Citation: 5A_24/2023 E. 3.2

3.2. Le recourant reproche d'abord à la Cour de justice d'avoir omis de déduire de son solde disponible les frais des enfants qu'il avait pourtant été condamné à supporter. Il relève que cela avait pour conséquence de faire participer les enfants à son solde disponible en lieu et place de son excédent, ce qui n'était pas conforme à la jurisprudence relative à la méthode concrète en deux étapes selon laquelle l'excédent s'obtenait après déduction de tous les frais de la famille, y compris ceux des enfants, précisant en outre que la part de l'excédent comprise dans les contributions d'entretien des deux enfants représentait en réalité plus de la moitié de son excédent. Comme le relève le recourant à juste titre, la Cour de justice ne précise pas comment elle est arrivée à la conclusion que la part de chaque enfant à l'excédent du recourant s'élevait à 320 fr. Ainsi qu'exposé dans le recours, il apparaît que ce montant correspond à 1/6 du solde disponible du père correspondant à une répartition " classique " de l'excédent selon le principe des grandes et petites têtes - qui prévoit qu'un parent (grande tête) a droit à une part de l'excédent deux fois plus grande qu'un enfant (petite tête) (cf. not. arrêts 5A_371/2023 du 6 décembre 2023 consid. 4.1; 5A_668/2021 du 19 juillet 2023, destiné à la publication, consid. 2.4) -, après déduction de la moitié du minimum vital LP de 200 fr. par enfant pris directement en charge par le père lorsqu'il a la garde des enfants (2'323 fr. - (200 fr. x 2) / 6 = 320 fr. 50). Or, il convient d'admettre avec le recourant qu'un tel calcul ne tient pas compte du fait que la Cour de justice a, au préalable, considéré qu'il devait assumer les charges des enfants non couvertes par les allocations familiales et que, conformément à la jurisprudence relative à la méthode concrète en deux étapes avec répartition de l'excédent, l'excédent à répartir entre les ayants droit correspond au montant disponible après couverture du minimum vital du droit de la famille (cf. not. ATF 147 III 265 consid. 7.2 in fine; arrêt 5A_371/2023 précité loc. cit.). Pareille critique ne vaut cependant que pour les contributions fixées du 1er juillet 2021 au 31 décembre 2032. En effet, le recourant ne démontre pas que la contribution en faveur de chaque enfant que la Cour de justice a " ramenée " à 400 fr. à partir du 1er janvier 2033 inclurait une part de l'excédent de 320 fr. et cela ne ressort pas de l'arrêt entrepris, la Cour de justice se limitant à justifier ce montant au motif que la mère serait alors en mesure de prendre en charge une partie des frais des enfants qui excédent leurs frais incompressibles.