Citation: 6B_127/2023 E. 2.3.3

2.3.3. Concernant les déclarations faites par la recourante, la cour cantonale a retenu que celles faites devant la police avaient le mérite de la spontanéité par rapport à celles faites lors de l'audition de la recourante par le ministère public 6 mois après les faits. Lors de ses premières déclarations, la recourante avait indiqué qu'elle avait demandé à l'intimé de changer de position durant l'acte sexuel car cela lui faisait mal. La cour cantonale en a déduit que la recourante n'était pas dans l'impossibilité de se défendre ou de se soustraire à l'acte, ayant participé au changement de position, et que, par son attitude, la recourante avait montré qu'elle était participative, de sorte que l'intimé ne pouvait qu'être conforté dans l'idée que la recourante acceptait de poursuivre l'acte sexuel. En outre, la cour cantonale a relevé que la recourante avait déclaré qu'elle n'avait jamais verbalisé son refus et que, lorsqu'elle avait repoussé l'intimé, celui-ci avait eu l'air choqué et s'était tout de suite arrêté, alors même que la relation sexuelle n'était pas terminée. Selon la cour cantonale, la recourante avait déclaré que, envahie par un sentiment de peur et par instinct de survie, elle s'était retrouvée dans un état de sidération. Or, la cour cantonale a considéré que l'état de sidération de la recourante n'était pas reconnaissable pour l'intimé, car celle-ci n'avait manifesté aucune opposition verbale ou gestuelle, s'était montrée participative et n'avait pas refusé de s'exécuter. L'intimé ne pouvait pas être conscient de ce qu'il était en train d'infliger à la recourante puisque, à aucun moment, elle ne lui avait signifié ou fait comprendre, d'une manière ou d'une autre, qu'elle ne souhaitait pas entretenir de relation sexuelle avec lui. Enfin, selon la cour cantonale, la recourante avait d'ailleurs elle-même indiqué que l'intimé n'avait pas compris qu'elle n'était pas consentante.