Citation: 1B_531/2018 E. A

Dans le cadre de l'enquête P/6246/2018, le Ministère public de la République et canton de Genève a convoqué A.________ pour être entendu en qualité de témoin "au sujet de Monsieur B.________". Sur requête de A.________, cette audience a été reportée au 24 juillet 2018. Le 19 juillet 2018, A.________, par l'intermédiaire d'un mandataire, a informé le Ministère public qu'il déférerait à la convocation, mais se ferait assister par un défenseur, craignant que la procédure ne soit une énième procédure engagée par B.________ pour lui nuire; il se réservait le droit d'invoquer la protection des "art. 168 ss CPP", étant convaincu que chacun de ses dires risquerait d'être déformé et utilisé dans toute procédure pendante ou à venir. Selon A.________, B.________ avait brisé les liens familiaux des époux A.________ avec leur fille, respectivement belle-fille. A l'appui de ses dires, A.________ a produit un important chargé de pièces afin en substance de démontrer que B.________ le poursuivait tant au civil qu'au pénal, cela dans les cantons de Genève et de Vaud (cf. la plainte pour vol déposée par B.________ à leur encontre auprès du Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, contre-plainte auprès de cette même autorité de la part des époux A.________ pour dénonciation calomnieuse et tentative de contrainte, plainte pénale des mêmes contre B.________ pour tentative d'instigation à agression et dénonciation pour brigandage du second à l'encontre de tiers, action - rejetée par le Tribunal d'arrondissement de la Côte - de B.________ afin d'interdire aux époux A.________ de s'exprimer par voie de presse, plainte de ces derniers contre leur fille, respectivement belle-fille, déposée au Ministère public de l'arrondissement de Lausanne pour leur avoir fait notifier un commandement de payer abusif, acte doublé de mesures provisionnelles pour que l'intéressée cesse toute réquisition de poursuite contre eux). Lors de l'audience du 24 juillet 2018, à laquelle était présent B.________, A.________, comparant en tant que témoin et assisté par un avocat, a refusé de répondre à trois questions; la première avait trait à ses éventuels contacts avec un journaliste qui avait publié des articles sur l'arrestation de B.________ et la déconfiture de ses sociétés; la deuxième traitait de l'éventuelle communication à ce journaliste des rapports d'une agence de détective privé qu'il avait mandatée pour se renseigner sur B.________; et la troisième concernait son éventuel financement des frais de défense de parties plaignantes dans la procédure séparée menée à Genève contre B.________. Invité par le Ministère public à motiver ce refus, l'avocat de A.________ s'est référé à son courrier du 19 juillet 2018, relevant notamment l'animosité "extrême" de B.________ à l'encontre des époux A.________, les menaces "sérieuses" à l'encontre de leur "intégrité physique et morale" telles que démontrées par la procédure vaudoise et la nature des questions posées laissant supposer que A.________ était visé par une plainte de B.________; A.________ était ainsi fondé à "exercer le silence", voire à se prévaloir de l'art. 178 CPP. Le 14 août 2018, le Ministère public a ordonné à A.________ de déposer en tant que témoin; le premier a retenu que le second n'invoquait que l'animosité de B.________ et des menaces procédurales, motifs ne se rattachant pas aux art. 168 ss CPP. Cette ordonnance a été communiquée à B.________. A.________ a formé recours contre cette décision le 27 suivant.