Citation: 1C_642/2022 E. 4.6.2

4.6.2. En l'occurrence, les recourants reprochent à la cour cantonale de ne pas avoir expliqué en quoi consisterait l'impératif majeur qui justifierait une intervention dans le domaine vital de leurs arbres. Ils prétendent que le préavis de l'OCAN du 19 octobre 2016 à cet égard serait obsolète et qu'il aurait dû être actualisé. Sur cette question, la cour cantonale a essentiellement renvoyé au raisonnement détaillé du TAPI: celui-ci avait analysé de manière approfondie ce point et était arrivé à la conclusion que, conformément à la directive cantonale, des mesures adéquates étaient ordonnées afin de limiter l'impact de l'intervention envisagée (arrêt attaqué consid. 10c; jugement du TAPI [JTAPI/542/2002] du 24 mai 2022 consid. 36). Ce mode de procéder est admissible au regard de l'art. 112 al. 1 let. b LTF même si la possibilité de renvoyer aux motifs de l'instance précédente devrait être utilisée avec réserve (Grégory Bovey, Commentaire LTF, 3 e édition 2022, n. 29 ad art. 112 et les réf.). Le renvoi présente ici le mérite d'être précis et l'argumentation du TAPI est suffisamment élaborée. Les recourants ont d'ailleurs été en mesure de développer une argumentation complète contre le contenu matériel de la décision attaquée et n'émettent pas de grief relatif au mode de procéder de la cour cantonale. La Cour de justice a ajouté, au sujet du caractère obsolète du préavis, que des mesures strictes et détaillées étaient prévues afin de limiter l'impact du projet sur la végétation (réalisation d'une dalle suspendue à l'ouverture du chantier, mulch et arrosage à mettre en place sous les arbres conservés, zone de parking visiteurs réalisée en matériau perméable posé sur le terrain naturel, intervention d'un arboriste-conseil, mesures de protection devant être validées 30 jours après l'ouverture du chantier). Elle a encore relevé que "quand bien même la végétation [était] susceptible d'avoir évolué depuis lors, c'[était] bien [30 jours après l'ouverture du chantier] que l'OCAN pourra concrètement déterminer que les mesures nécessaires à la préservation des essences en cause auront été prises". Pour contester cette argumentation, les recourants se contentent d'affirmer que la mise en danger de leurs arbres aurait été ignorée. Ils ne prétendent toutefois pas que les mesures de protection imposées par l'OCAN seraient insuffisantes ou n'atteindraient pas leur but. Ils n'allèguent pas non plus que l'intervention sur place de l'instance spécialisée 30 jours après l'ouverture du chantier pour les valider ne permettrait pas de tenir compte de l'éventuelle modification de la végétation. Dans ces conditions, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire dans l'application des art. 1, 14 et 16 RCVA en se fondant sur le préavis de l'instance spécialisée pour confirmer l'absence de danger inacceptable des arbres des recourants. Le grief doit donc être écarté.