Citation: 2C_578/2023 E. 7.3

7.3. En l'espèce, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué et la recourante n'allègue pas qu'elle aurait tenté d'obtenir de B.________ SA la possibilité de compenser la contribution de loyauté avec des factures courantes émanant de cette société, contrairement à ce qui aurait pu être attendu d'elle en lien avec le devoir de prendre "toutes les mesures possibles" (art. 3 al. 1 de l'arrêté mesures COVID-19 et l'annexe 1 de l'ordonnance sur les mesures de soutien). Cette question peut toutefois être laissée ouverte au vu de ce qui suit. Il ne ressort pas de l'arrêt entrepris que le solde de la dette découlant du prêt octroyé par B.________ SA en 2018 figurait parmi les charges incompressibles prises en compte lors des différents calculs des aides qui ont été allouées à la recourante pour les années 2020 et 2021, en lien avec la pandémie de COVID-19, y compris dans les décomptes finaux des années concernées. Une telle approche était par ailleurs conforme à l'annexe 1 de l'ordonnance sur les mesures de soutien qui mentionne au titre des charges incompressibles les intérêts courants sur emprunts et non les emprunts eux-même. Le Département, dans sa prise de position du 8 novembre 2023, ne peut donc être suivi lorsqu'il soutient, en lien avec le présent cas, que le montant d'une créance qui a été abandonné ne peut plus être considéré comme une charge. Cela étant, comme déjà mentionné, il n'est pas arbitraire de retenir que la contribution de loyauté en question aboutissait à une augmentation du revenu de la recourante, comme elle l'a d'ailleurs indiqué elle-même dans ses comptes, au titre de produit exceptionnel. Le résultat arithmétique restant le même, que l'on diminue les charges incompressibles ou que l'on augmente les revenus, la décision attaquée n'est ainsi pas arbitraire, à tout le moins, quant à son résultat. Il n'est enfin pas insoutenable que "la dette de la recourante, qui a été éteinte par un tiers, renaît, mais cette fois au seul bénéfice de l'Etat", puisque ce dernier n'intervient, selon l'arrêté mesures COVID-19 (art. 3 al. 1) et l'annexe 1 de l'ordonnance sur les mesures de soutien, qu'en dernier lieu, une fois que toutes les mesures possibles ont été prises. Le grief d'arbitraire est infondé.