Citation: I 657/04 20.10.2005 E. 2

2.1 Les premiers juges ont constaté, de manière à lier la Cour de céans (supra, consid. 1.1), que dès le début de la procédure d'expertise ordonnée par l'office AI, la question de la langue a joué un rôle prépondérant. Ainsi, l'office AI a retiré le mandat d'expertise psychiatrique et neuropsychologique confié aux Services psychiatriques de X.________ qui l'informaient que la problématique complexe de l'intimée exigeait que l'expertise soit menée par une personne de langue maternelle française et que cette possibilité n'était pas garantie auprès d'eux. L'office AI a ensuite veillé à mandater des experts effectuant des expertises « pour des assurés de langue française », portant à cette fin son choix sur deux spécialistes de A.________, à savoir les docteurs M.________, neurologue, et H.________, psychiatre et psychothérapeute, ce dont l'office AI a expressément informé l'assurée. 2.2 Cela n'est pas contesté par l'office AI. En effet, le recourant ne reproche pas à la juridiction cantonale d'avoir constaté les faits pertinents d'une manière manifestement inexacte ou incomplète. Il fait valoir que l'intimée, dans des lettres du 25 mars 2003 adressées au docteur H.________ et à l'office AI - soit avant sa demande de traduction du 9 avril 2003 -, avait déjà pris position par rapport aux conclusions de l'expert psychiatre. Cela est toutefois inexact. Dans ses lettres du 25 mars 2003 aux docteurs H.________ et N.________, l'intimée a essentiellement pris position sur le rapport médical du 24 juin 2002 du docteur E.________, spécialiste FMH en médecine physique et réhabilitation et médecin-chef du Service de rhumatologie de l'Hôpital Y.________, mentionné dans l'expertise. Il s'agissait en fait d'extraits de ce rapport, rédigé en français, reproduits également dans cette langue par le docteur H.________ dans son expertise. Contrairement aux affirmations du recourant, l'intimée n'a pas pris position sur les conclusions du docteur H.________ : si elle a relevé à celui-ci que les propos de son époux n'avaient pas bien été retranscrits, elle lui a principalement déclaré qu'elle souhaitait avoir son appréciation sur les documents qu'elle lui faisait parvenir et connaître sa réaction face aux conclusions de son expertise du 5 février 2003; en outre, elle s'étonnait qu'il attache autant d'importance au rapport du docteur E.________. Il en va de même de sa lettre au docteur N.________, qui reprend pour l'essentiel ses remarques sur le rapport médical du docteur E.________ du 24 juin 2002.