Citation: 1P.523/2005 13.12.2005 E. 3

3.1 En l'occurrence, le Tribunal cantonal a considéré que l'appréciation des preuves faite par le premier juge n'était pas insoutenable et que celui-ci n'avait pas violé le principe de la présomption d'innocence en tenant une vitesse d'au moins 90 km/h pour établie. 3.2 Le recourant affirme au contraire que des doutes subsistent en raison notamment des déclarations imprécises et contradictoires du dénonciateur. De plus, ce serait à tort que l'autorité attaquée a retenu que les déclarations du recourant étaient contradictoires. Le premier juge aurait donc procédé à une appréciation des preuves arbitraire et violé le principe de la présomption d'innocence en retenant une vitesse de 90 km/h. Ces critiques ont déjà été développées devant le Tribunal cantonal et le recourant n'explique pas clairement en quoi cette autorité aurait refusé à tort de qualifier d'arbitraire l'appréciation des preuves faite par le Juge de police. Il est dès lors douteux que le grief tiré de la violation de l'art. 9 Cst. soit recevable au regard des exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Ce point peut cependant demeurer indécis, le recours s'avérant de toute façon matériellement mal fondé. C'est en effet à juste titre que le Tribunal cantonal a considéré que l'appréciation du premier juge n'était pas insoutenable. Il y a d'abord lieu de relever que le recourant ne conteste pas la méthode d'évaluation en tant que telle, mais qu'il estime que des doutes émanent des déclarations du dénonciateur. Or, quoi qu'en dise le recourant, ces déclarations ne sont pas contradictoires; elles sont certes imprécises sur des points de détail, mais elles permettent de déterminer l'essentiel, à savoir que l'intéressé circulait à une vitesse manifestement excessive. Le dénonciateur a en effet constamment indiqué que le compteur de son véhicule indiquait 120 km/h lorsqu'il suivait le prévenu à l'entrée de la localité du Poyet, où la vitesse était limitée à 60 km/h. A cet égard, il n'y a pas lieu de mettre en doute l'estimation faite par l'agent de police, dont on peut supposer qu'il a l'habitude de ce genre d'exercice. Quant au recourant, il n'est guère crédible lorsqu'il déclare, devant le Juge de police, qu'il roulait à 70 km/h à la hauteur du signal "60 Km/h". Si tel était le cas, on conçoit difficilement qu'il ait dans un premier temps admis qu'il allait trop vite et qu'il avait "mis les gaz". Quoi qu'il en soit, le Juge de police a tenu compte des particularités de la méthode d'évaluation du dénonciateur et a partiellement mis le recourant "au bénéfice du doute" en retenant une vitesse de 90 km/h. Cette façon de procéder est certes approximative, mais elle n'est pas pour autant insoutenable. Sur le vu de ces éléments et de l'ensemble des circonstances, le premier juge n'a pas usé de son large pouvoir d'appréciation des preuves de manière arbitraire au sens de la jurisprudence. Enfin, contrairement à ce qu'affirme le recourant, il n'y a pas eu de renversement du fardeau de la preuve en l'espèce. Dès lors qu'au terme de cette appréciation exempte d'arbitraire il ne subsiste pas de doute sérieux et irréductible quant à la culpabilité du recourant, le grief tiré de la violation de la présomption d'innocence doit être rejeté.