Citation: 1B_446/2015 E. 2.3

2.3. L'instance précédente a également justifié la détention de l'intéressé par l'existence d'un risque de passage à l'acte en se basant notamment sur le fait que celui-ci avait eu des conversations très tendancieuses, pouvant aisément être interprétées comme ayant un caractère sexuel, avec les jeunes filles rencontrées au manège équestre et que l'expert psychiatre - qui avait posé le diagnostic de pédophilie - avait affirmé qu'un passage à l'acte ne pouvait pas être exclu. Pour nier le risque de passage à l'acte, le recourant se prévaut du fait qu'il n'a jamais commis d'acte sexuel à l'encontre d'un mineur, que les messages échangés avec des fillettes qu'il fréquentait au manège équestre s'étaient limités à 7 jours de discussion sur une période s'étalant de septembre 2012 à juillet 2013 et que les propos pouvant être qualifiés d'ambigus résultaient uniquement de trois messages envoyés trois ans auparavant. Les messages ambigus - dans lesquels le recourant demande à l'une des jeunes filles ce qu'elle porte sous son pyjama et à une autre si elle avait des déguisements chez elle - ne mettent effectivement pas en évidence d'actes répréhensibles de la part du recourant; ils sont toutefois, comme relevé par le Tmc, clairement en lien avec les fantasmes pédophiles du prévenu. S'il convient certes de faire une distinction entre la verbalisation d'un fantasme avec un internaute inconnu et une concrétisation de ce fantasme par un passage à l'acte impliquant des jeunes filles dans la réalité, l'expert psychiatre a néanmoins expliqué que le début de discussions à caractère sexuel avec les trois filles du manège constituait un dérapage dans la réalité. Selon l'expert, on pouvait y voir une progression dans l'exécution de fantasmes ou une brèche dans les mécanismes de défense contenant les fantasmes sexuels du prévenu (cf. rapport d'expertise p. 14). Il a à cet égard précisé que si aucune mesure n'était prise pour empêcher l'intéressé de récidiver, une progression des activités illicites vers des infractions contre l'intégrité sexuelle d'enfant était possible. L'expert a par ailleurs indiqué que la connotation violente, l'envie de faire souffrir, le désir de domination et le dé sir de soumettre ne montrait pas une évolution favorable de la problématique chez l'expertisé en psychothérapie depuis 2010 (cf. rapport d'expertise p. 4). I l soulignait également l'incapacité du recourant à réprimer ses pulsions et fantasmes violents, malgré le traitement médical ambulatoire auquel il était soumis (cf. rapport d'expertise p. 16). Compte tenu des éléments précités, en particulier des graves troubles dont souffre l'intéressé et des considérations de l'expert psychiatre, l'instance précédente pouvait, sans violer le droit fédéral, admettre également l'existence d'un risque de passage à l'acte au sens de l'art. 221 al. 2 CPP. En particulier, le seuil d'acceptation du risque de passage à l'acte pouvait, conformément à la jurisprudence précitée (cf. supra consid. 2.1) être moins élevé s'agissant d'actes d'ordre sexuel sur des enfants; il n'est en effet pas admissible de mettre la victime potentielle face à un risque inacceptable (ATF 137 IV 339 consid. 2.2 non publié; 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le fait que ce dérapage remonte à quelques années ne constitue pas à lui seul une garantie suffisante dès lors que le recourant n'a jamais cessé son activité illicite.