Citation: 8C_219/2018 E. 6

Le jugement cantonal n'est pas critiquable. En effet, compte tenu des documents médicaux disponibles évoqués tant par le tribunal cantonal que par l'assureur-accidents, il est établi et admis de tous que la coxarthrose diagnostiquée, certes débutante, évolue et continuera d'évoluer négativement, raison pour laquelle une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 10 % avait été octroyée à l'issue de la procédure administrative. Cependant, l'évolution continue de la pathologie peut déboucher à moyen ou long terme sur l'implantation d'une prothèse de hanche. Si cette éventualité n'est pas exclue par le médecin d'arrondissement, elle est pratiquement certaine pour les autres médecins consultés: le docteur D.________ proposait l'opération de la hanche à titre de mesure thérapeutique alternative à un traitement conservateur; le docteur E.________ affirmait la nécessité d'une telle opération mais la jugeait seulement prématurée; le docteur C.________ partageait cette dernière opinion. Or, dans un cas similaire (cf. arrêt 8C_459/2008 du 4 février 2009 consid. 2 in SVR 2009 UV n° 27 p. 97), le Tribunal fédéral avait admis la prévisibilité d'une aggravation de l'atteinte à l'intégrité dans la mesure où l'expert mandaté avait jugé "possible d'envisager la mise en place d'une prothèse du genou" compte tenu de "l'évolution toujours défavorable de l'arthrose" (cf. consid. 2.2). La juridiction cantonale pouvait dès lors légitimement annuler la décision sur opposition du 2 septembre 2016, en tant qu'elle portait sur le taux de l'indemnité pour atteinte à l'intégrité, et inviter l'assureur-accidents à tenir compte d'une aggravation prévisible de la situation plus importante que celle retenue. On ajoutera que, conformément à ce que soutient la recourante, les rapports médicaux disponibles ne permettent pas de déterminer l'importance de l'aggravation. Or, selon la jurisprudence, le taux d'une atteinte à l'intégrité dont l'aggravation est prévisible au sens de l'art. 36 al. 4 OLAA doit être fixé sur la base de constatations médicales (cf. arrêt 8C_459/2008 du 4 février 2009 consid. 2.3 in SVR 2009 UV n° 27 p. 97). En l'absence de telles constatations, les premiers juges ont donc eu raison de ne pas fixer eux-mêmes le taux de l'indemnité et ont à juste titre renvoyé la cause à l'assureur-accidents pour qu'il complète l'instruction sur ce point et rende une nouvelle décision.