Citation: 6B_692/2021 E. 1.3

1.3. Le recourant ne conteste pas avoir circulé à une vitesse de 110 km/h sur un tronçon limité à 80 km/h et avoir commis un dépassement de 30 km/h de la vitesse autorisée. La condition objective de violation grave des règles de la circulation est réalisée, ce qui n'est pas discuté. Sous l'angle subjectif, le recourant livre sa propre appréciation des éléments dont il avait conscience. Ce procédé, largement appellatoire est irrecevable. Au demeurant, il se contredit en affirmant avoir cru rouler à 108.8 km/h dans une partie de son mémoire (mémoire de recours p. 5 in initio), puis avoir été convaincu de rouler à 100 km/h au maximum (mémoire de recours p. 9 et 15). Quoiqu'il en soit, le recourant ne conteste pas avoir remarqué, lors de la conduite du véhicule, que l'aiguille du compteur mécanique était imprécise et vibrait, pouvant assez facilement passer de 60 km/h à 70 km/h, selon ses propres déclarations (jugement entrepris consid. 2.2). Compte tenu de l'imprécision du compteur et d'une marge de l'ordre de 10 km/h constatées par le recourant, celui-ci ne saurait rien déduire en sa faveur d'une vitesse indiquée de 108.8 km/h pour prétendre n'avoir pas envisagé rouler en réalité à 110 km/h. Le recourant échoue ainsi à démontrer que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en retenant qu'il s'était consciemment satisfait de commettre un excès de vitesse de 30 km/h. Cela étant, et dans les circonstances d'espèce, impliquant un dépassement d'une file de véhicules sur une route à circulation dense (cf. jugement entrepris consid. 2.1), le recourant ne pouvait qu'être conscient du caractère généralement dangereux de son comportement. Pour le surplus, il ne fait valoir aucune circonstance particulière justifiant de s'écarter, sous l'angle de l'élément subjectif, des règles générales à l'aune desquelles se définit le cas grave au sens de l'art. 90 al. 2 LCR (cf. supra consid. 1.1.1; ATF 143 IV 508 consid. 1.3 p. 512). Les éléments qui précèdent suffisent à exclure l'erreur sur les faits, faute pour le recourant de s'être faussement représenté la réalité s'agissant de l'excès de vitesse commis (art. 13 al. 1 CP). Tout au plus l'erreur aurait-elle été évitable au sens de l'art. 13 al. 2 CP, si le recourant, conscient de l'imprécision du compteur, avait usé des précautions voulues. Or cette disposition ne lui est d'aucun secours, l'infraction étant réalisée par négligence grossière (cf. art. 100 ch. 1 LCR; arrêts 6B_1039/2021 précité consid. 1.4.2; 6B_1445/2019 précité consid. 3.2 en ce sens). Pour ce même motif, c'est en vain que le recourant insiste à plusieurs reprises sur une absence d'intention de sa part (mémoire de recours p. 15, 17, 18, 19). En définitive, dans les circonstances d'espèce, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en reconnaissant le recourant coupable de violation grave des règles de la circulation routière (art. 90 al. 2 LCR; cf. en ce sens également arrêts 6B_973/2020 précité consid. 2; 6B_345/2019 du 18 avril 2019 consid. 2.3).