Citation: U 232/05 31.05.2006 E. 2

2.1 La juridiction cantonale a considéré que la version des faits de la soirée du 16 au 17 juin 2003, telle que recueillie par la police dans le rapport du 13 juillet 2000 et précisée par l'agent de police B.________, devait être retenue: par dépit amoureux et en vue d'impressionner son amie, E.________, pris d'alcool, avait enjambé la barrière du balcon et s'était accroché à l'extérieur de cette dernière; à un certain moment, il s'était retrouvé suspendu dans le vide, avait lâché ses mains et était tombé d'une hauteur de 5 ou 6 mètres pour une raison obscure (perte de contrôle ou faux mouvement). Selon les premiers juges, un tel comportement relève d'une entreprise téméraire relative, en ce sens que l'assuré s'est exposé à un danger particulièrement grave, (enjamber la barrière d'un balcon et se tenir accroché à l'extérieur de celle-ci au risque de tomber et de se blesser gravement, voire de mourir), sans prendre des mesures destinées à le ramener à des proportions raisonnables. Il ne s'agit cependant pas, pour l'autorité cantonale de recours, d'un cas particulièrement grave au sens de l'art. 50 al. 1, deuxième phrase, OLAA, dès lors qu'en des circonstances normales l'assuré en pleine possession de ses moyens aurait pu éviter de tomber. La gravité du cas est par ailleurs réduite du fait que celui-ci a agi pour des raisons passionnelles et sous l'influence de l'alcool. Une réduction des prestations de moitié au sens de l'art. 50 al. 1, première phrase, OLAA apparaît dès lors appropriée. 2.2 La recourante conteste la qualification du comportement de l'assuré donnée par les premiers juges. A son avis, le 17 juin 2003, E.________ avait cherché soit à mettre fin à ses jours, soit à faire peur à son amie. Dans la première hypothèse, l'art. 37 al. 1 LAA permettait à l'assureur-accidents de refuser toute prestation d'assurance. Dans la seconde, le comportement adopté par l'assuré devait être qualifié d'entreprise téméraire absolue particulièrement grave au sens de l'art. 50 al. 1, 2ème phrase OLAA, ce qui justifiait également le refus de prester. En particulier, l'assureur-accidents reproche aux premiers juges d'avoir tenu compte de la circonstance que l'assuré se trouvait en état d'ébriété, puisque l'appréciation de l'entreprise téméraire se déterminait selon des critères objectifs; tout au plus cette circonstance devait-elle être prise en considération comme un facteur aggravant. La recourante prétend par ailleurs que la question de savoir si l'entreprise téméraire justifie une réduction des prestations en espèces à raison de 50 % ou le refus de celles-ci relève du pouvoir d'appréciation de l'administration, qu'elle avait exercé dans le cadre légal.