Citation: 1B_464/2016 E. 4.2

4.2. En l'espèce, la durée de la détention préventive subie au jour de l'ordonnance litigieuse (3 ans, 9 mois et 25 jours) n'atteint pas celle de la peine prononcée (5 ans et 5 mois). Ainsi, au stade du contrôle par le juge de la détention, cet élément suffit pour retenir que la durée de la détention subie ne viole pas le principe de la proportionnalité. Le recourant a certes accompli plus des deux tiers de la peine privative de liberté à laquelle il avait été condamné, de sorte qu'il réunit effectivement la condition objective de la libération conditionnelle (art. 86 CP). La cour cantonale a cependant retenu qu'il n'était pas évident que le recourant bénéficierait de cette mesure, si le Tribunal d'application des peines et des mesures était saisi de son dossier, puisque son comportement en détention n'avait pas été exemplaire - même s'il s'était amélioré -. L'instance précédente a estimé que le pronostic quant au comportement futur du requérant n'apparaissait pas sous un jour favorable, dans la mesure où l'intéressé ne faisait état d'aucun projet de réinsertion concret - notamment en vue de trouver du travail - et n'avait pas de ressources; il n'était pas certain qu'il pourrait obtenir un titre de séjour pour regroupement familial, compte tenu de sa condamnation; sa situation personnelle à sa sortie de prison ne serait pas différente de celle qui prévalait lorsqu'il avait commis l'infraction pour laquelle il avait été condamné; en effet, il était alors déjà père d'un enfant et sa compagne était enceinte de ses oeuvres. Le recourant tente de mettre en cause cette argumentation en faisant valoir que la cour cantonale a méconnu la ratio legis de l'art. 86 al. 1 CP, selon laquelle la libération conditionnelle est refusée uniquement lorsque le pronostic quant au comportement futur est défavorable et non pas déjà lorsqu'aucun pronostic favorable ne peut être posé. Partant, l'intéressé méconnaît qu'il n'appartient pas au juge de la détention d'appliquer l'art. 86 al. 1 CP mais uniquement d'examiner s'il n'est pas d'emblée évident que la libération conditionnelle sera octroyée. Le recourant soutient enfin que son mauvais comportement avant 2015 était imputable aux conditions inhumaines et dégradantes de sa détention. Ce grief doit aussi être écarté, puisque les motifs pour lesquels son comportement n'a pas été exemplaire importent peu.