Citation: I 367/04 14.02.2005 E. 4

4.1 En l'occurrence, c'est à bon droit que l'office AI a entrepris d'office une procédure de révision peu après la décision initiale de rente du 20 mars 2002. En effet, l'octroi de la rente entière d'invalidité était motivée par le fait que la recourante avait subi, le 26 juin 2001, une intervention chirurgicale (plastie d'allongement du tendon rotulien). Dès lors que l'office intimé pouvait raisonnablement s'attendre, un an après l'opération, à ce que l'état de santé de la recourante fût stabilisé, il lui appartenait d'examiner si cette situation nouvelle était propre à influencer le degré d'invalidité. 4.2 Si le rapport d'expertise remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 125 V 352 consid. 3, 122 V 160 consid. 1c et les références), l'appréciation par le docteur E.________ de la capacité résiduelle de travail dans une activité adaptée ne permet toutefois pas de lever tous les doutes quant aux réelles aptitudes de la recourante. Malgré la persistance d'un important état douloureux, ce praticien estime que certains travaux peuvent être exigés de la recourante dans une activité à mi-temps, exercée essentiellement en position assise. Ce point de vue est contesté par la doctoresse P.________, médecin généraliste, pour qui une telle position ne peut être supportée par la recourante plus de trente minutes de suite (rapports des 11 août et 8 septembre 2003). Quant au docteur O.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, il indique que la position assise est la plus douloureuse pour la recourante, « car la semi-flexion du genou lui est quasi-insupportable » (rapport du 6 janvier 2004). Au vu des opinions divergentes des médecins traitants, la description faite par le docteur E.________ des activités encore exigibles demeure trop imprécise pour apprécier en pleine connaissance de cause la capacité résiduelle de travail de la recourante. Pour ces motifs, le dossier doit être renvoyé à l'office AI, à qui il incombera de recueillir des informations complémentaires sur la capacité de travail de la recourante en position assise, lesquelles préciseront pour quelles activités elle est capable ou incapable de travailler, et le cas échéant, dans quelle mesure. Par ailleurs, il ressort du dossier que la recourante suit depuis le mois de septembre 1999 un traitement antidépresseur en réponse à un état dépressif réactionnel qu'elle aurait développé dans un contexte de douleurs chroniques, invalidantes et nocturnes (note du 8 juin 2000 et rapport du 8 septembre 2003 de la doctoresse P.________). A cet égard, l'instruction complémentaire s'attellera également à déterminer l'influence éventuelle de ce trouble psychique sur la capacité résiduelle de travail de la recourante.