Citation: 9C_337/2020 E. 4.1

4.1. La juridiction cantonale a considéré que sans l'atteinte à la santé survenue en mars 2004, le recourant aurait vraisemblablement continué à se consacrer à son activité de vendeur de voitures d'occasion. Pour trancher la question du statut d'actif, elle a jugé qu'il était cependant nécessaire de tenir compte de l'évolution de la situation jusqu'au prononcé de l'office AI du 12 avril 2019. Sous l'angle de la situation financière du ménage, les premiers juges ont constaté que l'épouse du recourant avait contribué de manière prépondérante au budget familial depuis longtemps et que cette participation s'était encore considérablement accrue après 2004, avec un revenu passant progressivement de 50'542 fr. en 2005 à 93'517 fr. en 2017, sans lacunes de cotisations. De son côté, depuis 2005, le recourant ne disposait que de deux inscriptions sur son compte individuel AVS (3193 fr. en mai 2009 et 553 fr. en 2012). Il ne ressortait par ailleurs d'aucune déclaration ni pièce au dossier qu'il avait cherché un emploi en Suisse. Si le recourant avait certes bénéficié d'une rente entière d'invalidité du 1 er mai 2005 au 30 juin 2006, puis d'une demi-rente jusqu'au 31 octobre 2006, les premiers juges ont retenu qu'il avait néanmoins recouvert sa capacité de travail entière dès le 1 er juillet 2006, y compris dans son activité habituelle. Aussi, ils ont considéré que l'évolution comparative des revenus du couple n'allait pas dans le sens de l'affirmation du recourant lors de l'enquête ménagère selon laquelle il aurait travaillé à plein temps sans atteinte à la santé. Les allégations du recourant quant à la perte de la fortune familiale en Libye allaient dans le même sens. Si le trouble de la personnalité du recourant était devenu apparent après son revers de santé de 2004, les premiers juges ont constaté que cela ne l'avait cependant pas empêché, selon les constatations des experts, de rechercher une "voie alternative" en tissant des "liens avec des voyages fréquents en Libye". Même s'il ne ressortait pas clairement des termes employés à quoi cette "voie alternative" était censée se substituer et ce qu'elle représentait réellement, toujours était-il que les liens avec la Libye n'étaient documentés par aucune preuve d'emploi, de revenu professionnel ou de recherche d'emploi. Le recourant avait de plus coché "non" à la question "Avez-vous été domicilié (s) hors de Suisse ou travaillé/étudié/accompli un service militaire à l'étranger" dans le questionnaire accompagnant sa nouvelle demande de prestations. Pour le reste, dans le complément du 8 février 2018, les premiers juges ont constaté que le docteur E.________ avait certes précisé qu'après un revers de santé en 2004, "l'image d'un homme (...) ayant des relations avec des hommes de haut rang, self-made man, [avait] été abîmée avec (...) un dysfonctionnement sur le plan professionnel qui [perdurait]". Cela n'avait toutefois pas empêché l'expert de considérer d'une part que la "voie alternative (...) [avait] dans un premier temps bien fonctionné" à tout le moins jusqu'en 2014 et d'autre part que ce n'était qu'à partir d'août 2015 qu'il existait une incapacité de travail. Il n'existait en outre aucun document faisant état d'une prise en charge (psychique) antérieure au 8 mars 2016. Aussi, dans ces circonstances, les premiers juges ont retenu qu'il n'était pas vraisemblable que le recourant aurait exercé, voire repris, une activité professionnelle s'il n'avait pas été atteint dans sa santé le 22 mars 2004.