Citation: 6B_888/2023 E. 1.3

1.3. Selon le recourant, l'absence d'éléments matériels permettant d'étayer l'une ou l'autre des versions, empêchait le juge de privilégier celle de l'intimée. Ce faisant, il omet que l'établissement des faits peut reposer sur les déclarations de la victime, comme élément principal à charge, en particulier dans des configurations comme celle prévalant en l'espèce, s'agissant de faits qui se sont déroulés à huis clos, au domicile du couple (cf. supra consid. 1.1.2). Le recourant reproche à la cour cantonale de s'être fondée sur les déclarations de l'intimée alors qu'elle n'était pas en mesure de préciser le jour des faits incriminés. Or l'intimée a indiqué que l'événement s'était produit en mars 2020 (jugement entrepris consid. 3.2 avec renvoi au jugement de première instance, cf. p. 25 et p. 15, mémoire de recours p. 6), à une date très proche du terme de sa grossesse (jugement de première instance p. 15, mémoire de recours p. 7) leur fille étant née le [...] 2020. Elle a donné d'autres indications temporelles, précisant que les intéressés étaient allés acheter des meubles à "E.________" ce jour-là, et qu'elle pourrait retrouver la date sur la base des rapports de l'hôpital de V.________, où les violences psychologiques avaient été constatées (cf. jugement de première instance p. 15 et 25; cf. renvoi du jugement entrepris consid. 3.2). Compte tenu de ces éléments, le recourant ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire en considérant que les déclarations de l'intimée au sujet de la datation des faits étaient suffisantes. Le recourant ne se prévaut pas d'une violation du principe d'accusation sur ce point. A l'appui de son grief d'arbitraire, le recourant fait valoir que l'intimée se serait contredite sur le lieu où les faits se seraient déroulés (mémoire de recours p. 11). Or, si le premier juge a admis une divergence sur la question du lieu précis de l'enfermement ("dans une pièce de l'appartement" devant le ministère public, respectivement "une partie du logement" devant la police et aux débats), il a relevé que l'intimée avait toujours été constante sur le fait qu'elle avait été empêchée de quitter le logement (jugement de première instance p. 26 s.), ce qui constitue l'élément déterminant. Le recourant ne remet pas en cause cette appréciation et ne formule aucun grief suffisamment motivé sous l'angle de l'art. 106 al. 2 LTF sur ce point. Toujours s'agissant du lieu d'enfermement, le recourant soulève une contradiction entre les déclarations de l'intimée et de son amie, quant à l'accès aux toilettes pendant l'épisode de séquestration en cause. Or, relevant que les déclarations de l'intimée et de son amie concordaient sur le principe de l'enfermement et sur le conseil de cette dernière d'en parler rapidement, les juges cantonaux ont considéré que la contradiction concernant l'accès aux toilettes n'entachait pas la crédibilité de l'enferment dans son ensemble (jugement entrepris consid. 3.2 avec renvoi au jugement de première instance p. 25 s., lequel évoque une possible mémoire imparfaite ou extrapolation des propos rapportés). En se limitant à soulever cette contradiction, dont la cour cantonale a tenu compte, le recourant échoue à démontrer l'arbitraire dans l'appréciation circonstanciée des différentes déclarations. Il ne saurait rien en déduire sous l'angle de la présomption d'innocence. Le recourant reproche aux juges précédents d'avoir écarté la thèse selon laquelle l'intimée aurait construit les faits par esprit de vengeance. Il se prévaut de certains extraits de messages échangés entre les parties. Or la cour cantonale a tenu compte de ces messages et a relevé que ceux-ci pouvaient s'expliquer par la colère légitime de l'intimée, au vu notamment des nombreux épisodes de violence ayant émaillé la vie de couple (cf. jugement entrepris consid. 3.2). Il ressort en outre du raisonnement du premier juge, auquel renvoie le jugement entrepris, que l'intimée n'était pas animée par la recherche de vengeance. Cette conclusion reposait notamment sur le fait qu'elle n'avait pas souhaité l'expulsion de son compagnon lors de l'intervention de la police au domicile du couple le 22 mars 2020, qu'elle avait exigé la confidentialité de ses révélations au personnel soignant s'agissant des violences subies, qu'elle avait rapidement retiré ses plaintes pénales et sollicité la suspension de la procédure (art. 55a CP) et qu'elle avait plusieurs fois justifié le délai de dénonciation par sa volonté de préserver l'homme qu'elle aimait et qui se trouvait être le père de sa fille. Aux débats de première instance, l'intimée était apparue sincère et cohérente dans ses propos, n'ayant jamais cherché à invectiver son ex-compagnon ni à l'accabler et était encore très émotive à l'évocation des faits et du litige parental. Elle était même allée jusqu'à douter des réelles intentions du recourant lorsqu'elle s'est retrouvée enfermée. En outre, ce n'était pas systématiquement elle qui avait fait appel aux forces de l'ordre mais également le voisinage et le recourant lui-même (jugement de première instance p. 26). Le recourant ne dit mot sur les nombreux éléments pris en compte par les juges précédents pour écarter la thèse de la vengeance et se contente d'affirmer que les messages échangés seraient des preuves inébranlables du désir de vengeance de l'intimée (cf. mémoire de recours p. 10). Un tel procédé est purement appellatoire, partant irrecevable. L'appréciation personnelle livrée par le recourant, selon laquelle il serait tout à fait possible, objectivement parlant, que les faits en question n'aient jamais existé (mémoire de recours p. 12), est irrecevable. Contrairement à ce que suggère le recourant, la cour cantonale n'a pas fondé sa condamnation pour séquestration sur la base d'autres actes de violence commis, mais a apprécié les déclarations contradictoires des parties concernant l'infraction en cause, dans leur contexte, conformément aux principes jurisprudentiels en la matière (cf. supra consid. 1.1.1 et 1.1.2). En définitive, dans une démarche apparaissant largement appellatoire, le recourant échoue à démontrer l'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits.