Citation: 5A_786/2018 E. 1

Par arrêt du 17 août 2018, l'Autorité de recours en matière civile de la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel a rejeté le recours interjeté le 28 juin 2018 par A.________ et B.A.________ concernant les frais et dépens à l'encontre du jugement rendu le 28 mai 2018 par le Tribunal civil des Montagnes et du Val-de-Ruz constatant le retrait de la conclusion reconventionnelle prise par A.________ et B.A.________ le 15 mars 2017 (ch. 1 du dispositif), déclarant irrecevable la demande déposée le 22 novembre 2016 par D.________ Sàrl au nom de la Communauté des propriétaires par étages C.________, à U.________, tendant à l'inscription définitive d'hypothèques légales sur les quatre parts de PPE appartenant aux défendeurs (ch. 3), arrêtant les frais de justice à 2'400 fr. et mettant ceux-ci à la charge de D.________ Sàrl et de A.________ et B.A.________, chacun à raison de la moitié (ch. 4) et disant que les dépens sont compensés (ch. 5). Le Tribunal civil des Montagnes et du Val-de-Ruz a, dans son jugement du 28 mai 2018, considéré que l'attitude des défendeurs, " consistant à n'avoir jamais versé un seul acompte sur leurs contributions [de charges en faveur de la PPE], et ce depuis l'acquisition des parts de copropriété en janvier 2013[ était] à la limite de la mauvaise foi et [ justifiait] que la moitié des frais de la cause soit mise à leur charge ". Saisie du recours du 28 juin 2018 de A.________ et B.A.________, l'Autorité de recours en matière civile a rappelé qu'en matière de répartition des frais judiciaires, le juge pouvait notamment s'écarter des règles générales et statuer selon sa libre appréciation quand les circonstances particulières rendaient la répartition des frais en fonction du sort de la cause inéquitable ou quand une partie avait intenté le procès de bonne foi (art. 107 al. 1 let. b et f CPC). En l'occurrence, l'autorité précédente a jugé qu'une répartition des frais judiciaires à raison de 5/6 pour l'administratrice et de 1/6 pour les défendeurs se justifierait en fonction du sort de la cause (art. 106 CPC), mais qu'au regard de la situation générale du litige, notamment au fait qu'il n'était pas contesté que les défendeurs n'avaient jamais versé d'acomptes de charges durant la période de 2013 à 2015 ayant justifié la demande d'inscription d'hypothèques légales, la répartition par moitié des frais judiciaires et la compensation des dépens constituaient une solution équitable, ou du moins ne sortait pas du cadre du pouvoir d'appréciation du tribunal civil.