Citation: 1B_178/2019 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, le Tribunal cantonal a considéré que la campagne de presse dénoncée par le recourant, si tant est qu'elle en soit une, ne saurait être qualifiée de particulièrement violente, vu qu'il s'agit uniquement du journal télévisé de 19h30 de la RTS du 21 janvier 2019 et de l'unique article du Nouvelliste du 22 janvier 2019. Il a ajouté que la campagne de presse ne saurait être qualifiée d'unilatérale, dès lors que les faits admis par le recourant, dont le nom n'est pas cité, et ceux qu'il conteste, sont clairement spécifiés dans chacun des sujets traités, dans le respect de la présomption d'innocence. Il en a déduit que, faute de tout indice laissant à penser que l'opinion de la juridiction saisie pourrait avoir été déformée, il n'y avait pas lieu de mettre en doute l'indépendance des juges et du greffier professionnels intimés. L'instance précédente a enfin relevé qu'on était très loin de la campagne de presse ayant entouré l'affaire François Légeret, pour laquelle le Tribunal fédéral n'avait vu aucun motif de récuser les magistrats - la plupart laïcs - appelés à siéger en première instance, quand bien même elle avait été largement couverte par la presse (arrêt 1B_65/2008 du 15 avril 2008 consid. 2.4). Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique et le recourant ne développe aucune argumentation propre à le remettre en cause. En effet, le recourant se contente d'affirmer qu'il a fait l'objet d'une campagne de presse particulièrement violente et entièrement à sa charge. Il fait valoir que les faits reprochés ont été présentés comme établis sans mentionner la présomption d'innocence et que l'imparfait de l'indicatif - et non le conditionnel - a été utilisé dans l'article du Nouvelliste. Il prétend que vu la manière dont les faits ont été relayés dans les articles et reportages, les "dénégations du prévenu donnent plutôt l'impression, aux yeux de l'opinion publique dont font partie les Juges du Tribunal d'arrondissement qu'il n'assume pas ses actes". Il soutient que le principe de l'égalité des armes entre le prévenu et les plaignantes aurait été violé et que la parole aurait dû être véritablement donnée à lui ou à son mandataire. Il se borne enfin à affirmer que "l'avis des Juges qui devront trancher l'affaire n'a que pu être influencé par le tapage médiatique créé dans cette affaire".