Citation: 1P.539/2006 20.09.2006 E. 3

En l'espèce, la recourante ne remet pas en cause la base légale sur laquelle repose la détention préventive et elle renonce expressément à soumettre au Tribunal fédéral la question des soupçons de culpabilité. Elle nie cependant l'existence d'un risque de fuite. 3.1 Le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence citée). La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67). Le fait que l'extradition du prévenu puisse être obtenue n'est pas déterminant (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36 s.). 3.2 La recourante estime que son intérêt à prendre la fuite est notablement amoindri par le fait qu'elle pourrait raisonnablement "tabler sur un acquittement". A cet égard, elle précise que la fuite équivaudrait pour elle à renoncer aux prétentions qu'elle pourrait faire valoir contre l'Etat pour sa détention injustifiée. De plus, la durée importante de la détention préventive qu'elle a déjà subie diminuerait son intérêt à se soustraire à l'exécution d'une éventuelle peine. Enfin, le fait que ses enfants sont désormais placés chez sa soeur dans le canton de Fribourg réduirait le risque de voir la recourante prendre la fuite ou disparaître dans la clandestinité.