Citation: 2C_87/2023 E. 4

Se prévalant de l'art. 8 al. 2 Cst., la recourante dénonce une violation de l'interdiction de la discrimination fondée sur les convictions religieuses et du devoir de neutralité de l'Etat. Selon elle, "entretenir une relation avec l'Etat" serait contraire à sa foi évangélique et cette condition préalable à la possibilité de demander une autorisation en vue d'organiser une manifestation religieuse sur le domaine public entraînerait donc une discrimination à son encontre. L'engagement à reconnaître la primauté de l'ordre juridique suisse sur toute obligation religieuse qui lui serait contraire (art. 4 let. h RLE) la placerait en particulier sans nécessité dans un conflit de conscience, qui ne serait justifié par aucun intérêt pratique. D'après elle, cette condition servirait à justifier une suspicion généralisée envers les communautés évangéliques. La recourante se plaint aussi d'une hostilité du Conseil d'Etat à son égard et allègue que celui-ci refuserait, si elle la demandait, sa reconnaissance au sens du RLE.