Citation: C 120/99 26.01.2000 E. 3

3.- En l'espèce, R.________ GmbH a averti le recourant les 23 juillet et 5 septembre 1997 qu'il n'était pas satis- fait de son travail, avant de le licencier par écrit du 29 septembre 1997. Il ressort de la lettre de congé que le motif invoqué pour résilier le contrat de travail était que l'employeur n'avait constaté aucune amélioration, qu'il s'agisse du mode de travail de l'assuré ou de son attitude vis-à-vis des clients et du groupe de travail ("Arbeits- team"). a) Les premiers juges ont retenu que le recourant avait fait l'objet de deux avertissements de son employeur l'invitant à modifier son comportement et à améliorer ses prestations, et qu'il avait apposé sa signature sur le document résumant les reproches qui avaient fait l'objet de la discussion. En outre, la résiliation du contrat de tra- vail avait suivi le 29 septembre 1997, l'employeur n'ayant constaté aucune amélioration et renvoyant pour le surplus au document du 5 septembre 1997. Ils en ont conclu que, "sur la base de ces événements pour le moins objectifs", il était établi au degré requis de vraisemblance prépondérante que l'assuré n'avait pas su donner satisfaction à son employeur, malgré deux avertissements. Aussi, était-il sans travail par sa propre faute. b) Une instruction complémentaire est toutefois né- cessaire. En effet, le recourant conteste depuis le début les griefs invoqués par son employeur. Son comportement n'est donc pas clairement établi. Qu'il ait fait l'objet de deux avertissements de son employeur, qu'il ait apposé sa signature au bas du document du 5 septembre 1997 et qu'il ait de surcroît déclaré, dans sa réponse à l'intimée du 25 novembre 1997, que tout le temps de son activité avait été perturbé par la procédure de son divorce prononcé le 23 avril 1997, de sorte que son travail n'avait pas été aussi parfait qu'il aurait pu l'être, ne change rien au fait qu'il a toujours contesté les griefs invoqués par son employeur. En effet, dans sa réponse à l'intimée du 25 novembre 1997, l'assuré a affirmé qu'il régnait dans l'entreprise un climat "anti Romand" et qu'il était impossible, dans ces conditions, de faire quoi que ce soit de valable en con- fiance. En outre, il a mentionné qu'à plusieurs reprises, ses collègues de bureau avaient oublié de lui transmettre des appels de clients. Ces faits invoqués par le recourant auraient dû être élucidés d'office par la juridiction de première instance. En effet, dans son mémoire cantonal, celui-ci demandait que soient vérifiés les allégués contradictoires des parties, au besoin en procédant par ex. à l'audition de ses anciens collaborateurs et des clients mécontents. A cet égard, il déclarait que les conditions de travail régnant dans l'en- treprise étaient mauvaises du fait que ses anciens collabo- rateurs ne l'ont pas informé des problèmes rencontrés par certains clients, qu'ils ne lui ont pas fourni les docu- ments qu'il sollicitait pour renseigner ces clients, ou encore qu'ils lui ont remis des listes qui n'étaient pas à jour. Il se justifie dès lors de renvoyer la cause à la juridiction cantonale pour instruction complémentaire sur les faits invoqués par le recourant, afin que l'on sache s'il est sans travail par sa propre faute ou s'il est au chômage pour des raisons extérieures à sa personne, compte tenu du climat de travail régnant dans l'entreprise. Selon la jurisprudence, il y a faute propre de l'assuré au sens de l'assurance-chômage, si et dans la mesure où la surve- nance du chômage n'est pas imputable à des facteurs objec- tifs, mais qu'elle est due à son comportement qui, compte tenu des circonstances et rapports personnels, aurait pu être évité, ce que l'assurance ne saurait prendre en charge (DTA 1998 p. 44 consid. 2b et les références; voir aussi Thomas Nussbaumer, in: op. cit., p. 253, ch. m. 693, et la note n° 1303).