Citation: 2A.630/2005 20.03.2006 E. 1

2.2 Lorsque l'un des époux souffre d'une très grave atteinte à sa santé physique ou psychique, l'union conjugale peut s'en trouver fondamentalement altérée, voire perdre l'essentiel de sa substance. C'est notamment vrai lorsque, comme ici, l'atteinte consiste en un trouble profond de la personnalité qui conduit cet époux à remettre en question son mariage, voire à le rejeter. En pareille situation, le conjoint bien portant, qui refuse d'abandonner la partie, mais déploie au contraire, envers et contre tout, des efforts pour procurer à son époux le maximum de bien-être compatible avec son état, voire pour tenter de l'améliorer, ne saurait se voir reprocher de maintenir abusivement une union conjugale qui n'a plus qu'une existence formelle. 2.3 En l'espèce, on ne saurait toutefois considérer que la recourante aurait fait preuve de semblable attitude. Son comportement apparaît, bien plutôt, se résumer à avoir pris un domicile séparé lorsque la vie commune était devenue insupportable et à formuler depuis lors le vague espoir d'une guérison qui en permettrait ultérieurement la reprise. Elle n'établit en aucune manière déployer des efforts dans ce sens, ni prodiguer à son époux tout le soutien compatible avec son état ou, à tout le moins, tenter de le faire. Dans ces conditions, la recourante commet un abus en invoquant un mariage persistant pour obtenir le maintien de son statut de police des étrangers. En particulier, elle reproche vainement à la Cour cantonale de s'être fondée sur la volonté clairement affichée par son mari de ne pas poursuivre l'union conjugale. Même si, comme elle le soutient, cette attitude ne reflète en rien les sentiments profonds de ce dernier et qu'elle constitue précisément l'une des manifestations du trouble dont il souffre, il n'en demeure pas moins que le comportement de son mari a pour conséquence de miner l'union conjugale, sans que la recourante n'établisse que quelque chose de concret pourrait être entrepris pour contrer cette évolution. II ne s'agit au demeurant pas d'une difficulté passagère, mais d'un problème dont les effets se font sentir depuis maintenant des années. Cette union n'a ainsi plus qu'une existence formelle depuis plus de trois ans et demi, de sorte que la rupture entre les époux a donc eu lieu bien avant le délai de cinq ans de l'art. 7 al. 1 LSEE. 2.4 Il résulte encore de ce qui précède que la Cour cantonale pouvait, sans se voir reprocher d'établir les faits de manière manifestement incomplète ou de violer le droit d'être entendue de la recourante, refuser d'administrer les preuves que celle-ci avait offertes. On ne voit en effet pas ce que, dans les circonstances particulières de chacun des époux, leur audition, celle d'un médecin psychiatre ou la production de l'expertise psychiatrique diligentée au sujet du mari de la recourante auraient pu apporter de pertinent pour la solution de ce litige.