Citation: K 143/06 01.02.2008 E. 4

4.1 L'application au cas d'espèce des principes jurisprudentiels rappelés par la juridiction cantonale implique la prise en charge par la caisse recourante des frais médicaux liés à l'intervention du 25 novembre 2005. 4.2 On constatera au préalable que dans l'arrêt de principe relatif à la prise en charge d'une opération de reconstruction mammaire après amputation médicalement indiquée, le Tribunal fédéral des assurances a considéré que l'intervention subie par l'assurée, qui avait permis de redonner au sein amputé un volume et un galbe imitant un sein plus ou moins identique à l'autre, était une mesure propre à rétablir l'intégrité physique de la personne concernée, et qu'elle donnait en conséquence lieu à prestation obligatoire de l'assurance maladie (ATF 111 V 229 consid. 4 p. 234 sv.). On ne peut donc pas déduire de cette jurisprudence dont s'inspire le ch. 1.1 de la première annexe de l'OPAS qu'une asymétrie mammaire causée par des complications post-opératoires ne constitue pas une atteinte à l'intégrité physique au sens de cette disposition. 4.3 On ajoutera que même si l'on ignore tout des raisons qui ont conduit les médecins à retenir une indication opératoire (réduction mammaire bilatérale), celle-ci n'a jamais été contestée dès lors que les coûts liés à l'acte chirurgical en question et à ses suites infectieuses sur le sein droit ont été assumés par l'assureur sans aucune discussion. L'hypertrophie mammaire initiale avait donc valeur de maladie ou était à l'origine de troubles ayant valeur de maladie (cf. ATF 121 V 211 consid. 4 p. 213; RAMA 2000 n° KV 138 p. 357, n° KV 113 p. 126 consid. 4c p. 131 et les références) et la dermohypodermite récidivante subséquente lui était étroitement liée. De surcroît, si l'on se réfère aux constatations, transmises par le docteur C.________ le 19 mai 2006, relatives à la taille des seins de l'intéressée à l'issue de l'opération initiale du 8 juin 2004 et du traitement subséquent de l'infection, il ne fait aucun doute que l'asymétrie mammaire finalement observée est une conséquence directe du traitement entrepris. Dans ce contexte médical particulier, il apparaît ainsi que l'hypertrophie initiale, la dermohypodermite subséquente et l'asymétrie finale sont unies par un lien causal évident, les deux dernières constituant manifestement des atteintes secondaires à la première. 4.4 On ajoutera encore que l'asymétrie mammaire - qui est une altération externe d'une partie du corps visible spécialement sensible sur le plan esthétique et porte sur un organe caractéristique de l'appartenance au sexe féminin susceptible d'affecter le sentiment profond de l'identité personnelle - ne saurait être qualifiée de modérée sur la base d'un unique cliché photographique, d'autant moins que celui-ci n'a été que brièvement commenté par le médecin-conseil de la caisse recourante selon lequel l'asymétrie était exagérée par une prise de vue légèrement oblique. On relèvera à cet égard qu'outre le fait d'ignorer la provenance de la photographie, qui semble être un cliché personnel fourni par l'intimée plutôt que réalisé par un membre du corps médical, et quelque soit l'axe adopté dans le cas particulier, l'argument de l'assureur est contredit de manière convaincante par les données communiquées par le docteur C.________ qui, une fois les suites infectieuses stabilisées, avait évalué à une taille la différence de grandeur entre le sein droit et le sein gauche, ayant observé un bonnet d'un côté bien rempli et vide de l'autre. On notera finalement que selon la psychiatre traitant, la correction du défaut de symétrie a eu pour effet d'améliorer nettement l'état de santé psychique de l'intéressée, notamment en ce qui concerne l'estime de soi, et que cet état aurait pu stagner ou s'aggraver et nécessiter un traitement plus conséquent que celui déjà dispensé. 4.5 Au regard de ce qui précède et selon la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances développée sous l'empire de la LAMA - applicable dans les cas soumis à la LAMal (cf. notamment RAMA 2000 n° KV 138 p. 357 consid. 3b p. 360) - l'asymétrie mammaire en question est donc constitutive d'une atteinte esthétique d'une certaine ampleur secondaire à la maladie initiale et à laquelle il appartenait à la caisse recourante de remédier (cf. ATF 121 V 119 consid. 1 p. 120 sv., 111 V 229 consid. 1c p. 232 et 3b p. 234, 102 V 69 consid. 3 p. 71 sv. et les références). Pour ce motif déjà, le recours doit être rejeté.