Citation: 1C_638/2020 E. 3.4.2

3.4.2. La cour cantonale a ensuite exposé que le changement d'affectation d'un ouvrage, même lorsqu'il ne nécessite pas de travaux de construction, pouvait, dans certaines situations, être soumis à l'octroi d'un permis de construire. En l'occurrence, elle a jugé que la place aménagée (goudronnée ou pavée) aux abords de la maison des intimés, qui s'étendait jusqu'à la route desservant la parcelle n° 423, était manifestement destinée à la circulation et au stationnement de véhicules tout en précisant que la décision en constatation ne portait pas sur l'utilisation de l'ancienne bande herbeuse désormais pavée, puisqu'elle était soumise à un régime différent de celui de la place goudronnée préexistante; dès lors, y garer un camping-car plutôt qu'une automobile ou un deux-roues n'était à l'évidence pas un changement d'affectation. Cette appréciation n'apparaît pas critiquable. S'agissant en particulier de l'affaire ayant fait l'objet de l'arrêt 1C_393/2009 du 4 janvier 2010 sur lequel se fonde la recourante, elle diffère fondamentalement du cas d'espèce. En effet, le Tribunal cantonal de Lucerne avait alors considéré, sans que cela soit contesté devant la Cour de céans, que le marquage au sol de la place de stationnement constituait un changement d'affectation, car il avait été effectué sur une zone qui ne pouvait pas être utilisée pour le stationnement de véhicules, au contraire de la présente affaire. Qui plus est, quand bien même on devrait admettre un changement d'affectation en l'espèce, la recourante ne démontre pas que le stationnement d'un camping-car en lieu et place d'un véhicule engendrerait une augmentation significative des immissions. A cet égard, la recourante se contente sommairement de prétendre que le stationnement du camping-car litigieux, qui serait un objet imposant, aurait pour conséquence " une augmentation des immissions de la parcelle n° 423 " sur sa parcelle, " notamment quant à la vue ", ce qui est largement insuffisant en termes de motivation d'un recours au Tribunal fédéral (cf. supra consid. 3.3).