Citation: 4A_311/2022 E. 7.3

7.3. Subsiste le loyer payé pour l'entreposage des livres: la défenderesse l'avait chiffré à 22'200 fr., de l'aveu de la cour cantonale. Cependant, elle a exclu de retenir ce montant en compensation au motif que la société d'édition était finalement restée propriétaire du stock de livres vu la nullité entachant les art. 5 et 6 de la convention. En théorie, la défenderesse pourrait réclamer, en se fondant sur l'enrichissement sans cause, le remboursement de frais engagés dans l'optique d'exécuter une clause contractuelle qui s'est révélée nulle, mais encore devrait-elle prouver qu'elle n'aurait pas subi de tel frais comme propriétaire du stock de livres. La défenderesse affirme qu'elle aurait eu tôt fait de pilloner un stock devenu rapidement obsolète si elle avait su que la convention était entachée de nullité. Elle soutient qu'elle n'aurait eu de cesse d'interpeller le demandeur pour qu'il reprenne ce stock impossible à écouler ou lui permette de le pilloner, ce qu'il aurait toujours refusé. L'intéressée ne relie pas ces affirmations à des allégations régulièrement introduites et assorties d'offres de preuves. Les décisions cantonales mentionnent certes des allégués selon lesquels la société d'édition avait sommé vainement le demandeur de récupérer le stock, mais elles n'évoquent pas le pillonage des livres. Dans un contexte peu étayé, ne contrevient pas au droit fédéral le pronostic excluant que la défenderesse eût pilloné le stock de livres si elle avait eu vent plus tôt de la nullité des clauses 5 et 6 de la convention. Partant, ne transgresse pas le droit fédéral l'analyse selon laquelle la défenderesse n'avait pas de créances à opposer en compensation aux prétentions émises par le demandeur.