Citation: 6B_1243/2017 E. 1.6

1.6. Le recourant ne conteste pas qu'il présente un risque de fuite. A cet égard, il convient d'admettre que ce risque est avéré, dès lors que l'intéressé s'est à deux reprises, au cours des dernières années, enfui des établissements dans lesquels il avait été placé. Il avait également quitté le foyer qu'il avait intégré en France en 2015. Il ressort en outre du rapport d'expertise que le recourant a la volonté de retourner vivre en France (rapport d'expertise du 15 juillet 2016, p. 18), de sorte qu'un risque de fuite peut être tenu pour concret. Ce risque de fuite est par ailleurs à mettre en relation avec le fait que le recourant représenterait une menace pour autrui une fois en liberté. En effet, les experts ont estimé que le risque de récidive pour des actes de même nature que ceux ayant conduit à sa condamnation - soit en particulier une tentative de meurtre - était élevé si l'intéressé se trouvait "dans une situation similaire de perturbation psychique, livré à lui-même, sans cadre clair, solide et soutenant et aux prises à des difficultés relationnelles dans sa vie de couple avec des menaces de perte d'étayage ou d'abandon". Cette situation apparaît, selon les experts, lorsque le recourant se trouve hors de tout cadre, soit notamment après une fuite. Les experts ont ainsi expliqué le mécanisme qui poussait alors l'intéressé à récidiver (rapport d'expertise du 15 juillet 2016, p. 14) : "On observe une sorte de logique en boucle dans l'existence [du recourant] : il se comporte adéquatement lorsqu'il est dans un cadre très contenant comme le milieu carcéral. Montrant une adaptation favorable, il peut alors bénéficier d'ouvertures sous forme de sorties accompagnées ou s'inscrire dans un projet de foyer. Cependant, dès lors que le cadre s'allège sensiblement, [le recourant] lutte activement contre, y compris par des gestes auto agressifs, en lien avec sa lutte contre la dépendance et l'angoisse d'abandon. Lorsque finalement, il se retrouve sans autre cadre que celui qu'il devrait se mettre à lui-même, il sombre dans l'alcool, récidive des délits ou des actes hétéro agressifs contre la personne sur laquelle il s'appuie affectivement, ce qui lui redonne accès au lieu le plus contenant, la prison." Il ressort de ce qui précède qu'en cas de fuite, le recourant se trouverait précisément dans une situation où le risque de récidive, en particulier concernant des actes hétéro-agressifs, serait élevé. Les experts ont d'ailleurs relevé la rapidité avec laquelle le recourant avait récidivé, pour des actes graves, après la levée de la mesure institutionnelle précédente en avril 2015. Compte tenu des constatations des experts ainsi que des nombreux antécédents du recourant, il apparaît qu'un risque de récidive qualifié existe, ce risque faisant par ailleurs peser un sérieux danger sur des biens juridiques essentiels, en particulier la vie et l'intégrité corporelle.