Citation: 5P.425/2000 23.01.2001 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et avec une pleine cognition la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 126 I 81 consid. 1a; 126 III 274 consid. 1; 125 II 293 consid. 1a et les arrêts cités). a) La décision attaquée a été rendue en application du droit cantonal, soit des art. 42 ss de la loi genevoise sur la profession d'avocat du 15 mars 1985 (RSLG E 6.10), qui instituent la commission de taxation des honoraires des avocats, déterminent sa compétence et la procédure à suivre. Le caractère subsidiaire du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ) est respecté, les griefs invoqués ne pouvant être soumis par une autre voie de droit au Tribunal fédéral ou à une autre autorité fédérale. Formé en temps utile contre une décision qui n'est pas susceptible de recours cantonal (art. 44 al. 2 de la loi sur la profession d'avocat) et qui concerne le recourant personnellement, le recours est aussi recevable au regard des art. 86 al. 1, 88 et 89 al. 1 OJ. b) S'agissant d'une décision incidente, il faut examiner si les conditions posées par l'art. 87 OJ sont remplies. Selon cette disposition, le recours de droit public est recevable contre les décisions préjudicielles et incidentes sur la compétence et sur les demandes de récusation, prises séparément (al. 1); contre d'autres décisions préjudicielles et incidentes prises séparément, il n'est recevable que s'il peut en résulter un préjudice irréparable (al. 2). Le Message du Conseil fédéral concernant la mise en vigueur de la nouvelle Constitution fédérale et les adaptations législatives consécutives du 11 août 1999 confirme le texte clair de la loi (FF 1999 p. 7161). Un dommage est irréparable, au sens de l'art. 87 OJ, si la décision incidente doit causer à l'intéressé un préjudice juridique qu'une décision favorable ne ferait pas disparaître entièrement (ATF 123 I 325 consid. 3c p. 328). Dans la mesure où la commission de taxation se déclare compétente pour trancher la demande de taxation du curateur de représentation, le recours vise une décision incidente sur la compétence et, à cet égard, il est recevable. Quant à l'ordre donné au recourant de produire l'intégralité de son dossier, il ne paraît pas de nature à causer un préjudice irréparable. On ne voit pas, en effet, quel dommage pourrait causer la transmission d'un dossier d'avocat à l'autorité chargée de taxer les honoraires de l'avocat concerné. Il s'agit seulement de mettre à disposition de l'autorité compétente les éléments nécessaires à sa décision. Le fait que le curateur de représentation pourra en avoir connaissance n'est pas constitutif d'un dommage, car ce curateur aura cette information en qualité de représentant officiel du mandant, créancier du secret. Dès lors, le recours est irrecevable dans la mesure où il vise l'ordre de production de l'intégralité du dossier par le recourant.