Citation: 6B_964/2020 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a exposé qu'elle avait à trancher entre deux versions des événements contradictoires, soit celle de l'intimée - laquelle avait indiqué ne pas savoir comment elle s'était retrouvée dans les toilettes de la discothèque avec un inconnu, avoir uniquement des "flashs" concernant ce qui s'était produit, se souvenir être tombée une ou deux fois dans les toilettes, avoir été sodomisée, avoir eu mal dans la région anale et avoir dit "non" -, et celle du recourant, lequel avait prétendu que tous deux avaient flirté, que l'intimée aurait été participative, qu'elle savait ce qu'elle faisait, qu'elle ne se serait pas trouvée hors d'état de résister et que lui-même n'avait pas voulu profiter d'elle. Selon l'autorité précédente, l'intimée s'était souvenue que le recourant s'était trouvé derrière elle dans les toilettes, qu'elle avait subi une pénétration pénienne au niveau anal, qu'elle avait éprouvé de la douleur dans cette région, qu'elle avait demandé à l'intéressé d'arrêter et qu'elle n'avait pas souhaité ce qui s'était produit. Entendant cette scène depuis la cabine attenante, E.________ avait pensé que quelque chose d'anormal se passait. Elle avait entendu une voix d'homme et les gémissements d'une femme qui était en train de subir "quelque chose qu'elle ne voulait pas", ainsi que des bruits intenses provenant de deux corps s'entrechoquant. Ce n'était que lorsque la prénommée avait frappé contre la porte de la cabine des toilettes que le recourant était sorti puis était parti très rapidement, en regardant le sol. E.________ avait alors aidé l'intimée à se rhabiller et à quitter l'établissement. Lorsqu'elle était sortie de la discothèque, l'intimée s'était trouvée en pleurs et avait dit à ses amies s'être faite violer. Lors de sa prise en charge aux urgences immédiatement après ces événements, l'intimée avait expliqué qu'elle ne savait pas exactement ce qui s'était passé, mais qu'elle se souvenait avoir subi une pénétration pénienne au niveau anal. Lors de l'examen clinique de l'intimée, les médecins du CHUV avaient constaté la présence de petites fissures au niveau de la fourchette vaginale et au niveau périanal, lesquelles étaient compatibles avec une pénétration anale pénienne. Enfin, le rapport du CURML avait confirmé la présence d'ADN du recourant sur la partie interne du col de l'utérus de l'intimée. Il convenait de retenir que le recourant avait pénétré vaginalement et analement l'intimée, avec son pénis. S'agissant de l'état de l'intimée au moment des faits, la cour cantonale a indiqué que celle-ci avait consommé de l'alcool sans discontinuer durant la soirée du 25 août 2017, cela dès 21 h. Les personnes qui avaient côtoyé l'intimée jusqu'à environ 3 h du matin avaient toutes confirmé que cette dernière était un peu ivre. Elles n'avaient cependant pas perçu une alcoolisation massive ou le fait que l'intimée aurait pu être incapable de résistance. Les deux amies de l'intimée avaient déclaré que cette dernière avait déjà, par le passé, bu en tenant l'alcool un moment, avant de "vriller d'un seul coup". La consommation massive d'alcool de l'intimée avait été établie par l'expertise toxicologique du 15 avril 2018, laquelle avait mis en évidence une concentration d'alcool comprise entre 2,2 et 3 g/kg dans le sang au moment des faits. La forte alcoolisation de l'intimée avait été confirmée par ses pertes de mémoire, ses difficultés à restituer ou à se déplacer, ainsi que par ses chutes dans les toilettes. Lorsque le recourant était entré en contact avec l'intimée vers 3 h du matin, il avait constaté que cette dernière était déjà un peu ivre, mais lui avait offert quelques verres d'alcool. L'intimée tenait alors debout et parvenait à discuter. Environ 35 minutes plus tard, l'intimée s'était rendue aux toilettes avec le recourant, en accord avec ce dernier. Au moment où l'intimée s'était retrouvée dans les toilettes avec le recourant, son alcoolémie était comprise entre 2,2 et 3 g/kg. Un taux aussi élevé devait engendrer, selon les experts, une inertie et une perte des fonctions motrices, ce qui expliquait la passivité de l'intéressée, laquelle avait d'ailleurs chuté une ou deux fois dans les toilettes. Celle-ci s'était donc trouvée incapable de résistance lorsque le recourant l'avait pénétrée vaginalement et analement avec son pénis. Le recourant avait lui aussi consommé de l'alcool au cours de la soirée. L'intimée lui avait donné son numéro de téléphone et devait par conséquent également lui avoir indiqué son nom, mais le recourant ne s'en était pas souvenu le lendemain. Au moment des faits, le recourant avait été alcoolisé et ne s'était, par la suite, pas souvenu du déroulement précis des faits. Il avait néanmoins été capable d'enregistrer le numéro de téléphone de l'intimée, ou encore de travailler dans son fitness le lendemain matin, soit quelques heures après les événements litigieux. Il fallait admettre que le recourant n'avait pas été alcoolisé au point de ne plus savoir ce qu'il faisait. Il n'avait donc pu ignorer que l'intimée se trouvait hors d'état de résister, de le repousser efficacement ou de consentir à une pénétration vaginale et anale. L'intéressé avait profité de la forte alcoolisation de l'intimée pour lui imposer des actes non désirés.