Citation: 5C.144/2003 05.03.2004 E. 4

La défenderesse soutient qu'il est contraire à l'art. 125 CC d'ajouter à son revenu le produit d'un rendement "virtuel" de sa fortune au taux de 3%, alors que, s'agissant de la fortune du demandeur, la cour cantonale a adopté le taux de rendement "réel" de 2,22%. Elle prétend à un traitement égalitaire des conjoints en la matière. A titre d'argumentation, elle reprend celle développée dans son précédent recours en réforme. 4.1 Dans sa réponse, le demandeur affirme que ce grief est irrecevable au regard de l'art. 66 al. 1 OJ, le Tribunal fédéral ne pouvant se fonder, à l'occasion d'un nouveau recours, sur des considérations qu'il avait écartées ou dont il avait fait abstraction dans sa précédente décision (ATF 111 II 94 consid. 2 p. 95). Ce faisant, il méconnaît que la cour de céans a renoncé - dans son arrêt de renvoi - à statuer sur la question vu l'admission du recours quant au moyen fondé sur l'obligation pour l'époux d'entamer la substance de sa fortune pour garantir à l'autre son entretien convenable (arrêt 5C.97/2002 consid. 4 non publié aux ATF 129 III 7). Dans ce contexte, la défenderesse est dès lors en droit de présenter derechef sa critique devant la cour de céans. 4.2 Celle-là doit toutefois être rejetée. Le principe d'égalité entre époux n'oblige pas à fixer un taux de rendement supérieur pour la fortune du mari, alors que celui-ci a prouvé un rendement "réel" inférieur, pour le motif qu'un rendement "virtuel" supérieur a été retenu pour la fortune de la femme. Sous le couvert de l'égalité, la défenderesse voudrait imputer au demandeur un rendement hypothétique pour suppléer au fait qu'elle-même n'a pas établi le rendement réel de sa propre fortune.