Citation: 8C_500/2023 E. 6.2

6.2. Contrairement à ce que soutient le recourant, les premiers juges ont bien précisé la part d'activité que son épouse est censée consacrer à une activité lucrative, à savoir un pourcentage de 50 % dans l'activité de femme de ménage. En outre, l'expertise du docteur C.________ ne portait pas uniquement sur la capacité de celle-ci dans ses activités ménagères, mais plus largement sur sa capacité de travail dans toute activité - y compris lucrative - correspondant à ses aptitudes. Comme relevé par la cour cantonale, l'expert a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent en rémission partielle ou léger, sans répercussion sur la capacité de travail, ainsi que des traits de personnalité état limite et immatures. Il a indiqué que le trouble dépressif n'était pas lié à des conflits intrapsychiques, mais était intervenu dans le contexte de tensions conjugales et surtout de difficultés économiques; l'évolution, sous traitement médical bien conduit, semblait favorable, ce constat étant validé par l'enquête ménagère et les avis d'autres médecins. En ce qui concerne le trouble de la personnalité, l'expert a admis qu'il était difficile de savoir s'il s'agissait d'un trouble de la personnalité ou de traits de la personnalité, compte tenu de l'inadaptation socio-culturelle massive. En conclusion, le docteur C.________ a estimé que l'épouse du recourant n'était pas limitée dans son activité habituelle de femme au foyer, l'activité de femme de ménage pour des particuliers étant par ailleurs tout à fait adaptée; elle pouvait donc travailler à plein temps dans toute activité adaptée à ses compétences et sa motivation, la recherche d'emploi étant toutefois limitée par l'inadaptation socio-culturelle ainsi que l'absence de maîtrise du français et de qualifications. L'expert a donc conclu que l'intéressée disposait d'une pleine capacité de travail dans l'activité de femme de ménage, malgré ses affections psychiques et quand bien même la recherche d'emploi était limitée par l'inadaptation socio-culturelle ainsi que l'absence de maîtrise du français et de qualifications. Les avis médicaux dont se prévaut le recourant se bornent à constater sans autres détails une incapacité de travail dans "l'économie libre" ou sur le "marché libre du travail", sans se prononcer spécifiquement sur l'activité de femme de ménage. Ils ne sont donc pas susceptibles d'infirmer les conclusions motivées et convaincantes du docteur C.________. Par ailleurs, le recourant ne remet pas en cause l'appréciation du docteur C.________, selon laquelle sa femme n'est pas limitée dans son activité habituelle de femme au foyer. Or les tâches d'une femme de ménage se rapprochent de celles d'une ménagère. Elles ne nécessitent pas de formation particulière et le bon usage du français n'est pas primordial à leur accomplissement, étant entendu qu'une aide extérieure peut être fournie pour rechercher et trouver un emploi. L'épouse du recourant est du reste encore jeune et l'intimée lui a accordé un délai de six mois pour mettre en valeur sa capacité de travail. Ses enfants sont tous deux scolarisés, ce qui devrait lui permettre d'assumer un emploi à mi-temps et de s'occuper d'eux et de son ménage, quel que soit le degré de l'aide apportée par le recourant à ce niveau-là. A ce propos, ce dernier n'a fourni aucun élément concret donnant à penser qu'il aurait besoin d'un soutien à domicile à plein temps de son épouse pour éviter un placement dans un EMS, celle-ci ayant du reste fait savoir à l'expert que son mari n'était "pas spécialement limité", en dehors de "quelques difficultés respiratoires", et qu'il ne l'aidait pas "pour des raisons culturelles". Les griefs du recourant s'avèrent ainsi mal fondés.