Citation: 6B_621/2023 E. 6.4.1

6.4.1. A l'instar de ce qu'a retenu la cour cantonale, sous l'angle de la garantie du respect de sa vie privée d'abord, il est relevé que le recourant est arrivé en Suisse à l'âge de vingt ans environ. Si la durée de séjour en Suisse est certes importante, celui-ci ne peut en revanche pas se prévaloir d'une intégration réussie. Il a travaillé uniquement durant deux ou trois ans comme mécanicien sur vélos, puis a vécu exclusivement de l'aide sociale pendant plus de quinze ans. Il a trouvé un emploi depuis le 1er février 2022 en qualité de chauffeur-livreur, emploi précaire étant payé à l'heure. Selon ses dires, le recourant devait obtenir un contrat pour un travail fixe auprès du même employeur dès le mois de mai 2023. Toutefois, aucune pièce en ce sens n'a été produite en temps utile. Constituant des faits postérieurs à la décision attaquée, les allégations du recourant relatives à l'évolution de sa situation professionnelle et financière ne peuvent pas être prises en considération (art. 99 al. 1 LTF). Le recourant ne parle pas bien le français, dès lors qu'il a dû se faire assister d'un interprète lors de toutes ses auditions dans le cadre de la procédure. Il a dit parler un peu l'allemand. Le recourant n'a pas mentionné des liens sociaux particuliers. S'agissant de ses antécédents, il a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales qui, même si elles ne sont pas d'une gravité importante, ne dénotent pas d'un grand respect pour l'ordre juridique suisse. Force est dès lors de constater que le recourant ne peut pas se prévaloir du droit au respect de sa vie privée au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH. Sous l'angle de sa vie familiale, il sied de relever que le recourant ne fait pas ménage commun avec ses enfants, nés de deux mères différentes, avec lesquelles il n'a jamais été marié. Il ne fait au demeurant ménage commun avec aucune de ces deux mères. Il ressort du jugement attaqué qu'au moment où le recourant a commis les infractions qui lui sont reprochées, il n'entretenait aucun contact avec ses enfants et leurs mères. Ce n'est que peu avant l'audience de première instance que le recourant a repris des contacts avec ses enfants. Au moment du jugement entrepris, des contacts avec ses enfants existaient, mais ceux-ci n'étaient pas d'une intensité correspondant à l'exercice d'un droit de visite usuel exigé par la jurisprudence (cf. ATF 144 I 91 consid. 5.2.1; arrêt 6B_798/2022 du 29 mars 2023 consid. 3.3) et de sérieuses difficultés existaient au sujet du droit de visite. Au demeurant, le recourant invoque un projet de mariage concret avec sa compagne actuelle avec qui il vit à W.________ depuis le mois d'août 2021. Comme l'a relevé la cour cantonale, la réalité de ce projet de mariage n'est pas tout à fait évidente. Quoi qu'il en soit, il est également réalisable au Kosovo ou en Norvège, la compagne du recourant étant d'origine kosovare et ressortissante norvégienne. C'est en vain que le recourant critique la solution retenue par la cour cantonale consistant à dire que celui-ci pourrait s'installer en Norvège suite à son mariage avec sa compagne ressortissante de ce pays, relevant que cela serait impossible dès lors que c'est un État membre de l'espace Schengen. Certes, comme l'expose la jurisprudence, le recourant doit s'accommoder d'une restriction supplémentaire de sa liberté de mouvement dans tout l'espace Schengen (ATF 147 IV 340 consid. 4.10, JdT 2022 IV 87). Cette restriction n'est toutefois pas absolue, car les autres États Schengen peuvent néanmoins autoriser l'entrée sur leur territoire, au cas par cas, en présence de motifs particuliers (ATF 147 IV 340 consid. 4.10, JdT 2022 IV 87; 146 IV 172 consid. 3.2.3, JdT 2020 IV 312; arrêt 6B_509/2019 du 29 août 2019 consid. 3.3). Ainsi, une installation en Norvège n'est pas exclue si le recourant sollicite cet État, bien que l'expulsion du recourant soit inscrite dans le SIS. En tout état de cause, cette hypothèse est subsidiaire à celle d'une vie au Kosovo. La question de l'existence d'un concubinage pouvant être assimilée à une véritable union conjugale pour se prévaloir de son droit au respect de sa vie familiale au sens de l'art. 8 CEDH peut ainsi rester ouverte, compte tenu du fait que l'on peut attendre de sa compagne qu'elle le suive au Kosovo. Au vu de ce qui précède, l'expulsion du recourant ne le placerait pas dans une situation personnelle grave. Partant, la première des conditions cumulatives de l'art. 66a al. 2 CP n'est pas réalisée.