Citation: 8C_659/2007 27.03.2008 E. 4

4.1 Jusqu'ici les preuves versées au dossier consistent en des appréciations médicales (notamment des docteurs B.________, M.________ et K.________) ainsi qu'en une expertise technique établie par E.________ sur les causes possibles de l'accident. La question de la vitesse à laquelle le choc s'est produit n'a toutefois pas été abordée dans le rapport de E.________. On notera néanmoins que dans le cadre de sa mission d'expertise, le docteur K.________ a pris contact avec le spécialiste de E.________ afin de connaître son opinion à ce sujet (ce médecin relate à la page 15 de son rapport les propos de ce spécialiste, d'après lesquels l'ascenseur n'a pas pu descendre en chute libre, car la cabine aurait été déformée par la collision et les personnes se trouvant à l'intérieur gravement blessées, ce qui n'avait pas été le cas). Cela étant, il n'est pas nécessaire d'attendre le résultat de l'expertise ordonnée dans le cadre de la procédure pénale dès lors que, comme on le verra (consid. 4.2), les preuves déjà administrées sont suffisantes pour trancher la question litigieuse de la causalité et, partant, du droit aux prestations de la recourante, sans que la question de la vitesse à laquelle l'ascenseur a heurté le socle en béton de la fosse ait une incidence sur le sort de la cause. 4.2 En l'occurrence, les docteurs M.________ et K.________ sont d'accord pour dire que dans l'hypothèse d'une chute libre de l'ascenseur, le mécanisme de l'accident du 26 mars 2002 était en soi susceptible d'avoir occasionné chez T.________ les lésions lombaires qui ont été constatées. Alors que le premier médecin précité considère que leur origine traumatique est, pour cette raison, hautement probable chez une patiente asymptomatique avant l'accident, le second médecin écarte toutefois cette possibilité vu la présence d'autres éléments déterminants. Selon le docteur K.________, en effet, l'examen clinique et par imageries parle nettement en faveur d'une cause dégénérative. Pour conclure à la nature accidentelle d'une hernie discale en L 4/5, respectivement en L5/S1, ce médecin déclare qu'il doit y avoir rupture de l'anneau fibreux du disque au moment de l'accident. Or, dit-il, ce processus est très douloureux; en règle générale, les personnes restent immobilisées sur les lieux de l'accident et font appel à un médecin dans les 24 heures. T.________, quant à elle, avait poursuivi normalement sa journée sans ressentir de douleurs radiculaires aux extrémités et pu attendre deux semaines avant d'être examinée par un médecin; elle n'avait pas non plus dû interrompre son activité professionnelle d'infirmière en salle de réveil. La prénommée avait en outre déjà présenté un épisode de lombalgies à la suite d'une chute sur les fesses, qui avait entraîné une incapacité de travail d'une semaine en 1995. Il existait, enfin, un facteur pouvant influencer négativement son appareil locomoteur sous la forme d'une surcharge pondérale (BMI de 47). C'est également la position du docteur B.________ qui voit dans le traumatisme subi par l'assurée une aggravation passagère d'une pathologie vertébrale existante (voir son rapport du 17 octobre 2002 à l'intention de la Visana). Il y a pas lieu de s'écarter de ces considérations médicales motivées et convaincantes, et de leur préférer celles de l'expert privé, dont les conclusions se fondent sur une anamnèse inexacte - le docteur M.________ est parti du principe que l'assurée n'avait jamais eu de lombalgies (voir page 5 de son rapport) - et font abstraction de certains éléments essentiels à l'examen d'un rapport de causalité entre une hernie discale et un événement accidentel, à savoir la manière dont les symptômes se sont manifestés immédiatement après la survenance de l'accident. A l'aune de la jurisprudence applicable (voir consid. 3.1 supra), les appréciations émises par les docteurs K.________ et B.________ suffisent à nier, au degré de la vraisemblance prépondérante, le caractère accidentel des lésions discales de la recourante. Son recours se révèle ainsi mal fondé.