Citation: 1C_182/2023 E. 4.6

4.6. La recourante se prévaut encore de l'écoulement du temps et reproche à l'instance précédente d'avoir nié sa bonne foi. Si le Tribunal cantonal a certes émis des doutes quant à la bonne foi de la recourante, il ne l'a pas pour autant exclue - sous réserve de la question du retour à une utilisation identique à celle de 1972 (cf. arrêt attaqué, consid. 4.2 p. 11 s.). Quoi qu'il en soit et indépendamment du temps écoulé, la recourante ne peut ici rien tirer des autorisations qui lui ont été délivrées: celles-ci l'ont été par des autorités incompétentes (cf. arrêt 1C_292/2019 du 12 mai 2020 consid. 4.3.1; art. 25 al. 2 LAT), vice sanctionné par leur nullité (cf. arrêts 1C_537/2011 du 26 avril 2012 consid. 2.2.1 et 2.3.3; 1C_486/2015 du 24 mai 2016 consid. 3.1; 1A_1/2005 consid. 8.3). La recourante ne saurait par ailleurs pas non plus déduire du fait que l'autorité cantonale compétente a tardé à agir une assurance particulière quant à la poursuite d'une activité illégale à long terme en zone agricole; sa bonne foi - fût-elle établie - ne saurait la protéger contre une intervention de l'autorité de surveillance destinée à rétablir une situation conforme au droit (cf. arrêts 1C_53/2022 du 15 mai 2023 consid. 4.2; 1A.2005 du 11 novembre 2005 consid. 8.3). Il est vrai que la jurisprudence commande de tenir compte de ce type de situations et cite l'adoption de solutions spécifiques, à l'instar d'atermoiements permettant par exemple l'amortissement d'installations réalisées de bonne foi ou encore des délais de remise en état plus longs; elle exclut cependant qu'une utilisation illégale, qui contrevient au principe fondamental en matière d'aménagement du territoire de la séparation du territoire bâti et non bâti, se poursuive indéfiniment sur la base du simple écoulement du temps (cf. ATF 147 II 309 consid. 5.5 et 5.6; arrêt 1C_53/2022 du 15 mai 2023 consid. 4.1.2). Il faut par ailleurs concéder à l'instance précédente que la prétendue bonne foi de la recourante ne saurait lui permettre de revenir à la situation de 1972. Comme déjà évoqué, les modèles réduits ont considérablement évolué depuis cette époque; les différentes installations réalisées - sans autorisation - sur la parcelle no 1515 ont par ailleurs été régulièrement adaptées aux besoins des utilisateurs, si bien qu'il n'est pas raisonnablement soutenable que l'activité pourrait redevenir telle qu'elle était au début des années 1970 même sans piste bitumée (cf. arrêt 1C_477/2014 du 22 décembre 2015 consid. 5.2). Compte tenu de ces nombreuses modifications de la pratique de l'aéromodélisme et des adaptations des installations liées à cette activité sur la parcelle no 1515 intervenues au fil du temps, l'activité de la recourante n'est à l'évidence plus pratiquée comme dans les années 1970; aussi un retour à cette pratique ancienne - fût-elle possible - ne pourrait se concevoir, comme l'a considéré l'instance précédente, sans la délivrance d'une autorisation. Or, il a déjà été jugé que la pratique de l'aéromodélisme sur la parcelle no 1515 n'était pas autorisable (cf. arrêt 1C_292/2019 du arrêt du 12 mai 2020 consid. 5.6), ce qui scelle le sort de la critique.