Citation: 8C_576/2022 E. 5.1

5.1. La recourante conteste le secteur de référence retenu par les premiers juges, à savoir la ligne "total" de la table TA1, et leur fait grief d'avoir considéré que l'interruption des stages pratiques était justifiée par des motifs médicaux en lien avec l'atteinte à la santé consécutive à l'accident du 15 juin 2012. Il aurait au contraire été confirmé que la capacité de travail de l'intimé était entière dans l'activité où il était réadapté (cf. rapport du SMR du 7 septembre 2018). La recourante soutient en substance que l'intimé aurait eu une attitude ambivalente dans le processus de réadaptation (motivation affichée en début de mesure, remise en cause et désinvestissement au moment de mettre en pratique les résultats de la formation) et que cette attitude expliquerait sa réticence à repasser l'examen raté (de peu) du module "Immotechnique" en avril 2017, son nouvel échec à la session de septembre à décembre 2017 et le fait qu'il ne cherchait plus à valider formellement ce module de formation. L'arrêt attaqué s'attarderait à tort sur le manque de méthodologie relevé chez l'intimé en mars 2014, soit au tout début du processus de réadaptation, ainsi que sur son manque de compétences en communication pour suivre un stage comme conseiller de placement de personnel. Il tirerait la conclusion erronée que l'activité de gérant d'immeubles ne serait pas exigible et qu'elle ne pourrait pas servir de base pour la détermination du revenu d'invalide. En outre, les juges cantonaux auraient omis de tenir compte des bilans successifs des différents stages, dont il ressortait à chaque fois que l'intimé avait les capacités nécessaires pour mener à terme sa réadaptation, et auraient négligé le rôle joué par la personnalité de l'intimé dans l'échec du processus de réadaptation. Ce faisant, ils auraient fait une application erronée de l'art. 7 al. 2 LPGA en incluant dans leur appréciation de l'incapacité de gain des motifs qui seraient étrangers à l'invalidité. Selon la recourante, il y aurait lieu de se fonder sur la situation d'un assuré ayant terminé et réussi sa formation de gérant d'immeubles, d'autant plus que les examens des modules "Immostart", "Immobase" et "Etat des lieux" avaient été réussis. Le domaine de l'immobilier serait le secteur dans lequel l'intimé aurait été le plus constant et aurait acquis le plus d'expériences et de connaissances, grâce en particulier aux mesures mises en place par l'Al. Avec un tel bagage, celui-ci pourrait travailler comme assistant technique ou administratif dans une régie immobilière. En outre, la branche "activités immobilières" couvrirait les quatre niveaux de compétences et non seulement des postes hautement qualifiés de courtiers ou d'agents immobiliers. On y trouverait aussi des postes techniques ou administratifs ne requérant pas les compétences de communication nécessaires pour le courtage ou la vente immobilière. Pour ces motifs, ce serait bien en se référant à la ligne 68 de la table TA1, soit au secteur d'activité spécifique de l'immobilier, que l'on parviendrait à fixer le plus précisément le revenu d'invalide encore exigible de la part de l'intimé, dans le respect de ce que prescrit l'art. 16 LPGA.