Citation: 6B_1296/2021 E. A

A.a. Par acte d'accusation du 14 août 2020, C.________ et D.________ ont été renvoyés devant le Tribunal de police de l'arrondissement de La Côte (ci-après: le Tribunal de police), à raison des faits suivants. A.a.a. A la fin du mois de janvier 2010, B.________ a été élu président du club E.________, club de football évoluant en première division albanaise. Il s'est retiré du club le 31 juillet 2012. A.________, homme politique albanais originaire de U.________, n'a jamais exercé de fonction dirigeante au sein du club E.________, mais il a toujours été un supporter de cette équipe et il lui est arrivé d'assister à des matchs dans la tribune officielle aux côtés des dirigeants du club. A.a.b. Afin de lutter contre les matchs truqués, l'Union des Associations Européennes de Football (UEFA) exploite, de concert avec la société privée I.________, un système de détection des fraudes sur les paris sportifs. C.________ et D.________, inspecteurs d'éthique et de discipline auprès de l'UEFA, ont rédigé le 13 mai 2016 un rapport à l'attention de la Commission d'éthique et de discipline de l'UEFA. Selon ledit rapport, le club E.________ était suspecté d'avoir manipulé de nombreux matchs au cours des six dernières saisons; des recherches supplémentaires indiquaient que les matchs truqués avaient été principalement organisés par A.________ (investisseur principal du club), F.________ (président du club) et B.________ (ancien président du club); l'entraîneur du club G.________, H.________, avait déclaré que A.________ lui avait, à la mi-temps d'un match, demandé de faire perdre son équipe en menaçant de le "détruir[e]" s'il ne s'exécutait pas. Par décision du 6 juin 2016, l'instance d'appel de l'UEFA, confirmant les mesures proposées par les inspecteurs d'éthique et de discipline, a interdit au club E.________ de participer à l'édition 2016/2017 de la Ligue des champions de l'UEFA. Cette décision a été confirmée par le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 6 juillet 2016. A.a.c. Le 7 février 2018, C.________ et D.________ ont rendu un nouveau rapport à la Commission d'éthique et de discipline de l'UEFA, décrivant les mêmes faits de manipulation des matchs par le club E.________ que dans leur premier rapport du 13 mai 2016. Ce second rapport mentionnait notamment qu'il était hautement probable que B.________ était toujours au courant des chiffres et des mécanismes en lien avec le trucage des matchs depuis sa nomination comme vice-président du club en 2012; les investigations de l'UEFA suggéraient que les parties truquées avaient été organisées par A.________, F.________ et B.________. Les auteurs du rapport ajoutaient que "les éléments clés du mécanisme impliquent la participation d'individus entretenant de forts liens avec les pouvoirs publics, avec des compagnies de paris sportifs, mais aussi avec des criminels, à savoir A.________ (investisseur principal, ancien ministre des finances), B.________ (ancien président du club) et surtout F.________ (président du club) ". Par décision du 29 mars 2018 - dans laquelle la phrase précitée a été reprise in extenso -, l'instance de contrôle, d'éthique et de discipline de l'UEFA a exclu le club E.________ des compétitions européennes pendant les 10 années à venir et a infligé au club une amende d'un million d'euros. Le 6 mai 2018, B.________ et A.________ ont chacun déposé plainte pénale contre C.________ et D.________ pour diffamation et se sont constitués demandeurs au pénal et au civil. Les plaignants reprochaient aux inspecteurs d'éthique et de discipline de l'UEFA d'avoir, dans leur rapport du 7 février 2018, porté atteinte à leur honneur en les accusant d'être des criminels et d'avoir truqué des matchs de football, respectivement d'avoir participé d'une manière importante à des opérations de trucage de matchs. A.b. Par jugement du 2 février 2021, le Tribunal de police a reconnu C.________ et D.________ coupables de diffamation, a condamné chacun de ceux-ci à 120 jours-amende à 150 fr. le jour, avec sursis pendant deux ans, ainsi qu'à verser, solidairement entre eux, deux fois 1000 fr. à B.________ et deux fois 1000 fr. à A.________ à titre de réparation du tort moral et de remboursement des frais encourus dans la procédure pénale, et a alloué aux plaignants une indemnité de 56'000 fr. à titre de dépens, à la charge solidaire des prévenus.