Citation: 1C_468/2017 E. 4

Les recourants considèrent ensuite que la qualité pour agir devant le Tribunal cantonal devait leur être reconnue sur le plan individuel, au titre d'habitants de la commune concernée. Ils se plaignent de l'appréciation de la cour cantonale dont ils déduisent que seuls les habitants dont les propriétés donnent directement sur le lac pourraient être considérés comme ayant un intérêt juridiquement protégé. Ainsi qu'on l'a vu, considérer que l'intérêt à pouvoir bénéficier de la servitude publique et à se promener le long du lac est le même pour des personnes habitant à 100 mètres de la rive litigieuse que pour celles habitant dans une toute autre région n'est pas constitutif d'arbitraire. Dans cette mesure, certes, le cercle des personnes habilitées à faire recours est très restreint et, selon les cas de figure, potentiellement limité à des administrés - on pense ici aux riverains - non préoccupés par la mise en oeuvre du droit de passage. Cela ne saurait toutefois justifier d'étendre la qualité pour recourir aux personnes poursuivant uniquement un intérêt général. Les recourants exposent eux-mêmes que dénier la qualité pour recourir à ceux qui n'habitent pas directement sur le bord du lac revient à priver tout habitant de la commune du droit de faire constater les violations du droit par les autorités communales ou cantonales. Or c'est précisément ce qu'a souhaité le législateur cantonal en proscrivant l'action populaire, à laquelle sont assimilés les recours dont le seul but est de garantir l'application correcte du droit (ATF 139 II 499 consid. 2.2 p. 504; arrêts 1C_196/2017 du 22 novembre 2017 consid. 2.1; 1C_320/2010 du 9 février 2011 consid. 2.3).