Citation: 5P.237/2006 04.08.2006 E. 5

Les recourants se plaignent encore de violation de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). 5.1 Ils estiment tout d'abord que les constatations selon lesquelles les sociétés E.________ et F.________ sont des fondées de pouvoir des sociétés A.________ et B.________ - alors qu'elles en sont les administratrices -, qu'elles sont constituées aux Iles Vierges Britanniques - alors qu'elles le sont aux Iles Cayman -, et qu'elles sont détentrices de ces deux sociétés, sont en contradiction avec les pièces produites par les intimées. Il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur ce grief, dès lors que les constatations de fait critiquées sont sans pertinence pour l'issue du litige, les recourants en déduisant ailleurs qu'elles justifient l'application d'un droit étranger à la question du "Durchgriff" (cf. consid. 4.1 ci-dessus). 5.2 Ensuite, les recourants invoquent que la cour aurait nié des faits évidents, en contradiction flagrante avec des pièces du dossier: elle semble ainsi avoir nié que C.________ contrôle B.________, alors qu'il la contrôle économiquement par le biais d'une courte chaîne de mandataires: les sociétés A.________ et B.________ sont administrées par E.________ et F.________, lesquelles sont administrées par des dirigeants de G.________, membre du Groupe H.________ qui comprend I.________, où C.________ a un compte, comme d'ailleurs A.________, et toute la correspondance bancaire relative à A.________ et B.________ est adressée à G.________; le pouvoir de signature limité que possède C.________ sur les comptes de A.________ et B.________ lui assure une gestion "en direct", tout en l'affranchissant de la structure off-shore et en lui assurant l'anonymat lors des transferts hors structure. Par cette critique d'une (possible) constatation de fait, les recourants contestent en réalité le refus de la cour cantonale d'admettre l'identité entre le débiteur et la société B._________ par application du principe de la transparence. Or, ils ne démontrent pas par là que la motivation de la cour cantonale qui vient d'être rappelée (cf. consid. 4.2) serait arbitraire. 5.3 Les recourants soutiennent encore que la cour cantonale a commis arbitraire en ne retenant pas l'utilisation abusive de B.________, à sanctionner par le "Durchgriff", alors qu'ils ont démontré que les comptes de B.________ et de A.________ avaient été alimentés par les fonds dont ils avaient été dépossédés suite à la convention du 15 septembre 2002. Le recours à des sociétés off-shore étant inhabituel pour la clientèle moyen-orientale, la structure mise en place ne répondrait pas à des impératifs commerciaux; d'ailleurs, les valeurs saisies pénalement avaient fui Genève dans les 24 heures après la levée de cette mesure, ce qui démontrerait que le débiteur utilise ces sociétés pour soustraire ses biens à ses propres créanciers. Dans la mesure où les recourants se bornent à affirmer avoir démontré que les comptes de B.________ avaient été alimentés par les fonds dont ils avaient été dépossédés, mais qu'ils n'indiquent pas précisément de quels allégués et de quelles pièces du dossier cette constatation devrait résulter, leur critique est irrecevable (cf. consid. 2.2). Les considérations générales relatives aux habitudes de la clientèle moyen-orientale et le fait que les avoirs saisis pénalement aient été transférés après la levée de la saisie pénale sont, quant à eux, inaptes à démontrer une utilisation abusive de B.________. 5.4 Enfin, les recourants soutiennent que c'est arbitrairement, en contradiction flagrante avec les éléments du dossier, que la cour cantonale a retenu que les fonds séquestrés appartiennent à B.________. Ils auraient en effet démontré que B.________ et A.________ n'avaient jamais revendiqué devant le juge d'instruction un quelconque droit de propriété sur les avoirs pénalement saisis; elles avaient seulement demandé la levée partielle des saisies pour les ramener au niveau du dommage allégué, comportement qui constituerait la preuve irréfutable qu'elles admettaient que les fonds déposés sur les comptes ouverts en leur nom appartenaient en réalité à C.________. A nouveau, les recourants se limitent à de pures affirmations au sujet de faits non constatés, sans indication précise des pièces du dossier sur lesquelles ils reposent, et à en donner leur propre interprétation. Une telle critique est irrecevable (cf. consid. 2.2 ci-dessus).