Citation: 1P.385/2000 19.09.2000 E. 2

2.- a) Une commune bénéficie de la protection de son autonomie dans les domaines que le droit cantonal ne règle pas de manière exhaustive, mais dans lesquels il lui laisse une liberté de décision relativement importante (cf. art. 50 al. 1 Cst.). L'autonomie communale dans une matière concrète peut consister dans la faculté d'édicter une réglementation ou de l'appliquer, ou dans le pouvoir d'appréciation qui échoit aux communes dans l'application du droit communal ou fédéral (ATF 124 I 223 consid. 2b. p. 227 et les arrêts cités). L'existence et l'étendue de l'autonomie communale dans une matière concrète n'en sont pas moins déterminées essentiellement par la constitution et la législation cantonales, voire exceptionnellement par le droit cantonal non écrit et coutumier (ATF 122 I 279 consid. 8b p. 290; 116 Ia 285 consid. 3a p. 287). L'autonomie de la commune lui permet de se plaindre tant des excès de compétence d'une autorité cantonale que de la violation par celle-ci des règles du droit fédéral, cantonal ou communal qui régissent la matière (ATF 122 I 279 consid. 8c p. 291 et la jurisprudence citée). b)A teneur de l'art. 6 let. c de la loi valaisanne sur le régime communal, du 13 novembre 1980, les communes ont notamment pour attribution l'aménagement local et la police des constructions. Selon l'art. 13 de la loi d'application de la LAT, du 23 janvier 1987, elles adoptent un règlement des zones. Selon les art. 2 et 49 de la loi valaisanne sur les constructions, du 8 février 1996 (LC), le conseil communal est l'autorité compétente pour les projets situés à l'intérieur de la zone à bâtir. Les communes peuvent par ailleurs adopter, dans leur règlement, des dispositions plus restrictives que celles qui figurent dans la loi, notamment pour ce qui concerne les distances, à la limite et entre bâtiments (art. 21 LC; cf. également l'art. 2 de l'ordonnance sur les constructions, du 2 octobre 1996). L'autorité communale dispose ainsi d'un certain pouvoir d'appréciation dans l'application des normes cantonales et de son propre règlement relatifs à la construction. Contrairement à ce que soutiennent les intimés S.________ et G.________, le fait qu'une autorité de recours soit chargée de contrôler l'interprétation des notions figurant dans le règlement communal ne diminue en rien le pouvoir d'appréciation des communes appelées à statuer en première instance. Le glossaire annexé à l'ordonnance sur les constructions, en application de l'art. 14 LC ne fait d'ailleurs pas référence à la notion de gabarit, qui apparaît ainsi comme une spécificité du droit communal. c) En l'espèce, la violation de l'autonomie de la recourante tiendrait dans l'interprétation erronée qu'aurait faite la cour cantonale de l'art. 38.2 al. 5 du règlement intercommunal. Le grief soulevé porte sur l'application d'une norme de rang inférieur à la Constitution. La recourante ne fait d'ailleurs pas valoir que la cour cantonale aurait abusé de son pouvoir d'examen; la cognition du Tribunal fédéral est ainsi limité à l'arbitraire (ATF 126 I 133 consid. 2 p. 136-137; 122 I 279 consid. 8b p. 290; 120 Ia 203 consid. 2a p. 204; 120 Ib 207 consid. 2 p. 210; 119 285 consid. 4c p. 296, et les arrêts cités).