Citation: I 526/99 13.04.2000 E. 4

4.- Il convient donc de déterminer le moment de la survenance de l'invalidité. a) Selon l'art. 4 al. 2 LAI, l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations entrant en considéra- tion. Ce moment doit être déterminé objectivement, d'après l'état de santé; des facteurs externes fortuits n'ont pas d'importance. Il ne dépend en particulier ni de la date à laquelle une demande a été présentée, ni de celle à partir de laquelle une prestation a été requise, et ne coïncide pas non plus nécessairement avec le moment où l'assuré apprend, pour la première fois, que l'atteinte à sa santé peut ouvrir droit à des prestations d'assurance (ATF 118 V 82 consid. 3a et les références; arrêt S. du 25 janvier 2000, I 132/99, déjà cité). S'agissant du droit à une rente, la survenance de l'invalidité se situe au moment où celui-ci prend naissan- ce, conformément à l'art. 29 al. 1 LAI, soit dès que l'as- suré présente une incapacité de gain durable de 40 pour cent au moins (variante I) ou dès qu'il a présenté, en moyenne, une incapacité de travail de 40 pour cent au moins pendant une année sans interruption notable (variante II), mais au plus tôt le 1er jour du mois qui suit le dix-hui- tième anniversaire de l'assuré (art. 29 al. 2 LAI; RCC 1984 p. 464 sv.). b) En l'espèce, il n'est pas possible, sur la base des renseignements d'ordre médical et économique ressortant du dossier, de savoir si l'invalidité est survenue après le mois de janvier 1983, époque à laquelle a été accomplie la durée de cotisation minimale prescrite. Le docteur R.________ a indiqué que l'atteinte à la santé (schizophré- nie paranoïde chronique avec exacerbation aiguë) était apparue lorsque l'intimé avait 16 ans, c'est-à-dire en 1974, et qu'elle avait entraîné une incapacité entière de travail à partir du mois d'avril 1981 (rapport du 20 juin 1996). Quant au docteur M.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, et médecin traitant de l'intimé, il a attesté que l'apparition de ces troubles remontait à 1978, entraînant une incapacité totale de travail depuis le mois de mai 1984 (rapports des 30 mai 1996 et 29 juillet 1998). Enfin, invité à se déterminer sur ces avis médicaux, le docteur C.________, médecin-conseil de l'office AI, a indiqué que les troubles en cause ont entraîné une diminution importante et durable de la "capacité de gain" dès leur apparition en 1974 (rapport du 5 septembre 1997). Par ailleurs, les comptes individuels des cotisations versées par l'intimé indiquent que celui-ci a versé des cotisations - et partant exercé une activité lucrative - durant les mois suivants : 1981 : juin à septembre, décembre; 1982 : janvier, mars et avril, octobre à décembre; 1983 : janvier à décembre; 1984 : janvier à décembre; 1985 : janvier à mars; 1986 : mai. Cela étant, on peut d'emblée écarter l'avis du docteur C.________ selon lequel la survenance de l'invalidité coïncide avec l'apparition des troubles en 1974 : ceux-ci n'étant manifestement pas stabilisés, le droit à la rente ne pouvait en aucun cas prendre naissance avant l'expiration du délai d'une année prévu à l'art. 29 al. 1 let. b LAI. Il n'en demeure pas moins qu'en raison des conclusions divergentes des docteurs R.________ et M.________, on ignore à quel moment l'invalidité était propre, en l'occurrence, à ouvrir droit à une rente éventuelle. Non seulement ces conclusions divergent quant au moment de la survenance de l'incapacité entière de travail, mais encore on ignore si - et le cas échéant depuis quand - l'intimé a présenté auparavant une incapacité de travail de 40 pour cent au moins. A cela s'ajoute le fait que, sur le vu de ses comptes individuels, l'intéressé semble avoir exercé une activité lucrative au-delà des dates à partir desquelles les médecins prénom- més ont fait état d'une incapacité entière de travail. Dans ces conditions, il s'impose de renvoyer la cause à l'administration pour qu'elle complète l'instruction sur le point de savoir si l'invalidité est survenue après le mois de janvier 1983, et qu'elle statue sur le droit éven- tuel de l'intimé à une rente ordinaire d'invalidité.