Citation: 9C_117/2018 E. 5.4.2

5.4.2. Selon le jugement du Tribunal de police de l'arrondissement de l'Est Vaudois du 20 août 2013, le recourant a ensuite été condamné pour abus de confiance, pour s'être procuré un enrichissement illégitime en distrayant les valeurs patrimoniales (66'000 fr.) qui lui avait été confiées de leur but initial, pour tentative d'abus de confiance, pour s'être présenté le 16 avril 2010 au guichet d'une succursale d'un établissement bancaire sans être au bénéfice d'une procuration, pour faux dans les titres, pour avoir fabriqué une fausse attestation de donation de la somme de 66'000 fr., ainsi que de faux contrats de prêt et de vente, et pour tentative d'escroquerie, pour avoir tenté de d'obtenir des prestations complémentaires à l'AVS en faveur de ses dupes afin de préserver leur fortune dont il était appelé à hériter à leur décès. Comme l'ont relevé les juges pénaux, le recourant a donc essentiellement usé du rapport de confiance qu'il avait établi dans le cadre de son activité de concierge pour satisfaire son appât du gain au détriment d'un couple de personnes âgées. Aussi blâmable que puisse apparaître ce comportement, il ne permet cependant pas, à lui seul, de démontrer une amélioration sensible de l'état de santé du recourant au sens de l'art. 17 LPGA. Lors de la décision initiale d'octroi d'une demi-rente d'invalidité du 26 février 2007, l'office AI avait en particulier déjà connaissance du fait que le recourant disposait de ressources, physiques et psychiques, susceptibles de lui permettre - à tout le moins pour des périodes de temps limitées - d'exercer des activités plus étendues que son activité professionnelle habituelle de conducteur de bus à mi-temps. A cette époque, le recourant complétait en effet déjà ses revenus par des travaux de conciergerie, même s'il ne pouvait plus assumer, selon les faits constatés par la juridiction cantonale, la tâche qui lui incombait dans la répartition des charges du couple, c'est-à-dire de tondre le gazon et de balayer les feuilles mortes. Dans une note établie le 13 mars 2006, un collaborateur de l'office AI a de plus relevé que le taux d'occupation du recourant était de 60 % depuis février 2006 (contrat de travail de 20 %, accompagné d'un 40 % sous forme d'heures supplémentaires), alors que les médecins du SMR avaient retenu qu'il ne pouvait exercer une activité à un taux supérieur de 50 % (rapport du 21 janvier 2006). Aussi, le fait que l'assuré a été capable selon le docteur D.________, en plus de son activité de conducteur de bus à 50 % et durant un temps limité (du 5 mars au 3 mai 2010), de conceptualiser, de planifier et de réaliser ces infractions pénales, ainsi que de faire preuve de compétences pour s'adapter à l'évolution de la situation, analyser ce qui se passait et prendre des décisions en conséquence n'apparaît pas nouveau. On ne saisit en outre pas à la lecture de l'expertise en quoi l'état dépressif du recourant lui aurait permis de manoeuvrer un bus dans le trafic routier, mais l'aurait empêché de se rendre par exemple à une succursale bancaire pour y retirer de l'argent au détriment de sa dupe ou fabriquer de faux documents en dehors de son horaire de travail. En affirmant que l'assuré disposait de ressources peu compatibles avec un épisode dépressif déclaré comme incapacitant dès le 1er janvier 2010, au motif qu'il avait été le personnage-clé de ces différentes infractions pénales, l'expert n'apporte par conséquent aucun argument objectif au soutien d'une amélioration sensible de l'état de santé du recourant.