Citation: 1B_603/2020 E. 2.4

2.4. Cela étant, on ne voit pas qu'il était proscrit au Chef du DFF, jouissant d'un très large pouvoir d'appréciation en la matière, de déléguer par anticipation au Chef de la DAPE l'examen de l'opportunité d'une extension de l'enquête aux éventuelles personnes ayant participé de manière accessoire aux graves infractions fiscales reprochées à B.________ et consorts. Ainsi, l'art. 190 al. 1 LIFD n'exige pas, pour que l'AFC soit habilitée à mener des mesures spéciales d'enquête contre des personnes soupçonnées d'avoir participé à de graves infractions fiscales, que leur identité soit nécessairement connue au moment de la délivrance de l'autorisation du chef du DFF. La formulation de l'art. 2 al. 2 OMSE tend pour sa part à permettre une approche évolutive de l'enquête (" l'autorisation mentionne [...] les noms des personnes connues au début de l'enquête "), donnant ainsi la possibilité pour l'AFC d'étendre l'enquête, sans nouvelle autorisation formelle, à de nouveaux éléments susceptibles d'être révélés en cours d'instruction, à la condition qu'ils soient connexes aux infractions visées par l'autorisation initiale (cf. en ce sens PETER LOCHER, Kommentar zum Bundesgesetz über die direkte Bundessteuer, III. Teil, 2e éd., 2019, n° 6 ad art. 190 LIFD; ALEXANDRE DUMAS, Quelques distinctions au travers de la notion de graves infractions fiscales, in: HURTADO POZO/THORMANN, Droit pénal économique, 2011, p. 420 s.). Pour autant, la recourante ne conteste pas que les soupçons de participation ayant justifié l'extension de l'enquête à son égard entrent en relation de connexité avec ceux concernant la soustraction fiscale qui aurait été commise par B.________, C.________ Ltd et D.________ Ltd. En particulier, elle ne remet pas en cause l'existence de versements par C.________ Ltd de plusieurs millions de francs, entre 2007 et 2015, sur les comptes bancaires de sociétés offshore dont elle aurait été la bénéficiaire, versements qui ne s'expliqueraient ni par l'activité d'interprète qu'elle aurait fournie à B.________ ou à ses sociétés dans le cadre de son commerce d'oeuvres d'art, ni à une rémunération qui lui aurait été allouée pour avoir permis la mise en relation entre B.________ et un riche collectionneur russe.