Citation: 6B_780/2022 E. B

Statuant par jugement du 11 mai 2022, la Cour pénale II du Tribunal cantonal du Valais a rejeté les appels formés par le ministère public et par A._________ contre le jugement du 9 décembre 2019, ainsi que l'appel joint de B._________. Elle a néanmoins réformé le jugement en ce sens que A._________ était condamné, pour contrainte sexuelle, à une peine privative de liberté de 20 mois, avec sursis pendant 2 ans. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. A._________ est un ancien joueur professionnel de c._________ né en 1978 et domicilié à U._________. Du 22 au 26 octobre 2014, oeuvrant alors comme coach pour Swiss C._________, il a participé, à V._________, en Estonie, à un congrès international destiné aux coaches de c._________, qui était organisé par l'association C._________ Europe. B._________, ressortissante autrichienne née en 1979, elle-même ancienne joueuse de c._________ professionnelle et alors coordinatrice de la relève au sein de la Fédération autrichienne de C._________, a également participé à ce congrès. Les participants, issus de délégations représentant 35 États différents, étaient logés dans le même hôtel (D._________). B.b. A l'issue de la journée du 23 octobre 2014, les participants au congrès ont été invités à un repas officiel dans un restaurant du centre-ville de V._________. Les trois membres de la délégation suisse (A._________, E._________ et F._________) ainsi que les trois membres de la délégation autrichienne (B._________, G._________ et H._________) étaient ensemble durant le repas, dans une ambiance détendue et festive, consommant de l'alcool. En particulier, A._________ a reconnu avoir bu un litre de bière en mangeant, B._________ ayant pour sa part déclaré avoir consommé deux verres de vin, quelques gorgées de bière ainsi qu'un verre d'eau-de-vie (kummel). Vers 23 heures 15, les membres des délégations suisse et autrichienne, à l'exception de H._________, rentré à l'hôtel, se sont rendus à pied dans un bar qui se trouvait à proximité du restaurant. Les précités y ont partagé une première tournée de 20 shots d'alcool fort, sans que la consommation respective des uns et des autres n'a précisément été établie. Après une deuxième tournée de shots, A._________ a basculé de son tabouret de bar, faisant trébucher avec lui B._________ qui avait tenté de le rattraper. Les deux intéressés ont ensuite dansé de manière assez proche, avant, à un certain moment, de disparaître. G._________ les a retrouvés au bout de l'escalier qui menait aux toilettes, A._________ enlaçant B._________ qui était appuyée contre le mur. Ils sont par la suite retournés au bar, où B._________ a pris dans ses bras A._________, lequel a fait une photo d'eux avec son téléphone portable. Lorsque la décision a été prise de rentrer à l'hôtel, G._________, qui a quitté le bar en dernier, a vu B._________ étendue dans la rue en train de rire, avec A._________ à ses côtés. Le groupe est alors parti à pied pour chercher un taxi, A._________ et B._________ marchant derrière les trois autres comparses. A un moment, en se retournant, G._________ a constaté que A._________ et B._________ n'étaient plus là. Renseignement pris auprès d'un passant, il a été informé qu'ils étaient montés dans un taxi et qu'ils étaient déjà partis. Il est alors rentré en taxi avec E._________ et F._________. Arrivé à l'hôtel, G._________, inquiet quant à la vue de soldats allemands postés dans la ville et quant à l'atmosphère étrange qui régnait alors dans la ville, compte tenu de la situation politique tendue entre l'Estonie et la Russie, s'est encore enquis auprès de la réceptionniste de savoir si les deux intéressés étaient bien arrivés à l'hôtel, ce qui lui a été confirmé, puisque cette dernière lui avait dit qu'un homme et une femme étaient arrivés cinq minutes auparavant. B.c. B.c.a. Le lendemain matin (24 octobre 2014), B._________ s'est réveillée dans la