Citation: U 212/05 01.02.2006 E. 3

3.1 L'accident n'ayant pas eu de témoins directs, il y a lieu, pour fixer les faits, de se fonder aussi bien sur les déclarations de la conductrice que sur les constatations de la gendarmerie. A cet égard on peut rappeler qu'il convient en général d'accorder la préférence aux premières déclarations de l'assurée, faites alors qu'elle en ignorait peut-être les conséquences juridiques, les explications nouvelles pouvant être - consciemment ou non - le fruit de réflexions ultérieures (ATF 121 V 47 consid. 2a, 115 V 143 consid. 8c). 3.2 Selon l'art. 32 al. 1 LCR, la vitesse doit toujours être adaptée aux circonstances, notamment aux conditions de la route. De même, le conducteur doit rester constamment maître de son véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de prudence (art. 31 al. 1 LCR). Cette règle fondamentale de comportement a évidemment le pas sur celles relatives à la vitesse maximum autorisée sur routes et autoroutes. Dans ses déclarations successives, la recourante a avoué d'abord une vitesse de 120 km/h, puis de 100 km/h. Or, comme l'ont retenu à juste titre les premiers juges, une telle vitesse était manifestement inadaptée aux circonstances pour une conduite de nuit, par mauvaise visibilité, et tout particulièrement par temps de pluie et de neige mêlée. Une telle vitesse était également excessive au regard d'une conduite avec feux de croisement ce matin-là. Compte tenu des conditions de la route, la recourante était en effet tenue de faire preuve d'une attention particulière et d'adapter sa vitesse. En ne respectant pas les devoirs de prudence élémentaire au volant de son véhicule, elle n'a pas été en mesure d'en conserver la maîtrise lorsqu'un obstacle s'est présenté. Ce faisant, elle a transgressé des règles élémentaires de conduite et de prudence que tout homme raisonnable eût observées dans la même situation et les mêmes circonstances. C'est en vain que la recourante soutient qu'elle ne dépassait pas la vitesse autorisée. Comme on l'a vu, une vitesse inférieure à la limitation maximale autorisée n'est pas forcément adaptée aux circonstances du lieu et du moment. C'est le cas notamment de nuit et par conditions hivernales. Dans ces conditions, la qualification de négligence grave retenue par la juridiction cantonale n'apparaît pas critiquable.