Citation: 4P.2/2000 20.03.2000 E. 2

2.- a) Le recourant invoque une violation de l'art. 6 CEDH. Il cite l'art. 6 ch. 3 let. a et b CEDH, mais cette disposition, qui se réfère expressément à un "accusé", suppose une procédure pénale et n'est donc pas applicable en l'espèce. D'une manière vague, le recourant mentionne également l'art. 6 ch. 1 CEDH qui lui garantit le droit "à ce que sa cause soit entendue équitablement". Il n'est cependant pas contesté qu'il a été régulièrement convoqué dans la procédure qui a conduit au jugement par défaut; il lui était loisible de se présenter à l'audience d'introduction et de bénéficier ainsi pleinement d'une procédure contradictoire; par ailleurs, il n'est pas davantage contesté que la procédure genevoise permet facilement le relief d'un jugement rendu par défaut et que le recourant a été informé des exigences en la matière. On ne voit donc pas en quoi il n'aurait pas bénéficié d'un procès équitable. En tout cas, l'art. 6 ch. 1 CEDH n'offre pas une protection plus étendue, pour ce qui est des griefs invoqués, que les droits déduits de l'art. 4 aCst. dont le recourant se prévaut également. b) Le recourant invoque plusieurs droits tirés de l'art. 4 aCst. , dont la portée doit être brièvement rappelée. Le recourant se plaint d'un formalisme excessif. Il y a formalisme excessif lorsqu'il est prévu pour une procédure des règles de forme rigoureuses, sans que cette rigueur ne soit matériellement justifiée; cependant, le Tribunal fédéral a toujours déclaré que les formes procédurales sont nécessaires dans la mise en oeuvre des voies de droit pour assurer le déroulement de la procédure conformément au principe de l'égalité de traitement, ainsi que pour garantir l'application du droit matériel; toutes les exigences formelles ne se trouvent donc pas en contradiction avec l'art. 4 aCst. ; il y a formalisme excessif seulement lorsque la stricte application des règles de procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi et empêche ou complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel (ATF 125 I 166 consid. 3a, 121 Ia 177 consid. 2b/aa p. 179, 120 II 425 consid. 2a, 120 V 413 consid. 4b, 119 Ia 4 consid. 2a et d, 118 Ia 14 consid. 2a, 241 consid. 4, 118 V 311 consid. 4). Le recourant invoque aussi un déni de justice formel. Il y a déni de justice lorsqu'une autorité ne traite pas une affaire qui lui est soumise, alors qu'elle devrait statuer à son sujet (ATF 117 Ia 116 consid. 3a et les arrêts cités). Le recourant invoque le droit à une décision motivée. La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu, garanti par l'art. 4 aCst. , l'obligation pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle (ATF 125 II 369 consid. 2c, 124 II 146 consid. 2a p. 149, 124 V 180 consid. 1a, 123 I 31 consid. 2c, 123 II 175 consid. 6c, 122 IV 8 consid. 2c). D'une manière vague - et non conforme aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ -, le recourant invoque le droit d'être entendu découlant de l'art. 4 aCst. La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu, en particulier, le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d'avoir accès aux dossiers, celui de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 124 I 49 consid. 3a, 241 consid. 2, 124 II 132 consid. 2b, 124 V 180 consid. 1a, 372 consid. 3b p. 375, 123 I 63 consid. 2a p. 66, 123 II 175 consid. 6c). Le recourant se prévaut enfin de l'interdiction de l'arbitraire, découlant de l'art. 4 aCst. Selon la jurisprudence, l'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable; il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a, 124 I 247 consid. 5 p. 250, 124 V 137 consid. 2b, 120 Ia 369 consid. 3a).