Citation: 1B_102/2015 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le Tribunal cantonal a retenu comme soupçons de culpabilité les éléments suivants: la victime avait d'emblée mis en cause le recourant à la police, en affirmant qu'il lui avait asséné le premier coup de couteau au visage et en le reconnaissant formellement sur planche photographique; contrairement à ce qu'affirmait le recourant, la victime ne s'était pas rétractée en ce qui le concerne: de plus, selon les contrôles téléphoniques effectués sur le raccordement utilisé par le recourant, celui-ci se trouvait dans la zone où avait eu lieu l'agression et avait communiqué très rapidement avec l'un des agresseurs à l'issue de celle-ci; en outre tant le recourant que les trois coprévenus étaient ensemble avant, pendant et après l'agression; enfin le recourant avait quitté la Suisse après les faits et était revenu en novembre 2014, faisant fi de l'absence de tout titre de séjour. Le recourant avance quant à lui que c'est en contradiction avec le rapport de police du 12 mars 2014 que la cour cantonale a retenu que le recourant et les trois coprévenus "étaient ensemble avant, pendant et après l'agression". Cette critique peut être d'emblée rejetée, dans la mesure où il ressort du rapport précité que les quatre prévenus se sont tous retrouvés à proximité de la borne sise rue de Lausanne 52 (avant l'agression vers 22h), qu'ils se sont retrouvés à proximité du bord du lac au moment de l'agression (23h) et qu'ils ont tous terminé leur soirée à proximité de la borne sis rue des Deux-Ponts (après l'agression). L'intéressé prétend aussi que la victime a précisé, lors d'une audience d'instruction du 18 septembre 2013, avoir "déclaré n'importe quoi" lors de ses premières déclarations à la police. Il insiste sur le fait que l'enquête est terminée, que la victime a fait constamment défaut dès le 28 mars 2014 et s'est depuis totalement désintéressée de la cause. Il souligne qu'il ressort d'un courrier du 20 mars 2015 du Président de l'autorité de jugement que le recourant ne sera jamais confronté à la victime dont la déclaration ne pourra en conséquence nullement fonder une culpabilité. Il avance aussi qu'il est contradictoire d'assimiler son départ de Suisse à une fuite, tout en affirmant qu'il n'a aucune attache en Suisse. Il reproche enfin à la cour cantonale d'avoir fait abstraction d'éléments à sa décharge (les déclarations constantes de ses coprévenus, qui l'ont immédiatement mis hors de cause; l'absence de tout élément à charge du recourant découlant des écoutes actives; l'analyse des prélèvements biologiques effectués sur les lieux, dont aucun ne permet de rattacher le recourant à l'agression; la perquisition effectuée au domicile du recourant qui n'a rien révélé). Ces arguments ne suffisent toutefois pas à établir, à ce stade de la procédure, l'absence de charges à l'encontre du prévenu. Les éléments avancés par la Cour de justice constituent encore un faisceau d'indices suffisant pour justifier un maintien en détention du recourant, étant rappelé que c'est au juge du fond et non à celui de la détention qu'il incombera d'apprécier la culpabilité de l'intéressé ainsi que la valeur probante des différentes déclarations.