Citation: 9C_912/2015 E. 3.1

3.1. Comme le mandataire du recourant a ouvert l'enveloppe qu'il avait adressée au tribunal cantonal le 5 octobre 2015 et que la Poste lui avait retournée le 13 octobre suivant, il lui incombe de prouver qu'elle contenait le recours formé contre la décision du 2 septembre 2015; admettre le contraire ouvrirait la porte à toutes sortes d'abus. Par analogie, on rappellera qu'un assureur social ne peut en principe faire supporter à l'assuré la preuve du dépôt d'une opposition en temps utile, lorsque cette preuve ne peut être rapportée que par le cachet postal apposé sur l'enveloppe que l'assureur n'a pas conservée (cf. arrêts ATF 124 V 372 consid. 3b p. 376, et U 344/98 du 12 mars 1999 consid. 3c, in RAMA 1999 p. 416). Devant le Tribunal fédéral, le recourant produit un fichier informatique contenant le mémoire de recours daté du 5 octobre 2015, afin de prouver que le document envoyé à l'ancienne adresse de la juridiction cantonale avait été modifié pour la dernière fois avant son dépôt dans la boîte aux lettres. Ce moyen de preuve est recevable (art. 99 al. 1 LTF). D'une part, le tribunal cantonal n'a pas invité le recourant à s'exprimer sur la question de la preuve du contenu de l'enveloppe avant de rendre son jugement, point sur lequel le recourant n'avait pas à compter dès lors qu'il n'avait que transmis son premier envoi à l'autorité judiciaire (cf. CORBOZ, Commentaire de la LTF, 2e éd., n. 25a ad art. 99 LTF); d'autre part, le fichier informatique produit ne constitue de toute manière que la version électronique de l'acte daté du 5 octobre 2015 auquel il peut être assimilé. A la lecture des propriétés du fichier informatique, on constate que le texte du recours daté du 5 octobre 2015 a été modifié pour la dernière fois ce jour-là à 21h34'00'', soit avant le moment du dépôt attesté par les deux témoins (22h15); en outre, le texte correspond à celui que le recourant avait transmis au tribunal cantonal le 13 octobre 2015. Le recourant a ainsi établi que le mémoire de recours daté du 5 octobre 2015, qu'il a fait suivre à la juridiction cantonale le 13 octobre suivant, est bien celui qui se trouvait dans l'enveloppe qui avait été envoyée le 5 octobre 2015 à l'ancienne adresse du tribunal cantonal. L'intimé n'a d'ailleurs soulevé aucune objection à ce sujet dans sa réponse.