Citation: 7B_450/2024 E. B

B.a. Les 22 et 23 janvier 2024, B.A.________ et C.A.________ ont déposé une demande de récusation contre les membres du tribunal. B.A.________ s'est plainte du fait que l'audience du 15 janvier 2024 avait été ouverte malgré l'absence de son défenseur et que les parties avaient plaidé sur le report des débats, ainsi que sur l'absence des deux avocats des prévenus. Elle a ajouté que le tribunal lui avait communiqué, le 22 janvier 2024, le fait que la validité de l'audience précitée était confirmée, que "tout était maintenu" et que "l'argumentation" était écartée, de sorte que les juges avaient démontré, selon elle, une volonté "jusqu'au-boutiste", qui se cumulait avec un grave passif entachant la procédure depuis l'envoi des premières convocations aux débats. Elle a en outre relevé que plusieurs "représentants" dans la salle, mais aussi la presse, avaient tourné en ridicule son défenseur. Elle a relevé un manque d'indépendance et de recul. C.A.________ a pour sa part fait valoir que la tenue de l'audience du 15 janvier 2024 relevait d'une grossière erreur et que le tribunal avait persisté, malgré sa requête du 19 janvier 2024, à convoquer les parties à une nouvelle audience, malgré le fait que les débats n'avaient pas été valablement ouverts. Il a considéré que cet acharnement dépassait l'entendement et que, cumulé à d'autres procédés viciés, il imposait la récusation du tribunal. B.b. Dans ses prises de position du 30 janvier 2024, le tribunal a décrit, références à l'appui, le déroulement de l'audience du 15 janvier 2024 et les évènements qui se sont produits ensuite (art. 105 al. 2 LTF). Il a en particulier indiqué que, lors de l'audience du 15 janvier 2024, les débats avaient uniquement été ouverts et que la direction de la procédure avait suivi l'art. 339 al. 1 CPP. Il a ajouté qu'aucuns débats ne s'étaient tenus, qu'aucune question préjudicielle n'avait été traitée, qu'aucune audition n'avait eu lieu et que l'absence des défenseurs des prévenus avait conduit à l'ajournement des débats. B.c. Dans sa réplique, B.A.________ a décrit, sur treize pages, l'évolution de la procédure depuis l'émission des premiers mandats de comparution et des comptes rendus parus dans la presse à la suite de l'audience du 15 janvier 2024. Elle a exposé qu'elle s'était, selon elle, retrouvée sans défenseur pendant 2 heures et 45 minutes, exposée à la chronique judiciaire et sans que le tribunal ait jamais recadré les interventions des parties adverses. C.A.________ a pour sa part indiqué que le cumul de "postures" du tribunal suscitait chez lui la crainte que la "messe soit dite". B.d. Lors de l'audience du 25 janvier 2024, C.A.________, absent, et B.A.________ ont, par l'intermédiaire de leur défenseur, obtenu la possibilité de plaider leurs demandes de récusation. Le tribunal a décidé de rejeter ces requêtes et d'ouvrir une procédure par défaut concernant C.A.________ et D.A.________. Il a suspendu l'audience et leur a réservé la possibilité de comparaître et d'être entendus. B.e. Par arrêt du 27 février 2024, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après: la Chambre pénale de recours) a rejeté les requêtes de récusation formulées par C.A.________ et B.A.________.