Citation: 1C_406/2015 E. 3.4

3.4. Selon la recourante, la relation sentimentale entretenue dès décembre 2010 avec C.________ constituerait un événement extraordinaire - auquel son époux aurait réagi de manière abrupte pour aboutir à une confrontation (cf. procès-verbal d'audition du 23 décembre 2013) - provoquant ainsi la détérioration rapide du lien conjugal. Elle soutient que les difficultés conjugales et la séparation du couple seraient intervenues au mois de décembre 2010, soit environ un mois avant le dépôt de la demande de divorce. Les déclarations écrites de C.________ confirmeraient que la relation sentimentale qu'ils avaient entretenues aurait débuté en décembre 2010. Elle dément en outre les allégations de son ex-époux selon lesquelles elle était déprimée durant l'été 2010. En l'espèce, les arguments avancés par la recourante ne sont pas convaincants et ne permettent pas de renverser la présomption établie. Les allégations de la recourante sont en particulier contredites par les déclarations de l'ex-époux de la recourante. Celui-ci a en effet affirmé que les difficultés conjugales avaient débuté en été 2010 (cf. procès-verbal d'audition, pt. 5). Il a certes également indiqué, comme le relève la recourante, que la séparation de fait était intervenue "en été 2010. Environ un mois avant de déposer la demande de divorce" (cf. procès-verbal d'audition, pt. 5.3). Quoi qu'en pense la recourante, l'instance précédente pouvait, sans arbitraire, considérer que le fait que son ex-époux ait à deux reprises évoqué l'été 2010 lorsqu'il a été interrogé sur les problèmes conjugaux et la séparation des époux (cf. procès-verbal d'audition, pts 5 et 5.3) constituait un élément important indiquant que la dégradation de l'union conjugale avait commencé bien avant décembre 2010. L'ex-époux a par ailleurs affirmé s'agissant de la communauté conjugale, qu'au moment de la signature de la déclaration commune, le couple passait assez peu de temps ensemble et faisait des efforts. Ce dernier a en particulier expliqué que lorsqu'il avait déménagé à Sion le 1 er janvier 2010 pour des motifs professionnels, son épouse n'était pas partie avec lui, "sauf le week-end quand elle pouvait, en fonction des gardes"; elle avait gardé un logement à Pully (cf. le procès-verbal de l'audition pt. 4.3 et 4.6). Le fait qu'elle ait formellement élu domicile à Sion, comme elle le soutient, n'est au demeurant pas incompatible avec l'affirmation de son ex-époux. Le fait que son ex-époux ait admis avoir été abrupt lorsqu'il a appris qu'elle sortait avec un autre homme et que les ex-époux aient rapidement décidé de divorcer paraît davantage confirmer, quoi qu'en pense la recourante, le fait que l'union conjugale entre les ex-époux n'était alors, déjà bien avant décembre 2010, plus stable et effective. La déclaration écrite de C.________ censée confirmer le début de la relation sentimentale en décembre 2010 n'est dès lors pas en mesure d'affaiblir la présomption établie. En l'occurrence, compte tenu des propos contradictoires de la recourante et des déclarations de son ex-époux, l'instance précédente pouvait sans arbitraire retenir que la recourante n'avait pas rendu vraisemblable que sa relation sentimentale avec C.________ avait constitué un événement extraordinaire au sens de la jurisprudence. Par ailleurs, la recourante n'invoque aucun élément propre à démontrer qu'au moment de la signature de la déclaration commune, elle ignorait la gravité de ses problèmes de couple. Enfin, le fait qu'elle est issue d'une famille de médecins aisés, qu'elle est parfaitement intégrée en Suisse et qu'elle n'a jamais commis de délit n'est pas pertinent pour l'examen de la question de savoir s'il y a eu obtention frauduleuse de la naturalisation au sens de l'art. 41 LN.