Citation: U 188/04 18.07.2005 E. 4

4.1 H.________ fait grief à la juridiction cantonale d'avoir qualifié de bénin l'événement accidentel du 13 janvier 1996 et d'avoir en conséquence nié l'existence d'un lien de causalité adéquate avec les affections dont elle souffre (troubles psychiques et aphonie). 4.2 C'est en vain que l'assurée veut établir une distinction entre affection psychique et aphonie, dans la mesure où l'extinction de voix revêt un caractère psychogène aussi bien pour la doctoresse C.________ (médecin associé au Service d'oto-rhino-laryngologie du Centre hospitalier Z.________; rapport du 11 juillet 2001) que pour l'expert psychiatre à l'avis desquels on peut se rallier. Il résulte en effet des explications du docteur S.________ que l'aphonie réactionnelle n'est qu'une facette du tableau clinique et qu'elle n'est pas en relation de causalité avec l'accident. On ajoutera que le docteur E.________, qui suit l'assurée depuis 1983, partage le même avis que ses confrères (rapport du 18 août 2001). 4.3 Pour juger de la causalité adéquate lors de suites psychiques d'un accident, la jurisprudence a procédé à une classification des accidents en trois catégories. Pour ce faire, il s'agit de ne pas s'attacher à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique mais bien plutôt de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même (ATF 115 V 139 consid. 6, 407 sv. consid. 5). Vu sous cet angle, l'accident incriminé - coupure d'un doigt avec une ampoule - était de faible gravité, comme l'ont retenu les premiers juges. 4.4 A cet égard, on ne saurait suivre l'assurée lorsqu'elle soutient que l'état de fait de la présente espèce est comparable à ceux de deux arrêts (ATF 123 V 137 et arrêt L du 22 novembre 2001, U 25/99, partiellement reproduit dans RAMA 2002 no U 449 p. 53) où les événements accidentels avaient été qualifiés de gravité moyenne. Dans le premier de ces cas, l'assuré avait trébuché sur un seuil de porte d'abri militaire et était tombé de tout son poids sur le milieu du dos, ressentant d'emblée une violente douleur interscapulaire et presque syncopale (contusion dorsale avec haute suspicion de tassement de la vertèbre D5). La colonne vertébrale dans son ensemble était concernée, alors que la blessure de H.________ est limitée à un doigt. Dans l'affaire L., la main dominante d'un assuré manuel avait été sévèrement mutilée, lorsqu'il découpait une plaque métallique avec une scie circulaire. Les lésions causées directement par l'accident présentaient en elles-mêmes un degré de gravité certain propre à rendre inutilisable la main entière en situation professionnelle, ce qui n'est en rien comparable au fait de se couper simplement la pulpe d'un seul doigt avec une ampoule (soit un tube de verre effilé). De toute manière, H.________ ne saurait rien tirer en sa faveur de l'arrêt L., dès lors que la juridiction fédérale a nié l'existence d'un lien de causalité adéquate avec l'affection psychique présentée par l'assuré en cause. En revanche, ainsi que l'allègue la Winterthur, les circonstances de l'accident du 13 janvier 1996 sont comparables à celles de l'arrêt ATF 129 V 402 où le Tribunal fédéral des assurances a considéré comme bénin le fait de se piquer le pouce avec une aiguille sous-cutanée. L'aiguille avait été utilisée pour faire une injection à une patiente séropositive, atteinte d'une hépatite C; la juridiction fédérale a admis à titre exceptionnel que la question de la causalité adéquate soit examinée à l'aune des critères applicables aux accidents de moyenne gravité (cf. RAMA 1998 no U 297 p. 243). En effet, l'assurée avait dû être mise sous traitement antirétroviral, accompagné de traitements médicaux. Même dans ces circonstances, le Tribunal fédéral des assurances a nié l'existence d'un lien de causalité adéquate entre les troubles psychiques de l'intéressée et la piqûre au pouce. 4.5 Aucune circonstance particulière ne justifie que l'on examine, à titre exceptionnel, la présente cause au regard des principes applicables aux accidents de moyenne gravité comme l'a fait la juridiction fédérale dans l'arrêt précité. En effet, l'événement accidentel du 13 janvier 1996 n'a pas empêché l'assurée d'exercer son activité habituelle d'infirmière anesthésiste jusqu'au 17 février 1996, date à laquelle elle a présenté une incapacité de travail jusqu'au 20 mars 1996 (déclaration LAA du 17 novembre 1997; attestation de chef du personnel de l'Hôpital X.________ du 19 mai 1998). Par la suite, elle a oeuvré normalement jusqu'au 30 septembre 1999. C'est dire qu'au cours des trois premières années qui ont suivi l'accident, l'assurée n'a subi qu'un seul mois d'incapacité totale de travail, quand bien même plusieurs interventions chirurgicales ont eu lieu. On ne saurait dès lors admettre que les circonstances à prendre en considération se cumulent et revêtent une importance particulière au sens de l'arrêt publié dans RAMA 1998 no U 297 p. 243. Sur le vu de ce qui précède, la juridiction cantonale était fondée à qualifier de bénin l'accident du 13 janvier 1996 et à nier tout lien de causalité adéquate entre cet événement et les troubles psychiques (y compris l'aphonie).