Citation: 8C_741/2022 E. 3.1

3.1. La cour cantonale a examiné l'appréciation de l'expert F.________, à laquelle elle a accordé une pleine valeur probante. Ce dernier avait motivé ses conclusions et précisé pourquoi il retenait un lien de causalité naturelle entre la lésion de la coiffe des rotateurs au niveau de l'épaule gauche de l'intimé et l'accident. A cet égard, une chute d'une hauteur de dix marches, en plus d'avoir occasionné un traumatisme sévère du genou, avait pu provoquer une lésion de la coiffe des rotateurs chez l'intimé qui était âgé de plus de cinquante-six ans. La prise en charge immédiate par une infiltration avait différé l'expression de cette lésion traumatique, ce qui expliquait l'apparition tardive des plaintes. Par ailleurs, dès lors que cette affection avait été reconnue et traitée adéquatement par une intervention chirurgicale, une évolution très rapide avait été observée en six mois, étant relevé que dans les affections chroniques, l'évolution post-opératoire prenait généralement de huit à douze mois. Selon l'expert, lequel s'était également fondé sur la comparaison de l'état de l'épaule gauche faite par le docteur H.________ (radiologue) entre l'imagerie par résonnance magnétique (IRM) du 27 mai 2016 et l'arthro-IRM du 22 février 2019, la déchirure du tendon sous-scapulaire de l'intimé n'était pas due ou était seulement partiellement due à un état antérieur. S'il apparaissait vraisemblable que les lésions présentées par l'intimé, lesquelles étaient liées à son âge, aient pu contribuer à l'atteinte de son épaule, il était incontestable que l'accident avait eu un rôle causal dans l'atteinte, au vu de son déroulement, qui était d'une certaine intensité, puisque l'intimé avait chuté dans les escaliers avec un choc sur l'épaule gauche. Cette conclusion était corroborée par le fait que l'autre épaule, qui présentait des lésions préexistantes similaires, n'avait pas subi les mêmes lésions.