Citation: 5A_421/2015 E. 6.1.3

6.1.3. En l'espèce, la façon dont la cour cantonale a déterminé le montant nécessaire au maintien du train de vie de l'épouse est pour le moins critiquable (cf. supra consid. 6.1.2 in fine). Cela étant, la recourante n'explique pas de manière claire et détaillée en quoi ses besoins concrets seraient supérieurs aux 6'400 fr. mensuels qui lui ont été alloués, auxquels doit encore s'ajouter le loyer de la villa conjugale que doit prendre en charge le mari. Elle ne fournit aucun calcul concret à cet égard, pas plus qu'elle ne précise quelle part des 25'000 fr. qu'elle réclame pour l'entretien de la famille devrait lui être octroyée. Ainsi, elle n'explique pas en quoi la contribution d'entretien en sa faveur serait arbitraire dans son résultat, se contentant d'affirmer que tel serait le cas, sans nullement détailler les postes nécessaires au maintien de son train de vie, ni les chiffrer, pas plus qu'elle ne chiffre, d'ailleurs, les frais accessoires de la villa conjugale auxquels elle indique ne pas pouvoir faire face. En tant qu'elle affirme avoir prouvé par pièces les dépenses alléguées, on relèvera que les déterminations et autres plaidoiries auxquelles elle se réfère ne sauraient constituer un moyen de preuve. Il s'agit au contraire de simples allégations de partie qui - fussent-elles même plausibles - ne suffisent pas à prouver un fait (arrêts 5A_795/2013 du 27 février 2014 consid. 5.2; 5A_225/2010 du 2 novembre 2010 consid. 3.2 non publié à l'ATF 136 III 583). Enfin, en tant qu'elle renvoie aux pièces 141 à 144, 150 à 155 et 157, affirmant qu'elles n'auraient arbitrairement pas été prises en compte par l'autorité cantonale, elle ne détaille une fois de plus pas suffisamment sa critique, omettant, au demeurant, d'expliquer en quoi les considérations qui figurent dans l'arrêt attaqué concernant les pièces 140 à 144 seraient arbitraires (cf. arrêt entrepris, p. 9 et 11). S'agissant de la charge fiscale, la critique de la recourante n'est pas non plus suffisamment détaillée. Il est vrai que selon les constatations de la cour cantonale, ce sont les seuls revenus du mari qui permettaient d'assurer le train de vie de la famille avant la séparation, et que l'épouse a droit au maintien de son train de vie. Dans une telle configuration, la contribution d'entretien doit ainsi en principe permettre à l'épouse de maintenir son train de vie antérieur tout en s'acquittant de ses impôts (arrêt 5A_828/2014 du 25 mars 2015 consid. 6.3). Cela étant, en l'espèce, celle-ci ne démontre pas que la charge fiscale ne serait pas déjà comprise dans le calcul du train de vie tel qu'effectué par la juridiction précédente. En particulier, rien n'indique que le montant de plus de 25'000 fr. pris en compte au titre du train de vie de la famille, sur lequel la cour cantonale s'est fondée pour calculer la pension de l'épouse, et qui résulte principalement de la teneur de relevés bancaires, ne tiendrait pas déjà compte des impôts, ceux-ci ayant parfaitement pu être payés, avant la séparation, au moyen de virements ordonnés à partir desdits comptes bancaires; partant, il n'est pas non plus démontré que le montant d'impôts dont devrait désormais s'acquitter l'épouse serait trop élevé pour pouvoir l'être au moyen de la contribution d'entretien de 6'400 fr., sans que son train de vie ne s'en trouve péjoré. Vu ce qui précède, s'agissant de la contribution d'entretien de 6'400 fr. en faveur de l'épouse, le recours est irrecevable faute de motivation suffisante (cf. supra consid. 2.1).