Citation: 4P.159/2005 17.11.2005 E. A

A.a A.________, née en 1945, a exercé dès 1981 la profession de déléguée médicale auprès de diverses entreprises pharmaceutiques établies en Suisse. Par contrat de travail du 27 février 1991, A.________ a été engagée, dès le 1er mai 1991, ès qualité par X.________ AG (ci-après: X.________), dont le siège social est à Zurich. Son salaire versé treize fois l'an, fixé initialement à 6'500 fr. brut par mois, a atteint en dernier lieu le montant brut de 8'550 fr. La travailleuse disposait d'un véhicule d'entreprise pour ses déplacements professionnels qui l'amenaient notamment à visiter des médecins dans les cantons de Vaud et Genève. En 1993, A.________ a eu pour collègue B.________, né en 1964. Le prénommé a quitté la société en 1994 pour y revenir en 1997 en qualité de chef des ventes pour la Suisse romande; par cette fonction, il devenait le supérieur hiérarchique direct de A.________. B.________, qui a rejoint une société concurrente en septembre 2000, a été remplacé dans cette charge par C.________, né en 1953. A.b L'activité de A.________ a été régulièrement évaluée par ses supérieurs. Le rapport de 1996, qui faisait état en particulier d'une conscience de ses responsabilités au dessus de la moyenne, précisait toutefois qu'elle devait "sans délai encore mieux préparer chacune de ses visites et ... se contrôler et écouter". En mai 1998, le Dr D.________ s'est plaint auprès de B.________ du comportement désinvolte de A.________ lors d'un cours de formation. Requise par B.________ de donner sa version des faits sur cette affaire qu'il jugeait grave, la salariée a répondu qu'elle n'avait rien à se reprocher et qu'elle allait mettre au courant le chef du personnel de X.________ de cet incident et du "malentendu" qui en était résulté avec le premier nommé. Il résulte d'un entretien d'évaluation du 23 mars 2000 que les connaissances médicales de A.________ étaient jugées à la "limite inférieure" des standards requis pour la représentation de X.________ chez les médecins et qu'elle avait des difficultés à intégrer les différentes techniques de vente apprises. Il a été constaté qu'après avoir suivi une formation individuelle dans les deux mois suivants, les connaissances de l'intéressée s'étaient nettement améliorées. Le rapport d'évaluation établi en décembre 2000 par C.________, successeur de B.________, contenait les mêmes appréciations que les précédents rapports quant aux performances de A.________, y compris en ce qui concernait la maîtrise de son impulsivité. Le 20 mars 2001, le Dr E.________, orateur d'un colloque financé par X.________ à la fin 2000, s'est plaint de l'attitude trop agressive de A.________, laquelle lui avait reproché sans ambages de n'avoir pas assez parlé d'un produit vendu par X.________. Les 17, 18, 23 et 24 avril 2001, C.________ s'est entretenu téléphoniquement avec cinq autres médecins, soit les Drs F.________, G.________, H.________, I.________ et J.________, qui lui ont fait part de l'attitude désagréable, voire insupportable de A.________, à telle enseigne que la plupart d'entre eux ne souhaitaient plus la recevoir. C.________ a rapporté par écrit les doléances de ces six praticiens. C.________ a informé A.________ des plaintes élevées par les médecins à son encontre le 25 avril 2001, jour du retour de vacances de celle-ci. Dès le 30 avril 2001, la prénommée a été déclarée en incapacité totale de travailler pour raison de maladie. Cette incapacité perdurait à la fin 2004. A.c Par courrier du 10 mai 2001, à l'issue d'un entretien tenu à Zurich avec C.________ et le chef des ressources humaines de X.________, A.________ a été informée que cette société entendait la licencier en raison des "réclamations massives de clients-médecins". Par lettre recommandée du 29 octobre 2001, X.________ a déclaré résilier le contrat de travail de A.________ pour le 31 janvier 2002, compte tenu de la période de suspension de 180 jours résultant de son incapacité de travail. La travailleuse était libérée avec effet immédiat de son obligation de travailler avec l'instruction de prendre le solde de ses vacances pendant cette période et de compenser les heures supplémentaires accomplies. Le même jour, A.________ a envoyé un pli recommandé au directeur de X.________ pour se plaindre de la façon dont elle avait été traitée par ses supérieurs directs, de la mauvaise ambiance qui régnait au sein de l'équipe des délégués médicaux et des difficultés qu'elle allait rencontrer pour retrouver à son âge un poste aux mêmes conditions. Après un échange de correspondance avec X.________, A.________ a déclaré à celle-ci, par pli recommandé du 22 novembre 2001, qu'elle contestait "radicalement" les raisons alléguées pour son licenciement et que sa longue incapacité de travail était due au mobbing dont elle avait été l'objet au sein de la société.