Citation: 6B_1158/2015 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le recourant fait valoir que l'intimé doit être poursuivi des chefs d'abus de confiance et d'escroquerie. S'agissant des avoirs auprès de la banque B.________ au Luxembourg, l'intimé avait admis avoir utilisé l'argent pour lui-même; or, même si l'intimé avait aidé le recourant par le passé, il n'avait jamais démontré que les parties auraient convenu d'un quelconque remboursement, élément essentiel à la notion de prêt. La cour cantonale, qui avait retenu la version la plus favorable à l'intimé, avait violé le principe "in durio pro duriore"; la formulation même de la motivation cantonale, en particulier l'emploi du terme "plausible" laissait penser qu'un certain doute existait quant au déroulement des faits. Il ressort de l'arrêt attaqué que les avoirs du recourant auprès de la banque B.________ au Luxembourg ont été transférés en faveur de l'intimé sur la base d'un ordre de virement du 6 juin 2012 signé par lui-même, mais dont il dit ne pas se souvenir. Il soutient avoir été abusé par son ami, qui aurait profité de son état de délabrement dû à l'alcool pour lui faire soit signer ce document, soit pour avoir imité sa signature. La cour cantonale relève que le recourant n'a fournit aucun élément probant à l'appui de ses affirmations; son seul argument selon lequel il n'avait pu signer lui-même l'ordre de virement au motif qu'il était hospitalisé à cette date n'est effectivement pas pertinent. Pour sa part, l'intimé a indiqué que ce versement correspondait au remboursement très partiel des sommes octroyées par lui au recourant à l'époque, à titre de prêt. Il n'est pas contesté que l'intimé a commencé à aider financièrement le recourant depuis le milieu des années 1970, celui-ci rencontrant des difficultés dans la gestion de ses affaires en Valais et s'étant mis à boire; les déboires commerciaux du recourant dans les années 1980 l'avaient laissé endetté jusqu'à le conduire à sa faillite personnelle. L'intimé l'a un nouvelle fois aidé en lui offrant un emploi fictif dans sa société à Genève tout en lui versant un salaire, cela pendant de nombreuses années, et en le logeant gratuitement dans l'un de ses appartements à Veysenaz. Le recourant avait finalement admis ces éléments, après avoir fluctué dans ses déclarations, en minimisant dans un premier temps l'ampleur de l'aide fournie, en réfutant l'existence même de dettes et niant avoir sombré dans l'alcool bien avant le suicide de son épouse. A l'appui d'une volonté du recourant de rembourser l'intimé, ce dernier avait produit plusieurs reçus manuscrits signés par le recourant attestant l'encaissement d'argent, dont un document daté du 17 mars 2012 à teneur duquel il avait reçu de l'intimé une avance sur l'héritage de son épouse de 17'000 fr., devant lui être remboursée. Sur la base de tous ces éléments, la cour cantonale n'a pas violé le principe "in dubio pro duriore" ni excédé son pouvoir d'appréciation en jugeant que la thèse de l'intimé apparaissait plausible, l'occasion d'un remboursement s'étant présentée avec les avoirs en compte dont le recourant avait hérité de sa seconde épouse auprès de la banque B.________ au Luxembourg. Un classement se justifiait donc en relation avec ces avoirs, dans la mesure où un acquittement de l'intimé apparaissait manifestement plus vraisemblable qu'une condamnation.