Citation: 4C.169/2001 22.08.2001 E. 5

5.- Dans un dernier moyen, la recourante, se prévalant de la violation des art. 8 CC, 343 al. 4 et 321e CO, reproche à la cour cantonale de n'avoir pas retenu les faits, établis par pièces et témoignages, relatifs aux prétentions en dommages-intérêts qu'elle oppose à la créance du demandeur en paiement du salaire de février 1999. Pourtant, allègue la recourante, la Cour d'appel devait instruire d'office et interpeller les parties si elle avait des doutes quant au gain que le travailleur devait procurer à la défenderesse. La recourante prétend, pour finir, que le refus constant de l'intimé de fournir les dossiers des clients constituait une faute contractuelle grave et manifeste. a) Quoi qu'en pense la recourante, l'autorité cantonale a fait état des prétentions pécuniaires qu'elle a opposées aux conclusions du demandeur. Elle a ainsi mentionné, au considérant H de la partie fait de l'arrêt critiqué, que la défenderesse se plaignait de n'avoir pu obtenir, malgré ses demandes réitérées, la liste des activités du demandeur, lequel, par ses carences, n'aurait pas permis à l'entreprise de réaliser le chiffre d'affaires budgété. Elle a ajouté que la recourante chiffrait son préjudice à 31 500 fr. compte tenu des affaires que le demandeur aurait dû rapporter à son employeur. Il appert ainsi que la cour cantonale s'est conformée aux prescriptions de l'art. 343 al. 4 CO qui lui imposait d'établir d'office les faits, étant précisé que cette obligation à la charge de l'autorité judiciaire ne dispense pas les parties d'une collaboration active à la procédure (ATF 107 II 233 consid. 2c). Quant à la manière dont l'autorité cantonale a apprécié les éléments de preuve recueillis, elle ne saurait contrevenir à l'art. 343 al. 4 CO, qui laisse une entière liberté au juge dans l'appréciation des preuves. b) A teneur de l'art. 321e al. 1 CO, le travailleur répond du dommage qu'il cause à l'employeur intentionnellement ou par négligence. Il faut donc que le travailleur ait violé une des obligations qui lui incombent en vertu des art. 321 à 321d CO, à savoir notamment l'obligation d'exécuter personnellement et avec soin le travail confié (Staehelin, op. cit. , n. 4 ss ad art. 321e CO; Tercier, Les contrats spéciaux, 2e éd., n. 2621). L'étendue du devoir de diligence du travailleur se détermine en première ligne d'après le contrat passé par les parties (art. 321e al. 2 CO; Staehelin, op. cit. , n. 4 ad art. 321e CO). Pour déterminer la responsabilité du travailleur et son étendue, il convient en particulier de prendre en compte le risque professionnel, la rémunération du travailleur, ainsi que la faute du salarié et la faute concomitante de l'employeur (ATF 123 III 257 consid. 5a et les références). D'après l'état de fait définitif, le demandeur était contractuellement tenu d'effectuer 48 rendez-vous par mois ou 12 rendez-vous par semaine en vue de conclure des polices d'assurance ou des mandats de gestion de fortune, et de réaliser chaque mois 8500 fr. d'encaissement. Il n'a pas été constaté que l'intimé n'est pas parvenu à atteindre les objectifs fixés. A cela s'ajoute que le 22 février 1999 déjà, soit après moins de quatre mois d'activité, le travailleur avait résilié son contrat pour le 31 mars 1999. On ne saurait ainsi attendre d'un travailleur démissionnaire qu'il procure à l'entreprise des résultats mirobolants, comme semblait l'attendre la défenderesse. Il est vrai que le demandeur a montré de la mauvaise volonté à fournir des rapports d'activité et, après l'altercation du 26 février 1999, des renseignements à propos de ses clients. Mais, comme la défenderesse a refusé - sans droit - de verser le salaire de l'intimé en février et mars 1999, le non-respect par le travailleur des directives de l'employeur apparaît bénin en regard de la faute grave de la recourante. La cour cantonale n'a nullement violé le droit fédéral en rejetant les prétentions de la défenderesse fondées sur l'art. 321e CO. c) Le grief pris d'une violation de l'art. 8 CC ne fait l'objet d'aucun développement, de sorte qu'il est irrecevable (art. 55 al. 1 let. c OJ).