Citation: 8C_646/2023 E. A

A.________, née en 1980, a travaillé comme employée de bureau pour le compte de la société B.________ Sàrl et était à ce titre assurée contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Par déclaration de sinistre du 17 septembre 2020, l'employeur a annoncé qu'elle avait été victime, le 8 juillet 2020, de mauvaises manipulations lors d'une consultation au cabinet de physiothérapie C.________ Sàrl, qui lui auraient abîmé les cervicales (contusions). Selon les indications de l'assurée dans un questionnaire du 27 septembre 2020, le physiothérapeute D.________ avait pratiqué de fortes pressions sur son dos et sa nuque alors qu'elle était allongée sur le ventre; en sortant du cabinet, des acouphènes étaient apparus. Le docteur E.________, spécialiste en oto-rhino-laryngologie, a fait état, dans son rapport initial du 27 septembre 2020, d'une augmentation d'une problématique acouphénique à la suite d'une manoeuvre ostéopathique violente et d'une probable atteinte cochléo-vestibulaire; il a posé le diagnostic d'acouphène droit invalidant et de déficit vestibulaire droit. Un rapport d'imagerie par résonance magnétique (IRM) de la colonne cervicale du 10 septembre 2020 constatait l'absence d'argument pour une autre lésion traumatique à l'étage cervical pouvant expliquer la symptomatologie; il n'y avait notamment pas de dissection des axes carotido-vertébraux. La CNA a requis l'avis de son médecin-conseil, le docteur F.________, spécialiste en oto-rhino-laryngologie. Celui-ci a estimé qu'il n'était pas probable que le massage pratiqué le 8 juillet 2020 ait déclenché des acouphènes à droite (rapport du 6 novembre 2020). Par décision du 4 mars 2021, confirmée sur opposition le 13 octobre 2021, la CNA a donc refusé d'allouer des prestations à l'assurée, au motif que son cas ne constituait ni un accident ni une lésion assimilée à un accident.