Citation: 1B_242/2013 E. 4.3

4.3. En conséquence et conformément au principe de proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention. Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si celles-ci permettent d'atteindre le même but. En l'occurrence et contrairement à ce que soutient le recourant, le fait d'avoir entrepris des démarches en vue de la mise en oeuvre d'un suivi auprès du Service d'addictologie dès sa libération ne permet pas d'exclure tout risque de récidive. En effet, les mesures préconisées par l'experte psychiatre - qui ne se limitaient pas à un traitement des addictions - ne tendaient qu'à diminuer ce danger. En présence de celui-ci, la seule motivation alléguée par le recourant de débuter les thérapies proposées et de se soumettre régulièrement à des contrôles ne suffit pas; l'experte a d'ailleurs rappelé que la volonté manifestée en milieu fermé, notamment de ne plus consommer d'alcool fort ou de suivre un traitement, peut vaciller une fois à l'extérieur lors de la confrontation à des situations potentiellement anxiogènes (difficultés financières, chômage, rapport à l'autorité, séparation affective, nouvelle paternité). Etant donné que les modalités d'exécution du traitement en hôpital de jour n'ont pas encore été définies (cf. "certificat médical" du Service d'addictologie du 3 juin 2013), le recourant se trouverait confronté aux circonstances rappelées ci-dessus dès sa libération, sans pouvoir bénéficier d'aucun soutien thérapeutique. En conséquence, aucune des mesures, ni aucun des contrôles - qui n'interviendraient d'ailleurs que dans une étape ultérieure - ne permettraient d'assurer que sa seule volonté parvienne à stopper, pour le moins dans cette intervalle, une réaction impulsive face à ces diverses et multiples sollicitations. Cela vaut d'autant plus que dans un premier temps, le recourant a refusé à deux reprises de rencontrer la psychiatre en vue de son expertise, démontrant ainsi qu'il n'en voyait pas l'utilité. S'il a ensuite accepté en décembre 2012 et assuré vouloir débuter un traitement en prison, il ne produit cependant aucun document sur ledit suivi. Au vu de ces considérations, la Chambre pénale de recours n'a pas violé le droit fédéral en retenant que seule la détention provisoire permettait d'exclure un risque de récidive.