Citation: 6B_48/2023 E. 1.2

1.2. La recourante soutient ne pas avoir causé le blocage de l'avenue de Rhodanie le 27 septembre 2019, dans la mesure où celle-ci était fermée à la circulation de 10h00 à 14h00 dans le cadre de la partie licite de la manifestation du même jour. Il ressort de l'état de fait cantonal, non contesté en ce point, que l'itinéraire autorisé pour le cortège était le suivant: " place de la Gare - avenue Fraisse - avenue de la Harpe - place de la Navigation - avenue de Rhodanie - avenue Dalcroze - bord du lac - esplanade des Cantons ". Quant au lieu où elle s'est assise pour pratiquer un sit-in, il était situé sur l'avenue de Rhodanie certes, mais à la hauteur de la " station E.________ ", soit plusieurs centaines de mètres après le croisement entre l'avenue de Rhodanie et l'avenue Dalcroze. Il résulte de ce qui précède que l'action à laquelle a participé la recourante ne se trouvait indubitablement plus sur le parcours autorisé de la manifestation. Pour autant, avec la recourante, il y a lieu de constater que la cour cantonale n'a pas déterminé si cette portion de l'avenue de Rhodanie a été fermée au trafic et, si oui, durant quelle période. Au regard du grief tiré d'une violation de l'interdiction de l'arbitraire soulevé par la recourante, ce manquement est toutefois sans conséquence. Pour cause, les actes qui lui sont reprochés se sont, à la rigueur de l'état de fait cantonal incontesté en ce point, déroulés de 11h50 à 16h15 (cf. supra consid. B.c.a). De ce qui précède et des déclarations de la recourante - selon lesquelles l'avenue de Rhodanie aurait été entièrement fermée à la circulation jusqu'à 14h00 en raison de la partie licite de la manifestation - il résulte que le blocage de la circulation sur l'axe précité est entièrement imputable à la recourante et aux autres manifestants de 14h00 à 16h15, à l'exclusion de la partie licite de la manifestation. En cela, on ne voit pas que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en jugeant que la recourante avait bloqué la circulation et causé la déviation du trafic des véhicules et des bus de la ligne n° 2. Par anticipation, il convient néanmoins de relever que cette distinction pourrait être pertinente au moment d'examiner si la recourante s'est rendue coupable d'entrave aux services d'intérêt général au sens de l'art. 239 CP. Pour cause, il est essentiel de déterminer si l'entrave est d'une intensité suffisante (arrêts 6B_935/2019 du 17 février 2020 consid. 2.2; 6B_1150/2015 du 30 août 2016 consid. 5.1; 6B_217/2012 du 20 juillet 2012 consid. 3.2, et les références). Or, la cour cantonale ne donne aucune précision quant à la durée de l'entrave, soit alternativement de 11h50 à 16h15 ou de 14h00 à 16h15, durée qui ne pourra être établie qu'après avoir déterminé si la partie de l'avenue occupée par la recourante et les autres manifestants était bien fermée au trafic de 10h00 à 14h00. Il incombera dès lors à la cour cantonale de compléter le jugement attaqué sur ce point (art. 112 al. 3 LTF).