Citation: 1P.642/2004 15.11.2004 E. 3

Le recourant conteste l'existence d'un risque concret de récidive retenu par la Chambre d'accusation pour justifier son maintien en détention. 3.1 L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un détenu peut, en principe, maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Selon la jurisprudence, le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par d'autres moyens que le maintien en détention, tels que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine p. 271 et les arrêts cités). 3.2 En l'occurrence, la Chambre d'accusation fonde le risque concret de récidive sur la gravité des faits reprochés au recourant, les motifs très peu honorables qui l'ont poussé à agir et le fait qu'il n'a aucune activité lucrative et se trouve dans une situation financière obérée. Si les infractions dénoncées sont effectivement sérieuses, elles ne sont pas comparables, par leur nature, à celles qui justifient une évaluation plus sévère du danger de récidive selon la jurisprudence (cf. ATF 123 I 268 consid. 2e précité). Par ailleurs, le recourant n'a aucun antécédent judiciaire et n'est pas un délinquant d'habitude ou un récidiviste. Les infractions pour lesquelles il est poursuivi se caractérisent comme un épisode isolé, difficilement reproductible dans les mêmes conditions dans la mesure où elles impliquent de pouvoir accéder à des données confidentielles. Aussi, compte tenu de la procédure pénale en cours et des regrets manifestés durant l'enquête, le fait qu'il a agi dans un esprit de vengeance ne suffit pas à redouter une nouvelle tentative d'extorsion et de chantage au préjudice de son ex-employeur ou d'un autre établissement bancaire. Pour le surplus, X.________ ne fait l'objet d'aucune poursuite pour dettes à ce jour même si sa situation financière est difficile. Il affirme par ailleurs, sans être contredit sur ce point, avoir entrepris les démarches nécessaires pour placer ses enfants en école publique et vendre la maison familiale. De plus, il n'est pas exclu qu'il puisse trouver un emploi à court terme, compte tenu de sa formation et de son expérience professionnelles. Le fait qu'il n'a plus d'activité lucrative et connaît des difficultés financières ne permet donc pas encore d'admettre avec une vraisemblance suffisante qu'il se tournera vers la délinquance pour assurer son revenu et celui de sa famille dans l'attente de son renvoi en jugement. 3.3 En définitive, les circonstances alléguées ne suffisent pas à poser un pronostic très défavorable quant à la commission de nouveaux délits de même nature, malgré la gravité des faits dénoncés. Dans ces conditions, c'est à tort que la Chambre d'accusation a cru pouvoir justifier le maintien du recourant en détention préventive par un risque de réitération. Cela ne signifie pas pour autant que le prévenu doive être libéré car, même si cela paraît a priori douteux au vu du dossier, il n'est pas exclu que son maintien en détention puisse être ordonné pour un autre motif, tel que le risque de fuite allégué par la partie civile pour s'opposer à sa libération immédiate. Vu ce qui précède, la décision attaquée doit être annulée et le dossier renvoyé à la Chambre d'accusation afin que cette autorité statue à nouveau à très bref délai sur la demande de mise en liberté provisoire de X.________. Dans l'intervalle, ce dernier devra être maintenu en détention préventive, ce qui conduit au rejet de la requête de mise en liberté provisoire.