Citation: 5P.149/2001 04.09.2001 E. 5

5.- Le recourant reproche enfin à l'autorité cantonale une appréciation arbitraire et contradictoire des preuves, ainsi que d'avoir rendu une décision qui heurte le sentiment de la justice et de l'équité. Il se plaint d'abord d'inexactidues manifestes qui seraient contenues dans la décision attaquée concernant le nombre d'actes de procédure, de lettres, d'audiences, de conférences, d'heures consacrées à diverses activités ainsi que d'entretiens téléphoniques, nombre qui serait, selon les cas, plus ou moins important que celui retenu par l'autorité cantonale. Quelle que soit la pertinence de cette énumération, il n'appartient pas au Tribunal fédéral de réexaminer les preuves soumises à l'autorité cantonale ni de substituer son appréciation à la sienne. De plus, le seul fait que l'autorité de modération ait apprécié de manière erronée certains postes de l'état de frais ne permet pas de conclure à une violation de l'art. 9 Cst. Encore faut-il que le montant global alloué à l'avocat apparaisse comme ayant été fixé de manière arbitraire (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170; 125 I 166 consid. 2a). L'autorité cantonale a considéré que les résultats obtenus par l'avocat étaient excellents pour le premier volet de la cause, et bons pour le second. L'ensemble de l'affaire ne présentait toutefois pas de difficultés juridiques particulières. Tout en reconnaissant la valeur du travail du mandataire et la longueur de la procédure, la commission a jugé que les heures consacrées au suivi du dossier étaient exagérément nombreuses, notamment concernant les recherches et la préparation des plaidoiries. De plus, seule une partie des lettres figurant sur le relevé d'activité était justifiée par les pièces du dossier, lequel ne contenait par ailleurs aucune trace des entretiens téléphoniques et des conférences invoquées. Dans la mesure où le recourant se réfère à sa propre estimation du nombre d'heures consacrées à son mandat, son argumentation, de nature purement appellatoire, ne satisfait pas aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ; elle est par conséquent irrecevable (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76; 122 I 70 consid. 1c p. 73; 119 Ia 197 consid. 1d p. 201; 118 Ia 64 consid. 1b p. 67). De même, lorsqu'il reproche à la commission d'avoir retenu que l'affaire était peu complexe, il se contente essentiellement d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale, sans démontrer avec précision en quoi cette appréciation serait choquante: le fait que la commission ait relevé, s'agissant du procès, que les chances de l'emporter n'étaient à l'origine pas grandes ne signifie pas qu'elle ait commis arbitraire en considérant que cette procédure ne présentait pas de difficultés juridiques particulières, s'agissant d'un accident de la route au cours duquel le client du recourant était entré en collision avec un camion qui le dépassait; pour le surplus, le recourant fonde son moyen sur des faits - les difficultés psychologiques et professionnelles de son mandant - qui ne résultent pas de la décision attaquée; comme il ne démontre pas que les constatations de l'autorité cantonale seraient fausses ou incomplètes sur ce point (ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26), il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Le fait que le recourant ait déjà recouvré plus de 100'000 fr. d'honoraires au moyen des dépens alloués par les différentes juridictions devant lesquelles il a procédé ne permet pas non plus d'affirmer que l'autorité cantonale serait tombée dans l'arbitraire en réduisant sa note d'honoraires à 132'300 fr.