Citation: 5A_322/2022 E. 3.2

3.2. Dans l'arrêt querellé, l'autorité précédente a relevé que l'époux faisait grief à l'autorité de première instance de ne pas avoir respecté les règles de procédure, ce qui avait entraîné l'absence de contestation de ses allégués, de débats principaux, de traitement des mesures probatoires requises et, surtout, de plaidoiries finales. S'agissant des deux premières critiques, l'autorité précédente a en substance retenu qu'à l'issue de l'audience du 6 novembre 2020, le Tribunal avait ouvert les débats sur la question spécifique de la durée de la séparation des parties, impartissant à celles-ci un délai pour se déterminer par écrit sur cette question. Elles avaient ainsi eu l'occasion de s'exprimer oralement lors de l'audience précitée et de manière plus approfondie, dans leurs écritures respectives des 25 novembre 2020 et 15 janvier 2021, l'époux se déterminant alors sur les conclusions de son épouse et sur le principe du divorce. Elle a considéré que par conséquent, les parties avaient eu connaissance de toute l'argumentation présentée au Tribunal et avaient pu faire valoir leur point de vue et leurs arguments sur la question du principe du divorce. S'agissant des mesures probatoires, la Cour de justice a relevé que les parties avaient sollicité leur audition ainsi que celle d'un témoin, sans toutefois prendre de conclusion formelle quant à l'administration de ces mesures. En statuant directement sur le principe du divorce après le dépôt des conclusions motivées des parties, le Tribunal avait implicitement rejeté les offres de preuve en lien avec cette question. Ce faisant, il avait, par appréciation anticipée des preuves, considéré que celles-ci n'étaient pas pertinentes. En effet, les parties avaient été entendues lors de l'audience du 6 novembre 2020 et s'étaient par la suite déterminées par écrit, de sorte qu'une nouvelle audition n'était pas susceptible d'apporter des éléments nouveaux pertinents. Par ailleurs, le dossier contenait suffisamment d'éléments pour statuer sur ce point. Elle a ainsi estimé que le Tribunal n'avait pas " excédé " son pouvoir d'appréciation en procédant de la sorte. Quant au grief de l'absence de plaidoiries finales (art. 232 CPC), il tombait également à faux, dès lors que celles-ci avaient pour but de permettre aux parties de se prononcer sur le résultat de l'administration des preuves et que cette étape n'avait en l'occurrence pas eu lieu. Le renvoi de la cause, tel que sollicité, n'était donc pas justifié et n'aurait été qu'une vaine formalité. Elle a relevé que le Tribunal fédéral avait d'ailleurs eu l'occasion de préciser que l'absence de plaidoiries finales n'était pas forcément constitutive d'une violation du droit d'être entendu, en particulier lorsque, comme en l'espèce, aucune administration de preuve pertinente n'avait eu lieu (arrêt 4A_587/2018 du 16 avril 2019 consid. 3). En outre, l'époux n'avait pas exposé dans ses écritures d'appel quels allégués de fait et/ou arguments de droit il aurait encore pu faire valoir en première instance, ni quels faits allégués précis auraient dû être instruits et s'était limité à se plaindre de la violation de son droit d'être entendu sans pour autant indiquer les conséquences qu'il en tirait. Le simple fait d'avoir exposé sa propre version des faits dans sa partie " En Fait " et produit un bordereau complémentaire de preuves, comprenant une demande d'audition de trois témoins à l'appui de sa réplique, était insuffisant. L'autorité cantonale a ainsi considéré qu'en tout état de cause, l'époux avait pu s'exprimer et faire valoir ses moyens devant elle, autorité qui disposait d'un plein pouvoir d'examen en fait et en droit, de sorte qu'une éventuelle violation de son droit d'être entendu pouvait être réparée et demeurer sans conséquence. Son grief a donc été rejeté.