Citation: 2C_836/2015 E. 2.3

2.3. Devant l'instance inférieure, seuls étaient litigieux, d'une part, la prétention de l'intéressée à pouvoir recourir à la procédure de déclaration concernant les rendements de parts sociales à hauteur de 546'050'000 fr., 749'000'000 fr., 750'000'000 fr. et 800'000'000 fr. qu'elle avait versés à la société B.________ B.V. et qui avaient été fixés lors des assemblées des associées, respectivement des 19 mai 2009, 17 février 2010, 3 décembre 2010 et 9 décembre 2011; d'autre part, le bien-fondé des intérêts moratoires réclamés par rapport au montant de 90'299'146 fr. 85. Il n'est ainsi pas contesté que les conditions matérielles posées en la matière par l'art. 15 de l'Accord conclu le 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne prévoyant des mesures équivalentes à celles prévues dans la directive 2003/48/CE du Conseil en matière de fiscalité des revenus de l'épargne sous forme de paiements d'intérêts (RO 2005 2571) ainsi que de l'art. 9 al. 2 aCDI-NL et de l'art. 10 par. 3 de la CDI-NL étaient remplies; c'est pour cette raison que l'impôt a été remboursé à la société concernée le même jour, soit le 7 août 2013 (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral du 17 août 2015 consid. 4.1). L'instance inférieure a rejeté le recours en raison de la déclaration tardive des versements de dividendes litigieux, entraînant la perte définitive du droit d'opter pour la procédure de déclaration (arrêt du Tribunal administratif fédéral du 17 août 2015 consid. 4.2.4). Selon l'art. 20 al. 3 LIA, qui s'impose - avec effet rétroactif (art. 70c al. 1 LIA) - au Tribunal fédéral (art. 190 Cst.), la procédure de déclaration est aussi admise si la demande d'autorisation du recours à ladite procédure ou la demande d'application de celle-ci ne sont pas déposées dans le délai imparti, pour autant que les conditions de l'art. 16 al. 2bis LIA soient réunies (cf. initiative parlementaire Gasche, Clarification de la pratique de longue date en matière de procédure de déclaration, Rapport du 13 avril 2015 de la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national, in FF 2015 4879 ss., 4893 ss.; avis du Conseil fédéral du 5 juin 2015, in FF 2015 4913, 4914). Il s'ensuit que la recourante était en droit d'utiliser la procédure de déclaration, en dépit de la déclaration tardive, des rendements de parts sociales à hauteur de, respectivement, 546'050'000 fr., 749'000'000 fr., 750'000'000 fr. et 800'000'000 fr., dont le versement avait été décidé lors des assemblées des associées des 19 mai 2009, 17 février 2010, 3 décembre 2010 et 9 décembre 2011. En conséquence, la recourante ne doit aucun intérêt moratoire sur ces montants (art. 16 al. 2bis LIA). Le recours est, sur ce point, manifestement fondé et sera admis dans la mesure où il est recevable (cf., pour la subsidiarité des conclusions en constatation, ATF 126 II 300 consid. 2c p. 303). Le ch. 1 du dispositif de l'arrêt du Tribunal administratif fédéral du 17 août 2015 sera dès lors annulé.