Citation: 1P.368/2006 05.10.2006 E. B

Cette ordonnance retient, en résumé, ce qui suit. B.a Selon un rapport de police du 19 avril 2005, Z.________ avait certainement sauté, vers 1 h 30, de la fenêtre du 6ème étage de la banque A.________, où il travaillait. Nonobstant une fouille complète des lieux, avec un chien policier, aucun individu n'avait été trouvé dans le bâtiment. Interrogés, les agents de sécurité R.________ et S.________, avaient déclaré qu'à minuit, seul Z.________ se trouvait dans l'établissement, plus précisément dans la salle de conférence du 6ème étage, dans l'obscurité près d'une fenêtre ouverte; il avait expliqué qu'il préparait un exposé pour le lendemain et se mettait "en condition". Le rapport relevait par ailleurs que la mère et une collègue de travail du défunt avaient déclaré que ce dernier leur avait confié avoir subi des attouchements à caractère sexuel de la part d'un chef des "account officers", au terme d'une sortie d'entreprise en novembre 2004. B.b Dans un rapport complémentaire du 26 avril 2005, la police a précisé que, le soir de sa mort, Z.________ avait laissé à son supérieur hiérarchique un rapport détaillé, dans lequel il exposait ce qu'il avait fait et ce qui restait à faire au sujet des comptes bancaires et financiers dont il avait la gestion. Interrogé à ce propos la nuit en question, le Directeur général de la banque A.________, T.________, avait déclaré qu'un compte rendu d'activité n'était pas habituel, sauf avant une absence de longue durée. B.c Le 21 juin 2005, X.________ et Y.________ ont déposé plainte pénale contre inconnu, pour meurtre et infraction à l'art. 198 al. 2 CP. En bref, ils estimaient que les investigations menées étaient insuffisantes et n'excluaient pas la commission des infractions dénoncées, notamment d'un meurtre. B.d Suite à des interrogations formulées dans la plainte, un nouveau rapport de police a été établi le 3 mars 2006. Ce rapport - résumé sous lettre e des pages 3 et 4 de la décision attaquée - précisait, notamment, ce qui suit: - bien que situées dans le même immeuble, les banques A.________ et B.________ sont des entités séparées, dont les employés n'ont accès, au moyen de badges, qu'à leurs locaux respectifs; - à la date du décès de Z.________, seuls avaient été utilisés les badges de l'entreprise de nettoyage, qui termine son travail à 20 h, et ceux des agents de sécurité, présents entre 17 h et 6 h; - collègue et ami du défunt, U.________ avait expliqué que ce dernier lui avait confié, en décembre 2004, avoir des problèmes avec sa famille et avoir par ailleurs été l'objet de harcèlement sexuel de la part d'un cadre supérieur de la banque; Z.________ lui avait aussi indiqué avoir tenté de se suicider; ultérieurement, il lui avait dit que ses médicaments - semble-t-il contre la dépression - n'agissaient pas sur lui et qu'il avait dû les changer plusieurs fois; - un autre collègue du défunt, V.________, avait déclaré que tous deux faisaient du fitness ensemble; de certaines conversations, il avait déduit que Z.________ avait des tendances suicidaires et qu'il avait fait des tentatives de suicide; celui-ci n'avait en revanche pas évoqué un éventuel harcèlement sexuel; - s'agissant du point de chute du corps, au milieu de la rue, il était compatible avec la configuration de l'immeuble, qui comporte deux marquises: l'une, d'environ un mètre, au 6ème étage, et l'autre, beaucoup plus large, au niveau du 1er étage; - le rapport d'autopsie révélait que le corps de Z.________ présentait des cicatrices anciennes à l'épaule gauche, évocatrices d'une automutilation. B.e En substance, la Chambre d'accusation a estimé que la prévention d'infraction à l'art. 198 al. 2 CP n'apparaissait pas suffisamment établie et qu'il n'existait aucun élément tangible conduisant à admettre qu'un tiers serait directement impliqué dans le décès de Z.________, les indices recueillis accréditant bien plutôt la thèse d'un suicide.