Citation: 2C_1037/2017 E. 6.2

6.2. Comme on l'a vu précédemment, le recourant a été condamné à deux reprises. Compte tenu de la gravité des infractions de viol et de contrainte sexuelle ainsi que de l'importance de la faute, qui a été qualifiée de moyenne à lourde par les juges pénaux, il convient de retenir que les arguments d'intérêt public en faveur de l'éloignement de Suisse du recourant sont clairs, même s'ils doivent être mis en balance avec l'intérêt personnel du recourant à demeurer en Suisse. À ce second égard, il faut reconnaître qu'un départ de Suisse ne sera assurément pas facile pour le recourant. Le fait est que celui-ci, quand bien même il ne peut se prévaloir d'aucune intégration particulière, tant sur un plan social que professionnel, vit dans ce pays depuis l'âge de cinq ans et que ses parents, chez qui il réside toujours, ainsi que son frère et d'autres membres de sa famille, y sont aussi établis. Il en va de même de son amie. Il n'en demeure pas moins que le recourant, dont la relation avec celle-ci est récente, est jeune et en excellente santé; il parle le portugais et pourra mettre à profit l'expérience professionnelle acquise lors de son apprentissage, qu'il devrait finir, selon ses dires, en août de cette année, pour obtenir un travail dans son pays d'origine qu'il connaît bien, dès lors qu'il y passe plusieurs semaines un an sur deux. Il y retrouvera d'ailleurs ses grand-parents, des oncles et tantes - et leurs familles - ainsi que des amis qui pourront l'aider à s'installer lors de son arrivée et ainsi faciliter son intégration. Finalement, l'éloignement du recourant ne l'empêchera pas d'avoir des contacts avec sa famille et son amie résidant en Suisse, par le biais des moyens modernes de communication ou de séjours touristiques. En résumé, on ne voit pas en quoi l'intérêt du recourant à demeurer en Suisse surpasserait l'intérêt public tendant à éloigner un étranger condamné à deux ans de peine privative de liberté pour viol et contrainte sexuelle, de sorte que la révocation de l'autorisation d'établissement de l'intéressé n'apparaît pas disproportionnée. Partant, le grief de violation de l'article 96 LEtr doit être rejeté.