Citation: 6B_315/2009 20.07.2009 E. 1

Le recourant soutient en premier lieu que sa condamnation pour homicide par négligence viole le droit fédéral. Il estime que le lien de causalité entre l'inattention qui lui est imputée et le décès de la victime a été rompu par le comportement de cette dernière. La causalité adéquate peut être exclue, l'enchaînement des faits perdant sa portée juridique, si une autre cause concomitante, par exemple une force naturelle, le comportement de la victime ou d'un tiers, constitue une circonstance tout à fait exceptionnelle ou apparaît si extraordinaire que l'on ne pouvait pas s'y attendre. L'imprévisibilité d'un acte concurrent ne suffit pas à interrompre le rapport de causalité adéquate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus probable et la plus immédiate du résultat dommageable, reléguant à l'arrière-plan tous les autres facteurs qui ont contribué à l'amener, et notamment le comportement de l'auteur (ATF 135 IV 56 consid. 2.1 p. 64 s.; 134 IV 255 consid. 4.4.2 p. 265 s. et les arrêts cités). Le recourant qualifie de très imprudent le comportement de la victime qui, malgré son âge avancé, a entrepris de traverser, hors de tout passage pour piétons et sur un tronçon masqué par un dos d'âne, une route dangereuse compte tenu de la densité du trafic. Il soutient que sa propre faute paraît bien légère par rapport à celle de la victime. La question n'est toutefois pas de savoir si cette dernière a commis une faute concomitante et, le cas échéant, si celle-ci est plus lourde, égale ou plus légère que celle du recourant, dès lors qu'il n'y a pas de compensation des fautes en droit pénal (ATF 122 IV 17 consid. 2c/bb p. 24). Il faut uniquement déterminer si ce comportement pouvait être prévu. On ne saurait considérer le comportement de la victime comme extraordinaire. En effet, il arrive régulièrement que des piétons traversent la route, même à des endroits où le trafic est dense et rapide. Bien qu'elles puissent s'avérer dangereuses, de telles pratiques ne sont pas suffisamment rares pour devoir être considérées comme imprévisibles. Le fait que la victime ait été âgée d'une septantaine d'années et qu'elle n'ait pas traversé la route de manière exactement perpendiculaire, prolongeant légèrement le temps pendant lequel elle se trouvait sur la chaussée, n'y change rien, car ces éléments non plus ne sont pas suffisamment extraordinaires et imprévisibles pour interrompre le lien de causalité entre l'inattention du recourant et l'accident qui en est résulté. Ce grief doit donc être rejeté.