Citation: 4A_143/2023 E. A

A.a. Le 28 avril 1997, B.________ SA, bailleresse, et A.________, locataire, ont conclu un contrat de bail à loyer portant sur la location d'un appartement de deux pièces à l'entresol de l'immeuble sis... à Genève. Le contrat a pris effet le 16 mai 1997 pour une durée indéterminée. Il pouvait être résilié moyennant un préavis de quatre mois pour chaque fin de mois, hormis le 31 décembre. Les locaux étaient destinés à l'habitation. Le loyer annuel a été fixé en dernier lieu le 1er juillet 1999 à 7'128 fr., soit 594 fr. par mois, les charges annuelles s'élevant à 2'640 fr. A.b. Le 29 octobre 1997, les parties ont conclu un contrat de bail à loyer portant sur une place de parking intérieure n° 24-25 située au 2ème sous-sol de l'immeuble. Le contrat a pris effet le 1er novembre 1997 pour une durée indéterminée. Il pouvait être résilié moyennant un préavis de quatre mois pour la fin d'un mois. Le loyer mensuel initial était de 100 fr. A.c. Par courrier recommandé du 20 septembre 2019, la régie a informé la locataire qu'après investigations auprès de plusieurs voisins et du concierge, il apparaissait que son appartement était sous-loué et qu'elle occupait le logement de C.________, sa soeur, au... à Genève. Elle l'a mise en demeure de réintégrer l'appartement dans un délai de 30 jours sous peine de résiliation du bail. Ce pli a été retourné à la régie avec la mention "non réclamé". A.d. Une mise en demeure a également été adressée le même jour à C.________ pour l'appartement qu'elle louait au.... La régie avait appris que cette dernière était officiellement domiciliée à... aux Avanchets, dans l'appartement de six pièces sis au 8ème étage de l'immeuble et qu'elle était cotitulaire du bail à loyer avec son époux, D.________, depuis le 15 octobre 1994. Par courrier du 13 octobre 2019, C.________ a répondu à la régie qu'elle n'avait jamais sous-loué son logement. Elle a joint à son courrier une attestation établie par l'Office cantonal de la population le 9 octobre 2019 indiquant qu'elle était domiciliée au... à Genève. Sa domiciliation à cette adresse remontait au 9 octobre 2019. A.e. La bailleresse a mandaté l'agence E.________ pour qu'elle enquête sur la domiciliation de A.________ et sur l'identité de l'occupant de l'appartement sis.... L'enquêteur de cette agence a établi un rapport le 20 décembre 2019 dont il résulte que l'adresse officielle de la locataire se situait au... depuis le 15 juin 2006; précédemment, du 1er mars 1978 au 29 février 1992, elle avait été domiciliée au... à... avec sa soeur C.________, puis du 1er mars au 31 décembre 1994 au... à Genève et du 1er janvier 1995 au 14 juin 2006 au... à Genève. La locataire était détentrice d'une ligne téléphonique à son seul nom au... et d'un abonnement auprès des SIG pour l'appartement sis.... Elle recevait son courrier aux deux adresses. La carte grise de son scooter dont elle était la détentrice mentionnait l'adresse du.... Secrétaire de profession, elle avait travaillé pendant plus de vingt ans dans un établissement bancaire puis, du 21 septembre 2004 au 9 juin 2015, elle avait exploité une boutique sous la raison individuelle A.________, qui vendait des articles de maroquinerie. Depuis 2013, elle devait être au bénéfice d'une rente AVS. Elle faisait l'objet d'une poursuite frappée d'opposition et de deux actes de défaut de biens de 16'709 fr. et de 18'140 fr. 70. Entre le 1er novembre et le 20 décembre 2019, l'enquêteur avait effectué de nombreuses surveillances au... et posé des témoins sur la porte d'entrée. Il était arrivé à la conclusion que la locataire n'occupait pas son appartement, mais vivait de manière permanente au..., dans l'appartement de sa soeur, qui - elle - vivait à... aux.... Il avait constaté que la boîte aux lettres du... était vidée une fois par semaine et l'appartement occupé de manière ponctuelle quelques jours par mois. Le concierge de l'immeuble lui avait dit qu'il voyait de manière sporadique, quelques fois dans le mois, un homme d'une quarantaine d'années, de taille et corpulence moyenne, portant des lunettes et très souvent une casquette, sortir et entrer dans l'appartement. A.f. Par avis du 18 février 2020, la bailleresse a résilié le bail de l'appartement de manière extraordinaire pour le 31 mars 2020 en application de l'art. 257f al. 3 CO, au motif d'une sous-location non autorisée et de la non-réintégration de l'appartement nonobstant la mise en demeure. Par avis du même jour, elle a résilié de manière ordinaire le bail de l'appartement et du parking intérieur n° 24-25 pour le 30 juin 2020. Ces avis ont été adressés à la locataire par plis simples et en recommandé. Une copie lui a également été adressée au... à Genève. A.g. Par avis du même jour, la bailleresse a résilié le bail de l'appartement de la soeur de la locataire sis... de manière extraordinaire pour le 31 mars 2020 pour le même motif. Par avis parallèle, elle a également résilié de manière ordinaire le bail en question pour la même date. Ces congés ont été contestés par leur destinataire. A.h. Dans la nuit du 7 au 8 octobre 2020 vers 3h00 du matin, la locataire a appelé le Service d'incendie et de secours (SIS) en raison d'une inondation dans l'appartement du.... Une fois sur place, les pompiers ont trouvé les portes closes et sont repartis. Le lendemain, un pompier s'est rendu sur place suite à des appels de voisins. A.________ lui a ouvert la porte de l'appartement et a expliqué qu'elle avait oublié de fermer le robinet du lavabo de la salle de bains. Elle était seule dans l'appartement.