Citation: I 537/00 31.07.2001 E. 2

2.- a) Selon le chiffre 208 de la liste des infirmités congénitales, le traitement de la micromandibulie est pris en charge par l'assurance-invalidité lorsque, notamment, "l'appréciation céphalométrique montre une divergence des rapports sagittaux de la mâchoire mesurée par un angle ANB de 9 degrés et plus ou par un angle ANB d'au moins 7 degrés combiné à un angle maxillo-basal d'au moins 37 degrés". Certaines affections congénitales ne sont reconnues comme invalidantes que lorsqu'elles atteignent un degré de gravité bien précis. Pour ces affections-là et celle qui est en cause en l'espèce, le Conseil fédéral s'est écarté de la définition qu'il avait lui-même donnée à l'art. 1er al. 1 OIC. Il a qualifié d'infirmité congénitale celle qui ne peut être reconnue comme telle à la naissance accomplie de l'enfant, faute de gravité suffisante, mais qui, s'étant développée par la suite sur la base de l'état existant à la naissance, atteint finalement le degré de gravité requis justifiant sa prise en charge par l'assurance-invalidité (ATF 120 V 92 consid. 2a). b) En l'occurrence, il s'agit de savoir si un examen céphalométrique pouvait ou non être pratiqué sur l'intimé, qui était alors âgé de six ans et quatre mois. Selon le recourant, qui se réfère notamment à l'avis de la doctoresse C.________, un tel examen ne peut avoir lieu tant que les incisives supérieures et inférieures de la seconde dentition n'ont pas fait éruption. Or, d'après le rapport établi par ce médecin, les incisives supérieures de l'intimé n'étaient pas encore en place. Il n'était ainsi pas possible, selon le recourant, d'établir en l'état la présence d'une infirmité congénitale. C'est le point de vue qu'exprime également l'OFAS dans son préavis. Tant le recourant que l'OFAS se réfèrent à une étude, (versée au dossier) du professeur Arthur Demisch, de la Clinique d'orthopédie dento-faciale de l'Université de Berne (Das "soziale Netz" in der Kieferorthopädie, in Schweizerische Monatsschrift für Zahnmedizin, vol. 97 5/1987 p. 619 ss). Selon cette étude, l'assurance-invalidité doit refuser un examen céphalométrique tant que l'éruption totale de la seconde dentition frontale (soit les incisives) n'est pas achevée; à ce stade, un tel examen est prématuré pour déceler l'existence d'une infirmité congénitale (p. 623). Il n'y pas de raison de mettre en doute la pertinence de cet avis qui rejoint l'appréciation émise par la doctoresse C.________. Du reste, le mandataire de l'intimé, qui s'est déterminé après avoir pris connaissance de l'étude précitée, reconnaît que la demande d'examen était prématurée dans le cas d'espèce. C'est donc à bon droit que l'office de l'assurance-invalidité a refusé d'accorder le traitement litigieux à l'intimé, dans la mesure où il n'était alors pas possible de déterminer si ce dernier souffrait ou non d'une infirmité congénitale. Il convient de réserver une nouvelle appréciation de la situation, selon le développement de la dentition de l'intimé. c) Pour le reste, contrairement à ce que voudrait l'intimé, il n'appartient pas au Tribunal fédéral des assurances - qui n'est pas une autorité de surveillance - de donner des instructions de caractère général à l'administration sur le contenu de directives en ce domaine ou sur l'information à donner aux praticiens.