Citation: 6B_1501/2022 E. 1.2.1

1.2.1. La cour cantonale n'a ignoré ni la relation très fusionnelle existant entre D.B._________ et son père, ni l'accident puis le handicap de ce dernier, ni les reproches adressés à la jeune femme par sa mère et sa grand-mère au sujet de sa relation avec le recourant et le fait qu'elle souffrait de cette réprobation (arrêt entrepris, p. 7 et 23). La cour cantonale n'a pas non plus méconnu les idées suicidaires exprimées itérativement par la jeune femme. Elle a toutefois souligné le caractère très versatile de cette dernière, dont les échanges avec ses proches permettaient de suivre les fréquentes sautes d'humeur ainsi que le fait que l'idée de mettre fin à ses jours n'avait jamais persisté au-delà de quelques messages. La cour cantonale en a conclu que la mention du suicide relevait chez la victime d'une posture ou d'un appel à l'aide et non d'une volonté construite et ancrée (arrêt entrepris, p. 24). Cette interprétation des messages échangés par D.B._________ et le recourant n'est en tout cas pas insoutenable. Il ressort, en particulier, du rapport de renseignements du 24 mars 2020 (dossier cantonal, p. 400'021 ss) que si le désir de rupture était souvent énoncé par D.B._________ dans ses échanges avec le recourant, le couple se réconciliait très rapidement (dossier cantonal, p. 400'023), ce qui confirme le caractère versatile de l'humeur de la jeune femme. Dans le même sens, les idées suicidaires émises le 6 juillet 2017 sont, par exemple, suivies le lendemain d'une conversation affectueuse (dossier cantonal p. 400'023); de même, les idées noires communiquées les 14 et 15 janvier 2018 dans l'après-midi, sont-elles suivies de messages tendres le soir (dossier cantonal, p. 400'026); celles manifestées le 25 janvier 2018 en début d'après-midi sont suivies de messages évoquant une réconciliation dans la soirée (dossier cantonal, p. 400'030; v. aussi, sans souci d'exhaustivité, les échanges des 24 janvier [dossier cantonal, p. 400'047] et 30 octobre 2019 [dossier cantonal p. 400'056]). Plus généralement, on peut relever que ces idées suicidaires ont été très régulièrement communiquées au recourant durant les années 2017 à 2019, dans le contexte de reproches adressés à l'intéressé par sa compagne (comme l'a relevé la cour cantonale; v. supra consid. B.e), ce qui soutient également la conclusion qu'il s'agissait plus d'un mode de fonctionnement de la jeune femme dans sa relation de couple (une posture), voire d'appels à l'aide que de projets funestes très concrets. On peut ajouter que dans un message du 13 décembre 2019, D.B._________ avait parlé de sa rencontre avec H.H._________ à sa mère, laquelle avait senti que la jeune femme voulait réinvestir leur relation mère-fille (dossier cantonal, p. 500'255), ce qui étaie la déduction selon laquelle la jeune femme, qui devait en outre débuter une nouvelle activité professionnelle au mois de janvier 2020 (v. supra consid. B.b), se trouvait, au mois de décembre 2019, dans une phase ascendante de sa vie. Du reste, le rapport de police ne fait état d'aucun message adressé au recourant évoquant des idées suicidaires aux mois de novembre et décembre 2019 (dossier cantonal p. 400'057 ss), une référence à de telles idées figurant tout au plus, sous une forme hypothétique et en lien avec une déclaration d'amour, dans un message adressé le 4 décembre 2019 à H.H._________ ( "Je t'aime H.H._________... Je t'aimerais pour longtemps... N'oublies jamais ça... Même si un jour je viens à faire une connerie n'oublies jamais que je t'aime à l'infini"; dossier cantonal p. 400'067), ce qui semble également confirmer que l'expression de telles idées était une manière pour la jeune femme d'investir la relation sentimentale.