Citation: 4A_437/2017 E. 4.6

4.6. D'un point de vue procédural, on peut rappeler que la maxime des débats (à laquelle le présent litige est soumis) impose aux parties d'alléguer les faits et d'offrir les moyens de preuve propres à les établir; le juge ne peut ni suppléer ni suggérer des faits qu'une partie n'aurait pas allégués spontanément (arrêt 4A_566/2015 du 8 février 2016 consid. 4.2.1; cf. arrêt 4A_491/2010 du 30 août 2011 consid. 2.1 publié in Pra 2012 p. 125). Il est toutefois sans importance que les faits aient été allégués par l'une ou l'autre des parties puisqu'ils font partie du cadre du procès et que le juge peut donc en tenir compte (cf. arrêt 4A_566/2015 déjà cité consid. 4.2.1). En l'occurrence, il s'agit de savoir si le demandeur, à qui incombe le fardeau de la preuve, a véritablement allégué les éléments de faits susceptibles d'établir son revenu hypothétique, s'il est parvenu à en apporter la preuve, et dès lors si, sur la base de ces faits, l'action est matériellement fondée. Autrement dit, il faut contrôler si le demandeur a respecté les principes procéduraux valables en matière de fardeau de l'allégation ( Behauptungslast) ou de charge de la motivation suffisante des faits allégués ( Substanziierungslast), cette dernière obligeant le demandeur à énoncer les faits pertinents (cf. art. 221 al. 1 let. d CPC) de manière suffisamment précise pour que la partie adverse puisse motiver sa contestation ou en apporter la contre-preuve (ATF 127 III 365 consid. 2b). Il s'agit d'incombances procédurales: si une partie ne respecte pas le fardeau de l'allégation (soit elle n'allègue pas un fait ou pas de façon suffisamment précise), ce fait n'est pas pris en compte. S'il s'agit d'un fait constituant le fondement de sa prétention, sa demande sera rejetée (cf. arrêt 5A_213/2017 du 11 décembre 2017 consid. 5 non publié in ATF 144 III 54). La question de savoir si la partie à qui incombe le fardeau de la preuve a véritablement allégué les éléments de fait nécessaires ne doit pas être confondue avec celle de la recevabilité de la demande quant à la forme de sa rédaction (arrêt 5A_213/2017 déjà cité consid. 4 et 5).