Citation: 5A_300/2016 E. 7.2.2

7.2.2. En l'espèce, il apparaît que la recourante fait l'objet d'un nombre important de poursuites pour une somme totale de 442'642 fr. Elle allègue certes avoir effectué divers paiements qui auraient réduit le montant des poursuites en cours à 262'873 fr. 80. Or, quand bien même cet allégué devrait être considéré comme établi, ce qui n'est pas le cas, le montant subsistant demeure important et la recourante ne soutient, et encore moins ne démontre, que la réduction alléguée de ses dettes aurait une réelle incidence sur l'issue de la procédure et ferait obstacle à l'application de l'art. 190 al. 1 ch. 2 LP. Alors qu'elle soutient avoir des liquidités suffisantes, la recourante n'explique pas pourquoi des poursuites portant sur des montants minimes ont été initiées contre elle, son allégué selon lequel il s'agirait d'une inadvertance n'étant pas convaincant, ni pourquoi elle a laissé sept poursuites suivre leur cours jusqu'au stade de l'avis de saisie sans s'acquitter des dettes correspondantes. La majorité des poursuites dont la recourante fait l'objet, émane de surcroît de créanciers de droit public qui ne peuvent requérir la faillite ordinaire (art. 43 ch. 1 LP), soit de la Confédération suisse (Administration fédérale des contributions), de l'Etat de Genève (Administration fiscale cantonale) et de la Caisse cantonale genevoise de compensation. Il apparaît donc que la recourante a ainsi systématiquement laissé impayées des dettes de droit public, en ne réglant ni ses impôts - vraisemblablement la TVA - ni les cotisations sociales, ce qui tend à démontrer qu'elle a choisi d'indemniser en priorité les créanciers dont elle savait qu'ils pouvaient requérir une faillite ordinaire. Le fait qu'elle ait obtenu un sursis à la réalisation en lien avec sept poursuites diligentées par les créanciers susvisés (cf. supra consid. 6.2) ne change rien à ce constat, ce d'autant que, comme déjà mentionné, la cour cantonale a retenu sans arbitraire que la capacité de la recourante à s'en tenir au versement des acomptes convenus n'était pas établie. Les éléments qui précèdent constituent autant d'indices d'une cessation de paiements et d'un état d'insolvabilité qui n'est pas que passager. En conclusion, on doit constater que les conditions d'une faillite sans poursuite préalable de la recourante sont réunies.