Citation: U 446/00 04.05.2001 E. 2

2.- a) La juridiction cantonale a nié l'existence d'une relation de causalité naturelle entre la hernie discale qui a nécessité l'intervention chirurgicale du 21 septembre 1998 et l'accident du 25 novembre 1991. Elle s'est fondée pour cela sur l'avis du docteur D.________ (rapport du 25 mai 1999), selon lequel l'assuré a développé une discopathie cervicale dans laquelle l'influence de l'événement précité n'apparaît pas vraisemblable. Si le choc a rendu symptomatiques des troubles préexistants, cette aggravation passagère n'a pu que se résorber après six mois ou un an au plus. De son côté, le recourant allègue que ses troubles actuels sont dus à l'accident assuré. Il invoque l'avis du docteur B.________ (rapports des 14 juillet 1997, 21 juillet et 15 novembre 1999), lequel a réfuté le point de vue du docteur D.________. b) En présence d'avis médicaux contradictoires, le juge doit apprécier l'ensemble des preuves à disposition et indiquer les motifs pour lesquels il se fonde sur une appréciation plutôt que sur une autre. A cet égard, l'élément décisif pour apprécier la valeur probante d'une pièce médicale n'est en principe ni son origine, ni sa désignation sous la forme d'un rapport ou d'une expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a; Spira, La preuve en droit des assurances sociales, in : Mélanges en l'honneur de Henri-Robert Schüpbach, Bâle, Genève et Munich 2000, p. 268; Omlin, Die Invalidität in der obligatorischen Unfallversicherung, thèse Fribourg 1995, p. 297 s.; Morger, Unfallmedizinische Begutachtung in der SUVA, in RSAS 32/1988 p. 332 s.). Il importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). c) En l'occurrence, l'avis du docteur B.________ n'est pas de nature à mettre en cause le point de vue du docteur D.________. En particulier, l'accident du 25 novembre 1991 n'apparaît manifestement pas d'une importance telle qu'il puisse entraîner une lésion du disque intervertébral : d'après la description de l'accident consignée dans le rapport du médecin qui a procédé aux premiers soins le 2 décembre 1991, la planche sur laquelle le recourant se déplaçait a brusquement vacillé, entraînant la chute de l'intéressé, lequel s'est réceptionné sur le poignet droit et s'est heurté l'occiput. En outre, les symptômes d'une hernie discale apte à entraîner une incapacité de travail ne sont pas apparus immédiatement, comme l'admet d'ailleurs le docteur B.________, lequel estime qu'il y a eu une période de latence de huit à quinze jours entre l'accident et l'apparition d'un état clinique invalidant (rapport du 21 juillet 1999). Cela étant, il n'apparaît pas - sans qu'il soit nécessaire de mettre en oeuvre un complément d'instruction, comme le demande le recourant - que la hernie discale qui a nécessité une intervention chirurgicale en 1998 soit due à l'accident du 25 novembre 1991. Aussi, le jugement entrepris n'est-il pas critiquable dans la mesure où il confirme le refus de l'intimée d'allouer ses prestations pour les troubles en question. Le recours est dès lors mal fondé.