Citation: I 49/03 23.04.2003 E. 4

4.1 Selon l'administration et la juridiction cantonale, le recourant n'a pas droit à une rente entière, motif pris qu'il ne présente pas un degré d'invalidité suffisant (56 %). Pour déterminer ce taux, elles ont considéré que l'intéressé disposait d'une capacité résiduelle de travail de 60 % en qualité d'ouvrier dans l'industrie légère et que le manque à gagner issu d'une comparaison entre le revenu tiré de cette activité et celui que l'intéressé réaliserait sans invalidité, était insuffisant pour ouvrir droit à une rente entière. A l'appui de leur point de vue, elles se sont fondées sur les conclusions des rapports du 5 octobre 1999 et du 15 mai 2000 du Centre d'intégration professionnelle du canton de Genève ainsi que d'un rapport du 6 juin 1998 établi par les docteurs A.________ et C.________ de la Division de pneumologie et du Centre antituberculeux de l'Hôpital X.________. Aux termes de ce dernier rapport, le recourant présente un status après tuberculose pulmonaire bacillaire traitée en 1995, un status après pneumothorax gauche récidivant en juin 1996, un status après culminectomie gauche en 1996 pour pneumothorax récidivant et un status après lobectomie supérieure droite pour une aspergillose pulmonaire apical droit. La réduction de la tolérance à l'effort résultant de ces atteintes est incompatible avec un travail de force tel que le recourant l'effectuait habituellement. 4.2 De son côté, le recourant fait valoir qu'en sus des affections somatiques précitées, il présente des troubles psychiques invalidants. A l'appui de ses allégués, il se fonde sur un rapport du 18 janvier 2002 et une annexe corrélative établie le 11 juillet 2002 par les docteurs D.________, E.________ et F.________ de la policlinique de médecine de l'Hôpital X.________. Dans ce rapport, le docteur F.________ fait état de troubles somatoformes douloureux dont le recourant serait atteint et propose la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique afin de réévaluer son incapacité de travail. L'annexe précise que les examens de rhumatologie, ainsi que ceux pratiqués par les spécialistes en médecine de la douleur et en pneumologie laissent présumer l'existence de composantes neurogènes et ostéo-articulaires aux douleurs du recourant. Ils ne révèlent pas la présence d'une pathologie organique ou d'un mécanisme physio-pathologique. Les multiples traitements médicamenteux n'ont apporté aucune amélioration. Les médecins concluent à l'existence de douleurs thoraciques post-thoracotomie ayant évolué en un trouble somatoforme douloureux sévère. En outre, le patient présente une thymie triste associée à des pleurs à l'évocation de sa solitude, de l'éloignement de sa famille, de ses difficultés financières et professionnelles ainsi que du handicap somatique ressenti depuis les pathologies pulmonaires. Il présente des difficultés d'endormissement, ainsi que des troubles de l'appétit, de la mémoire et de la concentration. Il manifeste une importante préoccupation, voire même de l'anxiété au sujet de son état de santé. Les médecins concluent à l'existence d'un état dépressif majeur, lequel, associé aux troubles somatoformes douloureux précités, entraîne une incapacité entière de travail du recourant. 4.3 Selon l'office, ces troubles ne doivent pas être pris en considération pour l'évaluation du degré d'invalidité du recourant, motif pris qu'ils se sont développés ultérieurement à la décision litigieuse. Toutefois, il ressort du rapport du 15 mai 2000 du Centre d'intégration professionnelle du canton de Genève que, déjà à l'époque de son stage de réentraînement, soit du 3 novembre 1999 au 2 mai 2000, le recourant présentait une personnalité apathique, était animé d'une énergie plutôt modérée, persuadé de ne plus disposer de capacité de travail et inquiet en permanence en raison de sa maladie. Dans un rapport daté du 23 juillet 2001, les docteurs G.________ et H.________ avaient également observé que le recourant affichait une attitude passive et revendicatrice, visiblement mécontent des médecins qui le soignaient qu'il tenait pour responsables de son mal, ainsi que de la décision rendue à son encontre par l'office. Ils en avaient conclu que l'obstacle principal à une reprise du travail résultait du sentiment d'injustice que le recourant éprouvait et proposé la mise en oeuvre d'une évaluation psychiatrique afin d'apprécier l'influence du psychisme du recourant sur ses symptômes. Enfin, aux termes de l'annexe du 11 juillet 2002, il existe une relation temporelle claire entre les troubles psychiques du recourant et l'atteinte corporelle résultant des interventions chirurgicales qu'il a subies en 1996 et 1998.