Citation: 5A_23/2023 E. 3.2.2

3.2.2. La Cour de justice a considéré qu'avant le départ de la mère au Portugal, l'enfant était pris en charge à parts plus ou moins égales par chacun des parents, de sorte que la situation de départ était neutre. La recourante conteste cette appréciation et estime avoir été le parent de référence de l'enfant. Elle fonde pour l'essentiel son argumentation sur des arrêts du Tribunal de céans selon lesquels la prise en charge en nature d'enfants scolarisés peut être déterminée en divisant la journée en trois périodes (matin/rentrée-sortie de l'école/soir) et en calculant sur 14 jours de combien de ces unités chaque parent est responsable (cf. arrêts 5A_117/2021 du 9 mars 2022 consid. 4.4.; 5A_743/2017 du 22 mai 2019 consid. 2.2). En application de ce modèle, elle relève qu'avant son départ, elle était en charge de 15 unités contre 6 pour l'intimé la première semaine alors que durant la deuxième semaine, elle assumait 12 unités pour 9 par l'intimé. Elle s'occupait ainsi de l'enfant à hauteur de 65 % du temps (27/42 unités) contre 35 % pour le père (15/42 unités). Il n'apparaît pas que les deux tableaux figurant dans le recours et qui présentent la prise en charge de l'enfant selon les semaines où les parties en avaient principalement la garde auraient été allégués en instance cantonale, de sorte que leur recevabilité apparaît douteuse. Quoi qu'il en soit, la conclusion que la recourante tire du deuxième tableau " semaine 2 (week-end de garde de Monsieur B.________) ", à savoir qu'elle s'occupait de l'enfant à raison de 12 unités et le père 9 unités, est erronée. Il ressort en effet de ce tableau que la prise en charge de l'enfant par le père est de 11 unités et par la mère de 10 unités. Le taux de prise en charge invoqué par la recourante sur deux semaines de 35 % du temps par le père et de 65 % par la mère est par conséquent elle aussi erronée; sur la base des tableaux présentés, le père s'était en réalité occupé de l'enfant environ 40 % du temps (17/42 unités) et la mère 60 % du temps (25/42 unités). Cela étant, comme le relève elle-même la recourante, la possibilité offerte au juge de déterminer le taux de prise en charge des enfants par chacun des parents en divisant les journées en trois unités a été évoquée pour le cas où les enfants sont scolarisés; or il est constant en l'occurrence que l'enfant C.________ n'allait pas à l'école lorsque la recourante vivait en Suisse et celle-ci n'expose pas pour quelle raison il y aurait malgré tout lieu de procéder de la sorte. Par ailleurs, les arrêts cités par la recourante où il a été fait usage de la possibilité de procéder à une telle division ont été rendus dans des cas où il s'agissait de déterminer la manière dont les coûts des enfants devaient être répartis entre les parents en fonction notamment du temps consacré par chacun d'eux à la prise en charge en nature des enfants, question qui ne se pose pas en l'espèce. En outre, quand bien même la recourante se serait occupée à hauteur de 65 % du temps de l'enfant - ce qui ne résulte pas de ses tableaux -, le Tribunal de céans a déjà eu l'occasion de préciser à plusieurs reprises qu'une garde partagée n'implique aucunement un partage strictement par moitié des périodes dévolues par chaque parent à la garde de l'enfant (cf. parmi d'autres: arrêt 5A_247/2021 du 10 janvier 2022 consid. 3.4.2 et l'arrêt cité). En l'espèce, s'agissant d'un cas d'application de l'art. 301a al. 1 CC, il importe en définitive peu de savoir précisément à quel moment de la journée et de la semaine chaque parent s'occupait de l'enfant mais plutôt de déterminer si l'un d'entre eux s'en occupait de manière réellement plus significative que l'autre, de sorte qu'il constituait une figure parentale de référence pour l'enfant dont il aurait été manifestement contraire à ses intérêts de le séparer. Or tel n'est manifestement pas le cas ici puisque la Cour de justice a constaté que l'enfant voyait ses deux parents plusieurs fois par semaine et qu'outre un week-end sur deux et deux soirs et nuits par semaine plus l'ajout d'un soir une semaine sur deux, l'intimé avait également été amené à garder l'enfant pour des périodes supplémentaires en raison d'absences et de maladies de la recourante. Le fait que la Cour de justice n'ait pas précisé que ce mode de prise en charge n'avait été appliqué que depuis juillet 2021 n'est pas susceptible de remettre en cause cette appréciation puisque la recourante ne discute pas la manière dont la garde était répartie avant cette date et quelle était l'implication du père auprès de l'enfant durant l'union sauf à affirmer de manière péremptoire qu'elle avait été le parent de référence de l'enfant durant deux ans et demi et qu'elle en assumait la garde à hauteur de 70 % sur la base d'un tableau établi par ses soins ou encore qu'elle s'était toujours opposée à une garde alternée. Quant à son affirmation selon laquelle elle aurait passé des moments-clés avec l'enfant permettant de tisser des liens plus forts avec celui-ci puisqu'elle ne travaillait alors qu'à 50 %, qu'elle avait été en arrêt maladie depuis le mois de juin 2021, que l'enfant ne fréquentait alors pas la crèche et qu'elle s'en occupait donc la journée, alors que le père en avait la charge essentiellement le soir et la nuit, il s'agit de sa propre appréciation de la qualité des moments passés par chaque parent avec l'enfant qui ne saurait en aucun cas démontrer l'arbitraire de l'appréciation cantonale. Le fait que la Cour de justice ait retenu de manière erronée qu'elle avait travaillé jusqu'en septembre 2021 alors que son arrêt maladie était en réalité intervenu en juin 2021 ou encore que l'intimé ne s'était pas occupé seul de l'enfant durant ses hospitalisations puisque sa propre mère avait également pris une semaine de congé pour lui prêter main-forte ne change rien à ce constat. Au même titre, contrairement à ce que semble penser la recourante, le fait que les parties se soient entendues pour le paiement d'une pension alimentaire par le père en faveur de l'enfant ne constitue pas à lui seul un élément de nature à infirmer l'existence d'une garde alternée puisque d'autres éléments que le temps de prise en charge en nature sont pris en compte dans la fixation d'une contribution d'entretien, à savoir en particulier la capacité financière respective des parties. Compte tenu de l'ensemble des éléments qui précèdent, il n'apparaît pas arbitraire d'avoir retenu que le mode de prise en charge antérieur de l'enfant correspondait à une garde à parts plus ou moins égales.