Citation: 9C_501/2023 E. 7.1

7.1. L'autorité précédente a retenu que la station-service de la recourante était soumise à la taxe de promotion touristique de la Commune d'Anniviers. Il résultait notamment de l'Étude sur la valeur ajoutée de 2001 que la voiture privée était de loin le moyen de transport le plus important pour les hôtes; il en résultait des chiffres d'affaires directs avec les hôtes, en particulier pour les garages et pour les stations-service; des chiffres d'affaires touristiques indirects étaient réalisés avec les hôtels, les restaurants, les autocaristes, etc.; sur la base de l'enquête auprès des entreprises, la part touristique directe pour les garages et les stations-service avait été estimée à 6,4 %, la part indirecte à 9,8 % pour l'ensemble du canton; les parts réalisés par le Haut-Valais étaient nettement supérieures avec des valeurs respectivement de 7,9 % et 14 %; en outre, les parts touristiques pour toutes les activités économiques pour l'ensemble du canton étaient clairement plus élevées dans les zones touristiques de montagne que dans les zones de plaine; en ce qui concerne les garages et stations-service, elles représentaient 36 % du chiffre d'affaires en zone de montagne. Les premiers juges ont ajouté que les conclusions de cette étude paraissaient, du reste, difficilement critiquables, tant il était manifeste qu'une offre touristique attirait les voyageurs et, partant, favorisait les secteurs en lien avec le transport de personnes, qu'il fut public ou privé. Par conséquent, l'autorité précédente a retenu que les stations-service profitaient de la venue de touristes et d'excursionnistes motorisés en Valais. Les allégations de la recourante selon lesquelles la majorité de son chiffre d'affaires dépendait de la consommation indigène et que les paiements au comptant en euros étaient marginaux n'y changeaient rien. Outre le fait qu'elle reconnaissait qu'une part, même minime, de son chiffre d'affaires provenait de touristes s'acquittant de leurs achats en euros, il paraissait tout à fait probable qu'une partie au moins de cette consommation indigène fut également indirectement liée au tourisme (achat de carburant par les hôtels, les restaurants, les autocaristes, les taxis ou avec d'autres prestataires de services). Quoi qu'il en soit, faisant sienne l'argumentation du Conseil d'État, l'autorité précédente a considéré qu'il n'était pas nécessaire que la recourante retirât effectivement un avantage ou profitât d'éventuelles installations touristiques de la commune, dans le contexte d'un impôt d'attribution des coûts. Il était donc parfaitement soutenable de considérer que, de manière générale, une station d'essence bénéficiait, au moins indirectement, des avantages liés au tourisme.