Citation: I 376/02 28.03.2003 E. 3

3.1 En l'occurrence, le docteur G.________ estime que la recourante présente de nombreux facteurs de risque pour le développement d'un trouble somatoforme et est atteinte d'un syndrome dépressif d'intensité moyenne à sévère. Il indique, au terme de son observation, qu'«au vu de cette situation complexe, évoluant depuis plusieurs années, une reprise du travail ou une réadaptation nous semblent illusoires». Si le psychiatre émet ainsi l'opinion succincte que toute reprise de travail serait vouée à l'échec, il ne précise toutefois pas concrètement si l'on peut raisonnablement attendre de la recourante qu'elle reprenne un travail en dépit de ses troubles psychiques - sans qu'il soit déterminant à cet égard de savoir si elle est disposée ou non à fournir l'effort nécessaire pour ce faire. Or, à partir du moment où il est établi qu'il y a atteinte psychique ayant valeur de maladie, il est décisif de savoir si et dans quelle mesure, l'assuré peut, malgré son infirmité mentale, mettre à profit sa capacité de travail et de gain en exerçant l'activité qui peut raisonnablement être exigée dans son cas (ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références; cf. Plädoyer 2002 n° 4 p. 64 consid. 2b et les références). Peu importe pour l'évaluation de l'invalidité que l'assuré mette effectivement à profit sa capacité de travail (résiduelle) (Meyer-Blaser, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung [IVG], ad art. 28 p. 202). Par ailleurs, le Professeur C.________ et la doctoresse D.________ reconnaissent à la recourante une capacité de travail de 50 % en quelque sorte «conditionnelle» puisqu'ils en subordonnent l'existence à une modification de l'environnement social dans lequel elle vit. Dans un courrier au médecin-conseil de l'intimé du 8 janvier 1999, le Professeur C.________ précise encore que «dans un autre environnement, avec un entourage affectif de meilleure qualité et, peut-être moins d'investigations médicales(...) la patiente pourrait aller mieux et, de ce fait, trouver une place dans le marché du travail». Comme le relève la recourante l'avis des experts quant à sa capacité de travail repose sur une pure hypothèse et non pas sur des constatations objectives. En effet, les médecins ne se sont pas prononcés concrètement sur une diminution de la capacité de travail en raison de problèmes d'ordre psychique, au moment déterminant, mais se sont bornés à décrire quelles pourraient être les conséquences d'un changement d'environnement social sur l'aptitude de la recourante à exercer une activité. Leur avis ne saurait dès lors emporter la conviction. A la lecture de l'expertise litigieuse, on constate donc que les conclusions des différents médecins impliqués dans l'examen de la recourante laissent subsister des divergences quant aux conséquences des affections psychiques sur sa capacité de travail et ne permettent pas non plus de se déterminer de manière convaincante sur ce point. 3.2 Pour autant, on ne saurait s'en remettre, comme le voudrait la recourante, à l'appréciation de la capacité de travail donnée par son médecin traitant, le docteur H.________, ni aux certificats médicaux du docteur E.________ qu'elle a produits en cours de procédure cantonale. D'une part en effet, le rapport du médecin traitant du 19 mars 1998 ne remplit à l'évidence pas les conditions posées par la jurisprudence sur le caractère probant d'une pièce médicale, dès lors que les diagnostics et l'évaluation de l'incapacité de travail dont il fait état ne reposent sur aucune motivation ou explication. D'autre part, les certificats du docteur E.________ établis les 12 décembre 2000 et 20 janvier 2001 - comme du reste le rapport de la doctoresse F.________ du 4 juillet 2001 - portent sur des faits survenus postérieurement à la décision litigieuse. Ils n'ont dès lors pas à être pris en compte - ce que la recourante reconnaît au demeurant -, seul étant déterminant en l'occurrence l'état de fait existant au moment où celle-ci a été rendue (ATF 121 V 366 consid. 1b et la référence). Cas échéant, l'évolution défavorable de l'état de santé de la recourante sur le plan physique devra être prise en considération par l'office intimé lorsqu'il se prononcera sur la demande de prestations que la recourante allègue avoir déposé. 3.3 En l'absence d'une appréciation médicale convaincante sur le point de savoir si et dans quelle mesure, au moment déterminant, la recourante subissait une diminution de sa capacité de travail en raison de problèmes d'ordre psychique, il se justifie de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il procède à une instruction complémentaire sous la forme d'une expertise psychiatrique. A cette occasion, le caractère éventuellement invalidant des troubles somatoformes douloureux devrait être examiné à la lumière des critères développés dans l'arrêt publié à la Pratique VSI 2000 p. 154.