Citation: 1C_524/2023 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le projet litigieux entend transférer en zone mixte une surface de 11'000 m2 actuellement sise en zone agricole, afin d'y installer un bâtiment d'environ 100 mètres de long. Si le Tribunal cantonal reconnaît que la réalisation de ce projet entraîne la perte de surfaces agricoles de bonne qualité ("les meilleures terres labourables de la commune", cf. arrêt attaqué, consid. 9.1), il considère que l'intérêt à préserver ces terres ne suffit pas à exclure le changement d'affectation. Or, en l'espèce, même si la planification litigieuse ne donnerait pas lieu à une zone à bâtir isolée, la zone mixte nouvellement créée serait entourée de zone agricole sur trois côtés; une telle manière de procéder renforce manifestement le morcellement des terres cultivables et apparaît contraire aux principes d'utilisation mesurée du sol et de concentration, ainsi qu'aux exigences de l'art. 15 al. 4 LAT. Au surplus, il ne saurait être retenu, comme l'a fait l'autorité précédente, que l'implantation d'un bâtiment industriel de près de 100 mètres de long à l'entrée du village, entouré principalement de zones agricoles et situé à la limite d'une zone se trouvant à l'inventaire fédéral des paysages, n'aura pas ou peu d'impact sur le paysage. En effet, les deux bâtiments d'habitation situés devant le projet, au premier plan depuis la rue, sont de faible volume et ne sauraient être considérés de même nature que le bâtiment industriel projeté. Le fait que des bâtiments agricoles existent au second plan ne saurait non plus suffire à intégrer le bâtiment projeté dans le tissu bâti, dès lors que ce dernier est séparé desdits bâtiments agricoles par environ 100 mètres de zone agricole. De même, le fait que d'autres entreprises soient situées du côté sud de la route ne permet pas de limiter l'impact paysager du nouveau bâtiment, projeté de l'autre côté de la route et séparé de cette dernière par des bâtiments d'habitation. Dès lors et comme le relève l'ARE, le Tribunal cantonal ne peut être suivi lorsqu'il affirme que la construction ne contrastera pas avec l'environnement bâti et sera intégré au paysage. Partant, et sur la base des aspects développés ci-dessus, il ressort que la pesée des intérêts effectuée n'a pas accordé une importance suffisante aux intérêts issus du principe de concentration et à ceux qui visent le maintien des surfaces agricoles et la préservation du paysage. En effet, s'il existe certes un intérêt à ce que l'entreprise B.________ SA puisse rester dans la commune des Genevez, cet intérêt ne saurait être considéré comme prioritaire sur les autres intérêts en présence, qui appartiennent aux buts et principes fondamentaux de l'aménagement du territoire résultant de la LAT.