Citation: 7B_561/2024 E. A

A.a. Depuis novembre 2017, l'Office central du Ministère public du canton du Valais (ci-après : le Ministère public) mène une instruction pénale contre les anciens dirigeants de la société en faillite - radiée le 6 août 2021 - C.________ Sàrl, soit contre G.________ et F.________, pour des infractions contre le patrimoine (art. 137 CP) et dans la faillite (art. 163 ss CP). Il leur reproche d'avoir détourné des fonds dans le cadre de promotions immobilières gérées par la société précitée. En particulier, G.________ - également gérant de D.________ Sàrl, fondateur de B.________ Sàrl et actionnaire unique de N.________ SA (seule société encore active) - est soupçonné d'avoir prélevé sans droit une partie des acomptes versés par I.________ SA (ci-après : I.________) à C.________ Sàrl; ces montants devaient être affectés exclusivement à la construction de trois immeubles du complexe Z.________, à U.________, mais auraient permis de financer d'autres chantiers et de nouveaux projets, de renflouer le club de sport O.________ SA - dont G.________ était devenu l'unique actionnaire et président -, d'enrichir personnellement le précité et de créer N.________ SA. A.b. Selon le rapport de dénonciation du 20 juillet 2020, le montant détourné sur les acomptes versés par I.________ (environ 11'307'919 fr. 55) aurait notamment permis à G.________ d'acquérir le 10 février 2016 un appartement à V.________ (PPE vvv [appartement], PPE www et PPE xxx [deux places de parc]) en investissant 250'000 fr., dont 150'000 fr. proviendraient du versement de 990'000 fr. effectué le 4 février 2016 par I.________ en faveur de C.________ Sàrl; une partie de cette somme (320'000 fr.) avait été transférée le 5 février 2016 à D.________ Sàrl et, le même jour, un montant de 150'000 fr. avait été viré par cette dernière sur le compte de G.________. La société K.________ AG - devenue K.________ AG (ci-après : K.________) - représentée par P.________, que G.________ avait rencontré au sein de O.________ SA - a octroyé à G.________, C.________ Sàrl, D.________ Sàrl et B.________ Sàrl, débiteurs solidaires, un prêt de 612'500 fr.; ce prêt avait pour but de compenser une créance ouverte due par G.________ à P.________, ainsi que d'apporter des fonds à O.________ SA; à titre de sûretés, des gages immobiliers ont été constitués, soit notamment une cédule hypothécaire de 200'000 fr. qui porte sur l'immeuble de V.________. P.________ a affirmé avoir octroyé d'autres prêts à C.________ Sàrl, pour un montant de 405'000 francs. A.c. Le 29 décembre 2017, le notaire A.________ a instrumenté un acte de vente relatif aux PPE n° vvv, n° www et n° xxx de la parcelle de base n° yyy, sise à V.________, entre G.________ (vendeur) et P.________ (acheteur). Le prix de vente de ces immeubles, arrêté à 1'290'000 fr., devait être acquitté par la reprise des dettes hypothécaires (791'100 fr.), par le remboursement par compensation de deux prêts octroyés par l'acheteur au vendeur (200'000 fr. + 258'900 fr.) et par le versement du solde sur le compte de consignation du notaire (40'000 fr.). L'acheteur prenait à sa charge les frais d'acte et ceux en découlant, devant également consigner en faveur du notaire un montant suffisant pour le paiement des droits de mutation (42'570 fr.). Quant au vendeur, il devait consigner en faveur du notaire un montant correspondant à 5 % du prix de vente pour garantir le paiement de l'impôt sur les gains immobiliers (64'500 fr.). A.d. Le 21 février 2018, le notaire a procédé à un premier appel de fonds auprès de l'acheteur pour un montant de 883'170 fr. à verser pour le 1er mars 2018 (791'100 fr. [reprise des dettes hypothécaires] + 40'000 fr. [solde du prix de vente] + 42'570 fr. [droits de mutation] + 9'500 fr. [provision pour les frais du Registre foncier et du notaire]). Le jour suivant, le notaire a effectué un second appel de fonds auprès du vendeur pour un montant de 61'287 fr. 70 à payer d'ici au 1er mars 2018 (59'039 fr. 05 [impôts sur les gains immobiliers] + 42'248 fr. 65 [intérêts échus et pénalités sur les prêts, dont l'indemnité pour l'hypothèque à taux fixe] - 40'000 fr. [déduction du solde du prix de vente]). Le 26 février 2018, l'acheteur a viré au notaire le montant de 944'457 fr. 70 à titre de "virement du prix d'achat selon acte de vente". A.e. Le 28 février 2018, le Ministère public a contacté, dans le cadre de son enquête contre G.________, le notaire A.________ pour l'informer, selon les dires du Parquet, qu'une décision de blocage du Registre foncier relative aux parts de PPE objet de la vente de décembre 2017 allait intervenir à bref délai à concurrence de 150'000 francs. A.f. Selon A.________, le Ministère public se serait borné à lui indiquer qu'il envisageait de bloquer la vente; après avoir recueilli un préavis favorable de confrères quant à la possibilité de poursuivre les opérations notariales nonobstant le téléphone du Ministère public, il avait requis, le 1er mars 2018, le transfert de propriété au Registre foncier. Le même jour, le notaire a versé au créancier gagiste, soit à la banque Q.________, la somme de 833'348 fr. 65 (791'100 fr. [solde des dettes hypothécaires] + 1'827 fr. 40 [intérêts courus 2018] + 29'646 fr. 95 [prime d'indemnité pour taux fixe] + 5'296 fr. 55 [intérêts dus impayés à juin 2017] + 5'277 fr. 75 [intérêts dus impayés à décembre 2017] + 200 fr. [frais de remboursement]). A.g. Le 1er mars 2018, le Ministère public a ordonné le blocage des feuillets du Registre foncier relatifs aux parts d'étages PPE n° vvv, n° www et n° xxx de la parcelle de base n° yyy (commune de V.________), consignées dans ledit registre au nom de G.________. Il a interdit toute opération d'enregistrement dans le grand livre sans son autorisation et a déclaré que ce blocage tendait au séquestre d'une somme de 150'000 fr. en cas de réalisation de la vente immobilière en cours concernant ces immeubles. Le 15 mars 2018, le Registre foncier [...] a informé le Ministère public que le notaire avait déposé, par porteur, le 1er mars 2018 une réquisition de transfert immobilier pour les feuillets précités. Dès lors que la réquisition de transfert immobilier effectuée par le notaire était antérieure à la demande de séquestre du Ministère public, cette dernière a été rejetée le 19 avril 2018. A.h. À la suite de la dénonciation par le Ministère public du notaire A.________ à la Chambre des notaires du canton de Vaud, celle-ci a considéré, le 15 mars 2021, que le notaire avait violé l'art. 50 de la loi vaudoise du 29 juin 2004 sur le notariat (LNo/VD; RS/VD 178.11); dans les circonstances de l'espèce, il aurait dû faire preuve de prudence et ne pas précipiter la réquisition de transfert immobilier dès lors qu'il avait été informé de l'origine douteuse des fonds et, par conséquent, potentiellement de la nullité de l'acte considéré. A.________ a été sanctionné d'un avertissement.