Citation: 8C_755/2017 E. A

A.a. A.________, né en 1975, a été engagé le 23 janvier 2015 par l'entreprise B.________ SA, dont le but social est notamment la pose de parquet, moquette, linoléum, carrelage. C.________, épouse du prénommé, en est l'administratrice avec signature individuelle. Le 6 février 2015, A.________ a glissé sur une plaque de glace. Il a consulté une semaine plus tard son médecin traitant, le docteur D.________, qui a retenu le diagnostic de contusions sur tout le côté droit du corps (bras, épaule, coude et hanche) et prescrit une incapacité de travail de 100 % depuis l'accident, laquelle a été régulièrement renouvelée mois après mois. L'employeur a annoncé cet accident le 9 mars suivant à la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), qui assure ses employés contre le risque d'accidents. Sur ladite déclaration d'accident, il était indiqué que la profession exercée par A.________ était contremaître et qu'il était rémunéré sur la base d'un salaire annuel brut de 108'000 fr. Par lettre du 11 mars 2015, la CNA a informé A.________ qu'elle prenait en charge les suites de l'accident et que le montant de l'indemnité journalière à laquelle il avait droit dès le 9 février 2015 se montait à 236 fr. 75 par jour. Elle est toutefois revenue sur sa position en versant une indemnité de 161 fr. 55. B.________ SA a alors transmis à la CNA le contrat de travail et les bulletins de salaires des mois de janvier et février 2015 concernant A.________, en la priant de verser la différence. Par décision du 16 juin 2015, la CNA a confirmé le paiement d'un montant de 161 fr. 55. Elle estimait que la preuve du versement du salaire indiqué dans la déclaration d'accident n'avait pas été apportée et qu'il n'était pas crédible que l'assuré fût engagé à un poste de contremaître avec de telles conditions salariales, retenant en lieu et place un salaire annuel de 73'697 fr. correspondant à celui prévu pour cette fonction par la convention collective des carreleurs et poseurs de sol de la Fédération vaudoise des entrepreneurs en 2015. Alors que l'assuré n'a pas formé opposition contre cette décision, l'employeur s'est adressé à nouveau à la CNA en lui confirmant que le salaire de A.________ était bien de 108'000 fr. A.b. Entre-temps, le prénommé a poursuivi son traitement médical auprès du docteur D.________. A la demande de la CNA, il a été examiné par le docteur F.________, qui a fait état d'une évolution favorable au niveau du membre supérieur droit, mais de la persistance de fortes douleurs au niveau de la hanche nécessitant des examens (rapport du 21 juillet 2015). Une arthro-IRM de la hanche droite effectuée le 3 septembre 2015 a révélé une "petite désinsertion du labrum antéro-supérieur à 2h, des micro-ossifications du labrum à 12h, une morphologie de conflit fémoro-acétabulaire ainsi que la présence de trois petites plages d'oedème osseux de l'aile iliaque droite". A.c. Par lettre du 19 octobre 2015, la CNA a invité A.________ à lui faire parvenir certains documents (fiches de salaire, extraits de compte bancaire, taxations fiscales etc.) et lui a fait savoir qu'elle suspendait immédiatement le versement de l'indemnité journalière dans cette attente. A.d. Le 29 janvier 2016, l'assuré a été examiné par le médecin d'arrondissement de la CNA, le docteur E.________. Tout en estimant que la situation n'était pas encore stabilisée, ce médecin lui a reconnu une capacité de travail à 50 % à partir du 1er mars 2016, ce que la CNA a confirmé à l'intéressé par lettre du 3 février 2016. Le docteur D.________ a établi un certificat médical correspondant. A.e. Début février 2016, un entretien a eu lieu entre un inspecteur de la CNA et l'assuré, au cours duquel ce dernier a expliqué avoir été engagé "pour reprendre une partie de la gestion de l'entreprise mais que l'accident était intervenu tôt après l'engagement". Par lettre du 24 mars suivant, la CNA a dès lors sollicité de l'employeur un complément d'information sur les tâches dévolues à A.________. L'entreprise B.________ SA a fourni un cahier des charges mentionnant les tâches suivantes: gestion de documents administratifs de toutes sortes (35 %); déplacement sur les lieux de travail (15 %); rendez-vous professionnels avec les clients (10 %); pose de sols et pose de parquets spéciaux (20 %); recherche de nouveaux collaborateurs (5 %); gestion RH (15 %). Par la suite, la société a toutefois spécifié que ce cahier des charges valait seulement à partir du 1er avril 2016 et qu'il n'y en avait pas eu pour la période précédente. A.f. Le 11 mai 2016, la CNA a décidé ce qui suit: au vu des renseignements obtenus relativement au salaire de A.________, elle annulait la décision du 16 juin 2015 et levait la suspension des prestations d'assurance; par ailleurs, eu égard aux nouveaux éléments apportés quant à la nature de l'activité du prénommé auprès B.________ SA, elle revenait également sur les termes de son courrier du 3 février 2016; selon un nouvel avis de son service médical du 19 avril 2016, il aurait été exigible de l'assuré de reprendre le travail à 80 % quatre mois après l'accident, puis totalement dans un délai de 15 mois après celui-ci; par conséquent, elle allouait des indemnités journalières sur la base d'une incapacité de travail de 100 % du 6 février au 7 juin 2015 (début du droit à l'indemnité le 9 février 2015), respectivement de 20 % du 8 juin 2015 au 5 juillet 2016, ces prestations étant calculées sur le salaire annuel annoncé dans la déclaration d'accident. Saisie d'une opposition, la CNA l'a écartée dans une nouvelle décision du 28 juin 2016.