Citation: 1A.8/2000 10.03.2000 E. 1

qu'il appartenait à la recourante d'exiger une décision for- melle, si elle entendait se prévaloir d'une discrimination à l'embauche et exiger une indemnité pour ce motif. Cette con- sidération ne viole en rien le droit fédéral. b) L'art. 13 al. 2 LEg prévoit qu'en cas de discri- mination lors de la création des rapports de travail, les personnes dont la candidature n'a pas été retenue peuvent faire valoir leur droit à l'indemnité en recourant directe- ment contre la décision de refus d'embauche, sans avoir à faire constater préalablement la discrimination invoquée, ( Bigler-Eggenberger/Kaufmann, op. cit. n° 40 p. 288). S'agis- sant du personnel de l'administration cantonale, le candidat évincé doit utiliser les moyens de droit disponibles, en re- courant soit à l'autorité administrative, soit à l'autorité judiciaire désignée par le droit cantonal (op. cit. p. 286). L'art. 8 LEg, applicable aux rapports de droit privé, prévoit un délai de péremption de trois mois dès la communication du refus d'embauche. En l'absence de réponse de l'employeur, le candidat doit agir sans tarder, car une demande formée lar- gement au-delà du délai pendant lequel le candidat peut s'at- tendre à une réponse positive, peut être tenue pour abusive ( Cossali Sauvain, op. cit. p. 16). Pour les rapports de droit public, l'art. 13 al. 2 LEg ne prévoit pas de délai de péremption de trois mois. Un tel délai n'aurait pas de sens, dès lors que l'intéressé doit agir par la voie du recours contre une décision, dans les dé- lais impartis à cet effet. On ne saurait donc affirmer, comme le font les recourants, que la prétention peut être exercée en tout temps. La sécurité du droit exige, ici aussi, que l'intéressé ne tarde pas à agir après avoir eu connaissance du refus d'embauche. Comme pour les rapports de droit privé, le candidat évincé qui n'obtient pas de réponse doit agir sans tarder, en exigeant le cas échéant une décision for- melle. Comme le relève la cour cantonale, l'intéressée a parfaitement compris le sens de la communication du 27 avril 1998 écartant sa candidature. Cette communication ne revêtait pas de caractère décisionnel, le droit cantonal ne prévoyant pas la notification d'une décision aux personnes dont la can- didature est écartée. La recourante qui s'estimait victime d'une discrimination pouvait toutefois, en s'entourant au besoin des conseils nécessaires, exiger une décision formelle (FF 1993 I 1227) contre laquelle elle aurait pu recourir. Sur ce point également, le Tribunal administratif pouvait consi- dérer que la demande, formée quelque huit mois après le refus d'embauche, était tardive.