Citation: 6B_848/2022 E. 1.2.1

1.2.1. En l'espèce, il est constant que l'intimée, dont on rappelle qu'elle est née en 2007, avait été entendue à deux reprises en cours d'instruction, soit une première fois le 24 avril 2020, puis une seconde fois le 10 août 2020, cela sans la présence du recourant ou de son défenseur, le recourant n'ayant pour sa part été entendu une première fois que le 19 novembre 2020, audition à l'issue de laquelle il avait été placé en détention provisoire. Cela étant relevé, il apparaît qu'en l'occurrence, une troisième audition de l'intimée, telle que requise par le recourant en procédure d'appel, se serait heurtée au prescrit de l'art. 154 al. 4 let. b CPP, qui dispose qu'un enfant ne doit en principe pas être soumis à plus de deux auditions sur l'ensemble de la procédure, étant également observé, à la suite de la cour cantonale, qu'une éventuelle nouvelle audition était en effet susceptible de faire courir à l'intimée un risque de "victimisation secondaire", si bien qu'elle paraissait contraire à la sauvegarde de ses intérêts. On relèvera à cet égard que les constatations de la psychologue de l'intimée, de même que les actes d'automutilation pratiqués par cette dernière, laissaient apparaître en l'espèce, dans la pesée des intérêts, une prépondérance au besoin de protéger la victime de tout potentiel traumatisme supplémentaire plutôt qu'aux quelques éléments qui auraient éventuellement pu être exploités dans le cadre d'une troisième audition.