Citation: U 4/03 03.03.2004 E. 4.2

4.2. Il ressort de l'importante documentation médicale au dossier que l'intimé présentait avant l'accident en cause un morphotype en genu vara. Il est également constant que la chute du 6 avril 1993 lui a occasionné une déchirure à tout le moins partielle du ménisque interne de son genou gauche. Par ailleurs, tant l'expert judiciaire que les docteurs E.________ et G.________ ont souligné qu'une excision méniscale du côté interne sur un morphotype en genu vara est susceptible d'accélérer une évolution dégénérative interne. En revanche, sous réserve du docteur E.________, ces différents médecins n'ont pas pu confirmer que l'événement accidentel avait causé d'autres lésions ligamentaires, en particulier une lésion du ligament croisé antérieur. Tous les spécialistes qui ont été amenés à examiner B.________, même le docteur F.________, sont à tout le moins d'accord pour admettre que la lésion méniscale a eu pour conséquence d'aggraver l'état de son genou gauche. Les conclusions qu'ils en tirent sont cependant divergentes. Aux yeux du docteur E.________, «l'accident incriminé est la cause déclenchante des lésions ligamentaires du genou gauche et de celle de sa déchirure méniscale interne; et, par rebondissement, il est responsable des autres lésions méniscales, secondaires à l'insuffisance ligamentaire, ainsi que d'une part de l'aggravation de la gonarthrose débutante de ce genou» (rapport du 16 juillet 1996 p. 13). Pour le docteur F.________, «il est probable que l'événement du 06.04.1993 n'ait provoqué qu'une aggravation d'une lésion méniscale interne du genou gauche. Le statu quo sine a donc probablement été retrouvé après résection arthroscopique de la lésion méniscale le 19.11.1993 et la reprise du travail le 08.12.1993, c'est-à-dire vers la fin de l'année 1993.» (rapport du 4 novembre 1998 p. 24). Selon le docteur G.________, «l'événement accidentel est (...) la cause de l'état actuel, et on ne peut en aucun cas dire que l'état de serait dégradé s'il n'y avait pas eu l'accident» (rapport du 9 juillet 1999 p. 4). De son côté, le docteur H.________, tout en notant qu'il n'y a pas de différence significative entre les deux genoux sur le plan radiologique («l'atteinte dégénérative est très légèrement plus marquée au genou gauche qu'au genou droit»), a tout de même relevé un certain nombre de faits susceptibles, selon lui, «d'aider à la prise de décision», à savoir : que B.________ ne s'est jamais plaint de son genou gauche avant l'accident en cause; que la déchirure méniscale a été admise comme étant une conséquence de l'accident; qu'un doute subsiste concernant l'atteinte traumatique concomitante du ligament croisé antérieur; enfin, que l'intéressé a continué à se plaindre de douleurs au genou gauche après le mois de janvier 1994. Compte tenu de ces dernières considérations de l'expert - qui sont autant d'éléments parlant en faveur d'un rapport de cause à effet entre l'accident assuré et les troubles de l'intimé au genou gauche -, ainsi que de l'opinion émise par la majorité des spécialistes, on ne saurait faire grief aux premiers juges d'avoir considéré que la responsabilité de l'assureur-accidents était engagée au-delà du 5 janvier 1994.