Citation: 6B_430/2016 E. 3.3

3.3. Le recourant considère que le soutien dont il bénéficiait au moment de sa récidive ne saurait être pris en considération dans l'émission du pronostic. On ne voit toutefois pas pour quelle raison ce suivi, dont il a bel et bien bénéficié, serait privé de toute portée, sous prétexte qu'il aurait été moins adéquat que celui dont il a bénéficié par la suite. Ce d'autant plus que le recourant a reconnu qu'il avait caché au médecin qui le suivait à cette époque les violences qu'il infligeait à l'intimée, adoptant par là même, ainsi que l'a relevé la cour cantonale, un comportement propre à mettre en échec le suivi en question. On ne saurait reprocher à la Cour d'appel pénale d'y avoir vu un élément négatif et d'en avoir tenu compte dans le cadre du pronostic à poser, tout comme elle a tenu compte à bon droit, à cet égard, du fait que la peur de la sanction pénale précédemment prononcée n'avait eu aucun effet sur lui, puisqu'il s'en était pris à l'intimée aussi bien avant qu'après avoir été jugé pour les infractions commises sur la personne de son ex-épouse. Il y a du reste lieu de souligner sur ce point que les faits les plus graves qui lui sont aujourd'hui reprochés ont été commis une semaine après le premier jugement rendu à son encontre et qu'une peine de 30 mois dont 18 mois avec sursis pendant 5 ans ne l'a pas empêché d'agresser quelques jours plus tard à coups de couteau l'intimée et de lui infliger des lésions corporelles graves. On ne saurait pas davantage faire grief à la Cour d'appel pénale d'avoir méconnu des éléments de l'expertise concernant l'appréciation du risque de récidive, qualifié de relativement important s'il venait à se trouver sans traitement dans une relation affective dysfonctionnelle. Le recourant bénéficie certes, désormais, d'un suivi et d'un traitement adéquats. Cependant, la cour cantonale a relevé à juste titre différents éléments préoccupants, tenant en particulier à son manque de franchise et aux mensonges concernant la nouvelle relation qu'il a nouée dans le mois qui a suivi sa sortie de prison, mais aussi à la coïncidence troublante, dans le contexte particulier de la présente cause, que représentait la similitude ou la proximité du prénom de sa nouvelle compagne (C.________) avec celui de son ex-épouse (B.________) et celui de l'intimée (A.________). Elle aussi évoqué les correspondances frappantes entre ses déclarations de 2014 devant le Tribunal correctionnel de La Côte et celles tenues dans le cadre de la présente procédure, sachant qu'il avait déjà exprimé, à l'époque, son souhait de réparer le dommage causé, qu'il avait déjà déclaré être conscient d'avoir besoin d'un suivi et qu'il était capable de gérer son comportement impulsif, s'exprimant au sujet des violences infligées à son ex-épouse, alors même qu'il s'en prenait dans le même temps à l'intimée, qu'il a du reste contrainte à témoigner en sa faveur devant le Tribunal correctionnel de La Côte. La cour cantonale a en outre rappelé qu'il contestait également, à l'époque, les faits les plus graves le concernant. Dans cette perspective, la Cour d'appel pénale pouvait légitimement considérer l'existence d'un risque réel de voir le recourant se trouver à nouveau dans une relation dysfonctionnelle, dans le cadre de laquelle le risque de récidive ne saurait être minimisé. S'agissant encore de cette nouvelle relation, le recourant se méprend enfin sur l'appréciation portée par la Cour d'appel pé nale. La question n'est pas de savoir s'il a noué ou non une nouvelle relation. La difficulté, par rapport au pronostic à poser, se rapporte au manque de franchise et aux mensonges dont il vient d'être question. A cela s'ajoute encore le fait que la Cour d'appel pénale a retenu sans arbitraire (cf. supra consid. 1) que la prise de conscience du recourant demeurait peu aboutie, qu'il faisait preuve d'une absence de compassion frappante et que, malgré un suivi adéquat, il persistait à nier les faits les plus graves qui lui sont reprochés. L'autorité précédente aurait tout aussi bien pu relever que, de surcroît, le recourant a admis, lors de l'audience d'appel, qu'il n'avait jusqu'alors rien versé du montant dont il s'était engagé à faire bénéficier l'intimée en vue de son indemnisation. En définitive, l'on cherche en vain, dans l'argumentation du recourant, la mise en exergue d'éléments qui auraient été passés sous silence et qui auraient permis de retenir l'existence de circonstances particulièrement favorables devant conduire à retenir que le recourant a fait preuve d'un amendement profond. Par voie de conséquence, la Cour d'appel pénale n'a, dans le cadre du large pouvoir d'appréciation qui lui est reconnu, aucunement abusé de son pouvoir en considérant qu'un pronostic particulièrement favorable ne pouvait pas être posé à l'égard du recourant. C'est donc à bon droit qu'elle a exclu l'octroi du sursis dans le cas d'espèce.