Citation: 4P.1/1999 13.06.2000 E. 2

2.- a) La recourante soutient ensuite que la Chambre d'appel serait tombée dans l'arbitraire en refusant d'admettre que les modifications des conditions de travail proposées par elle, avec effet au 1er janvier 1997, permettaient de réduire les coûts de production. La Chambre d'appel a déclaré qu'elle ne voyait pas comment la mesure consistant à augmenter l'horaire hebdomadaire de travail des employés et à réduire le droit aux vacances de ceux-ci, sans licenciements consécutifs, pouvait aboutir à une réduction des charges relatives au prix de revient de la main-d'oeuvre. Il faut concéder à la recourante qu'un tel raisonnement est insoutenable. En effet, selon les propositions de la recourante, le salaire mensuel brut de l'intimé restait inchangé, comme la Chambre d'appel l'a constaté à la page 6, lettre e, de son arrêt, qui renvoie à la missive de la recourante à l'intimé du 24 septembre 1996, où figure le passage suivant: "votre salaire mensuel brut restera inchangé (12 fois). ..". Or, si, pour le même salaire mensuel, une personne travaille 42 heures par semaine au lieu de 40 heures, si ses vacances sont réduites de cinq à quatre semaines et si le treizième mois est supprimé, il saute aux yeux que le coût de l'heure de travail diminue notablement. En l'occurrence, le salaire mensuel de l'intimé était, en 1996, de 4860 fr. brut pour 40 heures de travail par semaine. Le coût de l'heure était donc de 28 fr.05 (la durée mensuelle du travail était de 4,33 semaines x 40 heures = 173, 2 heures; 4860 fr./173, 2 heures = 28 fr.05 l'heure). Si le travailleur effectue 42 heures de travail par semaine, le coût de l'heure est de 26 fr.75 (la durée mensuelle du travail est de 4,33 semaines x 42 heures = 181, 85 heures; 4860 fr./181, 85 heures = 26 fr.75 l'heure). Il faut ajouter à cela l'économie résultant, pourl'employeur, delasuppressiondutreizièmemois(4860fr. paran)etd'unesemainedevacances(1112fr. 40paran). Un telle diminution du prix de revient de la main-d'oeuvre était de toute évidence de nature à améliorer la rentabilité de l'exploitation. Cette amélioration pouvait profiter à la recourante même si elle ne procédait pas à des licenciements, car elle lui permettait de fournir davantage de prestations à sa clientèle sans augmenter ses charges salariales. Il lui était ainsi possible de réduire le taux de facturation de l'heure, de façon à favoriser sa position dans la concurrence entre les garages. b) Toutefois, il ne se justifierait d'annuler la décision attaquée, pour constatation arbitraire des faits, que si cette constatation avait une incidence sur le sort du litige (ATF 123 I 1 consid. 4a et les arrêts cités). A ce défaut, le recourant n'aurait pas d'intérêt à agir, de sorte que son recours de droit public serait irrecevable sur ce point. Tel est le cas en l'espèce pour les motifs indiqués dans l'arrêt rendu ce jour sur le recours en réforme connexe. Il en ressort que le licenciement de l'intimé est de toute façon abusif pour une raison indépendante de sa justification économique. Par conséquent, le deuxième grief articulé par la défenderesse dans son recours de droit public est irrecevable.