Citation: 6B_599/2008 12.11.2008 E. B

Ce dernier arrêt retient, en résumé, ce qui suit. B.a Dans le courant de l'été 2007, il est apparu qu'un ressortissant guinéen se livrait à un trafic de cocaïne et qu'il était notamment en contact avec A.________. Le 4 septembre 2007, ce dernier a été arrêté, alors qu'il ressortait d'un appartement. Deux autres Africains qui l'accompagnaient ont également été arrêtés. A.________ a été trouvé en possession de 1000 grammes de cocaïne et l'un de ses comparses de 299 grammes de cette drogue. Dans l'appartement, où se trouvaient Z.________, Y.________ et X.________, la police a découvert, sur un lit, une importante somme d'argent. Des montants de 72'984,50 fr. ainsi que de 32'500 et 30'000 euros ont été saisis. La police a en outre trouvé un pot en plastique d'un poids de 1135 grammes, contenant du lactose monohydraté, utilisé pour le coupage de la drogue. X.________ détenait des documents d'identité établis au nom de tierces personnes mais sur lesquels elle avait apposé sa photo, divers objets de valeur ainsi que des feuilles de papier et un calepin contenant des éléments de comptabilité manuscrite montrant la répartition de montants entre elle, sa soeur et sa cousine. Plusieurs documents ont encore été découverts, établissant que toutes trois avaient effectué de nombreux voyages en avion entre la Guinée et la Suisse, en particulier entre le mois de juin et le début septembre 2007. B.b A la police puis au juge juge d'instruction, A.________ a déclaré que Y.________ était son fournisseur de cocaïne. Il lui en avait acheté 300 grammes le 1er septembre 2007 pour un prix de 15'000 à 16'000 fr. Le 3 septembre 2007, il s'était rendu chez elle, où il avait vu Z.________. Il souhaitait que Y.________ lui avance la drogue, mais cette dernière avait refusé, exigeant à tout le moins le paiement de la moitié d'une partie du prix de vente. Il s'était procuré cet argent et était retourné le 4 septembre 2007 au domicile de Y.________, qui lui avait remis de la cocaïne contre le paiement de 40'000 fr. B.c Entendue par la police le 5 septembre 2007, Y.________ a reconnu avoir importé à Genève, en provenance de Guinée, 350 grammes de cocaïne à l'occasion d'un premier voyage en avril 2007, puis d'un second en juillet 2007. Le reste de la marchandise avait été ramené de Guinée par sa soeur, qui avait effectué un voyage environ deux mois auparavant. Sa soeur était revenue d'un autre voyage en Guinée le lundi 3 septembre 2007, en compagnie de leur cousine, qui, le soir même avait présenté dans l'appartement plus d'un kilo de cocaïne. Elle était présente lorsque la drogue avait été remise à A.________, qui avait réalisé la transaction avec sa soeur. Le même jour, Y.________ a confirmé ses déclarations devant le juge d'instruction. Elle a précisé que, lorsqu'elle s'était installée chez sa soeur, elle avait appris que cette dernière faisait du trafic de cocaïne avec leur cousine et que sa soeur lui avait demandé de remettre à A.________ un sac contenant de la cocaïne emballée. Le lundi 3 septembre 2007 sa soeur était revenue de Guinée le matin, alors que leur cousine était arrivée le soir. Elle avait ensuite vu qu'il y avait de la marchandise dans la chambre de sa soeur. A.________ était venu le jour précédent, soit le dimanche. Il voulait voir sa soeur, disant qu'il lui avait déjà parlé au téléphone. Il était revenu le mardi et sa soeur lui avait demandé de lui remettre un sac. Il s'agissait de cocaïne, mais elle était emballée. A.________ avait demandé à sa soeur si elle avait bien mis les 300 grammes et lui avait ensuite remis l'argent. Y.________ a encore précisé que sa cousine lui avait déclaré qu'elle venait d'effectuer son deuxième transport de cocaïne. Lors de l'intervention de la police, sa soeur était en train de compter l'argent remis par A.________. Confrontée à X.________ et à Z.________ le 17 septembre 2007, Y.________ a maintenu que sa soeur lui avait donné un sac pour qu'elle le remette à A.________ et qu'il y avait de la drogue dans le sac. Elle a en outre confirmé avoir vu de la drogue dans la chambre de sa soeur. Ultérieurement, elle est toutefois revenue sur ses déclarations, disant que la drogue avait en réalité été importée par une dénommée B.________. A l'audience de jugement, elle a allégué avoir menti à la police et au juge d'instruction en impliquant sa soeur et sa cousine, car elle ne voulait pas être expulsée. B.d Lors de son audition par la police, Z.________ a déclaré être arrivée à Genève le 29 août 2007 en provenance de Guinée, que ses deux cousines se livraient à un trafic de cocaïne entre la Guinée et Genève et qu'elles importaient la drogue elles-mêmes. Plusieurs Guinéens étaient venus à leur domicile les 3 et 4 septembre 2007 pour acheter de la cocaïne. Le 3 septembre 2007, elle avait vu dans les WC un sachet blanc contenant de la cocaïne. Le 4 septembre 2007, un Africain était venu acheter de la cocaïne et avait discuté avec ses deux cousines. Au départ de celui-ci, elle avait vu que Y.