Citation: 8C_10/2019 E. 6.1

6.1. La recourante invoque la violation du droit fédéral, ainsi que la constatation incomplète des faits pertinents sur deux points précis. Premièrement, la cour cantonale aurait omis le fait que le licenciement avec effet immédiat était motivé par le versement par l'intéressée d'un montant de 286'770 Euros à la suite de l'escroquerie commise par des tiers au préjudice de la société. Deuxièmement, elle n'aurait pas non plus retenu le fait que l'un des éléments ayant conduit l'assurée à s'abstenir d'agir en réparation du préjudice découlant du licenciement avec effet immédiat injustifié était le risque qu'elle se retrouve nettement perdante selon le tour que prendrait le procès sur les conclusions reconventionnelles de l'employeur. La recourante allègue que, même si elle pouvait penser que le congé avec effet immédiat n'était pas justifié, elle n'a pas voulu introduire une procédure dans laquelle elle aurait eu plus à perdre qu'à gagner puisque le montant correspondant à six mois de salaire (67'500 fr.) était largement inférieur au préjudice subi par la société du fait de l'escroquerie. Aussi, l'intéressée est-elle d'avis que même si le licenciement avec effet immédiat n'était pas justifié, on ne saurait lui reprocher d'avoir renoncé, après une évaluation soigneuse des risques, à introduire une procédure judiciaire aléatoire, à l'issue de laquelle elle s'exposait à devoir réparer le préjudice subi par la société. C'est pourquoi elle soutient que la cour cantonale ne pouvait lui imputer à faute sa renonciation à agir contre son ancien employeur et la suspension de son droit à l'indemnité journalière était ainsi infondée.