Citation: 5A_12/2008 02.04.2008 E. 1

-:- Les circonstances de fait retenues dans l'arrêt cantonal présentement attaqué sont sensiblement différentes de celles qui ont motivé l'arrêt précité. Pour refuser d'imputer immédiatement à l'intimée une capacité de gain hypothétique de 3'000 à 3'500 fr., la cour cantonale a retenu que l'intimée avait eu la charge de deux enfants de moins de 16 ans jusqu'en 2006, qu'il avait été convenu entre les époux qu'elle ne retravaillerait pas avant que les enfants n'aient atteint l'âge de 16 ans et qu'elle était âgée de 49 ans au moment du jugement. Ces éléments sont pertinents. A cela s'ajoute qu'au moment de la séparation et des premiers actes de procédure l'intimée avait la garde, non pas d'un enfant unique comme dans l'affaire précitée (ATF 127 III 136), mais de trois enfants âgés respectivement de 14 et 12 ans, ce qui représentait une charge certaine et astreignante. En outre, il n'est pas établi, contrairement à ce qui est soutenu dans le recours, que l'intimée ait su ou dû savoir que l'union conjugale était condamnée parce que son mari entretenait une relation adultère. La situation ne devait d'ailleurs pas apparaître irrémédiable, puisque les époux ont suspendu la procédure en septembre 2003, que celle-ci a été reprise en janvier 2005 sur requête du demandeur, mais que ce n'est qu'en novembre 2005, lors d'une nouvelle audience, que la défenderesse, constatant l'échec du couple, a consenti au divorce. Elle a de plus conservé la charge des deux cadets jusqu'en avril 2006, date à laquelle l'enfant D.________ est parti vivre chez son père. Dès lors qu'elle s'est mise à la recherche d'un emploi au début de 2006, on ne peut, compte tenu de toutes ces circonstances, reprocher à l'intimée d'avoir excessivement tardé à le faire. Il n'y a pas d'indice qu'elle ait fait traîner les choses en vue de se prévaloir ensuite, indûment, de son âge (cf. ATF 5C.235/2001 précité). Par ailleurs, le recourant n'expose pas suffisamment et ne démontre en tout cas pas en quoi la cour cantonale aurait, comme il le prétend, violé le droit fédéral en retenant que la formation de l'intimée étant ancienne et devant être remise à niveau, la durée de cinq ans pour se réinsérer complètement sur le marché du travail apparaissait raisonnable. L'ancienneté de la formation de l'intimée, laquelle date de près de 20 ans, est un fait, dont la portée n'est pas négligeable au vu de l'omniprésence actuelle de l'informatique. Au demeurant, la circonstance que l'intimée possède un ordinateur, ce qui est chose courante aujourd'hui, ne signifie pas qu'elle en maîtrise l'emploi à des fins professionnelles, le recourant admettant d'ailleurs lui-même qu'elle n'est pas particulièrement férue d'informatique. Ainsi, tout bien considéré, l'arrêt attaqué qui tient compte d'une capacité de gain maximum de l'intimée de 1'000 fr. à 1'400 fr. dans un premier temps, puis d'une capacité de gain augmentant graduellement pendant les quatre années suivantes de telle sorte que l'intimée parvienne finalement à assurer seule son entretien, apparaît conforme au droit fédéral. Les griefs du recourant ne suffisent pas à modifier cette appréciation.