Citation: 4C.311/2001 24.01.2002 E. 3

3.- La demanderesse se plaint également d'avoir subi un dommage indirect (sur les particularités de cette action, notamment l'impossibilité de l'invoquer de manière autonome: cf. ATF 127 III 374 consid. 3a et b p. 377 et les références citées). a) A ce sujet, la cour cantonale a relevé que la demanderesse reprochait exclusivement aux organes d'avoir tardé à aviser le juge du surendettement de la société (cf. art. 725 al. 2 CO). La demanderesse ne le contestant pas, il n'y a pas lieu de revoir cette question. b) Dans ce contexte, les juges ont constaté que la demanderesse n'apportait aucun élément de fait suffisamment précis qui permettrait de déterminer si et à partir de quel moment la société serait tombée en état de surendettement. Ainsi, dans le jugement attaqué, il n'a été retenu aucun élément dont on puisse déduire que les administrateurs auraient dû avoir conscience d'un état de surendettement et qu'ils auraient dû procéder conformément à l'art. 725 al. 2 CO. c) La demanderesse forme des critiques à cet égard, en invoquant des faits qui ne figurent pas dans la décision attaquée, ce qui n'est pas admissible dans un recours en réforme (art. 63 al. 2 OJ). Sur ce point, son argumentation revient ainsi à remettre en cause l'appréciation faite par la cour cantonale. Or, comme on l'a indiqué, le recours en réforme n'est pas ouvert pour se plaindre de l'appréciation des preuves et des constatations de fait qui en découlent (cf. supra consid. 1c in fine et les arrêts cités). La cour cantonale est parvenue à la conclusion qu'elle ne pouvait se forger une conviction. Il s'agit là d'une pure appréciation des preuves, dont on vient de voir qu'elle ne peut donner matière à un recours en réforme. C'est en vain que la demanderesse invoque à ce sujet une violation de l'art. 8 CC, parce que cette norme ne prescrit pas comment ni sur quelles bases le juge peut ou non parvenir à une conviction (ATF 127 III 248 consid. 3a; 122 III 219 consid. 3c p. 223; 119 III 60 consid. 2c). Dès lors que la violation invoquée des devoirs d'administrateur n'est pas établie en fait, la prétention en découlant est d'emblée dépourvue de tout fondement et c'est à juste titre qu'elle a été écartée. Il n'est donc pas nécessaire d'examiner les autres conditions de l'action, notamment de se demander si l'ancienne employée est habilitée à agir alors qu'elle n'est pas cessionnaire des droits de la masse et que la société a été radiée du registre du commerce. Dans ces circonstances, le recours doit être rejeté et le jugement attaqué confirmé.