Citation: 2C_66/2023 E. 5.6

5.6. Sous l'angle de la proportionnalité, on rappelle qu'il n'y a pas de droit inconditionnel à l'usage accru du domaine public en vue de célébrer des manifestations religieuses (cf. supra consid. 5.1). La condition de l'admission préalable n'est donc pas d'emblée inadmissible (arrêt 2C_87/2023 du 23 février 2024 consid. 7.5.3 destiné à la publication). Pour être admise à des relations avec l'État et donc pour pouvoir faire valoir un droit à l'usage accru du domaine public, il suffit que l'organisation religieuse signe une déclaration d'engagement en faveur du respect de l'ordre juridique suisse et des droits fondamentaux. La mesure est donc apte à atteindre les buts visés de maintien de la paix religieuse, de protection des droits d'autrui et de respect de l'ordre juridique en lien avec l'usage accru du domaine public (arrêt 2C_87/2023 du 23 février 2024 consid. 7.5.4 destiné à la publication). S'agissant de la nécessité, que le recourant remet tout particulièrement en cause, il convient de tenir compte de la conception genevoise des relations entre l'Église et l'État. Comme il a été exposé (cf. supra consid. 4.1), le canton de Genève attache en effet une grande importance à la séparation entre l'État et les églises, ce que la Constitution fédérale lui permet de faire. Dans ce contexte, il apparaît légitime que ce canton veuille s'assurer que les organisations religieuses, avec lesquelles il n'entretient par principe aucune relation et sur lesquelles il n'exerce aucune forme de contrôle, s'engagent expressément au respect de l'ordre juridique lorsqu'elles entendent exercer leur liberté religieuse sur son domaine public (arrêt 2C_87/2023 du 23 février 2024 consid. 7.5.4 destiné à la publication). Enfin, les organisations religieuses subissent une atteinte minime du fait de la condition de l'admission préalable, qui est proportionnée par rapport au but visé (arrêt 2C_87/2023 du 23 février 2024 consid. 7.5.5 destiné à la publication). Il est vrai qu'en l'occurrence le recourant se plaint d'une atteinte à sa propre liberté religieuse et non à celle de B.________ qui a sollicité l'autorisation d'usage accru du domaine public. Dès lors qu'est en cause l'exercice collectif de la liberté religieuse, le recourant doit toutefois se laisser opposer les conditions applicables à l'organisation religieuse dont il est du reste l'abbé et qu'il a représentée dans la procédure devant le Département, avant d'agir en son nom propre devant la Cour de justice. Il suffit à B.________ de remplir les simples conditions de l'admission à des relations avec l'État, pour que le recourant puisse ensuite exercer collectivement en public sa liberté religieuse. On ne décèle partant aucune violation du principe de proportionnalité.