Citation: 4P.271/2002 27.03.2003 E. 5

Pour le recourant, il est insoutenable d'admettre, sans explication, que le Prof. C.________ s'est conformé aux règles de l'art, alors qu'il n'a pas recherché, lors de la consultation du 4 septembre 1996, si les douleurs abdominales dont se plaignait le patient étaient liées à la présence du drain dans son organisme. A ce propos, l'autorité cantonale a retenu en quatre lignes (cf. p. 18 in initio de l'arrêt critiqué) que l'on ne saurait faire grief au Prof. C.________ de n'avoir pas, sept mois après l'intervention, fait le lien entre les douleurs éprouvées par le demandeur et la présence du stent dans son abdomen, "en raison du caractère atypique de ces douleurs". Ces considérations de la Cour de justice sont implicitement fondées sur l'avis de l'expert judiciaire. Il suffit, pour s'en convaincre, de se référer au rapport d'expertise, où il est relevé, au ch. 3 in principio, que les douleurs sont apparues en juillet 1996 (soit sept mois après l'intervention) sur un mode atypique associant des douleurs abdominales épigastriques et rétro-sternales, à tel point que les examens pratiqués ont été orientés d'emblée vers la recherche d'une lésion coronarienne. L'expert a encore déclaré qu'il était "compréhensible" que le caractère atypique des douleurs n'ait pas justifié plus tôt, à savoir en juillet 1996, la mise en oeuvre d'un examen radiographique de l'abdomen, lequel aurait pu montrer la présence du drain. L'opinion de l'expert, telle qu'elle vient d'être exposée, est tout à fait claire et exempte de contradictions. Il appert que les douleurs abdominales dont a fait état le recourant sont survenues plusieurs mois après l'opération et qu'elles étaient atypiques en ce sens qu'il n'était pas possible de les associer indubitablement à des troubles digestifs caractéristiques dès l'instant où elles pouvaient faire croire qu'elles avaient une origine coronarienne. La Cour de justice n'a donc pas fait montre d'arbitraire en refusant d'admettre que le Prof. C.________, faute d'avoir fait procéder en juillet 1996 à une radiographie de l'abdomen du recourant, a enfreint les règles de l'art médical.