Citation: 6B_480/2022 E. 1.5

1.5. En l'espèce, il est constant que le professeur B.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, dont le recourant ne discute pas les qualifications professionnelles, a établi le 29 avril 2019 une expertise psychiatrique concernant le recourant, dans le cadre de la procédure d'examen de sa libération conditionnelle. Ce même spécialiste a, ensuite, été appelé à se prononcer, avant le début de l'exécution de l'internement, sur la possibilité d'y substituer une mesure thérapeutique institutionnelle (art. 64b al. 1 let. b CP), ce qu'il a fait dans son rapport du 17 mars 2021, sur lequel se base, notamment, la décision de dernière instance cantonale objet du présent recours. Selon le recourant, cet expert ne répondrait pas aux exigences d'indépendance élevées posées par l'art. 56 al. 4 CP. Le recourant soutient, en se référant à un auteur (MARIANNE HEER, in Basler Kommentar Strafprozessordnung, 2e éd. 2014, no 31 ad art. 183 CPP), que le fait d'avoir été " pré-saisi " de la même affaire, respectivement consulté sur la même question ou des questions très similaires, engendrerait le risque que des attentes soient projetées dans les questions posées et que les réponses apportées soient interprétées en ce sens. Cela plaiderait en faveur de l'absence de l'indépendance requise. En se référant au même auteur et à la jurisprudence du Tribunal fédéral, il soutient qu'il s'imposerait, en cas de mesure d'internement de longue durée, de recourir à un psychiatre qui ne se serait pas du tout occupé du cas auparavant. Il relève aussi que la partialité de l'expert peut être mise en évidence par l'appréciation d'éléments tels que le contenu de l'expertise, la méthode choisie ou les relations avec la personne expertisée.