Citation: 1B_426/2022 E. 1.3

1.3. En l'occurrence, la demande de tri du Ministère public fondée sur l'art. 271 CPP (janvier 2022) est ultérieure à la communication de la mesure secrète au sens de l'art. 279 CPP (décembre 2021). Elle est également postérieure à la requête de mise sous scellés formée par les recourants (décembre 2021). La question de savoir si une procédure au sens de l'art. 271 CPP entrait encore en considération à ce stade de la procédure peut donc se poser. Peu importe cependant, dès lors que personne ne conteste la procédure suivie et que, sous l'angle de la recevabilité d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral en lien avec ces problématiques (tri ou procédure de levée des scellés), il appartient en tout état de cause aux recourants de rendre vraisemblable l'existence d'éléments protégés par un secret professionnel. Or, dans le cas d'espèce, il est incontesté qu'il n'existe aucun fichier audio et que seules des images vidéos constituent le résultat de la surveillance; l'éventuelle violation d'un secret professionnel semble d'ores et déjà très limitée. De plus, les recourants ont eu accès à l'intégralité de ces images dès le 17 mars 2022. Malgré une telle connaissance, ils ne font pas état dans leur recours au Tribunal fédéral - y compris au demeurant sur le fond - de séquences qui viendraient apporter le début d'une démonstration de leurs allégations quant à la présence d'éléments protégés par un secret professionnel sur les images de surveillance. En particulier, les avocats constitués dans la présente cause - l'auraient-ils déjà été durant la période de la surveillance encore litigieuse à la suite de l'arrêt ACPR4_2022 (du 17 novembre 2017 au 13 avril 2018) - auraient pu aisément indiquer les dates de leurs déplacements professionnels à la résidence des recourants durant cette période, ce qu'ils ne font pas. Quant aux autres avocats éventuellement concernés - seraient-ils reconnaissables en tant que tels par les autorités en l'absence de toute indication temporelle, nominative et/ou descriptive -, seule l'activité typique de cette profession est protégée par leur secret professionnel (ATF 143 IV 462 consid. 2.2 et 2.3 p. 467 ss; arrêt 1B_138/2022 du 25 mars 2022 consid. 4.4.2; HANSJAKOB/PAJAROLA, op. cit., n°14 ad art. 271 CPP; MÉTILLE, op. cit., no 4 ad art. 271 CPP); or, une éventuelle visite au domicile privé des recourants ne suffit pas à établir l'existence d'un mandat, a fortiori la nature de celui-ci. Ce lieu ne permet pas non plus de considérer, sans la moindre indication - en particulier chronologique -, que les visiteurs éventuellement reçus l'auraient été en lien avec des activités bancaires. Vu leur demande de mise sous scellés, leurs requêtes visant à participer activement à la procédure de tri et l'accès obtenu aux images de la surveillance, les recourants, assistés par plusieurs mandataires professionnels, ne sauraient en outre de bonne foi soutenir qu'ils n'avaient dans le présent cas aucun devoir de collaboration ou de motivation, constatation qui vaut au demeurant tant pour le stade de la recevabilité que sur le fond de la cause. Au regard de ces éléments, les recourants ne rendent ainsi pas vraisemblable, au stade de la recevabilité et sur le fond de la cause, l'existence de secrets protégés par la loi. Le visionnement des images issues de la surveillance secrète par les autorités pénales ne saurait donc constituer une atteinte à l'un ou l'autre de ces secrets. Partant, le recours est irrecevable, faute de motivation (cf. art. 42 al. 2 LTF).