Citation: 6B_568/2019 E. 6.2

6.2. En l'espèce, le rapport d'expertise figurant au dossier, daté du 10 mars 2016, a été établi en relation avec l'infraction réprimée par l'art. 180 CP qu'il était reproché au recourant d'avoir commise au préjudice de sa mère à réitérées reprises depuis le mois de décembre 2015 en la menaçant de " tout casser ", de la " torturer mentalement " et de se suicider (dossier cantonal p. 93 ss; spéc. p. 94). L'expert retient une personnalité émotionnellement labile qu'il qualifie de type impulsif avec des traits antisociaux et constate, par ailleurs, l'existence de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation du cannabis, utilisation nocive pour la santé (dossier cantonal, p. 108, 111 et 113). Selon lui, si les comportements délictueux s'inscrivent dans un fonctionnement psychique perturbé, il n'est pas possible de mettre en évidence la présence d'une maladie psychiatrique majeure. La constitution de la personnalité du recourant relèverait plutôt d'un développement mental incomplet (dossier cantonal, p. 113). L'expert conclut à la nécessité d'un traitement psychothérapeutique, éventuellement associé à la prescription d'un traitement psychotrope visant à diminuer l'impulsivité, moduler les comportements agressifs et/ou les variations d'humeur. L'expert indique craindre que le cadre ambulatoire ne soit pas assez solide pour supporter les " attaques " continuelles du recourant. Le traitement devrait être associé à un certain nombre de mesures de contrainte (avoir un travail, abstinence aux toxiques, éloignement du domicile maternel, etc.) et devrait ainsi être dispensé dans un milieu éducatif fermé, respectivement dans un milieu cadrant, initialement fermé, offrant la possibilité de vivre dans l'abstinence et de faire l'expérience de la construction d'une identité propre, différente de celle de l'enfant/génie abandonné par sa mère. Aux yeux de l'expert, un placement dans une maison pour jeunes adultes serait la meilleure option possible (dossier cantonal, p. 116). La cour cantonale a tout d'abord exclu le placement dans un établissement pour jeunes adultes (art. 61 CP) ordonné en première instance. Elle a relevé que de précédents séjours dans des établissements similaires n'avaient eu qu'un effet limité. Les infractions commises ne pouvaient plus, à ses yeux, être imputées à une structure mentale encore adolescente du recourant qui faisait preuve d'une absence totale de motivation. Enfin, la possibilité concrète d'exécuter une telle mesure n'était pas démontrée. Il ressortait en revanche assez clairement du rapport d'expertise que le recourant avait besoin d'un traitement de ses troubles psychiques, qui étaient assez sérieux et en rapport avec les infractions commises et celles qu'il y avait lieu de craindre. La cour cantonale a souligné que le recourant admettait lui-même qu'un traitement ne serait pas inutile et elle a dès lors ordonné un traitement ambulatoire.