Citation: 9C_276/2015 E. 4.4.2

4.4.2. Force est de constater que les motifs retenus par la juridiction cantonale pour écarter les rapports établis par la doctoresse E.________ sont succincts et ressortissent plus d'une analyse formelle que matérielle de la situation. Même si une motivation plus circonstanciée aurait été souhaitable dans le cas d'espèce, il ne se justifie pas de renvoyer la cause à la juridiction cantonale à seule fin d'améliorer la rédaction des motifs. En effet, la recourante ne parvient pas à démontrer que le point de vue de la doctoresse E.________ serait objectivement mieux fondé que celui du docteur B.________ ou justifierait, à tout le moins, la mise en oeuvre d'un complément d'instruction. Il est vrai que, malgré des observations cliniques sensiblement identiques, l'opinion de ces deux médecins diverge notablement quant au diagnostic à retenir (plus particulièrement en lien avec l'intensité du trouble dépressif) et à l'étendue de la capacité résiduelle de travail. Cela étant, il n'est pas suffisant de juxtaposer l'avis différent de son médecin traitant à celui de l'expert dont les conclusions sont contestées. Il convient au contraire de mettre en évidence des éléments objectivement vérifiables - de nature notamment clinique ou diagnostique - qui auraient été ignorés et qui seraient suffisamment pertinents pour remettre en cause le bien-fondé du point de vue médical sur lequel se sont fondés les premiers juges. Or les éléments mis en exergue par la recourante pour s'écarter des conclusions du docteur B.________ ne sont pas suffisants. Certes fait-elle valoir, exemples à l'appui, qu'une lecture attentive des deux expertises rédigées par le docteur B.________ en 2008 et 2013 laisserait apparaître une aggravation de son état de santé psychique dont celui-ci n'aurait pas tenu compte au moment d'apprécier la capacité de travail. Il convient toutefois de remarquer que le fait qu'une symptomatologie dépressive ait gagné en intensité ne signifie pas nécessairement, sauf indication contraire, qu'elle justifie de poser un nouveau diagnostic ou qu'elle a atteint un stade justifiant la reconnaissance d'une incapacité de travail. La recourante soutient également que le point de vue défendu par le docteur B.________ serait contredit par les avis des autres médecins qui se sont exprimés au cours de la procédure et par les trois hospitalisations pour raisons psychiatriques dont elle avait fait l'objet par le passé. Il s'avère toutefois que les rapports médicaux auxquels la recourante se réfère sont relativement anciens et que la dernière hospitalisation qu'elle a subi date du mois de décembre 2009, de sorte qu'ils ne permettent pas de donner une image pertinente de la situation de la recourante sur le plan psychiatrique au moment de la décision litigieuse. Pour le reste, la recourante n'allègue aucun élément concret qui soit de nature à susciter le doute quant au bien-fondé de l'évaluation du docteur B.________. A cet égard, il n'est pas suffisant de relater le contenu du rapport établi le 6 septembre 2013 par la doctoresse E.________. Par une telle argumentation, la recourante se borne en effet à substituer sa propre appréciation des faits à celle de la juridiction cantonale, ce qui ne suffit pas à en démontrer le caractère arbitraire.