Citation: 1P.800/1999 20.03.2000 E. 3

3.- a) Selon le recourant, l'autorité intimée aurait constaté les faits de manière arbitraire en retenant que la plaignante avait donné une version concordante des faits qu'elle avait maintenue tout au long de la procédure. Il relève diverses contradictions émaillant les déclarations successives de la jeune femme qui, ajoutées aux autres éléments à décharge, auraient dû amener à le libérer au bénéfice du doute de l'accusation d'exhibitionnisme. La Cour pénale n'a pas ignoré que les déclarations de la plaignante renfermaient des inexactitudes. Elle a en particulier reconnu que la jeune femme s'était trompée sur l'existence d'une ouverture dans un des murs du garage ainsi que sur le fait que la salopette du prévenu ne se boutonnait pas, mais qu'elle était munie d'une fermeture à glissière. Elle a cependant considéré que ces erreurs ne suffisaient pas à jeter le discrédit sur l'ensemble des déclarations de la plaignante dès lors qu'elles portaient sur des points accessoires et s'expliquaient aisément par l'état de choc dans lequel se trouvait la jeune femme. Or, le recourant n'explique pas en quoi cette motivation serait insoutenable et, partant, arbitraire, mais se borne à affirmer que la Cour pénale n'aurait pas tiré de ces inexactitudes les conclusions qui s'imposaient, de sorte que le recours ne répond pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). Par ailleurs, les contradictions qu'il met en évidence portent sur des points de fait qui ne sont pas pertinents pour juger de sa culpabilité ou que l'on peut sans arbitraire qualifier d'accessoires; il importe en effet peu de savoir si la plaignante avait l'intention de visiter le recourant ou une autre entreprise lorsqu'elle s'est garée en face du garage X.________; de même, il est indifférent de savoir si elle lui a présenté la marchandise de sa propre initiative, comme elle l'a déclaré de prime abord, ou si le recourant l'a questionnée à ce sujet, comme elle l'a affirmé par la suite. Les contradictions relevées sur ces différents points sont sans pertinence pour apprécier si le recourant s'est effectivement rendu coupable d'exhibitionnisme. Seuls sont à cet égard décisifs les événements survenus après que la jeune femme eut pris place dans la Ferrari qui se trouvait dans le local d'exposition. Le recourant voit une contradiction dans les déclarations de la jeune femme en ce qu'elle a tout d'abord affirmé qu'il lui aurait touché la poitrine et les jambes pour finalement admettre qu'il avait seulement essayé de le faire. L'état de saisissement dans lequel se trouvait la plaignante peut justifier cette légère divergence; il permet également de comprendre les raisons pour lesquelles elle n'a pas été en mesure d'indiquer si le sexe de son agresseur était ou non en érection, pour autant que cet élément puisse être tenu en soi pour décisif. La Cour pénale n'a ainsi pas fait preuve d'arbitraire en considérant que ces différents éléments n'étaient pas de nature à entamer la crédibilité des déclarations de la victime sur les points essentiels. Enfin, le fait que la robe de la plaignante se serait relevée lorsque celle-ci s'est assise, comme elle l'a déclaré au Juge d'instruction, n'exclut pas que le recourant ait tenté de regarder dessous pour voir si elle portait des culottes, ainsi qu'elle l'avait indiqué auparavant à la police. Il n'y a dès lors pas nécessairement de contradiction sur ce point entre les déclarations successives de l'intimée. b) Selon le recourant, la Cour d'appel aurait ignoré de nombreux indices à décharge qui infirmeraient la version des faits de la plaignante et qui auraient dû conduire à le libérer au bénéfice du doute. Le fait que l'intimée n'a pas appelé au secours, puis qu'elle ait quitté les lieux sans chercher de l'aide peut parfaitement s'expliquer par l'état psychique dans lequel elle se trouvait. La jeune femme n'avait d'ailleurs aucun motif d'agir de la sorte puisque le recourant avait mis un terme à ses agissements en regagnant l'atelier et ne constituait dès lors plus une menace pour elle. Les mêmes raisons permettent d'expliquer pourquoi personne n'a remarqué ou