Citation: 9C_264/2010 01.10.2010 E. 7

L'argumentation de l'office recourant, selon laquelle les premiers juges n'auraient pas dû admettre l'influence sur la capacité de travail de l'alcoolisme dont souffre l'intimé et selon laquelle l'altération cognitive en lien avec l'abus d'alcool est sujette à rémission moyennant abstinence, ne met en évidence ni constatations manifestement inexactes des faits ni violation du droit. Une fois encore, les observations du docteur Z.________, sur lesquelles repose le jugement cantonal, ne sont pas valablement remises en question par l'avis contraire notamment des docteurs E.________ et O.________. En effet, si les seconds affirmaient que l'abstinence éthylique était exigible, ils relevaient toutefois le peu d'espoir d'y parvenir compte tenu de l'histoire personnelle, de la personnalité et de l'absence de motivation de l'assuré, ce qui ne diverge pas fondamentalement des considérations plus complètes du premier, qui excluait également le succès d'un éventuel sevrage. Ce dernier précisait que l'abus de substances toxiques (héroïne, alcool et cannabis) était largement favorisé par l'existence des troubles psychiques (toxicomanie secondaire), en particulier des troubles de la personnalité et de la phobie sociale, solidement ancrés dans la durée puisque ceux-ci, à l'exception du trouble dépressif, étaient présents depuis plus de trente ans et n'avaient pas connu de véritable rémission. Il établissait ainsi le lien de causalité entre atteinte à la santé mentale et alcoolisme (cf. ATF 124 V 265 consid. 3c p. 268). Il estimait aussi que l'amendement des pathologies mentionnées, même avec un traitement spécialisé, était peu probable dès lors que ces pathologies, en particulier la phobie sociale, rendaient tout traitement psychothérapeutique problématique pour l'assuré qui craignait les relations trop rapprochées, ce qui avait pour conséquence d'augmenter l'anxiété, qui entretenait dès lors la prise de toxiques engendrant un délabrement cognitif et physique ainsi qu'un retrait social, qui contribuaient à leur tour à la chronicisation des troubles psychiques et ainsi de suite. Il lui semblait enfin que le retrait social intervenu avec l'arrêt de l'activité professionnelle contribuait à l'atténuation de la phobie sociale et de la consommation d'alcool, puisque l'intimé était moins exposé à des situations anxiogènes, mais que la reprise d'une activité ne manquerait pas d'avoir une influence négative sur ces éléments. On relèvera encore que, conformément au principe de la primauté de la réadaptation sur la rente, la juridiction cantonale ou l'administration auraient pu ou dû examiner si la mise en oeuvre d'un sevrage était susceptible d'améliorer la capacité de travail et, cas échéant, réduire les prestations (art. 7 et 7b LAI). Une telle exigence reste possible pour l'avenir.