Citation: 5A_453/2023 E. A

A.a. B.________, né en 1963, de nationalités russe et chypriote, et A.________, née (...) en 1971, de nationalités russe et suisse, se sont mariés en 2004 à Moscou (Russie). Deux enfants sont issues de cette union, C.________, née en 2003, et D.________, née en 2006, toutes deux de nationalités russe et suisse. Les parties ont vécu ensemble à K.________ de 2005 à 2015. Elles se sont séparées fin 2015. A.b. Le 18 mars 2016, les époux ont conclu un accord de séparation, aux termes duquel ils sont, en substance, convenus de répartir leur patrimoine à parts égales entre eux, de renoncer au versement d'une contribution d'entretien post-divorce entre époux, de maintenir l'autorité parentale conjointe sur leurs filles, d'attribuer la garde exclusive des filles à la mère, sous réserve d'un large droit de visite en faveur du père, et de fixer la contribution d'entretien de chacune des enfants à 10'000 fr. par mois, augmentée par la suite à 15'000 fr. par mois. Ils sont en outre convenus de déposer une requête commune en divorce devant les tribunaux suisses avant le 1er janvier 2017. A.c. En novembre 2016, les époux ont, d'un commun accord, initié une procédure de divorce à Moscou (Russie). Le 14 novembre 2016, l'époux a déposé une demande en ce sens par-devant le juge de paix de l'arrondissement judiciaire du district U.________ à Moscou. Le 24 novembre 2016, l'épouse, représentée par son conseil, a formellement acquiescé à la demande déposée par son époux, précisant qu'il n'y avait pas de dispute sur le partage de leur propriété commune et confirmant que les époux s'étaient mis d'accord concernant l'habitation, l'éducation et l'entretien des enfants. Le 2 décembre 2016, les époux ont signé deux nouveaux accords de séparation réglant les effets accessoires de leur divorce. Aux termes de ces accords, ils sont notamment convenus de répartir leur patrimoine à raison de 1/3 des actifs en faveur de l'épouse et 2/3 en faveur de l'époux et de fixer la contribution d'entretien des enfants à 12'500 fr. par mois et par enfant, dès le 1er janvier 2017 et ce jusqu'à ce que les enfants aient atteint l'âge de 25 ans, si elles suivaient une formation ou des études de manière régulière. Ils sont en outre convenus de poursuivre en ce sens la procédure de divorce initiée en Russie. Le 6 décembre 2016, l'épouse a sollicité l'ajournement de l'audience judiciaire fixée le 12 décembre 2016, au motif qu'elle avait eu connaissance d'éléments nécessitant des pourparlers avec son époux, notamment concernant le partage des biens communs, ainsi que la nécessité de trouver un accord complémentaire concernant l'entretien des enfants. A.d. Par jugement de divorce du 22 décembre 2016, statuant après audition des époux, le juge de paix de l'arrondissement judiciaire du district U.________ à Moscou a dissous le mariage contracté par les époux. Il a relevé que l'époux avait présenté une demande aux termes de laquelle il n'y avait pas de litige portant sur la séparation des biens et qu'un accord portant sur la résidence, l'éducation et l'entretien des enfants avait été trouvé. Le représentant de l'épouse avait accepté la demande de l'époux lors de l'audience et avait confirmé l'absence de litige entre les parties portant sur la séparation des biens et l'accord trouvé sur la résidence et l'éducation des enfants. Le juge russe a également relevé avoir examiné les documents écrits de l'affaire et considéré que la demande était fondée, précisant qu'il reconnaissait l'acceptation de la demande par l'épouse dans la mesure où elle ne contrevenait pas à la loi et ne lésait pas les droits et les intérêts légaux des autres personnes. Ce jugement n'a fait l'objet d'aucun appel. A.e. Entre le 16 décembre 2016 et le 18 janvier 2017, en exécution de l'accord de séparation du patrimoine, l'ex-épouse a perçu de l'ex-époux les sommes de USD 1'020'000.-- en espèces et USD 12'014'793.03 en titres. A.f. Par courrier du 1er mars 2017, l'ex-épouse a informé l'ex-époux qu'elle révoquait la (sic) convention du 2 décembre 2016 en raison de la contrainte qu'elle considérait avoir subie pour signer ces accords, qu'elle estimait préjudiciables à ses intérêts. Elle se considérait dès lors liée par la convention du 18 mars 2016, laquelle devait toutefois être ajustée au vu des conséquences sur sa situation financière suite au comportement de l'ex-époux depuis la signature de la convention du 2 décembre 2016. Par courrier du 9 novembre 2017, l'ex-épouse a informé l'ex-époux qu'elle se prévalait également du motif de lésion et plus particulièrement de l'exploitation de son état de gêne.