Citation: 1P.801/1999 16.03.2000 E. 3

3.- a) La propriété est garantie (art. 16 al. 1 Cst. ; cf. l'art. 22ter al. 1 aCst. ). Les restrictions à ce droit ne sont admises que si elles reposent sur une base légale, sont justifiées par un intérêt public suffisant et respectent le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 1 à 3 Cst. ; pour la jurisprudence relative à l'art. 22ter aCst. , cf. ATF 121 I 117 consid. 3b p. 120; 120 Ia 126 consid. 5a p. 142; 119 Ia 348 consid. 2a p. 353, et les arrêts cités). b) En l'espèce, les recourants admettent que les art. 38ss LPMNS fournissent une base légale suffisante à la mesure qu'ils critiquent. Ils estiment en revanche que celle-ci ne répondrait pas à un intérêt public prépondérant et serait disproportionnée. Le Tribunal fédéral examine ces griefs avec une cognition pleine, mais il s'impose de la retenue dans l'examen de questions d'appréciation ou de circonstances locales, dont les autorités cantonales ont une meilleure connaissance que lui, notamment en matière de planification locale (ATF 119 Ia 88 consid. 5c/bb p. 96; 117 Ia 141 consid. 2a p. 143; 116 Ia 401 consid. 9a p. 414; arrêt S.,précité, consid. 2a). c) L'intérêt public de sauvegarder le belvédère, visé à l'art. 35 al. 2 let. a LPMNS, est indéniable. Quant aux recourants, l'intérêt qu'ils opposent au plan n'est pas tant lié au maintien de l'affectation de la parcelle n°1440 qu'à la préservation de la possibilité d'utiliser les parcelles n°1440B, 1775, 1440D et 1777 d'une manière non conforme à leur affectation agricole, comme prolongements d'agrément de leurs terrains sis dans la zone à bâtir. La décision du 28 octobre 1996, dont ils se sont prévalus dans la procédure de mise à l'enquête et d'opposition, consacre cet état de fait, dont le classement de la parcelle n°1440 dans la zone agricole ne tient plus entièrement compte. L'avantage acquis par les recourants ne saurait l'emporter à la fois sur les règles ordinaires régissant la zone agricole et sur les normes spéciales du plan. Pour ce qui concerne la bande de terrain litigieuse - qui seule fonde la qualité pour agir des recourants (cf. consid. 2b ci-dessus) - celui-ci répond en outre à un intérêt prépondérant en tant qu'il interdit toute utilisation extensive de ces terrains qui pourrait porter atteinte au belvédère.