Citation: 2C_1051/2022 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, la recourante estime que l'arrêt attaqué applique le droit cantonal de manière contraire à l'art. 93 LP, qui garantit au débiteur et à sa famille la possibilité de mener une existence décente et qui limite en conséquence la saisie de certains biens. D'après elle, cette disposition s'appliquerait par analogie en l'espèce et empêcherait toute compensation de l'aide financière sur la base de l'art. 16a RELSub/NE, lorsque celle-ci serait susceptible de mettre en péril une entreprise en la privant de liquidités pour faire face à ses charges courantes. Force est de constater que l'on ne saurait suivre le raisonnement de la recourante. Tout d'abord, on ne voit pas en quoi l'art. 93 LP serait applicable par analogie en l'espèce, dans la mesure où il s'applique aux débiteurs faisant l'objet de poursuites auxquels on saisit des biens et non lorsque, comme en l'espèce, on alloue des fonds à un tiers et que l'on procède à une compensation. En effet, comme précédemment mentionné, la recourante se trouve enrichie après que l'autorité a procédé à une compensation du montant de l'aide financière, ce qui l'éloigne d'une potentielle faillite. Or, tel n'est pas le cas lors d'une saisie au sens de l'art. 93 LP. Partant, on ne perçoit pas en quoi l'arrêt attaqué serait contraire à l'art. 93 LP et violerait le principe de primauté du droit fédéral.