Citation: 7B_29/2023 E. 5.4.2

5.4.2. Le recourant reproche à la juridiction cantonale d'avoir considéré qu'il aurait, quand bien même, lors de la commande passée le 15 septembre 2019, le site internet faisait mention d'un produit contenant uniquement du 1cP-LSD, à tout le moins envisagé et accepté le fait de commander du LSD, parce que, selon cette autorité, le fait de présenter publiquement un produit licite devait être perçu, par le recourant, comme une astuce pour dissimuler une substance illicite. A cet égard, il expose qu'il n'y aurait aucun élément permettant de supposer que la dénomination de 1cP-LSD lors de la commande serait un leurre permettant de camoufler en réalité une commande de produits stupéfiants. Il considère dès lors qu'il n'existerait aucun élément permettant de retenir qu'il aurait accepté le risque qu'il puisse avoir commandé, respectivement importé, la substance illégale qu'est le LSD, ce d'autant plus qu'il avait consulté un site internet ouvert et public, et non le darkweb, qu'il avait payé la commande avec sa propre carte de crédit et qu'il avait requis la livraison à son adresse professionnelle. En l'espèce, on doit admettre que les considérations de la cour cantonale sur le fait que le recourant aurait dû percevoir, en passant sa commande sur un site internet mentionnant un produit contenant du 1cP-LSD, qu'il s'agissait en réalité d'une astuce pour dissimuler du LSD, ne sont pas en soi pertinentes. Ce raisonnement ne résulte en effet pas de l'état de fait cantonal, ni d'indices ou d'éléments au dossier, le cas échéant notoires. Par ailleurs, pris isolément, ce raisonnement n'est pas convaincant et ne saurait conduire à retenir que le recourant aurait accepté le risque de commander du LSD, à savoir une substance illicite, en passant une commande portant sur du 1cP-LSD. Cela étant, l'autorité cantonale s'est fondée sur plusieurs autres éléments convergents pour considérer que le recourant avait eu l'intention de commander du LSD, à savoir un stupéfiant entrant dans le champ d'application de l'art. 19 al. 1 LStup. Elle s'est tout d'abord basée, de manière correcte (cf. consid. 5.3 supra), sur le rapport Kurzbericht du 18 octobre 2019 constatant la présence de LSD sur plusieurs feuilles de buvard commandées par le recourant. Ensuite, elle s'est fondée sur les premières déclarations faites par le recourant à la police le 19 février 2020, lors desquelles il avait uniquement été question de LSD en tant que produit stupéfiant. A cet égard, elle a écarté les déclarations ultérieures de l'intéressé, en particulier celles faites lors de l'audience de jugement du 6 avril 2022, parce qu'elles avaient changé après que son défenseur avait eu accès au dossier et qu'il avait appris la différence entre les deux substances. Or, au vu de ces explications, il n'était pas insoutenable, pour la cour cantonale, de considérer que les déclarations subséquentes du recourant, et donc sa version selon laquelle il voulait uniquement commander du 1cP-LSD, n'étaient pas crédibles. Celle-ci a relevé que le recourant n'avait pas expliqué aux policiers qu'il aurait voulu commander une substance proche du LSD, qui était légale, comme le 1cP-LSD, et n'avait pas attiré leur attention sur la nuance entre ces deux produits. Par ailleurs, dans le cadre de ses premières déclarations, le recourant avait, selon la juridiction cantonale, admis qu'il savait que l'importation de stupéfiants était en principe illégale, mais avait indiqué qu'il pensait que c'était légal dans le cadre d'une recherche. La cour cantonale a encore indiqué que le recourant avait même précisé qu'il aurait engagé une procédure correcte après avoir vérifié avec une petite quantité de la substance commandée si les tests fonctionnaient, ce qui laissait entendre qu'il savait qu'il agissait de manière contraire aux réglementations en vigueur, dont vraisemblablement la législation sur les stupéfiants, le cas échéant qu'il prenait le risque de les enfreindre et en acceptait l'éventualité. L'autorité cantonale a encore relevé - sans que cela soit remis en cause - que, durant la procédure, l'intéressé avait produit un article scientifique relatif aux essais qu'il voulait effectuer et que celui-ci parlait uniquement de LSD, et non de 1cP-LSD ou d'une autre substance licite analogue (cf. dossier cantonal, annexe au rapport du 25 février 2020). Les éléments qui précèdent suffisent pour considérer que la juridiction cantonale n'a pas arbitrairement retenu que le recourant avait eu l'intention de commander du LSD, à savoir un produit stupéfiant, dans le but d'utiliser cette substance lors d'expérimentations à effectuer sur des animaux de laboratoire, respectivement qu'il avait accepté le risque, au cas où il se produirait, d'enfreindre la réglementation en matière d'importation et d'utilisation de produits stupéfiants dans le cadre de ses recherches. Il n'apparaît en outre pas que l'autorité cantonale se serait fait une idée erronée de la notion de l'élément subjectif et celle-ci n'a en définitive pas appliqué de manière incorrecte cette notion au cas d'espèce.