Citation: 5C.102/2005 03.08.2005 E. 4

4.1 Le demandeur reproche également à l'autorité cantonale de n'avoir pas tenu compte de la modification de la situation économique de la défenderesse. En effet, la reprise par la défenderesse d'une activité à plein temps - qui a modifié sa situation économique de manière importante puisque son salaire mensuel net est passé de 2'683 fr. 25 à 5'293 fr. 45 - était imprévisible au moment du divorce, au regard du certificat médical produit à l'époque. En outre, s'il est exact que la défenderesse pourrait toujours être victime d'une aggravation de son état, il est constant qu'elle a travaillé à mi-temps depuis le divorce jusqu'en 2002, puis à plein temps; dès lors que la défenderesse a ainsi été capable de travailler durant près de dix ans, et en l'absence d'indices concrets d'une éventuelle aggravation de son état, il devrait être admis que l'amélioration de sa situation est à vues humaines durable. 4.2 La cour cantonale a retenu en fait, de manière à lier le Tribunal fédéral en instance de réforme (art. 63 al. 2 OJ), que si la défenderesse a pu augmenter son temps de travail pour travailler à plein temps depuis le mois de juillet 2002, son état de santé peut se dégrader du jour au lendemain et il est impossible de dire combien de temps durera l'état stabilisé de la défenderesse (cf. lettres C.b et C.c supra). Il s'avère ainsi que la modification - incontestablement importante - de la situation financière de la défenderesse qui est la sienne depuis moins de trois ans ne peut être considérée comme étant à vues humaines durable; en raison de sa maladie, la défenderesse est au contraire exposée au risque de se trouver dans un proche avenir incapable de travailler, avec des prestations d'invalidité réduites (cf. lettre C.c supra). Comme, en outre, une rente d'entretien au sens de l'art. 151 aCC, une fois supprimée ou réduite, ne peut plus être rétablie ni augmentée (ATF 120 II 4 consid. 5d et les arrêts cités), on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir violé le droit fédéral en considérant que l'amélioration de la situation financière de la défenderesse ne justifiait pas la suppression de la contribution d'entretien due par le demandeur, contribution dont ce dernier a tout de même obtenu la modification en ce sens qu'elle ne sera pas augmentée de la moitié de la dernière contribution d'entretien due en faveur de B.________ (cf. lettre B in fine supra).