Citation: U 243/05 18.04.2006 E. 3.2

3.2.1 Le docteur P.________, qui faisait état de «douleurs présentes à la mise en route et s'accentuant dans le courant de la journée, à la descente et à la montée d'escaliers ou sur un sol irrégulier» (rapport du 23 avril 2001), a constaté que l'opération de la rotule n'avait laissé subsister chez l'intéressée qu'une légère boiterie et des douleurs de moindre importance (rapport du 1er juin 2001). Le dernier rapport de ce praticien, daté du 27 janvier 2003, n'apporte de surcroît aucun élément nouveau, contrairement à ce que voudrait faire croire la recourante; il ne fait que résumer les troubles rencontrés. Il n'est par ailleurs pas très convaincant dans la mesure où il se contente d'affirmer la plausibilité des plaintes en raison de la bonne corrélation entre celles-ci et les données objectives (liste de diagnostics dont certains n'ont rien à voir avec l'accident) et d'en déduire une incapacité de travail et de gain de 75 %. On notera, conformément à la jurisprudence mentionnée par les premiers juges, que le médecin traitant est, selon l'expérience, enclin à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (cf. ATF 125 V 353 consid. 3b/cc). Outre ce principe, il y a lieu de souligner que l'intéressée a résilié successivement les mandats confiés aux chirurgiens N.________ et A.________, malgré les efforts déployés par ceux-ci et la pertinence de leurs actes médicaux. Cela démontre la difficulté à établir et à maintenir une relation de confiance avec la recourante, ainsi que les efforts de compréhension et de conciliation dont a dû faire preuve le docteur P.________ (cf. lettres des docteurs A.________ et P.________ des 18 novembre 1997, 13 et 15 décembre 1999); l'opinion de ce dernier s'en trouve dès lors fortement affaiblie. 3.2.2 Constatant une évolution favorable, le docteur C.________ a augmenté le taux d'occupation de l'intéressée de 50 à 75 %, alors que le traitement suivait son cours. La recourante n'a éprouvé aucune difficulté à faire face à cette augmentation, qui apparaît comme un ajustement progressif du degré d'invalidité aux améliorations diagnostiquées (rapports de l'inspecteur J.________ des 30 janvier et 17 juin 2002), bien qu'elle rencontrât toujours les mêmes difficultés (légère boiterie, douleurs durant les marches sur de longues distances, ainsi qu'à la montée ou à la descente d'escaliers). Elle se plaignait cependant de douleurs, particulièrement présentes à la palpation, au niveau du matériel d'ostéosynthèse. Le médecin de l'assureur intimé en recommandait l'ablation et estimait que l'intéressée, une fois opérée, pourrait bénéficier d'une capacité de travail et de gain de 100 %; celle-ci a refusé l'opération. Le praticien considérait l'activité de caissière comme parfaitement adaptée (marche, station debout, efforts impliquant l'utilisation du genou limités). 3.2.3 Le docteur S.________ a procédé à l'opération de la rotule le 29 août 2000. Il a rapidement constaté la nette diminution des douleurs préopératoires (mobilisation désormais indolore), mais la persistance de la discrète boiterie (rapports des 15 novembre 2000 et 2 avril 2001). Au sujet de la capacité de travail, il a tout d'abord confirmé l'avis du docteur C.________ (taux d'occupation admissible de 75 %) et souligné que l'amélioration de la fonction du genou dépendait avant tout de la volonté de la recourante (rapport du 25 octobre 2001). Deux ans plus tard, dans une évaluation qu'il voulait «totalement subjective», ce qui au regard de la jurisprudence lui enlève une grande partie de sa valeur probante, il a constaté l'absence d'évolution (plaintes identiques : douleurs augmentant au cours de la journée, mais disparition de la boiterie); il avait l'impression qu'une activité professionnelle au delà de 75 ou de 80 % était illusoire (rapport du 19 décembre 2002). 3.2.4 Contrairement au docteur C.________, le docteur Q.________ a examiné l'intéressée, alors que les séquelles de l'accident étaient stabilisées. Il a mis en évidence une situation analogue à celle observée antérieurement (légère boiterie, douleurs durant les marches sur de longues distances, ainsi qu'à la montée ou à la descente d'escaliers); il reconnaissait à la recourante une pleine capacité de travail dans une activité assise, permettant les changements de positions et ne nécessitant pas de déplacements importants, ni la position accroupie ou à genoux. 3.3 Depuis son opération de la rotule, l'intéressée travaille essentiellement à la caisse et n'effectue que des remplacements occasionnels au rayon fleurs; elle travaille par jours entiers ou demi-journées. Son activité, arrangée de la sorte, peut sans autre être intégrée dans l'organisation interne du magasin et lui convient parfaitement; aux dires de son employeur, elle effectue un bon travail et ne subit aucune perte de rendement (rapports de l'inspecteur J.________ des 30 janvier et 17 juin 2002).