Citation: 5A_112/2022 E. 11.2

11.2. Les recourants contestent les circonstances retenues par l'autorité cantonale pour fonder l'abus de droit. Ils reprochent à cette dernière d'avoir arbitrairement constaté qu'aucune pièce n'établissait le refus du Conseil de la Fondation de délivrer des copies des archives et que deux d'entre eux disposaient déjà des documents requis (comptes-rendus éventuellement dressés par l'intimée et correspondance échangée avec les membres du conseil) ou pourraient facilement y avoir accès. Ils allèguent par ailleurs qu'" il n'y a[vait] aucune raison de présumer " que lesdites pièces figuraient dans les archives, que la documentation requise ne portait pas " sur vingt ans mais seulement 26 mois ", " qu'ils n'ont pas d'ores et déjà reçu ces documents en tout ou partie ", " que l'intimée ne soutient elle-même pas que leur demande serait chicanière " et que la remise des pièces requises " ne présenterait aucune difficulté particulière pour l'intimée puisqu'il lui suffirait de remettre les classeurs correspondants en sa possession ". Cette critique appellatoire ne répond pas aux exigences posées en la matière (cf. supra, consid. 2.2). Les recourants perdent de vue que le Tribunal fédéral n'est pas une cour d'appel auprès de laquelle les faits pourraient être rediscutés librement et qu'il ne lui appartient dès lors pas d'examiner à nouveau l'ensemble des éléments recueillis, en substituant son appréciation à celle de l'autorité cantonale. Le pouvoir d'examen étant limité à l'arbitraire, il faut se demander si le raisonnement de l'autorité cantonale aboutit à une conclusion en elle-même insoutenable ou en contradiction évidente avec une preuve irréfutable. Il ne suffit donc pas que le recourant oppose sa propre version des faits ou sa propre appréciation des preuves à celle retenue par l'autorité cantonale ni que le recourant invoque des indices qui pourraient militer en sa faveur. Il lui appartient, en se fondant sur la décision attaquée, de montrer de manière précise en quoi le raisonnement adopté par l'autorité cantonale est insoutenable. Quand les recourants opposent que " ceux [d'entre eux] qui sont membres du Conseil de la Fondation sont dans l'impossibilité juridique de renseigner leurs frères et soeur sur le contenu des archives [...] ou de leur remettre des documents afférents à la Fondation ", ils se heurtent à la constatation - qu'ils ont vainement critiquée - selon laquelle il n'est pas établi que le Conseil de la Fondation aurait refusé qu'ils lèvent des copies des archives et oublient le devoir d'information entre cohéritiers tel qu'il découle des art. 607 al. 3 et 610 al. 2 CC.