Citation: 2C_523/2024 E. 4.4

4.4. En l'occurrence, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant a bénéficié, avec son ex-épouse, de mai 2008 à octobre 2009 et de février 2013 à février 2016, de prestations de l'aide sociale pour un montant total supérieur à 349'000 fr. et, à titre individuel, de septembre 2018 à mai 2019, pour un montant de plus de 25'000 fr. Si, depuis le 1er mai 2019, il n'émarge plus à l'aide sociale, le montant de ses dettes a depuis lors fortement augmenté, passant de 90'000 fr. en 2016 à plus de 154'000 fr. en 2022, puis à plus de 159'000 fr. au 30 juin 2023, malgré avoir été formellement averti en ce sens en 2016 déjà. La situation financière du recourant doit ainsi être qualifiée d'obérée. Sur le plan de sa participation à la vie économique, il apparaît certes que l'intéressé a exercé diverses activités lucratives depuis 2004. Il ne s'agissait toutefois en général que d'emplois de courte durée ou avec un taux d'activité partiel, comme l'attestent les maigres salaires perçus, qui n'ont en tout état de cause pas empêché le recourant de s'endetter fortement ou de recourir à l'aide sociale durant les périodes précitées. Quant au nouvel emploi que l'intéressé occupe depuis mai 2023, s'il lui permet à l'heure actuelle de couvrir ses besoins, il est insuffisant, à lui seul, pour retenir une intégration économique réussie. D'une part, et le recourant ne prétend pas le contraire, il ne s'agit pas d'un emploi fixe mais à durée déterminée, ce qui ne permet pas de garantir de manière certaine et durable qu'il ne connaisse pas à nouveau des difficultés financières dans le futur, rendant nécessaire un nouveau recours à l'aide sociale ou un endettement accru. D'autre part, malgré l'obtention de cet emploi, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que le recourant se serait employé de manière constante et efficace à rembourser ses dettes qui, comme on l'a vu, sont particulièrement importantes. Qu'il ait spontanément pris contact avec l'Office des poursuites en vue d'une saisie de salaire n'est pas déterminant, puisqu'une telle mesure relève de l'exécution forcée et ne repose donc de toute façon pas sur une base volontaire (cf. arrêt 2C_162/2022 du 11 mai 2022 consid. 5.2). Pour le reste, il ressort des constatations cantonales que le recourant possède des connaissances de la langue française suffisantes, sans toutefois qu'il ne participe à la vie associative suisse ou n'exerce une activité sociale régulière. Enfin, l'intéressé a été condamné pénalement à trois reprises pour des infractions qui, si elles ne peuvent pas être qualifiées de particulièrement graves (infractions à la loi sur la circulation routière et à la législation sur les étrangers), ne sauraient être ignorées dans l'appréciation globale des critères d'intégration.