Citation: 6B_306/2015 E. 3

En l'espèce, il ressort du dossier qu'avant même de faire la connaissance du recourant, celui-ci a été désigné à l'intimée comme médecin. Lors de leur première rencontre, il était accompagné d'une femme qu'il a présentée comme étant une patiente qu'il venait d'opérer. Lorsque l'intimée a évoqué la grave maladie dont souffrait son époux, il s'est fait passer pour le Professeur C.________, neurochirurgien à la clinique B.________. Il s'est ensuite rendu quasiment tous les jours dans le restaurant où travaillait l'intimée et l'a relancée à plusieurs reprises, lui faisant croire qu'il pouvait mettre son mari en contact avec le Dr D.________, un médecin spécialiste en sclérose en plaques, et que les fondations E.________ et F.________ pourraient prendre en charge les frais d'hospitalisation de son époux à Nottwil. Pour parfaire la mise en scène et asseoir la crédibilité du personnage, le recourant a affiché une situation financière très confortable, offrant des repas au restaurant ou d'autres présents à l'intimée. Cette dernière, pour sa part, a effectué diverses recherches pour vérifier les dires du recourant. Elle a trouvé sur internet l'existence de la fondation E.________ et de la fondation F.________, créée par un musicien dont le recourant se prétendait le neveu et l'héritier. Elle a également découvert que le Dr D.________ était un spécialiste de la sclérose en plaques à Montréal. Lorsqu'elle a, à plusieurs reprises, questionné le recourant sur l'absence de son nom sur le site officiel de la clinique B.________ ou de publications à son nom, il lui a fourni des explications invérifiables. Contrairement à ce que soutient le recourant, il apparaît que l'intimée a procédé aux vérifications élémentaires que l'on pouvait attendre d'elle au vu des circonstances. Elle n'était pas tenue, d'après la jurisprudence, de recourir à toutes les mesures possibles pour éviter d'être trompée, à savoir, ainsi que le suggère le recourant, de consulter l'annuaire en ligne de l'association des médecins du canton de Genève, de téléphoner ou se rendre à la clinique B.________ ou encore de questionner d'autres médecins genevois. Sur le vu de ce qui précède, force est dès lors de constater que le comportement du recourant est constitutif d'une tromperie astucieuse et que la dupe ne peut être tenue pour coresponsable du dommage subi.