Citation: 8C_805/2007 20.08.2008 E. 4

4.1 Cela étant, il convient d'examiner la portée des conclusions du professeur G.________ auxquelles les juges cantonaux n'ont pas reconnu valeur probante. Dans son rapport du 29 mars 2005, ce spécialiste en otologie et oto-neurologie a relevé une anamnèse concise mais correcte, décrit de façon détaillée les troubles dont T.________ est affectée et relaté les plaintes de cette dernière. Il a constaté, sur la base d'un examen technique (CT-scan) que cette dernière présentait une malformation du canal semi-circulaire postérieur des deux côtés, anomalie dont il a estimé qu'elle est probablement congénitale. Selon le professeur G.________, une telle malformation, connue et relativement fréquente au niveau des canaux latéraux et supérieurs, n'avait jamais été rencontrée auparavant en ce qui concerne les canaux postérieurs. Ce médecin a exposé que les canaux semi-circulaires postérieurs servent à la maintenance du regard et de l'équilibre lors de mouvements dans le plan vertical. Il a estimé que les troubles de la recourante pouvaient être comparés à ceux d'un patient ayant perdu la fonction vestibulaire des deux côtés, pour tous les mouvements dans le plan vertical alors que les mouvements dans le plan horizontal sont bien contrôlés par l'appareil vestibulaire périphérique. Ainsi, de nombreux gestes de la vie quotidienne génèrent des troubles de l'équilibre et requièrent une attention particulière du sujet, laquelle est cause d'un inconfort et d'une fatigue. Le professeur G.________ a estimé raisonnable de reconnaître à la recourante une incapacité de travail de 50 %. Cette dernière évaluation a été partagée par l'expert U.________ dans son rapport du 10 janvier 2003. En ce qui concerne la question de la causalité, le professeur G.________ a indiqué dans le rapport précité, d'une part, qu'il était «plausible» que cette anomalie soit révélée par un «coup du lapin» et, d'autre part, qu'il y avait une relation «probable» entre l'accident et les troubles de l'équilibre. Invité par le juge instructeur du tribunal cantonal à préciser son opinion sur ce point, ce spécialiste a donné la réponse suivante: «Comme vous l'avez souligné, j'emploie tantôt le mot probable tantôt le mot plausible dans les explications concernant les découvertes chez la patiente. Depuis que je l'ai vue, des cas de fistule des canaux semi-circulaires postérieurs ont été rapportés dans la littérature. D'autre part, des cas ont été rapportés avec des fistules du canal semi-circulaire supérieur révélées par un événement, parfois un traumatisme. Au vu de ces éléments, il me paraît que les troubles dont se plaint la patiente peuvent être considérés comme probablement liés à l'accident.» (lettre du 13 avril 2007). Il apparaît ainsi que le professeur G.________ a établi son rapport et son complément en pleine connaissance de l'anamnèse, qu'il a décrit clairement le contexte médical et son appréciation de la situation médicale et enfin que ses conclusions sont dûment motivées. Par conséquent, ses conclusions remplissent toutes les conditions pour que leur soit reconnue pleine valeur probante (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352 et les références; VSI 2001 p. 108 consid. 3a [arrêt du 24 janvier 2000, I 128/98]). 4.2 Il découle de ces conclusions que l'intimée doit en principe fournir des prestations à la recourante en raison des troubles vestibulo-oculaires dont souffre cette dernière. Cependant, dès lors que ces troubles sont imputables à une malformation congénitale, révélée sur le plan fonctionnel par l'accident du 2 janvier 2001, il convient encore d'élucider un certain nombre de points que l'instruction de la cause n'a pas permis de clarifier. En particulier, il y a lieu de déterminer si et à quel moment le statu quo sine vel ante a été rétabli ou s'il le sera, si un traitement est susceptible d'améliorer l'état de santé de l'assurée (au sens de l'art. 10 al. 1 LAA) et, de façon générale, si toutes les conditions des prestations requises sont remplies, en particulier la durabilité de l'atteinte (v. art. 24 LAA, 36 al. 1 OLAA). Par conséquent, il y a lieu d'annuler le jugement entrepris ainsi que la décision sur opposition de l'intimée du 2 juin 2006 et de renvoyer la cause à cette dernière pour qu'elle complète l'instruction, notamment en requérant d'autres informations auprès du professeur G.________ et de tous autres spécialistes, avant de statuer à nouveau.