Citation: 7B_168/2024 E. 4.5.4

4.5.4. S'agissant de l'existence d'un pronostic défavorable, il est inutile de revenir sur les critères de fréquence, d'intensité et d'aggravation - respectivement de l'intensification - de l'activité délictuelle du recourant, qui sont indéniablement remplis au vu de ce qui a été exposé ci-dessus. Quant aux arguments développés par le recourant en lien avec ses caractéristiques personnelles, à savoir qu'il aurait pris conscience que le lien conjugal serait définitivement rompu, qu'il respecterait le choix de son épouse de se séparer de lui et qu'elle habiterait dans un autre quartier, ils ne sont ni pertinents ni suffisants en l'espèce. D'une part, on ne voit pas en quoi le recourant serait de ce fait empêché de s'en prendre à d'autres personnes, en particulier à ses enfants et à sa belle-fille. D'autre part, il est rappelé que ce dernier a déjà contrevenu à l'interdiction de s'approcher de son épouse très peu de temps après sa libération et qu'il le lui reproche, alors même qu'il est soupçonné d'avoir profité de cette occasion pour tenter de lui faire retirer la plainte pénale qu'elle avait déposée et la contraindre à l'acte sexuel. Cela tend plutôt à démontrer une absence d'introspection et une certaine banalisation de ses actes. Ses propos - consistant notamment en substance à dire que l'infraction de viol que lui reproche son épouse ne se serait produite "qu'une fois ou deux", que deux actes isolés à plus de 6 mois d'intervalle ne confirmeraient ni la récurrence ni l'aggravation de l'activité délictuelle ou que le rapport sexuel du 6 juin 2023 n'aurait duré "que deux ou trois minutes" - ne font du reste que renforcer cette appréciation et confortent l'existence d'un risque concret et imminent d'une réitération d'actes potentiellement graves au préjudice de sa famille. Le recourant ne peut pas non plus être suivi lorsqu'il prétend qu'il saurait désormais à quoi s'en tenir s'il recroisait son épouse ou récidivait, ce qui n'aurait pas été le cas au moment des événements du 6 juin 2023. Outre que ses seules assurances à cet égard ne sont pas suffisantes, il perd de vue qu'au moment d'être libéré au profit de mesures de substitution, il venait d'effectuer près d'un mois de détention pour des infractions passibles d'une peine privative de liberté de plusieurs années. A l'occasion de son ordonnance de mise en liberté, le TMC n'avait d'ailleurs pas manqué de le rendre attentif aux conséquences d'une non-observation desdites mesures, à savoir une mise en détention (cf. ordonnance du TMC du 2 avril 2023, dossier cantonal, pièces 803'001 et 803'002). Enfin, on ne voit pas en quoi le fait qu'il serait prêt à se soumettre à un programme contre la violence et à poursuivre la thérapie qu'il avait préalablement entreprise puisse modifier le pronostic défavorable retenu par la cour cantonale. En effet, le recourant avait déjà complété une formation de prévention de la violence auprès de VIRES et l'ordonnance du 28 avril 2023 rendue par le TMC lui imposait d'entreprendre un traitement psychothérapeutique (cf. consid. B.b supra), mesures qui ne l'ont pas empêché de violer les termes de sa mise en liberté. Pour le surplus, le recourant n'invoque aucun élément propre à renverser l'appréciation de la cour cantonale au sujet du risque de réitération, vis-à-vis duquel un pronostic éminemment défavorable doit être retenu.