Citation: 1C_257/2023 E. 4.4

4.4. La recourante reproche aussi aux juges cantonaux de ne pas avoir examiné l'ampleur de la restriction des droits à bâtir sur sa parcelle. Elle prétend qu'ils n'auraient en particulier pas vérifié le bien-fondé de la diminution des surfaces constructibles (de 45 % selon elle) par rapport au potentiel constructible qui avait été fixé par le plan de site de 1979. La législation cantonale genevoise ne comporte pas de normes fixant de manière impérative le niveau du taux d'utilisation du sol applicable à la zone 4B protégée. Celui-ci est déterminé par le plan de site en fonction des circonstances concrètes, au regard des préoccupations d'ordre patrimonial (cf. art. 38 al. 2 LPMNS). La Cour de justice a d'abord rappelé à bon droit que le plan de site n'avait pas vocation à donner un maximum de droits à bâtir dans un objectif de développement, mais bien à permettre l'évolution d'un secteur donné dans le respect de la préservation de ses qualités patrimoniales. Elle a ensuite souligné que si le potentiel constructible du plan de site était certes moindre que celui de 1979 (de 45 % selon l'intéressée), la propriétaire ne pouvait revendiquer de droit en fonction de celui-ci, datant de plus de quarante ans; elle n'avait jamais eu la garantie de pouvoir construire l'équivalent de l'aire d'implantation du plan de site de 1979 (sur ce point voir infra consid. 5.3). Comme la recourante ne peut tirer aucun droit acquis du plan de site de 1979 (voir infra consid. 5.3), le fait que la Cour de justice n'ait pas chiffré la diminution de l'aire d'implantation par rapport à celle figurant sur le plan de 1979 est sans pertinence. Le grief doit donc être écarté. Au demeurant, la cour cantonale a analysé de façon minutieuse le contenu matériel du plan de site de 1979, constatant notamment que les aires d'implantation n'y étaient indiquées qu'à titre indicatif et que les aires figurant sur la parcelle n° 1839 étaient aussi implantées en retrait de la route, sur près de 13 m de longueur. Elle a enfin constaté que ce plan de site était beaucoup moins détaillé que le plan de site litigieux; la végétation et les murs à conserver n'y étaient notamment pas indiqués et la configuration du bâti de l'époque était très différente de l'actuelle (la construction de l'EMS sur la parcelle voisine étant postérieure à 1979).