Citation: 4P.125/2004 27.09.2004 E. 4

Le recourant invoque ensuite la protection contre l'arbitraire assurée par l'art. 9 Cst. En vrac, il soutient que la cour cantonale a établi la valeur du véhicule lors de sa reprise par lui-même sans aucune expertise technique, en arrêtant une date arbitraire et en retenant un intérêt de capitalisation constant de 5% sur neuf ans, y compris sur les réparations. Il estime qu'en refusant de commettre un expert spécialisé établissant à satisfaction de droit l'indemnité d'usage du véhicule et en déterminant de son propre chef, sans consulter les parties et contrairement aux conclusions du rapport d'expertise, cette indemnité, la cour cantonale a refusé, sans raison sérieuse, de prendre en compte l'expertise administrée, s'est manifestement trompée sur le sens et la portée de l'indemnité d'usage et a tiré des constatations insoutenables des éléments de l'expertise, comme la valeur à neuf du véhicule, l'amortissement normal de celui-ci ou le taux de capitalisation du capital investi. 4.1 Une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction évidente avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1). 4.2 Le recourant semble d'abord reprocher à la cour cantonale d'avoir commis arbitraire dans l'application du droit cantonal, à savoir de l'art. 172 CPC/VS - qui dispose que si l'administration d'une preuve nécessite des connaissances particulières, une expertise est aménagée. Il estime en effet que la technicité du domaine considéré exigeait des connaissances que les juges ne possèdent généralement pas. Lorsque la partie recourante invoque une violation arbitraire du droit cantonal, elle doit indiquer avec précision quelle est la disposition cantonale qui aurait été violée et l'examen se limite à cette question (ATF 128 I 273 consid. 2.1 p. 275 s.). Le Tribunal fédéral revoit l'application du droit cantonal sous l'angle de l'arbitraire (ATF 128 I 177 consid. 2.1; 128 II 311 consid. 2.1). En l'espèce, force est de constater que le recourant ne démontre pas à satisfaction en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement violé la disposition cantonale invoquée, soit en particulier sur quels points celle-ci se serait arbitrairement reconnue capable de procéder à un calcul qui aurait dû être le fait d'un expert, ni en quoi les calculs effectués par celle-ci seraient, selon ses propres termes, hasardeux, aléatoires et imprudents. Son moyen est ainsi irrecevable au regard des exigences strictes de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 129 I 113 consid. 2.1; 128 III 50 consid. 1c p. 53 s.). Pour le surplus, lorsqu'il soutient que le fardeau de la preuve incombait à l'intimée et que celle-ci, faute d'avoir requis la mise en oeuvre d'une expertise, doit pâtir de son échec, le recourant se plaint d'une violation du droit fédéral et son grief est également irrecevable (art. 43 al. 1 et 84 al. 2 OJ; cf. ATF 129 I 173 consid. 1.1 p. 174). 4.3 Le recourant élève encore différentes critiques relatives à l'appréciation des preuves. S'agissant de l'appréciation des preuves et des constatations de fait, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des déductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1) Le recourant reproche d'abord à la cour cantonale d'avoir refusé de prendre en compte l'expertise administrée et d'avoir tiré des constatations insoutenables des éléments de l'expertise, comme la valeur à neuf du véhicule, l'amortissement normal de celui-ci ou le taux de capitalisation du capital investi. Or, là encore, le recourant ne démontre pas en quoi la cour cantonale aurait fait une appréciation arbitraire du résultat de l'expertise, se limitant à présenter sa propre version des choses, ce qui n'est pas admissible au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 129 I 113 consid. 2.1; 128 III 50 consid. 1c p. 53 s.). Ensuite, lorsqu'il soutient que la valeur de base du véhicule litigieux (75'855 fr.) n'a jamais été démontrée, ni même prouvée, et ne résulte d'aucune pièce du dossier, il perd de vue que cette valeur a été arrêtée par l'expert. Or, le recourant n'a requis aucun complément d'expertise, ni a fortiori de seconde expertise, ce qui porte à croire qu'il n'entendait pas la remettre en cause. Le recourant reproche par ailleurs à la cour cantonale d'avoir retenu la seule version de l'intimée s'agissant de la valeur du véhicule Range Rover, fixée à 5'000 fr. Toutefois, il n'explique pas en quoi l'appréciation à laquelle cette autorité s'est livrée serait arbitraire et se contente pour l'essentiel de présenter sa propre appréciation des preuves. Manifestement appellatoire, son moyen est ainsi irrecevable au regard des exigences de motivation déduites de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 129 I 113 consid. 2.1; 128 III 50 consid. 1c p. 53 s.). Enfin, en élevant des critiques relatives à la date retenue pour calculer l'amortissement, au montant du taux d'intérêt et à la date de départ de celui-ci, à existence d'un dol et à la qualité de point essentiel ou secondaire du kilométrage, le recourant confond derechef recours de droit public pour violation des droits constitutionnels des citoyens et recours en réforme pour violation du droit fédéral et ses arguments ne peuvent qu'être déclarés irrecevables (art. 43 al. 1 et 84 al. 2 OJ; cf. ATF 129 I 173 consid. 1.1 p. 174). Au vu de ce qui précède, le recours de droit public doit être rejeté.