Citation: 6B_1183/2023 E. 2.3.3

2.3.3. Le recourant se fonde ensuite sur la configuration des lieux et le moment des faits litigieux pour soutenir qu'il n'y aurait pas eu création d'un risque de blessures graves ou la mort, même pour le motard ou sa passagère, soit d'un danger abstrait qualifié. Selon le recourant, en toutes hypothèses, les éléments de fait, soit la vitesse excessive, la course poursuite après avoir coupé la route au motard et l'accident contre le restaurant, ne seraient pas suffisants pour retenir que l'accident était inévitable. Il aurait été tout à fait envisageable dans de telles circonstances que le recourant conserve la maîtrise de son véhicule. En l'espèce, la cour cantonale a fondé la réalisation de l'infraction à l'art. 90 al. 3 LCR sur l'incapacité de conduire du recourant, la vitesse largement excessive de celui-ci, le fait qu'il talonnait le motard à une très courte distance de celui-ci alors qu'ils circulaient à vive allure, ainsi que sur la perte de maîtrise du véhicule et le franchissement de manière rectiligne de la voie de circulation inverse. Or, contrairement à ce que soutient le recourant, il n'était pas manifestement insoutenable de faire abstraction de la configuration des lieux et de l'heure à laquelle les faits s'étaient produits pour retenir l'infraction à l'art. 90 al. 3 LCR. En effet, les éléments de fait retenus par la cour cantonale étaient suffisants pour entraîner un grand risque d'accident pouvant induire de graves lésions ou la mort, ne serait-ce que pour le motard, vu la très faible distance à laquelle la voiture suivait la moto, conjugué à la vive allure des deux véhicules et à l'incapacité de conduire du recourant en raison de la présence de THC dans son sang. Dans ces circonstances, le risque était grand de percuter le motard, dans la mesure où le conducteur qui talonne se place dans une situation de ne pas pouvoir réagir à temps en cas de freinage du véhicule qui le précède, ce qui aurait été propre à causer, à tout le moins, de graves blessures au conducteur du deux roues. L'on peut d'ailleurs souligner à ce titre que le recourant a fini par perdre la maîtrise de son véhicule et par s'encastrer contre un mur, sa passagère et lui ayant été blessés, accentuant de la sorte le risque précité. Mal fondé, le grief doit donc être rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.