Citation: 4A_10/2022 E. 5.1

5.1. Il sied de rappeler, à titre liminaire, qu'une partie ne peut pas se plaindre directement, dans le cadre d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral formé contre une sentence arbitrale internationale, de ce que les arbitres auraient violé l'art. 6 CEDH, même si les principes découlant de cette disposition peuvent servir, le cas échéant, à concrétiser les garanties invoquées sur la base de l'art. 190 al. 2 LDIP (ATF 146 III 358 consid. 4.1; 142 III 360 consid. 4.1.2). En effet, les motifs de recours sont énoncés de manière exhaustive à l'art. 190 al. 2 LDIP. Toute violation du droit conventionnel n'étant pas nécessairement per se assimilable à une contrariété à l'ordre public au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP, il incombe dès lors à la partie recourante de démontrer en quoi la prétendue violation de l'art. 6 CEDH serait incompatible avec l'ordre public procédural (ATF 146 III 358 consid. 4.1). Aussi est-ce en vain que le recourant se lance dans une démonstration visant à établir que les garanties de la CEDH représenteraient un grief autonome d'annulation d'une sentence arbitrale. Les explications fournies à cet égard par l'intéressé n'apparaissent, au demeurant, guère convaincantes. Contrairement à ce que soutient le recourant, l'approche suivie par le Tribunal fédéral n'a pas pour effet de priver les athlètes de la possibilité de se plaindre de la violation des garanties fondamentales de la CEDH, puisque celles-ci peuvent être prises, indirectement, en considération aux fins de concrétiser les garanties déduites de l'art. 190 al. 2 LDIP. Elle ne contrevient pas davantage à l'art. 35 par. 1 CEDH, lequel impose uniquement à la partie concernée de soulever devant les autorités judiciaires internes, au moins en substance et dans les formes et délais prescrits par le droit interne, les griefs que l'on entend formuler par la suite devant la Cour européenne des droits de l'homme (ci-après: la CourEDH; arrêt de la CourEDH, Michel Platini contre Suisse du 11 février 2020, § 40). De même, le recourant ne peut rien tirer en sa faveur du fait que, dans un arrêt rendu le 8 juin 2021, la Cour d'appel de Paris aurait considéré que le juge de l'annulation devait veiller à ce que la sentence attaquée devant lui ne heurte pas l'art. 6 par. 1 CEDH. En effet, une décision française prise au regard d'un état de fait largement inconnu n'est d'aucune pertinence en l'espèce. C'est le lieu du reste de rappeler ici qu'au consid. 5.2, non publié aux ATF 147 III 49, de son arrêt de principe 4A_248/2019 du 25 août 2020, la Cour de céans a procédé à une analyse minutieuse de la compatibilité des règles particulières régissant le recours au Tribunal fédéral dirigé contre une sentence arbitrale internationale avec les garanties de la CEDH. Après les avoir examinées à la lumière de la jurisprudence rendue en matière d'arbitrage par la CourEDH, elle a conclu que les règles spécifiques pour le recours contre une sentence arbitrale internationale - soit notamment la limitation des griefs admissibles (liste exhaustive de l'art. 190 al. 2 LDIP), un contrôle matériel de la sentence uniquement sous l'angle de la notion restrictive d'ordre public (art. 190 al. 2 let. e LDIP), des exigences strictes en matière d'allégation et de motivation des griefs et, de façon générale, un pouvoir d'examen restreint du Tribunal fédéral - sont conformes à la CEDH. Il n'y a pas lieu de revenir sur cette jurisprudence, confirmée à plusieurs reprises (arrêts 4A_406/2021 du 14 février 2022 consid. 8; 4A_618/2020, précité, consid. 3.4). C'est donc à tort que le recourant dénonce directement la violation de l'art. 6 par. 1 et 2 CEDH.