Citation: 8C_1/2020 E. 4.1

4.1. En l'espèce, la cour cantonale a considéré que la méthode extraordinaire était la plus appropriée pour déterminer le taux d'invalidité de l'intimé. A son avis, la comparaison des résultats d'exploitation effectuée par la recourante ne permettait pas de chiffrer la perte de gain de manière fiable. En effet, l'intimé n'était pas à la tête d'une simple entreprise unipersonnelle mais était associé-gérant (avec son épouse) de deux entreprises exploitant trois restaurants. Il était ainsi nécessaire de distinguer sa situation personnelle de celles des entreprises, ce que l'expert mandaté par la recourante n'avait pas fait. En outre, on ne pouvait pas exclure que des facteurs étrangers à l'atteinte dont souffrait l'intimé aient influencé le résultat de ces entreprises, ne serait-ce qu'au regard de la concurrence, de la conjoncture et compte tenu du fait que lesdites entreprises employaient un personnel relativement nombreux, dont plusieurs membres de sa famille. Par ailleurs, les données comptables relatives aux charges salariales variaient fortement d'une année à l'autre et apparaissaient partiellement contradictoires avec les chiffres communiqués à l'AVS. En pareilles circonstances, il n'était pas possible de distinguer la part du résultat d'exploitation qu'il fallait attribuer aux facteurs étrangers à l'invalidité de celle qui revenait à la propre prestation de travail de l'intimé. Enfin, les juges cantonaux ont relevé qu'en chiffrant le revenu d'invalide en fonction du résultat d'exploitation et du salaire déclaré à l'AVS pour l'année 2012, l'expert avait méconnu que pour procéder à une comparaison des revenus, il convenait de se placer au moment de la naissance du droit à la rente, en l'occurrence au 1 er septembre 2017, soit à une période pour laquelle on ne disposait d'aucun renseignement sur le revenu perçu par l'intimé.