Citation: BGE 149 III 451 E. 6.2.3

En l'occurrence, il résulte des constatations de l'arrêt querellé que les travaux de creuse et de remblayage autour du bâtiment ont été effectués afin de remettre à l'endroit la feuille de plastique alvéolée assurant l'étanchéité du bâtiment; il apparaît donc qu'ils ont été convenus en cours de chantier, en vue de corriger une erreur. Par ailleurs, l'employé de la recourante qui a exécuté ces travaux a déclaré en audience avoir enlevé la terre afin de dégager la feuille d'étanchéité avant de remblayer à nouveau la tranchée et il ne ressort pas du dossier, notamment de la facture du 28 août 2017 relative à ces travaux, que leur exécution aurait impliqué un transport de matériaux ou déblais. Partant, on ne discerne pas en quoi ils formeraient un tout avec les prestations de transport exécutées par la recourante sur le chantier. S'agissant des travaux réalisés sur la rampe d'accès, la recourante ne s'en prend pas à la motivation de la cour cantonale selon laquelle les livraisons effectuées ultérieurement, soit d'août à mi-octobre 2017, ne paraissaient pas être liées à cette partie de l'immeuble. Quoi qu'il en soit, il ressort de l'intitulé de la facture du 23 octobre 2017 que ces travaux comprenaient à la fois le transport de machines, le terrassement de la rampe, le transport et la décharge de déblais. L'intimée relève par ailleurs dans sa réponse - sans que la recourante le conteste en déposant une réplique - que la facture précitée mentionnait une quantité de déblais à extraire identique à celle à transporter et à évacuer; en outre, le directeur de la recourante avait indiqué lors de son audition que les travaux relatifs à cette facture étaient des travaux de sous-traitance qui avaient fait l'objet d'un accord à prix forfaitaire pour la creuse ainsi que pour le transport et la mise en décharge et qu'ils étaient dès lors facturés sur une base de calcul différente de ceux demandés au jour le jour. Au vu de ces éléments, l'on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir considéré que les travaux effectués sur la rampe d'accès, soit des travaux qui portaient sur une partie précise de l'immeuble, en incluant des prestations ponctuelles de terrassement et d'excavation, et qui ont donné lieu à une convention séparée globale prévoyant BGE 149 III 451 S. 465 un tarif particulier, ne formaient pas, matériellement et économiquement, une unité avec les activités de transport de matériaux et de déblais que la recourante a réalisées pendant toute la durée du chantier. Il suit de là que, pour autant que suffisamment motivé, le moyen tiré de l'unité fonctionnelle que formeraient les travaux de transport avec les autres travaux protégés par le gage doit être rejeté.