Citation: 8C_479/2022 E. 4.2

4.2. Les premiers juges ont relevé qu'entre le 1 er juin 2015 et le 30 avril 2016, le recourant avait conservé son activité de directeur régional auprès de B.________, à un taux de 60 %. Le revenu d'invalide pour cette période était donc celui de 86'915 fr. 40 réalisé auprès de cet employeur. Mis en rapport avec le revenu sans invalidité fixé à 191'320 fr., il en résultait un taux d'invalidité de 55 %. Constatant que la poursuite par le recourant de son activité habituelle de direction était incompatible avec son état de santé, les juges cantonaux ont retenu que sa nouvelle fonction de "Key account manager" à 60 % auprès de B.________ n'impliquait pas, selon l'employeur, de direction d'équipe, d'effort administratif ou de représentation. Toujours selon l'employeur, le recourant était en outre moins exposé à la pression et au stress. Dès lors que celui-ci n'était plus en mesure d'assumer la fonction de directeur régional, le maintien dans ce poste jusqu'au 30 avril 2016 comportait un fondement essentiellement économique lié à la couverture du salaire par les indemnités journalières et une évidente composante sociale. Le nouveau revenu (d'invalide) réalisé dans la fonction de "Key account manager", par 87'750 fr., aboutissait à un taux d'invalidité de 57 %, compte tenu d'un revenu sans invalidité après indexation de 203'889 fr. 56. La différence de 2 % ne constituant pas une modification de l'état de fait sensible ou notable au sens de l'art. 17 al. 1 LPGA, il n'y avait pas lieu de modifier le taux de 55 % entre le 1 er mai 2016 et le 30 avril 2018. La cour cantonale a ensuite constaté que la situation professionnelle du recourant avait perdu en stabilité ensuite de son licenciement par B.________ pour le 30 avril 2018. Quand bien même sa capacité de travail dans son activité habituelle était toujours de 60 %, ses revenus avaient diminué ensuite de son départ de cette société. Cela pouvait s'expliquer par différents facteurs, tels que des responsabilités moindres, une absence de progression salariale liée à l'ancienneté, des offres d'emploi moins attractives sur le plan salarial ou l'évolution du marché de l'immobilier. Il n'était ainsi pas possible de se fonder sur sur les revenus effectifs - variables et instables - du recourant pour calculer le taux d'invalidité. Sa formation et son expérience professionnelle démontraient cependant que la poursuite d'une activité dans son domaine de compétence lui demeurait accessible. Il convenait donc de calculer le revenu d'invalide en se référant aux données de l'ESS. Se basant sur le tableau TA1_skill_level, rubrique 68 (activités immobilières), de l'ESS 2018, les juges cantonaux ont pris en compte le salaire mensuel de référence correspondant au niveau de compétence 4, lequel était en adéquation avec le profil du recourant qui exerçait une activité de direction. Il en résultait un revenu d'invalide de 72'871 fr. 72, compte tenu d'un abattement de 5 % qui se justifiait en raison des empêchements et obstacles liés à son état de santé, ainsi que du fait que des postes de cadres à un pourcentage inférieur à 80 % étaient notoirement inusuels. Le revenu sans invalidité s'élevant après indexation à 207'775 fr. 70, le taux d'invalidité était de 65 %. La rente devait être portée à ce taux à compter du 1 er mai 2018, la différence de 10 % constituant une modification de l'état de fait selon l'art. 17 al. 1 LPGA. L'autorité précédente a encore précisé que cette solution était davantage compatible avec l'obligation du recourant de diminuer le dommage que l'alternative proposée par le docteur D.________, à savoir une diminution de rendement de 20 % dans un poste plus sédentaire et moins stressant. En appliquant le niveau de compétence 2 (tableau TA1_skill_level, secteur services, de l'ESS 2018), une telle hypothèse aurait abouti à un taux d'invalidité de 76 %.