Citation: 4C.434/1999 19.01.2000 E. 3

3.- A titre subsidiaire, la défenderesse soutient que la cour cantonale a violé l'art. 337c al. 3 CO en la condamnant au paiement d'une indemnité. a) Cette disposition prévoit qu'en cas de licenciement immédiat injustifié, le juge peut condamner l'employeur à verser au travailleur une indemnité dont il fixera librement le montant, compte tenu de toutes les circonstances; elle ne peut toutefois dépasser l'équivalent de six mois de salaire du travailleur. Selon une jurisprudence constante, le versement d'une telle indemnité constitue la règle générale à laquelle il ne peut être dérogé sauf cas exceptionnels (ATF 121 III 64 consid. 3c; 120 II 243 consid. 3e p. 247; 116 II 300 consid. 5a). Pour qu'il puisse y être renoncé, il faut à tout le moins que les circonstances excluent toute faute de l'employeur ou qu'elles ne puissent lui être imputables pour d'autres motifs (ATF 116 II 300 consid. 5a in fine). L'indemnité possède à la fois un caractère punitif et réparateur, destiné à compenser l'atteinte à la personnalité provoquée par le licenciement immédiat (ATF 123 III 391 consid. 3c p. 394, V 5 consid. 2a; 121 III 64 consid. 3c). Son montant est fixé librement par le juge, en fonction de toutes les circonstances, parmi lesquelles figurent notamment la faute concomitante du travailleur, son âge, sa situation sociale et le temps qu'il a passé au service de l'employeur (ATF 121 III 64 consid. 3c). Le juge du fait possède, tant en ce qui concerne le principe que l'ampleur de l'indemnisation prévue à l'art. 337c al. 3 CO, un large pouvoir d'appréciation (ATF 121 III 64 consid. 3c). Par conséquent, le Tribunal fédéral s'impose la même réserve en ce domaine que s'agissant de l'existence de justes motifs de résiliation (cf. supra consid. 2a in fine). b) Il résulte des faits constatés que la défenderesse, bien qu'elle n'ait pas eu un comportement fautif, est en tous les cas fortement impliquée dans les circonstances ayant entraîné le congé, puisque celui-ci a en grande partie été motivé par l'inadéquation entre les exigences de l'employeur et l'attitude du travailleur. Contrairement à ce que soutient la défenderesse, on n'est donc pas en présence d'un cas exceptionnel permettant de renoncer à toute indemnité. En revanche, comme le comportement du demandeur n'est de loin pas exempt de tout reproche, l'indemnité allouée à ce dernier ne saurait être trop élevée. En la fixant à 4'000 fr., ce qui correspond environ à un mois de salaire de l'enseignant, la cour cantonale est restée dans les limites inférieures du montant prévu par l'art. 337c al. 3 CO, de sorte que l'on ne peut lui reprocher d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation. Le recours doit ainsi être rejeté.