Citation: 1P.690/2000 16.01.2001 E. 1

Le recourant prétend également que la disproportion entre la valeur vénale de l'Auberge Y.________ à laquelle il aboutit et celle retenue par les experts ne permettrait pas de concevoir que ceux-ci reviennent sur leur position selon les questions complémentaires posées. Cette affirmation ne se fonde sur aucun élément objectif. Il appartiendra au contraire aux experts de répondre aux questions posées par le recourant sur la méthode suivie pour parvenir au résultat contesté et au Tribunal de première instance d'apprécier la valeur de cette expertise au regard des réponses qui auront été faites à ces questions. Pour le surplus, les experts ne sauraient être tenus pour prévenus à l'égard du recourant du seul fait qu'ils se sont écartés de la valeur vénale estimée par celui-ci dans le sens des conclusions de la défenderesse. X.________ ne reprend d'ailleurs plus ce motif de récusation dans le cadre de son recours de droit public. Le recourant voit en revanche une circonstance propre à mettre en doute l'impartialité de G.________ et de W.________ dans le fait qu'elles ont pris une part active prépondérante dans la réalisation de l'expertise alors que seul P.________ avait été désigné en tant qu'expert. Il ressort toutefois du dossier qu'en date du 23 août 1999, la fiduciaire A.________, sous la signature de P.________ et de W.________, a fait part au Tribunal de première instance de son intention de confier la conduite de l'expertise à G.________, en tant que sous-directrice du Département Hôtellerie, Tourisme et Loisirs, en collaboration avec W.________ et une tierce personne, sans que cela ne suscite apparemment de réaction de la part de cette autorité. Celles-ci n'ont donc nullement agi à l'insu du tribunal; enfin, aucun élément du dossier ne permet de les suspecter d'avoir manoeuvré, de concert avec la défenderesse, pour prendre le contrôle du processus d'expertise, comme l'a soutenu le recourant. Ce dernier n'a, il est vrai, pas reçu copie de la lettre du 23 août 1999. Il n'ignorait cependant pas que G.________ et W.________ participaient activement à la conduite de l'expertise et n'a émis aucune objection sur cette manière de procéder, démontrant ainsi qu'il ne les considérait alors pas comme prévenues à son égard. En définitive, s'il pouvait à la rigueur de bonne foi concevoir des doutes sur la manière dont l'expertise avait été menée, à réception du rapport d'expertise signé des personnes nommées ultérieurement comme experts, il devait se rendre compte du caractère infondé de ses soupçons au plus tard le 5 mai 2000, lors de la séance d'audition des experts qui a permis de clarifier la situation, voire en consultant le dossier qui était librement disponible. Dans ces conditions, le fait que G.________ et W.________ aient pris une part active prépondérante à l'établissement de l'expertise ne saurait constituer, à tout le moins dans les circonstances de fait de l'espèce, un motif de récusation. Le recourant prétend enfin que le Tribunal de première instance ne pouvait nommer a posteriori des experts qu'il avait délibérément écartés au profit d'un expert dont aucune des parties n'avait proposé la nomination. Il ressort toutefois du dossier que la nomination de P.________ en qualité d'expert faisait suite à une lettre de la défenderesse adressée le 14 juin 1999 au Tribunal de première instance. L'autorité intimée n'a donc pas choisi un expert qui n'avait pas été proposé par les parties. En tant qu'il retient que dame X.________ a proposé comme expert la fiduciaire A.________, le jugement attaqué ne repose ainsi sur aucune inadvertance propre à démontrer la légèreté avec laquelle le Tribunal de première instance aurait traité la demande de récusation du recourant. Tout au plus, peut-on regretter que la lettre du 14 juin 1999 n'ait pas été transmise au recourant. Par ailleurs, le fait que l'autorité intimée ait désigné comme expert la personne proposée en dernier lieu par la défenderesse ne signifie pas encore qu'elle tenait les autres personnes proposées par les parties pour incompétentes ou prévenues à leur égard et, partant, inaptes à être nommées comme experts pour le cas où l'expert désigné en premier lieu devait être remplacé. Le recourant n'a d'ailleurs soulevé aucune objection à ce que G.________ soit désignée en qualité d'expert dans le cadre de ses contre-questions sur expertise du 23 avril 1999, indice supplémentaire, s'il en est, de la confiance qu'il lui témoignait. Certes, on peut se demander si le Tribunal de première instance l'aurait désignée comme expert s'il avait eu connaissance des liens d'amitié qui l'unissaient aux époux X.________. Toutefois, le recourant n'émet aucun grief à ce sujet. Il ne reproche en particulier pas à l'autorité intimée de ne pas avoir ordonné la récusation de cet expert pour ce motif. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral, saisi d'un recours de droit public, d'examiner d'office cette question (cf. ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495).