Citation: 8C_42/2023 E. 5.3

5.3. La cour cantonale a également confirmé le refus de l'intimée de prendre en charge les frais de logement à partir du mois de mai 2022, sur la base d'un loyer forfaitaire conforme aux normes sociales applicables pour une famille de cinq personnes, compte tenu du droit de visite du recourant sur sa fille G.________, soit un montant de 1'750 fr. Elle a d'emblée considéré que la prise en charge d'un loyer forfaitaire pour couvrir une partie seulement d'un loyer largement supérieur aux normes sociales revenait à encourager dans les faits la prolongation d'une situation inadaptée en libérant les bénéficiaires de l'aide sociale de leur obligation de réduire leurs besoins. Or, les recourants, déjà largement obérés avant de demander l'aide sociale, ne parvenaient pas à adapter leurs dépenses à leurs revenus, cela probablement depuis de nombreuses années, la recourante ayant déjà été suivie et prise en charge par le service social il y a une dizaine d'années. Il était dès lors incohérent, et même contraire aux propres intérêts des recourants, d'accepter qu'ils continuent de vivre dans un appartement inadapté à leurs besoins mais partiellement pris en charge, tout en les laissant s'endetter encore pour le surplus. La prise en compte d'un loyer partiellement non couvert fausserait en outre l'établissement du budget social, également litigieux. Au vu de leur refus d'accepter d'avoir à trouver un autre logement alors même qu'ils sollicitaient - et obtenaient - une aide matérielle, il y avait également lieu de craindre que la résiliation du loyer ne soit à l'avenir encore repoussée si les recourants continuaient à se prévaloir des arguments soulevés relatifs à leur situation ou à leur santé personnelle pour s'opposer à une éventuelle expulsion.