Citation: 1C_30/2022 E. 1.3

1.3. Les recourants reprochent par ailleurs à la Cour des plaintes d'avoir considéré que la question du minimum vital ne se posait pas lorsque les biens séquestrés constituent le produit de l'infraction. Invoquant là aussi une question de principe, ils soutiennent que le droit aux conditions minimales d'existence (art. 12 Cst.) devait s'appliquer dans l'éventualité d'une créance compensatrice. Ils relèvent en outre que les séquestres ordonnés par le Ministère public vaudois couvrent l'ensemble de leurs revenus, de sorte qu'ils y voient également une violation de principes fondamentaux. La jurisprudence invoquée par les recourants (ATF 141 IV 360) porte sur le séquestre, en couverture des frais et en garantie d'une créance compensatrice, lorsqu'il touche la totalité des revenus de l'intéressé, en particulier ceux (en l'occurrence des indemnités perte de gain) qui sont perçus après la commission des infractions et ne peuvent être considérés comme le produit de celles-ci ou son remploi (cf. aussi arrêt 1P.21/2007 du 2 mai 2007). Tel n'est pas le cas en l'occurrence, dès lors que les séquestres portent sur le produit allégué des infractions décrites dans la demande. Dans un tel cas, le principe (à la base de la confiscation) est que le crime ne doit pas profiter à son auteur (ATF 144 IV 1 consid. 4.2.1; 144 IV 155 consid. 4.1 et les références citées), et la Suisse, saisie d'une demande d'entraide judiciaire, doit faire prévaloir le respect de ses obligations internationales (arrêt 1C_152/2018 du 18 juin 2018 consid. 6.1). Les recourants ne contestent pas que la valeur des biens séquestrés (entre 20 et 30 millions de francs selon leur propre estimation) est inférieure aux montants résultant de l'infraction, soit plus de 37 millions d'euros. La durée du séquestre n'apparaît pas non plus disproportionnée et rien ne permet de supposer que l'Etat requérant, une fois nanti des renseignements qu'il requiert, ne sera pas à même de poursuivre la procédure dans des délais raisonnables.