Citation: 1B_144/2015 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, le transfert, après plus de six mois d'instruction, d'un dossier, non traduit, aux autorités de poursuite pénale vaudoises a certes rallongé la procédure. L'instruction n'a cependant pas connu de période d'inactivité susceptible de contrevenir au principe de célérité. En effet, les autorités pénales argoviennes ont régulièrement fait progresser le dossier depuis l'arrestation du recourant le 8 juillet 2014 (perquisition, audition, rapport de police, expertise psychiatrique). Le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne a ensuite repris l'enquête après fixation du for, le 29 janvier 2015. Il a procédé à divers actes d'instruction (mandat d'investigation à la police, demande d'entraide judiciaire internationale à la France, mandat de contre-expertise psychiatrique et demande de délégation de la procédure de la Roumanie vers la Suisse). En l'état, rien ne permet d'affirmer que la procédure ne sera pas menée à chef dans un délai raisonnable. D'ailleurs, le recourant ne dénonce pas une période précise d'inactivité. Il se contente de relever que l'interpellation des autorités roumaines par le Ministère public vaudois au sujet du fait qu'il a admis avoir porté atteinte à l'intégrité sexuelle d'un enfant en Roumanie ne saurait justifier un nouveau motif de détention, dès lors que ses aveux à ce sujet sont parfaitement connus des autorités suisses depuis près de sept mois. Enfin, la durée de la détention subie par le recourant, d'environ huit mois au moment de la décision attaquée, est compatible avec la peine privative de liberté à laquelle il est exposé concrètement en cas de condamnation. Le grief de violation du droit d'être jugé dans un délai raisonnable doit, par conséquent, également être écarté.