Citation: 5C.227/2001 10.10.2001 E. 3

3.- a) La cour cantonale a retenu en fait que le mari avait frappé son épouse à quatre reprises au moins, soit les 22 juillet, 10 août et 26 décembre 1999, ainsi que le 29 janvier 2000. Après cette dernière altercation, les conjoints avaient cessé la vie commune. Au cours de ces disputes, la demanderesse avait subi une lésion au tympan, constatée médicalement, et des hématomes au bras. De plus, la police s'était déplacée à chaque fois, ce qui tendait à démontrer que l'épouse se sentait effectivement menacée. Le 29 janvier 2000, le président de commune était même intervenu et la police avait dû emmener le mari hors de l'appartement. Celui-ci ne s'était par ailleurs pas opposé à l'ordonnance pénale concernant les voies de fait commises envers sa femme les 26 décembre 1999 et 29 janvier 2000. L'autorité cantonale a également retenu qu'au cours d'une scène, le défendeur avait poussé la demanderesse sur une table en verre qui s'était alors brisée. Elle a aussi admis que l'épouse souffrait psychiquement de cette situation. Au vu de ces constatations, qui lient le Tribunal fédéral en instance de réforme (art. 63 al. 2 OJ), la Cour d'appel a considéré que la défenderesse avait subi des actes de violence considérables, qui avaient définitivement brisé sa confiance à l'égard de son mari. Le maintien du mariage durant quatre ans pouvait, dans ces circonstances, lui paraître objectivement intolérable, de sorte que les conditions pour prononcer le divorce en application de l'art. 115 CC étaient réalisées. b) Le recourant se plaint d'une violation de cette disposition. Il expose que la violence conjugale est un phénomène détestable, mais malheureusement courant; elle ne saurait dès lors constituer un motif sérieux de divorce, au risque de faire perdre à l'art. 115 CC son caractère d'exception. De surcroît, se poserait alors le problème de la délimitation de l'intensité de la violence. En l'occurrence, l'intimée ne s'était séparée de lui que plus de six mois après sa lésion au tympan, ce qui démontrerait que cette blessure ne lui paraissait pas grave au point de lui rendre la poursuite de la vie commune et, a fortiori, des liens du mariage, insupportable. Quant aux voies de fait commises en décembre 1999 et janvier 2000, il s'agissait d'incidents peu importants, n'ayant entraîné aucun problème psychique particulier pour l'intimée. La séparation des époux avait du reste mis fin à cette situation, de sorte qu'elle ne pouvait prétendre que la continuation du mariage lui fût insupportable.