Citation: 9C_588/2022 E. 5

Invoquant à la fois une appréciation arbitraire des preuves, une violation de son droit d'être entendue et un "abus" du pouvoir d'appréciation, la recourante reproche d'abord aux premiers juges d'avoir retenu à tort que les médecins de son groupe de comparaison présentent des caractéristiques similaires à sa pratique. A cet égard, elle fait valoir que l'instance précédente n'a pas pris la mesure des multiples témoignages produits qui la différencient du groupe de comparaison. Elle invoque le fait que les responsables de diverses institutions ont tous attesté sa grande disponibilité ainsi que son sérieux dans le traitement de situations de crises et de cas problématiques qui lui sont attribués en priorité, soit des cas complexes, lourds et urgents présentant des diagnostics hautement morbides et nécessitant une prise en charge très mobilisatrice. La recourante ajoute que l'offre est restreinte en pédopsychiatrie dans la région de B.________ et que le nombre d'hospitalisations des patients de moins de 19 ans a davantage augmenté (27 %) que celui des adultes (4 %), entre 2012 et 2016. Elle en déduit que sa pratique ne peut pas être comparée à celle de ses confrères, si bien que l'instance cantonale n'aurait pas dû appliquer la méthode statistique pour examiner le caractère économique de sa pratique mais la méthode analytique. Ensuite, la recourante affirme qu'il est manifestement insoutenable d'exiger la restitution d'un montant de 758'164 fr. 85 pour les années 2014 à 2016, car l'étendue du remboursement demandé avoisine son revenu net d'exploitation au cours de ces trois années; elle aurait ainsi travaillé en pure perte durant cette période.