Citation: 4C.2/2003 25.03.2003 E. A

X.________ est l'un des fondateurs de la société B.________ S.A., créée en 1992 et dont il était l'administrateur et le seul actionnaire. A la suite d'une restructuration survenue en automne 1994, la société a changé sa raison sociale et est devenue A.________ S.A. (ci-après : A.________). Son capital-actions de 50 actions nominatives de 1'000 fr. chacune a été porté à 430'000 fr. par l'émission de 380 actions nominatives de 1'000 fr. Celles-ci ont été souscrites à raison de 80 par C.________S.A. dont X.________ était l'unique administrateur et de 300 par D.________ S.A., une société administrée par Y.________. Le 24 septembre 1994, X.________ et A.________, représentée par Y.________, "actionnaire majoritaire", ont conclu un contrat de travail aux termes duquel X.________ était engagé en qualité de directeur général et président du conseil. Le contrat prévoyait un salaire fixe mensuel brut de 8'000 fr., auquel s'ajoutait un intéressement de 0,75 % sur le chiffre d'affaires et de 3 % sur le bénéfice d'exploitation avant amortissement et réserve. Une avance de 8'000 fr. sur cet intéressement devait être versée chaque mois. Les frais de représentation, de déplacement ou de voyage, y compris le leasing de la voiture, devaient être remboursés sur présentation des justificatifs. En février 1995, X.________ a perçu un montant de 12'226,05 fr. de A.________. Pour les mois de mars à juillet 1995, il a touché un total de 13'500 fr. bruts par mois, soit 6'750 fr. à titre de salaire et 6'750 fr. à titre d'avances sur commissions. Il ressort du procès-verbal d'une séance qui s'est tenue le 23 mai 1995 que A.________ et X.________ ont discuté d'un nouveau contrat de travail prévoyant notamment une clause de non-concurrence et une diminution de 2'500 fr. du revenu mensuel fixe alloué à X.________ à partir du 1er mars 1995. Y.________ a tenté d'obtenir la baisse prévue, mais n'y est pas parvenu. Le 17 août 1995, X.________ a conclu avec A.________ un nouveau contrat de travail, entré en vigueur le 2 août 1995, selon lequel il devait occuper la fonction de directeur commercial. Les clauses concernant le salaire prévues initialement ont été biffées et, en définitive, c'est un salaire fixe de base s'élevant à 8'000 fr. bruts par mois et une avance sur intéressement se montant à 5'500 fr. qui ont été convenus. Les frais de représentation, de déplacement ou de voyage, y compris le leasing voiture, devaient être remboursés sur présentation des justificatifs. Quant à l'intéressement dû à X.________, il s'élevait à 0,75 % sur le chiffre d'affaires annuel net de A.________ et à 3 % sur le bénéfice d'exploitation avant amortissement et réserve. Le contrat prévoyait également cinq semaines de vacances et un délai de congé de six mois pour la fin d'un mois. Le lundi 5 février 1996, X.________ a été licencié et prié de "vider" son bureau pour la fin de l'après-midi. Le lendemain, X.________ a demandé à A.________ les raisons exactes de son licenciement et formulé diverses prétentions, notamment salariales. Le 9 février 1996, il a encore prié A.________ de motiver sa décision par écrit et de préciser si le licenciement s'entendait avec effet immédiat ou pour l'échéance contractuelle. Il a réitéré sa demande le 16 février 1996. Le 28 février 1996, A.________ a indiqué à X.________ que le congé signifié le 5 février 1996 lui avait été donné pour l'échéance prévue par le contrat du 17 août 1995, à savoir pour le 31 août 1996, mais que celui-ci avait été immédiatement dispensé de travailler jusqu'à l'échéance du contrat de travail. Le congé était motivé par les mauvais résultats obtenus par X.________. Évoquant également certaines anomalies, notamment au niveau de l'encaissement des factures, A.________ se réservait le droit de résilier le contrat pour justes motifs. Elle annonçait enfin un décompte des sommes dues à titre d'intéressement au bénéfice pour 1995 et un décompte de salaire. Le 1er mars 1996, X.________ a notamment prié A.________ de lui verser son salaire du mois de février 1996 d'ici au 4 mars suivant. Le 7 mars, il lui a imparti un ultime délai au 11 mars pour s'exécuter. Le 11 mars 1996, A.________ a invoqué la compensation entre le salaire de février et les avances versées. Le 1er avril 1996, X.________ a informé A.________ que, comme celle-ci persistait à refuser de lui payer son salaire et son avance sur commission pour les mois de février et mars 1996, il résiliait avec effet immédiat et pour justes motifs son contrat de travail. Le 3 avril 1996, A.________ a répondu qu'elle contestait l'existence de justes motifs de résiliation de la part de X.________. En revanche, elle indiquait qu'elle aurait pu, pour sa part, invoquer de tels motifs. Elle faisait ainsi valoir que le demandeur avait préparé son départ en débauchant du personnel, violant ainsi son devoir de fidélité, et qu'il s'était indûment fait offrir une croisière aux frais de la société. Dès qu'il a quitté A.________, X.________ s'est installé dans des locaux situés dans le même immeuble, mais dont l'entrée était différente, et il a commencé à travailler, sous la raison individuelle "E.________". S'il y a pu avoir des confusions avec A.________, il n'est pas établi que X.________ les ait sciemment entretenues. En tant que titulaire de E.________, X.________ n'a pas réalisé de gains, sa première activité lucrative dépendante exercée après son licenciement remonte à fin 1997 ou début 1998. Il a été retenu que X.________ avait proposé à trois employés de A.________ de travailler pour sa société. Pour l'un d'entre eux au moins, cette proposition s'était faite avant le 1er avril 1996. Le 6 juin 1996, l'organe de révision de A.________ a fourni un rapport à l'assemblée générale ordinaire sur l'exercice 1995, duquel il ressort que le chiffre d'affaires pour 1995 s'élevait à 5'048'307,47 fr. et que le compte de pertes et profits faisait apparaître une perte de 596'786,41 fr.