Citation: 6B_1410/2020 E. 4.4

4.4. En insistant sur sa prétendue bonne intégration sociale et professionnelle en Suisse, sur le manque de perspectives d'avenir en Algérie ainsi que sur les relations étroites entretenues avec ses filles, en particulier avec sa fille aînée, le recourant se limite principalement dans ses développements à opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale. Une telle démarche, appellatoire, n'est pas admissible et est irrecevable dans le recours en matière pénale. Il suffit dans ce contexte de constater que l'autorité précédente a tenu compte des critères pertinents au moment d'examiner s'il se justifiait de faire application de la clause de rigueur prévue par l'art. 66a al. 2 CP. A cet égard, s'agissant en particulier de sa fille aînée, il n'apparaît pas que le recourant en aurait la garde, ni même qu'il assumerait en l'état son entretien. Aussi, si on ne peut certes pas ignorer les potentiels tourments de sa fille âgée de 16 ans face à la situation de son père, tenu d'aller vivre dans un autre pays, des contacts demeurent largement possibles grâce aux moyens de communication modernes, voire à des voyages réguliers en Algérie, où elle a apparemment également ses habitudes, alors que son entretien paraît par ailleurs être adéquatement assuré par sa mère, laquelle ne donnait pas l'impression d'être d'emblée opposée au maintien des contacts de sa fille avec le recourant. Quant à sa seconde fille, née en 2019, dès lors que le recourant n'avait pas entrepris de démarches en vue de la reconnaissance de cet enfant, et dans la mesure où la mère de cette dernière serait par ailleurs l'épouse du neveu du recourant (cf. jugement attaqué, consid. 24.4.2 p. 42), la cour cantonale pouvait légitimement émettre des doutes quant à la réalité de la paternité alléguée. Cela étant, il suffit de constater que le recourant n'a pas rendu vraisemblable qu'il disposait en l'état d'un droit de garde ou de visite qu'il serait empêché d'exercer, étant rappelé de surcroît que mère et fille ne vivent pas en Suisse, mais en France. Au reste, le recourant n'a pas non plus rendu vraisemblable qu'il était en mesure de subvenir à son propre entretien en Suisse, ni qu'il y avait de réelles perspectives d'emploi. En particulier, la cour cantonale était fondée à douter du caractère effectif de l'activité de traducteur qu'il avait exercée entre novembre 2017 et juin 2018, après qu'il s'était vu signifier la suppression du versement des prestations de l'aide sociale. Aussi, elle pouvait estimer sans arbitraire que les possibilités de réintégration étaient plus favorables en Algérie, où, après y avoir vécu jusqu'à ses 25 ans et compte tenu de ses fréquents voyages, le recourant semblait y bénéficier encore d'un réseau familial et d'amis susceptibles de l'assister dans ses recherches d'emplois. Il apparaît ainsi, au vu des éléments de fait retenus, que l'autorité précédente n'a pas violé l'art. 66a al. 2 CP en refusant de reconnaître qu'une expulsion mettrait le recourant dans une situation personnelle grave.