Citation: U 128/03 23.09.2004 E. 5.2

5.2.1 En ce qui concerne la causalité adéquate, la jurisprudence distingue selon que l'accident subi était insignifiant ou peu grave, moyennement grave, ou grave. Lorsque l'accident correspond à la première catégorie, l'existence d'un lien de causalité adéquate avec d'éventuels troubles psychiques peut généralement être niée d'emblée. A l'inverse, ce rapport de causalité sera en principe admis en cas d'accident grave. Enfin, pour admettre le caractère adéquat du lien de causalité entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques, il faut que soient réunis certains critères particuliers et objectifs. Les plus importants à prendre en considération sont les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident, la gravité des lésions subies, la durée et le degré de l'incapacité de travail, la durée anormalement longue du traitement médical et les douleurs persistantes dues aux seules atteintes à la santé physique, ainsi que les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident (ATF 115 V 139 sv. consid. 6, 408 consid. 5). 5.2.2 Bien que l'accident du 3 janvier 1998, qu'il convient de qualifier d'accident de gravité moyenne, ait entraîné un traumatisme crânien simple et de nombreuses fractures, il ne présente pas un caractère particulièrement impressionnant ou dramatique au sens de la jurisprudence. L'assuré a pu quitter l'hôpital après 19 jours, sans que l'infection pulmonaire survenue en cours d'hospitalisation porte à conséquence par la suite. L'évolution a été globalement favorable jusqu'en septembre 1998 (rapports des 31 juillet et 19 septembre 1998 du docteur W.________), mais les douleurs ont persisté, de même que des déficits neuropsychologiques légers et une limitation des mouvements des épaules, cette dernière entraînant une incapacité de travail dans la profession de peintre en bâtiment. Cela étant, le recourant n'exerçait pas d'activité professionnelle au moment de l'accident et demeure capable de travailler à plein temps dans un autre secteur d'activité. Par ailleurs, son état de santé s'est stabilisé dans le courant de l'année 1999, selon son médecin traitant, le docteur S.________, qui mentionne alors pour tout traitement la prise occasionnelle de Dafalgan et des exercices à domicile (rapport du 6 août 1999). Un séjour à la Clinique R.________ a été organisé par la suite, mais essentiellement en vue d'une prise en charge pluridisciplinaire, compte tenu de la discordance entre les douleurs exprimées par l'assuré et les constatations objectives des médecins. Dans cette mesure, il n'y a pas lieu de retenir un traitement médical anormalement long ni la persistence de douleurs intenses en raison des atteintes à la santé physiques provoquées par l'accident. Si les critères retenus par la jurisprudence pour admettre le rapport de causalité litigieux sont en partie remplis, ils ne sont toutefois pas suffisamment prégnants pour que l'accident subi soit tenu pour la cause adéquate de l'affection psychique décrite par le docteur A.________.