Citation: 1C_252/2013 E. 4.2

4.2. Les recourants prétendent d'abord qu'en 1985 le père et l'oncle de l'intimé ont trompé les autorités sur la réalisation des conditions à remplir pour la construction hors zone à bâtir du hangar litigieux. Ils relèvent à cet égard que des aménagements avaient été effectués cinq mois seulement après l'octroi du permis de construire du hangar dans le but de développer l'entreprise de battage du père de l'intimé. Ils en déduisent que le permis de construire délivré en 1985 est illégal et que, de ce fait, le changement d'affectation ne peut pas être autorisé. En effet, le changement d'affectation d'une construction sise hors zone à bâtir n'est possible que pour autant que la construction initiale ait été légalement érigée (Rudolph Muggli, op.cit., n. 8). Ce grief doit être rejeté, d'une part, parce que le hangar litigieux a été autorisé par décision du 24 avril 1985 comme conforme à la destination de la zone agricole, d'autre part, parce que le lien fonctionnel direct entre le hangar et une exploitation agricole existait au moment de l'octroi de l'autorisation de construire en 1985. En effet, il ressort de la décision du 14 novembre 2007 du Service du développement territorial, repris par l'arrêt du Tribunal fédéral du 15 décembre 2009, puis par la synthèse CAMAC du 18 janvier 2011, que lors de l'octroi de l'autorisation cantonale portant sur le hangar, le Service de l'aménagement du territoire avait tenu compte du fait que l'oncle de l'intimé exploitait plutôt le bétail, alors que le père de celui-ci collaborait aux travaux des champs tout en dirigeant une entreprise de battage; la surface du hangar autorisé ne couvrait donc pas uniquement les besoins de l'entreposage des cinq machines de l'entreprise de battage et d'ensilage du père de l'intimé, mais également ceux de l'entreprise agricole que celui-ci exploitait avec son frère.