Citation: I 195/02 04.11.2002 E. 5

5.1 Selon l'art. 12 al. 1 LAI, l'assuré a droit aux mesures médicales qui n'ont pas pour objet le traitement de l'affection comme telle, mais sont directement nécessaires à la réadaptation professionnelle et sont de nature à améliorer de façon durable la capacité de gain ou à la préserver d'une diminution notable. Par traitement de l'affection comme telle, on entend généralement les mesures médicales visant la guérison ou le soulagement d'une pathologie labile. En principe, l'AI ne prend en charge que les mesures médicales dont le but immédiat est de mettre un terme ou de corriger des états défectueux ou des pertes de fonction stables, si ces mesures permettent de prévoir un succès important et durable, conformément à l'art 12 al. 1 LAI (ATF 120 V 279). Les assurés âgés de moins de 20 ans révolus qui n'exercent pas d'activité lucrative sont réputés invalides lorsqu'ils présentent une atteinte à la santé physique, ou mentale qui aura probablement pour conséquence une incapacité de gain (art. 5 al. 2 LAI). Aussi, lorsqu'il s'agit de jeunes assurés, des mesures médicales peuvent déjà s'avérer utiles à la réadaptation professionnelle de manière prédominante et être prises en charge par l'AI, malgré le caractère provisoirement labile de l'affection, si l'absence de ces mesures risque d'entraîner une guérison défectueuse ou quelque autre état défectueux stable qui nuirait à la formation professionnelle, diminuerait la capacité de gain ou aurait ces deux effets en même temps (ATF 105 V 20). Toutefois, il faut encore que ces mesures ne relèvent pas d'emblée de l'assurance-maladie, parce qu'elles constituent des mesures médicales de durée illimitée qui servent en soi au traitement de l'affection et n'ont dès lors pas un caractère prépondérant de mesures de réadaptation au sens de la LAI (VSI 2000 p. 65 ss consid. 1 et 4b; 1984 p. 524 consid. 1 et les références). 5.2 Selon la pratique administrative une thérapie psychomotrice peut être prise en charge à titre de mesure de soutien à la logopédie. Cependant, lorsque la thérapie est requise pour d'autres raisons et qu'elle ne produit qu'un effet secondaire de bienfait sur la logopédie, elle ne peut être prise en charge en vertu de l'art. 12 LAI (CMRM 1043.7). L'intimée souffre de troubles de l'articulation, de dyslalie et d'un retard d'acquisition du langage , en raison desquels l'AI lui a accordé à partir du 19 août 1996 la prise en charge d'un traitement de logopédie. Sur proposition de la Doctoresse C.________, neuropédiatre, évoquant un trouble dépassant celui de la parole, un traitement d'ergothérapie a instauré en été 1999, après mise en évidence de problèmes d'organisation et de stratégies d'action dans l'espace et le temps face à la réalisation d'une activité, ainsi qu'une désorganisation de l'analyse visuo-spatiale. Les difficultés qui subsistaient chez la patiente fin 1999 ne pouvant être traitées dans le cadre de l'ergothérapie, le traitement a été interrompu et la prise en charge d'un traitement de psychomotricité a été requis début janvier 2001. Sur ce point, la Doctoresse B.________ a relevé les troubles mis en évidence par le bilan d'ergothérapie et ajouté que l'intimée présentait des difficultés de mémorisation; à côté du diagnostic de troubles d'apprentissage du langage oral et écrit, elle a retenu celui de retard de développement global, et précisé que le traitement de psychomotricité devrait se montrer bénéfique à plusieurs niveaux. Au vu de ces éléments, il ressort que l'intimée présente d'autres troubles que ceux propres au langage, retard de développement global et troubles psycho-moteurs, motivant la mise en oeuvre d'une thérapie psychomotrice. L'effet de bienfait sur la logopédie, s'il est réel, apparaît dès lors comme secondaire, au regard des autres troubles présentés par l'intimée justifiant l'indication d'une thérapie psychomotrice. L'intimée ne peut ainsi prétendre la prise en charge de la thérapie psychomotrice comme mesure de soutien à la logopédie au sens de la directive de l'office. 5.3 Il ressort cependant des données médicales que l'intimée présente d'autres troubles que ceux propres au langage. Peut-elle prétendre la prise en charge du traitement de psychomotricité, à titre de mesure médicale de réadaptation au sens rappelé plus haut (consid. 5.1), en raison de l'existence de ces troubles mêmes, et non plus seulement comme soutien à la logopédie ? L'office n'a pas examiné la demande sous cet angle et le dossier n'est pas suffisamment instruit sur les éléments dont il y a lieu de tenir compte (longueur du traitement, durabilité du succès de la mesure, prévention d'un état défectueux stable, etc.) pour trancher la question. Dès lors, le dossier doit être renvoyé à l'office pour qu'il reprenne l'instruction de la demande sous cet angle, après avoir examiné à titre préliminaire la nature exacte au regard de l'AI du traitement de psychomotricité prodigué dans le cas d'espèce à l'intimée.