Citation: 2P.238/2006 11.01.2007 E. A

A.________ exerce la profession de physiothérapeute dans le canton de Genève depuis le 4 novembre 1998. En novembre 2004, sur ordonnance du Dr B.________, C.________ a consulté A.________ pour des problèmes musculaires à l'épaule. Durant les deux premières séances de traitement, elle s'est ouverte à ce dernier de problèmes d'ordre boulimique. A.________ lui a alors proposé des soins en vue d'un rééquilibrage des énergies, sous forme de massage relaxant, d'une durée de deux heures environ, selon la méthode de la thérapie des Prof. Master & Johnson, éminents sexologues américains. Selon le protocole de ses concepteurs, cette méthode constitue une thérapie physique et psychique pouvant être ressentie comme une violation de l'intimité physique et psychique de l'individu, qui implique notamment un drainage des membres inférieurs, un effleurage du ventre et de la poitrine, alternativement sur le dos et sur le ventre, le travail de certaines cervicales, des pressions sur le fessier pour décontracter le bassin, un travail du coccyx par la voie rectale, à l'aide de gelée KY ou de graisse à traire, pour libérer les intestins et un travail en drainage sur les cuisses ainsi que sur le ventre avant le travail de la partie vaginale pour éliminer l'aérophagie du ventre. Le 29 novembre 2004, les soins relaxants ont été administrés en tenue ordinaire, sans gants au domicile privé de A.________, qui n'a divulgué les détails de la méthode à l'intéressée qu'en prodiguant les massages et sur le mode du tutoiement. A.________ a ensuite pris un café avec sa patiente et lui a expliqué que la consultation était gratuite. Après la séance, l'intéressée a ressenti un malaise vis-à-vis des pratiques utilisées et, sur l'insistance d'amies, a exigé de A.________ qu'il lui fournisse une copie du procédé thérapeutique. Le 15 février 2005, elle a déposé plainte contre ce dernier auprès de la Commission de surveillance des professions de la santé, qui, après avoir instruit le dossier, a adressé le 5 septembre 2005 son préavis au Conseil d'Etat du canton de Genève.