Citation: 1P.472/2000 22.09.2000 E. 3

3.- Le recourant se plaint d'une violation des art. 6 par. 1 CEDH, 30, 35 et 36 Cst. Selon lui, la prise à partie serait une contestation de nature civile, au sens de l'art. 6 par. 1 CEDH, nécessitant l'accès à un tribunal. Rien ne justifierait le refus d'admettre une telle prise à partie à l'égard des juges de seconde instance cantonale. La possibilité du recours de droit public serait insuffisante sur ce point, et la voie de la récusation ne permettrait pas d'annuler les actes de procédure contestés. Dans un grief distinct, le recourant se plaint d'une violation du droit à l'égalité de traitement, la prise à partie étant admise pour les juges civils et non pénaux, ainsi que d'arbitraire, car aucune voie de droit ne permettrait de sanctionner l'attitude des juges dont le recourant se plaint. a) Ces différents griefs apparaissent, eux aussi, manifestement mal fondés. Le recourant ne démontre pas en vertu de quelle disposition du droit constitutionnel une voie de droit devrait être aménagée, en dehors des moyens ordinaires, contre un refus du juge d'appel d'administrer certaines preuves, quelles que soient les raisons de ce refus. Il ne démontre pas non plus sur quelle base il existerait un droit à sanctionner l'"attitude" d'un magistrat, lorsqu'il n'est pas prétendu que cette attitude peut avoir des conséquences sur l'apparence d'impartialité et d'indépendance du magistrat, c'est-à-dire en dehors d'un cas de récusation. b) Le recourant se plaint d'une violation des art. 6 CEDH et 30 al. 1 Cst. , en soutenant que la contestation sur la prise à partie serait de caractère civil, ce qui nécessiterait un contrôle judiciaire. On peut douter de cette dernière affirmation: à l'instar de la récusation, la prise à partie de magistrats apparaît comme une démarche d'ordre procédural, sans incidence directe sur la détermination des droits de caractère civil du recourant (cf. JAAC 1995 122 p. 994). De toute façon, le droit à un procès équitable est assuré, dès lors qu'en cas de doute sur l'impartialité des juges, le recourant aurait la faculté d'en demander la récusation, et que l'appréciation des preuves peut encore être revue à l'occasion d'un recours contre le jugement final. c) Pour le surplus, le refus d'entrer en matière prononcé par le Tribunal extraordinaire repose sur une interprétation des art. 70 CPP/JU et 30 LStMF qui ne prête pas le flanc à la critique; compte tenu des remarques qui précèdent, l'arrêt attaqué n'est pas non plus arbitraire dans son résultat. Quant au droit à l'égalité de traitement, il ne saurait avoir pour effet la création d'une voie de recours inconnue du droit cantonal.