Citation: 1C_143/2020 E. 5.3

5.3. Les recourants se prévalent en premier lieu du surdimensionnement de la zone constructible communale et de l'ancienneté de la planification. Ces circonstances ne sont toutefois pas à elles seules suffisantes pour justifier un contrôle préjudiciel de la planification en vigueur et, plus spécialement, pour remettre en cause le caractère constructible des parcelles nos 350 et 353. En effet, les bien-fonds litigieux sont colloqués en zone village. En outre, il ressort des plans et documents versés au dossier qu'ils sont situés à proximité du centre du village, notamment de l'administration communale et de l'auberge, soit au centre d'un secteur déjà bâti. Ils font ainsi partie, comme le retient la cour cantonale et quoiqu'en disent les recourants, du noyau construit et à densifier de la localité. Au vu de cette situation géographique particulière, il n'apparaît ainsi pas qu'une exclusion des parcelles litigieuses de la zone à bâtir entrerait sérieusement en ligne de compte. Les recourants ne le démontrent d'ailleurs pas. Les arguments des recourants tirés du mitage du territoire, respectivement d'une violation du principe de densification vers l'intérieur en lien avec la parcelle n° 423 ne modifient pas cette appréciation. En effet, en tant que les recourants soutiennent que le projet litigieux mettrait en péril l'inclusion du bien-fonds précité - au surplus non bâti et aux dimensions environ six fois supérieures à celles des parcelles litigieuses - dans le périmètre de " localité à densifier " et que ce bien-fonds serait mieux situé car plus proche de la gare et du centre du village, ils substituent leur appréciation à celle de la Municipalité. Ils ne tiennent pas compte du large pouvoir d'appréciation dont celle-ci dispose lorsqu'il s'agit d'adapter sa planification d'affectation aux exigences de la LAT, en particulier quant à la désignation, dans un contexte de surdimensionnement, des portions de son territoire devant être soustraites de la zone à bâtir (cf. art. 2 al. 3 LAT et art. 2 et 3 de l'ordonnance du 28 juin 2000 sur l'aménagement du territoire [OAT; RS 700.1]; arrêt 1C_156/2019 du 26 novembre 2019 consid. 2.4.5; s'agissant de l'autonomie des communes vaudoises en matière de planification, voir arrêt 1C_424/2014 du 26 mai 2015 consid. 4.1.1 ss). Quant au grief des recourants selon lequel le SDT aurait dû être interpellé par la cour cantonale, outre qu'ils n'allèguent pas l'avoir requis, ils ne démontrent pas en quoi cette mesure d'instruction aurait pu influer sur l'issue du litige. Il est également sans conséquence que la municipalité ait mis à l'enquête et établi une zone réservée sur l'ensemble de son territoire durant la procédure de recours cantonale, étant précisé qu'elle l'a été plus d'une année après le dépôt de la demande de permis de construire, respectivement plus de huit mois après la délivrance de celui-ci. Cette zone réservée a certes pour objectif de bloquer momentanément les constructions afin de garantir aux autorités la liberté d'action nécessaire à l'adoption d'une planification conforme aux exigences de la nouvelle LAT (cf. arrêt 1C_244/2017 du 17 avril 2018 consid. 3.2.2; Benoît Bovay et al., Droit fédéral et vaudois de la construction, 4e éd., 2010, n. 1.1 ad art. 77 LATC); l'on ne saurait cependant, dans le cas particulier, en conclure que l'ensemble des parcelles du territoire communal, seront à terme exclues du territoire constructible tel que redéfini par la planification future. L'absence de régime privilégié mis en place en faveur de certaines parcelles au sein de cette zone n'y change rien. Un tel régime ne constitue qu'un indice sur les intentions d'une commune relativement à sa planification future (cf. arrêts 1C_450/2019 du 13 octobre 2020; 1C_156/2019 du 26 novembre 2019). Si une commune n'en a pas prévu, cela ne signifie pas encore qu'elle souhaite exclure l'ensemble de son territoire de la zone à bâtir. Or, comme déjà exposé, il n'apparaît pas, au vu de la situation géographique particulière des parcelles en cause au sein du noyau construit et à densifier de la localité, qu'elles seront à terme exclues du territoire constructible. Au vu de ces éléments, il n'y a pas lieu d'interférer dans le processus de planification locale, pour lequel les autorités communales bénéficient d'un large pouvoir d'appréciation.