Citation: 5A_29/2024 E. B

B.a. Par lettre du 21 décembre 2022, le conseil des créanciers séquestrants a informé l'Office que le rapport annuel de E.________ SA, présenté à son assemblée générale du 20 décembre 2022, indiquait une nouvelle date d'exigibilité des créances séquestrées nos 3 et 4 au "23" [recte: 31] décembre 2023 et que la créance séquestrée n° 2 avait été augmentée de USD 42'210'000.-- à USD 71'923'478.84. Le 22 décembre 2022, l'Office a invité A.________ SA à verser le montant de USD 59'322'450.-- (soit 55'000'000 fr. au taux du jour) dans un délai au 6 janvier 2023, au vu de l'exigibilité des créances nos 3 et 4 au 31 décembre 2022. Le 9 janvier 2023, E.________ SA a informé l'Office que, lors du renouvellement annuel des contrats de financement intragroupe entre elle et A.________ SA, elle avait signé par inadvertance des avenants modifiant les dates d'exigibilité des créances séquestrées; ayant pris conscience de cette erreur, elle avait entrepris les démarches nécessaires pour rétablir la situation antérieure auxdits avenants, qui avaient en conséquence été annulés par déclarations mutuelles des deux parties, et elle avait rappelé à A.________ SA la date d'exigibilité de sa créance au 31 décembre 2022. Le 20 janvier 2023, constatant que A.________ SA n'avait pas versé le montant de USD 59'322'450.-- dans le délai imparti, l'Office lui a imparti un nouveau délai au 30 janvier suivant pour s'exécuter. Le 6 février 2023, l'Office a établi une réquisition de poursuite contre A.________ SA pour la créancière séquestrée E.________ SA, représentée par l'Office, pour un montant de 55'000'000 fr., plus intérêt à 5% l'an dès le 31 janvier 2023, en indiquant comme cause de l'obligation: " Créance initiale de USD 87'660'000.00 due selon contrat de prêt du 17 octobre 2019 et créance initiale de USD 57'404'3'831.20 [recte: 57'404'831.20] due selon contrat de prêt du 1er février 2017, exigibles au 31.12.2022, dont le recouvrement est limité à la somme de USD 59'782'608.70 convertie au taux du jour (06.02.2023) de 0.92%, soit la somme de CHF 55'000'000.00, montant objet du séquestre n° xxx ". Le commandement de payer subséquent n° zzz a été notifié le 20 mars 2023 à A.________ SA, qui a formé opposition totale. B.b. Le 30 mars 2023, A.________ SA a déposé une plainte auprès de l'autorité inférieure de surveillance à l'encontre du commandement de payer précité, concluant à son annulation. Elle a notamment allégué avoir informé E.________ SA, par courrier du 27 janvier 2023, qu'elle n'avait pas remboursé les prêts en raison de la guerre en Ukraine et de la nécessité de maintenir des réserves pour pallier les risques inhérents à ladite guerre, étant donné que ses activités et celles du groupe auquel elle appartient sont principalement exercées en Ukraine et qu'elle n'a plus accès à de nouveaux financements en raison du conflit armé. Elle en déduisait qu'elle avait ainsi " contesté son obligation de payer les montants requis par l'Office en raison de la guerre en Ukraine et de l'absence de fonds disponibles pour le paiement ", que, partant, les créances séquestrées étaient contestées et devaient dès lors être réalisées sur réquisition du créancier poursuivant " selon l'un des modes prévus pour les créances ". Le 30 mars 2023, E.________ SA a également déposé une plainte auprès de l'autorité inférieure de surveillance à l'encontre du commandement de payer n° zzz, concluant à son annulation. Invoquant une violation de l'art. 33 CO, elle a contesté que l'Office soit autorisé à se présenter comme son représentant alors qu'elle ne lui avait jamais donné mandat d'engager des poursuites à l'encontre de A.________ SA. B.c. Par décision rendue le 28 août 2023, l'autorité inférieure de surveillance a joint les deux plaintes et les a rejetées. Elle a considéré qu'au vu des devoirs imposés par l'art. 100 LP à l'Office, il ne pouvait être fait grief à ce dernier d'avoir pris des précautions en notifiant un commandement de payer à la tierce débitrice A.________ SA, après le double refus de celle-ci de procéder au paiement des créances séquestrées, sans que la créancière et poursuivie E.________ SA le requière. L'Office n'avait pas abusé de son pouvoir d'appréciation en procédant de la sorte. B.d. A.________ SA et E.________ SA ont toutes deux recouru devant la Cour des poursuites et faillites contre la décision du 28 août 2023, concluant à l'annulation du commandement de payer litigieux. Par arrêt du 19 décembre 2023, expédié le 27 suivant, dite autorité a joint les causes, rejeté les recours et confirmé la décision attaquée.