Citation: 4A_439/2022 E. A

A.a. B.________ SA (l'employeuse ou la défenderesse) et C.________ SA sont actives dans le placement de personnel. D.________ est administratrice de la première et gérante de la seconde, avec signature individuelle à chaque fois. A.________ a effectué son apprentissage d'employée de commerce au sein de l'employeuse de 2010 à 2012. Durant cette période, elle a été enceinte à deux reprises, grossesses auxquelles elle a mis un terme. A partir du 8 août 2012, elle ne s'est plus présentée au travail et l'employeuse a résilié son contrat d'apprentissage après l'avoir mise en demeure de reprendre le travail. L'année suivante, elle a accepté de la réintégrer pour qu'elle termine sa formation. L'employeuse l'a ensuite engagée dès le 18 août 2015 en qualité de secrétaire et conseillère en personnel. A.b. En automne 2015, l'employée a souhaité acheter un véhicule d'occasion de marque Renault. Comme elle n'avait pas les moyens de payer le prix demandé de 9'555 fr. 55, l'employeuse l'a acquis et l'a fait immatriculer au nom de la société, pour ensuite le mettre à disposition de l'employée qui l'utilisait à des fins professionnelles et privées. L'employeuse a prélevé un montant de 289 fr. 40 chaque mois sur son salaire à compter de septembre 2015. Au printemps 2017, l'employée a souhaité vendre le véhicule pour le remplacer par un autre. Elle en a fait part à D.________ et les deux femmes ont échangé au sujet de ce projet. Vers la fin du mois d'avril 2017, l'employée a vendu la voiture à un tiers. D.________ lui a reproché cette transaction effectuée, selon elle, sans son autorisation. Dans un sms qu'elle lui a envoyé le 30 avril 2017, l'employée l'a informée qu'elle lui remettrait le solde du prix de vente et qu'elle souhaitait quitter la société, ce qu'elle avait l'intention de faire depuis quelque temps déjà. D.________ lui a répondu par sms : « c'est ton choix (...) je retiens personne j'ai juste besoin de travailler dans une ambiance saine ». A.c. Le mardi 2 mai 2017, les deux femmes se sont entretenues dans le bureau de la société. Au terme de cet entretien, l'employée a rédigé une lettre intitulée « démission » dans laquelle elle déclare : « par cette lettre, je déclare prendre ma démission avec effet immédiat dans votre entreprise. Et vous remercie pour tout. Meilleure salutations ». La lettre est contresignée pour acceptation par D.________ pour le compte de l'employeuse. A.d. L'employée soutient qu'elle a écrit cette lettre sous la contrainte. Elle prétend que D.________ aurait appris qu'elle était à nouveau enceinte et aurait pris prétexte de la vente du véhicule pour se débarrasser d'elle. Quant à D.________, elle se défend d'avoir exercé une quelconque pression sur sa collaboratrice dont elle ignorait la grossesse et affirme que celle-ci a donné son congé de son plein gré. A.e. L'employée a dénoncé D.________ au Ministère public pour contrainte. A.f. Après la discussion avec D.________, l'employée s'est rendue, sur le conseil de son compagnon, chez la Dresse E.________ qui, au récit que sa patiente lui a fait de l'entrevue en question, l'a encouragée à « réfuter » la lettre de démission et lui a prescrit un arrêt de travail. A.g. Après cette consultation, l'employée a envoyé à D.________ un courrier dans lequel elle l'accusait de l'avoir contrainte à rédiger une lettre de démission, ce qu'elle aurait fait en état de choc. Elle déclarait contester le « congé et la validité de la lettre de remise » et annonçait le dépôt d'un certificat médical attestant de son incapacité totale de travail.