Citation: 1P.635/2002 12.03.2003 E. A

H.________ est propriétaire de la parcelle n° 2872 du cadastre de la commune de Lens, au lieu-dit "Les Ehrepis", à Crans-sur-Sierre. Cette parcelle de 825 mètres carrés est classée en zone de l'ordre dispersé 2A, régie par les art. 35.1 à 35.4 du règlement intercommunal sur les constructions des cinq communes du Haut-Plateau (RIC) approuvé par l'assemblée primaire de Lens le 8 février 1998 et homologué par le Conseil d'Etat du canton du Valais le 19 août 1998. Par avis paru au Bulletin officiel du 20 juillet 2001, la Municipalité de Lens a soumis à l'enquête publique une demande d'autorisation de construire un chalet sur cette parcelle, déposée le 12 juillet 2001 par le bureau d'architecture B.________ Sàrl. Ce projet a suscité l'opposition de la propriétaire voisine à l'est, A.________; elle faisait valoir en substance que la distance frontale arrière de 7 mètres fixée par l'art. 35.3 let. b RIC n'était pas respectée, que le dossier de mise à l'enquête était incomplet et que la distance du garage et de la cave par rapport à la limite de propriété de la parcelle voisine au nord n'était pas mentionnée, empêchant ainsi de vérifier leur conformité au règlement. Par décision du 4 octobre 2001, le Conseil municipal de Lens a rejeté l'opposition et délivré l'autorisation de construire sollicitée, après avoir complété le dossier d'enquête. Il a considéré que la distance frontale arrière pouvait être ramenée à 6 mètres, selon l'art. 32.3 let. b RIC régissant la zone d'habitations familiales 1A, conformément à l'art. 32.5 RIC, qui permet d'appliquer à la zone de l'ordre dispersé 2A les normes relatives à la zone d'habitations familiales 1A. Il a par ailleurs admis que le garage enterré pouvait être érigé en limite de propriété dès lors que la partie nord de la dalle se situait en-dessous du terrain naturel. Statuant le 22 mai 2002, le Conseil d'Etat du canton du Valais a rejeté le recours formé contre cette décision par A.________. Cette dernière a recouru en vain auprès du Tribunal cantonal valaisan (ci-après: le Tribunal cantonal ou la cour cantonale). Dans son arrêt rendu le 30 octobre 2002, cette autorité a considéré que l'application de l'art. 32.5 RIC dans le cas d'espèce, même si elle pouvait paraître insolite, ne conduisait pas à un résultat arbitraire. Elle a constaté que tous les documents manquants avaient été produits par la requérante et que la profondeur du saut-de-loup prévu en façade nord ressortait du plan du rez-de-chaussée, sans qu'il soit nécessaire d'exiger de compléter le dossier sur ce point. Elle a confirmé la décision attaquée en tant qu'elle mettait à la charge de A.________ l'intégralité des frais de justice dès lors que les conclusions de cette dernière avaient été entièrement rejetées.