Citation: U 484/00 17.12.2001 E. 4

4.- S'appuyant pour l'essentiel sur l'expertise réalisée au Centre hospitalier W.________, la recourante fait ensuite valoir qu'elle ne dispose que d'une capacité de travail résiduelle de 50 %, dans une profession pouvant être exercée en position assise, sans port de charges ni déplacements. a) Les premiers juges ont exposé de manière convaincante pour quels motifs un rapport de causalité adéquate entre d'éventuelles atteintes à la santé psychique et l'accident subi ne pouvait pas être retenu, sans que la recourante fasse valoir d'argument nouveau à cet égard. Sur ce point, on peut donc renvoyer à leurs considérants (cf. également ATF 115 V 138 consid. 6; 407 consid. 5); on précisera cependant qu'il y a d'autant moins lieu, en l'espèce, d'admettre l'existence d'un rapport de causalité adéquate que la chute dont fut victime la recourante constitue un accident bénin, plutôt que de gravité moyenne. b) D'après la juridiction cantonale, les docteurs E.________ et F.________ ont évalué l'incapacité de travail de la recourante non seulement au regard des atteintes à sa santé physique, mais également de ses troubles d'ordre psychique, de sorte que l'expertise invoquée par la recourante serait dépourvue de pertinence pour statuer sur son droit à des prestations de l'assurance-accidents. A l'examen, il appert toutefois que les deux médecins du Centre hospitalier W.________ n'ont pas fait état, dans leur diagnostic, d'atteintes à la santé psychique; ils avaient du reste eu connaissance de l'expertise psychiatrique réalisée à l'Hôpital Z.________, qui excluait l'existence d'une incapacité de travail causée par des troubles d'ordre psychique. Certes, ils ont exposé que l'ensemble des plaintes de la patiente ne pouvaient être expliquées uniquement par les lésions physiques constatées, mais rien n'indique qu'ils ont évalué sa capacité de travail résiduelle sans relativiser ses déclarations. Il n'y a donc pas lieu d'admettre qu'ils ont fondé leur appréciation sur d'autres éléments que les atteintes organiques à la santé de la recourante. La valeur probante de l'expertise des docteurs E.________ et F.________ - qui répond aux critères posés par la jurisprudence en la matière (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a et les références) - l'emporte en outre sur celle des rapports du docteur A.________ et des médecins de la Clinique de réhabilitation de Bellikon. D'une part, le traitement de la recourante n'était pas encore achevé lorsqu'elle est sortie de la clinique, puisque, notamment, le matériel d'ostéosynthèse a été retiré le 25 avril 1996 et qu'une arthroscopie ainsi qu'un shaving de l'articulation tibio-tarsienne ont encore été réalisés le 3 octobre 1996 (cf. les protocoles opératoires rédigés à ces dates à l'Hôpital Y.________). D'autre part, ce sont les docteurs E.________ et F.________ qui ont présenté de la manière la plus détaillée et la plus convaincante les raisons pour lesquelles la capacité de travail de la recourante est réduite, tant au regard du diagnostic posé (notamment du fait que la fracture tibiale présentait un cal vicieux en valgus associé à un trouble rotatoire) que de l'exigibilité. Il convient par conséquent de se fonder sur leur expertise et de retenir que la recourante ne dispose que d'une capacité de travail résiduelle de 50 % dans une profession ne nécessitant pas le port de charges et pouvant être effectuée en position assise, sans déplacements. c) Sur le vu de ce qui précède, le dossier sera retourné à l'intimée pour qu'elle réévalue le taux d'invalidité de la recourante, compte tenu de la capacité de travail résiduelle constatée ci-dessus, puis rende une nouvelle décision sur son droit à une rente de l'assuranceaccidents.