Citation: 5P.48/2005 06.06.2005 E. 1

3.1.3 Lorsqu'une décision cantonale est incompréhensible, elle viole de toute manière le droit constitutionnel et doit être annulée. En pareille hypothèse, il n'est pas nécessaire de déterminer si les juges cantonaux ont enfreint le droit du justiciable à obtenir une décision motivée ou s'ils sont tombés dans l'arbitraire (arrêt 4P.305/2001 du 18 mars 2002, consid. 2a/cc). Il importe donc peu de savoir si la recourante entend se plaindre d'une violation de l'art. 29 al. 2 Cst. ou de l'art. 29 al. 1 Cst., la notion de procès équitable prévue par cet alinéa se confondant en outre, dans le cas particulier, avec celle d'arbitraire. Quant aux autres garanties générales de procédure mentionnées à l'art. 29 Cst., elles ne sauraient entrer en considération ici. 3.2 En l'espèce, la Cour de justice tient pour établi que le montant des charges de l'épouse est identique à celui, de 10'564 fr.80 par mois, retenu par le premier jugement sur mesures provisoires, du 25 mars 1999. L'autorité cantonale admet par ailleurs que l'épouse supporte mensuellement un loyer de 5'062 fr., les frais de scolarité de son fils, d'un montant de 1'142 fr., et la rémunération de 1'700 fr. versée à son employée de maison, soit 7'904 fr. au total. Sur le vu de ces coûts, qui ne comprennent ni les dépenses de base, ni les assurances, ni les impôts, le montant global de 10'564 fr.80 apparaît sous-estimé. De plus, il résulte de la décision attaquée qu'au moment de la reddition du premier jugement sur mesures provisoires, l'épouse percevait des indemnités de chômage de 5'550 fr.10 par mois en moyenne. Compte tenu de l'allocation d'une contribution d'entretien de 12'000 fr., elle bénéficiait ainsi, pour elle et son fils, d'une somme globale de 17'550 fr. par mois. Actuellement employée comme architecte par l'État de Genève, elle réalise certes un salaire mensuel net de 9'166 fr., auquel s'ajoutent les allocations familiales. Toutefois, en prenant en considération une réduction de la contribution d'entretien à 6'000 fr. par mois, ses ressources mensuelles s'élèvent désormais à un peu plus de 15'166 fr., ce qui représente une diminution d'environ 2'000 fr. Dans ces conditions, il est impossible de saisir le raisonnement de la Cour de justice lorsqu'elle affirme, de manière lapidaire, que la solution retenue par le juge de première instance permet à l'épouse de maintenir son niveau de vie tout en préparant le "clean break". Sa décision est donc incompréhensible. Partant, le recours doit être admis et l'arrêt attaqué annulé.