Citation: 6B_1003/2022 E. 1.3.1

1.3.1. Selon la cour cantonale, l'examen du contenu de l'ordinateur et du smartphone de la recourante avait permis de constater la présence de nombreuses images de timbres dans la mémoire du navigateur Firefox, à savoir des images consultées par l'utilisateur sur Internet et sauvegardées automatiquement dans la mémoire de l'ordinateur. Parmi ces images se trouvaient celle d'un timbre de type " O.________ ", collé sur un fragment de lettre, et celle d'un certificat d'authenticité relatif à ce timbre, établi par la maison F.________& Cie. Or, des images identiques de ce timbre et de ce certificat figuraient sur les planches remises à la police avec l'inventaire. A ce propos, l'on ne comprenait pas pour quelle raison la recourante, qui aurait été en possession du timbre de " O.________ " au moment du vol, selon elle, aurait fait des captures d'écran sur Internet du timbre et de son certificat d'authenticité, ce qui aurait engendré la prétendue confusion au moment de l'annonce du sinistre. Par ailleurs, les enquêteurs avaient découvert que ce fragment de lettre et son timbre avaient été vendus en mai 2016 - soit possiblement après la visite du témoin G.________ - pour la somme de 5'200 fr. au dénommé H.________, lors d'une vente aux enchères organisée par la maison I.________ AG. Interpellé à ce sujet, l'acquéreur avait fait savoir qu'il avait entre-temps revendu le timbre à un certain J.________. Entendu par les enquêteurs, ce dernier avait déclaré qu'il avait acheté le timbre le 26 mars 2017 et que celui-ci était toujours en sa possession, de même que le certificat d'authenticité. Dès lors, s'il n'était pas exclu que ce timbre eût été une fois en possession de la recourante, il était impossible qu'il se fut trouvé dans sa collection le 30 octobre 2018. Quant au bloc de timbres " P.________ ", mentionné dans l'inventaire, il était en vente sur le site Internet "www.k.________.ch", pour le prix de 1'650 fr., en juillet 2019. Le vendeur, L.________, l'avait quant à lui acquis en février 2018 et il en était toujours possesseur lorsque la police l'avait contacté. Il avait d'ailleurs présenté aux enquêteurs l'original du bloc de timbres, ainsi que le certificat d'authenticité y relatif, ajoutant que sa valeur marchande était de l'ordre de 1'500 fr. à 2'000 francs. Après comparaison des dentelures des timbres, le prénommé était arrivé à la conclusion que l'image remise par les époux A.________ à la police était celle de la série originale en sa possession, précisant que le mode de fabrication de l'époque ne permettait pas de produire deux blocs de timbres à la dentelures identiques. Ainsi, si la recourante avait certes été en possession d'un bloc de timbres " P.________ " similaire, le sien ne présentait pas la même dentelure que celui dont les photographies avaient été transmises à l'assurance et elle n'en avait donc pas été dépossédée. Au demeurant, toute une série d'images qui avaient été remises à l'assurance avaient été téléchargées depuis Firefox. Ces images ne correspondaient d'ailleurs pas aux photographies de la collection de timbres qui avaient été adressées à la compagnie d'assurance au moment de la conclusion du contrat. Pour le surplus, la variation de la recourante dans ses déclarations, au sujet de ces images, au gré des éléments de preuve qui lui furent présentés par les enquêteurs, la décrédibilisait. En effet, lors de sa première audition, elle avait affirmé péremptoirement que tous les timbres dont les images avaient été remises aux policiers lui avaient été dérobés. Elle avait alors expliqué que, pour établir l'étendue de sa collection au moment de l'assurer, elle avait ouvert ses albums et avait pris des photographies des timbres qui s'y trouvaient ainsi que des certificats d'authenticité lorsqu'elle en détenait. Ensuite, lors de l'annonce du vol, elle avait joint à l'inventaire, pour les timbres disparus, les photographies qu'elle avait prises précédemment. Confrontée à l'évidence selon laquelle tant " O.________ " que le bloc de quatre timbres " P.