Citation: 1P.520/2001 24.08.2001 E. 3

3.- Le recourant ne conteste pas la présence de charges suffisantes à son encontre. Il nie en revanche l'existence d'un risque de récidive et d'un danger de fuite propres à justifier son maintien en détention. a) L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un détenu peut, en principe, maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Selon la jurisprudence, le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités; voir aussi, arrêt de la CourEDH dans la cause Clooth c. Belgique, du 12 décembre 1991, Série A vol. 225, § 40). Cependant, en présence de graves actes de violence, il n'y a pas lieu de se montrer trop strict dans l'admission d'un risque de récidive, sous peine d'exposer les victimes potentielles à un danger dont la responsabilité ne saurait être assumée; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par d'autres moyens que le maintien en détention, tels que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine p. 271 et les arrêts cités). b) Selon le rapport d'expertise établi le 22 août 2000, le recourant présente une structure de personnalité pathologique qui le conduit à des modalités de comportement inadaptés dans plusieurs domaines, mais en particulier dans les relations interpersonnelles. Ce trouble de la personnalité s'accompagne relativement souvent d'un trouble lié à l'usage de substances psychotropes; l'expert psychiatre en conclut que le recourant est susceptible de commettre à nouveau des actes de même nature dans des situations à forte implication émotionnelle et sous l'effet de drogues. Les conclusions de l'expertise sont donc claires sur les risques que le recourant commette à nouveau des actes de violence. Certes, la concrétisation du danger de récidive requiert la conjonction de plusieurs facteurs (relation personnelle conflictuelle et consommation de substances psychotropes) qui tendent à le relativiser. Ce risque ne saurait toutefois être exclu dans la mesure où le recourant est un consommateur régulier de cocaïne et de médicaments, même s'il n'en est pas dépendant. De même, le fait - au demeurant non établi - que son ex-amie aurait quitté la Suisse ne suffit pas plus pour écarter tout acte de violence vis-à-vis d'autres relations féminines, qui se trouveraient avec le recourant dans la même situation personnelle que celle de G.________. Le risque que le recourant commette de nouveaux actes de violence doit être pris d'autant plus au sérieux qu'aux dires de la victime, postérieurs au rapport d'expertise, W.________ aurait prétendu avoir fait subir un traitement analogue à deux autres filles. Même si le recourant conteste la véracité de ces déclarations, on ne saurait en faire abstraction dans l'appréciation du risque de récidive. Compte tenu de ces circonstances et de la prudence dont il convient de faire preuve dans l'évaluation du danger de réitération en présence d'actes de violence, le Tribunal d'accusation pouvait, sans violer les art. 10 al. 2 Cst. et 5 § 1 let. c CEDH, retenir qu'il existait un risque concret et important de récidive pour refuser la libération provisoire du recourant. Le fait que ce dernier se soit engagé à se soumettre à un traitement psychiatrique ambulatoire démontre certes une prise de conscience positive de ses difficultés psychologiques et sa volonté de s'amender; cependant, en l'absence d'un avis du médecin traitant sur la question permettant d'apprécier différemment le danger de récidive mis en évidence par l'expertise du 22 août 2000, celui-ci ne saurait être exclu. Le recours est dès lors mal fondé en tant qu'il porte sur l'existence d'un danger de réitération; le maintien en détention se justifiant pour ce seul motif, il n'y a pas lieu d'examiner si une telle mesure s'impose également par un éventuel risque de fuite.