Citation: 5A_685/2018 E. 4.8

4.8. Toujours en ce qui concerne les charges de l'intimé, la recourante fait grief à la Cour de justice d'avoir violé son droit d'être entendue (art. 29 al. 2 Cst.) et fait preuve d'arbitraire en admettant un montant de 500 fr. par mois pour des trajets en train entre le domicile de celui-ci et Londres. Les juges précédents ont estimé que le mari ne pouvait sans motif impérieux renoncer au métier qu'il avait exercé jusqu'alors pour entamer une reconversion professionnelle impliquant, après une longue période de formation pendant laquelle il ne réaliserait aucun revenu, une diminution de salaire importante. Il lui appartenait au contraire de rechercher un emploi dans le même domaine que celui dans lequel il avait toujours travaillé, plus rémunérateur que l'enseignement. Considérant qu'il vivait à environ une heure de trajet en train de Londres, l'autorité précédente a jugé qu'il convenait de déterminer son salaire sur la base des statistiques londoniennes, partant à juste titre de l'idée qu'il devrait trouver un emploi dans cette ville. Dès lors, la recourante ne démontre pas qu'il était arbitraire d'inclure dans son budget les frais de transports publics nécessaires à l'acquisition de son revenu. La recourante reproche de surcroît aux juges précédents d'avoir violé son droit d'être entendue en se référant, pour fixer le montant de ces frais (correspondant au prix d'un abonnement de train), à des données trouvées sur Internet, après que la cause eut été gardée à juger et sans inviter préalablement les parties à se déterminer sur celles-ci. Elle n'explique cependant pas en quoi le montant de 500 fr. par mois retenu à ce titre par la cour cantonale serait insoutenable. Or le droit d'être entendu n'est pas une fin en soi (ATF 143 IV 380 consid. 1.4.1 et les arrêts cités; arrêts 5A_998/2018 du 25 février 2019 consid. 5.1; 5A_967/2018 du 28 janvier 2019 consid. 3.1.2 et la jurisprudence citée). Partant, l'admission du grief de violation du droit d'être entendu suppose en principe que dans sa motivation, la partie recourante expose quels arguments elle aurait fait valoir dans la procédure cantonale et en quoi ceux-ci auraient été pertinents (arrêts 5A_561/2018 du 14 décembre 2018 consid. 2.3; 5A_699/2017 du 24 octobre 2017 consid. 3.1.3 et les nombreuses références). En l'occurrence, la violation du droit d'être entendu soulevée par la recourante doit donc être écartée.