Citation: 2C_456/2023 E. 2.6.3

2.6.3. Quant à D.B.________, qui est actuellement âgé de quatre ans et qui agit par l'intermédiaire de ses parents, il fait valoir qu'il désirera un jour peut-être obtenir une maturité cantonale, comme de nombreux jeunes vaudois, et que le RRM 2023 l'obligera alors, selon toute vraisemblance, à suivre une formation gymnasiale obligatoire de quatre ans, au lieu de trois actuellement, sachant qu'à défaut, la maturité vaudoise ne sera plus reconnue par les autres cantons après l'été 2038. Il considère qu'il a dès lors un intérêt digne de protection au statu quo, c'est-à-dire à obtenir l'annulation de la nouvelle réglementation intercantonale ou, à tout le moins, celle de l'art. 7 RRM 2023, qui aura pour effet de retarder son entrée dans la vie professionnelle en l'empêchant de bénéficier d'une formation la plus courte possible et, dès lors, de gagner son autonomie le plus rapidement possible. En l'occurrence, le RRM 2023 conditionne effectivement la reconnaissance des certificats de maturité cantonale par les autres cantons au suivi d'une formation gymnasiale d'une durée de quatre ans au moins. Cela étant, il n'exige pas du canton de Vaud qu'il prolonge nécessairement la longueur totale de son cursus scolaire obligatoire et post-obligatoire, comme on le verra encore (cf. infra consid. 4.7.1 s.). Il n'en demeure pas moins que ce règlement a pour effet pratique de contraindre le canton de Vaud à réviser son modèle de formation gymnasiale actuel et de le forcer à envisager, dans ce cadre, la mise en place d'un nouveau système conduisant à la délivrance d'une maturité cantonale non plus forcément après quatorze années d'école, mais après quinze, à tout le moins dans certains cas, ce qui semble être actuellement la voie privilégiée par le Conseil d'État (cf. Rapport du Conseil d'État du 21 février 2024 précité, p. 6; aussi Communiqué de presse du Conseil d'État du 5 mars 2024). Il existe ainsi une certaine probabilité que, dans les faits, le RRM 2023 conduise les autorités politiques vaudoises à allonger le nombre d'années d'école que devront à terme effectuer les jeunes habitants du canton pour obtenir une maturité gymnasiale. En ce sens, il faut bien admettre que D.B.________, qui pourrait être amené à suivre une formation gymnasiale dès 2035 comme de très nombreux vaudois, dispose d'un intérêt digne de protection de fait à obtenir l'annulation de la nouvelle réglementation adoptée par la CDIP, et en particulier de l'art. 7 RRM 2023, et qu'il a dès lors qualité pour recourir en la cause.