Citation: 1C_658/2012 E. 6

Le recourant relève que les obstacles actuels au prolongement futur de l'immeuble projeté sont de deux natures: le propriétaire actuel des villas n'est a priori pas disposé à poursuivre le prolongement de l'immeuble et la valeur architecturale des villas pourrait s'opposer à l'intérêt public à la réalisation rapide de nouveaux logements. Le recourant fait valoir qu'aucune mesure concrète n'a toutefois été prise en vue de protéger ces villas et que, d'autre part, l'Etat dispose de tout un arsenal juridique lui permettant de favoriser la réalisation future de la suite du projet querellé. Il existerait dès lors un intérêt juridique à la cession fiduciaire érigée en condition de l'autorisation de construire. En outre, la cession fiduciaire ne violerait aucune disposition légale et devrait être considérée comme parfaitement valable. Contrairement aux considérations de la Cour de justice, la cession fiduciaire ne rendrait nullement légale une construction illégale en l'absence de celle-ci; elle n'est au contraire qu'une étape préalable à l'analyse du respect des dispositions cantonales topiques. Dans son argumentation de nature purement appellatoire, le recourant ne démontre nullement en quoi la motivation de l'arrêt attaqué serait insoutenable. Il se contente en effet d'opposer sa propre appréciation à celle des juges cantonaux et de développer son point de vue. Cela n'est toutefois pas suffisant au regard des exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. consid. 4.2 ci-dessus). Quoi qu'il en soit, l'arrêt cantonal échappe à l'arbitraire. Les éléments qui ont permis à la cour cantonale de refuser l'application de l'art. 28 al. 2 LCI relèvent principalement de faits (valeur architecturale et historique des villas, refus de l'intimée de vendre ou de densifier, aspect terminé du pignon du bâtiment), lesquels lient le Tribunal fédéral (cf. consid. 3 ci-dessus). Ces éléments ont conduit les juges cantonaux à procéder à une appréciation de probabilité, ce qui demeure un examen lié aux circonstances locales du cas particulier. En l'occurrence, l'évaluation de la Cour de justice n'est pas déraisonnable. Il existe certes un intérêt public à densifier de telles parcelles à cet endroit. Cela n'empêche toutefois pas de considérer que la suite de la construction de la barre d'immeuble - souhaitable en soi - n'est pas assurée et que, dans ces conditions, la cession fiduciaire à l'Etat revient en définitive à contourner la loi. Partant, c'est sans tomber dans l'arbitraire que la Cour de justice est arrivée à la conclusion que, puisque l'immeuble projeté ne pouvait être construit en limite de propriété, le projet violait les art. 28 et 29 LCI.