Citation: 6B_1189/2021 E. 4.6

4.6. Le recourant se contente en quelques lignes de rappeler sa situation personnelle et de souligner qu'il n'a pas d'antécédents judiciaires et que tant son fils qu'un ami d'enfance sont venus décrire son intégrité et son bon comportement. En rapport avec l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, il y a lieu de tenir compte, tout d'abord, de la longue durée du séjour du recourant dans ce pays et du fait que son épouse et ses deux fils vivent ici. Si, comme il le soutient, il est vrai qu'il a travaillé en Suisse dans différents domaines, il convient de rappeler qu'il était au chômage au moment des faits et que ses perspectives d'emploi sont limitées dès lors qu'il n'a pas de formation et qu'il maîtrise mal la langue française. Par ailleurs, les perspectives de réintégration du recourant au Portugal ne seraient en tout cas pas moindres que son intégration actuelle en Suisse. Comme cela a été relevé par les autorités précédentes, le recourant entretient des liens étroits avec le Portugal, pays dont il parle parfaitement la langue et dans lequel il a suivi toute sa scolarité, y a travaillé pendant longtemps, s'y est marié et où sont nés ses enfants. Ses parents et ses frères vivent d'ailleurs au Portugal, où l'intéressé a une maison et souhaite y retourner à sa retraite. Par ailleurs, c'est en vain que le recourant invoque le fait que ses enfants vivent en Suisse, dès lors qu'ils sont majeurs et indépendants et que le recourant ne vit pas avec eux. Dans ces conditions, les contacts peuvent s'exercer par le biais des moyens de télécommunication modernes ou lors de séjours de ses enfants au Portugal, notamment dans la maison familiale. Quant à son épouse, comme susmentionné, rien ne semble s'opposer à ce qu'elle aille vivre avec son mari au Portugal, où se trouvent la maison familiale et une partie de leur famille, en tout cas pour une durée limitée de cinq ans. Les intérêts publics présidant à l'expulsion du recourant sont importants, malgré son absence d'antécédents, au regard de la gravité des infractions portant atteinte à l'intégrité sexuelle et à la liberté et de son absence de prise de conscience. En outre, la peine privative de liberté de quatre ans à laquelle le recourant a été condamné dépasse largement une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation d'établissement sur la base de l'art. 63 al. 1 let. a cum art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019: LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement).