Citation: U 180/03 23.12.2003 E. 3

3.1 En premier lieu, il convient d'établir les circonstances dans lesquelles l'intimé a été victime d'une atteinte à l'épaule gauche. La juridiction cantonale a considéré qu'il avait effectué un faux mouvement en se retournant et en levant simultanément le bras gauche mais que pour autant il n'avait pas subi de traumatisme. De son côté et dans sa dernière version, l'intimé déclare avoir, ce faisant, heurté une armoire murale. 3.2 Lors de son audition du 20 février 2002 par la CNA, l'assuré a déclaré s'être blessé alors qu'il était assis à son pupitre, après qu'il se fût retourné en levant le bras gauche en direction d'un camarade de classe assis derrière lui. Il a ajouté qu'aucun événement extraordinaire ne s'était produit et, en particulier, qu'il n'était pas tombé. Entendu par la CNA une seconde fois le 12 mars 2002, il a confirmé ses précédentes déclarations et formellement exclu le fait de s'être blessé au cours d'une bousculade ou d'une bagarre. Au moment de former opposition à la décision du 27 février 2002, l'intimé est revenu sur ces déclarations, en faisant valoir que les circonstances dans lesquelles il s'était luxé l'épaule gauche restaient à établir. Par courrier du 18 avril 2002, il a ainsi allégué avoir heurté une armoire murale en levant le bras gauche en même temps qu'il se retournait en direction d'un camarade de classe assis derrière lui. 3.3 Dans la mesure où l'intimé a expliqué n'avoir subi aucun choc avant d'attribuer à l'affection litigieuse une origine traumatique, ses déclarations successives sont contradictoires. En pareilles circonstances, la jurisprudence considère qu'il convient de retenir la première affirmation, qui correspond généralement à celle que l'assuré a faite alors qu'il n'était pas encore conscient des conséquences juridiques qu'elle aurait, les nouvelles explications pouvant être, consciemment ou non, le produit de réflexions ultérieures (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références, VSI 2000 p. 201 consid. 2d; à ce sujet, voir également le commentaire de Pantli/Kieser/Pribnow, paru in PJA 2000 p. 1195). En application de cette jurisprudence, la juridiction cantonale a retenu la première version des faits relatée par l'intimé. Celle-ci s'impose d'autant plus que contrairement à la seconde, elle est corroborée par plusieurs témoignages - non contestés - versés au dossier. En outre, avant de s'en départir, l'intimé l'a confirmée à plusieurs reprises, allant jusqu'à infirmer l'avis exprimé en sa faveur par le docteur P.________ selon lequel l'intéressé se serait luxé l'épaule à la suite d'une bousculade survenue entre apprentis à la fin d'un cours (cf. courrier du 2 mars 2002). Dans ces circonstances, c'est à juste titre qu'au terme d'un examen convaincant et sans qu'il soit par conséquent nécessaire d'ordonner un complément d'instruction, les premiers juges ont considéré que l'intimé s'était luxé l'épaule gauche en levant le bras en même temps qu'il se retournait en direction d'un camarade de classe assis derrière lui, excluant formellement l'hypothèse selon laquelle l'atteinte se serait produite à la suite d'un choc du bras contre une armoire murale.