Citation: 5A_677/2019 E. 5.2

5.2. Il ne ressort effectivement pas de l'arrêt querellé que l'intimé aurait produit un certificat attestant de son incapacité de travail au-delà du 1er janvier 2019. Cependant, il n'apparaît pas qu'il s'agisse d'un élément déterminant puisque le Juge délégué s'est fondé sur le nombre d'interventions chirurgicales subies par l'intimé et la récurrence des périodes d'incapacité de travail entre le 29 novembre 2017 et le 30 novembre 2018 pour considérer qu'il était vraisemblable qu'il ne pouvait plus exploiter son garage et retirer un revenu de cette activité accessoire, étant précisé que l'intimé exerce principalement la fonction de policier pour la Ville de V.________. Le seul fait qu'il n'ait pas produit de certificat d'incapacité de travail postérieurement au 1er janvier 2019 ne permet dès lors pas d'infirmer ce constat. La recourante ne s'en prend par ailleurs pas à la motivation cantonale en tant que le Juge délégué a également fondé son appréciation sur les déclarations de l'intimé s'agissant du fait que, depuis le 11 octobre 2018, la Ville de V.________ interdisait à ses employés tout cumul des taux des activités principale et accessoire au-delà de 110% et que la recourante avait fait couper l'électricité dans le local où se trouvait le garage, ce que cette dernière n'avait pas contesté, de sorte que l'intimé ne pouvait de toute évidence plus y travailler. La recourante reproche certes à la cour cantonale de ne pas avoir apprécié correctement le fait que la comptabilité du garage était établie par l'intimé et qu'il existait une disproportion évidente entre les charges de matériel et les recettes d'exploitation et d'avoir refusé d'ordonner l'expertise comptable qu'elle avait sollicitée. Or, le fait qu'il résulte des comptes établis par l'intimé qu'il avait enregistré des pertes dans le cadre de son activité accessoire tant en 2017 qu'en 2018 ne constitue qu'un des éléments parmi ceux évoqués qui ont amené le Juge délégué à considérer que l'intimé avait vraisemblablement cessé son activité accessoire. Partant, compte tenu de l'ensemble de ces éléments d'appréciation, il n'était pas arbitraire de considérer, au degré de la vraisemblance, que l'intimé avait cessé son activité accessoire indépendamment de ce qui ressortait de la comptabilité du garage et de rejeter en conséquence, par appréciation anticipée des preuves, la requête d'expertise de la recourante. Enfin, s'agissant de la capacité de l'intimé à continuer d'exploiter son garage, le Juge délégué n'était pas lié par les constatations faites par les juges du Tribunal cantonal fribourgeois dans leur arrêt du 15 octobre 2018 sur mesures protectrices de l'union conjugale. En effet, une fois que le juge admet que les circonstances ayant prévalu lors du premier prononcé de mesures provisoires se sont modifiées durablement et de manière significative, il doit fixer à nouveau la contribution d'entretien, après avoir actualisé tous les éléments pris en compte pour le calcul dans le jugement précédent et litigieux devant lui (cf. ATF 138 III 289 consid. 11.1.1; 137 III 604 consid. 4.1.2; arrêt 5A_937/2014 du 26 mai 2015 consid. 4 et les autres références). En l'occurrence, la première condition a été considérée comme donnée par les juges cantonaux vaudois notamment du fait de la naissance d'un nouvel enfant pour l'intimé. Au vu de ses griefs, il apparaît que la recourante s'en prend à la manière dont les revenus de l'intimé ont été actualisés mais ne critique pas en tant que tel le fait que les juges précédents sont entrés en matière sur une modification des mesures protectrices de l'union conjugale. Il s'ensuit que c'est à bon droit que le Président du Tribunal d'arrondissement et, à sa suite, le Juge délégué, ont procédé à la réactualisation des revenus et charges des parties indépendamment des constatations faites par les juges fribourgeois dans la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale.