Citation: 9C_754/2013 E. 3

La juridiction cantonale a procédé à une comparaison entre les rapports d'expertise établis par les docteurs I.________ et E.________, et a estimé que les observations objectives divergentes faites par les deux experts pouvaient s'expliquer par le fait que le trouble dépressif était fluctuant et d'intensité légère lors de l'examen par le docteur I.________. Elle s'est ralliée à l'avis de l'expert E.________ qui a retenu un épisode dépressif unique devenu chronique en raison de l'absence de périodes de rémission totale. Elle a également retenu que les symptômes constatés par l'expert E.________ correspondaient à un épisode dépressif majeur. Elle a admis l'existence de troubles anxieux. S'agissant du trouble délirant persistant retenu par l'expert E.________ en relation avec la vision des esprits "djinns", la juridiction cantonale a constaté que l'expert I.________ n'avait pas mis en doute le harcèlement par ces esprits mais qu'il en avait conclu, de façon non convaincante, qu'il ne s'agissait pas d'une idée délirante dépassant le cadre culturel du pays d'origine de l'intimé. Elle a donc reconnu l'existence d'un trouble délirant persistant. Elle a par contre nié la présence chez l'assuré d'un trouble de la personnalité pourtant retenu par l'expert E.________. Ainsi, elle a retenu que les troubles délirants persistants, l'épisode dépressif chronique "quoique fluctuant" et l'anxiété étaient de nature à rendre l'assuré complètement incapable de travailler selon l'avis de l'expert E.________. Se basant sur les différents avis médicaux du docteur R.________, en particulier sur celui du 25 octobre 2011 qui pose le diagnostic de trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère avec symptôme psychotique, de délirium et d'un trouble mixte des conduites et des émotions, la juridiction cantonale a admis l'existence d'une aggravation de l'état de santé de l'intimé postérieure à la décision du recourant du 8 avril 2005. Enfin, suivant l'avis du docteur R.________, elle a admis que l'incapacité totale de travail avait commencé le 1er janvier 2011. Elle a ainsi octroyé une rente entière et a fixé le début du droit au 1er novembre 2011, soit six mois après le dépôt de la dernière demande de prestations intervenu le 17 mai 2011.