Citation: 1P.654/2001 31.10.2001 E. 3

3.- Le recourant ne conteste pas la base légale de son maintien en détention, ni l'existence de charges suffisantes à son encontre. Il nie en revanche la présence d'un risque de récidive et d'un danger de fuite propres à justifier son maintien en détention. a) L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un détenu peut, en principe, maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Selon la jurisprudence, le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités; voir aussi, arrêt de la CourEDH dans la cause Clooth c. Belgique, du 12 décembre 1991, Série A vol. 225, § 40). Cependant, en présence de délits de violence graves ou de délits sexuels, il n'y a pas lieu de se montrer trop exigeant dans l'admission d'un risque de récidive, sous peine d'exposer les victimes potentielles à un danger dont la responsabilité ne saurait être assumée; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271; arrêt du Tribunal fédéral non publié du 19 octobre 1999 dans la cause Z. contre Ministère public du canton d'Argovie, consid. 5b in fine). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par d'autres moyens que le maintien en détention, tels que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine p. 271 et les arrêts cités). b) En l'occurrence, les infractions reprochées au recourant sont relativement graves, même si les actes qu'il a reconnu avoir commis ne se sont pas accompagnés de violence. Il ne s'agit pas d'un épisode isolé puisque X.________ avait déjà cherché à attirer sans succès des petites filles âgées de six à neuf ans, quelques semaines avant les faits incriminés. Le recourant a d'ailleurs déclaré ressentir une attirance sexuelle envers les fillettes qui le faisait rechercher activement depuis un mois l'occasion d'entretenir des relations intimes avec elles. Il a certes dit regretter ses agissements et manifesté une envie réelle et sincère de s'amender et de reprendre une vie normale en procédant aux démarches nécessaires à la mise en place d'un suivi psychologique ambulatoire, accompagné d'un soutien familial et professionnel, dans l'hypothèse de son élargissement. L'ensemble de ces démarches, qu'il convient de qualifier de positives, ne sauraient toutefois masquer le fait que le recourant a cherché activement depuis un mois à assouvir ses pulsions sexuelles sans pouvoir y résister. Le juge de la détention doit se montrer particulièrement prudent dans l'appréciation d'un éventuel risque de récidive à l'égard des auteurs de délits sexuels, au regard notamment des séquelles physiques et psychologiques auxquelles ce type de délits expose ses victimes, surtout lorsqu'il s'agit de jeunes enfants. Il n'est en règle générale pas en mesure d'apprécier un tel risque et doit s'entourer d'un avis médical qui faisait défaut lorsque la Chambre d'accusation a statué. Celle-ci n'a donc pas évalué le risque de récidive de manière incorrecte dans la situation qui prévalait lorsqu'elle a pris sa décision. L'expert a certes rendu son rapport dans l'intervalle. L'allégation de faits nouveaux n'est cependant pas admissible dans les recours de droit public soumis à l'exigence de l'épuisement des instances cantonales (ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26). Il est dès lors impossible de prendre en considération cette nouvelle pièce. Au demeurant, l'expert n'exclut pas un risque concret de récidive; pour l'écarter, il préconise la mise en oeuvre d'un traitement médical ambulatoire pratiqué par un thérapeute ayant une expérience particulière dans la prise en charge des délinquants sexuels accompagné d'une psychothérapie destinée à assurer au recourant une stabilité dans ses relations affectives et sociales, ainsi que dans ses activités professionnelles. Si, à dires d'expert, un traitement médical ambulatoire suffirait donc pour garantir la sécurité publique à la condition que le prévenu soit suivi par un spécialiste, il n'est pas établi que le médecin auquel le recourant s'est adressé dispose des connaissances spécifiques nécessaires à répondre aux exigences de l'expert; aussi, même si l'on voulait tenir compte de l'expertise du 26 octobre 2001, celle-ci ne pourrait en l'état conduire à la relaxation immédiate du recourant moyennant la mise en oeuvre d'un suivi thérapeutique ambulatoire auprès du Centre médical de Divonne-les-Bains. Le recours est dès lors mal fondé en tant qu'il porte sur l'existence d'un risque de réitération; le maintien en détention se justifiant pour ce seul motif, il n'y a pas lieu d'examiner si cette mesure s'impose également en raison d'un danger de fuite.