Citation: 6B_1109/2022 E. 3.3

3.3. La recourante considère qu'elle disposait du temps suffisant pour effectuer un dépassement en toute sécurité et se réfère à cette fin aux déclarations de H.________. Elle considère dès lors que, au bénéfice du doute qui devrait lui profiter, on ne pourrait pas retenir qu'elle avait sciemment mis en danger les usagers de la route, dès lors qu'elle affirme n'avoir pas vu le véhicule au moment du dépassement, qu'elle se serait trouvée, par surprise, en face d'un véhicule et qu'elle aurait disposé de "largement assez de temps" pour effectuer son dépassement. La recourante invoque que le choc entre son véhicule et celui de I.________ aurait été de très faible intensité et que les véhicules se seraient seulement frôlés. En prétendant qu'elle disposait de bien assez de temps pour effectuer sa manoeuvre de dépassement, la recourante se fonde sur un fait qui n'a pas été constaté par la cour cantonale et au sujet duquel elle n'établit pas que celle-ci aurait établi les preuves de manière arbitraire, les déclarations de H.________ n'étant pas à elles seules décisives. En outre, elle ne conteste pas qu'un contact a eu lieu entre son véhicule et celui de I.________ et ne prétend pas que ce contact se serait produit à faible allure, étant rappelé qu'un dépassement n'est permis que si l'espace nécessaire est libre (art. 35 al. 2, 1 re phr., LCR). L'intensité du choc entre les véhicules n'est par ailleurs pas déterminante; en se rabattant sur la voie de droite et en percutant le véhicule de I.________, la recourante a créé un sérieux danger pour la sécurité d'autrui ou en a, à tout le moins, pris le risque. Ces éléments permettaient à la cour cantonale de retenir, objectivement, une sérieuse mise en danger du trafic, à tout le moins sous la forme d'une mise en danger abstraite accrue (cf. ATF 142 IV 93 consid. 3.1; 131 IV 133 consid. 3.2; 121 IV 235 consid. 1) et, subjectivement, une faute grave (cf. ATF 131 IV 133 consid. 3.2), en lien avec l'art. 26 al. 1 et l'art. 35 al. 2 et 3 LCR et l'art. 10 al. 2 OCR. La cour cantonale pouvait donc admettre, sans violer le droit fédéral, une infraction à l'art. 90 al. 2 LCR. La recourante soutient en outre que son comportement aurait reposé sur une appréciation erronée et excusable de la situation. Pour autant que l'on puisse comprendre que la recourante reproche à la cour cantonale une violation de l'art. 13 CP, son grief est irrecevable, faute de motivation suffisante (art. 42 al. 2 LTF). Pour le reste, sauf à s'en prendre à l'établissement des faits, la recourante ne conteste d'aucune manière la réalisation des éléments constitutifs de l'infraction retenue, de sorte que la cause ne sera pas revue sous cet angle (art. 42 al. 2 LTF).