Citation: 6B_183/2020 E. 4.2

4.2. La cour cantonale a constaté que la recourante était arrivée en Suisse à l'âge de 42 ans à l'occasion de son mariage. Sa seule attache familiale actuelle en Suisse était sa fille unique qui ne souhaitait toutefois plus la voir. Elle n'avait donné le nom d'aucun proche à informer de sa détention. La recourante maîtrisait la langue de son pays d'origine, y possédait quatre appartements et pourrait y poursuivre son traitement médical si celui-ci n'était pas arrivé à terme. Ses chances de réintégration en Italie n'apparaissaient donc en tout cas pas plus faibles qu'en Suisse. L'intérêt privé de la recourante à demeurer en Suisse était ainsi particulièrement ténu. Pour le reste, la recourante avait attenté au bien le plus précieux protégé par le Code pénal, soit la vie humaine. Les experts avaient par ailleurs énoncé que l'existence d'un risque de nouvelles manifestations d'acte de violence contre autrui - et donc pas seulement contre l'intimée - ne pouvait être exclu, en particulier dans des moments de tension, de désespoir plus marqué ou encore en cas d'imprégnation à des substances psychoactives, comme l'alcool notamment. La diminution de ce risque au travers d'un suivi de type psychothérapeutique n'était présentée que comme une probabilité dont la réalisation dépendrait notamment de l'implication de la recourante. Or, aux débats de première instance, la recourante affirmait encore qu'elle ne pensait pas qu'un traitement fût nécessaire et qu'elle ne saurait d'ailleurs pas quoi dire aux psychiatres. Le fait qu'elle ait indiqué, au cours de l'audience d'appel, avoir débuté un traitement qui lui était utile, ne révélait au mieux que le début d'une prise de conscience de la nécessité de se faire soigner. A cette même audience, la recourante avait affirmé que son destin demeurait lié à celui de sa fille, ce qui était inquiétant, et qu'elle ne pouvait toujours pas dire pourquoi elle avait tiré sur elle. Le succès du traitement ordonné n'était ainsi nullement garanti. Autant dire que l'intérêt public qui présidait à l'expulsion de la recourante était particulièrement important (cf. jugement attaqué, consid. 6.3 p. 31 s.).