Citation: 7B.82/2006 12.09.2006 E. A

A.a Le 19 avril 1996, la société X.________, à Meyrin, a acheté l'ensemble des actifs de la société A.________ Sàrl, société en faillite qui exploitait une biscuiterie à B.________. Elle a ainsi acquis notamment la marque "A.________" et les recettes de fabrication des biscuits du même nom, et a été inscrite alors comme titulaire de la marque en question auprès de l'Institut fédéral de la propriété intellectuelle. Simultanément, une nouvelle société a été fondée à B.________, à savoir Y.________ SA, société qui, selon ses statuts (art. 6bis) et la publication de sa constitution dans la Feuille officielle suisse du commerce, allait reprendre de X.________, outre des installations, des machines et du matériel destinés à l'exploitation d'une fabrique artisanale de biscuits, des biens immatériels représentés par la marque "A.________", ainsi que les recettes de fabrication des biscuits de cette même marque. Le 12 décembre de la même année, X.________, qui détenait la totalité du capital-actions de Y.________, a passé avec celle-ci une convention dans laquelle elle se prétendait propriétaire de la marque "A.________" et concédait à Y.________ le droit d'utiliser cette marque contre redevance. A.b Y.________ ayant été déclarée en faillite le 25 octobre 2001, l'Office des faillites de Moudon-Oron a informé X.________, le 12 décembre 2001, que l'inventaire de la masse en faillite portait notamment sur les biens immatériels représentés par la marque "A.________", ainsi que sur les recettes de fabrication des biscuits de cette même marque, cet actif ayant été repris par la faillie lors de sa création. -:- Par courrier du 19 décembre 2001, X.________ a confirmé cette reprise de biens, qui avait été effectuée entre le 17 juin 1996 et le 30 septembre 1997, tout en signalant qu'elle avait décidé de racheter à Y.________ la marque "A.________"; elle ne disposait toutefois d'aucun justificatif de ce transfert, celui-ci n'ayant pas fait l'objet d'un contrat écrit, mais ayant peut-être consisté en une simple écriture comptable. Le 9 janvier 2002, elle a revendiqué la propriété de divers objets et les biens immatériels représentés par la marque "A.________". Par circulaire du 8 février 2002, l'office précité a fait part aux créanciers de la faillie, dont X.________, d'une offre d'achat des biens mobiliers inventoriés, émanant de la société fiduciaire S.________ SA, offre "conditionnée à la reprise de la marque A.________". Le 24 mai 2002, à l'insu de l'office, X.________ a passé avec la société précitée une convention par laquelle elle lui cédait la marque, prétendument sa propriété, pour le prix de 65'000 fr. A.c La revendication de X.________ a été contestée par l'administration de la faillite de Y.________ qui, par courrier du 15 octobre 2002, a imparti à la masse en faillite de X.________ - cette société ayant à son tour été déclarée en faillite le 11 juillet 2002 - un délai de 20 jours pour intenter une action à la masse en faillite de Y.________. Le 29 octobre 2002, l'Office des faillites de Genève a informé l'Office des faillites de Moudon-Oron que, selon les renseignements en sa possession, les actifs matériels et immatériels faisant l'objet de la décision du 15 octobre 2002 avaient été vendus à S.________ SA par convention de cession du 24 mai 2002 et que cette société devait remplacer la masse en faillite de X.________ en qualité de tiers revendiquant. Le 22 novembre 2002, l'office de Moudon-Oron a signalé à la masse en faillite de X.________ qu'aucune action n'avait été intentée contre la masse en faillite de Y.________ dans le délai imparti. Constatant que les biens immatériels en question avaient été vendus à un tiers pour le prix de 65'000 fr., il a invité l'office de Genève à lui verser ce montant jusqu'au 10 décembre 2002, versement qui est intervenu, après plusieurs rappels, le 17 mars 2003, par 55'214 fr. 60 (65'000 fr. moins honoraires d'avocat). Le 7 avril 2003, l'office de Genève a écrit à l'office de Moudon-Oron qu'au moment de l'ouverture de la faillite et sur la base de premiers éléments en possession de l'administration de la faillite, la revendication de l'office de Moudon-Oron paraissait fondée; le montant susmentionné lui avait cependant été versé par erreur, car la revendication, en soi non contestée par la masse en faillite de X.________, demeurait réservée tant que cette décision ne serait pas soumise aux créanciers. Cela étant, il a demandé la restitution du montant versé. Le 11 du même mois, l'office de Moudon-Oron a répondu à celui de Genève qu'il n'était pas en mesure de donner suite à sa demande, la revendication de propriété formulée par X.________ ayant été définitivement écartée. A.d Le 9 juin 2005, suite à une décision de la Commission de surveillance des offices des poursuites et des faillites du canton de Genève du 25 novembre 2004, l'office de Genève a ouvert action en répétition de l'indu au nom de la masse en faillite de X.________ auprès du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois contre la masse en faillite de Y.________.