Citation: 2A.131/2001 09.11.2001 E. A

A.- La société de droit français Groupe X.________, cotée sur le marché à Règlement mensuel en France, est un des leaders européens de la distribution de chaussures et d'habillement. Son capital-actions est divisé en 7'651'902 titres d'une valeur nominale de 50 euros. Lors de l'assemblée générale des actionnaires du 5 avril 2000, deux actionnaires importants, soit le fonds de placement anglo-saxon Y.________ Ltd. , détenu par E.________, possédant 32,9% des actions, d'une part, et F.________, détenant 9,3% des actions, ont réussi à faire voter la révocation des organes dirigeants de la société Groupe X.________. C'est E.________ qui a pris la tête du conseil de surveillance, organe suprême de la société. Ce résultat n'a été possible que parce qu'un certain nombre d'actionnaires moins importants ont voté dans le même sens qu'eux. Le 31 mai 2000, la Commission française des opérations de bourse (ci-après: la COB) a requis l'assistance de la Commission fédérale des banques (ci-après: Commission fédérale) pour les besoins d'une enquête ouverte en France ayant notamment pour objet de déterminer si les acteurs présents, seuls ou de concert, n'ont pas en réalité dépassé les seuils de participation fixés par la loi imposant la rédaction d'une déclaration d'intention ou le dépôt d'une offre publique d'acquisition (OPA). La COB a découvert que certaines opérations (d'achat ou de vente, en bourse ou de gré à gré, voire simple transfert de compte à compte) portant sur les titres Groupe X.________ ont été réalisées par le truchement de banques suisses au profit de clients dont l'identité est parfois inconnue. La COB souhaitait connaître l'identité des personnes ayant effectué ces transactions et détenant ou ayant détenu jusqu'à une période récente (1er décembre 1999) des titres Groupe X.________. La COB a sollicité les informations et les documents portant notamment sur l'identité des personnes (ayants droit économiques) pour le compte desquelles les opérations ont eu lieu, les motivations qui avaient conduit à ces transactions, ainsi que les dates et conditions d'acquisition ou de cession des titres. Elle souhaitait également savoir si les personnes encore actionnaires au 5 avril 2000 avaient assisté à l'assemblée générale incriminée ou s'y étaient fait représenter. La COB s'engageait à ce que les renseignements reçus soient traités de manière confidentielle et précisait que, si les informations révélaient des faits susceptibles d'une qualification pénale, elle pourrait avoir à les transmettre au Procureur de la République française.