Citation: 4P.1/2004 12.05.2004 E. 4.3

La recourante reproche ensuite à la cour cantonale d'avoir fait une application arbitraire de l'art. 307 LPC/GE. 4.3.1 Dans ses observations, la cour cantonale a relevé que l'avocat de la recourante pouvait plaider à l'audience de plaidoiries pour répondre aux premières écritures et que les procédures probatoires de première instance n'étaient ni défectueuses ni insuffisantes. 4.3.2 L'art. 307 LPC/GE donne à la Cour de justice la faculté de procéder à l'administration des preuves sollicitées devant le premier juge, soit que celui-ci l'ait exécutée de manière défectueuse ou insuffisante (al. 1), soit qu'il s'y soit refusé (al. 2). Cette faculté ne trouve ses limites que dans la conception que la Cour de justice se fait du principe du double degré de juridiction cantonal. En effet, aucun principe de droit fédéral n'exige ni n'interdit qu'une preuve soit soumise à l'appréciation des juges du premier puis du second degré de juridiction; il suffit, au regard du droit fédéral, qu'une seule fois la preuve ait pu être administrée devant l'autorité cantonale. Cela étant, l'art. 307 ne permet pas à une partie d'exiger en appel l'administration de preuves qu'elle n'aurait pas sollicitée devant le premier juge en temps utile et selon les formes adéquates (Bertossa/Gaillard/ Guyet/Schmidt, op. cit., vol. II, n. 2 ad art. 307 et les références citées). Ainsi, le juge d'appel bénéficie d'une large marge de manoeuvre pour ce qui est d'ordonner ou non des mesures probatoires. Dans cette mesure, l'on ne voit pas que la cour cantonale ait fait une application arbitraire de l'art. 307 LPC/GE, ce d'autant plus que la recourante n'expose pas quels sont les points précis que les juges cantonaux auraient négligé de trancher. Relever des "zones d'ombre" est en effet clairement insuffisant compte tenu de l'obligation de démontrer en quoi consiste l'arbitraire. Dès lors, le moyen de la recourante doit être rejeté. 4.4 La recourante fait également grief à la cour cantonale de ne pas avoir examiné l'abus de droit dont elle prétend avoir été victime eu égard à la situation particulière qui est la sienne vis-à-vis de son ex-mari, ce qui serait contraire aux art. 144 et 146 LPC/GE. L'art. 144 LPC/GE a trait à la délibération, alors que l'art. 146 LPC/GE concerne la rédaction, soit le contenu du jugement. Sur la base des explications fournies par la recourante, on ne parvient pas à saisir en quoi les juges cantonaux auraient méconnu les art. 144 et 146 LPC/GE, de sorte que l'on peut se demander si ce moyen est recevable au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. De toute façon, le grief tombe à faux. En effet, au point 6 de leur arrêt, les juges cantonaux ont consacré pas moins de deux pages non seulement à la question de la solidarité entre plusieurs débiteurs, soit en l'occurrence les époux B.________ et A.________, dans leurs relations internes et vis-à-vis des tiers, mais encore à celle de l'abus de droit à invoquer la solidarité dans la présente cause. Dans ces circonstances, l'on ne peut certainement pas leur faire grief d'avoir fait une application arbitraire des art. 144 et 146 LPC/GE. 4.5 Enfin, la recourante se plaint d'arbitraire dans l'établissement des faits et l'appréciation des preuves, s'agissant notamment de l'absence de mention particulière quant à sa situation personnelle, de carences dans la détermination de l'identité de l'actionnaire de l'intimée, du double traitement négatif qui lui a été réservé ou de la non-prise en compte des déclarations de E.________. Sur ces points, la recourante semble confondre la voie du recours de droit public avec celle de l'appel. Elle se limite en effet à reprocher à la cour cantonale d'avoir retenu tel élément plutôt que tel autre favorable à sa thèse, sans dire en quoi le choix des juges cantonaux serait constitutif d'arbitraire. Dans cette mesure, ses griefs ne sont pas recevables, car les exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ ne sont pas remplies (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). 4.6 Au surplus, la recourante se contente de critiques générales. Tel est en particulier le cas lorsqu'elle se plaint de ce que sa cause n'aurait pas été traitée de manière équitable, ni conformément aux garanties générales de procédure, de ce que les juges cantonaux n'auraient pas rempli leur mission qui est de rendre la justice et pêché par arbitraire en ne respectant pas le principe de la légalité ou de ce que la cour cantonale auraient fait montre de partialité. A cet égard, il est rappelé à la recourante qu'il ne suffit pas de formuler des critiques d'ordre général (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p.12), mais qu'il lui incombe d'exposer non seulement quelle disposition constitutionnelle serait violée, mais encore de préciser en quoi consiste la violation. Partant, ses critiques générales ne sont pas recevables. Dans ces circonstances, le recours de droit public doit être rejeté.