Citation: 5A_739/2023 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a considéré que le changement de résidence de l'enfant revêtait une certaine urgence et était conforme à son intérêt, ce même à titre provisionnel. Les juges cantonaux ont d'abord relevé la qualité de parent référent de l'intimé et la bonne cohabitation entre le père et sa fille, de même que le caractère très ténu du lien mère-fille, découlant de la décision unilatérale de la recourante de ne plus exercer son droit de visite. Dans ces circonstances très particulières, ils en ont déduit le caractère " assez nettement abusif " de l'opposition de la recourante au changement du lieu de résidence de sa fille, ne saisissant pas concrètement ce que celui-ci changerait pour la mère en l'état actuel des choses, étant précisé que l'intéressée ne formulait aucune proposition concrète en vue d'une éventuelle reprise des relations personnelles. La cour cantonale a souligné que C.________ avait par ailleurs été très claire sur son souhait de continuer à vivre avec son père et, ainsi de pouvoir l'accompagner en France; vu son âge, cette volonté, au demeurant librement exprimée, devait être prise en considération. Les circonstances entourant la nécessité du déménagement (licenciement de l'intimé, nouvel emploi rapidement proposé et accepté) étaient ensuite vraisemblables malgré les doutes soulevés par la recourante. La volonté de l'intimé de chercher, avec une certaine urgence, un emploi mieux rémunéré que le précédent apparaissait de surcroît logique (recherches d'emploi infructueuses en Suisse; fragilisation de l'intimé sur le marché du travail helvétique suite à une longue période de chômage antérieure, à laquelle des efforts de reconversion avaient permis de mettre un terme). Il n'était pas établi que les prétendus autres moyens financiers dont il disposait lui auraient permis de faire indéfiniment l'appoint et qu'il aurait renoncé, à long terme, à l'obtention d'un emploi mieux rémunéré que le bas salaire dont il avait pu se contenter précédemment. Le déménagement lui-même ne posait enfin pas de difficultés particulières si ce n'est celles qui pourraient être rencontrées usuellement par d'autres enfants ou adolescents, étant précisé que C.________ avait déjà des repères dans cette région du sud de la France qu'elle connaissait - ses grands-parents y disposant d'un logement de vacances.