Citation: 6B_1386/2021 E. 7.3

7.3. En l'espèce, en sa qualité de directeur des travaux, le recourant était responsable de la sécurité sur le chantier de l'escalier métallique en construction. A ce titre, dans son analyse des risques, il devait prendre en compte et anticiper le fait que D.B.________ puisse suivre les autres ouvriers qui travaillaient au 3e et dernier niveau de l'escalier, même s'il lui avait donné l'instruction générale de s'occuper du matériel et des fournitures. D'ailleurs, le risque que D.B.________ monte au dernier niveau de l'escalier était d'autant plus grand que le recourant n'avait pas engagé sur le site le personnel suffisant pour encadrer les apprentis et qu'il ne leur avait pas interdit de travailler en hauteur, selon les faits constatés par le jugement attaqué (consid. 6.2 supra). De plus, les tâches incombant à D.B.________ ne se limitaient pas à tenir à disposition des autres ouvriers les outils et fournitures depuis le sol, puisqu'il avait participé au portage des grilles au 2e niveau de la plate-forme notamment et au serrage des marches d'escaliers de la 1e rampe. Dans ces circonstances, le fait qu'un jeune apprenti suive l'un de ses collègues qui s'affairait au dernier niveau d'un escalier en construction n'est nullement à ce point extraordinaire et inattendu qu'il faille le qualifier d'imprévisible au regard du danger créé par les omissions du recourant. Au contraire, le comportement de l'apprenti comptait parmi les éléments que les normes de sécurité applicables au travail en hauteur sur un chantier visent précisément à prévenir. A défaut d'être imprévisible, le comportement de D.B.________ ne saurait reléguer à l'arrière-plan les manquements graves du recourant, qui sont à la base de l'enchaînement fatal. Le recourant aurait pu et dû s'apercevoir, au vu des circonstances, de ses connaissances et de ses capacités, qu'il mettait en danger la vie de son apprenti, en excédant manifestement les limites du risque admissible d'un travail en hauteur, et il était tenu d'y remédier. Il devait en particulier instruire son personnel sur le besoin de porter un équipement de protection individuelle contre les chutes (harnais, casque de protection, etc.), mettre en place les mesures de protection imposées par les prescriptions et normes de sécurité spécifiques au travail en hauteur et surveiller ses subordonnés. Le respect des normes de sécurité, citées par la cour cantonale, aurait permis, avec une très forte vraisemblance, d'empêcher le décès de D.B.________. A contrario, les omissions graves du recourant, de par le risque qu'il a créé et qui s'est concrétisé avec le décès de l'apprenti, constitue un facteur manifestement prépondérant en l'espèce.