Citation: 4A_215/2022 E. A

A.a. Le 18 juillet 2008, A.________ SA (ci-après: l'employeuse, la défenderesse ou la recourante) a engagé B.________ (ci-après: le travailleur, le demandeur ou l'intimé), né le... 1972 et originaire de U.________, en qualité d'horloger à compter du 1 er septembre 2008. Le contrat prévoyait un salaire mensuel de 3'800 fr., payé treize fois l'an. À compter du 1er janvier 2015, le salaire a été augmenté à 4'293 fr. brut par mois. A.b. Pendant plusieurs années, la relation de travail s'est déroulée de manière harmonieuse. Selon D.________, chef de l'atelier dans lequel le travailleur était actif, et E.________, responsable de la formation du travailleur puis collègue de celui-ci dans le même secteur, le travailleur fournissait des prestations de travail bonnes à très bonnes. A.c. En 2010, D.________ a été affecté à un autre atelier. F.________ a alors été chargé de distribuer le travail dans l'atelier dans lequel se trouvait le travailleur, sans qu'il ne soit toutefois son supérieur direct. Il est établi que F.________ a tenu des propos à caractères discriminatoire, raciste et menaçant envers le travailleur sur son lieu de travail. Le travailleur a été profondément affecté par les propos et l'attitude de F.________. Dans un premier temps, il s'est plaint du comportement de celui-ci auprès de G.________, du service des ressources humaines, et de H.________, responsable du département dans lequel il travaillait. Celui-ci lui a conseillé de discuter avec F.________. L'employeuse n'a pris aucune autre mesure à ce moment-là. A.d. Durant l'été 2013, le travailleur a continué à se plaindre auprès de l'employeuse de problèmes de climat de travail, notamment avec F.________, et de discriminations. Le 17 septembre 2013, un entretien a eu lieu entre I.________, responsable " atelier assemblage montres ", G.________ et le travailleur. Il ressort du procès-verbal de cet entretien que le travailleur souhaitait travailler dans un autre atelier. Le 1er octobre 2013, le travailleur a été transféré dans un autre département. Il était alors sous la responsabilité de D.________ et n'a plus eu de contact avec F.________. Cette situation n'a toutefois que peu duré. En effet, suite à une réorganisation des locaux de l'employeuse, l'atelier dans lequel le travailleur avait précédemment exercé et le département dans lequel il travaillait depuis octobre 2013 ont été installés dans le même hall et se trouvaient à une distance de l'ordre de 20 à 30 mètres. Le travailleur s'est à nouveau retrouvé confronté à F.________ et a ainsi continué à subir de la discrimination de la part de celui-ci. Il s'en est plaint auprès de sa hiérarchie, mais l'employeuse n'a pas réagi. A.e. En juin 2014, le service des ressources humaines de l'employeuse a préparé une lettre d'avertissement à l'attention du travailleur au sujet d'une diminution de la qualité de son travail. Dite lettre ne lui a toutefois pas été communiquée car D.________ a démissionné avec effet au 31 juillet 2014 et car J.________, nouvellement responsable, souhaitait commencer sur de bonnes bases avec le travailleur. A.f. Au cours de ses vacances à U.________ en juillet 2014, l'intimé a été soigné pour une cystite aiguë et une gastroentérite. Il a été en incapacité de travail à 100 % en juillet et en août 2014. Le travailleur a transmis à l'employeuse un certificat de travail établi le 4 août 2014 par le Dr K.________, selon lequel " il y a[vait] lieu d'envisager un changement d'entreprise dans le cadre du groupe L.________ ". A.g. Suite à sa reprise d'activité le 1 er septembre 2014, le travailleur a été convoqué à deux entretiens d'évaluation qui ont eu lieu les 15 septembre et 14 octobre 2014. Lors du premier entretien, l'avertissement qui n'avait pas été communiqué au travailleur a été annulé. A.h. Le travailleur a été en incapacité de travail à 100 % du 2 au 24 décembre 2014 puis du 8 janvier au 31 août 2015. Il n'est plus revenu à son poste de travail depuis le 8 janvier 2015. A.i. Par courrier du 15 janvier 2015, l'employeuse a signifié un avertissement au travailleur, lui faisant part de sa " grande insatisfaction quant à [son] rendement et à [sa] qualité de travail dans son ensemble ". Par courrier du lendemain, le travailleur, représenté par son assurance de protection juridique, a indiqué à l'employeuse qu'il avait fait l'objet de mobbing, lui a reproché de ne pas avoir pris les mesures nécessaires et l'a mise en demeure de lui verser une indemnité pour tort moral de 20'000 fr. Par courrier du 12 février 2015, l'employeuse a réfuté les accusations du travailleur et n'a pas accédé à sa demande d'indemnité pour tort moral. A.j. En avril 2015, le travailleur s'est, sur requête de l'assureur perte de gain de l'employeuse, soumis à une expertise médicale conduite par le Dr M.________. Celui-ci a retenu un trouble de l'adaptation avec réaction anxieuse et dépressive mixte et conclu à une incapacité de travail totale jusqu'à la résolution du problème professionnel. A.k. Par courrier du 25 juin 2015, l'employeuse a résilié les rapports de travail qui la liaient au travailleur avec effet au 31 août 2015. Le travailleur était alors toujours en incapacité de travail totale. Le 24 août 2015, le travailleur s'est opposé à ce congé, qu'il a qualifié d'abusif. Il a réclamé une indemnité de 27'904 fr. 50 et maintenu sa demande d'indemnité pour tort moral. Le 23 septembre 2015, l'employeuse a contesté tout congé abusif et maintenu sa position. A.l. Entre le 1 er septembre 2015 et le 11 mai 2017, la Caisse de chômage C.________ a versé des indemnités journalières au travailleur pour un montant net total de 55'880 fr. 75.