Citation: I 800/04 30.03.2006 E. 5.3

5.3.1 En premier lieu, le recourant conteste les conclusions de l'expert E.________, dans la mesure où elles nient l'existence d'une comorbidité psychiatrique. En particulier, il critique le fait que l'expert, bien qu'il ait consacré une grande partie de son rapport aux tests psychométriques, n'en a pas tiré les conséquences qui s'imposent quant à la gravité des troubles psychiques (dépression, personnalité borderline, histrionique, évitante, dépendante et obsessionnelle compulsive). Le recourant reproche à l'expert de s'être écarté des résultats desdits tests au seul motif que ceux-ci ont été effectués en français, qui n'est pas la langue maternelle de l'intéressé. Ce grief est mal fondé. Dans une synthèse des tests psychométriques, le docteur E.________ a indiqué que la mise en oeuvre desdits tests en français, avec l'aide de la fille de l'intéressé, devait inciter à une certaine prudence dans leur interprétation. Certes, l'expert relève par ailleurs que l'intéressé s'exprime relativement bien en français, avec un accent slave, même s'il ne le lit et ne l'écrit pas. Il n'en demeure pas moins que le français n'est pas sa langue maternelle et l'on peut comprendre les réserves exprimées par l'expert. Du reste, celui-ci n'a pas fait totalement abstraction des données ressortant des tests psychométriques. Les résultats divergents de certains de ceux-ci (dépression légère selon Hamilton 17 [hétéro-évaluation] et dépression sévère selon Beck 13 [auto-évaluation]) ont conduit l'expert à suspecter une majoration des troubles par l'assuré. Au demeurant, l'expertise en question répond en tous points aux critères formels retenus par la jurisprudence pour accorder pleine valeur probante à un rapport médical (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). En particulier, elle a été rendue à la suite d'une consultation psychiatrique avec l'assuré, elle repose sur une étude attentive et complète du dossier médical. En outre, l'anamnèse est fouillée et les constatations objectives sont clairement exposées. Elle revêt donc une valeur probante certaine que les critiques adressées par le recourant ne sont pas susceptibles de mettre en doute. Dans ces conditions, il n'y a pas de raison de s'écarter des conclusions du docteur E.________, selon lesquelles l'intéressé ne présente pas une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. Certes, d'après l'expert, l'assuré présente de très discrets symptômes de la lignée dépressive, mais bien insuffisants pour que l'on puisse conclure à l'existence d'un épisode dépressif majeur, d'un trouble de l'adaptation ou même d'une dysthymie. Cela étant, il n'est pas nécessaire d'ordonner une nouvelle expertise psychiatrique, comme le demande le recourant, et il y a lieu de se rallier au point de vue des premiers juges, selon lequel le trouble douloureux n'est pas accompagné d'une comorbidité psychiatrique au sens de la jurisprudence exposée au consid. 5.1.