Citation: 6B_1218/2013 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, l'autorité précédente a, dans une première phase, estimé que le montant de base pris en considération en première instance - de 30'000 fr. à 40'000 fr. - était correct au vu de la jurisprudence et des circonstances du cas. Dans une deuxième phase, elle a relevé que le recourant et son épouse formaient un véritable couple. Leur union était toutefois récente - le mariage avait été célébré moins d'un an avant le drame - et ils n'avaient pas d'enfant commun. Leur relation n'était pas des plus harmonieuses, preuve en était l'existence de deux relations extraconjugales du côté de la victime et la déposition de plusieurs témoins - dont un ex-amant de la victime - indiquant qu'il y avait des vagues au sein du couple et que la victime aurait indiqué que son mari était très malade, soit en phase terminale, et devait prochainement hériter de sa mère ou qu'elle-même allait hériter de son époux. Cela étant, la victime avait à coeur de prendre soin de son époux et avait réduit son taux d'activité à ces fins. Le couple avait en outre de véritables projets d'établissement au Brésil. Les circonstances dans lesquelles la victime avait trouvé la mort étaient particulièrement affreuses et le recourant avait découvert le corps de son épouse en premier, ce qui l'avait assurément marqué. Il souffrait néanmoins déjà d'une profonde dépression et d'autres problèmes de santé, de sorte qu'on ne saurait affirmer que son état psychique aurait empiré. Sur la base de l'ensemble de ces éléments et en comparaison avec d'autres cas - qu'elle ne cite pas - l'autorité précédente a refusé de majorer le montant de base et arrêté celui-ci à 30'000 francs. Elle a constaté que le recourant avait définitivement déplacé son domicile en Thaïlande et qu'il ne comptait pas revenir en Suisse, intention déduite des déclarations de son frère et du fait que sa famille résidait désormais en Thaïlande. Le coût de la vie était plus bas dans ce pays. La pièce 2444 à laquelle renvoie le jugement attaqué est une page du jugement de première instance se référant à un tableau figurant sur le site de la banque mondiale et faisant état d'un revenu national brut (RNB) par habitant d'environ 50'000 $ en Suisse et de 8'500 $ en Thaïlande, soit 17 % du RNB par habitant suisse. Une indemnité entière conduirait à une amélioration massive de la situation du recourant, amélioration qui "paraîtrait injustifiable par des motifs sérieux tirés d'une pesée de tous les intérêts et serait en conséquence inéquitable". "Compte tenu des circonstances particulières" et "au vu de l'ensemble des éléments qui précèdent et des indemnités allouées récemment dans des cas comparables", une réduction de l'indemnité à un montant de 10'000 fr. apparaissait justifiée et équitable (jugement attaqué, p. 61 s. et 63 s).