Citation: 4C.5/2003 11.03.2003 E. A

Depuis près de cinquante ans, la famille A.________ exploite à H.________ une entreprise de transport de choses, qui a revêtu la forme de diverses sociétés de personnes jusqu'au 31 décembre 1986. Le 13 janvier 1987, B.A.________, C.A.________ et D.A.________ ont constitué la société X.________ SA, dont le capital-actions de 100 000 fr. était divisé en cent actions. Le 1er mai 1995, B.A.________ et C.A.________, administrateurs, ont démissionné. A.A.________, fils de B.A.________, et E.________, beau-fils de C.A.________, ont alors été nommés président, respectivement secrétaire du conseil d'administration, avec signature collective à deux. Au début 1998, A.A.________ et E.________ disposaient chacun de cinquante actions de X.________ SA. Le 14 janvier 1998, ils ont conclu une convention d'actionnaires, dont le chiffre IV est libellé ainsi: «En cas de départ de la société, interdiction est faite à l'actionnaire sortant de faire concurrence à l'entreprise dans un rayon de 50 km et pendant un délai de 5 ans. Si cette clause devait être violée, une indemnité de 50 000 fr. serait à verser à la société. De plus, la partie lésée pourra faire valoir ses droits en dommages et intérêts en plus de l'indemnité précitée.» Le chiffre III de la convention d'actionnaires précise que «l'actionnaire qui quitte la société (...) a l'obligation de remettre les actions (...) pour autant que les autres actionnaires le désirent.» Le 16 octobre 1998, A.A.________ a vendu vingt actions de X.________ SA à E.________. Dès le 1er novembre 1998, il a travaillé au service de l'entreprise en qualité d'employé polyvalent. Lors de l'assemblée générale du 3 mars 1999, A.A.________ a démissionné du conseil d'administration et E.________ a été nommé administrateur unique de la société. Le 29 juin 1999, X.________ SA a résilié le contrat de travail de A.A.________ pour le 30 septembre 1999. Le 5 juillet 1999, les parties ont convenu de mettre fin aux rapports de travail, avec effet au 31 juillet 1999. Le 19 août 1999, A.A.________ et son épouse ont fondé Y.________ Sàrl, dont le siège social est à H.________. La société, gérée par A.A.________, a pour but l'exploitation d'une entreprise de transport et de déménagement de marchandises. Z.________ SA (ci-après: Z.________) est une entreprise de transport dont le siège est à I.________. Les 8/9 août 1999, elle a conclu avec Y.________ Sàrl en formation une convention intitulée «contrat de travail pour chauffeur affrété», selon laquelle la Sàrl (dite «mandataire») s'engageait à tenir à la disposition de Z.________ (dite «mandante»), sur appel, le véhicule Volvo FH 12 et son chauffeur durant onze mois par an. La «mandataire» devait s'abstenir d'entrer en concurrence avec Z.________ et demander l'autorisation de la «mandante» pour effectuer des transports pour son propre compte. En ce qui concerne la couleur, les inscriptions, la numérotation et l'équipement, le camion devait correspondre aux normes de Z.________ le chauffeur était tenu de porter les vêtements au nom de Z.________ mis à sa disposition. En décembre 1996, X.________ SA avait conclu un contrat analogue avec Z.________ . Le 25 mai 1999, elle a résilié ce contrat pour le 31 août 1999. Le 18 juin 1999, Z.________ a mis fin au contrat avec effet immédiat, reprochant à sa cocontractante des actes de concurrence. Avec le poids lourd de la Sàrl, aux couleurs et au nom de «Z.________», A.A.________ a effectué des livraisons notamment à des entreprises qui avaient travaillé précédemment avec X.________ SA et qui étaient situées dans le rayon d'application de la clause d'interdiction de concurrence.