Citation: 6B_1485/2021 E. 2.6.1

2.6.1. En effet, concernant l'intérêt du recourant à rester en Suisse, il convient de relever que celui-ci y vit depuis l'âge de huit ans et dispose d'un permis d'établissement. Cela étant, le recourant ne peut se prévaloir d'une intégration particulière en Suisse. Il n'a pas achevé de formation, il est endetté à hauteur de 80'000 fr. selon ses propres estimations et surtout, depuis plusieurs années, il ne démontre aucune volonté de travailler. Le jugement entrepris ne contient pas de constatations de fait en lien avec ses éventuelles attaches au Kosovo, cependant, il ressort de ses déclarations devant l'autorité précédente qu'il parle albanais, se rendait dans ce pays pour les vacances, dans la maison de son grand-père désormais décédé, et qu'il y a des cousins de son père (jugement entrepris, p. 4). Pour le reste, sa famille vit en Suisse. Ainsi, si le retour dans le pays qu'il a quitté enfant ne sera de toute évidence pas facile, sa connaissance de la langue, en particulier, devrait néanmoins l'aider à s'y intégrer. Le recourant est certes marié à une ressortissante kosovare qui vit en Suisse depuis longtemps et est le père de deux enfants âgés respectivement de 14 et 12 ans, scolarisés à U.________. Cependant, la cour cantonale a constaté sans arbitraire (consid. 1 supra) que le recourant ne vivait plus une vie de famille depuis environ cinq ans, durée qui serait encore prolongée par l'exécution de sa peine. Il entretenait des relations avec d'autres femmes - celle avec F.________ n'ayant rien d'anecdotique dans la mesure où il passait tout son temps auprès d'elle et avait repris une boulangerie avec celle-ci - et vivait une vie bien loin de celle du bon père de famille. Le recourant est également malvenu de faire valoir qu'en cas d'expulsion au Kosovo, il ne sera pas en mesure de contribuer à l'entretien de sa famille et que son épouse devra alors assumer seule les dettes de son conjoint et même une partie de l'entretien de celui-ci, alors que depuis plusieurs années, elle pourvoit seule à ses propres besoins et à ceux de leurs enfants. Par ailleurs, en tant que le recourant se prévaut du droit de ses enfants d'entretenir des contacts réguliers avec leur père, il sied de relever que l'intérêt supérieur et du bien-être de l'enfant (cf. art. 3 de la Convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant [CDE; RS 0.107]) est particulièrement atteint quand l'expulsion entraîne une rupture de l'unité familiale, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, au regard des faits constatés. En tout état de cause, le recourant ne saurait déduire aucun droit à demeurer en Suisse des dispositions de la CDE (cf. ATF 140 I 145 consid. 3.2 p. 148; 139 I 315 consid. 2.4 et 2.5 p. 320 ss; arrêts 6B_1035/2021 du 16 décembre 2021 consid. 4; 6B_939/2020 du 4 mars 2021 consid. 3.3.1). Au regard des relations actuelles entre le recourant et ses enfants, on doit considérer que les moyens de télécommunications modernes permettront suffisamment de garder des contacts entre eux.