Citation: 4C.292/2001 13.05.2002 E. B

B.- a) A.________ et B.________ ont ouvert action contre C.________, le 2 février 1995, devant le Président du Tribunal civil du district de Lausanne. Ils ont conclu à ce que la société simple formée par les parties soit dissoute pour justes motifs, un expert étant commis à la liquidation. Le défendeur a conclu, principalement, à ce qu'il soit constaté qu'il n'y a pas de justes motifs de dissolution et qu'aucun avis de dénonciation du contrat de société simple n'a été donné, ainsi qu'au rejet de la demande. Subsidiairement, dans la mesure où la dissolution serait jugée valable, il a conclu à ce qu'il soit pris acte qu'il ne s'oppose pas à la liquidation à opérer selon les règles du partage. Le défendeur a ensuite complété ses conclusions de manière à ce que les demandeurs soient déclarés ses débiteurs solidaires des sommes de 110 875 fr.73, avec intérêts à 5% l'an dès le 3 février 1995, et 15 000 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 1er septembre 1990. Les demandeurs ont conclu au rejet de ces conclusions reconventionnelles et ils ont invoqué la compensation entre la créance éventuelle du défendeur et leur propre réclamation concernant les frais et prestations non partagés. b) En cours de procès, plusieurs expertises ont été ordonnées. Le premier expert, Y.________, expert comptable et fiscal diplômé, avait pour mission de déterminer équitablement le prix de la reprise par les demandeurs de la part du défendeur. Dans son rapport complémentaire du 19 février 1997, il a fixé la part de sortie du défendeur comme il suit: "Montant déterminé dans le rapport d'expertise du 31 octobre 1995 118'221 fr. - à déduire: part à la valeur comptable desstocks non repris par MM. A.________et B.________ - 12'600 fr. ------------Sous-total 105'621 fr. ------------à ajouter: - part à la garantie de loyer débitée à tort pour 1/3 à C.________ 2'333 fr. 33- part de cotisation AVS de C.________ que la société aurait dû prendre en charge lors de sa sortie, soit un préjudice de 2/3 des cotisations en question 2'921 fr. 40 ---------------Part revenant à l'associé sortant 110'875 fr. 73 ---------------" Une deuxième expertise a été confiée à un notaire, avec la mission de procéder aux opérations de partage. Dans son rapport du 2 février 1998, l'expert a conclu que pour déterminer la part de liquidation du défendeur, il convenait de procéder à deux partages successifs: un premier au 28 février 1994, date à laquelle les deux comptabilités ont été séparées; le second, ne concernant que le matériel d'exploitation resté en commun, lors du départ effectif du défendeur des locaux. Il a repris pour l'essentiel les conclusions de l'expertise Y.________ et a arrêté la somme revenant au défendeur à 110 875 fr.73, en prenant en considération la valeur de la part en cas de continuation de l'entreprise, et à 99 864 fr.62 - sans la part du matériel resté en commun devant être attribuée au défendeur à son départ le 30 juin 1998 - si la valeur de continuation n'était pas prise en compte. Une troisième expertise a été confiée à un carrossier, dont l'objet était la détermination de la part au matériel d'exploitation restée en commun revenant au défendeur. L'expert a estimé la valeur de continuation de ces biens à 57 440 fr. Il a en outre chiffré à 891 fr. le montant que le défendeur devait aux demandeurs au titre de frais et autres prestations auxquels celui-là n'avait pas participé. c) Le 18 août 2000, le premier juge a condamné les demandeurs à payer au défendeur la somme de 110 875 fr.73 avec intérêts à 5% l'an dès le 3 février 1995, sous déduction de 891 fr. Par arrêt du 28 mars 2001, la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté le recours en réforme des demandeurs et confirmé le jugement attaqué. Les considérants de cet arrêt seront exposés ci-dessous en droit en tant que de besoin.