Citation: 5A_768/2022 E. 5.2.3

5.2.3. Pour la période dès octobre 2022, le recourant reproche à la juridiction précédente d'avoir insuffisamment motivé sa décision, violant ainsi son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.). Le raisonnement de l'autorité cantonale ne permettrait pas de déterminer quelle part du revenu hypothétique total de 6'549 fr. 15 correspond à un salaire hypothétique perçu par le biais d'une activité dépendante (les juges cantonaux ayant fait mention, sans plus de précision, de "plus de 4'000 fr. par mois" à ce titre), et quelle part relève du revenu immobilier. Si elle entendait lui imputer un revenu hypothétique, la Cour d'appel devait en outre exprimer clairement la nature de l'activité attendue et le montant du salaire qu'elle pouvait lui procurer. Pour ce motif, l'arrêt querellé devrait être annulé et la cause renvoyée à l'autorité précédente pour qu'elle motive de manière suffisante sa décision sur ce point. 5.2.3.1. La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu de l'art. 29 al. 2 Cst. l'obligation pour l'autorité de motiver sa décision, afin que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 143 III 65 consid. 5.2; 142 I 135 consid. 2.1). Pour satisfaire à cette exigence, il suffit que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision. Elle n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents (ATF 142 II 154 consid. 4.2 et les références). Dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de l'autorité, le droit à une décision motivée est respecté même si la motivation présentée est erronée. La motivation peut d'ailleurs être implicite et résulter des différents considérants de la décision (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 et les références). 5.2.3.2. En l'espèce, la motivation de l'arrêt cantonal est suffisante au regard de l'art. 29 al. 2 Cst. Il y est expressément indiqué que les revenus immobiliers de l'époux pouvaient être évalués à 3'000 fr. par mois pour 2022, comme en 2021, et qu'il pourrait percevoir à tout le moins 4'000 fr. par mois par le biais d'une activité dépendante. Il lui était en définitive imputé un montant (arrondi) de 6'550 fr. par mois (à savoir un peu moins que 3'000 fr. + 4'000 fr.), correspondant à ce qu'il percevait avant 2020. La cour cantonale a également précisé quel type d'activité il pourrait exercer à titre d'activité dépendante, à savoir "dans l'horlogerie", branche qu'il connaît. Le grief doit ainsi être rejeté.