Citation: 8C_464/2022 E. 4.3

4.3. Contrairement à ce que soutient la recourante, il n'apparaît pas que les juges cantonaux ne se soient pas penchés sur son droit à des indemnités de chômage compte tenu du régime légal particulier en raison de la pandémie du COVID-19. En effet, ils ont exposé pourquoi la décision de refus d'allouer des indemnités de chômage à la recourante était fondée: ils ont expliqué que la dérogation prévue à l'art. 8a de l'Ordonnance COVID-19 assurance-chômage n'était pas applicable en l'occurrence, dès lors que la recourante n'avait pas droit à des indemnités de chômage entre le 1er mars et le 31 août 2020. L'appréciation de la cour cantonale n'apparaît pas critiquable. Comme l'ont relevé les juges cantonaux, il ressort du rapport explicatif publié en mars/avril 2020 par le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) concernant l'Ordonnance COVID-19 assurance-chômage que par cette réglementation, et en particulier par l'introduction de l'art. 8a (cf. p. 13 du rapport), le Conseil fédéral a voulu éviter que les bénéficiaires d'indemnités de chômage arrivent en fin de droit durant la situation extraordinaire, raison pour laquelle il a prévu l'octroi d'indemnités journalières supplémentaires. Il a également été précisé dans ce rapport que cette réglementation s'applique à tous les assurés qui pouvaient prétendre à l'indemnité à partir du 1er mars 2020 ou le peuvent depuis lors. A contrario, sont exclus de ce régime particulier les assurés qui, comme la recourante, pour une raison ou une autre (ici en raison d'une période insuffisante de cotisation), n'ont pas droit à des indemnités de chômage entre le 1er mars et le 31 août 2020. Quant au grief tiré d'une violation du principe de l'égalité de traitement (art. 8 al. 1 Cst.), il n'est pas fondé. En effet, l'Ordonnance COVID-19 assurance-chômage a été conçue dans le but d'alléger les conséquences économiques pour les entreprises et les travailleurs affectés par la crise sanitaire (cf. p. 3 du rapport précité). En particulier, elle ne prévoit pas l'allocation d'indemnités journalières aux personnes qui ne remplissent pas les conditions pour avoir droit aux indemnités de chômage, le but de cette réglementation n'étant pas de substituer le régime ordinaire prévu par d'autres institutions étatiques, tel que notamment l'aide sociale. Si le législateur a restreint le cercle des bénéficiaires à celles et ceux qui, pendant la période aiguë de la crise sanitaire, étaient au bénéfice d'indemnités journalières, il l'a fait en se fondant sur des critères objectifs pertinents.