Citation: I 645/02 20.06.2003 E. 8

8.1 Les affections de nature psychique dont souffre l'intimé n'ont abouti à un suivi médical qu'à partir de l'année 1990, soit à l'occasion de la première hospitalisation psychiatrique qu'il a subie. Jusque-là, seul un psychologue s'était penché sur ses problèmes psychiques. L'appréciation de la capacité de travail de l'intimé pourrait donner lieu à discussion, si l'on ne disposait pour seul avis que de celui du psychologue Dupuis, car ce dernier ne possède pas le titre de médecin. Il faudrait alors déterminer s'il est susceptible de compter au nombre des «autres spécialistes» dont il est question au consid. 4.1 ci-dessus, lesquels sont habilités à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités une personne est ou non incapable de travailler. Dans le cas d'espèce, cette question peut rester indécise, car l'appréciation de la capacité de travail de l'intimé, au sortir de l'adolescence, a été rendue sous la responsabilité d'un psychiatre. Certes, ce dernier s'est appuyé sur les observations du psychologue qui avait suivi le patient, en l'occurrence durant près de vingt ans. Il n'en demeure pas moins que l'avis du docteur C.________ se fonde sur des faits constatés, qu'il est motivé et convaincant, et qu'il a pleine valeur probante dès lors qu'il remplit tous les réquisits jurisprudentiels (cf. consid. 4.2 ci-dessus). 8.2 Il n'est toutefois pas nécessaire de chercher plus avant à savoir si l'intimé était réellement déjà entièrement incapable de travailler au premier jour du mois qui a suivi son dix-huitième anniversaire, le 1er mai 1977 (cf. art. 29 al. 2 LAI), en raison d'affections psychiques, car il paraît suffisamment vraisemblable, au sens où la jurisprudence l'entend (cf. consid. 4.3 ci-dessus), que l'atteinte à la santé psychique a en tout cas entraîné une incapacité de travail avant 1988. En effet, le psychiatre C.________ a indiqué que la capacité de travail de l'intimé s'était amenuisée rapidement dès sa sortie de l'adolescence, jusqu'à devenir nulle, en raison du trouble schizo-affectif dont il souffre, ce qui n'a pu être constaté qu'en 1990 à la suite de l'hospitalisation. Compte tenu de la période à laquelle les troubles psychiques sont apparus (au milieu des années septante), de la rapidité de leur aggravation et du laps de temps écoulé, on doit admettre que l'invalidité était déjà survenue en 1987 au plus tard. L'appréciation du psychiatre est du reste confortée par le fait que malgré son intelligence, l'intimé n'a pas pu acquérir de formation professionnelle et qu'il n'a exercé aucune activité lucrative soumise à cotisations à l'AVS avant d'avoir atteint l'âge de 28 ans, en 1987. Il n'a d'ailleurs, par la suite, occupé que quelques emplois temporaires, de façon très sporadique, dont les rémunérations ressortant de son compte individuel AVS (123 fr. en 1987, 58 fr. en 1988, 1'445 fr. en 1989, 2'703 fr. en 1990, 367 fr. en 1992 et 467 fr. en 1993) laissent corroborer le fait qu'il n'avait effectivement plus de capacité de travail économiquement exploitable en 1987, voire très vraisemblablement auparavant déjà.