Citation: 5A_182/2018 E. 3.4.1

3.4.1. Il ressort des allégations concordantes des parties que l'intimé a été le gérant de la SCI et qu'il a été démis de ses fonctions en 2014. La recourante a été (selon les déclarations de l'intimé) ou est encore (selon ses propres déclarations) actionnaire de cette société aux côtés de ses quatre fils. Devant le Tribunal, la recourante a allégué avoir acquis avant le mariage un appartement à X.________, lequel aurait été grevé d'une cédule hypothécaire de 250'000 fr. en faveur de son futur époux. Après la vente de cet appartement en juillet 1997, l'intimé aurait utilisé le produit de cette vente pour rembourser sa cédule hypothécaire et " s'approprier " le solde du prix de vente, en consentent toutefois à la recourante une hypothèque de 6'450'368 fr. français sur la villa " G.________ " (à savoir 1'612'592 fr. selon elle) lui appartenant. La somme prétendument prêtée par l'intimé correspondrait ainsi en réalité au montant de la créance de la recourante contre lui, garantie par l'hypothèque. L'intimé a quant à lui indiqué avoir exercé la profession de gérant de fortune, qui avait permis aux époux de mener un train de vie très confortable; dès 1996, il avait ensuite connu d'importantes difficultés professionnelles, financières et judiciaires qui l'avaient conduit à sa " ruine personnelle ". L'intimé a par ailleurs déclaré avoir acquis, avant le mariage, la villa " G.________ " à V.________, dans laquelle les époux avaient vécu jusqu'en juillet 2002; la maison avait par la suite été vendue au prix de 3'201'429 EUR 36, montant sur lequel il avait prêté à son épouse la somme de 1'439'199 EUR 53 qu'il lui réclame aujourd'hui, pour financer, à travers la SCI, l'acquisition de la villa au lieu-dit de D.________ à V.________; cette propriété, dans laquelle les époux avaient vécu jusqu'en juillet 2010, avait ensuite été vendue par la SCI pour acquérir " E.________ " à W.________.