Citation: 1P.185/2005 05.04.2005 E. A

A.________, ressortissant péruvien né le 17 mars 1969, a été arrêté le 14 juillet 2004 et placé en détention préventive sous les inculpations d'actes d'ordre sexuel avec des enfants et d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Il est accusé d'avoir perpétré des actes d'ordre sexuel sur sa nièce par alliance, née le 6 avril 1996, en 2002 et 2003, à Genève, soit de l'avoir emmenée dans la cave de l'immeuble où loge sa mère, pour la déshabiller et introduire son sexe dans le sien, de l'avoir forcée à visionner des films à caractère pornographique, de lui avoir léché le sexe et caressé les parties intimes ainsi que d'être entré nu dans la baignoire alors qu'elle prenait son bain. A.________ a nié la plupart des faits qui lui étaient reprochés, à l'exception du visionnement avec l'enfant de passages de films à caractère pornographique et d'un jeu déplacé où il aurait fait semblant de lui lécher le sexe. Une expertise de crédibilité de l'enfant a été confiée le 7 octobre 2004 à la Doctoresse B.________, chef de clinique au Service Médico-pédagogique du canton de Genève. Au terme de son rapport établi le 11 février 2005, l'experte conclut à une forte crédibilité des dires de la fillette, à l'exception toutefois de l'intromission forcée dont celle-ci affirmait avoir été la victime et qui ne trouvait aucun appui dans l'examen gynécologique auquel elle a été soumise. Elle a confirmé ses conclusions lors de son audition du 3 mars 2005. Le 4 mars 2005, A.________ a requis sa mise en liberté provisoire. Par ordonnance du même jour, la Chambre d'accusation du canton de Genève (ci-après: la Chambre d'accusation) a rejeté cette requête. Elle se référait notamment à une précédente décision du 18 janvier 2005 au terme de laquelle elle autorisait la prolongation de la détention préventive de A.________ jusqu'au 18 avril 2005. Elle a admis qu'au niveau de la prévention, les conditions des art. 187 et 191 CP étaient réalisées, même si l'accusation de viol devait ne pas été retenue, et qu'au regard de la gravité des faits dénoncés et de la peine concrètement encourue, une détention préventive légèrement inférieure à huit mois était justifiée en l'état. Elle a par ailleurs tenu pour établie l'existence d'un risque concret de fuite, d'un danger de collusion et d'un risque de récidive.