Citation: 9C_544/2022 E. 5.2.2

5.2.2. Contrairement à ce qu'allègue ensuite la recourante, les premiers juges ont tenu compte des "nombreux éléments anamnestiques d'importance" auxquels elle s'est référée dans ses déterminations du 17 mars 2021, postérieurement à l'expertise judiciaire (abus sexuels durant l'enfance, suivi psychiatrique à l'adolescence, troubles alimentaires ayant nécessité la prescription de médicaments antiémétiques et anxiolytiques durant une longue période, et problèmes d'intégration scolaire durant l'enfance dû à un déménagement, notamment). L'instance précédente a considéré que dans la mesure où il n'y avait aucune trace au dossier des éléments évoqués par la recourante (autres que la problématique de la rupture douloureuse avec un lieu de vie et son passé probable d'anorexie, qui avaient été mentionnés notamment par la neuropsychologue E.________, dans son rapport du 25 janvier 2021), tout laissait à penser qu'elle n'avait pas allégué ces faits dans le cadre des différents entretiens qu'elle avait eus avec les experts. Les premiers juges ont précisé que cette considération valait d'autant plus que la doctoresse G.________, qui suivait l'assurée depuis le mois de mai 2011 et avait précédemment adressé des rapports à l'intimé (les 4 janvier 2016 et 17 octobre 2018), n'avait fait mention d'une "anamnèse incomplète [qui] omet[tait] des points importants de la vie de [s]a patiente" que dans son rapport du 27 avril 2021. En ce qu'elle se limite à affirmer de manière péremptoire que le docteur F.________ "a décidé de ne pas citer" les abus et autres antécédents traumatiques qu'elle avait pourtant évoqués durant l'expertise et que la doctoresse G.________ ne les avait pas signalés afin de la préserver, la recourante substitue de manière appellatoire sa propre vision des circonstances à l'appréciation de la juridiction cantonale, sans établir en quoi celle-ci serait arbitraire. Compte tenu de l'absence des éléments biographiques en cause avant leur mention, le 27 avril 2021, par la psychiatre traitante, à un stade avancé de la procédure de recours cantonale, il n'est pas arbitraire de retenir que les conclusions de l'expertise judiciaire reposaient sur une anamnèse complète. Quant à l'argumentation de l'assurée, également appellatoire, à l'appui d'antécédents psychiatriques dans sa famille, d'une absence de réseau social et d'activités de détente ou de loisir ou encore de son incapacité à assurer la propreté de son logement, on peine à comprendre précisément ce qu'elle entend en déduire en sa faveur. Des allégations formulées dans l'écriture de recours, on peut néanmoins supposer que l'assurée fait grief aux premiers juges d'avoir violé le droit fédéral en se fondant sur les conclusions de l'expertise judiciaire au détriment de celles de la doctoresse G.________ et en renonçant à donner suite à sa demande de nouvelle expertise, en violation également de son droit d'être entendue. Or en ce qu'elle se contente d'affirmer qu'il est "incompréhensible" que la juridiction de première instance n'ait pas pris en considération les observations faites par la doctoresse G.________ dans ses rapports des 27 avril 2021 et 15 mars 2022, à l'appui d'une "incapacité de travail invalidante" de 70%, l'assurée ne fait pas état d'éléments cliniques ou diagnostiques concrets et objectifs qui auraient été ignorés par l'instance précédente ou qui seraient susceptibles d'établir le caractère arbitraire de son appréciation. Elle n'allègue en particulier pas que les premiers juges auraient omis d'apprécier l'évaluation de sa psychiatre traitante (y compris les diagnostics retenus). Dans ces circonstances, le refus de la juridiction cantonale de donner suite à la demande de nouvelle expertise de la recourante n'est pas constitutif d'une violation de son droit d'être entendue, ni ne relève d'une appréciation anticipée arbitraire des preuves (sur ce point voir ATF 140 I 285 consid. 6.3.1).