Citation: 6B_621/2023 E. 6.4.2

6.4.2. Au demeurant, c'est à bon droit que la cour cantonale a retenu que l'intérêt public à l'expulsion était prépondérant à l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse. Le recourant a certes un intérêt privé à demeurer en Suisse, eu égard à la durée relativement longue de séjour dans ce pays (vingt ans) et au fait que ses quatre enfants vivent en Suisse. Toutefois, vu les éléments précités (cf. supra consid. 6.4.1), soit la faible intégration en Suisse, l'absence de liens socio-professionnels spécialement intenses avec la Suisse, la dépendance à l'aide sociale durant plus de quinze ans, les liens ténus avec ses enfants et leurs mères résidant en Suisse, l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse s'avère mince. Comme l'a relevé à juste titre la cour cantonale et contrairement aux dénégations du recourant, celui-ci pourrait continuer à entretenir des relations personnelles avec ses enfants, par les moyens de communication modernes et par des visites et/ou vacances hors de Suisse, en particulier au Kosovo qui est précisément le pays d'origine de ses quatre enfants ainsi que celui de leurs mères. Au regard de son état de santé, aucun élément au dossier ne va dans le sens d'un intérêt particulier du recourant à rester en Suisse. S'agissant enfin des perspectives de réintégration du recourant dans son pays d'origine, celles-ci ne seraient pas moindres que son intérêt actuel en Suisse. Il a en effet de la famille qui habite au Kosovo et maîtrise la langue locale qui est également celle dans laquelle il communique en Suisse. Pour le surplus, le fait que le marché du travail soit moins favorable dans son pays d'origine qu'en Suisse n'est pas déterminant. Par ailleurs, l'intérêt public relatif à l'expulsion est important, dès lors que le recourant a été condamné pour complicité de trafic grave de stupéfiants. À cet égard, il convient de rappeler que la Cour européenne des droits de l'homme estime que, compte tenu des ravages de la drogue dans la population, les autorités sont fondées à faire preuve d'une grande fermeté à l'encontre de ceux qui contribuent à la propagation de ce fléau (arrêt CourEDH K.M. c. Suisse du 2 juin 2015 [requête n° 6009/10] § 55; arrêts 6B_381/2023 du 8 juin 2023 consid. 4.7.2; 6B_1250/2021 du 13 juin 2022 consid. 2.7.3 et les références citées). Par conséquent, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les intérêts publics à son expulsion l'emportaient sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. Infondé, le grief est rejeté dans la mesure où il est recevable.