Citation: 4C.447/2006 27.08.2007 E. A

Au mois de juin 1986, X.________ a sollicité un emprunt de 3'060'000 fr. auprès de la Banque A.________ afin de financer l'acquisition et la transformation d'un immeuble à Lausanne. Ce projet d'acquisition était consécutif à la faillite de l'établissement public qui se trouvait dans cet immeuble, circonstance qui était connue de X.________ et de la banque. Le 12 septembre 1986, celle-ci a octroyé à X.________ un premier crédit de 1'800'000 fr. En octobre 1986, elle a accepté de porter son engagement de 1'800'000 fr. à 2'900'000 fr., en tenant compte d'un coût total de 3'420'000 fr. Elle a pris cette décision sur la base d'une expertise réalisée, apparemment, à sa propre demande. Cette expertise chiffrait la valeur vénale de l'immeuble, avant travaux, à 1'720'000 fr., et l'ensemble de l'opération, incluant les travaux de transformation et d'aménagements, à 3'800'000 fr.; elle concluait que « l'opération pouvait être bonne à la condition évidemment que le chiffre d'affaires présumé du bar ne soit pas surfait ». X.________ connaissait cette expertise au moment de l'octroi des crédits. Une lettre de la banque datée du 22 octobre 1986 mentionnait que « le nouvel acte de crédit à signer et nos conditions générales ci-annexées font partie intégrante de l'octroi de cette augmentation ». Elle précisait que le crédit de construction devrait être exploité comme suit: « Les paiements pour la tranche de 1'100'000 fr. relative aux travaux de transformation seront effectués au fur et à mesure de l'avancement de ces derniers par le débit du présent compte, de façon à ce que les créances des artisans et fournisseurs soient réduites dans la même proportion. » Le 31 décembre 1988, le compte du crédit de construction n° 525.10.558.000.1 accusait un solde débiteur de 4'066'763 fr.20. Le dépassement de crédit était notamment imputable au fait que les coûts de transformation avaient sensiblement dépassé l'estimation initiale de 1'445'000 fr. En outre, à la demande de X.________, la banque lui avait versé le montant de 500'000 fr. le 22 juin 1988; elle avait également versé la somme de 500'000 fr. à la société B.________ SA, toujours à la demande de son client. Le 7 mars 1989, le solde débiteur du compte fut ramené à 4'000'000 fr. par l'effet d'une remise de dette consentie par la banque.