Citation: 1P.249/2002 05.09.2002 E. A

M.________, ressortissant italien domicilié en Italie, est l'administrateur unique de la société E.________, dont le siège se trouve à Milan. M.________ et son épouse sont les ayants droit de cette société. En 1988, M.________ est devenu l'agent pour l'Italie de la société B.________, fabrique d'horlogerie au Brassus. Sa mission consistait à négocier des ventes de montres, pour le compte de B.________, en échange d'une commission correspondant à 10% du montant du prix des marchandises vendues. A la même époque, E.________ a été chargée du service après-vente de B.________ en Italie. Concrètement, M.________ communiquait à B.________ des bulletins de commande sur l'en-tête desquels figurait le nom de B.________, comportant le nom et l'adresse du client, ainsi que la quantité de montres commandées, le prix et le délai de livraison. En mai 1993, B.________ (reprise dans l'intervalle par la société H.________, devenue depuis S.________), a rompu ses relations avec M.________, pour confier à sa filiale H.________ Spa la distribution des montres B.________ en Italie. Le 26 août 1994, M.________ a ouvert action contre B.________ devant le Tribunal civil du district de la Vallée de Joux, en réclamant le paiement d'un montant total de 3'953'708 fr., correspondant à des commissions impayées et à une indemnité pour réparation du préjudice moral. Le 26 mai 1995, B.________, représentée par l'avocat Christian Fischer, a produit un mémoire de réponse en concluant au rejet de la demande. Elle a notamment fait valoir, sous chiffre 279 de ce mémoire, que seize revendeurs en Italie avaient annulé leur commande directement auprès d'elle. A l'appui de cet allégué, la défenderesse a produit seize lettres, dont treize datées du 15 octobre 1993, l'une du 28 janvier 1994, l'autre du 10 février 1994 et la dernière du 11 février 1994 (pièces n°114 à 129).