Citation: 5P.318/2004 03.02.2005 E. 1

3.2 Les recourants reprochent à la Cour de justice d'avoir repris par simple copier-coller les constatations de fait du Tribunal de première instance, qui se serait lui-même borné à reproduire l'état de fait de l'arrêt rendu en dernier ressort sur la requête de mesures provisionnelles. Ils allèguent s'être opposés par avance à ce procédé dans leur mémoire d'appel. Toutefois, les recourants n'expliquent pas en quoi, selon eux, l'éventuelle reprise de l'état de fait du jugement de première instance par copier-coller violerait l'art. 29 al. 2 Cst. Aussi, trop imprécis pour satisfaire aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le premier moyen des recourants est-il irrecevable. 3.3 De manière confuse, les recourants font aussi valoir le caractère essentiel de certaines de leurs allégations de fait, que les premiers juges n'auraient pas retenues et que la Cour de justice, en reprenant l'état de fait du jugement de première instance, aurait implicitement rejetées sans motiver sa position. La plupart de ces allégations tendaient à démontrer la fausseté ou l'inexactitude de diverses assertions de fait de l'ouvrage incriminé. Au lieu de se contenter de faire un résumé très général de celui-ci et d'établir une liste de passages dans lesquels les recourants étaient nommément désignés, la cour cantonale aurait dès lors dû, selon les recourants, constater que certains faits rapportés par les auteurs du livre litigieux dans le but de conforter leur thèse étaient faux ou procédaient d'amalgames. Comme elle ne l'a pas fait, les recourants en concluent que la Cour de justice aurait omis, sans en indiquer les motifs, de prendre en considération les faits allégués et les preuves offertes, et que leur droit d'être entendu aurait ainsi été violé. Cependant, les recourants n'indiquent même pas à quel endroit de leur procédure ils auraient introduit les allégations de fait auxquelles ils se réfèrent. En outre, pour montrer l'importance prétendument décisive des assertions de l'ouvrage litigieux qu'ils disent avoir contestées, ils se contentent d'affirmer que les faits sur lesquels portent ces assertions soutiendraient la thèse des auteurs sur l'existence d'un lien entre les recourants et le financement des activités terroristes d'Oussama Ben Laden, mais sans indiquer précisément en quoi le sens général de l'ouvrage litigieux serait différent, pour ce qui les concerne, si les assertions de fait qu'ils contestent étaient retranchées ou si elles étaient modifiées. Un simple renvoi aux pièces du dossier n'est à cet égard pas suffisant. Dès lors, faute d'être clairement et suffisamment motivé, le moyen pris d'une violation du droit d'être entendu est irrecevable.