Citation: 2A.170/2000 12.05.2000 E. 2

2.- a) L'art. 17 al. 2 LSEE dispose que le conjoint étranger d'un étranger bénéficiant d'une autorisation d'établissement a droit à une autorisation de séjour aussi longtemps que les époux vivent ensemble. Toutefois, ce droit s'éteint si l'ayant droit a enfreint l'ordre public. Les conditions d'extinction du droit pour atteinte à l'ordre public sont moins strictes que celles à remplir dans le cas de la perte du droit à l'autorisation de séjour du conjoint étranger d'un ressortissant suisse selon l'art. 7 al. 1 LSEE (motif d'expulsion). Il y a lieu néanmoins de procéder à la pesée des intérêts en présence (ATF 122 II 385 consid. 3a p. 390; 120 Ib 129 consid 4a p. 130; Alain Wurzburger, La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en matière de police des étrangers, in RDAF 1997 p. 320/321). b) Si le refus d'autorisation atteint l'intéressé dans sa sphère familiale, celui-ci peut également se prévaloir du droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'art. 8 CEDH pour s'opposer à l'éventuelle séparation de sa famille et obtenir ainsi une autorisation de séjour. Cette condition est remplie en l'espèce, dans la mesure où le recourant entretient une relation étroite et effective avec son épouse, titulaire d'une autorisation d'établissement (ATF 122 II 1 consid. 1e p. 5; 120 Ib 1 consid. 1d p. 3, 6 consid. 1 p. 8, 16 consid. 3a p. 21 et 257 consid. 1c p. 259/260). La question de savoir si, dans un cas particulier, les autorités de police des étrangers sont tenues d'accorder une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 CEDH doit aussi être résolue sur la base d'une pesée de tous les intérêts privés et publics en présence. d) En l'espèce, le recourant a été condamné, en 1993, pour tentative d'homicide et violation de la législation italienne sur les armes, les munitions et les explosifs, à la peine de six ans de réclusion. Contrairement à ce qu'il prétend, les faits à l'origine de sa condamnation sont particulièrement graves et pas si éloignés (novembre 1992) qu'il faille admettre que l'intéressé ne représente plus un danger pour la société. Comme l'a constaté le Tribunal administratif dans l'arrêt attaqué, aux motifs duquel il y a lieu de renvoyer (art. 36a al. 3 OJ), l'intérêt public à éloigner le recourant de Suisse l'emporte manifestement sur son intérêt privé à pouvoir s'installer avec son épouse en Suisse, où il n'a d'ailleurs pas d'autres liens. Quant à son épouse, il faut souligner qu'elle connaissait la situation de son mari lorsqu'elle a contracté mariage au mois d'avril 1999. Vouloir maintenant prétendre qu'elle en ignorait les conséquences sur le plan de la police des étrangers en Suisse n'est pas déterminant, dès lors qu'elle est également de nationalité italienne et peut donc sans difficultés insurmontables suivre son mari dans son pays d'origine. e) Il s'ensuit que le Tribunal administratif n'a pas violé les art. 17 al. 2 LSEE et 8 CEDH, ni pris une mesure disproportionnée en confirmant le refus de renouveler l'autorisation de séjour du recourant.