Citation: 6B_61/2015 E. 4.3.2

4.3.2. L'autorité précédente a écarté les explications du recourant que les sommes litigieuses étaient demandées par B.________ pour payer ensuite des salaires au noir ou des compléments de salaire occultes, au motif que l'engagement au noir n'est attesté ni par les éléments du dossier, ni par des moyens de preuves apportés par le recourant. Ce dernier n'avait pas non plus demandé l'audition d'employés non déclarés. B.________ a admis l'existence d'employés au noir, en particulier l'établissement de factures à ces fins pour un montant total de 100'000 fr. sur 2007 et 2008. Il a également admis que des compléments de salaires étaient versés en cash, avec la précision que " à la fin il n'y avait plus qu'un montant de 2'000 fr. par mois " (arrêt attaqué, p. 20). Le témoin D.________, indépendant actif au sein de A.________ SA entre avril 2009 et juin 2010 pour remettre de l'ordre dans la société, a attesté qu'il avait entendu dire de B.________ lui-même que des employés de A.________ SA étaient payés au noir (arrêt attaqué, p. 14). L'autorité précédente a totalement fait abstraction de ce témoignage, sans justification aucune. Le témoin E.________ a également attesté de rumeurs, indiquant que B.________ demandait au recourant de retirer de l'argent et de le lui remettre directement pour payer " ses notes de frais ", à hauteur de 5'000 fr. par mois au plus (arrêt attaqué, p. 13). On comprend du raisonnement de l'autorité précédente qu'elle a néanmoins estimé les aveux de B.________ s'agissant du paiement d'employés au noir non pertinents pour le sort de la cause dès lors que ceux-ci étaient payés au moyen des comptes de A.________ SA. Elle a également retenu que A.________ SA avait directement pris en charge les salaires des employés de C.________ SA (arrêt attaqué, p. 29) et que de la sorte, le recourant n'était pas crédible lorsqu'il avançait que les prélèvements litigieux sur les comptes de A.________ SA en faveur de C.________ SA visaient à payer le salaire des employés de cette société. Ces faits portaient sur plus d'un million de francs (1'103'724 fr.; arrêt attaqué, p. 21). Ils ont toutefois été retenus par l'autorité précédente sur la base des seules déclarations non documentées de B.________, alors que leur exactitude aurait dû être vérifiée par des documents. Les décomptes bancaires des comptes de A.________ SA, censés débités de ces prétendus salaires, n'ont en effet pas été versés au dossier. Les documents produits notamment par B.________ lors de l'audience de première instance le 21 juin 2013 - trois copies de factures semble-t-il de A.________ SA à l'attention de C.________ SA, datées du 31 août et du 31 octobre 2009, soit après le départ du recourant de A.________ SA - sont à cet égard dépourvues de valeur probante. D'une part, ces factures ne prouvent pas le paiement de telles charges par A.________ SA. D'autre part et surtout, on ne comprend pas si C.________ SA prêtait des employés à A.________ SA, comme le soutient B.________, pourquoi A.________ SA facturait ce prêt à C.________ SA (cela aurait dû être l'inverse, tout au moins aucun remboursement par C.________ SA n'était justifiable). Le paiement direct par A.________ SA des employés de C.________ SA ou d'employés au noir n'est ainsi pas démontré et le constater comme l'a fait l'autorité précédente est arbitraire. Cela eût-il été le cas comme l'invoque B.________, on ne comprend pas pour quel motif ce dernier, qui aurait dû constater ces prétendus paiements importants à la lecture des décomptes bancaires de A.________ SA, permettait que ces comptes soient à nouveau débités en faveur de C.________ SA, prétendument dans le même but. Selon B.________, A.________ SA utilisait C.________ SA pour obtenir du personnel en payant moins de charges. Les décomptes bancaires de C.________ SA produits n'attestent, à quelques exceptions près, d'aucun transfert à une personne physique, laissant penser à un versement déclaré de salaire, mais uniquement des retraits réguliers d'argent en cash, ce qui appuie plutôt la thèse du recourant du paiement des salaires d'employés de C.________ SA au noir. L'autorité précédente a écarté les explications du recourant que les prélèvements en cash l'auraient été pour payer des employés au noir au vu des chiffres donnés au cours de la procédure par le recourant. Ce raisonnement est intenable dès lors qu'il se fonde sur une masse salariale de 6 à 7 millions, alors que l'autorité précédente admet dans le même temps que A.________ SA aurait versé à C.________ SA sur trois ans (uniquement) 1'103'724 fr. pour les salaires de ses employés. Les fluctuations du nombre d'employés de C.________ SA invoquées par l'autorité précédente sont également sans pertinence dès lors qu'il s'agit des employés déclarés, alors que la question ici est le paiement de salaires d'employés partiellement ou entièrement non déclarés. A nouveau, par son raisonnement, l'autorité précédente renverse le fardeau de la preuve, reprochant au recourant de n'avoir pas démontré l'usage correct des sommes, alors qu'il appartenait aux autorités de poursuite pénale d'établir l'usage indu des sommes confiées.