Citation: 1B_317/2017 E. 2.2.2

2.2.2. Dans un deuxième temps, il y a lieu d'examiner si le régime de détention du recourant est conforme au droit. L'art. 236 al. 1 CPP prévoit l'exécution anticipée de peines ou mesures entraînant une privation de liberté. Aussi, à supposer que le recourant doive être suivi en ce sens que le régime de l'exécution anticipée doive être mis en oeuvre, cela n'entraînerait en aucun cas sa libération immédiate. Il y a donc tout au plus lieu d'examiner si un changement de régime de la détention s'impose immédiatement. En l'occurrence, selon les constatations de la cour cantonale, les intervenants et autorités s'accordent sur le caractère approprié d'une mesure au sens de l'art. 59 CP pour le recourant. Des contraintes structurelles, à savoir l'absence d'une place dans une institution adéquate, ont toutefois conduit les autorités à ne pas formellement ordonner l'exécution anticipée. Le recourant en déduit une violation de l'art. 5 par. 1 let. e CEDH qui imposerait selon lui un placement dans un établissement psychiatrique approprié ou dans un établissement d'exécution des mesures où le régime de détention sera adapté à sa situation clinique. A la différence de l'affaire de la Cour européenne dont se prévaut le recourant (arrêt de la CourEDH Papillo contre Suisse du 27 janvier 2015), la détention est en l'espèce justifiée par les motifs de l'art. 5 par. 1 let. c (détention avant jugement pour risque de récidive) et non let. e (détention d'un aliéné) CEDH. A cela s'ajoute que, sur le plan concret, la critique du recourant concerne uniquement le rythme du suivi qu'il juge insuffisant et la prise en charge qu'il souhaiterait plus soutenue. S'il est certes regrettable qu'en l'état aucune place adéquate n'ait été trouvée vu les troubles psychiques avérés du recourant, la détention provisoire n'en est pas pour autant contraire à l'art. 5 par. 1 CEDH. En effet, celui-ci bénéficie d'un suivi thérapeutique et d'un traitement médicamenteux. A cet égard, l'arrêt dont se prévaut le recourant insistait sur le fait qu'il importait que des soins appropriés soient apportés à l'intéressé, ce qui est globalement le cas en l'occurrence (arrêt de la CourEDH Papillo contre Suisse précité par. 43). Si, selon le complément d'expertise du 24 avril 2017, le suivi aurait pu être sensiblement plus soutenu, cette carence n'est pas liée au régime de la détention provisoire, qui permettrait une mise en oeuvre d'un tel suivi.