Citation: 6B_189/2022 E. 1

B.b. Entre le 1er août 2018 et le 30 septembre 2020, alors que A.________ était inscrite au Service de l'aide sociale de la ville de Neuchâtel et garante de l'obligation de renseigner complètement et correctement sur sa position personnelle et financière, elle a omis d'annoncer les revenus qu'elle avait réalisés par ses activités de prostitution ainsi que les sommes qu'elle avait frauduleusement obtenues de C.________, D.________ et E.________. Elle a ainsi obtenu des prestations du Service de l'aide sociale auxquelles elle n'aurait pas eu droit, pour un montant total de l'ordre de 29'800 fr., qu'elle a utilisé essentiellement pour financer ses dépenses quotidiennes. B.c. Les 7 mai 2019 et 11 décembre 2020 respectivement, A.________ a été en possession d'un joint contenant de la marijuana ainsi que de 6.7 grammes de marijuana. En outre, lors de ses rencontres avec F.________ (cf. let. B.a.b supra), A.________ a fourni à ce dernier au total 3.5 grammes de cocaïne, qu'ils ont consommés ensemble. B.d. En cours d'instruction, A.________ a été soumise à une expertise psychiatrique, réalisée par le Dr J.________, médecin-psychiatre au Centre neuchâtelois de psychiatrie. Dans son rapport du 22 décembre 2020, l'expert a posé le diagnostic suivant: personnalité (émotionnellement labile) de type borderline (F.60.31 [selon CIM-10]), troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de dérivés du cannabis, utilisation nocive pour la santé (F12.1), troubles mentaux et du comportement liés à une intoxication alcoolique aiguë (F10.0). L'expert a relevé que les troubles psychiques de A.________ avaient une influence sur sa capacité de jugement et sur ses capacités cognitives, ses capacités vollitives ayant été influencées par l'instabilité émotionnelle et l'impulsivité qui étaient des manifestations de ces troubles. L'altération de l'appréciation et de la détermination pouvait être considérée comme d'un degré moyen, sur toutes les infractions poursuivies, sauf celles d'exercice illicite de la prostitution et d'obtention illicite de prestations de l'aide sociale, pour lesquelles la responsabilité était entière. L'expert a par ailleurs mis en évidence un risque de récidive élevé en situation de rupture de liens significatifs ou de frustration susceptibles de raviver des émotions de colère ou amener l'intéressée à ruminer des idées, voire des actes de rétorsion. Enfin, une mesure ambulatoire à titre de l'art. 63 CP, consistant en un traitement de nature psychothérapeutique, était préconisée. B.e. A.________ est née en 1987 en République démocratique du Congo (alors dénommé Zaïre; ci-après: RDC), État dont elle est ressortissante. Arrivée en Suisse avec son père et son frère à l'âge de 3 ans, sa mère étant restée en RDC, elle a été placée dans divers foyers dès l'âge de 12 ans, après que son père avait quitté la Suisse lorsqu'elle avait 8 ou 9 ans et qu'elle avait ensuite été " mise à la porte " par l'ex-compagne de son père, du fait de " grosses difficultés de comportement ". Suivie jusqu'à sa majorité par les Services cantonaux de protection des mineurs et assistée ensuite par le service social des communes de U.________, V.________ et W.________, elle a été signalée par celui-ci à l'autorité de protection de l'adulte, de manière à pouvoir être épaulée pour trouver des solutions de logement et mener à terme une formation professionnelle. Ainsi, après avoir effectué sa scolarité obligatoire dans le canton de Neuchâtel, elle a obtenu un CFC d'employée de commerce en 2016, puis a passé un certificat de maturité en 2019. En septembre 2020, elle a entrepris une formation en International Business Management assurée conjointement par la L.________, l'Université de M.________ (France) et la N.________ (Allemagne). Vivant dans un appartement à Y.________ (NE), A.________ dépend de l'aide sociale depuis 2011. Sur le plan administratif, elle était titulaire d'une autorisation d'établissement (permis C), dont la révocation a été envisagée en 2020, l'instruction en vue du renouvellement ayant été reprise à la suite de l'obtention par A.________ d'une bourse pour ses études. Son casier judiciaire suisse fait état de deux condamnations pénales. La première a été prononcée le 10 juillet 2017 par le Ministère public du canton de Bâle-Ville pour délit manqué de contrainte, menaces, dommages à la propriété, violation de domicile, injures et soustraction d'une chose mobilière d'importance mineure (peine pécuniaire de 180 jours-amende à 20 fr., avec sursis pendant 2 ans, et amende de 900 fr.), la seconde l'ayant été le 21 février 2019 par le Ministère public du canton de Neuchâtel pour contrainte, diffamation, injure et utilisation abusive d'une installation de télécommunication (peine pécuniaire de 180 jours-amende à 30 fr., avec sursis pendant 4 ans). Ces deux condamnations se sont inscrites dans le contexte de sa séparation d'avec son ancien compagnon K.________, séparation que A.________ avait eu de la peine à accepter.