Citation: 4A_331/2023 E. 7

La recourante fustige les considérations relatives à la péremption de l'invocation de l'erreur, au regard de l'art. 31 CO. Est en cause la lettre des intimés à E.________ du 18 janvier 2011 - dans laquelle l'erreur est invoquée - qui n'aurait été "signée par aucune des parties du contrat de prêt et l'on ignore (rait) à qui celle-ci a effectivement été adressée à l'époque", à quoi s'ajouterait que "l'auteur de cette lettre ne mentionne (rait) pas que les intimés entendent invalider le contrat de prêt". Selon l'art. 31 al. 1 et 2 CO, la partie qui invoque son erreur doit le faire dans un délai d'une année dès la découverte du vice, à défaut de quoi le contrat est tenu pour ratifié. Ce délai, péremptoire, se relève d'office. En l'espèce, la cour cantonale a retenu que le courrier querellé avait été adressé à E.________ qui représentait la recourante. Elle a également relevé qu'il émanait de C.________ lequel avait agi au nom de tous les intimés. La recourante ne prétend pas que l'un ou l'autre de ces deux éléments de fait serait arbitraire. Quant à l'assertion selon laquelle il n'y serait pas fait mention de la volonté d'invalider le contrat de prêt, elle est étonnante puisque la recourante indiquait elle-même dans sa demande que la lettre en question ne laissait "planer aucun doute quant à la volonté des défendeurs d'échapper à leur obligation de rembourser leur dette", comme les intimés le soulignent. En définitive, les quelque trois paragraphes que la recourante consacre à la question ne mettent en évidence ni arbitraire - ce grief n'est pas même articulé - ni une autre violation du droit fédéral. Partant, les intimés ont invalidé le contrat en temps utile, en invoquant l'erreur essentielle dans le délai d'un an dès sa découverte.