Citation: 4A_329/2023 E. 5.2

5.2. Le juge doit rechercher, dans un premier temps, la réelle et commune intention des parties (interprétation subjective), le cas échéant empiriquement, sur la base d'indices (ATF 144 III 93 consid. 5.2.2; 132 III 268 consid. 2.3.2, 132 III 626 consid. 3.1; 131 III 606 consid. 4.1). Si le juge ne parvient pas à déterminer la volonté réelle et commune des parties - parce que les preuves font défaut ou ne sont pas concluantes - ou s'il constate qu'une partie n'a pas compris la volonté exprimée par l'autre à l'époque de la conclusion du contrat - ce qui ne ressort pas déjà du simple fait qu'elle l'affirme en procédure, mais doit résulter de l'administration des preuves -, il doit recourir à l'interprétation normative (ou objective), à savoir rechercher leur volonté objective, en déterminant le sens que, d'après les règles de la bonne foi, chacune d'elles pouvait et devait raisonnablement prêter aux déclarations de volonté de l'autre (ATF 144 III 93 consid. 5.2.3). Selon la jurisprudence, en cas de doute sur la volonté des parties s'agissant de la nature illimitée ou limitée du transfert de contrat, il faut se référer à l'intérêt supposé du nouveau cocontractant au transfert. Lorsque le contrat de base est un contrat de durée, tel un contrat de gérance, l'intérêt du nouveau cocontractant est en principe de convenir d'un transfert limité: il a en effet intérêt à restreindre le transfert dans le temps pour éviter de devoir supporter les éventuels risques liés à une situation antérieure (arrêt 4A_30/2017 précité consid. 4.1 et les arrêts cités; critique, cf. JULIA STEFFNER/MARKUS VISCHER, Vertragsübertragung in dRSK, 28 septembre 2017).