Citation: 2A.116/2001 28.06.2001 E. 1

Pourtant, contrairement à ce qui est usuel pour un enfant de cet âge, il n'a été placé ni sous la garde ni sous l'autorité parentale de sa mère. Cela s'explique toutefois dans la mesure où la relation entre la recourante et son second fils n'atteignait pas l'intensité habituelle d'un tel lien. Depuis lors, la situation a évolué; l'intéressée exerce son droit de visite, mais elle ne remplit pas ses obligations économiques à l'égard de S.________. En réalité, elle n'a jamais versé la pension alimentaire qu'elle devait payer pour lui. En revanche, l'intéressée, qui est entretenue par son nouvel ami, arrive à envoyer 700 fr. par mois en Thaïlande pour son fils M.________ et pour d'autres membres de sa famille. De plus, elle dépense chaque mois des centaines de francs (plus de 500 fr., d'après le jugement précité du 14 mai 1999) en communications téléphoniques avec sa patrie, notamment avec M.________ qu'elle appellerait tous les quatre jours environ. On ne comprend dès lors pas pourquoi la recourante n'arrive pas à contribuer financièrement à l'entretien de S.________. Au demeurant, si l'intéressée ne peut ou ne veut pas utiliser l'argent que lui donne son ami pour S.________, il lui incombe de gagner l'argent nécessaire à l'entretien de son second fils. Il est vrai que l'absence d'autorisation de séjour peut compliquer la recherche d'un emploi. Cependant, la recourante n'a pas apporté la preuve qu'elle avait effectué des démarches sérieuses pour obtenir un emploi. Force est donc de constater qu'elle n'a pas fourni les efforts nécessaires pour avoir une relation économique étroite avec son fils S.________. Un départ de l'intéressée pour son pays d'origine compliquerait certes l'exercice de son droit de visite sur S.________ qui pourrait toutefois s'effectuer dans le cadre de séjours à but touristique. D'ailleurs, la Thaïlande étant une destination touristique, les voyages entre ce pays et la Suisse pourraient vraisemblablement s'effectuer à des prix relativement modérés. En outre, il ressort du dossier que, bien qu'en Suisse, la recourante a su maintenir sa relation avec son fils M.________ qui vit en Thaïlande; dès lors, on ne voit pas pourquoi elle ne pourrait pas, de Thaïlande, garder des contacts avec S.________ vivant en Suisse, même si c'est au foyer de son ex-mari et non dans sa propre famille. Ainsi, il apparaît que l'intérêt public à pratiquer une politique restrictive en matière de séjour des étrangers et d'immigration - en particulier pour assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante ainsi que pour améliorer la situation du marché du travail et assurer un équilibre optimum en matière d'emploi (cf. ATF 120 Ib 1 consid. 5 p. 4/5) -, c'est-à-dire en l'espèce à ne pas prolonger l'autorisation de séjour de l'intéressée qui, résidant en Suisse depuis le printemps 1995, n'a jamais gardé d'emploi durable et n'arrive que difficilement à s'exprimer dans une langue nationale, l'emporte sur l'intérêt de la recourante à pouvoir rester en Suisse où vit son second fils sur lequel elle a un droit de visite.