Citation: 5A_146/2023 E. 4.1

4.1. Comme il sera exposé ci-après (cf. infra consid. 7.1), l'autorité cantonale a jugé que l'indemnisation de l'exécuteur testamentaire était du ressort du juge ordinaire. Le recourant fait totalement fi de cette motivation. Se limitant à dénoncer des omissions dans l'établissement des faits, il ne s'attaque pas aux constatations de l'autorité cantonale qui a retenu que l'exécuteur testamentaire avait régulièrement et précisément présenté des relevés d'heures effectuées et de frais facturés, de sorte qu'il avait agi avec transparence et que la question de savoir si la créance en indemnisation était effectivement due n'était plus de sa compétence. Il s'évertue à qualifier tous les actes dont découle un élément de calcul relatif aux avances prélevées par l'exécuteur testamentaires (factures, taux horaire, nature et temps d'activité déployée) comme étant le résultat de mensonges, tromperies et prélèvements indus, pour tenter de faire entrer son litige dans la compétence de l'autorité de surveillance. Or, pour autant que sa critique soit recevable, étant donné qu'il ne présente aucune motivation sur la délimitation des compétences entre l'autorité de surveillance et le juge civil ordinaire, l'examen des pièces que le recourant cite ne permet pas de retenir que l'autorité cantonale aurait arbitrairement omis de retenir de tels agissements de la part de l'exécuteur testamentaire. C'est ainsi que, pour démontrer que, en invoquant avoir été conseillé par les notaires des défunts pour justifier son taux horaire, l'exécuteur testamentaire a " menti " aux héritiers, le recourant se fonde sur l'allégué 131 de son mémoire complémentaire du 13 janvier 2021. Or, de cet allégué, il ressort seulement le taux horaire pratiqué par l'étude de notaires en question. Le recourant ne dit rien du conseil prodigué par ceux-ci sur le propre taux horaire de l'exécuteur testamentaire. Quant à la pièce n° 2 citée, il en ressort seulement qu'un des notaires suggère que les honoraires soient fixés " au moins à 350 fr. " de l'heure. En aucun cas, on ne peut considérer arbitraire de ne pas déduire l'existence d'un mensonge sur la question de la part de l'exécuteur testamentaire. Ensuite, le recourant se plaint de ce que la cour cantonale aurait omis de constater " des montants importants réguliers prélevés de 30'000 fr. par mois " sans activité intense personnelle de l'exécuteur testamentaire. Une telle critique est trop imprécise pour répondre aux réquisits de motivation en matière de violation d'un droit constitutionnel, d'autant que ces faits ne ressortent pas de la seule pièce recevable que le recourant cite à l'appui de sa critique - soit la pièce n° 97 (procès-verbal de l'audition du prévenu par le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne le 14 juillet 2020). Le recourant allègue aussi le caractère " trompeur de certaines rubriques des facturations ". Sa critique est néanmoins à nouveau trop imprécise pour démontrer que l'autorité cantonale aurait omis de manière arbitraire de constater un comportement susceptible d'entraîner la révocation de l'exécuteur testamentaire. Au demeurant, de la pièce n° 158 (p. 2 du courrier de Me Halpérin à Mes Poncet et Carron du 8 septembre 2020) qu'il cite à l'appui de son seul exemple de facturation trompeuse - il n'en cite aucune à l'appui de son allégué n° 174 -, il ressort au contraire que l'avocat expose que l'hoirie a été informée de l'intervention d'une avocate de son étude, que celle-ci est intervenue pour répondre à des interrogations personnelles de l'exécuteur testamentaire, " lequel l'a personnellement rémunérée, comme ses autres Conseils, sans jamais refacturer aucun de ces montants à la succession ". Le recourant ne peut donc pas être suivi lorsqu'il oppose l'arbitraire à l'autorité cantonale pour n'avoir pas retenu sur la base de cette pièce que, de manière trompeuse, l'exécuteur testamentaire a facturé un tarif horaire de 500 fr. pour reporter sur l'hoirie la rémunération de ses propres mandataires. Le recourant s'épanche aussi sur certaines erreurs que l'exécuteur testamentaire aurait commises dans sa facturation. Or, de l'examen des pièces citées par le recourant, il ressort que celles-ci n'auraient dans tous les cas qu'un caractère ponctuel au vu de la durée de plusieurs années du mandat débuté en 2018 - notamment, le recourant fait grand cas du fait que l'exécuteur testamentaire aurait indiqué plus de 24 heures de timesheet par jour dans trois factures les 30 juin, 30 septembre et 30 décembre 2019, alors que le recourant admet lui même qu'il demeure un doute s'il s'agissait de la date d'enregistrement, et non de l'activité, comme l'a d'ailleurs déclaré l'exécuteur testamentaire devant le Ministère public le 14 juillet 2020 (pièce 97, ligne 111, du recourant) -, qui ne justifierait pas que l'on oppose aux juges précédents d'avoir abusé de leur pouvoir d'appréciation en refusant de révoquer l'exécuteur testamentaire. Cet élément de fait est donc sans incidence sur le résultat de la cause. Le recourant insiste ensuite sur le caractère unilatéral des transferts par lesquels l'exécuteur testamentaire a obtenu ses avances, notamment un montant de 277'913 fr. Toutefois, il ne s'attaque pas, dans la suite de son recours, à la motivation de l'autorité cantonale selon laquelle l'exécuteur testamentaire est précisément en droit de prélever lui-même le montant de ses avances sur les biens successoraux, si bien que sa critique de fait n'a aucune conséquence sur le résultat du litige. Aucune violation de l'interdiction de l'arbitraire ne pouvant être opposé à la cour cantonale dans l'établissement des faits précités, les autres éléments invoqués par le recourant en lien avec le prélèvement d'avances de l'exécuteur testamentaire (type d'activité déployée, libellé d'activité de certaines factures trop généreux, formation, velléités d'arbitrer le conflit entre les héritiers) deviennent à eux seuls insuffisants pour influer sur le sort du litige, si bien qu'il n'y a pas lieu d'examiner la critique du recourant les concernant. Il appartiendra au juge ordinaire de trancher le litige sur l'indemnisation de l'exécuteur testamentaire s'il en est saisi.