Citation: 8C_751/2023 E. 6.1.2

6.1.2. Contrairement à ce que soutient le recourant, il ne ressort pas de l'appréciation du docteur D.________ que celui-ci aurait motivé l'augmentation de l'IPAI par une ankylose. Quoi qu'il en soit, les troubles fonctionnels du coude gauche ont déjà été pris en compte par le docteur B.________ en 2004 et le docteur D.________ n'indique pas qu'ils se seraient aggravés depuis lors. Le docteur E.________ a de surcroît relevé que les amplitudes articulaires s'étaient au contraire améliorés, ce à quoi le docteur D.________ n'a rien trouvé à redire. Ce dernier ne précise pas non plus dans quelle mesure la force du coude aurait diminué depuis 2004. Aussi, une majoration de l'IPAI en lien avec les limitations fonctionnelles ou un manque de force du coude gauche n'entre pas en considération. S'agissant de l'arthrose, la juridiction cantonale a, sur la base de l'évaluation du docteur E.________, retenu que l'on pouvait partir du principe que le docteur B.________ avait anticipé l'apparition ou la péjoration d'une telle atteinte. Le rapport d'examen final et l'évaluation de l'IPAI de celui-ci ne font toutefois pas mention d'arthrose - même débutante - au coude gauche. Rien n'indique en outre que le médecin d'arrondissement disposait au moment de son examen de pièces médicales attestant une arthrose, étant entendu que le rapport orthopédique du 14 juillet 2004 mentionné par le docteur E.________ est postérieur audit examen. Aucun élément médical ne permet donc de retenir que le docteur B.________ a anticipé le développement d'une arthrose et en a tenu compte dans son évaluation, contrairement à ce qu'a constaté la cour cantonale. Selon la table 5 de la CNA (atteinte à l'intégrité résultant d'arthrose), une arthrose légère ne donne pas droit à une indemnité; une arthrose moyenne du coude correspond à un taux de 5 à 10 %. Le docteur E.________ a qualifié l'arthrose de "légère à moyenne" dans son rapport du 30 octobre 2020. Le 23 novembre 2020, il a fait état de "légers signes d'arthrose". Le docteur D.________ n'a pas précisé la gravité de l'arthrose et s'est limité à renvoyer à la table 5, sans autre explication. Le taux de 5% qu'il a fixé tient toutefois également compte, sans convaincre comme on vient de le voir, d'un manque de force. Contrairement au genou gauche, il n'a par ailleurs pas fait état d'une aggravation de la symptomatologie du coude gauche. Il est en outre constant que l'arthrose - qui n'est pas à l'origine de l'annonce de rechute, laquelle a entraîné des interventions au genou gauche exclusivement - a très peu évolué depuis 2004. Dans ces conditions, on ne peut pas retenir que le coude gauche du recourant a subi une aggravation importante au sens de l'art. 36 al. 4, seconde phrase, OLAA. Une révision de l'IPAI de 5 %, accordée pour le coude gauche en 2005, ne saurait être admise.