Citation: 6B_67/2019 E. 1.4

1.4. Les recourantes ont pris des conclusions communes. Toutefois, leurs intérêts juridiques ne se recoupent pas complétement. Ainsi, l'étendue de leur qualité pour recourir, partant la recevabilité de leurs conclusions, ne sont pas les mêmes. S'agissant de la recourante FFFFFF.________ (ci-après : recourante 1), elle dispose, en sa qualité d'unique héritière de A.________, d'un intérêt juridique à obtenir la modification de la décision en tant qu'elle prononce la confiscation et le maintien de séquestres de biens qui appartenaient à feu A.________ et qu'elle fixe une indemnité pour les frais de défense de ce dernier (cf. arrêt 6B_508/2014 du 25 février 2015 consid. 1 non publié in ATF 141 IV 155). En tant que tiers à l'encontre duquel une créance compensatrice est prononcée, elle dispose également d'un intérêt juridique (cf. arrêt 6B_988/2014 du 23 juin 2015 consid. 2 non publié in ATF 141 IV 317), tout comme s'agissant du montant de l'indemnité de ses propres frais de représentation (cf. arrêt 6B_433/2019 du 11 septembre 2019 consid. 2.3). En revanche, il apparaît douteux que la recourante 1 puisse se prévaloir d'un intérêt juridique propre concernant la contestation du séquestre des biens dont la recourante 2 est titulaire, tout comme s'agissant des indemnités auxquelles prétend celle-ci. La recourante 1 ne prétend par ailleurs pas disposer d'un tel intérêt. Bien plutôt, elle soutient, dans le cadre de son recours, que c'est à tort que le TPF aurait retenu une identité économique, en application de la théorie de la transparence (" Durchgriff "), avec la recourante 2 (cf. infra consid 7). Point n'est toutefois besoin de trancher, en l'espèce, le point de savoir si l'application de cette théorie pourrait conduire à reconnaître la qualité pour recourir de la recourante 1 sur les questions du séquestre des biens dont la recourante 2 est titulaire et sur les indemnités auxquelles prétend celle-ci dans la mesure où les griefs soulevés à cet égard seront de toute façon examinés, en tant qu'ils sont soulevés par la recourante 2, qui dispose de la qualité pour recourir sur cet aspect. Quant à la recourante 2, elle conclut à la levée du séquestre sur le compte bancaire dont elle est titulaire. En tant que titulaire du compte séquestré, elle peut se prévaloir d'un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée en tant qu'elle maintient le séquestre, de sorte qu'elle dispose de la qualité pour recourir au sens de l'art. 81 al. 1 LTF sur cette question. Elle dispose également d'un intérêt juridique et, partant, de la qualité pour recourir, s'agissant du refus de lui allouer une indemnité pour ses frais d'avocat et pour le préjudice subi du fait du séquestre sur les biens dont elle est titulaire. En revanche, la recourante 2 ne peut justifier d'un intérêt juridique en tant qu'elle conteste la confiscation d'avoirs dont elle n'est pas titulaire (soit ceux de A.________) ou leur séquestre et l'allocation d'une indemnité pour les frais de défense de A.________ et de la recourante 1. Pour le surplus, il apparaît douteux qu'elle puisse justifier - ce qu'elle ne fait d'ailleurs pas - d'un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée en tant qu'elle concerne la créance compensatrice prononcée à l'encontre de la recourante 1, étant rappelé que le séquestre des biens de la recourante 2 doit garantir le paiement de ladite créance. La question de la qualité pour recourir de la recourante 2 sur ce point peut toutefois souffrir de demeurer indécise en l'espèce dans la mesure où les griefs soulevés à cet égard seront de toute façon examinés, en tant qu'ils sont soulevés par la recourante 1, qui dispose de la qualité pour recourir sur cet aspect.