Citation: I 233/01 16.07.2001 E. 1

aa) Tout d'abord, le recourant affirme que c'est en raison de son état de santé qu'il a dû, en été 1996, abandonner son activité salariée; le statut d'indépendant lui laissait une plus grande liberté pour aménager son horaire de travail en fonction de son handicap. Cette question n'a semble-t-il fait l'objet d'aucune investigation de la part de l'office de l'assurance-invalidité. Elle revêt toutefois une importance déterminante, car, dans l'affirmative, il faudrait considérer que le recourant, s'il n'avait pas été atteint dans sa santé, aurait probablement poursuivi une activité salariée. C'est en partant de cette hypothèse qu'il conviendrait alors de fixer le revenu réalisable sans invalidité. bb) En second lieu, le revenu d'invalide doit être évalué avant tout en fonction de la situation professionnelle concrète de l'intéressé, pour autant que l'on puisse admettre que celui-ci utilise sa capacité de travail dans la mesure que l'on est en droit d'exiger de lui (ATF 126 V 76 consid. 3b/aa). Or, en l'espèce, les éléments font défaut pour procéder à une telle évaluation. Le jugement cantonal ne contient aucune constatation au sujet du revenu actuel du recourant et il n'est pas possible, sur la base des pièces, de l'évaluer avec un minimum de précision. En outre, dans son expertise, le docteur C.________ relève que l'assuré travaille "actuellement" dix heures par jour, trois à quatre jours par semaine. Prenant position sur cette expertise, le recourant a produit un relevé détaillé de ses journées de travail entre 1995 et 1999. Il en ressort que son taux d'activité s'est situé, durant ces années, aux environs de 50 pour cent en moyenne, soit un pourcentage sensiblement inférieur au taux d'activité retenu par l'expert. L'office de l'assurance-invalidité a alors soumis ce relevé à l'expert, qui a déclaré que le taux d'occupation allégué lui suggérait "beaucoup plus une inactivité pour raisons professionnelles que pour raisons médicales". Il n'y a donc pas de motif, selon lui, de revenir sur l'appréciation relative au taux d'incapacité de travail attesté précédemment (lettre du 25 octobre 2000). Le caractère vague et sommaire de ces indications complémentaires de l'expert paraît refléter davantage une impression personnelle qu'une appréciation fondée sur des données médicales ou économiques objectives. Au demeurant, même si l'on suivait l'expert dans ses affirmations et que l'on admît que le recourant pourrait travailler dans une proportion de 70 pour cent, il faudrait examiner quelles en seraient les incidences réelles sur le niveau de ses revenus. Si, comme le suggère l'expert, une augmentation du temps de travail n'aurait pas d'influence sensible sur le volume des affaires du recourant (et donc sur ses gains), il s'agirait alors de déterminer si l'assuré pourrait réaliser un gain supérieur à ses revenus actuels dans une activité salariée qui soit adaptée à son handicap (cf. ATF 126 V 76 consid. 3b/bb). c) En conclusion, il appartiendra à l'office de l'assurance-invalidité - à qui la cause a été renvoyée par les premiers juges - de reprendre l'instruction du cas, sans être lié par la limite temporelle fixée à cet égard par le Tribunal administratif. Il s'agira principalement de clarifier la situation sous l'angle économique. Au besoin, des données médicales complémentaires pourront être requises. Si l'office de l'assurance-invalidité ne peut déterminer ou évaluer sûrement les revenus en cause, il y aura lieu, en s'inspirant de la méthode spécifique pour non-actifs (art. 27 RAI), de procéder à une comparaison des activités et évaluer le degré d'invalidité d'après l'incidence de la capacité de rendement amoindrie sur la situation économique concrète (procédure extraordinaire d'évaluation; ATF 104 V 136 consid. 2; VSI 1998 p. 122 consid. 1a et p. 257 consid. 2b).