Citation: 6P.141/2002 02.12.2002 E. A

Y.________ et X.________ se sont mariés en juillet 1999. X.________ a obtenu une carte de protection de la police le 7 mai 2002, en raison du harcèlement et des menaces qu'elle reprochait à son époux. Le 13 mai 2002, elle a déposé à la police plainte pénale contre celui-ci. Elle a expliqué qu'elle avait quitté le domicile conjugal; que son époux la harcelait depuis février 2002; que le 13 mai 2002, elle s'était rendue chez son médecin; qu'à sa sortie, son époux l'avait suivie et fait tomber à terre; qu'il avait à cette occasion dérobé son téléphone portable. Selon un certificat médical établi après les faits, X.________ a subi un oedème-hématome sur la main gauche, des griffures au genou gauche et à l'avant bras droit et un hématome au genou droit. Entendu par la police, Y.________ a notamment déclaré que son épouse s'était agrippée à sa veste et l'avait insulté; qu'elle était tombée dans un mouvement de rotation; que pour éviter qu'elle ne continue ses agissements, il avait pris son portable; qu'il contestait avoir battu sa femme. Le rapport de police établi le 25 juin 2002 mentionne qu'en raison des déclarations contradictoires, il n'est pas possible de déterminer si Y.________ a volontairement fait tomber X.________. Par décision du 7 août 2002, le Procureur général genevois a classé en opportunité la plainte pénale dirigée contre Y.________. Il y relève que celui-ci a minimisé les faits lors de son audition par la police, que le traumatisme physique et psychique subi par X.________ est grave et que le comportement incriminé réalise les éléments constitutifs de lésions corporelles simples au sens de l'art. 122 CP (recte: 123). Toutefois, par souci d'apaisement et compte tenu des déclarations contradictoires, le Procureur général renonce à le poursuivre en application de son pouvoir d'opportunité, mais précise qu'en cas de récidive, la procédure sera reprise. Par courrier du 8 août 2002, X.________ a réitéré sa plainte. En bref, elle y mentionne que son époux l'a suivie à sa sortie de chez le médecin; devant le kiosque sis 17, rue de Carouge, dont la gérante a assisté à la scène, il s'est rué sur elle, la poussant violemment, tentant de la projeter contre une voiture qui arrivait, la jetant à terre; il s'est ensuite enfui, en emportant son portable tombé au sol; elle souffre toujours d'une rupture du ligament à l'annulaire gauche, qui nécessite un traitement de rééducation; elle est suivie par un psychothérapeute et a introduit une demande en divorce.