Citation: 7B_1038/2024 E. B

B.a. Le 6 août 2024, le prévenu a déposé une demande de récusation contre le procureur. Le même jour, ce dernier a transmis cette demande à la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après: la Chambre pénale) avec sa prise de position. À l'appui de sa demande de récusation, le prévenu reproche en substance au procureur d'avoir choisi, pour le visionnage de la vidéo précitée, uniquement des passages permettant de soutenir la thèse de l'accusation, alors que d'autres extraits, dont le visionnage aurait été requis par son avocate et qui remettraient en cause la thèse du Ministère public, auraient été délibérément omis par le magistrat. Le prévenu reproche également au procureur d'avoir déclaré, à la fin de l'audience du 5 août 2024, qu'il entendait rapidement le renvoyer en accusation. Il a en outre relevé que l'utilisation du présent de l'indicatif - plutôt que du conditionnel - et l'utilisation de certains termes dans la demande de mise en détention provisoire démontreraient que le procureur était convaincu de sa culpabilité. Il a enfin expliqué que plusieurs éléments auraient dû conduire le procureur à remettre en cause ses soupçons ou à ordonner d'autres actes d'instruction plus incisifs et que le fait qu'il ne l'avait pas fait serait également propre à démontrer une apparence de prévention. Dans ses observations, le procureur a conclu au rejet de la demande de récusation. Il a en substance indiqué qu'il avait dû sélectionner des extraits d'une vidéo qui durait environ six heures et que l'avocate du prévenu - qui avait déjà connaissance des enregistrements - avait pu proposer le visionnement d'un passage qui avait été vu en audience. Il a notamment ajouté qu'il avait eu un échange informel à la fin de l'audience du 5 août 2024 avec l'avocate du prévenu et qu'il avait dit qu'il demanderait la détention provisoire du prévenu pour trois mois, précisant qu'il n'était pas impossible que celui-ci soit renvoyé en jugement dans ce délai. Sur ce point, il a relevé qu'il s'était ainsi contenté d'émettre une hypothèse, sans jamais s'exprimer sur la culpabilité du prévenu. Enfin, il a expliqué avoir développé, dans sa demande de mise en détention provisoire, les éléments justifiant l'existence de soupçons suffisants. Dans sa réplique, le prévenu a contesté les explications du procureur. Il a notamment précisé que celui-ci avait explicitement déclaré - lors de l'audience et non hors de celle-ci - qu'il allait le mettre en accusation. B.b. Par arrêt du 27 août 2024, la Chambre pénale a rejeté la demande de récusation formée par le prévenu.