Citation: 1P.788/2005 19.12.2005 E. 4

Invoquant les principes de célérité et de proportionnalité, le recourant relève qu'il n'a été entendu, en 2005, qu'à deux reprises par la police, et qu'il a participé à une confrontation le 18 octobre 2005. A part cela, il n'y aurait plus aucun acte d'instruction le concernant. La clôture de l'instruction ayant été reportée à plusieurs reprises, la prolongation de la détention après 22 mois ne se justifierait pas. 4.1 Selon la jurisprudence, le principe de la proportionnalité confère au prévenu le droit d'être libéré lorsque la durée de son incarcération se rapproche de la peine privative de liberté susceptible d'être prononcée (ATF 126 I 172 consid. 5a p. 176; 124 I 208 consid. 6 p. 215). Celle-ci doit être évaluée avec la plus grande prudence, car il faut éviter que le juge de l'action pénale ne soit incité à prononcer une peine excessive pour la faire coïncider avec la détention préventive à imputer. L'incarcération est aussi disproportionnée en cas de retard injustifié dans le cours de la procédure pénale (ATF 128 I 149 consid. 2.2 p. 151, 125 I 60 consid. 3d p. 64, 124 I 208 consid. 6 p. 215 et les arrêts cités). Toutefois, n'importe quel retard n'est pas suffisant pour justifier l'élargissement du prévenu. Il doit s'agir d'un manquement particulièrement grave, faisant au surplus apparaître que l'autorité de poursuite n'est plus en mesure de conduire la procédure à chef dans un délai raisonnable (ATF 128 I 149 consid. 2.2 p. 151/152). 4.2 Il est vrai que le juge d'instruction a annoncé à plusieurs reprises la fin de son enquête. Dans la mesure où ces différents reports étaient justifiés par des actes d'instruction à effectuer ou par la survenance de circonstances nouvelles, telle par exemple l'extradition de B.________, ils ne constituent pas des retards injustifiés. Comme le relève la Chambre d'accusation, l'instruction liée à des comparses est également utile à l'élucidation des faits reprochés au recourant. Par ailleurs, une interruption passagère des actes d'enquête à l'égard de l'un ou l'autre des inculpés apparaît inhérente à une procédure mettant en cause de nombreux prévenus; il ne saurait s'agir d'un manquement grave. Pour le surplus, le recourant ne prétend pas que la durée de la détention préventive se rapprocherait de celle de la peine concrètement encourue. Au demeurant, le Juge d'instruction a, par avis du 5 décembre 2005, invité les parties à consulter le dossier et à présenter leurs demandes éventuelles de compléments d'instruction, jusqu'au 20 décembre 2005. Cela semble signifier qu'une clôture prochaine de l'instruction est sérieusement envisageable.