Citation: 6B_99/2015 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a retenu que l'Hospice général avait à plusieurs reprises attiré l'attention du recourant sur son obligation de déclarer toute modification de sa situation financière et avait réévalué périodiquement ses ressources, satisfaisant ainsi à son devoir de diligence. Alors même que le recourant connaissait les impératifs de véracité de ses déclarations, il avait tu l'existence de son compte ouvert auprès de la banque A.________ lorsqu'il avait rempli les formulaires de l'Hospice général. De la sorte, il avait trompé de manière astucieuse l'institution cantonale qui, sur la base des informations fournies et dont elle pouvait attendre qu'elles soient correctes, lui avait versé des prestations auxquelles il n'avait pas le droit, s'appauvrissant d'un montant total de 74'624 fr. 50. Ces éléments n'étaient au demeurant pas contestés en tant que tels par le recourant, qui niait en revanche toute intention délictuelle. Le recourant ne pouvait prétendre de bonne foi avoir pensé que les fonds crédités sur son compte A.________ n'avaient pas besoin d'être déclarés à l'Hospice général parce qu'ils ne lui appartenaient pas et ne pas avoir voulu s'enrichir en cachant leur existence. Hormis les propres déclarations du recourant auxquelles il était difficile d'accorder crédit vu les importantes fluctuations de récit tout au long de la procédure, aucun élément au dossier n'indiquait qu'il n'était pas le propriétaire du montant en question. Au contraire, il était établi et non contesté qu'il était titulaire du compte ouvert auprès de la banque A.________ et qu'il était le seul à pouvoir disposer des montants qui s'y trouvaient - représentant 20 ans d'économies selon ce qu'il avait indiqué au Ministère public -, ce que ses prélèvements réguliers démontraient. A retenir la version du recourant selon laquelle l'argent appartenait à sa mère, qui au demeurant s'était refusée à toute déclaration, n'alléguant pas que les fonds lui appartenaient, il était difficile de comprendre pourquoi le prénommé aurait ouvert un compte à son nom plutôt qu'à celui de sa parente sinon pour pouvoir en disposer à sa guise. Si le recourant avait effectivement été aussi convaincu de son bon droit et qu'il n'avait eu aucune volonté de tromper astucieusement l'Hospice général, il lui aurait été facile de lui expliquer la situation. Or, le recourant avait lui-même admis avoir escompté sur une absence de contrôle de la part de cette institution et avoir tu l'existence de ce compte pour pouvoir améliorer son quotidien. Sur cette base, la cour cantonale a considéré que les éléments constitutifs de l'infraction d'escroquerie étaient réunis.