Citation: 8C_605/2022 E. 4.1

4.1. La recourante conteste le revenu sans invalidité en reprochant à la cour cantonale un établissement des faits erroné et incomplet, une mauvaise appréciation des preuves, la violation de son droit d'être entendue - en lien avec l'omission d'apprécier les preuves produites - ainsi que la violation de l'art. 16 LPGA. En résumé, elle reproche à l'instance précédente de s'être fondée sur le salaire médian global pour les femmes dans les emplois de niveau de compétence 1 de la table TA_1 de l'ESS 2018 plutôt que sur le salaire médian dans les emplois de niveau de compétence 2 dans la branche économique "Assurances" (ligne 65) de la table "T1_skill_level" (secteur privé et secteur public ensemble) (ci-après: T1) de l'ESS 2018. A propos du choix de la table, la recourante fait valoir qu'on ne saurait faire abstraction de l'historique professionnel de l'intimée, dans la mesure où le fait d'avoir déjà exercé un emploi durant huit ans dans le secteur public augmenterait de manière substantielle les chances de retrouver un emploi dans ce secteur, y compris dans un nouveau domaine d'activité. Le fait que l'intimée ait déjà exercé un emploi dans le secteur public permettrait de démontrer que celui-ci lui est également ouvert. La jurisprudence admettrait d'ailleurs que l'on peut se référer à la table T1 lorsque la personne assurée a exercé sa dernière activité dans le secteur public. En l'occurrence, la recourante fait valoir qu'une activité adaptée à son état de santé après l'événement invalidant dans ce secteur serait également envisageable et qu'il serait en effet notoire que les directions de la santé des administrations cantonales et les offices AI emploient des collaborateurs administratifs ayant une formation de base dans le domaine médical ou paramédical. En ce qui concerne la branche d'activités applicable, la recourante fait valoir que l'intimée disposerait de solides connaissances médicales et paramédicales et d'une longue expérience professionnelle dans le domaine de la santé. Avant d'être engagée en qualité d'assistante en soins et santé communautaire par l'institution B.________ dès le 1 er novembre 2010, l'intimée avait travaillé pendant de nombreuses années à la clinique C.________, d'abord comme aide-soignante puis comme assistante en soins et santé communautaire dès l'obtention de son CFC en 2007. Les compétences et l'expérience professionnelles de l'intimée dans le domaine de la santé correspondraient aux critères de plusieurs offres d'emploi dans le secteur des assurances (en référence aux pièces produites à l'appui de son recours et devant l'instance précédente). La majorité des offres d'emploi pour des postes dans les services administratifs des assurances actives dans le domaine de la santé et dans les offices AI mettraient en effet l'accent sur la nécessité d'avoir achevé une formation dans le domaine médical ou paramédical et de disposer de plusieurs années d'expérience dans ce domaine. Les connaissances administratives, assécurologiques voire juridiques ne constitueraient qu'un atout supplémentaire. Il existerait ainsi sur un marché du travail équilibré des emplois dans le domaine des assurances pour lesquels l'intimée disposerait d'un profil adéquat et qui seraient dès lors raisonnablement exigibles de sa part.