Citation: 6B_1011/2023 E. 3.4

3.4. Ainsi que le soulève le recourant, la présente cause a cela de particulier, que l'intimé, seul présent au moment du décès dont les circonstances sont litigieuses, a livré deux versions des faits substantiellement divergentes concernant les circonstances de la mort de la victime, à sept ans d'intervalle. Durant l'enquête et jusqu'à l'ouverture de la procédure d'appel (de 2016 à 2023), il avait décrit une chute accidentelle de son épouse pendant la nuit et avait continuellement contesté la thèse de l'asphyxie, en se fondant notamment sur cinq expertises privées (cf. supra let. B.c.i et B.d.a). Or, cette première version, livrée dès l'arrivée des secours et de la police sur les lieux le 28 février 2016, a eu un impact sur l'ensemble de l'instruction (notamment: constatations du personnel médical, date de l'ouverture de l'instruction pénale, prélèvements sur le corps de la victime, prélèvements et analyses de traces dans l'appartement et accès à la literie, examen médico-légal de l'intimé pratiqué 5 à 11 jours après les faits, déterminations des experts sur les expertises privées cf. supra let. B.c.d). Puis, dès janvier 2023, l'intimé a indiqué que son épouse était décédée à la suite d'une pratique d'asphyxie érotique consentie, pratique dont le couple était habitué. Lors de ses nouvelles révélations, l'intimé avait été confronté notamment aux rapports du médecin urgentiste, de la police, des experts judiciaires, ainsi qu'aux résultats d'analyses ADN et de celles effectuées lors de la perquisition de l'appartement du couple, et aux résultats de la reconstitution (cf. supra let. B.c.a à B.c.h). Dans ces circonstances, l'appréciation, opérée pour la première fois en appel, des nouvelles déclarations de l'intimé, impliquait un examen rigoureux, nécessitant la confrontation de ce récit à chacun des éléments de preuve pertinents, récoltés jusqu'alors.