Citation: 9C_526/2023 E. 4.2

4.2. La recourante reproche au Tribunal cantonal d'avoir nié à tort que la situation du contribuable relevait de l'évasion fiscale (cf. supra consid. 3.4). Elle soutient que les premiers juges auraient dû impérativement examiner "le plan de rachat [...] année par année" pour effectuer une "application correcte" du caractère abusif ou non d'une transaction, au lieu de prendre en considération la situation dans sa globalité. À cet égard, elle fait valoir que l'intimé n'avait pas pu améliorer sa prévoyance professionnelle durant le bref laps de temps entre le dernier rachat (le 20 avril 2020) et la survenance de l'âge de la retraite ordinaire (le 3 mai 2020), respectivement le retrait (partiel) planifié des avoirs du 2e pilier. Partant, ledit rachat effectué en 2020 s'écarterait clairement de l'objectif de la prévoyance professionnelle visé par les art. 79b al. 4 LPP et 22d LFLP. Pour la recourante, aucune raison économique, hormis l'économie d'impôt, ne justifiait le rachat litigieux en 2020. D'ailleurs, la cour cantonale, en ayant considéré que le procédé du contribuable était d'autant moins insolite que l'intimé n'avait retiré que la moitié de ses avoirs de prévoyance sous forme de capital, aurait procédé à une distinction entre l'origine des fonds - les rachats et les autres avoirs de prévoyance - ce qui serait contraire à la jurisprudence fédérale. Par son raisonnement, le Tribunal cantonal réduirait également à néant toute possibilité d'application de la réserve de l'évasion fiscale dès lors qu'il avait admis un "placement purement transitoire de fonds dans le 2e pilier". Quant à l'AFC, elle partage l'avis de l'Administration fiscale: la recourante aurait démontré à satisfaction de droit qu'en l'absence de tout objectif de prévoyance poursuivi par le rachat effectué en 2020, l'opération en cause revêtirait un caractère insolite, respectivement abusif. L'AFC relève en outre que le Tribunal cantonal admettrait à tort un "va-et-vient" de fonds fiscalement privilégiés sans motifs de prévoyance. Elle fait également valoir que l'instance précédente se serait fondée de manière erronée sur une analyse couvrant les huit années précédant la période fiscale 2020, puisque selon elle, cela serait bien "l'analyse du laps de temps entre le rachat et le retrait qui constitue[rait] le critère clé [...] sous l'angle de l'évasion fiscale".