Citation: I 931/06 03.10.2007 E. 5

5.1 Dès lors que le recourant conteste l'application de règles jurisprudentielles sur la manière d'effectuer la comparaison des revenus (y compris l'application des données statistiques de l'ESS) - et non pas le revenu d'invalide déterminé sur la base d'une appréciation concrète des preuves -, il s'agit d'une question de droit soumise au libre examen de la Cour de céans (ATF 132 V 393 consid. 3.3 p. 399). 5.2 Comme l'a constaté l'autorité fédérale de recours, le salaire d'invalide calculé par l'Office AI valaisan dans la décision initiale en référence aux données ESS (2002 avec adaptation à l'évolution des salaires jusqu'en 2004; 58'268 fr. par an pour un plein temps) est nettement plus élevé que celui qu'obtenait l'assuré sans atteinte à la santé (40'040 fr. en 2004). Cette circonstance ne justifie pas à elle seule de s'écarter du salaire d'invalide ainsi déterminé. Toutefois, lors de la comparaison des revenus déterminants, il convient selon la jurisprudence de tenir compte du fait qu'un assuré réalisait un revenu nettement inférieur aux salaires habituels de la branche pour des raisons étrangères à l'invalidité (par ex. formation scolaire insuffisante, qualifications professionnelles insuffisantes, manque de connaissances linguistiques, possibilités limitées d'emploi en raison d'un statut de saisonnier), pour autant qu'il n'y ait pas de circonstances permettant de supposer que l'intéressé se serait contenté d'un salaire plus modeste que celui qu'il aurait pu obtenir (cf. RCC 1992 p. 96 consid. 4a) et que l'on peut admettre qu'il ne pourrait pas réaliser, en raison de qualifications insuffisantes, un salaire aussi élevé que le revenu moyen déterminé. Dans un tel cas, celui-ci doit - en présence d'un écart important - être réduit du pourcentage résultant de la différence entre le revenu obtenu avant la survenance de l'invalidité et le salaire moyen de l'époque dans la branche considérée. C'est une manière de sauvegarder le principe selon lequel l'assurance-invalidité n'a pas à compenser les pertes de salaire résultant de facteurs étrangers à l'invalidité (cf. ATF 129 V 222 consid. 4.4 p. 225; RCC 1989 p. 483 consid. 3b; RAMA 1993 n° 168 p. 103 consid. 5b; arrêts I 64/03 du 18 novembre 2003 et I 789/02 du 15 juillet 2003). 5.3 Le salaire qu'aurait réalisé l'assuré en 2004 est en l'espèce nettement inférieur à celui, pour la même année, que réalisaient des travailleurs non qualifiés du secteur de l'horticulture (domaine le plus proche de celui dans lequel travaillait l'assuré). Selon les données ESS, le salaire de ces travailleurs était de 3596 fr. en 2004 pour 40 heures de travail hebdomadaires (ESS 2004, TA 1, p. 53 ch. 1, niveau de qualification 4). Converti en horaire de 42,8 heures (La Vie économique 1-2/2007 p. 94, tableau B 9.2, let. A [horticulture, sylviculture]), cela donne un montant de 3848 fr. par mois ou 46'176 fr. par an. La différence par rapport au salaire de 40'040 fr. est de 13,3%; il s'agit d'une différence significative dont il y a lieu de tenir compte lors de l'évaluation de l'invalidité. Les arguments soulevés par le recourant à l'encontre d'une telle solution ne sont pas convaincants. La comparaison qu'il fait avec les salaires minimaux prévus par la Convention collective de travail de l'agriculture et de la viticulture en Valais n'est pas pertinente, puisqu'on ne saurait considérer les salaires minimaux auxquels il se réfère comme des salaires habituels de la branche. Par ailleurs, contrairement à ce qu'il soutient, il y a lieu d'admettre que feu D.________ touchait un salaire nettement inférieur aux salaires habituels de la branche pour des raisons étrangères à l'invalidité, sans qu'il y ait des circonstances permettant de supposer qu'il se serait contenté d'un revenu plus modeste que celui qu'il aurait pu obtenir. Ayant commencé à travailler en Suisse en qualité d'ouvrier agricole en 1989, l'assuré a d'abord eu un statut de saisonnier, avant d'être mis au bénéfice (apparemment en 1994) d'un permis de séjour B. Eu égard à sa situation au niveau du droit des étrangers qui s'est stabilisée au milieu des années nonante seulement et à l'absence de qualifications professionnelles reconnues en Suisse, on ne saurait retenir en défaveur de l'assuré de n'avoir pas cherché une activité mieux rémunérée dans un autre domaine que la branche agricole. 5.4 En conséquence de ce qui précède, le salaire d'invalide doit être déterminé non pas en se référant, comme l'ont fait à tort les premiers juges, au salaire réalisé par l'assuré dans son activité d'ouvrier agricole, mais au revenu résultant des données ESS pour des activités simples et répétitives dont un certain nombre aurait été exigible (à 50%). Ce salaire statistique doit cependant être fixé en tenant compte d'une réduction de 13,3% (supra consid. 5.3). En prenant pour base de calcul le montant de 4588 fr. (ESS 2004, TA1, total), adapté à l'horaire hebdomadaire de 41,6 heures en 2004 (4771 fr. par mois; 57'258 fr. par an), on obtient après réduction de 13,3% un montant de 49'643 fr. par an. En prenant en considération une capacité de travail résiduelle de 50% et un abattement de 10%, tel que retenu par les premiers juges - et en restant ainsi dans le cadre de la limite fixée par la jurisprudence y relative (ATF 126 V 75: 25% au maximum) -, le revenu d'invalide peut être fixé à 22'339 fr. La comparaison avec un revenu sans invalidité de 40'040 fr. conduit à un degré d'invalidité de 44%, ce qui ouvre le droit à un quart de rente d'invalidité. Dans cette mesure, le recours est partiellement bien fondé et le jugement entrepris doit être réformé en ce sens. C'est le lieu de préciser qu'au regard du degré d'invalidité inférieur à 50% et du départ de l'assuré de Suisse en février 2005, la rente correspondante ne pourra être versée que pour la période du 1er juillet 2004 à fin février 2005 (art. 28 al. 1ter RAI et art. 8 let. e de la Convention entre la République populaire fédérative de Yougoslavie relative aux assurances sociales du 8 juin 1962).