Citation: 6B_719/2019 E. 2.3

2.3. Le recourant se prévaut également de l'art. 48 let. e CP et reproche à la cour cantonale d'en avoir écarté l'application. Aux termes de l'art. 48 let. e CP, le juge atténue la peine si l'intérêt à punir a sensiblement diminué en raison du temps écoulé depuis l'infraction et que l'auteur s'est bien comporté dans l'intervalle. La disposition en cause ne fixe pas de délai. Selon la jurisprudence, l'atténuation de la peine en raison du temps écoulé depuis l'infraction procède de la même idée que la prescription. L'effet guérisseur du temps écoulé, qui rend moindre la nécessité de punir, doit aussi pouvoir être pris en considération lorsque la prescription n'est pas encore acquise, si l'infraction est ancienne et si le délinquant s'est bien comporté dans l'intervalle. Cela suppose qu'un temps relativement long se soit écoulé depuis l'infraction. Cette condition est en tout cas réalisée lorsque les deux tiers du délai de prescription de l'action pénale sont écoulés. Le juge peut toutefois réduire ce délai pour tenir compte de la nature et de la gravité de l'infraction (ATF 140 IV 145 consid. 3.1 p. 147 s.; 132 IV 1 consid. 6.1 et 6.2 p. 2 ss). Pour déterminer si l'action pénale est proche de la prescription, le juge doit se référer à la date à laquelle les faits ont été souverainement établis, et non au jugement de première instance (moment où cesse de courir la prescription selon l'art. 97 al. 3 CP). Ainsi, lorsque le condamné a fait appel, il faut prendre en considération le moment où le jugement de seconde instance a été rendu dès lors que ce recours a un effet dévolutif (cf. art. 398 al. 2 CPP; ATF 140 IV 145 consid. 3.1 p. 148; cf. ATF 132 IV 1 consid. 6.2.1 p. 30). En l'espèce, c'est également en vain que le recourant se plaint d'une violation de l'art. 48 let. e CP. Même en se limitant à considérer l'infraction à la fois la plus grave et la plus ancienne imputée au recourant, soit le brigandage qualifié commis le 10 octobre 2012, et la date du jugement d'appel, soit le 1er avril 2019, le délai en question est inférieur à 7 ans. Sachant que le délai de prescription de cette infraction est de 15 ans (cf. art. 97 al. 1 let. b CP), le temps écoulé en l'occurrence demeure sensiblement inférieur aux délais considérés par la jurisprudence, à savoir deux tiers du délai de prescription, respectivement 10 ans en l'occurrence, pour être tenu d'en déduire un effet atténuant. Qui plus est et quoi qu'en dise le recourant, la gravité de l'infraction en cause ne justifie pas de considérer un délai plus court. Le grief tiré d'une prétendue violation de l'art. 48 let. e CP s'avère par conséquent mal fondé.