Citation: 5A_741/2020 E. 5.3

5.3. Contrairement à ce que prétend la recourante, le Tribunal cantonal n'a pas confondu l'examen des conditions de recevabilité de la demande avec celui des conditions de validité de l'autorisation de procéder. Il résulte en effet de la jurisprudence susrappelée (cf. supra consid. 5.2.1) que les parties doivent alléguer les faits pertinents et indiquer les moyens de preuve propres à établir la recevabilité de la demande, dont dépend l'existence d'une autorisation de procéder valable. Le fait d'exiger de la recourante qu'elle ait notamment allégué et prouvé avoir vainement entrepris toutes les démarches utiles pour déterminer les membres de l'hoirie des deux copropriétaires décédés n'est donc en rien contraire au droit fédéral. L'essentiel de la critique de la recourante tombe dès lors à faux. Quant à savoir si la preuve des faits en question a valablement été fournie en appel, force est de constater que les motifs ayant conduit le Tribunal cantonal à considérer que les conditions de l'art. 317 al. 1 CPC n'étaient pas réunies sont parfaitement conformes à la jurisprudence (cf. parmi plusieurs: arrêt 4A_337/2019 du 18 décembre 2019 consid. 4.1.1 et les références). Les arguments péremptoires de la recourante - largement appellatoires et de surcroît fondés sur des faits ne résultant pas de l'arrêt attaqué - sont impropres à remettre valablement en cause l'arrêt attaqué sur ce point. Reste donc uniquement à examiner si le vice affectant l'autorisation de procéder - et, partant, la demande - était réparable et aurait justifié que la recourante soit interpellée pour qu'elle le corrige. Il est constant que c'est l'autorisation de procéder qui constitue pour le juge du fond la pièce pertinente pour vérifier le bon accomplissement de la procédure de conciliation, qui est une condition de recevabilité de la demande (cf. supra consid. 5.2.1). Il ne saurait non plus être contesté qu'il appartenait à la recourante d'indiquer précisément dans sa requête de conciliation l'identité des copropriétaires défendeurs et, sachant que certains d'entre eux étaient décédés, à tout le moins se réserver la possibilité de compléter sa requête, respectivement d'alléguer et de prouver qu'elle avait déjà vainement entrepris toutes les démarches utiles pour déterminer l'identité des héritiers des copropriétaires décédés. Or, il ne résulte pas des faits de l'arrêt attaqué - qui lient le Tribunal de céans (cf. supra consid. 2.2) - que tel aurait été le cas. Comme les juges cantonaux l'ont à juste titre indiqué, le courrier du conseil de la recourante du 13 mars 2019 enjoignant au juge de district de demander les certificats d'héritiers relatifs aux successions concernées ne permet à l'évidence pas de retenir le contraire, pas plus que la seule indication d'une adresse censée, selon les seuls dires de la recourante, permettre d'atteindre les héritiers - non désignés - de feu Q1.________. Quant au fait que Me Robert Wuest se soit constitué en appel pour la défense des intérêts de la veuve de feu S1.________ et des deux autres héritiers de celui-ci, il s'agit là d'un fait bien postérieur au dépôt de la requête de conciliation, partant sans pertinence pour juger de la validité de l'autorisation de procéder. En ne procédant pas elle-même aux vérifications nécessaires à l'identification des héritiers concernés, respectivement en ne sollicitant pas de délai pour ce faire, la recourante, assistée d'une mandataire qualifiée de " rompue à la pratique judiciaire ", a fait preuve de négligence. De ce fait, hormis la veuve de S1.________, l'autorisation de procéder ne mentionne pas les héritiers des copropriétaires décédés. Comme l'a correctement retenu la cour cantonale, dont la motivation peut sans autre être reprise, c'est donc à bon droit que le juge de district a constaté d'office que cet acte n'était pas valable et que, partant, la demande était irrecevable, sans qu'il lui eût été nécessaire de préalablement interpeller la recourante. Un tel procédé n'est nullement contraire à l'interdiction du formalisme excessif, tant il est vrai que l'exigence de la désignation des parties dans l'acte répond à un intérêt légitime (arrêt 4A_527/2011 du 5 mars 2012 consid. 2.5 non publié aux ATF 138 III 213). Il n'est au demeurant pas non plus excessivement formaliste de déclarer une demande irrecevable, faute d'autorisation de procéder valable, au motif que les parties n'ont, comme en l'espèce, pas pu valablement comparaître à l'audience de conciliation (cf. arrêt 4A_427/2018 du 14 septembre 2018 consid. 6). Il suit de là que le moyen, entièrement mal fondé, doit être rejeté.