Citation: 4A_148/2022 E. 5.1

5.1. Contrairement au client, qui invoquait que l'avocat aurait manqué d'indépendance en acceptant sans limitation la plupart de ses sollicitations concernant des séances et des conférences téléphoniques, la cour cantonale a retenu que l'avocat n'avait pas violé son devoir de diligence. Confirmant le raisonnement des premiers juges, elle a relevé que l'avocat avait adressé au client des notes d'honoraires périodiques, mentionnant en détail les opérations effectuées et les coûts y relatifs, et que le client, homme d'affaires expérimenté ayant fait preuve d'une très bonne compréhension des enjeux procéduraux et ayant suivi de près toutes les étapes des différentes procédures, avait très rapidement pu se rendre compte du coût que représentaient les séances et les entretiens téléphoniques avec son avocat. Comme l'avait relevé l'expert judiciaire, le client avait, dès la première facture, pu mesurer en temps et en argent ce que ses contacts extraordinairement fréquents avec son avocat représentaient. De plus, le client avait payé les factures de l'avocat durant plus de deux ans sans aucune protestation, tout en continuant à solliciter son conseil dans la même mesure. Il ressortait du rapport d'expertise que le client s'était montré exigeant et demandant envers ses conseils et que ses demandes nécessitaient un temps de réaction très court et un engagement total. Le client n'avait par ailleurs ni allégué ni prouvé la vulnérabilité dans laquelle il se serait trouvé. S'agissant du reproche du client selon lequel l'avocat aurait suivi aveuglément ses instructions même lorsqu'elles étaient inadéquates ou inopportunes, la cour cantonale a considéré que " [le client] aurait maintenu ses instructions même si l'[avocat] l'avait informé du caractère inopportun ou déraisonnable de certaines démarches ". À l'instar des premiers juges, elle a notamment retenu que le client était déterminé à entreprendre les démarches litigieuses, de sorte qu'un consentement hypothétique devait lui être opposé. Par ailleurs, la cour cantonale a considéré qu'aucun manquement ne pouvait être reproché à l'avocat s'agissant de l'adéquation des moyens mis en oeuvre par rapport aux moyens financiers du client et aux enjeux financiers du litige. Elle a souligné que l'expert judiciaire avait relevé que la situation patrimoniale du client était complexe et justifiait la collecte et l'analyse par l'avocat des informations nécessaires et que l'avocat n'avait pas indûment assumé des tâches qu'il aurait facilement pu transmettre à des tiers ou laisser aux soins de son mandant. L'expert judiciaire avait aussi considéré qu'il ne paraissait pas déraisonnable d'avoir sollicité un avis de droit du Prof. I.________ et qu'il n'était, de surcroît, pas établi que les honoraires eussent été moins élevés si les recherches et l'analyse avaient été effectuées par l'avocat lui-même. Le client avait par ailleurs lui-même insisté pour que le Prof. I.________ rédigeât un avis de droit et avait attaché de l'importance à être conseillé par plusieurs mandataires.