Citation: 6B_808/2022 E. 5.3

5.3. Le recourant soutient que la cour cantonale n'aurait pas retenu les éléments de fait en lien avec la séquestration. Les éléments objectifs et subjectifs de cette infraction ne seraient dès lors pas établis. Le recourant fait à cet égard grief à la cour cantonale de n'avoir pas indiqué pour quels motifs elle s'était écartée du jugement de première instance. Le recourant affirme enfin qu'il n'aurait pas privé l'intimée de sa liberté de mouvement ni fait subir de pressions psychiques suffisantes. En l'espèce, la cour cantonale a rappelé les conditions légales objectives et subjectives devant être remplies pour réaliser l'infraction de séquestration. En outre, les éléments sur lesquels elle s'est fondée (cf. ci-dessus consid. 5.2) suffisent à écarter le grief du recourant concernant une prétendue violation de son droit d'être entendu, dès lors qu'à la lecture de l'arrêt attaqué, on comprend les motifs sur lesquels la cour cantonale s'est fondée. A cet égard, la cour cantonale n'a pas ignoré les éléments constitutifs de l'infraction (cf. arrêt attaqué, consid. A.b.h et A.b.i, p. 3 s.), étant rappelé que le jugement forme un tout et que l'on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent (cf. arrêts 6B_252/2022 du 11 avril 2023 consid. 5.3; 6B_206/2022 du 18 janvier 2023 consid. 3.3). Enfin, la cour cantonale disposait d'un plein pouvoir de cognition en fait et en droit (cf. art. 398 al. 2 CPP) et n'était aucunement liée par l'appréciation du tribunal de première instance; elle n'avait dès lors pas, comme le soutient le recourant, à motiver les raisons pour lesquelles elle s'est écartée du jugement de première instance. Le grief de violation du droit d'être entendu s'avère ainsi mal fondé. Pour le surplus, le recourant conteste sa condamnation pour séquestration non sur la base des faits retenus, dont il n'a pas démontré l'arbitraire, ni tenté de le démontrer, mais sur la base de faits qu'il invoque librement. Ce faisant, il n'articule aucun grief recevable tiré de l'application du droit matériel. Au demeurant, il résulte de l'arrêt cantonal que le recourant a empêché l'intimée de quitter l'appartement, respectivement qu'il l'a emmenée en voiture à V.________. Ces deux épisodes se sont déroulés au cours du week-end à l'occasion duquel le recourant a exercé sur l'intimée des pressions psychiques intenses - notamment par le biais de menaces répétées - et l'a ainsi amenée à renoncer à lui résister (cf. pour le surplus ci-dessus consid. 3.3.2). Dans ce contexte, auquel la cour cantonale s'est d'ailleurs référée, l'intimée n'était en réalité pas libre de se déplacer. Peu importe à cet égard, comme la cour cantonale l'a constaté, que le couple ait quitté l'appartement pour faire des courses ou prendre le bus. L'intimée, qui était sous l'emprise du recourant, se trouvait dans une situation dans laquelle il était difficile pour elle de tenter de recouvrer sa liberté. Au surplus, s'agissant de l'épisode de l'appartement, la cour cantonale a retenu que le recourant l'avait physiquement empêchée de s'en aller en la retenant par les poignets, l'emmenant de force dans la chambre, la jetant sur le lit, la suivant dans ses déplacement et lui enlevant son téléphone portable, respectivement la surveillant lorsqu'il le lui rendait. En outre, pour ce qui est du trajet en voiture jusqu'à V.________, le seul fait de rouler et d'empêcher par là-même toute descente de voiture peut déjà constituer une séquestration (cf. ATF 99 IV 2002 consid. 2; arrêt 6B_86/2019 du 8 février 2019 consid. 3.3). Selon les faits de l'arrêt cantonal, l'intimée avait accepté de monter dans le véhicule, par peur de la réaction du recourant. Dans la mesure où elle était sous l'emprise du recourant, peu importe qu'elle ait payé le plein en cours de route. Au reste, elle avait indiqué au recourant qu'elle souhaitait rester sur le territoire suisse et l'avait supplié de la laisser descendre du véhicule. On comprend en outre des faits retenus dans l'arrêt cantonal que le recourant a privé l'intimée de sa liberté intentionnellement, à tout le moins par dol éventuel. Les pressions psychiques exercées sur celle-ci viennent renforcer le caractère intentionnel des agissements du recourant. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant la séquestration au sens de l'art. 183 ch. 1 al. 1 CP. Le grief doit donc être rejeté dans la mesure où il est recevable.