Citation: 4P.58/2005 17.05.2005 E. 3

3.1 Aux termes de l'art. 16 al. 1 CO, les parties qui ont convenu de donner une forme spéciale à un contrat pour lequel la loi n'en exige point, sont réputées n'avoir entendu se lier que dès l'accomplissement de cette forme. L'existence et la portée d'une forme conventionnelle réservée, au sens de cette disposition, se déterminent en principe selon les règles usuelles en matière d'interprétation des contrats, soit tout d'abord par l'interprétation subjective qui vise à établir la réelle et commune intention des parties (art. 18 al. 1 CO; arrêt 4C.362/1994 du 28 mars 1995, consid. 3a). Ce type d'interprétation relève du domaine des faits et les conclusions qui en sont tirées ne peuvent être contestées qu'au moyen d'un recours de droit public. La cour cantonale a cherché à établir, sur la base des circonstances propres à la cause en litige, si les parties étaient convenues de subordonner l'effet contraignant de leur engagement contractuel réciproque au respect de la forme écrite. Avec le recourant, il faut admettre que le résultat de cette recherche, qui ressortit à la constatation des faits, peut être critiqué dans le cadre d'un recours pour violation de l'art. 9 Cst. Dans ses observations, la Cour civile souligne, à juste titre, le caractère appellatoire marqué que revêt le présent recours. Effectivement, sur nombre de points, le recourant se contente d'alléguer une série de faits favorables à sa thèse, sans indiquer où et quand il les aurait déjà soumis aux juges cantonaux, comme s'il plaidait devant une juridiction d'appel jouissant d'une pleine cognition. Cette manière d'argumenter n'est pas compatible avec la nature du recours de droit public pour arbitraire. Aussi bien, il n'appartient pas à la juridiction constitutionnelle de choisir entre la version des faits, telle qu'elle ressort des constatations de la cour cantonale, et celle que le recourant voudrait qu'on lui substituât. Il ne s'agit pour elle que de dire si les constatations incriminées sont soutenables ou non au regard des éléments de preuve qui les sous-tendent. C'est dans ce cadre bien défini qu'il va être procédé, ci-après, à l'examen des différents griefs articulés par le recourant.