Citation: 5A_617/2020 E. 5.1

5.1. La Cour de justice a confirmé la décision de première instance, en tant qu'elle avait procédé au calcul de la contribution d'entretien en faveur de l'épouse en fonction des dépenses nécessaires au maintien de son train de vie, dès lors que leurs moyens permettaient d'absorber le coût supplémentaire de deux ménages séparés tout en maintenant le train de vie antérieur. Elle a rappelé qu'il appartenait à l'épouse de préciser les dépenses nécessaires au maintien du train de vie et de les rendre vraisemblables. S'agissant en particulier de ses frais de véhicule, il ressort de l'arrêt entrepris que le montant de 1'960 fr. par mois retenu par le premier juge à ce titre comprenait 848 fr. 20 de frais de leasing, 80 fr. d'impôts, 128 fr. 55 d'assurance et 900 fr. d'entretien et d'essence. La cour cantonale a relevé que les frais de parking, d'entretien et d'essence allégués par l'épouse en première instance n'étaient pas documentés (voir arrêt cantonal p. 17, 1er par.). En appel, l'époux faisait valoir que le Tribunal avait surévalué les frais de voiture de son épouse, notamment au regard de la limite de 20'000 km par an prévue par le contrat de leasing ainsi que du montant total de 17'435 fr. de frais annuels d'utilisation d'une Audi Q5 45 TFSI quattro S tronic pour un tel kilométrage ressortant d'une page Internet du Touring Club Suisse datée du 25 octobre 2019 qu'il avait produite. La Cour de justice a considéré que le montant retenu par le premier juge correspondait à celui également retenu au titre de frais de voiture dans les charges de l'époux, et qui n'était pas contesté. Puisque l'épouse avait droit au maintien de son train de vie, il fallait considérer qu'elle s'acquittait de frais d'essence et d'entretien de son véhicule d'une valeur identique à celle de son époux, ce d'autant que, contrairement à celui-ci, elle exerçait une activité lucrative et devait pouvoir continuer à profiter du confort qu'impliquait un trajet en voiture. Pour ces motifs, l'autorité cantonale a confirmé le montant retenu par le Tribunal. Les frais nécessaires au maintien du train de vie de l'épouse s'élevaient à un total de 19'863 fr. 95 par mois (dont 1'960 fr. de frais de véhicule). Dès lors que les revenus de l'épouse ascendaient à 12'355 fr. par mois, il en résultait pour elle un déficit arrondi de 7'510 fr., qu'il appartenait à l'époux de combler par le versement d'une contribution d'entretien du même montant. La Cour de justice a relevé qu'il se justifierait d'imputer à l'époux un revenu hypothétique d'au moins 36'000 fr. par mois, mais qu'il n'y avait pas lieu de le faire à ce stade, compte tenu de ses projets professionnels en cours et du montant de sa fortune encore disponible, qui lui permettait de maintenir le train de vie de la famille. L'autorité cantonale a aussi statué sur le montant des charges de l'époux, après avoir toutefois précisé que le montant exact de celles-ci n'était pas déterminant étant donné que sa fortune lui permettait de maintenir le train de vie antérieur de la famille.