Citation: 1C_49/2023 E. 1.2

1.2. La recourante soutient que l'examen de la double incrimination en cas de blanchiment d'argent constituerait une question juridique de principe, notamment s'agissant de déterminer l'infraction préalable lorsque celle-ci ne ressort pas clairement de la demande d'entraide. La Cour des plaintes aurait appliqué de manière mécanique une jurisprudence vieille de 20 ans à teneur de laquelle la Suisse doit pouvoir accorder sa collaboration lorsque le soupçon de blanchiment est uniquement fondé sur l'existence de transactions suspectes (ATF 129 II 97 consid. 3.3). L'état de fait de la commission rogatoire du 23 juillet 2020 serait consacré à la description des structures offshores et des flux financiers descendants ayant permis les acquisitions immobilières et leur entretien. En revanche, il ne contiendrait pas un mot concernant le crime ou le délit fiscal qualifié en amont, dont proviendraient les valeurs patrimoniales ayant permis les acquisitions immobilières suspectes et leur entretien. Le recours poserait ainsi la question de principe de savoir si, en matière d'entraide judiciaire, les autorités suisses peuvent s'affranchir de l'une des conditions objectives posées à l'art. 305 bis al. 1 et 1 bis CP, à savoir l'existence d'indices d'un crime ou d'un délit fiscal qualifié en amont. Selon la jurisprudence, l'autorité requérante n'a pas à indiquer en quoi consisterait l'infraction préalable en cas de blanchiment: il est suffisant que la demande s'appuie sur des soupçons objectifs et relevant de l'ensemble des circonstances (ATF 130 II 329 consid. 5.1; 129 II 97 consid. 3.2 et 3.3). La Cour des plaintes s'en est tenue dans son arrêt à cette jurisprudence dont la Cour de céans a confirmé récemment la validité (cf. arrêt 1C_594/2022 du 24 novembre 2022 consid. 1.2; voir aussi, arrêt 1C_354/2020 du 21 juillet 2020 consid. 1.2 et les références citées). La recourante ne développe aucun argument pertinent qui en commanderait le réexamen. Elle ne saurait ainsi être suivie lorsqu'elle allègue que la problématique liée à l'existence de soupçons suffisants de blanchiment d'argent porterait sur une question de principe. La Cour des plaintes a au surplus expressément indiqué les raisons pour lesquelles elle considérait que les soupçons de blanchiment d'argent et de délit fiscal qualifié étaient réalisés. Le fait que la recourante ne partage pas cette appréciation ne suffit pas à démontrer l'existence d'un cas particulièrement important au sens de l'art. 84 al. 2 LTF. La violation d'un principe essentiel de procédure n'est au surplus pas manifeste.