Citation: 6B_610/2007 22.02.2008 E. B

Cet arrêt retient, en résumé, ce qui suit. B.a L'association Appel au peuple s'est donnée pour mission d'assainir le système judiciaire. Elle a notamment pour objectifs de dénoncer l'arbitraire et d'obtenir une justice transparente. Elle présume, de manière quasi irréfragable, que les magistrats et autres acteurs de la justice sont corrompus. Pour atteindre ses buts, elle recourt notamment à la production massive de tracts et à leur distribution, à des visites effectuées au domicile de magistrats ou d'avocats, à des manifestations publiques en tout genre et à un large usage d'internet. Une fois connue du public, l'association a attiré diverses personnes mécontentes de la justice, dont W.________, qui en est devenue membre. Chacun exposait ses démêlés avec la justice et les erreurs dont il pensait avoir été victime. X.________, président de l'association, s'appropriait ces cas et les dénonçait publiquement comme des abus, sans procéder à des vérifications quant à la réalité des dysfonctionnements judiciaires allégués. B.b Dans une affaire concernant un problème complexe de dissolution et de liquidation de la société simple formée par W.________ et son concubin, S.________, dont elle s'est séparée, l'avocat B.________ a représenté ce dernier, comme conseil d'office. Le 20 janvier 1994, W.________ a requis du Président du Tribunal de la Gruyère l'autorisation de vendre une ferme dont elle et son concubin étaient propriétaires. Lors de l'audience du 29 mars 1994, les parties ont convenu de vendre la ferme à un tiers, pour 600'000 fr. Par la suite, W.________ a toutefois refusé d'exécuter cette transaction et ne s'est pas présentée à la convocation du notaire chargé d'instrumenter la vente. Celui-ci a établi un acte de vente, mentionnant, en lieu et place de W.________, une tierce personne la représentant sans pouvoirs. S.________ et l'acheteur ont signé l'acte de vente le 17 août 1994 et Me B.________ l'a transmis au président du Tribunal de la Gruyère, qui a déclaré la convention exécutoire par ordonnance du 16 septembre 1994. W.________ a considéré que cette vente était secrète, illicite et illégale. Depuis lors, elle a multiplié les actions de toutes sortes, au point que l'avocat B.________ l'a dénoncée en vue de faire ouvrir une procédure d'interdiction civile contre elle. Au vu de l'écho donné à l'affaire par Appel au peuple, le Tribunal cantonal fribourgeois a décidé d'examiner l'ensemble des dossiers concernant W.________. Le 11 septembre 2002, il a adressé un rapport de 11 pages à la Commission de justice du Grand Conseil. Il y relevait que l'attitude de W.________ était à l'origine de la procédure d'interdiction initiée à son encontre et que le montant des honoraires demandés par Me B.________ était justifié, compte tenu des nombreuses requêtes, irrecevables ou infondées, déposées par W.________ et de la valeur litigieuse, de plus d'un million de francs, qu'elle avait attribué au litige. Il constatait également que les procédures avaient été liquidées dans un délai raisonnable, nonobstant l'utilisation systématique des voies de recours. Le rapport en question a fait l'objet d'un communiqué de presse du 27 septembre 2002, dont une copie a été adressée à W.________. B.c W.________ a participé à diverses incursions dirigées contre le juge d'instruction J.________, l'a accusé de faire dysfonctionner l'appareil judiciaire et a mis en ligne des textes attentatoires à son honneur. Elle a également mis sur internet des textes attentatoires à l'honneur de B.________, qu'elle a traité d'avocat escroc, de diffamateur, de calomniateur et de faussaire. Elle a encore participé activement à une entreprise de dénigrement et de calomnie systématique, visant notamment feu C.________. Elle a par ailleurs écrit et distribué des tracts diffamatoires. Les atteintes à l'honneur reprochées à l'accusée ont été portées après qu'une enquête ait été réalisée, que le rapport du 11 septembre 2002 ait été établi par le Tribunal cantonal fribourgeois et transmis au Grand Conseil, puis communiqué à la presse, avec copie à l'accusée. A l'audience, W.________ a reconnu la fausseté de ses allégations et présenté des excuses aux personnes offensées ainsi qu'à leur famille. A la requête de B.________, notamment, elle a fermé le site internet dont elle était le webmaster.