Citation: 1B_158/2015 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le Ministère public n'a pas participé à l'audience du Tmc, qui a rendu sa décision à 11h41. Il a bien déposé son recours dans les trois heures prescrites par la jurisprudence. En revanche, il n'a pas annoncé immédiatement son intention de recourir au Tmc. Il a fait part de cette intention à la prison, par un e-mail envoyé à 12h31. Selon la cour cantonale - qui avait retenu que le Ministère public n'avait été informé de la décision de libération que par l'e-mail adressé par la prison à 12h14 -, ce mode opératoire pouvait valablement valoir annonce de recours, l'essentiel étant que le prévenu soit concrètement informé, but qui avait été atteint en l'occurrence. Le Ministère public a annoncé son intention de recourir 50 minutes après que le Tmc avait rendu son ordonnance. Dans la mesure où le Ministère public ne peut se prévaloir d'une information de la décision par voie téléphonique et, par extension, électronique, l'heure à laquelle la décision du Tmc lui parvient ne devrait pas être décisive. Conformément à la jurisprudence exposée ci-dessus, si une organisation particulière est prévue entre les autorités concernées pour la transmission des décisions prises par le Tmc, il appartient tout de même au Ministère public - dont la participation à l'audience du Tmc est la règle sauf "motifs valables" (art. 225 al. 1 et 3 CPP) - de prendre les précautions nécessaires pour qu'il puisse avoir connaissance immédiatement de la décision afin, cas échéant, de manifester immédiatement aussi son intention de recourir. Vu la restriction à la liberté personnelle que cette procédure implique, le déroulement de la mise en détention ou de la prolongation de la détention est empreint d'un grand formalisme. Il ne revient ainsi pas au prévenu de pâtir d'un manque éventuel de communication entre autorités de poursuite pénale. L'impératif d'une annonce immédiate de l'intention de recourir n'a en conséquence ici pas été respecté. L'obligation faite au Ministère public d'annoncer son intention de recourir est justifiée par la précarité du prolongement de la détention en présence d'une décision de libération. C'est en effet en vertu du droit du prévenu à une libération immédiate au sens de l'art. 226 al. 5 CPP que la jurisprudence a constaté qu'une telle annonce s'imposait (ATF 138 IV 92 consid. 3.3 p. 97). Aussi, avec la cour cantonale, y a-t-il lieu d'admettre que le principal intéressé par cette annonce est le prévenu, respectivement l'institution au sein de laquelle il est incarcéré. Cela étant, il est essentiel que le Tmc soit également informé de l'intention de recourir du Ministère public, pour qu'il puisse utilement avertir l'instance de recours (qui doit elle-même s'organiser en vue des mesures provisionnelles à prendre) et lui transmettre le dossier. Il n'est donc pas admissible de cautionner un canal d'information informel et incomplet de l'annonce de recours.