Citation: 1A.207/2001 06.03.2002 E. 1

4.1 Comme le rappelle la cour cantonale, le principe de la proportionnalité empêche d'une part l'autorité requérante de demander des mesures inutiles à son enquête et, d'autre part, l'autorité d'exécution d'aller au-delà de la mission qui lui est confiée (ATF 121 II 241 consid. 3a). L'autorité suisse requise s'impose une grande retenue lorsqu'elle examine le respect de ce principe, faute de moyens qui lui permettraient de se prononcer sur l'opportunité de l'administration des preuves. Le juge de l'entraide doit lui aussi se borner à examiner si les renseignements à transmettre présentent, prima facie, un rapport avec les faits motivant la demande d'entraide. Il ne doit exclure de la transmission que les documents n'ayant manifestement aucune utilité possible pour les enquêteurs étrangers (examen limité à l'utilité "potentielle", ATF 122 II 367 consid. 2c p. 371). 4.2 Le principe de la proportionnalité n'empêche pas l'autorité d'exécution d'interpréter extensivement la requête d'entraide. Cela correspond en effet à la notion d'"entraide la plus large possible" visée à l'art. 1 CEEJ, et permet d'éviter le dépôt d'une demande d'entraide complémentaire, lorsqu'il apparaît d'emblée que l'autorité étrangère ne pourra pas se satisfaire des renseignements recueillis (ATF 121 II 241 consid. 3a p. 242-243). Tel est précisément le sens de la démarche du juge d'instruction. L'autorité requérante expose en effet que des détournements à grande échelle ont été commis à partir de la société B.________, sous le couvert de transactions fictives avec, notamment, des sociétés offshore. En mentionnant le compte des recourantes, l'autorité requérante exprime le soupçon que les sommes détournées ont pu y parvenir et que les sociétés détentrices ont pu, délibérément ou non, se prêter à de telles opérations. Contrairement à ce que soutiennent les recourantes, l'autorité requérante n'a pas à indiquer précisément sur quels indices ou éléments de preuve elle fonde ses soupçons. Il apparaît dès lors que, si elle en avait connaissance, l'autorité requérante se serait intéressée à tous les comptes dont les recourantes ont pu disposer. Par ailleurs, la production de toute la documentation bancaire, sans restriction de temps, permettra de contrôler la provenance des fonds, ainsi que leur destination ultérieure. L'interprétation large de la demande, telle qu'opérée par le juge d'instruction, procède d'une bonne compréhension de la démarche de l'autorité étrangère et n'est en rien critiquable. Le blocage du compte bancaire n'apparaît pas non plus disproportionné à ce stade: c'est à l'autorité requérante qu'il appartiendra, sur le vu des documents remis par la Suisse, de déterminer si les avoirs bloqués ont, en tout ou partie, une origine délictueuse. 4.3 Le principe de la proportionnalité impose par ailleurs à l'autorité d'exécution d'effectuer un tri des documents à transmettre. En vertu de son droit d'être entendue, la personne touchée par la mesure d'entraide doit pouvoir s'opposer à la transmission de renseignements déterminés, soit qu'ils apparaissent manifestement sans rapport possible avec les faits évoqués dans la demande, soit qu'ils violent d'une autre manière le principe de la proportionnalité (ATF 116 Ib 190 consid. 5b et la jurisprudence citée). Cela n'impose pas une audition personnelle de l'intéressé, mais celui-ci doit disposer d'une occasion suffisante pour faire valoir ses moyens d'opposition avant la transmission des renseignements recueillis (ATF 127 II 151 consid. 5b p. 159). Contrairement à ce que soutiennent les recourantes, c'est à elles qu'il appartenait d'indiquer quelles pièces ne devaient pas être transmises, et d'en indiquer les motifs. Même si le nombre de pièces saisies est important, les recourantes en connaissaient mieux la teneur, ce qui justifie ce devoir de collaboration (ATF 126 II 258 consid. 9b/aa). Comme le relève la Chambre d'accusation, les recourantes connaissaient tant la teneur des demandes d'entraide que le détail des documents remis par la banque. Elles ont eu l'occasion de présenter leurs objections dans le cadre de la procédure cantonale de recours, ce qui satisfait à leur droit d'être entendues. Rien ne les empêchait d'indiquer précisément quels renseignements bancaires portaient atteinte de manière disproportionnée à leur sphère privée. Or, que ce soit devant la cour cantonale ou devant le Tribunal fédéral, elles n'entreprennent pas une telle démonstration, alors que, comme cela est relevé ci-dessus, on peut raisonnablement présumer que l'ensemble des documents remis par la banque présente un intérêt potentiel pour l'enquête menée en Italie. Le grief doit par conséquent être écarté.