Citation: 1P.652/1999 11.01.2000 E. 2

2.- Le recourant invoque le principe de la présomption d'innocence. Il conteste avoir varié dans ses explications: après l'altercation, il serait rentré chez lui, s'arrêtant en chemin à la banque et dans un café. L'usage de deux cannes au moment des faits - attesté par son épouse, selon laquelle il se déplaçait avec une canne lorsqu'il avait un autre moyen d'appui, sinon avec deux - ne serait en rien contredit par le dossier: le médecin avait revu son précédent diagnostic le lendemain des faits et préconisé à nouveau l'usage des deux cannes. Contrairement à ce qu'affirme la cour cantonale, les déclarations du plaignant ne seraient ni claires ni constantes, notamment à propos du moment où il a relevé le numéro d'immatriculation de son véhicule. Le plaignant prétendait aussi que C.________ avait été poursuivi par des agents de police avant de reprendre son véhicule, mais il n'y aurait aucune trace d'une telle intervention, d'ailleurs incongrue compte tenu des difficultés de déplacement du recourant. La Chambre pénale aurait enfin relevé qu'il n'y avait pas de témoin des faits, alors qu'à ce moment les lieux étaient particulièrement fréquentés. a) Consacré à l'art. 6 par. 2 CEDH, le principe de la présomption d'innocence n'exige pas que l'administration des preuves aboutisse à une certitude de culpabilité absolue, mais simplement que l'autorité de jugement renonce à condamner lorsqu'il subsiste un doute sérieux quant à la réalisation des conditions objectives et subjectives de l'infraction. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne revoit la constatation des faits et l'appréciation des preuves que sous l'angle de l'arbitraire; il n'intervient que si l'appréciation des preuves est manifestement insoutenable, soit qu'elle se trouve en contradiction avec la situation effective telle qu'elle ressort clairement du dossier et des débats, soit qu'elle résulte d'une inadvertance manifeste ou qu'elle fasse fi de circonstances objectives et dûment établies qui auraient dû susciter un doute sérieux quant à la culpabilité du condamné. L'art. 32 al. 1 Cst. (entré en vigueur le 1er janvier 2000), qui consacre spécifiquement la présomption d'innocence, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence (FF 1997 1ss, 188-189). L'art. 9 Cst. (4 aCst. ), seul invoqué par le recourant, n'a pas de portée propre dans ce contexte.