Citation: 6B_579/2021 E. B

Statuant le 10 mars 2021 sur les appels principaux de B.B.________, C.B.________ et D.B.________, ainsi que sur l'appel joint du Ministère public de la République et canton de Genève, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a réformé le jugement attaqué en ce sens qu'elle a reconnu A.________ coupable de contrainte sexuelle et de viol et l'a condamné, outre aux frais de la procédure, à une peine privative de liberté de 4 ans, sous déduction de 22 jours de détention avant jugement. Elle a ordonné qu'il soit soumis à un traitement ambulatoire (art. 63 CP), a ordonné son expulsion pour une durée de 5 ans et dit que l'exécution de la peine primait celle de l'expulsion, et a ordonné diverses restitutions. A.________ a en outre été condamné à payer à B.B.________ un montant de 2'010 fr. 80 à titre de réparation du dommage matériel et 15'000 fr. à titre de réparation du tort moral. C.B.________ et D.B.________ ont été déboutés de leurs prétentions en réparation du tort moral et les conclusions en indemnisation de A.________ ont été rejetées. En résumé, la cour cantonale a retenu les faits suivants: B.a. B.B.________, née en 1996, souffre d'une déficience intellectuelle, d'un retard psychomoteur et d'un retard physique. Elle fait l'objet d'une mesure de curatelle de portée générale depuis novembre 2014 et vit chez ses parents. Jusqu'à ses 18 ans, elle fréquentait une institution spécialisée où elle a fait la connaissance de E.________, née en 1995, également atteinte d'une déficience intellectuelle. B.b. Le 28 juillet 2017, les deux amies ont passé la soirée ensemble, dans un premier temps au domicile de E.________, à U.________. Échappant à la surveillance de la mère de cette dernière, elles se sont rendues aux environs de 21h chez F.________, en bus, en ville de Genève, où se trouvait également A.________. Pendant la soirée, celui-ci a contraint B.B.________ à rester avec lui dans la salle de bain, usant de la force, alors qu'elle manifestait son refus. Il l'a dévêtue et l'a contrainte à subir une sodomie et une pénétration vaginale. B.B.________ et E.________ ont ensuite quitté l'appartement. Le père de la première, C.B.________, est venu les chercher vers 23h10 à la place V.________, à leur descente du bus xxx. Une fois seul dans la voiture avec sa fille, C.B.________, sentant que quelque chose n'allait pas, a encouragé sa fille à parler. Elle lui a notamment dit " c'est l'ami de E.________, il m'a fait des choses (...) en bas " en désignant le bas de son corps et derrière, étant précisé que B.B.________ ne connaît pas le vocabulaire spécifique à l'anatomie. Les parents de B.B.________ l'ont alors emmenée à l'hôpital où elle a raconté au personnel ce qui s'était passé et a subi un examen gynécologique. A teneur du constat de lésions traumatiques, B.B.________ présentait, le 29 juillet 2017, une érosion au niveau de la vulve et une fissure anale sanguinolante. Les lésions étaient la conséquence de traumatismes contondants. Le lendemain, B.B.________ a été soumise à une audition selon le protocole du National Institute of Child Health and Human Development (ci-après: NICHD). Elle a également été soumise à une expertise psychiatrique, environ une année après les faits. Par ordonnance du 25 février 2020, la direction de la procédure de la Chambre pénale d'appel et de révision a ordonné la mise en oeuvre d'une expertise de crédibilité. Il résultait du rapport d'évaluation de la crédibilité des déclarations de B.B.________ un score de 9 sur 19, étant précisé qu'à partir d'un score de 8 points, les allégations pouvaient être considérées comme crédibles, conformément à la méthode employée.