Citation: 6B_211/2008 23.06.2008 E. 5

Sur plusieurs points, le recourant se plaint d'une constatation manifestement inexacte des faits, donc d'arbitraire dans l'établissement de ceux-ci (cf. supra, consid. 3). 5.1 La notion d'arbitraire a été maintes fois rappelée, récemment dans l'ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153, auquel on peut donc se référer. En bref, une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat. 5.2 Le recourant reproche à l'autorité cantonale de s'être contredite en écartant sa version des faits quant au déroulement de la bagarre, alors que, plus avant, elle avait dit la retenir. Ce grief est dépourvu de fondement. L'autorité cantonale a retenu la version des faits du recourant en ce qui concerne la manière dont il a riposté à l'attaque de D.________, non pas en ce qui concerne le déroulement de la bagarre qui a suivi et, plus précisément, l'implication des intimés dans celle-ci. On ne discerne donc aucune contradiction. 5.3 Il est constant que D.________ a violemment frappé le recourant, comme ce dernier insiste par ailleurs lui-même à le souligner. L'importance des lésions subies par le recourant ne suffit donc pas à prouver que les intimés l'ont aussi frappé. Surtout - et, s'agissant d'une rixe, c'est ce qui est déterminant - , elle ne suffit pas à prouver que leur intervention dans la bagarre visait à le frapper. Cela pouvait en tout cas être admis sans arbitraire. Le même raisonnement vaut pour le traumatisme psychique invoqué par le recourant. 5.4 Le fait que les intimés A.________ et B.________ se sont approchés après que D.________ se soit adressé à eux en patois ne permet pas de conclure que leur intervention dans la bagarre visait à frapper le recourant. Il n'était du moins pas arbitraire de considérer ce point comme douteux, d'autant moins que l'on ignore le contenu des propos en patois de D.________ et que, s'agissant du but de l'intervention des intimés, les protagonistes ont fait des déclarations contradictoires. 5.5 La déclaration de Y.________ selon laquelle les intimés B.________ et A.________ auraient violemment frappé le recourant a été écartée au motif que celui-ci avait en réalité déjà quitté les lieux. Ce fait a été retenu sur la base d'un ensemble d'indices, à savoir que la déclaration de Y.________ était en contradiction avec le contenu de sa plainte, dans laquelle il avait reconnu s'être éloigné lorsque les intimés A.________ et B.________ s'étaient dirigés vers le recourant et D.________, le fait que deux témoins ont confirmé que Y.________ ne se trouvait plus dans l'établissement à ce moment-là et la circonstance que le recourant s'était lui-même plaint de ce que Y.________ ne soit pas intervenu plus activement pour le défendre. Ces divers indices convergents pouvaient conduire, sans arbitraire, à retenir que Y.________ avait quitté les lieux et, partant, que son témoignage sur le point litigieux ne pouvait être considéré comme déterminant. Le contraire n'est au demeurant pas démontré conformément aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. 5.6 L'autorité cantonale n'a pas méconnu que le témoin E.________ avait affirmé que l'intimé B.________ avait aussi frappé le recourant. Elle a toutefois observé que, immédiatement après, ce témoin avait admis ne pouvoir donner aucun détail sur le déroulement des événements et sur le rôle des personnes impliquées. Dans ces conditions, il n'était pas manifestement insoutenable de considérer que le témoignage invoqué laissait subsister un doute quant au fait litigieux. Le recourant n'en fait du reste pas la démonstration contraire. Son argumentation se résume à une rediscussion appellatoire des faits, manifestement insuffisante à établir l'arbitraire allégué. 5.7 L'autorité cantonale a indiqué pourquoi elle retenait que C.________ n'avait pas participé à la bagarre, observant notamment que ce fait avait été confirmé par l'intimé B.________ et le témoin F.________. A ce raisonnement, le recourant se borne à opposer un passage extrait du jugement de première instance, ce qui ne constitue certes pas une démonstration d'arbitraire. 5.8 S'agissant des divergences entre les déclarations de B.________ et de A.________, le recourant se réfère vainement au jugement de première instance, dès lors que seul le jugement de dernière instance cantonale peut faire l'objet du recours (cf. art. 80 al. 1 LTF). Quant au passage du jugement attaqué auquel se réfère également le recourant, soit celui figurant à la page 13 al. 2 de ce jugement, il en résulte que les divergences qui y sont évoquées ont trait à la manière dont le recourant a riposté à l'attaque de D.________. Le recourant ne peut donc rien en tirer à l'appui de sa thèse, selon laquelle ces divergences devaient conduire à retenir sa version des faits en ce qui concerne l'intervention des intimés dans la bagarre. Au reste, que, sur le point déterminant, soit le but dans lequel les intimés sont intervenus dans la bagarre, ceux-ci auraient fait des déclarations contradictoires et cela au point qu'il fallait, à peine d'arbitraire, leur préférer la version du recourant n'est aucunement démontré par ce dernier. 5.9 Il n'a pas été retenu que les intimés B.________ et A.________ seraient intervenus pour aider le recourant, mais qu'ils l'ont fait pour séparer les combattants. Au demeurant, dans la mesure où le recourant affirme que, si les intimés étaient effectivement intervenus pour l'aider, D.________ aurait "à coup sûr" été empêché de le frapper ainsi qu'il l' a fait, il ne fait qu'émettre une hypothèse. Pour le surplus, son argumentation se réduit à proposer sa propre interprétation des faits, sans démontrer en quoi il était arbitraire de ne pas la suivre. 5.10 Le recourant s'efforce vainement, en se prévalant d'une déclaration de l'intimé B.________ au juge d'instruction, de faire admettre la violence des coups qui lui ont été portés. Le jugement attaqué admet expressément que l'altercation a été violente et que les lésions subies par le recourant en attestent. Pour autant, il n'est toutefois pas démontré - et, une fois de plus, c'est ce qui est déterminant - que les intimés, dont l'intervention dans la bagarre est acquise, visait à frapper le recourant, et non à séparer les combattants. 5.11 A l'évidence, le fait que le recourant a rapidement pu indiquer le nom des personnes impliquées dans la bagarre ne suffit pas à prouver que les intimés sont intervenus pour le frapper. Ici comme ailleurs, le recourant perd de vue que l'intervention des intimés B.________ et A.________ a été expressément admise. C'est le but de cette intervention qui a été considéré comme insuffisamment établi. 5.12 Les critiques du recourant sont soit infondées, soit impropres ou insuffisantes à faire admettre l'arbitraire allégué. Il évoque une contradiction, en réalité inexistante, avance des arguments privés de pertinence ou inaptes à établir que les faits déterminants retenus l'auraient été arbitrairement. Plus généralement et quoiqu'il en dise, son argumentation se réduit largement à une rediscussion appellatoire des faits et de l'appréciation des preuves. Nulle part il ne démontre qu'il était arbitraire d'admettre que l'intimé C.________ s'est borné à tenté de retenir D.________ en dehors du cercle des participants. S'agissant des intimés A.________ et B.________, il n'établit pas d'appréciation manifestement insoutenable de l'ensemble des éléments de preuve ou indices ayant conduit à considérer comme insuffisamment prouvé qu'ils soient intervenus dans la bagarre autrement que pour séparer les combattants. Le grief ne peut dès lors qu'être rejeté, autant qu'il est recevable au regard des exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF.