Citation: 6B_746/2022 E. 7.3

7.3. Pour autant, selon la cour cantonale, l'intérêt public présidant à l'expulsion du recourant l'emportait nettement sur son intérêt privé à demeurer en Suisse, de sorte que, la seconde condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP n'étant ainsi pas réalisée, il ne pouvait pas être mis au bénéfice de la clause de rigueur. Il fallait prendre en considération l'intense volonté criminelle démontrée par le recourant, qui s'était notamment associé à deux comparses pour attaquer par surprise un adversaire et le rouer de coups alors qu'il se trouvait à terre. Si elle n'avait heureusement pas entraîné de blessures conséquentes, l'infraction commise était grave, dès lors qu'elle visait un bien juridiquement protégé particulièrement important. Le recourant n'avait du reste fait que minimiser son comportement et n'avait pas émis le moindre regret. Pire, il s'en était encore pris quelques semaines plus tard à un contrôleur de train, qui faisait son travail, en lui crachant au visage, en l'injuriant, puis en le frappant. Parmi les infractions pour lesquelles il avait été condamné figuraient aussi trois cas de conduite en état d'ébriété qualifiée, voire de conduite sous stupéfiants, soit des délits objectivement graves dès lors notamment qu'ils mettaient en danger la vie des autres usagers de la route. En tout état, le nombre et la nature des infractions commises entre septembre 2016 et septembre 2020 révélaient un mépris persistant de l'ordre juridique suisse, de même qu'une absence de scrupules à compromettre la sécurité publique et à s'en prendre à l'intégrité physique d'autrui, étant de surcroît relevé que son casier judiciaire comportait deux inscriptions concernant principalement des infractions contre l'intégrité corporelle commises en été 2017. Si le recourant était certes né en Suisse et y avait toujours vécu, son intégration socio-professionnelle ne pouvait au reste pas être considérée comme réussie, l'intéressé ne disposant d'aucune formation professionnelle achevée. Quand bien même, avant d'être incarcéré le 1er octobre 2020, il exerçait un emploi d'aide-monteur au sein d'une entreprise active dans le domaine des échafaudages, pour un revenu mensuel de l'ordre de 4'000 fr. brut, cette occupation ne reflétait pas à elle seule une intégration aboutie, sa situation financière étant pour le surplus mauvaise, puisqu'il avait fait l'objet de poursuites pour dettes à hauteur de 45'000 francs. Célibataire, sans enfant et toujours domicilié chez ses parents, il ne faisait non plus partie d'aucune société locale et n'avait pas démontré l'existence de liens sociaux intenses avec le pays dans lequel il était né. Cela étant, il avait conservé des liens avec son pays d'origine, maîtrisant l'albanais et se rendant au Kosovo quasiment chaque année pour rendre visite aux membres de sa famille qui y étaient établis, soit des oncles et des cousins. Si une intégration n'y serait pas aisée, elle ne serait pas non plus particulièrement difficile, car le recourant pourrait bénéficier sur place d'un réseau familial qui pourrait l'aider à s'installer (cf. jugement attaqué, consid. 11.3.2 p. 57 s.).