Citation: 1C_393/2023 E. 5.4.2

5.4.2. La recourante prétend au contraire que si le législateur avait voulu des triages forestiers d'importance, il aurait expressément défini une surface minimale dans la loi. Elle relève qu'il n'a jamais été question de refuser le triage forestier "Nord de la Montagne du Droit" parce qu'il serait trop petit. Elle affirme qu'une interprétation téléologique de la norme l'art. 56 al. 3 LFor/JU permettrait l'occupation d'un garde forestier à temps partiel, l'essentiel étant qu'il soit à même de remplir sa mission tendant à faciliter la collaboration entre les propriétaires de forêts et à les conseiller dans leur tâche de gestion, dans le cadre de l'objectif plus général de conservation et protection des forêts. La recourante soutient qu'au vu de la grandeur du triage litigieux, un taux d'occupation de 50 % apparaît largement suffisant et respecte les exigences de l'art. 56 LFor/JU. Cette argumentation ne suffit cependant pas à démontrer le caractère manifestement insoutenable de celle du Tribunal cantonal qui se fonde sur le texte clair de la loi cantonale. La recourante se contente en effet de substituer son appréciation à celle de la cour cantonale, ce qui ne rend pas déraisonnable l'argumentation de l'instance précédente. Dans ces conditions, au vu des éléments exposés ci-dessus et compte tenu de la retenue que s'impose le Tribunal fédéral en matière d'appréciation des circonstances locales (cf. ATF 142 I 162 consid. 3.2.2; 132 II 408 consid. 4.3), il n'y a pas lieu de s'écarter de l'interprétation littérale de la loi par la cour cantonale qui n'apparaît en tout état de cause pas insoutenable. Le Tribunal cantonal pouvait ainsi considérer sans arbitraire que seul un poste de garde forestier avec une occupation à plein temps (avec la possibilité que plusieurs personnes occupent ce poste) devait être prévu.