Citation: U 128/03 23.09.2004 E. 4

4.1 Les examens pratiqués à la Clinique R.________ ont mis en évidence un tableau clinique compatible avec un syndrome post-commotionnel. Le docteur O.________ a admis une telle atteinte, mais nié une incapacité de travail de l'assuré en raison de cette affection, dans les activités de substitution évoquées par la CNA pour l'évaluation de l'invalidité. Cet avis est corroboré par les prises de position du docteur C.________, spécialiste en neurologie et membre du groupe de travail «médecine des accidents» de la CNA, qui qualifie de légers les déficits neuropsychologiques constatés et conteste leur influence sur la capacité de travail de l'assuré (rapports des 11 octobre 2001, 12 novembre 2001 et 5 février 2002). 4.2 Ces avis médicaux ne sont pas véritablement contredits par l'avis du docteur A.________. Ce praticien consacre la majeur partie de l'expertise à la description des troubles de l'adaptation de l'assuré et à ses causes. Il explique que R.________ présente des traits de personnalité à la fois histrioniques et narcissiques, qui l'ont fragilisé et empêché d'assimiler les conséquences somatiques de l'accident. Toujours selon l'expert, la blessure narcissique provoquée par cet événement et ses séquelles physiques contribue largement aux difficultés d'adaptation et de réintégration de l'assuré dans la vie familiale et professionnelle; R.________ avait par ailleurs connu une période d'instabilité professionnelle après avoir été licencié en novembre 1996, ainsi que plusieurs périodes d'abus d'alcool, avant son accident, qui avaient pu contribuer à cette blessure narcissique. La personnalité de l'assuré et les facteurs de stress extérieurs (changement de l'image de soi, emploi, chômage, pression financière) l'ont conduit vers une dynamique de revendication et des troubles de l'adaptation avec une réaction anxieuse et dépressive prolongée; il présente désormais clairement des signes de résistance à la reprise d'une activité professionnelle, en grande partie influencée par les traits de personnalité narcissique et histrionique décrits. Enfin, le docteur A.________ ajoute qu'avec un traitement psychiatrique adéquat, la capacité de travail pourrait être améliorée et qu'une reprise de l'activité dans un domaine adapté seraient alors pleinement envisageable. Certes, le docteur A.________ précise que les éléments décrits ci-dessus ont pu renforcer les manifestations cliniques d'un syndrome post-contusionnel, qui peut contribuer à influencer la capacité de travail de l'assuré de manière durable. Mais, d'une part, rien n'indique que les médecins de la Clinique R.________ ou les docteurs O.________ et C.________ auraient négligés ces manifestations cliniques; d'autre part, l'influence du syndrome post-contusionnel sur la capacité de travail n'est évoquée par le docteur A.________ que comme une simple possibilité, au demeurant reléguée à l'arrière-plan par rapport aux troubles de l'adaptation. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de retenir l'existence d'une incapacité de travail consécutive au traumatisme cranio-cérébral dont a été victime le recourant.