Citation: 6P.188/2004 08.03.2005 E. 3

Le recourant se plaint d'une violation de l'art. 41 ch. 1 CP en relation avec l'art. 55 CP. Il reproche à la cour cantonale de lui avoir refusé le sursis à l'expulsion sans égard au danger auquel il serait exposé en cas de retour dans son pays et sans tenir compte du fait que la mesure d'éducation au travail ordonnée pourrait favoriser son insertion. 3.1 Le sursis à l'expulsion dépend exclusivement du pronostic relatif au comportement futur du condamné en Suisse. Les éléments à prendre en considération pour poser ce pronostic ont été exposés dans l'ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 111 s., auquel on peut se référer. Il doit toutefois être rappelé que les chances de resocialisation ne jouent ici pas de rôle (ATF 123 IV 107 consid. 4 p. 111; 119 IV 195 consid. 3b et 3c p. 198 et la jurisprudence citée). Pour le surplus, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que sa décision ne sera annulée que si elle apparaît exagérément sévère ou clémente au point qu'on puisse lui reprocher d'en avoir abusé (ATF 119 IV 195 consid. 3b p. 198; 117 IV 3 consid. 2b p. 5 et la jurisprudence citée). 3.2 Le recourant reproche vainement à la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte du danger auquel il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Est seul déterminant en vue de l'octroi ou du refus du sursis à l'expulsion le pronostic relatif au comportement futur du condamné en Suisse. La cour cantonale n'avait dès lors pas à rechercher si les chances de réinsertion du recourant seraient meilleures en Suisse que dans son pays d'origine (cf. supra, consid. 3.1; ATF 119 IV 195 consid. 3b et c p. 198). Est de même vain le grief fait à la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte, dans le pronostic à émettre quant au comportement futur du recourant, du bénéfice pouvant être attendu de la mesure d'éducation au travail ordonnée. Même si l'expert a laissé entrevoir le succès de cette mesure, celui-ci reste, en l'état, hypothétique. S'il devait être avéré, le recourant pourra l'invoquer pour solliciter le différé de l'expulsion (art. 55 al. 2 CP) lors de l'octroi de la libération conditionnelle (cf. art. 100ter CP). 3.3 De la motivation de la Cour correctionnelle, à laquelle se réfère l'arrêt attaqué, il résulte que le recourant est arrivé en février 2002 en Suisse, où il a occupé des emplois temporaires comme plongeur, vivant pour le surplus essentiellement grâce aux prestations de l'Hospice général, qui le logeait dans un foyer. Il n'a pas noué d'attaches dans le pays, où il a vécu dans un contexte ethno-culturel et religieux qui ne lui a pas permis de s'y insérer. Il y a commis à deux reprises, dans un délai relativement bref après son arrivée dans le pays, des infractions graves contre l'intégrité sexuelle. Dans ces conditions, on peut sérieusement douter que la possibilité de rester en Suisse, où il n'a vécu que peu de temps et n'a pas noué de relations, suffira à dissuader le recourant de la récidive, qui n'a pas été exclue. Du moins la cour cantonale pouvait-elle l'admettre et, partant, nier la possibilité d'un pronostic favorable, sans abuser de son pouvoir d'appréciation. Le refus du sursis à l'expulsion ne viole donc pas le droit fédéral.