Citation: 5A_32/2025 E. 1

Le recourant n'avait produit aucune pièce comptable qui aurait permis de se faire une idée, même générale, de sa situation financière. S'il alléguait un chiffre d'affaires annuel entre 230'000 fr. et 250'000 fr., il n'avait pas fourni la moindre preuve en attestant. Il affirmait également qu'il réalisait un bénéfice de 50'000 fr. à 70'000 fr. par an, mais n'avait pas non plus produit de pièces comptables récentes qui auraient permis de s'en convaincre. À cet égard, il renvoyait exclusivement à sa taxation définitive pour l'année 2022, en particulier au revenu de son activité indépendante (et fortune commerciale) de ce seul exercice, se référant au " Bénéfice 2022 selon comptes présentés " dont le montant retenu était de 53'651 fr. On ne pouvait toutefois rien en déduire s'agissant de l'ordre de grandeur du bénéfice en 2023 ni de celui qui était prévisible pour l'exercice 2024. Le fait allégué par le recourant qu'il n'avait jamais cessé de travailler et que ses clients étaient très satisfaits de son travail ne permettait pas non plus d'admettre que sa solvabilité était établie, au degré de la vraisemblance qualifiée, dès lors que ses dires n'étaient appuyés par aucune pièce, telle que des carnets de commandes, des créances exigibles ou des factures établies. Il en allait de même dans la mesure où le recourant prétendait qu'il bénéficiait de contrats permanents lui assurant une activité " d'avril à décembre " et qu'il disposait d'une bonne clientèle privée. En tant que le recourant soutenait en outre que les difficultés qu'il avait rencontrées avaient, en grande partie, déjà été surmontées et que ses revenus lui permettaient sans difficulté d'envisager à court terme le remboursement de ses dettes, ses affirmations, qu'aucune pièce ne venait étayer, ne permettaient pas non plus de considérer que sa solvabilité fût établie: si sa situation financière avait correspondu à celle ainsi décrite, il était difficile de comprendre pourquoi il avait attendu la notification de la commination de faillite pour régler les poursuites le concernant, vu le risque que celles-ci présentaient pour lui dans l'hypothèse du prononcé de sa faillite. Rien ne pouvait par ailleurs être tiré du fait qu'il était propriétaire d'une maison d'habitation, seuls les moyens immédiatement et concrètement disponibles devant être pris en considération. Il convenait encore de relever que le solde de 10'697 fr. 32 figurant sur son compte auprès de la BCN ne modifiait en rien ces considérations, la banque ayant invoqué la compensation en rapport avec ledit solde (d'un montant de 10'643 fr. 32 selon l'inventaire dans la faillite).