Citation: 1P.733/2006 13.02.2007 E. 6

Le recourant estime que le jury aurait arbitrairement apprécié les preuves en indiquant que les faits étaient plausibles au vu des indications précises, de temps et de lieu, données par B.________. Le jury aurait en effet négligé de se prononcer sur la vraisemblance des lieux avec les actes dénoncés. Le recourant reproche également à l'autorité cantonale de ne pas avoir traité certains de ses arguments, invoquant une violation de son droit d'être entendu. 6.1 La Cour de cassation a jugé que la présence de C.________, fille du recourant née en 1998, dans la chambre, ne rendait pas la commission d'abus sexuels impossible. Elle a également relevé qu'il était bien connu que la présence d'un tiers, soit la femme du recourant en l'espèce, n'empêchait pas la réalisation d'abus sexuels à l'intérieur de la cellule familiale. Le recourant n'explique pas en quoi l'appréciation de l'autorité cantonale sur ces points serait arbitraire. Comme l'a relevé le Ministère public dans ses observations, il n'est pas invraisemblable que les abus commis rapidement et qui plus est pendant la nuit n'aient pas nécessairement coïncidé avec les pleurs de C.________. En outre, les abus n'ont pas uniquement été commis dans la chambre à coucher de C.________. La femme du recourant a elle-même déclaré qu'il était possible que son mari se lève la nuit sans qu'elle ne l'entende. Il n'est donc pas insoutenable de considérer que les abus ont été commis à son insu. Cela dit, la femme du recourant a initialement fait part aux autorités des doutes qu'elle avait conçus sur l'attitude de son mari envers B.________. Par la suite, elle les a cependant mis sur le compte de sa propre jalousie et de son caractère difficile. Il n'est d'ailleurs pas inutile de rappeler qu'elle a même tenté d'exercer des pressions sur B.________ la veille du procès. Elle a également banalisé les violences dont elle avait fait l'objet de la part de son mari. Dans ces circonstances, le seul fait qu'elle ne soit pas intervenue ne saurait amoindrir la fiabilité des déclarations de B.________. En définitive, il n'y a donc pas lieu de reprocher aux autorités cantonales d'avoir accrédité les abus dénoncés par B.________. Le grief doit dès lors être rejeté. 6.2 Le recourant reproche à la Cour de cassation de ne pas avoir examiné les autres objections qu'il avait pourtant soulevées dans son recours. Il avait exposé que selon une amie de B.________, cette dernière lui aurait confié qu'elle ne se faisait violer que lorsque sa soeur ne se trouvait pas à son domicile. Il avait relevé également qu'il était impossible que B.________ se soit retrouvée dans le lit conjugal, car il partait toujours avant son épouse le matin. Enfin, il mettait en doute les déclarations de la victime selon lesquelles elle serait venue se réfugier dans le lit conjugal après un cauchemar et que sa soeur lui aurait cédé sa place pour aller dormir sur le canapé. L'autorité qui ne traite pas un grief relevant de sa compétence, motivé de façon suffisante et pertinent pour l'issue du litige commet un déni de justice formel proscrit par l'art. 29 al. 1 Cst. (ATF 117 Ia 116 consid. 3a p. 117). En l'espèce, il est vrai que la Cour de cassation ne s'est pas prononcée sur tous les arguments du recourant. Il s'agit cependant de circonstances qui ne sont pas de nature à remettre en cause la crédibilité des déclarations de la victime. La Cour de cassation pouvait donc s'abstenir de les traiter en détail. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer que le recourant avait pu se rendre en retard au travail ou être malade. L'amie de B.________ a de son côté précisé que cette dernière était restée discrète lorsqu'elle s'était confiée à elle. Enfin, s'agissant de l'épisode du cauchemar, l'épouse du recourant se trouvait de toute façon dans un état de déni total. Il résulte de ce qui précède, qu'en eux-mêmes, les points soulevés par le recourant n'étaient pas de nature à faire douter de la réalité des faits dénoncés par B.________. Le grief tiré d'une violation du droit d'être entendu doit dès lors être rejeté.