Citation: 6B_572/2018 E. B

Par arrêt du 23 avril 2018, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté l'appel formé par X.________ contre le jugement du 24 mai 2017. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. Après avoir exercé, entre 1991 et 1999, l'activité d'adjointe du chef de l'Office du personnel de la Ville de A.________, X.________ est devenue dès août 2001 conseillère en personnel au sein du Département des affaires culturelles de la Ville de A.________, lequel comptait environ 1200 employés. B.b. Le 21 mai 2010, X.________, née en 1949, a demandé au Conseil administratif de la Ville de A.________ une dérogation exceptionnelle afin de poursuivre son activité professionnelle au-delà de l'âge de la retraite fixé à 62 ans et de pouvoir ainsi bénéficier d'un meilleur taux de rente. Par décision du 30 juin 2010, le Conseil administratif a refusé la dérogation sollicitée. Le 30 juillet 2010, X.________, représentée par son conseil, a contesté cette décision en formant un recours au Tribunal administratif de la République et canton de Genève. Elle tentait alors de mettre en évidence le fait que la Ville de A.________ traitait ses collaborateurs de manière inégale s'agissant des dérogations qui leur étaient accordées. Appelée à se déterminer sur le mémoire de réponse de la Ville de A.________ - qui concluait pour sa part à l'irrecevabilité, subsidiairement au rejet du recours -, X.________ a produit un mémoire de réplique le 22 octobre 2010. Pour étayer ses arguments, elle y a évoqué les situations personnelles d'une quinzaine d'actuels et d'anciens collaborateurs de la Ville de A.________, en les prenant comme exemples de cas pour lesquels la Ville de A.________ avait accordé des dérogations. Le mémoire de X.________ faisait notamment état de ce qui suit: " B.________, né en 1943, a été engagé le 1 er février 2006 à l'âge de 63 ans alors qu'il venait de prendre sa retraite en tant que directeur du Musée C.________ de D.________. Il a travaillé pour la Ville pendant trois ans à 100% jusqu'au 31 janvier 2009 et du 1 er février 2009 au 31 janvier 2010 à 20%. " " Monsieur E.________ a été victime d'un accident au cours de sa vie professionnelle en Ville. Son faible revenu provient notamment d'un remariage (split AVS, etc.). Engagé en 1972, il pouvait racheter des années d'affiliation auprès de la Ville de A.________ dès 1986, sans intérêt et avec la couverture d'une assurance risque-décès invalidité. " " Madame F.________ a eu un parcours de vie difficile, elle est la seule personne devenue invalide autorisée à poursuivre une activité au-delà de l'âge de 62 ans. " " En 2003, G.________, ancien fonctionnaire de l'Etat ayant fait l'objet d'une condamnation pénale, a été engagé sous contrat temporaire; nommé ensuite fonctionnaire, il a été promu chef de service il y a une année " " En 2003, suite à une enquête administrative touchant plusieurs personnes, dont H.________, un avertissement lui a été signifié alors qu'il risquait une sanction grave. Ce collaborateur a été promu cadre récemment. " Par jugement du 30 août 2011, le Tribunal administratif a rejeté le recours formé par X.________, laquelle a vainement contesté ce jugement à la Cour de justice, puis au Tribunal fédéral (arrêt 8C_753/2011 du 11 octobre 2012). B.c. Dans l'intervalle, le 10 novembre 2010, la Ville de A.________ a signifié à X.________ qu'elle devait immédiatement quitter sa fonction auprès du Département des affaires culturelles, les relations de confiance étant rompues en raison de la divulgation au Tribunal administratif de faits confidentiels. A compter du 15 novembre 2010, X.________ a ainsi été transférée à la direction du Département des constructions et de l'aménagement, où elle devait occuper la fonction de conseillère en personnel. Le 4 février 2011, X.________ a déposé une plainte pénale contre I.________, co-directeur du Département des affaires culturelles, et contre J.________, directeur général adjoint de la Ville de A.________, en charge des affaires juridiques. Elle leur reprochait notamment de s'être rendus coupables de diffamation et de calomnie, en informant faussement ses collègues qu'elle avait violé son secret de fonction. Par ordonnance du 14 mai 2014, le Ministère public de la République et canton de Genève a classé la procédure ouverte ensuite de cette plainte. Le classement a été confirmé par arrêt du 18 août 2014 de la Chambre pénale des recours de la Cour de justice. B.d. Le 13 mars 2014, la Ville de A.________, par l'intermédiaire de sa maire K.________ et de son directeur général L.________, a déposé plainte contre X.________ pour violation du secret de fonction.