Citation: I 237/04 30.11.2004 E. 1

4.3 En l'espèce, le docteur C.________ fonde ses conclusions sur deux entretiens avec l'assurée, un entretien téléphonique avec la doctoresse G.________, spécialiste en médecine interne et médecin traitant de l'intéressée, ainsi que sur le dossier. Sur ces bases, il diagnostique une personnalité émotionnellement labile, type Borderline (F 60.31), un syndrome de dépendance à l'alcool, « actuellement abstinente » (F 10.20) et un trouble anxieux et dépressif mixte (F 41.2). Au sujet de la capacité de travail, il relève que toute situation nouvelle est source d'angoisse pour la recourante. Selon l'expert, « il est vraisemblable que cette expertisée, si elle devait reprendre une activité professionnelle, présenterait très rapidement une décompensation sur un mode anxieux et dépressif avec une symptomatologie anxieuse massive, des troubles de l'attention et de la concentration et de la mémoire, et une humeur triste ». Le docteur C.________ en déduit que l'assurée subit une incapacité de travail depuis 1994 et qu'elle est toujours incapable d'exercer une activité dans le monde économique en raison de sa très faible capacité à surmonter ses angoisses et à résister aux tensions qu'induit tout travail par ses exigences de rendement et de qualité. En dépit de ce constat, l'expert atteste, sans explication, une capacité résiduelle de travail de 20 % à 30 % dans une activité de secrétaire et réserve une évaluation en milieu spécialisé pour déterminer de manière précise la capacité résiduelle de travail. En ce qui concerne l'alcoolisme, il relève que A.________ ne consomme plus d'alcool de manière abusive et qu'il n'existe pas de séquelles notables de cette période d'alcoolisme sur les plans somatique, psychique ou cognitif. 4.4 L'avis de l'expert n'emporte pas la conviction. Tout d'abord, il considère que les conséquences négatives d'une reprise du travail par l'intimée sont seulement vraisemblables, ce qui ne suffit pas à établir un fait dans un procès en matière d'assurances sociales (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références). En outre, en ce qui concerne la capacité résiduelle de travail, l'expert n'indique pas les éléments sur lesquels il se fonde pour la fixer entre 20 % et 30 %. Or, si l'on admet les conséquences que l'expert attache à la reprise de l'activité professionnelle par l'intimée, on devrait conclure à l'existence d'une incapacité entière de travail. En outre, sur ce point, l'expert ne paraît pas sûr de son estimation puisqu'il propose une évaluation en milieu spécialisé. Enfin, il n'a pas examiné la possibilité d'un traitement thérapeutique et/ou d'une activité en milieu protégé ainsi que leurs conséquences éventuelles sur la capacité de gain de l'intimée. Les mêmes manques apparaissent en ce qui concerne l'évaluation des activités ménagères. Ces considérations mettent en cause la valeur probante de l'expertise dans son ensemble. Il n'est dès lors pas possible de demander un complément d'expertise au docteur C.________, ce d'autant plus que sa remarque finale peut être interprétée comme un préjugé négatif à l'égard de l'office recourant. Cela étant, il y a lieu d'annuler le jugement entrepris et de renvoyer la cause au tribunal cantonal pour qu'il ordonne une nouvelle expertise.