Citation: U 307/05 08.01.2007 E. B

G.________ a recouru contre cette décision sur opposition devant le Tribunal administratif du canton de Genève en concluant, sous suite de dépens, au versement d'indemnités journalières et au remboursement de ses frais médicaux au-delà du 13 mars 2001. B.a L'autorité cantonale a confié un mandat d'expertise au docteur E.________, spécialiste FMH en neurochirurgie (décision sur expertise du 27 janvier 2004). Au terme de ses investigations, celui-ci a retenu que l'accident avait aggravé un état préexistant en provoquant de surcroît un cisaillement du disque L4-L5, à l'origine de la hernie discale médiane. Il a conclu que l'instabilité lombaire était en lien de causalité certain avec l'accident car l'assurée n'avait jamais souffert du dos avant cet événement. A cet égard, il ajoutait qu'il était concevable de vivre avec des signes radiologiques sans pour autant présenter des symptômes. Un choc sur la colonne lombaire pouvait provoquer un effet de rotation et engendrer des atteintes articulaires, notamment au niveau des disques. Certes, l'assurée souffrait de troubles dégénératifs antérieurs à l'accident mais il était impossible de démontrer si ceux-ci jouaient ou non un rôle dans la symptomatologie actuelle. A la question de savoir si des facteurs étrangers à l'accident jouaient un rôle dans la persistances des troubles, l'expert a répondu que les troubles actuels pouvaient être dus aux séquelles opératoires, toutes les spondylodèses lombaires avec greffes pouvant dans certains cas laisser des douleurs lombaires résiduelles plus ou moins importantes. Par ailleurs, il n'était pas non plus en mesure de répondre à la question de savoir si les troubles se seraient également manifestés sans la survenance de l'accident. En tout état de cause, ni le statu quo sine ni le statu quo ante n'était rétabli en l'espèce. Il était probable qu'ils ne le soient jamais vraiment et s'ils devaient l'être, il faudrait encore attendre entre trois et cinq ans. Actuellement, l'assurée ne présentait plus d'incapacité de travail puisqu'elle avait repris une activité lucrative en qualité de secrétaire à plein temps depuis le 1er avril 2003. En revanche, une activité physique lourde n'était plus possible depuis la survenance de l'accident. Le taux d'atteinte à l'intégrité pouvait être fixé à 25 %. B.b La CNA a soumis ce rapport au docteur K.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, lequel s'est exprimé sur l'avis du docteur E.________ (cf. appréciation médicale du 7 janvier 2005). Il estime que pour étayer le fait que les troubles de l'assurée et la spondylodèse subie se rattachaient de façon certaine au choc subi le 27 mai 2000, l'expert judiciaire s'était fondé uniquement sur les allégations de l'assurée mais non sur une étude attentive des pièces du dossier. B.c Le Tribunal administratif a tenu une audience d'enquêtes le 28 février 2005, au cours de laquelle il a entendu l'expert E.________. Celui-ci a indiqué qu'il pouvait certes comprendre la position de la CNA, qui se fondait sur un rapport du docteur R.________ pour établir que l'assurée avait souffert du dos avant l'accident. Or, ce praticien avait indiqué, le 30 mai 2003, qu'il s'était trompé en faisant état de lombalgies antérieures. Cette erreur était compréhensible, au vu de la surcharge de travail chronique des médecins des Z.________. Les radiographies avaient montré que la patiente présentait des discopathies asymptomatiques à deux niveaux. Ce type de discopathie évoluait en règle générale très lentement. Or, en l'espèce, l'une d'elles avait connu une évolution extrêmement rapide, ce qui n'aurait très probablement pas été le cas sans l'accident. L'expert a en outre souligné que la CNA et le Tribunal fédéral des assurances admettaient de façon très restrictive qu'un traumatisme pût être la cause d'une hernie discale. Ce nonobstant, la CNA avait admis l'existence d'un tel lien à plusieurs reprises, notamment lorsqu'un patient était tombé de sa hauteur ou de moins d'un mètre. Dans le cas présent, il y avait eu cisaillement du disque, ce qui pouvait être causé par un mouvement de torsion de la colonne. Or, l'assurée avait décrit un mouvement de torsion dans la mesure où elle s'était tournée pour éviter de heurter son chien. L'énergie de la chute avait été suffisante pour causer une lésion sur un dos déjà fragilisé par des pathologies asymptomatiques. Par jugement du 14 juin 2005, le Tribunal administratif a admis le recours interjeté par G.________ et condamné la CNA à prendre en charge les prestations au-delà du 13 mars 2001.