Citation: 8C_667/2017 E. 3.2

3.2. Il est exact que le revenu d'invalide doit en principe être évalué en fonction de la situation professionnelle concrète de l'assuré. Le salaire effectivement réalisé ne peut cependant être pris en compte pour fixer le revenu d'invalide que si trois conditions cumulatives sont remplies: l'activité exercée après la survenance de l'atteinte à la santé doit reposer sur des rapports de travail particulièrement stables; cette activité doit en outre permettre la pleine mise en valeur de la capacité résiduelle de travail exigible; le gain obtenu doit enfin correspondre au travail effectivement fourni et ne pas contenir d'éléments de salaire social (cf. ATF 139 V 592 consid. 2.3 p. 593 s.; 135 V 297 consid. 5.2 p. 301; 129 V 472 consid. 4.2.1 p. 475). Or, comme l'ont constaté les premiers juges, il ressort clairement du dossier que le salaire versé n'équivaut pas à la prestation de travail fournie par le recourant ou, en d'autres termes, que ce salaire contient une part de salaire dit "social" (cf. ATF 141 V 351 consid. 4.2 p. 353; 117 V 8 consid. 2c/aa p. 18). En effet, l'employeur actuel a de manière constante attesté un rendement nettement diminué (rapport d'entretien du 20 avril 2015; lettre du 4 mai 2016). Il a fixé la diminution de rendement à 15 % par rapport aux autres collaborateurs de son entreprise (courriers des 6 mai 2015 et 18 mai 2016). Il a encore précisé au cours de la procédure cantonale de recours que ce rendement était à 65 % en relation avec un taux d'activité rémunéré de 80 % (courrier du 10 juin 2016). Dans la mesure où l'assuré ne fournit pas la juste contrepartie des salaires perçus, la troisième condition jurisprudentielle concernant la prise en compte du revenu effectivement réalisé pour déterminer le revenu d'invalide n'est pas remplie. Comme les trois conditions mentionnées ci-dessus sont cumulatives, il n'est pas utile d'examiner les deux autres (stabilité des rapports de travail, mise en valeur de la capacité résiduelle de travail) pour conclure que le tribunal cantonal pouvait légitimement s'écarter du revenu effectivement réalisé afin de fixer le revenu d'invalide.