Citation: 5A_328/2023 E. 4

S'agissant du séquestre dirigé contre la recourante, celle-ci invoque l'arbitraire de la décision (art. 9 Cst.) en tant que les intimés ne disposeraient d'aucune créance contre elle. Ce grief est fondé. On ne trouve pas le moindre élément de preuve permettant de retenir la vraisemblance d'une créance contre la recourante, en particulier une créance révocatoire: premièrement, les intimés ne sont porteurs d'aucun acte de défaut de biens après saisie contre le recourant, époux de l'intéressée, et ce n'est pas le recourant qui a fait l'objet d'une faillite, mais sa société (cf. art. 285 LP). Secondement, aucun cas de séquestre n'est même allégué à l'égard de la recourante. En particulier le comportement dénoncé à ce titre pour réaliser le cas de l'art. 271 ch. 2 LP ne concerne que son époux. En réalité, les autorités précédentes ont manifestement confondu le cas de séquestre réalisé à l'endroit d'un débiteur et celui de la "personne de paille" à laquelle celui-ci transfère des biens de manière simulée. Or, dans cette dernière hypothèse, le séquestre reste dirigé contre le débiteur contre lequel le séquestrant prétend avoir une créance, mais les biens frappés sont ceux que le créancier parvient à démontrer qu'ils appartiennent en réalité au débiteur bien qu'ils soient formellement au nom d'un tiers (cf. ATF 144 III 541 consid. 8.3.5). Il suit de là que l'opposition au séquestre formée par la recourante doit être admise. Il reste donc uniquement à examiner les griefs soulevés par le recourant concernant le séquestre dirigé contre lui. A cet égard, il faut préciser que l'état de fait de l'arrêt attaqué a été complété d'office (art. 105 al. 2 LTF), en ce sens qu'il ressort du procès-verbal de séquestre relatifs aux biens du recourant que celui-ci frappe également l'immeuble n° sss de S.________.