Citation: 4A_243/2022 E. 7.1

7.1. Il ressort de l'état de fait de l'arrêt attaqué, tel que complété ci-dessus (consid. 5.2), que l'architecte a établi une estimation du coût global des travaux à hauteur de 935'000 fr. TTC le 15 décembre 2007 (au moment du projet) et de 1'325'165 fr. TTC le 4 juillet 2008 (après le retour des offres). Sur ces coûts totaux, le recourant a fixé le montant donnant droit aux honoraires selon l'art. 7.5.6 norme SIA 102 à 700'000 fr. (demande d'acompte du 19 décembre 2007), puis à 1'035'720 fr. (facture du 30 octobre 2008 selon devis du 4 juillet 2008), montant rectifié par l'experte judiciaire à 991'350 fr. Les coûts ainsi évalués ont ainsi augmenté de plus de 40% entre la phase du projet et celle des offres. Il n'est pas établi qu'entre ces deux moments, les mandants auraient exigé une modification du projet initial, engendrant des coûts supplémentaires. Or, en vertu de l'art. 8 CC, l'architecte doit alléguer et prouver les faits pertinents pour l'évaluation de ses honoraires (arrêts 4A_146/2015 du 19 août 2015 consid. 4.2; 4A_230/2013 du 17 septembre 2013 consid. 2). Contrairement à ce que le recourant soutient dans son mémoire, il lui appartenait donc de démontrer une amplification de la commande postérieure à la première estimation (cf. JESSICA AEBI-MABILLARD, La rémunération de l'architecte, 2015, n. 1081 p. 336). En revanche, après avoir pris connaissance du devis du 4 juillet 2008, les intimés ont bel et bien modifié le projet en réduisant les travaux à réaliser. Selon l'expertise, le coût d'ouvrage déterminant pour le calcul des honoraires s'élevait alors à 640'771 fr.