Citation: 5A_156/2023 E. 7.4

7.4. Il ressort des constatations de l'arrêt attaqué - qui ne sauraient être valablement remises en cause par la critique essentiellement appellatoire développée à l'appui du présent recours - l'existence entre Me F.________ et la Juge itinérante en charge des procédures litigieuses 10 2020 739 et 10 2022 318 d'une relation conflictuelle antérieure au début du mandat confié par le recourant audit avocat et que les circonstances entourant cette relation conflictuelle sont expressément invoquées à l'appui de la demande de récusation déposée par le recourant à l'encontre de la Juge itinérante. Il importe donc peu que d'autres motifs fondent ladite demande et que ceux-ci n'aient en définitive pas à être traités dans le cadre de la décision sur la capacité de postuler de l'avocat. Le caractère grave et important du conflit ne saurait par ailleurs être sérieusement contesté au vu notamment de sa tournure pénale. Il fonde par ailleurs sans conteste un risque réel de conflit d'intérêts. Certes, les circonstances du conflit personnel entre la Juge itinérante et Me F.________ concernent une ancienne procédure divisant d'autres parties et l'arrêt attaqué ne dit rien du sort réservé à la plainte pénale déposée à l'époque par Me F.________ à l'encontre de la magistrate en cause. Il n'empêche que la motivation du recours ne permet à l'évidence pas d'écarter que de telles divergences sont susceptibles de surgir à nouveau à l'avenir. On ne saurait dès lors reprocher aux juges cantonaux d'avoir - déjà à ce stade - admis qu'il existait un risque concret de conflit d'intérêts. Dans ces conditions, il ne reste qu'à déterminer, selon la jurisprudence correctement rappelée par le Tribunal cantonal (cf. supra consid. 7.1), si le mandat de l'avocat précède temporellement la saisine du juge concerné. Or, en l'occurrence, il est constant que la Juge itinérante était en charge des procédures litigieuses avant le début du mandat conféré par le recourant à son conseil aux fins de le défendre dans lesdites procédures. Dans ces conditions, en tant qu'il a retenu que l'avocat du recourant devait se dessaisir du mandat, l'arrêt querellé ne souffre d'aucune critique. Contrairement à ce que soutient le recourant, cette solution n'a pas pour effet de permettre à la Juge itinérante d'éviter une procédure de récusation. En effet, les arguments soulevés à l'appui de la demande de récusation diffèrent en partie de ceux discutés dans la présente procédure, qui n'a porté que sur le conflit entre l'avocat du recourant et la magistrate concernée. Sous réserve de ratification de la demande de récusation par le recourant ou son nouveau représentant (cf. supra consid. 4.2 i.f.), les autres arguments soulevés dans la demande de récusation pourront donc être examinés par la Présidente suppléante. Pour le surplus, dès lors que son avocat n'a pas lui-même recouru contre l'arrêt litigieux, le moyen tiré d'une violation de l'art. 27 Cst. est irrecevable. En effet, le recourant doit disposer d'un intérêt propre au recours (art. 76 al. 1 let. b LTF; cf. supra consid. 1.1; arrêt 5A_668/2022 du 16 mars 2023 consid. 1.2.2) et ne peut invoquer le droit constitutionnel d'autrui (ATF 125 I 161 consid. 2a; arrêt 9C_650/2021 du 7 novembre 2022 consid. 1.2).