Citation: 6B_143/2022 E. 1.3.1

1.3.1. En l'espèce, la cour cantonale a jugé que, sur le plan objectif, la culpabilité de la recourante était très lourde. Agissant d'une manière particulièrement intense, la recourante avait en effet tout mis en oeuvre, avec son amant, pour ôter la vie de son époux C.________. Après s'être joué de la confiance de sa victime pour s'introduire dans son appartement, la recourante l'avait contraint à boire un breuvage mortel, sous la menace d'un fusil, et lui avait ensuite fait vivre un véritable enfer en allant jusqu'à lui entailler les poignets. Avant de parvenir à s'enfuir dans un appartement voisin, C.________ avait ainsi été empoisonné, passé à tabac, poussé dans un escalier et coupé aux poignets de manière à ce qu'il se vide de son sang. Ce dernier n'avait du reste survécu aux assauts répétés de la recourante que parce qu'il avait démontré une résistance extraordinaire au poison administré et fait preuve d'un courage exemplaire. Les actes commis étaient d'autant plus choquants, et traumatisants pour l'époux, qu'il s'était vu dupé et agressé par la femme avec il s'était décidé, quelques mois plus tôt, à partager sa vie. Sous l'angle subjectif, la culpabilité de la recourante était tout aussi lourde. Son comportement réalisait dans une large mesure toutes les hypothèses mentionnées à l'art. 112 CP. La recourante avait en effet fait preuve d'une absence particulière de scrupules à plusieurs égards. Alors qu'elle aurait aisément pu se protéger de l'homme dont elle avait prétendument peur, sans attenter à sa vie, elle avait non seulement froidement prémédité son acte, mais s'était ensuite acharnée à lui ôter la vie en remarquant qu'il luttait pour survivre. La recourante avait en outre mûrement réfléchi à la façon de faire passer la mort de son époux pour un suicide et pris toutes les dispositions nécessaires pour s'assurer que son entreprise soit un succès, ceci aussi bien avant son départ pour U.________ depuis Lisbonne que pendant la durée du voyage. Alors que le trajet de plus de 18 heures aurait pu l'amener à abandonner son funeste projet, la recourante en avait au contraire profité pour acheter tout le matériel dont elle avait besoin. Le temps à disposition de la recourante entre l'élaboration du plan et sa mise en oeuvre confirmait en outre que les faits en cause n'étaient pas la conséquence d'une impulsion soudaine mais bien le résultat d'un stratagème exécuté avec froideur, la recourante n'ayant nullement perdu ses moyens le jour des faits, ni eu la moindre hésitation. Après avoir observé son époux agoniser sous l'effet du poison, elle était ensuite restée de marbre en le voyant se vider de son sang, ayant de surcroît eu la présence d'esprit à déposer les empreintes de sa victime sur le manche du couteau avec lequel elle l'avait blessé. Après avoir commis ses actes, la recourante était encore parvenue à garder son calme, elle et son acolyte ayant pris la fuite en emportant avec eux les objets susceptibles de les incriminer et s'étaient ensuite assurés de les faire disparaître en les jetant à des endroits distincts. Voyant qu'ils ne pourraient pas quitter la Suisse depuis l'aéroport de Genève, ils se sont déplacés jusqu'à l'aéroport de Paris-Orly, avant de pouvoir embarquer dans un avion à destination de Madrid, puis dans un autre vers Rio de Janeiro (cf. arrêt attaqué, consid. 4.2 p. 14 s.).