Citation: 7B_992/2023 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a constaté que le recourant avait purgé les deux tiers de sa peine et a confirmé que le comportement qu'il avait adopté depuis le début de l'exécution de la peine ne s'opposait pas à la libération conditionnelle. Dès lors, seul restait litigieux le pronostic relatif à son comportement futur. A cet égard, la juridiction précédente a considéré que le pronostic était clairement défavorable. Elle a relevé le caractère exceptionnel des antécédents du recourant, la gravité des actes commis (notamment cambriolages, vols de voitures, tentatives de faire exploser des bancomats, brigandage lors duquel il avait menacé, violenté et mis en danger de mort une victime avec un couteau de 45 cm de long) et sa propension à récidiver de sang-froid, en tant que criminel endurci. Son amendement était relatif. Quant à ses aveux, sa collaboration à l'enquête et son repentir, ils manquaient de substance pour retenir qu'ils n'avaient pas été principalement dictés par le contexte du procès. Le bref suivi thérapeutique dont avait bénéficié le recourant n'était au demeurant pas suffisant pour rassurer sur son comportement dans l'hypothèse où il recouvrerait immédiatement la liberté. Ses projets professionnels en cas de libération étaient par ailleurs vagues. Dans ces conditions, il y avait lieu de redouter que le recourant retombe dans la délinquance, une fois libéré. Les préavis favorables de l'OEP et du Ministère public n'y changeaient rien; ils étaient subordonnés à l'exécution de l'expulsion au Portugal alors qu'il s'agissait de protéger la sécurité publique en général, sans condition de territoire. Ces préavis précisaient au demeurant que les projets de vie future du recourant devaient encore être sérieusement étayés par des éléments concrets, ce qui n'apparaissait pas être le cas. S'agissant du pronostic différentiel, la cour cantonale a considéré que la poursuite de l'exécution de la peine offrirait manifestement plus d'avantages que la liberté conditionnelle, puisque le recourant pourrait consolider son suivi psychologique - en particulier prendre conscience de ses vulnérabilités et parvenir à détecter les situations potentiellement à risque - et présenter un projet professionnel dans lequel il serait moins dépendant d'autrui, élément qui s'était révélé un facteur de récidive par le passé. De surcroît, au vu du risque de récidive qualifié de moyen et de l'importance des biens juridiques menacés (notamment l'intégrité corporelle), la priorité devait être accordée à la sécurité publique.