Citation: 7B.150/2002 27.08.2002 E. 2

A l'appui de son grief de violation de l'art. 17 LP, le recourant fait valoir que l'autorité cantonale de surveillance a fait preuve d'un excès de formalisme dans son appréciation de la tardiveté de la plainte. 2.1 Le délai de plainte de 10 jours est un délai péremptoire et son observation une condition de recevabilité qui doit être vérifiée d'office (ATF 102 III 127; Gilliéron, op. cit., n. 222 s. ad art. 17 et les références; Amonn/Gasser, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 6e éd., Berne 1997, § 6 n. 31, § 11 n. 10 et 11). Selon les constatations de la décision attaquée, la plainte du 27 juin 2002 était clairement dirigée, tant dans sa motivation que dans ses conclusions, contre la décision de l'office du 2 mai 2002. Comme telle, elle était donc manifestement tardive. Elle n'a été étendue à la mesure de gérance légale qu'à l'audience du 3 juillet 2002. Cette extension de la plainte était également tardive, puisque le plaignant avait reçu l'avis concernant la mesure en question le 21 juin 2002, soit plus de 10 jours auparavant. Mal fondé, le grief doit donc être rejeté. 2.2 L'autorité cantonale de surveillance ne se trouvait d'ailleurs pas en pré-sence d'un cas où, malgré la tardiveté de la plainte, elle aurait dû constater d'office la nullité de la mesure contestée (art. 22 al. 1 LP). En effet, selon les constatations de la décision attaquée, le créancier s'était simplement trompé dans la désignation de la cédule hypothécaire mentionnée dans le comman-dement de payer, et une série de pièces produites venait corroborer prima facie l'argumentation de sa demande en justice tendant à la constatation de sa créance, par 2'175'951 fr., et de son droit de gage immobilier sur la parcelle en cause. La situation n'était donc pas celle d'une poursuite en réalisation de gage impossible (ATF 49 III 180) ou manifestement abusive (ATF 115 III 18).