Citation: C 12/03 10.07.2003 E. 5

Il reste à déterminer si l'appréciation du recourant, qui a fixé à 31 jours la durée de la suspension du droit à l'indemnité de l'intimé, peut être suivie. 5.1 Selon l'art. 45 al. 3 LACI, il y a faute grave lorsque l'assuré abandonne un emploi réputé convenable sans être assuré d'obtenir un nouvel emploi ou lorsqu'il refuse un emploi réputé convenable sans motif valable. En cas de faute grave, la durée de la suspension est de 31 à 60 jours (art. 45 al. 2 let. c OACI). Dans l'appréciation de la faute en cas de suspension pour abandon d'un emploi convenable sans assurance d'obtenir un nouvel emploi (art. 44 al. 1 let. b OACI), il faut en général accorder plus d'importance à l'état de fait concret que dans l'hypothèse du refus d'un emploi réputé convenable (art. 30 al. 1 let. d LACI) dans laquelle l'existence et l'importance de la faute sont le plus souvent clairement établies. Dans le cas d'une suspension conformément à l'art. 44 al. 1 let. b OACI, l'art. 45 al. 3 OACI constitue une règle dont l'administration et le juge des assurances peuvent s'écarter lorsque des circonstances particulières le justifient. Dans cette mesure, ils disposent d'un pouvoir d'appréciation qui n'est pas limité à une durée de suspension dans le cadre d'une faute grave, mais leur permet de prononcer une sanction plus légère (DTA 2000 n° 8 p. 42 consid. 2c). 5.2 En l'occurrence, si l'emploi que l'intimé occupait avant de se trouver au chômage par sa faute doit être tenu pour convenable au sens de la loi (art. 16 al. 2 LACI), T.________ a tout de même été placé dans une situation particulièrement inconfortable. Il a ainsi été confronté à un climat de travail défavorable et tendu, devant faire face au mécontentement des créanciers de la société sans aucun soutien de la part de la direction (voir consid. 4). Dans de telles circonstances, dont il y a lieu de tenir compte dans le cadre de l'appréciation de la faute (cf. arrêt S. du 20 avril 2001, [C 155/00]; voir aussi Chopard, Die Einstellung in der Anspruchsberechtigung, thèse Zurich 1998, p. 124), il convient de réduire la durée de la suspension de l'exercice du droit à l'indemnité à 18 jours. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: