Citation: 6B_109/2009 09.04.2009 E. 2.3

2.3.1 L'arrêt attaqué ne méconnaît pas que le recourant se trouvait sous l'effet de l'alcool. Il en ressort au contraire qu'au moment des faits, celui-ci présentait un taux d'alcoolémie minimal de 0,66 g pour mille. Se référant à la jurisprudence (ATF 122 IV 49), les juges cantonaux ont observé que ce taux ne laissait pas présumer d'une atténuation de la responsabilité. Ils ont précisé qu'au moment où X.________ aurait été frappé d'un coup de bâton, il s'était déjà saisi de son couteau, de sorte que la conjonction de ces circonstances ne pouvait entamer sa responsabilité. Sur la base de ces éléments de fait, dont il n'est pas établi qu'ils auraient été retenus arbitrairement, il n'était pas manifestement insoutenable d'admettre que l'intéressé n'avait pas agi sous l'emprise d'une émotion telle qu'il n'aurait pas été à même d'entrevoir les conséquences de son acte et qu'en l'accomplissant néanmoins il s'était accommodé de celles-ci pour le cas où elles se produiraient. L'élément invoqué, à savoir que le recourant aurait agi sous l'emprise d'une pulsion, pouvait donc être écarté sans arbitraire. 2.3.2 Par ailleurs, il est établi que le recourant a agressé A.________ à l'aide d'un couteau acéré et pourvu d'une lame de 9 cm de long et 1,5 cm de large. Il l'a frappé à deux reprises au moins, l'atteignant au niveau de la cuisse droite et à quelque centimètres du mamelon gauche. Il l'a ainsi atteint notamment au niveau de la poitrine qui abrite le coeur et les poumons. Selon les constatations cantonales, il savait qu'un couteau peut causer de graves blessures et qu'il est plus dangereux de porter des coups à l'aide d'une lame que d'un bâton. En outre, selon ses propres déclarations (cf. mémoire de recours p. 19), il a frappé alors que les deux adversaires bougeaient tour à tour et l'un des coups a atteint "par hasard" la victime sur le côté gauche du thorax. Cela étant, le recourant était conscient de l'importance du risque encouru par la victime et de la gravité de la violation du devoir de diligence en résultant. La probabilité de la survenance du résultat était particulièrement élevée dès lors qu'il a frappé à la poitrine, en pleine bagarre, avec une lame longue et acérée. Une blessure susceptible d'entraîner la mort ne pouvait apparaître que comme très vraisemblable. Ce nonobstant, il a pris le risque de porter atteinte aux organes vitaux de l'intimé et s'en est d'autant plus accommodé qu'il a frappé à deux reprises. Le fait que les blessures infligées n'aient en définitive pas mis en danger la vie de ce dernier n'est en soi pas décisif. Immédiatement après les événements, le recourant a en outre quitté les lieux sans s'enquérir de l'état de santé de la victime. Ce comportement ne conforte pas non plus la thèse d'un concours de circonstances malencontreux dont le condamné n'aurait pas entrevu ou admis les conséquences. Il s'agit d'un indice corroboratif tiré du comportement de ce dernier après l'acte tendant à confirmer que celui-ci n'était pas surpris ou ébranlé par les événements qu'il venait de commettre, comme peut l'être au contraire une personne qui a agi dans la précipitation, sans entrevoir, à ce moment, les conséquences de son acte. Il est pertinent de tenir compte de ce comportement, qui constitue un indice supplémentaire venant confirmer que le recourant avait envisagé les conséquences de son acte et les avait acceptées pour le cas où elles se produiraient (voir arrêt 6p.24/ 2004 du 3 mai 2004 consid. 1.2). Le grief de violation de l'art. 12 al. 2 CP se révèle ainsi mal fondé.