Citation: 1B_404/2017 E. 2.2

2.2. En l'occurrence, se prononçant sur ce grief de violation du droit d'être entendu, la cour cantonale a tout d'abord retenu que la retranscription du contrôle téléphonique rétroactif ne figurait pas au dossier, l'analyse de ces données étant toujours en cours auprès de la police. Il ne s'agissait dès lors pas encore d'une pièce du dossier. Plus loin, la cour cantonale admettait toutefois que les premiers éléments de l'analyse du contrôle téléphonique rétroactif tendaient à confirmer que le prévenu consacrait une grande partie de son temps à la recherche de clients potentiels. Elle confirmait dès lors qu'il existait un risque de collusion justifiant la détention provisoire en ce que le prévenu aurait pu tenter de prendre contact avec les personnes pouvant le mettre en cause afin d'influencer leurs déclarations en sa faveur. Il n'est pas soutenable d'affirmer que la pièce ne fait pas matériellement partie du dossier, tout en s'y référant pour motiver la décision. Autre est en revanche la question de savoir si, à titre exceptionnel au sens de l'art. 108 CPP, l'intérêt au maintien du secret de l'enquête justifiait une restriction du droit d'être entendu du recourant. Dans ce cas, il y avait lieu d'assurer à celui-ci une information du contenu essentiel des données sur lesquelles les autorités entendaient se fonder. Les instances précédentes n'ont pas abordé la question sous cet angle. Celle-ci, liée uniquement aux actes d'instruction en lien avec le présumé trafic de stupéfiants, peut toutefois demeurer indécise compte tenu de ce qui suit.