Citation: 2C_802/2018 E. 4.1

4.1. Le recourant reproche au Tribunal cantonal d'avoir retenu que les persécutions dont il aurait fait l'objet par son ex-épouse n'étaient pas établies, alors qu'il avait déposé diverses pièces allant dans ce sens (annonce de son agression par son ex-belle famille à l'ambassade de Suisse à Alger le 24 juillet 2010, demande de confidentialité des données du 22 juillet 2011 adressée à sa commune de domicile et dépôt d'une plainte pour fausses déclarations et faux témoignages dirigée contre son ex-épouse et les deux témoins qui ont attesté de son mariage coutumier). Il estime en outre que les juges cantonaux n'ont à tort pas pris en compte la dénonciation d'août 2013, qui aurait été déposée par son ex-épouse, auprès du Service cantonal et qui indiquait qu'il avait épousé sa femme suissesse alors qu'il était encore marié avec cette première. Un tel écrit démontrait selon lui les démarches malveillantes et contradictoires effectuées par son ex-épouse. En l'occurrence, le recourant n'indique pas en quoi les persécutions dont il prétend avoir fait l'objet seraient à même d'influencer le sort de la cause. Il faut en effet relever que la question litigieuse porte sur le point de savoir si le recourant savait qu'il était marié en Algérie lors de la délivrance de son autorisation d'établissement, ce qu'a retenu le Tribunal cantonal, et non si le mariage en cause était voulu par l'intéressé ou si celui-ci résultait d'une manoeuvre de son ex-épouse destinée à lui nuire. C'est d'ailleurs ce qu'indiquent les juges cantonaux lorsqu'ils retiennent que le recourant avait connaissance de ce mariage et que "même s'il fallait admettre que [celui-ci] n'[avait] pas consenti à cette union, il aurait dû en faire part aux autorités suisses". Ce qui précède s'applique également aux questions relatives au caractère effectivement vécu de la bigamie et, dans ce cadre, au nombre de séjours passés par le recourant dans son pays d'origine. De tels éléments ne sont pas déterminants pour l'issue du litige. Il en va de même de la procédure de divorce engagée par le recourant en Algérie, ainsi que du courrier du 24 juillet 2010, que celui-ci aurait adressé à l'Ambassade de Suisse à Alger et dans lequel il aurait précisé avoir été agressé par des membres de son ex-belle-famille. En effet, ces éléments ne s'opposent ni à l'existence d'un mariage coutumier, célébré en avril 2010 et homologué en mars 2014, ni à la connaissance de ces faits par le recourant lors de la procédure d'octroi d'autorisation d'établissement. Par ailleurs, les juges cantonaux n'ont pas versé dans l'arbitraire en ne donnant pas un poids significatif à la dénonciation de son ex-épouse d'août 2013, dans la mesure où celle-ci n'était ni datée, ni signée. En outre, cette dénonciation n'ayant à l'époque, de façon regrettable, pas été communiquée au recourant, ce dernier ne pouvait pas partir de l'idée que son mariage en Algérie était connu des autorités suisses. Au demeurant, cette dénonciation anonyme ne faisait pas état d'un nouveau mariage en avril 2010, mais d'un " acte de divorce fabriqué ". Cette dernière allégation ne suffisait pas à remettre en question le jugement de divorce du 19 septembre 2001, déjà communiqué aux autorités suisses dans le cadre de la procédure de préparation au mariage avec une Suissesse. Dans ces circonstances, on ne peut pas retenir, comme le laisse entendre le recourant, que le Service cantonal avait connaissance de sa bigamie lors de l'octroi de son autorisation d'établissement.