Citation: 6S.66/2003 16.05.2003 E. 2

2. Subsidiairement, le recourant se plaint du refus du sursis à l'expulsion. Il fait valoir que les infractions qu'il a commises sont en rapport avec sa toxicomanie, qu'il y a risque de récidive s'il ne se libère pas de celle-ci, mais qu'il est décidé à le faire et a entrepris un traitement à cette fin, de sorte qu'un pronostic favorable peut être posé. 2.1 Le sursis à l'expulsion dépend exclusivement du pronostic relatif au comportement futur du condamné en Suisse; les chances de resocialisation ne jouent ici pas de rôle. Pour poser ce pronostic, le juge doit procéder à une appréciation d'ensemble de tous les éléments pertinents; outre les circonstances de l'acte, doivent être pris en compte les antécédents et la réputation de l'intéressé ainsi que tous les éléments qui permettent de tirer des conclusions pertinentes quant à son caractère et à son comportement futur; il n'est pas admissible d'accorder une importance prépondérante à certains des éléments à prendre en considération et d'en négliger d'autres, voire de ne pas en tenir compte (ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 111 et les arrêts cités). Pour le surplus, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que sa décision ne sera annulée que si elle apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on puisse lui reprocher d'en avoir abusé (ATF 119 IV 195 consid. 3b p. 198; 117 IV 3 consid. 2b p. 5 et la jurisprudence citée). 2.2 Il résulte des faits retenus, tels qu'exposés en page 15 de l'arrêt attaqué, que, depuis qu'il a commencé à commettre des infractions, au début janvier 1999, jusqu'à son arrestation, le 23 mai 2001, le recourant a persisté dans son activité délictueuse, retombant dans la délinquance nonobstant de multiples interpellations et plusieurs détentions préventives. Il ressort par ailleurs des faits retenus, que, pendant longtemps le recourant s'est avéré incapable de suivre pendant plus de quelques jours un traitement visant à l'abstinence, sans lequel le risque de récidive qu'il présente est très élevé selon les experts, qui ajoutent qu'un traitement pourrait offrir quelques chances de succès mais n'exclurait pas une récidive pour des actes de même nature. Dans ces conditions, le fait que le recourant, dans le cadre d'un suivi psychiatrique mis en place pendant sa détention, a entrepris un traitement ayant permis un sevrage et qu'il a effectué une démarche pour être admis à la Fondation du Levant n'offre pas de garantie suffisante qu'il parviendra à se libérer sérieusement et durablement de sa toxicomanie et, partant, qu'il ne retombera pas dans la délinquance. Qu'un pronostic favorable ne puisse être posé pouvait du moins être admis sans abus du pouvoir d'appréciation. Au vu de ce qui précède, le refus du sursis à l'expulsion ne viole pas le droit fédéral.