Citation: 5P.413/2006 25.06.2007 E. 4

La recourante qualifie ensuite d'arbitraire la suppression de toute contribution d'entretien en sa faveur. 4.1 Selon la jurisprudence, une reprise de la vie commune n'étant plus guère envisageable après le dépôt d'une demande de divorce, l'objectif pour le conjoint de reprendre ou d'étendre son activité lucrative et d'assurer ainsi son indépendance financière apparaît déjà important dans le cadre des mesures provisoires de l'art. 137 al. 2 CC; les principes jurisprudentiels sur l'entretien après le divorce peuvent y être pris en compte dans une mesure plus étendue que dans le cadre des mesures de protection de l'union conjugale (ATF 130 III 537 consid. 3.2 p. 542). Un conjoint peut ainsi se voir imputer un revenu hypothétique supérieur à celui qu'il obtient effectivement de son travail, pour autant qu'une augmentation correspondante de revenu soit effectivement possible et qu'elle puisse raisonnablement être exigée de lui (ATF 128 III 4 consid. 4; 127 III 136 consid. 2a in fine). Un tel revenu hypothétique peut être imputé non seulement au débiteur d'entretien, mais aussi au créancier, s'agissant de statuer sur une contribution d'entretien notamment dans le cadre d'une procédure de mesures provisoires selon l'art. 137 al. 2 CC (cf. arrêt 5P.418/2001 du 7 mars 2002, reproduit in FamPra.ch 2002 p. 578). 4.2 En l'espèce, le Tribunal d'arrondissement a retenu que la séparation durait depuis 1998, constatation qui n'a pas été qualifiée d'arbitraire (arrêt 5P.26/2007); la recourante ne saurait dès lors être suivie lorsqu'elle soutient que la séparation ne dure que depuis cinq à six mois. Lors de la séparation, l'épouse était âgée de 41 ans et n'avait pas d'enfant. La cour cantonale a constaté qu'elle était infirmière de formation, que, entre 2000 et 2003, elle avait suivi le gymnase du soir et obtenu sa maturité, que par la suite elle avait effectué des cours de mise à jour de sa formation d'infirmière, mais qu'elle les avait interrompus, après avoir achevé trois modules sur cinq, pour commencer des études de droit; en mai 2006, elle a suspendu ces études pour débuter une activité lucrative au CHUV, où elle perçoit un salaire d'environ 2'300 fr. par mois. Le Tribunal d'arrondissement a estimé que, durant les huit années où son époux avait contribué à son entretien, la recourante avait largement disposé du temps nécessaire pour parfaire sa formation et retrouver un emploi lui permettant de subvenir seule à ses besoins; la suppression de la contribution d'entretien était dès lors pleinement justifiée en vertu du principe du "clean-break", d'autant que le revenu effectif de la recourante lui permettait de couvrir son minimum vital, frais de transports inclus. 4.3 Eu égard à la durée de séparation, à la procédure de divorce en cours et à celle déjà initiée en 2002, il n'est pas arbitraire de ne plus compter sérieusement sur une reprise de la vie commune et d'en tirer les conséquences quant à l'importance, pour les époux, d'assurer leur indépendance financière. Vu l'âge de l'épouse, sa situation personnelle et familiale, ainsi que sa formation et le temps dont elle a bénéficié pour la parfaire, on peut raisonnablement exiger d'elle qu'elle pourvoie à son entretien convenable, en réalisant, par exemple, le revenu d'une infirmière travaillant à temps plein ou, à tout le moins, un revenu supérieur à son revenu effectif. La recourante ne prétend pas qu'il lui serait impossible en l'état de réaliser un tel revenu, de sorte qu'elle ne démontre pas en quoi l'imputation par la cour cantonale d'un revenu hypothétique lui permettant d'assurer son entretien convenable serait arbitraire. Mal fondé, le grief doit être rejeté. 4.4 Vu l'application non arbitraire du principe du "clean-break" en l'espèce, la critique relative à l'inégalité entre époux à propos de la prise en compte des charges fiscales dans le calcul du minimum vital devient sans objet; au demeurant, l'existence d'une telle charge pour la recourante - qui, jusqu'à mai 2006, ne travaillait pas - ne ressort pas de l'arrêt attaqué.