Citation: 1P.457/2002 06.11.2002 E. A

La caisse de pension X.________ est propriétaire de la parcelle n° 68 du registre foncier de la commune de Vevey, sise en zone II du plan communal des zones et des ordres de constructions du 31 décembre 1963. Ce bien-fonds de 3'806 mètres carrés supporte plusieurs bâtiments vétustes, sis aux nos 2 à 6 du quai Maria-Belgia et aux nos 1 à 5 de la rue de la Madeleine, construits à la fin du XIXème siècle pour les besoins d'une manufacture de tabac et reconvertis en habitation au début des années 1930. Ils comportent 54 appartements sans confort, de 2 à 6 pièces, vacants ou occupés à bien plaire par des squatters. En décembre 1996, un incendie a détruit le dernier étage et la toiture de l'immeuble sis au n° 5 de la rue de la Madeleine, endommageant les structures en bois et les éléments verticaux porteurs. Le 13 septembre 1998, la propriétaire des lieux a présenté un premier projet, qui n'a pas abouti, tendant à démolir les bâtiments existants sur la parcelle n° 68 et à reconstruire un groupe d'immeubles d'habitation comprenant 75 appartements d'un standard de qualité supérieure, ainsi qu'un parking souterrain de 55 places. Du 15 juin au 16 juillet 2001, elle a mis à l'enquête publique un nouveau projet de construction après démolition des immeubles sis quai Maria-Belgia 2 à 6 et rue de la Madeleine 1 à 5, divisé en deux volets A et B. Le premier volet prévoit la réalisation d'un bâtiment de cinq niveaux sur rez sur la partie ouest de la parcelle n° 68, le long du quai Maria-Belgia. Le second volet prévoit la construction de deux immeubles de même gabarit s'ouvrant l'un sur le quai Maria-Belgia, l'autre sur la rue de la Madeleine, avec un parking enterré de 56 places disposant d'un double accès depuis la rue des Jardins, à l'ouest, et la rue de la Madeleine, à l'est. Ce projet a suscité de nombreuses oppositions, dont celle de A.________ et consorts, tous propriétaires par étages d'appartements dans l'immeuble sis au n° 8 du quai Maria-Belgia. Les préavis et autres autorisations des services cantonaux concernés par le projet ont été communiqués le 20 novembre 2001 à la Municipalité de Vevey par la Centrale des autorisations du Département cantonal des infrastructures; le Service cantonal du logement a notamment délivré les autorisations spéciales de démolir requises à l'art. 1er al. 1 de la loi vaudoise du 4 mars 1985 concernant la démolition, la transformation et la rénovation de maisons d'habitation, ainsi que l'utilisation de logements à d'autres fins que l'habitation (LDTR), sous diverses conditions qui ne sont pas litigieuses dans le cadre de la présente procédure. Par décision du 4 décembre 2001, la Municipalité de Vevey a levé les oppositions et délivré les autorisations de construire sollicitées aux conditions fixées par les services communaux et cantonaux. A.________ et consorts ont recouru contre cette décision de même que contre les décisions du Service cantonal du logement du 20 novembre 2001 auprès du Tribunal administratif du canton de Vaud (ci-après, le Tribunal administratif ou la cour cantonale). Statuant par arrêt du 9 juillet 2002, cette autorité a partiellement admis le recours; elle a annulé la décision de la Municipalité de Vevey délivrant le permis de construire pour le projet A; elle a en revanche confirmé cette décision en tant qu'elle concernait le projet B ainsi que la décision du Service cantonal du logement dans la mesure où elle n'était pas caduque, sous réserve du chiffre 1 de son dispositif, le dossier étant renvoyé audit service pour nouvelle décision sur ce point dans le sens des considérants. Elle a considéré en substance que le projet A nécessitait une dérogation aux règles sur les distances aux limites qui excédait le cadre autorisé par l'art. 85 de la loi vaudoise du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC) et qui ne pouvait de ce fait être accordée. Elle a estimé que le projet B respectait les dispositions du règlement communal sur les constructions du 19 décembre 1952 (RC) relatives à l'ordre contigu, à la hauteur des bâtiments, à la forme des toitures et à l'obligation d'aménager des places de jeux pour petits enfants, ainsi que les règles sur les distances aux limites, s'agissant du garage souterrain.