Citation: C 105/00 23.10.2000 E. 3

3.- a) L'art. 14 al. 2 LACI concerne en première ligne les cas dans lesquels la personne qui contribue financièrement à l'entretien de la famille vient à manquer ou la source de revenu à disparaître. Cette disposition a pour but de protéger les personnes qui ne sont pas préparées à prendre ou à reprendre, ou encore à augmenter une activité lucrative et qu'une situation financière précaire oblige à prendre les dispositions nécessaires dans un délai relativement bref (ATF 125 V 124 s. consid. 2a et les références). L'art. 14 al. 2 LACI est applicable également en cas de séparation de fait (DTA 1980 n° 21 p. 40; Gerhards, Kommentar zum Arbeitslosenversicherungsgesetz [AVIG], vol. I n° 35 ad art. 14, p. 188). La libération des conditions relatives à la période de cotisation au sens de l'art. 14 al. 2 LACI n'est possible que s'il existe un lien de causalité entre le motif invoqué et la nécessité de prendre ou d'augmenter une activité lucrative. La preuve stricte de la causalité, dans une acception scientifique, ne doit pas être exigée. Ainsi, l'existence d'un lien de causalité doit déjà être admise lorsqu'il apparaît plausible et crédible que la volonté d'un assuré de prendre une activité lucrative dépendante est directement dictée par le motif de libération en cause (ATF 121 V 344 consid. 5c/bb et la référence; consid. 6b non publié de l'arrêt ATF 124 V 400). b) Aux termes de la convention de mesures provisionnelles du 7 janvier 1998, le mari de la recourante s'est obligé à verser une pension alimentaire de 500 fr. par mois à chacun de ses enfants. En revanche, l'épouse a renoncé à une pension alimentaire pour elle-même jusqu'à la vente de la maison familiale. Selon le chiffre 6 de ladite convention, les époux s'engageaient à assumer chacun la moitié de la dette hypothécaire (330 000 fr.), la dette commerciale du mari (50 000 fr.) devant être remboursée en priorité sur le prix de vente de la maison. Celle-ci a été vendue au mois de janvier 1998. La recourante a obtenu 47 500 fr. au titre du bénéfice de la vente. Sur le vu de ces circonstances, il apparaît plausible que la volonté de la recourante d'augmenter son activité lucrative dépendante est directement dictée par la séparation d'avec son mari. Le fait qu'elle a obtenu un certain capital lors de la vente de la maison familiale ne permet pas de nier la nécessité pour l'intéressée d'exercer une activité à plein temps. Par ailleurs, sa renonciation à une pension alimentaire ne saurait lui être reprochée comme un manquement à son obligation de diminuer le dommage (cf. ATF 125 V 474 consid. 4). En instance cantonale, la recourante a allégué - pièces comptables à l'appui - que l'exercice de l'entreprise C. M.________ s'était soldé en 1997 par un résultat de 32 093 fr. 99, ce qui correspond à un revenu mensuel légèrement supérieur à 2500 fr. Les arguments soulevés par les premiers juges pour écarter cette allégation ne sont pas de nature à remettre en cause les données ressortant des pièces comptables produites. En particulier, on ne saurait se rallier au point de vue de la juridiction cantonale selon lequel les postes au passif du compte pertes et profits de l'entreprise ont pour effet d'augmenter indirectement le revenu net allégué. Compte tenu du revenu réalisé par le mari de la recourante - qui verse une pension alimentaire de 500 fr. par mois à chacun de ses enfants -, on ne peut donc lui reprocher d'avoir renoncé à une pension alimentaire pour elle-même. Cela étant, la recourante est libérée des conditions relatives à la période de cotisation pour le manque à gagner qui excède la part correspondant à la perte de l'activité à temps partiel au service de l'entreprise de son mari. Par ailleurs, les conditions relatives à la période de cotisation sont réalisées en ce qui concerne cette activité.