Citation: I 35/07 14.11.2007 E. A

N.________, née en 1960, a travaillé en qualité de femme de ménage et de concierge. Le 7 février 2000, elle a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité, sous la forme d'une rente, invoquant souffrir d'une atteinte au poignet. Instruisant la cause, l'office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après: l'OAI) a confié un examen clinique bidisciplinaire à son service médical régional (SMR). Dans leur rapport du 21 février 2002, les médecins du SMR ont posé le diagnostic de séquelles de multiples opérations suite à un traumatisme du poignet droit avec instabilité radio-cubitale distale, probable épicondylite secondaire, pygialgie banale sur probable dysfonction sacro-iliaque D et status après strumectomie totale, hypoparathyroïdisme secondaire probable. Ils ont évalué la capacité résiduelle de travail de l'assurée dans les activités de concierge et de femme de ménage à 50 %, compte tenu de ses limitations fonctionnelles (impossibilité de soulever des charges lourdes, d'exécuter des mouvements fins de la main droite de façon répétitive) qui entraînaient une diminution du rendement. En revanche, dans une activité plus légère, sans port de charges et sans mouvements répétitifs en force avec le poignet ou le coude droit, la capacité de travail pouvait atteindre 70 %. Il ressort d'un rapport de la division administrative de l'OAI du 21 février 2003 que depuis 1993, l'assurée et son mari travaillaient en qualité de concierge de l'immeuble dans lequel ils habitaient à raison de 43 heures par mois, dont 80 % étaient assumés par N.________, soit un taux d'activité de 20 %. L'assurée travaillait le reste du temps en tant que femme de ménage. Avant son incapacité de travail survenue en 1999, l'assurée était active à raison de 70 %. Celle-ci a cependant précisé que si elle était en bonne santé, elle travaillerait à 100 %. Lors de l'établissement du rapport, N.________ poursuivait son activité de concierge à raison de huit heures par semaine, soit un taux de 20 %. Cette activité était un peu lourde mais avait l'avantage de pouvoir être effectuée par petites tranches, en fonction de ses possibilités. Elle se faisait aider par ses enfants pour les tâches plus lourdes. N.________ désirait à tout prix conserver cette activité car la location de son appartement à un prix avantageux était strictement liée au poste de concierge. La division administrative de l'OAI a retenu qu'outre son activité de concierge exercée au taux de 20 %, l'assurée pouvait mettre en valeur une capacité de travail résiduelle de 50 % dans une activité adaptée. Vu l'absence de qualifications et les limitations fonctionnelles de l'assurée, l'OAI a proposé des activités légères de contrôle et de surveillance en grande surface, lesquelles s'exerçaient au maximum à 50 %, ainsi que des postes de vendeuse en kiosque ou en boulangerie. Dans de telles activités exercées à mi-temps, l'assurée pouvait obtenir un revenu moyen de 19'319 fr. par année, auquel il fallait ajouter le revenu effectif en tant que concierge au taux de 20 %, soit 10'272 fr. Le revenu d'invalide en 2002 était de 29'591 fr. pour un taux d'activité total de 70 %. Quant au revenu sans invalidité, il était difficile à établir, compte tenu des multiples emplois à temps partiel exercés par l'assurée avant la survenance de son atteinte à la santé. Cette dernière ayant toujours travaillé comme femme de ménage, l'OAI proposait de retenir un revenu hypothétique de 41'182 fr. en 2002, soit un salaire horaire de 18 fr. pour 44 heures de travail hebdomadaire, correspondant au salaire du personnel d'entretien sans qualification selon la Convention collective de travail en 2002. En traitement dès le 27 mai 2003 auprès du docteur D.________, de l'unité de chirurgie de la main à l'Hôpital X.________, N.________ a été opérée par ce dernier du poignet droit le 5 septembre 2003. Le 1er juin 2004, ce médecin a indiqué que les limitations fonctionnelles concernaient toutes activités manuelles exigeant de la dextérité ou de la force, la capacité de travail dans une activité légère ne sollicitant pas le membre supérieur droit ayant toutefois été fixée à 100 %. Le 5 juillet 2004, le docteur D.________ a encore précisé qu'il y avait récupération complète de la mobilité du coude et de l'avant-bras, mais que la force de serrage était réduite de moitié à droite. Par décision du 20 juillet 2004, l'OAI a refusé tout droit à la rente. Il retenait que dans une activité adaptée, sans efforts avec la main droite et sans port de charges, la capacité de travail de l'assurée était de 70 %. Dans une activité de surveillante de magasin ou de vendeuse en kiosque ou en boulangerie exercée à 50 % ainsi que dans l'activité de concierge, l'assurée pouvait prétendre un gain annuel de 29'591 fr. Comparé au revenu sans invalidité retenu par sa division administrative de 41'182 fr., l'OAI a fixé le degré d'invalidité à 28,14 %, lequel n'ouvrait pas droit à une rente. L'assurée a formé opposition contre cette décision, contestant les revenus sans et avec invalidité retenus par l'OAI. Elle a notamment fait valoir que son revenu sans invalidité devait être évalué en additionnant son revenu issu de l'activité de concierge au salaire moyen réalisé par une femme de ménage employée à 80 % et non pas sur la base du salaire d'une femme de ménage occupée à 100 %. L'OAI a ainsi précisé qu'en tenant compte d'un salaire de femme de ménage à 80 % selon la CCT et du salaire effectif de l'assurée en qualité de concierge à 20 %, son revenu sans invalidité s'élèverait à 43'217 fr., lequel, comparé au revenu d'invalide de 29'591 fr., laissait apparaître une perte de gain de 32 %. Par une nouvelle décision du 9 juin 2005, l'OAI a rejeté l'opposition et confirmé son refus d'octroyer une rente d'invalidité.