Citation: U 67/05 24.05.2006 E. 4

4.1 Selon les premiers juges, la présence d'un éclat d'os, et non d'un cartilage, dans le plat en question n'est pas établie. Le recourant avait émis une hypothèse, lors de l'événement, en raison de la douleur ressentie et du fait qu'il pensait impossible qu'une dent se casse sur un cartilage. Mais la dent en cause avait été soignée, avait subi un traitement radiculaire et était couronnée; elle pouvait se casser facilement en mastiquant un cartilage de lard, comme l'avait précisé le médecin-dentiste. De plus, un éclat de cartilage ne se distingue pas d'un éclat d'os. Ainsi, les premiers juges ont retenu que le recourant n'avait pas apporté la preuve de la présence d'un facteur extérieur extraordinaire, ni ne l'avait rendue vraisemblable, motif pour lequel le tribunal l'a débouté de sa demande. D'autre part, la présence d'un morceau de cartilage dans un petit lardon ne pouvait être qualifiée d'extraordinaire, même si l'on voulait faire une distinction entre lardon ordinaire et lardon supérieur. 4.2 Le recourant fait grief à la juridiction cantonale d'avoir étendu la contestation à la présence de cartilage. Il fait valoir que le procès-verbal de comparution personnelle du 19 octobre 2004 ne reflète pas complètement la vérité et qu'il est faux de lui faire dire que « je ne peux pas exclure qu'il s'agissait de cartilage ». Dans sa lettre du 3 mai 2004, le recourant a déclaré qu'il avait été victime le 15 avril 2004 d'un « accident masticatoire », survenu dans un restaurant de Provence lors de la consommation d'une tranche de lard contenant un petit éclat d'os. Dans sa lettre du 13 mai 2004, celui-ci a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une tranche de lard au sens d'oeufs accompagnés de bacon, mais de très petites tranches de lard plus communément appelés « lardons » inclus dans une tartiflette au reblochon et aux pommes de terre. Lors de la comparution personnelle du 19 octobre 2004, le recourant a déclaré que ce qui lui avait fait dire qu'il s'agissait d'un petit bout d'os, c'était la douleur ressentie et le petit éclat qu'il avait constaté après. L'hypothèse la plus vraisemblable pour lui est qu'il s'agissait d'un éclat d'os. Le recourant avait déclaré le 3 mai 2004 qu'il provenait de la tranche de lard, ce qui était une supposition. Ce qui est sûr, c'est qu'il venait de la tartiflette. Il résulte de ces déclarations que ce qui a fait dire au recourant qu'il s'agissait d'un petit bout d'os, c'est la douleur ressentie et le petit éclat qu'il a constaté après. Cela n'est pas suffisant, toutefois, pour apporter la preuve de l'existence d'un facteur extérieur extraordinaire. Les indications plus circonstanciées données après coup par le recourant devant la Cour de céans ne sont pas prouvées. Rien ne permet d'exclure que l'atteinte soit due à un banal acte de mastication ou que l'objet mâché soit un morceau de cartilage, lequel ne constitue pas un facteur extérieur extraordinaire (RAMA 1992 n° U 144 p. 83 consid. 2b), à l'inverse d'une esquille dans une saucisse (ATF 112 V 205 consid. 3b; RAMA 1992 n° U 144 p. 83 consid. 2b déjà cité) ou d'un caillou dans un plat de riz (RAMA 1999 n° U 349 p. 478 consid. 3a). Le recourant a lui-même admis qu'il ne pouvait pas exclure qu'il se soit agi de cartilage. Cette déclaration du recourant, qui a été consignée dans le procès-verbal de comparution personnelle du 19 octobre 2004 - au bas duquel celui-ci a apposé sa signature sans en rectifier le contenu - est au bénéfice d'une présomption de vraisemblance, que les affirmations du recourant devant la Cour de céans ne sont pas susceptibles de renverser. Compte tenu des circonstances, il est certes possible, mais nullement établi ni rendu vraisemblable que la lésion dentaire soit la conséquence d'un accident au sens juridique du terme. Il appartient par conséquent à l'assuré de supporter les conséquences de l'absence de preuves de l'existence de faits dont il entend déduire des droits.