Citation: 4A_554/2014 E. 2.2

2.2. S'agissant du cadre dans lequel le grief considéré doit être examiné, force est d'insister sur le fait que ce sont les règles du droit international privé suisse relatives à l'arbitrage international, telles que les interprète le Tribunal fédéral, en particulier l'art. 190 al. 2 let. d LDIP et la notion spécifique de l'imprévisibilité que la jurisprudence précitée en a tirée, qui sont déterminantes à cet égard. En d'autres termes, la question à résoudre n'est pas de savoir si les règles pertinentes du droit de procédure français applicables à l'arbitrage international constituent ou non des "exceptions d'ordre public du droit français", dont l'art. 59 de l'acte de mission imposait le respect à l'arbitre, ni, dans l'affirmative, si celui-ci les a violées. Elle ne consiste pas non plus à cerner la portée du devoir procédural fait aux parties par l'art. 64, susmentionné, de l'acte de mission. C'est le lieu de rappeler qu'une modalité prévue dans un règlement d'arbitrage, telle que celles qui ont été insérées dans l'acte de mission, ne devient pas un principe impératif de procédure du seul fait d'avoir été voulue par les parties et de présenter un caractère obligatoire pour le tribunal arbitral (ATF 117 II 346 consid. 1b/aa). Du reste, si les parties étaient convenues de limiter la mission de l'arbitre, en dérogation à la règle jura novit curia, aux moyens juridiques qu'elles invoqueraient, ce qui ne ressort pas de manière suffisamment claire de l'art. 59 de l'acte de mission, le non-respect de cette limitation leur eût ouvert un recours au Tribunal fédéral au titre de l'incompétence de l'arbitre (art. 190 al. 2 let. b LDIP), voire à celui de la violation de la règle ne eat judex ultra petita partium (art. 190 al. 2 let. c LDIP) - motifs de recours non invoqués par la recourante (cf. art. 77 al. 3 LTF) -, mais non du chef de la violation du droit d'être entendu sanctionnée par l'art. 190 al. 2 let. d LDIP (ATF 130 III 35 consid. 5 p. 39). Le présent examen ne portera pas davantage sur la manière dont l'arbitre a interprété et appliqué aux faits pertinents la notion de reconduction tacite du contrat, telle que l'entend le droit matériel français, dès lors que la méconnaissance du droit de fond appliqué par un tribunal arbitral ou un arbitre, fût-elle arbitraire, ne compte pas au nombre des motifs de recours limitativement énumérés à l'art. 190 al. 2 LDIP. Par conséquent, seule devra être tranchée, en l'occurrence, la question de savoir si l'arbitre a, oui ou non, fondé sa sentence sur un motif juridique imprévisible pour les parties.