Citation: 5A_192/2024 E. 4.2

4.2. La Chambre civile a refusé d'ordonner la production de documents attestant de revenus provenant de la location de la résidence secondaire des parties à V.________ au motif que l'existence de tels revenus n'était pas vraisemblable. Elle a considéré que la famille séjournait occasionnellement dans cette villa et que d'éventuels revenus sporadiques seraient en tout état vraisemblablement absorbés par les frais hypothécaires et d'entretien de la maison. Le recourant lui reproche d'avoir retenu de manière contradictoire que, si le bien avait été loué, les revenus auraient servi à s'acquitter des frais hypothécaires alors même que le bien fait l'objet d'une procédure d'exécution forcée précisément en raison du défaut de paiement de ces frais. Ce faisant, le recourant omet que, si seule une partie des frais hypothécaires sont couverts par des revenus - des revenus réguliers semblant exclus dès lors que la famille séjournait aussi parfois dans la villa en question -, une procédure d'exécution forcée pour défaut de paiement du solde n'est aucunement exclue. La motivation des juges précédents n'a rien de contradictoire et n'est donc pas arbitraire. Le recourant reproche également à la Chambre civile d'avoir retenu arbitrairement et en violation de la "maxime d'office illimitée" (recte: maxime inquisitoire illimitée) que la location dudit bien serait d'autant moins vraisemblable qu'il ferait l'objet d'une procédure d'exécution forcée. Il relève que cette dernière procédure n'avait été initiée que dans le courant de l'année 2023, que la reddition de compte réclamée portait également sur le passé, soit sur la période depuis janvier 2018, et que rien ne permettait de retenir qu'un bien ne puisse plus faire l'objet de locations durant une telle procédure. Vu les griefs du recourant, il convient de rappeler qu'il s'agit en l'espèce d'une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale, lesquelles sont ordonnées à la suite d'une procédure sommaire (art. 271 let. a CPC), dans le cadre de laquelle le juge se prononce sur la base de la simple vraisemblance après une administration limitée des preuves, en se fondant sur les moyens de preuve immédiatement disponibles (arrêt 5A_389/2023 du 6 novembre 2024 consid. 4.3 et les références). Partant, il n'apparaît pas arbitraire d'avoir considéré comme peu vraisemblable que l'intimée ait envisagé la villa de V.________ comme une source de revenus et mis ce bien en location alors qu'il était en vente à tout le moins depuis 2019 et faisait l'objet d'une procédure d'exécution forcée depuis octobre 2023. Sauf à affirmer péremptoirement que tel serait le cas, l'allégation du recourant apparaît d'ailleurs ne reposer sur aucun indice concret allant dans le sens d'une telle hypothèse. Le recourant fait encore grief à la Chambre civile d'avoir violé la "maxime d'office illimitée" (recte: maxime inquisitoire illimitée) en refusant d'entrer en matière sur sa requête de production de nombreux documents bancaires qu'il liste. L'argumentation du recourant se fonde sur le fait qu'il appartenait selon lui aux autorités cantonales d'investiguer, en application de la maxime inquisitoire illimitée, la mise à contribution par l'intimée de sa fortune pour financer le train de vie de la famille. S'agissant de l'établissement du train de vie des parties, la Chambre civile a retenu que les revenus professionnels des parties permettaient de couvrir l'entretien convenable de la famille et que le recourant n'avait pas rendu vraisemblable que celui-ci était plus élevé du temps de la vie commune. On ne discerne pas d'arbitraire dans cette motivation. En effet, hormis les frais de téléphonie qu'elle a ajoutés dans les charges du recourant par souci d'égalité et la charge fiscale qu'elle a revue à la hausse pour tenir compte du revenu hypothétique et de la contribution d'entretien allouée en sa faveur, la Chambre civile a confirmé les charges arrêtées à l'endroit du recourant par le premier juge précisant que celles-ci n'avaient pas été remises en cause de manière motivée. Or, il appartenait à tout le moins au recourant de contester les charges retenues au motif que son train de vie du temps de la vie commune était plus élevé, ce qu'il ne fait pas. Au demeurant, quand bien même les pièces dont le recourant déplore l'absence de production par l'intimée auraient laissé apparaître des retraits dans sa fortune, cela ne signifie pas encore que ces montants étaient effectivement utilisés pour assurer un train de vie plus élevé au recourant. Seule la mise en évidence de postes de charges non pris en compte dans l'arrêt querellé, financés par la fortune de l'intimée au bénéfice du recourant, aurait permis d'arriver à une telle conclusion. Comme mentionné, il ressort toutefois de l'arrêt querellé que le recourant n'a aucunement contesté la teneur ou le montant de ses charges, de sorte que ses griefs doivent être écartés.