Citation: 9C_720/2019 E. 4

Les premiers juges ont en l'occurrence cité in extenso des passages de tous les documents médicaux établis à l'occasion de la décision initiale du 19 mars 2013 et de la décision litigieuse du 28 mars 2018. Ils ont considéré que le rapport d'expertise psychiatrique réalisée par le docteur F.________ sur mandat de l'office recourant remplissait tous les critères pour se voir reconnaître une pleine valeur probante (il émanait d'un spécialiste en psychiatrie; il se fondait sur un dossier complet et des investigations détaillées; les diagnostics étaient conformes à un système de classification reconnu; l'expert avait motivé ses conclusions de façon circonstanciée; il avait en particulier expliqué pourquoi il s'écartait des diagnostics retenus par ses confrères). Ils ont conclu que ce rapport "parai[ssait] en soi probant et convaincant" et que "rien ne sembl[ait] a priori indiquer devoir s'en écarter". En ce qui concerne la période antérieure à l'expertise, ils ont toutefois évoqué les arrêts maladie certifiés par les médecins traitants ainsi que les hospitalisations de l'intimé et ont estimé que ces éléments "laissaient fortement à penser" que la situation s'était détériorée depuis la décision du 19 mars 2013. Ils ont donc "souscri[t] à l'idée d'une aggravation de l'état de santé suffisamment établie au degré de la vraisemblance prépondérante [...] contrecarr[ant] l'avis du docteur F.________ selon lequel l'assuré n'aurait pas présenté d'incapacité de travail par le passé". Ils se sont ainsi écartés des conclusions de l'expert, considérant que "rien ne permet[tait] de faire fi des incapacités de travail médicalement attestées [...] par la doctoresse C.________". En ce qui concerne la période postérieure à l'expertise, ils ont relevé que les conclusions du docteur F.________ étaient "vigoureusement contestées" tant sur le plan des diagnostics que sur le plan de la capacité résiduelle de travail par le Centre D.________, la doctoresse C.________ et l'experte E.________, même si le docteur F.________ "sembl[ait] s'être défendu de manière crédible". Ils ont estimé que l'instruction menée par l'administration "posait problème" et ont envisagé de lui renvoyer la cause pour "pallier les défauts de l'instruction". Ils ont cependant "acqu[is] la conviction qu'il ne s'agi[ssait] pas de la solution la plus adéquate à adopter en l'occurrence" dans la mesure notamment où une nouvelle expertise ne "contribuerait [qu']à surenchérir la querelle d'experts". Ils ont jugé que "vu les éléments factuels du dossier, l'ensemble des pièces médicales le constituant, la singularité du cas d'espèce et l'absence d'instruction plus poussée à laquelle il sembl[ait] illusoire de pouvoir remédier", l'état de santé de l'intimé s'était détérioré au point que celui-ci était totalement incapable de travailler depuis le 1 er novembre 2014 et avait droit à une rente entière à partir du 1 er février 2015.