Citation: 6B_755/2021 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a relevé l'avis des premiers juges selon lesquels la volonté versatile et fluctuante du recourant, couplée à son isolement et oisiveté sociale, à sa faible tolérance aux contraintes, de même qu'à ses fréquentations révélaient un équilibre psychique vacillant. Seule une mesure thérapeutique institutionnelle (en milieu ouvert) permettait un suivi adéquat des traitements proposés, tout en palliant le risque de récidive qualifié. La cour cantonale s'est ralliée à l'expertise judiciaire, selon laquelle le recourant souffrait de plusieurs pathologies psychiatriques sévères, et notamment d'un trouble de personnalité mixte qui était l'élément moteur central de ses conduites délictuelles. Le risque de récidive était élevé pour des infractions similaires à celles pour lesquelles il était condamné, ce risque résultant d'une prise de conscience de sa part très superficielle et essentiellement utilitaire, sans grande considération pour la gravité de ses actes et sans remettre en cause ni analyser le fonctionnement de sa personnalité. Les troubles psychiques n'étaient que très superficiellement et temporairement réduits par la détention. En outre, même si le recourant était certes difficilement accessible à un traitement psychiatrique (introspection très déficiente et carencée de ses conduites délictuelles), son trouble de personnalité mixte pouvait néanmoins tirer profit d'un encadrement psychosocial, psycho-éducatif, psychologique et psychiatrique avec une prise en charge mixte prolongée, le cas échéant secondée d'une médication et de mesures d'accompagnement. De surcroît, des possibilités de traitement de ses troubles et du comportement liés à sa consommation d'alcool existeraient sous la forme d'un encadrement psychiatrique-psychothérapeutique intégré prolongé, suppléé d'une chimiothérapie psychotrope avec injonction de soins. Ces traitements, sans garantir l'absence de réitération, pouvaient contribuer à réduire le risque de nouvelle infraction s'ils étaient authentiquement investis par l'intéressé. Si l'expert avait indiqué que les chances de succès étaient amoindries faute d'adhésion de l'intéressé, il avait précisé, dans son rapport complémentaire, que l'opposition au traitement institutionnel n'était pas susceptible de mettre d'emblée à néant les effets escomptés d'une telle mesure. La cour cantonale a relevé les très nombreuses condamnations du recourant qui ne l'avaient jamais détourné de la délinquance, de sorte qu'une peine seule ne pouvait écarter le danger qu'il ne commette d'autres infractions (cf. art. 56 al. 1 let. a CP). Dès lors que ces infractions pouvaient être de même nature que celles jugées, et donc relever d'atteintes à l'intégrité corporelle, la sécurité commandait également de prononcer une mesure (cf. art. 56 al. 1 let. b CP). Par ailleurs, la cour cantonale a fait sienne l'appréciation de l'expert judiciaire selon laquelle le risque de récidive élevé lié aux sévères troubles psychiques du recourant en lien avec les infractions commises, pouvait être réduit par une mesure thérapeutique institutionnelle au sens de l'art. 59 CP, à laquelle il ne pouvait être exclu qu'il adhère. La cour cantonale a en définitive confirmé le prononcé d'une mesure thérapeutique institutionnelle, en recommandant son exécution en milieu ouvert (jugement entrepris, consid. 14).