Citation: 7B_661/2023 E. 1.4.1

1.4.1. Le recourant fait valoir que la levée des scellés porterait sur l'intégralité des dossiers électroniques - regroupés sous la pièce n° 29 - qui contiendrait de la documentation relative "aux sociétés et personnes concernées" remontant pour certains documents à 2011, à savoir des documents bancaires, factures, courriers d'administration et déclarations fiscales; il en irait de même pour le contenu du téléphone mobile (pièce n° 1) du recourant. L'utilisation de mots clés aurait pour effet de regrouper un volume extrêmement important de données relatives à l'intégralité de l'activité déployée par le recourant dans le contexte de son activité dépendante (D.________ SA et B.________ SA) et indépendante (N.________); il s'agirait "d'entités opérationnelles" traitant un grand nombre de clients dont l'identité et d'autres données, notamment bancaires, figureraient sur les documents placés sous scellés. Pour démontrer la recevabilité de son recours, le recourant entend se prévaloir du secret des affaires en lien avec les documents électroniques (pièce n° 29, concernant une personne physique et plusieurs sociétés tierces [E.________ SA, C.________ SA, F.________ SA, G.________ Sàrl, H.________ Sàrl, I.________ Sàrl, J.________ SA, K.________ Corp et L.________ Ltd, ainsi que M.________; cf. let. A.b supra]) et le contenu de son téléphone mobile (pièce n° 1) saisis lors de la perquisition effectuée à la rue U._______ à Genève. On relève à cet égard que le recourant ne prétend pas qu'il agirait pour le compte des sociétés et/ou de la personne mentionnées - vraisemblablement maîtres des secrets invoqués -, mais agit en son propre nom (cf. a contrario les arrêts suivants où le secret des affaires a été invoqué par les entreprises concernées, qui intervenaient en outre généralement en tant que tiers intéressés, arrêts 1B_295/2016 du 10 novembre 2016; 1B_352/2013 du 12 décembre 2013; 1B_300/2012 du 14 mars 2013; cf. ég. arrêt 1B_149/2020 du 24 juillet 2020 consid. 2.2.1). Il résulte certes de l'ordonnance entreprise que le recourant est, respectivement a été, administrateur avec signature individuelle de D.________ SA et de C.________ SA et qu'il "prend part" à plusieurs des sociétés domiciliées à la rue U._______ à Genève. Ces informations ne suffisent cependant pas pour établir le statut du recourant au sein des sociétés concernées. Quoi qu'il en soit, il appartenait au recourant d'étayer sa position dès lors que sa seule implication au sein de ces sociétés ne permet pas de retenir qu'il subirait personnellement un dommage irréparable du fait de la levée de scellés. Le recourant aurait dû en particulier préciser son statut passé ou actuel à l'égard de chacune des sociétés ou encore exposer dans quelle mesure il serait tenu envers celles-ci par une obligation légale ou contractuelle de ne pas divulguer des secrets. Faute d'explications du recourant, y compris sur le fond, il n'est pas d'emblée évident de considérer que la production au dossier des pièces sur lesquelles il requiert le maintien des scellés et l'accès à ceux-ci par le Ministère public lui causeraient, à titre personnel, un dommage irréparable. En tout état de cause, indépendamment d'éventuelles obligations de confidentialité que le recourant pourrait avoir envers l'une ou l'autre des sociétés saisies, respectivement clients concernés, il ne peut pas se prévaloir du secret des affaires dans le cas d'espèce. Il a en effet la qualité de prévenu et il lui est précisément reproché la commission d'infractions à caractère économique liées à ses activités professionnelles en relation avec ses principales sociétés fiduciaires D.________ SA et B.________ SA, plusieurs sociétés concernées par la procédure de levée de scellés étant également domiciliées à la même adresse que ces deux sociétés (cf. arrêts 1B_541/2021 du 22 mars 2022 consid. 2.3.2 et les références citées; 1B_149/2020 du 24 juillet 2020 consid. 2.2.1). Il y a lieu de rappeler que, si le recourant devait estimer qu'une restriction de l'accès au dossier à d'autres personnes que les membres des autorités pénales, en particulier à des parties plaignantes, est nécessaire pour protéger des intérêts publics ou privés au maintien de secrets, il aura toujours la possibilité, comme le cas échéant d'autres personnes intéressées, de formuler une requête en ce sens au Ministère public (cf. art. 102 et 108 CPP; arrêt 1B_541/2021 du 22 mars 2022 consid. 2.3.2).