Citation: 5A_577/2024 E. 3.2

3.2. La recourante se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans la constatation des faits et l'appréciation des preuves ainsi que dans l'application des art. 47 ss et 59 CPC (par renvoi de l'art. 31 al. 1 LaCC/GE), de même que d'une violation de l'art. 446 CC. Elle reproche en substance à la Chambre de surveillance d'avoir tenu compte d'un fait nouveau " allégué par l'autorité inférieure pour la première fois durant la procédure de recours ", à savoir le courrier du 16 mars 2023 par lequel le président du Tribunal de protection l'informait que la cause concernant sa mère avait été réattribuée à une autre juge. Selon la recourante, sauf à violer la maxime inquisitoire applicable, la Chambre de surveillance aurait dû interpeller le Tribunal de protection au vu de la " chronologie curieuse dans la prise de la mesure de réattribution précitée ". Il était en effet clair que le but principal visé par cette mesure était de préserver le Tribunal de protection, en particulier son vice-président, soit le juge dont la récusation était sollicitée, en empêchant tout examen par la Chambre de surveillance de la décision du 27 janvier 2023 rejetant ses demandes en ce sens. La recourante considère en outre que la mesure de réattribution du dossier est dépourvue de tout caractère contraignant, de sorte que le Tribunal de protection demeure libre de réintégrer à tout moment ledit juge dans la présente cause. De plus, en sa qualité de vice-président du Tribunal de protection, il serait loisible à ce magistrat de se saisir en tout temps de l'affaire dans le cadre du remplacement de la personne en charge du dossier ou pour tout autre motif, " tant qu'il n'aura pas été dessaisi formellement et irrévocablement de la présente cause ". Le juge en question ne se sentait du reste pas concerné par la mesure prise par le Tribunal de protection et s'autorisait à poursuivre ses actes hostiles à son égard en parfaite violation de l'art. 47 CPC. Par ailleurs, la magistrate désignée pour reprendre l'affaire avait démontré tout son soutien audit juge, comme cela ressortait expressément de la " prise de position adoptée par cette dernière dans le cadre de la procédure de recours devant l'autorité inférieure ". Dans ces conditions, la recourante est d'avis que son recours conservait " toute sa raison d'être et son actualité ", à savoir l'obtention d'une décision formelle de récusation " avec dessaisissement immédiat, intégral et irrévocable de Monsieur B.________ de la présente cause ". Pour ce qui concerne la période antérieure à la réattribution de la cause à une nouvelle juge, la recourante considère que la Chambre de surveillance a effectué une " appréciation arbitraire des faits en violation de l'art. 9 Cst. " en se prévalant du fait que les courriers du juge visé des 22 juillet et 3 octobre 2022 ne constituaient pas des actes de procédure. En effet, il ressortait de l'état de fait que c'était " dans le cadre d'une « instruction » en vue de lever la curatelle " que dit magistrat avait adressé les deux lettres précitées.