Citation: 5A_366/2024 E. 3.1

3.1. Dans l'arrêt querellé, la Cour de justice a relevé que le tribunal avait rejeté les prétentions de l'époux en paiement d'une contribution d'entretien. L'autorité de première instance avait dans un premier temps constaté les revenus, les charges et la fortune des parties (épouse : 53'942 fr. de revenus de 2018 à 2020, 13'140 fr. de charges jusqu'au 31 décembre 2023, puis 13'824 fr. depuis lors et 12'000 fr. de fortune en 2020; époux : 10'029 fr., dont 7'604 fr. d'indemnités journalières, le reste étant hypothétique [1'425 fr. de revenu de fortune et 1'000 fr. de rente de G.________ et de l'assurance-invalidité], 4'723 fr. de "charges admissibles avant impôts" [à savoir loyer hypothétique (1'600 fr.), prime d'assurance-maladie LAMal [627 fr.], prime d'assurance-maladie LCA [266 fr.], frais de téléphonie [87 fr.], frais médicaux [820 fr.], frais de transport [70 fr.], cotisations AVS [53 fr.] et montant de base OP [1'200 fr.]] et 1'710'155 fr. de fortune mobilière en 2020). S'agissant de la charge fiscale, le tribunal avait estimé qu'il était difficile d'en estimer le montant, étant donné que l'on ignorait les montants que l'époux pourrait obtenir de G.________ et de l'assurance-invalidité; il apparaissait toutefois peu probable qu'il ne soit pas en mesure de s'en acquitter. Il avait ensuite considéré, "au regard des allégations des parties, certaines non contestées", que durant les dernières années de la vie commune, les époux avaient mené des vies séparées et n'avaient pas de train de vie commun. Il était de même vraisemblable que les époux tenaient des comptes séparés et que chacun d'eux s'acquittait de ses propres charges, de sorte que, pendant la vie commune, ils étaient indépendants financièrement l'un de l'autre. Aucun élément de la procédure, autre que les affirmations de l'époux, ne permettait en outre de retenir que l'épouse aurait fait bénéficier la famille d'un train de vie confortable autrement qu'en s'acquittant éventuellement du loyer de l'appartement familial, de l'intégralité de l'entretien des enfants et des coûts du bien sis à V.________. Ce n'était que de 2019 à juillet 2022 que l'épouse s'était acquittée des factures de son époux, dans l'ignorance qu'il touchait des indemnités pour perte de gain et par crainte de poursuites. Partant, le tribunal avait estimé que dans la mesure où chaque époux finançait son propre train de vie et ses dépenses de loisirs, il y avait lieu de faire perdurer cette situation après la séparation.