Citation: 4C.391/1999 20.01.2000 E. 2

2.- Les demandeurs invoquent également une violation de l'art. 8 CC. a) Cette disposition répartit, pour les prétentions relevant du droit fédéral, le fardeau de la preuve et détermine sur cette base qui doit assumer les conséquences de l'échec de la preuve (ATF 125 III 78 consid. 3b; cf. également: ATF 122 III 219 consid. 3c). En l'espèce, les recourants, en tant que demandeurs dans l'action en garantie, devaient prouver les faits permettant de constater l'existence d'un défaut et la moins-value qui en résulte. Dans la mesure où la cour cantonale restait dans le doute sur l'une ou l'autre de ces questions de fait, elle n'a pas violé l'art. 8 CC en tranchant en défaveur des demandeurs qui supportaient le fardeau de la preuve. b) On déduit aussi de l'art. 8 CC un droit à la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c) et à la contre-preuve (ATF 120 II 393 consid. 4b; 115 II 305). Il faut cependant que les moyens de preuve aient été régulièrement offerts (ATF 122 III 219 consid. 3c) et qu'ils apparaissent utiles pour prouver un fait pertinent (ATF 123 III 35 consid. 2b; 122 III 219 consid. 3c; 121 III 60 consid. 3c) non encore établi (ATF 122 III 219 consid. 3c; 120 II 60 consid. 3d; 119 II 114 consid. 4c; 119 II 157 consid. 2). En l'espèce, les demandeurs ne prétendent pas qu'ils auraient été empêchés d'apporter une preuve utile, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner la question sous cet angle. c) On peut considérer que l'art. 8 CC est également violé si le juge admet un fait contesté, sans qu'il n'y ait aucune preuve de celui-ci (ATF 114 II 289 consid. 2a). Mais l'art. 8 CC ne dicte pas comment le juge peut former sa conviction (ATF 122 III 219 consid. 3c; 119 III 60 consid. 2c; 118 II 142 consid. 3a; 118 II 365) ou doit choisir entre des preuves contradictoires (Poudret, op. cit., n° 4.7.1 ad art. 43 OJ). Ces questions ne sont pas régies par le droit fédéral et ne peuvent donc donner lieu à un recours en réforme (ATF 122 III 26 consid. 4a/aa; 122 III 61 consid. 2c; 122 III 73 consid. 6b/bb p. 80; 121 III 350 consid. 7c; 120 II 97 consid. 2b; 119 II 84; 119 II 110 consid. 3d; 119 II 114 consid. 4c; 119 II 147 consid. 1). L'art. 8 CC ne règle pas davantage les modalités d'exécution d'une mesure probatoire (ATF 122 III 219 consid. 3c; 119 III 60 consid. 2c). Lorsque les demandeurs critiquent le comportement de l'intimé pendant la première expertise, ainsi que le déroulement de la seconde expertise, ils ne s'en prennent nullement à des questions relevant du droit fédéral. Ni la procédure d'expertise, ni la force probante du rapport en fonction de l'attitude des parties ne sont régies par ce droit. Savoir si une preuve est ou non apportée, singulièrement si un rapport d'expertise est suffisamment complet ou crédible, est une question d'appréciation des moyens de preuve recueillis échappant au droit fédéral. Que la première expertise n'ait pas été jugée convaincante et que la seconde lui ait été préférée constitue une pure question d'appréciation des preuves. Le droit fédéral ne prescrit en particulier pas que le juge soit lié par les conclusions d'une expertise ordonnée avant l'ouverture de la procédure ordinaire. En l'absence de toute violation du droit fédéral, le recours est manifestement infondé.