Citation: 4A_611/2023 E. 6.2

6.2. En l'espèce, la locataire et recourante a beau jeu de prétendre que C.________ n'a pas agi à un double titre, soit pour la bailleresse (dont il était administrateur) et pour elle-même (dont il était associé-gérant président). Certes, c'est formellement D.________ qui a formulé la demande de report de délai de paiement que la bailleresse, sous la plume de C.________, a acceptée. Cela étant, la Cour cantonale a fort bien expliqué que l'intervention du premier nommé visait uniquement à masquer la double représentation par le second, soit à éluder l'interdiction de principe. Au demeurant, même s'il fallait reconnaître à l'intervention de D.________ une quelconque consistance, ceci ne changerait rien à la conclusion qui s'impose. En effet, il faudrait alors nécessairement reconnaître l'existence d'un conflit d'intérêts entre ceux de la bailleresse et ceux de C.________ qui agissait au nom de celle-ci, conflit d'intérêts qui était parfaitement reconnaissable par D.________ (pour la société locataire) et limitait le pouvoir de représentation de C.________ (pour la société bailleresse) (ATF 126 III 361 consid. 3a; arrêt 4A_55/2017 du 16 juin 2017 consid. 5.2.1). Dans tous les cas, les actes de ce dernier ne liaient pas la société bailleresse. Quant à l'exception à laquelle cet accord émargerait, la recourante échoue à la démontrer: le danger devrait être exclu de par la nature de l'affaire. Tel n'est selon toute évidence pas le cas ici. Le paiement des loyers était reporté sine die, c'est-à-dire jusqu'à ce que des travaux de rénovation dont l'ampleur demeurait indéterminée et dont la prise en charge par la bailleresse n'était pas prévue dans le contrat de bail, soient entrepris par cette dernière. La Cour cantonale l'a fort bien relevé. Sur ce chapitre également, la recourante voit ses griefs rejetés.