Citation: 1C_70/2015 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la recourante soutient que l'accès carrossable litigieux à son chalet (résidence principale) serait nécessaire, notamment pour les services publics de secours (pompiers, ambulances), et qu'il aurait été établi qu'aucune autre modalité d'accès n'était possible. Cette argumentation, essentiellement appellatoire, n'est pas propre à remettre en cause la pesée des intérêts en présence effectuée par la cour cantonale qui apparaît conforme au droit fédéral. Celle-ci a certes relevé que l'intéressée ne disposait pas d'un accès carrossable jusqu'à son chalet. Elle a toutefois constaté - sans que cela ne soit contesté - qu'un accès piétonnier était juridiquement garanti jusqu'en limite de sa parcelle; ce chemin piétonnier, d'une longueur de 40 m environ et composé de plusieurs marches d'escalier, offrait en l'occurrence à la parcelle de la recourante un débouché sur l'actuelle route des Prévondes, sans avoir à emprunter la zone forestière. Compte tenu des circonstances particulières du cas d'espèce et notamment du fait que le bien-fonds de l'intéressée est situé en zone inconstructible, l'instance précédente pouvait sans violer le droit fédéral considérer que celui-ci était desservi par une voie d'accès suffisante au sens de l'art. 19 LAT. En effet, conformément à la jurisprudence, il suffit, du point de vue du droit fédéral, que la route d'accès soit suffisamment proche des constructions et installations. Il n'est pas nécessaire que la route soit carrossable jusqu'au terrain à bâtir ou même jusqu'à chaque bâtiment; il suffit que les usagers ou les visiteurs puissent accéder avec un véhicule à moteur (ou un moyen de transport public) à une proximité suffisante et qu'ils puissent ensuite accéder aux bâtiments ou installations par un chemin (ATF 136 III 130 consid. 3.3.2 p. 135 s.; arrêt 5A_136/2009 du 19 novembre 2009 in SJ 2010 I 321 consid. 4.3.2). Le fait que l'accès par ce chemin piétonnier ait été jugé satisfaisant pendant de très nombreuses années par les précédents occupants du chalet constitue, comme le relève la cour cantonale, un indice supplémentaire de sa praticabilité. De plus, la recourante n'a pas démontré que l'implantation actuelle de la route d'accès carrossable était la seule envisageable. Sur ce point, elle se contente d'affirmer de manière purement appellatoire qu'il a été établi qu'aucune autre modalité d'accès n'était possible. Dans ces conditions, l'instance précédente pouvait sans violer le droit fédéral considérer que les conditions du défrichement n'étaient pas données. Contrairement à ce que pense la recourante, le fait qu'aucun arbre n'ait été abattu n'est pas décisif dans la mesure où, comme constaté par l'instance précédente, l'aménagement de cette route a nécessité l'apport d'une quantité importante de matériaux étrangers à la forêt sur une surface relativement importante, entraînant ainsi un changement durable de l'affectation du sol forestier, constitutif d'un défrichement prohibé. La recourante ne saurait pas non plus se prévaloir du fait que cette voie d'accès serait située en lisière de forêt puisque l'intérêt à la conservation de la forêt est reconnu de plein droit pour toutes les surfaces forestières, quels que soient l'état, la valeur ou la fonction du peuplement considéré, y compris pour des secteurs dégradés ou de faible étendue (ATF 117 Ib 325 consid. 2 p. 327; 113 Ib 411 consid. 2a p. 412/413). Le recours doit dès lors être rejeté sur ce point.