Citation: 8C_458/2008 13.08.2008 E. 3.1

3.1.1 Un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF est un dommage de nature juridique qui ne peut pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable au recourant (ATF 134 III 188 consid. 2.1 p. 190, 133 V 645 consid. 2.1 p. 647). En revanche, un dommage de pur fait, comme la prolongation de la procédure ou un accroissement des frais de celle-ci, n'est pas considéré comme irréparable (ATF 133 III 629 consid. 2.3.1 p. 632 ). Aussi un jugement de renvoi pour instruction complémentaire et nouvelle décision ne cause-t-il en principe pas de dommage irréparable à l'administration. Il n'en va différemment que s'il comporte des instructions sur la manière dont cette dernière devra trancher certains aspects du rapport juridique litigieux, restreignant ainsi de manière importante sa latitude de jugement. Dans une telle situation, en effet, l'administration devrait rendre une nouvelle décision en respectant les instructions figurant dans le jugement de renvoi, sans pouvoir ensuite recourir contre sa propre décision. Elle se trouverait ainsi dépourvue de tout moyen de soumettre au Tribunal fédéral la question tranchée incidemment dans le jugement de renvoi (ATF 133 V 477 consid. 5.2 p. 483). 3.1.2 Les premiers juges n'ont statué sur aucun aspect matériel du rapport juridique litigieux. En particulier, ils n'ont pas constaté que l'une ou l'autre des conditions du droit à la remise de l'obligation de restituer était remplie. Ils n'ont pas davantage remis en cause l'obligation de restituer en tant que telle, qui a fait l'objet d'une décision entrée en force. Ils ont simplement estimé que pour statuer sur la bonne foi de l'intimé, le SICT aurait dû mieux établir l'ensemble des circonstances dans lesquelles celui-ci avait perçu des prestations indues, en vérifiant à partir de quand il avait informé son conseiller ORP du rôle joué par son épouse dans BMT. Cette exigence d'instruction complémentaire mise à part, les premiers juges n'ont pas précisé comment le SICT devait trancher le litige, serait-ce partiellement. Le recourant dispose donc encore de toute latitude pour statuer après avoir complété l'instruction de la cause, ce qui exclut un risque de préjudice irréparable. 3.2 Le recourant soutient que l'admission du recours conduirait immédiatement à une décision finale et permettrait d'éviter une procédure longue et coûteuse, de sorte que la condition posée par l'art. 93 al. 1 let. b LTF serait remplie. Sur ce point, il se limite toutefois à des affirmations d'ordre relativement général, alors que l'instruction complémentaire ordonnée par la juridiction cantonale est en réalité simple et peu onéreuse. L'économie de procédure envisageable est donc insuffisante pour justifier d'appliquer l'art. 93 al. 1 let. b LTF et d'entrer en matière sur le recours.