Citation: 6B_191/2022 E. 2.3

2.3. Certes, l'ordonnance pénale se limite à décrire de manière succincte les actes reprochés au recourant, mais elle permet de comprendre que trois comportements distincts, mais répétés, lui sont reprochés, à savoir l'envoi de messages sur divers réseaux sociaux, la création d'un compte Instagram et avoir fait en sorte de rencontrer B.B.________ (ci-après : " l'enfant ") devant son domicile et son école. Sur cette base, le recourant pouvait déduire sans ambiguïté le détail des actes reprochés, d'autant plus qu'ils résultent de ses propres déclarations ou de pièces figurant au dossier, mais encore qu'il était assisté d'un défenseur. Par ailleurs, l'absence de mention de dates précises dans l'ordonnance pénale s'explique par l'incapacité de l'enfant ou de sa mère à se souvenir avec exactitude de chacun des actes reprochés au recourant. Il a d'ailleurs lui-même admis ne plus se souvenir des dates précises lors de ses auditions. Pour autant, s'agissant en l'espèce de faits qui seraient survenus avec une certaine fréquence, dans un cadre familial au sens large, il suffisait, sous l'angle temporel, que ceux-ci soient circonscrits de manière approximative. En effet, on ne peut pas exiger dans tel cas un inventaire détaillant chaque occurrence (à ce propos, v. arrêts 6B_1498/2020 du 29 novembre 2021 consid. 2.4; 6B_1003/2020 du 21 avril 2021 consid. 1.2.1; 6B_103/2017 du 21 juillet 2017 consid. 1.5.2). S'agissant du comportement induit par la contrainte, il ressort de l'ordonnance pénale que les actes du recourant ont fait peur à l'enfant, qu'ils ont rendu impossible pour cette dernière de se soustraire aux messages du recourant et qu'ils l'ont limité dans sa liberté d'action et de mouvement en l'obligeant à rester en contact avec lui. S'il s'agit certes de termes génériques, ils décrivent de manière suffisante cet élément constitutif objectif, lequel n'avait de toute façon pas à être détaillé puisque l'infraction est envisagée sous l'angle de la tentative. La contrainte étant une infraction purement intentionnelle, le ministère public n'avait pas à apporter d'autres précisions. Pour le surplus, le recourant n'explique pas dans quelle mesure il aurait été empêché de préparer convenablement sa défense et ne prétend pas qu'un autre élément constitutif de l'infraction de contrainte n'aurait pas été suffisamment décrit dans l'ordonnance pénale.