Citation: 6B_1191/2023 E. 1.3

1.3. S'agissant de la qualification juridique de l'infraction, la cour cantonale a retenu qu'il ne faisait aucun doute que l'intimée n'était pas consentante et que le recourant s'en était aperçu. Elle avait repoussé ses gestes plusieurs fois, avait feint de dormir, s'était recroquevillée contre la vitre, avait resserré ses jambes lorsqu'il essayait de les écarter avec sa main. Par son comportement, l'intimée s'était opposée clairement et le recourant en avait fait fi. Autre était la question de l'usage de la contrainte. Le positionnement des deux protagonistes dans le bus et la corpulence du recourant étaient déjà propres à créer une situation de nette infériorité physique pour cette victime. Le recourant avait choisi de s'installer à côté de la jeune fille, âgée de vingt ans à peine, alors qu'il avait réservé une autre place. Prise au piège dans un endroit confiné et à l'abri des regards des autres voyageurs - d'autant que le bus circulait de nuit, qu'il n'était pas éclairé à l'intérieur, et que le recourant avait pris le soin de positionner un polo sur les jambes de l'intimée, vraisemblablement pour cacher ses méfaits - celle-ci avait choisi de se recroqueviller, en se positionnant contre la fenêtre pour se protéger. Elle avait repoussé son agresseur sans discontinuer, soit en essayant de rendre ses parties intimes inaccessibles, soit en contrant directement ses gestes. L'intimée n'avait eu de cesse de repousser le recourant sans succès. Certes, elle n'était pas seule dans le bus, mais le fait de renoncer d'appeler à l'aide d'autres voyageurs - parfaitement inconnus - n'était pas déterminant s'agissant de qualifier l'usage de la contrainte et pouvait parfaitement s'expliquer par le fait que l'intéressée était tétanisée et choquée. Par ailleurs, comme relevé par le tribunal de police, l'intimée n'avait pas la possibilité non plus de quitter le bus au milieu de la nuit dans une gare routière étrangère et avant d'arriver à destination, ce que le recourant savait parfaitement et ce dont il avait profité. A cela s'ajoutait encore la supériorité physique de l'agresseur et le positionnement des protagonistes dans le bus, la victime s'étant retrouvée de facto coincée entre son agresseur et la vitre du bus. Tous ces éléments réalisaient, ensemble, l'élément constitutif de la contrainte. Au vu de ces éléments, la cour cantonale a considéré que c'était à juste titre que le premier juge avait considéré que les éléments constitutifs objectifs et subjectifs de la contrainte sexuelle étaient réalisés.