Citation: 8C_91/2023 E. 1

6.2.3.2. Qui plus est, le docteur E.________ a motivé la diminution de rendement dans la nouvelle activité d'artiste peintre et sculpteur (sic!) par les douleurs, la faiblesse, de la fatigabilité musculaire et de la limitation fonctionnelle. Or les premiers juges ont démontré, d'une part, que selon ce praticien la lésion du nerf axillaire était en grande partie responsable de la fatigabilité musculaire, mais qu'une telle lésion n'avait, au final, pas pu être objectivé par les experts neurologues - ou alors uniquement dans le cadre d'une atteinte modérée. Elle ne saurait donc pas participer à une diminution de rendement. D'autre part, la limitation de la mobilité de l'épaule droite était, toujours selon l'expert E.________, liée à la capsulite rétractile. Celle-ci n'avait toutefois eu que des effets limités dans le temps, ce qui était confirmé par les expertises des docteurs G.________, I.________ et L.________. On peinait donc à asseoir une quelconque diminution durable de rendement du fait de ce diagnostic. Contrairement à ce que prétend le recourant, la cour cantonale a ainsi exposé de manière détaillée et convaincante les motifs qui la faisaient douter de l'appréciation du docteur E.________ concernant la diminution de rendement, et elle a en particulier pris en considération que cet expert ne s'était pas seulement appuyé sur la fatigabilité musculaire. Par ailleurs, le fait que le neurologue H.________ avait également constaté certaines limitations fonctionnelles n'y change rien. En plus, le recourant ne remet pas substantiellement en doute la constatation que la capsulite rétractile n'était que passagère. 6.2.3.3. S'agissant de l'expert G.________, il a fait mention d'une entière capacité de travail dans l'activité de maître de dessin considérée comme adaptée aux limitations fonctionnelles, circonscrites aux mouvements au-dessus de l'horizontale et au port de charges de plus de 5 kg avec le membre supérieur droit. De surcroît, il a retenu une diminution de rendement de 25 %, dès lors que l'assuré, droitier, présentait des séquelles au niveau de son épaule droite et que l'activité d'enseignant impliquait de pouvoir écrire sur un tableau noir, voire dessiner sur un tableau en appui sur un chevalet. La cour cantonale a toutefois relevé que si l'activité d'un enseignant en arts visuels pouvait certes impliquer d'écrire au tableau noir ou de travailler sur une oeuvre en appui sur un chevalet, ces deux aspects ne résumaient de loin pas toute l'étendue de cette activité qui comprenait également plusieurs autres facettes (présentations et explications théoriques, surveillance des élèves, appréciation des travaux de ces derniers, projections, visites, d'expositions etc.). Du reste, on peinait à comprendre qu'une diminution de rendement induite par l'écriture au tableau et le dessin sur chevalet puisse persister malgré les adaptations mentionnées par l'expert G.________ - soit un tableau noir mobile et des chevalets de faible hauteur - adaptations qui devraient, selon cet expert, justement contrecarrer les limitations. Sur le vu de ces éléments, l'ampleur de la diminution de rendement apparaissait surfaite par rapport aux exigences concrètes de la profession considérée. Le recourant se borne a soutenir que la diminution de rendement de 25 % retenue par l'expert ne paraîtrait de loin pas exagérée en proportion des autres tâches réalisées dans le cadre de cette activité. Par cela, il ne saurait toutefois pas contredire le raisonnement pertinent de l'instance cantonale. 6.2.3.4. Contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, l'expert L.________ a décrit quelques limitations pour le travail au-dessus de l'horizontale. Etait exigible, selon lui, toute activité ne comportant pas de manoeuvres en force, avec le membre supérieur droit, surtout en hauteur et/ou répétitives, d'activités nécessitant des positions constamment contraignantes, des gestes répétitifs et en charge du membre supérieur droit, notamment au-dessus du plan des épaules, et le soulèvement et transport de poids, dépassant 10-12 kg, en position écartée du corps. Cependant, vu l'âge de l'intéressé, l'expert a précisé qu'en présence d'une capacité complète, l'exigibilité n'était que théorique, mais qu'une personne d'âge moyen aurait pu exercer immédiatement et sans limitation de temps de présence ou de rentabilité une activité respectant ces limites. 6.2.3.5. La cour cantonale a en outre rejeté les conclusions du docteur L.________ sur la capacité de travail au motif que celui-ci n'aurait pas précisé les trouvailles difficilement explicables. Or l'expert a exposé de manière détaillée que son impression d'une amplification et même d'une aggravation était soutenue en particulier par le constat d'un changement d'attitude entre le début et la fin de l'entretien. En effet, le recourant avait gardé son membre supérieur droit contre son thorax, l'avant-bras sur la cuisse, durant le long de l'entretien, avec une participation minimale, voire nulle, à la gestuelle sociale habituelle et le comportement. Seulement à la fin de l'entretien, lorsqu'il avait montré plusieurs photos de ses oeuvres à l'expert, le comportement et la gestuelle du membre supérieur droit s'étaient détendues et normalisés, en dehors de tout effort spécifique. Le docteur L.________ notait également une discrépance, médicalement difficilement explicable, entre la limitation présentée dans tous les gestes actifs et la bonne mobilité passive, proche de la normale, dans un contexte de fonction de la coiffe largement conservée, ainsi qu'une bonne trophicité musculaire de l'avant-bras droit et du moignon de l'épaule (essentiellement constitué du muscle deltoïde) comparable au côté gauche, témoignant du maintien d'une activité certaine.