Citation: 2C_568/2008 08.08.2008 E. 4

Le litige porte sur la mise en détention du recourant, approuvée par le Tribunal cantonal sur la base de l'art. 76 al. 1 lettre b ch. 3 et 4 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20). Selon l'art. 76 al. 1 lettre b LEtr, lorsqu'une décision de renvoi ou d'expulsion de première instance a été notifiée, l'autorité compétente peut, afin d'en assurer l'exécution, mettre la personne concernée en détention si des éléments concrets font craindre qu'elle ne se soustraie au renvoi ou à l'expulsion, en particulier parce qu'elle ne se soumet pas à son obligation de collaborer (ch. 3) ou si son comportement permet de conclure qu'elle se refuse à obtempérer aux instructions des autorités (ch. 4). En principe, la durée de la détention visée dans ces dispositions ne peut excéder trois mois; toutefois, elle peut, avec l'accord de l'autorité judiciaire cantonale, être prolongée de quinze mois au plus, si des obstacles particuliers s'opposent à l'exécution du renvoi ou de l'expulsion (art. 76 al. 3 LEtr). Les démarches nécessaires à l'exécution du renvoi ou de l'expulsion doivent être entreprises sans tarder (art. 76 al. 4 LTF). En l'occurrence, les allées et venues de l'intéressé en Suisse laissent soupçonner son intention de se soustraire à son renvoi, du moment qu'il n'ignorait pas qu'il ne pouvait désormais plus entrer et rester à sa guise dans le pays. De plus, il ressort du dossier qu'il a tout d'abord déclaré refuser de retourner au Pakistan et qu'il a donné des indications contradictoires sur ses documents d'identité. Un tel comportement réalise typiquement les cas de figures visés par les dispositions précitées (cf., sous l'ancien droit, ATF 130 II 56 consid. 3.1 p. 58 s.; 128 II 241 consid. 2.1 p. 243; 125 II 369 consid. 3b/aa p. 375). Par ailleurs, rien ne permet de penser que le Service cantonal ne respectera pas son obligation de diligence (cf. art. 76 al. 4 LEtr). Enfin, l'exécution du renvoi ne s'avère pas d'emblée impossible pour des raisons juridiques ou matérielles (cf. art. 80 al. 6 lettre a LEtr a contrario) et devrait avoir lieu dans un délai raisonnable. Dans ces conditions, la mise en détention du recourant pour une durée de trois mois au plus, confirmée par le Tribunal cantonal le 30 juin 2008, s'avère conforme au droit.