Citation: 1P.71/2003 22.04.2003 E. 1

La Cour de cassation ne s'est pas expressément prononcée sur ce point alors même qu'il avait été évoqué dans le pourvoi. Cela ne suffit pas encore pour conclure à une violation du droit d'être entendu. Selon la jurisprudence, une autorité cantonale de recours commet un déni de justice formel et viole l'art. 29 al. 2 Cst. si elle omet de statuer sur un moyen qui lui est soumis alors qu'elle est compétente pour le faire (ATF 117 Ia 116 consid. 3a p. 117/118 et les arrêts cités). En outre, le droit d'être entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. impose à l'autorité de jugement l'obligation de motiver ses décisions afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient (ATF 124 II 146 consid. 2a p. 149; 124 V 180 consid. 1a in fine; 123 I 31 consid. 2c p. 34 et les arrêts cités). Pour satisfaire cette exigence, il suffit que celle-ci mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision. Elle n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents (ATF 122 IV 8 consid. 2c p. 14; 121 I 54 consid. 2c p. 57 et les arrêts cités). En l'occurrence, la Cour de cassation a précisément indiqué qu'elle ne prendrait en compte les arguments du recourant que dans la mesure où ils étaient susceptibles d'étayer le grief d'arbitraire dirigé contre l'établissement des faits auquel avait procédé le jury. Cette conception est conforme à la jurisprudence précitée, qui permet à l'autorité de ne répondre qu'aux griefs présentant une certaine pertinence. Selon la jurisprudence, le coauteur n'est responsable que de ce qui est compris dans son intention et les actes commis par l'autre auteur et qui vont au-delà ne peuvent lui être imputés (ATF 118 IV 227 consid. 5d/cc p. 232). Cela étant, il n'y a pas de contradiction à retenir que le recourant a accepté le risque que le guet-apens dans lequel il a conduit U.________ et P.________ puisse entraîner leur mort, compte tenu des armes en présence et de la violence inhérente à ce genre d'expédition, et qu'il s'est accommodé de ce résultat pour le cas où il se produirait, mais qu'il n'a ni envisagé ni accepté la froide exécution qui s'est passée, ou du moins qu'il ne s'en est pas accommodé pour le cas où elle surviendrait.