Citation: 2C_223/2020 E. 6.5

6.5. L'intérêt du recourant à demeurer en Suisse réside ainsi essentiellement dans la relation familiale qu'il entretient avec son épouse et ses enfants. Sous cet angle, il est indéniable qu'un départ de Suisse de l'intéressé entraînera une séparation de la famille, pour le cas où son épouse et ses enfants ne le suivraient pas en République démocratique du Congo, ce dont ils ne sont pas tenus. On relèvera toutefois à ce propos que la femme du recourant, également de nationalité congolaise, a épousé celui-ci alors qu'il avait déjà subi une première condamnation. A la naissance de leur second enfant, l'intéressé avait en outre déjà été condamné à une peine privative de liberté de 30 mois et à une expulsion du territoire suisse de 6 ans avec sursis pour viol et actes d'ordre sexuel avec une enfant notamment, et avait également fait l'objet d'un avertissement formel de la part du Service cantonal. Dans ces circonstances, on doit admettre que l'épouse ne pouvait ignorer qu'elle risquait de devoir vivre sa vie de famille de manière séparée. Par ailleurs, en tant que le recourant fait valoir, de manière appellatoire (cf. supra consid. 2.2), que sa femme est financièrement dépendante à son égard, il ne ressort pas des constatations cantonales - et le recourant ne le prétend pas - que celle-ci serait dans l'incapacité d'être autonome financièrement. Il convient au demeurant de relever que l'intéressée a, selon toute vraisemblance, dû s'organiser à vivre seule avec leurs enfants dès 2006 respectivement 2018, soit pendant que son mari purgeait ses peines privatives de liberté de 30 mois, respectivement de 9 mois. S'agissant de l'intérêt de l'enfant cadet de grandir avec ses deux parents, celui-ci a déjà été séparé de son père puisque, comme on vient de le voir, il a passé sa première année de vie sans la présence de son père, puis 9 autres mois sans celui-ci, alors qu'il n'avait que 11 ans. Il pourra par ailleurs continuer de vivre en Suisse aux côtés de sa mère et y poursuivre sa scolarité. Par ailleurs, il est à noter que la révocation de l'autorisation d'établissement du recourant n'empêchera pas des visites de l'enfant en République démocratique du Congo, où il a déjà voyagé (art. 105 al. 1 LTF), ni les contacts par les moyens de communication modernes. Il n'en va pas autrement, quoi qu'en pense le recourant, s'agissant de son fils aîné, né en septembre 2002 et bientôt majeur, dont il ressort de l'arrêt entrepris qu'il poursuit une formation de basket en France et qu'il ne vit pas sous le même toit que ses parents, ce que le recourant conteste de manière purement appellatoire (cf. supra consid. 2.2).