Citation: 8C_259/2022 E. 4

Les juges cantonaux ont confirmé la décision sur opposition du 15 avril 2021, par laquelle l'intimée avait reconnu l'existence d'un traumatisme cervical indirect de degré II en lien de causalité avec l'accident, mais dont l'effet avait cessé après une année compte tenu d'un état antérieur dégénératif/maladif démontré à l'imagerie médicale et en l'absence de toute lésion structurelle imputable à l'accident. En particulier, l'intimée avait considéré que le rétrécissement foraminal C5-C6 débutant à droite était d'origine maladive et préexistante au traumatisme cervical et avait admis une simple aggravation passagère due à l'accident. La décision litigieuse reprenait l'appréciation du docteur D.________, qui avait opéré une synthèse de l'ensemble du dossier médical de la recourante. Selon les premiers juges, l'analyse du médecin-conseil était convaincante, fondée sur des éléments objectifs, et elle n'était pas contredite par les éléments figurant au dossier. Les juges cantonaux ont relevé en particulier qu'une IRM cervicale effectué le 28 février 2020 avait montré un rétrécissement foraminal droit débutant en C5-C6, non significatif, pouvant être responsable d'un syndrome irritatif sur la racine C6 à droite. Le docteur D.________ avait estimé que ce rétrécissement foraminal était étranger à l'accident et préconisé un "assessment" à la CRR. Parallèlement, la recourante avait consulté successivement le docteur E.________, spécialiste en neurochirurgie, qui avait relevé l'absence de conflit discoradiculaire sur l'IRM cervicale, puis le docteur F.________, qui avait confirmé l'absence de "lésion explicative" pour les douleurs au bras et ajouté qu'il y avait seulement de très banals troubles dégénératifs. Les médecins de la CRR avaient eu connaissance des imageries et des rapports des autres spécialistes et avaient conclu, après avoir procédé eux-mêmes à divers examens, au diagnostic de traumatisme cervical indirect de degré II. Ensuite, dans un rapport du 14 juillet 2020, le docteur G.________, spécialiste en neurologie, avait fait la même lecture de l'IRM du 28 février 2020, en notant qu'elle n'avait révélé que de discrets troubles dégénératifs débutants au niveau C5-C6, sans compression radiculaire nette. Une IRM de la colonne cervico-dorsale pratiquée le 24 juillet 2020 avait par la suite confirmé l'absence de fracture, de tassement vertébral ou de rétrécissement canalaire, mais montré l'existence d'une arthrose à caractère inflammatoire ainsi que plusieurs petites protrusions discales sans hernie discale ou conflit radiculaire. S'agissant en particulier d'une IRM thoracique-lombaire à laquelle s'était notamment soumise la recourante à l'étranger, le rapport mentionnait plusieurs discopathies, une petite hernie et un "débord discal circonférentiel minimum L5-S1 avec fissure annulaire fibreuse, tangente aux racines extraforaminales L5". A son retour en Suisse, la recourante avait soumis les IRM pratiquées à l'étranger au docteur H.________, spécialiste en médecine physique et réadaptation, lequel avait constaté une correspondance modeste entre l'anamnèse, les plaintes et l'imagerie ainsi que l'existence de lésions possiblement post-traumatiques au niveau du genou et de la cheville droite et des lésions d'allure dégénératives relativement banales. Selon les juges cantonaux, aucun élément d'ordre médical ne remettait en cause la valeur probante des rapports des docteurs G.________, H.________ et D.________ qui évoquaient clairement des atteintes dégénératives. Il n'y avait alors pas de motif de s'écarter de l'avis de ce dernier qui s'inscrivait dans le cadre de la jurisprudence, qui se fondait sur l'expérience médicale, selon laquelle une aggravation post-traumatique (sans lésion structurelle associée) d'un état dégénératif antérieur de la colonne vertébrale auparavant asymptomatique cessait de produire ses effets en règle générale après six à neuf mois, voire au maximum après une année (arrêts 8C_746/2018 du 1 er avril 2019 consid. 3.2; 8C_625/2017 du 5 avril 2018 consid. 3.2).