Citation: 6B_480/2022 E. 1.8

1.8. Le recourant soutient ensuite que l'expert était, en l'espèce, appelé à répondre à des questions identiques ou très similaires à celles objet du rapport qu'il avait établi en 2019 et qu'il avait fondé sa nouvelle expertise sur les seuls éléments présents au dossier, parmi lesquels figurait sa propre expertise. Selon lui, ce second rapport ne constituerait qu'un vaste copié-collé du premier. Les dés auraient ainsi été pipés et le résultat de la nouvelle expertise connu d'avance. Il souligne à ce propos que l'expertise de 2019 faisait déjà état d' " une stabilité relativement impressionnante d'un point de vue diagnostique chez cet expertisé ". Il en ressortait aussi que l' " analyse du risque de récidive n'a[vait] montré aucune évolution depuis 2015 en faveur d'une réduction du risque de récidive ou du potentiel de dangerosité de l'expertisé, ni en lien à [sa] personnalité (trouble de la personnalité dyssociale et [...] psychopathie) ni concernant les délits ", que " Ces distorsions cognitives et les (autres) éléments de la psychopathie cré[aient] un amalgame qui rend[ait] une thérapie impossible [...] après plus de 35 ans, l'exigence d'une thérapie [était] irréaliste ", que " la personnalité de l'expertisé n'[avait] pas changé [mais] sembl[ait] plutôt s'être consolidée et rigidifiée ", que " le potentiel de dangerosité et le risque de récidive n'[avait] pas changé depuis 2015 " et qu' " une prise en charge thérapeutique ne [pouvait] être envisagée ". Enfin, l'expertise de 2019 indiquait déjà que " Pour diminuer ce risque de récidive, la collaboration et la participation de l'expertisé [étaient] indispensable[s], mais elles [étaient] absentes jusqu'à aujourd'hui, et cela depuis 1985 ". Contrairement à ce qu'affirme le recourant, même si certaines questions, singulièrement celle du diagnostic, étaient nécessairement communes aux deux analyses, les objets respectifs des deux expertises n'étaient d'emblée pas identiques et le second rapport ne saurait être réduit à un simple copié-collé du premier. Il s'agissait en effet, au stade de la libération conditionnelle de l'internement, d'établir un pronostic sur la conduite en liberté de l'intéressé (art. 64a al. 1 CP) et de déterminer, dans le cadre de l'art. 64b al. 1 let. b CP, s'il était à prévoir qu'une mesure institutionnelle pourrait le détourner de nouvelles infractions en relation avec un grave trouble mental. S'il est vrai que, dans l'hypothèse la plus favorable au recourant, une réponse sous forme de pronostic positif à la première question aurait rendu sans objet la seconde interrogation, inversement, une réponse négative à la première question n'impliquait, de toute évidence, pas une réponse négative à la seconde. Quant aux réponses apportées par le spécialiste, il ressort sans ambiguïté du second rapport que celui-ci se fonde sur des éléments postérieurs au premier, ainsi, en particulier, des rapports médicaux C.________ (du 27 septembre 2019) et D.________ (des 24 septembre et 12 novembre 2020), du préavis de la Commission spécialisée du canton du Jura concernant l'examen de la libération conditionnelle en date du 7 juin 2019, du rapport d'exécution des peines du 9 mars 2021 ainsi que du comportement du recourant lors de l'entretien du 10 février 2021, auquel il a refusé de participer. Le nouveau rapport d'expertise, qui procède d'une étude actualisée, souligne également la tendance du recourant à la manipulation, qui semble singulièrement accrue, en lien avec ses plaintes somatiques, les résultats de l'expertise neurologique effectuée et les démarches entreprises en vue d'examens ophtalmologiques et radiologiques (rapport d'expertise, p. 55 ss). Cela suffit à écarter le reproche d'avoir opéré un simple " copié-collé " du précédent rapport. Ces développements du recourant ne sont donc pas de nature à mettre objectivement en évidence une apparence de prévention de l'expert.