Citation: 1P.185/2005 05.04.2005 E. 1

4.2 Le recourant se plaint tout d'abord du temps pris par l'experte chargée d'examiner la crédibilité de l'enfant pour remplir son mandat. Il ressort du dossier que le Juge d'instruction a invité à plusieurs reprises l'expert à faire diligence; dans l'intervalle, il n'est pas resté inactif, mais il a procédé aux actes d'instruction qu'il estimait encore nécessaires à l'établissement des faits. On ne saurait dès lors lui reprocher une inaction fautive. A.________ conteste par ailleurs l'appréciation faite en l'espèce de la peine prévisible par rapport aux actes qui pourraient encore lui être reprochés sur la base du rapport d'expertise de crédibilité. Il reconnaît avoir contraint la fillette à visionner des films à caractère pornographique. Il conteste en revanche avoir léché le sexe de l'enfant, admettant tout au plus s'être approché de l'entrejambe de celle-ci lors d'un jeu qu'il qualifie de déplacé et dont il regrette la survenance. Il appartiendra au juge du fond d'apprécier la valeur de ces différentes versions des faits. Au stade actuel de la procédure, il y a lieu de retenir que les déclarations de la fillette ne peuvent d'emblée être écartées, au vu notamment des conclusions de l'expertise de crédibilité. Certes, son auteur n'a pas accordé foi aux déclarations de l'enfant suivant lesquelles le recourant l'aurait pénétrée de force. Toutefois, elle n'a pas exclu que celui-ci ait mis son sexe en appui contre le périnée de la fillette, à plusieurs reprises, étant donné qu'un tel geste provoque une douleur et une impression comparables à celles d'une intromission forcée. Cette version des faits n'est au surplus pas incompatible avec le résultat de l'examen gynécologique de l'enfant et correspond aux déclarations que celle-ci a faites à la praticienne. Ces agissements, s'ils devaient être retenus, tombent sous le coup des art. 187 et 191 CP et présentent un degré de gravité suffisant pour admettre que la détention préventive subie à ce jour est encore compatible avec le principe de la proportionnalité. Pour le surplus, il n'appartient pas au Tribunal fédéral de préciser aujourd'hui à partir de quand la détention préventive risque d'être excessive au regard de la peine encourue. Le recourant est libre de présenter en tout temps une demande de mise en liberté provisoire s'il estime que le principe de la proportionnalité n'est plus respecté. Dans la mesure où tel n'est pas le cas en l'état, le recours ne peut être qu'écarté sur ce point.