Citation: 4P.52/2001 26.09.2001 E. 2

2.- Le recourant soutient que la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en admettant que, du fait de l'activité concurrente qu'il a développée, l'intimée a subi un dommage correspondant à 15% du chiffre d'affaires réalisé en rapport avec divers chantiers. A le suivre, en effet, l'on ne saurait soutenir que l'intimée se serait vu attribuer ces chantiers s'il n'avait pas exploité une entreprise concurrente. a) S'agissant du Club ..., le témoin V.________, directeur de Y.________ S.A., en charge de ce chantier, a indiqué qu'il ne connaissait pas l'entreprise X.________ S.A. Le recourant en conclut que la cour cantonale ne pouvait, sans tomber dans l'arbitraire, admettre que Y.________ S.A. aurait, en fait, attribué à l'intimée le contrat qu'il a exécuté. Ce grief est mal fondé. En effet, c'est avant l'expiration de son contrat de travail que le recourant a accepté, pour son propre compte ou pour celui de la société qu'il venait de créer, d'exécuter des travaux au Club ... Ce faisant, il a violé son devoir de fidélité, qui lui commandait de traiter cette affaire au nom de son employeur, sans faire concurrence à ce dernier (art. 321 a al. 1 et 3 CO). Ce n'est que si l'intimée avait refusé d'effectuer les travaux en cause au Club ... que le recourant ou sa société pouvait accepter de s'en charger. Or, le recourant ne tente même pas de démontrer que l'intimée aurait refusé ce chantier. En outre, aucun élément du dossier ne fait apparaître que l'entreprise Y.________ S.A., à conditions égales, aurait refusé de confier les travaux à l'intimée si le recourant l'y avait invitée, comme il en avait le devoir. Dans ces circonstances, la cour cantonale pouvait, sans tomber dans l'arbitraire, admettre que l'intimée aurait effectué ces travaux si le recourant avait respecté ses obligations contractuelles. b) S'agissant des seize villas, le recourant se réfère seulement à un témoignage selon lequel il n'apparaît pas que l'entreprise X.________ S.A. ait travaillé sur ce dossier. Le recourant veut en déduire que Y.________ S.A. n'aurait jamais confié ce chantier à l'intimée et que, en admettant le contraire, la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire. Le grief est mal fondé. Si l'entreprise X.________ S.A. n'a jamais travaillé sur ce dossier, c'est que le recourant a décidé de le traiter à son profit ou à celui de sa société. Cette seule circonstance ne permet nullement de taxer d'arbitraire l'arrêt cantonal en tant qu'il admet que l'intimée aurait reçu la commande si le recourant avait respecté ses obligations. c) S'agissant des travaux effectués à la villa B.________, l'architecte A.________ a déclaré qu'il avait choisi l'entreprise L.________, à une date non déterminée, parce qu'il avait déjà confié des travaux à l'intimée et qu'il ne souhaitait pas n'avoir qu'une entreprise comme interlocutrice. A suivre le recourant, la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en admettant que ces travaux auraient été exécutés par l'entreprise X.________ S.A. s'il n'avait pas exercé une activité concurrente. Il ressort toutefois du dossier que, selon le témoignage de M. E.________, un employé du bureau A.________ avait souhaité que le travail soit effectué, à la villa B.________ par M. F.________. Or, comme l'admet le recourant, M. F.________ fait partie des ouvriers qui ont quitté l'intimée pour entrer au service de l'entreprise du recourant. Dans ces circonstances, la cour cantonale, qui jouit d'un large pouvoir d'appréciation des preuves, pouvait, sans tomber dans l'arbitraire, considérer que le chantier de la villa B.________ a été attribué à l'entreprise du recourant parce que ce dernier avait engagé le monteur F.________, même si M. A.________ a donné une explication différente à ce sujet. d) S'agissant du chantier Z.________, le recourant fait valoir que rien, dans la procédure, ne montre que cette société aurait continué à travailler avec l'intimée s'il n'avait pas exercé une activité concurrente. En admettant néanmoins que tel était le cas, la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire. Toutefois, le témoin R.________, employé de l'entreprise du recourant, a déclaré qu'il ne savait pas que l'entreprise Z.________ le suivrait. De plus, selon le témoin G.________, le recourant avait déclaré qu'il conservait comme cliente la maison Z.________. Dans ces circonstances, la cour cantonale pouvait, sans tomber dans l'arbitraire, admettre que cette entreprise quittait X.________ S.A. parce que le recourant avait ouvert sa propre entreprise, où sont venus travailler la plupart des ouvriers de X.________ S.A., dont M. R.________. Le grief est mal fondé.