Citation: 1C_125/2014 E. 4.3

4.3. Les recourants considèrent que la seule lecture possible de l'art. 72 RC consiste à mesurer l'altitude moyenne du terrain naturel au droit de la façade la plus en aval de toutes les façades d'un bâtiment. Cela s'imposerait sans ambiguïté compte tenu de la lettre de la loi. Quoi qu'en disent les recourants, le sens de l'art. 72 RC n'est pas clair. Il prescrit de mesurer la hauteur à la corniche sur la plus haute façade et de la calculer sur la façade avale par rapport au terrain naturel, ce qui est en soi confus. Par ailleurs, tant la notion d'"altitude moyenne du terrain naturel" que celle de "façade avale" sont des notions sujettes à interprétation. L'interprétation des autorités communale et cantonale, selon laquelle la façade avale est celle des deux façades à corniche qui est située la plus en aval, se défend. Si cette lecture du règlement n'est pas la seule envisageable, elle n'en est pas pour autant inadmissible. Les recourants qui, en réalité, ne font qu'opposer leur propre interprétation du règlement à celle des autorités communale et cantonale, affirment s'appuyer sur la définition du terme "corniche" dans ce règlement. Or, dite définition ("niveau supérieur du chéneau"), ne donne aucune indication sur la façade déterminante pour la mesure de la corniche et ne permet pas d'affirmer qu'il s'agit plus d'une "référence altimétrique" que d'un "objet physique". Il apparaît au contraire raisonnable, s'agissant de la mesure d'une hauteur de corniche, de la prendre en un endroit où se trouve effectivement une corniche. Les corniches sont certes également visibles sur les façades pignon. Cela ne signifie toutefois pas qu'une interprétation de la règle de mesure des hauteurs de corniches se référant aux seules façades à corniche doive être exclue. Contrairement à l'opinion des recourants, le fait que la règle soit destinée à limiter la volumétrie du bâtiment ne rend pas arbitraire une interprétation qui n'aboutirait pas au plus petit volume de bâtiment possible: la mesure dans laquelle le législateur communal entendait limiter dit volume n'est en effet pas définie. L'interprétation choisie par la commune va également dans ce sens - bien que dans une mesure moindre - puisqu'elle se réfère à la façade la plus en aval des deux façades à corniche. Cela étant, le but premier d'une règle de hauteur à la corniche est de limiter la hauteur à la corniche, la limitation générale de la volumétrie d'un bâtiment découlant bien plus de la combinaison des différentes règles de police des constructions, comme celles relatives à la hauteur du faîte ou de la sablière (cf. art. 72 RC) ou de celles relatives au nombre d'étages, aux toitures, aux combles, etc. Les intentions que les recourants prêtent au législateur communal, si elles sont plausibles, demeurent en tout état des présomptions qui ne suffisent pas à exclure l'interprétation des autorités intimées. Enfin, de façon purement appellatoire, les recourants affirment que la hauteur à la corniche du groupe de trois bâtiments accolés aurait dû être déterminée à partir du terrain naturel de la façade la plus basse (une façade pignon en l'occurrence) et par rapport à la corniche de l'élément le plus élevé. Ils n'indiquent toutefois pas pour quels motifs les corniches des trois bâtiments en ordre contigu, aux toitures distinctes les unes des autres et dont les étages ne sont manifestement pas alignés, devraient être évaluées comme s'il ne formaient qu'un bâtiment. En définitive, les recourants ne démontrent pas que l'application du droit communal relatif à la hauteur à la corniche serait entachée d'arbitraire dans l'arrêt cantonal.