Citation: 6B_947/2015 E. 9.4.2

9.4.2. A cet égard, le recourant soutient que les déclarations complètes de 18 établiraient que ce dernier et C.________, après l'épisode des tirs initiaux, n'ont pas pénétré dans la maison ou la propriété de M.________, ce qui démentirait l'hypothèse selon laquelle les intéressés auraient intégré " le commando de G.________ et D.________ ". Ainsi complétées, ces déclarations contrediraient aussi les explications du témoin M.M.________, selon lequel C.________ se serait trouvé, immédiatement après l'échange de tirs, dans la maison de M.________ au milieu des cadavres de N.________ et P.________. Rien n'indique cependant que la cour cantonale aurait retenu que 18 et C.________ auraient pénétré dans la maison ou la propriété de M.________ à ce moment-là. Par ailleurs, comme on le verra (v. infra consid. 9.6), la thèse du recourant, tendant à distinguer le groupe de C.________, d'une part, du commando (groupe[s] de D.________ et G.________) ne trouve guère appui dans le dossier de la cause. En ce qui concerne le témoin M.M.________, entendu à l'audience de jugement, il a expliqué, selon la transcription de ses déclarations fournie par la cour cantonale, qu'au moment des tirs initiaux les gens non armés s'étaient couchés pendant quelques minutes. Les tirs avaient ensuite cessé et les prisonniers avaient commencé à sortir en se déshabillant. Le témoin et ses collègues leur avaient fait franchir le grillage. Il était alors remonté jusqu'à la maison de M.________ et avait entendu les policiers dire qu'il y avait des prisonniers armés à l'intérieur. Il s'était approché et avait vu deux morts à travers la porte ouverte. Seul C.________ était présent (arrêt entrepris, consid. n.s.d p. 58 s.). Pour être plus précis, il ressort du procès-verbal d'audition de première instance que ce témoin a indiqué : " Sur question, au moment où les prisonniers venaient vers nous, les policiers munis de ruban bleu, étions encore dans la pente [... n]ous avons pris les prisonniers un à un, nous avons franchi le grillage et les avons amenés au numéro 3 [...n]ous avons refait le parcours dans l'autre sens jusqu'à l'endroit de la montée de la maison de M.________ et nous avons continué à monter [... n]ous sommes arrivés devant la maison [... n]ous avons attendu un moment [... n]ous avons entendu des policiers qui disaient qu'il y avait des prisonniers dans la maison avec des armes à feu [... l]orsque nous sommes arrivés là-bas tout était silencieux [... j]e me suis approché de la porte en bois de la maison qui était ouverte [...] J'ai vu deux personnes mortes [...] [sur question, le témoin confirme ensuite avoir vu C.________] (dossier cantonal, classeur...). On comprend ainsi aisément qu'entre la fin des tirs et le moment où ce témoin a vu C.________ dans la maison de M.________, un certain laps de temps s'est écoulé, suffisant pour que le témoin voie les premiers détenus déshabillés sortir, les aide à franchir le grillage " un à un ", les conduise " au numéro 3 " puis remonte à la maison de M.________. Les développements du recourant ne démontrent dès lors pas précisément en quoi la déposition de 18, dûment complétée dans le sens voulu, contredirait les explications du témoin M.M.________. Le grief est infondé.