Citation: 6B_1228/2023 E. 2.2

2.2. En substance, la cour cantonale a retenu que les dégâts sur les deux véhicules étaient relativement importants. Elle a qualifié de hâtive la conclusion retenue par les policiers que les enfoncements dans les deux carrosseries (l'un replié vers l'avant et l'autre vers l'arrière) permettaient de prouver que la voiture de la recourante avait heurté et frotté la voiture de B.________. Le sens différent dans lequel les carrosseries ont été pliées autorise uniquement de conclure que le véhicule conduit par la recourante roulait plus vite que celui de B.________, sans que l'on puisse formuler d'hypothèse fiable quant à savoir qui avait effectué la manoeuvre litigieuse en direction de l'autre et provoqué ainsi les dégâts constatés. Pour autant, de l'avis de la cour cantonale, les éléments de preuve à disposition au dossier, pris dans leur ensemble, permettent de considérer qu'il n'existe aucun doute raisonnable sur le fait que le comportement de la recourante est bien à l'origine de l'accident en cause, sans nécessiter d'expertise. Elle retient notamment qu'il est établi par les déclarations des policiers que celle-ci a tout mis en oeuvre pour leur échapper et que le comportement qu'elle a adopté peu après l'accident est à ce point caractéristique d'une personne cherchant à échapper à ses responsabilités qu'il signe déjà par sa nature sa culpabilité, dès lors qu'elle ne fournit pas la moindre raison crédible à même de justifier les multiples manoeuvres qu'elle a réalisées pour éviter son interpellation. La cour cantonale souligne en outre que la recourante n'a pas simplement contourné le véhicule qui lui faisait face, tous les attributs enclenchés, mais qu'elle a accéléré fortement, montant en partie avec sa propre voiture sur le trottoir et faisant crisser ses pneus. Cette manoeuvre trahit à elle seule, et de manière caractérisée, son intention d'échapper au contrôle de police, qui ne s'explique que par la volonté de ne pas avoir à assumer les conséquences de l'accident dont elle se savait responsable. La cour cantonale juge les déclarations de la recourante dépourvues de toute crédibilité, contrairement à celles de B.________, dont la crédibilité est confortée par le fait qu'il a immédiatement contacté la police pour dénoncer les événements dont il avait été victime et qu'il n'avait aucune raison de dénoncer faussement la recourante, qu'il ne connaissait pas. Après avoir encore relevé que le fait que la recourante a déjà fait l'objet d'une condamnation en 2020 pour des faits similaires et les inscriptions figurant à son fichier SIAC mentionnent deux retraits de permis en 2010 et 2020 ne plaident pas en sa faveur, la cour cantonale conclut que la fuite de la recourante ne trouve ainsi pas d'autre explication logique qu'une tentative désespérée d'échapper à ses responsabilités par rapport à l'accident qu'elle a provoqué, et que la réquisition de preuve sollicitée n'est pas susceptible de remettre en question cette appréciation.