Citation: C 240/06 25.10.2007 E. 4

Le jugement entrepris expose correctement le contenu des art. 8 al. 1 let. f LACI et 15 al. 1 LACI concernant l'exigence de l'aptitude de l'assuré à être placé pour prétendre l'indemnité journalière de l'assurance-chômage, ainsi que la jurisprudence y relative (ATF 123 V 214 consid. 3 p. 216 et consid. 5a p. 217 sv., 110 V 207). Il suffit d'y renvoyer pour l'essentiel. On rappellera seulement qu'un assuré qui prend des engagements à partir d'une date déterminée et de ce fait n'est disponible sur le marché de l'emploi que pour une courte période n'est, en principe, pas apte au placement (ATF 123 V 214 consid. 5a p. 217 sv., 110 V 207 consid. 1 p. 208; cf. Thomas Nussbaumer, Arbeitslosenversicherung, in: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SVBR], Soziale Sicherheit, 2ème édition, no 266 p. 2259 sv.). Le Tribunal fédéral des assurances a toutefois précisé que les principes jurisprudentiels concernant l'aptitude au placement ne doivent pas conduire à pénaliser le chômeur qui trouve et accepte une place appropriée mais non libre immédiatement. Il n'est en effet pas raisonnablement exigible d'un assuré, qui a fait tout son possible pour diminuer le dommage et qui a trouvé un emploi pour une date ultérieure - relativement proche - de repousser la conclusion du contrat de travail, dans l'espoir hypothétique de trouver une place disponible plus tôt, mais au risque de rester finalement au chômage plus longtemps (ATF 123 V 214 consid. 5a p. 217 sv., 110 V 207 consid. 1 p. 209 et les arrêts cités). Il convient par conséquent d'être souple dans l'examen de l'aptitude au placement d'un assuré qui, dans le cadre de son obligation de diminuer le dommage, accepte une telle place de travail, même s'il est, par conséquent, probablement difficilement plaçable durant la période précédant son entrée en fonction (Boris Rubin, Assurance-chômage: Droit fédéral, survol des mesures cantonales, procédure, 2ème édition, ch. 3.9.8.9.3 p. 233 sv.). Il n'en reste pas moins que la jurisprudence parue à l'arrêt ATF 110 V 207 a une portée restreinte. 4.1 La juridiction cantonale a nié l'aptitude au placement de l'assuré durant la période déterminante aux motifs, d'une part, que l'assouplissement de la condition de l'aptitude au placement au sens de la jurisprudence était subordonné à certaines conditions, non satisfaites en l'espèce, et, d'autre part, que l'intéressé avait recherché uniquement des stages temporaires. En particulier, selon les premiers juges, l'assuré était pour ainsi dire certain d'obtenir le poste d'assistant à l'Ecole X.________ dès mars 2005 et n'avait manifestement pas la volonté réelle de rechercher un emploi durable en tant que juriste, lorsqu'il s'est inscrit au chômage le 19 novembre 2004. 4.2 Les arguments du recourant à ce propos ne permettent pas de s'écarter de la solution retenue par la juridiction cantonale. La jurisprudence relative à l'assouplissement des conditions de l'aptitude au placement n'est pas applicable en l'espèce. Entre le moment de son inscription au chômage (19 novembre 2004) et le début de son engagement à l'Ecole X.________ (1er avril 2005), il s'est écoulé un laps de temps de plusieurs mois. Le recourant aurait certainement eu la possibilité de trouver un emploi temporaire, même en dehors d'une profession juridique, pour faire en quelque sorte le « pont » entre la fin de ses études et le début de sa carrière d'assistant. D'emblée, le recourant a déclaré qu'il entendait se consacrer à une thèse de doctorat, à côté de son poste d'assistanat et qu'il était déjà occupé à 100 %. Ultérieurement, dans ses démarches auprès de divers employeurs, il exposait qu'il entreprendrait en mars 2005 une thèse de doctorat et qu'il souhaitait auparavant effectuer un stage pour acquérir une expérience pratique et des connaissances techniques afin d'être mieux à même d'évaluer les enjeux concrets que soulèvent les questions de droit qu'il aurait à traiter, mais aussi pour satisfaire un vif intérêt personnel qu'il souhaiterait pouvoir d'abord mettre en pratique les connaissances acquises à l'Université. C'est dire que le recourant ne recherchait pas un emploi temporaire ou durable normalement salarié, mais qu'il désirait avant tout acquérir des rudiments de la pratique juridique qui viendraient appuyer son travail scientifique. Dans ces conditions, l'aptitude au placement doit être niée, faute de disposition à accepter un travail normalement rémunéré.