Citation: 4C.257/2000 22.11.2000 E. A

A.- La société Z.________ S.A., qui fait le commerce de vins et d'alcools de toute nature, est entrée en contact avec Y.________ - aujourd'hui inscrite au registre du commerce sous la raison X.________ -, une association regroupant des hôtels de classe moyenne et de qualité supérieure. Il est établi que Z.________ S.A. souhaitait vendre ses vins auprès des établissements membres de X.________. Plus précisément, il a été prévu que le champagne Pol Roger, distribué par Z.________ S.A., pourrait remplacer, auprès de la Centrale d'achats de X.________, le champagne Moët et Chandon. Dans ce contexte, il a été retenu que le représentant de X.________ avait affirmé à Z.________ S.A. que le chiffre d'affaires annuel réalisé avec le champagne Moët et Chandon était de 300 000 fr. En réalité, une expertise effectuée beaucoup plus tard - en cours de procédure - a révélé que ce chiffre d'affaires n'avait pas dépassé, la meilleure année (en 1992), le montant de 141 097 fr. Le 2 juillet 1993, Z.________ S.A. et X.________ ont signé un contrat "de collaboration" par lequel Z.________ S.A. est devenue "partenaire référencé" de la Centrale d'achats de X.________ pour le champagne Pol Roger, de même que pour la gamme des vins distribués par Z.________ S.A. Diverses prestations étaient prévues et, en cas de différend, le for a été fixé à Lausanne. Le 13 juillet 1993, X.________ a écrit à la société Moët et Chandon (Suisse) S.A. pour mettre fin à la collaboration avec cette maison. Par lettre du 13 juillet 1994, Z.________ S.A. s'est plainte auprès de X.________ des résultats de la collaboration, jugés peu brillants. Elle a rappelé que la base du projet reposait sur deux données, à savoir que la Centrale d'achats de X.________ réalisait un chiffre d'affaires annuel de 20 millions de francs et que, dans son chiffre d'affaires, celui de Moët et Chandon (fournisseur à remplacer) s'élevait à 250 000 fr. environ. Dans une lettre du 6 septembre 1994, Z.________ S.A. demandait à X.________ de confirmer que son "chiffre d'affaires avec les champagnes Moët et Chandon s'élevait annuellement à 300 000 fr.". La réponse n'ayant pas porté sur ce point, Z.________ S.A. écrivit à X.________ une lettre recommandée le 23 septembre 1994; elle y dénonçait, avec effet immédiat, la convention signée le 2 juillet 1993, se réservant le droit de déposer plainte pénale pour tentative d'escroquerie.