Citation: 5A_227/2018 E. 3.1.1

3.1.1. Ils réitèrent tout d'abord leur argument selon lequel la servitude doit être interprétée selon le principe de la confiance en ce sens que l'accord du voisin doit porter tant sur le principe de l'implantation d'une haie ou d'une clôture que sur sa hauteur, dans les limites du maximum de 1 mètre 50, son but étant de préserver la vue sur le lac depuis le jardin privatif, attrait majeur du lot, élément décisif quant à la motivation de son acquisition et facteur important concernant sa valeur économique. C'était à tort que la cour cantonale n'avait pas retenu cette interprétation. C'était également à tort qu'elle avait jugé que cette question n'avait pas d'incidence sur le sort du litige. Il découlait au contraire des pourparlers transactionnels entre les parties, tels que rapportés par le témoin K.________, qu'ils s'étaient plaints de la hauteur des haies litigieuses et qu'aucun arrangement n'avait pu être trouvé entre les parties à ce sujet. En l'absence d'un tel accord sur un élément essentiel, on ne pouvait considérer qu'ils avaient donné leur assentiment aux haies litigieuses. Ils étaient partant en droit d'en exiger l'enlèvement pur et simple. Même si cette conclusion ne pouvait pas leur être allouée, il n'en demeurait pas moins que les juges cantonaux auraient au moins dû leur donner partiellement gain de cause en obligeant les intimés à maintenir les haies à une hauteur maximale de 40 cm côté nord et 50 cm à 60 cm sur la limite ouest de leur propriété.