Citation: 4C.183/2002 08.11.2002 E. A

Le 19 octobre 1995, A.________AG, en qualité de maître de l'ouvrage, et X.________ SA, en qualité d'entrepreneur, ont signé un contrat d'entreprise en vue de la fabrication, de la livraison et du montage d'éléments en béton destinés à la construction d'une halle dans le Haut-Valais. Débitrice de quelque 1'100'000 fr., A.________AG a versé à X.________ SA, le 6 février 1996, par le truchement de la Banque Y.________ (ci-après: Y.________), deux acomptes représentant un total de 365'600 fr. A la même date, X.________ SA a informé A.________AG que les travaux en cours seraient interrompus à défaut de paiement d'un nouvel acompte. Le maître de l'ouvrage lui a alors indiqué que la somme de 300'000 fr. allait lui être versée par Y.________ et l'a invitée à s'adresser à celle-ci. X.________ SA s'est vu confirmer téléphoniquement par la banque le prochain versement de ladite somme. Ayant exigé une confirmation écrite, elle a reçu, le 9 février 1996, une télécopie ainsi libellée: "Wir bestätigen Ihnen, dass wir Ihnen im Auftrag der A.________AG, auf Ihr Konto bei der Spar- und Leihkasse Bern anfangs der 7. Woche, aufgrund eines unterzeichneten Zahlungsauftrages der uns noch zuzustellen ist, den Betrag von Fr. 300'000.- überweisen werden. Wir hoffen, Ihnen mit dieser Bestätigung zu dienen und wir grüssen Sie freundlich." A réception de cette télécopie, X.________ SA a repris l'exécution des travaux. Le 16 février 1996, Y.________ a reçu de A.________AG l'ordre de payer les 300'000 fr. Elle a refusé de l'exécuter au motif que le compte courant dont le maître de l'ouvrage était titulaire auprès d'elle ne présentait plus les disponibilités nécessaires pour ce faire. En effet, le 12 février 1996, une somme de 400'000 fr., créditée par erreur sur ce compte courant, en avait été distraite, conformément aux instructions de A.________AG, pour être placée sur un autre compte que cette société avait ouvert auprès de la même banque en vue d'y recueillir les fonds destinés à financer une augmentation projetée de son capital-actions. Le 11 mars 1996, X.________ SA a adressé à A.________AG sa facture finale d'un montant total de 1'068'378 fr. 60. Cette somme n'a pas été payée. Cependant, pour en garantir le paiement et éviter l'inscription d'une hypothèque légale des artisans et entrepreneurs, A.________AG a remis au mandataire de X.________ SA une obligation hypothécaire au porteur en premier rang de plus de 700'000 fr., en exécution d'une convention passée entre elles les 4 et 5 juin 1996.