Citation: 4A_184/2018 E. A

Par contrat de travail du 30 août 2007, X.________ a été engagée par U.________ SA à Lausanne en qualité d'assistante technique location à partir du 2 septembre 2007. Elle a été promue gérante d'immeubles junior dès le 1 er mars 2008, puis gérante d'immeubles senior dès le 1 er juillet 2008. En cette dernière qualité, elle était épaulée par un assistant. Son salaire mensuel brut s'élevait à l'origine à 5'500 fr. (hors frais) et a été régulièrement augmenté pour passer à 6'090 fr. dès le 1 er janvier 2010. Le contrat prévoyait un horaire de travail de 42 heures par semaine ainsi que quatre semaines de vacances par année; par la suite, le droit aux vacances a été porté à 25 jours par année. Le règlement de travail applicable aux trois fonctions successivement occupées par l'employée prévoit notamment ce qui suit : "3. HEURES SUPPLÉMENTAIRES En règle générale, le travail doit être accompli durant l'horaire convenu. L'employé est tenu d'accomplir le travail supplémentaire que l'employeur demande. N'est reconnu, et rémunéré ou compensé, que le travail supplémentaire commandé par l'employeur ou lorsqu'il est imposé par les circonstances annoncées (sic) par oral ou écrit à l'employé [recte: employeur] dans la semaine." L'horaire habituel de travail des employés était plus ou moins de 7h30 à 17h00 avec une pause d'environ une heure à midi. L'employeuse laissait une certaine marge de manoeuvre à ses employés, qui étaient libres d'organiser leur temps de travail. L'employée gérait 830 objets locatifs, dont 76 correspondant à deux immeubles supplémentaires dont la gestion lui avait été attribuée en juin 2010. Une telle charge n'avait toutefois rien d'exceptionnel par rapport à d'autres collaborateurs. L'employée a accumulé des retards conséquents dans le traitement de ses dossiers. Cette situation était en partie héritée d'autres gérants, mais son ampleur n'a fait que s'accroître. Certains dossiers accusaient même un retard de plus d'une année. L'employée était très pointilleuse, ce qui contribuait à l'accumulation de ce retard. Ainsi, elle faisait refaire à ses assistants des courriers qu'elle avait à coeur de corriger plusieurs fois, les surveillait et contrôlait tout de manière générale. En cinq ans, cinq assistants se sont succédé à son service, ce qui était exceptionnel. Ces départs étaient en grande partie liés au comportement de l'employée et ont également contribué aux retards. Ceux-ci ont suscité de nombreux courriels de relance et de plainte de clients entre 2011 et 2012. Le 25 avril 2012, l'employeuse a résilié le contrat de travail de l'employée pour le 31 juillet 2012, indiquant notamment que " les retards récurrents dans (son) travail ainsi que l'insatisfaction de (son) principal client (la) contraign (ai) ent à cette décision ". Par lettre du 25 juillet 2012, l'employée s'est opposée à son licenciement, qu'elle considérait comme abusif. Elle a réclamé une indemnité correspondant à cinq mois de salaire ainsi qu'une somme de 100'000 fr. en paiement de ses heures supplémentaires. Elle s'est trouvée en incapacité de travail totale du 26 juin au 31 octobre 2012. L'employeuse lui a indiqué que son salaire lui serait versé jusqu'à cette date, mais pas au-delà puisqu'elle n'avait pas offert ses services une fois sa capacité de travail recouvrée; le délai de congé ayant recommencé à courir le 1 er novembre 2012, son contrat de travail prendrait fin le 31 décembre 2012.