Citation: 6B_740/2020 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a exposé que le recourant avait été condamné à une peine privative de liberté de dix ans, pour l'assassinat de son grand-père, perpétré avec une violence exceptionnelle, alors même que l'intéressé n'avait aucune raison de lui en vouloir. Il pouvait certes être donné acte au recourant de différents éléments positifs. Son comportement en détention était bon, à l'exception de deux occasions ayant conduit à des sanctions disciplinaires en décembre 2018 et octobre 2019. Le recourant avait bénéficié de deux sorties de 4 heures qui s'étaient très bien passées. Il avait entamé, dès le début de son incarcération, un suivi thérapeutique sur un mode volontaire, cela de manière assidue. L'intéressé avait réussi à suivre plusieurs formations durant sa détention, obtenant sa maturité fédérale en 2016, un diplôme de comptable ainsi qu'un permis de cariste en 2019, tout en suivant des cours de langues. Le recourant avait reconnu les faits pour lesquels il avait été condamné, admettant sa responsabilité et semblant mesurer la gravité et les conséquences de son acte. Le risque de récidive était faible et le niveau des facteurs de protection était élevé. Le recourant avait développé et maintenu ses relations avec sa compagne, des membres de sa famille et des proches. Il remboursait en outre les frais de justice à hauteur de 30 fr. par mois et disposait de deux promesses d'embauche pouvant prendre effet à sa libération. Seule l'existence de circonstances exceptionnelles tenant à la personne du recourant demeurait litigieuse. Selon l'autorité précédente, le recourant était âgé de 20 ans lorsqu'il avait été incarcéré. Le fait qu'il eût consacré du temps, durant sa détention, à sa formation faisait partie intégrante du processus d'évolution attendu de la part d'un jeune détenu, dont le retour à la vie en société nécessite une réinsertion socio-professionnelle. Par ailleurs, si le recourant avait reconnu ses actes et sa responsabilité dans le décès de son grand-père, il ressortait du rapport établi par le Service médical des EPO le 13 février 2019 que celui-ci avait adopté une attitude ambivalente à cet égard. Durant son audition du 31 janvier 2020, le recourant avait répété le discours tenu à l'époque de son jugement s'agissant de l'influence de sa mère. Il n'arrivait pas à prendre du recul par rapport à son propre rôle dans l'assassinat de son grand-père. Ainsi, même si le risque de récidive devait être considéré comme faible, l'existence d'un potentiel de violence chez le recourant - au demeurant niée par ce dernier - ne pouvait être totalement écartée. Le recourant avait d'ailleurs déclaré avoir toujours fui la violence, ne jamais s'être battu ni avoir frappé quiconque, démontrant de la sorte considérer qu'il n'avait été que l'instrument de sa mère. Enfin, la cour cantonale a indiqué que l'extrême gravité des faits sanctionnés était révélatrice de certains traits de la personnalité du recourant. Il convenait donc de s'assurer du comportement futur et probable de l'intéressé en liberté. L'accomplissement du plan d'exécution de sanction était indispensable pour que les garanties suffisantes d'une bonne réinsertion - sans commission de nouvelles infractions - soient données et que tout élargissement précipité, propice à une déstabilisation de l'intéressé et à une augmentation du risque de récidive, soit évité. Selon l'avis de la CIC du 25 février 2019, laquelle avait souscrit à un programme d'ouvertures progressives, il était important de respecter la succession et la durée d'étapes qui ne pouvaient être franchies dans la précipitation. La CIC avait en outre observé que le recourant avait commencé à ouvrir sa réflexion sur son implication psychique et affective dans l'acte homicide et que le plan d'exécution de sanction avalisé le 17 janvier 2019 décrivait ses efforts et ses ambivalences quant à son engagement dans les modalités prévues pour une réinsertion. Il était donc primordial que le recourant fasse encore ses preuves lors de prochains congés de durée progressive, puis lors d'un régime de travail externe. Du reste, tant la direction des EPO que l'OEP et le ministère public avaient préavisé négativement à la libération conditionnelle du recourant. Il n'existait ainsi pas de circonstances extraordinaires, tenant à la personne du recourant, susceptibles de justifier une libération conditionnelle fondée sur l'art. 86 al. 4 CP.