Citation: 6B_750/2022 E. 1.3.2

1.3.2. Les déclarations des intimées étaient de surcroît corroborées par divers éléments. Ainsi, il ressortait du contexte général et du processus de dévoilement que des bruits circulaient au sujet du recourant, à propos d'éventuels actes d'ordre sexuel avec des détenues. Cela étant, le directeur adjoint avait dû procéder à une enquête interne après que certaines détenues, dont l'intimée 2, avaient décidé de dévoiler ce qui se déroulait au sein de la cuisine. Il avait rapporté que, depuis un certain temps, le recourant avait instauré un système récompensant les détenues qui s'offraient à lui en leur permettant, entre autre, de travailler les week-ends et d'être ainsi mieux rémunérées. Les différents témoignages recueillis en procédure démontraient en outre que le recourant ne suivait pas les règles qui lui étaient applicables, en matière de recrutement notamment, afin de pouvoir travailler avec les détenues qu'il estimait être les plus jolies. Se comportant comme une personne "toute puissante" et "intouchable", le recourant ne se conformait par ailleurs pas à la recommandation, qui lui avait pourtant été adressée par sa hiérarchie, de ne pas descendre seul avec les détenues dans l'économat. Tout laissait ainsi considérer que, par son comportement de défiance, le recourant s'efforçait d'asseoir son autorité envers les détenues. A cela s'ajoutait l'état de vulnérabilité des intimées qui, dans le milieu carcéral, faisaient principalement face à une longue période de captivité, à la rivalité existante entre les détenues et au manque sexuel ou affectif. Il s'agissait d'éléments supplémentaires qui étaient exploités par le recourant pour renforcer son ascendance sur les victimes (cf. jugement attaqué, consid. 5.3, p. 28 ss).