Citation: 8C_612/2023 E. 4

La cour cantonale a reconnu une pleine valeur probante au rapport d'expertise judiciaire du 24 février 2022 et à son complément du 21 décembre suivant. Aussi s'est-elle ralliée à l'appréciation du docteur E.________, selon laquelle le syndrome vertébral lombaire actuel n'était pas en lien de causalité avec les suites de l'intervention du 12 octobre 2018. Le recourant présentait déjà, avant l'accident du 17 janvier 2018, et selon des documents d'imagerie de 2005, des troubles dégénératifs de la colonne lombaire, sous forme d'arthrose discale en L4-L5, L5-S1, protrusion discale L4-L5 et hernie sous-ligamentaire médiane et gauche L5-S1. Au vu d'une IRM du 27 mars 2018, qui ne montrait pas de lésion traumatique visible mais les mêmes lésions déjà constatées en 2005 (hormis une très discrète augmentation de la hernie L5-S1 gauche, tout à fait compatible avec l'évolution spontanée de la lésion entre 2005 et 2018), le lien de causalité entre l'incapacité de travail, d'une part, l'accident du 17 janvier 2018 ou l'intervention du 12 octobre 2018, d'autre part, avait cessé le 12 juillet 2019, soit neuf mois après cette intervention. De même, les plaintes du recourant - sur fond de rachis dégénératif déjà constaté en 2005, pouvant créer des gênes douloureuses - ne s'expliquaient plus, ni par l'accident, ni par l'intervention en question. Dans son complément d'expertise du 21 décembre 2022, le docteur E.________ avait en outre précisé que le bombement du disque L4-L5 - d'origine dégénérative et déjà présent sur une IRM du 1 er septembre 2005 - et son contact avec la racine S1 n'avaient pas été causés par l'intervention du docteur C.________ et qu'ils n'en étaient pas non plus la conséquence, ces éléments trouvant leur explication dans l'évolution naturelle d'une affection rachidienne dégénérative. Dans ces circonstances, il importait peu qu'aux dires du recourant, le docteur C.________ fût parti de la prémisse erronée d'une petite hernie discale résistante au traitement conservateur depuis quelques mois. Par ailleurs, l'expert prenait clairement position en défaveur des thèses soutenues par les docteurs F.________ et G.________, spécialistes en médecine interne générale, respectivement en rhumatologie - selon lesquels une fibrose, consécutive à l'opération, était à l'origine des plaintes du recourant - en exposant qu'il ne retenait ni la fibrose péri-radiculaire ni la micro-instabilité comme un élément péjorant les douleurs et la situation fonctionnelle du recourant. Dans ces circonstances, la survenance d'une lésion qui aurait été causée lors du traitement médical n'était pas établie au degré requis de la vraisemblance prépondérante. Aussi les juges cantonaux ont-ils refusé, par appréciation anticipée des preuves, de donner suite à la demande d'audition du docteur C.________ et d'instruire plus avant les points mis en exergue par le recourant en lien avec l'intervention pratiquée le 12 octobre 2018.