Citation: 2C_89/2020 E. 7.2

7.2. Sous l'angle des intérêts privés à rester dans ce pays, l'autorité précédente n'a négligé aucun élément essentiel, en particulier, la longue durée du séjour en Suisse du recourant (34 ans), son âge, son état de santé et la présence de son fils dans ce pays. Son appréciation du degré d'intégration en Suisse de l'intéressé ne prête pas le flanc à la critique. A cet égard, les propos du recourant sont déplacés et téméraires lorsqu'il reproche à l'autorité précédente de verser dans l'arbitraire en déduisant de son "prétendu comportement criminel", à l'origine de sa condamnation du 31 août 2015, qu'il n'avait pas assimilé toutes les règles fondamentales de la vie en Suisse et ne respectait pas l'Etat de droit. Il se trompe également lorsqu'il prétend qu'il n'aurait pas d'autres antécédents sur le plan pénal que cette condamnation, puisqu'il ressort de l'arrêt entrepris qu'il a été condamné le 21 février 2008 notamment à une peine pécuniaire de 28 jours-amende pour conduite en état d'ébriété. En outre, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant a émargé à l'aide sociale depuis de très nombreuses années, sa dette s'élevant à plus de 250'000 fr., selon un décompte de décembre 2017. Sur le vu de ces éléments, le fait d'avoir occupé plusieurs emplois et oeuvré comme entraîneur de football pour des enfants ne saurait suffire à retenir l'existence d'une bonne intégration en Suisse. Au demeurant, contrairement à ce que soutient le recourant, la dépendance à l'aide sociale et le parcours professionnel sont des éléments à prendre en compte dans l'examen de la proportionnalité de la mesure (cf., parmi d'autres, arrêt 2C_653/2019 du 12 novembre 2019 consid. 9). Le temps écoulé depuis les faits reprochés au recourant (un peu plus de 10 ans) et l'absence de nouvelle condamnation depuis lors ne sauraient être déterminants. Sur ce point, il faut relever que le recourant savait qu'une enquête était menée par la police sur les faits en cause dès novembre 2010 (art. 105 al. 2 LTF). Après sa condamnation, il a successivement fait l'objet d'un contrôle des autorités lorsqu'il a exécuté sa peine, puis s'est trouvé sous la menace d'une révocation de son sursis. On ne peut donc pas tirer de conclusion définitive sur sa dangerosité en raison du bon comportement adopté ces dernières années. En outre, il faut rappeler qu'il est de toute façon attendu d'un délinquant qu'il se comporte de manière adéquate durant l'exécution de sa peine, y compris durant la phase probatoire (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128; arrêt 2C_935/2019 du 6 février 2020 consid. 6.4). Au surplus, l'autorité précédente a retenu à juste titre que les conditions permettant au recourant de séjourner en Suisse auprès de son fils n'étaient pas remplies (concernant les conditions en lien avec l'art. 8 CEDH, cf. ATF 144 I 91 consid. 5.1 ss p. 96 s.). En effet, celles-ci requièrent notamment du recourant un comportement irréprochable en Suisse, ce qui doit en l'occurrence être nié, et l'autorité précédente retient, de façon à lier le Tribunal fédéral, que l'existence de liens familiaux particulièrement forts du point de vue affectif et économique n'a pas été établie par le recourant, de même que l'impossibilité de maintenir des liens avec son enfant depuis l'étranger. Par ailleurs, le recourant n'explique pas en quoi l'appréciation du Tribunal cantonal serait insoutenable lorsqu'il indique que le rapport d'investigation de la police du 23 mai 2018 serait de nature à jeter le doute sur l'intérêt de l'enfant à entretenir des contacts réguliers avec son père au sens de l'art. 3 CDE. Ce rapport fait en effet suite à une dénonciation pénale du Service de protection de la jeunesse du canton de Vaud pour mauvais traitement sur C.A.________, lequel aurait reçu des coups de ceinture de la part du recourant en 2017, ce que ce dernier conteste. De plus, si le recourant séjourne légalement en Suisse depuis plus de dix ans et peut se prévaloir du droit au respect de sa vie privée, garanti par l'art. 8 CEDH, il faut constater que l'infraction sanctionnée par le jugement du 31 août 2015 constitue à l'évidence un motif sérieux justifiant la révocation de son autorisation d'établissement (cf. ATF 144 I 266 consid. 3 p. 271 ss). Enfin, le Tribunal cantonal a pris en compte tous les éléments nécessaires à l'évaluation de l'exigibilité d'un retour en RDC. Il a notamment relevé que les problèmes de santé du recourant pourront être pris en charge dans son pays d'origine. Sur ce point, il est rappelé que le seul fait d'obtenir en Suisse des prestations médicales supérieures à celles offertes dans le pays d'origine ne suffit pas à rendre inexigible un retour dans le pays d'origine (cf. ATF 139 II 393 consid. 6 p. 403). L'autorité précédente ne peut en revanche pas être suivie lorsqu'elle retient que la rente AVS perçue par le recourant est exportable à l'étranger. En effet, la RDC n'ayant pas conclu d'accord de sécurité sociale avec la Suisse, le recourant perdra son droit à une telle rente une fois hors de Suisse (cf. art. 18 al. 2 LAVS [RS 831.10]). Si les conditions sont remplies, il conservera cependant un droit au remboursement des cotisations versées à l'assurance-vieillesse et survivants (cf. art. 18 al. 3 LAVS et l'ordonnance sur le remboursement aux étrangers des cotisations versées à l'assurance-vieillesse et survivants [RS 831.131.12]). Cela étant, un tel constat ne modifie pas le caractère proportionné de la mesure. Une réintégration en RDC ne se fera pas sans d'importantes difficultés. Toutefois, le recourant, qui a occupé divers emplois et a exercé l'activité d'entraîneur de football, dispose en dépit de son âge des ressources suffisantes pour se réintégrer dans ce pays, dans lequel il a passé les 31 premières années de sa vie. Par ailleurs, il pourra éventuellement bénéficier du soutien de ses proches restés en Suisse. Sur le vu de l'ensemble de ce qui précède et de l'extrême gravité de l'atteinte à l'intégrité sexuelle d'une enfant mineure, le Tribunal cantonal n'a pas violé le droit en considérant que l'intérêt public à la révocation de l'autorisation d'établissement de l'intéressé et à son renvoi de Suisse l'emportait sur son intérêt privé à rester dans ce pays.