Citation: 6B_1185/2018 E. 2.5

2.5. Si le recourant estimait que le crime préalable - en tant qu'élément constitutif de l'infraction réprimée à l'art. 305 bis CP - n'était pas suffisamment établi, il lui appartenait de soulever ce point au fond, ce qu'il ne fait pas dans son recours en matière pénale (cf. art. 42 al. 2 LTF). Ainsi, il n'y a pas matière à examiner si les acheteurs dupés auraient dû faire preuve d'une vigilance accrue en procédant, par exemple, à une vérification de l'identité du vendeur avant de verser les montants litigieux. Au demeurant, si le Tribunal fédéral a certes jugé que, dans le cadre d'une vente conclue sur internet, un vendeur n'était pas victime d'escroquerie, dès lors qu'il avait agi avec légèreté en livrant contre facture un produit d'une importante valeur marchande à un inconnu sans examiner, au moins de manière sommaire, la solvabilité de celui-ci (cf. ATF 142 IV 153 consid. 2.2.4 p. 156 s.), la cour cantonale a constaté qu'en l'espèce, les acheteurs étaient entrés en communication avec le vendeur, lequel avait alors évoqué les modalités de livraison et communiqué les coordonnées d'un compte postal suisse sur lequel le prix devait être versé, faisant ainsi croire que l'annonce publiée était réelle et que le produit leur serait livré après paiement. Il ne paraît dès lors pas qu'un devoir de vérification plus circonstancié aurait pu être exigé des acheteurs, en particulier s'agissant d'objets dont le prix de vente s'échelonnait de 225 à 1615 francs. Enfin, contrairement à ce que laisse entendre le recourant dans son mémoire de recours, dès lors qu'une seule des dix transactions en cause portait sur un montant inférieur à la limite jurisprudentielle de 300 fr. (cf. ATF 142 IV 129 consid. 3.1 p. 134), l'escroquerie commise ne saurait être considérée comme une contravention au sens de l'art. 172 ter CP, mais bien comme un crime (cf. art. 10 al. 2 et 146 al. 1 CP). Pour le surplus, le recourant ne prétend pas qu'un autre élément constitutif de l'infraction de blanchiment d'argent n'était pas suffisamment décrit dans l'acte d'accusation. Le grief doit dès lors être rejeté.