Citation: 5A_886/2017 E. 5.2

5.2. Il est constant que le premier juge a refusé l'extension de l'assistance judiciaire à la dispense de fournir des sûretés sur la base de la situation prévalant au mois d'août 2015, soit en fonction de la situation présentée lors de la première requête d'assistance judiciaire (arrêt attaqué, consid. 1.2.2 § 3 et 4 i.l.). A l'appui de son refus, dit magistrat - suivi en cela par le Tribunal cantonal - a toutefois constaté, d'une part, que dans son recours du 5 septembre 2016 contre l'ordonnance de sûretés du 23 août 2016, la recourante avait contesté l'existence d'un risque considérable de non-paiement des dépens et fait valoir qu'elle disposait de plusieurs milliers d'euros sur son compte postal et, d'autre part, qu'elle n'avait pas rendu vraisemblable qu'elle n'était pas en mesure de déposer la somme requise ni d'obtenir une garantie bancaire à concurrence de ladite somme. Ce faisant, il n'a toutefois nullement remis en cause la décision initiale d'octroi de l'assistance judiciaire pour les avances et les frais judiciaires, laquelle admet que la recourante remplit à cet égard les deux conditions cumulatives posées par l'art. 117 CPC. Cette manière de procéder est contraire à la jurisprudence précitée, qui exclut la possibilité de libérer la partie du paiement de l'avance des frais tout en l'astreignant à verser des sûretés. En effet, dès lors qu'il est acquis que la recourante n'est pas en mesure de s'acquitter des avances et des frais judiciaires et que sa cause n'est pas d'emblée dépourvue de chances de succès, on ne voit pas qu'on puisse lui imposer, sous peine de forclusion (art. 101 al. 3 CPC), de verser des sûretés en garantie des dépens (dans ce sens: arrêt du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg du 5 avril 2016, 101 2016 73, consid. 1a). Il suit de là que le Tribunal cantonal ne pouvait pas entériner la solution arrêtée par le premier juge et aurait dû dispenser la recourante de devoir prester des sûretés. Si tant est que cela soit pertinent, il sera pour le surplus relevé que les juges cantonaux ne pouvaient pas considérer que la recourante ne remplissait pas la condition de l'indigence (art. 117 let. a CPC) au seul motif qu'elle " dispos[e] de plusieurs milliers d'euros sur son compte postal ", soit, selon la recourante qui n'est pas valablement contredite sur ce point, moins de 6'000 euros en juin 2015, respectivement moins de 2'000 euros en février 2017. A cet égard, la recourante se prévaut à juste titre de la jurisprudence du Tribunal fédéral selon laquelle l'Etat ne peut exiger que le requérant utilise ses économies si elles constituent sa " réserve de secours " ( Notgroschen). La " réserve de secours " fixe ainsi une limite inférieure en-dessous de laquelle la fortune ne peut pas être prise en considération pour l'octroi éventuel de l'assistance judiciaire. Le montant de la " réserve de secours " doit être apprécié en fonction des besoins futurs de l'indigent selon les circonstances concrètes de l'espèce, tels que les perspectives de gain, l'âge, l'état de santé et les obligations familiales de l'intéressé (arrêts 5A_216/2017 du 28 avril 2017 consid. 2.4; 9C_112/2014 du 19 mars 2014; 5A_612/2010 du 26 octobre 2010 consid. 2.3; 1P.450/2004 du 28 septembre 2004 consid. 2.2). La jurisprudence a admis des " réserves de secours " oscillant entre 20'000 fr. et 40'000 fr. (arrêt 1B_265/2014 du 20 novembre 2014 consid. 3 et les arrêts cités). Or, en l'espèce, le montant dont dispose la recourante sur son compte postal est inférieur au minimum généralement admis à titre de " réserve de secours " s'agissant d'une personne retraitée. Il faut en conclure que la condition d'indigence est remplie en ce qui concerne la recourante, étant rappelé qu'il n'est pas contesté qu'elle ne dispose pas de revenus suffisants.