Citation: 5A_16/2016 E. 4

Soulevant le grief de violation des art. 519, 16 et 467 CC, et dénonçant l'établissement manifestement inexact des faits (art. 97 LTF), la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir retenu dans son arrêt que la disposante souffrait, déjà en octobre 2001, de démence sénile de type Alzheimer, puis, en se fondant sur ce constat manifestement inexact, d'avoir renversé la présomption de capacité de discernement, exigeant d'elle qu'elle établisse que la disposante avait accompli l'acte litigieux dans un intervalle de lucidité, alors qu'il eût dû incomber aux intimés d'apporter la preuve de l'incapacité de discernement. La recourante soutient que la Dresse G.________ n'a jamais posé un tel diagnostic; celle-ci se serait contentée d'affirmer dans un courrier du 1 er novembre 2001 que la patiente présentait le plus probablement une démence sénile de type Alzheimer. Cette observation, et non pas ce diagnostic médical, n'aurait pas donné lieu à d'autres examens ou suivis médicaux, à l'exception d'une IRM cérébrale, alors qu'un diagnostic avéré aurait justifié un suivi, voire l'instauration de mesures, ce qui n'a pas été le cas jusqu'au prononcé d'interdiction du 3 septembre 2007. La recourante expose ainsi que, jusqu'au dit prononcé, la disposante a géré elle-même ses affaires, ce qui est incompatible avec l'état de santé retenu par la Cour de justice. La recourante affirme que la cour cantonale a effectué une déduction insoutenable quant à l'état de santé de la disposante, sur la base de rapports médicaux de neurologues qui n'ont rencontré qu'à une seule reprise leur patiente, lors d'un bref examen, alors qu'il apparaîtrait que l'appréciation du Dr H.________ ne diffère pas significativement de celle de 2001 de la Dresse G.________ s'agissant des facultés de la disposante. L'autorité précédente n'aurait, selon la recourante, jamais examiné concrètement l'effet de l'atteinte neurologique de la testatrice sur sa faculté d'agir raisonnablement par rapport à l'acte considéré au moment déterminant, étant rappelé que le testament litigieux est simple et que son contenu n'apparaît pas absurde. De surcroît, malgré l'importance des cartes olographes pour apprécier la faculté de la testatrice d'agir raisonnablement par rapport à l'acte considéré, la Chambre civile n'en a pas tenu compte, en sorte que l'établissement des faits est arbitraire (art. 9 Cst.). En définitive, la recourante expose que c'est à tort que la Cour de justice a retenu un renversement de la présomption de la capacité de discernement et que, quand bien même la présomption aurait été correctement appliquée, la contre-preuve de la rédaction des dispositions à cause de mort litigieuses dans un intervalle de lucidité a été apportée à satisfaction de droit, dès lors qu'il existe en l'espèce de nombreux motifs démontrant la capacité de discernement de la testatrice au moment de la rédaction de l'acte litigieux, à savoir que la défunte avait exprimé son souhait successoral de manière continue, à plusieurs personnes et dans de nombreuses cartes et que les personnes ayant connu la testatrice ont confirmé l'existence de moments de lucidité.