Citation: 4C.135/2005 20.06.2005 E. A

A.a La Fabrique X.________ SA (la demanderesse), fondée en 1935, a son siège à H.________. Elle a pour but en particulier la fabrication, l'achat et la vente de montres et parties de montres, ainsi que toutes autres fabrications se rapportant à l'industrie horlogère. Elle produit des montres, des chronomètres et des compteurs. A.________ (le défendeur) est entré en 1980 au service de la demanderesse, aux côtés de son père B.________, qui y déployait une activité depuis 1940. En 1990, le défendeur est devenu président du conseil d'administration et directeur de la demanderesse, alors que son père restait membre du conseil d'administration. Le défendeur était responsable de la gestion des affaires et de la représentation de la demanderesse. Jusqu'à la mi-octobre 2000, l'actionnariat de la demanderesse se composait du défendeur et de ses parents. A cette époque, le défendeur a acheté la totalité des actions. La situation économique de la demanderesse a été souvent précaire et la question de la revente de la société s'est posée à plusieurs reprises. Néanmoins, les exercices 1997/98, 1998/99 et 1999/2000 se sont clos sur un bénéfice. Dans le cadre de la Foire de Bâle 2000, le défendeur a fait la connaissance de C.________, lequel, en sa qualité de spécialiste du secteur des produits de luxe, s'intéressait aux droits de vente en Italie de la demanderesse. C.________ ayant eu vent que le défendeur envisageait de vendre la demanderesse, il a informé de cette opportunité le négociant en montres de luxe D.________, qui s'est mis de son côté en rapport avec E.________, amateur d'horlogerie de tradition et actionnaire de Y.________ SpA, une société holding qui contrôlait W.________ SA. Cette dernière société s'est déclarée intéressée à acheter la demanderesse, dans l'intention de développer les produits de cette dernière, de les porter à un très haut niveau de prestige et d'en créer de nouveaux. W.________ SA a chargé C.________ de mener, en compagnie de son mandataire, l'avocat F.________, les pourparlers relatifs à l'achat du capital-actions de la demanderesse. Dans ce cadre, une visite de l'usine de H.________ a été mise sur pied le 28 septembre 2000. Par contrat du 3 novembre 2000, le défendeur a vendu à W.________ SA l'intégralité des actions de la demanderesse. Lors de l'assemblée générale du même jour, C.________ a été nommé président du conseil d'administration et directeur de la demanderesse; le défendeur est demeuré membre du conseil d'administration de celle-ci, au contraire de son père, qui a perdu cette charge. Peu après la vente des actions, des divergences d'opinion sont apparues au sein du conseil d'administration de la demanderesse. La nouvelle direction s'est ainsi opposée à la politique des prix de la société, qui n'aurait même pas couvert le prix de revient, a considéré comme dépassé le mode de gestion et jugé obsolète, voire inutilisable, le parc de machines. Elle a encore déploré que certains rapports contractuels n'aient pas été formalisés par écrit et que les ébauches utilisées dans la fabrication des montres aient été produites il y a un demi-siècle, tandis que la production de nouvelles ébauches se serait révélée problématique sur le plan qualitatif. A partir de l'analyse des coûts effectuée par le défendeur, la nouvelle direction a conclu que la demanderesse avait vendu à perte pendant des années une partie de sa production, notamment parce qu'elle a estimé, contrairement au défendeur, que les ébauches déjà amorties devaient être intégrées dans le prix de revient. La collaboration entre les administrateurs devenant de plus en plus difficile, la demanderesse a licencié le défendeur avec effet immédiat le 11 janvier 2001, lequel a donné sa démission du conseil d'administration le 12 janvier 2001. Ces événements ont donné lieu à l'ouverture de plusieurs procédures judiciaires. A la même époque, V.________, liée à la demanderesse par un contrat oral de représentante exclusive sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique, a actionné celle-ci devant une instance judiciaire du Colorado pour violation dudit contrat; le procès s'est clôturé par une transaction. A.b Le 6 novembre 2003, la Fabrique X.________ SA a ouvert action contre A.________ devant le Tribunal de commerce de la Cour suprême du canton de Berne, concluant au paiement de la somme de 1'217'852 fr. La demanderesse reprochait au défendeur différentes violations de ses devoirs d'administrateur. Elle a affirmé que ce dernier lui avait causé un dommage d'environ 800'000 fr. par la vente à un prix trop bas de 518 montres-bracelets Z.________. En outre, elle a prétendu que le défendeur ne l'avait pas suffisamment informée sur le déroulement du procès aux Etats-Unis, lequel lui avait occasionné un préjudice total de plus de 400'000 fr. comprenant les frais de justice et d'avocat et le paiement de l'indemnité transactionnelle.