Citation: 6B_675/2023 E. 2.4

2.4. Dans la mesure où la cour cantonale n'opère pas de distinction entre les deux conditions de l'art. 66a CP, la question de la situation personnelle grave du recourant (première condition) peut souffrir de rester indécise, dès lors que, quand bien même l'intéressé pourrait se prévaloir d'un droit découlant de l'art. 8 par. 1 CEDH sous l'angle du droit au respect de sa vie privée et familiale, l'intérêt public présidant à son expulsion l'emporte sur son intérêt privé à demeurer en Suisse (seconde condition). Les intérêts publics à l'expulsion du recourant sont importants. Il a en effet commis plusieurs infractions pour lesquelles il a été condamné à une peine privative de liberté de quatre ans. Comme l'a relevé à juste titre la cour cantonale, sa faute est conséquente. Il s'est livré à un trafic de stupéfiants portant sur 700 grammes bruts de cocaïne qu'il a vendu tant à des toxicomanes qu'à des dealers. Cette quantité était propre à mettre en danger la vie de nombreuses personnes. Par ailleurs, la peine privative de liberté à laquelle le recourant a été condamné dépasse largement le seuil d'une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1 er janvier 2019: LEI], toute peine dépassant un an d'emprisonnement; arrêt 6B_705/2023 du 23 août 2023 consid. 1.7.1). En rapport avec l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, il est vrai qu'il a un intérêt à poursuivre sa vie de famille avec sa compagne et sa fille dans ce pays. Cela étant, il ressort de l'arrêt attaqué (p. 17) qu'il s'est établi en Suisse dans l'illégalité en raison des renseignements erronés qu'il a fourni aux autorités. Il a également été condamné pour des infractions à la LStup et à la LEI de sorte que son intégration ne saurait être qualifiée de bonne. Sa compagne et sa fille ne l'ont rejoint en Suisse que fin 2019 et sous un regroupement familiale fondé sur des renseignements mensongers. S'agissant des liens avec son pays d'origine, ils sont importants. Son épouse et ses trois enfants mineurs y vivent chez ses parents. Avant son interpellation, il leur rendait visite chaque année pendant un mois et il entretient avec eux des contacts quotidiens, de sorte qu'aucun obstacle majeur ne vient s'interposer à sa réintégration. Par ailleurs, si l'on ne peut certes pas ignorer que l'expulsion est susceptible de porter atteinte aux relations entre le recourant, sa compagne et sa fille, il convient de relever que cette mesure reste d'une durée limitée, qu'il demeure envisageable que la vie de famille se poursuive à l'étranger même si cela ne peut d'emblée être exigé et que la mesure n'empêchera pas le recourant d'entretenir des contacts avec sa compagne et son enfant par le biais des moyens de télécommunication modernes, voire par le biais de visites occasionnelles de ceux-ci en Guinée Conakry ou au Portugal. Par ailleurs, on relève que le recourant a le projet de régulariser sa situation administrative au Portugal, pays dont sa compagne et sa fille sont ressortissantes, où il disposerait de la possibilité d'obtenir des revenus licites. En définitive, compte tenu notamment de la gravité des faits reprochés au recourant, de ses antécédents, de la menace qu'il représente pour l'ordre et la sécurité publics, de son intégration limitée en Suisse et des perspectives qu'il conserve de se réintégrer dans son pays d'origine ou d'éventuellement reconstruire sa vie de famille au Portugal, l'intérêt public à son éloignement l'emporte sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. L'une des conditions pour une application de l'art. 66a al. 2 CP faisant ainsi défaut, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en ordonnant l'expulsion du recourant.