Citation: 1P.196/2001 18.04.2001 E. 3

3.- a) Le recourant conteste l'existence d'indices de culpabilité propres à justifier son maintien en détention préventive. Il reconnaît toutefois, de façon au moins implicite, avoir souscrit les conventions et reçu les sommes mentionnées dans l'arrêt de la Cour correctionnelle. Les arguments qu'il développe dans la présente procédure ne démentent pas qu'il ait alors trompé la banque au sujet de sa capacité et de sa volonté de restituer ces sommes, aux échéances et avec la rémunération convenues. Le recourant tente seulement de démontrer que la banque n'a, prétendument, pas subi d'atteinte à son patrimoine, de sorte que l'escroquerie retenue contre lui ne serait pas réalisée. Devant la Chambre d'accusation, il a produit des pièces provenant de l'administrateur judiciaire de la banque, qui se trouve apparemment en liquidation. Sur la base de ces documents, il soutient que deux des sociétés dominées par lui ont détenu d'importantes créances contre cet établissement, créances que ce dernier aurait éteintes par compensation en septembre 1999. Or, tout cela est d'emblée inapte à exclure avec une certaine vraisemblance que la banque ait subi une atteinte patrimoniale pertinente au regard de l'art. 146 CP: une atteinte de ce genre survient dès que la victime s'expose, sous l'emprise de l'erreur, à un risque patrimonial excédant les risques normaux inhérents à la transaction considérée; par ailleurs, une atteinte seulement provisoire est également suffisante (ATF 121 IV 104 consid. 2c p. 107/108, 121 IV 26 consid. 2 in fine p. 29, 120 IV 122 consid. 6b p. 134). Il est également sans importance que les prétentions de la banque contre les sociétés du recourant soient peut-être encore comptabilisées à l'actif de son bilan. L'escroquerie étant poursuivie d'office, c'est également en vain que le recourant met en doute la validité de la plainte pénale et de la constitution de partie civile déposées par la banque. b) Le recourant peut raisonnablement prévoir que son recours en cassation sera rejeté et que la condamnation prononcée contre lui deviendra exécutoire. Il n'a par ailleurs aucune attache avec la Suisse. Dans ces conditions, la Chambre d'accusation peut légitimement redouter qu'il ne prenne la fuite à l'étranger, s'il était mis en liberté sans caution, pour se soustraire à l'incarcération qu'il devra probablement encore subir jusqu'à son éventuelle libération conditionnelle, en octobre prochain. c) Compte tenu que la demande de mise en liberté n'était appuyée que par des arguments inconsistants et que cela ne pouvait guère échapper au conseil du recourant, la Chambre d'accusation n'a pas violé le droit d'être entendu en s'abstenant de motiver son ordonnance de façon détaillée.