Citation: 6B_136/2016 E. B

X.________ a fait appel de la décision de première instance, remettant notamment en cause sa culpabilité du chef d'opposition aux actes de l'autorité, la peine et la répartition des frais judiciaires. Le Ministère public a déposé un appel joint et a conclu à la condamnation de X.________ du chef de violation grave qualifiée des règles de la circulation routière (art. 90 al. 3 LCR) en lieu et place de violations simples et graves (art. 90 al. 1 et 2 LCR), et d'une aggravation de la peine privative de liberté à hauteur de 24 mois. Par ordonnance du 18 novembre 2015, les réquisitions de preuve du recourant tendant à l'audition de différents médecins et à la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise judiciaire ont été rejetées. Par arrêt du 25 novembre 2015, la Cour d'appel pénal du Tribunal cantonal fribourgeois a partiellement admis l'appel principal ainsi que l'appel joint et a modifié la décision de première instance en ce sens que X.________ est acquitté du chef d'opposition aux actes de l'autorité mais reconnu coupable de violation grave qualifiée des règles de la circulation routière. Elle l'a en définitive, reconnu coupable de dommages à la propriété, injure, violation simple des règles de la circulation routière, violation grave qualifiée des règles de la circulation routière, conduite en incapacité de conduire et contraventions à la loi cantonale d'application du code pénal; la peine privative de liberté de 18 mois avec sursis pendant 5 ans restant inchangée. B.a. En substance, la cour cantonale a retenu l'état de faits suivant. Le 30 mars 2013, entre 1h30 et 2h30, X.________ a circulé au volant de son véhicule automobile de Bulle à Rossens, puis sur l'autoroute, en présentant une alcoolémie de 1,91 g o/oo et sous l'emprise de quiétapine (neuroleptique influençant la capacité de conduire, dont l'effet est augmenté en présence de l'alcool). La visibilité était inférieure à 50 mètres en raison d'un épais brouillard. En entrant sur l'autoroute à Rossens, en direction de Fribourg, il a fait demi-tour en empruntant une surface interdite au trafic, obligeant une automobiliste qui circulait normalement sur l'autoroute à freiner et à se déporter sur la voie de gauche pour éviter une collision. X.________ a ensuite roulé à contre-sens sur l'autoroute sur une distance de 550 mètres, obligeant un autre automobiliste à opérer un freinage d'urgence et à se déporter sur la bande d'arrêt d'urgence. Finalement, il s'est immobilisé sur la voie de dépassement de la chaussée en raison d'un problème mécanique. Lors de son interpellation par la police, X.________ a refusé de sortir du véhicule alors qu'il en était sommé par les agents. B.b. Les faits suivants sont en outre reprochés à X.________. Le 6 novembre 2012, il a causé du tapage en criant dans la rue et en jetant divers panneaux de signalisation au sol. Lors de son interpellation, il a insulté une agente et a craché dans sa direction. Le 19 novembre 2013, il a brisé la vitrine d'un magasin de chaussures en y donnant un coup de poing. Les lésés ont déposé une plainte pénale pour injure, respectivement, dommage à la propriété. Le 10 mars 2014, X.________ a déambulé sur les voies de circulation et s'est élancé devant des voitures circulant normalement, les obligeant à freiner ou à le contourner. Le 22 mars 2014, il a causé du tapage en jetant au sol des chaises de la terrasse d'une confiserie. Lors de chaque épisode, X.________ était sous l'emprise de l'alcool. B.c. Par mandat du Ministère public du 19 novembre 2013, le Dr A.________ a été chargé d'établir une expertise psychiatrique concernant X.________. Selon le rapport du 14 mars 2014, établi sur la base de deux entretiens avec l'intéressé, d'un contact téléphonique avec son médecin traitant, des rapports de quatre séjours hospitaliers et du dossier pénal, l'examen de X.________ met en évidence un trouble schizotypique et un abus d'alcool au moment des événements du 30 mars 2013. Ces deux troubles conjugués pouvaient représenter une atteinte modérée à la santé psychique. L'expert estime que les effets combinés de l'alcool et de la quiétapine ont partiellement altéré les capacités cognitives de X.________, à savoir ses capacités à apprécier le caractère illicite des actes qu'il commettait, sans les abolir. Sa faculté de se déterminer d'après cette appréciation partielle de l'illicéité des faits était légèrement diminuée pour ces mêmes raisons. Selon l'expert, la conjonction de toutes les considérations l'amènent à retenir une responsabilité légèrement diminuée chez l'expertisé. Le 24 septembre 2015, la cour cantonale a ordonné un complément d'expertise en lien avec les nouveaux éléments soulevés par X.________ (différents rapports médicaux, dossier de l'Assurance-invalidité [ci-après: AI]) pour contester les diagnostics posés par le Dr A.________ ainsi que la qualification de sa responsabilité. Dans son complément d'expertise déposé le 23 octobre 2015, l'expert maintient ses précédentes conclusions et relève pour l'essentiel que l'expertise avait pour dessein de déterminer la responsabilité de X.________ au moment des faits qui lui sont reprochés, s'agissant exclusivement de l'épisode du 30 mars 2013, et non pas d'apprécier globalement sa santé mentale, contrairement aux différents rapports médicaux versés au dossier. Le Dr A.________ relève enfin que les diagnostics retenus par ses confrères ne sont, sur un plan médical, pas incompatibles avec celui qu'il a lui-même posé.