Citation: I 199/01 04.07.2001 E. 3

3.- Le recourant reproche aux premiers juges d'avoir accordé une pleine valeur probante à l'expertise de la Clinique Y.________ et au rapport du docteur E.________ et d'avoir ainsi écarté les divers rapports d'expertise du docteur C.________, qui a pour sa part attesté de manière constante un taux d'incapacité de travail de 50 pour cent (rapports des 8 février 1999, 23 août 1999 et 21 janvier 2000). Selon le recourant, le tribunal n'avait pas de raison de s'écarter de l'avis du docteur C.________, puisque c'est en se fondant sur cet avis qu'il a rejeté le recours dirigé contre la décision de la caisse-maladie HOTELA du 3 février 2000, dans le litige opposant cette caisse au recourant, en matière d'indemnités journalières. a) Le juge des assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Si les rapports médicaux sont contradictoires, il ne peut liquider l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. C'est ainsi qu'il importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions du médecin soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). Ces principes, développés à propos de l'assurance-accidents, sont applicables à l'instruction des faits d'ordre médical dans toutes les branches d'assurance sociale (Spira, La preuve en droit des assurances sociales, in Mélanges en l'honneur de Henri-Robert Schüpbach, Bâle 2000 p. 268). b) Sur le plan des constatations médicales, les expertises établies respectivement par le docteur C.________ et par la Clinique romande de réadaptation ne sont pas vraiment divergentes. Les experts s'accordent pour admettre que l'assuré a subi un traumatisme lombaire tout à fait mineur. A l'instar du docteur D.________, le docteur C.________ note que les radiographies et l'examen au scanner ne montrent pas de lésion significative; les lombalgies chroniques dont se plaint l'assuré relèvent surtout d'un trouble somatoforme douloureux. Aucune des expertises ne permet donc de conclure à une incapacité de travail d'une certaine importance qui serait d'origine purement organique. En réalité, les divergences entre les experts portent sur le degré de l'incapacité de travail imputable aux troubles somatoformes douloureux.