Citation: 5A_864/2024 E. 5.2

5.2. La recourante expose n'avoir jamais travaillé comme employée de bureau. En réalité, elle avait été assistante de direction en 2014 durant sept mois seulement, puis réceptionniste/assistante d'août 2015 à janvier 2017, soit dix ans plus tôt. Dans ce cadre, elle avait réceptionné le courrier et les clients, enregistré dans l'agenda du directeur des rendez-vous, organisé des voyages, effectué des paiements et procédé à des retraits d'argent en espèces, comme cela ressortait des pièces 34 et 35. Outre ces tâches les plus basiques, elle n'avait jamais effectué d'autres emplois en bureau. Il était notoire que le marché du travail dans le domaine bancaire était compétitif et que les exigences des employeurs étaient élevées. Vu qu'elle était absente du marché du travail depuis onze ans, elle se verrait préférer des candidats toujours en poste ou qui venaient de perdre leur emploi. Elle devrait en tout état se former et apprendre les connaissances nécessaires à un travail au bureau, ce qui nécessitait un délai d'adaptation minimum. Par ailleurs, il ressortait du rapport du Service d'évaluation et d'accompagnement de la séparation parentale (SEASP) que l'intimé avait reconnu qu'elle était artistique, douée pour les photographie, émotionnelle et extravertie. Un travail de bureau dans le domaine bancaire nécessitait des qualités "numériques" dont elle ne disposait manifestement pas. Dès lors qu'elle était dotée d'un certain talent pour la photographie et qu'elle jouissait déjà d'une certaine expérience dans ce domaine, l'arrêt entrepris la prenait "sur le mauvais pied ce qui le rendait arbitraire". Elle avait commencé une activité de photographe et disposait désormais de plus de temps pour l'exercer. En exigeant d'elle de changer fondamentalement d'orientation, dans un délai très bref, la Cour de justice procédait à une appréciation arbitraire de ses compétences professionnelles et de son employabilité. Elle aurait dû retenir, comme le Tribunal de première instance, qu'elle devait développer son activité de photographe, en lui impartissant un délai à cette fin. Elle avait compris qu'elle devait tout mettre en oeuvre pour acquérir, à terme, une indépendance financière. L'on ne pouvait raisonnablement exiger d'elle de réaliser dès le mois de février 2025 un revenu de 5'450 fr. nets. Le principe de solidarité entre époux demeurait applicable; la situation financière de l'intimé apparaissait suffisamment solide pour continuer à la soutenir jusqu'au développement de son activité de photographe. L'effet cumulé de l'absence de participation à l'excédent et de l'injonction de se réinsérer subitement dans une activité inappropriée l'impactait de manière trop sévère, ce qui contrevenait gravement aux principes de solidarité et de proportionnalité.