Citation: 6B_1040/2009 13.04.2010 E. 1

2.2 Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir omis plusieurs critères déterminants. 2.2.1 En premier lieu, la cour cantonale aurait négligé le taux de pureté de l'héroïne, de l'ordre de 10 %. Selon la jurisprudence, lorsque l'auteur n'a pas voulu fournir une drogue particulièrement pure ou particulièrement diluée, la question du taux de pureté exact et, partant, la quantité exacte de drogue pure concernée ne joue pas de rôle pour apprécier la gravité de la faute (ATF 122 IV 299 consid. 2c p. 301; 121 IV 193 consid. 2b/aa p. 196). En l'espèce, la drogue saisie a été analysée; une partie, à savoir 800 grammes, avait un degré de pureté d'environ 50 % et le solde, de 10 %. Le taux de pureté de 10 % correspond en principe au taux moyen que l'on trouve sur le marché, de sorte qu'il n'apparaît pas que la drogue vendue par le recourant était particulièrement diluée. Dans ces conditions, la cour cantonale ne peut donc se voir reprocher de ne pas avoir tenu compte du taux de pureté de la drogue. 2.2.2 Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir méconnu l'effet que la peine pourrait avoir sur son avenir. Selon l'art. 47 CP, le tribunal est tenu de prendre en considération l'effet que la peine est susceptible d'avoir sur l'avenir de l'auteur. Ainsi, selon la jurisprudence, la perspective que l'exécution d'une peine privative de liberté puisse détacher le condamné d'un environnement favorable peut, selon les circonstances concrètes du cas, déployer un effet atténuant et entraîner une réduction de la peine (ATF 134 IV 17 consid. 3.4 p. 24). En l'espèce, c'est en vain que le recourant fait valoir qu'une situation aisée l'attend en Roumanie et qu'une place de travail est à sa disposition dans l'entreprise familiale. En effet, sa faute justifie une peine nettement supérieure à une peine de deux ans, de sorte que le sursis est exclu. Seule une peine ferme peut être prononcée, laquelle aura nécessairement pour effet de le détacher du monde du travail et de sa famille. Une réduction de la peine n'y changerait rien. 2.2.3 Le recourant semble faire grief à la cour cantonale d'avoir mal interprété ses aveux et d'avoir considéré à tort que ceux-ci ne témoignaient pas qu'il avait pris conscience de la culpabilité. La cour cantonale considère que les aveux du recourant ne dénotaient pas une intensité et une sincérité telles qu'ils obligeaient à entraîner une atténuation de la peine. A cet égard, elle explique que ceux-ci n'ont pas permis d'arrêter d'autres comparses que ceux qui avaient déjà été arrêtés et qu'en outre toute dénégation était inutile, compte tenu des preuves en mains des autorités de poursuite pénale. Ces considérations ne suscitent aucune critique et c'est avec raison que la cour cantonale a refusé de réduire la peine pour ce motif. 2.2.4 Enfin, le recourant fait valoir que la cour cantonale a cru à tort que le jugement de première instance avait été rendu avec jury, de sorte qu'elle a réduit son pouvoir d'examen de façon infondée et commis un déni de justice formel. Par cette argumentation, le recourant ne précise pas les dispositions cantonales que la cour cantonale aurait appliquées de manière arbitraire ni ne mentionne sur quels points elle aurait réduit son pouvoir d'appréciation de manière infondée. Insuffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF), ce grief est irrecevable. 2.3 Le recourant ne cite en définitive aucun élément important, propre à modifier la peine, qui aurait été omis ou pris en considération à tort. Il convient dès lors d'examiner si, au vu des circonstances, la peine infligée apparaît exagérément sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. En l'espèce, le comportement du recourant réalise les circonstances aggravantes des lettres a et b de l'art. 19 ch. 2 LStup. Le recourant occupait un rôle de dirigeant au sein du réseau. Son activité qui n'a duré que quelques mois était très intense et très organisée. Elle a porté sur une quantité de plus de six kilos d'héroïne brute. N'étant pas lui-même toxicomane, le recourant a agi par pur appât du gain. Dans ces circonstances, la faute du recourant doit être qualifiée de grave. En prononçant une peine privative de liberté de six ans et demi, la cour cantonale n'a donc pas abusé de son pouvoir d'appréciation. Mal fondé, le grief tiré de la violation de l'art. 47 CP doit être rejeté.