Citation: 6P.14/2007 19.04.2007 E. 1

La présomption d'innocence et le principe "in dubio pro reo", qui en est le corollaire, sont des garanties de rang constitutionnel, dont la violation ne peut être invoquée que par la voie du recours de droit public (art. 269 al. 2 PPF; ATF 120 Ia 31 consid. 2b p. 35/36 et 2e p. 38). Elles concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves (ATF 120 Ia 31 consid. 2c p. 36). En tant que règles sur le fardeau de la preuve, ces principes signifient, au stade du jugement, que le fardeau de la preuve incombe à l'accusation et que le doute doit profiter à l'accusé. Comme règles sur l'appréciation des preuves, ils sont violés lorsque le juge, qui s'est déclaré convaincu, aurait dû éprouver des doutes quant à la culpabilité de l'accusé au vu des éléments de preuve qui lui étaient soumis (ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Le Tribunal fédéral examine librement si ces principes ont été violés en tant que règles sur le fardeau de la preuve, mais il n'examine que sous l'angle de l'arbitraire la question de savoir si le juge aurait dû éprouver un doute, c'est-à-dire celle de l'appréciation des preuves (ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2e p. 38). 3.2 Le recourant reproche à la cour cantonale d'être tombée dans l'arbitraire en retenant qu'il était présent lors du vol chez A.________. Il se réfère essentiellement au témoignage de D.________, qui prétend n'avoir participé qu'à un simple déménagement, sans la participation du recourant. En outre, il fait valoir qu'il aurait cru que C.________, qui était un ami de A.________, voulait simplement aller chercher du matériel qui lui revenait, de sorte que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant qu'il avait agi avec conscience et volonté. La cour pénale a considéré que le recourant avait accompagné C.________ dans l'appartement de A.________ et qu'il aurait dû être condamné en conséquence en tant que coauteur du vol (et non seulement en qualité de complice). Toutefois, comme l'acte d'accusation renvoyait le recourant devant l'autorité de jugement pour avoir remis la clé de l'appartement de A.________ à C.________ et retenait la seule complicité de vol, elle a renoncé, conformément au principe de l'accusation, à condamner le recourant pour avoir accompagné C.________ dans l'appartement de A.________ et à retenir la coactivité (arrêt attaqué p. 35). Etant donné que le recourant n'a pas été condamné pour avoir accompagné C.________ sur place, il s'ensuit que le grief, selon lequel il serait arbitraire d'avoir retenu la présence du recourant lors du vol, est sans pertinence. S'agissant de l'intention, la cour cantonale a retenu que le fait de vider l'appartement de A.________ de tous les objets qu'il contenait en profitant de son absence à l'étranger et en dehors de toute urgence particulière aurait dû amener le recourant à déduire que A.________ n'avait pas donné son accord au "déménagement" de ses affaires. Ce raisonnement n'est pas entaché d'arbitraire. Le recourant n'apporte en tout cas aucun élément expliquant en quoi celui-ci serait arbitraire, mais se contente d'affirmer - de manière purement appellatoire - qu'il croyait que C.________ était en droit d'aller chercher ces objets dans l'appartement de A.________. Dans la mesure où il est recevable, le grief soulevé doit donc être rejeté. 3.3 Concernant l'escroquerie à l'encontre de B.________, le recourant qualifie d'arbitraire la constatation selon laquelle la fille de la dupe ne maîtrisait ni le français ni l'allemand. Pour arriver à cette conclusion, la cour cantonale s'est fondée sur les déclarations de B.________ et le témoignage du voisin et conseiller, E.________, qui ont tous les deux affirmé que la fille parlait peu l'allemand. Il n'y a pas lieu de mettre en doute les propos de B.________, dont les déclarations n'ont par ailleurs pas présenté de variation et qui peut parfaitement témoigner des connaissances linguistiques de sa fille, même s'il ne parle pas lui-même l'allemand. En outre, le témoignage de E.________, même s'il ne s'agit que d'un témoignage par ouï-dire, vient confirmer les dires de B.________. Dans ces circonstances, la conclusion de la cour cantonale sur les connaissances linguistiques de la fille de la dupe n'a rien d'arbitraire. Au demeurant, cet élément n'est pas déterminant pour retenir la tromperie astucieuse. Comme on le verra dans le pourvoi, l'astuce repose sur un ensemble d'éléments (exploitation de la confiance de la dupe et de son analphabétisme), la méconnaissance des langues de la fille n'étant qu'un élément marginal; aucune coresponsabilité ne peut être imputée à la dupe pour ne pas s'être entourée d'une personne compétente. Mal fondé, le grief soulevé doit être rejeté. 3.4 Le recourant soutient que B.________ a contesté avoir voulu conclure une convention de prêt en sa faveur pour ne pas perdre la face, ce qui serait, selon le recourant, une attitude typiquement asiatique. Purement appellatoire, cette argumentation ne satisfait pas aux exigences de clarté et de précision posées à l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Elle est donc irrecevable.