Citation: 5P.216/2001 30.08.2001 E. 3

3.- A l'appui de son grief de violation du droit d'être entendu, le recourant reproche aux juges cantonaux de n'avoir rien dit à propos de sa condamnation aux dépens en première instance, alors que celle-ci était attaquée pour arbitraire, eu égard à ses ressources et aux positions des parties adverses. a) La décision sur le montant à reconnaître à titre de dépens n'a en principe pas à être motivée, le juge étant en effet en mesure de se rendre compte de la nature et de l'ampleur des opérations que le procès a nécessitées. Lorsqu'il existe un tarif ou une règle légale fixant des minima et des maxima, le juge ne doit motiver sa décision que s'il sort de ces limites, ou si des éléments extraordinaires sont invoqués par la partie. L'exigence d'une motivation dans le domaine de la fixation des dépens, posée de manière générale, risquerait bien d'aboutir à des formules stéréotypées qui ne différeraient guère de l'absence de motivation. Le Tribunal fédéral ne motive d'ailleurs pas, en principe, ses décisions en cette matière pour les causes qui sont portées devant lui (ATF 111 Ia 1). b) Le tribunal de première instance a retenu que le demandeur, qui succombait entièrement, devait verser aux parties adverses des dépens comprenant une équitable indemnité à titre de participation aux honoraires de chacun de leurs conseils. Lors même qu'il savait que le montant des dépens relevait de l'appréciation du juge, dont la décision ne serait revue qu'en cas d'arbitraire, le recourant a demandé dans son appel une réduction de l'indemnité totale de 12'000 fr. (6'000 fr. pour chaque partie), afin de tenir compte de ses ressources et de la position financière nettement plus enviable des parties adverses. L'arrêt attaqué ne dit rien sur ce grief. c) Dès lors que les critères invoqués par le recourant n'entraient pas nécessairement dans ceux qui servent à fixer l'indemnité de procédure selon la loi (art. 181 al. 3 LPC gen.) et que les indemnités mises à sa charge étaient raisonnables, l'arrêt attaqué pouvait confirmer la décision de première instance sans autre motivation sur ce point, et donc sans violer le droit d'être entendu du recourant. Par ailleurs, comme ce dernier l'a lui-même exposé dans son appel en s'appuyant sur un commentaire de la loi cantonale (Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, Commentaire de la loi de procédure civile, n. 4 ad art. 181), la décision sur les dépens ne peut être revue qu'en cas d'arbitraire; or, les critères invoqués par le recourant, qui n'étaient même pas prévus par la loi, ne pouvaient en tout état de cause motiver un grief d'arbitraire.