Citation: 1C_407/2020 E. 12.3.1

12.3.1. Les directives cantonales éoliennes posent plusieurs principes relatifs à l'insertion des éoliennes dans le paysage. Il s'agit de souligner et de respecter les lignes de force, de conserver et respecter les proportions paysagères, de respecter le rythme et la structure paysagère, d'éviter les effets d'optique comme la contre-plongée et de définir d'éventuelles zones-tampons avec les sites protégés (directives, ch. 4.3.6, p. 12 ss). Il ressort du dossier que les premiers de ces principes ont été pris en compte dans le cadre de la planification litigieuse. L'optimisation paysagère du projet effectuée en 2012-2013 a notamment porté sur la minimisation des effets de contre-plongée et l'amélioration de la rythmicité du parc (JAQUIER/POINTET SA, Parc éolien du Mollendruz, Optimisation paysagère, 20 novembre 2012, p. 20). Le RIE conclut à ce propos que la réorganisation des éoliennes autour du Chalet Dernier a permis de diminuer significativement les effets de contre-plongée sur La Praz et Mont-la-Ville. La nouvelle implantation plus linéaire contribue à limiter les superpositions visuelles des turbines. L'insertion paysagère du parc a donc bénéficié de ces adaptations (cf. RIE p. 74; Annexe 8 au RIE, Etude d'impact paysager, version mars 2015, p. 111). Les différents rapports paysagers au dossier contiennent également des photomontages (Annexe 8 au RIE, Etude d'impact paysager, version mars 2015, p. 41 à 110), illustrant notamment l'impact des éoliennes sur les villages de Romainmôtier et de Vaulion, ainsi que depuis les objets IFP nos 1022 et 1015. Il en ressort que dans un rayon de 5 km du projet, la perception visuelle des objets IFP n'est que peu ou pas affectée par l'implantation du parc éolien (cf. Annexe 8 au RIE, Etude d'impact paysager, version mars 2015, p. 111). En ce qui concerne la Vallée de Joux, paysage tourné sur lui-même, ceint par la ligne de crête de différents reliefs, certaines éoliennes apparaissent ponctuellement au-dessus de cette ligne d'horizon visuel; cet effet visuel est toutefois épisodique et les éoliennes se trouvent à plus de 10 km de distance, si bien que leur taille est négligeable en regard de la perspective visuelle axée sur la silhouette caractéristique de la Dent de Vaulion ( ibidem). Des covisibilités existent par ailleurs depuis des sites ISOS nationaux dans un rayon de 5 km, à l'instar des villages de Romainmôtier et Vaulion. Les interactions visuelles entre monuments et parc éolien fluctuent cependant rapidement en fonction de la position de l'observateur: parfois quelques dizaines de mètres de différence dans la prise de vue suffisent à faire disparaître du champ visuel une partie ou l'ensemble des éoliennes potentiellement visibles ( ibidem). La cour cantonale a enfin souligné que l'implantation du parc constituait une intervention supplémentaire dans un paysage qui, vu de la plaine de l'Orbe ou du Gros-de-Vaud, avait déjà été régulièrement aménagé (dans les hauts: créations de pâturages; en plaine: assainissement des marais de la plaine au XIXe siècle, agrandissement des localités, construction d'une autoroute, etc.).