Citation: 6B_392/2022 E. 1.2.1

1.2.1. Par ses développements, le recourant entend en définitive faire valoir que la condamnation de E.________, pour les mêmes faits que ceux d'espèce, consacrait un empêchement de procéder au sens de l'art. 319 al. 1 let. d CPP, excluant sa propre condamnation des chefs de l'art. 117 LEI, pour l'emploi de D.________ sans autorisation, et de l'art. 130 al. 1 LJAr, en ce qui concerne la mise à disposition, à B.________, d'appareils servant à des jeux de casino électroniques. En particulier, selon le recourant, il pourrait être déduit de l'ordonnance pénale précitée, que la responsabilité de l'exploitation de B.________ incombait au seul E.________, dont la société F.________ Sàrl était par ailleurs active dans la production et le commerce d'automates de jeux. Ce faisant, le recourant ne parvient pas encore à démontrer l'arbitraire du raisonnement de la cour cantonale, qui a estimé, en se fondant sur divers moyens de preuve et notamment sur les témoignages recueillis en cours de procédure, qu'entre le mois de décembre 2015 et le 28 juin 2016, il avait été impliqué de façon importante dans la gestion de B.________, au point d'en être devenu le "gérant de fait", s'étant chargé de recruter, d'engager, de surveiller et de payer les employés - qui le considéraient comme étant le patron -, d'acheter la nourriture et les boissons - notamment par le biais de la carte Prodega établie à son nom pour le compte de B.________ -, ainsi que de payer les fournisseurs. Le recourant se faisait en outre remettre les recettes de la journée et veillait à ce que les comptes soient établis à la fin de la soirée. Il s'était également chargé de régler un litige avec les services industriels et de payer les factures y afférentes au moyen d'une somme de 7'000 fr. en petites coupures qu'il avait sur lui. Contrairement à ce que le recourant prétendait, il avait ainsi fait bien plus que de servir d'interprète à G.________, ami et associé de E.________, à qui ce dernier avait délégué l'exploitation de l'établissement (cf. jugement attaqué, consid. 5h et 5j p. 23 s.). S'agissant en particulier des appareils servant aux jeux de casino, la cour cantonale a certes retenu qu'ils avaient été installés à l'initiative de G.________, dès le mois de septembre 2015 (cf. jugement attaqué, consid. 5k p. 24 s.). Il n'en demeurait pas moins que le recourant était impliqué dans l'exploitation d'appareils servant à des jeux d'argent depuis plusieurs années, soit depuis 2011 selon les déclarations crédibles des exploitants d'un autre établissement public neuchâtelois (le restaurant H.________), ayant en outre fourni, en janvier 2016, au gérant du bar C.________ un ordinateur portable permettant d'accéder à des jeux d'argent. Aussi, dès son arrivée en décembre 2015 à B.________, le recourant avait fait plus que tolérer ces jeux dans le bar qu'il exploitait, puisqu'il venait lui-même récupérer l'argent obtenu par ce biais, étant la personne de référence en cas de problème et faisant en sorte que, pour s'en occuper, une personne de confiance soit présente en plus de la serveuse. Au regard des sommes importantes retrouvées en sa possession notamment, le recourant s'était lancé dans cette activité comme s'il s'agissait d'une profession (cf. jugement attaqué, consid. 7c p. 30). Quant à l'implication du recourant dans l'emploi sans autorisation de D.________, qui était le frère de son épouse, elle était déduite des déclarations de ce dernier, qui avait expliqué avoir effectué, contre rémunération, divers travaux de nettoyage, de jardinage et de peinture dans la maison du recourant, lequel l'avait en outre fait travailler à B.________ durant un mois environ, pour qu'il s'occupe plus particulièrement des appareils de jeux (cf. jugement attaqué, consid. 5o p. 26). Pour la cour cantonale, le dossier ne permettait par ailleurs pas d'établir que D.________ avait eu des contacts avec E.________, autrement que par le truchement du recourant. Il était donc très peu plausible que E.________ avait pu l'engager à B.________, puis dans un autre établissement public, sans que le recourant ait joué un rôle décisif (cf. jugement attaqué, consid. 8c p. 32).