Citation: 5A_863/2022 E. A

A.A.________ et D.________ se sont mariés au U.________ en 2004. Le père vit depuis 1996 en Suisse et la mère l'y a rejoint en 2006. De cette union, sont nées deux filles B.A.________, née en 2011, et C.A.________, née en 2013. Début 2016, les parties se sont séparées. Par jugement du 11 mars 2016, la Juge civile du Tribunal de première instance du canton du Jura (ci-après : la juge civile) a, par voie de mesures protectrices de l'union conjugale, attribué à la mère la garde provisoire sur les enfants, maintenu la mesure de curatelle éducative (art. 308 al. 1 CC) instituée en 2013 en faveur des enfants, en l'étendant à la surveillance des relations personnelles père-enfants (art. 308 al. 2 CC), et homologué la convention passée entre les parties, laquelle prévoyait, notamment, l'exercice du droit de visite du père au Point Rencontre, sous surveillance de la curatrice, E.________, assistante sociale au sein du Service régional du district de Delémont, avec possibilité d'extension à un droit de visite usuel. Une procédure pénale a également été ouverte contre le père pour voies de fait, injure et menaces. Durant l'été 2019, à la suite du départ du père au U.________ pendant plus d'un mois, la mère s'est trouvée en difficulté, devant notamment assumer son travail et la gestion des enfants. Depuis lors, elle a catégoriquement refusé que le père voie ses deux filles. Au mois d'août 2019, elle a déposé une demande unilatérale en divorce. Par décision de mesures provisionnelles du 10 février 2020, la juge civile a notamment retiré le droit de désigner la résidence habituelle des enfants aux parents, ordonné le placement des deux enfants au I.________ de V.________ dès le 1er mars 2020 au plus tôt, et chargé l'autorité de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : l'APEA), respectivement la curatrice, dudit placement et de l'exercice du droit de visite des parents. La juge civile a notamment considéré que la garde ne pouvait pas être attribuée à la mère, compte tenu de son opposition à l'exercice du droit de visite du père et de son déni des intérêts et des besoins de ses enfants; les violences physiques du père sur B.A.________ n'étaient pour le surplus objectivées par aucun constat ou signalement d'un professionnel de l'enfance, malgré le suivi des enfants depuis plusieurs années. Le 9 décembre 2020, la Dre F.________, psychologue FSP, a déposé un rapport d'expertise pédopsychiatrique, au terme duquel elle a conclu à la poursuite du placement des enfants et au maintien de la mesure de curatelle. En janvier 2021, à la suite des déclarations de B.A.________, selon lesquelles son père aurait été violent envers elle lors de l'exercice de son droit de visite (à la question de sa fille de savoir pourquoi il buvait, il l'aurait menacée avec un couteau si elle en parlait), son droit a été limité, en ce sens qu'il serait dorénavant exercé dans l'enceinte du I.________. Il ressort également d'un rapport non daté du centre précité, transmis fin mai 2021 par la curatrice à la juge civile, que les enfants ont relaté des évènements inquiétants au sujet de leur père en novembre 2020.