Citation: 1B_321/2021 E. 3.3

3.3. Sur le fond, le raisonnement de la cour cantonale peut également être confirmé. Contrairement à ce que soutient la recourante, il ne peut être reproché à l'autorité précédente d'avoir, à ce stade de l'enquête, confirmé le séquestre ordonné en se fondant sur les dénonciations du MROS; en effet, celui-ci ne saisit les autorités pénales que si son analyse des informations communiquées permet de présumer des "soupçons fondés" notamment d'une infraction de blanchiment (cf. art. 23 al. 2 et 4 let. a de la loi fédérale du 10 octobre 1997 concernant la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme [LBA; RS 955]). Le Ministère public ayant été saisi, on ne se trouve ainsi plus au stade de la communication par un intermédiaire financier au MROS ou d'une simple demande d'édition de la part de celui-ci. Peu importe en outre de savoir quels ont pu être les motifs ayant amené, a priori, la Banque C.________ SA à faire une annonce au MROS en lien avec les transferts de la société F.________ sur le compte de la recourante. Les seules explications données à ce stade par la recourante pour justifier la réception de certaines sommes - qui ressortent au demeurant des libellés figurant sur les pièces bancaires - sont en lien avec ceux reçus de la société E.________ Ltd ("loan agreement"; cf. ad V/D p. 19 du recours; voir également les annexes du courrier du 26 janvier 2021 de la Banque C.________ SA), lesquels ne font pas l'objet de la présente procédure. La recourante ne donne en revanche aucune indication sur les motifs des transferts en sa faveur par la société F.________ Elle n'expose pas non plus quelle serait la contre-partie adéquate qu'elle aurait assurée préalablement à la réception des montants litigieux, ce qui suffit à ce stade pour écarter sa bonne foi au sens de l'art. 70 al. 2 CP. Assistée d'un mandataire professionnel, la recourante ne saurait sérieusement soutenir ignorer le but du séquestre à ce jour, soit en vue de la confiscation (cf. art. 263 al. 1 let. d CPP et 70 al. 1 CP) : l'autorité précédente a ainsi expressément relevé que le refus de lever le séquestre se justifiait "puisque les valeurs [étaient] susceptibles d'être confisquées" (cf. consid. 6.4 p. 9 de l'arrêt attaqué). Dans son courrier du 25 février 2021, le Ministère public a mentionné que des entrées de fonds importantes avaient été mises en évidence en 2016, qui pourraient "être le produit d'une infraction d'actes de gestion[...] déloyale qualifié[e]". Vu les termes utilisés ("dont une partie"), il n'apparaît pas non plus arbitraire de considérer à ce stade que d'autres transactions de 2016 sur ce même compte pourraient être concernées par l'infraction retenue (cf. le montant de EUR 400'000.- crédité le 28 janvier 2016), respectivement ensuite ceux - par ailleurs sans explication - envoyés par le même émetteur (cf. la somme de USD 70'000.- reçue 21 décembre 2015). On rappellera en outre que le propre de l'infraction de blanchiment d'argent est la multiplication des transferts de comptes, que ce soit eu égard à leur (s) gestionnaire (s), à leur (s) émetteur (s) /destinataire (s), au (x) montant (s) en cause et/ou au (x) motif (s) invoqué (s) pour les faire (arrêt 1B_612/2019 du 13 mai 2020 consid. 2.1). La recourante se prévaut encore de la nécessité d'obtenir la levée du séquestre afin de s'acquitter de ses frais de défense. Dans la mesure où il serait admissible d'utiliser l'éventuel produit d'infractions et où cela ne constituerait pas, le cas échéant, un acte de blanchiment supplémentaire, la recourante n'apporte pas la démonstration de son incapacité à cet égard (cf. art. 42 al. 2 LTF).