Citation: 6S.168/2001 25.04.2001 E. A

A.- Le 6 avril 1994 vers 3 h 20, un incendie a éclaté dans l'appartement de la famille D.________ au troisième étage droit d'un immeuble à T.________. A 3 h 55, le premier groupe de pompiers est arrivé sur place. Vu la gravité de l'incendie, le milicien A.________, commandant des pompiers de T.________, a déclenché l'alarme générale. Entre 4 h 15 et 4 h 20, B.________ a été découverte inanimée dans son appartement au quatrième étage droit. Malgré un transport rapide à l'Hôpital de Moutier et les mesures de réanimation entreprises, elle est décédée vers 5 h 45. La victime avait appelé à deux reprises respectivement les numéros de secours 118 et 117 pour signaler qu'elle se trouvait prise dans l'incendie et qu'elle était très angoissée, la dernière fois à 3 h 53 et 45 secondes. A.________ n'a pas été avisé de ces appels. Entendu par la police le 29 août 1994, A.________ a notamment indiqué ce qui suit: "Dès mon arrivée sur place avec le sous-commandant C.________, nous avons effectué une reconnaissance. Nous avons constaté que les flammes sortaient de la fenêtre du troisième étage, à gauche du balcon, en léchant la façade jusque sous le toit. La cage d'escalier était inaccessible dès le troisième étage, à cause des flammes, de la fumée et de la chaleur [...] Sitôt la reconnaissance terminée, et ayant constaté qu'il y avait quatre personnes [la famille E.________] sur le balcon, côté route cantonale, au troisième étage, j'ai fait dresser l'échelle mécanique pour effectuer le sauvetage [...] Au moment du sauvetage, j'ai eu contact avec le fils D.________, habitant le troisième étage qui m'a dit qu'il avait fait le tour du bâtiment et qu'il n'y avait plus personne à l'intérieur. Il était à ce moment-là 0400 heures [...] Lorsque j'ai eu cette information, j'ai ordonné de lutter contre le feu selon les principes établis: sauver, tenir, éteindre". Lors de cette audition, A.________ a encore précisé que s'il avait su qu'une personne se trouvait au quatrième étage, elle aurait pu être sauvée avant celles du troisième. D.________ a admis lors de sa seconde audition par la police que, contrairement à ce qu'il avait indiqué à A.________, il n'était pas allé frapper à toutes les portes car il n'avait pas pu monter jusqu'au quatrième en raison de l'épaisse fumée dans le corridor. Entendu par le juge d'instruction le 15 janvier 1996, A.________ a notamment déclaré qu'il avait cru D.________ et que si celui-ci ne lui avait pas dit que l'immeuble était vide, il l'aurait fait fouiller pièce par pièce. Il a expliqué que si, en arrivant, il avait su qu'une personne se trouvait au 5ème plancher, les pompiers seraient immédiatement rentrés par le balcon, car cette personne risquait davantage que les autres (les membres de la famille E.________) en-dessous sur le balcon. Aux débats le 23 août 1999, A.________ a notamment déclaré que la chambre de la victime était située à l'endroit où le feu était le plus intense, qu'il était difficile d'entrer par le balcon en raison de l'appel d'air qui en serait résulté, que s'il avait su que quelqu'un était enfermé dans la maison, il serait entré par l'intérieur mais que, si la victime s'était manifestée derrière une fenêtre, les pompiers auraient alors placé l'échelle, cassé la vitre et sorti cette personne en même temps qu'ils auraient giclé à l'intérieur avec une lance. Il a indiqué qu'il avait donné l'ordre de fouiller la maison, mais que cela n'était possible qu'en opérant une progression. La victime a été trouvée vingt minutes après 'arrivée des pompiers sur place à la suite de l'intervention du pompier F.________ et de G.________, un ancien pompier arrivé le premier sur les lieux et qui s'est mis à disposition. C'est en particulier ce dernier qui a localisé la victime, après avoir atteint le quatrième étage par l'intérieur, en passant par l'appartement de la famille E.________.