Citation: 8C_430/2008 20.11.2008 E. 3

3.1 La juridiction cantonale a nié l'existence chez l'assurée du tableau clinique typique en cas de lésions de type «coup du lapin». La recourante remet en cause cette appréciation en soutenant que les premiers juges ont constaté les faits de manière incomplète ou erronée. Ces griefs ne sont pas fondés. 3.2 En matière de lésions du rachis cervical par accident de type «coup du lapin», de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-cérébral sans preuve d'un déficit fonctionnel organique, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'accident et l'incapacité de travail ou de gain doit en principe être reconnue en présence d'un tableau clinique typique présentant de multiples plaintes (maux de têtes diffus, vertiges, troubles de la concentration et de la mémoire, nausées, fatigabilité, troubles de la vue, irritabilité, dépression, modification du caractère, etc.). Encore faut-il que l'existence d'un tel traumatisme et de ses suites soit dûment attestée par des renseignements médicaux fiables (ATF 119 V 335 consid. 1 p. 337 sv., 117 V 359 consid. 4b p. 360 sv.). La jurisprudence a posé récemment diverses exigences sur les mesures d'instruction nécessaires de ce point de vue. Elle a considéré, en particulier, qu'une expertise pluridisciplinaire est indiquée si l'état de santé de l'assuré ne présente ou ne laisse pas espérer d'amélioration notable relativement rapidement après l'accident, c'est-à-dire dans un délai d'environ six mois (ATF 134 V 109 consid. 9 p. 122 ss). 3.3 En l'occurrence, le docteur E.________ a indiqué le 2 mai 2005, dans la «fiche documentaire pour première consultation après un traumatisme d'accélération cranio-cervical» rempli à la demande de Helsana Assurances SA, que O.________ avait ressenti des douleurs de nuque immédiatement après l'accident, que ces douleurs avaient irradié dans le dos quelques heures plus tard et qu'elle avait éprouvé des céphalées cinq à six jours après l'événement. Il n'a pas relevé de vertiges, ni de nausées ou vomissements. Dans son rapport du 12 juin 2006, le docteur D.________ a rappelé que dans un premier temps l'assurée s'est plainte de douleurs cervicales, de céphalées importantes et de paresthésies apparues progressivement dans le poignet et la main gauche. A la suite du traitement administré par le médecin traitant (port d'une collerette et prescription d'anti-inflammatoires), cette symptomatologie s'était nettement améliorée, si bien qu'il ne subsistait que quelques cervicalgies avec les paresthésies. Le 29 juillet 2005, le docteur E.________ a, pour sa part, attesté une amélioration lente de la symptomatologie douloureuse locale (contractures para-vertébrales cervicales) avec raideur résiduelle et paresthésies du membre supérieur gauche devenant plus intermittentes. Dans son rapport du 26 septembre 2005, le même médecin a relevé chez sa patiente la persistance de douleurs/contractures de la nuque du côté gauche, quelques nausées et céphalées. Au surplus, dans son rapport médical circonstancié du 15 juin 2006), le docteur E.________ a noté que, lors de la dernière consultation, O.________ s'était plainte de contractures musculaires cervico-brachiales gauches et de paresthésies intermittentes du membre supérieur gauche, sans mentionner d'autres troubles. Le rapport d'expertise du docteur M.________, du 10 mars 2006, mentionne, parmi les diagnostics, une asthénie, avec des troubles de la concentration, des troubles du sommeil d'ordre psycho-physiologique et une discrète labilité émotionnelle secondaire (p.12). Dans ces circonstances, il y a lieu de retenir qu'à la date déterminante du 3 février 2006, à tout le moins, la recourante ne présentait pas ou plus le tableau clinique typique en cas de lésions de type «coup du lapin». Les quelques symptômes évocateurs de ces lésions constatés chez O.________ avaient en effet suivi une évolution favorable. Il en allait de même de la capacité de travail de l'assurée qui, compte tenu de l'ensemble des atteintes à la santé, a été recouvrée à 50 % dès le 17 mai 2005 et à 75 % dès le 20 mars 2006. Ces constatations et cette évolution sont au demeurant confirmées par le médecin traitant de la recourante. Dans un rapport du 22 mars 2007 le docteur E.________ a en effet indiqué sa patiente - qui se plaignait toujours de douleurs et de contractures de la musculature cervico-scapulaire gauche, entraînant des céphalées et des difficultés de concentration - avait pu néanmoins augmenter encore son taux d'activité professionnelle au point d'envisager une reprise du travail à 100 %.