Citation: 7B_51/2022 E. 3.4.2

3.4.2. En l'occurrence, si le recourant s'était comporté comme les devoirs de la prudence le prescrivaient, à savoir en adaptant son comportement et sa vitesse à ses capacités et aux conditions, l'accident ne se serait pas produit. Le concept de la causalité naturelle n'a dès lors pas été méconnu par les autorités précédentes. Par ailleurs, il est conforme au cours ordinaire des choses et à l'expérience générale de la vie que le choix d'une distance insuffisante avec le skieur en aval, respectivement d'une vitesse inadaptée aux circonstances, sont susceptibles de favoriser un accident et, partant, d'entraîner des lésions corporelles simples et/ou graves. Le recourant ne saurait se prévaloir, pour tenter de minimiser la gravité de sa propre faute, du principe de la confiance (cf. sur ce principe appliqué en matière de circulation routière: ATF 143 IV 138 consid. 2.1; 125 IV 83 consid. 2b; arrêt 6B_976/2023 du 29 novembre 2023 consid. 1.3.3), en particulier en soutenant que l'accident serait survenu au motif que l'enfant aurait violé la règle FIS n o 5 en s'engageant depuis une zone hors-piste, perpendiculairement à la piste, sans regarder en amont avant de s'élancer. Même fautif, le comportement de la jeune victime, âgée de 7 ans au moment des faits - sachant que le recourant avait remarqué des enfants situés à gauche à proximité de la piste ainsi qu'un groupe d'élèves en compagnie d'un moniteur qui se trouvait à l'arrêt au milieu de la piste -, n'était pas d'une imprévisibilité telle qu'il suffirait à interrompre le rapport de causalité adéquate. Quoi qu'en dise le recourant, il devait envisager, au vu des circonstances précitées, l'hypothèse qu'un enfant se trouvant à proximité de la piste à gauche traverse celle-ci pour rejoindre le groupe de skieurs en apprentissage - exercice qui est au demeurant fréquent -, respectivement que l'un des enfants présents sur la piste, ou à proximité de celle-ci, puisse adopter un comportement non conforme aux règles FIS (cf. ATF 129 IV 282 consid. 2.2.1; arrêts 1C_425/2012 du 17 décembre 2012 consid. 3.3.1; 1C_54/2018 du 3 octobre 2018 consid. 2.3). Savoir si le profil de débutant de la fillette était ou non "immédiatement perceptible" n'est pas de nature à modifier cette appréciation, étant pour le surplus précisé, comme l'a relevé l'autorité précédente, que les pistes de ski sont régulièrement fréquentées par des enfants au stade de l'apprentissage du ski, de surcroît sur une piste bleue (cf. jugement entrepris, p. 15), et que le devoir de prudence commande d'être particulièrement attentif à leur égard. Une éventuelle faute du moniteur, qui aurait proposé cet exercice à des enfants n'étant pas capables de respecter les règles de priorité, ne change rien non plus à ce qui précède et n'apparaît pas de nature à interrompre le lien de causalité adéquate. Enfin, le fait que le recourant aurait été surpris par la victime lorsqu'elle s'est engagée sur la piste ne permet pas une autre appréciation, puisqu'il l'a précisément vue à proximité de celle-ci avant qu'elle rejoigne son groupe. La négligence commise par le recourant se trouve donc en rapport de causalité adéquate avec les lésions subies par l'enfant. Sa condamnation en vertu de l'art. 125 CP ne viole dès lors pas le droit fédéral.