Citation: 1B_217/2023 E. 2

Selon les art. 78 et 92 al. 1 LTF, une décision prise en dernière instance cantonale relative à la récusation d'un procureur peut faire immédiatement l'objet d'un recours en matière pénale nonobstant son caractère incident. En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours doivent être motivés. Conformément à l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient à la partie recourante de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse (ATF 134 II 244 consid. 2.1). En particulier, la motivation doit se rapporter à l'objet du litige tel qu'il est circonscrit par la décision querellée (ATF 133 IV 119 consid. 6.4). Lorsque le recours est dirigé contre une décision d'irrecevabilité, les motifs développés dans le mémoire de recours doivent porter sur la question de la recevabilité traitée par l'instance précédente, à l'exclusion du fond du litige (ATF 123 V 335 consid. 1b). Cette jurisprudence est connue de la recourante (arrêt 1C_417/2020 du 30 juillet 2020 consid. 2). La recourante ne discute aucunement le motif retenu par la Cour de justice pour ne pas entrer en matière sur sa demande de récusation et rayer la cause du rôle, comme elle n'ignorait pas qu'il lui incombait de le faire, lui reprochant de manière appellatoire d'avoir versé dans l'arbitraire et violé l'art. 319 al. 1 let. a CPP en rejetant sa demande de récusation alors qu'elle l'a déclarée irrecevable. Elle ne cherche en particulier pas à démontrer en quoi l'autorité précédente aurait fait une application insoutenable de l'art. 385 al. 1 et 2 CPP en considérant que sa demande de récusation était insuffisamment motivée et en l'invitant à la compléter. Elle ne conteste pas davantage ne pas avoir réagi à cette invitation ni corrigé le vice qui entachait sa demande de récusation dans le délai imparti à cet effet. Le recours ne satisfait ainsi manifestement pas les exigences de motivation requises lorsque, comme en l'espèce, il est dirigé contre une décision d'irrecevabilité. L'insuffisance de la motivation qui affecte le recours n'est pas un vice réparable de sorte qu'il n'y a pas lieu d'accorder à la recourante un délai supplémentaire pour le compléter (cf. art. 42 al. 5 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.4.2).