Citation: 5P.251/2004 15.11.2004 E. 2

La recourante soutient que, en tant qu'il prohibe d'autres moyens de preuves que les pièces produites à l'appui de la requête (en l'espèce la production de pièces détenues par l'intimé et l'audition de témoins), l'art. 478 CPC/VD «entrave la juste application de l'art. 148 al. 2 CC ainsi que celle des art. 23 ss CO». Bien que le principe de la primauté du droit fédéral soit de rang constitutionnel (art. 49 al. 1 Cst. [= art. 2 Disp. trans. aCst.]), sa violation peut être soulevée dans un recours en réforme lorsque celui-ci est ouvert (ATF 119 II 183 consid. 3 p. 184 et la jurisprudence citée). Il reste à savoir si tel est le cas en l'occurrence, étant précisé que la valeur litigieuse - correspondant au montant dont la recourante demande l'inclusion dans les acquêts (= 56'800 fr.) - est largement atteinte (art. 46 OJ). Selon la jurisprudence constante, la décision qui tranche une demande de révision n'est pas susceptible d'un recours en réforme, à moins que l'autorité cantonale n'ait statué au fond après rétractation du jugement déféré (ATF 119 II 297 consid. 2a p. 299 et les références), hypothèse qui n'est pas réalisée ici. Toutefois, ce principe ne vaut que lorsque le motif de révision ressortit à la législation cantonale; or, l'art. 476 al. 1 ch. 3 CPC/VD ne fait que reprendre un motif de révision institué par le droit fédéral, en sorte qu'il ne revêt pas de portée propre (Fankhauser, Praxiskommentar Scheidungsrecht, n. 18 ad art. 148 CC). Le recours en réforme étant dès lors recevable (Fankhauser, loc. cit.; Steck, Basler Kommentar, 2e éd., n. 23 ad art. 148 CC), la recourante pouvait s'y plaindre d'une violation du principe invoqué; le recours de droit public est irrecevable dans cette mesure (art. 84 al. 2 OJ).