Citation: I 205/04 26.10.2004 E. 6

En l'occurrence, il n'y a pas lieu de s'écarter de l'expertise de l'Institut ABI. En effet, contrairement à ce que pense la recourante, les différentes pièces médicales figurant au dossier ne sont pas susceptibles de remettre en cause les conclusions du rapport d'expertise. Certes le docteur F.________ a-t-il attesté d'une incapacité de travail de 100 %, il n'a toutefois fait état d'aucun élément qui n'ait été pris en considération par l'expertise et son opinion, insuffisamment motivée, ne fait pour l'essentiel que restituer les plaintes subjectives de sa patiente. Quant au rapport du docteur J.________, il n'est pas non plus de nature à mettre sérieusement en doute l'avis des experts. En effet, l'appréciation de ce médecin repose en partie sur des motifs d'ordre économique (« Elle aura besoin d'une rente à 100 % pour vivre indépendamment de son mari car cette vie commune est insoutenable pour elle et représente un facteur pathogène »), motifs qui n'entrent pas dans la notion juridique de l'invalidité; en outre, il se réfère abondamment au contexte psychosocial entourant la recourante, contexte qui a fait l'objet d'une étude attentive dans le cadre de l'expertise. On ne saurait au surplus être convaincu par le rapport de la doctoresse S.________. Tout en faisant état d'une aggravation de l'état de santé de la recourante, celle-ci n'a pas produit de motivation circonstanciée qui justifierait, sur le plan médical, une réduction de la capacité de travail de la recourante. Il n'y a pas lieu enfin de retenir le diagnostic de fibromyalgie que les docteurs S.________, J.________ et C.________ ont posé. Cette affection - qui a d'ailleurs été écartée par les experts - n'a en effet été documentée par aucun des médecins traitants; ceux-ci n'ont en particulier pas expliqué quels critères leur avaient permis de retenir une telle affection.