Citation: 6B_378/2023 E. B

Par jugement du 15 décembre 2022, la Cour pénale du Tribunal cantonal neuchâtelois a admis l'appel du ministère public, partiellement admis les appels des parties plaignantes et rejeté l'appel de A.________. Elle a réformé le jugement entrepris en ce sens que A.________ était également reconnue coupable d'incendie intentionnel aggravé, de meurtre, de lésions corporelles simples, et condamnée à une peine privative de liberté de 9 ans. Elle a ordonné son expulsion obligatoire du territoire suisse pour une durée de dix ans et son signalement dans le système d'information Schengen. Elle l'a encore condamnée au paiement d'indemnités en faveur des parties plaignantes ainsi qu'aux frais de la procédure. En substance, la décision cantonale repose sur les faits suivants. B.a. A.________, domiciliée à S.________, route T.________, rencontrait des difficultés liées à son comportement avec son bailleur, C.B.________, lequel habitait le même immeuble avec son épouse et leurs deux enfants. Le 4 décembre 2020, A.________ a été informée par son curateur qu'elle devait quitter sa chambre 4 jours plus tard à la suite d'un accord passé avec le bailleur, ce qui l'a fâchée à tel point qu'elle a déclaré vouloir porter plainte contre son bailleur. Le même jour, A.________ a alerté les services de secours en prétendant vouloir se suicider. Emmenée aux urgences psychiatriques où elle accusait un taux d'alcool de 3,52 g/kg à 20h04, puis ramenée par la police à son domicile à 22h25, alors qu'elle se trouvait sous l'emprise de l'alcool entre 2,23 et 3,17 g/kg, A.________ a mis le feu au couloir commun du premier étage de l'immeuble, en un endroit situé entre l'escalier menant au second étage et la porte d'entrée de l'appartement de la famille B.________, où des vêtements, souliers et pièces de mobilier aisément combustibles étaient entreposés. L'incendie s'est rapidement propagé à l'entier de l'immeuble et à celui le jouxtant. Au moment du sinistre, une dizaine de personnes étaient présentes dans le bâtiment. Quatre personnes habitant l'immeuble ont dû être transférées à l'hôpital, dont H.D.________, qui était dans un état grave en raison d'une asphyxie par les fumées de l'incendie. Le prénommé est décédé le 8 décembre 2020. B.b. Entre les 3 juillet et 4 décembre 2020, A.________ a appelé sous divers prétextes, toujours infondés, les services de secours, et ce à au moins 368 reprises pour la centrale de U.________ du 144 et au moins 752 fois la centrale de V.________ d'urgence, ainsi qu'à réitérées reprises, mais au moins 16 fois, le service communal de la sécurité de V.________. B.c. Le 17 avril 2020 à W.________, A.________, sous l'emprise de l'alcool, a hurlé des propos incohérents en troublant ainsi la quiétude du voisinage et dérangeant les habitants de l'immeuble ainsi que les employés de la station-service située à proximité. Le 29 octobre 2020, à X.________, A.________ a vociféré en créant ainsi un scandale lors de l'intervention de la police et des ambulanciers qu'elle avait provoquée à la suite d'une fausse alerte, perturbant ainsi la quiétude du voisinage. B.d. A.________, née en 1973 à Y.________ (Fédération de Russie), réside en Suisse depuis le 1er septembre 1994. Elle est au bénéfice d'un permis C. A.________ n'est pas retournée en Russie depuis 2009, mais elle affirme avoir des contacts environ une fois par semaine par téléphone avec sa mère, mais plus avec ses frères. Elle n'a pas de famille en Suisse, mais un ami qu'elle connaît depuis 2006. A.________ a une formation d'infirmière mais ne travaille plus depuis 2004. Dans l'attente de recevoir une rente Al, elle s'est adressée aux services sociaux. A.________ fait l'objet d'une curatelle de représentation doublée d'une curatelle de gestion depuis le 12 février 2020. Elle a également fait l'objet d'un placement à des fins d'assistance à de nombreuses reprises depuis 2020. Il ressort d'un avis médical daté du 10 avril 2014 que A.________ consommait 1 à 2 litres de vodka ou 3 à 4 litres de vin rouge par jour, sa consommation s'étant intensifiée depuis 2010. B.e. A.________ a fait l'objet d'expertises psychiatriques, la dernière datée du 27 juillet 2022. Il en ressort que sa responsabilité pénale n'était pas diminuée, ni totalement ni partiellement. Par ailleurs, le risque de récidive était "élevé, et ceci de manière importante". L'expert a préconisé la mise en place d'une mesure thérapeutique de type résidentiel, au sens de l'art. 59 al. 3 CP. B.f. Les inscriptions suivantes résultent de l'extrait du casier judiciaire de A.________: - Par ordonnance du 27 juin 2018, A.________ a été reconnue coupable de fausse alerte commise le 9 mars 2018. Elle a été condamnée à une peine pécuniaire de 20 jours-amende à 30 francs. - Par ordonnance pénale du 14 octobre 2020, elle a été reconnue coupable d'une fausse alerte auprès des services de police, commise le 30 juin 2020, et d'une utilisation abusive d'une installation de communication pour avoir appelé 390 fois la centrale d'urgence entre le 8 avril et le 8 juillet 2020. Elle a été condamnée à une peine pécuniaire de 20 jours-amende à 30 fr., assortie d'un sursis avec délai d'épreuve de trois ans, et d'une amende de 300 francs.