Citation: 2C_583/2021 E. 3.2

3.2. En l'espèce, il ressort de l'arrêt attaqué (art. 105 al. 1 LTF) que, peu après son emménagement chez son fils, l'époux de la recourante a pris des dispositions pour cause de mort, afin d'exhéréder celle-ci. Les motifs d'exhérédation invoqués dans le testament du défunt sont ceux d'une exhérédation punitive au sens de l'art. 477 CC (RS 210), en ce qu'elle permet au de cujus de priver un héritier réservataire de sa réserve, notamment lorsque celui-ci a commis un acte ayant eu pour effet de saper la communauté familiale (art. 477 al. 2 CC; cf. ATF 106 II 306 consid. 3 et l'arrêt et la référence cité; cf. aussi KLAUS BÜRGLI, in Orell füssli Kommentar ZGB, 2016, n° 2 ad art. 477 CC; LEILA ROUSSIANOS/GÉRALDINE AUBERSON, in Commentaire du droit des successions, 2012, n° 1 ad art. 477 CC). Indépendamment de la validité d'une telle clause d'exhérédation, question qui doit être tranchée par le juge civil, l'autorité précédente pouvait de manière soutenable considérer que l'exhérédation de la recourante constituait un indice quant au fait que son époux - dont la capacité de discernement n'a pas été remise en cause - considérait que le lien familial avait été brisé et que l'union conjugale qu'il formait avec l'intéressée avait pris fin. On relèvera en outre qu'il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que cette clause aurait été révoquée par le défunt avant son décès, ni que celui-ci, par application analogique de l'art. 540 al. 2 CC, aurait octroyé un pardon à la recourante, si bien que l'on peut raisonnablement admettre que le défunt n'avait pas modifié sa position avant son décès. A ces circonstances s'ajoute que, selon les constatations cantonales, les époux ont cessé toute vie commune à la fin 2019 et n'ont, depuis lors et jusqu'au décès, plus repris celle-ci. Sous cet angle, la recourante a déclaré que les époux avaient fait le choix, d'un commun accord, de vivre dans des domiciles séparés, afin qu'elle puisse conserver l'emploi qu'elle venait de décrocher, ce qu'elle n'aurait pas pu faire si son mari était resté au domicile conjugal, compte tenu de la maladie dont il était atteint et des soins que celle-ci commandait. Si, ce faisant, la recourante semble se prévaloir de raisons majeures justifiant l'absence de ménage commun, force est toutefois de constater que son argumentation ne convainc pas dans la mesure où, selon les pièces figurant au dossier, et en particulier le contrat de travail de l'intéressée, son emploi a débuté le 17 février 2020, soit plus de deux mois après le déménagement de son époux (art. 105 al. 2 LTF). Or, durant ce laps de temps, rien n'apparaissait empêcher l'intéressée de prendre soin de son époux au domicile conjugal et cette dernière ne prétend d'ailleurs pas qu'elle n'aurait pas pu le faire. La fin de la vie commune des époux ne saurait dès lors trouver explication, à tout le moins jusqu'au début de l'activité professionnelle de la recourante, dans les motifs avancés par cette dernière. Pour le reste, l'argumentation développée par la recourante, largement appellatoire et partant irrecevable, ne parvient pas à démontrer en quoi l'appréciation du Tribunal cantonal, en tant que celui-ci considère que l'union conjugale avait cessé avant le décès de l'époux de l'intéressée, serait arbitraire. Le fait, pour elle, de prétendre que le fils de son mari avait conseillé à ce dernier de ne pas entamer des démarches de divorce ou de séparation amène bien plus à penser que le défunt avait envisagé celles-ci, quand bien même ne les a-t-il pas engagées. Quant au fait que l'exhérédation aurait été motivée par le déménagement du défunt chez son fils, qui aurait vécu celui-ci comme un abandon de la part de son épouse, elle entre en contradiction avec les déclarations de cette dernière, selon lesquelles, comme on l'a vu, ce déménagement résultait d'un choix commun des deux époux.