Citation: 6B_1460/2022 E. 5.3

5.3. D'emblée, il apparaît que, contrairement à ce que soutiennent les recourants, ont été déterminés: - l'implication de chacun d'entre eux (par l'usage de leur nom respectif à plusieurs reprises); - le lieu (Lausanne, plus précisément la rue Centrale, plus précisément encore sur les voies de circulation); - la date (14 décembre 2019); - l'heure de leur arrivée sur les lieux, puis de leur départ (10h05, respectivement 15h55); - le moment où la police leur a demandé de quitter les lieux (plusieurs heures après leur arrivée, mais avant 15h55); - le laps de temps durant lequel la circulation a été bloquée, respectivement durant lequel il a fallu dévier le parcours des véhicules d'urgence et des bus (de 10h05 à 15h55); - la manière dont la circulation a été bloquée (par la présence des manifestants, dont les recourants individuellement, sur les voies de circulation); - les circonstances de l'interpellation des recourants par la police (évacuation de force, compte tenu du fait que les recourants et les autres manifestants ont opposé une résistance physique à la police en s'agrippant les uns aux autres); - le fait que tous les recourants aient personnellement scandé des slogans au moyen de mégaphones (sans qu'il ne soit précisé quand exactement en dehors du laps de temps précité); - plus généralement, les actes concrètement reprochés. À cela s'ajoute que les ordonnances pénales précitées ont été principalement établies sur la base du rapport de police du 16 décembre 2019, ce que les recourants n'ignorent pas et vont même jusqu'à critiquer. Or, si les ordonnances pénales se limitent à décrire de manière succincte les actes qui leurs sont reprochés, le rapport de police précité, dont ils avaient parfaitement connaissance dès le début de la procédure, contient un certain nombre de détails permettant de clarifier les contours de leurs agissements. Il est également relevé que les recourants ne contestent plus, du moins par une argumentation conforme aux prérequis des art. 97 al. 1 et 106 al. 2 LTF, les faits qui leur sont reprochés, en particulier ceux qui ressortent des ordonnances pénales précitées. Les critiques des recourants quant au caractère identique des ordonnances pénales tombent également à faux. Leur but était bien de participer à une manifestation collective, en agissant de concert par une ou plusieurs actions de blocage. Dans cette mesure, il n'est pas surprenant que les mêmes agissements soient reprochés à tous les manifestants, étant rappelé que les ordonnances pénales précitées permettent néanmoins d'individualiser la participation et les agissements de chacun des recourants à l'action commune du 14 décembre 2019. Nonobstant ce qui précède, il ne saurait être exigé dans pareille situation (i.e une manifestation réunissant un grand nombre de personnes), que l'ordonnance pénale, respectivement l'acte d'accusation, inventorient de manière détaillée les faits et gestes de chacun des manifestants, y compris sous l'angle temporel. De telles exigences rendraient de facto impossible toutes poursuites pénales pour des infractions commises dans le cadre de grands rassemblements par un grand nombre de personnes. Pour le surplus, les recourants n'expliquent pas dans quelle mesure ils auraient été empêchés de préparer convenablement leur défense, ce qui n'apparaît pas avoir été le cas, ou en quoi il aurait résulté de la teneur des ordonnances pénales une violation de leur droit à un procès équitable.