Citation: 1C_283/2024 E. 5.2

5.2. Dans son écriture, le recourant affirme que les difficultés au sein du couple n'étaient intervenues que postérieurement à la signature de la déclaration de vie commune, soit au plus tôt après les vacances d'été 2015 et leur inscription à l'hospice général en octobre 2015. Il soutient que sa situation financière était stable en février 2015, puisqu'il ne s'était inscrit au chômage qu'au mois de mai 2015 et qu'ils avaient pu partir en vacances en Algérie en juillet et août 2015. Le recourant insiste sur le fait que son ex-épouse était à l'origine de la décision de se séparer, réaffirmant avoir en vain tenté la réconciliation avec l'aide de son frère venu d'Algérie, ainsi qu'en proposant une thérapie à son ex-épouse, qui l'avait refusée. Enfin, il expose que son ex-épouse a, après leur séparation, entretenu une relation avec un ressortissant tunisien avec qui elle s'était mariée le 17 juin 2019. Les explications du recourant ne permettent toutefois pas de renverser la présomption établie. Quoi qu'en pense le recourant, il importe peu que son ex-épouse ait pris l'initiative de la séparation. Le TAF a certes reconnu qu'il ressortait du dossier que le recourant avait tenté de sauver son couple après la séparation; il a toutefois souligné que le recourant n'avait entrepris des démarches dans ce sens qu'après la séparation, à laquelle il avait au demeurant consenti, comme au divorce d'ailleurs. Le TAF pouvait considérer que le fait que les ex-conjoints (qui avaient deux enfants en commun alors âgés de 4 et 7 ans) n'aient pas tenté de sauver leur union avant d'envisager une solution aussi abrupte que la séparation semblait confirmer qu'ils ne formaient déjà plus un couple uni et stable au moment de leur déclaration conjointe (27 février 2015), soit à peine huit mois auparavant. Le recourant a en l'occurrence assez rapidement consenti à la séparation définitive, comme cela ressort du mémoire de réponse du recourant du 20 mai 2016 déposé dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale. L'appréciation du TAF paraît en outre confirmée par les explications données par l'ex-épouse dans son courrier du 14 novembre 2022, ainsi que par les procès-verbaux d'audience et les écritures déposées dans le cadre de la procédure de séparation et de divorce. Ainsi, dans son courrier du 14 novembre 2022, l'ex-épouse du recourant a déclaré que "les raisons de ma décision sont dues à des différends personnels du couple que [sic] pour moi n'avaient pas de solution". Il ressort en particulier du dossier de séparation et de divorce des ex-époux que ceux-ci connaissaient des difficultés financières notamment. L'ex-épouse a, entre autres, affirmé, dans sa requête de séparation, que le recourant "se comporte de manière inconsidérée et égoïste avec l'argent du couple, privilégiant ses propres besoins, de sorte que son épouse doit souvent demander l'aide de ses parents pour payer certaines factures de la famille". L'instance précédente pouvait ainsi, sans violer le droit fédéral, juger que ces éléments permettaient de corroborer le fait que la séparation et le divorce résultaient d'une dégradation progressive de l'union conjugale antérieure à la signature de la déclaration de vie commune, respectivement à la décision de naturalisation entrée en force le 20 avril 2015. Il apparaît peu vraisemblable que les problèmes au sein du couple ne soient intervenus qu'après les vacances d'été et qu'il aient conduit en moins de deux mois à la fin subite de la vie d'un couple, avec enfants, marié depuis de nombreuses années, sauf précisément à considérer que leur union n'était pas stable. Le TAF pouvait retenir que les problèmes conjugaux étaient antérieurs à la signature de la déclaration de vie commune et que le recourant ne pouvait pas en ignorer l'ampleur. Le recourant ne fournit en effet aucun élément concret susceptible de démontrer qu'il n'avait pas conscience - au moment de la signature de la déclaration de vie commune, puis lors du prononcé de la naturalisation - que la communauté conjugale alors vécue par les époux ne présentait plus l'intensité et la stabilité requises. Les vacances passées en famille avec les enfants en Algérie en juillet et août 2015, quelques mois seulement avant la séparation du couple, ne suffisent pas à renverser la présomption, ce d'autant moins que, comme souligné par le TAF, un tel voyage permettait aux enfants de voir leurs grands-parents. Enfin, le recourant n'apporte aucun élément propre à démontrer la survenance d'un événement extraordinaire postérieur à la signature de la déclaration commune susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal. Quoi qu'en pense le recourant, la liaison de son ex-épouse avec un ressortissant tunisien, survenue après la séparation du couple, ne constitue pas un tel événement, le lien conjugal entre les époux étant alors déjà rompu.