Citation: 5A_246/2020 E. 6.1

6.1. Selon la recourante, le premier juge et, à sa suite, la Cour de justice avaient fait une lecture erronée de l'arrêt 5A_625/2015 du 18 janvier 2016. Les juges cantonaux avaient requis la production d'une décision sociale qui n'est pas prévue par le Code des obligations et qu'il n'est donc pas possible de fournir, étant donné, comme indiqué dans cet arrêt, que la dissolution suit la faillite mais ne la précède pas. D'ailleurs, la doctrine ne mentionnait " ni de loin ni de près " la nécessité de produire une décision de dissolution au titre d'une " condition de recevabilité " de la procédure d'insolvabilité. Quoi qu'il en soit, la recourante est d'avis que c'est le conseil d'administration de la société anonyme qui est habilité à prendre la décision de principe de procéder selon la voie de l'art. 191 LP, conformément à l'art. 717 al. 1 CO ainsi qu'à l'art. 716a al. 1 ch. 7 CO appliqué par analogie. Autre serait la question de savoir dans quelle mesure les actionnaires doivent être informés de la décision de l'administrateur, ce qui relève de sa responsabilité et non de la validité de la décision prise. A supposer que la décision de déclarer la société insolvable soit de la compétence de l'assemblée générale, la décision du conseil d'administration d'agir selon l'art. 191 LP n'en serait pas pour autant nulle. Faute d'avoir été attaquée, comme en l'espèce, cette décision aurait dû déployer tous ses effets.