Citation: U 192/06 10.04.2007 E. 3.2

3.2.1 Selon l'art. 6 al. 1 LAA, les prestations d'assurance sont allouées en cas d'accident professionnel, d'accident non professionnel et de maladie professionnelle. Le droit à des prestations découlant d'un accident assuré suppose d'abord, entre l'événement dommageable de caractère accidentel et l'atteinte à la santé, un lien de causalité naturelle. Cette exigence est remplie lorsqu'il y a lieu d'admettre que, sans cet événement accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu'il ne serait pas survenu de la même manière. Il n'est pas nécessaire, en revanche, que l'accident soit la cause unique ou immédiate de l'atteinte à la santé; il faut et il suffit que l'événement dommageable, associé éventuellement à d'autres facteurs, ait provoqué l'atteinte à la santé physique ou psychique de l'assuré, c'est-à-dire qu'il se présente comme la condition sine qua non de celle-ci. Savoir si l'événement assuré et l'atteinte à la santé sont liés par un rapport de causalité naturelle est une question de fait, que l'administration ou, le cas échéant, le juge examine en se fondant essentiellement sur des renseignements d'ordre médical, et qui doit être tranchée en se conformant à la règle du degré de vraisemblance prépondérante, appliquée généralement à l'appréciation des preuves dans l'assurance sociale. Ainsi, lorsque l'existence d'un rapport de cause à effet entre l'accident et le dommage paraît possible, mais qu'elle ne peut pas être qualifiée de probable dans le cas particulier, le droit à des prestations fondées sur l'accident assuré doit être nié (ATF 129 V 177 consid. 3.1 p. 181, 402 consid. 4.3.1 p. 406, 119 V 335 consid. 1 p. 337, 118 V 286 consid. 1b p. 289 et les références). Le droit à des prestations de l'assurance-accidents suppose en outre l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident et l'atteinte à la santé. La causalité est adéquate si, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le fait considéré était propre à entraîner un effet du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce résultat paraissant de façon générale favorisée par une telle circonstance (ATF 129 V 177 consid. 3.2 p. 181, 402 consid. 2.2 p. 405, 125 V 456 consid. 5a p. 461 et les références). 3.2.2 La responsabilité de l'assureur-accidents s'étend, en principe, à toutes les conséquences dommageables qui se trouvent dans un rapport de causalité naturelle et adéquate avec l'événement assuré. Les prestations d'assurance sont donc également allouées en cas de rechutes et de séquelles tardives (art. 11 OLAA). Selon la jurisprudence, les rechutes et les séquelles tardives ont ceci en commun qu'elles sont attribuables à une atteinte à la santé qui, en apparence seulement, mais non dans les faits, était considérée comme guérie. Il y a rechute lorsque c'est la même maladie qui se manifeste à nouveau. On parle de séquelles tardives lorsqu'une atteinte apparemment guérie produit, au cours d'un laps de temps prolongé, des modifications organiques ou psychiques qui conduisent souvent à un état pathologique différent (ATF 123 V 137 consid. 3a p. 138 et les références). A cet égard, la jurisprudence considère que plus le temps écoulé entre l'accident et la manifestation de l'affection est long, et plus les exigences quant à la preuve, au degré de la vraisemblance prépondérante, du rapport de causalité naturelle doivent être sévères (RAMA 1997 no U 275 p. 191 consid. 1c). 3.3 Par un premier grief, la recourante fait valoir qu'en niant l'existence d'un lien de causalité naturelle entre le kyste dorsal au poignet droit et l'accident du 4 avril 1998, la juridiction cantonale méconnaît la décision sur opposition d'Helsana du 13 juillet 2000, confirmée par le jugement du tribunal administratif cantonal du 5 décembre 2000 et l'arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 2 juillet 2001 (U 25/01). Dans la mesure où il a reconnu une incapacité de travail durant la période du 25 janvier au 10 février 2000, l'intéressée est d'avis que l'assureur-accidents a admis l'existence d'un tel lien de causalité, en se fondant pour cela sur l'avis du docteur J.________ (rapport du 27 mars 2000). Ce grief est manifestement mal fondé. Il ressort en effet de la décision sur opposition du 13 juillet 2000 que l'incapacité de travail de 100 % reconnue par Helsana était due non pas à la présence du kyste au poignet droit, mais exclusivement aux suites de l'opération de plastie en Z effectuée le 25 janvier 2000. En deuxième lieu, la recourante allègue une violation du fardeau de la preuve. Invoquant la jurisprudence selon laquelle l'extinction du lien de causalité entre l'accident et l'atteinte à la santé doit être établie, par l'assureur, au degré de la vraisemblance prépondérante requise en matière d'assurances sociales (RAMA 2000 no U 363 p. 46 consid. 2, 1994 no U 206 p. 328 consid. 3b), elle soutient qu'il incombait à Helsana d'établir que le kyste, annoncé au titre de séquelle tardive, n'est pas en relation de causalité naturelle avec l'accident du 4 avril 1998. Ce point de vue est erroné. En effet, en cas de rechute ou de séquelle tardive, l'obligation de l'assureur-accidents de répondre de la nouvelle atteinte à la santé n'est pas donnée du seul fait que l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'atteinte initiale et un accident a été reconnue. Les conséquences de l'absence de preuve d'un tel lien entre la nouvelle atteinte et l'accident doivent être supportées par l'assuré qui requiert des prestations de l'assurance-accidents pour ladite atteinte (RAMA 1994 no U 206 p. 328 consid. 3b; arrêt du Tribunal fédéral des assurances U 50/99 du 28 juin 2001, consid. 3a). Troisièmement, la recourante remet en cause la valeur probante du rapport d'expertise du docteur K.________ (du 18 décembre 2001). Reprenant quasiment mot pour mot le mémoire de recours formé devant la juridiction cantonale, elle fonde sa critique essentiellement sur une prise de position du docteur J.________ (du 11 mars 2002) au sujet du rapport d'expertise précité. Dans la mesure où ce médecin met en doute l'objectivité du docteur K.________, ses arguments ne constituent pas un motif de s'écarter de l'expertise en question. Renvoi soit à cet égard, aux considérants pertinents du jugement attaqué. Par ailleurs, le fait que, selon le docteur J.________, l'apparition d'un kyste peut être la conséquence directe d'un traumatisme banal n'apparaît pas suffisant pour établir l'existence d'un lien de causalité naturelle au degré de la vraisemblance prépondérante. Vu ce qui précède, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'accident du 4 avril 1998 et le kyste dorsal au poignet droit doit être niée, sans qu'il soit nécessaire de mettre en oeuvre une expertise complémentaire, comme le demande la recourante à titre subsidiaire. L'intimée était dès lors fondée, par sa décision sur opposition du 19 décembre 2003, à refuser ses prestations pour cette affection. Le jugement attaqué n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle manifestement infondé.