Citation: 1B_602/2022 E. 2.3

2.3. Conformément au principe de la proportionnalité ancré à l'art. 36 al. 3 Cst., il convient ensuite d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention. Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention provisoire ou de la détention pour des motifs de sûreté si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution la fourniture de sûretés (let. a); la saisie des documents d'identité et autres documents officiels (let. b); l'assignation à résidence ou l'interdiction de se rendre dans un certain lieu ou un certain immeuble (let. c); l'obligation de se présenter régulièrement à un service administratif (let. d); l'obligation d'avoir un travail régulier (let. e); l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f); et/ou l'interdiction d'entretenir des relations avec certaines personnes (let. g). Cette liste est exemplative et le juge de la détention peut également, le cas échéant, assortir les mesures de substitution de toute condition propre à en garantir l'efficacité (ATF 145 IV 503 consid. 3.1 p. 510). En l'espèce, l'instance précédente a considéré en substance que le traitement en cours ne constituait pas un palliatif suffisant qui permettrait d'assurer une abstinence durable en cas de libération. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. En effet, ce suivi n'a débuté, dans le cadre en outre de la détention, que le 13 octobre 2022 (cf. let. D/c p. 4 de l'arrêt attaqué). Au regard de ce court laps de temps et en l'absence de toute référence à un document attestant des résultats déjà obtenus, il semble prématuré de retenir que ce traitement offrirait déjà des garanties quant à la consommation d'alcool du recourant, respectivement que les mesures de contrôle préconisées en parallèle permettraient donc d'apporter des assurances complémentaires suffisantes à cet égard; cela vaut en particulier pour les mesures ne reposant que sur la volonté du recourant de s'y soumettre. A cela s'ajoute, comme relevé ci-dessus, le probable hébergement du recourant en milieu collectif, cadre qui en l'état apparaît peu propice à le dissuader de commettre de nouvelles infractions. On ne saurait enfin ignorer qu'une expertise psychiatrique a été ordonnée. Il paraît donc judicieux d'attendre les conclusions de l'expert, notamment sur le traitement suivi, sur son adéquation eu égard au risque de récidive existant et/ou sur d'éventuelles autres mesures pouvant entrer en considération afin de le diminuer (ATF 143 IV 9 consid. 2.8 p. 16 s.). L'autorité précédente a ainsi, à juste titre, estimé qu'il n'existait, à ce stade, aucune mesure de substitution propre à réduire de manière suffisante le danger retenu.