Citation: U 239/01 27.06.2002 E. 3

3.- a) Cela étant, il n'en demeure pas moins que la recourante présente encore des troubles de nature psychique qualifiés de trouble de l'adaptation, réaction mixte anxieuse et dépressive (F 43.22; rapport des docteurs F.________ et G.________ du 23 février 1999) et d'hystérie de conversion décompensée sur le mode dépressif (rapport du docteur I.________ du 21 septembre 1999). b) En l'occurrence, il n'y a pas lieu de revenir sur l'opinion des premiers juges, selon laquelle il existe un lien de causalité naturelle entre ces troubles et l'accident du 28 janvier 1999. Certes, le docteur I.________ a nié l'existence d'un tel lien en alléguant qu'en raison de la personnalité prémorbide de la recourante, un risque de décompensation était lié non pas exclusivement à un accident comme celui du 28 janvier 1999, mais aussi à tout stress de vie, qu'il survienne ensuite d'un accident, d'une maladie ou de n'importe quel événement. Cette argumentation est mal fondée. Selon la jurisprudence, il n'est pas nécessaire, pour que l'exigence du lien de causalité naturelle soit réalisée, que l'accident soit la cause exclusive de l'atteinte à la santé. Il faut et il suffit que l'événement dommageable, associé éventuellement à d'autres facteurs, ait provoqué l'atteinte à la santé physique ou psychique, c'est-à-dire qu'il se présente comme la condition sine qua non de celle-ci (ATF 119 V 337 consid. 1, 118 V 289 consid. 1b et les références), ce que le docteur I.________ lui-même admet implicitement, du moment que l'accident du 28 janvier 1999 était indéniablement un événement de nature à entraîner un stress de vie. Quant à la jurisprudence citée par l'intimée pour nier l'existence d'un lien de causalité naturelle, elle ne concerne pas cette question mais celle de la causalité adéquate (ATF 115 V 413; SJ 1998 p. 429). c) Il reste à examiner si la juridiction cantonale était fondée à nier l'existence d'un lien de causalité adéquate entre les troubles psychiques attestés par les médecins et l'accident survenu le 28 janvier 1999. aa) Selon la jurisprudence, il convient, aux fins de procéder à une classification des accidents de nature à entraîner des troubles psychiques, non pas de s'attacher à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais bien plutôt de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même (ATF 115 V 139 consid. 6, 407 s. consid. 5). bb) La juridiction cantonale a considéré que l'accident en cause devait être classé à la limite inférieure de la catégorie des accidents de gravité moyenne, compte tenu du fait que l'assurée a été victime d'une chute d'une hauteur de deux mètres environ, suivie d'une perte de connaissance de quelques minutes. La recourante critique implicitement ce point de vue en reprochant au tribunal cantonal de n'avoir pas suffisamment éclairci les circonstances de l'accident. Elle allègue que sa chute a été précédée d'un coup à la tête donné par un élève lors d'un saut périlleux manqué. Elle a ensuite chuté d'une hauteur de deux mètres cinquante et s'est frappé l'arrière du crâne et le dos sur le sol en béton. Par ailleurs, selon la recourante, on ignore combien de temps a duré la perte de connaissance, la déclaration d'accident indiquant quarante-cinq minutes, alors que le docteur H.________ a fait état d'une perte de connaissance de "plusieurs minutes". Les circonstances alléguées par la recourante, même si elles étaient avérées, ne permettent toutefois pas de s'écarter foncièrement de l'appréciation du tribunal cantonal. En effet, dès lors qu'il y a lieu de faire abstraction de la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique (cf. consid. 3c/aa), force est de constater que l'événement en cause et l'intensité de l'atteinte qu'il a générée ne sont pas tels qu'il faille admettre l'existence d'un accident grave. L'accident doit dès lors être classé dans la catégorie des accidents de gravité moyenne. cc) Par ailleurs, il n'y a pas de motif de mettre en cause le point de vue du tribunal cantonal selon lequel aucun des critères objectifs posés par la jurisprudence en matière de troubles psychiques consécutifs à un accident de gravité moyenne (cf. ATF 115 V 138 ss consid. 6 et 407 ss consid. 5) n'était réalisé en l'occurrence. En particulier, l'accident et les circonstances concomitantes apparaissent dénués de tout caractère particulièrement impressionnant ou dramatique. Par ailleurs, la recourante n'a pas subi de lésion physique grave. Quant à la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques, elle n'apparaît pas particulièrement longue, étant donné qu'après un séjour de neuf jours à l'hôpital, suivi d'un séjour d'un mois dans une clinique de rééducation, l'état de l'intéressée n'a plus nécessité la mise en oeuvre d'un traitement médical pour des troubles somatiques. Cela étant, le caractère adéquat du lien de causalité entre l'accident survenu le 28 janvier 1999 et les troubles psychiques existant après le 4 mars suivant doit être nié. Le jugement entrepris n'est dès lors pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.