Citation: 9C_41/2016 E. 3.3.2

3.3.2. Pour ce qui est de la période postérieure courant jusqu'à la fin du mois de novembre 2012 (consid. 2 supra), parmi les médecins mandatés successivement par l'office AI, seul le docteur J.________ s'est prononcé de manière détaillée; dans leur seconde expertise du 28 avril 2014, les médecins du CEMed ont fait état d'une capacité résiduelle de travail nulle "actuellement", soit au moment où ils ont rendu leur avis (seule une incapacité de travail de 20 % au moins étant attestée depuis octobre 2009). Le docteur J.________ a mis en évidence un épisode dépressif moyen récurrent, actuellement en rémission partielle, qui faisait suite à plusieurs épisodes dépressifs, également d'intensité moyenne et parfois sévère. Pour la période ici déterminante, il a conclu à une capacité de travail de 50 % jusqu'au 31 mars 2012, de 0 % du 1 er avril 2012 au 30 septembre 2012, puis de 50 % dès le 1 er octobre 2012 (rapport du 4 décembre 2012, p. 31). En l'absence d'une autre évaluation médicale qui mettrait en doute ces constatations médicales, il y a lieu de les suivre. A cet égard, l'avis du médecin du SMR du 15 mai 2013 ne convainc pas: il omet le fait que le docteur J.________ a indiqué ne pas retenir de limitations fonctionnelles significatives directement en lien avec les douleurs somatoformes, mais en lien avec les épisodes dépressifs récurrents (eux-mêmes probablement réactionnels aux troubles somatoformes [objectivés] sous-jacents). Il a par ailleurs précisé (complément du 8 mars 2013) que le substrat organique objectivable contredisait l'existence d'un trouble somatoforme douloureux (même s'il s'est ensuite prononcé sur les critères jurisprudentiels alors applicables [cf. ATF 130 V 352]). En d'autres termes, le psychiatre a admis une composante somatique expliquant les douleurs de l'assurée, ainsi que des limitations résultant de la seule symptomatologie dépressive. Ses indications montrent qu'il n'a pas accordé au trouble somatoforme douloureux une portée prépondérante, à l'inverse du médecin du SMR qui a nié tout effet incapacitant à ce diagnostic au seul motif de l'absence de perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, ce qui ne constituait qu'un critère jurisprudentiel parmi d'autres et ne pouvait dès lors suffire pour une telle conclusion. Il convient par conséquent de constater que l'assurée a disposé d'une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée de janvier à mars 2012, de 0 % du 1 er avril 2012 au 30 septembre 2012, puis à nouveau de 50 % dès septembre 2012. Au regard de la courte durée pendant laquelle l'intimée a recouvré une capacité partielle de travail, qui n'a pas dépassé trois mois et ne permet donc pas d'admettre que l'amélioration de l'état de santé allait se maintenir sur une assez longue période (cf. art. 88a RAI), la modification de la capacité de gain qui en aurait résulté ne peut pas être prise en considération dans le contexte de l'octroi rétroactif d'une rente échelonnée dans le temps (cf. arrêt 9C_302/2015 du 18 septembre 2015 consid. 5.1).