Citation: 1B_561/2022 E. 2.2

2.2. Le recours en matière pénale n'est recevable que contre les décisions finales au sens de l'art. 90 LTF ou contre les décisions incidentes aux conditions fixées à l'art. 93 LTF. La jurisprudence qualifie la décision qui ordonne l'établissement de profils d'ADN tantôt d'incidente, tantôt de finale selon qu'elle a été prise pour les besoins exclusifs de la procédure pénale en cours ou, au contraire, en vue d'élucider des crimes et délits, anciens ou futurs, sans lien avec la procédure (arrêt 1B_663/2021 du 28 juillet 2022 consid. 1.1 et les arrêts cités). En l'espèce, il ressort clairement et sans équivoque de l'arrêt attaqué que l'établissement du profil d'ADN du recourant n'avait pas d'autre but que d'élucider l'infraction d'incendie intentionnel concernée par la procédure en cours. L'arrêt de la Chambre des recours pénale constitue dès lors une décision incidente. Cela étant, il ne peut faire l'objet d'un recours en matière pénale qu'aux conditions de l'art. 93 al. 1 LTF. Le recourant ne s'exprime pas sur la recevabilité de son recours au regard de cette disposition comme il lui appartenait de le faire (ATF 141 IV 284 consid. 2.3), partant à tort de la prémisse qu'il était dirigé contre une décision finale. L'hypothèse de l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'est pas réalisée. Quant à l'art. 93 al. 1 let. a LTF, il suppose que la décision attaquée expose le recourant à un préjudice irréparable de nature juridique. Le fait que le prélèvement d'un échantillon en vue d'établir le profil d'ADN du prévenu constitue une mesure de contrainte au sens de l'art. 196 CPP ne suffit pas pour conclure à un tel préjudice (cf. ATF 136 IV 92 consid. 3.3; arrêt 1B_161/2021 du 31 mars 2021 consid. 2.3). En l'occurrence, il doit permettre d'apporter des éclaircissements sur les circonstances de l'incendie survenu le 18 juillet 2022. En ce sens, l'ordre de prélèvement d'échantillon en vue de l'établissement d'un profil d'ADN est assimilable à une décision relative à l'administration des preuves (cf. arrêt 1B_685/2011 du 23 février 2012 consid. 2.2). Or, de telles décisions ne sont en principe pas de nature à causer un dommage irréparable puisqu'il est normalement possible, à l'occasion d'un recours contre la décision finale, d'obtenir que la preuve administrée à tort ou de manière illicite soit écartée du dossier (cf. ATF 141 III 80 consid. 1.2; 136 IV 92 consid. 4.1). Aucune circonstance ressortant de l'arrêt attaqué ou du recours ne permet de retenir qu'il en irait différemment dans le cas particulier. Le recourant ne peut faire valoir aucun droit à ce que la légalité du prélèvement d'ADN et de son utilisation pour les besoins de la cause soit définitivement tranchée à ce stade de la procédure (cf. ATF 144 IV 127 consid. 1.3.1; 142 IV 207 consid. 9.8). Le préjudice allégué sera au contraire entièrement réparé si, à un stade ultérieur de la procédure pénale, l'échantillon d'ADN ainsi que toutes les preuves qui en découlent sont déclarés illicites et retranchés du dossier.