Citation: 2C_429/2024 E. 4.8

4.8. Le comportement de l'ex-époux de la recourante est caractéristique de la violence psychologique, à savoir moqueries, dévalorisation, menaces, intimidations et contrôles des faits et gestes. Cette situation remontait à tout le moins au bilan cognitif diagnostiquant un léger retard mental chez l'intéressée, effectué "au terme" de l'évaluation psychologique de novembre 2018, et dont l'ex-conjoint s'est servi pour la dénigrer et l'insulter. Celui-ci la menaçait, consultait son téléphone, l'obligeait à mettre le haut-parleur lorsqu'elle recevait un appel, lui interdisait de contacter ses amis et sa famille et la mise à la porte en tout cas à une, voire deux reprises. L'intéressée était surveillée jusque sur le lieu de ses cours et chez le médecin par sa belle-famille. Certes, cette surveillance était le fait de sa belle-mère et de ses belles-soeurs, mais lorsque la belle-famille est à ce point impliquée dans le vie conjugale, on ne peut en faire abstraction, en tous les cas lorsque l'époux ne prend pas ses distances, comme en l'espèce. Il faut encore souligner le très jeune âge de l'intéressée, qui avait 19 ans lors de la première consultation auprès de l'Office médico-pédagogique, ainsi que le fait qu'elle venait du Kosovo et qu'elle ne parlait pas le français à son arrivée en Suisse: ces éléments la rendaient d'autant plus vulnérable. On ne saurait donc suivre les juges précédents, lorsqu'ils relèvent l'absence du caractère systématique des contraintes psychologiques invoquées et d'actes de violence d'une intensité particulière. Dans ces conditions, il est évident que la vie conjugale ne pouvait être poursuivie en raison des violences conjugales subies par la recourante. Ces violences psychologiques ont été d'une telle force qu'elles ont nécessité un suivi psychologique mis en place par l'Office médico-pédagogique, puis par la psychologue qui a établi le rapport du 1er février 2024. De plus, elles ont engendré, selon ce document, un trouble anxieux marqué et de symptômes typiques d'un état de stress post- traumatique. La violence psychologique subie a ainsi non seulement eu des conséquences importantes sur la santé de la recourante, mais celles-ci sont durables.