Citation: 5A_942/2018 E. 5.3.1

5.3.1. L'art. 10 let. a LDIP admet la compétence de toute autorité suisse compétente pour connaître du fond, même si l'instance au fond n'est pas encore liée (BUCHER, in Commentaire romand, LDIP-CL, 2011, n° 13 ad art. 10 LDIP; dans le même sens: MÜLLER-CHEN, in Zürcher Kommentar zum IPRG, 3ème éd. 2018, n° 21 ad art. 10 LDIP; GUILLAUME, Droit international privé, 4ème éd. 2018, n° 55 p. 121; arrêt du Tribunal cantonal neuchâtelois du 30 janvier 2015 [CACIV.2014.54] consid. 4a, in RJN 2015 p. 89). Est en revanche controversée la question de savoir si une compétence alternative ou subsidiaire pour prononcer des mesures provisionnelles subsiste une fois que la demande au fond est pendante devant un tribunal en Suisse ou à l'étranger (en faveur: MÜLLER-CHEN, op. cit., n° 22 ad art. 10 LDIP; BUCHER, op. cit., no 3 ad art. 9 et no 13 ad art. 10 LDIP; WALTER/DOMEJ, Internationales Zivilprozessrecht der Schweiz, 5ème éd. 2012, § 12/V p. 564 s.; en défaveur: BERTI/DROESE, in Basler Kommentar, Internationales Privatrecht, 3 ème éd. 2013, n° 14a ad art. 10 LDIP). Dans un arrêt du 29 octobre 2015, le Tribunal fédéral a considéré qu'il n'était pas arbitraire d'admettre une telle compétence (arrêt 5A_296/2015 consid. 5.2).