Citation: 4C.312/2001 25.03.2002 E. A

A.- a) En 1989, X.________ a été engagé en qualité de secrétaire général par Z.________, une fédération sportive dont le siège se trouve à Lausanne. Selon les statuts de Z.________, en vigueur à l'époque, la nomination du Secrétaire général était de la compétence du Bureau. Le contrat conclu avec X.________, portant la date du 20 avril 1989, est soumis au droit suisse. Il prévoit un temps d'essai de six mois. Dès l'expiration du temps d'essai, le contrat est réputé conclu pour une durée de trois ans, soit jusqu'au 31 décembre 1992. Avant l'expiration de la période de trois ans, le contrat peut être résilié de part et d'autre par lettre recommandée, moyennant préavis de six mois, soit jusqu'au 30 juin 1992. Si aucune des parties ne dénonce le contrat avant le 30 juin, il est tacitement renouvelé pour une nouvelle période de trois ans. Dès le 1er janvier 2001, le contrat est renouvelé pour une durée d'un an et peut alors être résilié de part et d'autre moyennant préavis de six mois, soit jusqu'au 30 juin de chaque année. Le contrat précise le montant du salaire brut de X.________, ainsi que le montant de ses frais de représentation. Par une clause spéciale, l'employeur garantissait à X.________ que son revenu net, déterminé par l'addition du salaire brut et des frais de représentation sous déduction des impôts et des cotisations sociales et d'assurances, ne serait pas inférieur à 208 000 fr. par an. Il était convenu également que le salaire brut et les frais de représentation seraient indexés. b) Z.________ a conclu un contrat, le 17 mars 1994, avec la société B.________. Elle a chargé cette dernière de négocier les droits de transmission radio et télévision pour les épreuves relevant de Z.________. Cette société a conduit Z.________ à conclure un contrat, le 31 janvier 1995, avec une chaîne de télévision, portant sur le droit exclusif à la transmission télévisée de diverses épreuves dans différents pays. Ce contrat mécontentait A.________, qui avait conclu, le 2 septembre 1993, un contrat de sponsoring avec Z.________. Des négociations ont été menées avec A.________; elles ont abouti à un accord, signé le 9 mars 1995, qui concédait notamment à cette dernière des droits exclusifs de télévision. Ce nouvel accord était incompatible avec le contrat qui liait Z.________ à la chaîne de télévision. Ces événements ont créé une situation de crise et plusieurs fédérations nationales ont demandé que X.________ soit relevé de ses fonctions avec effet immédiat. Lors d'une séance du Comité exécutif tenue le 28 avril 1995, la présidente a déclaré, en présence de X.________, que le contrat du secrétaire général expirait à la fin de l'année 1995, qu'il serait respecté jusqu'à cette date, mais que l'intéressé était libéré de son obligation de travailler afin de pouvoir rechercher un emploi. Par télécopie du 5 mai 1995, l'avocat de Z.________ a confirmé à l'avocat de X.________ que celui-ci était invité à cesser avec effet immédiat toute activité pour le compte de Z.________. Le 7 juin 1995, le Bureau de Z.________ s'est réuni en séance extraordinaire à Lausanne. Il a décidé de ne pas renouveler le contrat de travail à l'échéance du 31 décembre 1995, tout en dispensant X.________ de travailler jusquelà. Le secrétaire général en a été informé par lettre recommandée datée du même jour. Or, il a été établi par une expertise médicale que X.________ était malade (atteint d'une leucémie à tricholeucocytes), le 7 juin 1995, et qu'il était alors incapable de travailler. Après la période de maladie, l'avocat de Z.________ a répété, par lettre recommandée du 26 octobre 1995, que le contrat était résilié, fixant cette fois l'échéance au 30 avril 1996.