Citation: C 342/05 19.11.2006 E. 6

Soulevant implicitement le grief de violation du droit à l'égalité de traitement (art. 8 Cst), le recourant soutient qu'après le 26 août 2005, c'est-à-dire après que la jurisprudence publiée à l'ATF 131 V 314 (consid. 3.1 supra) a été rendue, la juridiction cantonale est entrée en matière sur de nombreux recours déposés dans les mêmes circonstances que le sien, sans les déclarer tardifs. 6.1 En règle générale, le principe de la légalité prévaut sur celui de l'égalité de traitement. Lorsqu'une autorité reconnaît expressément l'illégalité d'une pratique antérieure déterminée et affirme son intention de se conformer désormais à la loi, le principe de l'égalité de traitement doit céder le pas au principe de la légalité, pour autant toutefois que ladite autorité soit en mesure de concrétiser effectivement son intention, soit, en d'autres termes, qu'elle puisse réellement appliquer la loi de manière correcte (ATF 131 V 20 consid. 3.7, 126 V 392 consid. 6a, 122 II 451 consid. 4a et les références à la doctrine et à la jurisprudence). 6.2 Depuis l'ATF 131 V 314, le Tribunal fédéral des assurances a été saisi de plusieurs recours contre des jugements d'irrecevabilité du Tribunal cantonal jurassien, dans lesquels celui-ci a calculé l'échéance du délai de recours selon le droit cantonal, sans prendre en considération les périodes de suspension prévues par les art. 38 et 60 al. 2 LPGA (cf. arrêts P. du 6 avril 2006, I 9/06, G. du 6 avril 2006, I 11/06, B. du 6 avril 2006, I 14/06, F. du 8 mars 2006, I 941/05). Contrairement à ce que soutient le recourant, il n'y donc pas lieu de retenir que la juridiction cantonale aurait traité son recours d'une manière différente des autres. Qu'une période de suspension des délais ait été prise en considération dans l'un ou l'autre cas particulier après l'ATF 131 V 314, ou, de manière plus générale, avant la publication de cet arrêt, ne suffit pas à déduire un droit à l'égalité de traitement en faveur du recourant, en violation du principe de la légalité. Le recourant ne soutient pas, par ailleurs, qu'il aurait eu connaissance d'une telle pratique avant d'interjeter un recours devant la juridiction cantonale, et qu'il aurait ainsi été induit en erreur. La question de son droit à la protection de la bonne foi, en relation avec un éventuel changement de pratique, ne se pose donc pas en l'espèce.