Citation: 1C_619/2023 E. 3.2

3.2. En l'espèce, la construction litigieuse comporte quatre niveaux entièrement habitables (rez-de-chaussée, 1 er et 2 ème étages, attique) et un niveau qui l'est partiellement, soit le rez-inférieur. La cour cantonale a considéré que les conditions posées par l'art. 37 al. 2 RCATC pour permettre la construction d'un niveau supplémentaire par rapport aux quatre niveaux qu'autorise l'art. 37 al. 1 RCATC, en particulier l'existence d'un terrain en "forte pente", étaient respectées. La cour cantonale a constaté que la municipalité recourait dans sa pratique à deux méthodes différentes pour calculer la pente d'un terrain au sens de l'art. 37 al. 2 RCATC (prise en compte de la surface de toute la parcelle ou prise en compte de la surface dans laquelle s'inscrit la construction projetée) et que c'était en fonction de la configuration du bien-fonds qu'elle appliquait l'une ou l'autre. La cour cantonale a estimé que le choix de la municipalité d'avoir ici déterminé la déclivité du terrain sur la base de la surface de toute la parcelle n'était pas critiquable, même si certains points de référence retenus pour calculer cette pente prêtaient à discussion (notamment les points n os 1, 7 et 8), circonstance qui ne portait toutefois pas à conséquence dans le cas d'espèce. Par ailleurs, selon les juges cantonaux, la vision locale avait montré que la parcelle concernée était un bien-fonds homogène présentant une pente régulière et significative orientée nord-sud. Ce bien-fonds s'inscrivait dans un secteur de la Commune de Pully qui présentait notoirement une pente importante, soit le secteur qui, grosso modo, s'étendait du Boulevard de la Forêt au nord en direction du lac Léman au sud. L'autorité municipale n'avait pas abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant que le terrain de la parcelle en cause pouvait être considéré comme étant en forte pente, sans qu'il fût nécessaire de trancher précisément son pourcentage, étant relevé que, selon l'assesseur spécialisé du tribunal (ingénieur géomètre) la pente présentait des valeurs entre 13 et 17 % suivant les points pris en considération. La cour cantonale a rappelé que l'art. 37 al. 2 RCATC ne fixait pas de déclivité minimale pour retenir l'existence d'un terrain en forte pente, laissant ainsi à la municipalité une marge d'interprétation importante concernant cette notion juridique indéterminée.