Citation: I 576/00 22.01.2001 E. 3

3.- En substance, le recourant soutient que le rapport d'expertise du docteur P.________ est dénué de valeur probante faute d'être suffisamment explicite et précis, et que certaines constatations de l'expert sont en contradiction avec les conclusions du rapport du COMAI. a) En ce qui concerne la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). b) En l'espèce, le docteur P.________ avait pour mission de renseigner les premiers juges sur l'état de santé psychique de F.________. Il a eu accès au dossier de la cause et, en particulier, au rapport du COMAI. L'expert a mené trois entretiens avec l'assuré et procédé à un test de Hamilton qui n'avait pas été pratiqué auparavant. Le rapport du 29 novembre 1999 relate de manière circonstanciée les données anamnestiques; il décrit le contexte médical avec précision et les conclusions sont motivées de manière convaincante. c) C'est en vain que le recourant argüe que ni les médecins de Y.________ dans leurs rapports des 29 avril 1993 et 11 août 1995, ni ceux de l'Etablissement de Z.________ dans leur rapport du 16 octobre 1995, ni le médecin traitant dans son rapport du 15 janvier 1996 ne relèvent de troubles psychiques. Ces rapports n'émanent pas de spécialistes en psychiatrie. En revanche le docteur B.________, psychiatre, confirme dans l'expertise du COMAI l'existence d'un état dépressif avec symptômes somatiques, sans toutefois formuler de conclusion catégorique sur la capacité de travail de F.________. Contrairement à l'avis du recourant, il n'existe par ailleurs aucune contradiction entre les conclusions du rapport du COMAI et les constatations du docteur P.________ selon lesquelles, lors de la première consultation, F.________ utilisait des béquilles et éprouvait des difficutés à se mouvoir et à se maintenir en position assise. Il ressort en effet du rapport critiqué par le recourant que ces difficultés faisaient suite à une nouvelle et récente intervention chirurgicale. Ces constatations sont, du reste, sans incidence sur l'avis de l'expert, dont les conclusions se limitent aux aspects psychiatriques. d) Dans son préavis, l'OFAS émet des réserves quant au diagnostic posé par le docteur P.________, au motif qu'il ne se fonde que sur le test de Hamilton et que l'intimé aurait adopté un comportement de méfiance face à ce type de questionnaire. Cette critique est également infondée. Aux dires de l'expert, l'assuré s'est montré très collaborant pendant les entretiens, en dépit de son étonnement d'être à nouveau évalué sur le plan psychiatrique alors qu'il ne ressent subjectivement aucun problème psychique. De plus, l'expert relève que l'intimé méconnaît sa thymie et banalise tout ce qui concerne l'aspect affectif. e) Au vu de ce qui précède, il apparaît que la valeur probante de l'expertise du docteur P.________ ne peut être mise en doute et qu'on ne saurait dès lors faire grief aux premiers juges d'avoir fondé leur conviction sur ce moyen de preuve. Le jugement entrepris n'étant ainsi pas critiquable, le recours est infondé.