Citation: 1C_272/2014 E. 3.4

3.4. Pour renverser la présomption établie, le recourant se prévaut des réponses écrites formées par son ex-épouse et il fait grief à l'instance précédente d'avoir tiré de l'existence de ses deux enfants nés hors mariage la conclusion que son union conjugale n'était pas stable. Le recourant se contente pour l'essentiel d'affirmer que les déclarations écrites de son ex-épouse démontreraient qu'en automne 2006 leur mariage était stable et effectif, que l'enfant né en 2008 avait été conçu après la rupture définitive de la communauté conjugale et que les époux avaient envisagé d'adopter l'enfant né en 2005, l'adoption ayant échoué en raison du refus de la mère de l'enfant. Cette dernière affirmation, censée démontrer la volonté du couple de poursuivre une vie commune, est cependant contredite par les premières déclarations de l'ex-épouse qui a indiqué lors de son audition que le recourant avait voulu faire venir cet enfant en Suisse pour l'élever, sans toutefois évoquer un projet d'adoption. En l'occurrence, les éléments avancés par le recourant ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation convaincante de l'instance précédente qui a estimé qu'il était peu vraisemblable, au vu notamment du comportement adultère du recourant durant son mariage, que celui-ci ait pu avoir la conviction que sa communauté conjugale était stable, effective et tournée vers l'avenir au moment de la signature de la déclaration commune. Le Tribunal administratif fédéral a d'ailleurs à juste titre retenu que le recourant n'était pas crédible en affirmant que la naissance de son premier enfant en septembre 2005 n'avait eu aucune incidence sur l'union conjugale. L'ex-épouse de l'intéressé a en effet déclaré qu'il n'avait pas été facile pour elle d'apprendre la naissance de cet enfant. Elle en outre précisé que les réelles difficultés au sein du couple avaient leur origine tout d'abord dans l'adultère de chacun des deux ex-époux et également dans le fait que le recourant "se trouvait beaucoup trop souvent à Genève". Quoi qu'en pense le recourant, les déclarations de l'ex-épouse, prises dans leur ensemble, ne sont pas susceptibles de détruire la présomption fondée sur la chronologie des événements (cf. consid. 3.2). Le recourant insiste également sur le fait que lorsqu'il a conçu son deuxième enfant au Kosovo en juillet 2007, soit environ neuf mois après avoir obtenu la nationalité suisse, il considérait sa communauté conjugale comme définitivement terminée; en été 2007, la mère des enfants du recourant et l'enfant né en 2005 ont d'ailleurs formé une demande de visa pour entrer en Suisse, laquelle leur a été refusée. Contrairement à ce que pense le recourant, le fait qu'il a conçu son deuxième enfant seulement après avoir acquis la conviction que la rupture était définitive n'est pas déterminant pour démontrer la stabilité du couple au moment de la signature de la déclaration commune. En l'occurrence, cette nouvelle relation extraconjugale avec la mère de son premier fils - ayant de surcroît conduit à la naissance d'un deuxième enfant - seulement quelque mois après l'obtention de la nationalité suisse tend davantage à confirmer que l'union conjugale entre les ex-époux ne présentait pas la stabilité requise au moment déterminant. Le recourant a en l'occurrence rapidement et facilement accepté l'idée d'une rupture définitive. Il n'a du reste pas fait valoir qu'il a entrepris des efforts avant l'été 2007 pour sauver sa communauté conjugale. Par ailleurs, le recourant n'invoque aucun événement extraordinaire susceptible d'expliquer la brusque dégradation du lien conjugal. L'éloignement physique des époux durant la semaine ne saurait en particulier constituer un tel événement. Enfin, pour l'examen de la question de savoir s'il y a eu obtention frauduleuse de la naturalisation, il est sans pertinence que les époux se sont mariés par amour, que la décision de reprendre le fitness à Neuchâtel a longuement été débattue entre les ex-époux et que le recourant a dû poursuivre son travail à Genève.