Citation: I 205/01 30.11.2001 E. 2

2.- a) Les premiers juges ont considéré que tel n'était pas le cas, dès lors que, même si l'intéressée s'est acquittée de cotisations à la sécurité sociale portugaise pendant au moins une année, cela ne suffit pas pour satisfaire aux exigences de l'art. 34 al. 1 LAI, lequel suppose le paiement de cotisations à l'AVS/AI suisse. De son côté, le recourant est d'avis que la disposition légale précitée n'exige pas que le conjoint de l'assuré au bénéfice d'une rente d'invalidité ait payé des cotisations en Suisse durant au moins une année. Selon lui, l'intéressé peut aussi prétendre une rente complémentaire pour son conjoint lorsque celui-ci s'est acquitté de cotisations à la sécurité sociale portugaise durant une année au moins. Il se fonde pour cela notamment sur l'art. 12 al. 1, première phrase de la convention de sécurité sociale entre la Suisse et le Portugal du 11 septembre 1975 (ci-après : la convention), dans sa teneur en vigueur depuis le 1er novembre 1995. Cette disposition a la teneur suivante : Pour déterminer les périodes de cotisations qui doivent servir de base au calcul de la rente ordinaire de l'assurance-invalidité suisse due à un ressortissant suisse ou portugais, les périodes de cotisations et les périodes assimilées accomplies selon les dispositions légales portugaises sont prises en compte comme des périodes de cotisations suisses en tant qu'elles ne se superposent pas à ces dernières. b) La loi s'interprète en premier lieu selon sa lettre. Selon la jurisprudence, il n'y a lieu de déroger au sens littéral d'un texte clair par voie d'interprétation que lorsque des raisons objectives permettent de penser que ce texte ne restitue pas le sens véritable de la disposition en cause. De tels motifs peuvent découler des travaux préparatoires, du but et du sens de la disposition, ainsi que de la systématique de la loi (ATF 127 V 5 consid. 4a, 92 consid. 1d, 198 consid. 2c et les références). En l'occurrence, il n'y a pas de raison objective de considérer que le texte de la let. a de l'art. 34 al. 1 LAI n'est pas clair ni qu'il ne restitue pas le sens véritable de la disposition en cause. D'ailleurs, le recourant concède qu'en lisant "le texte suisse ordinairement appliqué en Suisse", il faut comprendre des cotisations aux assurances sociales suisses. En revanche, affirme-t-il, s'il s'applique, comme en l'occurrence, à un cas relevant du droit international, ce texte doit être interprété selon les conventions de sécurité sociale (en particulier l'art. 12 al. 1 de la convention), ce qui implique que le paiement de cotisations à la sécurité sociale portugaise durant une année au moins suffit pour ouvrir droit à une rente complémentaire pour le conjoint. Cette argumentation est mal fondée, dès lors que l'on ne saurait qualifier un texte légal à la fois de texte clair et de texte pas absolument clair en fonction des diverses éventualités dans lesquelles il peut trouver application. c) Autre est la question de savoir si la convention déroge au texte clair de l'art. 34 al. 1 let. a LAI en faveur des ressortissants de l'une des parties contractantes. L'art. 2 de la convention reconnaît le principe de l'égalité de traitement entre lesdits ressortissants en ce qui concerne notamment la législation fédérale sur l'assurance-invalidité (art. 1er al. 1 let. A/b). Le recourant en déduit que, si une année entière au moins de cotisations à l'AVS/AI ouvre droit à une rente complémentaire pour le conjoint de nationalité suisse, il en va de même pour le conjoint de nationalité portugaise ayant payé des cotisations à la sécurité sociale portugaise durant la même période. Cette conclusion est erronée. Le principe de l'égalité de traitement consacré à l'art. 2 al. 1 de la convention a pour but de pallier les discriminations fondées sur la nationalité, contenues dans la législation suisse, comme les conditions supplémentaires imposées aux ressortissants étrangers pour avoir droit à certaines prestations (Greber, Droit suisse de la sécurité sociale, Lausanne 1982, p. 114). En l'occurrence, l'art. 34 al. 1 let. a LAI ne contient pas de discrimination entre les ressortissants suisses et portugais, dans la mesure où il fait dépendre le droit à une rente complémentaire pour le conjoint d'une durée de cotisations à l'AVS/AI suisse d'une année au moins. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de déroger à cette disposition légale par le biais de l'art. 2 al. 1 de la convention. Quant à l'art. 12 al. 1 de la convention, également invoqué par le recourant, il concerne le calcul de la rente ordinaire d'invalidité. Il ne saurait donc avoir une portée sur les conditions du droit à la rente complémentaire pour le conjoint. d) Cela étant, l'office intimé était fondé, par sa décision du 9 mars 2000, à dénier au recourant le droit à une rente complémentaire pour son épouse. Le jugement entrepris n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.