Citation: 4P.191/2004 22.11.2004 E. 3

3.1 Le recourant fait grief à la juridiction cantonale d'avoir arbitrairement retenu que le groupe V.________ n'était pas intéressé à l'acquisition du complexe hôtelier en mai 1998. Il lui reproche d'avoir ignoré un courrier du 25 février 1998 de B.________ à Y.________, selon lequel le groupe V.________ envisageait éventuellement l'acquisition du complexe hôtelier sous la forme d'un droit de préemption. L'arrêt attaqué mentionne cette lettre qui portait principalement sur les modalités d'une participation du groupe V.________, moyennant deux prêts, et aussi sur la demande de lui concéder un droit de préemption de soixante jours dans l'hypothèse où l'intimé aurait souhaité vendre son hôtel. La Cour de justice n'a pas ignoré ce document mais elle a apprécié sa portée au regard des autres preuves réunies en procédure, soit notamment de deux témoignages repris dans l'état de fait. Ainsi, l'un des auteurs du rapport d'audit du groupe V.________ a relaté que ce dernier n'était pas intéressé à l'acquisition du complexe hôtelier mais à un investissement destiné à en augmenter la capacité, pour autant qu'il en obtînt la gestion. De même, un autre témoin, l'un des directeurs généraux du groupe V.________, chargé du développement et de la stratégie de ce groupe, a déclaré que la position de Y.________ concernant le prix de vente était incompatible avec celle du groupe, de sorte que celui-ci n'était pas intéressé par l'opération aux conditions envisagées. Ainsi, en examinant la lettre du 25 février 1998 à la lumière de ces témoignages, la Cour de justice pouvait sans arbitraire considérer qu'en mai 1998, le groupe V.________ n'était pas intéressé à l'acquisition du complexe hôtelier en raison de divergences majeures entre les parties. De plus, elle a constaté à juste titre que le groupe V.________ n'avait plus eu aucun contact direct avec Y.________ après mai 1998, ni au sujet du projet principal d'investissement, ni au sujet du projet subsidiaire d'une acquisition. Du fait que le groupe V.________ a acquis d'une société du groupe W.________, le 6 octobre 1999, 50% des parts de la société propriétaire du complexe, on ne peut aucunement déduire que le groupe français était intéressé à une acquisition en mai 1998. La situation existant à cette époque-ci, telle que décrite par les dépositions des témoins, montre au contraire que la proposition faite le 25 février 1998 ne pouvait pas être acceptée par Y.________ et que les négociateurs du groupe V.________ avait pleinement conscience de cette circonstance. Sur ce point, le grief d'arbitraire est donc privé de fondement. 3.2 Le recourant reproche aussi à la Cour de justice d'avoir méconnu arbitrairement la nature et l'utilité de l'audit opérationnel effectué par le groupe V.________ en avril 1998, dont le rapport a été remis à A.________ à fin septembre 1998. Selon l'argumentation présentée, ce document a poussé A.________ à "entreprendre" Y.________ en novembre 1998, de sorte que l'activité du recourant a indéniablement éveillé son intérêt pour le complexe hôtelier. Le directeur général du groupe W.________ a rapporté que le recourant n'est intervenu en aucune manière dans cette affaire et que son nom, de même que celui du groupe V.________, n'avait pas été évoqué. Les précédents juges n'ont pas versé dans l'arbitraire en constatant, sur la base des témoignages recueillis et des documents figurant au dossier, que A.________ a décidé d'entrer en négociation en vue de l'acquisition du complexe hôtelier après sa rencontre en novembre 1998, sur place, avec l'intimé. Il n'est en particulier pas arbitraire de considérer que A.________ n'a pas été déterminé à entrer en pourparlers avec Y.________ à la suite de la remise du rapport d'audit opérationnel, mais seulement après leur rencontre en novembre 1998, à l'issue de laquelle A.________ a mis sur pied un examen du complexe hôtelier par des techniciens de son groupe. Pour le surplus, A.________ connaissait le complexe pour y avoir séjourné régulièrement, en novembre, depuis plusieurs années. L'analyse des témoignages enregistrés et des documents produits dans la procédure, ainsi que la chronologie de l'opération, dans son ensemble, pouvaient conduire la Cour de justice à considérer que l'audit opérationnel d'avril 1998 n'avait pas eu le rôle causal que lui attribue le recourant. Le grief d'arbitraire est donc mal fondé sur ce point également.