Citation: 1B_215/2016 E. 2.5

2.5. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. En particulier, il apparaît que les soupçons de blanchiment d'argent pesant à l'encontre du recourant A.________ ne reposent de loin pas uniquement sur le seul fait que le prévenu n'aurait pas effectué de recherche sur internet quant aux antécédents de D.________. Les témoignages des autres banquiers cités par les recourants à cet égard - qui démontreraient le défaut de résultat d'une telle recherche - ne suffisent donc pas pour considérer que la décision attaquée - quant à son résultat - serait arbitraire; cela vaut d'autant plus que le rapport de police du 11 février 2016 fait état de personnes paraissant avoir obtenu lesdites informations (cf. p. 17 ss). Ces constatations permettent d'ailleurs de rejeter la réquisition de preuve tendant à la production de l'entier du dossier, dans la mesure d'ailleurs où cette requête du 15 juillet 2016 serait recevable (cf. son dépôt ultérieur au 13 juin 2016, date d'échéance du délai de recours [art. 45 al. 1 et 100 al. 1 LTF], et la connaissance pourtant préalable des recourants de l'éventuelle pertinence d'une telle demande [cf. le préambule de leur mémoire de recours du 13 juin 2016 p. 4 s.]; ATF 134 IV 156 consid. 1.7 p. 162). Vu les références indiquées dans l'arrêt attaqué, la Cour des plaintes n'a pas non plus fondé son appréciation sur le seul rapport de police susmentionné (cf. son consid. 3.1.2.2). Il ne paraît au demeurant pas arbitraire de s'y référer à titre principal, puisqu'il s'agit de l'un des rapports les plus récents et qu'il résume les éléments - certes a priori défavorables - mis en évidence par l'enquête s'agissant du recourant A.________, notamment quant aux montants sur lesquels porteraient les actes d'entrave commis par ce dernier. En outre, les recourants ne contestent pas que, vu leurs liens avérés avec le prévenu, les deux sociétés recourantes peuvent être considérées comme des "personnes concernées" au sens de l'art. 71 al. 3CP et que, par conséquent, leurs comptes bancaires peuvent être placés sous séquestre. La juridiction précédente a également confirmé que cette mesure portait sur la totalité des montants saisis (800'000 fr.; cf. consid. 3.1.2.2 in fine p. 8), rejetant ainsi - certes implicitement - tout argument tendant à limiter ledit montant. Son obligation de motivation ne lui impose en effet pas de se prononcer sur l'ensemble des griefs soulevés, notamment lorsque ceux-ci semblent dénués de pertinence (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 p. 564 s.; 139 IV 179 consid. 2.2 p. 183). Tel paraît être le cas de l'invocation par la recourante C.________ de l'existence de ses autres ayants droit économiques qui, en tant que mère et épouse de A.________, sont manifestement liées à ce dernier; il n'est ainsi pas exclu qu'elles aient pu, le cas échéant, bénéficier aussi de l'éventuel produit de l'infraction. Au demeurant, il semble douteux qu'une personne morale puisse se prévaloir d'une - hypothétique - atteinte aux patrimoines de ses actionnaires ou ayants droit économiques pour s'opposer à une mesure de saisie concernant un compte dont elle est seule titulaire (cf. la jurisprudence relative aux actionnaires et ayants droit économiques lorsque seul le patrimoine - propre et distinct - d'une personne morale est touché par un séquestre [arrêts 1B_253/2014 du 20 février 2015 consid. 1.1; 6B_1207/2013 du 14 mai 2014 consid. 3.1.2; 1B_94/2012 du 2 avril 2012 consid. 2 publié in SJ 2012 I 353] ou par une infraction [ATF 140 IV 155 consid. 3.3.1 p. 158; arrêt 6B_1289/2015 du 20 juin 2016 consid. 2.3 et les arrêts cités]). Il s'ensuit que la Cour des plaintes n'a pas violé le droit fédéral en confirmant le séquestre effectué sur les comptes bancaires des trois recourants en vue de garantir l'éventuel prononcé d'une créance compensatrice (art. 71 al. 3 CP).