Citation: 6B_433/2017 E. 3.5.2

3.5.2. Le fait que la chaussée soit mouillée est susceptible de jouer un rôle dans un accident de circulation. Cela dit, les véhicules sont équipés pour pouvoir rouler en toute sécurité sur une chaussée mouillée, moyennant que leur conducteur respecte les règles de circulation. Celui-ci doit en particulier respecter les limitations de vitesse et, de plus, ne pas circuler à une vitesse qui l'empêcherait de s'arrêter sur la distance à laquelle porte sa visibilité (art. 4 al. 1 OCR). A cela s'ajoute que, dans le cas d'espèce, l'eau ne s'est quasiment pas accumulée sur la chaussée, en raison de la pente existant à cet endroit. Les faits se sont déroulés au mois d'août 2013, soit à un moment où n'existait aucun risque de gel. Le tronçon, quasi rectiligne au lieu de l'accident, ne devait pas être emprunté à une vitesse supérieur à 60 km/h et la visibilité était d'environ 123 mètres. En d'autres termes à une vitesse de 60 km/h, le fait que la route était mouillée pouvait être vu plus de 7 secondes avant d'atteindre le lieu en question. Dans ces circonstances, avoir mis en marche un système d'arrosage conduisant directement ou indirectement à ce que la route longeant le pré, censée être empruntée à un maximum de 60 km/h, soit mouillée n'apparaît pas propre, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience générale de la vie, à entraîner la perte de maîtrise des personnes empruntant normalement, voire même un peu trop vite, dite route. Une telle conséquence n'apparaît pas dans le champ raisonnable des possibilités objectivement prévisibles. Ainsi, si le rapport de causalité naturelle est admis, tel n'est pas le cas du rapport de causalité adéquate. L'eût-il été qu'il aurait de toute façon été interrompu par le comportement du recourant, qui indiquant ne pas avoir vu l'eau à plus de quelque 40 mètres, a adopté une vitesse totalement excessive (dépassement de la limite autorisée de 37 km/h), ne lui permettant pas de s'arrêter, respectivement de réagir de manière appropriée sur sa distance de vue. Dans ces conditions, le classement de l'accusation de lésions corporelles graves par négligence, en vertu de l'art. 319 al. 1 let. b CPP, ne prête pas flanc à la critique.