Citation: 5A_819/2021 E. 3.2.3

3.2.3. En l'espèce, l'autorité cantonale a certes concentré son argumentation sur l'existence d'un enrichissement de l'ayant droit économique de la recourante et ne s'est pas appliquée à exposer la situation juridique en cas de malversations dans le domaine bancaire. Cela étant, la recourante se plaignant seulement d'arbitraire dans l'application du droit, et non de la violation de son droit d'être entendue (art. 29 al. 2 Cst.), il y a lieu uniquement de juger si l'arrêt attaqué viole l'art. 9 Cst., en particulier dans son résultat. Or, il ressort de l'arrêt attaqué et de l'arrêt rendu par le Tribunal fédéral dans le volet pénal de cette affaire que l'ayant droit économique de la recourante s'est trouvée enrichie suite aux infractions commises par l'employé de l'intimée. Cette ayant droit a elle-même admis dans son recours en matière pénale que les débits effectués sur le compte d'un autre client de l'intimée n'avaient pas appauvri ce client, puisque sa créance à l'égard de l'établissement bancaire n'avait pas été affectée par les infractions commises. Il en ressort également que l'ayant droit économique de la recourante avait fait usage des montants crédités à tort sur ses comptes. Par ailleurs, celle-ci n'a jamais prétendu que l'intimée puisse faire valoir son droit d'extourne. En conséquence, il y a lieu de retenir que, dans son résultat, c'est sans arbitraire que l'arrêt attaqué conduit à tenir pour vraisemblable la réalisation des conditions de l'art. 62 CO, en particulier l'appauvrissement de l'intimée, propriétaire de l'argent figurant sur les comptes de ses clients, en lien de connexité avec l'enrichissement de l'ayant droit économique de la recourante, en raison de la dette en restitution des montants illicitement soustraits des comptes d'un autre client qui naît à sa charge. Au demeurant, la recourante n'expose pas qui d'autre que l'intimée serait appauvrie en raison des versements dont elle a bénéficié sans cause. Il suit de là que le grief de violation de l'art. 9 Cst. dans l'application des art. 62 CO et 272 al. 1 LP est rejeté, les autres griefs de fait et de droit n'ayant pas de portée propre par rapport à ceux-ci.