Citation: 4C.199/2004 11.01.2005 E. 1

La défenderesse n° 1 fait grief à la cour cantonale d'avoir violé le droit fédéral en scindant artificiellement le rapport de base en deux contrats distincts - la convention de base (vente conditionnelle/consignation), d'une part, le mandat de conserver et d'assurer la chose, d'autre part - et en n'appliquant les effets de la demeure qu'à la convention de base, à l'exclusion du mandat. Concrètement, elle reproche aux juges genevois d'avoir retenu que l'obligation de conserver et d'assurer les tapis ne s'éteignait pas au moment de la résolution du contrat de base. En plus du même grief, la défenderesse n° 2 formule trois autres griefs se rapportant à la question de sa représentation par F.________ et à celle de la solidarité passive entre les deux défenderesses à l'égard de la demanderesse. D.b Dans ses réponses aux recours des défenderesses, la demanderesse propose le rejet de ceux-ci. Chacun de ses mémoires renferme un recours en réforme joint, au contenu identique, dans lequel elle conclut, après annulation des arrêts nos 1 et 2, à ce que le Tribunal fédéral condamne solidairement les défenderesses à lui payer la somme de 330'000 fr., avec intérêts à 6% dès le 30 décembre 1987, sous déduction de la somme de 130'000 fr., avec intérêts à 6% dès le 1er juillet 1988. En d'autres termes, la demanderesse reprend à son compte le dispositif du jugement du Tribunal de première instance du 20 mars 2003 (cf. let. C.a ci-dessus), sauf en ce qui concerne le taux des intérêts dus sur les deux sommes précitées. La demanderesse soutient, en premier lieu, que la cour cantonale ne s'est pas avisée de ce que l'effet de change émis le 17 juin 1987 et frappé de nullité pour vice de forme n'en constituait pas moins un contrat d'assignation, au sens des art. 466 ss CO, par lequel la défenderesse n° 2 s'était engagée à titre personnel à lui verser la somme de 200'000 fr. Dans un deuxième moyen, la demanderesse conteste avoir été valablement mise en demeure de venir reprendre ses tapis. En troisième lieu, elle expose les raisons pour lesquelles il n'y avait pas matière, à son avis, à imputer les frais d'avocat de la défenderesse n° 1 sur la valeur d'assurance des tapis volés pour calculer le préjudice subi par elle. La Cour de justice se voit encore reprocher, dans un quatrième et dernier moyen, d'avoir retenu un taux d'intérêts de 5% alors que les parties étaient convenues d'un taux de 6%. Les défenderesses concluent au rejet des recours joints.