Citation: 6S.128/2003 13.08.2003 E. 5

Se plaignant d'une violation de l'art. 33 CP, le recourant soutient qu'il aurait dû être mis au bénéfice de la légitime défense pour son tir sur R.Z.________. En ce qui concerne le tir sur R.Z.________, qualifié de délit manqué de meurtre, la Cour d'appel a conclu que le recourant avait soulevé dans son recours cantonal un grief irrecevable, faute de motivation (cf. arrêt attaqué, p. 18 al. 1). Il se pose donc la question de l'épuise-ment des instances cantonales (cf. art. 268 ch. 1 PPF; ATF 123 IV 42 consid. 2a p. 44). Cette question peut rester indécise dès lors que la critique est infondée. La Cour d'appel a retenu qu'après les premiers coups de feu vers le sol, les membres de la famille Z.________ s'étaient enfuis; que R.Z.________ avait été touché d'une balle dans le dos provenant de l'arme du recourant; que cette balle l'avait directement atteint, sans faire de ricochet (cf. arrêt attaqué, p. 15). Il apparaît donc que R.Z.________ a été blessé après les coups de sommation; à cause de ceux-ci, il s'est retourné pour fuir et le recourant lui a tiré dessus. Dans cette situation, le recourant ne saurait bénéficier de la légitime défense. Les premiers coups de sommation en direction du sol tendaient précisément à faire cesser l'attaque. La Cour d'appel a admis qu'ils étaient couverts pas la légitime défense, celle-ci étant toutefois excessive (cf. arrêt attaqué, p. 20). Ces coups ont sitôt atteint leur but puisqu'ils ont fait fuir les agresseurs, dont R.Z.________. A partir de là, le recourant n'était plus menacé. Cette fuite constitue une modification factuelle décisive, que le recourant devait prendre en compte. Il le devait d'autant plus qu'il se servait d'une arme à feu, soit un instrument susceptible de gravement mettre en danger la vie. Son tir sur R.Z.________ doit être appréhendé comme exempt de toute notion défensive. Le grief est infondé.