Citation: 5A_364/2023 E. 3.1

3.1. Le juge cantonal a tout d'abord résumé la teneur de la convention que les parties avaient signée le 29 avril 2021 (cf. supra let. B.c). Il a relevé que les époux y avaient notamment rappelé qu'une décision de l'Office AI devait être rendue prochainement et qu'elles réservaient tous leurs droits à partir du moment où cette décision aurait été notifiée, dès lors que celle-ci aurait une incidence directe sur la situation financière de l'époux. Le juge cantonal a ensuite constaté qu'aucun effet rétroactif n'avait été réservé dans la convention précitée, celle-ci mentionnant au contraire clairement que les droits des parties étaient réservés à partir précisément " du moment où cette décision serait notifiée ". De surcroît, lorsqu'il avait signé cette convention, l'époux avait déjà déposé sa demande à l'Office AI, de sorte qu'il ne pouvait valablement soutenir que l'octroi de la rente d'invalidité constituait un changement imprévisible de sa situation ouvrant le droit à une modification de contributions d'entretien fixées conventionnellement. Enfin, le versement d'une rente d'invalidité avec effet rétroactif ne constituait nullement une circonstance exceptionnelle. Comme l'avait à juste titre relevé le premier juge, il était notoire que les décisions accordant de telles rentes avaient un effet rétroactif. Tant l'autorité d'appel ayant ratifié la convention que les parties avaient ainsi conscience qu'une décision AI allait prochainement intervenir, de sorte qu'il apparaissait vraisemblable qu'en prévoyant un régime transitoire jusqu'à ce que cette décision soit rendue, les parties entendaient régler provisoirement la situation compte tenu de l'incertitude régnant quant à la capacité contributive de l'époux et se réserver la faculté de demander la modification des contributions d'entretien futures, en tenant désormais compte de la rente AI perçue par l'époux. On ne voyait sinon pas comment l'autorité d'appel aurait accepté de ratifier une convention portant notamment sur la contribution d'entretien due en faveur d'un enfant mineur, si celle-ci pouvait finalement être revue par les parties. En effet, une telle solution créerait une insécurité juridique et porterait atteinte aux intérêts de l'enfant, de sorte qu'il n'était pas soutenable de prétendre, comme le faisait l'époux, qu'en ratifiant la clause réservant les droits des parties une fois la décision de l'Office AI connue, le juge cantonal aurait " évidemment aussi réservé le droit de demander une modification des contributions d'entretien rétroactivement au jour où [l']invalidité serait reconnue ". Au contraire, sur le vu de tous les éléments mentionnés ci-dessus, il était vraisemblable que lorsque les parties avaient réglé conventionnellement la situation, elles avaient déjà tenu compte de l'octroi d'une rente d'invalidité en faveur de l'époux, de sorte que cette circonstance ne constituait nullement un changement imprévisible. En conséquence, l'époux ne pouvait prétendre à une modification des montants retenus à titre de base de calcul de l'entretien dès l'octroi de sa rente AI, ni partant à une modification avec effet rétroactif des contributions d'entretien en faveur de sa fille et de l'épouse, au jour où son invalidité avait été reconnue.