Citation: 6P.148/2006 24.11.2006 E. 7.2

7.2.1 Il ressort de l'état de fait cantonal que le feu était rouge pour les piétons, de sorte que les victimes n'étaient pas autorisées à traverser la chaussée (art. 27 al. 1 LCR, art. 68 al. 7 OSR). L'intimé bénéficiait, pour sa part, de la phase verte et était prioritaire. Si les feux lumineux ne déchargent pas l'usager de toute obligation de prudence, celui-ci peut néanmoins accorder une confiance accrue à cet indicateur et, si le feu est vert, il ne doit en principe pas encore vérifier que la voie est effectivement libre. La dangerosité des lieux - invoquée par le recourant - était désamorcée par l'existence des feux, de sorte que l'intimé était en droit d'attendre des deux piétonnes qu'elles ne traversent pas au rouge. 7.2.2 Il est bien évident que si un autre usager de la route commet manifestement une faute qui pourrait créer un risque d'accident, l'usager, quel qu'il soit, devra faire son possible pour éviter qu'un dommage ne se produise (freinage, manoeuvre d'évitement ou avertissement). L'art. 26 al. 2 LCR impose ainsi une prudence particulière aux conducteurs lorsqu'il apparaît qu'un usager de la route va se comporter de manière incorrecte, de même qu'à l'égard des enfants, des infirmes et des personnes âgées (ATF 129 IV 282 consid. 2.2.1 p. 285). En l'espèce, il n'existait aucun indice de comportement incorrect des deux victimes. La mère et l'enfant avaient traversé la première partie de la rue et s'étaient arrêtées sur l'îlot, où elles étaient immobiles et ne faisaient pas mine d'avancer, ce qui donnait à penser qu'elles allaient respecter la signalisation lumineuse. La mère tenait l'enfant par la main, de sorte que l'intimé pouvait compter que l'enfant, accompagné et surveillé par un adulte, allait se comporter correctement et n'avait en conséquence pas besoin de faire preuve d'une prudence particulière (ATF 129 IV 282 consid. 2.2.1 p. 285). Enfin, le simple fait que la mère ne regardait pas le feux ne constitue pas le signe d'un comportement incorrect, dès lors qu'il est courant que les piétons qui attendent au bord du trottoir pour traverser ne fixent pas les feux. 7.2.3 Dans ces conditions, l'intimé n'avait aucun motif de freiner prématurément, son véhicule étant de surcroît déjà en phase de décélération, ni d'actionner son avertisseur, celui-ci ne devant l'être que si la sécurité de la circulation l'exige (art. 40 LCR). Lorsque les deux piétonnes se sont engagées sur la route et que le danger a été reconnaissable pour l'intimé, celui-ci a parfaitement réagi. En effet, il roulait lentement et a immédiatement donné un coup de volant sur la gauche afin d'éviter d'entrer en collision avec les deux piétonnes. Dans ces circonstances, aucune faute ne peut être reprochée à l'intimé. L'autorité cantonale n'a donc pas violé le droit fédéral en refusant de l'inculper.