Citation: 4A_217/2021 E. A

A.a. La société anonyme A.________ SA, sise à..., effectue des opérations de courtage financier sur les marchés de capitaux. Elle appartient à un groupe. Dès 1986, Z.________ a travaillé comme courtier pour cette société. Il a été promu directeur en 1999. Il a aussi occupé la fonction d'administrateur, puis d'administrateur président. Il était doté d'un pouvoir de signature à deux. A.b. Le 22 janvier 2010, la société a engagé C.________ en qualité de courtier. L'employé était rattaché au bureau zurichois de l'entité et, selon son contrat, devait rendre compte à D.________, basé à Paris. A.c. Les courtiers devaient enregistrer chaque jour les transactions ( trades) qu'ils concluaient dans le système informatique de la société ("S.________"), lequel générait automatiquement des confirmations envoyées par courrier électronique aux clients. La facturation et le suivi des encaissements étaient pris en charge par le back office sur la base des enregistrements effectués. C.________ a été dispensé de saisir quotidiennement les affaires qu'il concluait dans le système précité. Il devait envoyer lui-même des confirmations de commande à ses clients et la facturation devait s'effectuer de façon manuelle plutôt qu'automatique. Z.________ l'avait autorisé à travailler à son domicile avec son ordinateur portable et ses téléphones mobiles. Par courrier électronique du 31 mars 2010,..., directeur adjoint au service informatique, a écrit ce qui suit à C.________: "After analysis and discussion with Z.________: No confirmation[s] are sent from our system S.________, only Invoices grouping all trades of the month [...]." Le 15 juin 2010, il s'est encore adressé au courtier ainsi qu'à E.________, responsable du back office dotée de la signature collective à deux: "Hi C.________ & E.________, Thanks for today meeting. Here are the points as I understood them, please confirm it is OK for you : (...) It is agreed that... B/O [back office, réd.] will produce invoices in an excel format, month by month, and send them to C.________ who will have to check trade by trade and give B/O an OK to send the final invoice to the clients. This process will require corrections to be done and reissue invoices of concerned month until all OK. (...) " Le 24 juillet 2010, Z.________ a signifié le refus suivant à C.________: "Due to conflict interest [sic!] it's impossible that the broker send invoices, it has to be under back office controle [sic!], question of regulation." En septembre et octobre 2011, Z.________ a rappelé le courtier à l'ordre, exigeant qu'il soit présent au bureau, suive les règlements et communique avec le back office. Il s'est plaint auprès de D.________ des absences de cet employé qui était perpétuellement en vacances, ne s'investissait pas personnellement pour augmenter les revenus et n'était qu'un "grand menteur" les prenant "pour des cons". A.d. A la même époque, soit en octobre 2011, P.________ a été inscrit au registre du commerce comme administrateur de la société. Il avait pour mission de réduire les coûts et l'effectif du personnel. A.e. Au début de l'année 2012, R.H.________, directeur des ressources humaines, a remis à Z.________ un nouveau contrat de travail concernant C.________. Ce document rédigé en anglais prévoyait de lui allouer 50% des commissions de courtage facturées et reçues par la société comme résultat direct des affaires générées par l'employé (" billed and received by the Company as a direct result of business generated by the employee "). Divers coûts devaient être retranchés du revenu brut, ainsi que les factures en souffrance depuis plus de six mois (" less [...] Outstanding payment[s] over 6 months past due "). Cet avenant a été soumis à C.________, revêtu des signatures de Z.________ et d'un autre administrateur. L'intéressé a refusé de signer le contrat en raison de la clause mettant à sa charge le manque à gagner dû aux factures impayées, laquelle ne figurait pas dans son contrat initial. Z.________ a décidé de biffer celle-ci et d'y apposer son paraphe en date du 15 mars 2012, suite à quoi le courtier a accepté de signer l'avenant ainsi modifié. A.f. Le 5 avril 2012, P.________ a informé Z.________ qu'il était déchargé avec effet immédiat de toutes ses responsabilités du bureau de Zurich. L'intéressé a démissionné de ses fonctions de président et d'administrateur de A.________ SA le 17 avril suivant. Son pouvoir de signature à deux a été radié du registre du commerce le 19 juin 2012. P.________ lui a succédé, devenant président du conseil d'administration. A.g. En juin 2012, C.________ a sollicité une avance sur ses commissions auprès de Z.________. Par courriel du 26 juin 2012, ce dernier a demandé à F.________, administrateur de la société et directeur financier, s'il avait une objection à ce qu'une avance de 200'000 fr. fût versée au courtier. Le prénommé a demandé une "simulation" du bonus de C.