Citation: 4A_455/2007 12.02.2008 E. 2

La recourante dénonce en premier lieu une violation de l'art. 30 ch. 1 Cst., reprochant au Président de la Cour d'appel d'avoir adopté une attitude partiale. 2.1 Selon l'art. 30 al. 1 Cst., toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue par un tribunal établi par la loi, compétent, indépendant et impartial, c'est-à-dire par des juges qui offrent la garantie d'une appréciation parfaitement objective de la cause (ATF 129 III 445 consid. 3.3.3). Si la simple affirmation de la partialité ne suffit pas, mais doit reposer sur des faits objectifs, il n'est pas nécessaire que le juge soit effectivement prévenu; la suspicion est légitime, même si elle ne se fonde que sur des apparences, pour autant que celles-ci résultent de circonstances examinées objectivement. Les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont en revanche pas décisives (ATF 131 I 24 consid. 1.1; 129 III 445 consid. 3.3.3). 2.2 La recourante évoque, tout d'abord, à titre de circonstances extérieures, l'attitude adoptée, entre juillet 2004 et janvier 2005, par le Juge C.________, en qualité de Président de la juridiction des prud'hommes, dans le cadre d'un échange de correspondances; cet échange a eu lieu entre l'avocate de la recourante, le Service cantonal pour la promotion de l'égalité entre homme et femme et le Juge C.________ et avait pour objet le fonctionnement et les pratiques du greffe de la juridiction des prud'hommes, ainsi que la formation des juges de cette juridiction en lien avec la loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes. La recourante met ensuite en relation « l'hostilité » du magistrat à l'égard de son avocate à la suite des échanges de courriers susmentionnés avec le contenu du jugement entrepris. Revenant en particulier sur un passage de la motivation juridique, la recourante soutient qu'au même titre que le Juge C.________ a traité (en termes choisis) Me Bürgisser de menteuse et la directrice du Service d'égalité de son « zélé porte-parole », le magistrat l'a traitée, dans le jugement remis en cause, de menteuse et l'association genevoise W.________ de son « porte-parole zélé ». A travers sa critique, force est de constater que la recourante fait état de son sentiment personnel, sans présenter de motifs qui permettraient objectivement de douter de l'impartialité des juges. Dans un premier temps, il convient de relever que la qualification de « menteuse » ne ressort pas de l'arrêt attaqué. Ensuite, l'utilisation du terme « porte-parole zélé », qui l'a été dans un courrier adressé par le magistrat C.________ à une tierce personne plus de deux ans auparavant ne saurait, bien évidemment, suffire à démontrer une attitude partiale envers la recourante. Au demeurant, la cour cantonale pouvait mettre en avant dans son appréciation du comportement respectif des parties, sans pour autant révéler de manière objective une prévention de sa part, la démarche entreprise par la recourante auprès de l'association genevoise W.________. A cet égard, l'autorité cantonale pouvait retenir, sans dévoiler d'a priori négatif, que les accusations de harcèlement sexuel dénoncées auprès de cette association étaient fausses, puisqu'il résulte de l'appréciation des preuves, qui - comme on le verra - échappe au grief d'arbitraire, que la vraisemblance de tels actes n'a pas été démontrée à satisfaction: non seulement il a été retenu que la recourante n'a pas rendu plausible que A.________ l'avait mise, à ..., dans une situation embarrassante en multipliant les attitudes visant à présenter leur relation intime comme toujours d'actualité, mais, en sus, la recourante a admis, de son propre chef, qu'elle « n'a jamais affirmé que M. A.________ a tenté de l'embrasser ou de la toucher ou de lui faire des propositions de nature sexuelle ». Cela étant, on ne discerne aucune violation de la garantie d'un tribunal impartial.