Citation: 7B_366/2023 E. 3.3.4

3.3.4. La cour cantonale a cependant ensuite relevé deux éléments "non dénués de pertinence" et "suffisamment insolites" pour considérer que les soupçons initiaux s'étaient renforcés : (1) la petite taille du groupe B.________ sur le marché du pétrole en comparaison avec les autres négociants, tel que relevé par la société intimée; et (2) l'attribution, selon les recourants, en leur faveur de 12 % des appels d'offres - une transaction sur huit - entre octobre 2016 et mars 2017 (six mois), soit alors que Y.________ traversait une période d'instabilité et de crise constitutionnelle (cf. consid. 3.4 p. 14 de l'arrêt attaqué). Après presque cinq ans d'instruction et même en présence d'une cause complexe (cf. notamment les infractions examinées et la composante internationale de la procédure en lien avec un pays en crise), ces deux éléments ne suffisent pas pour considérer que les soupçons initiaux se seraient renforcés. En effet, ces chiffres, avancés sans explication, ne permettent aucune comparaison, faute de savoir notamment quelles auraient été les autres adjudications effectuées durant cette même période, qui auraient été les concurrents de la recourante B.________ Inc., ceux ayant obtenu d'autres marchés ou ceux ayant été écartés au profit de la précitée, voire ceux qui auraient renoncé à déposer une offre en raison de l'instabilité politique. Même dans le cadre de l'examen limité à la vraisemblance qui prévaut en matière de séquestre, le caractère insolite de ces chiffres n'apparaît ainsi pas d'emblée évident et ne saurait ainsi suffire pour considérer que les mesures de contrainte visant des valeurs patrimoniales litigieuses se justifieraient encore. Même s'il n'est pas établi que les faits instruits et les personnes visées par la procédure pénale à Y.________ en lien seraient les mêmes que ceux examinés en Suisse, il ne peut pas être ignoré que cette cause a été classée.