Citation: 5P.359/2000 10.01.2001 E. 3

3.- Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir interprété de manière arbitraire l'art. 13 let. b RAJ, aux termes duquel "l'assistance juridique est révoquée, en tout ou partie, en cours ou à l'issue de la procédure, avec ou sans effet rétroactif, notamment à l'égard d'un bénéficiaire ... dont la situation s'améliore et lui permet de prendre en charge tout ou partie de ses frais de justice ou honoraires d'avocat, par exemple suite à l'issue favorable de la procédure ou des démarches entreprises". a) Le recourant dit avoir allégué devant l'autorité cantonale que les honoraires et débours du procès en cause pouvaient être estimés à 79'413 fr. 30. L'autorité cantonale aurait interprété la disposition précitée comme signifiant que dès lors qu'une personne n'est plus dans l'indigence, sa situation lui permet de prendre en charge de tels frais et honoraires; s'il est vrai, concède le recourant, qu'une personne qui n'est plus indigente ne peut plus, à rigueur de la loi, bénéficier de l'assistance juridique, il serait en revanche insoutenable et choquant de prétendre, comme l'a fait l'autorité cantonale, que cette assistance soit révoquée avec effet rétroactif. Outre que cet effet rétroactif est expressément prévu par la loi, il ne ressort pas de la décision attaquée que les honoraires et débours se montaient à 79'413 fr. 30. Les pièces invoquées par le recourant, à savoir la décision de révocation de l'assistance juridique du 8 décembre 1999 et le relevé d'activité de l'avocat au 9 décembre 1999, ne l'attestent pas non plus. Les faits nouveaux étant irrecevables dans un recours pour arbitraire (ATF 118 III 37 consid. 2a p. 39), il s'ensuit que le grief est irrecevable. b) Selon le recourant, l'interprétation incriminée serait d'autant plus arbitraire qu'elle viole l'art. 8 Cst. en traitant de manière identique des situations totalement différentes. Il ne ressort pas de la décision attaquée que le recourant ait soulevé ce moyen de droit devant l'autorité cantonale; il ne le prétend d'ailleurs pas. Dès lors que, sauf exceptions non réalisées ici, les moyens de droit nouveaux sont irrecevables dans un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne peut pas examiner le grief invoqué (W. Kälin, Das Verfahren der staatsrechtlichen Beschwerde, 2e éd., p. 369 s.; Marc Forster, in: Geiser/Münch, Prozessieren vor Bundesgericht, n. 2.50/51).