Citation: 5C.64/2001 23.03.2001 E. 3

3.- a) Le recours en réforme n'est recevable que contre les décisions finales prises par les tribunaux ou autres autorités suprêmes des cantons (art. 48 al. 1 OJ), de sorte que le recourant ne peut s'en prendre à la décision de l'autorité cantonale inférieure (cf. ATF 125 I 492 sur la règle correspondante de l'art. 86 OJ). Le demandeur ne saurait ainsi être entendu dans la mesure où il critique la décision du premier juge (cf. consid. 3c/dd supra). C'est par ailleurs à tort qu'il reproche à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 8 CC en ne tenant pas la dégradation de sa situation financière, alléguée et prouvée devant le premier juge, pour établie. D'une part, en effet, un tel grief n'a rien à voir avec l'art. 8 CC qui, en tant qu'il règle le droit à la preuve, ne dit pas au juge comment apprécier les preuves destinées à établir l'état de fait (ATF 115 II 484 consid. 2b; 114 II 289 consid. 2a et les arrêts cités). D'autre part, les juges cantonaux n'ont pas nié que la situation financière du demandeur s'était péjorée; ils ont au contraire considéré que cette péjoration ne permettait pas au demandeur de réclamer la suppression ou la réduction de la pension due à l'intimée pour le double motif que cette péjoration n'était pas imprévisible au moment du divorce et que son caractère durable n'était pas établi (cf. l'arrêt rendu ce jour sur le recours de droit public, consid. 2b). Cela étant, il n'y a pas lieu de renvoyer la cause à l'autorité cantonale, mais seulement d'examiner, à la lumière des griefs d'ordre matériel soulevés par le demandeur (cf. consid. 2c/aa à cc supra) et en se fondant sur les faits tels qu'ils ont été constatés par la Chambre des recours (art. 63 al. 2 OJ), si l'arrêt attaqué consacre une violation du droit fédéral (art. 43 OJ). b) Selon une jurisprudence constante, le juge peut, dans la fixation d'une rente, pension ou contribution d'entretien selon le droit de la famille, prendre en compte un revenu hypothétique supérieur au revenu que le débirentier obtient effectivement de son travail, dans la mesure où celui-ci pourrait gagner davantage en faisant l'effort que l'on peut raisonnablement exiger de lui (ATF 119 II 314 consid. 4a; 117 II 16 consid. 1b; 110 II 116 consid. 2a). Ce principe peut également trouver application dans un procès en modification ou en suppression d'une telle rente, pension ou contribution d'entretien (arrêt non publié 5C.154/1996 du 2 septembre 1997 dans la cause Z. c. Z., consid. 3b). La prise en compte d'un revenu hypothétique se justifie en particulier dans le cas où le débirentier a diminué volontairement son revenu (ATF 119 II 314 consid. 4a), quel que soit le motif de sa décision (Sutter/Freiburghaus, Kommentar zum neuen Scheidungsrecht, 1999, n. 47 ad art. 125 CC; Schwenzer, Praxiskommentar Scheidungsrecht, 2000, n. 16 ad art. 125 CC; ZR 87/1988 n° 36 p. 88).