Citation: 4A_417/2013 E. B

B.a. Par acte déposé le 22 juillet 2010 auprès du Tribunal de première instance de Genève, Z.________ (demanderesse) a ouvert action à l'encontre de X.________ (défendeur). Elle a conclu à ce que celui-ci soit condamné à lui payer les sommes de - 821'221,75 USD avec intérêts à 5% dès le 3 décembre 2008, correspondant au solde débiteur du prêt qu'elle lui avait accordé à titre personnel; - 3'975'793,21 USD avec intérêts à 5% dès le 3 décembre 2008, correspondant au solde débiteur d'un prêt octroyé à A.________; - 1'022'395 fr. 16 avec intérêts à 5% dès le 30 juin 2010, correspondant à des frais de défense supportés par la banque en Suisse et aux Etats-Unis pour faire face à des actions engagées à son endroit par des tiers, victimes des actes illicites commis par le défendeur auquel la demanderesse aurait prétendument prêté assistance. La demanderesse a invoqué tout d'abord la responsabilité contractuelle du défendeur, tenu de rembourser les prêts qui lui avaient été octroyés et qui avaient été valablement dénoncés (volet contractuel de l'action). La banque a également soutenu que la responsabilité délictuelle du défendeur était engagée, dès lors qu'il avait agi dolosivement à son égard en lui dissimulant des faits importants et en lui fournissant des indications fausses, cela lorsqu'il avait négocié l'obtention de crédits accordés tant en faveur de A.________ qu'à son propre bénéfice (volet délictuel de l'action). Le défendeur s'est opposé à la demande en totalité. Sur le volet contractuel, il a prétendu que les prêts qui lui avaient été accordés personnellement n'avaient pas été dénoncés valablement par la banque; sur le volet délictuel, il a contesté être l'animateur principal de A.________, expliquant avoir agi pour celle-ci comme simple mandataire, et a prétendu n'avoir caché aucun élément à la demanderesse, laquelle aurait dû procéder aux vérifications usuelles en matière de crédits. Lors de l'audience de plaidoiries tenue le 2 février 2012, les parties ont maintenu leurs conclusions. Par jugement du 23 mars 2012, le Tribunal de première instance, faisant application de l'art. 143 de l'ancienne loi de procédure civile genevoise (aLPC/GE), a considéré que la cause était en état d'être jugée en ce qui concernait le prêt consenti par la demanderesse au défendeur personnellement, soit sur le volet contractuel. En revanche, il a estimé que l'instruction de la cause devait se poursuivre sur le volet délictuel. En conséquence, il a rendu un jugement sur partie. Admettant que la dénonciation des prêts accordés au défendeur à titre personnel était valable, il a condamné ce dernier à rembourser le solde restant dû à la demanderesse après prise en compte du virement d'un million d'USD opéré en faveur de cette dernière le 18 décembre 2008, à savoir le montant de 821'221,75 USD, contre-valeur de 989'687 fr. 18 au taux de 1,20514 du 3 décembre 2008, avec intérêts à 5% dès le 3 décembre 2008. B.b. Le 9 mai 2012, le défendeur a appelé de ce jugement devant la Cour de justice du canton de Genève. Dans son mémoire d'appel, il a requis l'annulation dudit jugement et, cela fait, que la cause soit retournée au premier juge « pour instruction dans le sens des considérants et nouvelle décision ». Il a fait grief au tribunal d'avoir statué sur une partie des prétentions formulées à son encontre par la demanderesse sans avoir procédé à des probatoires, alors que les faits pertinents pour statuer sur le volet contractuel n'avaient pas été établis. Par arrêt du 28 juin 2013, la Chambre civile de la Cour de justice a déclaré irrecevable l'appel interjeté par le défendeur contre le jugement du 23 mars 2012, les parties étant déboutées de toutes autres conclusions. La cour cantonale a considéré en substance que les conclusions de l' appel, qui ne tendaient qu'à l'annulation du jugement du 23 mars 2012 et au renvoi de la cause au premier juge, étaient irrecevables faute de contenir des conclusions au fond, à savoir en déboutement de la demanderesse de ses conclusions en paiement (cf. consid. 3.4 de l'arrêt cantonal). Toutefois, ce serait faire montre de formalisme excessif que de déclarer irrecevable un appel certes dépourvu de conclusions réformatoires, mais dont le moyen principal, reposant sur une violation du droit à la preuve ou du droit de fournir des preuves, serait par hypothèse fondé, auquel cas la cour cantonale ne pourrait que renvoyer la cause au premier juge pour complément d'instruction et nouvelle décision. Or un tel moyen a été soulevé par l'appelant. Procédant à son examen préjudiciel, les magistrats genevois ont retenu que le premier juge n'avait violé aucun des droits procéduraux de l'appelant, que ce soit son droit à la preuve ou son droit de requérir des mesures probatoires, en tranchant le litige (volet contractuel de l'action) sur la base des seuls faits admis par les parties. Ils en ont inféré que le jugement du 23 mars 2012 avait été rendu sur la base d'un état de fait correctement établi. Après avoir contrôlé au fond cette décision aux considérants 4.4 et 4.5 de l'arrêt critiqué, toujours à titre préjudiciel, ils ont jugé qu'il n'y avait pas lieu d'annuler ce jugement pour renvoi au Tribunal de première instance et complément d'instruction (considérant 4.6 in fine de l'arrêt cantonal). Au terme de cette analyse, les juges cantonaux ont retenu que l'appelant aurait dû assortir son appel de conclusions en réforme puisque la cause aurait pu être jugée au fond par la Cour de justice. Dans ce contexte, l'absence de la prise de conclusions en réforme par l'appelant constituait un vice permettant de constater, sans formalisme excessif, l'irrecevabilité de l'appel.