Citation: 1C_478/2014 E. 2.3

2.3. En l'espèce, il n'y a pas lieu de déterminer si les empiètements reprochés au recourant découlent - ou pas - de l'usage du téléphone sans dispositif "mains libres", même si un tel cas de figure ne semble pas exclu. En effet, la cour cantonale a retenu, dans une seconde motivation (cf. consid. 4b du jugement attaqué), que si les infractions avaient été commises de manière successive, l'usage d'un téléphone sans dispositif "mains libres" constituait - à lui seul - une infraction moyennement grave puisque cela entraîne une importante diminution de la concentration et de la vigilance. Le recourant prétend que tel serait le cas uniquement en présence de circonstances aggravantes. Or, à cet égard, l'autorité précédente a constaté, à juste titre, que le recourant circulait sur l'autoroute - où les vitesses sont élevées -, de surcroît au volant d'un train routier, comportant un camion et une remorque. Le recourant a lui-même relevé que la composition de son véhicule rendait sa conduite peu aisée (cf. la largeur de la remorque [ad let. f du mémoire de recours p. 11]). A suivre sa version, cela expliquerait les empiètements perpétrés. De telles circonstances exigent manifestement une attention accrue de la part d'un conducteur afin d'assurer sa propre sécurité, ainsi que celle des autres usagers. Le recourant, chauffeur professionnel, ne l'ignore d'ailleurs pas : il a ainsi mentionné dans son mémoire qu'un "conducteur de camion doit constamment adapter sa conduite par de légers changements de trajectoire pour éviter les sillons grevant la chaussée" (cf. ad let. f de son écriture p. 11). Pourtant, à peine quelques secondes après - non pas une - mais trois "rectifications" de trajectoire, il a répondu à un appel téléphonique sans utiliser un dispositif "mains libres". L'absence de véhicule tiers ou d'autre danger n'empêche pas de retenir que ce comportement est constitutif d'une mise en danger accrue - qualifiée dès lors d'abstraite - des autres usagers. Au vu des circonstances (autoroute et camion avec remorque), la mise en danger ne peut plus être considérée comme légère, un conducteur, de surcroît professionnel, devant vouer toute son attention aux conditions de circulation. Selon le recourant lui-même, celles-ci étaient loin d'être dénuées de difficultés puisque la conduite de son véhicule avec remorque lui aurait imposé, dans les secondes précédant l'appel télé-phonique, pas moins de trois "corrections" de trajectoire, manoeuvres par ailleurs constitutives d'infractions (empiètements sur la bande d'arrêt d'urgence). Par conséquent, la Cour de droit administratif et public pouvait, sans violer le droit fédéral, confirmer le retrait du permis de conduire d'une durée d'un mois, soit le minimum légal (art. 16 al. 3 et 16b al. 1 let. a LCR; ATF 132 II 234 consid. 2.3 p. 236 s.).