Citation: 1P.408/2006 21.07.2006 E. 1

3.3 Avec raison, le recourant ne conteste pas que son maintien en détention repose sur une base légale suffisante (cf. art. 59 CPP/VD), ni, au vu des faits reprochés, confirmés par plusieurs témoins, que des charges suffisantes pèsent contre lui. Avec raison aussi, il ne nie pas que la durée de la détention subie n'excède pas celle de la peine à laquelle il est exposé pour ces faits. Il conteste en revanche l'existence des risques de récidive et de fuite retenus, soutenant qu'ils ont été déduits d'une appréciation arbitraire des éléments du dossier. 3.4 Pour admettre l'existence d'un risque de récidive, l'autorité cantonale s'est fondée sur la nature des actes reprochés, soit des atteintes graves à l'intégrité corporelle d'autrui, en relation avec des comportements antérieurs similaires du recourant, relevant que ce dernier avait déjà été condamné le 14 novembre 2000 pour lésions corporelles simples et que la police a dû intervenir à de nombreuses reprises, notamment entre juin 2001 et novembre 2004, à raison d'actes de violence qu'il avait commis sur son épouse. Elle s'est également appuyée sur les conclusions de l'expertise quant à un risque de récidive, observant qu'il en résultait que ce risque était présent, même s'il était considéré comme limité. De ces éléments, un risque de récidive pouvait être déduit sans arbitraire. Le recourant se voit reprocher des actes de violence graves, alors qu'il s'en est déjà pris à maintes reprises par le passé à l'intégrité corporelle d'autrui. Il semble au demeurant n'avoir toujours pas pris conscience de la gravité des faits qui lui sont reprochés et des conséquences potentielles de ses actes de violence, qu'il s'efforce de minimiser. A cela s'ajoute que l'expert, même s'il a indiqué qu'il lui paraissait faible, a clairement admis l'existence d'un risque de récidive, qu'il appartient d'ailleurs, en définitive, au juge d'apprécier sur la base de l'ensemble du dossier. Que le recourant n'aurait pas causé à la victime de lésions corporelles susceptibles de mettre en danger la vie de celle-ci ou de lui occasionner des dommages durables, n'est en l'état pas établi, d'autant moins au vu des inculpations dont il fait l'objet. Au demeurant, le recourant ne démontre pas ni même ne dit en quoi ce fait, comme la circonstance qu'il aurait lui-même reçu des coups, serait ici déterminant. Quant au grief qu'il fait aux juges cantonaux de s'être écartés de l'expertise, il est manifestement infondé; que l'expert ait relevé que ce risque lui semblait faible, ne change rien au fait qu'il en a admis l'existence, comme l'ont observé les juges cantonaux. Enfin, s'agissant de ses comportements antérieurs violents, le recourant se borne à tenter de les minimiser; au demeurant, si certains d'entre eux ont pu être commis sous l'emprise de l'alcool, d'autres semblent remonter à une époque, postérieure à 2003, où, selon l'expert, le recourant était devenu abstinent, rien n'indiquant pour le surplus que les actes présentement reprochés auraient été commis sous l'influence de l'alcool. 3.5 Dès lors qu'un risque de récidive pouvait être admis, du moins sans arbitraire qui soit établi conformément aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, il suffit à justifier le maintien en détention, sans qu'il y ait lieu de se demander ce qu'il en est du risque de fuite également retenu par l'autorité cantonale. Ainsi, le maintien en détention du recourant, contre lequel pèsent des charges suffisantes, repose sur une base légale claire, correspond à un intérêt public à éviter la réalisation d'un risque de récidive et respecte par ailleurs le principe de la proportionnalité. Le refus de l'autorité cantonale de libérer provisoirement le recourant ne viole donc pas les droits de rang constitutionnel qu'il invoque.