Citation: 7B_143/2024 E. 5.3.3

5.3.3. 5.3.3.1. Quant aux liens que la juge intimée entretiendrait avec les anciens Conseillers nationaux signataires, en mars 2007, de l'interpellation parlementaire concernant le recourant, l'intéressée avait affirmé, en instance cantonale, n'avoir aucun souvenir de l'interpellation en question. Elle avait néanmoins reconnu tutoyer P.________ pour l'avoir croisé au sein d'une crèche que fréquentaient leurs enfants respectifs plus de dix ans auparavant, de même que Q.________ pour l'avoir croisé sur un quai de gare à quelques reprises et pour avoir reçu quelques messages électoraux de sa part, auxquels elle n'avait pas répondu. La juge intimée ne connaissait enfin aucun autre signataire de l'interpellation parlementaire (cf. arrêt attaqué, En fait, let. B.h p. 7). A nouveau, le recourant ne fait état d'aucun élément propre à remettre en cause les explications de la juge intimée, que ce soit quant à sa connaissance de l'interpellation parlementaire de 2007 ou quant aux liens entretenus avec certains de ses signataires. Il ne parvient dès lors pas à démontrer l'arbitraire du raisonnement de la cour cantonale, qui pouvait valablement considérer que les quelques contacts entretenus avec les anciens Conseillers nationaux sus-visés étaient manifestement insuffisants pour fonder une apparence de prévention. 5.3.3.2. Au surplus, on ne voit pas qu'en tant que telle, l'affiliation de la juge intimée au parti Les Verts la rende suspecte de prévention. Rien ne laisse ainsi supposer qu'elle serait incapable de prendre ses distances avec les prises de position exprimées publiquement par certains élus de ce parti il y a plus de quinze ans, ni qu'elle serait empêchée d'examiner la cause avec toute l'objectivité requise et tout le recul nécessaire, ses seuls brefs contacts avec les députés précités ne permettant en tout cas pas de le supposer, pas plus que les contributions financières qu'elle verse mensuellement au parti précité. S'agissant précisément de ces contributions financières et des critiques, toutes générales, du recourant en lien avec leur caractère admissible - au vu notamment des recommandations émises par le Groupe d'États contre la corruption (GRECO) dans ses rapports de conformité concernant la Suisse -, il suffit d'observer qu'aucun élément ne laisse suggérer en l'espèce que les montants versés par la juge intimée à son parti iraient au-delà de ceux qui sont communément demandés aux magistrats du même rang et effectivement versés par ces derniers. Pour le reste, s'agissant d'une question qui relève d'aspects éminemment politiques, c'est bien au législateur - tant sur le plan cantonal que fédéral - qu'il revient le cas échéant d'examiner, à la lumière des critiques émises sur le plan international, l'opportunité d'une éventuelle adaptation du cadre juridique entourant le versement de contributions aux partis politiques par les magistrats judiciaires.