Citation: 6B_1296/2021 E. 5.4

5.4. Les recourants ne contestent pas que les intimés devaient être admis à fournir des preuves libératoires en application de l'art. 173 ch. 3 CP (cf. consid. 5.1.1 supra) et il n'y a pas lieu sur ce point de s'écarter de l'appréciation de la cour cantonale, qui a tenu compte du fait que les intimés s'étaient exprimés dans le cadre d'une enquête confiée par leur employeur ayant abouti à de lourdes sanctions à l'encontre du club E.________ en raison de matchs truqués. Il s'agit donc de déterminer si les juges cantonaux ont violé l'art. 173 ch. 2 CP en considérant que les intimés avaient eu de sérieuses raisons d'accuser les recourants d'entretenir de forts liens avec des criminels - et non d'être des criminels (cf. consid. 3 supra) - et d'avoir organisé des matchs truqués. S'agissant du rôle de B.________ au sein du club, il n'est pas contesté qu'il en a été le président entre janvier 2010 et juillet 2012, ni que des matchs ont été truqués durant cette période. Le point de savoir si l'intéressé a été vice-président du club à compter de juillet 2012 peut donc rester indécis. En ce qui concerne le rôle de A.________, celui-ci ne démontre pas en quoi le point de savoir s'il s'est adressé à l'entraîneur ou au président du club G.________ serait déterminant. Par ailleurs, en faisant pression en vue de faire perdre cette équipe adverse, A.________ s'est présenté comme une personne influente au sein du club E.________, impliquée dans l'organisation des matchs truqués, de sorte qu'il importe également peu de savoir si et dans quelle proportion il a investi de l'argent dans ce club. Le rapport de I.________, sur lequel s'appuie le rapport des intimés du 7 février 2018, a permis de mettre au jour un système de matchs truqués de grande ampleur au sein du club E.________, qui n'est pas contesté par les recourants. Étant rappelé que les intimés avaient précisément pour tâche de rendre un rapport à ce sujet en vue d'éventuelles sanctions contre le club, ils étaient, compte tenu des éléments figurant dans le rapport de I.________ et de l'implication des recourants au sein du club au moment des faits, légitimés à désigner ces derniers comme des organisateurs de matchs truqués. Au vu de la nature de telles activités, les intimés avaient également de bonnes raisons d'établir un lien entre les recourants et les milieux criminels, quand bien même les auteurs du rapport de I.________ auraient recommandé de procéder à de plus amples investigations en vue de rassembler des preuves contre les recourants. On ajoutera que l'on voit mal comment les intimés auraient pu conclure dans leur rapport à l'existence d'un système de trucage des matchs presque généralisé au sein du club E.________ sans mentionner les individus qui y étaient selon eux impliqués. Le dernier grief des recourants s'avère ainsi également mal fondé.