Citation: 4A_479/2020 E. 6.3

6.3. Concernant le motif réel du congé (la violation répétée des directives et règles en vigueur), le recourant ne s'emploie pas à établir le caractère arbitraire de l'appréciation des preuves. Il faut donc s'en tenir au mobile constaté. Or, en adoptant cette prémisse et en considérant tous les aspects du cas concret, l'autorité précédente pouvait écarter le spectre de l'abus de droit sans transgresser le droit fédéral. La transmission du nom du recourant aux autorités américaines (consid. 5.8 supra) ne modifie pas cette conclusion. Pas plus que l'arrangement négocié avec les autorités américaines - pour ne pas dire imposé par ces dernières -, qui prescrivait le licenciement du recourant. Il n'est pas parvenu à ancrer dans un socle sa thèse selon laquelle il aurait servi de "fusible" - avec d'autres - pour éviter de faire tomber la banque elle-même. On rappellera aussi qu'après son inculpation en février 2011, il a touché son salaire jusqu'au 31 août 2014 sans avoir à retravailler; la banque a en outre assumé des montants conséquents pour sa défense devant les autorités américaines. On ne saurait voir une attitude contradictoire dans le revirement opéré par la banque à compter des années 2002, et surtout après l'affaire X.________ SA. Cette volte-face découle en effet d'un changement de pratique et d'un durcissement de la part des autorités américaines. En outre, il n'y a pas matière à retenir que la banque aurait tenu un discours quasi schizophrénique en pratiquant l'exact contraire de ce qu'elle recommandait en théorie. On renverra au surplus aux explications données ci-dessus (consid. 5.7). La cour de céans n'a pas à sanctionner les comportements moralement critiquables ou inconvenants, mais uniquement l'abus de droit. Or, la présente affaire n'entre pas dans cette situation d'exception.