Citation: 5A_950/2016 E. 3.2.2

3.2.2. L'application de l'art. 33 al. 2 LP, qui est une " Kannvorschrift ", laisse à l'autorité une certaine marge d'appréciation. En principe, une prolongation de délai n'est pas justifiée en cas de notification dans un pays voisin. Il faut toutefois tenir compte des circonstances concrètes, entre autres, du temps nécessaire à la personne concernée pour acheminer un envoi postal de l'étranger vers la Suisse, ou pour se renseigner auprès d'un avocat ou d'une autorité en Suisse afin de sauvegarder ses droits, ou pour traduire, le cas échéant, la communication lui impartissant le délai, ou encore du fait qu'elle doit ou non s'attendre à ce qu'un délai lui soit imparti (arrêt 5A_6/2012 du 22 février 2012 consid. 2.1 et les références; cf. ég. arrêt 5A_825/2015 du 7 mars 2016 consid. 3.1 et la référence à l'ATF 136 III 575 consid. 4.1). Une prolongation de délai n'est en principe pas non plus justifiée lorsqu'un créancier domicilié à l'étranger a été informé que, conformément à l'art. 232 al. 2 ch. 6 LP, les notifications lui seront adressées à l'office tant qu'il n'aura pas élu un autre domicile de notification en Suisse (FRANCIS NORDMANN, in Basler Kommentar, SchKG I, 2ème éd. 2010, n° 4 ad art. 33 LP et la référence). Si les conditions sont réalisées, le délai doit être prolongé au moins du nombre de jours correspondant à la durée normale d'acheminement d'un envoi postal de l'étranger en Suisse (arrêts 5A_882/2012 du 23 janvier 2013 consid. 3.2; 5A_59/2011 précité consid. 5.1; JOLANTA KREN KOSTKIEWICZ, SchKG Kommentar, 19ème éd. 2016, n° 4 ad art. 33 LP et les arrêts cités).