chambre d'hôtel de A._________. Ce dernier était alors allongé sur le ventre dans l'un des deux lits individuels et dormait d'un sommeil profond, alors qu'elle occupait le second lit. Elle s'est levée, a remarqué que les couvertures et ses habits étaient éparpillés partout dans la chambre, laquelle semblait avoir été retournée, et s'est habillée sans toutefois pouvoir retrouver sa chemise de corps et ses chaussettes. Sitôt après son réveil, elle a ressenti des douleurs sur tout le corps et a remarqué la présence d'hématomes, qui se situaient dans son dos et sur ses genoux. Elle a quitté la chambre vers 5 heures 40 et est sortie de l'hôtel, complètement désorientée, avant de s'apercevoir qu'elle y logeait aussi. Elle a alors rejoint sa chambre et ne s'est réveillée que vers 8 heures 20, lorsque G._________ l'a appelée pour lui dire qu'ils partaient à 8 heures 30 pour participer au congrès. Auparavant, soit le matin en question à 5 heures 37, elle avait écrit à I._________, son amie restée en Autriche, un message Whatsapp disant: "Hab scheisse gebaut!". A 8 heures 28, B._________ a demandé, par message à I._________, de la rappeler, ce que son amie a fait vers 9 heures. Elle lui a expliqué qu'elle s'était "manifestement défoncé la gueule" la nuit précédente et qu'elle ne se rappelait de rien, si ce n'était d'avoir bu un shot dans un bar, puis de s'être réveillée dans la chambre de A._________. B.c.b. Quant à A._________, à son réveil, peu avant 8 heures, il a constaté qu'il était seul dans la chambre, mais que les deux lits étaient défaits. Il a remarqué qu'il y avait un peu de vomi sur le sol et il a trouvé une chaussette et un t-shirt qui ne lui appartenaient pas. Après avoir nettoyé la chambre et pris une douche, il s'est rendu au petit-déjeuner de l'hôtel où il a croisé G._________, qui lui a appris qu'il était rentré avec B._________. Il en a donc déduit qu'il avait passé la nuit avec elle et qu'il "s'était peut-être passé quelque chose", même si, au vu de son état, il peinait à imaginer avoir pu entretenir des relations sexuelles. B.c.c. Entre 8 heures 13 et 8 heures 48, A._________ a adressé plusieurs messages à B._________, dont un qui avait la teneur suivante: "Sorry für heute Nacht !!!", et un autre: "Das war nicht gut und nicht gentleman like!". Il était embarrassant pour lui, voire même désagréable, d'apprendre que B._________ était venue dans sa chambre, puisqu'il avait une compagne, ce que l'intéressée savait d'ailleurs. B._________ lui a répondu: "dont worry". B.d. B.d.a. Plus tard dans la matinée du 24 octobre 2014, lors de la pause café, les membres des délégations suisse et autrichienne ont parlé de la soirée de la veille. Aussi bien B._________ que A._________ ont dit qu'ils n'avaient aucun souvenir de la nuit précédente, ce dernier, qui a répété à plusieurs reprises avoir eu un blackout, reconnaissant même avoir précisé que la situation le tracassait. Lors de cette discussion, A._________ a notamment déclaré: "S'il y a bien quelqu'un qui n'a pas l'alcool agressif, c'est moi" et, sur le ton de la plaisanterie, "Je suis content de n'avoir tué personne cette nuit". B.d.b. De retour à l'hôtel, B._________ a constaté la présence d'autres hématomes sur les pieds, sur le haut du bras droit et au niveau du bras inférieur gauche, des traces de griffures sur les deux pieds et sur le haut du bras droit, des rougeurs autour de la bouche, ainsi que des douleurs à l'auriculaire gauche et sur le côté gauche de la poitrine, ce qui l'a choquée et lui a fait peur. Elle a alors écrit le message suivant à A._________: "Schon strange der gestrige abend habe am ganzen körper blauen flecken". Ce dernier lui a répondu de la manière suivante: "Sorry", "Ich weiss nicht mehr viel", "Sehr strange", "Aber wie gesagt das war nicht gentleman like at all", "Sorry". B._________ lui a alors écrit: "hmmmm war echt komisch alles - mach dir keinen kopf bitte". B.d.c. Les intéressés se sont