Citation: 2C_719/2015 E. 3.5

3.5. S'agissant du décès de son conjoint, comme le relève l'instance précédente, selon la jurisprudence, il est présumé que le décès du conjoint suisse constitue une raison personnelle grave qui impose la poursuite du séjour en Suisse du conjoint étranger survivant, pour autant qu'aucune circonstance particulière ne permette de douter du bien-fondé du mariage ni de l'intensité des liens entre les conjoints (ATF 138 II 393 consid. 3.1 et 3.2 p. 394 et 396; cf. aussi ATF 137 II 345 consid. 3.2.2 p. 349). Cette présomption n'est pas irréfragable. Les autorités de police des étrangers peuvent démontrer l'existence de circonstances particulières permettant de douter de la réalité des liens qui unissaient les époux. Parmi celles-ci figurent notamment le cas d'un étranger qui aurait épousé en connaissance de cause un ressortissant suisse gravement atteint dans sa santé et dont l'espérance de vie est fortement réduite afin de se prévaloir abusivement des conséquences du décès, le cas d'un étranger qui aurait entamé une procédure de séparation ou de divorce peu avant le décès, ou encore, celui d'un étranger qui aurait mis fin à la vie commune avant le décès de son conjoint suisse, démontrant qu'au moment du décès la communauté conjugale était rompue (ATF 138 II 393 consid. 3.3 p. 396). En l'espèce, il convient de relever que la recourante fait preuve d'incohérence, dans la mesure où elle a d'abord allégué devant les instances précédentes qu'elle subissait des violences conjugales avant d'invoquer devant l'instance précédente et le Tribunal de céans que le décès de son époux en mars 2015 constituerait une raison personnelle majeure au sens de la jurisprudence précitée. Quoi qu'il en soit, il ressort des faits constatés par le Tribunal cantonal qui lient le Tribunal fédéral que la vie commune du couple a pris fin le 30 juin 2014, soit près d'un an avant le décès du conjoint. Depuis le 30 juin 2014, celui-ci n'est pas revenu voir son épouse en Suisse et la recourante n'a nullement démontré qu'elle entretenait le moindre contact avec son époux. Dans ces conditions, l'on ne saurait reprocher au Tribunal cantonal d'avoir considéré que le décès du conjoint de la recourante ne constituait pas une raison personnelle majeure au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr.