Citation: 5A_875/2020 E. 4.1

4.1. Après avoir admis sa compétence (internationale) ratione loci pour connaître du litige et l'application du droit suisse, le juge précédent a constaté que la mère avait manifesté une volonté ferme de s'établir aux États-Unis, alors que le père vivait en Suisse; dans ces conditions, une garde alternée était d'emblée exclue. Sur le fond, ce magistrat a retenu que la mère n'avait pas parlé au père de son projet de s'installer définitivement aux États-Unis avec l'enfant; on peut d'ailleurs douter que l'acquisition d'un bien immobilier et la prise d'un emploi dans ce pays aient été décidées lors des vacances que la mère devait y passer avec sa fille du 25 juillet au 20 août 2020, d'autant que le père a rendu vraisemblable que les opérations liées à cet achat avaient eu lieu en tout cas en juin 2020. La mère a rendu peu crédible son impossibilité de travailler en Suisse; du reste, elle n'a ni allégué, ni rendu vraisemblable, qu'elle aurait cherché un emploi ailleurs qu'auprès de son précédent employeur (EPFL). Il est en outre peu vraisemblable que l'enfant ait " refait sa vie " aux États-Unis, malgré les témoignages écrits que la mère a produits, compte tenu des circonstances du départ et de la brièveté du séjour. L'enfant a été scolarisée durant des années en Suisse, s'y créant des attaches; il est donc douteux qu'il soit dans son intérêt d'être déracinée d'un pays qu'elle connaît et d'un système scolaire où elle s'est épanouie, pour être précipitée dans l'inconnu. Elle a encore déclaré que la garde alternée fonctionnait bien et qu'elle ne souhaitait pas de modification dans son principe. Quant aux capacités éducatives du père, elles ne sont pas discutées par la mère dans son appel. La " volonté unilatérale " de la mère de s'installer aux États-Unis, intervenue pour des motifs et dans des circonstances " obscurs ", est dictée par son plan de carrière. Actuellement, on ignore pratiquement tout de l'encadrement de l'enfant aux États-Unis, sinon qu'elle vivrait dans une maison avec piscine, bien plus grande que l'appartement du père, argument qui est d'un poids très faible. L'affirmation selon laquelle l'enfant aurait fermement refusé de rentrer en Suisse repose aussi sur les seuls dires de la mère; elle n'est pas vraisemblable et n'est étayée par aucune preuve sérieuse. Pour le surplus, la mère s'est bornée à énoncer des généralités sur les mérites du Missouri et l'excellence des écoles américaines. En conclusion, la stabilité des relations plaide en faveur d'un lieu de résidence en Suisse, d'autant que les conditions de vie de l'enfant à l'étranger ne sont pas établies, et que la disponibilité et les capacités éducatives du père ne sont pas mises en cause.