Citation: 5A_716/2009 22.04.2010 E. 2

La recourante invoque la violation des art. 29 Cst. et 8 CC en relation avec la constatation d'un fait, le paiement de la somme de 200'000 USD (244'320 fr.) par l'administrateur E.________ à l'avocat K.________. 2.1 Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., comprend notamment le droit pour le justiciable de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique, de participer à l'administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (cf. ATF 133 I 270 consid. 3.1 p. 277; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a p. 51). L'art. 8 CC confère à celui qui a le fardeau de la preuve le droit d'offrir ses moyens de preuve et d'obtenir qu'ils soient administrés, s'ils ont été présentés à temps et selon les formes prévues par la procédure cantonale (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 290). Si des moyens de preuve sont invoqués en relation avec un droit subjectif privé découlant d'une norme de droit matériel fédéral, le recourant doit donc se plaindre de la violation de l'art. 8 CC, et non de son droit d'être entendu au sens de l'art. 29 al. 2 Cst. (arrêts 5A_403/2007 du 25 octobre 2007, consid. 3.1; 5A_193/2008 du 13 mai 2008, consid. 3.1; 5A_44/2008 du 7 juillet 2008, consid. 3). L'art. 8 CC ne permet toutefois pas de remettre en question l'appréciation des preuves du juge cantonal, ni n'exclut l'appréciation anticipée des preuves ou une administration limitée des preuves lorsque celle-ci emporte la conviction du juge quant à l'exactitude d'une allégation (ATF 127 III 520 consid. 2a p. 521/522; 126 III 315 consid. 4a p. 317; 122 III 219 consid. 3c p. 223; 114 II 289 consid. 2a p. 291). Il ne permet pas non plus de critiquer l'appréciation du juge du fait quant à l'aptitude d'un moyen de preuve à prouver un fait pertinent (ATF 122 III 219 consid. 3c p. 223 in fine). 2.2 La cour cantonale a retenu comme établi par un témoignage, celui du réviseur des comptes de la faillie, et par diverses pièces du dossier, dont l'une provenant des écritures comptables de cette dernière, que le paiement de 200'000 USD à Me K.________ avait été effectué « pour le compte » de la recourante. Cela étant et la recourante, représentée par les mêmes administrateurs que la faillie, n'ayant fourni aucune autre explication à ce sujet, la cour cantonale a tenu pour acquis que ledit paiement avait bénéficié à la recourante. Sur ce point, cette dernière se prévaut de ce que Me K.________ avait indiqué sous serment que la somme en question ne lui avait pas été versée pour le compte de la recourante, inconnue de lui, que la mention manuscrite « pmt pour cpte de X.________ » sur une pièce aurait été ajoutée après que celle-ci ait été émise, « vraisemblablement par erreur », et que le réviseur des comptes de la faillie, à qui cette pièce avait été présentée plus de cinq ans après, se serait limité à indiquer ce qui y était mentionné. La recourante reproche à la cour cantonale de ne pas avoir jugé utile, comme le droit cantonal l'y autorisait, de rouvrir les enquêtes et de réentendre le réviseur des comptes de la faillie, de même que de n'avoir pas tenu compte du témoignage de Me K.________. Par cette critique, la recourante s'en prend en réalité à l'appréciation, notamment anticipée, des preuves par l'autorité cantonale, appréciation dont elle ne démontre pas par ailleurs, selon les exigences requises, qu'elle serait arbitraire (cf. ATF 133 II 249 consid. 1.2.2; 133 IV 286 consid. 1.4). Il s'ensuit que les griefs de violation des art. 8 CC et 29 Cst. doivent être rejetés et que les griefs relatifs à l'appréciation des preuves sont irrecevables.