Citation: U 388/04 16.02.2006 E. A

Le 13 avril 1999, P.________, a été victime d'un accident de la circulation : dans un virage, alors qu'elle circulait normalement, sa voiture a été percutée à l'avant gauche par un autre véhicule automobile qui venait en sens inverse et dont le conducteur avait perdu la maîtrise à cause d'une chaussée enneigée et glissante. Elle travaillait à l'époque comme infirmière et assistante sociale au service de l'entreprise U.________ SA, et était, à ce titre, assurée auprès de la Caisse nationale suisse en cas d'accidents (CNA), qui a pris en charge le cas. A l'hôpital X.________, où l'assurée a été amenée par une automobiliste de passage immédiatement après l'accident, le docteur L.________ a posé le diagnostic de traumatisme crânien simple et d'entorse cervicale, et attesté d'une incapacité de travail totale (rapport médical LAA du 3 mai 1999). Au cours de la même journée, P.________ a constaté l'apparition de cervicalgies, de douleurs occipitales, de nausées ainsi que de troubles de la concentration, de la vision et de l'équilibre. Des infiltrations par corticoïde prescrites par le docteur O.________, neurologue, ont temporairement amélioré sa symptomato-logie (rapports des 10 mai et 28 juin 1999). L'assurée a également été suivie par le docteur M.________ du Centre psychiatrique Y.________ pour un état dépressif anxieux réactionnel (rapport médical intermédiaire du 27 mai 1999). Elle a repris le travail à 50% le 9 août 1999 jusqu'au 15 août suivant, puis à nouveau dès le 30 août jusqu'au 31 décembre 1999, date à laquelle elle a totalement arrêté de travailler en raison d'une aggravation de ses douleurs. Dans l'intervalle, elle a été examinée à plusieurs reprises par le docteur E.________, médecin d'arrondissement de la CNA, qui a évoqué une possible évolution vers une fibromyalgie (douleurs diffuses associées à la présence de trigger points) et requis des investigations médicales complémentaires. Une IRM a révélé une protrusion discale para-médiane droite en C4-C5 et C5-C6; l'éventualité d'une instabilité dans cette région a été envisagée mais a pu être exclue après une myélographie cervicale (rapports des docteurs Q.________ et H.________, respectivement des 22 février et 13 mars 2000). Vu la persistance des cervico-brachialgies et des hémicrânies, un séjour de 3 semaines a été organisé à la Clinique Z.________; selon les médecins de cet établissement, l'important handicap fonctionnel ressenti par P.________ était radiologiquement et cliniquement difficilement explicable (rapport du 8 novembre 2000). La prénommée a encore été soumise à une expertise par le Centre d'observation médicale de l'assurance-invalidité (COMAI) dans le cadre de sa demande de prestations de l'assurance-invalidité du 24 mars 2000. Dans leur rapport du 11 juillet 2002, les médecins du COMAI ont posé comme seul diagnostic ayant une répercussion sur la capacité de travail un trouble somatoforme douloureux et conclu à une incapacité de travail de 50% dans une activité sédentaire adaptée. Au terme d'un examen final par le médecin d'arrondissement, la CNA a rendu, le 24 janvier 2003, une décision par laquelle elle a mis fin à ses prestations (indemnités journalières et traitement médical) avec effet au 31 janvier suivant. Saisie d'une opposition, elle a maintenu sa position initiale (décision sur opposition du 5 mai 2003). Entre-temps, l'assurée s'est vue accorder une demi-rente, fondée sur un degré d'invalidité de 62 %, dès le 1er avril 2000 par l'Office AI du canton de Berne.