Citation: 8C_80/2016 E. 5.2

5.2. En l'espèce, il est incontestable que selon les experts de la PMU, l'activité de chauffeur-livreur auxiliaire est encore tout à fait exigible en dépit des séquelles de l'accident. En revanche, sur le vu des conclusions de l'expert orthopédiste, le recourant n'est plus apte à exercer cette profession dans la même mesure qu'auparavant à raison de 40 %, consistant à effectuer deux jours de travail de huit heures consécutives. C'est pourquoi l'expert propose d'aménager l'activité en ce sens que l'intéressé travaille à raison de demi-journées seulement, "soit deux fois deux demi-journées, avec un jour de repos complet entre deux demi-journées consécutives", et il infère de cela que la capacité de travail exigible est désormais de 20 %. Ce taux est par ailleurs confirmé par les experts dans leur appréciation du cas, ainsi que leurs réponses aux questions de la cour cantonale. Cela étant, si, selon l'expert orthopédiste, le recourant est apte à travailler deux fois deux demi-journées de quatre heures, avec un jour de repos complet entre deux demi-journées consécutives, force est de constater que la durée d'activité hebdomadaire est comparable à celle que l'intéressé exerçait avant l'accident, à savoir deux jours de travail de huit heures consécutives. Dans ces conditions, on ne comprend donc pas pourquoi les experts concluent à un taux de capacité de travail de 20 % au lieu de 40 %, laissant ainsi apparaître une contradiction ou, à tout le moins une divergence, entre la motivation et les conclusions de l'expertise. Comme le soutient la recourante, les réserves entachant la force probante du rapport d'expertise de la PMU constituaient dès lors un motif sérieux pour que la cour cantonale ordonnât un complément d'expertise. Vu ce qui précède, il n'est pas possible de statuer en connaissance de cause sur le droit de l'intimé à une rente d'invalidité sans une instruction complémentaire. La cause doit dès lors être renvoyée à la juridiction précédente pour qu'elle rende un nouveau jugement après complément d'instruction sous la forme d'une demande d'éclaircissement adressée aux experts. Le recours se révèle ainsi bien fondé.