Citation: 6B_378/2022 E. B

Par arrêt du 9 février 2022, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours formé par A.________ et celui déposé par B.________ contre l'ordonnance du 2 juin 2021, qu'elle a confirmée. En substance, elle a retenu les faits suivants: B.a. Le 14 avril 2016, le Dr B.________, spécialiste en gynécologie et obstétrique, a opéré A.________ d'un kyste à l'ovaire gauche, procédant à une kystectomie ovarienne par laparoscopie. Cette intervention a nécessité l'hospitalisation de la patiente à la Clinique C.________ durant une nuit. Elle est rentrée à son domicile le 15 avril 2016. Le 18 avril 2016, vers 9h30, en raison de douleurs diffuses au niveau du ventre, A.________ s'est rendue, sans rendez-vous, au cabinet du Dr B.________. Ce dernier a procédé à des examens, demandé une analyse d'urine, laquelle n'a révélé aucune infection, et une prise de sang, dont les résultats n'ont rien montré de spécifique. Le 19 avril 2016, les douleurs se péjorant, A.________ a consulté son médecin généraliste traitant, la Dre E.________. Elle a informé l'assistante médicale du Dr B.________ de ce rendez-vous. Au terme de la consultation, la Dre E.________ a téléphoné au Dr B.________ et lui a indiqué qu'elle mettait en place un traitement antibiotique à domicile. Le spécialiste a pris acte de cette prescription et ne s'y est pas opposé. Vers midi, toujours le 19 avril 2016, les douleurs empirant, A.________ a téléphoné à l'assistante médicale du Dr B.________ et l'a informée qu'elle allait se rendre en ambulance aux urgences de la Clinique C.________. Sur place, un CT-scanner abdominal a été réalisé et a objectivé "un empâtement du cul-de-sac de Douglas sur probable hématome sans pouvoir mettre en évidence un abcès circonscrit". A la suite d'un entretien téléphonique avec le Dr B.________, il a été décidé de garder A.________ en surveillance pendant la nuit. Le 20 avril 2016, vers 8h30, le Dr B.________ a examiné A.________. Comprenant, ou plutôt sentant, que quelque chose n'allait pas, il a fait appel au Dr F.________, chirurgien viscéral, et lui a expliqué qu'il suspectait un problème abdominal. Ce dernier, se fiant à l'appréciation du Dr B.________, s'est immédiatement rendu à la Clinique C.________. Après examen de A.________, il a validé l'indication du Dr B.________ pour une intervention d'extrême urgence. Il a estimé que c'était une situation où la vie de la patiente était engagée. L'opération a commencé dès 13h30, d'abord par laparoscopie exploratrice (caméra dans le ventre), puis en laparotomie (ouverture du ventre). Elle a été réalisée conjointement par les Drs F.________ et B.________. Ces derniers ont découvert la présence d'un très volumineux hématome dans le petit bassin qui était fortement en appui contre le rectum où se trouvait un trou, à savoir une complication sous forme de péritonite sur abcès/hématome du cul-de-sac de Douglas, avec perforation intestinale ayant provoqué une mise en danger de la patiente. L'intervention a consisté en une résection d'une partie du côlon distal et a nécessité la réalisation d'une stomie à la peau. Par la suite, A.________ a présenté un abcès au niveau de la cicatrice abdominale, nécessitant une réouverture d'une partie de la plaie chirurgicale avec draines multiples jusqu'à la stérilisation de la plaie. Son état de santé s'est ensuite progressivement amélioré et elle a pu sortir de la clinique le 6 mai 2016. Le 17 octobre 2016, A.________ a subi une nouvelle intervention pour rétablir la continuité intestinale. Elle a pu rentrer à domicile le 26 octobre 2016. B.b. Le Ministère public central, division affaires spéciales (ci-après: le Ministère public central) a décidé de mettre en oeuvre une expertise médicale. Le rapport des experts, daté du 31 octobre 2019, contient les conclusions suivantes: " 1. Au vu de l'ensemble des éléments des dossiers mis à notre disposition, nous pouvons conclure que la prise en charge médicale a été effectuée correctement et selon les règles de l'art. La complication développée n'était pas liée à une erreur ou une faute médicale, il s'agit d'une complication connue.