Citation: 4P.290/2005 01.02.2006 E. 1

1.1 La décision entreprise ne met pas un terme à la procédure, puisqu'elle ne fait que liquider un incident survenu au cours de celle-ci relativement à l'appel en cause de tiers. Il s'agit donc d'une décision incidente qui tombe en principe sous le coup de l'art. 87 OJ (arrêt du Tribunal fédéral 4P.200/2005 du 15 décembre 2005 destiné à la publication, consid. 1.1; arrêts du Tribunal fédéral 4P.8/2003 du 11 mars 2003, consid. 2.1, et 4P.64/1991 du 27 juin 1991, consid. 1a). Comme le relève la cour cantonale, la jurisprudence considère que les décisions concernant l'appel en cause n'occasionnent pas de préjudice irréparable qui ouvrirait la voie du recours de droit public en application de l'art. 87 al. 2 OJ (arrêt précité du 11 mars 2003 consid. 2.1 et arrêt 4P.79/1994 du 7 juillet 1994, consid. 1a). Toutefois, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de confirmer récemment que l'économie de la procédure justifiait de faire abstraction de l'art. 87 OJ en cas de décision refusant d'autoriser l'appel en cause. En effet, l'appel en cause prévu par les art. 104 et 105 LPC gen. (E 3.05) permet à une partie à une instance déjà introduite d'obliger le tiers à qui elle a dénoncé le litige de participer à la même procédure et produit une jonction des causes : sont jugées à la fois les prétentions du demandeur contre le défendeur et celles de l'un d'eux contre le dénoncé, qui devient une véritable partie au procès. Dès lors, si le refus d'autoriser l'appel en cause ne pouvait être attaqué qu'en même temps que la décision finale et qu'il soit, par hypothèse, annulé à ce moment-là avec ladite décision, le procès devrait être recommencé ab initio avec l'appelé, ce qui serait non seulement contraire au principe de l'économie de la procédure, mais en plus inéquitable pour la partie qui aurait obtenu gain de cause (arrêt du 15 décembre 2005 précité destiné à la publication, consid. 1.1 et les arrêts cités). Le recours est donc recevable quant à sa nature. 1.2 Rendu en dernière instance cantonale (art. 86 al. 1 OJ), l'arrêt attaqué relève en outre du droit de procédure cantonal, dès lors qu'il a pour objet le refus d'une requête d'appel en cause au sens de l'art. 104 LPC gen. dans un domaine où la participation de tiers au procès n'est pas imposée par le droit fédéral (arrêt du 15 décembre précité destiné à la publication, consid. 1.2 et les références citées). Par conséquent, il n'est susceptible d'aucun autre moyen de droit sur le plan fédéral ou cantonal dans la mesure où le recourant invoque la violation directe d'un droit constitutionnel, de sorte que la règle de la subsidiarité du recours de droit public est respectée (art. 84 al. 2 et 86 al. 1 OJ; ATF 128 II 259 consid. 1.1). Le recourant a par ailleurs qualité pour recourir, dès lors qu'il est lésé par la décision attaquée, qui a pour résultat de le débouter de sa requête d'appel en cause (cf. art. 88 OJ). Comme le recours a été interjeté en temps utile (art. 32 al. 2 et 89 al. 1 OJ) et dans la forme prévue par la loi (art. 90 al. 1 OJ), il est en principe recevable.