Citation: BGE 149 III 451 E. 6.1

En l'occurrence, la recourante soutient avoir effectué du travail sur le chantier, dès lors qu'elle chargeait elle-même les déblais sur ses camions, au moyen d'une pelle mécanique, et qu'elle a déchargé une livraison de pavés transportés par une entreprise tierce. Il est vrai qu'il ressort des intitulés de certaines factures, tels que mentionnés dans l'arrêt entrepris, en particulier les factures 0917-0202 du 17 octobre 2017, 1017-004 et 1016-005 du 23 octobre 2017, que la recourante a entrepris des prestations de chargement et de déchargement de matériaux et déblais. Il est également vrai que le directeur de la recourante a précisé lors de son audition que les chauffeurs chargeaient généralement eux-mêmes les déblais pour éviter de perdre du temps et qu'un des employés a expliqué, concernant la rédaction des bons de travail, qu'il avait amené des matériaux sur le chantier, les avait déchargés, avait rechargé le camion avec des déblais puis les avait transportés en décharge. Cela étant, la question de savoir si la constatation de la cour cantonale selon laquelle la recourante s'était limitée à transporter des bennes remplies de déchets que les employés d'autres entreprises préparaient doit être qualifiée d'arbitraire n'est pas déterminante. En effet, ainsi qu'il vient d'être exposé (cf. supra consid. 5.2.6), les prestations de transport, y compris les travaux de chargement et de déchargement de matériaux, ne sont pas couvertes par le gage. La recourante ne saurait donc fonder sa prétention en inscription d'une hypothèque légale sur le motif qu'elle a chargé des déblais et déchargé des matériaux. Ces activités constituent des prestations de transport. Elles ne peuvent être qualifiées de travaux typiques de construction ou de destruction spécifiques à la réalisation de l'ouvrage, de sorte qu'elles ne réalisent pas, en tant que telles, les conditions de l'art. 837 al. 1 ch. 3 CC. BGE 149 III 451 S. 463