Citation: 4P.259/2004 10.03.2005 E. 1

4.2 La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir ajouté des faits par rapport à ceux retenus par les premiers juges, sans motiver ce changement d'argumentation. A la suivre, ce procédé contreviendrait à l'art. 415 al. 1 let. b CPCN. La différence entre les deux décisions cantonales réside dans le fait que les premiers juges ont écarté l'existence d'une faute à charge de l'employeur au moment du licenciement, alors que les juges de cassation sont arrivés à la conclusion inverse. Or, savoir s'il y a faute ne relève pas des faits, mais constitue une question de droit (cf. ATF 115 II 283 consid. 1a in fine) qu'une cour de cassation cantonale peut revoir librement (Bohnet, CPCN, Code de procédure civile neuchâtelois commenté, 2e éd. Bâle 2003, N 6 ad art. 415 CPCN p. 636). Dès lors, la cour cantonale était parfaitement habilitée à arriver à une conclusion juridique différente de celle des premiers juges. Pour le surplus, la recourante ne démontre pas que la cour cantonale se serait écartée des faits retenus par les premiers juges. Certes, afin de parvenir au résultat critiqué dans le recours, la cour de cassation a peut-être accordé plus d'importance à certains éléments du dossier que ne l'avait fait le tribunal des prud'hommes. Cependant, même si une autre solution aurait pu être concevable, cela ne suffit pas encore pour retenir une application arbitraire de l'art. 415 CPCN. Dans tous les cas, la solution consacrée par la cour cantonale dans sa décision apparaît défendable. D'ailleurs, selon la doctrine, s'appuyant sur l'art. 23 de la loi cantonale sur la juridiction des prud'hommes, la cour de cassation civile neuchâteloise dispose d'un plein pouvoir d'examen des faits lorsque, comme en l'espèce, le litige peut être déféré par la voie du recours en réforme au Tribunal fédéral (Bohnet, op. cit., N 10 ad art. 415 CPCN p. 639 s.). Le grief tiré d'une application arbitraire du droit cantonal s'avère donc également infondé. Dans ces circonstances, le recours ne peut qu'être rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.