Citation: 6P.19/2005 06.04.2005 E. B

La condamnation de X.________ repose pour l'essentiel sur les faits suivants: B.a X.________ est un citoyen français, domicilié en France, titulaire d'un permis de frontalier. Il est entré au service de la Banque L.________ le 1er juillet 1968; depuis 1992, il y a occupé la fonction de directeur adjoint des bâtiments et équipements de la Banque L.________. Sa fonction ne devait pas le conduire à entretenir des relations avec la clientèle, ce d'autant plus qu'il n'avait ni connaissances bancaires, ni formation juridique ou de gestion. A partir du milieu des années 90, X.________ a invité diverses personnes avec lesquelles il était en relation professionnelle ou privée à lui confier des sommes d'argent, en affirmant qu'il pouvait effectuer des placements à des conditions très particulières réservées à des clients qu'il avait pouvoir de choisir. Les rendements promis se situaient généralement entre 15 et 30 %. En cas de reconduction des placements, les bailleurs de fonds pouvaient espérer des rendements annuels de 100 %. X.________ a également promis d'importants profits - jusqu'à 50 % - sur des opérations de change nécessitant un apport d'argent liquide. X.________ s'est fait remettre une somme totale de l'ordre de 12 à 15 millions de francs. Les investisseurs recevaient, à l'occasion de la remise des fonds ou de la reconduction d'un placement échu, un reçu libellé généralement comme suit: "... a remis à ce jour à M. X.________ un montant de Frs. ... destiné à un placement financier de la L.________ Bank TIC Londres, succursale de Genève, portant intérêt à ... %, intérêt et capital remboursables le ...". Les fonds confiés n'ont jamais été placés par l'établissement bancaire, mais X.________ les a gardés par-devers lui, de manière à assurer son train de vie et en particulier à lui permettre à assouvir sa passion du jeu. B.b Les responsables de la banque ont découvert les opérations de X.________ au début de l'année 2002. La Banque L.________ a déposé plainte le 1er février 2002. Elle faisait état de ses constatations sur les chèques tirés sur le compte personnel de X.________ auprès de la Banque L.________ et sur les premières dénonciations de clients de cette dernière. Rapidement mis en cause, X.________ a accusé dès le 9 avril 2002 Y.________ d'être associé à ses agissements. Parallèlement à l'instruction pénale, la Banque L.________ a mené une "enquête spéciale" dont les pièces ont été versées à la procédure.