Citation: 4A_614/2021 E. A

A.a. Le 18 août 2005, A.________ (ci-après: la demanderesse ou la recourante) a consulté pour la première fois, à son cabinet de..., le Dr B.________ (ci-après: le défendeur ou l'intimé), spécialiste FMH en gynécologie et obstétrique, lequel était par ailleurs médecin-chef du Département de gynécologie et obstétrique à l'Hôpital de la Riviera, site du Samaritain, à Vevey. Alors âgée de 41 ans, la patiente n'avait pas d'enfant et souhaitait en avoir. L'échographie pratiquée le 23 août 2005 a révélé chez la patiente un utérus myomateux. Lors d'un nouveau rendez-vous à son cabinet, le défendeur a évoqué la possibilité d'une myomectomie par laparotomie, soit une intervention chirurgicale destinée à enlever les nombreux fibromes utérins. En septembre 2005, le défendeur a administré trois perfusions de fer à la demanderesse, qui souffrait d'une anémie grave en raison des saignements abondants dus aux fibromes. Le 24 octobre 2005, le défendeur a revu la demanderesse, dont l'état demeurait identique. Il lui a alors indiqué qu'il fallait réaliser la myomectomie par laparotomie envisagée précédemment. Il l'a informée du type d'intervention qu'il allait effectuer, mais non des complications éventuelles. La demanderesse a donné son consentement à l'opération. L'intervention a été programmée et réalisée par le défendeur (« teaching ») et le Dr C.________ (opérateur) le 1er novembre 2005 à l'Hôpital de la Riviera. Elle a permis de retirer des fibromyomes d'un poids total de 326 grammes. La demanderesse a été réopérée le 2 novembre 2005 par le Dr C.________ en raison d'un saignement abdominal, le défendeur apparaissant à nouveau comme « teaching » sur le status opératoire. Cette seconde intervention a été qualifiée de « reprise à moins de 24h, après myomectomie par laparotomie pour hémopéritoine ». A.b. Lors d'une consultation en décembre 2005, le défendeur a expliqué à la demanderesse qu'il fallait attendre au moins six mois après les opérations avant d'envisager une grossesse éventuelle. En 2006, deux inséminations par stimulation ovarienne et insémination intra-utérine ont été effectuées sur la demanderesse par le défendeur, sans succès. En 2007, dans la perspective d'une ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde), le défendeur a réalisé sur la demanderesse un ultrason vaginal, qui a révélé la présence de trois myomes dans la cavité utérine, lesquels n'étaient pas présents lors de l'opération de novembre 2005. Il a alors proposé à la patiente une hystéroscopie opératoire (ablation des fibromes) associée à une laparoscopie exploratrice ou diagnostique. Au sujet de celle-ci, il lui a expliqué qu'il s'agissait d'une opération avec 1 cm d'ouverture par le nombril et qu'elle pourrait sortir de l'hôpital le jour même. L'opération a eu lieu le 18 juin 2007 à l'Hôpital de la Riviera. Elle s'est effectuée en deux temps, sous la direction du défendeur. Dans un premier temps, le Dr D.________ a procédé à l'hystéroscopie; dans un second temps, le défendeur ("teaching") et un médecin assistant (opérateur) ont pratiqué la laparoscopie. Le 19 juin 2007, la demanderesse est retournée à l'Hôpital de la Riviera en raison de douleurs abdominales importantes. Elle a été examinée par le défendeur qui a ordonné sa réadmission dans le service de gynécologie. Les douleurs étaient provoquées par une brèche digestive de 3 mm, laquelle avait occasionné une péritonite. Une nouvelle intervention a eu lieu le 21 juin 2007. Elle a été réalisée à l'Hôpital de la Riviera par le Dr E.________, en l'absence du défendeur - en vacances - mais en accord avec ce dernier, qui s'est fait remplacer par le Dr D.________. Lors de cette opération, il a été constaté une perforation du côlon sigmoïde. A la suite de cette nouvelle intervention, la demanderesse a dû suivre un important traitement à base d'antibiotiques et d'antidouleurs. Elle a été transférée sur le site de Mottex pour se reposer du 5 au 10 juillet 2007. En raison de douleurs abdominales diffuses, elle a été hospitalisée sur le site de Montreux de l'Hôpital de la Riviera du 10 au 15 juillet 2007. Elle a été traitée par antibiothérapie. A.c. Le 7 janvier 2008, la demanderesse a consulté le Dr F.________ en urgence. Ce médecin a constaté une importante éventration, soit le passage des intestins sous la peau. Il a alors recommandé à la demanderesse de s'adresser à un chirurgien, soit le Dr G.________. Ce praticien a opéré la demanderesse le 10 mars 2008, intervention qui a impliqué la pose d'un filet de 30 cm sur 30 cm. Il ressort du protocole opératoire établi à cette occasion qu'il y avait une éventration sus- et péri-ombilicale, qualifiée d'énorme, ainsi qu'un petit abcès.