Citation: 6B_67/2019 E. 6.7

6.7. Les recourantes soutiennent que la créance compensatrice prononcée à l'encontre de la recourante 1 serait disproportionnée dès lors que le TPF aurait tenu compte, dans la fixation de son montant, des fonds appartenant à la recourante 2. Or il serait arbitraire de retenir que A.________, et partant la recourante 1 en sa qualité d'héritière, serait propriétaire des valeurs patrimoniales déposées sur les comptes de la recourante 2. Dès lors que comme retenu infra (consid. 7.8 à 7.10), la domination de la recourante 1 sur la recourante 2, partant le séquestre des biens de la recourante 2 en vue du paiement de la créance compensatrice, sont confirmés, l'argumentation des recourantes tombent à faux. Pour le surplus, conformément à l'art. 59 ch. 2 al. 2 aCP, respectivement 71 al. 2 CP, le juge peut renoncer totalement ou partiellement à une créance compensatrice s'il est à prévoir qu'elle ne serait pas recouvrable. Dans ce cadre, le juge doit ainsi respecter le principe de la proportionnalité (cf. ATF 146 IV 201 consid. 8.3.3 p. 207 et les références citées). En l'occurrence, le TPF a retenu que la part des valeurs patrimoniales qui n'était plus disponible pour la confiscation et qui pouvait donc faire l'objet d'une créance compensatrice s'élevait à 218'735'479 francs. Toutefois, il a réduit le montant de la créance compensatrice prononcée à l'encontre de la recourante 1 au montant des avoirs disponibles dont A.________ était titulaire, c'est-à-dire aux montants placés sous séquestre et qui n'étaient pas confisqués (incluant donc les avoirs séquestrés sur la relation bancaire de la recourante 2 auprès de RR.________). Ce faisant, il a ainsi tenu compte du principe de proportionnalité, la recourante 1 n'ayant pas à payer sur ses propres deniers mais étant uniquement privée de valeurs patrimoniales dont elle n'a en réalité jamais disposé, celles-ci ayant été séquestrées avant qu'elle n'en hérite. Le grief des recourantes doit par conséquent être rejeté.