Citation: 4A_529/2015 E. 4.2.4

4.2.4. Le 24 mai 2007, la demanderesse a fait savoir à C.________ que la rentabilité de l'Hôtel T.________ s'améliorait, de sorte qu'elle hésitait désormais à vendre les actions de la société. Les négociations entre la demanderesse et C.________ se sont toutefois poursuivies. Afin de s'assurer que la demanderesse avait toujours l'intention de vendre le capital-actions, le défendeur lui a présenté au début juillet 2007 Q.________, laquelle réside en Amérique du Sud et est une ancienne compagne de N.________. A l'instigation du défendeur et de N.________, la prénommée s'est présentée faussement à M.________ comme étant intéressée, elle-même ou par l'entremise d'une société dont elle était prétendument propriétaire (i. e. D.________), à acheter les actions, alors que la transaction devait en réalité être effectuée pour le compte de N.________. En juillet 2007, le défendeur a mis en oeuvre le comptable et expert en finances P.________, exploitant d'une fiduciaire dont il était client. Le 17 juillet 2007, P.________ a envoyé à la demanderesse un pli à l'en-tête de D.________ (société qui n'était pas encore créée et que dame Q.________ semblait contrôler), en expliquant que la prénommée souhaitait acheter le capital-actions au prix global de 55'000'000 fr.; à ce courrier était joint un projet de convention de vente d'actions que P.________ avait rédigé avec l'assistance du défendeur. P.________ a réitéré son offre d'achat au nom de D.________ le 23 juillet 2007. Il a été retenu que D.________, créée le 19 juillet 2007 et dont P.________ a été l'administrateur jusqu'au 8 août 2007, était dominée par N.________, son propriétaire économique. Le 25 juillet 2007, le défendeur a écrit à la demanderesse que C.________ désirait toujours acheter les actions dans le cadre du partenariat qu'elle formait avec un groupe du pays H.________. Le lendemain 26 juillet, le défendeur a précisé à la demanderesse que l'acquéreur était C.________, laquelle se réservait le droit d'apporter l'affaire à ses partenaires. Au début août 2007, le défendeur a pressé la demanderesse de conclure au plus vite avec C.________. Avant le 8 août 2007, à une date inconnue, D.________, agissant par P.________, et C.________ ont conclu un contrat de fiducie, muni d'une clause de confidentialité. Selon cet accord, D.________ (le fiduciant) chargeait C.________ (le fiduciaire) d'acquérir en son nom propre le capital-actions de la société mais pour le compte du fiduciant, le fiduciaire s'engageant à céder au fiduciant tous les droits résultant du contrat de vente à conclure et à lui remettre les actions de la société. Le fiduciaire devait percevoir pour son activité une rémunération de 500'000 fr. Il est établi qu'en août 2007 la demanderesse ignorait la passation du contrat de fiducie. Le 13 août 2007, la demanderesse a vendu à C.________ toutes les actions de la société pour le prix de 43'161'037 fr.; la convention contenait une clause autorisant l'acheteur à transférer les actions de la société à n'importe quel tiers. Le 24 août 2007, la demanderesse a réglé la facture d'honoraires du défendeur, se montant à 1'700'000 fr., fondée sur les services rendus par celui-ci en exécution du contrat de courtage du 6 juin 2006. Elle n'a en revanche pas payé une nouvelle facture du courtier se montant à 300'000 fr. Le 28 septembre 2007, le défendeur a encore écrit à la demanderesse que C.________ était en phase de négociation notamment avec le groupe du pays H.________. Par télécopie du 10 octobre 2007, un administrateur de C.________ a révélé à la demanderesse que D.________, dont le propriétaire économique était N.________, se trouvait derrière C.________. Deux jours plus tard, M.________ a fait part à cet administrateur de son désappointement.