Citation: 4A_29/2018 E. 4.2.3

4.2.3. La recourante estime également que c'est de manière arbitraire - et sans que cela soit établi au degré de preuve requis - que la cour cantonale a admis un lien de causalité naturelle entre l'accident du 28 décembre 2010 et le préjudice ménager. 4.2.3.1. Le point de savoir si l'accident en question et le préjudice ménager sont liés par un rapport de causalité naturelle est une question de fait que le juge examine en se fondant essentiellement sur des renseignements d'ordre médical et qui doit être tranchée en se conformant à la règle du degré de vraisemblance prépondérante, appliquée généralement à l'appréciation des preuves dans l'assurance sociale. Ainsi, lorsque l'existence d'un rapport de cause à effet entre l'accident et le dommage paraît possible, mais qu'elle ne peut pas être qualifiée de probable dans le cas particulier, le droit à des prestations fondée sur l'accident doit être nié (ATF 129 V 177 consid. 3.1 p. 181 et les arrêts cités). 4.2.3.2. Pour admettre le lien de causalité naturelle entre l'accident et le préjudice ménager, la cour cantonale s'est fondée sur trois éléments. En premier lieu, elle s'est référée à l'expertise judiciaire dont il ressortait que l'état somatique actuel était vraisemblablement la conséquence de l'accident de décembre 2010, puisque l'intimée était en parfaite santé auparavant; par ailleurs, l'expert avait répondu par la négative à la question de savoir si des facteurs étrangers à l'accident jouaient un rôle. Deuxièmement, elle a cité le rapport du 24 février 2014 du Dr F.________, médecin-conseil de l'assureur LAA, dont il ressortait qu'en ce qui concernait la réapparition de douleurs avec engourdissement des trois derniers doigts de la main droite et des deux derniers doigts de la main gauche sans lésion objectivable à la scintigraphie osseuse, un rapport de causalité naturelle probable devait être admis pour la main droite, mais pas pour la gauche qui n'avait subi qu'une entorse bénigne de D4 ayant rapidement évolué favorablement. En dernier lieu, l'autorité précédente a indiqué qu'aucun facteur de dégénérescence, comme de l'arthrose par exemple, n'avait été évoqué chez la lésée, relativement jeune puisque née le 2 avril 1970. 4.2.3.3. Contrairement à ce que la recourante avance, les juges cantonaux ne se sont pas contentés d'une simple possibilité pour retenir l'existence du lien de causalité naturelle; l'expression "probable" utilisée par le Dr F.________ ne lui est pas équivalente. Pour répondre à un autre de ses arguments, il est vrai que la conclusion de l'expert judiciaire semble avoir été dictée à ce dernier par l'adage post hoc, ergo propter hoc, ce qui n'est en principe pas suffisant pour établir un rapport de causalité entre une atteinte à la santé et un accident (ATF 119 V 335 consid. 2b/bb p. 341 s.; plus récemment, arrêts 8C_485/2014 du 24 juin 2015 consid. 5.1.1 et 8C_940/2008 du 25 août 2009 consid. 5.2). L'apparition de douleurs à la suite d'un accident constitue au mieux un indice en faveur d'un rapport de causalité naturelle. Cependant, la cour cantonale a assis sa conviction également sur deux autres éléments, dont le rapport du Dr F.________ qui n'a pas raisonné de la même manière. Finalement, la jurisprudence évoquée par la recourante - essentiellement relative à la causalité naturelle en cas de séquelles d'un accident de type «coup du lapin» à la colonne cervicale - n'est pas transposable à la présente affaire, les circonstances n'étant pas identiques. La cour cantonale n'a dès lors pas versé dans l'arbitraire en retenant que le préjudice ménager se trouvait dans un rapport de causalité naturelle avec l'accident.