Citation: 9C_411/2010 21.01.2011 E. 3

3.1 L'office recourant conteste la manière dont le Tribunal cantonal des assurances sociales a procédé à la comparaison des revenus, en tant que celle-ci aboutit à un degré d'invalidité supérieur à 20 %. Il lui reproche de n'avoir pas motivé les raisons pour lesquelles il s'était écarté des valeurs qu'il avait retenues au titre de revenu sans invalidité et de revenu d'invalide et d'avoir pris en compte un abattement sur le salaire statistique trop élevé. 3.2 Les premiers juges ont évalué le degré d'invalidité de l'intimé en procédant à deux comparaisons des revenus distinctes. 3.2.1 Dans une première comparaison, les premiers juges ont retenu un montant annuel de 57'861 fr. au titre de revenu sans invalidité, lequel correspondait au salaire, tel qu'il résultait de l'Enquête suisse sur la structure des salaires éditée par l'Office fédéral de la statistique, dans le domaine de l'hôtellerie et de la restauration (niveau de qualification 3), compte tenu d'un horaire de 45 heures par semaine. Au titre de revenu d'invalide, ils ont pris en considération, eu égard à l'activité de substitution qui pouvait être exigée de l'intimé, le salaire statistique auquel pouvait prétendre ce dernier dans le domaine du commerce de détail (niveau de qualification 4), soit 55'494 fr. 35. Vu les limitations fonctionnelles présentées par l'intimé, le revenu d'invalide a été réduit de 15 %. La perte de gain qui en résultait était de 23 % (recte: 18 %). 3.2.2 Dans une seconde comparaison, les premiers juges se sont fondés, pour fixer les revenus sans et avec invalidité, sur le revenu statistique auquel pouvaient prétendre en 2008 les hommes effectuant des activités simples et répétitives (niveau 4 de qualification), soit 4'806 fr., en tenant compte, pour le revenu sans invalidité, d'un horaire de travail de 45 heures, et, pour le revenu avec invalidité, d'un horaire de travail de 41,7 heures et d'un abattement de 15 %. La perte de gain qui en résultait était de 27 % (recte: 21 %). 3.3 Lorsque la décision attaquée comporte, comme en l'espèce, plusieurs motivations indépendantes, alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes pour sceller le sort de la cause, la partie recourante doit, sous peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'entre elles est contraire au droit (ATF 133 IV 119 consid. 6.3 p. 120); dès qu'une des motivations permet de maintenir la décision entreprise, le recours doit être écarté (ATF 133 III 221 consid. 7 p. 228; 132 I 13 consid. 6 p. 20). 3.4 Le jugement entrepris repose sur deux motivations alternatives, dont chacune suffit à admettre que l'intimé présente un degré d'invalidité suffisant pour ouvrir droit à une mesure de reclassement. Dans son recours en matière de droit public, l'office recourant ne critique que la première des deux comparaisons des revenus effectuées par la juridiction cantonale. Il ne soulève en revanche aucun grief particulier contre la seconde comparaison des revenus. Dès lors que cette seconde motivation, non critiquée, permet - indépendamment des grossières erreurs de calcul commises par les premiers juges - de confirmer le jugement entrepris, le recours doit être déclaré irrecevable, faute de motivation suffisante au regard de l'art. 42 al. 2 LTF, ce qui rend superflu l'examen des griefs de fond adressés à l'encontre de la première comparaison des revenus.