Citation: 2C_387/2020 E. 5.1

5.1. Comme on l'a vu, la perception d'un impôt sur les acquisitions suppose un échange de prestations entre deux entreprises différentes, c'est-à-dire qu'une entreprise ayant son siège à l'étranger doit avoir fourni une prestation à une autre entreprise assujettie à l'impôt en Suisse (cf. supra consid. 4.2). De manière générale en effet, sont assujetties à la TVA les opérations économiques qui font l'objet d'un échange de prestations entre deux ou plusieurs sujets fiscaux distincts - le prestataire et le destinataire - et qui engendrent des chiffres d'affaires externes (" Aussenumsätze "; cf., pour ces notions, arrêts 2C_1120/2013 du 20 février 2015 consid. 9.3; 2C_904/2008 du 22 décembre 2009 consid. 7.1). Partant, les opérations qui demeurent purement internes à la sphère d'un même sujet fiscal (" Innenumsätze ") ne sont pas imposables (ATF 142 II 113 consid. 7 p. 118 s.; aussi arrêts 2C_195/2007 du 8 janvier 2008 consid. 2.1; 2A.748/2005 du 25 octobre 2006 consid. 3.2). Ce principe inhérent au système de la TVA transparaît de manière explicite à l'art. 18 al. 2 let. j LTVA. Cette disposition prévoit que les indemnités versées pour une activité exercée à titre salarié ne constituent pas une contre-prestation à une prestation de services soumise à TVA: en effet, la personne salariée par une entreprise n'exerce pas une activité indépendante de celle-ci et le salaire qu'elle reçoit constitue une dépense interne à l'entreprise (cf. Message du Conseil fédéral du 25 juin 2008 sur la simplification de la TVA [ci-après: Message LTVA], FF 2008 6277 ss, spéc. p. 6337; aussi FELIX GEIGER, in: Geiger/Schluckebier [édit.], MWSTG Kommentar - Schweizerisches Bundesgesetz über die Mehrwertsteuer, 2 e éd., 2019 n o 43 ad art. 18 LTVA).