Citation: 6B_939/2020 E. 3.2.1

3.2.1. L'autorité précédente a exposé que la recourante était arrivée en Suisse vers l'âge de dix ou onze ans, mais qu'elle ne pouvait se prévaloir d'aucune intégration professionnelle ou économique en Suisse, si ténue fût-elle. En effet, près de 80 actes de défaut de biens avaient été délivrés contre la recourante, laquelle n'avait plus travaillé depuis le mois d'août 2006 et émargeait de façon récurrente à l'aide sociale. Elle n'apparaissait pas avoir accompli d'effort un tant soit peu significatif pour retrouver un emploi, alors que rien ne l'en empêchait, en particulier, son fils de bientôt 14 ans n'exigeant plus une surveillance personnelle étroite. Par ailleurs, la recourante était en mesure de se faire comprendre en langue bosniaque même si son vocabulaire était rudimentaire. Elle se rendait régulièrement en Bosnie et Herzégovine, où elle disposait d'un réseau familial. La cour cantonale a conclu que ses possibilités de réintégration dans son pays d'origine n'étaient pas moindres que son intégration actuelle en Suisse. Enfin, la présence, en Suisse, de son fils ne constituait pas davantage un motif qui justifierait un cas de rigueur car il sera à même de garder des contacts, en plus de ceux qu'il pourra maintenir au moyen des outils de télécommunications modernes, soit avec son père s'il part en Bosnie et Herzégovine, soit avec sa mère s'il reste en Suisse. Âgé de 15 ans au moment où la mesure d'expulsion pourra être exécutée, il pourra ainsi voyager entre la Suisse et la Bosnie et Herzégovine, sans devoir être accompagné de sa mère. En ce qui concerne l'intérêt public à son expulsion, la cour cantonale a constaté que l'escroquerie à l'aide sociale commise par la recourante, d'une particulière gravité et perpétrée sur une longue durée avec une singulière rouerie, avait lourdement lésé les intérêts publics. Par ailleurs, ses lourds antécédents pénaux trahissaient le mépris qu'elle portait à la légalité. Le risque de récidive en matière d'infractions patrimoniales était effectif. L'intérêt public à son expulsion était donc marqué. L'autorité précédente a ainsi estimé que l'intérêt public à l'éloignement de la recourante l'emportait sur l'intérêt privé de celle-ci à demeurer en Suisse.