Citation: 9C_221/2023 E. 4.1

4.1. En l'espèce, les considérations de la juridiction cantonale et du docteur F.________ ne suffisent pas à établir que l'intimé présentait déjà une incapacité de travail de 100 % d'un point de vue psychiatrique en avril 2011. A l'inverse de ce que soutient la juridiction cantonale, l'intimé n'a tout d'abord pas "caché" sa souffrance aux médecins consultés. Ainsi, il a débuté un suivi psychiatrique en août 2012 auprès du docteur B.________, qui a diagnostiqué un trouble dépressif majeur, épisode isolé, sans effet sur la capacité de travail (avis du 23 décembre 2012). Il a de plus participé au programme pluridisciplinaire ambulatoire "I.________" de l'Hôpital J.________ pour les patients lombalgiques chroniques en 2012, afin de travailler sur les éléments de kinésiophobie. L'intimé ne s'est donc jamais trouvé dans la situation d'une personne assurée qui n'aurait pas consulté de médecins en raison du déni de son atteinte à la santé et qui ne se serait pas vu délivrer un arrêt de travail pour ce motif. Ensuite, la nature particulière de l'atteinte à la santé - notamment l'alexithymie couplée à une personnalité anankastique - ne justifie pas une dérogation aux exigences ordinaires en matière de preuve. Au contraire, les médecins consultés par l'intimé ont constaté très rapidement une composante psychiatrique à son atteinte à la santé, dès lors que la lombosciatalgie droite sur une hernie discale L5-S1 (qui a évolué selon les experts de la CRR vers une "banale" discopathie L5-S1 dès 2012) n'était nullement susceptible d'expliquer son importante appréhension à effectuer certains mouvements, comme s'asseoir. L'administration a dès lors requis une évaluation notamment psychiatrique auprès des médecins du SMR (rapport du 8 mai 2014) puis - sur instruction du Tribunal cantonal du canton de Vaud - une expertise pluridisciplinaire. Dans le rapport du 13 septembre 2021, les médecins de la CRR ont exposé que l'atteinte à la santé de l'intimé était devenue incapacitante à compter de mai 2020, car celle-ci s'était décompensée à la suite d'une séparation conjugale qualifiée de "brutale". La séparation conjugale avait de plus contribué à l'installation chez l'intimé d'une anxiété généralisée. On ne voit pas - et l'intimé ne l'établit pas dans sa réponse - ce qu'une nouvelle expertise psychiatrique apporterait de plus aux conclusions claires des experts, ce d'autant moins que l'autorité précédente a constaté, de manière à lier le Tribunal fédéral, que la qualité de vie de l'intimé s'était effectivement considérablement détériorée après la séparation conjugale en mai 2020. Enfin, les suppositions du docteur F.________ du 25 mai 2022, avancées bien des années après que l'intimé l'ait consulté, ne suffisent pas à renverser l'appréciation des psychiatres qui n'ont pas constaté une incapacité de travail. Les précautions utilisées par le psychiatre traitant pour formuler ses hypothèses montrent par ailleurs que son analyse repose sur des incertitudes qui ne permettent pas de leur reconnaître un degré de vraisemblance suffisant en matière d'assurances sociales (supra consid. 2.2).