Citation: 8C_406/2012 E. A

A.________ travaillait en qualité d'aide-carreleur au service de l'entreprise X.________ Sàrl lorsqu'il a été victime, le 29 décembre 2005, d'un accident de la circulation sur l'autoroute A1. Une voiture conduite par un conducteur en état d'ivresse a heurté l'arrière du véhicule de A.________ qui est parti en tête à queue avant de percuter la glissière de sécurité. Le prénommé, qui ne portait pas la ceinture de sécurité, a été éjecté de son véhicule à la suite de la collision et a subi diverses lésions, soit une fracture de la rate grade IV, de l'olécrane gauche et de plusieurs côtes (IV à VII), ainsi qu'une fracture-arrachement du grand trochanter du fémur proximal droit. Il a été transporté au Centre hospitalier Y.________ où les médecins ont procédé à une splénectomie et à une ostéosynthèse des lésions osseuses. La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), auprès de laquelle il était assuré contre le risque d'accident, a pris en charge le cas. L'évolution a été décrite comme étant lentement favorable avec des séquelles fonctionnelles. L'assuré, qui se plaignait de douleurs multiples, a séjourné pour un bilan médical à la Clinique Z.________ du 15 novembre au 20 décembre 2006. Les médecins de cet établissement ont fait état d'une limitation au coude gauche en prosupination, d'une amplitude articulaire diminuée de l'épaule gauche et de la hanche droite, ainsi que de raccourcissements musculaires thoraciques et cervicaux gauches. Ils ont également relevé, au membre inférieur gauche, une déchirure des muscles de la loge antérieure et des atteintes neurologiques susceptibles d'évoluer positivement (au nerf péronier profond et au rameau postérieur des racines lombo-sacrées). Ils ont conclu que l'ensemble de ces atteintes empêchait l'assuré de reprendre son ancienne profession. Toutefois, dans une activité n'exigeant pas la position debout prolongée, le travail avec les mains au-dessus du niveau de la poitrine, le port de charges de plus de 15 kg, les mouvements répétés de flexion-extension du coude gauche, la marche en terrain inégal, ainsi que la montée et descente fréquente d'escaliers, la capacité de travail était complète. Le rendement ne pouvait toutefois pas encore être précisé et une réorientation professionnelle était indiquée (rapport de sortie du 12 janvier 2007). Le 14 novembre 2006, A.________ a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité (AI). Après un stage d'évaluation qui s'est révélé concluant, l'Office AI du canton de Neuchâtel a accordé à l'assuré un reclassement auprès du Centre T.________. Cette mesure a dû être interrompue après un mois en raison de douleurs trop importantes. Le 16 janvier 2008, le docteur R.________, médecin d'arrondissement de la CNA et spécialiste en orthopédie, a procédé à un examen final de l'assuré au terme duquel il a confirmé les limitations fonctionnelles décrites par ses confrères de la Clinique Z.________, et retenu une capacité de travail "proche" d'un temps complet (voir aussi son rapport complémentaire du 2 avril 2008). Il a en outre indiqué un taux d'atteinte à l'intégrité respectivement de 20 %, 10 % et 10 % pour les séquelles péri-articulaires, neurologiques et scapulo-thoraciques, ainsi que de 10 % pour la perte de la rate et de 6 % pour la diminution de la supination de l'avant-bras gauche, fixant le taux total à 50 % après avoir effectué une pondération pour atteintes multiples. Sur cette base, la CNA a rendu le 21 juin 2008 une décision par laquelle elle a alloué à l'assuré une rente LAA fondée sur un degré d'invalidité de 26 % dès le 1 er juillet 2008 et une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 50 %. Pour fixer le revenu d'invalidité, la CNA s'est fondée sur cinq descriptions de poste de travail (DPT). Saisie d'une opposition de l'assuré, la CNA a complété l'instruction du cas en confiant une expertise aux docteurs U.________, neurologue, et O.________, psychiatre. Le premier a corroboré l'existence d'atteintes neurologiques au membre inférieur gauche tout en concluant qu'elles ne constituaient pas un obstacle à une activité adaptée à plein temps; pour les troubles orthopédiques, il a renvoyé à l'avis du spécialiste concerné (rapport du 25 août 2009). Le second a nié l'existence d'une atteinte psychique (rapport du 8 décembre 2009). Dans une nouvelle décision du 15 novembre 2010, la CNA a écarté l'opposition. Entre-temps, A.________, licencié par son employeur au 30 juin 2008, s'est inscrit au chômage le 20 août suivant et a reçu des indemnités journalières. Au printemps 2010, à sa demande, l'Office AI est entrée en matière sur l'octroi de mesures d'orientation professionnelle. L'assuré a suivi avec succès un cours de base de logistique puis une reconversion avec l'aide de la Fondation W.________. Depuis le 16 avril 2011, il travaille à mi-temps en qualité de serveur-cuisinier. Par décision du 21 avril 2011, l'Office AI a refusé le droit à une rente en prenant appui sur le dossier de la CNA qui lui avait été transmis.