Citation: 5A_11/2018 E. 3.3.2

3.3.2. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, il n'apparaît pas que le projet de vie des conjoints aurait une influence sur le sort du litige (cf. supra consid. 2.1). En effet, il est de jurisprudence constante qu'en cas de suspension de la vie commune, il se peut que le juge doive modifier la convention conclue par les époux avant la séparation pour l'adapter à la nouvelle situation, en particulier pour permettre aux conjoints de faire face aux frais supplémentaires qu'engendre la vie séparée (ATF 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 consid. 3.1; arrêt 5A_1043/2017 du 31 mai 2018 consid. 5.4). Dans la mesure où il affirme qu'il ne bénéficie d'aucune formation reconnue en Suisse et d'aucune expérience professionnelle dans ce pays, le recourant se contente de substituer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale. Il n'explique en particulier pas de manière conforme aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.2) en quoi il serait arbitraire de considérer que sa formation militaire en France lui permet d'exercer une activité dans le domaine de la sécurité en Suisse. En tant qu'il soutient que, compte tenu de la baisse du tourisme liée au terrorisme, il ne pourrait abandonner son entreprise au Maroc qu'au prix de pertes financières majeures, le recourant se contente de présenter, de manière irrecevable (cf. supra consid. 2.2), sa propre interprétation des raisons pour lesquelles il continue son activité à l'étranger. Il ne démontre au demeurant pas qu'il aurait fait valoir cet argument en appel, cet élément ne ressortant nullement du procès-verbal d'audition du 6 octobre 2017 auquel il se réfère (art. 75 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.3). Dans la mesure où le père soutient qu'il exerce un large droit de visite sur son fils, sa critique n'est pas de nature à démontrer l'arbitraire de la décision attaquée. En effet, quand bien même il s'occuperait régulièrement de son fils lorsqu'il est en Suisse, le recourant ne démontre pas de manière conforme aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.2) que l'exercice de son droit de visite serait incompatible avec l'exercice, en parallèle, d'une activité professionnelle à 100%. S'agissant de sa critique relative au temps qu'il doit consacrer à la gestion administrative de sa société lorsqu'il se trouve en Suisse, celle-ci est d'emblée irrecevable en tant qu'elle se fonde sur des pièces déclarées irrecevables (cf. supra consid. 2.4). Le recourant ne démontre au demeurant pas de manière claire et détaillée (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.2) que les tâches administratives qu'il devrait impérativement effectuer en Suisse l'occuperaient à 30%, la simple allégation que tel serait le cas étant insuffisante à cet égard. Dans la mesure où elle est recevable (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.2), la critique du recourant relative à ses recherches infructueuses d'emploi n'est pas de nature à démontrer le caractère arbitraire de la décision cantonale, qui retient que le père est en mesure de retrouver un emploi temporaire ou saisonnier dans le domaine de la sécurité. En effet, s'agissant de ses recherches d'emploi dans ce domaine, le recourant se contente de se référer, sans plus de précisions, à deux lots de candidatures diverses de respectivement 18 et 39 pages, de sorte que sa critique ne remplit manifestement pas les exigences de motivation susmentionnées (cf. supra consid. 2.2). Par ailleurs, le père indique uniquement avoir cherché des emplois à des taux d'activité variés mais ne soutient ni ne démontre avoir postulé pour des emplois temporaires ou saisonniers. Quant aux inconvénients pratiques liés au mode de vie du recourant, qui séjourne de manière alternée dans deux pays, ils ne sont, à eux seuls, pas suffisants pour démontrer que la décision attaquée est insoutenable. Enfin, en tant que le recourant fait valoir que la cour cantonale devrait lui accorder un " long délai d'adaptation ", sans toutefois préciser la durée de celui-ci, sa critique est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'art. 106 al. 2 LTF, partant, est d'emblée irrecevable.