Citation: 6B_912/2022 E. 3.2.2

3.2.2. Selon le recourant, la crédibilité de l'intimée serait entachée par l'absence de preuves corroborant ses dires. Ce faisant, il omet que sous l'angle du principe in dubio pro reo, la jurisprudence n'exclut pas qu'il soit possible de condamner l'auteur d'une infraction sur la base des seules déclarations de la victime (cf. supra consid. 3.1.2). La cour cantonale était ainsi légitimée, sur le principe, après appréciation des moyens de preuve, à considérer que les dires de l'intimée étaient crédibles et suffisants pour se forger une intime conviction. Indépendamment de ce qui précède, les éléments avancés par le recourant ne permettent pas de remettre en cause la crédibilité de l'intimée. En particulier, il ne saurait être suivi lorsqu'il soutient que les images de vidéo-surveillance du bus, retransmises en direct sur des écrans à l'avant du véhicule, auraient forcément permis au chauffeur ou aux passagers de le confondre. C'est à juste titre que la cour cantonale a considéré que le rôle du chauffeur était de conduire son bus et de porter son attention sur la circulation, et non de surveiller les moindres gestes des usagers, alors que le caractère discret des attouchements les rendait peu perceptibles pour les autres passagers, d'autant plus que la configuration d'un car postal permet une plus grande confidentialité qu'un bus classique, les rangées de places assises étant presque toutes alignées dans la même direction et à la même hauteur. À cela, il convient d'ajouter que l'usager ordinaire d'un bus n'a certainement pas pour habitude de scruter des images de vidéo-surveillance à la recherche du moindre comportement suspect mais, au contraire, qu'il sera plutôt occupé à ses propres affaires. C'est ainsi que l'intimée a déclaré que tous les autres passagers étaient plongés dans leurs téléphones (dossier de la cause, p. 6; art. 105 al. 2 LTF). De surcroit, rien au dossier ne permet d'affirmer que la taille des écrans ou la qualité des images retransmises permettraient de constater des attouchements subtils. Pour les mêmes raisons, indépendamment de la durée des attouchements et de l'endroit où ils ont été imposés, qui n'empêchent en rien qu'ils aient été discrets, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il soutient que le bus était " à peu près plein " et ainsi, que quelqu'un l'aurait forcément vu agir. Pour le surplus, sur la base d'éléments de faits qui ne ressortent pas du jugement attaqué, le recourant se contente d'émettre des hypothèses et d'opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale. Un tel procédé, appellatoire, est irrecevable.