Citation: 4C.53/2002 04.06.2002 E. A

A.a Par contrat intitulé "cession-vente" des 27/29 mars 1990, Y.________ S.A. et R.________ ont cédé à B.________ le certificat d'actions No 12 de la SI Z.________ S.A. ainsi que la totalité des actions de Y.________ S.A. (art. 1); le prix de cette cession a été fixé sur la valeur du night-club "A.________" sis au rez-de-chaussée de l'immeuble Z.________ à Crans (Valais), arrêtée à 925 000 fr. (art. 2); sous l'intitulé "Impôts et contributions", l'art. 9 stipulait que "tous impôts et toutes contributions relatifs à la présente vente-cession, soit notamment impôts sur les plus-values ou bénéfices immobiliers, sont à la charge du vendeur"; quant à l'art. 11, sous la rubrique "Garantie supplémentaire", il disposait que "Monsieur R.________, après avoir pris connaissance des engagements pris et garanties faites ci-dessus par la société, déclare se porter fort à titre personnel, au sens de l'art. 111 CO pour les obligations susindiquées de Y.________ SA". La signature de cette convention a été précédée de pourparlers; ceux-ci ont duré plus de quatre mois, au cours desquels R.________ et B.________ ont été chacun assistés par un avocat. Cinq projets ont été élaborés, pour tenir compte des remarques des deux partenaires, avant la rédaction du texte définitif. Il est établi que tant R.________ que B.________, tous deux rompus aux affaires immobilières en Valais, connaissaient l'existence d'un éventuel impôt latent pour ce type d'affaires. B.________ s'est acquitté les 1er mai et 5 juin 1990 du prix convenu. A la suite du transfert des actions, il devint l'actionnaire et l'administrateur unique de Y.________ S.A., celle-ci endossant en sa faveur le certificat portant sur les actions de la SI Z.________ S.A. Y.________ S.A. a par la suite changé sa raison sociale en X.________ S.A. (ci-après: X.________). A.b Dès 1991, B.________ a eu vent que toutes les questions fiscales découlant de l'achat des actions de la SI Z.________ S.A. n'étaient pas résolues. Le 6 janvier 1993, il s'est enquis formellement auprès de l'administration cantonale des problèmes fiscaux liés à la vente. II a ainsi appris que s'il y avait liquidation de X.________ ou vente des actifs de la société, il y aurait des impôts estimés à près de 400 000 fr. A cette époque, l'administration cantonale ignorait que le transfert des actions de Y.________ S.A. à B.________ était couplé avec la vente des actions de la SI Z.________ S.A.; la nature de l'opération n'a été révélée au fisc que par l'examen des comptes de l'exercice 1996 de X.________, qui firent pour la première fois état de la vente de ces titres. Le 7 janvier 1997, B.________ a introduit devant les tribunaux valaisans une "action en annulation" de la convention des 27/29 mars 1990 pour vice de consentement. En l'état, aucun jugement n'a été rendu dans cette cause. Le 22 octobre 1998, l'administration cantonale a informé X.________ de l'ouverture d'une procédure en rappel des impôts communaux et cantonaux 1991 et fédéraux 1993/1994. Peu après, le fisc a adressé à la société les bordereaux pour ces trois impôts, d'un montant total de 106'002 fr.25. Il a estimé en effet que la convention des 27/29 mars 1990 comprenait la vente à B.________ du certificat d'actions No 12 de la SI Z.________ S.A., ce qui déclenchait une imposition. Malgré les observations de X.________, l'administration cantonale a maintenu ses décisions, qui sont devenues définitives et exécutoires en ce sens que X.________ a été déclarée débitrice en capital de 40 625 fr. au titre de l'impôt cantonal 1991, 24 682 fr.60 au titre de l'impôt fédéral direct 1993/1994 et 40 649 fr.05 au titre de l'impôt communal 1991.X.________ a été mise en poursuite; l'exécution par la voie de la saisie n'ayant pas donné de résultat, le fisc a laissé le dossier en suspens.