Citation: 1P.729/2003 25.03.2004 E. 4

Il demeure que pendant l'audience du 25 août 2003, la Cour de justice s'est bornée à prendre note du renvoi demandé par la défense, tendant à une nouvelle assignation de B.________, et de l'opposition de la partie civile. En invitant de suite les avocats à plaider, elle a laissé la requête en suspens. Par là, elle a mis ces conseils en mesure de motiver leurs points de vue de façon exhaustive, tant sur l'ensemble de la cause que sur l'opportunité de réassigner le témoin défaillant. Elle s'est mise elle-même en mesure de prendre une décision mûrement réfléchie et, si elle ne donnait pas suite à la requête, de se prononcer sans délai sur la cause pénale. Dans l'hypothèse où elle admettait l'appel et acquittait les deux prévenus, elle pouvait éventuellement se dispenser d'une décision explicite sur la requête présentée par eux. Si en revanche, ainsi qu'elle l'a fait, elle rejetait l'appel, elle devait indiquer clairement qu'elle refusait une nouvelle assignation de B.________ en précisant brièvement les dispositions légales qu'elle appliquait et les motifs de son appréciation. Au lieu de cela, l'arrêt attaqué laisse sans réponse la demande d'une nouvelle audience destinée à l'audition d'un témoin, ce qui est incompatible avec l'art. 29 al. 1 et 2 Cst. Le recours de droit public se révèle fondé, ce qui entraîne son admission et l'annulation de l'arrêt attaqué.