Citation: 4A_464/2021 E. 6.3

6.3. Considérée à la lumière des principes qui viennent d'être exposés, la demande de révision de la sentence ne saurait être admise. Force est de relever, tout d'abord, que la requérante se contente d'affirmer qu'elle a découvert les circonstances invoquées à l'appui de sa demande de révision lors de la réception de la sentence attaquée seulement, comme s'il fallait la croire sur parole. Cela étant, l'intéressée reconnaît elle-même avoir pris connaissance de l'avenant n. 3 pendant la procédure d'arbitrage. Au cours de celle-ci, la recourante, qui était assistée de mandataires professionnels, n'a jamais remis en question l'authenticité dudit document. Elle n'a pas davantage soutenu que les parties n'auraient pas conclu semblable avenant. Elle s'est au contraire évertuée à démontrer que l'avenant n. 4 avait entièrement remplacé l'avenant n. 3. On peut dès lors raisonnablement se demander si, au regard des règles de la bonne foi, l'intéressée peut venir soutenir, après coup, que l'avenant n. 3 n'existerait en réalité pas alors qu'elle n'a jamais défendu pareille thèse lors de la procédure arbitrale. Point n'est toutefois besoin d'approfondir cette question. On ne saurait en effet considérer que la requérante n'a pas pu, malgré toute sa diligence, invoquer devant l'arbitre les éléments sur lesquels elle fonde sa demande de révision. Dans la mesure où l'articulation entre les avenants n. 3 et 4 était au coeur du litige, l'intéressée aurait en effet pu et dû étudier attentivement lesdits documents et entreprendre, si elle avait des doutes quant à leur authenticité, des démarches en vue d'éclaircir la situation. A cet égard, elle ne saurait sérieusement prétendre qu'elle n'avait pas envisagé l'importance desdits documents quant au sort du litige dès lors qu'elle a détaillé, lors de la procédure arbitrale, les raisons pour lesquelles l'avenant n. 3 devait selon elle céder le pas à l'avenant n. 4. Il faut dès lors conclure à un manque de diligence de la part de la recourante puisque la découverte des éléments prétendument nouveaux sur lesquels elle fonde sa demande de révision résulte de recherches qui auraient pu et dû être effectuées durant la procédure précédente. En tout état de cause, on relèvera que la demande de révision repose sur des faits qui ne sont, à ce stade, pas établis. Rien ne permet en effet de retenir que les avenants n. 3 et 4 auraient effectivement été falsifiés et, dans l'affirmative, que l'intimée en serait la responsable. L'usage répété du conditionnel et l'utilisation fréquente du terme " vraisemblablement " dans les écritures déposées par l'intéressée viennent d'ailleurs corroborer cette conclusion. Au demeurant, la recourante indique elle-même qu'il n'existe à ce stade aucune procédure pénale concernant les faits dénoncés par elle, raison pour laquelle elle fonde exclusivement sa demande de révision sur l'art. 190a al. 1 let. a LDIP. Aucune décision d'un juge pénal n'est ainsi venue, à ce stade, confirmer les dires de l'intéressée ni, partant, l'existence d'une éventuelle escroquerie au procès commise par l'intimée ou par des tiers. Au vu de ce qui précède, la demande de révision ne peut qu'être rejetée.