Citation: 4C.108/2000 07.07.2000 E. 2

2.- a) Lorsqu'il statue sur un recours en réforme, sauf exceptions non réalisées en l'espèce, le Tribunal fédéral est lié par les constatations de fait des juges cantonaux (art. 55 al. 1 let. c, 63 al. 2 OJ), notamment en ce qui concerne la réelle et commune intention des parties. Si l'instance précédente n'a pas pu déterminer celle-ci, le Tribunal fédéral revoit en revanche librement l'interprétation à donner des déclarations de volonté des parties, selon le principe de la confiance (ATF 125 III 305 consid. 2a et les références). En l'occurrence, il ne ressort pas de la décision attaquée que la pièce 22 constitue la version définitive de l'accord passé par les parties. Les juges neuchâtelois ont retenu au contraire que la demanderesse faisait montre de témérité lorsqu'elle soutenait cette thèse, le document en question n'étant produit qu'en photocopie, sur du papier à en-tête de la société suisse, sans date ni signature. De la présence d'emplacements destinés à contenir des signatures et dates, emplacements restés non utilisés, la cour cantonale a déduit la volonté des parties de ne s'engager que par écrit. Il s'agit là d'un point de fait que le Tribunal fédéral ne peut revoir. b) Que la défenderesse se soit référée dans la télécopie du 22 novembre 1995 à une clause de prorogation de for "selon fax du 17 juillet 1995" - au demeurant non identifié de manière sûre par la cour cantonale - ne signifie pas que les parties soient tombées d'accord sur ce point. Tout au plus peut-on en conclure que la défenderesse manifeste son assentiment à ce qu'une clause de ce type figure dans le contrat définitif, encore à passer. Comme les parties n'ont par la suite précisément pas signé ce contrat, la convention de prorogation de for ne peut déployer aucun effet. c) Rien n'indique, dans la décision attaquée, que la défenderesse ait exécuté le contrat invoqué par la demanderesse, quand bien même les relations entre les parties se sont poursuivies jusqu'en 1998. On ne voit pas en quoi la défenderesse aurait adopté un comportement contradictoire ou empreint de mauvaise foi. Dans la mesure où elle repose sur des éléments qui ne ressortent pas des constatations de la cour cantonale, la critique de la demanderesse est irrecevable.