Citation: 5A_2/2023 E. 3.1

3.1. Pour juger si les conditions d'une créance fondée sur l'art. 678 al. 2 CO étaient rendues vraisemblables, l'autorité cantonale a examiné le reproche fait par la recourante au premier juge d'avoir ignoré l'ensemble des éléments démontrant que sa situation financière ne lui permettait pas de procéder aux versements effectués en mains de l'intimé en 2017, car ceux-ci étaient en disproportion évidente avec sa situation économique. Elle a alors retenu que la période pertinente pour juger de la disproportion des versements était l'année 2017 et que les états financiers de la recourante à cette époque ne faisaient pas état d'un surendettement ou d'une situation économique précaire, ses fonds propres nets s'élevant à 2'617'745 fr. 16. A titre subsidiaire, elle a ajouté que, dans son rapport d'une seule page du 9 juin 2017, le réviseur de la recourante ne faisait que supposer, en employant le conditionnel, qu'une réévaluation des participations de celle-ci dans ses filiales pourrait la mettre en situation de surendettement, sans autre précision. Le seul fait que les fonds propres nets de G.________ LLC et F.________ SA se montaient à 1'153'213 fr. 83 au 31 décembre 2016, ne permettait pas de rendre vraisemblable que la correction du montant de 4'955'000 fr., retenu à titre de participations dans les bilans de la recourante, mettrait celle-ci dans une situation financière précaire. Il n'était pas non plus rendu vraisemblable que F.________ SA aurait enregistré une perte de capital à hauteur de 46'786 fr. 17, montant que la recourante n'expliquait pas. Par ailleurs, la surévaluation des participations de la recourante dans ses filiales n'avait pas été rectifiée lors de la correction de ses comptes 2013 à 2018, fondée sur le rapport du réviseur du 9 juin 2017 et soumise à l'assemblée générale du 17 décembre 2020. Compte tenu notamment de ces éléments, l'autorité cantonale a considéré que la recourante ne rendait pas vraisemblable que les versements litigieux étaient intervenus en disproportion évidente avec sa situation financière. L'autorité cantonale a ensuite examiné le grief de la recourante qui, en se fondant sur les rapports de H.________ SA du 17 juin 2020 et de I.________ SA des 23 septembre 2021 et 25 août 2022, soutenait que les versements litigieux auraient été exécutés alors que la créance découlant du contrat de prêt du 7 novembre 2013 n'était pas exigible. Elle a alors considéré que le premier juge avait assimilé à juste titre ces rapports à des expertises privées, qui ne constituaient donc que de simples allégations de partie, non corroborées par d'autres moyens de preuve. Subsidiairement, elle a relevé que le rapport de H.________ SA n'expliquait d'ailleurs pas les raisons pour lesquelles le remboursement du prêt octroyé par l'intimé ne pourrait intervenir que par une diminution du capital social ou un produit de liquidation de G.________ LLC, en particulier pourquoi ce remboursement devrait être traité différemment de celui dû à C.________. Quant aux rapports de I.________ SA, celle-ci avait admis, lors de l'assemblée générale du 5 novembre 2021, que son appréciation se fondait sur les explications fournies par l'ancien conseil de la recourante; sa précision subséquente selon laquelle il s'agissait en fait de sa propre position n'était pas convaincante. I.________ SA avait d'ailleurs dit que sa position se fondait sur des documents strictement internes, sans aucune autre précision, et elle ne discutait pas les conditions d'application de l'art. 678 al. 2 CO, en particulier la prétendue situation financière précaire de la recourante lors des versements litigieux. En outre, I.________ SA avait admis que les conclusions de ses rapports, à savoir que lesdits versements constitueraient des prestations indues soumises à restitution, dépendaient de l'issue de la procédure civile encore pendante en annulation des décisions prises lors de l'assemblée générale. L'autorité cantonale a conclu qu'il n'était pas vraisemblable que les conditions de l'art. 5 du contrat de prêt du 7 novembre 2013 n'étaient pas remplies au moment des versements litigieux. Dans une dernière motivation, l'autorité cantonale a jugé qu'il était en outre vraisemblable que les versements litigieux avaient été exécutés sur l'initiative de la recourante. En effet, à teneur des courriels du 12 juillet 2017, il semblait que E.________, administratrice de la recourante, et C.________, seul mis en copie, étaient les initiateurs du remboursement des prêts octroyés par ce dernier et l'intimé. Ce n'était qu'après avoir eu l'aval de la fiduciaire de la recourante que E.________ avait requis l'accord de l'intimé pour procéder aux versements litigieux. Dans ces circonstances, il ne saurait être reproché à ce dernier d'avoir approuvé lesdits versements, préalablement requis par d'autres membres du conseil d'administration et autorisés par la fiduciaire de la recourante. Cette autorisation renforçait d'ailleurs la thèse selon laquelle les versements litigieux n'étaient pas disproportionnés par rapport à la situation économique de la recourante. Au vu de l'ensemble de ce qui précède, l'autorité cantonale a considéré que le premier juge était fondé à retenir que la recourante n'avait pas rendu vraisemblable l'existence d'une créance fondée sur l'art. 678 al. 2 CO.