Citation: 1P.81/2006 12.05.2006 E. 1

En l'espèce, la levée du séquestre litigieux a pour effet que la recourante est exposée à ce que les avoirs libérés ne soient plus disponibles ni, partant, confiscables par le juge du fond et ne puissent dès lors servir à l'exécution d'une créance compensatrice, dont elle aurait pu demander l'allocation selon l'art. 60 CP. La décision attaquée est dès lors susceptible de causer un préjudice juridique, donc irréparable, à la recourante, et non un simple préjudice de fait, comme le soutiennent les intimés. Le recours est ainsi recevable sous l'angle de l'art. 87 OJ. 1.3 La recourante a un intérêt personnel et juridiquement protégé à l'annulation de la décision attaquée, en tant que cette dernière la prive de la possibilité d'obtenir la réparation du dommage qu'elle invoque par l'allocation, en application de l'art. 60 CP, de la créance compensatrice à l'exécution de laquelle eussent pu servir les avoirs libérés. Elle a donc qualité pour recourir selon l'art. 88 OJ. Les intimés le contestent vainement au motif que la recourante, n'étant pas une victime au sens de l'art. 2 LAVI, ne serait recevable à se plaindre que d'une violation de ses droits de partie à la procédure, équivalent à un déni de justice formel, qu'elle n'invoque pas. La restriction dont ils se prévalent n'est applicable qu'au recours de droit public formé par le lésé contre un acquittement, un non-lieu ou un classement; elle se justifie en effet du fait que, le droit de punir n'appartenant qu'à l'Etat, le lésé n'est pas habilité à contester un tel prononcé sur le fond (ATF 131 I 455 consid. 1.2.1 p. 458/459; 128 I 218 consid. 1.1 p. 219/220; 126 I 97 consid. 1a p. 99; 125 I 253 consid. 1b p. 255). 1.4 Saisi d'un recours d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne peut examiner que les griefs d'ordre constitutionnel invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (cf. art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261/262; 129 I 113 consid. 2.1 p. 120, 185 consid. 1.6 p. 189). Sous peine d'irrecevabilité, le recourant doit donc non seulement indiquer quels droits constitutionnels auraient, selon lui, été violés, mais démontrer, pour chacun d'eux, en quoi consiste cette violation.