Citation: 6B_1022/2023 E. 1.2.1

1.2.1. La cour cantonale a notamment observé que le recourant affirmait avoir constitué et conservé un domicile à Genève pendant toute la période pénale, à U.________, à l'adresse de sa première épouse dont il était divorcé depuis 1982. Il ressortait toutefois de l'ensemble des éléments recueillis, notamment par l'enquête administrative de l'OCPM puis les pièces produites et les témoignages, que le recourant n'y passait que de façon sporadique, ne disposait pas d'effets personnels sinon ceux stockés dans un container ou au grenier et n'avait, en ce lieu, pas de vie sociale, notamment ni avec son ex-épouse, ni avec son fils, tous deux également domiciliés à cette adresse. À cet égard, la cour cantonale relevait que les déclarations de l'ex-épouse, selon laquelle le recourant passait beaucoup de temps dans la villa devaient être relativisées. D'une part, celle-ci admettait qu'elle-même ne passait pas plus de la moitié de l'année sur place; d'autre part, elles étaient contredites par ses propres écrits (courrier au Dr D.________) et ne correspondaient pas aux déclarations de leur fils. Ce témoin s'était d'ailleurs contredit en affirmant ignorer où le recourant avait son centre de vie et ses amis et où il avait vécu depuis 2009, ajoutant qu'il avait habité dans cette maison longtemps auparavant. Ces réponses démontraient en tout cas l'absence d'un centre de vie à cet endroit. Enfin, le recourant avait expliqué aux débats d'appel qu'il avait un chien, dont il exerçait la garde, qui ne pouvait pas vivre à U.________. Même si ce chien semblait être décédé à l'automne 2015, le recourant avait rapidement acquis un nouvel animal de compagnie, ce qui démontrait qu'il n'envisageait pas de résider à Genève puisque cet achat était incompatible avec la vie à U.________. Quand bien même les faits antérieurs au 7 septembre 2015 étaient prescrits, il ressortait des pièces recueillies pour les années 2014 et 2015 que le recourant n'avait que sporadiquement une activité en Suisse et qu'il passait la majeure partie de son temps à l'étranger, plus précisément en France, vraisemblablement à l'adresse de V.________ en Normandie à laquelle vivait également sa fille et leur chienne. Celles-ci constituaient manifestement son principal centre d'intérêts, et n'avaient, selon les propres déclarations du recourant, jamais vécu à U.________. Celui-ci l'avait d'ailleurs admis à demi-mots au cours des débats d'appel, en décrivant ce qui ressemblait à s'y méprendre à une vie de famille avec sa fille et leurs animaux de compagnie en France puis au Canada. À cela s'ajoutait que le recourant, qui poursuivait des études de doctorat, avait conservé nombre d'affaires personnelles en stockage pendant des années avant de finalement les amener dans sa résidence en Normandie et, après avoir quitté celle-ci, les avait à nouveau mises en dépôt, en France, sans jamais les ramener à U.________. Le centre des intérêts du recourant s'était déplacé, au moment du départ de sa fille pour le Canada, puisque l'examen de ses dépenses démontrait que celles-ci se concentraient alors sur l'Amérique du Nord, tout en perdurant également en Normandie, à tout le moins en 2016 et 2017. Il importait toutefois peu, du point de vue des faits reprochés, que le recourant résidât dans l'un ou l'autre pays, dans la mesure où, en tout état de cause, la cour cantonale retenait qu'il n'était pas revenu vivre à Genève à cette période. En effet, ainsi qu'il ressortait de l'examen de ses relevés bancaires et de sa carte de crédit, le recourant avait séjourné de longues périodes de plusieurs mois d'affilés au Canada à partir de l'année 2016. Au vu de l'absence de tous frais de logement (hôtel ou autre) dans les dépenses du recourant, il était établi qu'il avait vécu à W.________ avec sa fille une grande partie de l'année. Les détails donnés par le recourant au sujet de ses déplacements au Canada achevaient de convaincre la cour cantonale qu'il avait bel et bien eu le centre de ses intérêts dans ce pays. Le recourant y avait loué une maison pour y vivre avec sa fille et leurs deux chiennes. Il y avait poursuivi son activité académique et fréquenté la bibliothèque de l'université de E.________. La moitié, sinon la majorité, des tampons d'entrée au Canada sur son passeport avaient été apposés lors du franchissement de la frontière terrestre, ce qui semblait démontrer qu'il respectait de cette manière (et non par des retours réguliers en Suisse) l'interdiction de séjourner plus de trois mois sans discontinuer dans ce pays. Lorsqu'il s'exprimait spontanément il parlait d'ailleurs au pluriel pour décrire sa vie canadienne (nous avions un chien... on avait un budget très serré... on ne sortait quasiment pas), ce qui achevait de démontrer qu'il avait bien vécu dans ce pays comme chez lui, et non comme un visiteur de passage. Le fait que le recourant avait, par ailleurs, fait dévier son courrier auprès du témoin venait également contredire l'existence d'un domicile à U.________, tout comme l'absence de toute charge financière (loyer, frais accessoires) liée à un tel domicile. Le fait qu'il avait, avant son départ pour le Canada (lequel avait eu lieu début 2016 selon la cour cantonale), rencontré régulièrement le témoin à U.________ (à l'extérieur de son domicile) pour que celui-ci lui remette son courrier ne suffisait pas à attester d'une vie centrée à Genève, dans la mesure où, en début de période pénale, il se trouvait manifestement en transit entre ses deux résidences successives en France et au Canada. Son passage à Genève ne constituait manifestement pas une résidence effective, ce d'autant plus que le recourant admettait qu'il avait, pendant cette période, placé l'essentiel de ses effets dans un dépôt (où il avait laissé ses livres, qu'il n'avait jamais amenés à Genève) et qu'il préparait son départ au Canada. Il manquait donc, pendant ces quelques mois, la composante volontaire du domicile, puisqu'il ne résidait pas à Genève avec l'intention de s'y établir mais plutôt en transit forcé, faute d'autre point de chute immédiat.