Citation: 4A_337/2021 E. 4

En l'espèce, la cour cantonale a retenu que la société d'installation défenderesse ne s'était pas contentée d'offrir d'exécuter le projet de F.________ Sàrl mais qu'elle avait indiqué à la société d'architecture que ledit projet souffrait d'un biais, de sorte que son activité s'était étendue à l'élaboration de l'installation de ventilation, sans qu'elle ne puisse se retrancher derrière l'erreur de conception initiale de F.________ Sàrl. Elle a relevé qu'il n'était pas contesté que l'installation délivrée par la société d'installation présentait des défauts et considéré (1) que c'est la société d'installation qui, bien qu'elle ait d'emblée remarqué qu'un débit trop faible par rapport à celui des installations existantes dans la cuisine était de nature à entraîner un déstockage d'air et de chaleur, a proposé et posé un monobloc d'une capacité de 1'000 m3/h, jugée insuffisante par les experts et inférieure à celle de 3'000 m3/h qu'elle avait elle-même recommandée, (2) que, dans la mesure où elle avait décelé le défaut immanent de la seconde partie de son offre, sa responsabilité était pleine et entière, (3) que le fait que l'exploitant avait refusé la première partie de l'offre n'était d'aucun secours pour la société d'installation car rien n'indiquait que la seule pose de gaines supplémentaires avec clapet pour amener de l'air en cuisine aurait permis, nonobstant le monobloc d'une capacité de 1'000 m3/h, d'éviter le déstockage d'air et de chaleur, (4) qu'il n'a pas été établi que la société d'installation eût formellement informé l'exploitant ou la société d'architecture que l'exécution d'une partie seulement de son offre laisserait subsister l'important problème de déstockage d'air et de chaleur, (5) que le devoir d'information de la société d'installation impliquait qu'elle informât également adéquatement l'exploitant de la solution de remplacement qu'elle avait proposée à la société d'architecture, (6) qu'il apparaissait ainsi que le défaut n'était pas imputable au seul exploitant et que la société d'installation avait violé son obligation de diligence, de sorte qu'il ne se justifiait pas de l'exonérer, même partiellement, de la garantie pour les défauts, et (7) que les conditions d'une action rédhibitoire étaient remplies, en tant que l'installation de ventilation et de chauffage livrée présentait plusieurs défauts qui étaient imputables à la société d'installation et qui, dans leur ensemble, rendaient inexigible l'acceptation de l'ouvrage. Elle a ainsi condamné la défenderesse recourante à verser au demandeur intimé 38'500 fr., 10'000 fr. et 2'048 fr., intérêts en sus. Ces montants correspondent respectivement à la restitution du prix des travaux (cf. supra consid. A.e), et, au vu notamment du fait que la défenderesse savait que la capacité du monobloc qu'elle avait offert d'installer était insuffisante et qu'elle avait donc commis une faute, aux montants dépensés en vain par le demandeur pour améliorer la pompe à chaleur existante (cf. supra consid. A.j).