Citation: 4P.203/2000 27.03.2001 E. 2

2.- Le recourant invoque la violation de l'art. 9 Cst. Il reproche, en substance, à la cour cantonale de s'écarter des éléments ressortant du dossier et de contredire clairement la situation de fait. a) Une décision est arbitraire lorsqu'elle contredit clairement la situation de fait, lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle heurte d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; à cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. Par ailleurs, il ne suffit pas que les motifs de l'arrêt attaqué soient insoutenables, encore faut-il que ce dernier soit arbitraire dans son résultat. Il n'y a en outre pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution que celle de l'autorité intimée apparaît comme concevable, voire préférable (ATF 123 I 1 consid. 4a; 122 I 61 consid. 3a; 122 III 130 consid. 2a). b) L'arrêt entrepris s'appuie essentiellement sur la thèse de Yung (La théorie de l'obligation abstraite et la reconnaissance de dette non causée en droit suisse, Genève 1930, p. 149 ss). Selon cet auteur, la tâche du débiteur quant à la preuve du défaut de la cause de la reconnaissance de dette, qui lui incombe en principe (art. 17 CO et 8 CC; Schwenzer; Basler Kommentar, n. 8 ad. art. 17 CO), est facilitée, lorsque le créancier adopte une attitude équivoque au mépris de la bonne foi. Si le créancier a le droit de garder le mutisme sur la cause de sa prétention au moment où il la fait valoir, il n'a plus ce droit lorsque le débiteur a dévoilé la cause. Le créancier doit alors approuver ou contester les allégations du débiteur. Si le créancier reconnaît que la cause indiquée par le débiteur est juste, celui-ci est dispensé de la prouver autrement. Si le créancier prétend au contraire que l'obligation a une autre cause, il doit indiquer laquelle. Il ne peut se cantonner dans l'expectative absolue que s'il rend vraisemblable qu'il ignore la cause. c) En application des principes énoncés, la cour cantonale relève l'attitude contradictoire du créancier lequel, dans la procédure de mainlevée ou dans les procédures pénales, a admis les prêts comme cause de la reconnaissance de dette, pour ensuite laisser entendre, dans la procédure en libération de dette, que la véritable cause était le commerce clandestin de viande. Même si la cour cantonale écarte ensuite, pour des raisons procédurales (défaut d'allégation), le commerce clandestin de viande comme cause de la reconnaissance de dette, elle reproche au créancier une attitude contraire à la bonne foi, qui dispenserait le débiteur de prouver la cause litigieuse autrement.