Citation: 5A_534/2019 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, l'autorité cantonale a estimé, contrairement au premier juge, que la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent n'était pas applicable. En effet, la question des économies réalisées par le couple durant la vie commune avait été soulevée pour la première fois en appel, soit tardivement (art. 317 CPC), de sorte qu'il n'y avait pas lieu de tenir compte des allégués y relatifs. Cela étant, même à supposer que l'on fasse application de la méthode du minimum vital, l'appelant n'établissait pas que son train de vie antérieur justifiât une répartition de l'excédent en sa faveur, étant observé qu'il ne pouvait prétendre à un niveau de vie plus élevé que celui dont il bénéficiait durant la vie commune. La contribution d'entretien devant être fixée selon la méthode du train de vie, il n'y avait pas lieu d'entrer en matière sur le grief de l'appelant relatif au montant du revenu de l'épouse tel que déterminé par le premier juge, moyen qui était invoqué en lien avec l'application de la méthode du minimum vital. Après déduction des charges constituant le train de vie de l'épouse et des sommes assurant l'entretien convenable des enfants, ledit revenu, à savoir 20'000 fr., révélait un disponible de 10'825 fr. 35 (20'000 fr. - 9'174 fr. 65), ce qui permettait de couvrir le train de vie antérieur du mari, d'un montant de 5'391 fr. 05. La détermination d'un éventuel revenu plus élevé de l'épouse n'était ainsi pas pertinente pour l'issue du litige. Par ailleurs, la convention des parties devait être modifiée pour tenir compte des frais supplémentaires engendrés par la vie séparée. Examinant si un revenu hypothétique devait être imputé au mari, la Juge déléguée a estimé qu'il pouvait être raisonnablement exigé de lui qu'il reprenne une activité lucrative dans le domaine du courtage immobilier et qu'il avait la possibilité effective de réaliser un revenu mensuel net de 6'824 fr. dès le 1er juillet 2019, un délai d'adaptation de deux à trois ans à compter du début de son projet de start-up, décidé en commun par les époux en mars 2017, pour arriver à une capacité de gain pleine et entière étant conforme à l'expérience de la vie. Ce terme correspondait du reste à un délai d'une année depuis la séparation, ce qui paraissait également adéquat de ce point de vue.