Citation: I 409/00 13.03.2001 E. 4

4.- a) En l'espèce, pour apprécier le degré d'invalidité du recourant, l'office AI et les premiers juges se sont essentiellement fondés sur le rapport du docteur T.________ du 11 décembre 1998. Ce médecin a posé le diagnostic de cure de hernie inguinale, de status après trois excisions de fistule, de toxicomanie à l'héroïne et à la cocaïne, d'ancienne hépatite B, de sérologie positive pour hépatite C et B, d'obésité et de tabagisme. Il a constaté que l'activité professionnelle actuelle est possible à 50 % et qu'un travail en position debout, avec déplacement de quelques mètres, horizontalement, sans port de charges est apparemment possible selon les horaires habituels. Aux conclusions du docteur T.________ étaient joints six rapports hospitaliers de 1997 (relatifs surtout à l'affection inguinale de l'assuré) et un rapport du 28 novembre 1990 du docteur A.________, médecin-chef du service de radiologie de l'Hôpital du district de X.________, indiquant que le recourant présentait, notamment, une importante spondylolisthèse L5/S1, une hyperlordose lombaire et une discopathie L4-L5. Ces affections ne figurant pas dans le diagnostic du docteur T.________, les premiers juges en ont conclu qu'elles ne se manifestaient pas ou plus, de sorte qu'elles n'affectaient pas la capacité de travail du recourant. b) Le recourant oppose aux conclusions du docteur T.________ celles du docteur G.________. Alors que le premier de ces médecins l'a examiné le 10 décembre 1998, le second a procédé à trois examens les 6 et 13 juin 2000 et le 7 juillet 2000. Le docteur G.________ s'est également fond sur un rapport radiologique du 9 juin 2000 du docteur M.________, médecin-chef du service de radiologie de l'hôpital du Jura bernois, dont il ressort que le recourant présente une lyse isthmique bilatérale de L5 associée à une assez importante spondylolisthèse de degré 3 (sur une échelle de gravité allant de 1 à 4). Selon le docteur G.________, le recourant souffre d'un syndrome lombo-vertébral chronique dû à une importante spondylolisthèse L5/S1, ainsi que d'une polytoxicomanie (abus d'héroïne et de nicotine, status après abus d'amphétamines et d'opium, status après trois programmes de désintoxication à la méthadone, status après hépatite B, status persistant d'hépatite C, status après emprisonnement pour délit en matière de stupéfiants, léger changement de personnalité et début d'un syndrome de démence). Ce médecin a fait état d'une exacerbation des douleurs lombo-vertébrales depuis environ six à huit mois. Bien que l'examen clinique ne soit pas démesurément riche et que la spondylolisthèse diagnostiquée en 1990 ne se soit pas aggravée au cours de ces dix dernières années, les anomalies révélées par l'examen radiologique du 28 novembre 1990, et confirmées par celui du 9 juin 2000, expliquent les plaintes du patient. Par ailleurs, le docteur G.________ affirme que l'abus chronique d'héroïne est responsable de la pathologie persistante de l'hépatite C et du début de syndrome de démence associé au léger changement de personnalité. Il conclut que l'incapacité de travail du recourant est actuellement de 100 % et propose qu'une demi-rente d'invalidité soit accordée à ce dernier. c) Force est de constater qu'il y a une profonde divergence de diagnostic entre les docteurs T.________ et G.________, le premier ne faisant état ni de la spondylolisthèse et de ses effets, ni des conséquences de la toxicomanie sur l'état de santé psychique du recourant. Le docteur T.________ avait d'ailleurs déclaré à ce propos qu'il lui était difficile de dire dans quelle mesure la toxicomanie active du recourant limitait ses activités professionnelles. Cette divergence de diagnostic peut s'expliquer en partie par l'écoulement du temps qui sépare les deux rapports médicaux. A cet égard, le docteur G.________ fait remonter l'exacerbation des douleurs lombo-vertébrales dues à la spondylolisthèse à la date de la décision litigieuse (soit "six à huit mois" avant la rédaction de son rapport du 11 juillet 2000). Les contradictions entre les deux rapports portent également sur l'appréciation des conséquences des troubles diagnostiqués sur la capacité de travail du recourant, le docteur T.________ fixant celle-ci à 100 % dans une activité adaptée (sans grande conviction puisqu'il indique qu'une telle activité est "apparemment possible selon les horaires habituels"), alors que le docteur Graber l'estime nulle à la date des examens médicaux de juin/juillet 2000, sans préciser toutefois la portée de cette constatation. d) Cela étant, le rapport du docteur G.________ est de nature à mettre sérieusement en doute la pertinence des conclusions du docteur T.________, sans pour autant que l'on puisse y attacher foi en l'absence d'autre examen. Dans ces circonstances, la cause n'est pas en état d'être jugée. Dès lors, convient-il de la renvoyer à l'office intimé pour complément d'instruction et nouvelle décision.