Citation: U 387/04 16.02.2006 E. 3

3.1 Il apparaît dès lors que tous les médecins consultés ont un avis concordant quant à la nature des lésions (rupture complète de la coiffe des rotateurs) et à leurs conséquences permanentes probables (cf. notamment, impotence fonctionnelle importante de l'épaule droite [rapport du docteur W.________ du 29 novembre 1996], limitation fonctionnelle avec manque de force [rapport du docteur B.________ du 3 décembre 1997], nette limitation de la force [rapports du docteur B.________ des 5 mars et 28 avril 1998], faiblesses et douleurs liées aux efforts répétitifs [rapport du G.________ du 22 juin 1998], important manque de force et perte de fonctionnalité considérable [rapport du docteur R.________ du 29 novembre 1999]). De surcroît, les différents praticiens qui se sont exprimés sur le sujet ont mentionné des limitations fonctionnelles pour l'essentiel identiques (activité sans port de charge avec le bras restant en dessous de l'horizontal [rapport du docteur C.________ du 5 mai 1997], activité plus légère que celle de fondeur [rapport du docteur S.________ du 30 juin 1999], activité ne nécessitant pas de mouvements répétés de l'épaule droite, ni le port de charges supérieures à 10 kg et permettant de laisser les mains à hauteur d'une table [rapport du docteur R.________ du 29 novembre 1999], activité sans contrainte pour l'épaule droite et excluant le port de charge [rapport du COPAI du 26 juillet 2000], activité limitant les mouvements répétés de l'épaule droite au dessus de 20 à 30°, le port de charges supérieures à 10 kg et les torsions-tractions [rapport du docteur F.________ du printemps 2001], l'intimé peut utiliser sa main dans des domaines tels que la mécanique de précision et porter des charges légères [rapports du docteur M.________ des 6 août et 20 octobre 2003]). En raison notamment de la concordance des avis médicaux sur ces différents points, il ne saurait être question d'écarter le rapport d'un médecin au profit d'un autre sous prétexte qu'il aurait une valeur probante accrue, supérieure à celle des autres, comme semble l'avoir retenu la juridiction cantonale. 3.2 Les divergences d'opinion, considérables, résultent d'une appréciation différenciée de la capacité de travail de l'intimé. Sur la base de constatations identiques, dont certaines reposent sur des observations concrètes (cf. par exemple, le rapport du COPAI qui retient un rendement de 50 %, bien que ceux effectivement observés étaient plutôt de l'ordre de 30 à 40 %, la volonté et l'assiduité de l'intimé n'étant pas en cause; le rendement de celui-ci durant la tentative de reprise du travail n'a jamais dépassé 10 %, malgré des efforts évidents relevés par l'employeur et l'adaptation des activités aux handicaps présumés), le docteur E.________ a retenu une incapacité totale de travail, le docteur C.________ une capacité de 25 % dans un travail sans port de charge avec le bras restant en dessous de l'horizontal (rapport du 5 mai 1997) et le COPAI une capacité de 50 % dans une activité sans contrainte pour l'épaule droite et excluant le port de charge (rapport du 26 juillet 2000), tandis que le docteur F.________ relevait une capacité de travail de 100 % dans une activité limitant les mouvements répétés de l'épaule droite au dessus de 20 à 30°, le port de charges supérieures à 10 kg et les torsions-tractions (rapport du printemps 2001), le docteur D.________ une pleine capacité dans certains travaux (rapport du 31 octobre 2000), de même que le docteur M.________ dans des domaines tels que la mécanique de précision ne nécessitant que le port de charges légères (rapports des 6 et 20 octobre 2003). On notera que les considérations justifiant les différentes capacités retenues ne reposent sur aucun véritable fondement objectif et sont rarement motivées. Il semble également qu'il n'a pas toujours été tenu compte des observations formulées à propos des limitations fonctionnelles et de l'idonéité des différentes professions décrites.