Citation: 8C_520/2023 E. 4

Ecartant les conclusions de la doctoresse B.________, sur lesquelles l'intimé s'était fondé pour rendre ses décisions, les premiers juges se sont appuyés sur l'expertise de SMEX, à laquelle ils ont reconnu une pleine valeur probante. Sur le plan psychiatrique, les experts avaient rejeté tout diagnostic pertinent au sens de la CIM-10. Du point de vue orthopédique, le traumatisme au niveau de la main gauche, les douleurs de la main droite et la douleur costale droite séquellaire de l'accident de la circulation, avec pseudarthrose ostéo-chondrale de la première côte, n'avaient pas de substrat organique; les plaintes subjectives de la recourante ne pouvaient pas être objectivées et l'absence d'atrophie des membres supérieurs permettait de déduire que celle-ci utilisait ses mains. Au plan neurologique, l'allodynie au niveau de la main gauche ne pouvait pas être rattachée à un SDRC; la douleur liée à l'atteinte costo-sternale de l'articulation au niveau de la première côte droite n'était pas discutable, mais les conséquences fonctionnelles de cette atteinte - à savoir une impossibilité d'usage normal du membre supérieur droit - demeuraient incompréhensibles; les troubles sensitifs sur l'hémithorax droit et le membre supérieur droit étaient difficilement explicables, faute de correspondre à la répartition habituelle de la symptomatologie; enfin, il y avait une dissociation entre le comportement observé lors de l'anamnèse et au cours de l'habillage et du déshabillage, ce qui constituait un élément d'exagération parlant en faveur d'un trouble fonctionnel excluant toute limitation neurologique et toute origine neurologique aux plaintes de la recourante. Les experts avaient ainsi décrit clairement l'important retentissement subjectif d'une symptomatologie largement dépourvue de substrat organique, et exclu tout diagnostic ayant une incidence sur la capacité de travail, celle-ci ayant toujours été complète, sous réserve des courtes hospitalisations consécutives aux accidents. Leur évaluation était corroborée par d'autres avis médicaux, et les avis de médecins attestant d'incapacités de travail en contradiction avec les experts n'étaient pas convaincants. Tel était notamment le cas de l'appréciation du docteur C.________, spécialiste en chirurgie thoracique, qui ne faisait pas état d'éléments objectifs expliquant les plaintes de la recourante; il n'y changeait rien qu'il ait évolué dans son appréciation des atteintes thoraciques, en évoquant initialement une entorse chondro-sternale, puis un syndrome du défilé thoracique, sans pour autant en tirer de conséquence sur la capacité de travail. Son audition - requise par la recourante - n'apparaissait pas nécessaire à l'établissement des faits pertinents, de sorte que cette réquisition de preuve pouvait être rejetée par appréciation anticipée. L'instance précédente a conclu que la recourante ne pouvait pas prétendre à l'octroi d'une rente d'invalidité. Les prestations allouées par l'intimé n'avaient toutefois pas à être supprimées, dès lors que l'intérêt subjectif à la protection juridique l'emportait sur les principes de légalité et de l'égalité de traitement.