Citation: 4A_32/2023 E. A

A.________ SA (ci-après: la société lésée, la demanderesse, l'appelante ou la recourante) fabrique et vend des boîtes de montres. B.________ SA (ci-après: la défenderesse ou l'intimée) est une entreprise de construction, exploitant en particulier une entreprise de maçonnerie, de terrassements, de béton armé et de travaux publics. Dans le courant de l'année 2011, dans le cadre d'un réaménagement du lit de l'Allaine à Z.________, la République et Canton du Jura a confié la direction des travaux à quatre entreprises, dont le bureau d'ingénieurs C.________ SA. L'intimée a conclu un contrat d'entreprise avec le canton du Jura représenté par C.________ SA, en vertu duquel elle était chargée notamment de déplacer deux conduites électriques d'une tension de 16'000 Volts (16 KV) appartenant à D.________ SA. A l'issue des travaux, l'une des deux conduites a été enfouie à une profondeur exacte inconnue mais se situant entre 20 et 40 cm en-dessous du terrain naturel. L'entreprise D.________ SA, qui donnait des instructions en tant qu'exploitante et propriétaire des conduites, a chargé l'intimée de les enrober dans du gravier. L'intimée a signalé à D.________ SA qu'en l'état, les conduites n'étaient pas enfouies suffisamment profondément, et a proposé de les enfouir plus profondément, ou de les enrober dans du béton, ce que D.________ SA a refusé. Les conduites n'ont pas non plus été protégées par des plaques métalliques. Le 5 décembre 2011, après la fin des travaux de terrassement, un employé de l'entreprise de E.________, paysagiste, procédant à la pose d'une natte en géotextile biodégradable dans le terrain, a planté dans le sol une agrafe métallique de 40 cm, endommageant de ce fait l'une des conduites, sur l'épissure du câble réalisée par D.________ SA lors du déplacement de celle-ci. S'en est suivie une coupure de courant d'une durée de 35 minutes. La demanderesse a soutenu avoir subi une interruption de sa production. Elle évalue son dommage à 63'004 fr.