Citation: 2C_998/2018 E. 5.3

5.3. Ces arguments ne sont pas de nature à faire apparaître l'arrêt attaqué comme contraire à l'art. 47 al. 4 LEI. Il faut au préalable souligner que l'instance précédente ne nie pas la volonté réelle de la recourante et de son père de reconstituer une unité familiale (arrêt attaqué consid. 7.5). L'arrêt attaqué rappelle toutefois à juste titre qu'un regroupement familial hors délai est soumis à des conditions strictes et qu'il suppose la survenance d'un changement important de circonstances, notamment d'ordre familial, telle une modification des possibilités de prise en charge éducative de l'enfant à l'étranger. Or, les éléments apportés par la recourante ne sont pas propres à faire apparaître de telles circonstances exceptionnelles. En premier lieu, on ne voit pas que le fait que son père ait obtenu sa garde constitue une raison familiale majeure et la recourante ne le motive du reste pas. En deuxième lieu, il n'apparaît pas que les juges précédents aient arbitrairement apprécié les preuves lorsqu'ils retiennent que la grand-mère est toujours apte à veiller sur la recourante. Ils relèvent ainsi sans être contredits que, depuis le moment où les certificats médicaux ont été émis (soit trois ans auparavant), la recourante semblait toujours vivre auprès de son aïeule. Par ailleurs, l'interprétation que les juges précédents font des certificats médicaux produits est, contrairement à ce que soutient la recourante, étayée et dénuée d'arbitraire. On ne voit en effet pas qu'il soit insoutenable d'émettre à tout le moins des doutes sur l'affirmation, non motivée, relative à l'incapacité de cette aïeule à offrir protection et assistance à la recourante malgré les pathologies dont elle souffre. En troisième lieu, et contrairement à ce qu'affirme aussi la recourante, les juges précédents ne soutiennent pas que la demande de regroupement familial a été formulée de manière abusive, dans le but de faire entrer la recourante sur le marché du travail suisse. Pour déterminer si la venue en Suisse de la recourante répond ou non à une nécessité impérative, ils ont en revanche tenu compte à juste titre du fait qu'elle a toujours vécu au Kosovo depuis sa naissance, qu'elle y a suivi toute sa scolarité, que sa venue en Suisse impliquerait l'obligation de s'adapter à un mode de vie différent et qu'un tel changement pourrait être vécu comme un déracinement et conduire à des problèmes d'intégration, d'autant que ses connaissances du français étaient inexistantes ou du moins très limitées. La Cour de céans ne remet pas plus que l'instance précédente en cause le fait que la recourante et son père désirent vivre en étant réunis. La seule volonté de l'enfant ne peut toutefois pas être considérée comme constituant en soi une raison familiale majeure au sens de l'art. 47 al. 4 LEI. La recourante ne peut finalement rien tirer non plus de la durée de la procédure. C'est son âge au moment de la demande de regroupement familial qui est déterminant pour statuer sur la demande de regroupement familial différé. Le fait que la recourante soit devenue majeure n'est donc pas un argument sous l'angle de l'art. 47 al. 4 LEI, de sorte qu'elle ne peut se plaindre d'une pénalisation en lien avec la durée de la procédure.