Citation: 4P.255/2004 17.03.2005 E. 3

3.1 Seule reste litigieuse la prétention de l'intimée en dommages-intérêts relatifs au quatrième lot, soit la dernière tranche de 1000 kg de cefoperazone ayant fait l'objet de la seconde commande. Sur ce point, la cour cantonale a retenu que l'intimée avait clairement fait état du dommage qu'elle prétendait avoir subi, à l'appui des quatre factures constituant quatre des cinq chefs de sa demande. Elle a considéré en outre que la recourante s'était contentée de conclure au déboutement de sa partie adverse sans se déterminer sur les allégués de celle-ci relatifs au dommage. La recourante n'aurait en effet pas contesté la nature particulière du produit, notamment son caractère périssable, ni la nécessité de le retraiter; elle n'aurait pas davantage mis en cause la réalité des opérations accomplies par le producteur ou leur coût et n'a pas nié la dépréciation du produit sur le marché international. Dans ces conditions, la Cour de justice a conclu que le premier juge pouvait tenir pour avérés, déjà avant l'ouverture des enquêtes, les faits allégués par l'intimée à l'appui de son dommage. 3.2 Invoquant les art. 9 et 29 al. 2 Cst., la recourante reproche à la Cour de justice une application insoutenable des dispositions cantonales de procédure relatives à l'administration de la preuve, en particulier de l'art. 186 de la loi de procédure civile genevoise (LPC/GE). La cour cantonale aurait retenu ainsi de manière arbitraire que le dommage allégué par l'intimée devait être considéré comme établi dès lors que la recourante s'était abstenue de le contester dans ses premières écritures. A ce sujet, la recourante soutient qu'elle avait d'emblée opposé à sa partie adverse une argumentation de principe selon laquelle elle ne lui devait rien; elle s'estimait au contraire victime d'une démarche de «caractère frauduleux et de mauvaise foi», parce que le producteur Z.________, dont l'intimée était à son avis la représentante directe, avait déjà été payé pour la livraison litigieuse, au moyen d'une lettre de crédit émanant du client chinois de la recourante, lequel avait indiqué par erreur le producteur italien comme bénéficiaire. S'opposant à un double encaissement par la personne représentée par l'intimée, la recourante n'avait pas, dans ses premières conclusions de première instance, avant enquêtes, discuté le détail d'un dommage allégué dont elle contestait le principe même. Elle voit une application arbitraire des dispositions cantonales de procédure régissant l'administration des preuves dans l'exigence imposée en l'espèce par la cour cantonale de contester expressément chaque élément du dommage allégué. A son avis, on ne saurait exiger des parties «de multiplier, dans des prises de position ou des conclusions subsidiaires ou hypothétiques, la dénégation détaillée de faits dont leur position principale postule par principe l'inexistence».