Citation: 1B_238/2016 E. 5

Le recourant conteste ensuite le caractère proportionné de sa détention. En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 § 3 CEDH, toute personne qui est mise en détention préventive a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou d'être libérée pendant la procédure pénale. Une durée excessive de la détention constitue une limitation disproportionnée de ce droit fondamental, qui est notamment violé lorsque la durée de la détention préventive dépasse la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre. L'art. 212 al. 3 CPP prévoit ainsi que la détention provisoire ou pour des motifs de sûreté ne doit pas durer plus longtemps que la peine privative de liberté prévisible. Le juge peut dès lors maintenir la détention préventive aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation. Il convient d'accorder une attention particulière à cette limite, car le juge - de première instance ou d'appel - pourrait être enclin à prendre en considération dans la fixation de la peine la durée de la détention préventive à imputer selon l'art. 51 CP (ATF 139 IV 270 consid. 3.1 p. 275 et les arrêts cités). Le recourant soutient sans fondement que l'arrêt du 17 mai 2016 indiquerait que la détention provisoire ne devait pas dépasser 18 mois. Cet arrêt indique que, compte tenu de la gravité des faits reprochés au recourant, la durée de la détention avant jugement restait alors encore compatible avec la peine encourue concrètement en cas de condamnation, la peine encourue pour les infractions pour lesquelles il est poursuivi étant de dix ans au plus (art. 146 al. 2 CP). A cette occasion, le Tribunal fédéral invitait par ailleurs le Tribunal correctionnel à faire en sorte que le recourant soit jugé dans les meilleurs délais. L'audience des débats a dans l'intervalle été fixée aux 15, 16 et 17 août 2016, la lecture du jugement étant prévue le 19 août 2016. Une telle échéance ne heurte pas les règles en matière de célérité. De manière plus générale, la durée de la détention, qui s'élèvera à moins de 19 mois au jour du jugement, demeure conforme au principe de proportionnalité. Enfin, l'éventuelle réduction de peine de huit jours dont le recourant allègue pouvoir bénéficier en raison de conditions de détention illicites (non établies à ce jour, cf. arrêt de renvoi 1B_70/2016 du 24 juin 2016) ne saurait, pour le juge de la détention, être d'un ordre de grandeur décisif, vu la peine encoure.