Citation: 1B_23/2007 09.03.2007 E. 5

Le recourant ne conteste pas l'existence de charges suffisantes à son encontre. Il nie en revanche tout risque de collusion propre à justifier son incarcération qu'il tient pour disproportionné. 5.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 132 I 21 consid. 3.2 p. 23; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). 5.2 En l'espèce, la Chambre pénale tient la relaxation du recourant pour prématurée compte tenu des clients qu'il reste à identifier et à entendre, sans que celui-ci puisse interférer dans ces démarches. Il n'est pas certain qu'il faille attendre que toutes les personnes qui se sont approvisionnées auprès du recourant en plantons et en boutures de chanvre aient été contactées puis entendues, voire confrontées à celui-ci avant d'envisager sa libération provisoire. La réponse à cette question dépend notamment du temps que ces investigations peuvent raisonnablement prendre et du résultat des auditions déjà entreprises. Dans le cas particulier, ce ne sont pas moins de trois cents clients qui auraient acheté des boutures et des plantons de chanvre au magasin du recourant selon les fiches de décharge saisies; en l'état du dossier remis au Tribunal fédéral, un quart d'entre eux environ ont été entendus par la police à un rythme soutenu qui permet d'envisager que ces actes d'instruction puissent être menés à terme dans un délai raisonnable. Certaines personnes entendues ont déclaré avoir fait part au recourant qu'ils destinaient les boutures de chanvre à un usage illicite ou avoir rempli la fiche de décharge selon ses directives, de sorte que l'audition des clients qui restent à entendre doit pouvoir se faire sans que le recourant ne puisse influencer leur déclaration. En outre, il ne peut pas être exclu avec certitude que A.________ ait fait des copies des fiches qu'il faisait signer à ses clients ou qu'il tienne un fichier d'adresses qui n'aurait pas été saisi par la police. On ne saurait donc dire que le risque de collusion serait purement théorique ou qu'il serait trop ténu pour justifier le maintien de la détention préventive. Enfin, l'enquête en est à ses débuts et les auditions se succèdent à une cadence régulière, de sorte que la manière dont la procédure est conduite échappe à toute critique au regard des principes de la proportionnalité et de la célérité.