Citation: 6B_722/2008 23.03.2009 E. 5

Le recourant se plaint de la sanction infligée. 5.1 La motivation de la peine figurant aux pages 44, 47 et 48 du jugement entrepris est clairement suffisante, comme le montre d'ailleurs le fait que le recourant est à même de la critiquer. Elle permet de discerner quels sont les éléments essentiels qui ont été pris en compte et s'ils l'ont été dans un sens aggravant ou atténuant. On comprend sans difficulté ce qui a guidé les juges cantonaux dans leur solution, qui ne viole donc pas l'art. 50 CP. 5.2 Invoquant l'arbitraire et une violation des art. 46, 47 et 49 CP, le recourant conteste le principe de la disjonction des causes, alors que l'autorité aurait pu prononcer un seul jugement. Il reproche à la Cour criminelle de ne pas avoir suffisamment tenu compte du fait qu'il avait déjà exécuté la première partie de la peine d'ensemble, ce qui avait dû avoir un effet de resocialisation, et qu'il allait plus souffrir par le procédé choisi étant donné qu'il devrait subir deux périodes distinctes d'emprisonnement. 5.2.1 En ce qui concerne la fixation de la peine, l'art. 47 CP correspond à l'art. 63 aCP et à la jurisprudence y relative (ATF 134 IV 17 consid. 2.1 p. 19). Selon l'art. 49 al. 2 CP, si le juge doit prononcer une condamnation pour une infraction que l'auteur a commise avant d'avoir été condamné pour une autre infraction, il fixe la peine complémentaire de sorte que l'auteur ne soit pas puni plus sévèrement que si les diverses infractions avaient fait l'objet d'un seul jugement. Ainsi, le juge appelé à prononcer la nouvelle peine, dite complémentaire, doit procéder en se demandant quelle peine il aurait fixée s'il avait eu à connaître des deux infractions en même temps et déduire de cette peine hypothétique celle qui a déjà été infligée. 5.2.2 Le recourant ne saurait se plaindre du fait que le brigandage du Casino (cf. supra consid. A) a été disjoint des autres affaires (cf. supra consid. B). En effet, la Cour criminelle a appliqué l'art. 49 CP dont elle a correctement exposé la jurisprudence et le motif pour lequel tous les actes connus n'ont pas été jugés simultanément est sans pertinence pour l'application de cette disposition (cf. ATF 6B_640/2008 du 12 février 2009 consid. 3.2). L'autorité cantonale a ainsi fixé la peine complémentaire afin que le recourant ne soit pas puni plus sévèrement que si les diverses infractions avaient été jugées simultanément. Elle n'a ignoré ni la première condamnation du 17 mars 2005, ni l'état psychologique de l'intéressé au moment où elle a statué, dès lors qu'elle a constaté qu'il avait déclaré se trouver sous pression et aller chaque mois chez le psychiatre. Elle a donc tenu compte, dans le cadre de la fixation de la peine d'ensemble, des éléments qui s'étaient produits après le prononcé du premier jugement. Pour le reste, le recourant ne saurait se prévaloir de l'effet de resocialisation de la première peine dès lors qu'il se trouve à charge des services sociaux suite à l'exécution de celle-ci. En outre, ce critère ne permettrait de toute façon pas de réduire d'une année et demie une peine de quatre ans et demi de privation de liberté afin d'octroyer le sursis partiel au recourant. Dans ces conditions, le grief est rejeté. 5.3 Le recourant reproche à l'autorité cantonale de ne pas avoir tenu compte du fait que six ans s'étaient écoulés depuis les faits litigieux. Cette critique est vaine. En effet, d'une part, la Cour criminelle a clairement exposé les dates de commission des diverses infractions. D'autre part, elle n'a pas tenu compte, à juste titre, de l'écoulement du temps comme circonstance atténuante au sens de l'art. 48 let. e CP (cf. ATF 132 IV 1 consid. 6.2). 5.4 Pour le reste, la peine infligée a été fixée dans le cadre légal et sur la base de critères pertinents. Au vu des éléments à prendre en compte dans le cas d'espèce, on ne saurait dire que, par sa quotité, elle serait à ce point sévère que la Cour cantonale doive se voir reprocher un abus de son pouvoir d'appréciation. En effet, la faute du recourant est lourde. En sus du brigandage du Casino (cf. supra consid. A), pour lequel il n'a été condamné que pour complicité à une peine de deux ans de réclusion, le recourant a participé à deux autres brigandages. L'infraction commise à Hunzenschwil (cf. supra consid. B.a) est particulièrement grave, compte tenu du nombre de personnes impliquées, des moyens utilisés et du mode opératoire choisi. Le recourant a agi pour des mobiles égoïstes. Sa responsabilité est pleine et entière. Son casier judiciaire comporte une condamnation à une amende de 620 fr. pour violation grave des règles de la circulation routière. Il n'a pas collaboré au cours de l'enquête. Selon ses déclarations, il est sous pression psychologique et se fait suivre par un spécialiste. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la peine d'ensemble de quatre ans et demi ne viole pas le droit fédéral.