Citation: 6B_8/2024 E. 5.2.2

5.2.2. Le recourant reproche en particulier à la cour cantonale - ainsi que, de manière irrecevable (cf. art. 80 al. 1 LTF), à l'autorité de première instance - d'avoir "méconnu ou ignoré en fait d'une manière fautive" le fait qu'il souffre de troubles mixtes de la personnalité à un degré considéré sévère et chronique, sa pathologie comprenant ou présentant par ailleurs des traits paranoïaques, narcissiques et dyssociaux. Il prétend n'avoir jamais pu avoir l'intention et/ou la volonté subjective de nuire d'une quelconque manière à son fils et n'avoir, pour le surplus et de toute manière, en raison en particulier d'un lourd traumatisme résultant de l'enfance, pas non plus les qualités, l'éducation, le profil, ni encore les compétences de base et/ou la psychologie minimale requise pour pouvoir être en mesure de déterminer ce qui était ou n'était pas adéquat du point de vue éducationnel avec un enfant en bas âge, ou ce qui pouvait ou ne pouvait pas être dommageable pour celui-ci. Par cette argumentation, le recourant conteste en substance avoir envisagé - ou avoir pu envisager - que son comportement pouvait provoquer une mise en danger du développement de l'enfant. On rappellera que le recourant ne remet toutefois pas en question sa responsabilité au sens de l'art. 19 CP ( supra consid. 4.3). En tant que sa critique porte sur la réalisation de l'élément constitutif subjectif, elle a trait aux constatations de la cour cantonale relatives au contenu de sa pensée et relève, dès lors, de l'établissement des faits (v. supra consid. 2.2). Il n'est à tout le moins pas manifeste que l'argumentation du recourant réponde aux exigences de l'art. 97 al. 1 LTF, en particulier qu'elle puisse être qualifiée de grief d'arbitraire dans l'établissement des faits. La question de la recevabilité du grief soulevé peut néanmoins rester ouverte dans la mesure où le recourant ne fait de toute manière qu'opposer sa propre appréciation de ses troubles psychologiques, de ses différentes difficultés et limitations, ainsi que de la portée de ces éléments, à celle de la cour cantonale; de nature appellatoire, une telle argumentation serait de toute manière irrecevable dans un recours en matière pénale (v. supra consid. 1.1). Il en va notamment ainsi lorsque, s'agissant singulièrement du comportement consistant à avoir raconté à son fils les sévices sexuels qu'il a subis étant enfant dans le foyer dans lequel est placé ce dernier, le recourant fait valoir que l'expérience traumatique qu'il a alors vécue l'empêche de se rendre compte du caractère inadéquat de ses déclarations et qu'il serait incapable de mettre un filtre sur son discours et/ou de s'adapter à la personne de son interlocuteur. Tel est également le cas lorsque le recourant prétend en substance, en ce qui concerne le fait d'avoir dénigré auprès de son fils la mère de celui-ci, n'être de toute manière ou en tout état de cause pas du tout capable de mesurer la portée de ses mots et de ses paroles. Au demeurant, on relèvera que l'argumentation de la cour cantonale, qui retient que le recourant "ne pouvait qu'être conscient", au vu des recommandations émises à son égard par les éducateurs, des différentes mesures de suspension de son droit de visite et des interdictions d'approcher prononcées, ainsi que du contenu du rapport d'évaluation sociale et de l'expertise concernant l'enfant, que ses agissements pouvaient mettre en danger le développement psychique de l'enfant, n'apparaît pas insoutenable. L'autorité n'a pas ignoré les troubles psychiques dont souffre le recourant et a notamment fait état de la distorsion cognitive massive s'exprimant notamment par le fait qu'il pensait être adéquat dans sa relation avec son fils. On comprend de l'arrêt attaqué qu'elle a apprécié la situation en retenant que nonobstant cette distorsion cognitive massive, le recourant était ou devait être conscient des conséquences de son comportement, compte tenu de l'avis (unanime) exprimé par le personnel éducatif, le SPJ, l'expert ayant évalué l'enfant et les autorités judiciaires, dont il avait connaissance.