Citation: I 274/00 14.03.2001 E. 3

3.- a) Les médecins de la division L.________ ont observé la recourante du 11 au 25 mars 1997, période au cours de laquelle celle-ci a séjourné dans leur établissement. A l'examen clinique, ces médecins ont constaté un bras gauche douloureux, dont l'aspect laissait penser à une maladie de Sudeck mais qui, d'un point de vue radiologique et angiologique, ne révélait que des signes d'une irrigation insuffisante causée par la non-utilisation prolongée du bras. S'appuyant, d'une part, sur l'anamnèse et l'environnement psychosocial de la recourante et, d'autre part, sur la manière dont celle-ci transcrivait ses plaintes, ils sont parvenus à la conclusion que son état avait une origine psychogène et ont posé le diagnostic d'un syndrome douloureux chronique ayant valeur de maladie dans le cadre d'un processus douloureux de nature affectivo-végétatif. Au vu du caractère durable et non évolutif de cette souffrance, ils ont évalué la capacité de travail de la recourante à 0 %. b) De leur côté, les experts du Centre médical R.________ ont procédé à un bilan rhumatologique et psychiatrique de la recourante. Spécialiste en rhumatologie, la doctoresse H.________ a relevé un état chronique douloureux sans substrat organique qui, selon elle, ne pouvait s'expliquer que par une surcharge fonctionnelle des parties molles de l'avant-bras gauche liée à une forte composante psychique. Aussi, sur le plan strictement rhumatologique, cette praticienne a-t-elle conclu que la recourante était encore à même d'accomplir un travail léger à 66 2/3 %, à la condition que celui-ci ne mette pas à contribution, de manière trop uniforme, le membre supérieur gauche. Quant au docteur T.________, psychiatre, il n'a pas trouvé, chez la recourante, d'indices parlant en faveur d'une atteinte psychique invalidante (pas de dépression, ni de troubles de la personnalité). Il a par ailleurs exclu l'existence de troubles somatoformes douloureux, n'ayant pu constater, ni lors des entretiens menés avec l'assurée, ni sur la base des pièces versées au dossier, la présence d'un conflit émotionnel ou de problèmes psychosociaux assez intenses pour provoquer le développement de tels symptômes. Selon lui, la fixation de la recourante sur ses douleurs devait être attribuée à des motifs tels que son âge, son manque de formation professionnelle ou encore le fait que son mari bénéficie déjà d'une rente, soit des facteurs étrangers à l'invalidité. c) Sur le plan somatique, les examens pratiqués depuis 1994 n'ont pu mettre en évidence une quelconque anomalie ou maladie au bras gauche (cf. les rapports des docteurs V.________ et G.________, neurologues, ainsi que ceux du docteur W.________, rhumatologue). La doctoresse H.________ partage ce constat, tout en admettant une limitation fonctionnelle du membre supérieur gauche de l'ordre d'un tiers. On peut s'en tenir, sur ce point, aux conclusions de cet expert, dès lors que les médecins de la division L.________ n'ont examiné le cas de la recourante que sous l'angle psychique. Or, c'est là que les opinions des uns et des autres divergent : alors que pour les médecins de la division L.________, C.________ souffre d'un syndrome douloureux chronique (ou troubles somatoformes douloureux) l'empêchant totalement de travailler, pour le docteur T.________, l'incapacité de travail de l'intéressée procède en définitive seulement d'un manque de volonté de sa part.