Citation: I 49/05 13.06.2005 E. 1

4.2 En l'occurrence, dans son expertise du 15 avril 2002 fondée sur le dossier de l'intimée ainsi que sur trois consultations psychiatriques, le docteur G.________ pose, comme diagnostic principal, un trouble dépressif majeur isolé, en rémission partielle sous traitement antidépressif. Il fait par ailleurs état d'un probable trouble panique avec agoraphobie. L'expert admet également un trouble de la personnalité non spécifié avec des traits de personnalité obsessionnels-compulsifs. Il constate une atteinte thymique correspondant à un épisode dépressif majeur d'intensité légère sous médication antipressive. Dans ce contexte, le trouble anxieux passe au deuxième plan même si la présence de traits de personnalité obsessionnels et perfectionnistes exacerbe l'atteinte thymique anxieuse. Après avoir constaté que la seule incapacité de travail est de nature psychique, l'expert admet qu'il n'est pas possible d'exiger de l'expertisée davantage que l'activité qu'elle exerce effectivement à raison de 50 % répartie sur trois jours. Il en déduit donc, sans examiner le genre d'activité encore exigible de la part de l'intimée, que celle-ci dispose d'une capacité de travail de 50 % depuis octobre 2001 - époque à laquelle elle a pris son activité à 50 % - et qu'auparavant l'incapacité de travail était totale. Dans un rapport complémentaire du 4 juin 2002, l'expert confirme son appréciation antérieure. Lorsque les juges cantonaux appellent le docteur G.________ à se déterminer sur les renseignements émanant de l'employeur et produits dans le recours, l'expert précise que l'estimation de la capacité de travail de l'intimée est basée sur l'activité exercée au moment de l'expertise. A la suite de ces éléments nouveaux, l'expert modifie son appréciation en admettant que la capacité de travail de l'intimée ne doit pas dépasser 25 à 30 %. L'évolution des appréciations du docteur G.________ démontre qu'il s'est limité à prendre en compte le taux effectif d'activité et de rendement comme capacité de travail. Cette manière de faire n'est cependant pas admissible. En effet, l'expert ne peut pas déterminer une incapacité de travail sur la base du seul critère de l'activité exercée sans examiner si l'assuré met à contribution la totalité de sa force résiduelle de travail. En l'espèce, l'expert n'a pas déterminé quelles activités pouvaient encore être objectivement exigées de l'assurée en tenant compte de son infirmité psychique et de ses aptitudes. De plus, l'expert n'a pas précisé en quoi les troubles diagnostiqués chez l'intimée étaient de nature à réduire sa capacité de travail. Alors que les constatations objectives de l'expert semblent favorables à l'admission d'une capacité résiduelle de travail, on ne comprend pas pourquoi l'expertisée, décrite notamment comme bien orientée aux quatre modes, sans trouble de la mémoire ou de la concentration, sans signes florides de la lignée psychotique, ayant un discours cohérent et non digressif, peut être reconnue entièrement incapable de travailler en raison de ses seuls troubles psychiques. L'avis de l'expert n'emporte pas la conviction. 4.3 Le recours doit donc être admis et le dossier retourné au Tribunal cantonal des assurances pour qu'il ordonne une expertise judiciaire tendant à déterminer quelles affections réduisent la capacité de travail de l'intimée, quel genre d'activité est encore exigible de elle, à quelles conditions et à quel taux.