Citation: I 167/03 01.07.2003 E. 1

3.1 Dans son rapport du 8 novembre 1997 à l'intention de l'office AI, le docteur A.________ a attesté d'une incapacité de travail totale dans l'ancienne profession de l'assuré, ajoutant que ce dernier pourrait éventuellement exercer une activité légère en position assise sans toutefois en préciser le taux. Dix-huit mois après l'ostéosynthèse, le docteur B.________ a, pour sa part, considéré l'évolution de l'état de R.________ comme favorable; les fractures étaient consolidées; selon lui, le prénommé présentait, du fait de l'atteinte qu'il avait subie, une inaptitude de travail totale dans les travaux lourds et de 50 % dans un travail adapté, sans port de charges (rapport du 22 janvier 1998). Quant au docteur F.________, il a observé que la rééducation à la marche était lente et imparfaite, et la statique des pieds pathologique, de sorte qu'un travail en position debout et nécessitant la marche prolongée ou le port de charges était inadéquat; une activité assise devait être exigible mais le taux de la capacité de travail était difficile à évaluer (rapport du 28 septembre 1998). De son côté, le docteur D.________ a notamment posé les diagnostics suivants : état après ostéosynthèse par plaques d'une fracture calcanéenne bilatérale, d'arthrose post-traumatique astragalo-calcanéenne bilatérale, de péritendinite au niveau de la cheville antérieure et tendo-vaginite du jambier postérieur et des péronéens au niveau rétro malléolaire bilatéral. Il a déclaré que les limitations à la marche et l'intensité des douleurs décrites par l'assuré étaient des conséquences post-traumatiques typiques des atteintes en cause; à ses yeux, il n'y avait aucun signe de surcharge ou d'exagération de la part de R.________. Il en a conclu que l'incapacité de travail était totale aussi bien dans la profession exercée avant l'accident que dans toute autre activité; il n'existait pas de travail adapté pour ce genre de cas (rapport d'expertise du 20 décembre 2001). Enfin, dans sa brève prise de position, le docteur E.________ a émis des doutes sur la réalité des douleurs alléguées par l'assuré au repos. D'après lui, l'expert n'a fourni aucun argument objectif permettant d'expliquer l'importance de ces douleurs et il n'existerait aucun «soubassement bio-mécanique» qui pourraient les justifier; une amplification des symptômes de l'assuré était probable. 3.2 Au vu de ces documents médicaux, on peut d'emblée relever, comme le reconnaît d'ailleurs l'office AI, qu'il n'y a pas de discussion entre les différents médecins relativement au diagnostic : l'intimé souffre essentiellement d'une arthrose astragalo-calcanéenne post-traumatique bilatérale. Il n'y a pas davantage de divergence sur le fait que l'assuré ne peut plus, en raison de cette atteinte à la santé, exercer son ancienne profession, ni des travaux lourds ou nécessitant une position debout statique prolongée. En revanche, il subsiste un désaccord sur l'évaluation de sa capacité de travail dans une activité adaptée. A cet égard, quoi qu'en dise l'office AI, seul le docteur E.________ considère que R.________ jouit d'une capacité de travail entière. En effet, le docteur B.________ a évalué celle-ci à 50 % et le docteur D.________ à 0 %, tandis que les autres médecins n'ont pas apporté de précision quant au taux d'activité encore exigible.