Citation: U 116/05 29.06.2005 E. A

A.a K.________, née en 1954, travaille au service de X.________ depuis le 1er janvier 1976; elle y occupe le poste de monteuse depuis 1996. A ce titre, elle est obligatoirement assurée contre les accidents auprès de la Bâloise, Compagnie d'Assurances (ci-après: la Bâloise). Le 7 mars 2002, l'employeur a adressé à la Bâloise une déclaration de maladie professionnelle concernant la prénommée. Selon un rapport du 19 février 2002 du docteur D.________, spécialiste en chirurgie de la main, la patiente présentait, depuis plusieurs mois, des paresthésies des deux mains, plus marquées à droite, accompagnées, plus récemment, de douleurs des faces interne et plus particulièrement externe du coude droit, développées à la suite d'un changement d'appareillage professionnel. Ce médecin a posé les diagnostics d'épicondylalgies droites, de neuropathie irritative, probablement réflexe, ulnaire au coude droit, de suspicion de syndrome du tunnel carpien bilatéral et de TOS droit. Le docteur D.________ a adressé la patiente au docteur H.________, spécialiste FMH en neurologie, qui l'a examinée le 27 février 2002. Dans un rapport daté du lendemain, ce médecin a relevé que le status met en évidence des douleurs reproductibles assez diffusément sur l'ensemble du membre supérieur droit, à caractère atypique, évoquant un status fibromyalgique, éventuellement associé à une pathologie plus spécifique de type épicondylite ou épitrochléite; il n'y a pas d'autres anomalies, en particulier du point de vue neurologique. A.b A la demande de la Bâloise, la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA) a procédé à une enquête approfondie au poste de travail concerné du studio de X.________. Il s'est révélé à cette occasion que, sur treize collaborateurs, six avaient annoncé une maladie professionnelle. D'autres collaborateurs se seraient également plaints de douleurs. Toutes ces personnes attribuent leurs douleurs au nouveau système de montage mis en service en août 2001. Des collaborateurs d'une chaîne de télévision étrangère auraient connu des problèmes identiques. Comme causes des troubles, on évoque quatre facteurs différents: gestes répétitifs (mouvement de balayage avec le stylet sur la plaque tactile); position de travail (en raison des dimensions spécifiques des plaques tactiles, il n'est pas possible de poser les coudes, ce qui entraîne une fatigue); intensité du travail (qui dure entre huit et neuf heures et qui implique un stress et une sollicitation augmentant juste avant la diffusion d'une émission); planification du travail. En comparant les divers dossiers, on remarque l'importante hétérogénéité des diagnostics qui font état soit d'une tendinite grave, soit d'une épicondylite au coude, ou encore d'une ténosynovite au pouce, voire d'une tendinite de Quervain et d'une neuropathie irritante réflexe. On parle également de syndrome du tunnel carpien, de syndrome de thoracic outlet ou encore de tendinite du biceps. Même si les diagnostics posés diffèrent fortement les uns par rapport aux autres, ils ont cependant un dénominateur médical commun. En effet, on peut les regrouper sous la désignation générique de «repetitive strain injuries», termes qui désignent un nombre de troubles non spécifiques en relation avec les activités répétitives, notamment le travail à l'écran. Diverses recommandations ont été formulées afin d'aménager le poste de travail des personnes intéressées (rapport du 17 février 2003 des docteurs V.________, spécialiste FMH en chirurgie et U.________, spécialiste FMH en médecine interne, tous deux rattachés à la CNA). Le docteur V.________ a en outre établi le 26 février 2003 une appréciation médicale à l'intention de la Bâloise concernant plus particulièrement K.________. Ce médecin estime que, d'un point de vue clinique, les résultats avec la reproductibilité la plus fiable sont les résultats au niveau du coude droit, où les médecins consultés confirment l'existence d'une épicondylopathie radiale et médiale. La façon de travailler de l'assurée a pu être observée le 11 février 2003. Il n'y a pas de facteurs permettant de conclure à une sursollicitation mécanique permanente des muscles radiaux de l'avant-bras dans la zone des insertions proximales du coude droit. L'épicondylopathie du coude est imputable à des altérations dégénératives des insertions au coude des tendons extenseurs radiaux. C'est dans la cinquième décennie que sa fréquence est la plus élevée, soit la classe d'âge dont fera prochainement partie K.________. Sur la base des dernières études histologiques, il faut conclure que des influences mécaniques dans le sens de microlésions peuvent uniquement jouer un rôle algogène dans l'apparition de l'épicondylopathie radiale, même lors d'activités sollicitant le coude, mais qu'elles ne sont pas la cause à proprement parler de l'épicondylopathie. Le docteur V.________ fait au surplus référence à une étude des docteurs Erich Bär et Bertrand Kiener, de la division médicale de la CNA, intitulée «L'épicondylite n'est pas une maladie professionnelle, Un changement de paradigme sur le plan médical» (publiée dans les Informations médicales de la CNA, n° 72, automne 2000, p. 70 sv.). A.c Par décision du 29 juillet 2003, confirmée par une décision sur opposition du 19 mars 2004, la Bâloise a refusé de prendre en charge le cas, au motif que les troubles présentés par l'assurée ne pouvaient pas être attribués à une maladie professionnelle.