Citation: 6B_1155/2022 E. 3.6

3.6. En substance, le recourant soutient que le raisonnement de la cour cantonale serait arbitraire dans la mesure où elle ne pourrait retenir, d'une part, que l'expertise serait fiable au point qu'elle ne pourrait pas être remise en cause par une seconde expertise et, d'autre part, relever des problèmes de traduction ou de compréhension pour expliquer les contradictions du récit de l'intimée. Toutefois, des problèmes de traduction ou de compréhension de l'expert ne sauraient remettre en cause les constats médicaux objectifs que celui-ci a effectués, ni son avis scientifique sur ces éléments objectifs. En d'autres termes, l'usage d'un préservatif ou non et l'existence d'une pénétration vaginale ne changent rien au constat des blessures subies par l'intimée, pas plus que sur l'appréciation des experts quant à la fissure anale. A tout le moins, ce seul élément n'est pas propre à démontrer que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en se ralliant aux conclusions de l'expertise judiciaire. Pour le surplus, le recourant soutient que les deux expertises ne seraient pas contradictoires, pour en conclure que le constat de l'expertise privée, selon laquelle l'hypothèse d'une relation anale était peu probable au vu de la nature de la lésion, aurait dû être retenu. L'argumentation du recourant s'épuise toutefois en une rediscussion de l'appréciation de la valeur probante de l'expertise privée. Purement appellatoire, elle est irrecevable. Le recourant prétend encore que des examens complémentaires auraient dû être pratiqués sur l'intimée, comme le préconisait l'expert privé, afin d'établir si la fissure anale était due à une autre cause, soit une constipation chronique, les experts judiciaires ayant envisagé de tels examens mais y ayant renoncé en raison des douleurs ressenties par l'intimée. A cet égard, il ressort de l'arrêt attaqué que les experts judiciaires ont indiqué que des lésions anales n'apparaissaient que dans 27 % des cas d'agression sexuelle. Par conséquent, quand bien même la fissure anale n'aurait pas été causée par une pénétration pénienne, cela n'exclurait pas que l'intimée ait bien été victime des faits tels qu'elle les a décrits. En outre, il ressort de la motivation cantonale que celle-ci se fonde bien plutôt sur les autres lésions subies par l'intimée, soit les ecchymoses compatibles avec une morsure et les griffures correspondant à l'action de baisser les vêtements de l'intimée, comme indices plaidant en faveur de la thèse de l'intimée. Contrairement à ce qu'affirme le recourant, elle n'a donc pas retenu la fissure anale comme élément à sa charge. Il ne démontre ainsi pas en quoi, quand bien même la fissure anale aurait une autre cause que la pénétration pénienne, cet élément serait propre à influencer le résultat. Sa critique doit être écartée dans la mesure où elle est recevable. En définitive, le recourant ne cite aucun élément qui serait propre à démontrer que les conclusions de l'expertise judiciaire seraient insoutenables, ni qu'il était arbitraire de s'y rallier comme la cour cantonale l'a fait. Ses critiques sont infondées dans la mesure où elles sont recevables.