Citation: 6B_740/2008 09.12.2008 E. A

Le 17 juillet 2003, entre 7h51 et 8h20, X.________ a frappé A.________ à la gorge à l'aide d'un couteau. La victime est décédée. Par jugement du 23 mai 2006, le Tribunal pénal de la Sarine a reconnu X.________ coupable d'assassinat à raison de ces événements. Le tribunal l'a, par ailleurs, reconnu coupable, en relation avec d'autres faits, de tentative de lésions corporelles simples (avec un objet dangereux), de lésions corporelles simples (avec un objet dangereux), de vol, de tentative de vol, de dommages à la propriété, de menaces, de violation de domicile, d'incendie intentionnel (de peu d'importance), de délit contre la loi fédérale sur les armes, de conduite en étant pris de boisson, de circulation sans permis de conduire et de délit contre la loi sur la protection des animaux. Le tribunal a condamné X.________, avec suite de frais, à la peine de 13 ans de réclusion, sous déduction de 251 jours de détention préventive. Un traitement ambulatoire a été ordonné. Ce jugement statue en outre sur les prétentions des parties civiles. Il repose, pour l'essentiel, sur l'état de fait suivant, en ce qui concerne le crime d'assassinat. A.a X.________ est né au Brésil le 24 août 1984. Son père est décédé avant sa naissance. Son demi-frère, B.________, est né en 1982. Leur mère, C.________, est venue en Suisse en 1992, après avoir épousé D.________. X.________ a alors vécu avec sa grand-mère et des tantes. Il a rejoint sa mère en Suisse en 1996. Son frère B.________ les a rejoints à son tour en 1998. X.________ a appris le français dans une classe d'accueil puis a poursuivi sa scolarité en classe de développement jusqu'à l'âge de 16 ans. Il est ensuite retourné au Brésil, dans la maison de sa mère à la campagne. Il est revenu en Suisse à la fin de l'année 2002 et a commencé un apprentissage de cuisinier, qu'il a interrompu après deux mois. A.b En janvier 2000, A.________ et B.________ ont commencé la vie commune. De leur relation est né E.________, le 4 octobre 2001. En juillet 2002, le couple s'est séparé. Depuis le 1er mars 2003, A.________ et B.________ ont repris la vie commune. Vers la mi-avril 2003, X.________ s'est installé au domicile de son frère, que ce dernier partageait avec A.________, leur fils E.________, ainsi que les deux filles de A.________. Cette dernière avait voulu accueillir X.________ lorsque la mère de ce dernier avait refusé de continuer à lui payer son loyer. Elle avait eu pitié de lui et a été d'accord qu'il vienne emménager chez eux. A.c Le 16 juillet 2003 à midi, A.________ a appelé son frère F.________ et lui a dit qu'elle avait mis X.________ à la porte. Vers 17h00-17h30, X.________ a déclaré à son ami G.________, à la terrasse d'un café, qu'il en avait marre de A.________, qu'elle le faisait « chier », qu'elle lui reprochait de rentrer trop tard, de faire trop de bruit ou encore d'amener des filles et qu'il voulait quitter l'appartement de son frère et repartir au Brésil. Vers 21h00-21h30, X.________, après avoir rejoint sa mère dans un café et contacté G.________, a remis à ce dernier un dossier contenant une lettre dans laquelle il déclarait laisser tous ses biens à ces deux personnes et qu'il partait pour une nouvelle vie. Vers 22h30-23h00, X.________ s'est rendu sur son lieu de travail, le bar du Stalden. Après avoir bu de l'alcool sur son lieu de travail, X.________ est parti vers 4h30, le 17 juillet 2003, avec son scooter en direction de la pizzeria l'Escale où il a rencontré une dénommée H.________ et un certain I.________, avec lesquels il a mangé et bu. Il a déclaré qu'il en avait marre de tout, que si A.________ le faisait encore « chier », il allait la tuer. Il a ensuite quitté cet établissement avec son scooter, en continuant à penser, sur le trajet, qu'il allait tuer A.________ si elle le faisait « chier ». Arrivé vers 5h00-6h00 du matin à la maison, il s'est rendu au salon où il a regardé la télévision et bu une bière. Son frère - de même que A.________ - l'a insulté en lui disant qu'il était saoul. X.________ n'a pas réagi et est resté devant la télévision. Vers 7h00, B.________ est parti travailler et la discussion avec A.________ s'est également arrêtée. A 7h51, cette dernière a téléphoné au patron de son compagnon et demandé à parler à celui-ci. Elle lui a dit que X.________ mettait la musique fort et qu'elle voulait qu'il le mette à la porte le soir-même. B.________ a précisé que A.________ était énervée mais sans plus, sinon il serait rentré tout de suite à la maison. A.d A.________ s'est énervée après que X.________ eut renversé une bière au salon. Elle lui a dit « Arrête de boire, soûlon, tu vas te tuer ». X.