Citation: I 440/01 22.08.2002 E. 3

3.- Le recourant ayant cessé pour des raisons de santé l'exploitation de son entreprise de vitrerie, il convient dès lors d'examiner s'il remplit les conditions de l'art. 17 LAI. a) Le refus de toute mesure d'ordre professionnel selon l'art. 17 LAI se fonde sur le fait que l'invalidité du recourant ne rend pas nécessaire son reclassement. Dans la décision du 23 octobre 2000, l'intimé a retenu que l'exercice durable d'une activité professionnelle était possible malgré l'atteinte à sa santé, sans que des mesures spécifiques soient nécessaires. Se référant aux nouvelles pièces versées au dossier à la suite de l'instruction complémentaire, il est d'avis qu'un reclassement professionnel (formation complète visant un CFC) n'est nullement indiqué dans la situation de l'assuré pour les raisons suivantes: dans les activités adaptées à son état de santé et jugées exigibles à 70-80 % selon les spécialistes du COMAI - par exemple surveillant de machines, chauffeur-livreur léger ou employé de golf -, aucune formation spécifique (reclassement) n'est nécessaire. En outre, d'après le Service de réadaptation, les facultés intellectuelles limitées du recourant et son niveau de scolarité ne lui permettent pas d'entrevoir la réussite d'une formation (avec CFC) qui viserait à améliorer, de façon notable, sa capacité résiduelle de gain fixée à 71 % dans la décision séparée. b) Confirmant le refus par l'intimé de toute mesure d'ordre professionnel, les premiers juges ont considéré qu'un reclassement selon l'art. 17 LAI n'était pas indiqué dans le cas du recourant et que sa capacité de gain pourrait être sauvegardée sans l'appui d'un reclassement. En bref, ils ont retenu que les spécialistes du COMAI évaluaient sa capacité de travail à 70 % dans une activité adaptée, exempte de lourdes tâches, alternant les positions debout et assise, et que le succès prévisible et à moyen terme d'une mesure de reclassement, présupposant l'aptitude à la réadaptation de l'assuré, était peu vraisemblable. c) Le recourant reproche à l'intimé et à la juridiction cantonale de n'avoir pas tenu compte des difficultés rencontrées dans les activités proposées et demande qu'on lui propose des activités différentes, qui soient dans ses possibilités et en rapport avec ses connaissances. Il leur fait grief également de n'avoir pas pris en considération les activités proposées par les spécialistes du COMAI, notamment une activité de menuisier après un reclassement. d) Depuis qu'il a cessé d'exploiter son entreprise de vitrerie, le recourant n'a pas exercé d'activité lucrative jusqu'en 1998, année à partir de laquelle, comme cela ressort du téléfax de la Fondation F.________ du 15 mai 2001, il a effectué les stages et missions temporaires suivants: - du 25.02. au 25.03.98: stage à l'Imprimerie I.________ comme manutentionnaire à raison de 40 heures par semaine;- du 17.04. au 26.04.98: mission temporaire à Q.________ comme surveillant à raison de 40 heures par semaine;- du 12.05. au 17.05.98: stage à J.________ en qualité de manutentionnaire à raison de 20.5 heures par semaine;- du 18.05. au 16.08.98: mission temporaire à J.________ en qualité de manutentionnaire à raison de 20.5 heures par semaine;- du 17.08. au 31.12.98: mission temporaire à J.________ en qualité de manutentionnaire à raison de 41 heures par semaine;- du 25.01. au 28.02.99: mission temporaire à J.________ en qualité de manutentionnaire à raison de 20.5 heures par semaine (taux d'activité de 50 % pour maladie);- du 23.04. au 02.05.99: mission temporaire à Q.________ comme surveillant à raison de 40 heures par semaine. Lorsqu'il a travaillé pour le compte de J.________, le recourant a oeuvré dans le cadre du Service Center C.________. Selon l'attestation de la Fondation F.________ du 9 février 1999, celui-ci est une personne travailleuse et de confiance, qui était essentiellement occupée au nettoyage et sablage de boîtiers. Il a accompli ses tâches à l'entière satisfaction de J.________. Ainsi que cela ressort du dossier (rapport du Service de réadaptation du 4 mai 1999; anamnèse professionnelle d'après le rapport du COMAI du 5 mai 2000), le travail à l'établi consistant dans le nettoyage des boîtiers d'appareils de téléphone et dans de petites réparations était adapté à son état de santé. A partir du moment où le poste a été modifié dans le sens d'un travail debout à la sableuse, cela a occasionné une augmentation des douleurs lombaires et un arrêt de travail, prescrit par le docteur Z.________. e) Il ressort de ces faits que le recourant est capable de se réadapter par lui-même. Par ailleurs, selon le professeur V.________ et le docteur U.________, des mesures de reclassement professionnel pourraient être a priori indiquées. Celles-ci dans le cadre du trouble de la personnalité ont toutefois de fortes chances de se solder par un échec. Il est dès lors peu vraisemblable que la capacité de gain du recourant puisse être sauvegardée ou améliorée de manière notable par des mesures de reclassement. Selon les spécialistes du COMAI, une limitation de sa capacité de travail dans une activité adaptée en raison d'un syndrome douloureux ne paraît pas dépasser 30 % actuellement. Dans ces conditions et au regard du principe de proportionnalité (art. 8 al. 1 LAI), il ne se justifie pas de mettre en oeuvre de telles mesures pour un assuré né en 1949, mais dont on peut raisonnablement exiger qu'il exerce à 70 % une activité adaptée à son handicap, par exemple un emploi dans la menuiserie, même sans mesures de réadaptation. Sur ce point, le recours est mal fondé.