Citation: 4P.305/2001 18.03.2002 E. A

A.- Le 8 septembre 1988, D.________, B.________ et C.________ ont fondé la société anonyme W.________ S.A., au capital-actions de 50 000 fr., ayant son siège social à Ardon (VS) et dont le but était notamment la construction de villas individuelles. Le conseil d'administration était composé de D.________, président, de B.________ et C.________, chaque administrateur disposant d'une signature collective à deux. D.________ était l'actionnaire majoritaire. Il avait été prévu que D.________ se chargerait de trouver des clients, d'assurer le marketing de la société et d'obtenir les crédits nécessaires à son fonctionnement. En pratique, il s'est occupé également de payer les factures et de réunir les pièces comptables. B.________ était chargé de tous les travaux d'architecte des promotions et devait en particulier signer les bons de paiement correspondant aux situations des divers corps de métier. Quant au peintre C.________, il pouvait suppléer l'architecte pour la surveillance des chantiers et disposait du droit de compléter les soumissions et de choisir les travaux auxquels il voulait collaborer. W.________ S.A. a réalisé la promotion de dix ouvrages. Les travaux d'architecture de cinq d'entre eux ont été confiés, en tout ou en partie, à B.________, E.________ ayant assumé le mandat d'architecte de quatre autres constructions. Tous les chantiers ont débuté au cours de l'été 1990 et ont été réalisés durant un court laps de temps. Les demandes d'acomptes des entrepreneurs ont suivi le rythme rapide de l'avancement des travaux. Au second trimestre 1991, la part approximative des créances exigibles des entrepreneurs contre W.________ S.A. s'élevait au cinq sixièmes du coût de l'ensemble des constructions réalisées par cette société. Il a été établi par une expertise judiciaire que la société, dès le début 1991, ne disposait plus de liquidités suffisantes pour faire face à ses obligations et que, durant l'exercice 1991, elle se trouvait en état de surendettement. Une autre expertise a montré que le manque de liquidités a été aggravé par la mauvaise gestion des dossiers de construction et que la conduite des chantiers a été déficiente, ces manquements ayant causé les difficultés financières de la société. A mi-mars 1991, B.________ a constaté que la société peinait à régler les factures des entrepreneurs. A la même époque, C.________ a également appris l'existence de ces difficultés financières, ne pouvant lui-même obtenir la rémunération de ses travaux. Lors d'une assemblée générale du 27 juin 1991, diverses mesures ont été décidées, qui devaient permettre notamment à B.________ de disposer de la maîtrise des paiements. Ces décisions n'ont pas été appliquées et il a finalement été décidé, par un règlement du 26 novembre 1991, de confier les tâches de gestion courantes à D.________. Lors de l'assemblée générale du 16 juin 1992, les comptes de l'exercice 1991 n'ont pas été présentés, pour le motif qu'ils n'étaient pas prêts. D.________ a remis aux actionnaires un rapport écrit indiquant que, si l'exercice 1991 avait bien débuté, une réaction en chaîne s'était ensuite produite et que plus aucune facture n'avait pu être honorée. D.________ indiquait que le découvert de la société s'élevait à 192 000 fr. Aucune mesure en vue d'un assainissement n'a été prise en cette occasion. Le conseil d'administration n'a pas décidé d'aviser le juge. Le 9 octobre 1992, B.________ et C.________ ont déposé l'avis au juge, mais l'ont retiré le 24 novembre, bien que les comptes de la société n'aient toujours pas été établis et que le montant des poursuites en cours contre la société dépassât 300 000 fr. C.________ a démissionné de sa fonction d'administrateur le 23 janvier 1993.