Citation: 9C_840/2015 E. 5.2

5.2. Ce grief n'est pas pertinent. Le principe de la légalité - consacré à l'art. 5 al. 1 Cst. - exige que l'administration agisse seulement dans le cadre délimité par la loi. Dès lors, l'administration doit respecter toutes les prescriptions légales (principe de la primauté de la loi qui incorpore le principe de la hiérarchie des normes) et agir seulement si la loi le lui permet (principe de l'exigence d'une base légale; cf. à ce sujet THIERRY TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n° 448 p. 149). Or, une base légale existe en l'occurrence. Il s'agit de l'art. 1i OPP2 adopté par le Conseil fédéral sur la base de la délégation de compétence de l'art. 1 al. 3 seconde phrase LPP. Cette base légale est claire et interdit aux institutions de prévoyance d'adopter dans leurs règlement d'assurance une limite d'âge inférieure à cinquante-huit ans pour un départ anticipé à la retraite. Elle s'impose également auxdites institutions compte tenu des principes - déjà évoqués (cf. consid. 4.2) - de la primauté du droit fédéral sur le droit cantonal contraire ou de la loi sur les règlements en matière de prévoyance. Peu importe que l'autorité de surveillance n'ait pas enjoint la caisse de pensions intimée de modifier son règlement ou que celle-ci ne l'ait pas corrigé, immédiatement, dès la connaissance de sa non-conformité au droit fédéral, contrairement à ce qu'allègue l'assuré. L'exigence d'une concrétisation réglementaire aurait en effet pour conséquences de vider de leur substance le principe de la primauté du droit fédéral sur le droit cantonal ou celui de la LPP sur les règlements des institutions de prévoyance et offrirait à ces dernières la possibilité de contourner indéfiniment le droit fédéral. Par conséquent, le recours doit aussi être rejeté sur ce point.