Citation: 6B_609/2007 21.04.2008 E. 1

La recourante fonde son argumentation sur un certain nombre de constatations, savoir l'absence de traces de liquide inflammable sur les vêtements qu'elle portait, le fait que l'emballage du produit en question n'ait pas été retrouvé, et soutient que le dossier serait lacunaire à propos de la présence d'un briquet à proximité plus ou moins immédiate du foyer de l'incendie. Elle relève par ailleurs que les renseignements obtenus à son sujet sont bons et qu'elle n'avait aucune raison de commettre un tel acte, son commerce étant selon ses dires rentable, les revenus qu'elle déclarait étant réduits volontairement par sa fiduciaire à des fins fiscales. Elle soutient en outre que c'est à tort que les autorités cantonales ont exclu l'hypothèse de l'intervention d'un tiers. L'argumentation de la recourante consiste à présenter sa propre version des faits, sans toutefois démontrer en quoi celle retenue par les autorités cantonales serait insoutenable. Par ailleurs, il ressort des constatations de fait de l'autorité cantonale que la recourante a quitté sa boutique sans avoir décelé quoi que ce soit d'anormal et qu'étant revenue sur ses pas peu de temps après, elle avait trouvé son commerce en flammes. En outre, deux témoins ont constaté la présence de hautes flammes dans la boutique quelques secondes après que la recourante l'ait quittée. Le court laps de temps qui s'est écoulé entre le départ de la recourante et le moment où les témoins ont aperçu de hautes flammes montre clairement que le feu a immédiatement pris une certaine ampleur. Cette déduction est par ailleurs confirmée par la présence de produits inflammables, établie par l'enquête, qui ont la propriété de s'embraser très rapidement. Dans ces circonstances, l'autorité cantonale pouvait, sans arbitraire, exclure l'intervention d'un tiers avant que la recourante ne quitte son magasin car elle n'aurait alors pas manqué de remarquer les premières flammes au moment où elle fermait sa boutique. En outre, l'intervention d'un tiers après son départ est aussi inconcevable puisqu'il n'est pas contesté qu'elle en avait fermé la porte à clé. Enfin, eu égard à la présence de produit inflammable sur les vêtements qui ont pris feu et à la rapidité avec laquelle le sinistre s'est déclaré et propagé, l'autorité cantonale pouvait également sans arbitraire considérer que le feu n'avait pas pris spontanément, et que seule la recourante pouvait être à l'origine de l'incendie. Les éléments invoqués par la recourante ne sont pas de nature à modifier cette appréciation. En effet, il est tout-à-fait concevable qu'elle ait imbibé d'un produit inflammable les tissus auxquels elle entendait mettre le feu sans que ses propres vêtements en aient été imprégnés et qu'elle se soit ensuite débarrassée du contenant du produit en question, qui n'était pas forcément celui d'origine. Par ailleurs, dans la mesure où elle conteste avoir eu un mobile, elle ne fait que rappeler sa propre version des faits, qui ne repose sur aucune constatation des autorités cantonales, desquelles il ressort au contraire que son commerce n'était pas rentable et que la valeur de son stock, dont elle cherchait à se débarrasser depuis plusieurs mois, n'excédait pas la somme pour laquelle il était assuré. Enfin, la recourante ne montre pas en quoi le fait que le briquet qui a été découvert dans la boutique se soit trouvé à proximité plus ou moins immédiate du foyer serait de nature à faire apparaître les conclusions de l'autorité cantonale comme arbitraires. Dans ces circonstances et compte tenu des éléments dont disposaient les autorités cantonales, le raisonnement par lequel elles sont parvenues à la conclusion que seule la recourante avait pu bouter le feu à sa boutique n'est pas arbitraire au moins dans son résultat, de sorte que ce grief est mal fondé et que le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.