Citation: 6B_1283/2019 E. B

Par arrêt du 23 septembre 2019, la Cour d'appel pénal du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg a rejeté l'appel interjeté par A.________ et a confirmé le jugement du 5 octobre 2018. En résumé, la cour cantonale a retenu les faits suivants: B.a. A.________ est né en 1971 au Kosovo. Il a eu une relation durant plusieurs années avec C.________ de laquelle sont issus deux enfants, D.________, né en 1996, et B.________, née en 1998. A.________ est arrivé seul en Suisse en 1993 et retournait au Kosovo un ou deux mois par année. En 2001, C.________ s'est suicidée. Après le suicide de leur mère, D.________ et B.________ sont restés vivre au Kosovo chez leurs grands-parents et leur oncle. En 2003, A.________ s'est marié avec E.________ et, en 2009, les enfants de A.________ sont venus vivre avec eux en Suisse. B.b. A plusieurs reprises entre 2009 et le 3 juin 2015, A.________ a fait preuve de violences psychologiques envers sa fille B.________. Il l'a menacée, notamment de la renvoyer au Kosovo ou de la tuer. Il examinait le contenu de son téléphone portable et la surveillait. Il était violent verbalement et l'insultait. B.________ avait peur de lui et avait de la peine à s'endormir. Le comportement de son père a amené B.________ à se mutiler. La jeune fille a tenté à quatre reprises de mettre fin à ses jours. B.________ a dû être placée en foyer et a dû suivre divers traitements médicaux et psychiques. B.c. A plusieurs reprises et à des dates indéterminées entre 2010 ou 2011 et août 2015, alors que B.________ était âgée de 12 à 17 ans, A.________ lui a fait subir des attouchements sexuels. A F.________, au domicile familial, A.________ a touché sa fille, après l'avoir déshabillée, sur les seins, sur les fesses, et l'a embrassée dans le cou. A G.________, au domicile familial, dès avril 2013, A.________ a caressé sa fille sur le corps, au niveau des seins, des fesses et du sexe, par-dessus et par-dessous les habits. Il lui a également embrassé le visage, le cou et parfois la bouche. A plusieurs reprises, il a placé son sexe contre le sien, sans la pénétrer tout en lui touchant les seins et le vagin. Ces faits se sont passés dans le salon du domicile familial et dans la chambre de B.________ lorsque les deux étaient seuls à la maison. Au Kosovo, dans la maison familiale, durant les vacances d'été et de Noël, entre 2010 et 2011 et le 15 août 2015, B.________ devait dormir dans la même chambre que son père, même si elle ne le voulait pas. A plusieurs reprises, A.________ a touché la poitrine et le sexe de B.________, par-dessus et par-dessous les habits. Au moment du coucher, il venait vers elle pour l'embrasser dans le cou et lui toucher les fesses, les seins et le sexe, par-dessous les habits. A plusieurs reprises, il a déshabillé sa fille, s'est mis contre elle et a placé son sexe contre le sien "comme s'il faisait l'amour", en faisant des allers-retours, sans jamais la pénétrer. Parfois, ils étaient les deux entièrement nus. D'autres fois, A.________ déshabillait le bas de sa fille et lui-même enlevait son boxer. Quand A.________ appuyait sur elle de tout son poids, elle avait mal. Si B.________ essayait de crier, son père lui disait de se taire. B.________ n'a jamais été consentante. Lorsque les abus avaient lieu, elle était "bloquée". Elle essayait de repousser son père, sans y parvenir parce qu'elle n'avait pas suffisamment de force. Elle n'osait pas crier, par peur et par honte. Durant toutes ces années, elle n'a pas parlé des abus, par peur de perdre sa famille et en raison des pressions psychologiques quotidiennes exercées sur elle par son père qui lui imposait un cadre très strict, la dénigrait - allant jusqu'à lui dire de se suicider comme sa mère -, l'insultait et la menaçait. A.________ a profité de la dépendance familiale, sociale et émotionnelle de sa fille à son égard pour faire subir à sa fille ces actes d'ordre sexuel. B.________ a demandé plusieurs fois à son père de ne pas recommencer, ce qu'il lui promettait à chaque fois. Elle a finalement décidé de parler des abus sexuels quand elle a compris, durant les vacances d'été 2015, que son père n'avait pas changé. B.d. Alors qu'elle était placée au foyer H.________, puis entre le 21 août et le 19 septembre 2015, après que B.________ eut mis en cause son père pour abus sexuels, A.________ a exercé des pressions incessantes sur sa fille, dans un premier temps pour qu'elle rentre à la maison, puis pour qu'elle revienne sur ses déclarations. Il lui disait notamment que si elle ne rentrait pas à la maison, elle ne serait plus sa fille, qu'elle serait morte pour lui. Il se postait devant le foyer ou devant le lieu de travail de sa fille afin d'entrer en contact avec elle et l'interpellait sur le chemin de l'école. Il a également demandé à son fils et à son frère d'intervenir pour que B.________ se rétracte. La jeune fille n'a pas cédé à ces pressions. B.e. B.________ a fait l'objet d'une expertise de crédibilité. Selon le rapport du 6 mars 2017, l'analyse du témoignage de la jeune fille permet de retenir l'hypothèse du vécu réel de ses dires. L'experte a conclu que les déclarations de B.________ pouvaient être recommandées comme appui dans le cadre d'une procédure pénale.