Citation: 6B_1092/2023 E. 2.3.1

2.3.1. La cour cantonale a retenu que le recourant avait su s'attirer l'amitié et la confiance de l'intimé 2. Ils jouaient au tennis ensemble, dans le même club, ils avaient sympathisé et étaient devenus " bons camarades ". Ils avaient partagé de nombreuses activités sociales, notamment lors de sorties à ski et/ou avec leurs épouses respectives. L'intimé 2 savait que le recourant avait travaillé pour le groupe I.________, soit une société honorablement connue de la place. Il avait une activité qui paraissait fleurissante, au travers de sociétés suisses, recevait dans ses propres bureaux et faisait étalage d'un niveau de vie qui présentait tous les signes d'une réussite professionnelle incontestable. Il était en outre " beau-parleur ". L'on ne pouvait reprocher à l'intimé 2 une mauvaise appréciation ou surinterprétation de ces signes extérieurs du niveau de vie et de la fiabilité du recourant, puisque ces éléments se retrouvaient également dans la description des éléments qui avaient convaincu le second plaignant, l'intimé 3. Fondé sur les liens d'amitié et l'expérience professionnelle du recourant, la proposition d'investissement avait pu paraître sérieuse et crédible. Le recourant avait au surplus accepté de signer une reconnaissance de dette. Aucun élément n'aurait pu permettre à l'intimé 2 de douter de ce que lui expliquait et promettait son ami - ou celui qu'il considérait comme tel - et, dans ce contexte, l'on ne pouvait reprocher à la dupe de ne pas avoir procédé à des vérifications supplémentaires avant d'accepter de participer à l'investissement proposé par le recourant. L'intimé 2 ne pouvait donc pas se douter que son ami n'avait pas l'intention de rembourser l'investissement. Or, au vu de sa situation financière réelle, le recourant savait qu'il ne pourrait pas et n'avait jamais eu l'intention de rendre l'argent investi en octobre 2008 et encore moins le prétendu bénéfice escompté, pas plus que la somme prêtée par l'intimé 2 en mars 2009. Il lui avait en outre montré des documents censés attester du sérieux de l'investissement proposé, sans respecter ensuite son engagement de remettre des copies de ces pièces. En agissant de la sorte, le recourant avait donc astucieusement induit en erreur l'intimé 2, profitant de la confiance placée en lui comme ami et de l'apparence d'homme d'affaires averti et fortuné qu'il affichait, pour convaincre la dupe, alors qu'il était aux abois financièrement. Ces éléments avaient clairement dissuadé l'intimé 2 d'exiger des preuves des dires mensongers du recourant, de chercher à vérifier la véracité de ses propos ou de se renseigner sur sa solvabilité, sans que cela ne pût lui être reproché. Enfin, l'extrait du registre des poursuites ne révélait en réalité rien d'inquiétant pour la période antérieure à l'été 2009 et que même cette vérification n'aurait de fait pas conduit le lésé à une autre décision au vu des engagements pris par le recourant.