Citation: 5A_630/2018 E. 3.2

3.2. La recourante soutient derechef que les montants saisis à son profit le 26 mai 2016 ne pouvaient pas être distribués à des tiers. Le versement opéré à l'Office par le notaire bernois le 23 juin 2016 était en effet intervenu dans le cadre de l'exécution d'un séquestre initié par ses soins. L'AFC ne participait qu'à la saisie d'une créance, laquelle devait faire l'objet d'une procédure en réalisation conformément aux dispositions applicables de la LP. Or, tel n'avait pas été le cas. Cela étant, si l'Office avait communiqué, de manière conforme au droit, le tableau de distribution tel qu'il est prévu à l'art. 144 al. 2 LP, elle aurait pu constater à ce moment déjà qu'elle n'était pas la seule bénéficiaire et que l'Office avait l'intention de procéder à la distribution des deniers en faveur de tiers. Cette omission l'avait privée de faire valoir ses objections, de sorte que la distribution opérée par l'Office était manifestement irrégulière. Par ailleurs, la recourante rappelle que l'art. 100 LP prévoit que l'Office doit pourvoir à la conservation des droits saisis et à l'encaissement des créances échues. Or, elle n'avait jamais eu connaissance des motifs de l'encaissement effectué par l'Office et si ce dernier avait eu lieu, par hypothèse, sur la base de l'exécution du séquestre ou en paiement d'une créance. Il était de toute façon erroné de considérer, comme l'avait fait l'autorité cantonale, que la créance était encaissée tout en exigeant de l'Office qu'il en vérifie encore le solde. Quoi qu'il en soit, le montant indûment distribué par l'Office à l'AFC provenait du solde du produit de la vente de l'immeuble dont elle était propriétaire en main commune avec D.A.________, lequel avait été bloqué en mains du notaire et lui avait été alloué par le jugement de divorce rendu le 12 mars 2018. L'autorité cantonale n'avait à tort pas tenu compte de ce jugement, alors même que celui-ci établissait la " nullité " de la créance de son ex-époux et rendait irrégulier l'encaissement opéré par l'Office. Celui-ci ne pouvait considérer la créance comme établie et aurait dû procéder à sa réalisation et non à l'encaissement des montants litigieux entre les conjoints A.________. Or, s'il avait procédé régulièrement à la réalisation forcée de la créance de D.A.________, cette créance n'aurait permis le recouvrement d'aucun montant auprès du notaire bernois.