Citation: 4A_406/2024 E. A

Le 30 septembre 2021, l'équipe de cyclisme (...) A.________ (ci-après: A.________) a engagé le cycliste professionnel (...) B.________ (ci-après: le cycliste) en qualité de coureur cycliste indépendant pour les saisons 2022 et 2023. La rémunération mensuelle convenue était de 125'000 euros (EUR) pour la saison 2022 et de 150'000 EUR pour la saison 2023. Le cycliste a également signé un document, intitulé " Acknowledgment and Recognition of Ethical Principles ", conformément à la réglementation adoptée par l'Union Cycliste Internationale (UCI). En mai 2022, le cycliste a pris part au Tour d'Italie mais il a dû abandonner quelques jours après le début de la compétition en raison d'une blessure à la cuisse gauche. Le 20 juillet 2022, le cycliste s'est vu notifier, à l'aéroport de Madrid, une citation à comparaître dans le cadre d'une procédure pénale conduite par les autorités espagnoles liée à la distribution de médicaments illégaux et de produits dopants à des athlètes par le Dr C.________. Un colis contenant des produits à base de ménotropine, prétendument envoyé par le Dr C.________ au cycliste, a été intercepté par la Garde civile espagnole. Le 22 juillet 2022, A.________, ayant appris que le cycliste était potentiellement impliqué dans " l'affaire du Dr C.________ ", a décidé de suspendre immédiatement le sportif à titre préventif et de cesser de lui verser sa rémunération. Le 31 juillet 2022, après avoir recueilli les explications du cycliste, A.________ a accepté de le réintégrer dans l'équipe, à certaines conditions. Tout d'abord, l'échéance du contrat liant les parties a été fixée au 31 décembre 2022 au lieu du 31 décembre 2023. Ensuite, celles-ci sont convenues qu'aucune rémunération ne serait versée au cycliste jusqu'à la confirmation, par les autorités chargées de la lutte antidopage, qu'aucune infraction n'avait été commise par ce dernier. Enfin, le cycliste s'est engagé à informer A.________ de tout nouveau développement concernant sa situation devant les autorités judiciaires ou celles responsables de la lutte antidopage. Le contrat conclu le 30 septembre 2021 a été amendé par les parties afin de tenir compte desdits éléments. Entre le 19 août et le 11 septembre 2022, le cycliste a participé à la "Vuelta de España". Il a subi divers contrôles antidopage qui se sont tous révélés négatifs et aucun incident n'a été rapporté s'agissant de son passeport biologique. Le 5 octobre 2022, le cycliste a informé A.________ que sa citation à comparaître en qualité de personne sous investigation avait été annulée par les autorités espagnoles. Le 24 octobre 2022, l'UCI a indiqué à A.________ qu'aucune procédure antidopage n'était ouverte à l'encontre du cycliste. Le 22 novembre 2022, A.________ et le cycliste ont conclu un nouveau contrat, en vertu duquel ce dernier s'est engagé à fournir ses services pour la saison 2023 moyennant le versement d'un salaire annuel de 1'000'000 EUR, payable en douze mensualités. Le 28 novembre 2022, un physiothérapeute de A.________ a révélé à cette dernière le contenu d'un rapport figurant au dossier de la procédure pénale conduite par les autorités espagnoles, document qui contenait des messages échangés entre le Dr C.________ et le cycliste à l'époque du Tour d'Italie 2022. Le 9 décembre 2022, A.________ a décidé de résilier les contrats conclus avec le cycliste en 2021 et 2022. Pour justifier cette décision, elle a indiqué avoir reçu, quelques jours auparavant, de nouvelles informations établissant l'existence d'une collaboration entre le Dr C.________ et le cycliste et l'implication de ce dernier dans les faits ayant donné lieu à l'ouverture d'une enquête pénale en Espagne.