Citation: 5A_729/2022 E. 5.2.1

5.2.1. En particulier, la Cour de justice lui avait imputé ce revenu hypothétique dès le 1er juillet 2020, alors qu'elle avait elle-même constaté qu'à teneur du Registre foncier, il n'était devenu propriétaire de la parcelle concernée que le 15 septembre 2020. Elle avait par ailleurs ignoré l'absolue nécessité, pourtant alléguée en première instance dans sa réplique du 26 mars 2021 (p. 13), de procéder à d'onéreux travaux de réfection afin que les locaux puissent répondre aux normes applicables en matière de locaux commerciaux et être mis en location, considérant ainsi à tort que le revenu hypothétique était immédiatement réalisable. Le fait que la régie en charge des locaux ait, en 2019, publié des annonces en ligne, très vites retirées " en raison du manque d'intérêt du prospect " et de la situation sanitaire, comme allégué en p. 13 de sa réplique du 26 mars 2021, n'avait pas non plus été discuté par la Cour de justice. Celle-ci avait aussi omis de mentionner l'importante charge hypothécaire de 629'000 fr., pourtant alléguée et prouvée (cf. déterminations du 26 février 2021 p. 10 et pièce 7 du bordereau produit à cette même date, soit l'inventaire de la succession de son père, p. 10, et pièce 7 du bordereau de la même date). Ignorant ces faits, la Cour de justice ne s'était pas posée la question des possibilités réelles de tirer un bénéfice à court terme, voire à moyen terme, de la location des locaux. Elle ne pouvait ignorer ces faits et se devait à tout le moins de l'interpeller à ce sujet. En définitive, il était arbitraire de retenir qu'il n'était " pas établi qu'il soit empêché de louer les locaux commerciaux ". Quant au montant fixé, il était aussi arbitraire dans la mesure où il se fondait exclusivement sur des estimations approximatives et critiquables fournies par la partie adverse, à savoir "la moyenne des loyers figurant dans les annonces de location produites par les appelantes" (arrêt cantonal p. 27). Or, ces annonces avaient été produites par les intimées en 2019, soit dans un contexte économique diamétralement différent de celui de crise notoire ayant prévalu durant toute la procédure et dont les effets économiques perdurent encore à ce jour, tout secteur confondu. Aucune date ne figurait de surcroît sur ces pièces, de sorte qu'il convenait de les écarter ou tout au moins de les appréhender avec précaution. Elles ne mentionnaient pas non plus les caractéristiques intrinsèques des immeubles concernés, la comparaison avec le bien immobilier lui appartenant ne se fondant que sur le lieu de situation de l'immeuble. Le recourant rappelle que dans plusieurs arrêts relatifs au rendement de la fortune mobilière, le Tribunal fédéral a considéré qu'il n'était pas arbitraire de prendre en compte la conjoncture actuelle dans le cadre de la détermination d'un rendement hypothétique de la fortune. En se fondant sur ces seules annonces, la Cour de justice avait donc fait preuve d'arbitraire.