Citation: 4P.277/2006 02.04.2007 E. 6

6.1 La recourante fait enfin grief à la Cour de justice d'avoir insuffisamment motivé sa décision, violant ainsi son droit d'être entendu tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. En effet, non seulement les juges cantonaux auraient procédé à des constatations insoutenables en retenant que A.________ avait créé une situation exceptionnelle et qu'il savait que les intimés n'avaient pas conscience des risques encourus, mais encore il ne serait pas possible de déterminer clairement de quelle manière ils sont parvenus à ces constats, respectivement de comprendre dans quelle mesure les faits retenus dans l'arrêt attaqué ont contribué aux constats incriminés. Par ailleurs, l'arrêt attaqué se contenterait d'énoncer que la recourante avait un devoir d'information envers les intimés auxquels elle était tenue de dispenser des conseils diligents (cf. lettre E.d supra), mais il serait muet quant aux devoirs concrets que la recourante aurait violés en relation avec les actions Vivendi Universal. Un élément indispensable du syllogisme ferait ainsi défaut en l'espèce, résultant en un défaut de motivation patent. 6.2 Selon la jurisprudence, le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., implique notamment l'obligation pour le juge de motiver ses décisions, afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient. Le juge doit ainsi mentionner, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause, mais aussi à ce que l'autorité de recours puisse contrôler l'application du droit; il n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, apparaissent pertinents (ATF 129 I 232 consid. 3.2; 126 I 97 consid. 2b; 122 IV 8 consid. 2c et les arrêts cités). 6.3 En l'espèce, l'autorité cantonale a exposé de manière claire et suffisante les éléments qui l'ont conduite à considérer que A.________, auxiliaire (cf. art. 101 CO) de la recourante, avait créé une situation exceptionnelle qui justifiait selon la jurisprudence un devoir de conseil et de mise en garde à la charge de la recourante. Elle a également retenu clairement que A.________ savait que les intimés n'avaient pas conscience des risques encourus. Savoir si, ce faisant, elle a violé le fardeau de la preuve ou méconnu une éventuelle présomption de connaissance des risques généraux liés au cours des actions est une question de droit, qui doit être examinée dans le cadre du recours en réforme (cf. consid. 4.2 supra); en tous les cas, le raisonnement suivi par la cour cantonale résulte clairement de la motivation de l'arrêt attaqué, laquelle apparaît ainsi conforme aux exigences découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. Par ailleurs, il ressort de l'arrêt entrepris que le manquement retenu à l'encontre de la recourante, en relation avec l'acquisition de 1000 actions Vivendi Universal, est l'omission de toute mise en garde contre la concentration excessive des placements des intimés sur une seule et même action (cf. lettre E.f supra), ce qui constitue une motivation suffisante au regard de l'art. 29 al. 2 Cst.