Citation: 5P.475/1999 06.04.2000 E. 3

3.- Le recourant prétend que l'arrêt attaqué est insoutenable, dans la mesure où il ne tient pas compte du voeu exprimé par les enfants de rester vivre auprès de lui; celles-ci n'auraient du reste pas été entendues, bien que leur audition ait été réclamée. Selon lui, tant les instances cantonales que la curatrice ont d'emblée pris le parti de l'intimée, alors que les éléments plaidant en sa faveur ont été occultés. La Cour de justice n'aurait ainsi pas tenu compte du fait que les enfants vivent avec lui depuis cinq ans et vont extrêmement bien, de sorte qu'aucun reproche ne peut lui être adressé quant à ses qualités de père et d'éducateur. Il conteste enfin avoir entravé l'exercice du droit de visite. Séparer une fratrie et bouleverser la vie quotidienne des enfants pour ce seul motif serait dès lors choquant. a) Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral se montre réservé dans le domaine de l'appréciation des faits et des moyens de preuve, vu le large pouvoir qu'il reconnaît en la matière au juge cantonal. Il n'intervient dès lors, pour violation de l'art. 4 aCst. , que si celui-ci a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec les pièces du dossier ou en interprétant celles-ci de manière arbitraire (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). Il appartient au recourant d'établir la réalisation de ces conditions en s'efforçant de démontrer, par une argumentation précise, que la constatation incriminée est insoutenable (ATF 122 I 70 consid. 1c p. 73 et la jurisprudence citée). Les critiques de nature purement appellatoire à l'encontre de l'appréciation des preuves sont irrecevables (ATF 119 II 380 consid. 3c p. 383). b) La Cour de justice a considéré que, selon le rapport du Service de protection de la jeunesse du 23 novembre 1998, le désir des enfants de rester chez leur père ne paraissait pas spontané. En effet, durant l'entretien avec l'assistante sociale, elles avaient semblé réciter une leçon apprise et avaient ensuite paru mal à l'aise avec leur mère, à qui elles avaient relaté tous les propos exprimés au cours dudit entretien; leur comportement détendu et confiant avec leur mère n'était en outre pas en rapport avec leurs déclarations. L'autorité cantonale a par ailleurs constaté que le père ne présentait plus les qualités qui étaient apparemment les siennes au moment du prononcé du divorce sur le plan de l'éducation et de la prise en charge des deux enfants, dont il s'était du reste largement déchargé sur sa fille aînée, âgée d'une quinzaine d'années. Selon leurs enseignantes, les deux cadettes paraissaient tristes et renfermées malgré leurs résultats scolaires satisfaisants. Enfin, il résultait des différents rapports établis par la curatrice que le père faisait continuellement obstruction à l'exercice du droit de visite. c) Le recourant ne démontre nullement en quoi ces constatations seraient arbitraires. Il se borne à opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale, non seulement quant à ses aptitudes éducatives, mais encore quant au déroulement du droit de visite de l'intimée. Ce faisant, sa critique ne répond manifestement pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il en va de même du prétendu souhait des enfants de rester vivre auprès de lui. Sur ce point, il se plaint vainement de l'absence d'audition de ses filles, dès lors que celles-ci ont été entendues par le Service de protection de la jeunesse; l'autorité cantonale n'était au demeurant pas tenue de les entendre personnellement (Deschenaux/Tercier/Werro, Le mariage et le divorce, 4e éd., p. 165 n. 829). Dès lors, le grief apparaît en grande partie irrecevable, faute de motivation suffisante; il est au surplus mal fondé.