Citation: 4A_585/2021 E. A

A.a. A.________, né en 1960, a été victime d'un accident le 30 septembre 2003. Alors qu'il exerçait son activité de cuisinier, il a glissé et chuté sur le côté droit. Il s'est plaint de différentes atteintes, notamment au genou droit. Il a été adressé au Dr B.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, pour ce genou (ci-après: le spécialiste). A.________ (ci-après: le patient) a consulté le spécialiste le 30 octobre 2003. Un examen IRM a été effectué par la suite. Le radiologue a notamment constaté une chondropathie rotulienne modérée, des déchirures des cornes postérieures et moyennes des ménisques interne et externe, ainsi qu'un status après ancienne rupture du ligament croisé antérieur. Lors d'une consultation du 7 novembre 2003, le spécialiste a indiqué au patient qu'il convenait d'opérer ce genou. Il a complété un rapport destiné à l'assureur-accidents du patient, en mentionnant sous la rubrique " traitement " de la physiothérapie, puis une arthroscopie et méniscectomie. Par courrier du 27 novembre 2003, le médecin-conseil de l'assureur-accidents a informé le spécialiste que le patient avait été victime d'un accident du genou une vingtaine d'années auparavant, susceptible d'avoir engendré la gonarthrose constatée à l'IRM. Il cherchait ainsi à déterminer s'il incombait effectivement à l'assureur-accidents de prendre en charge les frais d'une arthroscopie. Par lettre du 4 décembre 2003, le spécialiste a répondu qu'il serait " raisonnable d'admettre qu'il y (avait) une possibilité de relation de cause à effet entre l'incident survenu le 30 septembre 2003 et la présence de lésion méniscale interne ". Le 10 décembre 2003, l'assureur-accidents a donné son accord pour la pratique d'une méniscectomie par arthroscopie. A.b. Le 18 décembre 2003, le spécialiste est intervenu sur le genou droit du patient en procédant par arthroscopie. Il a réalisé une méniscectomie partielle. Le patient a quitté la clinique le 20 décembre 2003. A.c. Le 2 janvier 2004, le patient s'est rendu à la C.________ en raison de douleurs au genou droit, lequel avait enflé après l'intervention. Par la suite, la médecin généraliste de cette permanence a constaté que l'état de santé du patient évoluait de façon défavorable. Il se plaignait également de lombalgies depuis l'accident. A.d. Lors d'un examen effectué le 13 septembre 2004, un chirurgien a constaté un " genou droit instable, avec signe d'inflammation et rupture du ligament croisé antérieur, une enflure postérieure et un discret blocage à la flexion ". Le genou était " toujours enflé, à cause d'un phénomène de rabot, soit que le genou n'était plus retenu par le ligament mais par la musculature ". A.e. En février 2005, le Dr D.________, médecin chef du service de chirurgie de F.________, a pratiqué une nouvelle arthroscopie du genou droit, en raison de la persistance de symptômes après l'intervention du 18 décembre 2003. Il a procédé à un lavage articulaire. A.f. Le patient a encore consulté plusieurs autres médecins en lien avec sa problématique au genou droit. En septembre 2014, l'un d'eux a constaté que depuis l'arthroscopie du 18 décembre 2003, le patient avait commencé à se plaindre fortement de ce genou et sa pathologie avait nettement débordé le cadre du genou. Il a confirmé l'échec de la première intervention et a précisé que la douleur du genou droit avait pu s'installer ailleurs dans le corps du patient et nécessitait un traitement par thérapie neurale. Ce traitement des douleurs diffuses intéressait le dos, la nuque et les deux bras. Devant le caractère inflammatoire douloureux permanent, le moral du patient s'était rapidement détérioré et il avait été suivi par un psychiatre dès 2006. A.g. Le patient a intenté différentes procédures judiciaires à l'encontre de son assureur-accidents et de l'Office de l'assurance-invalidité, pour contester les décisions rendues à son égard. Dans le cadre de ces procédures, ont notamment été mises en oeuvre des expertises (judiciaires). En définitive, il a été reconnu que le droit du patient à des prestations de l'assureur-accidents avait pris fin le 8 février 2005. Par ailleurs, le patient s'est vu allouer une rente entière d'invalidité en raison du caractère invalidant d'un trouble somatoforme douloureux, lequel avait été mis en évidence par une expertise psychiatrique judiciaire.