Citation: 5A_464/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la recourante admet qu'il pourrait théoriquement être exigé d'elle, compte tenu notamment de son âge lors de la séparation et de son état de santé, qu'elle augmente son taux d'activité à 90%. Cela étant, les juges cantonaux avaient versé dans l'arbitraire en retenant qu'elle jouissait d'une possibilité effective d'augmenter son taux d'activité à 90%, au motif qu'après son licenciement de l'emploi à 70%, trouvé dans la vente peu de temps après la séparation, elle avait été engagée à taux partiel par le même employeur du 1er février 2019 au 29 février 2020, tout en travaillant à 50%, comme vendeuse également, pour une autre société, ce qui lui avait permis d'exercer une activité professionnelle à 90%. A l'appui de ce grief, elle prétend que depuis la séparation, intervenue à tout le moins dès le 1er janvier 2015, elle s'est efforcée d'exercer une activité lucrative à plein temps sans jamais y parvenir, ni même obtenir un emploi à 90%, mais a au contraire enchaîné ceux à faibles taux. Elle avait certes travaillé comme vendeuse à 50% du 1er février 2019 au 29 février 2020 et, parallèlement, pour une autre société, mais seulement depuis le 18 novembre 2019, de surcroît, initialement, non pas à 50% mais à 39,02%, comme le retenait faussement l'arrêt attaqué, son second engagement à mi-temps n'ayant débuté que le 1er mai 2020. Elle n'avait par conséquent cumulé deux emplois et atteint de la sorte un taux d'activité de 89,02% que du 1er [sic] novembre 2019 au 29 février 2020. Au cours des sept années qui s'étaient écoulées depuis la séparation des parties, elle avait ainsi successivement occupé des postes à 70%, 50%, 39,02%, puis 50%, soit à un taux d'activité moyen de 52,25%, lequel n'avait jamais excédé 70%. Il était dès lors contraire à la réalité de retenir qu'elle avait une possibilité effective, même infime, de trouver un poste à 90%, alors même que tel n'avait pas été le cas jusqu'ici, malgré ses intenses recherches. La recourante reproche en outre à l'autorité cantonale d'avoir méconnu son âge actuel, à savoir 53 ans, en retenant arbitrairement qu'il lui serait effectivement possible de trouver un emploi à 90%. Elle expose qu'après la séparation, alors qu'elle était âgée de 46 ans, elle n'a pu travailler qu'à 70% au maximum, taux que malgré tous ses efforts elle n'est pas parvenue à augmenter. Il serait dès lors choquant et gravement contraire au sentiment de justice de retenir, alors qu'elle a aujourd'hui sept ans de plus, qu'elle pourrait trouver une activité lucrative à 90%. Il serait de surcroît notoire que plus une personne avance en âge, plus il lui est compliqué de trouver du travail, respectivement d'augmenter son taux d'activité, en raison du coût qu'elle représente pour son employeur en salaire et en charges sociales. La recourante est ainsi d'avis qu'on ne saurait lui imputer un taux d'activité hypothétique supérieur à 70%.