Citation: 4A_77/2008 26.03.2008 E. 3

La recourante se plaint d'une violation de l'art. 367 al. 1 CO. Elle soutient que l'intimée n'a pas respecté les incombances prévues par la loi et est donc déchue de tous ses droits à la garantie. 3.1 Le Tribunal fédéral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 CO). Il n'est limité ni par les arguments soulevés dans le recours ni par la motivation retenue par l'autorité précédente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont été invoqués et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation différente de celle de l'autorité précédente (ATF 133 III 545 consid. 2.2). Le maître doit vérifier l'état de l'ouvrage dont il a reçu livraison, cela aussitôt qu'il le peut d'après la marche habituelle des affaires, et, s'il y a lieu, en signaler les défauts à l'entrepreneur (cf. art. 367 al. 1 CO). Si le maître omet la vérification ou l'avis, il est censé avoir accepté l'ouvrage avec les défauts qu'il aurait pu constater et signaler (cf. art. 370 al. 2 CO). Si des défauts ne se manifestent que plus tard, le maître doit les signaler aussitôt qu'il en a connaissance; sinon, l'ouvrage est tenu pour accepté avec eux également (cf. art. 370 al. 3 CO). L'entrepreneur est déchargé de toute responsabilité en raison des défauts acceptés (cf. art. 370 al. 1 CO). 3.2 D'emblée, il convient de souligner qu'à défaut de démonstration que la cour cantonale aurait établi les faits de façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF, le grief sera examiné sur la base des faits retenus dans l'arrêt attaqué. La recourante fonde pour l'essentiel son argumentation sur une découverte des défauts par l'intimée au mois d'avril 2003 déjà. Dans cette mesure, sa critique est irrecevable. 3.3 En l'occurrence, la cour cantonale a retenu en fait que la qualité insuffisante de la surface bétonnée était un défaut évolutif, dont l'existence ou à tout le moins l'ampleur n'étaient pas décelables immédiatement après la livraison le 12 mai 2003; l'effritement de la dalle avait ainsi commencé peu après l'arrivée des poules, entre la mi- et la fin mai 2003; les parties étaient allées sur place pour le constater à fin juin-début juillet 2003; cela étant, elle a considéré que dans ces circonstances, l'avis des défauts donné par écrit tant le 30 mai que le 7 août 2003 - date de la réponse de l'intimée à la requête de mesures provisionnelles - l'avait été à temps. Les juges cantonaux ont par ailleurs constaté que l'intimée n'avait pu se rendre compte de la pente insuffisante de la dalle que lors du premier nettoyage de la halle au début mai 2004, et que le défaut avait été signalé dans sa réponse du 7 août 2003, puis lors de la séance du 29 avril 2004. La cour cantonale a en outre retenu en fait que l'intimée avait eu une connaissance certaine du défaut relatif au bétonnage des conduites électriques par l'expertise judiciaire qui lui avait été communiquée le 24 novembre 2004, et qu'elle l'avait derechef signalé dans son écriture du 7 août 2003, puis dans sa détermination sur expertise du 13 décembre 2004. 3.4 Force est d'admettre que, sur la base des constatations de fait de l'autorité cantonale, il a été établi que, dans chacun des cas concernés, l'avis des défauts avait été donné avant le moment où il a été prouvé que le maître de l'ouvrage a eu une connaissance certaine du défaut en question, de sorte que ledit avis ne peut être tardif. L'on ne discerne donc pas de violation du droit fédéral.