Citation: 7B_1171/2024 E. 2.4.2

2.4.2. En l'occurrence le raisonnement de la cour cantonale, certes sévère, peut être confirmé. On relève en premier lieu que le recourant ne conteste pas avoir reçu les réquisitions de preuves des parties plaignantes et leurs conclusions civiles, accompagnées d'un chargé de pièces, le 23 juillet 2024. L'argumentation du recourant repose en outre essentiellement sur la prise de connaissance, par son avocat, de ces documents le 5 août 2024. Le recourant ne prétend toutefois pas qu'il aurait été empêché d'agir ou de prendre connaissance du dossier plus tôt. Il y a donc lieu de retenir que les documents concernés se trouvaient dans la sphère d'influence de son avocat dès le 23 juillet 2024 et que ce dernier était donc en mesure de prendre connaissance de son contenu en tout temps; si tel n'a été le cas que le 5 août 2024, il lui appartient d'en assumer les conséquences (cf. arrêt 1B_117/2022 du 18 mai 2022 consid. 3.3). Contrairement à ce qu'affirme le recourant, on ne saurait ainsi admettre que son avocat était, en l'espèce, libre de consulter les documents reçus le 23 juillet 2024 quand il le décidait, dès lors qu'il est supposé connaître les délais dans lesquels une demande de récusation pouvait être déposée. Il lui appartenait ainsi de prendre immédiatement connaissance, à tout le moins sommairement, de ces documents dès leur réception. En outre, l'argument du recourant, selon lequel il conviendrait de tenir compte d'un temps de réaction plus long lorsque la procédure est moins active, tombe à faux. En effet, quand bien même les débats ont été fixés du 2 au 6 décembre 2024, il apparaît que plusieurs actes de procédure et échanges d'écritures ont eu lieu avant et après la réception des documents par l'avocat du recourant le 23 juillet 2024 (à savoir les 28 juin, 16 juillet, 22 juillet et 25 juillet 2024). On ne saurait dès lors retenir que la procédure se trouvait en l'espèce dans une phase moins active. Enfin, le fait que la procédure en cause concerne une affaire pénale prétendument complexe, et donc que le motif de récusation pouvait ainsi ne pas être découvert immédiatement, n'est pas propre à remettre en cause le raisonnement de la cour cantonale. Il ressort en effet de l'arrêt entrepris que, le 5 août 2024, l'avocat du recourant a "pris un moment" et "a parcouru" les documents reçus le 23 juillet 2024. De plus, c'est le soir du 5 août 2024 que l'avocat a demandé à sa collaboratrice de vérifier, en lien avec le motif de récusation qu'il souhaitait soulever, si des notes au dossier pénal existaient. Il a donc suffi d'un jour, tout au plus, à l'avocat du recourant pour se rendre compte de l'existence du motif de récusation allégué. Au vu de ces éléments, le recourant ne saurait se prévaloir de l'ampleur du dossier et de sa complexité pour justifier le délai, trop long, dans lequel il a déposé sa demande de récusation. En outre, s'appuyant sur l'arrêt 1B_315/2020 du 23 septembre 2020, le recourant soutient qu'aucune attention particulière n'aurait pu être exigée de la part de son avocat. On peut rappeler là encore qu'il a suffi à son avocat de parcourir les documents reçus le 23 juillet 2024 pour découvrir le prétendu motif de récusation; on ne saurait ainsi retenir que les exigences en matière d'attention requise seraient, en l'espèce, excessives.