Citation: 6B_562/2019 E. 2.3

2.3. Ce raisonnement ne saurait être suivi. S'il ressort effectivement de la déclaration d'appel que le recourant, agissant en personne, a contesté l'amende, le tort moral et les indemnités, il n'est aucunement fait mention d'une limitation expresse de l'appel à ces points. Au contraire, dans ce même acte, le recourant a invoqué (en caractère gras) la violation de l'art. 6 CEDH et critiqué le fait qu'il n'avait pas pu être confronté aux déclarations de C.________. Dans son mémoire d'appel motivé, le recourant a longuement contesté sa condamnation sur le fond, rappelant que les déclarations de C.________ démontraient sa bonne foi. Or le recourant a été reconnu coupable de diffamation sans être admis à apporter la preuve de sa bonne foi (cf. jugement de première instance consid. 2 p. 14; s'agissant des preuves libératoires cf. art. 173 ch. 2 CP). Compte tenu des critiques figurant dans sa déclaration d'appel et leur lien avec les griefs de fond du mémoire motivé, il ne pouvait être retenu que le recourant avait, sans équivoque, limité son appel. Au contraire, la cour cantonale ne pouvait que considérer que le recourant avait appelé du jugement dans son ensemble et notamment s'agissant de sa condamnation pour diffamation. En considérant qu'il avait renoncé à appeler de sa condamnation pour diffamation et en refusant d'entrer en matière sur le fond, la cour cantonale a violé le droit fédéral ainsi que le droit d'être entendu du recourant (cf. arrêt 6B_1167/2015 du 25 août 2016 consid. 1.3 publié in Pra 2016 [91] 845). La présente affaire se distingue de celle à laquelle se réfère la cour cantonale, dans laquelle le recourant avait expressément limité son appel à deux chiffres du dispositif du jugement de première instance (arrêt 6B_1160/2017 du 17 avril 2018 consid. 1.2 publié in SJ 2019 I 64). Pour le surplus, la cour cantonale cite l'arrêt 6B_548/2011 pour interpréter le mémoire d'appel comme étant expressément limité à certaines parties du jugement au sens de l'art. 399 al. 4 CPP. Or, à teneur de cet arrêt, la volonté du législateur est de permettre à la juridiction d'appel d'exercer un très large contrôle sur la cause qui lui est soumise. Il y est retenu que l'autorité cantonale a violé le droit fédéral en refusant d'examiner une circonstance atténuante alors même que la quotité de la peine était contestée (arrêt 6B_548/2011 du 14 mai 2012 consid. 3). La motivation cantonale ne saurait donc trouver son fondement dans les arrêts précités. Au vu de ce qui précède, le recours doit être admis sur ce point également, l'arrêt cantonal doit être annulé et la cause renvoyée à la cour cantonale afin qu'elle examine l'appel du recourant sous l'angle de la culpabilité, une fois réglée la question de la procédure par défaut. Dans cette mesure, il lui incombera d'examiner la pertinence d'une procédure écrite (cf. art. 406 CPP; arrêts 6B_606/2018 du 12 juillet 2019 consid. 3.5, publié in Pra 2019 [115] 1131; 6B_260/2016 du 25 mai 2016 consid. 1). Dès lors que la peine est liée à la condamnation, il appartiendra, cas échéant, à la cour cantonale de fixer celle-ci au moment du jugement (cf. art. 34 al. 2 CP). Compte tenu du sort du recours, il n'y a pas lieu d'examiner plus avant les autres griefs du recourant (notamment: montant de l'indemnité octroyée à l'intimé; assistance judiciaire).