Citation: U 6/01 22.07.2002 E. A

A.- G.________ travaillait en qualité de représentant de commerce au service de l'entreprise A.________ SA. A ce titre, il était assuré contre les accidents professionnels et non professionnels auprès de la Winterthur-Assurances (ci-après : la Winterthur). Le 10 août 1998, alors qu'il était arrêté à un feu rouge au guidon de sa moto, il fut heurté à l'arrière et projeté sur la chaussée par un véhicule automobile. A l'Hôpital J.________ la doctoresse Z.________ posa le diagnostic de contusions multiples et constata la formation d'un hématome dans le dos, au niveau du thorax. Par la suite, G.________ fut traité ambulatoirement à l'Hôpital J.________ jusqu'au 13 octobre 1998. Les médecins de cet établissement déclarèrent l'assuré incapable de travailler jusqu'au 6 novembre 1998. G.________ se rendit également, le 24 août 1998, au service de traumatologie de l'appareil moteur de l'Hôpital K.________, où le docteur Y.________ posa le diagnostic de status après sub-luxation antérieure de l'épaule droite avec déchirure de l'appareil capsulo-ligamentaire antérieur. Dès le 4 novembre 1998, l'assuré consulta régulièrement le docteur X.________, en raison de la persistance des douleurs dans la région dorso-lombaire et les épaules, puis, progressivement, dans la nuque. Ce médecin généraliste le suivait depuis 1984 en raison notamment d'un diabète insulino-dépendant, en collaboration avec le docteur W.________, diabétologue. A partir du mois de novembre 1998, il attesta régulièrement d'une incapacité de travail totale, de sorte que la Winterthur confia une expertise au docteur V.________, spécialiste en médecine interne et en maladies rhumatismales. Le 7 décembre 1998, l'expert examina l'assuré, qui lui décrivit des douleurs cervico-dorsales hautes médianes ainsi qu'à l'épaule droite, de l'insertion du V deltoïdien au sommet de l'épaule et au trapèze droit. Le docteur V.________ posa le diagnostic de dorsalgies et douleurs de l'épaule droite chroniques, status après contusions multiples, déchirure de l'appareil capsulo-ligamentaire antérieur de l'épaule droite, diabète insulino-traité et surcharge pondérale. Il déclara l'assuré capable de travailler à 50 % dans son activité habituelle, en précisant que cette capacité de travail serait vraisemblablement entière dès le mois de mars 1999 (rapport d'expertise du 17 décembre 1998). Par la suite, des examens orthopédique (rapport du 7 avril 1999 des docteurs U.________ et T.________) et neurologique (rapport du 29 avril 1999 du docteur S.________) furent pratiqués, sans que les spécialistes consultés parviennent à expliquer l'origine exacte de la plupart des symptômes présentés par l'assuré. Une nouvelle expertise fut confiée au docteur R.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, auquel l'assuré a déclaré souffrir de douleurs cervico-dorsales chroniques, irradiant dans les deux épaules ainsi qu'aux insertions musculaires jusqu'aux deux coudes. D'après l'expert, la seule séquelle objectivable de l'accident du 10 août 1998 était la lésion capsulo-ligamentaire mise en évidence par le docteur Y.________, qui entraînait une petite limitation fonctionnelle de l'épaule droite; l'assuré était partiellement, voire totalement incapable de travailler en raison de douleurs mal systématisées, dont l'origine était incertaine, mais qui étaient vraisemblablement sans rapport avec les lésions pouvant être imputées à l'accident du 10 août 1998 (rapport du 24 juin 1999). Par décision du 8 septembre 1999, la Winterthur alloua à l'assuré une indemnité de 4860 fr. pour atteinte à l'intégrité, mais nia son droit à d'autres prestations de l'assurance-accidents pour la période postérieure au 31 juillet 1999. G.________ fit opposition à cette décision et produisit un rapport d'expertise privée établi le 3 octobre 1999 par le docteur Q.________, spécialiste en chirurgie orthopédique. Selon ce praticien, l'assuré a subi lors de son accident un traumatisme d'accélération cervicale qui explique la plus grande partie des symptômes présentés et le rend totalement incapable d'exercer son ancienne profession. La Winterthur soumit alors le dossier à son médecin conseil, le docteur P.________, puis rejeta l'opposition et confirma sa décision initiale, le 8 février 2000.