Citation: 6B_1214/2022 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a retenu que le recourant résidait, avec sa famille, en Suisse depuis 2003. Ressortissant turc, d'origine kurde, il avait été accueilli sur le territoire en qualité de réfugié et mis au bénéfice d'une admission provisoire en Suisse (permis F, renouvelé en dernier lieu jusqu'au 15 décembre 2022), sans obtenir l'asile au titre de réfugié. Ses deux plus jeunes enfants étaient suisses et trois d'entre eux résidaient à Y.________. Le recourant pouvait, ainsi, en principe, se prévaloir d'un droit au respect de sa vie privée et familiale. Cela étant, force était de constater que l'intéressé n'était pas parvenu à s'intégrer en Suisse, ne maîtrisant toujours pas le français, n'ayant pas travaillé - hormis un bref emploi de jardinier de 2009 à 2010 -, émargeant à l'aide sociale et ayant commis de graves infractions en Suisse. Son divorce d'avec B.A.________ avait été prononcé en juillet 2021 et il n'avait plus de contact avec elle. Ses liens avec ses enfants, désormais tous majeurs, étaient ténus. Le recourant avait vécu en Turquie jusqu'à l'âge de 24 ans et y avait été scolarisé les 15 premières années de sa vie. Une bonne partie de sa famille y résidait, soit ses parents, ses quatre frères et ses cinq soeurs, de même que sa fille E.A.________ et son époux. Dans ces conditions, quand bien même il n'était pas retourné dans son pays depuis une vingtaine d'années, rien n'indiquait qu'il ne pouvait aujourd'hui pas bénéficier d'une bonne intégration dans le pays, avec l'aide de proches. Aucun élément ne laissait, au demeurant, penser que les problèmes de santé du recourant ne pouvaient pas faire l'objet d'un suivi approprié en Turquie (cf. arrêt attaqué, consid. 4.2.2 p. 41). La cour cantonale n'a pas retenu, au vu des éléments précités, qu'une expulsion mettrait le recourant dans une situation personnelle grave, de sorte que la première condition cumulative de l'art. 66a al. 2 CP n'était pas réalisée. En outre, l'intérêt public marqué à une telle mesure, au vu des atteintes graves commises, de la prise de conscience embryonnaire de l'intéressé et du risque de récidive en découlant, ainsi que de l'importance de la peine infligée, commandait son expulsion (cf. arrêt attaqué, consid. 4.2.3 p. 42).