Citation: 1P.627/2003 24.12.2003 E. 1

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours de droit public qui lui sont soumis (ATF 129 I 302 consid. 1 p. 305). 1.1 Selon la jurisprudence, une décision qui confirme ou exécute une décision antérieure entrée en force ne peut pas, en principe, être attaquée par la voie du recours de droit public au motif que la décision de base serait inconstitutionnelle; un tel recours serait tardif (cf. art. 89 al. 1 OJ; ATF 118 Ia 209 consid. 2b p. 212; 116 Ia 207 consid. 3b p. 211; 107 Ia 331 consid. 1a p. 333/334 et les arrêts cités). La jurisprudence a admis certaines exceptions à ce principe lorsque l'acte d'exécution met en cause des droits constitutionnels inaliénables et imprescriptibles ou lorsque la décision inexécutée est frappée de nullité absolue. L'arrêt du 21 mars 2002 par lequel le Tribunal cantonal a constaté la non-conformité du chalet édifié sur la parcelle n° 6535 aux règles sur la hauteur des constructions et a renvoyé le dossier à la Commune de Vex pour qu'elle rétablisse une situation conforme au droit est devenu définitif, faute de recours. Dès lors, en enjoignant à G.________ de ramener la construction litigieuse à la hauteur réglementaire, le Conseil communal de Vex n'a fait qu'exiger le respect de cet arrêt. Dans cette mesure, sa décision doit être qualifiée de simple décision d'exécution, tant en ce qui concerne le refus de régulariser la situation par l'octroi d'une autorisation dérogatoire que la proportionnalité de l'ordre de remise en état. Le recours de G.________ est donc irrecevable en tant qu'il remet en cause ces différents points, dans la mesure où aucune des exceptions posées par la jurisprudence n'entre en considération. Pour le surplus, la société recourante n'invoque aucun grief en relation avec l'obligation nouvelle que lui fait le Conseil communal de Vex dans sa décision du 23 mai 2002 de procéder à ses frais à la suppression de la surhauteur. Le recours est donc irrecevable en tant qu'il émane de G.________. 1.2 La question est plus délicate s'agissant de M.________, dans la mesure où celui-ci n'était pas formellement partie à la procédure qui a abouti à l'arrêt du Tribunal cantonal du 21 mars 2002. Cependant, on peut se demander si le recourant n'a pas conféré à G.________ des pouvoirs de représentation tacite, qui justifieraient de lui opposer cet arrêt (cf. arrêt 1P.125/1991 du 13 janvier 1992, consid. 1b). Cette question peut rester indécise. Lorsque, comme en l'espèce, l'ordre de rétablissement est donné à un perturbateur ne disposant pas du bien-fonds sur lequel il doit effectuer les travaux, il ne peut être exécuté que si celui qui détient le pouvoir sur le terrain y consent. L'ordre n'est pas nul si cette autorisation fait défaut; il est seulement inexécutable en l'état. L'autorité doit alors ordonner au propriétaire d'éliminer l'état de fait contraire au droit ou de tolérer les travaux. Dans cette hypothèse, celui-ci ne peut s'opposer qu'à l'obligation qui lui est faite de tolérer la démolition et ne peut s'en prendre au refus de l'autorisation demandée après coup lorsque cette décision est entrée en force (ATF 107 Ia 19 consid. 4 p. 28; arrêt P.226/1987 du 18 avril 1988, consid. 2). Le recours n'est donc recevable, en tant qu'il émane de M.________, que dans la mesure où ce dernier s'en prend à l'ordre qui lui est fait de tolérer l'abaissement du toit de son chalet aux frais de G.________. En revanche, en tant qu'il reproche à la cour cantonale d'avoir violé les principes de la légalité et de la hiérarchie des normes en appliquant les dispositions du règlement de construction et de zones de la commune de Vex en lieu et place de la loi cantonale sur les constructions, entrée en vigueur le 1er janvier 1997, pour calculer la hauteur du chalet, son recours est irrecevable dès lors que cette question est liée à la procédure de régularisation des travaux exécutés de manière non conforme aux plans et non à celle de la remise en état des lieux.