Citation: 6B_275/2016 E. 4.3

4.3. En l'espèce, le recourant a exigé de la part de l'intimé des versements afin de ne pas rapporter ses erreurs à sa hiérarchie et de modifier ses évaluations annuelles. Certes, la première fois, en 2008, c'est l'intimé qui a proposé au recourant une somme de 1'000 fr. pour que celui-ci améliore son évaluation. Le recourant ne s'est toutefois pas borné à accepter l'offre, mais a négocié et exigé un paiement de 2'000 francs. Par la suite, le recourant suggérait quand des paiements devaient avoir lieu et déterminait quelles sommes étaient acceptables. Si, certaines fois, l'intimé proposait un montant, le recourant négociait la plupart du temps celui-ci à la hausse. Ainsi, lorsque le recourant soutient que l'intimé proposait de sa propre initiative de l'argent pour couvrir ses erreurs, il s'écarte de l'état de fait cantonal, sans en démontrer l'arbitraire (cf. art. 97 al. 1 LTF); son argumentation est dès lors irrecevable. Le moyen de pression consistait dans la menace de ne pas modifier l'évaluation annuelle d'une manière favorable à l'intimé et de révéler ses erreurs. L'intimé craignait de perdre sa place si ses manquements étaient révélés à sa hiérarchie (cf. notamment jugement de première instance p. 14). La menace portait donc sur un dommage sérieux. Certes, le recourant ne répétait pas à chaque reprise la menace; celle-ci était toutefois implicite. C'est en vain que le recourant fait valoir qu'il n'a pas agi de manière illicite puisque le fait de procéder à l'évaluation de l'intimé, en tenant compte du manque de qualité de son travail et de ses erreurs, correspondait aux devoirs de sa charge. En effet, en cas d'extorsion et de chantage, peu importe que le moyen de pression soit en soi licite; l'illicéité de la contrainte ne résulte pas de l'objet de la menace, mais bien du but poursuivi par celle-ci (cf. ci-dessus 4.2.2). Or, le recourant n'avait aucune créance contre l'intimé et n'avait en conséquence aucun droit à recevoir les montants versés. Le recourant relève que l'intimé était libre de ne pas payer et de voir ses manquements révélés à la hiérarchie. La liberté de choix devant laquelle se trouvait l'intimé est justement le propre de l'infraction d'extorsion et de chantage (cf. infra 4.2.3). De peur de voir ses manquements révélés à sa hiérarchie, l'intimé a versé au recourant diverses sommes d'argent, pour un montant total d'environ 30'000 francs. De la sorte, il a réalisé des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires et a subi un dommage. Le recourant conteste l'existence de tout acte préjudiciable et de tout dommage au motif que le recourant aurait obtenu en contrepartie un avantage (indu) pour lui-même, à savoir notamment une évaluation annuelle plus favorable. Cette argumentation est infondée. En effet, l'établissement d'une évaluation annuelle plus favorable et l'omission de dénoncer des erreurs à la hiérarchie ne sauraient constituer des contreprestations valables; il s'agit d'actes qui dépendent des compétences du subordonné et qui ne peuvent pas être monnayés. En définitive, les éléments constitutifs de l'infraction d'extorsion et de chantage sont ainsi réalisés. La cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en condamnant le recourant pour cette infraction. Les griefs soulevés sont infondés.