Citation: 4A_451/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, la cour cantonale a expliqué que si l'assuré estimait avoir prouvé son incapacité de travail et son droit aux indemnités journalières par le certificat du 19 janvier 2019 du Dr F.________ et par l'offre de preuve par expertise, l'intimée avait pour sa part produit plusieurs contre-preuves. En particulier, un rapport d'expertise du 8 mai 2018 du Dr H.________. Ce psychiatre avait indiqué qu'après environ quatre mois de repos et avec l'aide d'un traitement dermatologique et d'une prise en charge psychiatrique, l'état de l'expertisé était nettement amélioré; il permettait, sur le plan psychiatrique, d'envisager une reprise d'activité. Le Dr H.________ avait retenu une incapacité de travail de 50 % au moment de l'expertise et de 0 % dès le 1er juin 2018. Ce rapport, certes rédigé par un psychiatre mandaté par l'intimée, confirmait l'avis exprimé par le psychiatre de l'assuré, le Dr G.________, dans son rapport du 16 avril 2018. Le Dr G.________ y pronostiquait une reprise progressive de la capacité de travail dans un délai d'un à deux mois. La cour cantonale a ainsi admis que les affections psychiques invoquées par l'assuré ne s'étendaient pas au-delà du 1er juin 2018. S'agissant de l'incapacité de travail fondée sur des affections physiques, la cour cantonale a relevé qu'il ressortait des pièces au dossier que l'assuré en souffrait déjà avant de travailler pour C.________ Sàrl. Il avait eu des accidents en 1995, en 1997 ( recte : 2000) et en 2001, ayant occasionné une incapacité de travailler de longue durée. Le 19 décembre 2017, le Dr D.________, avait constaté, sur une radiographie des mains et du pied droit de l'assuré, une déformation du V métacarpien de la main droite sur un ancien traumatisme et une arthrose interphalangienne moyenne et distale des deux côtés. De telles affections étaient donc préexistantes. Cela résultait également et surtout des déclarations de l'assuré telles qu'elles ressortaient du procès-verbal établi par I.________ le 11 avril 2018, document dont l'exactitude n'était pas contestée. Selon ce compte-rendu, l'assuré avait expliqué qu'il ne pouvait travailler à un taux supérieur à 40 % à cause de ses ennuis de santé. Il avait ainsi admis qu'il souffrait dans sa santé physique et que ses affections l'empêchaient de travailler pleinement. Concernant son arrêt de travail à compter du 9 janvier 2018, l'assuré avait déclaré qu'il ne pouvait plus exercer à cause de l'eczéma et de l'arthrose sur ses mains et ses genoux. Au moment de l'audition, il avait toutefois indiqué que son état de santé s'était stabilisé, que l'eczéma était soigné, que l'arthrose allait mieux, mais que c'était en revanche plus compliqué pour l'affection psychologique. L'assuré avait en outre déclaré en réponse à plusieurs questions qu'il souffrait de son genou droit, des mains, du dos (arthrose) et de l'eczéma " depuis longtemps ", de son genou gauche " après son opération en 1998 " et d'arthrose aux mains " depuis environ 5 ans ". Ainsi, la cour cantonale a relevé que l'examen anticipé des contre-preuves apportées par l'intimée rendait hautement vraisemblable que les affections physiques de l'assuré étaient antérieures à sa prise d'emploi auprès de C.________ Sàrl. La cour cantonale a ajouté que l'examen du certificat du 19 janvier 2019 du Dr F.________, sur lequel se fondait l'assuré, soulevait plusieurs questions, comme l'avaient constaté les premiers juges. On s'étonnait d'abord que l'assuré ait consulté un gynécologue pour des problèmes d'ordre rhumatologique. Si tout médecin avait une formation de base de médecin, sa spécialisation était généralement mise en avant et rien n'expliquait dès lors que l'assuré ait fait appel à un gynécologue, l'assuré se contentant d'expliquer qu'il n'avait pas de lien de parenté avec ce praticien qui parlait sa langue maternelle. Ensuite, la cour cantonale a relevé, avec les premiers juges, que les certificats d'incapacité de travail n'avaient jamais mentionné le type d'affection dont souffrait l'assuré. Quant au formulaire complété le 8 février 2018, il faisait uniquement état de " douleur main/céphalée/fatigue/stress ". Aucune mention n'était faite des autres diagnostics qui avaient ensuite été posés dans le certificat du 19 janvier 2019. En outre, le Dr F.________ y faisait référence au travail de maçonnerie, alors que l'assuré avait été engagé en qualité de manoeuvre. Enfin, à l'exclusion du certificat du 19 janvier 2019, aucun rapport médical ou certificat d'incapacité de travail n'avait été établi après la date du 8 août 2018. Tout portait ainsi à croire que le certificat du 19 janvier 2019 était un certificat de complaisance ou, à tout le moins, le certificat d'un médecin - traitant ou pas - qui voulait maintenir avec son patient - ou ami ou connaissance - une relation de confiance. Dès lors, les premiers juges avaient estimé à bon droit que ce document était dénué de force probante.