Citation: 4C.292/2001 13.05.2002 E. 2

2.- a) La cour cantonale a admis, en substance, que la société en nom collectif "Carrosserie X.________ SNC", dissoute en 1993, n'avait pas été liquidée au sens des art. 582 ss CO, car l'exploitation de la carrosserie avait continué. Les opérations juridiques effectuées par les parties ont donc abouti de fait à une sortie du défendeur de la société initialement formée par les demandeurs. La cour cantonale a dès lors fait application des art. 576 et 580 CO qui règlent le cas de la sortie d'un associé et de la somme qui lui est due. Appliquant, faute d'accord entre les parties, l'alinéa 2 de cette dernière disposition, elle a calculé cette somme en prenant en compte l'actif social de la société à sa valeur de continuation, la société poursuivant son existence. Les chiffres retenus à cet égard par l'expert Y.________ ont par ailleurs été confirmés. b) Les demandeurs soulèvent d'abord le grief de violation de l'art. 580 CO, en relation avec les art. 549 et 588 CO. Ils soutiennent que l'actif social, en fonction duquel doit être déterminée la somme due à l'associé sortant, n'est que la fortune nette, après paiement des dettes sociales. Or, celles-ci se seraient élevées à 184 504 fr.55, alors que les actifs figurant au bilan n'auraient totalisé que 168 157 fr. La société était donc surendettée et aucune indemnité ne serait due à l'associé sortant. Critiquant le raisonnement de l'expert Y.________, les demandeurs allèguent que l'indemnité devait être calculée en fonction du capital social et non des apports de chaque associé. Enfin, ils soutiennent que le partage s'est en réalité effectué par une entente entre les parties, conforme à la convention du 17 mars 1992, complétée par l'accord du 9 septembre 1993, laquelle prévoyait le partage, à raison d'un tiers par associé, du bénéfice et des pertes, sur la base du bilan au 28 février 1994. Ce serait dès lors l'art. 580 al. 1 CO qui s'appliquerait et l'accord passé exclurait toute indemnité à l'associé sortant.