Citation: 5A_57/2017 E. 3.3.2

3.3.2. En l'espèce, la Cour de justice a estimé qu'il ressortait des faits que l'intimée avait fourni tous les efforts que l'on pouvait attendre d'elle pour qu'elle assume son obligation d'entretien et, partant, qu'il n'y avait pas lieu de lui imputer un revenu hypothétique. Contrairement à ce que soutient le recourant, l'examen des efforts fournis par les parents pour assumer leur obligation d'entretien est nécessaire et pertinent puisque l'absence de tels efforts est une des conditions posées par la jurisprudence pour que le juge puisse s'écarter de leur revenu effectif afin de fixer la contribution d'entretien. La détermination du revenu qu'ils peuvent se procurer et qu'on peut raisonnablement exiger d'eux n'intervient que par la suite. Force est à cet égard de constater que l'intimée a augmenté son temps de travail de 60 à 90% et a quasiment doublé son revenu postérieurement à la séparation des parties démontrant par là sa volonté d'exploiter au mieux sa capacité contributive. Comme cela ressort des déclarations fiscales invoquées par le recourant, le fait que l'intimée ait été occupée à un taux de 100% en 2011 ne change rien à ce constat dans la mesure où il s'agit d'une année isolée et que ce taux s'explique manifestement par le fait qu'elle a cumulé cette année-là des activités à des taux différents auprès de plusieurs employeurs, de sorte que la situation n'est pas comparable à celle qui prévaut actuellement. Au surplus, le taux d'occupation de 100% de l'année 2012 s'explique par le fait que 10% de son temps était consacré à une formation. Le fait que l'intimée ait par ailleurs également exercé une activité d'indépendante en parallèle n'est pas déterminant dans la mesure où il ressort de l'état de fait cantonal que le cabinet qu'elle exploitait à ce titre était déficitaire déjà durant l'union conjugale et que son activité d'indépendante s'était également soldée par une perte l'année suivant le dépôt de la requête en divorce. L'allégation du recourant qui soutient que l'intimée reprendra son activité d'indépendante une fois la procédure de divorce terminée est purement spéculative et ne repose sur aucun fondement. Il convient également de rappeler que les contributions d'entretien dues aux enfants ont été imputées à l'intimée à compter du 1 er novembre 2012 et recouvre par conséquent une large période durant laquelle elle percevait un salaire bien moins élevé que son revenu actuel. Le recourant ne tient nullement compte de cet élément dans ses conclusions. Le recourant ne peut pas non plus se prévaloir de l'égalité entre père et mère dans la mesure où, bien qu'il ait la garde de l'enfant cadet des parties, cette dernière est désormais âgée de seize ans de sorte que, compte tenu de l'âge de ses enfants, le recourant ne peut plus tirer argument du fait qu'il doive s'occuper en nature d'eux et qu'il serait par conséquent injuste qu'il travaille à un taux plus élevé que son ex-épouse. La situation de l'intimée qui ne travaillait qu'à 60% durant l'union conjugale et a entrepris d'augmenter son taux de travail jusqu'à 90% postérieurement à la séparation ne peut au surplus être comparée uniquement en termes de pourcentages à celle du recourant qui travaillait manifestement déjà à 100% durant l'union. Quant aux considérations du recourant sur le temps dont l'intimée a disposé pour trouver un travail à un taux supérieur, sur le fait qu'elle puisse y parvenir malgré le fait qu'elle soit âgée de plus de cinquante ans, sur son état de santé qu'il qualifie de bon et sur la suffisance d'offres d'emploi dans son domaine d'activité, celles-ci n'ont à juste titre pas été examinées par l'autorité cantonale puisqu'elle a considéré que l'intimée avait démontré avoir fourni tous les efforts que l'on pouvait attendre d'elle pour assumer son obligation d'entretien. Il n'y avait donc pas lieu de lui imputer un revenu hypothétique ni, partant, d'examiner si l'on pouvait exiger d'elle qu'elle augmente encore son temps de travail eu égard notamment à son âge. En définitive, les griefs du recourant sur la question du revenu à imputer à l'intimée se révèlent infondés.