Citation: 2C_369/2024 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, la recourante 3, âgée de 12 ans lors du jugement cantonal de dernière instance, est en 8ème HarmoS. Elle pourrait ainsi a priori se prévaloir de l'art. 3 par. 6 Annexe I, en regard de son âge à tout le moins. Il ressort toutefois des faits constatés, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), que le recourant 1 a annoncé son arrivée en Suisse le 14 mai 2018 et a alors été mis au bénéfice d'une autorisation de séjour UE/AELE avec activité lucrative valable. Pour leur part, les recourantes 2 et 3 ont annoncé leur arrivée en Suisse le 1er avril 2022. Or, la famille est entrée illégalement dans le pays en 2016 déjà, ce que les recourants 1 et 2 ont admis durant la procédure devant le Tribunal cantonal, et c'est à la rentrée 2016 que la recourante 3 a été scolarisée. Il en découle que cette dernière ne s'est pas installée en Suisse lorsque son père exerçait des droits de séjour en tant que travailleur migrant, ce qui constitue pourtant une condition pour pouvoir bénéficier d'un droit en application de la jurisprudence Baumbast précitée (cf. supra consid. 5.1 et arrêt 2C_631/2023 du 13 septembre 2024 consid. 5.2.3). Au vu de ce qui précède et quoi qu'en disent les recourants, il n'importe dès lors pas que le recourant 1 ait exercé une activité lucrative de 2018 à 2020 et que les ressortissants de nationalité roumaine aient disposé de la libre circulation complète depuis 2019, de sorte que les titres de séjour sont devenus de nature déclaratoire. En effet, la reconnaissance d'un droit de séjour fondé sur l'art. 3 al. 6 Annexe I ALCP implique au préalable un regroupement familial conforme au droit de l'enfant auprès de son parent citoyen de l'Union européenne. La jurisprudence Baumbast ne peut en revanche pas permettre à un enfant qui demeure en Suisse illégalement et qui n'a jamais obtenu de titre de séjour d'en obtenir un, puis à ses deux parents d'en déduire à leur tour un droit de séjour dérivé en Suisse. Dans ces circonstances, on ne voit pas que la recourante 3 puisse, plusieurs années plus tard, tirer argument du fait que son père ait exercé une activité lucrative de 2018 à 2020 et qu'elle aurait ainsi eu, par le passé, un droit au regroupement familial, ce qui n'est au demeurant pas clairement établi. Le fait que l'effet déclaratoire de l'autorisation de séjour vaille également pour les droits dérivés (cf. arrêt 2C_900/2012 du 25 janvier 2013 consid. 3.1) n'y change donc en l'espèce rien, quoi qu'en disent les recourants.