Citation: 5A_508/2021 E. 8.3.1

8.3.1. Citant les art. 197, 267 et 268 aLPC/GE ainsi qu'un extrait d'un commentaire du CPC, ils exposent en substance que les faits étaient déjà établis dans l'expertise T.________, de sorte qu'il ne se justifiait pas d'ordonner une nouvelle expertise. Ils ajoutent qu'en vertu de l'art. 97 CO, la faute de l'exécuteur testamentaire est présumée et qu' "en matière de fardeau de la preuve (art. 8 CC), il appartenait aux exécuteurs testamentaires de prouver qu'ils n'avaient pas commis de fautes à l'occasion de la liquidation des fonds gérés chez R.________SA et que par conséquent, le dommage ne leur était pas imputable ". La Cour de justice ne pouvait pas les débouter en leur reprochant d'avoir refusé qu'il soit procédé à une nouvelle expertise, respectivement d'en avancer les frais. En outre, il ne leur incombait pas de prouver que le dommage était imputable aux exécuteurs testamentaires. Les recourants ajoutent que la juridiction précédente a écarté, sans motif pertinent, l'estimation du dommage telle que calculée dans l'expertise T.________. Elle n'aurait pas lu ou pas compris le sens de cette expertise judiciaire - sur laquelle ils reviennent longuement - et en aurait ignoré la force probante, de même que celle de la prise de position de cet expert du 31 aout 2017 et de l'expertise privée établie par S.________ (dont les expertises sont " connues du Tribunal et sont généralement suivies "). Les deux experts avaient " comparé le produit théorique de liquidation à celui obtenu, la différence constituant le dommage ", et " les deux expertises [étaient] cohérentes, claires, développ [ai ent] une analyse identique, et conclu [ai ent] à un dommage similaire (sous réserve d'un petit différentiel quant au montant du dommage) ". Selon les recourants, le juge était lié par l'expertise T.________ et ne pouvait s'en écarter, sous peine d'arbitraire. Ils relèvent encore qu'ils auraient pu conclure au paiement de 1'559'313 fr. (à savoir la différence entre la valeur du portefeuille au décès et le tableau de l' "évolution des titres " du 1er novembre 2015), ou encore de 1'086'500 fr. (soit le montant retenu par l'expertise privée S.________), mais qu'ils ont seulement demandé 990'000 fr., soit le montant du dommage calculé par l'expert T.________, lequel ne comprenait notamment pas les commissions de courtage et rétrocessions. Tout au long de leur mémoire, ils évoquent en outre de nombreux faits dont ils affirment qu'ils ont été établis " contrairement aux pièces du dossier ", ajoutant que la Cour de justice n'a pas pris en compte des faits déterminants pour la solution du litige (déclarations des parties et des témoins, expertises) ainsi que des faits " établis au pénal ", et citent des extraits d'auditions pénales, notamment une déclaration de Q.H.________ selon laquelle celui-ci n'était pas étonné que l'expert T.________ ait évalué le dommage à 990'000 fr. En définitive, l'arrêt entrepris nierait, contre toute évidence, l'existence d'un dommage.