Citation: 5A_1008/2017 E. 4.3

4.3. En l'espèce, il n'est pas litigieux que le mariage a eu une influence concrète sur la situation de l'intimée, compte tenu de sa durée de plus de onze ans et de la naissance d'enfants communs, et que l'intimée, bénéficiaire d'une rente d'invalidité entière, n'est pas en mesure de subvenir elle-même à son entretien. Le recourant ne critique pas non plus directement la prise en compte du critère de l'âge de sa retraite pour fixer la durée de la contribution d'entretien, mais soutient que le droit de l'intimée à une pension devrait s'éteindre au moment où leur enfant cadet aura atteint l'âge de seize ans. La solution proposée par le recourant ne saurait toutefois être suivie. En effet, la jurisprudence selon laquelle on ne peut exiger d'un époux la prise ou la reprise d'une activité lucrative à un taux de 50 % avant que le plus jeune des enfants n'ait atteint l'âge de dix ans révolus, et de 100 % avant qu'il n'ait atteint l'âge de seize ans révolus (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 et la référence) - à laquelle se réfère implicitement le recourant - ne permet pas, en elle-même, d'exclure toute contribution d'entretien au-delà de l'âge de seize ans de l'enfant, dès lors qu'elle a clairement été pensée pour les situations dans lesquelles le parent gardien est en mesure de prendre ou reprendre une activité lucrative (arrêts 5A_128/2016 précité consid. 5.1.4.3; 5A_767/2011 précité consid. 7.3), ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Par ailleurs, en tant qu'il souligne que son obligation d'entretien aurait ainsi approximativement la même durée que celle du mariage, le recourant perd de vue qu'on ne saurait déterminer la durée de la pension en fonction de la seule durée du mariage (ATF 109 II 286 consid. 5b; arrêt 5A_11/2010 du 18 mars 2011 consid. 6.1) - ce critère devant être pris en compte au même titre que les autres critères mentionnés à l'art. 125 al. 2 CC - et que le débirentier peut être condamné à contribuer à l'entretien de son ex-conjoint pour une durée supérieure à celle du mariage (arrêt 5A_800/2016 précité consid. 7.5). Par ailleurs, en tant qu'il fait valoir, à titre subsidiaire, que la contribution d'entretien aurait dû être fixée jusqu'à l'âge de la retraite de l'intimée, le recourant ne démontre pas de manière conforme aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.2) que la situation financière de l'ex-épouse variera substantiellement au moment de sa retraite, étant au demeurant rappelé qu'il n'y a pas lieu de tenir compte des prestations complémentaires dans le calcul des ressources du crédirentier, puisque ces prestations sont subsidiaires aux obligations d'entretien du droit de la famille (arrêt 5A_128/2016 précité consid. 5.1.4.1 et la référence). Pour le surplus, au vu de la retenue exercée par la Cour de céans (cf. supra consid. 2.1), on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale, qui a tenu compte de la longue durée du mariage (art. 125 al. 2 ch. 2 CC), de l'incapacité de l'intimée de pourvoir à son entretien en raison de son état de santé (art. 125 al. 2 ch. 4 et 5 CC) et de la baisse de revenus du recourant lorsqu'il atteindra l'âge de la retraite (art. 125 al. 2 ch. 8 CC), d'avoir commis un excès ou un abus de son pouvoir d'appréciation en condamnant celui-ci à contribuer à l'entretien de son ex-épouse jusqu'à sa retraite, le recourant ayant par ailleurs la faculté de demander une modification de la contribution d'entretien en cas de changement notable et durable de sa situation ou de celle de l'intimée (art. 129 al. 1 CC).