Citation: 5A_725/2022 E. 4.2

4.2. Contrairement à ce que soutient la recourante, la cour cantonale n'a pas constaté l'irrecevabilité du grief de l'intimé. Considérant que sa recevabilité était douteuse, elle a en effet renoncé à examiner ce point plus avant au motif qu'elle pouvait se saisir d'office de la question de la charge fiscale des parties. En tant que la recourante entend en substance faire constater l'irrecevabilité du grief soulevé en appel par l'intimé, il lui appartenait de démontrer en quoi il était arbitraire de laisser la question de sa recevabilité ouverte en exposant de manière claire et détaillée pour quels motifs les conditions de l'art. 311 al. 1 CPC n'étaient manifestement pas remplies en l'espèce. Or, dans la mesure où elle se contente à cet égard de reproduire des extraits de l'arrêt querellé pour en déduire à tort que la cour cantonale a en réalité considéré le grief litigieux comme irrecevable, sa critique est insuffisamment motivée. Au demeurant, si l'on examine ce grief, force est de constater que celui-ci était suffisamment motivé. En effet, il ressort des faits retenus dans l'arrêt querellé que l'intimé avait allégué une charge fiscale de 2'225 fr. par mois dans sa réponse à la requête de mesures protectrices de l'union conjugale. Il s'était ensuite plaint dans son appel de l'absence de prise en compte de ce poste de charges par le président. Certes, il alléguait alors un montant de 2'200 fr. sans expliquer comment il obtenait ce montant. Cela étant, dans la mesure où ce montant est presque identique à celui qu'il faisait valoir en première inst ance sur la base d'un avis de taxation de 2018, force est d'admettre qu'il a, selon toute vraisemblance, repris le montant allégué devant le premier juge. Or le présent litige portant notamment sur les contributions d'entretien dues en partie pour une période où l'enfant cadet des parties était encore mineur - puisqu'elles ont été imputées à l'intimé à compter du 1er septembre 2020 et que l'enfant en question est devenu majeur en février 2022 -, la maxime inquisitoire illimitée s'appliquait au cas d'espèce (cf. art. 296 al. 1 CPC). Partant, en application de dite maxime, la cour cantonale aurait dû inviter l'intimé à produire des pièces actualisées avant de pouvoir considérer que ce grief était insuffisamment motivé (cf. ATF 144 III 349 consid. 4.2.1 et les références; arrêt 5A_329/2022 du 2 novembre 2022 consid. 3.1.3). Pour le même motif, on ne peut pas davantage suivre la recourante en tant qu'elle soutient que l'intimé n'a pas démontré s'acquitter effectivement de ce poste de charges. En conséquence, force est d'admettre que la Cour d'appel n'aurait pu d'emblée constater l'irrecevabilité du grief de l'intimé et aurait ainsi pu entrer en matière sur la question de la charge fiscale des parties. Dans ces conditions, il n'est donc pas nécessaire de s'interroger sur le point de savoir si l'on se trouve en l'espèce en présence d'un vice manifeste permettant au juge de se saisir d'office de cette question.