Citation: 6B_652/2023 E. 1.2.1

1.2.1. La cour cantonale a estimé que les déclarations constantes et circonstanciées de l'intimée étaient crédibles, alors que les dénégations du recourant n'emportaient pas conviction. En particulier, elle a retenu que l'intimée avait de manière constante donné une version précise des évènements survenus depuis le 2 décembre 2018, à plusieurs personnes et/ou autorités différentes. Les quelques imprécisions trouvées dans son discours (référence à un "coup", lésion du côté droit au lieu du gauche, etc.) n'étaient pas de nature, à elles seules, à remettre en cause la véracité de ses déclarations, lesquelles apparaissaient cohérentes dans le cadre d'un conflit conjugal et avaient été estimées crédibles par une thérapeute spécialisée dans le contexte des violences domestiques. Durant la procédure, l'intimée avait tenu des propos mesurés, n'ayant pas cherché à en rajouter, ce qui renforçait sa crédibilité. Aux éléments matériels (certificats médicaux, photographies, suivis de thérapie, arrêts de travail), s'ajoutaient également les déclarations rapportées par C.________ qui correspondaient à la version protocolée par la gendarmerie, et mentionnaient encore les cadeaux du recourant pour se faire pardonner. Enfin, les professionnelles de la santé et les proches de l'intimée avaient constaté un changement important et durable de son humeur et un état de stress post-traumatique lui avait été diagnostiqué, rendant d'autant plus compatible son statut de victime. En ce qui concerne le recourant, la cour cantonale a retenu qu'avant de se retrancher derrière le droit de se taire, il avait fourni des explications évoluant en fonction des déclarations de l'intimée. Devant la police, il avait partiellement admis les faits. Il avait reconnu que la relation conjugale était devenue très conflictuelle, avec l'apparition de disputes qui s'intensifiaient. Il avait affirmé n'avoir jamais voulu nuire à son épouse, formulation permettant de retenir qu'il était conscient que cette dernière avait pu souffrir d'une manière ou d'une autre et qu'il en était, en partie du moins, responsable. S'il avait fini par reconnaître presque tous les épisodes évoqués, il avait toutefois toujours nié avoir commis les infractions reprochées, fournissant pour chaque complexe de faits une explication radicalement différente et peu crédible, rejetant systématiquement la faute sur son épouse et allant jusqu'à la qualifier de menteuse. Si les explications du recourant n'étaient pas crédibles, celles-ci contenaient néanmoins un grand nombre de détails périphériques que l'on retrouvait également dans les déclarations de la plaignante, les corroborant de la sorte (cadeau, mosquée, enceinte, couteau). Pour la cour cantonale, la théorie du recourant selon laquelle l'intimée aurait mis un soin particulier à obtenir sa condamnation pour les besoins de sa procédure de divorce pour faute n'emportait pas plus conviction. En effet, l'intimée avait déposé plainte pénale bien avant la séparation et avait été tout au long de la procédure pénale mesurée dans ses accusations. Si sa volonté avait été d'obtenir un divorce pour faute que la législation suisse ne connaît pas, elle aurait directement agi en France et n'aurait pas perdu de temps en introduisant d'abord une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale. Enfin, il ressortait des rapports médicaux qu'il reconnaissait, dans le cadre du conflit conjugal, être devenu violent physiquement depuis décembre 2018. Les professionnels avaient d'ailleurs constaté chez lui une importante agressivité mal contenue, ainsi qu'une grande impulsivité et intolérance à la frustration.