Citation: 4C.394/2006 24.04.2007 E. A

A.a Agent d'assurance expérimenté, A.________ a travaillé au service de différentes compagnies. Le 1er mars 2000, il a été engagé par l'assurance Y.________ (ci-après: Y.________) en qualité de conseiller à la clientèle. Dès 1998 à tout le moins, A.________ a eu des contacts professionnels avec X.________, qui occupait alors la fonction de sous-directeur d'une succursale bancaire à Genève. Il lui a servi d'intermédiaire pour la souscription de plusieurs polices d'assurance, en particulier pour un contrat d'assurance vie à prime unique de 200'000 fr. conclu le 14 juin 2002. La police relative à cette assurance a été communiquée directement à l'assuré par le centre de ... de Y.________ avec un bulletin de versement ad hoc codifié; elle précisait, à titre de condition spéciale, que la prime comprenait un supplément pour raison de santé. Sur quoi, l'assuré a ordonné à la Banque V.________, d'effectuer le paiement de la prime au moyen dudit bulletin. A.b Par la suite, vraisemblablement en automne 2002, comme l'ancien cadre bancaire voulait effectuer un placement, A.________ lui a présenté une nouvelle assurance, avec une prime unique de 100'000 fr., qui était censée procurer un rendement annuel minimum de 4% à l'investisseur. X.________ a signé la proposition correspondant à cette assurance. A.________ n'a cependant jamais transmis la proposition à Y.________, laquelle n'a pas pu établir de police d'assurance. L'examen médical du proposant, bien qu'habituellement requis, n'a pas été effectué à cette occasion. Pour le versement de la prime unique, A.________, à l'insu de son employeur, a indiqué à X.________ son numéro de compte de chèques postaux (CCP) personnel avec la mention "Y.________". Sur cette base, quand bien même il n'avait pas reçu la police d'assurance et les conditions générales, non plus que la facture et, surtout, le bulletin de versement ad hoc codifié de Y.________, X.________ a néanmoins décidé d'opérer le paiement. Le 28 novembre 2002, il a ordonné à la susdite banque de virer 100'000 fr. sur le CCP en question. A réception de cet ordre, B.________, gérant du compte du donneur d'ordre, constatant que le numéro de CCP du bénéficiaire du versement était erroné, a téléphoné à Y.________ en vue de clarifier la situation. Fort des renseignements obtenus, il a fait savoir au client que, d'après ceux-ci, le numéro de CCP indiqué dans l'ordre de paiement n'avait pas été attribué à la compagnie d'assurance mais à A.________, de sorte qu'il convenait de faire attention. Bien qu'il ait trouvé "bizarre" de ne pas devoir payer la prime sur le compte de Y.________, X.________, qui avait confiance en l'agent d'assurance, a toutefois insisté auprès de l'employé de banque pour qu'il opère le versement. Aussi B.________ a-t-il finalement fait virer les 100'000 fr. sur le CCP de A.________, valeur au 2 décembre 2002. Voulant éviter les soupçons de X.________, qui n'avait pas reçu de police d'assurance dans les délais habituels, et dissimuler la soustraction de cette somme, A.________ lui a communiqué une lettre falsifiée, datée du 6 janvier 2003, à l'en-tête de Y.________, lui confirmant l'acceptation de la police d'assurance et lui indiquant le numéro de celle-ci. A.c Au début de l'année 2004, le stratagème de l'agent d'assurance a été mis au jour à l'occasion d'une demande de rachat de la police d'assurance vie à prime unique de 200'000 fr. formulée par l'assuré. Ayant avoué avoir conservé, pour son usage personnel, de l'argent que lui avaient confié des clients de la compagnie, A.________ a été congédié sur-le-champ par Y.________ qui l'a en outre dénoncé, notamment pour escroquerie, faux dans les titres et abus de confiance. L'instruction de la cause pénale est toujours pendante. A.d X.________ a fait intervenir son assurance de protection juridique afin de tenter de récupérer les 100'000 fr. détournés par A.________. Cependant, Y.________ lui a opposé un refus en l'invitant à s'adresser directement à l'agent d'assurance.