Citation: 1P.67/2005 09.06.2005 E. 2

Seul le recours de droit public pour violation des droits constitutionnels des citoyens est ouvert pour se plaindre d'une application arbitraire du droit cantonal de procédure et d'un formalisme excessif prohibé par l'art. 29 al. 1 Cst. (ATF 127 IV 215 consid. 2d p. 218). Selon la jurisprudence relative à l'art. 88 OJ, celui qui se prétend lésé par une infraction n'a en principe pas qualité pour former un recours de droit public contre une ordonnance refusant d'inculper l'auteur présumé ou prononçant un non-lieu en sa faveur. En effet, l'action pénale appartient exclusivement à la collectivité publique et, en règle générale, le plaignant n'a qu'un simple intérêt de fait à obtenir que cette action soit effectivement mise en oeuvre. Un intérêt juridiquement protégé, propre à conférer la qualité pour recourir, est reconnu seulement à la victime d'une atteinte à l'intégrité corporelle, sexuelle ou psychique, au sens de l'art. 2 de la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI; RS 312.5), lorsque la décision de non-lieu peut avoir des effets sur le jugement de ses prétentions civiles contre le prévenu (ATF 128 I 218 consid. 1.1 p. 219; 121 IV 317 consid. 3 p. 323; 120 Ia 101 consid. 2f p. 109). Dans les cas où, comme en l'espèce, le recours est dirigé contre une ordonnance de classement, il faut se fonder sur les allégués du lésé et sur la vraisemblance des actes et de l'atteinte pour déterminer si celui-ci revêt la qualité de victime (ATF 126 IV 147 consid. 1 p. 149). En l'espèce, ces conditions sont manifestement réalisées. En effet, B.________ est directement touchée dans son intégrité sexuelle par les faits dénoncés, indépendamment de leur réalité, de sorte qu'elle a la qualité de victime au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI. Elle a participé à la procédure cantonale par l'intermédiaire de sa curatrice. Certes, elle n'indique pas quelles prétentions civiles elle entend faire valoir et en quoi la décision attaquée pourrait avoir une influence négative sur le jugement de celles-ci (ATF 127 IV 185 consid. 1a p. 187 et les arrêts cités; voir aussi ATF 120 Ia p. 101 consid. 2 p. 104). Cette omission n'entraîne toutefois pas l'irrecevabilité du recours dès lors que ces prétentions sont évidentes. Les conditions de l'art. 8 al. 1 let. c LAVI sont ainsi réunies et B.________ a qualité, selon cette disposition, pour former un recours de droit public. Il en va de même s'agissant de sa mère, A.________, qui est assimilée à la victime en ce qui concerne ses droits procéduraux en vertu de l'art. 2 al. 2 let. b LAVI (ATF 120 Ia 157). Formés en temps utile contre une décision finale prise en dernière instance cantonale, les recours répondent au surplus aux exigences des art. 86 al. 1 et 89 al. 1 OJ, de sorte qu'il convient d'entrer en matière sur le fond.