce devis, même s'il n'a pas été signé, reflétait la commune intention des parties de fixer un prix ferme. L'analyse chronologique des pièces versées au dossier confirme, du reste, que le tableau dressé le 4 mai 1999 par le demandeur n'a jamais été admis par quiconque comme base de calcul du prix de l'ouvrage. Le demandeur, qui a encore effectué l'agrandissement du sous-sol et le crépissage des façades, a droit, pour ces travaux hors devis, à une rémunération supplémentaire de 14'000 fr. et de 16'800 fr. S'agissant des autres travaux exécutés par lui, il n'a pas allégué de manière suffisante qu'ils ne seraient pas inclus dans le devis général. Le prix global théorique de l'ouvrage doit ainsi être arrêté à 188'662 fr. Il y a lieu d'en déduire la somme de 28'000 fr. pour divers travaux, mentionnés dans ce devis, qui n'ont pas été réalisés par le demandeur. D'où un solde de 160'662 fr. De ce montant, il faut encore déduire la somme de 576 fr. 25, à titre de participation du demandeur aux frais de réfection de l'ouvrage à la suite d'une infiltration d'eau. La rémunération de l'entrepreneur se monte, dès lors, à 160'085 fr. 75. Les enquêtes ont démontré l'existence de défauts dans le crépi de la façade de la villa de la défenderesse. Le devis d'un entrepreneur, produit sous pièce n° 58, dont le demandeur requiert à tort qu'il n'en soit tenu aucun compte, permet de chiffrer à 10'830 fr. le coût des travaux de réfection. Ce montant sera déduit de la rémunération de l'entrepreneur, qu'il convient de ramener à 149'255 fr. 75. Après imputation des acomptes de 147'003 fr. versés par la défenderesse, il subsiste un solde de 2'252 fr. 75 en faveur du demandeur. Par conséquent, les conclusions de la demande seront admises dans cette mesure. B.c Parallèlement à un recours en réforme, le demandeur a déposé, dans la même écriture, un recours de droit public au Tribunal fédéral aux fins d'obtenir l'annulation de l'arrêt cantonal. Les griefs qu'il y articule seront exposés plus loin à l'occasion de leur examen. L'intimée conclut, principalement, à l'irrecevabilité du recours et, subsidiairement, au rejet de celui-ci. La Cour de justice se réfère, quant à elle, aux motifs énoncés dans son arrêt.