Citation: 1B_374/2020 E. 2

Selon les art. 78 et 92 al. 1 LTF, une décision prise en dernière instance cantonale relative à la récusation d'un magistrat pénal peut faire immédiatement l'objet d'un recours en matière pénale nonobstant son caractère incident. En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours adressés au Tribunal fédéral doivent être motivés sous peine d'irrecevabilité (art. 108 al. 1 let. b LTF). Selon l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient à la partie recourante de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse et d'expliquer en quoi ceux-ci seraient contraires au droit (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 91). En outre, les griefs de violation des droits fondamentaux sont soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF). La partie recourante doit alors mentionner les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés (ATF 143 IV 500 consid. 1.1 p. 503). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 141 IV 249 consid. 1.3.1 p. 253). La Chambre pénale de recours a considéré que la recevabilité de la demande de récusation, formée par courriel, paraissait douteuse. Elle l'a quoi qu'il en soit rejetée parce que la recourante n'invoquait aucun lien amical étroit entre le Premier procureur et la curatrice de sa fille B.________, mais soutenait, sans le démontrer, qu'il existerait une collusion entre ce magistrat et la Dresse C.________, qui n'était pas partie à la procédure, puis entre cette dernière et B.________. La recourante avait ainsi échoué à rendre vraisemblable qu'il existerait une proximité directe entre le Premier procureur et la curatrice de sa fille de nature à faire craindre objectivement, de par son intensité et sa qualité, qu'elle n'influence le magistrat visé dans la conduite de la procédure dont il a la charge, en lui faisant perdre sa complète liberté de décision. La recourante appuyait également sa demande sur le fait qu'elle avait déjà par le passé, et dans d'autres procédures, requis la récusation du Premier procureur, l'estimant partial, et s'était plainte de déni de justice. La seule existence de ces requêtes, qui ont toutes été rejetées, n'était pas un motif de récusation à défaut d'éléments objectifs créant une apparence de prévention. Finalement, la recourante voyait dans les refus d'instruire qu'elle prêtait au Premier procureur dans d'autres procédures, une volonté de ce dernier de " couvrir tout le monde ". En l'absence d'indices concrets de partialité, de tels refus, s'ils étaient avérés, n'étaient pas non plus un motif de récusation, étant rappelé que la recourante ne saurait utiliser une procédure de récusation pour se plaindre de prétendus dénis de justice. La recourante ne s'en prend pas à cette argumentation et ne cherche pas à démontrer en quoi elle serait insoutenable ou d'une autre manière contraire au droit. Elle soutient que la partialité du Premier procureur serait "extrêmement manifeste après l'ouverture de plusieurs dossiers pour des publications Facebook, sans temps mort, la condamnation sans audition préalable, le refus des preuves libératoires sur la vérité et le refus de nommer Me D.________ alors qu'il était prêt de nommer un autre avocat dont [elle] n'a pas voulu ". Elle lui reproche par ailleurs d'avoir essayé de l'intimider. Ce faisant, elle reprend mot pour mot l'argumentation jugée appellatoire qu'elle avait développée dans le recours adressé le 3 janvier 2020 au Tribunal fédéral contre un précédent arrêt de la Chambre pénale de recours concernant la récusation du même magistrat dans d'autres procédures pénales (cf. arrêt 1B_14/2020 du 4 février 2020 consid. 2). Un tel procédé ne répond manifestement pas aux exigences de motivation requises et est clairement abusif.