Citation: 8C_192/2024 E. 4

S'agissant des troubles cervicaux, les juges cantonaux ont indiqué que plusieurs médecins s'étaient exprimés sur le lien de causalité naturelle entre ces affections et l'accident du 31 mars 2005. Le docteur F.________, spécialiste en neurochirurgie pour C.________, avait relevé que l'antélisthésis de C3 sur C4 évoquait une lésion ligamentaire ancienne et qu'il était par conséquent probable qu'une rupture des moyens d'union soit passée inaperçue lors de l'accident. Le docteur D.________ semblait partager cette analyse, de même que le docteur G.________, spécialiste en médecine physique et réadaptation, et les experts de CEMEDEX. Selon la cour cantonale, malgré ces différents points de vue, l'existence d'un lien de causalité ne paraissait que possible. En effet, rien n'indiquait que l'accident avait engendré un traumatisme important au niveau de la colonne cervicale, le recourant ne s'étant notamment pas plaint de cervicalgies. Les radiographies de la colonne vertébrale effectuées aux urgences s'étaient avérées normales. Ce n'était qu'en avril-mai 2014, soit plus de neuf ans après l'accident, que des douleurs cervicales, respectivement un antélisthésis, avaient été rapportés. Dans ces conditions, au degré de la vraisemblance prépondérante, les problèmes cervicaux du recourant ne pouvaient pas être rattachés à l'accident du 31 mars 2005, d'autant moins que les médecins consultés avaient reconnu l'existence de troubles dégénératifs de la colonne cervicale. En ce qui concernait les céphalées, il n'était pas contestable qu'elles n'avaient plus quitté le recourant depuis son accident. Cela étant, il n'y avait pas unanimité parmi les médecins quant à leur nature. Si l'on pouvait admettre qu'il avait présenté des céphalées post-traumatiques dans les suites immédiates de l'accident, il était ensuite fait mention, selon les rapports médicaux, de céphalées tensionnelles, mécaniques, mixtes (tensionnelles et mécaniques), médicamenteuses ou encore migraineuses. Par ailleurs, plusieurs médecins avaient fait état d'une exacerbation des céphalées s'inscrivant dans les conséquences directes de l'intervention chirurgicale du 7 mars 2017. En tout état de cause, dès lors que le lien de causalité entre les troubles cervicaux et l'accident n'était pas établi, un tel lien entre les céphalées et l'accident devait également être nié. Les premiers juges ont ajouté que l'évaluation du docteur E.________ confirmait, dans les grandes lignes, les constatations médicales qui précédaient. Au terme de son analyse, cet expert avait estimé qu'il était tout au plus possible que l'accident du 31 mars 2005 ait entraîné une instabilité C3-C4, une dégénérescence des arthroses facettaires ainsi qu'une ostéochondrose étagée sur la quasi-totalité de la colonne cervicale. Selon le docteur E.________, les autres plaintes évoquées par le recourant (vertiges, maux de tête, troubles du sommeil) n'avaient aucune cause organique et le statu quo sine était largement atteint, le recourant souffrant des mêmes douleurs que si l'accident ne s'était pas produit. Le tribunal cantonal a finalement indiqué qu'il n'y avait pas lieu d'examiner les griefs formels du recourant à l'encontre de l'expertise du docteur E.________, puisque celle-ci n'apparaissait pas décisive pour trancher le litige. La décision sur opposition du 3 mai 2022 pouvait être confirmée sans qu'il y eût lieu d'ordonner d'autres mesures probatoires.