Citation: 4P.109/2004 11.01.2005 E. 5.4

5.4.1 Dans un troisième et dernier moyen, qui constitue également l'unique moyen soulevé par la défenderesse n° 1, la défenderesse n° 2 reproche à la Cour de justice d'avoir retenu arbitrairement que les parties avaient prévu que l'obligation de conserver la marchandise en lieu sûr et de l'assurer ne s'éteindrait pas avec la résolution du contrat de base. 5.4.2 Pour déterminer l'existence et le contenu d'un contrat, le juge doit d'abord rechercher la réelle et commune intention des parties, cas échéant empiriquement, sur la base d'indices; on parle d'interprétation subjective (ATF 129 III 664 consid. 3.1). Si le juge y parvient, il s'agit d'une question de fait qui ne peut être remise en cause dans un recours en réforme (ATF 129 III 118 consid. 2.5; 126 III 25 consid. 3c). Si la volonté réelle des parties ne peut être établie, ou si elle est divergente, le juge doit interpréter les déclarations faites et les comportements adoptés par les parties selon la théorie de la confiance (ATF 128 III 265 consid. 3a; 127 III 444 consid. 1b). Il recherchera donc comment une déclaration ou une attitude devait être comprise selon les règles de la bonne foi, en fonction de l'ensemble des circonstances (ATF 126 III 59 consid. 5b, 375 consid. 2e/aa). En l'espèce, dans le passage de l'arrêt n° 2 cité par les défenderesses (consid. 7.1), la Cour de justice indique que le point de savoir si l'obligation d'assurer les tapis a pris fin ou non au moment où la demanderesse s'est trouvée en demeure de les reprendre est "une question à résoudre en premier lieu par l'interprétation des volontés exprimées lors de la conclusion du contrat". Procédant ensuite à l'interprétation de la clause topique apposée au bas des factures, les juges cantonaux aboutissent à la conclusion suivante: "... la bonne foi contractuelle impose à l'acheteur/soumissionnaire de comprendre la phrase litigieuse en ce sens qu'il doit assurer la marchandise jusqu'à son paiement complet ou sa restitution". Il ressort à l'évidence des termes utilisés par la cour cantonale, dans les passages cités de son arrêt n° 2, que cette autorité n'a pas mis en évidence l'existence d'une réelle et commune intention des parties au sujet de la clause litigieuse, mais qu'elle a dégagé le sens de celle-ci par une interprétation objective (ou normative) des termes qui y figurent. On a ainsi affaire derechef à une démarche qui relève de l'application du droit et non de l'appréciation des preuves, si bien que le grief examiné n'est pas recevable en tant qu'il est formulé dans un recours de droit public.