Citation: 6B_826/2013 E. 3.8

3.8. En substance, le recourant soutient qu'il ne serait pas fermé à toute prise en charge psychiatrique et qu'il serait accessible à un traitement. Il soutient qu'il serait faux de dire qu'il nie tout problème d'ordre psychique dès lors qu'il aurait accepté à plusieurs reprises de suivre une prise en charge thérapeutique. Ce faisant, le recourant ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle de l'expert et de l'autorité cantonale sans démontrer en quoi cette dernière serait arbitraire, en particulier au regard de ses déclarations à l'expert. En effet, lors de son entretien avec ce dernier, le recourant a répondu, à la question de savoir s'il estime souffrir de problèmes psychiatriques « que non, qu'il n'a pas quelque chose qui puise se remarquer, qu'il est plutôt une personne calme, posée, qui essaie de trouver des solutions plutôt que d'affronter les gens de manière agressive » (rapport d'expertise, p. 15). Au demeurant, le fait qu'il ait accepté de se rendre à des rendez-vous réguliers avec les psychiatres ou psychologues ne démontre pas encore qu'il ait pris conscience de ses graves problèmes psychiatriques, encore moins de la nature de ceux-ci. A cet égard, on relèvera que les différents intervenants ont tous constaté que le recourant glissait rapidement vers des revendications, ce qui tend bien à démontrer qu'il n'a pas compris les motifs et les buts d'une psychothérapie qu'il utilise plutôt pour, une nouvelle fois, remettre en cause les procédures judiciaires. Le recourant conteste l'analyse de l'expert au sujet de son déni. A cet égard, il ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle de l'expert dans une démarche purement appellatoire, partant irrecevable. Le recourant soutient que l'expert aurait retenu de manière contradictoire que le déni n'avait pas d'influence directe sur la dangerosité tout en retenant que cet élément pouvait être rattaché à certains items, ce qui pousserait sensiblement l'évaluation de la dangerosité vers le haut. Ce faisant, le recourant procède d'une lecture biaisée du rapport. En effet, l'expert a indiqué « qu'il n'y a pas de correspondance directe entre la présence d'un déni et une augmentation de la dangerosité. L'évaluation de la dangerosité de l'expertisé se fonde sur de nombreuses variables, tant criminologiques que psychiatriques. Le déni, en soi, peut être rattaché à certains items (notamment dans la capacité d'assumer les faits et conséquences des actes) sur certaines échelles d'évaluation de la dangerosité, ce qui peut donc, pour certains items, pousser sensiblement l'évaluation de la dangerosité vers le haut. Toutefois, les outils d'évaluation du risque de passage à l'acte de nature violente et/ou sexuelle prennent en compte bien d'autres variables, et la question semble donc être ainsi mal posée » (rapport d'expertise p. 28). On comprend donc clairement qu'il n'existe pas de correspondance directeentre déni et dangerosité mais que c'est l'un des éléments qui est pris en compte, parmi d'autres, dans les échelles d'évaluation. L'expert ne s'est en outre pas fondé uniquement sur le résultat de ces évaluations mais également sur ses observations cliniques. C'est donc en ce sens que le déni peut avoir une certaine influence, celle-ci étant toutefois pondérée par les nombreux autres critères dont l'expert a tenu compte dans son évaluation de la dangerosité. Il n'y a donc aucune contradiction dans le raisonnement de l'expert. Pour le surplus, pour autant que l'on comprenne, le recourant semble soutenir que son déni n'empêcherait pas qu'il puisse bénéficier d'un traitement au sens de l'art. 59 CP. S'il ressort effectivement de l'expertise que le déni n'empêche, en théorie, pas la prise en charge thérapeutique, l'expert a souligné que ce n'était pas le seul déni qui était à l'origine de la stagnation du recourant, mais sa personnalité dans son ensemble en particulier la composante paranoïaque marquée et les aspects pervers-narcissiques (cf. rapport d'expertise p. 27 s.). Au vu des développements figurant dans l'expertise, il n'était pas manifestement insoutenable de conclure qu'un éventuel traitement se rapprochait davantage d'une vue de l'esprit que d'une réalité. Le recourant prétend que, lors de son prononcé sous l'ancien droit, la mesure d'internement avait pour objectif son traitement médical. Outre que l'application de l'ancien art. 43 CP ne faisait pas dépendre l'internement d'une perspective de traitement médical (cf. ATF 121 IV 297), le recourant perd de vue que cette mesure a été transformée en internement au sens de l'art. 64 CP par jugement du TAPEM du 5 décembre 2008, définitif et exécutoire, sur lequel il n'est pas fondé à revenir dans la présente cause. Dans la mesure où le recourant se réfère à un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme sans autre développement, son grief, insuffisamment motivé au regard des exigences accrues de l'art. 106 al. 2 LTF, est irrecevable. Le recourant s'interroge en outre sur la disparition des perspectives de traitement de ses troubles mentaux dès lors que celles-ci auraient été présentes il y a quelques années. A cet égard, il peut être renvoyé aux conclusions de l'expert qui indique que les échecs répétés des tentatives de prise en charge et le temps écoulé conduisent à un pronostic de plus en plus défavorable quant aux chances de succès d'un traitement, celui-ci tendant à devenir une vue de l'esprit plutôt qu'une réalité. En définitive, le recourant ne démontre pas qu'il était arbitraire de se rallier, comme l'a fait la cour cantonale, aux conclusions de l'expertise s'agissant des chances de succès d'un éventuel traitement.