Citation: 5P.204/2004 11.08.2004 E. 1

5.3 Selon les recourants, cette motivation procéderait d'une interprétation insoutenable de l'ATF 121 III 488. En effet, il résulterait de cet arrêt qu'entre les cessionnaires au sens de l'art. 260 LP, la question de la consorité ne se pose que si tous ou plusieurs ont ouvert action, et que la consorité nécessaire est en réalité improprement dite, ce qui laisse à chaque cessionnaire la liberté d'agir ou non séparément. En l'espèce, la cause relevait par définition de la Cour civile du Tribunal cantonal à raison de la valeur litigieuse, et il résultait du jugement de la Cour civile (p. 12: "on ignore tout de la position des autres cessionnaires de la BCV, savoir F.________ et G.________") que les autres cessionnaires n'ont jamais saisi cette juridiction. Dès lors, selon les recourants, la question de la consorité ne se posait tout simplement pas, les cessionnaires A.________ et B.________ étant en droit de saisir à eux seuls la juridiction et d'avoir une réponse sur le fond. 5.4 Ces griefs sont mal fondés. La Chambre des recours a correctement exposé que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les cessionnaires d'une même prétention de la masse selon l'art. 260 LP forment une consorité nécessaire en ce sens que le juge ne peut se prononcer sur la demande de l'un ou de certains d'entre eux tant qu'il n'est pas établi qu'aucun autre ne peut agir en justice (ATF 121 III 488 consid. 2d p. 493). Certes, chacun des créanciers cessionnaires peut renoncer à agir ou à poursuivre le procès sans préjudice pour les autres (ATF 121 III 488 consid. 2e p. 494). On ne voit toutefois nullement en quoi il serait insoutenable, lorsque seuls certains des créanciers cessionnaires procèdent, d'exiger de ceux-ci qu'ils établissent que les autres ont renoncé à agir, ce qu'ils peuvent faire par la simple production d'une déclaration de renonciation (cf. ATF 121 III 488 p. 489). En l'occurrence, il ressort du jugement de la Cour civile que les recourants n'ont nullement établi que les autres créanciers cessionnaires avaient renoncé à agir. Dans ces conditions, la Chambre des recours pouvait sans arbitraire considérer que les conditions posées par la jurisprudence pour que la Cour civile puisse se prononcer sur la demande de certains seulement des créanciers cessionnaires n'étaient pas remplies en l'espèce. Cela étant, la Chambre des recours n'avait pas à se pencher, et le Tribunal fédéral n'a pas davantage à le faire, sur les critiques dirigées contre l'appréciation de la Cour civile selon laquelle les demandeurs n'ont pas établi la date d'achèvement des travaux effectués par D.________ SA dans la villa des époux X.________.