Citation: 8C_312/2016 E. 4.3

4.3. En l'espèce, le recourant ne parvient pas à établir le caractère arbitraire du choix opéré par les premiers juges de se fonder sur l'expertise judiciaire plutôt que sur l'expertise du CEMed. D'ailleurs, au regard de la jurisprudence susmentionnée, il ne s'agit pas d'examiner laquelle des deux expertises est la plus convaincante mais uniquement de savoir si l'expertise judiciaire est entachée d'un vice tel que l'on ne peut s'y fier. Dans ces conditions, la juridiction cantonale n'avait pas à s'exprimer sur la valeur probante du rapport d'expertise du CEMed, laquelle n'est au demeurant pas remise en cause dans le jugement attaqué. En outre, la divergence d'opinion entre les médecins du CEMed d'une part et les docteurs G.________, F.________ et E.________ d'autre part au sujet de la capacité de travail résiduelle n'est pas susceptible de jeter un doute sérieux sur les conclusions de l'expertise judiciaire. En effet, elle s'explique principalement par l'absence de fusion osseuse aux niveaux C5-C6 et C6-C7 mise en évidence postérieurement à l'expertise du CEMed (cf. complément du rapport d'expertise des docteurs G.________ et F.________ du 8 janvier 2016). À ce propos, on ne saurait retenir, comme l'affirme le recourant de manière appellatoire, que les médecins du CEMed ont intégré l'éventualité d'une absence de fusion osseuse dans leur évaluation de la capacité de travail. On relèvera par ailleurs que l'on ne se trouve pas dans un cas de révision du droit à la rente (art. 17 al. 1 LPGA), de sorte qu'il importe peu de savoir si l'état de santé de l'intimée s'est détérioré depuis 2011 et si le rapport d'expertise judiciaire consacre une simple appréciation différente d'un état de fait demeuré inchangé. Enfin, le fait que les experts judiciaires n'ont pas retenu le même taux d'incapacité de travail entre eux (75 % dans une activité adaptée pour le docteur E.________ et 100 % pour les docteurs G.________ et F.________) n'est pas de nature à discréditer leurs appréciations, dans la mesure où les limitations fonctionnelles retenues par ces médecins se rejoignent largement. Au vu de ces limitations, à savoir le port de charges lourdes et la position statique prolongée assise et debout selon les docteurs G.________ et F.________, respectivement le port de charges, les positions "extrêmes" de la nuque maintenues trop longtemps, la position debout et la marche de plus d'une heure selon le docteur E.________ (cf. ch. 1 du titre "Concilium" des rapports d'expertise judiciaire), les premiers juges n'ont en tout cas pas fait preuve d'arbitraire en arrêtant la capacité de travail à 25 % dans une activité adaptée, plutôt que de retenir une capacité nulle dans toute activité.