Citation: 1B_358/2013 E. A

A.a. Le 22 mai 2001, A.________ SA, personne morale de droit suisse, et la société marocaine B.________ SA - qui s'est substituée à la société marocaine C.________ - ont conclu une convention où la première s'est vu remettre la gestion et l'exploitation d'un hôtel à Marrakech au nom et pour le compte de la seconde. Cet accord a été résilié avec effet au 15 mai 2004 par A.________ SA. Les 17 et 18 octobre 2002, deux lettres de change de 10, respectivement de 12 millions de dirhams marocains ont été émises en faveur de B.________ SA à charge du tiré "D.________", documents signés notamment par E.________, directeur général du complexe hôtelier; les effets n'ont pas pu être encaissés dès lors que le compte bancaire visé n'était pas suffisamment approvisionné. Le 6 juillet 2004, la Cour de commerce de Marrakech a rejeté l'appel formé par A.________ SA contre l'injonction de payer 22 millions de dirhams marocains rendue le 27 octobre 2003 sur la base des deux lettres de change; cette décision a été confirmée le 17 mai 2006 par la Cour suprême de Rabat. Ce même jour, A.________ SA a déposé une requête de rétractation de sa condamnation, demande rejetée par la Cour d'appel de Marrakech le 6 juillet 2006. Le 8 juillet 2005, B.________ SA a intenté une procédure de poursuite en Suisse contre A.________ SA et le 17 janvier 2007, le Tribunal fédéral a confirmé le caractère exécutoire en Suisse du jugement marocain du 6 juillet 2004, ainsi que la mainlevée définitive de l'opposition (cause 5P.460/2006). Afin d'éviter sa mise en faillite, A.________ SA a déposé le 3 mai 2007 à l'Office des poursuites de Genève un chèque bancaire de 3'945'068.85 fr. et le 2 mai 2008, elle a intenté une action en répétition de l'indu à l'encontre de B.________ SA. Cette demande a été déclarée irrecevable par le Tribunal genevois de première instance en raison de l'autorité de force de chose jugée découlant des jugements marocains rendus dans cette cause, décision qui a été confirmée par la Cour de justice genevoise, puis par le Tribunal fédéral (arrêt 4A_241/2012 du 7 août 2012). A.b. Au Maroc, la société suisse a déposé plainte pénale le 20 septembre 2005 pour faux en écriture de commerce et de banque, ainsi que pour usage de faux, plainte réitérée le 17 mai 2006 notamment à l'encontre de E.________; elle a soutenu en substance que les lettres de change à l'origine de son obligation de paiement seraient des faux. Le Tribunal de première instance de Marrakech a rejeté cette plainte, considérant qu'il n'avait pas été démontré que la plaignante n'avait pas habilité le susnommé à signer les effets de change incriminés, jugement confirmé en appel le 30 juin 2008. Le 3 mai 2007, A.________ SA a déposé, en Suisse, une plainte pénale pour faux dans les titres et escroquerie, se constituant également partie civile. Elle a exposé que dans les deux lettres de change litigieuses, la désignation du "tiré" ne correspondait à aucune raison sociale ou société du groupe A.________ et qu'elles avaient été signées par des personnes sans pouvoir de représentation; or B.________ SA s'en était prévalue, tant dans les procédures marocaines que dans la poursuite pour dettes et faillite intentée en Suisse, pour obtenir des décisions judiciaires, faisant ainsi usage de faux. A.________ SA a également demandé le séquestre des 3'945'068.85 fr. versés à l'Office des poursuites. Entre mai et décembre 2007, le Ministère public de la République et canton de Genève a procédé à l'audition de différentes personnes, mais les démarches en vue d'entendre E.________ n'ont pas abouti à ce jour.