Citation: 6P.96/2001 15.10.2001 E. 1

En particulier, s'il fait valoir le principe "in dubio pro reo" en tant que règle d'appréciation des preuves, le recourant doit exposer dans le détail en quoi le tribunal de cassation devait qualifier d'arbitraire l'appréciation des preuves effectuée par le tribunal supérieur. Le Tribunal fédéral se prononce librement sur cette question (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc et 1b). b) En l'occurrence, le recourant se contente principalement de répéter les griefs soulevés devant le Tribunal cantonal, sans indiquer en quoi les arguments détaillés opposés par celui-ci, confirmant la nature non arbitraire des conclusions de l'expertise litigieuse, ne seraient pas convaincants. Faute de répondre aux exigences de motivation posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, ce moyen est dès lors irrecevable pour l'essentiel. Pour le surplus, il est mal fondé, dès lors qu'il ne démontre pas que le Tribunal cantonal devait qualifier d'arbitraires les résultats en cause. aa) En particulier, les experts n'ont pas considéré de manière arbitraire que le recourant s'est massivement alcoolisé le soir du 23 juin 1998 "bien qu'il sache parfaitement que cela peut le rendre extrêmement violent". En effet, le recourant ne conteste pas celles de ses déclarations qui ont fondé cette appréciation. Il ne remet pas davantage en cause les autres faits retenus à ce propos par le Tribunal cantonal, selon lesquels il savait que, sous l'influence de l'alcool, une simple contrariété déclenchait les coups. De plus, il est établi qu'il avait déjà agressé son amie au cou deux mois et demi auparavant, alors qu'il se trouvait dans un tel état d'ébriété. bb) Le recourant fait grief aux experts - et au Tribunal cantonal - d'avoir implicitement retenu qu'il était capable de contrôler sa consommation d'alcool. Selon lui au contraire, ses troubles de la personnalité et son état d'alcoolisation permanente ne lui permettaient pas une telle maîtrise, de sorte qu'on ne pouvait lui reprocher de s'être enivré massivement le soir du 23 juin 1998. Cependant, ni les experts, ni le Tribunal cantonal n'ont affirmé que le recourant était apte à un tel contrôle. Le Tribunal cantonal s'est borné à considérer que le recourant avait "délibérément pris la décision, alors qu'il était encore pleinement responsable de ses actes - ou, du moins, qu'il était pleinement conscient des effets de l'alcool sur sa personne -, de s'alcooliser massivement et de provoquer ainsi chez lui une grave altération de ses facultés, avec tous les dangers, connus de lui, que cela comportait pour son amie. " Autrement dit, le Tribunal cantonal a estimé, d'une part, que le recourant s'est délibérément plongé dans une ivresse aiguë. Une telle constatation n'est pas arbitraire au sens où elle signifie simplement que ce n'est pas sous l'empire d'une négligence, d'une erreur de fait ou d'une contrainte que le recourant a sombré dans l'ébriété, mais qu'il a entendu absorber des bières à cette fin. D'autre part, le Tribunal cantonal a retenu que le recourant s'était enivré alors qu'il était conscient des effets de l'alcool sur son inclination à la violence. Une telle constatation n'est pas davantage arbitraire, conformé-ment au considérant qui précède. En revanche, le Tribu-nal cantonal a laissé indécise la question de savoir si le recourant était pleinement responsable de ses actes lorsqu'il a décidé de se saouler, c'est-à-dire s'il possédait alors la pleine capacité, non seulement d'apprécier la portée de cet acte, mais également de se déterminer d'après cette appréciation. Le Tribunal cantonal a néanmoins considéré que le recourant souffrait, indépendamment d'un état d'ivresse, d'un trouble de la personnalité entraînant une diminu-tion de responsabilité légère à moyenne, trouble qui comprenait, outre une "personnalité émotionnellement labile type impulsif", un "syndrome de dépendance" à des substances psychoactives. En conséquence, force est de conclure que l'arrêt attaqué a reconnu que le recourant était atteint d'un "syndrome de dépendance" à l'alcool, à savoir qu'il était incapable de contrôler totalement, pour le moins, sa consommation d'alcool. Savoir quelles sont les conséquences à tirer de ces constatations de faits quant à la punissabilité du recourant reste en revanche une question de droit, qui doit être traitée dans le cadre du pourvoi en nullité. cc) Enfin, le recourant n'établit pas que les experts sont tombés dans l'arbitraire en l'estimant pratiquement incapable de rester abstinent en liberté, dès lors qu'il se borne à cet égard à souligner son bon comportement en prison et à soutenir qu'un système de contrôle de sa sobriété hors détention peut être mis en oeuvre.