Citation: I 268/03 04.05.2004 E. 4

4.1 L'assuré a été accueilli au centre ORIPH du 21 janvier au 21 avril 2002 pour un stage d'observation professionnelle. Compte tenu de son intérêt pour l'informatique, l'essentiel du stage s'est déroulé dans ce domaine, les trois dernières semaines seules ayant été consacrées à une évaluation de ses compétences pour une formation de laborantin au sein de la section de chimie. En ce qui concerne les capacités d'apprentissage, les responsables de formation respectifs ont noté de nombreux points positifs chez l'assuré: intelligence, persévérance, bonne compréhension des consignes et habileté manuelle. Par rapport à son attitude en classe et au travail, sur toute la période dédiée à l'informatique, le responsable concerné a mentionné que C.________ se trouvait parfois dans un «état de grande confusion émotionnelle» et qu'il lui arrivait d'être «très perturbé» dans les activités en groupe; le prénommé manifestait par ailleurs un stress «excessif» lors de certaines épreuves, notamment en mathématiques où une dyscalculie avait été mise en évidence. Ces problèmes - qui, selon ce responsable, sont allés en s'aggravant tout au long du stage - entraînaient notamment des confusions dans la mise en pratique et dans l'organisation du travail, ce qui laissait présager d'importantes difficultés pour une activité future dans le domaine de l'informatique vu les exigences d'adaptation continuelle requises par ce secteur d'activité. En section de chimie, la difficulté principale avait résidé plutôt dans l'acceptation par l'assuré lui-même de ses propres limites et compétences; ce dernier avait d'emblée exprimé le désir d'accéder à une formation de laboriste et non pas de laborantin, alors que son niveau de mathématiques avait été jugé trop faible pour cette profession; l'évaluation s'était finalement traduite en «nervosité» et «propos dévalorisants». Au vu de l'ensemble de ces éléments, les responsables de la réadaptation ont considéré que l'assuré devait «conduire un travail personnel important avant de pouvoir mener à terme et dans les meilleurs conditions un éventuel projet de formation» (rapport de synthèse du 7 mai 2002). 4.2 En l'occurrence, contrairement à ce que laisse entendre le recourant, ce rapport ne contient pas de contradiction. En effet, que les responsables de formation aient jugé ses capacités intellectuelles comme étant globalement bonnes ne signifie pas qu'ils devaient nécessairement proposer une suite favorable à sa demande. C'est une condition certes indispensable pour juger du succès d'un apprentissage en milieu ouvert tel qu'envisagé par le recourant, mais elle n'y suffit pas. Un fonctionnement social adéquat et la capacité à s'adapter sont des critères tout aussi décisifs pour la réussite d'un cursus de formation. Or, sur ce plan justement, les responsables de la réadaptation ont estimé que les progrès accomplis par l'assuré étaient encore insuffisants et on ne voit pas de motif sérieux de mettre en doute leur avis. L'appréciation du docteur P.________ n'est à cet égard d'aucun secours au recourant. La prescription de la Ritaline aura sans doute conduit à un meilleur contrôle de ses réactions, il n'en demeure pas moins que placé dans des conditions proches à celles d'une place d'apprentissage, ce dernier a fait preuve d'un comportement inadéquat de nature à rendre aléatoire le résultat de la mesure projetée. A cet égard l'opinion de spécialistes de la réadaptation qui ont pu observer C.________ durant trois mois l'emporte sur celui du médecin traitant psychiatre, même si celui-ci évoque un risque de régression en cas de refus. On rappellera que les mesures d'ordre professionnel prévues à l'art. 8 al. 3 let. b LAI n'ont pas de vocation thérapeutique et que l'assuré a connu déjà plusieurs échecs à cause de problèmes similaires. Pour le surplus, le Tribunal de céans n'entrera pas en matière sur la polémique engagée par le recourant autour des qualifications et des compétences professionnelles des responsables du centre ORIPH. Cette organisation, qui a pour mission l'observation, la formation et l'intégration socio-professionnelle des personnes handicapées ou en difficulté, fait en effet partie des spécialistes reconnus de l'aide privée aux invalides auxquels les offices AI peuvent faire appel dans le cadre de l'art. 59 al. 2 LAI pour examiner si un assuré est susceptible d'être réadapté. Il n'y dès lors pas lieu de donner suite à la requête du recourant de procéder à une audition du personnel du centre ORIPH. Il en va de même de sa demande «d'une expertise neurochirurgicale» dans la mesure où les aspects médicaux du cas apparaissent ici suffisamment clairs. D'après l'état de fait existant au moment de la décision litigieuse, l'office AI et la juridiction cantonale pouvaient légitimement mettre en doute l'aptitude de C.________ à mener à terme, avec succès, une mesure de réadaptation professionnelle; aussi bien le recours est-il mal fondé. On précisera que cela ne préjuge en rien le droit du recourant aux prestations dans le futur.