Citation: 6B_966/2021 E. 1.2

1.2. En l'espèce, la cour cantonale a considéré qu'il existait suffisamment d'éléments convergents pour imputer au recourant la falsification de la première ordonnance du 3 avril 2018 envoyée par fax à la Pharmacie D.________. Le recourant en était le destinataire même s'il n'avait pas voulu prendre les médicaments. Le Corticorten® n'était pas commercialisé sous cette appellation en Suisse et les pages Google concernant ce remède étaient toutes en portugais, langue maternelle du recourant. L'analyse des données de l'ordinateur de ce dernier avait révélé la trace d'une recherche sur ce médicament avec le moteur de recherche précité. Le document correspondait en de nombreux points à un certificat d'incapacité antérieurement délivré au recourant par le docteur C.________. Il comportait une faute d'orthographe ("ordennance" au lieu d'ordonnance) et il ressortait des correspondances du recourant au dossier que celui-ci maîtrisait très mal l'orthographe en français. Enfin, le recourant était en litige avec les médecins de l'Hôpital B.________ et avait donc un intérêt à pouvoir leur reprocher d'établir des prescriptions pour des médicaments qui n'étaient pas adéquats. S'interrogeant sur le point de savoir comment le recourant s'y était pris pour faire parvenir l'ordonnance du 3 avril 2018 à la pharmacie par un numéro de raccordement provenant d'un appareil de la réception de l'hôpital, la cour cantonale a retenu que le recourant avait selon toute vraisemblance su convaincre une personne employée d'envoyer le document par fax pour lui. Quant à l'ordonnance non datée et faxée le 23 avril 2018 à la même pharmacie depuis un autre numéro, il s'agissait à la base d'un document destiné à inscrire les rendez-vous pris en radiologie établi par le docteur E.________ en faveur du recourant. Ce document avait été falsifié et le nom illisible d'un médicament y avait été ajouté. Or, dans une lettre de plainte adressée à la direction de l'Hôpital B.________ datée du 26 avril 2018, le recourant, se référant à son passage à la pharmacie le même jour et à l'ordonnance précitée, en prenait le prétexte pour se plaindre d'un refus de consultation qui lui avait été opposé le 29 mars 2018, de poursuites pour des factures selon lui injustifiées et de l'incompétence du docteur E.________ dans le suivi de son problème médical. Ces éléments étaient suffisants pour lui imputer également la falsification de cette seconde ordonnance. En bref, selon la cour cantonale, il n'existait pas de doutes sérieux quant à ces faits. Les éléments objectifs et subjectifs de l'infraction étaient réalisés. Le dessein du recourant était d'améliorer sa situation dans le litige qui l'opposait alors à l'Hôpital B.________.