Citation: 2A.559/2004 01.10.2004 E. 5

C'est en vain que le recourant se prévaut du respect de sa vie privée et familiale garanti par l'art. 8 CEDH. L'application de cette disposition conventionnelle est en effet subordonnée à la condition que la vie familiale soit vécue de manière étroite et effective (cf. ATF 129 II 193 consid. 5.3.1 p. 211; 124 II 361 consid. 1b p. 364). Or, le recourant ne réalise justement pas cette condition à l'égard de son épouse, ainsi qu'on l'a vu (cf. supra consid. 4), non plus qu'à l'égard de sa fille. En effet, mis à part des affirmations non étayées, il ne fait état, dans son recours, d'aucune circonstance propre à contredire les faits établis par les premiers juges, à savoir que, depuis la naissance de sa fille, il a fait montre de «beaucoup de mauvaise volonté à verser l'intégralité de la pension qu'il doit pour celle-ci», tandis que le droit de visite s'est exercé dans un climat très conflictuel, son épouse ayant dû déposer contre lui plusieurs plaintes pénales pour violation de l'obligation d'entretien ainsi que pour menaces et injures (il avait notamment menacé d'enlever sa fille). Il ne saurait donc déduire de la relation qu'il entretient avec son enfant le droit à une autorisation de séjour. Le refus qui lui a été opposé apparaît au contraire conforme au principe de la proportionnalité, étant précisé que le retour du recourant dans son pays d'origine, s'il complique assurément l'exercice du droit de visite, ne le rend cependant pas impossible. En outre, on ne saurait passer sous silence, dans la pesée des intérêts en présence, le fait que, depuis son arrivée en Suisse, l'intéressé est régulièrement retourné en Yougoslavie pour rendre visite à ses parents ainsi qu'à ses deux - voire trois, le point n'est pas clair - enfants qu'il a eus dans ce pays en 1993 et 1995 avec une compatriote dont il a divorcé en août 2002.