Citation: K 115/99 04.05.2000 E. 3

3.- a) Le juge des assurances sociales doit, quelle que soit leur provenance, examiner l'ensemble des moyens de preuve de manière objective et décider s'ils permettent de trancher la question des droits litigieux de manière sûre. En particulier, le juge ne saurait statuer, en présence de rapports médicaux contradictoires, sans avoir examiné l'en- semble des preuves disponibles et sans indiquer les motifs qui le conduisent à retenir un avis médical plutôt qu'un autre (ATF 125 V 352 consid. 3a). En ce qui concerne, par ailleurs, la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la des- cription du contexte médical soit claire et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motivées (122 V 160 consid. 1c et les références). b) En l'occurrence, le docteur L.________ et les médecins traitants ont posé le même diagnostic : la recourante souffre de lombalgies chroniques. D'après le médecin-conseil de la Caisse-maladie et accidents Hotela, en dépit de la persistance des symptômes douloureux, une reprise du travail se justifie dès lors que l'assurée est en mesure de s'occuper de son ménage et qu'aucune solution chirurgicale n'est indiquée dans son cas. Cet avis est insatisfaisant. Selon les renseignements pris auprès de l'employeur, l'activité de F.________ consiste à faire les lits, nettoyer les salles de bains, passer l'aspirateur, ôter la poussière, monter le linge aux étages et faire le repassage. Or, les efforts physiques requis par sa pro- fession, de surcroît exercée à 100 %, ne sauraient équiva- loir à ceux déployés pour la tenue de son propre ménage. Le docteur L.________ reconnaît d'ailleurs lui-même que les lombalgies dont elle se plaint se déclenchent de manière mécanique et qu'en pareilles circonstances, l'activité de femme de ménage n'est pas "idéal (e) ". A cet égard, on relè- vera que le docteur D.________ a, pour les mêmes motifs, préconisé une reprise seulement partielle du travail, ou mieux une réorientation professionnelle (voir également le rapport du 15 juillet 1995 de la doctoresse A.________). Dans de telles conditions, les premiers juges ne pouvaient se contenter de trancher le litige sur la base du seul rap- port du docteur L.________. La cause sera en conséquence renvoyée à l'intimée pour qu'elle procède à des mesures d'instruction complémentaires sur cette question.