Citation: 6B_755/2019 E. 1.1

1.1. L'autorité précédente a déjà été rendue attentive à maintes reprises à l'inadéquation de sa manière de procéder (cf. par exemple arrêt 6B_391/2017 du 11 janvier 2018 consid. 2 et les références citées). La partie " en fait " de l'arrêt attaqué contient une présentation des preuves au dossier mais aucune appréciation de celles-ci par l'autorité précédente. On ignore ainsi, en lisant la partie " en fait ", quels faits l'autorité précédente retient comme établis. Ceux-ci doivent être recherchés dans la partie " en droit ", mêlés à la discussion juridique. A la rigueur, il peut être renoncé en l'espèce à une annulation selon l'art. 112 LTF au vu de ce qui suit. On déduit de la partie en droit que l'autorité précédente a retenu que le recourant et deux comparses, B.________ et C.________, avaient poursuivi en voiture A.________, alors piéton et rencontré peu avant devant une discothèque, dans les rues de Genève le 29 octobre 2017 entre 4 h et 4 h 30 du matin. A un moment donné, le recourant et B.________ étaient sortis de la voiture et avaient atteint A.________. Ils l'avaient alors frappé et A.________ avait reçu un coup de couteau. Ce couteau, retrouvé sur les lieux, portait les empreintes du recourant et celles de B.________, à qui il appartenait. L'autorité précédente a qualifié cette atteinte de lésion corporelle simple. Elle a toutefois relevé que le coup avait été porté du haut vers le bas, à l'aide d'une lame de 5,5 cm, dans le dos au niveau du bord inféro-médial de l'omoplate gauche, ce qui correspondait à une partie du corps regroupant des organes vitaux à proximité immédiate. Il était de plus puissant puisqu'il avait traversé trois couches de vêtements. A cela s'ajoutait que la victime, éméchée, était susceptible d'avoir des mouvements désordonnés accroissant encore la dangerosité potentielle d'un tel coup de couteau, ce d'autant plus qu'elle était selon ses dires en mouvement au moment où les coups sur le flanc gauche lui avaient été donnés. L'autorité précédente a jugé qu'un coup de lame porté dans de telles circonstances présentait un risque élevé et aisément identifiable d'atteinte grave à la santé, comme une lésion du poumon, à savoir un organe vital. Pour ce motif, le qualificatif de lésions corporelles graves devait être retenu. L'autorité précédente a ensuite constaté qu'elle ne pouvait déterminer qui du recourant ou de son comparse B.________ avait porté le coup de couteau. Elle a toutefois jugé qu'il importait peu, dès lors que le résultat était de toute évidence la conséquence d'une décision commune. En effet, l'intense agressivité du recourant ressortait des différents témoignages, lui-même ayant admis pouvoir adopter ce genre d'attitude après avoir consommé de l'alcool. Comme cela ressortait du témoignage de C.________, le recourant avait trouvé sa proie et voulait lui causer du mal. Son " KO " initial devant la discothèque ne l'avait pas freiné puisqu'il avait renouvelé sa volonté de s'en prendre à la victime en se laissant emporter par sa soif de vengeance, qu'il n'a finalement pas contestée. Que le recourant ait ou non porté le coup de couteau, il cherchait à l'évidence à porter gravement atteinte à l'intégrité de la victime, avec une intensité qui dépassait les lésions corporelles simples. Il était mû par une telle rage en lui que n'importe quel moyen, y compris un couteau, avait pu être utilisé pour provoquer des lésions corporelles graves. Dans de telles circonstances, l'autorité précédente a jugé que le recourant avait pu surmonter sa prétendue et non démontrée aversion des armes blanches. C'était d'autant plus le cas que le recourant était alcoolisé et sous l'effet de stupéfiants, ce qui pouvait être de nature à l'avoir influencé au point d'accepter que son comparse, qu'il savait désormais aussi excité que lui, utilise cas échéant son couteau après qu'il l'eut rejoint dans son action contre la victime. B.________ était certes décrit comme plus calme initialement. Il n'avait toutefois pas tardé à se montrer aussi agressif que le recourant par la suite. Il avait ainsi pu donner le coup de couteau dans ce contexte. Il avait également pu le remettre au recourant sans qu'il soit possible de déterminer le moment où la transmission avait eu lieu. Mais peu importait puisqu'agir avec une personne hors d'elle, fortement alcoolisée et paraissant obsédée par la victime, revenait à avoir l'intention, ne serait-ce que par dol éventuel, de ce qu'une lésion grave soit commise sur cette personne. Au vu de ce qui précède, l'autorité précédente a estimé que la contribution du recourant et de B.________ avait été essentielle à l'exécution de l'infraction commise, de sorte que les deux hommes pouvaient être considérés comme des coauteurs. Par leur comportement, ils ne pouvaient qu'avoir envisagé et accepté le risque de causer une lésion corporelle grave. Une telle issue n'étant pas survenue, seule la tentative devait être retenue.