Citation: 6B_720/2014 E. 1

Le 8 février 2012, X.________ a été condamné à 45 jours-amende pour conduite en état d'ébriété. Par prononcé du 8 mars 2013, après avoir constaté que l'intéressé paraissait s'être ressaisi en ce qui concernait l'obligation de respecter une stricte abstinence à l'alcool, le Collège des Juges d'application des peines a maintenu les modalités de la libération conditionnelle fixées par le prononcé du 6 mai 2011, indiquant que la procédure en cause faisait office de sérieux avertissement pour X.________. Dans un rapport de situation du 12 septembre 2013, la FVP a indiqué que X.________ s'était présenté stressé en entretien et avait expliqué avoir été pris en otage par deux détenus en cavale. Dans un rapport de situation du 19 septembre 2013, la FVP a indiqué avoir été contactée le jour même par la fille de X.________. Cette dernière avait fait part d'un intense malaise qui s'était installé dans la relation avec son père. Elle avait indiqué que celui-ci la harcelait et tentait notamment de s'immiscer dans la relation qu'elle entretenait avec ses enfants. Il faisait en outre pression sur elle pour obtenir de l'argent et se serait montré physiquement violent avec une voisine, l'ayant empoignée et giflée à deux reprises. Elle-même se sentait menacée par son père. Elle avait demandé, par l'intermédiaire de son mari, qu'il ne la contacte plus, mais il ne respectait pas sa demande. Les relations avec les autres membres de la famille semblaient en outre se détériorer rapidement. La FVP a considéré cette situation comme particulièrement alarmante et relevé que l'univers illusoire que X.________ s'était créé depuis sa sortie de détention s'écroulait brusquement et qu'elle craignait dès lors ses réactions. Le prénommé s'efforçait de gérer et d'organiser son "petit monde" qui représentait, de l'avis de la FVP, un élément stabilisateur. Sans ce dernier, l'hypothèse d'une grave rupture psychique pouvant conduire à de graves passages à l'acte, compte tenu du passé de l'intéressé, devait être sérieusement envisagée. Le 20 septembre 2013, l'Office d'exécution des peines (ci-après : l'OEP) a proposé au Collège des Juges d'application des peines de révoquer la libération conditionnelle et d'ordonner la réintégration. Il a indiqué que, selon les deux conseillers de probation qui suivaient X.________, ce dernier était de plus en plus confus dans ses propos et son état d'esprit tendait à varier entre des propos euphoriques et un état à tendance dépressive. De plus, il serait acculé par des problèmes financiers et aurait sollicité à plusieurs reprises de l'argent de ses enfants. Il demeurait en outre toujours dans le déni par rapport à l'assassinat de sa femme, estimant encore récemment qu'il s'agissait d'un accident. Compte tenu de ces éléments, dont l'isolement familial de X.________, l'existence d'un conflit avec ses enfants, sa non-acceptation de l'interdiction que posait sa fille dans leurs relations, le harcèlement qu'il tendait à avoir à son égard, l'OEP a considéré que X.________ n'était plus digne de la confiance inhérente au maintien de son élargissement anticipé. Plus précisément, le contrôle de sa libération conditionnelle par la FVP et les tests d'abstinence ne paraissaient plus constituer une barrière suffisante pour contenir le risque de récidive d'infractions contre l'intégrité corporelle ou la vie. L'OEP a encore souligné que X.________ était déjà passé à l'acte et que les graves faits commis dans le cadre d'une précédente libération conditionnelle l'avaient conduit à une réintégration en milieu fermé. Cela tendait à démontrer que les freins moraux dont il disposait ne paraissaient plus suffisants, que son entourage se détournait de lui, induisant un sentiment d'abandon, qu'il demeurait incapable d'accepter un avis ne lui convenant pas et que plusieurs facteurs du risque de récidive étaient présents. Des mesures provisionnelles en vue d'une réintégration immédiate en milieu carcéral devaient également être ordonnées.