________ sur l'ensemble de l'année. Le 27 juin 2012, le service de comptabilité a indiqué que le bonus devrait s'élever à 572'123 fr. selon une simulation calculée sur les montants enregistrés dans le système comme facturés, mais non sur les montants encaissés. Z.________ a précisé que des affaires de 700'000 fr. devaient encore entrer ce jour-là, ce qui porterait le chiffre d'affaires à 2,8 millions de francs. D.________ a écrit ces lignes à Z.________: "2 remarques: C.________ n'a pas à être impacté sur la non[-]collecte des revenus 2011; c'est un problème interne à la société. 2èment, le paiement de ses bonus 2012 n'est pas conditionné à la collecte des revenus 2012." Le 28 juin 2012, F.________ a exposé son point de vue: "D'un point de vue P & L nous serions effectivement ok mais il [y] a toujours ce décalage entre la facturation et les encaissements. Ma compréhension est que nous n'avons rien encaissé à ce jour sur le CA 2012 et par conséquent je vois mal comment nous pourrions avancer un bonus sur des créances ouvertes et créer ainsi un décalage de trésorerie." Ce à quoi Z.________ a répondu: "Oui c'est une problématique mondiale du 'name give up', nous sommes tous conscient[s] de cette faille qui n'est pas nouvelle. Les nouveaux contrats mentionnent une date maximum d'encaissement mais il y a aussi une partie juridique à régler, le non[-]recouvrement peut très bien être de la faute de la banque, de notre back office etc... ce qui ne concerne pas le broker puisqu['] on lui demande de faire des affaires et de le payer [sic!] sur son business selon so[n] contrat. Je demandais simplement s'il y avait une objection à ce que nous lui pay[i]ons une avance sur participation, puisque nous devons lui régler une partie en Juillet et que nous sommes le 28 juin. Je peux dès lors considérer qu'en dehors de la problématique du recouvrement, qui à ce jour est notre problème, il n'y a pas d'obstacle à lui faire cette avance." L'administrateur F.________ a conclu: "si contractuellement nous devons lui payer un bonus en juillet, je ne vois pas de problème à lui faire cette avance." Z.________ lui a signifié le 28 juin 2012 qu'avec son accord, la société allait faire une avance sur bonus de 150'000 fr. à C.________. D.________ a reçu une copie de tous les courriels échangés à ce sujet. Entendu en qualité de partie dans le présent procès (let. B.a infra), F.________ a admis avoir été interpellé au sujet de l'avance de bonus: Z.________ lui avait expliqué par e-mail qu'il n'y avait pas de clause permettant de déduire du chiffre d'affaires les factures non recouvrées. S'il avait su qu'en réalité, cette clause avait été rayée du contrat, la solution aurait été différente, "une lumière rouge se serait allumée". En outre, il ignorait que les revenus générés par l'activité du courtier en lien avec l'avance sollicitée en 2012 n'avaient été ni facturés, ni encaissés. C'était aussi en raison des assurances données par Z.________ que le solde du bonus avait été versé à la fin du mois de juillet. Par courriel du 10 juillet 2012, R.H.________ a informé J.________, responsable des affaires juridiques, que Z.________ lui avait remis une copie de l'avenant au contrat de C.________. Celui-là avait biffé une clause à la demande de celui-ci, après validation par D.________. Ce à quoi la responsable du service juridique a répondu: "Bien s[û]r que si[,] les factures impayées viennent en déduction!", ajoutant qu'elle allait contacter D.________. Après avoir touché une avance de 150'000 fr., le courtier a encore perçu un solde à la fin du mois de juillet, encaissant au total 1'163'103 fr. bruts de participation aux commissions de courtage. A.h. Peu avant, soit le 11 juillet 2012, la société a informé Z.________ que son contrat de travail ne serait pas renouvelé et que leurs rapports prendraient fin le 28 février 2013. Elle l'a délié sur-le-champ de son obligation de travailler tout en lui demandant de rester à sa disposition et de poursuivre son activité pour une autre société du groupe. Le 13 juillet suivant, l'intéressé a libéré son bureau et n'est plus retourné dans les locaux de la société. A.i. Le 16 août 2012, C.________ a démissionné. A.________ SA a découvert postérieurement qu'il avait facturé des opérations fictives. A.j. Le 21 septembre 2012, Z.________ a déclaré résilier son contrat de travail avec effet immédiat pour justes motifs. Dans l'intervalle, il avait signé un contrat de travail avec une autre société de courtage, qui a aussi recruté C.________. A.k. Le 19 décembre 2012, A.________ SA a déposé une plainte pénale contre C.________ et Z.________. En septembre 2014, le Ministère public a décidé de scinder la procédure, jusque-là conduite de concert contre les deux prénommés.