Citation: 2D_3/2024 E. 4.3

4.3. On ne voit pas en quoi ces éléments permettraient de qualifier d'insoutenable l'appréciation de la Cour de justice selon laquelle le traitement et les médicaments dont a besoin la recourante 2 seraient accessibles dans son pays d'origine. D'une part, s'il ressort des pièces au dossier que l'intéressée a effectivement été opérée en Inde à l'âge de 6 mois pour une cardiopathie congénitale, l'allégation selon laquelle cette intervention n'aurait pas été possible au Nigeria n'est démontrée par aucune pièce. En tout état de cause, dans la mesure où l'opération date de 2009, elle ne suffit pas à établir que la recourante 2 ne pourrait actuellement pas être prise en charge dans ce pays, ce d'autant moins qu'aucune opération cardiaque de l'intéressée n'est prévue ni préconisée. D'autre part, l'appréciation des juges précédents se fonde sur les indications de la représentation de Suisse au Nigeria, selon lesquelles des échocardiographies sont pratiquées dans divers hôpitaux et cliniques du Nigeria, y compris sur des jeunes patients, et que le médicament Enalapril y est largement utilisé et disponible. Or, de telles indications ne sont non seulement pas remises en cause par les recourantes, mais les conseils du DFAE aux voyageurs à destination du Nigeria dont elles se prévalent pour la première fois devant le Tribunal fédéral (faits notoires pouvant être pris en compte; cf. ATF 143 IV 380 consid. 1.2; arrêt 5A_310/2019 du 5 novembre 2019 consid. 2.3), ne démontrent pas non plus le caractère arbitraire de celles-ci. Le fait que les soins semblent être subordonnés à des garanties financières n'apparaît en particulier pas problématique au vu des revenus du mari et père des recourantes, ce que ces dernières ne remettent au demeurant pas en cause. Il n'en va pas autrement des traitements de physiothérapie, dont la Cour de justice retient l'existence, sans que les intéressées ne contestent ce point sous l'angle de l'arbitraire. Enfin, quoi qu'en disent les recourantes, les différents rapports qu'elles ont produits de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés ou encore de l'Organisation mondiale de la santé, au demeurant tous antérieurs aux indications de la représentation suisse au Nigeria, sur la disponibilité des traitements et médicaments nécessaires à la recourante 2, ne confirment pas l'impossibilité pour celle-ci de bénéficier de soins appropriés dans son pays. On précisera que, si ces rapports indiquent que les médicaments produits au Nigeria ont une qualité déficiente, les intéressées ne prétendent pas que l'Enalapril soit produit dans ce pays. Quant au fait que le Nigeria se classait en 2017 sous la moyenne africaine dans le domaine des soins de santé, cela ne suffit pas, à lui seul, à rendre insoutenable les faits retenus dans l'arrêt attaqué sur la possibilité d'une prise en charge adéquate dans ce pays pour des personnes ayant les moyens de financer les traitements. Pour le reste, en tant que les recourantes se prévalent des mises en garde du DFAE quant aux risques sécuritaires encourus au Nigeria pour les voyageurs, on se limitera à relever que, dès lors que les intéressées n'établissent pas l'existence d'une menace concrète sous cet angle (cf. infra consid. 5.3), une correction des faits sur ce point n'aurait pas d'incidence sur l'issue du litige (cf. supra consid. 2).