Citation: 6B_1049/2021 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a estimé, sous l'angle subjectif, que le seul fait d'avoir bénéficié de l'assistance à la conduite de son coéquipier, lequel n'était pas spécialement formé aux courses officielles urgentes, ne suffisait pas à retenir que la recourante avait fait preuve de toutes les précautions nécessaires. En effet, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, l'assistance d'un coéquipier durant la conduite n'était pas de nature à diminuer sensiblement le risque d'accident ou de perte de maîtrise du véhicule, puisque le passager - à supposer qu'il perçoive un danger qui aurait échappé au conducteur - devait lui signaler celui-ci avant que l'intéressé soit en mesure de réagir utilement (arrêt 6B_1224/2019 du 24 janvier 2020 consid. 2.5). Il en allait de même de l'usage des feux bleus, dont la recourante avait indiqué ignorer s'ils étaient enclenchés ou non. La cour cantonale a certes retenu qu'au moment de l'accélération qui avait eu lieu sur une courte distance, les conditions météorologiques étaient bonnes, la chaussée sèche et la route rectiligne; ce nonobstant, la recourante ne pouvait que partir du principe que la vitesse adoptée, dans une localité et de pleine nuit, ne lui laisserait pas la possibilité de réagir à temps si un obstacle ou un danger inattendu survenait. Il n'était en effet pas déterminant qu'il lui était possible de s'arrêter sur la distance de visibilité puisque cela ne pouvait écarter ni même minimiser le risque qu'un autre usager de la route peu attentif aux signaux visuels de la recourante s'élance sur la route. A cela s'ajoutait que la visibilité, de nuit et sans éclairage par des réverbères, était réduite. Au surplus, si la recourante était effectivement rompue aux courses d'urgence pour avoir suivi des cours en la matière et être au bénéfice d'une solide expérience dans son métier, les juges cantonaux ont considéré qu'elle ne pouvait pas se prévaloir d'une circonstance interne ou exceptionnelle particulière permettant d'exclure le caractère intentionnel de l'infraction (cf. consid. 1.1.2 supra). La recourante avait au contraire sciemment augmenté sa vitesse alors qu'elle se trouvait à l'intérieur d'une localité, acceptant ainsi de ne pas pouvoir, en cas d'obstacle ou de présence inopinée d'un autre usager sur la chaussée, réagir à temps afin d'éviter un accident ou de conserver la maîtrise de son véhicule.