________ a été énervé par ces paroles. Il s'est rendu à la cuisine pour y prendre de quoi nettoyer ou une autre bière. A.________ et lui se sont bousculés et cette dernière s'est mise à crier ou a continué à l' « engueuler ». A ce moment-là, X.________ a pris un couteau dans la cuisine et a dit à A.________: « Tu continues pas ces conneries sinon il va se passer des conneries ». A.________ a continué à l'« engueuler » et lui a dit qu'il ressemblait à sa mère, ce qui a blessé et énervé X.________. C'est alors qu'il a coupé A.________ au niveau de la gorge. A 8h15-8h20, une voisine, L.________, a entendu un genre de cri, une sorte de fort gémissement, qui provenait de l'appartement de A.________. Au moins quatre coups ont été donnés, dans le sens de quatre mouvements (le couteau a pu ne pas se soulever complètement, mais a passé quatre fois). Il n'a, en revanche, pas été possible d'établir si les coups avaient été donnés de face, par derrière ou de côté. Le couteau n'avait pas de dents et était tranchant, pas piquant. La durée de survie à ces blessures était de quelques minutes. Le tribunal a retenu que l'agression avait eu lieu dans le couloir, la victime était restée un moment au sol dans la penderie, car il y avait un épanchement de sang important à cet endroit précis. Elle a été déplacée à l'endroit où elle a été découverte et l'auteur a nettoyé le couloir et l'entrée de la chambre où la victime gisait. A.e Ensuite, X.________ a pris le natel de son frère au salon. Il a cherché les clés de l'appartement, fouillé partout, même dans le sac à main de la victime. Finalement, il a trouvé les clés à la serrure de la porte d'entrée. Il a pris le couteau et fermé la porte de l'appartement à clé. Il a également pris le natel de A.________. Avant de partir, il a mis un haut de training vert. Il a également fermé la porte de la chambre où se trouvait le corps. Après être sorti de chez lui, il a jeté le couteau dans une poubelle ou un buisson. Il s'est rendu à la gare où il avait rendez-vous, depuis la veille, avec G.________, à 9h00. Ils devaient se rendre en France. Le voyage était prévu depuis deux à trois semaines mais deux jours avant, X.________ avait demandé à son copain de pouvoir l'accompagner. X.________ a changé 170 fr. en euros. G.________ lui a trouvé l'air nerveux et trop excité. Depuis la gare, X.________ a appelé sa mère et lui a déclaré avoir tué A.________. C.________ ne l'a pas cru et lui a donné rendez-vous au Café de l'Espérance. X.________ s'y est rendu avec G.________ et deux inconnues. Arrivé au café, il a répété à sa mère, qui ne le croyait toujours pas, qu'il avait tué A.________. X.________ était à deux doigts de pleurer. Il a jeté une clé à sa mère en lui disant « va regarder toi-même si tu ne me crois pas ». Après quoi, il a quitté les lieux en précisant qu'il allait « foutre le camp ». G.________ l'a attendu dehors. X.________ est ensuite parti en France avec lui et les deux inconnues. Dans la voiture, X.________ a paru changé; il souriait et plaisantait avec les filles. Durant le trajet, il a appelé sa mère en lui demandant de ne rien dire à la police. Il lui a également fait part de sa volonté d'acheter un billet d'avion en France et de se rendre au Brésil. Après avoir raccroché, il a dit à G.________ qu'il avait fait une « connerie », soit qu'il avait tué A.________. A Annecy, X.________ s'est rendu dans une agence de voyage où il s'est renseigné sur le prix des billets pour le Brésil. G.________ avait essayé de le faire changer d'avis pour qu'il rentre en Suisse avec lui, mais il ne voulait rien savoir. A l'agence, ils ont appris que le billet coûtait 800 euros. G.________ a dit à X.________: « Tu n'a pas les moyens pour aller au Brésil, t'as déjà fait la merde, tu dois assumer et rentrer en Suisse ». X.________ lui a répondu qu'il devait réfléchir. Le soir, ils ont pris une chambre d'hôtel. Après avoir reçu un deuxième téléphone d'un certain J.________ et un téléphone de la police, G.________ a dit à X.________ qu'il rentrait à Fribourg. Ce dernier l'a accompagné à la gare, où G.________ a acheté deux billets de train Annecy-Genève. Ensuite, G.________ lui a dit qu'il devait rentrer avec lui faute de quoi il ne lui parlerait plus jamais. X.________ a accepté de le suivre. Il a été arrêté par la police à son arrivée à Genève. A.f Examinant la qualification de l'homicide, le tribunal a jugé, en résumé, que les mobiles et la manière de procéder étaient particulièrement odieux. Le tribunal a également jugé que l'auteur avait agi avec une grande détermination, en soulignant tant son comportement durant les faits eux-mêmes que ceux survenus dans les heures et le jour suivants.