Citation: 5P.421/2001 22.01.2002 E. 4

4.- Dame M.________ se plaint ensuite d'une appréciation arbitraire des preuves par les juges cantonaux. Ceux-ci auraient en effet interprété de manière fausse et partiale les rapports médicaux, ne retenant que les éléments qui allaient dans le sens de la version présentée par l'assurance, au détriment des éléments en faveur de la recourante. Ils n'auraient pas tenu compte du fait que certains médecins (notamment le Dr B.________ et le Dr T.________) étaient hésitants - voire opposés - à procéder à l'opération chirurgicale préconisée par d'autres spécialistes (le Professeur K.________ et le Professeur F.________, mandatés par l'assurance), et cela pour des raisons médicales, non liées à la condition psychologique de l'assurée. a) Le Tribunal fédéral ne qualifie d'arbitraire (sur la notion d'arbitraire, cf. ATF 126 I 168 consid. 3a; ATF 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b) l'appréciation des preuves que si l'autorité cantonale a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et éléments de son dossier. Une jurisprudence constante reconnaît au juge du fait un large pouvoir d'appréciation dans ce domaine (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40 et les références citées). Le Tribunal fédéral n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst. , que si le juge cantonal a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 112 Ia 369 consid. 3 p. 371; 100 Ia 119 consid. 4 p. 127), lorsque des constatations de fait sont manifestement fausses (ATF 121 I 113 consid. 3a), ou enfin lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88). L'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même se révéler préférable (ATF 125 II 10 consid. 3a); pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 123 I 1 consid. 4a; 122 I 61 consid. 3a; 121 I 113 consid. 3a et les arrêts cités). Lorsque l'autorité cantonale juge une expertise concluante et en fait sien le résultat, le Tribunal fédéral n'admet le grief d'appréciation arbitraire des preuves que si l'expert n'a pas répondu aux questions posées, si ses conclusions sont contradictoires ou si, de quelqu'autre façon, l'expertise est entachée de défauts à ce point évidents et reconnaissables que, même sans connaissances spécifiques, le juge ne pouvait tout simplement pas les ignorer. Il n'appartient pas au Tribunal fédéral de vérifier si toutes les affirmations de l'expert sont exemptes d'arbitraire; sa tâche se limite plutôt à examiner si l'autorité cantonale pouvait, sans arbitraire, se rallier au résultat de l'expertise. Si l'autorité cantonale se trouve confrontée à plusieurs rapports médicaux et qu'elle fait siennes les conclusions de l'un d'eux, elle est tenue de motiver son choix. Dans un tel cas, le Tribunal fédéral n'admet le grief d'appréciation arbitraire des preuves que si cette motivation est insoutenable ou si le résultat du rapport qui a eu la préférence de l'autorité cantonale est arbitraire pour l'un des motifs indiqués ci-dessus (cf. arrêt non publié 5P.457/2000 du 20 avril 2001 dans la cause U. SA c/ P. & Cie, consid. 4a et la référence). b) Dans son jugement, la cour cantonale a considéré que, selon l'avis des deux experts consultés à l'hôpital cantonal de Bâle (le Professeur K.________ et le Professeur F.________), l'intervention chirurgicale prévue était propre à assurer une amélioration sensible de l'état de santé, voire une totale guérison, de la demanderesse; elle devait lui permettre de recouvrer sa capacité de gain dans un délai raisonnable. Par ailleurs, l'intervention n'a pas été jugée manifestement dangereuse pour la vie de la patiente ni susceptible d'engendrer des souffrances particulières. Enfin, les frais d'une telle opération étaient entièrement pris en charge par l'assurance obligatoire des soins, et elle pouvait être pratiquée dans le canton de domicile de l'assurée. La Chambre des assurances en a conclu que l'intervention était exigible de la part de l'assurée, et que c'est à juste titre que la défenderesse avait soumis le versement de ses prestations à la condition que la demanderesse se soumette à l'opération programmée.