Citation: 8C_267/2023 E. 6.3.1

6.3.1. La jurisprudence susmentionnée ne dit pas que la synthèse d'un dossier médical ou la relecture d'un rapport d'expertise ne peuvent pas être effectuées par des membres du personnel non médical d'un centre d'expertises, mais que si un médecin se charge de telles tâches, son nom doit être communiqué à l'assuré. En l'espèce, rien n'indique que la juriste du BEM se soit adonnée à une relecture du rapport d'expertise en portant un regard critique sur des aspects médicaux qui échapperaient à ses compétences professionnelles. Elle n'y a du reste apporté aucune modification et n'en a suggéré aucune à l'experte, de sorte que l'on peut exclure qu'elle ait procédé à une analyse d'ordre médical influençant le résultat de l'expertise. En outre, ni la loi ni la jurisprudence n'imposent qu'un rapport d'expertise soit relu par un autre médecin. La relecture finale de l'expertise de la doctoresse B.________ par une juriste, dont on peut admettre qu'il s'agissait d'un contrôle de qualité avec essentiellement pour objectif d'en vérifier le contenu sur un plan formel ainsi que le caractère complet et compréhensible pour un juriste ne disposant pas de connaissances médicales, échappe dès lors à la critique. S'agissant du résumé du dossier médical, il convient de distinguer l'activité intellectuelle déployée dans ce cadre par un médecin de celle d'un secrétaire d'un centre d'expertises. En synthétisant un dossier, un médecin est déjà susceptible de se livrer à une analyse d'ordre médical, par exemple en écartant des éléments qu'il estime non pertinents pour l'appréciation du cas, ou en mettant l'accent sur ceux qu'il considère importants. En revanche, le secrétaire d'un centre d'expertises accomplit un travail ayant une composante administrative prépondérante. Il est censé se limiter à résumer les pièces au dossier, sans se prêter à une sélection de dates, informations ou données qu'il jugerait déterminantes ou non. En tout état de cause, quand bien même un secrétaire outrepasserait ses compétences en se livrant à une telle sélection, et/ou présenterait un résumé comportant des lacunes voire des inexactitudes, l'expert reste tenu de prendre connaissance de l'ensemble des pièces et de porter un regard critique sur le résumé élaboré par un tiers. En établissant son rapport final et en le signant, l'expert se porte garant du rapport dans son intégralité, y compris de la synthèse du dossier, que celle-ci ait été effectuée par lui-même, par un autre médecin ou par un membre du personnel non médical d'un centre d'expertises. Ainsi, en l'absence de sérieux indices laissant penser que l'expert n'a pas exécuté son mandat dans les règles de l'art, on ne saurait nier la valeur probante de son expertise au seul motif qu'un secrétaire a procédé à la synthèse du dossier.