Citation: U 279/03 26.01.2005 E. 5

5.1 Dans un second moyen, P.________ fait valoir que contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, les troubles psychiques dont il est atteint sont en rapport de causalité adéquate avec l'événement du 18 avril 2001. 5.2 En l'espèce, au vu de son déroulement et de ses conséquences immédiates, l'accident survenu le 18 avril 2001 peut être rangé dans la catégorie des accidents de gravité moyenne en tant que telle, sans être à la limite ni de la catégorie des accidents de peu de gravité (comme le retient la juridiction cantonale), ni de celle des accidents graves (comme le soutient le recourant). Alors qu'il était en train de lacer ses chaussures, le recourant a reçu un morceau de bois sur le dos qui a provoqué des douleurs instantanées mais pas de lésion visible. Il a cependant réussi à se lever et à retourner à son véhicule par ses propres moyens, sans solliciter une assistance médicale. Il y a donc lieu de prendre en compte, dans une appréciation globale, les critères posés par la jurisprudence en matière de troubles psychiques consécutifs à un accident - rappelés par les premiers juges au consid. 3c/aa du jugement entrepris (ATF 115 V 138 ss consid. 6, 407 ss consid. 5) - pour examiner la causalité adéquate. 5.2.1 Malgré ce que voudrait le recourant, les circonstances de l'accident ne sauraient être qualifiées de dramatiques ou particulièrement impressionnantes. Surpris par la chute du morceau de bois sur son dos, le recourant a certes subi un choc. Il a toutefois été en mesure de se lever et de quitter les lieux de l'accident sans aucune aide particulière. A cet égard, l'appréciation subjective du recourant - qui, selon ses dires, a cru mourir sous l'effet du choc - sur la manière dont est survenu cet événement et les impressions qu'il a ressenties sur le coup n'entrent pas en ligne de compte, dès lors qu'est seul déterminant, selon la jurisprudence citée, le déroulement objectif de l'accident. D'un point de vue objectif, on relèvera encore que les effets du choc subi - qui se sont traduits par une contusion dorso-lombaire - n'ont pas nécessité de soins médicaux immédiats, puisque le recourant ne s'est rendu chez un médecin que plus d'une semaine après l'accident, le 26 avril 2001. Par ailleurs, la lésion subie par le recourant (contusion dorso-lombaire) s'est caractérisée avant tout par l'apparition de douleurs lombaires sans atteinte traumatique. Il n'apparaît pas non plus à la lecture du dossier que le recourant aurait été victime d'erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident. A cet égard, l'allégation du recourant qui soutient avoir fait l'objet «d'incorrections médicales» n'est nullement étayée. Les médecins de la Clinique O.________ ont, au contraire, procédé à de nombreux examens pour faire un bilan complet de la situation médicale, ce qui a permis d'adapter le traitement médicamenteux en cours et mettre en place une prise en charge psychiatrique. Du point de vue des troubles digestifs, se fondant sur les tests effectués (cf. ultrason abdominal du 8 novembre 2001 et tests électrolytiques, hépatiques, pancréatiques et rénaux), les docteurs I.________ et S.________ ont pu exclure une affection médicale, raison pour laquelle ils n'ont pas prescrit de compléments nutritionnels protéinés. Sous l'angle somatique - seul déterminant dans ce contexte - on retiendra que le traitement des troubles dorsaux s'est limité pour l'essentiel à la prescription de médication antalgique et de la physiothérapie et devait être considéré comme terminé en novembre 2002 (cf. avis du docteur R.________ du 8 novembre 2002). 5.2.2 Reste que le recourant continuait, au moment de la décision litigieuse, soit près de deux ans après l'accident en cause à ressentir des douleurs. Le critère de l'existence de douleurs persistantes doit toutefois être relativisé en l'espèce, dans la mesure où les médecins de la Clinique O.________ ont relevé que les problèmes psycho-sociaux très importants modulaient fortement les plaintes liées à l'affection somatique (rapport du 2 janvier 2002). A cet égard, il ressort du dossier que les troubles psychiques présentés par le recourant sont apparus près de cinq mois après l'accident du 18 avril 2001: le docteur H.________ indiquait en septembre 2001 que le recourant était «complètement déstabilisé aussi bien sur le plan physique que psychique», tandis que le docteur F.________ diagnostiquait un trouble de l'adaptation avec à la fois anxiété et dépression le 8 octobre suivant. Par la suite, le recourant a dû être hospitalisé en raison de son atteinte psychique, que le docteur C.________ a qualifiée de grave trouble de la personnalité (cf. courrier du 1er décembre 2003). Cet état psychique a eu des répercussions sur sa capacité de travail dont il n'y a toutefois pas lieu de tenir compte à teneur de la jurisprudence citée, pas plus que de l'incapacité de travail liée à l'atteinte lombaire pour la période postérieure au 31 décembre 2002. En effet, dans la mesure où le lien de causalité entre ce trouble physique et l'accident du 18 avril 2001 a été nié à partir de la fin de l'année 2002 (supra consid. 4.2), on ne saurait prendre en considération l'incapacité de travail que l'affection somatique aurait entraînée au-delà de cette date. Le recourant invoque encore que sa guérison a été compromise par l'apparition de complications importantes sous la forme d'une perte pondérale significative, en relation notamment, selon son médecin traitant (cf. courrier du docteur W.________ du 13 février 2003 au conseil du recourant), avec la médication antalgique. Toutefois même s'il devait être admis, ce critère, ainsi que celui des douleurs persistantes ne revêtent pas, au regard de l'ensemble des circonstances, une importance telle qu'ils permettraient de retenir l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident du 18 avril 2001 et les troubles psychiques dont souffre le recourant au-delà du 31 décembre 2002.