Citation: 4A_234/2022 E. 4.2

4.2. En ce qui concerne le paiement de créances pécuniaires, le bailleur peut réclamer les loyers et frais accessoires arriérés, dus en vertu du contrat jusqu'à la fin du bail, et, faute de restitution à l'échéance, une indemnité pour l'occupation illégitime des locaux (ATF 131 III 257 consid. 2; arrêt 4A_524/2018 du 8 avril 2019 consid. 4.1). Il s'agit là d'un cumul objectif d'actions (art. 90 CPC), qui est admissible dans la procédure sommaire de l'art. 257 CPC dans la mesure où il ne complique pas ou ne ralentit pas son déroulement (EVA BACHOFNER, Die Mieterausweisung, 2019, p. 348 n. 629; la même, Aus der Praxis zum Rechtsschutz in klaren Fällen, in Schneller Weg zum Recht, 2020, pp. 68-70). Lorsqu'il est aisé de dissocier les différentes prétentions du requérant, le tribunal peut admettre les prétentions qui peuvent être établies immédiatement conformément à l'art. 257 al. 1 let. a et b CPC et déclarer irrecevables celles qui ne peuvent pas l'être (s'agissant d'arriérés de loyers, d'indemnités pour occupation et de frais de sommation et de rappel, cf. arrêt 4A_571/2018 du 14 janvier 2019 consid. 7). Certes, dans deux arrêts précédents, le Tribunal fédéral a jugé qu'il n'appartient pas au juge saisi d'une requête de protection dans les cas clairs d'instruire et de faire un tri entre les faits allégués pour déterminer ce qui doit être admis ou rejeté, " les conclusions devant en effet pouvoir être admises dans leur intégralité ", sous peine d'irrecevabilité (ATF 141 III 23 consid. 3.3 et arrêt 5A_768/2012 du 17 mai 2013 consid. 4.3; cf. critiques de SUTTER-SOMM/LÖTSCHER, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 3 e éd. 2016, no 4a ad art. 257 CPC; LORENZ DROESE, Unklarheiten um den klaren Fall gemäss Art. 257 ZPO, RJB 155/2019 p. 252). Dans ce dernier arrêt, il s'agissait toutefois d'une irrecevabilité au motif que l'état de fait allégué n'était pas liquide et que les conclusions prises par la requérante étaient listées sur près de 90 pages et visaient à obtenir de nombreuses attestations de plus d'une dizaine d'établissements bancaires, d'administrations, d'autorités judiciaires, d'assurances, de régies immobilières, voire d'une étude de notaires. Dans l'autre arrêt, un employeur requérait, dans des conclusions globales, la restitution de documents auxquels il avait droit et d'autres sur lesquels il n'avait aucun droit, de sorte que la situation de fait n'était pas liquide et que le requérant ne pouvait " exiger [du juge] qu'il fasse un tri entre ce qui pourrait être admis et ce qui devrait être rejeté ". Ces deux jurisprudences ne peuvent trouver application en l'espèce.