Citation: 4A_680/2016 E. A

A.a. Z.________ Sàrl (ci-après: Z.________), dont le siège est à U.________ (GE), est une société active dans la protection des biens et des personnes; A.________ en est l'associé gérant. X.________ SA (ci-après: X.________), à W.________ (FR), a pour but la vente d'articles de joaillerie, de bijouterie, d'horlogerie ainsi que de tous articles de luxe. X.________ exploite trois succursales à la rue xxx, à V.________, qui ont notamment pour but la vente en boutiques d'articles d'horlogerie et de joaillerie, dont les raisons de commerce sont respectivement "L.________, Succursale de X.________ SA", "M.________, Succursale de X.________ SA" et "N.________, Succursale à V.________ de X.________ SA". A.b. Entre 2005 et 2011, Z.________ et X.________ ont conclu trois contrats portant sur la surveillance par la première des succursales exploitées par la seconde. Ainsi, le 11 avril 2005, les parties ont conclu un premier contrat portant sur la surveillance par Z.________ de la boutique L.________ à compter du 1er juin 2005. Ce contrat était conclu pour une durée initiale de deux ans, avec clause de renouvellement automatique d'année en année, sauf résiliation donnée par l'une ou l'autre des parties sous pli recommandé au moins quatre mois avant son échéance; la rémunération due à Z.________ était fixée à 50 fr. de l'heure. Le 10 décembre 2009, les parties ont passé un deuxième contrat portant sur la surveillance et la protection par Z.________ de la boutique M.________ dès le 5 janvier 2010. Ledit contrat était également conclu pour une durée initiale de deux ans, avec clause de renouvellement automatique d'année en année, sauf résiliation donnée par l'une ou l'autre des parties par courrier recommandé quatre mois au moins avant son échéance; la rémunération due à Z.________ était identique à celle prévue par le premier contrat. Le 28 juin 2011, les parties ont conclu un troisième contrat portant sur la surveillance par Z.________ de la boutique N.________. La durée initiale de l'accord était de quatre mois, soit du 1er juillet 2011 au 31 octobre 2011, le contrat étant reconductible tacitement de mois en mois, sauf résiliation par l'une des parties moyennant un préavis de trois mois; la rémunération de Z.________ se montait toujours à 50 fr. de l'heure. Les conditions générales annexées aux trois contrats dont elles faisaient partie intégrante, rédigées sur papier à en-tête de Z.________, prévoyaient notamment ce qui suit: "Le Client reconnaît expressément que les prestations demandées à Z.________ impliquent l'engagement et le maintien d'un personnel qualifié et de confiance, de même que l'engagement de frais importants. Aussi, le Client reconnaît que toute résiliation du Contrat sans respecter le délai contractuellement convenu, la résiliation du Contrat pour justes motifs conformément à l'article 13 (recte 14) des présentes Conditions Générales demeurant réservée, interviendrait manifestement en temps inopportun et impliquerait des dommages irréparables pour Z.________. A titre de réparation de ces dommages, le Client s'engage d'ores et déjà à verser à Z.________ une indemnité correspondant à la rémunération de Z.________ au cours des trois (3) derniers mois précédant la résiliation par le Client, la réparation de tout dommage supérieur étant expressément réservée. En cas de Contrat pour une mission définie et limitée dans le temps, la totalité de la rémunération convenue en faveur de Z.________ sera due par le Client sauf annulation au moins quinze (15) jours ouvrables à l'avance." (article 3); "Le Client s'engage, pendant la durée du contrat et pendant la durée d'une (1) année après son terme ou sa résiliation pour quelque motif que ce soit, à ne pas solliciter directement ou indirectement les services ou d'engager un membre du personnel de Z.________, sous quelque forme que ce soit, pour des activités similaires offertes par Z.________ à ses clients. En cas de violation de cet engagement, le Client accepte d'ores et déjà de verser à Z.________ une indemnité de CHF 20'000.00 (vingt mille francs suisses), la réparation de tout dommage supérieur étant expressément réservée et Z.________ se réservant, en outre, le droit d'exiger par toute voie de droit utile la cessation de la violation des obligations du Client." (article 13); "En cas de non-respect de ses obligations, de quelque nature que ce soit, par Z.________, le Client pourra résilier le Contrat avec effet immédiat pour autant que le Client ait vainement sommé par écrit Z.________ de remédier à son défaut dans un délai de dix (10) jours à compter de la date de notification de la sommation du Client à Z.________. En cas de Contrat pour une mission définie et limitée dans le temps, ce délai est réduit à deux (2) jours ouvrables." (article 14) ". Les 6 octobre 2010, 11 novembre 2010 et 5 mai 2011, B.________, responsable de la sécurité auprès des boutiques précitées de la rue xxx à V.________, a adressé des courriels à C.________, responsable de la sécurité du 1er février 2010 au 18 novembre 2012 du groupe X.________ (dont fait partie X.________ SA), sur la base d'événements qui lui avaient été rapportés par les gérants des boutiques. Il y signalait des manquements dans la qualité des services de Z.