Citation: U 190/04 22.06.2005 E. 4

4.1 De l'importante documentation médicale figurant au dossier, on peut retenir que le recourant a présenté, à la suite d'un accident du type «coup du lapin», des troubles de type myotendinose dans la colonne cervicale limitant la mobilité à ce niveau, ainsi qu'une paresthésie des membres supérieurs gauche et droit, sans déficit moteur; il a par ailleurs souffert de douleurs cervicales et de douleurs localisées sur l'hémicrâne à droite et s'est plaint, notamment, de troubles visuels, de difficultés de concentration et des troubles de la mémoire (cf. en particulier, les rapports des docteurs R.________ [du 29 septembre 1998] et U.________ [du 4 novembre 1998]). Les examens complémentaires effectués à la Clinique Z.________ n'ont mis en évidence aucune pathologie neurologique ou neuro-otologique qui expliquerait, du point de vue organique, les troubles décrits par le patient. Sur le plan psychique, le recourant a développé un syndrome post-traumatique avec un état dépressif associé, ainsi que l'a diagnostiqué le docteur U.________, le 4 novembre 1998, puis les docteurs S.________ et P.________, psychothérapeutes à la Clinique Z.________ (syndrome douloureux post-traumatique [F43.1 selon ICD 10] et épisode dépressif léger à moyen [F 32.1]; cf. consilium psychosomatique du 15 février 1999). En ce qui concerne l'évolution de la symptomatologie, le docteur R.________ a fait état, le 21 mai 2001, d'une péjoration en constatant que la mobilité cervicale de son patient avait diminué de 30 %, tandis que la palpation de tout le rachis était extrêmement algique, avec une prédominance au niveau cervico-dorsal; par ailleurs, les fonctions cognitives étaient perturbées avec des troubles de la mémoire qui s'aggravaient de mois en mois. Il concluait que le syndrome de stress post-traumatique dominait tout le tableau clinique, ce qui rendait la thérapie physique difficile, tous les essais de physiothérapie tant passive qu'active ayant échoué, voire aggravé la symptomatologie. Plus d'une année plus tard, le médecin n'avait pas constaté de changement par rapport à cette situation (rapport du 18 octobre 2002). De son côté, le docteur K.________, a expliqué que les suites du trouble de stress post-traumatique, dont les caractéristiques persistaient de manière atténuée malgré les traitements entrepris, devaient être considérées comme une modification psychogène de la personnalité après traumatisme psychique (F 62.0). Selon lui, il était vraisemblable qu'une partie des modifications de la personnalité de son patient était d'origine organique, les maux de tête, le vertige, la fatigabilité, l'irritabilité, les troubles de la concentration et de la mémoire, l'intolérance au stress faisant partie des plaintes fréquentes du recourant. Celles-ci pouvaient conduire à poser le diagnostic de syndrome psycho-organique par suite de traumatisme cérébral (F07.2) qu'il n'était pas toujours possible d'objectiver par des données visuelles ou de laboratoire (rapport du 28 octobre 2002). 4.2 Sur ce point toutefois, le recourant se fonde en vain sur les avis respectifs des docteurs K.________ et L.________ pour alléguer l'existence d'une cause organique à ses troubles. Le fait que le médecin espagnol a constaté une mobilité cervicale de niveau moyen, l'apparition de douleurs à la palpation, une contraction des deux trapèzes et une paresthésie en MMSS - déjà documentées en partie par d'autres rapports au dossier (cf. rapport de sortie de la Clinique Z.________ et rapport du docteur R.________ du 21 mai 2001) -, ne permet aucune déduction quant à une éventuelle origine organique. Ni l'examen neurologique effectué en automne 1998 par le docteur U.________, ni les examens complémentaires à la Clinique Z.________ n'ont du reste mis en évidence une cause somatique objective; un CT Scan effectué le 14 avril 2000 a permis d'exclure toute lésion osseuse traumatique et de constater l'absence d'hématome épi ou sous-dural (rapport du docteur C.________ du 14 avril 2000). Quant à l'avis du psychiatre traitant, il repose sur une simple hypothèse qui n'est pas corroborée par l'avis des médecins qui ont examiné le recourant sur le plan somatique et attribué une importance prépondérante à la problématique psychique dans la persistance de ses troubles. Quoi qu'il en soit, le diagnostic du syndrome psycho-organique posé par le docteur K.________ relève de la psychiatrie et s'ajouterait à ceux de syndrome post-traumatique et état dépressif, dont il y a lieu d'admettre qu'ils influencent de manière décisive l'état de santé du recourant. En effet, il résulte des constatations médicales que le recourant a, parallèlement au status du syndrome cervical, développé une pathologie psychique qui a rapidement pris une importance prépondérante au point de reléguer les problèmes physiques (mobilité cervicale diminuée et douleurs au rachis cervical) à l'arrière-plan. Cette évolution ressort clairement des constatations du docteur R.________ selon lequel l'ensemble du tableau clinique était dominé par le syndrome de stress post-traumatique. Les considérations des docteurs A.________ et O.________ sont également significatives: ils indiquaient ne pas avoir objectivé les troubles du patient qui, s'ils étaient vraisemblablement liés à une problématique organique primaire, s'inscrivaient désormais dans un cadre de surcharge psycho-réactive (rapport de sortie du 24 mars 1999).