Citation: 7B_582/2024 E. A

A.a. Le 20 mars 2024, A.________, ressortissant guinéen sans domicile fixe ayant fait l'objet d'une décision de refus d'asile et de renvoi par le Secrétariat d'État aux migrations le 16 novembre 2023, a été appréhendé par la police dans des toilettes publiques se trouvant en face de l'hôtel B.________ à U.________, alors qu'il s'y trouvait avec C.________. A.b. La police est intervenue sur appel de D.________ qui, marchant à hauteur de l'hôtel B.________, avait entendu des "aaaah" provenant des toilettes publiques situées au sous-sol. Après avoir entendu une femme crier "au secours", il s'était dirigé vers les toilettes en question. Arrivant en bas, il n'avait pas réussi à ouvrir la porte de la cabine, qui était fermée. Il avait alors vu, par-dessous la porte, une femme secouer la tête de droite à gauche, laquelle lui avait demandé d'appeler la police. Elle continuait de crier et D.________ avait l'impression que l'homme avec lequel elle se trouvait lui mettait la main sur la bouche pour l'en empêcher car ses cris étaient comme étouffés. Il avait également entendu qu'on essayait d'ouvrir la porte en vain. Il avait ainsi appelé le 117 et entendait l'homme dire à la femme "tais-toi, tais-toi". A.c. En arrivant sur les lieux, les agents de police ont entendu les cris d'une femme. Après avoir ouvert la porte, ils ont constaté que C.________ était à quatre pattes, le ventre sur la cuvette des WC et que A.________ était debout derrière elle, le sexe en érection. C.________ hurlait, gesticulait, se débattait et tentait de repousser l'homme. Les agents de police ont dû faire usage de la force à plusieurs reprises pour séparer les deux protagonistes. Ils ont constaté des traces de sang sur le pubis de C.________ et sur son visage. Des cheveux de A.________ se trouvaient au sol. A.d. Entendu par la police comme prévenu de lésions corporelles simples, de viol et d'infractions à l'art. 115 LEI, A.________ a déclaré ne pas connaître la femme avec laquelle il se trouvait dans les WC publics. Celle-ci lui avait proposé des rapports sexuels contre 100 francs. Il lui avait remis cette somme pour une durée de 30 minutes. Dans les toilettes, ils avaient consommé de la cocaïne et C.________ lui avait prodigué une fellation. Ils avaient à nouveau consommé de la cocaïne avant d'entretenir un nouveau rapport sexuel. Elle s'était alors mise à quatre pattes et lui s'était posté derrière elle. A ce moment-là, un homme avait crié "au secours" et avait appelé la police. A.________ n'avait pas ouvert la porte car les 30 minutes pour lesquelles il avait payé n'étaient pas écoulées. Le prénommé a en outre indiqué à la police qu'il consommait 5 à 6 joints de marijuana et 2 grammes de cocaïne par jour depuis ses 14 ans. Avant les faits, il avait consommé 8 lignes de coke, 2-3 joints et de la vodka; il était "ultra bourré". A.e. Entendue par la police le 20 mars 2024, C.________ a expliqué qu'elle devait retrouver un ami prénommé "E.________" pour se balader. Elle s'était rendue aux toilettes pour changer sa protection hygiénique. Elle n'avait pas pu fermer le verrou de la porte. A.________, qu'elle n'avait jamais vu auparavant, avait poussé la porte des WC. Elle avait crié et il lui avait dit "je veux baiser". Ils avaient commencé à se battre; elle avait reçu un coup de poing au visage et avait essayé de protéger ses mains. A.________ avait déchiré son pantalon. Il ne s'était rien passé entre eux d'ordre sexuel, même si l'homme le voulait, dès lors qu'elle s'y était opposée et que la police était arrivée tout de suite. Elle n'avait pas consommé de stupéfiants. Elle avait bu du vin chez un ami, mais elle n'était pas ivre. C.________ a refusé l'examen gynécologique dès lors que A.________ ne l'avait pas touchée. Elle ne désirait pas déposer plainte contre lui. Un constat de lésions traumatiques a mis en évidence chez C.________ une tuméfaction à la pommette gauche s'étendant de la racine du nez au coin interne de l'oeil gauche ainsi qu'un saignement nasal et des ecchymoses dans le dos. Il en ressortait en outre que C.________ avait indiqué que l'agresseur l'avait tenue par les cheveux et qu'elle avait mal au cuir chevelu. A.f. F.________ a déclaré que, travaillant à ce moment-là sur un bateau, il avait assisté à l'intervention de la police. Il avait alors réalisé qu'il avait déjà vu cet homme et cette femme aller dans les toilettes publiques en question le samedi 16 février 2024. A.g. Il ressort d'images de vidéosurveillance que le 20 mars 2024 à 9h59, C.________ et A.________ marchaient ensemble dans la rue V.________, puis à 10h07, dans cette même rue, bras dessus, bras-dessous. A 10h13, ils traversaient les voies de circulation du quai du W.________ en direction du lac. A.h. Devant le Ministère public, mis en prévention pour viol, contrainte sexuelle, lésions corporelles ainsi qu'infractions aux art. 155 al. 1 let. b LEI et 19a ch. 1 LStup, A.________ a maintenu ses déclarations. A.i. Par ordonnance du 22 mars 2024, notifiée le 30 suivant, le Tribunal des mesures de contrainte de la République et canton de Genève (ci-après: le TMC) a ordonnée le placement de A.________ en détention provisoire jusqu'au 20 juin 2024.