Citation: 2C_100/2020 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, la recourante a été condamnée en 2013 à une peine privative de liberté de vingt ans pour assassinat notamment, soit une infraction contre la vie à l'égard de laquelle le Tribunal fédéral se montre particulièrement intransigeant (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303). Sa faute a par ailleurs été qualifiée d' "exceptionnellement grave" par l'autorité pénale, gravité soulignée tant par la préméditation et une volonté délictueuse particulièrement intense, que par les mobiles "particulièrement égoïstes et odieux", à savoir l'élimination d'une rivale et de son enfant à naître, sous prétexte que la recourante n'acceptait pas la perspective d'une naissance qui "risquait de lui causer des désagréments" et de péjorer sa relation avec son compagnon. La recourante a par ailleurs fait l'objet en 2000 d'une précédente condamnation à une peine privative de liberté de quatre ans et demi pour brigandage aggravé notamment, faits qualifiés d' "incontestablement graves" et motivés par le seul appât du gain. Le fait qu'elle avait auparavant déjà comparu devant le Tribunal de jeunesse indiquait par ailleurs une "résistance certaine à l'action pénale". Sur le vu de la gravité des infractions commises et de l'importante culpabilité de l'intéressée, force est d'admettre, à l'instar de l'autorité précédente, que les arguments d'intérêt public en faveur de l'éloignement de Suisse de la recourante sont clairs. C'est en vain que la recourante tente de se prévaloir de son faible risque de récidive et de son bon comportement durant l'exécution de sa peine, ainsi que du fait que l'autorité précédente aurait "occulté" le rapport médical du 21 mars 2018 qui soulignait que le contact avec son fils "est" un facteur protecteur. Certes, l'intéressée apparaît avoir évolué positivement dans le cadre de l'exécution de sa peine, grâce notamment à la thérapie qu'elle suit en prison. La Cour de justice a néanmoins relevé, en se référant expressément aux constatations du rapport médical du 21 mars 2018 litigieux, que les thérapeutes de la recourante, bien que reconnaissant que le contact avec son fils était un facteur qui "paraissai[t]" protecteur, avaient également considéré qu'il était impossible d'évaluer la manière dont elle gérerait ses relations intimes à l'avenir, ce que l'autorité précédente a justement relevé. Les juges cantonaux ont également souligné que la Commission d'évaluation de la dangerosité avait, par décision du 25 juillet 2018, fait part de ses inquiétudes s'agissant du caractère exclusif de la relation qu'entretenait l'intéressée avec son fils, au vu du contexte du crime passé et de la crainte de la recourante d'être rejetée comme facteur de risque de passage à l'acte. Dans ces circonstances, on ne saurait considérer que les juges précédents ont "occulté" le rapport médical du 21 mars 2018, comme l'affirme la recourante d'une manière qui confine à la témérité. Par ailleurs, le fait pour elle de se prévaloir que la Commission précitée avait estimé qu'elle ne présentait pas de danger pour la collectivité "dans le cadre de l'octroi d'un régime de conduites" n'est également pas décisif, ce d'autant plus qu'il ressort des conclusions du rapport d'expertise psychiatrique du 27 novembre 2019 que, en cas de libération conditionnelle et d'exposition à des situations sentimentales et émotionnelles particulières, son trouble narcissique pourrait ressurgir, un suivi psychothérapeutique étant ainsi préconisé à sa sortie de prison, afin notamment de "limiter le risque de récidive", en particulier si l'intéressée devait être confrontée à des difficultés en relation avec son fils, avec son rôle de mère ou encore si elle devait être confrontée à une déception amoureuse (art. 105 al. 2 LTF). Enfin, le comportement adopté par la recourante dans le cadre de l'exécution de sa peine, que celui-ci soit qualifié de "bon" ou d' "adéquat", n'a pas de poids décisif, dès lors qu'un tel comportement est attendu d'un délinquant durant ses années de détention (cf. arrêt 2C_518/2018 du 20 novembre 2018 consid. 7.5.1 et l'arrêt cité). Dans ces circonstances, même si le risque de récidive ne joue pas un rôle déterminant pour les mesures d'éloignement prises sur la base du droit interne (cf. ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; arrêt 2C_157/2018 du 28 mai 2018 consid. 5.3), c'est à juste titre et sans arbitraire que l'autorité précédente a retenu qu'un risque de récidive, même actuellement faible, ne pouvait être exclu après la fin de la détention de l'intéressée.