Citation: 8C_188/2023 E. 4.1

4.1. En l'espèce, les premiers juges ont tout d'abord souligné que le statut de chef d'équipe de l'intimé ne constituait indéniablement pas un fait nouveau au sens de l'art. 53 al. 1 LPGA. Ils ont ensuite examiné si la convention conclue entre l'intimé et son ancien employeur et valant jugement définitif pouvait être considérée comme un nouveau moyen de preuve, en vue d'établir la position de chef d'équipe de l'intimé. A cet égard, les points litigieux, à savoir le poste réellement occupé et le montant du salaire, avaient dû être soumis à un juge civil pour être définitivement attestés. En effet et toujours selon les juges cantonaux, l'entreprise contestait au départ que son employé eût assuré la fonction de chef d'équipe, avant de finalement admettre ce fait et de signer une transaction en ce sens - ayant les mêmes effets qu'un jugement civil (art. 208 al. 2 CPC) -, cela dans le but d'éviter une procédure qui aurait probablement abouti au même résultat. L'employeur était assisté d'une avocate qui avait pu évaluer avec lui les chances de succès dans la procédure civile avant de consentir à cette transaction. Le Tribunal cantonal a ainsi constaté que la convention n'était logiquement pas disponible au moment où la décision sur opposition du 12 mars 2021 était entrée en force. Sans elle, l'intimé n'avait pas été en mesure de prouver de manière vraisemblable qu'il avait travaillé en qualité de chef d'équipe pour le compte de son ancien employeur. Cette pièce portait de surplus sur un fait important précédemment allégué. Si ce dernier avait pu être démontré à l'époque, il aurait vraisemblablement conduit la CNA à constater la position de chef d'équipe de l'intimé de même qu'à retenir un salaire de référence plus élevé et, partant, à statuer autrement sur les points litigieux relatifs au montant des indemnités journalières et au droit à la rente d'invalidité. Enfin, la convention ne servait pas à la nouvelle appréciation d'un fait connu, mais bien à établir un fait objectif définitivement fixé, à savoir la qualité en laquelle l'intimé était employé et le salaire dévolu à cette tâche. A l'aune de ces éléments, l'instance précédente a jugé qu'il existait bien un nouveau moyen de preuve selon l'art. 53 al. 1 LPGA.