Citation: 6B_1364/2023 E. 8.2

8.2. S'agissant du contenu général du rapport d'expertise du 7 septembre 2020, il est fait référence au consid. B.a.f supra. Pour le surplus, s'agissant spécifiquement du risque de récidive, il ressort ce qui suit du rapport précité: " Bien que les données statistiques concernant la récidive d'homicide soient trop faibles pour pouvoir quantifier le risque, nous évoquons les facteurs d'inquiétude par rapport au potentiel de violence de Monsieur A.________, si les faits sont avérés, en nous basant sur un instrument de structuration du raisonnement clinique (HCR-20) associé à un instrument évaluant les facteurs de protection (SAPROF). Il en résulte que Monsieur A.________ présente avant tout des facteurs de risque en lien avec les aspects paranoïaques déjà très figés de sa personnalité et sa manière toute-puissante de vivre sa position de victime d'injustices. Il a vécu de manière très injuste son arrivée en Suisse, se sentant victime du système. Si le Tribunal le reconnaît coupable de l'homicide de son amie alors qu'il veut prouver à tous qu'il est innocent, il risque d'interpréter la justice comme partiale, et de voir derrière son jugement un complot dirigé contre lui. Il n'est pas impossible que cette confrontation et cette atteinte à sa toute-puissance l'amènent à étendre son vécu persécutoire de manière plus générale, voire d'une manière pouvant se cristalliser progressivement en un délire de persécution. Le risque existe alors qu'il manifeste ce vécu par la commission d'actes de violence à l'égard d'autrui "; " Le risque de récidive n'est formellement pas quantifiable, mais s'il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, la personnalité dysfonctionnelle de Monsieur A.________ peut faire craindre la récidive d'actes de violence en lien avec sa lutte contre des sentiments d'injustice ". Interpellés sur la nécessité d'ordonner un internement ordinaire au sens de l'art. 64 CP, les experts ont indiqué qu'il revenait au tribunal d'ordonner ou non une telle mesure (v. rapport complémentaire d'expertise du 31 mars 2022, p. 5).