Citation: 5P.71/2006 29.05.2006 E. 3

La recourante se plaint en outre d'arbitraire dans la détermination de son revenu hypothétique, fixé à 3'900 fr. par mois pour un travail à mi-temps. Elle expose en bref que, psychiatre de formation sans titre FMH, elle a cessé toute activité lucrative à partir de 1989. A supposer qu'elle puisse exercer comme médecin, ce qui n'est de loin pas établi, il serait insoutenable de lui imputer une capacité de gain fondée sur le barème des salaires des médecins-assistants à l'État de Vaud. 3.1 En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, la décision n'est entachée d'arbitraire que si le juge ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un moyen de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'il se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'il procède à des déductions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a p. 211). Dans un recours de droit public fondé sur l'art. 9 Cst. et dirigé contre une décision de l'autorité cantonale de dernière instance dont la cognition est, comme en l'espèce, limitée à l'arbitraire, le Tribunal fédéral examine librement si c'est à juste titre que l'autorité cantonale n'a pas retenu l'arbitraire. Le recourant doit se plaindre non seulement de ce que les juges cantonaux ont refusé de qualifier d'arbitraire l'appréciation des preuves de l'autorité précédente, mais il doit également s'en prendre aux considérants de celle-ci. En d'autres termes, même si, formellement, le recourant ne peut demander l'annulation du jugement de première instance, il doit, matériellement, remettre en cause l'appréciation des preuves qui y a été effectuée; en outre, puisque seule la décision de l'autorité de dernière instance peut être attaquée, il doit aussi démontrer pourquoi celle-ci a nié à tort l'arbitraire dans l'appréciation des preuves. Il ne peut pas se limiter à reprendre les griefs qu'il avait soulevés dans son recours cantonal (arrêt 1P.105/2001 in RDAT 2001 II 58 227; ATF 125 I 492 consid. 1a/cc p. 494/495; 116 III 70 consid. 2b p. 71). 3.2 Sous réserve de quelques modifications rédactionnelles mineures et d'une brève argumentation dirigée spécifiquement contre l'arrêt attaqué, le présent recours de droit public reproduit textuellement des passages entiers du mémoire adressé à la Chambre des recours. Dans la mesure où la recourante se contente de reprendre les griefs soulevés dans son recours cantonal, sans chercher à démontrer en quoi la Chambre des recours aurait nié à tort l'arbitraire dans l'appréciation des preuves s'agissant de la détermination de sa capacité de gain, son recours est irrecevable. Pour le surplus, ses critiques, de nature essentiellement appellatoire, ne permettent pas d'affirmer que l'arrêt attaqué serait insoutenable dans son résultat dès lors qu'elle ne prétend pas, ni a fortiori n'établit, qu'elle aurait essayé en vain de trouver une activité professionnelle susceptible de lui procurer le revenu contesté.