Citation: 2C_602/2024 E. 5.4

5.4. En l'occurrence, il ressort des constatations cantonales - qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.2) - que les autorités fédérales et cantonales ont rapidement entrepris des démarches en vue du renvoi du recourant, puisque celui-ci a été présenté à une délégation de Sierra Leone le 17 juin 2024, soit dix jours après sa mise en détention administrative. Une telle audition constitue indiscutablement une mesure en vue du renvoi selon la jurisprudence (cf. arrêt 2C_428/2023 du 11 octobre 2023 consid. 5.6). Par la suite, les autorités ne sont pas restées inactives. En effet, le 21 juin 2024, le Secrétariat d'État a transmis les résultats de l'audition à l'Office cantonal, puis l'a informé, le 15 juillet 2024, que le dossier du recourant était en cours de vérification auprès de l'autorité de Sierra Leone en charge de l'immigration (" Sierra Leonean Immigration Department "). Le 25 juillet 2024, le Secrétariat d'État a relancé cette autorité, qui souhaitait procéder à des vérifications complémentaires. Par la suite, cette autorité fédérale a inscrit le recourant à la prochaine audition des autorités libériennes, prévue au dernier trimestre 2024 ou au début de l'année 2025. Le 26 août 2024, le Secrétariat d'État exposait avoir également demandé à Frontex de contacter les autorités de Sierra Leone dans le pays lui-même, afin d'exercer une pression supplémentaire. Le 1er octobre 2024, le Secrétariat d'État a indiqué à l'Office cantonal demeurer dans l'attente d'une réponse des autorités sierra-leonaises pressentie pour la mi-novembre. Les négociations avec l'ambassade du Libéria à Paris en vue d'une présentation du recourant se poursuivaient. Dans un courriel daté du 21 octobre 2024, le Secrétariat d'État exposait avoir contacté la délégation de Sierra Leone, qui effectuait une mission d'identification à Munich où se tenait une réunion d'experts, et sollicité une réponse concernant le recourant, accompagnée d'une demande de laissez-passer, tout en rappelant l'urgence du cas. Une représentante du Secrétariat d'État participant à la réunion d'experts indiquait en outre que la délégation l'avait informée qu'elle discutait activement du cas du recourant et qu'une décision serait prise "dans les prochains jours". Le Secrétariat d'État précisait suivre la situation en temps réel et ajoutait qu'il tiendrait l'Office cantonal informé. La Cour de justice a ensuite rendu l'arrêt entrepris, daté du 31 octobre 2024. Il ressort ainsi des constatations cantonales qu'il ne s'est, entre le 8 juin 2024 et la date de l'arrêt attaqué, jamais écoulé plus de deux mois sans action des autorités fédérales ou cantonales. On ne voit donc pas qu'il puisse être reproché aux autorités suisses d'avoir manqué de célérité et de diligence. En outre, comme le relève à juste titre la Cour de justice, le recourant a refusé de s'adresser à sa représentation compétente pour faire avancer le processus d'identification, ce qui aurait contribué à ce que sa détention administrative prenne fin. Il n'a jamais, par son effort propre, agi de manière à permettre son identification (cf. arrêt 2C_428/2023 du 11 octobre 2023 consid. 5.6).