Citation: 4A_525/2017 E. 3.3.4

3.3.4. Pour le surplus, il n'appartient pas à la Cour de céans d'examiner si le Tribunal arbitral, du fait que l'intimée, en réclamant une indemnité journalière de 10'000'000 DZD au titre de l'occupation abusive du chantier par l'entrepreneur, n'avait pas indiqué la nature du préjudice subi par elle, ni justifié la somme réclamée, pas plus qu'elle n'avait expliqué le fondement juridique de cette prétention que la recourante contestait énergiquement dans son principe déjà, n'aurait pas dû écarter la demande formulée de ce chef, faute d'une motivation matérielle suffisante ( Substanzierungspflicht). Il ne lui incombe pas non plus de dire si le dommage allégué par l'intimée en raison de la non-libération du chantier par l'entrepreneur était de ceux dont l'art. 566 al. 2 C. civ. permet au juge de tenir compte pour procéder à la "réduction équitable" de l'indemnité due à l'entrepreneur à raison du gain manqué, quand bien même il paraît étranger aux exemples cités par cette disposition (l'économie faite par l'entrepreneur par suite de la dénonciation du contrat par le maître de l'ouvrage et le gain que l'entrepreneur aurait obtenu par un emploi différent de son temps). Ce sont là, en effet, des questions qui relèvent de l'application du droit de fond et qui sont dès lors soustraites à la connaissance de la juridiction saisie d'un recours en matière d'arbitrage international, sous réserve du grief de violation de l'ordre public matériel (art. 190 al. 2 let. e LDIP) qui n'a pas été invoqué dans le recours (art. 77 al. 3 LTF).