Citation: 4A_558/2009 05.03.2010 E. B

B.a Par demande du 4 janvier 2005, X.________ a actionné Y.________ devant la juridiction prud'homale genevoise. En dernier lieu, il a conclu au paiement de 1'106'481 fr.90, soit 69'485 fr.35 à titre de salaires jusqu'en avril 2005, 47'341 fr.65 à titre de prime de résultat pour 2004 et 2005, 4'290 fr.30 pour frais de représentation de décembre 2004 à avril 2005, 3'190 fr.60 pour le rachat de cotisations du deuxième pilier, 112'125 fr. à titre d'indemnité pour licenciement immédiat injustifié, 792'819 fr. à titre de dommages-intérêts « pour respect de la clause de non-concurrence » et 77'230 fr. net pour la valeur de la clientèle apportée en 2002 (dont il a estimé le prix à 80% des honoraires annuels existant au 30 septembre 2004). La défenderesse a conclu à libération. Reconventionnellement, elle a requis du demandeur paiement de 421'134 fr. sur la base de la clause pénale liant les parties et de 167'930 fr. à titre de dédommagement pour les actes de concurrence déloyale. B.b Le 21 mars 2005, Y.________ a déposé plainte pénale contre le demandeur pour concurrence déloyale, atteinte au patrimoine et tentative de contrainte; elle reprochait au travailleur d'avoir tenté de débaucher le personnel de la société pour créer une nouvelle fiduciaire, ainsi que d'avoir tenté de détourner des clients. Le 15 juin 2005, le Procureur général de Genève a classé la plainte faute de prévention pénale suffisante, subsidiairement en raison de son caractère civil prépondérant. Par ordonnance du 29 septembre 2005, la Chambre d'accusation genevoise a confirmé la décision de classement du Ministère public. B.c Par jugement du 2 janvier 2008, le Tribunal des prud'hommes de Genève a considéré que le licenciement immédiat du demandeur était injustifié. Après rectification d'une erreur matérielle, il a ainsi condamné la défenderesse à lui verser 121'114 fr.25 plus intérêts à 5% l'an dès le 23 décembre 2004 représentant ce que le salarié aurait gagné si les rapports de travail avaient pris fin à l'échéance ordinaire du délai de congé et 115'058 fr.80 avec les mêmes intérêts correspondant aux primes de résultat 2004 et 2005 ainsi qu'à une indemnité pour la clientèle apportée par le demandeur en 2002. B.d Saisie d'appels formés par chacune des parties, la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Genève, par arrêt du 6 octobre 2009, a annulé le jugement précité. L'autorité cantonale a admis, contrairement aux juges de première instance, que le congé avec effet immédiat notifié au travailleur le 23 décembre 2004 était justifié, car ce dernier avait violé son devoir de fidélité après son congé ordinaire du 12 octobre 2004 pour avoir, d'une part, tenté de s'approprier un client de la défenderesse et pour avoir, d'autre part, critiqué et dénigré celle-ci auprès de deux autres de ses clients. La cour cantonale a dès lors seulement alloué au demandeur les montants de 29'900 fr. brut, plus intérêts à 5% dès le 31 janvier 2005, comme prime de résultat pour la période du 1er octobre 2003 au 30 septembre 2004, et de 33'124 fr. net, plus intérêts à 5% dès le 23 décembre 2004, représentant le 80% des honoraires annuels au 30 septembre 2004 générés par les clients apportés par le demandeur qui ne l'ont pas suivi après son départ de la défenderesse. La Cour d'appel a très partiellement fait droit à la reconvention, en condamnant le demandeur à payer à la défenderesse 16'700 fr. net, plus intérêts à 5% dès le 7 mars 2005, représentant les honoraires de trois clients encaissés par la société dominée par le travailleur (i.e. Argos Révision Conseil Sàrl), en violation de la clause stipulée de prohibition de concurrence.