Citation: 4A_259/2020 E. 5

La recourante critique également l'analyse juridique de l'autorité précédente, qui a écarté la thèse d'une cession de créance au profit d'une subrogation de la débitrice solidaire aux droits de la créancière (art. 149 al. 1 CO). Le grief se fonde essentiellement sur la prémisse erronée que la cession de créance aurait dû être retenue comme un fait non contesté par l'intimé. Pour le surplus, la recourante s'appuie sur la terminologie adoptée par X.________, sans s'attacher à contrer l'analyse détaillée des juges valaisans, ce qui dispenserait déjà d'entrer en matière. En tout état de cause, il faut bien admettre que la décision attaquée échappe à toute critique. L'intimé est parvenu à démontrer qu'en 2000, la créance de X.________ contre lui et son ex-épouse n'était plus de 149'868 fr. 65 comme indiqué dans l'acte de défaut de biens du 14 décembre 1998, mais seulement de 55'268 fr. 65. A cette époque, X.________ n'avait donc plus le pouvoir de céder 149'868 fr. 65 (" nemo plus iuris ad alium transferre potest quam ipse habet "). A la lumière notamment de cet élément, et du fait que la recourante n'était pas un tiers quelconque mais une codébitrice solidaire, l'autorité précédente a conclu en toute conformité avec le droit fédéral que X.________ avait utilisé une terminologie inadéquate dans son courrier du 16 novembre 2000, et qu'il n'était en réalité pas question d'une cession de créance à titre onéreux sous la forme d'une " vente " de l'acte de défaut de biens au " prix " de 40'000 fr., mais bien d'une subrogation consécutive au paiement de 40'000 fr. par la codébitrice solidaire (art. 149 al. 1 CO). L'argumentation alternative proposée par les juges valaisans - qui concluent à l'inexistence d'une cession écrite - apparaît elle aussi conforme au droit fédéral. En théorie, il est certes possible de remédier à une cession de créance nulle faute de forme écrite (cf. art. 165 al. 1 CO) par la rédaction ultérieure d'une déclaration de cession en bonne et due forme, laquelle déploiera ses effets uniquement ex nuncet pro futuro (THOMAS PROBST, in Commentaire romand, 2e éd. 2012, n° 11 ad art. 165 CO; GIRSBERGER/HERMANN, in Basler Kommentar, 7e éd. 2020, n° 11 ad art. 165 CO; arrêt 4C.41/2003 du 24 juin 2003 consid. 4.4). Il est toutefois patent que dans ce cas concret, le courrier du 16 novembre 2015 ne pouvait avoir un tel effet guérisseur, puisqu'il s'agissait de confirmer l'opération survenue en 2000 et que X.________ n'y manifestait pas la volonté de transférer une créance, comme l'a constaté l'autorité précédente d'une façon qui résisterait au grief d'arbitraire si la recourante l'avait soulevé conformément aux exigences de motivation. Au surplus, la cour cantonale a retenu que X.________ avait concédé une remise de dette partielle à ses deux débiteurs et que de toute façon, elle n'avait pas cédé son éventuel solde de créance à la codébitrice solidaire. Cette motivation ne fait pas l'objet de griefs recevables; tout au plus relèvera-t-on qu'à défaut d'indices contraires, l'autorité précédente pouvait inférer que la créancière et la recourante n'avaient pas de liens privilégiés. Au demeurant, elle échappe à toute critique.