Citation: 5A_166/2022 E. 3.1

3.1. Il reproche à la Cour d'appel de ne pas avoir tenu compte de ses frais de transport au motif que la situation financière des parties était serrée et qu'on pouvait admettre que la nécessité d'un véhicule n'était pas donnée pour les trajets de V.________ à W.________ au vu de la proximité des gares respectives de son domicile et de son lieu de travail. Le recourant oppose à l'appréciation des juges cantonaux selon laquelle les correspondances de train étaient certes moins fréquentes aux alentours de minuit mais pas inexistantes qu'il ressortait de ses déclarations ainsi que des attestations produites par son employeur le 13 décembre 2019 et le 18 décembre 2021 qu'il terminait assez régulièrement son travail non pas "aux alentours de minuit" mais bien à minuit, voire un peu après. Or, à teneur des horaires de trains CFF, seuls deux trains circulaient à ces heures-là sur la relation W.________-V.________, à savoir à 00:15 et à 00:45. Compte tenu du temps nécessaire pour se rendre à pied à la gare depuis son lieu de travail, il ne pouvait prendre que le second. Ainsi, dans le cas où il le manquerait, il se verrait contraint de rentrer en taxi, ce qui n'était pas envisageable compte tenu de sa situation financière. Son employeur avait également attesté du fait que durant trois mois par année à tout le moins il devait travailler à X.________, soit à plus de 1h30 de route. Selon la jurisprudence en la matière, il ne pouvait donc pas être exigé de lui qu'il utilise les transports publics pour s'y rendre. La nécessité d'un véhicule était ainsi manifeste. Le recourant reproche par ailleurs à la Cour d'appel de ne pas avoir tenu compte de ses déclarations du 11 février 2021, confirmées par les attestations de son employeur, selon lesquelles durant les mois où il travaillait à X.________, il devait redescendre à W.________ à plusieurs reprises. Écartant l'attestation de son employeur alors qu'il s'agit d'un tiers dont les déclarations doivent être considérées comme objectives, l'autorité précédente avait fait preuve d'arbitraire. Enfin, il reproche à la Cour d'appel de s'être fondée sur la situation serrée des parties pour considérer qu'il était admissible d'exiger de lui qu'il prenne les transports publics. D'après lui, la Cour d'appel ne pouvait utiliser la situation financière des parties comme un facteur d'appréciation de la nécessité même de l'utilisation d'un véhicule pour l'exercice de sa profession, ce fait permettant uniquement de délimiter les cas où la retenue de tels frais outrepasse le minimum d'existence au sens de la LP.