Citation: 7B_130/2024 E. 4.3

4.3. Tout d'abord, s'agissant de l'existence de soupçons suffisants et de la pertinence des pièces saisies, elles n'ont pas été contestées devant l'autorité intimée (cf. ordonnance attaquée, consid. 3.1). La recourante, qui semble nier l'existence desdits soupçons et se plaint d'une recherche indéterminée de preuves, ne fournit toutefois aucune argumentation à ces égards et ne soutient pas que l'autorité intimée aurait commis un déni de justice dans ce contexte. Ces griefs sont donc irrecevables (art. 42 al. 2 LTF). En tout état de cause, on peut rappeler d'une part, avec l'instance précédente, [...] que, les 12 mars 2019, 11 janvier 2021, 16 mars 2021 et 13 mai 2022, des dénonciations/plaintes ont été déposées contre elle notamment pour une même problématique de surfacturation, et qu'elle a été dénoncée par la CAVO pour de tels faits (cf. ordonnance attaquée, consid. 3.2). D'autre part, le Ministère public s'est fondé sur le témoignage d'un assistant juridique de l'étude de la recourante et sur un rapport du 14 avril 2022 de la CAVO pour retenir que la recourante avait mis en place un "système bien rôdé", justifiant la mesure d'instruction ordonnée et son étendue. Aussi, au vu des faits reprochés à la recourante, apparaissait-il pertinent de faire porter les recherches de preuves sur la comptabilité de l'étude - soit sur les données remises par les sociétés C.________ SA et D.________ Sàrl - et sur les éléments comptables des dossiers clients - soit sur les données stockées sur le logiciel E.________ - (cf. ordonnance attaquée, consid. 3.1). C'est dès lors à raison que le Ministère public, et à sa suite le TMC, ont conclu à l'existence de soupçons suffisants et à la pertinence des pièces saisies. Ensuite, en ce qui concerne l'obligation de collaboration de la recourante, l'instance précédente a constaté que celle-là n'avait fait état d'aucun élément propre à lui permettre d'identifier des informations ou des données couvertes par un secret protégé, ni de constater que son intérêt privé au maintien du secret primerait l'intérêt à la manifestation de la vérité, et que ses explications se limitaient à reprendre la teneur des bases légales dont elle se prévalait. Ces constatations n'ont pas été remises en cause par la recourante. Cette dernière soutient par contre avoir spontanément offert de participer à la procédure de tri et s'être engagée à coopérer comme le lui imposait la loi. L'instance précédente a toutefois retenu à cet égard (cf. ordonnance attaquée, consid. 4), à bon droit, qu'il ne suffisait pas, pour satisfaire son devoir de collaboration, de se mettre à disposition du juge des scellés pour un éventuel tri. Il lui appartenait en effet bien plutôt, dès ses premières déclarations, de désigner précisément les pièces qu'elle estimait couvertes par un secret protégé et de fournir des éléments concrets permettant leur identification (cf. supra consid. 4.2.3). Or, elle ne l'a pas fait, violant ainsi son obligation de collaboration. Cette conclusion vaut a fortiori pour une avocate, représentée de surcroît par un mandataire professionnel. C'est le lieu de souligner que la recourante ne peut pas opposer son secret professionnel à la levée des scellés (cf. supra consid. 4.2.3), ni pour elle-même, ni pour ses collaborateurs d'ailleurs. En outre, il va de soi que le Ministère public, également soumis au secret de fonction, examinera les seules pièces saisies qui sont pertinentes et écartera de son instruction celles qui ne le sont pas, à l'exemple des pièces à caractère privé. Il ne s'agit pas là de procéder indûment à un "tri judiciaire" - qui relève de la compétence du juge des scellés -, mais seulement d'effectuer un examen des pièces à disposition et de sélectionner celles qui peuvent être pertinentes, dans la juste application du principe de la proportionnalité. Ainsi, contrairement à ce que semble soutenir la recourante, il n'apparaît aucunement choquant ou contradictoire que le Ministère public ait, dans sa demande de levée des scellés, suggéré qu'il entendait procéder lui-même à un certain "tri". Enfin, une violation de son obligation de collaboration par la recourante ayant été constatée, cette dernière ne saurait valablement invoquer la jurisprudence publiée aux ATF 141 IV 77 (cf. supra consid. 4.2.3). Pour la même raison, elle est malvenue de se plaindre d'une violation de son droit d'être entendue voire d'un déni de justice formel, en reprochant à l'autorité intimée d'avoir refusé de désigner un expert.