Citation: 1P.583/2003 28.10.2003 E. 5

Le recourant soutient enfin que la durée de la détention préventive, de trois mois et demi au moment de l'arrêt attaqué, serait disproportionnée au regard des faits reprochés d'une part, et de la conduite de l'instruction d'autre part. 5.1 En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 par. 3 CEDH, le prévenu doit être libéré lorsque la durée de son incarcération se rapproche de la peine privative de liberté qui sera éventuellement prononcée. Cette dernière doit être évaluée avec la plus grande prudence, car il faut éviter que le juge du fond ne soit incité à prononcer une peine excessive pour la faire coïncider avec la détention préventive à imputer (ATF 126 I 172 consid. 5a p. 176/177). Par ailleurs, l'incarcération est disproportionnée en cas de retard injustifié dans le cours de la procédure pénale (ATF 128 I 149 consid. 2.2 p. 151, 125 I 60 consid. 3d p. 64, 124 I 208 consid. 6 p. 215 et les arrêts cités). 5.2 En l'occurrence, le recourant se fonde sur sa propre qualification des faits qui lui sont reprochés, soit des délits non intentionnels. Tel n'est toutefois pas, en l'état, le sens des charges retenues contre lui, soit notamment des escroqueries et mises en circulation de fausse monnaie portant sur des sommes importantes. Par ailleurs, en dehors de certaines vérifications qui n'auraient pas été effectuées, le recourant ne reproche pas au juge d'instruction une inaction inadmissible. La lecture du dossier ne fait ressortir aucun retard particulier dans l'instruction pénale. Le grief doit par conséquent être écarté.