Citation: 5A_906/2017 E. 6.2

6.2. En substance, la recourante soutient que les constatations de la cour cantonale seraient insoutenables et qu'il existerait au dossier " nombre de pièces et de déclarations de la part de Monsieur B.X.________ lui-même " qui prouveraient que celui-ci a participé plus largement à son entretien, l'époux n'ayant nullement rendu vraisemblable le contraire. Pour la période de 2010 à 2012, la juridiction précédente ne pourrait retenir qu'elle était restée indépendante financièrement après son mariage, dès lors que son entreprise en Algérie avait été " mise en veilleuse " à ce moment, qu'elle n'en tirait plus de revenus et qu'elle ne pouvait dès lors payer le loyer de l'appartement en Algérie, loué sur décision commune des époux. Entre 2013 et 2015, elle avait suivi des cours de français, puis entrepris une formation d'auxiliaire de santé, dans le cadre de laquelle elle avait effectué divers stages de courte durée, non rémunérés. Elle avait ensuite trouvé un emploi à 60% jusqu'au 31 janvier 2015, dont les revenus étaient toutefois insuffisants pour couvrir ses charges courantes. A cet égard, il ressortirait de la demande de divorce que l'intimé avait admis payer les impôts du couple, l'assurance-maladie de son épouse et toutes les dépenses communes jusqu'à son départ effectif le 3 février 2016, les salaires de la recourante étant laissés à sa libre disposition pour ses dépenses personnelles (voyage, achat d'un véhicule d'occasion). Par ailleurs, elle n'avait pas voulu sous-entendre, lors de son audition en appel, que son époux ne l'avait entretenue que de 2010 à 2012. Enfin, le fait que, devant le premier juge, les parties se soient entendues pour que l'époux paie le loyer directement en mains des bailleurs ne signifierait pas qu'elle aurait admis que l'époux s'acquittait uniquement de cette charge pendant la vie commune. La cour cantonale se serait à cet égard manifestement trompée sur le sens et la portée de cette convention en retenant que celle-ci n'était que la manifestation de la volonté de l'époux de prendre en charge le loyer. Pour l'année 2016, l'épouse soutient que l'intimé s'étant constitué un domicile séparé, elle avait réduit son train de vie et avait pris en charge les frais tels que son assurance-maladie. Elle n'avait pas immédiatement requis de mesures protectrices dès lors qu'elle n'était pas sûre que le départ de son époux soit définitif. Celui-ci avait par ailleurs continué de payer les frais de téléphone et d'électricité du logement conjugal. Son droit au chômage ayant pris fin le 13 juin 2016, le revenu d'insertion lui avait été accordé au retour d'un séjour qu'elle avait effectué en Algérie. Le motif de l'arrêt querellé selon lequel elle aurait ensuite tardé à déposer une requête de mesures provisionnelles serait arbitraire dès lors que l'autorité cantonale ne précise pas les critères sur lesquels elle s'est fondée pour tirer cette conclusion, que l'épouse a mandaté un avocat le 19 août 2016 déjà et qu'une pension peut quoi qu'il en soit être réclamée pour l'année précédent l'introduction de la requête. Enfin, elle n'aurait pas à apporter davantage la preuve de son absence d'indépendance financière dans la mesure où celle-ci existerait déjà au dossier. Dans un paragraphe intitulé " Sur l'application de l'art. 163 CC ", la recourante soutient également que compte tenu des pièces produites, il est évident que les conjoints n'ont pas suspendu leur vie commune depuis six ans, l'intimé n'ayant cessé de lui envoyer des messages à caractère intime, ayant été régulièrement aperçu au domicile conjugal, où se trouvaient par ailleurs ses effets personnels jusqu'au 8 novembre 2016 au moins. Par ailleurs, l'époux n'a introduit aucune action avant le dépôt de sa demande en divorce en juillet 2016. Même si on tenait compte des allégations de l'intimé selon lesquelles il n'avait pris en charge que le loyer du logement conjugal, force serait de constater qu'il a ainsi contribué à l'entretien de son épouse. Enfin, la juridiction précédente aurait dû prendre en considération le fait nouveau que constituait l'expiration du droit au chômage de la recourante et fixer la contribution d'entretien, comme l'avait fait le premier juge, en faisant application du principe du minimum vital avec répartition de l'excédent.