Citation: 2P.252/2002 28.01.2003 E. 3

3.1 La recourante critique donc les "autorités successives" pour n'avoir, à aucun moment de la procédure, "motivé, justifié (même sommairement) le maintien de la note 3.5", quand bien même elles avaient "plus ou moins admis que deux remarques sur trois formulées par l'expert correcteur sont sujettes à caution". Ce que la recourante reproche en réalité au Tribunal cantonal, c'est d'avoir maintenu la note litigieuse alors même qu'il exprimait l'opinion qu'une autre appréciation, conduisant à une note plus favorable, aurait été possible en l'espèce. 3.2 Avec ses arguments, la recourante perd de vue la notion même d'arbitraire: ainsi que la jurisprudence du Tribunal fédéral ne cesse de le répéter, une décision est arbitraire lorsqu'elle contredit clairement la situation de fait, lorsqu'elle viole gravement une règle ou un principe juridique clair et indiscuté ou lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. Il n'y a donc pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît concevable ou même préférable (ATF 127 I 60 consid. 5a p. 70; 125 I 166 consid. 2a p. 168 et les arrêts cités). C'est précisément cette idée qui sous-tend toute l'argumentation développée par l'arrêt entrepris. La recourante ne saurait ainsi pas non plus lui reprocher, comme elle le fait implicitement, d'être entaché de contradiction. En fait, toute la motivation développée par la recourante part de la supposition implicite que le Tribunal cantonal disposait pour sa part d'un plein pouvoir d'examen, ce qui n'est précisément pas le cas. En effet, le Tribunal cantonal n'a examiné l'attribution de la note litigieuse que sous l'angle de l'arbitraire. Cette restriction découle en effet de l'art. 75 lettre f de la loi valaisanne du 6 octobre 1976 sur la procédure et la juridiction administratives. En outre, le Tribunal cantonal n'a fait qu'appliquer la notion d'arbitraire telle que dégagée d'une jurisprudence constante du Tribunal fédéral. La recourante ne démontre nullement que les raisons avancées par le Tribunal cantonal pour établir que la note litigieuse résistait au grief d'arbitraire tomberaient elles-mêmes sous le coup de ce grief. Non seulement il n'est nullement arbitraire, mais il est, au contraire, parfaitement justifié, d'exiger de celui qui entend pratiquer la profession de notaire qu'il démontre être en mesure de proposer à ses clients des solutions qui, tout en étant parfaitement conformes à la loi et présentant un maximum d'avantages et un minimum d'inconvénients pratiques, sont les mieux à même de sauvegarder leurs intérêts. Il faut, en effet, tenir compte des importantes responsabilités qui incombent au notaire, des intérêts considérables qui peuvent être en jeu et des attentes élevées que le public place dès lors légitimement dans ce praticien. Il est ainsi justifié de sanctionner par un échec ceux des candidats qui démontrent ne pas posséder ou ne pas posséder pleinement une telle maîtrise de leur matière. II est, dans cette perspective, sans importance que l'échec subi par la recourante se soit joué sur un demi-point seulement. La recourante n'établit pas davantage que les inconvénients pratiques dénoncés par le Tribunal cantonal comme inhérents à la solution qu'elle avait retenue seraient en réalité inexistants ou si négligeables qu'ils ne pouvaient, sans arbitraire, motiver une note insuffisante. Elle ne saurait d'ailleurs se plaindre, comme elle le fait, que "rien dans la donnée du cas d'examen ne laisse entrevoir ce genre de sérieux inconvénients si comme (elle) l'a pensé ... le report de l'hypothèque serait très probablement intervenu peu de temps après". Il est en effet normal, et même judicieux, que les données d'examen soient rédigées de telle manière que, bien loin de suggérer au candidat toutes les difficultés susceptibles de se présenter, elles l'obligent au contraire à un effort propre de réflexion et d'imagination. C'est cet effort même qu'il lui incombera de fournir lorsque, entré dans la vie pratique, il se trouvera livré à ses seules ressources. Si, d'autre part, la recourante avait effectivement pensé à la solution du report, mais l'avait, après réflexion, écartée, il lui eût alors appartenu d'expliquer cette décision. Faute de cette explication, les autorités d'examen pouvaient, sans arbitraire, considérer que ce point lui avait purement et simplement échappé.