Citation: 5P.422/2000 01.12.2000 E. 2

2.- a) Le recourant rappelle tout d'abord que le droit d'être entendu, au sens propre, comprend la faculté d'exposer ses arguments de fait et de droit, de répondre aux objections des parties adverses et de se déterminer sur le dossier de la cause. Or la Cour administrative a statué le 28 septembre 2000, "c'est-à-dire au mieux le jour même où les observations du recourant du 27 septembre 2000 lui parvenaient". Dès lors que l'arrêt attaqué ne contient aucune référence au fait que la requête de seconde expertise était motivée par des éléments de preuve postérieurs au dépôt du rapport d'expertise et à l'ordonnance du Juge instructeur du 3 juin 1996, force est de conclure, selon le recourant, que "la Cour administrative a statué avant de recevoir les observations du recourant du 27 septembre 2000", violant ainsi son droit d'être entendu. b) Les observations du recourant du 27 septembre 2000 sont parvenues à l'autorité cantonale le 28 septembre 2000, comme l'atteste le timbre humide apposé sur les observations figurant au dossier. Comportant 5 pages, elles peuvent être rapidement lues, et rien ne permet de mettre en doute le fait que les juges cantonaux les ont effectivement lues avant de rendre leur décision. c) Par ailleurs, l'autorité cantonale n'avait aucune obligation de se prononcer expressément sur l'argument - que le recourant n'avait pas évoqué dans sa requête de récusation, de sorte que l'on peut déjà se demander s'il pouvait encore le faire dans ses observations du 27 septembre 2000 en réponse à des déterminations du Juge cantonal X.________ qui ne comportaient aucun élément nouveau (cf. Michele Albertini, Der verfassungsmässige Anspruch auf rechtliches Gehör im Verwaltungsverfahren des modernen Staates, thèse Berne 2000, p. 332 et les références citées) - tiré du fait que la requête de seconde expertise était motivée par des éléments de preuve postérieurs au dépôt du rapport d'expertise et à l'ordonnance du Juge instructeur du 3 juin 1996. En effet, si le droit d'être entendu - tel qu'il était déduit de l'art. 4 de la Constitution fédérale du 29 mai 1874 et tel qu'il est désormais garanti par l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 - implique l'obligation pour le juge de motiver ses décisions, le juge n'est pas tenu d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, apparaissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b; 122 IV 8 consid. 2c; 121 I 54 consid. 2c; 117 Ib 64 consid. 4 p. 86; 112 Ia 107 consid. 2b et les arrêts cités). Or le refus d'une requête en complément de preuve, telle qu'une requête de seconde expertise, relève d'une appréciation anticipée admissible des preuves (cf. ATF 117 Ia 262 consid. 4b) qui ne saurait en soi fonder une suspicion de partialité (arrêt non publié H. et cts c. CFF du 22 août 1997 [1P. 105/1997], consid. 2b; cf. aussi l'ATF 115 Ia 400 consid. 3b, selon lequel une faute de procédure ou une décision éventuellement erronée matériellement ne peut, en principe, pas à elle seule fonder l'apparence de prévention chez un juge). Sous cet angle, la requête de récusation apparaissait d'emblée comme non-pertinente et visant à pallier l'absence d'un recours immédiat contre la décision du Juge instructeur refusant d'ordonner une seconde expertise (sur les correctifs et recours à disposition des parties, cf. Poudret/Wurzburger/Haldy, Procédure civile vaudoise, 1996, n. 3 ad art. 239 et n. 3 ad art. 238 CPC/VD).