Citation: 6B_780/2022 E. 1

Il le fallait d'autant moins qu'en l'espèce, selon le diagnostic posé par la psychothérapeute consultée par l'intimée, cette dernière avait bel et bien souffert d'un état de stress post-traumatique, en sorte que l'amnésie antérograde d'origine multifactorielle, telle que décrite par la Dresse T._________ pouvait trouver un fondement dans le dossier de la cause (cf. jugement attaqué, consid. 4.17.3.4 p. 38). 1.4.1.6. Enfin, les conclusions du Dr S._________, ainsi que celles de l'expert privé, souffraient d'une autre carence, elle aussi rédhibitoire. Elles n'apportaient en effet aucun début d'explication quant à la présence sur le corps de l'intimée des nombreuses lésions dûment répertoriées aux termes de l'expertise médico-légale effectuée le 29 janvier 2015 par les Drs K._________ et L._________. Ces lésions, qualifiées de très impressionnantes par la Dresse L._________, ne pouvaient évidemment pas avoir été le fruit d'hallucinations ou de reconstruction mentale, même suggérées par des indices. Compte tenu de leur répartition et de leur localisation sur le corps de l'intimée, elles étaient difficilement imputables, aux dires des experts, aux diverses chutes rapportées par les témoins, ce que le Dr K._________ avait encore confirmé lors de son audition, quel que fût d'ailleurs le nombre de chutes que l'intéressée aurait faites le soir en question. Il avait également précisé qu'il était peu probable qu'elles fussent la conséquence d'une automutilation, ce que la Dresse L._________ avait corroboré. Les blessures étaient en revanche tout à fait compatibles avec les bribes de souvenirs rapportées par l'intimée. Il en allait notamment ainsi des hématomes situés au niveau des deux seins, qui pouvaient fort bien provenir des pincements décrits par l'intimée, des blessures au niveau de l'avant-bras gauche et de l'arrière de la cuisse droite, qui pouvaient sans aucun doute correspondre à des marques de doigts consécutives au maintien ferme évoqué par elle, des hématomes situés face à la partie postérieure des deux crêtes iliaques et en-dessous de l'omoplate droite, qui pouvaient correspondre à des blessures de contre-appui provoquées par le maintien forcé de l'intéressée sur une surface rigide, comme soutenu par elle, ainsi que des enflures sensibles à la pression à l'arrière de la tête, qui pouvaient aisément résulter de la chute du lit qu'elle avait décrite. Quant à les dater précisément, le Dr K._________ avait précisé, lorsqu'il avait été entendu, qu'il n'y avait pas de moyens scientifiques de le faire, mais que les hématomes constatés n'étaient pas frais et remontaient à quelques jours, de sorte qu'il était tout à fait plausible qu'ils avaient été provoqués au moment des faits relatés par l'intimée (cf. jugement attaqué, consid. 4.17.3.5 p. 39).