Citation: 4A_160/2021 E. 5.2.4

5.2.4. S'agissant de "l'extrême légèreté" reprochée à la doctoresse qui aurait ainsi violé les règles de l'art, le grief est déjà scellé au terme du considérant précédent, auquel on peut ajouter ce qui suit. Il est facile de dire, a posteriori, qu'un médecin aurait pu faire davantage. Cela étant, ces reproches sont ici injustifiés: une fois informée des risques tératogènes liés à la prise de ce médicament, c'est sur la demanderesse que reposait la responsabilité de prendre la contraception orale qu'elle avait affirmé suivre. La doctoresse ne pouvait surveiller l'administration régulière de cette contraception et n'avait pas de motif de se défier des déclarations de sa patiente. Cette dernière n'affirme pas avoir régulièrement pris cette contraception. De sorte que c'est à tort qu'elle reporte la responsabilité sur son médecin traitant. La recourante affirme encore qu'elle aurait pu prendre la décision d'interrompre sa grossesse si elle avait été consciente des enjeux. Cela étant, non seulement elle avait été dûment informée par la doctoresse des risques tératogènes, mais en sus elle ne pouvait manquer les avertissements surlignés qui figuraient tant sur les boîtes de médicaments que dans leurs notices d'utilisation, à supposer que le pharmacien ne les ait pas également soulignés. Elle ne pouvait dès lors se trouver dans l'inconscience dans laquelle elle affirme avoir été.