Citation: 6B_933/2021 E. 2.4

2.4. Le raisonnement de la cour cantonale ne saurait être suivi. Elle n'a relevé aucune contradiction dans les déclarations du recourant qui le rendrait moins crédible que l'intimé. Les versions des intéressés sont concordantes tant quant à l'épisode de la " douche au tuyau d'arrosage " le 22 avril 2020, que s'agissant du freinage d'urgence de l'intimé à proximité du recourant et de certains échanges, le lendemain. Les parties, ainsi que l'épouse de l'intimé, ont tous les trois indiqué qu'à cette occasion, cette dernière avait demandé à l'intimé d'arrêter, celle-ci ayant ajouté qu'elle avait préféré ne pas voir ce qui allait se passer. En revanche, les déclarations orales de l'intimé, selon lesquelles il avait respecté la distance sanitaire et n'avait eu aucun contact physique avec le recourant s'écartent singulièrement de son récit écrit, dans lequel il concédait avoir saisi et jeté la casquette de son voisin. Cela étant, la cour cantonale ne pouvait d'entrée de cause écarter les accusations portées par le recourant au profit de la version de l'intimé. Le certificat médical attestant d'une impotence et d'une douleur de l'épaule droite, qui seraient dues à une déchirure du tendon supra-épineux à la suite de l'altercation du 23 avril 2020, ne pouvait davantage être écarté à ce stade de la procédure, au seul motif que la consultation avait eu lieu une semaine après les faits. Au contraire, le constat, confirmé par IRM, d'une lésion correspondant aux conséquences du comportement reproché à l'intimé suscite un doute quant à la situation factuelle et constitue un élément objectif qui, ajouté aux déclarations des parties, justifie l'ouverture d'une instruction. En tant que l'intimé prétend qu'il n'y a aucun témoin de la scène et qu'il ne serait pas possible de retenir avec certitude que les constatations contenues dans le certificat médical seraient les conséquences des événements du 23 avril 2020, il ne fait que souligner le caractère incertain des faits à ce stade. Quant à l'épisode du jet au tuyau d'arrosage, la cour cantonale ne saurait se contenter d'indiquer qu'il ne fait pas l'objet de la plainte pénale alors que ce comportement y est expressément mentionné et que l'intimé en fait également état dans son courrier du 18 septembre 2020. En relevant qu'elle ignore si le jet a atteint le recourant, la cour cantonale reconnaît qu'il demeure un doute sur la situation factuelle à cet égard également. Les circonstances du cas d'espèce justifiaient d'instruire la situation de fait et, dans ce cadre, d'examiner la crédibilité des déclarations des intéressés s'agissant des événements des 22 et 23 avril 2020. Au regard de la jurisprudence précitée, les conditions d'une non-entrée en matière n'étaient pas réunies, de sorte que la cour cantonale a violé le principe in dubio pro duriore en confirmant le refus d'entrer en matière sur les faits dénoncés. Le recours doit être admis et la cause renvoyée à l'autorité précédente afin qu'elle ordonne l'ouverture d'une instruction sur les faits dénoncés par le recourant.