Citation: 4C.305/2000 22.03.2001 E. 2

2.- Reprenant presque mot pour mot les critiques formulée à l'appui de son recours de droit public en ce qui concerne son droit à l'administration de preuves, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 8 CC en refusant de mettre en oeuvre l'expertise complémentaire demandée aux fins de déterminer le préjudice économique qu'il dit avoir subi dans son activité indépendante. a) Pour toutes les prétentions relevant du droit privé fédéral (cf. ATF 125 III 78 consid. 3b), l'art. 8 CC répartit le fardeau de la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c) - en l'absence de disposition spéciale contraire - et détermine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les conséquences de l'échec de la preuve (ATF 126 III 189 consid. 2b; 125 III 78 consid. 3b). Cette disposition ne règle cependant pas comment et sur quelles bases le juge peut forger sa conviction (ATF 122 III 219 consid. 3c; 119 III 60 consid. 2c; 118 II 142 consid. 3a). L'art. 8 CC est violé quand le juge n'administre pas, sur des faits pertinents, des preuves adéquates offertes régulièrement selon le droit cantonal, alors qu'il ne considère l'allégation desdits faits ni comme exacte, ni comme réfutée; la disposition n'exclut toutefois ni la preuve par indices, ni l'appréciation anticipée des preuves, le juge pouvant rejeter des offres de preuve d'une partie s'il arrive à la conclusion qu'elles ne seraient pas propres à démontrer le fait à prouver ou parce que sa conviction est déjà assise sur les preuves rassemblées, de manière que le résultat de leur appréciation ne puisse plus être remis en question. L'art. 8 CC ne prescrit pas les moyens par lesquels l'état de fait doit être établi et comment les preuves doivent être appréciées, questions que le Tribunal fédéral statuant comme juridiction de réforme n'a pas à revoir (art. 55 al. 1 let. c et 63 al. 2 OJ; ATF 122 III 219 consid. 3c et les arrêts cités). b) En l'espèce, le demandeur n'a pas été privé de son droit à la preuve. Certes, le juge chargé de l'instruction a refusé d'ordonner un complément d'expertise comptable. Une telle décision est sans recours cantonal immédiat, mais la partie éconduite peut renouveler sa requête devant l'autorité de jugement ou requérir l'audition de l'expert à l'audience (Poudret/Wurzburger/Haldy, Procédure civile vaudoise, 2e éd., n. 3 ad art. 238 CPC vaud.). La cour cantonale a donné suite à la requête formulée dans ce sens par le demandeur en citant l'expert K.________ à l'audience du 24 septembre 1999. Le demandeur, qui avait déjà obtenu l'administration d'une expertise aux fins de prouver le dommage qu'il disait avoir subi dans son activité d'indépendant, a ainsi été en mesure d'exercer pleinement son droit à la preuve en posant à l'expert lors de ladite audience toutes les questions qui lui paraissaient nécessaires. Du moins ne prétend-il pas le contraire. Au demeurant, dès l'instant où la cour cantonale s'est dit convaincue par les chiffres retenus par l'expert K.________ au sujet de la perte de gain annuelle éprouvée par le demandeur dans son activité sylvicole, la question de la répartition du fardeau de la preuve n'a plus d'objet et le grief de violation de l'art. 8 CC est dépourvu de consistance.