Citation: 6B_750/2022 E. 1.6.1

1.6.1. Ne contestant ni l'existence d'un lien de dépendance ni les actes d'ordre sexuel, hormis la constatation de fait de la cour cantonale quant aux actes de "fellation" (cf. consid. 1.5.2 supra), le recourant soutient qu'au vu des circonstances, il devait être considéré que les intimées avaient librement consenti à ce qu'il s'était passé. Selon lui, il ne pouvait être nié que l'intimée 2 avait adopté face à lui une attitude aguicheuse et provocatrice, par laquelle elle l'avait encouragé à passer aux actes. Cette attitude ne constituait pas une démonstration de disponibilité d'une personne qui était sous son emprise, mais était le comportement d'une détenue qui avait cherché à le manipuler en lui faisant croire qu'elle avait des sentiments pour lui. Comme le démontrait la remise au recourant par l'intimée 2 d'une lettre décrivant ses sous-vêtements et imageant une fellation, cette dernière avait pris des initiatives qui ne se justifiaient pas au regard du contexte. Aussi, à défaut de pressions exercées sur elle, tout laissait penser qu'elle était librement consentante, ce que le recourant pouvait avoir considéré d'un point de vue subjectif. Toujours d'après le recourant, il était insoutenable de retenir que l'intimée 3 était dans une posture d'infériorité, en proie au système mis en place. Il n'était en particulier pas établi qu'elle aurait refusé les actes d'ordre sexuel dans un autre contexte que le milieu carcéral. L'intimée 3 n'avait pas été capable d'indiquer si elle avait été consentante ou non, de sorte que la cour cantonale ne pouvait pas, sous l'angle subjectif, déterminer ce qu'elle avait voulu ou même ressenti. Les quelques refus qu'elle avait exprimés avaient, en réalité, été provoqués exclusivement par la peur de se faire surprendre et n'étaient en aucun cas la démonstration d'un consentement vicié tel que retenu par les juges cantonaux. Elle avait de surcroît eu un comportement "proactif" qui était constitutif d'une prise d'initiative. Une fois encore, à défaut de pressions exercées sur elle, l'intimée 3 apparaissait librement consentante, ce dont le recourant pouvait avoir été convaincu subjectivement.