Citation: 1P.71/2000 07.03.2000 E. 4

4.- Il en va de même du risque de fuite. a) Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne doit pas s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tel le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit et ses contacts avec l'étranger (ATF 117 Ia 69 consid. 4 et les arrêts cités). b) Le recourant soutient qu'il aurait des attaches suffisantes avec la Suisse, compte tenu de sa liaison avec A.________, qu'il a épousée en prison le 2 février 2000, et qui est enceinte de lui. Quels que soient les liens de cette dernière avec la Suisse, le recourant a clairement manifesté son intention d'aller vivre avec elle en Espagne ou en Angleterre. Ces propos, que le recourant tente en vain de relativiser - en évoquant notamment la possibilité d'un engagement professionnel en Suisse -, suffisent à admettre un risque de fuite évident. c) Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir examiné la possibilité d'une libération sous caution. La cour cantonale a toutefois estimé, avec raison, qu'une telle libération était exclue tant que subsiste le risque de collusion. Il eût par ailleurs appartenu au recourant de démontrer que le montant offert, au regard de ses possibilités financières réelles, constituait un obstacle suffisant à sa fuite. Or, sur le vu du train de vie du recourant avant son arrestation et des montants sur lesquels portent les infractions, le recourant n'a pas fourni une telle démonstration.