Citation: 5A_396/2024 E. 3.3

3.3. Il résulte de l'arrêt entrepris que la cour cantonale a justifié la mise en oeuvre d'un droit de visite sous une forme médiatisée par la nécessité de pouvoir disposer d'un encadrement adéquat visant à éviter que le recourant profite des visites pour alimenter le conflit familial, exerce sur les enfants une influence indue ou mette leur développement en danger d'une quelconque autre manière. À cet égard, la cour cantonale a fait siens les constats opérés par le Tribunal civil pour admettre que les enfants devaient être protégés du comportement du père. Selon ces constats repris dans l'arrêt entrepris, le comportement du père se traduisait par un mode de fonctionnement qui, hormis une composante alcoolique, était le résultat d'une forme de trouble psychique ou de construction atypique de la personnalité, le père se montrant incapable de placer l'intérêt de ses enfants, et même son propre intérêt, au coeur de ses démarches. La mise en péril des enfants était concrète, en premier lieu du fait de sa dépendance à l'alcool, qui altérait sa capacité. Ses dénégations constantes à cet égard interpellaient. Le diagnostic de l'établissement thérapeutique où il avait été admis à sa demande en novembre 2022, puis en janvier 2023, restait que malgré une abstinence entre les deux séjours, une dépendance était toujours présente et des consommations d'alcool ultérieures étaient établies. Le père se limitait à affirmer contre l'évidence qu'il était guéri. L'on pouvait difficilement se fier à ses propos. À part la question de l'alcool, l'OPE avait rapporté différentes notes audio et vidéo des enfants où leur père les interrogeait et leur faisait tenir des propos violents vis-à-vis de leur mère. Tous les intervenants relevaient que le père semblait jouer avec les autorités et que toute collaboration avec lui était vouée à l'échec. Le Tribunal civil avait lui-même constaté le comportement " chaotique et inadéquat " du recourant, avec des menaces directes contre l'épouse à la fin d'une audience. Cela étant, la critique du recourant ne permet pas de démontrer que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire ou violé les autres dispositions d'ordre constitutionnel mentionnées dans le recours en considérant que son comportement représentait une mise en danger pour les enfants et que ceux-ci devaient ainsi être protégés. Elle ne s'en prend pas aux différents éléments retenus par les juridictions précédentes conduisant à admettre la nécessité d'un besoin de protection accru des enfants, mais s'épuise en des considérations purement péremptoires selon lesquelles son comportement ne s'opposerait pas à la mise en oeuvre d'un droit de visite usuel, que ses problèmes d'alcool seraient résolus et qu'il ne constituerait pas un danger pour ses enfants. Il y a en particulier lieu de relever que ses allégations en lien avec l'absence de problèmes d'alcool depuis mai 2023 et l'existence d'un contrôle ambulatoire sont dénuées de tout fondement, le recourant se bornant de manière purement appellatoire à indiquer que cela avait été mentionné " lors de la procédure à plusieurs reprises, notamment avec rapport médical à l'appui ", sans se référer à des pièces précises du dossier. Par ailleurs, les explications qu'il avance pour justifier ses agissements, et qui sont au demeurant reprises telles quelles de son mémoire d'appel (p. 44 et 45), ce qui n'est pas admissible (cf. supra consid 2.1), ne font que conforter l'appréciation des juridictions précédentes portant sur ses difficultés à respecter le cadre posé par des autorités et à placer l'intérêt de ses enfants au coeur de ses démarches. En outre et contrairement à ce que semble soutenir le recourant, il n'apparaît pas que la cour cantonale aurait omis de tenir compte du souhait des enfants de renouer avec leur père, dans la mesure où la décision de rétablir un droit de visite médiatisé est principalement mue par ce motif. Quant à la considération du recourant selon laquelle il s'occupait principalement des enfants avant la séparation, elle ne peut qu'être écartée, étant donné qu'un tel constat ne ressort pas de l'arrêt entrepris sans qu'un grief d'arbitraire soit valablement soulevé (cf. supra consid. 2.2) et que le recourant n'expose de toute manière pas en quoi cet élément serait pertinent dans le présent contexte. Il s'ensuit que, pour autant que recevable, la critique portant sur la mise en oeuvre d'un droit de visite médiatisé doit être rejetée.