Citation: 8C_891/2017 E. 4

La cour cantonale s'est ralliée à l'appréciation du SPAS, selon laquelle le recourant avait volontairement rendu opaque sa situation personnelle et professionnelle, de sorte que son état d'indigence n'était pas démontré. Elle a retenu en particulier qu'il n'avait pas été possible de déterminer de manière satisfaisante le lieu de vie du recourant. En effet, il était peu vraisemblable qu'il se soit installé dans la cave de l'appartement (appartenant à son ex-épouse) où il logeait jusqu'alors, au regard des problèmes de santé allégués et du fait qu'il n'avait pas donné suite à la proposition du centre B.________ d'un hébergement à l'hôtel. En outre, les explications de sa soeur, qui atteste avoir régulièrement séjourné dans l'appartement en question d'octobre 2015 à octobre 2016, en raison des problèmes de santé de son frère alors que ce dernier n'y vivrait pas, n'étaient pas convaincantes. Par ailleurs, le rôle du recourant dans la société C.________ SA, pour laquelle il dispose d'une procuration individuelle selon l'extrait du registre du commerce vaudois, n'était pas clair. A ce sujet, les premiers juges ont relevé que, selon une ordonnance du Président du Tribunal civil du 22 juillet 2015, il était l'ayant-droit économique de la société. Ce qui était sûr, dans tous les cas, c'est qu'il était en possession de toutes les actions au porteur. Il était peu crédible que cela soit dans le but d'éviter la dissémination des actions comme l'avait expliqué l'administrateur de la société, d'autant moins que le recourant a refusé de divulguer l'identité des prétendus propriétaires d'actions pour préserver leur anonymat. En outre, il subsistait des incertitudes sur la nature et le montant des versements effectués par la société en faveur du recourant. L'absence alléguée de chiffre d'affaires n'était pas probante. Le recourant avait d'ailleurs toujours refusé de signer une autorisation de renseigner concernant la société, au motif qu'un telle signature l'exposerait à des poursuites pénales. Il ne s'était toutefois pas adressé à l'administrateur pour obtenir la signature ou un refus formel de sa part. Les dernières zones d'ombre concernaient enfin l'exploitation par le recourant, depuis plus de 13 ans, de terres agricoles à l'étranger. Cette activité était peu compatible avec l'incapacité de travail attestée médicalement et il n'était pas compréhensible que le recourant s'investisse autant dans une activité qui ne générerait aucun bénéfice et pour laquelle il ne serait pas rémunéré.