Citation: 1P.87/2005 23.02.2005 E. 5

Le recourant conteste présenter un danger de fuite. 5.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence; il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). La Chambre pénale a relevé que le recourant devait exécuter les peines prononcées les 12 avril 1996 et 7 janvier 1997, totalisant douze mois d'emprisonnement, tandis que les deux condamnations plus récentes, de six et huit mois respectivement, n'étaient pas définitives. Ses arriérés de pension ascendaient à 312'832 fr. depuis 1994 et, depuis le dépôt de la plainte ayant abouti au jugement du 7 décembre 2004, à 146'252 fr. Bien qu'il eût perdu son permis d'établissement en 1996, le recourant n'avait pas quitté la Suisse pour autant, vivant ainsi pendant huit ans dans la clandestinité, dont les dernières années chez son amie qui l'entretenait. Il n'exerçait pas d'activité lucrative et ne disposait d'aucun revenu, alors qu'il admettait pouvoir gagner sa vie et assurer ses responsabilités. Au vu de ces circonstances, le recourant présentait un risque de fuite sérieux et concret car, déjà condamné à des peines totalisant douze mois d'emprisonnement, il avait un intérêt certain à se soustraire à la procédure et à l'exécution des deux peines non encore exécutoires. Enfin, toujours selon la décision incriminée, aucune mesure de substitution moins incisive n'était propre à garantir sa présence. 5.2 Pour sa part, le recourant conteste nourrir le dessein de quitter la Suisse. Il fait valoir les liens amicaux créés et sa relation avec son amie, chez laquelle il vit depuis plusieurs années. Il relève encore qu'il aurait entrepris diverses démarches afin de modifier les contributions d'entretien dues et de régulariser son statut d'étranger en Suisse. 5.3 Ces arguments sont mal fondés, sinon appellatoires. Il est constant que le recourant a su disparaître dans la clandestinité pendant huit ans. En dépit de ses liens avec son amie, il est ainsi susceptible de se soustraire derechef à la justice, non pas nécessairement en quittant la Suisse, mais en retournant dans la clandestinité. Au demeurant, à supposer même que les peines prononcées les 12 avril 1996 et 7 janvier 1997 soient prescrites (art. 73 ss CP), ce qu'il n'y a pas lieu de trancher ici, les deux procédures plus récentes restent de nature à l'inciter à disparaître, puisqu'elles le condamnent en l'état à une peine totale de quatorze mois d'emprisonnement. De ce point de vue, il est sans importance que ces jugements ne soient pas encore entrés en force. L'existence d'un risque suffisant de fuite doit ainsi être confirmée, ce qui permet en l'espèce de tenir pour justifiée la mise en détention préventive. Le recourant n'ayant pas soulevé de grief afférent au principe de la proportionnalité, notamment à l'éventualité d'une mesure moins incisive, il n'y a pas lieu de traiter ce point (art. 90 al. 1 let. b OJ). Vue sous cet angle, la situation du recourant pourrait être revue par l'autorité à brève échéance.