Citation: 5P.383/2006 20.12.2006 E. 1

Le Tribunal fédéral vérifie d'office et librement la recevabilité du recours qui lui est soumis (ATF 132 III 291 consid. 1 p. 292 et la jurisprudence citée). 1.1 Les décisions prises en matière de mesures protectrices de l'union conjugale ne sont pas susceptibles de recours en réforme, faute d'être finales au sens de l'art. 48 al. 1 OJ (ATF 127 III 474 consid. 2 p. 476 ss et les références). Les moyens invoqués ne pouvant pas être soumis par une autre voie de droit au Tribunal fédéral, le présent recours est ouvert au regard de l'art. 84 al. 2 OJ. 1.2 Déposé en temps utile à l'encontre d'une décision finale rendue en dernière instance cantonale (p. ex.: arrêt 5P.145/2005 du 26 mai 2005, consid. 1.2 et les arrêts cités), le recours est également recevable sous l'angle des art. 86 al. 1 et 89 al. 1 OJ. 1.3 Dans un recours de droit public pour arbitraire, les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohibés (ATF 129 I 49 consid. 3 p. 57 et les références). Le Tribunal fédéral s'en tient, dès lors, aux faits constatés par l'autorité cantonale, à moins que le recourant ne démontre que ces constatations sont arbitrairement fausses ou lacunaires (ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26). Ces principes valent aussi pour la partie intimée (pour les nova: ATF 118 III 37 consid. 2a in fine p. 39; pour les exigences de motivation: ATF 128 III 4 consid. 4c/aa p. 7). En l'espèce, à défaut d'une telle démonstration, il n'y a pas lieu de tenir compte des allégations de la recourante qui s'écartent des faits constatés dans la décision déférée, notamment celles relatives à la cessation de toute activité de l'entreprise de l'intimé et au licenciement des deux employés de cette société. Il en va de même de la critique de l'intimé selon laquelle le dossier ne comporte aucune pièce justificative des revenus de sa partie adverse, d'autant que l'intéressé ne prétend pas avoir contesté la quotité de ces gains en instance cantonale, ce qui ne ressort pas non plus de l'arrêt attaqué. Bien que la maxime inquisitoire soit applicable en l'occurrence (art. 280 al. 2 CC, par renvoi de l'art. 173 al. 3 CC; arrêts 5P.387/2002 du 27 février 2003, consid. 3.2, et 5P.333/2002 du 19 décembre 2002, consid. 3.1.2), dès lors que la contribution réclamée par la recourante doit aussi couvrir les besoins de la fille mineure des parties, force est de constater que l'intimé n'a pas satisfait à son devoir de collaborer activement à la procédure en étayant sa propre thèse et en requérant à temps des preuves disponibles (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1 p. 413 et les citations). Enfin, il n'y a pas lieu de tenir compte de l'héritage qui serait échu à la recourante en juillet 2006 à la suite du décès de son père; cela étant, la requête de l'intimé tendant à la production de tout document permettant d'établir la quotité de la part successorale ainsi que la date de l'entrée en possession de l'héritage doit être écartée.