Citation: 1C_130/2016 E. 2.3

2.3. Selon la jurisprudence, le préjudice irréparable visé à l'art. 93 al. 1 let. a LTF doit être de nature juridique et ne pas pouvoir être ultérieurement réparé par une décision finale favorable au recourant (ATF 137 V 314 consid. 2.2.1 p. 317). La Cour de céans a jugé que le fait que le tiers tenu de procéder à l'investigation de détail doive avancer les frais y relatifs n'entraînait en principe pas un tel préjudice étant donné qu'une décision finale susceptible de recours sera prise ultérieurement quant à l'obligation définitive de supporter les frais d'investigation (arrêt 1C_126/2009 du 20 août 2009 consid. 4.4.2 in DEP 2010 p. 103). Elle a en revanche considéré que l'obligation de procéder à une investigation de détail du site contaminé était propre à causer un dommage irréparable dans la mesure où le préfinancement des frais d'investigation pourrait entraîner la faillite de la recourante (ATF 136 II 370 consid. 1.5 p. 374; voir aussi arrêt 1C_397/2013 du 21 avril 2015 consid. 2.2 in DEP 2015 p. 533). Rien de tel n'est allégué en l'occurrence. La recourante estime que l'arrêt attaqué lui causerait un dommage irréparable de nature juridique en tant qu'il la considère erronément comme la perturbatrice principale à qui il incomberait de prendre en charge la majeure partie des coûts de l'assainissement ultérieur du site. On ne saurait cependant d'emblée affirmer qu'en mettant à sa charge exclusive l'obligation de procéder aux investigations de détail sur le site contaminé, les autorités cantonales auraient préjugé de la répartition ultérieure des coûts de l'assainissement entre les différents intervenants. La Cour de droit public a au contraire précisé que le fait que l'ordre de procéder à l'investigation de détail a été adressé à la recourante ne signifiait pas encore que tous les frais qui y sont liés seront en définitive supportés par elle. Quoi qu'il en soit, si tel devait être le cas, la recourante sera en droit de contester la répartition définitive des frais d'investigation le cas échéant jusqu'au Tribunal fédéral, une décision qui lui serait favorable au fond mettant un terme au préjudice allégué. La recourante voit également un préjudice irréparable dans le fait que certains frais inhérents aux mesures d'investigation de détail ne seront pas pris en compte dans la décision finale et resteront ainsi en tout état de cause à sa charge. Il en irait ainsi des intérêts sur les sommes importantes qu'elle devra avancer, des coûts internes à l'entreprise relatifs à la gestion des mesures d'investigation de détail et des frais qui seront facturés par les autorités cantonales selon la législation cantonale pour leur travail d'accompagnement. Contrairement à ce qu'affirme la recourante, la personne privée ou la collectivité qui avance les frais d'investigation de détail peut prétendre à des intérêts sur les sommes avancées indûment (arrêt 1C_524/2014 du 24 février 2016 consid. 10.2). On ne voit pas qu'il en irait différemment des autres frais allégués. Quoi qu'il en soit, la recourante pourra recourir contre la décision finale si celle-ci devait ne pas tenir compte de ces frais lors de la répartition ultérieure des coûts. L'arrêt attaqué n'est ainsi pas de nature à l'exposer à un préjudice irréparable. La condition posée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'est pas davantage réalisée (cf. arrêt 1C_126/2009 du 20 août 2009 consid. 4.4.1).