Citation: 6B_443/2017 E. B

Par arrêt du 27 février 2017, la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre pénale d'appel et de révision, a admis l'appel formé par X.________ et partiellement admis celui formé par Y.________. Elle a acquitté le premier du chef de rixe et a acquitté le second du chef de lésions corporelles simples et l'a condamné à une peine pécuniaire de 90 jours-amende à 10 fr. l'unité, avec sursis, pour l'infraction de rixe. Elle a renvoyé les parties plaignantes à agir, le cas échéant, par la voie civile. La cour cantonale a retenu en substance les faits pertinents suivants. Le 24 février 2014, une bagarre a éclaté dans la cour de la prison de Champ-Dollon pendant la promenade de l'après-midi, entre deux groupes de détenus, d'origines maghrébine et albano-kosovare, parmi lesquels se trouvaient X.________ et Y.________. Il ressort des images de vidéosurveillance et des témoignages recueillis que la bagarre s'est généralisée à tous les détenus présents dans la cour, au point qu'il n'était plus possible de discerner les assaillants des victimes. Deux gardiens, dont A.________, ont été légèrement blessés et sept détenus conduits à l'hôpital. B.a. Les policiers qui ont été dépêchés à la prison afin de prêter main-forte aux gardiens ont pris, le soir-même, la déposition de A.________. Ils ont également procédé, les 26 et 27 février 2014, dans l'enceinte de la prison, à l'audition du détenu X.________ notamment, hors la présence d'un interprète assermenté, et ont retranscrit manuellement ses déclarations sur un formulaire, lequel ne comporte aucune signature (pièce 244). Selon les déclarations de X.________, alors entendu comme plaignant par la police, il avait notamment " suivi le mouvement "en donnant " un coup de main à ses compatriotes " jusqu'à ce qu'un " groupe de maghrébins le rouent de coups " au point qu'il perdît connaissance. Sur ordonnance du 24 février 2014 du ministère public, le Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML) a examiné X.________ et établi un rapport le 27 mars 2014, constatant ses lésions (pièces 261 à 266). L'expertisé a raconté au personnel hospitalier qu'il avait " asséné un coup de poing à un Arabe qui le menaçait avec une lame de rasoir et qu'il s'était blessé en tombant, alors qu'il tentait d'esquiver un autre coup qui lui était porté ". D'après les constatations du CURML, la double fracture de son poignet était compatible avec un mécanisme de chute avec réception sur le poignet. B.b. Il ressort d'un constat médical établi le 24 février 2014 que A.________ a souffert de douleurs au niveau de l'avant-bras droit, du poignet droit et de la main droite ayant nécessité le port d'une attelle de poignet et un arrêt de travail de deux jours. Le même jour, A.________ a déposé plainte pénale. B.c. Par acte du 14 mars 2014, complété le 1er décembre 2014, X.________ a déposé une plainte pénale contre inconnu notamment pour agression, lésions corporelles, exposition, omission de prêter secours et rixe. Il a déclaré ne pas avoir pris part à la bagarre du 24 février 2014, mais que trois ou quatre détenus s'étaient jetés sur lui et l'avaient roué de coups. Il avait perdu connaissance et avait été emmené à l'hôpital où il avait été opéré pour deux fractures du bras.