Citation: I 770/01 18.02.2002 E. 3

3.- a) En l'occurrence, le point litigieux est de savoir si l'OAI était en droit de ne pas entrer en matière sur la demande de rente de l'assuré. Les premiers juges ont répondu par l'affirmative à cette question. Ils ont considéré, d'une part, que c'était sans excuse valable que le recourant n'avait pas donné suite à l'injonction qui lui a été faite de se soumettre à une expertise pluridisciplinaire au ZMB et, d'autre part, que cette expertise était nécessaire pour statuer sur la demande de rente. b) C'est à juste titre, au terme d'une analyse fouillée, que la cour cantonale a écarté le moyen de la recourante selon lequel les certificats des docteurs B.________ (du 23 janvier 1998), et D.________ (du 5 octobre 2001) prouveraient, à satisfaction de droit, que l'état de santé de son mari ne lui permettait pas de se soumettre à l'expertise pluridisciplinaire ordonnée par l'OAI. Par souci d'économie de procédure, il sera renvoyé à cet égard au consid. 3a du jugement attaqué, auquel il n'y a rien à ajouter. Ce point n'est d'ailleurs plus contesté en procédure fédérale. Il apparaît dès lors que le recourant n'avait pas d'excuse valable pour se soustraire à la mesure d'instruction ordonnée par l'office intimé. c) L'examen du dossier médical fait ressortir que les avis divergent de manière importante sur les causes de l'incapacité de travail du recourant. Ainsi différentes affections tant psychiques que somatiques sont avancées par les médecins (cf. consid. 3b du jugement cantonal du 12 octobre 1999). A l'exception d'un très bref rapport du 26 janvier 1998 (confirmé le 27 janvier 2000) du docteur C.________, médecin psychiatre - dont il ressort que le recourant souffre d'un état anxio-dépressif important - aucun spécialiste ne s'est prononcé sur l'aspect psychique de manière approfondie et notamment sur l'incidence de cette problématique sur la capacité de travail. Par ailleurs, médecin généraliste, l'expert A.________ lui-même exprime des divergences avec les conclusions des docteurs B.________ (neurologue) et E.________, (médecin généraliste) quant à l'état psychique du recourant. Dans ces circonstances, contrairement à ce que soutiennent les recourants, l'OAI n'était, en l'état actuel du dossier, manifestement pas en mesure de se se prononcer matériellement sur le droit à la rente (ou à une fraction de rente cf. ATF 108 V 232 en haut) de l'assuré, sans disposer d'une expertise complète se prononçant sur l'état de santé du recourant dans sa globalité en tenant compte de l'ensemble de de ses atteintes et destinée à établir clairement les conséquences de ces dernières sur sa capacité de gain. d) Dans ce contexte, doivent être écartés les moyens de la recourante (déjà soulevés en procédure cantonale) selon lesquels son intérêt en qualité d'épouse du recourant à obtenir une rente AI pour son mari qui refuse de coopérer (ATF 108 V 231 s consid. 2) et de l'intérêt (public) de la commune de X.________ - qui verserait une aide sociale à la famille M.________ depuis 1996 - (art. 20 al. 2 LPJA cf. consid. 2c ci-dessus) imposent la prise d'une décision matérielle sur la base des pièces du dossier. En effet, c'est seulement de manière subsidiaire que les intérêts de tiers, jugés dignes d'être protégés, pourront nécessiter une telle manière d'agir (cf. ATF 108 V 232 en haut; RCC 1983 p. 527 consid. 2 in fine). En aucun cas un intérêt de tiers ne saurait contraindre l'OAI à rendre une décision matérielle lorsque l'instruction de la cause est insuffisante. Sur le vu de ce qui précède, l'office de l'assurance-invalidité était en droit de refuser d'entrer en matière sur la demande, conformément à l'art. 73 RAI.