Citation: 7B_14/2025 E. 3.3.2

3.3.2. En l'espèce, le raisonnement de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique et doit être confirmé. Dans la mesure où le recourant n'a pas d'antécédents, il y a lieu d'examiner le risque de récidive sous l'angle de l'art. 221 al. 1bis let. b CPP, à savoir le risque de récidive qualifié, pour lequel l'exigence d'infractions préalables inscrites au casier judiciaire n'est pas nécessaire. Tout d'abord, les infractions reprochées au recourant auraient été commises au préjudice de plusieurs personnes, dont l'une de ses filles, en 2022, 2023 et 2024; il ne s'agit dès lors pas d'actes isolés dans le temps. De plus, alors qu'une instruction pénale était ouverte contre lui pour des faits similaires et qu'il avait été laissé libre par la police après son audition du 1er novembre 2024, le recourant est fortement soupçonné d'avoir commis de nouvelles infractions au préjudice de la victime 3 dans la nuit du 9 au 10 novembre 2024. Par ailleurs, comme le relève la cour cantonale, il n'a pas hésité à importuner celle-là une nouvelle fois, le 12 novembre 2024, quelques jours seulement après ces évènements, puis à reprendre contact avec elle le 14 novembre 2024. Contrairement à ce que soutient le recourant, on ne saurait dès lors retenir que le risque de récidive ne serait pas imminent. Ensuite, les infractions reprochées au recourant ont toutes un lien avec des activités d'ordre sexuel et couvrent un large spectre d'action (comme notamment la consommation de pornographie illicite, la prise de clichés à l'insu de proches, la contrainte sexuelle, les actes d'ordre sexuel avec des enfants), ce qui renforce l'idée d'un comportement problématique à cet égard. On relève également, en accord avec la cour cantonale, que les déclarations du recourant sont particulièrement inquiétantes, notamment lorsqu'il admet qu'il aurait laissé ses filles jouer avec son pénis. En outre, le fait que le précité ait admis avoir un "côté voyeur" - qu'il assouvissait en prenant des photographies à l'insu de ses proches, nues - et visionner à haute dose des fichiers à caractère pornographique ne fait que confirmer la problématique de son comportement. De plus, bien que le recourant ait admis avoir, à une reprise, mis une substance dans la tasse de thé de la victime 2, il ressort de l'état de fait cantonal que cette dernière a déclaré s'être réveillée "plusieurs fois" en ayant eu l'impression d'avoir eu des relations sexuelles. Il y a encore lieu de rappeler que le recourant paraît, à ce stade, s'en être pris à plusieurs personnes, à savoir au moins l'une de ses filles, leur mère, leur grand-mère, son ex-épouse et son ex-amie intime. À cela s'ajoute enfin que les infractions reprochées au recourant, à tout le moins en partie, sont particulièrement graves - et atteignent d'ailleurs le seuil de gravité requis par l'art. 221 al. 1bis let. b CPP - et qu'il y a lieu de tenir compte du fait que les exigences quant au risque de réitération peuvent être ainsi moins élevées. L'autorité précédente n'a ainsi pas violé le droit fédéral en considérant qu'un avis psychiatrique était nécessaire avant d'écarter un tel risque; le fait que le recourant ne voie plus ses filles ou n'ait plus d'"amie intime" n'y change rien. Pour le surplus, le recourant se base sur des éléments de faits qui ne ressortent pas de l'état de fait cantonal, en particulier lorsqu'il fait valoir qu'il aurait commis les infractions reprochées sous l'emprise de l'alcool. Il ne se plaint toutefois pas d'arbitraire dans l'établissement des faits sur ce point et son argument, selon lequel il ne boirait plus ou pourrait prendre un traitement incompatible avec la consommation d'alcool, ne saurait être pris en compte pour amoindrir le risque de récidive tel que retenu par l'autorité cantonale. Au vu de ces éléments, le pronostic de récidive ne peut qu'être qualifié de défavorable, de sorte que l'autorité précédente était fondée à considérer que le recourant présentait en l'occurrence un risque de réitération au sens de l'art. 221 al. 1bis let. b CPP.