Citation: 4A_286/2018 E. 3.1

3.1. Selon l'art. 28 CO, la partie induite à contracter par le dol de l'autre n'est pas obligée, même si son erreur n'est pas essentielle. Le dol est une tromperie intentionnelle qui détermine la dupe, dans l'erreur, à conclure un contrat qu'elle n'aurait pas conclu, ou du moins pas conclu aux mêmes conditions, si elle avait eu une connaissance exacte de la situation (ATF 136 III 528 consid. 3.4.2). L'erreur de la dupe peut être provoquée, renforcée ou entretenue par le cocontractant ou un tiers. L'art. 28 CO protège la libre formation de la volonté (AHMET KUT, in Handkommentar zum Schweizer Privatrecht, 3e éd. 2016, n° 1 ad art. 28 CO). La tromperie peut résulter d'affirmations inexactes ou de la dissimulation de faits vrais (ATF 132 II 161 consid. 4.1; arrêt précité 4A_285/2017 consid. 6.1). La dissimulation de faits vrais constitue un dol seulement lorsque celui qui occulte ces faits avait un devoir d'information qui peut résulter de la loi, du contrat et du principe de la bonne foi. L'étendue du devoir d'information dépend des circonstances du cas concret telles que la nature du contrat, la manière dont les pourparlers se sont déroulés, les intentions et les connaissances des participants (ATF 116 II 431 consid. 3a p. 434; 105 II 75 consid. 2a p. 80; arrêt précité 4A_285/2017 consid. 6.1). Le fait que l'acheteur ait la possibilité de se procurer l'information n'exclut pas nécessairement un devoir d'informer du vendeur (cf. ATF 106 II 346 consid. 4a); un tel devoir tombe si le vendeur, au regard des circonstances concrètes, peut de bonne foi partir de l'idée que l'autre partie découvrira sans autre l'information (ATF 116 II 431 consid. 3a p. 434; arrêt 4A_619/2013 du 20 mai 2014 consid. 4.1 et 5.3.3, in RNRF 2017 p. 118; arrêt 4C.64/2002 du 2 mai 2002 consid. 7). La tromperie doit être en rapport de causalité naturelle et adéquate avec la conclusion du contrat: sans cette tromperie, la dupe n'aurait pas conclu le contrat, ou l'aurait fait à des conditions plus favorables (ATF 136 III 528 consid. 3.4.2; 129 III 320 consid. 6.3; 89 II 239 consid. 7; arrêt 4C.253/2003 du 22 janvier 2004 consid. 2.1).