Citation: 4A_122/2016 E. 8.2

8.2. En l'espèce, il est établi que le défunt était à la recherche d'un emploi d'« agent commercial » ou d'« attaché commercial » en France. Sur la base d'un témoignage, le Tribunal de première instance a admis que le salaire mensuel d'un attaché commercial, payable treize fois par an, varie entre 3'000 et 5'000 euros, commissions non comprises. Le tribunal a tenu pour vraisemblable que la carrière de salarié du défunt « aurait connu une ascension », et il a estimé son revenu hypothétique annuel, y compris les commissions, à treize fois 6'500 euros, soit 84'500 euros. La Cour de justice a confirmé cette estimation. N.________ était pourtant sans emploi et encore atteint dans sa santé. L'engagement le plus récemment obtenu, d'une compagnie d'assurances qui le connaissait depuis de nombreuses années et pouvait apprécier son potentiel, ne lui apportait qu'un salaire mensuel brut de 3'250 euros. Il n'a jamais travaillé au service d'un autre employeur. Il n'a que brièvement occupé la position d'agent général indépendant, comportant des responsabilités élevées, et il y a échoué. A l'époque de l'accident, en dépit de ses qualités et aptitudes dont plusieurs témoins ont fait état, il se trouvait dans la difficile situation de devoir recommencer une carrière, à l'âge de trente-huit ans et après un grave insuccès. Les autorités précédentes ont estimé un revenu hypothétique mensuel net de 6'500 euros - excédant le double du salaire le plus récemment obtenu - qui est dépourvu de toute relation raisonnable avec cette situation économique et professionnelle. La défenderesse est ici fondée à dénoncer une application incorrecte de l'art. 45 al. 3 CO. Compte tenu que le défunt se trouvait en recherche d'emploi, il faut apprécier en équité le salaire qu'il pouvait raisonnablement espérer dans un proche avenir. La défenderesse propose 3'250 euros par mois ou 39'000 euros par année, montants nets de charge s sociales. Il n'est pas constaté et il n'y a pas lieu de présumer que le salaire mensuel brut de 3'250 euros fût exigible treize fois par année. Le revenu ainsi proposé par la défenderesse équivaut au salaire le plus récemment obtenu; il ne paraît en tous cas pas sous-estimé et il sera donc admis. Dans leur réponse au recours, les demandeurs n'avancent aucun argument concluant à l'appui de l'arrêt attaqué. Ils discutent inutilement les pièces du dossier et les dépositions des témoins plutôt que les constatations de la Cour de justice. Ils mentionnent aussi inutilement divers points de fait ou de droit qui ne sont plus litigieux en instance fédérale.