Citation: 1P.690/2000 16.01.2001 E. B

B.- Le 7 février 2000, X.________ a demandé la récusation des experts à qui il reprochait d'avoir abusé de la confiance du tribunal en prenant le contrôle du processus d'expertise et d'avoir rédigé un rapport d'expertise partisan et incompatible avec les exigences d'objectivité requises d'un expert. Selon lui, le Tribunal de première instance ne pouvait nommer après coup des experts qu'il avait préalablement écartés, qui s'étaient déjà prononcés sur l'objet de l'expertise et qui seraient prévenus à son égard. Le Tribunal de première instance a entendu les experts et P.________ le 5 mai 2000. Ce dernier a affirmé avoir participé à la réalisation du rapport d'expertise du 26 novembre 1999, dont il partageait les conclusions; il a précisé qu'il n'avait pas signé ce document parce qu'il était absent au moment de le signer et qu'il n'était pas possible d'attendre son retour, sous peine de ne pas respecter les délais. G.________ a confirmé qu'elle connaissait les époux X.________ depuis son enfance et qu'elle les tutoyait. Elle a indiqué les avoir rencontrés le 14 septembre 1999, en présence de leurs conseils respectifs. A l'issue de cette entrevue, X.________ lui aurait remis les clefs de l'Auberge Y.________ pour qu'elle puisse accéder librement à l'établissement en dehors des heures d'ouverture. Elle aurait en outre revu une fois X.________ seul, avec l'accord de dame X.________, pour procéder à l'inventaire et prendre des livres comptables. W.________ a pour sa part déclaré s'être occupée de l'inventaire, précisant avoir travaillé avec G.________ et P.________, qui partageaient alors le même bureau qu'elle. Quant à Z.________, il a exposé avoir collaboré de manière ponctuelle comme expert-comptable à l'élaboration du rapport d'expertise en remplacement de B.________, pressenti dans un premier temps, et a confirmé que P.________ avait participé à l'expertise. Statuant par jugement du 28 septembre 2000, le Tribunal de première instance a rejeté la demande de récusation. Il a considéré que les experts désignés en second lieu n'avaient pas émis prématurément un avis propre à compromettre ultérieurement leur indépendance ou leur impartialité. Il n'a en outre relevé aucun élément objectif permettant d'admettre que G.________ aurait pris le contrôle du processus d'expertise dans l'intention d'émettre un préavis favorable à la défenderesse ou que les experts auraient fait preuve de partialité à l'égard du requérant dans la conduite de l'expertise ou contrevenu aux dispositions régissant la procédure civile.