Citation: 1B_65/2021 E. 3

La Cour des plaintes a déclaré le recours de A.________ AG irrecevable au motif qu'il avait été interjeté en son nom et signé par une personne qui n'avait pas les pouvoirs de la représenter et que cette irrégularité n'avait pas été réparée dans le délai imparti à la recourante pour faire ratifier son recours par son administrateur. La recourante reproche à la Cour des plaintes d'avoir fait preuve d'un formalisme excessif en lui accordant un délai de six jours pour faire ratifier son recours par B.________ alors qu'elle n'ignorait pas que celui-ci était hospitalisé à Chypre. Ce dernier aurait téléphoné la veille de l'échéance du délai au secrétariat du Tribunal pénal fédéral pour lui confirmer qu'il ratifiait le recours. Le même jour, il a envoyé par téléfax à la Cour des plaintes un exemplaire du recours du 24 décembre 2020 signé de sa main en indiquant qu'il lui adressait l'original par courrier recommandé le 20 janvier 2021. Il n'est pas contesté que le recours de A.________ AG n'était pas valable en tant qu'il était signé par une personne n'ayant pas les pouvoirs d'engager la société par sa signature individuelle. L 'absence de pouvoirs de représentation est un vice réparable par une ratification ultérieure de la personne autorisée (cf. ATF 118 IV 167 consid. 1b p. 170; arrêt 9C_446/2014 du 2 septembre 2014 consid. 3.1 et 1B_71/2012 du 15 août 2012 consid. 2.2). Elle ne pouvait ainsi conduire à l'irrecevabilité du recours que si la recourante avait préalablement été invitée à corriger cette irrégularité dans un délai convenable, sous peine d'irrecevabilité (cf. ATF 104 Ia 403 consid. 4e p. 407; arrêt 1C_273/2019 du 23 mai 2019 consid. 2.1). La Cour des plaintes s'est conformée à cette règle en impartissant à la recourante un délai pour faire ratifier son recours par B.________. Le fait que le délai de recours de dix jours pour contester la décision de la Cour des affaires pénales était échu ne faisait en effet pas obstacle à la réparation du vice (cf. arrêt 1C_303/2009 du 24 septembre 2009 consid. 2.3; arrêt 7B.246/2002 du 23 janvier 2003 consid. 2.2 in Pra 2004 n. 126 p. 73 cité par LAURENT MERZ, Basler Kommentar, Bundesgerichtsgesetz, 3e éd, 2018, n. 42 ad art. 40 LTF, p. 492). Le délai pour corriger une irrégularité affectant le mémoire de recours doit être fixé en fonction des circonstances du cas et en tenant compte du principe de célérité qui prévaut de manière générale en matière pénale et plus particulièrement lorsqu'un séquestre est en jeu. Il doit cependant être suffisant pour permettre au recourant d'agir. En tout état de cause, son échéance ne saurait intervenir avant l'échéance du délai de garde de sept jours pour retirer le pli lorsque celui-ci est adressé par acte judiciaire ou par recommandé, en particulier lorsque comme en l'espèce, son destinataire n'est pas assisté d'un avocat censé relever quotidiennement son courrier (cf. arrêt 2C_508/2016 du 18 novembre 2016 consid. 3.4.1; voir aussi, AMSTUTZ/ARNOLD, Basler Kommentar, Bundesgerichtsgesetz, 3e éd., 2018, n. 8 ad art. 47 LTF, p. 634). Le délai imparti en l'espèce à la recourante ne respectait pas ces exigences et était manifestement trop court pour lui permettre de remédier à l'irrégularité qui entachait son recours et faire ratifier son recours par son administrateur. La recourante a en outre correctement réagi puisque B.________ a téléphoné au greffe du Tribunal pénal fédéral le dernier jour du délai pour confirmer qu'il ratifiait le recours, puis faxé un exemplaire du recours signé de sa main en précisant qu'il lui ferait parvenir l'original par écrit. Invitée à se déterminer, la Cour des plaintes n'a pas contesté ces faits dont la recevabilité doit être admise en tant qu'ils visent à démontrer l'irrégularité de la procédure qui s'est déroulée devant l'instance précédente (cf. arrêt 5A_757/2020 du 28 janvier 2021 consid. 2.3.1). Cela étant, la recourante est fondée à se plaindre de l'irrecevabilité de son recours qui contrevient à l'interdiction du formalisme excessif.