Citation: 4P.60/2002 18.06.2002 E. 1

L'intimée soutient que, comme le recourant présente une argumentation presque identique dans son recours de droit public et dans son recours en réforme, les deux recours devraient être déclarés irrecevables. 1.1 Il est vrai que, conformément à la jurisprudence citée par l'intimée, le Tribunal fédéral a qualifié d'abusif le procédé consistant à déposer deux recours, dans des écritures certes distinctes, mais en mélangeant les griefs propres à une voie de droit avec ceux propres à une autre voie (ATF 116 II 92 consid. 1; 115 II 396 consid. 2a). Il ne faut pour autant pas en déduire que deux recours sont irrecevables du seul fait qu'ils ont la même motivation. Il ne sera pas entré en matière que si, en raison du mélange des griefs soulevés, les arguments avancés à l'appui des deux recours apparaissent enchevêtrés les uns aux autres, peu compréhensibles ni logiquement ordonnés (arrêt 4C.39/1989 du 29 avril 1991, résumé in SJ 1993 p. 373, consid. 1a non publié). En présence de deux recours dont la motivation est similaire, il convient ainsi d'examiner si, pour chaque acte de recours, les moyens invoqués sont recevables dans le cadre de cette voie de droit et satisfont aux exigences de motivation qui y sont propres. Si la réponse est affirmative, le recours est recevable, quand bien même le recourant reprend textuellement le même grief dans une autre écriture (ATF 118 IV 293 consid. 2a). 1.2 Eu égard à ces principes, la recevabilité des deux recours doit être admise malgré leur similitude. En effet, dans son recours de droit public, le recourant se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. Dans le recours en réforme, il reprend certes ces critiques, mais en rapport avec les art. 63, 64 et 51 al. 1 let. c OJ. Même si un tel grief ne peut être soulevé dans le cadre d'un recours en réforme, il ne saurait entraîner pour autant l'irrecevabilité du même grief, formulé correctement dans le recours de droit public (cf. arrêt 4C.117/1993 du 14 décembre 1993, in SJ 1994 p. 600, consid. 1). Ce raisonnement s'applique également lorsque le recourant s'en prend à la notion de défaut de la chose louée dans son recours de droit public et qu'il invoque à ce propos une violation du droit fédéral dans son recours en réforme. Par conséquent, même si les griefs soulevés parallèlement dans les deux recours sont tantôt recevables dans l'une, tantôt dans l'autre voie de droit, on ne peut en conclure à un usage abusif des deux moyens de droit.