Citation: 2C_612/2024 E. 6

Reste encore à examiner si la rétrogradation respecte le principe de la proportionnalité (cf. supra consid. 5.4). La recourante estime que seul le prononcé d'un avertissement serait approprié. 6.1 En l'occurrence, il n'est pas contesté que la mesure prise à l'encontre de la recourante, en ce qu'elle lui rappelle de manière contraignante ses obligations d'intégration, est apte à l'inciter à changer de comportement à l'avenir, pour mieux s'intégrer en Suisse. 6.2 S'agissant du critère de la nécessité, il convient de relever que la recourante a modifié son comportement depuis sa condamnation en 2023. Elle a entrepris des efforts pour se réinsérer professionnellement et rembourser ses dettes, la comparaison de ses extraits des poursuites démontrant une diminution du montant total des poursuites de plus de 10'000 fr. en sept mois. C'est toutefois sans arbitraire que le Tribunal cantonal a retenu que ce changement était récent et fragile, en particulier au vu de la nouvelle poursuite introduite en mars 2024 (cf. supra consid. 4.4). En outre, le montant total des poursuites reste important (189'491 fr. 25 en juin 2024). S'il est vrai que la recourante a pris des engagements lors de la procédure pénale, ceux-ci n'ont toutefois pas encore abouti à une stabilisation de la situation, d'une part, et ne concernent que le remboursement du prêt Covid-19, d'autre part. Or, la décision entreprise est, sur le plan financier, plus large puisqu'elle subordonne le renouvellement de l'autorisation de séjour au fait que la recourante ne contracte pas de nouvelles dettes et élabore un plan d'assainissement de ses passifs (dans leur ensemble). Il importe donc de faire preuve de réserve, la menace de révocation du sursis ne pouvant d'emblée être considérée comme suffisante, quoi qu'en dise la recourante. Dès lors et au vu de l'ensemble de ces éléments, le prononcé d'un avertissement n'apparaît pas suffisant. 6.3 Quant à l'intérêt privé de la recourante à conserver son autorisation d'établissement, celui-ci ne saurait l'emporter sur l'intérêt public à ce qu'elle remédie au déficit d'intégration et poursuive les efforts entrepris, ce d'autant plus que la rétrogradation n'empêche pas l'intéressée de rester en Suisse et de continuer à y vivre sa vie familiale. On ne voit en outre pas en quoi l'octroi d'une autorisation de séjour mettrait en péril sa situation professionnelle puisqu'une telle autorisation lui permet de travailler, quoi qu'en dise la recourante. Enfin, il lui sera possible de demander à nouveau, dans cinq ans et pour autant qu'elle remplisse les exigences en matière d'intégration, l'octroi d'une autorisation d'établissement (cf. art. 34 LEI). 6.4 Dans ces circonstances, en renonçant à prononcer un avertissement et en confirmant la rétrogradation de l'autorisation d'établissement de la recourante, le Tribunal cantonal n'a pas violé le principe de proportionnalité.