Citation: U 18/07 07.02.2008 E. 5

La juridiction a reconnu le droit de l'intimée à une indemnité pour une atteinte à l'intégrité de 50 %. La recourante conteste l'existence d'une telle atteinte, en particulier le caractère durable des affections psychiques dont souffre l'intimée. Elle se réfère à une détermination du docteur F.________, dans laquelle celui-ci a souligné que la gravité de l'épisode dépressif traversé par l'assurée s'était amoindrie, ce qui montrait que l'état de santé de cette dernière était évolutif et tendait vers une amélioration. 5.1 Aux termes de l'art. 24 LAA (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2003; consid. 1.2 supra), si par suite d'un accident, l'assuré souffre d'une atteinte importante et durable à son intégrité physique ou mentale, il a droit à une indemnité équitable pour atteinte à l'intégrité (al. 1). L'indemnité est fixée en même temps que la rente d'invalidité ou, si l'assuré ne peut prétendre une rente, lorsque le traitement médical est terminé (al. 2). L'atteinte à l'intégrité est réputée durable lorsqu'il est prévisible qu'elle subsistera avec au moins la même gravité pendant toute la vie (art. 36 al. 1, 1ère phrase, OLAA). L'indemnité pour atteinte à l'intégrité est allouée sous forme de prestation en capital. Elle ne doit pas excéder le montant maximum du gain assuré à l'époque de l'accident et est échelonnée selon la gravité de l'atteinte à l'intégrité (art. 25 al. 1 LAA). 5.2 Le docteur A.________ s'est montré très pessimiste quand à l'évolution de l'état de santé de l'intimée. Lors d'une audition du 12 avril 2006 par la juridiction cantonale, il a exposé que si l'état dépressif dont elle souffrait s'était, certes, amélioré, son état clinique s'était objectivement détérioré, au point que l'assurée ne serait plus capable de faire un bilan neuropsychologique. Le docteur A.________ a ajouté que son pronostic défavorable se fondait sur le diagnostic de deuil compliqué, qui présentait beaucoup de ressemblance clinique avec un état de stress post-traumatique. Or, dans des cas particulièrement défavorables de stress post-traumatique, les troubles consécutifs à l'événement traumatisant pouvaient durer toute une vie. Dans l'expertise du 12 janvier 2006, le docteur A.________ a en outre précisé les symptômes présentés par l'assurée : «état d'indifférence émotionnelle, détachement affectif, impression de vide et d'inutilité, retrait social majeur, s'accompagnant de perturbations cognitives (troubles attentionnels et difficultés de concentration). [Ces troubles] peuvent parfois donner un tableau clinique quasi-psychotique et ils entraînent des altérations sévères des relations interpersonnelles et du fonctionnement social et professionnel.» En l'occurrence, force est donc de constater que près de 10 ans après l'accident, les atteintes à la santé psychique présentées par l'assurée sont sévères et qu'une amélioration de la situation reste très hypothétique. Il convient par conséquent de tenir le caractère durable de ces troubles pour établi. En ce qui concerne le taux d'atteinte à l'intégrité, le docteur A.________ l'a fixé à 50 %; sur ce point, il rejoint l'appréciation du docteur U.________, qui fixait également ce taux à 50 % compte tenu de l'état de santé de l'assurée lorsqu'il l'avait examinée. Il n'y a pas lieu de s'en écarter.