Citation: 2A.299/2006 02.08.2006 E. 3

3.1 La protection découlant de l'art. 8 CEDH n'est pas absolue. En effet, une ingérence dans l'exercice du droit au respect de la vie privée et familiale est possible selon l'art. 8 § 2 CEDH "pour autant qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui"; la question de savoir si, dans un cas d'espèces, les autorités de police des étrangers sont tenues d'accorder une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 CEDH doit être résolue sur la base d'une pesée de tous les intérêts en présence (ATF 122 II 1 consid. 2 p. 5/6; 120 Ib 1 consid. 3c p. 5, 22 consid. 4a p. 25). S'agissant de l'intérêt privé à obtenir une autorisation de séjour d'un étranger disposant d'un droit de visite sur son enfant bénéficiant du droit de résider en Suisse, il faut constater que le parent peut en principe exercer ce droit même s'il vit à l'étranger, au besoin en aménageant les modalités de ce droit quant à sa fréquence et à sa durée (arrêt précité 2A.428/2000 du 9 février 2001, consid. 2). Un droit plus étendu peut exister lorsqu'il existe des liens familiaux particulièrement forts dans les domaines affectif et économique, que, en raison de la distance qui sépare le pays de résidence de l'enfant du pays d'origine de son parent, cette relation ne pourrait pratiquement pas être maintenue et que le parent qui entend se prévaloir de cette garantie ait fait preuve en Suisse d'un comportement irréprochable (sur cette notion, voir arrêt 2A.423/2005 du 25 octobre 2005, non publié, consid. 4.3 et la jurisprudence citée). C'est à ces conditions seulement que l'intérêt privé du parent désirant obtenir une autorisation de séjour peut prévaloir, le cas échéant, sur l'intérêt public à une politique restrictive en matière de séjour des étrangers et d'immigration. 3.2 Dans le cas particulier, il n'est guère contestable que l'éloignement du recourant rendrait pratiquement impossible l'exercice de son droit de visite (cf. arrêt 2A.521/2001 du 21 juin 2002, non publié, concernant l'Angola, spéc. consid. 4.3). En outre, le recourant entretient, sur le plan affectif, une relation particulièrement étroite avec sa fille B.________, même s'il y a lieu de tenir compte que, du point de vue économique, il n'a jamais contribué à son entretien, la somme de 50 fr. qu'il déclare lui verser mensuellement restant tout à fait insuffisante. Peu importe cependant car, l'élément décisif dans le cas du recourant, est son comportement durant les nombreuses années qu'il a passées en Suisse, comportement qui est loin d'être irréprochable, au sens de la jurisprudence (arrêt précité 2A.423/2005 du 25 octobre 2005, consid. 4.3). Condamné une première fois avec sursis pour lésions corporelles simples avec un objet dangereux, cette mesure de clémence ne l'a pas détourné d'adopter des comportements violents, ce qui a conduit à une seconde condamnation beaucoup plus lourde, pour des faits semblables. II est vrai que le recourant n'a pas fait l'objet de condamnation pénale depuis septembre 2004, pour des infractions qui remontaient à 2001. Toutefois, en 2005, il a été renvoyé devant un tribunal pour des faits du même ordre; les poursuites pénales exercées de ce chef ont certes été abandonnées, suite à un retrait de plainte; le recourant doit donc être présumé innocent des faits ayant motivé ce renvoi; les frais de justice mis à sa charge démontrent cependant qu'il a provoqué l'ouverture des poursuites en cause par son comportement. Dans ces conditions, on ne saurait admettre que le recourant s'est durablement amendé. A cela s'ajoute le fait que le recourant n'a pas hésité à aller vivre et travailler illégalement dans un autre canton, ne revenant dans le canton de Vaud qu'après avoir été renvoyé de cet autre canton, et dans le but avoué de pouvoir à nouveau toucher l'aide sociale vaudoise. Conformément à la jurisprudence précitée, ces seules considérations suffisent à rejeter le recours. On peut néanmoins ajouter que, en près de vingt ans de présence en Suisse, le recourant n'a réussi qu'une intégration professionnelle extrêmement médiocre; ce n'est qu'à partir de 2003 qu'il travaille régulièrement pour le compte d'un même employeur; encore ne s'agit-il que de missions temporaires. Si, depuis juin 2005, il n'émarge plus à l'aide sociale, sa situation financière reste lourdement obérée; il déclare d'ailleurs lui-même être aujourd'hui encore incapable de faire face à ses obligations d'entretien. Quant à son épouse actuelle, d'origine dominicaine, elle n'a pas reçu d'autorisation pour vivre en Suisse et un retour dans son pays d'origine ne devrait pas lui causer de difficultés. Hors sa fille B.________, âgée maintenant de seize ans, le recourant n'a donc aucun lien avec la Suisse et n'est pas intégré socialement. On relèvera enfin que ses fils sont majeurs et que l'aîné semble même avoir quitté la Suisse pour aller vivre aux Etats-Unis. 3.3 Au vu de l'ensemble de ces circonstances, il faut conclure que l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emporte clairement sur son intérêt privé à demeurer en Suisse.