Citation: 5A_995/2022 E. 5.3

5.3. En l'espèce, il n'apparaît pas que la motivation cantonale viole le droit d'être entendue de la recourante, sous l'angle du droit à une décision motivée (art. 29 al. 2 Cst.). Contrairement à ce qu'elle fait valoir, l'autorité précédente a bel et bien mentionné les motifs sur lesquels elle s'est appuyée pour confirmer la décision de première instance. On comprend en effet que la péjoration de l'état de santé psychique de l'intéressée et la mise en danger de son patrimoine lors de ses décompensations maniaques, notamment par la réalisation de dépenses inconsidérées, ont amené les juges cantonaux à confirmer à titre provisoire la curatelle de représentation et de gestion instituée en première instance. Quant au principe de la proportionnalité (art. 389 al. 2 CC), plus particulièrement sous l'angle de la nécessité, l'on saisit sans peine que l'autorité précédente a en substance considéré que la mesure plus légère que constituait la curatelle accompagnement (art. 393 CC) - qui est une mesure de pur soutien pour laquelle le curateur est dépourvu de tout moyen coercitif (MEIER, Droit de la protection de l'adulte, 2022, nos 803, p. 434) - était insuffisante pour atteindre le but visé, à savoir empêcher l'intéressée, lors de ses décompensations maniaques de mettre en danger son patrimoine. En tant que la recourante soutient également que l'autorité cantonale n'aurait pas traité le grief relatif à l'autre composante du principe de proportionnalité, à savoir l'aptitude - l'intéressée soutenant que la mesure ne serait pas destinée à la protéger elle, mais plutôt le patrimoine successoral de ses enfants et de son époux qui sont à l'origine du signalement -, on relève que conformément à la jurisprudence précitée, elle n'avait pas à discuter tous les griefs, notamment lorsqu'ils s'appuient sur de simples hypothèses, mais pouvait, comme elle l'a fait, se limiter à ceux pertinents. Le grief doit donc être rejeté.