Citation: U 96/05 20.05.2006 E. 5

En l'espèce, il s'agit de déterminer si l'ensemble des éléments qui ont entraîné l'atteinte à la santé (la marche à vive allure en portant des livres de cours) constituent un facteur extérieur justifiant de retenir une lésion assimilée à un accident (art. 9 al. 2 OLAA), comme l'intimée le soutient. Pour résoudre le présent litige, on peut s'inspirer de la solution de l'arrêt O. du 11 mai 2004, car les circonstances du présent cas sont analogues à celles de cette affaire-là, hormis le fait que A.________ portait une charge de 8,5 kg lorsqu'elle a subi une fracture de fatigue de l'astragale droit. En effet, l'effort que l'assurée a fourni durant son déplacement à pied en portant ses livres de cours n'a pas sollicité son corps dans une mesure qui a excédé ce qui est habituel chez une jeune personne, d'autant que l'intéressée a admis qu'elle marche souvent à vive allure pour se rendre à son travail. En d'autres termes, cet effort n'a pas dépassé ce qui est physiologiquement normal et maîtrisé du point de vue psychologique de la part d'une femme âgée de vingt ans. La situation dans laquelle l'assurée a été confrontée est du reste tout à fait courante dans la vie quotidienne et ne présente en soi rien de très significatif. Par ailleurs, l'assurée n'a pas accompli de mouvement susceptible de constituer une cause extérieure. Ainsi qu'on l'a vu ci-avant, cela aurait pu découler d'un brusque redressement du corps à partir de la position accroupie, d'un mouvement violent en étant lourdement chargé, ou encore d'un changement de position corporelle de manière incontrôlée sous l'influence de phénomènes extérieurs (cf. consid. 2.2 supra, in fine). En l'espèce, à défaut d'un mouvement brusque ou violent, la CNA a nié à juste titre l'existence d'un facteur extérieur et, par conséquent, sa responsabilité pour la fracture de fatigue de l'astragale droit. Son recours est bien fondé.