Citation: 8C_195/2013 E. A

L.________, née en 1955, travaille en qualité d'aide-soignante auprès de X.________ et, à ce titre, est assurée contre les accidents professionnels et non professionnels auprès du Groupe Mutuel Assurances GMA SA (ci-après: le GMA). Le 8 août 2005, elle s'est fracturé la cheville droite en glissant alors qu'elle arrosait sa pelouse. Le lendemain, elle a subi une réduction sanglante et une ostéosynthèse de la malléole externe et interne de la cheville droite. Son incapacité de travail était totale. Le cas a été pris en charge par le GMA. Le GMA a mis en oeuvre une expertise auprès du docteur V.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique. Dans son rapport du 21 mai 2007, l'expert a fait état de petits troubles dégénératifs osseux et surtout cartilagineux sous forme d'une ostéochondrose disséquante de l'angle supéro-interne de l'astragale, auxquels s'ajoutaient quelques lésions des parties molles avec cicatrices un peu adhérentes contribuant à des limitations fonctionnelles et à la douleur. Il a estimé qu'une incapacité de travail définitive de 25 % était tout à fait justifiée dans la profession d'aide-soignante et a précisé qu'avec le temps, en raison d'une arthrose secondaire, ce taux pourrait augmenter à 40 %. Même si en théorie une activité en position semi-assise permettrait de ménager la cheville de l'intéressée, le docteur V.________ a estimé que cela ne pouvait pas augmenter sa capacité de travail du fait des douleurs continues dont celle-ci souffrait même en position assise et la nuit. Un reclassement professionnel ne pouvait pas davantage garantir un meilleur résultat vu l'âge de l'assurée et le fait qu'elle était bien adaptée dans sa profession En l'état actuel, le taux de l'atteinte à l'intégrité était estimé entre 5 et 10 % mais risquait fortement d'augmenter à 15 % en raison d'une arthrose secondaire. Par décision du 27 juin 2007, le GMA a mis L.________ au bénéfice d'une rente d'invalidité fondée sur une incapacité de gain de 25 % dès le 1 er juillet 2007 et d'une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 10 %. L'assurée s'est opposée à cette décision, considérant qu'elle n'était pas en mesure de travailler à un taux supérieur à 60 %. A l'appui de son opposition, elle a produit des rapports de son médecin traitant, le docteur C.________, médecin associé à l'Hôpital Y.________. Ce dernier a considéré qu'une capacité résiduelle de 60 % dans l'activité habituelle était un maximum et a proposé que le médecin-conseil de l'assurance reconsidère le cas (cf. rapport du 1 er juillet 2009). L.________ a été examinée une seconde fois par le docteur V.________. Dans son rapport du 29 septembre 2009, ce dernier a indiqué qu'il était difficile de juger, au terme de son examen, si l'incapacité de travail de l'assurée dans sa profession d'aide-soignante était de 25 % ou de 40 %. Seul un séjour en atelier protégé ou à la Clinique Z.________ permettrait de le dire. Selon l'expert, l'activité d'aide-soignante n'était certes pas idéale compte tenu des séquelles au niveau de la cheville droite. Sur le plan orthopédique, une activité en position semi-assise, ne nécessitant pas le port de charges régulier ni les déplacements en plans inclinés et les escaliers eût été préférable. Le docteur V.________ a par ailleurs fixé le taux de l'atteinte à l'intégrité à 15 % en raison de l'arthrose moyenne de la cheville droite. L'assurée a encore été examinée par le docteur H.________, spécialiste FMH en neurologie. Dans son rapport du 2 octobre 2009, ce médecin a conclu à l'absence d'incapacité de travail et de perte de l'intégrité sur un plan strictement neurologique. Le docteur D.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, a examiné L.________ en vue d'une éventuelle intervention chirurgicale (prothèse de cheville ou arthrodèse). Dans son rapport du 13 août 2010, il a fait état d'une arthrose relativement modeste, centrée et peu évolutive. Se fondant sur l'avis de son Service médical régional (SMR), l'office cantonal AI du Valais (ci-après: l'office AI) a alloué à L.________ un quart de rente fondé sur un degré d'invalidité de 40 % et ce, dès le 1 er avril 2010 (décision du 15 décembre 2010). Estimant que l'expert V.________ ne s'était pas déterminé précisément sur la capacité de travail résiduelle de l'assurée dans sa profession actuelle ni dans une activité adaptée, le GMA a interpellé le docteur M.________, chirurgien orthopédiste auprès de la Clinique Z.________. Ce dernier a estimé que si l'assurée pouvait travailler à un taux de 60 % dans une activité pénible au vu de son état, elle était capable de travailler à 100 % en position alternée (cf. notice téléphonique du 6 mai 2010). Le GMA s'est encore entretenu avec son médecin-conseil, le docteur R.________. Celui-ci a préconisé la réalisation d'une nouvelle expertise, tout en précisant que l'assurée pourrait sans doute travailler normalement dans une activité adaptée. Par lettre du 20 janvier 2011, le GMA a informé l'assurée qu'il devrait procéder à une nouvelle évaluation de son état de santé. Le docteur V.________ avait laissé ouverte la question du taux d'incapacité de travail entre 25 % et 40 %. Quant aux docteurs M.________ et R.________, ils étaient d'avis que l'assurée pouvait travailler à plein temps dans une activité adaptée. Pour la réalisation de l'expertise, le GMA a proposé à l'assurée de choisir entre deux médecins, soit les docteurs P.________ et S.________ et de lui faire part d'éventuels motifs de récusation à l'encontre de ces derniers. Il lui a également donné la possibilité de poser des questions complémentaires à celles qu'il entendait soumettre à l'expert.