Citation: 6B_994/2021 E. 2.4

2.4. En l'espèce, le recourant méconnaît l'ensemble de ces principes élémentaires, pourtant consacrés par la jurisprudence publiée et la doctrine qu'il ne cite pas. Il invoque donc en vain l'absence de lésion post mortem et nie de manière tout aussi inutile tout acte de violence. Il s'écarte de manière inadmissible des constatations de fait de la cour cantonale lorsqu'il affirme qu'emballer le corps dans une housse de duvet aurait constitué "précisément l'inverse" du mépris, ce qui suggère qu'il aurait pu, ce faisant, manifester du respect ou de la déférence parce qu'il aurait recouvert le corps resté nu. Il oublie toutefois de préciser qu'il a lui-même introduit le corps nu dans la valise et ne l'a enveloppé que bien plus tard, après avoir constaté que du sang s'en échappait et vainement tenté de stopper cet écoulement à l'aide de cellophane. On éprouve aussi la plus grande peine à saisir le sens de son argumentation, au mieux appellatoire, lorsqu'il affirme tout de go qu'il se serait limité aux actes "strictement nécessaires" au placement du corps dans une valise, alors qu'il lui a été reproché d'avoir manipulé à plusieurs reprises, sans égard, le corps sans vie de sa victime pour parvenir, après des tentatives infructueuses, à le faire basculer du haut du lit pour le loger dans ce contenant manifestement inadéquat, avant d'y décharger encore tout un bric-à-brac de détritus et d'objets maculés de sang. On ne conçoit pas plus quelles normes sociales pourraient s'accommoder d'un tel traitement. Sans même revenir plus longuement sur le déplacement sans ménagement du corps, le fait de l'avoir trimballé dans une valise d'étage en étage dans des escaliers ainsi que dans la rue avant son stockage "comme une marchandise dans l'attente d'être débarrassée", la décision entreprise ne prête d'aucune manière le flanc à la critique en tant qu'elle retient que le cadavre a été profané. Quant à l'aspect subjectif, la cour cantonale a retenu que l'intention du recourant était de se débarrasser du corps afin de ne pas être identifié, et qu'il avait ainsi privé les proches de la victime de la possibilité d'honorer la dépouille. En tant que de besoin, on peut également relever que la cour cantonale a renvoyé au jugement de première instance, lequel précise que le recourant, agissant avec conscience et volonté, avait opéré sans considération pour le corps de la victime, avait traité celui-ci comme un objet dont on veut se débarrasser et avait ainsi outragé le cadavre (jugement du 8 septembre 2020, p. 38). Il suffit dès lors de rappeler que déterminer ce qu'une personne a su, voulu, envisagé ou accepté relève du contenu de la pensée, à savoir de faits "internes", qui en tant que tels, lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), à moins qu'ils n'aient été retenus de manière arbitraire (ATF 141 IV 369 consid. 6.3 p. 375). En l'absence de toute critique recevable répondant aux exigences déduites de l'art. 106 al. 2 LTF sur cet aspect, on peut se limiter à relever que la cour cantonale n'a manifestement pas violé le droit fédéral en tenant pour établi l'élément subjectif de l'infraction. En conclusion, les développements du recours, non dénués d'indécence et qui confinent à la témérité, ne sont pas aptes à remettre sérieusement en question la condamnation du recourant pour atteinte à la paix des morts.