Citation: 5A_819/2022 E. 4.1

4.1. Pour la période dont le présent recours implique un examen, à savoir dès le 1er janvier 2020, l'autorité cantonale a retenu que l'époux avait travaillé à plein temps comme chef de projet au sein de F.________, dans l'équipe de direction jusqu'au 31 décembre 2019, date du départ à la retraite de son supérieur hiérarchique. Il y occupait d'une part un poste à mi-temps dans des activités spécifiques à F.________ aux côtés dudit professeur et d'autre part un second poste à mi-temps en qualité de conseiller de la Direction de F.________. Jusqu'au 31 décembre 2019, son salaire mensuel net s'élevait ainsi à 16'153 fr. 60, hors allocations familiales ([206'198 fr. - 12'355 fr.] / 12), part au treizième salaire comprise. L'autorité cantonale a en outre retenu que, dès le 1er janvier 2020, compte tenu du changement de direction, l'époux avait signé un nouveau contrat de travail afin d'être transféré à mi-temps auprès de la Vice-présidence pour l'éducation, pour un revenu, selon fiche de salaire du mois de janvier 2020, de 7'884 fr. net par mois, part au treizième salaire comprise et frais de parking par 85 fr. déduits. En outre, sentant le vent tourner dès le changement de présidence en 2017 déjà et en prévision du manque à gagner lié à la réduction de son taux d'activité professionnelle à F.________, l'époux avait créé la société E.________ Sàrl, au printemps 2018, dont il était l'associé gérant avec signature individuelle, titulaire de 200 parts sociales unitaires de 100 francs. L'autorité précédente a retenu qu'inscrite au registre du commerce le 28 mars 2018, dite entreprise avait dégagé, du 23 mai 2018 au 3 septembre 2019, un chiffre d'affaires de 170'989 fr. 10 ( recte : 179'989 fr. 10) en tenant compte des rentrées d'argent et des débits nécessités par son exploitation, mais aussi du capital social de départ de 19'875 fr., soit un revenu mensuel net de 9'749 fr. 30 ( recte : 10'329 fr. 95) ([179'989 fr. 10 - 19'875 fr.] / 15.5 mois). Les deux premières années, la société n'avait versé aucun salaire à l'intimé, les revenus générés par la société en 2019 devant permettre de compenser le manque à gagner de l'intimé dès janvier 2020, pour une durée estimée de 18 à 24 mois. Selon décompte du mois de janvier 2020 en revanche, l'intimé avait perçu un salaire, versé douze fois l'an, de 5'000 fr. brut, soit de 4'396 fr. 90 net par mois. Examinant si le principe de la transparence trouvait application, l'autorité précédente a retenu que les pièces figurant au dossier ne permettaient pas de démontrer que l'époux et la société précitée formaient une seule et unique entité. Elle a en outre estimé qu'il n'avait pas été établi que le fait d'invoquer la diversité des sujets constituait un abus de droit ou portait manifestement atteinte à des intérêts légitimes. En effet, on ne pouvait, d'après elle, reprocher à l'intimé d'avoir créé sa société afin d'anticiper la réduction de son taux d'activité et de son salaire auprès de F.________. En outre, les pièces produites au dossier ne permettaient pas de retenir que l'époux avait effectivement perçu ou pu percevoir les montants générés par sa société entre le 23 mai 2018 et le 3 septembre 2019, ce d'autant qu'ils devaient permettre de compenser le manque à gagner de l'intimé dès janvier 2020. Dans la mesure où seuls les relevés bancaires du compte courant de la société avaient été produits au dossier, on ne pouvait clairement déterminer quel bénéfice aurait été tiré de cette activité. De plus, on ignorait si la société avait généré depuis lors des bénéfices ou si elle avait dû assumer des pertes et si l'intimé avait pu se verser un quelconque dividende ou s'il percevait un salaire supérieur. Même si l'époux disposait dans les faits de plus de temps pour se consacrer à sa société, celui-ci travaillant depuis le 1er janvier 2020 seulement à temps partiel auprès de F.________, rien au dossier ne permettait de déterminer si ce temps supplémentaire avait une incidence positive sur le résultat de la société. En définitive, les éléments au dossier ne permettant pas de retenir que l'intimé avait pu bénéficier des montants générés par sa société, on ne pouvait ajouter à ses revenus mensuels les éventuels profits tirés de celle-ci, étant précisé que la procédure se voulait sommaire et provisoire, de sorte que si de nouveaux éléments devaient être découverts, une action tendant à la modification des contributions d'entretien pouvait être déposée le cas échéant.