Citation: H 20/01 21.06.2001 E. 5

5.- S'agissant de J.________, les premiers juges ont constaté qu'il s'occupait, aux côtés de sa fille V.________, de la gestion des monteurs et de la marche des chantiers et que, par ailleurs, il était allé retirer les commandements de payer adressés à la société, entre le 4 juillet 1997 et le 2 mars 1998, et avait fait opposition à certains d'entre eux. Ils en ont déduit qu'il était établi au degré de la vraisemblance prépondérante qu'en raison de l'expérience acquise comme administrateur de J.________, le recourant devait prodiguer des conseils à sa fille V.________ et, de ce fait, influencer dans une mesure non négligeable les décisions qu'elle prenait en qualité d'associée-gérante. Ils ont dès lors considéré que, ce faisant, le recourant avait agi comme organe de fait, engageant ainsi sa responsabilité. Cette appréciation est constitutive d'erreur de droit (consid. 1 supra). Selon la jurisprudence, en effet, il incombe à la caisse, qui supporte les conséquences de l'échec de la preuve, d'alléguer les faits fondant la responsabilité de l'employeur au sens de l'art. 52 LAVS et permettant d'établir qu'une personne occupait au sein d'une société la position d'un organe au sens matériel (ATF 114 V 218 consid. 5 in fine). En l'espèce, les faits qui ressortent du jugement entrepris ne permettent pas d'aboutir à une telle conclusion en ce qui concerne le recourant. Il n'est certes pas exclu que celui-ci ait fait bénéficier sa fille V.________ de son expérience et lui ait prodigué des conseils. On ne peut cependant déduire de cette seule circonstance qu'il aurait influencé dans une mesure non négligeable la décision de la société de différer sans droit le paiement des cotisations d'assurances sociales. Il paraît plus vraisemblable que V.________, au bénéfice de l'expérience acquise aux côtés de son père dans son activité d'employée de commerce au sein de Y.________, a géré la société de manière indépendante sur le plan administratif et décidé seule du report des cotisations, ce d'autant que c'est elle qui s'occupait de remplir les déclarations de salaire et d'entretenir des rapports avec la caisse. Au demeurant, aucune des pièces produites au dossier, sous réserve des commandements de payer notifiés par l'intimée à la société, ne porte la signature du recourant et aucun des témoignages rapportés par les premiers juges n'atteste d'une activité de ce dernier dans ce domaine. La circonstance que J.________ a réceptionné de nombreux commandements de payer adressés à V.________ pour la société, qu'il s'est laissé désigner sans réagir comme administrateur ou comme directeur de la société dans ces actes de poursuite et qu'il y a fait opposition ne permet pas d'aboutir à une autre conclusion. En droit des poursuites, en effet, toute personne habile à recevoir le commandement de payer en vertu de la loi - ce qui inclut notamment l'employé d'une personne morale (art. 65 al. 2 LP) - peut valablement former opposition, sous réserve de ratification par la personne ou l'organe compétent (Gilliéron, Commentaire la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, tome I, rem. 22 ad art. 74 LP et les références). Par ailleurs, et même si le recourant a pu apparaître à l'égard des tiers en général et de l'agent notificateur en particulier comme directeur ou comme administrateur de la société, cela ne permet pas d'établir quelles compétences il exerçait réellement au sein de la société, autrement dit dans les rapports internes, qui sont seuls déterminants au regard de l'art. 52 LAVS (cf. ATF 111 V 178 consid. 5a in fine). Il n'est dès lors pas possible, sur la base des faits constatés par les premiers juges, d'imputer le dommage subi par l'intimée à une faute de J.________ dont le recours doit par conséquent être admis.