Citation: 1B_264/2015 E. 3.2

3.2. Le recourant peut certes se prévaloir d'attaches importantes en Suisse, pays dont il a acquis la nationalité et où résident ses parents, ses soeurs, son frère, ses proches et son amie intime qu'il fréquente depuis plus de trois ans. Il ne conteste toutefois pas avoir conservé des contacts au Kosovo où son père possède une maison et où vivent des oncles et des tantes même s'il qualifie ces liens de peu étroits. Il n'a pas de travail fixe et régulier en Suisse. Il importe peu que le risque de fuite n'a pas été retenu dans d'autres procédures pénales puisqu'il doit s'apprécier en fonction des circonstances qui prévalent au moment de statuer sur la détention provisoire. Or, le recourant a été condamné en 2013 pour un brigandage commis à Delémont en 2010 et s'expose à voir révoqué le sursis accordé à la peine privative de liberté de 12 mois qui lui a été infligée. Le fait qu'il se soit présenté au jugement en appel dans cette affaire alors qu'il avait été condamné en première instance à une peine privative de liberté ferme de 16 mois ne constitue pas un élément suffisant pour admettre qu'il ne prendra pas la fuite dans la mesure où il pouvait alors s'attendre à bénéficier du sursis, ce qui n'est pas le cas en l'occurrence. Les infractions à la loi sur les stupéfiants qui lui sont reprochées sont graves. La peine privative de liberté à laquelle il s'expose est relativement importante. Dans ces circonstances, le risque de fuite apparaît incontestable. Les risques de représailles auxquels le recourant dit être exposé s'il se rendait au Kosovo ne reposent pas sur des menaces concrètes proférées à son encontre ou à celle ou de sa famille mais sur le fait que l'un des fournisseurs qui a été arrêté en Belgique serait un mafieux notoire qui se serait rendu coupable de crimes de sang dans son pays d'origine selon des informations glanées sur internet. De même, il est sans importance que son extradition puisse aisément être obtenue s'il devait se réfugier dans son pays d'origine (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36). L'affirmation d'un risque de fuite dispense d'examiner s'il existe aussi des risques de réitération et de collusion comme l'ont retenu le Ministère public à l'appui de sa demande de prolongation de la détention et la Juge des mesures de contrainte.