Citation: 4A_75/2016 E. 4.2

4.2. Il convient de relever tout d'abord que le mandant n'a pas conclu le contrat principal avec H.L.________, mais avec le fils de ce dernier. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à la reconnaissance d'un lien de causalité entre l'activité exercée par la courtière et la conclusion de la vente (ATF 76 II 378 consid. 3 p. 382 s.; arrêt précité du 24 avril 2008 consid. 3.1). La recourante a mené des négociations en été 2012 avec H.L.________ par l'intermédiaire de O.________; le prix finalement indiqué par la courtière était de 3'860'000 fr. Les pourparlers ont pris fin le 26 août 2012, lorsque la réserve en faveur de H.L.________ a été levée. A l'époque, H.L.________ connaissait déjà le bien de l'intimé; il avait souhaité l'acquérir deux ans plus tôt, mais n'avait pu s'entendre sur le prix avec l'intimé, qui désirait alors vendre l'appartement pour près de 4'800'000 fr. En automne 2012, la recourante était toujours en contact avec O.________. Ce dernier ne conteste pas avoir alors visité l'appartement n° 16. Faut-il admettre un lien psychologique entre les efforts de la courtière ainsi décrits et la décision du tiers d'acheter l'appartement en été 2013? La réponse est négative. La recourante n'a pas éveillé chez H.L.________ l'intérêt pour l'appartement n° 16 puisqu'il avait déjà cherché à l'acquérir précédemment. Le prix était le paramètre essentiel par lequel la recourante pouvait influer sur la décision de H.L.________. Or, elle n'a pas réussi à convaincre l'intéressé à conclure au prix de 3'860'000 fr. Les négociations qu'elle a menées en été 2012 n'ont pas abouti dans le délai fixé et elles n'ont pas repris par la suite, quand bien même N.________ et O.________ sont restés en contact en automne 2012. En été 2013, c'est sans l'intervention de la recourante que l'intimé et H.L.________ ont été mis en relation. Le contrat de vente a alors été passé sur la base de ce qui avait été négocié avec le tiers qui venait de se désister au dernier moment; or, le résultat de ces pourparlers différait sensiblement des conditions discutées par la recourante une année auparavant, puisque le prix de vente était de 3'700'000 fr. et que l'objet vendu comportait en plus deux places de parking extérieures. En conclusion, la cour cantonale n'a pas violé l'art. 413 al. 1 CO en niant un rapport de causalité entre l'activité déployée par la recourante et la conclusion du contrat de vente.