Citation: 4A_219/2008 13.08.2008 E. 2

La recourante soutient que la cour cantonale a établi les faits au mépris de l'interdiction constitutionnelle de l'arbitraire. Elle prétend que la prise de contact de la défenderesse avec V.________ n'a pas été établie par le seul témoignage de C.________, que la Cour civile a écarté du reste de manière abusive. Elle l'aurait également été par trois pièces littérales produites par la demanderesse, soit les documents cotés 2, 5 et que les magistrats neuchâtelois auraient ignorés, ainsi que par les propres déclarations du représentant de l'intimée. 2.1 La partie recourante qui entend s'écarter des constatations de l'autorité précédente doit expliquer de manière circonstanciée en quoi les conditions d'une exception prévue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient réalisées, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un état de fait qui diverge de celui contenu dans la décision attaquée (cf. ATF 133 II 249 consid. 1.4.3; 133 IV 150 consid. 1.3). En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, l'autorité verse dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsqu'elle tire des conclusions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 118 Ia 28 consid. 1b et les arrêts cités). 2.2 Il est douteux que le grief, qui est exposé en quelques lignes, corresponde aux exigences strictes de motivation posées par l'art. 106 al. 2 LTF. La question peut souffrir de rester indécise, car le grief est privé de tout fondement. Tout d'abord, la cour cantonale a fait expressément état des pièces 2 et 5 de la demanderesse au considérant 6, p. 8, du jugement attaqué. C'est d'ailleurs à partir du contenu explicite de la pièce 5, soit de la lettre adressée le 5 mars 2004 par C.________ à B.________ où le premier déclare que c'est le second qui lui a appris « dans un premier temps » l'existence de négociations entre les parties avant toute discussion avec A.________, que l'autorité cantonale a admis que ce dernier n'avait rien révélé de confidentiel à C.________ en février 2004. Quant à la pièce 7, il s'agit d'un courrier du conseil de la défenderesse à celui de la demanderesse, du 2 juillet 2004, où celui-là ne fait que répéter à celui-ci la position soutenue par sa cliente, à savoir que c'est X.________, par le truchement de B.________, qui a informé C.________ de la primeur des pourparlers menés par les plaideurs. La recourante n'indique même pas le contenu des déclarations du représentant de l'intimée auxquelles elle fait allusion, pas plus que la date où elles ont été émises. Et il n'appartient pas au Tribunal fédéral de procéder à des recherches fastidieuses dans le dossier. Quant à la circonstance que la cour cantonale a écarté la déposition du témoin C.________, on ne voit pas en quoi il y aurait arbitraire, dès l'instant où la recourante ne conteste pas que son associé gérant est un ami de très longue date de ce témoin, avec lequel il entretient des relations suivies dans le cadre familial. Considérer avec les plus grandes réserves les affirmations de ce témoin, lesquelles sont totalement contredites par le pli que celui-ci a envoyé à B.________ le 5 mars 2004, c'est-à-dire quelques jours après la conversation téléphonique incriminée qui s'est déroulée entre A.________ et C.________, n'est en rien déraisonnable.