Citation: 6B_786/2024 E. B

Par jugement du 19 août 2024, la Cour pénale du Tribunal cantonal neuchâtelois a partiellement admis l'appel formé par le ministère public contre le jugement du 30 août 2023 et a rejeté l'appel joint du prévenu, dans le sens qu'elle ordonne selon l'art. 66a bis CP l'expulsion de A.________ de Suisse pour une durée de trois ans et son inscription au SIS. Les frais d'appel, par 2'250 fr., et l'indemnité allouée à sa défenseure d'office, arrêtée à 1'903 fr. 60, que A.________ ne sera tenu de rembourser que lorsque sa situation financière le permettra, sont mis à sa charge à raison de 55 %, le solde étant laissé à la charge de l'État. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. A.________ est né en 1974 au Maroc, pays dont il a la nationalité. Il est arrivé en Suisse en 2012. Il y dispose d'un permis de séjour depuis 2014. Marié une première fois à B.________, il a divorcé en 2016. Il a contracté un nouveau mariage avec C.________ en 2019. Sa seconde épouse est décédée en 2022. Il a deux enfants adultes et indépendants financièrement qui vivent en France, pays dans lequel la majorité de sa famille est installée. A.________ déclare ne plus avoir de parenté au Maroc, mais il y est retourné avec sa seconde épouse en avril 2022 pour une période de 40 jours. Le couple avait le projet de s'installer au Maroc parce qu'il ne supportait pas "la pression des amendes et de la police". Pour toute parenté en Suisse, il a un cousin et la femme de celui-ci. Il ne travaille plus depuis 2017, après avoir été livreur de journaux et aide-cuisinier; il dépend de l'aide sociale en partie, en touchant pour le surplus une rente de veuf de 1'700 francs. Il a le projet de déménager dans un studio meilleur marché de manière à n'être plus assisté par l'aide sociale. II déclare avoir rencontré des problèmes d'alcool dès 2017, pour lesquels il est suivi par le centre D.________ depuis le 30 mai 2022 de manière irrégulière. En juin 2024, il annonçait avoir repris une activité à E.________ depuis un mois, rencontrer son psychiatre deux fois par mois et avoir diminué sa consommation d'alcool pour la ramener à "peut-être un verre tous les quatre jours". Sur le plan de sa santé, il signale encore des douleurs sur le côté gauche de la nuque et les bras, qui expliqueraient la prise d'alcool, laquelle l'aiderait à s'endormir. B.b. Dans la soirée du 29 janvier 2022, à U.________, rue V.________, alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool (environ 2 o/oo), A.________ a été interpellé par la police suite à des appels. Il a alors refusé de lui remettre un couteau suisse, puis n'a cessé de se débattre, criant dans la rue pour se plaindre d'avoir été mis au sol et maîtrisé. Cette situation a duré un temps relativement long du fait que la police avait dû faire venir un fourgon cellulaire, l'état de A.________ ne permettant pas de le conduire au poste en voiture ordinaire. Une fois sur place, il s'est également opposé à sa fouille, et a finalement dû être sédaté par un médecin et conduit à l'hôpital en ambulance sous escorte policière. B.c. Le 15 septembre 2022, à U.________, rue W.________, A.________ a soustrait divers articles non alimentaires hétéroclites pour un montant de 861 fr. 65, au préjudice de la coopérative F.________. B.d. Le vendredi 23 décembre 2022 vers 20h30, à U.________, rue X.________, A.________ s'est rendu sans s'annoncer chez G.________, avec laquelle il entretient des relations d'amitié. Il a frappé cette dernière au visage parce qu'elle lui avait demandé de repartir du fait de son état d'ébriété avancée, lui occasionnant de nombreux hématomes et tuméfactions au visage, lui cassant son dentier et provoquant ainsi des coupures dans sa bouche, causant des dommages évalués à 800 francs. B.e. Le casier judiciaire mentionne que A.________ a fait l'objet de dix condamnations entre 2013 et 2021 pour une vingtaine d'infractions, parmi lesquelles figurent trois fois les voies de fait, deux fois les lésions corporelles simples (dont une fois avec usage d'un moyen dangereux), deux fois les violences ou menaces contre les autorités ou les fonctionnaires, trois fois les dommages à la propriété et une fois la soustraction d'une chose mobilière, en plus de multiples menaces, injures et infractions à la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration.