Citation: 1B_220/2017 E. 2.2

2.2. Le recourant considère que le refus de renseigner sur l'identité du dénonciateur et sur les circonstances dans lesquelles la dénonciation a été recueillie le priverait de la possibilité de se déterminer sur la validité de la preuve initiale en violation de l'art. 107 al. 1 let. d CPP. L'atteinte à ses droits serait définitive et irréparable dans la mesure où ce refus a été confirmé sans durée limitée. Rien n'indique cependant que ce refus soit définitif dès lors qu'il est motivé par un risque de représailles à l'encontre de l'informateur, qui pourrait disparaître au cours de la procédure. La Chambre des recours pénale s'est d'ailleurs limitée à constater que la restriction du droit d'être entendu du prévenu était, à ce stade, acceptable au regard des art. 102 al. 1, 108 al. 1 let. b et 149 al. 2 let. e CPP. Le recourant cherche en réalité à connaître l'identité du dénonciateur et la manière dont la déposition a été recueillie par la police pour faire constater le caractère éventuellement inexploitable de la dénonciation et de la surveillance téléphonique. Or, il ne fait valoir aucun indice qui laisserait penser que la dénonciation aurait été faite dans des conditions illicites ou obtenue par des méthodes prohibées par l'art. 140 al. 1 CPP. Il ne s'agit que d'une conjecture insuffisante pour considérer la condition du préjudice irréparable comme réalisée. Au demeurant, le seul fait qu'un moyen de preuve dont la validité est contestée demeure au dossier ne constitue en principe pas un préjudice irréparable, dès lors qu'il est possible de renouveler ce grief jusqu'à la clôture définitive de la procédure. En particulier, la question de la légalité des moyens de preuve peut être soumise au juge du fond (art. 339 al. 2 let. d CPP), autorité dont il peut être attendu qu'elle soit en mesure de faire la distinction entre les moyens de preuve licites et ceux qui ne le seraient pas, puis de fonder son appréciation en conséquence. Les motifs retenus par le juge de première instance peuvent ensuite être contestés dans le cadre d'un appel (cf. art. 398 ss CPP) et, en dernier ressort, le prévenu peut remettre en cause ce jugement devant le Tribunal fédéral (art. 78 ss LTF; ATF 141 IV 284 consid. 2.2 p. 287). L'exigence du préjudice irréparable posée à l'art. 93 al. 1 let. a LTF n'est donc pas satisfaite. Quant à l'hypothèse visée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF, elle n'est pas davantage réalisée. L'admission du recours n'aurait pour effet que de contraindre le Ministère public à communiquer l'identité de la source confidentielle de la police et à préciser dans quelles conditions est intervenue la dénonciation. Elle ne mettrait ainsi pas un terme à la procédure pénale ouverte contre le recourant. Il s'ensuit que l'arrêt attaqué ne peut être déféré immédiatement auprès du Tribunal fédéral.