Citation: 6B_198/2016 E. 2.3

2.3. En l'espèce, le recourant a subi les deux tiers de sa peine depuis le 21 décembre 2014, et il n'est pas contesté que son comportement en détention peut être qualifié de bon. Les deux premières conditions de la libération conditionnelle sont donc réalisées. Seul reste litigieux le pronostic sur son comportement futur. En l'espèce, la cour cantonale a retenu un risque de récidive bien réel, en cas de liens affectifs étroits avec des enfants. Elle s'est fondée notamment sur l'absence de remise en question, de réflexion et d'empathie dont témoigne le recourant ainsi que sur son incapacité à s'inscrire dans un suivi thérapeutique. Le recourant conteste cette conclusion, soutenant que le risque de récidive ne serait que faible, car il n'est pas considéré comme un pervers sexuel, que ses enfants sont désormais adultes et que l'on peut exclure au vu de son âge, de son état de santé et de sa situation générale qu'il conçoive d'autres enfants à l'avenir. La cour de céans ne peut suivre cette argumentation. En effet, si les circonstances entourant l'infraction relativisent certes le risque de récidive, elles ne permettent pas de l'exclure. Selon la jurisprudence, le travail sur soi-même et par rapport aux délits commis représente un élément essentiel du processus d'évolution vers une vie exempte d'infraction (arrêt 6B_93/2015 du 19 mai 2015 consid. 5.6). L'expert a ainsi été formel. Le risque reste bien réel si le recourant venait à se retrouver de manière prolongée en contact avec des enfants avec lesquels il tisserait des liens affectifs. Au surplus, il n'apparaît pas que la libération conditionnelle favoriserait mieux la resocialisation du recourant que l'exécution complète de la peine (cf. ATF 124 IV 193 consid. 4d/aa/bb p. 198 ss). En effet, en cas de libération conditionnelle, il ne sera pratiquement plus possible de le surveiller et, le cas échéant, de le réintégrer s'il se conduit mal, dès lors qu'il est sous le coup d'une décision de renvoi et qu'il déclare lui-même vouloir retourner vivre au Portugal. Enfin, il convient de souligner que l'ensemble des intervenants (commission interdisciplinaire consultative, office d'exécution des peines, Ministère public) ont préavisé en défaveur de l'octroi de la libération conditionnelle. En définitive, la cour cantonale n'a pas violé son pouvoir d'appréciation en refusant au recourant la libération conditionnelle. Le pronostic est défavorable et l'octroi de la libération conditionnelle ne diminuerait pas le risque de récidive. Mal fondé, le grief tiré de la violation de l'art. 86 CP doit être rejeté.