Citation: 1P.719/2001 18.01.2002 E. 3

Le recourant reproche également à la cour cantonale d'avoir violé le principe « in dubio pro reo » en examinant séparément et non pas dans leur ensemble les éléments de faits qui auraient dû amener à douter de sa culpabilité. 3.1 En tant qu'elle a trait à la constatation des faits et à l'appréciation des preuves, la maxime « in dubio pro reo » est violée lorsque l'appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuve laisse subsister un doute insurmontable sur la culpabilité de l'accusé (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Saisi d'un recours de droit public mettant en cause l'appréciation des preuves, le Tribunal fédéral examine seulement si le juge cantonal a outrepassé son pouvoir d'appréciation et établi les faits de manière arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). Une constatation de fait n'est pas arbitraire pour la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide pas avec celle de l'accusé ou du plaignant; encore faut-il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable, en contradiction flagrante avec la situation effective, qu'elle constitue la violation d'une règle de droit ou d'un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). Dans le cadre d'un recours de droit public pour arbitraire contre une décision prise en dernière instance cantonale par une autorité qui statuait elle-même sous cet angle restreint, le Tribunal fédéral vérifie si c'est à tort ou à raison que cette autorité a nié l'arbitraire du jugement de première instance et, de ce fait, enfreint l'interdiction du déni de justice matériel, question qu'il lui appartient d'élucider à la seule lumière des griefs soulevés dans l'acte de recours (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc et 1b p. 495; 111 Ia 353 consid. 1b in fine p. 355). 3.2 Le recourant prétend que les nombreuses divergences dans la version des faits de la plaignante ne pouvaient s'expliquer uniquement par des raisons d'ordre psychologique et qu'un examen d'ensemble des incohérences émaillant les déclarations successives de la jeune femme aurait dû amener la Cour d'assises, puis la Cour de cassation, à concevoir un doute raisonnable sur sa culpabilité. Il est douteux qu'ainsi motivé, le grief soit recevable au regard des exigences déduites de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43). Peu importe en définitive car le recours est de toute manière mal fondé sur ce point. B.________ a en effet expliqué n'avoir fait état dans sa plainte que d'une tentative de viol parce qu'elle était sous le choc et très effrayée et qu'elle craignait de faire part de la situation à sa famille et à son mari resté aux Philippines. Des sentiments de peur mêlés de honte se rencontrent fréquemment auprès des victimes de viol ou d'autres crimes à connotation sexuelle; aussi, les autorités cantonales n'ont pas fait preuve d'arbitraire en refusant de voir dans cette circonstance un élément propre à mettre en doute les accusations de viol portées à l'encontre du recourant. La plaignante a certes varié dans sa relation des faits quant à la pièce dans laquelle elle se trouvait lorsque celui-ci aurait saisi le couteau dont il se serait servi pour la menacer et quant à sa position lorsqu'il lui aurait ôté de force le pantalon et la culotte qu'elle portait. La Cour de cassation n'a cependant pas fait preuve d'arbitraire en considérant qu'il s'agissait de contradictions mineures ou secondaires par rapport au déroulement des faits dans leur intégralité, qui pouvaient être mises sur le compte de l'émotion dans laquelle se trouvait la jeune femme et du traumatisme consécutif à une telle épreuve, ce d'autant que c'était la première fois qu'elle pénétrait dans l'appartement du recourant et que les faits se sont déroulés très rapidement. En répondant point par point aux arguments du recourant développés à l'encontre du jugement de la Cour d'assises, la Cour de cassation s'est cantonnée au rôle qui lui est dévolu en tant qu'autorité de recours contre les jugements de la Cour d'assises (cf. SJ 1992 p. 225 consid. 4c/bb p. 230/231; Jacques Droin, Le pouvoir d'examen de la Cour genevoise de cassation à la lumière d'arrêts récents, in Etudes en l'honneur de Dominique Poncet, Genève 1997, p. 34); on ne saurait admettre qu'elle aurait éprouvé ou qu'elle aurait dû éprouver un doute sur la culpabilité du recourant si elle avait examiné globalement les contradictions dans les dires de la plaignante. Au demeurant, à supposer que la Cour de cassation n'ait effectivement pas procédé à un tel examen d'ensemble, ce qui ne ressort pas expressément de l'arrêt attaqué, les premiers juges l'ont fait en précisant que les quelques variations sur les lieux où se seraient produits certain faits n'étaient pas de nature à ébranler leur conviction. De ce point de vue, le grief est mal fondé.