Citation: 6B_409/2024 E. 2.4

2.4. Le recourant estime que la règle du "tâtonnement" ne saurait trouver application dans le cas d'espèce dans la mesure où la distance de visibilisé, au-delà de la ligne "Cédez le passage" n'aurait pas augmenté de manière significative. Le recourant conteste donc avoir fait preuve de négligence. Le raisonnement de la cour cantonale, qui se fonde notamment sur le rapport d'expertise du 24 janvier 2022 (P. 35), le complément d'expertise du 8 juin 2022 (P. 50) et le témoignage de l'expert aux débats (cf. jugement attaqué, pp. 5-7), est convaincant. À cet égard, l'expert, à qui l'expertise privée du 24 janvier 2024 a d'ailleurs été transmise, a déclaré aux débats d'appel du 7 mars 2024: "Je confirme mon dernier rapport en ce sens qu'on peut retenir que si le véhicule avait avancé lentement, le motocycliste aurait eu le temps de passer devant lui, tout en retenant des conditions optimales pour le motocycliste [...]. Je vous confirme encore qu'une voiture peut rouler techniquement à n'importe quelle vitesse, en particulier une vitesse inférieure à 5 km/h, et même bien inférieure à cette vitesse [...]. Je confirme à nouveau que si le véhicule, après s'être arrêté, reprend sa course pour circuler à une vitesse qui ne dépasse pas 5 km/h, la voiture n'arrive pas au point de choc et la moto lui passe devant, sans avoir à freiner ni à l'éviter". Contrairement à ce qu'affirme le recourant, la règle du "tâtonnage" prend donc tout son sens dans le cas d'espèce. L'expertise privée n'est d'aucun secours au recourant à ce propos. On relèvera d'ailleurs à cet égard, qu'en appliquant cette règle, la circulation de la piste venant par la droite n'aurait pas été impactée. Au vu de la très mauvaise visibilité, dont le recourant avait connaissance, il lui appartenait d'user de davantage de précaution pour s'assurer qu'il ne couperait pas la route aux véhicules arrivant sur le tronçon prioritaire dont il ne pouvait apprécier la distance et la vitesse de manière satisfaisante. Le débiteur de la priorité aurait pu respecter ses obligations s'il s'était avancé quelque peu, à tâtons, afin d'avoir une meilleure vue sur la route principale et de voir si un véhicule prioritaire s'approchait pour que ce dernier puisse l'apercevoir et le cas échéant l'éviter. En avançant à une allure trop rapide, compte tenu des circonstances du cas d'espèce qui ne permettaient pas une telle vitesse, le recourant a entravé la trajectoire d'un véhicule bénéficiant de la priorité, lequel n'a pas pu éviter la collision. Au vu des règles de priorité, ce n'était d'ailleurs pas à la moto de réagir en freinant mais bien à l'automobiliste d'adapter sa conduite. Le recourant a donc enfreint son devoir de priorité aux intersections et n'a pas respecté la signalisation idoine (cf. art. 36 al. 2, 27 al. 1 LCR et 36 al. 2 OSR), ce qui fonde une négligence. S'il avait adopté la règle du "tâtonnement", il aurait pu éviter le choc et le décès de la victime. C'est à juste titre que la cour cantonale a retenu une négligence qui peut être qualifiée de fautive. L'argumentation du recourant tirée de la consommation du cannabis du défunt, à savoir qu'il aurait été possible que ce dernier n'aurait pas été en état d'éviter la voiture, même si celle-ci s'était élancée à la vitesse du pas, est irrecevable faute de reposer sur les faits établis. Pour le surplus, cette argumentation est irrecevable car de nature appellatoire. Le recourant présente sa propre appréciation des faits sans démontrer que ceux retenus par la cour cantonale seraient arbitraires.