retrouvés à 14 heures 15 dans le hall de l'hôtel pour discuter et essayer de se remémorer les événements de la veille. B._________ a montré à A._________ les bleus qu'elle avait à l'épaule et aux genoux, en lui disant qu'elle ne savait pas d'où provenaient ces marques. A._________, qui n'en savait pas plus, lui a restitué ses habits et lui a montré la photo qu'il avait prise d'eux la veille. Sur demande de B._________, il la lui a envoyée. Revenue dans sa chambre d'hôtel, B._________ a fait des photos de ses bleus avec son téléphone portable et a envoyé celle prise d'un de ses genoux à son amie I._________. Elle lui a également fait parvenir la photo que A._________ avait prise d'eux la veille, avec le commentaire suivant: "habe grad gredet - er meinte schade das wir nichts wissen von der nacht", suivi d'un smiley "riant aux larmes". B.d.d. Le même jour encore, à 18 heures 18, B._________ a informé A._________, par message, qu'elle ne participerait pas au repas du soir, contrairement à ce qu'ils avaient convenu lors de leur rencontre précédente. Le message, libellé comme suit: "gehe nicht mit zum essen", était suivi d'un smiley "bisou coeur". B.e. B.e.a. Le lendemain soir (25 octobre 2014), les participants au congrès ont à nouveau été conviés à un repas officiel, auquel B._________ et A._________ ont participé. A la fin de ce repas, les membres des délégations suisse et autrichienne se sont retrouvés dans un bar et ont une nouvelle fois évoqué la soirée du 23 octobre 2014. B._________ et A._________ ont tous deux répété qu'ils n'avaient plus de souvenirs de ce qui s'y était passé. Puis, certains d'entre eux, dont B._________, A._________ et F._________, se sont rendus dans une discothèque, avant de rentrer ensemble à pied à l'hôtel. B.e.b. Durant la nuit du 25 au 26 octobre 2014, après son retour à l'hôtel, B._________ a recouvré une partie des souvenirs de la soirée du 23 au 24 octobre 2014. Une violente crise de larmes l'a ainsi réveillée une heure après qu'elle s'était endormie et les souvenirs suivants lui sont revenus en mémoire, entrecoupés les uns des autres par des périodes d'absence et dans un ordre chronologique qu'elle ne pouvait assurer. Elle s'est ainsi remémorée que A._________ avait mis simultanément les deux mains dans son pantalon et dans sa culotte, à l'avant et à l'arrière, et qu'il avait ouvert sa braguette et sorti son pénis qui n'était pas en érection. Elle s'est aussi rappelée que, lorsqu'elle avait repris ses esprits, elle était allongée, entièrement nue, dans une chambre qui n'était pas la sienne, sur le lit de gauche près de la porte, à environ 50 centimètres d'un second lit individuel. Elle avait alors redressé le haut de son corps et avait vu A._________ qui se trouvait devant elle, probablement entre ses jambes. Ce dernier l'avait attrapée par les avant-bras, l'avait plaquée sur le lit, en maintenant ses mains de chaque côté de la tête. Il lui avait dit sur un ton impérieux: "Écarte les jambes!", "Fais ce que je te dis!" et "Ferme-la!" et lui a enfoncé un doigt dans le vagin. De même, elle s'est remémorée que A._________, alors qu'il était allongé sur le dos, lui avait dit de s'asseoir sur son visage en disant: "Ta chatte, ici!", tout en pointant son visage du doigt, ce qu'elle avait fait puisqu'elle avait souvenir de s'être assise, soit sur son torse, soit sur son visage. Elle s'est souvenue également que A._________ lui avait pincé et tordu très fort le téton gauche, tout en lui enfonçant un doigt, voire un objet inconnu dans l'anus, que c'était très douloureux et qu'elle avait pleuré et gémi de douleur. Cela ne l'avait pas arrêté, bien au contraire, puisqu'il avait recommencé, la pinçant au-dessus du téton droit cette fois-ci et enfonçant une nouvelle fois un doigt ou un objet inconnu dans l'anus, provoquant la même douleur intense que la première fois. Enfin, elle avait la réminiscence que A._________, alors qu'il était allongé sur