Citation: 6B_1279/2020 E. 2.2

2.2. Selon la recourante, la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant que les éléments, résumés aux considérants 1.2 ci-dessus, constituaient la preuve qu'elle avait voulu tuer son compagnon ou, du moins, qu'elle avait envisagé la mort de celui-ci comme possible et qu'elle avait accepté ce résultat. C'est ainsi que, selon la recourante, les termes " Je ne me suis pas rendue compte " lors de son appel à la police montreraient qu'elle a agi involontairement; l'affirmation à son voisin " J'ai donné un coup de couteau " se référerait uniquement à une action, qui peut être involontaire ou volontaire; la phrase " Je ne pouvais pas faire ça " adressée à H.________ ne signifierait pas qu'elle aurait agi intentionnellement; les mots " se suicider et prendre des médicaments " et " voulait tuer " qu'elle a prononcés à l'endroit de I.________ devaient être pris dans leur ensemble comme exprimant une situation de détresse et n'impliqueraient aucune volonté criminelle; enfin, les aveux exprimés aux experts " ne pas savoir comment cela a pu arriver " montreraient que son acte était involontaire. Même si certains indices relevés par la cour cantonale sont moins convaincants que d'autres, il n'en reste pas moins que l'ensemble de ceux-ci montrent que la recourante a agi volontairement. En particulier, le nombre des coups portés et la force avec laquelle ceux-ci l'ont été excluent qu'il puisse s'agir d'un accident ou d'une simple " maladresse ". En retenant que la recourante a bien voulu frapper son compagnon avec son couteau, la cour cantonale n'a donc ni versé dans l'arbitraire ni violé l'art. 12 al. 2 CP. Elle n'a pas non plus violé le droit fédéral en admettant qu'une personne qui porte deux coups de couteau dans un abdomen humain ne peut que compter avec la possibilité d'infliger à la victime une blessure mortelle, dès lors que l'abdomen et le thorax comportent des vaisseaux et des organes qui, en cas d'enfoncement de la lame d'un couteau, peuvent être atteints avec des conséquences mortelles. En définitive, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en condamnant la recourante pour meurtre intentionnel, à tout le moins par dol éventuel.