Citation: 1B_118/2007 13.07.2007 E. 6

Le recourant conteste également que son maintien en détention préventive puisse être motivé par les besoins de l'instruction et le risque de collusion. 6.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151; 123 I 31 consid. 3c p. 35; 117 Ia 257 consid. 4b-c p. 260 s. et les références). Si le danger de collusion est en règle générale plus important au début d'une procédure pénale (ATF 107 Ia 138 consid. 4g p. 144), il peut toutefois subsister après la clôture de l'enquête lorsque les circonstances font sérieusement craindre que le prévenu n'abuse de sa liberté pour empêcher ou altérer la manifestation de la vérité devant l'autorité de jugement, voire de recours (ATF 117 Ia 257 consid. 4b p. 261; Gérard Piquerez, op.cit., n. 849 p. 543). 6.2 La Chambre d'accusation considère que les besoins de l'instruction sont concrets car le juge d'instruction doit interroger les deux inculpés au sujet de chacune de leurs conversations téléphoniques, dès lors que les intéressés contestent les éléments qui en ressortent. Elle estime en outre qu'il existe un risque de collusion avec les tiers mentionnés dans ces conversations et qui sont impliqués dans les activités de recel faisant l'objet de l'instruction. Le juge d'instruction fait encore valoir la nécessité de confronter le recourant à son co-inculpé B.________. Ces considérations sont pertinentes, dans la mesure où les écoutes téléphoniques paraissent être un élément décisif de la présente instruction et dès lors que le recourant n'a pu être entendu à ce sujet qu'à deux reprises, soit brièvement lors de l'audience du 13 juin devant le juge d'instruction et un peu plus longuement lors de son audition par la police le lendemain. Sur le vu des réponses succintes et évasives qu'il a fournies, il apparaît indispensable de le réentendre de manière plus détaillée sur les sujets évoqués au cours de ses conversations avec B.________. De même, une confrontation avec ce dernier s'avère nécessaire. Quant au risque de collusion, il apparaît effectivement concret, dans la mesure où il y a lieu de craindre que le recourant ne prenne contact avec les tiers mentionnés dans les conversations précitées - soit les fournisseurs et les acheteurs de la marchandise évoquée - et dont les témoignages pourraient être décisifs. Peu importe à cet égard que le recourant prétende avoir été en possession des retranscriptions de ces conversations déjà trois semaines avant sa deuxième arrestation. En effet, rien ne démontre qu'il ait effectivement pris connaissance de ces documents dans le détail et qu'il ait réellement pris conscience de leur portée. Il y a donc lieu de craindre que, confronté aux éléments à charge ressortant des écoutes et à la version de son co-inculpé, il ne prenne des dispositions pour entraver la manifestation de la vérité. Dans ces circonstances, les besoins de l'enquête et le danger de collusion peuvent encore justifier le maintien en détention à ce stade de l'instruction. Cela étant, les autorités cantonales sont invitées à faire preuve de diligence dans l'administration des mesures d'instruction susmentionnées. De plus, si elles devaient encore maintenir le recourant en détention préventive pour ce motif, elles devront préciser - en respectant les exigences de motivation déjà évoquées ci-dessus - quels actes d'instruction elles doivent encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement.