Citation: 4A_456/2022 E. 5.2

5.2. L'argumentation développée par le recourant méconnaît la jurisprudence du Tribunal fédéral. Ce dernier a, en effet, considéré, à plusieurs reprises, que la prescription en droit privé ne saurait être tenue pour un principe fondamental faisant partie de l'ordre public visé par l'art. 190 al. 2 let. e LDIP (arrêts 4P.146/2005 du 10 octobre 2005 consid. 7.2.2; 4P.221/1991 du 13 mars 1992 consid. 2b). Les explications avancées par le recourant ne commandent pas de revenir sur cette jurisprudence, étant précisé que le fait qu'un principe juridique relève par hypothèse de l'ordre public suisse n'implique pas nécessairement que la violation dudit principe contreviendrait à l'ordre public de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP (arrêt 4A_492/2021 du 24 août 2022 consid. 10.3 et la référence citée). La prescription sert certes des intérêts publics, soit la sécurité et la clarté du droit, ainsi que la paix juridique (ATF 137 III 16 consid. 2.1; Message du Conseil fédéral du 29 novembre 2013 relatif à la modification du code des obligations, FF 2014 p. 225). Cela ne permet toutefois pas d'en conclure que cette institution rentrerait dans la notion d'ordre public visée par l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Le considérant 2.1 de l'arrêt publié aux ATF 137 III 16, invoqué par le recourant à l'appui de l'opinion contraire, n'apparaît nullement décisif à cet égard, quand bien même on peut y lire que " Das Gesetz sieht die Verjährung in erster Linie um der öffentlichen Ordnung willen vor ". Pareille expression est en effet inadéquate, car c'est de l'intérêt - et non de l'ordre - public qu'il est question dans le passage cité (cf. aussi arrêt 4P.221/1991, précité, consid. 2b). Au demeurant, cet intérêt public n'est de toute manière pas absolu. En effet, la prescription libératoire ne supprime pas la créance: si le débiteur ne l'invoque pas, le juge ne peut le faire à sa place (art. 142 CO); s'il s'exécute, il ne peut répéter sa prestation car il ne s'agit pas d'un indu (art. 63 al. 2 CO). De surcroît, la prescription n'empêche pas la compensation (art. 120 al. 3 CO; arrêt 4P.221/1991, précité, consid. 2b). Indépendamment de ce qui précède, on relèvera, à titre superfétatoire, que la motivation du grief laisse fortement à désirer, de sorte que l'on peut sérieusement douter de sa recevabilité. Force est en effet de souligner que le moyen pris de l'incompatibilité avec l'ordre public matériel n'est pas recevable dans la mesure où il tend uniquement à établir la contrariété entre la sentence attaquée et une norme du droit suisse. Or, le recourant, par une critique au ton appellatoire marqué, se borne à tenter de démontrer que le Tribunal arbitral aurait appliqué de manière erronée les règles du droit suisse en matière de prescription, en retenant que la procédure introduite devant l'autorité étatique israélienne, toujours suspendue, aurait interrompu le délai de prescription selon l'art. 135 ch. 2 CO et entraîné la suspension dudit délai. Pour le reste, il affirme, sans la moindre démonstration à cet égard, que la partie demanderesse aurait commis un abus de droit. Il suit de là que le grief examiné, s'il avait été recevable, n'aurait de toute manière pu qu'être rejeté. Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.