Citation: 4C.291/2005 13.12.2005 E. A

Par contrat de travail du 2 septembre 1993, X.________ SA (la défenderesse), société affiliée à Y.________ SA, a engagé A.________ (le demandeur) en qualité d'employé de commerce. Le 1er février 1996, le travailleur a été promu employé responsable adjoint de la gestion du stock. La rémunération du demandeur devait atteindre 4'692 fr. brut par mois dès le 1er janvier 2000. Le délai ordinaire de congé de son contrat de travail était alors de deux mois. Le 14 décembre 1999, A.________ a été arrêté et placé en détention préventive jusqu'au 23 décembre 1999. Le vendredi 24 décembre 1999, A.________ a pris langue avec B.________, responsable du personnel de la défenderesse, pour évoquer les circonstances qui lui avaient valu d'être détenu préventivement pendant dix jours. Il a déclaré à sa supérieure hiérarchique qu'on lui reprochait d'avoir fait entrer illégalement en Suisse des femmes originaires d'Afrique pour leur permettre de se prostituer. B.________ a alors enjoint le salarié de rentrer à la maison et d'attendre que X.________ SA le convoque ultérieurement. La prénommée a informé de la situation le département juridique de Y.________ SA. Le personnel de la défenderesse occupé aux tâches de production et de gestion du stock a été en vacances de fin d'année du 24 décembre 1999 au lundi 3 janvier 2000. En revanche, la direction était en tout temps opérationnelle durant les relâches de fin d'année (art. 64 al. 2 OJ). Le mercredi 29 décembre 1999, agissant expressément au nom et pour le compte de X.________ SA, C.________, avocate employée au département juridique de Y.________ SA, a adressé un fax à l'avocate D.________, conseil de A.________, pour faire état de la surprise de la défenderesse lorsqu'elle a appris l'arrestation dudit travailleur et de son inquiétude "quant aux rumeurs qui courent sur les motifs de cette dernière (traite de femmes)". C.________ demandait à l'avocate D.________ de prendre contact avec elle "afin de pouvoir discuter de cette situation difficile ...". Le jeudi 6 janvier 2000, A.________ a été convoqué par la défenderesse, qui lui a fait remettre en mains propres la résiliation immédiate de son contrat de travail étant donné les "problèmes qu'(il avait) avec la justice ... ". Le 10 janvier 2000, A.________, par l'entremise de son mandataire, a contesté ce licenciement.