Citation: 5A_389/2023 E. 3.1

3.1. L'autorité cantonale a estimé que l'ex-épouse n'avait jamais formulé elle-même un allégué clair sur le caractère "lebensprägend" du mariage. Certes, elle avait admis dans sa réponse motivée du 25 juin 2020 certains allégués de son ex-époux, à savoir leur date de naissance respective (1958 et 1965), celle du mariage (1999) et de la séparation (septembre 2017), ainsi que la naissance d'un enfant commun pendant l'union conjugale, désormais majeur. Cela étant, au vu de l'évolution de la jurisprudence, ceux-ci ne suffisaient plus à présumer que le mariage avait eu un impact concret. Il aurait encore fallu alléguer quels étaient les circonstances concrètes du cas d'espèce qui s'opposeraient à l'application du principe du "clean break". S'il ressortait certes de la partie "en droit" de cette même réponse qu'au détour d'une subsomption au sujet de la liquidation du régime matrimonial, l'ex-épouse avait soutenu ne pas avoir de fortune après s'être "consacrée aux soins du ménage et à l'éducation de [l'enfant] pendant un mariage de plus de vingt ans", cette affirmation était sujette à caution; elle était présentée sans que les faits sur lesquels elle se basait aient été allégués précédemment, empêchant l'ex-époux de se positionner à leur égard et souffrait surtout d'un défaut de preuve. Par ailleurs, son caractère était trop général pour être pertinente. Elle a ajouté qu'il était en outre impossible de savoir, si l'intéressée travaillait avant le mariage, si elle avait dû quitter un emploi ou si elle avait repris une activité, cas échéant à quel moment au cours de l'union. En somme, on ignorait quel modèle de répartition des tâches avait été choisi, en d'autres termes si elle avait abandonné son indépendance économique à la suite du mariage pour s'occuper de l'enfant commun ou non. S'agissant des revenus de l'ex-épouse, l'autorité cantonale a relevé que celle-ci avait allégué se référer aux motifs de l'arrêt du 10 janvier 2018 rendu par la I e Cour d'appel civil dans le cadre de l'appel sur mesures protectrices de l'union conjugale, dont il ressortait que dès le 1er septembre 2017, soit après la séparation, elle était en mesure de réaliser un revenu mensuel net (hypothétique) de 2'650 fr. en travaillant au taux de 70% et que pour les périodes suivantes, son taux d'activité concret allégué oscillait entre 60 et 80%, avant qu'elle ne se retrouve en incapacité de travail en raison de problèmes de santé, depuis avril 2021. Quant à sa situation financière au moment du mariage ou le niveau de vie durant le mariage, ils n'avaient jamais été présentés par l'intéressée et celle-ci n'avait pas non plus explicitement allégué que le mariage avait eu un impact sur sa situation financière. Elle tentait manifestement de se rattraper en appel en renvoyant à l'arrêt du 10 janvier 2018. Or, cette façon de procéder ne respectait pas la maxime des débats. Ainsi, les faits ressortant dudit arrêt en lien avec la situation financière de l'intéressée avant le mariage ne pouvaient pas être pris en considération. L'autorité précédente a donc estimé que, sur la base des allégués admissibles des parties, l'intéressée n'avait pas démontré avoir renoncé à son indépendance économique ni en raison de son mariage, ni à la suite de la naissance de son enfant et réalisait un revenu, avant son incapacité de travail, correspondant à ses capacités professionnelles et à son expérience. L'autorité cantonale a ainsi estimé que le mariage ne présentait pas un caractère "lebensprägend". Dans ces circonstances, bien que dûment allégué, l'état de santé de l'ex-épouse n'avait pas à être pris en compte, sauf à retenir que son atteinte à la santé serait liée au mariage, ce qu'aucune des parties n'avait allégué. Le tribunal civil n'avait par ailleurs pas à examiner si l'intéressée était en mesure, avec son propre revenu, de couvrir ses charges, cette question ne devant en règle générale être examinée que si le mariage avait un caractère "lebensprägend". Enfin, par souci d'exhaustivité, elle a expliqué que, s'agissant d'une éventuelle pension fondée sur la base d'un "dommage lié au mariage", l'intéressée aurait échoué à démontrer que sa situation financière actuelle était le cas échéant moins bonne que celle dont elle bénéficiait avant son mariage, dès lors que les revenus et les charges des parties avant le mariage n'avaient pas été allégués. Cela étant, l'autorité cantonale a confirmé le raisonnement de l'autorité de première instance qui avait astreint l'ex-époux, conformément à ses conclusions (art. 58 al. 1 CPC), à contribuer néanmoins à l'entretien de l'intéressée par le versement d'une pension mensuelle de 1'000 fr. jusqu'au 30 avril 2023, puis de 800 fr. dès le 1er mai 2023 et ce jusqu'à l'âge légal de la retraite AVS de celle-ci.