Citation: 6B_965/2023 E. 2.3

2.3. Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir pris en compte les éléments mettant selon lui à mal la crédibilité de l'intimée. A cet égard, il cite la chronologie des faits, l'identité de l'accusateur, les antécédents de l'intimée et l'absence de preuve matérielle. La décision serait dès lors arbitraire dans son résultat. Pour l'essentiel, les développements proposés par le recourant sont appellatoires. Il se contente de procéder à une libre appréciation des faits et des moyens de preuves sans démontrer l'arbitraire de l'appréciation opérée par la cour cantonale. Le recourant relève, en vain, l'absence d'éléments matériels attestant des faits qui lui sont reprochés, puisque la cour cantonale a bien tenu compte de ce point dans son appréciation. Pour le reste, la cour cantonale pouvait, conformément au principe de la libre appréciation des preuves (art. 10 al. 2 CPP), se fonder sur un faisceau d'indices convergents pour retenir la culpabilité du recourant. A cet égard, le recourant perd de vue que lorsque, comme en l'espèce, l'autorité cantonale a forgé sa conviction quant aux faits sur la base d'un ensemble d'éléments ou d'indices convergents, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux pris isolément soit à lui seul insuffisant. Bien plutôt, l'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble. Or, le recourant ne démontre pas qu'il était insoutenable, fondé sur le rapprochement de l'ensemble des éléments retenus par la cour cantonale (cf. supra, consid. 2.2: les déclarations complètes, claires et détaillées de l'intimée, dont les émotions décrites et les paroles rapportées permettaient de considérer son récit comme particulièrement crédible, le témoignage complet, clair et détaillé de F._______, qui avait confirmé les déclarations de l'intimée, le témoignage de E.________ qui tendait également à confirmer la version présentée par l'intimée, ainsi que les constats des thérapeutes et médecins consultés par l'intimée, éléments confrontés aux dénégations du recourant qui n'étaient pas crédibles, etc.), de considérer que les faits s'étaient déroulés tels que l'intimée les décrivait et qu'il en était l'auteur. Les critiques du recourant sont, partant, irrecevables. A cet égard, on peut, notamment, relever ce qui suit. Lorsque le recourant soutient que les accusations de l'intimée auraient pour objectif de lui permettre d'obtenir un emploi fixe et un permis de séjour en Suisse, il procède de manière purement appellatoire. En affirmant que l'intimée serait une "proche et intime de son employeur", respectivement que le recourant ne s'entendrait pas avec F._______, il se base sur des faits ne ressortant pas de l'état de fait cantonal sans qu'il ne démontre l'arbitraire de leur omission conformément aux exigences de motivation accrue (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas faire état de la "simultanéité" entre le licenciement du recourant et l'augmentation du taux de travail de l'intimée. Le moyen n'est pas pertinent puisqu'il ressort de l'état de fait cantonal que le recourant a finalement admis qu'il ne croyait plus que l'intimée l'aurait accusé à tort afin de lui prendre son emploi comme il le soutenait au début. En définitive, le recourant échoue à démontrer en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement conclu que l'intimée ne pouvait rien espérer d'intéressant en mentant délibérément. Le fait que l'intimée n'ait pas produit de pièce médicale attestant de ses problèmes de santé subséquents (une tumeur, selon ce qui ressort de l'état de fait cantonal), ne suffit pas à mettre en évidence une appréciation insoutenable de la cour cantonale, contrairement à ce que prétend le recourant. Le recourant soutient que la cour cantonale aurait omis de "revenir sur les incohérences dans les déclarations de l'intimée sur l'identité du rédacteur de sa plainte" et de ne pas avoir examiné la question des antécédents LAVI de l'intimée. Il ressort du jugement entrepris, d'une part, que c'est l'avocat de l'intimée qui a rédigé la plainte et, d'autre part, que l'intimée a expliqué les motifs pour lesquels elle avait consulté la LAVI en 2017. Pour le reste, le recourant ne démontre pas en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement omis les éléments qu'il invoque de sorte que la critique est insuffisamment motivée (art. 106 al. 2 LTF). En affirmant que la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire en retenant qu'il ne pouvait rien être tiré de l'absence de certificat médical attestant d'un contrôle gynécologique après les faits, respectivement que la cour cantonale aurait arbitrairement apprécié les certificats médicaux versés au dossier, le recourant procède de manière appellatoire sans démontrer le caractère insoutenable de l'appréciation. S'agissant, en particulier, du fait que les psychiatres ont répondu "non" à la question de savoir si des signes cliniques étaient compatibles avec une atteinte à