Citation: 9C_150/2008 21.10.2008 E. 4

4.1 L'argumentation du recourant selon laquelle l'activité de chauffagiste serait "absolument inadaptée", ce qui revient à s'en prendre aux constatations de fait des premiers juges sur l'incapacité de travail et le caractère (partiellement) adapté du travail en cause (cf. ATF 132 V 393 consid. 3 p. 397 ss), n'est pas pertinente. L'évaluation de l'invalidité qu'ont effectuée les organes de l'assurance-invalidité à la fin des années quatre-vingt en retenant que l'activité d'installateur en chauffage n'était pas adaptée aux problèmes de santé présentés à cette époque par l'intimé, ce qui justifiait des mesures de reclassement dans une nouvelle profession, n'a pas fixé une fois pour toute la situation de l'intimé sur le plan de l'invalidité. Dès lors que l'assuré a déposé une seconde demande de prestations en 2004, sa situation devait être examinée à nouveau à cette date, ce qui supposait de prendre en compte tous les changements intervenus depuis la fin des années quatre-vingt, que ce soit sur le plan professionnel, économique, personnel ou médical. Compte tenu par ailleurs du fait que l'intimé avait repris son activité d'installateur en chauffage en 1990, on ne saurait reprocher aux premiers juges d'avoir examiné si cette activité était (à nouveau) adaptée à son état de santé en 2004. En particulier, il ressort des indications fournies par l'intimé qu'il a exercé son ancienne profession comme salarié pendant près de dix ans sans aucune limitation dues à une atteinte à la santé, avant de se mettre à son compte en 2000. On ne peut dès lors retenir, contrairement à ce que fait valoir le recourant, que l'activité d'installateur en chauffage était "manifestement inadaptée" déjà en 1990, puisque c'est précisément à partir de cette date que l'intimé a repris ce travail sans aucune restriction (et du reste versé des cotisations à l'AVS/AI sur les revenus en découlant). Au demeurant, les experts du Centre X.________ ont expliqué que les limitations fonctionnelles présentées par l'intimé en 2004 étaient essentiellement dues à l'affection respiratoire évolutive, diagnostiquée pour la première fois en décembre 2003. En revanche, les atteintes qu'ils avaient diagnostiquées sur le plan rhumatologique (syndrome douloureux cervical chronique, identique à celui posé par le docteur J.________ en 1978; séquelles d'une désarticulation traumatique du membre supérieur droit, en 1982; tabagisme) n'avaient pas de répercussion sur la capacité de travail de l'intimé. C'est dire que l'atteinte à la santé initiale qui avait entraîné les mesures de réadaptation au début des années quatre-vingt n'influençait apparemment plus de manière négative l'aptitude au travail de l'intimé dans sa profession initiale. Eu égard aux conclusions de l'expertise du Centre X.________, que le recourant ne remet pas en cause, la constatation des premiers juges selon laquelle l'activité de chauffagiste exercée par le recourant était en partie inadaptée, dans la mesure où il ne pouvait plus s'occuper des travaux lourds, mais seulement des tâches administratives et de gestion, n'apparaît pas manifestement inexacte. Depuis l'an 2000, l'intimé exerçait son activité de manière indépendante, ce qui impliquait des travaux de bureau et de gestion, en plus des activités techniques proprement dites. Seules ces dernières tâches, dans la mesure où elles impliquaient un effort physique, ont été considérées comme n'entrant plus dans le champ d'activités médicalement exigibles de l'intimé (cf. rapport du Centre X.________ du 22 juin 2006). 4.2 Compte tenu, d'une part, de la capacité partielle de travail de l'intimé dans son activité d'installateur en chauffage indépendant et, d'autre part, de sa capacité entière de travail dans une activité adaptée sédentaire, la juridiction cantonale a considéré qu'on ne pouvait exiger de l'intimé qu'il changeât de profession, de sorte que l'invalidité devait être appréciée en fonction des empêchements liés aux travaux physiques dans la profession exercée par l'intimé à titre indépendant.