________, dont les employés étaient qualifiés de " bricoleurs "; B.________ y faisait état de " turnover pas possible ", d'obligations non remplies " pour l'ouverture " et d'une " dérive ". Par trois courriers du 25 juillet 2011, X.________, se référant à un entretien que D.________, directeur de la sécurité au sein de X.________ International, a eu avec Z.________ le 22 juillet 2011, a indiqué à celle-ci qu'elle confirmait la résiliation des trois contrats de surveillance et protection concernant les boutiques M.________, L.________ et N.________ à V.________, respectivement pour le 1er septembre 2011 s'agissant de la première boutique, et pour le 1er novembre 2011 concernant les deux autres. Par lettre du 9 août 2011 adressée à X.________, Z.________ a accusé réception des trois courriers précités, déclarant comprendre les " raisons économiques " de la première; si, pour Z.________, la résiliation du contrat relatif à la boutique N.________ était " correcte ", celles des contrats relatifs aux boutiques M.________ et L.________ ne respectaient pas les termes contractuels. Dans son courrier du 22 août 2011, X.________ a répondu à Z.________ que l'art. 404 al. 1 CO était applicable aux accords passés entre les parties, de sorte que la mandante pouvait mettre fin aux relations contractuelles en tout temps; X.________ a ajouté qu'elle avait octroyé un délai de résiliation de plus d'un mois pour la boutique M.________ et de plus de trois mois pour la boutique L.________, sans y être obligée de quelque façon que ce soit, cela " afin d'assurer une transition en douceur ". Par courrier du 31 août 2011, Z.________, invoquant une résiliation en temps inopportun (art. 404 al. 2 CO) des contrats de mandat conclus les 11 avril 2005 et 10 décembre 2009, a réclamé à X.________ le versement d'un total de 96'261 fr.20, se décomposant en 45'518 fr.20 d'indemnité pour la résiliation du contrat afférent à la boutique L.________, 40'743 fr. d'indemnité pour la résiliation du contrat relatif à la boutique M.________ et 10'000 fr. " pour les événements, expositions et transports régulièrement fournis (par Z.________) toute l'année ". Requis le 15 septembre 2011 par C.________ de lister les manquements de Z.________ concernant la boutique M.________, B.________, par courriel du 19 septembre 2011, a fait état des cinq péripéties suivantes: quatre ouvertures ratées en douze mois (la femme de ménage devant attendre 30 minutes dehors); le fait qu'un agent s'est permis de fumer devant l'entrée de la boutique en tenant la porte entrouverte; un autre agent, qui avait demandé au responsable de Z.________ d'être remplacé après le début de son travail, est tout de même parti, malgré le refus du responsable d'envoyer un suppléant; un agent est resté assis cinq heures sur neuf heures de présence dans les fauteuils réservés aux clients; un agent s'endormait pendant sa mission, debout le nez collé à la porte. S'agissant de la boutique N.________, la responsable de cette boutique a écrit le 17 septembre 2011 à D.________ pour se plaindre du manque de professionnalisme de Z.________; elle a ainsi relevé qu'un agent de Z.________ état arrivé avec 40 minutes de retard lors d'une ouverture de la boutique, qu'un autre agent avait suspecté un vol inexistant, qu'un troisième agent avait ouvert la porte à un client alors que les coffres de la boutique étaient ouverts et accessibles et que, de manière générale, les agents de Z.________ ne disposaient pas de la formation adéquate (complètement en vertu de l'art. 105 al. 2 LTF). Par lettre du 27 octobre 2011, X.________ a rejeté les prétentions élevées par Z.________; elle a soutenu que, suite aux nombreux manquements de cette dernière dont A.________ avait été informé, le lien de confiance était définitivement rompu, que les résiliations des contrats étaient fondées sur des motifs sérieux et qu'elles n'étaient ainsi pas intervenues en temps inopportun. Pour les services rendus dans la boutique M.________ de juin à août 2011, Z.________ a adressé à X.________ trois factures dont le montant respectif est de 12'865 fr.50, 13'851 fr. et 13'918 fr.50; pour les services rendus dans la boutique L.________ d'août à octobre 2011, Z.________ a envoyé à X.________ trois autres factures, qui ascendent respectivement à 14'782 fr.50, 16'883 fr.24 et 14'717 fr.70. A.c. Après avoir travaillé pour Z.________ comme agent de sécurité dans les trois boutiques de la rue xxx exploitées par X.________, H.________ a été engagé par I.________ SA (ci-après: I.________), pour laquelle il a travaillé du 17 octobre au 3 décembre 2011, avec la mission de surveiller derechef les trois mêmes boutiques. I.________ était en effet une sous-traitante de la société J.________ SA (ci-après: J.________), à laquelle X.________ avait confié la surveillance desdites boutiques après la résiliation des contrats noués avec Z.________. En décembre 2011, H.________ a été à nouveau engagé par Z.________. Par lettre du 5 décembre 2011, Z.________ a indiqué à X.________ que l'activité déployée par H.________ au sein des trois boutiques précitées violait l'art. 13 des conditions générales annexées aux contrats de surveillance des 11 avril 2005 et 10 décembre 2009.