Citation: 5A_375/2020 E. 3.1

3.1. La Juge déléguée a retenu que l'intimée avait travaillé auprès de E.________ Sàrl jusqu'au 31 octobre 2018. Pour les dix mois au cours desquels elle avait travaillé pour cet employeur en 2018, son certificat de salaire faisait état d'un salaire annuel brut de 139'372 fr., de prestations non périodiques composées d'une indemnité de licenciement (" Severence Pay ") de 102'030 fr. et d'un bonus LPP (" M.I.P Bonus LPP ") de 24'034, et d'une participation aux frais d'assurance maladie de 4'372 fr., soit d'un salaire brut total de 269'808 fr., correspondant à un salaire net total de 243'254 fr. après déduction des charges sociales par 26'554 fr. Ce salaire net comprenait les allocations familiales perçues par 5'500 fr. mais pas les frais de représentation de 11'885 fr. La Juge déléguée a considéré que l' indemnité de licenciement (" Severence Pay ") de 102'030 fr. nets ne pouvait être considérée comme un salaire versé durant la période du 1 er août au 31 octobre 2018mais comme une somme destinée à pallier la différence de revenu entre le salaire précédemment perçu et les indemnités de chômage auxquelleselle avait pu prétendre dès la fin des rapports de travail, et, partant, devai t être ajoutée auxdites indemnités pour déterminer sa capacité contributive. Il y a vait ainsi lieu de retenir que la recourante réalisait, auprès de l'employeur précité, un revenu mensuel net moyen de 14'760 fr. 90, correspondant au salaire annuel 2018, perçu sur dix mois, tel qu ' il ressort ait du certificat de salaire, soit 243'254 fr., après déduction de l'i ndemnité de 102'030 fr. nets, addition des frais de représentation par 11'885 fr. et déduction des allocations familiales par 5'500 fr., soit d'un montant total de 147'609 fr., divisé par 10 mois. Du 1er novembre 2018 au 30 avril 2019, la recourante a vait perçu des indemnités de l' assurance-chômage à hauteur d ' un montant mensuel net moyen de 8'440 fr. 75, lesquelles devaient être complétées à raison de 6'320 fr. 15 (14'760 fr. 90 - 8'440 fr. 75) par mois, soit 37'920 fr. 90 au total (6'320 fr. 15 x 6), par des prélèvements sur l' indemnité de départ, afin de maintenir le salaire de la recourante au niveau de celui qu 'elle percevait avant la fin des rapports de travail. Au 30 avril 2019, le solde de l' indemnité de départ de la recourante s'élevait ainsi à 64'109 fr. 10 (102'030 fr. - 37'920 fr. 90). Pour le mois de mai 2019, la recourante avait perçu 7'359 fr. 60 à titre d ' indemnité de l' assurance-chômage et 1'701 fr. 45 à titre de salaire pour son emploi auprès de son nouvel employeur F.________ SA, débuté le 27 mai 2019, soit un montant total de 9'061 fr. 05 qui devait être complété à hauteur de 5'699 fr. 85 (14'760 fr. 90 - 9'061 fr. 05) par l' indemnité de départ, dont le solde s ' éle v ait ainsi à 58'409 fr. 25 (64'109 fr. 10 - 5'699 fr. 85) au 31 mai 2019. C 'est par conséquent un montant de 14'760 fr. 90 qui devai t être retenu à titre de revenu de la recourante pour le mois de mai 2019. Jusqu'au 13 août 2019, la recourante avait poursuivi son activité auprès de F.________ SA et avait réalisé à ce titre un revenu effectif qui s'était élevé, en moyenne durant les mois complets de juin et de juillet 2019, à un montant mensuel net de 9'855 fr. 25. Pour les deux mois en question, rien ne justifiait de s'écarter de cette somme. L'indemnité de départ versée par son précédent employeur n'étant pas épuisée, elle devait - comme pour les périodes précédentes - compléter le salaire précité à concurrence de 4'905 fr. 65 (14'760 fr. 90 - 9'855 fr. 25), pour atteindre la somme de 14'760 fr. 90. Au 31 juillet 2019, le solde de l'indemnité s'élevait donc selon la Juge déléguée à 48'597 fr. 95 (58'409 fr. 25 - [4'905 fr. 65 x 2]). Jusqu'à l'absorption complète de l'indemnité de départ, celle-ci devait continuer à compléter le revenu hypothétique de 9'855 fr. 25 imputé à la recourante à compter du mois d'août 2019 à hauteur de 4'905 fr. 65 (14'760 fr. 90 - 9'855 fr. 25) par mois du 1er août 2019 au 30 avril 2020, puis à hauteur du solde de 4'447 fr. 10 (48'597 fr. 95 - [4'905 fr. 65 x 9]) durant le mois de mai 2020, portant ainsi les revenus totaux de la recourante à 14'760 fr. 90 du 1er août 2019 au 30 avril 2020 puis à 14'302 fr. 35 (9'855 fr. 25 + 4'447 fr. 10) pour le mois de mai 2020. A compter de cette date, l'indemnité de départ devait être considérée comme épuisée, de sorte que dès le 1er juin 2020 les revenus de la recourante devaient être déterminés sur la seule base de son revenu hypothétique de 9'855 fr. 25 par mois.