Citation: 6B_10/2021 E. 3.1

3.1. La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir refusé d'administrer des preuves à décharge, à savoir d'entendre des membres du service d'ordre ainsi que l'organisatrice de l'édition précédente de la manifestation. Elle fait valoir que l'administration de ces preuves aurait permis d'établir l'état d'esprit dans lequel se trouvaient les participantes qui ont dévié de l'itinéraire autorisé et de savoir si elles l'ont fait faute d'information claire des organisatrices ou dans un esprit de subversion, faisant fi des instructions de celles-ci. Le droit d'être entendu, garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., comprend notamment celui de produire ou de faire administrer des preuves, à condition qu'elles soient pertinentes et de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 145 I 73 consid. 7.2.2.1 p. 103; 143 V 71 consid. 4.1 p. 72; 142 II 218 consid. 2.3 p. 222; 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299 et les références citées). Le droit d'être entendu n'empêche pas le juge de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de se forger une conviction et que, procédant de manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, il a la certitude qu'elles ne pourraient pas l'amener à modifier son opinion. Le refus d'instruire ne viole ainsi le droit d'être entendu des parties que si l'appréciation anticipée de la pertinence du moyen de preuve offert, à laquelle le juge a procédé, est entachée d'arbitraire (ATF 144 II 427 consid. 3.1.3 p. 435; 141 I 60 consid. 3.3 p. 64; 136 I 229 consid. 5.3 p. 236). Selon l'art. 389 al. 1 CPP, lequel ne s'applique ici qu'en tant que droit cantonal supplétif s'agissant d'une infraction de droit cantonal, la procédure de recours se fonde sur les preuves administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première instance. L'art. 389 al. 3 CPP règle les preuves complémentaires. Ainsi, la juridiction de recours administre, d'office ou à la demande d'une partie, les preuves complémentaires nécessaires au traitement du recours. Le droit d'être entendu, consacré par l'art. 107 CPP, garantit aux parties le droit de déposer des propositions relatives aux moyens de preuves (al. 1 let. e). Conformément à l'art. 139 al. 2 CPP, il n'y a pas lieu d'administrer des preuves sur des faits non pertinents, notoires, connus de l'autorité ou déjà suffisamment prouvés. Cette disposition codifie, pour la procédure pénale, la règle jurisprudentielle déduite de l'art. 29 al. 2 Cst. en matière d'appréciation anticipée des preuves (arrêts 6B_1191/2019 du 4 décembre 2019 consid. 1.1; 6B_738/2019 du 27 novembre 2019 consid. 4.2). Il y a lieu de relever que la cour cantonale a évoqué à titre préliminaire le fait que la motivation des réquisitions de preuve de la recourante dans la procédure d'appel n'apparaissait pas suffisante. La recourante ne conteste pas cette motivation alors que lorsque la décision querellée repose sur une double motivation dont chaque pan est indépendant et suffit à sceller l'issue de la procédure cantonale, il importe, sous peine d'irrecevabilité, de discuter chacune de ces deux motivations (cf. ATF 133 IV 119 consid. 6.3 p. 120; cf. récemment arrêt 6B_1011/2021 du 9 novembre 2021 consid. 2); la recevabilité du recours est par conséquent douteuse sur ce point également. Par ailleurs, comme cela a déjà été noté au consid. 2.6 ci-dessus, ce qui est reproché à la recourante est de n'avoir pas satisfait à son devoir de collaborer avec la police, de sorte que l'état d'esprit dans lequel ont agi les manifestantes est sans pertinence pour l'issue de la procédure.