Citation: 1C_137/2022 E. 1.2.2

1.2.2. Les communes ou les collectivités publiques sont aussi légitimées à recourir, en application de l'art. 89 al. 1 LTF, si elles sont touchées dans leurs prérogatives de puissance publique et qu'elles disposent d'un intérêt public propre digne de protection à l'annulation ou à la modification de l'acte attaqué. Un intérêt général à une correcte application du droit n'est cependant pas suffisant au regard de cette disposition. N'importe quel intérêt financier découlant directement ou indirectement de l'exécution de tâches d'intérêt public ne permet pas non plus à la collectivité publique de se fonder sur l'art. 89 al. 1 LTF. Il faut qu'elle soit touchée dans des intérêts centraux liés à sa puissance publique (cf. ATF 141 II 161 consid. 2.1 et 138 II 506 consid. 2.1.1 in fine: "erhebliche Betroffenheit in wichtigen öffentlichen Interessen"). L'exigence selon laquelle la collectivité publique doit être affectée de manière qualifiée dans ses intérêts de puissance publique se comprend comme une clause de minimis; celle-ci vise à éviter que le Tribunal fédéral ne doive entrer en matière sur les cas-bagatelle qui sont soulevés par des collectivités publiques ne pouvant pas se fonder sur les voies de recours qui leur sont spécifiquement réservées à l'art. 89 al. 2 LTF. Par conséquent, lorsqu'elle conteste une décision par laquelle une autorité de rang supérieur lui impose une charge financière, une collectivité publique dispose de la qualité pour recourir sur la base de l'art. 89 al. 1 LTF uniquement si elle démontre qu'elle se trouve atteinte dans ses prérogatives de puissance publique et à condition qu'elle établisse que des intérêts publics centraux sont en jeu (ATF 140 I 90 consid. 1.2.2 et 1.2.4, qui a fait l'objet d'une procédure de coordination selon l'art. 23 al. 2 LTF, et les références citées; cf. aussi ATF 141 II 161 consid. 2.3 et les nombreuses références citées). Il ne suffit pas de soutenir que la décision attaquée comporte une atteinte à des prérogatives découlant de la puissance publique, encore faut-il expliquer de manière concrète en quoi consiste ces atteintes et en quoi elles sont de nature à porter un préjudice à l'intérêt public défendu (cf. arrêt 1C_180/2018 du 10 octobre 2018 consid. 1.2.2). En l'occurrence, le recourant avance avant tout que la décision du Tribunal cantonal est fausse et que le fonds de mission de secours devra assumer le solde de la facture en question si cette décision devait être maintenue. Ce faisant, il ne démontre pas de manière suffisante que des intérêts publics centraux sont en jeu. Il ne prétend en particulier pas que le fonds des missions de secours serait mis en péril par la décision litigieuse, qui concerne un cas isolé. Il n'allègue pas non plus que la question juridique en cause aurait valeur de précédent pour l'exécution d'une tâche publique. En définitive, il n'apparaît pas - et le recourant ne le démontre pas - que les conditions restrictives posées par la jurisprudence pour un recours devant la Cour de céans seraient réalisées. Cela conduit à l'irrecevabilité du recours à cet égard.