Citation: 6B_396/2022 E. 6.6

6.6. La cour cantonale a relevé que le recourant résidait officiellement en Suisse depuis 2006. Il était au bénéfice d'une autorisation d'établissement valable jusqu'en mai 2026. Il était le père adoptif d'un enfant qui avait toujours vécu au Burkina Faso. Il était également le père biologique de quatre enfants vivant actuellement en Suisse. Ses deux premières filles, l'intimée et sa soeur, étaient nées au Burkina Faso et l'avaient rejoint en 2010. Sa troisième fille, E.A.________, sur laquelle il bénéficiait d'un droit de visite, était née en 2016 de sa relation avec G.________. Quant à son dernier fils, F.________, né en 2020, il vivait à U.________ auprès de sa mère, H.________, qui était de nationalité suisse et qui faisait officiellement ménage commun avec le recourant depuis la naissance de leur fils. Selon la cour cantonale, si le recourant vivait en Suisse depuis environ seize ans et y avait travaillé, il était désormais sans emploi et n'avait pas démontré y avoir développé des liens sociaux et professionnels supérieurs à ceux qui résulteraient d'une intégration ordinaire. Originaire du Burkina Faso, il y avait encore de la famille proche et y avait créé une association caritative dans laquelle il n'avait jamais cessé de s'investir, voire même d'investir, puisqu'il s'était endetté pour financer son activité. Il avait du reste expressément admis qu'il exerçait encore de nombreuses activités dans son pays d'origine, qu'il y retournait très régulièrement et qu'il avait pour objectif de s'y réinstaller de manière définitive. Sous l'angle de sa vie familiale, la cour cantonale a retenu que le recourant avait notamment déclaré qu'il n'avait jamais eu l'intention de fonder une famille en Suisse et qu'il était au demeurant difficile pour lui d'y nouer une relation stable, notamment en raison de ses fréquents séjours dans son pays d'origine, respectivement des projets qu'il comptait y mener à bien. Les contacts qu'il était susceptible d'entretenir avec ses trois filles résidant en Suisse ou, à tout le moins, avec C.A.________ et E.A.________, n'avaient donc manifestement jamais été au centre de ses préoccupations. Les dernières déclarations du recourant, confirmées par celles de H.________, apparaissaient avoir été dictées par les besoins de la cause, ce d'autant plus que cette dernière avait expressément déclaré avoir été avant tout séduite par les projets que le recourant souhaitait concrétiser dans son pays d'origine. Leur volonté de se marier, rendue publique 10 jours après l'arrestation du recourant, constituait quoi qu'il en soit une nouvelle inédite puisque l'intéressée n'en avait fait nulle mention lors de son audition du 28 juin 2021. Ainsi, la cour cantonale a estimé qu'il n'était pas déraisonnable d'attendre du recourant et de sa nouvelle compagne qu'ils réalisent leur vie de famille au Burkina Faso, sachant par ailleurs que la langue officielle de ce pays était le français. Quant à leur fils F.________, son âge lui permettait encore de s'intégrer sans la moindre difficulté dans un nouveau pays. La cour cantonale a estimé que ces différents éléments conduisaient à penser que le recourant ne remplissait pas les conditions lui permettant d'invoquer un droit au respect de sa vie familiale. Toutefois, elle a laissé cette question ouverte, dès lors qu'elle a considéré que la pesée des intérêts devait, en tout état de cause, conduire à la confirmation de l'expulsion.