Citation: U 162/06 10.04.2007 E. 5.2

5.2.1 D'après le docteur K.________, l'assuré a vraisemblablement retrouvé un statu quo sine environ un mois après l'événement du 3 juin 2000. L'expert motive notamment ses constatations relatives à l'absence de lien de causalité naturelle entre cet événement et les atteintes mises en évidence par le docteur B.________ en septembre 2000 par l'âge de l'assuré à l'époque (60 ans). A cet âge, expose le docteur K.________, les troubles dégénératifs de la coiffe des rotateurs sont la règle et les lésions purement traumatiques exceptionnelles. L'expert ajoute que les radiographies et imageries par résonance magnétique ont démontré des troubles dégénératifs manifestement anciens des deux épaules, ce que confirment les rapports opératoires. Cette argumentation n'est toutefois pas déterminante, dans la mesure où l'on ne recherche pas si les lésions constatées sont d'origine uniquement accidentelle, mais plutôt si elles sont d'origine exclusivement dégénérative. Le fait que ces lésions ont au moins été favorisées par des atteintes dégénératives n'est pas litigieux, mais ne suffit pas à exclure le droit aux prestations. 5.2.2 Le docteur K.________ précise que l'action vulnérante de l'événement accidentel était inappropriée pour entraîner une déchirure traumatique en l'absence de tout mouvement passif extrême ou de mouvement de rotation active contre résistance; par contre, l'action vulnérante était tout à fait appropriée pour révéler un conflit sous-acromial pré-existant, auparavant asymptomatique, comme dans le cadre d'une omarthrose. L'absence de mouvement passif extrême ou de mouvement de rotation active contre résistance concerne en réalité le point de savoir si le facteur extérieur qui a déclenché les symptômes revêtait un caractère extraordinaire; à cet égard, l'expert semble considérer que les forces qui se sont exercées sur l'épaule de l'assuré, ou la manière dont elles se sont exercées, étaient relativement ordinaires, de sorte qu'elles n'étaient pas propres, à elles seules, à entraîner les lésions constatées. Mais un facteur extérieur soudain et involontaire suffit, même s'il ne présente pas un caractère extraordinaire, pour assimiler à un accident une lésion tendineuse qu'il a déclenchée; que cette lésion ait pu se produire, en l'absence de facteur extraordinaire, uniquement parce que le tissu touché était déjà fragilisé par une dégénérescence ne permet pas d'attribuer cette lésion exclusivement à la maladie. 5.2.3 Le docteur K.________ appuie encore ses constatations sur l'absence de pseudo-paralysie initiale des épaules, l'assuré ayant surtout présenté, après l'événement du 3 juin 2000, un syndrome douloureux de l'épaule droite qui aurait disparu après un mois pour laisser place à une simple faiblesse sans incapacité de travail. On relèvera toutefois que l'assuré se plaignait, en novembre 2000, de ne plus pouvoir mettre son porte-monnaie dans sa poche (avec sa main droite), ce qui va au-delà d'une simple faiblesse résiduelle. Par ailleurs, le recourant avait à l'époque déclaré à l'assurance qu'il avait consulté le docteur N.________ en septembre 2000, parce que le traitement conservateur prescrit par son médecin traitant après l'accident n'avait pas apporté de véritable amélioration. Enfin, le diagnostic de déchirure partielle de la coiffe des rotateurs a été posé dix jours déjà après l'événement du 3 juin 2000 par le docteur Z.________. C'est dire que cette déchirure n'a pu se produire, sans facteur extérieur déclenchant, près d'un mois après l'accident et après que les symptômes présentés immédiatement à la suite de cet événement se fussent déjà atténués. 5.3 En résumé, le docteur K.________ atteste un probable retour à un statu quo sine, un mois déjà après l'événement du 3 juin 2000, au motif que les lésions tendineuses subies par le recourant sont vraisemblablement d'origine essentiellement dégénérative. L'événement du 3 juin 2000 ne constituerait donc qu'une cause partielle possible, mais peu probable, de ces lésions («C'est la pondération de [tous les éléments susceptibles d'intervenir dans le problème de la causalité naturelle] et des allégations du patient qui a finalement fait pencher la balance en défaveur d'un lien de causalité naturelle au moins probable avec un événement accidentel»; rapport d'expertise complémentaire du 22 février 2005 du docteur K.________). Or, c'est précisément dans de tels cas de figure, où l'influence d'un facteur extérieur, soudain et involontaire ne peut être clairement exclue, que l'art. 9 al. 2 OLAA impose d'assimiler les lésions tendineuses à un accident. Il s'agit d'éviter de mener systématiquement de longues procédures et expertises médicales en vue d'établir la question de la causalité naturelle en cas d'atteintes figurant dans la liste par cette disposition, étant admis qu'un certain nombre de cas en soi du ressort de l'assurance-maladie sont mis à la charge de l'assurance-accidents (consid. 4.2 supra avec les références, en particulier ATF 129 V 466 consid. 3 p. 468). En l'espèce, l'expertise du docteur K.________ ne permet pas de retenir le retour au statu quo sine à la date du 1er janvier 2004.