Citation: 4C.334/2001 15.01.2002 E. 2

2.- Les défenderesses reprochent exclusivement à la cour cantonale d'avoir violé les articles 120 et 124 CO en n'opérant pas la compensation qu'elles avaient pourtant expressément requise. a) Une des conditions de la compensation réside dans l'identité et la réciprocité des sujets des obligations (Engel, Traité des obligations en droit suisse, 2e éd. Berne 1997, p. 671). En d'autres termes, il faut que chaque partie soit à la fois créancière et débitrice l'une de l'autre (art. 120 al. 1 CO; cf. ATF 126 III 361 consid. 6b p. 368; Aepli, op. cit. , art. 120 CO no 21 ss). En cas de solidarité passive, l'art. 145 al. 1 CO prévoit qu'un débiteur solidaire ne peut opposer au créancier d'autres exceptions que celles qui résultent, soit de ses rapports personnels avec lui, soit de la cause ou de l'objet de l'obligation solidaire. La compensation fait partie de ces exceptions (ATF 63 II 133 consid. 2 p. 138). Il résulte a contrario de ces principes que l'un des débiteurs solidaires ne peut compenser sa dette avec une prétention que possède un autre codébiteur envers le créancier (Aepli, op. cit. , art. 120 CO no 35; Schnyder, Commentaire bâlois, art. 145 CO no 2; von Tuhr/Escher, Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, vol. II, 3e éd. Zurich 1974, p. 306; Engel, op. cit. , p. 841 in fine). b) En l'espèce, selon le dispositif du jugement attaqué, le demandeur est tenu de payer 36'617, 40 fr. à Y.________ S.A. uniquement. Il s'agit donc d'une prétention appartenant à cette seule société et non pas d'une créance solidaire des deux défenderesses. Celles-ci le reconnaissent du reste expressément dans leur écriture. Les défenderesses apparaissent en revanche comme débitrices solidaires des sommes de 2'845, 80 et 9,458, 50 fr. moins les charges sociales que la cour cantonale les a condamnées à verser au demandeur. Il en ressort que, si Y.________ S.A. pourrait opérer une compensation entre les montants qu'elle doit à titre solidaire au demandeur et la créance qu'elle possède à l'encontre de celui-ci, il n'en va pas de même de la seconde défenderesse. En effet, cette dernière n'est titulaire d'aucune créance envers le demandeur selon le dispositif du jugement entrepris. Dans ce contexte, on ne peut reprocher à la cour cantonale de ne pas avoir prononcé une compensation qui aurait valu pour les deux défenderesses, alors que seule l'une d'entre elles pouvait l'invoquer. Le recours doit ainsi être rejeté, à supposer qu'il puisse être considéré comme recevable.