Citation: 5C.140/2001 10.09.2001 E. 3

3.- a) Selon l'art. 273 CC, dans sa nouvelle teneur selon la loi fédérale du 26 juin 1998, en vigueur depuis le 1er janvier 2000 (RO 1999 1118 ss, spéc. 1142), le père ou la mère qui ne détient pas l'autorité parentale ou la garde ainsi que l'enfant mineur ont réciproquement le droit d'entretenir les relations personnelles indiquées par les circonstances (al. 1); lorsque l'exercice ou le défaut d'exercice de ce droit est préjudiciable à l'enfant, ou que d'autres motifs l'exigent, l'autorité tutélaire peut rappeler les père et mère, les parents nourriciers ou l'enfant à leurs devoirs et leur donner des instructions (al. 2); le père ou la mère peut exiger que son droit d'entretenir des relations personnelles avec l'enfant soit réglé (al. 3). Aux termes de l'art. 274 al. 2 CC, si les relations personnelles compromettent le développement de l'enfant, si les père et mère qui les entretiennent violent leurs obligations, s'ils ne se sont pas souciés sérieusement de l'enfant ou s'il existe d'autres justes motifs, le droit d'entretenir ces relations peut leur être refusé ou retiré. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, l'établissement d'un droit de visite surveillé, comme le refus ou le retrait du droit aux relations personnelles selon l'art. 274 al. 2 CC, nécessite des indices concrets de mise en danger du bien de l'enfant; il ne suffit pas que ce dernier risque abstraitement de subir une mauvaise influence pour qu'un droit de visite surveillé soit instauré (ATF 122 III 404 consid. 3c). b) En l'espèce, il est constant qu'aucun reproche ne peut être formulé à l'encontre du recourant, dont le droit au maintien de relations périodiques avec son fils n'est pas contesté par l'autorité cantonale (cf. consid. 2a supra). Toutefois, le fait que le recourant soit marié à la mère de l'enfant et qu'il fasse ménage commun avec elle n'est pas dénué de pertinence, contrairement à ce que soutient le recourant. En effet, B.________, au demeurant décrite comme brusque et inadéquate avec son enfant, est soupçonnée d'avoir administré à J.________ une substance qui pouvait mettre la vie de ce dernier en danger. Avant de disposer des conclusions de l'expertise en cours - et donc pour une période nécessairement transitoire, comme l'a souligné l'autorité cantonale (cf. consid. 2a supra) -, il convient ainsi d'éviter que la mère n'ait l'occasion d'avoir des contacts non surveillés avec son fils, ce que l'octroi au recourant d'un droit de visite non surveillé ne permettrait pas de garantir eu égard aux liens affectifs unissant le recourant et son épouse, qui font ménage commun. Dans de telles circonstances, la fixation d'un droit de visite surveillé apparaît conforme au droit fédéral. Quant à l'étendue temporelle de ce droit, elle doit également tenir compte des circonstances (art. 273 al. 1 CC). Or si la réglementation précédente du droit de visite du recourant lui permettait de voir son enfant pendant une à deux heures, non pas tous les jours, comme il l'affirme (cf. consid. 2b supra), mais trois fois par semaine, au foyer X.________, il faut tenir compte du fait que cette réglementation, appropriée tant que J.________ était dans un foyer, ne l'est plus depuis qu'il a été placé dans la famille Y.________, dont on ne peut exiger des déplacements incessants au Point de rencontre. Eu égard à la marge d'appréciation dont jouit l'autorité cantonale dans ce domaine (cf. ATF 127 III 295 consid. 4b in fine; 122 III 404 consid. 3d et les références citées), la nouvelle réglementation fixée toujours temporairement, qui permet au recourant de voir son fils moins souvent mais plus longuement, ne se révèle pas contraire au droit fédéral.