Citation: 7B_6/2023 E. 3.2

3.2. Le recourant conteste avoir usé d'un moyen de contrainte physique à l'égard de la victime, soit notamment l'avoir maintenue par le poids de son corps, l'avoir saisie par les poignets ou à la bouche, ainsi que l'avoir caressée à travers les vêtements. Il soutient toutefois que même si tel était le cas, il avait à chaque fois cessé de son plein gré ses agissements contre la victime et que dès lors, il n'avait jamais atteint dans son esprit le degré permettant de considérer que la prochaine étape aurait été la pénétration, soit la réalisation de l'infraction. L'argumentation du recourant à l'appui de ce grief consiste là encore essentiellement à contester l'état de fait retenu par l'autorité précédente, respectivement l'appréciation des preuves qu'elle a effectuée, sans toutefois en démontrer le caractère arbitraire (cf. consid. 2.6 supra). Il sied donc de s'en tenir à l'état de fait de l'arrêt entrepris, qui lie la Cour de céans (cf. B.b infra), dont il découle que le recourant et la victime s'étaient réfugiés à 04h00 du matin dans un hall d'immeuble pour y passer la nuit et consommer de la drogue. Le recourant a manifesté à la victime par deux fois son envie d'entretenir un rapport sexuel avec elle, tout en faisant fi de son refus répété et qu'il avait vu, puisqu'il a en substance d'emblée déclaré qu'il était normal qu'ils aient un rapport sexuel, même si elle était fatiguée. Comme l'attestent les hématomes constatés par les médecins dans le bas du dos et sur les membres de la victime, le recourant a usé de force physique d'une certaine intensité pour la contraindre à se soumettre à lui. Après s'être allongé près d'elle et lui avoir caressé les parties intimes par-dessus sa robe, le recourant s'est en effet positionné sur la victime, en lui maintenant les poignets puis en plaçant la main sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Incapable de se dégager en raison du poids du recourant, qu'elle tentait de repousser avec les mains, la victime a fondu en larmes, ce qui traduit toute son impuissance face à la situation provoquée par le recourant. A la suite de cela, le recourant a mis fin à ses agissements et a quitté les lieux pour une dizaine de minutes. A son retour, il s'est à nouveau couché à côté de la victime qui était allongée face au mur et l'a retournée sur le dos. Il s'est placée sur elle, à califourchon, immobilisant ses jambes au moyen de ses genoux et mettant encore une fois sa main sur sa bouche pour étouffer ses cris. C'est alors qu'il a soulevé sa robe, qui atteignait ses chevilles, jusqu'au niveau de ses cuisses, tandis qu'elle résistait et le repoussait. La victime a ensuite tenté de raisonner le recourant, ce qui n'a toutefois eu pour effet que de renforcer sa détermination et d'accroître sa brutalité envers la victime, dont il a entrepris de plaquer la tête au sol tout en lui obstruant la bouche. Si, devant la résistance de la victime, il a fini par relâcher son étreinte et se relever, il ne l'a pas pour autant laissée en paix, lui ordonnant de lui prodiguer une fellation. La cessation définitive de son comportement visant à obtenir des faveurs sexuelles de la victime n'est en fin de compte intervenue qu'à l'arrivée impromptue de deux passantes, qui s'interrogeaient à haute voix sur le bruit qu'elles entendaient. Ainsi, dans un espace ouvert, mais sombre, exigu et partiellement à l'abri des passants, le recourant a créé par deux fois une situation de contrainte physique à l'égard de la victime, qui était fatiguée et sous l'emprise de la cocaïne, dans l'intention d'abuser d'elle sexuellement. En caressant la victime au niveau des zones intimes, puis en l'immobilisant grâce au poids de son corps tout en l'empêchant de crier, le recourant accomplit en effet indéniablement des actes constitutifs de contrainte, cela en vue de la réalisation de l'infraction de viol. Le fait qu'après plusieurs minutes d'interruption, le recourant use à nouveau de sa force physique et dénude partiellement la victime afin d'attenter à son intégrité sexuelle dénote sa détermination à cet égard. Le recourant ne pouvait que comprendre que sa victime, qui a continuellement et de diverses manières protesté contre les agissements décrits, n'y consentait pas et que dans l'impossibilité de se soustraire à lui, elle n'avait d'autre choix que de les subir. Ainsi que l'a relevé la cour cantonale, il importe peu que les deux protagonistes aient déjà entretenu des relations sexuelles consenties par le passé, cela ne permettant aucunement au recourant de considérer que le consentement existait toujours au moment des faits. Au vu des circonstances décrites et de l'enchaînement des événements, il ne peut donc pas y avoir de doute quant au fait que le recourant a amorcé l'exécution de l'infraction de viol. Ce faisant, il a franchi le cap décisif au-delà duquel il n'y a en principe plus de retour en arrière. On ne saurait ainsi reprocher à la cour cantonale d'avoir retenu que le recourant avait créé une situation de contrainte physique à l'égard de la victime dans le but d'entretenir une relation sexuelle avec elle. Partant, c'est à bon droit que l'autorité précédente a considéré que le recourant s'était rendu coupable de tentative de viol.