Citation: 2C_1125/2012 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, comme il le souligne, le recourant est arrivé en Suisse à l'âge de huit ans et il y séjourne depuis vingt ans. Il a effectué toute sa scolarité dans notre pays et sa famille y réside. De plus, il ne présente pas d'attaches particulières avec la Serbie, puisqu'il n'y a apparemment plus de famille et qu'il n'en maîtrise pas la langue. Ces arguments sont assurément dignes d'être pris en compte dans le cadre de la présente pesée d'intérêts. Cela étant, ils sont contrebalancés par les condamnations pénales infligées au recourant, ainsi que par le fait qu'en dépit des avertissements et sursis dont il a fait l'objet, ainsi que de la détention préventive subie, le recourant a persévéré dans ses agissements délictueux. Il relativise l'importance de sa condamnation à dix-sept mois d'emprisonnement signalant qu'elle est inférieure à deux ans et que les infractions commises ne portaient pas atteinte à l'intégrité corporelle. Il oublie que cette infraction était en lien avec la culture de chanvre, que cette plante devait être vendue comme stupéfiant et qu'il s'agissait donc d'en tirer des profits. Or, le Tribunal fédéral se montre particulièrement strict, lorsqu'il s'agit, comme en l'espèce, d'infractions à la législation fédérale sur les stupéfiants pouvant porter atteinte à l'intégrité corporelle ou psychique d'une personne (ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303); à cet égard, que le juge ait qualifié la faute de l'intéressé de moyenne et que le recourant n'ait pas été à l'origine de l'affaire importe peu. Il faut encore mentionner ici que la première condamnation du recourant, du 10 août 2007, à six mois d'emprisonnement, sanctionnait de nombreuses infractions, dont plusieurs vols, dommages à la propriété, recel et violation de domicile. Le recourant cumule donc les délits et semble ne pas reculer devant une infraction si celle-ci peut s'avérer lucrative. En outre, le recourant ne quitte pas une situation stable: il cumule les missions temporaires, n'a jamais eu de travail de longue durée et sa situation financière est obérée puisqu'il fait l'objet de poursuites pour plus de 20'000 fr. et que des actes de défaut de bien pour près de 40'000 fr. ont été délivrés à son encontre. Certes, ses efforts d'intégration à son arrivée dans notre pays (cours d'appui afin de rattraper son retard scolaire; joueur au FC A.________, puis également entraîneur d'une équipe de junior dans ce club) sont à relever mais ils ne l'ont pas empêché de tomber dans la délinquance. Si le retour en Serbie sera, dans un premier temps, difficile, une adaptation ne paraît pas d'emblée insurmontable. Compte tenu de l'âge de l'intéressé et de son expérience professionnelle, il devrait lui être possible de s'y intégrer même sans avoir de famille sur place. S'il ne lit et ne parle pas le serbe, l'arrêt attaqué retient qu'il le comprend - ce que le recourant n'a pas remis en cause. L'albanais, langue dans laquelle il peut s'exprimer est, au demeurant, toujours selon l'arrêt entrepris, officiellement reconnu dans la ville de B.________ d'où l'intéressé vient.