Citation: 5A_945/2022 E. 6.3

6.3. Dans la mesure où le recourant reproche à l'autorité précédente d'avoir appliqué "faussement le droit " en estimant qu'il n'appartenait pas à l'intimée de prouver qu'il lui était impossible de trouver une activité d'employée de bureau, sa critique ne satisfait pas aux exigences de motivation déduites de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.1), étant au demeurant rappelé que, lorsqu'une allégation a été établie ou réfutée, la question de la répartition du fardeau de la preuve ne se pose plus et l'art. 9 Cst. est alors seul en cause (ATF 141 III 241 consid. 3.2; 138 III 374 consid. 4.3.1; 130 III 591 consid. 5.4; 128 III 22 consid. 2d; arrêts 5A_182/2022 du 10 août 2022 consid. 6.2; 5A_472/2020 du 25 février 2021 consid. 7). Or, le recourant ne démontre pas qu'il était arbitraire de retenir, sous l'angle de la vraisemblance, que l'épouse n'était pas à même de réaliser le revenu hypothétique qui lui avait été imputé en première instance. Il se contente de soutenir, en bref, que le Tribunal civil avait estimé à juste titre que l'intimée pouvait retrouver une activité d'employée de bureau sans fonction de cadre lui procurant un revenu net à plein temps de 4'143 fr. par mois, que le délai de treize mois qui lui avait été accordé pour ce faire tenait compte de ses désavantages, selon lui surmontables, sur le marché du travail et qu'elle n'a quasiment pas recherché d'emploi. L'autorité cantonale aurait de plus arbitrairement écarté ou ignoré les offres qu'il a lui-même produites et méconnu que le marché du travail n'est plus du tout impacté par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, que le taux de chômage a encore diminué en Suisse en 2022, en particulier pour les femmes et les personnes entre 50 et 64 ans, enfin, que le prétendu désavantage de l'intimée sur le marché du travail ne repose sur aucun indice concret. Ce faisant, le recourant développe une argumentation essentiellement appellatoire, donc irrecevable, par laquelle il rediscute librement l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale, sans démontrer en quoi cette appréciation serait entachée d'arbitraire. Tel est notamment le cas en tant qu'il oppose aux considérations circonstanciées de l'autorité précédente que l'intimée est capable de travailler à 100% mais qu'elle ne le veut pas, comme le démontreraient sa réponse affirmative à la question "Êtes-vous capable de travailler d'un point de vue médical ?" figurant dans son formulaire d'inscription au chômage du 23 juin 2022, de même que ses déclarations du 26 juillet 2021 et son absence de production ultérieure de certificat médical. Il en va de même lorsqu'il affirme que la soi-disant infection au Covid-19 de l'intimée et son prétendu covid long ne reposent sur aucun certificat médical probant, les déclarations de l'intéressée à ce sujet étant en outre contradictoires et fluctuantes. Il convient à cet égard de rappeler qu'il n'appartient pas au Tribunal fédéral de procéder une nouvelle fois à l'appréciation des preuves administrées, mais à la partie recourante d'établir en quoi celle opérée par l'autorité précédente serait manifestement inexacte ou incomplète, ou en quoi les faits constatés auraient été établis au mépris des règles essentielles de procédure. Or, le recourant n'avance aucun élément susceptible de remettre en cause l'appréciation de la cour cantonale. En particulier, c'est en vain qu'il soutient que le certificat médical du 7 juin 2021 " se limitait à dire que les symptômes de l'intimée étaient compatibles avec un Covid long", sans même indiquer de quels symptômes il s'agissait, et que celui du 21 juillet 2022 attestait simplement que l'épouse était " suivie à la consultation du COVID long à Unisanté à Lausanne ". On ne voit pas non plus en quoi il était insoutenable de retenir, sous l'angle de la vraisemblance, que l'état psychique actuel de l'intimée ne lui permettait pas d'exercer une activité lucrative à un taux supérieur à celui de 50% qui était le sien avant son licenciement, le certificat médical rédigé en ce sens par son médecin psychiatre et psychothérapeute étant, contrairement à ce que prétend le recourant, suffisamment probant. Dans la mesure où le recourant résume pour le surplus les raisons pour lesquelles, selon lui, l'autorité cantonale a fait preuve d'arbitraire en retenant que l'intimée ne pouvait pas trouver une activité d'employée de bureau lui permettant de réaliser un revenu de 4'143 fr. par mois, sa critique ne répond manifestement pas aux exigences de motivation accrues posées en la matière (cf. supra consid. 2.2), de sorte qu'elle est irrecevable. Enfin, lorsque le recourant affirme qu'on ne saurait lui opposer une quelconque incapacité de travail de l'intimée car le mariage ne peut plus être considéré comme " lebensprägend " et que cette soi-disant incapacité n'est de toute manière pas survenue durant la vie commune, l'on se limitera à lui rappeler que l'art. 163 CC constitue la cause de la présente obligation d'entretien et que le juge des mesures provisionnelles ne doit pas trancher, même sous l'angle de la vraisemblance, les questions de fond, objet du procès en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a concrètement influencé la situation financière du conjoint (ATF 147 III 293 consid. 4.4; 140 III 337 consid. 4.2.1; arrêts 5A_72/2003 du 8 novembre 2003 consid. 3.3; 5A_884/2022 du 14 septembre 2023 consid. 8.2.1; 5A_935/2021 du 19 décembre 2022 consid.3.1 et les références). L'argumentation tombe dès lors à faux. Vu ce qui précède, il n'y a pas lieu d'examiner le grief selon lequel l'intimée aurait dû se voir imputer un revenu hypothétique mensuel net de 5'500 fr. au minimum dès et y compris septembre 2021.