Citation: 8C_652/2022 E. 5.1

5.1. En l'occurrence, bien que la cour cantonale ait exposé que l'objet du litige s'inscrivait dans le contexte d'une nouvelle demande (cf. consid. 2 page 32 de l'arrêt attaqué), force est de constater à la lecture de ses considérants en droit qu'elle n'a pas du tout évoqué la situation médicale de l'intimé au moment de la décision du 26 novembre 2008, qui constitue pourtant le point de départ temporel pour la comparaison des états de fait déterminants (cf. consid. 3.2 supra). En résumé, la cour cantonale a commencé par examiner les rapports d'expertise judiciaire des docteurs F.________ et G.________ des 12 avril et 13 novembre 2017, auxquels elle a accordé une pleine valeur probante. Elle a relevé que le premier expert constatait une augmentation des limitations fonctionnelles en 2017 par rapport à 2011 et que le second confirmait les diagnostics de syndrome douloureux somatoforme persistant et de troubles anxieux et dépressifs mixtes déjà posés en 2011, ce dernier soulignant encore que la situation actuelle ne montrait pas d'aggravation mais une poursuite des mécanismes inadaptatifs et rigides adoptés par l'assuré et que les possibilités thérapeutiques lui paraissaient épuisées. Ensuite, la cour cantonale a procédé à l'analyse des indicateurs permettant d'apprécier le caractère invalidant du syndrome douloureux somatoforme persistant selon l'ATF 141 V 281. Cet examen l'a amenée à retenir, suivant en cela les conclusions prises en consilium par les deux experts, que l'assuré présentait une incapacité de travail totale dans son activité antérieure ainsi qu'une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles somatiques, celle-ci n'excédant pas 20 % sur le plan psychique. En conséquence, elle a reconnu à l'assuré le droit à une rente d'invalidité entière. Elle en a fixé le début au 1er avril 2012, soit au sixième mois suivant la date de la nouvelle demande en application de l'art. 29bis RAI, dès lors que cette demande avait été déposée en raison de la même problématique médicale que celle ayant donné lieu à l'octroi de la rente temporaire. Autrement dit, la cour cantonale a statué pour partie comme si elle était saisie d'un litige portant sur une demande de prestations initiale, ce qui est erroné puisqu'on se trouve dans le cadre d'une nouvelle demande. Cela ne conduit toutefois pas à l'admission du recours pour les motifs qui suivent.