Citation: 4A_329/2020 E. 3.4

3.4. La consultation des pièces précitées révèle que l'autorité précédente en a méconnu la portée. L'employeuse a produit un certificat de salaire annuel établi sur la formule standardisée destinée aux autorités fiscales, qui indique un salaire brut total de 33'565 fr. pour l'année 2017 (pièce 13 déf.). La pièce comptable " Compte de salaire 2017 " (pièce 13a déf.) livre tous les détails afférents à cette somme, qui comprend 17'365 fr. de salaire brut et 16'200 fr. d'indemnités journalières. Elle indique également les diverses déductions pratiquées notamment au titre des cotisations sociales et d'une saisie de salaire (en janvier 2017). Il en ressort que l'employé a finalement touché cette année-là 25'905 fr. 90 nets (2'259 fr. en janvier + 14'193 fr. 05 en mai + 1'800 fr. en juin + 7'653 fr. 85 en juillet), ce que confirme précisément l'extrait de son compte bancaire (pièces 40 et 41 dem.). Contrairement à ce que soutient le recourant, l'autorité précédente n'a pas versé dans l'arbitraire en reconnaissant une valeur probante au certificat de salaire et au compte de salaire 2017, et ces pièces ne sont pas contradictoires avec son extrait de compte bancaire. Il faut en revanche concéder qu'elle a fait une lecture manifestement erronée de ces documents. Dans la mesure où il s'agissait de prendre en compte les prestations déjà fournies par l'employeuse, elle ne pouvait pas additionner les montants bruts assumés par celle-ci et les montants nets touchés par l'employé. En réalité, l'employeuse a versé 33'565 fr. de salaires bruts et d'indemnités journalières en 2017, et non pas 59'470 fr. 90 comme le retient finalement l'autorité précédente. La lecture des premiers juges se révèle correcte. Ce constat prive d'objet le grief selon lequel l'autorité précédente aurait enfreint la maxime des débats en retenant deux versements supplémentaires (17'365 fr. et 16'200 fr.) n'ayant fait l'objet d'aucune allégation. Il sied encore de préciser que dans sa demande (all. 10 et 38), le recourant avait lui-même allégué avoir perçu 25'906 fr. 35 [recte 25'905 fr. 90] en 2017. Les premiers juges ont déduit des prétentions du recourant les prestations brutes de l'employeuse (33'565 fr.) plutôt que le montant net touché par l'intéressé (25'905 fr. 90). A lire l'arrêt sur appel, le recourant n'a soulevé aucun grief sur ce point. L'autorité précédente a par ailleurs fondé son calcul sur les salaires bruts, sans s'attirer les critiques du recourant. Il n'y a ainsi pas matière à revoir la solution des premiers juges. Le recourant a objecté que les pièces 13 et 13a (permettant d'établir les prestations brutes par opposition au montant net touché) ne sauraient être prises en considération dès lors qu'elles ne se rapportent à aucun allégué. Il suffirait de constater que les premiers juges s'étaient expressément appuyés sur ces moyens de preuves sans que le recourant ne formule de grief en appel. Il ne saurait, à ce stade, brandir un moyen non soumis à l'autorité précédente. Au demeurant, le recourant oublie qu'à l'audience du 12 mars 2018, il a exigé la production du certificat de salaire 2017 en expliquant qu'il avait impérativement besoin de ce document pour établir sa créance. L'intimée a donné suite aux réquisitions du tribunal en produisant les pièces 13-13c le 9 avril 2018. En bref, la constatation relative aux montants " perçus " par l'employé en 2017 (ou, plus précisément, aux prestations fournies par l'employeuse) est manifestement inexacte, en tant qu'elle intègre indûment un montant de 25'905 fr. 90. Celui-ci a été déduit à tort des prétentions de l'employé. Cela étant, il ne suffit pas de faire admettre que l'autorité précédente a établi un fait de façon arbitraire. Encore faut-il que la correction du vice influe sur le sort de la cause. Or, comme il sera démontré ci-dessous (consid. 5), tel n'est pas le cas. Auparavant, il sied d'examiner le second point litigieux, concernant l'indemnité pour frais de représentation.