le dos, lui avait dit "Prends-le en bouche", ce qu'elle avait fait en prenant son pénis en bouche, avant qu'il ne la repousse pour se masturber jusqu'à éjaculation, et qu'à un certain moment, il lui avait donné une gifle sur la joue droite, étant encore tombée du lit à une reprise. B.e.c. Durant cette même nuit du 25 au 26 octobre 2014, entre 1 heure 59 et 2 heures 46, elle a envoyé plusieurs messages à son amie I._________, libellés comme suit: "geht mir nicht gut", "ich kann mit der ganzen situation wie sie passiert ist nicht umgehen", "ich glaue, und sage ich nur zu dir, und nur zu dir, evi, nur zu dir, das mich A._________ geschlagen hat. kann mich errinern wie ich aufgewacht bin, das er mich ins gesicht geschlagen hat", "Warum habe ich och alles hämathome am körper?". A 2 heures 11, elle a également envoyé le message suivant à G._________: "Hallo G._________! Es geht mir nicht gut - der Blackout Abend hagt sehr an mir. Ich kann mich an nichts erinnern und das ist so schlimm - unvorstellbar schlimm und belastend und auf die Seele drückend. Ich denke das A._________ nicht gut zu mir war... nur ein gefühl... hämathome am ganzen körper... ??!!". Tous ces messages étaient accompagnées de smileys "bisou coeur". B.f. B.f.a. Le matin du 26 octobre 2014, jour de son départ de V._________, B._________ a pris son petit-déjeuner seule, avant d'être rejointe par les membres de la délégation suisse, dont A._________. Elle les a ensuite quittés pour aller faire un massage. B.f.b. Plus tard dans la journée, peu avant de partir pour l'aéroport, B._________, qui était assise seule à une table dans le lobby de l'hôtel, a été rejointe par H._________. Elle lui a alors expliqué, effondrée et désespérée, qu'elle ne savait pas comment elle était retournée à l'hôtel la nuit du 23 au 24 octobre 2014, qu'elle s'était réveillée dans la chambre de A._________ mais qu'elle ne se souvenait pas de grand-chose, si ce n'était qu'il l'avait frappée au visage. Elle lui avait également montré un de ses avant-bras, où de grosses marques étaient visibles, et lui avait dit qu'elle en avait de pareilles à plusieurs autres endroits de son corps. B.f.c. En début de soirée, alors qu'elle était en transit à X._________ (Allemagne), B._________ a appelé I._________. En pleurs, elle a dit à son amie que des bribes de souvenirs lui étaient revenus et que c'était vraiment horrible, mais qu'elle ne pouvait pas en parler. B.g. B.g.a. Le 27 octobre 2014, B._________ a eu un nouvel échange téléphonique avec I._________, au cours duquel elle était apparue désespérée, ne s'exprimant qu'avec beaucoup de peine, entre pleurs et sanglots. Son amie l'a convaincue de voir un gynécologue et a obtenu un rendez-vous auprès d'une de ses connaissances, le Dr J._________, de l'Hôpital universitaire de Y._________ (Autriche). B._________ s'est présentée à ce rendez-vous, le 28 octobre 2014, en compagnie de son amie, chez qui elle avait passé la nuit. Elle lui avait alors raconté en détail ses souvenirs de la nuit du 23 au 24 octobre 2014, tels que décrits sous let. B.e.b ci-avant. B.g.b. Le 27 octobre 2014, à 23 heures 21, B._________ a écrit le message suivant à A._________: "Bei mir sind einige Errinerungen wieder da, leider! Nach Rücksprache mit Arz u Anwalt gebe ich dir die chance mitzuteilen, was konkret du mit "nicht gentleman like" meinst? die Verletzungen auf meinem körper sind offensichtlich!". Quelques minutes plus tard, A._________ lui a proposé de l'appeler, avant de lui indiquer qu'il n'avait plus de batterie. Puis, le 28 octobre 2014, entre 1 heure 17 et 1 heure 20, il lui a adressé trois messages, dont un plus long, libellé comme suit: "Ok du bist am schlafen und jetz machst du mir Angst! Hab ich was Schlimmes gemacht?? Bitte nicht!! Wie ich es dir schon gesagt habe: Ich hab beim Aufstehen 1 Socke und dann dein Tshirt gesehen und das zweite Bett war auch gebraucht. Das war mir dann klar dass du bei mir aufs Zimmer