Citation: 6B_404/2009 22.09.2009 E. 1.2

1.2.1 Est une victime au sens de l'art. 1 LAVI toute personne qui a subi, du fait d'une infraction, une atteinte directe à son intégrité physique, psychique ou sexuelle. Le Tribunal fédéral examine librement si une personne est une victime au sens de l'art. 1 LAVI (ATF 120 Ia 157 consid. 2d p. 162). Tant que les faits ne sont pas définitivement arrêtés, il faut se fonder sur les allégués de celui qui se prétend lésé pour déterminer s'il est victime au sens de l'art. 1 LAVI. En revanche, lorsque - comme en l'espèce - l'autorité cantonale a définitivement fixé l'état de fait, celui-ci lie la cour de céans (cf. ATF 126 IV 147 consid. 1 p. 149 à propos du pourvoi en nullité), à moins qu'il ne soit entaché d'inexactitude manifeste (art. 97 al. 1 LTF), à savoir d'arbitraire (ATF 134 IV 39 consid. 1.4.1). 1.2.2 L'arrêt attaqué retient en fait que la recourante n'a pas subi de lésions lors de sa prétendue rencontre avec sa voisine le 4 mars 2007. La cour cantonale a certes fait allusion à des lésions dorso-lombaires et psychologiques, mais nie que ces lésions constatées sur la recourante plusieurs heures, voire plusieurs jours après la soi-disante agression se trouvent dans un lien de causalité (naturelle) avec celle-ci. Selon la recourante, la cour cantonale serait toutefois tombée dans l'arbitraire en écartant tout lien de causalité entre les lésions constatées et la prétendue l'agression. En particulier, elle aurait arbitrairement écarté divers rapports médicaux, qui permettraient d'étayer à satisfaction l'origine des lésions constatées. Une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire même préférable (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4/5; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148, 133 I 149 consid. 3.1 p. 153 et les arrêts cités). La cour cantonale a exclu toute lésion survenue à la suite d'une prétendue agression du 4 mars 2007, en se fondant sur le constat de l'Hôpital de la Riviera établi le jour même. En effet, les médecins n'ont décelé aucune lésion physique au terme de leur examen, mais seulement un état d'anxiété. Les autres rapports médicaux établissent certes l'existence de lésions dorso-lombaires. Ainsi, le rapport de l'ostéopathe a constaté l'existence d'"un spasme des muscles paravertébraux dorsaux lombaires, (...) consécutif à un choc traumatique absorbé par le côté droit de la patiente". Mais, contrairement à ce que soutient la recourante, ce choc traumatique n'est pas nécessairement la conséquence de la prétendue aggression, les lésions pouvant aussi résulter d'une chute ou d'un accident domestique. Quant aux autres rapports médicaux, ils ne sont pas déterminants, dès lors qu'ils ont été établis un mois, voire une année après la prétendue agression; s'ils ont fait un lien avec une agression, cela provient des dires de la patiente, par nature invérifiables. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale les a écartés et s'est fondée sur le rapport établi par l'Hôpital de la Riviera. On peut encore ajouter que C.________ n'a pas constaté le 4 mars 2007 de marques particulières sur la personne de sa voisine, qui se tenait debout. Quant à B.________, elle a certes déclaré avoir observé des rougeurs sur le dos de la recourante. Mais comme l'a relevé la cour cantonale, il apparaît toutefois insolite que B.________ ait cru discerner des rougeurs sur le dos de la recourante, dès lors que les vêtements couramment portés à l'époque de l'année en cause (début mars) couvrent le haut du corps. Au vu de l'ensemble de ces éléments, la cour cantonale n'est donc pas tombée dans l'arbitraire en retenant qu'il n'était pas établi que les lésions dorso-lombaires et les séquelles psychologiques constatées ultérieurement avaient été provoquées par la prétendue agression survenue le 4 mars 2007. Non entachée d'arbitraire, cette constatation de fait lie la cour de céans. Or, en l'absence de lien de causalité entre les lésions invoquées par la recourante et l'agression, on ne peut pas considérer que la recourante a subi une atteinte directe à son intégrité physique ou psychique du fait d'une infraction. La recourante ne revêt donc pas la qualité de victime au sens de l'art. 1 LAVI et n'a pas la qualité pour recourir selon l'art. 81 LTF. Dans ses deux autres griefs, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir écarté de façon arbitraire les témoignages des deux voisins et d'avoir apprécié arbitrairement les correspondances adressées par la gérance dans cette affaire. Ces griefs concernent l'existence même de l'agression. Or, en l'absence de lien de causalité, les infractions de lésions corporelles et de voies de fait doivent être exclues, sans qu'il soit nécessaire de déterminer si une agression a vraiment eu lieu. Il n'est donc pas nécessaire d'examiner ces griefs.