Citation: 7B_810/2024 E. 4.4.3

4.4.3. In casu, les instances précédentes ont donc à juste titre reconnu, sur la base des conclusions des experts, l'opportunité de mesures de substitution, sous la forme d'un placement dans un établissement à même d'offrir une prise en charge institutionnelle au sens de l'art. 59 CP. La recourante remplit les conditions pour qu'une mesure de substitution ayant les caractéristiques d'une mesure au sens de cette disposition, à savoir un placement au sein d'une institution, soit ordonnée. Certes, un placement n'a pas pu être réalisé car aucun établissement n'a (encore) été trouvé. Cependant, contrairement à ce que prétend la recourante, il ne saurait en être déduit que tout placement est d'emblée exclu si une telle possibilité existe. Or, dans son courrier du 21 juin 2024 adressé à la Juge unique, le Ministère public a indiqué que la prison H.________, où la recourante était incarcérée, ne disposait d'aucune place permettant sa prise en charge "avant la fin de l'année, voire le début de l'année prochaine"; ainsi, l'établissement E.________ était la seule institution susceptible d'accueillir la recourante, mais cette piste demandait encore quelques clarifications. Partant, compte tenu, d'une part, de la réactivité du Ministère public, qui a, dès réception de l'ordonnance du TMC du 7 juin 2024, entrepris des démarches afin de pouvoir se conformer à l'injonction de placer la recourante le plus rapidement possible dans un établissement d'exécution de mesures, et, d'autre part, de la courte période qui s'est écoulée entre cette ordonnance et l'arrêt attaqué (27 juin 2024), le maintien de la détention de la recourante en milieu pénitentiaire, motivé par l'existence d'un risque de récidive et par l'absence de place immédiatement disponible dans un établissement approprié, ne contrevient pas au principe de la proportionnalité.