Citation: 8C_42/2023 E. 6.3

6.3. Par ailleurs, il n'apparaît pas que le refus des autorités d'aide sociale de prendre en charge le loyer effectif des recourants, lequel est sans conteste excessif au regard des normes d'aide sociale, contreviendrait à l'interdiction de discrimination au sens de l'art. 8 al. 2 Cst. ou de l'art. 5 al. 1 CDPH. Les recourants ne démontrent en tout cas pas, par une argumentation claire et détaillée, en quoi les libertés fondamentales invoquées imposent de considérer qu'ils auraient le droit de demeurer dans leur appartement aux frais de la collectivité publique. Si l'on ne saurait contester l'intérêt des recourants à pouvoir rester dans leur appartement trop onéreux, on peine en revanche à saisir leur argumentation lorsqu'ils estiment que leur fille serait victime d'une discrimination en cas de déménagement dans un autre appartement ou même un autre quartier de la ville de Fribourg. En effet, en cas de changement de lieu de vie, le suivi scolaire et médical spécialisé pourrait être maintenu, comme l'ont du reste constaté les premiers juges. Les recourants pourraient en outre se prévaloir de l'état de santé de D.________ auprès des autorités scolaires pour demander à ce qu'elle puisse poursuivre sa scolarité au sein de l'Ecole M.________. Si les normes CSIAS doivent certes tenir compte de l'état de santé et de l'intégration sociale des bénéficiaires de l'aide sociale, elles ne sauraient cependant privilégier ces derniers par rapport aux personnes qui vivent dans des conditions économiques modestes sans avoir recours à l'aide sociale (cf. GUIDO WIZENT, Sozialhilferecht, n° 499 p. 187).