Citation: 5A_189/2022 E. 2.2.2

2.2.2. Pour fonder l'existence du préjudice irréparable que lui causerait la décision entreprise, la recourante prétend que laisser entrer sa mère dans l'immeuble porterait une atteinte démesurée à son intégrité psychique et physique en raison des maltraitances qu'elle lui infligerait. Cette situation aurait des conséquences irréparables à son endroit (décompensation psychique, blessures, voire mort), nécessitant, pour se préserver, de rester enfermer dans une chambre; le droit d'accès au bien qu'elle louait et dont elle était nue-propriétaire serait ainsi entravé. La recourante déduit de ces circonstances que la cohabitation entre les parties ne serait plus envisageable, en sorte qu'elle serait de facto contrainte de quitter la maison où elle a logé toute sa vie, ce qui l'exposerait aussi à un préjudice irréparable. Elle voit également un préjudice irréparable dans le fait que la maison ne serait aucunement adaptée à sa mère, ce qui nécessiterait sa surveillance constante; à défaut, sa mère risquait non seulement de subir de graves blessures, voire de mourir, mais pourrait également par inadvertance détruire la maison. L'arrêt déféré, en tant qu'il confirme l'ordonnance de mesures provisionnelles du 19 octobre 2021, contraint la recourante à remettre les clés permettant l'accès au logement et à y laisser entrer l'intimée; il ne condamne pas la recourante à quitter la maison. Le préjudice irréparable que déduit la recourante de cette décision apparaît non seulement hypothétique, mais également purement factuel. D'une part, la cohabitation qu'imposerait l'arrêt querellé dépend de la possibilité effective de l'intimée de regagner le logement pour y vivre, laquelle n'est pas établie; le dispositif de la décision attaquée l'illustre d'ailleurs parfaitement en se limitant à contraindre la recourante à " laisser entrer sa mère ". D'autre part, les atteintes à la santé qui découleraient de cette éventuelle cohabitation relèvent principalement de considérations factuelles, étant souligné que la recourante n'établit nullement être titulaire d'un droit l'autorisant à occuper la maison dans son intégralité, à l'exclusion de sa mère qui en est pourtant incontestablement usufruitière. L'on ne saurait enfin retenir que la possible destruction de la maison suite à une inadvertance de l'intimée fonderait le dommage irréparable de la recourante en sa qualité de nue-propriétaire, dit argument consistant en une conjecture, par trop insuffisante pour appuyer un tel préjudice.