Citation: 1P.254/2000 08.08.2000 E. 1

a) Suivant la jurisprudence rendue en application de l'art. 4 aCst. , qui garde toute sa valeur sous l'angle de l'art. 29 al. 1 Cst. , une autorité cantonale de recours commet un déni de justice formel si elle omet de statuer sur une conclusion du recours dont elle est saisie alors qu'elle est compétente pour le faire (ATF 117 Ia 116 consid. 3a p. 117 et les arrêts cités; cf. aussi ZBl 96/1995 p. 174 consid. 2 p. 175). En outre, le droit d'être entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. impose à l'autorité de jugement l'obligation de motiver ses décisions afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient (ATF 125 II 369 consid. 2c p. 372). Pour satisfaire cette exigence, il suffit que celle-ci mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision. Elle n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents (ATF 124 V 180 consid. 1a p. 181; 121 I 54 consid. 2c p. 57 et les arrêts cités). b) En l'occurrence, il ressort des considérants de l'arrêt attaqué que la Chambre d'accusation n'est pas entrée en matière sur la prise à partie dont elle était saisie car B.________ fondait ses griefs sur des faits survenus au début de l'instruction, qu'il n'avait plus un intérêt suffisant à contester lors de l'introduction de sa requête. Elle a par ailleurs considéré que le droit d'exiger la récusation du Juge d'instruction pour les faits avancés dans la demande était périmé parce que le requérant ne l'avait pas exercé en temps utile, participant même à l'instruction personnellement ou par l'intermédiaire de son avocat. Dès lors qu'elle estimait la prise à partie et la demande de récusation irrecevables pour des raisons formelles s'agissant des griefs formulés à l'endroit du Juge d'instruction en relation avec la conduite de la procédure au début de l'instruction, l'autorité intimée n'avait aucune raison d'examiner si les procédés de ce magistrat étaient inconvenants ou d'une toute autre manière propres à justifier l'apparence de prévention du juge à son égard. Elle n'a donc pas commis de déni de justice en ne se prononçant pas expressément à ce propos. Le recours est donc manifestement mal fondé en tant qu'il dénonce une violation du droit d'être entendu. c) Pour le surplus, la question de savoir si l'autorité intimée a dénié à bon droit au recourant un intérêt juridique suffisant à l'examen de ces questions et si elle a constaté à juste titre la péremption du droit de demander la récusation du Juge d'instruction pour les faits invoqués à l'appui de sa requête (cf. à ce sujet, ATF 121 I 225 consid. 3 p. 229; RVJ 1999 p. 230 consid. 3d p. 231, 237 consid. 4b p. 240) relève de l'arbitraire. Or, le recourant se borne à rappeler les faits qui établiraient la prévention de ce magistrat à son égard sans chercher à démontrer en quoi les raisons formelles pour lesquelles l'autorité intimée n'est pas entrée en matière seraient insoutenables. Il ne prétend en particulier pas qu'il se trouvait dans l'impossibilité de faire valoir ses motifs de récusation avant le 9 décembre 1999, date à laquelle il a déposé sa requête de prise à partie et de récusation. Le recours ne répond manifestement pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ au demeurant connues du recourant puisqu'un recours avait déjà été déclaré partiellement irrecevable pour ce motif (cf. arrêt rendu le 24 octobre 1995 en la cause 1P.36/1995). De même, B.________ se borne à rappeler les faits qui établiraient, selon lui, l'implication personnelle du Juge d'instruction dans la procédure pénale litigieuse, sans chercher à démontrer en quoi la motivation retenue pour conclure à l'absence d'un intérêt direct à l'issue du procès et d'un motif d'incapacité, invocable en tout temps, serait arbitraire. Le recours ne répond pas, sur ce point également, aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ et est dès lors irrecevable.