Citation: 6B_1025/2018 E. B

Par arrêt du 23 août 2018, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours formé par A.________ contre l'ordonnance de classement en tant qu'elle concernait C.________. Les faits à l'origine de la procédure sont en substance les suivants. La société D.________ SA, dont le directeur général et administrateur avec signature individuelle est B.________, a été mandatée pour effectuer des travaux de terrassement dans le cadre de la construction d'un immeuble à E.________. Il s'agissait d'excaver l'équivalent de deux niveaux enterrés, dans une cour intérieure entourée d'immeubles qui rendaient l'accès au chantier difficile. Par ailleurs, la place disponible pour manoeuvrer était limitée et il n'était pas possible de faire descendre un camion au fond de la fouille. Au fur et à mesure de l'excavation, une rampe a été érigée pour permettre l'accès au fond de la fouille. A cet endroit, après avoir creusé la terre, des pelles mécaniques chargeaient le matériel excavé sur un dumper, véhicule équipé d'une benne basculante, qui remontait la rampe puis déversait son chargement dans une benne se trouvant à proximité de l'entrée du chantier. En septembre 2015, C.________, chef de projet pour le compte de D.________ SA, a engagé un machiniste supplémentaire, à titre intérimaire, en la personne de A.________. En octobre 2015, les travaux d'excavation touchant à leur fin, il a fallu commencer à excaver la rampe d'accès elle-même. Le 21 octobre 2015, les ouvriers ont entrepris d'excaver la partie de la rampe menant du premier au second sous-sol. Pour ce faire, une pelle mécanique a été positionnée sur le replat de la rampe, situé au niveau du premier sous-sol, de sorte que le dumper ne descendait plus que la partie de la rampe supérieure, jusqu'au premier niveau de sous-sol, en marche arrière. Au vu de la position respective des véhicules, il était devenu difficile pour la pelle mécanique de charger le dumper. X.________, contremaître et chef de chantier, a pris les commandes du dumper et a descendu le véhicule en marche avant de manière à rapprocher sa benne le plus près possible de la pelle. A.________, aux commandes de la pelle mécanique, a alors versé un seul godet de terre dans la benne du dumper, qui pouvait en contenir quatre. Après avoir déchargé cette terre, X.________ a changé de place avec A.________. Aux commandes de la pelle mécanique, X.________ a gratté le sol de la rampe à l'endroit où le dumper devait s'arrêter. Il a ensuite demandé à A.________ de descendre en marche avant avec le dumper de sorte que les roues avant de l'engin s'arrêtent à l'endroit gratté. Une fois cette manoeuvre effectuée, X.________ a déversé un premier godet de terre dans la benne du dumper. Au moment où il déchargeait un second godet, l'arrière du dumper s'est soulevé. A.________ a été éjecté du véhicule et a chuté au fond de la fosse. Le dumper s'est couché sur le côté droit avant de basculer puis de tomber à son tour, atterrissant sur les jambes de A.________. Ni B.________ ni C.________ n'étaient présents sur le chantier au moment de l'accident. A la suite de cet événement, A.________ a été plongé dans le coma pendant six semaines. Il a souffert de fractures du bassin ainsi que de trois côtes et a subi une ablation d'une partie de l'intestin. En mars 2017, il ressentait encore des douleurs au niveau du bassin, souffrait d'une neuropathie au niveau des jambes, avait des difficultés à rester longtemps en position debout et allait subir une nouvelle opération. Il gardera des séquelles au niveau du bassin ainsi que des problèmes digestifs et ne pourra plus exercer son métier.