Citation: 6B_672/2022 E. 2.4.2

2.4.2. Il convient de déterminer si l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse pourrait l'emporter sur les intérêts publics présidant à son expulsion. Cet examen implique en particulier d'apprécier si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH (cf. arrêts 6B_344/2020 du 9 juillet 2020 consid. 3.3; 6B_312/2020 du 11 mai 2020 consid. 2.2; 6B_124/2020 du 1er mai 2020 consid. 3.4; 6B_1045/2019 du 18 octobre 2019 consid. 1.4; 6B_2/2019 du 27 septembre 2019 consid. 7.1 et 8 non publiés aux ATF 145 IV 455). En rapport avec l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, il faut prendre en considération le fait qu'il est arrivé à l'âge de 9 ans, la longue durée du séjour dans ce pays et le fait que plusieurs membres de sa famille (dont ses parents) vivent ici. Il faut certes aussi tenir compte du bon comportement qu'il a adopté depuis sa sortie de détention, soit le fait qu'il a renoué avec sa famille, qu'il a trouvé un travail dans le cadre duquel il est apprécié et qu'il a payé ses peines pécuniaires et remboursé ses dettes de plus de 20'000 francs. Cependant, ces éléments ne suffisent pas pour considérer son intégration (actuelle et pour l'avenir) d' "excellente ", comme l'affirme le recourant. Au contraire, comme on l'a vu, le recourant fait état d'un parcours chaotique et instable, a émargé à l'assurance-chômage, ainsi qu'à l'aide sociale et a fait l'objet de plusieurs poursuites. Le recourant ne peut ainsi pas se prévaloir d'une bonne intégration professionnelle et sociale en Suisse. Pour ce deuxième volet, le fait d'être membre d'un club de football amateur de 5e ligue n'y change rien. Pour ce qui concerne ses troubles psychiatriques, il apparaît que le recourant a entrepris un traitement médicamenteux et un suivi psychiatrique à raison d'une séance par mois, qui ont permis à ses troubles de se stabiliser. Le recourant n'allègue pas que son expulsion vers U.________ l'empêcherait de recevoir les soins dont il a besoin. Son état de santé ne saurait ainsi faire obstacle à son renvoi. Le recourant ne parvient en outre pas à démontrer que, d'une quelconque manière, sa réintégration à U.________ serait particulièrement compromise. Ses perspectives de réinsertion sont favorisées en l'occurrence par ses connaissances linguistiques (en tout cas à l'oral), par la présence de quelques membres de sa famille (une tante, une grande-mère et un cousin) avec qui, selon ses dires, il est " régulièrement, à savoir [...] quatre à cinq fois par année environ, en contact ". Ainsi, contrairement à ce que soutient le recourant, il dispose dans ce pays d'un entourage susceptible de l'aider à s'installer lors de son arrivée et ainsi faciliter son intégration. Au demeurant, comme l'a retenu la cour cantonale, les contacts avec les membres de sa famille en Suisse, surtout avec ses parents, peuvent s'exercer par le biais des moyens de télécommunications modernes. Ses parents pourront aussi, au besoin, continuer de lui apporter une aide à tout le moins financière depuis la Suisse. Les intérêts publics présidant à l'expulsion du recourant sont importants. Il a en effet commis de nombreuses infractions pour lesquelles il a été condamné à une peine privative de liberté de 30 mois. Comme l'a relevé à juste titre la cour cantonale, les faits reprochés au recourant dans le jugement attaqué sont graves, puisqu'il s'en est pris aux biens juridiques les plus précieux que sont notamment l'intégrité physique et sexuelle d'autrui, pour des motifs purement égoïstes, soit sa propre satisfaction sexuelle. On rappelle dans ce contexte que la jurisprudence commande de se montrer particulièrement strict en cas d'actes de violence contre l'intégrité corporelle, psychique et sexuelle (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3; arrêt 6B_1485/2021 du 11 mai 2022 consid. 2.6.2). De tels comportements, couplés en l'espèce à plusieurs autres infractions, à une prise de conscience presque inexistante, ainsi qu'à des nombreux antécédents (tous commis depuis sa majorité, contrairement à ce qu'affirme le recourant), démontrent un mépris constant et total pour l'ordre juridique suisse et le sentiment de sécurité d'autrui. Le recourant est en effet ancré dans la délinquance, ayant déjà été condamné à sept reprises par le passé, y compris à des peines privatives de liberté, sans que cela ait eu un quelconque effet dissuasif sur ses comportements. Par ailleurs, la peine privative de liberté à laquelle le recourant a été condamné en l'espèce (30 mois) dépasse une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée " au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEI, toute peine dépassant un an d'emprisonnement; arrêts 6B_1300/2021 du 10 juin 2022 consid. 2.4.4; 2C_1049/2021 du 18 mars 2022 consid. 4.3).