Citation: I 418/01 29.10.2001 E. 3

3.- a) En vertu de l'art. 21 al. 1 LAI, 1ère phrase, l'assuré a droit, d'après une liste que dressera le Conseil fédéral, aux moyens auxiliaires dont il a besoin pour exercer une activité lucrative ou accomplir ses travaux habituels, pour étudier ou apprendre un métier ou à des fins d'accoutumance fonctionnelle. L'article 21bis al. 2 LAI prévoit que l'assurance peut allouer des contributions à l'assuré qui a recours, en lieu et place d'un moyen auxiliaire, aux services de tiers. Selon la jurisprudence constante, il faut entendre par moyen auxiliaire de l'assurance-invalidité un objet permettant de suppléer aux défaillances de certaines parties du corps humain ou de leurs fonctions (ATF 115 V 194 consid. 2c, 112 V 15, consid. 1b). Par ailleurs, étant donné que les contributions versées pour les services de tiers au sens de l'art. 21bis al. 2 LAI ne représentent qu'une prestation qui remplace un moyen auxiliaire déterminé - à la remise duquel l'assuré peut en principe prétendre, mais qu'il n'est pas en mesure d'utiliser lui-même pour des motifs qui tiennent à sa personne - lesdits services de tiers ne sauraient avoir, eux aussi, qu'un caractère auxiliaire. Ces services sont donc destinés uniquement à suppléer, en lieu et place du moyen auxiliaire considéré, aux "défaillances de certaines parties du corps humain ou de leurs fonctions"; ils ne doivent pas viser, de par leur nature, des buts qui excèdent ceux du moyen auxiliaire auxquels ils se substituent (ATF 112 V 15 consid. 1b, RCC 1986 357 consid. 1b, 670 consid. 3b). b) Aux termes de l'art. 9 al. 1 let. c OMAI, l'assuré a droit au remboursement des frais liés à l'invalidité, qui sont dûment établis et causés par les services spéciaux de tiers dont il a besoin, en lieu et place d'un moyen auxiliaire, pour acquérir des aptitudes particulières qui permettent de maintenir des contacts avec l'entourage. c) En l'espèce, les cours de lecture n'ont pas le caractère d'un moyen auxiliaire au sens défini par la jurisprudence, de sorte qu'ils ne sauraient être pris en charge à ce titre par l'assurance-invalidité. d) En revanche, les coûts des cours de lecture labiale doivent être considérés comme des frais occasionnés par les services d'un tiers au sens de l'art. 9 OMAI. En effet, selon ses déclarations, la recourante ne porte pas d'appareils acoustiques en raison de sa profonde surdité. Or, les cours de lecture labiale ont pour but de faciliter les possibilités de communication de la recourante avec son entourage et permettent de remplacer, dans une certaine mesure, les appareils acoustiques mentionnés en tant que moyen auxiliaire au ch. 5.07 de l'annexe à l'OMAI. La pratique administrative admet du reste l'enseignement de la lecture labiale et de la langue des sourds à titre de prestation de service fournie par un tiers au sens de l'art. 9 OMAI (ch. 1039 de la circulaire de l'OFAS concernant la remise des moyens auxiliaires par l'assurance-invalidité [CMAI]). A cet égard, on peut, avec la recourante, relever que le ch. 1039 CMAI ne mentionne le cas des "sourds tardifs" qu'à titre d'exemple, ce qui indique que d'autres situations sont envisageables et peuvent être prises en charge par l'assurance-invalidité. On ne saurait donc en déduire, comme l'a fait la juridiction cantonale par un raisonnement a contrario, une règle générale selon laquelle les frais mentionnés ne sont jamais remboursés en cas de surdité congénitale. Par conséquent, les frais du cours de lecture labiale doivent en principe être pris en charge par l'assurance-invalidité en qualité de services de tiers qui sont nécessaires en lieu et place d'un moyen auxiliaire.