Citation: 1P.334/2002 03.09.2002 E. A

A.________ est inculpé dans trois procédures pénales. La cause n° 3409/2001 est instruite par le Juge B.________. Le 22 mai 2002, A.________ a été entendu comme témoin par ce magistrat, dans une autre procédure. Le lendemain, il s'est plaint auprès de son avocat des propos suivants tenus par le juge d'instruction, hors protocole, à l'issue de cette audience: - "vous avez caché des problèmes"; - "votre stratégie de défense consistant à dire «le comité de la banque était parfaitement informé» ne tient pas la route"; - "quand on a beaucoup gagné comme vous on devrait d'autant plus admettre ses responsabilités, admettre sa culpabilité, accepter la sanction et, sur le plan civil, réparer les dommages"; - "pour eux [soit pour les juges d'instruction] on ne pouvait pas se fier à quelqu'un qui ne conserve pas les listes de provisions alors qu'il fait passer des examens aux experts-comptables"; - "j'avais consciemment surestimé la valeur des titres de cette société"; - "j'ai lu vos déclarations et j'ai vu cette étude, tout cela me fait bien rigoler"; - "vous avez estimé à fr. 1000 des actions qui n'en valaient même pas le nominal"; - "vous apparaissez de plus en plus comme celui qui dictait les ordres". lors d'une audience du 17 mai précédent, le juge d'instruction aurait interpellé un inculpé en ces termes: "Docteur X., que pensez-vous de l'amnésie de M. A.________?". A.________ se déclarait profondément affecté par ces propos. Le 27 mai 2002, A.________ demanda au Collège des Juges d'instruction (ci-après: le collège) la récusation du Juge d'instruction B.________, dont les propos dénotaient selon lui une prévention certaine à son égard. Dans ses déterminations, le juge d'instruction contesta que ses propos aient été tenus tels quels; il s'agissait d'une simple discussion en fin d'audience. Ces remarques s'inscrivaient dans le cadre des charges retenues contre A.________. Le magistrat contesta toute accusation de partialité, estimant que la gravité des charges pouvait atténuer la sérénité de l'inculpé à l'égard des juges d'instruction. Prenant position le 14 juin 2002, A.________ demanda notamment l'audition de la greffière du juge d'instruction et d'une autre personne ayant assisté à la discussion.