Citation: 1B_250/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la cour cantonale a relevé que B.________ était prévenu, en qualité de principal actionnaire d'une société dont le recourant était l'administrateur, d'infraction à l'art. 116 LEI, d'escroquerie et de faux dans les titres; il apparaissait à ce stade que B.________, en son nom et au travers de sociétés lui appartenant, détenait les deux immeubles dans lesquels s'étaient déroulés les faits incriminés, que le recourant était intervenu plus ou moins directement dans la vente d'un de ces immeubles comprenant les baux fantaisistes et qu'il était devenu - ultérieurement à la signature des baux litigieux - administrateur de la société locataire de l'autre immeuble. L'instance précédente a considéré qu'une potentielle connivence entre le recourant et son père apparaissait au centre de ces ramifications et qu'il était à craindre qu'un contact entre les deux leur permettrait de s'accorder sur des déclarations à livrer aux autorités de poursuites ou sur la disparition de preuves encore inconnues. Le recourant ne conteste pas ce raisonnement qui peut être suivi. Il se contente de faire valoir que le risque de collusion aurait disparu car l'avocat de B.________ a consulté le dossier. Un tel danger existe toutefois encore en raison de l'imbrication des sociétés et des parties à la procédure dans les montages financiers litigieux. Il ne faut pas non plus sous-estimer les liens familiaux entre les parties, propres à favoriser la prise d'ascendant du père sur le fils. La cour cantonale pouvait ainsi retenir, sans violer le droit fédéral, que la recherche de la vérité était compromise tant que l'audition de B.________ et sa confrontation avec son fils n'a pas eu lieu.