Citation: 6B_54/2019 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a exposé que la plainte de la Caisse publique B.________ concernait six prêts obtenus par la recourante entre l'été et l'automne 2010, pour un total de 528'000 fr. hors intérêts. Pour obtenir ces prêts, l'intéressée avait mis en gage les bijoux payés par A.________, en particulier ceux mentionnés dans des factures de C.________. Au moment de la mise en gage, la recourante n'était pas la propriétaire des bijoux et ne pouvait en aucun cas en disposer librement. Elle avait d'ailleurs tout d'abord admis que A.________ avait financé l'acquisition de tous les bijoux séquestrés en mains de la Caisse publique B.________ et qu'il en était propriétaire, avant de changer de version en 2014, ensuite du dépôt d'une plainte par la Caisse publique B.________ et afin d'affirmer qu'elle se considérait copropriétaire des objets concernés. En réalité, A.________ était devenu propriétaire des bijoux qu'il avait payés en réglant les factures des bijoutiers ainsi que de ceux qu'il avait dégagés et pour lesquels il avait fait signer à la recourante le document intitulé "Personal guarantee". Selon l'autorité précédente, la recourante ne pouvait être suivie lorsqu'elle prétendait que l'intéressé aurait renoncé à ses droits sur les bijoux mis en gage. Sa mise en demeure du 16 juillet 2010 sommait ainsi la recourante, à défaut de paiement des montants réclamés, de déposer les bijoux dans un coffre sous son contrôle. La recourante s'était quant à elle déclarée prête, en juillet puis en août 2010, par la voie de son avocat, à restituer à A.________ les objets qu'il avait financés. Or, à ce moment, elle avait déjà contracté cinq des six prêts sur gage litigieux. Pour faire croire à la Caisse publique B.________ que les bijoux engagés lui appartenaient, la recourante avait profité de l'existence de rapports contractuels préexistants, puisqu'elle avait déjà mis en gage une partie de ces objets l'année précédente et que l'opération s'était déroulée sans encombre. Elle avait d'ailleurs dégagé ces bijoux en février 2010 par un virement bancaire provenant de son propre compte à la Banque F.________, ce qui attestait de sa solvabilité, alors que l'argent provenait en réalité de A.________, ce que la Caisse publique B.________ ignorait. En outre, la recourante avait fourni à cette caisse des factures relatives à l'achat de bijoux libellées à son nom. Par sa signature des contrats de prêt, elle avait certifié que les objets concernés étaient sa propriété et n'étaient frappés d'aucune "réserve ni saisie". Elle avait également attesté en être la "légitime propriétaire (ayant-droit économique) " dans les questionnaires de clarification confidentiels signés en juillet et septembre 2010. Ainsi, par un procédé astucieux, la recourante avait obtenu les six prêts sur gage en sachant qu'elle n'était pas titulaire des garanties fournies et alors qu'elle n'avait pas les moyens de rembourser les emprunts. Elle avait induit la Caisse publique B.________ en erreur pour obtenir un enrichissement personnel, en causant à cette dernière un dommage d'au moins 528'000 fr., correspondant au montant nominal total des prêts. Selon l'autorité précédente, même si la Caisse publique B.________ obtenait la restitution définitive des bijoux séquestrés - ce qui lui permettrait de se rembourser - le dommage aurait tout de même été causé, même provisoirement.