Citation: 4A_23/2019 E. 5

Le juge d'une cause civile est récusable dans les cas énumérés à l'art. 47 al. 1 let. a à e CPC, avec parmi eux le cas de l'art. 47 al. 1 let. b CPC, relatif au juge ayant agi dans la même cause à un autre titre, notamment à titre de membre d'une autorité. Le juge est aussi récusable, selon l'art. 47 al. 1 let. f CPC, s'il est « de toute autre manière », c'est-à-dire indépendamment des cas énumérés, suspect de partialité. Selon la jurisprudence topique, il n'y a pas lieu à récusation d'un juge qui est derechef saisi de la même cause par suite de l'annulation de sa décision par l'autorité de recours, ni des juges d'appel en situation d'examiner à nouveau une affaire qu'ils avaient renvoyée à l'autorité inférieure, ni, non plus, du juge appelé à connaître de plusieurs recours subséquents ou concomitants. Il n'y a pas davantage lieu à récusation d'un juge qui s'est prononcé en défaveur du plaideur requérant dans une procédure antérieure, voire dans la même affaire (ATF 143 IV 69 consid. 3.1 p. 73/74). En l'espèce, dans une contestation formellement distincte mais étroitement connexe à celle actuellement pendante, le juge Cuérel a présidé l'audience du 31 août 2015 et, selon les affirmations de X.________, il a rédigé la transaction alors convenue entre les parties. Cette transaction a mis fin à la cause mais elle se trouve à présent au coeur de la nouvelle contestation. Dans ce nouveau litige, la position du juge Cuérel n'est pas significativement différente de celle qu'il assumerait si la première cause s'était provisoirement terminée par un jugement, que ce jugement eût été annulé en appel et que la cause eût été renvoyée au Tribunal des baux, présidé par le même juge, pour nouveau jugement. La Cour administrative retient donc valablement que la demande de récusation est intrinsèquement mal fondée; il n'est pas nécessaire d'examiner si son auteur l'a de plus introduite tardivement.