Citation: 6B_846/2024 E. 3.5.2

3.5.2. On relèvera tout d'abord que les normes et directives relatives à la garantie de conditions de détention respectueuses de la dignité humaine s'appliquent aussi bien aux conditions de détention avant jugement - détention provisoire ou pour des motifs de sûreté, ou encore détention dans le cadre de l'exécution anticipée d'une peine ou d'une mesure (art. 3 CPP) - qu'à celles subies après la clôture de la procédure dans le cadre de l'exécution de la peine (art. 74 CP; cf. LAURA JACQUEMOUD-ROSSARI, Dignité humaine et conditions de détention: une union improbable ?, in Empreinte d'une pionnière sur le droit pénal: mélanges en l'honneur d'Ursula Cassani, 2021, p. 143). Il est vrai que la gravité de l'atteinte s'apprécie au regard de l'ensemble des données de la cause, considérées globalement, notamment de la nature et du contexte du traitement ainsi que de sa durée (ATF 141 I 141 consid. 6.3.4; 139 I 272 consid. 4; arrêt 6B_169/2020 du 18 mai 2020 consid. 2.1). En l'occurrence, si les conditions de détention provisoire (à tout le moins les trois premiers mois) peuvent être plus restrictives dans certains cas (cf. supra consid. 3.5.1), on ne voit pas en quoi les conditions de détention litigieuses (principalement un manque d'accès à l'air naturel) auraient été nécessaires au but de la détention provisoire (garantir un déroulement correct de l'instruction pénale et parer aux risques de fuite, de collusion et de récidive), et au fonctionnement de l'établissement de détention (ordre et sécurité dans la prison). Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en procédant à l'appréciation globale de l'ensemble des circonstances pendant la durée complète de détention (cf. arrêts 6B_169/2020 du 18 mai 2020 consid. 2.3; 6B_1205/2018 du 22 février 2019 consid. 3).