Citation: 6B_1326/2022 E. 2.5.1

2.5.1. S'agissant de la mise en danger de mort imminent, il sera observé ce qui suit. Il ressort des faits du jugement attaqué, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) et dont le recourant ne démontre pas l'arbitraire, que ce dernier, après avoir été confronté à la présence du garde-frontière sur l'une des deux voies de la sortie autoroutière de U.________, a changé de voie à plusieurs reprises, se remettant à chaque fois sur celle occupée par l'agent. Au passage du véhicule conduit par le recourant, le garde-frontière a dû effectuer un bond de côté, afin d'éviter d'être percuté de plein fouet. Au vu de ces circonstances, il ne fait aucun doute que, par son comportement, consistant à foncer sur l'agent sans ralentir, le recourant a mis en danger de mort imminent celui-ci, alors qu'il cherchait à l'intercepter en essayant de placer une herse sur son passage. Au demeurant, quoi qu'il en dise le recourant, ce n'est pas parce que ce dernier souhaitait éviter un contrôle de police ou encore prendre la fuite que son comportement n'a pas concrètement mis la vie du garde-frontière en danger. Si, effectivement, le drame a certainement pu être évité grâce aux réflexes de l'agent qui a réussi à faire un bond de côté, cela ne signifie nullement que l'imminence du danger devrait être niée. En ce qui concerne la conscience du recourant quant au danger de mort imminent qu'il créait par son comportement, le recourant ne prétend d'aucune manière - à raison - qu'il pouvait escompter que le danger ne se matérialiserait pas en raison d'une réaction appropriée du garde-frontière. Par ailleurs, contrairement à ce que le recourant semble laisser entendre, le fait qu'il ait décéléré sur la bande d'arrêt d'urgence était dû uniquement à la crevaison de la roue causée par la herse et non pas à sa volonté d'éviter de percuter l'agent. Du reste, comme relevé par la cour cantonale, la sortie d'autoroute comportait deux voies de circulation parfaitement libres à cet endroit, ce qui aurait aisément permis au recourant de faire passer son véhicule à bonne distance du garde-frontière si telle avait été sa volonté, ce qu'il ne conteste du reste pas. Le fait qu'il était sous l'influence de stupéfiants et que ses réflexes et ses sens auraient été ralentis, ne change rien à cette appréciation; au contraire, cela constitue plutôt une raison supplémentaire pour décélérer afin d'éviter la survenance d'un drame. Le fait que le gyrophare de la voiture était éteint ou que l'agent n'avait pas de lampe sur lui, ne permet pas de considérer que la visibilité du recourant aurait été " grandement entravée ". En effet, il ressort du jugement attaqué, sans que le recourant en démontre l'arbitraire, que l'agent était porteur d'un gilet réfléchissant et que sa présence était par conséquent visible par le conducteur lorsqu'il avait effectué ses différentes manoeuvres. En tant que le recourant soutient avoir changé de voie à plusieurs reprises pour éviter le garde-frontière, il ne fait qu'opposer sa propre appréciation des faits à celle opérée par les juges cantonaux. Purement appellatoire, son grief est irrecevable sur ce point. Ainsi, en agissant de la sorte et en fonçant directement sur l'agent, le recourant ne pouvait qu'être conscient du danger de mort imminent qu'il lui faisait courir. Au surplus, c'est en vain que le recourant invoque qu'il n'aurait jamais eu la moindre intention de mettre en danger de manière imminente et concrète la vie du garde-frontière, dès lors que c'est précisément ce qui distingue l'infraction ici litigieuse de celle de tentative d'homicide (cf. supra consid. 2.1.1). Enfin, pour ce qui est de l'absence de scrupules, celle-ci doit être admise dans tous les cas où la mise en danger de mort intervient pour un motif futile ou apparaît clairement disproportionnée (cf. supra consid. 2.1.1). Le recourant ayant délibérément mis en danger de mort un être humain uniquement pour assurer sa fuite, son mobile doit être considéré de futile ou pour le moins de clairement disproportionné.