Citation: 6B_1092/2023 E. 2.4.3

2.4.3. Selon le recourant, la cour cantonale aurait arbitrairement omis de tenir compte de l'expérience et des connaissances spécialisées de l'intimé 2 en économie et en commerce, ce qui exclurait l'existence d'une tromperie et l'astuce faute d'un rapport de confiance particulier. Le recourant allègue à ce titre que l'intimé 2 était un homme d'affaires expérimenté ayant investi un montant important dans un projet. Or, l'intimé 2 n'aurait eu qu'une confiance limitée dans le recourant, puisqu'il n'aurait pas cru ce dernier quant à un rendement de 50 % sur la somme investie. Partant, l'intimé 2 n'aurait pas opéré l'investissement en raison de la confiance qu'il avait dans le recourant, mais en tant qu'homme d'affaires qui espérait faire une bonne affaire. De plus, envisager un rendement aussi important ne pourrait logiquement qu'impliquer un certain risque, ce dont un investisseur expérimenté devrait forcément être conscient. À cet égard, il se justifierait d'appliquer par analogie la jurisprudence rendue sur la question de l'investissement en bourse qui implique l'acceptation d'un risque de pertes et exclut l'escroquerie en cas d'absence de remboursement. Enfin, l'absence de vérification par l'intimé 2 exclurait l'astuce, puisque la consultation du registre des poursuites serait une vérification élémentaire que la dupe aurait pu effectuer sans difficulté avant d'investir une somme conséquente, au regard en particulier de ses connaissances et de son expérience en affaires, d'autant plus que des poursuites étaient inscrites à l'encontre du recourant depuis 2006. En l'espèce, quoiqu'en dise le recourant, il est manifeste que celui-ci a usé d'un climat de confiance qu'il avait réussi à instaurer entre lui et sa dupe. Il ressort du jugement cantonal que l'intéressé partageait des activités sociales avec l'intimé 2 et donnait à ce dernier l'image d'un homme d'affaires ayant réussi, profitant à cet égard de sa position dans une société reconnue de la place et en affichant une réussite professionnelle incontestable. Il avait également présenté à sa dupe la société dans laquelle l'investissement devait avoir lieu, sans toutefois lui fournir de copie de la documentation présentée. La proposition paraissait sérieuse et crédible selon l'intimé 2, ce d'autant plus que le recourant était administrateur d'une société active dans les placements financiers. Enfin, l'on peut relever que le rendement promis de l'investissement de 50 % a été indiqué à l'intimé 2 après le versement de l'investissement, de sorte que ce seul élément était impropre à annihiler la confiance placée par l'intimé 2 dans le recourant. Dans ces circonstances, en particulier l'exploitation du lien de confiance entre les deux protagonistes, et nonobstant l'expérience en affaires de l'intimé 2, l'on ne pouvait exiger de ce dernier qu'il effectue de plus amples recherches et des vérifications, étant précisé que selon l'état de fait cantonal, une consultation du registre des poursuites n'aurait rien révélé d'alarmant. Au surplus, l'argumentation du recourant fondée sur les investissements en bourse s'avère dénuée de pertinence, dans la mesure où il ressort du jugement entrepris, sans que l'intéressé n'ait pu en démontrer le caractère arbitraire, que la somme versée par l'intimé 2 au recourant n'avait jamais été investie par ce dernier. La référence à l'arrêt 6B_231/2015 du 18 avril 2016 n'est donc d'aucun secours au recourant. C'est enfin à tort que ce dernier allègue une contradiction dans le raisonnement suivi par la cour cantonale laquelle aurait retenu une situation financière obérée sans pour autant que celle-ci ne soit inquiétante. En effet, il ressort de l'état de fait cantonal que l'intéressé avait contracté de nombreuses dettes auprès de plusieurs créanciers, mais que ceux-ci n'avaient pas encore initié de poursuites à son encontre avant le versement de la somme litigieuse. Partant, la situation financière du recourant pouvait parfaitement être obérée en raison de ces dettes, même en l'absence de poursuites. Enfin, si l'extrait du registre des poursuites qui figure au dossier fait effectivement état de plusieurs poursuites contre le recourant entre 2006 et 2008, elles avaient toutes été payées, de sorte que cet élément n'est pas de nature à entacher d'arbitraire le raisonnement cantonal. Mal fondés, les griefs du recourant doivent donc être rejetés, dans la mesure où ils sont recevables.