Citation: 8C_873/2018 E. A

Le 8 septembre 1992, A.________ a été victime d'une chute à cyclomoteur à cause d'un chien qui s'est approché d'elle. Elle est tombée sur son épaule droite dans un talus. A cette époque, elle effectuait un apprentissage d'employée de commerce à l'office B.________ et était, à ce titre, assurée contre le risque d'accident auprès de La Fribourgeoise. Cette dernière a pris en charge le cas. Le docteur C.________, alors consulté par l'assurée, a diagnostiqué une périarthrite post-traumatique et prescrit un traitement conservateur. En 1995, A.________ a terminé son apprentissage avec l'obtention d'un CFC d'employée de commerce. A partir d'avril 1996, elle a travaillé à plein temps dans une banque. Elle a ensuite diminué son temps de travail pour suivre une formation pré-professionnelle en percussion classique au conservatoire D.________ (1998). A partir d'août 2000, elle a arrêté son activité d'employée de commerce pour se consacrer entièrement à sa formation musicale (études en section professionnelle), tout en donnant en parallèle des cours privés à des élèves et en collaborant avec divers orchestres. Le 29 mars 2001, elle a subi un accident de la circulation. En automne 2003, elle a définitivement dû abandonner ses études musicales en raison de problèmes à son épaule droite. Entre 1995 et fin 2010, A.________ a subi cinq interventions à son épaule droite qui ont été prises en charge à titre de rechutes de l'accident initial de 1992. En mai 1998, elle s'est vue allouer une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 5 %, taux qui a ensuite été augmenté à 10 % sur la base d'une expertise établie le 26 janvier 2004 par le Centre Multidisciplinaire de la Douleur (décision du 29 juin 2004 de la Nationale Suisse alors deuxième repreneur du portefeuille LAA de la Fribourgeoise). Pour faire le point sur l'état de santé de l'assurée après la cinquième opération, la Nationale Suisse a confié une expertise au docteur E.________ (rapport du 17 mars 2011). Ce médecin a indiqué qu'il était encore trop tôt pour savoir si le taux d'atteinte à l'intégrité devait être revu à la hausse. Par lettre du 22 mars 2013, l'assurée a requis de la Nationale Suisse de réviser le taux d'atteinte à l'intégrité et de statuer sur son droit à une rente LAA. Faisant valoir qu'elle avait dû abandonner ses études musicales en raison des séquelles à son épaule droite, elle a demandé que son degré d'invalidité soit évalué en fonction du revenu qu'elle aurait pu obtenir en qualité d'enseignante de musique diplômée. Le 11 juillet 2013, A.________ a également déposé une demande de prestations à l'assurance-invalidité (AI). Par décision du 23 novembre 2015, l'Office AI du canton de Fribourg a rejeté sa demande. Cette décision a été confirmée par jugement du 29 juin 2017 de la IIe Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal fribourgeois. Dans l'intervalle, la Nationale Suisse a confié une nouvelle expertise au docteur E.________ (rapport du 8 octobre 2013). A la suite de la fusion de la Nationale Suisse avec Helvetia Compagnie Suisse d'Assurances SA (ci-après: Helvetia), cette dernière a repris le dossier. Par décision du 24 juin 2016, Helvetia a refusé d'allouer une rente LAA et de procéder à une révision du taux d'indemnité pour atteinte à l'intégrité. Saisie d'une opposition, elle l'a écartée dans une nouvelle décision du 1er novembre 2017.