Citation: 5A_729/2022 E. 5.2.2

5.2.2. 5.2.2.1. Il convient tout d'abord d'examiner la date à partir de laquelle un revenu hypothétique de l'immeuble a été imputé au recourant. Il sera précisé à cet égard que les intimées font fausse route, lorsqu'elles opposent sur ce point au recourant le principe de l'épuisement matériel des instances cantonales consacré par l'art. 75 al. 1 LTF, pour le motif que le recourant n'avait pas contesté en instance cantonale le dies a quo des contributions fixées par le premier juge. En réalité, le recourant ne remet pas en cause dans son recours fédéral, pas plus qu'il ne l'avait fait devant la juridiction précédente, la date à partir de laquelle il est astreint à contribuer à l'entretien des enfants. Il demande d'ailleurs lui-même dans ses conclusions que les pensions - dont il conteste cependant le montant - soient dues à compter dès 1er juillet 2020, à savoir la date retenue dans l'arrêt attaqué. Sa critique porte clairement sur la date à partir de laquelle pouvait être ajouté à ses revenus du travail le revenu hypothétique de l'immeuble dont il a hérité, élément qui peut avoir une influence sur la fixation du montant des contributions d'entretien. Dans la mesure où le premier juge n'avait pas imputé de revenu hypothétique en lien avec l'immeuble précité, c'est l'arrêt cantonal qui donne prise au grief, que le recourant donc est admis à soulever pour la première fois devant la Cour de céans. En l'occurrence, c'est à juste titre que le recourant se plaint d'arbitraire en tant que ce revenu immobilier hypothétique lui a été imputé dès le 1er juillet 2020. Il ressort en effet de l'arrêt cantonal qu'il n'a été inscrit au Registre foncier en tant que propriétaire de l'immeuble que plus tard, soit le 15 septembre 2020, constatation dont aucune des parties ne fait valoir, en instance fédérale, qu'elle serait insoutenable. Aucun revenu hypothétique lié à cet immeuble ne pouvait donc lui être imputé avant cette date. Il apparaît de surcroît qu'à l'instar de ce qui prévaut en matière de revenu hypothétique de l'activité lucrative (cf. ATF 147 III 398 consid. 5.4; 147 III 481 consid. 4.6; 129 III 417 consid. 2.2; arrêt 5A_513/2023 du 20 mars 2024 consid. 6.3.2.2 et les références), il convenait en principe d'accorder au recourant un délai approprié avant de lui imputer un revenu hypothétique, ceci afin de lui permettre de trouver un locataire. L'imputation d'un revenu hypothétique de la fortune n'est en effet admissible que pour autant que ce revenu soit possible et raisonnablement exigible (cf. supra consid. 4, 2e §). Il s'impose donc de renvoyer la cause à la juridiction précédente pour qu'elle fixe ce délai en faisant usage de son pouvoir d'appréciation et en tenant compte de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce. Il s'agira aussi de vérifier si, ainsi qu'il le soutient, le recourant avait prouvé en temps utile la nécessité de rénover les locaux avant de pouvoir les mettre en location et, le cas échéant, de tenir compte de cet élément dans la fixation du délai. 5.2.2.2. Il reste à examiner la question du montant du revenu hypothétique de l'immeuble. En tant que le recourant critique, par référence aux annonces produites par les intimées, le montant estimé du loyer qui pourrait être perçu (18'000 fr. par mois), son grief, autant que suffisamment motivé, doit être rejeté dès lors qu'il est impropre à démontrer l'arbitraire. La cour cantonale s'est fondée sur des annonces concernant des locaux commerciaux sis dans la même rue que ceux dont il a hérité. Elle a tenu compte du montant moyen du loyer proposé sur ces annonces, ce qui ne saurait, en l'état, être qualifié d'insoutenable, ce d'autant que le recourant ne soutient pas, ni a fortiori ne démontre, avoir fourni d'autres éléments permettant de procéder à l'estimation de ce loyer. Il se borne au surplus à contester le montant retenu, sans indiquer quel loyer pourrait selon lui être perçu. Cela étant, à l'instar de ce qui prévaut en matière de revenu du travail et de revenu de l'indépendant, seul le revenu net de l'immeuble peut être pris en considération dans la détermination de la capacité contributive (cf. concernant le revenu du travail l'ATF 147 III 265 consid. 7.1 et l'arrêt 5A_372/2023 du 26 octobre 2023 consid. 3.3.1 [revenu net, cotisations sociales déduites]; cf. concernant le revenu de l'indépendant l'ATF 143 III 617 consid. 5.1 et l'arrêt 5A_1048/2021 du 11 octobre 2022 consid. 4.2 [bénéfice net, à savoir la différence entre les produits et les charges]). Ainsi, doivent en particulier être déduits du loyer perçu ou estimé les éventuels intérêts hypothécaires dont doit s'acquitter le propriétaire de l'immeuble ainsi que les frais nécessaires à l'entretien courant (cf. s'agissant des frais d'entretien courant les arrêts 5A_785/2015 du 8 février 2016 consid. 3.2 et 5A_472/2014 du 21 octobre 2014 consid. 2 [concernant le revenu effectif de l'immeuble]). Il en résulte qu'en l'espèce, comme le fait valoir à juste titre le recourant, l'autorité cantonale ne pouvait lui imputer, à titre de revenu hypothétique, l'intégralité du loyer estimé, sans examiner le point de savoir si des charges devaient en être soustraites, notamment d'éventuels intérêts hypothécaires. La cause sera ainsi renvoyée à la juridiction précédente pour qu'elle y remédie. 5.2.2.3. Il faut enfin préciser que si les revenus du recourant, tels qu'ils seront déterminés après renvoi, s'avéraient insuffisants pour qu'il soit en mesure de couvrir les besoins des enfants pour certaines périodes, la cour cantonale devra encore examiner si le bénéfice net de la société E.________ Sàrl doit aussi être pris en compte dans la détermination de sa capacité contributive (cf. sur les principes applicables en la matière arrêt 5A_819/2022 du 10 octobre 2023 consid. 4.2 et les références), question qu'elle a renoncé à traiter dans l'arrêt attaqué pour le motif que les revenus de l'intéressé suffisaient à couvrir les besoins de ses enfants.