Citation: 8C_414/2024 E. 5.2

5.2. Quoi qu'en dise la recourante, les motifs avancés par la cour cantonale pour fixer le salaire hypothétique de l'intimée en tenant compte d'une activité à temps plein à compter de novembre 2012 sont convaincants. Même si la recourante n'est pas liée par les décisions en matière d'assurance-invalidité, il y a selon la jurisprudence une relation étroite entre le gain dont l'assuré est présumé avoir été privé et le revenu sans invalidité fixé sur la base de l'art. 16 LPGA (cf. consid. 3.2 supra). Or, en assurance-invalidité, l'office AI puis le tribunal cantonal ont estimé que sans invalidité, l'intimée aurait travaillé à temps complet dès novembre 2012. En matière de surindemnisation, au vu des éléments au dossier - en particulier l'enquête ménagère diligentée par l'office AI en novembre 2013 -, les juges cantonaux pouvaient également retenir que sans invalidité, l'intimée aurait vraisemblablement augmenté son taux d'activité à 100 % dès novembre 2012. Au moment de l'accident du 14 novembre 2010, celle-ci avait déjà augmenté son temps de travail global en mars 2009 en acceptant un poste à 20 % pour l'Hôtel D.________, en sus de son emploi à 60 % auprès de l'Hôtel C.________. En décembre 2011, elle a fait savoir à l'office AI que sans atteinte à la santé, elle travaillerait à un taux de 80 %. Environ deux ans plus tard, elle a expliqué à l'enquêtrice ménagère que la situation financière difficile de son ménage l'aurait conduite, sans atteinte à la santé, à travailler à plein temps dès novembre 2012; elle précisait que son époux touchait des prestations de la caisse de chômage depuis une année et que sa fille était âgée de douze ans. Le rapport de l'enquêtrice détaille la situation financière du ménage et rien ne permet de douter de la réalité des revenus et charges qui y sont énumérés. Par ailleurs, les questions et détails liés au droit du mari de l'intimée à l'indemnité de chômage ne sont pas déterminants; dès l'instant où celui-ci était sans emploi, il est plausible que l'intimée aurait en toute circonstance cherché à augmenter encore plus son taux de travail si son état de santé l'avait permis. On ajoutera qu'en novembre 2012, l'âge de la fille du couple était davantage conciliable avec un emploi à temps complet de l'intimée que quelques années auparavant, indépendamment de l'activité de son époux. Comme relevé par l'autorité précédente, l'arrêt 8C_512/2012 cité par la recourante ne lui est d'aucun secours. Comme exposé par la cour cantonale (cf. consid. 4d, p. 12 de l'arrêt attaqué, auquel on peut renvoyer), ce jugement précise que seules les pertes de revenus causées par l'accident indemnisé doivent être prises en compte pour déterminer le gain dont l'assuré est présumé avoir été privé, sans pour autant remettre en cause la jurisprudence relative au calcul de ce gain (cf. consid. 3.2 supra), à laquelle la recourante fait d'ailleurs elle-même référence. Les griefs de la recourante s'avèrent ainsi mal fondés. Pour le reste, la recourante ne critique pas les calculs opérés par les premiers juges, qui leur ont permis de conclure à l'absence d'une surindemnisation de l'intimée, quelle que soit la période de calcul considérée (à savoir celle du 14 novembre 2010 au 31 août 2016 ou celle du 28 janvier 2013 au 31 août 2016). Le point - évoqué dans le recours - de savoir laquelle de ces périodes est déterminante peut donc rester indécis.