Citation: 6B_38/2021 E. 3.5

3.5. En substance, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir versé dans l'arbitraire en retenant qu'il avait conscience du risque d'entraîner la mort par son comportement et l'avait accepté. Il n'avait jamais envisagé d'issue mortelle. Il avait seulement voulu faire peur à l'intimé 2 et tout au plus envisagé de lui faire mal. Cela n'impliquait aucunement une intention de le tuer. Pour les mêmes motifs, il conteste, subsidiairement, la réalisation de l'élément constitutif subjectif de l'intention. Le déroulement des faits n'est pas discuté par le recourant, qui ne motive aucun grief d'arbitraire à leur égard (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant, qui avait la volonté de faire mal à l'intimé 2 et qui était énervé et choqué par l'étranglement que celui-ci lui avait fait subir quelques heures auparavant, a foncé avec sa voiture en pleine accélération sur l'intimé 2, à une vitesse comprise entre 20 et 30 km/h. Foncer avec un véhicule sur une personne ne peut qu'être appréhendé comme une action susceptible d'entraîner une issue mortelle. Même à 20-30 km/h, il suffit d'envisager la situation où la tête de l'individu visé heurte la carrosserie, respectivement où la personne touchée passe ensuite sous les roues du véhicule. Dans ces configurations, la probabilité d'une issue fatale n'est pas négligeable. En ce sens, sous l'angle du dol éventuel, il faut admettre que quiconque fonce avec une voiture sur un piéton accepte une issue fatale. A cela s'ajoute que le recourant ne pouvait que voir que l'intimé 2 se trouvait coincé entre son véhicule et la porte du garage, alors qu'il n'avait plus aucun contrôle de son véhicule et était dans l'incapacité de s'arrêter, déductions opérées sans arbitraire par la cour cantonale au regard des faits constatés. Dans ces circonstances, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant que le recourant ne pouvait ignorer qu'en fonçant avec son véhicule en pleine accélération sur l'intimé 2, il prenait le risque de l'écraser contre le garage ou de le faire tomber sous les roues du véhicule, et d'entraîner ainsi la mort de celui-ci. Elle pouvait ainsi retenir, sans violer le droit fédéral, qu'il avait envisagé cette éventualité et s'en était accommodé. Le recourant soutient qu'il n'aurait jamais eu l'intention de tuer l'intimé 2 et qu'il n'aurait jamais dit qu'il souhaitait l'écraser contre le garage ou le faire tomber sous ses roues. A cet égard, il est acquis que c'est une tentative de meurtre sous la forme du dol éventuel qui est retenue à l'encontre du recourant. Il lui est ainsi seulement reproché d'avoir tenu pour possible la réalisation de l'infraction et l'avoir acceptée pour le cas où celle-ci se produirait. Le recourant estime que, dans la mesure où il roulait à 20-25 km/h, il était impossible pour lui d'envisager une issue mortelle. Le recourant semble se référer à une jurisprudence fédérale qui aurait défini qu'avec une vitesse au moment de l'impact de 20 km/h, on devait compter sur des fractures du bassin et des jambes, alors que si l'impact avait lieu à une vitesse supérieure ou égale à 45 km/h, une issue mortelle était hautement probable. A supposer qu'il se réfère à l'ATF 124 II 97 consid. 2b p. 100 in fine, il n'y a, en l'espèce, rien à déduire de cet arrêt, lequel concernait un retrait d'admonestation du permis de conduire à la suite d'un dépassement de la vitesse maximale autorisée à l'intérieur des localités, jurisprudence qui ne s'applique à l'évidence pas lorsque, comme en l'espèce, une voiture accélère brusquement en direction d'une personne qui se trouve coincée contre une porte de garage. Le recourant affirme, de manière purement appellatoire, et partant irrecevable, que prendre conscience de la gravité de ses actes ne permettrait pas de dire qu'il avait conscience du risque d'entraîner la mort et l'avait accepté pour le cas où il se produirait, mais que cela démontrait seulement qu'il avait au contraire pris conscience de la gravité de son comportement et portait un regard critique à cet égard. Au demeurant, la cour cantonale ne s'est pas fondée uniquement sur sa prise de conscience pour retenir le dol éventuel, ce point n'étant qu'un élément parmi d'autres. Pour le surplus, en tant qu'il soutient qu'il n'aurait jamais envisagé l'issue mortelle et qu'aucune acceptation de ce risque ne ressortirait de ses déclarations, il se contente de substituer, de manière appellatoire, sa propre appréciation des preuves à celle de la cour cantonale. Le moyen est irrecevable. Sur la base des faits constatés sans arbitraire par la cour cantonale, celle-ci n'a pas violé le droit fédéral en retenant que le recourant a agi par dol éventuel. Infondé, le grief est rejeté.