Citation: 5A_438/2017 E. 3

La cour cantonale a retenu que l'époux n'avait produit ou requis aucune pièce dans le cadre de la procédure de mesures provisionnelles qui serait propre à établir la formation professionnelle de l'épouse, ses qualifications professionnelles, sa maîtrise écrite et orale de la langue française, des rentrées d'argent d'un quelconque revenu autre que la pension en sa faveur ou son pécule de préapprentissage. En l'occurrence, l'intimée, de langue maternelle arabe, avait quitté le Maroc à 19 ans pour rejoindre son mari qui travaillait en Suisse. Ce faisant, elle avait interrompu la scolarité qu'elle suivait en vue de l'obtention d'un baccalauréat. Bien qu'elle soit en mesure de travailler à plein temps compte tenu de son âge et de son état de santé, et qu'elle y soit autorisée, la production en première instance de nombreuses pièces attestant de ses recherches d'emploi infructueuses dès la séparation des parties suffisait à établir l'impossibilité dans laquelle elle s'était trouvée d'obtenir un emploi à plein temps. Dans ces circonstances, on ne pouvait lui reprocher d'avoir débuté une formation qui lui garantirait, à son échéance, une indépendance économique, pas plus qu'on ne pouvait, en l'état, lui imputer un revenu hypothétique pour un travail à temps complet ou davantage rémunéré que son salaire actuel de préapprentissage. Après paiement par le recourant de ses charges incompressibles totalisant 3'083 fr. 25, le disponible de celui-ci s'élevait à 3'083 fr. 25 [recte: 2'336 fr. 75]. L'ordonnance du premier juge pouvait ainsi être confirmée, le versement de la pension querellée de 2'200 fr. n'entamant pas le minimum vital du débirentier.