Citation: I 486/03 05.07.2004 E. 4.2

4.2.1 Selon les médecins prénommés, l'intéressé est toutefois encore en mesure d'exercer des activités adaptées. Celles-ci ne doivent pas exiger le port de charges d'un poids supérieur ou égal à 10 kg, les positions debout ou assise avec le tronc incliné en avant, les positions à genoux ou accroupie, ni la montée d'un escalier ou d'une échelle. A titre d'exemple, les experts ont évoqué la profession de grutier sur des engins modernes dépourvus d'échelle. Dans une activité adaptée à l'invalidité, l'assuré aurait un rendement de 70 % minimum, selon les médecins. Cependant, la juridiction cantonale a considéré que la capacité de travail de l'assuré était de 100 % dans un emploi adapté et sur un marché équilibré du travail, motif pris qu'aucune pièce médicale versée au dossier n'indiquait une diminution de l'horaire de travail de l'intéressé et que les limitations physiques avaient été prises en compte par le biais de la déduction maximale de 25 % opérée sur le salaire statistique 4.2.2 Ce point de vue est erroné. La réduction du montant des salaires ressortant des statistiques - en vue de fixer le gain d'invalide en l'absence d'un revenu effectivement réalisé - doit tenir compte de certains empêchements propres à la personne de l'invalide, à savoir les limitations liées au handicap, l'âge, les années de service, la nationalité et, le cas échéant, la catégorie d'autorisation de séjour, ainsi que le taux d'occupation (ATF 126 V 75; consid. 3b non publié de l'arrêt ATF 128 V 174). Contrairement à ce que semblent croire les juges cantonaux, une telle réduction n'est pas destinée à la prise en compte de l'incapacité de travail ou d'une perte de rendement dûment attestée par les médecins consultés. Or, à cet égard, les experts de la Clinique R.________ ont attesté une possibilité de rendement de 70 % au moins dans une activité adaptée à l'invalidité. On ne saurait dès lors partager le point de vue de la juridiction cantonale selon lequel cette appréciation ne concerne que l'activité de grutier qui n'a finalement pas été entreprise par l'intéressé. Par ailleurs, il est vrai que les empêchements propres à la personne de l'invalide ne sauraient en l'occurrence justifier une déduction globale maximum de 25 % sur le salaire statistique. Quoi qu'il en soit, même en admettant une déduction de 5 % - soit un taux extrêmement réduit au regard de l'ensemble des circonstances du cas particulier -, force est de constater que l'invalidité ainsi fixée est suffisante pour justifier le maintien de la demi-rente d'invalidité malgré la disparition du cas pénible. En effet, la juridiction cantonale a fixé à 75'595 fr. le revenu hypothétique sans invalidité et, sur la base des statistiques sur les salaires moyens publiées par l'Office fédéral de la statistique, à 57'031 fr. le gain que le recourant pourrait obtenir en exerçant une activité adaptée sans diminution de rendement. Ces montants - qui ne font l'objet d'aucune controverse entre les parties - ne sont pas critiquables. Or, si l'on tient compte d'une diminution de rendement médicalement attestée de 30 % et d'un taux de déduction très réduit de 5 %, on obtient un revenu d'invalide de 37'070 fr. (57'031 fr. x 65 %). En comparant les deux revenus ainsi fixés, on obtient déjà un taux d'invalidité de 51 % ouvrant droit à une demi-rente d'invalidité malgré l'absence d'un cas pénible. Vu ce qui précède, l'office intimé n'était pas fondé, par sa décision du 22 novembre 2002, à supprimer le droit du recourant à la demi-rente à partir du 1er décembre suivant. Le recours se révèle ainsi bien fondé.