Citation: 6B_473/2016 E. 2.3

2.3. Le recourant conteste l'astuce dans le complexe de faits concernant B.________, au motif qu'il s'agit selon lui d'un " cas d'école de dupe excessivement naïve qui ne saurait mériter la protection du droit pénal ", ajoutant que des vérifications routinières lui auraient permis de constater l'absence d'activités réelles de C.________. Une telle argumentation ne saurait être suivie. Outre la mise en scène précitée, les premiers contacts entre le recourant et l'intimée sont intervenus en marge d'une conférence organisée par la DDC, soit de l'organe fédéral en charge de la coopération internationale. A cette occasion, les parties ont évoqué leurs projets respectifs et, vu le contexte, l'intimée n'avait pas la moindre raison de douter de la sincérité du recourant. L'invitation à un gala de charité dans un grand hôtel genevois représente elle aussi un élément de sa mise en scène. La cour cantonale a retenu sur ce plan qu'aucun événement propre à éveiller les soupçons de l'intimée ne s'était produit durant la soirée de gala. Le recourant y objecte différents éléments, notamment l'absence d'invitations écrites adressées aux invités, qui auraient été de nature à éveiller les soupçons. Il s'écarte cependant de manière inadmissible (art. 105 al. 1 LTF) de l'état de fait de l'arrêt querellé. Au demeurant, ilest contredit par le fait que l'intimée a versé au dossier son invitation. La cour cantonale était en tous les cas fondée à considérer qu'au regard des éléments retenus, le recourant était parvenu, par une mise en scène mêlant l'utilisation d'une ONG fictive, la fréquentation d'une conférence de la DDC et l'organisation d'un gala de charité, à mettre en confiance l'intimée et à la dissuader de vérifier la réalité de ses dires ou des activités de C.________, tout comme elle s'est trouvée dissuadée de faire preuve de méfiance à son égard lorsque ce dernier lui a proposé de lui remettre un montant de 10'000 francs. La cour cantonale a jugé qu'il n'y avait aucune raison de douter de l'exactitude des affirmations de l'intimée au sujet des motifs et des circonstances de ce versement, destiné, en bref, à financer pour moitié l'achat d'un terrain au Sénégal. Le recourant le conteste et prétend que le versement précité représentait un don à l'ONG. En l'absence de tout grief d'arbitraire tendant à démontrer en quoi l'autorité précédente aurait violé la présomption d'innocence ou, respectivement, serait tombée dans l'arbitraire en retenant la version de l'intimée plutôt que la sienne, le recourant verse à nouveau dans une argumentation appellatoire et irrecevable. C omme l'a au demeurant retenu sans arbitraire l'autorité précédente, on ne voit pas pourquoi elle se serait rendue au Sénégal si elle n'avait pas été convaincue qu'elle pourrait y réaliser son projet en bénéficiant du soutien du recourant. On ne voit pas davantage pourquoi elle aurait accepté de verser 10'000 fr. pour d'autres fins que la concrétisation de ce même projet. Finalement, la remise à l'intimée de la carte Postfinance au moment du versement des fonds corrobore la thèse de cette dernière et n'aurait eu aucun sens s'il s'était agi uniquement d'une simple donation. Le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il tente de mettre en avant la naïveté de l'intimée ou un prétendu défaut de vérifications. Il a en effet lui-même créé et exploité une situation propre à endormir la vigilance de cette dernière, avant d'en tirer parti pour se faire remettre par elle un montant de 10'000 francs. La relation nouée par les parties était en outre censée s'inscrire dans un contexte caritatif et humanitaire, en marge duquel le recourant a exploité, non pas, certes, une situation de dépendance ou d'infériorité, mais les intentions altruistes de l'intimée. On doit y voir un élément d'astuce (cf. ATF 128 IV 18 consid. 3a p. 21) qui vient s'ajouter aux autres éléments déjà évoqués. Pour le surplus, le recourant se contente d'affirmer que la cour cantonale aurait arbitrairement omis de prendre en considération l'expérience de l'intimée dans le domaine de l'humanitaire, les circonstances ayant entouré l'acte de disposition de l'intimée, notamment le fait qu'elle a pris un congé de six mois sans solde afin de se consacrer au projet qu'elle croyait pouvoir développer avec le recourant au Sénégal ou l'importance du montant qu'elle lui avait remis eu égard à ses moyens financiers, alors même qu'elle ne l'avait rencontré que trois fois auparavant. Outre qu'ils ne satisfont pas non plus aux exigences de motivation en matière de grief d'arbitraire (cf. art. 106 al. 2 LTF) et qu'ils sont dès lors irrecevables, de tels arguments n'effacent en aucun cas la mise en scène voulue par le recourant et l'exploitation des intentions altruistes de l'intimée. Dans cette même perspective, les modalités du transfert de la somme de 10'000 fr. sur le compte postal de l'association pouvaient certes, en faisant abstraction du contexte, sembler insolites. On ne saurait cependant perdre de vue qu'au même moment, le recourant lui faisait miroiter un poste de présidente du comité de l'ONG, faisait établir une carte de visite à son nom mentionnant cette qualité, tout en lui remettant aussi une carte PostFinance et son prétendu code PIN pour lui permettre de retirer la somme une fois arrivée au Sénégal. Ces éléments excluent une naïveté et un manque d'attention tels que l'on doive nier le caractère astucieux de la tromperie dont l'intimée a été victime. En définitive, les juges cantonaux n'ont pas violé le droit fédéral en retenant la réalisation de l'élément d'astuce dans le complexe de faits concernant B.________.