Citation: 1B_427/2022 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, la peine prononcée en première instance à l'encontre du recourant, soit une peine privative de liberté de 13 ans pour meurtre, apparaît en soi importante. Comme le relève la Présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision, le recourant, qui aura prochainement 72 ans et n'a purgé que 57 jours de détention avant jugement, est désormais confronté à la perspective de passer une bonne partie des dernières années de sa vie en prison si son appel devait être rejeté, respectivement si l'appel joint du Ministère public devait être admis (cf. ATF 145 IV 504 consid. 2.3; arrêt 1B_280/2022 du 28 juin 2022 consid. 4.3 et 4.4). Le recourant peut certes se prévaloir d'attaches importantes en Suisse avec sa compagne de vie, les membres de sa famille (en particulier ses trois enfants issus d'un premier mariage, qui se sont portés caution, leurs conjoints et sa petite fille), et les enfants de sa défunte épouse, lesquels ont renoncé à se constituer parties plaignantes dans la procédure pénale. Mises en balance avec la gravité des actes reprochés et la peine privative de liberté importante à laquelle il a été condamné en première instance, elles ne paraissent pas suffisantes pour exclure que le recourant ne préfère quitter la Suisse, fût-ce dans des conditions plus inconfortables que celles qu'il a connues jusqu'alors, plutôt que de subir une incarcération de longue durée. Il s'est au surplus rendu à sept reprises à l'étranger au bénéfice d'autorisations délivrées par l'autorité au cours de la procédure pour des activités professionnelles. L'affirmation du recourant selon laquelle il n'aurait aucun contact demeurant à l'étranger doit ainsi être accueillie avec réserve. Dans un précédent arrêt, la Cour de céans avait d'ailleurs confirmé l'appréciation de la Chambre pénale de recours de la Cour de justice selon laquelle l'aisance financière du recourant et le réseau relationnel tissé au travers de ses activités socio-professionnelles, aussi résiduelles soient-elles aujourd'hui en raison de son âge, lui permettraient de refaire sa vie à l'étranger sans guère de difficulté et pourraient l'inciter, par crainte d'une peine privative de liberté d'une certaine importance s'il était condamné, à sacrifier les attaches affectueuses qu'il disait avoir nouées avec les enfants de sa défunte femme et leurs propres enfants (arrêt 1B_306/2020 du 10 juillet 2020 consid. 4.2). L'éventualité de devoir renoncer aux mandats d'administrateur que le recourant conserve au sein de la société B.________ AG et de la Fondation C.________ et à son investissement dans les projets de renaturation du domaine de D.________ ne suffit pas pour exclure un risque de fuite au regard de la peine privative de liberté à laquelle il s'expose pour considérer qu'il préférera rester en Suisse plutôt que de se présenter à l'audience d'appel. Le fait qu'il n'ait pas profité de sa liberté au cours de la procédure pénale, respectivement de ses déplacements autorisés à l'étranger, pour se soustraire à l'instruction n'apparaît pas davantage déterminant pour apprécier le risque de fuite car il avait alors encore la perspective d'être acquitté en première instance (cf. arrêt 1B_421/2021 du 21 août 2021 consid. 2.3). Le recourant, dont la présence à l'audience d'appel est indispensable, conteste ainsi en vain l'existence d'un risque de fuite, lequel peut être qualifié d'élevé au vu des circonstances.