Citation: 6B_793/2017 E. 3

Le recourant soutient que la cour cantonale aurait dû refuser toute réparation du dommage prétendument subi par la victime. Il fait valoir que cette dernière n'a pas prouvé que les consultations effectuées étaient en relation de causalité naturelle et adéquate avec les faits qui lui sont imputés. Un comportement est la cause naturelle d'un résultat s'il en constitue l'une des conditions sine qua non, c'est-à-dire si, sans lui, le résultat ne se serait pas produit ou du moins pas de la même manière; il n'est pas nécessaire que l'événement considéré soit la cause unique ou immédiate du résultat (ATF 139 V 176 consid. 8.4.1 p. 189 s. et l'arrêt cité). La constatation du rapport de causalité naturelle relève du fait (ATF 138 IV 57 consid. 4.1.3 p. 61 et les arrêts cités). Il y a toutefois violation du droit fédéral si l'autorité cantonale méconnaît le concept même de causalité naturelle (ATF 122 IV 17 consid. 2c/aa p. 23). Le rapport de causalité est qualifié d'adéquat lorsque, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le comportement était propre à entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit (ATF 138 IV 57 consid. 4.1.3 p. 61 et l'arrêt cité). La causalité adéquate sera admise même si le comportement de l'auteur n'est pas la cause directe ou unique du résultat. Peu importe que le résultat soit dû à d'autres causes, notamment à l'état de la victime, à son comportement ou à celui de tiers (ATF 131 IV 145 consid. 5.2 p. 148). La causalité adéquate peut toutefois être exclue si une autre cause concomitante, par exemple une force naturelle, le comportement de la victime ou d'un tiers, constitue une circonstance tout à fait exceptionnelle ou apparaît si extraordinaire que l'on ne pouvait s'y attendre. L'imprévisibilité d'un acte concurrent ne suffit pas en soi à interrompre le rapport de causalité adéquate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus probable et la plus immédiate de l'événement considéré, reléguant à l'arrière-plan tous les autres facteurs qui ont contribué à l'amener et notamment le comportement de l'auteur (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.2 p. 265 s. et les arrêts cités). Il s'agit d'une question de droit que le Tribunal fédéral revoit librement (ATF 138 IV 57 consid. 4.1.3 p. 61 et l'arrêt cité). En l'espèce, il n'apparaît pas, et le recourant lui-même ne le prétend pas, que la cour cantonale aurait méconnu la notion de causalité naturelle. Sa constatation selon laquelle les troubles qui ont nécessité l'intervention de thérapeutes ont été au moins favorisés par les actes commis par le recourant lie le Tribunal fédéral. Par ailleurs, c'est à juste titre que la cour cantonale a admis qu'il est dans la nature des choses et conforme à l'expérience générale de la vie que les enfants victimes d'abus sexuels subissent un choc tel qu'il entraîne des conséquences psychiques. Même si la séparation de ses parents a beaucoup affecté la victime, il n'apparaît pas que cette séparation s'imposerait comme la cause la plus probable et la plus immédiate des troubles dont elle a souffert, au point de reléguer à l'arrière-plan les actes commis par le recourant. Il y a au contraire lieu de penser que si la victime n'avait pas déjà été fragilisée sur le plan psychique par ces événements elle aurait sans doute été mieux à même de faire face au traumatisme causé par la situation familiale. Le recourant reproche enfin à la cour cantonale de s'être contentée des factures produites pour établir le montant du dommage. Il soutient que des attestations de paiement étaient nécessaires. C'est avec raison que la cour cantonale a admis que le dommage était suffisamment documenté par les factures produites, même en l'absence de preuve du paiement. Selon la jurisprudence constante, le dommage se définit comme la diminution involontaire de la fortune nette; il correspond à la différence entre le montant actuel du patrimoine du lésé et le montant que ce même patrimoine atteindrait si l'événement dommageable ne s'était pas produit. Il peut se présenter sous la forme d'une diminution de l'actif, d'une augmentation du passif, d'une non-augmentation de l'actif ou d'une non-diminution du passif (ATF 142 IV 237 consid. 1.3.1 p. 239 s. et les références citées). Le recourant ne prétend pas que les sommes afférentes aux traitements ne seraient pas dues par la victime, de sorte que même dans l'hypothèse où elles n'auraient pas été réglées, elles n'en constitueraient pas moins un dommage, sous la forme d'une augmentation du passif.