Citation: 4P.316/2006 23.02.2007 E. 3.3

3.3.1 Le recourant se plaint de ce que la cour cantonale, après avoir elle-même rappelé qu'il incombait à la banque d'apporter non seulement la preuve de l'existence des instructions reçues, mais également celle de la remise effective des fonds au client (cf. lettre E.a supra), n'a mentionné aucun des éléments d'appréciation l'ayant conduite à considérer que la preuve de la remise des fonds avait été rapportée. Cette absence de motivation violerait l'exigence de motivation des jugements découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. En outre, si l'on admet que la cour cantonale n'a pu se fonder que sur le seul témoignage de A.________, la force probante donnée à cette déposition serait totalement insoutenable et choquante. En effet, A.________ ne serait pas intervenu en qualité de témoin, mais en qualité d'inculpé d'abus de confiance, gestion déloyale, escroquerie et faux dans les titres pour des crimes commis au préjudice de clients de la banque W.________, son employeur subséquent, et était par conséquent désireux de minimiser ses turpitudes. 3.3.2 Contrairement à ce que soutient le recourant, la Cour de justice a clairement indiqué se fonder sur le témoignage de A.________ - qui, entendu sous serment, a expliqué s'être déplacé en France pour réceptionner les fonds et les délivrer au client - pour retenir que les fonds correspondant aux opérations de compensation litigieuses avaient bien été remis au recourant. Elle a en outre dûment exposé les raisons pour lesquelles elle considérait pouvoir accorder crédit aux déclarations de A.________ en dépit de son inculpation pour des malversations commises au préjudice de clients de W.________ (cf. lettre E.c supra), si bien que le moyen tiré de la prétendue violation de l'obligation de motivation des jugements découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. (cf., sur cette obligation, ATF 129 I 232 consid. 3.2; 126 I 97 consid. 2b; 122 IV 8 consid. 2c et les arrêts cités) tombe à faux. 3.3.3 Sur le fond, le recourant ne démontre pas que l'appréciation des preuves qui a conduit l'autorité cantonale a retenir que la banque avait apporté la preuve non seulement de l'existence des instructions reçues, mais également celle de la remise effective des fonds au client, serait manifestement insoutenable. En premier lieu, il n'apparaît pas arbitraire d'accorder foi au témoignage de A.________ lorsque celui-ci déclare que les transferts litigieux ont été opérés dans le cadre d'opérations de compensation pratiquées par le recourant, auquel il avait lui-même remis l'argent à Paris, sans quittance (cf. lettre D.b.a supra). En effet, A.________, qui a été entendu en qualité de témoin assermenté, a toujours nié avoir commis de quelconques détournements alors qu'il était employé de l'intimée, et il a expliqué de manière convaincante, devant le Juge d'instruction, pourquoi il n'a commencé à détourner des fonds qu'en octobre/novembre 2001, alors qu'il était employé chez W.________ (cf. lettre D.b.a supra). Cela étant, la cour cantonale pouvait sans arbitraire considérer que le fait que A.________ ait été inculpé pour des malversations commises à partir de l'automne 2001 au préjudice de clients de W.________ ne permettait pas pour autant d'écarter son témoignage comme dépourvu de toute crédibilité (cf. lettre E.c supra). L'autorité cantonale a d'ailleurs souligné dans ce contexte que les affirmations du recourant, selon lesquelles il ne pratiquait pas d'opérations de compensation, étaient contredites non seulement par le témoignage de A.________, mais également par celui de G.________ (cf. lettre E.c supra). Au surplus, si l'on admet que les transferts litigieux ont bien été effectués sur instructions du recourant dans le cadre d'opérations de compensation - ce que la cour cantonale pouvait retenir sans arbitraire au regard non seulement des témoignages, mais aussi, pour deux des transferts en question, des fiches téléphoniques produites (cf. consid. 3.2.2 supra) -, le recourant n'aurait pas manqué de réagir à l'époque si les fonds ne lui avaient pas été remis, ce qu'il n'a pas fait. Dans ces circonstances, il n'apparaît pas que la cour cantonale ait versé dans l'arbitraire en tenant la preuve de la remise des fonds pour rapportée.