Citation: 8C_637/2022 E. 7.4

7.4. On ne saurait suivre la cour cantonale en tant qu'elle fonde l'examen du caractère abusif ou non du licenciement sur le moment où le congé-modification est signifié à son destinataire, sans tenir compte des faits qui se sont produits jusqu'à l'échéance du délai de réflexion. En effet, dans l'arrêt 4C.282/2006 du 1er mars 2007, sur lequel s'appuient les juges cantonaux, le litige portait sur le caractère abusif ou non d'un congé-modification au sens large (arrêt 4C.282/2006 du 1er mars 2007 consid. 4.4). Cela étant, en présence d'un congé-modification au sens étroit (cf. consid. 4.3 supra), la finalité du congé (conclusion d'un contrat modifié ou licenciement) est encore incertaine au moment de sa notification à l'employé et dépendra du comportement de celui-ci, lequel acceptera ou refusera l'offre de l'employeur, voire lui présentera une contre-offre qu'il pourra à son tour refuser ou accepter. Or, dans la mesure où le caractère abusif d'une résiliation peut non seulement découler de ses motifs, mais également de la façon dont la partie qui met fin au contrat exerce son droit (cf. consid. 4.2 supra), il y a également lieu de tenir compte des faits qui se sont produits postérieurement à la résiliation. En l'espèce, l'intimée n'a pas prévu de réserve de retrait à son offre, si bien qu'elle était liée par son effet obligatoire jusqu'à l'échéance du délai fixé par ses propres soins au 30 juin 2016. Par ailleurs, il est constant que la recourante n'a pas proposé des modifications sur des points essentiels de l'offre. En effet, on rappellera que dans son courriel du 17 juin 2016, la recourante s'est contentée de demander à l'intimée les motifs du déclassement de son salaire. En outre, le fait qu'elle ait refusé le cahier des charges proposé par l'intimée dans le cadre des pourparlers, comme l'a constaté la cour cantonale (cf. consid. 6.2 supra), constitue tout au plus un indice qu'elle entendait refuser le poste (cf. arrêt 8C_872/2011 du 6 juin 2012 consid. 4.3.2). Cela étant, on ne saurait déduire des actes de la recourante qu'elle a refusé le nouveau poste de travail, puisqu'elle l'a au contraire explicitement accepté par courrier du 27 juin 2016, soit dans le délai imparti.