Citation: 6B_555/2008 23.09.2008 E. 1.3

1.3.1 Pour prononcer la poursuite de l'internement du recourant, l'autorité cantonale s'est essentiellement fondée sur le rapport d'expertise psychiatrique établi en dernier lieu, à savoir le 23 février 2000. Elle a retenu que le condamné souffrait d'un trouble grave de la personnalité dyssociale ainsi que d'un trouble psychotique résultant de la consommation d'une substance psychoactive mal déterminée. Il présentait une très faible tolérance à la frustration et des décharges fréquentes d'agressivité et de violence. Il se révélait indifférent vis-à-vis d'autrui et n'éprouvait aucun remords à l'égard de ses victimes. Il se montrait régulièrement insensible aux normes sociales et intolérant aux contraintes; alors qu'il accusait volontiers autrui de mal se comporter à son égard, lui-même ne se remettait à aucun moment en question. Son état de santé mentale compromettait gravement la sécurité publique et nécessitait un traitement psychothérapeutique, le risque de récidive demeurant important. Lors des débats tenus le 19 décembre 2007, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne a constaté que le recourant n'avait manifesté aucune prise de conscience relative au trouble psychique dont il souffrait et à la nécessité pour lui de se plier à un traitement psychothérapeutique. Il n'avait exprimé aucun regret à l'égard des victimes de ses agissements. Il avait contesté avoir fait preuve de violence, notamment envers les membres du service pénitentiaire, alors que six sanctions disciplinaires avaient été prononcées à son encontre entre les 4 mars 2005 et 8 janvier 2007. Le 24 mai 2005, il avait de surcroît été condamné pour incendie de peu d'importance. Enfin, le docteur A.________ (spécialiste en psychiatrie auprès du SMPP) a indiqué dans un courrier daté du 13 décembre que l'interné s'opposait depuis plusieurs années à toute collaboration thérapeutique avec les membres du service précité et que les actes de violence subsistaient à la moindre contrariété. 1.3.2 Le recourant ne conteste pas ces constatations. Pour justifier la nécessité d'une nouvelle expertise psychiatrique, il se prévaut de son passage du stade de jeune adulte, voire d'adolescent, à celui d'adulte, soit d'un motif afférent à son développement personnel. Pour autant, il n'explique pas en quoi son état de santé ou son comportement envers autrui s'en trouveraient modifiés depuis l'établissement du rapport d'expertise contesté. Il apparaît au contraire de ce qui précède (consid. 1.3.1) qu'il présente toujours une atteinte grave et durable à sa santé psychique. A défaut de suivi thérapeutique, aucune amélioration n'a été observée et son comportement révolté et violent persiste. Aucun indice ne laisse ainsi inférer que les circonstances du cas d'espèce se seraient modifiées depuis l'expertise effectuée le 23 février 2000. Cette dernière n'apparaît dès lors pas comme dépassée en raison du seul écoulement du temps. Dans le même sens, le Tribunal fédéral a du reste récemment confirmé une décision fondée sur une expertise également établie huit années auparavant (cf. affaire A. du 22 février 2007 [1P.770/2006]). Cela étant, les autorités cantonales n'étaient pas tenues d'ordonner une nouvelle expertise psychiatrique pour pouvoir se déterminer sur l'opportunité de maintenir ou non l'internement en cours, fût-elle confiée à un expert indépendant (voir ATF 124 IV 1) comme requis par le recourant. Sur ce dernier point, la Cour de céans observe d'ailleurs que le rapport d'expertise établi le 23 février 2000 par l'IUML l'a précisément été par un service médical indépendant du SMPP. Sur le vu de ce qui précède, le grief est mal fondé.