Citation: 7B_522/2024 E. 3.3.4

3.3.4. S'agissant des autres conditions matérielles pour ordonner la détention pour des motifs de sûreté au sens de l'art. 364a CPP, soit le fait qu'il existe des raisons sérieuses de penser que la personne concernée commettra à nouveau un crime ou un délit grave (al. 1 let. b ch. 2) - l'existence du risque qu'elle se soustraie à l'exécution de la peine ou de la mesure privative de liberté éventuelles (al. 1 let. b ch. 1) n'ayant pas été examinée -, la cour cantonale a considéré qu'elles étaient en l'espèce réalisées. Elle a retenu que rien - ou presque rien - n'avait changé depuis l'arrêt qu'elle avait rendu le 11 janvier 2024. En effet, les nouveaux éléments qui s'étaient ajoutés au dossier ne démontraient pas une évolution qui pourrait permettre de voir les choses différemment que cela avait été le cas à l'époque. Si un rapport établi le 16 février 2024 par le Service vaudois de médecine et psychiatrie pénitentiaires avait apporté une note positive, en ce sens qu'il avait fait état d'une collaboration avec la recourante dans les soins, depuis septembre 2023, ainsi que d'une bonne alliance thérapeutique, le rapport du 29 février 2024 de la Fondation vaudoise de probation avait quant à lui fait état de difficultés rencontrées avec l'intéressée, avec laquelle il n'avait pas été possible d'établir un réel lien de confiance, ni d'entrer en discussion sur d'autres thématiques que des questions purement financières. Surtout, la direction de la prison de Y.________, dans son rapport du 1 er février 2024, avait indiqué que la recourante pouvait faire preuve d'un comportement très inadéquat, tant envers le personnel qu'envers les codétenues, et que sa santé mentale avait récemment semblé se dégrader au point qu'un transfert à X.________ était envisagé. Il fallait donc bien constater l'absence de véritable amélioration dans l'état de la recourante qui permettrait de voir la situation différemment que cela avait été fait le 11 janvier 2024. Cette motivation, outre qu'elle est suffisante sous l'angle du droit d'être entendue de la recourante, ne prête pas le flanc à la critique. Au vu des antécédents de la recourante, s'agissant de multiples condamnations pour des infractions dont la plus grave est un incendie intentionnel et qui concernent également l'intégrité physique de tiers, de ses nombreux comportements délictueux - depuis le prononcé du traitement ambulatoire en mai 2022 - dirigés contre des personnes, avec notamment deux cas de menaces au moyen d'un couteau (cf. arrêt de l'Autorité de recours en matière pénale du 11 janvier 2024, pp. 13 et 18, auquel se réfère l'arrêt attaqué, p. 22 in fine), et en particulier de l'évaluation faite dans l'expertise actuelle du 24 novembre 2023 (cf. arrêt attaqué, p. 23; cf. ég. let. B.e supra), il n'y a rien d'arbitraire à considérer que le risque de récidive présenté par l'intéressée - que seule une prise en charge en milieu institutionnel permet de contenir selon l'expert D.________ - doit être admis. Le grief tiré d'un établissement inexact des faits sur ce point est donc mal fondé. Compte tenu de ces divers éléments, quoi qu'en dise la recourante, le fait que le Dr C.________, dans son rapport d'expertise de mars 2023 - dont il y a lieu de rappeler qu'il a été rendu dans le cadre de la procédure de privation de liberté à des fins d'assistance et non dans le cadre pénal -, parvienne à la conclusion que le traitement ambulatoire était possible n'est pas déterminant, tout comme le fait que ce médecin n'ait pas été consulté (cf. consid. 2.4 supra).