Citation: 4A_653/2015 E. 3.2.1

3.2.1. Dans le contrat d'entreprise, le devoir de vérification et d'avis du maître de l'ouvrage ne prend naissance qu'à la livraison de l'ouvrage (art. 367 al. 1 CO; ATF 117 II 264 consid. 2a), qui suppose l'achèvement des travaux (ATF 118 II 142 consid. 4 in fine). Du point de vue de l'entrepreneur, la réception correspond à la livraison (ATF 129 III 738 consid. 7.2 p. 748). La livraison (réception) est un concept juridique, qui repose sur des éléments de fait précis, de sorte que le Tribunal fédéral peut contrôler si la cour cantonale a fait une application juridique correcte de cette notion (arrêt 4A_252/2010 du 25 novembre 2010 consid. 5.4.). La livraison consiste dans la remise par l'entrepreneur au maître de l'ouvrage achevé et réalisé conformément au contrat; peu importe que l'ouvrage soit ou non entaché de défauts. La livraison par l'entrepreneur se fait par tradition ou par un avis, exprès ou tacite, de celui-ci au maître (ATF 129 III 738 ibidem; 115 II 456 consid. 4 p. 458/459). Si un avis d'achèvement des travaux est signifié, la livraison résulte de la seule réception de cet avis par le maître, sans qu'il faille encore que ce dernier ait la volonté de recevoir l'ouvrage (PETER GAUCH, Der Werkvertrag, 5e éd. 2011, n. 98 p. 36 à 37).