Citation: 5A_898/2022 E. 3.4.1

3.4.1. Dans l'arrêt entrepris, la cour cantonale a relevé que, en cas de remariage du débirentier, son nouveau conjoint était tenu, dans la mesure du raisonnable, d'apporter une plus grande contribution à l'entretien de la famille et de le soutenir dans ses obligations d'entretien. Ce devoir d'assistance, découlant des art. 159 al. 3 et 278 al. 2 CC, pouvait, dans certaines circonstances, avoir pour conséquence que le nouveau conjoint, si l'on pouvait l'exiger de lui, soit contraint de reprendre une activité lucrative ou d'augmenter celle qu'il exerçait. Selon les circonstances, il pouvait ainsi être admissible d'imputer au nouveau conjoint du débiteur d'aliments un revenu hypothétique. L'autorité cantonale a retenu qu'il résultait du dossier que la nouvelle épouse de l'ex-époux avait travaillé à 60 % jusqu'à la naissance de leur deuxième enfant, avant d'être licenciée à l'issue de son congé maternité. De l'aveu de l'ex-époux, elle prévoyait alors de s'inscrire au chômage et de rechercher un nouvel emploi à compter du mois de juillet 2021, ce qui démontrait qu'elle était en mesure de reprendre une activité lucrative dès cette date. Or, ce n'était que dans un second temps qu'elle se serait ravisée et aurait renoncé à l'exercice d'une activité lucrative afin de se consacrer à l'éducation de ses enfants et à la tenue du ménage. La juridiction précédente a considéré que, dans la mesure où l'ex-époux était lié par une obligation d'entretien préexistante lorsqu'il l'avait épousée et qu'il ne disposait plus, à compter de janvier 2022, de revenus suffisants pour assumer cette obligation et l'entretien de sa famille, sa nouvelle épouse ne pouvait pas renoncer librement à exercer une activité lucrative afin de se consacrer à ses enfants et, pour autant que cela soit raisonnablement exigible, elle devait continuer à contribuer à l'entretien de sa famille dans une mesure supérieure à ce que la jurisprudence imposait en principe à une mère de deux enfants en bas âge. Elle devait par conséquent reprendre une activité salariée afin que l'ex-époux puisse consacrer une plus grande partie de ses ressources à l'entretien post-divorce de son ex-épouse. La cour cantonale a relevé que l'intéressé ne cherchait pas à démontrer qu'une telle reprise - qui était initialement censée avoir lieu dès le mois de juillet 2021 ainsi qu'il l'avait déclaré devant l'autorité de première instance - ne pouvait être raisonnablement exigée de son épouse au vu de sa situation personnelle, de ses qualifications, de contraintes spécifiques liées à leurs enfants ou encore de la situation sur le marché du travail. Il se limitait à faire valoir que les frais de garde dont le couple devrait s'acquitter pour que son épouse puisse recommencer à travailler seraient d'un montant tel qu'ils absorberaient les revenus supplémentaires ainsi générés et, alors que le fardeau de la preuve lui incombait sur ce point, il n'établissait toutefois d'aucune manière que tel serait le cas.