Citation: 6B_666/2023 E. 5.3

5.3. Il ressort du jugement entrepris que le recourant a reconnu s'être emparé de 14 montres appartenant à F.________ SA, profitant de son accès à un lot de prototypes de pièces horlogères et de montres dans le cadre de ses fonctions. Il n'est ainsi pas contesté que le recourant a extrait les pièces en question de la manufacture alors qu'il était employé de F.________ SA. Peu importe qu'il eût alors été en droit de porter ces prototypes dans le but de les tester, en sa qualité de responsable de développement. La cour cantonale a ensuite retenu que le recourant avait conservé, puis emporté sans droit ces montres à la suite de son licenciement, qui lui avait été signifié le 9 juin 2016 (arrêt entrepris, consid. 5.7.3, p. 63). On comprend donc que l'autorité précédente a considéré que la soustraction des pièces, impliquant la rupture de la possession de F.________ SA et la constitution d'une nouvelle possession en faveur du recourant, est intervenue à l'issue de son licenciement et, en tout état, postérieurement au mois d'avril 2016. Ce faisant, il est vrai, comme le soutient le recourant, que l'autorité précédente s'est écartée de la délimitation temporelle de l'acte d'accusation. Cependant, il sied de rappeler que même une accusation erronée et imprécise sur le plan temporel ne conduit pas à une absence de déclaration de culpabilité, tant que les infractions imputées peuvent être suffisamment délimitées et que les faits reprochés à la personne accusée sont clairs pour elle (cf. consid. 3.1.1 supra). En l'espèce, à teneur de l'acte d'accusation, le recourant ne peut avoir de doutes sur le comportement qui lui est reproché, à savoir s'être emparé de 14 prototypes de pièces horlogères et de montres appartenant à F.________ SA, d'une valeur estimative de 934'000 fr., alors qu'il était employé de cette entreprise, puis les avoir conservées par-devers lui. Du reste, la critique que le recourant forme à l'encontre de l'acte d'accusation est largement abstraite, étant précisé qu'il a reconnu l'essentiel des faits. On ne voit dès lors pas en quoi une délimitation temporelle plus correcte des faits reprochés dans l'acte d'accusation aurait été décisive pour l'exercice adéquat de ses droits de défense. Partant, le grief tiré d'une violation de la maxime d'accusation est rejeté.