Citation: 5A_715/2018 E. 4.2

4.2. Les recourants font valoir en particulier que le refus de l'autorité de première instance de reporter l'audience a eu pour conséquence que leur droit d'être entendu (art. 6 § 1 CEDH, 29 al. 2 Cst. et 53 CPC) a été gravement violé. Ils exposent que compte tenu de la difficulté de l'affaire et du très court laps de temps entre le refus de report de l'audience et la tenue de celle-ci, leur mandataire a seulement pu produire des déterminations extrêmement brèves et sommaires, " sans pouvoir invoquer tous les griefs souhaités ", ce qui leur aurait fait subir un préjudice irréparable, puisqu'il leur était impossible de formuler des observations complètes propre à assurer une défense conforme à leurs droits fondamentaux. En outre, cette violation ne pouvait pas être réparée en procédure de recours, vu le pouvoir de cognition limité de la cour cantonale, de sorte que l'arrêt entrepris serait entaché de nullité. Les recourants s'en prennent aussi aux différents critères pris en compte par l'autorité cantonale dans le cadre de la pesée des intérêts requise par l'art. 135 CPC. Ils exposent que contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, l'affaire en cause est en réalité particulièrement complexe - comme cela ressortirait du premier jugement -, les requêtes comptant 23pages, portant sur un commandement de payer la somme de 3'500'000 fr. avec intérêts à 8% dès le 1er septembre 2016 et comprenant en annexe un bordereaux de 51 pièces. Les requêtes relevaient d'une matière technique, à savoir la poursuite en réalisation de gage immobilier basé sur une cédule hypothécaire, d'une complexité inhabituelle, et soulevaient de nombreuses questions, notamment concernant un contrat de " cession fiduciaire en propriété à fin de garantie ", le défaut de représentation et la nullité de l'obligation. Ainsi, de simples déterminations écrites rapides étaient selon eux insuffisantes. Les recourants font ensuite valoir qu'ils ont constitué un mandataire le 11 décembre 2017, soit deux jours ouvrables seulement après que B.________ ait pris connaissance de la requête le 7 décembre 2017 et de la convocation à l'audience et moins de quinze jours après que A.________ SA se soit vue notifier lesdits documents. Un tel laps de temps serait parfaitement raisonnable et adéquat durant l'une des périodes notoirement les plus chargées de l'année. Les recourants ajoutent que quoi qu'il en soit, leur mandataire était indisponible en raison d'un motif professionnel impérieux, qu'il a adressé une requête motivée et légitime au Tribunal civil en temps utile, exposant qu'il se trouverait, à la date de l'audience, à l'étranger en raison d'un impératif professionnel, partant, qu'il serait dans l'impossibilité physique d'assister à l'audience. Ce motif d'indisponibilité était en outre suffisamment établi, contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, le secret professionnel du mandataire lui interdisant de fournir d'autres informations, les avocats étant en outre soumis à des règles déontologiques strictes selon lesquelles il leur est interdit de donner sciemment de fausses informations au juge. En conséquence, selon la pratique constante des tribunaux, les avocats n'auraient pas à justifier par pièces, contrairement aux parties, les motifs qui leur sont propres lorsqu'ils sollicitent un report d'audience notamment. Dans ce contexte, les recourants font valoir que le fait de retenir que le motif d'indisponibilité n'aurait pas été suffisamment établi relèverait du formalisme excessif. Les recourants réfutent encore l'argument de l'autorité cantonale lié au critère de l'urgence à statuer rapidement, dès lors que le Tribunal civil a pris plus de sept mois pour notifier la requête de mainlevée à A.________ SA et qu'à l'issue de l'audience du 14 décembre 2017, il a mis plus de quatre mois avant de rendre sa décision. D'ailleurs, les intimées reconnaîtraient implicitement qu'un report d'audience leur aurait également été nécessaire pour compléter leurs déterminations, dès lors qu'elles ont soulevé des griefs et produit des pièces, qu'elles n'avaient pas pu exposer en première instance faute de temps, pour la première fois en procédure de recours. En conséquence, leur conclusion tendant au rejet de la requête de renvoi de la comparution ne serait pas liée à la nécessité que la procédure avance rapidement, mais poursuivrait un objectif purement stratégique.