Citation: 4P.163/2004 16.11.2004 E. 3

3.1 La recourante se plaint d'une appréciation arbitraire des preuves sur un deuxième point. Contrairement à la Chambre des recours, elle est d'avis que la Cour civile ne pouvait pas considérer qu'il n'était pas établi que l'intimé n'avait pas attaché la ceinture de sécurité au moment du choc. Elle invoque à cet égard les photographies accompagnant le rapport de E.________, expert auprès du service d'accidentologie de la recourante; il ressortirait de ces clichés que la ceinture de sécurité du passager avant était intacte après l'accident. Or, dès lors que l'intimé a été éjecté, la ceinture aurait été nécessairement endommagée si elle avait été attachée, comme l'expert E.________ l'a exposé dans son rapport. La recourante estime par ailleurs qu'il est arbitraire d'écarter les explications circonstanciées de E.________ uniquement parce qu'elles émanent d'un employé d'une partie. Enfin, la recourante reproche aux juges cantonaux d'avoir violé son droit d'être entendue, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. et l'art. 27 al. 2 de la Constitution vaudoise, en écartant les photographies précitées sans aucune motivation. 3.2 La recourante ne soutient pas que l'art. 27 al. 2 de la Constitution vaudoise aurait une portée différente de celle de l'art. 29 al. 2 Cst. La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu le devoir pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle (ATF 129 I 232 consid. 3.2; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 17, 97 consid. 2b). Il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 123 I 31 consid. 2c; 122 IV 8 consid. 2c). L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, lui paraissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b et les arrêts cités).