Citation: 5A_782/2023 E. 3.3.1

3.3.1. En lien avec les bonus de l'intimée, le recourant reproche à la Cour de justice de ne pas les avoir pris en considération. Après avoir relevé en préambule que l'intimée avait fait montre d'une certaine opacité quant à l'état de ses revenus tout au long de la procédure, il rappelle qu'elle avait perçu de ses anciens employeurs des bonus de 16'984 fr. en 2019, de 13'500 fr. en 2020 et de 5'500 fr. sur les six premiers mois en 2021. Si elle n'avait pas touché de bonus durant la deuxième moitié de l'année 2021, après avoir travaillé d'août à décembre pour une société qui avait dû la licencier faute de liquidités, elle avait trouvé un nouvel emploi dès janvier 2022. Son contrat de travail actuel prévoyait le versement d'un bonus représentant le 15% de son salaire, soit 22'500 fr., ce qui était en ligne avec les bonus qu'elle avait perçus les années précédentes. Ce bonus, dont le montant était déterminé, était un " target bonus ". Il dépendait donc uniquement de sa performance personnelle et n'avait rien de discrétionnaire. Il devait être considéré comme acquis, ce d'autant que l'intimée avait obtenu des bonus " relativement similaires " de ses anciens employeurs. Le fait qu'elle avait indiqué ne pas avoir reçu de bonus pour l'année 2022 par courrier du 29 mars 2023 n'était pas pertinent, étant donné qu'elle avait toujours perçu ses bonus en avril de l'année suivante, comme c'est la règle dans ces sociétés. D'ailleurs, elle avait produit le 9 février 2023 une attestation de son employeur indiquant qu'elle pouvait être éligible pour un bonus mais qu'il n'était pas garanti. Selon le recourant, il semblait " certain " que si effectivement elle n'avait pas reçu de bonus en 2022, l'employeur l'aurait indiqué dans son attestation. Le fait qu'elle invoquait que son certificat de salaire 2022 n'en faisait pas état était " une allégation sans aucune preuve qui a[vait] pourtant été prise au pied de la lettre par la cour [cantonale], qui en a[vait] même oublié tous ses précédents bonus ". En tout état, dite autorité aurait dû faire une moyenne des bonus reçus par l'intimée durant les dernières années et pas simplement partir du principe qu'elle n'en percevrait plus jamais, sauf à verser dans l'arbitraire. Le résultat auquel l'arrêt entrepris arrivait était tout autant arbitraire puisque la Cour de justice avait pris en considération ses trois derniers bonus et qu'elle n'avait pas retenu de bonus pour l'intimée, pour le seul motif qu'elle n'en avait pas perçu en 2022, alors même qu'aucune attestation de son employeur le confirmant eut été produite.