Citation: U 9/00 28.08.2001 E. A

A.- a) B.________, divorcée, travaillait comme collaboratrice agricole pour le compte de son compagnon, A.________. A ce titre, elle était assurée contre le risque d'accident professionnel et non professionnel auprès de la Vaudoise Générale, Compagnie d'Assurances (ci-après : La Vaudoise). Le 7 janvier 1995, la prénommée, qui faisait ménage commun avec A.________ et son fils, C.________, a été victime d'une agression de la part de ce dernier. Alors qu'elle se trouvait dans le studio de C.________ pour lui demander du pain, celui-ci a commencé à l'insulter et à la menacer; après l'avoir empoignée et jetée à terre, il a tenté de l'étrangler, lui a frappé à plusieurs reprises la tête contre le sol et donné des coups de genoux dans le dos et les reins. Alerté par le bruit, A.________ est intervenu et les a séparés. B.________ s'est immédiatement rendue à l'Hôpital de X.________ où le médecin de garde, le docteur D.________, a fait les constatations suivantes : "ecchymoses superficielles sur le cou et la face latérale pouvant correspondre à des traces de doigts l'ayant enserrée; hématome au niveau de l'articulation temporo-mandibulaire droite et ecchymoses sur les poignets ainsi que dans la région lombaire" (rapport du 10 janvier 1995). Le docteur D.________ lui a prescrit des séances de physiothérapie et l'a mise en arrêt de travail dès le 8 janvier 1995. Ce jour-là, B.________ a de nouveau été agressée par C.________ qui l'a faite tomber par terre; elle présentait, en sus des atteintes précitées, des ecchymoses sur les jambes. A la suite de cette seconde agression, elle a déménagé chez son fils à E.________, et déposé plainte pénale contre son agresseur. La Vaudoise a pris en charge le cas; elle a toutefois provisoirement réduit les indemnités journalière de 20 % pour faute grave dans l'attente du procès pénal. b) Depuis ces incidents, B.________ s'est plainte de vertiges, de troubles de la mémoire, de troubles auditifs et oculaires, ainsi que de cervicalgies. Le docteur F.________, neurologue, a fait état d'un syndrome cervicovertébral sans atteinte radiculaire; l'examen neurologique et neuropsychologique s'étant révélé normal, il a préconisé avant tout un suivi psychologique (rapport du 24 février 1995). Les docteur G.________ et H.________, respectivement spécialiste en orthopédie/traumatologie et ophtalmologue, n'ont observé aucune lésion organique due aux chocs subis à la tête (rapports des 25 et 28 avril 1995). A titre de mesure d'instruction complémentaire, La Vaudoise a décidé de confier une expertise au docteur I.________. Au terme de son examen, celui-ci a constaté une amélioration de l'état de santé de l'assurée (les troubles visuels et les sensations vertigineuses avaient disparu) et posé le diagnostic "de cervico-dorso-lombalgies post-traumatiques au décours, de status après commotion cérébrale et syndrome post-commotionnel actuellement au décours, de discrets troubles statiques et dégénératifs préexistants, d'une tendinite du long chef du biceps droit, ainsi que d'un état anxiodépressif au décours". D'après l'expert, les troubles précités pouvaient, de façon certaine, être imputés aux agressions dont l'assurée avait été victime; il a toutefois ajouté que si la symptomatologie devait persister au-delà d'une année, l'existence de facteurs étrangers à l'accident pouvait entrer en considération (rapport du 3 juillet 1995). B.________ a repris une activité professionnelle à partir du 1er avril 1995, d'abord à 25 %, puis à 50 % et enfin, dès le 15 juin 1995 à 100 %. c) Au mois d'octobre 1995, le docteur J.________, médecin traitant de l'assurée, a signalé à La Vaudoise une rechute des accidents survenus au mois de janvier, en indiquant que sa patiente se plaignait à nouveau de vertiges ainsi que de douleurs cervicales, et que son état psychique s'était aggravé (rapport médical intermédiaire du 20 octobre 1995). Ces troubles ont donné lieu à diverses périodes d'incapacité de travail d'intensité variable. L'assurée a séjourné à deux reprises en milieu hospitalier (du 14 au 23 février et du 2 au 15 avril 1996) où l'on a diagnostiqué une cupulolithiase du canal semi-circulaire gauche qui a été traitée avec succès (rapport du 5 juin 1996 de la doctoresse K.________); d'autres examens complémentaires effectués à la demande du médecin traitant n'ont révélé aucune anomalie du système nerveux périphérique ou central (rapport du docteur L.________ du 18 mars 1996). Parallèlement, l'assurée s'est soumise à un traitement psychiatrique (rapport du 1er avril 1996 du docteur M.________). Devant la persistance des symptômes, La Vaudoise a derechef mandaté le docteur I.________ pour une nouvelle expertise. Dans son rapport du 9 juillet 1996, ce médecin a conclu que sur le plan strictement somatique, il n'y avait plus de relation de causalité naturelle entre les plaintes actuelles de l'assurée et les événements survenus le 7 et 8 janvier 1996; à ses yeux, la réactivation de la symptomatologie présentée par B.________ ne pouvait s'expliquer que par l'existence d'une décompensation d'origine psychique. Une expertise psychiatrique a dès lors été mise sur pied, dont il est ressorti que l'assurée avait vraisemblablement souffert d'un état de stress post-traumatique, mais que cet état était en voie de disparition; sa capacité de travail a été évaluée à 100 % dès le 1er juillet 1996 (rapport du docteur N.________ du 11 novembre 1996). Dans l'intervalle, C.________ a été renvoyé devant le Tribunal correctionnel du district de Y.________ pour répondre de lésions corporelles graves, subsidiairement, de lésions corporelles simples. Par jugement du 26 juin 1996, le tribunal a libéré C.________ de l'accusation de lésions corporelles graves et pris acte du retrait de la plainte de l'assurée en cours d'audience. Sur la base de l'état de fait établi par le juge pénal, qui n'a retenu aucune faute à l'encontre de la plaignante, La Vaudoise a accepté de verser intégralement les retenues opérées sur les indemnités journalières. d) Par décision du 22 novembre 1996, La Vaudoise a alloué à l'assurée une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 7,5 %, et supprimé la prise en charge des frais médicaux ainsi que le versement des indemnités journalières à partir du 30 juin 1996. B.________ a formé opposition contre cette décision, en annonçant une nouvelle incapacité de travail et une hospitalisation du 3 au 13 décembre 1996; elle a également produit divers certificats médicaux récents. Ces documents ont été soumis pour appréciation au docteur N.________ qui a estimé que les troubles de l'assurée devaient être mis en corrélation avec des facteurs de personnalité, si bien qu'on ne pouvait plus affirmer avec certitude qu'il existait encore un lien de causalité naturelle (rapport complémentaire du 16 mai 1997). La Vaudoise a alors rendu, le 27 mai 1997, une nouvelle décision par laquelle elle a refusé d'assumer les conséquences des troubles persistant au-delà du 1er novembre 1996, motif pris de l'absence d'un lien de causalité naturelle entre ceux-ci et les agressions subies. L'assurée a derechef formé opposition contre cette décision en produisant une expertise privée, effectuée par une équipe médicale de Z.________, selon laquelle les troubles neurovégétatifs et neuropsychologiques dont elle souffrait étaient "compatibles avec un status post-traumatique cervical" et que son incapacité de travail était dès lors "due uniquement aux agressions du mois de janvier 1995" (rapport du 9 février 1998). Par décision du 24 février 1998, La Vaudoise a écarté les oppositions dont elle était saisie.