Citation: 6B_1307/2020 E. 1.4

1.4. La recourante conteste l'existence d'un lien de dépendance. Elle se prévaut tout d'abord de l'attestation médicale du 8 janvier 2018, établie à la demande de la procureure, laquelle ne faisait aucune mention d'un éventuel lien de dépendance (pièce n° 4106). Par ailleurs, elle souligne que l'intimé avait conscience que sa thérapie avec elle était terminée. La question posée au psychiatre de l'intimé était celle de savoir si celui-ci s'était confié sur les faits reprochés à la recourante, ce à quoi il a été répondu par l'affirmative; la recourante ne peut rien tirer du fait que l'aspect du lien de dépendance ne soit pas mentionné, dès lors que le psychiatre n'a pas été interrogé sur ce point. La recourante ne peut rien déduire non plus de la fin "officielle" de la thérapie. En effet, comme cela ressort des faits établis sans arbitraire par la cour cantonale, respectivement qui ne sont pas contestés, la recourante a créé un rapport de confiance particulier au cours du suivi thérapeutique important et régulier de l'intimé (un an d'hospitalisation, suivi d'une année de séances hebdomadaires). Les progrès réalisés par l'intimé ont induit un sentiment de dette et de loyauté envers sa thérapeute. Après la fin de la thérapie, la recourante a non seulement entretenu ce lien avec son ancien patient en continuant de lui prodiguer des conseils thérapeutiques, mais elle l'a même amplifié. Les nombreux éléments mis en exergue par la cour cantonale révèlent, en effet, comment la recourante s'est introduite dans les différentes facettes de la vie du jeune homme, l'a éloigné de son plus proche parent et est devenue pour lui sa confidente et sa personne de référence. La cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant qu'il existait, dans ce contexte, un lien de dépendance "de toute autre nature" au sens de l'art. 193 CP qui a perduré au-delà de la thérapie et était donc tout à fait concret au moment des faits litigieux.