Citation: 9C_177/2019 E. 3

Examinant le reproche de la recourante sur la présence d'un interprète de langue italienne lors de l'expertise du Centre d'expertise médicale et les difficultés de compréhension avec les experts qui en ont suivi, la juridiction cantonale a admis que les médecins avaient néanmoins pu comprendre suffisamment la recourante, nonobstant l'usage de la langue italienne qu'elle maîtrisait mal. Comme le volet somatique de l'expertise reposait de surcroît sur les rapports d'autres médecins et des examens radiologiques, les premiers juges lui ont reconnu valeur probante. En ce concerne en revanche l'appréciation psychiatrique, ils ont admis que l'expertise avait une valeur probante limitée en raison d'une traduction insuffisante des propos de la recourante. Cette question souffrait cependant de rester ouverte, car d'un point de vue juridique, une valeur invalidante ne pouvait être reconnue à un éventuel trouble psychique; l'assurée n'avait jamais consulté de psychiatre et il n'était pas établi que le trouble dépressif était résistant à un traitement médicamenteux conforme aux règles de l'art. Lors de son audition en instance judiciaire, la recourante avait expliqué son incapacité de travail uniquement par le diabète, les vertiges, les jambes gonflées et des genoux douloureux, mais non par des troubles dépressifs. Quant à la doctoresse D.________, elle avait attesté de troubles de l'adaptation dus à des difficultés psychosociales qui ne relevaient pas de l'assurance-invalidité. En outre, le médecin du SMR avait constaté, en 2006 déjà, que les troubles dépressifs existant depuis dix ans n'avaient pas empêché la recourante de travailler. Selon la juridiction cantonale, il découlait de ces éléments que les critères de la gravité de l'atteinte psychique et de la cohérence ne pouvaient être retenus, en l'absence d'un traitement psychiatrique dans les règles de l'art et d'un environnement social plutôt soutenant. Les troubles dépressifs apparaissaient essentiellement comme le résultat de facteurs socio-culturels, la recourante n'étant pas intégrée en Suisse, en dépit de l'obtention de la nationalité suisse, et ayant commencé à apprendre le français depuis deux ans seulement, probablement en raison de la procédure de naturalisation. Les premiers juges ont conclu que sur la base des indicateurs élaborés par le Tribunal fédéral, il ne pouvait être admis que les troubles psychiatriques eussent un caractère invalidant en l'occurrence. Sous l'angle somatique, les premiers juges n'ont pas suivi l'appréciation de la doctoresse D.________ (cf. rapport du 5 juillet 2018). Ils ont constaté à l'inverse que l'état de santé de la recourante ne s'était pas dégradé postérieurement à l'année 2010, mais au contraire amélioré en raison de la forte diminution de l'obésité. Au demeurant, l'obésité et le diabète n'étaient pas considérés comme des affections invalidantes. Quant à la capacité de travail, l'instance précédente a admis que son étendue dans une activité adaptée pouvait aussi rester indécise, car même avec une capacité de travail limitée à 50 %, aucune invalidité ne pouvait être retenue dans la sphère lucrative, puisque la recourante n'aurait pas travaillé à un taux supérieur à 50 %. En tout état de cause, le calcul du taux d'invalidité mettait en évidence un degré d'invalidité de 32,75 % dans la meilleure des hypothèses (diminution de rendement de 10 % et abattement sur le salaire d'invalide de 15 %).