Citation: I 501/04 13.12.2005 E. 7

7.1 Le docteur I.________ s'est distancé de ses confrères sur la question de l'exigibilité d'un emploi de magasinier. Il s'agit dès lors de déterminer si l'appréciation de ce médecin, qui estimait que les plaintes du recourant devaient être prises au sérieux au regard des documents radiologiques attestant l'authenticité des troubles somatiques, justifiait de mettre en oeuvre un complément d'instruction médical comme l'intéressé le soutient, ou si le Tribunal des assurances sociales pouvait statuer en l'état. En effet, selon la jurisprudence, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les références). 7.2 A l'instar de ses confrères M.________, O.________ et R.________, le docteur I.________, qui admet que son patient présente une symptomatologie lombaire sans signe de souffrance des structures neurales, ne fournit aucune explication objective sur l'origine des douleurs du recourant. Il affirme que ses confrères considèrent (selon lui à tort) que les seules pathologies rachidiennes dignes d'être mentionnées et susceptibles d'entraîner une souffrance et une incapacité de travail sont celles qui comportent une compression des éléments neuraux. A son avis, son patient présente une multitude de symptômes et de signes cliniques et radiologiques d'une atteinte dégénérative avancée de son segment L4-L5, dans une moindre mesure L5-S1, qui sont parfaitement compatibles avec son état de clinique actuel. Du point de vue de l'assurance-invalidité, sont toutefois seuls déterminants les effets de l'atteinte à la santé sur la capacité de travail et, partant, sur la capacité de gain de l'assuré. En soi, un diagnostic ne signifie pas encore qu'il existe une atteinte ayant valeur de maladie et des effets sur la capacité de travail et de gain. Comme les médecins consultés (y compris les médecins traitants) n'ont pas mis en évidence d'anomalies physiques significatives permettant d'expliquer l'importance des plaintes, on doit en déduire que le recourant ne présente aucune atteinte ayant valeur de maladie et des effets sur la capacité de travail et de gain, si bien qu'il n'est pas réputé invalide au sens de la loi (art. 4 aLAI). Les réponses du docteur I.________ (cf. lettre du 13 mai 2004), qui reproche à ses confrères d'ignorer la doctrine moderne relative à l'éventail diagnostique et thérapeutique des affections dégénératives du rachis lombaire (singulièrement les travaux de Kirkaldy-Willis sur la pathologie, physiopathologie et pathogénèse de la spondylose lombaire), ne suffisent pas pour se convaincre d'une incapacité d'exercer la profession de magasinier, ni pour admettre d'une façon générale qu'une dégénérescence d'un segment lombaire entraîne en tant que telle une incapacité de travail. Dès lors que l'opinion (isolée) du docteur I.________ n'est pas propre à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions concordantes des autres spécialistes qui se sont exprimés, il est superflu d'ordonner une expertise complémentaire.