Citation: U 86/01 19.12.2001 E. 2

2.- a) Les premiers juges ont retenu que le lien de causalité naturelle entre une pseudo-démence d'origine indéterminée et les chutes dont le recourant a été victime les 25 et 30 juin 1996 n'était pas établi et que l'intimée était fondée à mettre un terme au 31 janvier 1999 au versement des prestations dues pour les suites de ces événements. Cela est contesté par le recourant, qui déclare qu'il sera rassuré à partir du moment où les médecins mandatés par l'intimée auront pu expliquer les dysfonctionnements du cerveau devant un collège d'experts neutres. Selon lui, "les réflexions et contradictions de certains médecins ne proposent pas un verdict circonstanciel". b) Lorsqu'un état maladif préexistant est aggravé ou, de manière générale, apparaît consécutivement à un accident, le devoir de l'assureur-accidents d'allouer des prestations cesse si l'accident ne constitue plus la cause naturelle et adéquate du dommage, soit lorsque ce dernier résulte exclusivement de causes étrangères à l'accident. Tel est le cas lorsque l'état de santé de l'intéressé est similaire à celui qui existait immédiatement avant l'accident - question du statu quo ante - ou qu'il rejoint celui qu'il serait devenu tôt ou tard indépendamment de tout accident, selon l'évolution ordinaire - question du statu quo sine - (RAMA 1992 n° U 142 p. 75 sv. consid. 4b; Maurer, Schweizerisches Unfallversicherungsrecht, p. 469 n° 3 et 4; Debrunner/Ramseier, Die Begutachtung von Rückenschäden, Berne 1990, p. 52; Meyer-Blaser, Die Zusammenarbeit von Richter und Arzt in der Sozialversicherung, Bulletin des médecins suisses 71/1990, p. 1093). Selon la jurisprudence, si le rapport de causalité avec l'accident est établi avec la vraisemblance requise, l'assureur n'est délié de son obligation d'octroyer des prestations que si l'accident ne constitue plus la cause naturelle et adéquate de l'atteinte à la santé. De même que pour l'établissement du lien de causalité naturelle fondant le droit à des prestations, la disparition du caractère causal de l'accident eu égard à l'atteinte à la santé de l'assuré doit être établie au degré habituel de la vraisemblance prépondérante requis en matière d'assurances sociales. La simple possibilité que l'accident n'ait plus d'effet causal ne suffit pas. Dès lors qu'il s'agit dans ce contexte de la suppression du droit à des prestations, le fardeau de la preuve ne pèse pas sur l'assuré mais sur l'assureur (RAMA 2000 n° U 363 p. 46 consid. 2 et la référence). c) De l'avis du professeur J.________, le recourant présente une pseudo-démence à la suite de deux traumatismes crâniens banals, le premier éventuellement avec une légère commotion cérébrale. Il n'existe pas de lien de causalité naturelle entre le tableau clinique actuel et les traumatismes crâniens subis (rapport du 11 janvier 2000). Cette expertise, effectuée sur requête de l'intimée dans le cadre de la procédure d'opposition, l'a été par un spécialiste indépendant. Elle répond aux exigences permettant de lui reconnaître pleine force probante (ATF 125 V 353 consid. 3b/bb et les références; VSI 2001 p. 109 consid. 3b/bb). En particulier, il n'existe aucune circonstance propre à faire naître un doute sur l'impartialité ou l'objectivité de l'expert (RAMA 1999 n° U 332 p. 193 consid. 2a/bb et les références). La disparition du caractère causal des chutes des 25 et 30 juin 1996 est ainsi établie au degré de la vraisemblance prépondérante. d) L'intimée a cessé avec effet au 31 janvier 1999 le versement des prestations dues en sa qualité d'assureuraccidents LAA. Cette décision se fonde sur les conclusions du docteur E.________ du 22 janvier 1999. Certes, il y a une divergence par rapport à l'avis de ce spécialiste du 18 décembre 1997, puisque les suites d'ordre psycho-organique évoquées précédemment ne sont plus retenues. Cela n'est toutefois pas déterminant. En effet, vu la disparition du caractère causal des accidents incriminés, la suppression du droit aux prestations avec effet au 31 janvier 1999 n'apparaît pas critiquable. Mal fondé, le recours doit ainsi être rejeté.