Citation: 5A_853/2015 E. 3.1

3.1. La cour cantonale a considéré que les recourants ne pouvaient prétendre à l'octroi d'un droit de passage nécessaire au bénéfice de leur parcelle et à charge du bien-fonds no 1150, propriété de l'intimé. Elle a avant tout relevé que les parcelles concernées se trouvaient en dehors de toute localité. Elles constituaient un regroupement d'habitations sis dans une zone à bâtir de basse densité, entourée de terres cultivées. L'autorité précédente en a déduit que le droit à un passage nécessaire au sens de l'art. 694 CC ne comprenait pas le droit inconditionnel d'arriver en voiture directement devant la porte de la maison. Il convenait dès lors d'examiner si le passage revendiqué par les recourants était véritablement nécessaire au sens de l'art. 694 CC ou s'il existait déjà, pour accéder à leur bien-fonds, un passage suffisant qui conduirait à l'exclure. La cour cantonale a considéré à cet égard que la servitude à pied no 1399 dont bénéficiaient les recourants pourrait être praticable, ce moyennant des aménagements raisonnables. Sur son premier tronçon, le tracé de dite servitude pourrait par ailleurs être parcouru en voiture en tant qu'il correspondait au droit de passage à pied et pour véhicules no 1400, inscrit sur le fonds no 1150 en faveur des fonds nos 2061 et 2062 et effectivement utilisé par F.E.________. Dit chemin pourrait même être emprunté par des véhicules jusqu'à un escalier conduisant à la parcelle no 1692, puis à un chemin longeant celle-ci au sud pour parvenir à la parcelle no 1659. Moyennant certains aménagements raisonnables (enlèvement des obstructions), il ne représentait pas, par rapport au trajet revendiqué par les recourants, une alternative tellement défavorable qu'un passage nécessaire au sens de l'art. 694 CC dût s'imposer. Les magistrats cantonaux ont par ailleurs précisé que, lorsque les différentes servitudes avaient été constituées, en 1982, seul un passage à pied était prévu jusqu'à la parcelle des recourants, alors que les parcelles nos 2061 et 2062 bénéficiaient en revanche d'un passage à pied et pour tout véhicule. Cette restriction, connue des recourants lorsque la parcelle avait été acquise en 2008, s'inscrivait vraisemblablement dans la logique de la destination de loisirs de l'immeuble, à une époque où les velléités d'accès motorisés à de tels immeubles existaient déjà largement et où le Tribunal fédéral avait relativisé la stricte nécessité du passage nécessaire lorsque des résidences secondaires en dehors des localités étaient concernées. Le risque lié à la chute de neige des toits adjacents, invoqué par les recourants, n'avait au demeurant pas constitué un obstacle lors de la création de la servitude et rien n'indiquait que la situation avait changé depuis lors.