Citation: 6B_72/2024 E. 2.4

2.4. Il ressort du jugement attaqué que, avant l'accident du 10 novembre 2020, le recourant a été condamné à quatre reprises par les autorités fribourgeoises en 2013, 2017, 2018 et 2020. Le travail d'intérêt général (en 2013) a été prononcé avec sursis partiel et toutes les autres peines l'ont été avec sursis complet (peines pécuniaires en 2017 et 2018 et peine privative de liberté en 2020). Il a été renoncé une fois à la révocation du sursis accordé en 2013, deux fois à la révocation du sursis accordé en 2017, une fois à la révocation du sursis accordé en 2018 et deux fois à la révocation du sursis accordé en 2020. Le sursis accordé en 2018 a été prolongé d'une année et celui accordé en 2020 a été prolongé de deux ans. Le sursis accordé en 2018 a finalement été révoqué le 31 mai 2021. S'agissant des mesures administratives, le recourant s'est vu retirer son permis de conduire trois fois, soit en 2006 pour 4 mois (ébriété), en 2007 pour une année (ébriété et distance insuffisante) et en 2013 pour une durée indéterminée (ébriété et entrave à la prise de sang). Ce dernier retrait de permis a été révoqué le 3 août 2017 sous conditions spéciales jusqu'au 2 août 2018. A la suite de l'accident faisant l'objet de la présente procédure, le recourant s'est à nouveau vu retirer son permis pour une durée indéterminée, avec délai d'attente de 5 ans jusqu'au 9 novembre 2025. La cour cantonale a conclu que le pronostic était résolument défavorable. En effet, alors que le recourant avait déjà conduit par le passé plusieurs fois en état d'ébriété (et provoqué deux accidents) et que son permis de conduire lui avait déjà été retiré trois fois, la dernière fois pour une durée indéterminée avec un délai d'attente de deux ans, cela ne l'avait pas empêché de reprendre le volant avec une alcoolémie de 2,43 g/kg et de provoquer une grave collision frontale, blessant la passagère avant de la voiture arrivant normalement en sens inverse. Comme indiqué par le premier juge, c'était un miracle qu'il n'y avait pas eu de morts. Le recourant se prévalait du fait que, depuis mars 2023, il bénéficiait d'un suivi mensuel auprès du Centre cantonal d'addictologie à U.________ pour traiter sa problématique d'addiction à l'alcool, ce qui démontrerait sa volonté de reprendre sa vie en mains et de récupérer la garde de son fils. Or, une telle volonté devait être fortement relativisée puisque le recourant avait recouru le 27 avril 2023 - sans succès - contre la décision de la Justice de paix de l'arrondissement de la Broye (FR) du 5 décembre 2022 qui conditionnait l'exercice de son droit de visite sur son enfant à un suivi régulier auprès de cette même institution. A cela s'ajoutait que le recourant avait récidivé en cours d'enquête: en janvier 2021, il avait refusé d'obtempérer aux ordres des policiers qui avaient dû s'interposer entre lui et sa compagne, alcoolisés, et il avait menacé un collaborateur de l'institution au sein de laquelle son fils avait été placé de débarquer dans l'établissement avec un pistolet "s'il (s) ne faisaient pas bien attention"; en avril et mai 2021, il avait encore eu un comportement violent envers sa partenaire (voies de fait et lésions corporelles simples). Le recourant se moquait de l'ordre juridique et des conséquences que pouvaient entraîner ses actes. |l n'avait su saisir aucune des nombreuses chances qui lui avaient été accordées sous forme de non-révocations de sursis à des peines pécuniaires et de prolongations du délai d'épreuve. Il aurait été vain de conditionner un éventuel sursis à des règles de conduite, puisque le recourant n'avait pas respecté celles prononcées le 30 octobre 2018, notamment concernant l'abstinence à l'alcool. E n l'état, seule une peine privative de liberté ferme était à même d'amender durablement l'intéressé et de diminuer autant que faire se peut l'important risque qu'il représentait pour la sécurité routière et l'intégrité corporelle, voire la vie, d'autrui. En outre, la cour cantonale a exposé que le fait que le recourant devait exécuter la peine privative de liberté ferme nouvellement infligée ne suffisait pas à le détourner de la commission de nouvelles infractions, de sorte que la révocation du sursis de 5 ans à la peine privative de liberté de 180 jours accordé le 7 janvier 2020 s'imposait, pour des motifs de prévention spéciale c'est-à-dire pour que le recourant puisse mesurer concrètement la gravité de sa récidive et comprendre que l'autorité ne tolérerait plus aucun écart en matière de circulation routière.