Citation: 5A_258/2018 E. 3.2

3.2. Dans son résultat, ce raisonnement échappe à la critique. Comme le relève a bon droit l'autorité cantonale, l'appel n'est pas recevable sur les questions de fait ou de droit qui ont été résolues dans la décision de renvoi à l'autorité de première instance (arrêt 4A_646/2011 du 26 février 2013 consid. 3.2, non publié in ATF 139 III 190). Le recourant tente vainement de faire valoir que les circonstances de la présente espèce seraient différentes de celles ayant donné lieu à la jurisprudence précitée. La Cour de justice a en effet confirmé l'opinion du premier juge selon laquelle les faits et documents nouveaux invoqués par l'appelant pour étayer la prétendue diminution de sa capacité contributive ne commandaient pas de revoir l'appréciation de sa situation financière effectuée dans les arrêts des 31 août 2012 et 6 février 2015. Le recourant ne le conteste pas valablement. Il se contente de renvoyer aux actes cantonaux et d'en citer certains passages pour tenter de démontrer que le Tribunal et, à sa suite, la Cour de justice auraient en réalité procédé à un nouvel examen de sa situation financière. Tel n'est toutefois pas le cas. Il résulte en effet de l'arrêt attaqué que, conformément au dernier arrêt renvoi de la Cour de justice, du 6 février 2015, le premier juge n'est revenu sur la contribution d'entretien de la défenderesse que pour déterminer si, compte tenu de ce qu'elle devait encore percevoir au titre du partage de certains éléments du régime matrimonial, celle-ci serait capable de financer pour partie son entretien mensuel. Ayant tranché cette question par la négative, le Tribunal a ensuite estimé que les parties ne démontraient pas l'existence de faits nouveaux commandant de s'écarter de l'appréciation de la Cour de justice, selon laquelle ladite contribution devait être fixée à 20'000 fr., puis à 25'000 fr. par mois. S'agissant du débirentier, le premier juge a considéré que son argumentation, selon laquelle il avait quitté toute fonction au sein des sociétés de sa famille en 2012, ne conservant dans l'une desdites sociétés qu'une activité lui procurant un revenu annuel moyen de 250'000 fr., se rapportait en grande partie à des faits déjà pris en compte par la Cour de justice dans son arrêt du 6 février 2015 et devait dans cette mesure être écartée; seuls les revenus allégués pour les années 2015 et 2016, de 286'852 fr., respectivement 213'164 fr., étaient postérieurs à cet arrêt et donc susceptibles d'être pris en compte. Un examen attentif des différents chiffres avancés par l'ex-époux quant à ses dépenses, ses revenus et l'évolution de sa fortune permettait cependant de constater que celui-ci ne faisait toujours pas preuve de transparence s'agissant de sa situation financière réelle, si bien que les éléments nouveaux qu'il alléguait n'étaient pas concluants. Il fallait au contraire admettre que le débirentier disposait toujours d'un revenu d'au moins 50'000 fr. net par mois. Celui-ci ne pouvait au demeurant exciper d'une éventuelle diminution de ses revenus qu'il aurait lui-même provoquée en décidant de réorienter son activité professionnelle. Vu ce qui précède, on ne voit absolument pas en quoi le cas particulier se distinguerait, s'agissant du renvoi, de celui ayant donné lieu à la jurisprudence précitée, ni en quoi l'autorité cantonale aurait méconnu celle-ci. Quoi qu'il en soit, le recourant ne tire pas véritablement de conséquences de ses critiques à cet égard, pourtant exposées sur plusieurs pages. Il se contente d'affirmer que, puisque le Tribunal avait lui-même "rouvert l'analyse" de sa situation économique ainsi que des motifs de la dégradation de celle-ci, il s'imposait de prendre en compte "l'ensemble des moyens de preuve" concernant la résiliation de ses rapports de travail avec les sociétés du groupe familial, dont notamment le témoignage de sa mère, seule propriétaire desdites sociétés, qui lui avait intimé de démissionner. Quoi qu'en dise le recourant, il ressort cependant de l'arrêt déféré que, selon le premier juge, les faits relatifs à la cessation de ses fonctions dans la plupart des sociétés du groupe familial avaient déjà été en grande partie pris en compte par la Cour de justice dans son arrêt du 6 février 2015, de sorte que les arguments qui s'y rapportaient devaient être écartés; or, le recourant ne démontre pas que ces constatations seraient arbitraires. Dans la mesure où il reproche à l'autorité cantonale d'avoir établi les faits de façon manifestement inexacte sur ce point, en omettant de prendre en compte les pièces et les explications qu'il avait fournies en appel et/ou en leur donnant un sens qui ne correspondait pas à ce qui ressort de leur examen, son grief est par conséquent mal fondé, pour autant du reste qu'il soit suffisamment motivé. Dès lors, en tant qu'il soutient que, contrairement à ce que retient l'arrêt attaqué, il a été contraint de quitter ses fonctions au sein de sociétés familiales, sa critique ne peut être prise en considération. Au demeurant, cette circonstance n'a été mentionnée par les juges précédents qu'à titre subsidiaire, leur argumentation principale reposant sur le manque de clarté de l'appelant concernant sa situation financière. Les critiques du recourant tendant à reprocher à l'autorité cantonale d'avoir établi les faits de façon incomplète et contradictoire en confirmant l'opinion du premier juge, selon laquelle la comparaison entre ses dépenses déclarées et la diminution effective de sa fortune révélait des incohérences, et ce alors même qu'il avait "remarqué" dans son appel que ces divergences étaient dues au fait qu'il avait pu économiser sur la pension due à sa fille cadette, ne satisfont pas non plus aux exigences de motivation susmentionnées (cf. supra consid. 2). Selon lui, si des doutes subsistaient à cet égard, un complément d'instruction et, en particulier, le témoignage de sa fille, aurait facilement corroboré ses explications. Une telle argumentation n'est cependant pas de nature à démontrer que l'autorité cantonale aurait fait preuve d'arbitraire dans l'établissement des faits en considérant, à l'instar du premier juge, qu'il fallait déduire de ces incohérences que le débirentier disposait manifestement d'autres sources de revenus (art. 106 al. 2 LTF). On ne voit pas non plus en quoi le droit d'être entendu du recourant aurait été violé, celui-ci ne prétendant d'ailleurs pas qu'il aurait sollicité des mesures d'instruction complémentaires qui lui auraient été refusées; l'art. 152 CPC, qui concerne le droit à la preuve, n'apparaît pas non plus enfreint. Le moyen se révèle par conséquent mal fondé, dans la mesure où il est recevable.