Citation: 6P.19/2006 24.03.2006 E. 3

Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'établissement des faits et de la violation du principe in dubio pro reo. Consacrée par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 par. 2 CEDH, la présomption d'innocence interdit au juge de prononcer une condamnation alors qu'il éprouve des doutes sur la culpabilité de l'accusé. Des doutes abstraits ou théoriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent cependant pas à exclure une condamnation. Pour invoquer utilement la présomption d'innocence, le condamné doit donc démontrer que le juge de la cause pénale, à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves à sa disposition, aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles au sujet de la culpabilité (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40). La notion d'arbitraire a été rappelée dans divers arrêts récents, auxquels on peut donc se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182). 3.1 Le recourant reproche à la Cour pénale de s'être fondée sur les retranscriptions des écoutes téléphoniques des 22, 23 et 26 octobre 2001 pour confirmer son rôle d'intermédiaire dans la recherche d'une quantité importante de stupéfiants. Les juges cantonaux ont admis que le recourant avait joué le rôle d'intermédiaire dans la recherche de stupéfiants, en se fondant tout d'abord sur les déclarations faites par ce dernier à la police le 6 mars 2002 (cf. supra consid. A). Ils ont jugé que ces premières allégations étaient convaincantes, contrairement aux rétractations ultérieures motivées en réalité par la peine ferme que le recourant s'est vu infligée par ordonnance pénale du 7 octobre 2002. Ils ont ensuite relevé que les retranscriptions des écoutes téléphoniques des 22, 23 et 26 octobre 2001 confirmaient le rôle d'intermédiaire du recourant dans la recherche d'une quantité importante de stupéfiants. Le recourant ne prétend pas, ni ne démontre, conformément aux exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, qu'il serait arbitraire de se fonder sur ses premières déclarations et d'écarter ses rétractations. Quant aux enregistrements des entretiens téléphoniques échangés entre Y.________ et le recourant, s'ils ne mentionnent pas expressément la quantité, ni le genre de drogue à importer, on peut toutefois en déduire, sans arbitraire, qu'ils confirment la nature délictuelle des activités du recourant et le rôle d'intermédiaire de ce dernier dans le trafic en cause. Le grief est donc rejeté dans la mesure où il est recevable. 3.2 Le recourant reproche à la Cour pénale d'avoir retenu, dans le cadre de l'appréciation de la peine, qu'il n'aurait manifestement tiré aucune leçon de ses précédentes condamnations, ce qui serait contraire aux déclarations de deux témoins, qui ont souligné abondamment les efforts entrepris depuis. Ce grief est vain. En effet, les juges cantonaux ont relevé que la faute du recourant était relativement grave, que, depuis 2001 et jusqu'en janvier 2002, il s'était livré au commerce d'une quantité importante d'héroïne, qu'il avait pris des mesures en vue de faire courtage de cette substance pour un montant de l'ordre de 10'000 à 15'000 fr., qu'il n'avait cessé temporairement ses agissements qu'à la suite de son interpellation par la police et qu'il avait recommencé alors même que la présente procédure était pendante. Au regard de ces éléments et du casier judiciaire du recourant, qui fait état de cinq condamnations entre 1991 et 2003, la Cour cantonale pouvait, sans que cela ne soit manifestement insoutenable, conclure qu'il n'avait tiré aucune leçon de ses précédentes condamnations. Pour le reste, elle n'a pas ignoré les déclarations favorables des témoins. Elle a effectivement constaté, qu'en mai 2005, lors d'une prise de conscience tardive, le recourant avait demandé au Dr A.________ de bénéficier d'une cure de substitution à la méthadone, que ce traitement avait débuté le 27 juin 2005 avec la collaboration de B.________ de la Ligue valaisanne contre la toxicomanie et que, depuis, il ne semblait plus consommer, se montrait collaborant et motivé.