Citation: 4C.182/2000 09.01.2001 E. A

A.- X.________ S.A. a pour but notamment le commerce et la fabrication d'articles d'horlogerie. Elle fait partie du groupe de joaillerie D.________, du nom de son actionnaire principal B.________, qui comprend diverses S.A., dont la manufacture des montres X.________ S.A. et Y.________ S.A. Par contrat du 23 juin 1998, A.________, alors directeur de la société Z.________ S.A., a été engagé par X.________ S.A. en qualité de "directeur général, avec la responsabilité de la gestion du personnel de toutes les sociétés du groupe E.________". Le contrat, conclu pour une durée indéterminée, devait prendre effet au 1er octobre 1998, les trois premiers mois de service étant considérés comme temps d'essai. Après cette période, chaque partie pourrait résilier le contrat moyennant un préavis de six mois. Le salaire mensuel brut était fixé à 20 000 fr. versé treize fois l'an. Contrairement à ce qui était prévu dans le contrat, A.________ a officiellement commencé son activité pour X.________ S.A. le 16 septembre 1998. Il a en outre travaillé durant 21 jours, entre le 17 juillet et le 16 septembre 1998, sans être rémunéré. En juillet et août 1998, A.________ a participé à diverses conférences et établi des rapports et courriers concernant la structure de la société qui l'employait, préconisant notamment l'engagement de 3 personnes. A fin août, il a participé à deux conseils d'administration. Dans un courrier du 14 novembre 1998, adressé à B.________, A.________ a décrit la situation financière du groupe comme catastrophique. Le 23 novembre, il a rendu un "rapport stratégique sur l'avenir de la marque E.________" proposant, notamment d'effectuer des investissements pour quelque 21 millions de francs sur trois ans. Lors d'une réunion, qui s'est tenue le 23 novembre 1998, il a été décidé que l'activité de A.________ se déroulerait désormais depuis L.________, que son équipe s'en irait et qu'il ne conserverait que les collaborateurs indispensables pour l'assister dans ses tâches quotidiennes. Par courrier du 25 novembre, le prénommé s'est déclaré très satisfait d'avoir des directions à suivre. Par une lettre du 27 novembre, il devait cependant formuler quelques constatations réservées quant à la stratégie définie le 23 novembre 1998 et émettre quelques recommandations. Le 1er décembre 1998, il acceptait des mandats d'administrateur de X.________ S.A. et de la manufacture des montres E.________. Le 16 décembre 1998, soit le dernier jour de sa période d'essai, A.________ a signé un avenant à son contrat de travail du 23 juin 1998. Selon celui-ci, il s'engageait à respecter la politique générale définie par B.________ le 23 novembre 1998, à savoir que son activité serait basée à L.________, que son équipe serait restreinte au strict minimum nécessaire pour l'assister dans sa gestion quotidienne à L.________, que l'activité de la manufacture des montres E.________ devait correspondre aux besoins du groupe dans une vocation horlogère pure, qu'il s'abstiendrait de faire de la publicité en Europe et de dépasser le budget alloué. Les 17 et 18 décembre 1998, diverses réunions ont eu lieu. B.________ y a pris plusieurs décisions, réduisant le pouvoir décisionnel de A.________. Il a aussi fixé un voyage en Arabie Saoudite, obligeant son employé à écourter des vacances prévues jusqu'au 10 janvier 1999. Par courrier du 18 décembre 1998, A.________ a déclaré avoir parfaitement compris la nouvelle stratégie qu'il convenait de mettre en place. Dans ce même courrier, il a indiqué souhaiter prendre immédiatement les quelques jours de vacances qui lui restaient sur l'année 1998, a précisé qu'il serait donc en vacances du 19 décembre 1998 au 10 janvier 1999 et qu'il reprendrait le travail à L.________ le lundi 11 janvier 1999.