Citation: 5A_778/2023 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la Cour de justice a considéré, à la suite du Tribunal, que les motifs avancés par le mari pour justifier une baisse de ses revenus n'avaient pas été rendus vraisemblables. Elle a estimé, d'une part, qu'il n'avait pas rendu plausible la nécessité de créer une société à responsabilité limitée dont il était l'unique associé et gérant, dans laquelle il fixait librement le montant de son salaire, pour exercer sa profession d'avocat, qu'il exerçait de longue date à titre indépendant. D'autre part, s'il avait allégué qu' " une bonne partie" de sa clientèle était d'origine russe et/ou ukrainienne, il n'avait apporté aucun élément tangible rendant cette affirmation vraisemblable; l'on peinait du reste à comprendre comment la guerre survenue en Ukraine en février 2022 avait pu avoir un impact sur son activité en 2020 et 2021. Il n'avait pas davantage démontré qu'il eût été limité dans l'exercice de cette activité en raison de la crise du Covid-19. En outre, il ne pouvait se retrancher derrière la société qu'il avait créée, dont il possédait l'intégralité du capital et dont la valeur des parts avait été fixée à 135'480 fr. par le fisc, pour tenter de justifier une baisse de ses revenus, étant relevé qu'il n'avait produit que des comptes provisoires de dite société pour 2022 et qu'il n'avait pas versé à la procédure sa déclaration d'impôt relative à cette même année. L'incapacité partielle de travail subie par le débirentier depuis le mois de janvier 2023 n'était par ailleurs pas déterminante, la modification des situations financières des parties s'appréciant à la date du dépôt de la demande, soit le 28 mars 2022. Il y avait ainsi lieu de retenir que le débirentier était à même de réaliser les revenus qu'il percevait avant de créer sa société, soit 34'100 fr. par mois. Dès lors qu'il avait allégué que ses charges mensuelles avaient baissé, celles-ci s'élevant, selon lui, à 12'923 fr., impôts compris, sa situation financière ne s'était pas péjorée de manière importante et durable. Dans une motivation subsidiaire, les juges précédents ont en outre estimé que, même à considérer les revenus mensuels allégués par l'appelant, de 14'425 fr. net en 2020 et de 15'815 fr. de janvier 2021 à mars 2022, il conviendrait de procéder à une moyenne sur cinq ans, soit d'avril 2017 à mars 2022, pour tenir compte des nombreuses fluctuations desdits revenus, qui seraient ainsi de l'ordre de 25'594 fr. pour des charges personnelles de 9'922 fr. par mois. Il bénéficierait ainsi d'un solde mensuel de 15'672 fr., de sorte qu'après paiement des contributions d'entretien de 2'100 fr. en faveur de l'épouse et de 500 fr. pour chaque enfant, il bénéficierait encore d'un disponible de 12'572 fr. par mois. Quant à l'épouse, il convenait de retenir, sur mesures provisionnelles et quoi qu'en dise le mari, que compte tenu de l'atteinte à sa santé, attestée par pièces, elle ne pouvait réaliser un revenu supérieur à celui qu'elle percevait en travaillant à 63%, soit un revenu mensuel de l'ordre de 5'984 fr. pour des charges de 6'370 fr. par mois. Le Tribunal avait ainsi débouté avec raison le débirentier de ses conclusions sur mesures provisionnelles.