Citation: 5A_76/2024 E. 8.2.4

8.2.4. La recourante soutient que la décision querellée contrevient à l'intérêt des enfants en raison de la personnalité de l'intimée, qui leur serait néfaste. 8.2.4.1. Elle expose à cet égard avoir "développé", dans ses observations du 2 novembre 2023 que l'intimée a un casier judiciaire, qu'elle a déjà porté atteinte à la personnalité des enfants, qu'elle exerce une activité professionnelle dans laquelle elle met en scène des objets inquiétants (scènes de sexe, violence, armes, photos pouvant susciter des interrogations sur son équilibre psychologique), qu'elle prenait des anxiolytiques et antidépresseurs, que l'on ne savait rien de sa santé psychique ni de sa vie actuelle et que bien qu'ayant été convoquée plusieurs fois à Genève pour des audiences importantes, elle ne s'était jamais présentée, de sorte que l'on ignorait tout de sa motivation actuelle à revoir les enfants. L'octroi du droit aux relations personnelles aurait pour conséquence qu'il faudrait expliquer la situation aux enfants, notamment le lien que l'intimée a eu avec leur mère, ce qui susciterait indéniablement des interrogations chez eux et troublerait leur quiétude. En se limitant à indiquer qu'un droit de visite encadré permettait suffisamment de préserver l'intérêt des enfants, sans s'intéresser aux questions précitées, la Cour de justice avait fait preuve d'arbitraire. Si les personnes qui encadrent le droit de visite se rendaient finalement compte que l'intimée est inapte à exercer ce droit, ou s'il s'avérait que l'intimée ne se présente pas régulièrement, voire pas du tout, l'intérêt des enfants "aura déjà été piétiné". En ne prenant pas en compte ses remarques pourtant pertinentes sur l'absence de renseignements relatifs à l'intimée et en ne s'intéressant pas à répondre aux questions qu'elle avait posées, la Cour de justice avait ainsi appliqué l'art. 274a CC de manière arbitraire, privilégiant l'intérêt de l'intimée par rapport à celui des enfants. 8.2.4.2. En tant qu'elle évoque l'éventualité - purement spéculative à ce stade - que l'intimée n'exercera finalement pas le droit aux relations personnelles qui lui est octroyé, la recourante présente de manière appellatoire des affirmations et interrogations en se référant à ses propres allégations en procédure, ce qui ne saurait démontrer que l'état de fait de l'arrêt entrepris a été établi de manière insoutenable. L'appréciation anticipée des preuves effectuée par la Cour de justice - qui a considéré que les modalités prévues pour le droit de visite, à savoir des rencontres médiatisées à raison d'une heure à quinzaine, permettront le cas échéant de préserver suffisamment le bien des enfants, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'instruire davantage - résiste en outre au grief d'arbitraire.