Citation: U 323/04 30.08.2005 E. 3

3.1 La juridiction cantonale a procédé à l'évaluation de l'invalidité du recourant selon la méthode générale de comparaison des revenus. Elle a considéré que celui-ci avait réalisé un revenu annuel net moyen de l'ordre de 30'000 fr. durant la période entre 1991 et 1995 et qu'il y avait lieu de retenir comme revenu de la personne valide un revenu annuel net moyen inférieur à 30'000 fr. environ. D'autre part, les premiers juges ont établi qu'à la suite de l'atteinte au membre inférieur gauche, le recourant présentait une capacité totale de travail dans une activité adaptée en position assise ou semi-assise. Dans le calcul du revenu d'invalide, ils se sont référés aux données statistiques, telles qu'elles résultent des enquêtes sur la structure des salaires de l'Office fédéral de la statistique, et ont retenu un salaire de référence de 45'257 fr. 40 par année dans un emploi non qualifié, compte tenu d'une réduction de la capacité économique de 15 %. Même avec un abattement de 25 %, le revenu hypothétique d'invalide était de 39'933 fr. (valeur 2000), donc sensiblement supérieur au gain effectif sans invalidité. Dès lors, faute d'être invalide, le recourant n'avait pas droit à une rente d'invalidité de l'assurance-accidents. 3.2 De l'avis du recourant, seule la procédure extraordinaire d'évaluation de l'invalidité est applicable dans le cas particulier, attendu qu'il exploitait en qualité d'indépendant son café-restaurant avec l'aide de son épouse et de plusieurs collaborateurs. Se référant à l'arrêt paru in: VSI 1998 p. 259 consid. 4a, il fait valoir que les résultats d'exploitation d'une entreprise artisanale dépendent souvent de nombreux paramètres difficiles à apprécier, tels que la situation conjoncturelle, la concurrence, l'aide ponctuelle de membres de la famille, des personnes intéressées dans l'entreprise ou des collaborateurs. Ainsi, les documents comptables sur lesquels se sont fondés l'intimée et les premiers juges ne permettent pas de distinguer la part du revenu qu'il faut attribuer aux facteurs étrangers à l'invalidité et celle qui revient à la propre prestation de travail de l'assuré. L'évaluation de l'invalidité du recourant selon la méthode générale de comparaison des revenus est donc parfaitement aléatoire, dans la mesure où il est fait abstraction des aléas de la concurrence et de la conjoncture, aspects notoires dans la branche de la restauration. Pour ces raisons, celui-ci propose de s'en tenir à l'évaluation de son invalidité par l'office AI et de fixer à 50 % le taux de son incapacité de travail et de gain.