Citation: 1P.220/2006 05.05.2006 E. B

A.________ a été engagé le 1er juin 2005 auprès de la Y.________, à Genève, en qualité de mandataire. Informée du fait qu'une procédure pénale était en cours contre lui, la banque a résilié le contrat de travail avec effet immédiat le 25 octobre 2005. La fouille des effets personnels à laquelle A.________ a été soumis avant de quitter l'établissement a permis de découvrir, à l'intérieur d'une mallette, un premier jeu de documents concernant la banque X.________ et des clients de cet établissement ainsi qu'un second jeu de documents relatifs à la Y.________, dont en particulier des "post-it" comportant des numéros de comptes de clients de la banque avec, parfois, l'indication du solde des avoirs en compte. Y.________ a immédiatement déposé plainte pénale contre A.________ pour violation du secret bancaire. La banque X.________ en a fait de même le même jour. Le 27 octobre 2005, A.________ a été arrêté à l'issue de son audition devant le Juge d'instruction en charge de la cause et placé en détention préventive sous les inculpations de vol, de violation du secret bancaire et de soustraction de données personnelles. Par ordonnance du 4 novembre 2005, la Chambre d'accusation a autorisé la prolongation de la détention préventive de A.________ jusqu'au 10 décembre 2005. Elle a estimé que les conditions posées à la délivrance du mandat d'arrêt existaient toujours et que la détention se justifiait par les besoins de l'instruction et un risque de réitération. Le Tribunal fédéral a rejeté le recours formé contre cette décision par arrêt du 5 décembre 2005. Il a retenu en substance qu'il existait un risque concret que le prévenu ne mette à profit sa liberté pour détruire d'éventuelles pièces à charge aussi longtemps que le résultat des mesures d'investigation entreprises au siège de la Y.________ et de l'analyse des documents saisis au domicile du prévenu le 16 novembre 2005 n'était pas connu. Le 16 mars 2006, A.________ a été inculpé de vol et soustraction de données personnelles ainsi que de violation du secret bancaire pour avoir conservé par devers lui des documents confidentiels concernant des clients de la banque X.________, saisis au domicile professionnel de son beau-frère, en rapport avec une opération intitulée "Projet spécial 75". Le 28 mars 2006, le Juge d'instruction en charge du dossier a rendu une ordonnance de soit-communiqué. A.________ a déposé le lendemain une demande de mise en liberté que la Chambre d'accusation a rejetée par ordonnance du 4 avril 2006. Elle a estimé que le maintien en détention préventive s'imposait en raison des risques de collusion et de réitération. Elle a considéré par ailleurs que la durée de la détention préventive subie à ce jour restait proportionnée à la peine encourue au vu des infractions reprochées au prévenu.