Citation: 1A.186/2000 01.09.2000 E. 4

4.- La recourante invoque ensuite le principe de la proportionnalité. En ce qui concerne la banque F.________, la demande ne porterait que sur un versement de1'159'656, 41 US$ en provenance du Luxembourg et parvenu sur le compte iii. Le juge d'instruction devait se borner à déterminer le cheminement de ce transfert, ce qui a d'ailleurs été fait dans les ordonnances de clôture du 3 novembre 1999. Les auditions de témoins n'étaient pas nécessaires, ni requises par l'autorité argentine. La transmission devait par conséquent être limitée aux relevés concernant quatre transferts déterminés, à l'exclusion de toute autre opération, notamment celles qui concernent deux sociétés uruguayennes. a) Le principe de la proportionnalité empêche d'une part l'Etat requérant de demander des mesures inutiles à son enquête et, d'autre part, l'autorité d'exécution d'aller au-delà de la mission qui lui est confiée (ATF 121 II 241 consid. 3a). Saisi d'un recours contre une décision de transmission, le juge de l'entraide doit se borner à examiner si les renseignements à transmettre présentent prima facie un rapport avec les faits motivant la demande d'entraide. Il ne doit exclure de la transmission que les documents n'ayant manifestement aucune utilité possible pour les enquêteurs étrangers (examen limité à l'"utilité potentielle", ATF 122 II 367 consid. 2c p. 371). b) Comme cela est relevé ci-dessus, la recourante n'a pas qualité pour s'opposer à la transmission des documents concernant les comptes de ses clients, dans la mesure où elle n'expose pas en quoi résiderait son propre intérêt: les renseignements contenus dans ces documents se rapportent essentiellement à l'activité de ses clients. La participation de la banque aux opérations de compensation ressort non pas de la documentation bancaire, mais des auditions des employés de la banque F.________. La recourante n'explique pas ce qui justifierait sa qualité pour recourir sur ce point. De toute façon, on ne saurait reprocher au juge d'instruction d'avoir statué ultra petita. Le magistrat requérant désire connaître, d'une manière générale, les destinataires des sommes versées à partir de la BBL, et dont le montant de 1,6 million d'US$ qui a transité par le Luxembourg ne représente qu'un exemple. Au regard de l'objet de son enquête, les actes d'entraide requis ne paraissent pas excessifs. Même s'il apparaît que la somme litigieuse a été retransférée en Argentine par le biais d'opérations de compensation, cela n'exclut pas l'existence d'autres mouvements de fonds suspects. La complexité des investigations justifie manifestement la transmission d'une documentation complète. Il n'y a donc pas lieu de limiter la transmission, dans le sens voulu par la recourante. S'agissant de l'audition de ses propres employés - à laquelle elle peut valablement s'opposer -, la banque invoque également en vain le principe de la proportionnalité. Les commissions rogatoires visent "tout ce qui est nécessaire" pour déterminer l'existence de comptes bancaires détenus par les personnes soupçonnées. Les investigations requises s'étendent non seulement à l'existence de ces comptes, mais aussi à leur fonctionnement. Les auditions auxquelles le juge d'instruction a procédé relèvent ainsi d'une interprétation légèrement extensive, mais correcte, de la demande d'entraide, dans le sens qu'on peut raisonnablement attribuer à son auteur (ATF 121 II 241 consid. 3a in fine).