Citation: 8C_2/2023 E. 5.2.4

5.2.4. Cela étant et compte tenu des considérations qui suivent, les premiers juges n'étaient pas fondés à exclure les années 2005 et 2006 du calcul du revenu d'invalide. En effet, selon les conclusions du rapport d'expertise du CEMEDEX, auquel les premiers juges ont reconnu une pleine valeur probante, une capacité résiduelle de travail de 50 % dans une activité adaptée existait depuis 2004. S'il convient d'admettre qu'un laps de temps était indispensable au recourant pour réorganiser son activité dans l'entreprise dès la survenance de son incapacité de travail en juin 2004, on ne peut pas partir du principe qu'une période de deux ans et demi était nécessaire à cette fin, sur la seule base de la durée de perception des indemnités perte de gain (laquelle dépend aussi de considérations d'ordre contractuel). On ne peut pas non plus déduire du fait que le recourant a perçu des indemnités perte de gain qu'il n'exploitait pas pleinement sa capacité résiduelle de travail durant les années 2005 et 2006, alors que le rapport d'enquête du 25 mars 2020 montre une augmentation du chiffre d'affaires durant ces années-là et que le compte individuel du recourant ne fait pas état de revenus déclarés bien inférieurs aux années suivantes. Quant à l'argumentation de l'intimé relative au défaut de perception de cotisations sur les indemnités allouées par l'assureur perte de gain, elle n'est pas pertinente dans la mesure où le recourant ne demande pas la prise en compte des indemnités perte de gain dans son revenu d'invalide - ce qui lui serait d'ailleurs défavorable - mais uniquement que les années comptables 2005 et 2006 ne soient pas écartées.