Citation: 5C.262/2000 22.12.2000 E. 3

3.- Les griefs formulés par la demanderesse à l'encontre de l'arrêt attaqué peuvent être résumés comme suit. a) S'agissant de l'exigibilité de la prétention en remboursement, la demanderesse soutient que seules les impenses relatives à des travaux de reconstruction ou d'amélioration sont exigibles à la cessation de l'usufruit en vertu de l'art. 753 CC, à l'exclusion des travaux d'entretien indis-pensables qui doivent être effectués aux frais du nu-propriétaire selon le texte clair de l'art. 764 al. 3 CC; la thèse de l'autorité cantonale, qui rendrait le droit aux remboursement des usufruitiers virtuel, serait ainsi contraire à la volonté du législateur. b) La demanderesse reproche également à la cour cantonale d'avoir considéré uniquement le remplacement de la chaudière comme mesure indispensable à la conservation de la chose au sens de l'art. 764 al. 2 CC. En effet, les autres travaux étaient indissociables de la pose de la chaudière, l'entreprise Kuttel ayant posé une chaudière avec production d'eau chaude de 160 litres pour 12'800 fr., non une chaudière et un ballon d'eau chaude additionnel. c) En ce qui concerne la répartition du coût des travaux entre nu-propriétaire et usufruitiers, la demanderesse fait grief à l'autorité cantonale non seulement d'avoir suivi une doctrine minoritaire, mais également d'avoir méconnu qu'en raison du grand âge de la demanderesse - le demandeur étant décédé en cours de procédure -, le défendeur pourra profiter pendant longtemps de la nouvelle chaudière, de sorte que rien ne justifie de mettre une partie des frais à la charge de la demanderesse. d) Enfin, la demanderesse expose que la cour cantonale n'aurait par inadvertance pas tenu compte de la lettre du 9 août 2000 l'avisant du décès du demandeur; or si l'on suivait la thèse des juges cantonaux selon laquelle l'action en remboursement ne pouvait être exercée qu'à l'extinction de l'usufruit, soit au décès de l'usufruitier, force serait de constater que cette condition est réalisée en l'espèce en ce qui concerne le demandeur, de sorte que le défendeur serait débiteur du montant réclamé par ce dernier.