Citation: 5A_286/2022 E. 3.2

3.2. Le recourant soutient essentiellement qu'en déléguant la garde de fait et la détermination du lieu de résidence des enfants à la DGEJ tout en plaçant les intéressés chez leurs parents, la juge déléguée non seulement s'écartait des préconisations des experts et de la DGEJ, mais adoptait également une construction juridique que le législateur n'avait pas prévue. Celle-ci lui était ainsi de bonne foi inopposable et relevait de surcroît de l'arbitraire. Il était en effet absolument contradictoire de considérer que seul un placement des enfants hors de leur milieu parental permettrait de protéger leur développement, tout en recréant factuellement cette communauté de vie familiale, en la désignant comme la solution la plus favorable pour celui-ci. Le recourant remarque également que la situation validée par la juge déléguée lui conférait le statut de parent nourricier de ses propres enfants, alors qu'il était titulaire de l'autorité parentale, et que cette circonstance conduisait au paradoxe incongru qu'il devrait se soumettre à la procédure prévue par l'ordonnance sur le placement d'enfants et la législation cantonale sur la protection des mineurs (soit: autorisation, formation, indemnisation), tout en étant toujours tenu de s'acquitter des contributions d'entretien en faveur de ses enfants alors qu'il en assumait la totalité de l'entretien personnel. Enfin, le recourant invoque que le caractère provisoire de la situation ne devait pas permettre de contourner arbitrairement les principes de proportionnalité et de subsidiarité.