Citation: I 576/05 25.11.2005 E. 4

4.1 Le jugement cantonal se fonde sur l'avis du docteur C.________, médecin au Service Y.________ pour nier une relation de causalité entre les troubles moteurs cérébraux dont souffre la recourante et ses troubles alimentaires (rapports des 8 juin et 4 novembre 2004). Selon ce médecin, il n'y a pas de causalité entre les troubles décrits sous le chiffre 395 de l'Annexe à l'OIC et les problèmes alimentaires de l'enfant. Ces derniers auraient plusieurs causes, à savoir le reflux gastro-oesophagien, une mauvaise coordination de la région oro-pharingée et des facteurs génétiques propres au syndrome, comme le petit poids de naissance. 4.2 L'avis du docteur C.________ est contredit par les autres pièces médicales figurant au dossier. Ainsi, selon le docteur M.________, l'évolution naturelle d'un syndrome de Cornelia de Lange du point de vue neurologique comporte pratiquement toujours un retard mental de sévérité variable, ainsi que des troubles alimentaires en relation avec l'atteinte neurologique (rapport du 19 août 2002). Le docteur E.________ atteste pour sa part que les troubles alimentaires de l'enfant sont directement la conséquence de ses troubles du tonus «pour lesquels [l'assurée] a été prise en charge par l'AI au titre de OIC 395» (rapport du 29 janvier 2003). Il précise que c'est l'absence de réflexe de succion ou de déglutition qui a rendu nécessaire une alimentation par sonde gastrique à la pompe, un remplissage plus rapide de l'estomac provoquant des régurgitations (lettre du 27 août 2002 au Service des besoins spéciaux de la petite enfance). Pour le docteur I.________, médecin au Service de chirurgie pédiatrique du Centre X.________, l'association des handicaps neurologiques et du reflux gastro-oesophagien est connue depuis très longtemps; les troubles alimentaires font partie des troubles neurologiques (rapport du 24 septembre 2003). Enfin, le docteur J.________, chef de clinique de l'Unité de neuropédiatrie du Centre X.________, indique en se référant au chiffre 395 de l'Annexe à l'OIC : «il ne fait pas de doute que les difficultés alimentaires sont directement liées à son problème neurologique» (rapport du 27 avril 2004). Ces avis concordants emportent la conviction que les troubles alimentaires en question se trouvent - directement ou indirectement - en relation de causalité avec les troubles moteurs cérébraux mentionnés au chiffre 395 de l'Annexe à l'OIC. Les conclusions du docteur C.________ ne sont pas suffisamment motivées pour mettre sérieusement en doute le rôle majeur des atteintes neurologiques de la recourante dans le développement de ses troubles alimentaires, tel qu'attesté par les autres médecins. En ce qui concerne le caractère secondaire de l'affection, le médecin du Service Y.________ ne prend pas vraiment position sur les autres avis médicaux, sans chercher à démontrer en quoi ils seraient contestables ou sujets à discussion. Qui plus est, lorsqu'il précise que l'assurée dispose d'une certaine capacité de coordination de la déglutition lorsqu'elle avale des aliments semi-liquides, ce qui lui évite des problèmes pulmonaires, mais que cette coordination est encore insuffisante pour bien déglutir les liquides, ses explications renforcent plutôt l'analyse de ses confrères, d'après laquelle les difficultés de l'assurée à s'alimenter sont la conséquence de ses troubles moteurs.