Citation: 8C_831/2007 14.04.2008 E. 3.3

3.3.1 Les premiers juges ont motivé le rejet du recours de l'assuré en se fondant, pour l'essentiel, sur les déclarations de G.________, d'après lesquelles l'assuré s'est présenté au travail en boitant, le 1er juin 2005, et sur le fait que l'assuré n'a pu citer aucun témoin de l'accident allégué. Par ailleurs, sa description de sa journée de travail était contredite par G.________ et R.________. Ses déclarations n'étaient donc pas suffisamment probantes pour établir qu'il s'était blessé le 1er juin 2005, et non la veille. Le seul fait qu'elles fussent étayées par le témoignage de L.________ - en tout cas sur le fait qu'il avait travaillé l'après-midi du 1er juin 2005 à repeindre les façades d'un bâtiment -, n'était pas suffisant. Par ailleurs, il n'était pas nécessaire d'entendre comme témoins G.________ et R.________, dès lors qu'il était peu vraisemblable qu'ils reviennent sur leurs déclarations. 3.3.2 Cette appréciation anticipée des preuves ne peut être suivie. En l'espèce, les déclarations des différents protagonistes sont à ce point contradictoires que certaines sont forcément contraires à la réalité. Sans qu'il soit utile, à ce stade de la procédure, de procéder à une appréciation plus complète des preuves, on relèvera que les allégations du recourant sont, pour l'essentiel, restées constantes, qu'elles sont relativement détaillées et en partie corroborées par le témoignage de L.________. Par ailleurs, on peut effectivement s'étonner que l'employeur ait confié des travaux de peinture d'un plafond au recourant, le 1er jour de travail, si celui-ci s'est effectivement présenté en boitant. En d'autres termes, les allégations du recourant ne sont pas à ce point dépourvues de vraisemblance qu'on puisse se dispenser d'entendre les témoins cités. Il n'est pas exclu qu'entendus par un tribunal, pour certains sous serment, sous menace de sanctions pénales, le recourant ou l'un des témoins cités revienne en tout ou partie sur ses déclarations. Cela vaut d'autant plus que certains détails cités par le recourant - relatifs au fait qu'il connaissait bien R.________, contrairement aux déclarations de ce dernier - sont probablement vérifiables, éventuellement par l'audition d'autres témoins. Si elles sont confirmées, ou au contraire infirmées, ces précisions sont de nature à accréditer ou contredire en partie les autres allégations du recourant, en faveur ou au détriment de la version des faits présentée par l'employeur. Enfin, dans un cas où l'établissement des faits prête à discussion et dépend largement de la preuve testimoniale, il est important que la juridiction cantonale porte une appréciation directe sur un témoignage, selon les formes prescrites par la procédure cantonale, plutôt que de se limiter au procès-verbal d'audition dressé par l'intimée en procédure administrative (cf. arrêts du Tribunal fédéral des assurances C 206/00 du 17 novembre 2000, C 362/96 du 26 mars 1998 et U 90/93 du 12 novembre 1993).