Citation: 6B_205/2008 15.07.2008 E. 2

Le recourant invoque une violation des art. 36 al. 1 et 39 al. 1 LCR en relation avec l'art. 125 CP. En bref, il reproche à la cour cantonale d'avoir retenu, sans tenir compte des circonstances concrètes, qu'il avait manifesté trop tard son intention d'obliquer à gauche. 2.1 L'art. 39 al. 1 LCR dispose que, avant de changer de direction, le conducteur manifestera à temps son intention au moyen des indicateurs de direction ou en faisant de la main des signes intelligibles, précisant que cette règle vaut, notamment, pour se disposer en ordre de présélection ou pour obliquer. L'art. 36 al. 1 LCR prévoit par ailleurs que celui qui veut obliquer à droite serrera le bord droit de la chaussée et que celui qui veut obliquer à gauche se tiendra près de l'axe de la chaussée. Il est établi que le recourant a effectué les manoeuvres prescrites par ces dispositions. La seule question litigieuse est celle de savoir s'il l'a fait à temps. 2.2 Selon la jurisprudence, le moment et la distance auxquels le conducteur doit manifester son intention de changer de direction ne résultent d'aucune disposition légale et ne peuvent être fixés de manière générale. Ils doivent être appréciés de cas en cas, en fonction de la situation du trafic Ce qui importe au premier chef, c'est que le conducteur signale le plus tôt possible aux autres usagers son intention de changer de direction et qu'il le fasse de manière à éviter toute confusion (ATF 101 IV 321 consid. 2 p. 322; 94 IV 120 consid. 2 p. 123). A l'intérieur des localités, où la vitesse maximale autorisée est moins élevée qu'en dehors des localités, le conducteur qui entend obliquer manifestera, en règle générale, son intention de le faire à une distance comprise entre 40 et 100 mètres avant qu'il n'effectue cette manoeuvre (ATF 94 IV 120 consid. 2 p. 123 in fine). 2.3 Le recourant ne conteste pas la constatation de fait cantonale selon laquelle il a enclenché son indicateur de direction gauche et s'est mis en présélection près de l'axe de la chaussée alors qu'il se trouvait à une distance de 20,5 mètres de l'endroit où il a ensuite obliqué à gauche. Cette distance, comme l'a observé la cour cantonale, est nettement inférieure à celle qui doit, en principe, être respectée à l'intérieur des localités. Contrairement à ce que laisse entendre le recourant, la cour cantonale ne s'en est toutefois pas tenue de manière rigide à ce principe. Elle a aussi tenu compte de la vitesse, de 30 km/h, à laquelle il circulait au moment où il a manifesté son intention d'obliquer à gauche, relevant qu'à cette vitesse il parcourait une distance de 8,33 mètres à la seconde, ainsi que de la vitesse, de 42 km/h, à laquelle circulait l'intimé au même moment, calculant que ce dernier parcourait ainsi une distance de 11,66 mètres à la seconde. Il en résulte notamment que le recourant a manifesté son intention d'obliquer à gauche environ 2 ½ secondes avant d'effectuer cette manoeuvre (20,5 mètres : 8,33 mètres à la seconde). Un tel laps de temps est à l'évidence insuffisant. Pour le contester, le recourant insiste vainement sur le fait qu'il était à la recherche d'une place de parc. Aussi longtemps qu'il n'avait pas signalé, par les manoeuvres prescrites à cet effet, qu'il entendait obliquer à gauche, cette intention n'était pas perceptible pour les autres usagers; en particulier, elle ne pouvait être déduite du seul fait qu'il ralentissait. 2.4 Sur le vu de ce qui précède, il pouvait être retenu, sans violation du droit fédéral, que le recourant a contrevenu aux art. 36 al. 1 et 39 al. 1 LCR. Le grief est par conséquent infondé.