Citation: 5C.226/1999 09.03.2000 E. 2

2.- a) Aux termes de l'art. 392 ch. 2 CC, l'autorité tutélaire institue une curatelle lorsque les intérêts du mineur ou de l'interdit sont en opposition avec ceux du représentant légal. Le recourant soutient que cette disposition ne s'applique pas dans l'hypothèse d'un éventuel conflit d'intérêts entre un pupille majeur et son curateur nommé en vertu de l'art. 393 CC. b) L'art. 392 ch. 2 CC est directement applicable aux relations entre une personne mineure ou interdite et son représentant légal, à savoir le détenteur de l'autorité parentale, respectivement le tuteur. Selon la doctrine, cette disposition s'applique aussi, par analogie, en cas de conflit d'intérêts entre une personne et son conseil légal (conseil légal coopérant, gérant ou combiné; Egger, Zürcher Kommentar, n. 24 ad art. 392 CC et les citations; Schnyder/Murer, Berner Kommentar, n. 77 ad art. 392 CC et les références). De même, il est généralement admis que l'art. 392 ch. 2 CC s'applique aussi par analogie lorsque les intérêts du curateur sont en opposition avec ceux de la personne sous curatelle (Langenegger, Basler Kommentar, n. 25 ad art. 392 CC, qui cite Claude Bonnard, Les autorités de tutelles et la loi fédérale du 12 juin 1951 sur le maintien de la propriété foncière rurale, in RDT 1953 p. 89 ss, p. 95; Hans Michael Riemer, Grundriss des Vormundschaftsrechts, 2e éd., § 6 N 9; plus nuancés: Schnyder/Murer, op. cit. , loc. cit. ). L'autorité cantonale n'a donc pas violé le droit fédéral en considérant que cette disposition était applicable en l'espèce.