Citation: 2A.483/2000 23.04.2001 E. 1

b) En l'espèce, il est établi que R.________ a contracté, le 26 mai 1996, un mariage avec une compatriote, alors qu'il était encore marié à une Suissesse. Lorsqu'il a sollicité la délivrance d'une autorisation d'établissement en avril 1998, le prénommé était donc bigame, puisque le divorce d'avec son épouse suisse n'est finalement entré en force que le 20 mars 1999. L'intéressé ayant sciemment dissimulé un fait essentiel aux autorités suisses avant de demander une telle autorisation, les conditions de l'art. 9 al. 4 lettre a LSEE sont donc clairement réalisées (cf. arrêt non publié du 13 janvier 2000 en la cause S. c. canton des Grisons, où le Tribunal fédéral a confirmé la révocation d'une autorisation d'établissement du simple fait que l'intéressé était bigame au moment de l'octroi d'une telle autorisation). C'est donc à bon droit que les autorités cantonales ont révoqué l'autorisation d'établissement de R.________ et, en conséquence, refusé de délivrer une autorisation de séjour à sa femme, respectivement une autorisation d'établissement à son enfant. L'époux ne conteste pas avoir dissimulé la conclusion de son second mariage aux autorités suisses avant de requérir une autorisation d'établissement en 1998. Mais il allègue qu'il l'a fait essentiellement par "désarroi personnel et par incertitude de l'avenir" et non pour tromper les autorités. Il explique qu'il n'aurait jamais consenti librement à épouser sa femme actuelle, avec laquelle il avait entretenu une relation hors mariage, sans la pression exercée par sa belle-famille. Selon lui, on ne saurait dès lors en conclure que sa précédente union n'existait que formellement à partir du 26 mai 1996. Mais l'intéressé ne peut pas tirer argument de son prétendu "désarroi personnel" pour justifier son silence. En effet, il savait ou aurait dû savoir que la célébration de son second mariage était un élément déterminant à l'égard de sa situation sur le plan de la police des étrangers et que s'il avait annoncé cette union immédiatement, il n'aurait pas pu continuer à demeurer en Suisse. Sinon, on ne comprend pas pourquoi il a attendu près de trois ans pour informer les autorités de ce mariage. Ce n'est du reste qu'une fois que son divorce d'avec sa première femme est devenu définitif le 20 mars 1999 qu'il a annoncé l'existence de sa seconde épouse et de son fils, avec lesquels il souhaite partager sa vie. Tous ces éléments tendent à démontrer qu'il a intentionnellement caché sa réelle situation familiale au moment du dépôt de la requête tendant à l'octroi d'une autorisation d'établissement afin de tromper les autorités. En résumé, l'autorité intimée n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant qu'à partir du 26 mai 1996 au plus tard, R.________ ne pouvait plus invoquer son premier mariage - qui n'existait que formellement - pour obtenir une autorisation de police des étrangers, sous peine de commettre un abus de droit manifeste. Comme cet abus existait déjà avant l'écoulement du délai de cinq ans, l'époux ne saurait exiger le maintien de son autorisation d'établissement sur la base de l'art. 7 al. 1 LSEE. 3.- Mal fondé, le présent recours doit être rejeté. Succombant, les recourants doivent supporter les frais judiciaires, solidairement entre eux (art. 156 al. 1 et 7 OJ). Par ces motifs, le Tribunal fédéral :