Citation: 1B_207/2014 E. 2.2

2.2. En l'occurrence, ainsi que l'a relevé la cour cantonale, la divergence sur la stratégie de défense ne justifie pas à elle seule un changement d'avocat d'office; elle ne permet pas non plus sans autre élément de remettre en cause le professionnalisme avec lequel l'avocat d'office a assuré son mandat jusqu'alors. Toutefois, il ressort des différents échanges d'écritures qu'au vu des griefs soulevés à son encontre par son client, l'avocat a lui-même déclaré ne plus être en mesure d'assurer "une bonne défense" à l'avenir en raison de la rupture du lien de confiance (cf. notamment ses courriers du 11 décembre 2013 et du 28 avril 2014). Si tant la Présidente du tribunal pénal que la juridiction précédente font état des deux pièces susmentionnées, aucune de ces autorités n'en tire de constatation, se limitant à démontrer que les reproches invoqués par le recourant ne justifient pas le changement de mandataire d'office. En l'absence de prise de position du défenseur, un tel raisonnement aurait peut-être pu être tenu. Tel n'est cependant pas le cas en l'espèce puisque l'avocat d'office s'est exprimé à au moins deux reprises de manière claire sur la question. Au regard du grave chef de prévention examiné (tentative de meurtre), du stade de la procédure (appel pendant) et de l'importante peine encourue (6 ans fermes de peine privative de liberté selon le jugement - certes non définitif et exécutoire - de première instance), la cour cantonale ne pouvait pas ignorer, lors de son appréciation, l'avis de l'avocat sur les difficultés à poursuive son mandat. Par conséquent, dans ces circonstances particulières, la Chambre pénale viole le droit fédéral en confirmant la décision de la Présidente du tribunal pénal rejetant la demande de changement du défenseur office.