Citation: 5A_450/2016 E. 4.1

4.1. La Cour de justice a tout d'abord rappelé que les parties n'avaient pas sollicité l'instauration d'une garde alternée. A l'instar du Tribunal, elle a considéré qu'une telle garde ne semblait pas être dans l'intérêt des enfants, au vu de l'ampleur du conflit conjugal et de la nécessité de les protéger de celui-ci. En outre, l'organisation pratiquée jusqu'à présent ne se déroulait pas sans difficulté. La fille aînée des parties avait en effet indiqué qu'elle était compliquée, car les décisions étaient souvent prises à la dernière minute. Il convenait par conséquent d'attribuer la garde à l'une des parties. Examinant dans un deuxième temps auquel des parents la garde devait être attribuée, la Cour de justice a relevé qu'il ressortait de la procédure que les enfants étaient attachées à leurs deux parents, qui présentaient tous deux de bonnes capacités parentales. Toutefois, depuis que l'épouse avait pris la décision de se séparer de son mari, ce dernier en souffrait et se trouvait dans l'incapacité de se distancier du conflit conjugal. L'époux éprouvait vraisemblablement des difficultés à différencier la conjugalité de la parentalité et impliquait les enfants, et plus particulièrement C.________, dans le conflit parental. Il résultait notamment du message de F.________ du 19 mars 2015 que le père confiait ses souffrances à sa fille aînée, créant ainsi des angoisses chez l'enfant qui n'était alors âgée que de 11 ans. Les déclarations de la pédopsychiatre ayant suivi cette dernière en début d'année 2015 faisaient également état des difficultés du père à préserver les enfants du conflit conjugal, la pédopsychiatre lui ayant donné consigne de ne plus leur transmettre sans filtre son vécu ou des détails de la relation parentale qui ne les concernaient pas. Selon le SPMi, il n'était en outre pas exclu que le père, se sentant déstabilisé par la rupture, n'ait pas eu la force d'encourager C.________ à poursuivre son suivi psychologique, puisque lui-même n'acceptait pas la situation. Contrairement au Tribunal, la Cour de justice a estimé qu'on ne pouvait considérer que la situation avait beaucoup changé depuis le début de l'année 2015. L'évaluation sociale du SPMi du 29 octobre 2015 mettait en évidence les difficultés de l'époux à accepter la séparation et à tenir les enfants hors du conflit conjugal. Il résultait en outre des messages produits tout au long de la procédure que ce conflit était toujours très important et qu'il n'acceptait toujours pas la rupture. Bien qu'il se soit dit d'accord devant le Tribunal de ne plus impliquer les filles dans le conflit conjugal et de suivre le processus de médiation préconisé, il peinait aujourd'hui encore à se concentrer sur les besoins de ses filles en raison de sa souffrance. Ainsi, alors que de juillet à décembre 2015, les parties avaient mis en place un système de garde alternée au domicile conjugal, l'intimé avait décidé, à la fin de l'année 2015, de manière unilatérale et sans aucune justification apparente, de mettre un terme à cette organisation, en ne quittant plus le logement familial, empêchant ainsi la mère d'exercer sa garde sur ses filles à leur domicile. Il avait persisté dans cette attitude, bien qu'il ait conscience du refus de C.________ de passer la nuit chez sa grand-mère maternelle, où séjournait alors sa mère. Ce faisant, il avait, à tout le moins par moments, perdu de vue l'intérêt des enfants. Il résultait en outre de l'évaluation sociale du 29 octobre 2015 et de l'attestation de la Dresse G.________ du 1er février 2016, que C.________ souffrait beaucoup de la séparation de ses parents, refusait d'accepter cette situation et en voulait à sa mère qu'elle tenait pour responsable. On ne pouvait toutefois considérer son souhait de vivre avec son père comme une résolution ferme et éclairée de sa part, dans la mesure où le fait qu'elle se sente actuellement plus proche de celui-ci était probablement lié au fait qu'elle en partageait la souffrance. L'état de santé de l'adolescente justifiait qu'elle soit préservée au mieux des tensions existant entres ses parents. Compte tenu de ces éléments, et comme l'avait également retenu le SPMi, il apparaissait que la mère des enfants était plus à même de les protéger que leur père. Au demeurant, D.________, qui n'était âgée que de 6 ans au moment où l'arrêt attaqué a été rendu, était encore très attachée à sa mère, auprès de laquelle elle passait une grande partie de son temps. En définitive, la cour cantonale a considéré qu'il n'y avait pas lieu de s'écarter des recommandations du SPMi dans la mesure où, bien que le père soit plus disponible que la mère des enfants, il était dans l'intérêt de celles-ci, pour les motifs évoqués ci-dessus, d'attribuer leur garde à cette dernière.