Citation: 5A_366/2024 E. 3.2

3.2. De son côté, la Cour de justice a notamment réduit les charges de l'épouse à 13'251 fr., tout en précisant que cette modification était sans incidence sur le résultat, confirmé le revenu de l'époux, en partie hypothétique, de l'ordre de 10'000 fr. et son loyer, également hypothétique, de 1'600 francs (cf. infra consid. 4.1 pour le détail). Elle a ensuite rejeté les prétentions en entretien de l'époux, ce par une triple motivation [chacune suffisant à sceller le sort de son appel]. Premièrement, elle a jugé que l'époux n'avait pas rendu vraisemblable que les parties seraient convenues, au sens de l'art. 163 CC, que l'épouse finance entièrement ou partiellement le train de vie de son époux durant la vie commune. Selon elle, on ne pouvait tirer aucune conclusion des déclarations fiscales 2016 à 2020 des parties, dont l'époux se prévalait, s'agissant des revenus effectifs qu'aurait en définitive dégagé chacun des époux de son activité et encore moins quant à la façon dont ceux-ci étaient convenu de se répartir les revenus réalisés au sein de leur cabinet commun durant la vie commune. Les parties n'avaient en effet fourni aucune explication au sujet du caractère insolite des éléments annoncés à l'administration fiscale, à savoir que l'épouse aurait réalisé un revenu mensuel net moyen d'environ 57'500 fr., avant rachat de sa prévoyance professionnelle (et 11'000 fr. par mois environ après rachat), et qu'elle serait dépourvue de fortune, et que de son côté, l'époux aurait consacré l'essentiel de son bénéfice net au rachat de sa prévoyance, soit 25'000 fr. par mois, se retrouvant avec un revenu mensuel net d'environ 2'400 fr., soit pratiquement sans ressources pour son entretien et celui de sa famille, tout en bénéficiant d'une fortune de plus de 1'500'000 francs. La Cour de justice a encore précisé que le fait que l'épouse ait commencé en 2019 à payer les factures de son époux, à savoir lorsqu'il avait été emprisonné durant six mois, s'était vu interdire d'exercer sa profession et ne s'occupait plus de ses paiements, et qu'elle l'ait fait jusqu'en juillet 2022, date de sa requête tendant à la séparation de biens, ne portait pas atteinte à ce qui précédait. Deuxièmement, même s'il fallait admettre l'existence d'une convention entre époux durant la vie commune, la Cour de justice a estimé que ses prétentions auraient dû être rejetées compte tenu de la méthode applicable au cas présent. Elle a exposé qu'au vu des revenus cumulés, dont les parties disposaient durant la vie commune et à ce stade, l'on se trouvait en présence de circonstances financières exceptionnellement favorables, de sorte que c'était la méthode du train de vie effectif qui était indiquée et non pas celle du minimum vital avec répartition de l'excédent. Or, il incombait dans ce cas à l'époux de démontrer dites dépenses, ce qu'il n'avait pas fait, celles-ci n'étant au demeurant même pas alléguées.