Citation: 7B_89/2023 E. 1

B.b. Le 11 décembre 2020, la plaignante a déposé plainte contre le prévenu pour obtention frauduleuse d'une constatation fausse. Elle lui reproche d'avoir produit, dans le cadre de la demande unilatérale de divorce, un faux contrat de mariage, sur lequel les autorités civiles se seraient fondées pour procéder à la liquidation de leur régime matrimonial. La plaignante a expliqué que les parties auraient eu comme projet d'établir un contrat de mariage, mais qu'ils en auraient toutefois abandonné l'idée, après qu'elle aurait demandé des modifications, afin notamment que les biens propres du prévenu, en particulier son entreprise, soient considérés comme des acquêts. Elle a relevé que les époux se seraient finalement mariés sous le régime ordinaire de la participation aux acquêts et qu'elle n'aurait signé aucun contrat de mariage, de sorte que le contrat produit par le prévenu dans le cadre de la procédure de divorce serait un faux, sa propre signature ayant été falsifiée. Elle a précisé qu'avant la procédure de divorce, elle n'aurait jamais vu ce document, qu'elle n'aurait jamais rencontré le notaire D.________, qu'elle ne se serait jamais rendue à son étude le jour de sa signature, à savoir le 30 décembre 2009, et qu'elle aurait passé ce jour avec sa famille. B.c. Le 5 mai 2021, C.________, amie de la plaignante, a été entendue. Elle a notamment déclaré que, le 30 décembre 2009, la plaignante était venue la chercher vers 11h00 ou 12h00, qu'elles avaient fait les courses pour le réveillon et qu'elles étaient rentrées à la fin de la journée. Le 3 juin 2021, le prévenu a été entendu. Il a indiqué qu'il avait signé un contrat de mariage avec la plaignante, qu'ils avaient dans un premier temps fait des démarches en vue d'établir un contrat de séparation, qui n'avaient pas abouti, et qu'ensuite, ils étaient finalement parvenus à un accord et avaient signé un contrat de mariage à la fin du mois de décembre 2009. Il a précisé que le contrat avait été signé devant un notaire, dans les règles de l'art, et qu'il n'avait pas imité la signature de la plaignante. Il a ajouté que celle-ci avait déjà contesté l'existence du contrat de mariage durant la procédure de divorce, mais que le tribunal civil l'avait néanmoins avalisé et avait prononcé le divorce. Il a enfin relevé, après avoir pris connaissance des documents produits par la plaignante, qu'il se souvenait que c'était auprès de la notaire E.________, l'associée du notaire D.________, que le contrat de mariage avait été conclu. Le 8 septembre 2021, le notaire D.________ a été entendu en qualité de témoin. Il a expliqué que, le 30 décembre 2009, les parties s'étaient présentées à son étude, qu'il avait vérifié leur identité et qu'elles avaient signé le contrat litigieux. Il a précisé qu'il lui semblait que la plaignante s'était présentée devant lui, mais qu'il ne pouvait pas en être certain en raison de l'ancienneté des faits. Il a en outre déclaré qu'il avait convoqué les parties à un deuxième rendez-vous quelques jours plus tard, en présence des mêmes personnes, lors duquel un paragraphe du contrat avait été supprimé et les parties avaient apporté des modifications, qu'elles avaient ensuite paraphées pour signifier leur accord. Il a ajouté que l'acte authentique était signé par les parties et par le notaire, mais que les copies certifiées conformes (expéditions) étaient uniquement signées par le notaire, en précisant qu'en l'occurrence, le contenu des actes était le même. Il a enfin relevé, après avoir examiné les documents produits par la plaignante, que leur contenu était identique, que le premier document était une copie de l'acte authentique avec les modifications paraphées par les parties et leur signature et que le deuxième document était un tirage informatique, qui intégrait les modifications qui figuraient sur l'acte authentique original. B.d. Le 22 septembre 2021, le notaire D.________ a produit des copies certifiées conformes (expéditions) du contrat de mariage original du 30 décembre 2009 et du tirage informatique de celui-ci. Dans sa lettre, il a indiqué que la notaire E.________ n'avait plus souvenir d'avoir assisté à la deuxième séance avec les parties, voire à une partie de celle-ci. B.e. Faisant suite à l'avis de prochaine clôture du 14 avril 2022, la plaignante a sollicité la mise en oeuvre d'un examen graphologique de sa signature sur l'original du contrat de mariage, une audition de confrontation entre les parties et les auditions de ses soeurs, ainsi que des notaires précités.