Citation: 4A_219/2021 E. 3

La cour cantonale a jugé prescrites les prétentions de la recourante contre chacun des intimés par le même raisonnement. Elle a considéré que seule la réquisition de poursuite, dès sa remise à la poste, interrompait la prescription conformément à l'art. 135 ch. 2 CO et que la notification d'un commandement de payer valable n'avait pour effet que de faire rétroagir l'interruption au moment du dépôt de la réquisition de poursuite. En ce qui concerne les prétentions contre la compagnie d'assurance déduites de l'art. 33 al. 1 de la loi fédérale sur la navigation intérieure (LNI; RS 747.201), la cour cantonale a constaté que l'intimée avait renoncé à se prévaloir de la prescription jusqu'au 29 février 2012. Ce jour-là, la recourante a déposé une réquisition de poursuite, laquelle a interrompu la prescription et fait naître un nouveau délai d'un an, conforme à l'art. 60 al. 1 aCO, applicable dès lors que la prescription pénale absolue de l'art. 72 ch. 2 aCP était atteinte au plus tard le 30 novembre 2006 (cf. art. 60 al. 2 aCO et art. 49 Tit. fin. CC). La cour cantonale a jugé que la prescription était acquise dès le 28 février 2013 et que la réquisition de poursuite déposée le 11 mars 2013 n'avait pas d'effet interruptif, quand bien même elle l'avait été moins d'un an après la notification d'un commandement de payer intervenue le 16 mars 2012. En ce qui concerne les prétentions contre l'intimé, la Cour de justice a considéré qu'elles étaient en tout cas prescrites le 18 avril 2018, lors de l'envoi de la réquisition de poursuite par la recourante, plus d'un an après la remise à la poste de la précédente réquisition de poursuite en date du 13 avril 2017.