Citation: 1C_308/2024 E. 4.3

4.3. Le recourant admet ne pas avoir invoqué la nullité de la décision de licenciement du Service de la formation professionnelle du 16 août 2023 devant le Tribunal cantonal. Il allègue être parti de l'idée que la délégation de compétence de la Direction de l'économie, de l'emploi et de la formation professionnelle du 17 mai 2021 avait été approuvée par le Conseil d'État sitôt après cette délégation. Il ne pouvait pas savoir, avant de lire l'arrêt entrepris, que cette délégation n'avait été approuvée que postérieurement à la décision de licenciement. L'application correcte de la jurisprudence en matière de nullité des décisions aurait dû conduire le Tribunal cantonal à constater la nullité de la décision de licenciement comme conséquence logique de la constatation préalable selon laquelle l'autorité qui a rendu cette décision était incompétente pour ce faire. Il ne pouvait pas y avoir de ratification de facto de la résiliation des rapports de service prise par le Service de la formation professionnelle dans l'arrêté d'approbation du Conseil d'État du 31 octobre 2023. Cet arrêté ne se réfère pas à la décision de résiliation des rapports de service prise par le Service de la formation professionnelle en date du 16 août 2023. L'arrêt cité pour retenir une ratification de facto concernait une constellation de faits tout à fait différente. Le fait que l'arrêté du Conseil d'État a été produit alors que la cause n'était pas encore gardée à juger n'y changeait rien. La sécurité du droit et une application correcte de l'art. 16 al. 2 du Code fribourgeois de procédure et de juridiction administrative du 23 mai 1991 (CPJA; RSF 150.1) imposaient de constater la nullité de la décision rendue par une autorité incompétente et de transmettre la cause à la Direction de l'économie, de l'emploi et de la formation professionnelle.