warst weil wir am Abend zusammen waren. Ich hatte ein schelchtes Gefühl weil ich eine Freundin hab (du kennst sie ja auch) und dann darf auch keine andere Frau auf mein Zimmer haben. Das ist wirklich scheisse und nicht Gentleman like und das ist für mich schlimm". Il lui a encore adressé deux messages le lendemain, auxquels B._________ n'a pas plus répondu, de même qu'il a tenté, sans succès, de la joindre. B.h. Entre deux et quatre jours après leur retour, B._________ a rencontré G._________ à Z._________ (Autriche). Elle souhaitait alors connaître le plus de détails possibles sur le déroulement de la soirée du 23 octobre 2014, car cela restait très grave pour elle de ne pas avoir de souvenirs de ce qui s'était passé. B.i. Le 14 novembre 2014, B._________ a dénoncé A._________ au Ministère public de Y._________ ( Staatsanwaltschaft Y._________) en raison des faits commis à son préjudice durant la nuit du 23 au 24 octobre 2014. Cette dénonciation a été transmise le 3 février 2015 au Ministère public du canton du Valais, comme objet de sa compétence. B.j. Plusieurs expertises ont été menées en cours d'instruction. B.j.a. Aux termes de l'expertise médico-légale réalisée le 29 janvier 2015 par le Dr K._________ et la Dresse L._________, de l'Institut M._________, à Y._________, les lésions constatées sur B._________ à la suite de l'examen clinique effectué le 28 octobre 2014 étaient les suivantes: rougeur cutanée au niveau de la commissure des lèvres gauche, hématomes au niveau de la partie supérieure du sein droit, au bord intérieur du mamelon gauche, sous l'omoplate droite, face à la partie postérieure des crêtes iliaques gauche et droite, à gauche au-dessus du pli fessier, sur l'avant-bras gauche, sur les deux cuisses, au-dessus du mollet droit et au-dessus du dos du pied gauche, enflures sensibles à la pression à l'arrière de la tête, éraflures superficielles aux deux genoux, au dos du pied droit et au niveau de la partie extérieure de l'épaule droite. Les experts ont relevé en substance que ces lésions étaient tout à fait compatibles avec les faits dénoncés par B._________. Compte tenu de leur répartition sur tout le corps, les hématomes étaient atypiques de blessures dues à une chute, quel que fût le nombre de chutes que l'intéressée aurait faites le soir en question, une automutilation ayant par ailleurs été considérée comme peu probable. Quant à l'examen gynécologique de B._________, il n'avait révélé aucune lésion au niveau de l'appareil génital et anal. B.j.b. Le 2 février 2017, les experts N._________ et O._________, de l'Unité de génétique forensique du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), ont rendu un rapport d'analyse, complété et précisé les 7 juin 2018 et 9 avril 2019. Selon ce rapport, si aucune présence de sperme n'avait été détectée dans l'analyse des prélèvements vaginal et anal, l'observation des prélèvements effectués sur le slip de B._________ a mis en évidence la présence de liquide séminal, ainsi qu'un profil ADN de mélange, constitué d'une fraction majeure correspondant au profil ADN de A._________, avec un rapport de vraisemblance supérieur à 1 milliard. B.j.c. Le 17 mars 2017, les experts Dr P._________ et Q._________, toxicologues forensiques auprès de l'Institut central des hôpitaux valaisans (ICHV), ont rendu leur rapport d'analyse des échantillons de sang et d'urine prélevés sur B._________ le 28 octobre 2014. Un rapport complémentaire a été établi le 14 décembre 2018. Selon leurs conclusions, aucune substance n'a pu être mise en évidence dans les échantillons analysés. En particulier, aucune substance connue pour être utilisée lors de soumission chimique n'avait été décelée, ce qui n'excluait nullement, selon les experts, la prise d'une telle substance, laquelle avait pu être éliminée lors du délai important (environ 5 jours) qui s'était écoulé entre le moment de son éventuelle consommation et le prélèvement. B.j.d. Le 