Citation: 4A_11/2023 E. 6.4.2

6.4.2. La recourante soutient que les pots-de-vin ont été versés à l'employé corrompu pour des contrats passés avec une société autre que les sociétés du corrupteur et qu'il n'a pas été allégué que les contrats avec cette société auraient concerné une période antérieure (2005-2006), ce dont elle conclut que le corrompu ne peut donc avoir violé ses devoirs d'employé à l'égard de son "mandant". Par cette simple affirmation, la recourante ne démontre pas l'arbitraire de l'appréciation du Tribunal. Si elle mentionne que le Tribunal criminel aurait admis que l'employé corrompu n'a pas violé ses obligations d'employé, la recourante se limite à cette affirmation qui ne trouve aucun appui dans les faits constatés dans le jugement ici attaqué. Par ailleurs, on relève que la recourante ne formule aucune critique d'arbitraire à l'égard de la réalisation des troisième et quatrième conditions, qui concernent précisément la malhonnêteté des actes de corruption du corrupteur et l'imputabilité de ceux-ci à la société demanderesse. Donc si le corrupteur a versé des pots-de-vin à l'employé corrompu, sur son compte personnel ouvert spécialement dans ce but, pour favoriser les commandes passées par la défenderesse à la demanderesse, on ne voit pas comment l'employé corrompu pourrait ne pas avoir violé ses devoirs d'employé à l'égard de son employeuse, la défenderesse.