Citation: I 763/04 02.06.2006 E. 2.2

2.2.1 En outre, le tribunal cantonal a fait grief à l'office de l'assurance-invalidité de ne pas avoir donné à l'assurée la faculté de se prononcer sur les questions soumises à l'expert, même si celles-ci restaient, dans le cas particulier, d'ordre général. De son côté, l'office recourant soutient, semble-t-il, que les questions posées à l'expert étaient annexées à la lettre adressée à l'assurée le 31 mars 2004. Dans le cas particulier, rien ne permet d'établir qu'une copie du questionnaire destiné au professeur H.________ était effectivement annexée à la lettre susmentionnée. Quoi qu'il en soit, le grief retenu par la juridiction cantonale apparaît mal fondé pour un autre motif. 2.2.2 Dans sa lettre du 19 avril 2004, le professeur H.________ a relevé qu'en qualité de spécialiste en médecine interne, il n'était pas la personne indiquée pour procéder à une expertise au sujet de la capacité de travail de l'assurée. Pour ce motif, il a refusé le mandat confié par l'office de l'assurance-invalidité. Cela étant, cette prise de position ne saurait être qualifiée d'expertise médicale. Au demeurant, elle ne satisfait manifestement pas aux conditions de validité généralement admises (cf. Meine, L'expertise médicale en Suisse : satisfait-elle aux exigences de qualité actuelles ? in RSA 1999 p. 37 ss; Bühler, Erwartungen des Richters an den Sachverständigen, in PJA 1999 p. 567 ss). D'ailleurs, du moment que le professeur H.________ a refusé le mandat d'expertise, on ne voit pas quelles questions l'assurée pourrait lui poser, afin, aux termes du jugement attaqué, de se voir accorder par l'administration « la possibilité d'exercer les droits qui lui sont garantis ». Pour le même motif, le reproche fait à l'administration de ne pas avoir accordé à l'assurée la possibilité de se déterminer sur le résultat de l'expertise, de même que le grief - évoqué incidemment - tiré du défaut de convocation à un examen personnel ne sauraient être retenus en l'espèce, en l'absence d'expertise à proprement parler ou de mise en oeuvre concrète de celle-ci par l'expert désigné. 2.3 Vu ce qui précède, les griefs de violation du droit d'être entendu invoqués dans le jugement entrepris apparaissent mal fondés et la cause doit être renvoyée à la juridiction cantonale pour qu'elle se prononce sur le fond du litige.