Citation: 4A_277/2021 E. A

A.a. Les sociétés A.________ SA et Z.________ SA s'étaient liées le 21 novembre 2013 par un contrat d'entreprise générale obligeant la première (l'entrepreneuse) à réaliser pour la seconde (la constructrice) quatre villas individuelles A1, A2, B et C à... (VD), sur des parcelles appartenant à son administrateur unique Y.________. Un prix forfaitaire avait été convenu (5'942'685 fr.; art. 4.1 du contrat). La réception des villas B et C devait avoir lieu les 2 et 3 avril 2015, celle des villas A1 et A2 les 22 et 23 juin 2015 (art. 3.2). Si la réception était retardée par des circonstances imputables à l'entrepreneuse, celle-ci devait verser à la constructrice une peine conventionnelle de 5'000 fr. par semaine de retard et par villa (art. 3.3). Faisaient partie intégrante de cet accord les documents annexés sous numéros 1 à 12, la Norme SIA 118 dans son édition 1977/1991 (énonçant les "Conditions générales pour l'exécution des travaux de construction", ci-après SIA-118) et, à titre subsidiaire, le Code des obligations (art. 2). L'annexe 9 consistait en un "échéancier de paiement" planifiant le versement du prix du contrat en quinze "acomptes", le premier à la signature du contrat, le dernier lors du décompte final de "2 villas supplémentaires ". La constructrice devait s'exécuter dans les 30 jours à réception de chaque facture. Une clause compromissoire imposait de soumettre à l'Institution d'arbitrage des Chambres de commerce suisses ( Swiss Chambers' Arbitration Institution, SCAI) "[t]ous litiges [...] nés du présent contrat ou se rapportant à celui-ci, y compris la validité, la nullité, la violation, ou la résiliation du contrat" (art. 11.5). A.b. Les travaux ont débuté sans retard. Par avenant 1A bis du 28 juillet 2014, les parties ont convenu de reporter les termes de livraison de cinq semaines. Au mois d'août 2015, l'entrepreneuse a transmis à sa partenaire des rappels concernant les acomptes nos 7, 8 et 9. Constatant qu'ils restaient impayés, elle a avisé la constructrice le 26 août 2015 "de l'arrêt du chantier en date du 27 août 2015", précisant qu'elle le "redémarrer[ait]" après avoir obtenu "la garantie de financement de l'ensemble de l'ouvrage, le paiement des acomptes et des avenants". Le 4 septembre 2015, la constructrice a sommé l'entrepreneuse de reprendre les travaux le 18 septembre au plus tard, tout en réservant ses droits, y compris celui de résilier le contrat. L'entrepreneuse a invoqué l'art. 82 CO pour justifier l'arrêt de chantier. Le 28 octobre 2015, la constructrice a derechef enjoint à sa cocontractante de reprendre le chantier avant le 3 novembre 2015 et de terminer la villa C pour le 18 décembre 2015. Le 13 novembre 2015, elle l'a encore invitée à lui confirmer la reprise des travaux dans un ultime délai échéant le 20 novembre 2015, en vain. Le 23 novembre 2015, la constructrice a déclaré "renoncer à l'exécution du contrat". Un litige s'en est suivi.