Citation: 1C_257/2023 E. 5.4.1

5.4.1. Se fondant sur une expertise privée relative à l'érable rouge litigieux, la recourante avance que cet arbre, non qualifié "d'arbre remarquable", présente "un problème mécanique" et une fragilisation par une infection bactérienne qui limiterait probablement sa durée de vie. Elle reproche aux juges cantonaux de ne pas avoir indiqué ce qui justifiait de mettre sous protection cet érable rouge. La Cour de justice, qui n'a pas exclu ni tenu pour acquis que le spécialiste de l'OCAN se soit rendu sur la parcelle en question, a effectué une appréciation objective de tous les moyens de preuve pertinents en les confrontant, pour confirmer le maintien de l'arbre en question. En particulier, elle s'est référée à l'expertise privée mandatée par la recourante et portant spécifiquement sur l'état physiologique et mécanique de l'arbre. Il ressort de cette expertise que "l'arbre ne présente actuellement aucun dysfonctionnement physiologique majeur" et que son "état physiologique est considéré comme bon"; il est mentionné que "l'état mécanique général de l'arbre est jugé médiocre avec une amélioration possible dans les 5 ans" mais suffisant pour permettre sa conservation pendant plus de 20 ans. Il n'est pas recommandé d'abattre l'arbre ou de renoncer à son maintien. La Cour de justice a par ailleurs relevé que, bien que non qualifiée de "remarquable", cet arbre était désigné comme "intéressant" et à conserver par le plan de site. Cette valeur avait été conférée dans un préavis du 10 juillet 2019, confirmé par préavis du 8 octobre 2019 de l'OCAN, qui, après avoir pris connaissance de l'expertise privée de la recourante et réalisé un nouveau constat de l'arbre, l'avait encore confirmée dans un dernier préavis du 19 septembre 2022. Enfin, s'appuyant sur ce dernier préavis, la cour cantonale a retenu que cet arbre ne devait pas seulement être envisagé pour lui-même mais aussi dans ses relations avec les autres arbres, notamment le second au sud de la parcelle, et dans la composition paysagère. Une telle appréciation ne peut être qualifiée d'arbitraire: elle tient compte de l'intérêt poursuivi par le plan de site qui vise d'abord à la sauvegarde d'une valeur d'ensemble, tant dans ses dimensions historiques, architecturales que paysagères, et moins à la protection d'objets individuels, dans leur valeur intrinsèque (cf. art. 38 al. 1 et 2 LPMNS). En d'autres termes, la valeur paysagère d'un arbre constitue bien un critère objectif permettant aux spécialistes d'analyser, d'après leurs connaissances et leurs spécialités, son caractère digne de protection à l'échelle d'un plan de site. Par ailleurs, cette valeur ne nécessite pas une inspection approfondie de l'état mécanique de l'arbre, celle-ci ayant, en tout état de cause, déjà été menée. Par conséquent, les motifs de mise sous protection de l'érable rouge résistent au grief d'arbitraire.