Citation: 1C_84/2015 E. 4.2.4

4.2.4. Il n'est pas contesté que la parcelle n° 944 avait un usage agricole jusqu'à son acquisition par le recourant, à la fin du mois de mai 2004; rien au dossier ne permet par ailleurs de déduire que la partie rurale de l'édifice ECA n° 126 ait été utilisée par les précédents exploitants agricoles à d'autres fins, notamment artisanales; le recourant ne le prétend du reste pas. Au contraire, les nombreuses interventions effectuées par ce dernier témoignent du besoin de transformation de cette grange afin de pouvoir être exploitée dans le cadre d'une entreprise de ferblanterie; à cet égard, il ressort du dossier cantonal qu'une cheminée a été réalisée, que de nombreuses ouvertures ont été aménagées et que la porte de grange a été remplacée par une porte vitrée. Il faut avec le SDT reconnaître que ces fenêtres modifient les caractéristiques visibles du bâtiment rural. Dans ces conditions, on ne saurait considérer que l'aspect extérieur de la construction respecte le critère d'identité de l'art. 24c al. 2 LAT; même à supposer que tel serait le cas après les remises en état auquel le recourant déclare consentir, ce critère ne serait en tout état pas observé, la nouvelle destination économique et artisanale de la grange ne pouvant pas être considérée comme largement identique à l'affectation agricole originelle. En outre, l'exploitation d'un atelier de ferblanterie (et non pas d'un simple dépôt; cf. consid. 2.2.2 ci-dessus), entraînant l'utilisation de nombreuses machines professionnelles (visibles sur les photographies de l'atelier), mais également le stationnement et l'entreposage, à l'extérieur - sous un couvert au demeurant non autorisé - de véhicules et de matériel de chantier, a une incidence directe sur l'affectation de la zone et l'environnement agricole de la parcelle. Il faut de même admettre que des prestations de ferblanterie, offertes dans le cadre d'une entreprise employant jusqu'à deux collaborateurs (cf. arrêt attaqué p. 1 let. A), dépasse la simple activité accessoire sans impact sur l'utilisation du sol (comme p. ex. des prestations de comptabilité, ou la programmation de logiciels, cités in RUDOLF MUGGLI, op. cit., n. 2 ad art. 24a LAT) et contrevient - comme l'a retenu la cour cantonale - au principe cardinal de la séparation du territoire bâti et non bâti.