Citation: 1B_422/2013 E. 3.3

3.3. L'art. 197 al. 1 let. b CPP présuppose ensuite, pour le prononcé de mesures de contrainte, que des soupçons suffisants laissent présumer une infraction. La juridiction précédente a retenu qu'en raison de deux virements litigieux, la relation bancaire de la recourante C.________ Ltd était potentiellement la récipiendaire d'une partie des fonds provenant de l'escroquerie présumée commise en Russie. De plus, selon les premiers juges, il existait des liens entre ce compte et ceux des autres recourants, notamment en raison de l'identité des ayants droits économiques, ainsi que des transactions intervenues entre ces différentes relations bancaires. Contrairement à ce que soutiennent les recourants, ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. En effet, l'examen effectué par le CCEF a permis de confirmer l'allégation de la partie plaignante relative à deux versements en février 2008 en faveur de la recourante C.________ Ltd de la part de sociétés moldaves (cf. l'extrait de compte reproduit en p. 3 du rapport); or ces dernières pourraient, selon le schéma de la partie plaignante, être impliquées dans la possible escroquerie réalisée à l'encontre de la Russie. De plus, le CCEF a relevé que les libellés des deux virements litigieux ne semblaient pas correspondre aux activités de la recourante et paraissaient avoir été donnés par l'un ou l'autre des ayants droits du compte lors d'une visite à Moscou (cf. le rapport de le CCEF, p. 4). Il en résulte que l'arrière-plan économique desdites transactions n'a pas pu être encore déterminé. Ces différents éléments suffisent, dans le cadre d'une procédure de séquestre où l'autorité statue sous l'angle de la vraisemblance, pour retenir que les fonds versés à la recourante C.________ Ltd pourraient provenir d'une origine criminelle. Le rapport du CCEF a mis ensuite en évidence des liens entre le compte de C.________ Ltd et les autres relations bancaires séquestrées, soit en particulier la présence de B.________ en tant qu'ayant droit économique ou titulaire des autres comptes. Le CCEF fait en outre état de mouvements entre ces différentes relations bancaires (cf. p. 5 du rapport), type d'opérations pouvant être, ainsi que l'a relevé avec raison la juridiction précédente, constitutif d'actes de blanchiment d'argent. Partant, la Cour des plaintes n'a pas violé le droit fédéral, ni a fortiori fait preuve d'arbitraire, en retenant l'existence de soupçons suffisants laissant présumer la commission d'une infraction et ce grief doit donc être écarté.