Citation: 6P.75/2004 03.07.2004 E. 2

Le recourant invoque l'arbitraire et une violation du principe in dubio pro reo. Dans la mesure où, comme en l'espèce, l'appréciation des preuves est critiquée en référence avec le principe in dubio pro reo, celui-ci n'a pas de portée plus large que l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41). Cette dernière notion a été rappelée récemment dans l'ATF 128 I 177 consid. 2.1 p. 182 auquel on peut se référer. 2.1 Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir retenu ses déclarations et d'avoir préféré, sans motivation, celles de l'autre conductrice ainsi que celles du témoin, alors que ce dernier n'aurait fait part que de ses impressions. En réalité, il invoque ainsi deux griefs distincts, soit une violation du droit d'être entendu (cf. infra consid. 2.1.1) et l'arbitraire dans l'appréciation des preuves (cf. infra consid. 2.1.2). 2.1.1 Il découle du droit d'être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., l'obligation pour l'autorité d'indiquer dans son prononcé les motifs qui la conduisent à sa décision (cf. ATF 123 I 31 consid 2c p. 34; 112 Ia 107 consid. 2b p. 109). L'autorité n'est pas tenue de discuter de manière détaillée tous les arguments soulevés par les parties. Elle peut limiter son examen aux questions décisives pour l'issue du litige. La motivation de la décision doit permettre de comprendre quels éléments ont été retenus comme établis, mais aussi, s'il existe plusieurs versions contradictoires des faits, pourquoi l'une a été choisie de préférence à l'autre (cf. ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 17; 125 II 369 consid. 2c p. 372; 124 II 146 consid. 2a p. 149; 124 V 180 consid. 1a p. 181; 117 Ia 3 consid. 3a p. 3 s.). La cour cantonale a retenu que le recourant n'avait pas décéléré à l'entrée du giratoire, contrairement aux allégations de celui-ci. Pour ce faire, elle s'est principalement basée sur les déclarations du témoin selon lesquelles le véhicule du recourant arrivait un peu vite, n'a, semble-t-il, pas ralenti et n'était pas encore aux lignes de marquages de l'entrée dans le giratoire lorsque la conductrice s'est engagée dans le rond-point. Elle a estimé que ce témoignage était fiable, cohérent et constant. Il est d'ailleurs corroboré par l'état des véhicules suite au choc de la collision. La cour cantonale a ainsi jugé ces éléments comme suffisamment concluants pour être préférés à la version du recourant. Cette motivation répond manifestement aux exigences découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. Le grief doit donc être rejeté. 2.1.2 En tant qu'elle ne s'épuise pas dans une critique purement appellatoire et donc irrecevable dans un recours de droit public (cf. supra, consid. 1.2), l'argumentation du recourant ne saurait conduire à la conclusion que les juges cantonaux aurait arbitrairement écarté sa version des faits selon laquelle il aurait ralenti avant le giratoire. En effet, conformément à la libre appréciation des preuves, la cour cantonale a principalement fondé sa conviction sur le témoignage de Z.________ selon laquelle il ne lui a pas semblé qu'il y avait eu vraiment un ralenti du véhicule du recourant à l'entrée du giratoire. Les juges cantonaux ont estimé que ce témoin était fiable, qu'elle s'était présentée spontanément à la police, suite à un appel dans la presse, qu'elle n'avait pas le moindre intérêt dans cette affaire, qu'elle avait toujours fait preuve de retenue dans sa description des faits et que ses déclarations étaient cohérentes et constantes. Ils ont également relevé que le témoin, située tout proche de l'accident, disposait d'une bonne capacité d'observation. Au vu de ces éléments, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, tenir ce témoignage comme particulièrement convaincant. Par ailleurs, mise à part la retenue et les formules usitées par Z.________ et relevées dans l'arrêt attaqué, le recourant n'apporte aucun élément permettant de mettre en doute ce témoignage. Il n'apparaît ainsi pas que cette dernière aurait mal vu et relaté les événements, se serait contredit ou aurait eu un avantage à mentir. Enfin, pour appuyer sa conviction, la cour cantonale a encore retenu que les déclarations du témoin concordaient avec l'état des véhicules suite au choc. Les photos des voitures après l'accident montrent effectivement que l'avant du véhicule du recourant, plus particulièrement l'avant droit, a heurté violemment le flanc gauche de l'autre voiture, et plus particulièrement la porte arrière gauche, ce qui montre également que ce dernier engin était bien engagé dans le giratoire au moment du choc, conformément aux dires du témoin. Au vu de ces éléments, le grief d'arbitraire est infondé. 2.2 Le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir retenu que la conductrice n'aurait peut-être pas pu le voir et donc implicitement qu'il se trouvait bien au-delà du passage piétons avant le choc. En l'espèce, le recourant allègue des faits sans pertinence compte tenu des éléments constitutifs de l'infraction retenue à son encontre, à savoir qu'il est arrivé au giratoire un peu vite et sans marquer de retentissement. La question de savoir si la conductrice aurait pu le voir ou non n'est dans cette mesure pas déterminante. Partant, le recourant ne démontre aucun arbitraire d'une manière qui satisfasse un tant soit peut aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 2.3 Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir inversé la position des véhicules. Ce grief tombe à faux. En effet, il ne ressort nullement des constatations cantonales que le recourant ne venait pas de gauche par rapport à la conductrice et qu'il y a donc eu une inversion dans la position des automobiles. Bien au contraire, la cour cantonale a relevé les routes empruntées par chacun des véhicules et s'est référée au dossier photographique qui relève clairement la situation des engins. Certes, la cour cantonale a cité l'intégralité de l'art. 41b al. 1 OCR qui précise qu'avant d'entrer dans un carrefour à sens giratoire, le conducteur doit ralentir et accorder la priorité aux véhicules qui, sur sa gauche, surviennent dans le giratoire. Toutefois, cette citation légale ne signifie pas que le recourant n'était pas prioritaire. En effet, selon l'arrêt attaqué, les juges cantonaux lui reprochent uniquement de ne pas avoir ralenti à l'entrée du giratoire et d'avoir ainsi violé ses obligations de prioritaire.