Citation: I 833/05 21.11.2006 E. 7

7.1 Sur le plan physique, les premiers juges ont retenu que le recourant disposait d'une capacité de travail entière dans une activité adaptée. Ils se sont fondés sur le rapport du docteur R.________ du 27 janvier 2003 et sur celui du docteur H.________ du 23 mars 2004. Ainsi, le docteur R.________ a considéré que les divers diagnostics somatiques retenus n'étaient pas, individuellement, susceptibles de limiter la capacité de travail de l'intéressé dans une activité adaptée, ne nécessitant pas une élévation des membres supérieurs au-delà de la ligne des épaules et évitant les déplacements sur un terrain irrégulier. De son côté, le docteur H.________ a constaté que la neuropathie cubitale du coude gauche et le syndrome du tunnel carpien gauche, dont souffre l'assuré depuis le début de l'année 2003, n'entraînaient aucune incapacité professionnelle durable, ni de limitation. Les arguments du recourant ne sont pas propres à mettre sérieusement en doute la pertinence des conclusions des experts de la Clinique Z.________ et du docteur H.________ ou à justifier la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise. Même si le docteur I.________, se fondant sur un électromyogramme du 3 septembre 2004, indique dans son rapport du 6 septembre 2004 un discret ralentissement de la vitesse de conduction du coude ainsi qu'une perte d'amplitude, il n'en demeure pas moins que son appréciation ne remet pas en cause l'absence d'atteinte ostéo-articulaire et/ou neurologique significativement limitative quant à la capacité de travail. Ainsi que l'a constaté le docteur N.________ dans son examen neurologique du 22 janvier 2003, les troubles de la sensibilité présentés par le patient au membre supérieur gauche sont compatibles avec une neuropathie ulnaire au coude, même si le déficit sensitif dépasse le territoire habituel de ce tronc nerveux. Le diagnostic a du reste été confirmé par un électromyogramme effectué par le docteur I.________ il y a deux ans. Quoi qu'il en soit, le déficit moteur, si présent, reste discret et la neuropathie ne peut pas être considérée comme génératrice d'un handicap significatif à moyen ou long terme. Selon les conclusions du docteur N.________, l'examen neurologique est normal et il n'y a, de son point de vue, aucune limitation neurologique concernant la capacité de travail du patient, quelle que soit son activité. Dans son rapport médical du 18 novembre 2003, le docteur D.________ a admis des changements dans les diagnostics. Il relève notamment une aggravation des lombo-dorsalgies. Selon lui, une reprise du travail est illusoire. Toutefois, cet avis a moindre valeur probante que le rapport d'expertise de la Clinique Z.________ du 27 janvier 2003 en raison du rapport de confiance qui lie le médecin traitant à son patient (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc; comp. ATF 124 I 175 consid. 4). Quant aux différents rapports produits par ce médecin, ils ne font que répéter l'énumération des diagnostics déjà connus et déjà évalués, ainsi que l'indique le docteur P.________ dans son avis médical du 28 juin 2004. Sur ce point, le jugement attaqué doit ainsi être confirmé. 7.2 Sur le plan psychiatrique, les premiers juges, se fondant sur les conclusions de l'expertise de la Clinique Z.________ du 27 janvier 2003, ont retenu que le recourant ne présentait pas d'atteinte psychique, qui soit de nature à rendre invalidant l'état douloureux relevé par les experts. De son côté, le recourant fait valoir que le diagnostic de fibromyalgie chronique posé par le docteur I.________ dans son rapport du 6 septembre 2004 se distingue clairement du trouble somatoforme indifférencié évoqué par les experts dans leur rapport du 27 janvier 2003. 7.2.1 Dans le cadre de l'expertise de la Clinique Z.________, le docteur C.________ a examiné l'assuré le 22 janvier 2003. Dans son rapport d'expertise psychiatrique, il a posé le diagnostic de trouble somatoforme indifférencié, bien que l'on soit à la limite inférieure du seuil diagnostique. A son avis, il n'y a pas de comorbidité significative telle qu'un état dépressif franc ou un trouble de la personnalité. Ce spécialiste n'a donc pas retenu d'incapacité de travail sur le plan psychiatrique. Dans leur rapport du 27 janvier 2003, les experts ont posé le diagnostic ayant une répercussion sur la capacité de travail de trouble somatoforme indifférencié (F45.4). Au terme de l'entretien de synthèse, ils n'ont pas retenu d'affection qui, individuellement, soit susceptible de limiter la capacité de travail dans une activité adaptée. Etant donné l'avis mentionné ci-dessus du docteur C.________, le recourant ne présente pas de comorbidité importante par sa gravité, son acuité et sa durée (supra, consid. 3.1). Les autres critères consacrés par la jurisprudence, dont l'existence permet d'admettre le caractère non exigible de la reprise du travail, ne sont pas non plus réalisés. On ne voit pas que le recourant réunit en sa personne plusieurs de ces critères (ou du moins pas dans une mesure très marquée) qui fondent un pronostic défavorable en ce qui concerne l'exigibilité d'une reprise d'activité professionnelle. Ainsi que l'ont constaté les experts de la Clinique Z.________, la description précise de l'influence des troubles sur l'activité exercée paraît artificielle dans la mesure où, par son comportement, le recourant interdit toute évaluation objective de ses performances. Le stage au COPAI a démontré qu'il refusait de s'impliquer. Les évaluations médicales neutres ont toutes souligné le hiatus entre les plaintes et les constatations objectives. Ces discordances ont été également relevées par tous les observateurs ayant collaboré à l'expertise (rapport du 27 janvier 2003). Il n'y a pas non plus de perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. Les experts de la Clinique Z.________ ont relevé que le recourant assumait les activités ménagères et qu'il parvenait à s'impliquer sur le plan social (il est caissier dans le comité d'un choeur d'enfants). Enfin, on ne voit pas au dossier que chez le recourant, l'apparition du trouble somatoforme résulterait d'une libération du processus de résolution du conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire tiré de la maladie, fuite dans la maladie). Les médecins consultés ne font mention d'aucune source de conflit intrapsychique ni situation conflictuelle externe permettant d'expliquer le développement du trouble somatoforme indifférencié et son aboutissement jusqu'à une interruption totale de toute activité lucrative. Il apparaît ainsi que le trouble somatoforme indifférencié ne se manifeste pas avec une sévérité telle que, d'un point de vue objectif, seule une mise en valeur limitée de la capacité de travail du recourant puisse être raisonnablement exigée de lui.