Citation: 6B_808/2022 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a relevé que le couple entretenait une relation toxique empreinte de dépendance affective. Elle a souligné que la relation avait la particularité de voir souffrir physiquement uniquement l'intimée, aucun élément ne permettant de retenir que les punitions auraient également concerné le recourant. Le week-end en cause s'était déroulé sans encombre jusqu'à la dispute du samedi après-midi au terme de laquelle le recourant était particulièrement énervé et avait puni l'intimée après qu'elle avait avoué une relation sexuelle non protégée durant leur précédente séparation; le recourant était coutumier de ce genre de pratiques, ayant à plusieurs reprises humilié sa compagne en lui crachant dessus, en urinant sur elle ou en lui demandant de lécher le sol afin d'asseoir sa supériorité et son emprise sur elle. La cour cantonale a cependant noté une gradation dans les punitions infligées au cours du week-end, le recourant étant particulièrement "exalté", ce qui avait effrayé l'intimée. Alors qu'elle avait opposé un refus aux punitions ordonnées, elle avait finalement cédé à la suite des menaces réitérées du recourant de diffuser ses vidéos et photographies intimes. S'agissant des épisodes mis en avant par le recourant de l'achat à la Coop et de l'appel téléphonique de l'intimée à sa mère, la cour cantonale a considéré qu'ils devaient être examinés dans ce contexte où l'intimée n'avait plus son libre arbitre, celui-ci ayant été annihilé par la menace d'un dommage sérieux. Il ne fallait pas perdre de vue que le couple vivait une relation toxique depuis de nombreux mois, au cours desquels l'intimée avait été notamment humiliée et injuriée, ce qui était un élément important de la pression subie. La cour cantonale a tenu pour établi que si l'intimée avait par le passé accepté de subir diverses punitions pour éviter que le recourant ne la quitte ou entretienne des rapports sexuels avec d'autres partenaires, on ne saurait en déduire qu'elle y avait consenti au cours du week-end des 14 et 15 juillet 2018. A cet égard, le recourant ne pouvait ignorer qu'elle ne souhaitait pas subir l'acte sexuel par pénétration anale, lui prodiguer de fellation et avaler son sperme, ni qu'il touche sa poitrine et éjacule sur elle.