Citation: 2A.129/2001 19.06.2001 E. 3

3.- Il reste donc à examiner si, sur la base des informations fournies par le Bureau des étrangers de Montagny-près-Yverdon, A.________ et B.________ pouvaient de bonne foi croire que leur départ à l'étranger n'entraînerait pas l'extinction de ces autorisations. a) Le principe de la bonne foi (art. 9 Cst. , déduit auparavant de l'art. 4 aCst.) confère au citoyen, à certaines conditions, le droit d'exiger de l'autorité qu'elle se conforme aux promesses ou assurances précises qu'elle lui a faites et ne trompe pas la confiance que l'administré a placé dans ces déclarations (ATF 126 II 377 consid. 3a; 118 Ib 367 consid. 9a). L'exercice de ce droit exige que l'autorité soit intervenue dans une situation concrète à l'égard de personnes déterminées, qu'elle ait agi ou soit censée avoir agi dans les limites de sa compétence, que l'administré ait eu de sérieuses raisons de croire à la validité de l'acte suivant lequel il a réglé sa conduite, qu'il se soit fondé sur l'acte en question pour prendre des dispositions qu'il ne saurait modifier sans subir un préjudice et que la loi n'ait pas changé depuis le moment où l'assurance a été donnée (ATF 114 Ia 209 consid. 3a et la jurisprudence citée). b) En l'espèce, rien ne prouve que les recourants aient obtenu des informations ou des assurances qui lient l'autorité sur le maintien de leur permis d'établissement, malgré un séjour pour études à l'étranger de plus de six mois. A ce propos, la cour cantonale a constaté que leur père avait effectivement eu un entretien avec la préposée du Bureau des étrangers de Montagny-près-Yverdon pour obtenir des renseignements sur la possibilité pour ses enfants de poursuivre leurs études, sans toutefois faire expressément référence au fait que ceux-ci avaient l'intention de les faire dans leur pays d'origine. En avançant la thèse d'un malentendu survenu entre leur père et ladite autorité, les recourants admettent, en réalité, que cette autorité n'a pas donné à ce dernier des informations en connaissant leur intention de suivre l'année scolaire 1999/2000 hors de Suisse et ils reconnaissent ainsi comme exact l'état de fait établi sur ce point par les juges cantonaux. Dans un cas pareil, on ne peut donc pas affirmer que les recourants, ou leur père, aient reçu des informations ou des assurances en ce qui concerne le maintien de leur permis d'établissement. Le simple fait que C.________ se soit adressé à l'autorité communale en matière de police des étrangers pour poser des questions concernant les études de ses enfants ne permet pas d'en déduire que cette dernière aurait forcément dû se rendre compte que la requête se référait à la possibilité d'une poursuite de la scolarité à l'étranger. Si l'on tient compte du fait que les recourants étaient en Suisse depuis peu de temps, l'autorité communale pouvait en effet interpréter la demande de leur père comme une démarche pour vérifier si, en tant que titulaires d'un permis d'établissement, ses deux enfants avaient le droit de poursuivre leur formation en Suisse. Il en résulte que le grief concernant la violation du principe de la bonne foi est mal fondé.