Citation: 6B_162/2018 E. 2.2.2

2.2.2. Le recourant fait valoir que les virements bancaires qui lui sont reprochés ont été commis en peu de temps grâce à quelques manipulations très simples, ce qui ressort effectivement de l'arrêt 6B_649/2015. Cependant, il ne discute pas les considérations de la cour cantonale, qui a retenu que la faute du recourant, consistant à avoir entravé la confiscation de fonds provenant d'un crime, était d'une gravité accrue dès lors qu'il était un intermédiaire financier assujetti à la législation en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et, à ce titre, mieux informé que le citoyen moyen et tenu à une diligence particulière en ce domaine. En cette qualité, il avait pour tâche de clarifier avec soin l'arrière-plan économique des versements, ce qu'il n'avait pas fait. La succession d'éléments étranges ne l'avait pas dissuadé d'effectuer, le lendemain de la réception des fonds déjà, des opérations de virement telles que souhaitées par son client sans attendre des précisions sur l'origine des fonds, alors même qu'une réunion était prévue deux jours plus tard avec les prétendus prêteurs. L'infraction aurait pu être facilement évitée si le recourant avait attendu quelques jours avant d'effectuer les virements litigieux. L'intensité délictuelle devait ainsi être qualifiée d'importante. Au regard des motifs qu'elle développe, l'appréciation de la cour cantonale échappe à la critique. Il est encore précisé que la commission de l'infraction par dol éventuel n'exclut pas une intensité délictuelle importante dans la réalisation des éléments constitutifs objectifs. Le grief est dès lors infondé.