Citation: 4A_318/2023 E. B

B.a. Peu auparavant, soit le 15 octobre 2021, l'employée avait attrait ses employeurs en conciliation devant le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève. Le 14 décembre 2021, le mandataire de l'employée s'est adressé en ces termes au conseil des employeurs: « Pour la bonne forme, je vous informe que [...] ma mandante conteste le deuxième licenciement qui lui a été adressé en date du 27 octobre 2021. » Le 12 janvier 2022, au bénéfice d'une autorisation de procéder, l'employée a déposé une demande devant la même autorité. Elle entendait faire constater la nullité du licenciement du 13 août 2021 (recte: 18 août) dès lors qu'il était intervenu en temps inopportun ou qu'il était abusif. Subsidiairement, elle entendait faire constater le caractère abusif du licenciement intervenu le 27 octobre 2021. Elle exigeait en sus que les employeurs lui paient des cotisations LPP depuis sa prise d'emploi. Enfin, elle leur réclamait 22'560 fr. bruts pour le licenciement « injustifié ». Par jugement du 2 septembre 2022, le Tribunal des prud'hommes a déclaré irrecevables les conclusions tendant à faire constater la nullité du licenciement intervenu le 13 août (recte: 18 août) 2021 et le caractère abusif du licenciement signifié le 27 octobre 2021: ces conclusions en constatation de droit étaient subsidiaires par rapport aux conclusions pécuniaires. Le même sort devait être réservé à la conclusion tendant au versement de cotisations LPP, vu l'incompétence de l'autorité saisie. Finalement, les autres conclusions devaient être rejetées - dont la conclusion en paiement d'une indemnité pour résiliation « injustifiée ». Formulée maladroitement, celle-ci devait s'interpréter comme l'exigence d'une indemnité pour congé abusif; cependant, la demanderesse n'avait pas démontré avoir formé opposition en temps utile au congé du 27 octobre 2021 - étant entendu que le congé donné oralement le 13 août précédent n'avait pas été démontré: les lignes adressées au conseil des défendeurs le 14 décembre 2021 permettaient au mieux de comprendre que l'employée contestait les motifs de son licenciement, et non qu'elle s'opposait à la fin des rapports de travail au sens de l'art. 336b al. 1 CO. B.b. Par arrêt du 11 mai 2023, la Chambre des prud'hommes de la Cour de justice genevoise a déclaré irrecevable l'appel de l'employée. Elle a notamment jugé insuffisamment motivée la critique quant au rejet de la conclusion en paiement d'une indemnité pour licenciement « injustifié » [recte: abusif]: l'employée demanderesse se bornait à dénoncer un arbitraire et à affirmer sa propre conviction selon laquelle le licenciement avait « bien été contesté », même si le mot « opposition » n'avait pas été utilisé. Or, cette motivation ne répondait pas aux exigences tirées de la jurisprudence.