Citation: 6P.2/2005 11.02.2005 E. 3

Invoquant une violation des art. 9 et 29 Cst., le recourant s'en prend à à l'appréciation des preuves et à l'établissement des faits, qu'il estime, sur plusieurs points, entachés d'arbitraire. 3.1 En premier lieu, le recourant soutient que la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire en retenant la version de L.Y.________ de préférence à la sienne et en écartant les témoignages des membres de sa famille. 3.1.1 Il fait d'abord valoir que la cour cantonale aurait retenu de manière arbitraire qu'il avait eu la volonté de se retrouver seul avec la fillette. Il soutient en effet que divers membres de la famille se seraient trouvés dans l'appartement, point qui ne serait du reste pas contesté par la victime. Dans son argumentation, le recourant se contente d'affirmer qu'une de ses filles était dans l'appartement et que sa femme faisait la navette, avec son fils, entre l'appartement et la chambre à lessive. Il ne se réfère à aucun témoignage précis et ne démontre pas ainsi que la cour cantonale a apprécié arbitrairement les preuves en ne mentionnant pas la présence de tiers dans l'appartement. Il oppose en définitive simplement sa version des faits à celle de la cour cantonale. De nature appellatoire, cette argumentation est insuffisante au regard des exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, de sorte qu'elle est irrecevable. Au demeurant, il convient de souligner que la présence d'autres membres de la famille dans l'appartement n'empêche pas que le recourant ait pu avoir la volonté de se retrouver seul avec la fillette et qu'il se soit effectivement retrouvé seul avec elle. L'arrêt attaqué a retenu, sur ce point, que le recourant avait éloigné sa propre fille et qu'il avait emmené L.Y.________ dans la chambre à coucher, qui baignait dans l'obscurité et où personne ne se trouvait. 3.1.2 Le recourant reproche ensuite à l'autorité cantonale d'avoir qualifié le témoignage de la fillette de cohérent et de clair, alors qu'il serait établi que celle-ci aurait mal décrit la chambre des parents. Le recourant affirme que la fillette se serait trompée sur l'ameublement de la pièce, déclarant qu'il y avait des meubles et des matelas dans la chambre, ce qui serait inexact. Il ne s'appuie cependant sur aucun élément du dossier qui établirait le contraire et n'établit ainsi pas que la cour cantonale aurait arbitrairement apprécié les moyens de preuve. Son argumentation est dès lors insuffisante au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, de sorte qu'elle est irrecevable. Au demeurant, à supposer qu'une telle erreur soit établie, elle ne saurait suffire pour mettre en cause le témoignage de L.Y.________. En effet, l'arrêt attaqué précise que la pièce baignait dans l'obscurité, ce qui rendait difficile, pour la fillette, de distinguer les meubles. Cela ne l'empêchait en revanche pas de sentir les caresses et les baisers du recourant. 3.1.3 En définitive, les points soulevés par le recourant ne sont pas pertinents pour remettre en cause le récit de L.Y.________. Pour le surplus, il convient de relever que la cour cantonale a expliqué, de manière détaillée et convaincante, les raisons qui l'ont poussée à retenir la version de L.Y.________ plutôt que celle du recourant. En effet, se fondant notamment sur les déclarations de la psychologue-psychothérapeute, elle a considéré que la fillette était peu suggestible et que ses déclarations étaient crédibles. Elle a en outre constaté que le récit de l'enfant, qui était modéré, n'avait jamais varié, alors que les explications du recourant comportaient des contradictions sur plusieurs points déterminants, notamment sur le fait qu'il a montré ou non les gestes d'hypnose sur L.Y.________ et sur la présence du reste de la famille dans l'appartement. De plus, selon la cour cantonale, la thèse du recourant selon laquelle L.Y.________ aurait été manipulée par sa mère, dans l'unique but de lui créer des ennuis, apparaît peu plausible, dès lors que rien n'indiquait dans le dossier qu'il y avait à l'époque un conflit entre les deux familles, que cette thèse n'avait été évoquée par le recourant que lors de son deuxième interrogatoire et qu'elle ne reposait sur aucun élément objectif. Enfin, la cour cantonale a relevé que les membres de la famille du recourant avaient certes confirmé dans un premier temps le récit du recourant, mais que leurs déclarations devaient être appréciées avec réserve, dans la mesure où ils avaient été entendus une année après les faits. En outre, vu l'environnement familial, il y avait de fortes chances que leurs témoignages soient inspirés par la loyauté ou la crainte envers leur père et mari. Ainsi K.X.________ avait dans un premier temps raconté avec force détails les éléments de la soirée, mais s'était montrée incapable de répondre ensuite à des questions ciblées, disant ne pas se rappeler. Au vu de l'ensemble de ces circonstances, la cour cantonale ne peut donc se voir reprocher d'être tombée dans l'arbitraire en retenant la version de L.Y.________ de préférence à celle du recourant et d'avoir écarté les témoignages des membres de la famille de ce dernier. 3.2 Le recourant reproche, en deuxième lieu, à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement omis de tenir compte qu'il avait eu le même comportement avec sa fille K.X.________. Ce reproche est infondé. En effet, à la page 6 de l'arrêt attaqué, la cour cantonale écrit que "L.Y.________ s'est souvenu avoir vu M.X.________, à une reprise, agir de la même manière avec K.X.________, soit la toucher sur toute le corps et passer ses lèvres sur les siennes, ce qui avait provoqué les rires de K.X.________". Dans la mesure où le recourant se plaint que la cour cantonale n'a pas pris en considération les réactions de K.X.________pour apprécier l'élément subjectif, il s'en prend à l'application de l'art. 187 CP, soit d'une norme de droit pénal fédéral, ce qu'il n'est pas habilité à faire dans le cadre du recours de droit public (cf. consid. 7.3.1). 3.3 Troisièmement, le recourant fait valoir que l'autorité cantonale aurait retenu de manière arbitraire qu'il a agi avec conscience et volonté. En l'espèce, la cour cantonale s'est fondée principalement sur deux éléments pour retenir que le recourant avait agi consciemment: premièrement, sur le fait que le recourant s'était isolé, d'abord en éloignant sa fille, puis en emmenant L.Y.________ dans sa chambre à coucher et, deuxièmement, sur le fait que le recourant avait recommandé à la fillette de n'en parler à personne. Le recourant ne démontre pas que la cour cantonale aurait arbitrairement retenu ces faits, de sorte que ses griefs doivent être considérés comme irrecevables (art. 90 al. 1 let. b OJ). La question de savoir si ces éléments extérieurs autorisaient la cour cantonale à admettre que le recourant a agi avec conscience et volonté relève de l'application du droit; elle sera traitée dans le pourvoi (cf. consid. 7.3.1).