Citation: I 419/02 06.03.2003 E. 5.2

5.2. En l'espèce, il convient d'évaluer le revenu que le recourant pourrait réaliser sans invalidité en se référant à l'activité de monteur-dessinateur en chauffage, qu'il avait exercée pendant plus de dix ans avant de se lancer dans le courtage d'objets d'arts. Il est en effet peu vraisemblable que le recourant eût pu continuer à exercer durablement cette dernière profession, dans laquelle il était encore nouveau venu au moment de la survenance de son invalidité et qui ne lui procurait qu'un revenu annuel brut de 25'000 fr., dès lors que sa réputation était sérieusement compromise par les condamnations pénales pour abus de confiance et escroquerie dont il avait fait l'objet. Vu l'amélioration de son état de santé, le recourant semble, certes, déterminé à reprendre le métier de courtier; force lui a cependant été de constater que ni les établissements bancaires, ni ses relations familiales ou dans le milieu des antiquaires ne sont disposés à lui allouer les crédits nécessaires, d'autant qu'il fait l'objet de procédures de poursuites pour dette (rapports des 21 mars 1997 et 25 octobre 2000 du conseiller en profession de l'office AI; formulaire de requête d'assistance judiciaire). Rien n'indique qu'il en aurait été autrement en l'absence d'invalidité. Dans ces circonstances, on peut raisonnablement admettre que le recourant, confronté à la réalité économique, aurait en fin de compte repris l'activité professionnelle exercée jusqu'en 1988, si son état de santé ne l'avait pas rendu incapable de travailler dès le mois d'octobre 1991.