Citation: 6B_164/2019 E. 1

Cet arrêt se fonde en substance sur les faits suivants. B.a. Dans le courant de l'année 2002, A.________, associé avec E.________ dans la société G.________ SA, a proposé à B.________ de trouver des clients disposés à participer à une opération immobilière consistant en l'acquisition d'un immeuble (dit " H.________ ") à I.________. Pour rechercher des investisseurs, B.________ s'est adressé à D.________, gestionnaire de fortune. C.________ s'est montré intéressé et le montage suivant lui a été proposé: - J.________ AG détiendrait l'immeuble pour le compte des actionnaires, qui en seraient propriétaires par l'intermédiaire de K.________ SA. Dans ce but, J.________ AG avait contracté un prêt hypothécaire de 23'000'000 francs. - K.________ SA, qui détenait la totalité du capital social de J.________ AG, avait accordé à cette dernière un prêt actionnaire de 9'890'000 fr. pour le financement du solde du prix. K.________ SA, détenue par L.________ SA, avait B.________ pour ayant droit économique. Les différents investisseurs détiendraient les actions de K.________ SA via des sociétés offshores. B.b. Le 14 novembre 2002, un contrat de réservation de l'immeuble a été signé entre le vendeur, M.________ AG et l'acheteur, J.________ AG, pour un prix de vente de 32'890'000 fr., dont 1'000'000 fr. devaient être versés pour la réservation. B.________ a versé ou fait verser à M.________ AG, pour le compte de C.________, 1'000'000 fr. le 18 novembre 2002 puis 3'000'000 fr. le 3 février 2003. Le 5 février 2003, A.________, pour le compte de J.________ AG, a signé le contrat de vente avec M.________ AG au prix susmentionné. N.________, autre client de D.________ qui s'était montré intéressé à investir 5'000'000 fr. dans l'opération, a effectué deux versements de 3'375'000 fr. puis de 1'625'000 francs. Selon des documents datés de septembre 2003, C.________ détenait 13% de l'immeuble " H.________ ". Au printemps 2004, il s'est dégagé de l'opération en revendant ses actions pour le prix de 2'600'000 francs à L.________ SA. B.c. Le 30 août 2007, N.________ a déposé plainte pénale contre B.________ pour escroquerie, voire abus de confiance, contre D.________ pour complicité d'escroquerie, voire complicité d'abus de confiance, ainsi que contre tout tiers qui aurait participé à ces infractions, soit notamment les associés de G.________ SA, E.________ et A.________. N.________ expliquait notamment avoir reçu une plaquette de vente, datée de juin 2002, chiffrant le prix de l'immeuble " H.________ " à 38'000'000 fr. et la part de fonds propres nécessaires à 15'000'000 francs. Pour avoir reçu copie, en été 2007, du contrat de vente du 5 février 2003, il avait constaté que le prix de l'acquisition avait été, en réalité, de 32'890'000 fr., financée par un crédit hypothécaire de 23'000'000 fr. et par les fonds propres (crédit actionnaire) de 9'890'000 francs. Il estimait, en conséquence, avoir été trompé sur le véritable prix d'achat de l'immeuble, ainsi que sur le pourcentage qui lui revenait dans les actions de K.________ SA. B.d. Les quatre mis en cause ont été entendus par la police, puis par le Juge d'instruction. Par ordonnance du 9 février 2010, le Ministère public genevois a classé la procédure. Statuant le 28 juin 2011 sur recours de N.________, la Chambre d'accusation de la Cour de justice du canton de Genève a annulé le classement et retourné la cause au Ministère public, estimant qu'il existait des indices suffisants de la commission, par les mis en cause ou certains d'entre eux, des infractions d'escroquerie et de faux dans les titres, voire de toute autre infraction pouvant résulter de la procédure, et la cause a été renvoyée à l'instruction. Le 16 septembre 2011, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevables les recours intentés contre cet arrêt par A.________ et E.________ (causes 1B_450/2011 et 1B_452/2011). A la suite de la reprise de la procédure pénale, B.________, D.________, A.________ et E.________ ont été à nouveau entendus par le Procureur, d'abord en qualité de personnes appelées à donner des renseignements, puis en tant que prévenus. Il a en particulier été établi que B.________ était seul à l'origine des documents comportant le prix d'achat de 38'000'000 fr. de l'immeuble " H.________ " qui avaient été remis à C.________, lequel les avait transmis à N.________. B.________ a reconnu qu'au moment de leurs paiements, ces deux investisseurs ignoraient que l'immeuble devait être acheté pour 32'890'000 francs. Par ordonnance du 21 juin 2016, le Ministère public a retiré la qualité de partie plaignante à N.________. Sur recours de celui-ci, cette décision a été maintenue par la Chambre pénale de recours de la Cour de justice le 5 septembre 2016 puis par le Tribunal fédéral le 17 janvier 2017 (cause 1B_372/2016). B.e. Dans ses déterminations sur le recours cantonal de A.________, le Ministère public a concédé une erreur de plume et invité la cour cantonale à ramener à 1'305'000 fr. le montant de la créance compensatrice.