Citation: 1B_158/2009 29.06.2009 E. 3

Le recourant ne remet pas en cause l'existence de charges suffisantes, mais il conteste l'existence d'un risque de fuite. 3.1 Le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence citée). La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70, 108 Ia 64 consid. 3 p. 67). 3.2 En l'occurrence, la décision attaquée fonde l'existence d'un risque de fuite sur le fait que le recourant devrait encore purger près de trois ans de détention avant sa libération conditionnelle. Elle relève également que l'intéressé est un ressortissant italien ayant passé son enfance en France, où il possède une maison. Il est vrai que l'importance de la peine privative de liberté prononcée en première instance justifie une certaine prudence dans l'appréciation du risque de fuite. Selon la jurisprudence, cet élément ne peut cependant pas à lui seul justifier le maintien en détention, de sorte qu'il convient d'examiner s'il existe d'autres indices d'un éventuel risque de fuite. 3.3 La nationalité italienne du recourant ne constitue pas à elle seule un tel indice, dès lors que, selon le jugement du Tribunal pénal économique, l'intéressé a quitté l'Italie à l'âge de cinq ans. Quant à la résidence secondaire qu'il possède en France, elle n'est pas en soi déterminante. La décision attaquée ne dit au demeurant pas si le recourant a d'autres liens avec l'étranger, en particulier s'il a conservé des attaches en Italie et s'il a des contacts en France qui feraient redouter un risque de fuite dans ce pays. Les informations sur la situation personnelle de l'intéressé en Suisse sont également lacunaires; on ignore par exemple si ses enfants y vivent. Les éléments précités étaient pourtant nécessaires pour apprécier le risque de fuite. Le fait que le Président la Cour de cassation pénale neuchâteloise statue sur une demande dite d'effet suspensif ne le dispense pas d'exposer les éléments nécessaires à l'examen de ce qui est matériellement une demande de mise en liberté, comme le ferait le juge de la détention. En l'occurrence, les exigences de motivation étaient d'autant plus grandes que l'atteinte à la liberté personnelle est particulièrement longue (plus de trois ans et demi de détention préventive et de sûreté, interrompue pendant deux ans). Pour le surplus, il n'appartient pas au Tribunal fédéral de rechercher dans le dossier les renseignements qui permettraient de justifier le maintien en détention. En définitive, les éléments indispensables pour apprécier le risque de fuite font défaut, de sorte que le Tribunal fédéral n'est pas en mesure de statuer. Il y a dès lors lieu de constater que la décision attaquée ne contient pas "les motifs déterminants de fait et de droit" requis par l'art. 112 al. 1 let. b LTF, si bien qu'elle doit être annulée et que la cause doit être renvoyée à l'autorité cantonale en application de l'art. 112 al. 3 LTF.