Citation: 8C_316/2023 E. 5.2

5.2. Quoi qu'en dise le recourant, il ne ressort d'aucun de ces rapports médicaux que les "critères de Budapest" (cf. consid. 4.1 supra) étaient tous remplis en l'espèce. Si l'on peut admettre l'existence du critère 1, il en va différemment des critères 2 et 3. Le recourant ne décrivait des symptômes que dans deux catégories (allodynie et dysfonction motrice dans le membre inférieur droit) alors qu'il en fallait un dans au moins trois catégories pour retenir le critère 2. Par ailleurs, si tous les médecins ont attesté une légère amyotrophie quadricipitale dans la catégorie moteur/trophique, seuls les docteurs D.________ et G.________ - mais pas le docteur E.________ - ont attesté une allodynie dans la catégorie sensorielle alors qu'il fallait un signe dans deux des catégories pour retenir le critère 3. Le docteur G.________ admet lui-même n'avoir pas constaté que tous les critères de Budapest étaient remplis (mais presque tous uniquement), en précisant que cela était dû au caractère évolutif de la maladie (cf. rapport complémentaire du 6 septembre 2022, p. 2). Il n'a toutefois pas démontré que l'analyse des rapports des médecins précédemment consultés aurait permis de compléter cette lacune, ce qui n'est manifestement pas le cas. Le recourant soutient que l'arthro-IRM du genou droit, réalisée en février 2020, révélait une légère hétérogénéité de la moelle osseuse prédominant au niveau sous-cortical du côté latéral, qui serait, selon le docteur G.________, "assez typique pour la maladie de Sudeck". Dans ce sens, la radiologue qui avait réalisé cet examen s'était interrogée sur un éventuel début de maladie de Sudeck. Toutefois, comme on l'a vu, cinq mois plus tard, le docteur D.________ expliquait, de manière probante, après les avoir expressément vérifiés, que les critères de Budapest permettant de constater une telle atteinte n'étaient pas remplis. Le docteur E.________ posait le même constat que le docteur D.________ dans son rapport d'expertise du 1 er décembre 2020. Enfin, une scintigraphie osseuse réalisée en novembre 2020 ne révélait pas de signe de CRPS. Dans ces circonstances, on ne peut certes pas totalement exclure que l'arthro-IRM de février 2020 traduise effectivement un CRPS débutant, qui n'aurait plus été actif lors de la scintigraphie réalisée en novembre 2020, comme le soutient le recourant. Les premiers juges pouvaient, néanmoins, sans arbitraire, considérer que cet examen et les autres éléments mis en évidence par le docteur G.________ étaient insuffisants pour établir, au degré de la vraisemblance prépondérante, une telle atteinte à la santé, entraînant une incapacité de travail durable, compte tenu des autres rapports médicaux au dossier.