Citation: 1P.680/1999 17.01.2000 E. 2

2.- Le recourant se plaint d'une violation de la présomption d'innocence. Selon la cour cantonale, le coup de sabre porté à la victime comportait un risque mortel tellement élevé que le recourant était présumé l'avoir accepté. Une telle présomption constituerait un renversement du fardeau de la preuve contraire aux art. 6 par. 2 CEDH et 4 aCst. Le critère de la vraisemblance serait un simple indice, l'élément décisif étant la volonté réelle de l'auteur d'accepter ou non le résultat de ses actes. Or sur ce point, l'expert avait clairement indiqué que le sabre utilisé par le recourant ne pouvait pas permettre la décapitation de la victime. Le recourant ignorait par ailleurs la possibilité d'un décès par arrêt cardiaque, en cas d'atteinte à la moelle épinière. La cour cantonale aurait aussi méconnu les circonstances objectives: expert en arts martiaux et entraîné au maniement du sabre, le recourant relève qu'après le coup, la lame n'a plus bougé pour provoquer d'autres blessures et qu'aux dires de l'expert, la survie de la victime est due notamment à ce que l'accusé n'avait pas réellement la volonté de tuer. La cour cantonale aurait enfin ignoré les mobiles du recourant, qui étaient de donner une leçon à A.________ en le marquant physiquement. Quand bien même la survie de la victime tenait plus du miracle que de la maîtrise du coup, la cour ne pouvait ignorer la représentation subjective que le recourant avait de son geste.