Citation: 4A_82/2010 01.04.2010 E. A

Y.________ (ci-après: l'employée) vivait avec sa famille dans une extrême précarité aux Philippines, dont elle est ressortissante. Elle a été mise en contact avec les époux X.________ (ci-après: les employeurs), auprès desquels il lui a été proposé de venir travailler en Suisse en qualité de "baby-sitter", ce qu'elle a accepté. C'est ainsi que le 17 octobre 1997, elle est venue s'installer chez ses employeurs et y a alors résidé, vivant en communauté domestique avec eux; au fil des mois, elle a noué des relations privilégiées avec la famille des employeurs, participant aux fêtes de famille, anniversaires, Noël, Nouvel-An notamment et étant à cet égard considérée comme un membre à part entière de la famille. Les parties admettent qu'elles ont conclu un contrat de travail oral, aux termes duquel l'employée a été engagée dès le 17 octobre 1997 en qualité de "baby-sitter" pour les deux enfants des employeurs. Pour l'essentiel, elle devait s'occuper de ceux-ci quand ils n'allaient pas à l'école et de l'intendance les concernant; en outre, elle aidait les employeurs, amenant et débarrassant les plats lorsqu'il y avait des invités et donnant certains week-ends un coup de main pour le service à table, par exemple quand il y avait un anniversaire d'enfant ou la réception d'amis; de manière générale, elle participait aux tâches quotidiennes avec les employeurs, en ce sens qu'elle ne les assumait pas à elle seule. Logée, nourrie et blanchie, l'employée percevait un salaire mensuel de 200 dollars américains et recevait en outre des cadeaux de l'employeuse. Rien n'a été entrepris pour lui obtenir un permis de séjour et de travail. Au cours de l'été 2004, l'employée est retournée dans son pays et a renoncé à revenir habiter au sein de la famille des employeurs; le contrat de travail a été résilié d'entente entre les parties. Durant les mois qui ont suivi et jusqu'au dépôt de la demande en justice dont il sera question ci-dessous, les parties ont continué à entretenir des contacts amicaux fréquents, s'envoyant des courriers électroniques, se téléphonant et se parlant par l'intermédiaire d'une webcam. De manière constante, l'employée a marqué aux employeurs sa reconnaissance pour tout ce qu'ils avaient fait pour elle. Pour la période d'octobre 1997 à août 2004, l'employée a touché 17'280 dollars américain. Le 15 février 2007, son conseil a mis les employeurs en demeure de lui payer le montant de 134'043 fr. 45 à titre d'arriérés de salaires du mois de février 2002 au mois d'août 2004, d'heures supplémentaires et de vacances. Le 26 mars 2007, un commandement de payer a été notifié à chacun des employeurs, qui ont formé opposition totale.