Citation: 1B_85/2010 19.04.2010 E. 5

Le recourant se plaint finalement d'une violation de son droit d'être entendu du fait de son transfert à Sion le 28 février 2010. Son mandataire, constitué pour la défense de ses intérêts le 1er mars 2010, n'a pas pu lui rendre visite le lendemain puisqu'il n'avait pas encore obtenu l'accord formel du Juge d'instruction, comme l'exige la pratique valaisanne. Les 3 et 4 mars 2010, le défenseur du recourant avait des audiences ou des rendez-vous à Genève qui l'ont empêché de faire le déplacement à Sion. Ensuite, comme le Palais de justice ne dispose pas de locaux permettant aux clients de s'entretenir avec leur mandataire, le recourant n'a pas eu la possibilité de rencontrer son avocat avant l'audience de la Chambre d'accusation et n'a de ce fait pu exercer ses droits de façon efficace. Comme l'a relevé à juste titre la Chambre d'accusation, la détention de l'inculpé dans une autre prison que Champ-Dollon et les difficultés que cette situation pouvait entraîner pour son conseil dans l'exercice de son droit de visite ne constituent pas une violation du droit d'être entendu. On peut mentionner que l'avocat du recourant bénéficiait de deux jours ouvrables pour rendre visite à son client, ce qui apparaît amplement suffisant, même en considérant que le prévenu était détenu en Valais et qu'il fallait compter environ cinq heures de voyage pour le déplacement. Ainsi que le fait remarquer le Ministère public du canton de Genève dans ses observations, il n'appartient pas aux autorités judiciaires de gérer les agendas des avocats. Si le mandataire du recourant estimait ne pas être en mesure de remplir son mandat pour des questions liées à une surcharge de travail temporaire, il lui revenait alors de solliciter la nomination d'un autre avocat ou de sous-mandater un confrère.