Citation: U 15/06 12.09.2006 E. 2

Il convient en premier lieu de déterminer si les troubles psychiques mentionnés par la doctoresse I.________ trouvent leur origine dans l'accident du 12 août 2001, comme le prétend l'intéressée contrairement à ce qu'a retenu la juridiction cantonale. 2.1 Les premiers juges ont admis l'existence de troubles psychiques en se fondant sur le rapport de la doctoresse I.________. D'après celle-ci, les différents symptômes rapportés par la recourante (fatigue générale, troubles de la concentration et de la mémoire, stress, etc.) étaient essentiellement liés à un syndrome dépressif larvé dû en grande partie à des difficultés existentielles, intrafamiliales et financières; ils ne lui paraissaient pas devoir être mis en relation de causalité avec les événements du 12 août 2001. Par ailleurs, les céphalées étaient décrites par l'experte comme étant en partie d'origine vasomotrice et en partie à composante migraineuse (migraines intenses présentes dès la jeunesse durant les périodes périmenstruelles et parfois durant les périodes intermédiaires), l'électroencéphalogramme pratiqué n'ayant rien décelé de particulier. On notera encore que le seul médecin ayant également abordé ce sujet est le docteur U.________. Au terme d'une analyse détaillée du discours et du comportement de l'intéressée, celui-ci ne relevait aucune maladie psychique, ni trouble de la personnalité ou syndrome de stress post-traumatique (pas d'humeur dépressive pathognomonique, pas de tristesse pathologique exprimée, pas de douleurs morales, d'inhibition ou de ralentissement psychomoteur, pas de troubles de l'attention ou de la concentration, ni de l'estime de soi, pas de perte de sommeil). Il constatait par contre d'importantes modifications de la vie personnelle de la recourante à la suite du traumatisme subi (réaménagement de la vie quotidienne, prises de conscience douloureuses, notamment par rapport à la vie conjugale [violence physique], nouveaux choix personnels) correspondant à une véritable crise de milieu de vie, ce qui ne constituait pas une maladie psychique en soi, mais un phénomène psychologique naturel (réaction normale de toute personne se trouvant dans la même situation). 2.2 On remarquera dès lors que le raisonnement des experts est pour l'essentiel identique (crise de milieu de vie ou difficultés existentielles), celui du docteur U.________ étant plus développé que celui de la doctoresse I.________ qui n'en demeure pas moins clair et convaincant, et que même si les deux praticiens aboutissent à des conclusions différentes quant à l'existence ou non d'un trouble psychique, il apparaît que lesdites conclusions concordent dans la mesure ou la doctoresse I.________ n'en déduit aucune répercussion sur la capacité de travail. 2.3 Quoiqu'il en soit, les conditions mises par la jurisprudence à la reconnaissance d'une relation de causalité adéquate dans une telle situation, ainsi que l'ont justement rappelé et démontré les premiers juges, ne sont pas remplies. On précisera à ce propos que la durée du traitement médical n'apparaît pas anormalement longue dans la mesure où il consistait en des séances de physiothérapie et des cures thermales prescrites sur demandes instantes de l'intéressée pour traiter des douleurs subjectives ne reposant sur aucun substrat organique objectivable. Dans de telles circonstances, la juridiction cantonale était fondée à nier l'existence d'un rapport de causalité adéquate.