Citation: 5D_24/2008 26.03.2008 E. 3

Dans un premier grief, le recourant invoque la violation arbitraire de la règle jurisprudentielle obligeant le juge des mesures protectrices de l'union conjugale à fixer les contributions d'entretien de telle sorte que le débirentier dispose encore d'un revenu lui permettant de couvrir son minimum vital (ATF 123 III 1). En l'occurrence, il reproche à l'autorité cantonale d'avoir fixé le montant de la pension litigieuse à 3'000 fr. par mois, alors même qu'elle a retenu dans sa décision que le revenu mensuel moyen du débirentier pour les années 2002 à 2006 était de l'ordre de 2'684 fr. Les circonstances sont toutefois particulières en l'espèce, car le recourant est un indépendant au revenu très fluctuant, réalisant des bénéfices certaines années et essuyant des pertes d'autres années. Dans un tel contexte, il paraît équitable de se référer à la situation matérielle globale du recourant plutôt qu'à son revenu antérieur, ses gains durant la période concernée (août 2007-juillet 2008) étant par ailleurs inconnus. Dans la mesure où le recourant dispose d'une fortune, ce qu'il ne conteste pas, il y a lieu d'en tenir compte pour déterminer la contribution d'entretien mise à sa charge. Par conséquent, l'autorité cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en arrêtant à 3'000 fr. le montant de la pension litigieuse alors même que le revenu moyen du recourant était inférieur à ce montant, sa décision apparaissant d'autant moins insoutenable que le recourant, ainsi qu'elle l'a constaté, n'avait fourni aucun renseignement quant aux montants prélevés sur sa fortune. Dans ces circonstances, la question, évoquée par le recourant, de savoir s'il n'incomberait pas à la crédirentière de supporter le déficit éventuel (cf. ATF 123 III 1 consid. 3c) peut demeurer indécise. Le premier grief du recourant est donc infondé.