Citation: 6F_4/2020 E. 4.4

4.4. Compte tenu de ce qui précède, il suffit, dès lors, de relever encore que l'arrêt 6B_865/2018 n'avait d'aucune manière pour objet des accusations pénales dirigées contre A.________, mais que, dans le cadre du jugement de celles dirigées contre E.________, les autorités cantonales, puis le Tribunal fédéral, compte tenu des griefs soulevés devant lui par E.________, ont été amenés à examiner, sous l'angle factuel, les faits et gestes de A.________ en relation avec l'opération P.________, notamment. Contrairement à ce que paraît penser A.________, que E.________ ait été reconnu coupable de complicité d'assassinat n'a pas pour conséquence que cet arrêt affirmerait qu'il aurait « de manière générale » été reconnu comme l'auteur principal de ces crimes. On peut, en effet rappeler, dans ce contexte, que nonobstant le caractère accessoire de la complicité, la condamnation du complice ne suppose pas que l'auteur principal ait même été poursuivi (accessoriété limitée: MARC FORSTER, in Basler Kommentar, Strafrecht I, 4e éd. 2019, no3 ad art. 27 CP; TRECHSEL/JEAN-RICHARD, in Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, 3e éd. 2018, no 25 avant art. 24 CP; BERNHARD STRÄULI, in Commentaire romand Code pénal I, 2009, nos 137 s. ad Intro aux art. 24 à 27 CP) et que, comme on vient de le voir, cette question n'était tout simplement pas l'objet de cette procédure. Par ailleurs, s'il est apparu que A.________ avait donné des ordres au commando, qu'il l'avait tout au moins co-dirigé et que ce groupe d'hommes avait mis à exécution le plan criminel, il ne ressort pas de l'arrêt en question que le Tribunal fédéral en aurait conclu qu'il aurait été l'auteur principal des assassinats. On ignore en effet concrètement quels ordres précis il a donnés et qui, parmi les membres du commando a pu exécuter les détenus. Comme cela ressort sans ambiguïté des décisions du Tribunal fédéral, celui-ci s'est, du reste, essentiellement limité à répondre aux griefs soulevés devant lui par E.________. Ainsi, en particulier, s'agissant de réfuter la thèse selon laquelle le groupe entré en premier au point B aurait été composé de deux groupes distincts, l'un à la tête duquel se trouvait A.________, dont les actes auraient été licites et l'autre, dirigé par G.________ et/ou H.________, qui auraient été responsables des homicides. De même, lorsqu'il s'est agi de répondre à l'argumentation du recourant soutenant que A.________ s'était simplement comporté comme un superviseur. Il n'en demeure pas moins que le fait que E.________ a envoyé son ami et bras droit rejoindre, au point B un commando dont il est établi que certains de ses membres ont exécuté des détenus et que A.________, comme cela ressort de la video produite par E.________, a donné des ordres à ce commando, l'a dirigé ou co-dirigé demeurait un indice important de la culpabilité de E.________.