Citation: 1C_361/2023 E. 4.2.2

4.2.2. S'agissant de l'atteinte portée au site, elle est double. D'une part, l'installation de l'antenne litigieuse sur un édifice existant nécessite une intervention dans la substance du bâtiment, notamment pour la fixation des éléments nécessaires. Comme l'a relevé l'Office fédéral de la culture, cette atteinte demeure minime. D'autre part, l'impact visuel de l'installation sur le site figurant à l'inventaire ISOS représente une autre atteinte. Dans un document publié le 22 juin 2018 et intitulé "Les installations de téléphonie mobile et la protection des monuments", la Commission fédérale des monuments historiques indique que les installations de téléphonie mobile posées sur des monuments ne doivent pas être visibles, ou alors être à peine perceptibles, depuis le domaine public ou depuis les lieux accessibles au public. Elle ajoute qu'il faut éviter de porter atteinte aux perspectives depuis ou vers le monument. A cet égard, la cour cantonale a considéré qu'au vu de la structure imposante de l'antenne et de sa hauteur de près de 4 m, son impact visuel sur le site sera important et péjorera ses qualités esthétiques. Elle a jugé que l'installation litigieuse porterait au site une atteinte grave au sens de la jurisprudence; ce constat était par ailleurs renforcé par le préavis négatif de la CMNS qui a considéré que le projet nuirait au caractère architectural de l'îlot représentatif de la ceinture Fazyste (XIX e siècle). La recourante soutient au contraire que la présence de l'antenne ne portera aucune atteinte notable, et en aucun cas une atteinte grave, à l'objet protégé eu égard aux objectifs de protection poursuivis. Elle relève que, dans la mesure où l'antenne est démontable sans porter atteinte à la substance du patrimoine protégé, le caractère irréversible de l'atteinte fait défaut, ce qui exclut de la qualifier de grave; le projet litigieux ne porterait en outre aucune atteinte aux gabarits uniformes, à l'alignement des immeubles et à l'aspect de leurs façades ou des balcons; l'impact visuel du projet serait minime, car l'antenne se trouvera en haut d'un immeuble de 27 m et en retrait de plus de 7 m de la façade. La recourante affirme encore, sans le démontrer, que ni les vues offertes depuis le domaine public sur les îlots et façades ni les perspectives le long des boulevards ne seront perturbées d'une quelconque manière par l'antenne. Elle fait valoir péremptoirement que l'antenne sera ainsi "à peine perceptible" et ne portera aucune atteinte aux perspectives vers le monument. Les efforts entrepris par la recourante pour minimiser la visibilité de l'antenne litigieuse, réduisant les dimensions de l'installation technique et choisissant comme emplacement le milieu de la toiture du bâtiment concerné haut de 27 m, en retrait de plus de 7 m de la façade, sont à relever. La recourante confirme cependant que l'antenne litigieuse sera visible depuis le domaine public (en bas de la rue Micheli-du-Crest et sur la place des Philosophes). Comme l'ont relevé le TAPI, la cour cantonale et l'Office fédéral de la culture, cela représente une intervention parasite supplémentaire dans cette partie de site figurant à l'inventaire ISOS avec un objectif de sauvegarde A pour ses hautes qualités spatiales. De plus, le bâtiment sur lequel devrait être installée l'antenne litigieuse se trouve sur l'un des deux axes importants de la partie de site figurant à la fiche n° 17 et particulièrement exposé à la vue que ce soit depuis le rond-point de Plainpalais ou depuis la place des Philosophes. L'antenne litigieuse sera donc bien visible (et non pas "à peine perceptible" comme le fait valoir la recourante), depuis le domaine public ou depuis les lieux accessibles au public, de sorte qu'elle portera atteinte au site protégé.