Citation: 6B_887/2024 E. 1

L'autorité précédente a dès lors retenu que l'expulsion du recourant - pour une durée de cinq ans - ne porterait pas une atteinte disproportionnée à sa vie de famille et qu'elle ne le placerait pas dans une situation personnelle grave au sens de l'art. 66a al. 2 CP. Elle a encore relevé que les problèmes auxquels le recourant prétendait devoir faire face en cas de retour en Algérie, invoqués pour la première fois au stade de la procédure d'appel à titre d'obstacle à son expulsion et non plaidés par son avocate, ne sont pas suffisamment étayés, mais allégués uniquement pour les besoins de la cause. Interrogé en première instance sur l'hypothèse d'une expulsion, le recourant avait du reste répondu n'avoir pas d'avis particulier à ce sujet, alors que par-devant la cour cantonale, son argument principal pour s'opposer à son expulsion a été qu'il avait "commencé à vivre ici". La cour cantonale a néanmoins procédé à une pesée des intérêts. Elle a retenu que le casier judiciaire du recourant fait état de trois condamnations pour des infractions contre le patrimoine, l'autorité publique et la législation en matière de droit des étrangers. Les sanctions prononcées ne sont pas très lourdes mais le recourant a déjà écopé d'une peine privative de liberté ferme de 30 jours qui ne l'a pas dissuadé de commettre les faits de décembre 2023 (BM yyy; 10 jours-amende pour empêchement d'accomplir un acte officiel). Une autre procédure pénale est en cours, auprès du Tribunal régional Berne-Mittelland, pour non-respect d'une assignation à un lieu de résidence ou d'une interdiction de pénétrer dans une région déterminée au sens de la LEI, procédure qui n'est pas déterminante dans le contexte particulier. Au vu de ces éléments et du laps de temps très court durant lequel la majorité des infractions a été commise, ceci quelques jours à peine après son arrivée en Suisse, la cour cantonale a retenu que le recourant ne se préoccupe pas du respect de l'ordre juridique suisse. La dernière condamnation prononcée en 2024 pour des faits survenus en décembre 2023 (BM yyy), même si elle est d'une gravité relative, démontre que le recourant continue "à faire parler de lui auprès des autorités de poursuite pénale" et qu'il persiste à mépriser l'autorité, ceci en dépit des enjeux importants liés à la présente procédure. En outre, il résulte des explications qu'il a données à la cour cantonale au sujet des faits de décembre 2023 qu'il n'a pas saisi le caractère problématique de son comportement, préférant mettre en cause le travail du policier, ce qui est loin d'être anodin et interroge quant à sa capacité d'introspection. Bien qu'il se soit abstenu depuis début 2022 de commettre des infractions de vol par effraction telles que celles à l'origine de la présente procédure - qui sont, de par leur caractère potentiellement traumatisant pour les lésés, fortement répréhensibles -, la gravité de son comportement délinquant ne saurait être minimisée. La cour cantonale a en outre souligné qu'elle aurait prononcé une peine supérieure à la limite de celle de longue durée retenue à l'art. 62 al. 1 let. b LEI, qui prévoit une révocation de l'autorisation de séjour lorsqu'une peine privative de liberté supérieure à un an est prononcée, si elle n'avait pas été liée par l'interdiction de la reformatio in pejus. La mauvaise intégration globale, le très bref séjour légal en Suisse et l'unique lien familial dû à son très récent mariage ne sont pas de nature à faire primer les intérêts privés du recourant à demeurer en Suisse sur l'intérêt public à l'expulser. Du reste, malgré le fait qu'elle n'a pas eu à se prononcer sur la question du sursis en raison de l'interdiction de la reformatio in pejus, la cour cantonale a estimé que la question du pronostic, lequel ne saurait en aucun cas être qualifié de favorable, aurait mérité d'être abordée, en particulier au vu des nombreuses récidives.