Citation: I 626/04 13.07.2005 E. 3

Se fondant sur le rapport d'expertise du COMAI du 4 février 2002, les premiers juges ont considéré que la recourante disposait d'une capacité résiduelle de travail de 40 %. 3.1 Pour rendre leurs conclusions, les experts du COMAI ont procédé à un examen clinique complet de la recourante et se sont adjoints les service d'un rhumatologue, le docteur H.________, et d'une psychiatre, la doctoresse M.________. Sur le plan rhumatologique, la recourante présentait un syndrome douloureux chronique de l'appareil locomoteur de type fibromyalgie d'origine indéterminée. Elle ne souffrait par contre pas de limitation fonctionnelle articulaire ou de la colonne cervico-dorsale. Compte tenu de la seule symptomatologie douloureuse, la capacité de travail dans l'exercice d'un travail léger était, selon le docteur H.________, de 50 % avec un rendement de 40 %. Elle était de 70 % dans l'exercice des travaux habituels (rapport du 15 août 2001). Sur le plan psychiatrique, la doctoresse M.________ a retenu un épisode dépressif d'intensité moyenne lié à l'existence d'un sentiment de tristesse, d'inutilité, de honte, avec idées suicidaires et troubles du sommeil. Elle a également diagnostiqué un syndrome douloureux chronique, compte tenu de la persistance d'un syndrome algique résistant au traitement, ainsi qu'un trouble de la personnalité dépendante, lequel chronifiait et rigidifiait la symptomatologie et fragilisait la recourante. La reprise d'une activité lucrative paraissait illusoire (rapport du 13 août 2001). 3.2 Se fondant sur ces observations ainsi que sur l'ensemble du dossier médical, les experts du COMAI ont retenu les diagnostics d'épisode dépressif moyen sans syndrome somatique (F 32.1), de syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4) et de trouble de la personnalité dépendante (F 60.7). Selon eux, la personnalité dépendante de la recourante l'avait fragilisée tout au long de sa vie; elle s'était ainsi avérée incapable de décider de son mariage, et à l'intérieur de celui-ci, de réagir face aux conflits, plus particulièrement face à la décision de son mari d'envoyer leur fille unique chez ses grands-parents en Espagne. Bien qu'à leur avis, la souffrance de la recourante était réelle, les ressources adaptatives de celle-ci n'étaient pas épuisées, ou du moins pas définitivement, de sorte qu'il subsistait une capacité résiduelle de travail de 40 % au moins dans son ancienne profession ou dans une activité dans l'industrie légère. Outre les comorbidités psychiatriques, qui diminuaient les capacités de la recourante à mobiliser ses ressources adaptatives et à changer ses comportements, l'arrêt de travail prolongé ainsi que la présence d'une personnalité dépendante et d'un conflit conjugal et familial avec la belle-famille représentaient des facteurs de pronostic négatifs quant à l'éventuelle reprise d'une activité lucrative. Du côté des facteurs positifs figuraient le souhait de rétablir une certaine normalité dans sa vie et de retrouver son ancien travail qu'elle aimait bien, une ambition d'indépendance ainsi que le fait que malgré les douleurs, elle menait une vie régulière, s'acquittait quotidiennement d'une partie de ses tâches ménagères et faisait tous les jours de longues promenades.