Citation: 6B_1113/2022 E. 2.4

2.4. Le recourant conteste la réduction de 18h du poste "procédure" de son état de frais. S'agissant de la réduction de 14h relative à la préparation de l'audition finale d'août 2021, le recourant soutient, d'une part, que la cour cantonale aurait perdu de vue que les avocats, dès lors qu'ils traitent plusieurs dossiers en même temps, devraient intégralement relire le dossier avant une telle audience afin de satisfaire à leur obligation de diligence. Il rappelle, d'autre part, le volume "impressionnant" du dossier. Selon lui, une réduction de 14h serait, au vu de ces éléments, "simplement arbitraire". La cour cantonale n'a pas ignoré le volume du dossier dont elle a tenu compte, indemnisant le recourant à hauteur de 12h s'agissant de la préparation de l'audition d'août 2021, en sus des 40h déjà indemnisées pour l'étude du dossier depuis le 28 octobre 2019. Plus généralement, la cour cantonale a encore indiqué, concernant la réduction totale de 18h, que le recourant avait été indemnisé à hauteur de plus de 60h à titre de travail sur dossier, ce qui était adéquat et proportionné. Elle a en outre souligné que la rémunération accordée au recourant était largement supérieure à celle accordée à sa consoeur en charge de la défense des intérêts de l'un des coprévenus, certes moins impliqué, mais qui avait été également entendu à de multiples reprises et dont l'avocate était saisie du même dossier (papier ou numérique) que le recourant, sans pour autant y consacrer autant de temps. Le recourant relève que sa consoeur se serait constituée six mois après lui, que le client de celle-ci n'aurait passé que 204 jours en détention avant jugement et que son client aurait été bien plus impliqué que celui de sa consoeur. A cet égard, la cour cantonale n'a pas ignoré la différence d'implication des deux coprévenus mais a estimé qu'elle ne justifiait pas un tel écart de facturation entre les deux avocats. Cette appréciation relève du large pouvoir dont dispose la cour cantonale et la seule affirmation que le client du recourant serait "bien plus impliqué" n'est pas propre à démontrer en quoi la cour cantonale aurait abusé de ce pouvoir. En outre, le recourant n'expose pas en quoi le fait que sa consoeur soit intervenue postérieurement à lui dans la procédure aurait impliqué qu'elle consacre moins de temps à la prise de connaissance du dossier, dans la mesure où elle était saisie du même dossier, dont elle a dû prendre connaissance, peut-être plus tard mais en entier également. Par ailleurs, le recourant n'expose pas en quoi le fait que le client de sa consoeur ait passé 204 jours en détention avant jugement alors que son client aurait été détenu "durant presque toute l'instruction" aurait une quelconque influence sur le temps consacré par l'avocat à l'étude du dossier. Enfin, le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu qu'il avait pris du temps pour reporter ses notes manuscrites sur le dossier numérique alors qu'il n'aurait justement pas facturé ce travail, ce que son audition aurait permis d'établir. S'agissant du refus d'auditionner le recourant, il est renvoyé à ce qui a été exposé supra consid. 1.5. Pour le surplus, la seule affirmation du recourant n'est pas propre à démontrer l'arbitraire des faits constatés dans l'arrêt cantonal. Quoi qu'il en soit, il ressort de la motivation cantonale qu'elle n'a indiqué cet élément que "par surcroît de motifs", si bien qu'il s'agit d'une motivation subsidiaire. Dans la mesure où les griefs du recourant quant aux arguments principaux retenus par la cour cantonale ont été écartés, il n'y pas lieu d'examiner la motivation subsidiaire plus avant. Enfin, le recourant soutient que le résultat serait d'autant plus arbitraire que le tarif de l'assistance judiciaire, fixé à 200 fr. de l'heure à Genève, aurait été jugé comme constitutif d'un minimum en 2006. Il devrait être revu en raison de l'inflation et de l'augmentation des coûts de la vie. Selon le recourant, si ce tarif minimum faisait "en plus l'objet de réductions systématiques, les avocats ne s'en sort[iraient] simplement plus". Pour autant que le recourant tente, par sa critique, de remettre en cause le tarif horaire de l'avocat d'office dans le canton de Genève, sa critique n'est pas propre à démontrer en quoi l'art. 16 RAJ/GE ne serait pas conforme aux exigences découlant de la Constitution fédérale. Insuffisamment motivée au regard de l'art. 106 al. 2 LTF, la critique du recourant est irrecevable. En définitive, appréciée globalement, l'indemnité relative au poste "procédure" n'apparaît nullement sortir du pouvoir d'appréciation de l'autorité cantonale et le grief du recourant doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.