Citation: 5A_272/2022 E. 6.2

6.2. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, le 1 er paragraphe du courrier du 6 avril 2011 ne contient aucune offre alternative suite à laquelle le créancier aurait dû spécifier son choix entre deux prestations du débiteur s'il voulait obtenir l'exécution de l'accord. Il en ressort au contraire un engagement ferme du recourant de verser à l'intimé le montant de 258'000 euros au total, à raison de 25'800 euros par année, étant précisé que le recourant ne conteste pas que l'expression " a s far as it is possible " ne remet en cause ni la qualité de reconnaissance de dette du document, ni l'exigibilité de la créance. Par ailleurs, cette clause ne fait cas d'aucune relation d'échange entre un transfert d'actions dont l'intimé serait propriétaire et un prix en espèces de 258'000 euros. Comme l'a relevé la cour cantonale, la remise d'actions n'est même pas mentionnée dans le courrier. Au demeurant, le recourant ne se prévaut d'aucune inexécution de la prestation par l'intimé (cf. art. 82 al. 1 CO) pour remettre en cause l'exigibilité de sa propre dette (cf. ATF 145 III 20 consid. 4.1.1). Il ressort uniquement du document litigieux que le versement de ce montant est la contrepartie de l'investissement déjà effectué par l'intimé, sous la forme du prêt converti (" as consideration for the investment made into C.________ "). L'argument du recourant fondé sur le 2 ème paragraphe du courrier du 6 avril 2011 n'est pas convaincant pour jeter un doute sur le caractère de reconnaissance de dette de ce document: la clause qu'il contient ne remet pas en cause son engagement ferme exprimé, dans le premier paragraphe, de verser à l'intimé le montant de 258'000 euros en contrepartie de son investissement. Le rachat d'actions n'est pas une alternative à une autre prestation, sur laquelle l'intimé pourrait faire porter son choix, mais une réserve du recourant lui-même relative à son droit à l'actionnariat (" [...] I reserve the option to pay the full Euro 258'000 at an earlier stage "). La seule proposition alternative qu'on pourrait comprendre de ce document est celle de la propre augmentation de la participation de l'intimé dans la société, si certaines conditions financières sont remplies, au lieu du rachat d'actions précité par le recourant. Or, le recourant n'a pas exprimé lever cette option qu'il s'était réservée, de sorte que ce 2 ème paragraphe n'entre même pas en considération pour interpréter le document. Enfin, le courriel du 17 juin 2019, à rapprocher du courrier du 6 avril 2011 auquel il renvoie, permet de confirmer cette interprétation. Même à retenir, comme le prétend le recourant, qu'il y fait mention d'une déclaration de l'intimé, il en ressort clairement qu'il entend conforter son partenaire contractuel dans l'idée qu'il est protégé d'une perte financière grâce à la reconnaissance de dette (" I do not see where your problem is "). En dernier lieu, il importe peu que le prêt ait été accordé à la société C.________. Seul est décisif l'engagement propre du recourant de payer le prix de 258'000 euros en contrepartie de l'investissement opéré par l'intimé. Contrairement à ce que soutient le recourant, la condition d'une identité des débiteurs de la " dette primitive " et de la " dette formulée dans la reconnaissance de dette " n'est pas constitutive de l'existence d'un titre permettant d'obtenir la mainlevée de l'opposition. Ces éléments suffisent à admettre l'existence d'une reconnaissance de dette valant titre de mainlevée provisoire, de sorte que le grief de violation de l'art. 82 al. 1 LP doit être rejeté.