Citation: 6B_1296/2021 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a retenu que les intimés devaient être autorisés à apporter la preuve de leur bonne foi, dès lors qu'ils avaient enquêté dans un contexte règlementaire - sans volonté de nuire aux recourants - sur des matchs truqués avérés ayant impliqué le club E.________. Considérant que les intimés avaient fourni la preuve de leur bonne foi, l'autorité précédente a relevé que ceux-ci avaient eu des raisons sérieuses d'accuser les recourants d'entretenir de forts liens avec des criminels et d'avoir organisé des matchs truqués. Il résultait en effet du rapport de I.________ une participation très probable des recourants au trucage des matchs du club précité; or ce rapport, qui émanait d'une société spécialisée et reconnue dans la détection des paris sportifs truqués, constituait une source d'information valable pour les intimés, qui n'avaient aucune raison de le remettre en cause. Les sanctions disciplinaires infligées au club le 29 mars 2018, confirmées par le TAS puis par le Tribunal fédéral (cf. arrêt 4A_462/2019 du 29 juillet 2020), étaient fondées notamment sur le rapport du 7 février 2018, établi dans le cadre du BFDS (Betting Fraud Detection System), système exploité par la société I.________ et l'UEFA. En outre, la participation de B.________ aux matchs truqués résultait également de ses fonctions de vice-président (depuis 2012) et d'ancien président (de 2010 à 2012) du club, concomitantes à la période durant laquelle les résultats de plus de 50 parties ont été manipulés, selon les décisions de l'UEFA et du TAS. A.________, un des principaux investisseurs du club, avait pour sa part été mis en cause par un ancien entraîneur du club G.________ pour lui avoir donné l'instruction de perdre un match. Les intimés avaient ainsi suffisamment d'éléments pour associer les recourants au trucage de matchs du club E.________, de sorte qu'ils devaient être libérés de l'accusation de diffamation.