Citation: 6B_67/2019 E. 4.1

4.1. La présomption d'innocence au sens de l'art. 6 par. 2 CEDH protège toute personne accusée d'une infraction. Elle protège, en première ligne, la personne accusée en relation avec l'accusation portée contre elle. Du reste, seule la personne qui se prétend victime d'une violation de ses droits reconnus par la convention peut, dans la règle, saisir la CourEDH (art. 34 al. 1 CEDH). Cette exigence s'entend, d'une part, sous l'angle de la qualité pour agir, en ce sens que le recourant est titulaire du droit dont la violation est invoquée et, d'autre part, dans la perspective de son intérêt au recours en ce sens qu'elle se prétend victime de la violation (arrêt 6B_947/2015 du 29 juin 2017 consid. 8.2 et les références citées). Des exceptions ne sont admises que restrictivement. La CourEDH admet ainsi qu'un tiers puisse invoquer la violation du droit du lésé direct en raison de liens étroits mais à condition de justifier d'un intérêt. En particulier, les héritiers peuvent invoquer la violation du droit du titulaire décédé soit pour poursuivre la procédure ouverte par le titulaire décédé du droit, soit pour agir après son décès, les conditions étant toutefois plus restrictives dans ce dernier cas. A cet égard, la jurisprudence de la CourEDH est variable, notamment en fonction des violations alléguées (cf. pour les détails arrêt Centre de ressources juridiques au nom de Valentin Câmpeanu contre Roumanie du 17 juillet 2014, § 97-100). Plus particulièrement, dans des affaires où il était prétendu à une violation de l'art. 6 par. 2 CEDH, la CourEDH a reconnu la qualité de victime à des proches qui avaient démontré l'existence d'un intérêt matériel légitime, à titre d'héritier du défunt, ou un intérêt moral propre à voir la défunte victime déchargée de tout constat de culpabilité (arrêts Nölkenbockhoff contre Allemagne du 25 août 1987, série A n o 123, § 33; Grădinar contre Moldova du 8 avril 2008, § 95 et 97-98).