Citation: 1A.179/2000 05.07.2000 E. A

A.- Le 24 mars 1998, le Ministère de la justice du Royaume d'Espagne a transmis à l'Office fédéral de la police (ci-après: l'Office fédéral) une demande fondée sur la Convention européenne d'entraide judiciaire, conclue à Strasbourg le 20 avril 1959, entrée en vigueur le 16 novembre 1982 pour l'Espagne et le 20 mars 1967 pour la Suisse (CEEJ; RS 0.351. 1). La requête a été présentée pour les besoins de l'enquête conduite par B.________, Juge auprès du Tribunal d'instruction n°20 de Madrid. Selon l'exposé des faits joint à la demande, établi le 27 novembre 1997, l'action pénale est ouverte contre les ressortissants espagnols C.________, président du Conseil d'administration de la société D.________, E.________, membre du Conseil d'administration de D.________, F.________, directeur financier de D.________, et le ressortissant américain G.________, directeur financier du groupe D.________. Ceux-ci sont poursuivis du chef de faux dans les documents commerciaux ("falsedad en documento mercantil") et d'appropriation indue ("apropriacion indebida"), délits réprimés par les art. 302 et 303 du Code pénal espagnol, d'une part, et par les art. 528, 529 et 535 de la même loi, d'autre part. Dans le cadre de la faillite de D.________, il a été découvert, dans la comptabilité de cette société, quatre factures, datées des 15 avril 1991, 25 octobre 1991, 30 avril 1992 et 20 août 1992, relatives à un contrat passé le 20 mars 1990. Ce contrat portait sur la remise à bail, par la société H.________, de 350 magnétoscopes et de 50 caméras à D.________, en vue de la couverture télévisuelle des Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone. Il avait été signé par C.________, agissant au nom de D.________, et par un dénommé I.________, pour le compte de H.________. Le montant total du loyer, soit 1'500'000 USD, avait été acquitté par D.________ sur le compte n°4160 ouvert auprès de la Banque J.________ à Lausanne (ci-après: la Banque). Le 20 octobre 1995, H.________ avait indiqué au Juge d'instruction qu'il n'existait pas de contrat relatif à D.________ daté du 20 mars 1990; que les factures émises au nom de H.________ ne figuraient pas dans la comptabilité de celle-ci; que I.________ avait quitté la société le 14 septembre 1990; que les documents présentés comme factures étaient des faux et qu'aucun montant n'avait été encaissé au titre du contrat du 20 mars 1990. La demande tendait à la remise de la documentation relative au compte n°4160, ainsi qu'à l'identification des destinataires du montant de 1'500'000 USD. Le 6 avril 1998, l'Office fédéral a délégué la demande pour exécution au Juge d'instruction du canton de Vaud. Le 9 avril 1998, celui-ci est entré en matière et a invité la Banque (devenue dans l'intervalle K.________) à lui remettre les documents d'ouverture du compte n°4160, à lui révéler l'identité du ou des ayants droit de ce compte en 1991 et en 1992 et des personnes qui auraient détenu une procuration sur ce compte à la même époque, ainsi qu'à fournir le relevé des mouvements opérés entre le 1er août 1991 et le 31 décembre 1992. Le 15 avril 1998, la Banque a remis la documentation réclamée, dont il ressort que la société L.________ à Dublin, était la titulaire et A.________ l'ayant droit économique du compte n°4160 soldé le 10 mars 1993. Le 1er mai 1998, le Juge d'instruction a clos la procédure d'exécution et ordonné la transmission à l'Etat requérant de cette documentation. Cette décision est entrée en force.