Citation: 9C_51/2007 29.10.2007 E. 5

5.1 Dans un deuxième moyen, le recourant fait grief à la juridiction cantonale d'avoir procédé à une constatation des faits pertinents manifestement inexacte, en s'écartant du taux d'incapacité de travail retenu par les experts, soit 100% consécutivement à sa toxicodépendance et 50% en raison d'importants troubles de l'attention. En particulier, il se prévaut de pathologies de nature somatique (importante cyphose dorsale sur maladie de Scheuermann, spondylose avec antélisthésis L5-S1, hépatites B, C). Sur le plan psychique, il invoque de graves troubles préexistants à sa toxicomanie, exacerbés par des conditions de vie miséreuses, qui l'ont inexorablement acheminé à la toxicodépendance et l'empêchent désormais d'exercer quelque activité lucrative que ce soit. 5.2 Selon les experts, le recourant présente des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de substances psychoactives multiples, un syndrome de dépendance avec consommation actuelle de certaines substances (F 19.24), des troubles dépressifs récurrents, épisode actuel de degré léger (F 33.0), des traits de personnalité émotionnellement labiles (F 60. 31), une spondylose avec antélysthésis de degré I (L5-S1), une maladie de Scheuermann, des séquelles dorsales avec importante cyphose, une mononeuropathie cubitale bilatérale sur compression chronique des gouttières cubitales et des hépatites chroniques B et C non traitées. Sur le plan neuropsychologique, il subit essentiellement des déficits attentionnels s'expliquant par ses antécédents personnels (polytoxicomanie, troubles du sommeil, médication). Ses facultés de travail et de rendement s'en trouvent actuellement assez réduites et difficilement compatibles avec l'exercice d'une activité lucrative dépassant un mi-temps. Sur le plan psychique, il souffre d'atteintes évoluant depuis l'enfance. Prédisposé aux troubles de l'humeur, à l'anxiété et à l'impulsivité, il a en outre grandi dans un environnement socio-familial qui ne lui a pas fourni les repères nécessaires à la structuration d'une personnalité. Du point de vue strictement physiopathologique, les affections diagnostiquées ont favorisé la consommation de substances psychotropes dans un but antidépresseur et anxiolytique. Aussi subit-il à l'heure actuelle une incapacité totale de travail en raison de troubles psychiques durables, mais néanmoins susceptible d'amélioration au bénéfice de mesures de réhabilitation socio-professionnelle. 5.3 Ce faisant, les experts n'attestent aucune incapacité de travail corrélative aux affections somatiques que le recourant présente. Cette appréciation est en outre corroborée par le fait que les dorso-lombalgies existent depuis longtemps, qu'elles ont motivé son exemption du service militaire, mais que pour autant, elles ne l'ont pas empêché d'exercer le métier de chauffeur-livreur durant de nombreuses années. Sur le plan psychique, les troubles diagnostiqués ne constituent pas des comorbidités psychiatriques graves. En particulier, ils n'ont pas empêché l'assuré d'achever normalement sa scolarité obligatoire, ni d'accomplir - sans l'achever - un apprentissage de peintre en automobiles, ni de travailler comme chauffeur-livreur pendant environ neuf années. Cela étant, la toxicodépendance de l'intéressé - question de droit dès lors que l'examen de l'exigibilité repose dans ce cas sur une règle issue de l'expérience générale de la vie, cf. supra consid. 2.2 - ne résulte donc pas d'une atteinte physique ou mentale ayant valeur de maladie. Elle n'a pas non plus entraîné d'affection mentale ou physique nuisant à sa capacité de gain. A l'instar des premiers juges, la Cour de céans précise sur ce point que les troubles attentionnels, en tant qu'ils résultent de la consommation de substances psycho-tropes, sont sujets à rémission moyennant abstinence, de sorte qu'ils ne fondent pas d'incapacité de travail, respectivement de gain valant invalidité. Dès lors, la toxicomanie du recourant n'est pas constitutive d'invalidité au sens de la loi (VSI 1996 pp. 317, 320 et 323; RCC p. 182 consid. 2b et les références). Sur le vu de ce qui précède, les premiers juges n'ont pas procédé à une constatation des faits pertinents manifestement inexacte en s'écartant des conclusions du rapport d'expertise.