Citation: 5D_19/2020 E. 5.2

5.2. En l'espèce, pour obtenir la mainlevée provisoire (requête du 8 mars 2019 p. 11), la recourante s'est prévalue de l'acte de défaut de biens qui lui a été délivré dans la faillite de C.________ SA (pièce 15). La Cour de justice a jugé que cet acte ne pouvait valoir titre de mainlevée après avoir constaté qu'il ne mentionnait pas si la faillie avait reconnu ou contesté la créance. La recourante - qui, à juste titre, ne prétend pas qu'une telle mention existerait - ne saurait invoquer l'arbitraire de ce constat en soutenant que l'acte de défaut de biens aurait dû être lu à la lumière des considérants du jugement du 9 avril 2018 rejetant l'action en contestation de l'état de collocation formée par l'intimé (pièce 13), celui-ci ne lui étant en effet d'aucun secours (cf. HUBER, in Basler Kommentar, SchKG II, 2ème éd. 2010, n° 11 ad art. 265 LP et les références). Faute d'acte de défaut de biens après faillite mentionnant que C.________ SA a reconnu la dette, les arguments que la recourante entend tirer de l'admission de sa créance à l'état de collocation - en soi de toute façon insuffisante (cf. ATF 122 III 125 consid. 2c; arrêt 5A_450/2012 du 23 janvier 2013 consid. 3.3; KGer GR, in ZGRG 1985 p. 68 [70] et in PKG 1985 p. 102 [105]; OGer SO, in BlSchK 1952 p. 45) - et des éléments ressortant du jugement précité sont donc impropres à démontrer l'arbitraire de la décision querellée. La recourante a en outre produit à l'appui de sa requête de mainlevée provisoire (cf. requête du 8 mars 2019 p. 10-11 et bordereau de pièces du même jour), le " contrat [d']entreprise générale sous-traitants " signé avec C.________ SA en lien avec le chantier des trente-cinq villas (pièce 4; cf. supra let. A.a i.f.), ainsi que le décompte final daté du 24 septembre 2013 (pièce 5) et le tableau de répartition des travaux (pièce 6) établis par C.________ SA (cf. supra let. A.b). Force est toutefois de constater que ces documents, pris séparément ou ensemble, ne suffisent pas à admettre l'existence d'une reconnaissance de dette. S'il y a, comme en l'espèce, plusieurs pièces, la signature du débiteur doit en effet figurer sur la pièce qui a un caractère décisif (PANCHAUD/CAPREZ, op. cit., § 6). En l'occurrence, le seul document signé par C.________ SA est le contrat d'entreprise qu'elle a conclu avec la recourante. Or, ce contrat ne fait pas clairement et directement référence, respectivement ne renvoie pas aux documents qui mentionnent le montant de la dette ou permettent de le chiffrer. On ne peut donc rien tirer du décompte final et du tableau de distribution établis par C.________ SA, ce d'autant que, bien qu'elle la mentionne, la recourante n'a pas produit sa facture finale du 25 février 2013 et ne prétend pas que cette facture aurait été signée par C.________ SA sans réserve ni condition. Au regard des considérations qui précèdent, il apparaît que le résultat auquel est parvenu la Cour de justice échappe au grief d'arbitraire.