Citation: 5A_206/2024 E. 3.2

3.2. C'est en référence à cette dernière jurisprudence que le président de la cour cantonale a admis la requête d'effet suspensif déposée par l'intimé à l'appui de son appel. Relevant que la situation était certes ici particulière, en ce sens que la décision de première instance refusait de modifier l'attribution de la garde qui résultait de la décision de mesures protectrices de l'union conjugale du 28 mai 2019, le juge cantonal a néanmoins souligné qu'aux termes des prononcés des 22 février et 21 mars 2023 de l'autorité de protection de l'enfant de Gelterkinden-Sissach, les enfants vivaient auprès de leur père depuis une année. L'exécution immédiate de la décision de première instance entraînerait ainsi de facto un changement de la personne de référence par rapport au régime pratiqué depuis de nombreux mois. Or un examen sommaire du dossier ne démontrait pas que l'appel déposé par l'intimé était dépourvu de toute chance de succès et il n'était pas non plus soutenu que les enfants encourraient un risque pour leur bien-être s'ils continuaient à vivre auprès de leur père durant la procédure d'appel. A l'inverse, en cas d'admission de l'appel sur la question de la garde, un retour immédiat chez leur mère risquerait de soumettre les enfants à des changements successifs et rapprochés de leur lieu de vie, qui plus est dans des cantons relativement éloignés et dont la langue était différente; cette situation était de nature à compromettre leurs intérêts et devait être évitée dans la mesure du possible.