Citation: 2C_215/2023 E. 1.3

1.3. En revanche, même si le droit interne ne confère pas de droit au regroupement familial, il est admis que l'art. 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH; RS 0.101) - dont se prévalent également les recourants dans leurs écritures - peut conférer, à certaines conditions, un droit de séjourner en Suisse aux enfants étrangers encore mineurs, notamment si leurs parents disposent d'un droit certain à une autorisation de séjour, soit d'un droit de présence assuré en Suisse leur permettant de résider durablement dans le pays (cf. ATF 146 I 185 consid. 6.1; 137 I 284 consid. 2.6; 135 I 143 consid. 1.3.1; 130 II 281 consid. 3.2.2; 122 II 1 consid. 1e). Dans de telles situations, le Tribunal fédéral se fonde en règle générale sur l'âge atteint par l'enfant au moment où il statue pour savoir s'il existe un droit potentiel à une autorisation de séjour déduit de l'art. 8 CEDH (cf. ATF 145 I 227 consid. 3.1 et 6.7 et les références citées). Ce n'est qu'exceptionnellement que la jurisprudence a admis qu'un enfant devenu majeur en cours de procédure - et qui ne se trouve pas dans un état de dépendance particulier avec ses parents vivant en Suisse - peut se prévaloir devant le Tribunal fédéral d'un droit potentiel au regroupement familial au sens de l'art. 8 CEDH: tel peut être le cas lorsque la procédure de traitement de la demande d'autorisation de séjour déposée au titre de regroupement familial s'est avérée exagérément longue (cf. arrêt 2C_325/2019 du 3 février 2020 consid. 2.2.4 à 2.2.5); le Tribunal fédéral a pour le reste toujours laissé ouverte la question de savoir s'il convenait d'admettre l'invocation de l'art. 8 CEDH à titre exceptionnel dans d'autres situations encore, même si l'enfant recourant était devenu majeur après le dépôt de son recours au Tribunal fédéral (cf. ATF 145 I 227 consid. 6.8 et 120 Ib 257 consid. 1f). En l'occurrence, au moment où l'arrêt attaqué a été rendu, le père des recourants bénéficiait, à la suite de son mariage en 2018 avec une personne étrangère titulaire d'une autorisation d'établissement en Suisse, d'un droit au renouvellement de son autorisation de séjour selon l'art. 43 LEI et jouissait donc d'un droit de présence assuré dans le pays. Le recourant 2, né en 2010, est, lui, âgé d'à peine 13 ans et peut donc se prévaloir d'un droit potentiel à rejoindre son père en Suisse déduit de son droit au respect de la vie familiale garanti par l'art. 8 CEDH. La voie du recours en matière de droit public est dès lors ouverte en ce qui le concerne, étant rappelé que la question de savoir s'il a effectivement droit au regroupement familial relève du fond. La question est plus délicate s'agissant du recourant 1, qui est né en 2005 et qui a donc dix-huit ans à ce jour. Dans la mesure où il était encore mineur lors du dépôt de son recours au Tribunal fédéral en avril de l'année passée et qu'il vient d'atteindre la majorité, on pourrait se demander s'il ne se justifierait pas de déroger exceptionnellement à la règle selon laquelle un enfant majeur voulant rejoindre (l'un de) ses parents en Suisse ne peut en principe plus se prévaloir de l'art. 8 CEDH devant le Tribunal fédéral. Cette question de recevabilité du recours peut toutefois rester indécise, dès lors que, comme on le verra, celui-ci doit de toute manière être rejeté en tant qu'il concerne le recourant 1.