Citation: 1P.522/2004 11.10.2004 E. 2

Le recourant conteste l'existence de charges suffisantes. Il se serait contenté de mettre en contact les protagonistes, et n'aurait plus eu ensuite aucun rôle actif. Ni les nombreuses écoutes téléphoniques, ni les interrogatoires multiples n'auraient fait ressortir une participation du recourant au brigandage. Le recourant se réfère à la notification des charges faites le 26 août 2004, soit ultérieurement à l'arrêt attaqué, et estime qu'il s'agirait d'un prétexte à des recherches tous azimuts à son encontre. 2.1 Une mesure de détention préventive n'est compatible avec la liberté personnelle, garantie par l'art. 10 al. 2 Cst. et par l'art. 5 CEDH, que si elle repose sur une base légale (art. 31 al. 1 et art. 36 al. 1 Cst.), soit en l'espèce l'art. 117 du code de procédure pénale neuchâtelois (CPP/NE). Elle doit en outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 3 Cst.; ATF 123 I 268 consid. 2c p. 270). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de l'instruction, un risque de fuite ou un danger de collusion ou de réitération. La gravité de l'infraction - et l'importance de la peine encourue - n'est, à elle seule, pas suffisante (ATF 117 Ia 70 consid. 4a). Préalablement à ces conditions, il doit exister à l'égard de l'intéressé des charges suffisantes (art. 5 par. 1 let. c CEDH; art. 117 in initio CPP/NE; ATF 116 Ia 144 consid. 3). S'agissant d'une restriction grave à la liberté personnelle, le Tribunal fédéral examine librement ces questions, sous réserve toutefois de l'appréciation des preuves, revue sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 123 I 268 consid. 2d p. 271). L'autorité cantonale dispose ainsi d'une grande liberté dans l'appréciation des faits (ATF 114 Ia 283 consid. 3, 112 Ia 162 consid. 3b). 2.2 En l'occurrence, l'arrêt cantonal se réfère aux explications fournies par le juge d'instruction dans sa requête de prolongation de la détention. Le recourant a admis avoir participé à la formation de la bande (en recrutant C.________), et pris part à des rencontres de préparation ainsi qu'au repérage des lieux. Il a affirmé que le jour du brigandage, il se trouvait avec son amie, mais les déclarations de celle-ci ne concordent pas en tous points. Par ailleurs, le jour des faits, le recourant paraissait parfaitement au courant du déroulement de l'opération, et se serait précipité chez un comparse pour lui en faire part. Il existe par conséquent des présomptions suffisantes, s'agissant à tout le moins des actes préparatoires délictueux (art. 260bis CP) dont le recourant est prévenu à titre subsidiaire. On ne saurait par ailleurs considérer comme "établi" que le recourant n'a pas directement participé au brigandage; l'instruction a précisément pour but de vérifier cette hypothèse, laquelle repose en l'état sur des indices eux aussi suffisants.