Citation: 4A_207/2024 E. 4.2

4.2. Selon la cour d'appel, dès le mois de juin 2016, les intimés ont fait savoir à la recourante que la qualité du béton utilisée n'était pas la bonne, qu'il y avait des problèmes d'épaisseur du mur et que les panneaux de coffrage devaient être changés. Lors de la séance de chantier du 10 juin 2016, la recourante a bien pris note de ces plaintes. Or, l'ouvrage livré ne correspond pas à l'accord des parties. À la réception de l'ouvrage, le 2 août 2016, les intimés l'ont refusé et ont signifié à la recourante qu'elle ne devait plus intervenir et qu'ils feraient exécuter les travaux par un tiers. Certes, il n'est pas établi qu'après la réception de l'ouvrage les intimés aient fixé un délai à la recourante pour réparer les défauts par ses propres moyens. Toutefois, au vu des plaintes répétées avant la livraison de l'ouvrage, la recourante aurait dû en tenir compte et livrer un ouvrage conforme au contrat, ce d'autant plus qu'elle aurait eu largement le temps de procéder à une réfection. Elle a en effet disposé de deux mois pour le faire et n'a rien entrepris, sans non plus expliquer ce qui l'aurait empêchée de donner suite aux plaintes des intimés. En première comme en deuxième instance, la recourante conteste toujours qu'elle devait livrer un mur lisse en béton de parement. Elle a déclaré qu'elle était prête à faire des "retouches" en guise de réparation. On ignore ce que comportait ces retouches par rapport à ce qui était attendu par les intimés, mais surtout par rapport au résultat attendu conformément au contrat. Dès lors qu'elle conteste toujours le contenu des prestations contractuelles, il est manifeste que ce n'est pas la fixation d'un délai qui aurait pu suffire à la convaincre de livrer un objet conforme au contrat. Il apparaît ainsi décisif qu'à plusieurs reprises la recourante a manifesté la volonté de ne pas livrer un mur en béton de parement, répondant aux caractéristiques prescrites par le contrat et qui ont été mises en évidence par l'expert judiciaire. La cour d'appel a encore ajouté, en référence à l'appréciation de l'expert privé, que la recourante ne disposait pas des capacités de réaliser une réfection de l'ouvrage conforme au contrat.