Citation: 5A_505/2008 15.10.2009 E. 1

1.1 La décision rendue en application de l'art. 137 al. 2 CC est une décision en matière civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Bien qu'elle soit prise alors qu'une procédure (principale) de divorce est pendante, elle est finale au sens de l'art. 90 LTF, car son objet est différent de celui de la procédure au fond et elle met fin à l'instance sous l'angle procédural (ATF 134 III 426 consid. 2.2 p. 431 et les arrêts cités). Comme le litige porte uniquement sur la contribution d'entretien, le recours a pour objet une décision rendue dans une affaire pécuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2 p. 395), dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a qualité pour recourir car il a pris part à la procédure devant l'autorité précédente et a un intérêt juridique à la modification de la décision attaquée. Le recours a été interjeté dans le délai prévu par la loi (art. 100 al. 1 LTF). 1.2 Dès lors que le jugement entrepris porte sur des mesures provisionnelles (ATF 133 III 393 consid. 5.1 in fine p. 397), seule peut être dénoncée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF). Lorsque de tels griefs sont soulevés, l'art. 106 al. 2 LTF prévoit pour la motivation du recours des exigences qualifiées (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arrêts cités). Le recourant doit ainsi indiquer quel droit constitutionnel aurait été violé et démontrer, par une argumentation circonstanciée, en quoi consiste cette violation (ATF 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 585 consid. 4.1 p. 589). 1.3 Selon l'art. 75 al. 1 LTF, le recours n'est recevable qu'à l'encontre des décisions prises en dernière instance cantonale, ce qui signifie que le recourant doit avoir épuisé toutes les voies de droit cantonales, ordinaires ou extraordinaires, pour les griefs qu'il entend soulever devant le Tribunal fédéral (Message du 28 février 2001 concernant la révision totale de l'organisation judiciaire fédérale, in FF 2001 p. 4000 ss, p. 4115 ch. 4.1.3.2; cf. pour l'ancien art. 86 al. 1 OJ: ATF 126 I 257 consid. 1a p. 258; 119 Ia 421 consid. 2b p. 422; 110 Ia 71 consid. 2 et les arrêts cités). Dans le canton de Vaud, l'arrêt sur appel en matière de mesures provisionnelles peut faire l'objet d'un recours en nullité pour tous les motifs prévus par l'art. 444 al. 1 ch. 3 CPC/VD, à savoir pour déni de justice formel, ainsi que pour arbitraire dans l'appréciation des preuves (ATF 126 I 257). 1.4 Le recourant fait valoir devant le Tribunal fédéral, sous le couvert d'une application arbitraire du droit fédéral, à savoir de l'art. 137 CC, les mêmes éléments qui l'ont conduit à saisir la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois, cette fois, en invoquant l'appréciation arbitraire des preuves. Or, son recours ne se distingue du recours en nullité formé devant la Chambre des recours que par son intitulé et les développements concernant la recevabilité. Pour le reste, les deux écritures sont identiques: le recourant reprend, en effet, mot pour mot, excepté quelques rares modifications rédactionnelles, son argumentation figurant dans son mémoire adressé à la Chambre des recours, sans exposer pourquoi la même critique soulèverait à la fois une question d'application arbitraire du droit fédéral et une question d'appréciation arbitraire des faits et des preuves. Il a été jugé, sous l'empire de l'ancienne loi d'organisation judiciaire fédérale, que le plaideur qui dépose deux recours, l'un devant le Tribunal fédéral, l'autre en nullité devant l'autorité cantonale, mais dont la motivation identique mélange les moyens propres à une voie de droit avec ceux relevant d'une autre, use d'un procédé abusif qui peut conduire à l'irrecevabilité du recours déposé devant le Tribunal fédéral (ATF 116 II 92 consid. 1 p. 93 et les arrêts cités; cf. aussi: ATF 116 Ia 207). Ultérieurement, il a été précisé que le motif d'irrecevabilité du recours ne réside pas dans le fait que sa motivation coïncide textuellement avec celle du recours cantonal, mais résulte de ce qu'elle ne satisfait pas aux prescriptions légales qui lui sont propres; il faut dès lors examiner l'acte de recours pour déterminer si les griefs qui y sont soulevés sont recevables et suffisamment motivés au regard de la voie de recours utilisée (ATF 118 V 293 consid. 2 p. 294/295; 116 II 745 consid. 2 p. 746 ss), étant rappelé qu'il se justifie de se montrer plus sévère lorsque ce procédé émane d'un avocat (ATF 114 Ia 207 consid. 2 p. 208; en général: ATF 113 Ia 84 consid. 3d p. 90). Ces principes s'appliquent mutatis mutandis aux recours formés sous l'empire de la LTF (cf. arrêt 5D_98/2009 du 22 septembre 2009), dont les exigences de motivation demeurent identiques (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF).