Citation: 8C_376/2023 E. A

A.a. A.________ (ci-après aussi: l'employé), né en 1980, a travaillé comme assistant pastoral pour la Collectivité ecclésiastique cantonale catholique-romaine de la République et canton du Jura (ci-après: la CEC) à compter du 1 er août 2014. A partir du 1 er août 2021, il a exercé la fonction de théologien en pastorale responsable de service pour B.________ du C.________. A.b. Le 31 mars 2022, l'employé a informé son supérieur direct, l'abbé D.________, de l'existence d'une procédure pénale pendante à son encontre pour actes d'ordre sexuel avec des enfants, éventuellement contrainte sexuelle, pour des faits remontant aux années 2008-2009 et 2011. Le 26 avril 2022, le Procureur général de la République et canton du Jura (ci-après: le procureur général) a informé la CEC que l'intéressé faisait l'objet d'une procédure pénale depuis plusieurs mois pour les infractions précitées. Il a joint à son courrier la copie d'une ordonnance d'extension des poursuites du 7 janvier 2022, avec l'identité des victimes caviardée. Les faits reprochés étaient les suivants: " a) Actes d'ordre sexuel avec un enfant, éventuellement contrainte sexuelle (CP 187 ch. 1 al. 1, CP 189 al. 1) par le fait: - d'avoir enlacé Mme dans ses bras en lui disant "je t'aime", alors que celle-ci était âgée de moins de 16 ans; - de s'être assis à côté de Mme et de l'avoir prise par les hanches afin de la tirer contre lui, alors que celle-ci était âgée de moins de 16 ans; - d'avoir déclaré à Mme qu'il avait envie de coucher avec elle, alors que celle-ci était âgée de moins de 16 ans; - d'avoir pris Mme dans ses bras, alors que celle-ci était âgée de moins de 16 ans, d'abord les bras posés sur ses épaules et de les avoir fait descendre doucement le long de son corps, ce qui provoqua une réaction d'opposition sans laquelle elle est persuadée qu'il aurait mis les mains sur sa poitrine, infractions commises à réitérées reprises durant l'année 2011 à U.________, dans les locaux de la paroisse dans laquelle il officiait en qualité d'agent pastoral et de responsable des servants de messe parmi lesquels Mme était membre. b) Actes d'ordre sexuel avec un enfant, éventuellement contrainte sexuelle (CP 187 ch. 1 al. 1, CP 189 al. 1) par le fait: - d'avoir, lors de cours de chant privés, demandé à Mme, alors que celle-ci était âgée de moins de 16 ans, de s'assoir sur ses genoux et en profiter pour lui caresser les cuisses par-dessus les habits puis l'entre-jambes, en remontant gentiment sur la vulve mais encore sur le ventre en remontant jusqu'au bord du soutien-gorge à même la peau, puis sur les seins par-dessus le t-shirt, ces faits ayant été commis à réitérées reprises; - d'avoir emmené Mme, alors que celle-ci était âgée de moins de 16 ans, dans une salle au sous-sol de la paroisse de U.________, de lui avoir demandé d'enlever son t-shirt et de se coucher sur le ventre sur un matelas, de lui avoir demandé l'autorisation de dégrafer son soutien-gorge et de l'avoir massée pendant au moins 45 minutes, durant ce temps, insister sur les flancs, soit sur le bord des seins et du pantalon, à la fin du massage, s'assoir en face d'elle alors qu'elle était toujours déshabillée et qu'elle s'est relevée pour s'habiller rapidement devant lui, infractions commises à U.________ dans les locaux de la paroisse et en sa qualité de directeur de la chorale dans laquelle Mme chantait, durant les années 2008-2009. " A.c. Le 2 mai 2022, la CEC a informé A.________ qu'au vu des faits qui lui étaient reprochés sur le plan pénal, une procédure administrative était ouverte à son encontre, afin d'évaluer si la poursuite des rapports de travail était possible et, si oui, à quelles conditions. La CEC précisait que la procédure administrative pouvait aboutir à une rupture des rapports de travail. L'employé était libéré de son obligation de travailler avec effet immédiat et invité à exercer son droit d'être entendu jusqu'au 12 mai 2022, ce qu'il a fait par l'entremise de son avocate le 11 mai 2022. Par décision du 30 mai 2022, la CEC a résilié avec effet immédiat les rapports de travail de l'employé.