Citation: 1C_206/2018 E. 4

Le Juge cantonal a relevé que selon la réglementation mise en place dans la LDPJu, les dossiers de police judiciaire sont secrets, que l'intéressé qui demande la suppression ou la modification de données non pertinentes, inadéquates, inexactes de son dossier de police n'a ainsi pas accès au dossier et que seul le juge désigné à cet effet examine le dossier, comme intermédiaire neutre, informe l'intéressé de son contenu puis statue. Il a rejeté pour ce motif la requête de A.________ visant à la remise préalable du dossier pour consultation. Le recourant considère qu'en lui refusant l'accès au dossier de police, le Juge cantonal aurait violé les garanties des art. 6 CEDH et 29 al. 2 Cst. Il prétend en outre qu'en sa qualité de partie en procédure pénale, il aurait le droit de consulter le dossier en vertu de l'art. 107 CPP. Cette dernière disposition se rapporte toutefois exclusivement à la consultation du dossier d'une procédure pénale pendante (cf. art. 101 et 102 CPP). Elle ne concerne en revanche pas la consultation des dossiers de police judiciaire, qui renferment les informations personnelles conservées par la police relatives à un crime, un délit ou une contravention relevant du droit pénal fédéral utiles à la prévention, à la recherche et à la répression des infractions (cf. art. 1 er al. 1 et art. 2 al. 1 LDPJu), laquelle fait l'objet d'une réglementation spécifique au chapitre II de la LDPJu. Le recourant ne saurait dès lors se fonder sur l'art. 107 CPP pour prétendre consulter personnellement son dossier de police judiciaire. Pour le surplus, les modalités d'exercice de la consultation d'un dossier de police judiciaire relèvent en premier lieu du droit cantonal, soit des art. 7 et suivants LDPJu, dont le Tribunal fédéral revoit l'application sous l'angle de l'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf. arrêt 1P.531/1999 du 24 janvier 2000 consid. 1b). En d'autres termes, et pour se conformer aux exigences de motivation accrues qui découlent de l'art. 106 al. 2 LTF, il appartient au recourant de démontrer par une motivation claire et précise en quoi la réglementation mise en place par la LDPJu contreviendrait aux art. 6 CEDH et 29 al. 2 Cst. ou aurait été appliquée de manière insoutenable ou en violation des garanties déduites des dispositions précitées. Une telle démonstration fait défaut en l'espèce.