Citation: 7B.242/2001 07.11.2001 E. 2

2.- Selon l'arrêt attaqué, la question de la légitimation active de la créancière a été tranchée par la décision de mainlevée, qui a reconnu à celle-ci le droit de poursuivre le débiteur pour le montant de 28'965 fr. 60 plus intérêts. L'office des poursuites ne pouvait dès lors que se conformer à cette décision de mainlevée, définitive et exécutoire, et donner suite à la réquisition de continuer la poursuite. Le recourant conteste en vain cette argumentation. En effet, comme le retient avec raison la cour cantonale, le droit de requérir la continuation de la poursuite, en l'absence d'opposition ou lorsque celle-ci a été écartée, est lié à la qualité de poursuivant. Il est constant que dame S.________ a la qualité de poursuivante, qualité que le juge de la mainlevée lui a d'ailleurs reconnue. Savoir si, au fond, elle est effectivement légitimée à réclamer du poursuivi tout ou partie de l'arriéré de pensions dû à ses filles, c'est là une question qui relève du droit matériel. Or, il est de jurisprudence constante que les autorités de poursuite et de surveillance n'ont pas la compétence d'examiner les questions de droit matériel (ATF 115 III 18 consid. 3b p. 21, 113 III 2 consid. 2b p. 3). Saisi de la réquisition de continuer la poursuite présentée par la poursuivante, l'office pouvait seulement constater que l'opposition faite au commandement de payer avait été levée et que le délai de 20 jours dès la notification du commandement de payer était échu; ces constatations étant faites, il devait procéder sans retard à la saisie (art. 89 LP; cf. Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 9 ad art. 69 in fine et n. 22 ad art. 88), tâche dont il s'est acquitté. En confirmant cette façon de faire, la cour cantonale n'a par conséquent ni violé le droit fédéral, ni commis un abus ou un excès de son pouvoir d'appréciation. Cette conclusion permet de sceller le sort du recours, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres questions abordées en l'espèce (faculté du détenteur du droit de garde de poursuivre en son nom le débiteur des pensions alimentaires dues aux enfants mineurs, même si ces pensions sont juridiquement dues aux enfants; tardiveté du moyen tiré du défaut de légitimation active, s'agissant des pensions dues à l'aînée des filles). Ces questions n'ont d'ailleurs été traitées dans l'arrêt attaqué que par surabondance et relèvent du droit matériel