Citation: 7B_16/2024 E. 2.4

2.4. En l'espèce, il n'est pas contesté que le recourant se trouve dans un cas de défense obligatoire (cf. art. 130 CPP). Il ressort par ailleurs de l'arrêt cantonal que Me Philippe Baudraz a été désigné comme défenseur d'office du recourant. En outre, ultérieurement, Me Fabien Mingard a informé le Ministère public qu'il intervenait désormais en qualité de défenseur de choix du recourant. Lorsque le défenseur de choix a demandé à intervenir pour défendre les intérêts du recourant, celui-ci disposait déjà d'un défenseur d'office. La cour cantonale était dès lors fondée à interpeller le recourant sur la question de la rémunération de ce deuxième conseil afin de déterminer si la défense d'office était encore nécessaire. A cet égard, il ne ressort pas de l'arrêt cantonal que le recourant aurait eu les moyens de rémunérer son conseil. Le recourant ne soutient en outre pas qu'il disposerait désormais des moyens financiers lui permettant de prendre en charge ses frais de défense. Au contraire, il expose dans le cadre de sa demande d'assistance judiciaire devant le Tribunal fédéral qu'il ne bénéficie pas de ressources suffisantes pour rémunérer son avocat. Faute pour le recourant d'apporter la garantie qu'il dispose des moyens nécessaires pour s'acquitter des honoraires du défenseur de choix, la cour cantonale n'a pas violé le droit en refusant la constitution de ce défenseur de choix. Il convient encore d'examiner si le recourant se trouve dans l'un des trois cas exceptionnels où la jurisprudence a admis la défense simultanée par un avocat d'office et un avocat de choix (cf. consid. 2.2.3 supra). En l'espèce, le premier cas de défense simultanée n'entre manifestement pas en considération. Le recourant allègue, en se référant à la jurisprudence du Tribunal fédéral (deuxième hypothèse), que la défense simultanée devrait être admise dans la mesure où les honoraires du défenseur de choix ne seraient pas encore assurés jusqu'à la fin de la procédure de première instance. Par son raisonnement, le recourant offre cependant une lecture biaisée de la jurisprudence. En effet, la configuration visée par cette deuxième hypothèse est celle où un défenseur de choix a été désigné en premier lieu mais où le financement ainsi que la permanence de ce défenseur paraissent incertains au point qu'il faille nommer un défenseur d'office pour garantir une défense équitable. En d'autres termes, la désignation d'un défenseur d'office dans un tel contexte permet de pallier de potentielles carences de la défense de choix déjà existante. Or le recourant a en l'espèce bénéficié dès le début de la procédure d'un défenseur d'office. En outre, il n'a pas apporté la garantie qu'il disposait des moyens nécessaires pour assurer le paiement des honoraires de son avocat de choix. A cet égard, il ne fait pas non plus valoir que le défenseur de choix aurait voulu assister gratuitement le défenseur d'office (troisième hypothèse). Le recourant ne peut en définitive pas se prévaloir de la jurisprudence pour obtenir l'assistance d'un défenseur de choix en sus du défenseur d'office déjà désigné. Considérer le contraire reviendrait, dans le cas d'espèce, à éluder les règles en matière de révocation du défenseur d'office au profit d'une défense privée, ce qui ne saurait être protégé. Partant, l'autorité précédente n'a aucunement violé le droit fédéral en refusant que le recourant soit assisté par un défenseur de choix en sus du défenseur d'office déjà désigné.