Citation: 4C.371/1999 08.03.2000 E. A

A.- a) Le 13 juillet 1995, Christa Günter et Mission Impossible S.à r.l. (ci-après: Mission Impossible) ont signé une convention aux termes de laquelle la seconde reprenait le fonds de commerce que la première exploitait à Genève, sous la forme d'une boutique de mode de prêt-à-porter, dans des locaux qu'elle sous-louait. Christa Günter était décrite, dans ladite convention, comme étant propriétaire du magasin. Elle remettait son commerce vide et sans stock. La vente portait sur le fonds de commerce proprement dit et son prix était fixé à 160 000 fr. Les parties ont soumis leur accord à une condition consistant dans l'établissement d'un nouveau bail en faveur de la société reprenante; à ce défaut, l'acompte de 15 000 fr. payé par celle-ci à la signature du contrat lui serait remboursé. La convention était valable jusqu'au 1er septembre 1995 avec prorogation jusqu'au 1er octobre 1995 si le nouveau bail n'était pas conclu dans l'intervalle. b) Un différend a surgi entre les parties peu de temps après la signature de la convention. En effet, Mission Impossible estimait avoir été trompée par sa cocontractante, à qui elle reprochait de lui avoir caché le fait qu'elle n'était au bénéfice que d'un bail de sous-location. Finalement, après l'avoir sommée en vain d'exécuter la convention, Christa Günter a signifié à Mission Impossible, par lettre du 6 octobre 1995, qu'elle s'estimait libre de proposer son commerce à des tiers et qu'elle demanderait réparation du dommage subi du fait de l'inexécution de la convention. En réalité, Christa Günter, à la suite du désistement de Mission Impossible, a dû poursuivre l'exploitation de sa boutique, mais dans des conditions différentes. Elle a refusé de restituer les 15 000 fr. d'acompte.