Citation: 1B_358/2018 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a constaté que la procureure a refusé l'accès au dossier à toutes les parties avant l'audience de conciliation du 13 avril 2018. Après avoir entendu B.________, la magistrate a autorisé celle-ci à consulter le dossier. Les autres parties sont soumises aux mêmes conditions en ce sens que l'accès au dossier doit leur être autorisé une fois entendues une première fois. Cette pratique ne dénote aucune apparence de prévention de la part de la procureure. Les parties sont toutes traitées selon les mêmes règles. Que la recourante ainsi que C.________ n'aient pas encore pu prendre connaissance du dossier est ainsi justifié par le fait qu'ils n'ont pas encore été entendus et non pour un motif de partialité. En outre, selon les faits retenus par la cour cantonale - que la recourante ne conteste pas (art. 105 al. 1 LTF) -, la première n'aurait pas pu être entendue car, en raison de son comportement outrancier en arrivant à l'audience et de l'impossibilité de tout dialogue, il lui a été ordonné de quitter la salle puis, comme elle n'obtempérait pas, il lui a été indiqué qu'elle serait mise en cellule si elle ne s'exécutait pas. Quant au second, il n'est pas intervenu mais a voulu suivre la recourante lorsque celle-ci est partie. Vu son refus de rester pour participer à l'audience en dépit de l'ordre de la procureure en ce sens, il a été laissé aller. En d'autres termes, ces deux personnes sont l'une et l'autre responsables du fait qu'elles n'ont pas encore pu être entendues et, partant, du fait que leur droit de consultation du dossier a été repoussé. S'agissant de l'attitude de la procureure à l'égard de la recourante, la cour cantonale a retenu ce qui suit: lorsque la procureure a ordonné à la recourante de quitter la salle d'audience, il s'agissait du seul choix qui se présentait, compte tenu du comportement de celle-ci et de l'impossibilité de la raisonner; quant à la mention d'une mise en cellule en cas de refus d'obtempérer, elle relevait de l'exercice - proportionné au vu des circonstances - de la police de l'audience exercée par la direction de la procédure conformément à l'art. 63 al. 1 CPP. Avec la cour cantonale, on cherche en vain un signe de prévention dans l'attitude de la procureure au cours de ces événements. La recourante n'expose au demeurant pas en quoi ces faits justifieraient une récusation au sens de l'art. 56 let. f CPP. Dans sa première lettre du 8 juillet 2018 adressée au Tribunal cantonal, la recourante indique avoir "subi une deuxième [la première étant selon elle celle de B.________] agression de la part de Mme Moret cette fois-ci, le 13 avril 2018" sans expliquer en quoi cette "agression" consisterait. Elle ajoute que "Mme Moret a une façon d'instruire qui n'est éthiquement [sic] pas correcte", opinion dont on ne sait pas à quels faits elle se rapporte, si ce n'est au refus de l'accès au dossier - dont on a vu ci-dessus qu'il ne posait en l'état pas problème. Dans sa lettre de confirmation de recours du 17 juillet 2018, la recourante précise uniquement que sa précédente correspondance faisait office de recours "à moins que Mme Moret reconnaisse avoir eu une attitude déplacée à [s]on encontre". Ce faisant, elle ne fait qu'opposer sa propre appréciation de la situation à celle des premiers juges, sans exposer de faits objectifs qui confirmeraient sa perception des événements, en particulier une éventuelle "attitude déplacée" à son encontre. Enfin, la recourante avance - sans le démontrer - que C.________ aurait "réussi à révoquer Mme Moret de son dossier", tout en indiquant, de façon apparemment contradictoire, que son recours "est pour le moment resté sans réponse". Appellatoires et sans pertinence, ces faits n'ont pas lieu d'être pris en considération (art. 97 al. 1 LTF). En définitive, il n'y a aucun élément au dossier, en particulier s'agissant du déroulement des événements du 13 avril 2018, qui permette de supposer que la magistrate intimée soit prévenue à l'égard de la recourante. Le rejet de la demande de récusation par les premiers juges doit par conséquent être confirmée.