Citation: 5A_972/2021 E. 2.2.1

2.2.1. La Juge civile a retenu comme établi que les conjoints étaient tous deux propriétaires de biens au Kosovo et disposaient ainsi d'une fortune immobilière totalement disponible, puisque l'un et l'autre affirmaient qu'au-delà de la séparation, ils entendaient continuer à vivre en Suisse, où ils avaient le centre de leurs intérêts et, s'agissant du mari, une grande partie de sa famille. Cette fortune n'était grevée d'aucune dette, de sorte qu'elle devait leur permettre de contracter un emprunt; en tout cas, aucun des conjoints n'établissait le contraire. Malgré la tenue de deux audiences et une demande d'informations complémentaires circonstanciée, il n'était pas possible de se forger une opinion exacte sur cet avoir. A tout le moins fallait-il considérer qu'il était conséquent puisqu'en août 2020, les parties s'étaient rendues chez un notaire, dans leur pays d'origine, pour tenter de régler à l'amiable leurs affaires patrimoniales et, notamment, les droits de l'épouse dans la succession du mari. Par ailleurs, si l'avoir en question était dérisoire, on comprenait mal pour quelle raison il n'avait pas été déclaré fiscalement en Suisse, ni pourquoi il figurait, s'agissant de l'épouse, au nom d'un tiers, ni pour quelle raison les parties avaient renoncé à en parler lors de leur première procédure de séparation, dans laquelle ils avaient obtenu l'assistance judiciaire. Dans ces conditions, la requérante, qui n'avait pas demandé de provisio ad litem et n'avait pas exposé de manière claire la valeur de ses biens/droits à l'étranger, ne pouvait être considérée comme "indigente". Il y avait encore lieu de relever son manque de sincérité durant la procédure puisque, dans ses premières déclarations au tribunal, elle prétendait ne pas avoir de biens, alors que, dans le contrat notarié, elle admettait le contraire.