Citation: 4A_61/2016 E. 5

Le Tribunal des prud'hommes a recueilli plusieurs témoignages. Il a jugé que ces dépositions corroborent les allégations du demandeur portant sur les activités qu'il a pratiquées au service du défendeur, d'une part, et les dates depuis lesquelles et jusqu'auxquelles il les a pratiquées, d'autre part. Les témoignages sont discutés de manière détaillée dans le jugement. Pour établir précisément le nombre des heures de travail fournies par le demandeur et les montants reçus par lui à titre de salaire, le tribunal s'est référé à des documents qu'il a minutieusement décrits et dont il a aussi discuté la force probante. Le défendeur prétendait compenser une éventuelle dette de salaire avec une créance portant sur le loyer d'un studio dont le demandeur avait l'usage. Le tribunal a rejeté cette exception au motif qu'elle était soulevée tardivement dans le procès, d'une part, et que le loyer réclamé n'avait pas été communiqué au défendeur sur formule officielle et conformément aux règles du bail à loyer, d'autre part. Dans son mémoire d'appel, le défendeur réaffirme sa propre version des faits, selon laquelle le demandeur n'a en substance assumé que l'activité de concierge, en apportant accessoirement des « coups de main » sur divers chantiers. Il tient pour « constant » que le demandeur veut être « payé à double [dans] une seule et unique relation de travail ». Il met superficiellement en doute la pertinence ou la force probante des témoignages. Prétendant avoir confondu divers documents, il conteste les fiches d'heures produites par le demandeur alors qu'il les avait explicitement reconnues devant le tribunal. Il persiste à réclamer l'imputation du loyer d'un studio sur les arriérés de salaire, sans même mentionner les motifs qui ont conduit le tribunal à refuser cette imputation. Au regard de la jurisprudence précitée, la Cour de justice retient conformément à l'art. 311 al. 1 CPC que l'appel du défendeur n'est pas suffisamment motivé et qu'il est par conséquent irrecevable.