Citation: 7B_510/2023 E. 2.5.2

2.5.2. L'argumentation du recourant n'est toutefois pas convaincante. Celui-ci oppose en effet son appréciation des preuves à celle de la cour cantonale, sans parvenir à démontrer que la constatation de celle-ci, selon laquelle le lien de causalité naturelle entre ses actes et les atteintes observées chez la plaignante était donné et confirmé par des avis médicaux au dossier, serait arbitraire. Tout d'abord, la cour cantonale n'a pas ignoré que la plaignante souffrait déjà de troubles psychiques avant les évènements en cause. Elle en a en effet tenu compte tant dans son état de fait que dans sa motivation relative à la qualification juridique des faits. Elle a, d'une part, indiqué que la plaignante avait fait l'objet d'une consultation médicale auprès du Dr E.________ le 14 mars 2008, lors duquel plusieurs symptômes d'ordre psychique avaient été constatés. D'autre part, elle a précisé, au moment de qualifier les faits, que les violences domestiques, en l'occurrence les insultes et les propos dénigrants proférés par le recourant à l'endroit de l'intéressée, étaient propres à aggraver l'état de santé de celle-ci, sous-entendant ainsi clairement qu'elle souffrait déjà avant le début de la période pour laquelle le recourant doit être jugé pénalement. Or, à cet égard, l'intéressé perd de vue que le comportement qui consiste à aggraver un état de santé ou à empêcher un processus de guérison tombe dans le champ d'application de l'art. 123 CP. Par ailleurs, il va de soi qu'un dénigrement continuel ayant duré plusieurs années, aux moyens d'insultes ou de propos rabaissants, tels qu'il ressortent notamment, comme on le verra ci-dessous, des compte-rendus de la Dre C.________ et de la psychologue D.________, mais aussi des déclarations de la principale intéressée, ne permettent pas à une personne déjà fragile et atteinte dans sa santé de pouvoir envisager une amélioration de sa situation. Dans le cas particulier, le recourant ne saurait donc simplement se prévaloir du fait que les symptômes constatés par le Dr E.________ l'ont été durant l'année 2008 et du suivi psychiatrique antérieur de la plaignante pour remettre en cause l'existence d'un lien de causalité naturelle. Il est certes vrai, comme le fait valoir le recourant, qu'il n'est pas possible de se baser sur le diagnostic posé en 2008 par le médecin précité pour retenir un rapport de causalité naturelle entre le comportement de l'auteur entre les années 2014 et 2017 et les lésions constatées. Cela étant, dans la mesure où, dans son attestation du 4 février 2019, le Dr E.________ a affirmé que des violences conjugales et un état de stress important pouvaient expliquer la symptomatologie observée à l'époque chez la plaignante, il n'était pas arbitraire, pour la cour cantonale, de considérer qu'il s'agissait d'un indice, parmi d'autres éléments, permettant d'établir que les violences psychiques exercées par le recourant étaient de nature à causer les troubles constatés par les autres intervenants à l'endroit de l'intéressée. Ensuite, la cour cantonale a formulé des explications circonstanciées au sujet de la symptomatologie de la plaignante. Elle s'est fondée sur l'avis de plusieurs spécialistes ayant pris en charge l'intéressée, qui ont tous constaté que les troubles de celles-ci résultaient de la situation conjugale qui leur avait été rapportée. Sur ce point, elle a en premier lieu relevé que la Dre C.________ qui avait suivi la plaignante depuis le 14 septembre 2016 et l'avait notamment vue plusieurs fois en 2018 - peu de temps après les faits circonscrits dans l'acte d'accusation (en réalité l'ordonnance pénale du 1 er juin 2021) -, avait indiqué, lors de son témoignage ou dans son rapport du 11 avril 2018, que celle-ci avait essuyé des menaces, des injures, des crachats et des messages harcelants de la part de son époux et qu'elle faisait, en substance, état d'un stress important, de vertiges et de nausées, ainsi que d'un état de grande fatigue, d'une hypertension inhabituelle et d'un stress familial. En second lieu, l'autorité cantonale a retenu que la psychologue D.________ avait constaté, dans son témoignage écrit du 30 juillet 2018, que l'intéressée, qui lui avait rapporté subir des violences, présentait des souffrances psychiques avec des manifestations psychosomatiques, ainsi que des difficultés à se concentrer et à structurer ses idées, liées à un état d'épuisement nerveux et à un état d'angoisse. On peut encore rappeler que la juridiction cantonale s'est également référée - sans que cela soit remis en cause par le recourant - aux déclarations de la plaignante, tenues pour crédibles, ainsi qu'aux nombreux messages dénigrants, culpabilisants et harcelants envoyés par le recourant à cette dernière. Il résulte de ce qui précède que l'autorité cantonale s'est fondée sur plusieurs éléments concordants pertinents pour considérer qu'un lien de causalité naturelle entre le comportement de l'auteur et les atteintes subies par la victime était établi. Dans ces conditions, on ne saurait lui reprocher d'avoir arbitrairement considéré que le dossier était suffisamment documenté et qu'il n'y avait pas matière à soumettre la plaignante à une expertise psychiatrique afin d'établir un tel rapport de causalité. Par ailleurs, si on peut admettre une formulation peu précise, voire erronée, il n'est finalement pas déterminant que la juridiction cantonale ait indiqué que les atteintes avaient été confirmées par "différents avis médicaux", qu'elle avait notamment souffert d'asthénie ou que la Dre F.________ avait relevé un syndrome de stress post-traumatique (cf. arrêt querellé, pp. 14-15). En réalité, la cour cantonale a tenu pour établi et qualifié les faits figurant dans l'acte d'accusation et celui-ci se limite pour l'essentiel à retranscrire, de manière résumée, les atteintes constatées par la Dre C.________ et la psychologue D.________.