Citation: 2P.209/2006 25.04.2007 E. 1

2.1 La recourante n'invoquant pas de disposition de droit cantonal particulière, le grief soulevé doit être examiné au regard des principes déduits directement de l'art. 29 al. 2 Cst (antérieurement art. 4 aCst.), dont le Tribunal examine librement le respect (ATF 127 III 193 consid. 3 p. 194; 125 I 417 consid. 7a p. 430 et les arrêts cités). 2.2 Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de nature formelle, dont la violation doit entraîner l'annulation de la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recours sur le fond. Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'être entendu comprend notamment le droit pour l'intéressé de prendre connaissance du dossier, de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2, p. 504 s.; 127 III 576 consid. 2c p. 578). Lorsqu'il contrôle l'application du droit d'être entendu sous l'angle de l'art. 29 al. 2 Cst., le Tribunal fédéral en détermine le contenu et la portée en fonction de la situation concrète et des intérêts en présence (ATF 123 I 63 consid. 2d p. 68; 111 Ia 273 consid. 2b p. 274). Il faut en outre tenir compte des garanties que la procédure offre globalement à l'intéressé pour sa défense; en particulier, on se montrera généralement moins exigeant avec le strict respect du droit d'être entendu si la possibilité existe de porter la contestation devant une autorité de recours disposant d'un libre pouvoir d'examen (ATF 123 I 63 consid. 2d p. 69/70; 111 Ia 273 consid. 2b p. 274), pour autant que l'atteinte ne soit pas particulièrement grave (ATF 126 I 68 consid. 2 p. 72). Ainsi, selon la nature de l'affaire, le contenu et l'étendue du droit d'être entendu peuvent varier. Il n'implique en général pas le droit de s'exprimer oralement (ATF 125 I 209 consid. 9b p. 219 et les références), ni celui d'obtenir l'audition de témoins (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 428/429). 2.3 A la suite de l'opposition de la recourante du 12 juillet 2005, B.________ a exposé, le 18 juillet 2005, les différents critères d'évaluation ayant conduit le Collège des professeurs à lui attribuer la note de 4 pour son travail de master. Dans sa confirmation d'opposition du 17 août 2005, la recourante s'est prononcée en détail sur tous les critères évoqués par B.________. Toutefois, avant de statuer sur l'opposition, la Faculté des sciences a encore recueilli la détermination de B.________ et A.________ - et non du professeur C.________, comme indiqué par erreur dans la décision sur opposition -, qui a fait l'objet d'un rapport du 11 octobre 2005. Ce rapport décrit de manière beaucoup plus précise le travail de master de la recourante que les explications énoncées par B.________ dans sa lettre à la recourante du 18 juillet 2005. Il passe en revue toutes les sections de ce travail, en commençant par l'introduction, pour finir par le chapitre "discussion et perspectives". Mise à part la section "matériel et méthodes", il formule des critiques très négatives sur tous les autres points et conclut notamment en ces termes: "en résumé, un travail très moyen qui atteint à peine le niveau acceptable, en comparaison des nombreux travaux similaires (...)". Or ce document n'a pas été communiqué à la recourante, qui n'a donc pas pu répondre aux nouveaux griefs formulés avant qu'il ne soit statué sur son opposition. Dans la mesure toutefois où le rapport de B.________ et A.________ du 11 octobre 2005 contenait des éléments d'appréciation inconnus de la recourante et faisait des critiques importantes sur la qualité du travail de celle-ci, le souci d'une instruction complète et contradictoire aurait dû amener la Faculté des sciences à inviter la recourante à se déterminer sur ces éléments nouveaux. La Faculté des sciences aurait ainsi dû communiquer d'office à la recourante ledit rapport, même si le RIOR ne contient pas de disposition conférant à l'opposant un droit de répliquer. 2.4 Selon la jurisprudence, pour autant qu'elle ne soit pas d'une gravité particulière, une violation du droit d'être entendu en instance inférieure est réparée lorsque l'intéressé a eu la faculté de se faire entendre en instance supérieure par une autorité disposant d'un plein pouvoir d'examen en fait et en droit (ATF 130 II 530 consid. 7.3 p. 562; 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437/438; 126 V 130 consid. 2b p. 131/132 et les arrêts cités). En l'espèce, la recourante a certes eu la possibilité de déposer une réplique lors de la procédure devant la Commission de recours, écriture dans laquelle elle a pu se prononcer sur l'ensemble des critiques formulées à l'encontre de son travail de master par B.________ et A.________. Toutefois, la CRUNI a rappelé qu'elle disposait d'un pouvoir d'examen limité à la régularité de la procédure et à l'absence d'arbitraire dans l'appréciation du travail, s'imposant, comme le Tribunal fédéral, une grande retenue dans la fixation des notes. En outre, au sujet de la violation du droit d'être entendu, elle s'est bornée à constater qu'il n'avait pas été violé, car le rapport du 11 octobre 2005 n'avait pas été caché à la recourante. Enfin, même sous l'angle de l'arbitraire, la CRUNI ne s'est pas non plus prononcée sur les critiques formulées à l'encontre du rapport du 11 octobre 2005, ainsi que le relève la recourante dans son recours au Tribunal fédéral. 2.5 Dans ces circonstances, on ne saurait considérer que la violation du droit d'être entendu de la recourante a été réparée devant la CRUNI.