Citation: 8C_388/2023 E. 9.4.2

9.4.2. Le 14 novembre 2022, le docteur G.________ s'est déterminé sur l'expertise judiciaire. Il a relevé que l'analyse de son confrère se basait sur un grand nombre de suppositions, en particulier un éventuel cisaillement ayant induit les fractures du bassin, lesquelles auraient également induit un cisaillement du cartilage coxo-fémoral. L'expert ne se serait toutefois référé à aucune référence littéraire probante confirmant ce raisonnement. Il citait certes Lequesne ainsi que Chung, lequel avait constaté, dans une série de fractures de l'anneau pelvien suivies à long terme, que le taux de mise en place de PTH pour coxarthrose était significativement plus élevé chez ces patients que dans la population témoin. Cependant, il citait dans le même temps Zilkens, qui avait montré que les techniques d'IRM permettaient l'identification la plus précoce des dégâts cartilagineux ou post-traumatiques. Or, en l'occurrence, de tels examens avaient été effectués rapidement ensuite du traumatisme, puis répétés par la suite, sans jamais mettre en évidence une lésion cartilagineuse jusqu'en août 2021. Un examen par SPECT-CT, réalisé le 24 juin 2016, s'était avéré normal. L'expert postulait pourtant qu'une nécrose cartilagineuse survenait directement après le traumatisme, ce qui impliquait au moins un amincissement de ce cartilage, jamais prouvé avant 2021. On pouvait bien postuler qu'un accident à haute énergie pouvait induire un dégât cartilagineux, avec une incidence au long cours, mais cela restait une hypothèse. Un lien certain entre l'accident et la coxarthrose était du domaine du possible, pas du probable. L'expert avait du reste indiqué que l'âge de l'intimée et son travail étaient aussi susceptibles de générer une coxarthrose. En conclusion, il manquait une preuve littéraire que les fractures du bassin par cisaillement provoquaient de manière indubitable, ou au moins probable, une coxarthrose.