Citation: 4A_370/2021 E. B

B.a. Le 30 octobre 2017, l'emprunteuse a déposé son action en libération de dette à l'encontre du prêteur auprès du Tribunal de première instance du canton de Genève, concluant à ce qu'il soit constaté que le contrat de prêt litigieux était résolu depuis le 8 janvier 2015 et qu'elle ne devait pas au prêteur le montant de 30'000 fr., intérêts en sus, faisant l'objet du commandement de payer contesté. En substance, elle a invoqué que la condition résolutoire prévue à l'art. 6 du contrat de prêt s'était produite, dans la mesure où le groupe n'avait, en réalité, pas réalisé des bénéfices annuels nets consolidés d'au moins 3'000'000 fr. durant les années 2010 à 2014, comme cela ressortait du rapport établi par G.________. Le prêteur a conclu au déboutement de l'emprunteuse et à la condamnation de celle-ci à lui verser le montant de 30'000 fr., intérêts en sus, et au prononcé de la mainlevée définitive de l'opposition qu'elle avait formée et, à titre reconventionnel, à la condamnation de l'emprunteuse à lui verser trois fois le montant de 30'000 fr., intérêts en sus, à titre d'intérêts dus conformément au contrat de prêt pour les années 2016 à 2018. Selon lui, le bénéfice annuel net consolidé du groupe, au sens de l'art. 6 du contrat de prêt, devait être établi sur la base des résultats financiers approuvés par l'assemblée générale et publiés à la bourse de..., ceux-ci ne pouvant pas être modifiés ultérieurement, conformément à la norme comptable IAS 8. Or, les comptes publiés par le groupe affichaient un bénéfice net de plus de 3'000'000 fr. en 2011 et en 2012, de sorte que les conditions de ladite condition résolutoire n'étaient pas remplies et qu'il avait droit aux intérêts relatifs au prêt litigieux pour les années 2015 à 2018. Par ailleurs, les rapports d'audit de F.________ et de G.________ avaient été établis en utilisant d'autres principes comptables, ce qui ne signifiait toutefois pas que les comptes initiaux et publiés du groupe auraient été contraires au droit. Entendu en qualité de témoin, C.________ a déclaré que les contrats de cession d'actions et de prêt avaient été préparés par ses avocats et ceux du prêteur et que les comptes du groupe étaient révisés par des auditeurs, puis validés par le conseil d'administration, le conseil de surveillance et l'assemblée générale. Par jugement du 30 avril 2020, le tribunal a condamné l'emprunteuse à verser au prêteur quatre fois le montant de 30'000 fr., intérêts en sus, et a prononcé la mainlevée définitive de l'opposition qu'elle avait formée. En substance, le tribunal a retenu (1) que la condition résolutoire prévue à l'art. 6 du contrat de prêt ne s'était pas réalisée car les bénéfices nets consolidés du groupe étaient supérieurs à 3'000'000 fr. en 2011 et en 2012, (2) qu'en employant les termes " bénéfice net annuel consolidé " audit art. 6, les parties s'étaient entendues sur les résultats financiers publiés, indépendamment d'éventuelles corrections qui pouvaient les affecter ultérieurement, (3) que le contrat de prêt avait été rédigé après plusieurs années de négociations et avec l'aide de conseils, (4) que la norme IAS 8, applicable en l'occurrence, prescrivait que les erreurs découvertes après l'établissement des comptes devaient être corrigées dans les états financiers suivant cette découverte et (5) que les parties ne pouvaient donc pas ignorer que les comptes validés et publiés ne pouvaient pas faire l'objet de modifications. B.b. Par arrêt du 8 juin 2021 notifié à l'emprunteuse le 10 juin 2021, la Cour de justice du canton de Genève a rejeté l'appel de celle-ci.