Citation: 5A_982/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a d'abord jugé que la débitrice soutenait, à juste titre, que la saisie de salaire mensuelle de 16'316 fr. 90 ordonnée le 8 novembre 2023 faisait figurer de manière erronée la Caisse des médecins comme étant son employeur. En effet, l'employeur de la débitrice était B.________ Sàrl. L'Office avait cependant corrigé cette erreur en modifiant sa décision le 10 novembre 2023 et avait adressé l'avis de saisie de salaire de 16'000 fr. par mois à B.________ Sàrl. Néanmoins, cette décision n'avait pas pu être notifiée à cette société, de sorte qu'elle ne pouvait pas être prise en compte. Par conséquent, un nouvel avis concernant la saisie de salaire de la plaignante devait être notifié à son employeur, B.________ Sàrl. La cour cantonale a ensuite constaté que l'Office s'était basé sur le relevé du compte privé de la débitrice du 1er janvier au 31 août 2023 pour établir son revenu. Il ressortait de l'analyse de ce compte des entrées pour un montant total de 50'563 fr. 80 sur une période de 8 mois, soit 6'320 fr. 45 par mois, ainsi que des entrées pour un montant total de 184'983 fr. 50 duquel ont été déduits les paiements liés à l'activité de la débitrice, soit 107'300 fr., pour parvenir à une somme de 77'683 fr. 50 sur une période de 8 mois, soit CHF 9'710 fr. 45 par mois. Par conséquent, il résultait de son compte privé que la débitrice avait disposé librement de 16'030 fr. 90 par mois. Elle disposait en outre d'une rente AVS de 1'585 fr. par mois, qui n'était pas saisissable conformément à l'art. 92 LP. Faute pour la débitrice d'avoir fourni d'autres pièces probantes, l'autorité cantonale a jugé qu'on ne pouvait faire grief à l'Office d'avoir estimé ses ressources en faisant une moyenne des sommes reçues sur son compte privé, déduction faites des paiements liés à son activité. En effet, la débitrice avait prétendu, le 25 mai 2023, qu'elle n'avait pas de biens ou de revenus saisissables, alors que tel n'était pas le cas, et elle n'avait pas daigné produire la comptabilité pour l'année 2022 - ni celle pour l'année 2021 d'ailleurs - de la société dont elle est gérante avec signature individuelle, malgré les nombreuses demandes de l'Office, arguant notamment qu'elle n'avait pas été établie alors qu'elle était effectuée par une fiduciaire. La comptabilité sommaire établie par la débitrice elle-même, tant pour la société qu'à titre privé, n'était ni cohérente ni fiable en regard du relevé de son compte privé et n'était pas apte à établir ses revenus.