Citation: 6B_755/2021 E. B

Statuant sur appel de A.________ par jugement du 20 mai 2021, le Tribunal cantonal du Valais, Cour pénale II, l'a partiellement admis en ce sens qu'il a notamment ramené la peine privative de liberté à 7 mois. B.a. En substance, il est reproché à A.________ d'avoir, le 18 novembre 2019 vers 23h20, participé à une altercation l'opposant, avec deux comparses, à B.________, chauffeur de taxi à la gare de U.________. B.________ a été, sans motif, empoigné par le col de la veste et sorti de force de son véhicule, victime d'un coup de pied et insulté par les comparses de A.________, qui lui ont pris son téléphone portable pour le jeter à terre. A.________ a ensuite insulté B.________ en le traitant de "négro de merde, fils de pute", et l'a menacé en disant "toi tu es mort, je te tue". A U.________, le 21 février 2020, vers 23h00, pendant la période de carnaval et pour une raison qui n'a jamais été élucidée, une bagarre a opposé A.________ à C.________ tous deux en état d'ébriété, et, pour le premier nommé, sous l'influence également du cannabis. Des coups ont été échangés de part et d'autre et C.________ a en particulier asséné au moins deux coups de poing au visage de son adversaire. A un moment donné, tous deux sont tombés au sol et ont continué à se battre. A.________ a alors saisi un objet coupant - à savoir un morceau de plastique, de verre ou de métal - se trouvant sur le sol et l'a utilisé pour frapper C.________ dans le dos. Conduit aux urgences, ce dernier présentait une plaie de 3 cm sous-cutanée dorso-médiane à la hauteur du corps vertébral D9 d'environ 15 mm de profondeur avec infiltration de la graisse et emphysème sous-cutané. La plaie a été refermée au moyen de cinq points de suture. C.________ a ensuite subi une incapacité de travail de dix jours, durant laquelle il n'a pas pu se lever pendant six à sept jours et éprouvé de grandes douleurs au dos. Par la suite, il n'a été confronté à aucune complication, hormis quelques douleurs. Depuis le 9 novembre 2017, A.________ a consommé régulièrement du cannabis, un morceau de 8 grammes de résine ayant été retrouvé lors de la perquisition de son domicile. B.b. Le casier judiciaire suisse de A.________ fait mention de 11 condamnations entre 2010 et 2020, toutes (hormis une) prononçant des peines privatives de liberté allant de 30 jours à 24 mois (à deux reprises), notamment pour des vols, lésions corporelles simples qualifiées, brigandages, violence ou menace contre les fonctionnaires, violation de domicile, dommages à la propriété, injures et diverses infractions à la LCR. B.c. Le 27 avril 2020, le Dr D.________ a déposé son rapport d'expertise psychiatrique concernant A.________. Il en ressort notamment qu'au moment des faits survenus le 21 février 2020, celui-ci souffrait en particulier, parmi d'autres pathologies, de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool, intoxication aiguë, nocive à la santé avec blessures physiques et syndrome amnésique (F-10.01 et.07/.10/.6) et d'un trouble de personnalité mixte (fonctionnement dyssocial et impulsif; F-61). Pour l'essentiel, l'expert a indiqué que son parcours laissait apparaître des conduites irresponsables et persistantes, un mépris des normes et des règles/obligations sociales, une indifférence relative envers les sentiments d'autrui, une faible tolérance à la frustration et un abaissement du seuil de décharge de l'agressivité avec violence physique, une incapacité à éprouver de la culpabilité ou à tirer un enseignement des expériences et notamment des sanctions passées, une tendance à blâmer autrui, à agir de manière sans considération pour les conséquences, à avoir un comportement querelleur ou être en conflit avec les autres, à avoir des éclats de colère ou de violence, des difficultés à poursuivre une action qui ne conduise pas à une récompense immédiate. Il était convaincu d'avoir été la victime de la vie sociale puis de la justice, à l'instar de sa version de la "rixe" du 21 février 2020 où la victime devient son agresseur alors même qu'il n'apprécie pas la gravité relative de la blessure infligée. La sévérité des troubles dont souffrait A.________ l'avait privé, dans une mesure importante, de sa capacité d'apprécier le caractère illicite de ses actes et de sa faculté de se déterminer d'après cette appréciation. L'expert a décrit les différents traitements pouvant contribuer à réduire le risque de nouvelle infraction en fonction des troubles retenus (cf. infra consid. 1.2). Il a estimé qu'un risque élevé de récidive existait pour des infractions similaires à celles reprochées, se fondant notamment sur le constat d'une prise de conscience très superficielle et essentiellement utilitaire de l'expertisé. Le Dr D.________ a par ailleurs relevé que les troubles psychiques de A.________ présents le 21 février 2020 l'étaient toujours au moment de la rédaction de son rapport, à l'exception de celui lié à l'intoxication alcoolique, puisqu'il ne consommait alors plus d'alcool. Ces troubles n'étaient que très superficiellement et temporairement réduits par la détention préventive subie. Dans son rapport complémentaire du 20 juin 2020, le Dr D.________ a notamment précisé que l'alcoolisation massive du 21 février 2020 avait affaibli les défenses psychiques de A.________ vis-à-vis de son trouble de personnalité mixte, lequel était l'élément moteur central de ses conduites délictuelles. Il était par conséquent préférable d'instaurer un traitement médical dudit trouble de personnalité, dans le cadre d'un traitement institutionnel en milieu ouvert. Finalement, l'expert a estimé que le désaccord de l'intéressé avec la mise en place d'un traitement institutionnel tout en niant l'existence de ses troubles mentaux, n'était pas d'emblée susceptible de mettre à néant les effets escomptés du traitement institutionnel. Admettant qu'il pouvait faire preuve de naïveté sur ce point, l'expert a précisé qu'un traitement ambulatoire n'était pas recommandé d'emblée car il constituerait un blanc-seing pour un prévenu au casier judiciaire chargé jusque dans les années les plus récentes.