Citation: 6B_1326/2022 E. 2.4

2.4. La cour cantonale a retenu que le recourant avait délibérément visé le Cpl D.________ (ci-après: le garde-frontière ou l'agent) pour assurer sa fuite. Les déclarations de ce dernier ne laissaient place à aucune ambiguïté à cet égard. L'autorité précédente a relevé que celui-ci avait indiqué ce qui suit: "Le dit véhicule semblait vouloir prendre la direction de Z1.________. Je me suis donc positionné sur la voie côté Lac, en vue de jeter mon Stop Stick sous les roues de la voiture si elle prenait la direction de Z1.________. Cependant, le véhicule C.________ a changé de voie, en se mettant sur la même voie que moi et a roulé dans ma direction. Dès lors, j'ai changé de côté et me suis mis sur la voie en direction de Z1.________. C'est là que le véhicule a, à nouveau, changé de voie se mettant sur la mienne. J'ai une troisième fois changé de voie et me suis positionné sur celle côté Lac. Le véhicule C.________ a encore une fois changé de voie pour me foncer dessus. A cet instant, la voiture devait être à environ 20 mètres de moi. Il m'est apparu que le conducteur cherchait délibérément à me percuter en changeant de voie et en me suivant dans mes déplacements. [...]. J'ai alors lancé mon Stop Stick sur la voie où je me trouvais, soit sur la voie côté Lac, puis j'ai dû faire un bond de côté afin de ne pas être percuté par le véhicule. Celui-ci n'a jamais ralenti et est passé très près de moi, soit à un mètre environ, à une vitesse qui ne lui aurait pas permis de s'arrêter si je ne m'étais pas écarté de sa route. Alors qu'il passait à ma hauteur, le véhicule a roulé sur le Stop Stick et le pneu arrière droit du véhicule C.________ a été crevé" (cf. jugement attaqué consid. 4.3 p. 22). La cour cantonale a ainsi constaté que les multiples changements de voie du véhicule, lequel était finalement passé à un mètre de l'agent, illustraient de manière éloquente l'absence particulière de scrupules du recourant, qui se révélait capable de mettre délibérément en danger de mort un être humain pour protéger sa fuite, ce alors même qu'il soutenait, en procédure d'appel, avoir pensé qu'il ne commettait que de simples contraventions routières. Elle a également souligné que l'agent avait été contraint de faire un bond de côté pour ne pas être percuté et que si l'un des pneus du véhicule avait été crevé par la herse, ce n'était qu'en raison du fait que le garde-frontière l'avait finalement jetée au sol à l'endroit où il se trouvait. Dans son audition du 19 août 2021, l'agent avait également déclaré que s'il n'avait pas fait un saut de côté, il se serait retrouvé sous ou sur le véhicule. Le danger de mort était par conséquent des plus immédiats. Le recourant avait donc agi intentionnellement et avec une absence particulière de scrupules. La cour cantonale a ainsi considéré que toutes les conditions objectives et subjectives étaient réunies pour retenir l'infraction de mise en danger de la vie d'autrui au sens de l'art. 129 CP.