Citation: 2C_313/2018 E. 3.4

3.4. En l'occurrence, il est plus que douteux que la motivation de la recourante relative à l'arbitraire dans l'application de l'art. 39 al. 2 let. c LIPP/GE par la Cour de justice remplisse les conditions de l'art. 106 al. 2 LTF. Quand bien même il faudrait reconnaître une motivation suffisante, force serait de constater que l'application faite par l'autorité précédente de l'art. 39 al. 2 let. c LIPP/GE n'est aucunement arbitraire. La Cour de justice a expliqué de manière pleinement soutenable que la notion de "proches incapables de subvenir entièrement à leurs besoins" doit être interprétée de manière stricte. Pour ce faire, elle s'est notamment fondée sur la jurisprudence développée en relation avec l'art. 14 al. 5 let. c de l'ancienne loi genevoise du 22 septembre 2000 sur l'imposition des personnes physiques (aLIPP-V/GE), dont la teneur était semblable à l'actuel art. 39 al. 2 let. c LIPP/GE et qui se fondait déjà sur une disposition plus ancienne, aux travaux préparatoires du Conseil d'Etat de la République et canton de Genève relatifs à cette dernière disposition (projet de loi n° 7532 sur l'imposition des personnes physiques du 8 novembre 1996) et au travaux préparatoires relatifs à l'art. 39 LIPP/GE (cf. MGC 2008-2009/IX A 11652). Selon ces derniers, la notion ici disputée se réfère à une incapacité de la personne à gagner sa vie en raison de son âge ou d'une déficience qui lui est propre, qu'elle soit physique, psychique ou intellectuelle, tel que cela ressort de la jurisprudence cantonale constante rendue en la matière et dont il n'y a pas lieu de s'écarter. Ainsi, c'est sans arbitraire que la Cour de justice a considéré qu'une personne qui ne présente aucune déficience particulière ne peut pas constituer un "proche nécessiteux" au sens de l'art. 39 al. 2 let. c LIPP/GE. Retenir qu'un simple obstacle administratif ne permet pas de considérer la personne en cause comme un "proche nécessiteux", comme le fait de poursuivre des études ou l'incapacité de trouver un emploi, est donc pleinement soutenable. Au demeurant, comme l'a déjà jugé le Tribunal fédéral en relation avec cette disposition de droit cantonal, on ne saurait exiger du législateur qu'il renonce totalement à recourir à des notions générales, comportant une part nécessaire d'interprétation (cf. arrêt 2C_327/2016 du 23 mai 2016 consid. 5).