Citation: I 317/05 12.06.2006 E. 5

Selon l'expertise du docteur A.________, l'intimée souffre d'un trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission (partielle) ainsi que d'une fibromyalgie. L'expert retient une incapacité de travail importante, essentiellement due aux douleurs diffuses, dont l'appréciation relève aussi d'autres domaines d'expertise, tel que celui de la rhumatologie. Cela étant, aucune affection n'a été constatée sur le plan somatique. La rhumatologue du COMAI n'a décelé aucune limitation fonctionnelle objective. Les restrictions constatées sont exclusivement induites par la symptomatologie douloureuse constitutive d'une fibromyalgie, soit d'une affection psychique. Il convient donc d'examiner si les trois expertises se trouvant au dossier permettent de statuer sur le caractère invalidant de la fibromyalgie à la lumière des principes exposés ci-dessus. 5.1 Tant l'expertise du COMAI que celle du docteur A.________ infirment le diagnostic de trouble affectif bipolaire, épisode actuel hypomaniaque, et les troubles mixtes de la personnalité retenus par la doctoresse M.________ dans son expertise du 30 septembre 2003, de sorte qu'il convient d'écarter ce diagnostic. Sur le plan psychique, on peut tout au plus retenir un trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission (partielle), lequel ne saurait être assimilé à une comorbidité psychiatrique grave - selon la jurisprudence, les états dépressifs ne constituent en principe pas une comorbidité psychiatrique grave et durable à un trouble somatoforme (ATF 130 V 356 consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, Der Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit une seine Bedeutung in der Sozialversicherung, in: Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, St Gall 2003, p. 81, note 135) -, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges. 5.2 Par ailleurs, on ne voit pas que l'intimée réunisse en sa personne les critères jurisprudentiels susceptibles de fonder un pronostic défavorable quant à l'exigibilité, au plan psychique, d'une reprise de l'activité professionnelle. D'une part, l'existence d'affections corporelles chroniques n'a pas été établie, la rhumatologue du COMAI n'ayant fait état d'aucune limitation objective sur le plan somatique. D'autre part, l'intimée ne subit pas une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. Elle est en effet encore capable de prendre plaisir à certaines activités (promenades, musique, rencontres familiales) (rapport d'expertise du docteur A.________ p. 5) et bénéficie en outre d'une vie de couple heureuse. L'assurée n'a donc pas épuisé toutes ses ressources adaptatives. Par ailleurs, le trouble dépressif diagnostiqué est actuellement en voie d'amélioration et l'expert psychiatre note que certains symptômes cardinaux (l'humeur, l'anhédonie) se sont partiellement amendés sous l'effet du traitement instauré (Cipralex®). Il n'y a par conséquent pas lieu de conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique ou à l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art. 5.3 Au vu de ce qui précède, les troubles psychiques en cause ne se manifestent pas avec une telle sévérité que, d'un point de vue objectif, ils excluent toute mise en valeur de la capacité de travail de l'intimée. Au contraire, il y a lieu d'admettre le caractère exigible d'un effort de volonté de sa part en vue de surmonter la douleur et de se réinsérer dans un processus de travail. En l'absence de comorbidité psychiatrique, l'incapacité de travail résultant de tels troubles s'évalue en effet à la lumière de critères jurisprudentiels et non plus en regard des seules conclusions médicales dont il est dès lors possible de s'écarter. Il s'ensuit que le recours est bien fondé.