Citation: 4A_4/2023 E. 4.3

4.3. Force est de constater que la société actionnaire recourante ne s'en prend à aucune des réponses motivées données par la cour cantonale aux six mesures qu'elle voulait voir prises par le contrôleur spécial. Elle se borne à reprocher à la cour cantonale d'avoir répondu elle-même à ces questions et de s'être substituée à l'expert à désigner qui devait les élucider. Par cette critique générale et théorique, la recourante ne démontre pas en quoi la cour cantonale aurait établi et apprécié arbitrairement les faits et les preuves ou violé le droit fédéral. Contrairement à ce qu'elle soutient, le juge ne saurait se dispenser de s'assurer de l'existence d'un intérêt actuel à une telle requête, conformément à la règle reprise dans l'adage "pas d'intérêt, pas d'action". Il ne saurait ordonner un contrôle spécial dès que les questions posées au conseil d'administration correspondent dans les grandes lignes à celles qui sont l'objet de la requête de contrôle spécial. Lorsqu'elle se plaint de manière générale de l'absence de mesures prises pour éviter les conflits, la recourante ne précise pas de quelle mesure il s'agirait. Enfin, il ne suffit pas d'affirmer qu'un désaccord survenu entre les parties à fin 2019 justifie à lui seul un contrôle spécial: la recourante ne conteste pas avoir reçu les rapports et comptes 2019 et 2020 et passe sous silence le fait résultant du jugement attaqué, à savoir que la gestion de la société défenderesse (factures, finance, appels de fonds aux actionnaires, établissement des comptes) est assurée par G.________ SA, dont l'administrateur, H.________, est également son propre administrateur unique.