Citation: 8C_493/2022 E. 4.4

4.4. Au moment de l'accident du 19 avril 2011, l'intimé était encore employé par l'État de Vaud en tant que maître d'éducation physique. A ce moment-là, il était toutefois en incapacité de travail ensuite de l'intervention chirurgicale du 22 février 2011. Selon le docteur E.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur et médecin traitant de l'intimé, celui-ci présentait six semaines après cette opération un "genou beaucoup plus stable avec une fonction qui était en bonne phase de récupération". En lien avec cette opération, ce médecin a fixé a posteriori la reprise théorique partielle (à 50 %) de l'activité professionnelle, sans tenir compte des suites de l'accident du 19 avril 2011, au 30 juin 2011. Cet accident a causé une rupture musculaire partielle du vaste médial et du tendon quadricipital. L'évolution défavorable de la lésion a nécessité une reconstruction de l'appareil extenseur supra-patellaire, à laquelle le docteur E.________ a procédé le 21 février 2012. Malgré cette intervention, le genou de l'intimé est resté globalement douloureux et a présenté une instabilité musculaire permanente. Une reprise chirurgicale, déjà évoquée en 2013, a finalement eu lieu le 12 janvier 2016; elle s'est bien déroulée et a abouti à des progrès significatifs en termes de qualité de vie et de douleurs. Dans son rapport d'expertise du 13 février 2019, sur lequel la recourante s'est fondée pour refuser le droit à une rente d'invalidité, le docteur D.________ a estimé que le lien de causalité naturelle entre l'accident du 19 avril 2011 et les troubles de l'intimé encore présents au jour de l'expertise (soit près de huit ans après l'accident) était probable; cet expert a désigné l'accident en question comme le "point de départ de tout ce qui a suivi". Le lien de causalité entre cet accident et les affections de l'intimé ayant notamment entraîné l'intervention du 12 janvier 2016 n'est remis en cause par aucun avis médical. Dans ces conditions, on ne saurait retenir que l'incapacité de travail de l'intimé postérieure au 19 avril 2011 est uniquement imputable à un état maladif préexistant, quand bien même le docteur D.________ et d'autres médecins ont indiqué que le port d'une prothèse totale de genou pouvait en soi faire obstacle à l'exercice de l'activité de maître d'éducation physique, telle qu'elle est normalement exercée. On précisera au demeurant que l'intimé a bien repris son emploi de maître d'éducation physique après la mise en place de la prothèse, en adaptant son activité sur le plan physique.