Citation: 5A_112/2022 E. F

F.a. Par acte déposé le 15 janvier 2020, déclaré non concilié le 9 mars 2020 et introduit le 1 er avril 2020, les descendants et héritiers de feu A.A.________ ont conclu à ce que G.________ soit condamnée, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, à leur remettre notamment l'ensemble des documents, tels que actes, contrats, certificats, attestations en tous genres ou encore correspondances (y compris électroniques) qu'elle a établis ou fait établir ou qui lui ont été remis dans le cadre de son ou ses mandats et/ou de sa gestion d'affaires sans mandat en faveur de feu A.A.________ par celui-ci ou par des tiers, y compris les documents afférents à la Fondation, les documents se rapportant à la santé du prénommé, les documents en lien avec M e I.________, les contrats et actes juridiques, conclus pour le compte de feu A.A.________, les correspondances et actes préparatoires intervenus dans le cadre de la prolongation du droit d'emption de la parcelle n o yyy de la Commune de H.________ en faveur de la société S.________ SA, les correspondances et actes préparatoires intervenus dans le cadre de la vente de la villa de T.________ à H.________ en 2012, les correspondances et actes préparatoires intervenus dans le cadre de la tentative de cession à la Commune de H.________ d'une partie de la parcelle n o xxx (parc du château) de H.________, les documents relatifs à l'admission et au séjour de feu A.A.________ à la clinique U.________ à V.________, à la résidence W.________ à Y.________ et au CHUV à Lausanne, y compris l'ensemble de la correspondance de G.________ avec ces établissements, l'intégralité du contenu du disque dur de l'ordinateur personnel du de cujus, les correspondances échangées avec K.________ et L.A.________ et la documentation en lien avec l'ouvrage établi et annoté par le défunt intitulé " zzz ", y compris l'ensemble de la correspondance échangée avec les Éditions R.________ et/ou ses animateurs. Les demandeurs ont, en substance, contesté la validité du mandat qui liait G.________ à leur père, en raison de l'incapacité de discernement de ce dernier au moment de la signature des procurations des 15 février et 1 er mars 2012, et soutenu que les activités de la prénommée pour le compte de leur père étant des activités atypiques de l'avocat, le secret professionnel ne pouvait leur être opposé. Dans sa réponse, G.________ a conclu au rejet de la demande. Elle a soutenu que le mandat conclu avec feu A.A.________ était valable et qu'il portait sur des activités typiques et atypiques d'avocat, que son secret professionnel s'opposait à la remise des documents relatifs à l'activité typique qu'elle avait déployée, que les documents en lien avec son activité atypique ayant été remis aux exécuteurs testamentaires, les descendants y avaient eu accès et qu'elle n'avait donc pas à les leur transmettre une nouvelle fois. Enfin, elle n'était pas intervenue dans la rédaction de l'ouvrage " zzz ". Les parties ont répliqué, respectivement dupliqué, persistant dans leurs conclusions. Elles ont été entendues lors de l'audience de débats du 10 mars 2021. G.________ a déclaré n'avoir aucun document en lien avec la Fondation, y compris les archives. Les documents concernant la santé de feu A.A.________ et ses séjours à la clinique ou à l'hôpital étaient couverts par le secret professionnel. En outre, pour l'essentiel, ces courriers contenaient des déplacements de rendez-vous. Elle n'avait jamais conclu de contrats pour le compte de son mandant. Elle l'avait assisté dans le cadre des discussions précontractuelles concernant la prolongation du droit d'emption de la parcelle n o yyy de la commune de H.________ et lors du rendez-vous chez le notaire. Elle n'avait aucun document à fournir en lien avec M e I.________, hormis les courriers qu'elle avait déjà adressés aux trois exécuteurs testamentaires. Elle n'avait pas non plus échangé de correspondances avec L.A.________ et K.________, excepté des e-mails que cette dernière lui avait envoyés pour le compte de feu A.A.________. Ces éléments étaient couverts par le secret professionnel. Elle avait échangé un seul courrier avec les Éditions R.________ qu'elle avait versé à la procédure. A cet égard, elle avait été mandatée afin que son mandant dispose de plus de temps pour se consacrer aux ouvrages. Enfin, elle n'avait jamais eu accès à l'ordinateur personnel de ce dernier. F.A.________ a déclaré qu'avec son frère D.A.________, ils avaient accès, en tant que membres de la Fondation, à ses archives, mais que, pour des raisons déontologiques, ils ne pouvaient pas les partager avec leurs frères et soeurs. Ils avaient par ailleurs obtenu du médecin cantonal vaudois la levée du secret médical, mais la clinique U.________ ne leur avait donné aucune information concernant la santé de leur père. F.b. Le 25 mai 2021, le Tribunal de première instance du canton de Genève a donné acte aux demandeurs de ce qu'ils avaient renoncé à leur conclusion tendant à ce que la défenderesse leur remette un décompte, accompagné des pièces justificatives, indiquant de manière détaillée les recettes et dépenses faites dans le cadre de son activité en faveur de leur père (ch. 1), les a déboutés des fins de leur demande (ch. 2), mis à leur charge les frais judiciaires, arrêtés à 2'640 fr., en les compensant avec l'avance de frais fournie (ch. 3), les a condamnés, conjointement et solidairement, à payer à la partie adverse 2'500 fr. à titre de dépens (ch. 4) et a rejeté toutes autres conclusions (ch. 5). F.c. B.A.________, C.A.________, D.A.________, E.A.________ et F.A.________ ont appelé de ce jugement, concluant à l'annulation de ses chiffres 2 à 5 et à sa réforme dans le sens des conclusions de leur demande, les frais et dépens de première instance étant mis à la charge de l'intimée.Par arrêt du 17 décembre 2021, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a annulé les chiffres 3 et 4 du dispositif du jugement entrepris. Statuant à nouveau sur ces points, elle a arrêté les frais judiciaires à 10'000 fr., les a mis à la charge des demandeurs, pris conjointement et solidairement, les a partiellement compensés avec l'avance de frais de 2'640 fr. versée et a condamné en conséquence les demandeurs à payer, solidairement entre eux, 7'360 fr. à l'État de Genève à titre de solde de frais. Elle a en outre astreint ces derniers à verser à la défenderesse 8'000 fr. à titre de dépens. Elle a confirmé le jugement de première instance pour le surplus et débouté les parties de toutes autres conclusions. Elle a enfin condamné les appelants, pris conjointement et solidairement, à payer le solde des frais judiciaires d'appel, fixés à 5'600 fr., et à mis à leur charge solidaire 6'000 fr. à titre de dépens d'appel.