Citation: 5A_392/2023 E. 4.1

4.1. L'autorité précédente a en premier lieu retenu que l'épouse avait vraisemblablement la "possibilité matérielle" d'exercer une activité à 50 % au moins, tout en étant suffisamment disponible pour aider sa fille à assumer ses activités sportives et qu'à cet égard, les considérations du tribunal civil étaient convaincantes. Elle a toutefois estimé que cela n'était pas décisif pour les motifs qui suivent. Il n'était pas contesté que l'épouse s'était occupée à plein temps du foyer et des enfants pendant plus de vingt ans, qu'elle n'avait plus eu d'activité professionnelle de quelque sorte que ce soit depuis 2006 et qu'elle ne disposait d'aucun diplôme reconnu en Suisse. Si un mandat de conseillère générale dans une petite commune démontrait une intégration réussie, il ne constituait en revanche pas une expérience professionnelle qu'elle pouvait faire valoir sur le marché du travail, ni donnait d'indications décisives sur son employabilité. L'époux n'avait en outre pas critiqué la constatation du tribunal civil selon laquelle son épouse avait débuté une formation de spécialiste en protection incendie - laquelle comprenait un cours préparatoire de cinq modules, puis un second cours de 14 jours - quelques mois après la séparation, ni soutenu qu'elle serait inadéquate pour améliorer son employabilité à son terme ou encore qu'elle laisserait à l'épouse suffisamment de temps pour travailler en parallèle, bien que cette formation n'apparaisse pas intensive selon l'autorité cantonale. Ces considérations permettaient à elles seules de retenir que l'exercice par l'épouse d'une activité professionnelle n'était pour le moment pas possible, et partant de sceller le sort de l'appel. Elle a encore ajouté que l'époux s'était contenté de formuler des remarques toutes générales quant à l'activité professionnelle que son épouse pourrait concrètement exercer, sans se référer à des offres d'emploi pouvant correspondre à son profil et n'avait rien allégué du revenu concret que celle-ci pouvait réaliser, sinon en articulant le chiffre de 3'500 fr. par mois correspondant au salaire minimal prévu dans le canton de Neuchâtel pour un emploi à plein temps. Que certaines entreprises souhaitent se développer en V.________ paraissait probable, selon l'autorité cantonale, mais ne signifiait pas qu'une personne sans aucune expérience professionnelle récente, ni aucune connaissance de la branche d'activité concernée pouvait obtenir un emploi pour l'une de ces entreprises, simplement parce qu'elle parlait le W.________, étant encore relevé que l'épouse était originaire de X.________ et que les X.________ n'étaient, par les temps qui couraient, pas forcément les personnes idéales pour des contacts avec la V.________. Quant à la possibilité de travailler comme traductrice indépendante, l'on voyait mal comment, sans diplôme correspondant, l'épouse pouvait développer une telle activité et réaliser dans les mois à venir un revenu régulier équivalant à un salaire, ceci d'autant moins qu'elle ne maîtrisait pas suffisamment le français pour exercer une activité de traductrice, celle-ci nécessitant une connaissance et une pratique approfondies des deux langues concernées. Ainsi, selon l'autorité précédente, la motivation du mémoire d'appel était insuffisante pour que, même à suivre l'époux, l'on puisse considérer que les critères jurisprudentiels pour retenir un revenu hypothétique étaient réunis. Le dossier ne permettait en outre pas de déterminer quand la formation de l'épouse se terminerait, voire lui permettrait de trouver un emploi. Si le tribunal civil avait retenu qu'elle devait vraisemblablement se terminer à la fin de l'année 2023, elle n'avait à juste titre pas fixé de revenu hypothétique dès début 2024, dès lors que, par définition, ce n'était qu'à la fin de la formation que l'on saurait si elle était réussie. Par ailleurs, la date probable de la fin de sa formation n'était pas documentée et le dossier ne renseignait de toute façon pas suffisamment sur les perspectives concrètes d'emploi. Partant, l'autorité cantonale a considéré que tant que celle-ci n'était pas achevée, les incertitudes actuelles étaient trop importantes pour que l'on puisse raisonnablement fixer une date de début d'activité exigible et un montant même approximatif du revenu qui pouvait en être tiré, étant encore précisé que la situation serait différente lorsque l'épouse aurait achevé sa formation. Partant, elle a renoncé à lui imputer un revenu hypothétique.