Citation: 1B_241/2007 13.11.2007 E. 1

2.1 Une mesure de détention préventive n'est compatible avec la liberté personnelle, garantie par l'art. 10 al. 2 Cst. et par l'art. 5 CEDH, que si elle repose sur une base légale (art. 31 al. 1 et art. 36 al. 1 Cst.), soit en l'espèce l'art. 59 du code de procédure pénale vaudois (CPP/VD). Elle doit en outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 3 Cst.; ATF 123 I 268 consid. 2c p. 270). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de l'instruction, un risque de fuite ou un danger de collusion ou de réitération (cf. art. 59 ch. 1, 2 et 3 CPP/VD). S'agissant d'une restriction grave à la liberté personnelle, le Tribunal fédéral examine librement ces questions, sous réserve toutefois de l'appréciation des preuves, revue sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 123 I 268 consid. 2d p. 271). L'autorité cantonale dispose ainsi d'une grande liberté dans l'appréciation des faits (ATF 114 Ia 283 consid. 3, 112 Ia 162 consid. 3b). 2.2 Selon la jurisprudence, le maintien en détention préventive n'est admissible que si le pronostic de récidive est très défavorable et si les délits à craindre sont de nature grave. La simple possibilité, hypothétique, de commission de nouvelles infractions de même nature, ou la vraisemblance que soient commises des infractions mineures, sont des motifs insuffisants (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62). La jurisprudence se montre moins exigeante dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Autant que possible, l'autorité doit tenter de substituer à la détention toute autre mesure moins incisive propre à atteindre le même résultat (ATF 123 I 268 consid. 2c et e p. 270/271 et les arrêts cités). 2.3 En l'occurrence, les infractions reprochées au recourant sont d'une grande gravité, puisqu'elles mettent en jeu la vie d'autrui. L'expertise du 9 août 2007 retient une intoxication pathologique à l'alcool impliquant la survenue brutale de comportements violents rapidement après la consommation d'une quantité d'alcool insuffisante pour induire une intoxication chez la plupart des gens. Le risque de récidive est ainsi fortement dépendant de la consommation d'alcool, et une abstinence totale apparaît indispensable. L'expert n'écarte pas tout risque de récidive puisqu'il estime que ce risque est "moindre si M. A.________ s'abstient de toute consommation d'alcool". Sans être stricto sensu dépendant à l'alcool, le recourant "connaît des alcoolisations aiguës épisodiques". Or, il apparaît que les mesures mises en place et acceptées par le recourant ne sont pas à même d'exclure, totalement et dans l'immédiat, un épisode tel que celui qui s'est déroulé le 9 mai 2007. Même si les précédentes mesures n'impliquaient pas une abstinence complète, il est douteux que la consommation d'au moins six verres d'alcool fort, le soir des faits, soit compatible avec le suivi visant à l'abstinence. Dans ce sens, l'arrêt attaqué pouvait retenir que les conditions posées à la libération conditionnelle n'avaient pas été respectées par le recourant. Par ailleurs, même s'ils n'ont pas exactement la portée que leur prête la cour cantonale, les propos tenus en audience par le recourant montrent que celui-ci n'a apparemment pas pris conscience de la gravité de son état et du sérieux de la prise en charge nécessaire. La cour cantonale pouvait dès lors retenir à juste titre qu'en dépit des mesures préconisées, le risque de récidive était en l'état trop important.