Citation: 4A_60/2022 E. 3

Deux thèses s'affrontent. La demanderesse voudrait que les défendeurs assument la chute du cours de l'action T.________ et payent le solde débiteur de leurs comptes en espèces suite à la liquidation légitime de leurs positions. Tandis que pour le camp adverse, la demanderesse aurait engagé sa responsabilité contractuelle et devrait réparer leur préjudice en les replaçant dans la situation antérieure à l'exécution des ordres passés le vendredi 13 septembre 2002. Les instances vaudoises ont donné raison aux défendeurs. Elles ont reproché à la demanderesse un comportement négligent, voire fautif à toutes les étapes de l'exécution de ses obligations. En particulier, - elle n'avait pas correctement informé les défendeurs du fonctionnement des marchés boursiers et de leurs risques; - elle n'avait pas accusé réception des ordres donnés en les horodatant, ni émis des avis d'exécution ("avis d'opéré") concernant les transactions concernées; - elle ne les avait pas informés de la nature, de la durée et des démarches à effectuer en cas de dysfonctionnement du système; enfin, - elle ne les avait pas avertis à temps du dépassement de leur couverture et avait procédé tardivement à la réalisation de leurs positions. Ce raisonnement a ensuite été affiné (cf. consid. 4.1 et 5.1 infra). La situation des clients B.________ et G.________ mérite d'être distinguée de celle du client C.________. Les griefs pertinents pour l'issue du litige seront traités dans cet ordre: