Citation: 2C_215/2024 E. 5.2

5.2. Il convient dès lors d'examiner si la prolongation de l'autorisation de séjour de la recourante s'impose pour des raisons personnelles majeures. À ce titre, la recourante invoque en premier lieu avoir été victime de violences conjugales, tant physiques que psychiques. S'agissant de la violence conjugale, la personne admise dans le cadre du regroupement familial doit établir qu'on ne peut plus exiger d'elle qu'elle poursuive l'union conjugale, parce que cette situation risque de la perturber gravement. La violence conjugale, qui inclut également la violence psychologique, doit par conséquent revêtir une certaine intensité (ATF 138 II 393 consid. 3.1; arrêt 2C_906/2022 du 23 février 2023 consid. 3.3). La personne étrangère qui se prétend victime de violences conjugales est soumise à un devoir de coopération accru (cf. art. 90 LEI; ATF 138 II 229 consid. 3.2.3; arrêt 2C_906/2022 du 23 février 2023 consid. 3.3). Elle doit rendre vraisemblable, par des moyens appropriés, la violence conjugale, respectivement l'oppression domestique alléguée (cf. arrêts 2C_906/2022 du 23 février 2023 consid. 3.3; 2C_96/2022 du 16 août 2022 consid. 3.4). En l'occurrence, il ressort de l'arrêt attaqué que la recourante avait affirmé avoir été victime de violences physiques et psychiques pendant de nombreuses années et à de multiples reprises. Le Tribunal cantonal a toutefois constaté que la recourante, qui avait admis ne pas avoir déposé de plainte pénale, n'avait pas donné d'exemple particulier des violences subies, ses déclarations restant très générales. De plus, la recourante n'avait fourni aucun autre indice tangible. Concernant sa dépression, si elle était attestée par des certificats médicaux, rien n'indiquait qu'elle soit en lien direct avec de telles violences. Sur le vu de ce qui précède, il ne peut être reproché au Tribunal cantonal d'avoir violé l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI en confirmant le refus de prolonger l'autorisation de séjour de la recourante, faute d'éléments suffisamment précis et étayés. Au vu de son devoir de collaborer, l'argument selon lequel la recourante n'aurait pas donné de détails s'agissant des violences conjugales, de date ou d'événement spécifique, car les violences étaient récurrentes et qu'il lui était donc impossible de ressortir un épisode particulier, ne convainc pas. Le fait que la recourante indique ne pas avoir déposé de plainte pénale contre son ex-époux afin de préserver la relation entre celui-ci et leur fils n'y change rien non plus.