Citation: 1C_93/2015 E. 2.3

2.3. Ces objections ne sont pas propres à admettre l'existence d'un cas particulièrement important. Pour l'essentiel, le grief de fond des recourantes consiste à affirmer qu'il n'y aurait pas de lien démontré entre leurs comptes bancaires et les infractions, dans la mesure où leurs ayants droit ne sont pas visés par le volet jugé définitivement. L'arrêt attaqué rappelle les principes applicables à une remise de valeurs au sens de l'art. 74a EIMP. Il relève ensuite que selon le jugement de la Haute Cour de Taïwan, l'affaire "E.________" serait définitivement jugée; celle-ci porte sur des pots-de-vin reçus par l'ex-président, à hauteur de 200 millions de NT$, blanchis par des transferts à l'étranger et ayant abouti sur les comptes de la première, puis de la seconde recourante. Le jugement de la Cour suprême, traduit en anglais et en français pour les extraits pertinents, est sans ambiguïté sur ces points. La production d'un jugement dont l'authenticité ne saurait être remise en doute est suffisante au regard des exigences de l'art. 74a al. 3 EIMP. Les arguments relatifs à l'attestation d'entrée en force sont donc dénués de pertinence. La Cour des plaintes retient aussi que le cheminement des fonds est suffisamment établi; il ressort en effet tant du jugement de la Haute cour, confirmé sur ce point par la Cour suprême, que de l'exposé des faits figurant dans la demande d'entraide du 5 septembre 2013. Lorsque la question de l'origine criminelle des avoirs est ainsi résolue par un jugement étranger, celle-ci n'a plus à être revue dans le cadre de la procédure d'entraide judiciaire (ATF 131 II 169 consid. 6 p. 175 et les références citées). Cela répond à l'objection des recourantes selon lesquelles leurs ayants droit ne seraient pas directement les personnes condamnées sur ce point. Les recourantes, dont les ayants droit sont mis en cause dans la procédure étrangère, n'ont d'ailleurs pas invoqué la protection des tiers de bonne foi garantie à l'art. 74a al. 4 let. b EIMP. La Cour des plaintes s'en est tenue à la pratique constante relative à cette disposition et la présente cause ne soulève dès lors aucune question de principe.