Citation: I 773/03 14.03.2005 E. 5

5.1 Dans son rapport du 14 février 2001, le docteur W.________ a indiqué que le recourant présentait une symptomatologie anxieuse, sous forme de troubles du sommeil. L'anxiété se manifestait par une irritabilité très importante, toujours à fleur de peau, avec des menaces répétées de faire justice. Les plaintes étaient récurrentes, mono-idéiques, et tournaient autour de gastralgies vécues comme invalidantes, extrêmement intenses, le gênant pour manger. Selon le médecin, il s'agissait de plaintes délirantes mono-idéiques, auxquelles le patient ne pouvait en aucun cas renoncer, au risque très probable d'une désorganisation psychotique beaucoup plus grave. Le recourant souffrait également d'un trouble de la personnalité à traits paranoïaques qui le rendait incapable d'un quelconque sentiment de culpabilité, ni même de honte, démontrant ainsi une capacité de passage à l'acte extrêmement dangereuse. Les éléments psychotiques florides étaient responsables de l'incapacité de gain dans la mesure où les éléments projectifs persécutoires empêchaient une évaluation correcte de la réalité, rendant la reprise du travail très aléatoire et risquée. En ce sens, l'incapacité de travail était totale et durable. 5.2 Force est de constater que l'analyse de la situation médicale du recourant faite au mois de février 2001 par le docteur W.________ diverge considérablement de celle du docteur S.________, réalisée au mois de juillet 2000. Elle mentionne des éléments nouveaux, qui jettent le doute sur la pertinence, à cette date et à l'heure actuelle, des conclusions de l'expert. Certes, les premiers juges ont-ils estimé que le rapport du docteur W.________ n'était pas exempt de contradiction et n'expliquait pas en quoi le recourant était entravé dans l'exercice d'un travail de force. Ces considérations ne permettent toutefois pas d'exclure que l'état de santé du recourant ait pu évoluer durant la période séparant l'expertise et le rapport du docteur W.________. Au contraire, le docteur S.________ a reconnu dans son rapport du 30 septembre 2002 qu'une telle évolution était possible. Antérieurs à la décision qui était portée devant eux, les premiers juges ne pouvaient faire l'économie d'une instruction complémentaire sur ces éléments. Pour ces motifs, le dossier doit être renvoyé aux premiers juges, à qui il incombera de procéder à un complément d'instruction sous la forme d'une nouvelle expertise psychiatrique portant sur l'évolution de la capacité de travail du recourant depuis le mois de juillet 2000. Il importera que les experts psychiatres posent un diagnostic précis sur la nature des troubles psychiques présentés par le recourant. Ils détermineront sa capacité de travail et les activités exigibles de sa part; enfin, ils indiqueront, le cas échéant, les mesures thérapeutiques envisageables, et dans l'affirmative, sous quelle forme. Après quoi, les premiers juges rendront un nouveau jugement.