Citation: 1B_62/2023 E. 1

Le fait que l'intimée ait instruit la procédure P/13998/2016 dirigée contre la recourante sur plainte de son ex-compagnon et rendu une ordonnance de non-entrée en lieu et place d'un classement ne réalise pas le cas de récusation visé à l'art. 56 let. b CPP, comme le soutient la recourante dans la partie de son mémoire consacrée aux motifs de recours. La notion de "même cause" au sens de cette disposition s'entend de manière formelle, c'est-à-dire comme la procédure ayant conduit à la décision attaquée ou devant conduire à celle attendue. Elle n'englobe en revanche pas une procédure distincte ou préalable se rapportant à la même affaire au sens large, soit au même ensemble de faits et de droits concernant les mêmes parties. Le cas de récusation visé par l'art. 56 let. b CPP présuppose également que le magistrat en question ait agi à "un autre titre", soit dans des fonctions différentes (cf. ATF 143 IV 69 consid. 3.1), ce qui n'est ni allégué ni démontré. La recourante entend également reprocher à l'intimée d'avoir tenu des audiences "avec la stagiaire de Me B.________" alors qu'elle a un avocat et que ce serait "le cirque". Elle n'indique pas quelle disposition ou quel devoir de sa charge la Première Procureure aurait transgressés en acceptant que l'avocate-stagiaire attachée à l'étude de son défenseur d'office la représente aux audiences d'instruction des 14 septembre 2022 et 1 er novembre 2022 en lieu et place de Me B.________. S'il est vrai que les avocats-stagiaires ne peuvent assister un prévenu en tant que défenseur d'office en vertu de l'art. 127 al. 5 CPP, cette disposition n'interdit pas qu'ils puissent assurer tout ou partie de la défense d'un prévenu, en "se substituant à" ou "en excusant" l'avocat en charge et sous la responsabilité de ce dernier (cf. arrêt 6B_659/2017 du 6 mars 2018 consid. 2.1 cité par MAURICE HARARI, in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2 e éd. 2019, n. 64 ad art. 127 CPP, p. 695). Sur ce point également, le recours est insuffisamment motivé, respectivement infondé. La recourante voit enfin un motif de récusation dans le fait que l'intimée "essaierait de l'enfermer pour ne pas entendre la vérité". La Chambre pénale de recours a considéré que les décisions de la Première Procureure de procéder à l'arrestation de la recourante à l'audience du 1 er novembre 2022 et de requérir sa mise en détention provisoire avaient été prises sur la base des prérogatives dont elle disposait en la matière selon le Code de procédure pénale et qu'elles ne suffisaient pas à fonder un cas de récusation, relevant au surplus que la requérante avait pu faire valoir ses droits. La recourante ne s'en prend pas à cette motivation conforme à la jurisprudence (cf. arrêt 1B_307/2013 du 29 octobre 2013 consid. 2.3). L'affirmation selon laquelle l'intimée utiliserait ces prérogatives comme un moyen de ne pas instruire la cause ou de rechercher la vérité ne repose sur aucun élément objectif. Sur ce point, le recours est insuffisamment motivé.