Citation: U 6/01 22.07.2002 E. 3

3.- Les premiers juges, se fondant pour l'essentiel sur l'expertise réalisée par le docteur R.________, ont considéré que le recourant ne présentait plus d'atteinte à la santé invalidante en relation de causalité naturelle avec l'accident subi le 10 août 1998. G.________ soutient en revanche avoir subi un traumatisme de type "coup du lapin" lors de cet événement et souffrir d'une incapacité de travail totale en raison des séquelles laissées par cette atteinte à la colonne cervicale. a) Au regard notamment des circonstances dans lesquelles s'est produit l'accident du 10 août 1998 et des douleurs dont fait état le recourant, il est possible que ce dernier ait été victime ce jour-là d'une distorsion des vertèbres cervicales et qu'il souffre depuis lors des conséquences de ce traumatisme. Cela étant, il convient de déterminer si ces faits doivent être tenus non seulement pour possibles, mais également pour probables. Sur ce point, les avis des médecins sont partagés. Alors que le docteur Q.________ atteste qu'un traumatisme de type "coup du lapin" s'est produit de manière certaine, les médecins du COMAI font état de syndrome douloureux chronique de la colonne vertébrale, à prédominance cervicale, de céphalées tensionnelles et de troubles du sommeil dus aux douleurs; ils ne retiennent qu'une suspicion de traumatisme d'accélération cranio-cervicale, dont ils ne font mention qu'à titre de diagnostic différentiel. Les autres médecins ayant examiné l'assuré n'ont pas évoqué un tel traumatisme. b) L'expertise réalisée par les médecins du COMAI revêt une pleine valeur probante, au regard des critères posés par la jurisprudence en la matière (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). Elle repose sur une analyse fouillée de l'ensemble des rapports médicaux figurant au dossier, sur une anamnèse complète et opère une distinction claire entre les déclarations de l'assuré, dûment prises en considération, et les constatations objectives des experts. En particulier, ces derniers ont retenu que les troubles de la concentration et de la mémoire allégués par l'assuré pourraient être expliqués par un traumatisme d'accélération cervicale, mais qu'ils n'avaient pas pu être objectivés lors de tests neuropsychologiques; ces examens n'ont pas révélé de difficultés à s'exprimer ou à effectuer des calculs mentaux, ni d'indices permettant de retenir une dépression. Il ressort par ailleurs des déclarations du recourant que c'est en raison de ses douleurs qu'il se réveille pendant la nuit, ce qui explique que les experts mandatés par l'assurance-invalidité n'aient pas posé le diagnostic d'insomnie post-traumatique, à l'instar du docteur Q.________. Au regard de ces constatations, il n'y a pas lieu de tenir pour établie l'existence d'un tableau clinique typique d'un traumatisme de type "coup du lapin". A cela s'ajoute qu'un tel traumatisme est en règle générale suivi de douleurs cervicales dans un délai relativement bref (cf. RAMA 2000 no U 359 p. 29 consid. 5d sv., 2000 no U 391 p. 307 consid. 2b, voir également les arrêts L. du 20 octobre 1993 [U 87/92] consid. 3, et K. du 7 décembre 1992 [U 88/90] consid. 3b, résumés dans RAMA 1995 p. 111 et 113), alors qu'en l'espèce, l'existence de plaintes relatives à des cervicalgies n'est mentionnée dans un rapport médical, pour la première fois, qu'en décembre 1998, par le docteur V.________. Ce praticien a néanmoins constaté que la mobilité de la colonne cervicale était alors satisfaisante et indolore (rapport du 17 décembre 1998, p. 4). Pour sa part, la doctoresse Z.________ a fait état, le jour même de l'accident, d'un hématome et d'une tuméfaction de la colonne thoracique, ainsi que de douleurs à la hanche et à l'épaule droites. Deux semaines plus tard, le docteur Y.________ a été consulté en raison de douleurs antérieures et au V deltoïdien. Enfin, le docteur X.________ a exposé que l'assuré l'avait d'abord consulté, en novembre 1998, pour des douleurs dans les épaules et le dos, et ne lui avait fait part de cervicalgies qu'au début de l'année 1999 (lettre du 9 décembre 1999 à la Winterthur). Ces rapports médicaux sont autant d'éléments qui confirment la caractère probant de l'expertise du COMAI. Dans ces conditions, l'expertise du docteur Q.________ n'est pas propre à mettre sérieusement en doute les conclusions des experts du COMAI. Certes, elle repose sur une analyse fouillée des circonstances de l'accident mais celles-ci ne sauraient toutefois, à elles seules, conduire à admettre que l'hypothèse d'un traumatisme d'accélération cervicale est la plus vraisemblable. Or, comme on l'a vu, cette hypothèse n'est corroborée ni par les premiers examens médicaux effectués après l'accident ni par le tableau clinique constaté ultérieurement, en particulier sur le plan neurologique, par l'ensemble des autres médecins ayant examiné l'assuré. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le recourant, le rapport du 2 février 2000 du docteur P.________ ne permet pas davantage de retenir l'existence d'atteintes à la santé consécutives une distorsion des vertèbres cervicales : de telles atteintes sont tenues pour possibles, mais peu vraisemblables par le médecin-conseil de l'intimée.