Citation: 4A_121/2022 E. 5.2

5.2. A lire la recourante, le Tribunal cantonal aurait dû élargir son champ d'investigation. De son argumentation foisonnante, elle extrait deux éléments sur lesquels elle aurait souhaité que l'expert fût interpellé, soit: - d'une part, la méthode de calcul des honoraires, sachant qu'il s'agissait de départager les travaux forfaitaires des prestations supplémentaires hors forfait. Le calcul selon le coût de l'ouvrage avait été sévèrement sanctionné par la COMCO. Il fallait s'assurer que l'expert saurait prendre ses distances. - d'autre part, la C harte intitulée "Honoraires équitables pour des prestations qualifiées". L'arrêt de renvoi fait autorité à l'égard de tous les acteurs du procès - y compris la recourante. Or, celle-ci avait déjà soulevé la problématique du calcul des honoraires dans son premier recours fédéral et plaidé que l'expert, vu sa position dans la SIA, n'avait pas l'indépendance requise pour se distancier d'une méthode désavouée par la COMCO. La cour de céans avait en bonne partie jugulé ce prétendu motif de récusation en soulignant qu' a priori, les fonctions de l'expert dans cette association professionnelle n'entravaient pas son indépendance et son impartialité. Elle avait aussi pris en compte les questionnaires établis en janvier 2020 par la Juge instructrice (arrêt de renvoi, consid. 5.3.2). Ainsi, seules de nouvelles informations sur les activités précises de l'expert au sein de la SIA auraient pu susciter une nouvelle discussion. Or, les explications de l'expert n'ont fait que confirmer les conclusions provisoires déduites des données livrées par le site Internet de la SIA. Le Tribunal cantonal n'a donc pas enfreint le droit fédéral en considérant que l'expert était dispensé de "se déterminer sur l'ensemble des éléments avancés et pièces produites". Au contraire, c'est la recourante qui a tenté de s'affranchir indûment des contraintes de l'arrêt de renvoi en exigeant des prises de position tous azimuts. Pareille démarche sortait aussi du champ de l'art. 49 al. 2 CPC. La recourante voulait également recueillir une prise de position sur la Charte précitée; elle n'explique pas précisément ce qui motivait cette exigence postérieure à l'arrêt de renvoi. Sachant que la COMCO a aussi requis la suppression de ce texte (cf. BLAISE CARRON, Le Règlement SIA 102 concernant les prestations et honoraires des architectes: l'édition 2020, in Journées suisses du droit de la construction 2021 p. 89), on peut inférer que la problématique reste la même, soit un prétendu manque d'indépendance par rapport au désaveu de la COMCO. Elle appelle dès lors une réponse identique. L'autorité précédente a reproché à la recourante de présenter un argumentaire "strictement appellatoire". Celle-ci croit détenir la preuve que celle-là aurait restreint son pouvoir d'investigation à l'arbitraire. Il n'en est rien. A l'évidence, cet adjectif employé de façon peut-être inopportune allait dans le sens des réflexions qui précèdent, à savoir que l'arrêt de renvoi avait déjà scellé l'essentiel de la question et que la recourante ne faisait qu'émettre des récriminations déjà traitées, sans invoquer des éléments nouveaux.