12 septembre 2017, le même Dr P._________ ainsi que R._________, en leurs qualités de toxicologues forensiques au sein de l'Unité de toxicologie et de chimie forensique du CURML, ont déposé le rapport d'analyse de la mèche de cheveux prélevée sur B._________ le 21 novembre 2014. Un rapport complémentaire a été établi le 14 décembre 2018. Les experts ont mis en évidence des concentrations décroissantes de zolpidem en direction de la racine des cheveux et ont conclu à une consommation habituelle de cette substance dans les 3 mois qui avaient précédé le prélèvement, consommation qui avait toutefois fortement diminué durant cette période. Il a été précisé que le zolpidem était un hypnotique (somnifère) de la classe des imidazopyridine, dont l'action hypnotique rapide était indiquée pour le traitement à court terme de l'insomnie, soit en principe pas plus de 4 semaines. Il permettait de raccourcir le délai d'endormissement, de réduire le nombre de réveils nocturnes, d'augmenter la durée totale du sommeil et d'en améliorer la qualité. Les experts ont souligné que, si l'effet recherché de cette substance était un effet hypnotique, des effets indésirables avaient été observés à la suite de sa consommation, tels des épisodes confusionnels, l'apparition d'une amnésie antérograde isolée ou associée à un comportement inadapté, de l'euphorie, des modifications de la libido, des comportements inappropriés et des hallucinations, ces dernières figurant parmi les effets secondaires fréquemment observés. Quant aux risques découlant de la prise simultanée de zolpidem et d'alcool, le plus important était la majoration de l'effet sédatif de cette substance, les experts n'ayant pas connaissance d'un effet particulier sur les épisodes hallucinogènes. Pour le surplus, les experts n'ont pas été en mesure d'évaluer les doses de cette substance consommée par B._________ pendant la période concernée par les segments de cheveux analysés, une simple analyse capillaire ne permettant pas d'apporter cette précision, pas plus qu'ils n'avaient pu procéder à une évaluation de l'intensité des effets liés à l'usage de cette substance, la prise de sang effectuée, la seule qui permettait une telle mesure, l'ayant été à une distance temporelle trop importante de l'événement litigieux. Les experts ont cependant considéré comme improbable que les résultats de leurs analyses puissent avoir été la conséquence d'une prise unique de zolpidem. B.j.e. Le 20 août 2018, le Dr S._________, psychiatre-psychothérapeute FMH, à Sion, a remis son rapport d'expertise psychiatrique et pharmacologique concernant B._________. Selon l'expert, les analyses toxicologiques capillaires démontraient un usage régulier de zolpidem par B._________ durant le trimestre précédant les faits, soit une durée de consommation qui dépassait fortement celle recommandée et qui exposait l'intéressée aux phénomènes de tolérance, de dépendance et de toxicophilie. Les taux de cette substance retrouvés dans l'échantillon capillaire laissaient suggérer que cette dernière en faisait un usage très excessif, ce facteur de posologie excessive étant un paramètre reconnu en faveur d'une consommation toxicophilique et donc de dépendance au produit. Cette hypothèse de consommation toxicophilique était d'autant plus vraisemblable, selon l'expert, que les taux détectés entre les deux segments de cheveux les plus récents étaient à nouveau en croissance démontrant une augmentation de l'usage de zolpidem, vraisemblablement dans le but d'étouffer un phénomène de rebond ou d'accoutumance. En parallèle, l'expert s'est encore interrogé sur un éventuel usage détourné et festif de la substance en question, ceci au regard des très fortes concentrations capillaires de zolpidem, à moins que cette consommation, qualifiée de "très excessive", n'était survenue sans la pleine conscience de B._________. Pour l'expert, le blackout dont B._________ avait été victime résultait à