Citation: I 832/06 18.10.2007 E. 4

D'une manière générale, l'intéressé reproche à la juridiction cantonale d'avoir fondé son jugement sur le rapport du docteur E.________ dont il conteste la valeur probante. Il soutient en particulier que ce document est insuffisamment motivé sur certains points et contient des contradictions ou des éléments abscons qui auraient justifié son éloignement et la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise. 4.1 Dans la mesure où les griefs du recourant portent uniquement sur les faits retenus par les premiers juges sur la base du rapport d'expertise, il s'agit d'une question de fait que le Tribunal fédéral ne revoit qu'avec un pouvoir d'examen restreint (cf. ATF 132 V 393 consid. 3.2 p. 397 ss). 4.2 D'après l'intéressé, le document contesté ne permet pas de comprendre les motivations qui ont conduit son auteur à conclure à une capacité totale de travail avec baisse de rendement de 10 % ou celles qui justifient le classement du conflit sous acromial dans la catégorie des affections n'ayant pas d'influence sur la capacité de travail. Le rapport du docteur E.________ peut certes paraître brièvement motivé sur les points mentionnés. Cependant, la conclusion concernant la capacité de travail, qui est formulée à la fin de l'expertise sous forme de réponse isolée à une question de l'office intimé et chiffrée dans un document complémentaire, est à mettre en relation avec le reste du rapport. Celui-ci a été rédigé par un spécialiste dont le métier consiste notamment à utiliser son expérience pour déduire d'examens cliniques ou radiologiques, d'observations ou de documents médicaux, les interactions entre certains troubles de la santé et la capacité de travail. On ajoutera que la formation d'un médecin est suffisamment vaste pour qu'un somaticien puisse valablement faire état de constatations ou de réflexions sur la sphère psychique d'un assuré. En l'espèce, l'expert a entendu et ausculté le recourant, analysé les documents mis à sa disposition, puis succinctement mais clairement mentionné les limitations fonctionnelles découlant des affections diagnostiquées. Cela lui a permis de conclure à une légère baisse de rendement. Le simple fait que son raisonnement ne soit pas aussi nettement développé que le souhaiterait l'intéressé ne saurait rendre son travail improbant, d'autant plus qu'en l'occurrence son diagnostic est confirmé par les praticiens qui se sont exprimés avant lui et que ses conclusions correspondent à ce qui a pu être concrètement observé en cours de stage. Contrairement aux allégations du recourant, ce dernier élément ne doit pas être regardé comme une tentative des premiers juges pour combler l'absence de motivation de l'expertise, mais comme une confirmation de sa valeur. Il en va de même du conflit sous acromial qui n'a jamais été signalé par le médecin traitant, ni remarqué au cours du stage d'observation. Le docteur E.________ l'a qualifié de léger et a démontré cliniquement qu'il ne gênait en rien la mobilité des membres supérieurs. Cette affection, pour laquelle il n'existait aucune indication opératoire, était d'ailleurs traitée au moyen de médicaments et de séances de physiothérapie. 4.3 Il n'est pas contradictoire d'affirmer qu'un conflit sous acromial peut, généralement, se révéler gênant et, dans un cas particulier, le classer dans les affections n'ayant pas d'influence sur la capacité de travail. «Gênant» ne signifie en outre pas «invalidant». N'est pas plus contradictoire le fait de constater une «importante diminution des inclinaisons latérales, d'importantes douleurs allant des épineuses dorso-lombaires au sacrum, des douleurs de la musculature para-vertébrale» et d'en déduire une capacité de travail de 90 %. L'intéressé admet que la totalité de ses empêchements provient de la colonne vertébrale. Or, les diagnostics posés à ce sujet ne sont pas contestés, ni les limitations fonctionnelles en découlant (alternance des positions, limitation du port de charge). L'expert en a déduit une pleine capacité de travail avec baisse de rendement de 10 %. La motivation peut certes paraître succincte, mais elle existe et est parfaitement compréhensible. Comme cela a déjà été dit, elle correspond à ce qui a été observé lors des stages. On ajoutera que les douleurs sont des éléments subjectifs que l'on ne peut quantifier concrètement et qu'à cet égard les docteurs M.________, N.________ et G.________, consultés à l'instigation du médecin traitant, ont signalé des discordances entre l'intensité des plaintes, leur répercussion fonctionnelle et les lésions objectivées. Le raisonnement du docteur E.________ est dès lors parfaitement cohérent. 4.4 L'avis du docteur R.________, dont on rappellera qu'il doit être abordé avec précaution étant donné la relation de confiance qui l'unit à son patient, n'est pas à même de mettre en doute ce qui précède, ni de justifier la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise. En effet, son opinion est rarement motivée et s'exprime principalement sous forme de certificats médicaux qui se contentent d'énoncer des dates et un pourcentage d'incapacité. Contrairement à ce que prétend le recourant, le rapport du 24 août 2004 ne remplit pas les conditions jurisprudentielles mises à la reconnaissance d'une valeur probante aux rapports médicaux. On ignore tout de l'anamnèse, des résultats d'éventuels examens ou du raisonnement qui ont permis au médecin traitant d'aboutir aux conclusions qu'il présente. On notera de surcroît que ce dernier parle d'une capacité de travail de 50 % avec diminution de rendement de 25 % uniquement pour les semaines qui suivent le 17 août 2004 et dans l'ancien métier. Il affirme également que la capacité et le rendement ne rencontreraient probablement pas de diminution dans l'exercice d'une activité adaptée, ce qui rejoint l'avis du docteur E.________. Il n'existe donc aucune raison de mettre en oeuvre une expertise complémentaire. 4.5 L'argumentation de l'intéressé n'a ainsi fait apparaître aucune irrégularité dans la constatation des faits, de sorte que le recours est en tout point mal fondé.