Citation: 1C_208/2023 E. 6.3

6.3. S'agissant de la pesée des intérêts, la CDAP a pris en considération l'intérêt public poursuivi par le projet de correction fluviale et a relevé que les surfaces perdues seront prises dans le quota des projets de renaturation et/ou de protection contre les crues validés par le Conseil d'État le 4 juillet 2018 dans la priorisation des projets pouvant bénéficier de la marge cantonale des SDA. Au vu du considérable intérêt public que poursuit la protection contre les crues en ville de Rolle, l'appréciation de l'instance précédente peut être suivie. Cet objectif est en effet considéré comme important par le canton de Vaud qui l'a intégré dans sa liste de types de projets pouvant empiéter sur les SDA (cf. mesure F12 du PDCn, 4e adaptation quater, état au 11 novembre 2022, p. 298 [E13]). La validation par le Conseil d'État de la mise à disposition de la marge cantonale prévue pour les projets de protection contre les crues démontre sans équivoque l'importance accordée à ce projet. Par ailleurs, l'expertise judiciaire menée par S.________ SA a montré que, malgré les limites mises en avant par l'expert, l'emplacement du projet litigieux représentait la meilleure variante possible, confirmant ainsi la proportionnalité de l'ouvrage litigieux. À cet égard, il est relevé qu'en dépit des critiques des recourants, l'expert a analysé dans une certaine mesure l'atteinte aux SDA en relevant en particulier qu'une implantation en amont du projet aurait un "impact agricole associé" plus étendu (cf. p. 26 de l'expertise). Cela étant, l'ARE a reconnu que la contrainte liée à la localisation de l'ouvrage était avérée, ce qui relativise l'absence d'examen détaillé des SDA par l'expert. De surcroît, une nouvelle pesée des intérêts en présence, prenant en compte la protection des SDA, ne commande en principe plus l'examen de variantes au projet et ce même si son résultat est susceptible de compromettre le choix du site (cf. arrêt 1C_288/2022 du 9 octobre 2023 consid. 4.6.2 avec les références). L'ARE a également indiqué que le projet était conforme à la législation sur l'aménagement du territoire et que l'objectif poursuivi ne pouvait être atteint de manière judicieuse sans recourir aux SDA (cf. art. 30 al. 1bis let. a OAT). Il a en outre considéré que le mode d'utilisation des SDA n'était, "à première vue", pas contestable (cf. art. 30 al. 1bis let. b OAT), ce qui n'est pas remis en cause. Dans ces conditions, l'empiétement réduit du projet litigieux sur des SDA n'est pas contraire aux art. 26 et 30 OAT. Mal fondé, le grief est rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.