Citation: 2A.128/2004 10.03.2004 E. B

Le 15 mai 2003, X.________ a formé devant le Service fribourgeois de la population et des migrants une demande de regroupement familial en faveur de ses enfants, qu'il a parallèlement placés chez son propre père. Le 6 octobre 2003, le Service cantonal a rejeté la requête. X.________ a déféré ce prononcé devant le Tribunal administratif du canton de Fribourg, il affirmait notamment que ses enfants étaient désormais livrés à eux-mêmes et désoeuvrés, nul ne s'étant chargé de les inscrire dans une école ou de payer un éventuel écolage. Statuant le 10 février 2004, le Tribunal administratif a rejeté le recours. L'intéressé n'entretenait pas de liens prépondérants avec ses enfants. Depuis son arrivée en Suisse en 2000 jusqu'en avril 2003, il avait abandonné totalement leur garde et leur entretien à leur mère. Reposant sur des motifs économiques et matériels, l'attribution de la garde et de l'autorité parentale en octobre 2002 n'avait guère modifié la situation. X.________ avait attendu plusieurs mois avant de se préoccuper du sort des enfants et n'avait entrepris aucune démarche pour juguler leur désoeuvrement ou assurer leur formation. Quant à l'insuffisance alléguée de prise en charge en Turquie, elle résultait visiblement de l'absence de démarche et de soutien financier de sa part, non pas d'un refus d'accueil. Rien n'indiquait que la mère ne s'en souciait plus, ni que le grand-père paternel, âgé de cinquante-sept ans, était incapable d'en prendre soin en dépit de la paralysie faciale qui l'affectait. Enfin, il n'était pas établi qu'une émigration répondrait mieux aux besoins spécifiques des enfants, âgés de dix-sept ans et demi et de presque seize ans. Un minimum d'engagement de leur père leur permettrait de poursuivre une formation en Turquie où ils avaient toujours vécu, en évitant un déracinement familial ou socio-culturel.