Citation: 4A_386/2016 E. 5.3

5.3. Les juges cantonaux ont fait en substance l'analyse suivante: les frais judiciaires et d'avocat engagés par le demandeur à raison des procédures ouvertes devant les juridictions de Hong Kong ne constituaient pas un dommage qui soit en relation de causalité naturelle et adéquate avec une violation des obligations contractuelles par la banque. Dans la mesure où elle ne s'était pas valablement libérée de son obligation de restituer les fonds déposés ou prêtés par le demandeur, la banque n'avait jamais cessé d'en être la débitrice. Le demandeur n'avait subi aucun dommage puisqu'il demeurait créancier de la banque et n'avait ainsi pas à engager des frais judiciaires et d'avocat aux fins de diminuer un dommage inexistant. Toutefois, en agissant contre les auteurs présumés des ordres frauduleux devant les juridictions de Hong Kong, le demandeur entendait récupérer les fonds détournés pour le cas où sa créance contre la défenderesse ne serait pas reconnue. Il admettait en revanche que, dans l'hypothèse où il obtiendrait gain de cause contre la défenderesse, il ferait profiter cette dernière des montants recouvrés au terme des procédures engagées à Hong Kong; il avait du reste modifié ses conclusions en ce sens une fois ces procédures terminées et les montants effectivement obtenus. En agissant de la sorte, le demandeur avait, au moins à titre éventuel, géré sans mandat les affaires de la défenderesse au sens de l'art. 419 CO (ATF 112 II 450 consid. 5). En outre, poursuivait la cour cantonale, la gestion avait été entreprise dans l'intérêt du maître, dès lors qu'elle avait permis à la défenderesse de recouvrer - par le biais d'une imputation sur les prétentions du demandeur à son encontre - les montants versés sans instruction valide les 15 juin, 31 juillet et 8 août 2012, dont elle était appauvrie. Conformément à l'art. 422 al. 1 CO, la défenderesse était dès lors tenue de rembourser au demandeur, en principal et intérêts, les frais judiciaires et d'avocat engagés par ce dernier, dont leur nécessité, ou du moins leur utilité et leur justification n'était pas contestée.