Citation: H 47/04 29.03.2005 E. 4

4.1 Les premiers juges ont constaté de manière à lier la Cour de céans que la société a suspendu ses paiements et formé systématiquement opposition aux commandements de payer que ses créanciers lui ont fait notifier, lesquels sont devenus fort nombreux depuis le début de l'année 2000. C'est en particulier à partir de cette période que l'entreprise n'a plus été à même de s'acquitter du paiement des cotisations paritaires. Ses dettes se sont ainsi progressivement accumulées jusqu'à atteindre un montant total de 900'000 fr., selon les propres déclarations des recourants. 4.2 Ces éléments établissent qu'à partir du début de l'année 2000 au plus tard, la société a souffert d'un manque chronique de liquidités. Le fait que les recourants aient envisagé d'assainir la situation économique très précaire de l'entreprise moyennant la vente d'actifs sociaux démontre que cette situation n'était pas passagère et que la survie de l'entreprise n'était objectivement pas envisageable à plus ou moins long terme. Dans ces circonstances, le refus de la Banque Y.________ d'accorder à la société une augmentation de son emprunt ne constituait nullement une circonstance imprévisible faisant apparaître comme non fautive une violation des prescriptions en matière d'AVS. Quant aux biens-fonds de la société, bien qu'évalués à 1'910'000 fr. ou 1'345'000 fr. selon une estimation effectuée le 9 juin 2000 à la demande de la Banque Y.________, le produit de leur réalisation s'avérait aléatoire en tant qu'il dépendait des conditions de vente (lesquelles pouvaient se révéler particulièrement défavorables en cas d'adjudication forcée), de l'état du marché immobilier, du contexte économique, ainsi que du bon vouloir du potentiel acquéreur. Aussi ne saurait-on admettre que la société pouvait retarder le paiement des cotisations sociales, en espérant que les capitaux tirés d'une hypothétique vente immobilière lui permettraient un jour ou l'autre d'éponger ses dettes courantes envers les assurances sociales. 4.3 Pour le reste, les recourants s'en prennent vainement aux constatations de fait des premiers juges. En tant que ces derniers indiquent en pages 3 et 8 du jugement entrepris que "la société devait 900'000 francs à une banque", ils ne font que citer les allégués des recourants figurant dans leur réponse du 16 janvier 2003 au Tribunal administratif cantonal sans pour autant constater de manière à lier la Cour de céans que l'entreprise était redevable d'un emprunt hypothécaire du même montant auprès de la Banque Y.________. En outre, il ne ressort aucunement du jugement entrepris que le montant de cette dette s'élevât à 900'000 fr. Au reste, il n'est pas décisif de déterminer si ce crédit était de 500'000 fr. ou 900'000 fr., dès lors que la somme totale des dettes de l'entreprise est établie et non contestée. Les critiques des recourants ne sont ainsi pas de nature à démontrer l'inexactitude manifeste des constatations de fait de la juridiction cantonale au sens de l'art. 105 al. 2 OJ, de sorte qu'un complément d'instruction ne s'impose pas. 4.4 Sur le vu de ce qui précède, les premiers juges ont à juste titre considéré qu'au moment de différer le paiement des cotisations sociales, les recourants n'avaient pas de raisons sérieuses et objectives de penser qu'ils pourraient s'en acquitter dans un délai raisonnable. Aussi ces derniers n'étaient-ils pas autorisés, aux conditions posées par la jurisprudence (cf. ATF 108 V 188; RCC 1992 p. 261 consid. 4b), à différer le paiement des cotisations retenues sur les salaires payés, sans que leur comportement ne tombe sous le coup de l'art. 52 LAVS.