Citation: 4A_606/2021 E. 1

Même en suivant la thèse selon laquelle l'opinion du Dr C.________ constituerait, en réalité, un moyen de preuve qui existait déjà durant la procédure arbitrale, la demande de révision devrait là aussi être rejetée. La requérante doit en effet se laisser opposer le fait qu'elle n'a pas pris le soin de produire elle-même un témoignage écrit du Dr C.________ durant la procédure arbitrale, alors que rien n'indique qu'une telle démarche aurait été impossible. A cet égard, il sied de relever que l'art. R44.1 par. 3 du Code de l'arbitrage en matière de sport réserve expressément la possibilité pour les parties d'indiquer, dans leurs écritures, les noms des témoins qu'elles désirent faire entendre, en incluant un bref résumé de leur témoignage présumé, et de déposer d'éventuels témoignages écrits. La requérante affirme, certes, en se référant à l'art. 5.4.5 du Standard international pour les laboratoires (ISL, pour International Standard for Laboratories) de l'AMA ainsi qu'à l'art. 4.0 du Code éthique des laboratoires, que les experts des laboratoires agréés par l'AMA ont l'interdiction de témoigner en faveur des athlètes et, partant, que le Dr C.________ ne pouvait pas soutenir sa cause durant la procédure arbitrale. Cela étant, l'intimée et le TAS soulignent, à juste titre, que pareille interdiction ne vise que les employés de laboratoires. Or, l'expert précité travaille pour le compte d'une agence antidopage et non d'un laboratoire. Aussi rien n'indique que le Dr C.________ n'aurait pas pu fournir un témoignage écrit visant à étayer la thèse de l'athlète durant la procédure arbitrale. Dans ces conditions, la requérante ne saurait par conséquent faire reposer sa demande de révision sur un élément qu'elle aurait, à tout le moins, pu tenter de produire dans le cadre de la procédure arbitrale. Par surabondance, on relèvera que les considérations émises dans l'arrêt rendu le 17 mars 2020 par la Cour de céans dans la cause 4A_597/2019 peuvent être transposées ici mutatis mutandis. Dans cette affaire, un athlète convaincu de dopage avait déposé une requête de révision dirigée contre une sentence du TAS pour contester la suspension qui avait été prononcée à son encontre. A l'appui de sa demande, il s'était prévalu d'un rapport d'expertise, postérieur à la sentence attaquée, visant à démontrer que l'échantillon prélevé avait été manipulé. Le Tribunal fédéral a souligné qu'un rapport d'expertise postérieur à une sentence arbitrale ne saurait en principe fonder une demande de révision. Il a en outre rappelé que la voie de la révision ne constitue pas uniquement la continuation de la procédure précédente, mais bel et bien un moyen de droit extraordinaire et qu'il appartient ainsi aux parties de contribuer en temps utile à l'établissement des faits litigieux conformément aux règles de procédure applicables (consid. 4.2). Il s'ensuit que la requérante ne saurait fonder sa demande de révision sur le témoignage du Dr C.________ faute pour elle d'avoir démontré qu'elle n'aurait pas pu s'en prévaloir dans la procédure précédente, la condition n° 5 mentionnée ci-dessus n'étant ainsi pas réalisée. L'intéressée n'est dès lors pas recevable à produire d'autres moyens de preuve pour établir un fait qu'elle n'a pas réussi à prouver au cours de la procédure d'arbitrage. Partant, il n'y a pas lieu d'examiner si le moyen de preuve invoqué par l'intéressée serait concluant, en ce sens qu'il suffirait à lui seul pour convaincre les arbitres de l'existence d'un cas de faux positif.