Citation: 6P.73/2005 06.09.2005 E. 1

Il ressort du dossier et de l'arrêt attaqué que le recourant a suivi normalement et avec succès l'école primaire aux Grisons, qu'il a ensuite effectué un apprentissage de bureau à Coire, qu'il a trouvé par la suite diverses places de travail (dans un restaurant, puis chez One Tel, Swisscom et Orange) et qu'il parle le macédonien, l'allemand et l'anglais. Dans ces circonstances, la cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en constatant que le recourant a bénéficié d'une bonne éducation. Mal fondé, le grief du recourant doit être rejeté. 6.3 Se fondant sur l'art. 29 al. 2 Cst. garantissant le droit d'être entendu, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir renoncé, en violation de l'art. 100 al. 2 CP, à ordonner une expertise psychiatrique, malgré des indices d'un trouble du développement caractériel au sens de l'art. 100bis CP. Selon l'art. 13 CP, le juge doit ordonner l'examen de l'inculpé s'il y a doute quant à sa responsabilité ou si une information sur son état physique ou mental est nécessaire pour décider une mesure de sûreté. Si le juge ignore, ne se rend pas compte ou conteste à tort que l'une de ces conditions est réalisée, ou si, tout en le reconnaissant, il renonce néanmoins à mettre en oeuvre une expertise, il viole le droit pénal fédéral. Il en va de même de l'hypothèse prévue à l'art. 100 CP, où le droit fédéral prescrit une expertise. Dans ce cas, la voie du pourvoi en nullité est ouverte, ce qui exclut la possibilité du recours de droit public (ATF 106 IV 97 consid. 2 p. 99; 105 IV 161 consid. 2 p. 163; 103 Ia 55 consid. 1 p. 57 s.). Le grief soulevé est ainsi irrecevable. 6.4 Se plaignant de la violation de son droit d'être entendu et de l'arbitraire dans l'établissement des faits, le recourant reproche à la cour cantonale de s'être bornée à constater qu'il avait occupé différents emplois, sans mentionner qu'il vivait en dessus de ses moyens. Il explique notamment qu'il vivait grâce aux prêts de la famille et de ses amies et qu'il faisait l'objet d'une saisie de salaire chez Orange, de sorte que la condition de la fainéantise posée à l'art. 100bis CP serait réalisée. Contrairement à ce que prétend le recourant, la cour cantonale a décrit de manière complète sa situation financière et les emplois qu'il a occupés. En particulier, elle a mentionné qu'il n'avait pas de travail et qu'il ne bénéficiait pas du chômage, de sorte que l'on ignorait comment il gagnait sa vie. Elle a également noté qu'il faisait l'objet de poursuites pour un montant de plus de 10'000 francs (arrêt p. 58). Dans ces circonstances, on ne saurait accuser la cour cantonale d'avoir établi les faits de manière arbitraire. Infondé, le grief soulevé doit donc être rejeté. Savoir si les circonstances mentionnées par le recourant suffisent à établir la fainéantise au sens de l'art. 100bis CP est une autre question, qui relève de l'application du droit fédéral et qui ne saurait être traitée dans le recours de droit public. 6.5 Se fondant sur les art. 9 et 29 al. 2 Cst., le recourant se plaint que la cour cantonale a retenu qu'il était dangereux en l'absence de toute expertise, excluant ainsi tout placement dans une maison d'éducation au travail. Par cette argumentation, le recourant s'en prend à l'application de l'art. 100bis CP, soit à une norme de droit fédéral. Son grief est dès lors irrecevable dans un recours de droit public.