Citation: 1B_15/2021 E. 6

Une mesure de détention pour des motifs de sûreté n'est compatible avec la liberté personnelle garantie aux art. 10 al. 2 Cst. et 5 CEDH que si elle repose sur une base légale (art. 31 al. 1 et art. 36 al. 1 Cst.), soit en l'espèce l'art. 221 CPP. Elle doit en outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 3 Cst.). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par un risque de fuite ou par un danger de collusion ou de réitération (art. 221 al. 1 let. a, b et c CPP). Préalablement à ces conditions, il doit exister des charges suffisantes, soit de sérieux soupçons de culpabilité, à l'égard de l'intéressé (art. 221 al. 1 CPP). En l'espèce, la Chambre de recours pénale a relevé, en référence à ses précédentes décisions des 23 septembre 2020 et 28 juillet 2020 ainsi qu'à l'arrêt précité du Tribunal fédéral du 17 novembre 2020, que l'implication dans l'agression au couteau subie par B.________ le 28 juin 2020 était suffisamment établie, en particulier par les traces de sang retrouvées sur ses effets personnels lors de son arrestation ainsi que par les déclarations de la victime lors de son audition par la police cantonale le 3 juillet 2020. Pour autant qu'on le comprenne, le recourant se borne à affirmer qu'il est innocent et qu'il n'est pas impliqué dans l'agression au couteau qui lui est reprochée. Cela est insuffisant pour contester l'existence des charges suffisantes, telle qu'établie par l'instance précédente. Le recourant semble en outre critiquer une expertise psychiatrique. Il ressort cependant de l'arrêt attaqué qu'il n'y a, en l'état, encore aucune expertise psychiatrique (arrêt attaqué consid. 3.2). Quant au grief portant sur le mauvais traitement que le recourant déclare avoir subi par des gardiens de la prison et par des policiers, pour peu qu'il soit suffisamment motivé, il ne fait pas l'objet de la présente procédure relative à la prolongation de la détention provisoire, de sorte que ces critiques sont irrecevables. Le recourant ne conteste par ailleurs pas réellement le risque de fuite (art. 221 al. 1 let. a CPP) retenu par la cour cantonale, pas plus qu'il ne prétend que la détention serait disproportionnée que ce soit quant à la durée prévisible de la sanction susceptible de lui être infligée ou quant à l'opportunité d'ordonner d'éventuelles mesures de substitution à la détention provisoire (cf. art. 237 ss CPP).