Citation: 1B_256/2020 E. 3.3

3.3. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique et le recourant ne développe aucune argumentation propre à le remettre en cause. Comme relevé à juste titre par l'instance précédente, le recourant ne saurait utiliser la voie de la récusation pour se plaindre d'un déni de justice, d'une violation du principe de célérité ou d'un refus de mettre en oeuvre des réquisitions de preuve. Certes, il semble n'y avoir eu aucun acte d'instruction entre la requête du recourant du 20 octobre 2017 et le courrier du magistrat intimé du 15 février 2019 (cf. ad 11 p. 3 des observations du Ministère public du 26 juin 2020 et en particulier ad 9-16 p. 3 s. des déterminations du recourant du 30 juillet 2020). Cela étant, le recourant ne prétend pas avoir interpellé le Procureur intimé dans cet intervalle ou avoir déposé un recours pour déni de justice concernant cette procédure. Il n'ignorait pas non plus les développements intervenus en parallèle dans la cause connexe P__2 (soit notamment la procédure de première instance [cf. ad let. A.b ci-dessus]). On ne saurait donc considérer le défaut d'instruction dans la procédure P__1 jusqu'en février 2019 comme un élément permettant de démontrer la volonté du Procureur intimé de ne pas instruire cette cause. Une telle intention ne résulte pas non plus de la prolongation de la procédure en raison de la mise sous scellés du rapport de la FINMA suite à la requête de la banque C.________ SA (cf. ad let. A.d ci-dessus). Le Procureur intimé a certes écarté en juin 2019 des réquisitions de preuve dans la procédure P__2 menée à l'encontre de B.________ au motif qu'elles tendaient à démontrer une responsabilité pénale de la banque et non pas celle du prévenu précité. Contrairement à ce que semble croire le recourant, cela ne voulait toutefois pas dire que ces requêtes étaient nécessairement pertinentes et devraient être mises en oeuvre dans le cadre de la procédure spécifique ouverte contre la banque (P__1). Les principes de célérité et d'économie de procédure permettent en effet - au demeurant plus de deux ans après - au Procureur intimé de procéder à un nouvel examen du bien-fondé des preuves demandées, notamment eu égard à leur but et à d'éventuelles nouvelles circonstances; cette constatation s'impose en particulier pour les actes d'instruction qui paraissent viser les mêmes problématiques que celles traitées dans le rapport de la FINMA, document dont il paraît incontesté qu'il n'était pas établi en juin 2017. Quant aux autres moyens de preuve requis, le Procureur intimé a estimé qu'ils tendaient à démontrer la participation de tiers, ce qui, selon lui, n'était pas l'objet de la procédure P__1. Cette appréciation quant à l'entité visée par la procédure peut certes déplaire au recourant mais il n'en découle pas pour autant un motif de prévention; le cas échéant, il pourra au demeurant réitérer ses réquisitions ultérieurement, y compris devant le juge du fond (cf. notamment art. 318 al. 1 et 2, ainsi que 331 al. 2 et 3 CPP). Une volonté de ne pas instruire la cause semble d'autant moins établie que le Procureur intimé ne paraît pas avoir exclu toute instruction complémentaire puisqu'il a invité le recourant à faire valoir ses arguments quant aux faits qui pourraient démontrer la réalisation des conditions de l'infraction dénoncée. Le recourant se prévaut encore des circonstances entourant la connaissance par le Procureur intimé de la procédure de la FINMA, le défaut allégué d'information à cet égard aux parties et la prétendue absence de réaction du Procureur intimé à la suite notamment de la demande du recourant du 4 avril 2019 tendant à la production de ce dossier. Certes et contrairement ce que semble avoir retenu l'autorité précédente, il ne semble pas exclu que le Procureur intimé ait eu connaissance de l'existence de l'enquête de la FINMA dès juin 2017 (cf. ad 4 de ses déterminations du 5 février 2020 devant la Chambre pénale de recours). Cela étant et dans la mesure où l'invocation de ces éléments en janvier 2020 à titre de motif de récusation ne serait pas tardive, ils démontrent tout au plus une éventuelle erreur d'appréciation quant à la possible importance de la procédure de la FINMA, ce qui semble avoir été réparé par la demande de production du rapport le 30 juillet 2019. Cela ne constitue donc pas une grave violation des devoirs incombant au magistrat intimé, susceptible de démontrer une apparence de prévention. Au regard des éléments précédents, on ne saurait donc considérer que le Procureur intimé aurait "manoeuvré" afin de ne pas instruire la procédure P__1, notamment à la suite de celle P__2. La Chambre pénale de recours pouvait ainsi, sans violer le droit fédéral, rejeter la demande de récusation formée par le recourant contre le Procureur intimé.