Citation: 1B_391/2014 E. 3.3

3.3. Dans l'arrêt entrepris, l'instance précédente a estimé qu'aucun élément tangible ne permettait de considérer, même sous l'angle de la vraisemblance, que L.________, et donc les recourants, auraient été sciemment induits en erreur par les intimés quant au fait que M.A.________ était un produit Madoff aux seules fin de favoriser leurs propres intérêts. La cour cantonale a constaté que les recourants persistaient à soutenir, comme ils l'avaient déjà fait en 2010 devant elle, qu'ils auraient été trompés par les intimés qui auraient sciemment gardé sous silence des éléments essentiels à leurs yeux, soit que la gestion effective des fonds investis dans M.A.________ était confiée à Bernard Madoff - et non pas M.C.________ - et que ces fonds étaient déposés auprès de R.________ - et non pas S.________ Luxembourg -. L'instance précédente a rappelé que, dans le cadre de son ordonnance du 18 août 2010, elle avait tenu compte des déclarations contradictoires des deux témoins concernés : si L.________ avait déclaré que O.________ lui avait fait croire que le compartiment M.A.________ était sous la mainmise de K.A.________ et que S.________ Luxembourg était le dépositaire des fonds, O.________ avait, quant à lui, affirmé que la prénommée l'avait contacté parce qu'elle cherchait précisément des produits "Madoff" pour ses clients, qu'elle savait donc que M.C.________ n'était qu'un manager formel et que Bernard Madoff était le réel gestionnaire de M.A.________. La cour cantonale avait alors considéré qu'on ne pouvait inférer de ces propos divergents que les intimés - par la voix de O.________ - auraient délibérément induit L.________ en erreur pour favoriser leurs propres intérêts financiers. Cette appréciation avait été confirmée par le Tribunal fédéral qui avait estimé qu'à ce stade de l'instruction, il n'était ni démontré ni vraisemblable que les recourants auraient été victimes d'une tromperie (arrêt 1B_311/2010 du 19 novembre 2010 consid. 3.3). Les recourants critiquent l'appréciation de la cour cantonale. Ils soutiennent dans leur écriture que l'instruction menée depuis l'arrêt du Tribunal fédéral du 19 octobre 2010 aurait démontré qu'ils n'avaient aucun moyen d'être informés du fait que le dépôt du fonds M.A.________ était en réalité sous-délégué à Bernard Madoff. Ils fondent leur argumentation essentiellement sur les déclarations de P.________ du 27 juin 2012, de Q.________ du 9 février 2011 et de O.________ du 10 décembre 2009 selon lesquelles ces derniers ignoraient l'existence du sous-dépôt auprès de R.________. Ce faisant, les recourants s'écartent des constatations de l'arrêt entrepris selon lesquelles le témoin O.________ avait assuré, lors de son audition du 29 avril 2010, qu'il connaissait l'existence de ce sous-dépôt et qu'il en avait informé L.________. Dans la mesure où le caractère arbitraire de ces faits n'a pas été démontré (cf. consid. 2 supra), la critique des recourants tombe à faux; par ailleurs, ces derniers n'expliquent pas en quoi les déclarations des deux autres témoins seraient pertinentes. En outre, les recourants se réfèrent en vain à des extraits de l'arrêt de la Cour de justice du 26 mai 2014 pour affirmer notamment que O.________ n'était pas informé du sous-dépôt et que l'instruction avait démontré que le cumul des fonctions entre les mains de Bernard Madoff avait été délibérément caché aux investisseurs; ces extraits constituent en effet uniquement des résumés de prises de position des parties intéressées à la procédure pénale dirigée contre les intimés et ne reflètent pas l'appréciation de la Cour de justice. Pour le reste, les recourants se contentent de reprendre les arguments soulevés devant le Tribunal fédéral en 2010 et fondés pour l'essentiel sur les déclarations de leur conseillère en placement qui prétendait ignorer tout lien entre Bernard Madoff et le fonds M.A.________ (arrêt 1B_311/2010). La cour cantonale pouvait en l'occurrence, à juste titre, considérer que les intéressés ne faisaient valoir aucun élément nouveau susceptible de rendre vraisemblable une hypothétique tromperie astucieuse de la part des intimés. Les considérations de l'expert - invoquées par les recourants - quant aux difficultés de procéder au contrôle externe, compte tenu du cumul des fonctions entre les mains de Bernard Madoff, ne permet pas de modifier l'appréciation de la cour cantonale. Par ailleurs, comme relevé par celle-ci, l'éventuelle carence dans l'effectivité de la surveillance que les intimés étaient censés opérer au sein de M.C.________ n'infirme pas les déclarations de O.________ qui a assuré que leur conseillère en placement, professionnelle dans le domaine de la gestion de fortune, connaissait d'autres fonds gérés par Bernard Madoff, qu'elle recherchait spécifiquement des produits 100 % Madoff, qu'elle n'ignorait pas que le dépôt des fonds était assumé par le prénommé et qu'elle savait donc qu'elle ne proposait pas à ses clients d'investir dans K.A.________. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier dont se prévalent les recourants (P 10'635 ss) que l'instruction dirigée contre les intimés aurait également été ouverte pour escroquerie; le projet d'acte d'accusation du 14 octobre 2014 ne renvoie d'ailleurs pas les intimés en jugement pour cette infraction. Par conséquent, la qualité de parties plaignantes des recourants s'agissant de l'infraction d'escroquerie n'apparaît pas donnée.