Citation: 4A_132/2008 16.05.2008 E. 1

3.1 Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., comprend notamment le droit pour l'intéressé de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuve pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2). 3.2 Dans son jugement du 28 mars 2006, le Tribunal des baux et loyers a non seulement admis la recevabilité de la demande d'évacuation, mais s'est prononcé sur le fond en ordonnant l'évacuation. Dans leur appel, les recourants, bien qu'ils ne bénéficiassent alors plus de l'immunité de juridiction civile, se sont limités à des critiques contre la recevabilité de la demande et ne se sont pas déterminés sur le fond. A la suite de l'annulation de l'arrêt cantonal par le Tribunal fédéral le 22 juin 2007 et du renvoi de l'affaire à l'autorité précédente pour qu'elle se prononce sur la demande d'évacuation, la Chambre d'appel a repris la procédure. Les anciens locataires ont déposé un mémoire de conclusions et la cause a été ensuite plaidée; à ces occasions, ils n'ont pas non plus pris position sur le fond de l'affaire. Il s'ensuit que les recourants ont eu toute possibilité de se déterminer sur le fond dans leur mémoire d'appel, puis dans le cadre de la procédure qui a suivi le renvoi de la cause à la Chambre d'appel; une telle détermination n'aurait au demeurant pas exigé de longs développements, dès lors que la fin du bail au 31 décembre 2004, confirmée par l'arrêt du Tribunal fédéral du 9 mars 2005, était acquise. Comme déjà relevé, les recourants ne pouvaient plus, à ce stade de la procédure, arguer de l'immunité pour justifier leur défaut de détermination au fond. Ils pouvaient et devaient se déterminer dans le mémoire d'appel dès lors que le Tribunal des baux et loyers s'était prononcé sur le fond. A défaut, ils pouvaient et devaient prendre position dans le cadre de la procédure reprise devant la Chambre d'appel ensuite du renvoi de la cause; il est à relever à cet égard que le Tribunal fédéral a renvoyé la cause à la Chambre d'appel afin, précisément, qu'elle se prononce sur la demande d'évacuation. Comme la cour cantonale le fait observer à raison, l'omission des anciens locataires est inexplicable, sauf évidemment à y voir, à l'instar de l'intimé, un pur procédé dilatoire. En conclusion, le grief tiré de la violation du droit d'être entendu est mal fondé.