Citation: U 330/00 14.05.2002 E. 5

5.- a) Sur le plan économique, le degré d'invalidité de l'assurée a été déterminé selon la méthode ordinaire d'évaluation (art. 18 al. 2 LAA). Il a ainsi été procédé par comparaison du revenu qu'elle serait en mesure de réaliser en travaillant à plein temps sans atteinte à la santé auprès de son ancien employeur (2950 fr. par mois en 1997 selon les indications fournies par ce dernier) avec le revenu qu'elle pourrait retirer, malgré les conséquences physiques de l'accident, d'activités exercées à 100 % n'exigeant au plus qu'un peu de soutien de la main gauche (2050 fr. par mois). Ce revenu d'invalide a été déterminé sur la base des descriptions de postes de travail (DPT), nos 799 (surveillant de magasin, 20 600 fr. l'an), 1374 (placeur de cinéma, 28 954 fr. l'an), 564 (assistante de production, 24 414 fr. l'an), 2524 (employé de supermarché/ caissier de station d'essence, 25 349 fr. l'an) et 1684 (aide de production, 23 940 fr. l'an). Toutes ces DPT, qui se réfèrent à l'année 1997, ont notamment en commun de ne pas requérir l'usage des deux mains et de n'exiger jamais, ou que rarement, le port de charges de cinq kilos tout au plus. Elles apparaissent ainsi conformes - quoi qu'en dise la recourante - aux limitations de son activité préconisées par les médecins appelés à évaluer sa capacité de travail. S'il est vrai que la recourante, depuis le 2 mai 1994, n'exerçait plus son activité professionnelle que 30 heures par semaine, au lieu de 42, pour des raisons personnelles (fatigue due aux déplacements et volonté de se consacrer dans une plus grande mesure à sa famille), cette circonstance, sans rapport avec la cause de l'invalidité, doit être prise en compte tant dans le calcul du gain avec que sans invalidité et demeure, partant, sans conséquence sur le calcul du degré de cette dernière. Une "invalidité ménagère", entendue comme l'incapacité de s'acquitter de tâches usuelles non professionnelles ne saurait, par ailleurs, contrairement à ce que paraît soutenir la recourante, être prise en compte dans l'évaluation de l'invalidité résultant d'un accident assuré au sens de la LAA, faute de gain afférent assuré (art. 15 al. 1 LAA). b) La recourante soutient, enfin, que domiciliée en France et, désormais, dans l'incapacité de se rendre en Suisse, son revenu d'invalide ne saurait être déterminé par référence aux rémunérations des postes de travail dans ce pays. A cet égard, il convient de rappeler que selon la jurisprudence rendue par la Cour de céans dans le domaine de l'assurance-invalidité, le fait que l'assuré soit domicilié à l'étranger est en principe sans incidence sur l'évaluation du taux de son incapacité de gain. La perte de gain déterminante doit en effet être évaluée en fonction des possibilités offertes par un marché du travail équilibré (art. 28 al. 2 LAI) - une notion théorique - de manière que la disparité des niveaux de rémunération et des coûts de la vie n'interfère pas dans la comparaison objective des revenus avec et sans invalidité (ATF 110 V 276 consid. 4b). Compte tenu de l'identité de la notion d'invalidité dans ces deux domaines de l'assurance sociale (ATF 119 V 470 consid. 2b, 116 V 249 consid. 1b et les arrêts cités), ces considérations valent également dans le domaine de l'assurance-accidents obligatoire. c) Il résulte de ce qui précède que le degré d'invalidité de la recourante, par 30 % ([2950 fr. - 2050 fr.] / 2950 fr.), a été correctement évalué, si bien que le recours se révèle infondé.