Citation: 6S.452/2002 28.02.2003 E. 1

2.2 Selon les constatations cantonales qui lient la cour de céans, le recourant a reconnu qu'à un moment donné il avait envisagé qu'il y avait un risque de danger de mort pour l'enfant, ce qui ne l'avait pas empêché de le laisser seul, puis de le frapper à nouveau. Ainsi, le recourant a admis avoir envisagé le résultat dommageable, mais a néanmoins continué à infliger des sévices à sa victime. Compte tenu des aveux du recourant et conformément à la jurisprudence précitée (cf. supra, consid. 2.1), on peut fortement douter de la recevabilité du grief invoqué qui, de toute manière, doit être rejeté au fond. En effet, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant, au bénéfice d'un brevet de secouriste de plongée, savait qu'une personne inconsciente ne devait pas être laissée sans surveillance et qu'il connaissait le comportement adéquat à adopter dans ce genre de situation. L'arrêt attaqué retient qu'après la seconde volée de coups infligée le 11 mai 1999, le recourant s'était rendu compte que l'enfant, fragilisé par une narcose, avait perdu connaissance, puisque celui-ci respirait d'une façon lente et bizarre et qu'il avait les yeux mi-clos, sans réaction, mais qu'il avait tout de même quitté la pièce, sans s'inquiéter, pour revenir après une demi-heure, trois quarts d'heure, lui asséner de nouveaux coups tout en constatant que l'enfant était toujours dans le même état et qu'il était tout froid. Se basant sur le rapport d'expertise, l'autorité cantonale a retenu que le trouble de la personnalité du recourant n'était pas de nature à atténuer la faculté d'apprécier le caractère illicite d'un acte, mais qu'il diminuait légèrement la capacité de se déterminer d'après cette appréciation. Sur la base des déclarations du psychiatre, elle a aussi relevé, au sujet des événements du 11 mai 1999, que l'agacement et l'angoisse ressentis par le recourant avaient pu lui faire "perdre les pédales", dans le sens qu'il ne maîtrisait plus la situation, mais a toutefois exclu une démence, dans la mesure où il n'était pas hors de la réalité et qu'il n'existait pas de délire, ni d'hallucination. Dans ces conditions, tant la probabilité de la réalisation du risque que la violation du devoir de prudence étaient extrêmement élevées, ce qui constitue des indices déterminants permettant de conclure que le recourant avait envisagé et accepté l'éventualité que l'enfant mourût. Sont également révélateurs l'extrême violence et l'acharnement avec lesquels le recourant a frappé l'enfant, ce même alors que celui-ci était inconscient, de même que les mobiles futiles et égoïstes qui l'ont poussé à commettre de tels actes. Le recourant a donc envisagé et accepté que Y.________ fût tué et son grief est dès lors infondé. 2.3 Le recourant ne conteste pas, à juste titre, la réalisation des éléments constitutifs objectifs de l'infraction. Partant, la condamnation du recourant pour crime manqué de meurtre par dol éventuel est en tout point bien fondée.