Citation: 9C_105/2009 19.08.2009 E. 2

2.1 Le Tribunal administratif du canton de Berne a constaté que c'était à bon droit que l'office AI s'était rallié aux recommandations du SMR et avait écarté l'expertise réalisée par l'Hôpital Y.________. Malgré un contexte clinique influencé par la présence d'un trouble somatoforme douloureux, l'expert psychiatre consulté, le docteur B.________, n'avait pas motivé le diagnostic d'état dépressif sévère avec syndrome somatique ni l'incapacité de travail totale qu'il en avait inférée. Or, la jurisprudence exigeait une grande rigueur quant à la réalisation de la condition liée à l'existence d'une atteinte à la santé psychique à caractère invalidant, question que les constatations peu précises du docteur B.________ ne permettaient pas de trancher. De plus, plusieurs éléments faisaient douter de l'unité et de la concordance des diverses évaluations spécialisées menées auprès de l'Hôpital Y.________. Il y avait lieu d'abord de s'étonner que la dépression profonde évoquée par le docteur B.________ puisse être compatible avec le descriptif de la vie quotidienne du recourant, tel qu'il ressortait des observations cliniques dressées en début d'expertise. L'évaluation psychiatrique concordait difficilement avec le résultat de la consultation rhumatologique, laquelle niait l'existence d'une cause objective pour les douleurs ressenties par le recourant et laissait entrevoir certains comportements incohérents et démonstratifs; à aucun endroit de son analyse le docteur B.________ ne faisait en effet mention de cette attitude démonstrative. Les examens paracliniques n'avaient enfin pas permis de détecter la présence de deux des trois substances médicamenteuses prescrites au recourant, sans que l'Hôpital Y.________ juge utile de faire mention de cette absence de compliance. 2.2 En revanche, l'expertise médicale du Centre V.________ répondait aux exigences posées par la jurisprudence relative à la valeur probante des documents médicaux. Tant sur la base des examens spécialisés et des données cliniques qui l'étayaient que de la discussion finale la concrétisant, l'évaluation de la capacité résiduelle de travail restante devait l'emporter sur celles divergentes des différents médecins consultés par le recourant, à savoir les docteurs P.________, F.________ et W.________. Le résultat final sur lequel débouchait l'évaluation pluridisciplinaire du Centre V.________ s'accordait mieux que les avis de ces médecins avec l'ensemble des observations cliniques ressortant du dossier. Ainsi, les phénomènes d'exagération perceptibles à la lecture de l'expertise de l'Hôpital Y.________ et évoqués jadis par le docteur F.________ avaient été expressément abordés et discutés par le Centre V.________, puis intégrés dans son évaluation diagnostique finale. Les motifs justifiant ce diagnostic étaient énumérés avec rigueur et précision. Il fallait tout d'abord mentionner les multiples discordances constatées par le Centre V.________ entre les plaintes émises par le patient et ses propres observations cliniques. S'y ajoutait la discordance entre le traitement médicamenteux prescrit et les dosages constatés lors des analyses de laboratoire. Le Centre V.________ pouvait enfin s'appuyer sur les constatations de la doctoresse I.________ confirmant la présence d'une tendance à l'amplification des symptômes.