Citation: 1A.238/2005 13.10.2006 E. 8

Les recourants critiquent enfin l'affectation en zone péricentrale I des terrains sis au nord de leurs parcelles, classés jusqu'ici en zone sans affectation spéciale, dans la mesure où elle autoriserait la construction de bâtiments jusqu'à une hauteur de 18,40 mètres; elle ne tiendrait pas compte de la proximité d'un quartier d'habitations individuelles comprenant des bâtiments dignes de protection. Il aurait été judicieux de prévoir une zone-tampon d'une quarantaine de mètres, au nord de leurs parcelles, présentant des caractéristiques mieux adaptées à l'environnement bâti existant, s'agissant tant de la densité des constructions, que de leur hauteur ou encore du taux d'occupation du sol. Ils dénoncent sur ce point une application arbitraire des art. 1er al. 2 let. b, 3 al. 3 let. b et 15 LAT. Les recourants n'ont aucun droit à ce que les parcelles voisines classées en zone agricole restent colloquées dans cette zone et ne soient pas bâties à terme (cf. ATF 124 II 391 consid. 4b p. 396). Par ailleurs, la comparaison des hauteurs doit être faite en fonction non pas des constructions existantes, limitées à un étage sur rez en raison de la servitude de droit privé grevant leurs parcelles, mais de celles qu'ils seraient en droit d'élever conformément à l'affectation de la zone péricentrale II, laquelle a été jugée adéquate. Dans cette perspective, l'affectation critiquée ne prête pas flanc à la critique. Une limitation de la densité ou de la hauteur des constructions admissibles sur une bande de quarante mètres, comme le suggèrent les recourants, ne s'impose pas davantage pour les motifs de protection du patrimoine invoqués, dans la mesure où la Commune de Bulle n'a pas jugé utile de classer les fermes du chemin de Planchy dans le plan du site des bâtiments protégés. Les recourants peuvent être renvoyés sur ce point aux arguments développés au considérant 3.1 précité. Au demeurant, comme le relève la Direction cantonale de l'aménagement, de l'environnement et des constructions, le fait que la solution qu'ils préconisent serait également possible ou opportune ne suffit pas pour admettre que la Commune de Bulle aurait abusé de son pouvoir d'appréciation en ne la retenant pas.