Citation: 4C.473/2004 06.04.2005 E. A

Par contrat du 4 mai 1983, X.________ a été engagée par la société A.________ S.A. pour un salaire de 5'200 fr. brut par mois, plus un treizième salaire, soit 67'600 fr. par an. En ce qui concerne la fonction, le contrat mentionnait la coordination des données et la planification de la société. A.________ S.A. a pour but de rendre tout service en relation avec la conception et la conduite de transactions financières et commerciales en conformité avec les principes, lois et traditions islamiques. Après six ou huit mois d'activité auprès de A.________ S.A. , X.________ a été licenciée en raison de restrictions budgétaires et parce qu'elle était la moins expérimentée. Elle a été engagée, selon un contrat du 10 novembre 1983 et pour un salaire identique, par B.________ S.A., une société possédant le même ayant droit que A.________ S.A., en tant qu'assistante de direction. En été 1988, A.________ S.A. a décidé de créer une bibliothèque, appelée F.________, qui devait être un centre dédié à la culture islamique. X.________, qui avait une bonne connaissance de la culture islamique, maîtrisait quatre langues et était titulaire de diplômes universitaires, a été engagée en tant que bibliothécaire, mais sans être gratifiée d'un titre particulier. Elle a tout d'abord exercé cette fonction parallèlement à son emploi en faveur de B.________ S.A., puis à plein temps pour A.________ S.A. dès le 1er septembre 1990. Son salaire mensuel a été porté, dès cette année, à 7'000 fr. Le travail de X.________ a consisté à participer à la mise en place de la bibliothèque, qui était ouverte au public, puis à son organisation, ce qui l'a amenée à faire différents voyages. X.________ accomplissait également les formalités de prêt de livres, sauf lorsqu'elle a disposé d'un assistant. A partir du 15 mai 1989, un assistant bibliothécaire à mi-temps a été engagé à la demande de X.________, pour un salaire mensuel de 2'500 fr. versé 13 fois par an. Dès août 1989, il a travaillé à plein temps et son salaire a été porté à 4'700 fr. Au début 1992, les relations entre cet assistant et X.________ se sont détériorées; cette dernière a indiqué à son supérieur hiérarchique que le comportement de l'assistant aurait été différent si elle avait été un homme. Cet employé a été transféré dans un autre département, sans être remplacé. Au début de l'année 1995, le chef direct de X.________ a pris sa retraite et a été remplacé par L.________, qui exerçait la fonction d' "Executive Vice President". Celui-ci a procédé à des contrôles plus fréquents sur le département qu'il dirigeait. En juin 1998, B.________ S.A. est entrée en phase de liquidation. En 1999, un nouveau directeur général a été nommé. Le centre F.________ a été peu à peu abandonné et la bibliothèque, fermée au public, a été reconvertie en bureaux. Cette décision a été prise sans que X.________ n'ait été consultée. Alors qu'elle avait déjà été absente pour cause de maladie, X.________ s'est trouvée en incapacité totale de travailler du 13 avril au 2 mai 2000. A son retour, elle a été avertie que le bureau qu'elle occupait seule, à côté de la bibliothèque, avait été transformé en mosquée ou en salle de prières. Son nouveau bureau, qui était plus petit, se trouvait près de celui de son supérieur hiérarchique. Une année auparavant, de nombreux changements de bureaux avaient eu lieu et des "open space" avaient été créés. En outre, les effectifs de A.________ S.A. avaient fortement diminué et de nombreux licenciements étaient intervenus. X.________ a été transférée dans un autre département, dirigé par M.________, qui lui a proposé une fonction évolutive. Ce poste a été créé pour X.________ et n'a pas été repourvu à son départ. Selon une note interne du 8 mai 2000, il s'agissait d'assurer les contacts avec les agents de publicité, de faire le suivi de la publicité et de procéder à un certain nombre de tâches de coordination et de contrôles. X.________ n'a pas trouvé ce poste convenable. Du 15 mai au 12 septembre 2000, X.________ s'est de nouveau trouvée en arrêt maladie. Le 13 septembre 2000 au matin, soit dès son retour, A.________ S.A. a signifié à X.________ son licenciement pour le 31 décembre 2000, avec dispense immédiate de l'obligation de travailler. Celle-ci a refusé de signer l'accusé de réception de la lettre de congé remise par la cheffe du personnel. A.________ S.A. a fait en sorte de vérifier que X.________ n'emporte pas des documents appartenant à la société en quittant l'entreprise. Au moment de son licenciement, soit en septembre 2000, le salaire mensuel brut de X.________ se montait à 9'558 fr., versés 13 fois, soit 124'254 fr. par an. Par lettre du 21 décembre 2000, X.________ s'est opposée à son congé. Depuis son licenciement, X.________ est en incapacité totale de travailler pour dépression aiguë. Elle est au bénéfice d'une rente d'invalidité complète.