Citation: 4P.234/2002 28.01.2003 E. 2.2

L'art. 8 CC ne dicte pas sur quelles bases ni comment le juge doit former sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d p. 25; 127 III 248 consid. 3a). Ainsi, lorsque l'appréciation des preuves le convainc qu'une allégation de fait a été établie ou réfutée, la répartition du fardeau de la preuve devient sans objet (ATF 128 III 271 consid. 2b/aa in fine; 122 III 219 consid. 3c p. 223 s.). C'est précisément ce qui s'est produit en l'espèce. Certes, la cour cantonale a souligné que l'on ne pouvait déduire de la version contradictoire donnée par chacune des parties de leur entrevue du 12 avril 2001, laquelle des deux avait donné son congé à l'autre. Elle a également indiqué que la preuve d'un abandon d'emploi par l'intimé n'avait pas été apportée. En revanche, il ressort de l'arrêt attaqué que les juges sont parvenus à la conviction que c'était bien la recourante qui avait licencié l'intimé en tenant compte du comportement ultérieur des parties. Ainsi, ils ont relevé qu'au sortir de l'entretien du 12 avril 2001, l'employé s'était rendu auprès de son syndicat pour se plaindre d'un renvoi immédiat injustifié et avait fait envoyer le jour même une lettre à la recourante dans laquelle il indiquait avoir pris note de son licenciement immédiat. L'employeur, pour sa part, n'avait pas réagi tout de suite. Un tel raisonnement relève de l'appréciation des preuves, de sorte que la critique reposant sur une application insoutenable de l'art. 8 CC tombe à faux. Quant aux éléments sur lesquels les juges ont fondé leur conviction, ils ne seront revus sous l'angle de l'arbitraire que dans la mesure où la recourante a formulé des griefs à leur encontre remplissant les exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.