Citation: 1B_237/2018 E. A

Le 5 décembre 2017, la Chambre pénale du Tribunal cantonal valaisan a rejeté le recours formé contre le rejet par le Tribunal des mesures de contrainte (Tmc) de la demande de mise en liberté formée par A.________ le 24 octobre 2017. Selon les faits retenus dans l'arrêt susmentionné, A.________ faisait l'objet d'une instruction pénale ouverte le 30 juin 2017 pour actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance (art. 191 CP), instruction étendue le 24 août suivant aux chefs de prévention de contrainte sexuelle (art. 189 CP), de viol (art. 190 CP), voire d'abus de la détresse (art. 193 CP); il lui était en substance reproché d'avoir emmené, à la suite de soirées fortement alcoolisées, trois jeunes filles dans son appartement et d'avoir porté atteinte à leur intégrité sexuelle (dans la nuit du 7 avril 2017 pour C.________, celle du 6 mars 2017 pour B.________ et celle du 17 mars 2012 pour D.________). Il ressort également de cette décision que A.________ a notamment été entendu le 3 août 2017 en qualité de prévenu, ainsi que le 24 octobre 2017, audition lors de laquelle le Ministère public de l'Office régional du Valais central a informé les parties qu'il entendait mettre en oeuvre une expertise psychiatrique du prévenu. Le 12 octobre 2017, le prévenu a été arrêté et placé en détention provisoire, mesure confirmée le 14 suivant par le Tmc. Au cours de l'instruction, A.________ a encore été mis en cause à deux reprises : premièrement, le 16 novembre 2017 par E.________ pour tentative de viol dans la nuit du 27 au 28 octobre 2016 et, deuxièmement, le 2 février 2018 par F.________ pour des faits qui se seraient déroulés le 8 juillet 2017. Le 13 février 2018, l'expert psychiatre a rendu son rapport, retenant que A.________ souffre de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool - utilisation nocive au moment des faits reprochés -, d'un retard mental léger, d'un trouble neuropsychologique dû à une lésion cérébrale et d'une impulsivité probablement post-lésion frontale. Selon le rapport, ces troubles psychiques, de sévérité faible à modérée, n'avaient aboli que partiellement la capacité de l'expertisé à apprécier le caractère illicite de ses actes ou sa faculté à se déterminer d'après l'appréciation de la situation; la diminution de responsabilité était de légère à moyenne. L'expert a retenu que le risque de récidive d'infractions similaires pouvait être qualifié de modéré à important, danger à mettre en relation avec les troubles psychiques et avec les circonstances dans lesquelles A.________ aurait commis les infractions reprochées; des possibilités de traitement de l'impulsivité et des troubles mentaux, ainsi que du comportement liés à l'utilisation d'alcool existaient, de tels traitements étant susceptibles de diminuer le risque, sans toutefois pouvoir le garantir. Selon l'expertise, étaient ainsi recommandés la poursuite de la prise en charge psychothérapeutique entamée auprès du Service de médecine pénitentiaire avec l'ouverture de l'affaire pénale, le soutien de tout ce qui pourrait offrir des repères stables et positifs à l'intéressé, ainsi que la mise en place d'un suivi socio-judiciaire par le Service de probation. L'expert a encore estimé que, si le prévenu devait être reconnu coupable, une mesure de traitement institutionnelle en raison du danger important de réitération et de l'importance de la récurrence des comportements litigieux était préconisée, un traitement ambulatoire paraissant insuffisant.