Citation: 1E.2/2001 05.06.2001 E. 5

5.- La recourante s'oppose à l'envoi en possession anticipé en faisant valoir que la réalisation immédiate des travaux, à cause du déboisement et de la modification de la configuration du terrain, aurait des effets irréversibles sur la beauté du site, qui ne pourrait plus être appréciée au moment de l'estimation de la valeur vénale de la parcelle. Cette mesure empêcherait également de constater que les arbres plantés sur la bande de terrain litigieuse ne constituent qu'une haie sans caractère forestier. Elle se plaint d'une violation de l'art. 76 al. 4 LEx. a) Conformément à l'art. 76 al. 4 LEx, la prise de possession anticipée doit être autorisée à moins que cette mesure ne rende l'examen de la demande d'indemnité impossible ou que cet examen ne puisse être assuré par des mesures de la commission d'estimation telles que prises de photographies, d'esquisses. L'art. 18k al. 3 LCdF complète la réglementation de l'envoi en possession anticipé, en disposant notamment que l'expropriant est présumé subir un préjudice sérieux s'il ne bénéficie pas de cette autorisation. b) Les constatations nécessaires, selon la recourante, à l'examen de la demande d'indemnité se rapportent à la nature et aux caractéristiques paysagères d'une série d'arbres qui ont déjà été abattus. Il ressort de la réponse au recours que ce défrichement est intervenu alors que la décision attaquée pouvait être considérée par l'expropriant comme exécutoire, puisqu'elle n'avait pas fait l'objet d'un recours assorti de l'effet suspensif. Le dépôt d'un recours auprès du Tribunal fédéral, trois semaines après la date prévue et annoncée par l'expropriant pour le début des travaux, n'était en outre pas prévisible, dès lors que l'ancien propriétaire - qui avait toujours le statut de partie expropriée après la notification de la décision attaquée - ne s'était pas opposé à l'envoi en possession anticipé. Dans ces conditions, il n'est pas certain que la recourante conserve un intérêt actuel et pratique à ce qu'il soit statué sur ses conclusions (cf. ATF 123 II 285 consid. 4 p. 286). Cette question peut toutefois demeurer indécise. c) Il ressort en effet du dossier que la nature et les caractéristiques de la bande boisée litigieuse ont été examinées dans le cadre de la procédure d'approbation des plans, notamment par les autorités compétentes en matière forestière. La recourante elle-même a produit des photos de cette haie. On ne voit pas en quoi, après la prise de possession, la Commission fédérale d'estimation pourrait être entravée lorsqu'elle aura à déterminer la valeur vénale de ce terrain. Cette autorité n'a donc manifestement pas violé les règles des art. 76 al. 4 LEx et 18k al. 3 LCdF. Les griefs de la recourante sont, à ce propos, mal fondés.