Citation: 2D_3/2024 E. 5.4

5.4. Quant à la recourante 2, née en 2009, lorsqu'elle est venue en Suisse, elle souffrait déjà de trisomie 21 et de problèmes cardiaques, et avait ainsi vécu jusqu'alors avec ces maladies au Nigeria. En 2017, elle a dû subir une nouvelle opération cardiaque, afin de remplacer sa valve atrio-ventriculaire gauche. Depuis lors, aucune autre opération cardiaque n'est prévue ni préconisée et les recourantes ne démontrent pas le contraire. Si une sténose sur la bioprothèse mitrale, ainsi qu'une dyskinésie septale ont été relevées en juin 2021, la première a été qualifiée de "légère" et la fonction systolique biventriculaire a été jugée comme "bonne" malgré la dyskinésie, selon le bilan cardiologique, par ailleurs qualifié de "stable", effectué à la même date par les Hôpitaux universitaires de Genève (cf. art. 105 al. 2 LTF). Quant au traitement médical de l'intéressée, qui consiste en un suivi échographique tous les six mois et en la prise d'Enalapril, il ressort des constatations non arbitraires de l'arrêt attaqué (cf. supra consid. 4.3) qu'il est disponible au Nigeria. Il en va de même des traitement de physiothérapie, ce que les recourantes ne remettent pas en cause. Quant aux soins dentaires dont bénéfice la recourante 2 pour corriger son trouble de la dentition, il n'apparaît pas - et les recourantes ne prétendent pas le contraire - que l'intéressée ferait face, pour le cas où un tel suivi bucco-dentaire ne serait pas disponible au Nigeria, à un risque réel d'être exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé entraînant des souffrances intenses ou à une réduction significative de son espérance de vie. Au demeurant, il n'est pas contesté qu'un tel suivi était déjà entré dans sa dernière phase en décembre 2022. En définitive, l'arrêt attaqué ne méconnaît pas l'art. 3 CEDH lorsqu'il retient qu'il n'apparaît pas qu'un retour au Nigeria de l'intéressée pourrait conduire à une détérioration rapide de son état de santé qui serait susceptible d'entraîner des souffrances intenses ou de mettre sa vie en danger et qui, partant, serait contraire à la disposition précitée d'un point de vue médical. Pour le surplus, on relèvera que la mesure contestée n'entraînera pas de séparation de la famille, et qu'il est au demeurant dans l'intérêt de la recourante 2 de suivre celle-ci, et en particulier sa mère, qui dit s'occuper à plein temps de l'intéressée.