Citation: I 522/04 14.10.2005 E. 1

5.2 En l'occurrence, il est incontestable que l'assuré n'est plus en mesure d'accomplir son ancienne activité de maçon (cf. les rapports des docteurs K.________ [du 11 janvier 1999], et P.________ et A.________ [du 18 septembre 2002] et la note du docteur C.________ [du 29 octobre 2000]). Cela étant, on ne peut toutefois souscrire à l'avis de l'office AI selon lequel l'intéressé est en mesure d'exercer, sans limitation, une activité adaptée dans le circuit économique normal comme ouvrier dans l'industrie légère (montage de pièces en série, opérateur sur presse) ou comme polisseur, en position assise essentiellement et en évitant le port de charges. En effet, aucun avis médical ne vient corroborer les conclusions du rapport du CIP, auxquelles l'office AI se réfère et selon lesquelles l'assuré serait en mesure, en faisant l'effort que l'on est en droit d'attendre de lui, d'obtenir un rendement de 100 % dans une activité adaptée. Sur le vu du rapport des docteurs P.________ et A.________, qui font état de dorso-lombalgies à caractère mécanique, irradiant vers les deux ailes iliaques, à la face antérieure des deux cuisses jusqu'aux genoux, parfois jusqu'aux mollets, les plaintes et le manque d'engagement reprochés par les experts du CIP semblent bien plutôt devoir être mis sur le compte de l'atteinte à la santé. 5.3 Les experts du CIP ont attesté que l'assuré atteignait un rendement effectif de 70 % dans ses travaux en atelier. En principe, on devrait donc considérer que le taux de capacité résiduelle de travail correspond à ce taux de rendement effectif, les organes d'observation professionnelle ayant pour fonction de compléter les données médicales en examinant concrètement dans quelle mesure l'assuré est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur le marché du travail (voir, à propos du rôle des COPAI pour l'évaluation de l'invalidité : L'instruction des possibilités de gain des personnes prétendant une rente, compte-rendu d'une séance du 10 novembre 1989 consacrée aux problèmes de l'expertise médicale et professionnelle, in : RCC 1990 p. 59 ss; Karl Abegg, Coup d'oeil sur l'activité des centres d'observation professionnelle de l'AI [COPAI], in : RCC 1985 p. 246 ss). Cependant, dans le cas particulier, il n'est pas possible de confirmer le taux de capacité de travail de 70 % dans une activité adaptée, comme l'a fixé la juridiction cantonale en se référant au rendement effectif attesté par les experts du CIP. En effet, le taux de rendement dans les travaux en atelier s'écarte trop largement des taux de rendement constatés lors des stages en entreprise, soit 60,7 % durant la période du 15 au 31 août 2001 (société S.________ SA) et 50 % durant celle du 4 au 28 septembre 2001 (société M.________ SA). On ne saurait donc considérer, comme les premiers juges, que les observations effectuées lors des stages en entreprises confirment celles faites au cours des travaux en atelier. Par ailleurs, on ne peut pas non plus se rallier au point de vue de la juridiction cantonale, selon lequel le taux de rendement constaté dans les travaux d'atelier est proche du taux de capacité de travail attesté par les médecins. En particulier, il n'est pas possible de considérer que le taux de rendement de 70 % « n'est que peu éloigné » des conclusions des docteurs P.________ et A.________ qui ont fait état d'une capacité de travail résiduelle de 50 % dans une activité légère ne nécessitant pas le port de charges ni la position statique prolongée (rapport du 18 septembre 2002). Cela étant, outre le fait qu'elles varient elles-mêmes largement (d'un taux de rendement de 50 % au cours d'un stage en entreprise à un taux de 70 % lors des travaux en atelier), les conclusions des organes d'observation professionnelle, loin de compléter les données médicales, divergent manifestement de celles-ci. Il incombait donc à la juridiction cantonale de confronter les appréciations médicales et professionnelles en requérant un complément d'instruction de la part du COPAI ou en confiant une expertise au COMAI (cf. consid. 4.3, publié dans Plädoyer 2004/3 p. 64, de l'arrêt G. du 24 octobre 2003, I 35/03; arrêt A. du 11 avril 2005, I 277/04, consid. 2.2). La cause doit dès lors être renvoyée à la juridiction cantonale pour qu'elle statue à nouveau, après avoir complété l'instruction en tenant compte des exigences ci-dessus exposées.