Citation: 1B_378/2015 E. 2.2

2.2. Le Président de la Chambre pénale a considéré que le recours était irrecevable en vertu de l'art. 394 let. b CPP dans la mesure où les griefs des recourants visaient tous les modalités de l'expertise que le Procureur avait décidé de mettre en oeuvre d'office. Il a ajouté qu'en tout état de cause, même recevable, le recours ne pourrait être que rejeté. La décision attaquée repose ainsi sur une double motivation qu'il appartenait aux recourants de contester par une argumentation répondant aux exigences déduites des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF, sous peine de voir leur recours déclaré irrecevable. Dans une première partie consacrée à la recevabilité du recours, les recourants s'emploient à démontrer en quoi l'ordonnance attaquée, nonobstant son caractère incident, pourrait faire l'objet d'un recours immédiat en matière pénale en application des art. 92 et 93 LTF, que ce soit en assimilant cette décision à une décision sur demande de récusation d'un expert dans une cause pénale ou en retenant qu'elle peut leur causer un préjudice irréparable. Ils s'en prennent ensuite à la constatation des faits retenus dans la décision litigieuse et à leur appréciation qu'ils tiennent pour arbitraire. Dans la partie consacrée au droit, ils se plaignent de violations de leur droit d'être entendus et de leur droit de réplique, du principe de prohibition de l'arbitraire, du droit à un expert indépendant et impartial, respectivement du droit à un procès équitable, en relation avec l'application de l'art. 184 al. 2 let. c, al. 3 et al. 4 CPP. Cela étant, si l'on peut admettre, à la lecture du mémoire de recours, que les recourants s'en prennent dans les formes requises aux motifs qui ont conduit au rejet de leur recours, il n'en va pas de même en ce qui concerne l'irrecevabilité de leur recours. On cherche en vain une argumentation dans la partie en droit du recours visant à établir en quoi le Président de la Chambre pénale aurait fait une application insoutenable de l'art. 394 let. b CPP en considérant que le recours n'était pas ouvert devant lui suivant la jurisprudence rendue en application de cette disposition. Même si les conditions de recevabilité du recours en matière pénale au Tribunal fédéral se recoupent dans une certaine mesure avec celles du recours cantonal, le raisonnement tenu à cet égard dans la partie du mémoire de recours consacrée à sa recevabilité pour conclure à l'ouverture d'un recours immédiat auprès de la Cour de céans ne saurait à cet égard être considéré comme une motivation topique et suffisante à l'encontre de l'irrecevabilité cantonale du recours. Un certain formalisme se justifie d'autant plus dans le cas particulier que les recourants sont assistés de mandataires professionnels dont on peut attendre qu'ils connaissent les exigences de motivation découlant de la loi sur le Tribunal fédéral.