Citation: 6B_1047/2008 20.03.2009 E. 1

Le recourant invoque tout d'abord la violation de son droit d'être entendu. Il soutient n'avoir pas été en mesure de donner librement sa version des faits en première instance, faute d'avoir pu bénéficier d'un interprète parlant sa langue. L'interprète russophone mandaté par le Tribunal correctionnel ne maîtrisait, selon lui, pas le géorgien. 1.1 Saisie de ce même moyen, la cour cantonale n'est pas entrée en matière, au motif que le grief déduit de la violation d'une règle essentielle de procédure, telle que celle alléguée par le recourant, aurait présupposé le dépôt d'une requête incidente. Le jugement de première instance ne faisait pas état d'un tel procédé, mais relevait, au contraire, la présence d'un interprète géorgien. La cour cantonale en a conclu que le recourant avait laissé les débats suivre leur cours et invoqué ce motif après coup au vu du jugement. Le recourant se contente de répéter l'argumentation qu'il a développée devant l'autorité cantonale, sans discuter la question de la recevabilité de son moyen devant l'autorité précédente. Il ne développe ainsi aucune argumentation pertinente, de sorte que son moyen est irrecevable devant la Cour de céans. 1.2 Au demeurant, conformément aux exigences déduites par la jurisprudence du principe de la bonne foi en procédure (cf. art. 5 al. 3 Cst.), la partie qui s'aperçoit qu'une règle de procédure est violée à son détriment ne saurait laisser la procédure suivre son cours sans réagir, dans le but, par exemple, de se réserver un moyen de nullité pour le cas où le jugement à intervenir ne la satisferait pas. Les manoeuvres dilatoires de cette sorte sont inadmissibles (ATF 127 II 227 consid. 1b i.f. p. 230; voir aussi ATF 111 V 149 consid. 4c i.f. p. 150). Aussi la partie qui renonce sciemment à faire valoir la violation d'une règle de procédure devant un juge qui serait en mesure d'en réparer les conséquences est-elle en principe déchue du droit de se prévaloir de cette violation devant le Tribunal fédéral (ATF 117 Ia 491 consid. 2a p. 495). Il en va ainsi des griefs constitutionnels et conventionnels relatifs au droit de l'accusé qui ne maîtrise pas la langue de la procédure de disposer d'un interprète tant pour communiquer avec l'autorité qu'avec son propre conseil (v. ATF 118 Ia 462 consid. 2 ainsi que l'arrêt du Tribunal fédéral du 29 octobre 2003, 1P.482/2003, consid. 3.3). Comme l'a relevé la cour cantonale, il ne ressort pas du procès-verbal de la procédure de première instance que le recourant aurait soulevé un tel incident. Il admet d'ailleurs expressément ne l'avoir pas fait nonobstant les difficultés qui seraient, selon lui, apparues déjà en cours d'audience et qui auraient conduit le Tribunal à inviter son conseil à s'exprimer pour lui parce qu'il ne serait pas parvenu à se faire comprendre en français et en russe. Le moyen est en conséquence irrecevable en instance fédérale. A supposer qu'il le soit, les principes qui sont rappelés ci-dessus conduiraient du reste, par identité de motifs, à confirmer l'irrecevabilité du grief déclarée par la cour cantonale.