Citation: 8C_637/2012 E. 7.2

7.2. Il ressort par ailleurs de l'état de fait du jugement du TriPAC, reproduit intégralement dans le jugement attaqué, que les maîtres de travaux manuels doivent suivre une formation post-grade délivrée par la Haute école pédagogique (HEP) selon le programme intercantonal romand pour l'enseignement des activités créatrices et de l'économie familiale. Cette formation aboutit à un Certificate of advanced studies (CAS) de 10 crédits ECTS, puis à un Diploma of advanced studies (DAS) de 30 crédits supplémentaires et, enfin, à un Master of advanced studies (MAS) de 60 crédits supplémentaires. Le canton de Vaud exige un DAS pour toutes les classes dans lesquelles les travaux manuels font l'objet d'un enseignement spécifique. Pour accéder à cette formation post-grade, il faut être au bénéfice d'un diplôme d'enseignement. Le canton de Vaud exige un diplôme d'enseignement sous la forme d'un baccalauréat d'enseignement (bachelor HEP) ou, à titre transitoire, d'un diplôme de l'Ecole normale obtenu au terme de deux ans d'études. Aussi bien, la formation actuelle d'un maître de travaux manuels dans le canton de Vaud s'étend-elle sur trois années et demie à quatre ans et exige 220 crédits, soit trois ans pour le baccalauréat d'enseignement qui représente 180 crédits et le solde pour un DAS qui représente au moins 40 crédits. Pour être admis à la HEP, la personne doit être au bénéfice d'une maturité gymnasiale ou d'un titre équivalent (sur ces divers points, voir le témoignage du directeur de la formation à la HEP du canton de Vaud, reproduit en page 4 s. du jugement attaqué). Dans ce contexte, il apparaît que du point de vue de la systématique interne de la disposition controversée, le cumul des pénalités permet d'établir une différence entre la personne qui dispose du titre académique adéquat et celle qui n'en dispose pas (cf. la note interprétative délégation aux ressources humaines du Conseil d'Etat). Si les deux alinéas devaient s'exclure, cela signifierait que la personne qui dispose d'un titre académique pour la fonction mais d'aucun titre pédagogique serait colloquée de la même manière que celle qui ne dispose ni de l'un ni de l'autre, ce qui créerait une inégalité de traitement non justifiée.