Citation: 9C_215/2022 E. 3.3

3.3. La manière de procéder de la juridiction cantonale méconnaît le droit d'être entendue de la recourante. Si le juge cantonal a certes indiqué aux parties dans son ordonnance du 7 décembre 2020 que le dossier de l'office AI avait été produit dans la procédure parallèle et qu'il en ordonnait l'édition dans la présente cause, il n'a cependant pas invité formellement l'assurée à venir consulter le dossier au greffe du tribunal, ni ne l'a informée de cette possibilité, du moins en des termes suffisamment explicites. Le texte des ordonnances ne permettait pas à la recourante - au demeurant non représentée par un avocat - de comprendre qu'il lui était loisible de venir consulter son dossier au tribunal. La juridiction cantonale ne se réfère à cette possibilité qu'au stade de son jugement, selon lequel la recourante "dûment informée" de l'édition du dossier de l'intimé aurait pu le consulter. Une telle indication tardive ne satisfait pas à l'obligation de rendre accessible le dossier aux parties au cours de la procédure. S'ajoute à cela que dans son écriture du 11 janvier 2021, la recourante a demandé s'il existait deux dossiers distincts, dénotant ainsi qu'elle n'avait pas compris que l'office AI avait produit un unique dossier et que celui-ci allait être intégré à la procédure en cause. Elle a par ailleurs réitéré sa demande d'y accéder en requérant une copie du dossier. Sa demande est toutefois restée sans réponse, puisque l'ordonnance du 2 février 2021 ne comprenait aucune indication sur ce point. Même si la recourante ne s'est ensuite plus manifestée entre la mise en délibération annoncée à cette date et le jugement du 23 mars 2022, on ne saurait lui reprocher de ne pas avoir réagi au silence de la juridiction cantonale en réitérant une troisième fois sa demande, sous l'angle du principe de la bonne foi en procédure (cf. ATF 143 V 66 consid. 4.3). En effet, vu l'absence de réponse à sa requête de la part de la Cour des assurances, elle pouvait penser "de bonne foi que la Cour entendait lui donner gain de cause, soit sur le fond soit en retournant la cause à l'intimé", comme elle l'invoque dans son recours en procédure fédérale.