l'intégrité sexuelle de l'intimée, la cour cantonale a relevé que cette réponse n'était pas pertinente et s'expliquait par les constatations des thérapeutes. Il ressort en effet du dossier que les médecins ont considéré qu'il était possible que l'intimée ait présenté, par le passé, un syndrome de stress post-traumatique développé à la suite d'une agression sexuelle, syndrome qui se manifestait par un évitement de son lieu de travail, une dissociation, des crises d'angoisse massives à l'approche d'un homme noir lui rappelant son agresseur et une hypervigilance. Cependant, lors des séances, les médecins avaient mis en évidence, au premier plan, une symptomatologie anxieuse et dépressive sous forme de perturbation du sommeil et de troubles d'endormissement, fatigue, crises d'angoisse avec oppression thoracique, palpitations, vertiges et manque de motivation (cf. pièce 23/2 du dossier cantonal). Les thérapeutes consultés par l'intimée ont quant à eux relevé que l'intimée présentait de nombreux symptômes permettant de retenir l'hypothèse diagnostique d'un trouble de stress post-traumatique en particulier la présence de souvenirs répétitifs, involontaires et envahissants de l'agression sexuelle, provoquant un sentiment de détresse de sorte qu'il paraissait évident que l'intimée avait été atteinte dans son intégrité sexuelle et psychique. Compte tenu de ce qui précède, on ne voit pas que l'appréciation cantonale selon laquelle les constats des médecins et des thérapeutes ne pouvaient s'expliquer autrement que par un épisode traumatique autre que celui décrit par l'intimée serait insoutenable. En soutenant que les déclarations de l'intimée seraient confuses et contradictoires, le recourant échoue à mettre en évidence le caractère arbitraire de l'appréciation cantonale, qui a retenu que les explications de l'intimée étaient complètes, claires et détaillées, et, partant, particulièrement crédibles, celles-ci étant, en outre, corroborées par divers éléments du dossier. Le recourant fait grand cas de ce que l'intimée aurait tardé avant de porter plainte: il se réfère à la déclaration de l'intimée en première instance selon laquelle elle ne pouvait pas manquer le travail pour aller déposer plainte vu qu'elle travaillait à 100 % et critique cette déclaration au motif que l'intimée travaillait à 50 % au moment des faits. On peine à comprendre la pertinence du moyen développé par le recourant. En tout état, cet élément n'a pas été omis par la cour cantonale puisqu'il ressort des faits que l'intimée a travaillé à 50 % les deux premières semaines de son contrat puis à 100 %. A cet égard, la cour cantonale a considéré que cela ne permettait pas de douter des explications de l'intimée. Le recourant ne démontre aucunement l'arbitraire de l'appréciation cantonale. Par ailleurs, le recourant semble soutenir qu'il serait contradictoire de retenir que l'intimée avait eu peur de porter plainte tandis qu'elle n'aurait pas hésité à dénoncer le recourant à son employeur. La cour cantonale a rappelé que l'intimée avait expliqué pourquoi elle n'avait pas porté plainte immédiatement après les faits (elle avait honte, elle avait un certain âge, elle n'avait pas su se défendre, elle était en période d'essai et espérait obtenir un travail à 100 %). Elle a également souligné que l'intimée avait plutôt pris un risque en dénonçant les faits, compte tenu de leur gravité et des circonstances, à savoir celui de ne pas être crue et d'être licenciée. Le recourant échoue à démontrer l'arbitraire de cette appréciation. Le recourant procède à une libre appréciation des preuves quand il affirme que ce ne serait qu'après avoir eu connaissance de la plainte visant l'intimée que celle-ci aurait décidé de porter plainte contre le recourant. A cet égard, il ressort de l'état de fait cantonal que le point de savoir si l'intimée a eu connaissance de la plainte déposée à son encontre avant le 5 août 2020 ne ressort pas des pièces du dossier, étant précisé que l'intimée a déclaré que tel n'était pas le cas. Le recourant, qui fonde ses développements sur une interprétation personnelle des déclarations de F._______, ne démontre pas le caractère insoutenable de cette constatation. Ce qui ressort des déclarations dudit témoin est que la patronne (du témoin) a dit à l'intimée que le recourant avait déposé plainte contre elle. Contrairement à ce que soutient le recourant, le témoin ne dit pas quand la patronne l'a dit à l'intimée, le témoignage ne contenant aucune référence temporelle sur ce point (cf. procès-verbal d'audition n° 3 du 20 août 2020, p. 2). En définitive, les éléments mis en exergue par le recourant ne suffisent pas à remettre en cause les constatations qui fondent sa condamnation. Se contenant d'évoquer un "doute plus que raisonnable ", i l ne démontre pas plus en quoi la cour cantonale aurait violé la présomption d'innocence (art. 106 al. 2 LTF); ces critiques sont donc irrecevables. Les griefs sont infondés, dans la mesure où ils sont recevables.