Citation: 1C_242/2019 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a succinctement considéré que, vu les préavis des autorités cantonales spécialisées qui avaient spécifiquement demandé à la commune de traiter de manière distincte le projet litigieux et la question du réaménagement de la traversée du village, exigeant en particulier que le projet tienne compte de la configuration actuelle des voies publiques, la coordination entre les deux projets ne pouvait pas être exigée. Cela revient toutefois à s'abstenir de tout contrôle de la position des autorités administratives cantonales, qui, quelle qu'elle soit, suffirait alors à justifier celle des autorités communales, ce qui n'est précisément pas le but de la procédure de recours. La commune et les intimées relèvent que le projet litigieux est indépendant de celui du réaménagement de la traversée du village, dès lors qu'il peut être réalisé quand bien même le second ne se ferait pas. Elles évoquent en outre l'ampleur du réaménagement urbain, qui concerne un périmètre beaucoup plus vaste et comporte d'importantes incertitudes quant à son développement. S'agissant des éléments dont la modification est prévue dans le périmètre du projet, la recourante ne met pas en lumière de véritable risque de contradictions. Pour ce qui est du projet de création d'un passage piéton - lui-même distinct de la procédure de réaménagement de la traversée du village -, comme le relève la CDAP, les autorités cantonales ont fait mentionner dans la décision communale finale que le document complémentaire du 20 février 2018 devra être strictement respecté. Ce document consiste en un plan sur lequel figurent tant le passage piéton que la signalisation lumineuse. La coordination matérielle est ainsi respectée en l'espèce. Certes, conformément à ce qu'indique ce document - "Passage piéton et signalisation lumineuse hors périmètre du permis de construire (études en cours, procédure administrative séparée, distincte et coordonnée, obligatoire) " -, cet aménagement routier reste tributaire d'une procédure distincte, avec les incertitudes que cela comporte. On ne voit toutefois pas en quoi la peu probable non-réalisation du passage piéton remettrait en cause l'ensemble du projet litigieux. A cet égard, la recourante se borne à se plaindre de l'absence de coordination formelle sans en exposer les conséquences concrètes à redouter. On constate en réalité que la véritable problématique, que les autorités cantonales et communale ont en l'espèce anticipée, est celle de l'emplacement judicieux de ce nouveau passage piéton, ce que le plan du 20 février 2018 tend précisément à assurer. A la lecture des plans, il n'est pas question d'une éventuelle suppression du trottoir nord, ce que confirment les intimées dans leurs déterminations. Celles-ci précisent également que les angles de vue à la sortie du parking ont été déterminés de façon à garantir une visibilité suffisante avec et sans maintien du trottoir. Cela réduit à néant tout risque de décisions contradictoires lors d'un réaménagement routier futur. Quant à une éventuelle réduction future de la largeur de la route, elle pourrait certes compliquer encore la manoeuvre du camion de livraison, mais il n'apparaît pas que cet aspect soit décisif dans le choix de la configuration dudit accès (cf. consid. 3). Il n'y a par conséquent pas de violation du principe de coordination. Pour ces mêmes motifs, il n'y a pas lieu de se pencher sur la recevabilité des nouveaux faits allégués et pièces produites par la recourante en relation avec la mise à l'enquête publique, dans l'intervalle, du projet communal de réaménagement routier.