Citation: 6P.161/2006 08.02.2007 E. 3

Le recourant reprend les griefs qu'il a soulevés devant l'autorité cantonale. Ainsi, il prétend que la procédure qui a abouti à sa condamnation n'a pas été menée dans l'optique d'une procédure pénale régie par la présomption d'innocence, mais dans celle d'une procédure civile, où il aurait eu à prouver son innocence. Il reproche également aux juges cantonaux de s'être laissés aveugler par les problèmes personnels et de santé, savoir boulimie, anorexie et automutilation, rencontrés par les victimes et d'être partis de l'idée que ceux-ci ne pouvaient que résulter des actes qui lui étaient reprochés alors qu'à dire de spécialistes ils pouvaient avoir d'autres causes. Il prétend que de nombreux éléments auraient dû susciter, auprès des juges de première instance, un doute suffisant pour l'acquitter. Il soutient en outre que, pour les mêmes motifs, la décision des premiers juges et celle de la cour cantonale sont arbitraires. 3.1 Conformément à l'art. 86 al. 1 OJ, le recours de droit public n'est recevable qu'à l'encontre des décisions prises en dernière instance cantonale. La jurisprudence admet toutefois que la décision de l'autorité inférieure puisse également être attaquée lorsque l'autorité cantonale de dernière instance ne pouvait examiner l'ensemble des griefs admissibles qui sont soulevés dans le recours de droit public ou lorsque le pouvoir d'examen dont elle jouissait est plus restreint que celui du Tribunal fédéral saisi d'un tel recours (ATF 126 II 377 consid. 8b p. 395 et les arrêts cités). Hormis ces hypothèses, le jugement de première instance ne peut être examiné qu'au travers de la décision cantonale de dernière instance et de sa motivation, c'est-à-dire en recherchant si l'atteinte au droit constitutionnel prétendument violé par le jugement de première instance a été niée à tort par la décision cantonale de dernière instance, ce qu'il appartient au recourant de montrer (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc et 1b p. 495; 111 Ia 353 consid. 1b in fine p. 355). En l'espèce, lorsque le recourant prétend qu'il aurait dû prouver son innocence, son grief revient en réalité à reprocher aux premiers juges une appréciation arbitraire des preuves. En effet, considérer que la version des victimes était plus crédible que celle du recourant, que la détresse des deux filles de celui-ci était le résultat des faits qui lui étaient reprochés ou encore examiner si les éléments figurant au dossier étaient compatibles avec les accusations portées contre le recourant ne revient pas à renverser le fardeau de la preuve, mais à procéder à une appréciation des preuves.