Citation: 4A_143/2023 E. B

B.a. Au bénéfice d'une autorisation de procéder délivrée par la Commission de conciliation en matière de baux à loyer, la locataire a porté sa demande devant le Tribunal des baux et loyers de Genève le 2 septembre 2020 en concluant principalement à la nullité des congés qui lui avaient été signifiés, subsidiairement à leur annulation ou leur inefficacité, subsidiairement encore à ce qu'une prolongation de bail de quatre ans lui soit accordée pour le logement et le parking, à la diminution de loyer de 24,81 % pour toute la durée de la prolongation, à la condamnation de la bailleresse à lui rembourser le trop-versé et à ce qu'elle soit autorisée à libérer le logement avec un préavis de 15 jours pour le 15 ou la fin d'un mois pendant la durée de cette prolongation. Dans sa réponse, la bailleresse a conclu à la validation de la résiliation anticipée de l'appartement pour le 31 mars 2020, subsidiairement à la validation de la résiliation ordinaire de l'appartement et de la place de parking pour le 30 juin 2020, à ce que la locataire soit déboutée de sa conclusion en prolongation de bail et, dans le cas contraire, à ce qu'elle soit déboutée de sa conclusion en diminution de loyer. Reconventionnellement, elle a demandé l'évacuation immédiate de la locataire de l'appartement et de la place de parking avec exécution directe. Par ordonnance du 5 novembre 2020, le Tribunal a limité dans un premier temps la demande reconventionnelle à la question de l'évacuation. La locataire s'est déterminée sur la demande reconventionnelle, en concluant à ce qu'elle soit déclarée irrecevable, subsidiairement à ce qu'elle soit renvoyée à une procédure séparée, en tous les cas à son rejet. Le Tribunal a tenu audience et procédé à l'interrogatoire de la locataire et à l'audition de cinq témoins. Par jugement du 10 décembre 2021, le Tribunal des baux et loyers a déclaré inefficace le congé extraordinaire signifié le 18 février 2020 pour le 31 mars 2020; il a annulé les congés déployant leurs effets au 30 juin 2020 et débouté les parties de toutes autres conclusions. B.b. Par arrêt du 30 janvier 2023, la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice du canton de Genève a admis l'appel de la bailleresse, déclaré efficace la résiliation du bail de l'appartement donnée pour le 31 mars 2020, déclaré valable celle relative au parking donnée pour le 30 juin 2020, condamné la locataire à évacuer immédiatement de sa personne, de tout tiers dont elle est responsable et de ses biens l'appartement et le parking en question et renvoyé la cause au Tribunal de première instance pour décision sur l'exécution de l'évacuation. Ses motifs seront évoqués dans les considérants en droit du présent arrêt.