Citation: 8C_369/2018 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la divergence d'opinion entre les doctoresses F.________ et E.________ s'explique principalement par l'évolution de la situation médicale, comme l'a relevé la cour cantonale. Tant la doctoresse F.________ que les autres médecins qui ont donné leur avis sur la capacité de travail du recourant avant la doctoresse E.________ se sont prononcés alors que le cas n'était pas encore stabilisé. S'ils ont certes tous retenu une capacité de travail réduite, ils ont toutefois unanimement indiqué que la situation était susceptible d'évoluer (rapports des docteurs G.________, du 11 avril 2013, H.________, du 13 février 2014 et I.________, du 23 décembre 2014, respectivement spécialiste en chirurgie orthopédique, spécialiste en chirurgie orthopédique et médecin d'arrondissement de la CNA et spécialiste en médecine physique et réadaptation). Sept mois après l'avis médical de la doctoresse F.________, la doctoresse E.________ a considéré que le cas était stabilisé - ce que le recourant n'a pas contesté - et a estimé que sur le plan orthopédique la capacité de travail de l'assuré était désormais entière. Or, il n'existe aucun indice concret permettant de douter du bien-fondé des conclusions du médecin d'arrondissement. Comme on l'a vu, celles-ci n'entrent pas en contradiction avec les appréciations des médecins qui se sont exprimés sur le cas. En outre, la doctoresse E.________ a dûment étayé son rapport, lequel a été établi en connaissance de l'anamnèse, du dossier médical, au terme d'un examen clinique et en considération des plaintes du recourant. Par ailleurs, comme le relèvent les premiers juges, l'appréciation de la doctoresse E.________ n'est pas non plus remise en cause par les résultats obtenus au terme des stages effectués ultérieurement par le recourant aux Etablissements publics pour l'intégration (EPI). En effet, si lors des mesures d'orientation professionnelle ayant eu lieu du 4 juillet 2016 au 21 août suivant, le taux d'activité de l'assuré est passé de 100 % à 50 % après deux semaines, cette réduction était essentiellement due à une fatigue morale importante. Cette observation était corroborée par les résultats obtenus à l'issue d'un stage au sein d'un atelier de réentraînement (du 22 août au 2 octobre 2016) au cours duquel l'assuré n'avait pas réussi à augmenter son taux de travail, non pas à cause de ses limitations physiques, mais principalement en raison de sa situation familiale (rapport des EPI du 2 novembre 2016). Vu ce qui précède, la cour cantonale était fondée à se baser sur l'avis du médecin d'arrondissement et à retenir une capacité de travail entière dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles; l'appréciation anticipée des preuves à laquelle elle a procédé en renonçant à ordonner une expertise judiciaire n'était pas arbitraire. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'examiner plus avant le degré d'invalidité retenu par le Tribunal cantonal. Étant rappelé, au demeurant, que l'évaluation de l'invalidité par l'assurance-invalidité n'a pas de force contraignante pour l'assureur-accidents (ATF 131 V 362 consid. 2.3 p. 368).