Citation: 5A_1017/2021 E. 1

Compte tenu de ces éléments, la cour cantonale a retenu que les capacités éducatives de chaque parent étaient pour l'essentiel équivalentes et que, bien que différentes, elles pouvaient se compléter dans l'intérêt de l'enfant. Si la capacité et la volonté des parents à coopérer n'étaient pas optimales, elles étaient tout juste suffisantes. Elles ne mettaient pas en danger l'enfant, de sorte que ces éléments n'étaient pas un obstacle au maintien de la garde alternée. Le prétendu manque de confiance de la mère envers le père et les manquements allégués par le père envers la mère constituaient une situation typique dans laquelle des manquements et conflits sont exagérés par l'un des parents pour les besoins de la cause. Il était certes discutable que le père se soit servi sur le compte bancaire de l'enfant, mais cela était sans lien avec la prise en charge; il en allait de même concernant les violences invoquées à l'égard de la mère, du traitement d'orthodontie, du respect partiel des obligations financières du père envers la mère et du billet d'avion, dont il n'y avait aucune preuve que celui-ci avait été falsifié. Tous ces éléments étaient sans grande pertinence par rapport à l'attribution de la garde et relevaient pour l'essentiel du conflit entre les parties. Le temps de trajet de 15 minutes en voiture était raisonnable pour un enfant de 9 ans et n'apparaissait ainsi pas un frein au maintien de la garde alternée. Le critère de la disponibilité était neutre puisque les parents travaillaient à 100% et que la réduction du taux d'activité souhaitée par la mère dès la naissance de son second enfant allait être très largement consacrée à la prise en charge de celui-ci. La stabilité était clairement un critère pour le maintien de la garde alternée déjà existante. Le bien de l'enfant n'était pas mis en danger par la nouvelle situation géographique et familiale des parents, l'enfant ayant indiqué qu'elle aimait passer du temps chez ses deux parents. Au vu de ces critères, la cour cantonale a ainsi jugé que la garde alternée, combinée avec une curatelle, devait être maintenue; ce mode de garde était compatible avec le bien de l'enfant et même bénéfique à celle-ci afin qu'elle maintienne des liens forts avec ses deux parents. Il s'agissait d'ailleurs de la solution préconisée dans l'enquête sociale, la curatrice ayant également indiqué qu'il était difficile de se prononcer sur la mise en place d'une garde exclusive.