Citation: 5A_1048/2021 E. 8.2

8.2. Comme le relève à juste titre l'intimé, le Juge délégué s'est fondé sur la pièce n° 105 produite par la recourante et établie par son assureur-maladie pour arrêter le montant de ses frais médicaux non remboursés. A teneur de cette pièce, les frais médicaux non remboursés s'étaient élevés à un montant de 2'137 fr. 85 du 12 février 2018 au 12 juin 2020 à savoir 76 fr. 35 par mois. La recourante fonde quant à elle son argumentation sur une autre pièce qu'elle a également produite, à savoir la pièce n° 510 qui comporte un récapitulatif des frais médicaux principalement acquittés par l'intimé par le biais de ses comptes auprès de la Banque J.________ pour l'ensemble de la famille en 2019, montant qu'elle divise ensuite par le nombre de personnes occupant le foyer, à savoir cinq. Sur cette base, la recourante obtient un montant mensuel de 295 fr. Or, si c'est vraisemblablement ce montant arrondi qui a été intégré aux charges de l'intimé faute de données plus précises (cf. infra consid. 9), il n'y avait cependant rien d'arbitraire à retenir un montant différent concernant la recourante, dans la mesure où le Juge délégué était en possession de données chiffrées plus précises et plus récentes la concernant. Le grief est en conséquence infondé. S'agissant du poste " Téléphone, télévision et Internet ", la recourante fait état d'une charge mensuelle de 180 fr. 10 qu'elle obtient en additionnant l'ensemble des montants acquittés auprès de I.________ durant l'année 2019 qu'elle divise ensuite par douze. Or, il ressort de la pièce n° 524 sur laquelle elle se fonde que les deux montants les plus importants acquittés auprès de I.________ de 260 fr. 65 et 250 fr. ne correspondent à aucun relevé mensuel, de sorte que l'on ne sait pas exactement à quoi ces frais se rapportent. L'un des montants semble avoir servi à financer l'installation d'une box TV si l'on se fie aux annotations de la recourante, à savoir des frais ponctuels et non récurrents. L'autre montant a été acquitté en janvier 2019, de sorte qu'il pourrait également correspondre à une facture antérieure à 2019 puisque la facture mensuelle de janvier 2019 a bien été produite et s'élève à 138 fr. 50. Or, en excluant ces deux montants, la moyenne mensuelle des frais acquittés s'élève à 138 fr. 30. En conséquence, il n'y avait rien d'arbitraire à arrêter la charge mensuelle de la recourante pour la téléphonie, la télévision et Internet à 142 fr. 40. Pour ce qui est de la prise en compte d'un montant à titre de versement en faveur de son troisième pilier, l'intimé soulève à juste titre que la recourante n'a pas démontré avoir continué à alimenter un tel compte après la séparation des parties. En effet, la pièce dont elle se prévaut fait état d'un versement unique par l'intimé d'un montant de 6'768 fr. en décembre 2018 sur le compte de prévoyance dont la recourante est titulaire auprès de la Banque J.________. Cette dernière n'a en revanche produit aucun décompte de versements qui seraient intervenus en 2019 et 2020 sur ledit compte ou un autre compte de prévoyance. Dans la mesure où, de jurisprudence constante, seules les charges effectives du débirentier (ou du crédirentier), à savoir celles qui sont réellement acquittées, peuvent être prises en compte pour le calcul de la contribution d'entretien (ATF 121 III 20 consid. 3a et les références; arrêts 5A_378/2021 du 7 septembre 2022 consid. 7.3; 5A_405/2019 du 24 février 2020 consid. 5.2 et les références; 5A_272/2019 du 9 juin 2020 consid. 4.1 et les références), c'est sans arbitraire que le Juge délégué n'a pas pris en compte un tel poste de charges s'agissant de la recourante. Compte tenu du train de vie des parties, les différences de montants mensuels de respectivement 1 fr. 80 pour l'assurance ECA ménage et de 4 fr. 10 pour l'assurance bâtiment invoquées par la recourante pour ces deux postes de charges ne sauraient de toute évidence conduire à un résultat arbitraire, de sorte qu'il n'y a pas lieu de se pencher plus avant sur cette critique. Pour ce qui est de la charge fiscale de la recourante, celle-ci sera de toute façon réexaminée dans la mesure où elle dépend du montant des contributions d'entretien perçues, lesquelles devront être fixées à nouveau par le Juge délégué dans la mesure où la cause lui est renvoyée pour complément d'instruction et nouvel examen des revenus perçus par l'intimé de la société E.________ SA.