Citation: 8C_418/2022 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a relevé que différents avis médicaux s'opposaient s'agissant de l'origine neuropathique ou non des douleurs thoraciques du recourant. Le docteur B.________, auprès duquel l'intimée avait requis un avis spécialisé indépendant sur proposition du docteur C.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie et psychiatre conseil de l'intimée, n'avait constaté aucune anomalie ni altération de la sensibilité dans le territoire des nerfs thoraciques. Ses conclusions étaient confirmées par le docteur D.________, spécialiste en chirurgie et médecin d'arrondissement de l'intimée, ainsi que par le docteur E.________, spécialiste en neurologie du centre de compétences de la CNA. Elles étaient en revanche contestées par le docteur F.________, spécialiste en médecine interne générale, qui avait signalé déjà en mars 2016 la probable persistance d'une névralgie intercostale. Cet avis, qui émanait du médecin traitant du recourant, n'amenait toutefois pas d'élément concret en faveur d'une origine neuropathique des douleurs, hormis la présence de cals osseux que personne ne contestait et qui avait été prise en compte par tous les médecins qui s'étaient exprimés. Pour sa part, le docteur G.________, spécialiste en anesthésiologie, n'avait fait que "suspecter une composante neuropathique aux douleurs". Quant à l'avis du docteur H.________, spécialiste en chirurgie thoracique, selon lequel le fait que les douleurs répondaient au traitement par Lyrica était la preuve d'une irritation nerveuse, le docteur E.________ y avait répondu de manière convaincante en expliquant que cela ne suffisait pas pour établir une composante neuropathique. Dans ces conditions, les avis divergents précités n'étaient pas de nature à remettre en cause l'appréciation de deux spécialistes en neurologie. Dès lors que l'intimée avait déjà requis l'avis d'un spécialiste en neurologie indépendant (à savoir le docteur B.________) et que les conclusions de celui-ci avaient été validées par un second spécialiste (à savoir le docteur E.________), la mise en oeuvre de nouvelles mesures d'instruction n'apparaissait pas nécessaire. Les premiers juges ont ajouté que le docteur C.________ avait diagnostiqué un syndrome douloureux somatoforme persistant, en soulignant l'existence de "facteurs psychiques qui contribu[ai]ent à la présence continue des douleurs". Cet avis rejoignait celui du docteur D.________, qui avait fait état d'une certaine discordance entre l'ampleur du handicap anamnestique et les constatations objectives. C'était ainsi à juste titre que l'intimée avait nié l'existence d'un substrat organique suffisamment objectivable pour expliquer les douleurs du recourant et qu'elle avait procédé à l'examen du lien de causalité adéquate à la lumière des critères développés par la jurisprudence.