Citation: I 674/05 12.09.2006 E. 3

3.1 Les médecins du SAM de Y.________ ont attesté une capacité de travail supérieure à 70 %, eu égard aux seules atteintes à la santé physique de l'intimé. Pour sa part, le docteur W.________ a fait état d'une capacité de travail résiduelle de 75 %, en faisant abstraction d'éventuelles affections psychiques. Les conclusions de ces experts sont donc quasiment identiques sur ce point, de sorte que la juridiction cantonale a nié à juste titre une modification de l'état de santé physique de l'assuré depuis la décision d'allocation de rente. Le recourant ne conteste d'ailleurs pas cet aspect du jugement entrepris. Il soutient, en revanche, que les atteintes à la santé psychique de l'assuré, qui avaient pour l'essentiel fondé l'octroi d'une demi-rente d'invalidité, se sont atténuées depuis la décision du 25 janvier 2002 et ne constituent désormais plus un obstacle à la reprise d'une activité lucrative physiquement adaptée. Pour leur part, les premiers juges ont considéré que l'expertise réalisée par le docteur S.________ ne constituait qu'une nouvelle appréciation médicale d'un même état de santé, dont la valeur probante était au demeurant relativement restreinte. 3.2 Contrairement aux médecins du SAM, le docteur S.________ n'a pas fait état d'un trouble somatoforme douloureux, mais uniquement d'une dépression d'intensité modérée. Il est vrai que, comme le déplorent à juste titre les premiers juges, l'expertise est relativement succinte et que le docteur S.________ n'a pas expressément pris position sur le point de savoir si l'état de santé de l'assuré s'était amélioré lors des deux dernières années, compte tenu des constatations figurant dans l'expertise réalisée au SAM; la question ne lui a pas été clairement posée par l'OAI, à tort. Cette circonstance ne suffit toutefois pas à mettre en doute le fait que le docteur S.________ disposait d'un dossier complet, ni à dénier d'emblée toute valeur probante aux constatations de ce médecin. Certaines questions de l'OAI se référaient expressément à l'expertise réalisée par le docteur W.________, lequel avait fait état des conclusions des médecins du SAM. Le docteur S.________ était donc informé de l'existence de l'expertise réalisée au SAM. On peut admettre qu'il en aurait demandé un exemplaire s'il avait constaté qu'elle manquait au dossier. Sur le fond, les constatations du docteur S.________ confirment dans une large mesure le pronostic favorable posé à l'époque par les médecins du SAM. Ceux-ci avaient précisé que l'incapacité de travail de 50 % ne serait vraisemblablement que temporaire et pourrait être améliorée moyennant un soutien psychothérapeutique, un traitement antidépresseur et un programme de reclassement professionnel. Toutes ces conditions favorables à l'amélioration de la capacité de travail n'ont, certes, pas été remplies, l'assuré ayant notamment renoncé à suivre un traitement psychiatrique pour privilégier un suivi par son médecin traitant. Il n'en reste pas moins que deux ans après l'expertise réalisée au SAM, le docteur S.________ n'a plus constaté qu'un état dépressif modéré et a considéré que l'état psychique de l'assuré n'entraînait pas d'incapacité de travail. Selon les premiers juges et l'intimé, l'expertise réalisée par le docteur W.________ laisserait plutôt entendre que l'état de santé psychique de l'assuré ne s'est amélioré. Il n'en est rien. Selon ce médecin, l'assuré a pu rester assis pendant une heure et demie sans plaintes, a gravi un escalier en déchargeant la jambe gauche valide plutôt que la jambe droite et a déclaré pouvoir effectuer des trajets de 1200 km en conduisant un véhicule, ce qui suppose nécessairement de rester plusieurs heures en position assise sans surélever la jambe. Par ailleurs, le docteur W.________ a constaté que les mesures de force et les périmètres des loges musculaires des membres inférieurs étaient symétriques. Ces nombreux signes de non organicité ne sauraient être expliqués uniquement par la persistance d'un trouble somatoforme douloureux ou d'une dépression d'intensité moyenne; en l'absence d'une autre pathologie psychique attestée médicalement, ils corroborent plutôt les constatations médicales relatives au rétablissement progressif d'une capacité de travail de 75 % dans une activité physiquement adaptée, moyennant l'effort de volonté raisonnablement exigible de l'assuré.