Citation: 1P.368/2006 05.10.2006 E. 5

Les recourants se plaignent d'arbitraire dans l'établissement des faits, au motif que certaines investigations s'imposaient avant d'exclure la possibilité d'un meurtre. 5.1 Selon la jurisprudence, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178). 5.2 Les recourants reprochent d'abord à l'autorité cantonale de n'avoir pas ordonné une expertise ou une reconstitution avec un mannequin aux fins de vérifier si le point de chute du corps - au milieu de la chaussée longeant l'immeuble, et non sur le trottoir au bas de ce dernier - est compatible avec un suicide. Compte tenu de la configuration du bâtiment, qui comporte deux marquises, l'une, d'environ 1 mètre de large, à la hauteur du 6ème étage, et l'autre, beaucoup plus large, au niveau du 1er étage, le point de chute du corps ne vient pas contredire l'hypothèse du suicide, avec laquelle il n'est pas incompatible; en raison de la présence et de la largeur de ces deux auvents, il apparaît au contraire logique que le corps ait chuté, non pas sur le trottoir au bas de l'immeuble, mais vers le milieu de la chaussée qui le longe. Il n'était en tout cas pas manifestement insoutenable de l'admettre et de ne pas voir dans le point de chute un élément propre à exclure un suicide. Subséquemment, il n'était pas arbitraire de ne pas ordonner de plus amples investigations à raison de l'élément litigieux. 5.3 Les recourants se plaignent ensuite de l'absence de vérifications quant aux déplacements de l'agent de sécurité dans l'immeuble entre 24 h et 2 h 30 et de l'absence d'analyses du contenu éventuel des caméras de surveillance extérieures dont seraient pourvus plusieurs immeubles de la rue où se trouve la banque. Sous chiffre 4.2 de la page 6, la décision attaquée mentionne les déplacements de l'agent de sécurité durant le laps de temps considéré, en se fondant sur les déclarations de celui-ci et en observant que rien ne permet de les mettre en doute. Les recourants ne démontrent pas ni même ne disent en quoi il était arbitraire de se fonder sur ces déclarations; en particulier, ils n'avancent aucun argument ou élément de nature à faire douter de leur crédibilité. Qu'il était arbitraire de ne pas les vérifier n'est dès lors pas établi conformément aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. supra, consid. 4). Rien dans la décision attaquée n'indique que les recourants, qui n'établissent pas le contraire, se seraient plaints en instance cantonale de l'absence d'analyses du contenu éventuel de caméras de surveillance extérieures. L'argument est donc nouveau et, partant, irrecevable, faute d'épuisement des instances cantonales (cf. art. 86 al. 1 OJ). 5.4 Alléguant que le visage du défunt présentait des blessures au sujet desquelles le médecin ayant pratiqué l'autopsie ne se serait pas expliqué, alors même qu'ils l'avaient interrogé sur ce point, les recourants soutiennent qu'elles n'ont pu être occasionnées par la chute du corps sur l'asphalte et ne permettent pas d'exclure l'intervention d'un tiers dans le décès. La décision attaquée constate que le rapport d'autopsie, qui ne fait nullement mention de telles blessures, est systématique et détaillé et que ni son sérieux ni sa crédibilité n'ont été contestés. Les recourants n'établissent aucunement le contraire, se bornant à opposer à ces constatations leurs propres allégations, sans démonstration à l'appui. Il s'ensuit l'irrecevabilité du grief au regard des exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.