Citation: 4A_598/2018 E. 2.2

2.2. En l'espèce, le demandeur indique que son recours porte uniquement sur l'annulation, par la cour cantonale, du point du dispositif du jugement de première instance qui constatait que le contrat de bail du 11 octobre 2016 était de durée indéterminée (cf. lettres B.d et B.e supra). Relevant qu'il avait à cet égard formulé en instance d'appel deux griefs - soit un grief principal tiré de l'existence d'une fraude à la loi et un grief subsidiaire tiré de la volonté réelle et commune des parties de conclure un contrat de durée indéterminée - qui ont tous deux été rejetés par la Cour de justice (cf. lettre B.e supra), il expose renoncer devant le Tribunal fédéral à reprendre le second grief pour se concentrer sur le moyen tiré de l'existence d'une fraude à la loi. Estimant que les deux questions examinées par la cour cantonale constitueraient deux motifs indépendants, chacun suffisant pour sceller le sort de la cause, la défenderesse soutient que le recours ne répondrait pas aux exigences rappelées ci-dessus et devrait être déclaré irrecevable. L'opinion de la défenderesse ne saurait toutefois être suivie. En effet, la constatation que les parties ont conclu un bail de durée déterminée n'empêche nullement de requalifier celui-ci en bail de durée indéterminée s'il s'avère que le bailleur élude la loi. Ainsi, le bailleur commet une fraude à la loi lorsque, ayant en soi l'intention de louer une chose pour une durée indéterminée, il adopte un système de baux de durée déterminée aux seules fins de faire échec à des règles impératives (cf. arrêt 4A_48/2018 du 18 mai 2018 consid. 6).