Citation: 4P.173/2006 05.10.2006 E. A

En 1982, A.________ a été engagé par le Groupe X.________ (ci-après: X.________), société simple active dans le domaine de la finance et de la gestion de biens immobiliers, en qualité de comptable. Aucun contrat écrit n'a sanctionné cet engagement. Jusqu'en 1990, la société simple a été administrée par les associés C.________ et D.________. Cette année-là, le premier est décédé et son hoirie a décidé de poursuivre l'activité de la société. En mars 1993, il a été ordonné la liquidation officielle de la succession de C.________; B.________ a été nommé administrateur à cette fin. Par lettre du 7 août 2000, B.________ a résilié le contrat de travail de A.________ pour le 30 novembre 2000. D.________ n'a pas contresigné cette lettre de résiliation et n'a pas donné son aval à son contenu d'une quelconque autre manière. A.________ a contesté la validité de ce congé par courrier du 15 septembre 2000. Le 6 octobre 2000, B.________ a réitéré son intention de résilier le contrat de travail de A.________, précisant que sa qualité de liquidateur l'autorisait à procéder de la sorte. A.________ a de nouveau contesté ce point de vue, signalant qu'il réclamerait son salaire au-delà du 30 novembre 2000. Ce dernier courrier est semble-t-il resté sans réponse. A.________ a effectivement poursuivi son activité dans le cadre de X.________ au-delà du 30 novembre 2000. Il a en effet continué à fournir ses services à cette société et, dans ce cadre, a reçu à plusieurs reprises des instructions écrites de B.________. Ce dernier a précisé qu'il n'avait que peu de contacts avec A.________, dont l'activité était restreinte. Il savait toutefois que celui-ci continuait de percevoir un salaire "pour le compte de D.________". A.________ a effectivement perçu son salaire pour les exercices 2001 et 2002 et a produit à l'administration fiscale de son domicile les certificats de salaire des 21 février 2002 et 21 janvier 2003 qui lui étaient parvenus. Ceux-ci étaient porteurs du timbre humide de X.________ et signés par D.________. Ils attestaient d'un revenu annuel de 124'800 fr. versé effectivement par le débit des comptes de X.________. Les charges sociales afférentes à ce salaire étaient payées. Par lettre du 26 février 2003 adressée à B.________, A.________ s'est plaint de ne pas avoir reçu son salaire pour les mois de janvier et février 2003 et en a requis le paiement. B.________ a contesté cette prétention en raison de la dénonciation du contrat résultant de ses courriers des 7 août et 6 octobre 2000. Par courrier du 4 mars 2003, D.________, agissant pour le compte de X.________, a résilié le contrat de travail liant la société simple à A.________ avec effet au 30 septembre 2003. Il a par ailleurs affirmé que A.________ était le plus fidèle collaborateur du groupe et de ses sociétés, qui comptaient jusqu'à vingt-neuf employés à la fin des années quatre-vingt. Il conservait A.________ au service de X.________ dans l'espoir qu'un bien immobilier puisse redémarrer, ce qui ne s'était pas produit. Par courrier du 30 janvier 2003 adressé à B.________, D.________ a précisé que A.________ était occupé à boucler les comptes de l'exercice 2002, avant d'ajouter: "Il est inadmissible de mettre en doute l'utilité et l'importance des tâches accomplies jusqu'ici par A.________. Aujourd'hui les associés doivent sans nul doute mettre fin à ce contrat de travail".