Citation: 9C_835/2018 E. 5.2

5.2. Ces griefs sont infondés. Une autorité judiciaire n'a effectivement pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, les moyens de preuve et les griefs invoqués par les parties mais, au contraire, peut se limiter à examiner les questions décisives pour l'issue du litige (ATF 143 III 65 consid. 5.2 p. 70). Elle ne commet un déni de justice que si elle ne traite pas un grief relevant de sa compétence, motivé de façon suffisante et pertinent pour l'issue du litige (ATF 142 II 154 consid. 4.2 p. 157 et les références). Or les arguments développés ne sont pas pertinents pour déterminer l'issue du litige. Ainsi, le fait que certains documents adressés à la mère de l'assurée étaient écrits en allemand ne saurait permettre à la recourante de se soustraire à son obligation de payer ses primes d'assurance et ne démontre pas qu'elle aurait été empêchée de comprendre la portée de la décision administrative litigieuse et de recourir utilement contre celle-ci (cf. ATF 133 III 439 consid. 3.3 p. 445 et les références). Le grief tiré du non-respect d'éléments formels de la procédure de poursuite (singulièrement du délai de sommation de trois mois prévu à l'art. 105b OAMal) ne tient pas compte des particularités du litige, singulièrement de la responsabilité solidaire des parents et des enfants majeurs pour le paiement des primes d'assurance-maladie de ces derniers devenues exigibles au cours de leur minorité. A l'inverse de ce que prétend ensuite la recourante, le tribunal cantonal a examiné à satisfaction de droit la créance en cause, puisqu'elle a vérifié pour chacune des périodes pertinentes l'origine des montants réclamés dans la poursuite, l'assurée partant pour le surplus d'une hypothèse non avérée de la cession d'actes de défaut de biens de l'assureur intimé à l'Etat de Genève. Le fait par ailleurs que les montants réclamés en paiement comporteraient une part relevant d'une autre assurance que l'assurance obligatoire des soins est une simple affirmation qui n'établit pas que les chiffres retenus par l'autorité judiciaire auraient été constatés de manière manifestement inexacte. Le retard de l'assureur intimé à statuer dans le dossier de la soeur cadette est une argumentation nouvelle qui n'a fait l'objet d'aucune conclusion en première instance, de sorte qu'elle ne doit pas être examinée par le Tribunal fédéral (cf. art. 99 al. 2 LTF). L'argumentation de la recourante en relation avec l'art. 68 CO ne constitue qu'une réflexion d'ordre général, selon laquelle "il aurait été élégant de la part de l'assureur" de renoncer à la procédure de poursuite à son encontre; elle ne vise pas à démontrer que le tribunal cantonal aurait violé le droit fédéral. La lettre du 14 septembre 2016 adressée à la mère ne saurait être interprétée comme un engagement ferme de l'assureur intimé à ne pas poursuivre les deux soeurs devenues majeures pour leurs primes d'assurance devenues exigibles durant leur minorité. L'assurée ne pouvait invoquer avec succès l'art. 86 al. 1 CO pour exiger de l'assureur intimé qu'il affectât l'argent versé en trop en 2015 au remboursement des dettes qui avait été contractées en 2013-2014 et fait l'objet d'actes de défaut de biens. La déclaration invoquée à cet égard du 25 juillet 2015 est largement postérieure aux paiements dont se prévaut la recourante (cf. décompte de l'assureur intimé du 2 août 2016). On ne voit pas en quoi - et l'assurée ne l'allègue du reste pas - la réimpression des factures de primes dont le recouvrement a abouti à la délivrance d'actes de défaut de biens influencerait le sort de la cause. Enfin, la question du remboursement des subsides pour les primes d'assurance 2015 ou du temps qu'il a fallu à l'assureur intimé pour accepter la résiliation des contrats d'assurance des deux soeurs excède l'objet du litige et de la contestation (au sujet de ces notions cf. MEYER/VON ZWEHL, L'objet du litige en procédure de droit administratif, in Mélanges Pierre Moor, Berne 2005, p. 435 ss).