Citation: 6B_31/2023 E. 2.5

2.5. Dans le cadre de la pesée des intérêts, la cour cantonale a relevé que le recourant pourrait aisément se réintégrer dans son pays d'origine, où se trouvent encore plusieurs membres de sa famille et où il voyage régulièrement comme en témoigne son passeport. Si le bien juridiquement protégé atteint est le patrimoine (et non un bien juridiquement protégé plus important), l'autorité précédente a souligné que le recourant avait porté préjudice à la collectivité publique, abusant, à plusieurs reprises, du droit à l'aide sociale dont il bénéficiait dans un but purement égoïste (améliorer son train de vie). Le montant total des délits n'était pas particulièrement élevé (moins de 15'000 fr.). Toutefois, le recourant avait montré une certaine persévérance dans ses agissements délictueux (qui s'étalaient sur près de 2 ans, même si un seul acte avait été commis en 2019), ainsi qu'une énergie criminelle non négligeable. Il n'avait montré aucune prise de conscience par la suite. En effet, les regrets exprimés avaient bien plus trait aux conséquences auxquelles il devait faire face qu'aux faits eux-mêmes. La cour cantonale a d'ailleurs relevé que le recourant avait déjà fait assumer à la collectivité publique ses responsabilités, puisque, durant de nombreuses années, il n'avait pas payé de manière fautive les contributions d'entretien pour ses filles depuis lors majeures (pour un montant global de plus de 120'000 fr.). Cet antécédent ne l'avait toutefois pas dissuadé de commettre les faits à la base de la présente procédure. Concernant les contacts avec sa fille mineure, la cour cantonale a constaté que celle-ci serait très prochainement âgée de 16 ans et pourrait le cas échéant rendre visite à son père dans son pays d'origine, ainsi que maintenir des liens avec lui par le biais des moyens de télécommunication modernes. La cour cantonale a également considéré que le fait que le recourant était grand-père et que ses petits-enfants vivaient en Suisse n'avait qu'un poids très limité dans la pesée des intérêts en présence. Dès lors, la cour cantonale a estimé que les intérêts publics au renvoi du recourant l'emportaient sur les intérêts privés de ce dernier à demeurer en Suisse et a prononcé son expulsion obligatoire.