Citation: 5A_828/2014 E. 6.3

6.3. A titre liminaire, on précisera qu'en l'espèce, il n'est en soi pas arbitraire - à tout le moins quant au résultat - de ne pas tenir compte, dans les frais de l'épouse, de l'impôt qu'elle devrait payer sur les éventuels revenus de sa fortune; en effet, l'autorité cantonale a fixé la pension en sa faveur en tenant compte du fait qu'elle n'avait pas de revenu propre, constatation qui n'est pas contestée. Dans l'hypothèse où, comme elle le prétend, elle devait en réalité s'acquitter d'un impôt sur les revenus de sa fortune, elle pourra parfaitement le faire au moyen desdits revenus tout en maintenant son train de vie grâce à la pension alimentaire qui lui a été octroyée. Au demeurant, s'agissant du prétendu impôt sur les revenus de la fortune et de l'impôt sur la fortune, il appartenait à la recourante, nonobstant l'application de la maxime inquisitoire (art. 272 CPC), de collaborer à l'établissement des faits dans la mesure où ces éléments ne dépendaient pas de la décision qui allait être rendue. Cependant, il est insoutenable de fixer une contribution d'entretien de l'épouse de 18'500 fr. et de ne pas tenir compte du fait que la bénéficiaire devra payer des impôts sur celle-ci (cf. dans ce sens les arrêts 5A_778/2012 du 24 janvier 2013 consid. 5.4; 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.5.2.4; 5A_679/2011 du 10 avril 2012 consid. 10). Le recours doit être admis sur ce point et la cause renvoyée à l'autorité cantonale pour qu'elle procède à l'estimation de la charge fiscale de la recourante sur ces revenus, et qu'elle fixe à nouveau la contribution d'entretien en sa faveur en tenant compte du montant ainsi obtenu, à partir du moment où les époux sont (ou seront) taxés séparément, de telle manière qu'elle puisse maintenir le train de vie qui était le sien avant la séparation.