Citation: 4A_477/2021 E. A

A.a. Par contrat du 21 novembre 2016, A.________ Sàrl (ci-après: l'employeuse, la défenderesse, la recourante) a engagé B.________ (ci-après: la travailleuse, la demanderesse, l'intimée) pour une durée indéterminée en qualité de " Head of Investors Relations ", dès le 1er décembre 2016. Le contrat prévoyait un salaire brut de 200'000 fr. par année, payé en douze mensualités de 16'666 fr. 66 pour une semaine de 40 heures. Un bonus éventuel pouvait être versé à la discrétion de l'employeuse. Simultanément au contrat, alors que l'employeuse souffrait d'un manque de liquidités connu de la travailleuse, les parties ont négocié oralement une annexe mise ensuite par écrit par l'employeuse, laquelle prévoyait que le salaire mensuel payé jusqu'à l'incorporation (1er closing) du C.________, s'élèvera à 10'000 fr. mensuels. Lors de l'incorporation du fonds, un montant de rattrapage serait versé pour la période entre le 1er décembre 2016 et la date d'incorporation, de la manière suivante: - Premier closing de 50 mio fr. ou plus: 6'666 fr. 66 par mois; - Premier closingentre 40 mio fr. et 50 mio fr.: 3'333 fr. 33 par mois. L'annexe ne prévoit rien au sujet du salaire pour la période postérieure à l'incorporation. Dès le 1er décembre 2016, la travailleuse a perçu un salaire mensuel brut de 10'000 fr. Le fonds C.________ a été constitué quelques mois plus tard. La cour cantonale a retenu le 1er avril 2017 comme date d'incorporation, ce qui est contesté par la recourante. Les parties au contrat ont toutes deux admis que les investissements effectués dans le fonds n'ont pas atteint les seuils fixés dans l'annexe au contrat de travail. A.b. En mai 2018, l'employeuse a proposé à la travailleuse un nouveau poste avec entrée en fonction le 1er juillet 2018. La travailleuse a confirmé son intérêt pour ce nouveau poste par courriel du 29 juin 2018. Le courriel mentionnait que selon ce qui avait été discuté entre les parties, la reprise de ce poste allait permettre à l'employeuse de lui verser son salaire intégralement à partir du mois de juillet 2018. Le 17 septembre 2018, la travailleuse s'est adressée à l'employeuse pour lui indiquer que le montant de son salaire n'avait toujours pas été versé comme convenu, pas plus que l'arriéré relatif au mois de juillet 2018, alors qu'elle avait été assurée que tout serait réglé dès le mois d'août 2018. La travailleuse a formulé sa demande à nouveau le 7 octobre 2018, rappelant à cette occasion qu'elle n'avait jamais perçu son salaire de 200'000 fr. convenu et que l'employeuse lui devait aujourd'hui plus de 146'000 fr. Elle a encore indiqué que la proposition de l'employeuse de la rémunérer dès ce mois à hauteur de 135'000 fr. par an ne correspondait pas à son contrat de travail. La travailleuse a démissionné de son poste avec effet au 31 décembre 2018. A.c. Par courrier recommandé du 20 mars 2019, la travailleuse a indiqué à l'employeuse attendre encore le paiement d'un rattrapage d'un montant de 6'666 fr. 66 par mois sur vingt-cinq mois de salaires entre le 1er décembre 2016 et le 31 décembre 2018, pour un total de 166'666 fr. 50 brut. L'employeuse a contesté la validité de cette prétention et indiqué qu'il avait été convenu que le salaire de la travailleuse s'élèverait à 200'000 fr., à la condition que la société parvienne à obtenir la constitution du fonds C.________. L'annexe au contrat précisait à cet égard que la rémunération était de 120'000 fr. par an avec une rémunération supplémentaire de 80'000 fr. par an si le fonds C.________ était constitué avec un capital initial minimum de 50 mio fr., et de 40'000 fr. supplémentaires si le fonds était constitué avec un capital initial entre 40 mio fr. et 50 mio fr. Le fonds n'avait pas pu être constitué pour des raisons indépendantes de la volonté de l'employeuse, de sorte que la condition suspensive convenue ne s'était pas réalisée.