Citation: 5C.83/2003 26.06.2003 E. 3.3

3.3.1 Le demandeur soutient enfin que l'art. 12 al. 1 LP a manifestement été érigé dans le but de protéger les intérêts des créanciers poursuivants, le but essentiel qui découle de son sens littéral étant de faire en sorte que l'Office ne refuse point d'encaisser des sommes payées pour le compte desdits créanciers poursuivants. Hormis les privilèges de classe, la LP vise, entre autres au sein d'une même série (cf. art. 110 LP), à favoriser l'égalité de traitement des créanciers poursuivants. Cette égalité de traitement constituerait une norme de comportement dont le non-respect en l'espèce serait constitutif d'un acte illicite, lequel serait de surcroît en relation de causalité adéquat avec le dommage subi par le demandeur. En effet, si l'Office n'avait pas omis ou d'une quelconque manière écarté la créance du demandeur, non sans répondre de façon exacte aux sollicitations du tiers saisi et intervenant, l'égalité de traitement entre les divers créanciers poursuivants aurait été respectée, et le demandeur aurait participé au partage de tous les fonds dont disposait l'avocat Y.________, fonds que ce dernier aurait intégralement versés à l'Office. 3.3.2 Ces griefs sont infondés. La cour cantonale n'a aucunement nié que l'art. 12 al. 1 LP ait pour but de protéger les intérêts des créanciers poursuivants, mais elle a considéré que l'Office n'avait pas violé cette disposition, n'ayant refusé aucun paiement de la part de l'avocat Y.________. Comme on l'a vu (cf. consid. 3.2.2 supra), il n'apparaît pas que cet avocat avait l'intention de payer d'autres sommes que celles permettant d'éteindre les poursuites au bénéfice desquelles la saisie de créance avait été ordonnée en ses mains. Le demandeur ne saurait invoquer l'égalité de traitement des créanciers poursuivants au sein d'une même série, puisqu'il ne participait pas à l'une des séries au bénéfice desquelles la saisie de créance avait été exécutée (cf. consid. 3.1.2 supra). L'on ne discerne au demeurant pas non plus d'inégalité de traitement dans la mesure où il faut rappeler que la poursuite n° 92 xxxxx a donné lieu à une saisie portant sur des biens dont la réalisation, selon l'estimation faite par l'Office au moment de la saisie et non contestée par le demandeur, devrait permettre de satisfaire ce dernier (cf. consid. 3.1.2 supra). Enfin, l'absence de lien de causalité entre la prétendue violation par l'Office de son devoir de renseigner et le dommage invoqué par le demandeur a déjà été relevée (cf. consid. 3.2.2 supra).