Citation: I 418/01 29.10.2001 E. 4

4.- a) Il reste à examiner si, au moment de la survenance de l'invalidité, la recourante était assurée à l'assurance-invalidité suisse, ce que conteste l'intimé. Aux termes de l'art. 6 al. 1 (dans sa version déterminante en l'occurrence, en vigueur jusqu'au 31 décembre 2000), les ressortissants suisses, les étrangers et les apatrides ont droit aux prestations s'ils sont assurés lors de la survenance de l'invalidité. Selon l'art. 11 al. 1, 1ère phrase, de la convention de sécurité sociale conclue entre la Suisse et le Portugal le 11 septembre 1975, les ressortissants portugais qui n'exercent pas d'activité lucrative peuvent prétendre les mesures de réadaptation aussi longtemps qu'ils résident en Suisse et si, immédiatement avant le moment où est survenue l'invalidité, ils ont résidé en Suisse de manière ininterrompue pendant une année au moins. Pour les personnes qui exercent une activité lucrative, il faut se référer à la règle générale de l'art. 2 al. 1 de la convention, selon lequel, sous réserves des dispositions de la convention et de son protocole final, les ressortissants de l'une des Parties contractantes, ainsi que les membres de leur famille et les survivants dont les droits dérivent desdits ressortissants, sont soumis aux obligations et admis au bénéfice de la législation de l'autre Partie dans les mêmes conditions que les ressortissants de cette Partie ou les membres de leur famille et les survivants dont les droits dérivent desdits ressortissants. C'est dire, en d'autres termes, que le ressortissant portugais est soumis, de la même manière que le ressortissant suisse, à la clause générale d'assurance selon l'art. 6 al. 1 LAI. b) En vertu de l'art. 4 al. 2 LAI, l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations entrant en considération. Ce moment doit être déterminé objectivement, d'après l'état de santé; des facteurs externes fortuits n'ont pas d'importance. Il ne dépend en particulier ni de la date à laquelle une demande a été présentée, ni de celle à partir de laquelle une prestation a été requise, et ne coïncide pas non plus nécessairement avec le moment où l'assuré apprend, pour la première fois, que l'atteinte à sa santé peut ouvrir droit à des prestations d'assurance (ATF 118 V 82 consid. 3a; SVR 1998 IV 9 36 consid. 2a/aa). Lorsque des moyens auxiliaires doivent être remis, l'invalidité est réputée survenue au moment où l'atteinte à la santé rend objectivement nécessaire, pour la première fois, de tels appareils; ce moment ne doit pas forcément coïncider avec celui où le besoin d'un traitement est apparu pour la première fois (ATF 108 V 63 consid. 2b, 105 V 60 consid. 2a; SVR 1998 IV 9 36 consid. 2a/aa; RCC 1992 p. 384 consid. 2). Si les conditions d'assurance ne sont pas remplies lors de la survenance de l'invalidité, les mesures ultérieures du même genre, visant le même cas, ne sont pas à la charge de l'assurance-invalidité (ATF 108 V 63 consid. 2b). Il y a lieu d'appliquer cette jurisprudence non seulement lorsqu'il s'agit du droit à des moyens auxiliaires, mais également dans le cas où sont en cause des prestations qui les remplacent, comme en l'espèce. c) Il reste à déterminer à partir de quand l'atteinte à la santé de la recourante a rendu objectivement nécessaire la fréquentation d'un cours de lecture labiale. A cet égard, la recourante fait valoir qu'elle utilisait la langue portugaise pour lire sur les lèvres dans son pays d'origine et que l'entraînement de lecture labiale étant spécifique pour chaque langue, elle ne nécessitait un tel cours pour l'apprentissage du français qu'à partir du moment où elle est arrivée en Suisse. Au contraire, l'intimé soutient que l'atteinte à la santé rendant nécessaire les cours de lecture labiale est survenue avant l'entrée en Suisse de la recourante et qu'elle aurait donc dû les suivre à cette époque. Il ressort du dossier que la recourante a fréquenté une école spécialisée pour sourd-muet dans son pays d'origine. Par ailleurs, selon ses déclarations tant devant l'autorité de recours de première instance que devant la Cour de céans, la recourante sait lire sur les lèvres lorsqu'il s'agit de comprendre la langue portugaise. Par conséquent, il y a lieu d'admettre que c'est au cours de son séjour dans son pays d'origine qu'un entraînement de lecture labiale s'est avéré nécessaire pour la première fois. Il n'est pas déterminant à cet égard qu'elle ait eu besoin d'un nouveau cours de ce genre pour apprendre une nouvelle langue lorsqu'elle est arrivée en Suisse. En effet, la question de la survenance de l'invalidité doit être tranchée par rapport à la prestation entrant ici en considération (arrêt non publié F. du 22 octobre 1990 [I 227/90]), soit le cours de lecture labiale. Son invalidité est donc survenue au Portugal où, pour la première fois, elle a eu besoin de l'entraînement de lecture labiale. Or, à ce moment-là, la recourante n'était ni assurée en Suisse (art. 2 al. 1 de la convention précitée; art. 1er al. 1 let. a et b LAVS; art. 1er LAI), ni n'avait, immédiatement avant la survenance de l'invalidité, résidé en Suisse de manière ininterrompue pendant une année (art. 11 al. 1 de la convention précitée) au moins. Dès lors, la question de savoir si son activité à caractère occupationnel doit être considérée comme une activité lucrative peut rester ouverte. En conséquence, la recourante ne saurait prétendre de l'assurance-invalidité la prise en charge des coûts des cours de lecture labiale à titre de frais occasionnés par les services de tiers au sens de l'art. 9 OMAI. Partant, le recours est mal fondé.