Citation: 7B_57/2022 E. 7.3.1

7.3.1. Les recourants reprochent à la Chambre pénale d'avoir considéré irrecevables, car tardifs, les "allégués", respectivement les "autres moyens" qu'ils avaient soulevés dans leurs déterminations spontanées déposées en octobre et en novembre 2022, à la suite de celles du Procureur général du 7 octobre 2022. Ils citent l'art. 385 CPP, qui dispose, à son alinéa 2, que si le mémoire ne satisfait pas aux exigences prévues à l'alinéa 1, soit l'indication des points de la décision attaqués (let. a), les motifs qui commandent une autre décision (let. b) et les moyens de preuves invoqués (let. c), l'autorité de recours le renvoie au recourant pour qu'il le complète dans un bref délai; si, après l'expiration de ce délai supplémentaire, le mémoire ne satisfait toujours pas à ces exigences, l'autorité de recours n'entre pas en matière. Or ils n'expliquent pas en quoi la cour cantonale aurait violé cette disposition en estimant que les griefs soulevés pour la première fois dans leurs répliques spontanées étaient irrecevables; ils ne se plaignent par ailleurs pas de formalisme excessif. En tout état, il est communément admis en procédure que la motivation d'un acte de recours doit être entièrement contenue dans l'acte de recours lui-même; elle ne saurait dès lors être complétée ou corrigée ultérieurement (arrêts 5A_357/2019 du 27 août 2021 consid. 4.1; 6B_510/2020 du 15 septembre 2020 consid. 2.2; 6B_120/2016 du 20 juin 2016 consid. 3.1; 1B_363/2014 du 7 janvier 2015 consid. 2.1). Quant à l'exercice du droit de réplique, il permet de déposer des observations au sujet d'une prise de position ou d'une pièce nouvellement versée au dossier (cf. ATF 138 I 484 consid. 2.1; 137 I 195 consid. 2); contrairement à ce que sous-entendent les recourants, le droit de réplique ne saurait servir à apporter au recours des éléments qui auraient pu l'être pendant le délai légal (ATF 134 IV 156 consid. 1.7; 132 I 42 consid. 3.3.4; arrêt 1B_183/2012 du 20 novembre 2012 consid. 2). En revanche, les recourants étaient recevables à remettre en cause l'impartialité du Procureur général en se fondant sur les éléments ressortant des observations du 7 octobre 2022 de ce dernier. Cela étant, et à la différence de ce qu'ils prétendent, même si ces éléments ne figurent pas dans la motivation en droit de l'arrêt entrepris, rien n'indique que l'autorité précédente ne les aurait pas pris en considération dans son appréciation. Au contraire, les observations en cause ont été citées dans la partie "considérant en fait" de l'arrêt entrepris (p. 4), lequel précise plus loin dans la partie "en droit" (p. 15) que les circonstances objectives constatées à l'examen du dossier et des pièces produites ne donnaient pas l'apparence de la prévention et ne faisaient pas redouter une activité partiale dudit magistrat. Autre est la question de savoir si le reproche était fondé ou non, laquelle sera examinée plus loin (cf. consid. 8 infra).