Citation: 4A_341/2021 E. A

A.a. Par acte instrumenté le 2 septembre 2014, B1.________ AG (ci-après: la venderesse, la défenderesse ou l'intimée) a vendu à A.________ AG (ci-après: l'acquéresse, la demanderesse ou la recourante) les parcelles n os xxx et yyy sises à... (ci-après: les parcelles) pour un prix total de 10'000'000 fr. À cette occasion, la venderesse, qui fait partie avec B2.________ SA et B3.________ Suisse SA du groupe B.________, était représentée par C.________, qui bénéficiait pour ce faire d'une procuration valable jusqu'au 15 septembre 2014. Cette procuration avait été établie par deux personnes titulaires de la signature collective à deux pour représenter la venderesse. C.________ n'a jamais figuré au registre du commerce comme disposant d'un pouvoir de signature pour représenter l'une ou l'autre des sociétés du groupe B.________. A.b. L'acte notarié exclut toute garantie en raison des défauts de la chose, tout en réservant notamment l'art. 199 CO, et précise: " [La venderesse], se référant aux dispositions fédérales et cantonale s rela tives à l'environnement informe [l' acquéresse] que les immeubles présen tement vendus sont inscrits au cadastre des sites pollués, et qu'aucune mesure d'investigation ni d'assa inissement n'a été requise par les autorités compétentes à la date de ce jour ni n'est en cours. Un courrier d'accord de transfert de l'autorité compétente du 28 août 2014, demeurera ci-annexé. A ce sujet, [la venderesse] confirme à [l'acquéresse] n'avoir exercé personnellement aucune activité polluante sur les parcelles et s'engage néanmoins à prendre à sa charge et à première demande, si une ou plusieurs autorités compétentes l'ordonnent, tout frais de dépollution des parcelles en cause dans les dix ans dès l'entrée en jouissance par [l'acquéresse]. A ce sujet, les parties précisent que c'est [la venderesse] qui procédera [elle]-même avec les mandataires et/ou entreprise [sic] de son choix et à ses frais, à toutes mesures utiles et nécessaires en vue de se conformer à la décision des autorités compétentes. Le présent engagement [de la venderesse] se limite en tous les cas jusqu'à la fin de la construction projetée par [l'acquéresse]. " Il prévoit en outre une élection de for en faveur des tribunaux du lieu de situation de l'immeuble. A.c. Dès octobre 2016, des terres polluées ont été découvertes sur les parcelles. Le 24 octobre 2016, l'acquéresse a écrit à B3.________ Suisse SA, à l'attention de C.________, pour lui confirmer qu'elle avait trouvé une zone avec suspicion de pollution d'hydrocarbures sur les parcelles. Elle l'a informée qu'une entreprise procédait sur place à l'extraction de matériaux devant être envoyés pour analyse et qu'elle serait tenue au courant des résultats. A.d. L'acquéresse a confié la direction des travaux à D.________ SA (ci-après: la société d'architecture), qui a mandaté E.________ SA (ci-après: la société d'analyse) pour analyser les résultats portant sur les matériaux prélevés. Par courriel du 9 janvier 2017, la société d'analyse a confirmé à la société d'architecture la présence de concentrations importantes de terres polluées en arsenic. Le lendemain, F.________, administrateur de la société d'architecture, a transféré ledit courriel à C.________, lui a confirmé que la phase en cours de terrassement avait laissé apparaître un petit volume de terres polluées et lui a demandé de l'informer de son intention d'intervenir par ses propres moyens ou de laisser à la société d'architecture le soin de régler ce problème de pollution tout en prenant en charge financièrement le traitement. A.e. Le 19 janvier 2017, C.________, F.________ et des représentants de l'acquéresse et de la société d'analyse se sont réunis. Par courriel du 20 janvier 2017, F.________ a envoyé à C.________ un courrier en pièce jointe afin que celui-ci le lui retourne " bon pour accord ". Ledit courrier était adressé à " B4.________ ", à l'attention de C.________, et indiquait que, suite à la séance du 19 janvier 2017, lui étaient " notifi[ées] les décisions prises communément et confirmées par [C.________] ", soit notamment (1) que " B.________ [sic] renonce à toute intervention mais assure la prise en charge des coûts de l'entier de l'opération de traitement des terres polluées ", (2) que " la mise en dépôt sur site, la reprise des matériaux ainsi que le transport à la décharge et/ou usine de traitement se[raient] assurés par G.________ SA " (ci-après: la société de dépollution) et (3) que " la facturation de l'ensemble de l'opération sera[it] éditée par [la société de dépollution] et adressée pour paiement à B4.________ SA [sic] ". Le visa devait être effectué pour " B3.________ SA " (sic). Le 28 janvier 2017, F.________ a renvoyé un courriel à C.________, lui demandant de bien vouloir retourner une copie visée par ses soins du courrier du 20 janvier 2017. Par courriel du 30 janvier 2017, C.