Citation: 5A_118/2023 E. 5.4

5.4. En l'occurrence, il ressort du premier jugement, non contesté sur ce point en seconde instance cantonale, que la mère de B.A.________ se trouve en situation déficitaire, y compris pour la période à partir de laquelle un revenu hypothétique lui a été imputé. L'arrêt cantonal est muet sur la question de la capacité contributive de la mère de D.________ - qui n'est pas partie à la présente procédure -, de même que sur les besoins objectifs de celui-ci, seul le montant de la contribution d'entretien arrêtée par la justice française étant constaté. Or, il s'agit d'éléments à prendre en considération dans le cadre de l'application du principe de l'égalité de traitement entre les enfants mineurs d'un même débiteur d'entretien, lorsque celui-ci ne dispose pas des ressources suffisantes pour assurer l'entretien de chacun d'eux (cf. supra consid. 5.3). La manière dont il convient de tenir compte dans la fixation de la contribution d'entretien en faveur de B.A.________ du fait que son père n'est pas en mesure de couvrir les besoins de ses deux enfants mineurs suppose en outre l'exercice d'un pouvoir d'appréciation de la part de l'autorité cantonale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le droit fédéral n'imposant pas une solution purement mathématique dans l'application du principe de l'égalité de traitement. La Cour de céans n'est donc pas en mesure de réformer l'arrêt attaqué. Il s'impose de renvoyer la cause à l'autorité cantonale pour qu'elle complète l'instruction et fixe à nouveau le montant de la contribution dont le recourant doit s'acquitter pour l'entretien de B.A.________ à compter du 1er mars 2022. Ce renvoi concerne uniquement la période durant laquelle son fils aîné D.________ est encore mineur. En effet, dès la majorité de D.________, le père devra contribuer en priorité à l'entretien de B.A.________, à savoir par le versement à celui-ci de 1'098 fr. par mois, afin de couvrir l'ensemble de ses besoins. Cela découle du principe selon lequel les contributions d'entretien envers un enfant mineur priment les autres obligations d'entretien du droit de la famille (art. 276a al. 1 CC), dont celle découlant de l'art. 277 al. 2 CC qui concerrnent les enfants majeurs, sous réserve de cas dûment motivés, dont le recourant ne se prévaut toutefois pas en l'espèce, qui justifieraient une dérogation à ce principe (art. 276 al. 2 CC; ATF 144 III 502); il ne saurait être question d'appliquer le principe de l'égalité de traitement à compter de la majorité de l'enfant aîné (ATF 144 III 502; arrêt 5A_848/2019 du 2 décembre 2020 consid. 6). Dès lors toutefois qu'aucune constatation relative à la date de naissance de D.________ ne ressort de l'arrêt querellé, la Cour de céans n'est pas en mesure de déterminer à partir de quand celui-ci sera majeur. Il appartiendra à l'autorité précédente d'établir les faits à cet égard.