Citation: 2A.260/2006 18.12.2006 E. 4

La recourante soutient que le refus du Tribunal administratif d'administrer les moyens de preuve qu'elle avait requis, notamment son audition personnelle, équivaut à une violation de son droit d'être entendue. Elle fonde son grief sur l'art. 29 al. 2 Cst. ainsi que sur les art. 45 al. 1 et 48 lettre a CPJA. 4.1 Le contenu du droit d'être entendu est déterminé en premier lieu par les dispositions cantonales de procédure, dont le Tribunal fédéral ne contrôle l'application et l'interprétation que sous l'angle de l'arbitraire. L'art. 45 al. 1 CPJA prévoit que l'autorité procède d'office aux investigations nécessaires pour établir les faits pertinents, sans être limitée par les allégués et les offres de preuves des parties. Selon l'art. 48 lettre a CPJA, les parties sont tenues de produire les documents et de fournir les renseignements utiles qu'elles détiennent. Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour l'intéressé d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes. Ce droit n'empêche cependant pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves proposées, elle a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (cf. ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 428; 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135, 417 consid. 7b p. 430). En l'espèce, les dispositions cantonales invoquées par la recourante ne règlent pas plus précisément le présent point litigieux, de sorte que le grief soulevé doit être examiné exclusivement à la lumière des principes déduits directement de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 119 Ia 136 consid. 2c p. 138/139 et la jurisprudence citée). 4.2 Il ressort du dossier que les éléments établis par l'autorité intimée étaient suffisants pour apprécier le cas d'espèce. La recourante avait obtenu deux prolongations de délai pour déposer de nouvelles pièces justificatives. Par ailleurs, son audition n'était pas nécessaire, vu qu'elle avait amplement pu faire valoir ses moyens par écrit au cours de la procédure devant le Service cantonal, puis le Tribunal administratif. Par conséquent, l'autorité intimée pouvait, à bon droit, renoncer à l'administration des preuves offertes par la recourante, qui n'étaient pas pertinentes. Au surplus, l'art. 29 al. 2 Cst. ne confère pas à lui seul le droit d'être entendu oralement par l'autorité (ATF 122 II 464 consid. 4c p. 469). Ainsi, la recourante n'avait aucun droit à s'exprimer oralement devant l'autorité intimée. Le grief de violation du droit d'être entendu est dès lors infondé.