Citation: I 148/01 11.07.2001 E. 3

3.- a) Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). En ce qui concerne, par ailleurs, la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). b) En l'occurrence, le rapport des docteurs M.________ et P.________ du 31 mars 1998 remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document. Plus particulièrement, l'aspect psychique du dossier a été examiné (cf. p. 8 du rapport). Dès lors et quoi qu'en dise le recourant, ce rapport est pertinent pour apprécier sa capacité de travail et déterminer le genre d'activité qui reste exigible de sa part. La requête d'expertise est donc mal fondée. c) Jadis, l'intimé n'avait pas instruit, comme il aurait dû le faire (cf. art. 28 al. 2 LAI), le droit de l'assuré à des mesures de réadaptation d'ordre professionnel pourtant recommandées par les médecins du COMAI (à propos de la priorité de réadaptation sur la rente, voir ATF 108 V 212 ss, 99 V 48). De plus, l'intimé avait omis d'examiner la nature des activités lucratives qui restaient encore accessibles au recourant, compte tenu de son handicap, et l'étendue des revenus qu'il aurait pu en retirer. En d'autres termes, la méthode d'évaluation de l'invalidité du recourant, telle qu'elle a été appliquée en 1996, n'était pas conforme à la loi. En tenant compte des restrictions de la capacité de travail du recourant dues à son état de santé, l'intimé a estimé, lors de la procédure de reconsidération, que l'intéressé subirait une perte de gain de 52 % dans un emploi adapté à son handicap; dans sa réponse du 7 décembre 1999, il a proposé un taux de 49 %. Assisté d'un mandataire professionnel, le recourant n'a pas mis en cause la pertinence des données sur lesquelles l'intimé et le Tribunal cantonal se sont fondés pour établir le revenu d'invalide. Les valeurs retenues dans la décision du 13 octobre 1999 ne sont donc pas litigieuses et paraissent, au demeurant, tout à fait plausibles. En conséquence, la décision de rente du 3 juillet 1996 était sans nul doute erronée au sens où la jurisprudence l'entend (cf. consid. 1c ci-dessus), car le recourant s'était vu allouer une rente entière d'invalidité alors qu'il n'avait droit qu'à une demi-rente, compte tenu du taux d'invalidité de 52 % (cf. art. 28 al. 1 LAI). L'administration pouvait ainsi remplacer cette prestation par une demi-rente, comme elle l'a fait le 13 octobre 1999. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :