Citation: 6P.2/2005 11.02.2005 E. 4

Enfin, le recourant soutient qu'une expertise de crédibilité aurait dû être ordonnée, puisque L.Y.________ se serait lourdement trompée sur la description de la pièce et que, partant, son récit ne saurait être qualifié de clair et de cohérent. 4.1 Garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'être entendu permet au justiciable de participer à la procédure probatoire en produisant des preuves pertinentes et en obtenant qu'il soit donné suite à ses offres de preuve pertinentes (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16 et les arrêts cités). Il est possible de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes lorsque le fait à établir n'est pas important pour la solution du cas, lorsque les preuves résultent déjà d'éléments du dossier, et lorsque le juge parvient à la conclusion qu'elles ne sont pas décisives ou qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion. Ce refus d'instruire ne viole le droit d'être entendu des parties que si l'appréciation anticipée de la pertinence du moyen de preuve offert, à laquelle le juge a ainsi procédé, est entachée d'arbitraire (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242 et les arrêts cités). Selon la jurisprudence, le juge doit recourir à un expert lorsqu'existent des doutes sérieux quant à la capacité de déposer du témoin et que l'appréciation de la qualité de son témoignage ne peut se faire sans des connaissances psychologiques ou psychiatriques (ATF 118 Ia 28 consid. 1c p. 31 s.). S'agissant de l'appréciation d'allégations d'abus sexuels, les expertises de crédibilité s'imposent surtout lorsqu'il s'agit des déclarations d'un petit enfant qui sont fragmentaires ou difficilement interprétables, lorsqu'il existe des indices sérieux de troubles psychiques, ou lorsque des éléments concrets font penser que la personne interrogée a été influencée par un tiers (ATF 129 IV 179 consid. 2.4 p. 184; 128 I 81 consid. 2 p. 84 ss; 118 Ia 28 consid. 1c p. 31/32; arrêt 1P.8/2002 du 5 mars 2002, consid. 4.3.1; cf. aussi Philipp Maier/Arnulf Möller, Begutachtungen der Glaubhaftigkeit in der Strafrechtspraxis, in PJA 2002 p. 682 ss, 685/686). Si les déclarations d'un enfant sont claires et compréhensibles sans que des connaissances psychologiques spécifiques soient nécessaires à leur interprétation, le juge n'a pas à mettre en oeuvre une expertise. 4.2 En l'occurrence, la cour cantonale a constaté que la fillette, qui avait été amenée à répéter son récit à plusieurs reprises, a expliqué, à chaque fois, de manière claire, précise, sans contradiction ni exagération, les agissements du recourant. De plus, elle a relevé que la psychologue qui avait suivi L.Y.________ avait considéré que les propos de l'enfant paraissaient crédibles en raison de leur caractère modéré, L.Y.________ ne dramatisant pas exagérément comme l'aurait fait une fabulatrice. Selon la psychologue, l'enfant n'avait en outre aucune raison d'inventer un tel mensonge, sachant que celui-ci allait détruire la relation harmonieuse qu'elle entretenait avec sa camarade de jeu. Au vu de ces éléments, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir qualifié le témoignage de L.Y.________ de crédible et de cohérent et d'avoir en conséquence renoncé à ordonner une expertise de crédibilité. Mise à part la prétendue erreur sur l'ameublement de la chambre - qui n'a pas été établie -, le recourant n'explique du reste pas en quoi la déposition de la victime ne serait pas crédible. Mal fondé, le grief du recourant doit être rejeté.