Citation: 6B_1269/2017 E. 3.5.1

3.5.1. La cour cantonale a exposé que le recourant, au moment de la reprise de J.________ SA, ne disposait que de revenus et de fortune personnels et ne pouvait compter sur d'autres investisseurs. En cours de procédure, le recourant avait déclaré qu'il envisageait un budget annuel de 25 millions de francs pour la société, dont 10 à 12 millions qui auraient constitué son investissement personnel. Lorsque le procureur lui avait demandé où et sous quelle forme existaient ces fonds, le recourant avait refusé d'en révéler l'emplacement et avait ajouté qu'il s'agissait de "liquidités sur des comptes bancaires et d'investissements immobiliers notamment". Le recourant avait également été interrogé par écrit concernant ses moyens pour financer la société. Il s'était contenté de répondre "Enough for a club like J.________". En réponse à une autre question écrite portant sur le montant de sa fortune à cette époque, il avait répondu "No comments" et avait refusé de produire des confirmations bancaires au sujet de ses avoirs. Le recourant avait cependant produit un extrait - apparemment pour la période du 3 au 30 décembre 2010 - d'un compte bancaire de la société F1.________ Ltd, dont il aurait été l'actionnaire bénéficiaire selon un document qu'il avait également fourni. Cet extrait révélait des mouvements de fonds non négligeables, mais il n'établissait pas quelle était la fortune du recourant entre mai 2011 et janvier 2012. Le solde au 30 décembre 2010 était environ de 1'300'000 USD. On ignorait si le recourant avait dû utiliser tout ou partie de cet argent pour acheter les actions de J.________ SA, ou pour financer son train de vie apparemment assez élevé. Le recourant avait aussi déposé l'extrait d'un compte bancaire de la société G1.________ Ltd, présentant à la fin décembre 2010 un solde positif d'environ 27 millions d'USD. On ignorait quelle avait été l'évolution du solde jusqu'au rachat de J.________ SA, de sorte que ce document ne permettait pas de conclure que l'intéressé eût à sa disposition, après mai 2011, des sommes importantes qu'il aurait pu consacrer au financement de la société. Le contrat de vente des actions de G1.________ Ltd, produit par le recourant, établissait que ce dernier avait aliéné des actions, par contrat du 11 octobre 2011, à un tiers disposant d'une adresse à Q1.________. Ces actions avaient été apparemment vendues pour 1'620'000 USD, à moins que cette somme ne constituât le montant nominal du capital-actions à transférer. Ce document établissait que le recourant pouvait disposer d'une partie au moins du capital-actions de cette société, mais pas qu'il en aurait été le bénéficiaire unique, ni que G1.________ Ltd détînt alors des comptes bancaires présentant un solde positif très important et immédiatement disponible. La cour cantonale a ajouté qu'elle ne voyait pas ce qui avait empêché le recourant de déposer des extraits de comptes concernant la période pertinente, de même que des renseignements plus précis concernant G1.________ Ltd. Par ailleurs, les "profils bancaires" produits par le recourant n'établissaient pas que ce dernier aurait disposé de fonds conséquents, mais uniquement que celui-ci avait déclaré à ses banquiers qu'il disposait d'une fortune considérable. Selon la cour cantonale, il était établi que le recourant avait procédé à divers versements, directement ou par le biais de sociétés, sur des comptes de J.________ SA durant l'année 2011. Le total se montait à 2'890'000 francs. Le recourant avait en outre voulu verser 1'050'000 fr. sur le compte de la société auprès de H1.________, mais cette dernière avait refusé de recevoir la somme. Concrètement, le recourant avait donc financé ou voulu financer J.________ SA à hauteur d'un peu plus de 4 millions de francs. Un tel financement était largement insuffisant pour assurer le budget du club, en tout cas pas à la hauteur envisagée par le recourant - soit 25 millions de francs pour une saison - en fonction notamment des dépenses importantes qu'il projetait ou avait engagées. L'autorité précédente n'a pas exclu que le recourant eût rencontré des difficultés pour transférer de l'argent à la société, en raison de la réticence de certains établissements bancaires suisses à entretenir des relations avec lui, directement ou par le biais de J.________ SA. Toutefois, cette société avait disposé d'un compte à la banque I1.________ jusqu'à fin novembre 2011 et avait pu ouvrir, en décembre 2011, un compte auprès de la Banque J1.________, compte par lequel diverses transactions avaient été effectuées jusqu'à la faillite. Le recourant n'avait ainsi pas été privé abruptement de toute relation bancaire en Suisse. Il ne ressortait pas non plus du dossier que des comptes bancaires sur lesquels il aurait détenu des sommes importantes auraient fait l'objet de blocages durant la période considérée. En définitive, il n'était pas possible de retenir que le recourant bénéficiait, personnellement, de revenus ou d'une fortune suffisants pour financer ou couvrir les dépenses qu'il avait arrêtées.