Citation: 4C.389/1999 31.03.2000 E. B

B.- Le 15 juillet 1997, Nourrédine et Cristina Omari ont ouvert action devant la Ie Cour civile du Tribunal cantonal de Neuchâtel contre Wostep et Avino Mocellin. Les demandeurs ont conclu à ce que les défendeurs soient condamnés solidairement à leur payer 25 107 fr.25 plus intérêts à 5% sur 22 677 fr.25 dès le 17 juillet 1996 et "sur le tout" dès la date de la demande, ainsi que 3000 fr. avec intérêts à 5% dès la date de la demande à titre de dommages-intérêts pour frais de mandataire avant procès. Ils ont encore réclamé le paiement par Avino Mocellin de 21 297 fr.80 plus intérêts dès la date de la demande. Tant Wostep que Mocellin ont conclu à libération. Par jugement du 28 septembre 1999, la Ie Cour civile a condamné Avino Mocellin à verser aux demandeurs 46 405 fr.05 plus intérêts à 5% dès le 15 juillet 1997 et a rejeté les conclusions prises par ceux-ci à l'égard de Wostep. En substance, l'autorité cantonale a tout d'abord retenu que l'entrepreneur général Mocellin ne s'était pas acquitté des factures des sous-traitants Martial Ritz S.A. et Buschini S.A., alors même qu'il avait été payé par les demandeurs et la défenderesse pour les travaux réalisés par ces deux entreprises dans l'immeuble des époux Omari. Ces derniers ayant réglé, dans le cadre de procédures tendant à l'inscription provisoire de droits de gage sur le bâtiment, les montants dus aux sous-traitants précités, les demandeurs sont subrogés aux droits de ces sous-traitants conformément à l'art. 110 CO. Les magistrats cantonaux ont alors jugé que Mocellin, lié aux entreprises sous-traitantes par contrats, devait leur régler le prix des travaux qu'elles avaient exécutés. Comme ce sont les demandeurs qui ont versé les reliquats dus aux deux entreprises, ils ont droit au remboursement par le défendeur Mocellin de ces montants et des frais encourus, ainsi qu'au paiement de six mois de loyer pour un dépôt qu'ils avaient remis à bail à l'entrepreneur général. La cour cantonale a, en revanche, estimé qu'à l'endroit des demandeurs la responsabilité de Wostep ne reposait sur aucun fondement. On ne discernait ainsi pas quel acte illicite Wostep aurait pu commettre en confiant à Mocellin certains travaux qu'elle avait du reste payés; en outre, l'entrepreneur général n'était pas l'employé de Wostep, ce qui exclut l'application de l'art. 55 CO. Et comme la défenderesse n'a fait qu'exécuter les obligations qui lui incombaient en vertu du contrat de bail, aux termes duquel chacune des parties assumait un certain nombre de travaux, elle ne saurait être recherchée au plan contractuel, que ce soit en vertu des art. 97 ss CO ou 101 CO. Enfin, Wostep ne s'était pas enrichie pour avoir payé le coût des travaux qu'elle devait.