Citation: 1A.129/2000 05.05.2000 E. 4

4.- Le recourant soutient ensuite que la condition de la double incrimination ne serait pas réalisée: il ne pourrait voir reprocher des actes préparatoires délictueux au sens de l'art. 260bis CP, car il n'aurait pris aucune disposition concrète, notamment en rapport avec les armes saisies. La demande n'indiquerait ni le lieu, ni le mode opératoire, ni la victime des agissements prévus. Le voyage projeté en Algérie ne constituerait pas un délit. L'utilisation de faux papiers s'expliquerait par le besoin de se soustraire à un engagement dans les forces militaires algériennes. Rien ne démontrerait la participation du recourant au GIA, et, partant, une infraction à l'art. 260ter CP. Pour l'essentiel, cette argumentation consiste, elle aussi, dans la contestation de la participation du recourant au GIA. Un tel moyen n'est pas recevable. Pour le surplus, les délits reprochés au recourant consistent dans la participation à une organisation terroriste, la détention illicite d'armes et la falsification de documents, ainsi qu'un vol de voiture. L'ensemble des ces délits sont réprimés en droit suisse. L'art. 260bis CP punit de la réclusion pour cinq ans au moins celui qui aura pris, selon un plan, des dispositions concrètes d'ordre technique ou d'organisation, dont la nature et l'ampleur indiquent qu'il s'apprêtait à passer à l'exécution d'une des infractions mentionnées, parmi lesquelles le meurtre, l'assassinat et les lésions corporelles graves. L'art. 260ter réprime la participation à une organisation secrète poursuivant notamment le but de commettre des actes de violence criminelle. La demande indique à ce sujet que le GIA défend une lutte armée dans le but d'instaurer l'Etat islamique. Dans ce cadre, il aurait causé plusieurs centaines de morts en Algérie, visant tous ceux qui ne respecteraient pas la loi coranique. Des attentats auraient par ailleurs été commis en France, ainsi qu'un détournement d'avion. La demande est certes muette sur les dispositions prises concrètement et personnellement par le recourant, mais elle fait état de soupçons suffisants quant à la préparation d'agissements semblables à ceux décrits, soupçons étayés par la saisie d'armes et de munitions. Si l'appartenance du recourant au GIA devait être confirmée, ce qu'il appartiendra aux autorités répressives de l'Etat requérant de démontrer, l'art. 260ter CP serait donc manifestement applicable. Dans la mesure où le GIA tend à un renversement du pouvoir en Algérie et à l'instauration d'un "Etat islamiste", on pourrait aussi envisager l'application de l'art. 275ter CP (cf. ATF 125 II 569 consid. 5b p. 572). Pour le surplus, le recourant ne conteste pas que les infractions de faux dans les titres, de vol et de violation de la législation sur les armes (cf. l'art. 33 de la loi fédérale sur les armes, RS 514. 54) seraient réalisées. La condition de la double incrimination est donc manifestement satisfaite.