Citation: 4A_486/2022 E. 8.2

8.2. Tel qu'il est présenté le grief examiné ne saurait prospérer. En l'occurrence, la Formation, en se référant aux dispositions réglementaires topiques et à la jurisprudence du TAS, a réparti la charge de la preuve et correctement déterminé le degré de la preuve requis pour retenir l'existence d'une infraction au TACP. Or, force est de souligner que l'application des règles sur le fardeau de la preuve est soustraite à l'examen du Tribunal fédéral lorsqu'il est saisi d'un recours en matière civile visant une sentence arbitrale internationale, car de telles règles ne font pas partie de l'ordre public visé par l'art. 190 al. 2 let. e LDIP (arrêts 4A_462/2019, précité, consid. 6.2.5; 4A_616/2016 du 20 septembre 2016 consid. 4.3.1). Il ne saurait en aller différemment s'agissant de la problématique afférente au degré de la preuve requis pour établir l'existence d'une infractions aux règles édictées par une association sportive. C'est le lieu du reste d'observer que l'intéressé ne reproche pas aux arbitres d'avoir apprécié les faits litigieux en tenant compte d'un degré de la preuve moins strict que celui requis par la réglementation topique applicable en l'espèce. Le recourant se borne, en réalité, à affirmer que le degré de la preuve exigé, à savoir celui de la prépondérance des probabilités, est insuffisant. Cela ne suffit toutefois nullement à établir l'existence d'une violation d'un principe fondamental et généralement reconnu conduisant à une contradiction insupportable avec le sentiment de la justice rendant la sentence querellée incompatible avec l'ordre public visé par l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. La Cour de céans a du reste déjà jugé que retenir un degré de la preuve plus faible que celui appliqué en matière pénale dans le cadre d'affaires de manipulation de rencontres ne constituait pas une violation de l'ordre public procédural (arrêt 4A_362/2013 du 27 mars 2014 consid. 3.3). Que la réglementation antidopage fixe un degré de la preuve plus strict que celui applicable en l'espèce pour retenir l'existence d'une infraction n'apparaît pas déterminant. Compte tenu des difficultés inhérentes à la preuve des cas de corruption et de manipulation de rencontres sportives et des pouvoirs d'investigation limités des organes juridictionnels des fédérations sportives, le degré de la preuve requis par le TACP ne heurte pas le sentiment de justice. Au vu de ce qui précède, le recours ne peut qu'être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.