Citation: 1C_525/2014 E. 5.2.1

5.2.1. Avec les recourants, il faut admettre que la LLavaux, en tant que plan directeur cantonal (sous l'angle matériel), s'impose aux autorités dans le cadre de leur pouvoir d'appréciation et de la pesée des intérêts qu'elles doivent effectuer (cf. PIERRE TSCHANNEN, op. cit., n. 29 ad art. 9 LAT). On ne saurait en revanche les suivre lorsqu'ils affirment que la cour cantonale aurait négligé les principes de préservation du paysage prévus par ce texte. En effet, il ressort de l'arrêt attaqué que le Tribunal cantonal a admis la conformité du projet à la LLavaux au terme d'une inspection locale et après avoir recueilli l'avis favorable de la Commission consultative de Lavaux. Composée notamment de cinq spécialistes, dont un au moins est spécialiste dans la protection de la nature et du paysage (cf. art. 5a al. 1 2 ème phr. LLavaux), cette commission a précisément pour tâche de faciliter la prise en compte dans la pratique des principes définis par la loi sur le plan de la protection de Lavaux (cf. Exposé des motifs et projet de loi modifiant la loi sur le plan de protection de Lavaux du 12 février 1979 et la carte qui en fait partie intégrante, septembre 2010, disponible sur http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/gc/fichiers_pdf/331_Texte_CE.pdf [consulté le 15 juin 2015], ch. 1.4.2 p. 5). Le Tribunal cantonal a par ailleurs souligné que la LLavaux n'excluait pas toute construction, considérant implicitement que le projet répondait aux notions de petites dépendances en relation avec des bâtiments existants ou de capites de vigne non habitables mentionnées à l'art. 15 let. c LLavaux. Les recourants affirment au contraire que les principes de préservation du paysage imposés par la LLavaux interdiraient la construction projetée. A l'appui de leur grief, ils citent de nombreuses dispositions de cette loi, ainsi que d'autres textes cantonaux consacrant la protection du Lavaux (art. 4 et 15 LLavaux; art. 52 de la Constitution du canton de Vaud du 14 avril 2003 [RSV 101.01]; art. 4 de la loi sur la protection de la nature, des monuments et des sites du 10 décembre 1969 [LPNMS; RSV 450.11]). Leur critique n'est cependant pas dirigée contre l'appréciation de la cour cantonale, mais tend plutôt à démontrer que la protection de ce site, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, revêt un intérêt prépondérant. Or, il est indéniable que la législation en cause poursuit un intérêt public important - ce que la cour cantonale n'a du reste pas nié; les recourants n'indiquent toutefois pas en quoi le projet litigieux, par ses dimensions, sa situation ou encore sa finalité, y porterait atteinte. Devant le Tribunal fédéral, ils n'émettent d'ailleurs aucune critique à l'encontre du préavis favorable de la commission consultative ni ne présentent d'éventuels motifs pour lesquelles le Tribunal cantonal aurait dû s'en écarter. Dans ces circonstances, il n'apparaît pas qu'en validant l'autorisation de construire litigieuse la cour cantonale ait porté atteinte aux buts de préservation du patrimoine poursuivis par cette législation.