Citation: 4A_100/2023 E. A

A.a. Le 16 mai 2018, B.________ (ci-après: l'entraîneur), ressortissant autrichien, a été engagé en qualité d'entraîneur assistant par A.________ (ci-après: le club), club de football professionnel, membre de la Fédération Croate de Football (FCF), elle-même affiliée à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). Le 1er juin 2019, les parties ont conclu un nouveau contrat de travail échéant le 31 mai 2021 prévoyant, à son art. 11, une clause attributive de compétence en faveur du Tribunal arbitral de la FCF. Le 26 mars 2020, le club a résilié le contrat de l'entraîneur. A.b. Le 29 mai 2020, l'entraîneur a assigné le club devant la Commission du Statut du Joueur (CSJ) de la FIFA en vue d'obtenir le paiement de dommages-intérêts de sa part pour rupture injustifiée du contrat de travail. Dans sa réponse du 22 juillet 2020, le club a soulevé l'exception d'incompétence de la CSJ. A son avis, seul le Tribunal arbitral de la FCF était compétent. Sur le fond, le défendeur a conclu au rejet des prétentions élevées à son encontre. Statuant par décision du 9 février 2021, le juge unique de la CSJ a partiellement admis la demande et condamné le défendeur à verser au demandeur la somme de 188'880 euros, intérêts en sus. En bref, il a relevé que l'art. 22 let. c du Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs (RSTJ) édicté par la FIFA attribue à la CSJ la compétence de trancher, notamment, les litiges de dimension internationale entre un club et un entraîneur relatifs au travail, à moins qu'un tribunal arbitral indépendant garantissant une procédure équitable existe au niveau national. Il a estimé que le litige revêtait bel et bien une dimension internationale en raison de la nationalité autrichienne de l'entraîneur. Examinant ensuite la clause litigieuse figurant à l'art. 11 du contrat de travail, il a considéré que celle-ci ne prévoyait pas la compétence exclusive du Tribunal arbitral de la FCF, raison pour laquelle les parties pouvaient aussi soumettre un éventuel litige les divisant à d'autres organes juridictionnels telle la CSJ. Sur le fond, le juge unique de la CSJ a estimé que le défendeur avait procédé à une rupture injustifiée du contrat de travail et que le demandeur avait dès lors droit à une compensation financière.