Citation: 9C_809/2017 E. 5.2

5.2. L'appréciation des premiers juges ne peut pas être suivie. D'une part, on relèvera que le rapport de la doctoresse E.________ est plus précis et plus étayé que celui du docteur C.________, qui a constaté une amélioration depuis la greffe et émis un pronostic favorable quant à la reprise à 100 % d'une activité adaptée "en l'absence de complication". La doctoresse E.________ a en particulier indiqué l'évolution de l'état de santé du recourant depuis le traitement en hémodialyse pendant plusieurs années et le traitement immunosuppresseur. D'autre part, l'affirmation de l'instance cantonale selon laquelle le déconditionnement "ne représente pas une maladie invalidante en soi au sens de la LAI" est erronée compte tenu des circonstances particulières. Certes, comme la Cour de céans a déjà eu l'occasion d'en juger, ni le déconditionnement issu d'un mode de vie sédentaire et inactif, ni celui lié à une longue interruption de l'activité professionnelle ne suffisent en tant que tels pour admettre une diminution durable de la capacité de travail dans toute activité (cf. arrêts I 524/04 du 28 juin 2005 consid. 5 et I 597/03 du 22 mars 2004 consid. 4.1). En revanche, lorsque le déconditionnement se révèle être la conséquence directe et inévitable d'une atteinte à la santé, son incidence sur la capacité de travail ne saurait d'emblée être niée. A cet égard, les éléments empêchant la réadaptation et la réintégration professionnelles qui ne sont pas dus à l'atteinte à la santé n'ont pas à être pris en considération. Si la mise en valeur de la capacité résiduelle de travail dépend cependant d'une mesure préalable liée à l'état de santé, et réservée du point de vue médical, il y a lieu d'en tenir compte pour évaluer ladite capacité de travail. Ainsi, lorsque le corps médical fixe une capacité résiduelle de travail, tout en réservant que celle-ci ne pourra être atteinte que moyennant l'exécution préalable de mesures de réadaptation, il n'y a pas lieu de procéder à une évaluation du taux d'invalidité sur la base de la capacité résiduelle de travail médico-théorique avant que lesdites mesures n'aient été exécutées (arrêts 9C_141/2009 du 5 octobre 2009 consid. 2.3.1 et les arrêts cités, in SVR 2010 IV n° 9 p. 27; 9C_163/2009 du 10 septembre 2010 consid. 4.1, SVR 2011 IV n° 30 p. 86). En l'occurrence, la doctoresse E.________ a indiqué que le déconditionnement de l'assuré était consécutif aux années d'hémodialyse qui avaient précédé la greffe, ainsi qu'au traitement immunosuppresseur post-greffe, lequel avait occasionné une perte de poids et une fonte musculaire. En raison de ce déconditionnement et de la faiblesse musculaire, l'activité adaptée n'était envisageable qu'à un taux maximum de 40 à 50 %, mais celui-ci pouvait être augmenté dans le futur en l'absence de complications médicales liées à l'immunosuppression. Dès lors, les premiers juges ne pouvaient pas, sauf à faire preuve d'arbitraire, écarter l'avis de ce médecin et ne pas tenir compte du déconditionnement entraîné par l'atteinte à la santé et de la reprise progressive d'une activité lucrative qui en découle. Ainsi, leur constatation selon laquelle l'état physique de l'assuré s'était rétabli et lui permettait l'exercice d'une activité à plein temps est manifestement inexacte. Il y a lieu de tenir compte d'une capacité de travail de 40 à 50 % dans une activité adaptée dans un premier temps, alors qu'il reste à évaluer les mesures nécessaires au reconditionnement physique de l'intéressé ainsi que leur durée, sous réserve de la collaboration de celui-ci (art. 21 al. 4 LPGA). La cause doit ainsi être renvoyée à l'office intimé pour instruction complémentaire. Ce n'est qu'à la suite de celle-ci que l'intimé pourra statuer définitivement sur la révision de la rente d'invalidité. En ce sens, la conclusion du recourant tendant au renvoi de la cause pour instruction complémentaire est bien fondée; le jugement cantonal doit être annulé en conséquence.