Citation: 4A_251/2022 E. 1

Le 1er septembre 2014, B.________ SA a remis à bail aux locataires C.B.________ et A.B.________ un appartement de cinq pièces situé dans un immeuble sis au Grand-Saconnex. C.B.________ est décédé à une date indéterminée. Par avis comminatoires du 25 juin 2021, B.________ SA a mis en demeure A.B.________ et l'hoirie de feu C.B.________ (D.________, E.________ et F.________) de lui régler le montant de 12'380 fr. à titre d'arriérés de loyers et de charges pour la période du 1er mai au 30 juin 2021, faute de quoi le bail serait résilié en application de l'art. 257d CO. Par lettre du 28 juillet 2021, A.B.________ a déclaré considérer comme nulle la mise en demeure de la régie et invoquer la compensation des loyers échus à concurrence de 42'000 fr., conformément aux explications fournies dans ses précédents courriers. Par avis officiels du 28 juillet 2021, B.________ SA a résilié le bail pour le 31 août 2021. Le 27 août 2021, A.B.________ a contesté le congé auprès de la Commission de conciliation en matière de baux et loyers. De son côté, B.________ SA, en date du 13 septembre 2021, a introduit une action en évacuation, selon la procédure du cas clair, contre A.B.________ ainsi que les membres de l'hoirie de feu C.B.________. Elle a sollicité l'exécution directe de l'évacuation. Lors de l'audience du 19 octobre 2021, B.________ SA a persisté dans ses conclusions et les membres de l'hoirie ont acquiescé à la requête. A.B.________ a conclu à l'irrecevabilité de la requête, le cas ne pouvant à son avis pas être considéré comme clair en raison des montants invoqués par elle en compensation. Par jugement du 19 octobre 2021, le Tribunal des baux et loyers genevois a pris acte de ce que les hoirs avaient acquiescé à la requête en évacuation, a condamné la locataire A.B.________ à évacuer immédiatement de sa personne et de ses biens l'appartement qu'elle occupe et a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique dès l'entrée en force de la décision. En bref, il a estimé que la bailleresse était fondée à résilier le bail, dès lors que les conditions prévues par l'art. 257d CO étaient réunies. Nonobstant les créances opposées en compensation par la locataire et les arguments invoqués par elle, le cas demeurait clair et l'existence d'un défaut de paiement était avérée.