Citation: 4A_401/2023 E. 6.2

6.2. En l'occurrence, la cour cantonale a retenu un lien de causalité naturelle en s'écartant de l'avis de l'expert D.________. Ce dernier avait estimé qu'en cas de temps d'attente normal, le diagnostic aurait peut-être pu être posé plus rapidement, à condition toutefois qu'un CT-scan ait été pratiqué rapidement et qu'il ait révélé la thrombose basilaire, étant précisé que celle-ci était en cours d'évolution et aurait ainsi rendu le diagnostic plus difficile à établir. Par ailleurs, selon l'expert, la relation entre la rapidité de l'intervention et le pronostic n'était pas clairement établie, de sorte qu'il était impossible d'établir une chance de traitement dans le cas de la patiente. La cour cantonale a relevé que si les Établissements A.________ avaient agi de manière diligente, en particulier en assurant une surveillance adéquate de la patiente durant la soirée et en réalisant sans retard les examens diagnostiques dès les premiers symptômes d'altération de l'état de conscience à partir de 1h30, comme le prévoyaient les règles de l'art, l'atteinte subie par la patiente aurait vraisemblablement pu être diagnostiquée et traitée dans le délai adéquat de huit heures à compter de l'occlusion totale, survenue vers 1h30 selon l'expert. La cour cantonale a rappelé que dès que les examens nécessaires avaient été entrepris, soit dès l'avis neurologique puis le CT-scan, l'occlusion avait été immédiatement détectée, ou du moins suspectée, alors que l'état de santé de la patiente demeurait stable depuis 1h30. S'agissant de la causalité entre la rapidité du traitement et le pronostic de la patiente, la cour cantonale s'est référée aux explications du Dr E.________, selon lesquelles une intervention dans un délai de huit heures permettait de diminuer les risques de séquelles, puisqu'en extrayant le caillot dans ce laps de temps, on pouvait sauver le tissu cérébral menacé; il avait également précisé qu'en cas de traitement dans un temps adéquat, le taux de morbidité (c'est-à-dire de handicap physique et mental) se réduisait en tout cas de 50 %, certains patients n'ayant même aucune séquelle. Selon la cour cantonale, ces propos n'étaient pas contredits par l'expert, lequel avait pour sa part indiqué qu'avec les méthodes de diagnostics et de traitement, 41 % des patients avaient des pronostics favorables, ce par quoi il fallait entendre une survie et une bonne évolution neurologique.