Citation: 2C_429/2021 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, procédant à une appréciation anticipée des moyens de preuve, le Tribunal cantonal a considéré qu'il s'estimait suffisamment renseigné sur la base du dossier pour trancher les griefs soulevés par les recourants et que, au surplus, rien ne laissait à penser que le Conseil d'Etat, qui gérait au quotidien la pandémie et ses différents impacts, s'abstenait de réévaluer régulièrement ses décisions et d'étudier la possibilité de lever ou d'alléger les mesures prises. Le Conseil d'Etat avait, au demeurant, formellement souligné, dans ses observations cantonales du 24 février 2021, se livrer chaque semaine à une telle réévaluation (p. 7). Les juges précédents ont ainsi renoncé à requérir la production des pièces demandées. Il appartenait aux recourants de démontrer que l'appréciation anticipée des preuves à laquelle s'est livrée l'autorité précédente était arbitraire (cf. supra consid. 3.1), ce qu'ils ne font nullement. Leur argumentation se limite en effet à affirmer qu'ils ont le sentiment "d'une espèce de complaisance" voire d'un "excès de crédulité partial qui confine à l'arbitraire" du Tribunal cantonal à l'égard du Conseil d'Etat, ce qui est insuffisant au regard des exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. Pour le reste, en ce qu'ils estiment que le fait, pour les Conseillers d'Etat, de se trouver en campagne électorale lors de la procédure de recours cantonale permettait de douter que les intéressés réexaminaient hebdomadairement l'opportunité du maintien de la mesure litigieuse, une telle critique, essentiellement appellatoire et fondée sur des appréciations subjectives, ne démontre pas en quoi l'appréciation des juges précédents serait insoutenable, respectivement en quoi les déclarations du Conseil d'Etat, dont la bonne foi est présumée, ne seraient manifestement pas crédibles. Dans ces circonstances, on ne voit pas en quoi il était arbitraire, pour l'autorité précédente, de considérer qu'il n'y avait aucun motif de remettre en doute l'existence d'un réexamen régulier du bien-fondé de la mesure litigieuse.