Citation: 6B_444/2009 04.08.2009 E. 1

Le recourant invoque une violation du principe in dubio pro reo découlant de la présomption d'innocence. En bref, il soutient que, sauf appréciation arbitraire des éléments de preuve qui leur étaient soumis, les juges cantonaux auraient dû éprouver des doutes quant à sa culpabilité, lesquels auraient donc dû lui profiter. 1.1 Tel qu'il est soulevé, le grief revient à invoquer une violation du principe in dubio comme règle de l'appréciation des preuves, donc, en définitive, à se plaindre de ce que cette appréciation serait arbitraire (cf. ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40 ss; 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88; 120 Ia 31 consid. 2c-e p. 36 ss). Cette notion, de jurisprudence constante, n'est pas synonyme de discutable, ni même de critiquable. Pour être qualifiée d'arbitraire, une appréciation doit se révéler manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 134 I 140 consid. 5.4 p. 148; 133 I 149 consid. 3.1 p. 153 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral, qui n'administre pas lui-même les preuves, ne saurait en effet en revoir librement l'appréciation et substituer la sienne, supposée différente, à celle du juge du fait. Il ne peut s'écarter de la solution retenue que s'il est amené à constater qu'elle s'avère absolument inadmissible. Il ne peut au demeurant entrer en matière sur l'arbitraire allégué que si ce dernier est démontré dans le recours conformément aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). 1.2 Le recourant fait valoir que les fiches de timbrage de la victime et des autres employés de l'imprimerie montrent que, durant la période litigieuse, soit celle du 14 août au 26 septembre 2006, lui-même et la victime ne se trouvaient pas seuls dans les locaux de l'entreprise après 17 heures, mais qu'au moins 18 autres personnes y étaient encore présentes. C'est dès lors arbitrairement qu'il aurait été retenu que la victime était alors seule avec lui dans les locaux. 1.2.1 En instance cantonale, les fiches de timbrage de la victime ont été considérées comme des pièces nouvelles et, partant, irrecevables. Le recourant n'est dès lors pas habilité à s'en prévaloir. 1.2.2 S'agissant des fiches de timbrage des autres employés, l'arrêt attaqué admet qu'il en résulte que ces derniers quittaient en général l'imprimerie entre 17 heures et 18 heures. Il considère toutefois qu'il n'était pas pour autant arbitraire de retenir que, le soir en question, le recourant et la victime se trouvaient seuls dans les locaux de l'entreprise. A l'appui, il observe que les faits litigieux se sont déroulés "après 17 heures" et que cela implique une fourchette assez large d'heures possibles, qu'il y a en outre lieu de tenir compte des absences et des vacances de certains employés et que les propos du recourant, qui a demandé à la victime de ne pas quitter immédiatement les toilettes pour éviter d'éveiller des soupçons, indiquent que celui-ci n'excluait lui-même pas que quelqu'un ait encore pu se trouver dans l'entreprise. Cette argumentation apparaît contradictoire, dans la mesure où l'arrêt attaqué semble retenir tout à la fois qu'il n'était pas arbitraire d'admettre que les protagonistes étaient seuls dans les locaux au moment des faits et que des employés étaient néanmoins présents comme en attestent leurs fiches de timbrage et les propos du recourant tendant à démontrer qu'il n'excluait pas que d'autres personnes aient pu se trouver dans les locaux. Toutefois, même si, comme le soutient le recourant, des employés se trouvaient dans les locaux, cela n'emporte pas la conclusion qu'il en tire, à savoir que l'un d'eux "aurait forcément remarqué quelque chose". Rien ne vient à l'appui de cette assertion. Il s'ensuit qu'il n'est pas établi que, sauf arbitraire, la présence d'employés dans les locaux aurait dû conduire à nier que les faits litigieux se sont produits. 1.3 Le recourant allègue qu'il était insoutenable de ne pas voir un indice d'absence de crédibilité des déclarations de la victime dans le fait qu'elle n'a parlé des faits à son médecin qu'après avoir déposé plainte pénale, alors qu'elle était suivie par ce dernier depuis une année à raison de son état dépressif. Comme l'a observé la cour cantonale, ce comportement de la victime peut apparaître inhabituel, mais n'est pas surprenant au point de faire naître un doute sérieux quant à la crédibilité des déclarations de celle-ci. Il n'est pas extraordinaire qu'une personne n'en vienne à parler qu'après un certain temps, fût-ce à son médecin qui la suit à raison d'un état dépressif, d'un fait qui l'a particulièrement affectée, voire qu'elle ne le fasse qu'après avoir pris la décision de dénoncer ce fait. Il n'était en tout cas pas arbitraire, au sens défini par la jurisprudence, de considérer qu'un tel comportement ne suffisait pas à fonder un doute sérieux quant à la véracité des déclarations de la victime. 1.4 Le recourant soutient qu'il était arbitraire de tenir compte de l'appréciation du médecin de la victime quant à la crédibilité du récit de cette dernière. Contrairement à ce que laisse entendre le recourant, la victime, même si elle ne l'a fait qu'après le dépôt de sa plainte, s'est finalement confiée à son médecin au sujet des faits litigieux. Au reste, fondée sur le constat d'un récit exempt de contradictions et n'apparaissant pas comme construit, l'appréciation de ce médecin pouvait, sans arbitraire, être considérée comme un indice corroboratif supplémentaire. 1.5 Le recourant se prévaut d'une déclaration de la victime, selon laquelle elle aurait cessé de se rendre à la buvette parce qu'il n'y allait plus. Il n'indique toutefois pas ce qui lui permet d'affirmer que cette déclaration serait parfaitement incompréhensible au regard des faits dénoncés par la victime. A plus forte raison ne démontre-t-il pas en quoi cette déclaration devrait faire sérieusement douter de l'ensemble des déclarations de la victime. Sur ce point, le recours, qui ne repose que sur une insinuation floue, est manifestement irrecevable au regard des exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. 1.6 Les juges cantonaux ont relevé que, dans la présente affaire, comme dans d'autres similaires, il n'est pas rare qu'il n'existe que peu, voire pas, d'éléments matériels et qu'il s'agit dès lors largement de trancher entre deux versions contradictoires. Examinant ces versions dans le cas concret, ils se sont dits convaincus par celle de la victime. Ils ont indiqué avoir acquis cette conviction sur la base de divers éléments, notamment des mensonges du recourant au cours de l'enquête et de la grivoiserie qu'il a manifestée, de la personnalité fragile de la victime, du fait que l'état dépressif de cette dernière s'est aggravé après les faits et amélioré depuis qu'elle les a dénoncés et, à titre corroboratif, de l'appréciation de la crédibilité des déclarations de la victime par son médecin. Sur le vu de ces considérations, on ne saurait dire que les juges cantonaux auraient forgé arbitrairement leur conviction, notamment que leur appréciation de la personnalité, de l'attitude et des déclarations respectives des protagonistes serait manifestement insoutenable, et non seulement discutable ou même critiquable.