Citation: 4A_205/2021 E. 4.3

4.3. Les recourants soutiennent que la clause de prohibition de concurrence est valable. A les croire, l'activité déployée par l'intimé au service de B.________ se limitait au bouclement de la comptabilité et à l'établissement de déclarations d'impôt. Les recourants dépeignent cette activité comme celle " que toute fiduciaire offr (irait) à sa clientèle ", ce qui exclurait " des prestations particulières qui dépend (r) aient essentiellement d (es) propres capacités professionnelles " de l'intimé. Certes, selon les cas, ces tâches peuvent revêtir un caractère relativement simple et répétitif. Mais de toute évidence, les prestations de l'intimé ne se réduisaient pas à cela. Ni la Cour civile, ni la Cour d'appel cantonale ne se sont laissé convaincre du contraire. A juste titre. L'autorité précédente a constaté que l'intimé était notamment le mandataire et l'homme de confiance du ressortissant de Y.________, N.________ ainsi que de sociétés du groupe éponyme dès 1980. Les recourants ne sauraient sérieusement prétendre qu'aucune expertise particulière n'était à cet égard nécessaire et qu'un lien de confiance, voire de confidence, n'y avait pas son importance. Comme s'il n'existait qu'une manière de présenter des chiffres et comme si le choix importait peu. S'agissant du rapport que l'intimé avait établi avec les clients, les recourants font valoir qu'il n'avait rien d'exceptionnel, contrairement à ce que la cour cantonale a retenu. C'est faire abstraction des différents témoins évoqués dans l'arrêt attaqué, lesquels ont fait état du lien de confiance qu'ils avaient tissé avec l'intimé et du fait que la personne de l'employeur était, pour eux, reléguée à l'arrière plan, à tel point que celle-ci leur était totalement indifférente. Nul arbitraire ne se loge dès lors dans les faits constatés dans la décision entreprise. Enfin, les recourants soutiennent que la cour cantonale aurait mal appliqué la jurisprudence fédérale. Ils ne peuvent toutefois être suivis. Le juge doit apprécier les circonstances de chaque cas et, à en juger par les considérants qu'elle y a consacrés, l'autorité précédente ne s'est pas épargnée cet exercice. Les recourants tirent encore argument, de manière très générale, du principe de la bonne foi, de la fidélité contractuelle, de la sécurité juridique et de la prévisibilité, tous éléments sur lesquels la cour cantonale s'est exprimée sans que les recourants ne pipent mot de ses considérations. Le Tribunal fédéral peut dès lors se dispenser de traiter ce moyen. Pour les mêmes motifs, il en fera de même s'agissant de l'argument tiré de la sentence arbitrale rendue dans un litige parallèle opposant les recourants à J.________. En conclusion, c'est à bon droit que la cour cantonale a jugé que la clause de prohibition de concurrence n'était pas valable. Dans ces conditions, point n'est besoin d'examiner les griefs que les recourants soulèvent contre les motifs dont l'autorité précédente s'est servie pour étayer, à titre subsidiaire, le rejet des prétentions pécuniaires fondées sur la clause susdite.