Citation: 5A.25/2005 18.10.2005 E. B

B.a Le 12 mars 2003, l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de l'émigration (ci-après: IMES, qui est devenu depuis lors l'Office fédéral des migrations, en abrégé ODM) a informé X.________ qu'il envisageait d'ouvrir une procédure en annulation de sa naturalisation facilitée. Invité à se déterminer, l'intéressé a fait valoir qu'il avait toujours formé une communauté conjugale effective et stable avec son épouse de nationalité suisse, bien qu'il ait eu deux fils en Turquie durant cette union. Il a relevé à ce propos qu'il avait fait annuler en 1993 le document de mariage enregistré dans ce pays par D.________, sa première épouse et la mère de ses enfants. Lors de la signature, le 15 janvier 1999, de la déclaration relative à la stabilité de son union, il vivait selon lui en parfaite harmonie avec sa femme ressortissante suisse; ce n'était qu'au printemps 2000 que les époux avaient rencontré des difficultés conjugales qui les avaient amenés à déposer une requête commune en divorce le 28 juin 2000. Entendue le 20 juillet 2003, A.________ a déclaré que les conjoints, qui s'était rencontrés en 1991, avaient connu quelques problèmes en 1994/1995, mais que la cause réelle de leur séparation n'était intervenue qu'au printemps 2000, lorsque X.________ avait souhaité faire venir en Suisse ses deux premiers enfants, alors qu'elle ne se sentait pas en mesure d'assumer leur éducation. Elle a confirmé qu'ils formaient toutefois un couple uni lors de la signature de la déclaration du 15 janvier 1999, précisant qu'elle savait que son époux entretenait des relations extraconjugales en Turquie, où il se rendait deux fois par an, mais qu'elle n'avait pas pour autant l'impression qu'il eût abusé de son mariage pour obtenir la nationalité suisse. Le 29 octobre 2003, l'IMES a transmis à X.________ une copie du procès-verbal de cette audition. Dans ses observations du 15 décembre 2003, celui-ci a confirmé que les époux avaient formé une communauté conjugale effective et stable jusqu'en 2000, que la naissance, en 1997 et 1999, de deux enfants issus de ses relations extraconjugales n'avait pas affecté leur union et que leur séparation était uniquement due à la crainte de son épouse de ne pas pouvoir faire face à la venue en Suisse de ses deux premiers enfants. Il a de plus réaffirmé que leur mariage était toujours effectif et stable lorsqu'ils avaient signé la déclaration du 15 janvier 1999. B.b Par décision du 7 janvier 2004, l'IMES, avec l'assentiment du Service de l'état civil et des naturalisations du canton de Berne, a annulé la naturalisation facilitée de X.________. Celui-ci a recouru contre cette décision le 3 février 2004 auprès du Département fédéral de justice et police (ci-après: DFJP). A propos de son prétendu mariage turc, il a expliqué que sa belle-famille avait fait inscrire cette union à son insu dans les registres de l'état civil en 1991, et qu'il avait engagé une procédure en divorce, comme l'attestait la déclaration de son avocat en Turquie produite en copie, puis en annulation de cette union. L'IMES lui reprochait donc de manière infondée d'avoir dissimulé des faits essentiels pour sa demande de naturalisation. Il a encore souligné qu'il avait vécu durant près de neuf ans en parfaite harmonie avec son épouse suisse, comme elle l'avait confirmé lors de son audition, et que leur mariage avait pris fin par décision unilatérale de celle-ci. L'IMES a conclu au rejet du recours. Invité à se déterminer sur le préavis de cette autorité, le recourant a produit copie d'une attestation établie le 3 mars 2004 par un tribunal turc, confirmant qu'il avait ouvert action en nullité de mariage. Ultérieurement, il a expliqué qu'étant donné les doutes exprimés par les autorités suisses au sujet de ce faux mariage, dissous par un simple divorce en 1993, son mandataire turc avait ouvert en son nom une procédure en nullité de mariage, nullité qui avait d'ailleurs été prononcée. Quant aux deux enfants nés en Turquie durant son mariage avec A.________, il a prétendu, pièces à l'appui, que le prénommé E.________, né en décembre 1999, était en réalité le fils conçu par son père avec une jeune fille de 16 ans et que par souci d'assurer l'avenir de cet enfant, il l'avait fait inscrire à l'état civil comme étant le sien, ce dont son épouse suisse était au courant. Les 15 juin et 23 juillet 2004, il a encore versé au dossier des pièces confirmant l'annulation de l'acte de mariage turc. Par décision du 12 juillet 2005, le DFJP a rejeté le recours.