Citation: 5A_755/2023 E. 10.1

10.1. Dans la décision entreprise, la cour cantonale a relevé que l'équivalence des capacités éducatives des parents et des environnements de X.________ et V.________ pourrait faire paraître comme préférable le maintien de la résidence habituelle des enfants auprès de leur père. Elle a cependant considéré que c'était à juste titre que l'autorité de première instance avait retenu que, sur le long terme, la solution consistant à autoriser le retour des enfants en Amérique du Nord et à s'établir à V.________ - où ils bénéficieraient d'un cadre de vie favorable et pourraient entretenir des contacts plus réguliers avec les familles de leurs parents respectifs, et où la mère prévoyait de demeurer dans les prochaines années - était plus conforme à leur intérêt que celle consistant à rester à X.________, compte tenu des conditions de vie somme toute précaires de leur père dans cette ville. Cette appréciation était renforcée par le fait que l'hypothèse d'un retour de l'époux en Amérique du Nord, quelle que soit l'issue de la procédure, paraissait plus plausible qu'un séjour prolongé à X.________. L'intéressé soutenait certes que la conjecture faite par le premier juge selon laquelle il retournerait vivre au Canada, voire aux États-Unis si les enfants y déménageaient, procédait d'une constatation inexacte des faits et tentait de démontrer, pièces à l'appui, son intégration sociale et professionnelle à X.________. Cela étant, son affirmation selon laquelle cette ville constituait désormais son centre de vie et celui de ses enfants, nonobstant leurs attaches en Amérique du Nord, ne convainquait pas et semblait avoir été formulée pour les seuls besoins de la cause. A ce dernier égard, l'autorité de première instance avait relevé que si l'époux s'était prévalu, dans ses écritures sur mesures provisionnelles, de sa parfaite intégration à X.________, de sa bonne maîtrise du français et de ses perspectives professionnelles favorables, tel n'avait toutefois pas été le cas avant le mois de février 2023, lorsque l'épouse avait déposé sa requête de mesures provisionnelles. A peine quelques mois plus tôt, dans sa réponse du 21 novembre 2022, il avait au contraire souligné les difficultés rencontrées à X.________ au regard de son manque de maîtrise de la langue française - un interprète l'avait d'ailleurs assisté lors des audiences du Tribunal des 1er mars et 20 septembre 2022 - et de l'absence de contacts sur place, ce qui lui avait fait éprouver un sentiment de déracinement tel qu'il avait envisagé de s'installer seul avec les enfants au Canada en été 2019. L'époux avait en outre indiqué que le diplôme d'enseignement qu'il avait achevé ne pouvait pas être reconnu en Suisse et qu'en dépit de ses efforts soutenus, il n'était pas en mesure d'y gagner sa vie. L'autorité de première instance a dès lors considéré que, indépendamment de ses différentes prises de position, il ne ressortait pas de la procédure que l'époux serait solidement intégré en Suisse, ni du point de vue de son activité professionnelle, ni de celui de projets envisagés aux fins d'améliorer cette situation. Par ailleurs, s'il était informé depuis le mois de septembre 2022 de la possibilité d'effectuer des remplacements à l'école publique genevoise, il n'alléguait toutefois pas s'être renseigné sur la possibilité de compléter sa formation de manière à pouvoir, à terme, s'insérer durablement dans le système d'enseignement genevois, que ce soit du point de vue de sa formation académique ou de son diplôme d'enseignant. Il n'avait pas non plus entrepris de démarches supplémentaires d'un point de vue professionnel à réception de la requête de mesures provisionnelles de l'épouse et s'était limité à alléguer qu'il ne serait plus disponible pour une activité d'enseignant à plein temps si l'épouse quittait la Suisse. Toujours selon l'autorité de première instance, les déclarations de l'époux relatives à sa volonté de s'installer au Canada en 2019 dans ses écritures de réponse, l'imputant à un sentiment de déracinement, étaient par ailleurs plus convaincantes que celles tenues lors de l'audience du 4 avril 2023, à teneur desquelles il souhaitait prolonger ses vacances, pour une durée d'une année le cas échéant, ou celles recueillies par le SEASP, selon lesquelles il avait réagi au comportement de son épouse qui aurait voyagé en Europe plutôt que de rejoindre la famille au Canada. La cour cantonale a relevé que la question à trancher dans le cas concerné n'était pas celle de savoir à quel endroit les enfants étaient le mieux intégrés ou auquel ils étaient le plus attachés, mais de déterminer quel projet de vie correspondait, tout bien pesé, le plus à leurs intérêts. Elle a déclaré rejoindre sur ce point l'opinion exprimée par la juridiction de première instance et faire sienne sa motivation, à savoir que l'installation des enfants à V.________ constituait la solution la plus conforme à leur bien-être sur le long terme, eu égard à l'ensemble des circonstances évoquées, et ce indépendamment des intentions de l'époux quant à son futur lieu de vie.