Citation: 7B_792/2024 E. 1.2.1

1.2.1. En l'espèce, la cour cantonale a estimé que la demande de récusation était irrecevable en tant qu'elle était dirigée contre le Ministère public fribourgeois dans son ensemble (récusation "en bloc"), sans que soient exposés des motifs de récusation concrets et individuels contre chacun de ses membres. Par ailleurs, dans la mesure où la demande de récusation visait spécifiquement Fabien Gasser, Procureur général, en charge de l'instruction de la plainte visant Pierre Aubert, Procureur extraordinaire, la demande devait être rejetée. En effet, comme cela pouvait notamment être déduit de la décision du Conseil de la magistrature du 19 avril 2021, le Procureur général n'était aucunement intervenu dans le choix du Procureur extraordinaire. En outre, si les deux magistrats exerçaient une fonction similaire dans leur canton respectif, il n'existait pas entre eux un lien de collaboration étroite, contrairement à ce qui prévalait en 2021 entre le Procureur général et son adjoint. Au demeurant, le Procureur général avait indiqué, sans que cela pût être contesté, qu'il n'était pas lié au Procureur extraordinaire par un rapport d'amitié ou d'inimitié, n'entretenant avec lui que de rares relations professionnelles. Pour le reste, la plainte pénale déposée contre le Procureur extraordinaire se rapportait à un événement précis n'ayant aucune incidence sur la procédure menée contre Raphaël Bourquin, Procureur général adjoint, et ayant impliqué la récusation du Procureur général, de sorte que l'appréciation subjective du recourant quant à une apparence de partialité n'était pas déterminante (cf. arrêt attaqué, consid. 2.4 p. 5 s.).