Citation: 4A_393/2019 E. 1

Ces explications n'emportent pas la conviction. Tout d'abord, on relèvera que la motivation fournie par les recourants est très succincte et n'apparaît vraisemblablement pas suffisante au regard des exigences strictes de motivation rappelées ci-dessus. Quoi qu'il en soit, il y a lieu d'examiner concrètement les conséquences des mesures provisionnelles pour les recourants. Or, sur ce point, force est d'admettre que les interdictions en cause ne compromettent pas le développement économique des recourants puisqu'elles ne les empêchent nullement de continuer à exercer leurs activités et à offrir leurs services. A cet égard, le cas particulier n'est pas comparable avec celui qui a fait l'objet de l'arrêt rendu le 26 juin 2012 dans la cause 4A_36/2012 où le Tribunal fédéral a admis qu'une entreprise, empêchée de lancer un nouveau produit par une entreprise concurrente déjà solidement implantée sur le marché, subissait un préjudice irréparable (consid. 1.3.2). En effet, les mesures provisionnelles ordonnées en l'espèce, qui interdisent aux recourants d'inciter les clients de l'intimée à rompre les contrats les liant à celle-ci en vue d'en conclure d'autres avec eux-mêmes, et de manipuler les présentoirs appartenant à ladite D.________ SA, ne privent pas les recourants de la possibilité d'étendre leurs parts de marché en contractant avec de nouveaux clients, non liés contractuellement à l'intimée. Il convient dès lors de relativiser les craintes évoquées par les recourants s'agissant d'une éventuelle réaction négative de la clientèle et du risque de perdre des parts de marché. Par ailleurs, on peut s'étonner que les recourants, s'ils estimaient réellement que les mesures provisionnelles requises par l'intimée étaient susceptibles de leur porter gravement préjudice, n'aient pas invoqué cet élément devant l'autorité cantonale ni jugé nécessaire de requérir la fourniture de sûretés sur la base de l'art. 264 al. 1 CPC. En tout état de cause, l'on ne saurait suivre les recourants lorsqu'ils se contentent d'affirmer, sans autre démonstration, qu'ils ne pourraient pas obtenir réparation de l'éventuel préjudice subi. Quoi qu'ils soutiennent, rien ne les empêche de demander des dommages-intérêts en réparation d'un éventuel manque à gagner conformément à l'art. 264 al. 2 CPC. A cet égard, les recourants ne démontrent nullement qu'ils seraient dans l'impossibilité d'établir l'éventuel dommage subi. La condition du préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF n'est dès lors pas réalisée.