Citation: 6P.7/2005 07.04.2005 E. 1

1.1 Aux termes de l'art. 88 OJ, la qualité pour former un recours de droit public est reconnue aux particuliers ou aux collectivités lésés par les arrêtés ou décisions qui les concernent personnellement ou qui sont de portée générale. De jurisprudence constante, la personne lésée par une infraction ne peut pas se fonder sur cette disposition pour contester une décision de non-lieu, de classement ou d'acquittement, car le droit de punir appartient à l'État et qu'elle n'est dès lors pas atteinte dans un droit qui lui est propre. Elle ne peut invoquer que la violation de règles de procédure destinées à sa protection. Par exemple, elle peut faire valoir que son recours a été déclaré à tort irrecevable, qu'elle n'a pas été entendue, qu'on ne lui a pas donné l'occasion de présenter ses moyens de preuve ou qu'elle n'a pas pu prendre connaissance du dossier. Mais elle ne saurait se plaindre ni de l'appréciation des preuves, ni du rejet de ses propositions si l'autorité retient que les preuves offertes sont impropres à ébranler sa conviction, car ces griefs sont de manière indissociable liés à l'examen du fond (ATF 121 IV 317 consid. 3b p. 324). Toutefois, la LAVI renforce les droits de procédure des personnes victimes d'une infraction en leur ouvrant, sous certaines conditions, les mêmes recours que le prévenu, soit notamment le recours de droit public (art. 8 al. 1 let. c LAVI). Mais seul celui qui a subi une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique du fait de l'infraction dénoncée est une victime au sens de cette loi (art. 2 al. 1 LAVI). 1.2 En l'espèce, la dénonciation de la recourante porte uniquement sur des infractions contre le patrimoine et des faux dans les titres; elle n'a donc pas la qualité de victime au sens de la LAVI. Le seul grief qu'elle invoque, la violation de l'art. 9 Cst. pour appréciation arbitraire des preuves (cf. mémoire p. 3, let. C, al. 2), dont la motivation consiste en réalité en une longue présentation de sa version des faits et de son appréciation de la portée de certains moyens de preuve, concerne le fond de l'arrêt attaqué; en tant que lésée, elle n'est pas habilitée à soulever ce grief. Le recours de droit public est irrecevable.