Citation: 2C_98/2023 E. 6.6

6.6. Contrairement à ce que soutient la recourante, on ne saurait considérer qu'elle se trouve dans une relation étroite et spéciale avec l'objet du litige. Tout d'abord, l'intéressée ne peut être suivie, lorsqu'elle affirme que la réglementation en cause instaure des objectifs de politique économique, au motif qu'elle prescrit le libre choix de l'entreprise de pompes funèbres (art. 79 al. 2 RDSPF/VD) et impose certaines règles, c'est-à-dire qu'elle interdit de solliciter la clientèle sur la voie publique, de chercher à influencer le personnel d'un établissement sanitaire ou d'une commune en vue d'obtenir des avantages (art. 79 al. 1 RDSPF/VD), ainsi que de faire appel à certains procédés publicitaires (art. 81 al. 2 RDSPF/VD). Ces dispositions ne font qu'instaurer un cadre à l'exercice de l'activité des pompes funèbres. Celle-ci s'exerce dans des conditions particulières qui nécessitent que les entreprises offrent des garanties dans leur façon de procéder vis-à-vis des clients. Dans ces circonstances, la réglementation de cette activité doit tenir compte des exigences se rapportant notamment à un but d'intérêt public et à l'éthique. Elle n'implique pas que toute entreprise qui dénonce un manquement d'un concurrent à l'autorité possède, en raison des seuls objectifs de la législation, un lien spécifique avec la procédure découlant de la dénonciation. En outre, le rapport entre les concurrents de cette branche d'activité ne peut être qualifié d'étroit. Il s'agit d'une concurrence ordinaire entre les différents acteurs d'un même marché. Cette position de concurrence ordinaire ne saurait conférer un lien spécial avec l'objet de la contestation portant sur la vérification du respect de la loi par un concurrent. A cet égard, la jurisprudence citée par la recourante, où la qualité pour recourir a été reconnue à des concurrents (ATF 141 II 262 consid. 3.2; 98 Ib 226 consid. 2; arrêt 2C_1024/2016 du 23 février 2018, etc.), ne saurait s'appliquer in casu: il s'agissait en effet de procédures en matière d'autorisation (d'exploiter ou autre) ou d'avantages accordés dans des situations particulières, tels que les cartels, et pas de procédure disciplinaire en lien avec des manquements aux devoirs de la profession, tels qu'ils sont définis par le droit cantonal. L'intéressée se prévaut, plus particulièrement, de deux arrêts du Tribunal fédéral dans lequel le dénonciateur possédait la qualité de partie (ATF 142 II 80 consid. 1.4) respectivement un intérêt digne de protection quant à l'issue de la procédure (arrêt 2C_214/2018 du 7 décembre 2018). Toutefois, à nouveau, ces deux arrêts ne concernaient pas une procédure disciplinaire (décision susceptible de remettre en cause la réglementation de la profession de pharmacien pour le premier; procédure, initiée par le voisin d'un établissement public, destinée à faire cesser des nuisances pour le second). Partant, ils ne sont pas pertinents pour la présente cause et l'intéressée ne peut rien en tirer.