Citation: 5A_136/2025 E. 5.2

5.2. La Chambre des curatelles est partie du constat que les enfants étaient pris, depuis plusieurs années, dans un conflit parental massif entre leurs parents et que "le droit de visite du [père] sur ses enfants [était] très compliqué" et n'était plus exercé depuis plusieurs mois, nonobstant l'intervention de professionnels, au bout de leurs possibilités, constatant que les deux parents étaient inadéquats et que les enfants étaient en souffrance. Dans ce contexte, elle a relevé que la tâche de tout curateur de représentation était nécessaire mais délicate, présentant des difficultés pour trouver la confiance des deux parents. L'autorité précédente a retenu qu'aucun manquement de la curatrice n'était à constater. Ce n'était en tout état de cause pas parce qu'elle ne se rangeait pas du côté du père qu'elle commettait une faute : elle devait défendre les intérêts des enfants concernés, ce qu'elle avait fait jusqu'à présent avec diligence, comme constaté avec pertinence par les premiers juges. Elle demeurait en l'occurrence apte à remplir les tâches qui lui avaient été confiées, étant relevé qu'il n'y avait aucune mise en danger des enfants en lien avec sa mission et qu'elle s'était montrée critique tant envers le père que la mère. La Chambre des curatelles a ajouté qu'elle avait recentré à chaque occasion les débats sur les intérêts des enfants, par exemple dans son courrier du 11 octobre 2023 au sujet de l'expertise pédopsychiatrique et dans ses différentes prises de position et actions dictées pas la prise en considération de leur intérêt objectif, en particulier s'agissant de sa requête de mesures provisionnelles du 25 janvier 2023, vivement critiquée, tendant à la suspension du droit de visite du père, au vu de la souffrance des enfants ensuite de visites qui s'étaient mal déroulées. Quant aux droits de visite non exercés des 1er avril et 17 juin 2023, les critiques du père tombaient à faux, la curatrice n'étant pas garante des actions des parents et son rôle n'étant pas de déterminer les modalités d'exercice des relations personnelles, mais de représenter les enfants en procédure. Ce nonobstant, elle avait déployé des efforts importants pour expliquer aux enfants le cadre et l'importance des relations avec leur père et s'était préoccupée du fait que leur situation était suivie, en plusieurs circonstances (fugue du 7 octobre 2023; sollicitation de l'autorité de protection en constatant, le 11 décembre 2023, des problèmes avec l'espace thérapeutique préconisé pour la reprise des visites; dissensions en relation avec les appels téléphoniques; demande du 4 mars 2024 d'un nouvel assistant social, dans l'intérêt des enfants). Enfin, s'agissant du contenu des courriers des 25 juin et 9 juillet 2024 de la curatrice, illustrant selon le père, le "combat personnel" de celle-ci envers lui, la Chambre des curatelles a jugé qu'il n'avait rien d'inadéquat ou de fautif et que le père tentait d'imposer ses impressions purement personnelles. En effet, la curatrice y exposait, de manière mesurée, ses arguments, singulièrement les motifs pour lesquels l'expertise et son complément étaient incomplets. Il en allait de même de sa démarche visant à signaler le risque d'un transfert des enfants en France et le besoin d'une coordination judiciaire entre la Suisse et la France. En conclusion, la Chambre des curatelles a estimé que la défense des intérêts des enfants n'était nullement mise en péril par la manière dont la curatrice accomplissait ses tâches. Elle n'avait commis aucune faute et apparaissait exercer sa mission avec indépendance et au mieux des intérêts objectifs des enfants. Un changement de curateur n'était ainsi pas opportun, notamment au vu du bon lien de confiance des enfants avec leur curatrice. De surcroît, il était peu probable qu'un changement de curateur soit un élément de nature à apaiser la situation, au vu de la position oppositionnelle adoptée par le père jusqu'à présent. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, l'autorité précédente a considéré que c'était à juste titre que les premiers juges avaient rejeté la requête du père et maintenu la curatrice dans ses fonctions.