Citation: 1P.24/2005 31.03.2005 E. 2

La recourante dénonce une appréciation arbitraire des preuves (art. 9 Cst.) et une violation de son droit d'être entendue (art. 29 al. 2 Cst.), soit du droit d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves. 2.1 La jurisprudence reconnaît au juge un important pouvoir d'appréciation dans la constatation des faits et leur appréciation, qui trouve sa limite dans l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a; 124 IV 86 consid. 2a; 120 Ia 31 consid. 2a p. 38). Le Tribunal fédéral n'intervient en conséquence pour violation de l'art. 9 Cst. que si le juge a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il admet ou nie un fait pertinent en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et éléments du dossier, lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte, lorsque les constatations de fait sont manifestement fausses ou encore lorsque l'appréciation des preuves se révèle insoutenable ou qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 58, 173 consid. 3.1; 128 I 81 consid. 2; 124 IV 86 consid. 2a). Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment celui de faire administrer les moyens de preuves pour autant que celles-ci soient requises dans les formes prévues par le droit cantonal et qu'elles apparaissent utiles à l'établissement des faits pertinents (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504; 127 III 576 consid. 2c; 127 V 431 consid. 3a; 126 I 15 consid. 2a/aa et les arrêts cités). L'autorité de décision peut donc se livrer à une appréciation anticipée de la pertinence du fait à prouver et de l'utilité du moyen de preuve offert et, sur cette base, refuser de l'administrer. Ce refus ne viole le droit d'être entendu du recourant que si l'appréciation à laquelle l'autorité a ainsi procédé apparaît entachée d'arbitraire (cf. ATF 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 274 consid. 5b p. 285). 2.2 En substance, la recourante estime que les autorités cantonales sont tombées dans l'arbitraire en prononçant un non-lieu en dépit d'indices probants et sans administrer de preuves supplémentaires. A ses dires, elle aurait subi violences, menaces et contraintes tout au long de la vie commune. Pour l'essentiel, la recourante étaye ses allégués par le certificat médical du 22 juin 2004. Posant un diagnostic de "violence domestique (avec violence physique, sexuelle et psychique)" et d'"état anxio-dépressif réactionnel", ce document constituerait un indice sérieux non seulement des violences de diverses natures exercées par l'intimé à son encontre, mais encore du sentiment d'insécurité ainsi suscité chez elle, qui l'aurait empêchée, par peur de représailles, de porter plainte avant la rupture. Plus précisément, la recourante dénonce d'abord l'illicéité de l'atteinte à son intégrité corporelle subie en juin 2002, en avançant une version des faits qui interdirait de reconnaître à l'intéressé un état de légitime défense. S'agissant ensuite de la reconnaissance de dette, ce document serait sans fondement et aurait été signé sous la contrainte. La cause y figurant, soit un vol de 22'500 fr., ne serait pas crédible, puisqu'il serait invraisemblable que l'intimé ait pu laisser quiconque prélever de sa caisse 1'300 fr. par mois sans chercher sérieusement à identifier l'auteur de ces soustractions. La recourante précise encore que les deux mensualités de 1'000 fr. versées auraient eu pour unique but de rembourser l'argent qu'elle avait prélevé dans la caisse du magasin pour subvenir aux frais du ménage. C'est lorsque l'intimé aurait réclamé le versements des mensualités suivantes qu'elle se serait finalement résolue à porter plainte. Quant aux SMS d'amour expédiés et au silence adopté du 1er juillet 2002 (date où sa fracture du nez l'avait amenée à consulter un médecin) au 30 octobre 2003, ils résulteraient typiquement de sa situation de victime de violences domestiques. En ce qui concerne les trois auditions auxquelles le Tribunal d'accusation aurait arbitrairement refusé de procéder, la recourante relève que le premier témoin était apte à s'exprimer sur l'influence exercée sur elle par l'intéressé et la transformation qu'elle avait subie depuis le début de leur relation, le deuxième était susceptible d'exposer le climat dans lequel elle avait vécu et les violences qui lui avaient été infligées, tandis que le troisième avait assisté à une altercation entre les parties et pouvait ainsi attester l'attitude de l'intimé à l'égard de la recourante.