Citation: 1C_545/2022 E. A

Le 13 avril 2018, la commune de Chalais a mis à l'enquête publique une modification partielle de son plan d'affectation des zones (PAZ) et de son règlement communal des constructions et des zones (RCCZ) en vue du renouvellement du téléphérique Chalais-Briey-Vercorin (ci-après: le CBV), dans un tracé modifié par rapport à l'actuel. La procédure était coordonnée et conditionnée à l'octroi de la concession et à l'approbation des plans. Le rapport d'impact sur l'environnement exigé dans le cadre de cette procédure a été joint au dossier de modification du PAZ et du RCCZ, avec les plans techniques de l'installation projetée. A.a. Le rapport d'étude selon l'art. 47 de l'ordonnance du 28 juin 2000 sur l'aménagement du territoire (OAT; RS 700.1) accompagnant le dossier de modification du PAZ et du RCCZ met en évidence l'intérêt public d'une liaison câblée entre les localités de Chalais, de Briey et de Vercorin. Il expose que la vocation à l'origine touristique du CBV s'était élargie: ce téléphérique construit en 1951 était, aujourd'hui, aussi utilisé par la population régionale, notamment par les écoliers, pour qui il constituait une desserte indispensable; le CBV était intégré au trafic régional voyageurs et bénéficiait, à ce titre, d'un financement fédéral; l'installation était toutefois vieillissante et devait subir une importante rénovation; en outre, plusieurs déficits d'exploitation avaient été identifiés; un, voire deux contre-arrêts dans le vide étaient nécessaires en cas d'arrêt à la station intermédiaire de Briey, ce qui pénalisait le temps de parcours et péjorait la sécurité de l'installation; l'emplacement de la station amont était peu pratique par rapport notamment à l'école, à l'arrêt de bus ainsi qu'au départ du domaine skiable; en outre, la capacité de la ligne (cabines de 15 places, débit maximal horaire de 90 personnes/heure) était insuffisante lors des périodes de forte fréquentation; l'absence de connexion avec la gare ferroviaire comptait encore au nombre des points faibles recensés; pour y remédier, il s'agissait d'instaurer un arrêt simultané à Briey, de rapprocher la gare d'arrivée des transports publics et de l'école et de prévoir une installation adaptée à la demande; la problématique de liaison avec la gare ferroviaire allait être résolue grâce à un rabattement renforcé du CBV sur les réseaux du bus desservant les villes de Sion et de Sierre; en revanche des motifs techniques et paysagers faisaient obstacle à la création d'un raccordement direct avec le domaine skiable. Sur la base de ce constat, sept variantes de tracés, intégrant le maintien de l'actuel ont été étudiées et évaluées en fonction de différents critères pondérés mentionnés en page 15 du rapport selon l'art. 47 OAT. Toutes sont comprises dans un périmètre de 100 m autour des stations existantes dans le but de limiter les nouvelles nuisances pour les résidents survolés et de maintenir la connexion avec les autres réseaux de transports publics. Une comparaison avec d'autres modes de transport (voiture, bus) a aussi été effectuée. Une alternative sous forme de télécabine a été prise en compte, mais a été jugée moins adaptée qu'un téléphérique prévu ici avec des cabines de 60 places, pour plusieurs raisons (topographie, coûts, emprise au sol, longueur de l'installation, impacts environnementaux, consommation en énergie). L'analyse a conduit à retenir la variante 3B « Ecole Sud-Ouest », avec un départ en bordure de la route cantonale (RC) 44 (voir le tableau comparatif annexé au rapport selon l'art. 47 OAT la créditant de 40 points). Cette variante prévoit de déplacer la station avale d'environ 70 à 80 m au nord-est de l'emplacement actuel et de l'implanter au contact de cet axe routier, sur le bien-fonds n° 5362, ce qui permet notamment d'optimiser la connexion avec les transports publics (bus) et la zone sportive de Bozon. La station intermédiaire de Briey, correspondant au pylône 1, est légèrement abaissée (env. 30 m), mais centrée, offrant ainsi un accès plain-pied avec une passerelle à faible pente. Deux pylônes permettent ensuite de survoler le terrain pour rejoindre Vercorin. La station d'arrivée est projetée au sud-ouest et à plain-pied de l'école de Vercorin, sur les parcelles n os 2498, 2495 et 2496, soit à quelque 80 à 100 m au nord de la station actuelle. Ce nouvel emplacement doit supprimer le conflit avec la RC 626, problématique dans le contexte du transport scolaire. Il remédie par ailleurs aux difficultés d'accès rencontrées par les personnes à mobilité réduite, notamment en hiver, du fait de la pente de 15 % que présente ponctuellement le chemin d'accès à la station actuelle et améliore la connexion et le transbordement avec la navette interne (voir p. 19 à 31 du rapport selon l'art. 47 OAT). A.b. Les modifications partielles du PAZ et du RCCZ visent à affecter le territoire conformément au tracé retenu et à intégrer dans la réglementation de la zone concernée la notion de transport par câble (art. 50 RCCZ). A Chalais, elles consistent à ranger une surface de quelque 1169 m 2 correspondant à la portion nord-est du bien-fonds n° 5362, actuellement classée en zone d'habitat résidentiel villas de plaine 0.3, en zone de constructions et d'installations publiques B, dans le prolongement de l'affectation qu'ont déjà partiellement ce terrain au nord-ouest et ceux le jouxtant. Une demande de défrichement en lien avec le déplacement de la station intermédiaire (surface totale de 1153 m 2, dont 371 m 2 à titre définitif et 782 m 2 à titre temporaire) ainsi qu'un plan d'alignement d'une emprise de 20 m, régi par un nouvel article du RCCZ (art.16bis), ont été simultanément déposés.