Citation: 5P.429/2006 11.12.2006 E. 4

La recourante soutient en outre que la cour cantonale fait preuve de formalisme excessif en exigeant du justiciable qu'il expose déjà dans son acte de recours les motifs à l'appui de celui-ci, sous peine d'irrecevabilité; une telle exigence ne répondrait pas "à des motifs tirés de l'économie de la procédure", puisque la cour statue librement, sans être liée par les allégués et les moyens des parties. Elle voit également un formalisme excessif dans le fait de considérer que le vice de forme est irréparable et de lui refuser un délai pour compléter son recours. Même en ayant reçu le recours le dernier jour du délai, l'autorité cantonale aurait encore pu inviter la recourante à réparer le même jour l'informalité ou lui impartir un bref délai supplémentaire. 4.1 Le formalisme excessif est un aspect particulier du déni de justice prohibé par l'art. 29 al. 1 Cst. Il est réalisé lorsque la stricte application des règles de procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi et complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel ou entrave de manière inadmissible l'accès aux tribunaux. L'excès de formalisme peut résider soit dans la règle de comportement imposée au justiciable par le droit cantonal, soit dans la sanction qui lui est attachée. Le Tribunal fédéral examine librement ce grief (ATF 130 V 177 consid. 5.4.1; 125 I 166 consid. 3a et 3d; 121 I 177 consid. 2b/aa et les références). 4.2 En l'espèce, ces conditions ne sont manifestement pas réalisées. Le délai de recours de l'art. 18 al. 1 LP, que reprend l'art. 28 LVLP, est un délai légal. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral citée par la cour cantonale, cela signifie qu'il faut déposer le recours, motivé de manière suffisante, dans ce délai; une écriture complémentaire déposée après l'échéance du délai de recours ne peut plus être prise en considération, même si elle a été annoncée dans une déclaration de recours formée en temps utile (ATF 126 III 30 consid. 1b et les références). Une autorité cantonale ne commet donc pas de formalisme excessif en n'entrant pas en matière sur un recours qui a été motivé après l'expiration du délai dans lequel ce recours devait être formé. Admettre la solution inverse ne ferait que créer une grande insécurité juridique dans un domaine où un certain formalisme est indispensable à la bonne marche de la procédure. En l'occurrence, le reproche de la recourante est d'ailleurs d'autant moins compréhensible qu'elle a été expressément avisée que son recours contre le prononcé de l'autorité inférieure de surveillance devait être motivé. Son grief doit donc être rejeté.