Citation: 5P.246/2002 21.08.2002 E. 1

Dans ses remarques préliminaires, le recourant annonce qu'il entend se plaindre essentiellement de l'«appréciation des faits» par la cour cantonale, se prévalant à cet égard des droits garantis par les art. 8, 9, 14, 29 et 30 Cst. Toutefois, il apparaît d'emblée que l'intéressé confond l'appréciation des preuves, qui peut être remise en cause par un recours de droit public pour violation de l'art. 9 Cst., avec les autres griefs d'ordre constitutionnel soulevés. 4.1 Dans la mesure où le recourant reprend mot pour mot dans la partie «En fait» de son acte de recours les 42 chiffres de son mémoire d'appel à la Cour de justice, comprenant à la fois des faits et des critiques - par ailleurs irrecevables (cf. ATF 128 I 46 consid. 1c p. 51 et les arrêts cités) - adressées au jugement de première instance, sa façon de procéder ne répond manifestement pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 4.2 En exposant le «cadre juridique de la décision attaquée», le recourant reprend aussi textuellement la partie «En droit» de son appel cantonal. Il ne dénonce aucune violation d'un droit constitutionnel, mais se limite à affirmer que sa situation financière s'est notablement détériorée, puisque son revenu effectif a baissé de 37,17%, de sorte qu'il serait équitable que la pension fût réduite en proportion à 691 fr.10. De plus, il se plaint de ce que l'autorité cantonale a tenu compte de la situation financière de l'intimée «avec une superficialité qui dévoile une inéquité flagrante et même choquante» et n'a pas pris en considération les revenus de l'enfant. Autant qu'elle ne ressortit pas au recours en réforme (art. 43 al. 1, en relation avec l'art. 84 al. 2 OJ), une telle argumentation est appellatoire, partant irrecevable. En effet, l'acte de recours ne comporte pas la moindre démonstration du prétendu arbitraire dans l'«appréciation des faits» (cf. à ce sujet: ATF 128 I 81 consid. 2 p. 86; 128 II 182 consid. 3d p. 186; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). 4.3 Le recourant reproche, au surplus, à la Cour de justice d'avoir enfreint cinq normes constitutionnelles. 4.3.1 Le recourant se plaint d'abord d'une inégalité de traitement entre hommes et femmes (art. 8 Cst.) dans l'administration de la preuve, dès lors que, en dépit de la maxime d'office (recte: inquisitoire) applicable au litige, l'intimée a été dispensée d'apporter des renseignements précis sur sa situation financière. Outre le fait que l'art. 8 al. 3 (1ère phrase) Cst. ne produit pas d'effet horizontal direct et ne peut ainsi être invoqué à l'appui d'un recours de droit public dirigé contre une décision rendue dans une affaire opposant deux particuliers (ATF 114 Ia 329 consid. 2b p. 331 et les citations), l'acte de recours ne satisfait pas aux exigences de motivation posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, faute de contenir une réfutation des motifs de la décision attaquée. 4.3.2 Le recourant fait valoir ensuite que l'autorité cantonale est tombée dans l'arbitraire en procédant à une appréciation superficielle de la situation financière de l'intimée, en particulier vu les efforts consentis par lui-même et son épouse pour assumer l'entretien de l'enfant conformément au jugement de divorce; de surcroît, la cour cantonale a retenu une invalidité totale de l'intimée sur la seule foi d'un certificat médical, alors que le dossier contenait une décision contraire de l'assurance-invalidité, ce qui dénote à nouveau l'absence de rigueur avec laquelle ont été évaluées les ressources de l'intéressée. Ce faisant, le recourant ne s'en prend pas aux motifs de l'arrêt déféré, dont il ne démontre pas, a fortiori, le caractère arbitraire; partant, le grief est irrecevable au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 4.3.3 Le recourant soutient en outre que la Cour de justice a violé son droit et celui de sa nouvelle épouse à une famille (art. 14 Cst.), car elle leur impose de renoncer à adopter un enfant jusqu'à l'échéance de la formation de Z.________. Ce grief repose à l'évidence sur une mauvaise compréhension de la décision attaquée. En réalité, les magistrats cantonaux ont déclaré qu'il n'y avait pas lieu de prendre en compte ce projet «avant sa concrétisation»; la critique se révèle ainsi dépourvue d'objet. 4.3.4 Le recourant dénonce encore une violation de son droit à un procès équitable (art. 29 Cst.), l'autorité cantonale ayant posé des exigences de preuve en ce qui le concerne, alors qu'elle a manifesté une «singulière absence d'intérêt» à l'endroit des documents relatifs aux revenus et à la situation de l'intimée. Une motivation aussi indigente n'obéit manifestement pas aux prescriptions de l'art. 90 al. 1 let. b OJ; il s'ensuit que le grief est irrecevable. Au surplus, le recourant n'a pas démontré en quoi les motifs de l'autorité cantonale au sujet de la situation financière de l'intimée seraient insoutenables (cf. supra, consid. 4.3.2), si bien que le grief est irrecevable sous cet angle également. 4.3.5 Invoquant enfin la garantie d'un tribunal impartial (art. 30 al. 1 Cst.), le recourant affirme que les griefs qu'il a soulevés attestent de la partialité des juges d'appel en raison de «certaines considérations [...] pour le moins méprisantes» à l'égard de sa nouvelle femme, qui a pourtant assumé le «rôle que la loi et la jurisprudence attend[ent] d'elle». Le recourant s'abstient toutefois d'indiquer les «considérations méprisantes» qu'aurait émises l'autorité cantonale et les indices permettant d'accréditer la thèse d'un risque objectif de prévention (cf. en général: ATF 128 V 82 consid. 2a p. 84/85 et les arrêts cités): insuffisamment motivé, le grief est donc irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ).