Citation: BGE 149 IV 57 E. 3.4.2.1

Certes, il est constant qu'en mai 2015, au moment où D. avait émis sa proposition à A., les contours de l'invitation envisagée n'avaient pas été définis. En particulier, la discussion n'avait alors pas porté sur la participation éventuelle de B. ou sur celle de la famille de A., ni sur les modalités de transport ou d'hébergement, ni encore sur le financement du séjour. Il a néanmoins été retenu que par la suite, dès juin 2015, D. avait suivi "au moins de loin" les démarches liées à l'organisation du voyage BGE 149 IV 57 S. 84 et leur avancement, par l'intermédiaire de son collaborateur C., qu'il savait ami de A. et avec lequel il était régulièrement en contact. En soi, ces éléments étaient déjà propres à établir que D. attachait une certaine importance à l'aboutissement de la proposition formulée à A. et à ce que le voyage et ses préparatifs se déroulassent dans de bonnes conditions. C'était en effet lui qui avait mis en contact L. et C. en vue de l'organisation du voyage et notamment, dans ce cadre, en vue d'une rencontre à Genève entre L. et A. en juin 2015, alors qu'à la même période, le 8 juin 2015, D. avait lui-même pris un apéritif avec A., ou était supposé le faire. Par la suite, il avait eu effectivement connaissance de l'invitation princière, et de ses modalités somptuaires, après que C. lui avait vraisemblablement soumis, pour vérification, le projet de réponse à l'invitation. Quand bien même D. avait affirmé avoir proposé à A. de solliciter L., car le Grand Prix de Formule 1 constituait un cadre idéal pour faire des rencontres officielles et resserrer les liens entre Genève et les EAU, aucun élément ne permet toutefois d'établir que D. avait tenu à ce que sa mise en contact avec L. débouche uniquement sur une invitation à strict caractère officiel et diplomatique, bien au contraire. Ainsi, il avait été établi que D. avait fait en sorte qu'à l'occasion de son séjour à Abou Dhabi de novembre 2015, A. fût invité dans un restaurant de luxe par une société dirigée par le fils de L. ainsi qu'à une manifestation sur un bateau affrété par cette société à des fins de marketing. On observera à cet égard que, si ces derniers faits ne sont certes pas visés par l'acte d'accusation, comme le relève la cour cantonale, et qu'ils ne sauraient dès lors, en tant que tels, être appréhendés sous l'angle de l'octroi d'avantages indus, il peut néanmoins en être tenu compte au moment d'examiner la motivation de D. quant à l'invitation au Grand Prix de Formule