Citation: 6B_347/2020 E. 3.2

3.2. Selon l'autorité précédente, il était ressorti de l'expertise psychiatrique et de l'audition des experts devant le ministère public que le degré d'alcoolisation du recourant au moment des faits ne pouvait être déterminé que sur la base des propres déclarations de l'intéressé. Si un état d'alcoolisation significatif devait être retenu, la responsabilité du recourant devrait être considérée - en tenant compte de son trouble de la personnalité - comme moyennement restreinte. Dans le cas contraire, seul le trouble de la personnalité devrait conduire à retenir une responsabilité faiblement restreinte. Pour la cour cantonale, le fait que les experts eussent conclu à une responsabilité moyennement retreinte devant le tribunal de première instance - en se fondant sur l'hypothèse d'une alcoolisation significative - n'était pas pertinent, dès lors que ceux-ci avaient, jusqu'à cette audience, y compris dans le rapport d'expertise, relevé qu'il n'était pas possible de déterminer quel avait été le degré d'alcoolisation du recourant. Les experts avaient ainsi procédé à un établissement des faits qui appartenait à la cour cantonale. En l'occurrence, tous les protagonistes avaient indiqué avoir consommé entre deux et trois bouteilles d'alcool fort le soir en question, soit environ une demi-bouteille par personne. Cependant, il était établi que le recourant avait été suffisamment lucide pour donner deux coups à l'intimé avec une batte de baseball, puis pour courir après C.________ sur une distance non négligeable, pour rattraper ce dernier, le frapper à coups de batte, puis pour s'enfuir en entendant les sirènes de police. Le recourant avait ensuite été capable de cheminer jusqu'à l'école du M.________, d'y retrouver ses comparses, d'appeler à plusieurs reprises I.________ et de se débarrasser de la batte de baseball, voire en outre d'un casque. Ces réactions démontraient que le recourant n'avait pas été massivement alcoolisé. Le recourant avait encore été suffisamment lucide et maître de lui pour poser des questions à la police sur les raisons de son contrôle, alors qu'il s'était fait interpeller avec l'un de ses acolytes, pour discuter naturellement et de manière cohérente de leur intervention avec les gendarmes, lesquels, malgré leur expérience, n'avaient pas remarqué de signe d'ébriété chez l'intéressé. Enfin, lors d'une autre agression à laquelle avait pris part le recourant, ce dernier ne semblait pas particulièrement souffrir d'une intoxication significative à l'alcool sur des images issues de la vidéosurveillance - l'intéressé ayant des gestes précis et assurés -, alors qu'il avait bu - selon ses propres déclarations - la même quantité d'alcool fort qu'en marge des faits du lieu-dit des "K.________". D'ailleurs, même si le recourant avait effectivement bu une demi-bouteille d'alcool fort au cours de la soirée, cette consommation s'était faite sur plusieurs heures et après que celui-ci eut pris un repas du soir. Le recourant avait en outre cessé de consommer de l'alcool au mois 45 minutes avant de se rendre au lieu-dit des "K.________". Ainsi, il convenait de retenir que le recourant n'avait pas présenté, au moment des faits, un degré d'alcoolisation significatif, susceptible d'impliquer une diminution supplémentaire de responsabilité.