Citation: 1A.113/2006 10.10.2006 E. 2

Le recourant conteste la réduction de 50% opérée sur les indemnités pour perte de gain et tort moral. La reconnaissance d'une faute concomitante serait contraire à l'appréciation faite par le juge pénal, puisque celui-ci a dénié à l'auteur la justification de la légitime défense. Le recourant estime aussi que sa faute ne serait que légère et qu'elle ne permettrait aucune réduction de l'indemnité pour tort moral. 2.1 Le recourant ne saurait contester que l'existence d'une faute de la part de la victime puisse conduire à une réduction de l'indemnité. Cela découle du texte clair de l'art. 13 al. 2 LAVI, et de l'application par analogie des règles relatives à la responsabilité civile (ATF 132 II 117 consid. 2.2.1 p. 119). Contrairement également à ce que soutient le recourant, la jurisprudence précise clairement qu'une réduction de la réparation morale peut intervenir en cas de faute non seulement grave, mais aussi moyenne, voire légère (ATF 128 II 49 consid. 4.2 p. 54 et les arrêts cités). S'agissant du dommage, seule une faute qualifiée, suffisamment grave, peut conduire à une réduction de l'indemnité au sens de l'art. 13 al. 2 LAVI; la victime échappe donc à toute réduction si elle n'a commis qu'une faute moyenne ou légère (ATF 123 II 210 consid. 3b p. 214; 121 II 369 consid. 3c/aa p. 373 in fine, consid. 4c p. 375).