Citation: I 13/00 18.04.2000 E. 2

2.- a) Les premiers juges retiennent qu'en l'espèce la toxicomanie n'est pas la cause première de l'incapacité de gain, mais que celle-ci résulte des graves problèmes ren- contrés par l'intimée durant son adolescence; la toxicoma- nie a aggravé un état psychique (personnalité borderline et immaturité) qui était déjà pathologique. Elle a donc provo- qué un dommage mental consistant en l'altération d'une per- sonnalité déjà maladive antérieurement. Par conséquent, l'existence d'une atteinte à la santé invalidante doit être reconnue dans le cas particulier. b) Le diagnostic posé par le docteur C._________ et sur lequel les premiers juges fondent leur argumentation, ne saurait être considéré isolément, mais il doit être re- placé dans le contexte général du rapport fourni par ce médecin. L'anamnèse établie par celui-ci révèle que l'assu- rée - malgré les difficultés vécues pendant son enfance et son adolescence et en dépit du décès de sa mère quand elle avait 15 ans - n'a pas connu de problèmes psycho-affectifs nécessitant des soins particuliers. Les problèmes rencon- trés sont fondamentalement liés à l'expérience toxicomania- que, fixée par la relation précoce de forte dépendance af- fective avec un jeune homme, lui aussi toxicomane, et à ses conséquences sur le plan social et judiciaire. A la ques- tion lui demandant si l'assurée avait besoin d'un traite- ment médical, le docteur C._________ a répondu que la patiente, actuellement, n'avait pas besoin d'une "inter- vention médico-psychiatrique". Enfin, ce médecin a expliqué que l'incapacité de travail, de 100 pour cent à partir du 3 septembre 1996, était "liée fondamentalement" aux exigen- ces de la prise en charge résidentielle à la Fondation X._________. On peut conclure de l'ensemble de ces éléments (notam- ment l'absence de maladie psychique ayant nécessité des soins particuliers et une incapacité de travail liée aux seules exigences du séjour dans une institution spéciali- sée) que la toxicomanie n'a pas engendré une maladie et qu'elle ne résulte pas elle-même d'une atteinte à la santé physique ou mentale qui ait valeur de maladie au sens de la jurisprudence susmentionnée. La seule référence, dans le diagnostic posé par le docteur C._________, à la personna- lité borderline de l'intéressée, ainsi qu'à un déficit de maturation psycho-affective, ne permet donc pas, à lui seul, de conclure à l'existence d'une telle maladie. c) Dans ces conditions, on doit admettre que l'intimée n'est pas invalide au sens de l'art. 4 al. 1 LAI ni menacée d'une invalidité imminente, de sorte qu'elle ne peut pré- tendre des mesures d'ordre professionnel, lesquelles, par ailleurs, ne sont pas destinées à faciliter la réhabilita- tion sociale des personnes confrontées à des problèmes de toxicomanie (VSI 1996, p. 319 consid. 3). Il s'ensuit que le recours de droit administratif est bien fondé.