Citation: 5P.428/2005 17.03.2006 E. 3

Le recourant ne critique pas les montants de revenus et charges pris en considération par la juridiction cantonale, mais reproche à celle-ci d'avoir ignoré ou mal appliqué les critères de l'art. 125 CC. Il soutient que la répartition du solde disponible entre parties dans la proportion 2/3 - 1/3 revient à maintenir l'intimée dans le train de vie qui était le sien durant le mariage, que cette union, qui a été de courte durée, n'a rien changé au revenu de l'intimée et qu'une situation économique favorable devrait exclure le partage du disponible par moitié, ce d'autant que le standing est déjà maintenu par le fait qu'il laisse la villa conjugale à son épouse et qu'il en assume les charges par sa contribution d'entretien. 3.1 La contribution pécuniaire prévue par l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC doit se déterminer, lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur une reprise de la vie commune, selon les critères posés par l'art. 125 CC (ATF 128 III 65 consid. 4a). La loi n'impose pas au juge de méthode de calcul particulière pour fixer la quotité de la rente prévue par cette disposition; elle exige cependant une contribution équitable. La détermination de celle-ci relève du pouvoir d'appréciation du juge du fait, qui applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). Mais apprécier ne signifie pas décider à sa guise; le choix du juge doit être motivé et compréhensible. Pour déterminer une telle contribution d'entretien, l'une des méthodes considérées comme conformes au droit fédéral est celle dite du minimum vital avec répartition de l'excédent. Elle consiste à évaluer d'abord les ressources des époux, y compris d'éventuels revenus hypothétiques, puis à calculer leurs charges en se fondant sur le minimum vital de base du droit des poursuites, élargi des dépenses incompressibles, enfin à répartir le montant disponible restant à parts égales entre eux, cette égalité étant toutefois relativisée pour prendre en considération, notamment, la participation d'éventuels enfants communs à l'excédent. Cela étant, il en va différemment en présence de situations économiques particulièrement favorables ou, au contraire, serrées ou déficitaires (cf. notamment arrêt 5C.100/2002 du 11 juillet 2002, consid. 3.1, publié in FamPra.ch 2002, Nr. 118 p. 827). 3.2 Ainsi, la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent ne saurait, bien qu'elle soit usuelle, être érigée en règle générale ayant le caractère de principe juridique clair et indiscuté. Il n'y a donc pas lieu, dans le cadre d'un recours pour arbitraire, de s'en tenir à la stricte application de la méthode dite du minimum vital. C'est ce que prétend d'ailleurs le recourant qui, bien loin de faire la démonstration de l'arbitraire de la solution retenue, constate lui-même que l'allocation des 2/3 du disponible revient à maintenir l'intimée dans le train de vie qui était le sien durant la brève union. 3.3 Au demeurant, si l'on se place d'abord dans l'optique de la méthode dite du minimum vital, l'autorité cantonale a réparti le montant disponible après couverture des minima vitaux en tenant compte, d'une part, de la charge de l'enfant et, d'autre part, de l'augmentation de la charge fiscale effective de l'intimée et de la diminution de celle du recourant par rapport aux estimations des charges fiscales effectuées dans le cadre de la détermination des minima vitaux. Ces motifs sont pertinents. On peut au surplus remarquer que le montant retenu comme minimum vital pour le seul recourant (5'900 fr.) est supérieur à celui retenu pour l'intimée et son fils (4'000 fr. + 750 fr.). Même si l'on tient compte du coût relativement bas du logement pour l'intimée, il y a là l'indication qu'une nette correction doit intervenir au stade de la répartition du disponible si l'on veut respecter le caractère équitable de la contribution. Si l'on se place ensuite dans une optique plus large, on constate que le recourant, dont le revenu (10'680 fr.) constitue 80% du revenu total des parties (13'331 fr.), consacrerait moins de 40% de son revenu à l'entretien de l'intimée et de son fils unique. On ne peut donc considérer, au vu de ces proportions, que la décision attaquée est manifestement insoutenable ou qu'elle heurte de manière choquante le sentiment de justice ou d'équité. Le grief d'application arbitraire des art. 176 et 125 CC est donc mal fondé.