Citation: 1B_421/2015 E. 2.4.1

2.4.1. Sur le fond, le recourant reproche tout d'abord à la Procureure d'avoir reproduit durant l'audience du 5 décembre 2014 le même vice de procédure que lors de l'audience du 28 mai 2014 en plaçant la paroi de séparation de manière à empêcher l'avocat du prévenu de voir le plaignant alors que ce manquement avait été reconnu comme tel par le Tribunal cantonal dans son arrêt du 28 octobre 2014. Il soutient que, contrairement à ce qu'affirme la Procureure, le déplacement de la paroi ne serait intervenu qu'après qu'il aurait fait valoir son droit de se taire, soit une fois les parties installées. La Procureure aurait en outre refusé de consigner cet incident au procès-verbal d'audience et aurait alors de manière inacceptable et provocante indiqué au recourant "Vous n'avez qu'à demander ma récusation". Dans ses déterminations produites en instance cantonale, la Procureure a expliqué que la paroi de séparation était installée à son emplacement habituel depuis dix ans, que sa secrétaire procédait à son installation et qu'elle n'avait pas pensé à en contrôler le bon emplacement, étant elle-même arrivée juste à l'heure ce jour-là. Elle a précisé que la paroi n'avait pas été placée sciemment de façon à empêcher le mandataire du prévenu de voir le plaignant et qu'elle avait été déplacée par ce dernier avec l'accord de l'autorité d'instruction, avant le début de l'audience. Quant à la remarque jugée provocante par le prévenu, l'intimée a expliqué qu'elle avait été suscitée par l'attitude de l'avocat qu'elle avait estimée démesurée: ce dernier avait en effet critiqué avec véhémence l'emplacement de la paroi alors qu'il se trouvait sur le pas de la porte.