Citation: U 115/04 25.08.2004 E. 1

Le professeur B.________, expert judiciaire, partage l'opinion de son confrère. A la question de savoir de quels troubles de la santé souffre H.________, l'expert a répondu que la prénommé présente des symptômes douloureux et systémiques non spécifiques dans le sens d'une fibromyalgie ou d'un trouble somatoforme douloureux chronique, ainsi que des signes de polyneuropathie sensitive des membres inférieurs (d'origine diabétique probable). Selon lui, ces troubles de la santé sont probablement sans relation avec la maladie de Lyme; en effet, les symptômes, les signes, et les examens paracliniques (sérologies sanguines, analyse du liquide céphalo-rachidien, électroneuromyographie, IRM cérébrale, examens ophtalmologique, dermatologique et angiologique) sont normaux ou montrent des anomalies discrètes non spécifiques, et aucun n'évoque de façon classique une maladie de Lyme (rapport du 21 mai 2003). Pour rendre ses conclusions, l'expert judiciaire a procédé à un examen ambulatoire de la recourante et pris connaissance de l'ensemble du dossier constitué par l'assureur-accidents ainsi que par la juridiction cantonale; il a en outre sollicité l'avis du docteur E.________, biologiste, sur le résultat des examens sérologiques, et celui du professeur N.________, chef du service de dermatologie de la Clinique U.________, sur les coupes de biopsie cutanée. Motivé de manière convaincante, rendu au terme d'examens complets et prenant en compte toutes les plaintes de la recourante, son rapport remplit toutes les exigences auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (ATF 122 V 160 consid. 1c et les références). La recourante critique l'opinion de l'expert. Pour elle, le succès du traitement spécifique administré démontrerait la pertinence du diagnostic de borréliose de Lyme posé en particulier par son médecin traitant. Au surplus, le rapport de l'expert serait incomplet dès lors qu'il n'énonce pas un autre diagnostic dont l'étiologie serait établie; or l'appréciation de la vraisemblance prépondérante exigerait une base de comparaison. Ce raisonnement ne peut être suivi. En effet, le seul fait que l'origine des troubles à la santé dont souffre la recourante n'est pas déterminée avec certitude ne saurait battre en brèche la conclusion dûment étayée de l'expert selon laquelle ces troubles sont probablement sans relation avec une maladie de Lyme. Au demeurant, l'absence d'éléments objectifs établissant la réalité d'une morsure de la recourante par une tique accroît encore l'exigence de vraisemblance du diagnostic d'une maladie de Lyme. Partant, les premiers juges n'avaient pas de raison impérative de s'écarter des conclusions du rapport d'expertise judiciaire.