Citation: 8C_558/2023 E. 4

La cour cantonale a relevé qu'il n'était plus contesté que la recourante présentait des séquelles d'un TCC sous la forme d'une hyperacousie et de troubles neuropsychologiques et que ces troubles étaient en lien de causalité naturelle avec l'accident du 1er mars 2013. Elle a retenu que ces atteintes devaient être qualifiées de symptômes cliniques sans substrat organique compte tenu de la normalité des examens ORL et neurologique de la recourante, et qu'il fallait donc examiner la question de leur caractère adéquat. Pour cet examen, la cour cantonale a appliqué les critères objectifs développés par la jurisprudence en cas de troubles psychiques consécutifs à un accident. Elle a fait une analogie entre l'hyperacousie et le tinnitus (acouphènes), auquel cette jurisprudence est applicable, et a considéré que les troubles neuropsychologiques devaient être assimilés à des symptômes psychiques restés au premier plan par rapport au tableau clinique typique d'un TCC. Après avoir classé l'accident du 1er mars 2013 dans la catégorie des accidents de gravité moyenne, la cour cantonale a jugé qu'aucun des critères jurisprudentiels n'était rempli en l'espèce. Celui des circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou du caractère particulièrement impressionnant de l'accident devait être nié s'agissant d'un accident à une vitesse réduite sur l'autoroute dans un contexte de circulation en accordéon. Quant aux lésions physiques subies par la recourante (cervicalgies sur contusion cervicale et TCC), elles ne pouvaient pas être qualifiées de graves. L'hyperacousie n'était pas une atteinte physique à prendre en considération. Il n'y avait pas eu de traitement médical pénible ou de longue durée, ni de douleurs physiques persistantes. Aucune erreur médicale n'était à déplorer. Le critère de l'existence de difficultés apparues au cours de la guérison et des complications importantes n'était pas réalisé en l'absence de motifs particuliers ayant entravé ou ralenti la guérison. Enfin, l'incapacité de travail en relation avec les lésions physiques n'avait pas duré au-delà d'une année.