Citation: 2A.597/1999 07.06.2000 E. 3

3.- Le recourant se prévaut essentiellement de la longue durée de son séjour en Suisse qui, toutes périodes cumulées, dépasserait dix ans. a) En principe, un long séjour en Suisse et une intégration normale ne suffisent pas, à eux seuls, pour obtenir une exception aux mesures de limitation, même dans les cas où les intéressés se trouvent en Suisse depuis sept à huit ans (ATF 124 II 110 consid. 3 p. 112; 123 II 125 consid. 5b/aap. 132; Alain Wurzburger, La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en matière de police des étrangers, RDAF 53/1997 I p. 267ss, spéc. p. 291 à 298). Toutefois, selon le Tribunal fédéral, dans l'appréciation d'ensemble de la situation d'un étranger sollicitant une exemption des mesures de limitation au sens de l'art. 13 lettre f OLE, il y a lieu de tenir compte de la très longue durée du séjour en Suisse. Dans un tel cas, l'exigence d'autres circonstances particulières attachées à la reconnaissance d'un cas de rigueur, sera en effet moins grande que si la présence en Suisse du requérant est relativement récente (ATF 124 II 110 consid. 3 p. 112/113). b) En l'espèce, le recourant a certes séjourné en Suisse durant une période supérieure à dix ans, mais de façon discontinue. Arrivé en Suisse pour la première fois en 1980, il a accompli des séjours irréguliers souvent très brefs, sur une durée de vingt ans. Le séjour le plus long a été celui consacré aux études, de mars 1987 à octobre 1991. Toutefois, un tel séjour est limité dans le temps et le bénéficiaire sait qu'il doit quitter le pays au terme de ses études (art. 32 lettre f OLE). Pour le reste, les autorités cantonales lui ont octroyé plusieurs permis de séjour d'un à huit mois, régulièrement renouvelés. Or, cette situation n'est pas comparable à celle prévalant dans l'arrêt invoqué par le recourant où le bénéficiaire de l'exception aux mesures de limitation était requérant d'asile et n'avait donc pas pu maintenir des liens étroits avec son pays d'origine durant plus de dix ans, pendant lesquels il avait séjourné en Suisse sans interruption (ATF 124 II 110 ss). Dans le cas du recourant, la portée de la résidence sur le sol helvétique doit donc être relativisée. En effet, des séjours répétés mais interrompus par de longues périodes à l'étranger ne sont pas comparables à un séjour continu en Suisse, qui devient alors l'unique point de rattachement social, culturel et professionnel. A l'inverse, l'étranger qui retourne chaque année dans son pays d'origine noue en Suisse des liens sociaux moins intenses et garde des relations beaucoup plus étroites avec sa patrie, facilitant d'autant son retour définitif. Dans ces conditions, la seule durée du séjour alléguée par le recourant ne suffit pas à le mettre au bénéfice d'une autorisation fondée sur l'art. 13 lettre f OLE. c) Il y a lieu dès lors d'examiner si le recourant peut se prévaloir d'autres circonstances particulières rendant son retour dans son pays d'origine particulièrement difficile. Certes, il dispose d'un travail stable et a dû nouer des relations sociales de travail et d'amitiés, durant les années passées en Suisse. Cependant, si son intégration en Suisse est bonne, tant sur le plan privé que professionnel, elle n'a rien d'exceptionnel. Sur ce dernier point, l'intéressé n'a en outre pas fait état de qualifications particulières telles qu'il ne serait pas en mesure de les exercer hors de Suisse. Il n'a pas non plus fait montre d'une réussite professionnelle si remarquable que son retour au Kosovo ne soit pas envisageable. Enfin, le recourant a conservé avec son pays d'origine des liens particulièrement étroits. Il est né en Yougoslavie, y a vécu son enfance, son adolescence et les premières années de sa vie d'adulte. Il s'est marié dans ce pays en 1987 et son épouse et ses deux enfants y ont toujours vécu. Il est dès lors certain que le recourant possède des attaches étroites et profondes avec son pays d'origine et que son retour ne le mettrait pas dans une situation de détresse personnelle.