Citation: 4A_363/2022 E. 6.2

6.2. En l'espèce, la cour cantonale a considéré que l'absence de motivation des décisions prises par le Tribunal des prud'hommes le 10 mai 2021 n'était pas révélatrice d'un parti pris à son encontre, susceptible de remettre en cause l'impartialité du président du tribunal. Le président du Tribunal des prud'hommes se voit reprocher une seule absence de motivation dans la décision, alors que seules des fautes particulièrement lourdes ou répétées sont susceptibles de fonder objectivement la suspicion de partialité. Bien qu'il ne s'agisse par d'une erreur légère, pour un juge, de refuser de motiver une décision sujette à recours, il ne s'agit pas non plus d'une faute particulièrement lourde, au point qu'elle éveille une suspicion de partialité. L'erreur n'a pas non plus été répétée. Parvenant à la conclusion que cette erreur n'était pas de nature à éveiller chez elle un soupçon de partialité, la cour cantonale n'a ainsi pas violé l'art. 47 CPC à cet égard. La cour cantonale a retenu en fait que le président du Tribunal des prud'hommes n'avait pas pris seul les décisions litigieuses, mais en accord avec ses assesseurs. Le recourant se fonde sur une version différente de l'état de fait sur cette question, sans toutefois soutenir qu'elle ait été établie de manière arbitraire. Le Tribunal fédéral est tenu par la version retenue par la cour cantonale (art. 105 al. 1 LTF). Au vu de l'état de fait établi par la cour cantonale, celle-ci n'a pas violé l'art. 47 CPC dès lors que le président du Tribunal des prud'hommes a consulté à plusieurs reprises les membres de l'autorité prud'homale. Quant au fait que le président du Tribunal des prud'hommes a consulté la permanence du tribunal, la cour cantonale s'est limitée à constater que le recourant n'avait pas exposé devant elle en quoi cette consultation serait propre à faire douter de l'impartialité du président du tribunal. Ne contestant pas cette constatation mais tentant plutôt de pallier son défaut de contestation de ce fait devant le Tribunal fédéral, le recourant ne démontre pas avoir déjà présenté ses arguments devant la cour cantonale. Il présente ainsi une argumentation nouvelle. Ne satisfaisant pas au principe de l'épuisement des griefs (consid. 2.1 ci-dessus), son grief est irrecevable. Enfin quant au reproche adressé au président du Tribunal des prud'hommes d'avoir indiqué, dans ses observations relatives à la procédure de récusation dont il faisait l'objet, que le recourant présentait une demande "sans fondement et ayant pour unique but de retarder la procédure", la cour cantonale a considéré que cela ne trahissait pas non plus un parti pris à l'encontre du recourant. A cet égard, il convient de relever qu'au stade de ces observations, le président s'est exprimé en qualité de partie à une procédure de récusation et non plus en qualité de juge dans le litige opposant l'employeuse demanderesse et le recourant. Il est dès lors normal qu'en cette qualité, l'intéressé puisse exprimer son opinion sur le comportement du recourant alors qu'il lui est expressément donné l'opportunité de le faire par des observations. Son opinion exprimée à ce stade ne saurait démontrer rétrospectivement une impartialité préexistante dans le procès au cours duquel la demande de récusation a été formulée.