Citation: 5A_917/2023 E. 1

En tant que le recourant reproche à la Chambre civile de ne pas avoir analysé dans le cas concret si le droit à la liberté d'établissement de l'intimée devait primer sur l'intérêt de sa fille à demeurer sur le territoire suisse et à entretenir des relations régulières avec ses deux parents, il se méprend sur le sens à donner à la jurisprudence. Celle-ci rappelle en effet expressément que les autorités judiciaires ne peuvent pas contraindre un parent à rester sur le territoire suisse, de sorte que la question d'une éventuelle restriction de la liberté d'établissement de l'intimée n'entre pas en ligne de compte et n'a en conséquence pas à être mise en balance avec le droit de l'enfant d'entretenir des relations personnelles avec ses parents, quand bien même l'intimée aurait elle-même évoqué cette possibilité. Pour les mêmes motifs, c'est à juste titre que la Chambre civile ne s'est pas sentie liée par le rapport du Service d'évaluation et d'accompagnement de la séparation parentale du 7 septembre 2022 qui a déclaré ne pas pouvoir émettre d'avis positif quant au projet de la mère de partir vivre en Australie. Il suit de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient le recourant, le juge ne doit pas choisir la solution la moins dommageable pour l'enfant mais doit déterminer si le bien-être de l'enfant sera mieux préservé dans l'hypothèse où il suivrait le parent qui envisage de déménager ou dans celle où il demeurerait auprès du parent restant sur place, ce que la Chambre civile a fait. Sur ce point, le recourant ne s'en prend aux motifs qui ont conduit dite autorité à considérer que l'intimée était le parent de référence de l'enfant et qu'il était donc dans l'intérêt de cette dernière de suivre sa mère que sous l'angle d'une violation des art. 8 Cst. et 14 CEDH. Ce grief sera traité ci-après (cf. infra consid. 6).