Citation: I 322/03 22.03.2004 E. 4

4.1 D'après les pièces médicales versées au dossier, le recourant souffre de troubles statiques (hyperlordose du segment lombaire bas, rectitude du segment lombaire haut et spondylose avec antélisthésis de L5), ainsi que d'affections dermatologiques (kyste sacro-coccygien récidivant et hidrosadénite suppurative) qui ne nécessitent toutefois pas de traitements réguliers; il doit éviter les travaux impliquant de gros efforts et le port de charges lourdes, de même que les activités où il serait amené à transpirer et les milieux poussiéreux ou enfumés (voir les rapports établis à l'intention de l'office AI des docteurs M.________, médecin traitant, et A.________, du service de dermatologie du CHUV). Dans le cadre de ces contre-indications, sa capacité de travail est donc entière, ce qui n'est pas contesté. 4.2 Depuis septembre 1999 à ce jour, le recourant est employé par la même entreprise de taxi (T.________ SA); il est au bénéfice d'un contrat de travail de durée indéterminée et travaille selon un horaire complet (53 heures par semaine) mais seulement dix mois sur douze (de janvier à juin et de septembre à décembre), ne pouvant pas supporter la station assise prolongée durant les fortes chaleurs en raison de ses problèmes dermatologiques (voir attestation médicale du docteur P.________ du 4 septembre 2001); selon les déclarations de son employeur, son revenu pour l'année 2000 s'est élevé à 21'287 fr. Sous l'angle des conditions comme de la durée d'engagement, les rapports de travail qui lient le recourant à la société T.________ SA peuvent certes être considérés comme suffisamment stables au sens de la jurisprudence citée ci-dessus (consid. 3). On ne voit pas non plus que la rémunération convenue contienne des éléments de salaire social. En revanche, on peut douter que l'activité de chauffeur de taxi mette pleinement en valeur la capacité de travail résiduelle exigible. Auditionnée par la juridiction cantonale à ce sujet, la doctoresse M.________ a déclaré que cette activité ne lui paraissait pas idéale à cause des problèmes dorsaux de S.________. A cela s'ajoute le fait que le prénommé se trouve dans l'incapacité d'exercer sa profession durant au moins deux mois par an. Or, on doit constater qu'il existe sur le marché du travail un nombre suffisant d'activités qui tiendraient mieux compte des limitations imposées par son état de santé (somme toute relativement peu contraignantes), et dans lesquelles il pourrait mettre à profit sa capacité de travail entière sur toute l'année pour obtenir un revenu annuel supérieur à 21'287 fr. Cela justifie que l'on s'écarte dans le cas particulier du revenu effectif réalisé par le recourant et qu'on recoure aux données salariales statistiques pour déterminer le revenu d'invalide. Attaqué sur ce point, le jugement cantonal n'est pas critiquable. 4.3 Le salaire statistique de référence est celui auquel peuvent prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives dans le secteur privé, soit en 2000, 4'437 fr. par mois (L'enquête suisse sur la structure des salaires 2000, p. 31, tableau TA1; niveau de qualification 4). Comme les salaires bruts standards ont été calculés sur la base d'un horaire de travail de 40 heures par semaine, soit une durée hebdomadaire inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 2000 (41,8 heures; La vie économique 3/2001, tableau B 9.2, p. 100), ce montant doit être porté à 4'636 fr. [4'437 x 41,8 : 40]. Le recourant doit éviter le port de charges, mais il est encore jeune et possède, selon l'évaluation faite par les responsables de l'ORIPH, de bonnes aptitudes professionnelles, de sorte qu'une déduction de 10 % prend suffisamment en considération les circonstances du cas. Cela donne un salaire mensuel de 4'172 fr (soit 50'064 fr. par an). Une comparaison de ce montant au revenu hypothétique - non contesté - réalisable sans invalidité de 61'009 fr., conduit à fixer le taux d'invalidité du recourant à 18 % [(61'009 - 50'064) x 100 : 61'009], soit un taux inférieur au seuil ouvrant le droit à une rente (cf. art. 28 al. 1 LAI). Une perte de gain de cet ordre serait en soi suffisante pour qu'un examen sur l'opportunité d'autres mesures de réadaptation puisse se justifier (arrêt J. du 18 octobre 2000, [I 665/99]), mais cette question sort toutefois du cadre du présent litige. Le recours se révèle ainsi mal fondé.