Citation: 4A_158/2010 22.06.2010 E. A

Le 29 août 2002, X.________ a été engagée par A.________ Sàrl en qualité de vendeuse-serveuse pour l'un de ses magasins. B.________, associée gérante de l'employeuse, ne se rendait pas souvent au point de vente où X.________ avait été affectée, laissant l'équipe s'autogérer; le magasin fonctionnait bien, notamment avec X.________; dotée d'une forte personnalité, celle-ci avait pris la tête de l'équipe, ce qui convenait à la direction; toutefois, aucune des employées ne se voyait investie par l'employeuse responsable du magasin ou chef d'équipe; le travail de X.________ était excellent et apprécié. En 2005-2006, trois incidents ont opposé X.________ à une collègue de travail de l'époque, dame C.________; informée des problèmes, B.________ a fait venir les deux protagonistes, à deux reprises au moins, au siège de l'entreprise et les a sommées, en présence de D.________, doyenne de l'équipe, de s'entendre, faute de quoi elle se verrait obligée de se séparer d'elles; elle ne parvenait pas à démêler le vrai du faux ni à déterminer la source du conflit; à l'issue d'un troisième incident, B.________ a décidé de séparer les protagonistes et offert à dame C.________ de travailler dans un autre magasin; cette proposition ayant été déclinée, l'intéressée a été licenciée, mesure qui l'arrangeait car elle s'apprêtait à démissionner. Par la suite, des tensions sont intervenues entre X.________ et E.________, qui avait succédé à dame C.________; victime d'une insulte, X.________ s'est plainte auprès de B.________ qui, venue sur place, a réussi à calmer la situation. X.________ et D.________ se sont progressivement liées d'amitié et ont pris l'habitude de partir ensemble en vacances, ce qui a été le cas en été 2007 et 2008. Le lundi 18 août 2008, à leur retour de vacances, elles ont constaté la présence d'une nouvelle employée en la personne de F.________, qui avait été engagée début 2008 en qualité de remplaçante et travaillait pour la première fois dans ce magasin, où elle devait oeuvrer de mi-août au au 29 août 2008, durant les vacances de E.________; la semaine précédent le retour de X.________ et D.________, F.________ avait travaillé avec G.________ et il n'y avait eu aucun problème particulier; après le retour de celles-là, G.________ a éprouvé beaucoup de mal à adresser la parole à F.________, qui s'est sentie coupée; X.________ ne lui adressait pas non plus la parole. Le mardi 19 août 2008, une dispute a opposée G.________ à F.________, qui s'en est plainte auprès de D.________; celle-ci, usant de son expérience et de son âge, a convoqué les deux protagonistes, leur a dit qu'il n'était pas possible de travailler de la sorte et a demandé à G.________ de présenter des excuses à F.________, ce qu'elle a fait; X.________ n'était pas présente au magasin lors de cet incident, qui lui a été relaté le soir même au téléphone par G.________, qui l'a contactée pour lui demander d'intervenir dans le litige qui l'opposait à F.________ et D.________, la sachant amie de l'une d'elles. Le mercredi 20 août 2008, X.________ a demandé à D.________ pourquoi elle s'était mêlée de ce litige, lui signifiant qu'il ne fallait pas prendre parti et que c'était une affaire entre deux adultes; D.________ lui a répondu que le comportement de G.________ était inacceptable et que l'ambiance de travail était mauvaise; constatant l'influence exercée par X.________ sur D.________, F.________, dotée elle aussi d'une forte personnalité, a interpellé la première, la priant de s'adresser directement à elle si elle avait quelque chose à lui reprocher et de laisser D.________ tranquille, ajoutant que si elle impressionnait les autres personnes, ce n'était pas son cas, qu'elle avait dépassé l'âge de la récréation. Le 21 août 2008, D.________ a remarqué que X.________ lui avait mis des photos de leurs vacances dans son casier; pour la remercier, elle a acheté un bouquet de fleurs et les lui a offertes à en disant "Ecoute x.________, notre amitié s'arrête là"; X.________ a refusé les fleurs et les a jetées à la poubelle, précisant qu'elle ne pouvait pas garder "des fleurs qui enterrent l'amitié"; le soir-même, D.________ a appelé B.________ pour lui relater l'incident et annoncer son intention de démissionner, ne pouvant plus supporter le climat de travail; celle-ci lui a alors répondu "Je suis au courant de la situation car j'en ai été informée par F.________. Je ne peux pas vous empêcher de partir, mais attendez, car notre décision est prise". En effet, F.________ avait de son côté rapporté l'incident à la patronne, l'informant que l'ambiance de travail était mauvaise et qu'elle ne souhaitait plus effectuer des remplacements dans ce magasin; elle avait imputé cette situation à X.________ qui, à son avis, prenait tout en main, gérait tout et donnait des directives à toutes ses collègues. Le 29 août 2008, B.________ et le second associé gérant de l'employeuse se sont présentés à 13h30 au magasin, ont convié X.________ dans un coin et lui ont notifié son licenciement pour fin novembre 2008, avec libération immédiate de la place de travail; B.________ a fait assister H.________ à cet entretien pour qu'elle serve de témoin que le congé avait été notifié avant la fin du mois; elle lui a également donné à lire la lettre de congé, puis l'a remise à l'intéressée; X.________, surprise et choquée, a tenté de comprendre et demandé les raisons de son licenciement; B.________, prise par le temps dès lors qu'elle devait assister à un enterrement, n'a pas voulu s'attarder et a prié X.________ de prendre ses affaires et de s'en aller; l'original de la lettre de congé, datée du 27 août 2008 et déjà expédié en recommandé la veille, indiquait que "le comportement inacceptable que vous avez eu envers deux de vos collègues de travail nous conduit à nous passer de vos services avec effet immédiat. Le salaire des deux mois de préavis, le solde de vacances et la part de 13ème salaire vous seront versés début septembre"; le congé n'a pas été précédé d'une tentative de l'employeuse de désamorcer le conflit survenu; aucune des protagonistes n'a été convoquée au siège de l'entreprise et il n'y a eu ni enquête, ni confrontation. Le 20 octobre 2008, X.________ a formé opposition à son congé et demandé les motifs de cette mesure; par courrier du 28 octobre 2008, B.________ a indiqué avoir donné "toutes les informations concernant cette décision"; le 13 novembre 2008, l'employeuse à précisé que le congé était dû au "comportement inadéquat avec deux de ses collègues", ce qui aurait conduit à la rupture du rapport de confiance. G.________ a été licenciée fin 2008 pour fin février 2009 et les rapports de travail de D.________ se sont terminés fin novembre 2009.