Citation: U 507/06 07.12.2007 E. 5

5.1 Sur le plan psychique, l'intimée a considéré que l'incapacité de travail de l'assuré était due exclusivement à une décompensation psychologique liée à des difficultés professionnelles, ainsi qu'à un trouble somatoforme douloureux également étranger à l'accident. De son côté, la juridiction cantonale est d'avis que l'atteinte à la santé psychique à l'origine de l'incapacité de travail est un trouble somatoforme douloureux sans lien de causalité avec l'accident. Elle se fonde pour cela sur le rapport des experts H.________ et I.________, lesquels ont posé le diagnostic de troubles somatoformes douloureux sans comorbidité psychiatrique évidente et sans lien avec l'accident. En particulier, ils ont nié l'existence d'une dépression, ainsi que la présence d'élément de la lignée psychotique, comme un délire, des hallucinations, ou des troubles formels ou logiques de la pensée. Le recourant conteste le point de vue de la juridiction cantonale, en allèguant la présence non seulement d'un trouble somatoforme douloureux, mais également d'un trouble dépressif récurrent et d'une anxiété généralisée. Il se réfère pour cela à l'appréciation du psychiatre du SMR, sur la base de laquelle l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud lui a accordé une rente entière à partir du 1er février 2002 (décision sur opposition du 6 juillet 2004). Selon l'intéressé, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'ensemble des troubles psychiques et l'accident doit être admise, du moment qu'il ne souffrait d'aucune atteinte de cette nature avant l'accident. 5.2 Le point de vue du recourant ne saurait être partagé. Certes, le psychiatre du SMR a posé le diagnostic de suspicion d'état de stress post-traumatique chronique (F 43.1). Cependant, cet état de stress post-traumatique n'est pas formellement attesté par ce médecin. Il apparaît seulement comme une éventualité justifiée par la présence partielle de ces symptômes dans l'observation clinique. Dans cette mesure, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les affections psychiques et l'accident n'apparaît pas établie au degré de la vraisemblance prépondérante, généralement appliquée en matière de preuve dans le domaine des assurances sociales (ATF 126 V 353 consid. 5b p. 360, 125 V 193 consid. 2 p. 195 et les références; cf. ATF 130 III 321 consid. 3.2 et 3.3 p. 324 s.). Au demeurant, on ne saurait admettre la présence d'un tel lien du seul fait que les troubles psychiques sont apparus après l'accident. Cela reviendrait en effet à se fonder sur l'adage post hoc, ergo propter hoc, raisonnement qui n'est pas admissible selon la jurisprudence (ATF 119 V 335 consid. 2b/bb p. 341 s.). 5.3 Quoi qu'il en soit, même si l'on admettait l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'atteinte à la santé psychique et l'accident, le caractère adéquat du lien de causalité devrait être nié. Dans la mesure où un problème de nature psychique apparaît en l'occurrence au premier plan, le lien de causalité adéquate doit être apprécié à la lumière des principes applicables en cas de troubles psychiques consécutifs à un accident (ATF 123 V 98 consid. 2a p. 99 et les références; RAMA 2002 no U 470 p. 531), à savoir les critères objectifs développés par la jurisprudence pour juger du caractère adéquat du lien de causalité entre un accident - en l'occurrence de gravité moyenne - et l'atteinte à la santé psychique (ATF 115 V 133 consid. 6c/aa p. 140 et 403 consid. 5c/aa p. 409). Or, ces critères n'apparaissent pas réalisés en l'espèce. En particulier, les circonstances concomitantes n'ont pas été particulièrement dramatiques ni l'accident particulièrement impressionnant. Par ailleurs, les lésions physiques n'étaient pas d'une gravité telle qu'elles étaient de nature, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. En effet, lors de la sortie de l'hôpital, le 10 novembre 1995, les médecins de l'Hôpital Y.________ ont seulement prescrit des contrôles périodiques, ainsi qu'un traitement de l'hypertension par le médecin traitant. Enfin, il n'apparaît pas que la durée de l'incapacité de travail a été particulièrement longue, compte tenu du fait que l'assuré a pu reprendre le travail deux mois après l'accident. Même si, comme l'affirme l'intéressé, il n'a pas repris son ancienne activité de chauffeur-livreur mais s'est consacré à des tâches légères confiées par son employeur, la durée de l'incapacité de travail due aux lésions somatiques n'apparaît pas propre à entraîner une atteinte à la santé psychique. Cela étant, l'intimée n'a pas à répondre des troubles psychiques dont souffre encore le recourant après le 14 octobre 2003.