Citation: 2C_104/2021 E. 3.3

3.3. Dans l'ATF 144 I 266, après avoir rappelé la position de la Cour européenne des droits de l'homme (ci-après: la CourEDH) sur le droit au respect de la vie familiale et le droit au respect de la vie privée, le Tribunal fédéral a précisé et structuré sa jurisprudence relative au droit à une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 CEDH. Ce droit dépend fondamentalement de la durée de la résidence en Suisse de l'étranger. Lorsque celui-ci réside légalement depuis plus de dix ans en Suisse, ce qui correspond en droit suisse au délai pour obtenir une autorisation d'établissement ou la naturalisation, il y a lieu de partir de l'idée que les liens sociaux qu'il a développés avec le pays dans lequel il réside sont suffisamment étroits pour que le refus de prolonger ou la révocation de l'autorisation de rester en Suisse ne doivent être prononcés que pour des motifs sérieux. Lorsque la durée de la résidence est inférieure à dix ans mais que l'étranger fait preuve d'une forte intégration en Suisse, le refus de prolonger ou la révocation de l'autorisation de rester en Suisse peut également porter atteinte au droit au respect de la vie privée (ATF 144 I 266 consid. 3 et les références). En l'espèce, les recourants ne résident pas depuis plus de dix ans en Suisse, mais uniquement depuis un peu moins de cinq ans et de surcroît illégalement, ce qui ne saurait leur permettre d'invoquer l'art. 8 CEDH (cf. arrêts 2C_194/2020 du 27 février 2020 consid. 3.2; 2D_19/2019 du 20 mars 2020 consid. 1.3). Ils invoquent certes la présence en Suisse du recourant 1entre 1983 et 1993 dans le cadre de la procédure d'asile des parents de celui-ci. Ce séjour ne saurait toutefois être pris en compte pour invoquer l'art. 8 CEDH sous l'angle de la garantie à la vie privée. La jurisprudence développée à l'ATF 144 I 266, si elle permet de prolonger l'autorisation de séjour d'un étranger se trouvant depuis plus de dix ans en Suisse, ne permet en revanche pas de prendre en considération un précédent séjour de dix ans pour se prévaloir de l'art. 8 CEDH (arrêt 2C_979/2019 du 7 mai 2020 consid. 5), à tout le moins pas un séjour intervenu il y a bientôt 30 ans, lorsque l'étranger était enfant et se trouvait en Suisse avec ses parents. De plus, le séjour intervenu entre 1983 et 1993 n'était pas effectué au bénéfice d'une autorisation de séjour, mais dans le cadre d'une procédure d'asile, ce qui ne saurait justifier une application de l'art. 8 CEDH (cf. ATF 137 II 10 consid. 4.6; arrêt 2D_19/2019 du 20 mars 2020 consid. 1.3).