Citation: H 233/00 13.02.2001 E. 2

2.- Le recourant se plaint tout d'abord d'une violation de son droit d'être entendu, en faisant valoir que, sans raison valable, la juridiction cantonale a refusé d'ordonner les mesures probatoires qu'il a sollicitées et qu'elle n'a pas donné suite à sa requête de suspension de la procédure administrative. Il voit également une violation de son droit d'être entendu dans le fait que les premiers juges n'auraient pas exposé ou auraient exposé de manière sommaire les motifs pour lesquels ils ont rejeté sa requête de suspension de la procédure et ses offres de preuves. a) La jurisprudence rendue en application de l'art. 4 aCst., qui garde toute sa valeur sous l'angle de l'art. 29 al. 2 Cst., a notamment déduit du droit d'être entendu le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d'avoir accès au dossier, celui de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 124 I 51 consid. 3a, 242 consid. 2, 124 II 137 consid. 2b, 124 V 181 consid. 1a, 375 consid. 3b et les références). Le droit de faire administrer des preuves n'empêche pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction si, se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves fournies par les investigations auxquelles elle doit procéder d'office (cf. art. 85 al. 2 let. c LAVS), elle est convaincue que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation (appréciation anticipée des preuves); une telle manière de procéder ne viole pas le droit d'être entendu selon l'art. 4 al. 1 aCst. (ATF 124 V 94 consid. 4b, 122 V 162 consid. 1d, 119 V 344 consid. 3c et les références). b) Au sujet des requêtes de suspension de la procédure administrative et de complément d'instruction qui ont été présentées par le recourant (interrogatoire de témoins, aménagement d'une expertise comptable...), les premiers juges ont considéré ceci : «certes, il n'est pas exclu que la présente cause puisse être influencée par l'instruction pénale en cours (...). Il n'est toutefois pas certain qu'un tel jugement puisse être rendu dans un avenir prévisible (RCC 1991, 379), de sorte qu'une suspension de la procédure n'est pas justifiée, d'autant moins que (...) les délais de prescription de l'art. 82 al. 1 RAVS ont été respectés par l'administration et qu'il n'est dès lors pas nécessaire d'examiner si le délai de prescription de plus longue durée, prévu par l'art. 82 al. 2 RAVS, est applicable (ATF 113 V 258s.). Le Tribunal a toutefois pris connaissance du dossier pénal dont l'instruction est toujours en cours. Quant au dossier de faillite, son édition n'a pas été demandée étant donné que la procédure est également en cours et que certaines pièces de ce dossier ont été déposées par l'intimé. Les renseignements figurant dans les dossiers P.________ et M.________ sont d'autre part suffisants à une bonne intelligence de la cause».