Citation: 1P.196/2001 18.04.2001 E. A

A.- Le 16 juin 1999, M.________ a été arrêté en Hongrie à la demande des autorités judiciaires genevoises, puis extradé à la Suisse et remis auxdites autorités; il était inculpé d'escroqueries commises au préjudice de la banque roumaine Dacia Felix. M.________ est actuellement encore maintenu en détention préventive, car il n'est pas en mesure de verser la caution de 150'000 fr. exigée pour sa mise en liberté. M.________ a été jugé le 18 novembre 2000 par la Cour correctionnelle du canton de Genève. Cette juridiction l'a reconnu coupable des escroqueries dénoncées par la banque; elle l'a condamné à trois ans et demi de réclusion et à l'expulsion de suisse pour cinq ans. L'arrêt de la Cour correctionnelle retient que le condamné a souscrit avec la banque, de fin 1992 à fin 1994, onze conventions aux termes desquelles celle-ci lui confiait des sommes d'argent qu'il devait placer, puis restituer avec rémunération; les durées convenues variaient entre trois et douze mois. Le condamné a ainsi reçu 33'000'000 de dollars au moins. Pour capter la confiance des organes de la banque et obtenir un siège dans son conseil d'administration, il a notamment pris - ou fait prendre par des sociétés dominées par lui - d'importantes participations à son capital social; il n'a toutefois libéré les actions correspondantes que de façon fictive, au moyen des fonds que la banque lui remettait pour être placés. En réalité, aucun placement n'est intervenu et les sommes reçues à cette fin n'ont été que très partiellement remboursées; la banque a subi un préjudice évalué à 26'000'000 de dollars au moins. Le condamné conteste toute culpabilité et a saisi la Cour de cassation cantonale; son recours est actuellement pendant. Parmi d'autres arguments, il soutient que les conventions passées avec la banque lui laissaient la plus complète liberté pour l'affectation des fonds, de sorte que, à son avis, il n'a aucunement trompé cet établissement; il soutient également que celui-ci ne subit aucun préjudice parce que le montant de ses propres participations au capital social est, prétendument, supérieur à celui de sa dette.