Citation: 2C_535/2018 E. 5.3

5.3. En l'espèce, le recourant a été reconnu coupable par trois fois de brigandage, soit selon la définition de l'art. 140 CP de vol " avec usage de violence ". L'usage de la violence démontre qu'il s'agit bien d'infractions graves au sens de la jurisprudence rappelées ci-dessus. Ces infractions sont d'autant plus graves que la deuxième infraction, pour partie, et la troisième ont été commises après que le recourant avait été averti le 18 février 2010 qu'en cas de récidive, une révocation de son autorisation d'établissement pouvait être prononcée. A cela s'ajoutent d'autres condamnations prononçant des peines certes moins lourdes, mais dont la dernière pour violation des règles de la loi sur la circulation routière a eu lieu pour des faits récents en 2015. Certes, le recourant soutient qu'il n'a plus commis d'infractions graves depuis sept ans et que le risque qu'il récidive est nul. Il perd de vue à cet égard, d'une part, que l'absence d'infraction dont il se prévaut est pour partie due aux incarcérations successives qu'il a subies entre le 31 mars et le 4 novembre 2010, entre le 18 novembre 2011 et 11 juin 2014 et entre le 10 novembre 2016 et le 20 juin 2017 et, d'autre part, qu'il a fait l'objet de quatre sanctions disciplinaires durant son incarcération les 5 décembre 2016, 29 mars, 2 et 11 mai 2017 pour consommation de produits prohibés, fraude, trafic et inobservation des règlements. Ces éléments démontrent non seulement que le recourant a commis des infractions graves, mais encore qu'il a également un pied dans l'engrenage du trafic de produits prohibés, ce qui constitue de jurisprudence constante, s'agissant d'infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants, également un motif d'éloignement, et, enfin, qu'aucune évolution positive de sa part ne peut être retenue, contrairement à ce qu'il prétend. Ces faits démontrent un risque de récidive non négligeable. Sur le plan social et professionnel, le recourant ne peut se prévaloir d'aucune formation professionnelle, hormis sa scolarité obligatoire achevée depuis 2007, ni d'un parcours professionnel stable, sinon d'un stage d'une année auprès de la Fondation D.________. Il ne fait pas état de liens sociaux et ne maintient sur le plan affectif que des liens avec son fils mineur et avec sa soeur ainsi que sa tante à Genève. Il résulte de ces éléments que l'ensemble des relations que le recourant a tissées avec la société suisse depuis plus de vingt ans sont faibles. Seules plaident en faveur du maintien de la vie privée du recourant en Suisse les nombreuses années passées depuis l'âge de sept ans dans son pays d'accueil, mais sans y faire preuve d'une quelconque intégration, ses liens affectifs avec son fils, sur lequel il n'a toutefois ni l'autorité parentale ni la garde et l'absence de liens familiaux en Haïti, pays d'une extrême pauvreté, mais dont il parle la langue.