Citation: 6P.68/2005 06.09.2005 E. 9

La recourante fait valoir que la cour cantonale a violé l'art. 63 CP. 9.1 Elle reproche, en premier lieu, à la cour cantonale de lui avoir infligé la même peine qu'à E.________, alors que la cour aurait retenu à charge de ce dernier une circonstance aggravante en plus (casier judiciaire chargé) et à décharge une circonstance atténuante en moins (jeune âge). En règle générale, toute comparaison des peines est stérile vu les nombreux paramètres intervenant dans la fixation de la peine. Il n'en demeure pas moins qu'un écart important entre les peines infligées à deux coaccusés prévenus pour l'essentiel des mêmes infractions doit être fondé sur des motifs pertinents (ATF 120 IV 136 consid. 3b p. 145; 121 IV 202 consid. 2d p. 204 ss). En l'espèce, la cour cantonale explique que, comparé au comportement de E.________, qui avait été chargé d'opérer une manoeuvre de divertissement, le comportement de la recourante était beaucoup plus grave, car elle avait déployé une activité criminelle intensive allant du début de la préparation jusqu'à l'exécution finale. En outre, la recourante oublie de tenir compte du fait que les motifs qui l'ont poussée à agir étaient purement égoïstes, de sorte que les circonstances aggravantes imputables aux deux coaccusés sont comparables (motifs égoïstes pour l'un et antécédents pour l'autre). Compte tenu de ces éléments, la recourante ne saurait se plaindre qu'elle a été trop sévèrement punie par rapport à E.________. Mal fondé, le grief soulevé doit être rejeté. 9.2 La recourante reproche, en second lieu, à la cour cantonale de ne pas avoir examiné l'effet que pourrait avoir une peine privative de liberté ferme sur sa situation actuelle. Selon la jurisprudence, lorsque la peine privative de liberté qu'il envisage de prononcer n'excède pas vingt-et-un mois et que les conditions du sursis sont par ailleurs réunies, le juge doit examiner si, compte tenu de la situation personnelle de l'accusé, l'exécution de la peine n'irait pas à l'encontre du but premier du droit pénal, qui est de prévenir la commission d'infraction; le cas échéant, il doit en principe en tenir compte dans un sens atténuant dans le cadre de l'art. 63 CP (ATF 127 IV 97 consid. 3 p. 101). La limite des vingt-et-un mois est cependant largement dépassée en l'espèce, puisque la peine prononcée est de deux ans et demi de réclusion. La cour cantonale qui envisageait de prononcer une peine de trente mois n'avait donc pas à examiner si, compte tenu de la situation personnelle de la recourante, l'exécution de la peine n'irait pas à l'encontre de la réinsertion sociale de cette dernière. La nouvelle partie générale du code pénal, adoptée par l'Assemblée fédérale le 13 décembre 2002, n'est d'aucune utilité à la recourante (FF 2002 p. 7658). En effet, elle n'est pas encore entrée en vigueur et ne saurait justifier une modification de la jurisprudence. Dans tous les cas, il convient de relever que le nouvel art. 42 CP n'autorise l'octroi du sursis que pour des peines ne dépassant pas deux ans, alors que la peine de la recourante est de deux ans et demi. Mal fondé, le grief de la recourante doit être rejeté.