Citation: 2C_506/2023 E. 7.2

7.2. Le but de la loi sur les professions médicales universitaires consiste en la protection de la santé publique au sens large. En l'espèce, la sanction prise à l'encontre de la recourante est apte à atteindre ce but, en lui faisant prendre conscience de l'importance des actes qu'elle a commis, puisqu'elle ne pourra plus pratiquer sous sa propre responsabilité pendant trois mois. Au regard des faits de l'arrêt attaqué (cf. supra "Faits" let. B.b), la violation de son devoir d'agir avec soin et conscience professionnelle (cf. art. 40 let. a LPMéd) par la recourante doit être qualifiée de grave. Elle a ainsi incontestablement mis à mal la confiance des patients envers la profession. Les six dénonciations à son encontre en attestent. Compte tenu de ces éléments, la nécessité d'une interdiction de pratiquer temporaire est évidente. On constate que la recourante a violé son devoir d'agir avec soin et conscience professionnelle à de nombreuses reprises (cf. supra consid. 6.1). Il ressort, en outre, des faits de l'arrêt attaqué que l'intéressée n'a jamais assumé la responsabilité d'aucune des fautes commises ni remis en cause ses pratiques. Une telle attitude ne plaide pas en sa faveur et seule une sanction relativement sévère semble à même de lui faire prendre conscience de la gravité de son comportement et de rétablir le fonctionnement correct de la profession. Les arguments de la vétérinaire, avancés pour contester la proportionnalité de la sanction, sont fondés en grande partie sur des faits qui ont été réfutés ci-dessus (cf. supra consid. 5). L'intéressée se prévaut aussi de ce que la Cour de justice a estimé que l'autorité de première instance avait "possiblement" considéré à tort que son assistante médicale ne pouvait pas effectuer des prises de sang. S'il est exact que les juges précédents ont souligné ce point, ils ont également retenu que cela n'était pas suffisant ni de nature à modifier la sanction, les autres manquements étant graves. Ainsi, on ne saurait considérer qu'une interdiction de pratiquer de trois mois et une amende de 5'000 fr. vont au-delà de ce qui est nécessaire, ce cumul étant rendu possible par l'art. 43 al. 3 LPMéd. L'interdiction légale de pratiquer allant jusqu'à six ans et le maximum de l'amende se montant à 20'000 fr., il faut constater que les juges précédents n'ont pas fait un usage insoutenable de la marge de manoeuvre dont ils disposaient, compte tenu des faits susmentionnés. Le grief portant sur la proportionnalité de la sanction est rejeté.