Citation: 1B_88/2017 E. A

Le 12 novembre 2015, l'inspecteur de l'emploi B.________ s'est rendu avec un collègue au Bouveret pour procéder à un contrôle du chantier de construction d'une villa à ossature bois sur une parcelle dont C.________ et A.________ sont propriétaires. Il a constaté la présence sur place de cinq travailleurs détachés estoniens, dont la mission n'avait pas été annoncée, et d'un ressortissant roumain occupé au pavage de la route d'accès à la villa, qui ne disposait d'aucune autorisation de travail. Le 23 décembre 2015, A.________ a sollicité la récusation de l'inspecteur B.________ en raison de son comportement sur les lieux et de divers manquements aux règles de procédure. Le 20 janvier 2016, le Service cantonal de protection des travailleurs et des relations du travail n'est pas entré en matière aux motifs que les règles de procédure avaient été en tout point respectées et que le comportement des deux inspecteurs, lors de leur passage sur le chantier, était en parfaite adéquation avec la situation constatée. Le 11 mars 2016, A.________ a réitéré sa demande de récusation en raison des menaces que l'inspecteur B.________ avait prétendument proférées le jour même par téléphone à son égard et qui venaient s'ajouter aux autres motifs déjà évoqués. Le 17 mai 2016, le Service cantonal de protection des travailleurs et des relations du travail lui a répondu qu'il n'y avait pas lieu d'entrer en matière parce que les inspecteurs de l'emploi ne rendaient ni ne préparaient de décisions au sens de l'art. 10 la loi cantonale sur la procédure et la juridiction administratives (LPJA; RS/VS 172.6) et que leur mission consistait à consigner leurs constatations dans un procès-verbal et à le communiquer aux autorités spéciales mentionnées à l'art. 9 de la loi fédérale sur le travail au noir (LTN; RS 822.41). Il l'informait du fait qu'il procéderait aux vérifications prévues par la loi et a joint en annexe une convocation pour le 31 mai 2016. A l'issue de cette audition, A.________ a renouvelé sa demande de récusation de l'inspecteur B.________. Elle en a précisé les motifs dans les déterminations sur les conclusions du rapport de l'inspection cantonale de l'emploi qu'elle a adressées le 30 janvier 2017 à l'Office régional du Ministère public du Bas-Valais. Le 9 février 2017, le Ministère public s'est déclaré incompétent pour statuer sur une éventuelle requête de récusation d'un inspecteur du Service cantonal de protection des travailleurs et des relations du travail.