Citation: I 325/00 29.12.2000 E. 3

3.- a) L'octroi par l'office intimé d'une rente entière d'invalidité au recourant est fondé sur les conclusions des médecins des Institutions psychiatriques du Valais romand (IPVR; rapport du 10 décembre 1997) et du docteur D.________ (rapport du 1er septembre 1998). Ces médecins ont fait état d'une incapacité de travail entière depuis 1991. De son côté, le docteur P.________ - à qui l'administration avait confié une expertise lors de l'instruction de la première demande de prestation - a nié l'existence de toute incapacité de travail imputable à un état psychique maladif, l'assuré présentant exclusivement des troubles de l'adaptation avec humeur dépressive et somatisation, en relation avec une fixation sur la rente (rapport du 22 août 1994). b) En présence d'avis médicaux contradictoires, le juge doit apprécier l'ensemble des preuves à disposition et indiquer les motifs pour lesquels il se fonde sur une appréciation plutôt que sur une autre. En ce qui concerne la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude approfondie, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description des interférences médicales et l'analyse de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motivées (ATF 122 V 160 consid. 1c et les références; VSI 2000 p. 154 consid. 2c). c) En l'espèce, les avis médicaux selon lesquels l'incapacité de travail du recourant est entière depuis 1991 ne sauraient emporter la conviction. En effet, à l'appui de leurs conclusions, les médecins de l'IPVR se contentent d'invoquer "l'évolution chronique de ce cas, le patient n'ayant pas repris le travail depuis 1991" (rapport du 10 décembre 1997), motivation qui ne saurait satisfaire aux exigences posées par la jurisprudence ci-dessus exposée. Quant au docteur D.________, il a examiné le recourant bien après le moment auquel il fait remonter l'apparition de l'incapacité de travail imputable à un état psychique maladif. Mais surtout, bien qu'il soit en contradiction sur ce point avec les conclusions du docteur P.________, les objections qu'il soulève à l'encontre du point de vue de ce dernier ne sont pas de nature à les remettre en cause. En particulier, le grief fondé sur les origines de l'expert (serbe) et du recourant (albanais) ne saurait être considéré comme un indice concret permettant de douter du bien-fondé des conclusions du docteur P.________. Par ailleurs, le rapport de ce dernier repose sur des observations approfondies - ce que reconnaît d'ailleurs le docteur D.________ - et contient les éléments permettant de conclure, au moment de la mise en oeuvre de l'expertise, à l'existence d'une évolution de caractère sinistrosique. Vu ce qui précède, le recourant ne subissait pas, au mois d'août 1994, une incapacité de travail imputable à un état psychique maladif pouvant entraîner une invalidité au sens de l'art. 4 LAI.