Citation: 1B_161/2016 E. 3.3

3.3. S'agissant ensuite de la décision du 12 avril 2016, la Chambre pénale a considéré que le recours au sens de l'art. 222 CPP ne pouvait concerner le retrait des pièces du dossier que dans l'hypothèse où cette question serait en lien avec la décision de prolongation de la détention; or tel n'était pas le cas dès lors que le prononcé de cette mesure n'avait pas été contesté. Il n'y a pas lieu de déterminer si ce raisonnement - qui tend à exclure la voie du recours lorsque seul un point accessoire est remis en cause - peut être suivi. En effet, si une telle voie de droit était ouverte, le recours cantonal devrait être déclaré irrecevable vu l'absence d'intérêt juridiquement protégé au sens de l'art. 382 al. 1 CPP du recourant (cf. art. 382 al. 1 CPP; sur cette disposition, arrêt 6B_1159/2015 du 7 avril 2016 consid. 2.1 et les arrêts cités). Ce dernier ne s'étant pas opposé à la prolongation de sa détention provisoire, il ne peut justifier d'aucun intérêt pratique et actuel à accéder ultérieurement au dossier remis au Tmc dans le cadre du contrôle de sa détention provisoire. Cela vaut d'autant plus que le Tmc n'a pas motivé sa décision relative à la détention en faisant référence aux pièces retirées; il a justifié la prolongation de cette mesure uniquement par l'existence de dangers de fuite et de réitération, soit des raisons différentes de celle invoquée par le Ministère public dans sa requête de retrait (risque de collusion). Ces considérations permettent au demeurant d'exclure toute violation du droit d'être entendu du recourant dans le cadre de la procédure devant le Tmc (cf. art. 29 al. 2 Cst.). Le recourant prétend cependant que le refus de lui octroyer un droit d'accès à l'entier du dossier du Tmc pourrait se reproduire; il conviendrait dès lors de faire abstraction de la condition de l'intérêt. Certes, il n'est pas impossible qu'une telle situation se reproduise. Cela étant, si des conséquences devaient en résulter pour le recourant - ce qui n'est pas le cas en l'occurrence vu le défaut d'utilisation des pièces litigieuses pour justifier la prolongation de la détention provisoire -, celui-ci n'est pas dénué de tout moyen pour invoquer, sous réserve des autres conditions de recevabilité, ses éventuels griefs à cet égard (cf. art. 393 al. 1 let. c CPP, respectivement 80 al. 2 in fine LTF). Un défaut d'intérêt juridique au sens de l'art. 382 al. 1 CPP découle aussi en l'espèce du fait que le recourant peut demander au Ministère public l'accès à l'entier du dossier pénal le concernant (cf. art. 101 et 107 al. 1 let. a CPP); si le magistrat entend limiter cet accès, il doit alors motiver sa décision (cf. art. 108 al. 1 CPP), prononcé qui est sujet à recours (cf. art. 393 al. 1 let. a CPP; arrêt 1B_329/2014 du 1er décembre 2014 consid. 2.2). Par conséquent, la Chambre pénale n'a pas violé le droit fédéral en déclarant irrecevable le recours déposé par le recourant contre la décision du Tmc du 22 mars 2016.