Citation: 4A_488/2017 E. 3.2

3.2. Les assurées recourantes reprochent à la cour cantonale de n'avoir pas retenu que le contrat d'assurance-crédit portait sur treize risques assurés, soit le paiement à la commande et chacun des douze paiements trimestriels dus de mars 2009 à décembre 2011. Elles soutiennent que les parties n'ont pas voulu d'un paiement unique, mais ont prévu des modalités de paiement trimestrielles, qui sont précisément les risques couverts par le contrat d'assurance-crédit. Dans ce contexte, le " fait d'où naît l'obligation " de l'art. 46 al. 1 LCA est l'échéance d'un versement trimestriel, dont la date d'exigibilité est individuelle et à laquelle s'ajoute un délai d'attente de 180 jours. Admettant que l'art. 128 CO ne s'applique pas, les recourantes plaident pour l'application de l'art. 130 CO, disposition qui prévoit que le délai de prescription court dès l'exigibilité de la créance, de sorte que chaque paiement trimestriel a son propre délai de prescription. Elles invoquent encore la jurisprudence rendue en matière d'indemnités journalières et soutiennent que leur comportement ensuite du défaut de paiement de leur cocontractante n'est pas à prendre en compte dans le cadre de l'application de l'art. 46 al. 1 LCA. Pour l'assurance intimée, il n'y a pas lieu de se départir du raisonnement tenu par la cour cantonale, selon lequel il y a bien une créance unique, faisant courir un seul et même délai de prescription à partir du 6 septembre 2009. L'attitude des recourantes démontrerait d'ailleurs qu'elles considéraient avoir subi un dommage unique dès le mois de mai 2009, de sorte que l'argumentation développée à l'appui de leur recours serait abusive (venire contra factum proprium). L'application d'un dies a quo distinct pour chaque versement trimestriel serait en outre artificielle et hors de toute réalité économique; la jurisprudence rendue en matière d'indemnités journalières aurait été invoquée en désespoir de cause.