Citation: U 7/06 29.09.2006 E. 5

5.1 En cas d'atteintes à la santé (sans preuve de déficit organique) consécutives à un traumatisme de type «coup du lapin» à la colonne cervicale, un traumatisme analogue (SVR 1995 UV n° 23 p. 67 consid. 2) ou un traumatisme cranio-cérébral, la jurisprudence apprécie le caractère adéquat du rapport de causalité en appliquant, par analogie, les mêmes critères que ceux dégagés à propos des troubles d'ordre psychiques, à la différence que l'examen de ces critères est effectué sans faire de distinction entre les composantes physiques ou psychiques: les critères de la gravité ou de la nature particulière des lésions subies, des douleurs persistantes, ainsi que du degré et de la durée de l'incapacité de travail sont déterminants de manière générale, sans référence aux seules lésions ou douleurs physiques (ATF 117 V 366 ss consid. 6a sv.; voir également ATF 123 V 99 consid. 2a et les références; RAMA 2002 n° U 470 p. 531 [arrêt M. du 30 juillet 2002, U 249/01]). 5.2 En l'occurrence, on peut se rallier au point de vue de l'assureur recourant, partagé par l'intimée, selon lequel l'accident subi doit être considéré comme étant de gravité moyenne; on ajoutera toutefois que les événements du 2 août 2000 se situent à la limite inférieure de cette catégorie en raison de leur déroulement (glissade dans un toboggan ayant entraîné deux chocs à la tête sans perte de connaissance, ni lésions apparentes). On ne saurait qualifier par ailleurs cet accident de particulièrement impressionnant ou dramatique (pour comparaison, cf. notamment arrêts non publiés B. du 4 mai 2006, U 201/05 consid. 5.2.1, P. du 6 avril 2006, U 142/05 consid. 4.2, T. du 13 septembre 2005, U 237/04 consid. 4 et G. du 22 juin 2005, U 190/04 consid. 5.1). L'intimée n'a pas subi de blessures spécialement graves ou menaçantes pour sa vie; elle était certes étourdie et a dû se faire aider pour sortir du bassin de réception, mais n'a jamais perdu connaissance. De surcroît, aucune lésion, ni même contusion, n'a été constatée. Les atteintes (traumatisme cranio-cérébral et entorse cervicale) se sont avant tout caractérisées par l'apparition de douleurs à l'occiput, aux trapèzes et à la nuque, ainsi que par une mobilité réduite de la colonne cervicale, sans atteinte organique objectivable, ni pathologie neurologique. En ce qui concerne le degré et la durée de l'incapacité de travail, on notera que l'intimée a très rapidement repris son activité professionnelle (deux semaines après l'accident), à mi-temps, sans rencontrer de grosses difficultés. Cette capacité partielle a toutefois été maintenue jusqu'à ce que les spécialistes de la Clinique romande de réadaptation suggèrent une reprise progressive du travail à temps complet. Ce programme n'a cependant jamais pu être mis en pratique dans la mesure où l'intimée a été licenciée et dispensée de l'obligation de travailler durant le délai de congé, puis n'a retrouvé qu'un travail à temps partiel, son nouvel employeur ne pouvant fournir un temps d'occupation supérieur. Une reprise du travail à plein temps n'a donc jamais été tentée; celle-ci aurait encore été facilitée par la transformation ergonomique du poste de l'intimée. Quant à la durée du traitement médical, elle n'apparaît pas anormalement longue, un suivi s'étendant sur deux à trois ans devant être considéré comme usuel pour le type de traumatisme subi (cf. arrêt non publié H. du 30 mai 2003, U 353/02 consid. 3.3) Au demeurant, le traitement consistant en des séances de physiothérapie, chiropraxie, ostéopathie et en la prise occasionnelle d'une médication antalgique avait un caractère essentiellement conservateur. Il reste que l'intimée continue à souffrir des mêmes douleurs dont l'importance doit toutefois être relativisée dans la mesure où elles ont tout d'abord diminué avec le temps pour se stabiliser et fluctuer légèrement en fonction des traitements suivis. 5.3 Au regard de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce, les critères mentionnés n'apparaissent donc pas suffisamment prégnants pour que l'accident du 12 août 2000 soit tenu pour la cause adéquate des troubles dont souffre l'intimée au-delà du 20 octobre 2002, contrairement à ce qu'a retenu la juridiction cantonale. L'assureur recourant était ainsi fondé à supprimer le droit de l'intimée à des prestations de l'assurance-accidents à partir du 20 octobre 2002. Le recours est ainsi bien fondé