Citation: 1C_418/2021 E. 2.4

2.4. Les recourants contestent cette appréciation, relevant notamment que la villa avait été construite en 1927 et ne remontait ainsi pas au 19ème siècle, comme indiqué à tort par la cour cantonale. Si l'on peut concéder sur ce point une erreur, celle-ci ne porte pas à conséquence au vu des autres éléments retenus dans l'appréciation de l'identité de la villa et de ses abords, qui échappent à la critique. Les recourants ne prétendent pas que la Cour de droit administratif et public serait partie d'une conception erronée de la notion fédérale d'identité en admettant que seule une construction d'importance mineure aurait permis de satisfaire à la condition de l'art. 24c aLAT. Il n'est pas contestable, au vu de la photographie versée au dossier, que la terrasse aménagée sur deux cotés de la maison et surélevée est de dimension imposante par rapport au bâtiment principal, qu'elle renforce visuellement le caractère construit et résidentiel de la parcelle et qu'elle modifie de manière importante les abords de l'ancienne maison de maître. Sur ce point, l'appréciation de l'autorité précédente ne procède pas d'un excès du pouvoir d'appréciation. La Cour de céans n'a en effet pas considéré une terrasse formée de dalles posées sur une surface d'environ 10 à 15 mètres carrés comme étant de minime importance et ne modifiant pas l'identité du chalet de vacances qu'elle desservait (arrêt 1C_162/2019 du 25 novembre 2019 consid. 3.5). Les recourants ne prétendent pas que l'aménagement d'une terrasse de l'ampleur de celle réalisée sans autorisation répondait à une nécessité architecturale ou qu'elle visait à assurer une meilleure intégration de l'ancienne villa de maître dans le paysage ou à une amélioration esthétique du construit. Elle devait permettre un accès direct, jusqu'alors inexistant, à la piscine depuis la cuisine et répondait essentiellement à des raisons de convenance personnelle et de commodité. La Cour de droit administratif et public pouvait à juste titre et sans excéder sa marge d'appréciation qui lui est reconnue et que le Tribunal fédéral doit respecter, retenir que cet ouvrage, en raison de ses dimensions, modifiait l'identité du bâtiment existant et de ses abords, et n'était de ce fait pas admissible. Il importe à cet égard peu que le Service du développement territorial ait été enclin à autoriser la construction d'une véranda de style " Art déco " dans le prolongement de l'ancienne maison de maître, sur une partie de la terrasse, s'agissant d'un projet auquel les recourants ont finalement renoncé ou que la maison n'a jamais eu une vocation agricole et qu'elle était liée structurellement et historiquement au site industriel du U.________ en zone artisanale. Par conséquent, c'est sans violer le droit fédéral que les instances précédentes ont jugé que la terrasse, en raison de ses dimensions et de ses caractéristiques, portait une atteinte inadmissible à l'identité du bâtiment en cause et à ses abords et qu'elle ne pouvait dès lors être autorisée sur la base des art. 24c al. 2 aLAT et 42 a OAT. La Cour de droit administratif et public a au surplus constaté que la zone de dallage entourant la piscine couvrait une surface au sol elle aussi loin d'être négligeable et que, tout comme la terrasse, elle contribuait à conférer de manière significative un caractère résidentiel aux abords du bâtiment, relevant que la demande d'autorisation de construire la piscine formulée auprès de la Municipalité de La Sarraz par l'ancienne propriétaire des lieux ne mentionnait aucune installation d'un pourtour de ce type et de cette importance. Sur ce point également, l'appréciation de l'autorité précédente n'est pas critiquable. Comme celle-ci le relève, le dallage occupe une surface de près du double de celle de la piscine sans qu'elle soit nécessitée par l'usage de cet ouvrage. Son emprise au sol et son impact visuel sont importants et contribuent à aggraver l'altération des abords de la villa de maître consacrée par la terrasse. Il importe peu que la Municipalité de La Sarraz avait toléré une double rangée de dalles autour de la piscine dès lors qu'elle n'avait aucune compétence décisionnelle en la matière s'agissant d'un projet de construction situé hors de la zone à bâtir (cf. art. 25 al. 2 aLAT).