Citation: 1C_651/2023 E. 4

Les recourants s'en prennent également au refus des juges cantonaux de procéder à l'audition des parties. Leur demande en ce sens n'aurait pas été traitée en violation de l'art. 29 al. 2 Cst. Une audition aurait été l'occasion de tenter une conciliation alors que la Commune de Prangins a toujours refusé de réunir les voisins. Elle aurait permis de savoir ce qu'il adviendra de la haie qui jouxte leur parcelle sur une longueur de 36 mètres et qui doit être déplacée selon les plans d'enquête. Elle aurait également permis de procéder à une pesée des intérêts en présence en connaissance de cause et de comprendre l'intérêt privé de la société constructrice et de son ayant droit économique à vouloir ériger un bâtiment de 26 mètres de long et d'une hauteur de près de 6 mètres, dont la majeure partie est dévolue à des garages et à un atelier. Elle aurait enfin permis de discuter des alternatives quant à l'emplacement des installations de la pompe à chaleur géothermique ainsi que des sondes géothermiques qu'ils considèrent trop proches de leur habitation. Les recourants n'ont pas requis formellement l'audition des parties mais ont suggéré qu'elles pourront être entendues à l'occasion de l'inspection locale sans préciser sur quels points leur audition serait pertinente. Cela étant, ils ne sauraient faire grief à la cour cantonale de ne pas avoir statué sur ce point. Au demeurant, la procédure de recours est écrite (cf. art. 27 al. 1 de la loi vaudoise sur la procédure administrative du 28 octobre 2008 [LPA-VD; BLV 173.36] en relation avec l'art. 99 LPA-VD). Le Tribunal cantonal a toutefois la faculté de tenir une audience et d'ordonner des débats, y compris l'audition des parties (cf. art. 29 al. 1 LPA-VD), lorsque les besoins de l'instruction l'exigent (art. 27 al. 2 et 3 LPA-VD). Cela ne signifie pas pour autant que les parties disposeraient d'un droit inconditionnel d'être entendues oralement. Un tel droit ne résulte ni du droit de procédure cantonal (cf. art. 33 al. 2 LPA-VD) ni de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 134 I 140 consid. 5.3). Les recourants ont eu l'occasion de s'exprimer par écrit à plusieurs reprises, ce qui suffit à respecter leur droit d'être entendus tel qu'il ressort de l'art. 29 al. 2 Cst. Ils n'ont nullement exposé dans leur mémoire de recours cantonal en quoi une telle audition aurait été indispensable, respectivement en quoi leurs griefs n'auraient pas pu être traités en procédure écrite. Ils ne peuvent davantage se prévaloir d'aucune disposition qui imposerait à la juridiction de recours de tenter une conciliation. Ils ont amplement eu l'occasion de faire valoir leurs arguments dans leur opposition. Par la suite, malgré de nombreux échanges d'écritures, ni les autorités, ni les parties n'ont modifié leur position. La cour cantonale était en droit d'inférer des circonstances qu'une tentative de conciliation était vouée à l'échec et de renoncer à procéder à une audition des parties pour ce motif (arrêt 1C_359/2022 du 20 avril 2023 consid. 2.3).