Citation: 4A_367/2009 02.11.2009 E. A

Les propriétaires de l'immeuble sis à Lausanne au n° ... de l'avenue ... étaient locataires de places de parc extérieures appartenant à A.________, pour lesquelles ils versaient un loyer annuel de 24'145 fr. 40. Ils donnaient ces places de parc à bail aux locataires de leur immeuble. Les loyers que leur payaient les sous-locataires s'élevaient à 18'240 fr. par an. La gérance dudit immeuble était assurée par B.________ SA. Le 30 décembre 2002, Y.________ SA a acheté à terme l'immeuble en question, sur lequel elle avait des droits de gage hypothécaires. Elle voulait toutefois revendre l'immeuble. Début 2004, B.________ est entré à cet effet en contact avec X.________ SA. Durant la phase de négociation, B.________ a notamment soumis à X.________ SA des variantes de travaux à réaliser sur le bâtiment; à ce document était annexé un décompte de l'état locatif "présumé" après travaux, dans le détail duquel figurait notamment une rubrique "parcage ext. 16 x 100 x 12" pour 19'200 fr. B.________ a également fait parvenir à X.________ SA les pièces usuelles, en particulier le décompte des charges, mais sans les pièces justificatives. Le décompte des charges contenait, sous la rubrique "frais divers", un poste "A.________SA" écrit en tout petit; les pièces justificatives relatives à ce poste n'ont pas été transmises, ni les décomptes de gérance. Les baux à loyer passés avec A.________ n'ont pas été remis à X.________ SA. Par acte notarié du 16 juin 2004, Y.________ SA a vendu l'immeuble concerné à X.________ SA pour 6'300'000 fr. Sous la rubrique "état locatif", il était notamment précisé que "le vendeur atteste que le revenu locatif net (...) s'élève à ce jour au montant de fr. 387'264.- (...) par année, étant précisé que dans ce montant ne sont pas inclus divers locaux et appartements vacants". Ce montant était tiré d'un document intitulé "état locatif mensuel - 06/2004", établi par la gérance B.________ SA et remis au notaire instrumentant; dans ce document, à la suite d'indications concernant les baux d'un certain nombre de bureaux, locaux et logements occupés, figurait une rubrique séparée "places extérieures" indiquant des loyers cumulés de 1'520 fr. par mois (18'240 fr. par an). X.________ SA est entrée en possession de l'immeuble le 30 juillet 2004. Le 26 novembre 2004, X.________ SA a demandé à B.________ SA si les places de parc louées à A.________ pour 24'145 fr. 40 par an étaient les mêmes que celles qui figuraient à l'état locatif avec 18'240 fr. Celle-ci lui a répondu le 30 novembre 2004 que les places de parc extérieures étaient effectivement louées à A.________ et que leur sous-location rapportait actuellement 19'680 fr. par an. Le 12 janvier 2005, X.________ SA a écrit à Y.________ SA que les places de parc extérieures figurant à l'état locatif étaient la propriété de A.________, qu'elle avait ainsi acheté des places de parc qui ne lui appartiennent pas et qu'elle avait en conséquence payé l'immeuble 300'000 fr. de trop. Dans les correspondances qui ont suivi, Y.________ SA a soutenu que ses employés chargés de la vente ignoraient le problème soulevé; elle a admis que l'état locatif soit mentionnait à tort les places de parc, soit omettait à tort le loyer à verser à A.________. Néanmoins, Y.________ SA estimait en substance que X.________ SA avait nécessairement dû se rendre compte de la situation réelle avant l'achat et n'était pas dans l'erreur; elle estimait en outre que le revenu des places de parc n'avait pas été un élément déterminant pour l'acceptation du prix de vente. Aucun arrangement n'a pu être trouvé par la suite.