Citation: 5A_72/2022 E. 3.2

3.2. La Chambre civile a constaté que les parties avaient opté pour une répartition essentiellement traditionnelle des tâches durant la vie commune, dans laquelle l'époux se chargeait d'assumer l'entier des besoins financiers de la famille par le produit de son travail, tandis que l'épouse se consacrait à la prise en charge quotidienne de leurs quatre enfants et à la tenue du ménage. Elle a relevé que rien n'indiquait qu'il devait en aller différemment s'agissant du domicile conjugal. Si les époux avaient certes souscrit conjointement l'emprunt hypothécaire grevant ce bien, l'appelant avait lui-même indiqué qu'il s'acquittait de la totalité des intérêts hypothécaires, ainsi que des autres frais courant concernant la villa familiale. L'autorité cantonale a retenu que, dans ces conditions, elle ne voyait pas pourquoi les époux n'auraient pas également convenu que l'appelant prendrait à sa charge les travaux de transformation et d'amélioration de la villa, afin d'offrir à sa famille un cadre de vie en adéquation avec le train de vie auquel celle-ci pouvait prétendre, compte tenu notamment de ses revenus croissants. Un tel accord paraissait d'autant plus crédible que l'intimée avait pour sa part procuré aux époux les fonds propres nécessaires à l'acquisition du bien en question. L'appelant, qui était avocat de profession, ne pouvait pas ignorer qu'il contribuait, ce faisant, à l'amélioration d'un bien demeurant propriété exclusive de sa conjointe, ni que le régime de la séparation de biens choisi lors du mariage ne prévoit pas de disposition analogue à l'art. 206 CC, qui confère à l'époux ayant contribué à l'amélioration d'un bien de son conjoint une créance dans la liquidation des rapports matrimoniaux. Ce nonobstant, l'appelant, qui se prévalait subsidiairement d'un prêt, n'avait à aucun moment tenté de formaliser l'existence d'un tel contrat en relation avec les montants investis dans l'amélioration de la villa familiale, alors qu'il lui aurait été aisé de le faire s'il entendait s'assurer de récupérer lesdits montants en cas de divorce ou de séparation. L'absence de telles précautions et de toute disposition écrite indiquait elle aussi qu'il considérait lui-même ses investissements comme une contribution régulière - plutôt qu'extraordinaire - à l'entretien de la famille, et qu'il n'entendait pas conserver une créance en relation avec lesdits investissements. Comme indiqué, il n'avait d'ailleurs pas d'emblée élevé de prétention à ce titre dans sa demande en divorce; devant le Tribunal de première instance, il avait expliqué l'amplification de sa demande par sa volonté de répondre aux prétentions " inattendues " de l'intimée et de se prémunir des effets de celles-ci, ce qui tendait à démontrer qu'il ne se considérait lui-même pas certain du bien-fondé de sa nouvelle prétention.