Citation: 5A_83/2023 E. 3.3

3.3. En l'espèce, l'estimation fiscale à laquelle l'autorité cantonale a procédé est effectivement douteuse. En insérant les montants retenus par celle-ci (cf. supra consid. 3.1.1) dans le simulateur, y compris le revenu net de l'intimée, on n'obtient pas la charge fiscale mensualisée de 3'000 fr. retenue en appel, mais un montant nettement inférieur, proche de celui ressortant de la décision de taxation 2019 dont le recourant fait état. Si le calculateur en ligne prévoit effectivement l'introduction du revenu brut pour les salariés et du revenu net pour les indépendants, l'arrêt entrepris ne procède pas tant de l'arbitraire en raison du choix du revenu inséré, qui ne fait varier le montant final que dans une moindre mesure, mais d'une autre erreur. Il semblerait en effet que l'autorité précédente ait tenu compte deux fois des revenus locatifs (50'334 fr.) dans son estimation : une première fois en les additionnant aux revenus de l'activité professionnelle de l'intimée et une seconde fois sous "valeur locative et revenus locatifs". Reste cependant à examiner les griefs soulevés par l'intimée. En tant qu'elle se contente d'affirmer de manière péremptoire que le montant des intérêts hypothécaires déduit par l'autorité cantonale ne serait pas de 43'000 fr., mais de 21'432 fr. - qui serait le montant retenu dans sa décision de taxation 2019 -, sa critique est irrecevable, dès lors qu'elle ne répond pas aux réquisits légaux (cf. supra consid. 2.2.1; art. 106 al. 2 LTF). La déduction tirée de l'augmentation de la capacité contributive du recourant (revenus ["autres prestations" et "droits de participation"] et contributions d'entretien), peu compréhensible et relevant de surcroît de la conjecture, ne satisfait pas non plus aux exigences de motivation déduites de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.2.1). Par ailleurs, s'agissant plus précisément du revenu du recourant, l'argumentation de l'intimée concernant les "autres prestations", représentant la participation de l'employeur à l'assurance-maladie du recourant et de sa famille, est irrecevable au regard du principe de l'épuisement des instances (art. 75 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.3). En effet, le tribunal civil avait déjà déduit ces montants du revenu de l'ex-époux en première instance (cf. supra consid. 3.2.1) et il ne ressort pas de l'arrêt querellé que l'intimée aurait critiqué cet élément en appel (cf. supra consid. 2.3). Quant aux "droits de participation", contrairement à ce que l'intimée prétend, ils ont bien été inclus dans le revenu mensuel net arrêté à 20'309 fr. 55 par l'autorité cantonale (cf. supra consid. 3.2.1). Enfin, le moyen soulevé par l'intimée relatif aux frais de représentation du recourant qui auraient dû, selon elle, être intégrés au revenu imposable de celui-ci est irrecevable. On ne discerne en effet pas quel serait l'intérêt de l'intimée à faire constater, dans le budget du recourant, une charge fiscale plus élevée que celle retenue par l'autorité cantonale en tant qu'elle diminuerait la capacité contributive de celui-ci. En conséquence, le grief du recourant doit être admis et la cause renvoyée sur ce point à l'autorité précédente afin qu'elle établisse à nouveau le poste de charge correspondant aux impôts de l'intimée et procède à une nouvelle détermination des pensions. Quant à ceux de l'intimée, ils doivent être rejetés pour autant que recevables.