Citation: 5P.18/2000 22.02.2000 E. 3

3.- Dans un premier grief, la recourante soutient que le tribunal italien, en ne prenant pas en considération son moyen tiré de la compensation, aurait enfreint une "règle d'ordre public". a) Selon l'art. 27 ch. 1 CL, la décision étrangère ne doit pas être exécutée si l'exequatur, et non la décision elle-même (FF 1990 II 323 ch. 234. 2), est contraire à l'ordre public de l'Etat requis. Dans une jurisprudence constante, la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) a rappelé que la réserve de l'ordre public "ne doit jouer que dans des cas exceptionnels" (Bucher, Droit international privé suisse, t. I/1, n° 690 et les arrêts cités); tel est aussi l'avis de la doctrine unanime (voir notamment: Donzallaz, La Convention de Lugano, vol. II, §§ 2815 ss; Geimer/Schütze, Europäisches Zivilverfahrensrecht, N 14 ad art. 27 CB/CL et les références citées par ces auteurs). b) En l'espèce, l'autorité inférieure s'est fondée sur un arrêt du Tribunal fédéral, rendu en application de la Convention du 23 avril 1959 entre la Confédération suisse et la Belgique sur la reconnaissance et l'exécution de décisions judiciaires (ATF 97 I 151), pour dénier un caractère d'ordre public aux prescriptions relatives à la compensation (dans le même sens: Bucher, op. cit. , n° 738). En outre, elle a relevé que le juge italien était bien entré en matière sur le moyen soulevé par la recourante, sans pouvoir cependant le retenir, car la créance opposée en compensation ne remplissait pas les conditions posées aux art. 1241 ss CCit. ; or, il n'appartient pas à l'autorité saisie d'une demande en exequatur de revoir cette solution, une révision au fond de la décision étrangère étant prohibée (art. 29 et 34 al. 3 CL). Pour toute argumentation, la recourante se borne à épiloguer sur le "résultat ... profondément choquant" auquel aboutirait l'ordonnance italienne, mais elle n'expose pas en quoi il serait erroné d'appliquer à l'espèce la jurisprudence en question, qu'elle se contente de mentionner (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 11/12); elle ne discute pas davantage le motif subsidiaire de la cour cantonale (ATF 113 Ia 94 consid. 1a/bb p. 95/96 et la jurisprudence citée). Le grief est, dès lors, entièrement irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ).