Citation: 4A_26/2023 E. 2.1.4

2.1.4. Les recourants objectent que toutes les parties au contrat ont participé à l'audience de jugement du 27 janvier 2022, où B3.________ SA était représentée par B1.________ en sa qualité d'administrateur. A cette occasion, les résiliations auraient été valablement confirmées pour le 30 juin 2022, ce qui aurait permis de remédier au vice de forme. Les recourants plaident également l'abus de droit. La jurisprudence autorise le bailleur à renouveler en cours de procès une résiliation lorsque la précédente était affectée d'un vice de forme, nonobstant l'art. 271a al. 1 let. d CO (ATF 141 III 101 consid. 2.8). L'argument se heurte déjà à un premier écueil: il eût fallu agir au moyen de la formule officielle (art. 266l al. 2 CO), et non par une hypothétique déclaration orale à l'audience, dont le procès-verbal ne contient d'ailleurs aucune trace. Enfin, l'état de fait ne contient pas de signes dénotant un procédé abusif du locataire, ce qui n'est reconnu que dans des cas exceptionnels (arrêt 4C.441/2006 du 23 mars 2007 consid. 5 rés. in DB 2008 N 24; pour un ex. d'abus, cf. arrêt 4A_189/2009 du 13 juillet 2009 consid. 3 et la note critique de PATRICIA DIETSCHY, in DB 2009 N 18 p. 35). La doctrine cite l'exemple du locataire qui, bien que se sachant lié à plusieurs bailleurs, continue d'agir comme s'il n'avait qu'un seul partenaire contractuel, dans le dessein d'en tirer profit ultérieurement (BOHNET/DIETSCHY MARTENET, op. cit., n° 13 ad art. 253 CO). En bref, le Tribunal fédéral ne discerne aucune violation du droit fédéral en lien avec la nullité des résiliations.