Citation: 6P.18/2003 11.03.2003 E. 3

Le recourant fait valoir que, sur plusieurs points, sa condamnation repose sur un état de fait déduit d'une appréciation arbitraire des preuves. 3.1 La notion d'arbitraire a été rappelée récemment dans l'ATF 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, auquel on peut se référer. L'arbitraire allégué doit par ailleurs être suffisamment démontré, sous peine d'irrecevabilité (cf. supra, consid. 1). 3.2 Le recourant soutient qu'il était arbitraire de retenir qu'il avait remis 44,7 grammes de cocaïne à B.________ en vue de l'achat d'une BMW. Pour admettre que le recourant a livré de la cocaïne à B.________, la cour cantonale s'est fondée sur plusieurs éléments. Elle a d'abord constaté qu'il ressortait d'écoutes téléphoniques entre B.________ et le recourant que le second fournissait notamment au premier des "choses dans des rouleaux de papier rose", des "petites peintures roses, jaunes" et des "boules de tennis". Elle a ensuite exposé que, dans le cadre de l'instruction ouverte à son encontre, B.________ avait déclaré que le recourant lui avait livré à plusieurs reprises de la cocaïne, dont ils parlaient d'une manière déguisée en utilisant les expressions ressortissant des écoutes téléphoniques, et que, confronté au recourant, il avait maintenu ses déclarations. Elle a encore relevé que, pour contester les déclarations de B.________, le recourant avait affirmé que la peinture rose était destinée à des retouches sur des voitures de B.________, qui n'avait toutefois pas de voitures de cette couleur en stock à l'époque des faits, et avait prétendu que la référence aux balles de tennis était réelle, alors que ni lui ni B.________ ne pratiquaient ce sport. De ces divers éléments concordants, qui ne sont en soi aucunement contestés par le recourant, il n'était certes pas arbitraire, c'est-à-dire manifestement insoutenable, de déduire que le recourant livrait de la cocaïne à B.________. Cela n'a en tout cas pas été admis sans preuve, comme se borne à l'affirmer le recourant. Le jugement attaqué retient qu'une perquisition effectuée dans le garage de B.________ a permis de découvrir 35,9 grammes de cocaïne, que B.________ a reconnu que cette drogue lui avait été remise par le recourant en vue de l'achat d'une BMW, qu'il a en outre admis avoir reçu du recourant 5 grammes de cocaïne en guise de paiement pour le dépôt et que ces déclarations ont été corroborées par deux documents découverts dans le garage lors de la perquisition. Sur la base de ces éléments, il n'était pas manifestement insoutenable de retenir que le recourant avait remis une quantité totale de 44,7 grammes à B.________. Pour le contester, le recourant invoque une attestation d'assurance, dont il résulterait qu'il était le "titulaire" de la BMW le 22 février 1999. Il ne ressort toutefois pas de l'arrêt attaqué qu'il se serait prévalu de cette pièce en instance cantonale. Dans tous les cas, il n'indique pas à quelle pièce du dossier elle correspondrait. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral, saisi d'un recours de droit public, de rechercher lui-même une pièce dans un dossier qui en comporte près d'un millier. Au demeurant, le fait contesté ne s'en trouverait pas infirmé, dès lors qu'il n'est nullement établi que la voiture aurait été remise au recourant après cette date; le jugement attaqué retient au contraire que le recourant a livré la cocaïne à B.________ depuis le début de l'année 1999. Pour le surplus, l'argumentation du recourant se réduit à des affirmations non démontrées et à une énumération de questions, auxquelles une lecture un tant soit peu attentive et correcte du jugement attaqué suffit à apporter une réponse. Une telle argumentation est manifestement insuffisante à démontrer l'arbitraire prétendu et, partant, irrecevable (cf. supra, consid. 1). Le grief ne peut dès lors qu'être rejeté dans la mesure où il est recevable. 