Citation: 4P.85/2006 04.07.2006 E. 8

La recourante soutient que la Cour cantonale a, de manière insoutenable, constaté que l'intimée ne savait pas comment l'emprunt allait être utilisé; elle a arbitrairement refusé d'admettre que la banque avait pratiqué un jeu de l'avion et que les obligations M.________ Series B avaient servi à rembourser de manière prioritaire les dirigeants de la banque, par ailleurs actionnaires de Z.________. Comme on l'a vu (cf. supra consid. 7), il ressort, de manière non arbitraire, des comptes consolidés du groupe que, sur les US$ 27'100'000 récoltés, US$ 21'700'000 ont été consacrés à l'exploitation de la mine en Guinée par le groupe Z.________. On ne voit donc pas que la cour cantonale aurait adopté un raisonnement choquant en ne suivant pas l'hypothèse évoquée par la recourante selon laquelle les obligations Series B avaient pour seul but de servir au remboursement des investisseurs des obligations Series A et les actionnaires du groupe, excluant par avance tout remboursement des détenteurs des obligations Series B. Les comptes consolidés excluent également l'existence d'une opération de style "jeu de l'avion" dont l'intimée aurait eu connaissance avant de lancer l'emprunt Series B. En ne retenant pas ces éléments, l'arrêt attaqué ne saurait à l'évidence être qualifié de choquant.