Citation: U 153/01 29.04.2002 E. 3

3.- a) Demeure litigieuse la responsabilité de la CNA pour les affections d'ordre psychique qui, selon le docteur C.________ (cf. rapports des 15 octobre 1999 et 18 septembre 2000), réduisent la capacité de travail de l'intimée. b) La jurisprudence relative à la causalité adéquate en cas d'atteinte psychique consécutive à des accidents (ATF 115 V 133) n'est pas applicable par analogie aux troubles psychiques en relation avec des maladies professionnelles. Dans cette éventualité, la causalité est adéquate si la maladie professionnelle ou les événements en relation avec celle-ci sont propres, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, à entraîner des troubles psychiques du genre de ceux qui sont apparus (ATF 125 V 456). c) La juridiction cantonale a estimé que les affections psychiques de l'intimée se trouvaient en relation de causalité adéquate avec son asthme professionnel, si bien qu'il convenait de faire établir le lien de causalité naturelle par le biais d'une expertise allergologique et psychiatrique. Pour admettre l'existence d'un lien de causalité adéquate, les premiers juges ont retenu quatre critères, savoir que l'intimée n'avait jamais souffert de troubles psychiques ou psychogènes avant d'être atteinte dans sa santé physique en raison d'une maladie professionnelle, qu'elle avait par ailleurs rencontré des difficultés pour faire reconnaître la réalité de sa maladie par la CNA, qu'elle était de plus angoissée en raison de la survenance inopinée de crises d'asthme et qu'enfin son avenir professionnel demeurait incertain. Les critères que les premiers juges ont retenu pour admettre l'existence du lien de causalité adéquate entre l'asthme professionnel et les affections psychiques de l'intimée sont toutefois étrangers à ceux que la jurisprudence a posés (cf. ATF 125 V 464 consid. 5e). En effet, pour que l'on puisse admettre en l'espèce l'existence dudit lien de causalité adéquate, il faudrait en premier lieu que les substances inhalées par l'intimée fussent de nature à provoquer chez la plupart des assurés des troubles psychiques du genre de ceux dont elle a souffert. Or il n'est pas établi que les personnes qui travaillaient avec l'intimée ont également été frappées de telles affections psychiques, voire empêchées d'exercer leur métier en raison des substances allergènes présentes dans l'air de l'usine. En outre, il faut tenir compte du fait que la maladie professionnelle dont l'intimée a été affectée n'a pas mis sérieusement sa santé en danger et qu'elle n'a pas non plus compromis son retour dans la vie active. De plus, on doit retenir que l'intimée n'a subi que de brèves périodes d'incapacité de travail et que son asthme professionnel n'a pas porté atteinte de façon permanente ou irréversible à sa santé physique. d) De ce qui précède, il découle que la juridiction cantonale de recours a considéré à tort que les affections psychiques de l'intimée étaient en relation de causalité adéquate avec son asthme professionnel. Dans ces conditions, il était également superflu d'ordonner une expertise psychiatrique destinée à mettre en évidence un éventuel lien de causalité naturelle entre l'asthme professionnel et les troubles psychiques de l'intimée, dès lors que la CNA n'a pas à répondre de l'incapacité de travail que son assurée pourrait subir en raison d'affections d'ordre psychique. Le recours est bien fondé.