Citation: U 138/03 05.10.2004 E. A

A.a P.________, née en 1942, exerçait la profession d'infirmière de soins à domicile. A ce titre, elle était assurée contre le risque d'accidents par La Bâloise, Compagnie d'Assurances (ci-après : La Bâloise). Le 7 novembre 1994, elle a été renversée par un patient souffrant d'un malaise. Une fracture ostéochondrale du condyle fémoral externe et du plateau tibial externe, avec hyper-motilité de l'articulation tibio-péronière proximale, a été finalement mise en évidence et traitée lors d'une arthroscopie, le 12 janvier 1995; une ténodèse du tendon du biceps fémoral fut encore pratiquée le 7 septembre suivant. Une imagerie par résonance magnétique a par ailleurs révélé, le 7 mai 1996, une lésion de grade III de la corne postérieure du ménisque interne, une dégénérescence mucoïde de grade II de la corne postérieure du ménisque externe et une chondromalacie rotulienne de grade I à II, ce qui motiva une nouvelle intervention par arthroscopie, le 11 juin 1996. La Bâloise confia au docteur Z.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, le soin de réaliser une expertise, en vue de déterminer les séquelles de l'accident du 7 novembre 1994 et leur influence sur la capacité de travail de l'assurée. Ce praticien attesta une incapacité de travail de 25 % dans l'activité exercée précédemment par l'assurée, en raison d'atteintes au genou gauche consécutives à l'accident, entraînant «certaines difficultés face aux exigences des travaux de soins à domicile», et proposa de retenir un taux d'atteinte à l'intégrité physique de 10 % (rapport du 13 février 1997). A.b Entre-temps, le 20 août 1996, une patiente que P.________ aidait à se coucher a perdu l'équilibre et s'est agrippée au bras droit de l'assurée, qui a ressenti une vive douleur à l'épaule. Consultés deux jours plus tard, les docteurs M.________ et A.________, chiropraticiens, ont posé le diagnostic de rupture partielle du chef long du biceps droit (rapport du 30 septembre 1996). Par la suite, toutefois, une imagerie par résonance magnétique n'a mis en évidence, pour seule anomalie, qu'un épanchement articulaire modéré; il n'y avait aucun signe en faveur d'une lésion de la coiffe des rotateurs et le tendon du long chef du biceps paraissait intact (rapport du 7 octobre 1996 des docteurs S.________ et C.________). Le 17 mars 1997, le docteur Z.________ fit état, pour sa part, d'une épaule gelée, et procéda à une mobilisation sous narcose avec une arthroscopie; le 1er juillet suivant, il renouvela l'opération de mobilisation sous narcose. Il pratiqua par ailleurs une nouvelle intervention par arthroscopie sur le genou gauche de l'assurée, avant d'attester, dans un rapport établi le 5 février 1998, une capacité de travail de 75 % dès le 2 février 1998; il se référait sur ce point aux explications figurant dans son précédent rapport d'expertise. P.________ ne parvint pas à trouver un accord avec son employeur en vue d'être affectée à des travaux mieux adaptés à son état de santé et résilia son contrat de travail pour le 30 avril 1998. Elle n'a pas repris d'activité professionnelle depuis lors. A.c Une nouvelle expertise, portant sur les atteintes au genou gauche et à l'épaule droite de l'assurée, fut confiée au docteur B.________, spécialiste en chirurgie. Selon ce médecin, l'assurée présentait, en 1998 des séquelles minimes de l'événement du 20 août 1996; l'accident du 7 novembre 1994 avait en revanche laissé des séquelles plus importantes au genou gauche, qui iraient probablement en s'aggravant. L'assurée était capable de travailler à 100 % dans une activité physiquement moins astreignante que celle exercée auparavant; un changement d'affectation était nécessaire, les séquelles accidentelles, associées à la constitution fluette de la patiente, rendant impossible la poursuite d'une activité de soins à domicile. L'expert proposa de retenir un taux d'atteinte à l'intégrité de 8,5 %, en précisant avoir fait abstraction de toute atteinte à l'épaule droite, pour laquelle on pouvait espérer une guérison totale à bref délai (rapport du 27 mai 1998). Par décision du 24 mars 1999, La Bâloise constata qu'il n'y avait plus d'incapacité de travail depuis le 1er mai 1998 et nia le droit de l'assurée à une rente d'invalidité; elle alloua par ailleurs une indemnité pour une atteinte à l'intégrité de 8,5 %. A la suite d'une opposition de l'assurée, l'assurance-accidents confia une expertise pluridisciplinaire aux docteurs W.________, orthopédiste, et R.________, psychiatre. En ce qui concerne l'épaule droite, ces médecins ont précisé n'avoir pas objectivé de lésion anatomique consécutive à l'événement du 20 mai 1996. L'épaule présentait une périarthrite dégénérative dont l'évolution serait probablement lentement défavorable, sans certitude que cette dégénérescence soit liée aux diagnostics posés en 1996; ni l'examen clinique, ni les examens radiologiques ne correspondaient aux suites d'une lésion du biceps. Les atteintes constatées à l'épaule n'entraînaient pas d'incapacité de travail, hormis une limitation à soulever et déplacer des charges; dans une activité de soins à domicile, une capacité de travail de 75 % devait être admise, mais de nombreuses variantes de places de travail mieux adaptées existaient pour une infirmière, pour lesquelles une pleine capacité de travail pouvait être reconnue. En ce qui concerne le genou gauche, les constatations étaient pour l'essentiel identiques à celles du docteur B.________, les docteurs W.________ et R.________ proposant cependant un taux d'atteinte à l'intégrité de 10 % afin de prendre en compte l'évolution à long terme de l'arthrose (rapport du 7 octobre 2000). A réception de cette expertise, La Bâloise annula sa décision du 24 mars 1999, au motif qu'aucune comparaison de revenus n'avait été effectuée. Après instruction complémentaire, l'assurance-accidents mit fin aux indemnités journalières allouées précédemment à l'assurée, et les remplaça par une rente fondée sur un taux d'invalidité de 8 %, avec effet dès le 1er janvier 2001. La Bâloise considéra que l'accident du 20 août 1996 n'avait pas laissé de séquelle invalidante, contrairement à celui du 7 novembre 1994; l'assurée pouvait encore travailler à plein temps comme infirmière, mais plus dans une activité de soins à domicile. La Bâloise fixa par ailleurs le taux d'atteinte à l'intégrité de P.________ à 10 %, et lui alloua une indemnité correspondante (décision du 12 juin 2001 et décision sur opposition du 11 juillet 2001).