Citation: 2F_5/2023 E. 5.3

5.3. Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut être présenté, à moins de résulter de la décision de l'autorité précédente (art. 99 al. 1 LTF). Il n'est en particulier pas possible de présenter des pièces que l'on a négligé de produire devant l'autorité précédente (cf. ATF 143 V 19 consid. 1.2). La recourante produit pour la première fois devant le Tribunal fédéral une déclaration d'autorité parentale conjointe datant du 2 décembre 2022 et une reconnaissance de la paternité de D.________ de la même date. Il s'agit de preuves nouvelles, dont la recevabilité doit être examinée. Dans l'arrêt attaqué, la Cour de justice a développé son raisonnement juridique en deux temps. Elle a d'abord jugé que la recourante ne remplissait pas les conditions de l'art. 50 al. 1 let. b LEI, ce que cette dernière ne remet du reste pas en question. Puis, elle a examiné la question de savoir si la naissance de l'enfant de la recourante en octobre 2022 modifiait cette appréciation. A cet égard, elle a rappelé la jurisprudence du Tribunal fédéral relative à la prise en considération de l'intérêt supérieur de l'enfant en application de l'art. 3 CDE et celle de la CourEDH relative à l'art. 8 CEDH, puis a jugé, au vu du bas âge du bébé de la recourante, que son renvoi dans le pays d'origine de sa mère ne constituait pas un déracinement. La Cour de justice a ensuite examiné la situation de la recourante sous l'angle de sa relation avec D.________. Elle a constaté à cet égard que la recourante n'avait pas démontré qu'elle cohabiterait effectivement avec l'homme de nationalité allemande qui travaillait en Suisse et qui était désigné comme le père de l'enfant. Même s'il devait être tenu compte du fait que l'enfant pouvait encore être hospitalisée en néonatalogie, ce qui n'avait pas été allégué ni étayé par un quelconque document médical actualisé, il fallait retenir que la recourante ne démontrait pas former un noyau familial en Suisse avec son compagnon et que la paternité de D.________ sur l'enfant n'était pas démontrée. Le fait que celui-ci attestait avoir engagé des démarches auprès des autorités allemandes et suisses pour la reconnaissance de la fille de la recourante ne suffisait pas à prouver la paternité. L'instance précédente a par conséquent expressément tranché par la négative la question de savoir si la naissance de l'enfant de la recourante avait une influence sur le renouvellement de l'autorisation de séjour de cette dernière. Avant de rendre son arrêt, conformément à la jurisprudence selon laquelle les parties possèdent un droit de réplique inconditionnel fondé sur l'art. 29 al. 1 et 2 Cst. et sur l'art. 6 CEDH (ATF 146 III 97 consid. 3.4.1, 137 I 195 consid. 2.3.1, 133 I 100 consid. 4.3 - 4.7), elle a, par courrier du 1er décembre 2022, dûment communiqué à la recourante les observations de l'autorité intimée relatives à l'absence de preuve, à la fois de la paternité de D.________ sur l'enfant et de l'existence d'un concubinage et averti que, passé le 16 décembre 2022, la cause serait gardée à juger. La recourante n'a pas produit les preuves datées du 2 décembre 2022, qui étaient pourtant en sa possession avant le 16 décembre 2022. Dans son mémoire de recours, elle affirme n'avoir eu connaissance du courrier du 1er décembre 2022 qu'après le 16 décembre 2022. Elle ne fournit toutefois aucune preuve tendant à démontrer qu'elle n'a reçu le courrier du 1er décembre 2022 qu'après le 16 décembre 2022 ni qu'elle a été empêchée de déposer les documents datés du 2 décembre 2022 avant que l'arrêt attaqué ne soit rendu.