Citation: 8C_751/2023 E. 6.2.1

6.2.1. Concernant le genou gauche, le docteur B.________ avait évalué l'IPAI à 10 %, au vu d'une légère instabilité antéro-postérieure et d'une limitation de la flexion. Le docteur D.________ a relevé que ce taux devait être augmenté de 20 % en raison d'un début d'arthrose (ostéophytose) et d'un risque d'aggravation nécessitant la pose d'une prothèse totale de genou, une telle intervention ayant entre 50 et 75 % de chance d'être pratiquée dans les années à venir. Il n'a fourni aucune précision quant à la nature et au degré de l'arthrose. Le docteur E.________ a objecté que l'estimation faite en 2004 avait été très généreuse. Il était légitime de penser que le docteur B.________ avait tenu compte d'une aggravation ultérieure du genou gauche. Dès 2004, la mobilisation de la rotule était douloureuse. Les examens par imagerie avaient déjà mis en évidence une arthrose au niveau fémoro-patellaire en 2006. Sur la base des multiples résultats d'imagerie pratiqués depuis 2018 et des rapports opératoires, le recourant ne présentait que de légers signes d'arthrose, essentiellement sous forme d'ostéophytes, sans aucune lésion cartilagineuse. Eu égard à la table 5 de la CNA, on pouvait parler tout au plus d'une arthrose (fémoro-patellaire) moyenne, connue depuis 2006, qui ne semblait avoir que peu évolué en 13 ans. Aucun élément objectif ne militait toutefois en faveur d'une aggravation significative justifiant une augmentation de l'IPAI. L'absence de toute lésion cartilagineuse fémoro-tibiale en 2020, après 19 ans d'évolution, et une minime augmentation de l'atteinte cartilagineuse entre 2006 et 2020, ne permettait pas de prédire l'apparition un jour d'une arthrose fémoro-patellaire et/ou fémoro-tibiale significative. Il n'était pas non plus possible de déterminer à quel moment une prothèse devrait être implantée. En l'état, il n'y avait pas de raison de mettre en place une prothèse sur un genou qui présentait des cartilages sains.