Citation: 8C_92/2010 06.10.2010 E. 3.2

3.2.1 Selon la jurisprudence, l'assureur-accidents a la possibilité de mettre fin avec effet ex nunc et pro futuro à son obligation d'allouer des prestations, qu'il avait initialement reconnue en versant des indemnités journalières et en prenant en charge les frais de traitement, sans devoir se fonder sur un motif de révocation (reconsidération ou révision procédurale). Ainsi, il peut liquider le cas en invoquant le fait que selon une appréciation correcte de l'état de fait, un événement assuré n'est jamais survenu (ATF 130 V 380 consid. 2.3.1 p. 384). Il faut bien sûr réserver l'éventualité dans laquelle l'assureur-accidents réclame les prestations allouées (cf. ATF 133 V 57 consid. 6.8 p. 65; arrêt 8C_3/2010 du 4 août 2010 consid. 4.1). 3.2.2 En l'occurrence, on ne saurait dès lors partager le point de vue de la juridiction cantonale, selon lequel, du moment que la lésion constatée en 2003 a été qualifiée d'événement assuré par la CNA - et à supposer qu'il existe un lien de causalité entre l'événement survenu en 2003 et la réapparition spontanée d'une plaie trois ans plus tard -, l'assureur-accidents ne pouvait nier le droit à des prestations pour l'affection apparue en 2006 qu'à la condition qu'il existât un motif de révocation. En l'espèce, le litige ne porte pas sur la réclamation des prestations allouées au titre de la prise en charge des frais de traitement de la plaie survenue en 2003. C'est pourquoi, s'il apparaît que selon une appréciation correcte de l'état de fait, aucun événement assuré n'est à l'origine de l'affection traitée en 2003, la recourante était fondée à refuser d'allouer ses prestations pour les troubles apparus trois ans plus tard, sans qu'il soit nécessaire d'examiner s'il existe un lien entre ces deux atteintes à la santé.