Citation: 6S.45/2004 10.03.2004 E. 2.5

2.5.1 Cas n. 4.1 à 4.3: Cherchant à obtenir d'illégitimes avances de frais, le recourant a fait paraître deux annonces sous chiffres dans la presse, où il proposait l'octroi de crédits à des personnes connaissant des problèmes financiers. Il entrait ensuite en contact avec ses victimes sous le couvert de la société Z.________ SA et les mettait en confiance, annonçant qu'il était un cousin de B.________ ou invoquant des contacts d'affaires avec de riches investisseurs étrangers. Cas n. 4.1: C.________, qui était à la recherche de 50'000 francs pour racheter une faillite personnelle, a répondu à l'une des annonces. Le recourant a alors promis l'octroi du crédit demandé, que des investisseurs d'Arabie Saoudite devaient financer. Ayant appris que l'épouse de C.________ souhaitait acquérir un kiosque en y investissant son avoir de prévoyance professionnelle, le recourant a spontanément proposé d'augmenter le crédit initial de 200'000 francs. Le 22 octobre 2001, le recourant a déterminé C.________ à verser 700 francs pour procéder à une expertise du kiosque, laquelle n'a jamais eu lieu. Le 15 février 2002, le recourant s'est fait remettre 450 francs par les époux C.________, pour procéder à l'expertise de l'appartement que ces derniers convoitaient et que le recourant leur avait vivement conseillé d'acheter, se montrant également disposé à le financer. Prétextant des frais imprévus dans la gestion des dossiers en question, le recourant a encore obtenu de C.________ 500 francs le 22 février 2002 et 700 francs le 1er mars 2002. Le recourant a utilisé l'argent pour ses besoins personnels. Cas n. 4.2: D.________, qui recherchait un financement d'un million de francs pour un projet immobilier en Dordogne, a également répondu à l'une des annonces. Après plusieurs contacts téléphoniques et rencontres avec le recourant, celui-ci lui a promis le financement par l'intermédiaire d'investisseurs libanais, travaillant en partenariat avec la succursale genevoise de la banque F.________. Le recourant a notamment avancé les noms de MM. G.________ et H.________, le premier nommé étant le produit de son imagination, le second un richissime homme d'affaires, ancien propriétaire de la compagnie pétrolière J.________. Prétextant que le dossier était en bonne voie, le recourant a sollicité à plusieurs reprises des avances de frais. D.________ lui a ainsi versé, en quatre fois, la somme de 22'300 francs, que le recourant a utilisée pour ses besoins personnels. Cas n. 4.3: K.________, qui était à la recherche d'un financement pour l'acquisition d'une résidence en République Dominicaine, a également répondu à l'une des annonces et est entré en contact avec le recourant. Celui-ci, lors d'un rendez-vous, lui a suggéré de requérir 180'000 francs. Il l'a mis en confiance en lui parlant de l'investisseur H.________, dont K.________ connaissait la fortune. Peu après ce rendez-vous, le recourant lui a expliqué que deux de ses collaborateurs devaient se rendre en République Dominicaine pour examiner la résidence convoitée. Il a sollicité et obtenu le versement de 3'200 francs pour des billets d'avion, montant qu'il a conservé pour son usage personnel. Cas n. 6: L.________, agente de la société M.________ SA, active dans la reprise de commerce, cherchait des fonds étrangers pour des clients. Sur recommandation d'un agent de la T.________ assurances, elle a pris contact avec le recourant, qui lui a garanti l'octroi sans difficulté de prêts à concurrence de 20'000 ou 30'000 francs, faisant référence à l'investisseur étranger G.________. Il a obtenu des avances de frais pour 3'500 francs au total, qu'il a affectés à ses besoins personnels. 2.5.2 Dans les cas exposés ci-dessus, le recourant s'est présenté aux dupes comme prêteur. Celles-ci pensaient pouvoir réaliser un projet qui leur tenait à coeur. Elles s'attendaient à recevoir de l'argent de la part du recourant. Elles n'avaient par conséquent aucune raison spécifique de se méfier de lui. Celui-ci s'est joué de cette confiance. Beau parleur, il s'est montré convaincant. Il a exposé ses sources de financement. Dans ces conditions, on ne saurait dire que les dupes ont fait preuve de légèreté en ne se renseignant pas plus sur la société pour laquelle le recourant disait agir. Aucun indice ne permettait non plus de douter de sa capacité civile. Les avances de frais qu'il a requises se sont inscrites dans un processus normal d'octroi des crédits. Elles ne représentaient qu'un pourcentage limité des crédits escomptés. Pour le cas n. 6, le recourant observe qu'il a été confronté à une professionnelle. Il ressort des constatations cantonales que le recourant a été recommandé à cette dernière par un tiers, agent d'assurances. Elle était donc en confiance et dissuadée d'accomplir de quelconque vérification. Le recourant a tiré profit de cette situation et a su ensuite maintenir cette confiance. En conclusion, il faut retenir que les tromperies commises sont astucieuses. L'argumentation du recourant est infondée.