Citation: 6S.234/2006 23.10.2006 E. 3

Le recourant conteste pouvoir être tenu responsable de l'article paru le 5 juin 2003 et s'être rendu coupable de diffamation au sens de l'art. 173 ch. 1 CP. L'art. 173 ch. 1 CP réprime le comportement de celui qui, en s'adressant à un tiers, aura accusé une personne ou jeté sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à l'honneur, ou de tout autre fait propre à porter atteinte à sa considération, ou aura propagé une telle accusation ou un tel soupçon. Cette disposition protège la réputation d'être une personne honorable, c'est-à-dire de se comporter comme une personne digne a coutume de le faire selon les conceptions généralement reçues. L'honneur protégé par le droit pénal est conçu de façon générale comme un droit au respect, qui est lésé par toute assertion propre à exposer la personne visée au mépris en sa qualité d'homme (ATF 128 IV 53 consid. 1a p. 57 s.). En l'espèce, il est vrai que le recourant n'est pas l'auteur de l'article paru le 5 juin 2003 et qu'en application de l'art. 27 al. 1 CP, il n'en répond pas sur le plan pénal. Mais il n'en reste pas moins qu'avant la publication de l'article, le recourant a, par les déclarations qu'il a faites au journaliste, jeté sur son épouse le soupçon d'avoir maltraité moralement les enfants, saboté la médiation destinée à rétablir les relations père-enfants et proféré de fausses accusations de viol. Ces allégations, qui faisaient clairement passer l'épouse pour une mauvaise mère et une femme malhonnête, et qui étaient adressées à un tiers (le journaliste), sont constitutives de diffamation au sens de l'art. 173 ch. 1 CP. Peu importe que les propos du recourant fussent dirigés principalement contre le SPJ; ils donnaient aussi une image méprisable de l'épouse, qui était dès lors fondée à se plaindre de diffamation. Les arguments que le recourant développe pour faire la preuve de la vérité ou de sa bonne foi (art. 173 ch. 2 CP) s'écartent des constatations de fait de la cour cantonale et sont dès lors irrecevables (art. 277bis al. 1 PPF). Partant, dans la mesure où il est recevable, le recours doit être rejeté.