Citation: 1C_355/2015 E. 5.3.3

5.3.3. Face à cette pesée approfondie des intérêts en présence, la recourante dénonce uniquement le refus de prendre en considération d'autres solutions pour aménager un chemin piétonnier sur la RC1, sans emprise sur la parcelle n° 752. Elle expose qu'un passage transversal a été créé, permettant de raccorder le quartier En Bonjean à celui de Riond-Bosson où les transports publics sont présents. Elle critique en particulier l'analyse faite par la cour cantonale de l'alternative consistant en l'utilisation de la Promenade du Petit-Bois. Elle soutient qu'un passage piéton permet de rejoindre la Promenade du Petit-Bois depuis le giratoire et que des liaisons piétonnes permettent d'accéder au bord du lac, à la zone artisanale située à l'ouest et à un arrêt de bus. Elle affirme encore que la Promenade du Petit Bois, située en contrebas de la route, est plus conforme aux règles de sécurité car les piétons sont à l'abri de la circulation principale. Elle dénonce la sécurité du chemin piétonnier litigieux, dès lors qu'il longe directement la limite de la route cantonale et qu'il serait nécessaire de traverser une double chaussée fréquentée sur laquelle les véhicules descendent avec rapidité et où la luminosité et la visibilité seraient réduites. Ces éléments reflètent cependant uniquement la vision de la situation par la recourante et sa préférence parmi les éventuelles variantes: ils ne sont pas à même de mettre en cause la pondération effectuée par la cour cantonale. L'argumentation de la recourante ne va, en réalité, pas au-delà de la simple présentation, faite du reste sur un mode purement appellatoire, de sa propre version des faits et de sa propre appréciation des preuves. La recourante ne parvient ainsi pas à démontrer que son intérêt privé n'aurait pas été pris en compte à sa juste valeur dans la pesée des intérêts, ce d'autant moins que le projet initial a été modifié pour diminuer l'impact sur la parcelle n° 753 et que les plans y prévoient désormais un passage rectiligne et non plus un chemin sinueux. Pour le reste, le taux de fréquentation du chemin piétonnier (de 50 personnes par jour) n'est pas un élément susceptible de faire primer l'intérêt privé de la recourante sur l'intérêt public exposé précédemment, vu notamment la faible emprise du chemin sur la parcelle de la recourante et son emplacement peu visible depuis sa maison. Dans ces conditions, avec la retenue dont doit faire preuve le Tribunal fédéral dans cet examen, la pesée des intérêts effectuée par le Tribunal cantonal peut être confirmée. Par conséquent, il faut admettre que l'instance précédente n'a pas violé la garantie de la propriété en confirmant l'aménagement d'un chemin piétonnier empiétant partiellement sur la parcelle de la recourante.