Citation: 1P.447/2000 29.09.2000 E. 2

2.- Le recourant voit une violation de son droit d'être entendu dans le refus non motivé de donner suite à sa requête d'expertise. Il ne se plaint pas à ce propos de la violation d'une norme du droit cantonal de procédure, de sorte que le mérite de son grief doit être examiné au regard de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). a) Les parties à une procédure judiciaire ou administrative ont le droit d'être entendues en vertu de l'art. 29 al. 1 Cst. Cela inclut le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à leur détriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (cf. , pour la jurisprudence rendue en application de l'art. 4 aCst. , ATF 124 I 49 consid. 3a p. 51, 241 consid. 2 p. 242; 124 V 90 consid. 4a p. 93, 180 consid. 1a p. 181, 372 consid. 3b p. 375 et les arrêts cités). Le droit de faire administrer des preuves suppose que le fait à prouver soit pertinent, que le moyen de preuve proposé soit nécessaire pour constater ce fait et que la demande soit présentée selon les formes et délais prescrits par le droit cantonal. Par ailleurs, cette garantie constitutionnelle n'empêche pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242; 122 II 464 consid. 4a p. 469 et les arrêts cités). La jurisprudence du Tribunal fédéral a également déduit du droit d'être entendu l'obligation pour le juge de motiver ses décisions afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient. Pour satisfaire cette exigence, il suffit que le juge mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102; 125 II 369 consid. 2c p. 372; 124 II 146 consid. 2a p. 149; 124 V 180 consid. 1a p. 181; 123 I 31 consid. 2c p. 34). b) En l'occurrence, la Chambre pénale a rejeté la requête de nouvelle expertise formulée par X.________ car elle avait été présentée hors délai. Même en l'absence de toute référence à une disposition légale ou à la décision prise à ce propos le 26 novembre 1999, cette motivation était suffisante pour que le recourant puisse comprendre les raisons pour lesquelles la cour cantonale avait écarté sa requête et l'attaquer en conséquence, ce qui suffit à respecter les exigences de l'art. 29 al. 2 Cst. Par ailleurs, cette motivation résiste au grief d'arbitraire. A l'issue de l'audience des débats du 26 novembre 1999, l'autorité intimée a imparti un délai de dix jours aux parties dès la notification de l'appel joint du Procureur général pour faire valoir leurs éventuels moyens de preuve. Elle a prolongé ce délai au 17 décembre 1999 à la requête du prévenu, qui indiquait attendre l'avis d'un expert privé sur les constatations et les déductions faites par l'IML dans cette affaire. X.________ n'a toutefois pas produit le document auquel il faisait allusion dans ce délai, pas plus qu'il n'a sollicité la prolongation de celui-ci, comme il aurait pu et dû le faire selon l'art. 75 al. 1 du Code de procédure pénale bernois (CPP bern.). Il a au contraire formulé sa requête d'expertise le 10 janvier 2000, soit deux jours avant l'audience de débats. Dans ces conditions et en l'absence d'un droit inconditionnel à une surexpertise découlant de l'art. 141 OAC ou du droit de procédure cantonal (cf. ATF 103 IV 270 consid. 2a p. 272; art. 135 CPP bern.), la cour cantonale n'a pas violé le droit d'être entendu du recourant en considérant que la requête de nouvelle expertise avait été présentée hors délai et en refusant d'y donner suite pour ce motif.