Citation: 2C_429/2021 E. 6.2

6.2. Conformément à l'art. 53 CEDH, aucune des dispositions de la CEDH ne peut être interprétée comme limitant ou portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales pouvant être reconnus conformément aux lois de toute Partie contractante ou à toute autre Convention à laquelle cette Partie contractante est partie. Cette disposition réserve ainsi, en substance, la faculté pour les Parties contractantes de prévoir des standards de protection des droits fondamentaux plus élevés que ceux garantis par la CEDH. Il en va de même s'agissant de l'art. 5 ch. 2 Pacte ONU II, en tant que celui-ci prévoit qu'il ne peut être admis aucune restriction ou dérogation aux droits fondamentaux de l'homme reconnus ou en vigueur dans tout Etat partie audit Pacte en application de lois. Il résulte de ce qui précède que le principe de faveur consacré dans le domaine des droits de l'homme par les dispositions précitées, s'il impose certes, en cas de conflit de normes en la matière, d'appliquer la règle la plus favorable aux particuliers (cf. ATF 122 II 140 consid. 2), ne vaut que lorsque lesdites normes sont de rangs différents à celles de la CEDH ou du Pacte ONU II. Or, les recourants, lorsqu'ils affirment que l'art. 11 al. 1 Cst. leur offrirait une protection plus étendue que l'art. 10 al. 2 Cst., ne peuvent se prévaloir d'un tel conflit de normes. Au demeurant, la protection particulière de l'intégrité des enfants et des jeunes offerte par l'art. 11 al. 1 Cst. porte sur l'intégrité physique et psychique de ceux-ci (cf. supra consid. 4.2), qui est déjà garantie par l'art. 10 al. 2 Cst. en tant que composante de la liberté personnelle de tout être humain (cf. ATF 133 I 249 consid. 4.2; 129 IV 216 consid. 2.3; 127 I 6 consid. 5d; 126 II 377 consid. 5d; AURÉLIE GAVILLET, in Commentaire romand de la Constitution fédérale (vol. 1), Martenet/Dubey [éd.], 2021, n° 15 ad art. 11 Cst.; AXEL TSCHENTSCHER, in Basler Kommentar, Bundesverfassung, Waldmann/Belser/Epiney [éd.], 2015, n° 10 ad art. 11 Cst.; RUTH REUSSER/KURT LÜSCHER, in Die schweizerische Bundesverfassung, Ehrenzeller et al. [éd.], 3e éd. 2014, n° 14 ad art. 11 Cst.; JÖRG PAUL MÜLLER/MARKUS SCHEFER, Grundrechte in der Schweiz, 4e éd. 2008, p. 805). La prise en compte de l'intérêt supérieur de l'enfant coïncidant en l'espèce avec l'examen de la proportionnalité de la mesure litigieuse (cf. supra consid. 4.2 in fine), on ne saurait partant reprocher à l'autorité précédente de l'avoir examiné dans ce cadre-là. Le grief est donc rejeté.