Citation: 2C_74/2022 E. 6

La recourante remet également en question l'arrêt querellé sous l'angle de la proportionnalité. Sur ce point également, il peut être renvoyé aux considérants de l'arrêt attaqué qui a correctement présenté les garanties de l'art. 8 CEDH ainsi que les dispositions des art. 8 § 2 CEDH et 96 LEI (art. 109 al. 3 LTF). L'instance précédente a pris en compte tous les éléments imposés par la jurisprudence du Tribunal fédéral et de la Cour européenne des droits de l'homme pour procéder à la pesée des intérêts. Elle a ainsi correctement pris en considération l'âge d'arrivée et la durée du séjour légal en Suisse de la recourante, son degré d'intégration sociale et professionnelle dans ce pays, ainsi que sa part de responsabilité dans sa dépendance à l'aide sociale. Elle a également correctement tenu compte des conséquences d'un départ de Suisse pour la recourante, des possibilités pour elle de se réintégrer dans son pays d'origine et de maintenir des liens avec ses enfants majeurs et petits-enfants restés en Suisse (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.4; 135 II 377 consid. 4.3; arrêt 2C_423/2020 du 26 août 2020 consid. 4 et références). Sur ce point et contrairement à ce que mentionne la recourante, l'autorité précédente ne retient pas seulement la possibilité de maintenir des contacts par le biais des moyens de télécommunications modernes, mais également par celui de visites en Suisse ou en Turquie, en relevant que la situation financière précaire de l'intéressée ne l'avait pas empêché jusqu'alors de trouver le moyen de financer ses voyages entre ces deux pays et que cela devrait perdurer par la suite. La recourante ne remet pas en question ces faits sous l'angle de l'arbitraire. Par ailleurs, la recourante n'explique pas et on ne voit pas pourquoi elle ne serait pas en mesure d'obtenir des visas pour venir en Suisse. Le Tribunal cantonal relève que la recourante est née en 1963 et retient implicitement que l'âge de celle-ci (bientôt 59 ans) ne s'oppose pas à sa réintégration dans son pays d'origine dans lequel elle a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans, dont elle parle la langue et dans lequel elle est très régulièrement retournée. La recourante, qui a encore retrouvé une activité professionnelle d'aide de cuisine en Suisse en novembre 2019, n'explique pas en quoi l'autorité précédente aurait versé dans l'arbitraire en retenant qu'elle disposait des ressources nécessaires pour se réintégrer dans son pays. Enfin, dans son argumentation, l'intéressée perd de vue que le motif de révocation d'une autorisation de séjour et même d'établissement pour dépendance à l'aide sociale (art. 62 al. 1 let. e et 63 al. 1 let. c LEI) a été décidé par le législateur et que ce choix lie les autorités d'application du droit (art. 190 Cst.). Sur le vu de ces éléments, le résultat de la pesée des intérêts effectuée par le Tribunal cantonal n'est ainsi en rien arbitraire et est conforme au droit fédéral.