Citation: 6B_639/2023 E. 3.3.2

3.3.2. En tout état, la cour cantonale a aussi considéré que la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP, soit que l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse l'emporte sur les intérêts publics à l'expulsion, n'était pas réalisée. Ainsi, par surabondance de droit, et bien que le recourant ne soulève aucun grief sur ce point, il se justifie d'examiner cette condition. Cet examen implique en particulier de déterminer si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH. Le recourant a certes un intérêt à demeurer en Suisse, pays dans lequel il dispose des membres de sa famille et de son amie avec qui il projette de se marier. Toutefois, il s'agit là de ses seuls liens avec la Suisse, dans la mesure où il séjourne dans ce pays illégalement, qu'il fréquente des cercles essentiellement sud-américains et est sans emploi. Dans ces circonstances, l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse s'avère ténu. À l'inverse, les intérêts présidant à son expulsion sont très importants, compte tenu de la nature et de la gravité des infractions commises par le recourant. En effet, les faits reprochés à ce dernier sont particulièrement graves, puisqu'il s'en est pris aux biens juridiques les plus précieux, soit la vie et l'intégrité corporelle, pour lesquels il convient, selon la jurisprudence, de se montrer particulièrement strict (cf. arrêts 6B_1214/2022 du 2 octobre 2023 consid. 3.3.2; 6B_745/2022 du 22 février 2023 consid. 3.4.2 et les références citées). À cela s'ajoute que le recourant a déjà été condamné, en août 2019, en particulier pour une rixe. Or, cette condamnation n'a manifestement pas eu l'effet dissuasif escompté, puisque quelques mois plus tard, le recourant a participé à une agression, puis à une nouvelle rixe au cours de laquelle il a commis une tentative de meurtre. Ainsi, malgré une précédente condamnation, le recourant n'a pas fait preuve d'amendement et a récidivé durant le délai d'épreuve, commettant à nouveau des infractions de violence. Ces éléments témoignent d'un défaut de prise de conscience et d'un total mépris pour l'ordre juridique suisse. Au vu de l'ensemble des circonstances, l'intérêt public à l'expulsion du recourant l'emporte sur l'intérêt privé de celui-ci à demeurer en Suisse.