Citation: 1P.519/1999 25.01.2000 E. 1.-

Le Tribunal fédéral examine d'office la receva- bilité des recours qui lui sont soumis (ATF 125 I 253 consid. 1a, 412 consid. 1a p. 414 et les arrêts cités). a) Le recours de droit public dirigé contre un arrê- té de portée générale doit être déposé dans les trente jours dès la publication de l'arrêté de promulgation (art. 89 al. 1 OJ). Cette exigence a été respectée en l'espèce. b) Selon la jurisprudence relative à l'art. 88 OJ, la qualité pour former un recours de droit public contre un acte normatif cantonal appartient à toute personne dont les intérêts juridiquement protégés sont effectivement ou pour- raient un jour être touchés par l'acte attaqué. Une atteinte virtuelle est suffisante, pour autant qu'elle présente un minimum de vraisemblance (ATF 125 II 440 consid. 1c p. 442 et les arrêts cités). Par ailleurs, une association jouissant de la personnalité juridique est admise à agir sans être elle-même touchée par l'acte attaqué, à condition que ses membres aient individuellement qualité pour agir, que la défense de leurs intérêts constitutionnellement protégés figure parmi ses buts statutaires et qu'enfin l'acte lèse objectivement ses membres dans leur majorité ou du moins en grand nombre (ATF 125 I 71 consid. 1b/aa p. 75 et les arrêts cités). La CGI a pour but statutaire, en particulier, la promotion, la représentation et la défense de la propriété foncière dans le canton de Genève. Selon l'art. 2 de ses sta- tuts, elle connaît de tous les problèmes qui touchent direc- tement ou non à l'économie immobilière à Genève et en Suisse, et se voue par pur idéal à l'étude de questions relatives no- tamment au logement, à l'aménagement du territoire et à la protection de l'environnement. Association de propriétaires (art. 3 des statuts), la CGI a qualité pour requérir l'annu- lation des art. 2 et 4 al. 3 LFo/GE. La première disposition omettrait à tort, selon la recourante, d'exclure expressément les jardins de la définition de forêt; la seconde permet, dans certains cas, de mettre les frais de constatation de la nature forestière à la charge des propriétaires. L'une et l'autre de ces dispositions paraissent susceptibles de pou- voir s'appliquer un jour aux propriétaires membres de la re- courante, en particulier aux membres des sections de proprié- taires de villas et de biens immobiliers ruraux. c) Le Tribunal fédéral vérifie en principe librement la constitutionnalité d'un arrêté de portée générale, notam- ment sous l'angle de la force dérogatoire du droit fédéral. Il n'annule toutefois les dispositions attaquées que si elles ne se prêtent à aucune interprétation ou application conforme au droit constitutionnel. Il y a donc lieu de tenir compte des circonstances dans lesquelles ces dispositions seront ap- pliquées, sur le vu, en particulier, des intentions exprimées à ce sujet par l'autorité intimée. A elle seule - pour autant qu'une protection juridique suffisante soit assurée contre les mesures concrètes d'application -, l'éventualité d'une application inconstitutionnelle à des cas particuliers n'est pas déterminante (ATF 125 II 440 consid. 1d p. 443-444 et les arrêts cités; 125 I 369 consid. 3 in fine p. 375).