Citation: 2C_1009/2018 E. 3.6.3

3.6.3. Il convient enfin de relever que rien dans l'arrêt entrepris n'indique des difficultés de réintégration particulières du recourant dans son pays d'origine, dans lequel il a grandi, dont il parle la langue et où résident plusieurs membres de sa famille. S'agissant des éventuelles représailles qu'il encourrait de la part d'une famille ennemie de la sienne s'il rentrait dans son pays d'origine (Vendetta), le recourant ne fait pas valoir de modification concrète par rapport à la situation qui prévalait lors de l'examen de sa première demande d'autorisation de séjour. Or, dans le cadre d'une reconsidération, il ne s'agit pas d'examiner librement si les conditions posées à l'octroi d'une autorisation sont réunies, comme cela serait le cas lors d'une première demande d'autorisation, mais uniquement de déterminer si les circonstances se sont modifiées dans une mesure juridiquement pertinente depuis la révocation de l'autorisation, respectivement depuis le refus de son octroi ou de sa prolongation (cf. arrêt 2C_107/2018 du 19 septembre 2018 consid. 3.3). A défaut d'éléments nouveaux, c'est à juste titre que le Tribunal cantonal a renvoyé au jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 15 novembre 2015, dans lequel il a été constaté que le recourant n'avait pas établi de manière concrète le risque de représailles qu'il alléguait. Il ne suffit pas au recourant de se référer dans la présente procédure à des articles de presse ou à des vidéos "youtube" qui concernent d'autres familles que la sienne pour démontrer le contraire. S'agissant des problèmes de santé, il n'est pas contesté qu'en l'absence d'un défibrillateur automatique implantable (DAI), le recourant risque de faire une syncope grave, voire un arrêt cardiaque fatal. Ces éléments ont largement été examinés et pris en compte lors de la première demande d'autorisation de séjour du recourant (cf. art. 105 al. 2 LTF). Celui-ci a produit comme élément nouveau dans la présente procédure un courrier daté du 20 septembre 2016 d'un cardiologue de Tirana indiquant que le contrôle de l'appareil qu'il porte actuellement ne pourrait pas être effectué en Albanie, car seules d'autres marques sont utilisées. Dans son arrêt, le Tribunal cantonal a retenu que rien n'indiquait que le recourant ne pourrait pas bénéficier de l'implantation d'un dispositif d'une des marques connues en Albanie, avant son départ ou sur place. Le recourant ne démontre pas que ce constat serait arbitraire, de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'en écarter (cf. supra consid. 2.1). Il s'ensuit qu'il n'est pas avéré que le recourant ne pourrait pas recevoir les soins nécessaires au traitement de son affection dans son pays d'origine, contrairement à ce qu'il prétend. Au surplus, dans le cadre du contrôle de la proportionnalité du refus de l'autorisation sollicitée, si l'intérêt personnel du recourant à être soigné en Suisse est incontestable, il ne l'emporte pas sur l'intérêt public à l'en éloigner (cf. p. ex. arrêts 2C_899/2017 du 7 juin 2018 consid. 4.3; 2C_972/2011 du 8 mai 2012 consid. 4.3).