Citation: 6B_653/2021 E. 1.5.2

1.5.2. La cour cantonale a considéré que l'intimée n'aurait jamais donné le moindre argent au recourant, ni investi le moindre centime dans la société F.________ SA, si le recourant ne s'était pas faussement engagé avec elle dans une relation affective et ne lui avait pas menti sur sa situation professionnelle et personnelle ainsi que sur ses compétences (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.4 p. 31). S'agissant des premières sommes remises, le recourant n'avait ni économie, ni emploi, ni fortune et vivait d'une rente d'invalide. Il savait pertinemment qu'il ne pourrait jamais rembourser l'intimée. Il savait également qu'elle n'allait pas lui verser d'avantage d'argent, d'où l'idée ensuite de la création de la société (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.4 p. 32). S'agissant de l'entreprise, le recourant ne pouvait que savoir qu'il n'avait aucune chance de pouvoir gérer une SA et l'activité y relative, puisqu'il était sans formation professionnelle, sans contacts et sans activité depuis de très nombreuses années. Il n'avait d'ailleurs lui-même jamais injecté le moindre franc dans cette société, mais avait uniquement réussi à obtenir des crédits au moyen de fausses fiches de salaire établies au nom de la société. Malgré tout, le recourant avait convaincu l'intimée d'investir dans cette société dont il savait qu'elle était vouée à l'échec. Or, il résultait des comptabilités que le recourant avait multiplié les prélèvements pour ses besoins personnels. A la lecture des comptes, il avait débité des montants conséquents sous forme de virements internes en sa faveur, de retraits d'espèces ou d'achats personnels. Il ressortait en particulier des comptes de la société que le recourant avait effectué de très nombreux prélèvements sur son compte courant à concurrence de 61'917 fr. 45 entre juin et décembre 2016, sous forme de virements en sa faveur, de retraits d'espèces, d'achats de vêtements et de remboursement de frais. A cet égard, il ressortait du compte n° jjj, intitulé " frais de voyage individuel " que le recourant avait facturé un nombre impressionnant de repas pris au Mac Donald's - dont l'on doutait qu'il y avait invité quelques clients que ce soit - dans le périmètre de son domicile. L'on trouvait également de très nombreux frais relatifs à des voyages un peu partout en Europe, frais de déplacement, d'hôtel et de repas, qui ne semblaient pas davantage se justifier par l'activité, inexistante, de la société. Enfin, le recourant avait facturé, sur le compte de la société, les pneus d'hiver de son " véhicule de direction " (compte kkk), des amendes d'ordre (compte lll) ainsi que divers " cadeaux " (compte mmm " cadeaux à la clientèle ") sous forme de chocolat de Brugges, de vêtements pour femme ou de bijoux. Il avait poursuivi ces prélèvements entre janvier et mai 2017, alors que la société rencontrait déjà des difficultés financières, que l'intimée avait consenti un apport supplémentaire de 60'000 fr. et que, à tout le moins depuis mars ou avril 2017 selon ses propres déclarations, il ne croyait plus à la viabilité de la société. Durant cette période, il avait ainsi prélevé 21'293 fr., en procédant à des virements en sa faveur, des retraits d'espèces, des achats personnels et des remboursements. Ces dépenses étaient évidemment sans lien avec l'activité réelle de la société, qui n'avait jamais eu de clients, de partenaires commerciaux, de contrats signés ou de revenus, et n'avaient jamais été consenties par l'intimée (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.4 p. 33).