Citation: 7B_609/2023 E. B

B.a. Par décision du 5 novembre 2021, le Tribunal des peines et des mesures (ci-après: le TAPEM) a ordonné la libération conditionnelle du condamné. Il a fixé la durée du délai d'épreuve à un an, arrivant à échéance le 6 novembre 2022, et a ordonné le maintien du traitement ambulatoire. A titre de règles de conduite, il a soumis le condamné à l'obligation de rester abstinent aux produits stupéfiants, de se soumettre à des contrôles réguliers de son abstinence pendant la durée du délai d'épreuve et de suivre un traitement médical, ainsi qu'une thérapie visant à traiter ses problèmes d'addiction. Il a enfin ordonné une assistance de probation durant le délai d'épreuve. B.b. Le Service d'addictologie des Hôpitaux Universitaires de Genève a établi un rapport médical le 21 avril 2022. Il a indiqué que le condamné était suivi au Centre ambulatoire d'addictologie psychiatrique (ci-après: le CAAP) depuis le 27 janvier 2022 et avait annulé deux rendez-vous, au motif qu'il travaillait. Il a ajouté que les résultats des contrôles toxicologiques révélaient une abstinence pour la totalité des substances testées, à l'exception du cannabis. B.c. Par courriers des 5 et 24 mai 2022, le Service de l'application des peines et mesures (ci-après: le SAPEM) a invité le condamné à se déterminer sur ses manquements, notamment en lien avec l'annulation des rendez-vous précités, ainsi que sa consommation d'alcool et de cannabis. Aucune réponse du condamné n'est parvenue au SAPEM. B.d. Dans un rapport du 8 août 2022, le Service des mesures institutionnelles (ci-après: le SMI) a constaté que le condamné semblait "bien investir, et bénéficier, de son suivi psychothérapeutique", l'introspection n'étant toutefois que partielle. Il a indiqué que la mesure était utile et devait être maintenue. B.e. B.e.a. Le 12 août 2022, le Service de probation et d'insertion (ci-après: le SPI) a relevé que le condamné souhaitait quitter U.________, sinon il risquerait, selon ce dernier, d'être incarcéré. Il a ajouté que le condamné avait indiqué que son père devait le récupérer le soir même pour se rendre en Angleterre, qu'il avait rempli le formulaire annonçant son départ et qu'il l'avait envoyé à l'Office cantonal de la population et des migrations du canton de Genève. Selon le SPI, le condamné allait mettre en place le suivi du traitement et des analyses en Angleterre et téléphonerait au SPI pour les entretiens. Le SPI a précisé que le condamné devrait, selon ce dernier, obtenir un contrat de travail par l'intermédiaire de sa famille, que son projet était mûrement réfléchi et qu'il se mettait dans une mauvaise posture s'il restait à U.________, avec ses fréquentations, qualifiées de malsaines. B.e.b. Par courriel du 17 octobre 2022, le Service d'addictologie des HUG a indiqué que le condamné n'avait plus repris contact avec le CAAP depuis son dernier rendez-vous du 12 août 2022. B.e.c. Le 20 octobre 2022, le SPI a déposé un rapport. Il a indiqué que le condamné avait été collaborant et ponctuel lors de son suivi probatoire jusqu'au dernier rendez-vous du 12 août 2022. Il a ajouté qu'il l'avait invité à effectuer une demande officielle auprès du SAPEM afin d'expliquer sa situation et à demander formellement une levée de ses injonctions pénales en raison de son départ à l'étranger. Il a précisé qu'il lui avait fait part des conséquences d'un départ précipité et que ce départ pourrait être considéré comme une inobservation de ses règles de conduite et de son assistance de probation. Selon le SPI, le condamné lui avait déclaré qu'il en était conscient, mais que, pour lui, il était nécessaire de partir et de se mettre à l'abri d'une éventuelle récidive. Selon le rapport du 20 octobre 2022, le 12 août 2022, le SPI avait demandé au condamné de lui transmettre divers documents afin de démontrer qu'il s'était bien établi en Angleterre. Le SPI a précisé que, par messages des 31 août et 20 octobre 2022, le condamné avait indiqué qu'il était à V.