Citation: 1C_246/2014 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le Tribunal administratif fédéral a notamment relevé que la recourante était arrivée en Suisse en septembre 2002, qu'elle avait introduit en décembre 2002 des formalités auprès des autorités suisses afin de contracter mariage, qu'elle s'était mariée en septembre 2003, qu'elle avait déposé une demande de naturalisation facilitée en mars 2009, qu'elle avait requis le lendemain le regroupement familial avec ses deux enfants restés au Cameroun, qu'elle avait signé la déclaration de vie commune en février 2010, qu'elle avait obtenu la naturalisation en mars 2010 et que la séparation officielle des conjoints était intervenue en juin 2011. L'instance précédente pouvait donc, à juste titre, considérer que l'enchaînement chronologique des événements, en particulier la séparation intervenue moins de 16 mois après l'octroi de la naturalisation, était de nature à fonder la présomption que celle-ci avait été obtenue frauduleusement (cf. notamment arrêts du Tribunal fédéral 1C_796/2013 du 13 mars 2014 consid. 3.2 et 1C_172/2012 du 11 mai 2012 consid. 2.3). Cette présomption n'est au demeurant pas véritablement discutée par la recourante. Pour l'autorité précédente, cette présomption était renforcée par le fait que la décision de se marier avait été prise par les époux dans les semaines qui avaient suivi l'arrivée en Suisse de la recourante qui était alors au bénéfice d'un visa touristique. L'autorité précédente relevait également que, selon les déclarations des époux faites dans le cadre de la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale, le couple connaissait au moment de la signature de la déclaration de vie commune des tensions depuis plusieurs années déjà et ne vivait plus en parfaite harmonie. En effet, l'époux a notamment expliqué que le couple connaissait des tensions liées à un désaccord sur des questions financières dès 2004 et qu'en outre la recourante s'était servie sans son accord sur son compte bancaire, ce qu'il avait ressenti comme un motif de rupture de confiance (cf. réponse de l'époux à la requête de mesures protectrices de l'union conjugale déposée par la recourante en mai 2011). Par ailleurs, dans un courrier du 13 janvier 2009 adressé à l'autorité zurichoise compétente en matière de droit des étrangers, l'époux avait encore affirmé, que la venue en Suisse des deux enfants avait également été source de désaccord; il précisait que le dialogue avec la recourante était difficile et que cette situation avait des répercussions sur la qualité de leur relation conjugale. Quant à la recourante, elle a affirmé, dans sa requête de mesures protectrices de l'union conjugale, que les 18 derniers mois de vie commune avait été extrêmement pénibles, notamment en raison du différend qui les opposait au sujet de la charge d'entretien des deux enfants arrivés entre-temps en Suisse. Elle a également déclaré, dans le cadre de l'instruction de sa plainte pénale, qu'une tierce personne lui avait présenté l'ecclésiastique en 2008 afin de l'aider au sujet des problèmes conjugaux qu'elle rencontrait avec son époux quant à son intention de faire venir ses deux enfants en Suisse. Enfin, pour l'instance précédente, le fait que, durant la vie commune, son époux ne s'était jamais rendu au Cameroun et qu'il n'avait entretenu aucun contact avec sa belle-famille ne plaidait pas en faveur de l'existence d'une communauté de vie étroite. En l'occurrence, l'instance précédente pouvait, sans violer le droit fédéral, prendre en compte les éléments précités dans son appréciation. Quoi qu'en pense la recourante, l'instance précédente n'a tiré aucune conséquence juridique de la différence d'âge - de 9 années - entre les époux, ni du fait qu'ils n'ont pas eu d'enfant commun.