Citation: 4A_396/2024 E. 5.3

5.3. Pour étayer son grief, le recourant reproche à l'arbitre d'avoir admis que les parties étaient liées par un contrat de travail tout en refusant d'assurer le respect de celui-ci pour un motif imprévisible et insoutenable. À son avis, le principe de la Verwirkung, qui ne permet aucunement de garantir la sécurité juridique, ne pouvait pas faire obstacle à l'admission de ses prétentions contractuelles. Citant plusieurs jurisprudences du Tribunal fédéral relatives aux règles de droit suisse applicables en matière de prescription et aux comportements contradictoires de justiciables incompatibles avec les règles de la bonne foi, l'intéressé fait valoir que le seul écoulement du temps ne pouvait pas conduire l'arbitre à le débouter des fins de sa demande. Il soutient également que les conditions posées par la jurisprudence du BAT pour appliquer le principe de la Verwirkung n'étaient pas réalisées en l'espèce, puisque moins de deux ans se sont écoulés depuis les derniers échanges de courriers électroniques entre les parties en octobre 2021 et l'introduction de la procédure d'arbitrage en août 2023. Le recourant fait en outre valoir qu'il n'existait en l'occurrence pas de circonstances exceptionnelles permettant de retenir qu'il aurait agi de manière abusive en tardant à saisir le BAT. Il estime n'avoir jamais donné l'impression qu'il aurait renoncé à faire valoir ses droits à l'égard de l'intimée, raison pour laquelle celle-ci ne pouvait pas raisonnablement penser que son adversaire avait abandonné ses prétentions vis-à-vis d'elle. Selon le recourant, l'arbitre ne pouvait pas faire application du principe de la Verwirkung, car cela revient en l'occurrence à récompenser le débiteur de mauvaise foi.