Citation: 5A_951/2020 E. 6.2

6.2. Les critiques de la recourante sont infondées. En effet, il appert du jugement querellé que le raisonnement des juges cantonaux respecte les conditions de l'art. 298d al. 1 CC, ceux-ci ayant d'abord admis l'existence de faits nouveaux importants avant de considérer que ces faits commandaient pour le bien de l'enfant d'instaurer une autorité parentale conjointe. La recourante se méprend lorsqu'elle soutient que l'autorité cantonale a admis l'existence d'un fait nouveau uniquement en retenant que le père ne souffrait plus de problèmes d'alcool. Bien que le jugement contesté mentionne que la guérison de l'addiction du père constitue en soi un fait nouveau important, il en résulte que les juges cantonaux ont aussi pris en considération d'autres circonstances dans leur appréciation, en particulier que le père jouissait désormais d'une vie stable, notamment du point de vue professionnel, et qu'il souhaitait désormais s'impliquer d'avantage dans la vie de son fils, confirmant sur ces points - que la recourante ne remet pas en cause - le raisonnement des premiers juges. L'argument de la recourante consistant à soutenir que la situation ne s'est pas fondamentalement modifiée depuis l'attribution de l'autorité parentale en sa faveur puisque les litiges entre les parties n'ont pas cessé n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation de l'instance cantonale et doit être écarté, car il ne repose pas sur des faits établis dans la décision querellée. La recourante n'établit pas que des litiges entre les parties existant au moment de leur séparation aient perduré ni qu'ils soient de même nature que ceux invoqués par la recourante dans la présente procédure. Au vu de ces éléments, il ne peut être reproché à l'autorité cantonale d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation dans l'application du droit fédéral (art. 4 CC; cf. supra consid. 4 in fine) en admettant l'existence d'un fait nouveau important. Vu les changements importants intervenus dans la situation du père, l'appréciation de la juridiction précédente selon laquelle il est conforme au bien de l'enfant que ses deux parents puissent prendre des décisions en sa faveur et s'impliquent dans sa vie n'est pas critiquable. Le fait que les deux parents assument ensemble la responsabilité du développement et de l'éducation de leur enfant est un critère important à prendre en considération pour apprécier quelle solution répond au mieux au bien de l'enfant. Si l'on peut admettre dans l'absolu que l'attribution de l'autorité parentale exclusive à l'un des parents est de nature à limiter des conflits entre ceux-ci étant donné que le pouvoir décisionnel est en main d'une seule personne, l'on ne peut pas en conclure pour autant qu'une prise des décisions importantes concernant l'enfant par un seul parent est sans autre dans l'intérêt de celui-ci. Un tel raisonnement serait contraire au postulat de base ayant conduit le législateur à adopter la novelle entrée en vigueur le 1er juillet 2014, à savoir que l'autorité parentale conjointe sert le bien de l'enfant. À cela s'ajoute que l'autorité précédente ne s'est pas contentée de manière totalement abstraite d'admettre que l'autorité parentale conjointe était la solution préférable au seul motif qu'il est en principe bénéfique pour l'enfant que les deux parents s'impliquent dans sa vie et prennent ensemble les décisions qui le concernent. Quant au raisonnement conduisant les juges cantonaux à admettre qu'au vu des circonstances nouvelles le bien de l'enfant nécessitait d'instaurer une autorité parentale conjointe, il en résulte que l'autorité précédente a pris en compte dans sa décision que l'enfant allait bien et que la relation avec son père se passait bien. Elle s'est également assurée que les circonstances étaient favorables à cette solution, en excluant une incapacité du père à comprendre et défendre les intérêts de l'enfant considérant que les reproches de la recourante à son égard n'étaient pas plausibles, ni établis. Ainsi, quoiqu'en dise la recourante, les juges cantonaux n'ont pas omis de procéder à une analyse concrète du bien de l'enfant, ni n'ont mis les intérêts du père au premier plan. Dès lors que les autorités cantonales disposent d'un large pouvoir d'appréciation pour déterminer sur la solution qui est la plus à même de répondre au bien de l'enfant (cf. ATF 132 III 97 consid. 1 p. 99; 117 II 353 consid. 3 p. 354 s.; arrêt 5A_266/2017 du 29 novembre 2017 consid. 8.3) et que l'instauration d'une autorité parentale conjointe en lieu et place d'une autorité parentale exclusive ne doit pas dépendre de critères d'appréciation trop stricts (supra consid. 4), il n'apparaît pas que la juridiction précédente a abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant que les changements importants dans la vie du père commandaient pour le bien de l'enfant de modifier la réglementation en vigueur dans le sens de l'attribution de l'autorité parentale conjointe. Les éléments avancés par la recourante ne suffisent pas à démontrer que la solution choisie par l'autorité cantonale ne serait pas commandée par le bien de l'enfant. Concernant les différends entre les parties, il ne ressort pas des faits établis par l'instance cantonale, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), qu'ils seraient réguliers ou d'une gravité telle qu'ils conduiraient à une incapacité constante des parents à communiquer. À cet égard, l'arrêt attaqué (consid. 3.3) mentionne que la recourante avait admis devant les premiers juges que la communication avec l'intimé s'était améliorée - déclaration que la recourante ne conteste pas avoir faite -, ce qui montre que les deux parents sont capables de faire preuve d'un comportement coopératif et de faire des efforts raisonnables de communication mutuelle nécessaires à l'instauration d'une autorité parentale conjointe (ATF 142 III 1 consid. 3.4). Au demeurant, on relèvera que les litiges dont se prévaut la recourante portent essentiellement sur l'exercice du droit de visite. Or, on ne peut inférer de l'existence de tels litiges, qui ne constituent pas un critère d'attribution de l'autorité parentale (arrêts 5A_34/2017 du 4 mai 2017 consid. 4.4; 5A_22/2016 du 2 septembre 2016 consid. 5.2), que les parents seront en conflit régulier concernant les questions relatives à l'autorité parentale. S'agissant de la prétendue incapacité du père à exercer l'autorité parentale, la critique de la recourante se fonde sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt cantonal, sans qu'elle ne soit parvenue à démontrer le caractère insoutenable de leur omission (cf. supra consid. 4.2), de sorte qu'elle est irrecevable. Il suit de ce qui précède que le jugement querellé ne viole pas l'art. 298d al. 1 CC. Le recours s'avère infondé à cet égard.