Citation: 1P.261/2005 23.05.2005 E. A

U.________ a été placé le 30 août 2004 en détention préventive dans le cadre d'une enquête pénale ouverte contre lui pour vol, vol d'importance mineure, vol d'usage, filouterie d'auberge, menaces, dommages à la propriété, violation de domicile, ivresse au volant et conduite d'un véhicule malgré le retrait du permis de conduire. Le Juge d'instruction de l'arrondissement du Nord vaudois en charge de la procédure (ci-après: le Juge d'instruction) a justifié cette mesure par le danger que le prévenu représentait pour la sécurité publique compte tenu de ses antécédents, de son caractère et des infractions qui lui sont reprochées. Selon un rapport d'expertise psychiatrique établi le 29 décembre 2004 par les docteurs François Pache et Fulvia Raiola, respectivement médecin-adjoint et médecin-assistante au sein de l'Unité de Psychiatrie Ambulatoire d'Yverdon, U.________ présente une personnalité émotionnellement labile avec des traits antisociaux et souffre d'un abus d'alcool. Les experts estiment un internement avec privation de liberté comme actuellement non indiqué; en revanche, s'agissant d'un prévenu jugé potentiellement dangereux avec un fort risque de récidive, ils préconisent une prise en charge institutionnelle à durée indéterminée dans une institution du type de la Sylvabelle, à Provence, coordonnée avec un traitement psychiatrique ambulatoire et des mesures d'interdiction civile. Par ordonnance du 11 mars 2005, le Juge d'instruction a ordonné la relaxation de U.________ pour le 14 mars 2005, en vue de son admission à l'EMS La Sylvabelle. Il a subordonné cette mesure à la condition que le prévenu respecte le cadre thérapeutique et les règles de vie fixés par cet établissement. Au terme d'un arrêt rendu le 31 mars 2005, le Tribunal d'accusation du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: le Tribunal d'accusation) a admis le recours formé par le Ministère public du canton de Vaud contre cette décision qu'il a annulée et a maintenu U.________ en détention préventive. Il a estimé en substance qu'en l'état du dossier, il ne pouvait être exclu que le prévenu mette à exécution les menaces proférées à l'encontre de son ex-épouse, que sa relaxation était prématurée et que le principe de la proportionnalité était respecté pour autant que la seconde expertise envisagée par le Juge d'instruction soit ordonnée à très bref délai. Il a invité ce dernier à prendre contact par téléphone avec les médecins psychiatres afin qu'ils lui communiquent leurs déterminations avant le dépôt du rapport final.