Citation: 4C.357/2006 21.12.2006 E. 3.2

3.2.1 Dans un premier temps, la cour cantonale, se basant sur le comportement adopté par les parties postérieurement à l'envoi de la lettre du 18 février 2002, a retenu que celles-ci avaient voulu soumettre l'octroi d'un délai de remboursement à la réalisation des conditions mentionnées dans ladite lettre (jugement attaqué, consid. 4c). Les juges valaisans exposent ensuite les raisons pour lesquelles, à leur avis, une interprétation objective ne conduirait pas à une autre solution (jugement attaqué, consid. 4d). Constatant enfin que le demandeur n'a pas satisfait à l'une des conditions posées dans la susdite lettre, à savoir la diminution de son endettement total au maximum de 250'000 fr. jusqu'au 30 septembre 2002, ils en déduisent que les obligations litigieuses étaient exigibles au moment où la défenderesse avait intenté des poursuites au demandeur afin d'en obtenir l'exécution forcée. 3.2.2 Lorsque la décision attaquée se fonde sur plusieurs motivations indépendantes, alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes, chacune doit, sous peine d'irrecevabilité, être attaquée avec le moyen de droit approprié (ATF 115 II 300 consid. 2a p. 302; 111 II 397 consid. 2b, 398 consid. 2b; cf. également ATF 129 I 185 consid. 1.6 p. 189; 122 III 488 consid. 2; 117 II 432 consid. 2a p. 441). Le cas échéant, le recourant devra attaquer l'une des deux motivations par la voie du recours en réforme, en démontrant qu'elle viole le droit fédéral, et l'autre par celle du recours de droit public, en faisant valoir qu'elle porte atteinte à ses droits constitutionnels (ATF 115 II 300 consid. 2a p. 302; 111 II 398 consid. 2b; cf. également ATF 121 III 46 consid. 2; 121 IV 94 consid. 1b). Ces exigences sont posées à peine d'irrecevabilité de chacun des moyens de droit concernés (ATF 131 III 595 consid. 2.2 p. 598; 116 II 721 consid. 6a p. 730). Le jugement déféré repose sur une double motivation alternative, dont chaque élément suffit à lui seul à justifier la solution retenue. En effet, pour la cour cantonale, tant l'interprétation subjective que l'interprétation objective de la clause relative au délai de remboursement de six mois figurant dans la lettre du 18 février 2002 conduisent à admettre que l'octroi d'un tel délai au débiteur était subordonné à la réduction de son endettement à fin septembre 2002 jusqu'à concurrence des montants indiqués dans ladite lettre. Or, le demandeur n'est pas recevable à critiquer l'une des branches de cette motivation alternative - soit le résultat de l'interprétation subjective de la clause en question - dans la procédure du recours en réforme et il a retiré le recours de droit public qui lui aurait permis de s'en prendre à cette motivation. Il s'ensuit l'irrecevabilité de son recours en réforme en vertu de la jurisprudence précitée. On cherche d'ailleurs en vain, dans l'acte de recours, une quelconque critique des motifs par lesquels les juges cantonaux ont démontré que l'interprétation objective de la clause litigieuse conduisait au même résultat que son interprétation subjective. Pour le surplus, le demandeur ne soutient pas que les créances formant l'objet des actions en libération de dette n'auraient de toute façon pas été exigibles au moment décisif même dans l'hypothèse où le sens à donner à la clause controversée serait celui que lui a attribué la cour cantonale.