Citation: 4P.222/2001 30.01.2002 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 127 I 92 consid. 1 p. 93; 127 IV 148 consid. 1a; 166 consid. 1; 126 III 485 consid. 1 p. 486). a) Selon l'art. 85 let. c OJ, le recours de droit public au Tribunal fédéral est ouvert contre une sentence arbitrale en vertu des art. 190 ss LDIP. Il convient donc d'examiner en premier lieu si les conditions prévues par ces dispositions sont réunies. La clause compromissoire, faisant l'objet de l'art. 18 du contrat du 10 février 1995, fixe le siège du Tribunal arbitral en Suisse (à Lausanne) et l'une des deux parties au moins (en l'occurrence la recourante) n'avait au moment de la conclusion de cette convention d'arbitrage, ni son siège ni sa résidence habituelle en Suisse; les art. 190 ss LDIP sont donc applicables, étant observé que les parties n'en ont pas exclu l'application par écrit en convenant de se soumettre exclusivement aux règles de la procédure cantonale en matière d'arbitrage (art. 176 al. 2 LDIP). Le recours au Tribunal fédéral prévu par l'art. 191 al. 1 LDIP est ouvert, les parties n'ayant ni choisi le recours à l'autorité cantonale (art. 191 al. 2 LDIP), ni exclu conventionnellement tout recours contre la sentence (art. 192 al. 1 LDIP). Le recours ne peut être formé que pour l'un des motifs énumérés de manière exhaustive à l'art. 190 al. 2 LDIP (ATF 127 III 279 consid. 1a p. 282; 119 II 380 consid. 3c p. 383). Comme la voie du recours de droit public doit être suivie en matière d'arbitrage international, la procédure devant le Tribunal fédéral est régie par les art. 84 ss OJ, en vertu de l'art. 191 al. 1, 2ème phrase, LDIP. b) La recourante est personnellement touchée par la décision attaquée, qui rejette ses conclusions en paiement contre l'intimée, de sorte qu'elle a un intérêt personnel, actuel et juridiquement protégé à ce que cette décision n'ait pas été rendue en violation des garanties découlant de l'art. 190 al. 2 LDIP. Elle a qualité pour recourir selon l'art. 88 OJ. Interjeté en temps utile et dans la forme prévue par la loi, le recours est en principe recevable (art. 89 al. 1 OJ, art. 90 al. 1 OJ). c) Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs admissibles qui ont été invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (ATF 127 I 38 consid. 3c; 127 III 279 consid. 1c et les arrêts cités). La recourante devait donc indiquer quelles hypothèses de l'art. 190 al. 2 LDIP étaient à ses yeux réalisées et, en partant de la sentence attaquée, montrer de façon circonstanciée en quoi consisterait la violation du principe invoqué. La recevabilité de ces moyens est subordonnée au respect de cette condition, qui sera examinée ci-après au regard de chacun des griefs soulevés. d) La recourante avait conclu, devant le Tribunal arbitral, à la reconnaissance de l'arrêt rendu le 29 août 1997 par la Cour d'Appel de Conakry. La juridiction arbitrale a traité cette question à titre préjudiciel (art. 29 al. 3 LDIP), avant de rejeter la demande pour défaut d'identité de parties et de prétentions, la recourante n'apparaissant pas, de plus, revêtir les qualités d'un intéressé au sens de l'art. 28 LDIP. Cette dernière ne critique pas cet aspect de la sentence arbitrale devant le Tribunal fédéral, de sorte que la reconnaissance du jugement étranger ne fait pas partie de l'objet du litige. Les considérations que la recourante émet au sujet du jugement de la Cour d'Appel de Conakry viennent à l'appui de son argumentation, selon laquelle la résiliation du contrat du 10 février 1995 serait abusive et contraire aux règles de la bonne foi, violant par là l'ordre public. La recevabilité de ces moyens sera examinée plus spécifiquement lors de l'examen des griefs fondés sur l'art. 190 al. 2 let. e LDIP.