Citation: 5A_786/2022 E. 5.1

5.1. Après avoir constaté qu'une " co-curatelle " des parents ne pouvait pas être maintenue - ce qu'aucun d'eux ne demandait d'ailleurs - vu le profond conflit qui les opposait au sujet des intérêts de leur fille, la cour cantonale s'est ralliée à l'appréciation de l'autorité inférieure: les forces de la mère déclinent, celle-ci ne voulant ou ne pouvant cependant voir ses limites, ni les accepter; en outre, elle manque du recul nécessaire pour prendre des décisions raisonnables pour l'avenir de sa fille, qui est lourdement handicapée et va devoir rapidement intégrer une institution, placement auquel la mère s'oppose; celle-ci ne se comporte pas d'une manière adéquate comme curatrice, car elle établit pour sa fille et lui fait signer des courriers qui n'ont aucune portée, à défaut de capacité de discernement; enfin, les parents puisent dans le compte de leur fille pour éponger certains frais qui ne lui sont pas directement liés. Il n'y a pas davantage de violation ou d'excès du large pouvoir d'appréciation dont disposait la justice de paix dans ce domaine; il convient désormais de procéder à un changement de curateur et de désigner un curateur professionnel et neutre pour sauvegarder les intérêts - aujourd'hui mis en danger - de la personne concernée. Contrairement à ce qu'affirme la mère, la justice de paix a examiné soigneusement la situation et agi avec tact, dans la mesure où l'affaire est hautement émotionnelle; elle n'est en particulier pas intervenue de façon précipitée, mais a suspendu la procédure afin de permettre aux parents de tester ou de trouver des solutions par eux-mêmes; elle les a aussi entendus à deux reprises et pris des renseignements, en particulier auprès du foyer où leur fille est accueillie une fois par semaine.