Citation: U 131/05 27.10.2005 E. 5

Il n'est pas contesté que le recourant souffre d'une maladie de Dupuytren au niveau de la paume de la main droite ainsi que de la deuxième phalange de l'index droit (cf. rapport d'histologie du 16 octobre 2003). Est cependant litigieuse, en l'espèce, la question de l'origine de la maladie de Dupuytren apparue chez le recourant à la suite de son accident. Pour le docteur S.________, le seul diagnostic de Dupuytren exclut toute affection (granulomes ou tumeurs cicatricielles) d'origine accidentelle. Se fondant sur cette affirmation - fort sommaire -, ce médecin conclut que les granulomes affectant les main droite du recourant ne constituent pas une rechute de l'accident du 11 décembre 2001. De son côté, le docteur E.________ a noté qu'au vu de l'anamnèse et du déroulement temporel des événements, l'accident a pu être un élément déclencheur de la maladie de Dupuytren, d'autant plus que dans la cas d'espèce, seule la main droite est affectée par cette maladie. L'opinion de ce spécialiste, qui n'émet certes qu'une hypothèse, est cependant appuyée par de la documentation médicale produite par le recourant, laquelle explique que la maladie de Dupuytren peut se développer dans les suites d'un accident, à certaines conditions. Sur la base de ces opinions divergentes, il n'est pas possible de déterminer si la présence de l'affection du recourant est due à une aggravation d'origine traumatique de la maladie de Dupuytren ou si cette affection est d'origine purement maladive. Dans la mesure où les éléments dont on dispose au dossier n'apparaissent pas suffisamment étayés pour élucider la question du lien de causalité entre le développement de la maladie de Dupuytren au niveau de la paume et de l'index droits et l'accident survenu le 11 décembre 2001, il s'avère nécessaire de renvoyer la cause à la CNA pour complément d'instruction sur le plan médical. Si au terme de son complément d'instruction, la CNA devait arriver à la conclusion qu'il n'existe pas de lien de causalité entre l'accident et l'affection du recourant, elle devra néanmoins allouer à ce dernier des prestations conformément au jugement attaqué, dès lors qu'elle a elle-même ordonné l'intervention du 13 octobre 2003. Ce point du jugement cantonal n'est d'ailleurs pas contesté par l'intimée et n'apparaît pas critiquable.