Citation: 4A_132/2009 18.05.2009 E. A

A.a Par contrat de travail du 11 janvier 2006, X.________ SA (ci-après: X.________), société active dans le domaine du courtage en assurances, a engagé pour une durée indéterminée Y.________, avec effet rétroactif au 1er janvier 2006, en qualité de « responsable des risques spéciaux et internationaux ». Le contrat pouvait être résilié par chacune des parties, moyennant un préavis écrit de trois mois (art. 1). Cette convention prévoyait que le travailleur ne pouvait exercer aucune activité professionnelle accessoire pendant la durée des rapports de travail sans autorisation écrite de X.________ (art. 2.2). A teneur de l'art. 3 de l'accord, Y.________ apportait à X.________ un portefeuille de clients émanant de la société de courtage - spécialisée dans le marché des assurances - U.________ Sàrl, dont le précité était l'un des deux associés et avec laquelle X.________ avait passé un accord le 25 septembre 2003 pour qu'elle lui apporte de nouveaux clients; ce portefeuille, qu'il devait gérer pour le compte de X.________, représentait une valeur totale de primes annuelles d'assurance de 535'592 fr.; Y.________ s'engageait encore à prospecter de nouveaux clients, entreprises et privés, et à générer ainsi un nouveau portefeuille; toutes ces activités étaient répertoriées sous le code « agent 1: Y.________ » (art. 3 let. a). Outre un propre portefeuille d'affaires nouvelles apportées par le travailleur, d'une valeur de primes ascendant à 119'208 fr., ce dernier devait encore assurer la gestion technique et commerciale, incluant celle des sinistres, de trois portefeuilles que lui confiait l'employeur, soit ceux précédemment gérés respectivement par A.________, d'une valeur totale de 934'946 fr.40, C.________, ayant une valeur de primes de 2'824'211 fr., et X.________ elle-même, dont la valeur totale était de 38'862 fr.; ces activités étaient codées informatiquement « agent 2: Y.________ »); il était stipulé que les portefeuilles confiés pouvaient être retirés sans compensation au travailleur en cas de mauvaise gestion ou de faute professionnelle de ce dernier (art. 3 let. b). L'art. 4 spécifiait que le travailleur percevrait une rémunération correspondant à 30% des commissions annuelles générées par les nouvelles affaires prospectées et à 20% des commissions annuelles induites par les portefeuilles qui lui étaient confiés en gestion; Y.________ devait ainsi recevoir des avances sur commissions de 4'000 fr. par mois pour l'activité « agent 1: Y.________ » (clients apportés) et de 4'080 fr. par mois pour celle dite « agent 2: Y.________ » (clients confiés par X.________), étant précisé que la balance avec les commissions effectivement encaissées serait faite annuellement et l'éventuel solde positif versé à l'employé dans les 30 jours; il était encore précisé qu'en contrepartie des avances remboursables, Y.________ était tenu à un apport de clientèle produisant 200'000 fr. de commissions annuelles « dont 100'000 fr. en encaissement pour la fin de l'année 2006 ». L'art. 9 était intitulé « Règlement lors de la fin du contrat de travail »; selon l'art. 9.1, si, à l'issue des rapports de travail, des clients prospectés ou apportés par le travailleur demeuraient auprès de X.________, Y.________ avait droit au paiement d'une « indemnité unique s'élevant à 30 % du volume des courtages annuels de gestion nets générés par le portefeuille constitué des affaires nouvelles propres apportées par le collaborateur (...) »; au cas où des clients confiés par X.________ pendant la durée du contrat suivaient Y.________ après la rupture de l'accord, le précité était tenu, la première année, de payer à X.________ « 150% de la valeur des courtages générés en l'état des dossiers au moment de leur transfert » et, l'année suivante, 50% de la même valeur (art. 9.2); était réservé le cas particulier des clients apportés par U.________ Sàrl (art. 9.3). Quant à l'art. 9.4, portant le sous-titre « non-sollicitation », il stipulait que le travailleur s'engageait à « ne pas solliciter directement ou indirectement tout apporteur d'affaires collaborant régulièrement ou occasionnellement avec X.