Citation: I 187/02 22.08.2002 E. 3

3.- Il suit de là que l'assurance-invalidité sera tenue de prendre en charge les nouvelles lentilles de contact de l'intimée si les conditions suivantes sont remplies: l'assurée doit avoir besoin du moyen auxiliaire litigieux pour exercer une activité lucrative; les verres de contact doivent constituer le complément important de mesures médicales de réadaptation et enfin, ceux-ci doivent nécessairement remplacer les lunettes. a) Si le premier juge a admis la réalisation de la première condition, il n'a pas examiné si les lentilles de contact constituaient en l'espèce le complément important de mesures médicales pour admettre leur prise en charge par l'assurance-invalidité, ce que conteste le recourant. b) En l'occurrence, il ne ressort pas du dossier que l'intimée a bénéficié de mesures médicales dont des verres de contact pourraient constituer le complément au sens de la jurisprudence citée. L'intimée est atteinte d'une affection congénitale et héréditaire des cornées, d'origine génétique, qui provoque des crises douloureuses par érosion cornéenne. Les verres de contact sont nécessaires, selon le docteur Z.________ (rapport du 10 novembre 1999), pour éviter les crises douloureuses. Si l'intimée a certes subi en 1996 un traitement de son affection par laser Excimer qui a entraîné une amélioration de la situation, cette intervention n'a toutefois pas été prise en charge par l'assurance-invalidité. En effet, elle ne constituait pas une mesure médicale de réadaptation au sens de l'art. 12 LAI, mais un traitement de l'affection comme telle (décision de refus non formelle de l'office AI du 31 janvier 1996). Depuis lors, l'intimée a subi de nouvelles crises douloureuses, le port de verres de contact s'avérant une nouvelle fois indispensable pour éviter une aggravation de la situation (attestation médicale du docteur Z.________ du 13 novembre 2000). Le 22 février 2002, l'ophtalmologue a confirmé que si les lentilles ne sont pas portées, une invalidité à 100 % est "potentiellement possible" (rapport du 22 février 2001), mais n'a pas indiqué qu'un traitement médical serait envisageable ou envisagé dans l'immédiat. Selon le docteur Y.________, spécialiste FMH en ophtalmologie, la patiente nécessite une adaptation de verres de contact, malgré laquelle l'acuité visuelle à gauche a chuté de 1.0 à 0.5. Il résulte de ce qui précède qu'à la date de la décision litigieuse, du 12 juillet 2001, une correction de l'affection oculaire de l'intimée était encore possible grâce à des moyens optiques. La dystrophie cornéenne dont elle souffre n'avait par conséquent pas encore atteint un stade final fonctionnel stable. Par ailleurs, aucune mesure médicale de réadaptation au sens de l'art. 12 LAI n'était ou n'est, au regard des pièces médicales au dossier, envisagée. Dans ces conditions, en l'absence d'une mesure médicale de réadaptation dont les verres de contact pouvaient constituer le complément important, l'intéressée n'avait pas droit à la remise de moyens auxiliaires sous cette forme. Le recours s'avère par conséquent bien fondé.