Citation: 6B_1209/2021 E. 1.3

1.3. En l'espèce, le recourant omet dans son écriture le fait qu'il a émargé à l'aide sociale de mai 2002 à octobre 2017. Lorsque l'assistant social du SSRP lui a demandé les 9 juin 2016, 19 juillet 2016 et 15 août 2016 des informations sur le résultat de sa postulation et de ses recherches d'emploi, il se trouvait donc en présence d'une personne qui bénéficiait de prestations de l'aide sociale depuis de très nombreuses années. Dans ces circonstances, contrairement à ce que soutient le recourant en se référant aux recommandations d'un audit du SSRP, l'autorité précédente a considéré sans arbitraire que ce serait un "travail considérable" pour un service social d'exiger de l'ensemble de ses bénéficiaires une actualisation mensuelle de tous les documents relatifs à l'évaluation de leurs besoins pendant une aussi longue période. Qui plus est, selon l'arrêt attaqué, le recourant a ouvert un nouveau compte bancaire fin 2016, qui n'était pas connu du SSRP, et a requis de son assurance perte de gain le versement des indemnités journalières sur ce nouveau compte. La simple consultation des extraits des comptes bancaires connus du SSRP n'aurait dès lors pas permis de découvrir le versement des indemnités journalières. A l'inverse de ce que soutient le recourant, l'assistant social du SSRP n'a en outre pas accordé une "foi totale" à ses déclarations ou une "confiance aveugle" en lui. Au contraire, l'assistant social l'a interpellé sur le résultat de sa postulation, a mené des entretiens réguliers concernant sa situation financière et lui a fait remplir et signer un budget mensuel dans lequel le recourant devait indiquer le montant actuel de ses revenus. Aussi, entre juin 2016 et octobre 2017, le recourant a signé les budgets d'aide sociale mois après mois en s'abstenant de signaler les salaires puis les indemnités journalières perte de gain perçus. Comme le relève sans arbitraire la cour cantonale, il a de plus donné l'apparence au SSRP d'être disposé à collaborer pleinement et en toute transparence, jusqu'à se déclarer d'accord de suivre une mesure d'insertion à temps partiel, alors qu'il disposait déjà d'un emploi. Pour le surplus, le recourant n'expose pas concrètement pour quel motif l'assistant social aurait dû douter de la véracité des indications qu'il lui a fournies et attestées par sa signature. L'assistant social n'avait en particulier pas à s'étonner spécialement du fait qu'il ne déclarait aucun revenu, vu son éloignement du marché du travail et ses problèmes de santé qui ont pris de l'ampleur dès septembre 2016 (et attribués faussement par le recourant à un accident de voiture). Compte tenu du nombre de demandes d'aide sociale, et en l'absence d'indice lui permettant de suspecter une modification du droit du recourant à bénéficier des prestations servies, le SSRP n'avait dès lors pas à procéder à des vérifications complémentaires. En définitive, le recourant échoue à démontrer l'arbitraire des considérations cantonales. Le grief doit par conséquent être écarté dans la mesure de sa recevabilité.