Citation: 4A_262/2007 13.02.2008 E. 3

3.1 A suivre la recourante, l'autorité cantonale aurait apprécié arbitrairement les preuves en constatant que l'intimé a travaillé dans le restaurant entre 2001 et 2002. Elle aurait écarté de manière insoutenable les témoignages concordants et complets de D.________ et E.________ au seul prétexte que ces derniers travaillent toujours pour la défenderesse. La Cour d'appel aurait en revanche privilégié la déposition de B.________, alors que la cour cantonale elle-même a dit devoir la considérer avec réserve, et accordé un poids particulier à celle de C.________, qui a quitté la Suisse en janvier 2002, soit bien avant la fin de la période concernée. 3.2 Le Tribunal fédéral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits établis par l'autorité précédente (art. 105 al. 1 LTF). L'auteur du recours ne peut critiquer les faits que s'ils ont été établis de façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 97 al. 1 LTF; cf aussi art. 105 al. 2 LTF); il faut encore que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la querelle (art. 97 al. 1 LTF). La partie recourante qui entend s'écarter des constatations de l'autorité précédente doit expliquer de manière circonstanciée en quoi les conditions d'une exception prévue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient réalisées, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un état de fait qui diverge de celui contenu dans la décision attaquée (cf. ATF 133 II 249 consid. 1.4.3; 133 IV 150 consid. 1.3). La notion de faits qui ont été établis de façon manifestement inexacte, utilisée à l'art. 105 al. 2 LTF, correspond à celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (Message du Conseil fédéral concernant la révision totale de l'organisation judiciaire fédérale, FF 2001 p. 4135, ch. 4.1.4.2). En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, l'autorité verse dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsqu'elle tire des conclusions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 118 Ia 28 consid. 1b et les arrêts cités). 3.3 Il résulte de la page 3 in fine du procès-verbal de l'audience d'audition de témoins tenue le 19 juin 2006 par le Tribunal des prudhommes que le témoin A.________ avait été entendu dans une autre procédure sous l'identité de G.________. Une copie de ce procès-verbal a été remise aux plaideurs, qui l'ont signé sans apposer la moindre remarque. La cour cantonale a déduit de cette circonstance que le témoignage de A.________ devait être considéré « avec une certaine réserve ». On ne voit pas où résiderait l'arbitraire en l'espèce. Lorsque la défenderesse prétend que c'est en réalité B.________ qui avait déposé précédemment sous une autre identité, elle présente une version des faits de procédure que rien ne vient étayer, au mépris de l'art. 106 al. 2 LTF. La recourante taxe encore d'arbitraire le fait que l'autorité cantonale a relativisé les déclarations de D.________ et E.________, parce qu'ils travaillent toujours pour la défenderesse. Il n'est évidemment pas indéfendable d'apprécier avec circonspection les dépositions émanant de deux employés d'une partie, étant donné le rapport de subordination dans lequel ils se trouvent avec leur employeur, susceptible d'influencer leurs déclarations. Certes C.________ n'a pas travaillé chez la défenderesse pendant l'entier des années 2001 et 2002, mais du 1er janvier 2001 au 30 janvier 2002. Il n'en demeure pas moins qu'il a attesté avoir été le collègue de l'intimé durant les treize mois précités, ce qui représente plus de la moitié de la période litigieuse. De toute manière, deux autres témoins, soit B.________ et F.________, ont affirmé de concert que le demandeur avait été employé par la recourante au cours des deux années en question. Il suit de là qu'il n'était pas arbitraire de donner plus de poids à ces dépositions qu'à celles des deux employés actuels de la défenderesse. Le moyen est infondé.