Citation: 2C_821/2017 E. 4.4

4.4. En l'espèce, dans son recours devant la Cour de justice, le contribuable avait pris les conclusions suivantes: "Déclarer bon et recevable le présent recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 12 novembre 2015 (JTAPI/1338/2015 dans la cause A/119/2015). Dire que la valeur fiscale des lots de PPE de l'immeuble sis à la rue C.________ détenus par le recourant doit être ramenée à CHF 3'420'045. Débouter l'Administration fiscale cantonale de toutes autres ou contraires conclusions. Laisser les frais de la procédure à la charge de l'Etat et allouer au recourant une équitable indemnité à titre de dépens". Dans ledit recours, l'intéressé avait exposé clairement que le litige concernait "la valeur fiscale des lots de PPE [...] détenus par le recourant", en particulier s'agissant des conséquences de "l'acte de donation-partage conclu en 2010" sur l'évaluation de ces lots (recours du 16 décembre 2015 auprès de la Cour de justice, p. 2; cf. art. 105 al. 2 LTF). Le mémoire de recours contenait des calculs relatifs à cette évaluation et soutenait que "la valeur fiscale totale des lots de PPE détenus par le recourant" s'élevait à 3'420'045 fr. (recours du 16 décembre 2015 auprès de la Cour de justice, p. 4). En outre, il ressort de l'arrêt entrepris que la question de la valeur fiscale des parts de copropriété appartenant au contribuable constituait déjà l'objet du litige devant l'Administration cantonale (réclamation du 22 août 2014) et le TAPI (recours du 12 janvier 2015), lequel avait admis partiellement le recours du contribuable et avait fixé cette valeur - que l'Administration cantonale avait arrêtée à 5'619'785 fr. - à 4'924'500 fr. En concluant devant la Cour de justice à ce que celle-ci soit ramenée à 3'420'045 fr., il était donc évident que le recourant s'en prenait à l'évaluation opérée par les autorités précédentes. Il découle de ces éléments que, même si le recourant n'avait pas formellement conclu, devant la Cour de justice, à l'annulation de l'arrêt du TAPI et à l'établissement d'une nouvelle taxation fondée sur une valeur fiscale de 3'420'045 fr. pour l'immeuble de Genève, cette requête ressortait clairement des (autres) conclusions contenues dans le recours, de la motivation de celui-ci et de la procédure devant l'Administration cantonale et le TAPI. Partant, il s'agissait typiquement d'une situation dans laquelle, à la lecture du mémoire, on comprenait aisément ce que voulait le recourant. Dans ces circonstances, en déclarant irrecevable le recours déposé par le contribuable le 16 décembre 2015 au motif que cet acte ne contenait que des "conclusions constatatoires", la Cour de justice a fait preuve de formalisme excessif et a violé l'art. 29 Cst. Le grief de l'intéressé à ce sujet est dès lors bien-fondé.