Citation: 5A_1068/2021 E. 3.3

3.3. En l'état, il apparaît que le recourant vit avec sa nouvelle compagne, ce qu'il ne conteste pas. Par ailleurs, la Juge déléguée a constaté que celle-ci était cosignataire du contrat de bail concernant le logement où ils vivent, de sorte qu'elle a accepté en connaissance de cause le loyer mensuel de 3'645 fr. y afférent. Dans ces circonstances, c'est en conformité avec la jurisprudence susmentionnée (cf. supra consid. 3.2.1) et, partant, sans arbitraire, que la Juge déléguée a considéré qu'elle devait assumer la moitié de la charge de loyer mensuelle et ce indépendamment du fait que le montant du loyer est conséquent. La Juge déléguée a d'ailleurs considéré que le recourant devrait à moyen terme trouver un logement moins onéreux s'il ne retrouvait pas une situation professionnelle lui procurant des revenus plus importants. Cela étant, quand bien même elle a estimé que la moitié du montant du loyer devait être assumée par la compagne du recourant, c'est bien le loyer effectif qu'elle a pris en compte dans les charges du recourant et non un loyer réduit au montant correspondant à la situation familiale du débiteur et aux loyers usuels du lieu, ce qu'elle aurait parfaitement pu faire à l'échéance d'un délai convenable à fixer à ce dernier pour trouver un logement moins onéreux (sur cette question: cf. ATF 129 III 526 consid. 2 et les références [en matière de saisie de salaire]; arrêts 5A_648/2020 du 12 juillet 2021 consid. 5.1; 5A_1029/2015 du 1 er juin 2016 consid. 4.3.1 [mesures protectrices de l'union conjugale]; 5A_671/2013 du 29 juillet 2014 consid. 6.3.2 [divorce]). Dans la mesure où la Juge déléguée a bien pris en compte le loyer effectif du recourant et non un loyer réduit, on ne peut lui faire aucune critique sur ce point, contrairement à ce que semble penser le recourant en tant qu'il relève qu'il n'a à l'heure actuelle d'autre choix que de loger dans cet appartement qu'il a pris à bail avant la perte de son emploi. Le recourant fonde son argumentation sur un angle différent de celui choisi par la Juge déléguée puisqu'il soutient qu'en imputant 50% du loyer à sa compagne, on fait indirectement supporter à celle-ci la charge financière de ses enfants envers lesquels elle n'a aucune obligation d'entretien. Or, on ne peut considérer, comme le soutient le recourant, que l'on impose sans fondement à sa compagne d'assumer indirectement une part de l'entretien des enfants que pour autant que l'on admette que ceux-ci doivent participer à la charge de loyer de leur père. La jurisprudence (cf. supra consid. 3.2.2), y compris celle expressément citée par le recourant, intègre toutefois dans le coût de l'enfant uniquement une participation de ce dernier au loyer du parent attributaire de la garde. Or, le recourant est au bénéfice d'un droit de visite usuel sur ses enfants, à savoir un week-end sur deux et environ la moitié des vacances scolaires, de sorte que cette jurisprudence ne s'applique pas le concernant. Le recourant ne fait d'ailleurs pas valoir pourquoi cette jurisprudence devrait lui être appliquée. Au demeurant, l'on ne connaît pas les modalités d'exercice du droit de visite du recourant sur sa fille aînée et en particulier s'il l'exerce durant les mêmes jours que sur ses deux autres enfants et il n'apparaît donc pas arbitraire de considérer que les enfants n'ont pas besoin chacun d'une chambre individuelle lorsqu'ils sont chez leur père. L'argument du recourant selon lequel il est nécessaire qu'il occupe un appartement d'une telle superficie (six pièces) pour exercer le droit de visite dont il bénéficie tombe donc à faux. Il suit de ce qui précède que c'est sans arbitraire que la Juge déléguée a retenu dans les charges du recourant la moitié du montant du loyer afférent au logement qu'il occupe, respectivement a estimé que l'autre moitié devait être assumée par sa compagne.