Citation: 5A_336/2017 E. 5.2

5.2. La critique du recourant trahit une mauvaise compréhension de l'art. 315 CPC. Cette disposition prévoit notamment qu'en principe, l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (al. 4 let. b), l'exécution des mesures provisionnelles pouvant exceptionnellement être suspendue, en fonction du résultat de la pesée des intérêts entre les préjudices difficilement réparables des parties (al. 5; cf. supra consid. 4). On ne saurait tirer de ce qui précède que l'art. 315 CPC ne s'appliquerait qu'aux requêtes d'effet suspensif interjetées dans le cadre de procédures dans lesquelles, au fond, le requérant fait valoir un préjudice irréparable. De même, on ne saurait nier d'emblée que l'épouse risque de subir un préjudice irréparable en cas d'octroi de l'effet suspensif à l'appel, sous le seul prétexte qu'elle n'aurait pas allégué l'existence d'un tel risque dans sa requête de mesures provisionnelles. Dans le cadre de l'examen de la requête d'effet suspensif, le juge est appelé à examiner les risques de préjudices irréparables encourus par les parties en cas d'octroi ou de refus de l'effet suspensif, non pas en cas d'admission ou de rejet de l'appel. Ainsi, en l'espèce, le risque de préjudice irréparable de l'épouse débirentière consiste en ce qu'elle ne puisse pas obtenir le remboursement des montants qu'elle aurait par hypothèse versés en trop, en cas d'octroi de l'effet suspensif à l'appel de son époux. En tant que le recourant s'en prend aux constatations de la cour cantonale relatives à sa fortune, son argumentation ne convainc pas. En particulier, il ne démontre pas que la décision entreprise est manifestement insoutenable. D'une part, en tant qu'il prétend que sa fortune est insuffisante à couvrir ses besoins durant la procédure d'appel, puisque l'accès à sa fortune " lui est aujourd'hui totalement impossible ", il ne fait que présenter sa propre appréciation des faits, sans nullement indiquer ni motiver, de manière claire et détaillée, quel élément de preuve aurait été apprécié ou omis de manière arbitraire (cf. supra consid. 2.2). D'autre part, dès lors que le recourant a lui-même allégué, dans son appel, que son budget présente un déficit mensuel de 16'965 fr., il n'est en soi pas insoutenable de retenir que la fortune dont il dispose diminuera durant la procédure d'appel, même en cas d'octroi de l'effet suspensif; en effet, dans ce cas, selon les propres chiffres avancés par l'époux, celui-ci serait contraint d'entamer sa fortune à raison de près de 8'000 fr. par mois (16'965 [déficit] - 9'000 fr. [pension fixée par voie de mesures protectrices de l'union conjugale, qui continuerait à être versée au recourant, durant la procédure d'appel, en cas d'octroi de l'effet suspensif]), sans que l'on ne puisse exclure qu'il procède en outre à des dépenses supplémentaires. Dans un tel contexte, et dans la mesure où on ignore, notamment, le montant exact de la fortune disponible de l'époux - sans que celui-ci ne s'en plaigne conformément aux exigences de motivation requises (cf. supra consid. 2.2) - et la durée de la procédure d'appel, il n'est pas insoutenable de considérer comme vraisemblable que, même en cas d'octroi de l'effet suspensif, dite fortune soit fortement réduite au moment du prononcé de l'arrêt sur appel, seule la liquidation des rapports patrimoniaux entre époux lui permettant dès lors de rembourser à son épouse les éventuels montants perçus en trop en cas d'admission de la requête d'effet suspensif. Or, le recourant ne s'en prend pas aux considérations de la cour cantonale selon lesquelles il n'est pas vraisemblable que la liquidation des rapports entre époux lui permette de rembourser les sommes qui lui auraient, le cas échéant, été indûment versées. Pour le surplus, le recourant ne prétend pas qu'en cas de rejet de la requête d'effet suspensif, son épouse ne serait pas en mesure de lui verser les montants d'arriérés de pension qu'elle lui devrait, s'il devait obtenir une contribution d'entretien supérieure à 2'000 fr. à l'issue de la procédure d'appel. Il ne conteste pas non plus que l'examen prima facie des chances de succès de l'appel puisse constituer un critère pertinent dans le cadre de la pesée des intérêts (cf. ATF 129 II 286 consid. 3), pas plus qu'il ne critique les conclusions auxquelles est parvenue l'autorité cantonale lorsqu'elle a examiné, dans ce contexte et de manière sommaire, les chances de succès de son appel. En définitive, dans les circonstances de la présente espèce, il faut retenir que la pesée des intérêts à laquelle s'est livrée l'autorité cantonale ne relève pas d'un abus manifeste du pouvoir d'appréciation; à tout le moins, la critique du recourant ne permet-elle pas de le démontrer (cf. supra consid. 2.1 et 4 in fine).