Citation: 5A_868/2023 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, la cour cantonale a constaté, en renvoyant aux explications circonstanciées du Dr D.________, effectuées après la mise en oeuvre du Fibromyalgia Impact Questionnaire requis par le mari, qu'il résultait de l'expertise que la capacité maximale de travail de la défenderesse correspondait, comme l'avait retenu le Tribunal civil, à 30%, la fibromyalgie dont elle souffrait constituant une atteinte à sa santé qui devait être qualifiée de sévère. Contrairement à ce que prétendait le demandeur, le fait que le rapport d'expertise ait été établi durant la période de Covid-19, moment où, du moins temporairement, certains traitements n'étaient pas accessibles, et que l'expert n'ait pas constaté que le taux d'activité de 30% serait permanent, ne permettait pas de retenir que la défenderesse serait en mesure de travailler à 50%. Le recourant n'indiquait en effet pas précisément quels traitements seraient actuellement à disposition de l'intéressée ni comment ils l'amèneraient concrètement à pouvoir augmenter son taux d'activité. De plus, le pourcentage de 30% était aussi attesté par le médecin traitant de celle-ci depuis de nombreuses années déjà, de sorte qu'il pouvait à tout le moins être considéré comme durable. L'argument du mari selon lequel il n'était pas certain que l'épouse ne puisse pas obtenir une rente d'invalidité n'était par ailleurs pas convaincant: si le Tribunal fédéral avait abandonné la présomption selon laquelle les troubles somatoformes douloureux ou leurs effets pouvaient être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible, la jurisprudence relative à l'octroi d'une rente AI en cas de fibromyalgie était a priori restrictive, comme l'avait considéré l'expert. Le recourant n'indiquait d'ailleurs pas en quoi celui-ci se serait trompé à ce sujet en ce qui concerne l'intimée. Au demeurant, le traitement d'une situation du point de vue des assurances sociales ne liant pas le juge civil, celui-ci avait correctement appliqué les conclusions de l'expertise et renoncé à imputer un revenu hypothétique à la défenderesse. Enfin, celle-ci était désormais âgée de 59 ans et il n'était pas établi que ses possibilités d'augmenter son taux d'activité ou de trouver un nouvel emploi auraient des chances de succès raisonnables. C'était plutôt l'inverse qui ressortait des pièces de la procédure, l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) n'ayant plus de dossiers à confier à l'épouse, qui était assesseure, et les perspectives sur le marché du travail d'une personne de cet âge, atteinte dans sa santé, étant manifestement peu favorables.