Citation: 1B_516/2022 E. 2.2

2.2. En l'occurrence, le recourant ne prétend pas que la disjonction ordonnée serait litigieuse en raison des faits qui sont examinés à son encontre en lien avec des infractions dans la faillite, à la législation sur les assurances sociales et/ou avec l'acquisition, ainsi que la détention sans autorisation d'une arme. A suivre le recourant, les causes le concernant (P_88 et P_71) ne pourraient être disjointes de la procédure principale PE16.009100 vu les reproches qui lui sont faites en lien avec l'obtention, en sa qualité d'administrateur de fait d'une société, d'indemnités en cas d'insolvabilité auprès la Caisse cantonale de chômage, soit des griefs identiques à ceux faisant l'objet de l'instruction PE16.009100 contre d'autres prévenus (cf. en particulier un mode de procéder similaire au détriment d'une même entité). Comme l'a retenu l'autorité précédente, les faits concernant le recourant sont cependant liés uniquement à la société B.________ Sàrl et le recourant n'est a priori pas impliqué dans les actes reprochés - certes similaires - aux autres employeurs prévenus dans la cause PE16.009100, lesquels paraissent avoir agi par le biais d'autres sociétés. Cela étant, il ne peut en revanche être fait abstraction - ainsi que semble pourtant l'avoir fait la cour cantonale - que ces différents employeurs prévenus - dont le recourant - semblent avoir réalisé les infractions reprochées avec l'assistance ou par l'intermédiaire des mêmes syndicalistes, également mis en prévention dans la procédure principale PE16.009100 (cf. p. 1 du procès-verbal des opérations). Or, l'instruction à leur encontre n'est a priori pas terminée (cf. p. 2 des déterminations du Ministère public). Le recourant n'est certes peut-être pas concerné directement par les faits relatifs aux autres entreprises et/ou les mesures d'instruction les concernant spécifiquement (cf. par exemple l'examen de leur comptabilité). En revanche et en l'absence de toute indication quant à la nature des actes d'enquête encore envisagés dans la cause PE16.009100, on ne saurait exclure tout intérêt de la part du recourant à participer aux éventuelles mesures d'instruction visant à examiner le comportement des prévenus syndicalistes en lien avec les infractions qui lui sont reprochées (cf. particulier ad ch. 4/c[1] p. 7 et ch. 4/d p. 10 du recours), soit en particulier si ceux-ci concernent leurs éventuelles interactions en vue notamment de mettre en place le mode de procéder ayant abouti à l'obtention des indemnités a priori indues; ces éléments pourraient être propres à éclairer le rôle des uns et des autres, que ce soit à charge ou à décharge. L'intérêt de participer et/ou de pouvoir se déterminer sur de telles mesures vaut d'autant plus que le recourant conteste les accusations le concernant, lesquelles, à le suivre, reposeraient sur des affirmations mensongères, soit en particulier les lettres anonymes (cf. en particulier ad ch. 4/b p. 7 et ch. 4/d p. 10 du recours; voir également les conclusions du rapport de police du 21 juillet 2021 [pièce 1425 p. 72 s.]); peu importe donc que le Ministère public affirme disposer d'autres éléments mettant en cause le recourant. Dans un contexte où les thèses des prévenus pourraient être divergentes - voir s'opposer -, le versement aux dossiers séparés concernant le recourant (P_88 et P_71) des éventuelles pièces de la cause PE16.009100 - au demeurant au choix a priori du Ministère public - ne paraît pas une mesure suffisante pour assurer les droits de la défense dans le cas d'espèce, respectivement éviter tout jugement contradictoire. Au regard de ces circonstances très particulières, le Ministère public ne peut pas non plus se prévaloir de la disjonction de procédures à laquelle d'autres employeurs prévenus ont pu adhérer, notamment si cette séparation s'expliquait par la mise en oeuvre de procédures simplifiées (cf. art. 358 al. 1 CPP qui présuppose notamment la reconnaissance des faits déterminants). Le stade peut-être avancé de l'instruction relative spécifiquement le recourant et la société B.________ Sàrl ne semble ainsi pas à lui seul justifier une disjonction des causes le concernant (P_88 et P_71) de la procédure principale (PE16.009100). Il sied donc encore d'examiner si un autre motif - dont le principe de célérité - justifierait la disjonction ordonnée. Au jour de l'arrêt attaqué, le Ministère public ne se prévalait tout d'abord pas de l'atteinte de la prescription de l'action pénale eu égard aux chefs de prévention retenus contre le recourant et celui-ci ne se trouvait pas en détention avant jugement. A suivre l'arrêt attaqué, la procédure PE16.009100 - complexe et d'une ampleur indéniable - nécessiterait encore des mois, voire des années, d'investigation; le principe de célérité imposerait donc la disjonction des causes concernant le recourant afin d'éviter que la procédure à son encontre ne s'allonge inutilement. Cela étant et comme relevé ci-dessus, le Ministère public ne donne aucune information sur la nature des mesures à entreprendre, se limitant à soutenir sans autre démonstration qu'elles prendraient du temps. Or, le recourant ne semble pas se plaindre de la durée des procédures le concernant (PE16.009100, P_88 et P_71) et/ou soutenir que le Ministère public ne serait pas à même de clôturer l'instruction de la cause PE16.009100 dans un délai raisonnable. Des procédures simplifiées ont déjà été mises en oeuvre et d'autres semblent envisagées (cf. p. 3 s. des déterminations du Ministère public); l'instruction de la cause principale PE16.009100 - qui au jour de l'arrêt attaqué paraît encore concerner douze sociétés et neuf prévenus (cf. également p. 1 s. des déterminations du Ministère public) - pourrait donc encore être, dans une certaine mesure, facilitée. On relève au demeurant que le Ministère public ne prétend pas que ce serait le nombre de parties en cause qui justifierait son choix de disjoindre les procédures concernant le recourant. Au regard des considérations qui précèdent - dont la remise en cause a priori des faits qui lui sont reprochés par le recourant -, aucun motif - y compris le principe de célérité - ne justifiait, au jour de l'arrêt attaqué, la disjonction de la procédure PE16.009100 de celles P_88 et P_71. En confirmant la décision du 13 mai 2022 du Ministère public, la Chambre des recours pénale a par conséquent violé le droit fédéral.