Citation: 5A_945/2022 E. 8.2

8.2. Il y a lieu de relever d'emblée que dans la mesure où le recourant se plaint d'"arbitraire" et de "fausse application du droit", sans indiquer quelle disposition aurait été appliquée ou interprétée de manière arbitraire, une telle motivation ne satisfait pas aux exigences déduites de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.1). Pour le surplus, le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir renversé le fardeau de la preuve en lui imposant d'établir le train de vie commun des époux et en refusant d'admettre que la part à l'excédent de l'intimée ne pouvait pas dépasser le montant de 956 fr. 30 qu'il avait allégué, alors qu'il aurait appartenu à celle-ci de préciser les dépenses nécessaires au maintien de son train de vie et de rendre celles-ci vraisemblables. Ce faisant, il méconnaît que, dans le cadre de la méthode du minimum vital en deux étapes - que l'autorité cantonale a appliqué sans être critiquée -, il lui appartenait de rendre vraisemblable que, durant la vie commune, le niveau de vie de l'épouse était inférieur à celui qui résulte d'un partage de l'excédent actuel de la famille (cf. supra consid. 8.1.2). Les juges précédents ont du reste estimé que les allégations du mari, selon lesquelles le montant de la contribution d'entretien de l'épouse ne pouvait pas dépasser le déficit de celle-ci augmenté de 955 fr., n'étaient pas établies, ce qui rend la question de la répartition du fardeau de la preuve sans objet (cf. supra consid. 6.3). Constatant que la fortune des époux n'avait pas varié durant les deux années précédant la séparation, la Cour d'appel a en effet retenu qu'il était vraisemblable que ceux-ci dépensaient la totalité de leurs revenus - de plus de 21'000 fr. - sans rien économiser et que chacun d'eux en profitait de manière égale. Considérant ensuite qu'il pouvait être admis qu'un tiers de ces revenus était affecté à chacun des époux, le dernier tiers profitant aux enfants communs, l'autorité cantonale a dès lors arrêté la limite supérieure de l'entretien convenable de l'épouse à 7'000 fr. par mois. Il s'agit là d'une constatation de fait, que le recourant devait critiquer selon les exigences du principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.2). Or, il ne démontre pas en quoi l'appréciation de la cour cantonale serait insoutenable. Dans la mesure où il lui reproche de s'être arbitrairement contentée d'opérer une division des revenus du couple, sans la moindre référence au dossier et sans individualiser les dépenses de chaque membre de la famille, la critique est infondée, la jurisprudence sur laquelle il se fonde concernant la méthode de calcul dite en une étape, dans le cadre de laquelle la détermination des frais nécessaires au maintien du train de vie mené durant la vie commune s'effectue sous forme d'un calcul concret (notamment: arrêt 5A_884/2022 du 14 septembre 2023 consid. 8.2.2). Lorsque les conjoints ne réalisaient pas d'économies ou qu'en raison des frais liés à l'existence de deux ménages séparés, les revenus sont entièrement absorbés par l'entretien courant, la méthode du minimum vital élargi avec répartition de l'excédent permet en principe de tenir compte adéquatement du niveau de vie antérieur et des restrictions qui peuvent être imposées au créancier et aux enfants. La vérification du train de vie, dans le cadre de l'application de cette méthode, n'a de sens qu'en cas de circonstances particulières, par exemple lorsque les revenus d'un époux augmentent sensiblement peu après la séparation, de sorte que la prise en compte de l'entier de ce nouveau revenu dans le calcul du disponible à répartir permettrait à l'autre conjoint d'augmenter son niveau de vie (arrêts 5A_67/2020 du 10 août 2020 consid. 5.4.2; 5A_641/2019 du 30 juin 2020 consid. 4.4; cf ég. arrêt 5A_24/2016 du 23 août 2016 consid. 4.1.2). En l'occurrence, il ressort des constatations de l'arrêt attaqué qu'avant la séparation, les époux dépensaient la totalité de leurs revenus et ne réalisaient donc pas d'économies, ce que le recourant ne conteste pas. Il n'allègue en outre, ni a fortiori ne démontre, aucune circonstance particulière qui permettrait de penser que la contribution d'entretien calculée en répartissant l'excédent du minimum vital selon les règles usuelles aurait pour effet d'augmenter le train de vie de l'épouse. Dans la mesure où le recourant affirme encore, de manière péremptoire, que l'intimée n'aurait pas droit au maintien de son niveau de vie durant la vie commune au motif qu'elle aurait "violé la convention maritale", le moyen est manifestement irrecevable, étant précisé que le recourant ne formule aucun grief, dûment motivé, de violation arbitraire des art. 163 et/ou 125 CC dont il se prévaut (art. 106 al. 2 LTF). Le grief est ainsi mal fondé, pour autant qu'il soit recevable.