Citation: 4A_3/2010 15.04.2010 E. B

Des dissensions se sont élevée entre X.________ et A.________ au sujet de la justification de prélèvements opérés sur les avoirs en compte. X.________ a confié la défense de ses intérêts à l'avocat belge Y.________ et à l'avocat genevois Z.________. Le 24 et le 31 janvier 1994, Me Y.________ s'est adressé à la Banque N.________ SA pour révoquer avec effet immédiat tous les mandats conférés à A.________ ou à B.________ SA en faveur de X.________, de M.________ Ltd ou d'autres personnes morales qu'il désignait et dont, semble-t-il, A.________ était aussi l'administrateur. La banque ne devait désormais accepter aucune instruction relative aux valeurs déposées sur les comptes concernés. Me Y.________ produisait les contrats de mandats d'où il ressortait que A.________ et B.________ SA agissaient pour le compte de X.________. La Banque N.________ SA répondit que ce dernier devait obtenir des mesures provisionnelles à ordonner par les autorités judiciaires de Genève. Selon les documents en sa possession, A.________ était le seul actionnaire de M.________ Ltd et lui seul était habilité à représenter cette personne morale; X.________ pouvait établir le contraire en transmettant un « document officiel » au plus tard le 1er février 1994 à dix-sept heures. A défaut, la banque exécuterait sans préavis toute instruction qu'elle recevrait de A.________. Le 31 janvier 1994, Me Z.________ s'est lui aussi adressé à la banque pour remettre des documents et soutenir la démarche de Me Y.________. Selon ses explications, X.________ pouvait effectivement entreprendre des procédures civiles et pénales contre A.________; une solution extrajudiciaire était cependant préférable et un blocage des comptes interne à la banque, pendant une durée suffisante, était donc nécessaire. Me Z.________ soulignait qu'il fallait « agir dans cette affaire avec un maximum de prudence », c'est-à-dire de discrétion. Il demandait que la banque confirmât le blocage des comptes. Il ne reçut aucune réponse. Le 15 juin 1994, Me Z.________ réclama derechef une confirmation du blocage des comptes par la Banque N.________ SA; il ordonnait simultanément le maintien des placements afin d'éviter des pertes d'intérêts. Il ne reçut, non plus, aucune réponse.