Citation: 5C.146/2003 23.09.2003 E. A

A.a J.X.________ est la mère de deux enfants prénommés A.________ et B.________, nés respectivement le 13 mai 1995 et le 8 mars 1997. Le père de ces enfants est décédé le 30 novembre 1999. Durant plusieurs années, la famille X.________ a connu d'importantes difficultés qui ont conduit la Justice de paix du cercle de Corsier à prendre des mesures de protection en faveur des enfants. Afin de soustraire ceux-ci à un climat familial particulièrement perturbant, la justice de paix a décidé d'en confier la garde au Service de protection de la jeunesse (ci-après: SPJ). Cette mesure, d'abord ordonnée par voie de mesures provisionnelles, a été confirmée par décision de la justice de paix du 2 février 2000. Les mineurs sont depuis lors placés dans un établissement approprié. J.X.________ et d'autres membres de la famille ont pu, dans un premier temps, rendre visite aux jeunes garçons, selon des modalités bien définies. Lors de ces visites, les enfants ont rencontré à plusieurs reprises la belle-soeur de leur mère, J.Y.________. Celle-ci, comme tous les autres membres de la famille Y.________, fait partie de la communauté des témoins de Jéhovah. Craignant l'influence que cette famille, en particulier sa belle-soeur, pouvait avoir sur ses enfants, J.X.________ a demandé à la justice de paix de ne plus autoriser les membres de la famille Y.________ à rencontrer ses fils; elle ne s'est toutefois pas opposée à ce que d'autres membres de sa belle-famille continuent, comme à l'accoutumée, de leur rendre visite. Dans sa séance du 5 janvier 2000, la justice de paix a partiellement admis la requête de J.X.________ tendant à supprimer le droit de visite de J.Y.________. A.b Quelques jours après la notification de cette décision, la fille aînée de celle-ci, M.Y.________, âgée de dix-huit ans, a commencé de rendre visite à A. et B.X.________. Redoutant que sa nièce ne fasse du prosélytisme, J.X.________ a requis de la justice de paix, le 24 novembre 2000, qu'elle ordonne au SPJ d'interdire à M.Y.________ de rencontrer ses cousins. Par décision du 6 décembre 2000, la justice de paix a rejeté la requête, considérant qu'il était essentiel que les mineurs concernés entretiennent des relations aussi larges que possibles avec leur famille, particulièrement avec celle de feu leur père. Elle a également souligné que les membres de l'équipe éducative en charge des enfants étaient favorables à une diversification des personnes autorisées à rencontrer ceux-ci. La Chambre des tutelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud a, par arrêt du 10 juillet 2001, rejeté le recours déposé par J.X.________ contre cette décision, qu'elle a dès lors confirmée. Se fondant sur les déterminations du SPJ et du directeur du home dans lequel les enfants étaient placés, cette autorité a retenu que les visites de M.Y.________ n'étaient en rien néfastes à l'équilibre de A. et B.X.________, qui semblaient au contraire apprécier les rencontres avec leur cousine. La Chambre des tutelles a encore précisé que, selon le SPJ et le directeur du home précité, M.Y.________ ne faisait aucune propagande en faveur de ses convictions spirituelles et qu'il convenait qu'elle s'en tînt à cette attitude. A.c Par décision du 3 octobre 2001, la justice de paix a notamment dit qu'à l'avenir, seuls les grands-parents maternels et la grand-mère paternelle des enfants seraient autorisés à exercer un droit de visite envers eux, aux conditions fixées par le SPJ. A l'appui de sa décision, cette autorité a relevé que le droit de visite "exercé plus ou moins officiellement par les membres de la famille Y.________" provoquait des tensions très importantes entre ceux-ci et la parenté de J.X.________, de sorte qu'il était dans l'intérêt général, partant, dans celui des enfants, de le supprimer. Le SPJ a recouru contre cette décision. Par arrêt du 14 février 2002, la Chambre des tutelles l'a annulée et a renvoyé la cause à la justice de paix pour qu'elle statue à nouveau, au motif que M.Y.________ n'avait pas été entendue; or, au vu de la décision du 6 décembre 2000, refusant de lui interdire de rendre visite à ses cousins, l'intéressée était au bénéfice d'un droit à entretenir des relations personnelles avec ceux-ci. A.d Par convention du 30 mai 2002, le SPJ et J.X.________, dont le droit de visite avait été provisoirement supprimé depuis février 2001, se sont entendus pour que celle-ci puisse à nouveau rencontrer ses enfants, à raison d'une fois par mois, dans les locaux de l'association Point Rencontre. Cette convention, ratifiée par la justice de paix le 5 juin 2002, n'a pas fait l'objet d'un recours à cet égard.