Citation: 1P.277/2005 08.06.2005 E. 3

A.________ s'en prend également au refus de lui allouer une quelconque indemnité pour la perte de gain, qu'il tient pour arbitraire. Il n'exerçait toutefois aucune activité lucrative en Suisse lorsqu'il a été interpellé, puis incarcéré. S'il a déclaré travailler en Macédoine lors de sa seconde audition, il n'a donné aucune indication sur l'activité déployée et le revenu qu'il en retirait. Il n'est donc pas établi que sa détention préventive aurait eu pour effet d'interrompre une activité professionnelle rémunérée, propre à justifier l'allocation d'une indemnité pour la perte de salaire ainsi occasionnée. De plus, le recourant ne démontre pas qu'il aurait été en mesure de trouver un travail rémunéré du même genre que celui qu'il a occupé en Suisse de février 2002 à avril 2003, pour prétendre à une indemnité pour perte de gain, fondée sur un salaire net de 3'450 fr. L'occupation d'un emploi de même nature et de rémunération comparable en Suisse supposait l'octroi préalable d'une autorisation de séjour et de travail qu'il n'aurait pas pu obtenir compte tenu de la décision d'interdiction d'entrée en Suisse prise à son encontre le 15 avril 2002 pour une durée de cinq ans. L'éventualité de trouver un emploi stable dans un pays voisin impliquait également l'octroi d'une autorisation de travail; elle était trop aléatoire pour être retenue. Enfin, le recourant aurait certes en principe été en mesure de travailler sans délai dans son pays d'origine, mais il n'indique pas quel type d'emploi il aurait pu occuper et quel revenu il aurait pu en retirer. En l'absence de ces éléments qu'il lui appartenait de fournir, la détermination équitable d'un gain manqué, selon le principe de l'art. 42 al. 2 CO appliqué par analogie, n'entre pas en considération. Le Tribunal d'accusation n'a donc pas fait preuve d'arbitraire en refusant toute indemnité de ce chef. Pour le surplus, en l'absence de tout grief à ce propos, le Tribunal fédéral n'a pas à examiner d'office si le refus d'allouer au recourant une indemnité pour tort moral échappe au grief d'arbitraire (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 128 III 50 consid. 1c p. 53/54).