Citation: 1B_39/2007 23.03.2007 E. 1

Par ailleurs, il ressort du dossier que le recourant n'a pas pris conscience de la gravité des faits qu'on lui reproche. Il semble en effet trouver normal que son épouse se soit régulièrement soumise à lui sexuellement sans en avoir envie et "pour la paix du ménage". Un témoin a aussi exposé que le recourant n'arrivait pas à comprendre qu'on puisse être séparé de sa femme et conserver de bonnes relations sans avoir de rapports sexuels avec elle. Les déclarations du recourant révèlent en outre assez clairement un caractère jaloux et possessif, l'intéressé s'estimant en droit d'exercer un contrôle presque absolu sur la vie de son épouse. Il convient également de relever que le recourant serait peu entouré à sa sortie de prison: il est en effet sous le coup d'une décision judiciaire lui ordonnant de quitter le domicile conjugal, il n'a que peu de contacts avec sa famille et des relations sociales très réduites. Enfin, le recourant a déclaré à plusieurs reprises qu'il éprouvait des regrets pour ses enfants mais pas pour sa femme. Dans ces circonstances, il n'est pas exclu qu'il tente à nouveau d'entretenir des relations intimes avec son épouse sans se préoccuper de son consentement ou qu'il s'en prenne physiquement à elle. Ainsi, bien que l'on ne puisse se fonder que sur quelques déclarations, il y a lieu de considérer que c'est à juste titre que l'autorité intimée a retenu l'existence d'un risque de récidive, compte tenu du fait que le danger encouru par la victime potentielle apparaît en l'état comme relativement important. Le caractère impulsif et rancunier de l'intéressé, sa vie sociale réduite et le fait qu'il ne semble pas encore comprendre la situation font craindre que la décision de mesures protectrices de l'union conjugale ne suffise pas à parer ce risque. 5.3 Cela étant, le juge de la détention ne peut pas se borner à attendre le dépôt du rapport d'expertise - prévu en principe pour la fin du mois de mai - pour réexaminer la question du risque de réitération. On ne saurait en effet soumettre totalement la mise en liberté du prévenu aux contingences liées à l'administration d'une expertise psychiatrique. Dès lors, si les autorités cantonales entendent se fonder sur l'avis de l'expert-psychiatre pour évaluer cette question, il leur appartiendra de l'interpeller pour qu'il se prononce dans les meilleurs délais, le cas échéant en rendant des conclusions provisoires portant sur la dangerosité du recourant. Enfin, sur le vu des éléments qui fondent le risque de réitération et compte tenu du fait que le juge civil a interdit au recourant de revenir au logement familial et de s'approcher de son épouse, il se justifie de se monter particulièrement attentif à l'évolution de la situation, la détention préventive étant une atteinte grave à la liberté personnelle.