Citation: 5A_414/2022 E. 4.4

4.4. Le recourant reproche également à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement apprécié sa situation personnelle et professionnelle ainsi que la capacité des parties à s'occuper personnellement des enfants. Le recourant affirme tout d'abord que sa situation professionnelle serait " tout autre " que celle qui prévalait en 2012, lorsque les parties s'étaient entendues sur l'attribution de la garde exclusive à l'intimée. Ce faisant, il ne discute nullement les constatations de l'arrêt querellé selon lesquelles il avait été en déplacement professionnel durant 82 jours en 2015, 66 jours en 2016, 89 jours en 2017 et 38 jours en 2018 et avait résidé à U.________ depuis août 2019, peut-être occasionnellement au début, mais à l'évidence de manière permanente ensuite. Le fait que, lors de leur audition en 2019, les enfants aient indiqué que leur père pouvait s'arranger pour ne pas partir en voyage d'affaires lorsqu'elles étaient chez lui n'apparaît pas de nature à remettre en cause l'appréciation de la juridiction précédente selon laquelle rien ne permettait de considérer qu'il cesserait ses déplacements dans le futur. En effet, l'avis des enfants sur lequel se fonde le recourant a été exprimé en lien avec la question de l'instauration d'une garde alternée, de sorte que la cour cantonale pouvait sans arbitraire estimer que ces propos n'étaient pas suffisants pour garantir une disponibilité suffisante du père en cas de garde exclusive en sa faveur. Pour les mêmes raisons, le recourant ne peut rien tirer du raisonnement du premier juge, étant au surplus rappelé que son appréciation ne liait nullement la juridiction précédente (cf. supra consid. 4.3.2). Le recourant ne peut pas non plus être suivi lorsqu'il affirme que la cour cantonale n'aurait, de manière choquante, accordé aucun crédit à la parole de son employeur et à la sienne s'agissant des dispositions professionnelles prises. En effet, selon les constatations de l'arrêt querellé, le courriel du 27 octobre 2021 produit par le père atteste seulement que l'employeur " explor[ait] plusieurs possibilités concernant [la] demande [du recourant] de relocalisation en Suisse pour le bien-être de ses filles ". Au vu de la teneur de cette pièce, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant que rien n'indiquait, en l'état, que le recourant avait obtenu sa relocalisation en Suisse. La juridiction précédente a également retenu que les pouvoirs de signature collective à deux du recourant auprès de E.________ SA (Suisse) avait été radiés le 6 juillet 2021, qu'il était toujours inscrit en qualité de Directeur de la conformité sur le site Internet de E.________ SA (France) et qu'il ne bénéficiait d'aucun pouvoir de signature en Suisse, ce qui rendait très improbable, au vu de ses responsabilités, qu'il ait été relocalisé en Suisse. En tant que le recourant reproche à la cour juridiction précédente de s'être fondée sur des informations " erronées et obsolètes qu'elle a pu trouver sur internet ", la critique ne remplit pas les exigences de motivation susmentionnées (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.2). Par ailleurs, dans la mesure où il fait valoir qu'un nouveau contrat de travail prévoyant qu'il travaille intégralement en Suisse a été conclu début 2022, le recourant se fonde sur un élément nouveau, partant irrecevable (art. 99 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.3). Le recourant reproche également à la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire, respectivement de formalisme excessif, en considérant qu'il n'avait produit ni le contrat signé par le bailleur ni aucune autre pièce attestant de son installation en Suisse, de sorte que cet élément ne pouvait être admis. En l'occurrence, la critique porte sur l'appréciation du caractère probant du bail à loyer produit par le recourant, de sorte que, dénué de pertinence dans ce contexte, le grief de formalisme excessif doit être rejeté. En ce qui concerne l'appréciation des preuves, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant qu'il n'était pas établi que le recourant avait changé ou allait changer son lieu de vie. En effet, pour parvenir à cette conclusion, la cour cantonale a, en sus de l'absence de signature du bailleur sur le contrat de bail, également pris en compte deux autres éléments, à savoir l'absence de relocalisation professionnelle en Suisse ainsi que le fait que le recourant invoquait vouloir déménager dans un appartement pour trois occupants, alors qu'il était toujours marié et que son épouse vivait avec ses deux cadets. Le recourant n'ayant pas valablement remis en cause le premier motif et ne discutant pas le second, le constat de la cour cantonale demeure intact. S'agissant de la situation professionnelle de l'intimée, le recourant ne peut être suivi lorsqu'il reproche à la juridiction précédente de ne pas " être revenue " sur le fait que lorsque celle-ci travaillait, les enfants étaient majoritairement prises en charge par une nounou, que cela n'avait pas changé lorsqu'elle s'était retrouvée au chômage ni maintenant qu'elle travaillait " de plus en plus en soirée ". S'agissant des horaires de travail de l'intimée, la critique est appellatoire, partant, irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). Pour le surplus, le recourant ne discute pas les motifs de l'arrêt querellé selon lesquels cet élément n'était plus pertinent en l'espèce compte tenu de l'âge de l'enfant et n'empêchait au demeurant pas de considérer que l'intimée était plus présente que le recourant au regard de son activité professionnelle.