Citation: 5A_456/2022 E. 5.1.3

5.1.3. En l'occurrence, contrairement à ce que soutient la recourante, on ne saurait reprocher à la cour cantonale de n'avoir pas pris en considération la situation créée par le cumul des facteurs " âge " et " état de santé ", auquel s'ajoutait le fait qu'elle n'avait pas occupé de poste à temps plein depuis 2007. En effet, la juridiction précédente a bien tenu compte de l'âge de la recourante, de son état de santé - qu'elle a toutefois estimé sans influence sur la capacité de gain de l'intéressée -, ainsi que du fait que celle-ci avait maintenu une activité lucrative sans interruption durant la vie commune pour juger qu'on pouvait attendre de l'ex-épouse qu'elle augmente son activité lucrative à 100%. S'agissant plus spécifiquement de son état de santé, la recourante fait valoir que la cour cantonale ne se serait pas prononcée sur le caractère raisonnablement exigible de l'augmentation de son activité lucrative et aurait confondu cette notion avec celle d' " incapacité de travail stricte ", l'inexigibilité de l'augmentation du taux d'activité n'étant pas subordonnée à ce que les conditions d'une rente d'invalidité soient remplies. En l'espèce, cette critique apparaît infondée. En effet, la juridiction précédente a examiné si, au vu des preuves produites, il pouvait être retenu que l'état de santé de l'ex-épouse limitait sa capacité de travail et l'empêchait d'augmenter son taux d'activité, ce qui est conforme à la jurisprudence (cf. supra consid. 5.1.2). A cet égard, le dépôt de n'importe quel certificat médical ne suffit pas à rendre vraisemblable, a fortiori à établir, l'incapacité de travail alléguée. L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son origine ni sa désignation, mais son contenu. Il importe notamment que la description des interférences médicales soit claire et que les conclusions du médecin soient bien motivées (arrêts 5A_584/2022 du 18 janvier 2023 consid. 3.1.2; 5A_799/2021 du 12 avril 2022 consid. 3.2.2 et les références). La recourante ne peut donc être suivie lorsqu'elle affirme que son médecin traitant n'avait pas besoin de s'exprimer sur sa capacité de gain actuelle. Pour le surplus, la recourante se contente d'opposer sa propre appréciation du certificat médical de son médecin traitant et des déclarations des témoins à celle de la juridiction précédente (cf. supra consid. 5.1.1). Cela laisse ainsi intact le constat de la cour cantonale selon lequel l'état de santé de la recourante ne l'empêchait pas de travailler à temps plein. Dans ces circonstances, il n'apparaît pas non plus insoutenable d'avoir considéré que la pièce n° 49 (certificat médical du 12 avril 2021) n'était pas pertinente pour l'issue du litige, le fait que la recourante poursuive actuellement sa psychothérapie et soit traitée médicalement n'étant pas déterminant dès lors qu'aucun élément du dossier ne permettait de retenir que l'état de santé psychique actuel de la recourante serait incompatible avec l'augmentation de son taux d'activité. La pièce litigieuse pouvant être écartée sans arbitraire par la juridiction précédente, il n'est pas nécessaire de se prononcer sur la seconde motivation contenue dans l'arrêt querellé en lien avec cette pièce, à savoir sur le caractère tardif de sa production au regard de l'art. 229 al. 1 let. b CPC (cf. ATF 142 III 364 consid. 2.4; 138 I 97 consid. 4.1.4; 138 III 728 consid. 3.4). La recourante reproche également à la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte de son âge. Comme cela ressort de la jurisprudence (ATF 147 III 308 consid. 5.5; arrêt 5A_679/2019 du 5 juillet 2021 consid. 14.2), il n'existe pas de limite d'âge au-delà de laquelle un époux ne pourrait pas augmenter son taux d'activité, l'appréciation de chaque cas dépendant des circonstances. Par ailleurs, le critère de l'âge est d'importance moindre lorsqu'il s'agit d'augmenter le taux d'une activité déjà exercée (arrêts 5A_903/2019 du 6 juillet 2020 consid. 3.4; 5A_538/2019 du 1er juillet 2020 consid. 3.1 et les références). En tant qu'elle s'est fondée sur le fait que la recourante, âgée de 50 ans au moment de la séparation, avait maintenu une activité lucrative sans interruption durant la vie commune, la cour cantonale n'a donc pas outrepassé sa marge d'appréciation. La recourante ne saurait être suivie lorsqu'elle soutient qu'au vu de son état de santé au moment de la séparation ainsi que de la contribution d'entretien allouée sur mesures provisionnelles en 2017 et jusqu'au moment de l'arrêt querellé, elle pouvait de bonne foi considérer qu'elle n'avait pas à augmenter son taux d'activité. Il ressort en effet de l'arrêt attaqué (art. 105 al. 1 LTF; ATF 140 III 16 consid. 1.3.1) que, dans sa demande de divorce du 28 décembre 2017, l'intimé a soutenu que le principe d'indépendance économique devait s'appliquer et que la recourante, qui avait réduit son temps de travail par pure convenance personnelle, devait augmenter celui-ci afin de subvenir entièrement à ses besoins. A tout le moins à compter de cette date, la recourante pouvait donc s'attendre à devoir augmenter son taux d'activité (cf. arrêts 5A_679/2019 précité consid. 14.3.2 et les références; 5A_903/2019 du 6 juillet 2020 consid. 3.4), faute de pouvoir établir un empêchement en ce sens en raison de son état de santé. S'agissant de la possibilité effective d'étendre son activité lucrative, la recourante fait tout d'abord valoir qu'elle aurait " apporté quelques éléments [...] démontrant que son taux de travail ne pouvait être augmenté ", ces éléments " notoires et relevant de l'expérience générale de la vie " n'ayant pas été traités par la juridiction cantonale de manière totalement injustifiée. Faute de soulever un grief de violation de son droit d'être entendue à cet égard, la critique est toutefois irrecevable, étant au surplus relevé que les éléments dont elle se prévaut ne constituent nullement des faits notoires (sur cette notion, cf. ATF 143 IV 380 consid. 1.1.1 et les références; arrêt 5A_755/2022 du 20 février 2023 consid. 2.3). Par ailleurs, la recourante se méprend lorsqu'elle soutient que la cour cantonale aurait, sans justification aucune, renversé le fardeau de la preuve et violé l'art. 8 CC. En effet, il appartient en premier lieu à celui qui demande une pension de démontrer qu'il n'est pas en mesure de subvenir lui-même à son entretien. Le fardeau de la preuve lui incombe ainsi lorsqu'il conteste pouvoir effectivement réaliser un revenu hypothétique (litigieux) (arrêts 5A_7/2021 du 2 septembre 2021 consid. 4.3 et la référence; 5A_466/2019 du 25 septembre 2019 consid. 3.3; cf. ég. arrêt 5A_749/2016 du 11 mai 2017 consid. 5). Compte tenu de ce qui précède et de la réserve exercée par le Tribunal fédéral en la matière, l'autorité cantonale ne peut, en l'espèce, se voir reprocher d'avoir enfreint le large pouvoir d'appréciation qui est le sien en la matière (ATF 148 III 161 consid. 4.1; 134 III 577 consid. 4; arrêt 5A_679/2019 précité consid. 14.3.2 et les références), a fortiori d'avoir versé dans l'arbitraire, en imputant un revenu hypothétique à l'ex-épouse. Les griefs de celle-ci doivent donc être rejetés dans la mesure de leur recevabilité.