Citation: 8C_577/2019 E. 6.2.2

6.2.2. 6.2.2.1. Le recourant conteste le point de vue de la juridiction cantonale selon lequel son activité déployée dans le cadre du groupe C.________ devait être apparentée à une activité indépendante incompatible avec son aptitude au placement. A cet égard, il relève que les premiers juges n'ont nullement soutenu ni même constaté qu'il aurait été lié au groupe C.________ par des obligations contractuelles ou personnelles quelconques avant son engagement en avril 2016 ou qu'il aurait procédé à des investissements dans une structure administrative lourde, loué des locaux ou encore engagé du personnel, ni davantage qu'il aurait supporté des frais fixes ou dépensé de l'argent en publicité durant la période litigieuse, comme le requiert la jurisprudence pour admettre la présence d'une activité indépendante excluant l'aptitude au placement. Il allègue qu'il a entrepris des activités au sein du groupe C.________ parce qu'il n'avait pas d'emploi et qu'il espérait obtenir du travail de cette société, ce qui avait finalement été le cas puisqu'il avait décroché un emploi en avril 2016. Ses activités, dont la juridiction cantonale n'aurait pas apporté la preuve qu'elles étaient rémunérées, devaient être assimilées à de simples démarches tendant à retrouver un emploi salarié. 6.2.2.2. En l'occurrence, les premiers juges ont constaté, en se fondant sur les propres allégués du recourant, qu'un an avant la conclusion formelle de son contrat de travail avec le groupe C.________, il avait commencé à consacrer l'entier de son temps au développement du groupe C.________, en particulier à trouver de potentiels investisseurs et acquéreurs pour les produits C.________. Il avait en outre acquis à ses frais, directement ou indirectement, 160'459 actions de C.________ sur un total de 22'604'774 actions. Le recourant avait également affirmé avoir apporté au groupe, directement ou par le biais de tiers, des financements d'un montant de USD 385'000 sur un total de USD 1'200'000 pour une période allant de mars 2015 à avril 2016, soit pendant toute la période de chômage du recourant. Le 1er avril 2016, le recourant avait finalement été engagé en qualité d'administrateur unique de la filiale européenne du groupe C.________ dont il avait largement participé à la mise en oeuvre. Cela étant, les simples dénégations du recourant ne sont pas de nature à démontrer en quoi l'appréciation des preuves par les premiers juges est manifestement insoutenable. L'argumentation du recourant tend plutôt à substituer sa propre appréciation à celle de l'autorité précédente. Quant au fait qu'il n'aurait pas perçu de gain intermédiaire pendant sa période de chômage, il constitue plutôt un indice que le recourant a pris le risque de travailler pour le compte du groupe C.________ en vue d'un gain aléatoire, son engagement en avril 2016 ayant été le fruit des investissements personnels et financiers consentis entre mars 2015 et avril 2016. 6.2.2.3. Vu ce qui précède, il y a lieu d'admettre que l'investissement du recourant au sein du groupe C.________, aussi bien en termes de temps, de responsabilité et d'engagement financier et de surcroît sur une période de plus d'une année, relevait plus de préparatifs liés au développement d'une activité indépendante que de simples démarches en vue de décrocher un emploi salarié. 6.2.2.4. On relèvera encore qu'on ne saurait certes reprocher au recourant d'avoir fait des efforts conséquents pour tenter de décrocher un emploi, au besoin en s'investissant dans une activité indépendante. La loi sur l'assurance-chômage prévoit du reste un soutien aux assurés qui veulent se lancer dans l'indépendance. Ce soutien consiste en des indemnités durant la phase d'élaboration du projet d'activité indépendante. Le but des indemnités au sens de l'art. 71a LACI est d'aider financièrement les assurés qui veulent se lancer dans l'indépendance en leur permettant de continuer à bénéficier de prestations de l'assurance-chômage sans avoir à se consacrer à autre chose qu'à la préparation de leur future activité indépendante qui doit mettre fin à leur chômage (BORIS RUBIN, Commentaire de la loi sur l'assurance-chômage, 2014, n° 2 ad art. 71a-71d LACI, p. 506). Le versement des prestations est limité au versement de 90 indemnités au plus durant la phase de préparation du projet; les prestations ne peuvent pas être versées durant la phase de lancement de l'activité indépendante (BORIS RUBIN, op. cit., n° 16 s. ad art. 71a-71d LACI, p. 509). La jurisprudence nie le droit à toute prestation de chômage aux personnes qui entreprennent une telle activité grâce à ce soutien même si cette activité n'est pas suffisamment rémunératrice, et impose un abandon complet du projet d'indépendance comme condition au versement de l'indemnité journalière après la fin de la mesure, cela indépendamment d'une disponibilité au placement (arrêt 8C_251/2019 du 6 novembre 2019 consid. 7). En l'occurrence, il ressort des constatations de la cour cantonale que le recourant avait demandé des informations sur les possibilités de soutien au développement d'une activité indépendante au sens des art. 71a ss LACI dès son premier entretien de conseil en mars 2015. En avril 2015, il avait cependant renoncé temporairement à de telles prestations, préférant percevoir des indemnités de chômage pendant toute la phase de préparation et de lancement de son projet. Ce faisant, il a fait couvrir un risque entrepreneurial par l'assurance-chômage de manière contraire au droit (BORIS RUBIN, op. cit., n° 40 ad art. 15 LACI).