Citation: 1B_423/2010 17.01.2011 E. 5

Selon le recourant, le risque de fuite ne serait pas réalisé. Par ailleurs, comme ses documents d'identité sont entre les mains des autorités pénales valaisannes, on voit mal comment il pourrait, dans ces conditions, s'enfuir à l'étranger. En outre, il accepterait de se soumettre à un contrôle judiciaire ou de déposer des sûretés. 5.1 D'après la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que la gravité de l'infraction, le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître un tel danger non seulement possible, mais également probable (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Lorsqu'elle admet l'existence d'un risque de fuite, l'autorité doit en outre examiner s'il ne peut être contenu par une mesure moins rigoureuse (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 123 I 268 consid. 2c p. 271; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67; 102 Ia 379 consid. 2a p. 381/382 et les arrêts cités). 5.2 Dans le cas particulier, la Chambre pénale a relevé que le recourant était de nationalité belge. Selon son autorisation de séjour, il résidait légalement en Suisse, où il n'avait aucune parenté, seulement depuis le 1er septembre 2007, soit moins de quatre ans. Il ne ressortait pas du dossier qu'il aurait tissé des liens particuliers avec la Suisse et il admettait voyager beaucoup à l'étranger dans le cadre de son activité professionnelle. Ces éléments, non contestés par le recourant, suffisent à admettre un risque de fuite. En effet, la nationalité étrangère du prévenu, son habitude de voyager ainsi que l'absence de liens étroits avec la Suisse constituent déjà des indices selon lesquels il pourrait vraisemblablement prendre la fuite en cas de libération. De plus, les charges qui pèsent contre lui sont d'une certaine gravité (abus de confiance et/ou gestion déloyale portant sur un montant total d'environ 600'000 fr.), et, s'il devait être reconnu coupable de ces chefs d'accusation, il serait exposé à une lourde peine (art. 138 ch. 1 al. 3 CP : peine privative de liberté de cinq ans au plus). C'est par ailleurs à juste titre que les juges cantonaux ont considéré que le risque de fuite ne pouvait être pallié par le dépôt des pièces d'identité ou par l'obligation de se présenter régulièrement à un office déterminé. Ceci ne peut en effet pas empêcher l'intéressé de passer la frontière, au vu du peu de difficulté d'obtenir des documents de remplacement ou de quitter la Suisse sans papiers (cf. arrêt 1B_72/2007 du 16 mai 2007, consid. 4.4). Quant au versement d'une caution, la Chambre pénale a estimé que cette mesure n'entrait pas en ligne de compte. Elle a relevé que le recourant était resté très vague sur ses revenus lors des différents interrogatoires, déclarant même être incapable de les chiffrer précisément. D'autre part, sur les 600'000 fr. prêtés par B.________, seuls 18'000 fr. avaient été remboursés. L'instruction portant sur des détournements de fonds importants, dont une grande partie n'avait pas pu être récupérée, il ne pouvait être fait abstraction des sommes détournées (arrêt 1B_92/2007 du 19 juin 2007 consid. 8.1 et les arrêts cités). Le recourant prétendait au surplus ne pas connaître de proches pouvant lui servir de caution. Dans ces conditions, il paraît effectivement douteux que le versement d'une éventuelle garantie puisse assurer la comparution de l'inculpé à l'audience et il n'y a pas lieu de s'écarter des conclusions de la Chambre pénale. Le juge de la détention jouit en effet d'un certain pouvoir d'appréciation, eu égard à sa maîtrise complète du dossier, pour apprécier la force dissuasive d'un dépôt de sûretés sur les velléités de fuite de la personne concernée.