Citation: M 4/00 09.04.2001 E. 2

2.- Pour décider s'il existe un rapport de causalité adéquate entre l'accident survenu pendant le service et les troubles psychiques consécutifs, il convient d'appliquer les mêmes principes que ceux dégagés par la jurisprudence en matière d'assurance-accidents (ATF 123 V 139 ss consid. 3c), selon lesquels, lorsque l'accident est insignifiant ou de peu de gravité (par exemple une chute banale), l'existence d'un lien de causalité adéquate entre cet événement et d'éventuels troubles psychiques peut être d'emblée niée (ATF 123 V 140 consid. 3c, 115 V 139 consid. 6a et 408 consid. 5a). a) Dans son déroulement et dans ses effets immédiats, l'accident du 27 juin 1994 fut sans gravité. En effet, d'après les déclarations initiales du recourant, sur lesquelles il y a lieu de se fonder (ATF 121 V 47 consid. 2a), c'est en montant sur une camionnette qu'il s'est heurté le bas du dos contre un arceau au-dessus de la ridelle arrière. Le 28 juin 1994, le médecin du cours a constaté un blocage cervico-dorso-lombaire et décidé son licenciement du service. Selon lui, la symptomatologie ne correspondait pas à l'accident. De son côté, le docteur R.________, consulté le même jour par l'assuré qui se plaignait de douleurs et d'une raideur cervico-dorso-lombaire, a retenu le diagnostic de cervico-dorso-lombalgies importantes, suite à une contusion lombaire. Des anti-inflammatoires et de la physiothérapie furent prescrits. Dans leurs rapports, ni le docteur L.________, ni le docteur R.________ n'ont indiqué d'hématome ou de suffusion sanguine. b) Le recourant reproche à l'intimé et aux premiers juges de n'avoir pas appliqué les critères déterminants en cas d'accident de gravité moyenne. Il allègue que les lésions physiques n'ont pas été bénignes puisqu'il a fallu les soigner durant une longue durée, soit encore après 1996. Selon lui, la décompensation de l'équilibre dorsal, dont les experts X.________ et Y.________ ont relevé l'existence, est bien un facteur organique dont il a souffert après l'accident et qu'il ne connaissait pas avant celui-ci. A tout le moins, c'est une aggravation couverte par l'assurance militaire. Enfin, l'incapacité de travail due aux lésions physiques fut longue et prise en charge par l'intimé jusqu'au 31 décembre 1996, soit pendant plus de deux ans et demi. c) Selon la jurisprudence, un accident de peu de gravité peut, exceptionnellement, constituer la cause adéquate d'une incapacité de travail et de gain d'origine psychique. Il faut alors que les conséquences immédiates de l'accident soient susceptibles d'avoir entraîné les troubles psychiques et que les critères applicables en cas d'accident de gravité moyenne - énumérés aux ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa - se cumulent ou revêtent une intensité particulière (RAMA 1998 n° U 297 p. 244 consid. 3b, 1992 n° U 154 p. 249 consid. 2c). d) En l'espèce, aucune des circonstances sur lesquelles se fonde le recourant ne se cumule ni ne revêt une intensité particulière.