Citation: 4A_323/2021 E. A

A.a. A.________ et B.________ sont la veuve et le fils de feu C.________, et ses héritiers uniques. De son vivant, cet homme d'affaires servait d'intermédiaire entre des sociétés occidentales d'armement et des Etats du Moyen-Orient. Il était rémunéré par des commissions sur les contrats commerciaux qu'il contribuait à conclure. Il avait entreposé sa fortune très importante dans des banques de différents pays, au travers de sociétés offshore qu'il contrôlait. Parmi ses relations d'affaires, il comptait un financier basé au Liban dénommé Y.________ dont la soeur, Z.________, était jadis l'amie de sa femme A.________. A.b. En janvier 1986, se sachant atteint d'une maladie incurable, l'homme d'affaires a entrepris de planifier l'organisation de son patrimoine après sa mort. Par l'entremise de Y.________ et/ou de Z.________, il a chargé la succursale genevoise de la banque M.________ de fonder et d'administrer un trust de droit liechtensteinois qui devait recueillir une partie de sa fortune. Y.________ présiderait le comité de cette entité dont B.________ serait le principal bénéficiaire. Le 11 février 1986, C.________ a ouvert auprès de la succursale genevoise de la banque M.________ un compte joint intitulé « T.________ » dont son épouse était co-titulaire. Ce compte devait accueillir provisoirement des actifs rapatriés d'autres banques avant qu'ils ne fussent transférés sur un compte à ouvrir au nom du trust. L'homme d'affaires est mort le 22 février 1986. Le 26 février suivant, la succursale genevoise d'une banque américaine a écrit à l'homme d'affaires - dont elle ignorait le décès - que conformément à ses ordres, elle avait transféré tous ses actifs à la banque M.________, ainsi qu'une enveloppe qu'elle avait jusque-là conservée pour lui. Une note interne de la banque M.________ confirme avoir réceptionné quelque 40 millions CHF. Le trust a été constitué le 3 mars 1986. A.c. Dès 1998, les parties se sont affrontées dans diverses procédures civiles sur le sort du patrimoine du défunt. Sa veuve et son fils ont notamment actionné la banque M.________ en reddition de comptes devant la justice anglaise, sans succès. Une démarche similaire initiée contre le financier ancré au Liban est restée infructueuse. A.d. Des procédures pénales ont également été déclenchées de part et d'autre. C'est ainsi qu'en juillet 2004 et mai 2008, les deux héritiers de l'homme d'affaires ont déposé plainte à Genève contre le directeur de la succursale bancaire de la banque M.________ et contre le financier situé au Liban. Ils leur reprochaient d'avoir détourné 40 millions de francs suisses, somme qui aurait dû être créditée sur le compte de transit T.________. Ils déploraient aussi la disparition d'une enveloppe reçue par la banque M.________ en février 1986, censée contenir des actions au porteur de sociétés offshore jadis contrôlées par le défunt. Malgré les nombreux actes d'instruction accomplis, dont la perquisition des locaux de la banque M.________, les deux plaintes ont été classées sans suite.