Citation: 4A_170/2023 E. 5.2.1

5.2.1. Dans la première branche du moyen considéré, la recourante reproche au TAS d'avoir refusé d'entendre l'un de ses témoins capitaux, à savoir "la victime C". Pour étayer son grief, elle rappelle que la Formation avait elle-même jugé nécessaire de garantir l'anonymat de potentielles victimes d'abus sexuels ainsi que des témoins éventuels de tels faits. Elle relève que, dans son courrier du 28 février 2022, le TAS a indiqué que la plateforme utilisée pour ses audiences par vidéoconférence ne disposait pas d'une option permettant la déformation de la voix et ne permettait dès lors pas de préserver l'anonymat des témoins protégés. C'est pourquoi, la Formation a fait savoir aux parties que, sauf objection de leur part d'ici au 7 mars 2022, ces personnes seraient auditionnées à distance, mais en Suisse, au moyen d'un téléphone muni d'un appareil permettant la distorsion de la voix, dans un lieu tenu secret en présence d'un collaborateur du TAS. La recourante souligne qu'elle s'est plainte, le 7 mars 2022, de ce que le système de vidéoconférence utilisé par le TAS ne permettait pas de garantir la protection des personnes appelées à témoigner, tout en mettant en avant le fait que certains témoins protégés ne pouvaient pas se rendre en Suisse en raison de circonstances indépendantes de leur volonté. L'intéressée expose que la forme arrêtée par la Formation pour l'audition des témoins protégés a eu pour effet de l'empêcher de faire entendre plusieurs personnes, et notamment la "victime C". Elle rappelle aussi qu'elle s'est plainte, une nouvelle fois, au début de l'audience tenue par la Formation, des conséquences de ce mode d'audition pour les victimes potentielles incapables de rejoindre le territoire helvétique. L'intéressée fait ainsi grief à la Formation de n'avoir pas donné suite à une offre de preuve régulièrement présentée, qui était manifestement pertinente pour le sort de la procédure arbitrale, puisque les déclarations de la "victime C" auraient permis de corroborer les indications figurant dans le rapport de la FIFPRO. Elle prétend, enfin, que la Formation aurait totalement fait fi de la proposition qu'elle avait faite tendant à ce que les témoins protégés qui ne pouvaient pas se rendre en Suisse puissent témoigner par écrit.