Citation: 7B_1/2024 E. 4.4

4.4. En l'espèce, selon l'état de fait cantonal - précisé selon l'art. 105 al. 2 LTF -, le service de communication a, par courriel du 14 septembre 2023, indiqué, comme convenu avec la présidente du tribunal, qu'il ferait parvenir aux journalistes une information afin que ceux-ci puissent réserver la date des débats du 2 au 6 octobre 2023 et que l'acte d'accusation leur serait transmis le 28 septembre 2023. Le 29 septembre 2023, un journaliste a adressé un courriel à ce service et lui a demandé s'il avait un commentaire à faire à propos de l'annulation du procès et s'il pouvait lui dire quelle suite serait donnée à la procédure. Le service de communication a consulté la direction de la procédure et celle-ci lui a répondu qu'il pouvait confirmer au journaliste que l'audience prévue du 2 au 6 octobre 2023 avait dû être annulée et que les débats seraient réappointés ultérieurement. Le 26 octobre 2023, l'une des recourants, se prévalant d'un article paru dans un média en ligne, dans lequel il est mentionné que le tribunal a indiqué que les débats seront convoqués à nouveau à une date ultérieure, a demandé à ce tribunal s'il avait eu des échanges avec la presse. Le 1er novembre 2023, la direction de la procédure lui a répondu que le tribunal n'avait communiqué aucune information aux médias, ni directement, ni par l'entremise du service de communication. Contrairement à ce que font valoir les recourants, cette situation n'est pas de nature à fonder un motif de récusation du tribunal au sens de l'art. 56 let. f CPP. Comme le relève la cour cantonale, on comprend de la réponse adressée le 1 er novembre 2023 par la direction de la procédure que celle-ci a en réalité voulu dire, en indiquant que le tribunal n'avait communiqué aucune information aux médias, qu'il n'avait pas donné des informations concernant la présente affaire, autre que la simple mention que les débats étaient reportés. Il ne ressort en effet ni des faits retenus, ni des pièces produites dans le cadre de la requête de récusation - et les recourants ne le prétendent d'ailleurs pas - que le tribunal aurait communiqué, en particulier au journaliste qui a interpellé le service de communication le 29 septembre 2023, les raisons qui ont conduit à l'ajournement du procès. Il n'a pas non plus répondu à la question de ce journaliste en lien avec la suite qui serait donnée à la procédure. Par ailleurs, il ressort du courriel du 14 septembre 2023 que le tribunal avait à cet époque simplement communiqué, de manière usuelle et conformément au règlement sur la communication du Pouvoir judiciaire genevois (cf. arrêt querellé, p. 4), le programme des audiences publiques, ainsi que l'acte d'accusation, afin qu'ils soient transmis aux journalistes accrédités. Dans ces circonstances, si on peut certes admettre que les propos tenus le 1 er novembre 2023 ne sont pas strictement conformes à la réalité, puisque le tribunal a eu, par l'intermédiaire du service de communication, des contacts avec la presse, on ne saurait affirmer, comme le font les recourants, que le tribunal leur aurait menti et que les exigences d'indépendance, d'impartialité et d'intégrité seraient en l'espèce compromises. Les propos du tribunal peuvent en effet tout au plus être qualifiés de maladroits et ne sont par conséquent pas de nature à établir de sa part une apparence de prévention à l'égard des recourants, ceux-ci se bornant à en donner une interprétation qui leur est propre et qui s'écarte de celle de la cour cantonale. Le grief est dès lors infondé.