Citation: 6B_600/2007 22.02.2008 E. B

Cet arrêt retient, en résumé, ce qui suit. B.a L'association Appel au peuple s'est donnée pour mission d'assainir le système judiciaire. Elle a notamment pour objectifs de dénoncer l'arbitraire et d'obtenir une justice transparente. Elle présume, de manière quasi irréfragable, que les magistrats et autres acteurs de la justice sont corrompus. Pour atteindre ses buts, elle recourt notamment à la production massive de tracts et à leur distribution, à des visites effectuées au domicile de magistrats ou d'avocats, à des manifestations publiques en tout genre et à un large usage d'internet. Une fois connue du public, l'association a attiré diverses personnes mécontentes de la justice, dont Z.________, qui en est devenue membre et qui est la rédactrice du "livre blanc". Chacun exposait ses démêlés avec la justice et les erreurs dont il pensait avoir été victime. X.________, président de l'association, s'appropriait ces cas et les dénonçait publiquement comme des abus, sans procéder à des vérifications quant à la réalité des dysfonctionnements judiciaires allégués. B.b Z.________ et son époux sont propriétaires d'une parcelle, voisine de celle des hoirs de Q.________. Un litige les a opposés à ces derniers, qui projetaient de transformer un bâtiment sis sur leur parcelle. Dans le cadre de ce litige, Z.________ et son époux ont recouru avec succès auprès du Tribunal administratif du canton de Vaud contre le premier permis de construire accordé à l'hoirie Q.________. Après modification du projet de construction, un second permis de construire a été délivré, contre lequel les époux Z.________ ont derechef formé un recours, qu'ils ont toutefois retiré le 1er mars 1993. Par la suite, les époux Z.________ ont consulté l'avocat A.________, dans le but de faire valoir que les travaux en cours sur la parcelle de l'hoirie Q.________ ne correspondaient pas aux plans établis en vue de l'obtention du second permis de construire. Les deux ingénieurs mandatés par les autorités communales ayant estimé que les travaux étaient conformes aux plans et à la loi, la municipalité a rejeté la requête des époux Z.________ tendant à la suspension des travaux. Ceux-ci ont alors déposé deux recours auprès du Tribunal administratif. Le premier, du 30 septembre 1994, qui visait à obtenir la démolition de travaux non autorisés, a été écarté. Le second, du 19 mai 1995, qui était dirigé contre une décision de la municipalité autorisant divers travaux complémentaires, a été déclaré irrecevable, parce que déposé tardivement par Me A.________. Il a été constaté qu'il résultait de l'arrêt du tribunal administratif que l'erreur de l'avocat n'avait pas été préjudiciable aux intérêts de ses clients. B.c Le 30 avril 2003, Z.________ a transmis un article qu'elle avait rédigé à un site de presse internet indépendant. Elle a en outre adressé un courrier au rédacteur en chef du journal Le Temps. Dans ces écrits, elle donnait à entendre que l'avocat A.________ laissait ses clients être condamnés à tort, à la place des vrais coupables dont il connaissait les crimes; elle donnait également à entendre que l'avocat trempait dans une obscure affaire de faux. B.d Z.________ a été présente aux débats jusqu'au 3 novembre 2006. Elle était assistée d'un défenseur d'office en la personne de Me R.________. Bien que sa cliente se soit opposée à son intervention, ce dernier a pris part à l'ensemble des débats, en tant que conseil nécessaire. Pour l'essentiel, l'instruction des faits reprochés à Z.________ s'est déroulée le jeudi 2 novembre 2006. A cette date, celle-ci a reconnu la fausseté des allégations qu'elle avait propagées contre A.________ et a présenté des excuses à ce dernier ainsi qu'à sa famille. Elle a évoqué un conflit de loyauté, provenant, d'une part, des sentiments qu'elle éprouvait à l'égard de A.________ et, d'autre part, de sa fidélité sans faille à X.________. Le lundi 6 novembre 2006, Z.________ ne s'est pas présentée à l'audience. Le président a donné lecture d'un fax du médecin de celle-ci, lequel se rapportait à un certificat médical du 4 novembre 2006, dont il ressortait que l'état de santé de Z.________ était "absolument incompatible avec une comparution ultérieure devant le tribunal". Le président a également donné lecture de sa réponse au médecin, à savoir que le certificat médical était rédigé en termes généraux et qu'il sollicitait donc des informations plus précises sur la pathologie de Z.________ et le traitement qui lui avait été prescrit. Il a encore été procédé à l'audition du témoin S.________. Après quoi, Me R.________ a été dispensé d'être présent jusqu'à l'obtention des informations sollicitées du médecin. Le même jour, soit le 6 novembre 2006, le médecin a produit un nouveau certificat. Il indiquait que sa patiente souffrait d'un état d'anxiété aigu, d'un trouble panique avec manifestations respiratoires prédominantes, d'un état dépressif aigu, d'idées suicidaires et d'hypertension. Il avait prévu de garder un contact étroit, de 48 heures en 48 heures, avec sa patiente, à laquelle il avait prescrit des anxiolytiques devant permettre de faire face, à court terme, à la décompensation anxieuse qu'elle présentait. Le 7 novembre 2006, Z.________, toujours absente, a adressé au tribunal un fax. Elle affirmait que son aveu du 2 novembre 2006 quant à la fausseté des allégations qu'elle avait propagées avait été obtenu sous la contrainte et disait que son état de choc l'empêchait de se présenter. En annexe, elle produisait un courrier qu'elle avait adressé le 3 novembre 2006 au Président du Grand Conseil, dans lequel, en substance, elle dénonçait la contrainte qui aurait été exercée sur elle pour qu'elle reconnaisse la fausseté de ses déclarations. Le fax a été interprété comme une requête d'ajournement des débats. Le 8 novembre 2006, alors que Me R.________ était à nouveau présent, le tribunal a statué sur la requête d'ajournement, qu'il a rejetée. A l'appui, il a considéré que le certificat médical du 6 novembre 2006 ne permettait pas de conclure à une incapacité de Z.________ de se présenter à l'audience, mais attestait seulement de problèmes de santé, qui étaient soignés par une médication ad hoc. Il a également relevé que l'instruction concernant Z.________ s'était terminée la semaine précédente, avant la manifestation des symptômes qu'elle présentait; il ne restait plus à celle-ci qu'à s'exprimer sur sa situation personnelle et à assister à la plaidoirie de son avocat. Les débats ont pris fin le 24 novembre 2006, sans Z.________, dont le défenseur était toutefois présent.