Citation: 8C_601/2017 E. A

A.________, travaillait à mi-temps comme conseillère et représentante au service de la société B.________ SA. A ce titre, elle était assurée obligatoirement contre le risque d'accident auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après: la CNA). Le 13 mars 2014, au cours de l'après-midi, C.________ s'est rendu au domicile de A.________, son ex-épouse, pour prendre en charge leur fille D.________. Alors qu'il était au volant de sa voiture à l'arrêt et que A.________ se trouvait debout dans l'encadrement de la portière avant côté passager qui était ouverte, une dispute a éclaté entre les ex-époux. Fâché, C.________ a démarré son véhicule et entrepris une marche arrière. A la suite de cette manoeuvre, A.________, qui n'a pas eu le temps de s'écarter, a été percutée par la portière de la voiture, et a chuté en arrière sur le sol. L'ex-mari a quitté les lieux sans lui porter secours. A.________ a consulté le jour même son médecin traitant, la doctoresse E.________, qui, après avoir procédé à des examens radiologiques, a retenu une commotion cérébrale légère, une contusion de la sphère maxillo-faciale et du poignet gauche, ainsi qu'une entorse de l'articulation acromio-claviculaire gauche, et attesté une incapacité de travail de 100 %. La CNA a pris en charge le cas. En ce qui concerne les maux de tête et le poignet, l'évolution a été assez rapidement favorable. En revanche, l'assurée s'est plainte de problèmes de concentration et de douleurs persistantes à l'épaule gauche. Elle a également entamé un suivi psychologique pour un état anxio-dépressif réactionnel. Selon un compte-rendu d'IRM de l'épaule du 26 mai 2014, il existait des signes évocateurs d'une luxation acromio-claviculaire Tossy II-III, mais pas de lésion de la coiffe. Après avoir examiné l'assurée en date du 23 janvier 2015, le docteur F.________, médecin d'arrondissement de la CNA a maintenu l'incapacité de travail (rapport du 12 février 2015). Entre-temps, A.________ a été licenciée par son employeur. Consulté à la demande du médecin traitant de l'assurée, le docteur G.________, spécialiste en chirurgie orthopédique à la Clinique H.________, a estimé que ce n'était probablement pas l'entorse acromio-claviculaire qui gênait encore significativement l'assurée, ce type d'atteinte guérissant habituellement sans traitement particulier. A son avis, l'IRM du 26 mai 2014 montrait tout au plus un Tossy I-II. Il suggérait la réalisation d'une arthro-IRM pour vérifier la situation du tendon du sous-scapulaire (rapport du 13 mars 2015). Cet examen, effectué le 8 avril 2015, a mis en évidence une séquelle d'hémarthrose avec persistance d'un épanchement et de discrets remaniements dégénératifs, et toujours pas de déchirure des tendons de la coiffe, ni de déchirure des ligaments coraco-claviculaires (compte-rendu du 9 avril 2015 du docteur I.________). Le 30 novembre 2015, l'assurée a été examinée par le docteur J.________, médecin d'arrondissement de la CNA et spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie. Ce médecin a conclu que le syndrome douloureux à l'épaule gauche ne pouvait pas être mis en relation avec une lésion structurelle imputable à l'accident assuré; par ailleurs, aucun élément médical ne montrait que la capacité de travail dans l'ancienne activité serait limitée. Par décision du 1er décembre 2015, confirmée sur opposition le 29 janvier 2016, la CNA a mis fin aux prestations d'assurance avec effet au 3 décembre 2015 en l'absence d'un lien de causalité entre les troubles à l'épaule gauche et l'accident assuré. La CNA a également nié sa responsabilité pour les troubles psychiques. Dans l'intervalle, par ordonnance pénale du 16 décembre 2015, C.________ a été reconnu coupable de lésions corporelles simples, de lésions corporelles graves par négligence, d'injure et d'insoumission à une décision de l'autorité. Il a été condamné à un travail d'intérêt général de 360 heures avec sursis pendant 5 ans, ainsi qu'à une amende de 1'300 fr.