Citation: C 60/05 18.04.2006 E. 6

Par décision du 23 janvier 2004, confirmée le 28 juin 2004 par le Service de l'emploi, le droit de la recourante à l'indemnité de chômage a été suspendu pendant 31 jours, au motif qu'elle ne s'était pas présentée à une mesure de marché du travail auprès de W.________. 6.1 Les premiers juges ont retenu que la recourante avait commis une faute grave en refusant un emploi temporaire, d'autant plus qu'elle venait d'abandonner un tel poste. Ils ont estimé que vu les difficultés rencontrées par celle-ci pour trouver un travail, une place d'assistante de restauration était de nature à améliorer son aptitude au placement en lui apportant une expérience supplémentaire dans ce secteur d'activité. La recourante soutient qu'elle a apporté la preuve, en déposant des certificats médicaux, qu'elle n'avait ni les compétences nécessaires, ni un état psychologique lui permettant de travailler avec des personnes atteintes de troubles psychologiques ou au contact de personnes âgées. 6.2 Pour refuser le poste assigné, la recourante s'est prévalue de deux certificats médicaux. Le premier, transmis à l'ORP, attestait qu'au vu de son état psychologique, elle ne pouvait absolument pas entreprendre une activité quelconque en relation avec des personnes âgées, mais que son état de santé, par ailleurs excellent, lui permettait d'entreprendre une autre activité. La recourante a produit un second certificat, devant le Service de l'emploi, mentionnant qu'en raison d'une certaine labilité psychologique, le travail au contact de personnes souffrant de troubles psychologiques n'était absolument pas recommandé. On constatera, d'une part, que la recourante a non seulement refusé le travail temporaire assigné, mais n'a même pas donné suite au premier rendez-vous qui lui aurait permis d'être renseignée sur les tâches précises qu'elle aurait à accomplir, ce qui au regard des efforts auxquels le chômeur doit consentir au cours de ses recherches d'emploi, justifie déjà la sanction. D'autre part, on constatera que les certificats médicaux ont été produits postérieurement aux faits reprochés à la recourante et que le médecin s'est montré extrêmement vague, sans apporter la moindre précision sur les activités qui seraient contre-indiquées ou les troubles dont souffrirait l'assurée. Cette dernière n'a donc ni établi, ni rendu vraisemblable, au sens où la jurisprudence l'entend (cf. ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références) que l'emploi assigné ne convenait pas à son état de santé. On rappellera enfin que le poste en question était celui d'assistante de restauration et non une place d'infirmière, ce qui compte tenu du chômage déjà subi correspondait à ses qualifications. En refusant de l'accepter sans raison valable, elle a donc contrevenu à son obligation de diminuer le dommage. Se référant au précédent abandon d'emploi temporaire, la juridiction cantonale n'a pas outrepassé son pouvoir d'appréciation en infligeant une sanction correspondant à 31 jours de suspension.