Citation: 1P.455/2006 03.08.2006 E. 3

Le recourant ne conteste pas les faits qui lui sont reprochés. Il s'en prend uniquement à l'existence d'un risque concret de récidive retenu pour justifier son maintien en détention. 3.1 L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un prévenu peut en principe maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, l'existence d'un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par une autre mesure moins incisive que le maintien en détention propre à atteindre le même résultat (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine et 2e p. 270/271 et les arrêts cités). 3.2 En l'occurrence, A.________ a été condamné le 25 juin 2001 par le Tribunal de police du canton de Genève pour vol, violation de domicile et infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants à 30 jours d'emprisonnement. Il a été reconnu coupable de brigandage par ce même tribunal, en date du 20 avril 2004, et s'est vu infliger une peine de 18 mois d'emprisonnement assortie du sursis pendant 5 ans. Par ailleurs, il a reconnu les actes de brigandage qui lui sont aujourd'hui reprochés. Dans les deux derniers cas, il a admis avoir agi alors qu'il se trouvait en manque, afin de se procurer l'argent nécessaire à sa consommation de drogue qu'il estimait en moyenne à 2 grammes d'héroïne et 2 grammes de cocaïne par jour. Certes, il est aujourd'hui en principe abstinent grâce au traitement de méthadone administré durant sa détention préventive. L'experte mandatée dans la présente procédure a admis qu'une mise en liberté provisoire n'était pas contre-indiquée, sous l'angle du risque de récidive, pour autant que le prévenu soit soumis à un traitement médical spécialisé (à la Fondation Phénix, à la Consultation de la Rue Verte ou à la Consultation de la Navigation) et qu'un contrôle de sa compliance au traitement soit instauré, avec des contrôles toxicologiques salivaires ou urinaires périodiques. La Fondation Phénix, à laquelle le recourant s'est adressé en premier lieu, a répondu ne pas être en mesure d'offrir l'encadrement requis, tout en lui suggérant de s'adresser à la Consultation de la Rue Verte. A.________ a obtenu un rendez-vous le 16 juillet 2006 auprès du Service de Psychiatrie adulte des Hôpitaux Universitaires de Genève en vue d'un suivi psychiatrique ambulatoire. Il ne donne cependant aucune indication sur le traitement envisagé pour garantir et contrôler son abstinence, de manière à s'assurer qu'il ne sera plus exposé au risque de commettre de nouveaux brigandages pour se procurer l'argent nécessaire à assurer sa consommation de drogue. Ainsi, si le suivi psychiatrique du prévenu est apparemment organisé à sa sortie de prison par une prise en charge au sein de la Consultation du Service de la psychiatrie adulte des Hôpitaux Universitaires de Genève, il n'est pas établi qu'il en aille de même du suivi au niveau de la toxico-dépendance dont souffre le recourant. Or, le risque de commission d'un nouveau brigandage est précisément lié à la consommation de drogue. En l'état, le refus d'ordonner la libération immédiate du recourant en raison d'un risque concret de récidive est dès lors justifié. La Chambre d'accusation pouvait se montrer d'autant plus stricte dans la qualité requise du suivi thérapeutique du prévenu que la précédente thérapie conditionnée à l'octroi du sursis s'est soldée par un échec, le recourant ayant reconnu consommer quotidiennement de la cocaïne et de l'héroïne au moment des faits. Dans ces circonstances, elle n'a pas fait une appréciation erronée du rapport d'expertise en estimant que les conditions posées par celui-ci à une éventuelle libération provisoire n'étaient pas réunies. Par ailleurs, vu la proximité de l'audience de jugement, elle pouvait admettre qu'un suivi en milieu fermé était préférable jusque-là, sans violer la liberté personnelle du recourant.