Citation: 5A_906/2017 E. 4

En substance, la juridiction précédente a estimé qu'il était vraisemblable que chaque époux ait pu subvenir à ses propres besoins durant les années de vie commune et qu'aucune convention n'ait été conclue entre les parties au sujet d'une répartition particulière des tâches. Cette absence de répartition des tâches perdurait depuis la séparation des parties, également rendue vraisemblable à tout le moins depuis le début du mois de février 2016. De même, il était rendu vraisemblable que, de 2013 à ce jour, chaque époux avait perçu des revenus de manière à subvenir à ses propres besoins, le seul accord particulier entre les parties portant sur le paiement par l'intimé du loyer du logement conjugal à hauteur de 1'400 fr. par mois. Dès lors que la vie commune des parties semblait suspendue et qu'il n'y avait plus d'espoir de réconciliation compte tenu du dépôt de la demande de divorce, la recourante avait l'obligation d'étendre son activité professionnelle pour participer, selon ses facultés, aux frais supplémentaires qu'engendrait la vie séparée. En l'espèce, vu son âge et le fait qu'elle avait toujours travaillé, on pouvait attendre de l'épouse qu'elle travaille à 100% en qualité d'auxiliaire dans le domaine de la santé dès qu'elle aurait trouvé un logement plus proche du centre ville ou des transports publics, ou en tant qu'employée dans un grand magasin de détail. Son revenu hypothétique pouvait être arrêté à 3'900 fr. par mois. Puisqu'il n'était pas rendu vraisemblable que l'intimé ait contribué à l'entretien de son épouse ces dernières années et compte tenu de l'absence de réaction de celle-ci à requérir une pension rapidement après avoir été mise au bénéfice de l'aide sociale, il se justifiait d'enjoindre l'intimé à contribuer à l'entretien de la recourante uniquement par le versement de 1'400 fr. par mois dès le 1 er novembre 2016, montant qu'il avait versé pendant les six dernières années, qu'il avait accepté de prendre en charge pour le logement familial et dont le paiement ne portait pas atteinte à son minimum vital. Dans la mesure où on pouvait admettre que la recourante aurait une capacité de travail à 100% dès qu'elle aurait déménagé et qu'il paraissait raisonnable de lui laisser un délai de deux mois pour trouver un appartement d'un loyer qui serait inférieur, ou du moins pas supérieur, à 1'400 fr., l'intimé devait être condamné à lui payer cette somme jusqu'au 31 décembre 2017, conformément à la convention partielle du 14 février 2017. A cette date, la recourante devrait laisser l'appartement à la disposition de l'intimé, pour que celui-ci puisse en résilier le bail. Pour la période postérieure, il se justifiait, au vu de l'art. 163 CC, de condamner l'époux à continuer de verser une pension à l'épouse, à titre de participation au loyer dans le cadre des mesures provisionnelles. La recourante étant toutefois tenue de participer aux frais supplémentaires engendrés par la vie séparée et en mesure de trouver un logement pour une personne pour un loyer de l'ordre de 1'000 fr. - montant qui était d'ailleurs du même ordre de grandeur que le loyer de l'intimé de 837 fr. 40 pour son propre appartement -, la contribution d'entretien devait être arrêtée à 500 fr. par mois.