Citation: 7B_683/2024 E. 2.3

2.3. En l'espèce, la cour cantonale a relevé, en référence à son précédent arrêt du 11 mars 2024 confirmant la détention provisoire du recourant, que ce dernier était arrivé en Suisse le 29 janvier 2024, par un avion ayant atterri à l'Aéroport de Genève, et qu'il avait à cette occasion réussi à passer les contrôles douaniers en dépit de son signalement au RIPOL. À son arrivée, il avait créé un événement live sur Facebook, censé durer du 29 janvier 2024 à 7 heures 30 au 5 février 2024 à 8 heures 30, dans lequel il annonçait publiquement qu'il s'était rendu en Suisse pour être avec sa fille B.________, pour faire valoir ses droits relatifs à son mariage avec C.________ et pour annuler le divorce qu'il prétendait avoir été falsifié. Par la suite, il avait loué une voiture, pourvue d'un réhausseur de siège pour enfant, et s'était muni de divers appareils d'observation et d'enregistrement ainsi que d'effets pour enfants (vêtements, chaussures, jouets, etc.), avant d'être finalement interpellé le 31 janvier 2024, dans la soirée, près de l'immeuble de V.________ dans lequel logeaient C.________ et l'enfant B.________. Auditionné par le Ministère public le 1er février 2024, le recourant avait répété qu'il contestait la compétence des autorités suisses pour statuer sur ses relations avec sa fille, et donc qu'il ne reconnaissait notamment pas les décisions rendues en la matière, en particulier celle du 6 juillet 2023 de la Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut maintenant la suspension de tout droit de visite ou celle rendue le 14 juin 2022 par la Présidente du Tribunal civil de l'Est vaudois lui interdisant de prendre contact avec C.________ et l'enfant B.________, de les approcher à moins de 50 mètres et d'approcher à moins de 200 mètres de l'immeuble dans lequel elles résidaient, le tout sous la menace de la peine d'amende prévue à l'art. 292 CP ("Je n'ai pas besoin de permission. Je m'en fous de cette interdiction car la Suisse n'a pas d'autorité sur moi [...]"). Le recourant avait par ailleurs fermement contesté être divorcé de C.________ - qu'il avait d'ailleurs traité de "pute" et de "chienne" durant l'audition -, le divorce prononcé par le juge civil fribourgeois étant à ses yeux frauduleux. Il avait enfin revendiqué avec force ses droits sur sa fille, alléguant notamment qu'elle était en danger dès lors que sa mère la maltraitait et la négligeait. Les investigations menées par la suite avaient encore renforcé les soupçons selon lesquels il était venu en Suisse dans le but d'enlever sa fille. Il en allait ainsi du fait qu'il aurait expédié à une connaissance en Suisse, depuis les États-Unis, un colis contenant notamment un taser et des sprays au poivre, le paquet ayant été intercepté par la douane suisse le 25 janvier 2024, soit quelques jours avant son arrivée. Il aurait en outre recouru aux services de D.________, détective privé, afin de connaître de manière précise la localisation de l'école et de la résidence de l'enfant, voire les horaires et les habitudes de celle-ci et de sa mère. Enfin, au regard des données résultant de l'exploitation des supports informatiques saisis, il pourrait déjà s'être rendu, le 30 janvier 2024, à l'école de B.________ pour tenter de l'enlever, un message audio retrouvé dans l'un des supports faisant état des propos suivants: "Je suis à l'école et quand B.________ arrivera, je la prends et j'ai des plans avec elle [...]" (cf. arrêt attaqué, consid. 3.2 p. 4 s.).