Citation: 9C_127/2016 E. 3

Dans ses déterminations du 3 juillet 2015 fondées sur l'avis du docteur F.________ du 29 mai 2015, médecin au Service médical G.________, l'office recourant avait remis en cause les conclusions de l'expertise judiciaire. A propos du trouble dépressif, il avait soutenu qu'il n'était pas possible de retenir un état dépressif sévère sur la base de la description de l'état psychique faite par le docteur E.________. En effet, l'expert rapportait que l'intimé ne présentait pas de signe dépressif important hormis une baisse de la thymie et un sentiment flou de persécution. Le recourant avait relevé que l'expert avait signalé la discordance des résultats des tests de la dépression et l'importance des éléments subjectifs. La juridiction cantonale a mentionné les griefs de l'office recourant relatifs au diagnostic - contesté - de trouble dépressif sévère (ch. 55 de l'état de fait du jugement attaqué, p. 17). Procédant à une synthèse des opinions des médecins qui s'étaient exprimés à propos de cette affection psychique (cf. consid. 11, p. 23-24 du jugement), elle a relevé que les experts du Centre D.________ avaient conclu à un épisode dépressif moyen avec syndrome somatique entraînant une diminution de la capacité de travail de 30 % depuis novembre 2007, tandis qu'entre juillet 2008 et juin 2010 les psychiatres traitants de l'intimé avaient attesté un trouble dépressif récurrent d'intensité moyenne à sévère (cf. rapports des doctoresses H.________ des 14 décembre 2009 et 21 juin 2010, et I.________ du 22 décembre 2009). En ce qui concerne le rapport d'expertise judiciaire, les juges cantonaux ont constaté que le docteur E.________ avait exposé en détail les raisons qui l'avaient amené à retenir tel ou tel diagnostic et à écarter tel autre. A cet égard, ils ont admis que les nombreux détails factuels et personnels qui figurent dans le rapport de l'expert n'avaient pas pour but de justifier ses diagnostics par des considérations d'ordre social, mais d'illustrer les motifs qui l'avaient conduit à pencher pour un diagnostic plutôt qu'un autre. En particulier, les juges ont admis que l'expert E.________ avait ainsi mis en évidence l'impact de l'irritabilité explosive de l'intimé sur son quotidien et l'imbrication du trouble psychique avec le trouble de la personnalité, déjà évoqué ou suggéré par le passé par certains psychiatres traitants, sans précision. Les premiers juges ont déduit qu'il fallait se ranger aux conclusions de l'expert judiciaire, en l'absence de motifs impératifs permettant de s'en écarter. Ils ont constaté que l'intimé était atteint d'un trouble dépressif sévère cristallisé et rebelle aux traitements, avec une composante paranoïaque, associé à un trouble de la personnalité également sévère et décompensé, qui entraînaient, à eux deux, une totale incapacité de travail (consid. 11 p. 24 du jugement attaqué).