Citation: 4A_496/2018 E. 4.2

4.2. L'intégralité de l'argumentation du recourant repose sur la prémisse selon laquelle le juge civil est habilité à se prononcer, à titre préjudiciel (dans un cas d'application de l'art. 760 al. 2 CO), sur la nullité d'une décision pénale. En l'espèce, il n'y a toutefois pas lieu de se déterminer sur cette attribution (prétendument) conférée au juge civil, dont on peine à identifier le besoin auquel elle est censée répondre, vu les moyens déjà à disposition des parties dans le procès pénal, ainsi que les voies de droit (appel, révision) auxquelles elles peuvent recourir, et étant donné l'approche très restrictive qui gouverne la question de la nullité d'une décision pénale (arrêts 6B_120/2018 du 31 juillet 2018 consid. 2.2; 6B_667/2017 du 15 décembre 2017 consid. 3.1; en Allemagne, cf. HANS KUDLICH, Nichtigkeit eines Strafurteils nach informeller Verständigung und fehlender Sachaufklärung, NJW 2013 p. 3216 ss). L'argumentation du recourant peut en effet d'emblée être écartée au motif - qui vient d'être exposé (cf. supra consid. 3) - que, à défaut d'être une victime directe de l'infraction pénale (i.e un lésé au sens du droit pénal) prétendument commise par les organes sociaux, il ne peut être mis au bénéfice de la prescription pénale de plus longue durée (cf. supra consid. 4.1.4 troisième condition). Cela étant, il ne saurait prendre une conclusion (celle visant la question préjudicielle) qui a pour seule fin de permettre l'application d'une règle (l'art. 760 al. 2 CO) qui ne lui est pas destinée. En tant que lésé au civil (art. 752 ss CO), mais non au pénal (art. 115 CPP), il lui appartenait de se conformer à la prescription quinquennale prévue à l'art. 760 al. 1 CO. Pour cette raison, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir exclu l'application de l'art. 760 al. 2 CO et, partant, d'avoir admis que la prescription était acquise lorsque le demandeur a ouvert action contre les défendeurs. Le complètement de l'état de fait sollicité par le recourant n'y change rien et il n'y a pas lieu d'y revenir. Les moyens tirés de la (prétendue) transgression de l'interdiction de l'arbitraire et de la violation du droit d'être entendu appellent la même conclusion.