Citation: 6B_1089/2022 E. 3.2

3.2. En substance, la cour cantonale a exposé que les infractions d'obtention illicite de prestations d'une assurance sociale, commises depuis le 1 er octobre 2016 et jusqu'en 2019, entraînaient l'expulsion obligatoire. Examinant les conditions de l'art. 66a al. 2 CP permettant de renoncer exceptionnellement à l'expulsion, elle a retenu que la durée de vie de la recourante en Suisse n'était pas négligeable, celle-ci y étant arrivée en 1983, soit près de 40 ans auparavant. Ses deux enfants avaient vu le jour sur le territoire suisse où ils avaient construit leur vie. Néanmoins, la recourante avait vécu 24 ans en Bosnie-Herzégovine, où elle avait constitué sa résidence habituelle, à tout le moins du 1 er janvier 2015 au 31 juillet 2019, dans la mesure où elle s'y était rendue plus de 90 jours par année durant cette période, notamment pour rendre visite à sa mère et à son frère qui y résidaient encore. Rien ne s'opposait à son expulsion, qui ne la placerait pas dans une situation personnelle particulièrement grave. Si son expulsion était certes de nature à compliquer les contacts avec ses enfants désormais adultes et petits-enfants, une telle séparation ne serait toutefois pas insurmontable. En effet, à l'époque actuelle et compte tenu des moyens de communication modernes, l'exercice de relations personnelles pourrait se poursuivre. En tout état de cause, elle avait été condamnée à une peine privative de liberté de sept mois pour obtention illicite de prestations d'assurance sociale et à une peine pécuniaire de 150 jours-amende pour obtention frauduleuse de prestations sociales, pour un montant de plus de 100'000 fr., de sorte que son intérêt à rester en Suisse ne primait pas l'intérêt public à l'expulser. Enfin, la mesure d'expulsion n'était prononcée que pour cinq ans, soit le minimum légal.