Citation: I 585/04 03.10.2005 E. 4

La juridiction cantonale semble admettre l'existence, dans le cas particulier, d'un trouble somatoforme douloureux mais nie l'existence d'une atteinte invalidante, motif pris de l'absence d'une commorbidité psychiatrique grave. Selon la jurisprudence, la présence d'une commorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée, est certes un critère de premier plan pour admettre le caractère inexigible de la réintégration dans le processus de travail d'un assuré souffrant d'un trouble somatoforme douloureux persistant. Cependant, d'autres critères peuvent être déterminants. Ce sera le cas des affections corporelles chroniques, d'un processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable (symptomatologie inchangée ou progressive), d'une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique, résultant d'un processus défectueux de résolution du conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire tiré de la maladie, fuite dans la maladie), de l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art (même avec différents types de traitement), cela en dépit de l'attitude coopérative de la personne assurée (ATF 130 V 352). Plus ces critères se manifestent et imprègnent les constatations médicales, moins on admettra l'exigibilité d'un effort de volonté (Meyer-Blaser, Der Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit und seine Bedeutung in der Sozialversicherung, in: Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, St-Gall 2003, p. 77). La juridiction cantonale, à qui la cause doit de toute façon être renvoyée aux termes du consid. 3, devra donc - si le diagnostic de troubles somatoformes douloureux persistants est avéré (cf. ATF 130 V 398 ss consid. 5.3 et consid. 6) - examiner également si les critères ci-dessus exposés sont réalisés.