Citation: 1C_96/2022 E. 3.5

3.5. S'agissant précisément de la question de la présence d'un biotope et d'une forêt, les autorités cantonales spécialisées ont nié l'existence de telles valeurs naturelles, réfutant, au fond et sur ces points, l'accomplissement d'une tâche de la Confédération. Or, selon la jurisprudence, lorsque la qualité pour recourir d'une organisation de protection de la nature et du paysage lui est déniée pour ce motif, celle-ci doit pouvoir se plaindre que l'existence d'une tâche de la Confédération aurait été niée à tort (cf. arrêt 1C_649/2012 du 22 mai 2013 consid. 2, non publié in ATF 139 II 271). Si elle allègue avec une certaine vraisemblance que le projet touche l'application du droit matériel de la Confédération, la qualité pour agir sur ce point doit lui être reconnue (cf. ATF 123 II 5 consid. 2c; arrêt 1C_472/2019 du 15 décembre 2020 consid. 1.5); savoir ce qu'il en est réellement relève en revanche du fond (cf. ATF 123 II 5 consid. 2c; 116 Ib 203 consid. 3a; plus récemment, arrêt 1C_649/2012 précité consid. 2, non publié in ATF 139 II 271). La cour cantonale ne s'y est pas trompée puisqu'elle a examiné les critiques soulevées en lien avec l'application de la LFo et vérifié la présence éventuelle d'un biotope. Elle a cependant confirmé les avis des autorités cantonales spécialisées et exclu tant la présence d'une forêt selon la LFo, que celle d'un biotope au sens de la LPN. Ce faisant, les Juges cantonaux ont nié que l'autorisation de construire litigieuse procédait de l'accomplissement d'une tâche de la Confédération en lien avec la présence de valeurs paysagères et naturelles protégées, déniant, par voie de conséquence, à Patrimoine Suisse la qualité pour recourir sur ce point. Dans ces conditions, après avoir écarté l'existence d'une tâche de la Confédération, les Juges cantonaux n'avaient pas à examiner, au-delà de cette question préalable (cf. ATF 123 II 5 consid. 2c; arrêts 1C_393/2011 du 3 juillet 2012 consid. 5, publié in DEP 2012 p. 577; 1A.1/2006 du 25 avril 2006 consid. 2.1 et 2.3, publié in DEP 2006 p. 388; voir également, arrêt 1C_636/2015 du 26 mai 2016 consid. 2), les griefs dirigés contre l'autorisation de construire et de démolir en lien avec la dérogation à la distance à la forêt et la présence d'un biotope. Le Tribunal cantonal ne s'est ainsi rendu coupable ni d'une violation de l'art. 111 LTF ni d'un déni de justice (cf. ATF 141 V 557 consid. 3.2.1; voir également ATF 143 I 344 consid. 8.2). Autre est en revanche la question de savoir si c'est à tort que la cour cantonale a nié l'accomplissement d'une tâche de la Confédération en lien avec la protection de la forêt et des biotopes, singulièrement si c'est à juste titre qu'elle a écarté la présence de telles valeurs naturelles, aspect qui sera examiné aux consid. 6 et 7 ci-dessous.