Citation: 4P.272/2005 05.12.2005 E. 1

A.________ a continué à gérer X.________ S.A. Il occupait la fonction de président du conseil d'administration, avec signature individuelle, aux côtés de deux autres administrateurs, avec signature collective à deux. Le 8 novembre 2002, le conseil d'administration, dans la composition précitée, a engagé A.________ en qualité de directeur, responsable de l'ensemble des affaires de la société. Ce contrat, intitulé contrat de travail, était conclu pour une durée limitée à 5 ans dès le 1er janvier 2003 et prévoyait une rémunération nette de 20'000 fr. par mois en faveur de A.________, payable treize fois par an, pour une activité à 90 %. Le directeur était autorisé à consacrer le 10 % de son temps à une autre activité professionnelle, même dans un domaine complémentaire à celui de X.________ S.A. Cet accord ne faisait que ratifier la situation préexistante. Après la conclusion de ce contrat, A.________ a été dessaisi de toutes les actions de X.________ S.A. qu'il détenait au travers des membres de sa proche famille, les autorités judiciaires ayant révoqué les actes par lesquels A.________ avait cédé ses actions à des proches peu avant sa faillite personnelle. Le 24 janvier 2003, la composition du conseil d'administration de X.________ S.A. a été modifiée, A.________ n'en faisant plus partie. Il a en revanche conservé sa fonction de directeur de la société. Le 18 février 2004, B.________ a acquis aux enchères les actions de X.________ S.A. et est devenu l'unique actionnaire de la société. Le 26 février 2004, un rapport intermédiaire a été établi à la suite du changement d'actionnaire. Il a mis en évidence un certain nombre d'anomalies dans la gestion de la société, ce qui a conduit le président du conseil d'administration à douter de la loyauté de A.________ envers X.________ S.A. et à recommander la résiliation avec effet immédiat de son contrat de travail. Lors de sa séance du même jour, le conseil d'administration a décidé de mettre fin avec effet immédiat au contrat liant X.________ S.A. à A.________. Ce dernier en a été informé par lettre du 27 février 2004, qui faisait état d'une rupture du rapport de confiance en raison d'actes commis au préjudice de la société. Le 16 mars 2004, le conseil d'administration a indiqué à A.________ les motifs de la résiliation immédiate. Il a mentionné divers actes accomplis par le directeur au profit de Y.________ Sàrl, une société créée en 2003 par A.________ et son fils. A la suite d'une plainte pénale déposée notamment par X.________ S.A., une enquête a été ouverte. L'instruction a fait apparaître en particulier que A.________ avait donné l'ordre aux secrétaires de la société de ne pas porter en compte la totalité des ventes de bouteilles au comptant, les liquidités perçues à ce titre étant versées en caisse, à sa disposition. Le directeur avait également utilisé des employés rémunérés par X.________ S.A. pour ses besoins ménagers strictement personnels.