Citation: 4A_234/2022 E. 5.2

5.2. Les conclusions nos 1 à 3 concernent exclusivement le nouveau locataire, qui y est nommément désigné, et tendent à ce qu'il débarrasse les locaux des biens meubles et objets s'y trouvant encore, et ce dans un délai de sept jours à lui impartir, à défaut de quoi ceux-ci seront évacués par la voirie et détruits. Elles sont prises à l'appui de l'action en expulsion (art. 267 al. 1 CO). Elles peuvent être aisément dissociées des conclusions en paiement nos 4 et 5 qui sont dirigées contre le nouveau locataire et l'ancienne locataire transférante, à titre de débiteurs solidaires. C'est donc à tort que la cour d'appel a cru pouvoir appliquer la jurisprudence de l'ATF 141 III 23 (cf. consid. 4.2 ci-dessus) et a prononcé, en quelque sorte à titre de motif subsidiaire, la non-entrée en matière sur les trois premières conclusions au motif que toutes les conclusions ne pouvaient être admises dans leur intégralité. Comme ces trois conclusions avaient été admises par le jugement de première instance, la cour cantonale ne pouvait pas, en l'absence d'appel du nouveau locataire, consort simple, réformer le jugement sur ces points au détriment des bailleurs. En effet, même si le juge rend un seul jugement contre tous les consorts simples, son jugement contient matériellement autant de décisions qu'il y a de consorts simples, de sorte que chacun doit interjeter appel s'il veut obtenir la modification de la décision qui le concerne (arrêt 4A_69/2018 du 12 février 2019 consid. 1.2 et l'arrêt cité; FABIENNE HOHL, Procédure civile, t. l, 2e éd. 2016, p. 164 n. 969; LEUENBERGER/UFFER-TOBLER, Schweizerisches Zivilprozessrecht, 2e éd. 2016, p. 102 n. 3.48; ISAAK MEIER, Schweizerisches Zivilprozessrecht, 2010, p. 169 in fine). Au demeurant, il n'est pas contesté que l'avis comminatoire et la résiliation ont été notifiés régulièrement au nouveau locataire. Comme il a en outre restitué les clés des locaux, il y a lieu d'admettre qu'il a restitué les locaux par actes concluants. La question de savoir s'il a été valablement convoqué à l'audience par notification à son domicile en Suisse, ce qui ressort de son inscription à la base de données des personnes (BDP) à La Chaux-de-Fonds, ou s'il aurait dû l'être à un éventuel nouveau domicile qu'il se serait constitué en Turquie n'a donc pas à être examinée. Les bailleurs pouvaient donc disposer des locaux. L'arrêt attaqué doit ainsi être partiellement annulé et il doit être constaté que les chefs de dispositif du jugement de première instance correspondant aux conclusions nos 1, 2 et 3 sont entrés en force.