Citation: 6B_859/2022 E. 4.3

4.3. La cour cantonale a relevé que le recourant, âgé de 54 ans, ressortissant érythréen, vivait en Suisse depuis 2010, soit depuis l'âge de 42 ans. Il ne parlait toutefois pas bien le français. Il était marié et père de deux enfants, nés respectivement en 2004 et 2011. Le fils aîné du recourant était au gymnase. Son épouse et ses enfants avaient maintenant obtenu la nationalité suisse en plus de leur nationalité érythréenne. Le recourant travaillait, depuis le 1er janvier 2022, comme chauffeur de taxi et il était au bénéfice d'un contrat de travail de durée indéterminée depuis le 1er avril 2022. Selon ses déclarations, il gagnait entre 1'500 fr. et 2'000 fr. pour une activité à 100 %. Sous l'angle de sa situation professionnelle et financière, la cour cantonale a considéré que le recourant ne pouvait pas se prévaloir d'une intégration particulièrement réussie en Suisse, l'intéressé ne disposant pas de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. En revanche, la cour cantonale a relevé que le recourant était marié et père de deux enfants encore mineurs et en formation et que même si, vu son revenu modeste, il ne subvenait actuellement que dans une moindre mesure à l'entretien de sa famille, il y avait lieu d'admettre qu'une expulsion du territoire suisse du recourant porterait atteinte aux relations entre celui-ci, sa femme et ses enfants, qui étaient encore mineurs. Elle a considéré que, partant, un renvoi vers l'Érythrée placerait le recourant dans une situation personnelle grave et porterait atteinte au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH, de sorte que la première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP était remplie.