Citation: 5D_17/2020 E. 2.2

2.2. Dans sa nouvelle décision, après en avoir rappelé les règles et caractéristiques essentielles, l'autorité précédente a retenu que la procédure simplifiée s'appliquait devant le premier juge compte tenu de la valeur litigieuse inférieure à 30'000 fr., le dividende présumé afférent au montant contesté étant nul selon l'administration de la faillite. Elle a également relevé que la maxime des débats était applicable, le litige ne portant pas sur les matières visées par l'art. 247 al. 2 CPC. Il incombait donc à la recourante, quand bien même la procédure simplifiée connaissait des allégements formels, d'alléguer les faits sur lesquels elle fondait ses prétentions, oralement ou par écrit, et de produire les preuves s'y rapportant (art. 55 al. 1 CPC). La recourante ne remettait pas en cause le fait que sa requête présentait des carences à cet égard, ce point ne faisant d'ailleurs pas l'objet du renvoi du Tribunal fédéral. Comme elle le soutenait à juste titre, il était vrai que le justiciable est dispensé de présenter dans la demande simplifiée des allégations de fait assorties d'offres de preuves. En effet, le cas échéant, il peut (et doit) le faire ultérieurement, c'est-à-dire oralement à l'audience. In casu, la recourante ne prétendait cependant pas avoir remédié aux carences de sa requête oralement lors de l'audience. Ce point ne faisait d'ailleurs pas non plus l'objet du renvoi du Tribunal fédéral. Elle soutenait uniquement - et il s'agissait du seul point sur lequel la cause était renvoyée - qu'il incombait au premier juge de la rendre attentive aux carences de sa requête afin qu'elle y remédiât, ce qu'il n'avait pas fait. Or, en raison du fait qu'elle était assistée d'un avocat, ce qui n'était pas non plus remis en cause, le devoir d'interpellation accru du Tribunal prévu par l'art. 247 al. 1 CPC (maxime des débats atténuée) n'avait qu'une portée restreinte vis-à-vis de la recourante. C'était ainsi à juste titre que le premier juge avait implicitement considéré que l'avocat de la recourante avait les connaissances nécessaires pour conduire le procès et faire des allégations et offres de preuve complètes (dans sa demande simplifiée ou oralement à l'audience) et que les lacunes dans ses allégations et offres de preuve consistaient donc dans des négligences procédurales. C'était en outre avec raison que le Tribunal en avait tiré comme conséquence qu'il ne lui incombait pas de réparer lesdites négligences en interpellant la recourante et qu'il avait rejeté la demande, faute d'allégation des faits à l'appui de sa prétention et de preuves permettant d'établir ces faits. Sur ce dernier point, il était vrai que la recourante avait offert des témoignages et une expertise dont l'administration, respectivement la mise en oeuvre, avait été refusée par le premier juge. Comme relevé précédemment, la recourante ne remettait cependant pas en cause le caractère lacunaire que présentaient ses allégations selon le premier juge, ni le défaut en découlant de faits précisément allégués et désignés comme l'objet des moyens de preuve offerts. Ce point ne faisait d'ailleurs pas l'objet du renvoi du Tribunal fédéral. La recourante soutenait uniquement qu'il incombait au premier juge de la rendre attentive à ce défaut afin qu'elle y remédie. Or, tel n'était pas le devoir du Tribunal, car la recourante était assistée d'un avocat. En définitive, le premier juge était également fondé à retenir, dans le cadre de son appréciation anticipée des preuves, que la procédure probatoire n'étant pas destinée à compléter des allégués lacunaires - principe que ne remettait pas en cause la recourante -, il convenait de refuser d'administrer les preuves offertes sur des faits non allégués avec suffisamment de précision.