Citation: I 802/05 07.06.2006 E. 5

5.1 Reste à examiner le calcul de la comparaison des revenus. A cet égard, il convient de se placer au moment de la naissance possible du droit à la rente, les revenus avec et sans invalidité étant par ailleurs déterminés par rapport au même moment (ATF 129 V 223 consid. 4.2). En l'occurrence, les documents du dossier ne permettent pas de déterminer précisément le moment à partir duquel le recourant a présenté une incapacité de travail susceptible d'ouvrir droit à une rente au sens de l'article 29 al. 1 let. b aLAI. Cependant, le recourant ne requiert une rente qu'à partir de juin 1997. Ainsi, la comparaison des revenus doit se faire au regard de la situation existant à cette date. 5.2 La juridiction cantonale a fixé le revenu de personne valide à 58'698 fr. en se fondant sur le rapport de l'enquête économique pour les agriculteurs du 6 octobre 2003. L'enquêteur avait arrêté ce montant en indiquant qu'il s'agissait du revenu agricole qui pouvait être tiré d'une exploitation agricole de plaine de la dimension de celle du recourant au jour du rapport, soit le 6 octobre 2003, sans handicap et en poursuivant l'activité agricole en production laitière. Si l'on ne connaît pas les revenus agricoles réalisés par l'intéressé en 1997, on doit admettre qu'ils étaient en tout cas inférieurs au montant retenu par l'enquêteur, dès lors qu'en 1994, il a abandonné la production laitière en raison de son état de santé pour orienter son activité agricole vers la garde de vaches allaitantes. En 1993, avant sa reconversion, son revenu agricole s'élevait à 41'860 fr. après déduction du capital investi (cf. rapport complémentaire du 6 octobre 2003 de l'enquête économique pour les agriculteurs). Dans ces circonstances, on peut retenir, à l'instar des premiers juges, le montant de 58'698 fr. au titre de revenu sans invalidité - au demeurant non contesté -, dès lors que même dans ce cas, le taux d'invalidité n'est pas suffisant pour ouvrir droit à une rente. 5.3 Quant au revenu d'invalide, il doit être fixé sur la base des données statistiques ressortant de l'enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) publiée par l'Office fédéral de la statistique (cf. ATF 126 V 75). Le salaire de référence est celui auquel peuvent prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives (niveau 4) dans le secteur privé, à savoir 51'528 fr. par année (ESS 1996, TA1, p. 17). Adapté à l'évolution des salaires selon l'indice des salaires nominaux pour les hommes de l'année 1997 (0,5 %; La Vie économique 11/99, p. 28, B10.2), ce montant doit être porté à 51'785 fr 64. Du moment que ce salaire brut standardisé tient compte d'un horaire de travail de 40 heures par semaine et que les experts du COMAI ont estimé que le recourant pouvait travailler huit heures par jour (rapport du 27 décembre 2004), il n'y a pas lieu de l'adapter. Par ailleurs, l'abattement de 10 % retenu par les premiers juges, non contesté par le recourant, paraît approprié aux circonstances du cas particulier. Ainsi, le gain annuel d'invalide se monte à 46'607 fr. lorsque l'activité est exercée à plein temps. Il s'ensuit que la comparaison des revenus abouti, dans l'hypothèse la plus favorable à l'assuré, soit en retenant une capacité de travail de 80 %, à un taux d'invalidité de 36,48 % (37'285,60 [80 % de 46'607] / 58'698), arrondi à 36 % (ATF 130 V 121), soit un taux inférieur à la limite de 40 % ouvrant droit à un quart de rente (cf. art 28 al. 1 aLAI).