Citation: 6B_244/2023 E. 2.2

2.2. Sur ce point précis, la cour cantonale a fait sienne la motivation du jugement de première instance et considéré que les explications fournies par l'intéressé étaient contradictoires, évolutives et peu crédibles. Tant la façon d'agir que les moyens de pression adoptés par la prétendue "organisation D1.________" avaient varié. Les déclarations de l'épouse du recourant et celles de ce dernier présentaient des incohérences chronologiques. Au cours de sa première audition, l'épouse s'était souvenue que son mari s'était fait taper sur la tête par une personne à qui il devait de l'argent, en précisant que c'était avant que la demande d'aide sociale soit formulée, soit au début de l'année 2011. Or, le recourant avait expliqué aux enquêteurs que son épouse n'avait pas eu vent de ses dettes envers D1.________ jusqu'en 2014 et qu'elle ne l'aurait appris qu'au moment où le créancier serait venu le menacer avec un couteau, épisode que l'épouse n'avait toutefois pas évoqué lors de sa première audition et qui aurait pourtant dû la marquer. Ce n'est que lors de son audition devant le ministère public que l'épouse avait déclaré avoir observé une scène depuis la fenêtre et avoir vu deux hommes, dont l'un avait fait des gestes menaçants au-dessus de la tête de son mari avec un objet, en précisant que c'était au mois de juin 2011 et non plus au début de l'année comme elle l'avait déclaré précédemment. Ces déclarations s'expliquaient à l'évidence par la volonté de l'épouse de soutenir la version de son mari et de faire coïncider l'emprunt avec la demande d'aide sociale. En second lieu, le montant du prêt avait varié. A la fin de sa première audition en cours d'enquête, le recourant avait expliqué qu'il s'agissait d'un prêt de type "Kanun", qu'il avait emprunté 50'000 fr. (alors qu'au début de son audition, il s'agissait de 100'000 fr.), que les tranches de remboursement étaient de 10'000 fr. mais qu'elles se transformaient en tranches de 20'000 fr. en cas de retard, avant de dire que les amortissements s'étaient élevés à 30'000 fr. voire 80'000 francs. Il avait ensuite déclaré aux enquêteurs que le montant s'était finalement élevé à 300'000 fr. alors que lors de l'audience de première instance, il avait atteint le demi-million de francs (cf. jugement de première instance, p. 20). A l'audience d'appel, le recourant avait indiqué que le montant du prêt initial était de 50'000 fr., qu'il était convenu qu'il rembourse cette somme dans un délai d'une année avec intérêts à 7 - 8 % mais qu'après une semaine, l'organisation aurait exigé qu'il restitue cette somme dans un délai de sept jours, ce dont il était incapable. D1.________ et son équipe auraient alors exigé le paiement de 100'000 fr., raison pour laquelle il aurait proposé de rembourser grâce à "tout ce [qu'il gagnait] dans l'entreprise". Enfin, le lien entre le recourant et son supposé créancier avait également varié. Au CSR, le recourant avait soutenu une autre version des faits que celle fournie aux enquêteurs et aux autorités judiciaires. En effet, dans le cadre d'un courrier du 29 mars 2018, il avait fait écrire à son conseil qu'il s'agissait d'anciens salariés qui voulaient lui extorquer de l'argent alors qu'il avait affirmé devant le ministère public que le surnommé "D1.________" n'avait jamais été l'un de ses employés. Enfin, s'agissant des quittances portant l'annotation "E1.________" datées du 16 octobre 2014 et 28 novembre 2014 saisies lors de la perquisition et dont le recourant soutenait qu'il s'agissait de quittances de paiement qu'il avait établies afin de garder des traces de ses remboursements à D1.________ ou ses complices qu'il surnommait "E1.________", la force probante de ces documents, griffonnés à la hâte, était nulle et il appartenait à celui qui se prévalait d'un fait justificatif de le prouver.