Citation: C 353/05 04.10.2006 E. 3

En l'espèce, la juridiction cantonale a considéré que le licenciement de P.________ intervenait dans le cadre de la fermeture définitive de la société. Se fondant sur divers documents que le prénommé a produits (résiliations des contrats de travail des employés, cession du parc de machines à sous, commandements de payer, exercice du droit de rétention du propriétaire des locaux occupés par X.________ Sàrl), ainsi que sur les déclarations de la soeur de celui-ci, Elisabeth, qui a comparu en son absence (cf. compte-rendu d'audience du 3 novembre 2005), elle a retenu que la société n'avait plus de substance économi-que depuis le mois d'avril 2004 et qu'elle se trouvait dans une situation de « faillite virtuelle » irréversible. P.________ n'avait dès lors plus aucune possibilité de la réactiver, si bien qu'il n'y avait pas non plus de risque de détournement de la réglementation en matière d'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail. Un délai-cadre courant du 9 juillet 2002 au 8 juillet 2004 devait par conséquent lui être ouvert. S'agissant des conditions relatives à la période de cotisation durant ce délai-cadre (art. 8 al. 1er let. e LACI en relation avec art. 13 al. 1er LACI), les premiers juges ont estimé que l'intéressé avait apporté la preuve qu'un salaire lui avait été effectivement versé du 9 juillet 2002 au mois d'août 2003 (soit 12,6 mois), période au cours de laquelle il avait travaillé pour la société Y.________ SA, mais pas pour son activité auprès X.________ Sàrl. Au regard de la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances (DTA 2001 n° 27 p. 225 ss [279/00]), les bulletins de salaire versés à la procédure et sur lesquels figurait sa signature et la mention « reçu en cash » n'y suffisaient pas. Cela étant, P.________ remplissait tout de même les conditions relatives à la période de cotisation et la caisse était invitée à statuer à nouveau sur le droit aux prestations.