Citation: 9C_367/2023 E. 6.2

6.2. Cette argumentation est infondée. On relèvera que, selon l'art. 73 al. 2 LPP, la maxime inquisitoire est applicable à la procédure en matière de prévoyance professionnelle. Il appartient dès lors au juge de constater d'office les faits déterminants pour la solution du litige, ainsi que d'administrer les preuves si nécessaire et de les apprécier librement. Les règles portant sur le fardeau de la preuve ne sont donc pas pertinentes dans ce contexte, à moins qu'en dépit de la maxime inquisitoire et du principe de la libre appréciation des preuves, il se révèle impossible d'établir un fait qui corresponde à la réalité au degré de la vraisemblance prépondérante (cf. ATF 139 V 176 consid. 5.2 et les références). Ce n'est que lorsqu'une partie entend déduire un droit d'un fait impossible à prouver qu'il lui revient d'en supporter les conséquences. Tel n'est toutefois pas le cas en l'espèce. En effet, la juridiction cantonale a tenu pour hautement vraisemblable que les atteintes d'ordre digestif survenues depuis 2012 avaient entraîné une incapacité de travail de 20 % depuis la date de l'opération. Dans ces circonstances, la question de la répartition du fardeau de la preuve ne se pose pas. Seule la question du caractère arbitraire, ou pas, de l'appréciation des preuve est en cause (cf. ATF 141 III 241 consid. 3.2). On ajoutera que, contrairement à ce que laisse entendre la caisse recourante en faisant allusion à la décision non contestée de l'office AI du 18 mai 2015 et à l'obstacle que représenterait cette décision pour la reconnaissance d'une incapacité ininterrompue de travail depuis 2012, les décisions de l'assurance-invalidité ne lient pas nécessairement les institutions de prévoyance. Ces dernières peuvent effectivement se distancer de ces décisions lorsqu'elles présentent un caractère d'emblée insoutenable (cf. ATF 138 V 409 consid. 3.1). Dans de telles circonstances, l'autorité judiciaire saisie du litige peut également s'écarter de l'appréciation (insoutenable) de l'assurance-invalidité et examiner la situation librement. Tel a été le cas en l'espèce. Les premiers juges ont considéré que l'avis de la doctoresse D.________ était insoutenable dès lors qu'il reposait essentiellement sur celui du docteur B.________ du 16 décembre 2014 qui contenait des contradictions le rendant peu convaincant. Ils se sont en conséquence fondés sur l'avis des experts de CEMEDEX SA qu'ils jugeaient convaincant dans la mesure notamment où il reposait sur les éléments médicaux établis en temps réel par les médecins traitants de l'intimé. On ne saurait donc valablement faire grief au tribunal cantonal d'avoir violé l'art. 8 CC en s'écartant des conclusions retenues par l'office AI dans sa décision du 18 mai 2015. A ce stade, la caisse recourante ne critique par ailleurs pas de manière suffisante les motifs qui ont amené la juridiction cantonale à cette conclusion, de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'en écarter. En particulier, la caisse recourante ne démontre pas le caractère manifestement inexacte des constatations de la juridiction cantonale selon lesquelles l'assuré n'a jamais été considéré comme apte au placement sous l'angle de l'assurance-chômage après le 27 mai 2015. Alléguer la simple éventualité selon laquelle l'intimé aurait pu conserver un emploi de réinsertion ne suffit pas.