Citation: 5A_769/2023 E. 4.3

4.3. Une telle motivation est impropre à remettre en cause le raisonnement de la cour cantonale. Le recourant ne discute en rien les motifs retenus par les juges cantonaux, se bornant à réitérer son point de vue devant le Tribunal de céans, sans même soulever un quelconque grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'appréciation des preuves s'agissant notamment des déclarations du notaire ayant instrumenté le testament du 8 août 2007. Les affirmations purement appellatoires du recourant, qui se fondent essentiellement sur sa propre interprétation desdites déclarations, reprise quasiment telle quelle de son mémoire d'appel (cf. p. 12 dudit mémoire), ne sont pas aptes à valablement démontrer en quoi la cour cantonale aurait apprécié arbitrairement les preuves ou violé le droit fédéral, singulièrement l'art. 626 al. 2 CC, en jugeant, sur la base du contenu du testament, que la défunte souhaitait modifier les parts légales, respectivement ne souhaitait pas le rapport des indemnités dues pour l'occupation par l'intimée de l'appartement considéré. Insuffisamment motivé, le moyen, irrecevable, laisse ainsi intact le constat de la cour cantonale selon lequel l'équilibre des parts légales a été volontairement rompu par la défunte, en sorte que le rapport ne peut être ordonné. Fondé sur un tel constat, le résultat auquel arrive la juridiction précédente est, quoi qu'en dise le recourant, conforme à la jurisprudence, correctement rappelée dans l'arrêt attaqué. Le Tribunal fédéral a en effet suivi l'opinion de la majorité de la doctrine, qui considère que la question du caractère exprès de la dispense de l'art. 626 al. 2 CC ne peut se poser qu'en cas de succession ab intestat ou de succession testamentaire prévoyant des parts égales ou proportionnelles à celles du droit ab intestat. Il considère qu'en modifiant de manière intentionnelle la répartition légale, le défunt a entendu tenir compte des libéralités reçues par les héritiers légaux de son vivant. Dans un tel cas, il n'y a aucune raison de compléter cette volonté, ni de chercher à rétablir entre les héritiers une égalité que le disposant n'a manifestement jamais voulue. Le champ d'application de l'art. 626 al. 2 CC est ainsi réduit aux situations dans lesquelles le défunt n'a pas exprimé sa volonté, ou, du moins, a confirmé, d'une manière ou d'une autre, le système prévu par la loi. En revanche, lorsque celui-ci a, comme constaté en l'espèce à bon droit par la cour cantonale, pris des dispositions pour cause de mort différentes de celles du droit ab intestat, on ne saurait se référer à des règles successorales dont il a précisément voulu s'écarter (ATF 124 III 102 consid. 4 et 5; cf. aussi PIATTI, in Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch II, 7ème éd., 2023, n° 7 ad art. 626 CC; PIOTET, in Commentaire romand, Code civil II, 2016, n° 57 s. ad art. 626 CC).