Citation: U 302/06 04.06.2007 E. 4

4.1 En l'espèce, il y a lieu de constater, tout d'abord, que les examens auxquels a été soumis l'assuré n'ont pas révélé de troubles physiques objectivables consécutifs à l'accident. Le premier bilan radiologique n'a pas montré de lésions visibles. Les troubles visuels dont s'est plaint l'assuré après l'accident sont attribuables, selon les investigations qui ont été faites, à une maculopathie engendrée par un diabète. Quant au bilan neurologique, il n'a pas mis en évidence d'anomalie significative, les médecins ayant mis l'accent sur un blocage psychologique et préconisé une prise en charge psychiatrique. Enfin, l'IRM cérébrale n'a pas non plus révélé d'anomalies notables, sans qu'il soit possible d'exclure des lésions à l'échelle cellulaire. 4.2 Le diagnostic de traumatisme cranio-cérébral a été posé immédiatement après l'accident par le Service des urgences médico-chirurgicales de l'Hôpital X.________. Il n'y a pas de raison d'en mettre en doute la réalité. La CNA, tout en laissant ouverte la question de la causalité naturelle entre la symptomatologie présentée par l'assuré et l'accident a nié la causalité adéquate en application de la jurisprudence applicable aux troubles psychiques. Elle a considéré à ce propos qu'il existait à l'avant-plan du tableau clinique une importante composante psychique évoluant sous la forme d'un syndrome de stress post-traumatique. Les premiers juges paraissent avoir suivi le même raisonnement, bien qu'ils ne se soient pas exprimés de manière explicite à ce sujet et qu'ils n'aient pas procédé à une analyse approfondie des critères à considérer. 4.3 Il est exact que les médecins dont les avis figurent au dossier ont fait état d'une composante psychogène importante. La mention de cette composante apparaît pour la première fois au dossier dans le rapport des docteurs N.________ et K.________ du 13 mai 2004 (examen neurologique), soit 18 mois après l'accident. Environ deux ans après l'accident, le médecin d'arrondissement de la CNA a fait état, dans son rapport du 1er octobre 2004, d'une invalidation quasi totale d'origine psychique en qualifiant de «gravissimes» les conséquences psychiques de l'accident. On ne dispose toutefois d'aucun avis médical sur la nature précise de l'affection psychique dont il est fait état, et encore moins sur son évolution et sur son importance. Aucun avis psychiatrique ne figure au dossier. On ne sait rien du traitement psychiatrique auquel l'assuré semble avoir été soumis. Selon toute vraisemblance, il est vrai, le recourant a été mis au bénéfice d'une rente entière de l'assurance-invalidité en raison de troubles psychiques. Le dossier de cette assurance n'a cependant pas été produit. Dans de telles circonstances, il n'est pas possible d'affirmer d'emblée que l'importance de l'atteinte à la santé psychique est telle qu'elle a relégué les autres atteintes au second plan, soit immédiatement ou peu après l'accident, soit parce que ces dernières n'ont joué qu'un rôle tout à fait secondaire durant toute la phase de l'évolution, depuis l'accident jusqu'au moment de l'appréciation de la causalité adéquate. Il n'est ainsi pas possible de déterminer selon quels critères jurisprudentiels la question de la causalité adéquate doit être appréciée.