Citation: 5P.466/2006 13.03.2007 E. 4

En premier lieu, la cour cantonale a considéré que l'ordonnance du 12 avril 2006 dans laquelle le Juge de paix a désigné la personne de l'administrateur officiel avait été notifiée aux parties le 20 avril 2006. Compte tenu des féries de Pâques, le délai de recours de dix jours, qui avait commencé à courir le 24 avril suivant, était arrivé à échéance le 4 mai 2006, de sorte que le recours déposé le 1er juin 2006 était tardif. Elle a estimé que le courrier du 25 avril 2006 ne pouvait pas être traité comme un recours et que le droit de procédure cantonal applicable ne prévoyait pas la voie de la reconsidération. Elle a ajouté que la décision de désignation d'un administrateur d'office pouvait certes être modifiée en cas de changement des circonstances, notamment de conflits d'intérêts, mais que la recourante ne s'était pas prévalue de tels faits nouveaux. 4.1 La recourante soutient que la décision du 12 avril 2006, qui lui déniait la qualité de partie, était en contradiction avec l'arrêt du Tribunal fédéral rendu le 18 avril 2006 dans la procédure de désignation d'un représentant de la communauté (5P.458/2005). Cet arrêt constituant selon elle un fait nouveau, elle prétend en avoir avisé la justice de paix, laquelle serait, par décision du 18 mai 2006, entrée en matière avant de rejeter le grief fondé sur ce fait nouveau. A ses yeux, le Juge de paix aurait dû statuer avant l'échéance du délai de recours. Elle prétend que la décision du 18 mai 2006 équivaut à une reconsidération de la décision du 12 avril 2006, ce qui signifie que le recours du 1er juin 2006 est formé en temps utile. La recourante soutient aussi que, si elle n'avait pas requis de reconsidération, la Cour de justice aurait déclaré son recours irrecevable faute d'épuisement des instances. En outre, alors que le 24 juin 2005, la Cour de justice avait invité le Juge de paix à ouvrir une instruction sur le conflit d'intérêts, par son arrêt du 2 octobre 2006, elle empêcherait tout contrôle d'un conflit d'intérêts et, partant, commettrait un arbitraire insoutenable en violation des art. 9, 29, 49 Cst. et 66 OJ. L'arrêt attaqué consacrerait également une violation du principe de la bonne foi "telle qu'elle résulte de l'échange de correspondances entre le 12 avril et le 18 mai 2006". Enfin, en déclarant irrecevable le recours formé contre la décision du 12 avril 2006, la juridiction précédente aurait violé son droit d'être entendue car elle l'a privée d'une décision sur le fond. 4.2 Ce faisant, la recourante ne s'en prend pas à la motivation de la cour cantonale. Elle ne démontre pas que son courrier du 25 avril 2006 aurait dû être considéré comme un recours, ni que le droit de procédure cantonal connaîtrait la voie de la reconsidération. Elle ne soutient pas non plus que la pièce qu'elle invoque constituerait un cas de révision en droit genevois et que son courrier du 25 avril 2006 remplirait les conditions de cette voie de droit. Lorsqu'elle prétend que le Juge de paix serait entré en matière le 18 mai 2006, elle passe sous silence le fait que celui-ci a clairement constaté qu'aucun recours n'avait été interjeté contre son ordonnance. Elle n'indique pas quelle règle cette autorité aurait arbitrairement appliquée en ne statuant sur sa requête qu'après l'échéance du délai de recours. Enfin, elle ne démontre pas non plus, à supposer que le Juge de paix ait confirmé son ordonnance du 12 avril 2006, qu'il aurait arbitrairement retenu qu'elle n'avait pas établi les motifs allégués à l'encontre de la nomination de Me M.________. Les griefs de la recourante sont ainsi irrecevables (cf. consid. 3 supra).