Citation: 2C_395/2021 E. 10.4.1

10.4.1. Comme on l'a vu, les pratiques d'entrave ou d'éviction, respectivement d'exploitation adoptées par une entreprise dominante ne sont pas considérées comme abusives et, partant, illicites à l'aune de l'art. 7 LCart lorsque des motifs objectifs les justifient (cf. supra consid. 10.1.2 s.; aussi ATF 139 II 316 consid. 8; 129 II 497 consid. 6.5.1). Une entreprise dominante est par exemple en droit de refuser d'entretenir des relations commerciales avec des partenaires peu solvables ou, plus généralement, d'adopter de nouvelles pratiques commerciales afin de s'adapter au mieux aux (nouveaux) besoins de sa clientèle ou d'entreprendre des démarches ou afin d'améliorer le rapport qualité/prix de ses prestations (cf. ATF 146 II 217 consid. 4.2; 129 II 497 consid. 6.5.4). Une pratique entravant la concurrence peut ainsi se justifier par la volonté d'économiser certains coûts ou d'opérer des simplifications administratives, ou évidemment pour des raisons techniques (cf. ATF 139 II 316 consid. 8). De manière générale, le point de savoir si le comportement d'une entreprise est légitime ou non doit être examiné sous le prisme central de la protection de la concurrence, envisagée sous son angle aussi bien institutionnel qu'individuel, c'est-à-dire la préservation d'une concurrence efficace (ATF 146 II 217 consid. 4.2; 139 I 72 consid. 10.1.2; cf. aussi ATF 129 II 497 consid. 6.4.2). Cela étant, il appartient à l'entreprise dominante de présenter de manière suffisamment détaillée les raisons dignes de protection qui l'ont poussé à adopter un comportement aux effets anticoncurrentiels. Une déclaration globale et abstraite ne suffit pas (ATF 146 II 217 consid. 4.2; 139 I 72 consid. 10.4.2).