Citation: 5A_559/2022 E. 3.1

3.1. Le juge unique a estimé qu'au regard du conflit massif qui divisait les parties et qui était préjudiciable au bien des enfants, le maintien d'une garde alternée n'était manifestement pas dans leur intérêt. C'était leur père qui remplissait les critères d'attribution de la garde et qui était le plus à même de protéger les enfants du conflit alors que tel n'était pas le cas de la mère, du moins actuellement. Pour fonder son appréciation, le magistrat cantonal a pris en considération: l'attitude des parties face à leurs enfants, l'avis de ceux-ci, les déclarations claires de l'assistant social, l'apparent défaut de prise de conscience maternelle quant à la situation de mal-être de ses deux fils et le projet unilatéral de la recourante de déménager en Autriche. Il a en revanche écarté le signalement de la pédiatre, en tant qu'il reposait sur les seules déclarations de la recourante, lesquelles, à l'exception de la souffrance des enfants et de l'existence du conflit conjugal, n'étaient confirmées ni par les investigations de la DGEJ et ni par le discours des enfants. Le juge unique a par ailleurs souligné que la mise en oeuvre d'un mandat d'évaluation confié à l'UEMS démontrait l'importance des difficultés auxquelles étaient confrontées les parties dans le cadre de la prise en charge de leurs fils; les incertitudes ayant justifié un tel mandat étaient de nature à faire obstacle à une garde alternée aussi longtemps qu'elles n'avaient pas été levées.