Citation: 4A_135/2014 E. 4.1

4.1. Dans son mémoire d'appel, la recourante fait valoir que durant de longues années, l'établissement de Z.________ SA à Bienne a géré sa fortune et celle de son mari selon une approche conservatrice, et que depuis son veuvage, l'établissement savait qu'elle n'avait pas de ressources autres que ce patrimoine, hormis une modeste rente. La gestion de A.________ n'était, elle, en aucune manière conservatrice; notamment en raison de l'usage de crédits accordés par la banque, elle comportait un effet de levier très important et les clients encouraient le risque qui s'est finalement réalisé, soit perdre la totalité de leurs avoirs sans possibilité d'attendre un redressement des cours. La banque a ainsi prêté jusqu'à plus de deux fois les fonds propres des clients, ce qui est prétendument inusuel. La banque pouvait et devait discerner que cette stratégie aventureuse était totalement inadaptée à la situation personnelle et patrimoniale de la recourante; par son collaborateur Y.________, lors de la réunion du 15 mai 2007 à Fribourg, elle aurait dû la dissuader de donner mandat à A.________ et l'avertir qu'elle risquait la perte complète de sa fortune. En gardant le silence, la banque a violé ses devoirs contractuels et engagé sa responsabilité. La recourante lui réclame un dédommagement correspondant, en substance, à la valeur présumable de son patrimoine au 22 octobre 2008 dans l'hypothèse où la gestion conservatrice de l'établissement de Bienne se fût perpétuée.