________ avait une grosse liasse de billets de banque dans les mains. Y.________ avait posé cet argent sur le lit et X.________ l'avait compté et avait inscrit le montant sur un petit papier jaune. Z.________ a confirmé à l'officier de police que ses cousines s'adonnaient au trafic de cocaïne, que c'est X.________ qui avait ramené la drogue de Guinée et qu'elle avait vu A.________ acheter cette drogue. Elle a précisé qu'elle reconnaissait les faits. Elle n'avait fait qu'un seul voyage, à la demande de Y.________. Pour elle, c'est X.________ qui avait ramené la drogue le 3 septembre 2007. Celle-ci était arrivée le matin à Genève, alors qu'elle-même était arrivée à 21 heures 30. Elle était présente dans l'appartement lorsque A.________ était venu chercher la drogue. Elle savait que ses cousines s'adonnaient au trafic. Interrogée par le juge d'instruction le 5 septembre 2007, Z.________ a allégué ne pas avoir transporté de la cocaïne, mais que X.________, qui se trouvait en même temps qu'elle en Guinée, en avait ramené à Genève. Elle a répété que le 4 septembre 2007 elle avait vu A.________ donner une importante somme d'argent à Y.________ et que cette dernière l'avait posée sur le lit, où elle-même se trouvait en compagnie de X.________, qui avait compté l'argent et inscrit une somme sur un papier. Z.________ est revenue ultérieurement sur ses déclarations. A l'audience de jugement, elle a soutenu que ses premières déclarations n'avaient pas été comprises par la police, ni par le juge d'instruction. B.e Entendue par la police, X.________ a contesté toute implication dans un trafic de cocaïne. Elle a affirmé n'avoir aucun lien de parenté avec les deux autres femmes interpellées en même temps qu'elle. Elle a indiqué s'être rendue en Guinée, dont elle était revenue le 3 septembre 2007 dans la matinée. Z.________ avait fait le même voyage séparément et était arrivée à Genève dans la soirée. Selon elle, c'est Z.________, qui avait rapporté à deux reprises de la cocaïne de Guinée, à la demande de sa soeur. Elle savait que celles-ci trafiquaient de la drogue à son domicile. Chaque fois que sa cousine arrivait avec de la drogue, elle en recevait de l'argent pour la mise à disposition de son appartement. Lors de ses auditions par le juge d'instruction, X.________ a admis qu'elle utilisait divers documents établis au nom de tierces personnes mais sur lesquels elle avait apposé sa photo. Elle a ajouté que, dans le courant de l'année 2007, elle s'était rendue à plusieurs reprises en Guinée, dont elle n'avait toutefois pas rapporté de drogue. Elle avait mis en cause sa soeur et sa cousine, car, selon la police, elle avait elle-même été mise en cause par elles. Devant la Cour correctionnelle, X.________ a allégué n'avoir jamais participé au trafic de drogue. L'argent qui se trouvait dans son appartement provenait de son activité de prostituée et le lactose, qu'elle avait commandé à la pharmacie, était pour sa soeur. B.f La Cour correctionnelle a retenu qu'un important trafic de cocaïne se déroulait au domicile de X.________, où les trois accusées occupaient l'appartement, et que plusieurs Africains se fournissaient en cocaïne à cet endroit. Le 1er septembre 2007, A.________ y avait acquis 300 grammes de cette drogue auprès de Y.________, en présence de Z.________. Il avait passé une nouvelle commande, mais avait été invité par Y.________ à patienter, d'autres personnes devant amener de la drogue à Genève le 3 septembre 2007, date à laquelle il était avéré que X.________ et Z.________ étaient arrivées dans cette ville. Le 4 septembre 2007, il était venu prendre livraison de la drogue, contre paiement d'un montant de 40'000 fr. Lorsque la police avait investi l'appartement, X.________ et Z.________ se trouvaient sur un lit, sur lequel était étalée une importante somme d'argent provenant de la vente de la drogue, que X.________ venait de compter. Il était, dans ces conditions, impossible que l'une ou l'autre des trois accusées ait pu ignorer la nature de l'activité qui s'exerçait dans l'appartement. La Cour correctionnelle a estimé que les rétractations de Y.________ et de Z.________ n'étaient pas crédibles. En ce qui concerne X.________, elle a observé que, après avoir contesté tout lien de parenté avec ses deux coaccusées, elle avait admis qu'il s'agissait de sa soeur et de sa cousine. Elle a également relevé que, devant l'officier de police, X.________ avait déclaré que celles-ci se livraient au trafic de cocaïne, qu'elle avait connaissance de cette activité et du fait que cette dernière s'exerçait à son domicile et qu'elle était rémunérée pour la mise à disposition de son appartement. Fondée sur ces considérations, la Cour correctionnelle a tenu pour établi que les trois accusées s'étaient livrées de concert à un trafic de cocaïne, agissant en qualité de coauteurs.