Citation: 1B_72/2022 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, le recourant, ressortissant de V.________ sans emploi et résidant en Espagne, ne soutient pas disposer d'un titre de séjour en Suisse. Il ne remet pas non plus en cause le fait qu'à l'issue de la procédure pénale, il pourrait être expulsé du territoire suisse. Dans une telle configuration, son avenir dans ce pays paraît fortement compromis. Si le recourant se prévaut d'attaches familiales en Suisse - invoquant notamment un logement possible chez l'un de ses frères -, il omet de relever que des membres de sa famille - dont certains de ses enfants - sont également poursuivis pénalement et pourraient donc aussi devoir quitter la Suisse, ce qui réduit ses liens avec ce pays. Le recourant ne prétend enfin pas être dépourvu de toute relation dans son pays d'origine et/ou qu'il lui serait difficile de s'y établir; on rappellera en outre que son épouse ne réside pas en Suisse, mais en Espagne. Peu importe que la Suisse ait pu conclure des traités avec ces deux pays (cf. le Traité entre la Confédération suisse et la République du Kosovo sur le transfèrement des personnes condamnées du 14 mai 2012 [RS 0.344.475] et la Convention européenne d'extradition du 13 décembre 1957 [RS 0.353.1]); en effet, la possibilité d'une extradition - respectivement d'obtenir a priori l'exécution d'un jugement de condamnation dans le pays d'origine du recourant - ne suffit pas selon la jurisprudence pour nier tout risque de fuite (ATF 145 IV 503 consid. 2.2 p. 507). Dans le cadre du trafic sous enquête, il est reproché au recourant un rôle de dirigeant, ce qui permet de distinguer sa situation, notamment eu égard à la quotité de la peine encourue, de celles des autres prévenus qui se trouvent peut-être à ce jour en liberté. A ce stade de la procédure et vu les graves charges pesant toujours sur le recourant (cf. consid. 3.2 et 3.3 ci-dessus), on ne saurait donc pas considérer que l'intensité du danger retenu aurait diminué (cf. arrêt 1B_572/2021 du 5 novembre 2021 consid. 3.3), ce qui suffit également pour confirmer l'absence de mesures de substitution propres à le réduire; le recourant n'en propose au demeurant aucune. Sur la base de ces considérations, auxquelles s'ajoute aussi l'éventuelle lourde peine privative de liberté encourue, le recourant pourrait être tenté de se soustraire à la procédure pénale, que ce soit en se rendant à l'étranger ou en entrant dans la clandestinité. Partant, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral retenir l'existence d'un danger de fuite et l'absence de mesures de substitution propres à le diminuer.