Citation: 5A_818/2022 E. 4.2

4.2. Les recourants se plaignent d'abord de ce que la cour cantonale ait confirmé la curatelle d'assistance éducative également en ce qui concerne l'enfant pour lequel un placement a été ordonné, alors qu'aucun intervenant n'avait demandé la mise en oeuvre d'une telle mesure. Ce faisant, ils perdent cependant de vue que, selon l'art. 446 al. 3 CC (cum art. 314 al. 1 CC), l'autorité de protection n'est pas liée par les conclusions des personnes parties à la procédure (maxime d'office; arrêt 5A_210/2018 du 14 décembre 2018 consid. 2.5). Quant à l'opportunité d'une telle mesure s'agissant de l'enfant en question, force est de constater que les recourants ne discutent pas les motifs retenus par la cour cantonale sur la base de la doctrine, à savoir que le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant n'empêche pas l'institution d'une mesure de curatelle éducative. Ils se contentent par ailleurs d'opposer leur propre point de vue à celui des juges cantonaux, qui ont estimé qu'une telle curatelle était utile pour aménager les interactions entre les membres de la famille lorsque le mineur rentrerait à domicile pendant le week-end ou les vacances, dans le cadre de la mesure de l'art. 310 CC, ainsi que pour régler les différends survenant pendant le placement de l'enfant et préparer les parents à pouvoir accueillir à nouveau leur fils dans la communauté domestique au terme du retrait de leur droit de déterminer le lieu de résidence de celui-ci. Prétendre simplement qu'une telle motivation apparaît " douteuse " et qu'elle " n'émane d'ailleurs ni des recourants, ni du personnel soignant/médical encadrant [l'enfant], ni des autorités de protection de ce dernier, et en particulier de la DGEJ ", ou encore que la curatelle litigieuse serait " dénuée de tout objet s'agissant d'un enfant gravement handicapé ne pouvant aucunement bénéficier d'une quelconque assistance éducative " est à l'évidence insuffisant. Il en va de même lorsque les recourants questionnent la proportionnalité de la mesure querellée puisque, là encore, ils se bornent à qualifier les éléments retenus par la cour cantonale de très hypothétiques et aucunement étoffés, et d'observer que rien n'indiquerait à ce stade que des "interactions" devraient être "aménagées" lorsque leur fils rentrera à domicile pendant le week-end et/ou les vacances. Pour ce qui est de leurs deux autres enfants, les recourants se disent surpris qu'une curatelle d'assistance éducative ait été instituée en leur faveur, alors qu'il serait aujourd'hui acquis que la situation a évolué favorablement, comme l'avait confirmé la curatrice lors de l'audience du 9 décembre 2021. La juge déléguée avait d'ailleurs considéré, dans sa décision sur effet suspensif, qu'il n'apparaissait pas urgent d'instaurer la curatelle d'assistance éducative instituée par la décision querellée, et l'on ne voyait pas en quoi cette appréciation devrait être différente sur le fond. Les recourants ajoutent que leur implication dans l'éducation desdits enfants, ainsi que leur disponibilité à cette tâche, n'est pas remise en cause, de sorte qu'une telle mesure ne se justifierait pas. Ils soutiennent que les difficultés auxquelles sont confrontés ces enfants ne sont pas à mettre en lien avec la prétendue implication trop importante de leurs parents en faveur de leur frère, mais, bien plutôt, avec le fait que celui-ci est gravement handicapé, ce qui génère un sentiment de culpabilité, lequel n'est aucunement lié à la présence ou non dudit frère au domicile familial ou aux efforts déployés par ses parents pour s'en occuper. Là encore, force est de constater que les recourants ne discutent pas les motifs retenus par les juges cantonaux. Contrairement à ce qu'ils soutiennent, dits magistrats n'ont pas méconnu que la situation de leurs deux autres enfants s'était récemment améliorée. Ils ont cependant jugé que l'intervention d'un conseiller demeurait nécessaire sur la base des faits retenus, qui lient le Tribunal fédéral faute d'avoir été valablement critiqués. Demeurent ainsi intactes les constatations selon lesquelles l'évolution favorable dont se prévalent les recourants ne s'est produite que dans un cadre contraignant et qu'elle a en outre vu le jour durant l'hospitalisation à temps plein de leur fils handicapé, qui leur a permis de dégager du temps pour les autres membres de la fratrie. Il en va de même dans la mesure où l'autorité cantonale retient que les relations des parents avec les divers professionnels restent complexes, tant sur le plan de la communication que de la coopération, et que la DGEJ estime qu'un cadre strict continue d'être nécessaire pour assurer le bon développement des enfants. Tel est aussi le cas en tant qu'il ressort de l'arrêt entrepris que les parents entrent encore rapidement en conflit avec les intervenants lorsque ceux-ci font part d'observations allant à l'encontre de leur avis, qu'ils se victimisent et campent parfois sur des positions rigides et peu rationnelles autour de leur fonctionnement familial, que, lors des séances de thérapie, ils refusent d'aborder certains sujets, notamment concernant leur fils handicapé, et que l'équipe mobile - composée de deux éducatrices mandatées par la DGEJ pour intervenir à domicile une à deux fois par semaine - n'a pu finalement s'y rendre qu'une à deux fois par mois, la mère refusant que l'équipe intervienne en son absence. Compte tenu de ces circonstances, et notamment de l'attitude oppositionnelle des recourants, l'autorité cantonale n'a pas violé le droit fédéral, ni abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que les mesures limitées prévues par l'art. 307 CC étaient insuffisantes, voire inopportunes. Elle ne saurait dès lors se voir reprocher d'avoir enfreint les principes de subsidiarité et de proportionnalité. Autant que recevable, le moyen est par conséquent mal fondé.