Citation: 6P.247/2006 12.03.2007 E. 3

Le recourant conteste les éléments retenus pour fonder sa culpabilité. 3.1 Il reproche à la Chambre pénale d'avoir admis qu'il a proposé un investissement dans la société "E.________" à B.________, en se basant sur les déclarations de ce dernier. Il est exact que le témoin cité a déclaré, contrairement à ce que relate l'arrêt attaqué, que c'est A.________ qui lui a proposé, aux alentours du mois de janvier ou février 2000, d'investir dans la société "E.________". Il reste que ce témoin a aussi précisé que A.________ détenait les informations nécessaires pour vendre un tel produit de X.________ qui travaillait déjà pour la Barclays Bank. Dans ces conditions, l'autorité cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en retenant ce témoignage à charge, puisque celui-ci implique également le recourant dans les opérations d'investissement. Au surplus, les déclarations de B.________ ne sont pas le seul élément retenu par les juges pour établir la culpabilité de l'intéressé. Le grief est donc vain, la solution retenue n'étant pas arbitraire dans son résultat. 3.2 Selon le recourant, la Cour de justice ne pouvait déduire de la reconnaissance de dette remise à Y.________ le 7 mars 2000 qu'il aurait reçu lui-même le montant indiqué. Il soutient que ce document ne constitue qu'un projet en faveur de A.________. Y.________ a expliqué qu'après avoir contrôlé la véracité des informations que lui avait données A.________ et rencontré le recourant, qui lui avait confirmé que la société "E.________" allait être cotée en bourse et qu'un investissement dans celle-ci constituait une affaire parfaitement sûre, il avait décidé d'investir 50'000 francs. Il avait ainsi retiré cette somme de son compte postal le 7 mars 2000 et l'avait remise au recourant le même jour, en présence de A.________. Il a encore précisé que le recourant avait rédigé une reconnaissance de dette qu'il avait lui-même signée, de même que A.________. Malgré les dénégations du recourant, la Chambre pénale pouvait, sans arbitraire, considérer cette version des faits comme étant exacte. En effet, d'une part il ressort des relevés des comptes postaux de la victime, que celle-ci a fait deux retraits de 25'000 francs chacun le 7 mars 2000. D'autre part, l'expertise graphologique établit que le recourant est le rédacteur de la reconnaissance de dette datée du même jour, ce qu'il a d'ailleurs fini par admettre, tout comme le fait d'avoir rencontré Y.________ dans un café en compagnie de A.________. Enfin, la version du recourant, selon laquelle il ne s'agirait que d'un modèle, n'est pas crédible vu la concordance des dates entre les retraits d'argent et l'établissement de la reconnaissance. La critique est donc infondée. 3.3 Le recourant fait grief à l'autorité cantonale d'avoir retenu, comme indice de sa culpabilité, la démarche qu'il a effectuée auprès de Y.________ en vue d'une indemnisation. Le 31 janvier 2005, le recourant a adressé à la victime précitée le SMS suivant: "On est convoque le 17 février au TP. J ai tjs pas trouve de cash pour ce dont on avait parle. La seule possibilite c est un arrgmt sur le temps. A toi de voir. J ai vraiment tout essaye. Fais moi savoir. X.________". Vu le contenu de ce message, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, retenir que celui-ci corroborait l'implication du recourant dans les infractions commises. De plus, les explications de l'intéressé selon lesquelles il aurait ainsi essayé de trouver un arrangement pour des raisons professionnelles ne sont guère convaincantes et ne sont d'ailleurs étayées par aucun élément pertinent. Le grief est dès lors vain. 3.4 Le recourant reproche à la Chambre pénale d'avoir retenu qu'il a procédé de manière identique avec C.________ et D.________. C.________ a expliqué avoir investi, avec son beau-frère D.________, la somme de 50'000 francs dans la société "E.________". A.________, qui leur avait proposé cet investissement, avait accepté de signer une reconnaissance de dette d'un montant de 87'500 francs, remboursable au 1er juillet 2001. Passé cette date, C.________ avait demandé à plusieurs reprises le remboursement de son investissement, mais il n'avait touché que 7'000 francs. En outre, malgré plusieurs sollicitation, A.________, qui leur avait indiqué que Y.________ et Z.________ avaient eux aussi investi dans la société précitée, ne lui avait jamais remis un quelconque document confirmant la souscription d'actions. D.________ a confirmé les déclarations de son beau-frère. Il a ajouté qu'une réunion avait eu lieu en février 2002 entre lui-même, C.________, A.________ et le recourant, lors de laquelle ce dernier s'était engagé à les rembourser. Au regard de ces dernières déclarations, il n'est pas manifestement insoutenable de conclure que le recourant et son comparse ont agi de manière identique avec C.________ et D.________. L'implication du recourant est effectivement corroborée par sa participation à cette réunion du mois de février 2002 et son engagement à rembourser les personnes citées. On ne voit du reste sinon pas pour quels autres motifs il aurait agi de la sorte et le recourant ne l'explique pas non plus. La critique est donc vaine. 3.5 En définitive, les éléments d'appréciation pris en compte et le raisonnement suivi par la Chambre pénale à la page 8 de son arrêt sont soutenables. La conclusion à laquelle elle parvient quant à la culpabilité du recourant échappe à l'arbitraire.