Citation: 5C.274/2001 23.05.2002 E. 3.4

3.4.1 Le grief de l'époux relatif à l'estimation - à 20'000 fr. - du train de vie de l'épouse est mal fondé, car la Cour cantonale s'est appuyée à cet égard sur les dépenses des conjoints pendant le mariage, afférentes notamment à un logement haut de gamme, à du personnel de maison, à une voiture de luxe, etc. Pour le surplus, le moyen est irrecevable dans la mesure où il s'en prend à l'appréciation des preuves effectuée par l'autorité cantonale. 3.4.2 En ce qui concerne la durée de la contribution d'entretien, il est établi que l'épouse, âgée de 41 ans au moment du dépôt de la demande de divorce et de 47 ans lors du prononcé de l'arrêt attaqué, n'a aucune formation professionnelle et n'a jamais travaillé dans un rapport de subordination. En outre, elle doit encore, du moins dans une certaine mesure, se consacrer à Z.________, âgée de près de 13 ans lors du prononcé attaqué. Dans ces conditions, compte tenu des ressources financières de l'époux, il reste conforme au droit fédéral de renoncer à exiger de l'épouse qu'elle commence, pour la première fois de sa vie, à 47 ans, à acquérir une formation et/ou à exercer une activité lucrative qui ne lui apporterait probablement qu'un revenu fort maigre. Dans cette mesure, la Cour de justice n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en fixant la contribution d'entretien pour une durée illimitée, considérant que l'épouse ne sera vraisemblablement jamais en mesure de subvenir à ses besoins, particulièrement élevés. Encore faut-il préciser à cet égard, même s'ils apparaissent minimes (22'852.50 fr.), que le partage des montants de prévoyance professionnelle de l'époux (cf. art. 122 CC) n'a pas été ordonné par la Cour de justice. 3.4.3 S'agissant du montant de la contribution d'entretien, la Cour de justice n'a pas outrepassé son pouvoir d'appréciation en le fixant à 20'000 fr., soit au standard de vie de l'épouse pendant le mariage. En effet, la Cour de justice était légitimée à s'appuyer sur un tel critère compte tenu de la durée de la vie commune, de onze ans, de celle du mariage, de dix-sept ans en 2001, du partage des tâches choisi par les conjoints et de l'absence totale de formation professionnelle de l'épouse. Par ailleurs, s'il est vrai que la Cour de justice n'a pas fait état avec précision de la situation financière de l'époux, elle n'a pas violé le droit fédéral en considérant que celui-ci était en tout cas en mesure de dégager 20'000 fr. par mois en faveur de son épouse sans diminuer son propre train de vie. Force est du reste de relever à cet égard que, selon l'arrêt attaqué, le recourant ne s'est pas totalement conformé à un jugement de l'autorité intimée du 28 novembre 1996 statuant sur une procédure en reddition de compte. Enfin, la Cour de justice n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en renonçant à tenir compte des éventuels revenus de la fortune de l'épouse, fixés par le recourant à 3'333 fr. D'une part, le montant de 20'000 fr. reste une approximation du train de vie de l'épouse avant la séparation et n'englobe pas, au demeurant, les impôts que l'épouse devra désormais assumer; d'autre part, conformément au paragraphe précédent, il n'apparaît pas que les moyens financiers actuels du recourant soient altérés par la pension ainsi fixée.