Citation: 4C.382/2004 25.01.2005 E. A

X.________ est une société coopérative dont le siège est à Berne et qui exploite des moulins agricoles dans toute la Suisse. Elle est titulaire de la marque Z.________. B.________, qui exploitait un domaine agricole, s'approvisionnait régulièrement auprès de X.________. Il devait de l'argent à cette dernière. Le 25 février 2000, B.________ et X.________ ont signé un contrat intitulé "contrat de cession de créance de type céréales fourragères". A teneur de ce contrat, rédigé sur la base d'une formule préimprimée, B.________ déclarait céder sa future récolte de triticale (2 hectares) et de maïs (8 hectares) à titre de garantie d'un montant qui n'était pas fixé. Il était précisé que X.________ acquérait "donc, en vertu du présent contrat, tous les droits du cédant jusqu'à concurrence du montant ci-dessus, dû à Z.________". B.________ s'engageait notamment à informer immédiatement X.________ de toute difficulté empêchant l'exécution du contrat. Il attestait au surplus que celui-ci était juridiquement fondé et garantissait qu'il n'existait aucune autre cession à valoir sur la partie cédée. Le 14 juin 2000, B.________ est décédé. Sa fille, C.________, a accepté la succession sous bénéfice d'inventaire. En août 2000, la récolte de triticale a été effectuée et a été remise à X.________. Le 1er septembre 2000, C.________ a conclu un contrat de bail à ferme avec A.________, un agriculteur, client de X.________, qui était en litige avec la coopérative au sujet du paiement de différentes factures. Un avenant indiquait que les cultures étaient cédées en l'état sans garantie. A une date indéterminée, A.________ a récolté le maïs. Il a été retenu qu'au moment de la récolte, l'agriculteur avait connaissance du contrat du 25 février 2000. Le 26 janvier 2001, X.________ a réclamé à A.________ le solde des factures liées à la livraison des produits agricoles et l'a mis en demeure de lui verser une somme de 32'000 fr. correspondant à une estimation du produit de la récolte des huit hectares de maïs. Aucun versement n'est intervenu.