Citation: 6B_1373/2021 E. 6.4.1

6.4.1. En ce qui concerne sa vie privée et familiale, selon les faits constatés par la cour cantonale, de manière à lier le Tribunal fédéral, A.________ a tout d'abord intégré une classe spéciale durant l'école enfantine (en raison de difficultés d'apprentissage et d'un trouble hyperactif, avec déficit d'attention sévère), puis a suivi le cursus ordinaire de la 1e à la 5e année primaire, avec un programme scolaire adapté à ses besoins. Ensuite, il a rejoint le Centre pédagogique et thérapeutique Z.________). Après sa scolarité obligatoire, il a tenté d'acquérir une formation professionnelle, tout d'abord auprès du Centre de formation professionnelle spécialisée pour des apprentis F.________, à U1.________, puis dans le cadre d'une mesure d'insertion professionnelle de l'assurance-invalidité à V1.________. Ces différents essais se sont révélés infructueux, le recourant présentant des problèmes de concentration, de motricité fine et de respect des consignes (avec mise en danger de lui-même et des autres). Depuis lors, il bénéficie d'une rente de l'assurance-invalidité. Bien que le recourant soit né en Suisse et y ait vécu toute sa vie, il ne s'y est donc pas intégré. Hormis les nombreuses infractions pénales dont il s'est rendu responsable, le recourant, célibataire et sans enfant, ne s'est en particulier pas créé des liens sociaux d'une intensité particulière. Il n'a pas terminé d'apprentissage, ni occupé une quelconque place de travail sur une certaine durée, et ne s'est pas investi dans une relation sentimentale durable. Selon l'expertise psychiatrique (rapport du 16 juin 2020), il présente cependant un retard mental léger, avec troubles du comportement significatifs, nécessitant une surveillance ou un traitement, et de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de drogues multiples (surtout le cannabis et l'alcool) et de troubles liés à l'utilisation d'autres substances psychoactives, intoxication aiguë au moment des faits dans le cadre d'une utilisation nocive pour la santé de ces substances. La mauvaise intégration sociale et professionnelle du recourant doit donc être relativisée par son handicap (à cet égard, voir arrêt 6B_1035/2021 du 16 décembre 2021 consid. 3.3; 6B_908/2019 du 5 novembre 2019 consid. 2.4.2.1 et 2.4.3). Cela étant, au regard des art. 13 Cst. et 8 CEDH, le recourant est socialement isolé en Suisse, avec un cercle d'amis inexistant, selon les constatations de la cour cantonale. En-dehors de ses séjours dans un foyer ou dans un établissement de détention, il vit avec sa mère, qui est également sa curatrice, et sa soeur. Au cours de la procédure, il a cependant exprimé le souhait de prendre de la distance avec sa mère, avec qui il entretient une relation "très tendue", et il n'entretient que "quelques contacts" avec sa soeur. Dans ces circonstances, si le recourant ne pourra certes pas compter sur l'appui de parents proches à X.________, il ne ressort pas du jugement attaqué qu'il doive quitter un pays où il bénéficie de liens familiaux et sociaux particulièrement intenses. Le recourant ne se réintégrera donc pas plus difficilement à X.________ qu'en Suisse. A X.________, le recourant pourra en outre s'adresser aux autorités compétentes pour bénéficier d'un encadrement similaire à celui mis en place en Suisse, sa mère pouvant le cas échéant le diriger vers les institutions actives dans le domaine de la protection de l'adulte. Il pourra par ailleurs conserver des contacts avec sa mère et sa soeur, via les moyens de communication modernes. Cela étant, X.________ bénéficiant de systèmes de protection de l'adulte et de santé équivalents au système suisse, le recourant ne rencontrera aucune difficulté importante pour obtenir des mesures d'encadrement, notamment pour se loger et entreprendre toute autre démarche administrative nécessaire à sa réintégration, ainsi que tous les soins médicaux nécessaires, qui se limitent actuellement à la prise d'un somnifère et d'un calmant. Qui plus est, l'établissement du recourant à X.________ sera facilité par le versement de sa rente (a priori ordinaire) de l'assurance-invalidité (cf. art. 7 du règlement [CE] n° 883/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale [RS 0.831.109.268.1]; ATF 142 V 2).