Citation: 6S.424/2004 16.02.2005 E. 1.3

1.3.1 En l'occurrence, il ressort du jugement de première instance, auquel l'arrêt attaqué renvoie dans son intégralité, que le recourant a agi parce qu'il a préféré conserver l'amitié de son ami plutôt que de sauver une vie humaine. En outre, le jugement précise que le recourant n'était pas en conflit avec la victime et que celle-ci ne l'avait pas fait profondément souffrir. Le grief du recourant, selon lequel la cour cantonale aurait fondé le diagnostic d'égoïsme sur le seul fait que le tribunal aurait écarté l'hypothèse qu'il avait été terrorisé par son ami et incapable de lui apporter un refus, est donc infondé. Dans son mémoire, le recourant admet du reste qu'il n'a recherché aucun avantage direct dans l'assistance prêtée à l'auteur principal et qu'il a donc agi gratuitement. Dans ces circonstances, c'est à juste titre que la cour cantonale a considéré que le recourant avait participé à l'assassinat de Z.________ par pur égoïsme. Le recourant soutient que son caractère malléable, retenu par l'expert psychiatre, devrait relativiser la part d'égoïsme dans son adhésion au projet criminel de Y.________. Ce grief n'est pas pertinent. En effet, un trouble psychique ou des particularités de caractère n'excluent pas la qualification d'assassinat (Corboz, Les principales infractions, n. 22 ad art. 112 CP, p. 34; arrêt, non publié, du Tribunal fédéral, du 22 décembre 1997, consid. 1a, 6S.780/1997). Ces éléments sont pertinents, le cas échéant, pour apprécier le degré de responsabilité du délinquant et fixer la peine en conséquence, mais ne sauraient être pris en compte pour apprécier ses scrupules et, partant, la qualification de l'infraction. 1.3.2 On ne saurait suivre le recourant, lorsqu'il soutient que la cour cantonale aurait retenu la qualification d'assassinat en raison du seul égoïsme dont il a fait preuve dans l'accomplissement de ses actes. La cour cantonale a en effet observé que la façon d'agir pendant les faits délictueux révélait une indifférence et une froideur particulièrement odieuses. Arrivé sur les lieux, face à la victime agonisante, le recourant s'est assis sur le canapé taché de sang et a fumé une cigarette, ce qui démontre une totale indifférence face à la souffrance d'autrui. Ensuite, il a aidé son ami à porter Z.________, inanimé, mais vivant, dans la voiture pour l'amener dans la forêt avoisinante, où les deux acolytes l'ont extrait de la voiture. Pendant que le recourant est resté dans le véhicule, Y.________, qui s'était muni d'un couteau suisse d'une lame de 10 cm, a traîné la victime sur une pente en contrebas, où il l'a poignardée à plusieurs reprises. En apportant son concours à une mise à mort d'une personne agonisante, commise avec une telle lâcheté et une telle sauvagerie, le recourant a manifestement agi de manière particulièrement odieuse. L'argument du recourant, selon lequel il est resté dans sa voiture et n'a pas participé à l'acte homicide en tant que tel, n'est pas pertinent. En effet, le recourant a aidé à amener Z.________ dans la forêt et savait que son comparse voulait se débarrasser de sa victime, soit en la laissant mourir soit en la poignardant, ce qui ne peut que témoigner du plus grand mépris de la souffrance et de la vie d'autrui. 1.3.3 Enfin, selon la jurisprudence, il faut considérer le comportement après l'acte, dans la mesure où il peut fournir des indications sur sa personnalité, son attitude et sa mentalité à l'époque où il a commis son forfait (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 14, 117 IV 369 consid. 17 p. 390). En l'occurrence, immédiatement après les faits, le recourant a aidé son ami à repeindre un mur pour dissimuler les taches de sang, puis est parti à Lausanne pour finir la nuit dans une discothèque, ce qui montre l'état d'esprit qui était le sien au moment de l'homicide. 1.3.4 Au vu de ce qui précède, force est d'admettre que l'ensemble des circonstances présentes pendant et après l'acte incriminé conduisent à retenir une absence particulière de scrupules au sens de l'art. 112 CP. C'est donc à juste titre que la cour cantonale a condamné le recourant pour complicité d'assassinat et non seulement pour complicité de meurtre. Le pourvoi doit ainsi être rejeté.