Citation: 4A_440/2021 E. 4.2

4.2. L'expertise est un moyen de preuve reconnu par la loi procédurale, dont le juge apprécie librement la valeur probante (art. 157 et 168 al. 1 let. d CPC). Ceci dit, elle traite de questions techniques nécessitant des connaissances spéciales dont le juge est en principe dépourvu. Aussi doit-il avoir de bonnes raisons de s'en écarter et ne peut-il, sans motifs valables, substituer son appréciation à celle de l'expert. Le magistrat pourra ainsi dénoncer les contradictions entachant les explications de l'expert, arguer que les autres moyens de preuve et les allégations des parties ébranlent sérieusement le tranchant de ses conclusions, ou encore objecter qu'il n'accorde pas la même portée ou la même force probante à des pièces ou témoignages dont l'expert se prévaut (en matière civile, cf. ATF 138 III 193 consid. 4.3.1; arrêts 4A_507/2020 du 28 mai 2021 consid. 3.2; 5A_539/2020 du 17 août 2020 consid. 3.5.2; 4A_48/2019 du 29 août 2019 consid. 5.1 et 5.1.1; 5A_657/2015 du 14 mars 2017 consid. 3.2.1.3.1; par analogie, ATF 141 IV 369 consid. 6.1; 101 IV 129 consid. 3a; arrêt 8C_21/2021 du 11 mars 2022 consid. 5.3.1). Le juge doit motiver son appréciation. Cette exigence issue du droit d'être entendu et du devoir général de motiver une décision n'implique pas qu'il s'épanche sur tous les détails de son raisonnement. Il peut se contenter d'en livrer les traits essentiels (arrêt 5A_663/2015 du 7 mars 2016 consid. 3.1). Tel est précisément ce qu'ont fait les juges cantonaux - n'en déplaise au recourant.