Citation: 5C.146/2005 02.03.2006 E. 8

La défenderesse se plaint en outre sur ce point d'une violation du droit à la preuve garanti par l'art. 8 CC. Elle reproche à la cour cantonale d'avoir refusé sa requête d'expertise tendant à déterminer les revenus et la fortune réels du demandeur, selon elle beaucoup plus élevés que ceux qu'il déclare et dont l'ampleur exceptionnelle justifierait les montants qu'elle réclame. 8.1 Le droit à la preuve, tel qu'il est déduit de l'art. 8 CC, confère à la partie chargée du fardeau de la preuve la faculté de prouver ses allégations dans les contestations relevant du droit fédéral, pour autant qu'elle ait formulé un allégué selon le droit de procédure, que les faits invoqués soient juridiquement pertinents au regard du droit matériel et que l'offre de preuve correspondante satisfasse, quant à sa forme et à son contenu, aux exigences du droit cantonal (ATF 122 III 219 consid. 3c p. 223 et les arrêts cités). 8.2 L'autorité cantonale a estimé qu'il n'était pas indispensable de connaître avec précision l'étendue du patrimoine du demandeur pour fixer la contribution d'entretien due à la défenderesse, contrairement à ce que celle-ci prétendait. La Cour de justice a en effet considéré, à juste titre (cf. supra, consid. 7.2), que comme les parties vivaient séparées depuis environ dix-sept ans, cette contribution n'avait plus pour but de maintenir le train de vie des époux durant le mariage, mais plutôt de permettre à la crédirentière de préserver celui qu'elle avait adopté durant la séparation. L'expertise requise, visant à établir que la situation financière du demandeur est hors du commun, apparaît ainsi sans influence sur la solution du litige; la défenderesse n'avance du reste aucun élément qui permettrait de retenir le contraire. Dans ces conditions, l'autorité cantonale n'a pas enfreint l'art. 8 CC. La motivation fondée sur l'art. 170 CC et, partant, le grief de la défenderesse sur ce point sont ainsi sans objet. Il n'est pas non plus nécessaire d'évaluer précisément la fortune du demandeur afin de liquider le régime matrimonial, les parties étant mariées sous le régime de la séparation de biens (cf. supra, consid. 4).