Citation: 8C_459/2017 E. A

A.________ est employé depuis 2006 en qualité de machiniste grutier par l'entreprise B.________ SA et, à ce titre, assuré contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Par déclaration d'accident du 17 avril 2015, l'employeur a annoncé à la CNA que le 14 avril précédent, vers 23h45, un individu inconnu avait interpellé, bousculé et frappé sans raison apparente A.________ alors que celui-ci se trouvait dans un bar à C.________; le prénommé avait appelé la police qui était arrivée tardivement, après quoi il s'était rendu à l'hôpital. Selon le rapport de constat de coups établi dans la nuit du 14 au 15 avril 2015 par le docteur D.________, médecin de l'hôpital E.________, A.________ présentait des fractures des côtes 5-6-7 à droite et 6 à gauche, une fracture non déplacée des os propres du nez, une plaie au nez, des contusions lombaires et cervicales, de multiples ecchymoses et contusions des membres, une entorse stade 1 de la cheville droite ainsi qu'une douleur aux dents 21-22-23. Ce médecin a attesté une incapacité de travail totale. La suite du traitement a été assumée par le médecin traitant de l'intéressé, la doctoresse F.________. Dans un rapport médical intermédiaire du 12 juin 2015, celle-ci a mentionné une amélioration des douleurs mais la persistance d'un choc psychique avec un état anxieux. Dans l'intervalle, A.________ a été interrogé par un inspecteur de la CNA sur les événements survenus le 14 avril 2015. A cette occasion, le prénommé a fourni les précisions suivantes. Il venait de s'attabler avec une fille du bar quand un individu qu'il ne connaissait pas l'a apostrophé en disant "Pourquoi tu me regardes connard?". Il n'a pas répondu et l'inconnu s'est dirigé vers lui. Il s'est levé et ensuite l'homme l'a saisi par le maillot et lui a donné un coup de coude au visage du côté gauche. Ceci fait, ce dernier l'a encore insulté en disant à plusieurs reprises qu'il allait le tuer. Comme il ne comprenait pas les motifs de cette agression, l'assuré a proposé à l'homme de sortir du bar pour que celui-ci lui explique calmement pourquoi il l'avait frappé. Après qu'ils furent sortis du bar, l'individu lui a directement asséné trois coups de boule, ce qui l'a fait tomber. L'agresseur a continué à le rouer de coups avec ses poings et ses pieds, puis a cherché une pierre pour la lui lancer dessus. L'assuré a alors réussi à se relever et à s'enfuir. Comme l'agresseur était retourné dans le bar, il a appelé la police et pris des photos des voitures qui étaient parquées dans les alentours avec son natel. Prévenu par un comparse, l'agresseur est ressorti de l'établissement, l'a frappé à nouveau tout en essayant de lui prendre son natel. Puis les deux hommes sont montés dans une voiture et ont foncé sur lui avant de s'éloigner. Lui-même s'est caché derrière un véhicule puis a récupéré sa veste dans le bar, qui avait déjà fermé ses portes, grâce à l'une des employées. Peu après, la police est arrivée. A.________ a porté plainte. L'enquête de police a permis de découvrir l'identité de l'agresseur. Il s'agissait de G.________. La police l'a auditionné ainsi que diverses autres personnes présentes lors des événements, dont la jeune femme qui s'était attablée avec A.________, H.________, et le barman, I.________. Ces derniers ont confirmé que G.________ s'en était pris physiquement à A.________ à l'intérieur du bar (voir le rapport de dénonciation de la police cantonale du 26 juin 2015). Par décision du 7 septembre 2015, confirmée sur opposition le 18 décembre suivant, la CNA a réduit de 50 % ses prestations en espèces, au motif que l'assuré avait invité son agresseur à s'expliquer à l'extérieur du bar, s'exposant de la sorte au risque d'être blessé. Le 18 janvier 2016, le docteur J.________, médecin d'arrondissement de la CNA, a examiné l'assuré. Il a retenu que l'état de santé de celui-ci n'était pas encore stabilisé compte tenu du développement d'un état de stress post-traumatique; sur le plan physique, à l'instar de ce qu'avait attesté le médecin traitant, une capacité de travail de 50 % pouvait être reconnue dès le 4 janvier 2016 et il devait être possible d'obtenir une reprise du travail complète à la mi-février 2016.