Citation: 1B_625/2022 E. 2.2

2.2. Le recourant ne s'exprime pas sur la recevabilité de son recours au regard de l'art. 93 al. 1 let. a LTF comme il lui incombait de le faire. Il ne se prévaut pas d'une disposition expresse qui lui garantirait un droit inconditionnel et absolu à ce que les pièces litigieuses soient immédiatement retirées du dossier pénal ou détruites. La procédure pénale contient des dispositions sur les méthodes d'administration des preuves interdites (art. 140 CPP) et sur l'exploitation des moyens de preuves obtenus illégalement (art. 141 CPP). En revanche, elle ne règle pas de manière explicite dans quelle mesure ces dispositions s'appliquent quand les moyens de preuve sont récoltés, non pas par les autorités, mais par des personnes privées. Dans une telle situation, il n'existe donc pas d'interdiction de principe de les exploiter (arrêt 1B_76/2016 du 30 mars 2016 consid. 2.1; voir aussi ATF 143 IV 387 consid. 4.5). Cela étant, selon la jurisprudence, de tels moyens de preuve sont uniquement exploitables si, cumulativement, ils auraient pu être obtenus par les autorités de poursuite pénale conformément à la loi et si une pesée des intérêts en présence justifie leur exploitation (ATF 147 IV 16 consid. 1.1). En tout état de cause, au stade de l'instruction, il convient de ne constater l'inexploitabilité de ce genre de moyen de preuve que dans des cas manifestes (ATF 143 IV 387 consid. 4.5 et 4.6). Le Juge unique de la Chambre des recours pénale a relevé que les images vidéo prises par le véhicule des plaignants n'avaient pas été versées au dossier ni utilisées comme moyens de preuve dans la procédure pénale pour établir l'accident, mais qu'elles avaient servi uniquement à aider la police à identifier le détenteur du véhicule de sorte que la question de leur exploitabilité ne se posait pas. Par ailleurs, la caméra de bord de la voiture des plaignants n'était pas programmée pour filmer en continu, mais uniquement en cas d'incident ou de comportement suspect à proximité du véhicule, de sorte que l'intérêt à pouvoir exploiter les images enregistrées par ce biais primait sur l'intérêt à la protection des données du recourant. Cela étant, dans ces circonstances, le caractère illicites de l'enregistrement vidéo et des procès-verbaux d'audition litigieux en tant que preuves dérivées ne s'impose pas d'emblée de manière évidente.