Citation: 7B_118/2023 E. 3.4

3.4. En l'espèce, le recourant fait grief à la Chambre pénale d'appel et de révision d'avoir offert une "lecture à l'envers" des déclarations du témoin photographe. Comme le relève le recourant, le témoin a certes déclaré qu'il s'était "éloigné pour faire une bonne photo" (dossier cantonal, procès-verbal du 22 octobre 2021 du Tribunal de police [art. 105 al. 2 LTF]); ce témoin a cependant également expliqué s'être éloigné car il avait senti qu'il allait y avoir un problème, qu'il n'avait pas de gilet pare-balles et que son impression générale était celle d'une menace émanant de l'individu, même s'il n'avait pas eu peur pour lui-même (cf. arrêt querellé, let. B.e, p. 6). Au vu de ces déclarations, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en considérant qu'elles constituaient un indice permettant de retenir un danger inhérent à la situation. Le recourant revient également sur les déclarations du témoin G.________ dont on a vu ci-dessus qu'elles n'ont pas été recueillies de manière illicite (cf. consid. 2 supra). Il se contente d'affirmer péremptoirement qu'elles ne confirmeraient strictement rien dès lors que le témoin n'était pas présent lors des événements litigieux. Purement appellatoire, une telle argumentation est irrecevable. En tout état, il ressort de l'arrêt cantonal que le témoin est sergent-chef à la formation continue de la police et chargé de l'enseignement de la sécurité personnelle et de la mise en place de la formation continue pour tout ce qui concerne le recours aux moyens de contrainte. On ne décèle dès lors pas qu'il serait manifestement insoutenable de retenir qu'au visionnement de la vidéo des faits litigieux, le témoin avait relevé la trop grande proximité entre l'individu et les policiers, ainsi que le caractère menaçant d'un poing fermé. Le recourant fait encore valoir que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en prêtant à l'intimé - sur la base de la vidéo du 6 décembre 2014 (cf. let. B.e supra) - des souvenirs que celui-ci n'avait jamais prétendu avoir et en retenant que ces souvenirs l'auraient conduit à percevoir une menace dans l'attitude de l'individu auquel il était confronté. Le recourant ne fait toutefois une nouvelle fois qu'opposer sa propre appréciation des preuves à celle des juges cantonaux, sans parvenir à démontrer que ceux-ci auraient fait preuve d'arbitraire. À cet égard, il ressort au demeurant des faits retenus par la cour cantonale qu'au cours de son audition par l'IGS le 26 septembre 2019, l'intimé avait exposé que par le passé, un de ses collègues avait été agressé par un individu qui avait tenté de le tuer au moyen d'un morceau de cannette en métal dissimulé dans sa main; l'intimé avait expliqué avoir agi lors des événements litigieux en se remémorant ces faits (cf. arrêt cantonal, p. 4, let. d.a, 2e §). Également entendu par l'IGS, le témoin C.________ - policier présent lors des événements litigieux - s'était souvenu de l'agression susmentionnée, ainsi que d'une autre situation à l'occasion de laquelle une personne avait sorti une arme à feu de sa poche pour tirer sur des policiers et à laquelle lui-même et l'intimé avaient assisté (arrêt cantonal, p. 5, let. d.c). Au vu de ces déclarations, on ne voit pas qu'il aurait été manifestement insoutenable pour la cour cantonale de retenir qu'il était vraisemblable que la perception du recourant ait été influencée par des événements similaires survenus antérieurement. Le recourant livre pour le surplus une lecture personnelle de la situation, sans démontrer, ni même tenter de démontrer, que l'appréciation de la cour cantonale serait arbitraire. Il en va notamment ainsi lorsqu'il relève que l'individu aurait été aviné et immobile, se contentant de rester sur place sans rien faire. Il soutient également que l'intimé l'aurait frappé "violemment" aux jambes et au visage. Purement appellatoires, ces critiques s'avèrent également irrecevables. Au vu du faisceau d'indices convergents mis en exergue par la cour cantonale, il n'était pas manifestement insoutenable de considérer que l'intimé s'était senti menacé par l'individu dont le poing était fermé. Le recourant soutient à cet égard que la cour cantonale ne pouvait pas laisser indécise la question de savoir si l'intimé avait ou non enjoint à l'intéressé d'ouvrir son poing; il résulterait selon lui des faits que l'intimé n'aurait fait aucune injonction de ce type. Ce faisant, le recourant se limite une fois encore à livrer sa propre lecture de l'absence de souvenir des témoins à ce sujet, dans une démarche purement appellatoire et, partant, irrecevable. En tout état, dans le contexte en cause, c'est sans arbitraire que la juridiction cantonale a retenu qu'un poing fermé et un refus d'obtempérer à une injonction d'éloignement suffisaient à établir un aspect menaçant et que l'existence ou non d'une sommation d'ouvrir le poing pouvait par conséquent être laissée indécise. En définitive, le recourant échoue à démontrer que la Chambre pénale d'appel et de révision aurait versé dans l'arbitraire en retenant, sur la base des différents éléments figurant au dossier, que l'intimé avait ressenti une menace face à l'individu en cause.