Citation: 8C_586/2021 E. 5.2.2

5.2.2. La recourante soutient en outre que l'expert admettrait la causalité pour des raisons d'ordre chronologique ("infection dans les suites de la plaie, donc à cause d'elle") ainsi que "géographique (site d'infection proche de la plaie, donc à cause d'elle) ", et qu'il partirait du postulat - non soutenu par la documentation médicale - de la fermeture incomplète de la cicatrice et renverrait à l'adage "post hoc ergo propter hoc", qui n'aurait tout au plus qu'une valeur d'indice selon la jurisprudence. S'il est vrai que le principe "post hoc ergo propter hoc" ne suffit pas en soi à établir un rapport de causalité entre une atteinte à la santé et un accident (ATF 119 V 335 consid. 2b/bb; RAMA 1999 n° U 341 p. 408 s., consid. 3b; arrêt 8C_117/2020 du 4 décembre 2020 consid. 3.1), on ne saurait cependant lui dénier toute valeur lorsqu'il est mis en relation avec d'autres éléments médicalement déterminants comme l'a fait le docteur I.________ (cf. arrêt 8C_348/2020 du 7 juin 2021 consid. 4.3). Quelques éléments de son argumentation pourraient certes faire penser à un raisonnement du type "post hoc ergo propter hoc". Toutefois, loin de se borner à un tel raisonnement, il a expliqué de manière détaillée et circonstanciée l'évolution de la cicatrisation de la plaie chirurgicale à la plante du pied et du développement d'une fasciite nécrosante, se fondant sur ses connaissances spéciales en tant qu'infectiologue et en entreprenant une appréciation critique de la documentation médicale. De plus, il a écarté de manière convaincante d'autres possibles causes de l'infection, et ses conclusions sont corroborées par d'autres rapports médicaux au dossier. On doit dès lors reconnaître avec la cour cantonale que son rapport remplit les exigences formelles et matérielles auxquelles sont soumises les preuves médicales pour pouvoir être prises en considération (ATF 125 V 351 consid. 3a). Il en résulte que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en suivant l'avis de cet expert et en admettant qu'il existe, au degré de la vraisemblance prépondérante (cf. consid. 3.3 supra), un lien de causalité probable entre l'accident du 11 mars 2012 et les évènements survenus dès le 9 avril 2012.