Citation: 1C_330/2010 04.10.2010 E. 2

La voie du recours en matière de droit public au sens des art. 82 ss LTF est en principe ouverte contre les décisions prises par le Tribunal administratif fédéral en matière de naturalisation facilitée (arrêt 1C_85/2007 du 6 septembre 2007 consid. 2). Le mémoire de recours doit contenir les conclusions et les motifs à l'appui de celles-ci (art. 42 al. 1 LTF) sous peine d'irrecevabilité (art. 108 al. 1 let. b LTF). Les conclusions doivent indiquer sur quels points la décision est attaquée et quelles sont les modifications demandées (ATF 133 III 489 consid. 3.1 et les arrêts cités). Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit (art. 42 al. 2 LTF). Pour satisfaire à ces exigences, la partie recourante doit discuter les motifs de la décision entreprise et indiquer précisément en quoi elle estime que l'autorité précédente a méconnu le droit (ATF 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254; 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). En outre, si elle se plaint de la violation de droits fondamentaux ou de dispositions de droit cantonal, elle doit respecter le principe d'allégation et indiquer précisément quelle disposition constitutionnelle ou légale a été violée en démontrant par une argumentation précise en quoi consiste la violation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arrêts cités). En l'occurrence, la recourante n'a pris aucune conclusion même si l'on peut comprendre à la lecture de son mémoire de recours ce qu'elle attend du Tribunal fédéral. La recevabilité du recours à cet égard peut rester indécise car il ne répond de toute manière pas aux exigences de motivation découlant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF. A.________ ne conteste pas que sa requête de naturalisation facilitée devrait être écartée au regard du texte clair de l'art. 58a al. 3 LN. Elle ne conteste pas davantage que l'art. 31a LN soit inapplicable dans son cas dès lors qu'elle était majeure au moment de la naturalisation de son père et n'avait pas résidé cinq ans en Suisse. Elle soutient que la Constitution fédérale suisse reconnaîtrait le droit à la filiation. Elle considère que dès l'instant que son père a obtenu la nationalité suisse par filiation maternelle, la nationalité suisse devrait être transmissible à ses enfants même majeurs en application du droit du sang, tel que le stipule la Constitution fédérale, laquelle devrait l'emporter sur une application stricte de la loi qui lui serait contraire. Un examen préjudiciel de la constitutionnalité des lois fédérales n'est pas exclu dans son principe, dans les limites posées à l'art. 190 al. 1 Cst. Ainsi, même s'il devait parvenir à la conclusion que les dispositions incriminées de la loi fédérale sur l'acquisition et la perte de la nationalité suisse n'étaient pas conformes à la Constitution fédérale, le Tribunal fédéral ne pourrait que le constater sans pour autant être en mesure d'annuler l'arrêt attaqué et d'accorder la nationalité suisse à la recourante par voie de naturalisation facilitée (cf. ATF 136 II 120 consid. 3.5.1 p. 130). Encore faut-il, pour qu'il procède à un tel examen, qu'il soit saisi d'une argumentation répondant aux exigences des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF. Or, la recourante n'indique pas les dispositions constitutionnelles qui consacreraient le droit à la filiation, respectivement le droit du sang, auxquelles contreviendraient les art. 58a al. 3 et 31a LN. Elle ne cherche pas davantage à démontrer en quoi les droits évoqués devraient nécessairement avoir pour effet de lui conférer la nationalité suisse par voie de naturalisation facilitée. L'art. 38 al. 1 Cst. se borne à cet égard à attribuer à la Confédération la compétence de réglementer l'acquisition et la perte de la nationalité et des droits de cité par filiation, par mariage et par adoption, la perte de la nationalité suisse pour d'autres motifs ainsi que la réintégration dans cette dernière, sans lui imposer de règles contraignantes à ce sujet.