Citation: 4A_437/2017 E. 2.2

2.2. En substance, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a considéré qu'il fallait calculer la perte de gain selon la méthode préconisée en matière de dommage ménager (arrêt entrepris p. 35) (et non selon la méthode concrète employée par les premiers juges) et, partant, qu'il s'agissait de rechercher dans un premier temps les heures de travaux agricoles que le demandeur ne pouvait plus effectuer en raison de problèmes de santé liés à l'accident (i.e. de déterminer les heures travaillées avant l'accident et de multiplier ce chiffre par le taux d'incapacité de travail en lien avec celui-ci) puis, dans un second temps, de calculer la valeur de ces heures (tarif horaire). La cour cantonale relève que " dans sa demande, [le demandeur] a allégué que sa perte de gain s'élevait au pourcentage d'incapacité multiplié par 90'000 francs. Selon lui, ce montant correspond à " son revenu annuel " calculé selon le principe du dommage normatif (...) et au tarif horaire de 30 fr. fixé par la jurisprudence. Ainsi, [le demandeur] allègue de manière implicite un nombre d'heures travaillées annuelles de 3'000 avant l'accident ". Elle retient ce dernier chiffre, signalant que ce nombre d'heures est inscrit dans le rapport d'enquête agricole du 18 décembre 2007 de l'Office AI de Berne concernant le demandeur, que celui-ci a expliqué son emploi du temps d'une journée lors de l'audition du 16 juin 2014, que son épouse a confirmé qu'il " travaillait énormément " avant l'accident, que le rapport d'expertise du 2 mai 2002 du Dr G.________, spécialiste FMH en chirurgie à Lausanne (établi à l'intention de la défenderesse pour déterminer l'incapacité de travail du demandeur suite à l'accident) faisait état de 80 heures de travail par semaine pour un agriculteur et que les 2'700 heures retenues par l'expert E.________ n'étaient pas crédibles. En fonction de cette donnée (3'000 heures/année), la cour cantonale a retenu que, pour la période du 26 janvier 2001 (jour de l'accident) au jour de la retraite du lésé (le 1er février 2022), le nombre d'heures perdues du fait de l'accident était de 16'036. Après avoir multiplié ce chiffre par le tarif horaire de 19 fr., la cour cantonale a conclu que la perte de gain actuelle et future du lésé s'élevait à 304'684 fr. S'agissant des autres postes du dommage, l'autorité précédente a réduit à 24'990 fr. le montant dû au lésé à titre d'indemnisation pour les travaux de construction du rural, fixé à 40'000 fr. son indemnité pour tort moral et maintenu à 29'052 fr. son dédommagement pour ses frais de défense avant procès (pour le résumé, cf. arrêt entrepris p. 54). Elle a confirmé le rejet des prétentions du demandeur pour le dommage ménager et pour ses frais de déplacement. Du total de 398'726 fr. (304'684 fr. + 24'990 fr. + 40'000 fr. + 29'052 fr.), elle a déduit les prestations reçues de l'assurance AI (111'474 fr.), de l'assurance perte de gain B.________ (60'000 fr.) et de la défenderesse (159'786 fr.35) et conclu que celle-ci devait payer au demandeur le solde de 67'466 fr. (chiffre arrondi), avec intérêts à 5% l'an dès le 1er janvier 2005.