Citation: 8C_832/2017 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, la juridiction précédente était fondée à considérer que le recourant n'avait pas rendu plausible l'événement annoncé à son assureur-accidents. Les faits établis au cours de l'instruction pénale s'avèrent convaincants: d'après les éléments recueillis, il n'existait aucun document ni aucun témoin permettant de corroborer les dires du recourant. E.________ avait formellement contesté l'entier des allégations de l'intéressé et avait pu expliquer en détail son emploi du temps au moment des faits. Il paraissait en outre invraisemblable que celle-ci ait agressé le recourant, dès lors que selon un rapport de la SIJ, au moins deux coups distincts et perpendiculaires auraient été nécessaires pour reproduire la découpe présente sur la chemise de l'assuré, alors que celui-ci avait indiqué n'en avoir reçu qu'un seul. A ce propos, les explications fournies par le recourant pour contester l'interprétation de la SIJ sont dénuées de toute pertinence. De surcroît, ses déclarations lors de son audition du 22 août 2016 apparaissent contradictoires. Il se disait incapable de se souvenir du moindre détail concernant la description de son agresseur, notamment de la main dans laquelle celui-ci aurait tenu le couteau, mais pouvait en revanche certifier que E.________ tenait dans sa main, en plus d'un couteau, une chainette munie de plusieurs crochets. L'assuré avait en outre donné ce jour-là des informations dont il n'avait pas fait mention le jour de sa prétendue agression. D'autre part, comme le relève le Ministère public dans son ordonnance, le constat de coups et blessures du 15 juin 2016 ne mettait en évidence aucune lésion qui aurait pu être causée par un couteau, notamment aucune coupure ou blessure sanglante, ce qui n'est pas compatible avec la description que l'intéressé a faite de son agression et jette également le discrédit sur ses déclarations. Contrairement à ce que soutient l'assuré, l'avis du docteur D.________ ne permet pas de remettre en cause cette appréciation. Ce médecin s'est exprimé plus de 6 mois après les faits et s'est contenté de cocher "oui" à la question de savoir si les constatations médicales relevées le jour en question concordaient avec l'événement invoqué par le patient, sans toutefois motiver sa réponse, ce qui n'est pas suffisant, à l'aune des autres pièces du dossier, pour accréditer la version du recourant. Vu ce qui précède, l'existence d'un accident au sens de l'art. 6 al. 1 LAA n'apparaît pas vraisemblable au degré requis par la jurisprudence (cf. consid. 3). C'est dès lors à bon droit que la juridiction précédente a nié le droit du recourant aux prestations de l'assurance-accidents. Elle pouvait en outre, par appréciation anticipée des preuves, renoncer à procéder à d'autres investigations ou à suspendre la procédure.