Citation: 5P.214/1999 06.07.2000 E. A

A.- a) J.________, ressortissant marocain, est décédé le 11 septembre 1995 à Casablanca (Maroc), où il était domicilié. Avec son ex-épouse, il avait eu une fille, dame A.________, née le 10 janvier 1973. O.________ était son frère et S.________, son neveu. Selon un testament recueilli par deux rabbins le 21 juillet 1992, J.________ a disposé que l'intégralité de son patrimoine devait revenir à S.________, sous réserve de divers legs en faveur de tiers ainsi que de deux montants, l'un de 100 dirhams et l'autre de 1'000'000 FF, alloués à dame A.________, à charge pour elle de rembourser à S.________ une somme - indéterminée - avancée par le défunt à sa fille pour l'achat d'un appartement. Cet acte porte la signature des rabbins qui l'ont enregistré, mais non celle de J.________. Dame A.________ a engagé plusieurs procédures visant à contester ces dispositions testamentaires. Le 1er décembre 1995, elle a cependant conclu avec O.________ et S.________ une convention selon laquelle, en substance, ceux-ci reconnaissaient sa qualité d'héritière légale du défunt. Elle admettait quant à elle la validité du testament du 21 juillet 1992, acceptait son homologation par le Tribunal de première instance de Casablanca et déclarait renoncer à toutes les contestations élevées à son sujet. Moyennant quoi, elle recevait, outre les montants de 100 dirhams et de 1'000'000 FF prévus dans le testament, le capital-actions de deux sociétés, propriétaires de divers biens immobiliers (légués par le défunt à O.________) et un brillant (légué à S.________). S.________ s'abstenait en outre de lui réclamer le remboursement du montant avancé par le défunt. Enfin, les parties renonçaient à poursuivre les différentes actions intentées en justice. Par jugement du 18 décembre 1995, le Tribunal de première instance de Casablanca a homologué le testament et la convention susmentionnés. Le 12 juin 1998, dame A.________, soutenant que le délai d'appel n'avait pas couru en raison d'une informalité dans la communication de la décision, a appelé de ce jugement; elle prétendait que le testament du 21 juillet 1992 était frappé de nullité et qu'elle avait signé la convention du 1er décembre 1995 sous la pression de ses oncle et cousin, ainsi que dans l'ignorance de la consistance exacte du patrimoine de son père. b) Le 16 novembre 1998, dame A.________ a déposé à l'encontre, notamment, de X.________ & Cie SA, Y.________ & Cie et Z.________ (Suisse) SA une requête de mesures provisoires en reddition de compte, selon l'art. 324 al. 2 let. b de la loi de procédure civile genevoise (LPC gen. ). Par ordonnance du 4 janvier 1999, le Tribunal de première instance de Genève a rejeté la requête, considérant en substance que dame A.________ avait perdu sa qualité d'héritière en signant la convention du 1er décembre 1995. Par conséquent, son droit aux renseignements sollicités n'était ni évident, ni reconnu.