Citation: 1C_452/2022 E. 4.2

4.2. À l'appui de leur grief tiré de la violation du principe de coordination, les recourants soutiennent que seul l'État de Vaud pourrait accorder une concession à I.________; la Commune ne serait pas habilitée à le faire et elle ne pourrait pas non plus louer ou céder sa concession en vertu de l'art. 3 de l'acte de concession pour usage d'eau du 12 octobre 2012 ("La présente concession est personnelle"). La Commune n'aurait aucun pouvoir de transférer l'usage d'une partie de ce domaine public. Par ailleurs, les recourants se réfèrent à un arrêt 1C_582/2014 du 25 février 2016 du Tribunal fédéral qui avait pour objet l'adoption d'un plan partiel d'affectation régissant une plage publique et un port de plaisance et qui renvoyait à une concession à délivrer ultérieurement concernant la partie lacustre du projet. La critique des recourants doit être rejetée. Ils se prévalent en particulier en vain de l'arrêt précité 1C_582/2014. En effet, le Tribunal fédéral avait alors admis une violation du principe de coordination entre la partie lacustre et la partie terrestre du projet au motif que des questions importantes concernant la partie lacustre du projet (capacité maximale du port et ses dimensions) n'étaient pas réglées et que des informations essentielles en lien avec l'environnement faisaient défaut. Tel n'est pas le cas en l'espèce: comme exposé ci-dessus (consid. 3.5), les questions environnementales ont été examinées en détail par les services cantonaux compétents, puis par l'instance précédente. Ces derniers sont arrivés à la conclusion que les activités liées à l'école de voile ne consacreront pas d'aggravation sensible de l'atteinte à l'avifaune par rapport à la situation existante. Les recourants ne sauraient donc être suivis lorsqu'ils affirment qu'on ne disposerait d'aucune information sur les activités menées par l'école de voile en question. Sur le plan matériel, les recourants n'avancent aucun élément laissant supposer l'existence d'un risque de décisions contradictoires. S'il aurait certes peut-être été préférable de délivrer l'autorisation de construire simultanément à la modification de l'acte de concession pour usage d'eau, le procédé adopté par le département ne contrevient pas en l'espèce au principe de coordination puisque toutes les questions lacustres importantes ont déjà été réglées. Enfin, en tant que les recourants soutiennent que la commune n'aurait pas le pouvoir de transférer l'usage d'une partie du domaine public à un particulier, ils méconnaissent que le département a précisément réservé la modification de l'acte de concession sous la forme d'un avenant (cf. ch. 8 du dispositif de la décision du département). Aussi leur grief selon lequel l'octroi du permis de construire est en l'état contraire à l'acte de concession tombe à faux. Au demeurant, les recourants fondent leur argumentation sur le chiffre 3 de l'acte de concession octroyée à la commune qui indique certes que "la présente concession est personnelle"; ils omettant toutefois de préciser que cette disposition ajoute ensuite "Elle ne peut être transférée qu'avec l'agrément du département". Doit également être écarté le moyen des recourants tiré du fait que la concession actuelle interdirait la navigation dans la zone d'implantation du ponton vouée à la baignade, et que le projet litigieux restreindra la zone de baignade. L'autorisation de construire réserve en effet cette modification de l'acte de concession afin d'adapter la zone de baignade. Par ailleurs, un risque de contradiction n'apparaît pas établi ni évident. Enfin les critiques nouvelles formées par les recourants au stade de la réplique sont irrecevables (cf. ATF 143 II 283 consid. 1.2.3; 135 I 19 consid. 2.1).