Citation: 5A_481/2023 E. 5.1.1

5.1.1. L'autorité cantonale a tout d'abord relevé que la faillie ne reprochait pas à la première juge d'avoir constaté arbitrairement les faits, conformément aux exigences de motivation posées par l'art. 321 al. 1 CPC. Dans un premier temps, elle allait donc procéder à l'examen des griefs en se fondant sur l'état de fait dressé par celle-ci. A cet égard, c'était en vain que la recourante se plaignait de ce que la première juge n'avait pas pris en compte la lettre d'intention d'un futur investisseur prêt à prendre une participation importante dans la société. Dans sa requête visant à l'octroi de l'effet suspensif, la recourante avait déjà fait état d'un investisseur ayant manifesté son "intérêt à investir 20 millions" dans la "holding A.________" et qui avait indiqué qu'il reprendrait contact avec son mandataire en Suisse "prochainement en particulier pour le calendrier des versements à effectuer entre 2023 et 2024". Dans l'ordonnance du 6 avril 2023 admettant l'effet suspensif, le Président de l'ARMC indiquait déjà que la réalisation concrète de la perspective alléguée semblait à première vue hypothétique, sachant que l'investissement devait être entrepris "entre 2023 et 2024", soit une période allant très largement au-delà de celle considérée comme déterminante en lien avec le sursis provisoire et la recourante n'alléguant pas que des discussions postérieures, plus concrètes, auraient eu lieu avec ledit investisseur. A ce jour, celle-ci ne faisait toujours pas état de discussions plus concrètes avec cet investisseur, alors que l'un des documents qu'elle produisait (intitulé Paiements Attendus Holding A.________ SA) faisait apparaître - sans fournir la moindre explication - sous "Montant net Juin 2023" un "Paiement en prévision" d'une partie du prétendu investissement, soit une somme de 8'000'000 fr. L'argument présenté par la recourante en lien avec le prétendu investissement futur conséquent se révélait dès lors sans consistance. A cela s'ajoutait que la recourante avait toujours affirmé que cet investissement concernerait la Holding A.________ SA, distincte de la société recourante, et que le dossier ne contient aucun document permettant d'envisager que la Holding A.________ SA se serait engagée à remettre, de l'investissement allégué, un montant déterminé à la société recourante. Enfin, celle-ci affirmait que le salon "D.________" à V.________ lui permettait légitimement d'espérer des ventes venant grossir les chiffres déjà réalisés. Devant la première juge, elle n'avait fait qu'alléguer cette perspective sans apporter aucun élément de preuve, de sorte que l'appréciation effectuée par le tribunal civil ne pouvait qu'être confirmée. Il n'existait en définitive, sur la base des faits établis par la première juge, aucune perspective d'assainissement.