Citation: 6B_422/2013 E. 8.4

8.4. Quant à la structure et à sa pérennité, il est vrai que selon la jurisprudence, la prédominance des liens et rapports familiaux au sein du groupe, de sorte que l'on peut en conclure que les membres n'auraient pu être remplacés sans que soit remise en cause l'existence même du groupe, exclut, en règle générale l'organisation criminelle (ATF 132 IV 132 consid. 5.2 p. 137 ss). Cette jurisprudence n'exclut cependant pas qu'une organisation criminelle se constitue certes autour d'un noyau familial, mais excède largement celui-ci, comme en l'espèce, par l'agrégation de « proches ». Un tel phénomène n'est, du reste, pas étranger à la structure des clans maffieux. Le cas présent se distingue ainsi très nettement de la situation qui prévalait dans cet arrêt, qui concernait un groupement constitué essentiellement de frères et soeurs (auxquels s'ajoutaient le père en arrière-plan et un cousin). On peut y ajouter que la disparition de certains membres n'a pas remis en question l'organisation (décès d'A2.________) et, de manière plus générale, que souvent les organisations actives dans le cadre de régimes « kléptocratiques » survivent largement à la chute de leur leader, non rarement au sein même des structures du régime, parfois démocratique, qui a succédé à celui du dictateur déchu (Marnie Dannacher, Diktatorengelder in der Schweiz, 2012, p. 109 s.). Le décès même de L.________ n'a ainsi, sans aucun doute, pas mis fin à lui seul à l'organisation qu'il a mise en place, comme on le verra encore ci-dessous (v. infra consid. 10). En ce qui concerne le secret, peu importe que, comme le soutiennent les recourants, les intéressés aient pu apparaître comme des personnalités publiques notoirement corrompues à la tête d'une kleptocratie notoire. L'exigence du secret n'exclut, en effet, pas que des groupements agissant ouvertement puissent être qualifiés d'organisations criminelles, pour peu que la structure et le cercle des membres demeurent secrets (Marc Engler, op. cit., art. 260ter CP, n° 8) et même l'existence de signes distinctifs ou de reconnaissance ne renseigne pas sur la structure interne d'une organisation (Hans Vest, in Trechsel/Pieth, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, 2e éd. 2013, art. 260ter CP, n° 5). L'appartenance de A.________ et K.________ à la famille de L.________ ne fournissait ainsi encore aucune indication sur la structure et le cercle des membres de l'organisation, composée aussi de « proches ». Parallèlement, que le régime mis en place par L.________ fût « notoirement » corrompu ne signifie pas encore que tous les responsables politiques l'aient été, et ne permet pas non plus d'affirmer que tous les actes de corruption commis au sein de l'appareil étatique nigérian d'alors l'ont été en faveur de la famille du dictateur. En d'autres termes, on ne saurait, comme le voudraient les recourants, partir de la prémisse de l'identité entre les structures étatiques corrompues et la famille du chef de l'Etat pour conclure à la notoriété des structures et du cercle des membres de l'organisation. La cour de céans n'a, dès lors, aucune raison de s'écarter de l'appréciation qui a été portée sur le clan U.________ dans l'ATF 131 II 169 consid. 9.1.