Citation: 4A_178/2020 E. 5

A teneur de l'art. 76 al. 1 let. b LTF, la qualité pour exercer le recours en matière civile devant le Tribunal fédéral suppose que la partie recourante ait un intérêt digne de protection à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée. En droit du bail à loyer, dans une contestation portant sur la restitution de la chose louée après que le contrat a été résilié, le locataire est dépourvu de cet intérêt digne de protection dès le moment où l'usage de la chose lui est effectivement retiré (arrêts 4A_630/2016 27 du décembre 2016; 4A_576/2014 du 25 mars 2015, consid. 1.3). Lorsque le retrait de l'usage survient alors que le Tribunal fédéral est déjà saisi, le recours demeure recevable mais la cause doit être rayée du rôle en application de l'art. 32 al. 2 LTF (ordonnance 4A_364/2014 du 18 septembre 2014, consid. 1.1; voir aussi ATF 142 I 135 consid. 1.3.1 p. 143). Selon l'opinion que la demanderesse a exprimée dans sa lettre du 25 mai 2020, la présente contestation n'a plus d'objet. Invités à prendre position, les défendeurs expriment l'opinion contraire. Ils prétendent avoir actuellement encore un intérêt à ce que le Tribunal fédéral se prononce sur la validité de la résiliation du contrat par leur adverse partie, validité que la Cour d'appel a admise à titre préjudiciel. Les défendeurs omettent cependant d'expliquer en quoi ils conservent éventuellement, alors qu'ils n'occupent plus les locaux concernés, un intérêt effectif plutôt que seulement théorique ou idéal à ce jugement du Tribunal fédéral. Il est vrai que selon certaines opinions doctrinales, la validité de la résiliation sera censée reconnue avec autorité de chose jugée en conséquence du fait que les défendeurs, en restituant les locaux, se sont soumis aux conclusions de leur adverse partie (Pascal Leumann Liebster, in Thomas Sutter-Somm et al., Kommentar zur schweizerischen Zivilprozessordnung, 3e éd., n° 7 ad art. 242 CPC; voir aussi Laurent Killias, in Commentaire bernois, n° 22 ad art. 242 CPC); néanmoins, cela ne suffit pas à conférer à ces plaideurs un intérêt suffisant à la poursuite de la contestation. La cause sera donc rayée du rôle conformément à l'art. 32 al. 2 LTF.