Citation: 5A_537/2022 E. 1

En ce qui concernait les opérations financières, l'autorité cantonale a relevé qu'après avoir reçu, apparemment en argent liquide, un montant de 100'000 fr. de son frère (ou cousin), entretemps décédé, afin d'assurer le financement des études de médecine de sa nièce, la recourante s'était lancée dans un commerce de concombres de mer séchés avec des pêcheurs du Cameroun, dans le prolongement d'activités sociales, environnementales et humanitaires qu'elle exerçait depuis deux à trois ans. La juridiction précédente a relevé que les activités associatives de la recourante témoignaient d'une certaine intégration dans la société, preuve des progrès qu'elle avait faits au niveau psychique, dès lors que les premiers écrits adressés à I'APEA mentionnaient une personne passablement angoissée, effrayée face à des inconnus et menant une vie solitaire. Il n'en demeurait pas moins que de tels contacts louables n'excluaient pas le risque d'être la cible de personnes mal intentionnées, attirées par des montants que la recourante semblait prête à mettre à leur disposition. La cour cantonale a considéré que, dans cette optique, et sans même se prononcer sur la question de savoir si le commerce de concombres de mer séchés tel qu'envisagé par la recourante était le résultat d'une opération malveillante (dit plus crûment, une " arnaque ") dont elle serait la victime, l'opération interpellait. Elle a en premier lieu souligné que les 100'000 fr. reçus par la recourante, à tout le moins selon les explications qu'elle en avait données, étaient censés financer les études de sa nièce et que le fait de les investir dans un commerce tout autre, tout en ne présentant probablement pas la possibilité de rembourser les montants ainsi investis ou de mettre à disposition de tels fonds pour atteindre le but fixé par le frère, pourrait relever de l'abus de confiance. Par ailleurs, les affirmations du mari de la recourante selon lesquelles il souhaitait éponger ses dettes n'étaient guère documentées. En outre, il était tout à fait inhabituel de se lancer dans un commerce, de surcroît international, portant sur de gros montants et devant s'étendre sur plusieurs années sans la moindre indication d'un business plan ou encore d'un cadre légal, qui plus était lorsque les opérations revêtaient une dimension internationale marquée, avec toutes les difficultés de recouvrement qui pouvaient accompagner de telles opérations. Les indications données par la recourante elle-même quant aux conditions d'exécution du contrat passé avec un dénommé D.________ ne manquaient pas non plus d'inquiéter, puisqu'elle semblait envisager se rendre au Cameroun au moyen d'un jet privé mis à sa disposition pour toucher le prix de vente de sa cargaison à raison de 25 millions de dollars - étant précisé que, dans le contrat, ce montant passait à 60 millions de dollars américains -, payés en argent liquide. Sachant par ailleurs que les moyens d'existence de la recourante se limitaient à une rente Al de quelques centaines de francs, améliorée par des prestations complémentaires, la cour cantonale a estimé qu'il sautait aux yeux que des actes paraissant s'apparenter à une aventure financière exigeaient une réponse, afin d'en limiter les conséquences et d'en éviter la répétition. Elle a considéré que la décision de première instance était proportionnée et correctement choisie dans l'arsenal légal. En effet, selon elle, la décision litigieuse avait pour conséquence de limiter la recourante non pas dans l'élaboration des affaires qu'elle souhaiterait mener, mais dans leur concrétisation, puisque chaque contrat serait soumis au consentement de sa curatrice. La juridiction précédente a encore précisé que la recourante avait été victime d'un AVC durant l'année 2021 et que cet accident l'avait diminuée à tout le moins physiquement. Se déplaçant en chaise roulante, l'intéressée avait d'ailleurs dû être entendue au sein de l'hôpital de U.________, au sein duquel elle effectuait une rééducation. La cour cantonale a ajouté que, en mars 2022, un placement à des fins d'assistance avait été décidé par la direction médicale du Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe) et avait ensuite été accepté par la personne concernée. Il ressort à cet égard de l'arrêt querellé que le motif de placement était une " reprise d'un état psychiatrique équilibré et sécuritaire pour sa santé et les relations sociales ", après un constat " [d]'épisodes de désorientation de la pensée, [d]'agressivité, [de] tentatives de fugue répétées [et de] discours avec des éléments de persécution ". La juridiction cantonale a estimé que, dans cette optique, une extension de l'intervention de la curatrice pour des questions médicales était également opportune. Il ressort finalement de l'arrêt querellé que, le 26 novembre 2021, le Dr E.________, psychiatre et psychothérapeute de la recourante depuis le mois de mars 2012, a retenu un diagnostic de trouble schizo-affectif F25, se manifestant par un trouble de la pensée et de l'humeur, une désorganisation, une attitude relationnelle inadéquate et une limitation de ses capacités de raisonnement et de jugement. Ses capacités de discernement étaient aussi fortement limitées concernant la gestion de ses biens et " ses capacités [étaie]nt réduites face à des arnaques potentielles ".