Citation: 1P.209/2003 23.04.2003 E. B

Le 8 novembre 2002, le juge d'instruction a délivré un nouvel ordre d'écrou contre C.________, pour des délits d'extorsion et de chantage, ainsi que pour des lésions corporelles, dommages à la propriété et vol dont auraient été victimes certaines personnes qui l'avaient mis en cause: le jour de sa sortie de prison, C.________ avait rencontré P.________, lui avait réclamé 15000 fr. ainsi que la remise de son automobile; le 6 novembre 2002, C.________, en possession d'un pistolet, aurait agressé R.________, lui faisant savoir qu'il lui réclamerait de l'argent; le même jour, il avait menacé M.________ en exigeant de lui également 15000 fr.; N.________ s'était plaint de menaces similaires. Le 22 novembre 2002, le juge d'instruction a rejeté une demande de mise en liberté, en raison du risque de collusion: toutes les personnes ayant un lien avec le trafic de drogue reproché à C.________ n'avaient pas été entendues, et il était à craindre que le prévenu ne tente de faire revenir sur leurs déclarations ceux qui l'avaient mis en cause. Il existait aussi un risque de récidive, l'intéressé paraissant s'être entouré de personnes extérieures pour exercer ses menaces et pressions. Le 18 décembre 2002, le juge d'instruction a derechef refusé la mise en liberté, en substance pour les mêmes raisons, en dépit de l'engagement du prévenu de s'abstenir de tout contact avec les personnes impliquées. Le 8 janvier 2003, la Chambre pénale du Tribunal cantonal valaisan a confirmé cette décision. Le prévenu ne craignait pas de recourir à des formes d'intimidation appuyées, et pouvait compter sur des "amis dévoués". Le risque de collusion demeurait tant que la phase de l'instruction n'était pas terminée. S'agissant du trafic de stupéfiants, il y avait lieu de s'assurer des déclarations des anciens clients du prévenu, le cas échéant en procédant à des confrontations. Lors des auditions effectuées du 20 janvier au 10 février 2003, les différentes personnes impliquées ont confirmé les prétentions pécuniaires et menaces formulées par le prévenu. B.________ fit également état de faits similaires.