Citation: 4A_353/2015 E. 4.1.2

4.1.2. La cour cantonale a retenu que la question du décalage de très courte durée des déboîtements n'exerçait aucune influence sur le sort du différend (cf. p. 27 de l'arrêt cantonal). A supposer que le demandeur se soit déjà trouvé sur la voie de gauche lorsque D.________ a déboîté pour dépasser le scooter, cela ne suffirait pas à retenir que l'automobiliste lui a coupé la priorité, a-t-elle poursuivi (cf. p. 35 in fine dudit arrêt), étant donné qu'il n'est pas établi que D.________ pouvait apercevoir la moto quand il a pris la décision de doubler le scooter et que le précité ne pouvait pas s'attendre à ce que le demandeur circule à une allure telle qu'il se retrouve à sa hauteur et tente de forcer le passage pendant qu'il dépassait le scooter. Le recourant ne prend pas position sur cette argumentation. Il n'explique ainsi pas en quoi la constatation factuelle qu'il invoque pourrait avoir une incidence sur le sort de la cause. Son grief n'est pas suffisamment motivé eu égard aux exigences strictes posées par l'art. 106 al. 2 LTF. De toute manière, les preuves dont il se prévaut, examinées dans leur globalité, n'établissent nullement que les déboîtements ont été successifs, et pas en léger décalage. Les plans A-2 et A-3 de l'annexe au rapport principal de l'expert H.________, dont le recourant fait grand cas, sont des plans de déroulement de l'accident (échelle 1 m. = 200 m.) qui reproduisent les événements précédant et succédant la chute de la moto divisés en six phases distinctes; le premier plan prend en compte une vitesse de la moto au point de réaction fixée à 107 km/h, le second arrêtant la vitesse en question à 131 km/h. A partir de là, le recourant se borne à tisser des conjectures - que n'étaye aucun document - sur la position de la moto et de la voiture de D.________ en fonction de la vitesse effectivement adoptée par le motocycle lors de sa manoeuvre de dépassement, soit 119 km/h. Cette démarche ne suffit évidemment pas à démontrer l'arbitraire de la constatation incriminée. Si l'expert judiciaire, en réponse à l'allégué n° 144, déclare certes que les déboîtements n'ont pas dû être simultanés, l'arrêt cantonal retient, en p. 27, que le témoin E.________, qui circulait juste derrière le véhicule de D.________, a déclaré que le demandeur avait immédiatement déboîté pour dépasser ces deux voitures alors que, en même temps, l'automobile de D.________ avait également entamé une manoeuvre de dépassement du scooter. L'arrêt attaqué retient aussi que le témoin F.________, qui pilotait le véhicule arrivant en face et avait eu ainsi une bonne vision de l'accident, a confirmé que le demandeur a entrepris le dépassement des voitures et que " simultanément, le premier véhicule (celui de D.________) s'est déplacé à gauche pour dépasser ". Privilégier ces déclarations concordantes émises par deux témoins directs du sinistre à une réponse de l'expert à un seul allégué n'est en rien insoutenable.