Citation: 5P.345/2002 14.11.2002 E. 2.2

2.2.1 Le recourant fait d'abord grief à l'autorité cantonale d'avoir écarté le reproche adressé au Président du Tribunal civil de la Glâne, selon lequel celui-ci aurait refusé de poser deux questions à l'intimée lors de l'audience du 2 juillet 2002, et aurait déclaré à cette occasion qu'il se demandait "s'il était possible de mener convenablement une audience avec lui", respectivement avec son mandataire. Ces propos ne résultent toutefois pas de l'ordonnance attaquée. Comme le recourant ne se plaint pas d'arbitraire à ce sujet (cf. ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26), sa critique, à cet égard fondée sur des faits nouveaux, ne peut qu'être écartée. L'autorité cantonale s'est du reste estimée convaincue par les déterminations du magistrat visé concernant ce motif de récusation: le procès-verbal de l'audience du 2 juillet 2002 démontrait effectivement qu'il s'agissait d'une demande superfétatoire, et "l'explication du Président ne constituait en rien une interprétation prématurée des propos de l'intimée, mais rappelait que ceux-ci, au besoin complétés par les écritures, répondaient à la question que pouvait encore se poser la partie adverse". Le recourant affirme que ses questions étaient au contraire pertinentes et qu'en refusant de les poser, le président du tribunal a manifesté d'une manière directe son animosité à son mandataire, l'atteignant ainsi directement. Ce faisant, il se contente d'opposer son opinion à celle de l'autorité cantonale, en se fondant essentiellement sur des faits qui n'ont pas été constatés dans l'ordonnance attaquée: une telle argumentation n'est pas suffisante au regard des exigences de motivation déduites de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43 et les arrêts cités). 2.2.2 Sont également irrecevables les critiques du recourant concernant les propos qu'aurait tenus le président du tribunal lors de l'audience du 18 avril 2002. L'ordonnance attaquée retient en effet que l'intéressé les a contestés. Le recourant prétend certes qu'il s'agit pourtant de la vérité, autrement dit que le président ment - il menace d'ailleurs de requérir l'ouverture d'une enquête administrative à son encontre -, mais ni cette affirmation, ni l'absence de prise de position de la partie adverse ne suffisent à démontrer que ces propos seraient établis (art. 90 al. 1 let. b OJ). Le Tribunal civil a de plus estimé que, même si ledit président s'était réellement exprimé de la manière qui lui était reprochée par le recourant, celui-ci n'aurait pas manqué, s'il y avait attaché l'importance qu'il prétendait y accorder désormais, de faire protocoler ses dires et de déposer, à ce moment-là déjà, une requête de récusation. Selon l'autorité cantonale, puisqu'il ne l'avait invoqué que le 18 juillet 2002, ce grief était par conséquent tardif; en outre, ces prétendus propos pouvaient d'ailleurs être compris comme une tentative d'amener les parties à se concilier. Dès lors que le recourant ne critique pas ces motifs, son moyen est irrecevable. 2.2.3 Le recourant soutient encore que le président du tribunal a manifestement agi de façon partiale en n'examinant pas sa requête urgente en modification des mesures provisionnelles du 3 juin 2002, alors qu'il s'est empressé de statuer sur celle de l'intimée, déposée le 11 juillet 2002, sans d'ailleurs prévoir d'audience contradictoire pour en traiter. Comme il a été rappelé ci-dessus (cf. consid. 2.1), d'éventuelles erreurs de procédure ou d'appréciation commises par un juge ne suffisent pas à fonder objectivement un soupçon de prévention, ce que le recourant semble du reste reconnaître. Même si elles paraissent contestables, des mesures inhérentes à l'exercice normal de sa charge ne permettent pas d'exiger la récusation du juge. Dans le cas particulier, l'hypothèse d'erreurs lourdes et répétées, constituant des violations graves des devoirs du juge et dénotant de sa part une intention de nuire au recourant n'est à l'évidence pas réalisée. Au demeurant, l'autorité cantonale a considéré en substance qu'il était justifié de statuer rapidement et en premier lieu sur la requête de l'épouse, qui concernait un avis au débiteur, soit, en quelque sorte, l'exécution d'une décision précédemment rendue. Le recourant, qui se limite sur ce point à de simples affirmations, ne critique pas valablement cette motivation; le seul fait que, comme il le prétend, sa propre requête n'ait pas encore été tranchée, pourrait, le cas échéant, constituer un déni de justice formel, mais ne saurait justifier une demande de récusation.