Citation: 6B_1214/2022 E. 3.3.2

3.3.2. En tout état, la cour cantonale a aussi considéré que la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP, soit que l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, était réalisée. Ainsi, par surabondance de droit, et bien que le recourant ne soulève aucun grief sur ce point, il se justifie d'examiner cette condition. Cet examen implique en particulier de déterminer si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH (cf. arrêt 6B_745/2022 du 22 février 2023 consid. 3.4.2). Le recourant a certes un intérêt à demeurer en Suisse, eu égard à la durée relativement longue de séjour dans ce pays (20 ans) et du fait que ses deux plus jeunes enfants sont suisses et que trois d'entre eux résident à Y.________. Toutefois, vu les éléments précités (cf. supra consid. 3.3.1), soit l'absence de liens socio-professionnels spécialement intenses avec la Suisse, l'absence de contact avec son ex-femme, les liens ténus avec ses enfants, majeurs, résidant en Suisse, et les possibilités de réintégration dans son pays d'origine, nonobstant ses problèmes de santé chroniques, l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse s'avère mince. En revanche, les intérêts présidant à son expulsion sont très importants, compte tenu de la nature et de la gravité des infractions commises par le recourant. En effet, les faits reprochés au recourant sont particulièrement graves, puisqu'il s'en est pris aux biens juridiques les plus précieux, soit la vie, ainsi que l'intégrité physique et sexuelle. Or, dans ce contexte, la jurisprudence commande de se montrer particulièrement strict en cas d'actes de violence contre l'intégrité corporelle et sexuelle (cf. arrêt 6B_745/2022 du 22 février 2023 consid. 3.4.2 et les références citées). L'intéressé a fait fi d'une mesure d'éloignement prononcée à son encontre, et s'en est pris violemment à l'ami de son ex-épouse, alors même qu'il vivait séparé de cette dernière depuis près de deux ans et qu'il n'ignorait pas que ceux-ci se côtoyaient. Par ailleurs, dans un contexte familial difficile, le recourant s'en est pris à l'intégrité sexuelle de sa femme pendant plusieurs années. A cela s'ajoute qu'une partie des faits reprochés se sont produits alors même que le recourant était en sursis en raison d'une précédente condamnation. Ces éléments démontrent un mépris total pour l'ordre juridique suisse et pour les biens juridiques les plus précieux. Même si le risque de récidive a été considéré comme moyen, le recourant n'a pas encore amorcé une véritable prise de conscience de ses actes, malgré leur gravité, comme l'a retenu à bon droit la cour cantonale. Au vu de l'ensemble de ces circonstances, l'intérêt public à l'expulsion du recourant l'emporte ainsi sur l'intérêt privé de celui-ci à demeurer en Suisse.