Citation: 1B_271/2015 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, les faits dénoncés - disparitions et/ou dommages portés à du matériel photographique d'une certaine valeur (48 appareils pour un total d'environ 50'000 fr.) - paraissent, prima facie et à ce stade de la procédure, constitutifs des infractions réprimées aux art. 139 et 144 al. 3 CP ( PHILIPPE WEISSENBERGER, in Basler Kommentar, Strafrecht II, Art. III-392 StGB, 3 e éd. 2013, n° 101 s. ad art. 144 CP; DUPUIS/GELLER/MONNIER/MOREILLON/PIGUET/BETTEX/STOLL, Petit commentaire, Code pénal, 2012, nos 22 ss ad art. 144 CP; FAVRE/PELLET/ STOUDMANN, Code pénal annoté, 3e éd. 2011, n° 3.1 ad art. 144 CP; BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3e éd. 2010, nos 30 ss ad art. 144 CP); devant le juge du fond, le recourant pourra d'ailleurs développer ses arguments tendant à une autre qualification juridique. Il ressort ensuite clairement du jugement attaqué sur quels éléments concrets se fondaient les graves soupçons de la commission d'infractions par le recourant (les déclarations d'un informateur, le secteur concerné et les renseignements pris par l'intéressé sur les lieux où serait déposé le matériel, lesdits objets ayant disparu le jour suivant); si des pièces ultérieures permettent peut-être d'avoir une appréciation différente, elles ne sont pas pertinentes pour examiner les circonstances qui prévalaient lors des prononcés de mai et de juillet 2014 (cf. notamment les cartes en pièces 327/328 et la possible confirmation que les déclarations de l'informateur ne seraient que des rumeurs; ATF 140 IV 40 consid. 4.2 p. 43). La cour cantonale a donc retenu, à juste titre et sans procéder de manière arbitraire, l'existence de forts soupçons de la commission d'infractions de la part du recourant. Quant aux principes de proportionnalité et de subsidiarité, ils ne sont pas non plus violés par la surveillance téléphonique mise en oeuvre. Le recourant ne conteste d'ailleurs pas l'intérêt public visé par la surveillance - recherche du/des auteur (s) des dommages perpétrés contre le matériel de l'Université -, ni la systématique avec laquelle les infractions semblent avoir été commises (leur grand nombre, la régularité des actes malveillants, l'importance des moyens mis en oeuvre en raison notamment des différents lieux répartis sur l'ensemble du territoire cantonal). Il prétend pourtant que d'autres mesures d'investigation moins incisives auraient pu être ordonnées. La juridiction précédente a cependant expliqué de manière convaincante pourquoi tel n'était pas le cas en l'espèce; elle a ainsi relevé les lieux difficiles d'accès - en particulier dans l'optique de pièges -, ainsi que la stratégie d'enquête suivie par le Ministère public (recherche dans un contexte particulier des implications de protagonistes ayant pour seul objectif de saboter une expérience). De plus, dans la mesure où la surveillance portait sur un téléphone professionnel, l'atteinte à la sphère privée du recourant - qui utilisait librement ce même numéro à des fins privées - demeure limitée. Par conséquent, le Juge unique a confirmé avec raison la décision du Tmc du 8 mai 2014 ordonnant la surveillance téléphonique du raccordement du recourant.