Citation: 4A_458/2018 E. 2.2

2.2. C'est le lieu de rappeler que si le Tribunal fédéral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), il n'examine d'ordinaire que les griefs invoqués, sauf en cas d'erreurs juridiques manifestes; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorité de première instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discutées devant lui (art. 42 al. 1 et 2 LTF; ATF 140 III 115 consid. 2; 137 III 580 consid. 1.3). En vertu de ce précepte, l'autorité de céans n'a notamment pas à revoir l'analyse des premiers juges, non discutée en appel, selon laquelle Y.________ LLC répond solidairement avec X.________ Sàrl des montants dus au travailleur. Le recourant relève à juste titre que X.________ Sàrl est en liquidation. Le rubrum de la présente décision en tient compte. Il sied toutefois d'apporter une clarification. Dans sa demande en justice, le travailleur a formellement pris ses conclusions en paiement contre la succursale suisse d'une société américaine, soit « Y.________ LLC, succursale de yyy», qu'il a de surcroît expressément désignée comme co-défenderesse (all. 2 de la demande). Du côté adverse, les conclusions ont été prises au nom de la société américaine, soit Y.________ LLC, qui apparaît comme telle dans le rubrumet le dispositif du jugement de première instance. En revanche, l'arrêt sur appel condamne la succursale suisse. Devant l'autorité de céans, le travailleur dirige désormais ses conclusions contre la société américaine. Une succursale est dépourvue d'existence juridique. En conséquence, elle ne peut pas être débitrice, ni être attraite comme telle dans un procès civil ou dans une poursuite. Lorsqu'une succursale se voit attribuer la qualité de demanderesse ou défenderesse alors qu'en réalité, seule la société à laquelle elle appartient est visée, on se trouve le plus souvent en présence d'une désignation inexacte de partie, qui peut être rectifiée pour autant qu'il n'y ait pas d'équivoque sur la partie réellement concernée et moyennant que l'acte puisse parvenir à son véritable destinataire (ATF 120 III 11; arrêts 4C.270/2003 du 28 novembre 2003 consid. 1.1; 4A_231/2018 du 23 juillet 2019 consid. 1). En l'occurrence, ces conditions sont réalisées, comme le montrent l'attitude de la personne morale visée ainsi que le premier jugement, qui a procédé automatiquement à une telle rectification. Si l'arrêt sur appel condamne formellement la succursale suisse, c'est manifestement la société américaine qui est visée (cf. PETER GAUCH, Der Zweigbetrieb im schweizerischen Zivilrecht, 1974, n° 1064 in fine et la réf. à l'ATF 81 I 52 consid. 3 p. 60). Ces précisions étant apportées, il peut être passé à l'examen des griefs.