Citation: 6B_1116/2022 E. 3.3

3.3. Le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire en retenant que l'intérêt public à l'expulsion l'emportait sur son intérêt à rester en Suisse et en considérant que la seconde condition de l'art. 66a al. 2 CP n'était pas remplie. Il invoque cinq éléments à l'appui de son affirmation. Premièrement, il considère que la qualification de tentative de meurtre devrait être écartée et qu'il serait nécessaire de prendre en compte la blessure "réellement subie par la victime" et le fait que les mesures de substitution auraient été maintenues, ce qui permettrait d'éviter toute récidive. Dès lors que la qualification de tentative de meurtre doit être retenue et que la blessure de l'intimé n'est pas déterminante (cf. supra consid. 1.6 et 1.7), l'argument du recourant tombe à faux. Le recourant n'établit par ailleurs pas comment les mesures de substitution permettraient de prévenir toute récidive. Deuxièmement, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir considéré que ses antécédents judiciaires puissent justifier que l'intérêt public soit supérieur à son intérêt privé. Il invoque que c'est arbitrairement que la cour cantonale n'aurait pas tenu compte du fait que les infractions ressortant de son casier judiciaire ne concerneraient pas le même type d'infraction que celles faisant l'objet du présent recours et qu'aucune infraction n'aurait été commise entre 2009 et 2018 et entre 2020 et 2022. Selon le recourant, cela démontrerait qu'il aurait connu une mauvaise phase temporaire et qu'il aurait réussi à se ressaisir et à respecter les mesures de substitution, ce qui démontrerait sa prise de conscience de l'importance du respect de l'ordre public. Le recourant fait ainsi fi du fait que la cour cantonale a, en premier lieu, relevé la gravité des infractions faisant l'objet de la présente procédure. Il ne saurait être reproché à la cour cantonale d'avoir également tenu compte des antécédents du recourant pour constater, au vu des faits ici litigieux, que les condamnations préalables du recourant n'ont pas eu auprès de lui l'effet dissuasif escompté. Troisièmement, le recourant soutient que l'arrêt querellé atténuerait de manière arbitraire les conséquences de l'expulsion sur la survie financière de sa famille et sur ses liens familiaux. Ce serait également arbitrairement et contradictoirement que la cour cantonale aurait jugé que le recourant pourrait s'installer à proximité de la frontière suisse pour voir plus facilement sa famille quand bien même elle aurait prévu qu'il devrait retourner au Portugal. La cour cantonale a retenu que l'expulsion porterait atteinte aux relations familiales du recourant et qu'elle pourrait prétériter la situation financière de sa famille. Le recourant n'établit ainsi pas en quoi la cour cantonale aurait atténué les conséquences de l'expulsion prononcée. La cour cantonale a estimé que le recourant avait un avenir au Portugal et a, sans arbitraire, considéré qu'il pouvait, en tant que ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, par ailleurs également s'établir dans un pays limitrophe de la Suisse. Quatrièmement, le recourant argue que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire et porté atteinte à l'intérêt d'un enfant mineur, dès lors qu'il serait notoire que les contacts réguliers d'un enfant mineur avec ses deux parents seraient essentiels pour son bon développement. Le recourant ne prétend pas que les moyens de communication modernes ne pourraient pas suffire au maintien du lien avec son enfant mineur. Il perd par ailleurs de vue que l'expulsion a été prononcée pour une durée limitée et que son épouse et leurs enfants peuvent également faire le choix de l'accompagner au Portugal, pays dont ils ont la citoyenneté. Cinquièmement, le recourant allègue qu'il serait notoire que les revenus seraient faibles au Portugal pour des activités professionnelles sans formation, de sorte qu'il ne pourrait que très peu soutenir financièrement sa famille et que celle-ci risquerait très vraisemblablement de devoir quitter la Suisse, faute de moyens suffisants. Le départ de la famille pour le Portugal aurait notamment une incidence extrême sur la scolarité, le bien-être et l'avenir de l'enfant mineur. La cour cantonale n'aurait pas pris en compte ces éléments, ce qui démontrerait le caractère arbitraire de l'arrêt attaqué. Contrairement à ce que prétend le recourant, la cour cantonale a tenu compte de ces éléments, de sorte que son grief tombe à faux. Elle a expressément retenu que le salaire du recourant au Portugal serait inférieur à celui qu'il perçoit en Suisse et envisagé l'hypothèse dans laquelle sa famille devrait le suivre dans leur pays d'origine. Les conséquences potentiellement difficiles de l'expulsion du recourant sur le reste de la famille ne rendent toutefois pas cette mesure disproportionnée, notamment au vu de la gravité des infractions commises par le recourant, du fait que dite mesure est limitée dans le temps, que l'épouse du recourant travaille également et que celui-ci ne devrait pas avoir de difficulté à retrouver un emploi dans son pays d'origine, ce qu'il ne conteste du reste pas. En outre, une situation économique potentiellement plus favorable en Suisse qu'au Portugal n'est pas un motif empêchant l'expulsion.