Citation: 4A_312/2019 E. 3.6

3.6. Le litige peut (et doit) être tranché à la lumière de la maxime des débats. A cet égard, il faut rappeler qu'il appartenait au demandeur d'alléguer et de prouver l'existence d'un contrat (société simple), soit l'existence d'un accord de volonté entre lui et la défenderesse. Force est de constater que, en procédure, le demandeur n'a jamais allégué avoir eu la volonté de s'associer avec la société défenderesse. Le demandeur a en effet allégué avoir « toujours eu l'intention de s'associer avec [le défendeur] avec lequel il était devenu ami avant la création [de la société] et [qu']il n'avait jamais été question d'interposer entre eux la société précitée (...). » Il a ajouté « (...) qu'il s'était associé avec [le défendeur] à titre personnel et non avec [la société] ». La recourante se base sur ces allégations lorsqu'elle relève que, tant au moment d'introduire sa demande, que durant toute la procédure, le demandeur a exprimé sa « volonté persistante » de ne s'associer qu'avec le défendeur. Dans la réponse envoyée à la Cour de céans, le demandeur intimé ne revient pas sur ce constat, qui reflète ses allégations; sous un angle différent, il tente seulement de convaincre, en faisant sien le raisonnement de la cour cantonale, qu'on ne saurait de bonne foi retenir qu'il aurait renoncé à actionner la société défenderesse (conclusions subsidiaires). Le demandeur n'a ainsi pas allégué les circonstances pertinentes qui permettraient de comprendre qu'il aurait, par actes concluants, exprimé sa volonté de poursuivre un but commun avec la société défenderesse. Il n'a pas non plus allégué, ce qui était pourtant déterminant dans ce cadre, que le défendeur, en tant qu'organe de la société, aurait valablement représenté celle-ci (cf. arrêt 4A_187/2018 du 21 février 2019 consid. 3.2) et, en particulier, il ne mentionne pas les circonstances qui lui auraient permis, le cas échéant, de comprendre qu'il existait un rapport de représentation (art. 32 al. 2 CO). Le demandeur a dès lors allégué sa volonté de poursuivre un but commun exclusivement avec le défendeur, toute association avec la société étant exclue. Cela étant, la cour cantonale a qualifié le rapport existant entre la société défenderesse et le demandeur de société simple (art. 530 CO) en s'appuyant sur des faits qui n'avaient pas été allégués par les parties (et en particulier par le demandeur), ce qui est contraire à l'art. 55 CPC. En conclusion, on ne saurait admettre l'existence d'une volonté commune de la société défenderesse et du demandeur, étant encore précisé que celui-ci ne tente pas d'invoquer la levée du voile corporatif ( Durchgriff), afin de tirer argument du fait (ici non allégué) que le défendeur et la société auraient dû être considérés comme une unité sur le plan juridique. Le moyen soulevé par la défenderesse recourante se révèle dès lors fondé, ce qui tranche définitivement la querelle opposant les parties. En l'absence de recours du demandeur remettant en cause le défaut de qualité pour défendre du défendeur (B.________), cette question ne peut être examinée.