Citation: 6B_42/2018 E. 1

La cour cantonale a ensuite retenu que le traitement ambulatoire ordonné par jugement du 13 octobre 2015 n'avait été mis en oeuvre que plus de huit mois après ce jugement et postérieurement aux faits qui font l'objet de la présente procédure. Le ministère public estime que cette mise en oeuvre tardive du traitement ambulatoire n'est qu'une " contingence neutre qui ne joue aucun rôle dans l'examen de l'octroi du sursis ". La cour cantonale, pour sa part, estime que l'intimé a récidivé en raison de l'état d'abandon thérapeutique, dû au manque de structure sociale. Elle explique, de façon convaincante, que le fait, dans le présent cas, d'avoir assorti l'octroi du sursis d'une assistance de probation, dont l'intimé dit qu'elle l'aide à ne plus recommencer, ainsi que de règles de conduite strictes, est propre à pallier durablement le risque de récidive encouru. Il ressort d'ailleurs du jugement attaqué que le soutien qui est déjà mis en place, soit en particulier les entretiens psychiatriques et psychologiques avec la Dresse A.________, psychiatre, ainsi que les entretiens avec le Service de probation aident l'intimé à prendre conscience de la gravité de ses actes et contribuent à ce qu'il ne récidive pas. Il ressort en particulier du rapport de la Dresse A.________ que l'intimé s'est toujours présenté régulièrement aux entretiens fixés et se montre coopérant. Le ministère public ne peut être suivi lorsqu'il reproche à l'intimé de ne pas s'être soumis de son propre chef à un traitement, du moment qu'un traitement ambulatoire avait été ordonné, mais celui-ci n'a pas été mis en place sans la faute de l'intimé. Contrairement à ce que soutient le recourant, le fait qu'il est actuellement soumis à un traitement psychiatrique - ce qui n'était pas le cas lorsqu'il a récidivé - peut être retenu en faveur de l'intimé. La cour cantonale a ensuite jugé que le fait que l'intimé ne disposait désormais plus de matériel informatique ni d'accès à internet était de nature à pallier momentanément le risque de récidive. Le recourant estime, d'une part, que l'accès gratuit à internet est aujourd'hui extrêmement répandu, ce qui restreint fortement la limitation du risque de récidive admise par les juges cantonaux et que, d'autre part, le fait que l'intimé a jugé nécessaire de se priver de connexion internet et de moyens informatiques ne fait que confirmer que le risque de récidive est extrêmement élevé. A cet égard, il y a lieu de relever que la prise de telles mesures peut au contraire démontrer une volonté ferme de mettre tout en place pour limiter - si ce n'est empêcher - la tentation de récidiver. On soulignera également que l'intimé a également été condamné à se soumettre à des contrôles de matériel informatique ou de télécommunication en cas de suspicion de possession d'images ou de vidéos de pornographie dure. Enfin, la cour cantonale a estimé - reprenant l'argument du premier juge - que le prononcé d'une peine privative de liberté, assortie d'un long sursis d'une durée de cinq ans, lui-même subordonné à des règles de conduite, suffirait sous l'angle de la prévention spéciale et du pronostic. Elle a précisé que la nécessité d'une aide à l'intimé afin de le détourner de commettre de nouvelles infractions motivait également l'octroi du sursis.