Citation: 4C.356/2001 12.03.2002 E. A

A.- a) Les frères A.________ et B.________ sont copropriétaires, sur territoire de la commune de Z.________, des parcelles inscrites au registre foncier sous les nos 1, 2 et 3. Ils sont également copropriétaires, avec F.________, de la parcelle n° 4 sise au même endroit. Les quatre parcelles forment un ensemble de biens-fonds contigus. X.________ AG, une société anonyme active dans le secteur immobilier, est propriétaire des parcelles voisines et a toujours eu l'intention d'acquérir ces quatre parcelles. Vers 1991/1992, G.________, le président de son conseil d'administration, a approché les frères A.________ et B.________ mais les négociations ont buté sur le prix de vente proposé, jugé trop élevé; il a ainsi informé A.________, par lettre du 21 octobre 1992, qu'il n'était plus intéressé à conclure à ce prix-là. Entre-temps, G.________ s'était adressé à C.________, sachant qu'il était un ami d'enfance de A.________, dans le but de lui faire acquérir les immeubles en question à un prix inférieur. C.________ a obtenu l'accord de sa soeur, D.________, et de son frère, E.________, pour l'acquisition de ces parcelles. En raison de son amitié d'enfance avec A.________, il s'est vu offrir un prix inférieur à celui qui avait été proposé à G.________. b) Par acte authentique du 27 novembre 1992, intitulé "acte de division de parcelles & vente", les frères A.________ et B.________ont procédé à la modification des limites des quatre parcelles précitées et à la création d'une nouvelle parcelle n° 5, le tout sur la base d'un procès-verbal de mutation dressé le 14 octobre 1991 par le géomètre officiel. F.________ n'a pas été appelé à comparaître devant le notaire, sans égard à sa qualité de copropriétaire de la parcelle n° 4 dont la surface devait passer de 161 m2 (ancien état) à 182 m2 (nouvel état). Au terme de la situation du 14 octobre 1991, la situation se présentait comme il suit: Dans le même acte, A.________ et B.________ ont déclaré vendre les nouvelles parcelles nos 1, 3 et 5 à C.________ ou à son nommable. Le prix convenu a été fixé à 120 000 fr., montant payable au retour de l'acte du registre foncier. Par acte authentique du 11 décembre 1992, intitulé "désignation du nommable", C.________ a désigné, à ce titre, son frère E.________, sa soeur D.________ et lui-même, pour une moitié en copropriété, ainsi que X.________ AG, pour l'autre moitié. Comme F.________ n'avait pas comparu devant le notaire, le conservateur du registre foncier, par décision du 6 avril 1993, a refusé d'inscrire ces actes; cette décision n'a pas fait l'objet d'un recours. Le notaire a alors fait procéder à une nouvelle modification de parcelles n'englobant plus la parcelle n° 4 et, par conséquent, n'exigeant plus la comparution de F.________. Il ressort du procès-verbal de mutation dressé le 14 avril 1993 que, dans le second nouvel état, les parcelles vendues (nos 1, 3 et 5) ne changeaient pas de surface ni de limites par rapport au premier nouvel état. Concrètement, la situation se présentait ainsi: Sur cette base, un nouveau projet "d'acte de modification de limites, de division de parcelles & vente" a été établi. A.________ et B.________ y figuraient comme vendeurs; C.________, D.________, E.________ et X.________ AG, comme acheteurs. L'acte reprenait la description des parcelles nos 1, 3 et 5, telle qu'elle résultait du procès-verbal de mutation du 14 avril 1993. Le prix était toujours fixé à 120 000 fr., mais il était payable immédiatement après la signature de l'acte. Par lettre du 6 mai 1993, le notaire a avisé A.________ que l'acte du 27 novembre 1992 avait été refusé et il lui a communiqué le nouveau projet d'acte. Invités à comparaître devant le notaire pour l'instrumentation de l'acte rectificatif, les frères A.________ et B.________ ont indiqué qu'ils n'entendaient plus vendre les trois parcelles susmentionnées. En octobre 1995, sur requête des acquéreurs, le juge du district de Sierre a ordonné le séquestre de la part de copropriété de B.________, domicilié à New York, sur ces trois parcelles pour une créance en dommages-intérêts de 20 000 fr. Une poursuite en validation de ce séquestre, introduite par X.________ AG, a été frappée d'opposition.