Citation: 1B_402/2016 E. 4.4

4.4. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. En particulier, il est incontesté que le recourant n'a pas versé à ses mandants l'entier des loyers perçus pour leur compte, ampleur du dommage qu'il n'appartient pas au juge de la détention d'établir (cf. sur cette question, le rapport détaillé de la police du 15 août 2016). En outre, les propriétaires concernés ont déposé plainte pénale à la suite du défaut de paiement du solde des loyers dus, ce qui démontre que leurs instructions - certes peut-être orales, voire tacites - n'ont pas été suivies par le recourant. Ce dernier a de plus reconnu avoir effectué le paiement de ses charges - notamment salariales - avec les montants versés sur son compte courant. Ces éléments suffisent pour retenir que les valeurs patrimoniales confiées ont été utilisées sans droit par le recourant, notamment afin de diminuer ses propres passifs. Si le recourant semble mettre en doute les difficultés financières qu'il aurait connues, il ressort cependant de son mémoire de recours qu' "Au moment de l'utilisation des fonds confiés, [...], le Recourant ne disposait pas des moyens de les rembourser" (cf. p. 11), pouvant ainsi être retenu qu'il se trouvait dans l'impossibilité d'honorer ses obligations contractuelles, que ce soit en tout temps ou à une date convenue. Le recourant ne peut pas non plus se prévaloir d'un défaut d'individualisation des montants dès lors que le mélange ne suffit pas à exclure l'infraction d'abus de confiance (ATF 118 IV 32 consid. 2a p. 83; DUPUIS ET AL., Petit commentaire, Code pénal, 2012, n° 26 ad art. 138 CP; B ERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, 3e éd. 2010, n° 17 ad art. 138 CP). En tout état de cause, la mesure préconisée dans l'ATF 102 II 103 tend à protéger le mandant en cas de faillite du mandataire (cf. art. 401 CO et 197 de la loi fédérale du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la faillite [LP; RS 281.1]; arrêt 4A_202/2009 du 23 juin 2006 consid. 2.2.3). Or, une telle situation - dans la mesure où elle pourrait concerner le recourant - n'est pas avérée en l'occurrence (cf. la radiation du Registre du commerce pour cessation d'activités [ad B de l'arrêt entrepris]). A ce stade de la procédure, les éléments relevés par la cour cantonale permettent de retenir l'existence de soupçons suffisants de la commission d'infractions d'abus de confiance à l'encontre du recourant (art. 221 al. 1 CPP).