Citation: 4A_519/2022 E. 3

Il est constant que les parties ont été liées par un contrat de travail et que, selon ce contrat, l'employé avait droit, en sus de son traitement mensuel fixe, à un salaire variable dont les bases de calcul étaient définies à l'Annexe I. Le litige porte sur le point de savoir si tous les comptes clients apportés par C.________ devraient entrer dans la formule déterminant cette part variable; les montants prétendus par le recourant représentent en effet le 20 % (subsidiairement le 12,5 %) de la "Rentabilité" de ces comptes pour chacune des années considérées (2013 à 2017). La Cour cantonale a confirmé le caractère mal fondé de cette prétention après avoir constaté que les parties n'avaient pas prévu de bonus lorsqu'un apporteur d'affaires était amené ou présenté à la banque par plusieurs sources. Plus spécifiquement, l'Annexe I au contrat de travail du recourant définissait le client géré par le Gérant - dont le compte entrait dans la formule de calcul du bonus de ce dernier - comme étant : "[celui] qui était rentré en relation avec la Banque grâce à un apporteur d'affaires ou un tiers gérant connu exclusivement du Gérant". Le terme "exclusivement" avait été supprimé dans la version de cette annexe signée le 20 mars 2012. Ceci n'avait toutefois rien changé à la réelle et commune intention des parties, qui était d'exclure le cas où l'apporteur d'affaires était amené et/ou connu de différentes sources. En effet, les parties avaient discuté dès 2011 de la question de savoir ce qu'il advenait des fonds apportés par C.________; la banque avait alors clarifié que ces fonds n'avaient pas été codifiés sous le nom du gérant et n'entraient pas dans le calcul de son bonus, ce qui correspondait à sa compréhension de l'Annexe I. A la suite de ces discussions, le gérant avait obtenu un versement de 50'000 fr. dont la banque prétendait qu'il avait été versé pour solde de tout compte, ce que le gérant contestait. Ce dernier point pouvait toutefois demeurer indécis. En effet, le comportement ultérieur des parties était suffisamment révélateur. Le recourant n'avait jamais émis de contestation quant au calcul de son bonus entre 2013 et 2017. Au contraire, alors qu'il avait reçu chaque année le détail des calculs, il avait validé tous les décomptes corrélatifs, sous réserve de quelques ajustements demandés. Il n'était jamais revenu sur la question des comptes apportés par C.________, à tout le moins pas avant son courrier du 3 mai 2018 à la suite duquel une entrevue s'est tenue le 9 mai 2018. Or dans le cas présent, C.________ n'était pas connu exclusivement du gérant puisque, si celui-ci avait organisé un entretien en 2009 entre C.________ et D.________, un autre rendez-vous s'était tenu peu après, toujours en 2009, entre ces deux mêmes protagonistes à l'initiative d'un avocat genevois. C'était par ailleurs ce second entretien qui avait été déterminant, d'autant que C.________, auditionné comme témoin, avait déclaré n'avoir aucun souvenir du premier.