Citation: 9C_82/2019 E. 4

Le grief développé par l'assuré au sujet de la valeur probante du volet somatique de l'expertise de la clinique C.________ est fondé. Le Tribunal fédéral a effectivement retenu qu'il n'était pas contraire au droit de retirer l'autorisation d'exploiter son "département expertise" à la clinique C.________ pour une durée de trois mois, dans la mesure où de très graves manquements avaient été constatés dans la gestion de cette institution de santé, en particulier de graves violation des devoirs professionnels incombant à une personne responsable de l'établissement en question (arrêt 2C_32/2017 du 22 décembre 2017 consid. 6 et 7). Il a en outre considéré que ces graves manquements portaient atteinte à la confiance que les personnes assurées et les organes des assurances sociales étaient en droit d'accorder à l'institution chargée de l'expertise de sorte qu'il n'était pas admissible de reprendre les conclusions d'une expertise établie dans de telles circonstances (cf. arrêt 8F_8/2018 du 7 janvier 2019 consid. 2.3.2). Dès lors que, co mme l'a reconnu la juridiction cantonale, les rapports d'expertise de la clinique C.________ des 15 avril et 27 mai 2013, sur lesquelles repose l'appréciation du volet somatique du cas d'espèce, ont été établis durant la période au cours de laquelle les graves manquements évoqués ont été constatés, il n'est pas possible de leur accorder une pleine confiance. Ces rapports ne pouvaient donc servir de fondement pour évaluer l'état de santé somatique du recourant. Peu importent à cet égard les considérations du tribunal cantonal selon lesquelles les résultats objectifs d'un examen somatique ne pouvaient être modifiés; en dehors du fait que seule l'appréciation de ceux-ci est déterminante, les exigences liées à la qualité d'exécution d'un mandat d'expertise médicale en droit des assurances sociales ne pouvaient pas être considérées comme suffisamment garanties au sein du "département expertise" de la clinique en cause (voir aussi ATF 144 V 258 consid. 2.3.2 p. 262). A ce stade et compte tenu de l'avis du médecin traitant qui atteste une incapacité de travail en raison d'atteintes somatiques (voir rapports du docteur F.________ des 3 janvier 2015 et 1er novembre 2016), une nouvelle évaluation médicale est nécessaire. Il convient par conséquent d'annuler le jugement et la décision administrative pour ce motif déjà, sans qu'il soit nécessaire d'examiner le second grief du recourant, et de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il complète l'instruction médicale du cas sur le plan somatique et rende une nouvelle décision sur le droit aux prestations de l'assurance-invalidité.