Citation: 6S.490/2006 20.03.2007 E. 1

3.2.2 La Cour cantonale a exposé, sous le chiffre 4.2 de son arrêt, la gravité des actes commis telle que décrite par le Tribunal correctionnel, relevant en particulier l'extrême violence des coaccusés, leur cruauté, leur bêtise, leur lâcheté, leur manque de scrupules, le mépris de l'intégrité physique, voire de la vie et la futilité des motifs de l'agression. Elle a également relevé les circonstances atténuantes retenues à leur décharge, à savoir les regrets exprimés, la prise de conscience des intéressés et leur jeune âge. Elle a ensuite expliqué, sous son considérant 4.3, que le raisonnement des premiers juges était contradictoire, les peines infligées étant finalement dérisoires par rapport aux circonstances factuelles et personnelles retenues, l'autorité de première instance ayant elle-même indiqué qu'il y avait lieu de prononcer des peines significatives. Sous le chiffre 4.4, elle a finalement individualisé les peines pour chacun des coaccusés et relativisé l'importance accordée par les premiers juges à la circonstance atténuante que constituent les regrets et la prise de conscience exprimés par les coaccusés. Cette motivation, bien qu'elle puisse paraître succinte au regard de l'augmentation significative des peines infligées, est claire et suffisante. On comprend effectivement pour quels motifs les juges cantonaux ont augmenté les sanctions prononcées par l'autorité de première instance et quels sont les éléments essentiels qui ont été pris en compte. Le grief est donc vain. 3.3 Le recourant affirme ne jamais avoir été poursuivi ou condamné. Ce faisant, il s'écarte, de manière irrecevable (cf. supra consid. 1.2), des constatations cantonales, son casier judiciaire comportant une condamnation pour vol à deux mois d'emprisonnement datant du 29 décembre 2003. Le recourant reproche à la Cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du jeune âge des accusés, d'un niveau d'intelligence très faible, du fait que leurs actes n'ont eu que des conséquences légères, qu'il n'a lui-même donné qu'un seul coup de pied dans la jambe de la victime et qu'il a admis avoir pris part à la battue organisée contre cette dernière. Ces critiques sont vaines. Tous ces éléments sont effectivement mentionnés dans l'arrêt attaqué ou dans le jugement de première instance auquel se réfère les juges cantonaux. Du reste, il est rappelé que ceux-ci, lorsqu'ils motivent la peine, ne sont pas tenus de répéter les faits qu'ils ont déjà exposés dans le jugement; celui-ci formant un tout, on admet qu'ils en gardent à l'esprit l'ensemble des éléments (B. Corboz, La motivation de la peine, RJB 1995 p. 24). Le recourant reproche également à la Cour cantonale d'avoir retenu contre lui que certains accusés semblaient, par leurs réponses, considérer cette forme de vengeance comme absolument normale. Ce grief est vain. En effet, l'autorité a bien constaté qu'il était effarant non seulement de constater les faits, mais surtout d'entendre quelques réponses des accusés, voire de témoins. Il s'agit là toutefois d'une appréciation générale et non pas d'un élément particulier qui a pesé à charge de l'intéressé. Le recourant fait encore grief à la Cour de cassation d'avoir arbitrairement écarté, contrairement à l'autorité de première instance, une certaine prise de conscience et les regrets exprimés par les coaccusés. La Cour cantonale n'a pas méconnu ces éléments, favorables aux intéressés, mais en a relativisé la portée, à savoir leur importance dans le cadre de l'appréciation des peines. Elle a effectivement estimé que ces regrets et cette prise de conscience avaient été dictés par les circonstances, les accusés n'ayant que très tardivement compris, soit à la fin de la matinée d'audience et grâce à leurs avocats, qu'il fallait faire un geste pour dédommager la victime. Pour le reste, dans la mesure où le recourant s'en prend à cette appréciation, sa critique est irrecevable dans un pourvoi (cf. supra consid. 1.2). 3.4 Le recourant affirme que la peine doit être fixée de manière à ne pas faire obstacle à une évolution favorable et à la réinsertion du condamné et indépendamment de toute prévention générale. Cet argument est vain. En effet, si, lors de la fixation de la peine, les effets de celle-ci sur la vie professionnelle de l'auteur doivent être pris en considération, encore faut-il que la peine demeure proportionnée à la faute à sanctionner. Or, tel est le cas en l'occurrence (cf. infra consid. 3.5). De plus, le préjudice causé au recourant doit être relativisé, puisque celui-ci n'a pas d'emploi. 3.5 La peine infligée au recourant a été fixée dans le cadre légal et sur la base de critères pertinents. Au vu des éléments, tant favorables que défavorables à prendre en compte dans le cas d'espèce, tels qu'exposés dans l'arrêt attaqué, on ne saurait au reste dire que, par sa quotité, elle serait à ce point sévère que la cour cantonale doive se voir reprocher un abus de son large pouvoir d'appréciation. Elle ne viole donc pas le droit fédéral.