Citation: C 67/01 23.11.2001 E. 1

1.- Dans un premier moyen, le recourant soutient que la juridiction cantonale aurait dû déclarer irrecevable le recours porté devant elle, faute d'un intérêt digne de protection de l'assuré. En contestant la compensation, l'assuré visait une indemnisation "à double" et donc un enrichissement illégitime. a) Selon l'art. 102 al. 1 LACI, a qualité pour former recours, celui qui est touché par la décision et à un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée. Le contenu de cette disposition correspond à celui de l'art. 103 let. a OJ si bien que la jurisprudence développée au sujet de cette disposition est applicable (cf. Thomas Nussbaumer, Arbeitslosenversicherung, in : Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, ch. 738 et les références.). La jurisprudence considère comme intérêt digne de protection tout intérêt pratique ou juridique à demander la modification ou l'annulation de la décision attaquée que peut faire valoir une personne atteinte par cette dernière. L'intérêt digne de protection consiste ainsi en l'utilité pratique que l'admission du recours apporterait au recourant ou, en d'autres termes, dans le fait d'éviter un préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait. L'intérêt doit être direct et concret; en particulier, la personne doit se trouver dans un rapport suffisamment étroit avec la décision; tel n'est pas le cas de celui qui n'est atteint que de manière indirecte ou médiate (ATF 127 V 3 consid. 1b, 125 V 342 consid. 4a et les références). b) On ne saurait sérieusement contester que la décision litigieuse entraîne des conséquences matérielles importantes pour l'assuré qui se trouve directement atteint dans ses intérêts pécuniaires. Partant, il avait un intérêt digne de protection à recourir devant la juridiction cantonale. Contrairement à l'opinion du seco, cette question ne saurait en effet se confondre avec celle des mérites d'un recours qui ressortit à l'examen au fond. En effet, l'argumentation du recourant conduirait à déclarer irrecevable tout recours reconnu infondé après examen du fond ce qui n'est manifestement pas le sens de la disposition précitée. Le grief doit ainsi être écarté.