Citation: 8C_368/2013 E. 4.2.2

4.2.2. Dans son rapport d'examen médical final du 24 mars 2006, le docteur L.________ a fait état de la persistance d'un syndrome douloureux au niveau du genou et de la jambe gauches. Du point de vue fonctionnel, il a indiqué un état satisfaisant du genou et de la cheville gauches, bien qu'il persistât un " clic " rotulien à la flexion-extension , en relation avec une amyotrophie quadricipitale de deux à trois centimètres par rapport à la cuisse droite. Compte tenu de ces éléments, le médecin prénommé a attesté que l'assuré n'était plus en mesure de travailler accroupi ou à genoux, monter ou descendre les escaliers ou les échelles, marcher sur des distances de plus de cinquante mètres sans une canne ni de travailler en terrain accidenté. La capacité de travail était entière dans une activité respectant ces limitations et privilégiant la position assise, par exemple, devant un établi. De son côté, le docteur S.________ indique quatre diagnostics ayant des effets invalidants, à savoir des troubles neurologiques postopératoires, une subluxation mécaniquement palpable avec un claquement palpable net de la rotule, qui se réduit violemment à chaque flexion/ extension du genou gauche, des troubles dégénératifs lombosacrés, ainsi qu'un canal étroit d'origine mixte, constitutionnel et aggravé par une arthrose des articulations inter-apophysaires postérieures et par une lipomatose épidurale. En ce qui concerne les troubles neurologiques postopératoires, l'expert se réfère à l'avis du docteur T.________ (rapport du 15 septembre 2010), lequel relève que les douleurs neurogènes sont dues, d'une part, à une neuropathie axonale vraisemblablement totale (absence de réponse à l'examen électroneuromyographique) du nerf musculo-cutané gauche (nerf péronier superficiel) découlant d'une fracture de Maisonneuve (du tiers distal du tibia gauche et du tiers proximal du péroné gauche) traitée par ostéosynthèse et, d'autre part, à une neuropathie axonale vraisemblablement totale (absence de réponse à l'examen électroneuromyographique) du nerf saphène interne gauche découlant d'une fracture de Maisonneuve (du tiers distal du tibia gauche et du tiers proximal du péroné gauche) traitée par ostéosynthèse. Parmi les quatre diagnostics avec effet invalidant mentionnés par le docteur S.________, les troubles dégénératifs lombosacrés et le canal étroit d'origine mixte, sont indéniablement étrangers à la chute survenue le 7 novembre 2003 et ne peuvent, de ce fait, constituer une aggravation de l'état de santé apte à justifier une révision de la rente d'invalidité servie par l'assureur-accidents. Faisant abstraction de ces affections, le docteur S.________ est d'avis cependant que les troubles neurologiques et la subluxation violente et constante de la rotule entraînent à eux seuls une incapacité de travail de 100 %. Cet avis est confirmé par le docteur T.________, selon lequel les douleurs neuropathiques sur atteinte axonale du nerf musculo-cutané et du nerf saphène interne gauche sont à l'origine d'une incapacité de travail entière. L'avis des docteurs S.________ et T.________ est contesté par le docteur B.________ dans son rapport du 17 novembre 2010. Selon ce médecin, en effet, il n'est pas plausible, d'un point de vue neurologique, qu'une lésion des nerfs musculo-cutané et saphène interne à la jambe gauche soit à l'origine d'un syndrome douloureux suffisamment grave pour entraîner des limitations plus importantes que celles qui ont été attestées par le docteur L.________.