Citation: 5A_126/2022 E. 1

B.b Suite à l'obstruction totale de A.________ à la mise en oeuvre de l'expertise ordonnée, le Tribunal a dû faire appel à la force publique pour la conduire auprès de l'expert désigné. L'expertise, rendue le 3 mars 2021, a été reçue le 19 mars suivant par le Tribunal. A réception de ce rapport, A.________ a adressé au Tribunal une liasse de documents divers ainsi qu'une prise de position, considérant que le rapport était constitutif des infractions de dénonciation calomnieuse, d'induction de la justice en erreur et de faux rapport " au sens des art. 303, 304 et 307 du Code pénal ". Par courrier du 21 avril 2021, le SPAd a indiqué que le rapport d'expertise corroborait la situation connue de lui et a informé le Tribunal avoir débuté, malgré l'opposition de la personne protégée, les démarches en vue d'une demande de prestations financières auprès de l'Hospice général visant le paiement de l'arriéré du loyer de son appartement. Le 29 avril 2021, la curatrice d'office a informé le Tribunal qu'elle n'avait pas d'observations personnelles à formuler et s'en est rapportée à justice, tout en relevant que A.________ avait souhaité adresser seule ses propres déterminations à la justice. B.c Le 1er juin 2021, le Tribunal a tenu une audience, lors de laquelle A.________ a exposé avoir reçu un avis d'expulsion de son logement pour défaut de paiement du loyer, ne pas avoir d'emploi, ne pas gagner sa vie, " avoir des projets ", notamment dans la musique, considérer que toutes ses factures étaient payées, hormis son assurance-maladie, et que sa vie avait été ruinée par la mesure prononcée et la procédure en cours. Elle a déclaré ne pas souhaiter rencontrer ses curateurs dans la mesure où ses droits constitutionnels auraient été violés et considérer être capable de se gérer et être " majeure et responsable ". Elle a déclaré enfin s'opposer à tout ce qui avait été décrit à propos de sa personnalité dans le rapport d'expertise, qu'elle a considéré comme " une aberration ". Quant au curateur, il a exposé avoir obtenu " aux forceps " l'assistance de l'Hospice général pour le paiement du loyer, de l'assurance-maladie et des Services Industriels de Genève (SIG), alors que ces postes étaient impayés depuis très longtemps et que les SIG menaçaient de lui couper l'électricité. Il a confirmé que A.________ ne souhaitait pas le rencontrer et qu'elle ne comprenait pas que cela était dans son intérêt. De même, la curatrice d'office de l'intéressée a exposé ne pas avoir pu rencontrer celle-ci récemment, dans la mesure où elle semblait avoir perdu toute confiance en elle. B.d Par ordonnance du 1er juin 2021, communiquée pour notification aux parties le 27 juillet 2021, le Tribunal a confirmé la curatelle de représentation et de gestion instituée par ordonnance du 8 juin 2020 en faveur de A.________ (ch. 1 du dispositif), confirmé aux fonctions de curateurs deux intervenants du SPAd (ch. 2) et confié à ceux-ci les tâches de représenter la personne concernée dans ses rapports avec les tiers, en particulier en matière d'affaires administratives et juridiques et de gérer ses revenus et ses biens, ainsi que d'administrer ses affaires courantes (ch. 3), les curateurs étant autorisés à prendre connaissance de la correspondance de la personne concernée et, si nécessaire, à pénétrer dans son logement (ch. 4). B.e Par acte déposé le 27 août 2021, A.________ a recouru contre l'ordonnance précitée et a conclu à son annulation. Elle a indiqué qu'elle n'avait " rien à faire sous curatelle et être en très bonne santé ", que la décision querellée représentait une atteinte à ses droits fondamentaux, et que l'expertise comme les divers actes d'instruction accomplis par le Tribunal de protection contenait des déclarations " criminelles " et " fallacieuses ". Elle a en outre mis en cause sa curatrice d'office, coupable selon elle de " graves manquements à son égard ". Elle a également produit un chargé de septante pièces à l'appui de son recours, d'ores et déjà contenues au dossier, et a indiqué que tant les curateurs que les psychologues, les psychiatres, les juges assesseurs et les magistrats se permettaient " d'abuser gravement de ses droits les plus fondamentaux ". Postérieurement à l'issue du délai de recours, la recourante a déposé six écritures comportant chacune de nombreuses pièces, dont d'anciens diplômes, des copies d'échanges de mails avec de nombreux tiers. Par décision du 18 janvier 2022, la Chambre de surveillance a rejeté le recours interjeté par A.________.