Citation: 5A_612/2019 E. 6.3

6.3. Les recourants font d'abord grand cas du fait qu'ils " sont des journalistes professionnels reconnus et les héritiers d'un journal qui n'a jamais connu de condamnation civile ou pénale en 150 ans d'existence " et qu'ils " connaissent la règle professionnelle consacrée par la jurisprudence " sur la manière de relater " qu'une personne est soupçonnée d'avoir commis un acte délictueux ". Ils semblent toutefois oublier que l'illicéité est une notion objective, de telle sorte qu'il n'est pas décisif que l'auteur de l'atteinte soit de bonne foi, l'impression suscitée auprès du lecteur moyen étant déterminante. Sur ce dernier point, l'arrêt entrepris ne permet pas de considérer - et les recourants ne soulèvent aucun grief à cet égard - que le lectorat du quotidien I.________ se distinguerait du lecteur moyen de tout autre journal d'opinion et d'information. Que le quotidien I.________ " veille notamment à transmettre les faits d'actualité et débats politiques liés à la vie du canton " et qu'en raison de son " regard critique [...] sur les processus de privatisation et vis-à-vis du trading du pétrole ", il a porté son attention sur le dossier du projet de rénovation du Musée ne sont pas des arguments décisifs, pour autant que les recourants aient entendu les invoquer dans ce but (sur le sort du grief d'appréciation arbitraire des preuves soulevé sur ce point : supra, consid. 4.3).