Citation: 2C_452/2020 E. 3.3

3.3. Le recourant considère que les juges cantonaux auraient dû faire prévaloir son intérêt privé, ainsi que celui de ses enfants et de sa compagne, à demeurer en Suisse, sur l'intérêt public à son éloignement. L'intégration du recourant en Suisse est quasiment inexistante. En effet, celui-ci ne travaille plus depuis 2010 (voire 2006). Il ne prétend même pas avoir cherché du travail durant toutes ces années, puisque son combat s'est focalisé sur l'obtention d'une rente de l'assurance-invalidité. Il maintient encore aujourd'hui que son état de santé est défaillant, malgré le refus de cette rente par l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Vaud en 2018. A cet égard, les juges précédents ont retenu que l'avis médical produit par l'intéressé durant la procédure ne faisait qu' émettre des hypothèses d'incapacité de travail qui ne remettaient pas en cause les conclusions dudit office qui reposaient, pour leur part, sur un examen neuropsychologique et une expertise psychiatrique. De plus, la situation économique du recourant est catastrophique, puisqu'après avoir épuisé son droit aux allocations du chômage, il perçoit, depuis janvier 2000, le revenu d'insertion. Cette aide sociale versée en sa faveur atteignait, à fin 2019, le montant considérable de 261'690 fr. En ce qui concerne l'intégration du point de vue social, il ressort de l'arrêt attaqué que le réseau du recourant est extrêmement restreint. Sur le plan des intérêts privés, les 28 ans de présence de l'intéressé en Suisse sont à relever (l'absence d'infraction dont il se prévaut n'est que le résultat du comportement attendu de tout un chacun). En ce qui concerne les relations familiales, le Tribunal fédéral constate que les seules personnes proches habitant dans notre pays sont la compagne du recourant, ainsi que ses enfants. Toutefois, aucune n'y réside légalement. L'intéressé a vécu ses 24 premières années en France, pays dont il parle la langue et dont sa fille possède la nationalité. Quant à sa fiancée algérienne, dont il prétend qu'elle ne pourra pas rester en France, il sied de relever que, compte tenu de la dépendance du recourant à l'aide sociale, même en cas de mariage, elle ne pourra pas non plus séjourner en Suisse (cf. art. 43 al. 1 let. c LEI). L'intéressé prétend ne plus avoir de contact avec sa famille qui vit en France: cet élément ne saurait avoir d'influence quant à la proportionnalité de la mesure litigieuse, puisque le recourant ne possède pas non plus de famille séjournant légalement en Suisse. Partant, en confirmant la décision du Service cantonal de révoquer l'autorisation d'établissement UE/AELE du recourant, le Tribunal cantonal n'a pas violé le principe de proportionnalité.