Citation: 7B_365/2023 E. A

A.a. En février 2018, A.________ SA, compagnie pétrolière appartenant à l'État sud-américain U.________, a déposé plainte pénale auprès du Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) contre différentes personnes - dont C.________, D.________ et E.________ -, employés ou prestataires de services pour le groupe F.________, pour corruption d'agents publics étrangers (art. 322septies CP) et blanchiment d'argent (art. 305bis CP), respectivement soustraction de données (art. 143 CP). A.________ SA a également mis en cause B.________, l'un de ses employés. Elle lui reprochait en substance, en tant que cadre supérieur, d'avoir participé au système de corruption, notamment en percevant des versements de la part de sociétés contrôlées par C.________ et D.________ sur le compte d'une de ses propres sociétés "offshore", G.________ Corp., puis sur ceux de membres de sa famille. A.________ SA a déclaré se constituer partie plaignante exclusivement au pénal. Ce statut a été remis en cause à deux reprises au cours de la procédure. Par arrêt du 7 juin 2019 (cause 1B_554/2018), le Tribunal fédéral a confirmé la validité de la constitution de partie plaignante de A.________ SA eu égard aux pouvoirs de l'organe la représentant (cf. consid. 2.2 et 3.2), respectivement à la procuration de l'avocat suisse institué (cf. consid. 3). Le 10 mars 2020 (causes jointes 1B_549/2019, 1B_550/2019 et 1B_553/2019), le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable les recours de E.________, de D.________ et de C.________ visant à refuser le statut de partie plaignante à la société A.________ SA; il a notamment considéré qu'en l'état, les recourants ne subissaient aucun préjudice irréparable, pouvant en particulier contester ce statut devant le juge du fond (cf. consid. 2.4). A.b. Le 19 mars 2018, le Ministère public a ordonné la saisie de la relation bancaire détenue par H.________ Inc. - société dont B.________ est l'ayant droit économique - auprès de la banque I.________ SA, à V.________ (environ USD 1'650'000.-), renvoyant à titre de motivation à l'art. 263 CPP. A.c. Au printemps 2018, le Ministère public a reçu un serveur informatique utilisé par le comptable de F.________ Inc. à Y.________ (Etats-Unis). Le 27 août 2018, le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : le TMC) a partiellement levé les scellés apposés sur ce support. Au 20 juin 2023, les fichiers rendus accessibles n'avaient pas encore été exploités. Mis en prévention le 23 novembre 2020, C.________ et D.________ ont en substance contesté les faits qui leur étaient reprochés; ils n'ont pas été interrogés sur leurs liens avec B.________. Aucune des mesures d'instruction effectuées - auditions et commissions rogatoires - n'a en l'état amené d'éléments immédiatement utiles s'agissant de B.________. Par courrier du 24 juin 2021, le Ministère public a prié A.________ SA de verser au dossier différentes listes, dont celles des transactions présumées reposer sur la corruption, du personnel qui avait été licencié et des personnes autorisées à adjuger les appels d'offre. Ce même jour, le Président du conseil d'administration de A.________ SA a rappelé au Ministère public que la société n'était constituée partie plaignante qu'au pénal, expliquant que les intérêts civils avaient été confiés à un cabinet d'avocats américains; il a également assuré le Ministère public de sa volonté de coopérer et qu'il promettait de produire le plus vite possible la documentation sollicitée. A.________ SA s'est exécutée partiellement le 23 août 2021. Elle a précisé que le calcul du dommage n'était pas encore possible et dépendrait de démarches ultérieures du cabinet américain mandaté. Au printemps et à l'automne 2021, les représentants de A.________ SA ont été entendus. A.d. Le 10 février 2022, A.________ SA a adressé au Ministère public une copie des contrats de travail relatifs à B.________ (entre 2003 et 2018) et à sa femme (entre 2003 et 2017); leurs salaires étaient - au mieux - équivalents à USD 2'500.- par mois, mais, selon A.________ SA, J.________ SA leur aurait versé, sur le compte de H.________ Inc., un montant unique de USD 10'000.- en 2011, puis en 2014 un montant de USD 20'000.- par mois à titre de consultant, ce qui constituerait les paiements corruptifs. Les 21 et 22 février 2022, B.________ a été entendu en tant que prévenu de corruption d'agents publics étrangers, de blanchiment d'argent et de soustraction de données. Il lui est notamment reproché de s'être vu offrir des avantages indus alors qu'il était employé de A.________ SA "et/ou" pour avoir offert, promis ou octroyé de tels avantages à des employés de cette société. Le prévenu a en substance contesté les faits reprochés, expliquant les opérations effectuées avec son ami C.________ - par le biais de différentes sociétés, dont l'une appartenant à D.________ - par des opérations de change en raison de l'inflation à U.________. A.e. Le 23 mars 2022, C.________ et D.________ ont sollicité la levée des séquestres frappant leurs avoirs, affirmant en substance que les soupçons nécessaires au maintien de ces mesures ne s'étaient pas renforcés. En particulier, ils ont affirmé que les transferts monétaires sur les comptes dont B.________ était l'ayant droit économique correspondaient à des échanges de devises avec C.________, parrain du fils du précité, voire à des opérations financières profitables en raison de la forte inflation qu'avait connue U.________ à la fin des années 90; aucun de ces transferts n'avait eu lieu pendant que B.________ travaillait au sein du département chargé d'adjuger des cargaisons de pétrole.