Citation: 5C.195/2000 12.12.2000 E. 5

5.- L'action prévue par l'art. 153 al. 2 aCC permet d'adapter le premier jugement aux circonstances nouvelles (ATF 117 II 368 consid. 4b p. 369). La modification doit être sensible et durable et ne devait pas pouvoir être prévue au moment du divorce (ATF 117 II 211 consid. 5a p. 217; 117 II 359 consid. 6 p. 367). La rente de l'art. 151 aCC étant une "équitable indemnité", sa fixation relève du pouvoir d'appréciation du juge, qui se prononce en tenant compte de toutes les circonstances importantes, selon les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). Le Tribunal fédéral se montre réservé en la matière: il n'intervient que si l'autorité cantonale s'est fondée sur des éléments qui ne sont pas pertinents, ou a omis de tenir compte de facteurs essentiels, ou bien encore si le montant arrêté paraît manifestement inéquitable dans le cas particulier (ATF 107 II 406 consid. 2c p. 410). a) On peut se demander si les conditions pour admettre une modification (diminution) de la rente étaient réalisées dans le cas particulier, dès lors que les circonstances nouvelles invoquées (retraite du débirentier avec changement de la situation économique des parties) étaient vraisemblablement prévisibles au moment du divorce. L'intimée n'ayant pas contesté ce point en recourant elle-même en réforme, la question n'a pas à être tranchée. b) Le recourant s'est engagé à payer des rentes d'un montant total de 3'508 fr. par mois en fonction d'un revenu mensuel net de 13'085 fr. Son revenu mensuel actuel est de 9'184 fr., montant auquel s'ajoute le revenu de sa fortune. Dans ces circonstances, la réduction de la rente de 3'500 fr. à 2'800 fr. s'avère correcte. Elle se fonde sur des éléments pertinents, tient compte des facteurs essentiels et ne saurait être qualifiée de manifestement inéquitable. On relève au surplus que la situation de l'intimée n'est pas telle qu'elle justifierait une réduction plus importante. L'intimée subit en effet un déficit de prévoyance professionnelle qui doit être compensé par le maintien d'une rente importante après l'âge de la retraite. Il résulte de ce qui précède que le recours doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.