Citation: 4P.163/2004 16.11.2004 E. 4

4.1 En dernier lieu, la recourante reproche à la Cour civile d'avoir retenu de manière arbitraire que B.________, fille de l'intimé, avait terminé sa formation au jour du jugement, soit le 13 mars 2003. Sur la base de l'audition de l'intéressée, déclarant avoir déposé une demande d'inscription dans une école d'infirmières pour l'automne 2002, et du mémoire de droit de l'intimé du 26 novembre 2002, confirmant indirectement la poursuite des études de B.________, la Chambre des recours aurait dû admettre le caractère insoutenable de la constatation de la Cour civile. 4.2 L'intimé réclamait la réparation de son dommage futur; il le définissait comme celui qu'il subirait le jour où ses enfants ne bénéficieraient plus de rentes AI. En réalité, il convient de distinguer la perte de gain actuelle, qui est éprouvée au jour de la décision de la juridiction cantonale devant laquelle des faits nouveaux peuvent être allégués pour la dernière fois (ATF 125 III 14 consid. 2c), de la perte de gain future, qui correspond à celle que le lésé devenu totalement ou partiellement incapable de travailler subira à partir du jugement (Franz Werro, Commentaire romand, n. 12 ad art. 46 CO). En l'espèce, il y a lieu de s'en tenir à la constatation que l'intimé entendait obtenir l'indemnisation de son dommage futur. Dans son calcul de ce dommage, la Cour civile est bien partie de la date de son jugement. Elle a déduit, du salaire capitalisé que l'intimé aurait perçu sans l'accident, les rentes capitalisées de la SUVA et de l'AI reçues au jour du jugement. La rente AI prise en compte est celle de l'intimé, à laquelle s'ajoute la rente complémentaire de son épouse (632 fr. + 190 fr. = 822 fr.); il n'est fait état nulle part d'une rente perçue à cette époque-là par l'intimé pour sa fille B.________. Du reste, par décision du 8 août 2002 concernant la période du 1er décembre 2001 au 31 juillet 2002, l'Office AI du canton de Vaud avait supprimé la rente servie pour B.________ en raison de la fin des études de la fille de l'intimé. A cet égard, la recourante ne prétend pas que la Cour civile aurait versé dans l'arbitraire en retenant les chiffres susmentionnés. Dans ces conditions, le moyen fondé uniquement sur l'établissement prétendument insoutenable de l'achèvement de la formation de B.________ est impropre à démontrer que le jugement de la Cour civile était arbitraire dans son résultat. Il doit être rejeté.