Citation: 7B_937/2023 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a considéré que la recourante n'avait pas démontré que la situation exposée par la juge intimée montrait, chez cette dernière, un risque de manquer à l'impartialité ou à d'autres devoirs d'un magistrat. Elle a relevé que la juge concernée n'avait formulé qu'une hypothèse, "à savoir que, si la constitution de l'avocat précité faisait naître une cause de récusation en raison d'un conflit latent en droit du bail, ce ne serait pas à elle de se déporter". L'autorité cantonale a ajouté que le CPP ne laissait pas à la discrétion de la juge concernée le soin de décider si la magistrate devait être récusée pour un motif d'inimitié au sens de l'art. 56 let. f CPP, ni à la direction de la procédure du tribunal de première instance, mais que c'était l'autorité de recours qui était compétente pour statuer sur ce point. L'autorité cantonale a ensuite relevé que l'avocat concerné n'était pas celui de la recourante, que celle-ci n'était pas la bailleresse de la juge intimée et qu'aucun procès n'était pendant entre cette dernière et l'avocat. Elle a en outre indiqué que le prévenu défendu par l'avocat en question n'avait pas demandé de récusation, que ce prévenu s'était même demandé qui y aurait eu un avantage, à part lui, et que, dans la prise de position du 25 septembre 2023, son avocat avait mis en évidence les relations très cordiales, dénuées d'inimitié, avec la magistrate mise en cause. La cour cantonale a dès lors conclu qu'en l'état, les travaux de surélévation de l'immeuble dans lequel logeait cette dernière n'avaient pas atteint le stade de simples tensions personnelles avec l'avocat concerné et que les relations avec les locataires avaient été déléguées de façon usuelle à une gérance immobilière. Elle a enfin ajouté qu'aucun procès ayant cet objet n'était pendant devant le tribunal compétent, de sorte que le risque qu'un jugement défavorable à la juge concernée puisse venir affecter l'impartialité attendue n'était pas concret.