Citation: U 181/03 23.09.2004 E. 1

5.2 Toute autre est la question du lien de causalité naturelle entre les complications postopératoires de l'intervention du 30 août 1999 et le décès de l'assuré survenu le 25 octobre 1999. A cet égard, le docteur I.________ a certes attesté, dans son certificat du 23 septembre 2000, que la cause du décès est liée à un trouble de la déglutition dont l'origine est post-traumatique et non en relation avec l'affection pour laquelle il a été opéré à l' hôpital X.________. Toutefois, il a exprimé un avis beaucoup plus nuancé, le 23 juillet 2002, en affirmant qu'une aspiration peut parfaitement causer la mort par suffocation ou un arrêt cardiaque par réflexe vagal et qu'on ne peut faire de lien causal direct entre les infections broncho-pulmonaires et la mort subite du patient. Quant à la doctoresse S.________, elle a déclaré, dans son rapport du 5 juillet 2002, que les problèmes de déglutition que le défunt avait connus étaient susceptibles de causer un arrêt cardiaque, mais elle a aussi ajouté que seule une autopsie aurait pu apporter des réponses précises quant aux causes de cet arrêt (bouchon muqueux bronchique ou trachéal obstructif, embolie pulmonaire massive, infarctus du myocarde, ou autres). En l'occurrence, les observations médicales effectuées par les responsables du service ORL de l' hôpital X.________ durant les 48 heures qui ont précédé le décès de P.________, consignées dans le rapport du 27 octobre 1999, sont décisives pour apprécier le lien de cause à effet entre les affections postopératoires et le décès. De ce document ressort essentiellement l'absence de signes cliniques ou respiratoires avant-coureurs de la mort et le caractère totalement inattendu de celle-ci. A la lumière de ces constatations, l'interprétation des causes de l'issue fatale que propose lege artis le docteur C.________ dans son rapport du 25 juillet 2000, soit un arrêt cardiaque chez un patient âgé de 70 ans, sans relation avec les troubles de la déglutition, est convaincante et doit être suivie. 5.3 La thèse que soutient la recourante ne présente dès lors pas le degré de vraisemblance que requiert la jurisprudence. Il s'ensuit qu'en l'absence d'un lien de causalité naturelle entre l'accident et le décès, la CNA était fondée à refuser d'allouer la rente de survivant litigieuse. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: