Citation: 5A_219/2016 E. 1.2.3

1.2.3. En l'espèce, la recourante soutient qu'elle est menacée d'un préjudice irréparable: si la poursuite suit son cours puis se termine -par la distribution des deniers - avant que les tribunaux n'aient pu définitivement statuer sur le fond de l'action, celle-ci n'aura plus d'objet et sera donc " caduque "; le moyen de défense accordé par l'art. 85a al. 1 LP sera ainsi perdu et il ne lui restera plus que l'action en répétition de l'indu prévue par l'art. 86 LP, " où la répartition de la preuve lui sera défavorable " puisqu'il " lui incombera alors de prouver que l'obligation n'existait pas ". La recourante ne saurait être suivie. Il est exact que, selon la jurisprudence, la poursuite doit encore être pendante lorsque le jugement statuant sur l'action ouverte selon l'art. 85a al. 1 LP est prononcé (ATF 129 III 197 consid. 2.1 p. 198; 127 III 41 consid. 4c p. 43; 125 III 149 consid. 2c p. 153; arrêts 5A_712/2008 du 2 décembre 2008 consid. 2.1; 5C.216/2002 du 16 avril 2003 consid. 5, publié in Pra 2004 p. 498; 5C.11/2001 du 30 mai 2001 consid. 2a); il s'agit là d'une condition de recevabilité qui doit encore exister au moment du jugement et dont l'absence fait obstacle à l'examen du fondement matériel de la demande (ATF 127 III 41 consid. 4c et d p. 43 ss; arrêt 5C.11/2001 précité consid. 2a). Il n'en demeure pas moins, comme la recourante l'admet du reste expressément, que, dans l'hypothèse où les deniers seraient distribués avant droit jugé sur sa demande déposée le 17 février 2015, elle disposerait encore de l'action en répétition de l'indu selon l'art. 86 LP (cf. ATF 132 III 539 consid. 3.3 p. 543 et les arrêts cités; JÜRGEN BRÖNNIMANN, in Kurzkommentar SchKG, 2ème éd., 2014, n° 4 ad art. 86 LP). Le fait que, dans cette action, il appartient au débiteur de prouver l'inexistence de sa dette (ATF 119 II 305 consid. 1b/aa p. 305 s.; 26 II 479 consid. 3 p. 486) ne constitue pas un préjudice irréparable d'ordre juridique. Les considérations sur la répartition du fardeau de la preuve mises en avant par la recourante sont dès lors sans pertinence. Par ailleurs, ainsi que cela ressort des faits constatés par la cour cantonale et comme relevé dans l'ordonnance sur effet suspensif de la Cour de céans, il apparaît que le Président du Tribunal d'arrondissement a fait interdiction à l'Office des poursuites de disposer du prix de vente jusqu'à décision définitive et exécutoire sur la contestation de l'état des charges. Or, il ne résulte pas de l'arrêt cantonal - et il n'est au demeurant pas allégué - qu'un jugement au fond, définitif et exécutoire, aurait été rendu dans cette procédure. Il suit de là que la recourante a échoué à démontrer qu'elle serait exposée à un préjudice irréparable. L'on ne saurait dès lors entrer en matière sur son recours.