Citation: 1B_144/2022 E. 2.4

2.4. La Chambre pénale de recours a relevé que, depuis son précédent arrêt, la commission rogatoire en Angola avait été exécutée et que les soupçons à l'encontre du recourant s'étaient aggravés de manière substantielle. Jusqu'alors, ils portaient sur des transferts de fonds des sociétés du groupe C.________, dont C.________ SA appartenant pour 10 % à la société étatique D.________, sur des comptes en Suisse dont le recourant était le seul ayant droit économique et ensuite sur son compte personnel. Depuis lors, la procédure angolaise ayant conduit à la mise en détention du recourant avait mis au jour des soupçons de détournement de fonds à hauteur de USD 4 milliards au détriment de la société publique D.________, dont la participation à la holding I.C.________ était passée de 100% à 10%, le recourant devenant ainsi actionnaire largement majoritaire du capital de C.________ SA. Au stade du séquestre, les faits mis en avant par les autorités angolaises permettaient de retenir la vraisemblance de la commission d'une infraction de blanchiment. Tel qu'il est motivé, l'arrêt attaqué permet de comprendre les éléments de fait qui ont amené la Chambre pénale de recours à retenir que l'infraction de blanchiment d'argent pour laquelle le recourant est poursuivi en Suisse et qui fonde le séquestre de ses avoirs auprès de la banque B.________ SA était bien probable. La Chambre pénale de recours n'a pas ignoré que les autorités angolaises avaient répondu de manière contradictoire en l'espace d'un mois à la demande d'entraide sur l'existence d'une procédure pénale contre le recourant mais elle a considéré qu'il ne lui appartenait pas, en tant que juge du séquestre, de porter de jugement sur le système judiciaire en Angola et qu'à ce stade, les faits mis en avant par les autorités angolaises permettaient de retenir la vraisemblance d'une infraction de gestion déloyale, punissable tant en Suisse qu'en Angola. Sur ce point, la décision attaquée est suffisamment motivée même si le recourant ne partage pas l'appréciation de l'autorité précédente. La Chambre pénale de recours n'a certes pas expressément pris position sur les autres arguments du recourant, soit en particulier sur les variations mises en évidence quant aux montants du dommage entre les ordonnances de mise en détention du 22 septembre 2020, de mise en accusation du 17 mars 2021 et de saisie du 1er avril 2021, sur les contradictions alléguées entre l'acte de mise en accusation et l'ordonnance de saisie quant aux charges et aux infractions imputées au recourant. On ne saurait pour autant dire qu'elle aurait violé son obligation de motiver ses décisions, sachant que, pour respecter cette exigence, il suffit que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision et se prononce sur les questions décisives pour l'issue du litige, sans qu'elle soit tenue d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties (ATF 146 II 335 consid. 5.1; cf. aussi ATF 147 IV 249 consid. 2.4). La motivation de la décision attaquée apparaît ainsi suffisante au regard des exigences requises en la matière.