Citation: U 336/02 12.01.2004 E. 3

A l'appui de ses conclusions, le recourant fait valoir qu'en l'occurrence l'existence d'un lien de causalité adéquate ne peut être examinée que compte tenu de « l'interaction manifeste » entre les deux accidents dont il a été la victime : selon lui, les conséquences psychiques de l'accident professionnel ne peuvent être correctement évaluées qu'en établissant le degré de corrélation entre l'accident de la circulation et la péjoration qu'il a entraînée. Ce point de vue est mal fondé. Selon la jurisprudence constante, lorsqu'à la suite de deux ou plusieurs accidents apparaissent des troubles psychiques, l'existence d'un lien de causalité adéquate doit, en principe, être examinée en regard de chaque accident considéré séparément (ATF 115 V 138 ss consid. 6, 407 ss consid. 5). Cette règle s'applique en particulier lorsque, comme en l'occurrence, les accidents ont porté sur différentes parties du corps et occasionné des atteintes diverses (REAS 2002 p. 219; RAMA 1996 no U 248 p. 177 consid. 4b). Par ailleurs, le recourant est d'avis que le point litigieux ne peut être tranché qu'à l'aide d'une expertise médico-psychiatrique adéquate permettant d'évaluer de manière réelle le degré d'atteinte à la santé et, partant, la capacité de gain résiduelle, résultant de la conjonction de tous les facteurs traumatiques. Ce faisant, le recourant oublie toutefois que l'existence de la causalité adéquate entre un accident et une incapacité de travail est une question de droit qu'il appartient à l'administration et, en cas de recours, au juge de trancher (ATF 115 V 405 consid. 4a). Or, en l'occurrence, il n'y a pas de raison de mettre en doute le point de vue des premiers juges qui ont nié l'existence d'un lien de causalité adéquate en fonction des critères objectifs développés par la jurisprudence pour juger du caractère adéquat du lien de causalité entre des accidents - qualifiés en l'occurrence d'accidents de gravité moyenne à la limite des accidents de peu de gravité - et l'incapacité de travail ou de gain d'origine psychique. Au demeurant, le recourant ne remet pas en cause cette appréciation.