Citation: 5A_972/2021 E. 2.2.3

2.2.3. Selon la cour cantonale, la Juge civile ne contestait pas que la requérante ne fût pas inscrite en tant que propriétaire de biens au registre foncier kosovar, mais considérait, en substance, que tant la valeur de ces biens que les droits qu'elle aurait sur ceux-ci n'étaient pas clairs, et que la requérante avait manqué de sincérité à cet égard. La recourante se limitait à soutenir qu'elle n'était pas propriétaire de ces biens, mais ne se prononçait nullement sur le manque de clarté de ses droits éventuels sur ces immeubles; or force était d'admettre que la situation était peu claire ou qu'à tout le moins, au vu des éléments du dossier, la conclusion de la première juge n'était pas arbitraire. Les déclarations des époux concernant leurs intérêts financiers à l'étranger étaient en effet contradictoires, le mari de la requérante affirmant que celle-ci détenait des biens immobiliers au Kosovo, ce qu'elle contestait. Elle avait toutefois admis avoir envoyé de l'argent à sa famille, certes dans des proportions modestes selon elle, et que cet argent avait peut-être servi à construire une maison. Aux termes du contrat notarié signé le 3 août 2020, son mari l'avait matériellement aidée, ainsi que sa famille, à construire une maison dans son pays d'origine, aide pour laquelle il ne demandait aucune compensation. Au vu de ses déclarations et de l'acte notarié, la situation de la requérante était effectivement ambiguë. La pression qu'elle prétendait avoir subie au moment de la signature de ce contrat n'était pour le surplus pas établie. A cela s'ajoutait qu'il paraissait surprenant qu'elle eût déménagé son mobilier dans une maison sur laquelle elle ne détiendrait aucun droit. Compte tenu de ces éléments, la conclusion de la Juge civile selon laquelle il n'était pas possible de se forger une opinion exacte sur la valeur des biens/droits immobiliers de la requérante à l'étranger n'était pas arbitraire. Concernant la situation du mari, celui-ci avait admis être "propriétaire" d'une maison au Kosovo avec son frère, immeuble dont les coûts de construction s'étaient élevés à environ 100'000 euros. La valeur réelle de ce bien et la mesure dans laquelle celui-ci pourrait être hypothéqué n'étaient toutefois pas connues, de sorte qu'une provisio ad litem n'était pas d'emblée exclue. Enfin, selon le contrat notarié du 3 août 2020, la requérante avait perçu de son mari, avant l'introduction de la présente procédure, une somme de 30'000 euros, dont il subsistait un solde de 14'808.90 euros le 26 janvier 2021. On ignorait à quoi avait servi la moitié de ces 30'000 euros, étant précisé que, selon le calcul effectué en première instance, les revenus de la requérante lui permettaient de couvrir ses charges. Ce calcul était uniquement contesté en tant que la Juge civile n'avait pas tenu compte de frais médicaux non couverts, par 304 fr., grief qui ne pouvait être admis. La Juge civile ne pouvait, pour le surplus, se voir reprocher d'avoir tardé à statuer sur la requête d'assistance judiciaire, puisque l'instruction menée préalablement était nécessaire aux fins, notamment, d'établir la situation financière de la requérante, respectivement de déterminer si la condition de son indigence était ou non réalisée. Le recours devait ainsi être rejeté.