Citation: 5A_447/2023 E. 4.3

4.3. Il résulte de l'arrêt attaqué que, durant la vie commune, les époux partageaient par moitié les frais du domicile conjugal. Le mari prenait en charge les primes d'assurance-maladie de toute la famille ainsi que les achats courants à hauteur de 1'000 fr. par mois. Pour le surplus, l'épouse subvenait seule à son entretien et assumait 80 % de celui des enfants, dont leurs frais d'écolage. Le recourant affirme, en se référant à un passage de l'arrêt attaqué, que selon les indications de l'intimée, ses charges s'élevaient ainsi à 189'000 fr. par an. Ce montant n'est toutefois nullement établi, l'autorité cantonale se bornant en réalité à constater, dans ledit passage, que " dans son mémoire de réponse, [l'épouse] a chiffré ses charges mensuelles à 5'756 fr., hors impôts, et le coût d'entretien [des enfants] à 5'500 fr., respectivement à 4'493 fr., hors contribution de prise en charge ". De plus, quand bien même la décision sur réclamation de l'administration fiscale genevoise du 12 octobre 2020, invoquée par le recourant, mentionne-t-elle que le bien immobilier hérité par l'épouse a été vendu le 15 août 2018 - et non pas fin 2018 -, il ne suffit pas d'affirmer qu'elle n'a pas pu assumer ses charges et celles des enfants au moyen de cet héritage durant la vie commune pour démontrer que l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée la cour cantonale serait insoutenable dans son résultat. Il ressort en effet de l'arrêt attaqué que le père de l'intimée a attesté, dans une déclaration du 11 janvier 2021, qu'il lui avait prêté 3'000'000 fr. depuis 2007. Si un montant de 1'570'640 fr. a servi à financer l'acquisition de la maison familiale, le 16 décembre 2008, le solde de plus de 1'400'000 fr. n'en constitue pas moins des " ressources conséquentes ", telles que celles dont le recourant prétend que l'intimée disposait et disposerait encore. En tant qu'il paraît mettre en doute la véracité de la déclaration susvisée, il se contente d'affirmer que les " prétendus " prêts concédés à l'épouse par son père ne figurent pas sur les documents bancaires ni sur les déclarations fiscales produites. Une telle allégation est à l'évidence insuffisamment motivée, ce d'autant que le recourant ne conteste pas l'opinion des juges précédents, selon laquelle l'absence de certaines données financières sur les déclarations fiscales des conjoints ne saurait leur enlever toute valeur probante. Par ailleurs, le recourant ne critique pas les constatations de l'autorité précédente relatives aux explications de l'épouse pour justifier la diminution de sa fortune (paiement de l'impôt sur le gain immobilier en Suède, remboursement du tiers du prêt hypothécaire, travaux dans l'ancienne maison familiale, remboursement de son père, entretien des enfants durant la séparation et acquisition d'une voiture). La critique est par conséquent infondée, autant que recevable (art. 106 al. 2 LTF). Il en va de même dans la mesure où le recourant prétend que l'autorité cantonale aurait dû tenir compte de la valeur des parts détenues par l'intimée dans la société précitée, " telle qu'elle peut être établie à la lecture du bilan et pertes et profits ", ce qui porterait la fortune de l'épouse à 2'880'000 fr. S'il est vrai que pour fixer le montant de la contribution d'entretien, le juge doit notamment tenir compte des revenus et de la fortune des époux, la substance de la fortune n'est normalement pas prise en considération (ATF 147 III 393 consid. 6.1.1; 138 III 289 consid. 11.1.2; 134 III 581 consid. 3.3; arrêt 5A_501/2022 du 21 juin 2023 consid. 4.2.2 et l'autre référence). Or le recourant ne soutient pas, de façon motivée, que tel devrait être le cas. Quant aux revenus desdites parts, ils ont été dûment pris en compte dans la détermination de la capacité financière de l'intimée. Bien que la société concernée appartienne majoritairement au père de l'intimée, on ne voit pas non plus en quoi il était insoutenable de s'en tenir, sous l'angle de la vraisemblance, aux attestations de celle-ci selon lesquelles l'épouse n'était ni son employée, ni sa mandataire. En prétendant que lesdites attestations sont contredites par les propos de l'intimée et par les mentions figurant sur son compte Linkedin, le recourant n'établit pas davantage l'arbitraire des constatations de l'autorité précédente à cet égard. Celle-ci a en effet retenu que l'épouse avait expliqué qu'elle estimait peu valorisant de mentionner " femme au foyer " sur un profil professionnel et que ses déclarations au SEASP, selon lesquelles " elle travaillait pour sa famille depuis la maison lorsqu'elle en avait le temps ", n'avaient pas été correctement retranscrites, " mais qu'elle avait pu indiquer qu'elle consacrait un peu de temps à suivre l'évolution des affaires [de la société familiale] en dehors des soins quotidiens prodigués aux enfants ". La cour cantonale, qui a considéré que la qualité d'actionnaire de l'épouse et ses liens de parenté avec le détenteur majoritaire de la société pouvaient expliquer son implication dans celle-ci, ne peut se voir reprocher d'avoir arbitrairement apprécié ces éléments en retenant que l'épouse n'exerçait aucune activité rémunérée. Le recourant relève encore que, selon l'arrêt attaqué, l'intimée est propriétaire de deux biens immobiliers, ce qui représente une fortune immobilisée de 2'830'000 fr. (soit 1'700'000 fr. pour son appartement et 1'130'000 pour sa part de copropriété de la maison familiale), montant auquel s'ajouterait une plus-value actualisée de 575'000 fr. provenant de la vente d'un précédent bien. S'il faut comprendre qu'il estime par là qu'un revenu hypothétique de cette fortune aurait dû être pris en compte, force est de constater qu'il ne soulève aucun grief précis et motivé visant à remettre en cause la constatation de l'autorité cantonale selon laquelle, dès lors que la majeure partie de la fortune de l'intimée se trouvait immobilisée dans son appartement et dans la maison familiale attribuée au mari, elle ne pouvait en retirer aucun rendement. Enfin, le recourant prétend, en se référant à deux passages de l'arrêt attaqué - qui, pour le premier, détaille les charges des enfants et, s'agissant du second, indique que " dans la mesure où le premier juge a laissé à la charge de l'intimée une partie du coût d'entretien des enfants sans que cela soit contesté en appel, les contributions fixées en première instance peuvent être confirmées " -, que l'épouse dispose toujours de ressources financières confortables qui lui permettent d'assumer la moitié des coûts d'écolage privé des enfants ainsi que des frais d'appui scolaire de 41'750 fr. par an. Cet exposé, qui consiste en de simples affirmations de nature appellatoire, ne répond manifestement pas aux exigences de motivation accrues découlant de l'art. 106 al. 2 LTF. Il n'y a donc pas lieu de s'y attarder.