Citation: H 19/07 10.12.2007 E. 3

3.1 Pour les premiers juges, l'ensemble de ces faits démontraient une détérioration rapide et manifeste de la situation économique de la société. Tous ces signaux, que le recourant ne pouvait manquer de voir, auraient dû l'inciter à réagir au plus vite. Si le recourant n'a pas ménagé ses efforts pour maintenir en vie la société, notamment en mandatant un expert-comptable et en engageant des négociations avec les établissements bancaires, ces mesures concrètes n'ont été prise qu'à compter du mois de mars 2002, soit presqu'une année après la cessation du paiement des cotisations en mai 2001. B.________ a tardé à réagir après avoir cessé de payer les cotisations sociales. Il a en outre continué à payer en parallèle d'autres fournisseurs. Quant à la mauvaise conjoncture invoquée, elle n'était pas de nature à diminuer sa responsabilité: elle aurait dû au contraire l'inciter à être plus prudent dans l'analyse de la situation financière de la société et dans l'évaluation de sa capacité à s'acquitter de ses dettes envers la caisse. 3.2 Sans contester les faits retenus par la juridiction cantonale, le recourant estime que la suspension du paiement des cotisations sociales à la caisse était légitime. A l'époque, il n'avait aucune raison de penser que la situation allait se détériorer irréversiblement. Les difficultés rencontrées par la société n'étaient en effet pas dues à des erreurs de gestion, mais à des facteurs extérieurs indépendants de sa volonté, à commencer par le non-paiement de la part de ses clients de créances très importantes, puis par le changement de politique de crédit des banques. Lorsqu'il a pris conscience de la gravité de la situation, soit au début de l'année 2002, il a pris sans délai des mesures, notamment en s'entourant d'un expert-comptable et en n'hésitant pas à réaliser des biens privés. C'est à tort que les premiers juges ont considéré que les mesures prises étaient tardives et estimé qu'il était objectivement peu probable que celles-ci puissent être de nature à ramener la société dans les chiffres noirs. Malgré les pertes affichées à l'époque, la société présentait encore au 1er mars 2002 un bénéfice au bilan de 42'320 fr. 66, de sorte qu'il pouvait légitimement et objectivement penser pouvoir redresser la situation. Ce n'est que lorsqu'il a constaté que la situation était irrémédiable qu'il a immédiatement déposé le bilan. Il a ainsi démontré avoir toujours été de bonne foi et n'avoir eu aucunement l'intention de porter préjudice à ses créanciers.