Citation: 6B_991/2016 E. 2.2.3

2.2.3. La cour cantonale a par ailleurs considéré qu'elle n'avait pas à entrer en matière sur le recours dans la mesure où la recourante avait, dans son mémoire du 15 avril 2016, critiqué le résumé de ses observations et réquisitions de preuves du 14 septembre 2015 compris dans l'ordonnance de classement, en exposant les considérants de cette décision puis en reproduisant, par des photocopies intégrées dans son écriture, des dizaines de pages de son mémoire de prochaine clôture. Elle n'avait pas à examiner des griefs qui n'étaient pas dirigés contre la décision attaquée. L'autorité précédente a en outre précisé que le ministère public avait procédé à son résumé d'une manière qui échappait à la critique et que que cette manière de faire ne l'empêchait pas d'examiner - avec un plein pouvoir d'examen - tout grief soulevé par la recourante contre le refus de ses réquisitions de preuves. En l'occurrence, la cour cantonale a estimé à bon droit que les passages du mémoire de recours concernés ne répondaient pas aux exigences de l'art. 385 al. 1 CPP. En effet, aux pages 19 à 106 de son mémoire de recours du 15 avril 2016, la recourante a opposé les résumés opérés par le ministère public dans son ordonnance de classement à une photocopie de son mémoire de prochaine clôture. Elle s'est contentée d'indiquer que ces résumés constituaient une "description fausse ou inexacte" de ses observations et requêtes de preuves, sans préciser quels éléments étaient contestés. Elle n'a pas davantage indiqué dans quelle mesure une éventuelle erreur ou imprécision dans la description de ses observations et requêtes de preuves aurait dû commander une autre décision. La recourante n'a ainsi pas motivé les griefs en question conformément à l'art. 385 al. 1 let. b CPP. La cour cantonale pouvait en conséquence se borner à vérifier - comme elle l'a fait - si une réquisition de preuve avait été rejetée à tort par le ministère public, en se dispensant par ailleurs de rechercher si celui-ci avait pu trahir le sens d'une observation de la recourante en comparant la décision attaquée aux photocopies intégrées dans le mémoire du 15 avril 2016. Elle n'a nullement fait preuve d'un formalisme excessif en refusant d'entrer en matière sur les griefs insuffisamment motivés de la recourante, dès lors qu'il ne lui incombait pas de déceler - sans que l'intéressée ne les lui indiquât - d'éventuelles erreurs ou imprécisions dans la formulation de la décision de première instance. Enfin, il convient de relever que la recourante, qui était assistée d'un avocat dans la procédure de recours cantonale, connaissait les exigences de forme découlant de l'art. 385 al. 1 CPP, de sorte que l'autorité précédente n'avait pas à lui renvoyer son mémoire, conformément à l'al. 2 de cette disposition, avant de rendre sa décision.