Citation: 4A_340/2023 E. A

A.a. A.________ (ci-après: le nageur ou l'athlète), athlète domicilié en Bulgarie, est un nageur bulgare de niveau international. L'Agence Mondiale Antidopage (ci-après: l'AMA) est une fondation de droit suisse ayant son siège à Lausanne. Elle a notamment pour but de promouvoir, au niveau international, la lutte contre le dopage dans le sport. L'AMA a édicté le Code Mondial Antidopage (CMA). L'Anti-Doping Center of the Republic of Bulgaria (ci-après: ADC), signataire du CMA, est l'agence bulgare de lutte contre le dopage. Elle est chargée de la mise en oeuvre du Règlement antidopage bulgare (" Republic of Bulgaria's Regulations on Anti-Doping Activities "; ci-après: le RAD). Bulgarian Olympic Committee (ci-après: le BOC) est le comité national olympique bulgare. A.b. Le 9 février 2021, l'ADC a fait savoir à l'athlète qu'il était inclus dans le groupe cible de sportifs soumis aux contrôles de l'ADC. Ledit groupe comprend des athlètes identifiés comme hautement prioritaires qui sont assujettis à des contrôles ciblés en compétition et hors compétition et qui, de ce fait, sont tenus de fournir des informations sur leur localisation (" whereabouts "). En vertu de l'art. 19 al. 4 RAD, les athlètes inclus dans ce groupe cible sont tenus: - de fournir des informations exactes et complètes sur leur localisation à l'ADC via le Système d'administration et de gestion antidopage (" Anti-Doping Administration and Management System "; ci-après: ADAMS) établi par l'AMA; - de mettre à jour leurs informations de localisation si nécessaire, afin qu'elles soient exactes et complètes à tout instant; - d'être disponibles pour le prélèvement d'échantillons aux endroits de localisation indiqués. Le 2 décembre 2021, la Fédération Internationale de Natation (FINA; désormais World Aquatics) a indiqué au nageur qu'il était inclus dans le groupe cible de sportifs soumis aux contrôles de la FINA à compter de l'année 2022. A.c. Le 6 avril 2021, des agents de contrôle du dopage se sont rendus à l'endroit communiqué par l'athlète dans ses informations de localisation aux fins de procéder à un contrôle antidopage. Ils ne l'ont toutefois pas trouvé au lieu indiqué. Deux jours plus tard, l'ADC a informé l'athlète de ce test manqué et lui a fixé un délai pour fournir des explications à cet égard. Le nageur n'ayant pas réagi dans le délai imparti, elle lui a signifié qu'un contrôle manqué était retenu à son encontre. A.d. Le 16 décembre 2021, le nageur a participé à une compétition de natation organisée aux Émirats Arabes Unis, alors qu'il avait indiqué, dans le système ADAMS, qu'il se trouverait aux États-Unis ce jour-là. Invité à s'expliquer par l'ADC, l'athlète ne l'a pas fait. Le 13 janvier 2022, l'ADC a retenu l'existence d'un manquement du nageur au devoir de l'informer sur sa localisation. A.e. Le 26 janvier 2022, un agent de contrôle du dopage s'est rendu à l'endroit communiqué par l'athlète dans ses informations de localisation en vue de le soumettre à un contrôle antidopage hors compétition. Il n'a toutefois pas été en mesure de localiser le nageur au lieu indiqué. Nonobstant les explications fournies par l'athlète, l'ADC a conclu que le nageur avait manqué le contrôle antidopage en question. Après avoir réexaminé la situation à la demande du nageur, l'ADC a maintenu sa position. A.f. Par décision du 11 octobre 2022, la Commission disciplinaire du BOC a reconnu l'athlète coupable d'avoir enfreint l'art. 6.1.4 RAD (combinaison de trois contrôles manqués et/ou manquements à l'obligation de transmission des informations sur sa localisation pendant une période de douze mois) et l'a condamné à une période de suspension de deux ans, sous déduction de la période de suspension provisoire déjà écoulée entre le 5 et le 19 mai 2022.