Citation: 5A_630/2018 E. 4.1.3

4.1.3. Dans la poursuite qui se continue par voie de saisie, la distribution des deniers a en principe lieu dès que tous les biens compris dans une saisie sont réalisés (art. 144 al. 1 LP), cette distribution ayant lieu d'office (GILLIÉRON, Poursuite, n° 1352, p. 326). L'office peut toutefois, sur requête ou d'office, procéder en tout temps à des répartitions provisoires (art. 144 al. 2 LP), pour autant que la situation paraisse claire quant aux créanciers ayant droit à un dividende et à leurs créances (KURT STÖCKLI/PHILIPP POSSA, in Kurzkommentar SchKG, 2ème éd. 2014, nos 6 et 7 ad art. 144 LP; CHRISTIAN SCHÖNIGER, in Basler Kommentar, SchKG I, 2ème éd. 2010, n° 88 ad art. 144 LP). La répartition provisoire doit en outre être proportionnelle au montant des créances concernées (ATF 54 III 150; JEAN-DANIEL SCHMID, in SK Kommentar SchKG, 4ème éd. 2017, n° 19 ad art. 144 LP). Elle ne doit en outre pas compromettre la distribution des deniers tenant compte des droits de préférence et des privilèges de collocation tels qu'ils résultent de l'art. 219 LP (cf. art. 146 al. 2 LP). Aucun acompte ne peut donc être versé à des poursuivants participant à la saisie tant que ceux bénéficiant de tels droits et privilèges ne sont pas couverts (GILLIÉRON, Commentaire, nos 18 et 21 ad art. 144 LP). Toute distribution provisoire doit être précédée de l'établissement d'un tableau de distribution provisoire, qui doit être déposé et est susceptible d'être attaqué par la voie de la plainte à l'autorité de surveillance (GILLIÉRON, Commentaire, n° 20 ad art. 144 LP; SCHMID, op. cit., n° 18 ad art. 144 LP et les autres références). Le versement des acomptes ne doit ainsi en principe intervenir qu'une fois le tableau de distribution provisoire entré en force (SCHMID, loc. cit. et la référence).