Citation: 4A_135/2014 E. 4.3

4.3. La recourante expose que son patrimoine immobilier en Inde, d'où elle est originaire, ne lui apporte aucun revenu et se limite à deux parcelles non bâties dont la valeur totale n'excède pas 8'000 francs. Elle ne met cependant pas en doute que les notes établies par Y.________ correspondent aux propos effectivement tenus lors de la réunion. Elle se réfère d'ailleurs à ces notes sur un point qui n'est pas reproduit dans le jugement: Y.________ a aussi eu un entretien avec son collègue de Bienne auparavant chargé de la gestion du portefeuille; celui-ci voulait s'assurer « que la cliente n'est pas manipulée car il la sent malléable ». En s'entretenant directement avec la recourante, Y.________ s'est mis en mesure d'évaluer personnellement sa situation patrimoniale, sa compréhension de la stratégie de A.________ et son aptitude à en assumer les risques. Il pouvait donc n'attribuer qu'une signification réduite à la gestion antérieure du portefeuille et aux inquiétudes de son collègue de Bienne. En tant que la recourante a elle-même présenté sa situation pécuniaire de manière trompeuse en faisant état d'un patrimoine immobilier qui n'existait pas, elle ne peut guère reprocher à la banque et à son personnel de n'avoir pas pris en considération sa situation réelle. Y.________ a expliqué la « volatilité » de la stratégie de A.________, soit les fluctuations de la valeur du portefeuille, à la hausse ou à la baisse, qui pouvaient en résulter. Ayant pu se convaincre que la recourante n'avait « pas besoin de son compte », il pouvait aussi, sans manquer aux devoirs contractuels de son employeuse, s'abstenir d'insister sur l'éventualité d'une perte totale du capital investi. La recourante ne peut donc pas utilement faire valoir que la stratégie de A.________ lui a été expliquée dans les locaux de la banque et par l'un de ses collaborateurs. Il a été établi en première instance qu'elle a demandé le transfert de ses avoirs parce qu'elle n'était pas satisfaite de la performance obtenue à Bienne. Il a également été établi que la banque, dans ses propres locaux, a dûment informé la recourante et s'est aussi dûment informée de sa situation, et qu'elle a pu parvenir à la conclusion que cette cliente, comme les autres connaissances de A.________, n'était pas dépendante du patrimoine désormais géré par lui. La recourante ne peut donc pas non plus utilement faire valoir qu'elle était cliente de la banque depuis près de trente ans; en particulier, contrairement à son opinion, elle ne pouvait pas s'attendre à ce que la banque, en collaboration avec A.________, continuât de gérer selon le profil antérieur, et il est au contraire établi que sur la base des explications reçues et après que Y.________ s'était informé de son aptitude à s'exposer au risque, elle a abandonné l'ancienne stratégie pour adopter celle de A.________. La recourante affirme encore que l'objectif annoncé par celui-ci, soit un rendement annuel de 10%, pouvait être atteint sans exposer le patrimoine géré au risque d'une perte complète. Elle en déduit que A.________, avec l'approbation tacite et fautive de Y.________, a assoupi sa vigilance en faisant état d'un objectif relativement modeste et, implicitement, d'un risque non moins modeste. Il est certes connu que la recherche d'un rendement élevé implique un risque également élevé, et inversement. Néanmoins, cette discussion proposée par la recourante ne repose sur aucune donnée financière plus précise, notoire ou dûment prouvée; on ne peut donc pas en conclure que Y.________ ait manqué au devoir de diligence du banquier.