Citation: 2C_725/2018 E. 6.6

6.6. Au demeurant, les faits de la présente cause ne sauraient être comparés à ceux ayant fondé l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme Emre contre Suisse du 22 mai 2008, requête n° 42034/04 (et non l'arrêt du 11 octobre 2011, requête n° 5056/10, qui concerne une affaire ultérieure entre les mêmes parties, mais relative à une interdiction d'entrée en Suisse). En effet, dans ce cas, il était certes également question d'infractions commises en partie lorsque l'étranger était mineur, puis jeune adulte. Toutefois, leur gravité était nettement moindre, puisque cumulées, les peines privatives de liberté ne représentaient que 18 mois et demi, contre trois ans pour la plus lourde peine prononcée contre le recourant, alors que ce dernier était majeur. Les infractions ayant conduit à ce prononcé, en présence desquelles le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux puisqu'elles sont notamment dirigées contre l'intégrité physique (cf. consid. 5.1 ci-dessus), ne sont pas non plus à comparer avec celles de la cause traitée par la Cour européenne des droits de l'homme (cf. Emre contre Suisse du 22 mai 2008 par. 72 ss) et ne sauraient simplement tomber dans la catégorie de la délinquance juvénile, comme le prétend le recourant. En outre, Emrah Emre présentait des problèmes de santé avérés que le recourant ne présente pas. Finalement, le recourant ne saurait invoquer l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme Udeh contre Suisse du 16 avril 2013, requête n° 12010/09, celui-ci n'énonçant aucun principe nouveau et sa portée ayant été relativisée par le Tribunal fédéral (ATF 139 I 325 consid. 2.4 p. 327 ss et les références citées).