Citation: 5P.363/2000 12.02.2001 E. 3

3.- a) En seconde instance cantonale, le recourant a soutenu qu'en arrêtant à 117'900 fr. le montant facturable des travaux de construction du chemin, la Cour civile s'était dispensée de procéder à une libre appréciation de la valeur probante des rapports d'expertise sur lesquels elle s'était fondée, violant ainsi l'art. 5 al. 3 CPC/VD. La Chambre des recours a rejeté ce moyen, au motif que la liberté conférée au juge par cette disposition était limitée exclusivement par la nécessité de donner les motifs de sa conviction dans les cas prescrits par les art. 243 et 300 al. 2 CPC/VD. Saisie d'un recours en nullité pour violation de ces règles, elle devait se borner à examiner si elles avaient été respectées et non pas rechercher si l'explication donnée paraissait convaincante ou si le juge avait abusé de son pouvoir d'appréciation. Elle a considéré qu'en l'espèce, les premiers juges avaient satisfait à leur obligation de motivation. b) Le recourant reproche à la Chambre des recours d'avoir répondu à côté de la question et commis dès lors un grossier contresens. En se prononçant de la sorte, elle aurait manifesté qu'elle ne s'était pas livrée à un examen sérieux de ce moyen et aurait par conséquent arbitrairement restreint son pouvoir d'examen, commettant ainsi un déni de justice formel. Le recourant ne critique toutefois nullement les explications - au demeurant étayées par des références de doctrine et de jurisprudence - données par la Chambre des recours concernant les raisons pour lesquelles elle devait se borner sur ce point à vérifier si la Cour civile avait donné les motifs de sa conviction (art. 90 al. 1 let. b OJ). Quant au fait que la Chambre des recours se serait - comme le prétend le recourant - trompée de réponse, il s'agit d'une question qui ne relève pas du droit d'être entendu, cette autorité n'ayant pas omis de prendre position sur le grief qui lui était soumis.