Citation: 5A_752/2023 E. 5

En second lieu, la recourante soutient qu'en rejetant sa requête d'effet suspensif, le Président de la Chambre de surveillance a commis une "violation grave du principe de non arbitraire". Elle cite aussi les art. 11 al. 1 et 13 al. 1 Cst., 8 § 1 CEDH, 16 al. 1 et 2 et 19 al. 1 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ajoutant, en se référant à l'ATF 148 I 251, que le retrait et le placement prononcés en vertu de l'art. 310 CC constituent des atteintes graves au droit au respect de la vie familiale, garanti par les art. 13 Cst. et 8 § 1 CEDH. La décision de placement était selon elle abusive et disproportionnée, partant, violait gravement son droit au respect de la vie privée et familiale ainsi que celui de ses enfants. L'expertise sur laquelle s'était fondé le Tribunal de protection était nulle et incorrecte. Rien ne soutenait en effet le diagnostic posé concernant son état psychologique, que l'expert avait posé sans aucune explication et qui consistait en réalité en une reprise déformée d'un seul élément de son dossier médical de l'assurance-invalidité qui datait d'une vingtaine d'années, sans qu'une évaluation actualisée ait été faite. En rejetant la requête d'effet suspensif sous prétexte que "la mesure [paraissait] proportionnée aux difficultés rencontrées par les mineurs, tous les intervenants étant unanimes sur la question", le Président de la Chambre de surveillance s'était fondé sur un argument qui ne devait pas être pris en compte, lesdits intervenants s'étant en effet basés sur une expertise nulle et erronée. Enfin, la décision querellée préjugeait l'issue du litige, ce qui n'était pas admissible.