Citation: 5A_135/2018 E. 3.1

3.1. La cour cantonale a constaté qu'au jour du dépôt de sa requête, le recourant ne pouvait plus prétendre aux prestations de l'assurance-chômage et se trouvait par conséquent sans revenu, ce qui constituait un changement de fait significatif qui n'avait pas été pris en compte par l'autorité de première instance dans son jugement du 24 mai 2016. Il ne résultait par ailleurs pas du dossier qu'il aurait retrouvé dans l'intervalle une activité rémunérée lui permettant de s'acquitter des pensions litigieuses. Le père était par conséquent sans ressources depuis près de quatre mois, ce qui paraissait constituer un changement durable de circonstances. Toutefois, le recourant était âgé de 39 ans et affirmait ne souffrir d'aucun problème de santé. Il disposait d'une formation universitaire et alléguait avoir toujours travaillé dans le milieu bancaire, de sorte qu'il pouvait se prévaloir d'une bonne expérience professionnelle. On pouvait dès lors en principe attendre de lui qu'il reprenne une activité dans ce secteur, ce qu'il ne contestait au demeurant pas. Le fait qu'il n'ait fait l'objet d'aucune mesure de suspension lorsqu'il bénéficiait des indemnités de l'assurance-chômage constituait un indice en faveur de démarches effectuées de manière sérieuse et régulière. Il n'était par ailleurs pas contesté que le secteur bancaire subissait depuis plusieurs années des restructurations qui y rendaient la recherche d'un emploi difficile. Le recourant perdait toutefois de vue qu'en l'absence de toute contribution d'entretien, l'intimée et son fils seraient confrontés à un déficit cumulé de près de 2'200 fr. et ne seraient plus en mesure de couvrir leurs besoins vitaux. Dans une telle situation, il incombait au père d'épuiser sa capacité maximale de travail, y compris en postulant pour des offres d'emploi qu'il n'aurait pas eu à accepter selon les règles de l'assurance-chômage. Alors qu'il supportait le fardeau de la preuve sur ce point, il n'avait versé à la procédure aucune des candidatures déposées pendant sa période de chômage ou au cours des mois qui avaient précédé celle-ci et durant lesquels il avait été libéré de son obligation de travailler. Il n'avait pas davantage produit de documents, tels que des inscriptions dans une agence de placement ou des traces de contacts avec son réseau professionnel, de manière à prouver qu'il avait bien fourni tous les efforts nécessaires pour trouver un nouvel emploi. Le recourant admettait au demeurant qu'il avait, depuis son licenciement, cantonné ses démarches au domaine de la banque, sans étendre celles-ci à d'autres secteurs de l'économie, alors qu'aucun élément de fait ne laissait penser qu'une telle extension n'était pas envisageable. Il ne faisait pas non plus valoir qu'il avait postulé pour des emplois moins qualifiés que celui qu'il occupait, ni qu'il aurait mis à profit le long laps de temps qui s'était écoulé depuis son licenciement pour compléter sa formation de manière à accroître ses chances de retrouver un emploi. Par conséquent, au stade des mesures provisionnelles, il ne pouvait être retenu que les difficultés qui existaient dans le secteur bancaire empêcheraient le recourant d'y trouver un nouvel emploi ni que celui-ci ne serait pas en mesure d'obtenir une place dans un autre domaine que celui dans lequel il avait travaillé jusque-là. Il convenait dès lors de lui imputer un revenu hypothétique. S'agissant du montant de celui-ci, la juridiction cantonale a constaté qu'en 2015, le recourant réalisait un revenu mensuel net de 13'625 fr., bonus non compris, auprès de son dernier employeur. Il ressortait par ailleurs du calcul individuel de salaires 2014 de la Confédération que le revenu mensuel brut médian pour une activité à plein temps, de type " Professions intermédiaires, finance et administration ", sans fonction de cadre, dans la branche " Services financiers, hors assurances et caisses de retraite ", s'élevait, pour les hommes, à 8'705 fr. A teneur du calculateur de salaires en ligne de l'État de Genève fondé sur les données de l'enquête suisse sur la structure des salaires de 2010, une personne née en 1978, au bénéfice d'un titre universitaire, pouvait en outre réaliser, dans la branche " Services financiers et activités auxiliaires ", pour une activité de type " Expertises, conseils, marketing ", sans fonction de cadre ni ancienneté, impliquant des tâches simples et répétitives, un salaire médian de 9'890 fr. pour un poste à plein temps. Au stade des mesures provisionnelles, il pouvait ainsi être retenu que le recourant était en mesure de réaliser un revenu mensuel net de l'ordre de 8'500 fr., à savoir un montant équivalent à celui sur la base duquel les pensions litigieuses avaient été calculées. Dans la mesure où l'on pouvait considérer que le père n'avait pas fourni tous les efforts que l'on pouvait attendre de lui au regard de la situation dans laquelle se trouvait l'intimée et l'enfant, il se justifiait d'assimiler la présente situation à celle dans laquelle le débirentier diminue volontairement son revenu en renonçant à une activité lucrative. Partant, le revenu hypothétique de 8'500 fr. devait être imputé au recourant avec effet rétroactif au 25 août 2017. Il s'ensuivait que celui-ci n'était pas fondé à invoquer un changement de ses revenus pour solliciter une modification des contributions d'entretien fixées par le jugement du 24 mai 2016.