Citation: 4A_463/2008 20.04.2010 E. B

B.a Par demande du 11 juin 1997, X.________ (le demandeur) a ouvert action devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois contre Assurance Z.________ (ci-après: l'assurance ou la défenderesse). Il a conclu au paiement de 1'600'000 fr. avec intérêts à 5 % l'an dès le 7 mai 1987. En cours d'instance, plusieurs expertises judiciaires ont été ordonnées par le juge instructeur. Une première expertise a été confiée au Dr B.________, médecin-adjoint auprès du service d'orthopédie et de traumatologie de l'appareil moteur auprès de l'Hôpital W.________. Il résulte de son rapport du 17 décembre 2002 et de son rapport complémentaire du 15 avril 2003 qu'il faut distinguer entre les trois plaintes principales exprimées par le demandeur, situées au niveau cervical, au niveau lombaire et au niveau du genou droit. S'agissant des troubles lombaires et cervicaux, l'expert a estimé qu'ils étaient compatibles avec un vieillissement naturel, ainsi qu'avec des manifestations dégénératives de la colonne qu'il était difficile de mettre en relation avec l'accident de 1987. Par contre, les plaintes relatives au genou droit montrent une souffrance du compartiment interne, une laxité ligamentaire et un trouble de torsion du tibia; il s'agit là indubitablement de séquelles de l'accident en question. Pour l'expert, l'atteinte globale à l'intégrité s'élève à 45 %, à savoir 10 % pour les troubles dégénératifs du rachis et 35 % pour les suites de l'accident du genou. Une expertise psychiatrique a ensuite été mise en oeuvre. Le Dr C.________ a ainsi déposé un rapport le 21 juillet 2003 et un rapport complémentaire le 25 février 2004. Ce praticien estime qu'outre un préjudice physique, l'accident a provoqué chez le demandeur un important dommage psychique, occasionné par la perte d'une situation sociale stabilisante qui participait de manière importante à son équilibre. D'après l'expert, la composante psychique a pris le relais de la composante somatique « une fois la stabilisation et la réparation constatées par les spécialistes en orthopédie et les expertises ». Pour cet expert, la capacité de travail résiduelle du demandeur dans sa profession de chauffeur de taxi est de 50 %. Une expertise comptable a encore été ordonnée, dont s'est chargé l'expert-comptable D.________. Se fondant sur un salaire mensuel minimum de 3'500 fr. préconisé par la Fédération des artisans de taxis genevois (ci-après: FATG), l'expert a comptabilisé les jours théoriques d'inactivité du demandeur à raison de son incapacité, qu'il a évalués à 50 jours de 1988 à 1993, à 159,5 jours en 1994, à 135 jours en 1995, à 220 jours en 1996 et à 12,5 jours en 1997. En définitive, l'expert a arrêté le manque à gagner global du lésé à 149'625 fr. pour la période de 1987 à 1997. Enfin le juge instructeur a commis un expert technique en la personne de E.________, mécanicien auprès du Musée de l'Automobile à Genève. Cet expert a considéré que les deux véhicules Rolls-Royce du demandeur étaient en très bon état pour leur âge, mais qu'ils nécessitaient d'importants travaux pour une remise en circulation, dépassant les 50'000 fr. pour chacun d'eux. Il a ajouté que la location de voitures de collection est un créneau commercial financièrement intéressant, pour autant que l'entretien des véhicules reste dans les limites d'un coût raisonnable. B.b Le 15 février 2005, la défenderesse a versé au demandeur un montant de 400'000 fr. Le 12 avril 2005, celui-ci a informé le juge instructeur de ce paiement et déclaré qu'il réduisait ses conclusions à concurrence de ce montant, valeur au 15 février 2005. Dans son mémoire de droit du 12 juin 2006, le demandeur a derechef modifié ses conclusions, concluant désormais au versement de 2'282'668 fr. plus intérêts à 5 % l'an dès le 7 mai 1987, « sous déduction d'un acompte de 400'000 fr. versé le 12 avril 2005 ». B.c Par jugement du 20 septembre 2007, dont les considérants ont été notifiés le 9 septembre 2008, la Cour civile a condamné la défenderesse à payer au demandeur les sommes de 304'665 fr.15 plus intérêts à 5 % l'an dès le 3 février 1996 à titre de perte de gain actuelle et de 50'000 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 6 mai 1987 en réparation du tort moral éprouvé, le tout sous déduction du montant de 400'000 fr., valeur au 15 février 2005. Les motifs de cette décision seront exposés ci-après dans la mesure utile.