Citation: 4A_293/2017 E. B

B.a. La communauté des propriétaires d'étages et ceux-ci mêmes (soit A.________, B1.________ et B2.________ ainsi que C.________) ont saisi l'autorité de conciliation le 9 octobre 2012, puis ont porté l'action le 14 décembre 2012 devant le Juge du district de... (VS). Ils concluaient à ce que les trois promoteurs soient condamnés, solidairement entre eux, à payer 30'000 fr. à la communauté des propriétaires d'étages, subsidiairement 7'950 fr. à A.________, 7'050 fr. à B1.________ et B2.________, et 15'000 fr. à C.________. B.b. Une expertise judiciaire a été confiée à une ingénieur géotechnicienne. Après une visite des lieux effectuée le 13 décembre 2013, l'experte a constaté que le talus situé à l'arrière du bâtiment avait été entièrement creusé dans la roche constituée de schistes, qui se délitaient en fines plaquettes dans certaines zones. L'experte a confirmé qu'il y avait eu des décrochements de blocs de roche et des glissements de matériaux. Ce phénomène, qui avait débuté en janvier 2011 et s'était poursuivi depuis lors, avait pour origine la suppression de la butée des bancs rocheux lors de la construction, qui avait modifié la topographie initiale. La construction du bâtiment avait entraîné la déstabilisation de la roche et l'accélération de son altération. Un contrôle de l'état de la roche pendant les travaux d'excavation aurait permis de jauger les risques d'instabilité et de proposer des mesures. A cet égard, l'experte a évoqué deux solutions, en précisant qu'il n'existait aucune règle de l'art ou recommandation technique en la matière. La pente du talus aurait pu être réduite, mais cette solution était difficilement réalisable dans le cas présent; alternativement, un filet plaqué ou un mur de soutènement aurait dû être mis en place. D'après l'ingénieur et l'architecte impliqués dans la construction, il n'y avait pas eu de suivi géotechnique tel que préconisé dans le rapport X.________ Sàrl du 19 juin 2006. Le terrain présentait un risque pour la sécurité des personnes en raison des décrochements de blocs qui avaient eu lieu et qui étaient encore à prévoir. Pour stabiliser les bancs rocheux à long terme, il convenait soit de procéder au clouage du talus avec mise en place d'un filet ou d'un grillage de retenue (solution estimée tout d'abord à 38'880 fr., puis à 53'000 fr. dans un rapport complémentaire), soit de construire un mur de soutènement (coût évalué initialement à 70'200 fr., puis à 73'000 fr.). B.c. Par jugement du 10 septembre 2015, le juge de district a déclaré irrecevable la demande formée par la communauté des propriétaires d'étages, mais a admis celle des propriétaires d'étages. En conséquence, les trois promoteurs ont été condamnés, solidairement entre eux, à verser 7'950 fr. à A.________, 7'050 fr. à B1.________ et B2.________, et 15'000 fr. à C.________, le tout portant intérêt à 5% l'an dès le 14 décembre 2012. En substance, le juge a considéré que les parties avaient conclu un contrat mixte, combinant des éléments du contrat de vente et du contrat d'entreprise. La garantie pour les défauts était régie par les règles du contrat d'entreprise. Le talus aménagé à l'arrière du bâtiment constituait une partie d'ouvrage qui était entachée d'un défaut; en effet, le talus ne présentait pas les qualités de stabilité qu'un maître d'ouvrage pouvait de bonne foi exiger. Ce défaut n'étant pas décelable lors de la prise de possession de l'immeuble, il s'agissait d'un défaut caché au sens de l'art. 370 al. 3 CO. Les propriétaires d'étages avaient formulé le 15 avril 2011 un avis des défauts à titre préventif, exprimant l'idée que si les aménagements extérieurs devaient se révéler non conformes au contrat, les promoteurs en seraient tenus pour responsables. Ce n'était qu'à réception du rapport établi par le bureau d'ingénieurs en mai 2012 qu'ils avait pu constater le défaut avec certitude; ils avaient alors valablement complété leur avis préventif en transmettant le rapport en question aux promoteurs. Ce faisant, ils avaient donné un avis des défauts en temps utile. B.d. Saisi d'un appel des promoteurs, le Tribunal cantonal valaisan a constaté que le jugement du 10 septembre 2015 était entré en force en tant qu'il déclarait irrecevable la demande formée par la communauté des propriétaires d'étages. Pour le surplus, le Tribunal cantonal a réformé ledit jugement en rejetant entièrement la demande des propriétaires d'étages. Le Tribunal cantonal a confirmé l'analyse selon laquelle le talus situé à l'arrière du bâtiment était un ouvrage affecté d'un défaut caché. A l'instar du premier juge, le Tribunal a qualifié le courrier du 15 avril 2011 d' avis des défauts donné à titre préventif, avant même que les propriétaires aient acquis la certitude de l'existence d'un défaut dont les promoteurs devaient répondre. L'autorité d'appel s'est en revanche distanciée du jugement entrepris en reprochant aux propriétaires d'avoir tardé à solliciter eux-mêmes une expertise en voyant qu'ils n'obtenaient pas les renseignements requis, puis d'avoir attendu encore quinze jours avant de communiquer l'expertise obtenue. L'avis des défauts était donc tardif, et les prétentions découlant des défauts de l'ouvrage étaient périmées.