Citation: 6B_688/2022 E. B

Par arrêt du 7 avril 2022, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de Genève a rejeté l'appel formé par A._________ et a admis partiellement l'appel joint du Ministère public de Genève. Elle a ainsi ordonné l'expulsion de A._________ pour une durée de neuf ans et a ordonné le signalement de l'expulsion dans le Système d'information Schengen (SIS). Elle a en outre condamné A._________ aux frais de la procédure préliminaire et de première instance, par 4'655 fr. et aux 80 % des frais de la procédure d'appel. Elle a en outre compensé à due concurrence la créance de l'État portant sur les frais de la procédure avec certaines des valeurs patrimoniales séquestrées. En substance, il en ressort les éléments suivants. B.a. Par acte d'accusation du 16 décembre 2020, le ministère public a reproché ce qui suit à A._________: - entre le 20 et le 30 novembre 2016, il a profité des difficultés financières et des besoins de crédit de B._________, gérant du bar C._________ à U._________, pour se faire remettre 60'000 fr. à titre d'acompte, en lui faisant croire, parmi d'autres mensonges, qu'il vivait dans l'aisance, qu'il était directeur auprès de D._________, patron d'un salon de coiffure et qu'il pourrait lui permettre d'obtenir un prêt auprès de ladite banque, puis a conservé sans droit les 60'000 fr. et cessé de donner toute nouvelle; - le 30 janvier 2018, au bar E._________ à U._________, en agissant avec un comparse " technicien ", il a obtenu de F._________, employée dudit bar, qu'elle lui remette 13'000 fr., dont 10'000 fr. prêtés par son patron et 3'000 fr. qu'elle a empruntés dans la caisse, après avoir mis en place un stratagème depuis le 26 janvier 2018, destiné à faire croire à F._________, qui le considérait comme un homme important, employé à G._________, qu'il possédait un paquet d'argent noirci à la suite d'une explosion et qu'il était en mesure de le "récupérer" moyennant de vrais billets, dont il avait besoin, et de produits chimiques. Il a accompagné ses dires de deux tours de passe-passe, réalisés les 26 et 27 janvier 2018, le second étant effectué devant le patron de F._________, faisant croire à celle-ci qu'il avait réussi à nettoyer deux billets de banque noircis pour en retirer de véritables billets de 100 fr., et qu'il pourrait faire de même à plus grande échelle, alors qu'il avait en réalité disparu avec les vrais billets remis, en ne laissant qu'un rouleau de billets noirs sans valeur. B.b. A._________ est né en 1980 à V._________, au Mali, pays dont il est originaire. Il déclare être divorcé et père de trois enfants, nés en 2008, 2011 et 2012, qui vivent actuellement avec leur mère, à W._________, à X._________, de façon légale. Selon ses déclarations, il avait, en liberté, des contacts réguliers avec eux, pourvoyant à leur entretien, à raison de 200 à 300 fr. par mois, dès qu'il le pouvait et participant aux coûts de fournitures scolaires. Il n'a pas de diplôme. Il a travaillé dans une ferme avec sa famille et dans un garage automobile. Ses parents sont décédés et il a un frère, qui vivrait à Y._________. II a quitté son pays à la fin 2011 pour fuir la menace terroriste et se rendre à Z._________, où ses enfants seraient nés. Il s'est ensuite rendu à X._________, à un moment indéterminé, avant d'arriver en Suisse à la fin de l'année 2012, où il a déposé une demande d'asile à U1._________, qui a été rejetée. II s'est alors rendu à V1._________, où il a vécu chez une amie, puis chez sa petite-amie. Il n'a pas de revenu fixe, faisant parfois des petits travaux au noir dans les déchargements et la plonge. Depuis le mois d'avril 2021, il se trouve en détention préventive à la prison régionale de X1._________, pour une affaire d'escroquerie de type "wash-wash" en cours à W1._________. Il n'a pas reçu la visite de ses enfants ni n'a de contacts téléphoniques avec eux depuis qu'il est détenu. B.c. Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse A._________ a été condamné: - le 21 juillet 2015 par le Tribunal correctionnel de l'Est vaudois, à une peine privative de liberté de 18 mois, dont neuf mois avec sursis pendant quatre ans, prolongé d'un an le 23 février 2019 par le Ministère public de Genève, pour escroquerie par métier, escroquerie, faux dans les certificats, blanchiment d'argent, entrée illégale, séjour illégal, toutes ces infractions étant commises entre le 28 novembre 2013 et le 31 octobre 2014; - le 23 février 2019 par le ministère public, à une peine pécuniaire de 90 jours-amende à 10 fr., pour séjour illégal pour la période du 10 septembre 2018 au 22 février 2019; - le 18 mars 2021 par le ministère public, à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 10 fr., pour séjour illégal pour la période du 4 octobre 2019 au 18 mars 2021.