Citation: 5A_247/2014 E. 2

Le Tribunal cantonal a considéré que les enfants étaient exposés à un conflit parental qui durait depuis 2000, dont les parents, incapables de saisir les opportunités qui leur avaient été offertes pour résoudre leurs difficultés et de prendre conscience de leur rôle dans la souffrance des enfants, étaient tous deux responsables. Ce conflit, plus particulièrement celui portant sur le calendrier des visites survenu depuis 2011, avait finalement entraîné la rupture des contacts entre les enfants et le père, ceux-ci, étant de plus à un âge où les relations parents-enfants pouvaient être conflictuelles, n'ayant trouvé que ce moyen pour s'en extraire. S'agissant de l'existence d'un syndrome d'aliénation parentale dont A.________ se prévalait depuis la procédure de divorce pour obtenir le retrait de la garde à la mère et pour l'établissement duquel il requerrait une expertise, le tribunal a, dans une double motivation, rejeté ce grief. Dans la première partie de sa motivation, il a retenu que les experts mandatés durant la procédure de divorce avaient déjà écarté ce syndrome et qu'aucun fait nouveau ne permettait d'en soupçonner l'apparition depuis lors. Bien au contraire, le droit de visite avait pu s'exercer jusqu'en février 2011. Par ailleurs, il ne ressortait pas des auditions des enfants que ceux-ci dénigraient leur père; ils n'alignaient pas non plus leurs propos sur ceux de leur mère, ni ne comparaient leurs parents. Ainsi, les allégations du père quant à l'existence d'un tel syndrome apparaissaient d'emblée infondées et on ne pouvait, sans autre élément, déduire du conflit entre les parties une aliénation parentale. Dans la seconde partie de sa motivation, le tribunal a jugé que, même si une telle aliénation était avérée, la solution revendiquée par le père, à savoir le retrait de la garde à la mère, ne serait pas compatible avec le bien des enfants, car elle attiserait encore le conflit parental affectant ceux-ci. Elle serait en outre disproportionnée, dès lors qu'il n'était pas établi que la mère aurait sciemment entravé l'exercice du droit de visite. Le refus persistant des deux adolescents de rencontrer leur père, dont on ne saurait faire fi sans porter atteinte à leur personnalité, démontrait même le contraire. L'exécution forcée du droit de visite n'était pas non plus envisageable, puisqu'une telle contrainte reviendrait à placer les enfants au centre du conflit parental dont ils cherchaient à se dégager et qu'elle s'était révélée totalement inefficace au cours de la procédure. Quant à la mise en place d'une thérapie contrainte, les spécialistes interpellés avaient exposé qu'une telle mesure était vouée à l'échec vu le comportement des parents. Rejetant donc au préalable la requête d'expertise portant sur le syndrome d'aliénation parentale, le tribunal a suspendu le droit de visite jusqu'à nouvelle évaluation, au motif que cette mesure était dans l'intérêt des enfants aujourd'hui adolescents, qui avaient exprimé de manière ferme, claire et répétée leur refus de rencontrer leur père. Il a également ordonné en faveur des enfants un soutien psychologique auprès du CDTEA pour les accompagner dans leur réflexion quant à leur relation avec leur père. S'agissant du maintien du suivi d'un traitement médical par l'enfant aîné avec un médecin du CHUV à Lausanne, le tribunal a jugé que, cet enfant demeurant en Valais suite à son déménagement, on ne pouvait exiger qu'il poursuivît son traitement à Lausanne alors que les institutions valaisannes étaient en mesure d'offrir des prestations identiques. Enfin, s'agissant des frais de la cause, le tribunal a considéré que, depuis le dépôt du recours, l'opposition des enfants à l'exercice du droit de visite s'était, sans qu'on puisse le présager, renforcée et que les deux parents étaient responsables de la situation. Tenant compte en outre de la nature familiale du litige, il a conclu qu'il se justifiait de répartir par moitié les frais.