Citation: 4A_38/2022 E. A

A.a. A.A.________, de nationalité P.________, et C.A.________, de nationalités Q.________ et R.________, se sont mariés en... à T.________. Ils sont parents de trois enfants nés à S.________ en...,... et... En..., ils ont quitté S.________ pour s'installer à Genève. Les époux ont rencontré des difficultés conjugales à la fin de l'année 2013. Le... 2016, l'épouse a quitté le domicile conjugal et s'est installée dans un appartement à U.________. Les époux ont mis en place une garde alternée de leurs deux enfants encore mineurs. A.b. Par procuration signée le 8 juin 2016, A.A.________ (ci-après: la défenderesse) a chargé B.________ (ci-après: la demanderesse), avocate au Barreau de Genève, de la représenter et de l'assister dans le cadre de " son divorce et toutes mesures liées au divorce ". A.c. La demanderesse a dû récupérer le dossier de la défenderesse auprès de l'avocat que celle-ci avait mandaté dans un premier temps, dont elle était toutefois mécontente et dont elle n'entendait pas régler les honoraires, ce qui fait qu'il rechignait à lui restituer les pièces qu'elle lui avait confiées. Lesdites pièces - les seules dont elle disposait à ce moment-là, les autres étant restées au domicile conjugal auquel elle n'avait plus accès - ont pu être récupérées le 16 juin 2016, après que la demanderesse ait saisi le Bâtonnier et conseillé à sa cliente de s'acquitter de la facture en souffrance, qui lui paraissait raisonnable. A.d. Le même jour, les parties ont conclu une convention d'honoraires, à teneur de laquelle l'activité de la demanderesse était rémunérée selon un tarif horaire de 600 fr., respectivement 180 fr. pour le stagiaire. L'objet du mandat était décrit comme consistant en une " demande en divorce et reddition de compte ". A.e. Sur la base des documents récupérés du précédent mandataire en vrac dans un carton et des explications de la défenderesse, assistée d'amies et/ou d'une avocate américaine lors de ses entretiens avec elle, la demanderesse a travaillé sur le dossier lequel présentait des enjeux financiers importants et une certaine complexité. L'époux était en effet actif dans..., disposait de revenus très élevés et d'une fortune conséquente, composée notamment d'immeubles à l'étranger. La défenderesse n'avait jamais exercé d'activité lucrative et ne s'était pas occupée de la gestion administrative et financière de la famille. Elle ignorait le montant et la composition exacte du patrimoine et des revenus de son époux ainsi que les charges globales de la famille. Elle réglait ses dépenses personnelles au moyen d'une somme de 25'000 fr. par mois que son conjoint mettait à sa disposition. A.f. La défenderesse craignait que son époux ne saisisse avant elle une juridiction étrangère, en particulier en V.________, pays dans lequel il était susceptible de s'installer. A.g. Le 7 juillet 2016, la demanderesse a adressé à sa cliente un projet de demande en divorce pour rupture du lien conjugal au sens de l'art. 115 CC, avec une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles. Dans le courriel d'accompagnement, elle lui a demandé de lui faire part de ses commentaires et lui a précisé être à sa disposition pour tout éventuel éclaircissement ou remarque. Dans sa réponse écrite du lendemain, la défenderesse lui a fait part de sept remarques et/ou questions. A.h. Le 11 juillet 2016, la demanderesse a déposé la demande précitée, comprenant 58 pages et munie d'un bordereau de 70 pièces, au greffe du Tribunal de première instance de Genève. Elle en a informé sa mandante qui l'a remerciée pour l'avoir tenue au courant ainsi que pour le travail effectué. Sur mesures superprovisionnelles, il était conclu, en substance, à ce qu'il soit fait interdiction à l'époux de disposer de la totalité de son patrimoine connu et inconnu, mobilier et immobilier, constitutif d'acquêts, quel que soit le lieu de situation du bien concerné dans le monde, ainsi qu'à la saisie immédiate et provisoire, aux fins d'inventaire, de tous ses biens mobiliers sis au domicile conjugal, dans les locaux de la société qu'il animait et qui l'employait, et dans W.________. Sur mesures provisionnelles, en plus des conclusions précitées, il était notamment réclamé à l'époux de continuer à payer une contribution à l'entretien de la défenderesse de 25'000 fr. par mois et à régler toutes les factures relatives à l'entretien des trois enfants, ainsi que de produire, en raison de son obligation de renseigner fondée sur l'art. 170 CC, toute une série de documents destinés à établir la situation financière de l'époux et le train de vie de la famille. Sur le fond, il était notamment conclu au maintien de l'autorité parentale conjointe sur les enfants, à la mise en place d'une garde alternée sur les enfants mineurs, à l'attribution de la jouissance du domicile conjugal à l'époux et au versement d'une contribution d'entretien pour l'épouse et les enfants à chiffrer ultérieurement une fois la situation financière de l'intéressé connue, après la production par ce dernier de tous documents idoines (en particulier les certificats de salaire, déclarations fiscales, arrangements fiscaux, contrats de travail, attestations des sociétés de son groupe, relevés mensuels détaillés de ses comptes bancaires, relevés mensuels de ses cartes de crédit, liste et estimation de l'ensemble de ses biens mobiliers, prix d'achat et estimations des biens immobiliers, ses revenus de biens propres et leurs remplois, tous documents propres à établir son train de vie et celui des enfants, toutes autres pièces aptes à établir sa situation financière). Concernant le train de vie de la famille, le mémoire indiquait dans la partie en fait que les dépenses personnelles de la défenderesse s'étaient élevées à 71'298 fr. en avril 2016 et à 45'000 fr. en mai 2016; son train de vie avait atteint 603'000 fr. en 2013, 430'000 fr. en 2014 et 340'000 fr. en 2015. Dans la partie en droit, il était indiqué que le train de vie de l'épouse avait atteint 70'000 fr. par mois pendant la vie commune, de sorte qu'en raison du loyer qu'elle payait depuis la séparation (20'000 fr. par mois) et de ses impôts futurs, la contribution à son entretien devait être comprise entre 90'000 fr. et 130'000 fr. par mois. Sur la nécessité d'inventaire et d'une reddition de comptes, il était indiqué qu'il paraissait évident que l'époux allait retourner en V.________, puisque la presse (trois articles datant de l'été 2015 étaient produits) dévoilait que le... auprès duquel il travaillait depuis 2005 allait à terme fermer ses bureaux à Genève. En outre, l'époux avait récemment mis en vente la villa de Genève et un client russe semblait très intéressé. A.i. Par ordonnance du 11 juillet 2016, notifiée en l'étude de la demanderesse le jeudi 14 juillet suivant, le Tribunal de première instance de Genève a débouté la défenderesse de ses conclusions sur mesures superprovisionnelles, les jugeant disproportionnées et non justifiées par une urgence ou une menace rendues vraisemblables.