Citation: 1P.62/2005 17.02.2005 E. B

Le 18 janvier 2005, A.________ sollicita sa mise en liberté provisoire, assortie d'un traitement ambulatoire en faisant valoir que, selon le rapport d'expertise du 4 janvier 2005, il devait être considéré comme totalement irresponsable. Par ordonnance du 21 janvier 2005, la Chambre d'accusation genevoise rejeta la demande: les charges étaient suffisantes et devaient être considérées comme extrêmement graves compte tenu de l'ampleur des agissements et du détournement d'institutions officielles. L'instruction n'était pas terminée. L'expertise psychiatrique concluait à l'irresponsabilité totale, l'inculpé n'étant pas en mesure de se déterminer d'après son appréciation du caractère illicite de ses actes. Un traitement à long terme, comprenant une psychothérapie de soutien et un traitement médicamenteux, permettrait de diminuer le risque de récidive. Entendu le 17 janvier 2005, l'expert avait précisé que le médecin devait encore définir les dosages et les périodes d'absorption des médicaments; le traitement pouvait être ambulatoire, mais s'il n'était pas bien encadré et bien suivi, "il se pouvait que l'on retrouve des constructions juridiques ou autres connues dans le passé". Le prévenu ne présentait pas de danger pour l'intégrité physique d'autrui. La Chambre d'accusation a relevé que la médication et la thérapie de soutien avaient commencé, mais qu'il n'existait pas encore d'encadrement suffisant pour prévenir le risque de réitération; le prévenu avait recommencé ses agissements malgré les promesses faites en 2000. Le risque de fuite a lui aussi été retenu, puisqu'il s'était réalisé une première fois et que le prévenu n'avait pas d'attaches particulières avec la Suisse.