Citation: 8C_696/2022 E. A

A.a. A.________, né en 1962, effectuait un apprentissage de peintre en carrosserie lorsqu'il a été victime d'un accident de moto le 31 juillet 1981. Il a notamment subi une fracture du fémur gauche et une fracture ouverte de la rotule gauche qui a nécessité plusieurs opérations. Par décision du 3 février 1987, la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), auprès de laquelle il était obligatoirement assuré contre le risque d'accidents, lui a alloué une rente, fondée sur un taux d'invalidité de 50 %, ainsi qu'une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 20 %. A.b. A.________ a également bénéficié de prestations de l'assurance-invalidité (AI) sous la forme d'une formation professionnelle initiale. Il a obtenu un certificat fédéral de capacité (CFC) de vendeur-magasinier en pièces détachées et d'accessoires automobiles en 1989 ainsi qu'un CFC d'employé de commerce de détail en 1990. A la suite du reclassement de l'assuré, la CNA a réduit la rente allouée, fixant le taux d'invalidité à 25 % (décision du 18 juillet 1991). A.c. Le 14 avril 2009, en raison d'une évolution défavorable, A.________ s'est vu poser une prothèse totale du genou gauche. Cette opération et l'incapacité de travail qu'elle a entraînée ont été prises en charge par la CNA à titre de rechute de l'accident du 31 juillet 1981. Par décision du 11 novembre 2011, l'Office AI du canton de Fribourg a alloué à A.________ une rente dégressive à compter du 1er avril 2010 (rente entière, trois-quarts de rente, demi-rente et ensuite quart de rente dès le 1er décembre 2010). De son côté, la CNA a augmenté le taux d'atteinte à l'intégrité à 30 % mais a maintenu le taux d'invalidité de l'assuré à 25 % (décisions des 27 septembre 2011 et 16 mai 2012). A.d. Le 28 juin 2019, A.________ a annoncé une nouvelle rechute avec une incapacité de travail totale depuis le 28 mai 2019 à cause d'une accentuation des douleurs au genou gauche (rapport du docteur B.________ du 19 septembre 2019). Cette situation a conduit à son licenciement par l'entreprise C.________ SA, où il travaillait depuis le 1er octobre 1997 comme représentant à temps partiel. Le docteur D.________, médecin d'arrondissement de la CNA, l'a examiné le 5 décembre 2019 et a considéré que la situation était superposable à celle qu'il avait observée en 2011; le genou était calme sans épanchement ni hyperthermie ou autres signes réactifs et la mobilisation libre avec une extension complète et une flexion à 100°. Selon lui, les plaintes de l'assuré, qui s'était épuisé dans une activité pas vraiment adaptée à l'état de son genou, relevaient de facteurs non orthopédiques. A.e. Sur la base d'une scintigraphie osseuse réalisée le 10 janvier 2020, le docteur E.________, de la Clinique de chirurgie orthopédique de l'Hôpital F.________, a posé le diagnostic de descellement de la prothèse totale du genou (PTG), indiquant que cela pourrait expliquer la symptomatologie douloureuse de l'assuré. Ce médecin proposait une révision chirurgicale de la prothèse tout en soulignant que cette opération délicate devait être différée le plus longtemps possible. Dans un rapport d'examen final du 6 juillet 2020, le docteur D.________ a estimé que l'examen clinique était rassurant en dépit du descellement constaté; la situation était stabilisée et l'assuré conservait une capacité de travail entière dans une activité adaptée avec des limitations fonctionnelles (port de charges moyennes, pas de station debout prolongée ni de longs trajets surtout en terrain accidenté). Le médecin de la CNA a néanmoins reconnu un taux d'atteinte à l'intégrité supplémentaire de 5 % pour tenir compte de la nécessité d'un changement de prothèse à moyen terme. A.f. Par décision du 15 juillet 2020, la CNA a mis fin au paiement des indemnités journalières à compter du 20 juillet 2020; elle a octroyé à l'assuré une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 5 %, mais a refusé d'augmenter la rente, considérant que les limitations fonctionnelles de celui-ci étaient restées les mêmes qu'à l'époque. Saisie d'une opposition, la CNA l'a admise en ce sens que le droit à la rente devait être réexaminé sur le plan économique (décision sur opposition du 2 octobre 2020). A.________ a transmis à la CNA deux rapports du docteur G.________, du Centre de la douleur de l'Hôpital F.________, des 6 novembre 2020 et 22 janvier 2021. A.g. Par décision du 23 mars 2021, la CNA a maintenu le taux d'invalidité de l'assuré à 25 %. Ce dernier a formé opposition et a produit de nouveaux documents médicaux émanant des docteurs G.________ (rapports des 19 avril et 15 juillet 2021), E.________ (rapports de consultation des 14 mai et 28 juin 2021) et H.________, de la Clinique I.________ (rapport de consultation du 8 juillet 2021). Le 13 août 2021, la CNA a rendu une décision sur opposition sans changer sa position.