Citation: 8C_814/2009 05.08.2010 E. A

A.a S.________ a annoncé à la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA) qu'il s'était blessé le gros orteil gauche alors qu'il travaillait sur un chantier pour l'entreprise X.________ Sàrl, à Y.________, le 1er juin 2005. Il s'est rendu, le lendemain, à l'hôpital de Y.________, où les examens radiologiques ont révélé une fracture de la 1ère phalange du 5ème orteil gauche. Le docteur A.________ a établi un certificat d'incapacité de travail pour la période du 2 au 26 juin 2005. Ce document a été remis à la CNA, par l'intermédiaire des Syndicats chrétiens interprofessionnels de Y.________, le 7 juin 2005. Les radiographies ne sont parvenues qu'ensuite à l'assurance-accidents, après un entretien téléphonique avec le service de radiologie de l'hôpital, le 30 juin 2005. Entendu par un inspecteur de la CNA, le 15 juin 2005, S.________ a précisé qu'il avait commencé son activité pour X.________ Sàrl le 1er juin 2005, à 6h45. Il avait été engagé oralement, comme peintre, pour une durée indéterminée, avec un temps d'essai d'un mois. Vers 16h00, alors qu'il se trouvait sur le 1er étage d'un échafaudage, une échelle en bois lui avait glissé des mains et lui était tombée sur le pied. En l'absence de véritable douleur sur le moment, il avait poursuivi son activité jusqu'à 17h30. Son contremaître, M.________, l'avait ensuite véhiculé à son domicile, car il avait de la peine à marcher. Le 30 juin 2005, la CNA s'est renseignée par téléphone auprès de l'entreprise X.________ Sàrl. R.________ a déclaré que S.________ s'était présenté en boitant sur le chantier pour un essai de travail, alléguant être au bénéfice d'une formation de peintre et d'une expérience de dix ans dans ce domaine. Renvoyé en raison de son manque de connaissances professionnelles, il n'était resté qu'une heure sur le chantier, sans subir le moindre accident. R.________ a précisé avoir toujours été présent à l'endroit où oeuvrait le recourant. Il a confirmé cette version des faits par un courrier à la CNA, le 1er juillet 2005. Cette dernière a invité S.________ à citer un témoin de son activité pour X.________ Sàrl, dans la journée du 1er juin 2005. Il a proposé d'entendre C.________, apprenti-peintre, M.________, et L.________, qui habitait à proximité du chantier sur lequel il avait travaillé. Le 29 novembre 2005, M.________ a déclaré à la CNA qu'il n'avait « absolument aucun souvenir d'un certain S.________ ». Il se rappelait d'un homme, soit disant peintre, qui était resté très peu sur un chantier, mais en aucun cas il n'y avait eu un accident. Il ne se souvenait pas l'avoir ramené à la maison en fin de journée et n'avait jamais eu de contact avec cet homme. C.________, pour sa part, ne connaissait pas S.________ et n'avait plus travaillé avec M.________ depuis la fin de l'année 2004. Enfin, L.________ a déclaré qu'elle connaissait S.________ et lui avait parlé un après-midi alors qu'il était occupé sur les façades d'un bâtiment à Y.________, en face du numéro 9 de la rue Z.________, où elle habitait. Par décision du 6 décembre 2005, la CNA a refusé d'allouer des prestations, au motif que les allégations de S.________ n'étaient pas rendues suffisamment vraisemblables. Celui-ci s'est opposé à ce refus en mentionnant avoir travaillé avoir trois apprentis, le 1er juin 2005. Il a par ailleurs allégué que M.________ lui avait lui-même suggéré de se présenter à son employeur, qui cherchait des peintres en bâtiment. Le 13 janvier 2006, le mandataire de S.________ a complété l'opposition en indiquant qu'un apprenti lui avait remis une échelle laissée sur l'échafaudage devant l'immeuble, que celle-ci lui avait glissé des mains et qu'elle était tombée sur son pied gauche. Il n'a plus fait mention de la présence d'autres apprentis. Entendu à nouveau par la CNA le 21 mars 2006, M.________ a maintenu sa version des faits et a exclu de se soumettre à une confrontation avec S.________, qui l'avait par ailleurs harcelé jusqu'à son domicile pour lui demander des explications. Le 6 juin 2006, R.________ a lui aussi exclu une confrontation. Par décision sur opposition du 12 juin 2006, la CNA a maintenu son refus d'allouer des prestations.