Citation: 6B_1124/2023 E. B

Par arrêt du 26 juillet 2023, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a rejeté l'appel formé par A.A.________ contre le jugement de première instance et a admis partiellement ceux du ministère public et de B.A.________. La cour cantonale a confirmé l'acquittement de A.A.________ pour la violation du devoir d'assistance ou d'éducation (art. 219 al. 1 CP) mais l'a reconnu coupable de viol (art. 190 al. 1 CP), de lésions corporelles simples aggravées (art. 123 ch. 1 et 2 al. 3 CP), de contrainte (art. 181 CP) et de tentative de lésions corporelles simples aggravées (art. 22 al. 1 cum 123 ch. 1 et 2 al. 3 CP). Elle l'a condamné à une peine privative de liberté de deux ans et à une peine pécuniaire de 5 mois [ recte : 150 jours-amende] à 30 fr. l'unité (sous déduction de la détention avant jugement et des mesures de substitution subies), avec sursis (délai d'épreuve de trois ans). Elle a ordonné son expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans et l'inscription de cette mesure dans le Système d'information Schengen (SIS). Elle a condamné A.A.________ au paiement à B.A.________ de 10'000 fr. avec intérêts à 5 % dès le 5 février 2018, à titre de réparation du tort moral, ainsi que de 49'434 fr. 40 en couverture des dépenses obligatoires de B.A.________ en qualité de partie plaignante (art. 433 et 436 CPP). La cour cantonale a acquitté B.A.________ du chef de contrainte (art. 181 CP) et a classé la procédure dirigée contre elle pour enlèvement de mineur (art. 220 CP), subsidiairement, l'a acquittée de ce chef d'infraction. L'arrêt cantonal repose en substance sur les faits suivants. B.a. A.A.________ est né en 1980 à U.________, au Kenya, pays dont il est originaire, où il a grandi et où sa nombreuse famille demeure à l'heure actuelle. Il a étudié la mécanique et travaillé quelques années dans ce domaine. Père de E.A.________, née en 2006 d'une précédente relation, il a rencontré B.A.________ en 2010. Titulaire d'un bachelor en commerce et d'un master en stratégie, ainsi que comptable certifiée, B.A.________ était alors auditrice auprès d'une entreprise et avait un enfant, D.A.________, né en 2009. A.A.________ et B.A.________ se sont mariés en 2011. A.A.________ a reconnu D.A.________ et en est devenu légalement le père. Comme A.A.________ travaillait au Kenya, les époux vivaient séparés mais se rejoignaient régulièrement. Leur enfant commun, C.A.________ est né en 2012. À partir de juin 2013, le couple et les deux garçons ont vécu dans une résidence au Kenya. B.A.________ a commencé à travailler pour une organisation internationale à V.________, à partir du 5 avril 2017. Son époux et les trois enfants l'ont rejointe au mois de juin suivant, tous les membres de la famille se voyant délivrer un permis D et des cartes de légitimation. L'activité professionnelle de B.A.________ impliquait des voyages fréquents de sorte que son époux, en recherche d'emploi, était régulièrement seul avec les enfants. B.A.________ pourvoyait à l'entretien de la famille. B.b. À V.________, au domicile familial, dans la nuit du 4 au 5 février 2018, A.A.________ a posé ses mains sur le cou de son épouse et a commencé à l'étrangler pendant qu'elle dormait, sur le dos. Alors qu'elle s'était réveillée, il a continué de l'étrangler tout en lui faisant des reproches, notamment en lui disant qu'elle était peu respectueuse et en lui expliquant que s'il voyait d'autres femmes, c'était parce qu'ils n'avaient pas assez de rapports sexuels, ne s'arrêtant de l'étrangler qu'après quelques minutes. Alors qu'il l'étranglait et lui faisait ces reproches, son épouse pleurait et le suppliait de s'arrêter et de ne pas la blesser. À la suite de cela, alors que B.A.________ lui avait clairement signifié son refus d'avoir un rapport sexuel avec lui, qu'elle se débattait, le repoussait et le suppliait d'arrêter, A.A.________ l'a pénétrée vaginalement, après être parvenu, malgré la résistance de son épouse, à retirer d'une main sa culotte et à briser sa résistance, notamment en serrant son cou de l'autre main. Il affirmait qu'il en avait le droit, aussi souvent qu'il le souhaitait, étant son mari, et l'a menacée de mort en cas de refus. B.c. Dans le même logement, le 4 septembre 2018, à la suite d'une dispute au sujet de l'éducation de leurs enfants, A.A.________ a frappé son épouse, B.A.________, à diverses reprises. Il a commencé par lui donner un premier coup de poing sur la joue gauche, puis un deuxième sur le nez et la bouche, ce qui a eu pour effet de la faire tomber. Il s'est alors accroupi et a commencé à l'étrangler, d'abord avec ses deux mains durant environ une minute et demi, puis en serrant sa gorge avec une seule main, de tout son poids, durant environ 30 secondes. Après l'avoir relâchée et s'être assis quelques instants avec son épouse sur le canapé du salon, A.A.________ l'a saisie par l'avant-bras afin de la forcer à le suivre dans la chambre. B.A.________ est alors parvenue à s'échapper dans le couloir de l'immeuble et à descendre à l'étage inférieur, très vite rattrapée par son époux qui a continué à la frapper, sur le dos et les bras, à l'aide d'un petit meuble à chaussures en métal dont il venait de se munir dans l'appartement conjugal, ne s'arrêtant qu'après que son épouse fut parvenue à se réfugier dans l'appartement d'une voisine. Ces coups ont causé à B.A.________ diverses blessures, selon le constat médical de lésions traumatiques du 5 septembre 2018, à savoir: deux dermabrasions superficielles au niveau du cou à droite (moins d'un centimètre), une dermabrasion superficielle au niveau du bras gauche (moins d'un centimètre), une douleur et une sensibilité de l'articulation proximale interphalangienne gauche de l'index, un hématome de huit centimètres au niveau proximal du coude droit, un hématome et une sensibilité du poignet droit, une dermabrasion superficielle du nez, une dermabrasion superficielle au niveau de la lèvre supérieure du côté gauche et une petite dermabrasion au niveau latéral du pied gauche. B.d. A.A.________ n'a pas d'antécédents en Suisse.