Citation: 6B_1175/2022 E. 2.2

2.2. Pour retenir que le recourant, et non son neveu B._________, était au volant du véhicule au moment de l'excès de vitesse en cause, la cour cantonale s'est tout d'abord fondée sur les considérations du tribunal de police, qu'elle a jugées pertinentes. Le premier juge a constaté qu'imputer l'excès de vitesse à B._________ se révélait particulièrement opportun dans la mesure où, d'une part, celui-ci ne risquait rien ou presque sur le plan pénal et administratif, puisqu'il résidait à l'étranger et ne disposait pas d'un permis de conduire suisse et où, d'autre part, une telle imputation permettrait probablement au recourant d'échapper à un retrait de permis, qui serait vraisemblablement de longue durée au vu de ses antécédents, ce qui le mettrait dans une situation difficile dès lors que son permis lui était indispensable dans l'exercice de son activité professionnelle. A cet égard, la cour cantonale a encore relevé que le recourant était impliqué dans un excès de vitesse commis à W._________. Dans ces circonstances, la crainte de perdre durablement son autorisation de conduire pouvait effectivement avoir poussé le recourant à trouver des échappatoires. La cour cantonale a ensuite observé qu'après avoir laissé sans suite deux plis des 12 juillet et 27 août 2019, le recourant avait fini par répondre à la Police de l'Ouest lausannois en lui adressant un formulaire complété le 2 octobre 2019 relatif à l'identité du conducteur responsable, en mentionnant qu'il s'agissait de B._________, mais en ne cochant pas la case attestant qu'il s'agissait du conducteur au moment de l'infraction. Il ressortait de la procédure que, au début de son audition du 7 juillet 2020, le recourant avait indiqué qu'il était probablement à la maison au moment des faits, un dimanche soir, et qu'il ignorait pour quelle raison B._________ avait circulé avec son véhicule ce jour-là, quand il lui avait remis la clé ou encore quand le véhicule lui avait été restitué. Or le contrôle téléphonique rétroactif effectué sur le téléphone du recourant établissait que le dimanche en question (excès de vitesse constaté à 17h47 à la rue de V._________ à U._________), le recourant avait reçu un appel à 17h45, le raccordement ayant été localisé à X._________, qu'il s'était connecté à Internet à U._________ de 17:46:29 à 17:47:59 et qu'il avait reçu, à 18h07, un appel à Y._________, où il était domicilié. Confronté au fait que son appareil avait été localisé à proximité immédiate du radar à l'heure de l'excès de vitesse, le recourant avait changé sa version des faits, en prétendant de manière nouvelle qu'il avait peut-être été présent avec B._________ dans la voiture, en tant que passager, alors qu'auparavant, il n'avait jamais évoqué une telle possibilité. Le recourant avait aussi remanié sa version en indiquant qu'il était possible qu'il soit allé jouer aux échecs ce dimanche-là. En outre, l'évolution des versions du recourant - de l'incertitude de l'identité du conducteur à la certitude du neveu conducteur et du recourant passager qui allait jouer aux échecs - avait induit l'évolution docile et parfaitement symétrique des écrits de B._________ (cf. consid. 1.2 supra), ce qui démontrait qu'il s'agissait de pseudo preuves arrangées d'entente entre eux pour favoriser le recourant. Enfin, la version du recourant, qui aurait été conduit à 75 km/h à 17h47 au café D._________ pour y disputer une partie d'échecs, paraissait incompatible avec l'appel téléphonique qu'il avait reçu à Y._________ à 18h07. La cour cantonale a encore exposé que le recourant avait refusé, lors de son audition du 7 juillet 2020, que le procureur consulte l'application Google Maps de son téléphone portable afin de géolocaliser cet appareil au moment des faits. L'autorité précédente a considéré qu'accepter la requête du procureur, formulée avant que le prévenu soit informé du contrôle rétroactif effectué sur son téléphone, aurait constitué un argument d'acquittement à l'appui de sa première version, selon laquelle il ne croyait pas avoir été proche de l'emplacement du radar, permettant de démontrer qu'il ne se trouvait pas dans la région lorsque son véhicule avait été photographié, à moins de redouter que cette géolocalisation établisse, au contraire, sa culpabilité.