Citation: 6B_329/2024 E. 4.4.2

4.4.2. Selon la cour cantonale, les déclarations de l'intimé 2 relatives à la soirée avaient été plutôt évolutives durant l'enquête. Lorsque la police lui avait évoqué la recourante lors de sa première audition, il avait indiqué ne pas s'en souvenir. Après une interruption de l'audition, il avait expliqué deux rencontres avec la recourante, dont la soirée des faits, et avait fait état une fellation, sans décrire spontanément le déroulement de la soirée. C'était "péniblement et du bout des lèvres" qu'il avait parlé de sa relation avec la recourante, puis en était arrivé à admettre avoir échangé quelques baisers et caresses ainsi que la fellation. L'intimé 2 avait d'abord déclaré n'avoir jamais évoqué avec la recourante leurs pratiques sexuelles respectives avant la soirée litigieuse, puis, lors de sa deuxième audition, avait indiqué qu'ils avaient eu une telle discussion à la fin de leur deuxième rendez-vous, ce qu'il avait confirmé aux débats d'appel. Il avait par ailleurs expliqué en premier lieu ne pas avoir de pratiques sexuelles particulières. Néanmoins, après avoir été confronté à ses conversations avec d'autres femmes sur l'application "Tinder", il avait admis des pratiques "SM/BDSM" avec des partenaires consentantes. S'agissant du soir des faits, l'intimé 2 avait d'abord affirmé que la recourante avait dormi chez lui, avant d'en douter, puis de déclarer que tel n'avait pas été le cas et qu'elle avait quitté son appartement, en sa présence, durant la nuit, soit vers 01h00. Lors de sa deuxième audition, il s'était finalement souvenu qu'elle était bien restée dormir toute la nuit chez lui et n'était partie que le lendemain matin, ce qu'il avait confirmé aux débats de première instance et d'appel. Selon la cour cantonale, il fallait opposer à ces confusions que la lecture de la première audition de l'intimé 2 laissait penser qu'il était véritablement abasourdi lorsqu'il a cerné les reproches qui lui étaient faits. Toujours selon la cour cantonale, ces premières lacunes pouvaient en outre s'expliquer par le fait qu'il était entendu pour la première fois plus d'une année après les faits, et qu'il semblait avoir eu une vie relationnelle et sexuelle bien remplie, estimant à une vingtaine ses rencontres "Tinder" sur une année.