Citation: 1P.741/2003 23.12.2003 E. 5

En se plaignant d'une application arbitraire de l'art. 59 al. 1 CPP/VD, le recourant conteste l'existence de raisons plausibles de le soupçonner d'avoir commis les infractions en cause (ou, selon les termes du droit cantonal, l'existence de présomptions suffisantes de culpabilité). L'étendue de l'examen du Tribunal fédéral, en pareil cas, a déjà été décrite dans l'arrêt 1P.157/2003 du 20 mars 2003, rendu après le rejet de la première demande de mise en liberté (consid. 4.1 de cet arrêt); il y a lieu d'y renvoyer. Dans l'arrêt attaqué, le Tribunal d'accusation a également renvoyé aux motifs retenus dans les premières décisions au sujet des indices à l'encontre du recourant, en relevant que ce dernier n'invoquait pas d'éléments nouveaux pertinents susceptibles de conduire à une appréciation différente des faits. Le recourant persiste en effet à soutenir que les versements litigieux sur ses comptes se rapportent à des opérations commerciales qu'il aurait conclues ou facilitées, notamment en vue de la fourniture de matériel médical, mais dont ses partenaires refuseraient d'admettre la réalité pour se tenir à l'écart d'éventuels problèmes fiscaux voire pour se préserver d'ennuis judiciaires. Or, depuis le premier refus de mise en liberté, plusieurs versements importants ont été analysés par les enquêteurs, des explications ont été requises des auteurs de certains versements, et des responsables de sociétés avec qui le recourant affirme être en relations commerciales ont été entendus. Dans aucun cas, la réalité de ces affaires n'a pu être établie, les documents (certificats de transport, d'assurances, etc.) produits par le recourant apparaissant du reste sujets à caution. En outre, les auteurs de certains versements litigieux, qui ne sont nullement des partenaires en affaires du recourant, ont décrit un mécanisme correspondant à celui des escroqueries de type nigérian. En définitive, en dépit des dénégations constantes du recourant, l'enquête a progressivement révélé de nombreux indices à sa charge. Ces indices peuvent être qualifiés de sérieux, de sorte qu'il faut admettre l'existence de raisons plausibles de soupçonner le recourant d'avoir commis les infractions en cause.