Citation: 1C_412/2019 E. 2.3

2.3. Les recourants critiquent cette jurisprudence qui aurait pour effet d'affaiblir la portée et l'utilité pratique de l'autorisation préalable de construire en se référant à plusieurs avis de doctrine. Le Tribunal fédéral a tenu compte de ces critiques en admettant d'entrer en matière dans certaines conditions, en particulier lorsque la question litigieuse revêt une importance de principe et que le projet devrait être profondément remanié en cas d'admission du recours. Les arguments que les recourants développent ne sont pas de nature à opérer un revirement ou un assouplissement de la jurisprudence confirmée récemment (cf. arrêt 1C_127/2019 du 2 avril 2019 consid. 2.2). Les recourants ne sauraient au surplus être suivis lorsqu'ils tiennent la condition du préjudice irréparable pour réalisée aux motifs que la présente affaire revêtirait une importance de principe et que leur droit d'être entendus aurait été violé. L'objet du litige porte en effet sur le point de savoir si la Municipalité de Begnins a outrepassé ses compétences en octroyant une dérogation aux art. 3.9 et 3.10 de son règlement relatifs à la hauteur à la corniche et à la pente des toitures. Cette question, à laquelle la cour cantonale a répondu par la négative, ne revêt pas une importance de principe. Il en va de même de celle liée à la violation alléguée du droit d'être entendus des recourants. On ne voit enfin pas qu'il soit contraire à l'art. 29 al. 1 Cst. de renvoyer les parties à attendre l'issue de la procédure définitive de construire, au demeurant déjà engagée par l'intimé, pour saisir le Tribunal fédéral. L'examen immédiat du recours ne s'impose donc pas davantage dans l'intérêt bien compris des parties afin d'éviter une procédure longue et coûteuse qui pourrait s'avérer inutile en cas d'admission du recours. L'hypothèse de l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'entre pas en considération et les recourants ne le prétendent d'ailleurs pas. Cela étant, aucune des deux conditions alternatives auxquelles une décision incidente peut être déférée auprès du Tribunal fédéral en vertu de l'art. 93 al. 1 LTF n'est réalisée. L'arrêt attaqué ne peut donc pas faire l'objet d'un recours immédiat. Il pourra en revanche être contesté auprès de la Cour de céans, le cas échéant, en même temps que la décision finale (art. 93 al. 3 LTF).