Citation: 5P.39/2005 27.05.2005 E. 4.2

4.2.1 Il ressort de la décision attaquée que le débirentier a allégué une charge fiscale mensuelle de 8'200 fr. (i.e. 6'000 fr. d'impôts cantonal et communal + 2'200 fr. d'impôt fédéral); ce montant résulte d'une «estimation» obtenue à partir d'une «simulation du bordereau de taxation de l'administration fiscale cantonale» pour l'année 2003. Compte tenu du salaire de la nouvelle épouse de l'intéressé, qui équivaut à 40% du sien, la cour cantonale a admis une somme de 4'920 fr. par mois (60% de 8'200 fr.). Les dettes fiscales arriérées (i.e. 60'000 fr. pour l'année 2002) ont, en revanche, été intégralement écartées. Si le fait d'avoir retenu une charge fiscale en l'absence de décision de taxation définitive n'est, en soi, pas insoutenable, encore faut-il que le montant arrêté apparaisse plausible. Tel n'est pas le cas ici. Dans sa demande en modification du jugement de divorce, l'intimé avait invoqué une charge fiscale «du nouveau ménage» de 4'300 fr. par mois, sans fournir le moindre justificatif (p. 7 ch. 20); le premier juge avait, néanmoins, accepté ce montant, car il paraissait «compatible avec les revenus déclarés» (p. 5 in fine). Or, la Cour de justice a admis sans discussion un montant de 8'200 fr., alors même que les recourants, dans leur réponse à l'appel, avaient émis des doutes sur la réalité du chiffre articulé par le débirentier en première instance (p. 24/25). Une pareille conclusion, en plus d'être le fruit d'une appréciation unilatérale des preuves (cf. ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30), est manifestement fausse, car l'impôt a été calculé en fonction des revenus nets de l'intimé et de sa nouvelle femme (294'000 fr. = 17'500 fr. + 7'000 fr. x 12), et non du revenu net imposable, c'est-à-dire une fois effectuées les déductions légales. Partant, le moyen s'avère fondé. 4.2.2 Concernant les frais de garde de l'enfant E.________, la juridiction précédente a considéré que, même s'ils n'étaient pas documentés, ces frais devaient être pris en considération; la nouvelle épouse de l'intimé travaille à plein temps et la fillette n'est âgée que de deux ans, ce qui entraîne immanquablement des frais de garde; le montant de ceux-ci (2'000 fr. par mois) correspond au coût usuel d'un placement dans une crèche ou auprès d'une maman de jour. Elle a donc retenu un montant de 1'200 fr. par mois à ce titre (60% de 2'000 fr.). Les recourants font valoir que ces dépenses n'ont jamais été établies, que ce soit par pièces ou par témoins, en sorte qu'elles «s'avèrent être de la pure chimère». Ils ne discutent toutefois pas les motifs de l'arrêt attaqué, et ne remettent ainsi en cause ni la nécessité d'un placement ni la somme à débourser à cette fin. Insuffisamment motivé, le grief est irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités).