Citation: 4P.258/2005 05.01.2006 E. 3

3.1 Invoquant les art. 63 al. 1 et 66 al. 1 du code de procédure civile du canton du Valais (CPC/VS), les recourants reprochent tout d'abord à la cour cantonale d'avoir gravement violé le principe de la maxime des débats prévue par le droit cantonal de procédure en retenant que l'intimé ne pouvait plus effectuer quelque 1030 heures par année de travaux agricoles en raison de ses problèmes de santé. En effet, contrairement à son devoir d'exposer au juge l'état de fait concernant le litige, l'intimé n'aurait jamais allégué en procédure les heures qu'il n'était plus en mesure de consacrer à son travail. De plus, selon les recourants, le rapport d'enquête économique du dossier AI sur lequel la cour cantonale se serait fondée ne saurait être assimilé à une expertise dont les faits peuvent être pris en compte par le juge conformément à l'art. 66 al. 4 let. c CPC/VS. 3.2 Le droit fédéral matériel détermine quels sont les faits qui doivent être allégués et prouvés. En d'autres termes, ressortissent au droit civil fédéral tant la pertinence de l'allégué que le contenu minimal suffisant de l'allégation (charge de la motivation en fait; «Substanzierungspflicht»). Il s'agit là de questions qui doivent être soulevées dans un recours en réforme, ouvert pour violation du droit fédéral (art. 43 al. 1 OJ; arrêt 4C.64/2003 du 18 juillet 2003, consid. 4). Ainsi, lorsque l'autorité cantonale admet à tort une demande insuffisamment motivée au regard de la norme de droit matériel invoquée, seul le recours en réforme est ouvert si la valeur litigieuse de 8'000 fr. est atteinte (François Perret, Le fardeau de l'allégation: droit privé fédéral ou procédure civile cantonale?, in Présence et actualité de la Constitution dans l'ordre juridique, Genève 1991, p. 277; C. Jürgen Brönnimann, Die Behauptungs- und Substanzierungslast im schweizerischen Zivilprozessrecht, thèse Berne 1989, p. 226). En revanche, les exigences formelles auxquelles l'allégation des faits doit répondre relèvent du droit cantonal; c'est donc dans un recours de droit public qu'il convient de faire valoir leur violation (arrêt précité du 18 juillet 2003, consid. 4; cf. également Fabienne Hohl, Procédure civile, tome I, n. 795 ss, p. 154 ss).