Citation: 6B_308/2022 E. 5.3

5.3. Au regard de ce qui précède, il est constant que la visibilité vers l'arrière du camion durant la manoeuvre était masquée. Pour autant, le fait que, comme le relèvent les recourants, l'art. 17 al. 1 OCR fasse de manière générale peser l'obligation d'avoir recours à un tiers sur le conducteur du véhicule concerné ne peut faire perdre de vue les circonstances spécifiques de l'espèce. La marche arrière en cause s'inscrivait en effet dans le cadre d'une procédure organisée au préalable et coordonnée, qui impliquait plusieurs autres camions, ainsi que la fraiseuse, et était en l'occurrence supervisée par la victime. Les travaux se déroulaient dans une zone où la présence de tiers extérieurs au chantier était en principe exclue. Quant à la marche arrière qu'a effectuée l'intimé, à la suite de ses collègues chauffeur de camion précédemment intervenus sur le chantier, elle s'est déroulée dans la zone d'intervention prévue de la fraiseuse, où nul n'avait de motif de se tenir, pas même la victime, étant rappelé qu'elle était responsable du chantier et de sa sécurité. Ainsi peut-on admettre, en se replaçant dans une perspective ex ante, qu'à l'entame de sa manoeuvre, l'intimé n'avait pas à anticiper la présence ou l'apparition inopinée de tiers dans la zone concernée. L'intimé pouvait raisonnablement exclure tout danger qui aurait dû le contraindre à être secondé pour effectuer sa marche arrière. Dans cette mesure, la question de savoir à qui incombait la responsabilité de requérir une aide pour effectuer la manoeuvre se trouve privée d'objet. En tout état, il s'ensuit que l'on ne peut imputer à l'intimé une violation de son devoir de diligence sur ce plan. Les griefs soulevés par les recourants à cet égard se révèlent ainsi mal fondés.