Citation: 5A_887/2022 E. 4.1

4.1. Dans l'arrêt querellé, l'autorité précédente a retenu que l'époux était divorcé depuis 1992 de C.________, avec laquelle il avait vécu une quinzaine d'années avant de l'épouser en 1985. C.________ était la mère de D.________, née en 1969 d'une précédente union, qui avait été adoptée à l'âge de 18 ans par l'époux, avec l'accord du père biologique. L'intimé était également le père de E.________, né en 1991. Les juges cantonaux ont relevé qu'après leur divorce, l'époux et C.________ n'avaient jamais cessé d'entretenir des relations affectueuses et familiales et que, lors de son déménagement en Suisse en 1996, le premier avait confié à la seconde la gestion de son domaine sis à U.________, en France, dont elle s'occupait encore à ce jour. Par ailleurs, en 2015, D.________, son époux F.________ et leur fille, née en 2011, avaient quitté la France pour rejoindre l'intimé à V.________. La juridiction précédente a indiqué que les premiers juges avaient dû déterminer si l'époux et C.________ avaient la volonté de s'unir, ce qu'ils avaient considéré comme suffisamment établi au regard des déclarations concordantes des intéressés. La volonté de remariage de l'époux et de C.________ relevait exclusivement de leur sphère privée et constituait un fait interne, qui ne pouvait faire l'objet d'une preuve directe, de sorte que les deux intéressés devaient nécessairement être entendus. L'autorité cantonale a relevé que les premiers juges ne s'étaient pas exclusivement fondés sur les déclarations de l'époux et de C.________, puisque leurs fille et beau-fils avaient été entendus comme témoins et qu'ils avaient confirmé l'intention de leurs (beaux-) parents de former à nouveau une famille. Or, A.A.________ ne critiquait pas la force probante des déclarations de D.________, ni de son époux. Par ailleurs, le fait que C.________ ait connaissance des enjeux d'une procédure divisant les époux devant la Chambre patrimoniale cantonale du canton de Vaud (ci-après: Chambre patrimoniale) ou de la procédure de divorce ne suffisait pas à dénier toute force probante à ses déclarations et ceci démontrait au contraire le caractère réel de la relation de confiance qui l'unissait à l'époux. Cette relation de confiance ne faisait du reste aucun doute puisque l'époux avait confié à son ex-épouse la gestion de son domaine en France et que c'était elle qui l'avait soutenu lorsqu'il était tombé malade en 2016. La juridiction précédente a relevé que ces éléments de fait n'étaient pas remis en cause par l'épouse, qui se limitait à affirmer de manière péremptoire que l'époux et C.________ n'auraient pas la volonté de s'unir. L'épouse faisait certes valoir que l'époux aurait exagéré le mauvais état de santé de son ex-épouse pour justifier sa volonté de se remarier avec elle. Or, l'état de santé de C.________ n'était pas déterminant pour apprécier la volonté de s'unir des intéressés. Comme le relevait d'ailleurs l'époux, cet élément n'avait pas été pris en compte par l'autorité de première instance pour apprécier le caractère réel de ses projets de remariage. Les juges cantonaux ont finalement retenu que, compte tenu de l'âge de l'époux et de C.________, de leur relation de confiance de longue date, ainsi que de leur histoire de vie commune qui démontrait que leur attachement n'était pas feint et du fait que C.________ vivait seule en France, soit sans avoir noué d'autres relations plus fortes que celles qui la liaient à sa famille en Suisse puisqu'elle souhaitait s'en rapprocher, il fallait admettre, avec les premiers juges, que la volonté de remariage de l'époux était établie.