Citation: 7B_741/2023 E. 4.1

4.1. Tout d'abord, le recourant soutient que la discussion qu'il a eue avec l'appointé C.________ le 22 août 2021 ne serait pas exploitable. Il se plaint d'une violation de son droit à "l'avocat de la première heure" (art. 6 par. 3 let. c CEDH, 14 par. 3 let. d Pacte ONU II, 129 al. 1 let. b, 158 al. 1 let. c et 159 CPP) et réclame que toutes les preuves qui auraient été administrées sur la base de cette audition soient écartées du dossier. S'il existe un droit du prévenu à "un avocat de la première heure" (cf. art. 129, 132 al. 1 let. b, 158 al. 1 let. c et 159 CPP), il ne vaut que dans le cadre d'une procédure pénale, dès la phase des investigations policières (cf. art. 127 al. 1 et 129 al. 1 CPP; ATF 144 IV 377 consid. 2). Or comme déjà vu, aucun soupçon initial en matière de procédure pénale ne pesait sur le recourant au moment de l'échange litigieux. Ce dernier ne conteste d'ailleurs pas qu'il s'agissait de sa première conversation avec l'appointé C.________ depuis son arrivée au poste de police et qu'elle a eu lieu quelques instants avant qu'il soit soumis à l'éthylotest (cf. consid. 3.3.1 du jugement attaqué). Avec l'autorité cantonale, il est constaté qu'il ne s'agissait donc que d'une discussion informelle hors de toute procédure pénale, lors de laquelle le recourant se trouvait encore sous l'influence de l'alcool, ce qui avait justifié le retrait de son arme de service (cf. consid. 3.3.2 du jugement attaqué). Partant, les règles du CPP ne s'appliquaient pas (cf. consid. 3.4 supra). On ne voit pas en quoi il en irait autrement du simple fait que le recourant soit un policier et qu'il ait été interrogé par sa hiérarchie. Il ne peut quoi qu'il en soit pas se prévaloir de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (ci-après: CourEDH) sur l'art. 6 par. 3 CEDH, étant donné que les arrêts auxquels il se réfère portent sur l'accès du prévenu à un avocat dès le premier interrogatoire devant la police. Le recourant ne s'est pas retrouvé dans une telle configuration et il ne prétend du reste pas qu'il aurait eu droit à l'assistance d'un avocat dès tout échange informel relevant de la procédure interne à la police. C'est le lieu de rappeler qu'on ne peut pas considérer que les déclarations faites par un employé dans le cadre d'une enquête interne conduite par son employeur seraient inexploitables à son encontre, par une autorité pénale, dès lors que les règles ressortant de l'art. 158 CPP n'auraient alors pas été observées. Un tel mécanisme reviendrait à exclure toute exploitation, dans une procédure pénale, d'éléments recueillis - même licitement - à l'occasion d'une enquête interne conduite par l'employeur, ce qui n'est pas souhaitable. Il revient bien plutôt au juge d'apprécier librement la force probante des déclarations de la personne concernée (arrêt 6B_48/2020 du 26 mai 2020 consid. 5.3). Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas violé le droit en écartant le grief tiré d'une violation du droit à "l'avocat de la première heure" et en considérant que la discussion informelle intervenue le 22 août 2021 était exploitable.