Citation: 6B_383/2024 E. 8.2

8.2. Alors que l'autorité de première instance a considéré que les éléments au dossier étaient insuffisants pour condamner le recourant pour violation de domicile, tentative de contrainte et viol, après toutefois avoir jugé que l'intimée n'avait pas inventé l'agression dont elle avait été victime, la cour cantonale a jugé que le précité s'était rendu coupable de ces infractions. Elle a tout d'abord rappelé que l'intimée pouvait être tenue pour crédible, puis a procédé à l'analyse des éléments corroborants (ou non) le récit de la précitée (v. jugement attaqué consid. 8.3). S'agissant tout d'abord du rapport du CURML du 26 octobre 2020, la cour cantonale a considéré qu'il n'était pas surprenant qu'aucune trace de l'agression sexuelle n'ait pu être relevée, puisque l'examen de l'intimée a eu lieu onze jours après les faits. Pour ce qui est de la géolocalisation du téléphone du recourant, lequel est resté statique de 21h00 à 07h00 les 26, 27 et 30 août 2020, la cour cantonale a jugé qu'elle ne permettait pas d'exclure que le précité se soit rendu coupable des faits reprochés, évoquant la possibilité qu'il n'ait pas été en possession de son téléphone lors de certains de ses déplacements (hypothèse d'autant plus vraisemblable qu'il est venu chez l'intimée avec du matériel pour la ligoter, donc que son acte était prémédité, et que les possibilités de géolocalisation d'un tel appareil sont connues de tous) ou qu'il ait prêté son téléphone à un tiers. La cour cantonale a également rappelé que le recourant avait déjà été mis en accusation pour des faits antérieurs établis, de sorte qu'il ne pouvait plus contester s'être, dès 2017, comporté en époux tyrannique, profitant de la faiblesse de l'intimée pour lui imposer non seulement des actes d'ordre sexuel, mais également pour la séquestrer, la menacer et la priver de ses médicaments. Compte tenu de ce mode opératoire, elle a jugé que les faits reprochés s'inscrivaient dans un comportement durable du recourant, lequel avait porté atteinte à plusieurs reprises à l'intégrité sexuelle et à la liberté de l'intimée. S'agissant des messages échangés entre l'intimée et sa soeur le 3 septembre 2020, soit quelques jours après les faits, la cour cantonale a considéré qu'il s'agissait certes d'un indice indirect, mais qu'il était incontestable que l'intimée y évoquait un viol du recourant. Le fait que la précitée ait indiqué vouloir se suicider a également été considéré comme un élément révélateur de l'authenticité de son récit. La cour cantonale a ensuite fait état de l'attestation écrite rédigée par la mère de l'intimée, de laquelle il ressort que celle-ci est venue se réfugier chez sa mère en août-septembre 2020, soit juste après les faits reprochés au recourant. Quant aux émotions dont l'intimée a fait montre notamment lors de ses auditions, la cour cantonale a considéré qu'elles renforçaient sa crédibilité. Elle a en particulier relevé l'angoisse relatée par l'intimée, ses pleurs, son absence d'envie de se doucher après son agression, ou encore le fait qu'elle ait déchiré son pyjama et ses sous-vêtements avant de les jeter. La cour cantonale y voit des réactions révélatrices d'un traumatisme tel qu'un viol, ce que la psychiatre de l'intimée a confirmé. Pour le surplus, la cour cantonale a jugé compréhensible que le récit de l'intimée ait pu être émaillé d'imprécisions, en particulier sur la manière dont elle avait jeté ses habits, cette dernière ayant déclaré avoir eu beaucoup de choses difficiles en tête. La cour cantonale a encore fait état du rapport médical de la clinique F.________ du 10 mai 2021 (lequel fait état de la version des faits donnée par l'intimée durant la thérapie, récit qui correspond à ses déclarations en procédure), du rapport complémentaire du 9 novembre 2021 (lequel indique que les agressions sexuelles subies ont péjoré l'état de l'intimée et ralenti son rétablissement psychique), mais encore du rapport d'expertise de crédibilité du 4 décembre 2023 (lequel exclu un trouble psychique qui aurait pu exercer une influence sur la crédibilité de l'intimée et n'a permis de relever aucune incohérence dans ses déclarations qui aurait fait douter de la véracité des faits). Finalement, la cour cantonale a relevé qu'au contraire de celles de l'intimée, les déclarations du recourant étaient dépourvues de toute crédibilité, que ce soit au sujet des motifs de la dénonciation de l'intimée, au sujet de la date de leur dernier rapport sexuel ou concernant sa venue au domicile de la précitée.