Citation: 5C.239/2001 14.03.2002 E. 4

4.- a) En l'espèce, le recourant a déjà été condamné à neuf reprises pour escroquerie, abus de confiance ou faux dans les titres et fait actuellement l'objet d'une instruction pour des agissements similaires. Répété régulièrement depuis environ quarante ans, ce comportement pénalement répréhensible constitue ainsi une "inconduite" au sens de l'art. 370 CC. Présentant de plus un risque de récidive important, le recourant menace les biens, partant la sécurité d'autrui (cf. ATF 88 II 400 consid. 3b). b) De surcroît, le recourant nécessite une surveillance et une assistance permanentes propres à lui éviter de retomber dans la délinquance ou de s'engager excessivement. Il est probable en effet qu'il cédera derechef à ses penchants si rien n'est entrepris, ce qui entraînera une nouvelle péjoration de sa situation personnelle. Il en ira vraisemblablement de même de son existence économique, alors que celle-ci est déjà délicate en dépit de l'insaisissabilité de sa rente AI (cf. art. 92 al. 1 ch. 9a LP), dès lors qu'il vit à peine au-dessus du minimum vital et qu'il incline indéniablement à s'obliger au-delà de ses moyens. c) Dans ces circonstances, compte tenu du parcours pénal et psychique du recourant, du risque de récidive qu'il présente ainsi que de son inclination à s'engager excessivement, l'autorité cantonale a estimé à raison qu'une interdiction constitue une mesure propre à prévenir ce comportement dommageable pour l'intéressé lui-même et pour autrui, à condition que le tuteur entreprenne toutes les démarches nécessaires à le suivre efficacement. Il appartiendra ainsi au tuteur de le surveiller attentivement, de l'entourer de près et de l'aider par tous les moyens à résister à ses penchants. La mesure s'avère donc proportionnée, d'autant que deux besoins spéciaux de protection sont réalisés. d) La décision attaquée se révèle ainsi conforme à l'art. 370 CC. Il est dès lors superflu d'examiner les autres éléments de cette disposition, notamment la prodigalité.