Citation: 5A_19/2020 E. 4

Dans une première partie portant sur les faits, à lire en parallèle avec un grief d'arbitraire dans l'établissement des faits présenté dans sa partie «En droit», la recourante fait valoir que l'autorité précédente a arbitrairement écarté de l'état de fait des éléments de nature à influer sur le sort de la cause, singulièrement concernant le coût et le financement du train de vie des enfants. Elle détaille le contenu de chaque convention conclue entre les époux en mars et décembre 2016 au sujet du patrimoine conjugal et des frais de celui-ci et soulève les contrariétés de contenu s'agissant de la prise en charge par l'intimé de différents frais. Ainsi, elle déduit du «Patrimony Separation Agreement» du 18 mars 2016 que 2/3 des frais d'entretien des biens immobiliers de F.________ et G.________ sont compris comme un entretien des filles. Elle expose que l'intimé a d'ailleurs continué de payer l'intégralité des dépenses mensuelles de ses filles (notamment les coûts en lien avec la villa familiale et le chalet de G.________), pour un montant substantiel, en sus de la contribution d'entretien de 12'500 fr. en faveur de chacune des filles, dès le 1er janvier 2017 jusqu'en août 2017, puis partiellement jusqu'en mai-juin 2018, donc sur une durée relativement longue, fait qu'elle aurait prouvé grâce à ses relevés bancaires démontrant qu'elle ne s'est acquittée que depuis septembre 2017 de certaines dépenses courantes de ses filles. Elle conteste ainsi l'appréciation du juge d'appel que ces paiements substantiels de son ex-époux seraient intervenus «à bien plaire». Selon elle, il ne pourrait en aller autrement car les coûts mensuels d'entretien de la villa familiale et du chalet totalisent déjà 19'500 fr., partant, ces frais ne sauraient être compris dans la contribution d'entretien. La recourante considère que la Chambre civile aurait dû constater que, selon l'esprit des accords conclus entre les époux et donc de la réelle intention des parties, l'intimé s'engageait à verser la contribution d'entretien des filles, tout en continuant de prendre à sa seule charge l'ensemble des dépenses courantes directes de celles-ci. Aussi, le constat de l'autorité précédente selon lequel la contribution d'entretien des enfants de 12'500 fr. chacun serait un montant forfaitaire permettant de couvrir leur train de vie serait arbitraire. Au demeurant, l'absence de jugement exécutoire fixant l'entretien des filles aurait pour effet qu'elles seraient fiscalement imposables en Espagne, partant, que leur contribution d'entretien serait en réalité encore inférieure à 12'500 fr. par mois. En omettant de tenir compte de ces éléments de fait, l'autorité précédente aurait abouti au résultat choquant de fixer des contributions d'entretien largement insuffisantes pour couvrir le train de vie de chacune des filles, que la recourante estime à 54'127 fr. pour l'aînée et 53'190 fr. pour la cadette lors de leur vie à Genève, selon une liste de frais qu'elle détaille sur trois pages (comprenant des factures de vacances, de dépenses dans des magasins, de paysagistes ou de réparation de la porte de garage pour les biens immobiliers de F.________ et G.________, d'impôts pour un véhicule, d'amortissement des biens immobiliers, d'écolage ou d'assurance-maladie). En l'occurrence, l'appréciation de la recourante des conventions de séparation concernant la répartition implicitement voulue s'agissant de la prise en charge des frais courants des enfants est tirée d'une interprétation extensive desdites conventions (cf. supra consid. 2.1). La Chambre civile a ainsi retenu, par simple lecture des accords de séparation, que la contribution d'entretien manifestement convenue dans la convention du 2 décembre 2016 constituait une somme forfaitaire et que l'ex-époux a effectivement continué de payer certaines charges, «à bien plaire», à défaut d'obligation résultant desdites conventions. La recourante, qui substitue sa propre appréciation à celle de l'autorité précédente ne lui convenant pas ne démontre nullement en quoi la Chambre civile aurait versé dans l'arbitraire en l'espèce (cf. supra consid. 2.2), alors qu'une somme identique est prévue pour chacune des filles d'âges différents, rendant vraisemblable un accord sur un montant forfaitaire. Il s'ensuit qu'au regard de cette appréciation, l'établissement du détail de chaque poste du train de vie des filles, notamment la reconnaissance que les frais d'entretien de la villa genevoise et du chalet se montent à 19'500 fr. par mois, sur la base des preuves apportées par la recourante, était dénué de pertinence. En tout état de cause, on ne voit pas en quoi les frais d'entretien de la fortune des époux, notamment d'une résidence secondaire, que l'intimé a certes payés jusqu'au milieu de l'année 2017, relèveraient du coût de l'entretien de l'enfant et qu'une appréciation contraire puisse être taxée d'arbitraire. Enfin, en tant que la recourante se plaint de ce qu'il n'aurait pas été retenu que les pensions alimentaires de ses filles sont fiscalement imposables en Espagne, elle fait valoir l'existence d'une dépense supplémentaire, conséquence de son choix de déménager à E.________. Ainsi qu'il a déjà été exposé, l'établissement de chaque poste de charge est dénué de pertinence dans le contexte d'une pension alimentaire forfaitaire, dans la mesure où il résulte de l'arrêt entrepris que rien ne permettrait de retenir que l'ex-épouse et les filles ne seraient pas en mesure de faire face aux dépenses courantes dans l'attente de la décision à rendre sur le fond (cf. supra consid. 3). Ainsi, le point de savoir si les pensions alimentaires des enfants sont fiscalement imposées en Espagne est également dénué de pertinence sur le sort de la cause. En conclusion, l'autorité précédente n'a pas versé dans l'arbitraire dans l'établissement des faits et l'appréciation des preuves relatifs aux charges des enfants et à leur prise en charge, ce qui conduit au rejet du grief d'arbitraire à cet égard, dans la mesure où il est recevable.