Citation: 2P.254/2000 15.02.2001 E. 1

1.- a) Le recours de droit public vise essentiellement la protection des droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 lettre a OJ) et doit permettre à ceux qui en sont titulaires de se défendre contre toute atteinte à leurs droits de la part de la puissance publique. Une telle protection n'est donc en principe pas reconnue aux collectivités publiques qui, en tant que détentrices de la puissance publique, ne sont pas titulaires de droits constitutionnels et ne peuvent dès lors pas attaquer une décision qui les traite comme autorités. Les exceptions à ce principe ne sont admises que dans certaines circonstances, notamment lorsque les corporations de droit public sont atteintes dans leur sphère privée de façon identique ou analogue à un particulier (ATF 123 III 454 consid. 2 p. 456 et les arrêts cités). Il n'en va pas différemment des corporations organisées selon le droit privé, chargées de tâches de droit public par le droit cantonal et agissant vis-à-vis des particuliers qui en dépendent comme détentrices de la puissance publique; celles-ci ne saurait alors se plaindre, par la voie du recours de droit public, d'une violation des droits constitutionnels des citoyens à l'encontre de décisions d'une autorité administrative ou judiciaire qui leur est supérieure dans le domaine en cause (ATF 121 I 218 consid. 2b p. 220 et les arrêts cités). b) Au vu de cette jurisprudence, les caisses de pensions ou de compensation n'ont pas qualité pour attaquer des décisions concernant des activités pour l'accomplissement desquelles elles sont investies de prérogatives de puissance publique (ATF 103 Ia 58 ss). Il importe peu à cet égard qu'une telle caisse soit une corporation de droit public ou une personne morale de droit privé (ATF 111 Ia 146 consid. 1b p. 148; arrêt non publié du 4 juillet 1995 en la cause Caisse I. contre Tribunal administratif du canton de Fribourg). Dans un cas comme dans l'autre, la voie du recours de droit public ne lui est ouverte que lorsqu'elle agit, non pas en tant que détentrice de la puissance publique, mais en vertu du droit privé et qu'elle est placée sur le même pied que d'autres sujets de droit, de sorte que la décision d'une autorité l'atteint de la même façon qu'une personne privée (ATF 111 Ia 146 consid. 1b p. 148; 109 Ia 175 consid. 2 p. 175; 103 Ia 58 consid. 1 p. 59). c) Le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de constater que, dans le canton du Valais, la reconnaissance prévue par l'art. 19 RAFS ne conférait pas aux caisses d'allocations familiales le statut de corporation de droit public, mais que ces caisses étaient chargées d'une mission de service public et investies à cette fin de prérogatives de puissance publique qui les mettaient dans une situation analogue à une corporation de droit public; dans ce cas, une caisse d'allocations familiales reconnue n'avait donc pas qualité pour former un recours de droit public (voir arrêt non publié de 16 décembre 1997 en la cause A. contre Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais). En l'espèce, la recourante n'agit pas sur le plan du droit privé et n'est pas non plus atteinte par la décision attaquée dans sa sphère privée de façon identique ou analogue à un particulier. Dans ces conditions, la recourante n'a pas qualité pour recourir, au sens de l'art. 88 OJ, contre l'arrêt attaqué qui, sur le fond, porte sur les tâches qu'elle accomplit en tant que détentrice de la puissance publique.