Citation: 4A_307/2013 E. B

B.a. Le 28 mai 2008, la patiente a saisi le Tribunal de première instance du canton de Genève d'une demande dirigée contre les quatre héritiers du chirurgien Z.________, qui était entretemps décédé. Elle concluait au paiement de 50'000 fr. à titre de tort moral et de 808'173 fr. pour la perte de gain subie en raison de son incapacité de travail. La patiente a produit l'intégralité du dossier AI, dont le rapport précité. Plusieurs médecins ont été entendus comme témoins. Le médecin traitant a déclaré que sa patiente souffrait d'un état dépressif et d'un syndrome post-traumatique, qu'il imputait uniquement au fait qu'elle avait subi une gastroplastie sans son consentement. La patiente a requis sans succès la mise en oeuvre d'une expertise sur le dommage et le lien de causalité entre celui-ci et la faute du chirurgien. Le tribunal a rejeté l'action par jugement du 2 novembre 2012. B.b. La patiente a déféré cette décision à la Cour de justice, en sollicitant derechef la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique. Le 10 mai 2013, la Chambre civile de la cour a refusé de faire droit à cette requête et a rejeté l'appel. L'argumentation développée est en substance celle-ci: il n'est pas prouvé que la patiente ait donné son consentement à la gastroplastie litigieuse, après avoir manifesté la volonté d'être opérée selon la technique alternative du bypass. Le chirurgien Z.________ a dès lors violé fautivement ses obligations de mandataire et commis un acte illicite en procédant à une intervention non indispensable sans l'accord de sa patiente. Cela étant, le premier juge a nié à juste titre que l'intervention litigieuse soit en rapport de causalité naturelle avec les atteintes physiques, la dépression et le choc post-traumatique allégués par la patiente, respectivement son incapacité de travail et de gain. En effet, le trouble dépressif est antérieur à la gastroplastie, de sorte que celle-ci ne peut être une cause sine qua non de celui-là. Quant à l'état de stress post-traumatique chronique, il est l'une des conséquences du bypass, et non de l'intervention contestée. En tout état de cause, l'incapacité de travail est la conséquence de diverses atteintes à la santé déjà diagnostiquées en 1999, telles que les lombalgies, les problèmes de pieds, de genoux et un état dépressif. Ces atteintes préexistantes sont la cause sine qua non de l'incapacité de travail. Quant à la prétention en tort moral, il faut constater que les souffrances causées par l'opération non consentie ne représentent pas une atteinte à la santé suffisamment importante et durable pour justifier l'allocation d'une indemnité.