Citation: 2C_205/2024 E. 5.3

5.3. Pour apprécier la nature de l'activité déployée par le recourant, l'instance précédente a d'abord rappelé que, selon le message du Conseil d'État de la République et canton de Genève du 10 mars 2009, le terme "salon" devait être interprété de façon très large et comme faisant référence à tous les endroits soustraits à la vue du public où des personnes exercent la prostitution, tels que des appartements, studios, saunas, fitness, bains turcs, caravanes, etc. (Message à l'appui du projet de loi PL 10447, p. 21). La Cour de justice a ensuite retenu que le recourant exploitait un salon dit "éclaté" car il gérait de manière simultanée la location à la semaine de différents appartements à des travailleuses du sexe venant le plus souvent de l'étranger pour exercer leur activité à Genève durant de courtes périodes. Selon l'instance précédente, l'activité du recourant, qui connaissait le domaine de la prostitution depuis des années, après avoir notamment exploité plusieurs salons dédiés à cette activité, constituait indubitablement une aide apportée aux travailleuses du sexe. En tant que professionnel actif dans ce milieu, il mettait à leur disposition un choix d'appartements pour des séjours de courte durée. L'instance précédente précisait également que le recourant ne pouvait ignorer ce que les travailleuses du sexe faisaient dans les appartements puisqu'il avait admis poster des offres de location sur le site "Anibis", dans la partie destinée aux professionnels de la prostitution. En outre, l'échange de messages électroniques figurant au dossier, dont il ressortait que des "filles" se succédaient dans les appartements, laissait peu de doute sur la destination des locations. Enfin, il ne pouvait être considéré, selon la Cour de justice, que les travailleuses du sexe exerçaient à leur domicile puisqu'elles n'étaient que de passage pour de courtes périodes, dans le but d'exercer la prostitution, et conservaient leur domicile au lieu de leur provenance.