Citation: M 7/04 19.08.2005 E. A

W.________, né en 1968, est titulaire depuis 1988 d'un certificat fédéral de capacité de vendeur et depuis 1989 d'un certificat fédéral de capacité d'employé dans le commerce de détail. Il a été engagé le 7 juin 1993 par X.________ SA, entreprise auprès de laquelle il est devenu gérant de magasin. Durant un cours de répétition, W.________ a été victime le 3 mai 1996, lors d'un entraînement de football, d'un traumatisme de distorsion du genou gauche ayant entraîné une fracture-tassement comminutive du plateau tibial externe et de la tête du péroné. Il a présenté des périodes d'incapacité totale ou partielle de travail. L'évolution du cas a été marquée par la persistance de douleurs à la cheville gauche qui ont été attribuées par les médecins de la Clinique Y.________, où W.________ a séjourné du 27 octobre au 29 novembre 1997, à une ostéochondrite disséquante post-traumatique de l'astragale gauche. Cette affection a nécessité le 17 février 1998 une arthroscopie de la cheville avec nettoyage d'un ostéophyte antérieur et résection d'un lambeau synovial antéro-interne. L'assurance militaire a admis son entière responsabilité pour les affections concernant le genou et la cheville gauches. Les rapports de travail avec X.________ SA ont pris fin le 31 octobre 1997. W.________ a présenté le 26 février 1998 une demande de prestations de l'assurance-invalidité, qui a mis en oeuvre un reclassement professionnel sous la forme d'un apprentissage d'employé de commerce. Dès août 1999, l'assuré est entré au service de son maître d'apprentissage, la Société Z.________, tout en bénéficiant d'une rente d'invalidité à titre de réadaptation professionnelle versée par l'Office fédéral de l'assurance militaire (OFAM). Au cours de la deuxième année d'apprentissage, des difficultés sont survenues dans le cadre de la formation professionnelle. Cela a conduit à la résiliation par la Société Z.________ du contrat d'apprentissage avec effet au 31 mai 2001. En raison d'un état anxio-dépressif important ayant justifié un arrêt de travail depuis le 15 mars 2001 (communication du 30 avril 2001 du docteur C.________, spécialiste FMH en médecine interne et médecin traitant de l'assuré), W.________ a suivi un traitement auprès de la Clinique V.________. Dans un rapport médical du 18 juin 2001, le docteur I.________, médecin adjoint, et la psychologue M.________ ont posé les diagnostics d'épisode dépressif moyen avec syndrome somatique (F 32.11), de trouble de la personnalité (émotionnellement labile de type borderline - F 60.31), de difficultés dans les rapports avec le conjoint (séparation et divorce probable - Z 63.0), de difficultés liées à l'emploi (Z 56.0), d'expérience personnelle terrifiante durant l'enfance (Z 61.7) et de syndrome de dépendance au cannabis (utilisation continue - F 12.25). Dans une notice médicale du 10 juillet 2001, le docteur N.________, spécialiste FMH en médecine interne et médecin de l'assurance militaire, a nié toute relation de causalité entre l'état dépressif actuel et les affections physiques ayant touché le genou et la cheville gauches. Par lettre du 31 juillet 2001, l'OFAM a avisé W.________ que la responsabilité de l'assurance militaire n'était pas engagée pour les troubles dépressifs dont il était atteint et qu'il refusait toutes prestations en ce qui concerne ces troubles. A partir du moment où l'assuré ne percevrait plus de prestations ni de salaire ou indemnités quelconques, il lui verserait des indemnités journalières pour une durée de 6 mois au maximum. W.________ a contesté la prise de position de l'OFAM. Dans un rapport du 13 janvier 2002, B.________, psychologue et psychothérapeute, a informé le docteur N.________ que même si l'on tenait compte de facteurs prédisposants du sujet comme ses expériences de séparations précoces, les symptômes de dépression sévère apparaissaient comme consécutifs à son accident à l'armée et à ses conséquences physiques et psychiques. D'après une notice médicale du docteur N.________ du 31 janvier 2002, dans laquelle le médecin de l'assurance militaire se fondait sur le rapport médical du 18 juin 2001 de la Clinique V.________, le vécu dramatique antérieur du patient et les troubles de la personnalité jouaient un rôle majeur dans l'évolution défavorable actuelle.