Citation: 5A_880/2022 E. 4

En l'espèce, la cour cantonale a constaté qu'en signant le contrat de courtage du 28 janvier 2020, le poursuivi s'était engagé à verser à la poursuivante une commission au taux de 4% sur le prix de vente de son immeuble, si la vente aboutissait grâce à la négociation que celle-ci avait conduite, ou grâce à l'indication qu'elle avait fournie (ch. 5). Il était stipulé que la commission était exigible dès la conclusion de la vente (ch. 7). Dans l'acte de vente conditionnelle du 10 février 2021 instrumenté par le notaire, le poursuivi et C.________ SA avaient fixé le prix de vente de l'immeuble à 2'069'160 fr.; la vente était assortie de la condition suspensive que l'acheteuse obtienne sur la parcelle en cause une autorisation préalable d'implantation (art. 1). Il n'était pas contesté que cette condition s'était par la suite réalisée et que la vente avait bien eu lieu. Il ressortait de différents écrits du poursuivi lui-même, en particulier de ses courriers des 10 mai et 27 août 2021, que c'était E.________, administrateur de la poursuivante, qui lui avait présenté F.________, celui-ci lui ayant présenté à son tour ses mandantes C.________ SA et G.________ SA. Dans un courriel du 22 février 2021, le notaire avait indiqué que l'associé gérant de G.________ SA, H.________, avait confirmé avoir été mis en relation avec le poursuivi par l'intermédiaire de la poursuivante. Enfin, F.________ avait attesté le 30 septembre 2021 qu'il avait collaboré avec la poursuivante dans le cadre de la vente du bien du poursuivi et qu'il avait " présenté la société G.________ SA (conseiller de l'acquéreur final) à [la poursuivante] qui a[vait] ensuite présenté [le poursuivi] à G.________ SA " et que " la [poursuivante] a[vait] ensuite participé à la visite du bien par le conseiller de l'acheteur ainsi qu'à des démarches ayant abouti à la signature du contrat de vente avec l'acquéreur final ". Selon la cour cantonale, ces éléments permettaient de retenir, comme l'avait fait la juge de paix, qu'il existait un lien de causalité entre l'activité déployée par la poursuivante dans le cadre du mandat de courtage qui lui avait été confié par le poursuivi et la conclusion de la vente intervenue entre celui-ci et C.________ SA. Il s'ensuivait que le contrat de courtage du 28 janvier 2020, rapproché notamment de l'acte de vente conditionnelle du 10 février 2021, constituait une reconnaissance de dette valant titre de mainlevée provisoire pour le montant en poursuite, à savoir 82'766 fr. 40, correspondant à une commission de 4% sur le prix de vente de l'immeuble, fixé à 2'069'160 fr.