Citation: 6B_352/2024 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a partagé les considérations de l'autorité de première instance, auxquelles elle a renvoyé expressément en application de l'art. 82 al. 4 CPP, pour considérer, à son tour, que les intérêts publics à l'expulsion du recourant l'emportaient sur ceux, privés, à ce qu'il demeure en Suisse. Elle a également relevé, par surabondance de motifs, que l'expulsion ne mettrait de toute façon pas le recourant dans une situation personnelle grave. Le tribunal de première instance avait retenu que si le recourant était intégré en Suisse par le passé, tel n'était plus le cas aujourd'hui. Il avait en effet perdu son travail en raison de problèmes de santé mentale et avait ensuite été soutenu par le Service social. Il avait divorcé et n'exerçait pas son droit de visite sur ses enfants. La réintégration à Cuba, pays dans lequel il avait grandi et avait passé la majorité de sa vie, ne serait pas particulièrement difficile, d'autant moins qu'il était d'ores et déjà retourné y vivre de son plein gré depuis le 21 août 2021. II n'apparaissait donc pas que le recourant se trouverait dans une situation sensiblement plus défavorable dans son pays d'origine, ni qu'il disposerait, en Suisse, de meilleures chances de réinsertion sociale. L'expulsion porterait certes atteinte aux relations entre le recourant et ses enfants, mais, quoi qu'il en soit, depuis son divorce, il ne les voyait plus. À cet égard, l'autorité de première instance a relevé que l'expulsion restait d'une durée limitée (soit 10 ans) et n'empêcherait pas le recourant d'entretenir un contact avec ses enfants par le biais de moyens de communication moderne, pour autant qu'il le souhaitait et que ses enfants le désiraient. Quant aux troubles psychologiques dont il souffrait, elle a estimé qu'il était raisonnable de penser que le système de santé prévalant à Cuba était en mesure de prodiguer des soins adéquats au recourant pour une maladie, qui, bien que d'une certaine gravité, ne l'avait pas contraint à suivre un traitement lourd et pointu. D'ailleurs, il ne se rendait que sporadiquement aux rendez-vous fixés par ses thérapeutes avec lesquels il ne collaborait que superficiellement, voire pas du tout. Sur le vu de tout ce qui précède, l'autorité de première instance avait conclu que l'expulsion du prévenu à Cuba ne le mettrait pas dans une situation personnelle grave. L'une des deux conditions cumulatives de la clause de rigueur n'était donc pas réalisée. Quant à la seconde condition de la clause de rigueur, d'après le premier juge, elle n'était pas remplie non plus. Ce dernier avait considéré que l'intérêt public à l'expulsion du recourant, individu qui présentait une certaine dangerosité, qui avait bafoué l'ordre juridique suisse à plusieurs reprises en commettant notamment des infractions de violence, l'emportait largement sur son intérêt privé à rester en Suisse. À cet égard, le premier juge a notamment relevé la gravité des infractions sanctionnées, la médiocre intégration du recourant en Suisse et la dangerosité qu'il représentait pour la société, ce dernier étant un récidiviste spécial s'agissant d'infractions de violence.