Citation: 2C_279/2024 E. 6.2

6.2. Le Tribunal cantonal a par ailleurs procédé à une pesée globale des intérêts en présence particulièrement détaillée et convaincante. Les juges précédents ont en particulier pris en considération l'âge d'arrivée et la durée du séjour légal en Suisse du recourant, son degré d'intégration sociale et professionnelle dans ce pays, ainsi que sa part importante de responsabilité dans sa dépendance durable à l'aide sociale. Ils ont notamment relevé que l'intéressé avait été inactif du point de vue professionnel durant la majeure partie de son séjour en Suisse, alors qu'il était titulaire d'un certificat fédéral de capacité de monteur automaticien et disposait, malgré un taux d'invalidité de 10 % reconnu en lien avec son hypertension artérielle, d'une capacité de travail résiduelle qui lui permettait d'exercer à plein temps une activité légère à moyennement lourde et de ne plus dépendre ainsi de l'aide sociale. Il n'avait en outre pas fourni d'efforts substantiels en vue de s'intégrer sur le marché du travail, ce qui était d'autant plus blâmable que son autorisation de séjour avait été assortie, dès son octroi formel et lors de sa prolongation, de l'obligation de ne pas être soutenu par le Service social notamment, et qu'il avait reçu un avertissement formel dans ce sens. A cela s'ajoutaient deux condamnations pénales, l'une en 2020 pour contravention à la LEI à la suite d'une violation de son obligation de collaborer et l'autre en 2007 pour des dommages à la propriété qui, même si elles devaient être très fortement relativisées, ne plaidaient pas en sa faveur. Les juges cantonaux ont également correctement tenu compte des conséquences du départ de la Suisse pour le recourant, des possibilités pour lui de se réintégrer dans son pays d'origine - où il avait accompli toute sa scolarité obligatoire, dont il parlait la langue et où se trouvaient ses deux frères -, de ses chances élevées d'y trouver un emploi compte tenu de sa formation et de son jeune âge, et d'y obtenir les soins nécessaires à son état de santé. Sur ce point, il est rappelé que le fait d'obtenir en Suisse des prestations médicales supérieures à celles offertes dans le pays d'origine ne suffit pas à rendre inexigible un retour dans ce dernier (cf. ATF 139 II 393 consid. 6). Le recourant se limite à opposer sa propre version et appréciation des faits à celle effectuée par la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait insoutenable. Une telle manière de faire n'est, comme on l'a vu (cf. supra consid. 5), pas admissible. Pour le reste, si le fait de déclarer vouloir démontrer qu'il est capable de changer sa situation est certes louable, il n'en demeure pas moins que l'intéressé ne conteste pas qu'il est actuellement sans emploi ni perspectives concrètes d'un engagement professionnel depuis de longues années, ses dernières postulations - trois uniquement - datant de fin 2022. Des chances de remplir les conditions auxquelles son droit de séjour était assorti lui ont été données à plusieurs reprises et il n'a pas su ou voulu les saisir. Or, c'est à ces moments-là, et pas seulement devant le Tribunal fédéral, que la prise de conscience du recourant aurait dû intervenir. En définitive, en confirmant le refus de prolongation de l'autorisation de séjour du recourant, la cour cantonale n'a pas violé le droit au respect de la vie privée de l'intéressé découlant de l'art. 8 CEDH. On ne peut également pas, dans ces conditions, lui reprocher (art. 106 al. 1 LTF) d'avoir considéré que le prononcé d'un autre avertissement selon l'art. 96 al. 2 LEI n'était pas adéquat, dès lors que celui qui avait déjà été adressé en 2018 au recourant était resté sans aucun effet.