Citation: 5P.125/2003 29.10.2003 E. 8

La Cour de justice aurait enfin arbitrairement retenu que le recourant n'a pas prouvé que sa paternité serait moins vraisemblable que celle d'un tiers. En résumé, elle aurait apprécié de façon insoutenable les témoignages de G.________ et de S.________, en considérant que ceux-ci n'ont pu affirmer que la mère avait eu des relations sexuelles avec un tiers et que les déclarations du premier devaient être appréciées avec retenue vu les liens d'amitié l'unissant au recourant. Selon le recourant, on ne saurait en effet exiger d'un témoin qu'il offre la preuve d'une relation sexuelle nouée entre des tiers. Il serait par ailleurs absurde d'écarter le témoignage d'un témoin pour le motif qu'il est un ami de longue date du père présumé, alors même que celui de la mère est admis sans réserve en dépit de ses liens de parenté avec l'enfant demandeur. Enfin, il serait arbitraire d'accorder une quelconque force probante à un témoignage - au demeurant écarté sur d'autres points - faisant état d'une ressemblance, notion purement subjective. Ce grief n'est pas fondé. Si les témoignages en question établissent, pour reprendre les termes du recourant, que la mère aimait la compagnie des hommes et qu'elle n'était pas hostile à un certain contact physique de leur part, ils ne permettent pas de retenir que celle-ci aurait entretenu des relations suffisamment étroites avec l'un ou l'autre pour que l'existence de rapports sexuels puisse être sérieusement envisagée (Philippe Meier/Martin Stettler, Droit civil VI/1, 2e éd., n. 165 et 166). Que des liens d'amitié unissent l'un des témoins au recourant ne modifie en rien cette appréciation. D'une part, les déclarations de G.________, qui s'est borné à relever la vraisemblance de relations sexuelles avec d'éventuels tiers, n'étaient pas affirmatives au point d'ébranler la conviction des juges sur le degré d'intimité de la mère avec ceux-ci. D'autre part, elles infirmaient celles du recourant, en faisant finalement état - après menace des conséquences du faux témoignage (cf. procès-verbal d'enquêtes du 6 juin 2000) - d'une ressemblance entre les parties, que le recourant ne conteste pas. Le recourant semble par ailleurs oublier que lorsque le défendeur est appelé à démontrer que sa paternité est moins vraisemblable que celle d'un tiers (art. 262 al. 3 CC), il doit non seulement prouver la cohabitation de ce dernier avec la mère pendant la période critique, mais aussi la plus grande vraisemblance de la conception résultant de cette cohabitation ou de la descendance de l'enfant de ce tiers, ce qu'il ne fait pas. Il ne peut se contenter de prétendre que la mère entretenait des relations avec plusieurs hommes pour faire cesser la présomption de paternité (cf. ATF 109 II 199 consid. 2 p. 201).