Citation: 2C_427/2007 29.11.2007 E. 4

Le recourant a déclaré à la Commission cantonale de recours qu'il avait quitté le Kosovo en 1989. C'est dire qu'il n'a jamais vécu avec ses enfants ici en cause. Ceux-ci, en revanche, ont toujours vécu avec leur mère, de sorte que c'est avec elle qu'ils entretiennent la relation prépondérante. Dans le dossier, on ne trouve aucune pièce permettant de penser que ces enfants ont avec leur père une relation prépondérante qui relègue à l'arrière-plan celle qu'ils entretiennent avec leur mère dont ils partagent l'existence. De plus, il n'y a pas de changement réel de leur situation justifiant leur venue en Suisse. Ces enfants ont passé toute leur vie dans leur patrie. C'est donc avec elle qu'ils ont leurs principales attaches familiales, sociales et culturelles. Dans ces conditions, le regroupement familial sollicité risquerait de les déraciner. Au surplus, rien n'empêche le recourant de continuer à soutenir financièrement, de Suisse, ses enfants ainsi que leur mère et les autres proches qui s'occupent d'eux. De même, les contacts établis entre le recourant et ses enfants peuvent être maintenus sans entraves comme cela a été le cas jusqu'à présent. Le recourant a produit un jugement du 17 septembre 2007 transférant la garde des enfants ici en cause au père. Comme on l'a vu (cf. consid. 1.4), cette pièce est irrecevable. Elle est aussi irrecevable au regard de l'art. 105 al. 1 LTF, parce qu'il s'agit d'une pièce nouvelle, postérieure à la décision attaquée. Au demeurant, si ce document avait été recevable, il n'aurait été d'aucun secours pour le recourant. En effet, il indique clairement que le père doit avoir la garde de ses enfants pour leur assurer de meilleures conditions de vie et d'éducation en Suisse. Or, une telle motivation, si louable soit-elle, ne justifie pas, au vu de la jurisprudence citée plus haut, le déplacement des enfants du Kosovo, où ils ont le centre de leurs intérêts et leurs attaches prépondérantes, vers la Suisse. Ainsi, c'est à juste titre que la Commission cantonale de recours a confirmé le refus du regroupement familial demandé. Ce faisant, elle a respecté le droit, en particulier l'art. 8 CEDH.