Citation: 6B_1070/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que les éléments constitutifs objectifs et subjectifs de l'escroquerie étaient réalisés. Selon les faits arrêtés, le recourant avait trompé la gérante sur sa volonté de payer. Le recourant était connu de la bijouterie C.________ SA depuis plusieurs années comme un bon client qui avait toujours honoré ses engagements. Il n'était pas déterminant que la gérante n'avait pas été en mesure de donner d'autres informations sur lui, si ce n'était qu'il disposait d'un pied à terre dans la région de V.________ ou qu'elle avait fait sa connaissance seulement durant l'année 2015. La relation commerciale avec la bijouterie était bien plus ancienne et s'était toujours déroulée sans problème. Le recourant étant connu comme le directeur de B.________, le siège étranger de cette société ne devait pas éveiller des soupçons particuliers. || en allait de même du fait que la facture avait été adressée, à sa demande, au nom de la société I.________ Ltd puisque le recourant, qui se décrivait lui-même comme un "apporteur d'affaires", destinait aussi ses achats à des clients de B.________. Il n'était dès lors pas surprenant que la facture fut libellée au nom d'une société inconnue de C.________ SA. La gérante avait expliqué qu'il était courant dans les bijouteries de faire des factures ouvertes pour les bons clients. || n'y avait pas de raison de douter des déclarations de la gérante qui disposait à l'époque d'environ 13 ans d'expérience, avait suivi une formation dans une école d'horlogerie et dont l'objectivité ne faisait pas de doute (cf. arrêt entrepris, consid. 3.2). Il existait ainsi entre le recourant et la boutique C.________ SA une relation de confiance qui était susceptible d'endormir la méfiance de la gérante. Le recourant avait tenté de l'exploiter en disant qu'il était pressé afin que la gérante lui remette les montres à crédit, contrairement aux transactions précédentes où les achats étaient payés avant la livraison. Confronté à un refus, il avait fait parvenir à la bijouterie par fax deux ordres de virement de 18'800 fr. et 25'900 fr. de B.________. La supecherie avait consisté à utiliser à la fois le lien de confiance préexistant avec la bijouterie et les ordres de virement qui, par la suite, n'avaient pas été exécutés, ce que le recourant savait. Un tel comportement allait au-delà de la simple tromperie sur la volonté de payer et devait être qualifié d'astucieux. Confortée par ces manoeuvres, la gérante lui avait remis les montres. En dépit de la relation commerciale préexistante, la gérante avait dans un premier temps refusé de lui confier les montres à crédit. Elle ne s'était pas contentée de faire confiance au recourant sur la base de leur historique mais avait attendu qu'il lui ait transmis les ordres de virement. Dans ce contexte, on ne pouvait pas lui reprocher d'avoir négligé de prendre les précautions de base et pris le risque de ne pas être payée. C'était bien le recourant qui avait induit et conforté sa victime dans l'erreur que les montres seraient payées tout en sachant qu'elles ne le seraient pas. En raison du lien de confiance préexistant et des ordres de virement, la gérante n'avait pas de motifs de douter des assurances données. Dans ces conditions, l'astuce était bien réalisée. La gérante était dans l'erreur dans la mesure où elle s'était faite une fausse idée de la volonté du recourant et pensait qu'il respecterait ses engagements. Un montant de 1'484 fr. 75 ayant été réglé, laissant un solde impayé de 24'415 fr. 25 (cf. arrêt entrepris, consid. 3), qui correspondait au préjudice subi par C.________ SA. La tromperie avait bien amené la dupe à accomplir un acte préjudiciable à ses intérêts pécuniaires. Le recourant avait agi avec conscience et volonté. Il avait choisi les montres, avait demandé à la gérante de les lui remettre à crédit prétextant être pressé et lui faisant parvenir des ordres de virement afin de la rassurer. Il l'avait intentionnellement trompée dans le but qu'elle lui remette les montres à crédit. Il avait agi dans le dessein de se procurer à lui, voire à la société B.________, un enrichissement illégitime correspondant au préjudice de la dupe.