Citation: U 177/02 15.06.2004 E. 1

Appelé à donner son avis sur cette expertise, le médecin-conseil de Lloyd's, le docteur T.________, psychiatre et psychothérapeute à l'Institut M.________, a retenu dans son rapport du 9 novembre 1999 que l'assurée était atteinte d'un grave trouble dépressif avec des symptômes psychotiques, nécessitant absolument une thérapie psychiatrique éventuellement même clinique, et réduisant la capacité de travail de l'intéressée de quelque 80 %. Toutefois, le docteur T.________ a considéré que le trouble en question était de moins en moins imputable à l'accident dont l'assurée a été la victime, mais de plus en plus à d'autres causes (biologiques et constitutionnelles). En l'absence de troubles cérébraux organiques, il a au surplus nié toute atteinte à l'intégrité dans ce cas. Sur le vu de l'avis du docteur T.________, Lloyd's a invité la doctoresse D.________ à répondre à de nouvelles questions au sujet du traitement susceptible d'améliorer l'état de santé de G.________ de même que sur le lien de causalité entre l'accident du 22 décembre 1996 et les troubles qu'a présentés l'intéressée au-delà du 1er décembre 1997. Dans son rapport d'expertise complémentaire du 13 décembre 1999, la spécialiste prénommée a indiqué qu'il n'y avait plus lieu de retenir un tel lien de causalité. Elle a souligné qu'elle n'avait diagnostiqué en l'occurrence ni un état de stress post-traumatique, affection susceptible dans de rares cas d'avoir des répercussions au-delà d'un délai d'une année, ni un état dépressif réactionnel. L'experte a considéré que si le trouble dépressif majeur, sévère et chronique constaté persistait au-delà d'un délai d'une année à dater de l'accident, c'était imputable à des facteurs préexistants, en particulier à la structure de personnalité assimilable à un facteur constitutionnel, et que l'événement accidentel a été le révélateur d'un dysfonctionnement de cette organisation de personnalité antérieurement stable. Elle a déclaré partager l'avis du docteur T.________ selon lequel il n'y avait pas lieu de retenir une atteinte à l'intégrité physique ou psychique au sens strict puisqu'il n'y avait pas eu de dégât cérébral irréversible. La doctoresse D.________ a ajouté que le deuil pathologique était une notion relevant de la maladie et qui, par définition, était chronique. Elle a nié tout lien de causalité naturelle ou adéquate entre l'accident et la maladie dépressive de G.________ au motif que celui-là n'avait fait que favoriser ou permettre l'éclosion de celle-ci. Par décision formelle du 28 janvier 2000, notifiée tant à l'intéressée qu'à Concordia, caisse-maladie de cette dernière, Lloyd's a dénié tout droit de G.________ à une rente d'invalidité et à une indemnité pour atteinte à l'intégrité, estimant que les troubles psychiques dont souffre l'assurée sont, depuis le 1er décembre 1997, d'origine maladive. Sur opposition de Concordia et de G.________, l'assureur-accidents a confirmé cette décision le 25 juillet 2000.