Citation: 1P.255/2004 06.07.2004 E. 1

2.2 Pour l'essentiel, les griefs du recourant sont dirigés contre le jugement de première instance; le recours apparaît ainsi de nature appellatoire, contrairement aux exigences d'épuisement des instances cantonales d'une part (art. 86 OJ), et de motivation d'autre part (art. 90 al. 1 let. b OJ). Le recourant prétend que certains actes d'enquête auraient été indûment négligés, mais il ne prétend pas avoir valablement présenté d'offre de preuves à ce sujet, ni avoir soumis un tel grief à la cour cantonale. Vu sous cet angle, le recours paraît dans une large mesure irrecevable. Les arguments à décharge énumérés par le recourant ne sont d'ailleurs pas propres à faire apparaître comme arbitraire le verdict de culpabilité. Les "incohérences" relevées portent sur des faits sans rapport direct avec l'infraction reprochée au recourant (lieu de rencontre, contenu de la plainte déposée auprès des autorités consulaires, facture pro forma et déclarations à l'assurance). En l'absence de preuves matérielles directes, les juges ont cherché à déterminer quelle version des faits était la plus crédible, dès lors qu'il était établi que les montres étaient bien retournées en Suisse. Si le dénonciateur prétendait que la marchandise ne lui avait pas été restituée, on ne voit pas quel avantage il avait à inventer lui-même de toute pièce l'épisode de l'agression commise par les douaniers égyptiens, et à solliciter une enquête des autorités consulaires sur ce point. Comme le relève la Chambre pénale, il est surprenant que le recourant n'ait pas exigé de décharge lors de la restitution des montres. Le recourant tente d'expliquer qu'il n'aurait pas pu obtenir de quittance à cause d'une altercation relative au remboursement de l'avance de frais. Toutefois, une telle dissension et la possibilité - évoquée par le recourant - d'une escroquerie à l'assurance constituaient autant de raisons supplémentaires d'exiger une décharge, ou de tenter de toute autre manière d'obtenir une preuve de la restitution des montres. Le verdict de culpabilité, confirmé par la cour cantonale, ne viole par conséquent ni l'interdiction de l'arbitraire, ni la présomption d'innocence.