Citation: 4P.4/2004 30.03.2004 E. 2

Le recourant invoque en premier lieu la protection contre l'arbitraire assurée par l'art. 9 Cst. Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, qu'elle méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que son résultat le soit. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire même préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275; 128 II 259 consid. 5 p. 280). En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, ou lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 127 I 38 consid. 2a). L'autorité peut renoncer à faire administrer certaines preuves lorsque, au vu des éléments déjà en sa possession, elle est convaincue de l'inutilité du moyen proposé (ATF 124 I 208 consid. 4a). L'appréciation anticipée des preuves, qui ne constitue pas une atteinte au droit d'être entendu (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc; ATF 124 I 208 consid. 4a; 241 consid. 2), est soumise à l'interdiction de l'arbitraire au même titre que toute autre appréciation des preuves (ATF 124 I 274 consid. 5b, p. 285). 2.1 En l'espèce, le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir jugé non nécessaire l'avis d'un expert pour trancher la question de savoir si l'impossibilité qu'il alléguait d'effectuer sa prestation, vu la fissure du moteur, était fautive ou non, avec les conséquences de ce constat sur l'application des art. 97 ss, 119 ou 185 CO. Très succinctement, la juridiction cantonale a estimé que la fissure affectant le cylindre de la Cord était due à la négligence du vendeur, lors de la sortie du 10 juin 2002 (recte: 2000), qui se trouvait dans un rapport de causalité naturelle et adéquate avec le dommage subi. Il y avait donc exécution imparfaite du contrat, dont le vendeur devait répondre sur la base de l'art. 97 CO. Pour admettre la négligence du recourant, la Cour de justice s'est fondée sur le témoignage de la passagère du véhicule, lors du rallye du 10 juin 2000, qui a déclaré que l'automobiliste avait roulé entre 70 et 80 km/h. sur l'autoroute, et sur les deux versions du rapport d'expertise privé remis au recourant par le garagiste mandaté à cet effet. Ce dernier avait dans un premier temps attribué la fissure d'un cylindre du moteur à un échauffement anormal provenant d'un manque de liquide de refroidissement, ou d'absence de produit antigel dans l'eau de refroidissement, avant d'imputer simplement cette fissure à un échauffement anormal du moteur ou à la fragilité de la fonte, due à l'ancienneté de la matière, coulée en 1936. Enfin, la juridiction cantonale a rappelé que le vendeur avait mis en garde l'acheteur, dans un courrier du 12 mai 2000, contre la fragilité de la voiture et les problèmes importants de surchauffe qu'elle présentait, en déconseillant d'emprunter l'autoroute. L'examen de la déposition du garagiste démontre une certaine indétermination quant à l'origine de la fissure relevée sur un cylindre du moteur. Toutefois, en référence aux deux rapports qu'il a remis à son mandant, il l'attribue essentiellement à l'échauffement du moteur, sans être absolument sûr des causes de ce phénomène, bien qu'il ait émis des hypothèses assez précises concernant le manque de liquide de refroidissement ou l'absence de produit antigel dans ce dernier. Même si l'expert n'est pas formel, sa déposition, et surtout les deux lettres relatant ses constatations n'excluent pas un manquement de la part de l'utilisateur du véhicule. Mis en relation avec le témoignage de la passagère du recourant et le courrier de mise en garde du 12 mai 2000, ces éléments pouvaient amener la cour à se dispenser d'ordonner encore une expertise pour connaître les causes de la fissure du cylindre et de la surchauffe du moteur, et à les imputer au comportement négligent du recourant lors de la sortie du 10 juin 2000. Même si la fissure trouvait son origine dans la vétusté de la fonte, produite en 1936, indépendamment de toute erreur éventuelle de manipulation ou de maintenance concernant le liquide de refroidissement, il n'était pas arbitraire de considérer qu'une sortie, sur l'autoroute, à une vitesse de 70 à 80 km/h., par une température d'environ 30° ne respectait pas les conditions d'utilisation du véhicule que le recourant avait posées, et que celui-ci devait répondre de négligence de ce fait. Dans ces circonstances, il était soutenable de renoncer à l'expertise sollicitée. 2.2 Toujours dans le cadre de son moyen pris de la violation du principe de l'interdiction de l'arbitraire, le recourant se plaint du rejet de sa demande de restitution du manuel d'utilisation de la Cord qu'il avait prêté à l'acheteur et qui n'était pas inclus dans la vente. A cet égard, la cour cantonale relève simplement que "les conclusions de l'appelant en restitution du manuel de propriétaire de Cord ne sont pas motivées de sorte qu'il sera également débouté sur ce point". Le recourant ne prétend nullement qu'il est arbitraire pour la cour cantonale d'avoir retenu qu'il n'aurait pas motivé son appel. Il ne soutient pas non plus que la juridiction genevoise aurait dû, selon les règles de procédure civile cantonale, examiner la question même sans motivation de l'acte d'appel. Autrement dit, le recourant ne cherche pas à démontrer en quoi le raisonnement de la cour cantonale est arbitraire en ce qui concerne le rejet de ses conclusions en restitution du manuel de la Cord. Sur ce point, faute de répondre aux exigences de motivation découlant de l'art. 90 al. 1 let b OJ, le recours de droit public doit être déclaré irrecevable.