Citation: 4A_333/2021 E. 4.5

4.5. En l'espèce, il faut bien admettre que les recourants n'ont produit aucune preuve de cet ordre. Certes, l'avocat de l'assuré avait daté la réquisition du 8 avril 2009 et, à en croire ses deux collaborateurs, l'étude avait pour règle d'indiquer dans ses correspondances la date d'expédition effective, quitte à modifier la date de la missive lorsqu'elle ne pouvait être postée que le lendemain. En outre, l'avocat avait rédigé deux mémos et un courrier destiné à la compagnie d'assurances, datés du 8 avril 2009 et qui mentionnaient tous l'envoi d'une réquisition de poursuite ce jour-là. Ceci dit, la cour cantonale pouvait conclure sans arbitraire que ces éléments n'apportaient pas la preuve stricte d'une remise à la poste le 8 avril 2009 - ni même le 11 avril 2009. En effet, les événements s'inscrivaient dans un week-end pascal, le Vendredi Saint 10 avril 2009, le dimanche de Pâques 12 avril 2009 et le lundi de Pâques 13 avril 2009 étant des jours fériés dans le canton de Genève notamment. Un courrier posté le mercredi 8 avril 2009 avec un affranchissement prioritaire (courrier A) - qu'utilisait l'étude en règle générale, selon la secrétaire de l'avocat - aurait déjà pu parvenir à l'office des poursuites le jeudi 9 avril ou le samedi 11 avril 2009 (étant entendu que l'office était très vraisemblablement fermé ce jour-là). En effet, le courrier A doit normalement être distribué le jour ouvrable suivant (plus récemment, cf. art. 29 al. 1 let. a ch. 1 de l'Ordonnance du 29 août 2012 sur la poste [OPO; RS 783.01]). On ne peut exclure que le courrier ait été déposé dans une boîte aux lettres le dimanche 12 ou lundi 13 avril 2009 - alors que la prescription était déjà échue, même en épousant la thèse des recourants -, dès lors qu'il pouvait parvenir à l'office le mardi 14 avril 2009. Il importe peu qu'une autre appréciation des preuves eût été possible, voire préférable, puisque la jurisprudence constante n'y voit pas matière à retenir un arbitraire.