Citation: 6B_691/2021 E. 3.4.2

3.4.2. Il est vrai, comme le relève le recourant, que la remarque de la cour cantonale selon laquelle le dommage subi par le recourant serait " la conséquence des dénonciations faites au Burkina Faso, dans le cadre des relations commerciales opposant des hommes d'affaires locaux auxquels il appartenait " ne permet pas de comprendre en quoi l'État ne serait pas pour autant responsable du dommage qui aurait été causé par la procédure pénale ouverte à Genève. C'est à raison que le recourant rappelle la teneur de l'art. 420 CPP (action récursoire de l'État) et soutient que l'État doit indemniser le prévenu pour l'intégralité de son dommage, à charge, ensuite, pour l'État de se retourner contre les tiers qui l'ont causé en tout ou partie. Il n'est pas pertinent, dans l'examen de l'art. 429 CPP, que la procédure pénale suisse ait été ouverte à la suite de dénonciations faites au Burkina Faso. De même, on ne saurait reprocher au recourant, comme semble le faire la cour cantonale, de ne pas avoir requis du ministère public l'autorisation d'effectuer les actes de gestion qui lui aurait permis de poursuivre sa politique d'investissement. De toute évidence, la stratégie du recourant que la cour cantonale décrit comme " hautement spéculative ", n'était pas conforme avec l'objectif de conservation des avoirs que poursuit le séquestre. Comme le relève le recourant, conformément à l'art. 1 de l'ordonnance sur le placement des valeurs patrimoniales séquestrées précitée, les valeurs patrimoniales séquestrées doivent, dans toute la mesure du possible, être placées et de manière que le placement soit sûr, qu'elles ne se déprécient pas et qu'elles produisent un rendement. Ainsi, la mise en oeuvre de la stratégie d'investissement du recourant, qui consistait en l'acquisition, au moyen des avoirs séquestrés, de produits dérivés, comme des options sur le marché des devises, soit des produits destinés à un usage spéculatifs, ne constituait pas un placement sûr au sens de cette disposition, de sorte que dès le prononcé du séquestre sur les comptes bancaires, elle était devenue juridiquement impossible. D'ailleurs, il ressort des faits établis que le ministère public avait indiqué à la banque, par courrier du 22 juin 2017, qu'il n'autoriserait pas le renouvellement des options lorsque les positions pouvaient être clôturées à leur échéance sans générer de perte. Par cette instruction, le ministère public empêchait le recourant de poursuivre sa politique d'investissement, en le privant de la possibilité de réinvestir ses gains dans de nouvelles opérations.