Citation: 7B_678/2023 E. 1

- 78 mois, sous déduction d'un jour à titre de réparation pour tort moral, de 377 jours de détention provisoire, de 175 jours de détention pour des motifs de sûreté et de 921 jours d'exécution anticipée de peine, prononcés le 10 octobre 2022 par le Tribunal criminel de l'arrondissement de l'Est vaudois, pour complicité de tentative de vol, blanchiment d'argent, infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup; RS 812.121), entrée et séjour illégaux; il a en outre été ordonné son expulsion du territoire suisse pour une durée de 15 ans et l'inscription de cette mesure au registre du Système d'information Schengen. A.________, qui est incarcéré à la prison de la Croisée, a atteint les deux tiers de ses peines - dont le terme est fixé au 18 avril 2025 - le 9 février 2023. B.b. A.________ a en outre été condamné à neuf reprises, entre 1997 et 2017, en Suisse, France et Norvège, à des peines privatives de liberté allant de 1 à 45 mois, notamment pour des infractions contre l'intégrité corporelle (lésions corporelles), contre le patrimoine (tentative de vol aggravé, complicité de brigandage, recel) et contre la liberté (menaces, contrainte), ainsi que pour des infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants et à la législation sur les étrangers. En 1999, le prénommé a par ailleurs fait l'objet d'une expulsion du territoire suisse pour une durée de 15 ans. B.c. Dans son rapport établi le 29 mars 2019, la Direction de la prison de la Croisée (ci-après: la direction de la prison) a émis un préavis favorable à la libération conditionnelle de A.________, qui exécutait alors une courte peine privative de liberté. Le 12 juillet 2019, le Service de la population a prononcé le renvoi du prénommé de Suisse au motif que la poursuite de son séjour en Suisse constituait une menace pour la sécurité et l'ordre publics ou pour la sécurité intérieure ou extérieure du pays. Le 29 mars 2023, ce même service lui a imparti un délai immédiat pour quitter la Suisse ainsi que l'Espace Schengen dès sa libération conditionnelle ou définitive. B.d. Le 24 mars 2023, A.________ a déposé une demande de libération conditionnelle des peines qu'il exécute actuellement (cf. let. B.a supra). Dans son rapport du 20 avril 2023, la direction de la prison a préavisé favorablement à la libération conditionnelle du condamné, pour autant que son expulsion puisse s'organiser et qu'il puisse être renvoyé au Kosovo. Le 25 avril 2023, l'Office d'exécution des peines du canton de Vaud a saisi le Juge d'application des peines d'une proposition tendant au refus de la libération conditionnelle de A.________. Il a estimé que le pronostic quant à son comportement futur était défavorable et que l'éventuelle mise en oeuvre de l'expulsion judiciaire dans le cadre de l'élargissement anticipé ne permettrait pas de parer au risque de récidive, compte tenu de la violation des précédentes mesures administratives et d'expulsion dont il avait fait l'objet. A.________ a été entendu par la Présidente du Collège des Juges d'application des peines le 20 juin 2023. Il a déclaré avoir commis des erreurs qu'il ne répéterait jamais plus, précisant ne rien avoir gagné de son trafic de drogue hormis la prison. Il a indiqué qu'il pensait que vendre de la marijuana était légal et qu'il n'avait pas blanchi d'argent. Il a par ailleurs accepté de quitter la Suisse et de retourner au Kosovo. Interrogé sur ses projets en cas de libération, il a expliqué qu'il allait s'installer au Kosovo, chez l'un de ses frères, et se lancer en tant qu'indépendant dans un commerce d'importation d'oranges ou de carrelage. Il a encore relevé que sa femme demeurait en Espagne et qu'il attendait de savoir s'il pouvait obtenir une autorisation de séjour pour ce pays. Il a enfin présenté ses excuses pour ses agissements. Le 21 juin 2023, le Ministère public central a déclaré s'en remettre à justice s'agissant de la libération conditionnelle de A.________.