Citation: 6B_470/2023 E. B

Par jugement du 1er mars 2023, la Cour pénale I du Tribunal cantonal du Valais a rejeté l'appel formé par A.________ contre le jugement du 29 octobre 2020. Il en ressort les faits suivants: B.a. A.________ entretient depuis plus de dix ans des liens d'amitié avec B.________, citoyen suisse né en 1988 au Kosovo. B.________ a été condamné le 24 janvier 2012 à une peine de 50 jours-amende pour des infractions à la LCR et à la LStup. Il a encore été condamné le 26 janvier 2015 à une peine privative de liberté de 3 ans, 10 mois et 10 jours ainsi qu'à une amende pour infraction grave à la LStup, obtention frauduleuse d'une prestation, blanchiment d'argent, infraction à la LArm et infractions à la LCR. Le 12 janvier 2021, la justice vaudoise l'a condamné pour actes préparatoires délictueux de brigandage à une peine privative de liberté de 7 ans. B.b. Le Tribunal de Grande Instance de Marseille a sollicité l'entraide judiciaire de la Suisse en relation avec une procédure pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime commis en bande organisée. Les investigations menées en France avaient permis d'établir que C.________ et D.________, liés au banditisme de Marseille, étaient en contact avec des personnes en Suisse. Le 28 avril 2014, C.________ a été condamné par le Tribunal du Ile arrondissement pour le district de Sierre à une peine privative de liberté de 36 mois pour des faits de brigandage avec arme, actes préparatoires délictueux au brigandage, vol d'usage d'un véhicule automobile, usage abusif de permis et/ou de plaques de contrôle et usurpation de plaques de contrôle. Ce ressortissant français, originaire de Corse, est sans emploi et connu très défavorablement des services de police, de gendarmerie et de la justice. Il a notamment été condamné en France à de nombreuses reprises à des peines d'emprisonnement pour des faits similaires. D.________ a été condamné le 20 janvier 2014 par le Tribunal du lIe arrondissement pour le district de Sion à une peine privative de liberté de 4 ans pour l'attaque à main armée de la succursale de la banque E.________ de U.________ le 24 avril 2012, des repérages de la banque F.________ de V.________ le 30 mars 2012, ainsi que pour d'autres infractions connexes. B.c. Entre le 13 janvier et le 20 février 2017, C.________ a rencontré à trois reprises B.________. B.d. Le 16 janvier 2017, B.________ et A.________ se sont rendus à U.________ en fin d'après-midi. À cette occasion, A.________ s'est présenté au guichet de la banque F.________. Quatre jours plus tard, le 20 janvier 2017, B.________ et A.________ se sont rendus à W.________, X.________ et Y.________, circulant à vitesse réduite, voire s'arrêtant devant des guichets de banques ou postaux, leurs démarches s'inscrivant dans des activités de repérage en vue de commettre des brigandages. Le 20 janvier 2017, B.________ s'est arrêté à l'avenue de Z.________ à U1.________ pour y rencontrer A.________ à la Pizzeria "G.________". Le duo s'est ensuite déplacé à bord du véhicule Smart noire, propriété du frère de B.________, en direction de W.________, avant de se stationner à 11h52 à proximité de la succursale de la banque F.________ de cette localité. A cet endroit, A.________ est sorti du véhicule et a été lire une affiche collée à la porte de l'établissement sur laquelle il était indiqué que "dans le cadre de la réorganisation, la représentation a cessé son activité le 27 décembre 2016", avant de remonter dans le véhicule. Après avoir redémarré à 11h54, les deux intéressés ont fait deux passages devant la poste de W.________, à vitesse réduite. Ils se sont ensuite rendus à X.________ avant de revenir à W.________ pour passer une troisième fois devant cette même poste à 12h04 et de se rendre au centre commercial de X.________ pour y manger. A 12h59, les deux intéressés se sont dirigés vers Y.________ où, à 13h05, ils se sont immobilisés sur le parking de la banque J.________. A cet endroit, A.________, après être descendu du véhicule, a échappé quelques instants aux mesures de surveillance. Une minute plus tard, il a rejoint le véhicule et le duo a pris la direction de U1.________ où A.________ est sorti du véhicule à 13h18. Lors du passage dans la ville de X.________, le duo a d'ailleurs circulé à vitesse réduite en faisant une boucle par l'avenue de V1.________ jusqu'à l'avenue de V2.________, en passant devant la poste, la banque J.________ et la banque E.________, avant de repartir en direction de W.________. B.e. Le 21 janvier 2017, B.________ a rejoint C.________ à Marseille. Les deux hommes sont restés 90 minutes ensemble puis B.