Citation: 4A_213/2010 28.09.2010 E. 6

La demanderesse fait grief à A.________ d'avoir validé par écrit, le 25 janvier 2001, les ordres de vente téléphoniques donnés par B.________, ordres qui ont immédiatement précédé le retrait d'environ 250'000 fr. en monnaie française. Par suite de ce prélèvement, B.________ a été reconnu coupable d'abus de confiance. De diverses circonstances, la demanderesse infère que A.________ s'est associé à ce comportement illicite et qu'il savait ou devait savoir que le produit des ventes de titres serait utilisé à des fins totalement contraires aux objectifs du mandat de gestion. Il a alors commis, affirme-t-elle, un acte de gestion déloyale. Ce que les parties savent et veulent, au moment d'agir ou de s'exprimer, relève du fait (ATF 130 IV 20 consid. 1.3 p. 23; 135 III 410 consid. 3.2 p. 412; 133 III 675 consid. 3.3 p. 68), alors même que cela ne se prête pas à une constatation directe mais se déduit, seulement, de circonstances ou de déclarations. Le Tribunal fédéral n'est en principe pas juge du fait (art. 105 al. 1 LTF). La demanderesse admet que la liquidation partielle du portefeuille ne constituait pas en elle-même une opération étrangère au mandat de gestion. Pour le surplus, la Cour civile ne constate pas qu'au moment de valider les ordres de vente, A.________ ait su que le produit avait été ou allait être, le jour même, prélevé en espèces par B.________, et il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'apprécier les indices que la demanderesse tient pour concluants à ce sujet. Cette partie échoue donc à mettre en évidence une application incorrecte de l'art. 158 ch. 1 CP.