Citation: 1P.727/2000 01.02.2001 E. 1

b) Nul ne conteste que les notes de supervision de G.________ constituent des faits ou des moyens de preuve nouveaux. La recourante soutient en revanche que le contenu de ces notes était propre si ce n'est à écarter sa culpabilité, à tout le moins à atténuer la gravité de l'infraction pour laquelle elle a été condamnée. Elle voit en outre dans le refus de l'autorité intimée d'ordonner l'audition de leur auteur une violation de son droit de faire administrer des preuves découlant du droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. En l'espèce, il ressort des déclarations conjointes de F.________ et B.________ que la recourante a été informée pour la première fois des actes d'ordre sexuel dont O.________ a été la victime, peu après les vacances de l'été 1992; G.________ n'était pas présent et n'était ainsi pas en mesure de confirmer ou d'infirmer la teneur des déclarations faites par la jeune fille aux enseignants. Par la suite, l'auteur de ces actes a fait l'objet de plusieurs entretiens avec la directrice et les enseignants, concernant son attitude, ses agissements et l'éventualité de le renvoyer de l'école X.________. Ainsi, la recourante connaissait, dès le mois de septembre 1992, la situation et les risques que le jeune homme faisait courir aux autres élèves, au point qu'il n'a été sursis à la décision de le renvoyer que pour lui accorder une dernière chance. De plus, les notes de supervision établies par G.________ ne constituent qu'un résumé de synthèse des observations faites par les collaborateurs de l'école, qui ont auditionné les élèves impliqués et ont retranscrit avec précision leurs déclarations et aveux. Dans cette mesure, elles n'apportent aucun élément propre à atténuer la gravité des actes commis à l'encontre de O.________, fondée sur les dépositions de F.________ et B.________. Celles-ci fournissent des détails révélant que l'expression utilisée de "forcée à le caresser" est un euphémisme édulcorant la réalité et ne permettant pas d'infirmer les aveux et témoignages plus précis et plus crus des élèves impliqués. Le Tribunal cantonal n'a donc pas versé dans l'arbitraire en retenant que le contenu des notes de supervision n'était pas de nature à ébranler les constatations de fait sur lesquelles les juges du fond avaient fondé l'appréciation de la gravité de l'infraction commise par la recourante. A cet égard, cette dernière ne saurait adopter un comportement contradictoire en procédure, lorsqu'elle dénie leur force probante aux termes "d'agression sexuelle" dans les notes de supervision et demander simultanément de tenir compte de ces dernières lorsqu'elles minimisent le comportement pénalement répréhensible de l'auteur des agissements sexuels, à la faveur d'un résumé réducteur. L'autorité intimée n'est par conséquent pas tombée dans l'arbitraire en considérant que les notes de supervision de G.________ ne constituaient pas des moyens de preuve qui auraient conduit le Tribunal correctionnel du district d'Aigle à statuer différemment s'il en avait eu connaissance dans la procédure principale et en rejetant la demande de révision pour ce motif; de même, elle n'a pas violé le droit d'être entendue de la recourante en considérant, au terme d'une appréciation anticipée non arbitraire des preuves, que l'audition de G.________ en qualité de témoin n'amènerait aucun élément nouveau ou plus précis, dès lors qu'il n'avait pas eu un contrôle immédiat des élèves en cause et, partant, qu'il n'avait pas pu examiner concrètement la situation comme leurs enseignants l'avaient fait (cf. ATF 125 I 417 consid. 7 p. 430).