Citation: 1C_529/2024 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, les critiques des recourants relatives à la procédure adoptée par la commune d'Aigle pour le développement d'un réseau thermique à distance sont dépourvues de pertinence. Il n'appartient en effet pas au Tribunal fédéral d'examiner ces questions qui font précisément l'objet du recours devant la CDAP et qui devront être tranchées par celle-ci (cf. arrêt 1C_377/2023 du 7 décembre 2023 consid. 4.4 in fine). S'agissant de la pesée des intérêts effectuée par l'autorité précédente pour refuser l'arrêt immédiat des travaux, les intéressés reprennent pour l'essentiel des griefs de fond (portant sur le choix de la procédure et son déroulement) sans parvenir à démontrer que cette mise en balance des intérêts serait empreinte d'arbitraire. Or, il n'était pas insoutenable ni choquant de considérer que la mise en place d'un réseau thermique à distance poursuivait un intérêt public important et que la constructrice intimée pouvait également se prévaloir d'un intérêt économique important dans la mesure où elle avait déjà investi des sommes conséquentes dans le développement du réseau. Les recourants se contentent d'invoquer "l'intérêt public de la collectivité et (leur) intérêt privé à un contrôle préalable du projet concerné". Ils ne démontrent cependant pas que la poursuite des travaux (pose de conduites souterraines) risquerait de menacer concrètement des biens juridiques dont ils sont titulaires et de leur occasionner un préjudice difficilement réparable. Ils n'indiquent pas plus quelle urgence la situation présenterait pour justifier le prononcé immédiat de mesures provisionnelles (cf. ATF 130 II 49 consid. 2.2; arrêt 1C_344/2021 du 14 janvier 2022 consid. 2.6). Pour autant qu'il soit suffisamment motivé, leur grief doit ainsi être rejeté.