Citation: 6B_183/2020 E. 3.4

3.4. La recourante reproche à la cour cantonale de ne pas avoir réduit la peine infligée en première instance alors qu'à la différence des premiers juges, elle a exclu la préméditation. L'autorité précédente avait d'ailleurs jugé que la faute de la recourante était « très lourde » et non pas « écrasante » comme qualifiée dans le jugement de première instance, ce qui aurait dû se traduire par une diminution de peine. La recourante affirme également que la peine hypothétique estimée entre 11 et 12 ans était arbitrairement élevée vu la diminution moyenne de responsabilité et tenant compte du fait que pour un assassinat, la loi prévoyait une peine privative de liberté entre 10 et 20 ans (sous réserve de la peine privative de liberté à vie). Enfin, c'était de manière arbitraire que la cour cantonale n'avait pas prononcé la peine la plus favorable à la recourante au vu de ses calculs (peine entre 10 et 11 ans si la recourante était parvenue à ses fins, réduction d'au maximum 2 à 3 ans pour tenir compte de la tentative). Son calcul aurait dû la conduire à fixer une peine de 7 ans (10 moins 3). Il découle de ce qui précède (cf. consid. 3.2) que la cour cantonale a usé de son plein pouvoir dévolutif (cf. art. 398 al. 2 CPP) et procédé à sa propre évaluation de la culpabilité de la recourante et des circonstances devant influencer la mesure de la sanction. La motivation de la cour cantonale suffit à justifier que la peine prononcée en première instance demeure inchangée malgré qu'elle ait renoncé à retenir la préméditation. La recourante ne peut rien déduire non plus des terminologies distinctes utilisées par les autorités cantonales pour caractériser la faute. En effet, on comprend de la motivation cantonale qu'en qualifiant la faute de « très lourde », elle vise la faute la plus grave, comme l'est la faute « écrasante » des premiers juges. Par ailleurs, considérant que la diminution de responsabilité a conduit la cour cantonale à retenir une faute lourde, on ne voit pas en quoi - et la recourante ne le dit pas - une peine hypothétique entre 11 et 12 ans de privation de liberté, qui se situe dans la partie inférieure du cadre légal pour un assassinat, serait excessivement sévère dans le cas d'espèce. Enfin, la cour cantonale a déterminé des fourchettes correspondant à la quotité de la peine sanctionnant un acte achevé (10-11 ans) et à la réduction découlant de la tentative (2-3 ans). Elle a ensuite fait usage de son libre pouvoir d'appréciation pour retenir, dans le respect de la marge ainsi fixée, une peine privative de liberté de 8 ans. Cette méthode ne prête pas le flanc à la critique. La recourante se limite à décrier la sanction fixée comme trop sévère, sans démontrer que l'autorité précédente aurait pu violer le droit fédéral sur ce point. Il n'apparaît pas que la cour cantonale aurait méconnu des éléments déterminants, pas plus qu'elle en aurait négligé certains ou aurait accordé une importance excessive à d'autres. En prononçant une peine privative de liberté de 8 ans sanctionnant une tentative achevée d'assassinat avec diminution de responsabilité moyenne, et compte tenu des facteurs internes et externes du cas d'espèce, la cour cantonale n'a pas abusé du large pouvoir d'appréciation qui était le sien. Ce qui précède conduit au rejet des griefs formulés par la recourante à l'encontre de la peine.