Citation: 1B_497/2022 E. 3.2

3.2. Le Ministère public a considéré que les motifs de récusation formulés par le recourant concernant son audition du 5 juillet 2021 ([recte: du 7 février 2021]) par l'inspecteur B.________ n'avaient pas été invoqués sans délai et qu'ils étaient par conséquent irrecevables. Le recourant le conteste. Il soutient qu'avant le 1er mars 2022, il ne disposait pas suffisamment d'éléments pour déposer une demande de récusation fondée sur ses seuls dires, s'agissant du déroulement des faits lors de son premier interrogatoire par l'intimé, intervenu sans avocat, et qu'il n'a été en mesure de les exprimer qu'au cours de son audition du 5 juillet 2021. Vu son état psychologique, l'intimidation dont il a fait l'objet de la part de l'inspecteur B.________ et le fait qu'il se trouvait alors en détention provisoire, il y aurait lieu de considérer l'ensemble des motifs soulevés comme recevables. Le recourant était assisté lors de son audition devant le Ministère public intervenue le 5 juillet 2021 au cours de laquelle il a évoqué pour la première fois les circonstances dans lesquelles auraient eu lieu son audition le 7 février 2021 et l'intimidation dont il aurait fait l'objet de la part de l'inspecteur B.________ à cette occasion. Rien n'empêchait son défenseur d'office de s'en prévaloir pour requérir la récusation de l'intimé dans les jours qui suivaient cette audition si le recourant ne se trouvait pas, pour les motifs exposés, dans un état psychologique qui lui aurait permis de déposer lui-même une telle demande les jours suivant son audition du 7 février 2021. Le Ministère public n'a pas procédé à une application insoutenable de l'art. 58 al. 1 CPP en considérant que les motifs de récusation en lien avec l'audition du 7 février 2021 soulevés le 1er mars 2022 avaient été invoqués tardivement et en ne se prononçant pas à leur sujet.