Citation: 4C.62/2000 15.05.2000 E. 4

4.- a) A l'appui de son deuxième moyen, le recourant reproche aux juges cantonaux d'avoir retenu qu'il n'a pas rendu vraisemblable son incapacité de financer le réaménagement autre part de son cabinet dentaire. Il prétend que ces magistrats, conformément à l'art. 274d al. 3 CO, auraient dû instruire sur ce point en ordonnant la production de toute pièce utile. De toute manière, on ne saurait exiger que le demandeur, qui est proche du terme de son activité professionnelle, assume les frais de réinstallation du cabinet dentaire. b) L'art. 274d al. 3 CO prescrit au juge d'établir d'office l'état des faits, les parties devant lui soumettre toutes les pièces nécessaires à trancher le litige. Il pose le principe d'une maxime inquisitoriale sociale, laquelle ne constitue cependant pas une maxime officielle absolue. Le juge ne doit pas instruire d'office le litige lorsqu'une partie renonce à expliquer sa position, mais il doit interroger les parties et les informer de leur devoir de collaboration et de production des preuves. L'initiative du juge ne va pas au-delà de l'invitation faite aux parties de mentionner les preuves et de les présenter. La maxime inquisitoriale sociale ne modifie pas le fardeau de la preuve, ni ne dispense les parties de proposer des moyens de preuve; elle n'oblige pas le juge à étendre l'administration des preuves à bien plaire, lorsqu'une partie renonce à étayer ses assertions (ATF 125 III 231 consid. 4a et les références doctrinales) Il résulte de l'arrêt déféré que le demandeur n'a pas fourni d'indication sur les revenus que lui procure son cabinet de dentiste, ni sur sa situation de fortune. Le recourant s'est abstenu de produire certains moyens de preuve, dont la production pouvait être raisonnablement exigée de sa part. Partant, il n'a pas satisfait à son devoir de collaborer à l'établissement des faits, en sorte que l'art. 274d al. 3 CO ne saurait lui être d'aucun secours. A cela s'ajoute que l'autorité cantonale n'a pas ignoré les difficultés qu'est susceptible de rencontrer le recourant, âgé de 58 ans, pour amortir les frais élevés qu'entraînera le déménagement des installations de son cabinet. C'est au contraire ce motif qui a décidé la Chambre d'appel à lui accorder une prolongation de bail plus importante. Or, le point de savoir si les circonstances qu'il invoque justifieraient une prolongation d'une durée supérieure est une pure question d'appréciation. Le recourant n'a nullement démontré que les juges cantonaux auraient abusé de ce pouvoir. De toute manière, il n'apparaît pas qu'il soit établi que le demandeur ne puisse pas, dans quelques années, remettre son nouveau cabinet à un jeune dentiste pour une somme équitable. Le moyen est privé de tout fondement.