Citation: 1C_470/2019 E. 5.3.2

5.3.2. Au demeurant, il est rappelé que les griefs relatifs à la légalité et au caractère exploitable des preuves recueillies dans la procédure pénale ne sont pas susceptibles d'être invoqués durant la procédure administrative, mais doivent être soulevés lors de la procédure pénale, en particulier s'agissant d'une preuve dont l'inexploitabilité éventuelle n'est que relative au sens de l'art. 141 al. 2 CPP et non absolument inexploitable au sens de l'art. 141 al. 1 CPP (cf. arrêt 1C_202/2018 du 18 septembre 2018 consid. 2.3). Or, le recourant s'est abstenu, durant la procédure pénale, de toute critique quant à des difficultés liées à la langue utilisée par les policiers qui l'ont interrogé à la suite des faits du 14 mai 2018, aucun élément ne permettant par ailleurs de déduire que le rapport de police établi le 24 mai 2018 puisse constituer une preuve absolument inexploitable. Il ressort ainsi de ce rapport, rédigé certes en allemand, que le recourant avait été interrogé en français (cf. page de garde: " Verhandlungssprache: Französisch ") et qu'il avait été informé de ses droits de prévenu (cf. procès-verbal du recourant, " Aussagen der befragten Person nach Belehrung gem. BBK für BP [Beschuldigte] "), alors que le rapport ne faisait pas état de réserves quant à des problèmes de compréhension, que ce soit de la part du recourant ou des policiers. Du reste, il apparaît que les déclarations consignées lors de l'interrogatoire du recourant, qui avait duré plus de 30 minutes, correspondaient à la version présentée ultérieurement par le recourant dans sa prise de position du 25 juin 2018 adressée à l'OCRN, à savoir que sa manoeuvre de dépassement avait dû être avortée en raison d'un véhicule venant en sens inverse, qui roulait à une vitesse inadaptée (cf. prise de position du recours du 25 juin 2018, p. 2; rapport de police du 24 mai 2018, Unfallaufnahmeprotokoll, Aussagen Lenker/Fussgänger: " Ich beschleunigte auf ca. 60 km/h, der BMW fuhr ca. 40 km/h, und auf der Höhe des BMW sah ich ein Fahrzeug entgegenkommen. Um eine Kollision zu vermeiden, bremste ich ab und lenkte nach rechts. Dabei kam es zur Kollision mit dem BMW. Das entgegenkommende Fahrzeug fuhr sehr schnell "). D'autres éléments sont par ailleurs propres à illustrer que le recourant, qui a allégué exercer la profession de juriste (cf. page de garde du rapport de police du 24 mai 2018), avait bien compris les termes contenus dans l'ordonnance pénale et les conséquences sur la procédure administrative d'une absence d'opposition dans le délai légal. Il ressort en effet du dossier cantonal, en particulier de la prise de position précitée du 25 juin 2018, qu'il avait été informé, en français, de l'ouverture d'une procédure administrative en date du 15 juin 2018. Dans ses déterminations, alors qu'il avait allégué que l'ordonnance pénale du 1er juin 2018 lui avait été notifiée le 13 juin 2018 et que le délai d'opposition courait partant jusqu'au 25 juin 2018, il avait indiqué ne pas s'être opposé à l'ordonnance pénale précitée " d'une part puisque les frais d'une procédure seraient exagérés en regard à l'amende, et d'autre part, parce [qu'il n'avait] aucune nouvelle de la police concernant la voiture responsable de l'accident, soit le véhicule inconnu qui roulait à une vitesse totalement inadaptée et imprévisible ", de sorte " [qu'il] ne dispos[ait] pas de preuves suffisantes du déroulement de l'événement pour [se] disculper totalement " (cf. prise de position du 25 juin 2018, p. 3). Au reste, alors qu'il alléguait dans cette écriture " [ne pas avoir] mandaté de représentant judiciaire (avocat), ni annoncé le sinistre à l'assurance de protection juridique ", le recourant - ressortissant suisse alors domicilié à Wohlen bei Bern (Hinterkappelen), soit une commune du canton de Berne dont l'allemand est la seule langue officielle - faisait référence à " une excellente contribution de Christophe A. Herzig, sous le titre Abgrenzung zwischen einfacher und grober Verkehrsregelverletzung, parue dans Strassenverkehr 2/2016 " (cf. prise de position du 25 juin 2018, p. 4). Pour le surplus, on ne voit pas que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en omettant de prendre en considération une méconnaissance du recourant de la langue allemande, qui l'aurait empêché de faire valoir ses droits dans la suite de la procédure pénale. Les différents éléments évoqués ci-dessus tendent au contraire à conforter le sentiment que le grief est invoqué au mépris des règles de la bonne foi (art. 5 al. 3 Cst.).