Citation: 1C_108/2023 E. 4.2.2

4.2.2. Dès lors, et conformément à la jurisprudence précitée, il s'agit de déterminer si le recourant est parvenu à renverser la présomption établie en rendant vraisemblable soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une détérioration rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune. Or, dans son écriture, le recourant n'avance aucun élément susceptible de renverser cette présomption. Il se prévaut du fait que son ex-épouse aurait, le 19 juillet 2017, refusé de le suivre à San Francisco, où il aurait pu être transféré dans le cadre de son activité professionnelle, et explique que cet événement, intervenu après la déclara-tion de vie commune du 26 juin 2017, a entraîné la détérioration de leur vie conjugale. A cet égard, il reproche au Tribunal administratif fédéral d'avoir établi les faits de manière manifestement inexacte en retenant que la relation du couple était déjà en proie à des difficultés avant cette date, au motif notamment qu'il avait entamé des démarches pour être transféré à San Francisco sans avoir réellement obtenu l'accord de son ex-épouse. L'autorité précédente aurait aussi ignoré le fait que le recourant avait plusieurs fois mentionné à son ex-épouse la possibilité d'être transféré, sans que celle-ci ne s'y oppose clairement; elle n'aurait pas non plus tenu compte des déclarations de son ex-épouse et beaux-parents selon lesquelles son ambition professionnelle n'était pas égoïste, mais visait principalement à s'assurer que sa famille ne manque de rien. Le recourant se contente cependant de reprendre les faits tels que déjà présentés devant le Tribunal administratif fédéral, rappelant qu'il avait signé la déclaration de vie commune à une époque où il menait une vie familiale réelle, orientée vers l'avenir. Cette affirmation, qui se contente d'opposer sa version des faits à celle retenue par l'autorité précédente, ne démontre pas en quoi la version des faits telle que présentée par le recourant aurait une influence sur l'issue du litige; elle ne suffit pas non plus à renverser la présomption sur laquelle s'est fondé le Tribunal administratif fédéral. Celui-ci a en effet considéré qu'il était difficilement concevable qu'un couple, dont l'union a duré plusieurs années et qui a un enfant en bas âge, se sépare en l'espace de quelques mois après la naturalisation. L'ensemble des circonstances portait ainsi à croire que le couple rencontrait déjà certains problèmes avant que le recourant ne soit mis au bénéfice de la naturalisation facilitée, le seul refus de déménager de l'ex-épouse n'étant pas apte à briser complètement une relation de couple entretenue depuis dix ans si des difficultés n'existaient pas déjà. Le recourant rappelle encore qu'il a effectué un voyage à Miami avec son ex-épouse et les parents de celle-ci du 26 octobre au 11 novembre 2017 dans le but de sauver leur couple. Avec l'autorité précédente, on peut néanmoins relever que ce voyage était, d'une part, déjà prévu depuis le mois de mai 2017, soit avant le désaccord survenu au sujet d'un éventuel déménagement à San Francisco, et, d'autre part, effectué avec les parents de son ex-épouse, ce qui ne rend pas vraisemblable que le séjour visait en premier lieu à sauver leur couple. De plus, à ce moment-là, le recourant avait déjà signé le contrat de bail pour l'appartement de Berne, dans lequel il a officiellement emménagé avec une autre femme le 1 er décembre 2017. Le seul fait d'avoir maintenu ce voyage ne suffit par conséquent pas à renverser la présomption selon laquelle la communauté conjugale telle qu'exigée dans le cadre d'une naturalisation facilitée n'existait plus au moment de la naturalisation du recourant. En définitive, les éléments avancés par le recourant ne suffisent pas à renverser la présomption établie.