Citation: 5A_664/2007 23.04.2008 E. 1

2.1.1 Le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) implique notamment pour l'autorité l'obligation de motiver sa décision. Selon la jurisprudence, la motivation d'une décision est suffisante lorsque l'autorité mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 133 III 439 consid. 3.3 et les arrêts cités). L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui lui paraissent pertinents (ATF 133 I 270 consid. 3.1; 130 II 530 consid. 4.3; 126 I 97 consid. 2b). 2.1.2 En l'espèce, la cour cantonale a affirmé que, eu égard aux pièces produites par l'intimée (attestations médicales des Dr M.________ et P.________ et courrier de l'assurance-maladie), elle ne doutait pas de la nécessité des charges alléguées. Le recourant était donc en mesure de se rendre compte de l'appréciation effectuée par l'autorité cantonale et de la contester en connaissance de cause - ce qu'il a fait (consid. 2.2 ci-dessous) -, même si la cour d'appel ne s'est pas prononcée expressément sur tous les moyens et griefs qu'il avait invoqués à cet égard. 2.2 Le recourant s'en prend ensuite à la nécessité du régime alimentaire; il prétend que, selon les informations figurant sur le site internet de la société suisse de la sclérose en plaques, il n'existe pas de régime alimentaire contre cette maladie et qu'il est plutôt conseillé de s'alimenter de manière saine et équilibrée. Il estime que de tels frais de nourriture sont déjà compris dans le montant de base du minimum vital et que, au demeurant, il n'y a pas lieu de tenir compte d'un montant de 500 fr. De même, selon lui, les coûts de la pilule contraceptive ne s'élèvent pas à plus de 20 à 25 fr. par mois et doivent de toute façon être inclus dans le montant de base du minimum vital. Il se plaint d'arbitraire dans la constatation des faits. Il y a toutefois lieu de distinguer selon les griefs: la décision de tenir compte des coûts d'un régime alimentaire ou de la pilule contraceptive en sus du montant de base du droit des poursuites est une question de droit que le Tribunal fédéral examine librement; en revanche, savoir si l'état de santé d'une personne lui impose de suivre un régime alimentaire particulier ou la prise d'un médicament, ainsi que, cas échéant, le coût de ces charges, est une question de fait à propos de laquelle les constatations de l'autorité cantonale lient le Tribunal fédéral (cf. à propos des frais de déplacement: arrêt 5C.24/2004 du 17 février 2004, consid. 3.1), sous réserve des exceptions prévues à l'art. 97 al. 1 LTF (cf. ci-dessus, consid. 1.2). 2.2.1 Selon la jurisprudence, les frais de régime rendus indispensables par une maladie doivent être pris en compte dans le calcul du minimum vital comme charge distincte de celles qui sont comprises dans le montant de base du droit des poursuites, dans la mesure où ils dépassent les frais alimentaires ordinaires (arrêt 5C.157/2000 du 11 août 2000, consid. 3b). Doivent également être pris en compte de façon distincte les frais pharmaceutiques indispensables qui ne sont pas remboursés par l'assurance-maladie ou qui sont couverts par la franchise annuelle et donc effectivement à charge du débiteur; en revanche, le coût des produits entrant dans le cadre de l'automédication (par exemple: médicaments antidouleurs courants, pommades cicatrisantes) sont considérés comme des frais pour les soins corporels et de santé et, à ce titre, inclus dans le montant de base du minimum vital (ATF 129 III 242 consid. 4.2). 2.2.2 S'agissant du régime alimentaire, la cour cantonale s'est fondée sur le certificat médical du Dr M.________ daté du 15 février 2005 et confirmé par celui du 1er février 2007. Le premier certificat relève qu'en raison de la sclérose en plaques dont elle souffre, l'intimée est soumise à un régime alimentaire biologique qui a permis de stabiliser l'évolution de la maladie; le coût des aliments correspondant à ce régime dépasse largement celui d'une alimentation "conventionnelle"; enfin, ce régime n'est, pour l'essentiel, pas remboursé par les assurances. Le second certificat confirme que le régime doit être suivi à long terme. Le recourant n'a formé aucun grief quant à la valeur de ces certificats médicaux. Il n'était ainsi pas insoutenable, de la part de la cour cantonale, de se fonder sur ces pièces plutôt que sur des informations générales figurant sur un site internet; échappent en particulier à l'arbitraire la constatation de la nécessité du régime alimentaire ainsi que le fait que son coût dépasse celui d'une alimentation ordinaire. C'est donc à bon droit que la Cour d'appel en a tenu compte comme charge distincte dans le calcul du minimum vital. Quant au montant de cette charge, le recourant se contente d'affirmer péremptoirement que la cour de céans ne devait pas s'en tenir au chiffre de 500 fr. allégué par l'intimée; cette critique est irrecevable, faute de satisfaire aux exigences de motivation exposées ci-dessus (consid. 1.2). 2.2.3 S'agissant de la pilule contraceptive, le certificat médical sur lequel s'est fondée la cour cantonale établit qu'une pilule de type spécial est prescrite à l'intimée dans un but thérapeutique, afin de prévenir une perte osseuse accélérée; les coûts y relatifs ne sauraient donc être assimilés aux frais de soins corporels et de santé inclus dans le montant de base du minimum vital, mais doivent au contraire être pris en compte de manière distincte dans les charges de l'intimée. Quant au montant, le recourant affirme simplement que celui de 100 fr. retenu par la cour cantonale devrait être diminué de 70 ou 75 fr., sans établir nullement en quoi celle-ci a versé dans l'arbitraire en retenant le montant allégué. Il résulte de ce qui précède que les griefs relatifs aux charges de l'intimée sont mal fondés dans la mesure où ils sont recevables.