Citation: 7B_13/2023 E. 3.3

3.3. Pour retenir la qualification de l'art. 140 ch. 3 al. 3 CP, la cour cantonale a notamment retenu l'implication de plusieurs auteurs, la préparation minutieuse du brigandage, la manière de procéder et l'importance du butin, d'une valeur de 20 à 25 millions de francs. A cet égard, elle a en substance relevé que l'opération avait nécessité la coopération d'au minimum huit personnes et que les brigands étaient cagoulés et lourdement armés. Elle a ajouté en substance que ceux-ci avaient volé plusieurs véhicules afin de commettre leur brigandage, avaient remplacé, pour l'un d'eux, des plaques d'immatriculation et avaient confectionné différents objets, notamment un harpon soudé à une camionnette, ainsi que des clés correspondant à certains des véhicules utilitaires, qui avaient été encodées au moyen d'un programmateur ODB. Par ailleurs, elle a retenu que les auteurs avaient effectué des repérages et bénéficié d'une base de repli. Concernant la manière de procéder, l'autorité cantonale a en particulier relevé que les brigands avaient immobilisé le convoi en le percutant à l'aide de leurs véhicules et contraint l'un des chauffeur à sortir, puis avaient apposé le canon d'une arme sur la nuque de ce dernier, en le faisant s'agenouiller près d'un bidon d'essence afin de faire pression sur les autres victimes. Selon la cour cantonale, ils avaient également dérobé le pistolet chargé de l'une d'elle et frappé celle-ci avec la crosse de cette arme, provoquant un saignement et la nécessité de points de suture. Ensuite, l'autorité cantonale a indiqué que les auteurs avaient meulé les portes arrières du fourgon et éventré celui-ci avec le harpon confectionné, avant de prendre la fuite avec le butin en mettant le feu à tous les véhicules présents, occasionnant un incendie important et causant des dégâts considérables à la chaussée et aux immeubles avoisinants. Elle a en particulier relevé l'audace des brigands et la violence, ainsi que l'impact traumatisant, de leur procédé (jugement querellé, pp. 25-28). La cour cantonale a par ailleurs retenu que les auteurs avaient utilisé des armes chargées. De plus, elle a relevé qu'il y avait certes lieu d'admettre que ces derniers avaient idéalement prévu de ne blesser personne, les déclarations des victimes allant dans ce sens, dès lors qu'elles ont déclaré que les auteurs les avaient déplacées en raison de la chaleur de flammes et qu'un des braqueurs avait demandé à ses comparses pourquoi ils avaient mis un coup derrière la tête à l'un des convoyeurs. Cependant, elle a considéré que l'ensemble des éléments décrits ci-dessus suffisait amplement à retenir la qualification de l'art. 140 ch. 3 al. 3 CP, en précisant en outre que la brutalité extrême n'était pas indispensable pour retenir celle-ci (jugement querellé, pp. 28-29).