Citation: 4A_496/2018 E. 4.3

4.3. Enfin, c'est en vain que le recourant tente de convaincre que l'organe de révision - qui n'était pas visé par l'instruction pénale - devrait être traité différemment des administrateurs (pour lesquels l'ordonnance de classement lie le juge civil) et qu'il affirme de manière lapidaire que " le réviseur a aidé les administrateurs à masquer les graves manquements, soit notamment en acceptant un bilan de complaisance et en antidatant son rapport de révision, ce qui constitue une infraction pénale ". Le fait que l'organe de révision n'était pas impliqué dans la procédure pénale (et qu'aucune ordonnance de classement n'a été rendue à son sujet) ne permet pas de lui opposer d'emblée la prescription pénale de plus longue durée. Il incombait encore au demandeur de fournir au juge civil les éléments susceptibles d'établir l'existence d'une infraction pénale dont l'organe de révision serait l'auteur et dont lui serait le lésé (cf. supra consid. 4.1.4 troisième condition). Or, devant la Cour de céans, le recourant ne donne pas la moindre explication en ce sens, mais il se borne à asséner que l'exception de prescription devrait être rejetée. En outre, même s'il soutient que le comportement des administrateurs serait à l'origine de l'activité délictueuse de l'organe de révision (qui aurait tenté de masquer des " graves manquements "), il ne fournit pas non plus d'éléments susceptibles d'étayer ses propos. Enfin, le fait que le demandeur n'ait pas dénoncé à l'autorité de poursuite pénale les infractions qui auraient été commises par l'organe de révision, ou que la procédure pénale n'ait pas été étendue à celui-ci (alors même qu'elle pouvait l'être d'office), n'est pas de nature à accréditer sa version des faits. La critique est sans consistance.