Citation: 6B_979/2021 E. 4.4

4.4. En l'espèce, il ressort des faits retenus par la cour cantonale que, lors de leurs auditions respectives par la police, les intimés ont, de manière constante et concordante, déclaré que, depuis l'âge de onze ou douze ans et jusqu'au 15 janvier 2017, ils avaient été régulièrement victimes, à raison de plusieurs fois par mois, d'insultes et d'actes de maltraitance de la part de leur mère, qui leur donnait des coups de poing et de pied dans les jambes et le ventre, ainsi que des gifles, les plaquait contre le mur, tirait les cheveux de l'intimée et leur lançait divers objets, tels que des couverts, des bouteilles d'eau en plastique et des fruits. Ces faits correspondaient, pour l'essentiel, à ceux que les intéressés avaient relatés à la psychologue du Centre G.________, F.________, et à l'experte D.________. E.________ avait également confirmé que ces injures et actes de maltraitance se produisaient régulièrement le week-end et quelques fois durant la semaine. La cour cantonale a considéré que rien ne permettait de dire que les faits en question auraient été inventés par les intimés, à l'instigation de leur père, afin de nuire à la recourante, comme celle-ci le prétendait. En effet, tout d'abord, l'intimée n'en avait pas fait mention lorsqu'elle avait été entendue par la police le 18 janvier 2017. De plus, ni E.________, ni ses enfants n'en avaient parlé à la psychologue F.________ lorsque celle-ci les avait reçus en commun le 7 février 2017. C'était seulement lors d'un entretien individuel (en l'absence de son père) postérieur que l'intimé avait, de manière spontanée, révélé à F.________ les insultes et les coups qu'elle-même et son frère avaient reçus de leur mère. Cette psychologue avait par ailleurs indiqué à la procureure que l'intimée présentait "des réactions qui [étaient] cohérentes avec un état de stress aigu" que rien ne lui permettait de dire que ses déclarations n'étaient pas conformes à la vérité. Elle avait en outre précisé à la représentante du ministère public que E.________ lui était apparu "très désarçonné de cette situation, de se retrouver avec les jumeaux chez sa mère", qu'il ne comprenait pas que les enfants ne pouvaient pas voir leur mère et qu'il "semblait inquiet pour son épouse". La cour cantonale a relevé que pareille attitude était difficilement compatible avec la prétendue volonté du susnommé de causer du tort à la recourante. De reste, le mandat d'investigation délivré à la police par le ministère public pour voies de fait à l'encontre de cette dernière en date du 23 février 2017 l'avait été à la suite de la dénonciation du Service cantonal de la jeunesse et non pas à l'instance de E.________ ni de sa fille, laquelle, lorsqu'elle a été interrogée par la police, le 18 janvier 2017, avait expressément renoncé à porter plainte contre sa mère, à l'instar de l'intimé lors de son audition du 8 mars 2017. Quant à la lettre de l'intimé du 22 juin 2021, la cour cantonale a considéré qu'elle n'apparaissait pas de nature à faire douter de la véracité des dépositions que sa soeur et lui-même avaient faites devant la police. Dans ce courrier, l'intéressé ne revenait en effet pas (formellement) sur ses précédentes déclarations, mais précisait qu'il était arrivé "très rarement" que sa mère "ait eu un geste déplacé envers [lui]", et "ne pens[ait] pas qu'on puisse parler ici de maltraitance". La cour cantonale a jugé qu'il convenait d'interpréter de tels propos en rapport avec le fait que l'intimé avait renoué des liens étroits avec sa mère, au domicile de laquelle il se rendait quotidiennement et passait une nuit chaque week-end. Il était dès lors vraisemblable qu'il tentait désormais de minimiser les agissements imputés à la recourante afin de lui épargner une condamnation pénale, ce qui était compréhensible. En première instance, il avait d'ailleurs conclu à la condamnation de celle-ci pour voies de fait à une amende de 800 fr., alors que, devant la cour cantonale, il s'en rapportait à justice à ce sujet. La cour cantonale a enfin relevé que la lettre précitée du 22 juin 2021 était muette s'agissant des actes de maltraitance commis sur l'intimée par sa mère.