Citation: 5P.117/2000 19.01.2001 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et avec une pleine cognition la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 126 I 81 consid. 1 p. 83; 125 I 253 consid. 1a p. 254, 412 consid. 1a p. 414; 125 II 293 consid. 1a p. 299 et les arrêts cités). a) En vertu de l'art. 86 al. 1 OJ, le recours de droit public n'est recevable que contre les décisions prises en dernière instance cantonale. Cette règle a pour conséquence que le Tribunal fédéral n'examine que les moyens qui, pouvant l'être, ont été présentés à l'autorité cantonale de dernière instance (cf. ATF 120 Ia 19 consid. 2c/aa p. 24; 119 Ia 88 consid. 1a p. 90/91; 117 Ia 491 consid. 2a p. 495, 522 consid. 3a p. 525/526 et les arrêts cités). b) Devant le Tribunal civil, le recourant a uniquement soulevé l'argument selon lequel la convention de mesures protectrices du 21 janvier 1999 devait être prorogée à titre de mesures provisionnelles, pour le motif que la situation financière des parties n'avait pas évolué depuis cette date. Il n'y avait dès lors pas lieu d'augmenter le montant de la contribution d'entretien, seule une modification des circonstances ou la survenance d'éléments nouveaux pouvant justifier une modification des mesures protectrices de l'union conjugale. L'indemnité qu'il avait perçue au moment de son départ à la retraite n'y changeait rien, car l'intimée en connaissait l'existence et le montant bien avant la signature de la convention. c) Dans son recours de droit public, le recourant soutient essentiellement que la décision attaquée est arbitraire, au motif qu'elle "place les parties dans des situations financières fondamentalement différentes plutôt que d'établir entre elles l'équilibre dicté par la loi ainsi que les circonstances". Il expose que son seul revenu est désormais sa retraite anticipée, d'un montant de 8'105 fr. par mois. Après paiement de ses charges - soit au total 2'760 fr. sans compter le remboursement de son prêt hypothécaire - et de la contribution d'entretien de 5'000 fr. en faveur de l'intimée, il ne lui reste plus que 345 fr. pour faire face à ses besoins élémentaires, alors que l'intimée dispose d'une somme de 6'500 fr. (1'500 fr. de salaire + 5'000 fr. de pension) pour couvrir ses dépenses, estimées à 4'130 fr. Il reproche à l'autorité cantonale de n'avoir pas appliqué la règle jurisprudentielle selon laquelle, après imputation des besoins respectifs de chacun des époux, le solde du total de leurs revenus doit être partagé par moitié entre eux. Ces griefs sont irrecevables, faute pour le recourant de les avoir soumis au Tribunal civil. Au demeurant, le recourant se livre en grande partie à une critique appellatoire des motifs de la décision attaquée, ce qui est à l'évidence insuffisant dans un recours de droit public pour arbitraire (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). Sont ainsi doublement irrecevables les allégations visant les constatations de l'autorité cantonale selon lesquelles l'intimée n'aurait bénéficié que d'un sixième de l'indemnité de retraite perçue par son mari; il en va de même de celles relatives à ses frais d'installation au Sénégal, qualifiés - selon lui à tort - d'exorbitants par le Tribunal civil.