Citation: 4A_28/2025 E. A

A.a. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA), association de droit suisse ayant son siège à Zurich, est l'instance dirigeante du football au niveau mondial. Elle dispose d'un pouvoir disciplinaire sur les fédérations nationales de football, les joueurs ou les officiels qui méconnaîtraient ses règles, en particulier son Code d'éthique (ci-après: le CEF). Depuis 2020, A.________, ressortissant de l'État U.________ domicilié dans l'État U.________, occupe la fonction de vice-président de la Fédération B.________ de Football (ci-après: la Fédération B.________), laquelle est affiliée à la FIFA. Il préside également la Commission Nationale des Arbitres de la Fédération B.________ (ci-après: la CONA) depuis 2014. A.b. Dans un document diffusé le 25 avril 2020 sur sa chaîne YouTube, le journaliste C.________ a fait état d'allégations d'abus sexuels systématiques qui auraient été commis au sein de la Fédération B.________. Le 30 avril 2020, le journal britannique... a publié un article indiquant que plusieurs officiels de la Fédération B.________, en particulier l'ancien président de ladite fédération, D.________, auraient contraint plusieurs joueuses de football du Centre technique national de l'État U.________ (ci-après: le Centre) à entretenir des rapports sexuels en ayant recours à des méthodes de coercition et d'intimidation. Le 11 mai 2020, la Chambre d'instruction de la Commission d'éthique de la FIFA (ci-après: la Chambre d'instruction) a nommé un comité ad hoc chargé de procéder aux mesures d'investigation nécessaires aux fins d'élucider les faits liés aux accusations formulées à l'encontre de D.________. Au cours de cette enquête, la Chambre d'instruction a identifié A.________ comme l'un des auteurs potentiels d'abus sexuels, eu égard notamment à son rôle au sein de la CONA. Le 13 août 2020, la Fédération Internationale des Associations de Footballeurs Professionnels (FIFPRO) a transmis à la Chambre d'instruction un rapport détaillé (ci-après: le rapport FIFPRO), dans lequel elle indiquait avoir pu identifier 34 victimes supposées d'abus sexuels commis par 10 auteurs potentiels, parmi lesquels figurait A.________. À teneur dudit document, le prénommé était notamment accusé d'avoir violé et/ou tenté d'abuser sexuellement au moins onze personnes. Le 21 août 2020, la Chambre d'instruction a ouvert une enquête préliminaire à l'encontre de A.________ pour de possibles violations du CEF. Le 10 février 2021, la présidente de la Chambre d'instruction a décidé de suspendre provisoirement A.________ pendant 90 jours. Cette mesure a été prolongée ultérieurement. Le 24 juin 2021, la Chambre d'instruction a publié un rapport (ci-après: le rapport final), dans lequel elle a abouti à la conclusion que A.________ avait enfreint plusieurs dispositions du CEF, en se rendant coupable d'abus et de harcèlement sexuels sur des femmes arbitres, en menaçant des victimes et des témoins potentiels et en abusant de son pouvoir aux fins de convaincre des arbitres de se livrer à des actes sexuels. Le rapport final incluait la déclaration écrite, datée du 6 octobre 2020, d'une prétendue victime du prénommé (ci-après: la victime supposée). Il contenait également le procès-verbal d'un entretien entre la victime supposée et la Chambre d'instruction et celui d'un autre entretien entre ladite Chambre et un ancien officiel de la Fédération B.________ (ci-après: le témoin 1), lequel avait témoigné au sujet de potentiels abus sexuels prétendument commis au sein du Centre et d'autres infrastructures de la Fédération B.________. Le lendemain, la Chambre de jugement de la Commission d'éthique de la FIFA (ci-après: la Chambre de jugement) a signifié à A.________ l'ouverture d'une procédure disciplinaire dirigée contre lui sur la base notamment des conclusions figurant dans le rapport final. Après avoir invité l'intéressé à se déterminer, la Chambre de jugement a tenu une audience par vidéoconférence le 22 juillet 2021. Par décision du 23 juillet 2021, dont les motifs ont été communiqués à l'intéressé le 17 septembre 2021, la Chambre de jugement, sur la base du rapport final, des déclarations de la personne mise en cause et celles de la présidente de la Chambre d'instruction, a considéré que A.________ avait enfreint les art. 23 ("protection de l'intégrité physique et mentale") et 25 ("abus de pouvoir") du CEF car il avait commis des actes de harcèlement, d'abus sexuels, de menaces et de coercition à l'égard de femmes arbitres entre 2011 et 2021. Elle a estimé que le prénommé avait profité de sa position au sein du monde du football de l'État U.________ pour obtenir des faveurs sexuelles. La Chambre de jugement lui a interdit à vie de participer à toute activité liée au football tant au niveau national qu'international et lui a infligé, de surcroît, une amende de 100'000 fr.