________, pour y effectuer des petits boulots, et qu'il entreprendrait les démarches pour obtenir sa carte de résident, relevant qu'il transmettrait tous documents utiles à cet égard. Selon le SPI, le condamné avait vu un psychologue, mais, pour le moment, il ne pouvait pas payer ses consultations, ni les tests toxicologiques. Le SPI a enfin mentionné qu'il n'avait reçu aucun document de la part du condamné et a conclu que, dans la mesure où celui-ci ne se soumettait pas à l'assistance de probation à laquelle il avait été astreint, il ne pouvait pas assumer le mandat qui lui avait été confié. B.f. Le 26 octobre 2022, le SAPEM a déposé son préavis au sujet du condamné. Il a proposé qu'il soit constaté que les règles de conduite, l'assistance de probation et le traitement ambulatoire ne pouvaient pas être exécutés. Il a requis la révocation des règles de conduite, la levée de l'assistance de probation, la levée du traitement ambulatoire, le constat de l'échec de la mise à l'épreuve de la libération conditionnelle, la révocation de celle-ci et la réintégration du condamné dans l'exécution de sa peine privative de liberté. B.g. B.g.a. Par courrier de son conseil du 20 décembre 2022, le condamné a indiqué qu'il résidait dans la commune espagnole W.________, à la frontière avec V.________, depuis le mois de septembre 2022, qu'il était au bénéfice d'un contrat de bail - dont il avait caviardé l'adresse - et qu'il était enregistré dans le registre de la commune, l'intéressé ayant produit, à l'appui de cette allégation, uniquement son numéro d'identification d'étranger. Il a ajouté qu'il était employé par une entreprise de sécurité privée à V.________, qu'il travaillait 48h par semaine et qu'il était rémunéré à hauteur de 10 livres de l'heure, sans disposer pour l'instant d'un contrat de travail écrit, raison pour laquelle il ne l'avait pas transmis au SPI. Il a précisé qu'il avait pris contact avec un psychothérapeute à X.________, en Espagne, lequel serait d'accord de le recevoir hebdomadairement, qu'il avait d'ores et déjà un rendez-vous le 21 décembre 2022 et qu'il s'engageait à faire parvenir régulièrement des attestations de suivi. Il a enfin relevé qu'il avait, le 20 décembre 2022, fait un test d'urine, dont les résultats étaient négatifs, y compris pour le cannabis, et qu'il était déterminé à se maintenir dans le droit chemin et à démontrer qu'il était prêt à déployer tous les efforts nécessaires. B.g.b. Par courriers de son conseil des 22 décembre 2022, 17 janvier, 25 janvier, 31 janvier, 21 février et 10 mars 2023, le recourant a produit trois copies d'attestations de psychologues des 21 décembre 2022, 25 janvier et 30 janvier 2023, ainsi que cinq copies d'analyses d'urines des 4 janvier, 24 janvier, 30 janvier, 2 mars et 10 mars 2023, mentionnant que les résultats étaient négatifs aux produits stupéfiants. B.h. Par décision du 30 mars 2023, le TAPEM a prononcé la levée du traitement ambulatoire ordonné le 21 janvier 2019, ainsi que la levée des règles de conduite et de l'assistance de probation ordonnées le 5 novembre 2021. Il a en outre prononcé la réintégration du condamné dans l'exécution du solde de sa peine de 8 mois et 5 jours, pour lequel il avait été libéré conditionnellement. B.i. Les 10 mai, 7, 20 et 27 juin et 14 et 19 juillet 2023, le condamné a produit de nouveaux résultats d'analyse d'urine et des attestations médicales en provenance d'Espagne. B.j. Par arrêt du 20 juillet 2023, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après: la Chambre pénale de recours) a rejeté le recours interjeté le 11 avril 2023 par le condamné contre la décision du TAPEM du 30 mars 2023 et a notamment mis les frais de la procédure, par 900 fr., à la charge de celui-ci.