Citation: 8C_32/2024 E. 6.3.1

6.3.1. Dans l'ATF 139 V 289, c'est le fils de l'assurée qui avait déposé en avril 2009 une demande d'allocation pour impotence grave en faveur de sa mère atteinte de multiples pathologies. Le droit aux prestations existait depuis le 1 er janvier 2005 mais l'allocation n'avait été octroyée qu'à partir du 1 er avril 2008, soit douze mois avant le dépôt de la demande. Le Tribunal fédéral a considéré que même si le fils de l'assurée connaissait l'état de santé qui avait entraîné une impotence grave et qu'il aurait pu annoncer sa mère plus tôt - seule son ignorance du droit l'en avait empêché - l'assurée pouvait bénéficier d'un droit au paiement rétroactif de l'allocation pour impotent à partir du 1 er janvier 2005 déjà. Dans l'arrêt H 22/02 du 8 juillet 2002, l'assurée, qui souffrait de démence sénile, se trouvait dans un établissement de soins depuis 1995. Le Tribunal fédéral a jugé que la demande d'allocation pour impotent déposée par le mari de l'assurée le 22 février 2000 était tardive et que c'était à juste titre que le paiement rétroactif de l'allocation n'entrait en ligne de compte que pour la période à partir du 1 er février 1999, soit pour les douze mois précédant le dépôt de la demande. Les conditions pour un paiement rétroactif plus étendu n'étaient pas remplies, étant donné que le mari de l'assuré était son curateur et qu'il connaissait les faits établissant son droit aux prestations. Dans un arrêt I 141/89 du 1 er mars 1990, l'assurée, privée de la capacité de discernement en raison de sa maladie mentale, ne pouvait pas connaître les faits établissant son droit aux prestations. Le Tribunal fédéral des assurances avait jugé que le fait d'être pourvue d'un représentant légal provisoire, lequel avait été empêché de se rendre compte de la gravité de la situation de l'assurée, n'empêchait pas que l'assurée soit mise au bénéfice de l'art. 48 al. 2 LAI. Par ailleurs, le fait que la soeur de l'assurée - à l'origine des démarches visant à obtenir des prestations de l'AI - avait selon toute vraisemblance pu se rendre compte depuis plusieurs années de la maladie, ne suffisait pas non plus à exclure l'application dans le cas d'espèce de l'art. 48 al. 2 LAI, de sorte que l'assurée avait eu droit au versement rétroactif de sa rente d'invalidité.