Citation: 5A_308/2024 E. 1

Cette décision faisait suite à un signalement effectué par les Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après: HUG), exprimant les inquiétudes du réseau de professionnels encadrant l'enfant en lien avec la consommation de stupéfiants (cocaïne, benzodiazépines et cannabis) de la mère durant sa grossesse. Par ordonnance du 26 janvier 2021 ratifiant la mesure de clause-péril, le tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant du canton de Genève (ci-après: le tribunal de protection) a notamment retiré à la mère la garde et le droit de déterminer le lieu de résidence de son fils C.________, ordonné le placement de l'enfant au sein du foyer E.________, accordé aux parents un droit de visite, fait instruction à la mère de poursuivre son suivi thérapeutique personnel de façon investie et régulière auprès de la Consultation ambulatoire d'addictologie psychiatrique (CAAP) et instauré diverses curatelles. B.b. Par ordonnances rendues le 9 décembre 2021 sur mesures superprovisionnelles, puis le 25 janvier 2022 sur mesures provisionnelles, le tribunal de protection a retiré à la mère le droit de déterminer le lieu de résidence de sa fille, ordonné le placement de celle-ci dans une structure d'accueil mère/enfant dès qu'une place serait disponible et instauré diverses curatelles en faveur de l'enfant. A.________ et sa fille ont intégré le foyer F.________ le 22 décembre 2021. Statuant sur mesures superprovisionnelles le 18 février 2022, puis le 22 mars 2022 sur mesures provisionnelles, le tribunal de protection a ordonné le placement de D.________ au foyer E.________. B.b.a. Le tribunal de protection a par ailleurs ordonné une expertise familiale. Celle-ci a été établie le 15 novembre 2022 sur la base du dossier de procédure; des dossiers médicaux des HUG concernant chacun des membres de la famille; du rapport d'évaluation psychiatrique de A.________ effectué le 29 juillet 2022; d'entretiens avec la mère, le père, les enfants, ensemble et séparément, avec l'éducatrice référente des enfants depuis leur arrivée au foyer, avec la psychologue de l'Unité de périnatalité des HUG, avec le médecin psychiatre en charge du suivi addictologique de la mère au CAAP et avec l'intervenante en protection du Service de protection de mineurs chargée des curatelles instaurées en faveur des enfants. Les experts préconisaient le placement à long terme des enfants en famille d'accueil, vu les difficultés chroniques des parents (notamment: symptômes psychiques entravant significativement leurs compétences parentales, conflits parentaux, ruptures conjugales, incarcérations du père), leur résistance aux différentes prises en charge et la fragilité psychique actuelle des enfants justifiant qu'un environnement sécurisant, stable et stimulant leur soit offert dès que possible. B.b.b. Les parents des mineurs, leur curatrice et l'un des experts ont été entendus par le tribunal de protection le 29 novembre 2022. B.b.c. Dans leur préavis du 16 janvier 2023, les curateurs ont préconisé d'ordonner le placement des enfants en famille d'accueil et de lever l'obligation faite à leur mère de fournir des résultats d'analyses toxicologiques. B.b.d. Dans ses déterminations finales du 8 février 2023, A.________ a demandé au tribunal de protection de s'écarter des projections de l'expertise et de privilégier, à tout le moins jusqu'aux quatre ans de son fils, la pérennisation de son travail d'accompagnement avec pour objectif un retour de ses enfants à domicile. B.b.e. Le foyer E.________ a établi un rapport intermédiaire sur la situation des enfants le 14 mars 2023. B.b.f. Les curateurs ont indiqué dans un courrier adressé au tribunal de protection le 14 mars 2023 l'irrégularité des visites entre les enfants et leur père en raison de la situation personnelle instable et irrégulière de ce dernier et du conflit parental fluctuant. Le père semblait avoir définitivement quitté la Suisse. B.c. Par ordonnance rendue le 25 avril 2023, le tribunal de protection a, entre autres, confirmé le retrait de la garde et du droit de déterminer le lieu de résidence des mineurs C.________ et D.________ à leur mère (ch. 1) et ordonné leur placement au sein d'une famille d'accueil, si possible la même famille pour les deux enfants, dès qu'une place serait disponible (ch. 2). B.c.a. Il a par la suite été attesté que A.________ avait entrepris différents suivis médicaux et thérapeutiques. Selon un résumé d'intervention des HUG du 29 août 2023, un bilan d'évaluation avait été effectué auprès de l'Unité du trouble de la régulation émotionnelle (TRE) des HUG le 23 novembre 2021 et, à compter d'octobre 2022, A.________ avait participé au programme d'acquisition de compétences pour le trouble de la personnalité émotionnellement labile; le travail thérapeutique avançait grâce à son engagement et à sa présence régulière. Dans une attestation établie le 29 août 2023, la Dre G.________ du CAAP faisait état d'une abstinence à l'alcool, à la cocaïne et aux benzodiazépines depuis avril 2023, ainsi qu'une meilleure stabilité émotionnelle et une meilleure gestion de ses angoisses et de son anxiété. Selon le certificat établi le 25 août 2023, le Dr H.________ attestait que A.________, qu'il suivait depuis qu'elle avait 17 ans, s'était responsabilisée, était devenue plus sérieuse, était suivie très régulièrement médicalement, prenait soin d'elle et s'impliquait pour le bien-être de ses enfants. B.c.b. La Dre I.________, pédiatre, a certifié le 25 août 2023 que A.________ était venue avec ses enfants à tous les contrôles cliniques, avait été attentive à leurs besoins et s'était montrée très affectueuse avec ceux-ci. La pédiatre soutenait A.________ dans sa démarche de vouloir récupérer la garde de ses enfants. Les parents de A.________ ont pour leur part indiqué être présents pour soutenir leur fille et leurs petits-enfants. B.c.c. Le 6 septembre 2023, A.________ a recouru contre l'ordonnance du 25 avril 2023, reçue le 7 août suivant. Elle a conclu à l'annulation des ch. 1 et 2 de son dispositif et, cela fait, à la levée du placement des enfants et à la restitution en sa faveur de la garde et du droit de déterminer le lieu de leur résidence, subsidiairement à l'annulation du ch. 2 du dispositif et au maintien du placement des enfants au sein du foyer E.________ jusqu'à l'évaluation complémentaire de ses compétence parentales. B.c.d. Le tribunal de protection a entre-temps refusé de reconsidérer sa décision. B.c.e. Le père des mineurs ainsi que les intervenants en protection de l'enfant chargés des mesures de curatelles instaurées en faveur des enfants ne se sont pas déterminés dans le délai imparti. B.d. Par décision du 26 mars 2024, la Chambre de surveillance de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: la cour cantonale ou l'autorité cantonale) a rejeté le recours déposé par A.________ et débouté les parties de toutes autres conclusions.