Citation: 2A.128/2004 10.03.2004 E. 2

2.1 Lorsque les parents sont séparés ou divorcés, il n'existe pas un droit inconditionnel de l'enfant vivant à l'étranger de rejoindre le parent établi en Suisse, à moins qu'il n'entretienne avec celui-ci une relation familiale prépondérante et que la nécessité de sa venue soit établie. Pour en juger, il ne faut pas tenir compte seulement des circonstances passées; les changements déjà intervenus, voire les conditions futures, peuvent également être déterminants (cf. ATF 129 II 11 consid. 3.1; 125 II 633 consid. 3a; 124 II 361 consid. 3a et les arrêts cités; s'agissant en particulier d'enfants proches de la majorité: ATF 126 II 329 consid. 2b et 3a; 125 II 585 consid. 2a, 633 consid. 3a). 2.2 Le recourant conteste avoir négligé ses devoirs paternels, affirmant n'avoir quitté son pays que pour trouver du travail, gardé contact avec ses enfants et régulièrement contribué à leur entretien. Ceux-ci sont désormais livrés à eux-mêmes en Turquie, où ils ne sont même pas scolarisés. Lâchés par leur mère, ils vivent auprès du grand-père paternel, incapable de s'en occuper. Sous cet angle, l'intéressé reproche à l'autorité intimée d'avoir méconnu son remariage et son aptitude à offrir désormais à ses enfants une structure familiale sécurisante et efficace, incomparablement plus adéquate que leur situation en Turquie, notamment quant à leur avenir professionnel. En dépit de l'inévitable changement d'environnement qu'elle implique, la solution de l'émigration - du reste consacrée par la décision d'attribution de la garde et de l'autorité parentale - demeure dans tous les cas largement préférable à une aide fournie depuis la Suisse. 2.3 Ces arguments ne convainquent pas. En particulier, le recourant ne démontre pas à satisfaction de droit (cf. art. 105 al. 2 OJ) que la mère ou les grands-parents paternels ne voudraient ou ne pourraient prendre soin des enfants avec son aide. Le prétendu désintérêt de la mère ne ressort notamment pas de l'attribution de la garde et de l'autorité parentale, décision qui repose exclusivement sur des motifs économiques et matériels; de même, la supposée inaptitude du grand-père paternel apparaît douteuse dès lors que le recourant lui a confié les enfants il y a moins d'une année. Par ailleurs, le recourant ne conteste pas pouvoir participer activement à l'éducation de ses enfants depuis la Suisse, notamment par une contribution d'entretien. Enfin, son remariage ne commande pas davantage un regroupement familial fondé sur l'art. 8 CEDH. Même si l'intéressé semble désormais en mesure d'offrir un foyer accueillant en Suisse, la place des enfants demeure en Turquie. C'est là qu'ils ont toujours vécu, que se trouvent leurs attaches tant familiales que socio-culturelles et qu'ils pourront bénéficier d'une formation appropriée avec l'aide que le recourant peut leur prodiguer depuis la Suisse. En réalité, la présente requête ne vise pas opérer un véritable regroupement familial, mais à assurer aux deux enfants un avenir professionnel et matériel plus favorable, motifs qui, bien qu'honorables, ne sauraient être déterminants pour appliquer l'art. 8 CEDH. Pour le surplus, il sied de renvoyer aux considérants détaillés de l'arrêt attaqué (art. 36a al. 3 OJ).