Citation: 4C.169/2001 22.08.2001 E. B

B.- Le 27 avril 1999, A.________ a ouvert action contre X.________ devant la juridiction des prud'hommes de Genève, lui réclamant le paiement de 22 118 fr.25 plus intérêts, soit 13 500 fr. à titre de salaire pour les mois de février et mars 1999, 78 fr.25 à titre de retenue indue sur le salaire de janvier 1999, 1020 fr. à titre d'allocations familiales, 520 fr. pour un solde de vacances non prises et 7000 fr. à titre de tort moral. La défenderesse s'est opposée à la demande. Elle a fait valoir que le demandeur avait quitté l'entreprise de son propre chef après la dispute du 26 février 1999, si bien qu'il ne pouvait prétendre à un salaire pour le mois de mars 1999. Elle a encore déclaré opposer en compensation à la créance de salaire du travailleur pour février 1999 une contre-créance correspondant au dommage que le demandeur lui aurait causé dans l'exécution de son travail par ses carences, lesquelles auraient empêché l'entreprise de réaliser le chiffre d'affaires budgété. Par jugement du 11 janvier 2000, le Tribunal des prud'hommes de Genève a partiellement fait droit aux conclusions du demandeur en condamnant la défenderesse à lui verser la somme de 13 000 fr. à titre de salaire pour février et mars 1999 et le montant de 520 fr. pour un solde de vacances. X.________ a appelé de ce jugement devant la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Genève. Entendu par la cour cantonale, A.________ a reconnu avoir quitté le bureau le 26 février 1999 parce que son directeur lui avait déclaré qu'il ne lui verserait pas son salaire. Il a indiqué avoir reçu par la suite un courrier du conseil de la défenderesse le sommant de reprendre son activité mais s'être vu montrer la porte lorsqu'il s'est présenté au siège de l'entreprise. Le demandeur a également admis avoir passé un contrat de travail avec la société Y.________ le 1er janvier 1999 avec un début d'activité fixé au 1er avril 1999 et avoir sollicité une avance de son futur employeur, faute d'avoir reçu ses salaires de février et mars 1999. Par arrêt du 9 octobre 2000, la Cour d'appel a confirmé le jugement précité. Elle a retenu, en se fondant sur un arrêt non publié du Tribunal fédéral du 7 décembre 1999 (affaire 4C.269/1999), que le comportement adopté par le demandeur le 26 février 1999 ne pouvait être constitutif d'un abandon d'emploi, du moment qu'il n'exprimait pas une volonté consciente, intentionnelle et définitive du travailleur de cesser les rapports de service. En outre, l'employeur, par lettre du 1er mars 1999, n'a pas mis en demeure le demandeur de réintégrer son poste, car cette écriture ne contenait aucune sommation à cet effet. Le contrat de travail ayant donc couru jusqu'à la fin mars 1999, A.________ avait droit à son salaire pour les mois de février et mars 1999 ainsi qu'au paiement de 1,67 jours de vacances non prises. Enfin, l'autorité cantonale a nié que le demandeur ait occasionné à la défenderesse, par un rendement insuffisant, un quelconque dommage, car son contrat ne lui imposait aucune obligation de résultat au niveau du gain rapporté à son employeur. Ajoutant encore que la question de la preuve du dommage paraissait de toute manière problématique, la Cour d'appel a donc rejeté la demande de dommages-intérêts invoquée par la défenderesse comme créance compensante.