Citation: 4A_234/2024 E. A

A.a. B.________, née en 1933, veuve et sans enfant, est propriétaire de l'immeuble sis... à Genève, où elle est domiciliée. Depuis de nombreuses années, elle entretient une amitié avec A.________, née en 1970. A.b. Par contrat du 3 août 2017, B.________ a engagé A.________ en qualité de "garde de personnes âgées". Le salaire convenu s'élevait à la somme nette de 2'000 fr. par mois, payable treize fois l'an, vacances non comprises, pour vingt heures de travail par semaine. A.c. Par ordonnance du 20 septembre 2017, faisant suite à la sollicitation des médecins de B.________, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a institué une curatelle de gestion et de représentation en faveur de cette dernière. Me C.________, avocate, a été désignée aux fonctions de curatrice. A.d. En janvier 2018, B.________ a institué A.________ en qualité d'héritière universelle, par testament aujourd'hui révoqué. A.e. Par contrat de travail du 12 février 2018 conclu entre B.________ - représentée par sa curatrice - d'une part, et A.________ d'autre part, la première a engagé la seconde en qualité de "garde de personne âgée" à compter du 1er février 2018, pour une durée indéterminée. Son temps de travail était de 96 heures par mois, pour un salaire mensuel net de 2'400 fr. vacances comprises, versé douze fois l'an. B.________ bénéficiait encore des services de la société D.________ Sàrl (ci-après: "D.________"), qui se rendait trois fois par jour à son domicile pour lui administrer ses médicaments. Elle jouissait en outre des soins d'un infirmier une fois par semaine ainsi que d'une physiothérapeute qui se rendait deux fois par semaine à son domicile. A.f. Le 27 septembre 2018, la curatrice a sollicité des mesures urgentes de protection auprès du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, tendant à limiter l'exercice des droits civils de B.________. En substance, la curatrice exposait que A.________ lui avait fait part de prétendus souhaits de B.________ d'augmenter son temps de travail et de lui remettre en location un appartement dans l'immeuble où elle était domiciliée. La curatrice produisait également un courrier de la Banque E.________ qui indiquait que la veille, A.________ s'était rendue à la banque avec B.________ pour retirer un montant de 10'000 fr. du compte de celle-ci, dont la moitié lui était destinée. La banque n'avait pas donné suite à cette demande. Par ordonnance du 9 novembre 2018, confirmant les mesures provisionnelles ordonnées préalablement, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a limité l'exercice des droits civils de l'intéressée. Le Tribunal a relevé que B.________ manifestait un dévouement financier à A.________ et qu'elle apparaissait sous l'emprise des désirs de cette dernière, à laquelle elle était disposée à remettre de l'argent et à accorder d'autres faveurs. Quand bien même A.________ semblait être nécessaire au maintien de B.________ à son domicile, il convenait qu'elle respecte les instructions qui lui étaient données et qu'elle s'en tienne aux termes de son contrat. Tout ce qu'elle ferait en sus de ses heures de travail serait considéré comme des services rendus par complaisance. A.g. Par courrier du 16 octobre 2018, la curatrice a sommé A.________ de respecter ses horaires de travail, en indiquant que d'éventuelles heures supplémentaires ne seraient pas prises en compte sans certificat médical attestant de leur nécessité. A.h. Par contrat de bail du 28 novembre 2018, B.________ - représentée par sa curatrice - a donné en location à A.________ un appartement de quatre pièces dans son immeuble de l'avenue.... A.________ y a emménagé avec son fils âgé de dix-sept ans. A.i. À compter du 20 octobre 2019, la curatrice a engagé F.________, nièce de A.________, afin qu'elle assure une présence auprès de B.________ les dimanches après-midis durant quatre heures. A.j. En février 2020, B.________ a été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC), à la suite duquel son état de santé s'est dégradé. A.________ a alors demandé à plusieurs reprises à la curatrice de l'engager à temps plein, ce à quoi celle-ci s'est opposée, au motif notamment qu'elle ne possédait pas de formation d'aide-soignante. Aux mois de décembre 2020 et janvier 2021, B.________ a été hospitalisée à deux reprises. Un suivi psychothérapeutique hebdomadaire à domicile a été instauré. À partir du 7 février 2021, la curatrice a engagé une aide-soignante afin de prendre en charge B.________ de 7h à 14h, tandis que A.________ devrait être présente de 14h à 18h. A.k. Par courrier du 11 février 2021, la curatrice a adressé un avertissement à A.________, lui reprochant d'avoir adopté un comportement inadéquat au cours des dernières semaines. En substance, la curatrice indiquait que B.________ lui avait rapporté que A.________ pouvait se montrer agressive et menaçante et qu'elle avait tenté de la convaincre de l'employer à 100%. A.________ avait attisé ses angoisses et sa détresse en lui faisant croire que sa curatrice voulait la placer en EMS, ainsi qu'en l'incitant à prendre des mesures pour changer de curatrice. Sur cette base, celle-ci a sommé A.________ d'adopter un comportement adéquat, faute de quoi son contrat de travail serait résilié avec effet immédiat. Par pli du 17 février 2021 rédigé sous la plume de son conseil, A.________ a contesté les reproches qui lui étaient adressés. A.l. Par courrier du 24 février 2021, la curatrice a résilié le contrat de travail de A.________ avec effet immédiat. En substance, la curatrice avait prié l'intéressée de s'abstenir de tout contact avec B.________ durant une période de vacances, instructions qui n'avaient pas été respectées. A.________ avait en effet pénétré dans l'appartement de B.________, dont elle avait les clés, en compagnie d'un homme et d'un chien, ce qui avait fortement perturbé celle-ci. Elle avait également appelé l'aide-soignante, puis B.________, en l'importunant à nouveau. A.m. Par pli du 25 février 2021, la curatrice a informé le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant de l'engagement de l'aide-soignante et fait part du fait que cette dernière avait dû effectuer des heures supplémentaires. A.n. Le même jour, la curatrice, agissant au nom et pour le compte de B.________, a résilié le contrat de bail de A.________ avec effet au 31 juillet 2021. A.o. Par courriers des 24 février et 29 juin 2021, la curatrice, agissant au nom et pour le compte de B.________, a déposé une plainte pénale à l'encontre de A.________ pour divers chefs dont abus de confiance, violation de domicile, menaces et lésions corporelles. Le 9 janvier 2023, le Ministère public a rendu une ordonnance de classement partiel. Il a toutefois reconnu A.________ coupable de tentative de contrainte pour avoir, le 28 septembre 2018, tenté d'amener B.________ à retirer la somme de 10'000 fr. de son compte bancaire. Cette ordonnance a par la suite été révoquée sur opposition de A.________, au vu notamment du jugement de première instance rendu dans la présente cause.