Citation: B 15/06 15.11.2007 E. A

F.________, né en 1959, a travaillé depuis 1989 en qualité de maçon au service de l'entreprise X.________, laquelle était affiliée à la Caisse paritaire de prévoyance de l'industrie de la construction (CPPIC). En 1991, F.________ a souffert de sciatalgies et de lombalgies qui ont entraîné une incapacité totale de travailler de juillet à octobre. En 1993, le docteur G.________, spécialiste en neurochirurgie, a attesté que le patient était en arrêt de travail depuis le 10 mai de cette année-là en raison de lombalgies chroniques l'empêchant de se baisser; il a ajouté que ces lombalgies, banales dans le contexte d'une discopathie L4-L5 débutante, étaient aggravées par la situation psychologique dans laquelle se trouvait l'intéressé (rapport du 18 octobre 1993). L'incapacité de travail pour cause de maladie a été confirmée par les docteurs K.________, spécialiste en médecine interne et en rhumatologie (rapport du 16 mars 1994), et C.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, ce dernier ayant ajouté que le patient avait présenté un état dépressif réactionnel à partir du mois de septembre 1992 (rapport du 4 mai 1994). Le 25 février 1994, F.________ s'est annoncé à l'assurance-invalidité afin de bénéficier d'un reclassement professionnel. Son employeur a mis un terme aux relations de travail avec effet au 1er août 1994, en raison de l'état de santé. Dans un rapport du 8 janvier 1996, les docteurs R.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, et O.________, spécialiste en rhumatologie, médecins au Centre Y.________, ont posé les diagnostics de sinistrose compensée proche d'une situation de simulation, actuellement sans état dépressif franc, ainsi que de lombosciatalgie gauche entrant dans le cadre d'une somatisation. A leur avis, l'origine du processus devait être recherchée dans un conflit conjugal. Quant à la capacité de travail, elle était totale dans une activité ne sollicitant pas trop le dos. Par décision du 29 mai 1997, l'Office cantonal de l'assurance-invalidité A.________ (l'office AI) a nié le droit de l'assuré à des mesures de réadaptation professionnelle ainsi qu'à une rente. L'assuré a déféré cette décision à la Commission cantonale genevoise de recours en matière d'AVS/AI qui a admis partiellement son recours par jugement du 15 juillet 1999. Tout en niant le droit à la rente, la commission a renvoyé la cause à l'office AI afin qu'il mette en oeuvre des mesures d'ordre professionnel à l'échéance de la procédure de divorce. Ce jugement n'a pas été attaqué. A l'occasion d'une visite médicale préliminaire à un stage d'observation professionnelle, le docteur K.________ a recommandé de mettre en oeuvre une nouvelle expertise psychiatrique (rapport du 27 septembre 2001). L'office AI a dès lors confié un mandat d'expertise à la Clinique Z.________, fonctionnant en qualité de COMAI. Les doctoresses D.________ et B.________, spécialistes en médecine interne, ont requis des examens spécialisés, tant en psychiatrie auprès des docteurs E.________ et V.________, qu'en rhumatologie auprès du professeur S.________. Dans leur rapport du 19 février 2003, elles ont diagnostiqué un trouble somatoforme douloureux persistant de l'hémicorps gauche et du rachis ainsi qu'un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère sans symptôme psychotique, en indiquant que ces affections avaient une influence essentielle sur la capacité de travail. Les expertes ont précisé que leur appréciation s'éloignait complètement de celle des docteurs U.________ et R.________, qui avaient vu le patient en 1994 et 1996. La capacité de travail raisonnablement exigible dans une activité de type plutôt occupationnel s'élevait d'après elles à 30 % au maximum. Le docteur L.________, médecin au SMR, a retenu un syndrome douloureux chronique sous-tendu par une comorbidité psychiatrique de trouble dépressif récurrent sur un terrain de personnalité certainement vulnérable. Il a estimé qu'on se trouvait en présence d'une maladie de longue durée depuis le mois d'avril 1993, justifiant une incapacité de travail de 100 % dès ce moment-là pour raison psychiatrique très probablement définitive (rapport du 10 avril 2003).