Citation: 1B_106/2009 29.05.2009 E. 3

Le recourant conteste l'existence d'un risque de réitération. Il aurait cessé spontanément ses agissements en 2007, avant l'ouverture de la procédure pénale, et il suit volontairement une thérapie depuis le mois de mars 2008; depuis sa mise en liberté, il n'aurait commis aucune infraction. Les deux rencontres, dont l'une serait fortuite, avaient eu lieu en présence de la mère. Le recourant conteste également la légalité de sa détention: une violation d'une règle de conduite ne constituerait pas un motif légal de mise en détention. 3.1 Selon la jurisprudence, le maintien en détention préventive n'est admissible que si le pronostic de récidive est très défavorable et si les délits à craindre sont de nature grave. La simple possibilité, hypothétique, de commission de nouvelles infractions de même nature, ou la vraisemblance que soient commises des infractions mineures, sont des motifs insuffisants (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62). La jurisprudence se montre moins sévère dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Autant que possible, l'autorité doit tenter de substituer à la détention toute autre mesure moins incisive propre à atteindre le même résultat (ATF 123 I 268 consid. 2c et e p. 270/271 et les arrêts cités). 3.2 Contrairement à ce que prétend le recourant, son incarcération repose sur une base légale suffisante. Lorsqu'existe un motif de détention au sens de l'art. 59 CPP/VD, l'autorité peut, conformément au principe de la proportionnalité, ordonner une mise en liberté moyennant certaines conditions propres à pallier le risque de fuite, de collusion ou de réitération (ATF 123 I 268 consid. 2c p. 271). Une réincarcération peut dès lors être ordonnée si le prévenu ne respecte pas les règles de conduite qui lui sont imposées. Il ne s'agit pas de sanctionner cette violation, mais d'en tenir compte comme un fait nouveau susceptible de conduire à une nouvelle appréciation des risques de fuite, de réitération ou de collusion (cf. MURBACH/BOCQUET, Procédure pénale genevoise, Chambre d'accusation, la détention provisoire au regard de la jurisprudence actuelle et du futur Code de procédure pénale suisse, SJ 2009 II p. 1 ss, 42-43). 3.3 En l'occurrence, le recourant a violé à deux reprises l'obligation qui lui était faite de s'abstenir de tout contact, direct ou indirect, avec la victime. Il s'est rendu en vacances à l'étranger avec celle-ci, accompagné de sa mère. Cela constitue une violation particulièrement grave des obligations qui lui étaient faites puisque les agissements du recourant échappaient ainsi à tout contrôle de l'autorité. Le recourant devait tout aussi clairement s'abstenir, lors de la rencontre de décembre 2008 à Verbier, d'inviter A.________ et sa mère au restaurant. Le Juge d'instruction était légitimé à penser, sur le vu de ces faits, que le recourant ne parvenait pas à maîtriser ses pulsions, ce qui impliquait un risque de récidive évident. 3.4 Il en va de même du risque de collusion. Compte tenu de la relation ambiguë que le recourant paraît avoir gardée avec la mère de la victime, et de son ascendant sur cette dernière, on ne saurait écarter la possibilité qu'il tente d'influencer la victime et de la faire revenir sur tout ou partie de ses déclarations.