Citation: 4P.75/2004 14.07.2004 E. 6

La recourante fait valoir que l'intimé n'aurait produit aucune note d'honoraires ou document qui prouverait la prétendue ampleur de son travail. La constatation selon laquelle l'intimé aurait fourni un "travail considérable" reposerait ainsi sur une simple supposition et serait dès lors arbitraire. 6.1 Une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction évidente avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1 p. 182). Le justiciable qui se plaint d'arbitraire doit démontrer, par une argumentation précise, que cette décision repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (art. 90 al.1 let. b OJ; ATF 129 I 113 consid. 2.1 p. 120 et les arrêts cités). 6.2 Pour apprécier l'ampleur du travail fourni, l'autorité cantonale s'est notamment fondée sur les déclarations de six témoins, à savoir le directeur de la recourante pour la Libye, l'expert judiciaire et les quatre personnes ayant communiqué les informations techniques et comptables nécessaires à l'intimé. Contrairement à ce qu'allègue la recourante, les constatations de la Cour de justice quant au travail effectué dans le cadre du rapport à remettre à l'expert judiciaire, ne reposent pas sur de simples suppositions. Se basant sur les témoignages figurant au dossier, elle a retenu que l'intimé a collaboré intensément pendant 15 mois avec deux ingénieurs et deux experts-comptables, qui lui remettaient les différents renseignements qu'il utilisait ensuite pour établir le rapport destiné à l'expert. Ce rapport avait notamment trait aux travaux effectués par la recourante, aux difficultés rencontrées dans leur exécution et aux causes de celles-ci, aux éventuelles pertes subies par la recourante du fait des retards accusés dans les travaux ainsi qu'aux sommes payées et encore dues et à leurs modalités de paiement. L'intimé a visité les chantiers à plusieurs reprises et rencontré l'expert six ou sept fois pour des séances de quatre heures chacune. Selon les constatations cantonales que la recourante ne remet pas en cause, l'intimé a également plaidé pour sa défense. Au vu de ces éléments, il n'était pas arbitraire de qualifier le travail accompli par l'intimé, en collaboration avec son équipe, de considérable. Le grief est donc mal fondé.