Citation: 8C_121/2024 E. A

A.a. A.________, né en 1969, a travaillé en qualité de peintre, formellement employé par sa propre société à responsabilité limitée B.________, dont il est l'associé gérant unique depuis 2009. A ce titre, il est assuré contre les accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). A.b. Le 8 mars 2014, alors qu'il se trouvait sur un chantier, l'assuré a été agressé par un carreleur qui lui a assené un coup de poing à l'oeil droit. Il a subi une fracture des os propres du nez qui a conduit à une intervention chirurgicale. Par la suite, l'assuré a présenté une atteinte à ses fonctions olfactive, visuelle et gustative. A.c. Par décision sur opposition du 7 juin 2017, la CNA a refusé de prester au-delà du 24 juillet 2015 pour les troubles olfactifs et cognitifs de l'assuré, au motif qu'il n'existait alors plus de lien de causalité certain ou probable entre ceux-ci et l'accident. Saisie d'un recours contre cette décision, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après: la Chambre des assurances sociales) l'a partiellement admis par arrêt du 18 décembre 2017 (ATAS/1157/2017) et a renvoyé la cause à la CNA pour mise en oeuvre d'une expertise. A.d. Par décision du 13 juin 2019 confirmée le 16 décembre 2019, la CNA a admis un lien de causalité entre l'accident et les troubles olfactifs, mais nié un tel lien avec les lésions contusionnelles fronto-basale et temporo-polaire droites, l'amputation du champ visuel de l'oeil droit et la dysgueusie ainsi qu'avec la dysthymie. Une capacité de travail totale était admise dès le 1er août 2015, les troubles olfactifs n'entraînant pas de restriction sur ce plan. La Chambre des assurances sociales a rejeté le recours de l'assuré par arrêt du 28 juin 2021 (ATAS/691/2021). Saisi d'un recours, le Tribunal fédéral l'a partiellement admis par arrêt du 20 avril 2022 (8C_580/2021). Il a retenu que seule la question du droit à des prestations d'assurance au-delà du 31 juillet 2015 en raison des troubles olfactifs demeurait litigieuse et a renvoyé la cause à la CNA pour complément d'instruction sur le point de savoir si les troubles olfactifs se répercutaient concrètement sur la capacité de gain du recourant. A.e. En juillet 2022, la CNA s'est procuré l'extrait de compte individuel de l'assuré affichant ses revenus soumis à cotisation et a analysé la comptabilité de sa société. Dans une note du 12 août 2022, elle a retenu que l'assuré avait un statut d'indépendant. Au vu des fortes fluctuations des salaires déclarés, le revenu sans invalidité devait être calculé sur une moyenne. Elle l'a fixé à 60'387 fr., ce qui correspondait à la moyenne des revenus de 2010 à 2013, chacun indexé à 2015. Le revenu d'invalide était basé sur l'Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) de 2014 (TA1_tirage_skill_level, hommes, niveau 1), soit 5'312 fr. par mois et s'élevait à 66'652 fr. 40 une fois adapté à la durée normale de travail de 41.7 heures par semaine et indexé à 2015. Aucun abattement n'était justifié. La comparaison des revenus ne révélait aucune perte de gain. A.f. Par décision du 15 août 2022, la CNA a repris son calcul d'invalidité et exclu le droit à une rente d'invalidité. Par décision du 27 avril 2023, la CNA a rejeté l'opposition, mais admis un abattement de 5 % sur la base de la nationalité et de l'autorisation de séjour de l'assuré. Le revenu d'invalide devait ainsi être fixé à 63'319 fr. 49. La comparaison des revenus ne montrait pas de perte de gain.