Citation: C 203/00 02.03.2001 E. 2

2.- a) En bref, le Tribunal administratif a admis que l'intimé avait réalisé, en qualité d'indépendant, un gain intermédiaire qu'il avait délibérément caché. Par ailleurs, les premiers juges ont considéré que rien n'indiquait que l'intimé avait investi beaucoup de temps dans son entreprise, ou qu'il ne pouvait pas y mettre fin pour suivre un programme d'occupation ou prendre un emploi; dans ces conditions, il n'est pas établi que l'aptitude au placement de l'intimé a été compromise en raison de l'exercice d'une activité indépendante. b) Le point de vue du Tribunal administratif est pertinent. A ses considérants, on ajoutera que selon la jurisprudence, un assuré qui exerce une activité indépendante n'est pas, d'entrée de cause, inapte au placement. Ce qu'il faut plutôt examiner, c'est si l'exercice effectif d'une activité lucrative indépendante est d'une ampleur telle qu'elle exclut d'emblée toute activité salariée parallèle (DTA 1996/1997 n° 36 p. 199). A cet égard, les principes développés quant à l'exercice d'une activité salariée (DTA 1996/1997 n° 38 p. 212 consid. 2a) s'appliquent aussi, mutatis mutandis, à une activité indépendante. Au demeurant, l'art. 24 al. 1 LACI prévoit expressément qu'un chômeur puisse retirer un gain intermédiaire d'une activité indépendante. En l'espèce, il est constant que l'intimé a pu suivre deux programmes d'occupation à plein temps, à chaque fois durant six mois consécutifs (en 1993, puis en 1995/1996). Cela démontre d'une part que l'activité lucrative qu'il a déployée tant au service de la société S.________ SA à M.________ qu'à celui de E.________ SRL à Bucarest n'avait que peu d'ampleur et que, d'autre part, il était disposé et en mesure d'exercer une activité salariée (cf. DTA 1996/1997 n° 36 p. 199). L'intimé était donc apte au placement à ces moments-là (art. 8 al. 1 let. f, 15 al. 1 LACI). On ne saurait donc suivre le raisonnement de l'autorité fédérale de surveillance, lorsque celle-ci soutient qu'un assuré qui crée sa propre société et qui travaille pour le compte d'une autre société ne peut pas être en même temps au chômage (ch. 3.8 du recours). c) Dans ces conditions, c'est à juste titre que les premiers juges ont renvoyé la cause à la caisse de chômage afin qu'elle reprenne l'instruction du cas, sous l'angle des art. 24 et 95 al. 1 LACI, et statue à nouveau. A cette occasion, l'administration examinera la question de la péremption du droit de demander la restitution des prestations versées en 1993 (art. 95 al. 4 LACI). On ignore en effet si des indemnités de chômage ont été versées plus de cinq ans avant la décision en restitution du 28 août 1998. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :