Citation: 5A_270/2007 12.07.2007 E. 6

Le recourant fait grief aux juges cantonaux d'avoir estimé que les frais d'entretien de son beau-père qu'il évaluait à 400 fr. par mois ne constituaient pas une hausse notable de ses charges eu égard à son salaire mensuel net de 8'225 fr. Bien qu'il se prévale d'une constatation arbitraire des faits, sa critique revient en réalité à se plaindre d'une application erronée de l'art. 153 aCC. 6.1 La modification d'un jugement de divorce rendu selon l'ancien droit est régie par l'ancien droit, sous réserve des dispositions relatives aux enfants et à la procédure (art. 7a al. 3 Tit. fin. CC). La présente cause est dès lors soumise au droit du divorce en vigueur avant le 1er janvier 2000. Selon l'art. 153 al. 2 aCC, la pension alimentaire allouée à titre de secours sera supprimée ou réduite, à la demande du débiteur, si l'ayant droit n'est plus dans le dénuement ou si la gêne dans laquelle il se trouvait a sensiblement diminué; il en sera de même si la pension n'est plus en rapport avec les facultés du débiteur. La réduction ou la suppression d'une pension alimentaire présuppose une modification - que ce soit dans le sens d'une amélioration de la situation économique du bénéficiaire ou dans le sens d'une péjoration de celle du débiteur - qui soit à la fois importante, à vues humaines durable et non prévisible au moment du divorce (ATF 118 II 229 consid. 2 et 3a; 117 II 211 consid. 1a et 5a, 359 consid. 3 in fine; 96 II 301 consid. 3 et 5a; 90 II 69 consid. 5). Lorsqu'un époux remarié assume des obligations découlant d'un jugement de divorce, son conjoint a envers lui une obligation d'assistance, dans la mesure où on peut l'exiger de lui (Bräm, Commentaire zurichois, n. 146 ad art. 159 et les réf. citées). Ainsi, le second conjoint devra consentir des efforts particuliers pour faciliter à son partenaire le paiement des contributions d'entretien découlant de son premier mariage (ATF 79 II 140; Hausheer/Reusser/Geiser, Commentaire bernois, n. 43 ad art. 159 CC et les réf. citées). S'il peut être admis que dans certaines circonstances, le devoir d'assistance du conjoint selon l'art. 159 al. 3 CC puisse s'étendre à l'aide à l'entretien des proches de ce conjoint, en particulier des enfants de ce dernier (cf. ATF 5C.82/2004 du 14 juillet 2004 consid. 3, publié in : FamPra.ch 2005 172), l'obligation d'entretien découlant d'un premier mariage l'emporte sur ce devoir d'assistance (cf. Egger, Commentaire zurichois, n. 19 ad art. 328 CC; Hausheer/Reusser/Geiser, Commentaire bernois, n. 44 ad art. 159 CC) 6.2 A nouveau, le recourant ne motive pas son grief de manière recevable, dès lors qu'il n'explique pas en quoi les juges précédents ont violé le droit fédéral en considérant que son salaire mensuel net lui permettait de faire face à ce devoir supplémentaire d'entretien. En tout état de cause, dès lors que la cour cantonale a arrêté que la nouvelle épouse du recourant disposait d'une capacité de gain, elle pouvait, sans violer le droit fédéral, juger que, vu son âge, sa formation et l'âge des enfants, celle-ci devait pouvoir obtenir un revenu aux fins de contribuer à l'entretien de la famille, donc aussi à celui de son propre père. Au surplus, vu la subsidiarité du devoir d'assistance découlant de l'art. 159 al. 3 CC, le recourant ne peut invoquer son devoir d'assistance à l'égard de son beau-père pour se soustraire à son obligation d'entretenir sa première épouse.