Citation: 4P.107/2004 07.09.2004 E. B

En janvier 2000, A.________ a rencontré les conseillers de Z.________, dont B.________, et a annoncé qu'elle allait ouvrir une "position très importante", nécessitant un suivi étroit du dossier. C.________ l'a également appris. A.________ a obtenu l'assurance de Z.________ qu'en l'absence de B.________, son répondant serait D.________. Le 14 janvier 2000, A.________ a acheté, au cours de 39 USD, 400 options qui permettaient chacune d'acquérir 100 actions Qualcomm Inc. au prix de 125 USD jusqu'au 22 avril 2000 (ci-après: options 125). Le prix de la transaction était de 1'560'000 USD, plus 3'300 USD de commission, soit un prix total de 1'563'300 USD. Cette acquisition a été effectuée par l'intermédiaire de C.________. L'intention d'A.________ était de réaliser une opération spéculative à court terme, le cours de l'option 125 étant très volatil. Celle-ci voulait vendre ses 400 options 125 avant la fin du week-end du 22/23 janvier 2000 au cours de 50 USD, sinon au prix du marché, afin de réaliser "un grand coup" et de mettre un terme à sa prise de risques. A son sens, l'évolution du cours de ces options n'était plus prévisible dès le lundi, car les marchés pouvaient réagir à une prise de position de la Réserve Fédérale Américaine et le cours de l'option Qualcomm pouvait être influencé si la société obtenait des brevets. Le vendredi 21 janvier 2000, en l'absence de B.________, A.________ et C.________ ont eu plusieurs entretiens téléphoniques, durant lesquels A.________ s'est renseignée sur le prix de diverses options et actions, notamment du cours des options 120 et des options 125. C.________ lui a annoncé par erreur que l'option 125 avait atteint le cours de 50 USD, alors qu'il s'agissait en réalité de l'option 120. Le cours de l'option 125 avait seulement varié entre 43.88 et 49.25 USD ce vendredi. A.________ a alors donné l'ordre à C.________ de vendre les 400 options 125 de son portefeuille au cours de 50 USD et de la rappeler pour lui confirmer la vente. Il a été constaté qu'il n'y avait eu aucun malentendu entre la cliente et le conseiller en investissements: celle-ci lui avait donné une instruction claire portant sur la vente des 400 options 125 à 50 USD en vue de clôturer sa position, ce qu'avait bien compris C.________. La confusion s'est ensuite produite uniquement dans la sphère de ce dernier. Sans consulter le compte de la cliente, bien qu'il s'agisse d'un préalable indispensable à l'exécution de l'ordre, ce qui lui aurait permis de se rendre compte de son erreur, C.________ a passé un ordre de vente portant sur 400 options 120 en lieu et place des 400 options 125. En procédant à cette opération, il était convaincu de vendre les options se trouvant sur le compte de la cliente. L'ordre de vente d'A.________ n'a pas fait l'objet d'un enregistrement téléphonique, mais comme elle avait été placée à son insu sur haut-parleur, D.________ se souvient avoir entendu C.________ répéter l'ordre de vendre 400 options 120 à 50 USD, ce qu'il avait par ailleurs noté sur le journal des ordres de bourse. Vers 19 heures, C.________ a confirmé à A.________ que la vente avait été exécutée à la bourse de New-York, puis il a quitté la banque. Dans la matinée du lundi 24 janvier 2000, C.________ s'est rendu compte de son erreur. Il en a fait part à B.________, qui en a informé son supérieur. C.________ a reçu pour instruction d'aviser la cliente et de couvrir la position de la banque par l'acquisition de 400 options 120. Aux environs de 14 heures, C.________ a téléphoné à A.________ en l'informant de la situation. Il s'est excusé de son erreur et a sollicité des instructions pour les options 125 demeurées dans le portefeuille de la cliente.