Citation: 2C_888/2008 14.01.2009 E. 4

4.1 Selon l'art. 76 al. 1 let. b LEtr, lorsqu'une décision de renvoi ou d'expulsion de première instance a été notifiée, l'autorité compétente peut, afin d'en assurer l'exécution, mettre la personne concernée en détention si des éléments concrets font craindre qu'elle ne se soustraie au renvoi ou à l'expulsion, en particulier parce qu'elle ne se soumet pas à son obligation de collaborer (ch. 3) (sur les indices de danger de fuite, voir notamment ATF 130 II 56 consid. 3.1 p. 58/59 et la jurisprudence citée) ou si son comportement permet de conclure qu'elle se refuse à obtempérer aux instructions des autorités (ch. 4). En principe, la durée de la détention visée dans ces dispositions ne peut excéder trois mois; toutefois, elle peut, avec l'accord de l'autorité judiciaire cantonale, être prolongée de quinze mois au plus, si des obstacles particuliers s'opposent à l'exécution du renvoi ou de l'expulsion (art. 76 al. 3 LEtr). Les démarches nécessaires à l'exécution du renvoi ou de l'expulsion doivent être entreprises sans tarder (art. 76 al. 4 LEtr). 4.2 En l'espèce, il est établi que le recourant a menti sur son identité et qu'il est parti dans la clandestinité après la clôture de la procédure d'asile et la décision de renvoi prise à son égard. Par ailleurs, malgré deux examens linguistiques qui concluent à sa probable origine camerounaise et le fait que les autorités consulaires du Cameroun elles-mêmes arrivent à cette conclusion, l'intéressé s'obstine à soutenir, sans donner d'éléments probants étayant sa thèse, qu'il est un ressortissant tchadien. En outre, il a clairement manifesté à plusieurs reprises son refus de se conformer à la décision de renvoi le frappant, y compris devant le Tribunal fédéral où il déclare vouloir tenter sa chance "ailleurs". Il existe ainsi suffisamment d'indices sérieux et concrets permettant de conclure que le recourant a l'intention de se soustraire à son renvoi, si bien que les conditions de l'art. 76 al. 1 let. b ch. 3 LEtr sont remplies. En outre, son comportement tombe également sous le coup de l'art. 76 al. 1 let. b ch. 4 LEtr (cf. ATF 130 II 377 consid. 3.2.2 p. 382/383). Certes, le recourant prétend - et c'est le seul motif un tant soit peu compréhensible et recevable au sens de l'art. 42 al. 2 LTF qu'il articule dans son écriture - qu'il est venu en Suisse, car sa vie et sa sécurité ne seraient pas assurées dans son pays d'origine. Le juge de la détention et, à sa suite le Tribunal fédéral comme autorité de recours, sont toutefois en principe liés par une décision de renvoi prise dans le cadre d'une procédure d'asile (cf. art. 83 let. c ch. 4 LTF), à moins que celle-ci ne soit manifestement contraire au droit ou clairement insoutenable au point d'apparaître nulle (cf. ATF 128 II 193 consid. 2.2.2 p. 198 et les arrêts cités). Tel n'est pas le cas en l'occurrence, les vagues allégués du recourant concernant les prétendus périls auxquels l'exposerait un retour dans son pays d'origine n'étant pas de nature à remettre en question la décision de refus d'asile et de renvoi prononcée à son encontre. Pour le surplus, il apparaît que les autorités ont entrepris avec la diligence voulue les démarches nécessaires à l'exécution du renvoi et qu'au moment - déterminant - où a été prise la décision litigieuse, le recourant devait être présenté prochainement à une délégation camerounaise en vue de déterminer sa véritable identité et de permettre son éventuel renvoi dans ce pays. 4.3 Dans ces conditions, la prolongation de la détention du recourant pour une durée de trois mois au plus, confirmée par le Tribunal cantonal le 21 novembre 2008, s'avère conforme au droit.