Citation: 6B_347/2020 E. 2

2. absence d'alcoolisation significative : la faculté est préservée." Ils ont ajouté qu'il aurait convenu de parler, dans leur rapport, à propos du point décisif concernant l'éventuelle altération des capacités du recourant, d'un "état d'alcoolisation aiguë et significative". Devant le ministère public, les experts ont enfin indiqué ce qui suit (cf. Ibidem, p. 10) : "Sur question de Me N.________, je confirme que la responsabilité est faiblement restreinte du simple fait du trouble de la personnalité [du recourant]. Si une alcoolisation aiguë et significative est retenue, la responsabilité du [recourant] est moyennement restreinte. Sur question de Me N.________ qui nous demande si je privilégie l'une ou l'autre des hypothèses. C'est difficile de répondre à cette question, car cela nous obligerait à nous prononcer sur la véracité des propos [du recourant] ou des autres témoins, or, tel n'est pas notre rôle. Si [le recourant] nous a dit la vérité, nous nous trouvons bien dans l'hypothèse d'une alcoolisation aiguë et significative. " Il apparaît ainsi que les experts ont, à cette occasion également, laissé la question de l'alcoolisation significative du recourant au moment des faits ouverte, en admettant que la réponse à cette question devait être recherchée dans les moyens probatoires à disposition des juges. Devant le tribunal de première instance, les experts ont déclaré que, selon eux, il n'y avait pas eu "d'imprégnation majeure" du recourant au moment des faits. Ils ont ajouté ce qui suit (cf. PV d'audition, p. 85) : "Vous nous demandez quel degré de capacité on peut imputer [au recourant] au moment des faits. Cela ressort de la p. 24 de notre rapport. Nous avons conclu à une responsabilité moyennement restreinte. Vous nous demandez pourquoi nous pouvons dire "moyennement" et non légèrement ou gravement. C'est en fonction des éléments, d'une part, en lien avec le coma éthylique [du recourant] en 2014 mais aussi au regard de ses souvenirs précis relatifs aux faits les plus graves qui lui sont reprochés. C'est ce qui nous a fait faire une balance." Au vu de ce qui précède, il apparaît que la cour cantonale a tranché la question de fait, concernant l'éventuelle alcoolisation significative du recourant le soir des faits, sur la base des éléments figurant au dossier, en retenant que l'intéressé ne s'était plus véritablement trouvé sous l'influence de la boisson au moment de l'altercation. Le recourant ne démontre pas, au moyen d'une argumentation répondant aux exigences de motivation découlant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF, que cette constatation serait insoutenable. Sur la base de ce constat, l'autorité précédente a fondé son appréciation relative aux capacités du recourant sur la conclusion des experts correspondant à l'hypothèse choisie. On ne perçoit pas pourquoi les experts, durant les débats de première instance, ont choisi de s'exprimer sur la question de l'alcoolisation du recourant au moment des faits, alors qu'ils ne s'étaient pas prononcés sur ce point auparavant, en relevant qu'un tel aspect ne relevait pas de leur mandat. Quoi qu'il en soit, à l'occasion de la réponse faite au tribunal de première instance, les experts ont expressément renvoyé à la page 24 de leur rapport, page sur laquelle les deux hypothèses précitées sont exposées sans qu'un choix soit proposé. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale a établi les faits relevant de sa compétence avant d'en tirer des conclusions relatives à la responsabilité du recourant, cela en suivant les explications des experts psychiatres. L'autorité précédente n'a donc pas versé dans l'arbitraire ni violé le droit fédéral en retenant que la responsabilité du recourant était faiblement diminuée. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. Compte tenu de ce qui précède, le Tribunal fédéral peut se dispenser, en l'état, d'examiner si la cour cantonale aurait pu, subsidiairement, reconnaître une responsabilité restreinte du recourant liée à l'alcool sur la base de l'art. 19 al. 4 CP.