Citation: 4A_48/2016 E. A

A.a. Par acte déposé le 30 juin 2014 au greffe de la Cour de justice du canton de Genève, A.________, représentée par un avocat, a déposé un appel contre le jugement rendu le 27 mai 2014 par le Tribunal de première instance de Genève dans la cause cotée C/8872/2008. L'objet de cette cause est notamment la révocation de plusieurs donations immobilières, consenties par B.________ en faveur de A.________, portant sur des biens-fonds sis dans le canton de Genève. Par ordonnance de mesures provisoires rendue le 14 janvier 2011 par le Tribunal de première instance, il a été fait interdiction au premier de disposer desdits immeubles jusqu'à droit jugé au fond. B.________, au moyen de courriers des 29 septembre 2014 et 19 janvier 2015, a sollicité que l'écriture d'appel précitée soit élaguée, sous peine d'irrecevabilité, des propos inconvenants qu'elle contenait. Par arrêt rendu le 28 janvier 2015, la Cour de justice genevoise a fixé à A.________ un délai au 16 février 2015 pour déposer à nouveau son acte d'appel expurgé des passages suivants, considérés comme inconvenants: " un père pédophile ", " la partie adverse est un pédophile avéré dont le caractère manipulateur et menteur est un élément consubstantiel à la nature du prédateur sexuel ", " le principe d'existence du pédophile est le mensonge ", le caractère totalement amoral de sa personnalité " et " la partie adverse étant pour sa part un menteur par nécessité sexuelle et pour éviter de se voir privé de sa liberté pour de longues années "; le dispositif de l'arrêt précisait qu'à défaut, l'appel du 30 juin 2014 sera déclaré irrecevable. Le 16 février 2015, à 21 h. 17, le conseil de A.________ a fait parvenir une télécopie à la Cour de justice dont la teneur est la suivante: " Madame la Présidente, Je vous prie de trouver en annexe les pages de mon mémoire d'appel expurgées des passages requis et deux pièces utiles. Je déposerai demain matin à la première heure deux copies du mémoire complet car j'ai été pris de court pour poster ce courrier ce soir. (...) Veuillez recevoir, Mme la Présidente, mes salutations respectueuses ". Le lendemain 17 février 2015, le mandataire de A.________ a déposé au greffe de la Cour de justice deux exemplaires dudit mémoire portant la signature manuscrite du premier. La Cour de justice, statuant par arrêt du 8 mai 2015, a déclaré irrecevable l'appel de A.________ déposé le 30 juin 2014 contre le jugement rendu le 27 mai 2014 par le Tribunal de première instance, au motif que l'acte d'appel, expurgé des propos inconvenants qu'il contenait initialement, a été déposé en dehors du délai imparti à cet effet à la prénommée dans l'arrêt du 28 janvier 2015. A.b. Le 18 mai 2015, A.________ a formé une requête auprès de la Cour de justice. Elle a fait valoir singulièrement que l'art. 63 al. 2 CPC traitant de la sauvegarde de l'instance s'appliquait en cas de vices réparables et que son écriture d'appel ne contenant plus les passages inconvenants, envoyée par télécopie le 16 février 2015, était entachée d'un tel vice; elle en a inféré que la procédure d'appel dans la cause C/8872/2008 était toujours pendante. A.________ a annexé à sa requête l'acte d'appel expurgé des propos inconvenants. B.________ a conclu à l'irrecevabilité de la requête de A.________. Par arrêt du 4 décembre 2015, la Cour de justice a rejeté la requête du 18 mai 2015. En substance, la cour cantonale a retenu que l'appel, expurgé des propos inconvenants qu'il contenait, n'a pas été déposé dans le délai qu'elle avait imparti à cet effet à A.________ et que la tardiveté du dépôt d'une écriture n'est pas réparable par la voie des art. 63 et 132 CPC.