Citation: 4C.391/1999 20.01.2000 E. 1

1.- Les demandeurs soutiennent que la cour cantonale aurait méconnu la notion juridique de défaut. a) Une prestation est défectueuse s'il lui manque des caractéristiques essentielles convenues (ATF 121 III 453 consid. 4a); il y a défaut dès qu'elle s'écarte du contrat, qu'elle n'a pas les propriétés promises ou auxquelles le destinataire s'attendait et pouvait s'attendre selon le principe de la confiance, dans le cas d'espèce (ATF 114 II 239 consid. 5a/aa). Autrement dit, la prestation est défectueuse dès qu'elle diverge, dans un sens défavorable au destinataire, de l'état convenu (Giger, Commentaire bernois, n° 52 ad art. 197 CO; Honsell, Commentaire bâlois, n° 2 ad art. 197 CO; Pierre Tercier, Les contrats spéciaux, 2ème éd., n° 369). b) Contrairement à ce que suggèrent les demandeurs, la cour cantonale n'a pas exclu la possibilité d'un défaut esthétique (sur cette question: cf. arrêt reproduit in SJ 1997 p. 661 consid. 3a). La cour cantonale a constaté que le deuxième expert avait proposé, pour un coût de 16 200 fr., une solution qui offrait un aspect correspondant au projet d'origine. On pouvait raisonnablement en déduire que cette solution permettait de rétablir un état conforme à ce qui avait été convenu entre les parties. Les problèmes esthétiques évoqués par le premier expert en relation avec une perte de valeur de l'immeuble pour des défauts non réparables ont paru peu clairs à la cour cantonale, qui a jugé qu'il s'agissait en définitive d'une divergence de goût se rapportant au choix de la structure et des essences de bois utilisées mais non de véritables défauts. Déterminer quelles ont été les déclarations d'un expert et quelle était sa volonté sont des questions qui relèvent de l'établissement des faits et qui ne peuvent être revues dans un recours en réforme (cf. ATF 125 III 305 consid. 2e p. 311; 123 III 165 consid. 3a; 121 III 414 consid. 2a). Il est évident qu'une simple divergence de goût entre l'entrepreneur et le premier expert ne permet pas de déduire que la prestation n'était pas conforme à la convention des parties ou à ce que les recourants attendaient et pouvaient attendre de bonne foi. On ne voit donc pas en quoi la cour cantonale aurait méconnu la notion juridique de défaut.