Citation: 7B_830/2024 E. 2.4.1

2.4.1. En l'espèce, selon les faits retenus par la cour cantonale, non contestés sur ce point par le recourant, celui-ci est en particulier fortement soupçonné d'avoir commis deux brigandages les 15 et 31 janvier 2024. Dans le premier cas, le recourant se serait présenté cagoulé devant sa victime, l'aurait obligée à monter dans son véhicule, puis l'aurait déposée plus loin, après lui avoir dit de "dégager" sous la menace d'une arme de poing et avant de poursuivre sa route avec le véhicule ainsi dérobé. Ces faits peuvent certes a priori apparaître comme constitutifs de brigandage (art. 140 CP) et, par conséquent, d'un crime ou à tout le moins d'un délit grave au sens de l'art. 221 al. 1 bis let. a CPP. Cependant, il se pose encore la question de savoir s'ils ont gravement porté atteinte à l'intégrité physique, psychique ou sexuelle d'autrui. Sur ce point, les explications de la juridiction cantonale, qui a uniquement relevé que la victime souffrait d'anxiété depuis lors et qu'elle n'avait pas été en mesure de faire d'autres déclarations (décision querellée, p. 6), ne sont pas étayées. Selon le Message du 28 août 2019 concernant la modification du Code de procédure pénale, l'exigence supplémentaire de l'atteinte grave prévue à l'art. 221 al. 1bis let. a CPP a pour objectif de garantir que, lors de l'examen de la mise en détention, il sera pris en considération non seulement les peines encourues, mais aussi les circonstances de chaque cas d'espèce (cf. FF 2019 6351 ss, spéc. 6395). Or, sans négliger la gravité objective des faits reprochés au recourant et, partant, le traumatisme qu'ils ont vraisemblablement causé à la victime, on doit admettre que les faits retenus par l'autorité cantonale ne permettent pas de considérer que les actes reprochés au recourant apparaissent suffisamment caractérisés pour être de nature à avoir gravement porté atteinte à l'intégrité, en l'occurrence psychique, de sa victime. On relève par ailleurs qu'il ne ressort pas de l'état de fait cantonal que le recourant aurait usé de violence physique envers cette dernière. De plus, s'il ne faut pas perdre de vue que le recourant aurait menacé la victime au moyen d'une arme de poing, la juridiction cantonale ne fournit pas plus d'explications à cet égard, ni sur les éventuelles souffrances qui auraient découlé des actes reprochés à l'intéressé. On peut au demeurant relever qu'il ne paraît à ce stade pas y avoir d'indice sérieux permettant de supposer que l'intéressé aurait agi avec un pistolet réel, puisque seule l'utilisation de pistolets factices, voire d'une machette, semble en l'état pouvoir lui être imputée (cf. décision querellée, p. 6). Dans le second cas - pour lequel on relève au demeurant, au regard des pièces produites de manière irrecevable par le recourant, que les soupçons pesant contre ce dernier ne paraissent plus d'actualité (cf. actes 15 et 16) -, il est reproché au recourant d'avoir, avec un comparse, contraint une employée d'un magasin C.________, sous la menace d'une arme de poing, à leur remettre de l'argent provenant de la caisse. Or, si ces faits paraissent, comme pour le premier, à première vue constitutifs de brigandage (art. 140 CP) et, partant, d'un crime ou à tout le moins d'un délit grave, il faut aussi qu'ils aient gravement porté atteinte à l'intégrité physique ou psychique d'autrui. À cet égard, le constat est le même que pour les faits du 15 janvier 2024. On relève certes que ces faits sont objectivement graves et qu'ils dénotent en soi, par opposition à un simple vol, un comportement violent. Cependant, ici également, l'autorité cantonale est muette sur l'atteinte grave à l'intégrité physique ou psychique d'autrui qui résulterait des agissements reprochés au recourant. En outre, sur la question de l'arme de poing qui aurait été utilisée lors de ces actes, l'état de fait cantonal ne fournit pas plus d'indications que ce qui a été dit concernant l'autre brigandage.