Citation: 4P.92/2006 04.08.2006 E. 3.1

3.1.1 Le recourant prétend tout d'abord que la Cour d'appel n'a pas pris en compte divers documents qui établiraient que les éléments essentiels d'un contrat de partenariat avaient été fixés oralement entre les parties en 2001 déjà. Il se réfère ainsi à une interview de B.B.________ publiée dans la presse spécialisée. Le demandeur renvoie encore à la teneur de la lettre du 18 décembre 2001 de la banque, valant avenant à son contrat de travail, puis au courrier que lui a adressé B.B.________ le 10 mars 2003. A l'en croire, tous les éléments essentiels d'un contrat de partenariat avaient été prévus en mai 2001, seuls les éléments secondaires étant encore discutés pendant des mois. Le recourant fait encore grief aux juges genevois de n'avoir pas relevé le paradoxe qu'il y aurait à admettre en même temps que l'intimée avait décidé de le congédier dès la fin 2002 et que celle-ci voulait lui proposer de signer un plan de partenariat au cours du second semestre 2003. D'après lui, cette contradiction ne peut se résoudre qu'en admettant que la banque se sentait d'ores et déjà liée par le contrat passé en 2001. 3.1.2 L'article de presse auquel se rapporte le recourant fait partie d'un dossier spécial du journal Z.________, paru en octobre 2001 en relation avec les attentats survenus aux Etats-Unis d'Amérique le 11 septembre 2001. Interrogé par un journaliste de ce magazine, B.B.________ disserte longuement sur l'économie mondiale et sur la probable arrivée d'une récession, tout en donnant des conseils aux investisseurs boursiers. A la fin de l'article, il parle plus particulièrement de la place financière suisse, qui devrait connaître à l'avenir un certain nombre de restructurations. Questionné sur la survie de X.________ après son départ, l'intéressé rappelle que la banque a mis en place un comité exécutif "composé de directeurs généraux qui sont également des partenaires". N'en déplaise au demandeur, il est totalement exclu de voir dans cette dernière déclaration, où le recourant n'est même pas nommément cité, la preuve que les plaideurs avaient au printemps 2001 passé un contrat de partenariat. Le recourant fait grand cas de la lettre que lui a envoyée l'intimée le 18 décembre 2001, confirmant sa nomination depuis le 1er juin 2001 à la fonction de responsable de la division "Private Banking" et des centres "offshores" du groupe. Il soutient que la conclusion du contrat de partenariat en mai 2001 est attestée par le fait que le document précité indique que ledit contrat "sera signé avec effet rétroactif au 1er mai 2001". En pure perte. L'emploi du futur dans le passage susmentionné du courrier daté du 18 décembre 2001 montre avec éclat qu'aucune convention de partenariat n'était encore venue à chef à cette époque. De toute manière, on ne voit pas comment le demandeur peut tirer de ces quelques mots que tous les éléments essentiels d'un contrat à caractère complexe portant sur des montants considérables avaient été décidés en mai 2001. Quant au fait mis en exergue par le recourant, selon lequel le projet du plan d'intéressement, remis le 10 mars 2003 par B.B.________, indiquait qu'il était la "concrétisation de l'engagement pris le 31 mai 2001", il va carrément à l'encontre de sa propre thèse. Si le projet en cause disait "concrétiser" un précédent engagement, c'est bien parce que ce dernier était resté jusque-là dans les limbes. Le sens ordinaire des mots n'autorise pas une autre déduction. Enfin, le recourant ne précise pas comment l'appréciation des preuves aurait dû conduire la cour cantonale à retenir que l'intimée avait décidé à la fin 2002 de le licencier. Le demandeur ne relève pas le plus petit indice allant dans ce sens. De toute manière, vouloir, de la part d'une banque d'affaires, se séparer d'un haut cadre qui refuse sèchement un plan d'intéressement apparemment avantageux que les autres dirigeants ont tous accepté sans réserve n'a évidemment rien de paradoxal. La Cour d'appel n'a pas fait montre d'arbitraire en ne prenant pas en considération les divers éléments que l'on vient de passer en revue.