Citation: 7B_835/2024 E. 3.3.2

3.3.2. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique et la recourante ne développe aucune argumentation propre à le remettre en cause, mais se borne à opposer sa propre appréciation de la situation à celle de la cour cantonale. Elle n'a produit devant l'autorité précédente aucune pièce qui viendrait étayer ses arguments à l'appui de sa demande de récusation, se limitant à exposer qu'il serait de "notoriété publique des autorités neuchâteloises" que Nicolas Aubert et Pierre Aubert auraient des liens de parenté, à savoir qu'ils seraient demi-frères, selon "la rumeur insistante", alors qu'il lui appartenait de rendre plausibles les faits sur lesquels elle fonde sa récusation en vertu de l'art. 58 al. 1 CPP. Elle n'indique pas davantage quel élément la cour cantonale aurait méconnu et qui établirait, au degré exigé de la vraisemblance prépondérante (cf. JEAN-MARC VERNIORY, in : Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2e éd. 2019, n° 3 ad art. 58 CPP), que Nicolas Aubert serait le demi-frère de Pierre Aubert. On ne saurait ainsi faire grief à l'autorité précédente de s'en être tenue aux faits de "notoriété judiciaire" (cf. déterminations de la cour cantonale du 9 août 2024) et aux indications fournies par Nicolas Aubert (dans sa détermination sur la demande de récusation) et par Pierre Aubert (dans son courrier à la recourante du 16 juin 2020), selon lesquels ils ne sont pas demi-frères, plutôt qu'aux allégations non étayées et non vérifiées de la recourante pour apprécier la crédibilité du motif de récusation invoqué. Il n'apparaît pas non plus arbitraire, quoi qu'en dise la recourante, de retenir que si les deux Procureurs étaient demi-frères, ils ne pourraient pas faire partie en même temps du Ministère public (cf. art. 10 LMSA précité) et qu'en l'occurrence, aucune incompatibilité n'avait été constatée par le Grand Conseil et par le Conseil de la magistrature au moment de leur désignation. Au vu de ces éléments, on ne saurait reprocher à l'autorité précédente d'avoir refusé de donner suite aux moyens de preuve proposés par la recourante.