Citation: 5A_831/2015 E. 3.3

3.3. La recourante fait grief à la cour cantonale d'avoir nié la reprise de la vie commune des parties et d'avoir jugé que la convention qu'elles avaient signée le 28 janvier 2008 était toujours applicable, alors qu'elle avait apporté la preuve, au moyen notamment de factures d'hôtel (lot de pièces n° s 7 à 10), de nombreux voyages effectués par les époux entre 2011 et 2013, singulièrement d'octobre 2012 à novembre 2013. Les époux avaient ainsi effectué ensemble au moins sept voyages, ce qui tendait à démontrer qu'une reprise de la vie commune était effective et qu'il y avait eu réconciliation. Les pièces produites démontraient en particulier que les parties avaient voyagé ensemble et qu'elles avaient partagé leurs chambres d'hôtel. C'était donc à tort que la cour cantonale avait jugé qu'il n'avait pas été démontré que les époux vivaient sous le même toit, dès lors qu'ils n'avaient pas fait chambre à part. De plus, ces voyages n'avaient pas été faits dans un cadre professionnel, mais bien " afin de profiter de la compagnie de l'un et l'autre et sans être accompagné par d'autres personnes ". Il s'agissait de " voyages de couple s'apparentant à une seconde « lune de miel » ". L'on ne pouvait admettre qu'un couple " qui est séparé et dans l'optique de demander ultérieurement le divorce effectue autant de voyages si ce n'est dans le contexte d'une réconciliation et de la reprise d'une vie commune ". L'on ne pouvait non plus admettre que les époux étaient en de mauvais termes et vivaient toujours séparés. En effet, alors même qu'ils étaient en mesure de requérir le divorce, aucune procédure judiciaire n'avait eu lieu entre les époux de 2011 à 2013, ceux-ci préférant passer leur temps à voyager ensemble en fréquentant des hôtels de luxe comme ils l'avaient toujours fait pendant leur vie de couple marié. Contrairement aux déclarations du mari sur lesquelles la cour cantonale s'était arbitrairement fondée, ces nombreux voyages ne pouvaient être qualifiés d'amicaux compte tenu de leur répétition. Dans ces conditions, vu la reprise de la vie commune, la cour cantonale aurait dû considérer que la convention de 2008 était devenue caduque. Une telle motivation, purement appellatoire, ne permet pas de démontrer l'inexactitude des constatations cantonales ni le caractère arbitraire de leur appréciation. La recourante se contente en effet de substituer sa propre appréciation des pièces du dossier à celle retenue par la juge précédente, sans même tenter de s'en prendre au raisonnement subsidiaire relatif à l'absence de sa prise en charge financière par l'intimé durant la période considérée. Son grief est partant irrecevable.