Citation: 4C.389/2000 15.03.2001 E. A

A.- La Fédération Suisse de Tennis de Table (FSTT) est une organisation faîtière constituée en association au sens des art. 60 ss CC; elle regroupe en son sein des associations régionales de tennis de table, dont chacune forme une association au sens des mêmes dispositions; en Suisse romande, il s'agit de l'Association genevoise de tennis de table, de l'Association genevoise et jurassienne de tennis de table, enfin de l'Association Vaud/Valais/Fribourg de tennis de table. A l'échelon de base, la FSTT réunit des clubs de tennis de table, également constitués en associations de droit civil, regroupés au sein des associations régionales susmentionnées. Aux termes de l'art. 14 de ses statuts, le siège juridique de la FSTT se situe "au domicile de son président actuel", soit en l'état à Wollerau (SZ). Le siège administratif de la FSTT se trouve quant à lui à Berthoud (BE). Par contrat du 29 mars 1996, la FSTT a engagé S.________, ressortissant chinois, alors domicilié en France, pour une durée de deux ans, en qualité d'entraîneur national pour le cadre élite et jeunesse de la fédération, moyennant un salaire annuel brut de 55 000 fr. Le contrat de travail, rédigé en langue allemande, contient à son art. 4.3 la clause suivante (traduction française, telle qu'elle a été remise à l'entraîneur): "Les parties tentent de régler à l'amiable les éventuels différends qui peuvent surgir concernant le présent contrat. Si un tel règlement s'avère impossible, les deux parties fixent le domicile du président la FSTT en activité comme siège officiel (selon statuts FSTT).. " A la suite de cet engagement, S.________ a pris domicile à Bavois (VD), en août 1996, et il a commencé son activité le 1er septembre 1996. Dans la demande déposée auprès de la police des étrangers vaudoise, en vue de l'obtention d'un permis de séjour, la FSTT a indiqué que S.________ serait responsable de l'entraînement effectif des joueurs pour divers clubs, du développement du cadre élite, ainsi que de l'accompagnement des joueurs lors des championnats internationaux, tant en Suisse qu'à l'étranger. En fait l'activité de S.________ a consisté, notamment, à accompagner, de septembre 1996 à fin février 1997, des athlètes à des manifestations sportives et à des camps d'entraînement en divers lieux, aussi bien en Suisse qu'à l'étranger. S.________ a également été chargé de l'entraînement des joueurs, en particulier à Genève et ailleurs. Le 7 juillet 1997, la FSTT a déposé à la police des étrangers genevoise une demande de permis de séjour au motif que l'activité de S.________ était de plus en plus centrée à Genève, étant donné le nombre de pongistes de cette région faisant partie des cadres nationaux élite et juniors; le déménagement de l'entraîneur à Genève était dès lors souhaitable. Il n'est pas contesté que les entraînements dispensés par S.________ l'étaient dans le cadre des installations sportives des clubs genevois et que la FSTT ne dispose d'aucune infrastructure propre dans ce canton. Le 14 décembre 1997, puis le 28 janvier 1998, la FSTT a proposé à S.________ une modification de son contrat et de ses tâches. Le 2 février 1998, l'entraîneur s'est opposé à cette modification et a rappelé à la FSTT qu'il avait conclu avec cette dernière un contrat de deux ans, lequel ne pouvait être résilié avant son terme sans motif sérieux et valable. Le 10 mars 1998, S.________ a écrit au président de la FSTT, faisant valoir que, contrairement aux directives de celui-ci, il n'avait pas été prévu qu'il accompagne les joueurs aux championnats d'Europe d'Eindhoven; dans ces conditions, il estimait ne plus pouvoir exercer ses fonctions et considérait que son contrat de travail avait été rompu par la FSTT de manière abusive, ce qui lui causait un important préjudice. Par courrier du 7 mai 1998, le conseil de S.________ a réclamé à la FSTT 27'500 fr. à titre d'indemnités pour violations répétées du contrat de travail.