Citation: 4A_452/2019 E. 5.3

5.3. Une modification de la demande au sens des art. 227 et 230 CPC intervient lorsqu'une prétention juridique qui a été valablement invoquée jusque-là est modifiée ou lorsqu'une nouvelle prétention est soulevée. La modification des conclusions doit satisfaire aux exigences alternatives de l'art. 227 al. 1 CPC et être la conséquence de faits ou de moyens de preuves nouveaux (DENIS TAPPY, Code de procédure civile commenté, 2011, n° 3 ad art. 230 CPC). Même si le principe de la bonne foi exige que la partie qui a connaissance de faits et moyens de preuve nouveaux de nature à modifier ses prétentions modifie ses conclusions rapidement après avoir eu connaissance desdits éléments nouveaux, la loi n'impose pas une modification immédiate de la demande, à la différence de ce que prévoit l'art. 229 CPC en matière de nova (arrêts 5A_245/2017 du 4 décembre 2017, consid. 2.4; 5A_16/2016 du 26 mai 2016, consid. 5.1; FRANCESCO TREZZINI, Commentario al Codice di diritto processuale civile svizzero, 2010, let. B. ad art. 230 CPC, p. 1033). Il en résulte clairement que la défenderesse n'était pas tenue d'augmenter ses conclusions en février 2018 ou encore en avril 2018, lorsqu'elle a déclaré adhérer à la proposition du Président de joindre les causes; elle pouvait légitimement attendre le 27 juin 2018 pour ce faire, étant précisé que cette date était largement antérieure tant aux débats principaux qu'aux délibérations. Il n'y a là nulle trace d'une violation des dispositions légales invoquées par les locataires. Le montant des loyers dont la Cour d'appel a reconnu les locataires débiteurs envers la bailleresse s'inscrit donc dans le cadre des conclusions régulièrement présentées.