Citation: 4P.13/2006 21.03.2006 E. B

Le 18 août 2003, le chef du personnel écrivit à F.X.________ pour lui adresser diverses critiques et l'informer de son déplacement à un autre point de vente. Jugeant les critiques totalement injustifiées, M.X.________ téléphona à A.________, le supérieur hiérarchique de sa fille, pour lui reprocher son attitude. Le même jour, soit le 19 août 2003, M.X.________ se rendit à une séance de formation à laquelle A.________ prenait également part. En présence des autres participants, celui-ci l'avertit qu'elle serait convoquée au service du personnel. Durant cette même séance, B.________, le chef du personnel, vint dire à M.X.________ de se présenter à son bureau à quatorze heures. Lors de l'entrevue, B.________ commença par demander à l'employée comment elle s'appelait, alors qu'il la connaissait, puis il répéta cette question. Il lui déclara « vous ne vous appelez donc pas F. ». Cette entrée en matière provoqua de nouvelles protestations au sujet de la lettre envoyée à F.X.________, sur quoi B.________ se leva et, les mains sur le bureau, ordonna à l'employée de se taire. Celle-ci s'emporta, critiqua B.________ pour n'avoir pas interrogé sa fille avant de lui écrire et déclara qu'elle n'avait pas peur de lui qui avait seulement deux ans d'ancienneté dans l'entreprise. Elle quitta le bureau quand on lui ordonna de retourner à son travail. Une nouvelle entrevue eut lieu le 21 août 2003 dans le bureau de B.________. C.________, responsable de la sécurité et adjoint à la direction, ancien chef du personnel, était lui aussi présent. B.________ résuma les événements et C.________ expliqua à M.X.________ qu'elle devait ne pas intervenir dans les affaires de sa fille. L'employée s'emporta derechef. C.________ lui expliqua encore qu'elle était « allée trop loin » et qu'elle ne pouvait pas rester dans l'entreprise. Une lettre de licenciement avait été préparée; on la lui notifia alors qu'elle se trouvait en crise de nerfs. La réunion s'acheva dans la confusion. Le licenciement était motivé par l'attitude très négative de l'employée depuis la lettre reçue par sa fille. Il prenait effet au 31 décembre 2003; dans l'intervalle, l'employée était libérée de l'obligation de travailler. Elle percevait alors un salaire de 3'700 fr. par mois. Par lettre de son conseil du 25 novembre 2003, M.X.________ a fait opposition à son licenciement qu'elle tenait pour abusif. Y.________ SA a néanmoins refusé de maintenir le rapport de travail.