Citation: 6B_1413/2020 E. 2.1

2.1. La cour cantonale a tout d'abord retenu, en fait, que la recourante avait imité la signature de I.J.________ pour effectuer pour son propre compte les retraits d'argent décrits dans les cas 73 à 93 de l'acte d'accusation. Elle a, sur ce point, retenu les explications de la partie plaignante, qui étaient corroborées par le dossier, en relevant que I.J.________ avait donné par écrit des indications précises sur son emploi du temps, dont il ressortait qu'elle n'était pas à U.________ au moment des retraits contestés. Les notes internes de la banque montraient qu'elle paraissait choquée à l'annonce du solde restant sur son compte, mais surtout qu'elle s'était déjà préoccupée de la destination des fonds dès 2014, avant d'être sollicitée par le ministère public en 2018, ce qui excluait tout opportunisme dans sa démarche de se constituer partie plaignante. Elle n'avait pas cherché à charger outre mesure la recourante puisqu'elle avait reconnu avoir procédé elle-même à des retraits. Par opposition, les explications de la recourante étaient apparues peu claires sur le lieu de la remise de l'argent. Elle avait exposé qu'elle apportait des liquidités à sa cliente à V.________ mais que cette dernière venait de temps en temps à U.________, pour retirer des espèces dans les locaux de la banque. Elle avait d'abord déclaré que la partie plaignante refusait de venir dans les locaux de sa société, puis avait dit l'inverse en appel. Ce n'était qu'après avoir été confrontée à cette contradiction qu'elle avait confirmé que sa cliente se rendait parfois à la banque. Elle avait aussi indiqué pour la première fois qu'il arrivait également qu'elles se rencontrent dans un restaurant ou à W.________. Elle avait, par ailleurs, été confuse sur les ordres fournis par sa cliente. Elle avait dit que cette dernière lui écrivait pour demander le retrait de sommes, ce dont il ne subsistait aucune trace, mais aussi qu'elle lui téléphonait. Dans ce cas la recourante envoyait une instruction par la poste à sa cliente, qui la signait et la lui retournait. Cette dernière aurait aussi rédigé elle-même des instructions, qui ne figuraient pas à la procédure. La recourante n'avait pu expliquer le délai parfois très court entre la date de la création du document et le retrait. En appel, elle avait expliqué que sa cliente les signait lorsqu'elle était en Suisse, ce qui était contradictoire avec ses propres explications sur l'envoi d'instructions par la poste, qu'elle avait confirmées devant la cour cantonale, mais aussi peu cohérent avec le fait que sa cliente, dans ces cas, se rendait ou pouvait se rendre elle-même, en sa compagnie, dans les salons privés de la banque. Dans la suite, la cour cantonale a encore relevé que les opérations litigieuses intervenaient chronologiquement, après une longue période sans retraits, de manière concomitante avec la fin de la majorité des prélèvements qu'elle avait effectués sur la relation H.________. Cela ne pouvait être une simple coïncidence et rappelait aussi le passage des prélèvements du compte F.________ à ceux du compte H.________. L'amélioration de sa situation financière alléguée par la recourante à fin 2010 début 2011 n'était pas certaine. La diminution alléguée des charges de sa société n'entraînait pas a priori une amélioration de sa propre situation financière; aucune augmentation notable de son salaire ne ressortait des données fiscales au dossier, cependant que le salaire déclaré au fisc était faible et éloigné des sommes mentionnées en audience. Si l'un de ses fils avait commencé à prendre en charge certaines de ses propres factures, cela n'avait pu contribuer à une nette amélioration de sa situation et l'un de ses deux autres fils se trouvait alors en école privée. Elle avait reçu l'héritage de sa mère en mai ou juin 2011, six mois après la période pénale et semblait d'ailleurs dans la même situation qu'en septembre 2012, ce qui ne l'avait pas empêchée de puiser dans les comptes de son client B.________. Les sommes prélevées chez ses clients dépassant le simple appoint pour survivre, il n'était pas crédible que ses agissements aient été motivés par une situation financière difficile et elle avait elle-même fourni d'autres raisons, comme une situation familiale difficile et des achats dépassant le simple entretien courant. A cela s'ajoutait que le profil de la partie plaignante ressemblait fortement à celui des autres lésés. Il était spécifié dans la documentation interne de la banque que les époux J.________ n'avaient pas besoin de leurs fonds, ce que la recourante savait pertinemment. Vu la demande de poste restante, elle était certaine que ses agissements n'allaient pas être découverts de suite et qu'elle pouvait continuer à oeuvrer, jusqu'à laisser un solde de 22'000 fr. sur la relation bancaire.