Citation: 6B_764/2022 E. B

Par arrêt du 9 mai 2022, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice du canton de Genève a ordonné la jonction des recours formés par A.A.________ contre les ordonnances précitées, les a rejetés et a mis les frais de la procédure à la charge du prénommé. En bref, il en ressort les faits suivants: B.a. A.A.________ et B.A.________ se sont mariés en 1996. De leur union sont issus deux enfants, C.A.________ né en 1999 et D.A.________ née en 2000. Le 21 septembre 2007, la grand-mère de A.A.________ a constitué le E.________ Trust, trust discrétionnaire détenant la société F.________ Ltd, laquelle était titulaire de deux comptes ouverts auprès de la banque G.________. Les bénéficiaires étaient A.A.________ et B.A.________ ainsi que leurs deux enfants. Le 15 août 2017, A.A.________ a informé la banque G.________ de son souhait que seule son épouse, en première ligne, puis ses enfants, soient bénéficiaires du trust. Les intéressés se sont rencontrés dans cette perspective le 17 août 2017, en présence de B.A.________. Le 7 septembre 2017, A.A.________ a été exclu du trust, sa procuration ayant été annulée le 28 septembre suivant. Par lettre d'intention du 16 février 2018, B.A.________ et ses enfants ont requis la dissolution de E.________ Trust en vue de la création du H.________ Trust auprès de la banque I.________ à U.________. Selon la lettre d'intention du 25 mars 2018, signée par les trois bénéficiaires, tous les fonds et le portefeuille de titres de E.________ Trust ont été transférés sur le compte ouvert par B.A.________ auprès de la banque I.________ à U.________. Au 31 octobre 2018, le total des actifs était de 10'388'311 fr. 26. B.b. Le 3 juin 2019, A.A.________ a déposé plainte pénale contre B.A.________ pour abus de confiance, escroquerie, menaces, contrainte et blanchiment d'argent. Il a en outre déposé une plainte complémentaire, en juillet 2019, pour faux dans les titres. En substance, il a exposé que B.A.________ avait découvert, en 2017, qu'il avait par le passé eu recours aux services de " call-girls ". Celle-ci l'aurait par la suite amené à croire qu'il faisait l'objet d'une enquête internationale notamment en lien avec la prostitution et que la mafia vietnamienne de V.________ - où A.A.________ avait fréquenté une " call-girl " - le recherchait. Le prénommé a expliqué que, dans ce contexte, B.A.________ l'aurait persuadé - pour le bien et la sécurité de la famille - de rayer son nom de ses relations bancaires. Craignant de voir ses actifs bloqués, il avait donc effectué tous les changements nécessaires sur ses comptes et le trust, qu'il précisait avoir alimenté seul. Ce stratagème avait abouti, dans un premier temps, à ce qu'il soit exclu du cercle des bénéficiaires du trust. Dans un second temps, B.A.________ aurait tenté, par la procédure de divorce, de s'accaparer la totalité des avoirs confiés, alors que, selon l'acte de liquidation du régime matrimonial qu'il avait signé le 30 novembre 2018, seule la somme de 2'500'000 EUR devait lui revenir. Par ailleurs, A.A.________ a indiqué que son épouse lui avait demandé le divorce en novembre 2018. Des documents sur le partage des biens avaient été établis et signés devant le notaire. La liquidation n'avait cependant pas concerné les biens sis en Suisse. Par ordonnance du 22 juillet 2019, le Ministère public de la République et canton de Genève a classé la procédure ouverte ensuite de cette plainte et a ordonné la levée du séquestre portant sur le compte détenu par B.A.________ auprès de la banque I.________ n° xxxxxxxxxxx. Par arrêt du 14 janvier 2020, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice du canton de Genève a rejeté le recours formé par A.A.________ contre cette ordonnance. Par arrêt du 9 avril 2020 (6B_199/2020), le Tribunal fédéral a rejeté dans la mesure de sa recevabilité le recours déposé par A.A.________ contre l'arrêt du 14 janvier 2020. B.c. Par requête du 27 août 2021, A.A.________ a sollicité la reprise de la procédure P/11660/2019 et le séquestre des actifs déposés sur le compte ouvert par B.A.________. A l'appui de sa requête, il a produit 25 pièces. Il a fait valoir que la plainte pénale déposée contre son ex-épouse par sa fille, D.A.________, le 9 septembre 2020 confortait ses propres allégations relatives à la tromperie astucieuse par laquelle B.A.________ l'avait amené à renoncer à ses droits et ses expectatives sur les avoirs de E.________ Trust. En octobre 2020, soit immédiatement après la levée du séquestre civil, B.A.________ aurait pris des dispositions en vue d'exécuter des transferts en espèces à destination de banques tierces, contrairement à l'accord des parties selon lequel les avoirs devaient être gérés dans l'intérêt des quatre membres de la famille jusqu'à leur transfert à un nouveau trust, dont les enfants seraient bénéficiaires. Enfin, B.A.________ ne pouvait plus se prévaloir d'une quelconque cause juridique pour justifier l'attribution de l'intégralité des avoirs dont il avait doté le trust familial compte tenu du constat de nullité de plein droit de leur divorce et de la liquidation du régime matrimonial du 30 novembre 2018, intervenu par jugement du Tribunal de Madrid du 5 juillet 2021. B.d. Le même 27 août 2021, A.A.________ s'est rendu auprès du ministère public pour déposer une plainte complémentaire, confirmée par pli du 22 décembre 2021, contre B.A.________ pour "faux d'identité" et tentative d'abus de confiance (P/2017/2022), à l'appui de laquelle il a produit 33 pièces. En substance, il reprenait les raisons ayant mené à son exclusion du trust, notamment les craintes ressenties par les membres de la famille quant à une enquête des autorités de V.________. Il exposait les circonstances dans lesquelles étaient intervenues l'annonce du divorce et l'absence totale d'informations au sujet de ses droits, ainsi que sa compréhension de l'acte de liquidation du régime matrimonial du 30 novembre 2018 présenté au notaire, qui avait été antidaté par son épouse au 30 août 2018, afin de s'accaparer la totalité des avoirs. Selon le recourant, il n'avait eu connaissance des modalités de constitution du nouveau trust que durant l'été 2021, n'ayant plus été mis en copie des échanges intervenus entre les banques et B.A.________. En outre, B.A.________ utiliserait désormais l'identité de B._________, de sorte qu'il convenait de déterminer son identité principale et procéder aux changements nécessaires dans les bases de données du ministère public et d'examiner une possible infraction "d'abus d'identité".