Citation: 4A_233/2019 E. 3.2

3.2. Le recourant estime qu'il était évident que la République du Soudan était disposée à accorder un financement au projet d'établissement d'un bureau régional essentiellement pour des motifs de rayonnement diplomatique et que, dès lors, ce financement reposait nécessairement sur le caractère régional du futur bureau. En faisant passer le statut du potentiel futur bureau de X.________ de bureau régional à simple bureau national, l'intimée aurait dénaturé le projet initial en totale contradiction avec les volontés exprimées clairement jusqu'alors par les différents acteurs et en particulier par elle-même. En modifiant soudainement le statut du bureau dont l'établissement était envisagé, l'intimée aurait " torpillé " le projet auquel le recourant se consacrait depuis des mois, le privant des gratifications qu'il aurait perçues en cas d'établissement du bureau. De l'avis du recourant, le rejet par la République du Soudan de l'abandon du caractère régional du bureau était à la fois légitime et prévisible, l'intimée ne pouvant à ses yeux raisonnablement ignorer qu'une telle modification unilatérale signait l'arrêt de mort du projet. Le recourant évoque les nombreux documents desquels ressortirait le caractère régional du potentiel futur bureau de X.________, certains de ces documents mentionnant expressément un " bureau régional pour le Moyen-Orient et l'Afrique ". Il en déduit qu'il ne faisait aucun doute pour les parties que l'objet du mandat était la création d'un bureau régional couvrant le Moyen-Orient et l'Afrique et non pas un simple bureau national dont le champ d'action géographique serait limité aux frontières du Soudan. L'amendement unilatéral apporté par l'intimée ayant pour conséquence de transformer le bureau régional en bureau national modifiait la substance du projet initial, objet du mandat entre les parties. De l'attente justifiée du recourant découlait une obligation de l'intimée de s'abstenir de toute action qui irait à l'encontre ou anéantirait le projet du bureau régional pour le Moyen-Orient et l'Afrique en République du Soudan. En estimant que les conditions de l'application de l'art. 156 CO n'étaient pas remplies, la cour cantonale aurait ignoré la mauvaise foi dont aurait fait preuve l'intimée. Dans la deuxième partie de son argumentation, développée " à de strictes fins de discussion ", le recourant évoque l'hypothèse selon laquelle les parties n'auraient pas eu la même compréhension du sens des termes " Bureau régional de X.________ au Soudan ". Même si pareille hypothèse devait être retenue, le recourant allègue qu'une interprétation normative de la volonté des parties permettrait d'aboutir à la conclusion qu'il pouvait - au vu notamment de la définition du terme " régional " et de son utilisation dans l'univers des organisations internationales - de bonne foi partir du principe que le champ d'action du bureau envisagé n'était pas limité au Soudan mais devait s'étendre aux pays du Moyen-Orient et de l'Afrique.