Citation: 5C.106/2000 18.08.2000 E. 3

3.- a) Dans les litiges relatifs à l'obligation d'entretien, comme dans ceux sur la constatation ou la con-testation de la filiation, le droit fédéral impose au juge d'examiner d'office les faits et d'apprécier librement les preuves (art. 280 al. 2 CC et art. 254 ch. 1 CC). L'obligation pour le juge d'établir d'office les faits ne dispense toutefois pas les parties d'une collaboration active à la procédure; il leur incombe ainsi de renseigner le juge sur les faits de la cause et de lui indiquer les moyens de preuve disponibles (ATF 119 III 70 consid. 1; 111 II 281 consid. 3; 109 II 395 consid. 2c; 107 II 233 consid. 2c). Le juge doit néanmoins s'assurer, notamment par l'interpellation des parties, que leurs allégations et leurs offres de preuve sont complètes, mais il n'est tenu de le faire que s'il a des motifs objectifs d'éprouver des doutes sur ce point (ATF 107 II 233 consid. 2c). La maxime officielle imposée par les art. 280 al. 2 CC et 254 ch. 1 CC, quoique destinée en premier lieu à protéger les intérêts de la partie la plus faible, à savoir l'enfant (ATF 109 II 195 consid. 2), vaut également en faveur des parents (ATF 118 II 93 consid. 1a p. 94 et la jurisprudence citée). Elle s'applique également au procès en modification selon l'art. 286 al. 2 CC (Hegnauer, Berner Kommentar, Band II/2/2/1, 1997, n. 103 ad art. 286 CC). b) En l'espèce, la maxime officielle imposée par l'art. 280 al. 2 CC ne dispensait pas le demandeur de renseigner les juges cantonaux sur les faits de la cause et de leur indiquer les moyens de preuve disponibles, obligation à laquelle il a satisfait au moins partiellement dans son mémoire d'appel du 7 février 2000. Constatant que des pièces auxquelles le demandeur s'était référé devant le premier juge - qui en fait état dans son jugement (p. 6) - au sujet de ses cotisations sociales manquaient au dossier, l'autorité cantonale ne pouvait se contenter de prendre en compte un taux estimé de 12% de charges sociales. Elle aurait au contraire dû avertir le demandeur que les pièces produites devant le premier juge manquaient au dossier, et l'inviter à produire les pièces nécessaires, quitte à en déduire, le cas échéant, que les revenus du demandeur sont plus élevés que ce qu'il allègue, ainsi que le soutient la défenderesse. L'arrêt attaqué doit dès lors être annulé et la cause renvoyée à l'autorité cantonale pour qu'elle complète le dossier et statue à nouveau. Dans sa nouvelle décision, la cour cantonale veillera à respecter le principe selon lequel des frères et soeurs doivent, en ce qui concerne leurs besoins objectifs, être traités de manière identique (cf. ATF 116 II 110 consid. 4a).