Citation: I 833/05 21.11.2006 E. 6

6.1 Les premiers juges ont admis que l'expertise de la Clinique Z.________ avait pleine valeur probante, ce que conteste le recourant. Selon lui, le rapport du 27 janvier 2003 présente des contradictions et des lacunes qui le rendent incomplet. 6.2 En ce qui concerne la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 6.3 Ainsi que l'ont constaté les premiers juges, l'expertise de la Clinique Z.________ du 27 janvier 2003 contient les antécédents, la description des plaintes du patient, un examen clinique circonstancié, et enfin une appréciation de la situation médicale et de la capacité de travail de l'assuré. Selon eux, ce rapport est particulièrement bien étayé et exempt de contradictions. La Cour de céans n'a aucune raison de s'écarter sur ce point du jugement attaqué. Dans le rapport du 27 janvier 2003, le docteur R.________ indique qu'au terme de l'entretien de synthèse, les experts ne retiennent pas d'affection qui, individuellement, soit susceptible de limiter la capacité de travail dans une activité adaptée. Il souligne que chaque site douloureux semble constituer une pierre supplémentaire à l'édifice de l'invalidité construit par l'assuré ces dernières années, les pierres les plus récentes, notamment l'atteinte de l'épaule droite, étant apparues après l'arrêt de renvoi du 9 juillet 2002. Contrairement à l'avis du recourant, on ne voit pas en quoi il y aurait une contradiction dans la discussion globale ci-dessus menée par les experts de la Clinique Z.________. Comme cela ressort de la page 4 de leur rapport du 27 janvier 2003, ceux-ci ont mentionné l'IRM de l'épaule droite réalisée le 26 juin 2002, en indiquant que cet examen avait révélé des signes d'une arthrose acromio-claviculaire et une synovite aiguë avec bursite sous-acromiale. Dans leur appréciation du cas, ils en ont tenu compte en page 12 de l'expertise, à propos du bilan d'imagerie. Ainsi, le fait que le docteur L.________ s'est fondé sur une IRM de l'épaule droite du 26 juin 2002, alors que le rapport du 27 janvier 2003 mentionne en page 10 une IRM de l'épaule droite du 3 juillet 2002, n'enlève rien à la pertinence de l'examen des documents d'imagerie auquel ont procédé les médecins de la Clinique Z.________. Sur ce point, le grief du recourant est mal fondé. 6.4 Les arguments du recourant sur le caractère prétendument lacunaire du rapport de la Clinique Z.________ du 27 janvier 2003 sont dénués de fondement. Même si, dans l'entretien de synthèse, les experts ont considéré que l'atteinte du rachis et des genoux, déjà présente en 1994, ne s'était objectivement pas modifiée par la suite et qu'elle n'avait pas empêché l'assuré de reprendre son activité en 1995, cela ne permet de tirer aucune conclusion en ce qui concerne la valeur probante de ce rapport. 6.4.1 L'examen clinique ne saurait être qualifié de superficiel, contrairement à l'avis du recourant. Bien au contraire, ainsi que cela ressort du rapport du 27 janvier 2003 (cf. les pages 8 et 9), les experts de la Clinique Z.________ ont procédé à un examen clinique approfondi en ce qui concerne le status ostéo-articulaire, le rachis, les membres supérieurs et les membres inférieurs. Le fait que les experts n'ont effectué ni IRM ni radiographies n'y change rien. 6.4.2 L'appréciation du cas par les experts de la Clinique Z.________ se fonde sur un examen complet. Ainsi qu'ils l'ont indiqué dans leur rapport du 27 janvier 2003, en juillet 1993, le recourant avait été opéré d'une hernie discale cervicale para-médiane droite C5-C6 dont les suites avaient été laborieuses, qu'il avait déposé en mai 1994 une première demande de prestations de l'assurance-invalidité en invoquant essentiellement des douleurs rachidiennes, qu'au cours du printemps 1995 il avait repris son ancienne activité avec un rendement complet et que les années suivantes avaient été ponctuées d'arrêts de travail sporadiques en raison de problèmes ostéo-articulaires multiples, surtout des rachialgies nécessitant des contrôles par IRM cervicale en 1997 et par IRM lombaire en 1998, avant de cesser son activité au printemps 1998. Rien ne permet d'en conclure que le rapport du 27 janvier 2003 présente des lacunes en ce qui concerne les troubles dont est atteint le recourant. Ainsi que l'indique le docteur P.________ dans le rapport d'examen SMR du 5 mars 2003, dont la Cour de céans n'a pas de raison de s'écarter, les conclusions des experts de la Clinique Z.________ sont complètes et fondées et elles corroborent les appréciations de tous les professionnels (médecins, gestionnaires, maîtres socio-professionnels) impliqués dans le dossier. En effet, l'examen somatique spécialisé très complet des docteurs R.________ et N.________ confirme l'absence d'atteinte ostéo-articulaire et/ou neurologique significativement limitative quant à la capacité de travail. Or, le docteur P.________, qui a eu connaissance des rapports médicaux produits entre-temps par le docteur D.________, a confirmé dans son avis médical du 28 juin 2004 le minutieux travail d'analyse réalisé par le docteur R.________, considérant que l'examen ostéo-articulaire était complet et objectif. 6.4.3 Enfin, contrairement à ce que semble croire le recourant, le rapport du docteur I.________ du 6 septembre 2004, dans lequel ce médecin a retenu le diagnostic de fibromyalgie chronique, ne remet pas en cause le caractère complet de l'expertise de la Clinique Z.________ du 27 janvier 2003. 6.5 Avec les premiers juges, il y a donc lieu d'admettre que le rapport de la Clinique Z.________ du 27 janvier 2003 remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références).