Citation: 2A.529/2001 31.05.2002 E. 6

6.1 Condamné à des peines d'emprisonnement en octobre 1998, septembre 1999 et décembre 1999 d'une durée respectivement de deux ans, 15 jours et 35 jours, le recourant réalise l'état de fait visé par l'art. 10 al. 1 lettre a LSEE. Par ailleurs, son parcours personnel laisse apparaître qu'il ne veut pas ou, du moins, qu'il n'est guère capable de s'adapter à l'ordre établi en Suisse au sens de l'art. 10 al. 1 lettre b LSEE, et qu'il présente également le risque de tomber durablement à la charge de l'assistance publique, au sens de l'art. 10 al. 1 lettre d LSEE: en effet, entré dès son adolescence dans l'univers de la toxicomanie et de la délinquance, pénalement condamné - comme on l'a vu - à trois reprises, décrit comme oisif et instable par les services de police, il présenterait également, selon un rapport d'expertise du Département universitaire de psychiatrie pour adultes de Lausanne (DUPA), un trouble spécifique de la personnalité émotionnellement labile de type borderline et des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'opiacés, de cocaïne, de sédatifs ou d'hypnotiques, avec syndrome de dépendance, sauf pour la cocaïne. En outre, il n'a, à ce jour, acquis aucune formation et n'a jamais été capable d'occuper durablement un travail, ni n'a su saisir les occasions qui se sont offertes à lui de se sortir de la drogue et d'entamer une vie familiale et professionnelle normale. 6.2 Procédant à la pesée des intérêts en présence, le Tribunal administratif a d'abord constaté que les faits nouveaux invoqués par le recourant dans sa demande de réexamen ne changeaient rien au fait que les infractions qu'il avait commises devaient être qualifiées de graves, en particulier celles liées au commerce des stupéfiants. Les juges ont ensuite considéré que, bien que ses attaches et son affection pour sa famille fussent réelles, elles n'enlevaient rien à la proportionnalité de la mesure de renvoi, car son épouse "connaissait parfaitement (son) comportement répréhensible et ne pouvait pas sérieusement penser que le mariage arrangerait les choses"; quant à sa fille, encore très jeune, elle pourrait, sans trop de difficultés, s'adapter à un nouveau cadre de vie. Au demeurant, si son épouse et sa fille devaient ne pas le suivre au Chili, le recourant conserverait malgré tout la possibilité, a encore relevé le Tribunal administratif, de leur rendre visite en Suisse à l'occasion de voyages touristiques, puisqu'il n'est pas sous le coup d'une "expulsion administrative, mais simplement d'un refus de renouvellement de son autorisation de séjour". Enfin, son cas a été jugé différent de l'affaire B.________ tranchée par la Cour européenne des droits de l'homme le 2 août 2001 (JAAC 65/2001 n° 138, p. 1392).