Citation: 5A_844/2017 E. 5.2

5.2. S'agissant de la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine, la cour cantonale a relevé que le recourant avait, d'une part, besoin d'une assistance et d'un soutien globaux afin de gérer son patrimoine immobilier conséquent, activité complexe pour laquelle il ne disposait plus des capacités suffisantes, notamment pour gérer l'état locatif, les travaux d'entretien courants, les déclarations fiscales, etc. D'autre part, il avait également des difficultés à faire face à certaines affaires courantes, oubliait des factures et ne répondait pas aux sollicitations qui lui étaient adressées, ou tardivement ou encore de manière contradictoire. Ainsi, à titre d'exemples, alors que son curateur lui avait fait parvenir les relevés de ses comptes, il les réclamait à nouveau; il recevait de nombreux rappels et mises en demeure pour des frais médicaux et autres ainsi que des commandements de payer relatifs à des factures impayées; lui et sa femme ne bénéficiaient plus d'une assurance-maladie complémentaire en raison du non-paiement des primes; il ne répondait pas systématiquement aux correspondances qui lui étaient adressées ou aux rendez-vous fixés. La situation administrative et financière du recourant était loin d'être simple. Les démarches à entreprendre étaient nombreuses, régulières et complexes au regard de sa fortune immobilière et mobilière. Or, il ne disposait plus des facultés et de la flexibilité nécessaires pour assumer la gestion d'un tel patrimoine. Compte tenu de cette situation, la Chambre des curatelles a estimé que la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens des art. 394 al. 1 et 395 CC, prononcée par la Justice de paix, ne prêtait pas le flanc à la critique, de sorte qu'elle l'a confirmée. S'agissant de l'instauration d'une curatelle de coopération, la cour cantonale a considéré qu'il y avait lieu de craindre que le recourant prenne des décisions en relation avec son patrimoine qui pourraient s'avérer contraire à ses intérêts. Il semblait en effet prendre des options dans la gestion de son patrimoine et de ses affaires après une analyse parfois très partielle des tenants et aboutissants. Il prenait ainsi immanquablement des risques qui devaient être évités. Il se justifiait donc de soumettre les décisions relatives à la gestion de son patrimoine au consentement du curateur et de limiter sa capacité civile active par rapport à ces actes uniquement afin que le curateur s'assure que les engagements pris soient éclairés et qu'il s'agisse des solutions les plus adéquates compte tenu des circonstances. Partant, la curatelle de coopération instituée était adéquate et justifiée, la seule curatelle de représentation avec gestion du patrimoine n'étant pas suffisante pour empêcher le recourant d'agir contre (recte: selon) sa volonté affirmée qui apparaissait contraire à ses intérêts, puisque cette mesure ne le privait pas de sa capacité civile active.