Citation: 1B_182/2020 E. 6.2

6.2. La cour cantonale a estimé que les mesures de substitution proposées par le recourant - sous la forme d'une obligation de poursuivre son apprentissage, d'une interdiction de périmètre et de contact avec les victimes, d'une assignation à résidence et d'une surveillance électronique - étaient inaptes à prévenir des agissements à l'endroit de tierces personnes (cf. ordonnance entreprise, consid. 5 p. 13). Cette appréciation ne saurait être partagée. Il ne ressort ainsi pas de l'ordonnance entreprise que le recourant pourrait avoir été en contact rapproché avec d'autres personnes mineures que les jeunes filles qui l'avaient dénoncé, ni que les photographies de nus pourraient avoir été transmises à un autre destinataire que celui initialement prévu. Cela étant, si les agissements en cause sont certes graves compte tenu de leur fréquence et de la nature du bien juridique menacé, ils ne paraissent pas relever, à défaut de violences caractérisées, d'un comportement de prédateur sexuel, mais bien plutôt d'une immaturité sur le plan affectif et d'une certaine naïveté quant aux relations entretenues avec les intéressées. La cour cantonale ne fait par ailleurs état d'aucun élément permettant de supposer que le recourant ne serait pas prêt à se soumettre aux restrictions qui lui seraient imposées, alors qu'il n'a pas d'antécédent et que les témoignages recueillis sont largement rassurants quant à son comportement dans le cadre familial et professionnel, le témoin G.________, son maître d'apprentissage, l'ayant notamment décrit comme une personne " exemplaire ", qui " ne bouge pas d'une oreille " et qui présente de bons résultats scolaires (cf. procès-verbal de l'audition de G.________ du 4 février 2020, p. 2; dossier cantonal; P. 145). Il faut à cet égard prendre en considération que, selon ce témoin, le maintien en détention pourrait induire une résiliation de son contrat d'apprentissage et un risque d'échec dans son cursus en vue de l'obtention d'un CFC d'installateur-électricien, pour lequel il est en troisième année (cf. ibidem), ce qui est pour le moins inopportun au regard du jeune âge du recourant et de ses perspectives d'avenir.