Citation: 4A_188/2022 E. 5.3

5.3. La recourante se contente de soutenir que puisque C.________ SA présentait déjà un découvert au 31 décembre 2015 et que l'intimé devait surveiller en permanence la situation économique et financière de la société, la cour cantonale ne pouvait pas considérer que l'intimé n'avait pas violé ses devoirs en attendant le mois de mai 2016 pour dresser un bilan intermédiaire et le 17 juin 2016 pour aviser le juge du surendettement. Toutefois, la cour cantonale a retenu que l'intimé avait eu connaissance en mai 2016 des difficultés financières de la société et du fait que cette dernière ne recevrait plus d'apports suffisants pour combler les pertes ou permettre la continuation de ses activités. Déterminer ce que les administrateurs connaissaient à un moment donné et dire quelles étaient les données disponibles à cette époque pour saisir la situation sont des questions de fait (ATF 128 III 180 consid. 2e; arrêt 4A_373/2015 du 26 janvier 2016 consid. 3.1.4). Or, la recourante ne démontre pas l'arbitraire de la constatation de ce que l'intimé savait et n'invoque d'ailleurs même pas l'arbitraire en lien avec cela. En réalité, la recourante fait valoir que l'intimé aurait dû connaître le surendettement avant le mois de mai 2016. Toutefois, dans son raisonnement, la cour cantonale a pris en compte les circonstances du cas d'espèce. Elle s'est implicitement fondée sur la motivation des premiers juges, ayant considéré qu'il n'y avait aucune raison de craindre des difficultés financières au vu des apports financiers de D.________, ce jusqu'à l'annonce de l'arrêt de tout financement par celui-ci, en mai 2016. La recourante ne critique pas explicitement cette appréciation. Les compléments qu'elle a fournis dans sa réplique sont tardifs et dès lors, irrecevables. Au demeurant, on peut relever que D.________ a lui-même été surpris de ses difficultés financières, au vu de ce qui ressort de l'échange de courriels avec l'intimé au courant du mois de mai 2016. En somme, l'argumentation de la recourante ne permet ni de démontrer l'arbitraire dans les constatations de la cour cantonale concernant ce dont avait connaissance l'intimé, ni de retenir que l'intimé aurait dû connaître le surendettement avant la date retenue par la cour cantonale. Pour le surplus, la recourante ne soutient pas qu'en avisant le juge par courrier recommandé du 3 juin 2016, alors que l'intimé a connu (ou devait connaître) le surendettement à la fin du mois de mai 2016, il aurait agi de manière tardive.