Citation: 4C.312/2006 13.12.2006 E. A

A.a La Fédération Turque de Football (ci-après: la Fédération), association faîtière dont le siège est à Istanbul (Turquie), a créé en janvier 2004 une représentation à Genève. Par contrat de travail du 23 janvier 2004, dont l'échéance était fixée au 31 janvier 2007, la Fédération a engagé X.________ en qualité de représentant pour son antenne de Genève. Le prénommé avait pour tâche de suivre les dossiers des clubs de football affiliés à la Fédération en litige avec la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), de contrôler les projets de l'Union des Associations Européennes de Football (UEFA), d'assurer les relations entre la Fédération et les instances supérieures et de contribuer à l'identification des footballeurs turcs évoluant en Europe susceptibles d'être sélectionnés dans l'équipe de Turquie. Le salaire mensuel brut du travailleur s'élevait à 12'000 fr. Le contrat précité prévoyait, à son art. 5, une clause de confidentialité détaillée selon laquelle X.________ ne pouvait sous aucun prétexte faire une déclaration ou une annonce, ni divulguer une information ou un document par voie écrite et/ou visuelle aux agences de presse ou aux établissements de la radio et de la télévision, ni à des tiers, sans l'accord préalable de la Fédération. Il ne pouvait ni utiliser ni rendre publiques les informations obtenues dans l'exercice de son emploi, même après la fin de celui-ci. Il devait accomplir son travail "dans une neutralité totale" et garder "la confidentialité absolue des affaires". Il ne pouvait transmettre aucune information obtenue sur un club de football à tout autre club. Il admettait par avance que les informations auxquelles il aurait accès étaient confidentielles. Il n'était pas autorisé à donner son point de vue à un club quelconque sur les footballeurs qu'il suivait dans le cadre de ses fonctions. Il ne pouvait non plus suivre ou proposer des footballeurs pour le compte d'un quelconque club (art. 64 al. 2 OJ). L'accord précisait, à l'art. 6 ch. 2, que pendant la durée de son engagement, X.________ ne pouvait exercer une autre activité, même à titre honorifique, et qu'il n'était pas autorisé à s'associer avec une personne physique ou morale active dans l'industrie du football. Quant à l'art. 7, il stipulait notamment que la contravention aux art. 5 et 6 ch. 2 du contrat permettait à la Fédération d'obtenir de son employé le paiement de dommages-intérêts. Celle-ci pouvait en outre réclamer au travailleur, à titre de clause pénale, un montant correspondant à 20 fois le salaire mensuel fixé par le présent contrat. Le contrat du 23 janvier 2004 comportait, à son art. 8, une élection de droit en faveur du droit suisse et une prorogation de for en faveur des tribunaux genevois (art. 64 al. 2 OJ). A.b X.________ a été footballeur professionnel; à ce titre, il a joué pendant plusieurs années pour l'équipe turque du FC Galatasaray. Par la suite, il est resté membre du congrès de ce club, lequel est une assemblée composée de 12'000 personnes chargées de décider des grandes lignes de la politique du club. Le président et le vice-président de la Fédération, à savoir respectivement A.________ et B.________, sont également membres de ce congrès. Il a été retenu que X.________ n'est jamais intervenu officiellement dans les activités de transfert de joueurs menées par le FC Galatasaray. Il n'a fait que donner son avis occasionnellement et de manière informelle, sans percevoir une contre-prestation, sur des joueurs auxquels ledit club s'intéressait. Au début janvier 2005, X.________ a été contacté par des journalistes des quotidiens turcs W.________ et Y.________, appartenant tous deux au même groupe de presse, dans le but de connaître son opinion sur le transfert de joueurs au sein du FC Galatasaray. X.________ a indiqué à ces journalistes qu'ils devaient au préalable obtenir l'autorisation de la Fédération. Le 4 janvier 2005, C.________, directeur du journal W.________ et ami du vice-président de la Fédération B.________, a pris langue avec ce dernier en indiquant qu'il voulait faire un reportage avec X.________. B.________ n'a pas posé de questions quant au sujet que le journaliste souhaitait aborder avec X.________. B.________ a prié le président de la Fédération, A.________, de donner une réponse favorable à la demande de C.________. Toujours le 4 janvier 2005, A.________, en présence de B.________, a téléphoné à X.________ pour l'autoriser à parler aux journalistes. Au cours de cette conversation téléphonique, A.________ n'a pas demandé de précisions à X.________ à propos du thème sur lequel ce dernier allait être interrogé; A.________ n'a cependant donné son aval à l'entretien que dans la mesure où il allait porter sur la représentation suisse de la Fédération, sans que soit impliquée l'association faîtière elle-même. C'était la première fois, depuis qu'il était représentant de la Fédération, que X.________ allait donner une interview. Le 6 janvier 2005, un article, signé D.________, est paru dans le journal Y.________ relatant les déclarations de X.________ concernant le transfert de joueurs étrangers au sein du FC Galatasaray. Le titre de l'article indiquait que les allégations de X.________ allaient faire trembler les supporters du FC Galatasaray. X.________ a en particulier affirmé qu'il y avait eu des irrégularités sous forme de versement d'un pot-de-vin lors du transfert du joueur brésilien E.________. L'article précisait que X.________ faisait partie de la communauté du Galatasaray et poursuivait sa carrière en Suisse, en tant que représentant de la Fédération.