Citation: 4A_293/2017 E. A

A.a. M.________, N.________ et O.________ étaient copropriétaires, à raison d'un tiers chacun, d'une parcelle sise à... dans la commune de... (VS). Comme ils projetaient de réaliser une promotion immobilière, ils ont demandé une analyse géologique du terrain qui comportait un talus. Dans son rapport du 19 juin 2006, le bureau consulté (X.________ Sàrl) a constaté que des schistes se désagrégeaient à proximité de la surface du talus, sans qu'il fût possible de prédire si des glissements «couches sur couches» allaient se produire au sein du massif rocheux. Le bureau recommandait « d'appliquer la méthode observationnelle, soit de mettre en oeuvre ou non des mesures de confortation en fonction des conditions géologiques et hydrogéologiques réelles découvertes lors du terrassement. » La possibilité que la roche fût désagrégée en profondeur justifiait de procéder à une surveillance géotechnique du terrassement. A.b. En 2009, les trois promoteurs précités ont mandaté deux sociétés en vue de la construction d'un bâtiment. Ils ont constitué la parcelle en propriété par étages (PPE) dont ils ont vendu les parts entre juin et septembre 2009 à A.________ (une part), aux époux B1.________ et B2.________ (une part) et à C.________ (deux parts). Les ventes ont eu lieu avant que l'immeuble soit érigé. Chaque contrat comportait un prix global couvrant l'achat du terrain et la réalisation de l'ouvrage. Les acquéreurs (ci-après: les propriétaires) avaient la faculté d'apporter de légères modifications par rapport aux plans et au descriptif du bâtiment. La prise de possession des locaux est intervenue à la fin du mois de juillet 2010. Les propriétaires se sont adressés à Y.________, employé de la société en charge de la direction des travaux, pour les travaux de retouches et d'élimination des défauts, qui ont été exécutés. A.c. Le 12 janvier 2011, un glissement de terrain s'est produit à l'arrière du bâtiment. Le lendemain, A.________, en qualité d'administratrice de la PPE, a annoncé cet événement à Y.________. Celui-ci s'est rendu sur place pour prendre des photographies, puis a avisé O.________, qui a lui-même relayé l'information à N.________ au plus tard dans la semaine ayant suivi l'éboulement. O.________ a envoyé une déclaration de sinistre à l'assureur... et en a transmis une copie à B1.________ par courriel du 2 février 2011. L'assureur a refusé d'entrer en matière au motif que le bâtiment n'avait subi aucun dégât. A la fin de l'hiver, les promoteurs ont fait enlever à leurs frais les matériaux tombés à la suite du glissement de terrain. A.d. Le 15 avril 2011, les propriétaires ont adressé le courrier suivant à O.________ (pour un résumé en français, cf. consid. 2.4 infra) : «Sehr geehrter Herr O.________ Am 12.01.2011 ist der Hang hinter unserer Liegenschaft abgebrochen und gegen das Haus gerutscht. Die Meldung erfolgte damals an Herr Y.________ [sic!] der den Vorfall der... Versicherung meldete. Nach unserer Meinung wurde der Hang vor, während und nach dem Bau der Liegenschaft nicht gesichert. Wir verlangen vom Bauingenieur eine klare Auskunft über die Hangsicherung mit einer Garantie. Wie sicher ist dieser im heutigen Zustand und wie verhält sich die [sic!] Hang in der Zukunft. Existiert ein geologisches Gutachten, wenn nicht fordern wir umgehend ein solches. Wir lehnen jegliche Haftung für weitere Rutsche des Hanges und Schäden am Gebäude ab. (...) » Un ou plusieurs autres éboulements a/ont eu lieu après l'envoi de ce courrier. A.e. Pour toute réponse, les propriétaires ont reçu un pli daté du 26 juillet 2011 auquel était joint un devis établi par une entreprise de génie civile, laquelle estimait à 28'262 fr. 70 la réalisation d'un mur de protection avec remblai à l'emplacement où l'éboulement s'était produit. Réagissant le 9 août 2011, les propriétaires ont indiqué qu'ils tenaient les promoteurs pour responsables de l'effondrement du terrain et qu'ils «refus[ai]ent de payer pour un aménagement de sécurité qui aurait dû être prévu selon les règles de construction en vigueur.» Le 9 septembre 2011, les promoteurs ont envoyé un courrier aux propriétaires dans lequel ils contestaient toute responsabilité s'agissant de dégâts naturels. Ils y ont joint une copie du rapport géologique établi le 19 juin 2006 par X.________ Sàrl, document qui prouvait selon eux que les aménagements de sécurité avaient été réalisés conformément aux règles de l'art. Au début du mois de mai 2012, les propriétaires ont consulté un bureau d'ingénieurs civils qui leur a communiqué son rapport le 31 mai. Il en ressort que la mauvaise qualité des roches en surface, déjà connue, justifiait en son temps la planification d'un ouvrage final de sécurisation du talus en amont. La création d'un mur de soutènement n'était pas seulement une mise en valeur du bâtiment, mais une installation destinée à mettre en sécurité les propriétaires. Par lettre du 15 juin 2012, les propriétaires ont adressé un exemplaire de ce rapport aux promoteurs en les mettant en demeure d'effectuer les travaux de consolidation dans les plus brefs délais. Les intéressés n'ont pas réagi.