Citation: I 483/01 09.07.2002 E. 2

2.1 La plupart des éventualités assurées (par exemple la maladie, l'accident, l'incapacité de travail, l'invalidité, l'atteinte à l'intégrité physique ou mentale) supposent l'instruction de faits d'ordre médical. Or, pour pouvoir établir le droit de l'assuré à des prestations, l'administration ou le juge a besoin de documents que le médecin doit lui fournir. L'appréciation des données médicales revêt ainsi une importance d'autant plus grande dans ce contexte (Spira, La preuve en droit des assurances sociales, in Mélanges en l'honneur de Henri-Robert Schüpbach, Bâle 2000, p. 268). La jurisprudence a donc précisé les tâches du médecin, par exemple lors de l'évaluation de l'invalidité (ATF 122 V 158 sv. consid. 1b). La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). 2.2 Dans son rapport du 16 décembre 1998, le docteur A.________ a posé le diagnostic de cervicalgies et brachialgies bilatérales - status après cure de hernie discale cervicale C5-C6 (le 26 juillet 1993), de lombalgies sur hernie discale L4-L5 médiane et L5-S1, de gonalgies sur syndrome rotulien bilatéral - status après déchirure de la corne postérieure du ménisque interne gauche en mai 1990, de status après régularisation de la corne postérieure du ménisque à droite en janvier 1992, d'allergie à la pénicilline et de status après correction chirurgicale d'orteils déformés. Mentionnant les deux essais de reprise du travail à 50 % qui se sont révélés infructueux, il concluait à une incapacité totale de travail dans la profession d'ouvrier depuis le 23 juin 1998, d'une durée indéter-minée. En sa qualité de médecin-consultant du Centre Médical Y.________, la doctoresse B.________, dans son rapport du 2 juillet 1999, a retenu un status après cure de hernie discale C5-C6 en 1993, une discopathie L4-L5 et L5-S1 avec canal lombaire étroit localisé en L4-L5, ces atteintes lombaires s'étant sensiblement péjorées ces dernières années, et, enfin, un syndrome fémoropatellaire bilatéral et status après résection partielle du ménisque interne des deux côtés. Elle concluait que l'intolérance à la douleur paraissait tout à fait disproportionnée par rapport à l'atteinte rachidienne qui est incontestable, mais insuffisante pour justifier une incapacité de travail totale dans des activités adaptées (à savoir des activités épargnant le port de charges lourdes, le port répété de charges modérément lourdes, les stations statiques prolongées, les mouvements de rotation et de flexion antérieure du tronc, le maintien prolongé de la flexion de la nuque et le travail avec les membres supérieurs surélevés). Tenant compte de l'atteinte rachidienne et des contre-indications inhérentes, malgré l'amplification des symptômes surajoutés, la doctoresse B.________ était d'avis qu'une activité légère à 50 % peut être exigée du patient. Ceci lui paraissait être le minimum exigible. Si une telle activité ne pouvait être soutenue à long terme (à prendre en considération une période de réentraînement vu l'arrêt de travail qui durait depuis deux ans), une évaluation et une prise en charge à long terme d'ordre psycho-somatique/psychique étaient alors à envisager, surtout compte tenu du jeune âge du patient. Cette appréciation de la doctoresse B.________, qui est un résumé du pré-examen du 29 mars 1999 et du stage d'observation qui a suivi, ne permet pas de conclure, contrairement à ce qu'indique l'intimé dans la décision adminis-trative litigieuse du 15 septembre 2000, que dans une activité industrielle légère la capacité de travail (ou de gain) du recourant est pratiquement entière. Le rapport d'observation professionnelle du 6 juillet 1999, selon lequel celui-ci devrait pouvoir raisonnablement faire face à une activité légère en production industrielle ou à toute autre activité légère, avec des rendements proches de la norme, n'est pas une appréciation médicale de la capacité de travail de l'assuré dans une activité adaptée à son état de santé physique. Il résulte des documents médicaux produits par le docteur A.________ lors du consilium du 4 juillet 2000 que les affections dont souffre le recourant sont de plusieurs ordres et qu'elles ont des conséquences quant à la détermination des activités exigibles. Selon un rapport du 27 avril 2000 du docteur F.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et chirurgien-chef du service d'orthopédie de l'Hôpital Z._______, le patient présente deux problèmes. Au niveau du 3ème orteil droit, il persiste une douleur au niveau de l'inter-phalangienne proximale, avec une petite irrégularité de surface, une espèce de croutelle très douloureuse, et une douleur sur la tête du 3ème métatarsien. En plus, l'assuré est atteint d'une irritation du nerf cubital gauche dans l'entrée de la gouttière épitrochléo-olécrânienne. Il devait voir le docteur G.________ bientôt pour savoir quel est le degré d'atteinte du nerf. Selon un rapport du 8 mai 2000 du docteur G.________, spécialiste FMH en neurologie, le patient présente une irritation significative, mais cliniquement essentiellement sensitive, du cubital gauche. Il présente également une épicondylite gauche, des omalgies et panrachialgies, sans irradiation radiculaire cervicale à l'heure actuelle. Dans leur rapport du 4 août 2000, le docteur D.________ et la psychologue-psychothérapeute E.________ ont suggéré de procéder à une expertise rhu-matologique neutre, pour pouvoir être fixé définitivement sur l'atteinte médicale objective, seule susceptible de justifier éventuellement une diminution de la capacité de travail. Dès lors il est nécessaire de renvoyer la cause à l'intimé pour qu'il procède à une instruction complémentaire sur le point de savoir si et dans quelle mesure le recourant subit une diminution de sa capacité de travail en raison de problèmes orthopédiques et neurologiques. Il importera également de déterminer si et, cas échéant, dans quelles activités il pourrait être incapable de travailler sur le plan physique, subsidiairement quelles sont les activités exigibles.