Citation: 8C_499/2019 E. 5

Les premiers juges ont retenu que la recourante ne contestait pas avoir menti à son assistante sociale en n'annonçant pas le retour de son époux le 15 août 2017. En cela, elle n'avait objectivement pas respecté son devoir de collaboration. Examinant plus avant les capacités et la situation de la recourante, la cour cantonale a admis que celle-ci pouvait, de façon compréhensible, être perturbée par l'attitude de son mari qui avait disparu du jour au lendemain - alors qu'elle était sur le point d'accoucher - pendant deux ans avant de réapparaître de façon tout aussi subite. Sur recommandation de son assistante sociale, la recourante avait invité son époux à se rendre à un rendez-vous à l'Hospice général, et lui avait transmis un courrier allant dans ce sens, en vain. Par ailleurs, la recourante n'avait appris à lire, à écrire et le français qu'à son arrivée en Suisse en 2011, de sorte qu'elle ne disposait probablement pas encore de tous les outils de compréhension lui permettant de s'orienter et d'adopter un comportement adéquat dans la complexité du système administratif genevois. Les explications données par l'époux permettaient de comprendre que c'était par crainte de mettre sa famille dans la gêne et par fierté qu'il avait demandé à son épouse d'attendre qu'il ait un travail pour annoncer son retour à l'assistante sociale. Les pièces produites au cours de la procédure permettaient d'admettre que, pendant les mois d'août à décembre 2017, l'aide financière que l'Hospice général aurait dû verser aurait été plus importante que celle effectivement allouée si l'on avait tenu compte du mari. Cependant, la Chambre administrative a considéré, en procédant à une appréciation globale, qu'elle ne pouvait que confirmer la décision de restitution. En effet, l'attitude de la recourante par rapport à l'Hospice général, auquel elle avait menti à plusieurs reprises, y compris lors de l'opposition à la décision initiale, ne permettait pas de retenir qu'elle aurait été de bonne foi. Le fait que son époux admettait l'avoir incitée à agir ainsi, sans qu'il ait eu pour but d'abuser de l'aide sociale, ne permettait pas de modifier cette appréciation.