Citation: 4A_277/2022 E. B

B.a. Par requête du 23 septembre 1999, A.________ a ouvert action en partage de la succession de son père. Par jugement du Tribunal civil du district d'Yverdon du 10 avril 2000, confirmé par arrêt de la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 25 juin 2002, l'action en partage des valeurs bancaires de l'hoirie de E.________ a été admise. S'agissant du dossier de titres, l'arrêt cantonal retient que l'usufruit conféré à F.________ est un usufruit de disposition au sens de l'art. 772 al. 2 CC. Le 30 septembre 2002, Me L.________ a été désignée en qualité de notaire commise au partage de la succession de E.________ avec pour mission de stipuler le partage à l'amiable si faire se pouvait ou, à défaut, de constater les points sur lesquels portait le désaccord et faire des propositions en vue du partage. Me L.________ a rendu son rapport le 31 août 2004. Si elle indiquait avoir pu retracer l'évolution des biens de la succession depuis le décès de E.________, elle observait que les comptes de la succession ne laissaient pas apparaître le montant de 491'401 fr.89 dû par I.________ à la suite du rachat du capital-actions de G.________ SA selon la convention du 25 février 1983. Selon la notaire, cette somme correspondrait en réalité à la valeur des actions comprises dans l'inventaire, soit 289'406 fr., et à la plus-value réalisée lors de la vente des titres, soit 201'995 fr.89, laquelle aurait été directement attribuée à F.________. En définitive, Me L.________ était d'avis que l'avoir mis à disposition de B.________ avait été convenablement géré et proposait de partager le solde des fonds déposés auprès de la banque K.________ par 220'567 fr. selon les parts successorales. Elle observait toutefois que les dispositions du pacte successoral de 1986 - qui prévoyaient notamment que les immeubles seraient attribués francs de gage immobilier et que toute dette hypothécaire existant lors du partage serait payée au moyen des liquidités provenant des successions de E.________ et F.________ - s'opposaient au partage séparé des valeurs mobilières. Dans son rapport complémentaire du 11 mai 2005, Me L.________ a retenu le montant de 230'151 fr.60 pour quantifier "les espèces à gérer au jour du décès de E.________, soit le 26 octobre 1981". Ce montant s'obtient en déduisant de l'actif net successoral selon l'inventaire officiel (305'391 fr.60) les valeurs des immeubles (74'240 fr.) et de l'automobile (1'000 fr.). En conclusion, la notaire a "propos[é] d'attendre le décès de F.________ avant de procéder au partage global de la succession de feu E.________." B.b. Le 2 février 2007, B.________ a introduit une requête en partage successoral concernant la succession de sa mère décédée le 19 juillet 2006. Il y exposait que, contrairement à ses deux soeurs, A.________ n'avait pas approuvé l'inventaire et les comptes de la succession. Par la suite, A.________ a adhéré au principe du partage mais a rejeté formellement la proposition de partage successoral établie par son frère. Le 15 janvier 2008, la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a désigné Me M.________ en qualité de notaire commis au partage de la succession de F.________, avec pour mission de stipuler le partage à l'amiable, si faire ce pouvait, ou, à défaut, constater les points sur lesquels portait le désaccord des parties ou faire des propositions en vue du partage. Me M.________ a rendu son rapport d'expertise le 8 mai 2009 et un rapport complémentaire le 18 août 2011. Il relevait notamment que le désaccord de A.________ portait principalement sur l'impossibilité pour elle d'accéder aux divers documents justifiant les dettes successorales et leur règlement, mais également sur certaines charges prises en compte par B.________. Selon l'expert, l'examen des pièces et documents justificatifs soumis lui permettait de conclure que, de manière générale, B.________ avait convenablement administré la succession de F.________; les produits et les charges comptabilisées correspondaient aux pièces justificatives. A la reprise de l'audience de jugement le 27 janvier 2012, les parties ont conclu une convention partielle partageant entre les quatre héritiers les immeubles, les titres et les comptes de l'hoirie auprès de la banque K.________; elles réservaient leurs droits quant aux soultes et la répartition des passifs de la succession qui feraient l'objet du jugement de partage final. B.________ a précisé ses conclusions en ce sens que les montants devraient être corrigés en tenant compte du fait que le capital déposé auprès de la banque K.________ ne lui était plus attribué mais réparti entre les quatre héritiers. D.________ et C.________ se sont ralliées à ces conclusions. Pour sa part, A.________ a conclu à leur rejet et, reconventionnellement, à ce que B.________ soit reconnu son débiteur de la somme de 100'000 fr. Par jugement partiel du 8 février 2012, la Présidente du Tribunal civil a pris acte de la convention précitée pour valoir jugement partiel dans le partage de la succession de feu F.________, décision exécutoire depuis le 12 mars 2012.