Citation: 8C_247/2018 E. 6.3.4

6.3.4. En l'occurrence, au regard des forces générées par l'accident au cours duquel le recourant s'est fait écraser le pied par un engin de chantier pesant possiblement plusieurs tonnes, on peut se demander si l'événement du 11 juillet 2014 ne devrait pas être classé à la limite supérieure des accidents de gravité moyenne. Cela étant, même à se rallier à la qualification d'accident de gravité moyenne stricto sensu retenue par la cour cantonale, on ne peut pas considérer que le présent cas ne réunit d'emblée aucun des critères déterminants dans l'examen de la causalité adéquate. Le recourant subit une perte fonctionnelle importante de son pied gauche, dont les trois premiers orteils ont été amputés, et qui est déformé en équin. Il n'y a pratiquement plus de motilité au niveau des orteils restants, et l'avant-pied est tenu en flexion plantaire à 20° avec une cassure talo-naviculaire. Sur la partie du pied recouverte d'un lambeau cutané, il subsiste une zone totalement insensible propice aux escarres. Le recourant n'est pas en mesure de mettre totalement en charge son pied ni de le dérouler, de sorte qu'il doit se déplacer avec deux béquilles et porter des chaussures orthopédiques. On peut à cet égard faire une analogie avec certains cas de mutilation à la main qui ont été considérés, au regard de leurs conséquences, d'une gravité ou d'une nature particulière (RAMA 1999 n° U 346 p. 428). De plus, tant la doctoresse E.________ que le docteur G.________ ont fait mention de douleurs permanentes à caractère mécanique et neuropathique qui ne sont que partiellement soulagées par les médicaments. Enfin, l'assuré a présenté une incapacité de travail totale du 11 juillet 2014 jusqu'au 28 février 2017 et il est nécessaire, comme on l'a vu, de procéder à une instruction complémentaire pour déterminer l'ampleur de sa capacité de travail résiduelle à partir du 1er mars 2017.