Citation: 9C_395/2023 E. 5.3

5.3. L'argumentation du recourant, selon laquelle le docteur B.________ a retenu des éléments psychotiques (hallucinations visuelles et auditives et vision paranoïde du monde) qui "n'ont jamais été relevés auparavant" est en revanche bien fondée. On constate que dans leur rapport du 18 juin 2013, les experts D.________ et E.________ ont examiné si l'assuré présentait des symptômes de la lignée psychotique, ce qu'ils ont exclu, en relevant l'absence d'obsession, d'idée délirante et de signe indirect d'hallucinations. Or l'état dépressif sévère avec symptômes psychotiques (F 32.3) diagnostiqué par le docteur B.________ dans son rapport du 25 novembre 2020, soit postérieurement à l'expertise du CEMed de 2013, est un élément nouveau. Le médecin traitant a en effet indiqué que si les diagnostics d'autre modification durable de la personnalité et de syndrome douloureux somatoforme persistant, qu'il avait également posés, devaient être retenus depuis 2003, respectivement 2004, en revanche l'état dépressif sévère avec symptômes psychotiques avait été objectivé à sa consultation depuis le 29 juin 2020 (rapport du 25 novembre 2020). Il ne s'agissait dès lors pas d'un élément connu des médecins du CEMed et étudié par ceux-ci dans le cadre de leur expertise en 2013. Le docteur B.________ a par ailleurs motivé ce nouveau diagnostic en indiquant que son patient présente constamment des critères pour une hospitalisation en milieu psychiatrique spécialisé et des symptômes psychotiques sous formes d'hallucinations ("des personnes défuntes de génération le précédant sont à ses côtés par exemple ou la persécution"). La considération des premiers juges selon laquelle l'appréciation du docteur B.________ ne constitue qu'une appréciation divergente d'une situation demeurée pour l'essentiel sans changement significatif ne peut dès lors pas être suivie.