Citation: 5A_67/2024 E. 4

En l'espèce, la cour cantonale a renvoyé la cause à la première juge " pour qu'elle ordonne l'administration d'office de la succession, nomme un administrateur d'office, avec les invitations usuelles, [et] suspende l'intimée de sa mission d'exécutrice testamentaire ". La recourante en déduit que sa décision est sujette à recours immédiat, car elle contient des " injonctions précises et ne laisse aucune marge de manoeuvre à l'autorité inférieure à laquelle la cause est renvoyée "; partant, elle peut causer " un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 LTF " ou " être assimilée à une décision finale directement attaquable ". Cette argumentation s'avère erronée. La jurisprudence dont se prévaut la recourante émane des Cours de droit public ( cf. arrêt 9C_83/2023 du 19 décembre 2023 consid. 1.2, avec les citations), alors que, selon celle des Cours civiles, l'arrêt attaqué en l'espèce doit être qualifié de décision incidente au sens de l'art. 93 al. 1 LTF (arrêt 5A_87/2024 du 26 février 2024 consid. 3.2 et les citations), " unabhängig davon, ob der Erstinstanz noch ein Entscheidungsspielraum verbleibt oder nicht " (arrêt 5A_668/2023 du 1er novembre 2023 consid. 1.1; cf. sur ce point: BOVEY, in : Commentaire de la LTF, 3e éd., 2022, n° 17 ad art. 93 LTF, avec la jurisprudence citée). La recourante se contente d'évoquer un préjudice irréparable, mais sans le démontrer ( cf. sur cette exigence: ATF 142 III 798 consid. 2.2). Cette condition est d'autant moins évidente que, par ordonnance du 5 janvier 2024 consécutive à l'arrêt attaqué, la Juge de paix a ordonné l'administration d'office de la succession (ch. I), nommé un administrateur officiel (ch. II) et invité la recourante " à restituer son attestation d'exécutrice testamentaire " (ch. IV); or, comme le concède celle-ci dans sa réplique aux déterminations de l'intimée sur la requête d'effet suspensif, cette ordonnance n'a pas fait l'objet d'un recours, en sorte qu'elle est définitive.