Citation: 1A.168/2002 14.01.2003 E. 1

La recourante semble en effet avoir retrouvé au début du mois de mars 2002 un emploi qu'elle occupe à mi-temps, sans que l'on sache toutefois si les revenus qu'elle en retire sont suffisants pour lui permettre de prendre en charge les loyers impayés de son appartement pour les mois de janvier à mars 2002. Il ressort en outre du dossier qu'elle partage son appartement avec son nouvel ami. Or, l'aide financière de la LAVI est subsidiaire, c'est-à-dire qu'elle n'entre en ligne de compte que si le dommage ne peut être assumé par la victime elle-même ou par des personnes qui ont une obligation d'entretien vis-à-vis de celle-ci (Eva Weishaupt, Finanzielle Ansprüche nach Opferhilfegesetz, SJZ 2002 p. 327/328). Selon la jurisprudence rendue en matière de poursuites pour dettes et faillite, il y a lieu de prendre en compte la contribution du concubin aux frais communs, dont le loyer, dans le calcul du minimum vital du débiteur (ATF 128 III 159 consid. 3b et c; 109 III 101 consid. 2 p.102). Il en va de même lorsqu'il s'agit de déterminer le minimum vital d'un conjoint débirentier dans le cadre de la fixation de la contribution d'entretien due en vertu de l'art. 163 CC (arrêt 5P.90/2002 du 1er juillet 2002, consid. 2b/aa; Jean-François Perrin, La méthode du minimum vital, SJ 1993 p. 435). Il convient donc également de prendre en considération l'aide financière éventuelle apportée sur ce point par la personne avec laquelle la recourante partage son appartement. On ignore cependant tout des revenus éventuels de cette personne. Des renseignements à ce sujet sont donc nécessaires pour se prononcer en connaissance de cause. Pour le surplus, le fait que la recourante ait déposé une demande d'aide financière à l'Hospice général de Genève ne saurait faire obstacle à l'octroi d'une provision dans la mesure où aucune décision n'a apparemment été prise jusqu'ici, la susbidiarité des prestations accordées au titre de la LAVI par rapport à celles de l'aide sociale devant au demeurant être examinée concrètement (cf. arrêt 1A.249/2000 précité, consid. 4d et e paru à la ZBl 2001 p. 479/480). 2.5.4 Vu ce qui précède, la décision attaquée doit être annulée et le dossier renvoyé au Tribunal administratif pour qu'il statue à nouveau, après avoir complété l'instruction dans le sens précité. Il examinera en outre si l'octroi d'une somme correspondant aux loyers impayés de janvier à mars 2002 répond toujours à un besoin urgent au sens de l'art. 15 let. a LAVI, étant précisé que l'on ne saurait reprocher à X.________ d'avoir tardé à agir, dans la mesure où elle a déposé sa demande immédiatement après s'être vue notifier son licenciement.