Citation: 1B_327/2009 11.02.2010 E. 4

Invoquant la garantie de la propriété et la présomption d'innocence, le recourant soutient que la saisie de ses avoirs l'empêcherait d'acquitter les dépenses courantes et les dettes d'impôt. Le fait que la société n'est pas en cessation de paiement n'aurait pas d'influence sur sa propre situation financière; son salaire actuel ne lui permettrait pas de régler ses dépenses courantes. Le recourant relève encore que, contrairement à ce qu'ont affirmé les parties civiles, l'entier de sa rémunération pour 2008 a été versé sur le compte désormais bloqué. 4.1 Pour qu'une mesure soit conforme au principe de la proportionnalité, il faut qu'elle soit apte à parvenir au but visé, que ce dernier ne puisse être atteint par une mesure moins incisive et qu'il existe un rapport raisonnable entre les effets de la mesure sur la situation de l'administré et le résultat escompté du point de vue de l'intérêt public (ATF 132 I 229 consid. 11.3 p. 246; 125 I 474 consid. 3 p. 482 et les arrêts cités). S'agissant d'un séquestre provisoire, le respect du principe de la proportionnalité se limite pour l'essentiel à la garantie du minimum vital (arrêt 1P.21/2007 du 2 mai 2007; ATF 106 III 107). En effet, une mesure de séquestre est en principe proportionnée du simple fait qu'elle porte sur des valeurs dont on peut vraisemblablement admettre qu'elles pourront être confisquées en application du droit pénal. 4.2 En l'occurrence, le recourant ne conteste pas l'admissibilité de principe du séquestre. Il soutient que celui-ci l'empêcherait d'honorer diverses dettes et d'assurer son entretien courant. Il ne prétend pas toutefois qu'il serait privé de tout moyen d'existence, dans la mesure où, selon la Chambre d'accusation, il continue de percevoir un salaire, réduit selon ses affirmations à 8000 fr. par mois. Le recourant ne saurait en aucun cas prétendre obtenir des levées successives des mesures de saisies à seule fin de maintenir son niveau de vie. Par ailleurs, comme le relève la Chambre d'accusation sans être contredite par le recourant, les dettes - et en particulier les impôts échus - ne sont pas prises en compte dans le calcul du minimum vital. Ainsi, indépendamment des avoirs non bloqués dont le recourant pourrait encore disposer, la décision attaquée n'apparaît pas contraire au principe de la proportionnalité.