Citation: 5F_28/2023 E. 4.2

4.2. Selon la jurisprudence, la partie requérante doit avoir été empêchée sans sa faute de se prévaloir de preuves pertinentes dans la procédure précédente, en particulier parce qu'elle ne les connaissait pas, en dépit de la diligence exercée. L'ignorance d'un fait doit être appréciée moins sévèrement que l'insuffisance de preuves au sujet d'un fait connu, dès lors que la partie doit tout mettre en oeuvre pour établir celui-ci; il y a donc lieu de conclure à un manque de diligence lorsque la découverte de moyens de preuve nouveaux résulte de recherches qui auraient pu et dû être effectuées dans la procédure précédente (arrêt 5F_20/2022 du 23 août 2022 consid. 4.1 et les arrêts cités). Sur ce point, la requérante explique en substance qu'elle n'a eu accès aux relevés bancaires des comptes du de cujus qu'après l'intervention d'un administrateur d'office, qui s'est vu autorisé par la Justice de paix du " district de Nyon " à accéder à ces comptes; elle-même n'aurait pas été en mesure d'obtenir les dites pièces, car " l'intégralité des comptes bancaires [du de cujus] avaient été bloqués par la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine par décision du 25 avril 2018". Cette argumentation n'est guère convaincante. D'emblée, il y a lieu de relever que cette dernière décision vise uniquement " les banques de la Ville de Fribourg " (" UBS AG, succursale de Fribourg "), sans référence à une banque (ou succursale) située dans le canton de Vaud; de fait, trois des décisions instaurant l'administration d'office de la succession et désignant un administrateur officiel ont été rendues par des Justices de paix du canton de Fribourg (Veveyse, Broye et Glâne) relativement aux actifs situés dans leur ressort, c'est-à-dire sans le moindre rapport avec la ville de "Y.________", soi-disant dernier domicile du défunt. En outre, l'existence de " comptes bancaires en Suisse " avait été évoquée dans la procédure précédente, la requérante mentionnant pas moins de sept établissements bancaires dans son mémoire, afin de démontrer que le dernier domicile du de cujus était à "Y.________" ( recours, p. 28). Il ne s'agit dès lors pas d'un élément nouveau. La décision de " blocage " invoquée dans ce contexte n'a pour objet qu'une mesure conservatoire (art. 551 al. 2 CC; EMMEL/AMMANN, in : Praxis Kommentar Erbrecht, 5e éd., 2023, n° 2 ad art. 551 CC et les exemples cités), qui ne portait pas préjudice au droit de l'intéressée de solliciter des renseignements, en particulier la délivrance d'extraits, en se prévalant de sa vocation successorale ( cf. à ce propos, parmi plusieurs: arrêt 4A_522/2018 du 18 juillet 2019 consid. 4.3). La présente démarche tend en définitive à pallier une carence dans le rassemblement des preuves, à laquelle ne saurait remédier la voie de la révision. La requête doit être ainsi rejetée pour ce motif déjà.