Citation: 5P.341/2001 19.10.2001 E. 2

2.- La recourante se plaint d'une application arbitraire de l'art. 137 al. 2 CC ainsi que des articles du titre VI du code de procédure civile fribourgeois, notamment l'art. 203, et, partant, d'une violation des art. 9 et 29 al. 2 Cst. a) aa) Elle fait d'abord grief à l'autorité cantonale d'avoir retenu que rien au dossier ne permettait d'affirmer qu'elle ne pouvait pas travailler, à tout le moins à temps partiel, pour des raisons médicales. Ces constatations seraient contraires au certificat établi par sa doctoresse, dont il résulte ce qui suit: "dass Frau Z.________ keiner ausserberuflichen Tätigkeit wird nachgehen ... Mit den Aufgaben als Hausfrau und allein erziehende Mutter wird Frau Z.________ bereits an die Grenze ihrer Kräfte stossen". La recourante se plaint en outre de ce que les juges cantonaux n'aient pas indiqué les motifs pour lesquels ils estimaient que ces conclusions étaient erronées et qu'elle était apte à exercer une activité lucrative. Les constatations du tribunal à cet égard seraient aussi manifestement contraires à la décision de l'office régional de placement du 27 février 2001. bb) Le passage tiré du certificat médical susmentionné ne dit pas que la recourante ne peut exercer d'activité lucrative pour des raisons médicales, mais l'exclut au vu de ses obligations de ménagère et de chef de famille monoparentale, qui absorberaient toutes ses forces. Quant à la décision du 27 février 2001, elle la déclare inapte au placement pour des raisons personnelles, et non pas médicales. La recourante allègue qu'on ne saurait lui demander d'exercer une tâche rémunérée en plus de la tenue de son foyer et de l'éducation de ses deux enfants; elle ne démontre toutefois pas en quoi l'opinion de l'autorité cantonale selon laquelle elle pourrait trouver un emploi à 50% si elle n'était pas aussi perfectionniste et ne consacrait pas autant d'heures au travail domestique - 18 heures tous les jours selon ses dires - serait insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 492 consid. 1b p. 495). Dans la mesure où il est recevable, le grief de constatation arbitraire des faits est ainsi mal fondé. Il en va par conséquent de même de celui tiré de l'art. 29 al. 2 Cst. b) aa) Dans un autre moyen, la recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement méconnu la jurisprudence du Tribunal fédéral concernant l'obligation de l'épouse de reprendre une activité lucrative, en cas de séparation des conjoints en vue d'un divorce, lorsque le revenu du mari suffit à financer les deux ménages (ATF 114 II 13 consid. 5 p. 17). Le tribunal aurait en outre violé l'art. 29 al. 2 Cst. en omettant d'indiquer pour quelle raison il s'est écarté de cette jurisprudence. Enfin, les juges cantonaux seraient tombés dans l'arbitraire en considérant que les prestations des assurances sociales, notamment les indemnités de l'assurance-chômage, complétaient voire remplaçaient les obligations des époux découlant de l'art. 159 CC. bb) Le Tribunal civil a retenu, s'agissant du montant de la contribution d'entretien allouée à l'épouse, que les conditions exigées pour la modification de l'ordonnance de mesures provisionnelles litigieuse n'étaient pas remplies, les circonstances n'ayant pas changé de manière sensible et durable depuis lors. Par conséquent, il n'a pas examiné - et il n'avait pas à le faire - si l'épouse pouvait être tenue d'exercer une activité lucrative à temps partiel, ni si ses revenus devaient être complétés par une augmentation de la contribution versée par son mari ou par les montants qu'elle pourrait percevoir des assurances sociales, voire de l'assistance publique. Ces questions relèvent en effet du jugement rendu le 27 octobre 2000 par le Tribunal civil de l'arrondissement de la Broye, statuant sur le recours déposé par l'épouse contre l'ordonnance de mesures provisionnelles du 24 août précédent. Or ce jugement ne peut faire l'objet du présent recours (cf. supra consid. 1a). Le grief d'arbitraire tombe dès lors à faux et celui de la violation de l'art. 29 al. 2 OJ doit être écarté. c) La recourante soulève aussi la violation de divers articles du code de procédure civile fribourgeois. Elle se contente toutefois de citer ces dispositions, sans tenter de démontrer en quoi elles auraient été violées. Dépourvu de la moindre motivation, ce grief est irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ).