Citation: 6B_798/2022 E. 2.2

2.2. Il convient d'examiner tout d'abord si la recourante peut se prévaloir d'un droit de séjour en vertu de l'ALCP (cf. arrêts 6B_780/2020 du 2 juin 2021 consid. 1.6.1; 6B_1152/2017 du 28 novembre 2018 consid. 2.5.2 s.; 6B_907/2018 du 23 novembre 2018 consid. 2.4.3; 6B_965/2018 du 15 novembre 2018 consid. 5). Les droits accordés par l'ALCP ne le sont qu'à une double condition, "soit d'une part celle des accords contractuels spécifiques comme condition d'un séjour légal et, d'autre part, celle d'un comportement conforme au droit au sens de l'art. 5 § 1 annexe I ALCP" (ATF 145 IV 55 consid. 3.3 p. 59). Ce n'est que lorsqu'un droit d'entrée ou de séjour existe que la question des possibilités de le restreindre peut se poser (arrêts 6B_780/2020 du 2 juin 2021 consid. 1.6.1; 6B_1152/2017 du 28 novembre 2018 consid. 2.5.3 avec référence). Il ressort du dossier (jugement de première instance p. 20; cf. art. 105 al. 2 LTF) que la recourante est titulaire d'un permis C, mais que son renouvellement est actuellement en suspens. Elle exerce un emploi dans un home au taux de 60 %. Bien qu'elle ait un emploi, elle continue à bénéficier du soutien du service social. Ainsi, elle n'est pas indépendante financièrement et est soutenue par les services sociaux depuis de nombreuses années. Elle a au surplus des dettes importantes et des poursuites pour environ 20'000 francs. Dans ce contexte, on peut se demander si la recourante bénéficie d'un droit de séjour en vertu de l'ALCP et, plus particulièrement, si elle a la qualité de travailleur au sens du droit de la libre circulation (cf. art. 3 et art. 4 ALCP; art. 6 annexe I ALCP; ATF 141 II 2 consid. 2.2.3 s. p. 5 s.; arrêts 2C_556/2020 du 22 janvier 2021 consid. 4.2.2; 2C_673/2019 du 3 décembre 2019 consid. 4.1). Cette question peut toutefois rester indécise, dans la mesure où l'expulsion de la recourante peut se justifier par des raisons d'ordre public, de sécurité publique et de santé publique au sens de l'art. 5 § 1 annexe I ALCP.