Citation: U 158/02 20.06.2003 E. 2

2.1 Sur la base du dossier médical (soit en particulier des rapports des docteurs B.________, du 18 juillet 2000, A.________, du 6 septembre 2000, et D.________, du 7 septembre 2000), les premiers juges ont considéré que le recourant dispose d'une pleine capacité de travail en tant que chef de chantier [recte: chef d'équipe] et que cette activité lui permettrait de se préserver d'exercer des tâches incompatibles avec son état de santé. Le recourant n'apporte aucun élément concret permettant d'établir que sa capacité de travail serait diminuée dans une plus large mesure que celle retenue par les premiers juges. En particulier, il ne soutient pas que d'autres tâches que les travaux lourds (travaux à la masse ou au marteau-piqueur, port de charges ou crépissage prolongé) ne lui seraient plus accessibles. Quant au rapport émanant du docteur E.________ (rapport du 23 août 2002), que le recourant produit après le dépôt de la réponse de l'intimée, il porte pour l'essentiel une appréciation sur l'opportunité d'une nouvelle intervention justifiée par l'aggravation des douleurs résiduelles depuis que l'assuré est rentré au Portugal, au mois de mars 2001, et y exercerait une activité de tailleur de pierre. Cette pièce ne constitue dès lors ni un fait nouveau important ni une preuve concluante au sens de l'art. 137 let. b OJ, si bien que la cour de céans n'a pas à en tenir compte dans le cadre de la présente procédure (ATF 127 V 357 consid. 4). Les faits en question sont, du reste, postérieurs à la décision sur opposition contestée (cf. supra consid. 1.2). 2.2 Les juges cantonaux ont admis qu'un travail de chef d'équipe permettrait au recourant de réaliser un revenu de 28 fr. 45 de l'heure (Info-actif 2000, Brochure d'informations professionnelles et sociales éditée par les Syndicats Chrétiens Interprofessionels du Valais, p. 47, citée par le Tribunal des assurances) qui, comparé au revenu sans invalidité de 28 fr. 20 non contesté (cf. art. 18 al. 2 LAA), ne révélait aucune incapacité de gain. Comme en première instance, le recourant se prévaut du nouveau contrat de travail conclu le 2 mars 2001 avec son employeur, soit quatorze jours avant son départ définitif au Portugal. Le salaire horaire convenu était diminué de 20% (23 fr. 50 au lieu de 29 fr. 40), au motif qu'une baisse de rendement correspondante avait été constatée sur le chantier. Ce moyen ne lui est toutefois d'aucun secours, car la conclusion de ce contrat - dont on peut douter qu'il corresponde à la volonté réelle des parties -, est postérieure à la décision sur opposition litigieuse dont la date est à cet égard déterminante. D'autre part, il sied de rappeler, avec les premiers juges (cf. consid. 2a/aa du jugement attaqué), qu'on peut attendre de l'assuré qu'il utilise au mieux sa capacité résiduelle de travail; il s'agit d'ailleurs d'un réquisit légal (cf. art. 18 al. 2 LAA) pour procéder à la comparaison des revenus (à ce sujet, voir par ex. Jean-Maurice Frésard, L'assurance-accidents obligatoire, in : Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, ch. 76 p. 35). A défaut, l'obligation du recourant d'atténuer autant qu'il le peut les conséquences du dommage imputable à l'accident serait vidée de son sens (sur ce principe général du droit des assurances sociales, voir ATF 123 V 233 consid. 3c, 117 V 278 consid. 2b, 400 et les arrêts cités; Gabriela Riemer-Kafka, Die Pflicht zur Selbstverantwortung, Fribourg 1999, p. 57, 551 et 572; Hardy Landolt, Das Zumutbarkeitsprinzip im schweizerischen Sozialversicherungsrecht, thèse Zurich 1995, p. 61). Or, dans le cas d'espèce, P.________ travaillait déjà comme chef d'équipe avant l'accident, activité dont on a vu qu'elle était adaptée et exigible. Lorsque, postérieurement à l'accident, le recourant a repris cette activité, il ne bénéficiait pas d'un salaire social mais d'un revenu en rapport avec ses tâches. C'est donc bien un salaire de 28 fr. 45 qui doit entrer en ligne de compte comme revenu d'invalide pour la comparaison des revenus, de sorte que le taux d'invalidité allégué de 20 % n'est pas justifié. Il s'ensuit que la décision litigieuse et le jugement attaqué sont conformes au droit fédéral.