Citation: 1B_269/2009 14.10.2009 E. 4

La recourante fait ensuite valoir qu'il n'existe pas de risque de collusion. 4.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours. Tel est le cas par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou pour prendre contact avec des témoins ou d'autres prévenus, afin de tenter d'influencer leurs déclarations (ATF 132 I 21 consid. 3.2 p. 23; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 132 I 21 consid. 3.2 p. 23; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). 4.2 La Chambre d'accusation a considéré que l'analyse des comptes des inculpés se poursuivait et qu'il importait que celle-ci soit bouclée avant d'envisager une mise en liberté provisoire de la recourante, laquelle sera vraisemblablement amenée à être interrogée à nouveau à propos des mouvements opérés sur ses comptes. Le risque de collusion perdurait, à tout le moins jusqu'à ce que les actes d'enquête concernant la prévenue soient effectués. La recourante, quant à elle, rappelle qu'elle a été arrêtée le 3 mars 2009 alors que B.________ était détenu depuis le 25 novembre 2008. Elle était donc libre de faire tout ce qu'elle voulait pendant plus de trois mois, et donc de se mettre en contact avec les acolytes de son concubin ou des témoins. Les enquêtes n'ont rien établis de tel. Elle aurait également eu tout le temps de faire détruire, vendre ou dissimuler la marijuana qui se trouvait dans sa cave. Par ailleurs, toutes les confrontations essentielles avaient déjà eu lieu et les détails des mouvements de son compte étaient connus depuis longtemps. Il apparaît que les mesures d'instruction envisagées portent uniquement sur l'analyse des comptes des inculpés et l'audition de la recourante. La Chambre d'accusation n'a pas expliqué en quoi une mise en liberté de l'intéressée compromettait concrètement l'une ou l'autre de ces mesures. Comme l'a relevé la recourante, lors de l'audience d'instruction du 3 septembre 2009, le Juge d'instruction lui a posé une seule question relative aux versements effectués sur son compte par B.________. Au surplus, les analyses en cours semblent concerner plutôt les mouvements d'argent résultant du trafic chapeauté par son concubin et effectués depuis les comptes de ce dernier. Du reste, le dossier ne contient aucun élément nouveau depuis le mois de juin 2009 s'agissant des comptes bancaires de la recourante. Au demeurant, la Cour cantonale n'a pas allégué que la prévenue pouvait profiter de sa liberté pour effectuer des opérations sur ses comptes ou les comptes de son concubin et faire ainsi disparaître le produit du trafic ou entraver les analyses en cours. Il s'ensuit que le risque de collusion n'est pas suffisamment établi en l'état, de sorte qu'il ne saurait fonder la détention préventive.