________ " annoncés comme volés n'avaient jamais été en sa possession, la recourante était revenue sur ses premières déclarations en prétendant avoir mélangé par erreur les photographies de ses propres timbres avec les images d'autres timbres tirées d'Internet. Pour justifier la présence de telles images sur son matériel informatique, elle avait indiqué qu'elle avait fait des recherches sur la toile pour connaître la valeur de sa collection. Au moment d'établir l'inventaire, elle se serait trompée et aurait malencontreusement ajouté ces images aux photographies de sa collection, croyant à tort que les timbres représentés en faisaient partie. En outre, en ce qui concernait le fait qu'elle aurait envoyé à l'assurance des photographies de timbres qui ne lui appartenaient pas, la recourante avait commencé par dire " J'ai ouvert les albums et j'ai pris des photos. C'est moi qui ai fait la photo que j'ai jointe à mon inventaire " (il s'agissait de " O.________ "). Ensuite, informée du fait que l'enquête avait révélé que certaines images transmises à l'assurance provenaient d'Internet et non de son album personnel, elle avait déclaré ne pas l'expliquer et ne pas se souvenir qu'elle avait dans son téléphone des images qui provenaient d'Internet, puis: " les photos que j'ai fournies sont peut-être issues d'Internet, toutefois j'étais bel et bien en possession des timbres que j'ai déclaré volés et ceux-ci m'ont bien été dérobés ". A cet égard, il y avait lieu de relever que les images tirées d'Internet ne ressemblaient pas du tout aux images de l'album personnel de la recourante. Les premières s'apparentaient en effet à des images professionnelles; les timbres étaient à plat, il n'y avait pas d'ombres, etc. Tandis que sur les secondes, l'on voyait les albums avec des pages bombées, la main qui tenait les pages ainsi que des éléments extrinsèques tels qu'un bureau, une bibliothèque, etc. La recourante avait ainsi varié dans ses déclarations au fur et à mesure que les résultats de l'enquête lui étaient présentés et que cela la décrédibilisait. La cour cantonale a ainsi retenu que, contrairement à ce qu'elle s'était évertuée à faire croire aux autorités pénales, la recourante connaissait très bien les timbres qui composaient sa collection, de même que leur valeur. Lors de la conclusion du contrat d'assurance, elle avait été capable de les trier et de remettre à la compagnie d'assurance un échantillonnage des éléments les plus précieux de sa collection. Plus tard, à l'annonce du sinistre, elle avait pris la peine d'établir un inventaire détaillé des timbres annoncés comme disparus. Elle avait également été en mesure d'estimer précisément la valeur de ces timbres, au même titre que la valeur des autres objets dérobés. C'était ainsi un butin estimé à 442'493 fr. qu'elle avait annoncé, soit des bijoux et des montres pour 80'127 fr., des espèces pour 2'685 fr., plusieurs sacs à main pour 3'630 fr., des timbres pour 348'730 fr. et divers objets pour 7'321 francs. Enfin, la recourante avait produit, en cours d'enquête, plusieurs photographies d'albums tirés de sa volumineuse collection, lesquels comprenaient des timbres précieux, notamment deux " O.________ " et plusieurs séries de timbres " P.________ ". Elle était donc non seulement très bien renseignée sur la valeur de sa collection, mais elle savait en outre tirer profit de celle-ci puisque, depuis plus de quinze ans (et notamment en 2018), elle avait régulièrement procédé à des achats et des ventes de timbres sur des sites de vente en ligne comme " M.________ " et " N.________ ", ainsi qu'elle-même et son mari l'avaient déclaré. Celui-ci avait d'ailleurs indiqué que son épouse passait des soirées entières à examiner sa collection. Enfin, peu importait que la recourante eût réussi à vendre ou non des timbres sur le site " N.________ ". Elle plaidait d'ailleurs elle-même, de manière contradictoire, avoir fait de nombreuses recherches et des téléchargements d'images sur Firefox par passion et pour connaître la valeur de sa collection. Une fois encore, sa version ne pouvait donc pas être retenue (cf. jugement attaqué, consid. 4.3.3 p. 19 ss).