Citation: 8C_580/2022 E. 4.2.4

4.2.4. L'appréciation médicale du docteur C.________, motivée et convaincante, est basée sur un examen complet du dossier. La cour cantonale s'en est (partiellement) écartée en se focalisant sur un extrait du rapport radiologique (arthro-IRM de l'épaule gauche) du 14janvier 2019, où il est relevé que "l'articulation acromio-claviculaire apparaît discrètement dégénérative avec de petites géodes de la partie distale de la clavicule et un discret épanchement intra-articulaire, peu significatif". En estimant eux-mêmes, sur la seule base de ce bref extrait, que le taux de 20 % devait être réduit de seulement 25 %, les premiers juges se sont livrés à une appréciation médicale qui n'était pas de leur ressort. En cas d'atteinte à la santé causée par un accident ainsi que par un état dégénératif préexistant, il n'appartient en effet pas au juge, mais au médecin, d'évaluer la mesure dans laquelle les troubles dégénératifs influent sur l'atteinte à la santé. La juridiction cantonale ne pouvait donc pas, comme elle l'a fait, fixer de son propre chef la réduction du taux de l'IPAI à 25 %, sans expliquer de surcroît pour quelle raison le constat effectué dans le rapport radiologique du 14 janvier 2019 devait prévaloir sur les autres éléments au dossier, en particulier les constatations du docteur C.________. En tout état de cause, un autre avis médical ne se justifiait pas sur la seule base de l'extrait de ce rapport radiologique mis en exergue par la cour cantonale. Le seul fait que l'articulation acromio-claviculaire gauche ait été qualifiée de "discrètement dégénérative" dans ledit rapport - dont le docteur C.________ a tenu compte dans son évaluation du 6 novembre 2020 - ne suffit pas à faire douter de la pertinence de l'appréciation de ce médecin, dont il n'y a pas lieu de s'écarter. C'est donc en violation du droit que les juges cantonaux ont octroyé à l'intimé une IPAI de 35 % en lieu et place d'une IPAI de 30 %.