Citation: 5A_87/2023 E. 3.2.2

3.2.2. En l'espèce, il faut admettre avec le recourant que la cour cantonale a omis de statuer sur le grief qu'il avait soulevé en appel en lien avec l'art. 85 al. 1 CPC. Or le caractère pertinent de cette critique ne saurait d'emblée être nié. En effet, si la jurisprudence retient que le défendeur est dispensé de l'obligation d'indiquer une valeur minimale comme valeur litigieuse provisoire dans un cas de divorce sur demande unilatérale (cf. arrêts 5A_977/2021 du 25 mars 2024 consid. 2.1; 5A_108/2023 du 20 septembre 2023 consid. 5.2.2 et les références), elle n'a pas tranché la question de savoir si cette dispense vaut également pour la partie demanderesse. Par ailleurs, la doctrine est divisée sur la question, certains auteurs estimant qu'il peut être renoncé à l'indication d'une valeur litigieuse minimale pour les conclusions relatives au régime matrimonial non chiffrées (parmi plusieurs: YANNICK MINNIG, Rechtsbegehren im Güterrecht, in FamPra.ch 1/2024 p. 43, p. 60 s.; DORSCHNER/BELL, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 4e éd. 2024, n° 9 ad art. 85 CPC; CHRISTIAN STALDER, Rechtsbegehren in familienrechtlichen Verfahren, in FamPra.ch 2014 p. 43, p. 56-57), et d'autres considérant que l'exigence d'une valeur litigieuse minimale devrait être maintenue eu égard à la lettre claire de l'art. 85 al. 1 CPC (GÖKSU/CONSTANTIN, Les conclusions en droit de la famille, in Revue de l'avocat 2020 p. 302, p. 304). S'agissant au demeurant des conséquences juridiques relatives à l'absence de mention d'une valeur litigieuse minimale dans une procédure unilatérale de divorce, cette question n'a pas non plus été tranchée (sur ce point en général, cf. arrêts 4A_170/2022 du 25 juillet 2022 consid. 4.2.4; 4A_502/2019 du 15 juin 2020 consid. 7 à 7.2.2.2, spéc. consid. 7.2.2.1, qui précisent notamment que l'indication par la partie demanderesse d'une valeur litigieuse minimale au sens de l'art. 85 al. 1 CPC est une condition de recevabilité). Il s'ensuit que la juridiction précédente a violé le droit d'être entendu du recourant et la cause doit lui être renvoyée afin qu'elle se prononce sur le grief soulevé (art. 107 al. 2 LTF), étant relevé que la violation ne saurait être réparée devant le Tribunal de céans et que le renvoi ne constitue pas une vaine formalité compte tenu des considérations qui précèdent.