Citation: H 35/06 04.10.2006 E. 5

Cela étant, il convient d'examiner si, comme le prétend la recourante, sa lettre du 4 janvier 2002 constitue une opposition à la décision en réparation du dommage qui, formée en temps utile, ne saurait être déclarée tardive. 5.1 En ce qui concerne les conditions de forme d'une opposition au sens de l'art. 81 al. 2 RAVS, le texte clair de cette disposition ne permet pas d'imposer au justiciable des exigences de forme en sus de la simple manifestation de volonté de former opposition (ATF 128 V 91 consid. 3b/aa, 117 V 134 consid. 5; Marlies Knus, Die Schadenersatzpflicht des Arbeitgebers in der AHV, thèse Zurich 1989, p. 80). En l'occurrence, à l'instar de la juridiction cantonale, on constate à la lecture de la correspondance du 4 janvier 2002 que tout indice d'une déclaration de s'opposer à la décision en réparation fait défaut. P.________ admet au contraire devoir le montant réclamé, dans la mesure où, tout en indiquant ne plus se souvenir avec précision des faits déterminants quant aux déclarations de salaire omises en 1994, elle demande à bénéficier d'un plan de remboursements échelonnés, ne disposant pas des moyens financiers pour s'acquitter de sa créance en un seul versement. Ledit courrier ne constitue donc pas une opposition au sens de la disposition citée. 5.2 En revanche, il ressort du dossier que la recourante s'est opposée à la décision en réparation par courriers des 6 et 8 février 2002. Contrairement à ce qu'elle prétend, ce sont bien ces courriers qui ont été considérés et traités par l'intimée comme une opposition - ce que celle-ci expose du reste dans l'action introduite le 5 mars 2002 -, et non pas sa lettre du 4 janvier 2002. Alors qu'elle répondait à cette correspondance, le 24 janvier suivant, en acceptant un paiement échelonné de la créance, l'intimée n'accusait réception de l'opposition que par courrier du 4 mars 2002 en réaction aux lettres des 6 et 8 février précédent, et ouvrait action le lendemain devant l'autorité judiciaire, dans le délai de trente jours prévus par l'art. 81 al. 3 RAVS. Etant donné l'échéance du délai d'opposition le 31 janvier 2002 (supra consid. 4.2), on doit admettre avec le premier juge que la recourante n'a pas manifesté en temps utile sa volonté de former opposition à la décision en réparation du dommage. Pour le surplus, on ne voit aucun motif qui serait propre à justifier une restitution du délai échu selon l'art. 24 PA.