Citation: 8C_574/2017 E. 4.1

4.1. Se référant à l'ATF 142 V 263, la cour cantonale a retenu que, malgré les mesures protectrices de l'union conjugale prononcées, le droit à l'indemnité de chômage de l'intimée était en principe exclu du 1 er septembre au 2016 au 8 mai 2017, dès lors que l'époux de cette dernière avait une position assimilable à celle d'un employeur dans la société qui l'avait employée. L'état de fait sur lequel se fondait l'arrêt précité recelait cependant d'indices d'abus patents. Or, dans le cas d'espèce, tout risque d'abus pouvait être éliminé à partir du 10 octobre 2016, soit le lendemain de l'arrestation de l'époux en raison de violences conjugales. En effet, dès ce moment, l'intimée et ses enfants avaient dû se réfugier dans plusieurs structures d'accueil et les violences avaient justifié qu'une interdiction de les approcher soit signifiée à l'époux. Au vu de ces circonstances exceptionnelles, il était clairement exclu qu'elle cherche à obtenir son réengagement dans la société. En outre, les mesures prises dès cette date - déménagement, requête de mesures provisionnelles, demande d'éloignement, demande de divorce - rendaient pour ainsi dure nulles les probabilités d'une réconciliation. D'ailleurs, aucune reprise de la vie commune n'avait eu lieu pendant la période examinée. Enfin, à partir du 9 mai 2017, l'époux de l'intimée n'avait plus la qualité d'administrateur de B.________ SA, de sorte que le droit à l'indemnité ne pouvait pas non plus être nié pour ce motif.