Citation: 9C_828/2015 E. 3.2

3.2. La recourante soutient que son intérêt dans le retrait de sa demande de prestations AI réside dans le fait que le déroulement de la procédure AI et la controverse née de la nomination des experts (voir notamment l'arrêt 9C_180/2013 précité) ne puissent pas influer, de quelque manière que ce soit, sur la procédure l'opposant à son assureur-accidents. Selon la recourante, les conditions de l'art. 93 al. 1 LTF sont réalisées. Elle allègue que la décision attaquée a pour effet de prolonger inutilement et pour une durée indéterminée la procédure AI, alors qu'elle a manifesté formellement sa volonté de renoncer immédiatement à sa demande de prestations. Le jugement final ne permettra pas de réparer les inconvénients qu'elle subira et qui sont liés à l'incertitude du sort qui sera finalement donné à sa demande de prestations qu'elle a décidé de retirer. L'expertise que la juridiction cantonale pourrait ordonner dans le cadre du procès pendant entre l'assureur-accidents et elle-même ne permettra vraisemblablement pas de répondre à toutes les questions relevant de la LAI, car l'objet du recours AI porte sur la décision de refus de prestations au motif qu'elle n'a pas collaboré et non pas au motif qu'elle ne présente pas d'invalidité. La recourante soutient que la décision de suspension repose ainsi sur une application erronée de l'art. 61 let. c LPGA. Elle ajoute que le retrait de sa demande de prestations de l'AI n'impacte absolument pas l'assureur LAA, qui n'a aucune prétention à faire valoir contre l'AI, si d'aventure une invalidité devait finalement être retenue. En suspendant la procédure de recours AI dans l'attente de l'issue de la procédure de recours LAA et en ne prenant pas tout simplement acte du retrait de la demande de prestations AI, la Cour de justice a violé l'art. 23 al. 2 LPGA, son droit d'être entendue (art. 29 al. 2 Cst.) et fait preuve d'arbitraire (art. 9 Cst.).