Citation: 1B_384/2017 E. 2.2.2

2.2.2. Les recourantes République de Guinée équatoriale, B.________ Ltd et C.________ Ltd (cause 1B_387/2017) ne sont en revanche pas parties au sens de l'art. 104 CPP à la procédure pénale. Les deux sociétés recourantes disposent de la qualité de tiers touchés par un acte de procédure (art. 105 al. 1 let. f CPP), notamment dans le cadre de la procédure de levée des scellés. En effet, en tant que propriétaires des bateaux "D.________" et "E.________", elles sont concernées par la saisie des documents en lien avec ces deux yachts; cela vaut au demeurant d'autant plus pour la recourante B.________ Ltd, propriétaire du premier des deux bateaux susmentionnés puisque celui-ci a été séquestré. Quant à la République de Guinée équatoriale, la qualité de tiers intéressé lui a été déniée s'agissant du séquestre du bateau "D.________", faute en substance de pouvoir justifier d'une utilisation étatique ("iure imperii") - qui serait donc protégée par son immunité de juridiction - de ce yacht (cf. arrêt 1B_135/2017 du 3 juillet 2017 consid. 2). En revanche, un droit de participer à la procédure de levée des scellés lui a été reconnu, dès lors que la saisie de documents en mains d'une avocate que l'Etat aurait mandatée dans le cadre de l'acquisition - par le biais de sociétés - de deux navires serait susceptible de violer le secret professionnel, cela indépendamment de la question de la propriété des bateaux; cela se justifiait aussi eu égard à l'immunité de juridiction invoquée (cf. arrêt 1B_106/2017 du 8 juin 2017 consid. 2). S'agissant des tiers intéressés touchés par un acte de procédure au sens de l'art. 105 al. 1 let. f CPP, le Tribunal fédéral a, dans un arrêt récent, considéré que les personnes bénéficiant de ce statut pouvaient exiger que les questions les concernant soient traitées en toute indépendance, en particulier lorsque des autorités judiciaires sont saisies, et pouvoir ainsi, dans ce cadre, déposer une requête de récusation (arrêt 1B_180/2017 du 21 juin 2017 consid. 1.2.2). Dans la mesure où une telle demande concerne un représentant du ministère public, le tiers concerné par un acte de procédure isolé - tel qu'une mesure de contrainte - n'encourt toutefois généralement pas le risque d'être à nouveau confronté au même procureur dans la suite de l'instruction, ne disposant ainsi en principe pas d'un intérêt personnel, pratique et actuel à obtenir la récusation d'un représentant du ministère public (arrêt 1B_180/2017 du 21 juin 2017 consid. 1.2.3). A cet égard, les deux sociétés soutiennent qu'elles seront encore confrontées au Procureur intimé puisque l'instruction porte essentiellement sur les circonstances entourant l'acquisition et l'exploitation des deux navires dont elles sont propriétaires. Dès lors que cette question paraît effectivement déterminante dans l'enquête en cours et que les deux sociétés pourraient être amenées à devoir apporter d'autres explications, un intérêt juridique à l'annulation ou la modification de la décision attaquée doit leur être reconnu. S'agissant ensuite de la République de Guinée équatoriale, elle ne dispose de la qualité de tiers touché par un acte de procédure que dans le cadre de la procédure de levée des scellés et pour des motifs sans lien direct avec l'instruction (secret professionnel et immunité de juridiction). Une fois cette procédure particulière - dans laquelle le Ministère public intervient en tant que simple partie (arrêt 1B_180/2017 du 21 juin 2017 consid. 1.2.3) - terminée, la République de Guinée équatoriale ne devrait ainsi en principe plus être confrontée à ce magistrat. Cela étant, il ne peut pas non plus être ignoré que l'instruction tend - a priori en l'état contre la volonté de la République de Guinée équatoriale - à défendre ses intérêts étatiques qui, selon les autorités de poursuite pénale, auraient été compromis notamment par l'acquisition des deux bateaux. Sous l'angle de la recevabilité, il ne peut ainsi être d'emblée exclu que cet Etat puisse encore être confronté au Procureur intimé en lien avec la procédure pénale ouverte notamment contre Téodoro Obiang. En conséquence, la qualité pour recourir doit également lui être reconnue.