Citation: U 373/05 22.09.2006 E. 4

En l'espèce, O.________ se plaint principalement de douleurs diffuses au niveau du rachis et des membres inférieurs. 4.1 D'un point de vue orthopédique, il ressort de la documentation médicale versée au dossier que la fracture-tassement de la première vertèbre lombaire a consolidé avec une cyphose segmentaire d'environ 20° et la présence d'une spondylodèse antérieure spontanée D12-L1, expliquant en partie les douleurs résiduelles ressenties par la recourante (rapports des docteurs M.________ du 8 mai 2001 et D.________ du 20 mars 2002). Cela étant, les examens cliniques réalisés par les différents spécialistes consultés n'ont pas démontré de déficits fonctionnels objectifs majeurs, que ce soit au niveau de la mobilité rachidienne ou sur le plan neurologique, le docteur D.________ qualifiant à cet égard la symptomatologie résiduelle de « peu importante ». Au contraire, ces médecins ont souligné l'incohérence entre les plaintes diffuses exprimées par la recourante et les constatations objectives relevées à l'examen clinique. Quoi qu'il en soit, les séquelles douloureuses du traumatisme subi à la colonne vertébrale demeuraient compatibles, sur le plan strictement orthopédique, avec l'exercice d'une activité lucrative à plein temps, pour autant que celle-ci soit légère et permette l'alternance des positions (rapports des docteurs M.________ du 3 juin 2002 et A.________ du 20 juin 2002). Sur le plan psychique, aussi bien le docteur L.________, spécialiste en psychiatrie officiant à la Clinique X.________ (consilium psychiatrique du 15 mai 2000), que le docteur B.________ (rapport d'expertise du 4 janvier 2002) ont estimé qu'il n'existait pas de psychopathologie suffisante pour agir sur la capacité de travail de la recourante. D'après le second médecin précité, celle-ci présentait certes de légères manifestations de la lignée anxieuse ou dépressive; leur importance était toutefois faible et pouvait être interprétée comme une réaction psychologique tout à fait adéquate face à des stress existentiels objectifs. Les plaintes douloureuses étaient quant à elles vagues, mal systématisées et particulièrement peu consistantes. L'observation attentive indiquait qu'il n'y avait aucune limitation fonctionnelle objective dans les mouvements spontanés et que la recourante était en mesure de rester plus de quatre heures assise au cabinet sans difficulté. Son fonctionnement social hors professionnel, voire professionnel, quant il était obtenu par questionnement indirect non suggestif, semblait par ailleurs parfaitement normal. 4.2 Au regard de la convergence de ces avis médicaux, les arguments soulevés par la recourante à l'appui de son recours de droit administratif n'apparaissent pas déterminants. La recourante ne saurait ainsi se prévaloir des évaluations - au demeurant sommairement motivées - faites à l'issue des stages professionnels organisés par l'assurance-chômage (rapports du 7 décembre 2001 et 14 janvier 2002). Les informations recueillies au cours d'un stage d'observation professionnel, s'ils constituent, en complément des données médicales, un élément utile à l'appréciation de la capacité résiduelle de travail d'un assuré, ne sauraient en effet supplanter l'avis dûment motivé d'un médecin à qui il appartient, au premier chef, de porter un jugement sur l'état de santé de l'assuré et d'indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités celui-ci est capable de travailler, le cas échéant quels travaux on peut encore raisonnablement exiger de lui (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). Certes, la doctoresse S.________ a-t-elle retenu dans son rapport établi le 7 février 2004 un diagnostic de névrose avec prédominance de traits obsessionnels et hystériques associé à des mécanismes d'évitement et de fuite de conflit; il convient néanmoins de remarquer que la psychologue R.________, sur les examens de laquelle la doctoresse S.________ s'est fondée pour rendre ses conclusions, a indiqué que le fonctionnement de l'assurée ne relevait pas d'une pathologie importante et qu'il existait un certain équilibre entre ses réactions. On relèvera par ailleurs que ce rapport ne contient aucune estimation concrète de la capacité résiduelle de travail de la recourante et qu'il semble au demeurant se rapporter à un état de fait postérieur à celui qui est ici déterminant, puisque la doctoresse S.________ considérait que "l'état psychique de cette patiente s'est péjoré psychiquement par rapport à l'expertise du 26 novembre 2001". 4.3 Au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que les premiers juges ont estimé - sans qu'il soit nécessaire par ailleurs de procéder à une mesure d'instruction complémentaire - que la recourante disposait, au jour - déterminant - de la décision litigieuse du 24 mars 2003, d'une capacité résiduelle de travail totale dans une activité adaptée.