Citation: I 32/07 25.05.2007 E. 5

5.1 L'office recourant reproche principalement aux premiers juges d'avoir écarté les avis des docteurs L.________ et M.________ et de ne s'être fondés que sur le rapport de la doctoresse N.________ qu'il considère comme imprécis, voire incohérent. D'une manière générale, il conteste la valeur probante de tous les documents médicaux figurant au dossier, mais estime néanmoins que l'on peut en déduire les éléments nécessaires à la résolution du cas. Soulignant tour à tour le caractère obsolète, l'absence de conclusions relatives à la capacité de travail ou les contradictions dans l'analyse de ces dernières de tel ou tel rapport, l'administration estime en particulier que les données anamnestiques soulignent le rôle prépondérant joué par le contexte social, familial et culturel dans l'origine des troubles dont souffre l'intéressée et justifient de nier le caractère invalidant de ces affections. Elle soutient également que les conclusions de l'experte ne peuvent être retenues dans la mesure notamment où la situation de l'intimée est comparée à celle de sa soeur que la praticienne ne connaît pas, où il est fait référence à des tests neuropsychologiques dont les résultats ne sont communiqués que de façon succincte et où les diagnostics posés ne sont justifiés que par des constatations objectives insuffisantes. 5.2 On notera, en premier lieu, que les reproches de l'office recourant portent sur des faits mentionnés par les différents médecins consultés dans leurs anamnèses (contexte social, familial et culturel) et qui ont été pris en considération dans l'analyse concrète du cas. Ces reproches sont constitués de considérations générales, sans références précises aux rapports critiqués. S'agissant d'une question purement factuelle, il apparaît dès lors que les critiques ne sont pas de nature à remettre en cause la constatations des faits selon le nouveau pouvoir de cognition car la justification de l'invalidité par l'experte est loin de se limiter aux critères sociaux, familiaux et culturels. Selon cette dernière, les difficultés d'acculturation ont certes joué leur rôle, mais le caractère invalidant des affections diagnostiquées découlait avant tout de la structure de la personnalité de l'intéressée qui induisait un risque d'épisode dépressif à répétition avec une réponse modeste aux anti-dépresseurs ou à la psychothérapie. A ce propos, la doctoresse N.________ mentionne du reste que l'intimée a pu travailler durant dix ans depuis son arrivée en Suisse sans rencontrer de problèmes particuliers et que le facteur déclenchant des troubles observés trouve son origine dans la dépression post-partum consécutive à la naissance de ses deux derniers enfants dont elle ne s'est jamais intégralement remise. 5.3 On notera, en second lieu, que les remarques de l'administration à l'encontre de la précision ou de la cohérence du rapport d'expertise portent une nouvelle fois sur des faits (connaissance de la situation de la soeur ou des résultats de tests neuropsychologiques, critique des diagnostics). L'argumentation avancée n'est à nouveau pas susceptible de faire apparaître les constatations de la juridiction cantonale comme manifestement inexactes ou incomplètes ou établies en violation des règles essentielles de procédure. En effet, l'office recourant se contente, d'une part, de mettre en doute l'avis de l'experte sans apporter d'éléments susceptibles d'étayer l'opinion contraire ou de juger insuffisant les résultats de tests sans véritablement les remettre en question. D'autre part, mentionner que les observations à disposition sont insuffisantes pour justifier les diagnostics retenus ne suffit pas pour contester l'avis d'un spécialiste qui a rencontré l'intéressée à trois reprises, pris connaissance du dossier et requis des renseignements complémentaires auprès du psychiatre traitant. Le recours est donc en tous points mal fondé. Par ailleurs, il ne saurait être question de renvoyer la cause pour mettre en oeuvre des mesures d'instruction complémentaires dès lors qu'aucun manquement dans l'établissement des faits ne peut être reproché aux premiers juges.