Citation: 4A_472/2022 E. 5.1

5.1. En l'espèce, la cour cantonale a estimé que l'assurée n'avait aucune chance de retrouver un travail adapté à ses limitations fonctionnelles, que ce fût le 1 er mars 2021 ou plus tard. Elle a émis les réflexions suivantes: L'assurée s'était retrouvée sans emploi à l'âge de 62 ans. Elle avait travaillé un peu plus de vingt-cinq ans au service de la même employeuse. En 2021, le marché du travail était encore fortement impacté par la pandémie de COVID-19. Dans ce contexte et vu ses limitations fonctionnelles, causées en particulier par sa phobie de contamination, la reprise d'une activité professionnelle n'était pratiquement pas réalisable. L'approche du médecin-conseil de la société d'assurance était purement théorique. L'assurée ne pouvait même pas se rendre à un entretien d'embauche. Quant à l'option du télétravail à domicile, elle ne lui permettait pas d'assumer les tâches usuelles d'une employée de commerce (consistant à réceptionner le courrier, le trier, le distribuer et y répondre, respectivement à archiver des documents, recevoir des clients, encadrer des apprentis, etc.). Une telle fonction impliquait des contacts avec des personnes et des objets provenant de l'extérieur. Elle nécessitait de se rendre parfois sur place en entreprise, ne serait-ce que pour y échanger des dossiers, ce dont la demanderesse était incapable d'après son psychiatre traitant, pas plus qu'elle ne pouvait surmonter les exigences de contact minimal qu'imposait tout travail. Aucun employeur n'accepterait de lui livrer les dossiers à domicile tout en lui laissant le temps de s'assurer de leur décontamination, ces exigences étant totalement incompatibles avec la réactivité généralement exigée. Finalement, compte tenu de son âge, de son état de santé dont l'évolution était jugée peu favorable et du fait que les troubles dont elle souffrait nécessitaient généralement une thérapie plus longue que la durée de la pandémie elle-même, il semblait pratiquement impossible qu'elle guérisse et parvienne à retrouver un emploi, à deux ans de l'âge légal de la retraite. Même si un délai plus long lui avait été octroyé pour s'adapter, ses perspectives n'auraient guère été meilleures. Partant, elle avait droit au solde d'indemnités journalières réclamées.