Citation: 2A.557/2005 21.10.2005 E. 1

3.2 En l'occurrence, le motif d'expulsion figurant à l'art. 10 al. 1 lettre a LSEE est manifestement réalisé, puisque le recourant a commis, entre février 1991 et novembre 2001, plusieurs délits et crimes pour lesquels il a été condamné par des autorités judiciaires à plus de 4 ans d'emprisonnement. Vu le nombre élevé d'infractions commises, la faute du recourant peut être qualifiée de grave. A cela s'ajoute que l'intéressé, qui a déjà été condamné pour contravention à la loi sur les stupéfiants, est impliqué dans un trafic de stupéfiants portant sur quelque 8 kg de drogue et qu'il a admis y avoir participé. Or, il s'agit d'un domaine où la jurisprudence se montre particulièrement rigoureuse (cf. ATF 122 II 433 consid. 2c p. 436). La protection de la collectivité publique face au développement du marché de la drogue constitue incontestablement un intérêt public prépondérant justifiant l'éloignement d'un étranger qui s'est rendu coupable d'infraction grave à la loi sur les stupéfiants. Les étrangers qui sont mêlés au commerce des stupéfiants doivent donc s'attendre à faire l'objet de mesures d'éloignement (arrêt 2A.7/2004 du 2 août 2004, consid. 5.1). En outre, le recourant réalise aussi le motif d'expulsion mentionné à l'art. 10 al. 1 lettre b LSEE. Il a commencé à enfreindre la loi peu après son arrivée en Suisse et n'a pas cessé jusqu'à sa mise en détention préventive en été 2002. Cette persistance à violer la loi montre que l'intéressé ne veut pas s'adapter à l'ordre établi dans son pays d'accueil. Certes, le recourant vivait en Suisse depuis environ 15 ans et 9 mois quand est intervenu l'arrêt attaqué. Cette circonstance doit cependant être relativisée dans la mesure où, à ce moment, il avait déjà passé plus de 4 ans, au total, en détention préventive. De plus, comme on vient de le voir, en dépit du nombre d'années qu'il a passées en Suisse, le recourant ne s'y est pas intégré, puisqu'il n'arrive pas à s'adapter aux règles et usages de ce pays; il ne s'est du reste pas intégré professionnellement et ne se prévaut pas d'une intégration sociale particulière. En revanche, il a vécu jusqu'à 21 ans dans sa patrie où il a gardé des contacts et où il est souvent retourné. Ainsi, le Tribunal administratif a appliqué correctement les art. 10 et 11 LSEE ainsi que 16 RSEE et l'on peut renvoyer (cf. art. 36a al. 3 OJ) à sa motivation à ce sujet (arrêt attaqué, consid. 4 et 5, p. 10-14). On ne saurait suivre le recourant quand il reproche à l'autorité intimée d'avoir violé le principe de la protection de la bonne foi, en relation avec l'art. 10 LSEE. En réalité, son argumentation revient à critiquer la possibilité d'expulser un étranger, qui est expressément prévue à l'art. 10 LSEE. On se contentera ici de relever que le recourant a reçu deux avertissements qui devaient attirer son attention sur le risque d'expulsion qu'il encourait en persistant dans un comportement délictueux. Par ailleurs, le Service cantonal n'a fait que respecter le principe de la présomption d'innocence en attendant l'arrêt rendu le 28 janvier 2003 par le Tribunal cantonal. Enfin, il ressort du texte même de l'art. 10 al. 1 lettre b LSEE qu'il faut prendre en considération la conduite de l'étranger "dans son ensemble", de sorte que le recourant se plaint à tort que l'autorité intimée ait pris en compte le comportement qu'il a eu depuis qu'il est en Suisse. Pour le surplus, on se réfère (cf. art. 36a al. 3 OJ) à l'argumentation développée sur ce point par le Tribunal administratif (arrêt entrepris, consid. 4e, p. 12).