Citation: 4A_259/2020 E. 4.3

4.3. Quant à la branche de griefs afférente à la cession de créance, elle se révèle dénuée de fondement. Comme le souligne la partie adverse, déterminer s'il y a eu une cession de créance valable au sens des art. 164 s. CO ou une subrogation légale fondée sur l'art. 149 al. 1 CO est une question de droit que le juge examine librement, sur la base des constatations factuelles établies d'après les allégations des parties. Peu importe que l'intimé ait pu se laisser influencer par l'expression " cession de créance " utilisée par X.________ et qu'en première instance, il n'ait pas contesté à proprement parler le principe d'une cession de créance. La recourante soutient qu'en attendant le stade de l'appel pour contester la cession, l'intimé l'aurait empêchée de faire valoir ses moyens de preuve. Elle n'a toutefois pas tenté d'introduire ceux-ci en appel et se garde bien de dire en quoi ils pourraient consister, alors qu'elle semble avoir été réduite à solliciter de X.________ qu'elle confirme la prétendue " cession ". Au demeurant, bien que défenderesse à l'action en libération de dette, elle avait la charge d'établir sa titularité sur la créance déduite en poursuite sans égard à la position adoptée par le débiteur/demandeur, s'agissant d'une question de droit que le juge de première instance examine d'office. Concernant les constatations factuelles proprement dites, la recourante reproche à l'autorité précédente de s'être livrée à des " exercices mathématiques " n'ayant fait l'objet d'aucun allégué et d'aucune preuve. Le grief tombe à faux. Outre le montant du découvert constaté dans l'acte de défaut de biens (149'868 fr. 65; all. 4), l'intimé a allégué une subrogation des droits survenue le 18 février 1997 (all. 6) et a affirmé que l'acte de défaut de biens englobait en réalité deux créances, l'une de 55'268 fr. 65 en faveur de X.________, l'autre de 94'600 fr. en faveur de l'Office du logement (all. 7). Le dossier produit par cet Office contenait une attestation du 18 février 1997 par laquelle X.________ lui donnait acte qu'il était subrogé dans ses droits à concurrence de 94'600 fr. (let. A.a supra) - ce qui a échappé au premier juge. Si la formulation des allégués est peut-être empreinte d'une certaine maladresse, force est d'admettre qu'ils permettaient de constater l'élément essentiel à l'assise du raisonnement juridique, soit le fait qu'en 2000, au moment de rédiger sa première lettre, X.________ détenait contre le failli et son ex-épouse, débitrice solidaire, une créance de 55'268 fr. 65, inférieure au montant constaté dans l'acte de défaut de biens (149'868 fr. 65). Peu importe que la cour cantonale ait donné des détails supplémentaires (let. A.a supra) découlant du tableau de distribution; ceux-ci pourraient au demeurant s'inscrire dans le cadre de l'allégué 59 de la recourante relatif au tableau de distribution laissant apparaître un découvert de 149'868 fr. 65. Quant à la preuve de ces faits litigieux, elle découle de diverses pièces; dès lors que la recourante ne dénonce pas un arbitraire dans l'appréciation des preuves, la discussion peut s'interrompre ici. Au surplus, on relèvera qu'aucun grief ne cible les autres constatations factuelles pertinentes ayant conduit les juges valaisans à exclure, en droit, une cession de créance pour retenir une subrogation de la débitrice solidaire aux droits de la créancière (art. 149 al. 1 CO). On songe notamment au contenu des deux lettres du 16 novembre 2000 et du 16 novembre 2015, au fait que cette dernière missive a été rédigée sur la seule base des trois annexes produites par A.________, ou encore au constat que son auteur (X.________) ne se rappelait ni des relations contractuelles entretenues avec la prénommée en 2000, ni de l'objet de l'acte de défaut de biens.