Citation: 6S.301/2006 08.11.2006 E. 2

Le recourant soutient en premier lieu que l'autorité cantonale a violé les art. 22 et 65 CP en considérant que l'atténuation de peine due au fait que le résultat de l'infraction ne s'est pas produit ne devait être que très faible car l'avènement du résultat n'a été empêché que par des circonstances totalement indépendantes de la volonté de l'auteur. Le recourant relève que l'art. 22 CP relatif au délit manqué trouve précisément application lorsque le résultat ne s'est pas produit pour des motifs indépendants de la volonté de l'auteur, de sorte que le raisonnement de l'autorité cantonale revient à affirmer qu'en cas de délit manqué l'atténuation de peine ne peut être que très faible. Comme l'a relevé l'autorité cantonale, conformément à la jurisprudence, la peine doit toujours être atténuée lorsque le résultat de l'infraction ne s'est pas produit (ATF 121 IV 49 consid. 1b p. 54). La mesure de l'atténuation justifiée en cas de délit manqué dépend de l'imminence du résultat et des conséquences réelles de l'infraction. En d'autres termes, la réduction devra être d'autant plus faible que le résultat était proche et ses conséquences graves (ATF 121 IV 49 consid. 1b p. 54). L'autorité cantonale a relevé la sauvagerie avec laquelle le recourant a frappé ses victimes en vue de les tuer ou pour le moins en acceptant le risque que tel soit le cas, précisant par ailleurs que ça n'est que grâce à un heureux concours de circonstances, indépendant de la volonté de l'auteur, qu'aucun des agents n'a perdu la vie. Certes, la référence au fait que l'absence de résultat n'est pas imputable à la volonté de l'auteur peut être quelque peu malheureuse dans la mesure où elle pourrait indiquer que c'est pour cette raison que l'autorité cantonale a jugé qu'une réduction de peine modeste était suffisante. Toutefois, la lecture de l'ensemble du paragraphe consacré à la mesure de l'atténuation consécutive au fait que le résultat ne s'est pas produit montre bien que l'autorité cantonale s'est fondée sur les critères pertinents, qu'elle a d'ailleurs mentionnés expressément, et que le passage dont se prévaut le recourant tend uniquement à montrer que le résultat, dont la gravité n'a même pas à être discutée puisqu'il s'agit de la vie des victimes, était tout à fait imminent. Enfin, l'arrêt attaqué précise que les conséquences effectives de l'infraction ont été importantes puisque les victimes ont non seulement subi des lésions physiques mais ont également souffert de graves séquelles psychiques. Dans ces circonstances, c'est sans violer le droit fédéral que l'autorité cantonale a admis que la réduction de peine due au fait que l'on avait affaire à un délit manqué ne devait être que modeste.