Citation: 4P.271/2002 27.03.2003 E. A

A.a A.________, né en 1933, a été adressé par son médecin traitant au Dr B.________, médecin-adjoint à la division de gastro-entérologie et d'hépatologie de l'hôpital X.________, en raison de problèmes biliaires. Le 11 décembre 1995, le Dr B.________ a placé dans la voie biliaire principale du patient un drain en matière plastique (stent ou prothèse biliaire) de 3,3 mm de diamètre et de 12 cm de long. Dans son rapport opératoire, ce médecin a indiqué que "si le drainage n'est pas suffisant, il faut passer immédiatement à la chirurgie. (...) La prothèse doit être retirée après trois mois, quelle que soit l'évolution". Devant l'échec de ce traitement, le Dr B.________ a adressé A.________ au Prof. C.________, directeur du département de chirurgie et médecin-chef de la clinique de chirurgie digestive de l'hôpital X.________, afin que ce dernier procède à l'intervention requise. Le 21 décembre 1995, le Prof. C.________ a effectué l'ablation de la voie biliaire du malade. L'examen pathologique de l'organe n'a pas décelé la présence d'une prothèse biliaire. Le compte rendu opératoire du Prof. C.________ ne fait pas mention du drain mis en place quelques jours plus tôt. A.________ est sorti de l'hôpital le 31 décembre 1995; lors d'une consultation chez le Prof. C.________, le 24 janvier 1996, il n'a formulé aucune plainte. En juillet 1996, A.________ a souffert de douleurs localisées dans la région abdominale. Il a alors consulté le Prof. C.________ le 4 septembre 1996, lequel l'a dirigé vers le Dr D.________, médecin-consultant à la clinique de chirurgie cardio-vasculaire de l'hôpital X.________. Ce praticien a reçu A.________ en consultation les 6 septembre, 27 septembre et 1er novembre 1996; ayant suspecté une angine de poitrine, car le patient présentait les risques usuels d'une maladie coronarienne, il lui a fait subir divers examens. A.________ a ainsi été hospitalisé le 21 novembre 1996 pour subir une coronarographie, qui a permis d'exclure toute pathologie cardio-vasculaire; à cette occasion, lors d'un contrôle de routine de l'abdomen, le cardiologue a constaté la présence d'un tube radio-opaque en forme d'arc, au niveau de la deuxième et troisième lombaire, qui s'est révélé être par la suite le drain posé le 11 décembre 1995. Le cardiologue a immédiatement informé le Prof. C.________. Souffrant toujours de douleurs abdominales, A.________ s'est rendu le 28 novembre 1996 aux urgences de l'hôpital X.________. Le lendemain, à la suite d'une consultation avec le Dr E.________, adjoint du Prof. C.________, le patient a été pris en charge par le Dr B.________ pour qu'il subisse une endoscopie. Le Dr B.________, qui a constaté que le drain se trouvait dans le duodénum du patient, l'a extrait sans difficulté. A.________ a été immédiatement soulagé. Il a été constaté que la prothèse n'avait pas provoqué d'inflammation ou d'adhérence. A.b A.________ a demandé au Prof. C.________ de lui fournir toutes explications concernant l'oubli du drain dans son corps. Le 14 janvier 1997, le chirurgien a répondu que lors de son intervention il n'avait ni vu ni senti le drain biliaire, qui avait dû, comme c'était fréquemment le cas, "migr(er) dans le tube digestif".