Citation: 2C_615/2019 E. 5.5

5.5. Sur le plan économique, l'arrêt entrepris retient que le recourant réalisait un revenu mensuel de 3'600 fr. lorsqu'il avait un emploi fixe, puis qu'il a touché les indemnités de chômage jusqu'au 20 mars 2015, date à laquelle son droit a pris fin. Il a dépendu de l'aide sociale depuis la séparation d'avec son épouse en mai 2016. Il n'est pas fait état de dettes autres ou de poursuites. Sur le vu de ces indications, il faut admettre que le recourant a fait preuve d'une certaine intégration sur le plan économique pendant les premières années de son séjour en Suisse. Cela ne suffit cependant pas à retenir une intégration économique réussie au vu de la dépendance du recourant à l'aide sociale depuis mai 2016, qui apparaît durable. En effet, le fait que le recourant soit au bénéfice d'une rente AVS, ce qu'il souligne dans son recours, ne permet en l'espèce pas de conclure à une plus grande autonomie financière, dès lors que la rente s'élève à un montant mensuel de 280 fr. (cf. art. 105 al. 2 LTF), ce qui n'est de loin pas suffisant pour subvenir à ses besoins. Quant à la circonstance que le recourant pourrait percevoir des prestations complémentaires à l'AVS en 2020, elle n'a pas à être prise en compte, dès lors que pour déterminer si l'intégration est réussie, il y a lieu de se référer essentiellement à la situation de la personne concernée durant la vie commune des époux, en prenant éventuellement en considération l'évolution de la situation jusqu'à l'échéance de la dernière autorisation de séjour délivrée au titre du regroupement familial (cf. arrêts 2C_160/2018 du 29 octobre 2018 consid. 2.2; 2C_175/2015 du 30 octobre 2015 consid. 3), soit en l'espèce juin 2017. Au demeurant, les prestations complémentaires à l'AVS, si elles ne relèvent pas de la notion d'aide sociale au sens strict (ATF 141 II 401 consid. 5.1 p. 404; 135 II 265 consid. 3.7 p. 272; arrêt 2C_13/2019 du 31 octobre 2019 consid. 3) n'en demeurent pas moins des aides de l'Etat. Pour cette raison, dans les cas où, comme en l'espèce, ces prestations s'insèrent dans la continuité de celles versées antérieurement au titre de l'aide sociale, la jurisprudence retient que le recours aux prestations complémentaires AVS peut plaider en défaveur de la poursuite du séjour en Suisse (cf., dans le cadre de la révocation d'une autorisation d'établissement, arrêt 2C_98/2018 du 7 novembre 2018 consid. 4.4).