Citation: 9C_826/2017 E. 3

La juridiction cantonale a considéré que l'administration avait à tort évalué le taux d'invalidité de l'intimé en recourant à la méthode ordinaire et en comparant les résultats d'exploitation avant et après l'invalidité. Elle a jugé qu'il convenait d'appliquer la méthode extraordinaire, et de se référer aux champs d'activité arrêtés dans le rapport d'enquête du 8 décembre 2015. Elle a ainsi constaté que l'assuré était toujours en mesure d'accomplir les tâches de direction et d'administration, ainsi que les travaux légers de peinture, ce qui représentait 30 % de son activité; en revanche, les travaux lourds de peinture, qui correspondaient aux 70 % restants de son activité, ne pouvaient plus du tout être effectués. Les premiers juges ont ensuite déterminé le salaire statistique relatif à chaque champ d'activité selon l'Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS 2012). En se fondant sur le tableau T17 et en retenant un revenu de 74'928 fr. pour les tâches de direction et d'administration, respectivement de 74'868 fr. pour les travaux légers et lourds de peinture, ils ont fixé le taux d'invalidité de l'intimé à 70 %. Examinant ensuite à partir de quand la rente devait être limitée dans le temps, l'instance de recours a retenu qu'au regard de l'obligation de diminuer le dommage, un changement d'activité était exigible de la part de l'assuré à partir du 17 février 2016. A ce moment, son taux d'invalidité devait alors être évalué au moyen de la méthode ordinaire de comparaison des revenus, comme l'avait fait l'office recourant; ce procédé revenait à admettre une invalidité de 30 %. En conclusion, les premiers juges ont reconnu le droit de l'intimé à une rente entière d'invalidité du 1er avril 2015 au 31 mai 2016.