Citation: 4C.159/2006 13.07.2006 E. 2

Saisi d'un recours en réforme, le Tribunal fédéral doit conduire son raisonnement juridique sur la base des faits contenus dans la décision attaquée, à moins que des dispositions fédérales en matière de preuve n'aient été violées, qu'il y ait lieu de rectifier des constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compléter les constatations de l'autorité cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents, régulièrement allégués et clairement établis (art. 64 OJ; ATF 130 III 102 consid. 2.2, 136 consid. 1.4). Dans la mesure où une partie recourante présente un état de fait qui s'écarte de celui contenu dans la décision attaquée, sans se prévaloir avec précision de l'une des exceptions qui viennent d'être rappelées, il n'est pas possible d'en tenir compte (ATF 130 III 102 consid. 2.2, 136 consid. 1.4). Il ne peut être présenté de griefs contre les constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). Le recours n'est pas ouvert pour se plaindre de l'appréciation des preuves et des constatations de fait qui en découlent (ATF 130 III 102 consid. 2.2 in fine, 136 consid. 1.4; 129 III 618 consid. 3). 2.1 La Cour de justice a rejeté l'action, entre autres motifs, parce que le juge de première instance avait nié à bon droit l'existence d'un lien de causalité entre les violations de leurs devoirs imputées aux défendeurs et le dommage allégué par le demandeur (consid. 7). Ce faisant, elle a repris à son compte la constatation de l'instance précédente voulant qu'aucun élément ne permît de retenir que la défenderesse n° 5 eût été disposée à acquérir les actions du demandeur au prix de 1'600 fr. l'unité. Les juges d'appel ont tiré cette conclusion du fait que la défenderesse n° 5 avait fait dépendre son intérêt à l'acquisition d'une participation majoritaire dans E.________ du règlement antérieur des modalités de départ du demandeur. Pareille conclusion repose sur l'appréciation des preuves. La cour cantonale a ainsi nié l'existence d'un lien de causalité naturelle entre la violation alléguée et le dommage invoqué. 2.2 La causalité naturelle est une question qui ne peut pas être revue par la juridiction fédérale de réforme (ATF 130 III 591 consid. 5.3). Le demandeur ne se prévaut pas, sur ce point, de l'une des exceptions permettant à celle-ci de revoir les constatations de la cour cantonale. L'inadvertance manifeste dont il se plaint au sujet de la constatation du contenu de l'accord conclu les 19/23 avril 2002 entre le demandeur et les défendeurs nos 1-2 est étrangère au problème de la causalité (manquante) entre la prétendue violation par les défendeurs des devoirs découlant de l'art. 717 CO et le dommage allégué. Ainsi, il n'est pas possible d'entrer en matière sur les critiques du demandeur relatives à l'exclusion du rapport de cause à effet entre les éventuelles violations des devoirs incombant aux défendeurs et le prétendu gain manqué.