Citation: 6B_329/2024 E. 4.3.1

4.3.1. Selon la cour cantonale, la recourante avait estimé la durée totale des actes qu'elle aurait subis à quatre heures selon ses déclarations à la police et à six heures selon ses déclarations à sa psychologue ainsi qu'à l'un de ses amis. Il était en tous les cas question d'une scène violente et brutale, qui aurait duré plusieurs heures. Or, le rapport médical établi le lendemain des faits, par le Service des Urgences des Établissements Hospitaliers du Nord vaudois, ne faisait état d'aucune trace de violence, ni d'aucun hématome ou de lésion sur le cou, la nuque ou le visage de la recourante. Il ne relevait aucune douleur à la palpation dans ces zones. Les documents de transmission du lendemain et les suivants ne mentionnaient pas non plus de traces de violence. Le 11 octobre 2019, soit six jours après les faits, l'Unité de médecine des violences du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML) avait établi un constat médical qui ne faisait pas état d'ecchymoses caractérisées au niveau de la tête et du cou mais tout au plus de rougeurs ("zones érythémateuses") au sein du cuir chevelu. Quatre traces étaient décrites comme étant des ecchymoses de couleur "jaune brunâtre" au niveau du bras gauche, de la fesse droite et de la cuisse droite et une discrète décoloration de 0,3 cm de diamètre était reportée au niveau du sein droit. La recourante avait produit à l'appui de sa plainte neuf photographies d'elle-même, prises par ses soins les 5 et 8 octobre 2019. Ces images ne montraient pas de traces flagrantes de violence. Aucune ecchymose ou trace de coups n'avait en outre été relevée par les agents de police ayant recueilli la recourante. L'ex-compagnon de celle-ci avait évoqué un "léger bleu" vers la mâchoire qui n'était pas très apparent et avait constaté, quelques jours après les faits, un bleu sur sa nuque. La mère de la recourante avait déclaré avoir vu sa fille "un ou deux jours après les évènements" et qu'elle présentait alors des "bleus sous les yeux [...] comme des coquards sous les deux yeux", que "son visage était enflé" et "elle avait un gros bleu sur la pommette", un "gros bleu qui allait de la pommette jusque sous la bouche [...] vraiment assez important", des "bleus au niveau du cou [...] assez rouge", une "rougeur au bas de la nuque, en partie dans les cheveux", un "bleu en bas du dos", un "bleu sur son bras", un "bleu sur sa poitrine". Ces déclarations devaient néanmoins être appréciées avec circonspection, dès lors que, outre le fait qu'elles émanaient de la mère de la recourante, la plupart des marques évoquées ne correspondaient ni aux constats médicaux à disposition, ni aux photographies produites. Certaines marques étaient même contredites par la recourante elle-même, comme les coquards sous les yeux. D'un point de vue médical, et compte tenu du récit de la recourante, les éléments de preuve développés ne permettaient pas de corroborer sa version, soit qu'elle aurait été victime d'une agression, de gifles à répétition, d'un étranglement avec une ceinture au point qu'elle avait cru en mourir et qu'elle avait vu des étoiles et d'un viol avec maintien par la force. Il y avait une certaine difficulté à concevoir que, à la suite des faits relatés par la recourante, aucune trace usuelle de violence ou de strangulation n'eut été observée par les deux médecins urgentistes qui l'avaient examinée les 5 et 11 octobre 2019, alors même que le motif de consultation - soit des coups et blessures après une agression - avait été annoncé. Les légères traces relevées apparaissaient bénignes et auraient pu avoir été causées par n'importe quel faux mouvement de la vie quotidienne. À cela s'ajoutait que la recourante pratiquait la boxe au moment des faits et qu'un de ses amis avait confirmé avoir déjà constaté des marques sur le corps de celle-ci après des entraînements de boxe. Il avait par ailleurs précisé qu'elle pratiquait la boxe thaïlandaise, catégorie de boxe incluant des coups de poings, de pieds, de coudes et de genoux.