3.3 Le recourant allègue qu'il était arbitraire d'admettre que, sur une quantité de 200 grammes de cocaïne qu'il a remis à B.________ en 1998, 100 grammes l'ont été à titre de paiement d'une voiture Golf. Le fait contesté repose notamment sur les déclarations concordantes de G.________ et de B.________, faites sans qu'ils aient pu se concerter. Qu'ils soient eux-mêmes des consommateurs de cocaïne ne suffit pas à faire admettre qu'il était arbitraire d'accorder crédit à leurs déclarations séparées et concordantes, dès lors qu'il n'est aucunement établi ni d'ailleurs allégué qu'il les auraient faites sous l'emprise de la drogue. C'est en vain aussi que le recourant se prévaut d'une quittance du 26 novembre 1998, selon laquelle il aurait remis 11.000 francs à B.________ en paiement de la Golf, qui n'aurait donc pas été échangée contre 100 grammes de cocaïne; le jugement attaqué retient qu'il ne s'agit que d'un document de couverture, destiné à déjouer toute recherche éventuelle, ce qui pouvait être admis sans arbitraire, dès lors qu'il est établi que le recourant a procédé de la même manière en d'autres circonstances (cf. supra, let. B.b) et cela d'autant plus que le fait contesté est confirmé par les témoignages concordants de B.________ et de G.________. Les arguments avancés par le recourant sont ainsi manifestement insuffisants à faire admettre l'arbitraire allégué. Comme le précédent, le grief ne peut donc qu'être rejeté dans la mesure où il est recevable. 3.4 Selon le recourant, c'est sur la base d'une appréciation arbitraire des preuves qu'il a été retenu que, sur les 260 grammes de cocaïne qu'il a remis à C.________, 100 grammes l'ont été en paiement d'une voiture Lancia. Le recourant invoque une quittance, qui attesterait qu'il a payé la Lancia à C.________ en espèces. Il ne démontre toutefois aucunement, d'une manière qui satisfasse un tant soit peu aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en quoi le raisonnement par lequel la cour cantonale a dénié toute valeur probante à cette quittance serait manifestement insoutenable. Il ne saurait donc se prévaloir d'une pièce dont il n'est pas établi qu'elle ait été écartée de manière arbitraire. Pour le surplus, l'argumentation du recourant se réduit à une rediscussion purement appellatoire des faits retenus et à opposer sa version à celle de l'autorité cantonale. En particulier, et c'est ce qui est en définitive déterminant, il n'établit nullement ni même ne prétend qu'il était arbitraire de retenir, au demeurant conformément aux déclarations concordantes de B.________, G.________ et C.________, qu'il a remis, en 1998, 260 grammes de cocaïne à ce dernier. Le grief est par conséquent irrecevable. 3.5 Le recourant prétend que, sauf arbitraire, il ne pouvait être retenu qu'il avait remis de la cocaïne à G.________ par l'intermédiaire de D.________. Le fait contesté repose essentiellement sur les déclarations de G.________, qui a notamment été entendu par la police les 8 et 9 février 2000 et par le juge d'instruction les 9, 11 et 18 février 2000. Que, lors de cette dernière audition, G.________ serait revenu sur ses déclarations antérieures, selon lesquelles le recourant, par l'intermédiaire de D.________, lui aurait remis une quantité totale de 550 grammes de cocaïne, ne ressort nullement du procès-verbal d'audition du 18 février 2000; le recourant se borne d'ailleurs à l'insinuer. Le reproche fait à la cour cantonale d'avoir méconnu arbitrairement des dénégations résultant de cette pièce est donc dépourvu de fondement. Au reste, la critique du recourant se réduit à une contestation purement appellatoire des faits retenus, sans démonstration d'un quelconque arbitraire. Elle est par conséquent irrecevable. 3.6 Le recourant soutient encore qu'il était arbitraire d'admettre qu'il avait remis 39 grammes de cocaïne à E.________ ainsi que 5 grammes de cette drogue à F.________.