Citation: 2C_100/2020 E. B

B.a. Par décision du 8 mars 2018, après avoir entendu l'intéressée, le Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé du canton de Genève (ci-après: le Département cantonal), a révoqué l'autorisation d'établissement de A.________ et a prononcé son renvoi de Suisse dès sa sortie de prison. Selon son plan d'exécution de la sanction, les deux tiers de la peine devaient être atteints le 5 mars 2021, alors que la fin de la peine était fixée au 5 novembre 2027. A.________ a interjeté recours contre cette décision auprès du Tribunal administratif de première instance du canton de Genève (ci-après: le TAPI). Durant la procédure, elle a notamment produit un rapport médical du 21 mars 2018 établi par le Service de psychiatrie légale de l'Université de Berne à l'intention du Service de l'application des peines et mesures du canton de Genève, à teneur duquel les facteurs pertinents sur le plan délictuel qui expliquaient sa dangerosité à l'époque du crime étaient sa relation dysfonctionnelle avec le coauteur, sa faible estime de soi et sa gestion dysfonctionnelle des émotions stressantes (notamment la peur d'être quittée). S'agissant de la gestion des risques, le fait que l'intéressée bénéficiait de plusieurs facteurs protecteurs - notamment les contacts avec son fils et sa famille d'origine, sa motivation pour la thérapie, son repentir et son empathie pour la victime - apparaissait positif quant au pronostic futur. Par ailleurs, selon des rapports périodiques du Service de protection des mineurs, notamment des 23 février 2016 et 13 mars 2018, l'enfant de l'intéressée démontrait une évolution positive, un équilibre et un épanouissement, aux plans personnels et scolaire, avec une grand-mère adéquate dans sa prise en charge et deux parents qui se montraient présents et à l'écoute malgré la distance. B.b. Par jugement du 2 octobre 2018, le TAPI a rejeté le recours de A.________. Le 1er novembre 2018, l'intéressée a recouru contre ce jugement auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: la Cour de justice). Au cours de l'audience de comparution personnelle des parties tenue le 7 mai 2019 devant le juge délégué, l'intéressée a notamment déclaré bénéficier, depuis décembre 2018, de deux congés mensuels de 28 et 5 heures, durant lesquels elle passait du temps avec son fils et sa famille. Elle souhaitait poursuivre son suivi psychologique après sa libération. Son fils savait qu'elle était en prison, mais non pourquoi, et attendait avec impatience sa libération. A.________ n'avait pas de contacts avec son père, qui n'était venu lui rendre visite en prison qu'une fois en 2017. Elle savait qu'elle avait d'autres membres de sa famille, du côté de son père, au Pérou, où elle s'était rendue en vacances quand elle avait 14 ans, mais elle ne les connaissait pas. Elle parlait et lisait l'espagnol, mais ne pouvait pas l'écrire. Durant la procédure, elle a par ailleurs produit deux décisions des 22 février 2017 et 25 juillet 2018 de la Commission d'évaluation de la dangerosité, selon lesquelles elle ne présentait pas de danger pour la collectivité dans le cadre de l'octroi d'un régime de conduites, à savoir des sorties accompagnées de quelques heures, respectivement d'un régime de congés fractionnés si ces derniers faisaient l'objet d'un suivi rapproché. Le très grand investissement dans la relation avec son fils faisait néanmoins craindre une relation à caractère exclusif dont elle ne semblait pas mesurer les risques au vu du contexte du crime passé et des rapports de son thérapeute évoquant sa crainte d'être rejetée comme un facteur de risque de passage à l'acte. B.c. Par arrêt du 3 décembre 2019, la Cour de justice a rejeté le recours de A.________. Elle a en substance jugé qu'en raison de sa condamnation à une peine privative de liberté de vingt ans, elle remplissait les conditions de révocation de son autorisation d'établissement. Procédant à une pesée des intérêts, la Cour de justice a considéré que l'intérêt privé de l'intéressée n'était pas prioritaire au regard de l'intérêt public à l'éloigner de Suisse, au vu notamment de l'exceptionnelle gravité du crime qu'elle avait commis.