Citation: 1P.85/2004 06.07.2004 E. 2

Le recourant admet que l'intimée est venue chez lui le 16 novembre 2000 et qu'il lui a ordonné de se rendre à la grange pour y faire de l'ordre. Pour le surplus, il conteste entièrement l'avoir suivie dans cet endroit et s'être comporté selon les constatations du Tribunal correctionnel. Il soutient que lesdites constatations sont incompatibles avec les circonstances qui ressortent du jugement: Au moment des faits, il était âgé de plus de septante-huit ans et ses vêtements ne favorisaient pas des mouvements amples et rapides. L'accès au lieu où il a prétendument agi, à l'intérieur de la grange, nécessitait de monter une échelle et, depuis celle-ci, de passer sous une poutre par un espace haut de moins de 80 cm. A son avis, les juges auraient dû tenir pour invraisemblable qu'il ait pu, selon les dires de la victime, accomplir cet exercice et s'approcher sans être entendu par elle. Ils auraient aussi dû juger invraisemblable que le recourant, compte tenu de son âge et de la température ambiante au mois de novembre, ait pu avoir une érection dans un local non chauffé. L'Institut universitaire de médecine légale s'est chargé de l'analyse des habits de la victime, sur lesquels on n'a trouvé aucune trace propre à confirmer les actes imputés au recourant. Celui-ci affirme que s'il avait agi avec le sexe en érection, de la manière constatée par le Tribunal correctionnel, il aurait laissé d'infimes particules de peau ou de sécrétions corporelles. Il fait aussi valoir que l'intimée n'a pas parlé spontanément du sexe en érection; elle a seulement répondu à une question des enquêteurs, que ceux-ci ont dû accompagner d'une explication. Selon le jugement, la victime s'est libérée en donnant au recourant, alors qu'il se trouvait à genoux au dessus d'elle, un coup de pied dans les parties génitales, coup qui a provoqué une chute en arrière. Or, l'examen médical effectué le lendemain, pour les besoins de l'enquête, n'a mis en évidence aucune trace de coup récent au niveau de la verge ou de la région scrotale. Le recourant reproche au Tribunal correctionnel de n'avoir pas apprécié objectivement cette preuve; il affirme que le coup prétendument reçu devait nécessairement laisser un hématome ou une lésion de la peau. Le Tribunal correctionnel retient qu'au cours de sa fuite, après être descendue, la victime a fait tomber l'échelle pour empêcher le recourant de la poursuivre. Selon ce plaideur, "on imagine mal qu'une jeune fille de douze ans, confrontée à une tentative de viol, donc traumatisée, ait la présence d'esprit et la force de retirer l'échelle"; il tient cet épisode pour "manifestement digne d'un roman policier". Selon le récit de la victime, le recourant l'a lâchée alors qu'ils se trouvaient au sol, interrompant les attouchements auxquels il se livrait; il s'est levé et a disparu de sa vue, en bloquant toutefois, par sa présence, l'accès à l'échelle; il est réapparu entièrement nu, avec le sexe en érection; il s'est livré à de nouveaux attouchements et c'est alors seulement qu'elle a pu lui donner un coup et prendre la fuite. Pendant qu'il se déshabillait, elle a appelé au secours depuis une fenêtre. Or, le Tribunal correctionnel n'a pas retenu ces épisodes-ci. Il a jugé que l'agression s'était déroulée très rapidement et que le recourant, dans sa tenue comprenant notamment un gilet, une salopette et des chaussures lacées, ne s'était à aucun moment dévêtu complètement; en particulier, le tribunal jugeait invraisemblable qu'il ait exécuté cette opération tandis que la victime se précipitait à la fenêtre et appelait au secours. Le recourant avait toutefois sorti son sexe, puisque la victime l'a vu en érection. A l'appui du recours de droit public, le recourant fait grief aux précédents juges de n'avoir pas tenu les accusations de la victime pour douteuses dans leur ensemble, compte tenu que leur fausseté était ainsi constatée sur certains points.