Citation: I 24/00 25.04.2000 E. 1

sous l'angle matériel, à condition qu'elle soit sans nul doute erronée et que sa rectification revête une importance notable. Elle est tenue de le faire si des faits nouveaux ou de nouveaux moyens de preuve, de nature à conduire à une appréciation juridique différente, sont découverts (ATF 110 V 178 consid. 2a, 292 consid. 1 et les arrêts cités). Le juge peut, le cas échéant, confirmer une décision de révision rendue à tort pour le motif substitué que la dé- cision de rente initiale était sans nul doute erronée et que sa rectification revêt une importance notable (ATF 110 V 296, 106 V 87 consid. 1, 105 V 201 consid. 1 et les arrêts cités). Par ailleurs, la confirmation judiciaire d'une déci- sion de révision par substitution de motifs sans que l'as- suré concerné n'en ait été préalablement informé et n'ait eu l'occasion de s'exprimer à ce sujet constitue une viola- tion du droit d'être entendu (ATF 125 V 370 consid. 4). b) aa) Si l'assurance-invalidité a alloué une rente à la recourante, c'est exclusivement, en raison de l'existen- ce chez celle-ci de troubles somatoformes douloureux aux- quels elle a attribué la valeur d'une affection invalidante au sens de la loi et de la jurisprudence sur la base d'un rapport médical du médecin traitant de l'intéressée. Les constatations médicales faites ultérieurement par les ex- perts R.________, E.________ et U.________ ne révèlent pas une modification de l'état de santé de la recourante entre le moment de la décision de rente initiale et celui de la décision litigieuse. Au contraire, les experts précités ont conclu que la reconnaissance à l'assurée par l'assurance- invalidité d'une incapacité de travail de 50 % ne s'expli- quait par aucune pathologie psychiatrique ou somatique. Par conséquent, les conditions mises à une révision selon l'ar- ticle 41 LAI - qui suppose un changement des circons- tances - ne sont pas remplies dans le cas particulier. bb) Il reste à éclaircir si la décision du 15 juillet 1997 était entachée d'une inexactitude manifeste, propre à entraîner une reconsidération. L'office a alloué à l'assurée une demi-rente, contre l'avis de sa division de réadaptation, sur la base d'un rapport médical de la doctoresse N.________ du 16 janvier 1996. Cette praticienne ne se prononçait toutefois pas clairement sur la capacité de travail de la recourante. En effet, elle mentionnait sans autre précision que la recou- rante jouissait d'une capacité de travail d'au moins 50 % dans une activité légère. Or, dans une expertise du 25 août 1995, qui répondait en tous points aux critères posés par la jurisprudence pour reconnaître pleine valeur probante à un rapport médical (cf. ATF 122 V 160 et les arrêts cités), le docteur K.________ niait toute incapacité de travail de la recourante pour des motifs d'ordre physique ou psy- chique. Les conclusions de ce médecin, auxquelles il conve- nait d'attacher davantage de poids qu'à celles du médecin traitant de la recourante (RJJ 1995 p. 44; RCC 1988 p. 504 consid. 2), ont du reste été confirmées par les docteurs R.________ et U.________, ainsi que la psychologue E.________ dans leur expertise du 12 décembre 1996. Il résulte de ce qui précède que la décision de l'of- fice du 19 décembre 1996 qui faisait prévaloir l'opinion isolée du médecin traitant de la recourante sur l'avis pro- bant d'un expert était manifestement erronée. Dès lors qu'aucune autorité judiciaire ne s'est prononcée sur le bien-fondé de celle-ci et que, portant sur des prestations périodiques, sa rectification revêt une importance notable, la modification de cette décision par voie de reconsidéra- tion est en principe fondée. La recourante s'est en outre déjà exprimée dans son recours sur cette question. Son droit d'être entendu est dès lors sauvegardé, sans qu'il soit besoin de lui faire un nouvel avis au sens de la ju- risprudence citée ci-dessus. Le recours de droit adminis- tratif se révèle ainsi mal fondé.