Citation: 1P.32/2007 26.01.2007 E. 4

Le recourant ne conteste pas la base légale de la détention préventive et ne remet pas en cause l'existence d'un risque de fuite. Il soutient en revanche qu'il n'y avait pas de sérieuses présomptions de culpabilité à son encontre. Le Tribunal cantonal aurait en outre violé la présomption d'innocence en appréciant sa culpabilité sur la seule base de témoignages à charge, sans prendre en compte les éléments à décharge. 4.1 La présomption d'innocence empêche le juge de la détention de désigner une personne comme coupable, sans réserve et sans nuance, en préjugeant de l'appréciation des faits par le juge du fond (ATF 124 I 327 consid. 3c p. 331 s. et les références citées). Elle ne signifie en revanche pas qu'une détention préventive doive se fonder sur des faits clairement établis; des indices sont suffisants pour autant qu'ils reposent sur des faits concrets et précis (cf. art. 5 par. 1 let. c CEDH; ATF 107 Ia 138 consid. 4c p. 142; Jacques Velu/Rusen Ergec, La Convention européenne des droits de l'homme, Bruxelles 1990, n. 572 s., p. 477 s.; Jochen Frowein/Wolfgang Peukert, EMRK-Kommentar, 2ème éd., Kehl, Strasbourg, Arlington, 1996, n. 170 s. p. 291 s.; Arthur Haefliger/Frank Schürmann, Die Europäische Menschenrechtskonvention und die Schweiz, 2ème éd., Berne 1999, p. 209 et les arrêts cités). De plus, le juge de la détention n'a pas à procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et à apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit uniquement examiner s'il existe des indices sérieux de culpabilité justifiant une telle mesure. L'intensité des charges n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale; si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être suffisants dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (ATF 116 Ia 143 consid. 3c p. 146; Gérard Piquerez, Les mesures provisoires en procédure civile, administrative et pénale, RDS 1997 II p. 43 s. et les arrêts cités). 4.2 En l'occurrence, sur le vu des éléments rassemblés au stade actuel de l'enquête, qui n'est pas terminée, le Tribunal cantonal n'avait aucune raison sérieuse de dénier toute crédibilité aux déclarations des témoins qui mettent en cause le recourant. Il ressort en effet du dossier que le témoin affirmant que le recourant est impliqué dans une livraison de 5 kg d'héroïne dans un garage à Villars-sur-Glâne a confirmé et précisé ses déclarations lors d'une confrontation, malgré l'attitude intimidante de l'intéressé. De plus, quatre autres témoins affirment que le recourant est mêlé au trafic de stupéfiants (livraisons de paracétamol, échange d'héroïne et de cocaïne, fourniture de produit de coupage). A cet égard, le recourant se borne à alléguer que ces déclarations sont "expressément démenties" par d'autres témoignages et par des "éléments importants", mais il ne les expose pas de manière convaincante; il ne démontre en tout cas pas que l'autorité intimée aurait procédé à une appréciation arbitraire des faits à cet égard. Par ailleurs, des traces d'héroïne et de cocaïne ont été trouvées dans le bureau et la voiture du recourant ainsi que dans le garage susmentionné. Le recourant ne parvient pas à expliquer comment on a pu retrouver des traces de cocaïne dans ses cheveux, alors qu'il affirme ne pas consommer de stupéfiants. De même, il n'est guère crédible lorsqu'il affirme ne pas connaître B.________, impliqué dans la livraison des 5 kg d'héroïne, alors que la police a constaté, lors d'un contrôle de circulation effectué à la même période, que cet individu accompagnait le recourant dans sa voiture. Le recourant ne se plaint pas d'une appréciation arbitraire de ces faits. Dans ces conditions, il y a lieu de constater avec l'autorité intimée qu'il existe des indices de culpabilité suffisants, étant rappelé qu'il n'appartenait pas au juge de la détention de procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge.