Citation: 6B_1003/2022 E. 1.4.1

1.4.1. S'agissant de la montre en or, la cour cantonale a considéré que la version du déroulement des événements livrée par la recourante était parfaitement incohérente à tous les égards. D'une part, les époux A.________ avaient transmis à la police l'inventaire des objets volés sur CD-Rom quinze jours après le dépôt de leur plainte pénale. Or, deux semaines étaient amplement suffisantes pour contrôler que tous les biens annoncés avaient effectivement été dérobés. D'autre part, il était improbable que des voleurs qui remuaient des effets rangés dans un tiroir de petite taille ne tombèrent pas sur une montre de valeur en or, qui s'y trouvait, d'autant plus qu'il ressortait de la photographie prise par la recourante que le tiroir était en désordre mais pas qu'il était particulièrement encombré. Par ailleurs, les deux livres entre lesquels la montre aurait supposément dû être cachée n'étaient pas présents. Enfin, il était tout aussi douteux qu'entre le 30 octobre 2018 et le 5 février 2019, quel que soit l'emploi du temps de la recourante, elle n'eût jamais ouvert le tiroir de son meuble de chevet et trouvé l'objet annoncé comme volé. Sa version sur ce point devait donc être écartée puisqu'elle était criblée d'incohérences. Par ailleurs, s'il n'était pas insolite que des collections de timbres furent emportées par les cambrioleurs, comme en attestait le site genevois des biens dérobés, la recourante se méprenait en mentionnant que le tribunal de première instance avait retenu le contraire. Celui-ci avait seulement relevé une incohérence dans le comportement des voleurs s'agissant d'emporter une collection de timbres, difficile à écouler, et non du matériel informatique. Or, ce raisonnement pouvait être suivi et l'argument selon lequel certains ordinateurs furent trop vieux ne paraissait pas déterminant pour des ravisseurs qui auraient agi dans la précipitation. Par ailleurs, il semblait peu logique que les voleurs n'eurent pas emporté un ordinateur qui aurait été trop encombrant alors qu'ils étaient partis avec trois ou quatre sacs Ikea remplis d'autres objets. S'agissant plus précisément des ordinateurs appartenant au couple A.________ selon les documents produits et leurs déclarations, avant le cambriolage, ils auraient été à tout le moins en possession de deux ordinateurs iMac, un ordinateur portable Siemens (qui ne fonctionnait plus selon l'époux), un Apple MacBook Pro, ainsi que cinq iPads. L'époux de la recourante avait aussi mentionné un vieil ordinateur et un vieux Apple MacBook Pro, sans qu'il ne soit toutefois clair s'il s'agissait d'un de ceux déjà cités. Selon les déclarations du mari, on leur avait volé deux iPads (un "gros" acheté à X.________ en 2017) et un "moyen" utilisé par son épouse pour son travail. Or, cela coïncidait avec l'inventaire qu'ils avaient transmis à la police, hormis qu'il y était mentionné que les ordinateurs avaient une capacité de 128 GB, ce qui ne correspondait pas aux autres documents. La recourante avait quant à elle expliqué avoir déclaré le vol de deux iPads, en indiquant leurs références, mais qu'en réalité on leur en avait dérobé quatre. Elle semblait dire que seul l'iPad qui se trouvait à V.________ n'avait pas été volé. Dès lors, les déclarations des époux ne correspondaient pas. En outre, l'on ne comprenait pas pour quelle raison elle n'avait annoncé le vol que de deux des iPads et non des quatre. Par ailleurs, lors des deux perquisitions effectuées par la police le 5 février 2019, deux ordinateurs iMac Pro, un ordinateur portable Siemens, un ordinateur portable Apple MacBook Pro ainsi qu'un iPad avec une fourre rose avaient été retrouvés au domicile des époux à U.________ et un iPad à V.________ (numéros de série différents). Une grande partie du matériel informatique aurait donc été laissée sur place par les cambrioleurs. De plus, il y avait lieu de relever que lorsque la recourante s'était aperçue à Noël 2018 que l'iPad rose n'avait pas été emporté par les voleurs et qu'il se trouvait à V.________, elle ne l'avait pas signalé. Ce n'était que le 28 mai 2019, soit bien après le début de l'enquête pénale et la perquisition effectuée par la police le 5 février 2019, qu'elle fit savoir à l'assurance qu'elle s'était trompée dans l'inventaire qu'elle lui avait adressé. Enfin, étant donné que les époux A.________ étaient en possession de cinq iPads avant les faits et que deux iPads avaient été retrouvés dans leur logement après le cambriolage, il était impossible que quatre iPads leur eurent été volés, comme l'avait déclaré la recourante. Sa version par rapport au matériel informatique ne pouvait donc pas être suivie (cf. jugement attaqué, consid. 4.3.1 et 4.3.2 p. 16 ss).