Citation: 6B_1218/2013 E. 3.3

3.3. Ce raisonnement ne permet pas de comprendre pour quel motif l'autorité précédente, tenant pour correct un montant de base de 30'000 fr. à 40'000 fr., s'est finalement fondée sur un montant de 30'000 francs. S'agissant des circonstances concrètes à prendre en considération, l'autorité précédente donne quelques éléments sur l'état d'esprit de la victime, dont l'existence d'une - et non deux, cf. pièces 585-586 - relation extra-conjugale. Elle n'établit en revanche pas quels étaient les sentiments du recourant pour son épouse au moment de son décès. Elle constate toutefois qu'il s'agissait d'un vrai couple, qui venait de se marier et qui avait des projets futurs communs. Compte tenu de l'atrocité du crime, des circonstances dans lesquelles il a été découvert par le recourant, de la faute et du déni de l'intimé, l'existence de tensions éventuelles dans le couple du recourant, le fait qu'ils étaient mariés depuis peu et n'avaient pas d'enfant commun et l'existence de problèmes de santé préalables du recourant ne permettaient pas de refuser d'augmenter le montant de base. Enfin, l'autorité cantonale n'expose pas quelles circonstances concrètes justifieraient, à la suite du déplacement du domicile du recourant en Thaïlande, une diminution par trois du montant arrêté. Cette diminution est exactement celle opérée pour les indemnités pour tort moral accordées aux enfants de la victime, domiciliés au Brésil. La réduction apparaît dès lors schématique et par conséquent contraire à la jurisprudence précitée. Il résulte de ce qui précède que le recours doit être admis, le jugement attaqué annulé s'agissant de l'indemnité pour tort moral accordée au recourant et la cause renvoyée à l'autorité précédente pour nouvelle décision sur ce point. A cet égard, il conviendra de compléter les faits sur la possibilité que ce dernier, de nationalité suisse et ayant quitté la Suisse après le décès de son épouse, y revienne pour y être soigné et notamment y finir ces jours (cf. recours, p. 8). Les seules déclarations de son frère (jugement attaqué, p. 64) ne sont pas suffisantes pour écarter une telle hypothèse. Or celle-ci a une influence sur la possibilité pour le juge de réduire l'indemnité, tout au moins sur la quotité d'une telle réduction. Devra également être pris en considération dans le cadre de cette question le fait que le recourant vit actuellement à Phuket, ville touristique dont le coût de la vie paraît plus élevé que la moyenne nationale.