Citation: 2C_561/2024 E. 3.3.1

3.3.1. Concernant l'accès aux soins au Kosovo, la Cour de justice a notamment confirmé les décisions des autorités précédentes qui avaient retenu qu'il existe au Kosovo sept centres de traitement ambulatoire pour les maladies psychiques (centres communautaires de santé mentale) ainsi que des services de neuropsychiatrie pour les traitements des cas de psychiatrie aiguë au sein des hôpitaux généraux dans les villes de Prizen, Peja, Gjakova, Mitrovica, Gjilan, Ferijaz et à l'hôpital universitaire de Pristina. Grâce à la coopération internationale, de nouvelles structures appelées "Maison de l'intégration" avaient également vu le jour dans certaines villes. Ces établissements logeaient des personnes atteintes de troubles mineurs de la santé mentale dans des appartements protégés et leur proposaient un soutien thérapeutique. Sur ces bases, la Cour de justice a confirmé que des soins adéquats, visant spécifiquement la prise en charge d'affections psychiatriques, étaient disponibles au Kosovo. Selon les recourants, ce constat procéderait d'une appréciation arbitraire des preuves et serait erroné. À ce titre, ils mentionnent à plusieurs reprises "la publication du DDC" intitulée "Améliorer l'accès à des services de santé de qualité au Kosovo", produite devant l'instance précédente, sans toutefois préciser ce qu'ils entendent en tirer. Les recourants se fondent en outre, pour la première fois devant le Tribunal fédéral, sur deux rapports, soit un rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés du 2 septembre 2024 et sur un rapport du 3 mars 2023 de "Landinfo", "un organe de publication de l'immigration norvégienne", lesquels se trouveraient sur internet et devraient être pris en compte en tant que faits notoires. Les recourants citent plusieurs passages de ces deux documents. Or, il n'est en principe pas possible de prendre en compte ces rapports disponibles sur internet, mais qui n'ont pas été produits devant l'instance précédente, sauf à admettre qu'ils relatent des faits notoires (cf. supra consid. 2). En l'occurrence, le rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés ne bénéficie a priori pas d'une empreinte officielle. Pour ce qui est du rapport "Landinfo", les recourants n'indiquent pas de lien internet officiel et semblent se prévaloir d'une traduction libre d'un document rédigé en norvégien. Savoir si ces publications sont des renseignements notoires, ce dont on peut fortement douter, peut toutefois demeurer indécis. En effet, si les passages cités par les recourants font certes état de certaines carences dans le système de santé kosovar (déficit de personnel, indisponibilité de certains médicaments et équipements, tendance de la population à se diriger vers des soins privés qui sont plus coûteux), ils ne mentionnent en aucun cas que des affections psychiatriques ne sont pas prises en charge dans ce pays. Les éléments contenus dans ces documents ne suffisent manifestement pas à rendre insoutenables les constatations faites dans l'arrêt attaqué.