Citation: 5P.21/2007 31.05.2007 E. 5

Le recourant se plaint d'une application arbitraire de l'art. 178 CC pour le motif que l'autorité cantonale a confirmé la levée par le premier juge de la mesure de blocage des comptes bancaires ouverts auprès de la BCN. 5.1 Selon l'art. 178 CC, le juge peut, à la requête de l'un des époux, restreindre le pouvoir de l'autre de disposer de certains de ses biens sans le consentement de son conjoint, autant que la sécurité des conditions matérielles de la famille ou l'exécution d'obligations pécuniaires découlant du mariage l'exigent. Cette disposition tend à éviter qu'un époux, en procédant à des actes de disposition volontaires, se mette dans l'impossibilité de faire face à ses obligations pécuniaires envers son conjoint, que celles-ci découlent des effets généraux du mariage ou du régime matrimonial (ATF 120 III 67 consid. 2a). L'époux qui demande de telles mesures de sûreté doit rendre vraisemblable, sur le vu d'indices objectifs, l'existence d'une mise en danger sérieuse et actuelle (ATF 118 II 378 consid. 3b et les citations). 5.2 En l'espèce, la cour cantonale a retenu que le compte au Portugal avait fait l'objet d'un partage entre les parties, de sorte que les expectatives du recourant dans le cadre du divorce n'étaient plus menacées. S'agissant des comptes bancaires ouverts auprès de la BCN, l'intégration de l'épouse en Suisse justifiait la levée de la mesure de blocage. En outre, les prélèvements qu'elle avait effectués et dont se prévalait le recourant pour rendre vraisemblable l'existence d'une mise en danger sérieuse s'expliquaient par les frais consécutifs au déménagement de l'épouse du domicile conjugal, en particulier l'achat de nouveaux meubles et la fourniture d'une garantie de loyer de 2'700 fr. Elle n'avait du reste opéré aucun retrait sur un compte dont le solde s'élevait à 40'246 francs. Par conséquent, la vraisemblance d'une mise en danger des prétentions protégées par l'art. 178 CC ne subsistait plus. Pour s'opposer à cette argumentation, il ne suffit pas d'affirmer, tel que le fait le recourant, que le risque n'a pas disparu à l'heure actuelle. Lorsqu'il soutient à l'appui de son grief, que la cour n'aurait pas tenu compte du fait que son épouse a tenté, à plusieurs reprises, de verser les économies du couple sur des comptes à l'étranger et que le compte xxxx présentait un solde de 0 fr. à la suite des retraits effectués en mars 2006 par l'épouse, il se fonde sur des faits non constatés dans le jugement cantonal, sans pour autant démontrer que la cour cantonale aurait omis d'en tenir compte de manière arbitraire, ce qui rend sa critique irrecevable (cf. consid. 1.4 supra). Ainsi, faute d'expliquer en quoi subsistent des risques concrets que l'épouse fasse disparaître les biens pour se soustraire à ses obligations, le recourant ne s'en prend pas aux motifs de la cour cantonale, dont il ne démontre pas le caractère arbitraire. Le moyen tiré de la violation de l'art. 178 CC est par conséquent entièrement irrecevable.