Citation: 6B_1250/2023 E. 1

La cour cantonale a retenu les faits suivants selon l'acte d'accusation du 8 juin 2021: B.a. A.________ a été engagé au sein de B.________ S.A. en qualité de " junior portfolio officier and management assistant " dès le 1 er novembre 2013. Outre une rémunération annuelle fixe, le contrat prévoyait que les éventuels bonus dépendaient de la bonne marche des affaires, de sorte qu'ils n'étaient pas garantis (art. 6). Aucune clause concernant une indemnité de départ n'était prévue contractuellement. L'art. 12, relatif au secret professionnel, prévoyait, outre le fait qu'il perdurait après la fin des rapports de travail, que l'employé était tenu de respecter le secret professionnel le plus absolu sur tous les faits et informations parvenant à sa connaissance dans le cadre de son activité et s'engageait à ne faire aucune copie, sur un quelconque support, des données de la société, en particulier des informations sur celle-ci et sa clientèle pour une utilisation autre que celle découlant du contrat de travail, de même qu'à ne pas transférer ou transporter de telles informations hors des locaux de la société. Le 5 octobre 2018, A.________ a été promu au titre de " portfolio manager ", avec effet au 1 er janvier 2018. En 2019, son salaire mensuel brut était de 9'166 fr. 67. Au fil des années, A.________ a fait l'objet de diverses évaluations professionnelles, dont il ressort, en substance, qu'il effectuait globalement correctement son travail, sous réserve d'améliorations à apporter, notamment quant à ses horaires d'arrivée le matin, jugées tardives. Il lui était en revanche reproché de manière récurrente de ne pas être suffisamment proactif et dynamique, de n'effectuer certaines tâches qu'après un ou plusieurs rappels, de même que de ne pas communiquer suffisamment avec ses collègues s'agissant du travail et des clients. Les certificats de travail intermédiaires établis par B.________ S.A. les 2 janvier 2017 et 4 mars 2019 comportent en particulier le détail des tâches confiées à A.________. Si la qualité de son travail était qualifiée de très satisfaisante et les contacts avec ses collègues et sa hiérarchie de très bons en 2017, ils étaient décrits comme étant satisfaisants et bons en 2019. B.b. Dès février 2019, principalement pour des raisons économiques, B.________ S.A. a commencé à envisager de licencier A.________ et de le remplacer par C.________, employé engagé en octobre 2018 en qualité de gérant de portefeuille junior et formé, entre autres, par le précité. Le 29 mars 2019, lors d'un entretien dans les locaux de la société, D.________, directeur de B.________ S.A., a signifié à A.________ son licenciement et l'a libéré de son obligation de travailler, ses accès informatiques ayant été supprimés. Après avoir restitué les clés des locaux, A.________ les a quittés en emportant une partie de ses effets personnels. Il ne s'est plus présenté au travail par la suite. À cette occasion, A.________ a revendiqué le versement d'une indemnité de départ de 250'000 fr. et, après avoir essuyé un refus, il a montré au directeur de la société certains des documents qu'il avait préalablement soustraits, tels que le certificat de salaire du précité, et les attestations de salaires de l'ensemble des employés pour l'année 2018. Il a fait valoir que deux de ses collègues avaient reçu un bonus de 5'000 fr. pour l'année 2018, contrairement à lui qui n'avait rien perçu. Face au refus de D.________ de lui allouer une quelconque indemnité de départ, il a exigé de rencontrer E.________, administrateur-actionnaire de B.________ S.A., pour en discuter. B.c. Lors de l'entretien du 9 avril 2019 entre A.________, d'une part, et E.________ et D.________, d'autre part, le premier a menacé de dévoiler des informations confidentielles et sensibles, ainsi que de propager des accusations pouvant nuire à la réputation de B.________ S.A. et à la poursuite de son activité, si 150'000 fr. ne lui étaient pas versés, ce qu'il a documenté par une note décrivant les actions qu'il entendait mener, consistant notamment à adresser des courriers anonymes à la totalité des clients de B.________ S.A. pour les informer de l'incompétence de la société, à transmettre les données des clients aux autorités fiscales belges, néerlandaises et espagnoles, à alerter la société intéressée à fusionner avec B.________ S.A. du risque "réputationnel" de cette dernière, à contacter tous les anciens clients de la société pour les inviter à exiger le remboursement des rétro-commissions sur les dix dernières années et à divulguer toutes les données confidentielles des clients sur Internet, avec comme prévision la faillite de B.________ S.A. dans un délai de six à douze mois (" Shutdown - estimated time 6 - 12 months "). Lors de cette même rencontre, A.________ a également remis à E.________ trois contrats simulant la vente de trois montres en exigeant qu'il le signe, afin de lui permettre de justifier faussement le versement des 150'000 fr. réclamés, tout en lui fixant un ultimatum au 16 avril 2019 pour le paiement de cette somme. B.d. Le 29 avril 2019, alors qu'il avait été licencié et libéré de son obligation de travailler depuis le 29 mars 2019, A.________ a adressé un courrier à F.________, client de B.________ S.A., sur papier à en-tête de ladite société, dans lequel il dénigrait les compétences de ses dirigeants, la qualité des services fournis et son éthique professionnelle, alors qu'il connaissait la fausseté de ses allégations. Le courrier était accompagné de documents confidentiels de B.________ S.A. À réception de ce courrier, F.________ a décidé de mettre un terme au mandat conclu avec ladite société.