Citation: 6B_780/2022 E. 1.4.2

1.4.2. Face à ce raisonnement, le recourant entend faire valoir que les rares suppositions factuelles hasardeuses, émaillant l'expertise du Dr S._________, n'ôtaient pas pour autant la crédibilité de cette expertise, alors que les experts en toxicologie (soit le Dr P._________ et Q._________) avaient eux-mêmes évoqué, sur la base de l'analyse de l'échantillon de sang prélevé chez l'intimée, la possibilité d'épisodes confusionnels et l'apparition d'une amnésie antérograde. Selon le recourant, la Dresse T._________ n'aurait d'ailleurs pas remis en cause le constat du Dr S._________ selon lequel l'intimée avait reconstruit artificiellement ses souvenirs sur la base d'indices, dans le cadre d'une haute suggestibilité, l'experte ayant précisé partager "globalement" les conclusions de son confrère et n'ayant contesté uniquement que deux points extrêmement précis n'ayant finalement aucun impact. De même, la cour cantonale n'était pas fondée à écarter l'expertise privée du Dr A1._________, lequel ne faisait en définitive que confirmer les conclusions des experts judiciaires, tout en émettant également l'hypothèse que l'alcool seul pouvait expliquer le blackout de l'intimée. 1.4.2.1. Ce faisant, le recourant se borne essentiellement, dans une approche appellatoire, à proposer sa propre appréciation des différents rapports d'expertise, sans parvenir à démontrer l'arbitraire du raisonnement de la cour cantonale, pourtant motivé de manière particulièrement détaillée et convaincante, quant au fait qu'il était exclu de considérer avec le Dr S._________ que les bribes de souvenirs de l'intimée ne reflétaient que des hallucinations, qui devaient être mises en lien avec une consommation excessive de zolpidem, voire d'alcool. 1.4.2.2. Aussi, au regard du faisceau d'indices convergents mis en exergue dans le jugement attaqué, indices qui étaient déduits à la fois des explications contenues dans l'expertise de la Dresse T._________, des constats toxicologiques opérés en lien avec la mèche de cheveux de l'intimée, mais également de l'avis des experts médico-légaux quant à l'origine des blessures constatées sur le corps de l'intimée ainsi que de l'existence, étayée par la thérapeute de celle-ci, d'un syndrome de stress post-traumatique, la cour cantonale pouvait sans arbitraire privilégier l'hypothèse d'une amnésie d'origine multifactorielle, soit à la fois traumatique et médicamenteuse, compatible avec l'apparition ultérieure chez l'intimée de bribes de souvenirs. Comme l'a observé la cour cantonale, les nuances opérées par la Dresse T._________, quant aux conclusions du Dr S._________, ne consacrent en rien des points de détail. En particulier, il apparaît sensé de retenir que l'absence d'indication précise au dossier quant aux quantités de zolpidem et d'alcool absorbées par l'intimée était en soi propre à exclure la possibilité de conclure définitivement à une amnésie d'origine purement toxique ou médicamenteuse, qui aurait empêché la résurgence de souvenirs. A cet égard, les développements du recourant, notamment ceux en lien avec la pousse mensuelle moyenne des cheveux chez un être humain, sont impropres à démontrer que les experts en toxicologie avaient erré en faisant état chez l'intimée d'une consommation habituelle de zolpidem durant les trois mois précédant le prélèvement des cheveux. De même, ces experts, à la suite de l'analyse de l'échantillon de sang prélevé, avaient tout au plus suggéré la possibilité d'une intoxication au zolpidem, sans toutefois la tenir pour établie, alors que, selon la Dresse T._________, l'intimée présentait une concentration sanguine et urinaire indétectable quatre jours après les faits, ce qui était compatible avec une consommation de doses recommandée et d'un processus d'élimination standard. A tout le moins, les différents arguments du recourant, visant en définitive à démontrer que l'intimée avait menti s'agissant de sa consommation de zolpidem, ne permettent pas encore de remettre en cause les déclarations de cette dernière, tenues pour convaincantes par la cour cantonale, selon lesquelles sa dernière prise de zolpidem remontait à la fin du mois d'août 2014, soit environ deux mois avant les faits, n'en ayant du reste jamais fait un usage qui puisse être qualifié de récréatif, festif ou toxicophilique. Quant au propre blackout du recourant, de même que celui du témoin E._________, apparemment tous deux liés à une consommation excessive d'alcool, ils ne sauraient non plus suffire à convaincre, comme le laisserait entendre le Dr A1._________, que l'intimée, ayant elle-même consommé beaucoup d'alcool, avait nécessairement aussi perdu tout souvenir de la nuit en question. 1.4.2.3. Le recourant ne tente par ailleurs pas de démontrer que, contrairement aux constatations de la cour cantonale, les Drs S._________ et A1._________ avaient expliqué, dans leurs rapports respectifs, dans quelle mesure les supposées hallucinations de l'intimée étaient compatibles avec les nombreuses lésions constatées sur le corps de cette dernière. C'est en vain qu'à cet égard, le recourant soutient que ces blessures pourraient avoir été causées par les chutes subies par l'intimée tout au long de la soirée, en partie étayées par témoignages, cette hypothèse ayant été écartée par les experts médico-légaux, qui avaient à l'inverse mis en évidence la compatibilité des lésions avec le récit de l'intimée. De même, alors que les experts auraient relevé que certaines lésions (hématomes situés face à la partie supérieure des deux crêtes iliaques et en-dessous de l'omoplate droite) pouvaient parfaitement correspondre à des blessures de contre-appui provoquées par le maintien forcé de l'intéressée sur une surface rigide, on ne voit pas qu'elles seraient d'emblée incompatibles avec le récit de cette dernière, quand bien même les faits relatés se seraient principalement déroulés sur un lit.