Citation: 1C_485/2020 E. 3.2.2

3.2.2. Les recourants déplorent ensuite le fait que la cour cantonale n'a pas procédé à une inspection locale, en dépit de leur requête en ce sens. Ils font valoir que les premiers juges auraient alors pu constater que le court de tennis ne fait pas partie de la composition du parc, qu'il est largement excentré, dans un état de délabrement et invisible puisque caché par des arbres. Ce faisant, les recourants se réfèrent en bonne partie à des passages relevant de l'état de fait de l'arrêt attaqué, ce qui signifie que la cour cantonale n'a pas omis ces éléments. Quant à leur appréciation par la réalité du terrain, elle n'est pas décisive en l'espèce. Ainsi qu'on l'a déjà relevé, c'est la caractéristique fonctionnelle du court de tennis et sa signification historique qui ont été retenues pour en justifier l'intégration à l'ensemble jugé digne de protection que constitue le parc, et non des aspects paysagers ou esthétiques. A cela s'ajoute que l'arrêt attaqué retient expressément la dissymétrie créée par le court de tennis. Les recourants ne démontrent ainsi pas en quoi une vision des lieux par les juges cantonaux eux-mêmes s'imposait. Avec la cour cantonale, on peut au contraire constater que le dossier est particulièrement complet au vu des nombreuses expertises et photographies qu'il comporte, y compris les expertises réalisées en 2003 et 2017 que les recourants jugent "neutres", dont l'état de fait de l'arrêt attaqué retranscrit de longs passages. On relèvera au demeurant qu'au contraire de ce que laissent entendre les recourants, la neutralité de la CFMH ne saurait être mise en cause, son intervention comme commission spécialisée signifiant que ses membres disposent des compétences spécifiques requises, et non qu'ils présenteraient un quelconque parti pris. La mission de préservation du patrimoine de la CFMH ne remet en effet pas en question sa neutralité, puisqu'il est précisément attendu de sa part qu'elle évalue la valeur du patrimoine dont elle doit définir s'il est digne de protection, au même titre que les experts privés mentionnés par les recourants, et non à tout prix faire protéger un maximum d'objets quelle que soit leur valeur. La pesée des intérêts en revanche relève en tout état de la compétence du juge, qui dispose alors d'informations complètes quant à l'importance du patrimoine qu'il est question de protéger ou non.