Citation: 4A_148/2022 E. 6.2

6.2. Le recourant soutient, d'une part, que c'est à tort que la cour cantonale lui a opposé un consentement hypothétique s'agissant de quatre démarches au sujet desquelles l'avocat intimé n'avait pas, en violation de son devoir d'information (notamment financière), discuté avec lui des chances de succès et/ou des coûts engendrés. Premièrement, il considère que la cour cantonale a erronément retenu un consentement hypothétique relatif aux plaintes pénales en se fondant sur sa volonté de poursuivre pénalement son épouse et son avocate. En substance, il soutient (1) que la plainte pénale du 22 décembre 2009 à l'encontre de l'avocate de son épouse a été déposée par l'intimé, (2) qu'il était erroné de retenir qu'il avait consulté l'intimé après avoir pris la décision de poursuivre pénalement son épouse et son avocate, (3) que l'intimé aurait dû, au début du mandat, le mettre en garde contre les risques liés au dépôt de plaintes pénales et lui donner une vision globale des étapes procédurales possibles afin qu'il puisse mesurer les moyens financiers qu'il voulait investir dans chacune des étapes, (4) qu'on ne saurait tenir compte du fait qu'il aurait signifié à l'intimé vouloir initier de nouvelles procédures pénales contre son épouse en 2010 et 2011, ses instructions n'étant guère éclairées au vu du fait qu'il était entretenu par ses conseils dans une combativité contraire à ses intérêts, (5) qu'on ne saurait pas non plus tenir compte d'une facturation, certes précise et régulière, mais postérieure au moment où il aurait dû donner son consentement éclairé, et (6) que la cour cantonale n'a pas mis en balance les enjeux financiers et humains du procès. Deuxièmement, il reproche à la cour cantonale d'avoir retenu son consentement hypothétique en lien avec la dénonciation des magistrats vaudois en raison de sa très grande détermination à agir. Il soutient que l'intimé l'a maintenu dans la conviction des prétendues médiocrité et incompétence des magistrats dénoncés et se réfère au fait que l'intimé avait consacré près de quatre heures à des recherches sur la dénonciation des magistrats, que l'intimé et l'avocat collaborateur avaient indiqué par courriel être extrêmement déçus et avoir perdu le semblant de confiance qu'ils avaient encore en la rigueur des tribunaux de Nyon, et que la dénonciation a été entreprise deux semaines après la réception dudit courriel. La cour cantonale n'aurait par ailleurs pas mis en balance les éléments mis en exergue par l'expert judiciaire. Troisièmement, le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir admis son consentement hypothétique au sujet des réquisitions de poursuite dirigées contre l'État de Vaud en se fondant sur son état prétendument extrêmement vindicatif. Il allègue n'avoir pas instruit l'intimé de les introduire et n'avoir pas décidé de l'action dont le délai de prescription était préservé par cette démarche. Il reproche à nouveau à la cour cantonale de ne pas avoir mis en balance les enjeux financiers et humains du procès. Quatrièmement, il conteste le consentement hypothétique retenu par la cour cantonale au sujet des opérations relatives aux deux recours au Tribunal fédéral au motif qu'il a payé les factures y relatives sans soulever la moindre protestation; la facturation, précise et régulière, est selon lui postérieure au moment auquel il aurait dû donner son consentement éclairé. Il relève que la cour cantonale a retenu que l'avocat intimé avait violé son devoir de l'informer des chances de succès d'un des deux recours mais conteste avoir eu une très bonne compréhension des étapes de la procédure, dans la mesure où il n'est ni juriste ni avocat. Il considère qu'il pouvait déduire du courriel du 23 décembre 2010 de l'intimé et de l'avocat collaborateur qu'un recours au Tribunal fédéral avait des chances raisonnables de succès. Il reproche à nouveau à la cour cantonale de ne pas avoir mis en balance les éléments relevés par l'expert judiciaire. D'autre part, le recourant fait grief à la cour cantonale de lui avoir opposé un consentement hypothétique s'agissant des opérations menées sans budget prévisionnel. Il conteste ici aussi avoir eu une bonne compréhension des différentes étapes de la procédure, au vu de son absence de formation juridique. Selon lui, c'est à tort que la cour cantonale a considéré que les démarches judiciaires conduites par d'autres conseils que l'intimé après la fin du mandat de celui-ci pussent représenter un indice en faveur de son consentement hypothétique.