Citation: 6B_67/2019 E. 7.9

7.9. Les recourantes font grief au TPF d'avoir estimé que les conditions d'application du principe de la transparence (" Durchgriff ") étaient réunies. Les recourantes fondent principalement leur argumentation sur le fait qu'il n'aurait pas été établi que A.________ contrôlait la recourante 2 et que la recourante 1 aurait hérité de celle-ci. Ce faisant, elles contestent l'identité économique de A.________, partant de la recourante 1 en sa qualité d'héritière, et de la recourante 2 non sur la base des faits retenus, dont il n'a pas été démontré l'arbitraire, mais sur la base des faits qu'elles invoquent librement. Ce faisant les recourantes n'articulent aucun grief recevable tiré de l'application erronée du droit matériel. Il suffit ainsi de relever qu'au vu des faits retenus tels qu'exposés ci-dessus (cf. supra consid. 7.8), c'est à bon droit que le TPF a fait application de la théorie de la transparence et qu'il a estimé, conformément à la réalité économique, qu'il y avait identité de personne entre A.________ et la recourante 2. C'est également à juste titre que le TPF a estimé qu'après le décès du prénommé, cette même identité existait entre la recourante 1 et la recourante 2. Les recourantes contestent que la recourante 2 ait été utilisée de façon abusive. Elle ne détiendrait pas de fonds d'origine criminelle et n'aurait donc pas été utilisée par A.________ pour blanchir des fonds. Contrairement à ce qu'affirment les recourantes, le TPF a bien retenu que des fonds d'origine criminelle étaient parvenus sur la relation bancaire en cause de la recourante 2 mais que la portion exacte de ces valeurs ne pouvait être établie. Quoi qu'il en soit, le TPF a constaté, sans arbitraire (cf. supra consid. 7.8), que la recourante 2 était une société qui avait pour unique but de servir d'écran à A.________ en détenant des valeurs patrimoniales lui appartenant. Ainsi, l'affirmation, toute générale, des recourantes selon laquelle l'ouverture d'un compte bancaire suisse par une société étrangère serait assez courante et que de telles sociétés seraient souvent créées à des fins successorales ou d'optimisation fiscale, ce qui serait tout à fait légitime, ne leur est d'aucun secours. Dès lors que la recourante 2 a été créée dans le but susmentionné, on doit admettre que la dualité des personnes est invoquée de manière abusive, afin de soustraire les fonds déposés sur la relation bancaire de la recourante 2 ouverte auprès de RR.________ à la justice et d'éviter qu'ils ne soient saisis en vue de l'exécution d'une créance compensatrice. Le grief des recourantes doit par conséquent être rejeté.