Citation: 1C_176/2023 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le Dr B.________ a entendu le recourant lors de l'établissement de la première expertise médicale du 22 mars 2021 qui établissait l'existence d'une dépendance; lors de l'expertise complémentaire, neuf mois plus tard, le Dr B.________ a délégué l'entretien avec le recourant au Dr D.________ (qui ne dispose pas de la reconnaissance de niveau 4 au sens de l'art. 5a bis OAC mais qui est chef de clinique adjoint bénéficiant de 3 ans d'expérience en médecine du trafic acquise auprès d'un institut formant les futurs médecins du trafic de niveau 4). Le Dr B.________ a, sous sa propre responsabilité et après avoir étudié le dossier et supervisé le travail de son collègue dont il s'est adjoint les services, fait sienne l'intégralité du contenu de ce rapport, raison pour laquelle il l'a signé. Dans ces circonstances, le fait que le Dr B.________ n'ait pas entendu une seconde fois le recourant et que la seconde audition ait été conduite par le Dr D.________, avant que les deux médecins cosignent l'expertise complémentaire, n'est pas contraire à l'art. 5a bis OAC et ne saurait conduire à la nullité de l'expertise complémentaire. Le recourant se contente d'ailleurs d'affirmer péremptoirement qu'aucun élément médical ni factuel postérieur à la décision du 28 mai 2021 n'est venu mettre en doute la capacité inconditionnelle à conduire du recourant si ce n'est "le ressenti du médecin ayant participé à l'entretien du 25 octobre 2021 avec le recourant, soit le Dr D.________, simple médecin-assistant non certifié au sens de l'OAC". Cette seule appréciation subjective ne saurait conduire à la nullité de l'expertise simplifiée, la soumission de la restitution du permis de conduire à une abstinence médicalement contrôlée de toute consommation d'alcool ayant été dûment motivée (voir infra consid. 4.3). Au demeurant, l'art. 5a bis al. 2 OAC permettait au Dr B.________ de mandater le Dr D.________ pour participer à l'examen d'évaluation de l'aptitude à conduire. Mal fondé, le grief de violation des art. 17 al. 3, 25 al. 3 let. f LCR et 5a bis OAC doit être écarté. Pour le reste, le recourant ne peut rien tirer de l'arrêt du Tribunal cantonal du canton de Vaud dont il se prévaut (arrêt CR.2020.0042 du 16 avril 2021). En effet, ce cas diffère sous plusieurs aspects du présent litige: dans cette autre affaire, le médecin du trafic SSML niveau 4 n'avait jamais entendu l'expertisé; il s'agissait d'une expertise principale portant sur l'inaptitude à la conduite et non pas d'une expertise simplifiée de restitution du permis de conduire. Fût-il recevable, le grief de violation du principe de l'égalité (art. 8 Cst.), au motif que l'application de l'art. 5a bis OAC serait différente suivant les cantons, devrait être rejeté.