Citation: 8C_1/2008 22.10.2008 E. 4

Reste à examiner - également sous un angle restreint - le bien-fondé du refus, par la CNA, de prendre en charge le traitement des troubles de l'équilibre et les céphalées dont s'est plaint le recourant après sa deuxième intervention chirurgicale. A cet égard, ce dernier reproche principalement aux premiers juges d'avoir confirmé la position de l'intimée sans faire d'instruction complémentaire. 4.1 Le docteur G.________, auquel le recourant se réfère, a évoqué l'hypothèse d'un syndrome d'hypotension du liquide céphalo-rachidien. Il a estimé l'existence d'un lien de causalité probable entre la symptomatologie décrite et l'anesthésie péridurale pratiquée le 25 janvier 2000 au vu de l'absence d'antécédent migraineux chez l'assuré et de la constatation d'un examen clinique par ailleurs normal. Pour le médecin d'arrondissement de l'intimée, en revanche, les troubles liés à une hypotension du liquide céphalo-rachidien ne pouvaient être en relation avec une péridurale qu'en cas de perforation de la dure-mère lors de cet acte, ce qui ne s'était pas produit dans le cas de l'assuré. 4.2 Savoir dans quelles circonstances une anesthésie péridurale est susceptible de causer un syndrome d'hypotension du liquide céphalo-rachidien est une question purement médicale à laquelle le juge n'est pas à même d'apporter une réponse sans l'aide des connaissances scientifiques d'un expert en la matière. Etant donné la divergence d'opinion entre les médecins précités, cette question ne pourrait être résolue, quoi qu'en pense l'autorité cantonale, sans une instruction complémentaire. Il ne s'avère toutefois pas nécessaire d'y répondre en l'espèce. En effet, d'autres éléments d'appréciation convaincants et auxquels on peut se rallier ont conduit l'intimée à s'écarter de l'hypothèse de départ du docteur G.________ et à retenir que le lien de cause à effet entre les troubles décrits et l'anesthésie péridurale relevait tout au plus du domaine du possible. Il y a tout d'abord le fait que le neurologue n'avait pas disposé du dossier médical de l'assuré ni n'avait connaissance du suivi médical dont ce dernier faisait l'objet au moment de se prononcer; le docteur G.________ avait d'ailleurs indiqué émettre une réserve sur son appréciation pour ce motif (cf. son rapport du 20 février 2006). Ce sont ensuite le diagnostic d'un état dépressif réactionnel posé à la même période par le docteur T.________et la constatation que les symptômes dépressifs ("y compris les céphalées") avaient évolué favorablement grâce à l'administration d'un traitement anti-dépresseur et d'un somnifère (voir le compte-rendu établi par ce médecin le 26 mai 2000). Et enfin, le fait que des tests pratiqués plus tard avaient pu exclure une allergie aux produits anesthésiants. On ajoutera qu'au vu de la situation médicale complexe de l'assuré exposée dans la récente expertise ordonnée par l'assurance-invalidité (cf. rapport d'expertise du 21 février 2006 de l'Hôpital Y.________), une instruction complémentaire paraît de toute façon vouée à l'échec. Il n'y a donc pas lieu de remettre en cause le résultat auquel sont arrivés les premiers juges à cet égard non plus.