Citation: 4A_445/2021 E. 5.6

5.6. La position du recourant ne saurait prospérer. Comme les premiers juges l'ont à juste titre relevé, l'intimé avait attiré l'attention du recourant sur le fait que la jurisprudence en matière de responsabilité civile du plaideur est restrictive. Au moment du dépôt de l'action litigieuse, le recourant et lui ont considéré que le comportement particulier de D.________, qui avait par deux fois fait défaut et qui ne s'était pas acquittée de l'avance de frais requise, justifiait cette action. Le recourant considérait lui-même que D.________ s'était rendue compte que sa requête n'était pas du tout fondée et que sa proposition transactionnelle n'était qu'une démarche désespérée. Malgré la jurisprudence restrictive en la matière, le recourant ne peut donc être suivi lorsqu'il affirme que l'action litigieuse n'avait jamais eu aucune chance d'aboutir. Contrairement à ce que soutient le recourant, c'est par ailleurs à l'aune des connaissances prévalant lors du dépôt de l'action litigieuse que le comportement de l'intimé doit être jugé. On ne saurait dès lors lui imputer des faits dont les parties n'ont eu connaissance qu'ultérieurement. Tel est en l'occurrence le cas des doutes relatifs à la capacité de discernement de la défunte, ce que le recourant ne conteste pas. La question de savoir si l'intimé a violé son devoir de diligence en n'examinant pas la question de la légitimation active du recourant et en n'établissant pas précisément le dommage de celui-ci peut par ailleurs rester ouverte, dans la mesure où la demande litigieuse a été rejetée pour un autre motif, soit parce qu'il n'avait pas été prouvé que D.________ aurait commis un acte illicite fautif (cf. supra consid. 5.2.1 et 5.2.3). S'agissant de la décision de faire appel, il convient de rappeler, d'une part, que l'intimé a expliqué au recourant qu'il lui était difficile de se prononcer sur les chances de succès d'un appel et que, selon son expérience, " les cas d'appels qui sont admis sont inférieurs à ceux qui sont rejetés " et, d'autre part, que l'intimé n'a pas garanti le résultat de cette procédure, ce que les premiers juges ont relevé à juste titre. Le recourant n'établit ainsi pas que la constatation de la cour cantonale, selon laquelle il avait décidé de faire appel en toute connaissance de cause, serait arbitraire. Enfin, c'est à tort que le recourant se prévaut d'une citation tronquée (" Nous devons déposer un appel ") d'un courriel de l'intimé, dans lequel celui-ci a indiqué: " Nous pouvons interjeter appel [...] auprès de la Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois. Nous devons déposer un appel motivé. " (cf. supra consid. 5.2.2). Il ne saurait donc être question d'un impératif d'interjeter appel; l'intimé a uniquement précisé qu'un appel éventuel devrait être motivé. Le grief doit donc être rejeté.