Citation: U 199/99 19.05.2000 E. 4

4.- a) En second lieu, S.________ fait valoir que c'est à tort que tant la CNA que les premiers juges ont nié l'existence d'un rapport de causalité naturelle et adéquate entre les troubles psychiques dont il souffre et l'accident du 10 juillet 1992. A cet égard, il conteste s'être heurté contre les montants d'un échafaudage et allègue être tombé d'une hauteur de 2 mètres sur une dalle en béton. b) Cette version des circonstances de l'accident diverge des premières déclarations que le recourant a faites à la CNA. Celui-ci explique cette différence par le fait que c'est son employeur qui a rempli le formulaire LAA. Toutefois, il a lui-même signé le 7 septembre 1992 un document dans lequel il mentionnait s'être tapé l'épaule contre le montant d'un échafaudage alors qu'il reculait pour saisir du matériel. En outre, son médecin traitant, le docteur M.________, n'a jamais fait allusion à une chute dans ses rapports à l'intention de l'intimée. Dans ces conditions, il se justifie, à l'instar des premiers juges, d'accorder la préférence à la version des faits que l'assuré a donnée en premier lieu (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références). c) Pour E.________, psychologue et expert mandaté par l'assurance-invalidité, l'assuré souffre de troubles psychiques sous la forme d'un état de stress post-traumatique atypique (rapport du 8 décembre 1994). De leur côté, les docteurs C.________ et D.________ du Centre psycho-social de Z.________ ont fait état "d'angoisses de perte et de mort qui ont été réactivées par l'atteinte physique initiale et l'échec de la première intervention chirurgicale" (rapport du 24 octobre 1995). Sur la base de ces constatations médicales, le lien de causalité naturelle entre l'événement accidentel et les troubles psychiques du recourant peut être admis. Il suffit en effet que cet événement apparaisse comme l'une des causes de l'affection psychique, ce qui est le cas en l'occurrence. En revanche, le caractère adéquat de la causalité doit être nié ainsi que l'ont démontré les premiers juges de manière convaincante. Sur ce point, l'argumentation du recourant, qui se fonde essentiellement sur la jurisprudence développée par le Tribunal fédéral dans l'arrêt S. (ATF 96 II 392) est dénuée de toute pertinence (ATF 123 V 104 consid. 3d). En effet, au regard de son déroulement, l'accident du 10 juillet 1992 se situe sans conteste dans la limite inférieure des accidents de gravité moyenne et ce, même s'il s'était agi, comme l'allègue le recourant, d'une chute d'une hauteur de 2 mètres (cf. RAMA 1998 no U 307 p. 449). Or, il n'existe aucune circonstance de nature à faire apparaître l'accident en cause comme impressionnant ou particulièrement dramatique. Par ailleurs, l'assuré a chaque fois repris son activité deux semaines après avoir interrompu le travail et la lésion subie est, en définitive, peu importante. Enfin, si la durée de l'incapacité de travail à partir du mois de mai 1993, due notamment à l'échec de la première intervention chirurgicale, est certes importante, cet élément ne saurait à lui seul suffire pour admettre l'existence d'un lien de causalité adéquate, les critères dégagés par la jurisprudence en ce domaine devant se trouver cumulés en cas d'accident de moindre gravité (cf. ATF 115 V 403 ss). C'est dès lors à juste titre que la juridiction cantonale a considéré que l'intimée n'était pas tenue de verser des prestations pour les conséquences des affections de nature psychique dont souffre le recourant. d) Compte tenu de ce qui précède, la CNA n'a donc à répondre que de l'incapacité de travail du recourant découlant de l'atteinte à son épaule droite. A la lumière de l'ensemble des rapports médicaux versés au dossier, il n'existe pas de motif de s'écarter du taux retenu par le docteur P.________ à partir du 1er juin 1995, puis du 14 mai 1996. Quant au montant de la rente d'invalidité auquel l'intimée est parvenue en se fondant sur différentes enquêtes économiques internes, il n'apparaît pas non plus critiquable. Le recours se révèle par conséquent mal fondé.