Citation: 5A_465/2023 E. 6.2

6.2. S'agissant du sort prévisible du recours, il apparaît, après un examen sommaire, que celui-ci aurait vraisemblablement dû être rejeté. Le premier grief portant sur une mauvaise interprétation de l'arrêt 4A_645/2016 est de prime abord infondé, la recourante admettant elle-même que le juge disposait de pièces permettant de corroborer la cause alléguée par chacune des parties, ce qui confirme qu'il disposait de suffisamment d'éléments pour que ses soupçons puissent être qualifiés de fondés et concrets. Le fait qu'il l'ait dénoncée pénalement alors qu'aucune des versions des parties n'était plus crédible que l'autre n'est pas une preuve ni même un indice de partialité puisque des soupçons fondés suffisent à justifier la dénonciation pénale et que l'issue de dite procédure permettra précisément d'établir quelle version était la bonne. Quant aux autres éléments allégués par la recourante, à savoir que le juge intimé n'avait pas procédé à une instruction suffisamment étendue du dossier avant de la dénoncer et avait utilisé des termes dénotant un jugement de valeur sur sa probité et sa crédibilité, ils relèvent pour l'essentiel de la propre appréciation de la recourante et n'apparaissent de prime abord pas de nature à remettre en cause l'impartialité du juge intimé. Sur ce point, la recourante se plaint encore d'une application arbitraire de l'art. 35 al. 1 de la loi valaisanne d'application du code de procédure pénale suisse (LACPP; RS/VS 312.0). Or, quand bien même on la suivrait dans son argumentation selon laquelle l'obligation de dénonciation par le juge civil découlant de cette disposition ne pourrait pas reposer sur de simples soupçons fondés sur la seule "annonce" par une partie mais nécessiterait qu'il procède au préalable à d'autres actes d'instruction, cela ne suffirait pas pour démontrer une quelconque prévention du juge intimé à son égard. En effet, vu la teneur de l'art. 35 al. 1 LACPP, qui impose à "toute autorité, tout fonctionnaire, tout agent de la force publique du canton ou de la commune [...] de dénoncer aux autorités compétentes toute infraction se poursuivant d'office qui est parvenue à sa connaissance dans l'exercice de ses fonctions et de prendre, dans le cadre de sa compétence, les mesures urgentes propres à favoriser l'instruction", on ne saurait faire grief au juge intimé de s'être senti légitimé à procéder à une dénonciation sur cette base ni même d'être prévenu du seul fait que la jurisprudence cantonale limiterait selon la recourante l'obligation de dénonciation découlant de cette disposition. La critique de la recourante selon laquelle il n'était pas pertinent d'examiner à titre préjudiciel la validité du contrat de prêt du 6 septembre 2018 qui avait éveillé les soupçons du juge intimé, de sorte que la dénonciation n'était pas justifiée par les besoins de la cause, n'apparaît de prime abord pas plus fondée. La recourante soutient que ledit contrat n'était pas invoqué par B.________ SA dans sa demande en libération de dette, laquelle reposait uniquement sur un "Accord d'investissement" signé le 10 septembre 2018. Elle admet certes avoir allégué ne pas être partie et par conséquent liée par l'Accord d'investissement en question. Cela étant, s'agissant de faits de double pertinence, elle soutient que le juge saisi n'avait à examiner sa compétence que sur la base des allégués, moyens et conclusions de la demande à l'exclusion des objections de la partie défenderesse. L'allégation de la recourante selon laquelle seul l'Accord d'investissement, à l'exclusion du contrat de prêt, était invoqué par la demanderesse à l'appui de l'action en libération de dette n'apparaît toutefois pas correcte puisque la demanderesse alléguait précisément que les versements opérés en sa faveur par la recourante ne reposaient pas sur le contrat de prêt qui avait permis la levée de l'opposition qu'elle avait formée au commandement de payer notifié à la requête de la recourante mais bien sur l'Accord d'investissement. Il est en conséquence erroné de soutenir que la question du contrat de prêt litigieux n'était pas thématisée par la demanderesse dans sa demande et qu'elle se fondait uniquement sur l'Accord d'investissement. Partant, le juge saisi aurait pu, selon toute vraisemblance, examiner la question de sa compétence également à la lumière dudit contrat de prêt pour autant que son authenticité soit avérée. Sur ce dernier point, la recourante reproche au juge intimé de s'être "empressé" de la dénoncer pénalement alors que le juge civil dispose d'un pouvoir d'examen "sans commune mesure" avec celui du Ministère public s'agissant de l'authentification du contrat litigieux puisqu'il peut notamment mettre en oeuvre une expertise. On peine cependant à saisir en quoi le fait d'avoir procédé à une dénonciation pénale dans le but d'éclaircir la question de l'authenticité du contrat de prêt litigieux avant d'éventuellement mettre en oeuvre une expertise dénoterait un "empressement" dudit magistrat qui démontrerait sa prévention. Il suit de ce qui précède que si le Tribunal fédéral avait dû le traiter, le recours aurait vraisemblablement été rejeté. Les frais judiciaires incombent donc à la recourante (art. 66 al. 1 LTF). En effet, contrairement à ce qu'elle soutient dans ses déterminations du 4 septembre 2023, il n'apparaît pas que le Tribunal cantonal du canton du Valais avait connaissance de la nomination du juge intimé au poste de juge itinérant avant la reddition de la décision querellée et l'extrait du procès-verbal de la Commission administrative du Tribunal cantonal du canton du Valais du 18 septembre 2023 transmis par la recourante en annexe à sa détermination du 25 septembre 2023 ne laisse rien inférer de différent. Pour les mêmes motifs, il n'y a pas lieu de revoir les frais et dépens arrêtés en première et deuxième instances. Néanmoins, les frais de la présente procédure peuvent être réduits, voire remis, lorsque le recours est réglé par un désistement sans avoir causé un travail considérable au tribunal (art. 66 al. 2 LTF).