Citation: 5A_396/2024 E. 3.1

3.1. La cour cantonale a retenu qu'au moment où le Tribunal civil avait rendu sa décision, la suppression - provisoire - du droit de visite était justifiée. Pour les motifs exposés dans cette décision - que la cour cantonale a rappelés plus avant au consid. 4.2/a de l'arrêt entrepris -, le Tribunal civil pouvait, à bon droit, considérer que le père ne se souciait pas sérieusement du bien-être de ses enfants, que ceux-ci étaient mis en danger par son comportement et qu'il se justifiait de suspendre son droit aux relations personnelles, en ce sens qu'une coupure devait intervenir, pour espérer pouvoir reprendre la situation après quelque temps, dans l'espoir que le père fasse le nécessaire pour participer à l'un ou l'autre des processus possibles permettant de rétablir aussi rapidement que possible un lien. La situation avait évolué en cours de procédure d'appel, avec le dépôt, par l'OPE, d'un nouveau rapport le 26 avril 2024. Dans ce rapport, l'OPE relevait notamment que depuis la décision du 27 février 2024, les intervenants avaient constamment dû rappeler au père ce qu'impliquait cette décision, que celui-ci n'avait tenu aucunement compte des rappels au cadre qui lui avaient été adressés et qu'il avait trouvé diverses méthodes pour contacter les enfants, mettant ceux-ci et la direction de leur école dans une situation difficile. Cela étant, les fils aînés des parties s'étaient rendus à l'OPE durant la semaine du 22 avril 2024, avaient reçu des explications sur la décision du 27 février 2024 et avaient dit souhaiter voir le juge pour lui demander de pouvoir revoir leur père. Selon l'OPE, la seule possibilité d'accéder à ce souhait, tout en veillant à leur protection, consistait peut-être à mettre en place des visites médiatisées, par l'intermédiaire de l'unité de famille au foyer de U.________. La cour cantonale a considéré qu'en l'état des choses et vu le dernier rapport de l'OPE, le temps ayant passé, une nouvelle tentative pouvait être faite pour rétablir un droit de visite en faveur du père dont il apparaissait à l'OPE qu'il était conforme aux intérêts des enfants et à leur souhait de revoir leur père, cet intérêt paraissant déjà établi s'agissant des enfants C.________ et D.________, au vu du dernier rapport de cet office. Ainsi, selon la cour cantonale, si une rupture paraissait indispensable, il ne fallait pas perdre de vue que les enfants étaient jeunes et que s'ils manifestaient le désir de renouer avec leur père, il fallait veiller à ce que la rupture ne soit pas trop longue. L'exercice du droit de visite devait se faire sous une forme médiatisée. Un encadrement adéquat des visites était en effet indispensable, afin notamment d'éviter que le père profite de ces occasions pour alimenter le conflit familial, ainsi que pour exercer sur ses enfants une influence indue ou mettre leur développement en danger d'une quelconque autre manière. Il appartenait à l'OPE de définir plus précisément le cadre des visites, étant précisé que des visites surveillées à U.________ paraissaient constituer une bonne solution, qu'aucun des enfants ne devrait être contraint à participer à ces visites et que le rythme des visites dépendrait des possibilités pratiques.