Citation: 6B_1016/2014 E. 2.3

2.3. Le recourant soutient, à titre subsidiaire, que la cour cantonale aurait méconnu la notion de dol éventuel en jugeant l'infraction de lésions corporelles réalisée tout en retenant " Dès lors s'il n'a peut-être pas précisément vu la main de A.________ sur l'encadrement de la portière alors qu'il la refermait brusquement, il ne pouvait qu'accepter de lui causer une blessure " (Mémoire de recours, p. 17). Ce faisant, le recourant s'en prend, en réalité, au jugement de première instance (jugement du 18 novembre 2013 consid. 1.4 p. 7). Ainsi formulé, le grief est irrecevable (art. 80 al. 1 LTF). La cour cantonale a, pour sa part, considéré: " Il ne pouvait échapper à l'appelant, qui se trouvait tout près du véhicule de la partie plaignante puisqu'ils étaient en pleine confrontation, que celle-ci avait ouvert la porte et s'apprêtait à sortir de l'habitacle. Dès lors l'appelant n'a pu qu'accepter, en refermant brusquement la portière, de lui causer une blessure " (jugement sur appel, consid. 2.5 p. 10). Ces considérations ne sont pas critiquables. Le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de juger, dans un cas similaire, et après avoir renvoyé à l'ATF 119 IV 1, qui rappelle que la conscience du risque est un élément commun à la négligence et au dol éventuel, qu'il n'était pas contraire au droit fédéral de retenir que, selon l'expérience générale, la probabilité de causer une lésion en claquant, dans le cadre d'une échauffourée entre automobilistes, la porte d'une voiture sur le chauffeur de celle-ci est telle que celui qui se laisse aller à cet acte ne peut qu'en accepter les conséquences pour le cas où elles se produiraient, sans quoi il s'abstiendrait. Peu importe, dans une telle configuration que l'auteur n'ait pas voulu la blessure causée. Il suffit que le risque de causer des lésions corporelles moins graves ait été suffisant pour que l'auteur ne puisse plus raisonnablement prétendre avoir refusé cette éventualité pour le cas où elle surviendrait (arrêt 6S.751/1994 du 10 mars 1995 consid. 2). Ces considérations prennent en compte non seulement la probabilité connue de l'auteur que survienne le risque d'une blessure lié à la fermeture d'une portière mais surtout la très grande vraisemblance que ce risque se réalise dans les circonstances d'une altercation entre automobilistes. Le juge est alors fondé à déduire la volonté à partir de la conscience et à retenir que le comportement de celui qui agit dans ces circonstances ne peut être interprété autrement qu'en ce sens qu'il ne peut qu'accepter le résultat pour le cas où il se produirait (ATF 133 IV 222 consid. 5.3 p. 225 s.). En l'espèce, il ressort de l'arrêt entrepris que l'acte du recourant est survenu en pleine confrontation, que le recourant s'est montré très agressif tant par le verbe que par le geste tout au long des événements et qu'il ne pouvait lui échapper que l'intimé s'apprêtait à sortir de l'habitacle. L'ensemble de ces éléments suffit à exclure une simple négligence de sa part.