Citation: 2C_467/2020 E. 3.2

3.2. Dans l'arrêt attaqué, la Cour de justice a retenu que l'intimé avait été condamné à une peine privative de liberté de longue durée, justifiant la révocation de son autorisation d'établissement. Procédant ensuite à un examen de la proportionnalité de la mesure de révocation, elle a considéré qu'un intérêt public lourd commandait le refoulement de l'intéressé, au vu de la gravité extrême de l'infraction commise. Cette infraction faisait de plus suite à "une" condamnation en 2006 pour lésions corporelles simples, qui avait donné lieu à un avertissement formel de l'Office cantonal. La Cour de justice a mis en balance cet intérêt public avec l'intérêt privé de l'intimé, prenant en particulier en compte "les circonstances actuelles" liées à son comportement adéquat en prison, à sa volonté de réintégration, à l'écoulement du temps, au versement régulier d'une somme d'argent à la victime, au lien fort qu'il avait réussi à maintenir avec son épouse et ses deux enfants, et à son faible risque de récidive, tel que relevé par les différentes autorités ayant été amenées à se prononcer à ce sujet depuis 2013. Les juges cantonaux ont également tenu compte de la "conviction" qu'ils avaient acquise lors de l'audition de l'intimé en audience de comparution personnelle, s'agissant notamment des regrets qu'il avait exprimés et du fait qu'un retour au Kosovo de ses deux enfants, qui ne parlaient que très peu l'albanais, n'apparaissait pas envisageable. La Cour de justice a ainsi jugé que l'intérêt privé de l'intimé, et celui de sa famille, à pouvoir continuer à vivre en Suisse, à développer une activité professionnelle, à encadrer ses filles et à indemniser sa victime devait l'emporter sur l'intérêt public à son renvoi. La révocation de l'autorisation d'établissement s'avérait dès lors disproportionnée.