Citation: 6B_1283/2018 E. 1.5

1.5. Après s'être référé à ces éléments, la cour cantonale a écarté tour à tour les différents griefs soulevés en appel par le recourant, tenant à la valeur probante des rapports médicaux établissant les séquelles psychologiques de l'intimée, ou encore à différents éléments relatifs au comportement de l'intimée après les faits. Pour l'essentiel, le recourant se contente de réitérer devant le Tribunal fédéral les griefs déjà soulevés devant la cour cantonale à l'encontre du jugement de première instance. Faute pour lui de discuter précisément les motifs de la décision attaquée, le recourant développe une argumentation qui ne répond pas aux exigences de motivation déduites de l'art. 106 al. 2 LTF. Qui plus est, le recourant tente de remettre en cause l'appréciation des juges précédents en dénonçant de prétendues contradictions dans le comportement de l'intimée qu'il tente de construire en s'essayant à dépeindre un hypothétique portrait type de personne violée. Selon lui, une telle personne chercherait à tout prix à fuir afin de ne plus être confrontée à son agresseur, aurait honte et ne parlerait que très difficilement des faits survenus, ou encore, se sentant sale et ressentant immédiatement le besoin d'effacer toutes traces laissées par son agresseur, se précipiterait sous la douche après l'acte. Il pense ainsi pouvoir tirer argument de ce que l'intimée n'aurait pas affiché de réticences à évoquer les faits avec des tiers, ou encore de ce que cette dernière " n'a[aurait] même pas eu l'idée de prendre une douche après ce prétendu viol ", ce qui constituerait " un détail assez surprenant ". Sur ce dernier point, le grief du recourant, tel que formulé, confine à la témérité. De surcroît, une telle démarche, consistant à discuter l'arrêt cantonal à l'aune d'un profil hypothétique de victime de viol, confère au grief en cause un caractère purement appellatoire et le rend irrecevable. Quoi qu'il en soit, la cour cantonale a jugé non déterminant le fait que l'intimée n'ait pas pris de douche immédiatement après les faits en évoquant l'état de choc, voire de sidération dans lequel cette dernière se trouvait, avant d'ajouter que les réactions des victimes dans de telles circonstances variaient et dépendaient d'une personne à l'autre. Ces arguments échappent à la critique. De même, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir retenu la présence d'un symptôme de " dissociation péri-traumatique liée aux évènements " pour expliquer pourquoi l'intimée était parvenue, dans un premier temps, à aborder ouvertement les faits avec des tiers. En outre, le recourant ne peut tirer argument de ce que l'intimée, qui suivait un apprentissage de coiffeuse, aurait décidé de poursuivre sa formation dans un salon situé en face de son propre lieu de travail, alors qu'une personne violée aurait tenté à tout prix d'éviter son agresseur. La cour cantonale a retenu sur ce point (art. 105 al. 1 LTF) que le changement en question avait été imposé par l'employeur de l'intimée, constat que le recourant ne discute pas et qui suffit à disqualifier son argument. C'est finalement en vain que le recourant remet en cause le constat selon lequel l'intimée a été atteinte psychologiquement ensuite des faits survenus dans la nuit du 4 au 5 juin 2016, en relevant notamment qu'elle était suivie depuis le mois de mars précédent les faits. La cour cantonale a retenu sur ce point que son suivi antérieur avait trait à d'autres motifs. Le recourant ne formule aucune critique portant spécifiquement sur ce point. On ne voit pas davantage en quoi le fait que le rapport de la psychologue a été rédigé après deux mois de suivi serait en soi propre à remettre en cause son objectivité ou affecterait la valeur probante que lui a attribué la cour cantonale. En outre, contrairement à ce qu'invoque le recourant, le rapport de la psychologue consultée par l'intimée détaille les différents tests (questionnaires) à laquelle cette dernière a été soumise pour apprécier son état psychologique. Au reste, la cour cantonale a retenu l'existence de troubles psychologiques (stress post-traumatique et troubles anxio-dépressifs) essentiellement sur la base des rapports de la psychologue et du médecin-traitant de l'intimée des 26 septembre et 17 octobre 2016. Il importe peu, dès lors, que le suivi psychiatrique dont l'intimée a également bénéficié par la suite ait débuté en 2017, comme le retient la cour cantonale ou en juin 2018, comme l'invoque le recourant. Quoi qu'il en soit, cet élément ne remet nullement en cause l'appréciation de l'autorité précédente concernant l'existence et les causes des troubles constatés chez l'intimée. En définitive, aucun des éléments mis en exergue par le recourant ne conduit à reprocher à la cour cantonale d'avoir arbitrairement constaté les faits ou d'avoir arbitrairement retenu la version de l'intimée plutôt que la sienne. Les griefs qu'il formule sous cet angle doivent dès lors être rejetés, si tant est qu'ils soient recevables.