Citation: 5A_386/2022 E. 4.4.2

4.4.2. Il est vrai que le jugement de divorce (jugement du 20 décembre 2017, p. 51 à 54; art. 105 al. 2 LTF) mentionnait que l'épouse ne disposait que de peu de biens mobiliers et que sa fortune était principalement composée de son bien immobilier. Toutefois, il ressort également de ce jugement qu'un revenu locatif hypothétique de 3'000 fr. pouvait être imputé à l'épouse pour la location de l'appartement et que, nonobstant cette imputation, ses revenus (effectif et hypothétique) n'étaient pas suffisants pour couvrir ses charges, au contraire du mari. Il pouvait raisonnablement être exigé de celui-ci qu'il entame sa fortune, compte tenu notamment du fait qu'aucune amélioration de la situation des revenus de l'épouse n'était attendue à la retraite et que le mari bénéficiait d'une situation patrimoniale très confortable, qui aurait permis au couple de maintenir son train de vie une fois que les époux auraient atteint l'âge de la retraite si la vie commune s'était poursuivie. Le patrimoine du mari de quatre millions lui permettait de verser à l'épouse une contribution viagère comblant son déficit selon son espérance de vie, même en considérant que, à mesure que la fortune était consommée, son rendement diminuerait et ne suffirait probablement plus pour assurer ses propres besoins. Une entame de la substance de la fortune du mari, y compris pour couvrir ses propres besoins, se justifiait également au motif qu'il disposait, en sus de sa fortune mobilière, de deux biens immobiliers. À la lumière de cette motivation, il appert que le juge du divorce avait considéré que l'allocation d'une contribution d'entretien post-divorce en faveur de l'épouse se justifiait au regard de la situation globale des revenus et de la fortune des parties. Aussi, en tant qu'il prétend que le juge du divorce s'était limité à comparer la " fortune mobilière " de chaque époux, le recourant ne fait qu'exprimer sa propre compréhension du jugement de divorce, résultant d'une lecture partielle de celui-ci. Une telle compréhension ne peut en particulier être déduite de la capitalisation du déficit mensuel de l'épouse opérée dans le jugement de divorce dans la mesure où il n'apparaît pas que ce calcul avait pour but de déterminer si les liquidités de l'épouse lui auraient permis de couvrir son déficit jusqu'à son décès, mais visait à apprécier s'il était raisonnablement exigible du mari qu'il verse une contribution viagère en puisant dans sa fortune, compte tenu notamment de la diminution de sa substance et des revenus en découlant. Par conséquent, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il soutient, sur cette base, qu'une augmentation de la part de fortune mobilière de son ex-épouse résultant de la vente de l'un des deux logements issus de la division de l'appartement aurait conduit le juge du divorce à refuser toute contribution d'entretien en faveur de celle-ci vu que son déficit capitalisé jusqu'au décès était couvert par ses liquidités, ce qui n'est de surcroît pas établi (cf. supra consid. 4.4.1). Il en va de même lorsqu'il déduit du principe d'autonomie des époux post-divorce que le juge du divorce avait alloué une pension uniquement parce que son ex-épouse subissait un déficit - le recourant sous-entendant par là un déficit capitalisé jusqu'à son décès, le jugement du divorce constatant que les revenus effectif et hypothétique de l'épouse ne lui permettaient de couvrir ses charges mensuelles -, pareille interprétation se fondant sur la même compréhension erronée de ce jugement.