Citation: 4A_531/2020 E. 7.3

7.3. Selon la jurisprudence précitée (consid. 7.1), la limite de coût est une instruction au sens de l'art. 397 CO, soit une déclaration de volonté unilatérale sujette à interprétation. Cette analyse est partagée par la doctrine majoritaire (cf. YANN FÉROLLES, Le dépassement du devis de l'architecte, 2017, p. 186 n. 637 et les auteurs cités en sous-note 960). L'autorité précédente s'est écartée de cette ligne en suivant l'analyse d'un auteur selon laquelle la limite de coûts doit recueillir le consentement exprès ou tacite de l'architecte pour être contraignante (HANNES ZEHNDER, Die Haftung des Architekten für die Überschreitung seines Kostenvoranschlages, 1993, p. 32 n. 69 s.). Quoi qu'il en soit, l'autorité précédente a aussi dénié au mandant la volonté de fixer une limite contraignante en lui reprochant de ne pas avoir désigné quels postes devraient être supprimés pour rester dans son budget de 850'000 fr., puis en donnant des instructions inaptes à ramener les coûts dans cette limite. Dans le même ordre d'idées, le premier juge avait pointé le fait que le mandant avait requis des travaux supplémentaires malgré le devis de 879'029 fr., n'avait jamais reproché aux architectes d'avoir poursuivi les travaux après s'être rendu compte qu'ils excéderaient 850'000 fr. et avait calculé son dommage en fonction du montant supérieur initialement devisé (879'029 fr.). Or, pour les motifs qui vont être exposés, cette conclusion quant à la volonté réelle du mandant est dénuée d'arbitraire.