Citation: 2C_49/2020 E. 6.4

6.4. En l'occurrence, comme on le verra plus en détail (cf. infra consid. 8.1), le Tribunal administratif fédéral a constaté dans l'arrêt attaqué que, durant la période sous enquête de la COMCO, soit entre 2005 et 2011, la recourante avait entretenu des relations commerciales avec au moins 93 éditeurs et diffuseurs de livres qui l'avaient chargée, par le biais d'autant de contrats écrits, de diffuser et distribuer leurs ouvrages en Suisse. Or, d'après l'arrêt attaqué, dont les faits lient la Cour de céans (cf. art. 105 al. 1 LTF), la majorité de ces contrats contenaient non seulement une clause d'exclusivité expresse en faveur de l'intéressée, mais une grande partie d'entre eux prévoyaient également explicitement que les éditeurs et les diffuseurs partenaires devaient " ne pas vendre ou laisser vendre [leurs] ouvrages sur ce territoire " et/ou " transmettre à [la recourante] toute commande de Suisse qui l[eur] serait directement adressée ". On peut assurément déduire de telles conventions que les cocontractants de la recourante ont à tout le moins renoncé à opérer eux-mêmes des ventes sur le territoire suisse. Il est par ailleurs vraisemblable, de prime abord, qu'ils se soient également engagés à veiller à ce que les autres entreprises à qui ils livreraient leurs ouvrages ne les revendent pas à la clientèle réservée à la recourante. Ce constat suffit pour admettre que les conventions en question ont affecté - ou simplement visé à affecter - les conditions auxquelles les entreprises parties ont pu acheter, vendre ou revendre certains biens ou services.