Citation: 5P.200/2002 26.08.2002 E. 3

3.1 Les juges intimés ont notamment relevé que, si le recourant a admis avoir effectué des massages sur ses filles, il refuse de reconnaître les conséquences qu'ils ont pu avoir sur ces dernières, les considérant comme tout à fait naturels. Or, de l'avis des experts, il est indispensable à l'établissement d'une relation de confiance père-enfants que le recourant reconnaisse ces faits ou, à tout le moins, la souffrance de ses filles, celles-ci devant sentir que leur crédibilité n'est pas remise en cause. Compte tenu de cette "non-reconnaissance", il ne paraît pas possible d'envisager un droit de visite sous surveillance au Point Rencontre, cette structure ne pouvant protéger les fillettes contre leur père, lequel pourrait tenter de les discréditer ou de les culpabiliser. Pour les mêmes motifs, des contacts téléphoniques ne sont pas recommandés. L'autorité cantonale a, pour le surplus, renvoyé les parties aux motifs retenus par le premier juge, lequel, se référant notamment aux avis de deux praticiens et de la curatrice, avait jugé que tout contact physique avec le père était actuellement contraire à l'intérêt des enfants et qu'un contact verbal n'était pas recommandé, dans la mesure où le père pourrait être tenté de "brouiller les cartes" par des discours visant à sa réhabilitation et culpabilisant les enfants (ordonnance du 4 octobre 1999, p. 5). Elle a par ailleurs estimé que le grave conflit conjugal - dont la répercussion sur les fillettes est attestée par les thérapeutes et les experts - s'oppose également à un droit de visite. A cet égard, seule une démarche de médiation ou de thérapie des deux parents - sans les enfants dans un premier temps - pourrait préparer le terrain pour une reprise des relations personnelles. Sur le vu de ce qui précède, le Tribunal d'arrondissement a rejeté l'appel et confirmé l'ordonnance de mesures provisionnelles du 4 octobre 1999. 3.2 Le recourant prétend qu'une telle décision est arbitraire pour deux motifs. 3.2.1 Il reproche d'abord à la cour cantonale d'avoir subordonné le droit de visite à la reconnaissance d'abus sexuels qu'il conteste (recours p. 7). On a toutefois de la peine à le suivre sur ce point. En effet, après avoir annoncé ce moyen, le recourant soutient, de façon appellatoire, qu' "à juste titre la décision attaquée ne subordonne pas la reprise des relations personnelles à un jugement pénal ou à une reconnaissance de prétendus abus, mais à une normalisation des relations entre les parents" (recours p. 14, 3e par.). On pourrait certes comprendre que le recourant entend ainsi faire grief aux juges intimés d'avoir lié un nouvel examen du droit de visite à l'issue de la procédure pénale. Dans un chapitre intitulé "conclusion", il ajoute en effet que, dans ces circonstances, le tribunal n'aurait pas "dû confirmer purement et simplement l'ordonnance de mesures provisionnelles du 4 octobre 1999". Une telle critique ne répond toutefois pas aux réquisits de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Au regard de cette disposition, il ne suffit en effet pas d'aligner une suite d'affirmations péremptoires et confuses, voire contradictoires. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les moyens invoqués de manière claire et détaillée (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43; 127 III 279 consid. 1c p. 282; 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 71 consid. 1c p. 76, 492 consid. 1b p. 495); une argumentation qui comporte des griefs appellatoires, confus ou contradictoires ne répond pas à ces exigences (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 11/12; Claude Rouiller, La protection de l'individu contre l'arbitraire de l'Etat, in RDS 1987, vol. II, p. 384 let. a). 3.2.2 Le recourant affirme ensuite que le Tribunal d'arrondissement a subordonné, de façon insoutenable, le droit de visite à une normalisation des relations entre les parents. Cette critique tombe à faux. En ajoutant que seule une démarche de médiation ou de thérapie des deux parents - sans les enfants dans un premier temps - pourrait préparer le terrain pour une reprise des relations personnelles, les juges intimés se sont bornés à indiquer aux parties un début de solution. Ils ont d'ailleurs expressément relevé qu'il ne leur appartenait pas d'imposer une telle démarche, laquelle ne pouvait dépendre que de la volonté propre des deux parties. Cette invitation découlait logiquement du fait qu'ils venaient de considérer - sur la base des avis des spécialistes - que, dans l'immédiat, il était dans l'intérêt des fillettes non seulement d'éviter tout contact - physique ou oral - avec leur père, mais aussi de ne pas être impliquées plus avant dans le grave conflit conjugal. L'autorité cantonale a en effet considéré que l'intérêt des fillettes postule que les parties s'efforcent de résoudre leur conflit et de rétablir un dialogue et que le ressenti des fillettes en rapport avec les faits qu'elles ont décrits (notamment les massages), et qui ont été admis par le recourant, soit pris en considération, et que leur père ne les culpabilise pas, conditions qui, vu l'attitude de ce dernier, ne peuvent être garanties ni par le Point Rencontre ni même lors de contacts téléphoniques. Or, le recourant laisse intactes ces considérations fondées sur le bien des enfants (art. 90 al. 1 let. b OJ). Loin de démontrer, par une argumentation précise, que les règles et principes applicables en matière de droit de visite ont été arbitrairement violés, son acte de recours s'épuise en effet en une suite de considérations générales sur l'importance que le droit et les psychologues accordent aux relations personnelles entre l'enfant et le parent non gardien et sur les principes applicables lorsque ce dernier est accusé d'abus sexuels (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43; 127 III 279 consid. 1c p. 282; 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 71 consid. 1c p. 76, 492 consid.1b p. 495).