Citation: 1B_227/2010 30.07.2010 E. 1

3.2 En l'espèce, la Chambre d'accusation a relevé que la recourante avait procuré un logement aux personnes ayant importé la cocaïne à l'origine de son arrestation et que, bien que vivant de l'assistance publique, elle avait été en mesure de régler immédiatement et en espèces cette sous-location. Au surplus, elle avait clairement été incriminée, en confrontation, pour avoir prélevé de la cocaïne, fait des pesages à l'aide d'une balance et ramené de l'argent. La recourante fait valoir qu'elle a effectivement aidé B.________ et C.________ à trouver un logement mais qu'elle ignorait que ceux-ci s'adonnaient à un trafic de stupéfiants. Il n'apparaîtrait par ailleurs nulle part qu'elle aurait payé la sous-location. Elle allègue qu'elle ne bénéficie en effet que des prestations de l'Hospice général et que les intéressés ont indiqué que leur famille leur envoyait de l'argent depuis les Etats-Unis; ils n'avaient dès lors pas besoin qu'un tiers leur paie le loyer de la chambre. Il ressort toutefois des déclarations de D.________, locataire principal de l'appartement - dans lequel ont été retrouvés plus de 600 g de cocaïne -, que la recourante lui avait payé 1'400 fr. cash pour la sous-location de deux chambres du 15 avril au 15 mai 2001 (déclaration du 19 mai 2010 à la police, p. 1). La recourante affirme ensuite qu'elle a toujours contesté les accusations portées contre elle, lesquelles reposeraient uniquement sur les déclarations de B.________. Or, les propos de celui-ci étaient sujets à caution puisqu'il était personnellement mis en cause et qu'il avait fait des déclarations contradictoires. Il n'était en outre pas possible qu'elle ait manipulé de la drogue dans la chambre du prénommé puisqu'elle n'avait les clés ni de l'appartement, ni de la chambre, et qu'elle n'avait été vue qu'une fois sur les lieux par C.________. Il ressort des déclarations de B.________ que la recourante aurait remis de l'argent au fournisseur de cocaïne, déposé de la drogue dans l'appartement et en avoir ensuite emporté, après l'avoir conditionné et pesé avec sa propre balance qu'elle emmenait avec elle (audience devant le Juge d'instruction du 7 mai 2010 p. 2 et 3; audience de confrontation du 1er juin 2010 p. 2, 6 et 7). La recourante a également été mise en cause par E.________, qui a affirmé que B.________ et A.________ étaient "complices dans le business de la cocaïne" et que cette dernière lui avait raconté une fois qu'elle s'était faite dérober 100 g de cocaïne par une connaissance (déclaration à la police du 21 juin 2010 p. 2 et devant le Juge d'instruction du 22 juin p. 2). L'ensemble de ces éléments constitue un faisceau d'indices suffisant de la culpabilité de la recourante en relation avec la loi sur les stupéfiants, malgré ses dénégations et ses critiques à propos du témoignage de B.________, étant rappelé que c'est au juge du fond et non à celui de la détention qu'il incombera d'apprécier la valeur probante des différentes déclarations.