Citation: 6B_24/2021 E. 1.5

1.5. Le livre dont le recourant se prévaut ne fait pas partie des pièces de la procédure. A supposer que son grief soit recevable, les extraits cités hors contexte par le recourant ne sont, en tous les cas, pas significatifs du contenu qu'il leur prête. En effet, même dans l'hypothèse où les propos auraient été tenus comme il l'allègue, il n'en ressort pas que l'intimé aurait prétendu avoir fondé l'accusation sur des visions, mais bien plutôt qu'il aurait expliqué que les éléments du dossier permettaient d'obtenir certains " flashes ", soit certains instantanés des événements - par exemple le fait que la victime tenait des ciseaux en mains et que le recourant se trouvait à l'autre bout - et qu'à partir de ces différentes séquences, l'intimé avait pu proposer au tribunal un scenario relatif au déroulement des faits. Le recourant ne peut rien tirer non plus du bref extrait de ce même ouvrage en rapport avec les explications que l'intimé aurait données aux jurés, dont il ressort à tout le moins que ceux-ci devaient acquérir la conviction que l'accusé était coupable, même si tous les éléments circonstanciels n'étaient pas établis. Enfin, les allégations du recourant en lien avec le témoignage manuscrit que l'intimé aurait rangé dans un tiroir de son bureau ne sont nullement établies. Il apparaît ainsi que le recourant se fonde sur ses propres impressions mais n'établit aucune circonstance constatée objectivement qui devrait être prise en compte sous l'angle d'une apparence de prévention. Il tient l'intimé pour responsable de sa condamnation, mais semble omettre que cette condamnation a été prononcée par un tribunal criminel, confirmée par les autorités de recours et non remise en cause par les juridictions en charge de la révision. En outre, comme l'intimé l'a relevé dans ses déterminations devant la cour cantonale, le fait que les conclusions du ministère public prises sous sa plume soient diamétralement opposées à celles du recourant n'est pas un indice de manque d'impartialité de sa part, même sous l'angle d'une éventuelle apparence de prévention, car si tel était le cas, tout magistrat du ministère public intervenu dans une procédure ayant conduit à une condamnation qu'il aurait requise devrait se récuser, ce qui ne serait pas concevable. Enfin, le recourant admet qu'il persiste à rediscuter son jugement de condamnation, estimant en avoir le droit. Or la question du bien-fondé du verdict de culpabilité n'a pas sa place dans une procédure de récusation, d'où il s'ensuit que les arguments du recourant à cet égard sont sans pertinence. Sur le vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas violé les art. 56 ss CPP applicables à titre de droit cantonal supplétif, ni les art. 30 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH, en rejetant la demande de récusation du recourant.