Citation: 1C_520/2021 E. 2.3

2.3. En l'espèce, la recourante fait valoir qu'elle est touchée par la décision du Syndicat des communes de vente de la parcelle n° 2388 de manière prépondérante par rapport à tout un chacun. Elle relève qu'elle était en pourparlers avancés avec l'intimé pour l'acquisition du stand de tir et qu'elle avait déjà versé le prix de vente de 187'000 francs sur le compte du notaire. Elle souligne que la décision de vendre cette parcelle engendre la fermeture du stand de tir, ce qui rompt de manière abrupte et définitive les discussions liées à l'acquisition du stand de tir. Elle met aussi en évidence le fait qu'une première décision visant la vente du stand de tir a été annulée judiciairement et que de nombreux frais ont déjà été engagés et acquittés dans ce cadre. La société recourante ne conteste cependant pas n'être ni propriétaire ni locataire du stand de tir des Breuleux. Elle prétend uniquement en être l'utilisatrice principale. Or ses buts statutaires se rapportent au maintien et à la promotion de l'aptitude au tir sportif de ses membres, au soin de la camaraderie et des sentiments patriotiques; ils ne mentionnent pas que la pratique du tir a lieu ou doit avoir lieu au stand de tir des Breuleux. La société ne nie d'ailleurs pas que ses buts statutaires peuvent se réaliser dans d'autres stands de tir des Franches-Montagnes. Dans la mesure où il existe d'autres stands de tir dans cette région (notamment à Soubey, Epiquerez et Saignelégier), le seul fait de promouvoir la pratique du tir est, en soi, insuffisant à démontrer que la société est touchée dans un intérêt personnel se distinguant nettement de l'intérêt général par la cession de la parcelle n° 2388, même si cela entraîne la fermeture du stand de tir. En effet, ce n'est que de façon indirecte que la recourante est concernée, voire atteinte (arrêt 1C_96/2017 du 21 septembre 2017 consid. 2.3) : on ne discerne pas que la société recourante soit touchée de manière plus intense que tout autre administré témoignant d'un intérêt marqué pour le tir. Le fait que la recourante a investi du temps et de l'argent dans cette affaire, y compris dans les pourparlers engagés en lien avec la vente de la parcelle concernée, fait partie du processus ordinaire de négociations dans le domaine immobilier. Le non-aboutissement des négociations de vente ne crée pas une atteinte particulière et n'implique pas que la recourante, qui n'est pas partie au contrat de cession, soit directement touchée par la décision litigieuse. Il en va de même du fait que la première décision visant la vente du stand de tir a été annulée judiciairement. Quant au montant apparemment déjà versé sur le compte du notaire, il sera en principe restitué dans la mesure où la vente n'a pas été opérée entre la recourante et l'intimé. Enfin, la recourante ne peut rien tirer du fait que les appelés en cause n'auraient, selon elle, "aucun intérêt à acquérir cette parcelle même à titre gratuit puisqu'ils ne pourront rien en faire": cela ne touche pas la recourante avec une intensité plus grande que la généralité des administrés. Ainsi, l'intéressée ne parvient pas à démontrer qu'elle retire un avantage pratique de l'annulation de la décision contestée qui permette d'admettre qu'elle est touchée dans un intérêt personnel se distinguant nettement de l'intérêt général. La cour cantonale n'a donc pas violé l'art. 111 LTF en refusant à la recourante la qualité pour recourir. Il n'est par conséquent pas nécessaire d'examiner les autres griefs soulevés en lien avec le fond de la contestation.