Citation: 6B_848/2022 E. 4.4.2

4.4.2. En dépit des critiques qu'il formule, quant à son intégration en Suisse, qu'il qualifie de bonne, et aux difficultés qui l'attendraient en cas de retour au Sri Lanka, le recourant ne parvient pas à démontrer que l'approche adoptée par la cour cantonale consacre une violation des dispositions pertinentes en matière d'expulsion judiciaire. Comme la cour cantonale l'a relevé, si le recourant avait vécu en Suisse depuis 2008, alors qu'il était âgé de 24 ou 25 ans, et y avait travaillé jusqu'à son incarcération, intervenue dès le 19 novembre 2020, divers éléments dénotaient toutefois qu'il n'avait jamais véritablement cherché à s'intégrer dans la réalité quotidienne suisse. Ne maîtrisant que peu le français, et apparemment très attaché aux traditions de son pays d'origine, il ne fréquentait ainsi quasiment que des compatriotes, lui-même ayant gardé des liens étroits avec le Sri Lanka, où il y avait encore de la famille proche, à tout le moins sa mère. Rien ne laissait dès lors supposer que sa réinsertion professionnelle et sociale dans son pays d'origine serait difficile, alors que le recourant avait de surcroît contracté un crédit, avant sa détention, pour y construire une maison. Le recourant ne s'est par ailleurs pas prévalu d'un quelconque danger inhérent à son retour, ni ne conteste que le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) tient les renvois au Sri Lanka pour raisonnablement exigibles, en dépit de la grave crise économique et financière que connaît le pays depuis 2021, et des fortes tensions politiques et sociales qui s'en sont suivies. Le recourant ne prétend pas non plus que son épouse et son fils disposaient pour leur part d'un droit de résider durablement en Suisse, dès lors qu'ils y bénéficieraient de la nationalité ou d'un permis d'établissement, ni ne démontre concrètement en quoi, pour eux, le fait de quitter la Suisse et de vivre au Sri Lanka présenterait des difficultés particulières, attendu que l'épouse du recourant a elle-même conservé de forts liens avec ce pays, dont elle détient la nationalité, après être arrivée en Suisse en 2009.