Citation: 4P.250/2004 03.02.2005 E. B

B.a Le 26 novembre 2002, A.________ a ouvert action contre X.________ SA devant le Tribunal des Prud'hommes de Genève, concluant au paiement d'un montant total de 216'347 fr.78. Dans ses dernières conclusions, il a réclamé à la défenderesse le paiement de la somme globale de 120'241 fr. 10, sous déduction des charges sociales usuelles, pour les parts fixes et variables de son salaire de septembre 2002 au 6 mars 2003 ainsi qu'à titre d'indemnité de vacances, plus 5'000 fr. pour le tort moral subi et 56'000 fr. au titre d'indemnités de licenciement abusif et de licenciement immédiat injustifié. La défenderesse a conclu à libération. Elle a formé une reconvention et requis du demandeur paiement d'un total de 73'805 fr.65, somme se décomposant en 16'727 fr.55 pour utilisation abusive de la carte d'essence, 53'022 fr.95 pour dépassement des contingents d'importations entre 1998 et 2002 et 4'055 fr.15 pour des vacances prises en trop. Le 20 mai 2003, le Procureur général du canton de Genève a classé la procédure pénale ouverte contre A.________ sur plainte de X.________ SA, en considérant qu'était insuffisante la prévention d'abus de confiance ou de gestion déloyale par utilisation indue de la carte d'essence. Dans le cadre des enquêtes, de nombreux témoins ont été entendus. Par jugement du 11 août 2003, le Tribunal des Prud'hommes a tenu pour abusive au sens de l'art. 336 al. 1 let. d CO la résiliation du 22 août 2002, jugé que le congé abrupt du 24 septembre 2002 était injustifié et alloué au travailleur une indemnité de 56'000 fr. en application des art. 336a et 337c al. 3 CO. Il a par ailleurs octroyé au demandeur la somme brute de 115'656 fr.60 à titre de salaires fixes et variables de septembre 2002 au 21 février 2003 et de vacances non prises. Le Tribunal a rejeté la reconvention au motif que les manquements du travailleur à propos des dépassements de contingents ne suffisaient pas à engager sa responsabilité. Saisie d'un appel de X.________ SA, laquelle a repris l'ensemble de ses conclusions de première instance, la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Genève, par arrêt du 23 septembre 2004, a annulé le jugement du 11 août 2003. Elle a considéré que la première résiliation signifiée au demandeur reposait sur un motif abusif et que l'employeur avait ensuite choisi de licencier le travailleur sans délai, au mépris des conditions posées par l'art. 337 CO. Statuant à nouveau, la cour cantonale a rectifié une erreur de calcul des premiers juges et finalement condamné la défenderesse à payer au demandeur la somme de 91'532 fr.50 brut pour la rémunération restant due au travailleur. L'autorité cantonale a confirmé l'octroi au demandeur du montant de 56'000 fr. représentant quatre mois de salaire pour indemniser le licenciement immédiat injustifié. Elle a encore entièrement rejeté les prétentions reconventionnelles élevées par la défenderesse pour utilisation abusive de la carte d'essence et dépassements des contingents d'importation.