Citation: 1P.750/2004 21.01.2005 E. 5

La recourante conteste que le maintien de sa détention puisse être justifié par un risque de réitération, un danger de collusion ou les besoins de l'instruction. 5.1 L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un détenu peut, en principe, maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Selon la jurisprudence, le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par d'autres moyens que le maintien en détention, tels que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine p. 271 et les arrêts cités). En l'occurrence, compte tenu de la condamnation antérieure de la recourante pour des faits similaires, de l'existence de deux autres enquêtes de même type et du fait que, selon les déclarations des prétendues victimes, les actes incriminés ont été commis dès 2002, soit l'année même de ladite condamnation, jusqu'en 2004, force est de reconnaître une probabilité sérieuse et concrète que la recourante continue à agir régulièrement de la sorte, d'autant que sa situation demeure obérée. A cela s'ajoute que les délits redoutés - à savoir de nouvelles escroqueries - sont graves. Encore doit-on préciser que, contrairement à ce que soutient la recourante, tenir son surendettement pour l'un des indices de récidive propres à justifier le maintien de sa mise en détention, n'équivaut pas à réinstaurer la "prison pour dettes" prohibée par l'art. 11 du Pacte ONU II. Enfin, on ne voit pas quelle mesure moins incisive serait apte à écarter le risque de récidive résultant des circonstances évoquées ci-dessus. 5.2 Par ailleurs, s'il est douteux que le maintien en détention soit justifié en l'occurrence par un risque de collusion ou les besoins de l'instruction (cf. ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151; 123 I 31 consid. 3c p. 36; 117 Ia 257 consid. 4c p. 261), la question souffre de demeurer indécise, du moment que le risque de récidive admis ci-dessus constitue à lui seul un motif suffisant à cet égard.