Citation: 7B_741/2023 E. 3.4

3.4. En prétendant que la police aurait renoncé à établir son alcoolémie et n'aurait pas pu ouvrir a posteriori une procédure pénale à son égard, le recourant oppose sa propre vision des choses à celle de la cour cantonale, sans exposer dans quelle mesure le jugement serait erroné, respectivement arbitraire sur ces points. Son grief est ainsi insuffisamment motivé et, partant, irrecevable. Au demeurant, la motivation de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique. Selon les faits constatés - sans arbitraire - par l'autorité précédente, la police cantonale vaudoise n'avait aucune raison de suspecter le recourant d'une quelconque infraction pénale au moment de procéder à l'éthylotest. Le contrôle auquel il a été soumis apparaît avoir été uniquement destiné à vérifier son aptitude au service. En effet, ensuite du résultat positif de son éthylotest, son arme de service lui a été retirée et il a été libéré de ses fonctions, qu'il n'a pu réintégrer que le soir même, après s'être soumis à une nouvelle mesure de son taux d'alcool dans l'haleine. Des soupçons d'une infraction à la LCR à l'égard du recourant, soit d'avoir conduit en état d'ébriété, ne sont apparus que le 26 août 2021 à la suite des déclarations de l'agent B.________. Jusque-là, l'activité de la police s'est inscrite dans celle de ses tâches administratives soumises au droit cantonal pertinent, alors que le soupçon d'une infraction pénale à l'égard du recourant l'a faite basculer dans celle relevant de la procédure pénale. Aussi l'enquête menée par la police dès le 27 août 2021 a-t-elle été soumise aux art. 306 ss CPP (cf. ATF 146 I 11 consid. 4.1; 140 I 353 consid. 5.5.1; arrêts 6B_194/2022 du 12 mai 2023 consid. 2.5.2; 6B_ 1136/2021 du 7 novembre 2022 consid. 4.4.2; 6B_1409/2019 du 4 mars 2021 consid. 1.5 et les références citées). Dans ces conditions, on ne peut pas reprocher à la cour cantonale d'avoir renoncé à établir l'alcoolémie du recourant et encore moins d'avoir tardé à ouvrir une procédure pénale à son égard. Au contraire, en procédant aux auditions du recourant et de l'appointé C.________ sitôt les premiers soupçons d'une conduite en état d'incapacité portés à sa connaissance, puis en informant le Ministère public des constatations qu'elle avait faites, la police s'est conformée à son devoir légal de dénoncer au Ministère public toute infraction portée à sa connaissance (cf. art. 7, 12 let. a et 302 CPP; arrêt 7B_853/2023 du 21 février 2024 consid. 3.2). Le rapport établi le 31 août 2021, soit quelques jours seulement après les mesures entreprises, respecte le prescrit de l'art. 307 al. 3 CPP, qui impose à la police d'établir un tel document et de le transmettre immédiatement au Ministère public avec les dénonciations, les procès-verbaux, les autres pièces, ainsi que les objets et les valeurs mis en sûreté. Il incombait par ailleurs à cette autorité d'ouvrir une procédure pénale en application de l'art. 309 al. 1 let. a CPP, qui dispose que le ministère public ouvre une enquête lorsque les informations et les rapports de la police, la plainte pénale ou ses propres constatations font apparaître des soupçons suffisants. À ce dernier égard, il est relevé qu'un soupçon initial reposant sur une base factuelle plausible et laissant apparaître la possibilité concrète qu'une infraction ait été commise suffit au Ministère public pour pouvoir ouvrir une instruction (cf. ATF 141 IV 87 consid. 1.3.1; arrêt 6B_212/2020 du 21 avril 2021 consid. 2.2 et les références citées). De tels indices existaient en l'espèce vu les déclarations récoltées par la police ainsi que les constatations de cette dernière quant à une possible conduite par le recourant de son véhicule en état d'ébriété le matin des faits. Contrairement à ce que le recourant prétend, la manière dont la mesure à l'éthylotest s'est déroulée ainsi que le fait qu'il n'ait pas reconnu le résultat affiché par cet appareil n'étaient d'aucune importance à ce stade. Ces questions relèvent de l'appréciation des preuves et devaient dès lors être résolues au cours de l'instruction (cf. art. 308 al. 1 CPP; consid. 6.4 infra). Partant, le grief du recourant doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.