________ est rentré en Suisse. B.f. Le 20 février 2017 au soir, B.________, toujours au volant de la voiture de location, a pris en charge A.________ à W1.________. Les deux comparses ont ensuite fait un passage à l'agence de location de véhicules où ils ont récupéré la Smart de B.________. Par la suite, les deux précités se sont rendus à la gare de X1.________ où A.________ a été aperçu, vers 19h45, disparaître sous la gare en portant une valise argentée. Quelques minutes plus tard, il est réapparu, sans la valise, puis est remonté dans le véhicule de B.________ qui est reparti en direction de son domicile. B.g. Lors de son arrestation, A.________ a été découvert en possession de 135 grammes de marijuana, de sacs de congélation ayant contenu de la marchandise, de sachets minigrips et d'une balance électronique. A.________ a remis à des tiers, en quantité indéterminée et sans bénéfice connu, de la marijuana et de la cocaïne, à partir du mois d'octobre 2017 jusqu'à son arrestation le 13 mars 2018, soit dès le moment où il a reconnu des achats en gros de marijuana. B.h. A.________ est un ressortissant portugais arrivé en Suisse entre l'âge de 6 et 8 ans. Il est divorcé de la mère de sa fille, H.________, âgée de 17 ans, qui vit actuellement au Portugal avec sa mère. Ses parents sont retournés vivre dans leur pays d'origine depuis une vingtaine d'années. Avant sa mise en détention, le 13 mars 2018, A.________, au bénéfice d'une formation de magasinier et de peintre en bâtiment, était sans emploi et recevait parfois de l'aide de ses parents concernant le règlement des mensualités de son leasing et de son loyer. Lors de sa mise en détention, il a expliqué avoir été titulaire d'un permis d'établissement puis d'un permis de séjour qui était alors en cours de renouvellement. À l'heure actuelle, il est à nouveau titulaire d'un permis de séjour (type B), valable jusqu'en 2025. Des explications qu'il a fournies, certains de ses cousins sont présents en Suisse, de même que quelques oncles. Après sa remise en liberté le 13 août 2018, A.________ s'est rendu auprès de ses parents au Portugal, tous deux malades d'un cancer, pour lesquels il a travaillé dans des champs d'oliviers. Il a également pu exercer une activité dans une usine d'huile d'olive. Une indemnité de chômage de 350 euros lui était encore versée ce qui lui procurait un revenu total d'environ 600 euros par mois. Le séjour au Portugal lui a aussi permis de voir sa fille qui vit dans la région de Porto, à une distance d'environ 600 kilomètres de ses parents, et avec qui il déclare avoir de bons contacts. A.________ a par ailleurs déclaré avoir un crédit hypothécaire sur la maison de son père au Portugal. L'instruction révèle encore que l'intéressé a contracté des dettes en Suisse qui ont donné lieu à des poursuites et à la délivrance d'actes de défaut de biens. Selon les pièces versées en appel, il a entrepris des démarches pour les rembourser par mensualités représentant environ 400 francs. Depuis son retour en Suisse, il a travaillé comme mécanicien-régleur, à Y1.________, pour le compte de la société I.________ SA. Il a perdu cet emploi à la suite d'ennuis de santé. Il perçoit des indemnités pour perte de gain qui s'élèvent à environ 4'000 fr. par mois. Le loyer représente une charge mensuelle de 1'030 francs. Il n'est pas engagé dans une relation de concubinage et son seul enfant réside au Portugal. B.i. Le casier judiciaire suisse de A.________ fait état des condamnations suivantes: - 9 juillet 2015, 30 jours-amende, à 30 fr. le jour, avec sursis durant 3 ans et amende de 300 fr., par le Ministère public de l'arrondissement de l'Est Vaudois, pour conduite d'un véhicule automobile malgré le refus, le retrait ou l'interdiction de l'usage du permis (art. 95 al. 4 let. b LCR); - 18 avril 2017, 15 jours-amende, à 30 fr. le jour, et amende de 300 fr., par le Ministère public de l'arrondissement de l'Est Vaudois, pour mise d'un véhicule à la disposition d'un conducteur sans permis requis (art. 95 al. 1 let. e LCR) et violation de l'art. 147 OAC, ainsi que révocation du sursis accordé le 9 juillet 2015 et mise à exécution de la peine suspendue; - 19 mai 2017, 30 jours-amende, à 30 fr. le jour, par le Ministère public de l'arrondissement de l'Est Vaudois, pour conduite d'un véhicule automobile malgré le refus, le retrait ou l'interdiction de l'usage du permis (art. 95 al. 4 let. b LCR). B.j. Par décision du 18 novembre 2019, le premier procureur a disjoint la procédure pénale ouverte contre A.________ de celles ouvertes contre C.________ et B.________, la suite de la procédure étant assurée par les autorités vaudoises.