Citation: 1P.761/2001 18.02.2002 E. 3

Le recourant soutient que les premiers juges auraient procédé à un renversement inadmissible du fardeau de la preuve et démontré leur prévention à son égard en voyant un aveu de sa culpabilité dans l'usage qu'il a fait de son droit d'être entendu personnellement par le Juge d'instruction en présence de son défenseur plutôt que par la police; il reproche à la cour cantonale d'avoir violé la présomption d'innocence et son droit à être jugé par un tribunal impartial en refusant d'annuler le jugement attaqué pour ce motif. En l'occurrence, le fait que le recourant a exercé un droit que lui confère le Code de procédure cantonale en demandant à être entendu personnellement par le Juge d'instruction plutôt que par la police ne saurait être tenu pour un indice de culpabilité sans violer la présomption d'innocence (cf. s'agissant du droit de se taire et de ne pas témoigner contre soi-même, ATF 121 II 257 consid. 4a p. 264; arrêt de la CourEDH du 2 mai 2000 dans la cause Condron c. Royaume-Uni, § 56). A cet égard, l'appréciation des premiers juges quant à la manière dont X.________ a réagi à sa citation à comparaître est effectivement maladroite, voire guère compatible avec la présomption d'innocence. Ceux-ci ont toutefois conclu à la culpabilité du recourant sur la base d'un faisceau d'indices concordants, dont celui-ci ne cherche d'ailleurs pas à mettre en doute la valeur probante dans le cadre du présent recours, dans lequel l'appréciation critiquée joue un rôle tout à fait marginal; dans ces conditions, l'on ne saurait dire que les premiers juges l'ont condamné en raison de son comportement lors de son premier interrogatoire, voire qu'ils l'auraient d'emblée tenu pour coupable des faits qui lui étaient reprochés et démontré par là même leur prévention à son égard, justifiant l'annulation du jugement de première instance pour ce motif en application de l'art. 220 al. 3 CPP frib (cf. Gilbert Kolly, op. cit., p. 292).