Citation: 2C_259/2024 E. 2.3

2.3. Ce document relève que le recourant a été frappé à deux reprises à la tête. Le Tribunal administratif a estimé qu'il était établi qu'en juillet 2020 l'intéressé avait été tapé par son ex-épouse alors qu'il conduisait. En ce qui concerne le second épisode de violence de septembre 2020, après lequel le recourant s'était rendu chez un tiers, en saignant du nez et présentant un hématome à la tête, les juges précédents ont relevé que ce tiers avait uniquement attesté des saignements de nez et de l'hématome mais qu'il n'avait pas assisté à la scène. Ils ont toutefois estimé que, même en prenant en considération ce second événement, les violences n'étaient pas suffisamment intenses et systématiques au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEI. Ils ont également mentionné que le document du Centre LAVI attestait uniquement du fait que le recourant s'était présenté audit centre à plusieurs reprises dès le 29 septembre 2020 et y était resté durant 35 jours. Pour le reste, les déclarations de l'intéressé reproduites dans l'attestation du 29 juillet 2022 du Centre LAVI étaient sujettes à caution. En effet, dans un courrier du 10 mai 2022, l'intéressé avait déclaré avoir quitté sa femme en raison de simples incompréhensions et mésententes; il avait également affirmé, le 18 août 2022, être resté en "bon contact" avec son ex-épouse. Il découle de ce qui précède que le Tribunal administratif a pris en considération le premier épisode de violence évoqué dans l'attestation du Centre LAVI. Il a, en revanche, souligné que le second n'était attesté que par les déclarations du recourant et l'ont mis en doute en raison du courrier du 10 mai 2022 du recourant qui n'attribuait pas la séparation d'avec son ex-épouse à des violences conjugales. Cela étant, ils en ont tout de même tenu compte dans leur subsomption, en constatant que même en prenant en considération ce second événement les violences ne commandaient pas la prolongation du séjour. Le recourant souligne encore que le statut de victime LAVI lui a été reconnu. Les juges précédents n'ont pas ignoré cet élément, puisqu'ils le mentionnent, mais ils ont considéré qu'un tel statut ne signifiait pas pour autant que la personne concernée ait été victime de violences conjugales au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI. Quant au suivi psychologique recommandé au recourant, celui-ci n'explique pas en quoi cet élément aurait été susceptible de modifier l'issue du litige, sans compter qu'il n'allègue pas avoir entrepris un tel suivi. Ainsi, contrairement à ce qu'allègue l'intéressé, le Tribunal administratif n'a pas nié toute valeur probante à l'attestation du Centre LAVI mais il a relativisé sa portée et a jugé que les faits qu'il relatait ne permettaient pas de reconnaître un droit de séjour au recourant. Savoir si c'est à juste titre relève non pas des faits mais de leur appréciation juridique, qui sera traitée ci-après (cf. infra consid. 3).