Citation: 5P.430/2004 07.02.2005 E. 3

Le recourant reproche tout d'abord à la cour cantonale d'avoir appliqué arbitrairement les art. 137, 172, 176 CC et 98 de la loi de procédure civile genevoise du 10 avril 1987 (RSG E3 05; ci-après LPC/GE) en admettant qu'elle était compétente pour fixer une contribution à l'entretien de l'épouse pour la période postérieure à l'ouverture de l'action en divorce. Se référant à un arrêt de la cour de céans du 25 octobre 2002 (ATF 129 III 60), il estime que le juge des mesures protectrices n'était plus compétent pour statuer sur une demande d'augmentation de la contribution d'entretien de l'épouse dans la mesure où elle portait sur une période postérieure au dépôt de la demande en divorce. Il conclut donc à l'annulation de sa condamnation à payer une pension de 2'800 fr. pour la période du 21 mai 2004 au 30 juin 2005 (recours p. 10 ss). Dans son acte de recours, le recourant admet expressément la nouveauté de ce moyen, puisqu'il rappelle qu'il n'a pas soulevé l'exception d'incompétence en instance cantonale. Cependant, il soutient que cette omission ne doit pas conduire à l'irrecevabilité de son grief, car la compétence ratione materiae ne serait pas laissée à la libre disposition des parties et devrait être examinée d'office par le juge. La maxime d'office invoquée par le recourant est sans influence sur les conditions de recevabilité du recours de droit public et sur la cognition du Tribunal fédéral. L'obligation de soumettre le grief à l'autorité cantonale avant de l'invoquer dans un recours de droit public est une condition découlant de l'art. 86 al. 1 OJ. De jurisprudence constante, il résulte de cette disposition non seulement que les griefs soulevés devant le Tribunal fédéral ne doivent plus pouvoir faire l'objet d'un recours ordinaire ou extraordinaire de droit cantonal (épuisement des instances cantonales; ATF 126 I 257 consid. 1a p. 258; 119 Ia 421 consid. 2b p. 422; 110 Ia 71 consid. 2 et les arrêts mentionnés), mais également que seuls sont recevables les moyens qui, pouvant l'être, ont été présentés à l'autorité cantonale de dernière instance (épuisement des griefs; cf. ATF 128 I 354 consid. 6c p. 357; ATF 123 I 87 consid. 2b p. 89; 120 Ia 19 consid. 2c/aa p. 24; 119 Ia 88 consid. 1a p. 90-91 et les arrêts cités). Dès lors, comme le vice de procédure qu'il invoque ne serait de toute façon pas assez grave pour pouvoir être, cas échéant, relevé d'office par toute autorité, le Tribunal fédéral ne peut entrer en matière sur le premier moyen du recourant.