Citation: 6B_712/2024 E. 7.3.2

7.3.2. En l'espèce, il sied d'emblée de relever que les considérants de la cour cantonale sont conformes à la jurisprudence (cf. ATF 140 I 246 consid. 2.6; LAURA JACQUEMOUD-ROSSARI, Dignité humaine et conditions de détention: une union improbable?, in Empreinte d'une pionnière sur le droit pénal - Mélanges en l'honneur d'Ursula Cassani, 2021, p. 141 ss n. 57). Il ressort du rapport établi par la CNPT, daté du 6 décembre 2023, que les personnes détenues à la prison de V.________ n'ont pas accès à l'air libre, la grande salle située dans la tour de la prison (avec deux fenêtres ouvertes) servant comme espace d'exercice. Ainsi, comme cela ressort des faits retenus par le jugement attaqué, le recourant ne bénéficiait pas de promenade à l'air libre, contrairement aux exigences légales et jurisprudentielles en la matière (cf. supra consid. 7.1.1). À cela s'ajoute que, selon le rapport établi par la CNPT, les fenêtres dans les cellules sont relativement petites et ne peuvent être ouvertes complètement - ce qui aboutit à une aération minimale - et qu'aucune exposition directe au soleil n'est possible. La CNPT conclut que ces éléments-là (cellules mal aérées, peu de lumière naturelle et manque d'accès à l'air libre) constituent un traitement inhumain et dégradant au sens de l'art. 3 CEDH (rapport de la CNPT du 6 décembre 2023, p. 3). Il est donc établi et incontesté que, pendant près de huit mois, le recourant a été incarcéré dans un établissement pénitentiaire dont les conditions de détention ont été jugées inhumaines et dégradantes en violation de l'art. 3 CEDH. Malgré ces conditions de détention inadmissibles, il n'apparaît pas, et le recourant ne soutient pas, avoir enduré de souffrance particulière. Il ne prétend pas que ces conditions de détention lui auraient causé un niveau de souffrance physique ou psychique particulièrement élevé. Si ces circonstances excèdent le niveau inévitable de souffrance inhérent à la peine privative de liberté prononcée (cf. art. 3 CEDH), celles-ci n'apparaissent en l'occurrence pas d'une gravité telle qu'une indemnité supérieure doit être octroyée au recourant. En définitive, on ne saurait considérer que la cour cantonale aurait abusé du large pouvoir d'appréciation qui lui est reconnu en la matière en confirmant, dans le cas d'espèce, une indemnité de 25 fr. par jour. Le grief est rejeté.