Citation: U 74/01 10.12.2001 E. 3

3.- L'office AI a alloué une demi-rente d'invalidité à A.________, sur la base d'un taux d'invalidité de 60 % après la reprise d'une activité professionnelle au sein de l'entreprise X.________ & Fils SA. Pour sa part, l'intimée considère que le recourant pourrait mieux mettre en valeur sa capacité de travail résiduelle en abandonnant son activité indépendante à la tête de l'entreprise familiale pour un travail salarié dans l'industrie ou le secteur des services; il pourrait selon elle y réaliser un revenu de 3500 fr. et réduire ainsi son taux d'invalidité de 60 à 35 %. a) Dans un premier moyen, le recourant soutient que l'intimée ne peut s'écarter du taux d'invalidité retenu dans la décision du 10 novembre 1998 de l'office AI. Toutefois, ce dernier n'a pas évalué l'invalidité du recourant d'après une comparaison de ses revenus avec et sans atteinte à la santé, mais uniquement en fonction de sa capacité de travail résiduelle au sein de X.________ & Fils SA. Or, le revenu auquel pouvait prétendre le recourant pour son activité à la tête de cette entreprise n'était pas forcément directement proportionnel à sa capacité de travail, indépendamment du point de savoir si l'on pouvait raisonnablement exiger de lui qu'il accepte un emploi dans l'industrie ou le secteur des services. En confondant incapacité de travail et incapacité de gain, l'office AI a commis une erreur de droit, de sorte que sa décision du 10 novembre 1998 ne lie pas l'intimée (cf. ATF 126 V 292 consid. 2b, 119 V 470 sv. consid. 2b). b) Le recourant invoque ensuite le principe de la bonne foi, qui interdirait d'après lui à la CNA de le contraindre à abandonner son métier après l'avoir incité à acquérir une formation complémentaire de contremaître charpentier et laissé reprendre la direction de X.________ & Fils SA. Il est vrai qu'un renseignement ou une décision erronés peuvent obliger l'administration à consentir à l'administré un avantage contraire à la loi, si certaines conditions - cumulatives - sont réunies (sur ces conditions : ATF 121 V 66 consid. 2a et les références), conformément aux principes déduit par la jurisprudence de l'art. 4 al. 1 aCst, puis de l'art. 9 Cst (ATF 126 II 387 consid. 3a). Toutefois, le recourant perd de vue que la formation d'ingénieur ETS financée par l'assurance-invalidité était, certes, destinée à le maintenir actif dans les métiers du bois, mais pas forcément à la tête de X.________ & Fils SA, à B.________. Par ailleurs, rien n'indique que l'intimée ou l'office AI aient été informés, en 1995, de ses intentions de reprendre l'entreprise de son père sous la forme d'une société anonyme et de procéder aux investissements allégués. En l'absence d'autres circonstances particulières, le recourant ne pouvait déduire aucun droit au maintien de cette situation du simple fait que ni l'intimée, ni l'office AI, ne s'y étaient opposé avant la stabilisation de son état de santé et pendant la procédure d'instruction de la cause.