Citation: 4A_297/2008 06.10.2008 E. 6

6.1 La recourante fait enfin valoir que la Cour de justice aurait dû admettre que les intimés n'avaient pas démontré qu'une faute grave pouvait lui être reprochée. Elle expose que le changement de matériaux a été préconisé par son ingénieur civil, qu'elle se devait de suivre. Pour ne pas l'avoir vu, la cour cantonale aurait enfreint l'art. 368 al. 2 CO. 6.2 Comme l'autorité cantonale, on peut laisser indécise la question de savoir si la limitation de responsabilité de l'entrepreneur général à la faute grave et au dol, qui découle des déclarations d'acceptation signées par les demandeurs en mai et juin 2003, s'étendait à l'ensemble de la garantie des défauts ou uniquement au droit du maître de demander des dommages-intérêts instauré par l'art. 368 al. 1 et 2 in fine CO. Il est de jurisprudence que constitue une faute grave la violation de règles élémentaires qui devraient s'imposer à toute personne prudente dans la même situation; il sied de prendre en compte les circonstances objectives de l'acte et les conditions subjectives propres à son auteur (ATF 115 II 283 consid. 2a). A ce sujet, la cour cantonale a retenu qu'en professionnelle de la construction immobilière, la recourante ne pouvait pas ignorer que la substitution de matériaux pouvait avoir une incidence négative sur l'isolation phonique. La fiche technique du fabricant des éléments en bois recommandait de faire appel à un physicien du bâtiment pour les problèmes d'isolation phonique, et ce dès la planification, pour éviter des dommages futurs. Pourtant, la défenderesse n'a pas recouru aux conseils d'un tel spécialiste, ni d'ailleurs n'a demandé des explications audit fabricant ou à des corps de métier ayant de l'expérience dans le domaine. Enfin, lorsqu'elle a été informée du défaut d'isolation dès l'achèvement de la toiture, la recourante n'a pas posé le plafond isolant recommandé par son acousticien, alors que cela aurait permis de réduire le bruit de 15 dB, ce qui correspondait à la presque totalité de l'écart de bruit mesuré par l'expert par rapport à la toiture prévue contractuellement. La Cour de justice en a déduit que le comportement adopté par la recourante in casu était constitutif d'une faute grave. Il suffit de renvoyer à ce propos au raisonnement convaincant des magistrats genevois, par application de l'art. 109 al. 3 LTF. Le moyen est privé de fondement.