Citation: 1C_581/2024 E. 1.2

1.2. Le recourant n'expose pas - alors que, s'agissant d'une condition de recevabilité d'un recours direct au Tribunal fédéral, cette démons-tration lui incombe en vertu de l'art. 42 al. 1 LTF - que le droit cantonal exclurait effectivement tout recours contre la décision litigieuse. Il ne prétend pas non plus que l'élection des juges au Tribunal pénal des mineurs du canton de Fribourg reposerait sur des considérations relatives à la représentation des partis politiques. Il se borne à affirmer, dans sa dernière écriture, que l'élection aurait fait l'objet de tractations politiques, et qu'il n'aurait pas été sélectionné par le CM en raison de son appartenance à l'UDC. Il n'apporte toutefois aucune démonstration à ce propos. Interpellé à ce sujet, le Président du Tribunal cantonal indique que "l'élection des juges au Tribunal des mineurs, comme toute élection de juges devant le Grand Conseil, fait naturellement l'objet de jeux d'alliance ou de tractations entre les députés pouvant revêtir une composante politique, le vote des députés s'effectuant en effet sur la base, non seulement d'un préavis du Conseil de la magistrature, mais également d'un préavis de la Commission de justice du Grand Conseil, organe plus politisé". Il relève qu'une compétence subsidiaire du Tribunal cantonal est prévue par le code de procédure et de juridiction administratives du canton de Fribourg (CPJA, RSF 150.1), même en dehors du champ d'application dudit code, pour garantir le contrôle juridictionnel exigé par le droit fédéral ou international (art. 7a et 114 al. 2 let. b CPJA). En définitive, il laisse au Tribunal fédéral le soin d'examiner sa compétence. Cela étant, il apparaît que ni le préavis du CM, ni celui de la Commission de justice des 14, respectivement 21 août 2024, ne contiennent de considérations relatives à l'appartenance politique des candidats ou à la représentation des partis politiques. Le préavis du CM rappelle les exigences relatives au poste (formation et connaissances pratiques, langue, citoyenneté, etc.) et passe en revue les différentes candidatures, préavisant favorablement et en priorité celle qui présente les meilleures aptitudes du point de vue de la formation et de l'expérience professionnelle. La Commission de justice reprend ce préavis, sans émettre aucune considération d'ordre politique. Ce n'est que dans le communiqué de presse qui fait suite à l'élection que l'appartenance politique de la candidate élue est mentionnée. Il apparaît par conséquent très douteux que la cause représente un caractère politique prépondérant au sens de l'art. 86 al. 3 LTF, et qu'un recours cantonal puisse ainsi être définitivement exclu. Pour sa part, rendu attentif à cette problématique, le recourant ne demande pas que la cause soit transmise au Tribunal cantonal et persiste comme on l'a vu à considérer que la cause serait de nature politique. Cette question peut en définitive demeurer indécise compte tenu de l'issue particulièrement évidente de la cause.