Citation: 1A.186/2000 01.09.2000 E. 2

2.- La recourante invoque son droit d'être entendue. Elle reproche au juge d'instruction de ne pas lui avoir donné connaissance des procès-verbaux d'auditions du représentant de A.________ et de dame M.________, ainsi que des commissions rogatoires complémentaires des 8 mai 1998 et 22 janvier 1999, et des lettres du juge d'instruction argentin des 21 et 22 décembre 1999. a) Le droit d'être entendu, garanti de manière générale par l'art. 29 al. 2 Cst. , permet notamment au justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, de fournir des preuves pertinentes, d'avoir accès au dossier et de participer à la procédure probatoire (ATF 124 I 49 consid. 3a et les arrêts cités). En matière d'entraide judiciaire, l'art. 80b EIMP permet aux ayants droit de participer à la procédure et de consulter le dossier si la sauvegarde de leurs intérêts l'exige. La consultation ne s'étend en tout cas qu'aux pièces pertinentes (art. 26 al. 1 let. a, b et c PA; ATF 119 Ia 139 consid. 2d, 118 Ib 438 consid. 3). b) La recourante soutient à ce propos que sa qualité de partie et d'ayant droit à la procédure d'entraide, au sens de l'art. 80b EIMP, lui donnait droit à la consultation de l'ensemble des pièces du dossier, y compris les procès-verbaux d'interrogatoires de tiers. La Chambre d'accusation a toutefois considéré, avec raison, que le défaut de qualité pour recourir sur ce point impliquait le refus d'accès aux pièces concernées. La recourante désire aussi prendre connaissance des commissions rogatoires complémentaires des 8 mai 1998 et 22 janvier 1999 dont fait état l'ordonnance attaquée. Les mesures d'entraide prises par le juge d'instruction l'ont été en exécution des deux requêtes précédentes, dont la recourante a eu connaissance. Les requêtes des 8 mai 1998 et 22 janvier 1999 n'ont dès lors pas de pertinence dans la présente procédure. La recourante requiert enfin le droit de consulter les courriers du juge d'instruction argentin des 21 et 22 décembre 1999, dans lesquels celui-ci s'engage à respecter le principe de la spécialité. Comme cela est relevé ci-dessous (consid. 5), la recourante n'a pas qualité pour soulever les griefs relatifs à ce principe. Son droit d'accès au dossier pouvait par conséquent être limité sur ce point également.