Citation: 6B_657/2021 E. A

Le 6 décembre 2018, A.________ a déposé plainte auprès du Ministère public de la Confédération. Le 7 mars 2019, le Ministère public de la République et canton de Genève a accepté de se charger de la procédure, à la demande de l'autorité fédérale. A.________ a par la suite complété sa plainte, les 29 mai et 1er novembre 2019. A.a. En bref, se présentant comme une banque u.________, en mains privées depuis 2014, elle exposait avoir appartenu entre 1998 et 2008 à B.________, ressortissant u.________ de lieu de résidence inconnu; en 2008, en raison de pertes financières causées par le prénommé à hauteur de "milliards ", un fonds souverain u.________ l'avait temporairement reprise. B.________ avait été son actionnaire majoritaire et dirigeant de fait entre 2005 et 2009, période durant laquelle il se serait enrichi à son détriment à hauteur de USD 10 milliards, avant de prendre la fuite pour V.________. Ces agissements auraient valu au prénommé une condamnation, à U.________, à 20 ans de prison, en 2017, puis à 17 ans de prison en 2018. A.________ reprochait à diverses personnes physiques ou morales domiciliées à W.________, notamment à C.________, d'avoir participé au blanchiment de l'argent détourné à son préjudice à U.________ et d'avoir fait obstacle aux démarches des " pouvoirs publics " visant à confisquer des fonds à son profit. Elle se prévalait d'un jugement, rendu à V.________ le 21 juin 2018, condamnant C.________ à lui payer plus de USD 500 millions à titre de dommages et intérêts, pour affirmer l'existence de " sérieux soupçons " que les auteurs présumés des activités de blanchiment auraient agi en Suisse pendant les années 2012 et 2013. Par ordonnance du 21 novembre 2019, le ministère public a refusé d'entrer en matière sur la plainte pénale du 6 décembre 2018 et ses compléments des 29 mai et 1er novembre 2019. En résumé, il a considéré que le dossier ne permettait pas d'établir l'origine criminelle des actifs se trouvant en Suisse. Par arrêt du 21 janvier 2020, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté le recours interjeté par la banque contre l'ordonnance du 21 novembre 2019, en relevant notamment que les allégations et pièces de la partie plaignante étaient dénuées du moindre indice à l'appui d'un crime préalable au blanchiment d'argent dénoncé. L'allégation qu'un fonds souverain u.________ était entré dans son capital en 2009 et qu'elle avait été assainie suscitait par ailleurs un fort doute sur l'existence actuelle de son préjudice patrimonial. Par arrêt du 10 juin 2020, le Tribunal fédéral a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, le recours déposé par A.________ contre cette dernière décision (arrêt 6B_232/2020 du 10 juin 2020). La motivation du recours ne permettait pas de comprendre à satisfaction de droit dans quelle mesure la recourante aurait pu faire valoir des prétentions civiles distinctes de celles qui lui avaient été allouées à l'étranger et l'intéressée mentionnait essentiellement la possibilité de procéder à des séquestres en vue de l'allocation au lésé, soit de mettre en oeuvre des mesures d'exécution de décisions judiciaires. En outre, elle n'expliquait pas dans quelle mesure elle pourrait encore prétendre obtenir réparation d'un éventuel préjudice ensuite de son assainissement. Le recours était ainsi irrecevable sous cet angle. Quant à ses développements relatifs à la violation de son droit d'être entendue, les uns n'étaient pas entièrement séparés du fond et étaient donc irrecevables, cependant que les autres (une instruction aurait été ouverte matériellement, si bien qu'un refus d'entrer en matière aurait été exclu), a priori recevables, tombaient à faux, le ministère public n'ayant procédé à aucun acte d'instruction. On ne percevait de toute manière pas quel préjudice aurait pu résulter pour la recourante en matière de droit d'être entendu du fait que l'accès au dossier lui eût été accordé à tort. A.b. Par requête du 17 décembre 2020, affirmant apporter de nouveaux moyens de preuve, A.________ a demandé la reprise de la procédure préliminaire. Par ordonnance du 4 janvier 2021, le ministère public a rejeté cette demande, considérant que les pièces déposées à son appui n'étaient pas nouvelles, soit que la recourante en disposât auparavant, soit que ces pièces eussent déjà été mentionnées dans la procédure, même si elles ne figuraient pas dans la plainte initiale ou ses compléments subséquents. De surcroît, même supposées inédites, ces pièces n'étaient pas susceptibles d'établir de nouveaux indices à l'appui d'une responsabilité pénale des mis en cause. A.________ admettait elle-même ne pas avoir été en mesure d'identifier l'origine des fonds introduits dans le circuit de blanchiment et ne donnait aucune information sur l'infraction préalable au blanchiment d'argent.