Citation: 6B_14/2023 E. 6.2.4

6.2.4. Quoi qu'il en soit, il convient de se rallier à l'avis clair et détaillé de la cour cantonale. Ainsi, contrairement à ce que soutient le recourant, il figure bel et bien dans le rapport de police du 5 octobre 2019 - dont la véracité ne fait incidemment l'objet d'aucune critique concrète de sa part - comme faisant partie des 104 personnes extraites et identifiées lors de la reprise du pont Bessières. Or, tant les sommations policières que la résistance physique du recourant y sont clairement décrites. Quant à la question de la sommation, il résulte de l'état de fait cantonal que la police ne s'est pas contentée d'en formuler une, mais plusieurs, soit à l'attention de tous avant de verrouiller les accès, puis individuellement à l'attention de chacune des 104 personnes encore présentes sur les lieux avant leur extraction. En cela déjà, il est peu vraisemblable que le recourant n'en ait entendu aucune, en particulier celle qui lui a été adressée personnellement, ce qu'il reconnaît par ailleurs en déclarant avoir " obtempéré à la première demande d'un policier ". Nonobstant ce qui précède, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en considérant que même s'il n'avait pas entendu les sommations orales de la police, il ne pouvait plus ignorer qu'il devait spontanément quitter les lieux dès l'instant où le dispositif de police s'était mis en place, dispositif qui ne se limitait pas juste à surveiller la manifestation. Il serait en effet spécieux de soutenir que les ordres de la police n'étaient pas clairs après avoir constaté le verrouillage du pont par celle-ci, l'évacuation d'une chaîne humaine constituée de plusieurs dizaine de personnes, l'évacuation des remorques, le départ volontaire de plus de la moitié des manifestants puis, finalement, l'extraction et l'interpellation des 104 personnes restées sur place.