Citation: 8C_302/2023 E. 6.4.1

6.4.1. Ni l'intimée, ni la cour cantonale n'ont répondu à l'argument du recourant selon lequel la sursollicitation du membre supérieur gauche était imposée par l'impossibilité d'utiliser la partie du corps directement affectée par l'accident de 1990, en dépit des avis exprimés dans ce sens par les différents médecins traitants et par le docteur E.________ dans son expertise. L'intimée et son médecin conseil, pour leur part, se bornent à affirmer que l'accident n'a pas entraîné directement de modification structurelle des membres lésés et que les nouvelles lésions sont dégénératives, en concluant que le lien de causalité doit être nié sans avoir véritablement examiné si celles-ci résultent d'une sursollicitation due à l'empêchement d'utiliser le membre supérieur droit. Pourtant, le docteur F.________ même paraît bien l'admettre, en insistant sur la charge que représente l'activité professionnelle du recourant pour une personne monomanuelle - indirectement, donc, en raison des limitations dues à l'accident. Lors de son rapport du 23 août 2022, ce médecin s'interroge également de manière plutôt rhétorique sur le caractère adapté d'une telle activité. Or, si cette activité peut être considérée comme inadaptée, c'est bien en raison de l'empêchement du membre supérieur droit et de la sursollicitation que l'activité en question entraîne sur le membre supérieur gauche. Par ailleurs, le simple fait que le recourant ait exercé une activité inadaptée aux atteintes à la santé d'origine accidentelle n'est pas suffisant pour nier le lien de causalité avec les troubles qui en résultent. Autre est la question de savoir si l'on peut exiger de lui qu'il y mette fin et dans quelle mesure cela peut entraîner une amélioration de son état de santé.