Citation: 6B_1078/2023 E. 2.2.1

2.2.1. Dans le cas d'espèce, le Tribunal de police a constaté que les déclarations de l'intimé et celles de la mère de la recourante étaient évolutives et même contradictoires, alors que celles de la recourante étaient corroborées, bien qu'imparfaitement. Cette dernière avait toujours été constante s'agissant des attouchements, ne reprochant qu'un épisode de l'été 2003 et n'avait pas cherché à en augmenter la gravité. Ce n'était qu'après l'audition de l'intimé par la police que la mère de la recourante avait émis des doutes sur les accusations portées par sa fille, ayant avant cela déclaré qu'elle croyait sa fille, exposant par ailleurs certains éléments l'amenant à considérer qu'elle disait la vérité. Les déclarations de la soeur de la recourante, laquelle ne paraissait pas avoir de litige particulier avec l'intimé, ni d'intérêt à le charger, étaient importantes. La chronologie des faits donnait du crédit à la thèse de la recourante; elle s'en était ouverte d'abord à sa mère, puis la procédure avait été classée en 2009. Néanmoins, le Service de protection de la jeunesse (ci-après: SPJ) avait été mis dans la confidence et, en mars 2012, la recourante s'était présentée à l'hôtel de police en prétendant qu'elle disposait d'éléments nouveaux sur l'affaire et les autorités policières l'avaient renvoyée à agir devant le ministère public valaisan (pièce 14). Ces événements corroboraient, d'une part, les déclarations de la recourante selon lesquelles sa soeur l'avait informée entre 2010 et 2011 qu'elle avait été témoin des faits. D'autre part, couplée au changement d'attitude de sa mère et aux écueils auxquels elle avait dû faire face, cette démarche de mars 2012 expliquait les hésitations de la recourante à aller de l'avant et la nécessité de se donner du temps. À cela s'ajoutait que la recourante s'en était régulièrement ouverte à ses proches, ce qui avait été confirmé par un témoin aux débats de première instance, et dans le cadre de son suivi thérapeutique (jugement de première instance, p. 16). Au vu de l'ensemble de ces éléments et des variations importantes dans les déclarations de l'intimé, le tribunal de première instance a acquis la conviction que les faits reprochés à l'intimé dans un récit globalement crédible et convaincant ont bien été commis (jugement de première instance, p. 17).