Citation: I 662/01 26.04.2002 E. 1

b) Des nombreux médecins qui se sont penchés sur le cas de la recourante, seule la doctoresse A.________ est spécialisée en psychiatrie. A l'examen clinique, cette dernière a noté une thymie dans les normes, une "tendance à dramatiser la symptomatologie", et une "volonté à tout prix de trouver un substrat organique (aux douleurs)"; elle n'a en revanche pas relevé de trouble de la personnalité ou de symptômes évoquant un processus psychotique. A ses yeux, "il est fort probable que des facteurs qui sortent du champ médical expliquent en grande partie cet aboutissement (conflits au lieu de travail, sentiment subjectif d'en avoir assez et trop fait, et surtout volonté d'une sortie honorable pour des raisons subjectivement médicales)". Sur cette base, la psychiatre a retenu un syndrome douloureux somatoforme persistant sans comorbidité psychiatrique, et conclu à une capacité de travail totale sur le plan psychique; à la question de savoir si le refus d'une rente pouvait libérer l'assurée de ses troubles psychogènes et l'inciter à utiliser à nouveau sa capacité de travail, elle a par ailleurs répondu par l'affirmative (rapport d'expertise du 13 juin 2000). c) Il convient d'attacher pleine valeur probante aux conclusions de cette expertise pour trancher le litige. La doctoresse A.________ a en effet pu exclure plusieurs des critères d'importance qui fondent généralement un pronostic défavorable quant au caractère exigible de la reprise normale par l'assurée d'une activité professionnelle (voir VSI 2000 p. 155 consid. 2c). Elle a ainsi nié l'existence de traits prémorbides ou d'une comorbidité psychiatrique et relevé une intégration sociale demeurée intacte malgré les troubles existants. Ces constatations ne sont démenties par aucune autre pièce médicale au dossier. Certes, sur la question de l'exigibilité d'une reprise du travail, la doctoresse B.________ est parvenue à une conclusion contraire. Son opinion repose toutefois sur des considérations relevant pour une large part de la psychiatrie - selon elle, "les capacités adaptatives (de la recourante) sont aujourd'hui dépassées" -, domaine qui ne relève pas de sa spécialité. Cela ne rend pas pour autant l'avis de la rhumatologue sans valeur; il y a néanmoins lieu de lui préférer celui d'un psychiatre lorsque ce dernier a procédé à une analyse approfondie et convaincante du profil psychologique de la personne expertisée. C'est le cas de la doctoresse A.________, de sorte que ses conclusions l'emportent sur celles de la doctoresse B.________, sans qu'il soit encore nécessaire d'ordonner une contre-expertise psychiatrique.