Citation: 9C_213/2020 E. 5.4.2

5.4.2. Cet argument n'est pas fondé. En effet, le recourant ne conteste pas les considérations de la juridiction cantonale selon lesquelles la caisse de pension intimée était liée par les décisions de l'office AI dans la mesure où l'institution de prévoyance s'y était expressément référée s'agissant de la fixation du taux d'invalidité et du moment à partir duquel la capacité de travail de l'assuré s'était détériorée de manière durable. Or, si les décisions invoquées reposent certes sur les rapports du docteur D.________ du 1er septembre 2015 et de la doctoresse H.________ du 7 novembre 2017, on ne saurait néanmoins parler d'une analyse rétrospective et spéculative dès lors que ces rapports se fondent eux-mêmes sur les constatations des médecins traitants et de la CRR au moment du déroulement des faits pertinents telles qu'elles ont été recueillies par la CNA ou les organes de l'assurance-invalidité. On précisera par ailleurs que le consensus médical auquel fait allusion le tribunal cantonal ne porte pas sur l'existence d'une capacité résiduelle de travail supérieure à 80% à partir du 30 octobre 2014, contrairement à ce que prétend le recourant, mais sur l'absence de raisons objectives justifiant la symptomatologie douloureuse résultant de l'accident du 28 mai 2014. La date retenue provient des conclusions des médecins de la CRR à l'issue du séjour de l'assuré dans leur service de réadaptation. C'est le rapport de la CRR qui a conduit l'assureur-accidents à mettre fin au versement de ses prestations pour le 18 janvier 2015 et l'office AI à nier le droit de l'assuré à des prestations avant le 1er août 2016. L'intervalle entre la date de la rédaction dudit rapport (7 novembre 2014) et celle de la décision de la CNA supprimant les prestations (9 janvier 2015) ne saurait être considéré comme un indice démontrant l'absence de consensus médical si l'on tient compte des contingences administratives préalables à la prise et à la remise d'une décision. De plus, le motif qui a conduit l'assureur-accidents à mettre fin au paiement de ses prestations est bien le rétablissement de la situation antérieure à l'accident (statu quo ante) et non le fait que l'incapacité de travail était due à un état maladif préexistant, contrairement à ce que soutient le recourant. On ajoutera finalement que l'avertissement en relation avec un changement de profession auquel fait allusion l'assuré ne concerne pas les organes de l'assurance-invalidité, qui sont tenus d'examiner la capacité de travail dans toute activité raisonnablement exigible, ni les institutions de prévoyance, qui - comme en l'occurrence - reprennent les conclusions des offices AI quant au taux d'invalidité, mais les assureurs perte de gain en cas de maladie ou d'accidents (cf. ATF 133 III 527 consid. 3.2.1 p. 531 s. cité par le recourant). La référence dans ce contexte au jugement du tribunal cantonal du 17 avril 2018 ne lui est d'aucune utilité puisque celui-ci ne traitait que de l'incapacité de travail dans l'activité habituelle selon les constatations cantonales non contestées. Dans ces circonstances, on ne saurait valablement reprocher aux premiers juges d'avoir exclu l'existence d'un lien de connexité temporelle entre la pathologie résultant de l'accident et celle ayant justifié l'octroi d'une rente d'invalidité à compter du 1er août 2016.