Citation: 4C.447/1999 09.03.2000 E. A

A.- Le médecin Renaud Croisy a imaginé un appareil destiné à l'endoscopie, qui devait être réalisé au moyen de petites fibres optiques existant sur le marché japonais. Son frère, l'avocat Nicolas Croisy, était alors administrateur de la société Transcot S.A., active dans le domaine du négoce international, dont le directeur était Gérard Barki. Dans le courant de l'année 1986, ces trois personnes ont décidé d'unir leurs efforts en vue de fabriquer et de commercialiser cet appareil médical. Pour atteindre cet objectif, les trois partenaires ont créé une société Nam S.A. le 16 septembre 1987, dont ils se sont répartis les actions. Le 18 avril 1988, ils ont signé une convention, prévoyant notamment que leur accord avait une durée de trente ans et qu'il était renouvelable sauf dénonciation. Moins de deux mois plus tard, le 13 juin 1988, Renaud Croisy a écrit à Gérard Barki une lettre contenant divers reproches et exprimant l'opinion que "la seule solution raisonnable consiste à ce que chacun suive sa propre voie"; il proposait de "liquider cette société". Par courrier du 12 juillet 1988 adressé à Nicolas Croisy, l'avocat de Gérard Barki s'est exprimé dans les termes suivants: "En évitant de le dire expressément, vous résiliez ledit contrat, de même que votre frère. Monsieur Gérard Barki ne pourra certes vous contraindre à maintenir une convention que vous ne souhaitez plus". Il formulait par ailleurs diverses prétentions. La société Nam S.A. a cessé alors toute activité; elle a été radiée du registre du commerce selon publication du 6 avril 1995. Le 25 mars 1997, Gérard Barki a fait notifier à chacun des frères Croisy, pris conjointement et solidairement, un commandement de payer portant sur la somme de 776 267 fr.60. La cause de l'obligation invoquée était: "Inexécution de la convention d'actionnaires du 18 avril 1988. Liquidation des rapports de société simple. Créance cédée par Transcot S.A." Le 8 avril 1998, Gérard Barki a fait notifier à nouveau des commandements de payer analogues, augmentant ses prétentions à 1 500 000 fr.