Citation: 4A_263/2022 E. A

A.a. En 2002, E.________, né le 4 décembre 1927, détenait plusieurs millions, en dollars américains et en euros, sur un compte nominatif auprès d'une banque, devenue la B.________ SA, à Genève (ci-après: la banque ou la demanderesse). Son neveu, F.________, bénéficiait d'une procuration sur ce compte. La société A.________ SA (ci-après: la défenderesse ou la recourante) est une société de droit panaméen, constituée le 24 mars 2009 et dont le siège est à Panama. Son ayant droit économique est la mère de F.________, G.________. Cette société est titulaire d'un compte auprès de la même banque. G.________ dispose d'une procuration sur ce compte. A.b. Entre 2002 et 2003, tous les avoirs du compte de E.________ auprès de la banque ont été transférés sur un compte de F.________ auprès de la même banque et, de là, ils ont fait l'objet de divers transferts sur des comptes à l'intérieur de la banque jusqu'à celui de la société H.________ SA (ci-après: H.________), dont l'ayant droit économique était F.________, lequel disposait d'une procuration sur ce compte. Puis, en 2010, les avoirs du compte de H.________, d'un montant supérieur à 12'000'000 USD, ont été transférés sur le compte de A.________ SA, toujours auprès de la même banque. Le compte de E.________ avait été clôturé le 9 mai 2003; celui de H.________ a également été clôturé après le transfert. A.c. Dès 2012, F.________ s'est immiscé dans la gestion du compte de A.________ SA, se faisant notamment transmettre des relevés de compte sur instructions de sa mère, ayant droit économique et titulaire de la procuration sur le compte. La banque allègue s'être heurtée à des difficultés pour joindre la mère, car son fils "faisait écran" aux contacts directs entre elle et celle-ci, ce qui est confirmé par les pièces produites. A.d. E.________ est décédé en Grèce, le 22 février 2014. Il laisse sa veuve D.________ et leur fils C.________. L'épouse et le fils du défunt sont opposés au neveu de celui-ci dans un procès de nature successorale pendant devant une juridiction civile, en Grèce. Ils allèguent que F.________ a profité de l'état d'incapacité de discernement du de cujus pour détourner les biens de celui-ci à son profit, qu'eux-mêmes sont héritiers réservataires et que leurs réserves ont été lésées (ci-après, dans un souci de simplification: les héritiers réservataires ou les intervenants accessoires). Le neveu du défunt se prévaut pour sa part de deux testaments en sa faveur, datés des 17 avril et 25 novembre 2003, qui l'instituent héritier (ci-après: le neveu ou, par souci de simplification, l'héritier institué), testaments dont les héritiers réservataires contestent la validité. Les héritiers réservataires ont également ouvert plusieurs procédures civiles en Suisse afin de retrouver des biens du de cujus. Ils allèguent, notamment, que les avoirs détenus par A.________ SA, dans les livres de la banque, sont issus de la fortune du défunt et font partie des actifs qu'ils recherchent. Ils ont également déposé une plainte pénale visant notamment l'héritier institué; la qualité de lésé du fils héritier a été définitivement écartée par arrêt du Tribunal fédéral du 8 février 2021 (arrêt 1B_507/2020). A.e. Dès 2016, à la suite du refus de la mère du neveu, titulaire de la signature sur le compte de A.________ SA, de signer le formulaire FATCA, le neveu et sa mère ont déclaré vouloir dissoudre la société A.________ SA, clôturer ledit compte et transférer les fonds sur un compte à ouvrir au nom de la mère. La banque a refusé d'y procéder, au motif que des clarifications sur l'origine des fonds et les raisons du changement d'ayant droit économique lors du transfert des avoirs de H.________ (dont l'ayant droit économique était le neveu) à A.________ SA (dont l'ayant droit économique est la mère du neveu) constituaient un préalable nécessaire à l'ouverture d'un compte au nom de la mère. Par la suite, celle-ci a encore plusieurs fois requis le transfert des avoirs du compte de A.________ SA auprès d'une banque tierce. En mai 2018, la banque a réitéré sa demande de clarifications concernant la provenance des avoirs crédités sur le compte de A.________ SA et l'identification du bénéficiaire économique dudit compte, indiquant que les fonds crédités sur ce compte faisaient l'objet d'un litige successoral. A.________ SA n'ayant pas déféré à cette demande, la banque n'a pas exécuté l'ordre de transfert des avoirs de ce compte auprès d'une banque tierce. A.________ SA a alors fait notifier à la banque un commandement de payer le montant de 4'043'986 fr. plus intérêts à titre de restitution de ses avoirs en compte. La banque a formé opposition au commandement de payer. Le Tribunal de première instance du canton de Genève a admis la requête de mainlevée provisoire formée par A.________ SA à concurrence de 3'704'894 fr. 34 avec intérêts par jugement du 22 novembre 2018. Par la suite, la requête de mainlevée de l'opposition sera finalement rejetée par l'arrêt de la Cour de justice du 18 mars 2019, confirmé par l'arrêt du Tribunal fédéral du 7 janvier 2020 (5A_388/2019).