Citation: 4A_289/2017 E. 3.1.2

3.1.2. Le recourant fait également valoir une violation de son droit à la preuve. Il se fonde sur les pièces nouvelles que l'intimé entendait produire en appel et que la cour cantonale a déclarées irrecevables au regard de l'art. 317 al. 1 let. b CPC parce que l'employé aurait dû les produire en première instance. Selon l'employeur, la déchéance de ce droit pouvait certes être opposée à l'appelant, mais pas à lui-même, dès lors qu'il avait découvert ces pièces en appel et qu'il les avait dûment invoquées. Il n'apparaît pas que la cour cantonale ait fait une mauvaise application de l'art. 317 al. 1 let. b CPC. Elle n'a tout simplement pas examiné dans son arrêt dans quelle mesure le recourant pouvait se prévaloir des nouvelles pièces en question, alors même que celui-ci avait déclaré, dans sa réponse au mémoire d'appel, faire sien le dépôt desdits documents et les invoquer à l'appui de ses propres allégués. Cela étant, cette omission demeure sans conséquence, puisque les pièces en cause n'étaient pas de nature à modifier le résultat des moyens de preuve déjà administrés (cf. ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376). En effet, les juges cantonaux ont retenu que l'employé avait touché le salaire dû en 2011 et 2012. On ne voit dès lors guère ce que l'employeur pouvait déduire d'autre ou de plus des pièces n os 4 à 6 produites en appel, celles-ci consistant dans les feuilles de salaire de l'employé de décembre 2011, janvier et février 2012 (complètement d'office sur la base du dossier; art. 105 al. 2 LTF). Quant à la pièce n° 2, laquelle consiste en un procès-verbal d'une audience de mesures protectrices de l'union conjugale à laquelle l'employé et son épouse comparaissaient et qui est daté du 3 décembre 2013, il en ressort que l'employé a déclaré que l'employeur lui devait un arriéré de salaire d'à peu près 30'000 fr.; l'intimé n'a pas indiqué qu'il avait reçu l'intégralité de son salaire, de sorte que la pièce précitée n'était pas de nature à démontrer cette allégation du recourant. La cour cantonale est parvenue à la conclusion que l'employeur devait à l'employé un montant inférieur à titre de salaire pour 2013, puisqu'elle a déduit du montant de 31'080 fr. les sommes qui avaient déjà été versées à l'intéressé (10'000 fr.) ainsi qu'à l'office des poursuites (13'383 fr.95). L'employeur ne peut dès lors pas tirer avantage des déclarations que l'employé a faites dans la procédure qui l'opposait à son épouse. Certes, son argument repose sur l'écart entre les différents montants articulés par l'employé. Le recourant rappelle encore, à ce propos, que les conclusions de la demande en paiement se montaient à 144'637 fr.20 et qu'à l'audience tenue devant le Tribunal des prud'hommes, l'employé avait déclaré être titulaire d'une créance de 80'000 fr. envers son employeur. Ces incohérences ôteraient toute crédibilité à ses affirmations. Nul besoin toutefois de se référer à la pièce n° 2 précitée pour se distancer des sommes articulées par l'employé. Les juges genevois ne se sont en effet pas laissé guider par l'importance des sommes réclamées et la discrépance évoquée par le recourant ne leur a certainement pas échappé, puisqu'ils ont finalement condamné l'employeur à verser à l'employé une somme de 15'256 fr.05 à titre de salaire, ce qui est fort éloigné du montant réclamé dans la demande. Partant, ce grief du recourant doit également être rejeté.