Citation: 1C_294/2022 E. 3.3

3.3. Sous l'angle de la proportionnalité, l'arrêt attaqué répond également aux objections des recourants. Ceux-ci affirment que le terrain situé au-dessus des tunnels aurait une épaisseur de 80 m. Le TAF a toutefois constaté que la couche de terrain était de 60 m pour une partie des parcelles, et qu'elle se réduisait rapidement à 40 m, voire à 20 m, de sorte qu'une limitation de la hauteur des alignements ne se justifiait pas. Comme cela est relevé ci-dessus, les recourants ne tentent pas d'établir que cette constatation de fait serait arbitraire. Selon le standard de l'OFROU, les sous-sols sont de plus en plus fréquemment utilisés pour des sondes géothermiques et des nappes de tubes pour la récupération de la chaleur; dans le cas des tunnels routiers, il faut particulièrement prendre en compte la préservation de la fonctionnalité de l'effet porteur de la montagne (p. 12, let. b). L'effet des alignements ne doit en principe pas être limité à la verticale, les exceptions ne devant être utilisées qu'avec retenue (p. 10, règle 4), et décidées au cas par cas (let. b3). Les alignements litigieux correspondent à ces exigences et, compte tenu de l'épaisseur réduite par endroits, la renonciation à une limitation verticale apparaît admissible et conforme à la règle d'aptitude. Elle satisfait aussi au principe de nécessité: la proposition des recourants d'inscrire une servitude pour empêcher l'implantation de sondes géothermiques ne tient pas compte des autres installations souterraines possibles (l'arrêt attaqué évoque les nappes de tubes pour la récupération de la chaleur et n'exclut pas, à juste titre, que d'autres types d'installations soient envisageables à l'avenir); en outre, une interdiction absolue de certaines installations souterraines constitue une atteinte plus grave à la propriété des recourants puisqu'il n'est pas exclu, après examen de l'OFROU et en fonction notamment de l'épaisseur du terrain à l'endroit considéré, que de telles installations apparaissent compatibles avec la préservation de l'ouvrage. Dans un tel cas, l'autorité fédérale est tenue, selon l'art. 24 al. 1 LRN, d'accorder son autorisation. Au regard de l'atteinte limitée aux droits des recourants, le principe de la proportionnalité au sens étroit est lui aussi respecté. Le grief doit par conséquent être rejeté.