Citation: 1P.67/2005 09.06.2005 E. A

C.________ a été inculpé le 24 mars 1999 d'actes d'ordre sexuel avec des enfants pour avoir, à réitérées reprises, touché le sexe de sa fille B.________, née le 6 septembre 1990, et s'être fait laver le sexe par celle-ci, à plusieurs reprises également, alors qu'il prenait son bain. Par ordonnance du 21 mai 2002, la Chambre d'accusation du canton de Genève (ci-après: la Chambre d'accusation ou la cour cantonale) l'a renvoyé en jugement devant la Cour correctionnelle siégeant sans le concours du jury à raison de ces faits. Par courrier du 14 août 2002, la curatrice de B.________, Lorella Bertani, a communiqué au Procureur général du canton de Genève un certificat médical du même jour établi par la doctoresse D.________, pédopsychiatre à Genève, qui suit l'enfant depuis le 31 mai 2002. Selon cette praticienne, B.________ aurait subi des actes beaucoup plus graves que ceux dont elle avait fait part jusqu'alors. Son père aurait tenté de la pénétrer avec son sexe, lui aurait léché l'entrejambe, lui demandant de procéder de même sur lui et lui aurait demandé de lui prodiguer des fellations ainsi que de le masturber jusqu'à éjaculation. Par ordonnance du 22 août 2002, le Procureur général a requis un supplément d'information. Le 10 juin 2003, le Juge d'instruction en charge du dossier a confié à la Doctoresse E.________, médecin cheffe de clinique au Service médico-pédagogique de Meyrin, de procéder à une expertise de crédibilité de l'enfant complémentaire à celle établie le 3 mars 1999 par la Doctoresse F.________, médecin-assistante au Service médico-pédagogique du canton de Genève. Au terme de son rapport rendu le 5 mai 2004, dont elle a confirmé la teneur lors de l'audience d'instruction contradictoire du 2 juillet 2004, l'experte tenait les déclarations que B.________ avait faites à la Doctoresse D.________ pour moyennement crédibles. Par décision du 21 juillet 2004, le Juge d'instruction a communiqué la procédure au Procureur général sans inculpation complémentaire. Au terme d'une ordonnance rendue le 17 août 2004, celui-ci a partiellement classé la procédure pénale en raison d'une prévention insuffisante s'agissant des nouvelles accusations portées contre C.________. Par actes séparés du 30 août 2004, la mère de l'enfant, A.________, et la curatrice de celle-ci ont recouru contre cette décision auprès de la Chambre d'accusation en concluant à son annulation et à ce qu'il soit ordonné au Procureur général de prendre des réquisitions en renvoi en jugement portant sur les faits nouveaux dénoncés, en complément de l'ordonnance de renvoi du 21 mai 2002. A titre subsidiaire, Lorella Bertani demandait à la cour cantonale, "si elle n'estimait pas les faits classés en l'état d'être jugés", qu'elle ordonne au Procureur général de requérir une instruction complémentaire. Statuant par ordonnance du 1er décembre 2004, la Chambre d'accusation a déclaré les recours irrecevables, après les avoir joints.