Citation: 1B_539/2020 E. A

Selon un décret du 9 décembre 2011 intitulé " organisation de la Direction de la Sécurité Présidentielle ", précisé par un autre décret n o 2015/281 du 23 avril 2015 de Paul Biya, Président de la République du Cameroun, E.________ et B.________, officiers de recherche, ainsi que A.________, C.________ et D.________, officiers de sécurité, font partie d'un groupe chargé de la protection rapprochée du chef de l'Etat. Ils bénéficient d'un passeport de service. Ils sont arrivés en Suisse en juin 2019 porteurs d'un ordre de mission du 20 juin 2019 ayant pour motifs " LIAISON AMBASSADE ", établi par le Ministre d'Etat, Secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun. F.________, deuxième secrétaire de l'ambassade du Cameroun en Allemagne, a reçu un ordre de mission du 21 juin 2019 à Berlin, lui enjoignant d'assurer la sécurité du Chef de l'Etat camerounais en Suisse. Le 24 juin 2019, l'ambassade de la République du Cameroun à Berne a fait savoir aux autorités fédérales que des activistes camerounais violents avaient saccagé les ambassades du Cameroun en France et en Allemagne. Elle attirait l'attention sur la dangerosité des individus qui projetaient de déferler sur la Suisse le samedi 29 juin 2019 et invitait le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à prendre les mesures nécessaires afin d'éviter la survenance d'événements malheureux. Paul Biya s'est rendu à Genève pour une visite privée, dépourvue de caractère officiel, et a séjourné à l'hôtel Intercontinental dès le 24 juin 2019. Sa sécurité était assurée, entre autres, par A.________, B.________, C.________, D.________, E.________ et F.________. Selon les images de vidéosurveillance de l'hôtel Intercontinental versées à la procédure, le 26 juin 2019, peu après 18 heures, neuf personnes sont arrivées sur l'esplanade située devant cet hôtel. Elles sont apparues en ordre disparate et aucune d'elles ne portait d'objet ou de pancartes, excepté un drapeau. Arrivant par l'autre côté du chemin du Petit-Saconnex, G.________, journaliste qui n'affichait aucun signe distinctif de sa profession, a salué un des participants de ce groupe puis a filmé la scène avec son téléphone portable. Ce groupe hétéroclite, évoluant calmement, s'est porté à la hauteur des agents de sécurité camerounais stationnés devant l'hôtel puis, approximativement une minute plus tard, s'est retiré et a traversé la route pour se positionner le long d'un mur, sur le trottoir d'en face, sans crier ni manifester, le tout alors que deux policiers suisses étaient présents à proximité des agents camerounais. Quelques minutes plus tard, ces derniers ont quitté le périmètre de l'hôtel et traversé le chemin du Petit-Saconnex. Ils ont entrepris de disperser les neuf personnes toujours stationnées devant le mur, ce qu'ils sont parvenus à faire rapidement, sans heurt, résistance ou opposition. Un agent helvétique était également présent et a suivi le départ de ces personnes. Alors que les agents camerounais s'en revenaient vers l'hôtel et après avoir pratiquement retraversé la route, ils sont passés devant G.________ qui, seul, était resté sur place. Il ne filmait pas ni ne faisait rien de particulier. Faisant usage de violence physique, les agents lui ont arraché son téléphone, son portemonnaie et son sac à dos, tout en lui bloquant les bras, lui causant ainsi des lésions et endommageant ses affaires. G.________ a déposé plainte pénale en raison de ces faits le jour même. Après avoir confronté les prévenus le 3 juillet 2019, considérant l'absence d'immunité confirmée par le DFAE, le Ministère public de la République et canton de Genève (Ministère public) a rendu contre chacun d'eux, en date du 5 juin 2020 sous la référence P/13748/2019, une ordonnance pénale.