Citation: 6B_129/2023 E. 1.3

1.3. La cour cantonale a repris les considérants de son arrêt du 29 mars 2022, dans lequel elle avait considéré qu'une libération conditionnelle était prématurée, et a relevé que les évènements survenus depuis lors ne changeaient rien aux constats qu'elle avait faits. En effet, le recourant persistait dans le déni des actes qui avaient conduit à sa condamnation. Il maintenait un bon comportement en détention, ce cadre apparaissant pour l'heure à tout le moins susceptible de le canaliser et de lui apporter l'encadrement nécessaire au maintien d'une certaine stabilité. Il y avait certes une très légère amélioration au niveau thérapeutique, l'intéressé ayant accepté de rencontrer les thérapeutes du SMPP à quatre reprises depuis leur dernier rapport datant de 2020. On ignorait toutefois tout de l'éventuel suivi mis en place, le patient ayant refusé de délier le SMPP du secret médical. A défaut de tout autre renseignement, la cour cantonale ne pouvait que constater que la fréquence de quatre rendez-vous en près de deux ans apparaissait largement insuffisante pour permettre de créer le cadre thérapeutique préconisé. Pour le surplus, le recourant avait une nouvelle fois refusé de se soumettre à l'évaluation criminologique proposée. La cour cantonale a par ailleurs relevé que le risque de récidive qualifié de modéré - soit qui tenait le milieu entre deux extrêmes - ne saurait justifier l'élargissement requis. En effet, les experts avaient également insisté sur la nécessité pour le recourant de bénéficier d'un réseau de nature institutionnelle, ferme et bienveillant, avec un cadre de vie stable et ritualisé, qui permette l'instauration d'un traitement neuroleptique sous contrainte au long cours. Dans ces conditions et à l'heure actuelle, compte tenu du déni du recourant de sa pathologie et de sa relative imperméabilité à entrer de manière authentique dans le processus de soins qui lui était proposé, un élargissement du cadre avec libération conditionnelle apparaissait surtout susceptible de le confronter à des stimuli externes qui dépasseraient ses capacités d'adaptation compte tenu de son trouble de la personnalité. Il ressortait de son audition par le Juge d'application des peines qu'il imaginait sa sortie de détention avec un retour à son domicile, agrémenté "de visites du directeur de la FVP". Au vu de l'inconsistance des projets de réinsertion dont il se prévalait, le risque d'une décompensation psychique bruyante à court terme était alors bien présent. A cet égard, un traitement ambulatoire - auquel l'intéressé n'avait du reste pas adhéré - n'était manifestement pas suffisant pour garantir la sécurité publique. En définitive, la cour cantonale a considéré que c'était à bon droit que le Juge d'application des peines avait refusé la libération conditionnelle au recourant, le pronostic étant manifestement défavorable en l'état et la nécessité de préserver la sécurité publique l'emportant sur les intérêts actuels du recourant, les biens menacés étant la vie et l'intégrité corporelle d'autrui.