Citation: 6B_1214/2022 E. 3.5

3.5. A cet égard, la cour cantonale a ajouté (cf. supra consid. 3.2) que le recourant n'avait pas obtenu l'asile, mais uniquement le statut de réfugié admis à titre provisoire en Suisse. Le recourant présentait une menace réelle pour la sécurité publique, au vu de la gravité des infractions commises et du risque de récidive - même moyen - existant, à dire d'experts, vis-à-vis d'actes de violence, ce d'autant plus qu'il n'avait toujours pas amorcé de véritable prise de conscience à ce sujet. Dans ces conditions, son statut de réfugié ne pouvait constituer un obstacle au prononcé de son expulsion. Eu égard au risque de traitements inhumains ou dégradants allégué en cas de retour en Turquie, le recourant n'avait pas rendu vraisemblable qu'un retour dans son pays le mettait concrètement en danger. Certes, il ressortait du dossier qu'il avait fui son pays, en raison d'actes de torture qu'il aurait subis du fait de son appartenance à un parti politique considéré comme terroriste par l'État turc. Cela étant, sa carte de parti datait de 2002 et l'intéressé indiquait ne plus être actif sur le plan politique depuis lors. Il ressortait du dossier que son arrestation en Turquie était liée à son activité politique et non à son appartenance kurde, en soi. Bon nombre des membres de sa famille, de même ethnie, vivaient en Turquie, sans que des violences actuelles à leur encontre ne furent alléguées. Les pièces produites par le recourant au sujet de la situation en Turquie ne remettaient pas en cause ces considérations. Au demeurant, elles faisaient état de violences dans le sud-est de la Turquie, région que le recourant pouvait éviter. Eu égard à l'ensemble des circonstances de la cause, il n'y avait pas de motifs sérieux et avérés de croire que le recourant courrait un risque réel d'être soumis à un traitement contraire à l'art. 3 CEDH en cas de renvoi dans son pays. Au surplus, au regard de la durée de la peine privative de liberté qui devait être exécutée par le recourant avant son expulsion, un risque actuel de mauvais traitement n'apparaissait pas concret, étant rappelé qu'il n'appartenait pas à la cour cantonale de préjuger de la situation politique et économique générale en Turquie au jour de la mise en oeuvre de l'expulsion (cf. arrêt attaqué, consid. 4.2.3 p. 41 s.).