Citation: 4A_407/2018 E. A

Dès l'automne de l'an 2000, U.________ s'est installé à Montana avec divers membres de sa famille. Il y a pris à bail un appartement par l'entremise de C.________ SA, dont A.________ et B.________ étaient les administrateurs. Il s'est présenté comme un riche homme d'affaires désireux d'investir à Montana. Il prétendait jouir d'une fortune considérable à l'étranger, dont il ne pouvait toutefois pas disposer en Suisse, à court terme, en raison de difficultés administratives dans les transferts de fonds. Certains que U.________ leur apporterait des affaires très profitables, A.________ et B.________ lui ont témoigné une confiance aveugle. Il lui ont procuré un statut professionnel d'indépendant rattaché à leur agence immobilière, où il occupait un bureau. U.________ souhaitait acquérir des automobiles dont les difficultés du moment, à ses dires, ne lui permettaient pas de payer le prix. Au nom de C.________ SA, A.________ et B.________ ont conclu deux contrats de leasing avec la société X.________ SA, l'un le 2 février 2001, l'autre le 9 avril, relatifs à deux véhicules de cette marque. Ces véhicules étaient destinés à U.________ et les administrateurs lui ont remis un document qui l'habilitait textuellement à les utiliser aussi hors de Suisse. Il était entendu avec lui qu'il assumerait régulièrement et personnellement le versement des redevances mensuelles dues à X.________ SA. U.________ n'a que brièvement respecté cet engagement. Le 8 janvier 2002, X.________ SA a résilié les deux contrats au motif que les mensualités convenues n'étaient pas versées. Elle a exigé la restitution des véhicules. Il s'est avéré que ceux-ci se trouvaient alors en Tchéquie. La donneuse de leasing n'est parvenue à en récupérer qu'un seul, moyennant d'importants frais.