Citation: 2C_226/2023 E. 4.5

4.5. les condamnations du recourant à 18 et 30 mois, en octobre 2014 et en décembre 2019, essentiellement pour des actes de violence domestique à l'endroit de son ex-épouse, illustrent la gravité des infractions commises. Elles se fondent sur des actes portant atteinte à la vie et à l'intégrité corporelle, soit à des biens juridiques singulièrement importants; or le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux en présence d'actes dirigés contre de tels biens (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3). Le Tribunal cantonal relève également que le recourant a réitéré des actes de violences contre son ex-épouse peu après sa condamnation d'octobre 2014, avec une aggravation dans ses agissements, qui s'est soldée par une mise en danger de la vie de son ex-épouse. Les condamnations pour conduite en état d'ébriété prononcées en mars 2011 et octobre 2014 ne sont pas non plus négligeables puisqu'elles sanctionnent une mise en danger abstraite de l'intégrité physique, dénotant un mépris de la vie des autres usagers de la route en prenant le volant sous l'emprise de l'alcool (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.5.1; arrêts 2C_302/2022 du 25 octobre 2022 consid. 6.5; 2C_344/2016 du 6 septembre 2016 consid. 5.1). Enfin, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant a été condamné à six reprises, pour un total de cinquante deux mois de peine privative de liberté, et a passé près de deux ans et huit mois en prison, sans tenir compte de la détention préventive. Il a ainsi démontré une propension à ne pas pouvoir ou vouloir respecter l'ordre juridique suisse, confirmée d'ailleurs par les infractions commises après le 1er octobre 2016 (cf. supra let. A.b). La nouvelle enquête pénale pour escroquerie et faux dans les titres dirigée contre le recourant ne peut en revanche pas être prise en compte, les conditions pour le faire, en dépit de la présomption d'innocence, n'étant pas remplies (cf. arrêts 2C_1072/2019 du 25 mars 2020 consid. 8.4; 2C_39/2016 du 31 août 2016 consid. 2.5; 2C_170/2015 du 10 septembre 2015 consid. 5.1). Le (relativement) bon comportement de l'intéressé en détention et depuis sa sortie de prison ne saurait être déterminant. Un comportement adéquat durant et après la détention est en effet généralement attendu de tout délinquant (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.5.2; arrêt 2C_467/2020 du 17 novembre 2020 consid. 4.5 et les autres références citées). A cet égard, il ressort d'ailleurs de l'arrêt querellé que si l'attitude du recourant en cellule a été qualifiée d'adéquate, ses prestations à l'atelier ont été qualifiées de moyennes et il a fait l'objet d'une sanction disciplinaire le 18 décembre 2019 pour avoir forcé l'ouverture de sa cellule et bousculé un agent de détention. Il ressort en outre de l'arrêt attaqué que le recourant présente un niveau moyen de risque de récidive générale, mais très élevé en matière de violence conjugale. Le juge d'application des peines a retenu que le recourant avait également montré "une certaine tendance à minimiser son potentiel de violence, en rejetant la faute de ses actions sur son épouse et sur sa belle-famille". Par ailleurs, faute d'être citoyen européen, le recourant invoque en vain l'ALCP (RS 0.142.112.681), qui impose un risque concret de récidive pour révoquer l'autorisation de séjour. De plus, on relèvera que la présence de son fils en Suisse et la décision de révocation de son autorisation du 18 mai 2017 n'ont pas dissuadé le recourant de commettre de nouvelles infractions. Le rapport de la Fondation vaudoise de probation du 16 novembre 2021, duquel il ressortirait selon le recourant que "les facteurs de protection en terme de risque de récidive sont prédominants à ce jour" ne saurait être déterminant puisqu'une telle formulation n'écarte pas de manière significative un risque de récidive. Sur le vu de ce qui précède, il existe indéniablement un intérêt public important à la révocation de l'autorisation d'établissement du recourant.