Citation: 4A_321/2007 03.12.2007 E. 5

5.1 La recourante reproche à la cour cantonale de n'avoir pas annulé le jugement de première instance, lequel avait écarté l'audition du témoin E.________ par voie de commission rogatoire, après que celle-ci fut revenue non exécutée en raison de l'indication erronée de l'adresse de ce témoin. Elle fait valoir que le prénommé aurait été en mesure d'éclairer utilement le Tribunal de première instance sur le défaut de l'ouvrage que constituerait la climatisation trop faible. La recourante invoque tout à la fois des violations des art. 29 al. 2 Cst. et 8 CC, ainsi que de normes de la procédure cantonale genevoise, à savoir les art. 4, 186ss et 246ss LPC/GE. 5.2 Le droit d'être entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. ne comprend pas le droit d'obtenir sans condition l'audition de témoins. En effet, l'autorité peut mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 130 II 425 consid. 2.1; 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135, 417 consid. 7b p. 430). En l'occurrence, dans le cadre des enquêtes conduites devant les premiers juges, trois témoins directs et un témoin indirect ont déclaré de concert, contredisant un témoin isolé, que l'obtention d'une température de 16° dans certaines chambres de l'immeuble n'était qu'un souhait de la recourante manifesté en cours de travaux, mais aucunement une exigence de sa part. Il appert, dans ce contexte, que l'audition d'un unique témoin supplémentaire n'était pas à même de faire basculer la conviction des premiers juges, laquelle reposait de toute manière sur les dires d'une majorité de témoins, comme l'ont bien vu les juges cantonaux. Le grief pris d'une violation du droit d'être entendu est sans consistance. Le droit à la preuve déduit de l'art. 8 CC n'a pas été enfreint par la renonciation à la commission rogatoire. Le juge peut en effet rejeter des offres de preuve d'une partie si sa conviction est déjà assise sur les preuves rassemblées, comme cela s'est passé in casu, puisque l'art. 8 CC ne prescrit pas les moyens par lesquels l'état de fait doit être établi et comment les preuves doivent être appréciées (ATF 128 III 22 consid. 2d; 127 III 519 consid. 2a). Quant aux violations du droit cantonal alléguées, elles ne constituent pas un motif de recours (Bernard Corboz, Introduction à la nouvelle loi sur le Tribunal fédéral, SJ 2006 II p. 344 in medio).