Citation: 1P.486/2001 15.10.2001 E. A

A.- Le 23 mars 2001, F.________ a été inculpé de faux renseignements sur des entreprises commerciales, de gestion déloyale, subsidiairement de gestion déloyale des intérêts publics et de faux dans les titres, dans le cadre d'une procédure pénale ouverte contre lui pour des actes de gestion commis du 1er janvier 1994 au 31 décembre 1999, en sa qualité de directeur général de la Banque X.________. Il lui est notamment reproché d'avoir comptabilisé des provisions insuffisantes pour les exercices 1994 à 1999, de n'avoir pas mis en place la structure indispensable propre à "retracer la corrélation existant entre les risques identifiés et les provisions constituées", d'avoir organisé le transfert d'environ 230 immeubles à des entités de "portage" en vue de masquer les besoins de provisions pour ces immeubles, d'avoir diminué économiquement la valeur patrimoniale de la banque alors qu'une étude sérieuse du bilan exigeait sa correction, d'avoir mis en péril la capacité bénéficiaire de la banque et sa pérennité en faisant apparaître dans les comptes des bénéfices et des propositions de dividendes en contradiction avec la situation financière réelle de cet établissement, d'avoir occulté la nécessité d'engager des mesures d'assainissement par la présentation de comptes faussement bénéficiaires, d'avoir participé à l'élaboration de comptes annuels de la banque ne reflétant pas la réalité et attestant faussement d'un bénéfice, d'avoir donné des renseignements faux ou incomplets sur la situation patrimoniale de la banque au public et aux actionnaires et d'avoir lésé les intérêts publics qu'il avait la mission de défendre en tant qu'organe d'une entité à actionnariat majoritairement public, bénéficiant d'une garantie de l'Etat et dont les membres de l'organe supérieur étaient nommés par le Conseil d'Etat. Par ordonnance de perquisition et de saisie du 10 avril 2001, l'un des Juges d'instruction du canton de Genève en charge du dossier a invité l'ensemble des établissements bancaires de la place genevoise à lui remettre d'ici au 23 avril 2001 les documents d'ouverture de comptes (y compris les "profils clients", notes de visites de clients, notes d'entretiens, notes internes, etc.), les relevés de comptes et les relevés de placements, de dépôts-titres, comptes métal, dépôts fiduciaires ou safes, cartes de signatures relatifs aux éventuels comptes bancaires de F.________ et de ses coinculpés, et ce dès le 1er janvier 1994. Le 27 avril 2001, F.________ a recouru contre cette décision auprès de la Chambre d'accusation du canton de Genève (ci-après: la Chambre d'accusation), en invoquant le caractère injustifié et disproportionné de cette mesure. Statuant par ordonnance du 19 juin 2001, la Chambre d'accusation a déclaré le recours irrecevable en tant qu'il visait la perquisition ordonnée par le Juge d'instruction. Elle l'a rejeté dans la mesure où il était dirigé contre la saisie probatoire des documents visés par la décision du 10 avril 2001, après avoir considéré qu'il existait des soupçons fondés d'enrichissement illégitime à l'encontre du prévenu, que seule la mesure litigieuse était de nature à écarter.