entendu quoi que ce soit, en dépit du fait que le garage se situe dans une zone industrielle fréquentée. Le fait que la plaignante se soit rendue sur une terrasse de restaurant pour boire un verre est compréhensible, dès lors qu'elle avait refusé d'accompagner son ami au garage pour y rencontrer son agresseur. Il n'est d'ailleurs nullement établi que la terrasse était fréquentée à ce moment et que personne n'ait remarqué quoi que ce soit comme l'affirme sans preuve le recourant. La jeune femme a par ailleurs précisé qu'elle n'envisageait pas de porter plainte dans l'immédiat, mais qu'elle s'était résolue à le faire après avoir remarqué qu'elle était perturbée et qu'elle n'osait plus se rendre dans des garages pour y exercer ses activités de représentante; elle a ainsi expliqué de manière convaincante les raisons pour lesquelles elle n'était pas allée aussitôt au poste de gendarmerie pour déposer plainte, mais seulement deux jours après les faits. Le fait qu'aucune tache de poussière ou de graisse n'ait été relevée sur la robe de la plaignante n'est pas de nature à entamer la crédibilité des accusations portées contre le recourant, puisque la Ferrari derrière laquelle ils auraient chuté se trouvait dans un local d'exposition revêtu d'un carrelage, selon le procès-verbal établi lors de la reconstitution des faits. Il n'est par ailleurs nullement établi que le recourant avait les mains sales et pleines de graisse; on peut même sérieusement en douter dans la mesure où le test antipollution auquel il déclare avoir été occupé au moment des faits n'est pas un travail salissant. Quant aux autres éléments évoqués, ils ne permettent pas plus de remettre en cause les déclarations de la plaignante ou leur crédibilité; l'absence de lésion n'est pas déterminante car les faits se sont déroulés sans grande violence physique, le recourant se contentant de tenir la jeune femme par la taille tout en essayant de lui baisser la culotte. Les conséquences d'une chute sont aléatoires et n'entraînent pas nécessairement des contusions. Le fait que le recourant mène une vie familiale normale est également dénué de pertinence pour cerner son comportement au moment des faits. L'autorité intimée pouvait dès lors sans arbitraire considérer les éléments allégués par le recourant, pour autant qu'ils aient été invoqués devant la Cour d'appel, comme dénués de pertinence pour apprécier la crédibilité des accusations de la plaignante. c) Selon le recourant, la Cour pénale aurait également retenu à tort que E.________ avait confirmé "à tous points de vue" les déclarations de R.________. Il est exact que ce témoin a déclaré avoir accompagné l'ami de la plaignante au garage X.________ tout en restant dans la voiture alors que celui-ci affirmait s'y être rendu seul. Interpellé à ce sujet, R.________ a évoqué l'éventualité qu'il soit retourné une seconde fois dans l'établissement en compagnie de E.________. Quoi qu'il en soit, cette contradiction porte sur un point secondaire par rapport au fait confirmé par le témoin selon lequel R.________ avait reçu un coup de téléphone de la jeune femme et que cette dernière pleurait beaucoup lorsqu'ils l'avaient rejointe. Les déclarations du recourant ne sont au demeurant pas exemptes de contradiction; selon le témoignage non contesté de R.________, sur lequel s'est également fondée la Cour pénale pour asseoir son verdict de culpabilité, X.________ aurait nié, dans un premier temps, avoir reçu la visite de la plaignante, avant d'admettre qu'une femme était passée au garage pour essayer la Ferrari, mais qu'il ne s'était rien passé entre eux. Pour le surplus, s'il n'est pas exclu que la robe de la victime se soit déchirée lorsque celle-ci s'est assise dans la Ferrari ou lorsqu'elle s'est débattue, l'autorité intimée pouvait, sans arbitraire, voir dans cet élément un indice supplémentaire en faveur de la version des faits de la plaignante. d) En définitive, le recourant ne parvient pas à démontrer qu'un examen objectif de l'ensemble des éléments de la cause aurait dû inciter la cour cantonale à douter de sa culpabilité au point que sa condamnation soit contraire à la maxime "in dubio pro reo".