Citation: 1C_481/2023 E. 5.3

5.3. Comme le reconnaissent les recourants, les parcelles constructibles litigieuses se trouvent au centre du village de Chexbres, dans un secteur bâti jalonné de maisons d'habitation, compris entre la route cantonale de Chardonne et la rue du Bourg. De par cette situation au sein du tissu construit, le maintien de ces biens-fonds en zone à bâtir répond de prime abord aux principes de densification et de création d'un milieu bâti compact prévus par le droit fédéral (voir consid. 2.2 ci-dessus; cf. également art. 1 al. 2 let. b LAT et art. 3 al. 3 let. a bis LAT). De ce caractère bâti l'on déduit encore que la planification communale a été largement mise en oeuvre dans le secteur concerné, si bien que son ancienneté doit, dans le cadre de la question du contrôle préjudiciel, être relativisée. Par ailleurs, en admettant, comme le soutiennent les recourants, que le potentiel de croissance pour la commune serait déjà largement entamé, rien dans leurs explications ne démontre que la délivrance du permis litigieux entraverait irrémédiablement la mise en conformité de la zone constructible communale, mise en conformité dont il n'est d'ailleurs pas prétendu qu'elle ne pourrait s'opérer ailleurs ou par d'autres moyens sur le territoire communal. Enfin, les recourants se prévalent de l'inscription du village de Chexbres à l'ISOS, mais reconnaissent d'emblée que le secteur du projet n'est pas compris dans le périmètre à conserver. Aussi, indépendamment de la recevabilité de cet argument soulevé seulement au stade de la réplique (cf. ATF 143 II 283 consid. 1.2.3; arrêt 1C_505/2022 du 15 janvier 2024 consid. 4.2), ne discerne-t-on pas en quoi cette inscription à l'inventaire constituerait un changement sensible des circonstances qui commanderait de revenir sur le projet. Le grief est rejeté.