Citation: 6B_987/2017 E. 3.3

3.3. L'argumentation du recourant est irrecevable dans la mesure où elle s'écarte de l'état de fait de la cour cantonale, dont il n'a pas démontré l'arbitraire (cf. consid. 2.6 supra). Il en va notamment ainsi lorsqu'il prétend qu'il n'aurait eu d'autre choix, pour éviter la voiture de J.________, que de franchir la double ligne de sécurité afin de circuler sur la voie réservée aux véhicules roulant en sens inverse, ou lorsqu'il oppose sa version des événements - en particulier concernant ses intentions lors de la course-poursuite - à celle de la cour cantonale. Le recourant soutient ensuite que le dépassement de la double ligne de sécurité aurait été dicté par un "réflexe", que cette manoeuvre lui aurait permis d'éviter avec succès l'Audi de J.________ puis la Fiat 500 de O.________, véhicule qu'il admet ne pas avoir vu avant d'effectuer sa manoeuvre l'ayant conduit devant lui, tout en prétendant que, pris dans "un engrenage fatal et inattendu", le choc avec le piéton L.________ aurait été inévitable. Il relève encore que le bus puis le véhicule de J.________ auraient constitué les premiers obstacles rencontrés sur la route pendant sa course avec la Subaru et que, en définitive, les circonstances n'auraient pas permis de considérer que la survenance des accidents et la perte de maîtrise du véhicule fussent inévitables ou ressortissent du pur hasard. Il convient tout d'abord de relever que l'argumentation du recourant est inopérante dans la mesure où elle consiste à commenter la qualification juridique des faits reprochés à B.________, dont la cause ne fait pas l'objet du recours au Tribunal fédéral. Ensuite, l'argumentation du recourant ne convainc pas. En effet, celui-ci admet que la visibilité était bonne au moment des faits, et que le tronçon sur lequel il a circulé - après le feu Lamartine - était presque rectiligne. Ainsi, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il prétend que, dès lors que la BMW et la Subaru roulaient avec les phares allumés, avec des moteurs "relativement bruyants" compte tenu de leur vitesse, J.________ aurait dû, en regardant dans son rétroviseur, l'apercevoir et s'abstenir de déboîter sur la voie de gauche. Le recourant avait quant à lui la possibilité de repérer tant le bus que la voiture de J.________. Au lieu de ralentir ou de freiner, il a poursuivi à vive allure et s'est déporté sur la voie inverse après avoir franchi la double ligne de sécurité, alors même qu'il n'avait pas remarqué la Fiat 500 arrivant contre lui. Contrairement à ce qu'il insinue, ce n'est pas grâce à sa propre adresse qu'une collision a alors été évitée, mais car la conductrice de ce véhicule a donné un coup de volant pour se déporter sur sa droite. Le recourant a ensuite percuté le piéton L.________, qu'il n'avait pas même remarqué avant le choc. Compte tenu des circonstances - soit en particulier de l'inexpérience du recourant s'agissant d'un véhicule particulièrement puissant, de ses réflexes émoussés par la consommation de cannabis, du trafic encore important malgré l'heure -, ce dernier ne pouvait ignorer qu'en accélérant afin de surpasser l'allure de la Subaru, en approchant à grande vitesse d'un bus et du véhicule de J.________, puis en s'engageant à plus de 160 km/h sur la voie de circulation inverse sans une visibilité permettant d'observer le premier véhicule circulant sur celle-ci, et enfin en donnant un brusque coup de volant afin de regagner sa propre voie de circulation sans avoir préalablement repéré d'éventuels obstacles, les probabilités de percuter un piéton ou un autre véhicule étaient très élevées. En l'occurrence, compte tenu de l'impossibilité de réagir et d'éviter les obstacles dans laquelle s'est placée le recourant en effectuant des manoeuvres de dépassement à une vitesse si élevée, cela en pleine ville, les probabilités de causer la mort ou des lésions aux autres usagers de la route ou aux piétons étaient si élevées que l'intéressé devait avoir nécessairement accepté la réalisation du résultat dommageable. Son comportement téméraire ne peut en effet être interprété que comme une acceptation de ce risque. Le recourant ne pouvait sérieusement croire qu'il conserverait la maîtrise de son véhicule en dépassant la voiture de J.________ à si grande vitesse puis en se rabattant brusquement sur sa voie de circulation. En d'autres termes, à l'instar de cas de perte de maîtrise du véhicule lors d'une course-poursuite (cf. ATF 130 IV 58; arrêt 6S.114/2005), ou de cas où l'auteur entreprend un dépassement "à l'aveugle" sur une route sinueuse (cf. arrêt 6B_411/2012), le recourant a consciemment et volontairement adopté un comportement qui rendait l'issue fatale inévitable, la survenance du décès du piéton L.________ ayant essentiellement dépendu du hasard (cf. arrêt 6B_454/2016 du 20 avril 2017 consid. 4.3.4). La cour cantonale n'a ainsi pas violé le droit fédéral en considérant que le recourant s'était rendu coupable de meurtre par dol éventuel. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. Par ailleurs, le recourant ne développe aucun grief spécifique, distinct de celui relatif à la contestation du meurtre, concernant sa condamnation pour lésions corporelles graves (art. 122 CP) et lésions corporelles simples (art. 123 CP). Les développements qui précèdent peuvent, quoi qu'il en soit, s'appliquer mutatis mutandis à ces infractions, dès lors qu'en adoptant le comportement litigieux, le recourant a également accepté de causer des lésions corporelles aux piétons et automobilistes alentour, ce qui s'est produit dans un même enchaînement de manoeuvres puis de perte de maîtrise du véhicule.