Citation: 2C_454/2024 E. 4.1

4.1. De manière générale, la problématique du regroupement familial s'apprécie en priorité à l'aune du droit interne qui constitue un compromis entre, d'une part, le droit au respect de la vie familiale garanti par les art. 13 Cst. et 8 CEDH et, d'autre part, les objectifs du législateur national de limitation de l'immigration (cf. arrêts 2C_281/2023 du 11 octobre 2023 consid. 4.4; 2C_948/2019 du 27 avril 2020 consid. 3.3). Or, selon l'art. 42 al. 1 LEI, les enfants de citoyens suisses âgés de moins de 18 ans et célibataires - tel que l'était le recourant lors de sa demande de regroupement familial en juin 2022 - ont droit à l'octroi d'une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité à condition de vivre en ménage commun avec leurs parents de nationalité helvétique. S'agissant d'enfants qui, comme le recourant, ne sont pas titulaires d'une autorisation de séjour durable délivrée par un État avec lequel la Suisse a conclu un accord sur la libre circulation des personnes, un tel regroupement familial doit cependant être demandé dans un délai de cinq ans et, lorsque les enfants ont plus de 12 ans, dans un délai de 12 mois (cf. art. 47 al. 1 LEI). Ces délais courent dès l'entrée du parent regroupant en Suisse ou de l'établissement du lien familial (art. 47 al. 3 let. a LEI). Lorsqu'un parent d'origine étrangère acquiert la nationalité suisse après son arrivée en Suisse, cette naturalisation peut également déclencher un nouveau délai pour demander le regroupement familial, mais uniquement si une première demande a été préalablement déposée dans les délais de l'art. 47 LEI (cf. ATF 137 II 393 consid. 3.3; arrêts 2C_259/2018 du 9 novembre 2018 consid. 3.1; 2C_323/2018 du 21 septembre 2018 consid. 3; 2C_160/2016 du 15 novembre 2016 consid. 2.1). En cas de non-respect des délais, un regroupement familial dit "différé" n'est autorisé que pour des "raisons familiales majeures", ce conformément à l'art. 47 al. 4 LEI.