Citation: 6B_316/2021 E. 2.7.3

2.7.3. Sur la base des constatations de fait dénuées d'arbitraire, la pesée des intérêts opérée par la cour cantonale doit être confirmée. En effet, concernant l'intérêt du recourant à rester en Suisse, il convient de relever que celui-ci a toujours vécu dans ce pays et bénéficie d'un permis d'établissement. Cela étant, le recourant ne peut se prévaloir d'une intégration particulière en Suisse. Son avenir professionnel ne paraît pas plus favorable en Suisse qu'en Italie, pays avec lequel il conserve des attaches relativement étroites, où il s'est rendu régulièrement et où vivent encore ses frères. Ainsi, les perspectives d'intégration dans ce pays n'apparaissent pas moins bonnes qu'en Suisse. Le recourant est certes le père d'un enfant de nationalité suisse, dont il a la garde partagée et avec qui il a de forts liens. Toutefois, son fils, étant né en 2003, était presque majeur au moment du jugement attaqué et le recourant ne disposait pas de la garde exclusive sur ce dernier. Ainsi, le départ du recourant n'entraîne pas ipso facto le départ de l'enfant, de sorte que la mesure n'entre pas en conflit avec le droit que l'enfant pouvait tirer de sa nationalité suisse. En outre, comme l'a relevé la cour cantonale, son fils sera de plus en plus indépendant et pourra sans difficulté rendre visite à son père en Italie. De même, les moyens de télécommunications modernes permettront de garder des contacts quotidiens entre le recourant et son fils. Les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, dès lors que celui-ci s'est livré à un important trafic de stupéfiants sur une longue durée. A cet égard, il convient de rappeler que la Cour européenne des droits de l'Homme estime que, compte tenu des ravages de la drogue dans la population, les autorités sont fondées à faire preuve d'une grande fermeté à l'encontre de ceux qui contribuent à la propagation de ce fléau (cf. arrêts CourEDH K.M. c. Suisse du 2 juin 2015 [requête n° 6009/10] § 55; Dalia c. France du 19 février 1998, Recueil CourEDH 1998-I 76 § 54; cf. arrêts 6B_344/2020 du 9 juillet 2020 consid. 3.3; 6B_312/2020 du 11 mai 2020 consid. 2.2.3; 6B_153/2020 du 28 avril 2020 consid. 1.4.3). En outre, comme l'a relevé, à juste titre, la cour cantonale, la peine privative de liberté à laquelle le recourant a été condamné dépasse largement une année, ce qui pourrait, cas échéant, permettre une révocation de son autorisation d'établissement. A cela s'ajoute que le recourant a déjà été condamné à cinq reprises entre 2014 et 2019. Quand bien même les infractions figurant dans son casier judiciaire n'étaient globalement pas d'une gravité considérable, force est de constater qu'elles ont porté atteinte à plusieurs biens juridiquement protégés et révèlent un mépris persistant du recourant pour les lois et l'ordre juridique Suisse. En définitive, compte tenu de la gravité de l'infraction commise mettant en danger la santé d'un grand nombre de personnes, de l'intégration mitigée du recourant en Suisse et des perspectives d'intégration en Italie, l'intérêt public à l'expulsion du recourant l'emporte en l'espèce sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. Si l'expulsion portera certes une atteinte aux relations entre le recourant et son fils, elle ne l'empêchera pas d'entretenir un contact avec lui, étant relevé que la mesure reste d'une durée limitée. L'expulsion du recourant s'avère ainsi conforme au principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 § 2 CEDH, étant précisé que le recourant n'élève aucun grief à l'encontre de la durée de la mesure. La seconde condition pour l'application de l'art. 66a al. 2 CP faisant défaut, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en ordonnant l'expulsion du recourant. Infondé, le grief est rejeté.