Citation: 4P.335/2005 06.04.2006 E. 3.2

3.2.1 Selon les recourantes, la Cour civile I a arbitrairement déduit du procès-verbal du 3 décembre 2001, consignant les décisions prises par les parties lors d'une séance du 26 novembre 2001, que le consortium avait renoncé à se prévaloir de la prescription, au sens de l'art. 141 CO. La cour cantonale a constaté tout d'abord que, selon le procès-verbal susmentionné, B.________ SA, représentante du consortium, avait accepté le terme de fin juin 2002 pour l'exécution des travaux de garantie. Elle a considéré que le procès-verbal relatait fidèlement les propos de l'entreprise pilote, confirmés par les témoignages des employés du Service des routes. Elle en a déduit qu'en acceptant un tel délai, B.________ SA avait reconnu la responsabilité du consortium et renoncé ainsi implicitement à se prévaloir de la prescription. Les recourantes ne prétendent pas que le fait reproduit par la cour cantonale, soit l'acceptation d'un délai pour l'exécution des travaux de garantie, repose sur une appréciation arbitraire des preuves. Elles critiquent uniquement les conclusions que la Cour civile I a tirées de cette constatation. Or, déterminer si un comportement ou des propos donnés peuvent être interprétés objectivement comme une reconnaissance de responsabilité et une renonciation tacite à la prescription est une question de droit qui ne peut être examinée dans un recours de droit public (art. 43 et 84 al. 2 OJ). Le premier grief fondé sur l'art. 9 Cst. est dès lors irrecevable. 3.2.2 Les recourantes reprochent ensuite à la cour cantonale d'avoir retenu arbitrairement un lien de causalité entre la qualité des granulats utilisés et un défaut de glissance. Toujours sous l'angle de l'arbitraire, elles critiquent la décision cantonale en ce qu'elle fixe le montant du dommage au coût des travaux de réfection articulé par elles-mêmes, sous déduction d'un amortissement de 5% l'an, soit en l'espèce de 45%. Ces deux moyens fondés sur l'art. 9 Cst. ne se révèlent pas déterminants, car ils ne sont pas propres à influer sur le résultat du litige opposant les parties. En effet, en tout état de cause, l'exception de prescription invoquée par les recourantes doit être admise, entraînant le rejet de la demande de l'intimée (cf. arrêt rendu ce jour sur recours en réforme dans la cause parallèle 4C.421/2005).