Citation: 1B_202/2007 29.11.2007 E. 5

Il reste à examiner si, comme le soutiennent les recourants, le séquestre litigieux viole le principe de la proportionnalité. 5.1 Le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.) exige que le moyen choisi soit apte à atteindre le but visé (règle de l'aptitude) et que celui-ci ne puisse pas être atteint par une mesure moins incisive (règle de la nécessité); en outre, il interdit toute limitation allant au-delà du but visé et il exige un rapport raisonnable entre celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (principe de la proportionnalité au sens étroit, impliquant une pesée des intérêts - ATF 130 II 425 consid. 5.2 p. 438; 126 I 219 consid. 2c p. 222 et les arrêts cités). 5.2 En l'occurrence, la Chambre d'accusation a considéré, sans être contredite sur ce point, que la mesure litigieuse était un séquestre en vue de l'exécution d'une créance compensatrice au sens de l'art. 71 al. 3 CP. Il est manifeste que le séquestre de valeurs patrimoniales est apte à atteindre le but visé, à savoir l'exécution de la créance compensatrice qui pourrait être ordonnée. De plus, on ne voit pas quelle mesure moins incisive pourrait remplacer le séquestre, si bien que la règle de la nécessité est également respectée. S'agissant de la proportionnalité au sens étroit, les recourants allèguent que le séquestre "conduit à une lésion extrêmement grave", que toute la fortune de B.________ se trouve "engloutie ou paralysée" et que le séquestre provoque une perte importante d'intérêts, mais ils ne démontrent pas ces affirmations; ils n'apportent du reste aucun élément permettant d'établir leur situation financière. Pour le surplus, les recourants se bornent à minimiser, voire à nier, le préjudice des éventuels lésés, sans aucunement démontrer en quoi le montant séquestré serait sans rapport raisonnable avec le but visé. Ce grief doit donc lui aussi être rejeté.