Citation: 6S.380/2001 13.11.2001 E. 1

confirmé l'escroquerie qu'en ce qui concerne B.________, a libéré le recourant des deux autres accusations et a renvoyé la cause à l'autorité inférieure pour nouvelle décision sur la peine. S'agissant du cas de B.________, elle a constaté les faits suivants: "A.________ a volontairement et progressive- ment fait naître un climat favorable (avec B.________). Il a débuté par des contacts téléphoniques de plus en plus fréquents et de plus en plus cordiaux et amicaux. Il lui a fait croire ensuite qu'il avait de profonds sentiments amoureux pour elle. Il a enchaîné appels téléphoniques incessants (jusqu'à cinq à six fois par jour) et messages enflammés (soixante-cinq billets ont été envoyés en quelques mois à la victime). Comme l'a indi- qué le jury dans son verdict, ce faisant, A.________ a joué sur les sentiments et la sensibilité de son interlocutrice, "la met- tant à sa merci". Le fait que A.________ ait soigneusement et habilement évité toute confrontation physique avec B.________, en prétextant mille excuses, atteste en tant que de besoin de sa volonté de tromperie et de l'absence de toute sincérité. Fort de la re- lation sentimentale qu'il a suscitée, A.________ a pu éviter que sa victime ne vé- rifie ses dires et ne découvre la tromperie au sujet de sa véritable identité, de son ac- tivité réelle, ainsi que sa précarité finan- cière." (...) (B.________) a passé commande de nom- breux disques, l'accusé lui faisant croire qu'il allait payer le prix de la marchandise, ce qu'il n'a évidemment pas fait. Comme B.________ l'a précisé lors de l'instruction, les factures correspondant à des achats de disques auprès de sociétés tierces étaient libellées au nom de la victime. Le recourant a lui-même admis dans son pourvoi qu'il n'avait jamais payé un centime à B.________, alors que celle-ci recevait les rappels des fournisseurs. (...). (...) la Cour correctionnelle n'a nullement commis d'arbitraire en retenant que A.________ n'avait pas l'intention de rem- bourser ses victimes. Il a lui-même admis qu'il n'avait pas payé un centime. Sa situa- tion financière était obérée, l'intéressé donnant lieu à des poursuites. Le fait même qu'il se soit présenté sous une fausse iden- tité ne s'explique que par la volonté de ca- cher sa situation financière précaire. L'af- firmation du jury qui a constaté que B.________ était dans un rapport de dépen- dance psychique par rapport à l'accusé n'est pas manifestement insoutenable. Le recourant a en effet habilement fait croire qu'il en- tretenait une relation amoureuse avec sa vic- time. Les téléphones incessants, comme les multiples mots et lettres d'amour, le prou- vent. Succombant au charme de son interlocu- teur, la victime s'est trouvée à sa merci."