Citation: 5A_166/2022 E. 3.2

3.2. Contrairement à ce que semble soutenir le recourant, la Cour d'appel n'a pas écarté l'attestation établie par son employeur au motif d'un défaut de valeur probante mais a simplement constaté que, compte tenu en particulier du fait qu'il s'agissait en l'espèce de déterminer les minima vitaux de parties dont la situation financière était serrée, dite attestation n'était pas susceptible de changer son appréciation. S'agissant des trajets effectués par le recourant entre V.________ et W.________, le recourant soutient lui-même que deux correspondances de train circulent encore à l'heure où il termine parfois sa journée de travail, à savoir à 00:15 et 00:45. A cet égard, il affirme être dans l'incapacité de prendre la première correspondance en raison du temps nécessaire pour rejoindre la gare à pied. Il ne documente toutefois aucunement cette allégation dont il n'est par conséquent pas possible de vérifier l'exactitude, étant précisé que l'intimée soutenait pour sa part qu'il travaillait à 5-8 minutes de la gare de W.________. Quoi qu'il en soit, même si le recourant devait occasionnellement être dans l'incapacité de prendre la première correspondance, il en demeure encore une à 00:45. Pour ce qui est des déplacements du recourant à X.________ durant trois mois par année - deux mois et demi selon les constatations de l'arrêt querellé - la jurisprudence évoquée par le recourant, sans qu'il en cite les références, prévoit certes que seuls peuvent être pris en compte pour l'établissement du minimum vital élargi, les frais afférents à un véhicule privé nécessaire au débiteur pour l'exercice de sa profession au sens de l'art. 92 al. 1 ch. 3 LP, la doctrine admettant une telle nécessité en cas de gain de temps journalier de deux heures par rapport aux mêmes trajets en transports publics (cf. arrêt 5A_78/2019 du 25 juillet 2019 consid. 4.3.2 et les références). Il ressort toutefois de l'état de fait que le recourant a déclaré en audience être nourri et logé sur place durant les mois où il travaille à X.________ et utiliser son véhicule pour rentrer à son domicile durant ses congés. Il ressortait également de son contrat de travail qu'il avait deux jours de congé hebdomadaires. Dans ces circonstances, nonobstant la jurisprudence susmentionnée et la durée plus longue du trajet en transports publics, il n'apparaît p as excessif d'exiger du recourant qu'il utilise effectivement les transports publics non pas quotidiennement mais au maximum quatre fois par semaine. En effet, le fait que le recourant doive redescendre à W.________ à plusieurs reprises lorsqu'il travaille à X.________ ou encore faire régulièrement des trajets pour le compte de son employeur constitue une simple allégation de partie qui n'est pas démontrée puisque, contrairement à ce qu'il soutient, elle ne ressort pas de l'attestation de son employeur du 18 novembre 2021 qui porte uniquement sur les horaires de travail du recourant. Quant à la seconde attestation de son employeur produite dans le cadre de la procédure pénale également invoquée par le recourant à l'appui de son argumentation, rien n'indique qu'elle figurerait au dossier de la procédure civile et le recourant ne le soutient pas. Partant, même si cette pièce avait été produite devant le Tribunal de céans, elle serait irrecevable en application de l'art. 99 al. 1 LTF. Dans la mesure où il ressort de ce qui précède que la Cour d'appel a dénié à juste titre toute nécessité pour le recourant d'utiliser son véhicule privé pour l'exercice de sa profe ssion et a donc exclu la prise en compte de ce poste de charges au profit des frais correspondant à l'usage des transports publics, il n'est pas nécessaire d'examiner si son argumentation fondée sur la situation financière des parties était également justifiée, celle-ci apparaissant de toute façon superfétatoire. Le fait que le recourant ait privilégié l'usage de son véhicule privé aux transports publics déjà au temps de la vie commune n'est pas non plus déterminant.