Citation: 6S.292/2003 25.09.2003 E. B

Cette condamnation repose, en résumé, sur les faits suivants. B.a En 1996, X________ a fait la connaissance de Y.________, avec laquelle il a noué une relation intime. Lors d'un séjour en Albanie en février 1997, Y.________ a été fiancée contre sa volonté à un compatriote albanais, ce dont X________ a été très affecté. Après le mariage de Y.________, dont le mari est resté en Albanie, les amants ont continué de se retrouver en cachette. B.b En novembre 1999, X________ a décidé de se marier avec une de ses compatriotes. Il a demandé à un ami, A.________, d'organiser son mariage avec D________, soeur de B.________, lui-même ami de A.________. B.________ et A.________ étaient au courant de la relation amoureuse qu'avait eue X________ avec une femme albanaise, lequel leur a toutefois certifié que cette relation avait cessé. Le mariage a ainsi eu lieu le 5 décembre 1999, selon le rite tamoul uniquement. B.c Malgré son mariage, X________ a poursuivi sa relation avec Y.________. Très rapidement, D________ s'est rendu compte que son mari n'était pas heureux de leur union et en a parlé à sa mère, à son frère et à A.________, avec lequel elle entretenait de bons rapports. Le 18 janvier 2000, B.________, accompagné de sa mère et de A.________, s'est rendu au domicile de F.________, cousin de X________, qui avait cautionné le mariage de ce dernier. F.________ s'est entretenu avec X________, qui a contesté poursuivre sa relation avec une femme albanaise. Peu convaincus, B.________, A.________ et un de leurs compatriotes, C.________, mis entre-temps dans la confidence, ont, durant les jours suivants, tenté de diverses manières d'intimider X________, dévissant et jetant dans le lac les plaques d'immatriculation du véhicule qu'il utilisait, griffonnant des dessins et menaces sur la porte de son studio et cassant une clef dans le cylindre pour le rendre inopérant. B.d Le 15 février 2000, X________ a avoué à A.________ qu'il poursuivait sa relation avec Y.________, ajoutant que sa vie privée ne le regardait pas. Il a par ailleurs déclaré à son épouse qu'un jour il lui dirait toute la vérité, mais qu'elle devait le considérer désormais comme un frère et non comme un mari. De leur côté, B.________ et A.________, constatant que leurs tentatives d'intimidation étaient demeurées vaines et se sentant responsables de l'union de X________ et de D________, ont décidé d'agir de façon radicale. Après de nombreuses discussions, ils ont décidé de le battre à mort et, à cette fin, ont sollicité l'aide de C.________. B.e Le 21 février 2000 au matin, A.________ a averti par téléphone D________ de leur intention de se rendre à son domicile pour agresser son mari, qui avait trahi leur confiance, laissant clairement entendre qu'ils voulaient le tuer. Dans un premier temps, le projet a toutefois dû être reporté en raison de l'indisponibilité de B.________, ce dont D________ a été avertie. Le 24 février 2000, B.________ et A.________ ont téléphoné à D________ pour connaître l'heure de retour de son mari. En vue de l'exécution de leur projet, ils s'étaient procurés divers accessoires, soit un spray lacrymogène, un tuyau métallique, un rouleau de scotch double-face destiné à bâillonner la victime, des attaches en plastique autoblocantes pour lui lier les mains et les pieds et une pelle devant servir à enterrer le cadavre. Dans la soirée, ils ont demandé à C.________ de les rejoindre et, après avoir tous consommé du cognac mélangé à du Coca-Cola pour se donner du courage, se sont rendus en voiture au domicile de X________. B.f Peu avant leur arrivée, vers 22 heures, B.________ s'est assuré auprès de D________ de la présence de son mari et lui a demandé d'ouvrir la porte de l'immeuble. Une fois dans l'appartement, B.________, A.________ et C.________ ont pris place dans le salon pour discuter avec X________, l'épouse de ce dernier se trouvant dans la cuisine. A.________ s'est alors soudainement levé et, tout en s'excusant, a aspergé avec le spray le visage de X________, puis a pris le tuyau métallique qu'il avait dissimulé dans ses vêtements et a frappé X________, qui se protégeait le visage avec les mains, à la hauteur de la nuque. Il a ensuite donné le tuyau à B.________, qui, à son tour, a frappé à plusieurs reprises la victime à la tête et aux jambes. Pendant ce temps, C.________, qui était chargé d'empêcher la victime de crier, s'était déplacé derrière elle, lui mettant la main devant la bouche avant de la bâillonner avec un foulard. L'agression a duré une quinzaine de minutes. Après quoi, B.________ et A.________ ont couché la victime sur le sol et lui ont lié les mains dans le dos ainsi que les chevilles avec des attaches en plastique autoblocantes. Au moyen de deux autres attaches en plastique autoblocantes, liées préalablement entre elles par A.________, ce dernier et B.________ ont alors serré le cou de la victime, tirant sur le système de fermeture autoblocant. C.________, qui maintenait toujours le bâillon, a entendu un râle et a encore demandé à ses comparses de serrer plus fort les brides autour du cou de la victime. B.g Le corps de la victime a été emballé dans une couverture, maintenue avec le scotch double-face et le câble du téléphone, préalablement arraché, puis placé dans le coffre de la voiture. Les trois agresseurs se sont ensuite rendus dans une forêt, où ils ont tenté en vain de creuser un trou avec la pelle pour enterrer le corps. Ils sont alors repartis et, dans une autre forêt, ont essayé une nouvelle fois, sans succès, d'enterrer le corps. Ils ont finalement abandonné le corps sur place et, après s'être procuré un bidon de quinze litres d'essence, lui ont mis le feu. Le même soir, ils ont entrepris de faire disparaître divers objets compromettants (tuyau métallique, coussins ensanglantés, carte SIM et téléphone portable de la victime), notamment en les jetant dans plusieurs poubelles éparses. Le lendemain, 25 février 2000, B.________ et A.________ sont encore retournés dans l'appartement de la victime pour nettoyer les taches de sang et effacer leurs empreintes digitales. Ils se sont également débarrassés du spray lacrymogène et des vêtements qu'ils portaient au moment des faits et ont même racheté un téléphone, avec lequel A.________ a fait semblant de chercher à atteindre X________ à son lieu de travail. Le 28 février 2000, D________, qui avait appris la mort de son mari le soir même ou le lendemain du crime, a annoncé sa disparition à la police.