Citation: 1B_244/2014 E. 3.2

3.2. Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé mette sa liberté à profit pour compromettre la recherche de la vérité en exerçant une influence sur des personnes ou en altérant des moyens de preuves (art. 221 al. 1 let. b CPP). L'autorité doit démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement. Dans cet examen, entrent en ligne de compte les caractéristiques personnelles du détenu, son rôle dans l'infraction ainsi que ses liens avec les autres prévenus. Lorsque l'instruction est terminée, l'autorité doit procéder à un examen particulièrement attentif du risque de collusion (ATF 137 IV 122 consid. 4.2 p. 127 s.; 132 I 21 consid. 3.2 p. 23 et les références). L'existence d'un tel risque peut même subsister après l'audience de première instance (ATF 132 I 21 consid. 3.5). En l'occurrence, le recourant a été renvoyé en jugement pour instigation à tentative de meurtre, avec la circonstance aggravante de l'assassinat. Il s'expose à une peine privative de liberté importante (cf. art. 111, 112, 22 et 24 al. 2 CP). Les charges à son encontre reposent principalement sur les déclarations de B.________, qui a été remis en liberté. Bien que le prévenu ait finalement reconnu les faits, il prétend avoir révoqué l'ordre donné d'assassiner son épouse. La question du contrordre apparaît ainsi être un point important que devra trancher le Tribunal criminel, notamment en raison de ses conséquences sur la fixation de la peine (art. 23 al. 1 CP). Les versions des deux prénommés présenteraient cependant des divergences portant sur les dates, les lieux et les modalités du contrordre. On peut dès lors redouter que le recourant, qui a su se montrer suffisamment persuasif pour instiguer B.________ à une infraction grave, exerce à nouveau des pressions sur lui pour faire coïncider leurs versions avant l'audience de jugement. Compte tenu de l'importance des accusations, des enjeux de la procédure pour le recourant et de la proximité de la date du jugement (fin septembre ou début octobre 2014), cette hypothèse ne peut pas être écartée. La rédaction de l'acte d'accusation qui n'a pas retenu le contrordre renforce encore ce risque de collusion. Dans ces circonstances, le fait que le recourant n'aurait jamais été en contact avec les tiers qui avaient pour mission d'assassiner sa femme, qu'il n'y aurait que des contradictions mineures entre les déclarations de B.________ et celles du recourant, que les prénommés ont été entendus à de nombreuses reprises et que le recourant s'est livré à des aveux ne suffit pas à rendre inexistant le risque de collusion. Il n'est pas non plus déterminant que le prévenu soutienne n'avoir fait preuve d'aucune "manoeuvre collusoire" pendant l'instruction.