Citation: 6B_668/2014 E. 8.4

8.4. Le recourant soutient que le TPF aurait arbitrairement retenu que la société S.________appartenait, à partir du 31 décembre 1997, à raison de 50% à U.________ et 50% à A.________. S.________aurait en réalité appartenu à U.________ et Y.________, au travers de la société DD.________, jusqu'à sa reprise à hauteur de 20% chacune par les sociétés appartenant respectivement à U.________, X.________, Y.________, A.________ et lui-même. Cet élément serait repris plusieurs fois dans le jugement et serait susceptible d'avoir influencé la décision dès lors qu'il aurait permis de retenir une relation entre MUS et D.________ avant l'assemblée générale du 24 avril 1998. Il apparaît douteux que tel que formulé le grief du recourant réponde aux exigences accrues de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF. Quoi qu'il en soit, afin de retenir cet élément, le TPF s'est principalement fondé sur un schéma (18-002-129-44797 " Structure at 31 december 1997 ") des liens entre les différentes sociétés-écrans et les prévenus qui se trouvait dans les documents de T.________, société fiduciaire à l'Ile de Man, qui a créé et géré un grand nombre de sociétés-écrans pour le compte des prévenus. De ce schéma, il ressort effectivement que A.________ et le recourant étaient, au 31 décembre 1997, les actionnaires, ou à tout le moins les ayants droit économiques, de deux sociétés (FF.________ pour A.________ et GG.________ pour le recourant) qui détenaient S.________. Ce document est suivi de neuf autres schémas (pièces 18-002-129-44798 à 44806) décrivant les liens entre les prévenus et les différentes sociétés-écrans qu'ils ont utilisées, au 31 décembre de chaque année entre 1998 et 2006. En outre, le TPF ne s'est pas fondé sur cet unique élément pour retenir une étroite collaboration entre les prévenus (cf. jugement attaqué p. 199). Il a également relevé que l'existence d'une telle association était confirmée non seulement par la structure des ayants droit économiques de S.________durant les années 1998 à 2001, mais également par la mise en parallèle de deux contrats: le contrat intitulé " contrat fiduciaire et de domiciliation " passé le 24 mars 1997 à Fribourg entre V._________, A.________, X.________ et le recourant (pièces 10-02-01-0219 à 0222), par lequel les trois derniers donnaient mandat au premier de créer PP.________ et de l'administrer selon leurs instructions; et le contrat intitulé " contrat de portage " passé le 18 avril 1998 entre Eh.________ et PP.________ (pièces 07-03-04-0262 ss), dans lequel c'étaient U.________ et Y.________ qui étaient qualifiés de bénéficiaires finaux de PP.________ et non A.________, X.________ et le recourant. Dès lors, il n'était pas absolument insoutenable de retenir qu'un lien existait déjà au 31 décembre 1997 entre les différents prévenus, même si ce lien n'a été formalisé que plus tard. En outre, contrairement à ce qu'affirme le recourant, une proximité entre MUS et D.________ existait bien déjà avant l'assemblée générale du 24 avril 1998 puisque le recourant était à cette date membre du conseil d'administration de MUS et qu'il contrôlait D.________ (cf. infra consid. 11.2). Ainsi, même si les cinq prévenus précités n'étaient pas tous, durant toute la période déterminante, formellement ayants droit économiques de S.________, il n'en demeure pas moins que l'ensemble du montage auquel ils ont procédé et leur participation aux moments clés démontrent leur implication et leur intention de participer tout le long de la commission des infractions. Au demeurant, même à supposer qu'il était inexact de retenir que A.________ détenait la moitié de S.________pour son propre compte et celui du recourant et de X.________ depuis le 31 décembre 1997, la décision n'est, quoi qu'il en soit, pas arbitraire dans son résultat pour les motifs détaillés au consid. 7.3.4 de l'arrêt 6B_688/2014 rendu ce jour également. Le grief du recourant doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.