Citation: 5A_568/2024 E. A

A.a. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 17 janvier 2023, la Juge de paix du district de Nyon (ci-après : la juge de paix) a institué une mesure provisoire de curatelle de représentation et de gestion (droits civils et accès aux biens) en faveur de A.________ et désigné Me C.________ en qualité de curateur provisoire. Cette décision se fondait sur le fait que les troubles présentés par l'intéressée l'empêchaient de gérer ses affaires administratives et financières de manière conforme à ses intérêts, tout comme de contrôler les agissements de tiers qu'elle employait, lesquels pourraient avoir effectué des prélèvements sur ses comptes bancaires sans son accord. A.b. Par courrier du 9 janvier 2024, la juge de paix a invité le curateur provisoire à se déterminer sur l'opportunité de maintenir la mesure instituée, à titre durable. Le curateur provisoire a répondu par courrier du 1er février 2024 qu'il considérait que A.________ devait pouvoir bénéficier d'une mesure de protection compte tenu de ses problèmes cognitifs qui s'accentuaient au fil du temps et qui l'amenaient à douter systématiquement des intentions que pourraient avoir les personnes qui s'occupaient de son bien-être et de ses affaires administratives et financières, précisant encore que la personne concernée entreprenait elle-même des démarches pour remplacer les personnes qui intervenaient dans sa situation en mandatant divers avocats, comptables ou autres; une mesure de retrait de l'exercice des droits civils semblait dès lors indispensable. Le curateur provisoire a ajouté que sa protégée avait mandaté un nouvel avocat alors qu'il était initialement constitué, en sorte qu'il se trouvait dans un conflit d'intérêts et ne souhaitait pas être désigné curateur à titre durable. A.c. Par courrier du 7 février 2024, Me Razi Abderrahim, nouveau conseil de A.________, a requis que Me C.________ soit relevé de ses fonctions de curateur provisoire et qu'il soit lui-même désigné en qualité de curateur en remplacement. A.d. Par courrier du 15 février 2024, la juge de paix a indiqué qu'elle envisageait d'ordonner l'expertise psychiatrique de A.________ afin de déterminer la mesure de protection adaptée à ses besoins, de même que la personne pouvant être désignée en qualité de curateur. Par courrier du 20 février 2024, le curateur provisoire a expliqué que l'état de santé de sa protégée semblait s'être péjoré au cours des derniers mois et a requis la modification de la mesure instituée, en ce sens que celle-ci devait être privée de l'exercice de ses droits civils, à tout le moins jusqu'à reddition du rapport d'expertise psychiatrique. Le 18 mars 2024, le Dr D.________ a effectué un bilan cognitif de A.________. Se fondant sur dit bilan, Me Razi Abderrahim a estimé qu'il n'était nullement nécessaire d'ordonner une nouvelle expertise psychiatrique. A.e. Par requête de mesures provisionnelles du 19 mars 2024, Me C.________ a conclu au retrait de l'exercice des droits civils de A.________ et à ce qu'interdiction soit faite à Me Razi Abderrahim d'accomplir tout acte de gestion ou de représentation pour le compte de la prénommée, se référant à un transfert de fonds de l'ordre de 50'000 fr. du compte de A.________ à celui de l'étude E.________ avec indication du motif " Fonds transférés (...) (recte : (...)) " (inadvertance corrigée par la cour cantonale par lettre du 10 septembre 2024). A.f. Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 21 mars 2024, la juge de paix a, à titre pré-provisoire, " limité A.________ dans l'exercice de ses droits civils en les lui retirant pour tout acte l'engageant personnellement, notamment s'agissant de la conclusion de contrats, privé la prénommée de sa faculté d'accéder et de disposer à l'ensemble de ses coffres-forts ainsi que de l'ensemble de ses comptes bancaires et/ou postaux, à l'exception de celui laissé à sa libre disposition par son curateur provisoire ", modifié la mesure de curatelle provisoire de représentation et de gestion (droits civils et accès aux biens) en une mesure de curatelle provisoire de représentation et de gestion (droits civils et accès aux biens limités), et maintenu Me C.________ en qualité de curateur provisoire. Par courrier du même jour, Me Razi Abderrahim a conclu à l'annulation de l'ordonnance précitée. Par requête de mesures superprovisionnelles du 25 mars 2024, il a notamment requis que Me C.________ soit relevé de son mandat avec effet immédiat et qu'un curateur ad hoc soit désigné. Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 26 mars 2024, la juge de paix a notamment relevé Me C.________ de ses fonctions et désigné B.________, assistante sociale auprès du Service des curatelles et tutelles professionnelles (ci-après : SCTP), en qualité de curatrice provisoire. A.g. Le 9 avril 2024, la juge de paix a décidé d'ouvrir une enquête en aggravation de la mesure et ordonné une expertise psychiatrique, laquelle a été confiée au Dr F.________. Le 11 avril 2024, Me Razi Abderrahim a réitéré son opposition à l'expertise psychiatrique, la jugeant inutile, le rapport du Dr D.________ étant suffisant. A.h. Par courrier du 6 mai 2024, la curatrice et G.________, cheffe de groupe auprès du SCTP, ont requis l'intervention du médecin délégué du médecin cantonal afin de faire le point sur la situation de A.________ à domicile, dans l'attente des conclusions du rapport d'expertise psychiatrique. Elles ont également indiqué s'interroger sur l'ampleur de l'intervention de Me Razi Abderrahim et de sa stagiaire, 74 heures ayant déjà été facturées à la personne concernée depuis le 26 janvier 2024 pour un montant de 28'187 francs. Elles ont encore relevé que plusieurs factures de l'intéressée n'avaient pas été payées; le problème avait cependant pu être réglé rapidement grâce à la fortune de celle-ci. La Dre H.________, médecin déléguée du médecin cantonal, a établi son rapport le 13 mai 2024. A.i. Par requête du 8 mai 2024, Me Razi Abderrahim, se référant toujours au rapport du Dr D.________, a conclu à la suppression de la mesure de curatelle, à ce que B.________ soit relevée de son mandat de curatrice provisoire et à ce que A.________ retrouve l'entièreté de la gestion de ses comptes et avoirs; subsidiairement, il a requis d'être désigné curateur de l'intéressée en remplacement de la précitée. A.j. La juge de paix a tenu audience le 14 mai 2024, au cours de laquelle elle a entendu A.________, assistée de son conseil Razi Abderrahim (accompagné de sa stagiaire), ainsi que B.________ et G.________; Me Razi Abderrahim a confirmé les conclusions de sa requête du 8 mai 2024 et a notamment justifié les opérations facturées par le nombre important de démarches qu'il avait dû entreprendre, évoquant par ailleurs la rupture du lien de confiance entre sa cliente et la curatrice provisoire. Par ordonnance de mesures provisionnelles rendue au terme de l'audience, la juge de paix a notamment confirmé la modification de la mesure provisoire de curatelle de représentation et de gestion en faveur de A.________ ordonnée initialement en une mesure au sens des art. 394 al. 1, 395 al. 1 et 445 al. 1 CC, en une mesure au sens des art. 394 al. 2, 395 al. 3 et 445 al. 1 CC, retiré à A.________ l'exercice de ses droits civils pour tout acte l'engageant personnellement, et notamment s'agissant de la conclusion de contrats, privé l'intéressée de sa faculté d'accéder et de disposer de l'ensemble de ses coffres-forts ainsi que de l'ensemble de ses comptes bancaires et/ou postaux, à l'exception de celui laissé à sa libre disposition par son curateur et maintenu B.________ en qualité de curatrice provisoire.