Citation: 4A_135/2013 E. A

Par contrat de travail du 8 novembre 2010, Y.________ AG a engagé X.________, dès le 1er décembre 2010, en qualité de secrétaire, moyennant paiement d'un salaire mensuel brut de 5'700 fr. pour les six premiers mois et de 6'000 fr. dès le septième mois; un treizième mois de salaire était dû, à moins que les rapports de travail ne soient résiliés pendant la période d'essai, fixée à trois mois. Le 26 avril 2011, lors de la pause de midi, X.________ a dit à deux collègues qu'elle n'avait plus envie de continuer à travailler pour Y.________ AG et qu'elle souhaiterait être licenciée; elle n'aurait pas donné son congé pour ne pas risquer une pénalité de la caisse de chômage. Le lendemain 27 avril 2011, Y.________ AG a remis à X.________ une lettre de licenciement, rédigée en allemand, dont la traduction libre est la suivante: « Résiliation Chère Madame X.________, Nous nous référons à notre contrat d'engagement du 8.11.2011 (sic) que nous résilions, conformément au délai de congé prévu, pour le 31 mai 2011. Durant la période de congé, nous attendons de votre part un comportement irréprochable. Dans le cas contraire, nous nous réservons le droit de modifier cette résiliation ordinaire en résiliation avec effet immédiat. Avec mes meilleures salutations Y.________ AG A.________ ». Le 2 mai 2011, Y.________ AG a transmis un nouveau courrier, également écrit en allemand, à X.________, lequel avait la teneur qui suit (traduction libre) : « Rapports de travail Chère Madame X.________, En référence à notre courrier du 27.04 nous résilions nos rapports de travail avec effet immédiat. Nous profitons de l'occasion pour vous faire part du fait que nous avons ouvert une action en justice à votre encontre. Vous prendrez connaissance des détails dans le mémoire de demande. Nous vous prions d'en prendre connaissance et vous présentons nos meilleures salutations. Y.________ AG A.________ ». L'action mentionnée dans ledit courrier a été déposée le même jour auprès du Tribunal de Prud'hommes du canton de Lucerne. Requérant la constatation de la validité du congé immédiat donné le 2 mai 2011 et la condamnation de la travailleuse au versement de 10'000 fr. pour le dommage causé à la société, Y.________ AG reprochait notamment à X.________ d'avoir été absente durant onze jours et demi depuis son engagement, dont trois jours (27 au 29 avril 2011) depuis l'annonce de son licenciement. Y.________ AG expliquait encore avoir pris langue avec un ancien employeur de la travailleuse, dont un responsable aurait déclaré que celle-ci avait alors tout entrepris, en particulier en s'absentant régulièrement, pour être licenciée afin de bénéficier des prestations de l'assurance-chômage et qu'elle aurait causé audit employeur un préjudice estimé à 30'000 fr. Il a été constaté que le salaire net perçu par X.________ se montait à 5'322 fr.40, allocations familiales en sus. Les parties sont en désaccord sur le montant qui a été versé à la précitée comme salaire en avril 2011. La travailleuse affirme qu'elle n'a pas perçu de salaire le mois en question, alors que Y.________ AG prétend avoir versé un montant net de 3'223 fr. 55 (correspondant à 3'792 fr. 85 bruts, allocations familiales comprises) sur le compte bancaire de la première pour le mois d'avril 2011, après avoir opéré une déduction sur le salaire brut en raison de huit jours et demi d'absence. Le 1er juillet 2011, X.________ a été engagée par l'entreprise B.________ SA, laquelle l'a licenciée le 30 septembre suivant. Dès le 1er octobre 2011, la prénommée a sollicité des indemnités de l'assurance-chômage.