Citation: I 474/04 04.05.2005 E. 4

Les griefs soulevés par le recourant ne font pas apparaître d'indices concrets permettant de remettre en cause le point de vue retenu par les premiers juges. 4.1 Ainsi, le rapport d'expertise remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document. Il se fonde sur des examens complets (examen clinique du docteur B.________, expertise psychiatrique du docteur F.________) et prend en considération les plaintes exprimées par l'intéressé. Il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, du dossier médical, ainsi que du contexte psychosocial dans lequel évoluait le recourant. Les points litigieux ont fait l'objet d'une étude circonstanciée. La description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et les conclusions des experts sont dûment motivées. On ajoutera par ailleurs que, selon la jurisprudence, une expertise médicale établie sur la base d'un dossier a valeur probante pour autant que celui-ci contienne suffisamment d'appréciations médicales qui, elles, se fondent sur un examen personnel de l'assuré (RAMA 2001 n° U 438 p. 346 consid. 3d). 4.2 Au regard des nombreuses pièces médicales versées au dossier, il n'y a pas de raisons de s'écarter de l'appréciation des médecins de la Clinique X.________, selon laquelle le recourant ne présente aucune atteinte significative à la santé physique. Elle corrobore en effet les constatations des différents médecins qui ont examiné l'intéressé en cours de procédure (voir en particulier les rapports du 27 décembre 1999 du docteur A.________, des 29 février et 10 novembre 2000 du docteur P.________, du 19 mars 2001 du docteur N.________, du 15 mai 2001 du docteur D.________, ainsi que le rapport du docteur S.________, établi à l'intention de la Winterthur Assurances, assureur perte de gain, non produit en instance, mais résumé dans le rapport d'expertise de la Clinique X.________). Les docteurs D.________ et S.________ ont conclu tous deux à une capacité résiduelle de travail de 50 %. A l'appui de ses conclusions, le docteur S.________ a cependant indiqué que son appréciation représentait « un compromis équitable » qui se basait essentiellement sur les plaintes subjectives du recourant; or, les simples plaintes subjectives d'un assuré ne sauraient suffire à justifier une invalidité (entière ou partielle). Quant à l'opinion du docteur D.________, elle est insuffisamment motivée au regard du modeste trouble statique que ce médecin a constaté. 4.3 Si les médecins précités n'ont pas relevé de composante organique significative aux douleurs du recourant, ils ont été unanimes à souligner le rôle non négligeable joué par différents éléments d'ordre psychologique et le contexte psychosocial difficile dans lequel évoluait le recourant. A cet égard, le dossier contient deux rapports psychiatriques. Le docteur F.________, expert de la Clinique X.________, a diagnostiqué chez le recourant un trouble dépressif majeur (degré léger), se situant au seuil inférieur du diagnostic, ainsi que des traits paranoïaques, à classer dans le groupe résiduel du trouble de la personnalité NS (non spécifié). Ces troubles n'avaient cependant pas de caractère invalidant chez un sujet très peu symptomatique et continuant de garder une activité professionnelle significative, qu'il n'admettait nullement limitée par des motifs psychologiques (rapport du 21 mai 2002). La doctoresse T.________, laquelle a été mandatée par la Winterthur Assurances, a, pour sa part, estimé que le recourant présentait une capacité de travail diminuée de 50 % en raison d'une anxiété généralisée, d'un épisode dépressif léger et d'une personnalité limite, à traits paranoïaques et caractériels (rapport d'expertise du 13 avril 2002). Cette seconde analyse n'est toutefois pas convaincante. Le docteur F.________ a en effet expliqué de manière circonstanciée, en s'appuyant sur les critères d'un système de classification reconnu (CIM-10), les raisons pour lesquelles on ne pouvait retenir les diagnostics posés par la doctoresse T.________. De plus, l'opinion de cette dernière est en contradiction avec les déclarations du recourant au docteur F.________, selon lesquelles il se sentait, depuis le printemps 2001, en rémission complète et récusait toute difficulté d'ordre psychologique. 4.4 En l'absence d'un substrat médical pertinent (tant physique que psychique), entravant la capacité de travail (et de gain) de manière importante, on ne saurait considérer les douleurs ressenties par le recourant comme une atteinte à la santé à caractère invalidant (ATF 130 V 353 consid. 2.2.2 in fine). Comme l'ont relevé les deux experts psychiatres, l'exacerbation des douleurs lombaires à l'origine de la demande de prestations de l'assurance-invalidité semble bien plutôt trouver son explication dans le contexte psychosocial difficile dans lequel a dû évoluer le recourant dans le cadre d'importantes difficultés conjugales, lesquelles ont provoqué une modification du seuil de tolérance à la douleur. Or, là où l'expert ne révèle pour l'essentiel que des éléments qui trouvent leur explication et leur source dans le champs socioculturel ou psychosocial, on ne saurait parler d'atteintes à la santé à caractère invalidant (ATF 127 V 299 consid. 5a in fine). 4.5 C'est dès lors à juste titre que les premiers juges ont nié le droit du recourant à des prestations de l'assurance-invalidité.