Citation: 4A_462/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que l'employeuse était redevable de l'équivalent de quatre mois de salaire (correspondant à la période de décembre 2020 à mars 2021) au titre de l'art. 337c al. 1 CO, dont 1'908 fr. nets au profit de la caisse cantonale de chômage. Selon le médecin mandaté par la société d'assurance perte de gain de l'employeuse, l'employé était apte au travail à 80 % à compter du 1er janvier 2021; il fallait donc raisonner - pour les besoins du calcul des dommages-intérêts en question - comme si le licenciement était intervenu courant janvier 2021; par ailleurs, le délai de résiliation était de deux mois, puisque l'employé affichait plus d'une année d'ancienneté (il fallait compter les années où il avait été apprenti); l'employé avait donc droit à son salaire jusqu'au 31 mars 2021, auquel s'ajoutait encore le treizième salaire au prorata. La recourante affirme que l'employé aurait pu reprendre son activité à 80 % à compter du 1er janvier 2021 et reproche à la cour cantonale d'avoir méconnu cet élément de fait. A tort, car il figure noir sur blanc dans l'arrêt attaqué. Elle soutient encore que la cour cantonale aurait fait prévaloir les certificats médicaux du médecin traitant. Sans raison à nouveau, puisque la cour cantonale est partie, pour les besoins du calcul de l'indemnité de l'art. 337c al. 1 CO, de la fiction selon laquelle le licenciement était intervenu courant janvier 2021 et non pas courant février 2021. De l'avis de la recourante, l'employé aurait dû se présenter à son poste de travail ou à tout le moins offrir ses services dès le 1er janvier 2021, faute de quoi il aurait perdu droit à toute rémunération. Elle perd toutefois de vue que le contrat de travail s'est terminé immédiatement lorsque la recourante y a mis fin. C'est uniquement le calcul de l'indemnité de l'art. 337c al. 1 CO qui nécessite de déterminer à quelle date les rapports de travail auraient pris fin si l'employeur avait respecté le délai de congé. Il n'y a pas de place pour une semblable obligation du travailleur dans ce contexte : imposer au travailleur d'offrir ses services ou de se présenter au travail à une date à laquelle il n'y a plus de contrat de travail n'a aucun sens. La recourante critique encore le calcul des intérêts moratoires, dont le dies a quo a été fixé par la cour cantonale au 10 décembre 2020. A l'en croire, les salaires étant versés à la fin de chaque mois, il faudrait procéder à une correction correspondante des intérêts dus. A nouveau, la recourante perd de vue que le contrat de travail ne s'est pas poursuivi jusqu'à fin mars 2021. Les indemnités de l'art. 337c al. 1 et 3 CO sont dès lors devenues exigibles à compter du licenciement, soit ici le 10 décembre 2020. Partant, les griefs de la recourante sont tous voués au rejet.