Citation: 6B_1049/2021 E. 1.3

1.3. La recourante soutient que la cour cantonale n'aurait pas tenu compte du fait que la course litigieuse était celle d'une policière rompue aux courses d'urgence, roulant dans de bonnes conditions sur une route rectiligne, au volant d'un véhicule aux capacités de freinage remarquables et n'ayant atteint le seuil générateur de présomption que de 2 km/h sur un tronçon extrêmement restreint avec une bonne visibilité, aidée par ailleurs par son collègue passager. Quoi qu'en dise la recourante, la cour cantonale a tenu compte de ces éléments mais en a tiré d'autres conclusions quant à l'élément subjectif de l'infraction, comme on l'a vu (cf. consid. 1.2 supra). Pour sa part, la recourante ne fait que livrer sa propre appréciation de la situation, sans expliquer en quoi ces éléments de fait auraient été appréciés de manière insoutenable par la cour cantonale. Ses explications selon lesquelles, compte tenu de sa formation en courses d'urgence et a fortiori au volant d'un véhicule doté d'une capacité de freinage remarquable, elle aurait d'autant moins accepté le risque de créer un danger grave sur la route car elle savait qu'elle avait la possibilité de réagir à temps si un obstacle ou un danger inattendu survenait, ne constituent pas des circonstances exceptionnelles permettant d'exclure le caractère intentionnel de l'infraction. En effet, en augmentant sciemment sa vitesse de circulation à 102 km/h (marge de sécurité déduite) alors qu'elle se trouvait à l'intérieur d'une localité, la recourante ne pouvait pas croire que ces atouts étaient de nature à écarter le risque d'accident grave. Quant au fait que la cour cantonale aurait inexactement omis de constater que la route était éclairée par des réverbères, il n'est pas déterminant. En effet, si la présence de réverbères augmentait certes la visibilité qu'avait la recourante de la route, elle n'était pas de nature à écarter le risque d'accident grave. Enfin, le fait que l'accélération n'a eu lieu que sur une courte distance ainsi que le fait que le dépassement de la vitesse autorisée a excédé de 2 km/h seulement la limite fixée à l'art. 90 al. 4 LCR ne relèvent pas de l'aspect subjectif mais touchent aux faits justificatifs. Or le danger créé par la recourante était d'autant moins justifiable qu'il pouvait au mieux - s'agissant de la courte distance concernée par la limitation de vitesse à 50 km/h sur laquelle les risques de croiser un autre usager ou un piéton étaient accrus - lui faire gagner quelques instants pour se rendre sur les lieux où un suspect avait été repéré (cf. arrêt 6B_1224/2019 du 24 janvier 2020 consid. 3.3). Au vu de ce qui précède, la recourante échoue à démontrer que la cour cantonale ait violé le droit fédéral en admettant la réalisation de la condition subjective de l'infraction prévue par l'art. 90 al. 3 et 4 LCR.