Citation: 4A_248/2022 E. B

Après une tentative de conciliation infructueuse, A.________, en date du 24 février 2020, a assigné la société devant le Tribunal des prud'hommes de l'arrondissement de La Côte en vue d'obtenir le paiement de divers montants représentant un total d'environ 21'000 fr. Par la suite, elle a également sollicité la délivrance d'un certificat de travail. En cours de procédure, la défenderesse a produit trois documents, intitulés " quittances versement de salaire ", prétendument signés par la demanderesse, ce que cette dernière a contesté. Une expertise graphologique a été mise en oeuvre dans le cadre de la procédure. Dans son rapport d'expertise du 11 janvier 2021, l'expert a conclu, à une probabilité de 99,9 %, que la signature apposée au nom de la demanderesse sur lesdits documents était celle d'une tierce personne. Par jugement du 21 juin 2021, le Tribunal de prud'hommes de l'arrondissement de La Côte a partiellement fait droit aux conclusions de la demande et a condamné la défenderesse à verser à son ancienne employée diverses sommes, intérêts en sus, représentant un montant total d'environ 18'800 fr. Il a en outre ordonné à la défenderesse de délivrer à la demanderesse un certificat de travail contenant certaines informations reproduites dans le dispositif du jugement. En bref, l'autorité de première instance a estimé que les rapports de travail n'avaient pris fin qu'à l'issue du congé maternité de la demanderesse le 3 décembre 2019, dès lors que celle-ci avait poursuivi son activité professionnelle pour le compte de la société nonobstant sa démission préalable, puis s'était trouvée en incapacité de travail avant d'accoucher le 28 août 2019. Elle a en outre considéré qu'aucun élément n'avait permis d'établir que la demanderesse aurait touché le moindre salaire, raison pour laquelle l'intéressée avait droit à une rémunération pour la période comprise entre le 16 juillet 2018 et décembre 2019. Le 10 septembre 2021, la défenderesse a appelé de ce jugement auprès de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud. Elle a conclu à la réforme de la décision entreprise et au déboutement intégral de la demanderesse. La demanderesse a proposé le rejet de l'appel et a déposé un appel joint. Statuant par arrêt du 4 mai 2022, la cour cantonale a admis l'appel principal et rejeté l'appel joint. Elle a réformé la décision attaquée en ce sens que la société ne devait verser aucun montant à son ancienne employée. En substance, elle a retenu que les rapports de travail avaient pris fin le 31 mai 2019 à la suite de la démission de la demanderesse, celle-ci n'étant pas retournée travailler pour l'appelante après son retour de vacances. Elle a en outre considéré que les premiers juges avaient procédé à une appréciation erronée des preuves en retenant que l'appelante n'avait pas prouvé le paiement du salaire à son ancienne employée. A son avis, les salaires litigieux avaient été versés à la demanderesse par son mari en liquide.