Citation: 1B_215/2016 E. 2.4

2.4. La Cour des plaintes a tout d'abord retenu que la mesure prononcée se justifiait s'agissant tant de A.________ - prévenu et titulaire d'un des comptes séquestrés - que des deux sociétés recourantes; celles-ci étaient titulaires des deux autres relations bancaires saisies et le prévenu l'un de leurs ayants droit économiques. Se référant notamment à quatre rapports de la police judiciaire fédérale, elle a ensuite rappelé les éléments de l'enquête permettant de retenir à l'encontre de A.________ des soupçons d'infractions à l'art. 6 de la loi fédérale du 10 octobre 1997 sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (LBA; RS 955.0) et de blanchiment d'argent (art. 305bis CP). Elle a ainsi relevé la condamnation espagnole en 2009 du co-prévenu D.________ pour ce second chef d'infraction; le trafic de stupéfiants probablement à l'origine des valeurs patrimoniales en cause; les investigations en conséquence du MPC sur l'origine de la fortune dont disposait le susmentionné sur des comptes bancaires en Suisse; le rôle de conseiller tenu par A.________ - économiste et juriste de formation - dès la fin des années 2000, ainsi que d'intermédiaire financier entre D.________ et les banques suisses, en particulier pour l'ouverture des relations bancaires; les opérations de compensation effectuées par A.________ afin de transférer la fortune de D.________ d'Espagne en Suisse, notamment par des versements en espèces ou par le biais de sociétés offshore s'élevant au moins à EUR 1.5 millions; ainsi que l'absence de vérification - notamment par le biais d'internet - de la part de A.________ sur les antécédents de D.________. Selon la juridiction précédente, les actes d'entrave reprochés à D.________ dans la procédure judiciaire espagnole portaient sur un montant de EUR 3'765'778.- et EUR 3'665'800.- avaient été saisis au domicile espagnol de ce dernier; cependant, il n'avait pas été établi que le montant séquestré correspondrait effectivement aux sommes ayant transité par la Suisse pour y être blanchies. La Cour des plaintes a également considéré qu'au regard du montant reproché à A.________ pour la période de 2010 à 2014 (1.5 millions fr.), la saisie, portant sur 800'000 fr., respectait le principe de proportionnalité. Dès lors que les montants blanchis n'étaient plus disponibles, l'autorité précédente a confirmé le séquestre en vue du prononcé d'une créance compensatrice.