Citation: 4A_82/2023 E. 4.5.2

4.5.2. Dans l'arrêt attaqué, la cour cantonale, se référant aux rapports d'expertise du Prof. R.________ et de la Dre S.________ du 29 août 2011, à celui du Dr V.________ du 2 décembre 2015 ainsi qu'à l'appréciation de l'ergothérapeute d'entreprise U.________, retient que l'état de santé dégradé de l'intimée après l'accident survenu en janvier 2006 a provoqué une perte de gain de 30 % ainsi qu'une incapacité ménagère de 20 %. Ce faisant, elle s'est exclusivement basée sur des expertises privées, sans que de telles constatations ne soient pourtant étayées par des moyens de preuve jouissant d'une pleine force probante, étant précisé que ni le rapport du Dr L.________ ni celui établi par les praticiens de la Clinique K.________ n'ont fait état de telles incapacités. Or, comme le relève à juste titre la recourante, la cour cantonale avait souligné, dans son arrêt du 10 juin 2021, que cette dernière avait contesté de manière détaillée lesdites expertises privées, lesquelles devaient dès lors être considérées comme de simples allégations de parties devant être prouvées par d'autres moyens de preuve. Curieusement, l'arrêt présentement attaqué est pourtant muet s'agissant des contestations détaillées de la recourante à l'égard des expertises privées en question. Partant, la cour cantonale a sombré dans l'arbitraire en retenant comme "établies" une prétendue incapacité de travail de 30 % et une incapacité ménagère de 20 %, dès lors que ces éléments, ressortant exclusivement d'expertises privées, avaient été soigneusement contestés par la recourante et n'étaient étayés par aucune preuve. A cet égard, il sied de rappeler que le rapport établi par le Dr L.________, lequel jouit d'une pleine force probante, ne faisait pas état de la moindre incapacité de travail ou ménagère de l'intimée. Partant, en tenant pour établies de telles incapacités, l'autorité précédente a manifestement versé dans l'arbitraire. Au regard de ce qui précède, l'intimée n'a ainsi, contrairement à ce qu'a retenu arbitrairement la cour cantonale, pas établi à satisfaction de droit que l'accident survenu en janvier 2006 l'aurait empêchée d'achever sa formation en soins infirmiers, ni apporté la preuve d'une éventuelle incapacité partielle de gain ou ménagère. Dans ces conditions, elle ne saurait obtenir la moindre indemnisation au titre d'une prétendue perte de gain ou d'indemnité pour son préjudice ménager allégué.