Citation: 8C_42/2023 E. A

A.a. A.________, née en 1975, et B.________, né en 1982, en couple depuis 2012, vivent depuis le mois de novembre 2019 dans un appartement duplex de 4,5 pièces sis à l'Adresse C.________ en ville de Fribourg, pour un loyer mensuel brut de 2'450 fr. Ils vivent avec leur fille D.________, née en 2013 et scolarisée dans le quartier, ainsi qu'avec le fils que A.________ a eu d'une précédente relation, E.________, né en 2001 et étudiant auprès de l'Ecole F.________. Ce dernier perçoit une rente complémentaire à la rente de l'assurance-invalidité de son père ainsi qu'une bourse scolaire. A.________ est sans activité lucrative. B.________ est également le père de G.________, née en 2009, laquelle vit avec sa mère. Il a été victime d'un accident en faisant une chute dans les escaliers le 24 août 2021. Il se trouvait alors au chômage, après avoir été licencié au mois d'avril 2020 de son emploi de chauffeur-livreur en produits chimiques pour raison de santé. Il a touché des indemnités journalières de l'assurance-accidents jusqu'à la fin du mois d'octobre 2021. Le 14 janvier 2022, le couple A.________ et B.________ s'est adressé au service social en vue d'obtenir une aide matérielle. A.b. Par décision du 3 mars 2022, la Commission sociale de la Ville de Fribourg (ci-après: la Commission sociale) a accordé au couple A.________ et B.________ la couverture de son budget social dès le 1 er février 2022; elle a toutefois soumis cette couverture à la condition que le couple A.________ et B.________ résilie son contrat de bail pour le prochain terme contractuel fixé au 30 septembre 2022 et remette au Service de l'aide sociale de la Ville de Fribourg (ci-après: le SASV), d'ici au 14 avril 2022 au plus tard, une copie de la résiliation. Elle a justifié l'obligation de résilier le contrat de bail et de déménager dans un appartement moins onéreux par le fait que le loyer de 2'450 fr. dépassait fortement la norme sociale maximale de loyer admise, laquelle s'élevait à 1'750 fr., charges comprises, pour deux adultes et trois enfants, dont un enfant avec un droit de visite, dans un logement individuel. Elle a précisé qu'en cas de résiliation du bail à loyer ou au plus tard jusqu'au 30 septembre 2022, l'aide sociale couvrirait le montant du loyer effectif et qu'en cas de refus de résiliation, l'aide sociale ne prendrait plus en charge le loyer à partir du 1 er mai 2022, tout en ajoutant que la part de loyer prise en charge par l'aide sociale était en l'état limitée à 2'012 fr. 50 par mois, charges comprises, et que tout excédent était à la charge du couple A.________ et B.________. La Commission sociale a en outre averti le couple qu'en cas de manquements, l'aide sociale pourrait être réduite ou supprimée. B.________ et A.________ ont contesté cette décision en tant qu'elle portait sur l'obligation de résilier le contrat de bail et de déménager dans un appartement adapté moins onéreux, invoquant pour l'essentiel des problèmes de santé chez B.________ (troubles physiques et psychiques) et D.________ (atteinte d'un trouble du spectre de l'autisme). Par décision sur réclamation du 30 juin 2022, la Commission sociale a confirmé sa décision initiale du 3 mars 2022, en ce sens que l'obligation incombant au couple A.________ et B.________ de résilier le contrat de bail et de déménager dans un logement adapté moins onéreux était maintenue. Le loyer limité à 2'012 fr. 50 par mois, charges comprises, n'était plus pris en charge par l'aide sociale dès le 1 er mai 2022 et le loyer de février et mars 2022 n'était pas pris en compte comme dépense dans le calcul du budget social global du couple A.________ et B.________ des mois correspondants, ayant été entièrement payé par l'Association H.________. A.c. Par décision du 30 juin 2022, confirmée sur réclamation le 30 août 2022, la Commission sociale a supprimé toute aide à partir du 1 er avril 2022, au motif que l'indigence du couple ne pouvait plus être établie depuis cette date.