Citation: 1C_518/2023 E. 4.2

4.2. Conformément à la jurisprudence précitée, le Tribunal cantonal a procédé à une analyse globale de la situation. Il a confirmé l'analyse de l'autorité cantonale spécialisée en matière de bruit qui a estimé que, in casu, les exigences légales pouvaient être considérées comme respectées pour autant que les horaires relatifs aux bennes à verre du concept de gestion des déchets de la commune soient respectés (horaire de 7h00 à 20h00 uniquement les jours ouvrables). En l'occurrence, les recourants se limitent à affirmer que la cour cantonale ne pouvait pas admettre, en l'absence d'une expertise de bruit menée par un acousticien, que les nuisances sonores liées à l'exploitation de la benne étaient conformes au DS III de la zone. Ce faisant, ils n'invoquent aucun motif de nature à remettre en question l'appréciation effectuée par les autorités précédentes, laquelle n'apparaît pas contraire au droit fédéral. En effet, comme relevé par le Tribunal cantonal, les nuisances sonores critiquées sont par nature occasionnelles, le dépôt de verre étant effectué ponctuellement et non de manière continue. De plus, la benne est soumise à des horaires de dépose précis définis par la commune et rappelés dans l'autorisation de construire du 8 juin 2021 (07h00 à 20h00 uniquement les jours ouvrables). Il ressort par ailleurs de l'arrêt du Tribunal cantonal du 6 mai 2020 que la benne litigieuse est remplacée par une autre benne chaque quinze jours (cf. consid. 4.3 dernier paragraphe dudit arrêt cantonal), de sorte que son utilisation n'apparaît pas excessive. Ainsi, dans la mesure où ces nuisances sont limitées à la journée et aux jours ouvrables uniquement, le Tribunal cantonal pouvait considérer, suivant l'avis de l'autorité cantonale spécialisée en matière de bruit, que lesdites nuisances étaient compatibles avec le DS III prévalant dans cette zone, soit une zone où sont admises des entreprises moyennement gênantes (cf. art. 43 al. 1 let. c OPB) et située de surcroît au bord de l'avenue du Grand-Saint-Bernard. Cette appréciation apparaît conforme à la jurisprudence du Tribunal fédéral lequel a, dans son arrêt 1A.36/2000 du 5 décembre 2000 (publié in DEP 2001 p. 147), considéré que, selon l'expérience de la vie, le bruit provoqué par le déversement de verre usagé dans le conteneur ad hoc d'un "éco-point" devait être supporté, durant la journée, par les habitants d'un quartier urbain qui n'était pas particulièrement calme. Par ailleurs, s'agissant d'une installation qui ne fait pas l'objet de valeurs limites d'exposition, l'instance précédente pouvait sans arbitraire, au vu des éléments précités, renoncer à procéder à une expertise de bruit. Enfin, il sied de relever que cette installation existe depuis plusieurs années et que le bruit existant ne sera a priori pas modifié par la modification de la place de la benne. Toutefois, comme exposé par le Tribunal cantonal, si l'exploitation de la benne devait contre toute attente causer des immissions sonores jugées excessives par le voisinage, l'autorité communale pourrait ultérieurement ordonner des contrôles et prendre des mesures idoines afin de s'assurer que les prescriptions de la zone sont respectées.