Citation: 1P.762/1999 03.02.2000 E. 2

2.- Le recourant invoque son droit d'être entendu. Il se plaint de ne pas avoir pu participer suffisamment à l'enquête qui a abouti à la résiliation de ses rapports de service. En outre, on ne lui aurait pas fait part clairement des faits et omissions reprochés, de sorte qu'il n'aurait pas pu se défendre correctement. Enfin, les instances cantonales auraient rejeté arbitrairement les témoignages sollicités. a) La portée du droit d'être entendu et les modalités de sa mise en oeuvre sont tout d'abord déterminées par la législation cantonale, dont le Tribunal fédéral revoit l'application sous l'angle restreint de l'arbitraire. Il examine en revanche librement si les garanties minimales consacrées par le droit constitutionnel fédéral ont été respectées (pour l'art. 4 aCst. : ATF 125 I 257 consid. 3a p. 259; 124 I 49 consid. 3a p. 51, 241 consid. 2 i.f. p. 242 s et les arrêts cités). Les normes du droit cantonal invoquées ici par le recourant (art. 21 de la loi neuchâteloise sur la procédure et la juridiction administratives [LPJA; RSN 152. 130] et art. 47 de la loi neuchâteloise sur le statut de la fonction publique du 28 juin 1995 [LSt. /NE]) n'ont pas de portée propre (pour l'art. 21 LPJA: Robert Schaer, Juridiction administrative neuchâteloise, Neuchâtel 1995, p. 96). C'est donc à la lumière des garanties minimales de droit fédéral qu'il convient d'examiner ce recours, et ce en se fondant sur la jurisprudence concernant l'art. 4 aCst. , la nouvelle Constitution n'ayant pas amené de changements à cet égard (cf. art. 29 al. 1 et 2 Cst. ; Bull. Off. CN 1998, Réforme de la Constitution fédérale, p. 234; Bull. Off. CE 1998, Réforme de la Constitution fédérale, p. 50 s.). b) Le droit d'être entendu comprend le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, de fournir des preuves quant aux faits pertinents, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 124 I 49 consid. 3a p. 51; 123 I 63 consid. 2a p. 66: 123 II 175 consid. 6c p. 183 s; 122 I 109 consid. 2a p. 112; 122 II 274 consid. 6b p. 286 et les arrêts cités). A ce droit du justiciable de prendre part à la procédure correspondent certains devoirs de prestation des autorités (cf. ATF 122 V 157 consid. 1d p. 162). Ainsi, celles-ci doivent accueillir les preuves produites, se déterminer sur les conclusions déposées, ou encore motiver leurs arrêts et jugements (cf. par ex. ATF 124 II 146 consid. 2a p. 149; 121 I 306 consid. 3b p. 308). Le droit de faire administrer des preuves n'empêche pas cependant le juge de procéder à une appréciation anticipée des preuves offertes, s'il a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 122 II 464 consid. 4 p. 469; 120 Ib 224 consid. 2b p. 229). Le refus d'administration de preuves ne viole le droit d'être entendu du recourant que si l'appréciation à laquelle l'autorité a ainsi procédé apparaît entachée d'arbitraire (ATF 124 I 208 consid. 4a p. 211; 122 V 157 consid. 1d p. 162 et les arrêts cités).