Citation: 4C.101/2003 17.07.2003 E. A

A.a A.________ (ci-après: le demandeur), qui réside au Royaume-Uni, exerce la profession de dessinateur au sein de la société Y.________ Ltd. qu'il a créée en Angleterre. En 1987, il a réalisé pour une agence de design de Londres une série de six images originales illustrant, dans le style des années trente, divers moyens de transport. Au nombre de ces images figurait en particulier la représentation d'une automobile (ci-après: le dessin); pour effectuer ce travail, A.________ s'est notamment inspiré du modèle Jaguar XK 120 ou 150 Roadstar. A.________ a perçu environ 15 000 £ pour la réalisation de l'ensemble de ces dessins. Les six images ont été reproduites en 1988 sur les boîtes d'allumettes de la chaîne de grands magasins anglaise Z.________. Ultérieurement, elles ont été éditées et commercialisées par la propre société du demandeur sous forme de cartes postales dénommées "V". En 1988, A.________ a été récompensé pour sa création par l'"International Gold Award for packaging design", distinction conférée par le New York Art Directors Club. Ses dessins ont été reproduits la même année dans la revue internationale de la communication visuelle Graphis, publiée à Zurich, avec la mention du nom de l'intéressé en tant que "Illustrator". A.b Au début 1994, X.________ SA (ci-après: la défenderesse) a confié au bureau de graphistes B.________ & Associés (ci-après: le bureau de graphistes), qui était spécialisé dans la muséographie, la création d'un logotype pour X.________ SA, laquelle a ouvert ses portes en mars 1995 et présenté depuis lors une collection de voitures anciennes dans les locaux du Palais des expositions (Palexpo), non loin de l'aéroport de Genève-Cointrin. Le graphiste C.________ a élaboré le logo, approuvé par B.________; le logotype a été utilisé par X.________ SA dès la fin de l'année 1994 sur tous les supports relatifs à ses activités (papier à lettres, cartes postales, affiches, enseignes). A.c En février 1999, A.________, de passage à Genève, a eu son attention attirée par les affiches X.________ SA, dont le logo lui est apparu identique à son dessin reproduit sur les boîtes d'allumettes des magasins Z.________. De retour en Grande-Bretagne, A.________, par courrier de son avocat du 29 avril 1999 rédigé en anglais, a invité X.________ SA à s'abstenir d'utiliser le logotype, dans la mesure où il représentait l'oeuvre qu'il avait créée en 1987, et à fournir toutes indications quant à l'origine et aux modalités de création et de reproduction du logo. Le 18 octobre 1999, X.________ SA a contesté formellement avoir imité l'oeuvre d'un tiers, sans fournir à A.________ les références du créateur du logo.