Citation: 7B_963/2024 E. 2.4.2

2.4.2. Les recourants formulent également plusieurs griefs qui reposent sur des faits qui ne ressortent pas de la décision querellée. Il en va notamment ainsi lorsqu'ils rappellent qu'ils sont poursuivis pour avoir pris part à une manifestation qui s'est déroulée à U.________ au mois de septembre 2019 et font valoir, d'une part, que l'article de l'intimé ferait expressément référence à des rassemblements sur la voie publique, principalement au cours des années 2018 et 2019, d'autre part, que l'intimé y commenterait des arrêts du Tribunal fédéral (6B_146/2023 du 19 février 2024 et 6B_134/2024 [recte: 2023] du 22 janvier 2024) qui porteraient précisément sur les manifestations qui font l'objet des causes dans lesquelles ils sont prévenus et, enfin, que l'intimé aurait qualifié la manifestation à laquelle ils ont pris part d'"action de blocage sur un pont U.________ durant plusieurs heures". À cet égard, ils considèrent que leurs craintes de prévention à l'égard de l'intimé seraient légitimes, dès lors que le magistrat en question aurait décidé de publier un article exprimant son avis sur le cadre légal applicable à un complexe de faits dont il se savait saisi et ainsi tranché à l'avance l'ensemble des arguments juridiques qu'ils pourraient proposer. Or les recourants ne soulèvent, ni a fortiori ne démontrent, à aucun moment dans leur recours, que le complexe de faits précité aurait été arbitrairement omis par la cour cantonale et que l'état de fait de la décision querellée, qui lie le Tribunal fédéral (cf. art. 105 al. 1 LTF), aurait dû être complété sur ces points. Les griefs des recourants se révèlent par conséquent également irrecevables pour ce motif. On peut préciser que les recourants n'invoquent pas à cet égard une violation de leur droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), ni un déni de justice formel (art. 29 al. 1 Cst.), parce que l'autorité cantonale n'aurait pas examiné d'éventuels griefs tirés des faits décrits ci-dessus et ressortant de leur demande de récusation. Les recourants reprochent en outre à l'intimé de ne pas avoir tenu compte, lors de la rédaction de son article, d'une importante littérature scientifique, ainsi que d'un rapport des Nations Unies du mois de février 2024, au sujet de la question de l'illicéité ou non de la désobéissance civile. Là non plus, il ne ressort toutefois pas de la décision querellée que les recourants auraient formulé un tel grief devant la juridiction cantonale (cf., en particulier, décision querellée, pp. 11-12) et ceux-ci ne se plaignent, ici également, pas d'un déni de justice formel. Ce grief se révèle donc lui aussi irrecevable, faute d'épuisement des instances cantonales (art. 80 al. 1 LTF).