Citation: 9C_461/2008 17.09.2008 E. 3

L'argumentation de l'intéressé, selon laquelle l'avis du médecin traitant devrait l'emporter sur celui de l'expert en raison des compétences particulières du premier dans le domaine de la toxicomanie et de la faible connaissance de son cas par le second eu égard à la brièveté des entretiens ayant eu lieu dans le cadre de l'expertise, n'est pas fondée. Outre le fait que le rôle du docteur F.________ consistait justement à mettre ses connaissances spéciales à disposition de la justice afin de l'éclairer rapidement sur les aspects médicaux de l'état de fait particulier (ATF 125 V 351 consid. 3b/aa p. 352 sv.), que ce médecin ne s'est pas contenté des informations recueillies lors des examens psychiatriques des 5 et 11 février 2008, contrairement à ce qu'allègue le recourant, mais s'est également fondé sur un entretien téléphonique avec le docteur D.________, sur l'analyse du dossier médical mis à sa disposition, y compris celui du service genevois d'application des peines et mesures, ainsi que sur les résultats d'une recherche analytique de stupéfiants et que la durée d'observation n'entre pas dans les critères retenus par la jurisprudence pour reconnaître un caractère probant à une expertise médicale (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352), on relèvera que le but de la démarche mise en oeuvre par la juridiction cantonale était d'obtenir l'avis d'un spécialiste en psychiatrie qui puisse lever définitivement les doutes que le docteur K.________ avait fait naître quant à la pertinence de l'analyse de la capacité résiduelle de travail de l'intéressé par le docteur B.________. Dans ce sens, le choix du docteur F.________ n'est pas contestable et n'a du reste soulevé aucune objection à l'époque de sa désignation. De surcroît, l'expert a parfaitement rempli son rôle de spécialiste en contrant de manière circonstanciée les arguments du médecin traitant. Il a notamment démontré que le docteur K.________ mélangeait les systèmes de classification des maladies psychiatriques, malgré sa longue expérience au contact de personnes toxicodépendantes souffrant de telles maladies, et que l'hypothèse de travail de celui-ci, selon laquelle les troubles psychiques observés étaient la conséquence directe des traumatismes de l'enfance, n'était pas une règle absolue. Il a également procédé à un examen approfondi et convaincant de ses propres constatations en relation avec les éléments anamnestiques fournis par le recourant et ressortant du dossier pour relativiser l'impact desdits traumatismes et démontrer l'existence de ressources adaptatives non négligeables déjà utilisées par l'intéressé - particulièrement depuis sa sortie de prison (emploi dans le secteur de la mécanique, pour «Y.________ SA» ou «Z.________», gestion de sa présentation lors de l'expertise et du stress lié à cette dernière, etc.) - pour mettre en valeur sa capacité résiduelle de travail. Les arguments subséquents énoncés par le docteur K.________ à l'encontre du rapport d'expertise n'y peuvent rien changer dès lors qu'ils reposent avant tout sur les mêmes hypothèses et généralités doctrinales relatives à l'impact potentiel des traumatismes subis durant l'enfance qu'auparavant. On notera encore que le praticien s'est finalement rallié aux diagnostics du docteur F.________. Dans ces circonstances, le choix des premiers juges de privilégier l'avis de l'expert au détriment de celui du docteur K.________ ne viole pas le droit fédéral. Au regard de ce qui précède, on ajoutera que la juridiction cantonale pouvait légitimement renoncer à réaliser les moyens d'instruction suggérés par le médecin traitant (expertise par un psychiatre addictologue, stage d'évaluation professionnelle) en application des principes de libre appréciation ou d'appréciation anticipée des preuves (ATF 130 II 425 consid. 2.2 p. 428 sv.).