Citation: 6P.35/2006 21.03.2006 E. 1

Compte tenu des nombreux paramètres qui interviennent dans la fixation de la peine, une comparaison avec des affaires concernant d'autres accusés et des faits différents est d'emblée délicate. D'ailleurs, il ne suffit pas que le recourant puisse citer un ou deux cas où une peine particulièrement clémente a été fixée pour prétendre à un droit à l'égalité de traitement (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 144). Les arrêts invoqués par le recourant ne permettent aucune déduction significative du point de vue de la peine. En effet, les quantités de drogue trafiquées sont certes supérieures; toutefois, les peines prononcées le sont également; de plus la quantité de drogue, le mobile ou le rôle joué au sein du trafic ne sont pas les seuls éléments dont il faut tenir compte dans l'appréciation de la peine. Par ailleurs, si l'on procédait à une comparaison, il n'y aurait guère de raisons de se limiter aux cas cités par le recourant et de ne pas évoquer, par exemple, l'arrêt publié aux ATF 121 IV 193 où un trafic portant sur 3,1 kg de drogue dure a débouché sur une condamnation à treize ans de réclusion ou l'arrêt 6S.210/2000, où une peine de neuf ans de réclusion a été confirmée pour un trafic portant sur 1,7 kg d'héroïne et 430 g de cocaïne. Le grief est dès lors infondé. 6.5 La peine a été fixée dans le cadre légal, en suivant les critères posés par l'art. 63 CP et sans se laisser guider par des considérations étrangères à cette disposition. Il reste à examiner si la peine est exagérément sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. Le trafic a porté sur 2,25 kg d'héroïne brute, dont chaque comparse a vendu environ un tiers à des toxicomanes sur une période d'un mois et demi. La drogue était vendue en dose de 5 g pour un bénéfice de 10 fr. par gramme. Ce trafic a généré un chiffre d'affaires de près de 100'000 fr. Lors de leur arrestation, les trois hommes venaient de prendre livraison d'un peu moins de 400 g d'héroïne. Il leur était indifférent de vendre une drogue plus ou moins pure, leur intention étant de développer un trafic de grande ampleur et de réaliser des gains substantiels. Le recourant, qui avait déjà été condamné pour infraction grave à la LStup en 2000, a commis d'autres infractions. De plus, il est revenu en Suisse dans l'unique but de gagner de l'argent facile et alors qu'il avait entamé une réinsertion dans son pays en achevant sa formation et en travaillant dans l'entreprise paternelle. Il n'a pas pris conscience de sa faute, minimisant les quantités en cause et cherchant à cacher son véritable mobile derrière une prétendue toxicomanie. En définitive, malgré le jeune âge du recourant, la peine de huit ans de réclusion ne procède pas d'un abus du large pouvoir d'appréciation reconnu en ce domaine à l'autorité cantonale. Le grief est par conséquent infondé.