Citation: 6B_3/2018 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a exposé que le contrat liant D.________ à la recourante, concernant la vente d'acier à des sociétés telles que E.________, était daté du 1er janvier 2007. La période durant laquelle l'intimé était soupçonné d'avoir commis des escroqueries ne s'étendait ainsi que de cette date au mois de septembre ou octobre 2008. Le dommage évoqué par la recourante, chiffré à 1'770'504 fr. 35 devait - à supposer qu'il existe - être réduit dans cette mesure. Selon l'autorité précédente, la recourante ne pouvait déplorer aucun gain manqué, car l'instruction avait révélé qu'elle avait accepté le prix de vente transmis par E.________ par le biais de l'intimé. Si elle avait estimé que ce prix n'était pas le meilleur, ce dont elle était en mesure de juger compte tenu de sa qualité de professionnelle du commerce de l'acier, elle aurait dû refuser l'offre. Tel n'avait pas été le cas. Plusieurs témoins entendus avaient précisé que le but de la recourante n'était pas de réaliser une marge minimum, mais de faire un profit, "n'importe lequel" selon B.________. Ce dernier avait déclaré connaître à l'avance le prix de vente de l'aciérie de façon à calculer sa marge avant de trouver ses propres clients et de pouvoir demander à l'aciérie de revoir son prix à la baisse. L'argument de la recourante, selon lequel E.________ aurait été prête à lui payer plus cher l'acier acheté, puisque le prix effectivement payé comprenait la commission de l'intimé, était contredit par le fait que ce prix majoré, qu'elle acceptait de payer, était la contrepartie du service rendu par celui-ci, lui permettant d'obtenir une plus grande quantité de métal. Par ailleurs, selon la cour cantonale, le contrat conclu entre la recourante et D.________ prévoyait que cette dernière avait pour tâche d'organiser la vente d'acier. Le rôle de l'intimé n'était pas de négocier le prix de vente de l'acier entre le vendeur et l'acheteur, mais plutôt d'organiser et de veiller au bon déroulement de la transaction. L'intimé n'avait pas la possibilité de négocier le prix auquel E.________ allait lui acheter l'acier, mais s'occupait - ainsi qu'il l'avait expliqué et que l'avaient confirmé M.________, N.________ et B.________ - de transmettre le prix auquel E.________ était prête à acheter la marchandise, à charge pour les employés de la recourante, en accord avec B.________, de l'accepter ou de le refuser, compte tenu de la marge précédemment décidée avec C.________. Ainsi, l'intimé n'avait aucune obligation de négocier le meilleur prix pour la recourante. Il n'avait par ailleurs pas cherché, par des affirmations fallacieuses, à permettre à E.________ de pouvoir acheter plus d'acier, mais s'était contenté de le demander.