Citation: U 504/05 11.01.2007 E. 5.2

5.2.1 L'intimée a considéré que sans invalidité, l'assuré aurait été en mesure de réaliser un revenu de 65'400 fr. en 2004. Les premiers juges ont également pris en considération ce montant dans le calcul effectué pour établir le degré d'invalidité du recourant (consid. 2.5), bien qu'ils se soient précédemment référés à un revenu sans invalidité de 68'691 fr. (consid. 2.3 du jugement entrepris). Ce dernier montant tient toutefois compte d'allocations familiales perçues par le recourant avant son invalidité, pour l'un de ses enfants né en 1983 et en apprentissage jusqu'en août 2001. Compte tenu de ces circonstances, le versement des allocations familiales aurait de toute façon pris fin à brève échéance, indépendamment de l'invalidité de l'assuré. Aussi le revenu que pourrait encore réaliser l'assuré sans invalidité correspond-il plutôt au montant de 65'400 fr. (5450 fr. par mois) retenu initialement par l'intimée, sur la base des renseignements salariaux donnés par l'employeur. 5.2.2 L'intimée et les premiers juges se sont fondés sur cinq descriptions de poste de travail établies par le CNA et correspondant à des emplois raisonnablement exigibles, eu égard aux limitations fonctionnelles attestées par les médecins du COMAI et le docteur S.________. Le recourant conteste pouvoir réaliser le salaire moyen correspondant à ces postes de travail, soit 4050 fr. par mois, au motif qu'il ne peut plus se servir de son bras gauche et subirait une diminution de rendement de 50 % au minimum, même dans une activité adaptée. Ces limitations alléguées par le recourant ne correspondent toutefois pas à celles attestées par les médecins du COMAI et du docteur S.________, de sorte qu'elles n'ont pas été tenues pour établies (consid. 5.1 supra). Il n'y a pas lieu de revenir sur ce point. Au demeurant, même si l'on se fondait sur les données salariales publiées par l'Office fédéral de la statistique (cf. ATF 126 V 75 ss), plutôt que sur les descriptions de postes de travail établies par l'intimée, il n'en résulterait pas que l'assuré subirait une diminution notablement plus importante de sa capacité résiduelle de gain. D'après l'Enquête suisse sur la structure des salaires 2004, le salaire mensuel brut (valeur centrale) des hommes effectuant une activité simple et répétitive dans le secteur privé était à l'époque de 4588 fr. Comme les salaires bruts standardisés sont calculés sur la base d'un horaire de travail de 40 heures par semaine, soit une durée inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 2004 (41,6 heures : La Vie économique 12/2005, p. 94 tableau B 9.2), il convient de rectifier ce montant et de le porter à 4771 fr. 50. Il convient encore de procéder à une déduction afin de prendre en considération l'ensemble des circonstances propres à la personne de l'assuré et de nature à limiter ses perspectives salariales telles que le handicap, l'âge, les années de service ou le taux d'occupation. En l'occurrence, une déduction de 15 % prend suffisamment en considération ces circonstances, ce qui porte le revenu que pourrait encore réaliser le recourant à 4055 fr. 80 par mois, soit un revenu quasiment identique à celui retenu par l'intimée et les premiers juges. Après comparaison du revenu sans invalidité (5450 fr. par mois; consid. 5.2.1 supra) avec celui de 4050 fr. (selon les descriptions de poste de travail figurant au dossier), ou 4055 fr. 80 (selon l'Enquête suisse sur la structure des salaires 2004), le taux d'invalidité de l'assuré est compris entre 25,5 et 26 %, de sorte que le recours est mal fondé, en tant qu'il porte sur le droit à une rente de l'assurance-accidents. A toutes fins utiles, on précisera que le taux d'invalidité de 34 % auquel se réfère l'arrêt rendu ce jour dans la procédure opposant l'OAI à L.________ à la suite du jugement du 27 septembre 2005 du Tribunal cantonal jurassien (cause I 778/05), a été établi en se fondant sur l'Enquête suisse sur la structure des salaire 2004 pour établir le revenu que pourrait réaliser l'assuré sans invalidité, mais en procédant à la déduction maximale de 25 % admise par la jurisprudence (cf. ATF 126 V 76 sv. consid. 3b/bb, 78 ss consid. 5) - plutôt qu'une déduction mieux appropriée de 15 % - pour tenir compte de l'ensemble des circonstances propres à la personne de l'assuré. Il n'était pas nécessaire, dans le cadre de la procédure en matière d'assurance-invalidité, de fixer plus précisément la déduction et le taux d'invalidité de l'assuré, dès lors que le droit à une rente de l'assurance-invalidité était, quoi qu'il en soit, exclu.