Citation: 6P.54/2007 13.07.2007 E. 1

3.2 Le recourant invoque l'extrême fragilité des similitudes qui ont amené le tribunal à retenir trois agressions au lieu d'une à son encontre. En lui imputant deux agressions pour lesquelles aucun indice matériel ne le désignait comme coupable et en se fondant exclusivement sur des analogies très générales et très fragiles, les juges cantonaux auraient procédé à une appréciation des preuves arbitraire, devant conduire à l'annulation de l'arrêt attaqué. La cour cantonale a nié tout arbitraire à la décision de première instance, estimant que les premiers juges, sur la base d'un ensemble d'éléments convergents, étaient arrivés à se forger une conviction malgré l'absence de preuves matérielles. Pour le cas de B.________, les premiers juges ont mis en avant les similitudes étroites existant entre son agression et celle de A.________, notamment le fait que le slip de B.________ ait été arraché et abandonné sur les lieux, élément déterminant à mettre en relation avec le comportement du recourant, spécialement son fétichisme, ainsi que d'autres éléments liés à sa façon d'agir, savoir le fait que les jeunes femmes aient toutes deux été violemment frappées à la tête, perdant connaissance sans pouvoir déterminer de quelle manière, et le fait qu'elles se fassent toutes deux dérober leurs effets personnels, qui n'ont jamais été retrouvés. Ils ont en outre relevé que personne n'aurait pu imiter le recourant, dans la mesure où ces similitudes n'étaient pas connues à l'époque des faits. Par ailleurs, le recourant s'est absenté sans motif de son poste de travail le jour de l'agression de B.________, ne s'y rendant pas non plus le lendemain. De plus, les troubles de la personnalité relevés dans l'expertise psychiatrique et les difficultés relationnelles du recourant avec son amie pouvaient expliquer le passage à l'acte. S'agissant de C.________, les premiers juges ont relevé que, comme dans les autres cas, l'agression avait été commise par derrière avec de violents coups donnés à la tête et ils ont mis en exergue les concordances concernant l'emploi du temps du recourant et de sa victime, ainsi que les perturbations relationnelles ayant pu amener l'accusé à passer à l'acte. A l'analyse des premiers juges, le recourant oppose sa propre interprétation des similitudes relevées. Ainsi, s'il admet un lien spatio-temporel entre les agressions, il conteste qu'on puisse rattacher le fait que le slip de B.________ ait été arraché et retrouvé à proximité de la victime à un comportement fétichiste de sa part, ou qu'on puisse faire un lien entre les agressions parce que les victimes ont été violemment frappées à la tête, ce qui est le cas d'autres victimes, ou encore qu'on puisse lui imputer ces infractions en raison du vol des effets personnels des victimes, lequel n'a aucune signification, les effets volés ayant été choisis de manière aléatoire et n'ayant pas été retrouvés chez lui. Il soutient en outre que ses absences ont été nombreuses durant l'année 2003, que son absence le jour de l'agression de B.________ n'a rien d'exceptionnel et que par ailleurs on cherche en vain dans sa relation avec son amie une crise telle qu'elle puisse provoquer des agressions en été ou automne 2003 et enfin que le trouble de la personnalité décrit dans l'expertise psychiatrique ne permet en aucun cas d'identifier un agresseur en série. Cependant, le recourant perd de vue que ce n'est pas sur la base d'un seul élément que les premiers juges ont acquis leur conviction, mais sur celle de plusieurs éléments convergents. Le recourant, lors de son arrestation, portait un sous-vêtement à l'intérieur duquel se trouvait une culotte de son amie, ainsi qu'un rembourrage de soutien-gorge, constitué d'une poche plastique contenant un liquide gélatineux. Partant, admettre une similitude entre le cas A.________ et le cas B.________ en raison du slip arraché et la rattacher au comportement fétichiste du recourant dévoilé lors de son arrestation, même si cela est discutable s'agissant d'une infraction contre les moeurs où les slips sont généralement arrachés et laissés sur les lieux, n'est en tout cas pas arbitraire. Encore moins insoutenable est le raisonnement des premiers juges, qui ont retenu une similitude opératoire, les victimes étant agressées par derrière par de violents coups frappés à la tête, car une telle violence n'est pas le mode opératoire nécessaire de tout viol ou contrainte sexuelle. De même, les vols d'effets personnels aux victimes, sauf à celle qui a mis en fuite son agresseur par ses cris, peuvent également, sans arbitraire, être retenus comme un indice parlant en faveur du fait que les agressions sont imputables au même auteur. En outre, les absences du recourant à son travail, bien que nombreuses, ont été peu fréquentes au mois d'octobre 2003, par conséquent, tenir compte de l'absence du recourant de son lieu de travail le 14 octobre 2003, date de l'agression de B.________, et le lendemain en tant qu'indice de la culpabilité du recourant, n'est manifestement pas arbitraire. S'agissant du cas C.________, il n'est à l'évidence pas non plus insoutenable de retenir en tant qu'indice que le recourant a passé une partie de la nuit dans le même établissement que la victime et, comme cela a pu être établi sur la base des déclarations du recourant, qu'il se trouvait dans le périmètre de l'agression lorsqu'elle a eu lieu. Enfin, il ressort du dossier que la relation du recourant avec son amie était très chaotique en 2003. De nombreuses altercations ont eu lieu et même si le recourant et son amie ont entretenu une ou deux relations sexuelles en juillet, dont une dans le périmètre des agressions, la jeune femme a fait plusieurs fois appel à la police, notamment pour expulser l'intéressé après qu'il se soit comporté de manière agressive. La relation se serait améliorée vers la fin de l'automne et ils auraient repris la vie commune début 2004. Ainsi, c'est sans arbitraire que les premiers juges pouvaient admettre que la séparation du recourant avec son amie, que celui-ci vivait mal, était un élément d'appréciation de la culpabilité du recourant pour des agressions qui avaient eu lieu à cette période. Finalement, c'est également sans arbitraire que les juges cantonaux pouvaient tenir compte des troubles de la personnalité présentés par le recourant et décrits dans l'expertise psychiatrique. Par conséquent et au vu de ce qui précède, c'est sans arbitraire que les juges cantonaux ont retenu les éléments ci-dessus dans l'appréciation de la culpabilité du recourant, leur permettant d'asseoir une conviction, et le recourant ne démontre pas le contraire, C'est également à juste titre que l'autorité cantonale a dénié tout arbitraire à la décision de première instance, qui a admis que l'ensemble des éléments convergents décrits ci-dessus, pour le moins frappant, auquel s'ajoute le fait que les agressions ont toutes été perpétrées en quelques mois à Vevey ou dans les environs immédiats, permettaient de conclure à la culpabilité du recourant. Le recours de droit public ne peut dès lors qu'être rejeté dans la mesure où il est recevable.