Citation: 5A_952/2020 E. 6.1

6.1. La cour cantonale a jugé que la possession du poursuivant n'apparaissait pas équivoque et que, partant, la présomption de l'art. 930 al. 1 CC, que l'intimée n'était pas parvenue à renverser, s'appliquait. Pour arriver à cette conclusion, les juges cantonaux se sont référés à un courriel du 11 juillet 2013, signé " A.________ et C.________ ", dans lequel C.________ indiquait ce qui suit à l'appui de sa demande de prêt de 100'000 fr.: " Je peux vous donner une garantie de première main sous la forme d'une cédule hypothécaire sur notre maison ou sur la propriété de V.________ comme nous sommes en train d'acheter. " Ils ont également pris appui sur un courriel du 15 juillet 2013 par lequel C.________ envoyait une copie de la " cédule hypothécaire au porteur de CHF 240'000.00 sur notre villa de U.________ " et mentionnait qu'il serait plus prudent " que nous vous l'apportions directement physiquement (...) lors de notre venue ". Pour la cour cantonale, ces courriels indiquaient une démarche conjointe de C.________ et de la poursuivie. Il était possible que celle-ci n'ait pas été au courant des démarches de son compagnon, bien qu'elle ait admis dans sa réponse qu'elle était sur place chez le poursuivant lorsque la cédule litigieuse avait été remise à ce dernier. Quoi qu'il en soit, le poursuivant était fondé à penser que la cédule lui était remise avec le consentement de la poursuivie. Il s'ensuivait que celui-ci était présumé en avoir acquis la propriété et qu'il était titulaire de la créance, garantie par gage immobilier, incorporée dans le papier-valeur.