Citation: 4C.194/1999 18.01.2000 E. A

A.- a) Le 19 juillet 1990, l'ouvrier Pejo Krijan est tombé d'une verrière sur laquelle il travaillait. Il est décédé. L'enquête pénale ouverte à la suite de cet accident a abouti à la condamnation d'un contremaître de l'entreprise qui l'employait, Stefano Raymond S.A., pour homicide par négligence et infraction à l'art. 112 al. 4 LAA. Le directeur de la société a été acquitté du chef d'homicide par négligence, mais condamné à une amende pour infraction à l'art. 112 al. 4 LAA, cette dernière infraction n'étant cependant pas en relation de causalité adéquate avec l'accident. Pejo Krijan, saisonnier, était marié à Ruzika Krijan et père d'un enfant, Antonio, vivant tous les deux en Yougoslavie. La CNA leur a alloué une rente de survivants par décision du 26 novembre 1990. L'assurance responsabilité civile de l'employeur a en outre accepté de verser une somme totale de 60 000 fr. à titre de réparation morale pour les proches de la victime, soit son épouse, son fils, sa mère Mara Krijan et sa soeur Ivka Krijan. La même a déclaré renoncer à se prévaloir de la prescription jusqu'au 31 décembre 1995, pour autant que celle-ci ne soit pas déjà acquise. Le 26 décembre 1995, les proches de la victime ont chacun déposé une réquisition de poursuite à l'encontre de l'assurance responsabilité civile de l'employeur. Le 14 novembre 1997, ils ont introduit action contre Stefano Raymond S.A. en paiement des montants de 220 514 fr., 43 160 fr., 102 448 fr. et 140 301 fr. à titre de perte de soutien. Le Tribunal de première instance du canton de Genève les a déboutés par jugement du 24 septembre 1998, confirmé par un arrêt de la Cour de justice du canton de Genève le 12 mars 1999. Les magistrats cantonaux ont considéré que les préten- tions des demandeurs se fondaient sur un acte illicite et qu'elles étaient par conséquent prescrites.