Citation: 1B_210/2018 E. A

A.a. A teneur de son casier judiciaire, A.A.________ a été condamné à cinq reprises entre le 25 août 2008 et le 4 décembre 2015, notamment pour injure et menaces à l'encontre de son épouse, B.A.________ (2008), pour voies de faits, y compris sur enfants, et lésions corporelles simples, également envers sa conjointe (2011) et lésions corporelles simples, y compris contre son épouse (2013). A.b. En 2013, le Ministère public de la République et canton de Genève a classé la procédure ouverte contre B.A.________ pour tentative de meurtre après qu'elle eut porté un coup de couteau à son mari; le Procureur a notamment retenu qu'elle n'avait pas l'intention de tuer son époux et qu'elle était dans un état de nécessité s'agissant de lésions corporelles simples (P1). Selon le rapport d'expertise psychiatrique de la prévenue requis dans le cadre de cette procédure, l'acte délictueux commis s'inscrivait dans un contexte de violences conjugales suivant un processus évolutif depuis plusieurs années; sur le vu des antécédents judiciaires, le couple suivait un cycle : la réintégration de l'auteur à son domicile immédiatement après sa condamnation avec risque, en conséquence, de nouvelles frictions, de plus en plus graves. Les experts relevaient la dangerosité très importante du couple et préconisaient l'éloignement géographique des époux, seule mesure préventive pour préserver le statut des personnes en cause (y compris les enfants), relevant l'utilité qu'un bilan de personnalité soit proposé à l'époux. Après le classement de cette procédure, les époux ont repris la vie commune, sans suivre de thérapie. A.c. Le 19 septembre 2017, la police est intervenue au domicile du couple A.________, à la suite d'un appel de leur fils, âgé de 16 ans. B.A.________ était en état d'ébriété et couverte de sang, tandis que A.A.________ présentait des griffures aux avant-bras et sur le torse. Les deux époux ont été entendus, chacun déclarant en substance avoir été agressé par l'autre à la suite d'un conflit au sujet de leur chiot. Le rapport de renseignements du 6 octobre 2017 fait état des difficultés relationnelles des époux A.________ depuis des années, la police étant intervenue à leur domicile à seize reprises pour différents motifs depuis 2011, dont des violences et disputes conjugales, et à neuf reprises entre 2015 et 2017, B.A.________ étant la plupart du temps alcoolisée. Lors de l'audience du 9 novembre 2017, B.A.________ a retiré sa plainte. Le Ministère public lui a cependant indiqué que la procédure se poursuivait d'office. A.A.________ a déclaré que depuis cette bagarre et leur interpellation, ils s'étaient réconciliés. La Procureure a proposé à la première susmentionnée de consulter un médecin pour ses problèmes d'alcool et a engagé le second à être suivi par l'association C.________. A.d. Le 28 novembre 2017, A.A.________ a été interpellé à son domicile à la suite d'un nouveau conflit conjugal et mis en prévention, au cours de l'instruction, de lésions corporelles simples (art. 123 CP), de voies de faits (art. 126 CP), de dommages à la propriété (art. 144 CP), d'injures (art. 177 CP) et de menaces (art. 180 CP). Il lui était reproché (1) d'avoir, le 13 septembre 2016, mordu son épouse au niveau de la clavicule droite, lui occasionnant une ecchymose (cf. le certificat médical du 1er mars 2017 attestant d'un examen le 13 septembre 2016 et constatant une ecchymose violacée en forme arrondie sur la région supra-claviculaire); (2) d'avoir, dans la nuit du 27 au 28 février 2017, donné plusieurs coups de poings et de pieds à son épouse, ainsi que d'avoir tenté de l'étrangler, lui occasionnant de multiples lésions corporelles, notamment des ecchymoses et tuméfactions, ainsi que des fractures du nez, de plusieurs côtes et d'un doigt (cf. le certificat médical daté du 1er mars 2017); (3) d'avoir, le 19 septembre 2017, au domicile familial, donné, de la main, un coup au niveau de l'oreille de son épouse, de l'avoir traitée de "connasse", puis de l'avoir saisie par les cheveux et amenée au sol, avant de frapper sa tête contre celui-ci, lui occasionnant des lésions au visage constatées par photographies; (4) d'avoir, le 28 novembre 2017, au environ de 07h00 au domicile conjugal, donné un coup avec la paume de la main sur les parties génitales de B.A.________, tiré son pull-over - le déchirant -, lui occasionnant des douleurs au niveau pelvien et cervical, puis de l'avoir menacée de la frapper, en armant son poing en arrière et en lui disant "tu veux que je te casse ta sale gueule ?". Les époux ont été entendus à différentes reprises. B.A.________ a en substance confirmé les faits dénoncés et déclaré avoir peur de son mari qui lui faisait subir des menaces psychologiques et physiques. Elle a produit différents certificats médicaux. Quant au prévenu, il a tout d'abord contesté les faits survenus le 28 novembre 2017 tels que relatés par son épouse. Dans un deuxième temps, il a admis que le couple s'était disputé pour un produit de douche; sa femme, en le lui arrachant des mains, l'avait griffé sans faire exprès et il avait alors perdu ses nerfs, lui arrachant et déchirant son pull-over; il a déclaré lui avoir rétorqué qu'elle utilisait bien son rasoir pour raser son pubis et lui avoir asséné "une tape" avec la main ouverte sur ses parties génitales. A.A.________ ne se souvenait pas des événements du 13 septembre 2016 ni de ceux du 27 au 28 février 2017, étant possible qu'il soit l'auteur des lésions constatées sur les certificats médicaux. Il a donné des explications quant à l'origine des violences dans son couple (soit en particulier les "mots très méchants" proférés à son encontre par son épouse quand elle était alcoolisée) et a déclaré qu'il y avait des violences des deux côtés, lui se défendant en donnant des coups. Il a dit pardonner à sa femme et s'excuser. Au cours de l'instruction, le prévenu s'est également exprimé sur une éventuelle séparation, respectivement a manifesté son intention de se réconcilier avec son épouse. Il a en particulier tenu, durant une conversation téléphonique le 8 février 2018, des propos virulents à l'encontre de sa femme (manipulatrice, méchante, fausse). Le 29 janvier 2018, le Ministère public a ordonné une expertise psychiatrique du prévenu, mandat à réaliser dans un délai de deux mois. A.e. Par ordonnance du 30 novembre 2017, le Tribunal des mesures de contrainte a ordonné le placement de A.A.________ en détention provisoire, mesure valablement prolongée le 14 décembre 2017 et le 13 mars 2018 (art. 105 al. 2 LTF). Le 5 avril 2018, A.A.________ a demandé sa mise en liberté avec des mesures de substitution. Il a produit une copie de la demande de divorce unilatérale déposée ce même jour, requête destinée à être transformée en demande commune. Il a également joint un rapport du suivi médico-psychologique du Service de médecine pénitentiaire (SMP) daté du 21 mars 2018; il en ressort notamment que le prévenu se positionnait davantage en victime, se montrant en colère et revendicateur, mais que, petit à petit, il parvenait à verbaliser les difficultés rencontrées dans son couple et l'importance de ne pas réunir à nouveau les conditions pour que les faits reprochés se réitèrent, le travail de psychothérapie devant encore se poursuivre dans ce sens.