Citation: 1P.7/2001 12.03.2001 E. A

A.- Le 3 septembre 1993 a été constituée la société A.________ (ci-après: la Société), qui a pour but notamment l'exploitation de salles de jeux (art. 3 al. 1 des statuts). Le capital-actions, fixé initialement à 1'140'000 fr. et entièrement libéré sous forme d'actions nominatives (art. 5 et 6 des statuts), a été réparti entre B.________, l'avocat Y.________ et C.________. L'art. 6bis des statuts réserve aux actionnaires un droit de préemption, chacun en proportion des actions qu'il détient, sur les actions nominatives qu'un autre actionnaire mettrait en vente. La Société a entrepris des démarches pour obtenir l'autorisation d'exploiter un jeu de boules au sens de l'ordonnance fédérale sur les kursaals, en vigueur à l'époque, ainsi qu'une autorisation d'exploitation de distributeurs automatiques basés sur le jeu d'argent ("machines à sous") au sens de la législation cantonale sur la police du commerce. Le 18 mai 1994, la Société a passé avec une convention selon laquelle la Société a accordé à X.________ le droit exclusif de mettre à sa disposition des machines à sous que la Société remettrait ensuite à la société d'exploitation du futur casino. La convention détermine, selon un barème dégressif, la partie des gains de la Société à laquelle X.________ a droit. Le 25 mai 1994, Y.________ et X.________ ont passé une convention, destinée à rester secrète à l'égard des tiers, y compris les autres actionnaires de la Société (ch. 4 de la convention). Selon cet accord, qui se réfère à la convention du 18 mai précédent, les parties sont convenues que X.________ souscrirait 450 actions nominatives d'un montant de 1000 fr. lors de la future augmentation du capital de la Société. Y.________ souscrirait 50 nouvelles actions au même prix. L'accord prévoit une répartition entre Y.________ et X.________ des gains réalisés par celui-ci conformément à l'art. 5 de la convention du 18 mai 1994 (ch. 1 de la convention). Les parties se sont engagées en outre à agir de concert pour la protection de leurs intérêts communs dans la gestion de la Société et à maintenir la parité de leur participation respective dans celle-ci (ch. 2 de la convention). Par acte du 26 mai 1994, le capital-actions de la Société a été porté à 2'000'0000 fr., entièrement libéré et divisé en 2000 actions de 1000 fr. Etaient à cette époque actionnaires de la Société: Y.________ (pour 560 actions), X.________ (pour 450 actions), B.________ (pour 350 actions), D.________ (pour 300 actions), E.________ (pour 150 actions), F.________ (pour 100 actions) et G.________ (pour 90 actions). Le 26 mai 1994, Y.________ a rédigé et signé de sa main un document par lequel il attestait avoir reçu de X.________ le montant de 65'000 fr., correspondant au prix de 65 actions du capital de la Société. Il était convenu que Y.________ serait "propriétaire à titre fiduciaire" de ce lot d'actions. Ultérieurement, les actions d'Angéloz ont été réparties entre Y.________, X.________, B.________ et D.________, de sorte que Y.________ détenait désormais 597 actions, X.________ 488 actions, B.________ 388 actions, D.________ 337 actions, F.________ 100 actions et G.________ S.A. 90 actions. Le 23 juillet 1998, B.________, représentant également les intérêts de F.________, a vendu à Y.________ et X.________, solidairement entre eux, le lot de 488 actions qu'elles détenaient, pour le prix de 2'293'600 fr., soit 700'000 fr. à verser au 30 septembre 1998 et le solde, soit 1'593'600 fr., à verser au 31 mars 1999, les actions étant transférées après le paiement de l'intégralité du prix de vente (ch. 5 de la convention). A défaut de paiement dans ce délai, la vente serait annulée, le montant de 700'000 fr. restant acquis aux venderesses. D.________ a donné son accord à cette cession, en renonçant à exercer le droit de préemption garanti par les statuts de la Société (ch. 7 de la convention). Y.________, X.________ et D.________ ont donné également leur accord au transfert, dans le registre des actionnaires, des actions de B.________ et F.________ au nom de Y.________ et X.________, dès la remise des actions (ch. 7 de la convention). Dans le premier terme fixé, Y.________ et X.________ ont versé, pour moitié chacun, le montant de 700'000 fr. X.________ n'ayant pas été en mesure de réunir les fonds nécessaires pour le versement de sa part de la deuxième tranche prévue, B.________ et F.________ ont accepté, le 18 mars 1999, d'accorder à Y.________ un délai supplémentaire pour qu'il s'acquitte seul du solde du prix de vente, ce qu'il a fait. Les actions ont alors été remises à Y.________. Le 7 mars 1999, D.________ a vendu à Y.________ les 337 actions qu'il détenait, pour le prix de 1'583'900 fr. Le 18 septembre 1999, Y.________ a vendu à la Compagnie Z.________ (ci-après: la Compagnie) 1367 actions (soit 597 actions dont il était propriétaire, sous réserve de 55 actions détenues pour X.________, 488 actions acquises de B.________ et F.________, ainsi que 337 actions achetées à D.________), pour le prix total de 13'310'000 fr. Les parties sont convenues de déposer auprès du notaire H.________ le prix de vente, pour ce qui concernait la Compagnie, et, pour ce qui concernait Y.________, les certificats relatifs au 488 actions provenant de B.________ et F.________, le solde devant être remis le 15 octobre 1999 au plus tard. La convention réservait le droit de préemption de X.________. Le 24 septembre 1999, X.________ (ignorant à cette époque la vente du 18 septembre) a demandé à Y.________ de lui remettre la moitié des actions achetées le 23 juillet 1998 à B.________ et F.________, soit 244 actions; il s'est offert de verser à Y.________ ce qu'il lui devait pour le solde de cette acquisition. X.________ a en outre mis Y.________ en demeure de lui restituer les 65 actions qu'il détenait fiduciairement et lui a interdit de disposer sans son accord de ce lot de 309 actions. Le 8 octobre 1999, X.________ a indiqué à Y.________ vouloir exercer son droit de préemption en relation avec la vente du capital-actions de la Société, en vain.