Citation: 4P.225/2005 18.01.2006 E. 2

Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits. 2.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire prohibé par l'art. 9 Cst. ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution que celle retenue par l'autorité cantonale pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 131 I 57 consid. 2; 128 I 81 consid. 2, 273 consid. 2.1; 127 I 60 consid. 5a). S'agissant de l'appréciation des preuves, l'autorité tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1). Il appartient au recourant d'établir la réalisation de ces conditions en tentant de démontrer, par une argumentation précise, que la décision incriminée est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 I 185 consid. 1.6; 122 I 70 consid. 1c). Enfin, pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 173 consid. 3.1 et les arrêts cités). 2.2 Le recourant soutient, tout d'abord en lien avec ses prétentions en réparation du tort moral, que la cour cantonale a, de façon insoutenable, constaté qu'il n'avait jamais fourni de précision sur l'ampleur de ses souffrances morales, pas plus qu'il n'avait prouvé avoir subi des séquelles durablement invalidantes. Il reproche à l'autorité intimée d'avoir jugé que rien ne permettait de retenir que ses souffrances, tant physiques que morales, avaient été ou seraient encore d'une intensité particulière. A l'appui de son argumentation, il stigmatise la considération des juges cantonaux, selon laquelle il incombait au recourant de faire la preuve certaine de la diminution de son bien-être à la suite de l'accident du 18 novembre 2000. De son point de vue, l'autorité cantonale a confondu la notion du degré de la preuve avec celle de l'appréciation des preuves et son raisonnement, tant en ce qui concerne la preuve de l'existence et de l'étendue du dommage, est insoutenable. En définitive, le recourant développe l'ensemble de son raisonnement sur cette base, sans même remettre en cause les constatations de fait telles que retenues dans le jugement attaqué, notamment en ce qui concerne l'intensité des souffrances, l'incidence de l'accident sur son état de santé, les trois hospitalisations, voire l'incapacité de travail. Il se borne à reprendre un certain nombre de faits, en citant des extraits de témoignage - comme il le ferait devant une juridiction d'appel jouissant d'une pleine cognition -, pour arriver à la conclusion que la cour cantonale disposait d'un nombre suffisant d'éléments démontrant qu'il avait subi un préjudice à la suite de son accident. Le recourant ne fait aucune mention de faits qui auraient été arbitrairement constatés ou omis de l'être. Ainsi, force est de constater que la critique du recourant n'a pas pour objet une appréciation arbitraire des faits ou des preuves, mais porte sur une appréciation juridique erronée des faits, qui est une forme de violation du droit fédéral - exorbitante du recours de droit public au regard de la subsidiarité absolue dudit recours (art. 84 al. 2 OJ) - et qui ne doit pas être confondue avec l'appréciation des preuves et la constatation des faits qui en découle. 2.3 Par ailleurs, dans la mesure où le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir méconnu la portée de l'art. 47 CO, son grief est également irrecevable, puisqu'il a trait à la violation du droit fédéral, qui ne relève pas du recours de droit public. 2.4 Il s'ensuit que le moyen soulevé par le recourant en lien avec ses prétentions en réparation du tort moral ne peut être que déclaré irrecevable.