Citation: 6B_653/2021 E. 1.4.1

1.4.1. La cour cantonale a en substance retenu que le recourant avait menti sur tout, à savoir sur sa situation professionnelle, personnelle, familiale et économique. Il avait également menti à l'intimée sur sa situation sentimentale. Il vivait encore avec une autre femme et avait continué sa relation avec celle-ci, lorsqu'il a noué une relation avec l'intimée. Celle-ci était tombée amoureuse de lui, l'admirait et lui faisait confiance, alors qu'il n'avait pas développé de sentiments amoureux à son égard et que son intérêt envers elle avait toujours été dicté par son ambition de se procurer de l'argent (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.1 p. 28 s.). Le recourant s'était présenté comme un homme brillant sur le plan professionnel, humain, modeste et ouvert. Il racontait sa vie avec beaucoup de détails et était très convaincant. Lorsque l'intimée lui posait des questions pour avoir des précisions sur ce qu'il disait, le recourant se fâchait en lui reprochant de ne pas lui faire confiance. L'intimée, qui éprouvait des sentiments sincères pour le recourant, se remettait alors en question et culpabilisait de mettre en doute ce dernier, de sorte qu'elle avait peu à peu cessé de lui poser des questions. En agissant de la sorte, le recourant avait ainsi touché au psychisme de sa victime de manière à lui faire oublier sa prudence et sa retenue habituelles (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.2 p. 29 s.). L'intimée s'était donc trouvée dans un état de dépendance psychique. Le recourant avait exploité cet état de dépendance pour lui soutirer de l'argent en comptant, à juste titre, sur la confiance quasi aveugle qu'il avait créée chez la victime. Il l'avait ainsi empêchée de procéder aux vérifications élémentaires au sujet de sa situation financière et professionnelle. Par ailleurs, aucun indice ne permettait à l'intimée de penser que le recourant lui mentait sur tout. Celui-ci avait été particulièrement convaincant, deux employées de la société ayant également cru ses diverses déclarations (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.2 p. 30). S'agissant des premiers prêts pour un montant total de 20'000 EUR des 3 mars, 15 mars et 26 avril 2016, il résultait du dossier que fin février ou début mars 2016, le recourant était arrivé chez l'intimée décomposé, avec de l'eczéma au visage et lui avait expliqué que l'argent qu'il aurait mis de côté à l'étranger avait " disparu " et qu'on l'avait trahi. Dans ce contexte, il lui avait adressé des messages mêlant déclarations d'amour et cris de détresse quant à ses problèmes de liquidités. L'intimée pouvait être tranquillisée par des promesses de remboursement, le recourant lui ayant certes expliqué avoir perdu soudainement son argent, mais être propriétaire immobilier, actif dans des cliniques privées, et avoir encore des expectatives successorales. Dans ces circonstances et vu ses sentiments amoureux, l'intimée ne pouvait que lui proposer de lui venir en aide (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.2 p. 30). S'agissant de la création et des investissements dans la société F.________ SA, l'intimée avait certes accès aux comptes de l'entreprise et n'avait certes rien vérifié avant de prêter la dernière somme de 60'000 fr. le 26 septembre 2016. Néanmoins, elle n'avait aucune formation dans le domaine commercial ou comptable, ni dans le domaine médical. La création de cette société était l'idée du recourant, qui lui avait évidemment expliqué avoir les connaissances professionnelles nécessaires pour mener à bien ce projet. De plus, il avait engagé du personnel pour F.________ SA et loué des locaux, ce qui concrétisait le projet et était également de nature à tromper l'intimée. Enfin, il avait élaboré de nouveaux documents pour obtenir le dernier prêt et ainsi conforter la victime dans son erreur, en créant une reconnaissance de dette et une pseudo-garantie hypothécaire, établie à partir d'un document authentique (cf. jugement entrepris, consid. 4.4.2 p. 31).