Citation: 6A.56/2003 06.10.2003 E. B

A.________ a changé à plusieurs reprises d'établissements pénitentiaires. Il a été transféré le 2 octobre 2001 aux Etablissements de la plaine d'Orbe (ci-après les EPO). Le 4 février 2002, il a été puni à cinq jours d'arrêts disciplinaires en raison d'une bagarre avec des codétenus. Suite à ces événements, les EPO se sont vus dans l'impossibilité de le réintégrer en régime de responsabilisation. L'intéressé a alors été transféré, le 26 mars 2002, au pénitencier de Pöschwies, à Regensdorf. Depuis le 4 février 2003, il est à nouveau détenu aux EPO. Le terme de sa peine est fixé au 23 août 2005. Les deux tiers de celles-ci ont été atteints le 3 juin 2003. B.a Dans son rapport du 4 mars 2003, la direction du pénitencier de Pöschwies relève que le détenu a fourni des prestations minimales, a eu plusieurs manquements, refusant notamment de travailler et s'est montré revendicatif, arrogant et impénitent. Sur le plan disciplinaire, la direction a été occupée à huit reprises par le détenu pour refus de travail, manquement à des ordres donnés par le personnel et perturbation d'un service religieux. Elle conclut que la conduite du détenu ne peut en aucun cas être qualifiée de bonne. B.b Dans son rapport du 6 mars 2003, la direction des EPO constate que le détenu s'entend bien avec son chef d'atelier, mais qu'il se rend au travail de manière irrégulière, soit environ un jour sur trois. Elle observe une péjoration de son état de santé, sa révolte contre les autorités suite à son transfert à Pöschwies et son sentiment de persécution. Elle relève qu'il est très difficile de communiquer avec lui et qu'il semble se situer en dehors de la réalité. Elle juge, malgré tout, son comportement général comme étant acceptable; il entretient de bons contacts; il reconnaît ses délits et les regrette; il projette de retourner vivre auprès de ses parents au Kosovo et de travailler dans l'exploitation familiale. Considérant que l'intéressé ne pourra pas accomplir de travail constructif d'ici à sa libération définitive, la direction préavise favorablement une libération conditionnelle pour autant que le détenu puisse être expulsé. B.c Dans son préavis du 14 mars 2003, le service pénitentiaire propose de refuser la libération conditionnelle à A.________. Il estime que l'intéressé est un homme froid, calculateur, sans scrupules ni états d'âme, qu'il est un récidiviste dont les infractions ont été en s'aggravant, qu'ayant déjà fait l'objet d'une révocation de libération conditionnelle, il devrait dès lors donner des garanties sérieuses quant à son comportement futur pour bénéficier de la confiance de l'autorité et qu'il représente un risque de récidive majeur. Le service s'écarte du préavis de la direction des EPO au motif que le retour de l'intéressé dans cet établissement est trop récent pour qu'elle puisse émettre un avis sur son évolution et que tout porte à croire qu'il ne se montre sous son bon jour que par intérêt. B.d Le membre visiteur de la Commission de libération constate que A.________ présente de sérieux troubles psychologiques et que cette situation ne lui permet pas de prendre conscience de ses actes et de s'inscrire dans l'introspection nécessaire. Le détenu est convaincu d'un complot et d'une profonde injustice dans le traitement de sa détention. Le membre visiteur explique que A.________ devrait bénéficier de soins médicaux mais refuse toute approche thérapeutique. Il estime que le pronostic est très sombre et que la situation peut aller en s'aggravant et se traduire par une agressivité constante. Il juge qu'en l'état la libération conditionnelle est impossible.