Citation: 5A_29/2015 E. 3.1

3.1. Rappelant d'abord que l'art. 688 CC autorise les cantons à déterminer les distances que les propriétaires sont tenus d'observer pour leurs plantations, la cour cantonale a ensuite relevé que le canton de Genève a fait usage de cette faculté en édictant des règles dans la Loi d'application du code civil suisse et d'autres lois fédérales en matière civile (ci-après LaCC; RS GE E 1 05). Le propriétaire d'un fonds peut ainsi exiger l'écimage des plantations qui ne respectent pas les prescriptions de hauteur fixées aux art. 129 et 130 LaCC (art. 132 al. 1 let. b LaCC). Selon l'art. 129 al. 3 LaCC, à partir de 2 mètres de la limite de propriété, aucune plantation ne doit dépasser la hauteur de 6 mètres, si la plante pousse entre 2 et 5 mètres de la limite parcellaire (let. a), et de 12 mètres, si la plante pousse entre 5 et 10 mètres de cette limite (let. b). Les plantations existantes au 10 juillet 1999 demeurent cependant régies par l'ancien droit dans sa teneur au 1er janvier 1998 et ne sont ainsi pas soumises aux prescriptions de hauteur susmentionnées sauf si, au 10 juillet 1999, elles s'inscrivent dans les gabarits suivants: 8 mètres, si l'arbre se trouve entre 2 et 5 mètres de la limite parcellaire; 16 mètres, si l'arbre se trouve entre 5 et 10 mètres de cette limite (art. 134 LaCC). En définitive, les arbres dépassant 8 mètres de hauteur au 10 juillet 1999, situés entre 2 et 5 mètres de la limite parcellaire ne doivent donc pas être écimés. La LaCC du 11 octobre 2012, entrée en vigueur le 1er janvier 2013, a emporté abrogation de celle du 28 novembre 2010, dont les art. 142 al. 3, 145 al. 1 let. b et 147 avaient une teneur identique à celle des art. 129 al. 3, 132 et 134 précités. Après avoir posé ces principes, l'autorité cantonale a examiné la situation des trois arbres encore litigieux devant elle, à savoir le hêtre, le bouleau et l'érable. S'agissant du hêtre et du bouleau, existant en juillet 1999 et situés respectivement à 2,40 mètres et 2,18 mètres de la limite de propriété selon les mesures de l'expert judiciaire, la juridiction cantonale a relevé que les constatations développées par celui-ci ne permettaient pas de déterminer la hauteur de ces arbres à cette époque; les recourants n'étaient ainsi pas parvenus à établir la preuve qui leur incombait conformément à l'art. 8 CC, à savoir établir que ces deux végétaux atteignaient alors la taille maximale de 8 mètres, condition à l'obtention de l'écimage en application des dispositions de la LaCC précitées. Ils devaient être déboutés de leurs conclusions. La juridiction a en revanche fait droit aux conclusions des recourants réclamant l'écimage de l'érable à une hauteur de 6 mètres. Elle a considéré à cet égard que cet arbre avait été totalement recépé en 2000, circonstance permettant de raisonnablement considérer que les dispositions transitoires susmentionnées ne lui étaient pas applicables, bien qu'il " existât " en juillet 1999. Cette question n'est donc plus litigieuse devant le Tribunal de céans.