Citation: 6B_1370/2023 E. B

Statuant par arrêt du 20 octobre 2023, la Chambre pénale d'appel et de révision de la République et canton de Genève a partiellement admis l'appel formé par A.________ et rejeté l'appel joint formé par le Ministère public genevois. Elle a acquitté A.________ du chef de prévention de viols s'agissant de la période pénale du 1 er janvier 2016 au 28 février 2017 et l'a reconnu coupable de viols, s'agissant de la période pénale du 1 er octobre au 31 décembre 2015, et de menaces. Elle l'a condamné à une peine privative de liberté de 36 mois, dont 24 avec sursis pendant quatre ans, et a prononcé son expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans, mesure inscrite dans le Système d'information Schengen (SIS). Elle l'a en outre notamment condamné à payer à B.B.________ 15'000 fr., avec intérêts à 5 % l'an dès le 12 septembre 2019, au titre de réparation du tort moral, et a rejeté pour le surplus les prétentions en dommages-intérêts de celle-ci. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. A.________, né en 1986, est de nationalité égyptienne. En mars 2012, il travaillait comme masseur au centre d'hydrothérapie d'un hôtel en Égypte, dans lequel se rendait fréquemment B.B.________, née en 1963. Leur relation a débuté le 6 mars 2012 à l'occasion d'un séjour de celle-ci en Égypte. Ils s'y sont mariés le 15 septembre 2014. Jusqu'au 15 février 2015, les époux ont entretenu une relation à distance, B.B.________ se rendant par ailleurs régulièrement en Égypte. Durant cette période, celle-ci a découvert que A.________ entretenait une relation à distance parallèle avec D.________, avec laquelle elle a alors pris contact, mais le couple ne s'est néanmoins pas séparé. Des échanges entre B.B.________ et A.________ rédigés avant l'arrivée de celui-ci en Suisse contiennent de nombreux messages acrimonieux du second à la première. Par exemple, lorsque B.B.________ lui écrit "Baby come to me. Take visa And come", A.________ répond en plusieurs messages qui se suivent: "You not deserve to be wife; You are European; All the same; You are coward woman; Fuck the visa; Fuck your country; You are European; You are shit people". De même, dans un autre échange daté du 16 janvier 2015, A.________ tient envers B.B.________ les propos suivants: "I want prove you are shit woman, very bad, have no respect; Shit drunk and coward woman; You said all shit to me; Shit people; You tell me many and many shit things on the phone; YOU are shit woman not deserve anything; You are shit people; Byeeeeee shit woman; Shit European". A.________ a rejoint son épouse en Suisse le 15 février 2015. Des photos d'échanges entre A.________ et B.B.________ sur WhatsApp et Facebook Messenger montrent que le premier lui a envoyé à de multiples reprises des images de doigt d'honneur et des messages à connotation dépréciative au cours de leur relation tels que: "YOUR ARE VERY STUPID WIFE", "YOU MAKE ME VOMIT", "you do not deserve to be a wife", "you will be in hell", "shit europian", ou encore "Maybe you can buy man; Go to the bar maybe you buy man and drink to be drunk; Europeans are the same; go way coward; Byeeeeeeeee; Go to hell." B.b. Le 12 juin 2017, lors de l'une de leurs disputes conjugales, B.B.________ a reproché à A.________ d'être assis sur le canapé alors qu'elle faisait le ménage et lui a aspergé le visage avec un produit ménager. Celui-ci a alors été chercher une bouteille de produit ménager aux toilettes et en a versé sur la tête de son épouse. Le fils de B.B.________, C.B.________, s'est interposé et a demandé à A.________ de quitter les lieux. Celui-ci s'est présenté chez un voisin, qui était souvent témoin des disputes du couple, lequel s'est rendu dans l'appartement pour boire un café avec les protagonistes et calmer la situation. Dans ce contexte, A.________ a dit à B.B.________ que, si son fils se mêlait de leurs disputes conjugales, le sang risquait de couler. B.c. Entre octobre et décembre 2015, A.________ a, à tout le moins une dizaine de fois, contraint B.B.________, qui était alors son épouse, à subir des rapports sexuels avec pénétrations vaginales alors qu'elle n'était pas consentante et qu'il faisait usage d'une contrainte physique. B.d. Le divorce de B.B.________ et de A.________ a été prononcé le 8 mars 2022.