Citation: 2C_527/2023 E. 6.2

6.2. En l'occurrence, on comprend implicitement à la lecture de l'arrêt entrepris que les écoles de W.________ et X.________ sont plus éloignées du domicile des recourants que l'école de Y.________ et que D.________ et E.________ devaient prendre un bus pour s'y rendre. Le Tribunal cantonal n'a cependant pas procédé à un examen distinct des prétentions des recourants selon les périodes de scolarisation en cause et l'âge des enfants. Pour toute motivation, il a mentionné que le trajet menant à l'arrêt de bus V.________, passant par la route U.________, était dangereux, mais que les filles des recourants pouvaient emprunter le tracé alternatif proposé par la Commune jusqu'à Y.________, village dans lequel il y a également un arrêt de bus. Cette motivation ne permet pas au Tribunal fédéral d'exercer son contrôle. En effet, il n'est pas possible de comprendre pourquoi les précédents juges ont considéré que l'analyse concernant le trajet jusqu'à Y.________ suffisait à sceller le sort de la cause en tant qu'elle concernait les périodes de scolarisation à W.________ et X.________. Le trajet en bus est un élément à prendre en compte pour apprécier l'exigibilité d'un parcours scolaire selon la jurisprudence (cf. supra consid. 5.1). Le Tribunal cantonal aurait donc au moins dû expliquer pour quelle raison le temps de trajet en bus (qui n'est pas établi) ne modifiait en l'espèce pas son analyse quant à l'acceptabilité du temps de trajet. L'âge des enfants est aussi un facteur à considérer pour déterminer si un trajet est exigible (cf. supra consid. 5.1). Or, le Tribunal cantonal s'est abstenu dans son arrêt d'exposer que E.________ avait 4 ans en 2019 et sa soeur 6 ans lorsqu'elles devaient se rendre à W.________ et X.________ et d'examiner si l'on pouvait attendre d'elles qu'elles parcourent le tracé proposé par la Commune jusqu'à Y.________ puis prennent le bus jusqu'à leur école, étant en outre précisé qu'il ressort de l'arrêt entrepris que le chemin a été réhabilité en 2021, ce qui soulève des questions quant à son état antérieur, non résolues dans l'arrêt attaqué. Enfin, les précédents juges n'ont pas non plus répondu au grief des recourants s'agissant du temps de pause de midi restant compte tenu des trajets. Cette critique ressort pourtant de la partie en fait de l'arrêt attaqué (p. 3 arrêt attaqué). En résumé, l'arrêt entrepris ne permet ni aux recourants de comprendre pour quelle raison leur recours a été rejeté en tant qu'il portait sur l'indemnisation du transport scolaire de leurs filles jusqu'aux écoles de W.________ et X.________ ni au Tribunal fédéral de vérifier l'application du droit. Les précédents juges ont méconnu tant l'art. 29 al. 2 Cst. que l'art. 112 al. 1 let. b LTF. Eu égard aux manquements constatés, il convient d'annuler la décision entreprise et de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour qu'il établisse les faits pertinents et prenne une nouvelle décision. Cette conclusion rend superflu l'examen des autres critiques des recourants et des arguments de la Commune.