Citation: 5C.132/2001 18.06.2001 E. 3

3.- a) Sur le fond, les juges cantonaux ont rappelé que c'est en principe l'état de fait existant lors de l'ouverture de l'action en modification du jugement de divorce qui est déterminant pour juger si les conditions d'une modification sont réunies. Or à l'époque, le demandeur avait droit à une allocation extraordinaire mensuelle de 3'119 fr. par mois à titre de mesures de crise, il avait reçu des montants en capital de deux caisses de pension et il donnait des cours rémunérés à l'institut "Z.________" à Lausanne. On pouvait dès lors se référer aux considérants de l'arrêt de la Cour de cassation civile (cf. lettre C supra), qui se basaient pourtant sur des ressources inférieures, pour confirmer que la situation financière du recourant au mois de novembre 1985 ne justifiait pas davantage que la réduction à 200 fr. par mois de la pension due à la défenderesse (arrêt attaqué, consid. 3). Toujours selon la cour cantonale, même s'il fallait prendre en considération les changements intervenus pendant les quinze ans qu'a duré la procédure, on arriverait à la conclusion que le demandeur a toujours été en mesure de payer le montant de la pension tel qu'il a été réduit par la Cour de cassation civile ainsi que les contributions dues à ses enfants jusqu'à leur majorité (arrêt attaqué, consid. 4). b) Le demandeur expose qu'il serait illusoire de penser qu'en 1985, il aurait pu retrouver un poste de cadre alors qu'il avait 56 ans. Il serait également illusoire de penser qu'il aurait pu trouver un poste de salaire modeste (3'000 fr.) pour lequel il aurait été surqualifié, ce qui aurait fort probablement vite entraîné son licenciement et fait tomber ses indemnités de chômage à 2'400 fr. Tout au plus son revenu estimé devait-il ainsi se baser sur le montant de l'aide sociale et les gains en provenance du travail accessoire occasionnel au moment où il s'est réformé dans sa première demande en modification du jugement de divorce. Tout au long des quinze ans qui se sont écoulés depuis lors, la situation du demandeur ne s'est pas améliorée durablement, le marché du travail étant fermé à ses démarches à cause de la parfaite incompatibilité de son profil. À considérer ces griefs, on ne comprend guère quelle violation du droit fédéral le demandeur reproche au juste à la cour cantonale. En effet, celle-ci a précisément constaté - d'une manière qui lie le Tribunal fédéral (art. 63 al. 2 OJ) et qui exclut toute présentation divergente de la part du demandeur (art. 55 al. 1 let. c, 3e phrase, OJ) - qu'au mois de novembre 1985, le demandeur recevait une allocation mensuelle de 3'119 fr., à laquelle s'ajoutaient les gains accessoires procurés par une activité occasionnelle d'enseignant. Du moment qu'il ne ressort nullement des constatations de fait de l'arrêt attaqué que ce revenu ne permettait pas au demandeur de payer les contributions à l'entretien de ses enfants, ainsi qu'une pension mensuelle de 200 fr. à son ex-épouse, sans entamer son propre minimum vital (cf. ATF 123 III 1 consid. 3b/bb et les références citées), on ne discerne pas de violation du droit fédéral.