Citation: 1B_28/2018 E. 4.2

4.2. En l'espèce, le fait que des contradictions persistent entre les versions des différents protagonistes est un risque inhérent à toute enquête et ne suffit pas pour retenir l'existence d'un risque de collusion justifiant un maintien en détention, en particulier quand l'instruction n'est plus à un stade initial. Un tel danger pourrait encore entrer en considération s'il était démontré, notamment sous l'angle au moins de la vraisemblance, que les mesures d'instruction en cours ou celles envisagées à court terme permettraient d'apporter des éclaircissements déterminants et que les personnes mises en cause seraient susceptibles de les entraver. Or, si l'instruction ne semble pas connaître de temps mort, la recourante ne paraît plus être en mesure de pouvoir empêcher les actes d'enquête entrepris ou à venir. En effet, les pièces permettant d'établir le rapport financier encore attendu doivent être en mains des autorités et le rapport d'autopsie a été rendu. Certes, ces deux mesures peuvent amener de nouvelles interrogations, notamment le premier s'agissant du mobile et le second par rapport à l'arme du crime, vu en particulier les lésions constatées, ou par rapport à la cause du décès. Cela étant, il s'agit avant tout de confronter les conclusions de ces rapports avec les versions soutenues notamment par la recourante et son père. Or, le second se trouve toujours en détention, mesure propre en l'état à éviter un risque de collusion. La cour cantonale retient encore un tel danger vis-à-vis du mari de la recourante, dont l' "implication paraît également possible". Si cette brève motivation peut suffire au début d'une instruction (cf. consid. 4.2 de l'arrêt 1B_296/2017), tel n'est plus le cas en l'occurrence vu le temps déjà écoulé depuis le commencement de la procédure et les nombreux actes d'enquête effectués. A cela s'ajoute également le fait que la juridiction précédente ne donne aucune explication sur les mesures d'instruction - qui concerneraient au demeurant l'époux de la recourante - sur lesquelles cette dernière pourrait avoir une quelconque influence, respectivement intérêt à en modifier le résultat. De plus, si peut-être les déclarations du mari ont varié quant à sa connaissance de l'emploi du temps de son épouse la nuit du 12 septembre 2016 (cf. son audition du 7 novembre 2017 p. 8), la recourante a été entendue le 8 suivant, étant ainsi possible pour le Ministère public - par le biais de la police - de la confronter immédiatement à ces nouveaux éléments, respectivement de la convoquer à une nouvelle audition dans les jours qui ont suivi. Faute de toute information sur les autres mesures alléguées rendues nécessaires à la suite de l'audition du mari (cf. les observations du Ministère public du 29 janvier 2018) - lesquelles ne sont pas non plus d'emblée évidentes -, on ne saurait en conséquence, notamment eu égard au principe de proportionnalité, considérer que l'intensité du risque de collusion découlant de leurs liens conjugaux - dans la mesure au demeurant où ce danger subsisterait encore - justifierait le maintien en détention de la recourante. Au regard de ces considérations, la cour cantonale viole le droit fédéral en retenant l'existence d'un risque de collusion permettant le maintien en détention provisoire et ce grief doit être admis.