Citation: 5A_795/2013 E. 7.3

7.3. En l'occurrence, les recourants partent du principe que le testateur devait être présumé incapable de discernement, uniquement sur la base de leur propre appréciation de la cause, en particulier de leur version des faits présentée ci-avant ( cf. supra consid. 5) selon laquelle un diagnostic de démence avait été posé en 1996 déjà, ou à tout le moins plusieurs années avant février 2002. Or, ainsi qu'il a déjà été exposé, l'état de fait retenu par l'autorité précédente ne prête pas le flanc à la critique (consid. 5.3), en sorte que la cour de céans ne saurait s'en écarter et peut limiter ici son examen à la question de droit de savoir si, dans le cas d'espèce, les présomptions ont été correctement appliquées sur la base des faits retenus ( cf. supra consid. 7.1). Il apparaît qu'au cours des années et des mois précédents l'établissement du testament litigieux, le testateur a été en mesure de gérer le suivi du chantier de sa maison ( cf. let. A.a), pouvait tenir des conversations notamment au sujet de sa santé et de son patrimoine avec ses amis et médecins ( cf. let. A.a), et pouvait contrôler la gestion de ses affaires au moins jusqu'à l'été 2002 ( cf. supra let. A.c). Il ressort de surcroît des expertises et témoignages - notamment des rapports des Drs Q._________ et R.________, autant qu'ils doivent être tenus pour pertinents - que l'état de santé du testateur s'est dégradé principalement après l'opération de mai 2001, puis à nouveau au cours de l'été 2002. S'agissant des circonstances entourant l'acte présentement litigieux, il apparaît que le testateur a pu exprimer son souhait au minimum à trois reprises, à savoir lorsqu'il en a fait part à son avocat qui a pris contact avec le notaire, lors de la séance de préparation du 15 mars 2001, puis lors de la signature le 22 mars 2001, et que les deux témoins présents ont attesté que le testateur leur avait paru capable de discernement, ce qui est corroboré par l'avocat intimé. Il ressort au surplus des faits de l'arrêt entrepris que l'acte considéré, bien qu'exigeant par nature, n'était pas d'une difficulté particulière s'agissant principalement d'une confirmation de la volonté exprimée dans le testament olographe de 1983 et de manière implicite par le mode de partage des biens instauré par les époux notamment au moyen de comptes bancaires joints qu'ils détenaient depuis 1986 ( cf. let. A.a), et d'une clause de substitution fidéicommissaire pour le surplus, laquelle a été expliquée par le notaire au testateur. Ainsi, le testateur a pris des dispositions de dernière volonté concordantes avec son schéma usuel de pensée depuis des années. Vu ce qui précède et considérant qu'il résulte des constatations de l'autorité précédente qu'aucun élément du dossier, singulièrement des expertises, ne permet d'établir, avec une vraisemblance prépondérante, que le testateur souffrait d'une maladie mentale ou d'une démence et se trouvait par conséquent dans un état durable de dégradation de ses facultés intellectuelles, au moment de la signature du testament public en mars 2001 ( cf. supra consid. 4.3), c'est à bon droit que la cour cantonale a jugé que, selon la jurisprudence ( cf. supra consid. 7.1) et sur la base des faits retenus, la capacité de discernement du disposant devait être présumée, nonobstant les atteintes à sa santé physique ( cf. supra consid. 7.1), en particulier l'hydrocéphalie. Il appartenait donc aux recourants, qui prétendaient que le disposant était incapable de disposer au moment de l'acte, de le prouver, à tout le moins au stade de la vraisemblance prépondérante. Cependant, les recourants, en se référant toujours de manière erronée à leur propre version des faits ( cf. supra consid. 5), ne parviennent à démontrer ni que les faits de la cause doivent conduire à présumer l'incapacité de discernement du disposant à la période au cours de laquelle le testament public a été établi puis signé, ni que le disposant était effectivement incapable de discernement au moment précis de l'établissement, puis de la signature de ses dernières volontés. Ils n'ont donc pas rendu vraisemblable que les dispositions pour cause de mort attaquées ont été prises alors que le testateur était dépourvu de discernement, partant, incapable de disposer au moment de l'acte, de sorte que les dispositions du testament public ne sauraient être annulées au sens de l'art. 519 al. 1 ch. 1 CC. Quant à l'hypothèse visée par l'art. 519 al. 1 ch. 2 CC, à savoir que le testateur se serait trouvé sous l'empire d'une erreur et que les dispositions prises dans le testament de mars 2001 ne seraient pas l'expression d'une volonté libre, elle doit d'emblée être rejetée. Les recourants se contentent à nouveau de substituer leur appréciation des faits, spécialement leur version de l'établissement et de l'instrumentation du testament public selon lequel le testateur n'a jamais pu s'exprimer et que le notaire a reçu ses instructions uniquement de l'épouse et de l'avocat du couple, aux constatations contraires de la cour cantonale. Ce faisant, les recourants n'allèguent pas, ni a fortiori ne rendent vraisemblable, sur la base des faits retenus par l'autorité précédente, que le disposant n'a pas pu exprimer sa volonté propre. Quoi qu'il en soit, les recourants ne prétendent même pas que le testateur aurait méconnu la situation réelle, en quoi il l'aurait méconnue et que, s'il l'avait effectivement connue, il aurait préféré supprimer ces dispositions, alors qu'il s'agit de la condition sine qua non pour l'annulation d'un testament pour cause d'erreur sur les motifs ( cf. supra consid. 7.2).