Citation: 1P.425/2006 25.07.2006 E. 1

Selon la jurisprudence, un risque de fuite ne doit pas s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 160 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses liens familiaux, sa situation financière, ses ressources économiques, ses liens avec l'Etat qui le poursuit et ses contacts avec l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 la 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Par ailleurs, conformément à l'art. 5 § 3 dernière phrase CEDH, le prévenu a le droit d'être libéré s'il lui est possible de fournir des sûretés propres à garantir sa présence aux débats et, le cas échéant, sa soumission au jugement, lorsque l'incarcération n'a plus d'autre justification que le danger de fuite (cf. art. 76 al. 2 CPP val.; ATF 105 la 186 consid. 4a p. 187). De même, le prévenu peut être astreint à se présenter régulièrement à une autorité déterminée, à déposer ses papiers d'identité ou à se soumettre à d'autres obligations propres à écarter le risque de fuite telles que l'assignation à résidence ou l'interdiction de quitter le territoire (art. 82bis al. 1 CPP val.; cf. ATF 51 1 388 consid. 2 p. 392). En l'occurrence, le risque de fuite ne saurait sérieusement être contesté. Le recourant, ressortissant italien, est domicilié au Maroc où il s'est établi avec sa fille C.________, sa nouvelle épouse, de nationalité marocaine, et leur enfant commun. Il n'a pas d'attaches familiales ou professionnelles solides établies en Suisse. Il est sans importance, pour apprécier le risque de fuite, que son adresse au Maroc soit connue et que son extradition puisse, le cas échéant, aisément être obtenue pour assurer sa présence aux débats (ATF 123 131 consid. 3d p. 36/37). En revanche, la Chambre pénale pouvait voir un élément important en faveur d'un risque élevé de fuite dans le fait que C.________ se trouvait au Maroc, sans que l'on puisse lui reprocher, ce faisant, d'exercer un moyen de pression inadmissible sur le prévenu pour que celui-ci fasse revenir sa fille en Suisse. Dans ces circonstances, et compte tenu de la peine susceptible d'être infligée au recourant s'il devait être reconnu coupable des infractions qui lui sont reprochées, elle n'a pas violé les art. 10 al. 2 Cst. et 5 § 1 let. c CEDH en retenant l'existence d'un risque concret que le recourant ne se soustraie par la fuite à la poursuite pénale en cas de libération provisoire; de même, en l'absence de toute indication sur la situation financière du prévenu, elle pouvait admettre que le danger de fuite ne pouvait pas être pallié au moyen du simple engagement du recourant de répondre aux convocations judiciaires ni par d'autres mesures moins incisives que le maintien en détention, telles que celles définies aux art. 76 al. 2 et 82bis ch. 1 let. a à c CPP val.