Citation: 4A_312/2022 E. 3.3

3.3. On peut d'emblée s'interroger sur l'intérêt actuel de la recourante à l'annulation de la sentence attaquée et sur l'utilité pratique que l'admission du recours apporterait à l'intéressée. A la lecture du mémoire de recours, force est d'observer que cette dernière ne conteste ni le principe même de sa suspension pour violation des règles antidopage ni la disqualification de ses résultats obtenus jusqu'au 31 décembre 2015 mais uniquement la durée de sa suspension. Or, la recourante, née en 1981, a mis un terme à sa carrière sportive en février 2017. Dans son mémoire de recours, elle ne fournit au demeurant pas d'explications visant à démontrer l'existence d'un intérêt digne de protection à l'admission de son recours. Quoi qu'il en soit, le grief en question, à le supposer recevable, devrait de toute manière être rejeté. Il saute en effet aux yeux que la recourante, sous le couvert d'une prétendue violation de son droit d'être entendue, s'en prend exclusivement à la motivation du TAS et tente d'obtenir un examen matériel de la sentence par l'autorité de recours, ce qui n'est pas admissible. Au demeurant, la lecture de la sentence entreprise permet de constater que les arbitres ont bel et bien pris en considération l'argumentation subsidiaire développée par la recourante, puisque ceux-ci y ont fait allusion (sentence, n. 89). La Formation a également exposé les raisons pour lesquelles il lui semblait qu'une suspension de quatre ans représentait une sanction proportionnée (sentence, n. 159). Force est ainsi d'admettre que le TAS a rejeté, à tout le moins de manière implicite, les éléments avancés par l'intéressée au soutien de sa thèse, laquelle ne saurait au demeurant obtenir une motivation détaillée sur chaque détail du raisonnement tenu par les arbitres. En tout état de cause, il sied de souligner que les arbitres n'étaient en l'occurrence pas tenus de prononcer des sanctions d'une durée identique à celles infligées à d'autres athlètes russes impliqués dans le même programme de dopage, car une formation arbitrale du TAS n'est en principe pas liée par la solution retenue dans une affaire tranchée précédemment ni obligée d'indiquer les raisons pour lesquelles elle entend s'en écarter (arrêt 4A_10/2022 du 17 mai 2022 consid. 4.3.2). Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.