Citation: 4P.142/2004 13.09.2004 E. 2

La recourante reproche aux juges cantonaux d'avoir retenu arbitrairement qu'elle aurait résilié le contrat de l'intimé avec effet immédiat. La cour cantonale serait parvenue à cette conclusion en omettant de tenir compte de ses courriers des 5 février et 12 mars 1999 et de la réunion entre les parties ayant eu lieu le 8 mars 1999. Ces éléments démontreraient qu'il s'agirait d'un congé ordinaire, et que l'intimé aurait été dispensé de fournir sa prestation de travail pendant le délai de congé. 2.1 L'autorité cantonale a considéré que le contrat a manifestement été résilié avec effet immédiat lors de l'entrevue du 25 janvier 1999. Cela ressortirait des courriers des 26 janvier, 2 et 5 février 1999 ainsi que du témoignage de B.________, qui avait assisté à l'entretien du 25 janvier 1999. 2.2 Dans la lettre du 26 janvier 1999, la recourante parle d'un licenciement abrupt et pour justes motifs et établit une longue liste de griefs le justifiant selon elle. Elle expose ensuite avoir envisagé "dans un but de générosité extrême" la possibilité d'un congé ordinaire, tout en renonçant aux services de l'intimé pendant la "période de dédite", mais que l'attitude de ce dernier lors de l'entretien du 25 janvier 1999 ne lui avait laissé aucun choix. Le témoin C.________, qui a assisté à cet entretien, a expliqué que l'idée de départ avait été de compenser les deux mois de congé avec les avances de commissions déjà perçues par l'intimé, que celui-ci s'était fâché en cours de discussion et que la recourante lui avait alors demandé de mettre un terme immédiat à son activité. Pour le témoin B.________, également présent lors de l'entretien du 25 janvier 1999, il s'agissait d'un licenciement immédiat. Par courrier du 2 février 1999, l'intimé a contesté le licenciement avec effet immédiat. Dans sa réponse du 5 février 1999, la recourante n'a pas mentionné qu'il s'agirait d'un congé ordinaire et a confirmé les motifs indiqués dans le courrier du 26 janvier 1999. Le 12 mars 1999, elle a réitéré une proposition faite lors d'une réunion le 8 mars 1999, à savoir d'accorder à l'intimé un délai de congé de deux mois et de compenser son salaire pour cette période avec les commissions perçues en trop. Au vu de ces éléments, il n'était pas insoutenable de considérer que la recourante avait licencié l'intimé avec effet immédiat. Au contraire, rien ne permet d'affirmer qu'elle voulait lui signifier un congé ordinaire. Comme le retient pour le surplus l'autorité cantonale à juste titre, la recourante ne pouvait ensuite transformer, sans le consentement de l'intimé, le licenciement avec effet immédiat en un congé ordinaire; ayant opté pour la résiliation extraordinaire, elle a perdu le droit à un congé ordinaire (cf. ATF 123 III 246 consid. 3 p. 248; Wyler, Droit du travail, p. 365, cf. aussi Streiff/von Kaenel, Arbeitsvertrag, n. 14 ad art. 337).