Citation: 6S.8/2004 05.02.2004 E. B

Par arrêt du 20 octobre 2003, la cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours d'A. X.________. Ce jugement retient en bref ce qui suit. B.a A. X.________, née en 1959, infirmière de formation, s'est mariée en 1986 et a eu deux enfants, B. en 1988, et C. en 1992. Elle jouit d'une bonne réputation, son casier judiciaire est vierge et sa situation financière est saine. Le couple X.________ a connu des difficultés depuis la naissance de leur première fille. En 1999, l'épouse a découvert des lettres suggérant une relation extra-conjugale de son mari. En octobre 2000, ce dernier a appris qu'il était atteint d'un cancer. Cette épreuve n'a pas soudé le couple. A. X.________ s'est épuisée à supporter et à soigner son mari. Malgré les difficultés, elle ne s'est pas ouverte à ses connaissances dans le soucis d'apparaître comme une épouse et une mère parfaite et de ne pas s'exposer à la critique. Elle a songé à quitter son mari. B.b Le 12 février 2002, une dispute a éclaté entre les époux X.________. Le mari a fait savoir à son épouse qu'il allait se jeter par la fenêtre. Après l'intervention des beaux-parents de D. X.________ et de la police, ce dernier a quitté le domicile conjugal pour passer la nuit dans une unité hospitalière en raison de son état physique et psychique. A partir de ce jour, A. X.________ a estimé que son mari ne méritait plus d'être le père de ses enfants puisqu'il avait proféré des menaces de suicide devant eux. Elle a sombré dans une importante angoisse, son image de femme parfaite s'étant brisée. B.c Le 13 février 2002, A. X.________ s'est rendue à la Maison de la femme, à Lausanne, pour amorcer une procédure de divorce. Auparavant, elle avait déjà écrit deux lettres, non postées, pour solliciter l'intervention du juge des affaires familiales. Suite un appel téléphonique d'un médecin, elle a rejoint son époux. Elle a extrêmement mal vécu l'entretien qui s'en est suivi. Constatant que son mari, autoritaire, teinté peut-être de cynisme et disqualifiant à ses yeux, s'était transformé en homme abattu, cassé, malade et qui pleurait, elle a eu le sentiment d'avoir côtoyé pendant dix-sept ans une personne qui avait un double visage. Elle n'a toutefois pas laissé transparaître ses états d'âme et lui a dit qu'elle n'avait pas l'intention de se séparer de lui. Le même jour, D. X.________ a été admis à Cery. S'agissant d'une hospitalisation volontaire, impliquant la possibilité de quitter l'établissement à tout moment, les craintes de l'épouse ont augmenté. Cette dernière a passé l'après-midi du 13 février 2002 dans l'agitation, avant de s'endormir tout habillée. B.d Très angoissée, A. X.________ s'est réveillée le 14 février 2002, vers 01 h. 00. Elle a décidé de prendre du tranxilium pour calmer son anxiété. A la salle de bains, elle a trouvé des boîtes de stilnox, somnifères prescrits à son mari, et a alors décidé de se donner la mort et d'entraîner ses deux filles avec elle. Elle s'est rendue à la cuisine où elle a préparé une potion contenant deux ou trois tablettes de stilnox. Elle a réveillé ses filles et leur a administré le breuvage, leur expliquant que la boisson devait les aider à passer le cap difficile qu'elles étaient en train de vivre, tandis que sa véritable intention consistait à les plonger dans un sommeil profond. Elle a ensuite rédigé trois lettres, dont l'une annonçait sa résolution, et préparé son propre suicide. Les préparatifs terminés, A. X.________ s'est rendue dans la chambre de C. Après avoir retiré le duvet et remonté la veste de pyjama, elle a enfoncé un grand couteau effilé et pointu dans la poitrine de l'enfant endormi, lui transperçant le coeur et provoquant ainsi sa mort immédiate. Elle a retiré la lame, rabattu la veste du pyjama et remonté le duvet, sur lequel elle a déposé une rose. A. X.________ a ensuite gagné la chambre de B. afin de la poignarder. L'enfant a bougé ou émis un bruit à l'approche de sa mère qui s'est retenue d'agir immédiatement. Celle-ci est alors retournée à la salle de bains, où elle a absorbé des comprimés de stilnox, avant de revenir dans la chambre de son aînée pour achever son oeuvre. L'effet rapide et brusque des somnifères l'a toutefois surprise et elle s'est effondrée face au lit de sa fille, contre l'armoire, où elle est restée prostrée jusqu'à l'arrivée des secours alertés par B.