Citation: 4P.259/2004 10.03.2005 E. 3

Invoquant une violation de l'art. 9 Cst., la recourante se plaint de l'appréciation arbitraire des preuves par la cour cantonale. 3.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire prohibé par l'art. 9 Cst. ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution que celle retenue par l'autorité cantonale pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 128 I 81 consid. 2, 273 consid. 2.1). Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 173 consid. 3.1; 128 I 273 consid. 2.1). S'agissant plus précisément de l'appréciation des preuves, l'autorité tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1). Il appartient au recourant d'établir la réalisation de ces conditions en tentant de démontrer, par une argumentation précise, que la décision incriminée est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 I 113 consid. 2.1, 185 consid. 1.6). Le grief tiré de l'appréciation arbitraire des preuves ne peut être pris en considération que si son admission est de nature à modifier le sort du litige, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il vise une constatation de fait n'ayant aucune incidence sur l'application du droit (cf. ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41). 3.2 La recourante critique principalement l'appréciation des preuves de la cour cantonale s'agissant de savoir si elle pouvait ou non avoir connaissance de l'incapacité de travail de son employée au moment de la licencier avec effet immédiat. Pour les motifs exposés dans la procédure sur recours en réforme introduite parallèlement (cf. arrêt du Tribunal fédéral 4C.413/2004 du 10 mars 2005 consid. 2.3), cette question est sans pertinence pour l'issue du litige. Par conséquent, en tant qu'il vise ce point, le grief est sans objet. 3.3 La recourante reproche également à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu que l'intimée présentait des troubles qui l'empêchaient de justifier son absence. A la lire, aucun médecin n'aurait confirmé que l'incapacité de fournir un certificat médical était liée à la maladie de l'intimée. Le recours ne mentionne cependant pas quels seraient les motifs déterminants qui auraient justifié que l'on s'écarte de l'appréciation de l'autorité cantonale, ni ne décrit le contenu des pièces et/ou des témoignages auxquels il se réfère. Il s'agit d'une argumentation essentiellement appellatoire, qui n'a pas sa place dans un recours de droit public (cf. art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 128 I 295 consid. 7a). Au surplus, la position de la recourante se trouve en contradiction flagrante avec les pièces de la procédure. En effet, les deux médecins traitants de l'intimée ont indiqué que l'incapacité de leur patiente à prendre toute initiative, ainsi que son inaptitude totale à agir étaient directement liées à la présence et au développement de la tumeur cérébrale. Dans de telles conditions, la conclusion qu'en a tirée l'autorité cantonale pour retenir que l'intimée était incapable, sans sa faute, de présenter un certificat médical à son employeur ne souffre d'aucune critique. Le grief doit donc être rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.