Citation: 6P.146/2005 27.02.2006 E. A

A.a Le 23 novembre 2003, en fin d'après-midi, une violente dispute a opposé X.________ à son épouse dans leur appartement de Genève. La gendarmerie et une équipe de premiers secours sont intervenues. Le lendemain, X.________ a été, sur plaintes, inculpé de tentative de viol et lésions corporelles simples sur la personne de son épouse, ainsi que de voies de fait et menaces sur la personne de sa belle-mère, qui se trouvait au domicile conjugal au moment des faits. Le 4 décembre 2003, le juge d'instruction a entendu l'épouse en présence du défenseur de l'inculpé, Me Hrant Hovagemyan, qui a posé des questions. Absent au début des opérations, X.________ a assisté à la fin de l'audition. Le 10 décembre 2003, le juge a entendu la belle-mère en présence de l'inculpé et de son défenseur, qui a posé des questions. En revanche, les plaignantes se sont fait représenter par leur conseil à toutes les audiences d'instruction qui ont suivi. Le 23 février 2004, le juge d'instruction a entendu le Dr A.________, auteur d'un certificat médical versé au dossier, en présence de l'inculpé et de Me Hrant Hovagemyan, qui a posé des questions. Par ordonnance du 9 novembre 2004, la Chambre d'accusation du canton de Genève a renvoyé X.________ en jugement devant la Cour correctionnelle, siégeant avec le concours du jury, pour tous les chefs d'inculpation, ainsi que pour conduite d'un véhicule automobile en état d'ébriété. A.b A l'ouverture de l'audience de jugement, les plaignantes ne s'étant pas présentées, X.________ a demandé le renvoi des débats à une session ultérieure, afin d'être confronté avec ses accusatrices. Il a aussi réitéré une requête, précédemment rejetée par le juge d'instruction et la chambre d'accusation, tendant à la mise en oeuvre d'une expertise médicale sur la crédibilité des dires de l'épouse. La cour a rejeté les deux requêtes incidentes, la première au motif que les plaignantes avaient disparu sans laisser d'adresse, ce qui rendait illusoire leur comparution à une prochaine audience, la seconde parce que l'utilité d'une expertise de crédibilité n'était pas démontrée et qu'il n'était de toute façon pas admissible qu'elle portât sur les dires d'un adulte. A.c Par arrêt du 18 mai 2005, la cour et le jury ont acquitté X.________ des préventions de tentative de viol, voies de fait et menaces, mais l'ont condamné pour lésions corporelles simples et conduite d'un véhicule automobile en état d'ébriété à trois mois d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans, sous déduction de deux mois et douze jours de détention préventive, et à 500 fr. d'amende. Les jurés ont motivé leur verdict de culpabilité sur le chef de lésions corporelles simples en retenant, en résumé, qu'au cours de la dispute, X.________ avait donné à son épouse au moins une gifle appuyée ou un coup de poing qui avait ouvert sur le nez de la victime une plaie d'un demi centimètre de long, par laquelle s'était écoulé du sang. L'un des coups avait aussi provoqué une bosse derrière la tête. Un autre avait entraîné la formation d'un hématome, indiqué au moment de l'examen médical par une croûte cicatricielle de l'orifice de la boucle d'oreille droite. Les jurés ont aussi admis que, sous l'effet des coups qu'elle avait reçus, l'épouse, qui était apparue fortement choquée aux gendarmes et aux ambulanciers venus à son secours, avait eu comme un voile devant les yeux et qu'elle avait ressenti une douleur d'une intensité suffisante pour que l'on puisse parler de lésions corporelles. Les jurés ont précisé qu'ils fondaient leurs constatations de fait sur les déclarations de l'accusé, qui n'avait pas contesté avoir frappé son épouse, sur le certificat médical établi par le Dr A.________ et sur le témoignage d'un gendarme et des deux ambulanciers entendus aux débats. Ces preuves corroboraient suffisamment les déclarations de la plaignante pour suppléer au défaut de confrontation entre elle et l'accusé.