Citation: 4A_45/2018 E. 7.2

7.2. A l'appui de la prétention qu'il fonde sur l'art. 337c al. 1 et 3 CO, le défendeur soutient que d'après le certificat médical, compte tenu d'un taux d'activité ordinaire de 50%, il n'était pas censé reprendre son travail avant le lundi 6 avril 2009. Son argumentation est difficilement intelligible. Même s'il fallait admettre que le certificat médical doive être interprété en fonction du taux d'activité convenu entre le patient et son employeur, ce qui ne se justifie pas car le médecin n'établit pas un avis de droit concernant les devoirs contractuels du patient mais seulement une attestation de son aptitude médicale au travail concerné, il demeurerait que le défendeur devait reprendre à 50% de 50%, soit au taux de 25%, dès le lundi 30 mars 2009. Le certificat ne peut donc pas excuser l'absence complète du défendeur durant toute la semaine du 30 mars au 3 avril. Le défendeur soutient subsidiairement que son absence se justifiait par le retard du demandeur à lui verser divers montants. Il est vrai que lorsque l'employeur se trouve en demeure de verser le salaire échu, le travailleur peut recourir à l'exécution forcée et, de plus, refuser sa propre prestation jusqu'au paiement de ce qui est dû; dans ce laps de temps, le droit au salaire subsiste alors même que le travail n'est pas fourni (ATF 120 II 209 consid. 6a p. 211 et 9 p. 212; voir aussi ATF 136 III 313 consid. 2.4 p. 321). Le retard dont le défendeur fait état ne portait cependant pas sur un salaire à l'évidence dû, mais seulement sur des prestations qui pouvaient prêter à discussion et qui étaient contestées. Dans cette situation, le défendeur n'était pas autorisé à refuser son travail. Le 29 mars 2009, le défendeur a interpellé son employeur dans des termes lourdement vindicatifs et offensants; il lui a de surcroît annoncé qu'il ferait part de ses accusations à l'association professionnelle des notaires. Ensuite, bien que formellement requis de reprendre son travail à l'étude, il est demeuré absent sans excuse le mercredi 1er et le jeudi 2 avril. La Cour d'appel peut retenir sans abuser de son pouvoir d'appréciation que ce comportement était un juste motif de résiliation immédiate du contrat de travail, sans avertissement préalable, au regard de l'art. 337 CO (cf. ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 31; 129 III 380 consid. 2.2 p. 382; 127 III 351 consid. 4a p. 354). Il s'ensuit que le défendeur ne peut rien imputer sur la base de l'art. 337c al. 1 et 3 CO.