Citation: I 15/01 03.05.2001 E. 3

3.- Les premiers juges ont estimé qu'un complément d'instruction était nécessaire pour établir la date de la survenance de l'invalidité et, dans l'affirmative, pour examiner si les autres conditions du droit à des mesures de réadaptation ou à une rente d'invalidité étaient remplies. a) Selon l'art. 6 al. 1 LAI, (dans sa version, déterminante en l'occurrence, en vigueur jusqu'au 31 décembre 2000; voir infra consid. 4), les ressortissants suisses, les étrangers et les apatrides ont droit aux prestations conformément aux dispositions ci-après, s'ils sont assurés lors de la survenance de l'invalidité (première phrase). Selon l'art. 4 al. 2 LAI, l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations entrant en considération. Ce moment doit être déterminé objectivement, d'après l'état de santé; des facteurs externes fortuits n'ont pas d'importance. Il ne dépend en particulier ni de la date à laquelle une demande a été présentée, ni de celle à partir de laquelle une prestation a été requise, et ne coïncide pas non plus nécessairement avec le moment où l'assuré apprend, pour la première fois, que l'atteinte à sa santé peut ouvrir droit à des prestations d'assurance (ATF 126 V 9 consid. 2b, 118 V 82 consid. 3a et les références). S'agissant du droit à une rente, la survenance de l'invalidité se situe au moment où celui-ci prend naissance, conformément à l'art. 29 al. 1 LAI, soit dès que l'assuré présente une incapacité de gain durable de 40 pour cent au moins ou dès qu'il a présenté, en moyenne, une incapacité de travail de 40 pour cent au moins pendant une année sans interruption notable, mais au plus tôt le premier jour du mois qui suit le dix-huitième anniversaire de l'assuré (art. 29 al. 2 LAI; ATF 126 V 9 consid. 2b). En ce qui concerne, par ailleurs, une éventuelle mesure de reclassement, la survenance de l'invalidité se situe au plus tôt au moment auquel l'atteinte à la santé est devenue suffisamment importante pour que l'on doive s'attendre à ce que, dans un avenir proche, l'activité exercée ne puisse plus être raisonnablement exigée de l'assuré (ATF 113 V 263 consid. 1b et les références). b) Dans le cas particulier, l'intimé souffre depuis son enfance des séquelles d'une poliomyélite. Comme le Tribunal fédéral des assurances l'a constaté dans son arrêt du 15 décembre 2000, son état s'est progressivement aggravé après son arrivée en Suisse (1985). A l'époque il pouvait se déplacer et supporter la station debout, même prolongée, grâce à des orthèses pour les jambes. Dès les années 1988/1989, le besoin d'un fauteuil roulant s'est fait sentir, pour les déplacements courants. Ce besoin s'est manifesté en raison de dorsalgies et d'une fatigabilité accrue, ainsi que des douleurs des membres supérieurs. Il ressort d'autre part du rapport du médecin traitant de l'intimé que celui-ci a subi une incapacité de travail de 65 pour cent à partir du mois de juillet 1998 (rapport de la doctoresse V.________ du 22 juillet 1998). Il n'est donc pas possible d'affirmer avec plus ou moins de certitude que l'invalidité est survenue avant l'entrée de l'intimé en Suisse (comp. avec ATF 126 V 5). Le recourant soutient un point de vue inverse, mais seulement en ce qui concerne d'éventuelles mesures de réadaptation d'ordre professionnel. Pour ce qui est d'une rente, on ne peut en tout cas pas retenir, sur la base des seules pièces du dossier, que le droit à une telle prestation était déjà donné à l'époque de l'entrée en Suisse de l'intimé. Certes, celui-ci ne paraît avoir travaillé de manière régulière que dans le cadre d'un atelier protégé, à partir de 1994. On ignore toutefois si une activité dans le circuit économique normal eût été possible, compte tenu de son handicap. Le relevé des comptes individuels de l'assuré indique par ailleurs que ce dernier a réalisé certains revenus - peu importants il est vrai - entre 1986 et 1990. On ne sait cependant pas quel type d'activité il a exercé et si c'est pour des raisons de santé qu'il n'a pas été en mesure d'exercer une activité professionnelle régulière durant ces années. Sur ces divers points, l'office de l'assurance-invalidité n'a pas mené d'investigations. Il s'est contenté d'entendre l'intimé au cours d'un entretien du 22 avril 1999, mais n'a pas recueilli, à cette occasion, des informations déterminantes pour l'issue de la procédure. c) Dans ces conditions, on peut admettre, avec les premiers juges, que les faits n'ont pas été établis à suffisance. L'autorité cantonale était donc fondée à renvoyer la cause à l'office de l'assurance-invalidité pour complément d'instruction et nouvelle décision (voir aussi RAMA 1993 no U 170 p. 136, 1989 no K 809 p. 206 consid. 4 et les références).