Citation: 5A_850/2022 E. 3.2.3

3.2.3. Le recourant prétend d'abord qu'en refusant d'ordonner le retour de sa fille en raison de la fragilité du lien les unissant, la cour cantonale aurait statué sur la garde, alors que non seulement cette compétence ne lui appartenait pas, mais que cette question avait de surcroît déjà été tranchée par les autorités françaises. Il reproche aussi à l'autorité cantonale de ne pas avoir détaillé les dangers qu'encourrait C.________ auprès de lui - soulignant son aptitude à s'en occuper - et de s'être limitée à la vraisemblance du caractère intolérable du retour, alors que celui-là devait être établi. Le recourant estime qu'en réalité, la cour cantonale appliquait extensivement la jurisprudence excluant par principe la séparation entre un très jeune enfant et son parent de référence, pourtant ici inapplicable dès lors que C.________ était âgée de 3 ans; cette jurisprudence était d'ailleurs dépourvue de toute portée, vu la décision française fixant la résidence de l'enfant auprès de lui, qui examinait la question du bien de sa fille et n'avait pas été rendue par défaut. Le recourant affirme ensuite que la chambre des curatelles aurait donné une portée disproportionnée au risque d'incarcération auquel l'intimée s'exposait en se rendant en France dès lors que celui-ci n'était aucunement avéré: la disposition légale citée était insuffisante à le démontrer et l'intimée n'établissait pas qu'une procédure avait été ouverte à son encontre; or, ce n'était pas à lui qu'il incombait de le prouver. Ce prétendu risque n'était enfin pas décisif au regard du jugement français du 1 er mars 2022: si l'enfant regagnait la France, elle devrait s'installer chez lui et le droit de visite réservé à l'intimée pourrait être exercé en Suisse, lui-même étant disposé à en faciliter la mise en oeuvre. L'intimée relève pour sa part que le caractère intolérable du retour avait été motivé de manière détaillée et convaincante par la cour cantonale, dont l'appréciation - notamment son statut de parent référent - n'était d'ailleurs nullement remise en cause par le recourant. La question du bien de C.________ n'avait pas été examinée par le jugement français attribuant la garde de l'enfant à son père dès lors qu'il avait été rendu par défaut; cette dernière circonstance expliquait également que la décision ne prenait pas en compte le risque de son incarcération, lequel était pourtant bien concret et réel vu les plaintes pénales dont elle faisait l'objet et que le recourant n'avait pas retirées. S'agissant enfin de la possibilité d'exercer son droit de visite en Suisse, l'intimée souligne que, si elle venait à être incarcérée, elle ne pourrait de toute manière pas exercer cette prérogative.