Citation: 8C_493/2017 E. 5.3

5.3. Les premiers juges ont classé l'événement du 24 novembre 2013 dans les accidents de gravité moyenne, à la limite de l'accident grave, tandis que la recourante est d'avis qu'on se trouve en présence d'un accident à ranger au milieu de la catégorie moyenne. Il n'y a toutefois pas lieu d'entrer dans cette discussion, car même si l'on suivait l'avis de la recourante, la causalité adéquate devrait être admise pour les motifs qui suivent. En ce qui concerne la persistance des douleurs, l'intimée souffre d'une atteinte au nerf trijumeau qui provoque des douleurs faciales neurogènes aiguës se présentant sous forme d'électricité, de brûlures et d'élancements très intenses de brève durée (cf. rapport du Centre multidisciplinaire d'étude et de traitement de la douleur, de l'hôpital J, du 3 juin 2014. Le docteur G.________ a constaté que cette atteinte du nerf trijumeau est propre à provoquer des troubles dépressifs et cognitifs tels que mis en évidence au bilan cognitif en 2014. Il explique également qu'une telle névralgie se manifeste par des accès douloureux extrêmement intenses, en général cotés au maximum de l'échelle subjective; ces douleurs sont très sévères et invalidantes. Pour l'experte F.________, les patients souffrant de telles douleurs s'isolent, se calfeutrent et se replient sur eux-mêmes; il y a aussi un taux de suicide plus élevé. La recourante ne conteste pas vraiment l'existence des douleurs ni leur incidence sur la capacité de travail, mais elle se contente d'affirmer qu'elles ont diminué et sont supportables depuis 2015. Il n'en demeure pas moins, ainsi que les premiers juges l'ont retenu sur la base de l'expertise judiciaire du docteur G.________, que si les douleurs ont diminué, elles se présentent toujours avec une intensité de 7/10, qu'elles persisteront - cela n'est pas contesté - la vie durant, obligeant l'assurée à suivre un traitement pénible au long cours. Au vu de ce qui précède, on doit admettre que le critère de l'intensité des douleurs se manifeste de manière particulièrement marquante. La causalité adéquate doit donc être admise, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres critères prévus par la jurisprudence (cf. consid. 2.2 supra).