________ lui a répondu: " [N] ous vous confirmons par la présente la validation de la procédure ", et lui a renvoyé le courrier signé au nom de " C.________, B3.________ Suisse SA ". Le 7 février 2017, F.________ lui a confirmé qu'il avait bien pris note de sa validation pour adjudication des travaux de traitement des terres polluées à l'entreprise H.________ SA. A.f. C.________ a été régulièrement informé de l'ampleur des travaux de dépollution et d'assainissement et de ce que le devis de 1'000 tonnes de matériaux pollués allait probablement être plus que doublé. A.g. A.g.a. Le 7 mars 2017, la société de dépollution a adressé une facture d'un montant de 1'300'183 fr. 50 à la venderesse pour le traitement des terres polluées. L'annexe de cette facture fait état de terres évacuées sur les parcelles depuis le 13 septembre 2016, soit avant que l'acquéresse n'invoque l'existence de terres polluées. Par courrier du 4 avril 2017 signé par I.________, responsable du développement pour la Suisse romande auprès de B3.________ Suisse SA, et C.________, la venderesse a contesté cette facture, invoquant n'avoir jamais commandé ces travaux et renvoyant la société de dépollution à s'adresser à l'acquéresse. Elle a précisé que les conditions contractuelles convenues avec celle-ci pour une prise en charge des frais d'assainissement du site n'étaient pas remplies et qu'elle n'avait pas approuvé ces travaux. À cette date, la venderesse n'avait pas encore reçu la facture du 16 mars 2017 dont il va être question. A.g.b. Le 16 mars 2017, la société de dépollution a fait parvenir à la venderesse une deuxième facture au libellé presque identique à la première pour un montant de 591'638 fr. 85. A.g.c. Par courriel du 10 avril 2017, elle a informé C.________ que la première facture était annulée et que la deuxième restait valable. A.g.d. Le 11 avril 2017, la société de dépollution a adressé une troisième facture à la venderesse pour un montant de 438'504 fr. 75. A.h. Le 18 avril 2017, F.________ a écrit à B3.________ Suisse SA, à l'attention de C.________, pour lui faire part de sa stupéfaction quant au courrier du 4 avril 2017 et à sa non-entrée en matière sur le paiement des factures adressées par la société de dépollution. Le même jour, la société de dépollution a écrit à B3.________ Suisse SA, à l'attention de C.________ et de I.________, pour leur rappeler divers événements, dont le visa donné par celui-là le 30 janvier 2017. Par courrier du 24 avril 2017 signé par J.________, responsable du service juridique, et C.________, B3.________ Suisse SA a répondu à la société de dépollution qu'elle maintenait sa position. A.i. Le 2 mai 2017, une séance de travail a eu lieu en présence de F.________, de C.________ et de I.________ afin de discuter du litige. A.j. Le 15 mai 2017, la société de dépollution a fait parvenir une quatrième facture à la venderesse pour un montant de 546'162 fr. 45. A.k. Le 26 mai 2017, F.________ a écrit à B4.________, à l'attention de C.________, afin qu'elle s'acquitte des factures échues. Selon lui, les parties étaient convenues, lors de la séance du 2 mai 2017, des modalités de prise en charge desdites factures dans les plus brefs délais. A.l. Le 6 juin 2017, la société de dépollution a établi une cinquième facture à l'attention de la venderesse, cette fois-ci pour un montant de 107'277 fr. 55. A.m. Le 12 juin 2017, la venderesse a répondu à F.________ qu'elle contestait que C.________ et I.________ eussent pris quelque engagement que ce soit quant à une éventuelle prise en charge des frais de dépollution lors de la séance du 2 mai 2017. Les signataires, soit J.________ et K.________, l'ont par ailleurs prié de s'adresser désormais directement et uniquement à eux. A.n. Le 13 juin 2017, l'acquéresse a mis en demeure la venderesse de s'acquitter des factures de la société de dépollution. A.o. Le 21 juin 2017, la venderesse a refusé tout paiement, invoquant, d'une part, que l'engagement qu'elle avait pris dans le contexte de la vente des parcelles ne valait qu'en cas d'assainissement du site et non dans l'hypothèse d'une simple dépollution et, d'autre part, que les travaux entrepris ne constituaient pas un assainissement. Elle a ajouté qu'elle ne pouvait valablement s'engager que par la signature collective de deux personnes dûment autorisées selon le registre du commerce et qu'aucune procuration spécifique n'avait été établie afin d'autoriser C.________ à représenter seul la venderesse dans le contexte de la prise en charge des frais de dépollution des parcelles. A.p. Le 12 octobre 2017, la société de dépollution a cédé à l'acquéresse ses créances contre la venderesse découlant des quatre dernières factures. A.q. La venderesse a formé opposition totale contre le commandement de payer qui lui avait été notifié le 20 octobre 2017 sur requête de l'acquéresse et qui portait sur le paiement des quatre factures litigieuses ainsi que sur des dommages-intérêts en 370'000 fr.