Citation: 7B_677/2023 E. 3.4

3.4. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique et peut être confirmée. La magistrate intimée a indiqué qu'elle avait, en adressant les mandats litigieux, pris les dispositions qu'elle jugeait nécessaires, notamment pour éviter la prescription, sans préjuger de la culpabilité des recourants. Dans sa prise de position du 25 août 2023, elle a en particulier expliqué que la notification de ces mandats ne préjugeait en rien l'examen des éventuels motifs d'incapacité à comparaître des prévenus, ni des conditions prévues à l'art. 366 CPP, en précisant que les mandats en question indiquaient expressément l'hypothèse d'excuses valables que les parties pourraient présenter. Elle a également relevé que l'envoi des mandats en question avait eu lieu au mois d'août 2023, dès lors que, pour des motifs organisationnels, la tenue d'éventuels nouveaux débats n'était plus compatible avec le principe de la célérité et le principe d'économie de procédure, certaines infractions risquant de se prescrire. Ces explications sont transparentes et ne traduisent, comme l'a relevé la cour cantonale, aucun parti pris, ni aucune attitude partiale, même en apparence, de la part de la magistrate intimée. Soucieuse de voir certaines infractions se prescrire et que la cause soit jugée dans un délai raisonnable, cette dernière a simplement voulu parer à l'éventualité d'un défaut de la part des recourants. Contrairement à ce que ceux-ci font valoir, le comportement de la juge intimée ne laisse pas à penser qu'elle aurait préjugé que les recourants pouvaient faire défaut sans excuse, ni que les conditions permettant l'engagement de la procédure par défaut seraient d'emblée réalisées. Les recourants ne contestent au demeurant pas que les mandats de comparution du mois d'août 2023 mentionnaient l'hypothèse des excuses valables qu'ils pourraient invoquer et ne prétendent pas non plus qu'il existerait d'autres éléments, voire indices, permettant d'établir, ou à tout le moins de supposer, que la magistrate concernée a - ou pourrait - adopter une attitude partiale à leur égard. Force est au contraire de considérer qu'ils ne se prévalent d'aucune circonstance objective et ne font part que de leurs impressions purement subjectives, qui ne sont en l'occurrence pas décisives. Par ailleurs, comme l'a relevé la cour cantonale, sans autre indice de prévention de la part d'un magistrat, ce n'est pas parce que celui-ci prend des mesures de célérité dans le but de juger une affaire rapidement qu'il aurait déjà forgé sa conviction concernant l'issue du procès à venir, que ce soit dans le sens d'une condamnation ou d'un acquittement. Pour le reste, les recourants ont indiqué que l'examen de la conformité au CPP de la "double convocation" prévoyant la procédure par défaut n'était pas l'objet de la présente procédure de récusation (cf. recours, p. 8). Cela étant, quand bien même il ne convient pas d'examiner cette question dans le cadre du présent arrêt, on relève qu'à supposer que cette façon de procéder ne soit pas conforme aux règles de procédure, il ne s'agirait que d'un manquement isolé de la part de la magistrate intimée, qui ne serait, selon la jurisprudence, pas suffisant pour fonder une suspicion de partialité. On rappelle au demeurant que la procédure de récusation ne doit pas être utilisée pour permettre aux parties de contester la manière dont l'instruction est menée.