Citation: 4A_14/2023 E. B

B.a. Par requête du 2 décembre 2019, le locataire a contesté le loyer initial auprès du Tribunal des baux et loyers du canton de Genève. Il a indiqué que la date de construction de l'immeuble se situait moins de 30 ans avant la conclusion du bail, de sorte qu'il convenait de procéder à un calcul de rendement (art. 105 al. 2 LTF). La bailleresse s'est opposée à la requête. Elle a avancé qu'elle avait acquis le terrain concerné en 1987 et que le mandat de pilotage des travaux de construction avait été décerné en 1988. L'immeuble était donc ancien et il n'y avait ainsi pas lieu d'effectuer un calcul de rendement (art. 105 al. 2 LTF). Par ordonnance du 24 novembre 2020, le tribunal a imparti un délai à la bailleresse pour produire un calcul de rendement, et un délai au locataire pour se déterminer sur ce calcul. Par arrêt du 12 avril 2021, la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice du canton de Genève, composée de B.________, présidente, C.________ et D.________, juges, E.________ et F.________, juges assesseurs, a rejeté le recours formé par la bailleresse contre cette ordonnance. Elle a notamment relevé ce qui suit (art. 105 al. 2 LTF) : " [...] au vu des éléments qui lui étaient soumis par (le locataire) [...], le Tribunal n'a certainement pas procédé à une application erronée du droit en considérant, à titre préjudiciel de surcroît, que la construction de l'immeuble litigieux remontait elle aussi à moins de trente ans et que celui-ci n'était donc pas ancien, au sens des principes rappelés ci-dessus. Le Tribunal a dès lors valablement invité la (bailleresse) à lui fournir les éléments permettant de procéder à un calcul de rendement, étant au surplus rappelé que le juge n'est pas définitivement lié par ses ordonnances de preuves [...]. " Le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours formé par la bailleresse contre cet arrêt. Il a notamment expliqué qu'il n'y avait eu aucune décision séparée du tribunal, ni aucune décision définitive de la cour cantonale au sujet de la qualification d'immeuble ancien ou non (arrêt 4A_274/2021 du 6 octobre 2021 consid. 1.4 ss). B.b. Le tribunal a ensuite repris la procédure et a fixé aux parties de nouveaux délais pour produire un calcul de rendement, respectivement se déterminer à ce sujet. Par jugement du 26 avril 2022, le tribunal a débouté le locataire de ses conclusions. Il a d'abord considéré qu'il ne s'agissait pas d'un immeuble ancien. Ensuite, il a retenu que le loyer convenu n'apparaissait pas comme abusif. Dans l'intervalle, la juge assesseure E.________ a démissionné de ses fonctions avec effet au 31 mars 2022. Le locataire a formé appel contre ce jugement auprès de la cour cantonale. Dans sa réponse, la bailleresse a conclu à la confirmation du jugement attaqué. A titre préalable, elle a requis que la cour cantonale siège dans une composition ne comportant pas les magistrats ayant rendu l'arrêt du 12 avril 2021. Elle a fait valoir que la question de principe à trancher était celle de la présence ou non d'un immeuble ancien. Le qualificatif " certainement " employé par la cour cantonale dans cet arrêt réalisait les conditions de la prévention imposant une récusation. Le locataire a déclaré adhérer aux conclusions de la bailleresse s'agissant de la demande de récusation. Par décision du 7 décembre 2022, la Délégation des Juges de la Cour de justice en matière de récusation a rejeté la requête de récusation formée par la bailleresse.