Citation: 1C_521/2018 E. 3.3.1

3.3.1. La cour cantonale a relevé, à l'instar des recourants, que la façade est du bâtiment projeté n'était pas rectiligne, mais circulaire. Dès lors, à s'en tenir strictement au texte de l'art. 76 RPE, qui faisait mention d'un " angle ", l'hypothèse prévue par cette disposition tendait à ne pas être réalisée, la façade concernée ne comportant pas d'angle, ce qui conduisait à exiger une distance minimale de 6 mètres (art. 45 al. 4 RPE) - et non de 5 mètres selon l'art. 76 RPE - entre le bâtiment et la parcelle n° 853. Cela étant, il y avait lieu de tenir compte, au regard de la jurisprudence cantonale, de la réglementation sur les distances aux limites, qui tendait principalement à préserver un minimum de lumière, d'air et de soleil entre les constructions afin de garantir un aménagement sain et rationnel. Ces règles avaient ainsi notamment pour but d'éviter que les habitants des fonds contigus ressentent une impression d'écrasement en raison de la construction voisine (cf. arrêt AC.2015.0055 du 21 janvier 2016 consid. 4b). En l'occurrence, il apparaissait que la façade en cause, qui n'était pas verticale, présentait la caractéristique d'être fuyante et de s'éloigner de la parcelle n° 853 compte tenu de sa hauteur, ce qui donnait à cette parcelle un dégagement supplémentaire par rapport à une façade verticale. A cela s'ajoutait qu'en raison de la forme circulaire du bâtiment, le pied de la façade s'éloignait de la parcelle voisine de part et d'autre à partir du point le plus proche de la limite (5.09 mètres) pour atteindre, après 4 mètres, la distance de 6 mètres par rapport à la limite de la propriété, ce qui atténuait l'effet de " barre " et d'écrasement qu'une façade rectiligne induirait (cf. arrêt entrepris, consid. 4b/dd p. 12). Ces motifs ont conduit la cour cantonale à admettre que la Municipalité n'avait pas abusé de la latitude de jugement dont elle disposait dans l'interprétation de son règlement (cf. arrêt entrepris, consid. 4b/dd p. 13).