Citation: 6B_145/2015 E. 2.3

2.3. Il ressort des faits retenus en instance cantonale que le recourant a personnellement commandé le couvert préfabriqué, choisi de sous-traiter la construction de l'ouvrage à C.________ et ordonné la pose de panneaux OSB pour transformer le couvert. Le recourant a également été personnellement informé des défauts de construction constatés notamment par l'expertise du 25 juillet 2008 et s'est engagé à les faire réparer sans pour autant s'exécuter. Ces éléments de fait qui lient le Tribunal fédéral ne font l'objet d'aucune contestation sous l'angle de l'arbitraire. Au vu du contrat d'entreprise et dans la mesure où le recourant a déterminé les matériaux, planifié et organisé le travail, et choisi les exécutants en leur donnant des instructions, ce dernier assumait la direction des travaux de construction du garage au sens de l'art. 229 CP. A ce titre, il était tenu de respecter les règles de l'art de construire, à tout le moins d'y veiller. Le recourant ne saurait se soustraire à son obligation de diriger les travaux et aux devoirs qui en découlent en invoquant la conception des plans par l'architecte. En effet, la responsabilité de l'architecte ne serait pas de nature à disculper le recourant, étant rappelé que plusieurs personnes peuvent être responsables d'une même violation des règles de l'art en fonction de leur domaine de compétence (cf. arrêt 6B_543/2012 du 11 avril 2013 consid. 1.3.3). En tout état, aucune violation des règles de l'art n'a été retenue en lien avec la conception de l'ouvrage, en l'espèce (cf. ROELLI/FLEISCHANDERL, in Basler Kommentar, Strafrecht II, 3ème éd., 2013, n° 10 ad art. 229, sur la responsabilité de l'architecte relative à la seule conception des plans). Il importe peu que la décision de construire un garage plutôt qu'un couvert soit subséquente au contrat d'entreprise, modifiant ainsi le projet initial. En effet, le recourant savait d'emblée que le maître d'oeuvre souhaitait un garage et a malgré tout préféré commander un couvert dans l'idée de le transformer en garage plutôt que de prendre les mesures qui s'imposaient (cf. arrêt attaqué consid. 3 p. 16). Sur ce point, le contrat prévoyait d'ailleurs expressément la possibilité d'effectuer des modifications, moyennant une rémunération supplémentaire (cf. arrêt attaqué consid. 3 p. 16; contrat d'entreprise art. 4.1). A teneur de ce même contrat, toute modification devait faire l'objet d'un avenant détaillé et chiffré de la plus-value, lequel devait être impérativement signé par le maître d'ouvrage avant toute mise en oeuvre (art. 105 al. 2 LTF; cf. contrat d'entreprise art. 4.4). Aussi, la modification du projet initial ne permet pas au recourant de se soustraire à sa responsabilité. C'est de manière purement appellatoire, partant irrecevable, que le recourant affirme n'avoir aucune connaissance spécifique en rapport avec la réalisation de l'ouvrage litigieux et en déduit un statut d'intermédiaire. En particulier, il ne démontre pas que la construction d'un garage échapperait à son domaine de compétence, contrairement à celle du couvert, respectivement de la villa. C'est ainsi en vain qu'il tente, en tant que directeur des travaux occupant une position de garant, de se disculper au préjudice d'un spécialiste. D'ailleurs, faute pour le recourant d'avoir sous-traité la réalisation de l'ouvrage à un spécialiste (cf. arrêt attaqué consid. 2.d.bb p. 12), il ne saurait se décharger de son obligation de surveillance (cf. arrêt 6B_1016/2009 du 11 février 2010 consid. 5.2.2 et les références citées). En tout état, il lui appartenait d'intervenir dès réception de l'avis des défauts du 18 août 2008, accompagné de l'expertise mentionnant les risques engendrés par les vices constatés. Au vu de ce qui précède, c'est à bon droit que la cour cantonale a imputé au recourant les violations des règles de l'art de construire reprochées, lesquelles ne sont pas remises en cause.