Citation: 5A_450/2019 E. 4.1

4.1. En l'espèce, la Cour de justice a constaté que le créancier poursuivant a fait notifier un commandement de payer en invoquant comme titre de l'obligation un " prêt " sans autre précision. Il avait par ailleurs produit dans la présente procédure, comme représentant ce titre, un contrat (argué de faux par le débiteur poursuivi) dont il avait affirmé qu'il s'agissait du contrat liant les parties. Dans la plainte pénale du 30 novembre 2018 dont il avait déposé copie à l'audience de mainlevée, il avait en outre allégué que, le 11 mai 2017, deux contrats de prêt distincts avaient été souscrits par le débiteur poursuivi, dont l'un seulement - conclu avec lui-même - avait été exécuté. L'autorité cantonale a ensuite considéré que, s'agissant de la condition de l'exécution de l'obligation du prêteur, le créancier poursuivant avait produit un avis qui ne comportait aucune indication relative au titulaire du compte débité ni à la cause du virement. Celui-là n'avait donc pas établi l'allégué formé dans sa requête de mainlevée, selon lequel avait ainsi été exécuté le contrat produit et non, par hypothèse, l'autre accord conclu le même jour. Or, il résultait de la plainte pénale produite par le débiteur poursuivi à l'audience du Tribunal que cet allégué avait été contesté par ce dernier, qui avait certes admis avoir reçu un versement de 400'000 fr., mais fondé sur le contrat conclu avec la société tierce, dont le créancier n'était dès lors par le créancier poursuivant. Contrairement à l'avis de ce dernier, le débiteur poursuivi n'avait ainsi pas fait valoir sa contestation sur ce point pour la première fois dans son recours, ce qui rendait " irrecevables les pièces nouvelles déposées en réponse au recours à cet égard ". Selon la Chambre civile, le premier juge avait donc retenu à tort que le prêteur avait exécuté son obligation alors que l'allégué du créancier poursuivant avait été contesté et non prouvé selon le dossier qui lui avait été soumis. Il s'ensuivait que les pièces soumises au Tribunal par le créancier poursuivant ne valaient pas reconnaissance de dette pour le remboursement du prêt, ce qui dispensait la cour d'examiner plus avant les autres griefs du débiteur poursuivi.