Citation: I 540/03 10.11.2004 E. 4

4.1 Le rapport du COPAI du 18/23 août 1999 émane d'une institution de l'AI dont la fonction est de compléter les données médicales en examinant concrètement dans quelle mesure l'assuré est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur le marché du travail (voir au surplus, à propos du rôle des COPAI pour l'évaluation de l'invalidité : L'instruction des possibilités de gain des personnes prétendant une rente, compte-rendu d'une séance du 10 novembre 1989 consacrée aux problèmes de l'expertise médicale et professionnelle, RCC 1990 p. 59 ss; Karl Abegg, Coup d'oeil sur l'activité des centres d'observation professionnelle de l'AI [COPAI]; Plädoyer 3/2004 p. 64). Dans la mesure où l'appréciation du COPAI divergeait de celle du COMAI, il s'agissait pour le tribunal de confronter les deux rapports (comme par exemple dans l'arrêt P. du 23 août 2001, I 699/00), au besoin en requérant un complément d'instruction de la part du COPAI ou du COMAI. Le premier juge a suivi les conclusions des responsables du COPAI (cf. rapport du 18/23 août 1999) qui estimaient que la capacité de travail de l'assuré n'était plus exploitable dans le circuit économique traditionnel. Singulièrement, le Président du Tribunal cantonal a considéré que les troubles de l'élocution dont l'intimé est affecté, ainsi que la position de ses avant-bras qui doivent constamment être en appui pour accomplir des travaux manuels, ne le rendent pas présentable à un employeur potentiel. Dès lors, sans procéder à de plus amples investigations, il s'est écarté des conclusions du COMAI du 9 novembre 1998, à teneur desquelles l'assuré conserve une capacité de travail entière dans une activité adaptée ou de 50 % dans son ancienne occupation de sondeur, jugeant que le taux d'invalidité excédait la limite des deux tiers. 4.2 La confrontation des rapports du COPAI et du COMAI ne permet cependant pas de déterminer la nature des activités qui restent à la portée de l'intimé, ni de connaître la mesure dans laquelle il pourrait les accomplir. En effet, le rapport du COMAI du 9 novembre 1998 est lacunaire sur ce point, car les experts ne décrivent aucune activité concrète, mais ils font uniquement référence à un métier plus léger excluant le port de charges, les travaux lourds et offrant la possibilité de positions alternées debout-assis, dans lequel sa capacité de travail serait totale. Quant aux conclusions des responsables du COPAI, exprimées dans les rapports des 18 et 23 août 1999, elles ne sauraient être suivies en l'état, car si les limitations constatées (troubles de l'élocution, faibles connaissances scolaires, bras en appui, maigres rendements, fatigabilité accrue, impossibilité d'accomplir des travaux lourds) peuvent certes réduire les chances de l'intimé d'obtenir un emploi, elles n'excluent à elles seules pas pour autant la perte de toute capacité de travail dans un emploi léger, ne requérant aucune qualification professionnelle particulière.