Citation: 8C_640/2024 E. 4

Les juges cantonaux ont retenu que selon la doctoresse C.________, s'agissant des seules séquelles de l'accident, le recourant disposait d'une pleine capacité de travail sans perte de rendement dans son activité habituelle de chauffeur de camion et grutier, qui était adaptée à ses limitations fonctionnelles (pas d'activités nécessitant le port prolongé ou répété de charges supérieures à 5-10 kg, ni le maintien prolongé ou répété des membres supérieurs au-dessus du plan des épaules ou en porte-à-faux). Lors de son examen final du 7 novembre 2022, cette médecin avait constaté au status une mobilité de l'épaule droite diminuée par rapport à la gauche, avec notamment l'impossibilité de mettre le bras droit derrière la tête sans l'aide du bras gauche; ce comportement douloureux était toutefois contradictoire avec les observations des médecins de la CRR et du docteur D.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, qui avaient fait état d'une amélioration des amplitudes des épaules et d'une mobilisation de l'épaule droite complète et symétrique. La cour cantonale a considéré qu'il n'y avait aucune raison de s'écarter de l'appréciation de la doctoresse C.________, qui avait pleine valeur probante et était corroborée par les avis des médecins de la CRR et des docteurs D.________ et E.________, lui aussi spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, sans être mise en doute par les rapports isolés des médecins de la Clinique F.________ et du docteur G.________, médecin praticien. Les premiers juges en ont conclu que l'intimée était fondée à retenir que le recourant bénéficiait d'une capacité de travail complète dans une activité adaptée à ses restrictions fonctionnelles, que respectait son activité de chauffeur poids lourds. Par surabondance, même si l'on devait tenir cette activité pour inadaptée, la comparaison des revenus effectuée par l'intimée aboutissait à un taux d'invalidité de 5 %, en tenant compte d'un abattement de 5 % sur le revenu d'invalide (issu des données statistiques de l'Enquête suisse sur la structure des salaires [ESS], niveau de compétence 1) pour les limitations fonctionnelles. Un tel taux ne donnait pas droit à une rente d'invalidité. Conformément à l'avis de la doctoresse C.________, le recourant n'avait pas non plus droit à une IPAI, dès lors qu'il ne présentait pas de séquelle correspondant à une telle indemnité, la mobilité de son épaule droite étant décrite comme complète et symétrique (par le docteur D.________) ou un peu diminuée (par le docteur E.________). Par appréciation anticipée des preuves, le tribunal cantonal n'a pas donné suite à la requête du recourant de mise en oeuvre d'une expertise médicale.