Citation: 4A_36/2020 E. 3.1

3.1. La demande de révision a trait aux deux accords conclus entre l'intimée et D.________: le contrat de distribution exclusive du 16 décembre 2013 ainsi que l'accord transactionnel du 13 novembre 2016. La requérante se fonde sur l'audition du 11 octobre 2019 de la fille du fondateur de l'intimée G.C.________, I.C.________, ainsi que sur des documents ayant été produits par celle-ci sur ordre d'un tribunal américain de première instance ( United States District Court for the Eastern District of New York) dans le cadre d'une procédure d'obtention de preuves initiée le 1er mai 2019 aux États-Unis ( discovery). Elle soutient que, lors de son audition, I.C.________ aurait expliqué avoir envoyé un modèle d'accord transactionnel le 14 janvier 2017, ceci alors même que l'accord transactionnel sur lequel se serait fondé le tribunal arbitral afin d'octroyer des dommages-intérêts à l'intimée serait daté du 13 novembre 2016. I.C.________ aurait également affirmé n'avoir jamais participé à la négociation de l'accord transactionnel et ne pas avoir rédigé celui-ci, ce qui contredirait les informations données par l'intimée au tribunal arbitral et les témoignages de G.C.________ et de l'organe de D.________, F.________. À titre de moyens de preuve nouveaux, la requérante invoque trois courriers électroniques produits par I.C.________, des modèles et ébauches du contrat de distribution exclusive conclu avec D.________ et de l'accord transactionnel ainsi que des métadonnées relatives à ces accords. Selon la requérante, ces moyens de preuve démontreraient que le contrat de distribution exclusive n'aurait été créé que le 30 mars 2015 avant d'être finalisé en janvier 2017, ceci alors même que le tribunal arbitral aurait considéré que ce contrat a été conclu par D.________ et l'intimée en décembre 2013. Ces moyens de preuve nouveaux valideraient donc la thèse avancée par la requérante au cours de la procédure arbitrale selon laquelle tant ce contrat que l'accord transactionnel prétendument conclus par l'intimée et D.________ ne seraient pas authentiques et n'auraient été créés que pour les besoins du litige. Le tribunal arbitral s'étant fondé sur l'existence de ces deux accords afin d'octroyer à l'intimée différents montants à titre de gain manqué, de dommages-intérêts et de commissions, la requérante estime que la sentence arbitrale aurait été différente si les arbitres avaient statué en connaissance des faits et moyens de preuve nouveaux.