Citation: 6B_291/2018 E. 4.3.3

4.3.3. La cour cantonale a jugé que l'on ne pouvait déduire de la seule ordonnance de classement que X.________ avait allégué des propos qu'elle savait pertinemment faux et qu'elle aurait agi dans le but de nuire à son ex-mari. Elle a souligné, d'une part, qu'il résultait d'un rapport établi le 31 mars 2015 par la Dresse J.________ et la psychologue-psychothérapeute K.________ que X.________ était manifestement dépassée et envahie par d'immenses inquiétudes pour son fils. Il résultait également de ce rapport que la crise de déstructuration psychique apparue chez B.________ en fin de séance était à comprendre comme un puissant révélateur de sa difficulté à se confronter à la réalité, de son intolérance majeure à toute forme de frustration et de son impossibilité d'accéder à toute forme de triangulation. C'est-à-dire que dans la situation présente, B.________ avait dû, pendant un bref instant, supporter d'avoir dans son psychisme les deux représentations internes ambivalentes de ses deux parents. Sur le plan émotionnel, cela lui était impossible. B.________ pouvait penser aux deux pour autant qu'il y en ait un bon et un mauvais (clivage). Les expertes relevaient encore que la situation de B.________ ne relevait pas d'un syndrome d'aliénation parentale, qu'il n'y avait aucune instrumentalisation de l'enfant, ni de la part de sa mère, ni de la part de son père. En revanche, la symptomatologie psychique spécifique de B.________, inconsciente, mais active et très efficace, induisait en erreur autant les parents que les intervenants. D'autre part, dans son cahier personnel, B.________ avait lui-même mentionné des coups sur les bras reçus de son père (20 avril 2014), respectivement des coups de poings et des coups de pieds (25 avril 2014). A une date indéterminée, il avait également écrit: " mon père m'énerve à me dire que je suis un bourriquot et que je fais chiez que je suis con et il me bat ". Par ailleurs, ce n'était pas X.________ qui avait relevé des actes de maltraitance de A.________ envers B.________, mais le service de protection de la jeunesse, par courrier du 3 juin 2014, ensuite du signalement, daté du 16 mai 2014, établi par E.________, psychologue de l'enfant. Il résultait de ce signalement que B.________ aurait subi chez son père des maltraitances physiques (coups de poing sur le dos, les bras et le ventre, ainsi que des coups de pieds aux fesses) et psychologiques (cris et insultes) et qu'il aurait été en danger dans son développement physique, psychique et affectif. Il ressortait également de ce signalement que c'est l'enfant lui-même qui avait fait part à la psychologue de certains propos de son père envers sa mère, que celui-ci aurait dit " j'aurai la tête de ta mère et de son avocate " et qu'à partir de ce moment, B.________ lui avait avoué à plusieurs reprises avoir très peur de son père. Entendue le 18 novembre 2014 par le Ministère public de l'arrondissement de La Côte, E.________ a confirmé que c'était l'enfant qui lui avait rapporté directement ces faits et qu'elle les avait également lus dans le cahier noir précité. Enfin, X.________ avait été avisée par le personnel du collège de L.________, à M.________, établissement alors fréquenté par B.________, que celui-ci avait dû être pris en charge ensuite d'un événement survenu avec son père. En effet, N.________, encadrante au collège en question, avait déclaré avoir vu A.________ approcher son fils dans la cour de l'établissement, alors qu'il n'en avait pas le droit, et B.________ fuir son père. O.________, également encadrant au même endroit, avait indiqué qu'ensuite des faits précités, B.________ était effectivement troublé, qu'il tremblait et qu'il avait peur (jugement entrepris, consid. 3.3 p. 19 s.).