Citation: 4A_180/2007 06.09.2007 E. 3

Invoquant l'art. 29 al. 2 Cst., la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir violé son droit d'être entendue en refusant de prendre en compte un certain nombre de pièces qu'elle avait produites pour prouver la dégradation des relations de travail. 3.1 Vu la nature formelle du droit d'être entendu, dont la violation entraîne l'annulation de la décision attaquée indépendamment des chances de succès du recours sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437), il convient d'examiner en priorité le moyen relatif à ce droit (ATF 124 I 49 consid. 1). Le droit d'être entendu est garanti en premier lieu par le droit cantonal; comme la recourante n'invoque pas la violation de telles normes, c'est à la lumière des garanties offertes directement par l'art. 29 al. 2 Cst. qu'il y a lieu d'examiner le grief (ATF 126 I 15 consid. 2a). La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu en particulier le droit pour le justiciable de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuve pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16). L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, lui paraissent pertinents (ATF 130 II 530 consid. 4.3 p. 540; cf. également 131 I 153 consid. 3 p. 157). 3.2 En l'espèce, il est constant que tant dans la lettre de résiliation du 18 mai 2005 que dans celle de confirmation du 8 juin 2005, l'employeuse a motivé le licenciement par les prétendus abandon de poste et insultes, voire menaces. Devant le Tribunal des prud'hommes, la recourante a repris les motifs contenus dans ses courriers et invoqué en outre un certain nombre de griefs à l'égard de son ancien employé relatifs à la qualité de son travail, à la précision des décomptes horaires, aux frais engagés de manière inacceptable et à une attitude générale non professionnelle. Dans son recours au Tribunal fédéral, elle expose considérer que « l'analyse de la situation générale laissait clairement entrevoir l'impossibilité de poursuivre sereinement des rapports de travail » et que « l'abandon de poste a alors constitué l'ultime étape qui a contribué à rompre définitivement le dernier lien de confiance qui subsistait encore ». De la sorte, la recourante admet que le motif du licenciement résidait dans l'abandon de poste. Or, la cour cantonale a considéré qu'un tel abandon ne pouvait pas être retenu, ce qui mettait un terme au débat, de sorte qu'elle pouvait se dispenser d'instruire sur les circonstances relatives aux reproches faits par l'employeuse à son collaborateur quant à la qualité de son travail. En définitive, l'on ne décèle donc pas trace de violation du droit d'être entendu.