Citation: I 379/01 09.04.2002 E. 3

3.- Il faut encore examiner si, durant la période déterminante, l'invalidité de l'intimé est toutefois restée inchangée en raison de l'apparition de troubles distincts de l'atteinte à la santé originaire, justifiant le maintien du droit à la rente entière au-delà du 30 septembre 1995 (cf. ATF 126 V 162 consid. 5). a) Dans son consilium psychiatrique du 18 février 2000, le docteur B.________ a indiqué l'apparition progressive de troubles psychiques - sous la forme d'un état dépressif majeur - entraînant une incapacité de travail de 50 % dès le 1er janvier 1998. Se fondant sur ces conclusions médicales, conjuguées à l'avis du docteur A.________ au sujet de l'amélioration de l'état de santé physique durant la période déterminante, l'office AI a considéré que l'invalidité de l'assuré n'était plus suffisante pour ouvrir droit à une rente après le 30 septembre 1995. En revanche, l'intéressé pouvait prétendre à une demi-rente à partir du 1er janvier 1998. De son côté, le docteur C.________ a attesté que l'assuré était resté entièrement incapable de travailler en raison de l'apparition, peu après l'accident, de troubles psychiques sous la forme d'un syndrome somatoforme douloureux. Se référant à cet avis médical plutôt qu'à celui des docteurs A.________ et B.________, les premiers juges ont considéré que l'invalidité de l'assuré ne s'était pas modifiée de manière à justifier la suppression de la rente entière. b) Selon une jurisprudence constante, l'administration est tenue, au stade de la procédure administrative, de confier une expertise à un médecin indépendant, si une telle mesure se révèle nécessaire. Lorsque de telles expertises sont établies par des spécialistes reconnus, sur la base d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine connaissance du dossier, et que les experts aboutissent à des résultats convaincants, le juge ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter de leur bien-fondé (ATF 125 V 353 consid. 3b/bb, 122 V 161 consid. 1c et les références). En outre, il convient de relever qu'une expertise présentée par une partie n'a pas la même valeur que des expertises mises en oeuvre par un tribunal ou par l'administration conformément aux règles de procédure applicables. En vertu des principes énoncés par la jurisprudence concernant l'appréciation des preuves, le juge est toutefois tenu d'examiner si elle est propre à mettre en doute, sur les points litigieux importants, l'opinion et les conclusions de l'expert mandaté par le tribunal ou par l'administration (ATF 125 V 354 consid. 3c). D'une manière générale, en présence d'avis médicaux contradictoires, le juge doit apprécier l'ensemble des preuves à disposition et indiquer les motifs pour lesquels il se fonde sur une appréciation plutôt que sur une autre. A cet égard, l'élément décisif pour apprécier la valeur probante d'une pièce médicale n'est en principe ni son origine, ni sa désignation sous la forme d'un rapport ou d'une expertise, mais bel et bien son contenu. Il importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références; VSI 2001 p. 108 consid. 3a). c) En l'occurrence, les premiers juges ont accordé la préférence à l'appréciation du docteur C.________. Ils ont considéré notamment que le rapport du docteur B.________ était bref dans sa motivation et ses conclusions, alors que l'avis du docteur C.________ était plus complet et plus détaillé. En outre, ils reprochent au docteur B.________ de n'avoir pas motivé de manière satisfaisante le degré d'incapacité de travail de 50 %, ainsi que le début de cette incapacité, le docteur C.________ ayant, quant à lui, motivé ses conclusions de manière convaincante. Comme le relève pertinemment l'office recourant, les différences relevées par la juridiction cantonale sont de nature essentiellement formelle et ne constituent pas en soi des indices suffisants pour douter du bien-fondé des résultats de l'expertise mise en oeuvre par l'administration.