Citation: 6B_334/2023 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a constaté que les parties n'avaient manifestement pas réussi à convenir d'une résiliation anticipée du bail, la recourante ayant refusé, par son courrier du 25 janvier 2019, la résiliation proposée par l'intimée à fin janvier 2019. Elle a également constaté que si l'intimée avait intégré à cette période un appartement en France, ne conservant celui de Genève qu'en résidence secondaire, elle n'avait toutefois pas quitté définitivement les lieux après le mois de janvier 2019, ce que la recourante avait admis à demi-mot puisqu'elle lui avait reproché de ne pas s'être acquittée des loyers de février et mars 2019 et de ne pas avoir procédé au nettoyage final avant qu'elle ne reprenne possession des lieux. La cour cantonale en a déduit que le bail n'avait pas pris fin au 31 janvier 2019. Dans ces conditions, la recourante n'était pas autorisée à pénétrer dans l'appartement en février 2019 sans l'accord de la sous-locataire. La demande de la régie qui visait à pouvoir organiser une visite de l'appartement au mois de février 2019 ne l'autorisait pas à entrer dans le logement à l'insu et contre le gré de la sous-locataire. Il lui incombait de transmettre cette information à l'intimée, ce qu'elle aurait aisément pu faire dès lors que les parties correspondaient par courriel et par messagerie téléphonique. Le fait que l'appartement semblait inoccupé ne justifiait pas non plus, en l'absence de toute urgence, que la recourante y entra sans autorisation. En procédant de la sorte, la recourante s'était rendue coupable de violation de domicile. Par ailleurs, en changeant les serrures de l'appartement pour empêcher sa sous-locataire d'y pénétrer et en mettant de la sorte, de facto, une fin prématurée au contrat de bail, elle avait entravé l'intimée dans la jouissance de son bien et s'était ainsi également rendu coupable de contrainte (art. 181 CP).