Citation: 2A.198/2000 24.05.2000 E. 3

3.- a) En l'espèce, l'autorité intimée a retenu à juste titre que le comportement du recourant faisait craindre qu'il se soustraie à son refoulement. Le recourant refuse expressément de rentrer dans son pays et n'a pas respecté le délai de départ fixé au 29 mars 2000. Certes, il n'a pas disparu dans la clandestinité dès lors que, par lettres de son conseil figurant au dossier, il a informé le 22 mars 2000 les autorités fédérales et cantonales qu'il résidait à Z.________ chez son amie Y.________, mais il n'en demeure pas moins qu'il n'a pas obtempéré, sans justification valable, à deux convocations successives du Service cantonal et qu'il a quitté le territoire valaisan sans autorisation. De plus, il refuse de collaborer à l'obtention de documents de voyage, alors que, selon le dossier, il a su se procurer en janvier et février de cette année des papiers d'identité présumés authentiques tels qu'un acte de naissance, une attestation de célibat ainsi qu'une attestation tenant lieu de certificat de nationalité. Par ailleurs, selon le dossier et les observations du Service cantonal, la disparition du recourant a été constatée le 6 juin 1999, après le rejet définitif, le 25 février 1999, d'une première demande d'asile déposée le 27 mars 1998. En outre, la deuxième requête, déposée le 2 décembre 1999, a été rejetée le 30 décembre suivant au motif qu'aucun crédit ne pouvait être accordé aux allégations de l'intéressé, ce qui tend à apparenter ces démarches à un abus de droit. Enfin, ses intentions de mariage ne conduisent pas à un autre résultat. En effet, le lien apparaît récent, le projet n'a été allégué qu'une semaine avant l'expiration du délai de départ et, selon la lettre de Y.________ du 18 avril 2000 annexée au recours, celle-ci est âgée de quarante-six ans, soit de dix-sept ans de plus que le recourant, de sorte que, si l'on ne saurait conclure sans autre preuve ou indice à un mariage fictif, le recourant ne démontre pas que cette relation est suffisamment sérieuse pour constituer une garantie de stabilité propre à contrebalancer les éléments précités. b) Les autorités cantonales ont satisfait à leur obligation de diligence imposée par l'art. 13b al. 3 LSEE, consistant à effectuer rapidement les démarches propres à déterminer l'identité et à obtenir les papiers nécessaires au renvoi de l'intéressé, avec ou sans sa collaboration (Andreas Zünd, Die Rechtsprechung des Bundesgerichts zu den Zwangsmassnahmen im Ausländerrecht, in: ZBJV 132/1996p. 89). En effet, selon ses observations, le Service cantonal a effectué le 30 mars 2000 des démarches en vue de l'obtention d'un document de voyage auprès de la Mission permanente de la République démocratique du Congo. En complément, postérieurement à l'arrêt attaqué, une copie de l'attestation de naissance, de l'attestation de nationalité et le montant du laissez-passer ont été remis le 4 avril 2000 à cette représentation. Enfin, le 16 avril 2000, le Service cantonal a requis l'aide de la nouvelle Division chargée des rapatriements de l'Office fédéral des réfugiés (cf. ordonnance du 11 août 1999 sur l'exécution du renvoi et de l'expulsion d'étrangers [OERE; RS 142. 281], entrée en vigueur le 1er octobre 1999). c) Par ailleurs, dans ces conditions, on ne saurait affirmer que les autorités ne pourront obtenir le laissez-passer nécessaire avant l'échéance des trois mois de détention, dès lors qu'elles disposent de papiers d'identité présumés authentiques (cf. art. 13c al. 5 lettre a LSEE). d) En conclusion, le Tribunal cantonal était fondé à placer le recourant en détention en vertu de l'art. 13b al. 1 lettre c LSEE. e) Encore peut-on relever, à supposer que le recourant remette en cause la décision de renvoi dans le cadre de la présente cause, qu'il ne saurait de toute façon pas se prévaloir de l'art. 8 CEDH. En effet, selon la jurisprudence, les fiancés ne peuvent en principe pas invoquer cette disposition, sauf s'ils entretiennent depuis longtemps des relations étroites et effectivement vécues et qu'il existe des indices concrets d'un mariage sérieusement voulu et imminent (cf. Luzius Wildhaber, Internationaler Kommentar zur Europäischen Menschenrechtskonvention, n. 350 ad art. 8; Mark E. Villiger, Handbuch der Europäischen Menschenrechtskonvention, Zurich 1999, n. 559, p. 328). En l'occurrence, à supposer qu'il soit sérieusement voulu, le mariage n'est en tout cas pas imminent même si une promesse de mariage a été signée. Selon les observations du Service cantonal, les autorités d'état civil compétentes ont confirmé, comme il est d'usage s'agissant de pièces en provenance de la République démocratique du Congo, qu'elles devraient procéder à l'authentification des documents d'état civil présentés par le biais de l'avocat-conseil de la représentation suisse à Kinshasa, ce qui pourrait durer plusieurs mois.