Citation: 4A_277/2022 E. 6.2

6.2. Invoquant l'art. 97 al. 1 LTF, la recourante se plaint tout d'abord d'une appréciation manifestement inexacte des faits. A son sens, les juges précédents ne pouvaient, sauf à verser dans l'arbitraire, nier un manquement de l'intimé dans la gestion des avoirs en se fondant sur les expertises des deux premiers notaires, qui ne prenaient pas en compte la plus grande partie des avoirs gérés, à savoir le produit de la vente de février 1983. Selon la recourante, seules les constatations du troisième expert, mandaté précisément en raison du caractère incomplet des deux premières expertises, étaient déterminantes. Or, il ressortirait de celles-ci que l'intimé était incapable de rendre compte de sa gestion entre 1983 et 1999, de sorte qu'une appréciation détaillée des actes de gestion (placements, ventes, etc.) par l'expert était impossible. En résumé, la cour cantonale ne pouvait, sans faire preuve d'arbitraire, se fonder sur ces trois expertises, dont deux n'avaient plus de valeur probante, pour juger de la gestion des avoirs par l'intimé. Dans un deuxième temps, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 400 CO ainsi que l'art. 8 CC en lien avec l'art. 2 CC. A son avis, les juges précédents ne pouvaient pas - sans examiner préalablement le comportement de l'intimé sous l'angle des obligations de rendre compte et de restitution au sens de l'art. 400 CO - exclure la responsabilité de l'intimé fondée sur l'art. 398 CO en considérant, en application de l'art. 8 CC, que la recourante n'avait pas prouvé le lien de causalité entre une mauvaise gestion de la part du mandataire et la perte de valeur des actifs confiés, entre 1983 et 1999. En effet, comme l'intimé était le seul à pouvoir documenter le sort desdits actifs pendant cette période, la recourante se serait trouvée dans un état de nécessité quant à la preuve, de sorte que la cour cantonale aurait dû imposer à l'intimé, conformément au principe de la bonne foi, de collaborer activement à l'établissement des faits. Or, l'autorité précédente aurait dû constater, sur la base de la troisième expertise, que l'intimé n'avait pas conservé les documents permettant de retracer le sort des actifs entre 1983 et 1999 et qu'il avait mélangé ces actifs avec les siens et ceux de tiers. En droit, les juges vaudois n'auraient alors pu que conclure que l'intimé avait violé son obligation de rendre compte et qu'il était dans l'incapacité d'établir l'exécution de son obligation de restitution en 1999, ce qui suffirait pour qu'il doive réparer le dommage de 310'286 fr. correspondant à la différence entre le montant des biens confiés et le capital restitué en 1999.