Citation: 2C_662/2023 E. 1.2.4

1.2.4. Il convient encore d'examiner si les recourantes 1 et 2 jouissent, elles aussi, de la qualité pour recourir contre les dispositions précitées, sachant qu'elles ne constituent pas des entreprises de construction, contrairement aux recourantes 3 à 5, mais des associations professionnelles faîtières et que, dans cette mesure, elles ne sont pas elles-mêmes touchées directement et personnellement par la loi cantonale attaquée. Selon la jurisprudence, une association jouissant de la personnalité juridique, qui, comme en l'espèce, n'a pas elle-même d'intérêt personnel digne de protection à l'issue de la cause, peut exceptionnellement agir devant le Tribunal fédéral - en formant ce que l'on appelle communément un recours "corporatif égoïste" - si elle a pour but statutaire la défense des intérêts dignes de protection de ses membres, si ces intérêts sont communs à la majorité ou au moins à un grand nombre d'entre eux et, enfin, si chacun de ceux-ci aurait qualité pour s'en prévaloir à titre individuel dans le cadre d'un recours contre l'acte attaqué (cf. ATF 150 II 123 consid. 4.4; 137 II 40 consid. 2.6.4). En l'espèce, la recourante 2, qui représente une association de droit suisse, a non seulement la personnalité juridique au sens de celui-ci (cf. art. 52 CC; RS 210), mais également pour but statutaire la défense des intérêts des entreprises de maçonnerie, de génie civil et de branches apparentées, dont elle constitue l'organisation faîtière dans le canton de Neuchâtel. Il faut en outre admettre que la majorité ou, à tout le moins, un grand nombre de ses membres pourraient se prévaloir d'un intérêt digne de protection à l'annulation des art. 6 al. 2 et 9 al. 1 LCMP/NE - à l'instar de la recourante 5 (supra consid. 1.2.3) - et jouiraient, partant, de la qualité pour recourir à titre individuel contre ces dispositions. Ainsi, il y a lieu de reconnaître la qualité pour recourir à cette association également, conformément à la jurisprudence sur le recours corporatif égoïste rappelé ci-avant (cf., pour un cas similaire, arrêt 2C_661/2019 du 17 mars 2021 consid. 1.4.1). Les considérations qui précèdent ne sont en revanche pas transposables à la recourante 1. Celle-ci constitue certes également une association de droit suisse jouissant de la personnalité juridique et ayant pour but statutaire la défense des intérêts de ses membres. En ce qui la concerne, ces derniers ne constituent toutefois pas des entreprises, mais uniquement des associations professionnelles - telles que la recourante 2 - dont elle constitue la fédération commune. Les membres de la recourante 1 ne sont ainsi pas eux-mêmes touchés personnellement et directement par les art. 6 al. 2 et 9 al. 1 LCMP/NE. Sous cet angle de vue, la recourante 1 ne défend pas les intérêts d'une grande partie de ses membres, mais recourt en réalité uniquement dans l'intérêt des "membres de ses membres". Or, une telle situation ne remplit pas les conditions jurisprudentielles du recours corporatif égoïste décrites ci-avant. Partant, il convient de dénier toute qualité pour recourir à la recourante 1 pour le présent litige à l'aune de l'art. 89 al. 1 LTF.