Citation: 4A_424/2018 E. 5.6

5.6. Lors de l'audience du 9 novembre 2017, les parties se sont exprimées sur le point de départ de l'éventuelle suspension supplémentaire, et donc, sur la possible application de l'art. 10.10.3 b) et c) TADP, dont il n'est pas contesté qu'il confère un pouvoir discrétionnaire aux arbitres. L'effet rétroactif de la sanction implique logiquement l'annulation des résultats sportifs et la restitution des gains obtenus ("disqualification") au cours de cette période. La recourante ne contredit pas B.________ ni l'ITF lorsque celles-ci affirment dans leurs déterminations que cette conséquence a été évoquée à l'audience (réponse du 8 octobre 2018, p. 3; déterminations du 10 septembre 2018, p. 1). A l'audience du 9 novembre 2017, le conseil de la recourante s'est contenté d'évoquer trois options possibles quant au départ de la date de l'éventuelle sanction supplémentaire, l'essentiel pour lui étant d'éviter en tout état de cause un "scénario de seconde sanction" (sentence, n. 156). Aucune conclusion subsidiaire visant à faire rétroagir la date de la sanction n'a été prise. Dans le cadre de son propre appel, l'athlète a contesté l'annulation de ses résultats et gains entre le 16 février 2017 et le 6 juin 2017, considérant en substance que la présence de létrozole dans son organisme n'avait pas faussé les compétitions auxquelles elle avait participé. Il apparaît ainsi que la recourante et ses conseils ont renoncé à se positionner de façon précise. D'un côté, la question d'un effet rétroactif a été discutée; de l'autre, la disqualification des résultats et la restitution des gains ont été contestées. Devant le Tribunal fédéral, la recourante explique qu'elle s'attendait à une décision rapide et que l'écoulement de temps a changé "radicalement" les circonstances. On relèvera tout d'abord que d'après l'état de fait qui lie la Cour de céans, l'athlète n'avait aucune certitude quant au moment où la sentence serait rendue. Or, lorsqu'elle s'est exprimée à l'audience du 9 novembre 2017, elle avait déjà eu l'occasion d'expérimenter la pratique de compétitions dans l'attente d'une possible sanction, puisqu'elle avait continué à jouer après la découverte de l'analyse positive au létrozole, jusqu'au 2 août 2017. De surcroît, l'athlète avait déjà quelques indices sur l'évolution de son jeu depuis son retour à la compétition au début octobre 2017; selon ses propres dires, elle avait déjà touché quelque 40'000 USD, les annexes produites à l'appui de ce chiffre révélant qu'elle avait remporté le titre dans un tournoi et atteint la demi-finale dans un autre. Dans ce contexte, elle n'a pas réservé sa position et demandé à être réentendue si, d'aventure, plusieurs mois devaient s'écouler avant le prononcé de la sentence. Elle n'a pas non plus réagi aux multiples courriers du TAS annonçant le report dans le prononcé de la sentence, alors qu'elle s'exposait à une sanction plus lourde, le cas échéant assortie d'un effet rétroactif - avec les conséquences que celui-ci impliquait nécessairement.