Citation: 2C_193/2017 E. 4.4

4.4. En dernier lieu, l'arrêt attaqué ne révèle aucun élément déterminant qui ferait apparaître le refus d'octroi d'une autorisation en vue de la célébration du mariage comme disproportionné. La recourante s'est vraisemblablement trouvée au bénéfice d'un visa touristique au cours des nonante premiers jours de son séjour en Suisse. Elle y est par la suite demeurée illégalement, soit durant quelque cinq années. Celles-ci ne sauraient dès lors être prises en considération (cf. ATF 137 II 10 consid. 4.4 p. 14). La recourante a certes travaillé, mais toujours dans l'illégalité. Quant à son futur époux, sa situation financière est obérée et son budget mensuel affiche un solde négatif de 1'700 fr. par mois (étant précisé que l'argumentation de la recourante, selon laquelle son futur époux percevrait en réalité des revenus mensuels de l'ordre de 2'500 fr. par mois, peut sans autre être écartée dès lors qu'elle ne répond pas aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF). La commune de U.________ a d'ailleurs refusé de légaliser la déclaration de prise en charge établie par celui-ci en faveur de la recourante. Celle-ci prétend se trouver au bénéfice de promesses d'embauche qui lui assureraient, de même qu'à son futur époux, une autonomie financière après le mariage. Un tel élément ne ressort toutefois pas des constatations de l'arrêt cantonal et la recourante n'a pas non plus fait valoir d'arbitraire dans l'établissement des faits à cet égard, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte. En outre, la recourante ne saurait se prévaloir d'un comportement irréprochable dès lors qu'elle s'est obstinée à demeurer illégalement en Suisse malgré un ordre de départ. A cela s'ajoute que la recourante a vécu la majeure partie de sa vie hors de Suisse et qu'en dehors de son lien amoureux, elle ne soutient pas y avoir d'attaches particulières. Elle ne prétend pas être en mauvaise santé ni qu'elle pourrait avoir du mal à se réintégrer dans son pays d'origine. Les intéressés pourront, en dépit de leur éloignement, entretenir des relations par l'usage de divers moyens de communication, voire des visites touristiques. S'il est vrai qu'un retour de la recourante dans son pays d'origine implique certaines dépenses qu'il n'y aurait pas lieu d'engager si les conditions de la célébration du mariage en Suisse étaient d'ores et déjà remplies, celles-ci ne paraissent pas insurmontables. La recourante ne prétend pas le contraire. Celle-ci pourra en effet, une fois à Madagascar, exercer une activité lucrative qui permettra au couple d'y faire face. Quant à la "perte de temps" alléguée par la recourante, elle n'est pas pertinente, les conditions et les documents nécessaires à la célébration du mariage autres qu'un titre de séjour n'étant de toute façon pour l'heure pas réunis et rien n'indiquant qu'ils pourraient l'être à bref délai. C'est partant à bon droit que le Tribunal cantonal a confirmé le refus de délivrer à la recourante une autorisation de séjour en vue de la célébration de son mariage en Suisse avec son fiancé.