Citation: 9C_313/2007 08.01.2008 E. 5

5.1 La recourante soutient ensuite qu'elle a besoin de la journée entière pour effectuer les tâches ménagères à son rythme, de sorte que si une activité professionnelle à 45% était envisageable, le taux d'incapacité ménagère devrait être augmenté. Elle n'aurait alors pas la même disponibilité pour s'occuper du ménage et de sa famille, ce dont les premiers juges auraient dû tenir compte. Le point de savoir si et, le cas échéant, dans quelle mesure il y a lieu de tenir compte de l'influence réciproque entre l'exercice de l'activité professionnelle et l'accomplissement des travaux habituels suppose que l'assurée dispose d'une capacité résiduelle de travail (sur l'ensemble de cette question, voir ATF I 246/05 du 30 octobre 2007). A cet égard, la recourante fait valoir qu'elle n'est pas à même d'exercer les activités que la juridiction cantonale a considéré comme adaptées à ses limitations fonctionnelles. Les tâches simples de surveillance, de vérification ou de contrôle ne permettraient pas l'alternance des positions, une personne chargée de surveiller une machine devant rester à la même place. De même, effectuer des tâches légères dans la vente supposerait la capacité de serrer des objets et de pouvoir porter des charges supérieures à 1 kg. 5.2 Lors de l'examen de la mise en valeur de la capacité de travail résiduelle, on ne saurait se fonder sur des possibilités de travail irréalistes. Ainsi, on ne peut parler d'une activité exigible au sens de l'art. 16 LPGA (auquel renvoie l'art. 28 al. 2 LAI), lorsqu'elle ne peut être exercée que sous une forme tellement restreinte qu'elle n'existe pratiquement pas sur le marché général du travail ou que son exercice suppose de la part de l'employeur des concessions irréalistes et que, de ce fait, il semble exclu de trouver un emploi correspondant (cf. RCC 1991 p. 329 consid. 3b, 1989 p. 328 consid. 4a). Par ailleurs, la notion de marché du travail équilibré ne comprend pas seulement un certain équilibre entre l'offre et la demande de postes, mais aussi un marché du travail qui présente un éventail des activités les plus diverses, en ce qui concerne aussi bien les exigences professionnelles et intellectuelles requises que l'engagement physique (ATF 110 V 276 consid. 4b p. 276 et les références). A la lumière de ces considérations, il y a lieu de déterminer dans chaque cas de manière individuelle si l'assuré est encore en mesure d'exploiter une capacité de travail résiduelle sur le plan économique et de réaliser un salaire suffisant pour exclure une rente. Ni sous l'angle de l'obligation de diminuer le dommage, ni sous celui des possibilités qu'offre un marché du travail équilibré aux assurés pour mettre en valeur leur capacité de travail résiduelle, on ne saurait exiger d'eux qu'ils prennent des mesures incompatibles avec l'ensemble des circonstances objectives et subjectives (arrêt I 537/03 du 16 décembre 2003, consid. 3.1). 5.3 Compte tenu des limitations fonctionnelles retenues par les premiers juges (supra consid. 3) - qui ne sont pas contestées par les parties -, on doit admettre avec la recourante que les activités indiquées par la juridiction cantonale ne sont pas compatibles avec son handicap. Dès lors que M.________ doit éviter le port de charges supérieures à 1 kg et les mouvements de bras au-dessus de l'horizontale et ne dispose que d'une force de préhension et de serrage limitées, on voit mal comment elle pourrait travailler dans le secteur de la vente. De même, les tâches de vérification ou de contrôle (par exemple de machines automatiques utilisées dans le travail à la chaîne) supposent le maintien d'une même position pendant une certaine durée, difficilement compatible avec la restriction mise en évidence par les médecins au niveau de la nuque. Les empêchements au niveau des bras et des mains limitent également l'action de la recourante sur des objets ou machines dont elle devrait contrôler la destination ou le fonctionnement. Quant à l'activité de surveillance proprement dite - exceptée celle de gardien de musée -, elle implique dans la plupart des situations la faculté de réagir physiquement à un imprévu (emploi de la force ou courir après quelqu'un), dont la recourante est dépourvue. Même en tenant compte du large éventail d'activités simples et répétitives ne nécessitant pas de formation dans les secteurs de la production et des services, les possibilités d'un emploi adapté aux importantes limitations (en particulier au niveau des membres supérieurs) de la recourante n'apparaissent pas suffisantes pour admettre qu'elle puisse mettre en valeur sa capacité résiduelle de travail sur le plan économique. Les exemples dans la jurisprudence mentionnés par les premiers juges concernent des situations dans lesquelles la conjonction des limitations fonctionnelles des assurés en cause ne se présentait pas de manière aussi défavorable qu'en l'espèce. Par ailleurs, étant donné l'absence de formation et les capacités cognitives de la recourante (cf. rapport du docteur R.________ du 3 octobre 2006), un emploi de bureau ne serait pas exigible. Dans ces circonstances particulières, on doit admettre qu'il n'existe pas suffisamment de postes adaptés aux limitations fonctionnelles présentées par la recourante, pour qu'elle puisse mettre en oeuvre sa capacité résiduelle de travail dans une mesure significative. Un empêchement de 100% dans la part consacrée à l'activité lucrative doit donc être retenu.