Citation: 5A_74/2024 E. 8.1

8.1. Elle soutient que pour admettre l'existence de circonstances exceptionnelles au sens de l'art. 274a CC, soit en l'occurrence une relation de nature filiale entre l'enfant et l'intimé, la Cour de justice se serait exclusivement fondée sur l'évaluation du SEASP. Or, ce service n'aurait pas examiné si l'intimé avait effectivement assumé de manière régulière et sur une certaine durée des tâches parentales auprès de l'enfant, alors que ce serait précisément sur la base d'un tel examen que devait se fonder l'admission d'une relation de parenté sociale entre l'enfant et le tiers. La Cour de justice aurait à tort considéré qu'aucun des éléments factuels en lien avec l'implication de l'intimé auprès de sa fille n'avait la moindre portée et que les relations personnelles étaient implicitement acquises dans leur principe, sa place dans la vie de l'enfant ne devant être examinée que sous l'angle d'une éventuelle "limitation" de celles-ci en vertu de l'art. 274 al. 2 CC auquel renvoie l'art. 274a al. 2 CC. La Cour de justice aurait dû au contraire se fonder sur l'implication effective et concrète de l'intimé dans ledit rôle parental pour admettre, le cas échéant, un droit aux relations personnelles, étant au demeurant rappelé que la preuve devait être apportée par l'intimé. En écartant sans motif un critère essentiel pour la décision à rendre, la Cour de justice aurait abusé de son pouvoir d'appréciation et violé l'art. 274a CC. La recourante fait également valoir que la Cour de justice aurait violé la disposition précitée, en considérant que les relations personnelles servaient les intérêts de l'enfant, alors même que les circonstances de l'espèce imposaient la conclusion contraire. En premier lieu, elle lui reproche de ne pas avoir tenu compte de l'existence - établie - du conflit conjugal opposant les parties, alors que celui-ci était de nature, conformément à la jurisprudence constante, à exclure que les relations personnelles avec le tiers soient dans l'intérêt de l'enfant. Elle allègue à cet effet que la Cour de justice, ayant elle-même constaté que l'adoption de l'enfant ne s'inscrivait pas dans un projet parental commun, ne pouvait pas reléguer le conflit conjugal à l'arrière-plan. Cette omission serait d'autant plus injustifiable qu'il ressortirait de la décision querellée qu'elle avait allégué des éléments à l'appui d'une instrumentalisation de l'enfant par l'intimé dans le cadre du conflit (propos tenus à l'enfant dénigrant la mère, emprise exercée sur l'enfant). En second lieu, les déclarations de l'enfant faites à la recourante et à la pédiatre ainsi que les témoignages écrits faisant état de comportements dangereux et inquiétants de la part de l'intimé seraient également de nature à nier l'intérêt de la mineure à entretenir des relations personnelles avec l'intéressé.