________, sous réserve des apporteurs d'affaires qui travaillaient déjà avec le collaborateur lors de la conclusion du présent contrat ... ... (art. 9.4.1); toute contravention à cette clause entraînait le paiement d'une peine conventionnelle de 100'000 fr. à la charge de l'employé, ainsi que la réparation du dommage supplémentaire s'il devait dépasser le montant de la clause pénale (art. 9.4.2); X.________ se réservait expressément le droit d'exiger la cessation de la contravention selon l'art. 340 b CO (art. 9.4.3). A.b Comme certains clients, non dénommés, se seraient plaints de ne pas pouvoir atteindre Y.________, X.________ a envisagé de résilier le contrat de travail pour le 30 septembre 2006. A la suite d'une discussion avec l'employé intervenue le 27 septembre 2006, X.________ a accepté de différer cette décision et de refaire le point de la situation au 31 octobre 2006. Par courrier du 29 septembre 2006, X.________ a exposé au travailleur que les commissions qu'il avait accumulées à fin septembre 2006 présentaient un « découvert » qui ne pourrait être comblé jusqu'à la fin de l'année 2006, de sorte que son revenu payable d'avance était ramené avec effet immédiat à 4'000 fr. par mois. Au moyen d'un courriel du 2 octobre 2006, Y.________ a contesté le calcul effectué par X.________; il a soutenu que les parts de commissions lui revenant à cette date, à savoir trois mois avant la fin de l'année, se montaient à 85'700 fr., si bien qu'il ne lui restait que 11'300 fr. de commissions à gagner pour atteindre les avances annuelles remboursables de 48'000 fr. (12 x 4'000 fr.) et 48'960 fr. (12 x 4'080 fr.). Le 1er décembre 2006, X.________ a adressé à Y.________ un courrier à contresigner valant avenant au contrat de travail, à teneur duquel l'employeur déclarait singulièrement retirer au destinataire l'ensemble du portefeuille provenant de A.________ et substituer le client « V.________ SA » au client « Institut W.________ » provenant du portefeuille C.________; l'employeur rappelait encore à l'employé qu'il était tenu de participer à l'ensemble des réunions et de suivre les cours de formation continue. Il a été constaté que le travailleur n'a pas signé cet avenant. A.c Le 20 décembre 2006, X.________ a remis en mains propres à Y.________ deux avis de résiliation du contrat de travail, l'un avec effet au 31 janvier 2007, l'autre prenant effet au 31 mars 2007. Libellés de la même manière, ils invoquaient comme motif de congé le fait que le travailleur n'avait pas atteint ses objectifs au cours de l'année 2006. Il y était encore précisé que les modalités d'une nouvelle collaboration avec changement du mode de rémunération seraient fixées lors d'une prochaine réunion. Par courrier du 27 décembre 2006, l'employeur a enjoint le travailleur de ne plus se rendre auprès de clients de X.________ sans être accompagné soit du directeur général et administrateur A.________, soit du directeur administratif B.________, de restituer les clés du bureau et de fournir la liste des clients approchés en 2006 ainsi que celle des « appels d'offres effectués, par compagnie, dans le courant de cette année ». Par pli recommandé également daté du 27 décembre 2006 et remis à la poste le même jour, Y.________ a donné son congé sans délai au vu de la détérioration des conditions de travail. Il a fait grief à l'employeur d'avoir supprimé unilatéralement en septembre 2006 les avances sur commissions dues mensuellement au titre de son activité d'« agent 1: Y.________ », réduisant de la sorte sa rémunération de moitié, et de lui avoir remis l'avenant du 1er décembre 2006, qu'il s'est refusé à signer car il impliquait le retrait intégral d'un gros portefeuille de clients confiés par X.________. X.________ a répondu au travailleur le 29 décembre 2006 qu'il était tenu de respecter les délais de congé légaux et l'a invité à se présenter à son poste de travail le 3 janvier 2007 pour convenir d'un entretien avec A.________. Dans une écriture du 11 janvier 2007, X.________ a déclaré accepter « à bien plaire » la résiliation du contrat pour le 31 janvier 2007, non sans demander à Y.________ de se présenter à son poste jusque-là et de cesser tout démarchage de clients de X.________, en particulier auprès de la société « V.________ SA ». Le 22 janvier 2007, Y.________, par l'entremise de son conseil, a indiqué à X.________ qu'il maintenait les termes de son courrier du 27 décembre 2006, qui valait résiliation du contrat de travail avec effet immédiat pour justes motifs.