Citation: 5A_494/2015 E. 4.2.4

4.2.4. C'est en se fondant sur cette qualification, correcte, au contraire de celle retenue implicitement par la cour cantonale, que le recourant devait apprécier la voie de droit ouverte devant la cour cantonale et déterminer le délai de recours à respecter. L'intervention principale est traitée à l'art. 73 CPC tandis que l'intervention accessoire fait l'objet des art. 74 ss CPC. Alors qu'il est expressément prévu, pour l'intervention accessoire, que la décision statuant sur une telle requête doit faire l'objet d'un recours limité au droit (art. 75 al. 2 CPC renvoyant ainsi aux art. 319 ss CPC), la loi est muette sur la voie de droit ouverte à l'encontre d'une décision rendue sur une requête en intervention principale. L'intervention principale est considérée comme une véritable demande, qui doit satisfaire aux conditions générales de recevabilité (art. 59 CPC; arrêt 5A_603/2013 du 25 octobre 2013 consid. 4.2; parmi plusieurs: HALDY, in: Bohnet et al. (éd.), Code de procédure civile commenté, 2011, n. 2 ad art. 73 CPC; GRABER/FREI, in : Basler Kommentar, Schweizeriche Zivilprozessordnung, 2e éd. 2013, n. 5 ad art. 73 CPC). La requête en intervention principale donne lieu à l'ouverture d'un procès indépendant du premier procès ouvert entre les parties principales (parmi plusieurs: GRABER/FREI, op. cit., n. 20 ad art. 73 CPC; GÖKSU, in: Brunner et al. (éd.), Schweizerische Zivilprozessordnung, 2011, n. 3 ad art. 73 CPC; LEUENBERGER/UFFER-TOBLER, Schweizerisches Zivilprozessrecht, 2010, n. 3.52), procès qui aboutit à un jugement (cf. art. 73 al. 2 CPC). Dès lors que la valeur litigieuse est ici supérieure à 10'000 fr. et que le CPC ne prévoit pas qu'une telle décision ne serait pas susceptible d'appel (art. 309 CPC), il faut partir du principe que c'est en réalité cette dernière voie de droit qui était ouverte à l'encontre de la décision du Président du Tribunal civil rejetant la requête en intervention principale formée par le recourant (art. 308 al. 1 let. a CPC). En tant que l'affaire n'était pas soumise à la procédure sommaire, le délai de recours était donc bien de 30 jours (art. 311 al. 1 CPC).