Citation: 6B_1362/2019 E. 3.3

3.3. Selon les faits établis souverainement par la cour cantonale (cf. art. 105 al. 1 LTF), la victime était suivie par un psychiatre et présentait une symptomatologie dépressive ainsi que des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool et à des difficultés dans les rapports avec son partenaire. Elle était en outre fortement déprimée le soir en question car elle venait de s'être fait éconduire par son ancien compagnon, ce qu'elle avait d'ailleurs exprimé devant le recourant. Sa tristesse et son désarroi étaient manifestes. Elle a rencontré le recourant et son camarade alors qu'elle était déjà dans un état physique passablement altéré, ceux-ci ayant dû la soutenir pour l'emmener au bord du lac avec eux alors qu'elle buvait une bouteille d'alcool fort au goulot. Elle a continué de s'intoxiquer en leur compagnie, à tel point qu'elle avait besoin d'aide pour se lever et s'asseoir. Elle s'est ainsi retrouvée en présence de deux hommes, puis de quatre et finalement de cinq, qu'elle ne connaissait pas et qui ne parlaient pas tous français, alors que pour leur part, les prévenus se connaissaient et parlaient la même langue. Très rapidement, les deux premiers hommes se sont, chacun à leur tour, livrés à des actes de nature sexuelle avec elle (ils se sont rencontrés à 19h10 devant le centre EVAM et à 19h30 le recourant était déjà en train d'appeler E.________ pour lui proposer de les rejoindre). Si le recourant n'a pas pratiqué l'acte sexuel, D.________ l'a pénétrée vaginalement et analement. Constatant son absence de résistance, le recourant a téléphoné successivement à deux de ses contacts pour leur " offrir " la victime en échange de drogue. Chacun à leur tour, ces deux hommes sont venus avec la drogue promise puis ont entretenu des rapports sexuels vaginaux et anaux avec G.B.________. Lorsqu'ils ont eu fini, ils l'ont laissée seule à cet endroit, sous l'effet de l'alcool cumulé à celui du cannabis (si ce n'est celui des médicaments), deux d'entre eux profitant encore de lui voler son téléphone portable laissé sur place. Bien qu'on ignore de quelle manière les choses se sont déroulées, il n'en faut pas moins constater que quelques heures au plus après le départ du recourant et de ses camarades, la victime est morte noyée dans le lac, soit que son état physique ait contribué à entraîner un accident mortel, soit qu'elle fut déprimée au point de se suicider. Sur la base des éléments qui précèdent, la cour cantonale pouvait considérer que même si la victime s'était montrée entreprenante à un moment ou à un autre, elle n'était en réalité plus consciente de la portée de ses actes ni en mesure de décider si et avec qui elle souhaitait un contact sexuel (cf. consid. 3.1 supra). C'est ainsi sans violer le droit fédéral qu'elle a conclu à l'incapacité de discernement ou de résistance de la victime, très déprimée et lourdement intoxiquée, face aux sollicitations sexuelles de quatre hommes qu'elle ne connaissait pas et qui se sont servi d'elle comme d'un simple objet sexuel.