Citation: 5P.108/2005 22.08.2005 E. 2.3

2.3.1 Selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge fixe la contribution pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre, en application de l'art. 163 al. 1 CC. Conformément à la jurisprudence, les deux époux doivent ainsi contribuer, chacun selon ses facultés, aux frais supplémentaires engendrés par l'existence parallèle de deux ménages. Il en résulte que celui des conjoints qui n'avait, jusqu'à la suspension de la vie commune, pas exercé d'activité lucrative, ou seulement dans une mesure restreinte, pourra, selon les circonstances, être contraint de le faire ou d'augmenter son taux de travail. Dans chaque cas concret, il s'agit d'examiner si et dans quelle mesure on peut exiger de l'époux concerné qu'il ait une activité lucrative, ou augmente celle qu'il exerce déjà, compte tenu de son âge, de son état de santé, de sa formation et, le cas échéant, du temps plus ou moins long durant lequel il a été éloigné de la vie professionnelle (cf. ATF 114 II 13 consid. 5 p. 17, 301 consid. 3a p. 302). 2.3.2 En l'espèce, l'autorité cantonale retient que l'épouse n'a jamais exercé d'activité lucrative pendant le mariage, restant à la maison pour s'occuper de ses trois enfants. En avril 2002, elle a trouvé un emploi de vendeuse à temps partiel dans une bijouterie. De cette date jusqu'en octobre 2002, elle a ainsi réalisé un revenu mensuel moyen s'élevant à 2'000 fr., à l'exception des mois de juillet et d'août durant lesquels elle a pris des vacances. Le 19 décembre 2002, elle a été licenciée avec effet immédiat pour avoir décidé de s'absenter à nouveau un mois durant les fêtes de fin d'année, contre l'avis de son employeur. Il convenait dès lors de s'en tenir à une capacité de gain de 2'000 fr. par mois. Le recourant soutient que l'intimée est au bénéfice d'un diplôme de commerce qui lui a permis de travailler auprès d'employeurs prestigieux, qu'elle a suivi une formation professionnelle d'agent de voyage au début de 1992 et qu'elle a fondé, en 1993, une société dont elle était l'administratrice et au sein de laquelle elle occupait le poste de directrice. L'autorité cantonale aurait par conséquent arbitrairement apprécié les preuves en constatant que l'épouse n'avait jamais travaillé en dehors de son foyer et ne disposait d'aucune formation professionnelle. Il serait en outre insoutenable de considérer qu'elle ne peut exercer qu'une activité lucrative à 50% et, de ce fait, ne réaliser qu'un revenu limité à 2'000 fr. Ces critiques n'apparaissent pas fondées. Quand bien même l'épouse aurait-t-elle occupé certains emplois durant la vie commune, il n'en demeure pas moins que les conjoints avaient adopté une répartition traditionnelle des tâches, le mari pourvoyant principalement aux dépenses familiales et l'épouse assumant la tenue du ménage ainsi que l'éducation des enfants. Le recourant ne prétend du reste pas le contraire. Dans ces conditions, et compte tenu de l'âge de l'intimée, il n'était pas insoutenable de se fonder, à ce stade, sur les revenus qu'elle a réalisés en 2002. La jurisprudence invoquée par le recourant (ATF 128 III 65) concerne une situation différente puisque dans cette affaire, l'épouse n'était âgée que de 41 ans - alors qu'en l'espèce l'intimée a plus de 55 ans - et que le mari, qui ne gagnait que 5'700 fr. par mois en prenant en compte les allocations familiales et une activité supplémentaire de concierge, avait la garde des enfants dont il était le père.