Citation: 6B_1118/2021 E. B

Par jugement du 11 juin 2021, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonale du canton de Vaud a rejeté l'appel de A.________ et a confirmé le jugement du 8 mars 2021. Il en ressort les faits suivants: B.a. A.________ est né en 1971 au Nigeria, pays dont il est ressortissant. Après avoir exercé le métier de mécanicien sur voitures pendant quatre ans, il aurait quitté le Nigeria en 2004 pour se rendre en Espagne, où il aurait travaillé dans la construction. Il serait arrivé en Suisse en 2009, mais aurait été expulsé, ne bénéficiant pas de titre de séjour valable. Il serait revenu en Suisse en 2012, où il aurait vécu chez son frère à V.________. Il se serait ensuite établi en France en 2014 ou 2016. Avant son incarcération en 2020, il vivait à W.________ avec sa compagne, F.________, également ressortissante du Nigeria, et leurs trois enfants. A.________ dit qu'il ne travaillait pas, s'occupant des enfants, que sa compagne réalisait un salaire mensuel d'environ 500 euros en tant que femme de ménage et que le couple recevait 700 à 900 euros à titre d'allocations familiales. Les extraits des casiers judiciaires suisse, français et espagnol de A.________ ne comportent aucune inscription. B.b. Entre 2015 et 2018, A.________, agissant de concert avec sa compagne F.________ (faisant l'objet d'une procédure distincte), a fait venir des compatriotes du Nigeria, dont les plaignantes B.________, née en 2001, et D.________, née en 2000, mineures au moment des faits, puis les a contraintes à se prostituer, notamment en Suisse. Au Nigeria, la mère de F.________ s'était chargée de recruter et d'expédier les jeunes femmes en Europe en leur faisant miroiter un travail et/ou des études. Avant leur départ, les jeunes femmes, issues d'un milieu modeste, étaient soumises à un rituel "juju", engagement comprenant notamment le prélèvement de cheveux. Convaincues du pouvoir réel de cette pratique, commune dans le sud du Nigeria, les jeunes femmes étaient persuadées que si elles venaient à désobéir, la rupture du serment leur vaudrait du mal à elles ou à leur famille. Cela a participé à les assujettir à la volonté de A.________ et de sa compagne. Ainsi, partagées entre l'espoir d'une vie meilleure et la peur des représailles liées au "juju", les jeunes femmes ont été amenées du Nigeria au Niger, puis en Libye avant de traverser la Méditerranée pour l'Italie. Dans ce dernier pays, elles ont été prises en charge par A.________ et F.________. Certaines d'entre elles ont été contraintes de se prostituer en Italie, sous la menace du "juju". Lorsqu'elle a refusé de se prostituer en Italie, B.________ a été battue par un homme en lien avec F.________. A.________ a joué le rôle de passeur et a pris en charge B.________ et D.________ pour les conduire en Suisse. Le 31 décembre 2015, il a tenté de faire entrer illégalement D.________ et deux autres jeunes filles en Suisse en les accompagnant en car entre X.________ et Y.________, les jeunes filles ayant pour consigne de ne pas dire que A.________ les accompagnait. Toutefois, à l'issue d'un contrôle à la douane suisse, les jeunes filles se sont vues refuser l'entrée en Suisse et ont été renvoyées en Italie. D.________ est finalement arrivée en Suisse en train en janvier ou février 2016, accompagnée par F.________. Quant à B.________, elle est arrivée en Suisse en train depuis la France à une date indéterminée au cours de l'année 2016, accompagnée par A.________. Une fois en Suisse, principalement à Z.________, les jeunes filles ont été hébergées par F.________ et contraintes de se prostituer, toujours sous la menace du "juju" et sous la surveillance d'une surnommée "G.________". D.________ était battue par F.________ lorsqu'elle refusait de "travailler". Dans les mêmes circonstances, B.________ et D.________ ont été menacées de mort par F.________. Sur consigne de F.________, les jeunes filles indiquaient une fausse identité et une fausse date de naissance - selon laquelle elles étaient majeures - en cas de contrôle par la police. Elles ont été contraintes de remettre leurs gains à des tiers, notamment à "G.________", lesquels étaient ensuite remis à F.________, sous prétexte de devoir rembourser les frais occasionnés par leur voyage, arbitrairement fixés à 40'000 euros chacune. B.________ et D.________ ont ainsi respectivement fait remettre à F.________ plus de 12'000 fr. et environ 20'000 euros provenant de leur activité de prostitution. B.________ et D.________ ont déposé plainte le 20 juin 2018. Par ailleurs, sept autres jeunes filles nigérianes, également mineures au moment des faits, ont été victimes des agissements de A.________ et de sa compagne, mais n'ont pas déposé plainte. B.c. A.________ a envoyé à des bénéficiaires au Nigeria, via des agences de transfert de fonds, l'argent issu de son activité criminelle. Ainsi, il a envoyé un total de 1'105 fr. 70 via l'agence H.________ entre le 22 mars 2016 et le 29 avril 2016, ainsi qu'un total de 2'152.25 euros par I.________ entre le 19 novembre 2015 et le 4 août 2018. Entre le 1er février 2016 et le 27 septembre 2016, A.________ a réceptionné de trois compatriotes vivant à V.________, en Italie et en France, trois envois d'argent via I.________ pour des montants totaux de 650 fr. et 715 euros.