Citation: 4A_156/2020 E. 5.4

5.4. Dans la troisième et dernière branche du moyen considéré, les recourants prétendent n'avoir pas eu la possibilité de se déterminer sur la réplique déposée le 4 décembre 2019 par l'intimée. Ils reprochent au Tribunal arbitral de ne pas leur avoir offert la possibilité de dupliquer en leur fixant un délai à cet effet. Tel qu'il est présenté, le grief ne saurait prospérer. Il sied d'emblée de rappeler que la garantie du droit d'être entendu n'implique en principe pas, en matière d'arbitrage, un droit absolu à un double échange d'écritures, pour autant que le demandeur ait la possibilité de se déterminer sous une forme ou une autre sur les moyens articulés par le défendeur en second lieu (ATF 142 III 360 consid. 4.1.2). En l'occurrence, l'intimée expose, sans être contredite par les recourants, avoir déposé une réplique spontanée, c'est-à-dire sans avoir été invitée à le faire. Par conséquent, le Tribunal arbitral n'a en l'espèce pas ordonné de second échange d'écritures. Dans ces circonstances, les recourants ne sauraient se plaindre de ce que le Tribunal arbitral ne leur a pas imparti un délai pour dupliquer. Il leur était en effet loisible de faire usage, à l'instar de leur adverse partie, de leur droit de se déterminer spontanément sur l'écriture de la partie adverse. A cet égard, le fait qu'ils n'étaient alors plus assistés d'un mandataire professionnel n'y change rien. En tout état de cause, on relèvera que plus de deux mois se sont écoulés entre le dépôt de la réplique et le prononcé de la sentence, sans que les recourants n'effectuent la moindre démarche auprès du Tribunal arbitral en vue de requérir la fixation d'un éventuel délai pour dupliquer ou de se plaindre de ne pas se voir accorder la possibilité de dupliquer. Aussi les recourants adoptent-ils un comportement contraire à la bonne foi en invoquant un prétendu vice de procédure qu'ils auraient pu et dû signaler en cours de procédure arbitrale.