Citation: 8C_706/2022 E. 6.3.2

6.3.2. S'agissant de l'abattement sur le revenu d'invalide pour les limitations fonctionnelles, il y a lieu de tenir compte de ce qui suit. 6.3.2.1. Le Tribunal fédéral a considéré à réitérées reprises qu'en cas de limitation des activités exigibles à des activités mono-manuelles ou lorsque la main dominante ne peut être utilisée que pour des gestes d'appoint, un abattement de 20 à 25 % du revenu d'invalide est en principe justifié (arrêts 8C_58/2018 du 7 août 2018 consid. 5.3 et les nombreux arrêts cités, in SVR 2019 UV n° 7 p. 27; 8C_606/2022 du 4 mai 2023 consid. 6.1; cf. néanmoins arrêts 8C_587/2019 du 30 octobre 2019 consid. 7.3; 8C_383/2020 du 21 septembre 2020 consid. 4.2.2 et les arrêts cités, dans lesquels des abattements de 15 % et 10 % ont été considérés comme admissibles, le Tribunal fédéral n'ayant pas constaté d'abus ou d'excès du pouvoir d'appréciation). 6.3.2.2. A l'ATF 148 V 174, le Tribunal fédéral a retenu qu'actuellement, il n'existe pas de motif sérieux et objectif de modifier la jurisprudence selon laquelle la détermination du revenu d'invalide sur la base des valeurs statistiques se fonde en principe sur la valeur centrale, respectivement médiane de l'ESS. Il a toutefois précisé que lorsque le revenu d'invalide est déterminé sur la base des salaires statistiques, il y a le correctif remarquable de l'abattement qui peut s'élever jusqu'à 25 % pour tenir compte du fait qu'une personne lésée ne peut pas forcément mettre pleinement à profit sa capacité de travail résiduelle sur un marché de travail réputé équilibré (consid. 9.2.2 et 9.2.3; par rapport au caractère remarquable de cet instrument correctif, cf. ég. arrêts 9C_339/2021 du 27 juillet 2022 consid. 4.5.4.1, in SVR 2023 IV n° 3 p. 9; 9C_360/2022 du 4 novembre 2022 consid. 4.1). 6.3.2.3. En l'espèce, les premiers juges ont retenu sur la base de l'expertise judiciaire ainsi que des rapports des docteurs G.________ et C.________ que la capacité de travail de l'intimé était entière dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles et qu'il n'y avait pas de diminution de rendement. Ils ont à juste titre considéré que les limitations fonctionnelles de l'intimé étaient majeures, puisqu'elles l'astreignaient non seulement à exercer une activité mono-manuelle, mais lui imposaient en plus une activité permettant d'alterner toutes les 20 à 25 minutes les positions assise et debout, évitant la montée et descente répétée d'escaliers ou d'échelles, ainsi que de fréquents accroupissements et des déplacements supérieurs à 30 minutes (cf. consid. 4.1 in fine supra). Cela étant, il y a lieu d'admettre que même dans une activité pleinement adaptée, il est fort probable que l'intimé ne parvienne de loin pas à réaliser le revenu correspondant aux salaires statistiques de l'ESS. La cour cantonale n'a ainsi pas commis de violation du droit ni d'abus ou d'excès de son pouvoir d'appréciation en fixant l'abattement à 25 %. En particulier, les juges cantonaux n'ont pas substitué leur propre appréciation à celle de l'administration (ATF 126 V 75 consid. 6), dès lors que la recourante avait constaté une pleine capacité de travail dans l'activité habituelle et n'avait donc pas elle-même fixé d'abattement dans la décision sur opposition litigieuse.