Citation: 6B_422/2013 E. 8.1

8.1. En résumé, la cour cantonale a jugé, en se référant notamment à l'ATF 131 II 169, que le détournement systématique des ressources d'un Etat par un haut responsable et son entourage constitue une forme de participation à une organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP et que la structure mise en place par L.________ et ses complices constituait une telle organisation criminelle puisqu'elle avait pour but de détourner à des fins privées des fonds provenant de la Banque Centrale du Nigéria, ainsi que le profit d'opérations de corruption. Feu L.________, omnipotent depuis son coup d'Etat du 17 novembre 1993, avait édifié, de concert avec ses familiers et des proches désignés par lui à des postes « stratégiques », une « nébuleuse » relevant de l'organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP. Il avait utilisé cette structure pour piller, à son propre profit et à celui des membres de son clan, de manière occulte, les ressources de la République fédérale du Nigéria, voire « rançonner » les grandes entreprises étrangères travaillant au Nigéria (arrêt entrepris consid. 5.2 et 5.3 p. 31/39). Dans ce contexte, la cour cantonale a également (pour répondre à l'argumentation des recourants), relevé que les réquisits de l'art. 260ter ch. 3 CP sont réunis - fondant ainsi la compétence des autorités suisses pour poursuivre les individus impliqués dans ladite organisation -, puisque 6 personnes au moins, notamment des intermédiaires financiers, ayant participé à celle-ci, ont été identifiées et condamnées par ordonnance du 19 novembre 2009, pour avoir agi en Suisse. Il ne faisait, par ailleurs, aucun doute qu'K.________ et A.________, fils du général L.________, étaient au nombre des familiers oeuvrant au sein ou pour le compte de cette organisation et qu'ils ont eux-mêmes - spécifiquement le premier cité - ouvert des relations bancaires auprès d'établissements helvétiques, en utilisant de fausses pièces de légitimation, relations qui ont recueilli les deniers accumulés au moyen des pratiques sus-énoncées (arrêt entrepris consid. 5.3 p. 32/39). Enfin, la structure avait perduré jusqu'au décès de son dirigeant, le 8 juin 1998, soit pendant 5 ans. Ses fils se sont ensuite empressés de faire clôturer les comptes récipiendaires, en particulier en Suisse, des avoirs détournés en leur faveur, puis de les transférer, notamment au Luxembourg, au nom de nouvelles entités constituées pour l'occasion, entités dont ils étaient les ayants droit économiques. I1.________ avait d'ailleurs témoigné avoir reçu lesdites instructions de A.________, qui craignait que les relevés des comptes et autres informations de transfert ne puissent être gardés secrets. K.________ était ensuite devenu le seul donneur d'ordre. La cour cantonale en a conclu que les deux frères U.________ entendaient bien profiter durablement du patrimoine amassé, via l'entreprise criminelle initiée par leur père et dont ils faisaient tous partie. L'existence d'une organisation criminelle « U.________ » au sens de l'art. 260ter CP était en conséquence avérée et K.________ avait été condamné de ce chef, l'ordonnance y relative, du 19 novembre 2009, ayant été déclarée comme valant jugement entré en force (arrêt entrepris consid. 5.3 in fine p. 32/39).