l'évidence de la combinaison de zolpidem et d'alcool (amnésie toxique). Il a en effet estimé très peu probable la survenue d'une amnésie traumatique, envisagée en lien avec la chute du lit que l'intéressée avait décrite, la force de cet impact ayant dû être, selon l'expert, atténuée par la moquette de la chambre. Il en a déduit que la description de bribes de souvenirs faite par B._________ correspondait à un état crépusculaire, de confusion et d'obnubilation mentales d'origine toxique et était, au moins pour partie, le fruit d'une reconstruction mentale confuso-onirique, dysperceptive, faite d'hallucinoses, voire d'hallucinations, d'illusions ou d'imagination, ce qui pouvait expliquer les incohérences qu'il avait relevées dans le récit de l'intéressée. B.j.f. La Dresse T._________, responsable de l'Unité de psychopharmacologie clinique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), s'est vue confier la réalisation d'une nouvelle expertise psychiatrique concernant B._________. Dans son rapport du 10 mai 2019, l'experte a relevé, s'agissant de l'association "zolpidem et alcool", qu'en raison de leur mode d'action, ces deux substances pouvaient être à l'origine d'un blackout, leur prise concomitante renforçant ce risque. En présence d'une telle amnésie antérograde d'origine médicamenteuse, il fallait s'attendre plutôt à une absence définitive de souvenirs; toutefois, l'élimination du zolpidem et de l'alcool étant un processus dynamique et progressif, un retour progressif et chronologique d'une partie des souvenirs ne pouvait pas être exclue. L'experte a encore précisé qu'un blackout pouvait avoir une origine multifactorielle, notamment post-traumatique, et que dans un tel cas, les souvenirs pouvaient revenir par bribes. Comme il n'était pas possible d'identifier si le blackout rapporté par B._________ était d'origine médicamenteuse ou d'origine multifactorielle, faute d'éléments précis, permettant cette identification, telles les doses de zolpidem et d'alcool ingérées et l'existence ou non d'un syndrome de stress post-traumatique, l'experte a estimé que la probabilité qu'elle avait pu avoir des bribes de souvenirs plutôt qu'un blackout complet n'était pas déterminable. Au reste, la Dresse T._________ s'est distanciée des conclusions du Dr S._________ sur deux points. D'une part, selon elle, il n'était pas possible, sur la base du dossier et des rapports d'expertise toxicologique des 12 septembre 2017 et 14 décembre 2018, d'imputer à B._________ une consommation "toxicophilique" ou "récréative/ festive". L'extrapolation sur la "posologie excessive", effectuée par le Dr S._________ à partir de la quantité de cette substance décelée sur les segments de cheveux les plus récents, n'était selon elle pas possible. D'autre part, l'extrapolation du Dr S._________, en lien avec la concentration plasmatique présumée en fonction des troubles mnésiques présentés, n'était non plus pas possible à ses yeux. Les seules données concrètes à retenir étaient à cet égard, selon la Dresse T._________, une concentration sanguine et urinaire de zolpidem indétectable 4 jours après les faits, ce qui était compatible avec une consommation de doses recommandée et d'un processus d'élimination standard. B.k. Invitée à s'expliquer sur les raisons et l'intensité de sa consommation de zolpidem, B._________ a indiqué qu'elle voyageait beaucoup pour raisons professionnelles et qu'elle devait arriver à destination bien reposée, en sorte qu'elle ne pouvait pas se permettre de subir les effets du décalage horaire. Son médecin traitant lui avait donc prescrit de l'Ivadal, médicament qui contenait du zolpidem, information dont elle avait eu connaissance au mois d'octobre 2018. Elle avait consommé ce médicament sur une période de plusieurs semaines durant l'été 2014, mais pas de manière régulière, seulement en cas de besoin, et en avait pris pour la dernière fois vers la fin de même été, au mois d'août.