Citation: 5A_477/2014 E. 4.2.1

4.2.1. Sur ce point, la Cour de justice a rappelé qu'au moment du divorce, A.A.________ et E.________, chacun administrateurs avec signature individuelle de la société F.________ SA, exploitaient le restaurant G.________. A.A.________ était également employé de la société. Le 22 octobre 2010, F.________ SA a vendu à H.________ SA le fonds de commerce du restaurant G.________, pour un montant d'environ 1'600'000 fr. Le 12 octobre 2010, A.A.________ et E.________ ont cessé d'administrer F.________ SA, au bénéfice de I.________. Le 23 novembre 2011, F.________ SA a modifié son nom pour devenir J.________ SA, société dont l'administration a été reprise par A.A.________ et E.________. La Cour de justice a constaté que cette société existait toujours mais que, selon les affirmations de l'ex-époux, elle serait dépourvue de toute activité et ferait l'objet d'un important rattrapage d'impôts, en raison de la vente du fonds de commerce du restaurant G.________. A une date inconnue, l'ex-époux a acheté la société K.________ SA, fondée le 17 juin 2010, et dont le but était l'exploitation d'un espace culinaire, incluant un café, un restaurant, un traiteur et une épicerie. Le 14 avril 2011, il a été inscrit au registre du commerce en qualité d'administrateur unique de cette société. Le 22 juillet 2011 a été fondée la société L.________ SA, dont A.A.________ était l'unique administrateur. Le 10 octobre 2011, agissant par le biais de L.________ SA, A.A.________ a commencé l'exploitation du restaurant M.________. L.________ SA a été déclarée en faillite le 16 décembre 2013; la perte personnelle de l'ex-époux dans le cadre de cette faillite n'est pas connue. Il ressort de l'arrêt attaqué que la société K.________ SA est toujours formellement en activité, tout comme le site internet du restaurant M.________, et le nom de domaine y relatif, soit " .... ", appartient toujours à "K.________ SA, A.A.________ ". S'agissant d'un autre restaurant (N.________), prétendument propriété d'une société valaisanne appartenant à un ami de l'ex-époux, la cour cantonale a considéré qu'il n'était pas crédible que celui-ci n'ait aucun intérêt financier dans cet établissement, alors qu'il est titulaire de son site internet. Elle a donc retenu qu'il participe à une nouvelle affaire dont il peut retirer des revenus. Se référant aux propres aveux de l'ex-époux dans la présente procédure, la Cour de justice a retenu que tant qu'il était employé par F.________ SA, il percevait un salaire mensuel de 10'000 à 12'000 fr. De février à juillet 2011, il a reçu des indemnités de chômage de plus de 7'600 fr. bruts (correspondant à environ 7'000 fr. nets) par mois, calculées sur la base du salaire qu'il percevait auprès de F.________ SA, avant son licenciement par cette société à une date inconnue. Dès octobre 2011, il a été engagé par L.________ SA pour un salaire mensuel brut de 7'500 fr. par mois, à verser treize fois l'an. Par ailleurs, il ressort de ses relevés bancaires que K.________ SA lui a versé, plus ou moins régulièrement, divers montants, à savoir 12'000 fr. et 58'000 fr. en juin 2011, 10'000 fr. en août 2011, 5'000 fr. et 11'700 fr. en novembre 2011, puis 8'000 fr. en décembre 2011, avec la mention " salaire ". Sont également mentionnés des versements de provenance inconnue, par le biais d'appareils de type bancomat, et variant entre 2'000 et 10'000 fr. L'autorité cantonale a relevé que la situation financière de l'ex-époux était particulièrement opaque, celui-ci ayant toujours été employé de sociétés dont il était coactionnaire ou actionnaire unique, fixant à sa guise sa propre rémunération et/ou d'autres prestations en sa faveur. Il n'a pas non plus démontré le montant exact retiré de la vente du restaurant G.________ exploité au moment du divorce, ni l'emploi précis de ces fonds. L'ampleur de la transaction, d'environ 1'600'000 fr., ainsi que le train de vie de l'ex-époux permettent toutefois de conclure, selon la Cour de justice, qu'il en a retiré un capital très important, et qu'il dispose donc toujours d'une fortune. Au vu des montants mensuels de l'ordre de 8'000 à 12'000 fr. par mois que lui ont versé les restaurants bénéficiant de ses services, ses revenus ont été fixés à 10'000 fr. par mois, correspondant d'ailleurs au montant admis par l'ex-époux.