Citation: 4D_84/2008 05.11.2008 E. 2

2.1 La succession n'a pas interjeté appel. Sa prétention de 43'779 fr.50 en remboursement des intérêts et frais hypothécaires, rejetée par le juge de première instance, ne faisait donc plus partie du litige devant la cour cantonale. Parmi les autres dépenses que la recourante a engagées du 1er janvier au 31 mars 2001 et dont elle demande le remboursement à l'intimée, l'arrêt attaqué distingue les paiements opérés en relation avec la cessation des activités de l'agence de ceux concernant l'immeuble et son entretien. Les premiers, effectués dans l'intérêt de la succession, relèvent de la gestion d'affaires imparfaite et ne doivent être remboursés qu'à concurrence de l'enrichissement de l'intimée (art. 423 CO). Dans cette catégorie, la Chambre civile a rangé la facture de Billag, la facture pour les annonces relatives à une calandre, les salaires de B.________ et C.________ ainsi que les frais réglés par le biais de la «petite caisse»; sur le montant total de 26'733 fr.35, seuls les 827 fr.55 prélevés dans la «petite caisse» correspondent à un enrichissement de l'intimée et doivent par conséquent être mis à sa charge. La seconde sorte de paiements porte sur des dépenses qui ont été effectuées par la succession dans l'intérêt de l'intimée et que celle-ci doit donc rembourser à la recourante au titre de la gestion d'affaires parfaite (art. 422 CO); la créance de la succession en remboursement de ces frais-là s'élève à 9'656 fr.55. La cour cantonale a rejeté par ailleurs la prétention de la recourante d'un montant de 5'341 fr.50, correspondant à la valeur du mazout qui restait dans la cuve le 31 mars 2001. En définitive, elle a jugé que la dette de l'intimée par 10'484 fr.10 (827 fr.55 + 9'656 fr.55) était entièrement compensée par ses créances liées, d'une part, à l'indemnité pour l'occupation provisoire des bureaux par l'agence (3'000 fr.) et, d'autre part, au remboursement des loyers versés par A.________ et encaissés par la succession (12'000 fr.); l'intimée n'était ainsi redevable d'aucun montant envers la recourante. 2.2 Dans son recours, la succession ne critique pas le rejet de sa prétention relative à la valeur du mazout restant. Il n'y a donc pas lieu d'y revenir. Elle ne conteste pas non plus les créances de l'intimée à son égard pour un montant total de 15'000 fr. Invoquant l'art. 9 Cst., la recourante reproche en revanche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement inclus, dans les dépenses à la charge de la succession, les salaires de B.________ (13'489 fr.30) et C.________ (12'243 fr.55), les frais payés au moyen de la «petite caisse» (827 fr.55), la facture Billag (108 fr.15) et celle des annonces relatives à la calandre (64 fr.80). En ce qui concerne les salaires des employés de janvier à mars 2001, la recourante fait valoir que ces derniers travaillaient tous deux dans l'intérêt de la résidence et, partant, de l'intimée; de plus, celle-ci s'était engagée à signer avec les collaborateurs de nouveaux contrats de travail, aux mêmes conditions que précédemment. S'agissant de travaux utiles et nécessaires à l'entretien de la résidence, la cour cantonale aurait dû mettre leur rémunération à la charge de l'intimée; en considérant que ces dépenses avaient été faites dans l'intérêt de la succession, qui devait les assumer, les juges genevois auraient posé une déduction arbitraire, en contradiction claire avec les faits établis. La recourante calcule sa prétention ainsi: 9'656 fr.55 (frais admis par la cour cantonale) + 26'733 fr.35 (frais arbitrairement exclus) - 15'000 fr. (loyers) = 21'389 fr.90.