Citation: 6B_1483/2021 E. 3.2

3.2. Les experts sont d'avis que la mesure selon l'art. 64 CP devait être maintenue et que la question concernant l'éventualité d'une mesure selon l'art. 59 CP devrait être examinée plus tard. Ils ont expliqué que le recourant bénéficiait actuellement d'une thérapie qui correspondait à une prise en charge institutionnelle selon l'art. 59 CP, mais en milieu carcéral. Ils ne pouvaient pas estimer si la légère amélioration de son comportement serait durable, dès lors que c'était seulement depuis une année et demie que le recourant adhérait véritablement à la thérapie (ordonnance attaquée p. 5). La "relation thérapeutique actuelle semblait davantage s'inscrire dans une forme d'idéalisation infantile par A.________ de son thérapeute que dans une véritable alliance thérapeutique. D'autre part, le processus thérapeutique sera toujours confronté aux limitations introspectives de A.________, et n'aboutira pas à une modification profonde de son mode de fonctionnement" (ordonnance attaquée p. 7). Pour les experts, la prise en charge devait se poursuivre pour l'instant dans un cadre structurant et sécurisé (établissement fermé) (ordonnance attaquée p. 4); le recourant devait poursuivre les efforts thérapeutiques de façon intensive avant de pouvoir être transféré dans un cadre plus ouvert (ordonnance attaquée p. 9). Il ressort clairement des déclarations des experts qu'en l'état des choses, il n'est pas établi qu'un traitement psychothérapeutique puisse diminuer nettement le risque de récidive. Le thérapeute du recourant ne soutient pas non plus, ni même ne laisse entendre, qu'il est suffisamment vraisemblable qu'un traitement des troubles mentaux entraînera, dans les cinq ans, une réduction nette du risque de récidive (ordonnance attaquée p. 20). Les autres intervenants - le chef de l'OSAMA et la Commission pour l'examen de la dangerosité - se sont prononcés contre le changement de l'internement en traitement des troubles mentaux (ordonnance attaquée p. 11). Les experts ont en outre insisté sur la nécessité de maintenir le recourant dans un cadre structurant et sécurisé. Dans ces conditions, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en maintenant l'internement. Conformément à l'art. 64 al. 4 CP, le recourant pourra bénéficier d'une prise en charge thérapeutique durant l'internement. Lorsqu'il soutient qu'il n'est pas possible en pratique d'obtenir un thérapeute, son argumentation est purement appellatoire et, donc, irrecevable.