Citation: 1C_186/2018 E. 2

L'arrêt attaqué, rendu en dernière instance cantonale dans le cadre d'une procédure de retrait du permis de conduire, fixe les conditions auxquelles le recourant peut être réadmis à la circulation routière à la suite de la révocation du retrait de sécurité prononcé à son encontre. Cette décision est ainsi susceptible d'un recours en matière de droit public, au sens des art. 82 ss LTF. Le recourant est particulièrement touché par l'arrêt cantonal, qui l'astreint à se soumettre à différentes mesures visant à démontrer une abstinence ininterrompue sur plusieurs mois de toute consommation d'alcool et de stupéfiants et son aptitude à la conduite d'un véhicule automobile, et peut se prévaloir d'un intérêt digne de protection à obtenir son annulation au sens de l'art. 89 al. 1 LTF. En raison de l'effet dévolutif complet du recours déposé auprès de la Cour administrative, seule la conclusion en annulation de l'arrêt du 9 mars 2018 est recevable (ATF 136 II 470 consid. 1.3 p. 474). En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours doivent être motivés. Selon l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient au recourant de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse et d'expliquer en quoi ceux-ci seraient contraires au droit (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 91). En outre, les éventuels griefs de violation des droits fondamentaux sont soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF), le recourant devant alors citer les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés (ATF 142 II 369 consid. 2.1 p. 372). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 142 III 364 consid. 2.4 p. 368). Le recourant conteste avoir refusé de se soumettre à une prise de sang et d'urine lors du contrôle de gendarmerie effectué le 2 juin 2011, comme le retient l'arrêt attaqué, et soutient qu'il aurait uniquement refusé de signer des documents où ne figuraient pas la date et l'heure du contrôle. Ce faisant, il perd de vue qu'en vertu de l'art. 97 al. 1 LTF, les constatations de fait ne peuvent être critiquées que si les faits ont été établis de façon manifestement inexacte et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause. Or il ressort du dossier que le recourant a été condamné par ordonnance pénale du 19 juillet 2011 pour s'être dérobé ou opposé aux mesures visant à constater son incapacité à conduire. Le Juge de police de l'arrondissement de la Sarine a jugé que l'opposition formée à cette ordonnance avait été retirée faute pour A.________ de s'être présenté aux débats et a constaté que cette décision était entrée en force; cela étant, vu la jurisprudence suivant laquelle l'autorité administrative statuant sur un retrait du permis de conduire est liée par les faits retenus dans un jugement pénal entré en force (ATF 139 II 95 consid. 3.2 p. 101), la Cour administrative ne saurait se voir reprocher d'avoir procédé à une constatation inexacte des faits en retenant que le recourant a refusé de se soumettre à une prise de sang et d'urine. Au demeurant, le recourant n'explique pas en quoi le fait qu'il ne se soit pas opposé à une prise de sang ou d'urine lors de son interpellation le 2 juin 2011 pourrait influer sur le sort de la cause limitée, à ce stade de la procédure, aux conditions de sa réadmission à la conduite d'un véhicule automobile à la suite de la révocation du retrait de sécurité de son permis de conduire. L'arrêt attaqué ne saurait donc être reconsidéré pour ce motif. Le recourant a fait l'objet d'un retrait de sécurité entré en force le 30 octobre 2014 en raison d'une inaptitude à la conduite inhérente à sa consommation d'alcool. Il n'est dès lors pas habilité à revenir sur cette sanction et c'est en vain qu'il conteste un problème d'alcool. L'arrêt attaqué confirme la révocation de cette mesure et fixe les conditions à sa réadmission à la conduite automobile. La Cour administrative a considéré qu'il n'y avait pas lieu de se distancier de l'avis des experts de l'UMPT exprimé dans le rapport du 16 novembre 2016 au sujet de l'aptitude à conduire du recourant et des conditions qu'ils estimaient nécessaires à sa réadmission à la circulation routière. Le recourant se borne à lui opposer les autres certificats médicaux déposés dans l'intervalle, qui concluent à l'absence de dépendance à l'alcool ou aux stupéfiants, sans chercher à établir en quoi la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire ou violé d'une autre manière le droit en considérant être liée sur ce point par l'appréciation des experts de l'UMPT qui se fonde sur une expertise psychologique dont le recourant ne remet pas en cause la teneur et les conclusions et sur le fait non contesté qu'il ne s'était pas soumis aux analyses requises par la Commission dans sa décision du 30 octobre 2014 pour confirmer l'absence de toute rechute dans l'alcool et de toute reprise de la consommation de cannabis. Sur ce point, le recours est purement appellatoire et ne répond pas aux exigences de motivation requises. La Cour administrative a considéré par ailleurs que la production des certificats médicaux demandés, après six et douze mois, ne s'avérait ni particulièrement contraignante pour le recourant ni disproportionnée au regard de l'ensemble des circonstances du cas. A.________ ne conteste pas davantage cette argumentation, précisant qu'il se soumettrait aux tests qui lui sont demandés. Les craintes que les décisions prises par la Commission et la Cour administrative soient portées dans son casier judiciaire sont au surplus infondées. Seuls les jugements prononcés par les autorités pénales en raison d'un crime ou d'un délit prévu par le Code pénal ou par d'autres lois fédérales sont inscrits au casier judiciaire (cf. art. 366 al. 2 CP; art. 3 al. 1 let. a et 11 al. 1 de l'ordonnance sur le casier judiciaire), à l'exclusion des mesures administratives en matière de circulation routière qui sont mentionnées dans le registre automatisé des mesures administratives (cf. art. 104b al. 3 let. a LCR; art. 7 let. a et b de l'ordonnance sur le registre ADMAS).