Citation: 5A_366/2024 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, il ressort de l'arrêt querellé que la Cour de justice a estimé qu'au vu des circonstances financières exceptionnellement favorables, l'application de la méthode du train de vie effectif se justifiait dans le cas présent et qu'il incombait ainsi à l'époux de démontrer ses dépenses. Or, dans la mesure où celui-ci ne l'avait pas fait, ses dépenses n'étant au demeurant même pas alléguées, il n'y avait pas lieu de lui allouer une contribution d'entretien (cf. supra consid. 3.2). Il ressort de ce qui précède, que l'autorité cantonale n'a précisément pas pu appliquer la méthode choisie, faute d'allégations de la part du recourant. Le fait que la Cour de justice ait au préalable statué sur un grief soulevé par l'époux relatif aux charges de l'épouse et réduit celles-ci à 13'251 fr., ne change pas ce qui précède, dans la mesure où elle a expressément exposé que cette modification était sans incidence sur l'issue du litige. Le fait qu'elle ait traité la critique de l'époux en lien avec la charge de loyer du recourant n'est en soi pas contraire à la jurisprudence, dès lors que même en cas d'application de la méthode du train de vie effectif, le juge peut revoir une dépense qui serait insolite ou exorbitante (cf. supra consid 5.2). Il n'y a donc pas eu de mélange de méthodes. En tant que le recourant semble soutenir que l'application de la méthode du minimum vital élargi avec répartition de l'excédent se justifierait, dès lors que l'entier des revenus des parties était dépensé durant la vie commune, sa critique, autant que recevable, serait infondée. Il ressort en effet des faits constatés par la Cour de justice, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), que l'intimée a, du temps de la vie commune, régulièrement procédé à des rachats de 3ème pilier (150'000 fr. en 2017, 110'000 fr. en 2018, 80'000 fr. en 2019 et 200'000 fr. en 2020). Le recourant précise d'ailleurs lui-même dans son recours que le montant des revenus mensuels moyens (2018-2020) de l'intimée s'entend "après rachats de prévoyance" (cf. supra consid. 5.1). Il découle de ce qui précède qu'une part du revenu de l'intimée n'a pas été consacrée à l'entretien de la famille, mais a servi à la constitution de son patrimoine. Il s'ensuit que le recourant échoue à démontrer que l'autorité cantonale aurait manifestement abusé de son pouvoir d'appréciation en excluant in casu la méthode du minimum vital élargi avec répartition de l'excédent, étant au demeurant relevé qu'il ne remet pas en cause le caractère exceptionnellement favorable de la situation financière des parties retenu par la Cour de justice.