Citation: 4A_590/2021 E. A

A.a. A.________ SA, au Locle, se consacre au développement, à la fabrication et au commerce de produits microtechniques, notamment en matériaux durs, destinés à l'utilisation industrielle et décorative. Ses actions appartiennent au groupe horloger D.________ SA. B.________ est un ancien employé de A.________ SA; il en est devenu le directeur en 2002. Il a quitté cette société avec effet au 30 juin 2010 alors qu'il avait récemment fondé C.________ Sàrl, celle-ci ayant notamment pour but social l'étude et le développement de procédés et technologies utilisables dans des domaines tels que la synthèse et la transformation de produits en matériaux durs et en alliages métalliques. B.________ est l'unique associé gérant de C.________ Sàrl. A.b. Le 20 novembre 2014, A.________ SA a ouvert action contre C.________ Sàrl et B.________ devant la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel. Selon les conclusions prises par la demanderesse, la Cour civile était requise, en substance, de constater la propriété de A.________ SA sur deux procédés de fabrication, l'un concernant la matière à injection " CIM ", l'autre se rapportant à la production de saphir artificiel, en particulier du craquelé selon le processus Verneuil, d'interdire aux défendeurs l'utilisation, pour leur propre compte ou pour celui de tiers, de ces deux procédés de fabrication ainsi que la commercialisation de la matière et des produits réalisés à l'aide de ceux-ci. La demanderesse a aussi pris différentes conclusions en paiement qui découlaient, selon elle, de la constatation de la titularité des droits de propriété intellectuelle. Les défendeurs ont conclu au rejet de l'action et ont formé une action reconventionnelle, dans laquelle ils revendiquaient notamment la titularité des procédés de fabrication en cause. D'entente avec les parties, l'autorité saisie a décidé de limiter la procédure à des questions déterminées en application de l'art. 125 let. a CPC, en ce sens que la Cour civile déterminerait, en substance, laquelle des parties était propriétaire des procédés de fabrication concernés, d'une part, et si l'une d'elles s'était rendue coupable de concurrence déloyale, d'autre part. Par jugement séparé du 29 septembre 2017, la cour cantonale a interdit aux défendeurs d'utiliser, de commercialiser et de divulguer les procédés de fabrication de la matière à injection " CIM " et du saphir artificiel dit craquelé. A.c. La demanderesse et les défendeurs ont recouru contre cette décision auprès du Tribunal fédéral. Par arrêt du 9 janvier 2019 (causes 4A_584/2017 et 4A_590/2017), la Cour de céans a rejeté le recours interjeté par la demanderesse; elle a en revanche partiellement admis le recours des défendeurs, raison pour laquelle elle a annulé le jugement entrepris et renvoyé la cause à la cour cantonale pour nouvelle décision. Le Tribunal fédéral a constaté que ni le dispositif du jugement attaqué, ni les motifs auxquels le dispositif renvoyait par l'expression « au sens des considérants » ne permettaient d'appréhender en quoi consistait, techniquement, le savoir-faire relatif au saphir dit craquelé, ni en quoi il se distinguait d'autres procédés utilisés dans l'industrie concernée. Les défendeurs n'étaient dès lors pas en mesure de discerner l'objet et la portée de l'interdiction qui leur était faite d'utiliser, de commercialiser et de divulguer le savoir-faire en cause. La description du savoir-faire était déjà lacunaire dans les conclusions de la demande en justice; la demanderesse devait toutefois recevoir la possibilité de les préciser. Au considérant 9.1 dudit arrêt, le Tribunal fédéral a notamment indiqué ce qui suit: " Ceux-ci [les défendeurs] tiennent les constatations de la Cour civile pour manifestement inexactes selon l'art. 97 al. 1 LTF. Les constatations comportent effectivement une erreur importante, que les défendeurs ne dénoncent pourtant pas; au contraire, ils l'exploitent dans leur propre argumentation. La Cour affirme par inadvertance, dans sa discussion des preuves, que C.________ Sàrl a livré de grandes quantités de matière à injection « CIM ». Les livraisons effectivement intervenues sont celles de la zircone blanche ou noire prévues par le contrat conclu le 22 décembre 2010 entre la demanderesse et C.________ Sàrl. Or, la zircone n'est pas la matière à injection « CIM » et elle ne doit pas être confondue avec cette matière; il s'agit seulement d'un composant, certes important, de ladite matière, telle que décrite dans les conclusions soumises à la Cour civile puis dans le dispositif du jugement. Par conséquent, contrairement aux assertions des défendeurs, ces livraisons de zircone ne dénotent en aucune manière que C.________ Sàrl ait maîtrisé les procédés de fabrication de la matière « CIM » avant la demanderesse. " A.d. La cour cantonale a rendu un nouveau jugement le 8 juillet 2019. Les ch. 1 à 4 de son dispositif concernent le procédé de fabrication de la matière à injection " CIM ". Le ch. 5 interdit aux défendeurs l'utilisation, la commercialisation et la divulgation du savoir-faire lié à la fabrication du saphir artificiel dit craquelé, et il décrit ce savoir-faire. Le ch. 6 condamne les défendeurs à détruire leur stock de saphir dit craquelé produit avec ce savoir-faire. Saisi d'un recours formé par les défendeurs contre ce nouveau jugement, le Tribunal fédéral l'a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, par arrêt du 9 décembre 2019 (cause 4A_474/2019).