Citation: 2A.530/2001 16.04.2002 E. 3

Le recourant reproche au Tribunal administratif d'avoir retenu qu'il avait acheté 50 g de cocaïne, en se fondant sur un rapport de la Police cantonale vaudoise (ci-après: la Police) du 1er février 2001 dans une affaire récente de trafic de stupéfiants. Il prétend n'avoir acquis que 5 g [de cocaïne] pour sa propre consommation. D'après lui, l'autorité intimée, qui a refusé de recueillir le témoignage de l'inspecteur de police D.________, dont il demandait l'audition, aurait constaté les faits de façon inexacte et en violation d'une règle essentielle de procédure. En réalité, le Tribunal administratif ne mentionne nulle part que l'intéressé aurait acheté 50 g de cocaïne. Selon l'autorité intimée, qui se réfère au rapport susmentionné de la Police et à un procès-verbal d'audition de la Police du 1er décembre 2000, le recourant a déclaré qu'il était consommateur de cocaïne depuis 1993, qu'il avait alterné des périodes d'abstinence et de consommation et qu'il n'avait jamais fait de cure pour arrêter (cf. l'arrêt attaqué, p. 2 et 3). Le Tribunal administratif en tire la conclusion suivante, en ce qui concerne l'intéressé: "Même s'il n'a pas encore été jugé et bénéficie de la présomption d'innocence, il faut constater qu'il n'a manifestement pas rompu avec le milieu de la drogue (il admet avoir consommé à nouveau de la cocaïne, même s'il jure avoir cessé depuis lors) ..." (cf. l'arrêt attaqué, p. 5). On ne saurait suivre le recourant quand il se plaint de constatation inexacte de faits pertinents, d'autant plus qu'il admet lui-même avoir acquis 5 g de cocaïne dans une affaire récente de trafic de stupéfiants. Au demeurant, les conclusions qu'en tire l'autorité intimée ne sont pas critiquables. Pour le surplus, le Tribunal administratif pouvait écarter l'offre de témoignage présentée par le recourant sans violer une règle essentielle de procédure. Selon la jurisprudence en effet, l'autorité peut, sans violer le droit d'être entendu, mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 124 I 208 consid. 4a p. 211).