Citation: 1C_626/2018 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, la cour cantonale a jugé que les travaux en cause relevaient de la transformation et non de la reconstruction, de sorte que l'art. 80 al. 2 LATC était applicable. Comparant le cas d'espèce à sa jurisprudence, elle s'est fondée sur le fait qu'il subsisterait une façade complète - la plus caractéristique du bâtiment - ainsi que deux angles et des parties de deux autres des quatre façades, que le projet mis à l'enquête complémentaire n'avait pas subi de modification substantielle par rapport au projet initial et que le volume du bâtiment était conservé. Cette appréciation n'est pas arbitraire. Elle peut a priori certes sembler constituer un cas limite si l'on considère l'aspect quantitatif des éléments restants au regard de la jurisprudence cantonale citée dans l'arrêt attaqué (en particulier la qualification de "reconstructions" du cas dans lequel trois des quatre façades s'étaient effondrées au cours des travaux [RDAF 1970 p. 347] ou de celui dans lequel les plans du bâtiment de remplacement indiquaient le maintien de quelques pans de mur seulement [arrêt cantonal AC.2014.0288 du 16 juillet 2015]). Cela étant, la cour cantonale tient expressément compte des qualités architecturales de la façade subsistante, à savoir la plus visible donnant sur la route cantonale, qui comporte des décrochements ainsi qu'une porte voûtée. Sur ce point, le recourant ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle des premiers juges, dont on a vu qu'il n'y avait pas lieu de la préférer (consid. 2.2 ci-dessus). Que les constructeurs et l'autorité communale aient qualifié les travaux de "reconstruction" dans le cadre de la mise à l'enquête complémentaire ne saurait être déterminant, la cour cantonale statuant en toute indépendance sur cette question de terminologie du droit cantonal. En affirmant que la solution retenue dans l'arrêt attaqué s'écarte de manière insoutenable de la volonté du législateur, le recourant ne démontre en outre en rien que le respect de l'esprit de la loi implique, comme il l'affirme, la subsistance des parties essentielles du bâtiment ni, à supposer que tel soit le cas, de quelle façon dites parties essentielles devraient être déterminées. Le recourant échoue en outre à démontrer l'arbitraire dans le résultat de la décision attaquée, alors qu'il perd notamment de vue que la démolition des façades n'était initialement pas prévue - la cour cantonale a expressément fait l'examen de la bonne foi des constructeurs à cet égard - et qu'elle a eu lieu dans l'urgence pour des motifs de sécurité. Ces éléments, dont la cour cantonale a relevé qu'il n'étaient pas déterminants pour la qualification de travaux de transformation ou de reconstruction, doivent en effet toutefois être pris en considération s'agissant de l'examen du caractère arbitraire de la décision attaquée dans son résultat au sens de la jurisprudence fédérale. Dans un second temps, après avoir qualifié de transformation les travaux litigieux, la cour cantonale a examiné si les conditions de l'art. 80 al. 2 LATC étaient respectées. Le recourant ne s'en prend toutefois pas à cet aspect du raisonnement des premiers juges, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'en vérifier le caractère non-arbitraire (art. 106 al. 2 LTF).