Citation: 5A_788/2022 E. 4.2

4.2. Le recourant soutient qu'il était arbitraire de lui imputer un revenu hypothétique et qu'il ne faudrait tenir compte que de son revenu effectif, soit 5'000 fr. par mois. Le premier juge ayant décidé que son revenu hypothétique devait être supporté par F.________ SA, il devait aussi s'assurer que cette société était à même de le verser concrètement sans mettre en danger sa situation financière, ce qui n'était pas le cas. Le recourant affirme avoir prouvé, par la production des comptes de pertes et profits et des bilans, que ses sociétés étaient interdépendantes et que la chute de l'une entraînerait celle des autres. Puisque les comptes 2021 de F.________ SA faisaient état d'un bénéfice de 7'926 fr. 27 et que celui-ci avait été réalisé alors que les avances effectuées par cette société de mai à septembre 2021 avaient été remboursées par K.________ SA, il était notoire qu'imposer à cette société le versement d'un salaire mensuel de 17'238 fr. 20 la conduirait à réaliser des pertes conséquentes. Le Tribunal fédéral serait " lié par les faits retenus par l'autorité d'instance inférieure ", à savoir qu'il ne pourrait " recevoir un revenu que de F.________ SA ". La cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en retenant d'une part qu'il ne pouvait pas occuper la fonction de directeur de F.________ SA jusqu'à ce que le jugement pénal soit rendu, soit le 17 mars 2022, et en refusant d'autre part de considérer cet élément dans la fixation du revenu hypothétique imputé depuis le 26 novembre 2021. Elle aurait en outre fait fi de la nouvelle plainte déposée par son épouse en mai 2022 et des risques qu'impliquerait une nouvelle incarcération pour F.________ SA s'il devait en reprendre la direction, étant notoire qu'un poste de directeur nécessite une présence constante, à l'inverse du poste d'administrateur. Enfin, il était insoutenable de fixer le montant du revenu hypothétique en se fondant uniquement sur cinq avances versées par F.________ SA entre mai et septembre 2021, intégralement remboursées par K.________ SA en octobre 2021. Dès lors qu'il était payé 5'000 fr. brut par mois pour un taux d'activité de 40% dans cette société, une activité à 100% ne pourrait lui rapporter que 12'500 fr. La juridiction précédente avait aussi fait preuve d'arbitraire en omettant de tenir compte des pièces 3 et 4 qui le conduisaient à devoir redresser la situation financière de L.________ SA en priorité. Il en allait de même lorsqu'elle retenait qu'il avait renoncé à percevoir un revenu de G.________ SA et que cette société, qui avait pour seule activité ou activité essentielle la gestion d'un établissement tel que " H.________ ", lui versait un salaire de 15'000 fr. par mois; en réalité, il était notoire que les restaurants avaient dû fermer leurs portes durant de nombreux mois en 2020 et 2021. Il était insoutenable de considérer que la source du revenu de 15'000 fr. par mois versé par G.________ SA jusqu'en avril 2021 provenait de l'exploitation de son restaurant. Ce montant était en réalité principalement généré par l'activité de décolletage de G.________ SA, puis par le produit de la vente des machines à F.________ SA. En outre, la cour cantonale ne tenait pas compte des conséquences d'une incarcération de 7 mois sur la réputation d'un restaurant, qui constituait un fait notoire. Le condamner à verser une pension de 9'451 fr. 90 par mois impliquerait immanquablement le dépôt d'une nouvelle plainte pénale par son épouse pour violation d'une contribution d'entretien, ce qui conduirait à une nouvelle incarcération et à l'absence de tout revenu. Rien ne justifiait par ailleurs de retenir qu'il avait mené un grand train de vie depuis sa sortie de prison.