Citation: 1B_598/2022 E. A

Au terme d'une ordonnance rendue le 13 août 2018 et confirmée en dernier ressort par le Tribunal fédéral le 11 mars 2019, le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne a classé la procédure pénale ouverte d'office et sur plainte de B.________ à l'encontre de A.________ pour violation du domaine secret ou du domaine privé au moyen d'un appareil de prise de vues, contrainte sexuelle et viol. Par acte d'accusation du 17 juin 2021, il a renvoyé B.________ en jugement devant le Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne pour calomnie, subsidiairement diffamation, et dénonciation calomnieuse, subsidiairement induction de la justice en erreur. La cause a été attribuée à la Présidente Valérie Favre et les parties ont été citées à comparaître aux débats prévus le 23 mars 2022. Le 5 janvier 2022, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté la demande de récusation de la Présidente Valérie Favre formulée le 10 décembre 2021 par B.________. A la demande de la prévenue, les débats ont été reportés au 28 juin 2022. Le 19 mai 2022, le Président du Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne Pierre Bruttin a informé les parties qu'il reprenait le traitement de la cause qu'il souhaitait "à la fois voir jugée, voire même conciliée, dans le respect naturel des droits de chacun". En réponse à la question de la prévenue de savoir si le tribunal envisageait de la juger en son absence et sans qu'elle soit représentée par un conseil, il a indiqué que si elle n'entendait pas être confrontée au plaignant, il serait naturellement pris compte de ce souhait, ajoutant qu'il pouvait également concevoir, si elle l'admettait, qu'elle soit dispensée d'audience et représentée par son défenseur. Le 20 mai 2022, A.________ a informé le tribunal ne pas avoir de réquisitions de preuve à formuler en l'état. Il a en outre précisé que sauf instruction contraire, il partait de l'idée qu'il était dispensé de comparaître. Le même jour, B.________ a sollicité le classement immédiat de la procédure en raison de son incapacité durable et totale de participer aux débats attestée par un certificat médical du 10 mai 2022. Elle a requis l'audition de deux témoins pour le cas où les débats fixés le 28 juin 2022 étaient maintenus. Le 31 mai 2022, le Président a informé les parties qu'il maintenait l'audience du 28 juin 2022 et qu'il entendrait à cette occasion les deux témoins de la défense. Il a en outre précisé qu'il souhaitait absolument tenter la conciliation à cette occasion, de sorte que le plaignant n'était pas dispensé de comparution. Il a enfin émis le souhait de pouvoir entendre la prévenue, "fût-ce à huis clos et pour une durée très brève, et naturellement avec une personne de confiance". A l'audience du 28 juin 2022, le Président a constaté l'absence de A.________. Il a fait annoter au procès-verbal que "le plaignant, bien que dûment averti du maintien de sa comparution, a choisi délibérément de ne pas se présenter. Le président ne peut qu'en prendre acte, déplorer cette attitude pour le moins désinvolte et avertir le plaignant de ce qu'une nouvelle attitude semblable ne sera pas tolérée". Il a imparti un délai au 20 août 2022 au conseil du plaignant pour faire savoir si son mandant maintenait sa plainte et au conseil de la prévenue pour lui indiquer s'il était envisageable qu'une audience se tienne à Nyon "dans le but d'entendre, de la meilleure manière possible, la prévenue par le président seul, avec un greffier, et la possibilité d'une personne de confiance, sans mettre en présence la prévenue et les conseils, pour qui sera organisé la possibilité de poser des questions". Le 22 août 2022, le conseil de la prévenue a confirmé qu'il n'était pas envisageable que sa mandante soit entendue même aux conditions évoquées à l'audience du 28 juin 2022. Elle était en revanche disposée à tenter de répondre aux questions du tribunal par voie écrite au sens de l'art. 145 CPP. Le 30 août 2022, le Président Pierre Bruttin a adressé un courrier aux avocats des parties dans lequel il déplorait vivement que la prévenue n'adhère pas à la proposition qui avait été faite lors de la dernière audience. Considérant la cause en état d'être jugée, il leur a imparti un délai au 15 septembre 2022 pour lui faire savoir s'ils entendaient poser des questions à la prévenue par écrit et, dans l'affirmative, pour lui faire parvenir leur questionnaire. Le 15 septembre 2022, A.________ a confirmé, par l'entremise de son avocat, qu'il n'entendait pas retirer sa plainte. Le 16 septembre 2022, A.________, agissant seul, a demandé la récusation du Président Pierre Bruttin qu'il considérait comme prévenu à son égard en raison des propos tenus lors des débats du 28 juin 2022 et dans son courrier du 30 août 2022 et de la manière dont la cause était instruite, qui favorisait la prévenue. Le 7 octobre 2022, son conseil a confirmé la requête de récusation et produit un certificat médical justifiant l'absence de son mandant à l'audience du 28 juin 2022. Le 18 octobre 2022, A.________ a répliqué aux déterminations du Président. La Chambre des recours pénale a rejeté la demande de récusation dans la mesure où elle était recevable, au terme d'une décision rendue le 24 octobre 2022 que A.________ a déférée le 24 novembre 2022 au Tribunal fédéral. Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures. Le Tribunal cantonal a produit le dossier de la cause.