Citation: 5A_612/2019 E. 3.2

3.2. En l'espèce, après avoir fixé l'état de fait, la Chambre civile a exposé, en droit, en quoi la Fondation H.________ disposait d'un intérêt digne de protection à appeler du jugement de première instance, quand bien même celle-là n'était jamais citée dans l'article litigieux. Elle a notamment retenu que la fondation était directement liée à F.________, son fondateur et président, dont elle portait le nom et qui incarnait, pour l'essentiel, son image et sa personnalité et était directement visé par ledit écrit. Elle a aussi relevé que ce dernier avait été publié dans le contexte du financement du projet d'extension et de rénovation du Musée, pour lequel un partenariat public-privé avait été envisagé avec la fondation, laquelle avait signé une convention avec la Ville de V.________. Après avoir détaillé les principes juridiques découlant de l'art. 28 CC, elle a derechef retracé le contexte dans lequel l'article litigieux avait paru, précisant que les débats entourant le vote du Conseil municipal de la Ville de V.________ avaient été largement relayés par la presse et que c'était par le biais de sa fondation que F.________ avait souhaité participer au financement du projet. Elle a aussi souligné que la question de l'origine de la fortune de F.________ ne semblait pas avoir fait partie des questions alors débattues, la controverse portant sur le partenariat public-privé envisagé et sur l'implication du prénommé, en particulier au vu des clauses du contrat signé entre la Ville de V.________ et la Fondation H.________, que certains considéraient comme trop contraignantes du fait que l'apport financier de cette dernière était subordonné à l'accueil pour une durée de 99 ans, par le musée, d'une partie de la collection d'art de son fondateur. Elle a ensuite examiné dans quelle optique le journaliste avait écrit son article puis la portée du contenu de ce dernier, en traitant ensemble F.________ et la société G.________ dont il était l'un des fondateurs, actionnaires et animateurs et, dans un paragraphe séparé, la Fondation H.________. Elle a encore répondu à un argument des défendeurs tiré de la jurisprudence en matière de propos tenus entre adversaires politiques en période d'élections ou de votations avant de conclure qu'au vu de ce qui avait été dit, chacun des demandeurs avait subi une atteinte illicite à sa personnalité.