Citation: 4F_8/2013 E. 2.2.1

2.2.1. A l'appui de sa demande de révision, Y.________ reproche au Tribunal fédéral d'avoir confondu prix ( price ) et prime ( premium ). Il aurait échappé à la Ire Cour de droit civil - fait notoire - que le prix du nickel, coté à la bourse des métaux de Londres ( London Metal Exchange ou LME), était supérieur à 20'000 USD la tonne métrique à l'époque déterminante. Au lieu de retenir ce prix officiel LME, que la lettre V.________ déclarait du reste applicable en regard de la rubrique Price Basis, les juges fédéraux auraient porté en compte, à titre de prix d'achat du nickel acquis de X.________, le montant de 30 USD par tonne métrique qui représentait en réalité la prime à payer à la venderesse. Dès lors, influencés par les explications erronées figurant dans le mémoire de recours, ils n'auraient pas compris que les 750 USD mentionnés dans la sentence arbitrale (n. 108) ne correspondaient pas au montant brut auquel Y.________ aurait pu revendre les cathodes de nickel à ses clients, mais à la marge ( margin ) par tonne métrique résultant de cette opération, c'est-à-dire au gain manqué net consistant dans la différence entre le prix de revente d'une tonne métrique de nickel et l'ensemble des frais payés pour l'acquisition de cette quantité du métal en question. Selon Y.________, les 750 USD par tonne métrique que l'arbitre lui a alloués au titre du gain manqué représentent moins de 3,75% du cours historique du nickel pour la période en cause. Ce serait la preuve évidente, pour elle, que l'arbitre n'a pas omis de tenir compte des frais d'acquisition. X.________ aurait d'ailleurs admis la chose en alléguant, sous le n. 31 de sa réponse à la demande de révision, que "dans le but d'obtenir le montant des pertes de bénéfice nettes, le Tribunal arbitral a procédé au calcul des coûts que Y.________ devait encourir par (sic) l'acquisition des produits de nickel à vendre à ses clients". Par conséquent, toujours selon Y.________, le Tribunal fédéral aurait cherché en vain à comprendre pourquoi la problématique de l'imputation des frais d'acquisition des cathodes de nickel n'avait pas retenu l'attention de l'arbitre. A son avis, ce que déplore X.________, en définitive, c'est le fait que l'arbitre n'a pas imputé certains frais d'acquisition allégués par elle, lorsqu'il a procédé au calcul du gain manqué éprouvé par la requérante. Il s'agirait là, toutefois, d'une simple question d'appréciation des preuves que le Tribunal fédéral ne pouvait pas revoir dans le cadre de la cognition limitée dont il jouit lorsqu'il statue sur un recours visant une sentence en matière d'arbitrage international. Aussi, pour Y.________, à supposer que la Ire Cour de droit civil n'eût pas commis l'inadvertance relevée dans la demande de révision, elle aurait rejeté le grief tiré de la violation du droit d'être entendu, comme elle l'a fait pour les autres griefs articulés dans le recours de X.________. Partant, le Tribunal fédéral devrait annuler l'arrêt rendu le 17 avril 2013 dans la cause 4A_669/2012 et, statuant derechef, rejeter ledit recours avec suite de frais et dépens.