Citation: 9C_785/2014 E. 3.3

3.3. Les griefs que la recourante a développés (cf. consid. 3.1) ne sont pas fondés. En effet, comme l'a déjà mentionné la juridiction cantonale, il existe dans l'assurance-invalidité - ainsi que dans les autres assurances sociales - un principe général selon lequel l'assuré qui demande des prestations doit d'abord entreprendre tout ce que l'on peut raisonnablement attendre de lui pour atténuer les conséquences de son invalidité (cf. ATF 138 I 205 consid. 3.2 p. 209). Dans le cas d'une personne rencontrant des difficultés à accomplir ses travaux ménagers à cause de son handicap, le principe évoqué se concrétise notamment par l'obligation de solliciter l'aide des membres de la famille. Un empêchement dû à l'invalidité ne peut être admis chez les personnes qui consacrent leur temps aux activités ménagères que dans la mesure où les tâches qui ne peuvent plus être accomplies sont exécutées par des tiers contre rémunération ou par des proches qui encourent de ce fait une perte de gain démontrée ou subissent une charge excessive. L'aide apportée par les membres de la famille à prendre en considération dans l'évaluation de l'invalidité de l'assuré au foyer va plus loin que celle à laquelle on peut s'attendre sans atteinte à la santé. Il s'agit en particulier de se demander comment se comporterait une famille raisonnable, si aucune prestation d'assurance ne devait être octroyée. Cela ne signifie toutefois pas qu'au titre de l'obligation de diminuer le dommage, l'accomplissement des activités ménagères selon chaque fonction particulière ou dans leur ensemble soit répercuté sur les autres membres de la famille, avec la conséquence qu'il faille se demander pour chaque empêchement constaté s'il y a un proche qui pourrait le cas échéant entrer en ligne de compte pour exécuter en remplacement la fonction partielle correspondante (ATF 133 V 504 consid. 4.2 p. 509 ss et les arrêts cités). Or, en l'espèce, même si les premiers juges ont été bien au-delà de ce qu'exigeait la jurisprudence en quantifiant minutieusement l'aide individuelle de chaque membre de la famille selon chaque fonction particulière, on ne peut toutefois leur reprocher d'avoir violé le droit en ne respectant pas les principes relatifs à l'aide exigible de la part des membres de la famille, ni d'avoir arbitrairement apprécié les éléments de preuve. Ainsi, s'il peut certes sembler insoutenable de retenir une aide exigible de la part d'un membre de la famille qui ne vit plus sous le même toit que l'invalide, cela n'est néanmoins pas décisif, du moment que les divers travaux ménagers accomplis précédemment par cette personne peuvent être reportés sur une autre, voire plusieurs autres personnes, sans que cela ne constitue pour celles-ci une charge excessive. Tel est le cas en l'occurrence, dès lors que le taux maximal d'exigibilité de la famille n'a jamais excédé les 12,9 ou 18,55 %, selon les périodes (note de l'enquêtrice indexée le 24 février 2014), et qu'il y a toujours eu une personne au moins pouvant participer aux tâches domestiques dans les proportions indiquées jusqu'à la séparation du couple, en mars 2012 (les deux filles ont quitté le domicile familial en respectivement mars 2009 et août 2011; l'époux a atteint l'âge de la retraite en avril 2011). Cela est d'autant moins arbitraire que les filles de la recourante ont admis qu'elles donnaient des coups de main à leur mère dans une moindre mesure même après leur départ de la maison. Il n'est en outre aucunement contradictoire en l'espèce de prendre en compte une telle exigibilité de la part des membres de la famille qui ont quitté le domicile uniquement pour la période précédant la séparation du couple et plus pour celle lui succédant puisque l'office intimé a admis un changement de statut dès cette date. L'assurée doit être considérée comme une personne active à 100 % à partir du 1er avril 2012 et l'aide de la part des membres de la famille de l'assurée cesse dès lors d'être un critère pertinent. On relèvera encore à propos de ces derniers éléments qu'ils sont intelligibles et motivés, de sorte qu'ils ne sauraient justifier le grief de violation du droit d'être entendu, allégué par la recourante. On ajoutera que la prise en compte de la collaboration d'une des filles de l'assurée à l'activité de maman de jour ou de famille d'accueil agréée n'est pas arbitraire dans la mesure où elle résulte des propres déclarations de celle-ci. Enfin, les tensions régnant au sein du couple depuis la retraite du mari jusqu'à la séparation ne peuvent nullement justifier du point de vue de l'assurance-invalidité d'écarter l'exigibilité de la participation de l'époux aux travaux ménagers.