Citation: 6B_1015/2023 E. 1.3

1.3. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir considéré que la configuration des lieux était particulière et qu'à l'heure à laquelle s'était déroulé l'accident, un jour de semaine, il n'était pas complètement imprévisible qu'un piéton soit tenté de traverser en plein milieu du carrefour, ce qui appelait un devoir de prudence accrue de la part des usagers de la route. Selon lui, ce fait ne serait mentionné dans aucune des pièces du dossier et la cour cantonale n'aurait pas expliqué sur quoi elle se fondait pour acquérir une telle conviction. S'agissant tout d'abord de la configuration des lieux, elle a été précisément décrite par la cour cantonale. Ainsi, à la rigueur de l'état de fait cantonal, l'accident a eu lieu le 15 février 2019 à 13h32, à l'intersection entre le chemin de U.________ et le chemin de V.________ (arrêt attaqué consid. B.a.a). L'intersection en question, en particulier le chemin de V.________ duquel provenait le camion du recourant, est bordée d'une place piétonne avec plusieurs commerces (soit notamment la banque d'où venait l'intimée) et d'une bande longitudinale pour piétons avec marquage au sol (arrêt attaqué consid. B.a.b, B.b, B.c.a). Elle est précédée de plusieurs passages piétons ( ibidem). Cette description des lieux ressort par ailleurs des nombreuses pièces figurant au dossier (v. notamment les croquis du 19 mars 2019 et le dossier photographique du 28 mai 2019). On ne voit dès lors pas en quoi cette description serait le fruit d'un établissement arbitraire des faits. Quant à l'affirmation de la cour cantonale selon laquelle il n'était pas complètement imprévisible qu'un piéton soit tenté de traverser en plein milieu du carrefour, elle résulte justement de la configuration des lieux susmentionnée et n'apparaît pas arbitraire. La présence de plusieurs commerces, notoirement fréquentés durant la pause de midi, mais également les nombreuses installations piétonnes, sont tant d'éléments propres à rendre vraisemblable la présence de piétons, comme l'a retenu la cour cantonale. N'en déplaise au recourant, le seul fait que l'accident soit survenu dans un village résidentiel, " loin du centre-ville ", n'impliquait pas encore que la présence de piétons était exclue ou extraordinaire. Il résulte de ce qui précède que les éléments soulevés par la cour cantonale, soit concrètement la configuration des lieux et la présence prévisible de piétons, ressortent du dossier, respectivement sont le fruit de l'expérience générale de la vie, et ont fait l'objet d'explications circonstanciées. Le recourant ne saurait dès lors faire grief à la cour cantonale d'avoir procédé de manière arbitraire. S'agissant finalement du devoir de prudence accrue résultant de ces circonstances retenu par la cour cantonale, dont le recourant semble également critiquer le caractère arbitraire, il sied de relever qu'il s'agit d'une question de droit (v. notamment l'art. 3 al. 1 de l'ordonnance du 13 novembre 1964 sur les règles de la circulation routière - OCR; RS 741.11) qui, en tant que telle, échappe à toute critique relative à l'établissement des faits ou l'appréciation des preuves.