Citation: 1P.25/2002 31.01.2002 E. 2

Le recourant soutient qu'il n'existerait pas de soupçons suffisants pour justifier son maintien en détention. Ses aveux du 31 octobre 2001, portant sur la remise de 2000 fr. à B.________ et la vente de 50 g de cocaïne, avaient été rétractés le 7 janvier 2002. Les déclarations de B.________ seraient peu crédibles car celui-ci aurait un intérêt à ne pas révéler l'identité de ceux qui lui ont remis de l'argent à transporter en Guinée. En accusant le recourant, B.________ feignait de collaborer avec la justice, tout en évitant des représailles. Il aurait d'ailleurs varié dans ses déclarations et on ne comprendrait pas qu'il a été remis en liberté depuis un certain temps déjà. L'enquête n'aurait pas permis de démontrer que tout l'argent remis à B.________ l'aurait été par le recourant. Les soupçons concernant la vente de 50 g de cocaïne ne justifieraient pas à eux seuls une aussi longue détention. 2.1 Une mesure de détention préventive n'est compatible avec la liberté personnelle, garantie par l'art. 10 al. 2 Cst. et par l'art. 5 CEDH, que si elle repose sur une base légale (art. 31 al. 1 et art. 36 al. 1 Cst.), soit en l'espèce l'art. 59 du code de procédure pénale vaudois (CPP/VD). Elle doit en outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 3 Cst.; ATF 123 I 268 consid. 2c p. 270). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de l'instruction, un risque de fuite ou un danger de collusion ou de réitération (cf. art. 59 ch. 1, 2 et 3 CPP/VD). La gravité de l'infraction - et l'importance de la peine encourue - n'est, à elle seule, pas suffisante (ATF 117 Ia 70 consid. 4a). Préalablement à ces conditions, il doit exister à l'égard de l'intéressé des charges suffisantes (art. 5 par. 1 let. c CEDH; ATF 116 Ia 144 consid. 3). S'agissant d'une restriction grave à la liberté personnelle, le Tribunal fédéral examine librement ces questions, sous réserve toutefois de l'appréciation des preuves, revue sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 123 I 268 consid. 2d p. 271). L'autorité cantonale dispose ainsi d'une grande liberté dans l'appréciation des faits (ATF 114 Ia 283 consid. 3, 112 Ia 162 consid. 3b). 2.2 L'intensité des charges susceptibles de justifier un maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale; si des soupçons encore peu précis peuvent être suffisants dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (arrêt non publié F. du 27 novembre 1991, non reproduit sur ce point in SJ 1992, 191).