Citation: 6B_690/2022 E. 1.4.2

1.4.2. La recourante fait grief à la cour cantonale de s'être écartée des conclusions de l'expert alors qu'aucune circonstance ou indice important et bien établi en ébranle sérieusement la crédibilité. Elle soutient que la cour cantonale ne remet à aucun moment en doute la crédibilité de l'expert mais se borne à relever que les constatations de l'expert sont "particulièrement récentes". Cette argumentation ne saurait être suivie. En effet, comme l'a relevé la cour cantonale, dans son rapport d'expertise, le Dr C.________ se fonde, pour évaluer son risque de récidive essentiellement sur le fait que la recourante n'aurait "jamais manifesté d'actes de violence à l'égard de qui que ce soit, aussi bien du personnel pénitentiaire que des codétenues" et sur le fait qu'"aucune mesure particulière n'[aurait] été prise en raison d'une dangerosité de [la recourante]" (cf. rapport d'expertise du 28 mai 2021, p. 20; pièce 44 du dossier cantonal; art. 105 al. 2 LTF) pour retenir que celle-ci ne présente pas une dangerosité, au sens d'un risque de déclenchement d'un acte de violence, manifeste ni imminente. Or, il ressort au contraire du dossier qu'une violence difficilement contenue et des passages à l'acte hétéro-agressifs ont été présents durant toute son incarcération, soit 55 sanctions disciplinaires prononcées par l'Établissement G.________ lors de son séjour de 2002 à 2013 et 4 sanctions disciplinaires par la direction de l'Établissement E.________ lors de son séjour de 2016 à 2019 pour des violences verbales et/ou physiques, comportements qui se sont toutefois atténués avec le temps (déterminations de l'OEP du 11 juin 2021; pièce 46 du dossier cantonal; art. 105 al. 2 LTF). Il s'ensuit que l'évaluation du risque de récidive de la recourante - que l'expert C.________ a qualifié de "faible" en raison des mesures médicales mises en place - ne tient pas compte de tous les éléments, étant à cet égard relevé qu'avant ce rapport, les intervenants ont toujours retenu un risque de récidive élevé, l'expert B.________ ayant conclu à un risque de récidive "majeur" encore en mars 2020. Par ailleurs, dans une évaluation ultérieure à l'expertise du Dr C.________, l'Unité d'évaluation criminologique du Service pénitentiaire vaudois a qualifié le risque de récidive générale et violente de "moyen" (évaluation criminologique du 21 septembre 2021; pièce 55 du dossier cantonal; art. 105 al. 2 LTF). La cour cantonale n'a dès lors pas violé le droit fédéral en s'écartant des conclusions de l'expert.