Citation: 8C_132/2017 E. 4.2

4.2. Dans un second grief, l'assuré reproche tout d'abord aux premiers juges de n'avoir pas pris en considération son âge avancé. Se référant à la jurisprudence rendue en matière d'assurance-invalidité (ATF 138 V 457 consid. 3.1 p. 460), il fait valoir qu'il a atteint la limite de l'âge critique (60 ans au moment déterminant de la décision entreprise), à partir de laquelle il n'y a plus de mise en valeur possible de la capacité de travail résiduelle sur le plan économique. Il conteste l'application de l'art. 28 al. 4 OLAA par les premiers juges. L'assuré soutient ensuite qu'il lui serait impossible "de se reconvertir dans une activité de substitution, non seulement au vu de son âge, mais aussi de sa faible formation, de son parcours professionnel et de ses connaissances limitées en français". L'assurance-invalidité aurait d'ailleurs jugé cette réinsertion impossible étant donné qu'elle lui a reconnu un taux d'invalidité de 100 %, ce que la juridiction cantonale aurait dû admettre aussi. Comme l'ont rappelé à juste titre les premiers juges, l'âge avancé d'un assuré comme facteur prépondérant à son empêchement de maintenir sa capacité de gain n'est pas pris en considération de la même manière en assurance-invalidité qu'en assurance-accidents, dans laquelle l'art. 28 al. 4 OLAA commande de faire abstraction du facteur de l'âge pour les deux termes de la comparaison des revenus (cf. ATF 122 V 418 consid. 3b p. 422; voir également, au sujet de la portée de l'âge dans le domaine de l'assurance-accidents, SVR 2016 UV n° 39 p. 131 consid. 4.3, arrêt 8C_754/2015). Cela étant, la juridiction cantonale n'a pas fait application de cette disposition réglementaire. Elle a, en l'espèce, opéré une déduction de 15 % sur le revenu d'invalide du recourant pour tenir compte des circonstances personnelles et professionnelles qui sont susceptibles d'influer sur ses perspectives salariales - dont notamment son âge - conformément à ce que prévoit la jurisprudence en cas de recours aux ESS (sur ces facteurs dont l'énumération est exhaustive voir ATF 126 V 75 consid. 5b/aa-cc p. 79). Or le recourant ne soulève aucun grief à cet égard, de sorte que l'étendue de cet abattement n'a pas à être examiné. Il n'apparaît au demeurant pas critiquable. Quant aux autres facteurs invoqués par le recourant, tels que son absence de formation, son parcours professionnel et ses connaissances limitées en français, ils ne sont pas pertinents dès lors qu'ils sont étrangers à la notion d'invalidité. Enfin, c'est en vain qu'il reproche à la juridiction cantonale de s'être écartée du taux d'invalidité de 100 % retenu par l'office AI. En effet, outre que l'évaluation de l'invalidité par l'assurance-invalidité n'a pas de force contraignante pour l'assureur-accidents (ATF 131 V 362 consid. 2.3 p. 368), l'office AI a, dans son cas, pris en considération une autre atteinte à la santé (status post cure de hernies inguinales bilatérales) en sus des seules séquelles de l'accident en question (voir le rapport du 7 octobre 2015 en relation avec la décision du 15 décembre suivant de l'office AI). Par ailleurs, la circonstance de l'âge avancé de l'assuré a été examinée par l'assurance-invalidité en fonction de la jurisprudence applicable dans ce domaine.