Citation: 4A_610/2017 E. 5.4.3

5.4.3. En ce qui concerne la causalité adéquate, la cour cantonale a retenu qu'il est conforme au cours ordinaire des choses dans le milieu de la finance, où la valeur des titres fluctue constamment, qu'en tardant à revendre une position prise trois jours auparavant, le vendeur s'expose à ce que le titre en question perde de sa valeur. Quant à l'interruption de la causalité adéquate, la cour cantonale a examiné uniquement le grief du défendeur, qui soutenait que l'absence de réaction du demandeur qui a reçu le courriel du 26 juillet 2013 à 16h17 constituerait une faute qui interromprait la causalité adéquate. Elle a considéré que, même si le demandeur avait réagi au courriel reçu le même jour, il n'aurait pas été en mesure d'éviter ou de limiter le dommage, au vu du court intervalle séparant le moment de la réception dudit courriel et celui de la vente des titres par la banque; que, de plus, n'ayant pas été informé de la transaction, le demandeur ne pouvait pas s'attendre à recevoir une communication d'une telle urgence, de sorte qu'il ne peut lui être reproché un manque de diligence et, partant, une faute concomitante de nature à interrompre le lien de causalité adéquate. Le recourant soutient désormais que le premier courriel du 26 juillet 2013 a été adressé au défendeur et à plusieurs autres personnes de A.________ et que personne n'a réagi, pas même le défendeur qui savait que cette transaction avait été faite " via ses accès ", que s'il avait réagi, il aurait pu éviter le dommage ou à tout le moins le réduire et donc, implicitement, que cette faute de la victime ou de tiers interromprait le lien de causalité adéquate. Outre qu'il se fonde sur des faits non constatés - que le demandeur avait connaissance de la prise de position qu'il avait passée le 23 juillet 2013 " via ses accès ", que celui-ci devait s'attendre à devoir réagir au sujet d'une transaction faite par lui -, le recourant se limite à contester le fait retenu par la cour que le dommage n'aurait pas pu être évité, en affirmant que la valeur de titres fluctue en quelques minutes et que l'on ne sait pas à quel moment la valeur du titre a fluctué. En définitive, si au premier chef, il devait non seulement requérir l'autorisation du demandeur pour passer l'ordre, mais aussi passer confirmation dans les trois jours, il ne saurait y avoir interruption de la causalité adéquate du fait que le demandeur aurait dû prendre position à réception du courrier de la banque du 26 juillet, qu'il aurait dû confirmer l'ordre à sa place - faits non retenus -, alors même que l'on ignore si la confirmation aurait empêché le dommage de se produire ou s'il en aurait été réduit. En ne se conformant pas à ses obligations, le défendeur a causé un dommage au demandeur, lequel est en relation de causalité naturelle et adéquate avec son comportement.