Citation: 7B_1294/2024 E. 3.3

3.3. Contrairement à ce que le recourant prétend, l'autorité précédente n'a pas ignoré le préavis du Ministère public du 5 septembre 2024 puisqu'elle l'énumère dans les faits de sa décision (cf. arrêt entrepris, p. 6), étant relevé que le jugement forme un tout et que l'on admet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent, même si ceux-ci n'apparaissent pas expressément dans le cadre de l'examen des conditions de la libération conditionnelle mais ailleurs dans l'arrêt (cf. arrêts 7B_553/2023 du 14 mai 2024 consid. 2.5.1; 7B_992/2023 du 13 mars 2024 consid. 2.3.2.3; 7B_678/2023 du 27 octobre 2023 consid. 2.4.3). Certes, le Ministère public a indiqué que si l'intéressé présentait une attestation d'inscription à une formation pour obtenir un diplôme d'éducateur, cela permettrait de considérer qu'il avait une chance de réinsertion socioprofessionnelle. L'autorité précédente était toutefois autorisée à s'écarter de ce préavis non contraignant du Ministère public. C'est d'ailleurs ce qu'elle fait en exposant les motifs de sa décision; elle a ainsi confirmé le raisonnement de la JAP sur le risque de récidive en exposant que c'était à raison que celle-ci avait retenu l'existence d'un mauvais pronostic vu les nombreux antécédents du recourant avec récidives régulières, dont l'une avait donné lieu à la révocation d'une précédente libération conditionnelle; elle a également rappelé que le casier judiciaire du recourant faisait état de treize condamnations entre 2009 et 2024 pour des infractions très variées, ce qui témoignait de son mépris des lois et des autorités; s'agissant de la prise de contact du recourant avant son incarcération avec des thérapeutes pour sa réinsertion sociale et professionnelle ainsi qu'avec un de ses anciens professeurs de l'école P.________, qui avait un projet d'accueil pour les enfants et adolescents en difficulté, l'autorité précédente a relevé que ces démarches constituaient certes un début, mais qu'elles ne suffisaient largement pas, vu le contexte susmentionné, à poser un pronostic qui n'était pas résolument défavorable; quant aux deux inscriptions à une formation, datées du 13 septembre 2024, elles étaient très tardives et apparaissaient uniquement de circonstance (cf. arrêt entrepris, p. 11 s.) Pour contester ce raisonnement, le recourant se contente de citer des éléments qui ne ressortent pas de l'arrêt entrepris au sujet desquels il n'invoque pas l'arbitraire et de faire valoir que ce serait "à tort que la Cour cantonale considère que ces deux inscriptions à une formation, datées du 13 septembre 2024, apparaissent uniquement de circonstance". Il n'explique pas de manière convaincante la raison pour laquelle il n'avait pas entrepris des démarches pour sa réinsertion socio-professionnelle auparavant; s'il a pu trouver de l'aide dans un laps de temps très court pour "mener à bien ces candidatures", rien ne l'empêchait de s'y prendre bien avant que la question de sa libération conditionnelle se pose. Il n'apparaît ainsi pas arbitraire de considérer, au vu de la chronologie des faits, que les deux inscriptions du 13 septembre 2024 sont en l'espèce de circonstance. D'ailleurs, les déclarations du recourant dans son recours, selon lesquelles ces inscriptions ont été faites "sur demande de la Procureure", tendent à le confirmer. Au vu de ces éléments et du contexte précité (mauvais comportement en prison, multirécidiviste [récidives spéciales], révocation d'une précédente libération conditionnelle, défaut d'introspection malgré plusieurs années de prison, stade précoce du projet professionnel), l'autorité précédente n'a pas violé le droit en considérant que le pronostic quant au risque de récidive du recourant était mauvais.