Citation: 1P.199/2000 24.05.2000 E. 2

2.- Le recourant se plaint d'une appréciation arbitraire des preuves (art. 4 aCst. , 9 Cst.) et d'une violation du principe de la présomption d'innocence, garanti par les art. 6 par. 2 CEDH et 32 Cst. La cour cantonale a considéré que les événements du 10 octobre 1996 n'avaient pas pu être prouvés, car les indices médicaux et les pièces à conviction n'étaient pas suffisants. Ayant ainsi remis en cause la crédibilité des déclarations pourtant circonstanciées de la plaignante, elle aurait dû en faire de même à propos des accusations toutes générales relatives aux faits qui se seraient déroulés entre le 10 avril et le 11 octobre 1996. Le doute aurait donc dû lui profiter sur ce point également. a) Consacré à l'art. 6 par. 2 CEDH, le principe de la présomption d'innocence n'exige pas que l'administration des preuves aboutisse à une certitude de culpabilité absolue, mais simplement que l'autorité de jugement renonce à condamner lorsqu'il subsiste un doute sérieux quant à la réalisation des conditions objectives et subjectives de l'infraction. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne revoit la constatation des faits et l'appréciation des preuves que sous l'angle de l'arbitraire; il n'intervient que si l'appréciation des preuves est manifestement insoutenable, soit qu'elle se trouve en contradiction avec la situation effective telle qu'elle ressort clairement du dossier et des débats, soit qu'elle résulte d'une inadvertance manifeste ou qu'elle fasse fi de circonstances objectives et dûment établies qui auraient dû susciter un doute sérieux quant à la culpabilité du condamné. L'art. 32 al. 1 Cst. (entré en vigueur le 1er janvier 2000), qui consacre spécifiquement la notion de la présomption d'innocence, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence (FF 1997 I 1 ss, 188-189). b) Pour l'essentiel, l'argumentation du recourant est de type appellatoire, et partant, irrecevable dans le cadre du recours de droit public. Par ailleurs, on constate à la lecture du recours cantonal qu'abstraction faite d'une remarque, d'ailleurs générale (p. 5), le recourant contestait essentiellement les faits relatifs à la soirée du 10 octobre 1996 et non la période du 10 avril au 11 octobre 1996. L'arrêt cantonal est d'ailleurs muet sur ce point, et le recourant ne se plaint pas d'un déni de justice. L'exigence d'épuisement des griefs (art. 86 OJ) n'est dès lors pas respectée. c) A supposer que le recours soit recevable, il apparaît de toute façon manifestement mal fondé. Le recourant affirme qu'ayant douté des déclarations de la plaignante au sujet des événements du 10 octobre 1996, le Tribunal correctionnel - et, à sa suite, la cour cantonale - aurait dû en faire de même à propos des accusations relatives aux actes commis entre le 10 avril et le 11 octobre 1996. Il n'en est rien: dans le premier cas, les juges ont considéré que les déclarations de la plaignante n'étaient étayées par aucun autre élément probant, les indices médicaux et les autres pièces à conviction étant insuffisants. Dans le second cas en revanche, ils ont retenu que les accusations de la plaignante étaient confirmées par des témoins. Ceux-ci n'avaient certes pas assisté aux faits mais avaient recueilli les confidences de la plaignante juste après les faits, et n'avaient pas douté de leur véracité, la victime étant notamment décrite comme "terrorisée, traumatisée, tremblante, recroquevillée". Le recourant ne soutient d'ailleurs pas que ces témoignages seraient insuffisants pour fonder la conviction du Tribunal correctionnel. L'arrêt attaqué ne viole donc pas la présomption d'innocence.