Citation: 9C_628/2015 E. 5.4

5.4. L'art. 17 al. 2 LPGA, qui est aussi invoqué par le tribunal cantonal, en plus de l'art. 53 al. 1 LPGA, et est applicable aux prestations durables autres que les rentes d'invalidité visées à l'art. 17 al. 1 LPGA, exige une modification importante des circonstances dont dépendait l'octroi de la prestation contestée. La juridiction cantonale a en l'espèce estimé que la reprise d'une activité lucrative dans un café-restaurant constituait cette modification importante. Cette conclusion ne saurait être suivie. Les premiers juges sont partis du principe que la présence de la recourante dans un établissement public constituait une reprise d'activité professionnelle. Pour ce faire, ils se sont fondés sur le rapport d'un détective privé. Pour sa part, l'assurée ne nie pas être parfois présente dans le café-restaurant évoqué et y rendre service en accomplissant quelques menues tâches (préparer un café, servir un verre, prendre une assiette), mais nie avoir recommencé à travailler ou percevoir un salaire. Elle prétend que sa présence vise à éviter un isolement social et des idées noires ou suicidaires. Tout cela semble du reste confirmé par les témoignages d'un employé de l'établissement public ou de son tenancier. Ces deux versions s'opposent donc et s'opposaient déjà en instance cantonale. Il n'est toutefois pas nécessaire d'établir laquelle l'emporte. Peu importe que, contrairement à ce qu'a soutenu la juridiction cantonale, la recourante rende des petits services dans un café-restaurant dès lors que la reconnaissance initiale du droit à une allocation pour impotent n'était pas justifiée par des difficultés à réaliser les différents actes ordinaires de la vie, mais par le besoin d'accompagnement pour faire face aux nécessités de la vie, au sens de l'art. 38 al. 1 let. b RAI. La seule présence de l'assurée dans un établissement public et les menus services rendus dans ce cadre ne suffisent donc pas à démontrer que celle-ci n'a plus besoin d'accompagnement pour faire face à toutes les nécessités de la vie. On ne saurait parler d'un changement notable de circonstances. Les premiers juges ont donc violé le droit fédéral en constatant que les conditions d'application de l'art. 17 al. 2 LPGA étaient remplies.