Citation: 1P.778/1999 10.03.2000 E. 2

2.- La recourante reproche à la Chambre d'accusation d'avoir violé son droit d'être entendue et son droit à un procès équitable, tels qu'ils sont garantis aux art. 4 aCst. et 6 § 1 CEDH, et d'avoir appliqué de manière arbitraire l'art. 23 du Code de procédure pénale genevois (CPP gen. ) en admettant la Banque A.________ à participer à la procédure en qualité de partie. Il est douteux que ces dispositions confèrent au plaignant, en tant que partie à la procédure de recours cantonale (cf. art. 191 al. 1 let. a CPP gen. ), un droit juridiquement protégé au sens de l'art. 88 OJ à s'opposer à ce qu'un tiers participe à la procédure de recours devant la Chambre d'accusation sans y être partie et prenne des conclusions. Cette question peut cependant demeurer indécise car à supposer qu'un tel droit existe, il n'a pas été violé en l'occurrence. L'ordonnance de classement n'a en effet été communiquée qu'à la recourante. Seul le Procureur général a reçu une copie du recours formé contre cette décision par la société D.________ et a été invité à présenter des observations. La Chambre d'accusation n'a par ailleurs cité que la recourante à l'audience d'appel de causes du 12 mai 1999. La Banque A.________ n'a pas été convoquée; elle se serait toutefois présentée spontanément à cette audience en demandant à pouvoir consulter le dossier de la procédure afin de se déterminer sur l'opportunité de plaider. Il ne ressort pas du dossier que la Chambre d'accusation aurait fait droit à cette requête, de sorte que le Tribunal fédéral ne saurait tenir ce fait, au demeurant contesté par l'intimée, pour établi. Il est en revanche admis que cette dernière a assisté à l'audience de plaidoirie du 19 mai 1999. L'état de fait, non contesté, de la décision attaquée ne précise pas qu'à cette occasion, elle aurait plaidé, pris des conclusions sur le recours formé par la plaignante ou exercé d'autres droits inhérents aux parties. Il n'est dès lors pas établi que la Banque A.________ aurait été admise en qualité de partie à la procédure. On ne saurait tirer pareille conséquence du seul fait que la Banque A.________ est mentionnée comme "intimée" et "recourante" dans l'ordonnance attaquée et qu'un exemplaire de celle-ci lui a été communiqué. Enfin, à supposer même que l'intimée se soit exprimée à l'audience de plaidoirie, cela ne suffirait pas encore à retenir que la recourante aurait été privée de la garantie d'un procès équitable au sens de l'art. 6 § 1 CEDH, dans la mesure où l'autorité intimée n'en tire aucune conséquence dans sa motivation.