Citation: 6B_938/2019 E. 2.3

2.3. La recourante s'en prend à cette méthodologie appliquée par la cour cantonale pour le calcul de la quantité de stupéfiants. Elle reproche à l'instance précédente d'avoir divisé les montants résultant des échanges entre elle-même et le " référent " par les " frais de transport " pour obtenir le nombre de fingers de cocaïne au lieu de considérer ces montants comme des paiements pour la drogue livrée. Selon la recourante, il en ressort une quantité de drogue livrée dix fois plus importante que si la cour cantonale avait constaté les faits les plus favorables pour elle, soit que l'argent récolté correspondait au prix de vente de la drogue livrée. La recourante n'explique cependant pas en quoi la cour cantonale aurait constaté ou apprécié les faits de façon arbitraire, en retenant qu'il s'agissait de " frais de transport ". Pour arriver à cette conclusion, la cour cantonale s'est pourtant fondée sur le rapport de police, lequel s'est basé sur plusieurs enquêtes similaires dont le mode opératoire était le même et dans lesquelles les réceptionnaires devaient s'acquitter de " frais de transport " à la réception de la cocaïne (cf. pièce 56: rapport de police du 15 janvier 2018, p. 19). La cour cantonale a également confirmé la méthodologie retenue dans le jugement de première instance, à savoir que, dans la structure du réseau, l'argent correspondant à l'achat de la cocaïne était transmis séparément par des grossistes directement au fournisseur (cf. jugement du Tribunal criminel du 24 janvier 2019, p. 26 et jugement attaqué, p. 23). Contrairement à ce que prétend la recourante, elle ne peut rien déduire en sa faveur des déclarations de l'inspecteur de police E.________ devant le Tribunal de première instance, dans la mesure où celui-ci a confirmé la méthodologie retenue dans le rapport de police, soit la division des montants perçus par les " frais de transport ". Il a également confirmé que le paiement de la marchandise se faisait généralement " par un autre canal " (cf. jugement du Tribunal criminel, p. 4). Les seules déclarations de cet inspecteur selon lesquelles il " peut arriver qu'on récolte non seulement les frais de transport mais également le prix de la marchandise " et qu'il ne " pouvait pas arbitrairement dire que tel montant [était] un paiement et que tel montant correspond[ait] à des frais de transport " (jugement du Tribunal criminel, p. 4 et 6) ne suffisent pas à rendre le calcul de la cour cantonale arbitraire. En effet, il ressort desdites déclarations de l'intéressé que le fait que le transporteur récolte le " prix de la marchandise " et non seulement les " frais de transport " constitue une exception. Le grief de la recourante doit dès lors être rejeté dans la mesure où il est recevable. Pour le surplus, c'est en vain que la recourante soutient que l'autorité précédente aurait dû également la mettre au bénéfice du doute pour les cinq autres transports qu'elle a effectués au même titre qu'elle l'a fait pour les voyages des 8 janvier 2017, 10 mai 2017, 28 mai 2017, 4 juin 2017 et 6 juin 2017. En effet, les montants récoltés et la quantité de drogue livrée par la recourante sont connus pour les cinq autres dates pour lesquelles elle a été condamnée, contrairement aux dates susmentionnées où la quantité de drogue livrée et les montants récoltés n'ont pas pu être établis (cf. jugement attaqué, p. 19-20).