Citation: 2C_747/2022 E. A

A. A.________, né en 1952, exerce la profession de médecin-dentiste dans le canton de Genève depuis 2002. Trois de ses patientes, à savoir B.________, C.________ et D.________ ont déposé une plainte à son encontre auprès de la Commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients de la République et canton de Genève (ci-après: la Commission de surveillance), en 2017 respectivement 2018 et 2020. B.________ indiquait dans la sienne que, à la suite de travaux dentaires effectués de mars 2016 à novembre 2017 visant à corriger l'alignement de ses dents de la mâchoire supérieure, elle éprouvait en permanence des douleurs qui la dérangeaient et l'empêchaient de dormir; elle soutenait que A.________ avait opté pour la pose de couronnes, en lieu et place de facettes, dans un dessein d'enrichissement; il avait refusé de lui transmettre certaines pièces du dossier médical, à savoir des photographies réalisées avant le traitement, de même que des justificatifs des matériaux utilisés pour fabriquer et sceller les couronnes. Pour sa part, C.________ fait valoir dans sa plainte qu'elle avait requis de A.________ la "réfection complète de l'ensemble de sa dentition"; des implants en titane et des couronnes provisoires en résine avaient été posés en 2015; lors de cette opération, le dentiste avait provoqué une rupture du nerf mandibulaire; la patiente s'était plainte de douleurs pendant et après celle-ci, notamment sous forme de décharges électriques et de sensibilité au niveau de la mâchoire et des lèvres; les couronnes définitives n'avaient pas pu être mises en place, car l'extrême sensibilité de la zone ne permettait pas d'envisager une intervention; C.________ pensait n'avoir pas obtenu l'intégralité de son dossier médical, malgré ses demandes; en outre, les devis transmis n'étaient pas identiques à ceux qu'elle avait signés; elle avait payé 116'000 fr. pour ses soins et 160'000 fr. au total avec ceux prodigués à son époux; elle avait dû être opérée par un autre dentiste en 2017 et estimait que cette intervention aurait dû être effectuée bien plus tôt; A.________ avait par ailleurs cessé de lui répondre et refusé de reconnaître son erreur; elle ne maîtrisait pas le français et avait l'impression que son inexpérience dans le domaine et son ignorance des prix adéquats avaient été exploitées, d'où une surfacturation manifeste. Enfin, D.________ relève dans sa plainte qu'elle avait subi un traitement de la mâchoire supérieure en 2019, alors qu'elle était âgée de 87 ans, comprenant la pose d'une prothèse après l'extraction de plusieurs dents malades; elle reprochait à A.________ des prix trop élevés; celui-ci avait profité de sa crédulité pour facturer près de 37'000 fr. pour ses services, montant dont elle avait dû acquitter plus de la moitié dès le devis établi; les travaux exécutés avaient consisté uniquement en des examens, des extractions de dents et la pose d'implants provisoires, c'est-à-dire au maximum un tiers du traitement total; fragilisée par une prothèse provisoire et un accident ischémique transitoire, elle s'était retrouvée dans une relation de dépendance avec son dentiste qui n'avait plus répondu à ses demandes et mentait sur les raisons pour lesquelles il ne pouvait lui poser la prothèse définitive; A.________ était imprévisible et annulait des rendez-vous importants au dernier moment; il s'était conduit avec désinvolture et s'était montré menaçant, dès l'évocation de la résiliation du mandat; son nouveau dentiste avait dû recommencer le travail.