Citation: 4A_125/2023 E. 3.2

3.2. Il résulte de l'arrêt attaqué que la cour cantonale a constaté, par appréciation des preuves, la volonté subjective des parties: elle a retenu que la prêteuse avait eu l'intention d'accorder un prêt à son mari E.________, et non à la société en nom collectif, et que celui-ci avait accepté ce prêt à titre personnel, pour son propre compte, et non pour celui de la société. Elle est parvenue à cette conviction en se basant sur deux éléments de fait: premièrement, la prêteuse a versé le montant de 36'000 fr. sur un compte dont son mari était l'unique titulaire, alors même que la société disposait de son propre compte; deuxièmement, dans la comptabilité de la société, aucune créance de prêt de la prêteuse n'a été comptabilisée, avec pièce justificative à l'appui, mais y figure, dans le compte 2080 intitulé "Prêt E.________", un montant de 36'000 fr., qui a fait passer le solde de ce compte de 500'000 fr. à 536'000 fr. La cour cantonale en a déduit que l'épouse a, dans un premier temps, prêté 36'000 fr. à son mari à titre personnel et que, dans un second temps, celui-ci a prêté en tout ou en partie ce montant à la société. Elle a estimé que cette conclusion se justifiait d'autant plus que le mari E.________ est expert-comptable diplômé et qu'il a signé et approuvé les comptes de l'exercice 2011 de la société en nom collectif. Au vu de ces constatations, la cour cantonale en a déduit que, selon toute vraisemblance, le contrat écrit du 24 juillet 2011 a été créé pour les besoins de la cause, pour permettre à la prêteuse de réclamer le remboursement du prêt directement à la société en nom collectif. Puis, la cour cantonale a écarté les déclarations faites en audience par la prêteuse et par son mari: elle a jugé que leurs déclarations selon lesquelles ce prêt avait été accepté par le père des associés, C.________, n'étaient pas crédibles, car, si tel avait été le cas, c'est lui qui aurait signé le contrat de prêt. Leurs déclarations ne sont d'ailleurs pas constantes et la prêteuse a renoncé à l'audition du père.