Citation: 4C.112/2005 12.04.2005 E. 4

4.1 L'art. 337c al. 3 CO prévoit que le juge peut allouer au travailleur une indemnité dont il fixe librement le montant, en tenant compte de toutes les circonstances; cette indemnité peut atteindre six mois de salaire au plus. L'indemnité est due, en principe, dans tous les cas de licenciement immédiat et injustifié. Une éventuelle exception doit répondre à des circonstances particulières, qui ne dénotent aucune faute de l'employeur et qui ne lui sont pas non plus imputables pour d'autres raisons (ATF 116 II 300 consid. 5a p. 301; voir aussi ATF 121 III 64 consid. 3c p. 68; 120 II 243 consid. 3e p. 247). L'indemnité est fixée d'après la gravité de l'atteinte portée aux droits de la personnalité du travailleur; d'autres critères tels que la durée des rapports de travail, l'âge du lésé, sa situation sociale, une éventuelle faute concomitante (ATF 121 III 64 consid. 3c) et les effets économiques du licenciement (ATF 123 III 391 consid. 3c p. 394) entrent aussi en considération. Statuant selon les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC), le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Le Tribunal fédéral ne substitue qu'avec retenue sa propre appréciation à celle de la juridiction cantonale. 4.2 Pour fixer le montant de l'indemnité à un mois de salaire, les juges précédents ont tenu compte de la durée relativement brève des rapports de travail (4 mois), de l'âge de la demanderesse (25 ans), des comportements pouvant lui être imputés à faute (attitude du 30 janvier 2004; dans une certaine mesure, silence entre le 2 et le 5 février 2004, nonobstant les messages reçus sur son répondeur), de son attitude antérieure très satisfaisante et des conséquences du licenciement (difficulté persistante à retrouver du travail; absence d'indemnités de chômage). Ce faisant, la cour cantonale ne s'est pas fondée sur des circonstances qui, dans le cas particulier, n'auraient pas dû jouer de rôle, ni n'a omis tenir compte d'éléments qui auraient absolument dû être pris en considération. Elle n'a pas non plus excédé le large pouvoir d'appréciation que lui reconnaît la jurisprudence en allouant à la demanderesse une indemnité correspondant à un mois de salaire. L'argument de la défenderesse, selon lequel la demanderesse aurait créé "l'apparence d'une rébellion de nature à justifier de bonne foi le credo en le fondement d'un licenciement pour juste motif" n'est manifestement pas de nature à infirmer cette conclusion pour la raison déjà qu'il repose sur une circonstance - l'apparence de rébellion - non constatée par la cour cantonale.