Citation: 4P.59/2004 29.06.2004 E. 7

Pour la recourante, qui estime qu'elle a démontré l'existence des circonstances permettant une résiliation immédiate du contrat de travail pour justes motifs, cette appréciation des faits serait arbitraire car elle omettrait certains éléments de preuve importants et en présenterait d'autres de façon tellement édulcorée qu'ils en perdraient toute valeur probante. 7.1 D'emblée, il y a lieu d'observer qu'il ne saurait être question, par le biais d'un recours de droit public fondé sur l'interdiction de l'arbitraire, de revoir globalement tout l'état de fait dressé par la cour cantonale, à l'instar d'une juridiction d'appel. Conformément à la jurisprudence, déjà rappelée plus haut, concernant les exigences de motivation du grief d'arbitraire découlant de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le Tribunal fédéral doit se contenter d'examiner les critiques précises, fondées sur des éléments exactement désignés, démontrant sans équivoque le caractère insoutenable de points déterminés de la décision entreprise. Le rappel des faits dressé sous chiffre IV de l'écriture de la recourante (p. 5 à 17) ne remplit pas ces conditions. On n'en tiendra pas compte. 7.2 La recourante prétend d'abord qu'il est arbitraire d'avoir retenu que les absences injustifiées du travailleur n'ont pas été établies. Elle invoque divers témoignages ainsi que la déposition écrite d'un agent de sécurité au service de la société. Ce dernier document indique effectivement que, pour son auteur, l'intimé sortait environ deux à trois fois par jour pendant une heure et demie à deux heures et que les représentants de la recourante s'étaient souvent montrés exaspérés, disant au travailleur qu'il n'était pas payé 7 000 fr. pour faire le coursier alors qu'il y en avait déjà un. Le témoin B.________ quant à lui confirme l'énervement du patron devant les absences de l'employé, et précise qu'à sa connaissance ce dernier faisait très peu de courses, dont le témoin se chargeait surtout, en dehors du coursier lui même très occupé. Deux autres témoins, M. et Mme C.________, exploitants d'un atelier d'horlogerie, ont indiqué qu'ils avaient reçu la visite de l'intimé dans le cadre de leurs relations professionnelles. La cour cantonale a dûment rapporté l'énervement de l'employeur devant les absences fréquentes du travailleur, jugeant toutefois que le caractère injustifié de celles-ci n'était pas établi, compte tenu du fait que les fonctions de l'employé avaient pu l'amener à devoir effectuer des livraisons ou visiter des fournisseurs. La recourante ne prétend pas, et a fortiori ne démontre pas, que le cahier des charges de l'intimé ait exclu toute activité de ce genre. Sur ce point, l'arrêt attaqué résiste au grief d'arbitraire.