Citation: U 18/07 07.02.2008 E. 4

4.1 Les premiers juges ont considéré, en se fondant sur les expertises établies par les docteurs U.________ et A.________, que les atteintes à la santé psychiques de l'assurée entraînaient une incapacité de travail totale dans toute activité professionnelle, justifiant l'octroi d'une rente fondée sur un taux d'invalidité de 100 %. La recourante conteste ce taux d'invalidité, au motif, d'une part, que les constatations des docteurs U.________ et A.________ ne seraient pas suffisamment probantes, et d'autre part, que l'intimée aurait exercé, depuis l'accident, diverses activités professionnelles à un taux de 25 % (reprise à temps partiel, en 1997, de son ancienne activité de gouvernante, pour le couple qui l'employait au moment de l'accident, prise en charge de personnes âgées deux heures par semaine, pendant quelques mois en 1998, et enfin aide à son époux pour le service à table, lors de banquets organisés dans le restaurant où il est engagé). 4.2 Aux termes de l'art. 18 LAA (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 30 juin 2001; consid. 1.2 supra), si l'assuré devient invalide à la suite d'un accident, il a droit à une rente d'invalidité (al. 1). Est réputé invalide celui dont la capacité de gain subit vraisemblablement une atteinte permanente ou de longue durée. Pour l'évaluation de l'invalidité, le revenu du travail que l'assuré devenu invalide par suite d'un accident pourrait obtenir en exerçant l'activité que l'on peut raisonnablement attendre de lui, après exécution éventuelle de mesures de réadaptation et compte tenu d'une situation équilibrée du marché du travail, est comparé au revenu qu'il aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide (al. 2). 4.3 Les docteurs D.________, U.________ et A.________ ont tous trois attesté une incapacité de travail totale de l'assurée, dans toute activité professionnelle. En ce qui concerne la valeur probante des expertises des docteurs U.________ et A.________, la recourante ne soulève rien de nouveau par rapport à ce qui a déjà été exposé en relation avec l'origine accidentelle de ses atteintes à la santé (consid. 2.4 supra). Sur ce point, il convient d'y renvoyer. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la recourante, les docteurs U.________ et A.________ n'ont pas négligé de prendre en considération les activités professionnelles exercées occasionnellement par l'assurée. Le docteur U.________, en particulier, a précisé que la capacité de travail de l'intimée avait pu fluctuer de 0 à 25 % pendant la période prise en considération, et que ses constatations relatives à la capacité de travail concernaient l'époque à laquelle il l'avait examinée. Pour sa part, la doctoresse D.________ avait déjà précisé, en 1999, que l'assurée n'avait en fait repris le travail que durant de très brèves périodes : son activité pour ses anciens employeurs, à 25 %, n'avait duré que du 8 juin au 18 août 1997, l'assurée s'étant par la suite à nouveau trouvée en incapacité de travail totale; par ailleurs, la reprise d'une activité de dame de compagnie chez une amie, en mars 1998, s'était rapidement soldée par un échec complet. En réalité, ces tentatives de reprises du travail, marquées par autant d'échecs successifs, sont plus de nature à accréditer les constatations des experts relatives à l'incapacité de travail de l'assurée qu'à les mettre en doute. La seule aide apportée ponctuellement par l'assurée à son époux, lors de banquets organisés par l'employeur de ce dernier, ne permet pas davantage de tenir pour établie une capacité de travail significative en dépit des constatations contraires de tous les experts ayant examiné l'assurée. Compte tenu de cette incapacité de travail - et de gain - totale, les premiers juges étaient fondés à reconnaître à l'intimée le droit à une rente correspondant à un taux d'invalidité de 100 %.