Citation: 9C_567/2023 E. 10.2

10.2. La recourante reproche aux premiers juges d'avoir écarté l'application de la théorie du bénéficiaire direct en faisant abstraction de certains arrêts rendus par le Tribunal fédéral. Elle conteste en particulier leur interprétation de l'arrêt 2C_449/2017 du 26 février 2019, dans lequel - selon elle - le Tribunal fédéral avait exclu l'application de la théorie du triangle dès lors que la prestation appréciable en argent ne trouvait pas son fondement dans le rapport de participation du détenteur des parts de la Société mais directement dans celui du bénéficiaire sur la base de l'accroissement de la fortune de ce dernier. La contribuable soutient, toujours en se référant à l'arrêt cité, que puisque son père était au bénéfice de la signature individuelle et gérant exclusif de la Société - tel que constaté par la juridiction cantonale -, il aurait pu agir comme il l'entendait même si elle s'était opposée à ses décisions comme pour l'investissement au Maroc. Cette absence de pouvoir décisionnel découlerait également du fait qu'elle serait uniquement détentrice des parts de la Société et non pas gérante, qu'elle avait exercé une activité purement administrative sans participer aux séances de direction ainsi qu'aux décisions opérationnelles et stratégiques pendant les périodes fiscales litigieuses. Elle fait encore valoir qu'elle serait devenue associée malgré elle en 2001 déjà - d'abord à hauteur de 50%, puis de 75% dès 2006 lors de l'augmentation du capital de la Société - à la suite de la mise en faillite personnelle de son père en 1998. Dans la mesure où les décisions concernant les affaires importantes auraient été prises par le gérant sans concertation avec les associées, que les comptes de la Société auraient été approuvés uniquement par le gérant, que celui-ci serait l'unique ayant droit économique disposant de tous les actifs de la Société, la recourante soutient avoir démontré qu'elle avait été instrumentalisée et utilisée comme "homme de paille" et qu'il conviendrait dès lors d'appliquer la théorie du bénéficiaire direct comme dans l'arrêt 2C_449/2017 du 26 février 2019. La recourante s'est encore référée aux arrêts 2C_857/2020 du 11 février 2021 et 2C_898/2019 du 21 janvier 2020 qui confirmeraient l'existence d'exceptions à la théorie du triangle. La contribuable affirme par ailleurs que la théorie du triangle ne serait de toute manière pas applicable, dans la mesure où elle n'avait pas effectué - au détriment de ses enfants - de donation en faveur de son père, ce qui serait confirmé par l'absence d'imposition de ce dernier à ce titre.