Citation: 4A_23/2007 08.05.2007 E. A

A.a Par contrat de travail daté des 19 mai et 5 juin 1995, Y.________ a été engagé dès le 1er juin 1995 en qualité de directeur par X.________ SA (ci-après: X.________), société qui est affiliée à A.________ SA. L'art. 3 du contrat prévoyait, sous la rubrique "Salaire", une rémunération annuelle de 167'308 fr., payable en 13 mensualités, ainsi qu'un bonus basé sur la performance, arrêté à 75'000 fr. pour l'année 1995, pro rata temporis, "dans le cas où les objectifs (étaient) atteints"; il stipulait également que les "objectifs importants" seraient fixés au début de chaque année. X.________ annonçait en cours d'année à ses employés le bonus potentiel qu'ils étaient susceptibles de percevoir l'année en question; les bonus véritablement payés étaient fixés par X.________ au début de l'année suivante. A.b Il a été retenu ce qui suit à propos des bonus versés au travailleur par X.________ entre 1995 et 1998. En 1995, le bonus potentiel de Y.________ était de 75'000 fr. Son bonus définitif dépendait du cash-flow et du chiffre d'affaires de X.________, ainsi que de l'accomplissement de divers objectifs qualitatifs. Le directeur a largement atteint ses objectifs quant au chiffre d'affaires et aux "Qualitative Goals", mais n'a obtenu que le 46 % du cash-flow attendu. Il a encaissé toutefois un bonus définitif de 75'000 fr. L'année précitée, le chiffre d'affaires net de X.________ était de 53'536'000 fr. Pour 1996, le bonus potentiel du directeur était de 80'000 fr. Le bonus définitif était fonction du cash-flow et du chiffre d'affaires de l'employeur, comme d'objectifs qualitatifs. L'objectif a été atteint à 50% pour le cash-flow, à 90% pour le chiffre d'affaires et à 100% pour ce qui relevait de la qualité. X.________ a tout de même versé au directeur un bonus définitif de 80'000 fr, plus encore 10'000 fr. à titre "spécial". Le chiffre d'affaires net 1996 de X.________ s'est inscrit à 49'647'000 fr., en baisse par rapport à l'exercice précédent. En 1997, le bonus potentiel était de 90'000 fr. Cette année-là, le chiffre d'affaires net de X.________ s'est monté à 48'543'000 fr., c'est-à-dire qu'il a de nouveau diminué par rapport à l'année écoulée, à l'instar du résultat d'exploitation. Cela n'a pas empêché Y.________ de toucher un bonus de 80'000 fr. En 1998, le bonus potentiel était aussi de 90'000 fr. S'il dépendait toujours d'objectifs sur le plan qualitatif, il n'en allait plus de même en ce qui concernait le cash-flow et le chiffre d'affaires réalisés par l'employeur, puisque l'obtention des mêmes résultats que l'année précédente était désormais suffisante. Le travailleur a reçu l'année en cause un bonus définitif équivalant au bonus potentiel, soit 90'000 fr. Le chiffre d'affaires net de la société a atteint en 1998 le montant de 52'231'000 fr. Le 15 décembre 1998, X.________ a annoncé au directeur Y.________ que le bonus potentiel pour l'année 1999 était de 90'000 fr. A.c Pour l'année 1999, X.________ n'a fixé audit directeur aucun objectif à atteindre. En raison du déménagement de l'entreprise l'année en question, les résultats financiers de X.________ ont été inférieurs à ceux de l'année précédente, le chiffre d'affaires 1999 ayant néanmoins représenté plus de 90% du chiffre d'affaires de 1998. Le 15 août 1999, Y.________ a résilié son contrat pour le 29 février 2000. A partir du 1er octobre 1999, le directeur a occupé au sein de X.________ une nouvelle fonction ne comprenant plus aucune responsabilité budgétaire; il a ainsi pris en charge la création d'un bureau technique pour A.________ SA. Par lettres des 13 janvier, 23 mars et 10 avril 2000, le directeur a rappelé à son ex-employeur que les bonus 1999 et 2000 lui étaient encore dus. Dans un courrier du 17 mai 2000, X.________ a indiqué au travailleur que, pour les neufs premiers mois de 1999, le bonus de ce dernier se montait à 6'750 fr., étant donné les "mauvaises performances enregistrées". Ladite société a encore payé au cadre à titre de bonus, en rapport avec les nouvelles fonctions qu'il a occupées en fin de contrat, 13'500 fr. pour le dernier trimestre 1999 et 9'000 fr. pour les deux premiers mois de l'année 2000. X.________ a donc versé à son ancien directeur un total de bonus se montant à 29'250 fr. pour les années 1999 et 2000.