Citation: 7B_372/2024 E. 2.3.2

2.3.2. Le recourant ne saurait par ailleurs, à ce stade de la procédure, se prévaloir d'une violation de plusieurs de ses droits de parties, comme le droit d'être entendu, le droit de s'exprimer, le droit à des débats contradictoires ou le principe de l'égalité des armes. On rappelle en effet que, pendant la phase des investigations policières au sens des art. 306 et 307 CPP, les parties ne disposent pas d'un droit de participer à l'administration des preuves. Cela ne signifie toutefois pas que le recourant soit privé de la faculté de faire valoir ses droits. Celui-ci aura en effet la possibilité de prendre part à la procédure ultérieurement, après le dépôt du rapport d'investigation par la police (cf. art. 307 al. 3 CPP), à savoir après l'ouverture formelle de l'instruction pénale (art. 309 al. 1 let. a CPP) ou, le cas échéant, au moyen d'un recours contre l'ordonnance de non-entrée en matière qui aura été rendue (art. 310 CPP). On précise à cet égard que c'est en réalité dans le cadre de cette dernière procédure que le recourant pourra soulever des griefs relatifs à l'existence de soupçons suffisants justifiant l'ouverture d'une procédure pénale (cf. art. 310 al. 1 let. a CPP). De plus, en cas d'ouverture d'une instruction pénale, le recourant pourra être entendu, demander à être confronté aux personnes qu'il a dénoncées, le cas échéant qui auraient déjà été entendues, leur poser des questions et se déterminer sur leur version des faits. Par ailleurs, dans le cas d'espèce, il ne ressort ni des faits retenus - ni au demeurant des allégations du recourant - que le Ministère public aurait sollicité un complément d'enquête sur la base de l'art. 309 al. 2 CPP dans le but de retarder l'ouverture de l'instruction ou de léser les garanties procédurales des parties. Pour le reste, l'appréciation de la juridiction cantonale selon laquelle le Ministère public n'avait pas l'obligation, sur la base de l'art. 154 al. 2 CPP, d'entendre rapidement le recourant ne prête pas le flanc à la critique. L'art. 154 al. 2 CPP prévoit en effet simplement que la première audition de l'enfant doit avoir lieu dès que possible. Il ne saurait dès lors être invoqué afin d'exiger du Ministère public qu'il entende un plaignant mineur immédiatement après le dépôt de sa plainte, ce d'autant plus s'il ne rend à tout le moins vraisemblable aucune urgence. Sur ce point, le recourant se contente d'indiquer, sans se fonder sur un quelconque élément concret, qu'il aurait "un profil traumatique" en raison de son "statut de requérant d'asile mineur non accompagné ayant eu un parcours migratoire chaotique", mais n'établit pas qu'il y aurait en l'espèce une nécessité de l'entendre rapidement, dès lors qu'il existerait, par exemple, un risque concret que ses souvenirs puissent s'altérer en raison de l'écoulement du temps ou qu'il soit influencé par un tiers. Cela vaut d'autant plus que le recourant, qui avait déjà 17 ans au moment des évènements dénoncés, a pu faire valoir sa version des faits au moment du dépôt de sa plainte et qu'il ne réside plus dans le centre de requérant dans lequel les faits se seraient produits. Le grief du recourant relatif à l'art. 154 al. 2 CPP doit donc de toute manière être écarté.