Citation: 4A_426/2014 E. 3.2.2

3.2.2. En l'occurrence, il ne va pas de soi que l'argumentation dénommée "subsidiaire" par le recourant mérite ce qualificatif. A considérer la structure du mémoire d'appel du 26 décembre 2002 - il a été rédigé par un avocat ... et un avocat ..., alors que le recours émane d'un avocat suisse -, de sérieux doutes peuvent être émis à ce sujet. Aussi bien, sous le titre marginal C. Legal Analysis de ce mémoire, le recourant présente son argumentation juridique, dans le cadre d'un premier sous-chapitre intitulé a) Prevention by the Respondent of the fulfillment of clause 7 of the Agreement (n. 24 à 35), en limitant son analyse à l'applicabilité de l'art. 156 CO relativement à la clause 7 du contrat de transfert. Puis, dans un second sous-chapitre intitulé b) Compensation in favor of A.________ (n. 36 à 69), il s'emploie à démontrer le montant du préjudice imputable, selon lui, à l'intimé. Cette démonstration revêt une double forme. En premier lieu, le recourant explique que la valeur du joueur sur le marché des transferts s'élevait à 55'000'000 USD en 2006, si bien que l'application de la clause 7 du contrat de transfert lui donne droit à un supplément de 4'000'000 USD (i.e. [55'000'000 USD - 35'000'000 USD] x 20%; n. 36 à 51). En second lieu, le recourant se propose d'établir que l'on peut aboutir au même résultat en analysant le cas sous un angle différent. C'est précisément ici qu'il développe ce que son nouveau conseil appelle une "argumentation subsidiaire". Il y indique que la valeur effective du joueur en 2004 était supérieure à 20'000'000 USD; que, de ce fait, il n'avait accepté l'offre de l'intimé que parce que ce dernier avait consenti à lui restituer une partie du montant qu'il toucherait lors d'un transfert ultérieur du joueur; qu'ayant toutefois été trompé par l'intéressé quant à la possibilité d'exécuter la clause 7 du contrat de transfert, il s'estimait en droit de lui réclamer la différence entre le montant précité et celui du prix de vente du joueur (16'000'000 USD), soit 4'000'000 USD (n. 52 à 67). Enfin et à titre subsidiaire, le recourant invitait la Formation à faire application de l'art. 42 al. 2 CO (n. 68 à 69). On constate, par là, que le prétendu argument de droit subsidiaire avancé par lui ne constituait, dans son esprit, qu'une autre manière de calculer le préjudice que lui aurait causé l'intimé. C'est du reste bien ainsi que la Formation a compris les explications du recourant: reprenant la systématique du mémoire d'appel, elle résume l'argumentation "subsidiaire" de l'appelant (sentence, n. 46 à 52), non pas sous le chapitre consacré au fondement juridique de la prétention litigieuse (sentence, n. 28 à 36), mais sous celui traitant du montant du préjudice (sentence, n. 37 à 52). Or, elle n'a pas du tout examiné la question du montant du préjudice, expressément soulevée par elle (sentence, n. 92 ch. 2), parce qu'elle a jugé que l'intimé ne pouvait se voir imputer une violation du contrat de transfert (sentence, n. 121). Il suit de là que le recourant est malvenu de lui reprocher de ne pas avoir traité, en tant que fondement juridique spécifique, l'argument de droit qu'il avait en quelque sorte dissimulé, fût-ce inconsciemment, dans son exposé touchant le calcul du dommage. Le devoir minimum d'examiner et de traiter les problèmes pertinents, que la jurisprudence relative au droit d'être entendu impose aux arbitres, ne va pas jusqu'à leur commander d'interpréter le contenu du mémoire pour tenter d'y découvrir un argument de droit sous-jacent. C'est à l'auteur de l'écrit de rédiger celui-ci de manière suffisamment claire pour que le tribunal arbitral puisse identifier d'emblée la ou les causes juridiques invoquée (s) à l'appui de sa prétention. Si la Formation n'a pas réussi à individualiser son argumentation "subsidiaire", le recourant ne peut donc s'en prendre qu'à lui-même. Le premier moyen soulevé par lui tombe, partant, à faux.