Citation: 4A_494/2019 E. 7.1

7.1. En l'espèce, l'obligation de diligence incombant au mandataire chargé de la négociation avec le réassureur impliquait de vérifier la congruence complète entre le contrat de réassurance et le règlement de prévoyance. La violation de cette obligation contractuelle par la recourante, présumée fautive, a eu pour conséquence une absence de couverture par le réassureur de prestations que l'intimée doit verser à une affiliée. La cour cantonale a retenu ainsi une causalité naturelle et adéquate entre l'omission fautive de la recourante et le dommage subi par la fondation. La question est de savoir si l'éventuelle violation par l'experte en prévoyance professionnelle de ses obligations était susceptible d'interrompre ce lien de causalité. Selon la jurisprudence, la causalité adéquate peut être interrompue par un événement extraordinaire ou exceptionnel auquel on ne pouvait s'attendre - force naturelle, fait du lésé ou d'un tiers - et qui revêt une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus immédiate du dommage et relègue à l'arrière-plan les autres facteurs ayant contribué à le provoquer - y compris le fait imputable à la partie recherchée (ATF 143 III 242 consid. 3.7; 143 II 661 consid. 7.1 p. 671; 130 III 182 consid. 5.4 p. 188; 127 III 453 consid. 5d p. 457; 122 IV 17 consid. 2c/bb p. 23; 116 II 519 consid. 4b p. 524).