Citation: 7B_80/2023 E. 2.3.2

2.3.2. Ensuite, pour ce qui a trait à l'infraction de recel, celle-ci découle des nouvelles allégations apportées par la recourante à l'appui de son recours cantonal. En effet, la recourante a alors indiqué que B.B.________ n'aurait pas seulement participé aux infractions commises par son épouse D.B.________ au préjudice de C.________, mais en aurait, en sa qualité d'époux et d'héritier, retiré un profit. La cour cantonale a considéré que si de tels faits étaient avérés, ils seraient constitutifs de recel au sens de l'art. 160 CP, mais qu'une plainte pénale valable pour cette infraction faisait défaut. Ce raisonnement ne saurait être suivi. Tout d'abord, il n'est pas contesté que les infractions préalables, soit celles qui auraient été commises par D.B.________ au préjudice de C.________, constituent des infractions patrimoniales. Il importe peu que celles-ci doivent être qualifiées de gestion déloyale ou, comme semble l'avoir considéré la cour cantonale, d'abus de confiance, éventuellement d'escroquerie, ainsi que de vol (s'agissant des autres biens mobiliers de C.________). En effet, il est manifeste que toutes ces infractions se poursuivent sur plainte vu que la recourante reproche à sa défunte soeur D.B.________ de s'en être rendue coupable au préjudice de leur mère, C.________ (cf. art. 138 ch. 1 CP; art. 139 ch. 4 CP; art. 146 ch. 3 CP et art. 158 ch. 3 CP en lien avec l'art. 110 CP). Partant, comme déjà évoqué, l'infraction de recel se poursuit dans ce cas uniquement sur plainte, à la condition qu'une plainte pénale ait été valablement déposée pour les infractions préalables (cf. consid. 2.1.3 supra). Or il n'est pas litigieux qu'une plainte pour gestion déloyale a été déposée par la recourante le 26 avril 2021 contre D.B.________, tant s'agissant des faits entourant la villa en Italie que s'agissant de ceux relatifs à l'argent et aux objets (mobilier et bijoux) ayant appartenu à C.________. Aucun élément ressortant de l'arrêt attaqué ne permet de considérer que cette plainte ne serait pas valable en l'espèce. Aussi, l'art. 30 al. 4 CP permettait à la recourante, en tant que proche de C.________, de porter plainte pénale pour des actes commis avant le décès (DUPUIS ET AL., op. cit., n° 6 ad art. 160 CP). A cela s'ajoute qu'il n'est pas contesté que cette plainte pénale a été déposée dans le délai prescrit par l'art. 31 CP. Partant, il sied de reconnaître qu'une plainte pénale valable existe s'agissant des éventuelles infractions préalables au recel. En revanche, aucune plainte pénale n'était spécifiquement nécessaire s'agissant de l'infraction de recel, celle déposée pour les infractions préalables étant suffisante à cet égard (cf. consid. 2.1.3 supra). Néanmoins, il demeure que s'agissant de l'infraction de recel, les faits à la base de cette infraction n'ont pas fait l'objet d'une instruction par le Ministère public, laquelle a uniquement porté sur les infractions préalables reprochées à D.B.________ ainsi que sur l'éventuelle extension de la procédure pénale à B.B.________ pour gestion déloyale. Ni la plainte pénale du 26 avril 2021 ni la demande d'extension du 1er juin 2022 ne contiennent en effet trace de quelconques reproches à l'endroit de B.B.________ pouvant être appréhendés comme du recel. Dans cette dernière écriture, la recourante formule ses accusations en ce sens que ce dernier aurait "participé à la commission des faits reprochés" à sa défunte épouse, à tout le moins concernant la donation du bien immobilier situé à V.________. On comprend ainsi clairement que la recourante a dénoncé B.B.________ pour avoir activement pris part aux infractions préalables aux côtés de D.B.________. Dans la mesure où l'auteur de l'infraction préalable ne peut pas être son propre receleur, il s'agit de deux accusations bien distinctes. Il incombait donc à la recourante d'alléguer les faits pouvant constituer un recel et en particulier d'exposer quand et de quelle manière B.B.________ aurait bénéficié de l'hypothétique butin amassé par son épouse, ce qu'elle n'a pas fait. C'est donc à raison que la cour cantonale a retenu que les faits à la base du recel n'avaient pas fait l'objet de l'ordonnance de classement. Partant, même si cette dernière jouissait d'un plein pouvoir d'examen (art. 393 al. 2 CPP), c'est à juste titre qu'elle n'a pas étendu son examen à des faits qui n'avaient jamais été invoqués par la recourante devant le Ministère public et qui ne faisaient dès lors pas partie de l'objet du litige. Tout au plus, la cour cantonale aurait pu transmettre la dénonciation de la recourante pour recel au Ministère public comme objet de sa compétence, ce qui ne porte toutefois pas à conséquence vu l'absence de tout délai imposé par la loi à cet égard. En définitive, si la cour cantonale ne pouvait pas valablement retenir que le délai pour porter plainte pour l'infraction de recel était échu, elle n'a pas violé le droit fédéral en refusant d'examiner le bien-fondé de l'extension de la procédure pénale à B.B.________ s'agissant de ladite infraction. En définitive, le grief soulevé par la recourante se révèle donc infondé.