Citation: 4A_96/2017 E. A

Dès le 1 er mars 2007, Z.________, né en 1935, a engagé X.________ comme gouvernante, nourrie et logée, moyennant un salaire mensuel brut de 3'000 fr. Depuis le 30 mars 2005, il était suivi par le service de néphrologie des HUG; il subissait des dialyses plusieurs fois par semaine et a été hospitalisé du 11 juillet au 13 août 2011, puis du 2 au 8 septembre 2011, date de son décès. Un certificat médical atteste que Z.________ était autonome durant cette période et qu'il a conservé sa capacité de discernement jusqu'à fin juin 2011. Le 1er septembre 2011, A.Z.________ et B.Z.________, filles de Z.________, ont eu, en présence d'un notaire, un entretien avec X.________ en vue de la fin des rapports de travail. Le 5 septembre 2011, l'employée a adressé aux filles de son employeur un courrier dans lequel elle confirmait qu'elle ne pouvait plus travailler au service de Z.________ et ajoutait les lignes suivantes: " J'attends donc de votre part une lettre de licenciement en bonne et due forme, respectant le préavis de 3 mois auquel j'ai droit, ainsi qu'au salaire qui va avec. [...] D'autre part, je vous confirme les termes de notre conversation concernant le fait que vous accepterez le décompte que le syndicat W.________ est en train de calculer au sujet du réajustement de mon salaire, des vacances non prises et non payées, des jours fériés travaillés non payés, des treizièmes mois dus. Sans parler de toutes les heures supplémentaires que j'ai faites [...]. " Le 6 septembre 2011, les filles de Z.________ ont envoyé à X.________ la convention de cessation des rapports de travail préparée par le notaire, laquelle comportait principalement les points suivants: " 4. Monsieur Z.________ a dû être encore une fois hospitalisé le 1er septembre dernier cette fois sans espoir de pouvoir retourner chez lui. 5. En conséquence, Mesdames B.Z.________ et A.Z.________ doivent mettre fin au contrat de Mme X.________ avec effet au 1er septembre 2011. 6. Cette dernière accepte ce licenciement. Mesdames B.Z.________ et A.Z.________ s'engagent à verser à Madame X.________ pour solde de tous comptes : trois mois de salaire brut, une gratification exceptionnelle de Frs 11'000. 8. Mesdames B.Z.________ et A.Z.________ s'engagent à établir le décompte final dans les huit jours à compter de la signature de la présente convention et à régler le solde dû à Madame X.________ le jour où cette dernière aura accepté le décompte final et quitté la maison. 9. Moyennant la bonne exécution de la présente convention, les parties n'auront plus aucune réclamation ou revendication quelles qu'elles soient à formuler l'une envers l'autre. " X.________ a soumis la convention à un ami juriste, qui pensait qu'elle devait la signer. Ils ont consulté ensemble le syndicat W.________. La convention a été signée par toutes les parties le 14 septembre 2011, soit après le décès de l'employeur. Les filles et héritières de Z.________ ont exécuté la convention et versé à X.________ un montant net de 20'000 fr. Par la suite, l'employée a élevé diverses prétentions issues du contrat de travail. Dans une lettre du 11 juin 2012, son avocat a invoqué le caractère inéquitable du montant de 20'000 fr. pour solde de tout compte, au regard des créances que X.________ pouvait faire valoir pour 196'794 fr.20 au total. A.Z.________ et B.Z.________ ont opposé une fin de non-recevoir.