Citation: 1A.225/2005 17.10.2006 E. A

X.________ est propriétaire de la parcelle n° 931 de la commune du Grand-Saconnex. Cette parcelle de 3'426 mètres carrés est sise en 5e zone de construction, soit une zone résidentielle destinée aux villas. Elle comporte un hangar de 110 mètres carrés, utilisé comme dépôt, et un enclos de stockage. Elle est bordée au nord par la route François-Peyrot, qui longe l'autoroute et l'aéroport de Genève-Cointrin, à l'ouest par une zone des bois et forêts, propriété de l'Etat de Genève, et à l'est par un terrain affecté en zone de développement 4A. Elle jouxte au sud la parcelle n° 930, également colloquée en 5e zone de construction, à laquelle elle était à l'origine rattachée et sur laquelle se trouvent une ancienne dépendance de l'abbaye médiévale d'Oujon, vouée à l'habitation, et deux fontaines inscrites à l'inventaire des bâtiments dignes d'être protégés. Le 30 avril 2003, le Conseil d'Etat de la République et canton de Genève a déposé un projet de loi modifiant les limites de zones sur le territoire de la commune du Grand-Saconnex, visant à créer une zone de développement 4A affectée à des activités administratives ou hôtelières sur la parcelle n° 931. A la suite des oppositions formulées par les associations de protection de la nature, un constat de la nature forestière de la parcelle a été requis. La commission d'aménagement du canton du Grand Conseil genevois a suspendu ses travaux dans l'attente de cette décision. Par décision du 19 décembre 2003, publiée dans la Feuille d'avis officielle du même jour, le Service des forêts, de la protection de la nature et du paysage du Département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement de la République et canton de Genève (ci-après: le Département) n'a pas reconnu la nature forestière de la parcelle n° 931. Le peuplement, âgé de plus de cinquante ans, se compose de 75% d'espèces indigènes (frêne, cerisier, saule) et de 25% d'autres espèces (sophora, marronnier et noyer noir). Il présente un degré de couverture de 80% et s'étend sur environ 35 ares. Bien que richement boisée et contiguë à une forêt, la parcelle n° 931 ne remplit pas les caractéristiques juridiques d'une forêt, car les fonctions forestières ne sont pas réunies, à l'exception de la structure paysagère. Il s'agirait en réalité d'un parc un peu sauvage, régulièrement entretenu à l'arrière d'une ancienne maison, ce qui expliquerait l'absence de sous-bois et d'étage intermédiaire de la végétation. Pro Natura Suisse et le Fonds Mondial pour la Nature, WWF Suisse, par leurs sections cantonales, ont recouru le 15 janvier 2004 contre cette décision auprès de la Commission cantonale de recours en matière de constructions; en cours de procédure, elles ont versé au dossier une expertise forestière réalisée le 15 avril 2004 à leur requête par Patrick Chevrier, ingénieur forestier à Sion. L'expert conclut en ce sens que l'aire boisée sur la parcelle n° 931 devait être considérée comme une forêt au sens de la législation fédérale sur les forêts, à l'exception de la surface bâtie et celle proche des habitations. La Commission cantonale de recours a rejeté le recours au terme d'une décision rendue le 17 août 2004. Par arrêt rendu le 21 juin 2005 sur recours des associations de protection de la nature, le Tribunal administratif de la République et canton de Genève (ci-après: le Tribunal administratif ou la cour cantonale) a annulé cette décision, constaté l'existence d'une aire boisée sur la parcelle n° 931 et renvoyé la cause au Département pour qu'il fixe les limites de l'aire boisée.