Citation: 5A_998/2018 E. 5.2

5.2. Si la Cour de justice a certes relevé qu'il n'appartenait pas au juge de la récusation d'examiner la conduite du procès à la façon d'un organe de surveillance et que, à Genève, le Conseil supérieur de la magistrature s'assure notamment que les magistrats exercent leur charge avec dignité, rigueur, assiduité, diligence et humanité, il ne ressort toutefois pas de sa motivation qu'elle aurait en définitive renoncé à traiter certains griefs du recourant au motif qu'ils ne relevaient pas de sa compétence. Seul le grief relatif à la prétendue lenteur de la procédure a fait l'objet d'une telle motivation, la cour cantonale ayant en effet estimé que la compétence du Conseil supérieur de la magistrature - et non du juge de la récusation - est donnée si la lenteur d'une procédure reflète un manque d'assiduité d'un juge. Elle a toutefois écarté le grief du recourant également au motif que la lenteur alléguée de la procédure aurait de toute façon desservi les deux parties et pas uniquement le recourant, de sorte que l'on ne pouvait y voir une quelconque prévention en défaveur de ce dernier. Il apparaît dès lors que ce moyen a également été traité par la cour cantonale, ce qui prive le grief de déni de justice de tout fondement. Au surplus, en tant que le recourant conteste la motivation adoptée sur ce point par la cour cantonale, son grief sera examiné ci-après (cf. infra consid. 6.3). Le même sort doit être réservé à la critique selon laquelle le grief relatif au comportement du juge Ascher lors de l'audience du 24 novembre 2017 n'aurait pas été traité. La décision attaquée comporte en effet une motivation à cet égard: la Cour de justice a exposé que le recourant n'avait manifestement pas estimé que les propos tenus par le juge à cette occasion constituaient un motif suffisant de récusation dès lors qu'il ne l'avait pas requise lors de l'audience ou même immédiatement après celle-ci. Autre est la question de savoir si cette motivation viole le droit. Ce point sera discuté ci-dessous (cf. infra consid. 6.3). Le recourant ne démontre par ailleurs pas à satisfaction en quoi les éléments qu'il reproche aux juges précédents de ne pas avoir examinés auraient eu une incidence sur l'issue de la cause et auraient en particulier dû conduire à la récusation du juge Ascher. Il se contente d'affirmer de manière péremptoire que ces éléments, pris dans leur ensemble, auraient dû amener les juges précédents à reconnaître la prévention du magistrat intimé à son égard. Il s'agit toutefois là de sa propre appréciation des éléments en question, qu'il oppose de manière irrecevable à celle, différente, des juges cantonaux. En définitive, les griefs de déni de justice et de violation du droit d'être entendu doivent être écartés.