Citation: 4A_225/2016 E. A

La société A.________ SA (ci-après: A.________) cherche à développer un luxueux complexe touristique, devisé à quelque 650'000'000 fr., au lieu-dit..., sur la commune de V.________ dans laquelle elle a son siège social. Le 23 avril 2013, alors que A.________ rencontrait des difficultés à obtenir le financement nécessaire à la poursuite du projet, l'établissement liechtensteinois X.________ (ci-après: X.________) son actionnaire majoritaire, a conclu avec la société Z.________ Limited (ci-après: Z.________), dont le siège est à Nicosie (Chypre), un contrat, soumis au droit suisse, par lequel il a cédé à cette dernière la totalité des actions de A.________ détenues par lui et s'est engagé à favoriser l'acquisition par la société chypriote du solde des actions de la société suisse, de même qu'à lui transférer, après les avoir rachetés, des prêts dont A.________ avait bénéficié de la part d'actionnaires. A la même date, X.________ et Z.________, en tant que depositors, d'une part, et Y.________ Inc. (ci-après: Y.________), société domiciliée aux Iles Marshall, en qualité d' escrow agent, d'autre part, ont signé un contrat d'entiercement, intitulé " escrow agreement ", fixant notamment les conditions auxquelles Y.________ pourrait libérer en faveur de X.________ les fonds que Z.________ lui remettrait en dépôt conformément au contrat de vente des actions de A.________. Le 23 avril 2013 toujours, Z.________ a versé la somme de 25'000'000 fr. sur un compte bancaire de Y.________, laquelle a transféré ultérieurement cet argent sur un compte ouvert auprès de W.________ Bank Ltd (ci-après: W.________). Le 7 mai 2013, Y.________ a versé un montant de 18'000'000 fr. à X.________. Les 7'000'000 fr. conservés sur le compte en question étaient censés garantir d'autres versements auxquels l'établissement liechtensteinois pourrait prétendre en cas de réalisation de certaines conditions. Selon l'une d'elles, X.________ pourrait exiger la somme de 1'500'000 fr. s'il obtenait la cession d'un prêt d'actionnaire (B.________ Ltd), appelé GBP Loan, et qu'il cédait ensuite ce prêt à Z.________. Estimant que cette condition était réalisée, X.________ a adressé, le 23 mai 2013, à Y.________ une demande de libération, en sa faveur et à hauteur de 1'500'000 fr., des fonds consignés. Elle s'est vu opposer une fin de non-recevoir au motif que les exigences fixées dans l' escrow agreement n'étaient pas toutes réalisées. Le 21 février 2014, X.________, alléguant la réalisation d'une autre condition qui avait trait, elle, à la délivrance de permis de construire, a demandé à Y.________ de lui verser le montant de 2'500'000 fr. Sa requête ad hoc a subi le même sort que la précédente.