Citation: 4A_137/2020 E. 8

La recourante prétend avoir affaire à une décision finale au sens de l'art. 90 LTF, au motif qu'elle met fin à la procédure. Il faut toutefois garder à l'esprit le caractère dépendant de cette procédure provisionnelle, initiée en même temps qu'une procédure au fond. Dans un tel contexte, le refus d'entrer en matière sur la requête provisionnelle pour défaut de compétence constitue bien une décision incidente soumise à l'exigence d'un risque de préjudice irréparable. La recourante s'étant méprise sur la nature de la décision, elle n'explique pas en quoi le requisit de l'art. 93 al. 1 let. a LTF serait réalisé. Or, la lecture de la décision attaquée, respectivement la nature du litige et des mesures provisionnelles sollicitées ne font pas ressortir de manière évidente un tel préjudice. La jurisprudence se montre stricte quant à l'exigence de motivation; elle s'est forgée précisément dans des litiges où les mesures provisionnelles refusées devaient empêcher des comportements prétendument contraires au droit de la concurrence déloyale, au droit d'auteur, au droit des marques et au droit du travail (arrêts 4A_197/2015 du 15 juillet 2015: interdiction d'exercer une activité concurrente liée au transport rémunéré de personnes au moyen de véhicules légers; 4A_602/2019 du 15 janvier 2020: interdiction d'exploiter des informations concernant la clientèle et la technologie d'un produit, ainsi que des homologations délivrées pour ledit produit; 4A_506/2013 du 13 janvier 2014: interdiction de prise d'emploi auprès de sociétés concurrentes; 4A_9/2013 du 18 juin 2013: interdiction d'utiliser des marques figuratives; 4A_478/2011 du 30 novembre 2011: interdiction d'utiliser des logiciels prétendument couverts par le droit d'auteur).