Citation: 5A_163/2023 E. 1.3

1.3. En l'occurrence, les recourants ont méconnu la nature incidente de la décision entreprise, de sorte que leur acte de recours ne contient aucune argumentation relative à la recevabilité de leur écriture au regard de l'art. 93 al. 1 LTF. L'existence d'un préjudice irréparable n'apparaît par ailleurs pas d'emblée évidente. Une lecture du recours ne permet en effet pas de considérer que les documents mentionnés par les recourants seraient nécessaires pour sauvegarder leurs droits dans le cadre du procès au fond et, partant, que leur éventuelle destruction leur serait préjudiciable. Il résulte notamment de l'arrêt attaqué que si les recourants avaient rendu vraisemblable une importante planification patrimoniale du défunt dès 2007, ils n'avaient en revanche pas rendu vraisemblable que cette planification avait pour but manifeste de léser leur réserve successorale ni expliqué comment elle était susceptible d'atteindre cet objectif. À cet égard, la cour cantonale a en particulier constaté que les intimés alléguaient que les recourants avaient eux-mêmes obtenu des actifs provenant du patrimoine du défunt, notamment des avoirs auprès de W.________ et d'établissements bancaires en X.________, ainsi que des immeubles, dont ils taisaient l'existence. Or, les recourants ne répondaient pas à cet allégué et persistaient à affirmer qu'" il ne fait aucun doute " que les libéralités entre vifs consenties par le défunt en faveur des intimés portaient atteinte à leur réserve au regard de la fortune de celui-ci. En se focalisant exclusivement sur les libéralités dont les intimés avaient bénéficié, tout en omettant d'alléguer les libéralités dont ils auraient eux-mêmes bénéficié et la totalité des actifs successoraux du défunt à partager, ils ne rendaient pas vraisemblable une atteinte à leur réserve et, partant, leur droit aux renseignements sur des avoirs appartenant à des tiers conformément à l'arrêt du Tribunal fédéral 4A_522/2018 du 18 juillet 2019. Devant le Tribunal fédéral, les recourants n'apportent pas davantage d'explications sur l'existence d'une possible atteinte à leurs droits successoraux, dans la mesure où ils se limitent à relever qu'une démonstration " exhaustive " de l'ampleur de la lésion ne pouvait pas être exigée de bonne foi de leur part à ce stade et à affirmer que les libéralités du défunt étaient propres à porter atteinte à leurs réserves, sans étayer plus avant leur propos en démontrant que tel serait effectivement le cas compte tenu notamment des libéralités qu'ils avaient eux-mêmes reçues. Le fait qu'ils relèvent avoir allégué dans leur requête de mesures provisionnelles plusieurs libéralités propres à léser leurs réserves successorales - ce qui au demeurant ne ressort pas de l'arrêt attaqué (art. 105 al. 1 LTF) sans que les exigences de motivation accrue d'un grief d'arbitraire soient satisfaites (art. 106 al. 2 LTF; cf. ATF 147 I 73 consid. 2.2; 146 IV 88 consid. 1.3.1) - n'y change rien, étant donné qu'ils ne prétendent de toute manière pas ni ne démontrent que cette requête contiendrait une telle démonstration, respectivement que les documents déjà en leur possession seraient insuffisants à cette fin. Au demeurant, dût-on admettre que les documents visés par la présente procédure étaient nécessaires à la sauvegarde des droits des recourants qu'il n'est pas établi que leur destruction serait concrètement à craindre, les recourants ne faisant qu'alléguer dans leur mémoire (p. 30) que ces documents avaient " des chances d'être définitivement détruits " sans en préciser les raisons. Il suit de là que la condition de préjudice irréparable posée à l'art. 93 al. 1 let. a LTF n'est pas réalisée et que le recours doit ainsi être déclaré irrecevable.