Citation: 4A_292/2022 E. 6

Dans un deuxième moyen, les sociétés recourantes se plaignent d'une violation des art. 117 al. 2 LTF (recte: 107 al. 2 LTF) et 317 CPC. A cet égard, elles observent que la cour cantonale a indiqué, dans la décision entreprise, qu'elle était liée par les considérants de l'arrêt fédéral de renvoi et qu'elle devait statuer sur la base du dossier afin de déterminer si l'administrateur intimé avait ou non agi fautivement. De l'avis des sociétés recourantes, l'autorité précédente, si elle était certes liée par les considérations juridiques émises par le Tribunal fédéral, aurait néanmoins dû compléter l'état de fait. N'en déplaise aux sociétés recourantes, force est de constater que la Cour de céans, dans son arrêt de renvoi, n'a pas indiqué que l'instruction des faits devait être complétée aux fins de déterminer si l'administrateur intimé avait commis une faute. Aussi est-ce à ce tort que les intéressées affirment, de manière péremptoire, que la cour cantonale " devait également compléter l'état de fait ". C'est également en vain que celles-ci se plaignent de ce que la juridiction cantonale aurait omis d'examiner les griefs formulés dans leur appel du 5 juillet 2019 concernant les faits retenus par l'autorité de première instance. A cet égard, l'autorité précédente a souligné, à bon droit, que les sociétés recourantes, dans le cadre de leur premier recours en matière civile formé à l'encontre de l'arrêt cantonal rendu le 19 janvier 2021, n'avaient pas dénoncé un établissement arbitraire ou incomplet des faits en question par la cour cantonale. Les intéressées avaient du reste indiqué ce qui suit dans ledit mémoire de recours, sans émettre alors la moindre réserve s'agissant des constatations de fait topiques ressortant de la décision entreprise: " Par économie de procédure, et afin d'éviter un renvoi à l'autorité cantonale, les recourantes exposeront pourquoi, à leur sens, la faute de l'intimé est lourde et avérée et ressort des propres constatations de l'Autorité cantonale qu'il (sic) aurait manifestement retenue si elle n'avait pas écarté le lien de causalité " (premier recours, p. 22, n. 64). Les sociétés recourantes, qui ont consacré pas moins de trois pages dudit mémoire à démontrer que l'administrateur intimé avait agi fautivement, n'ont à aucun moment laissé entendre que l'état de fait de l'arrêt attaqué aurait dû être, le cas échéant, complété afin d'apprécier l'existence d'un tel comportement fautif. Dans leurs déterminations du 21 mars 2022 postérieures à l'arrêt fédéral de renvoi, les intéressées n'ont du reste pas soutenu que l'état de fait établi par la cour cantonale dans son arrêt du 19 janvier 2021 était lacunaire ou établi de manière arbitraire. Elles n'ont pas davantage fait la moindre allusion aux griefs de fait qu'elles avaient formulés à l'encontre du jugement de première instance. Aussi sont-elles malvenues de venir se plaindre, après coup, de ce que la cour cantonale aurait omis de se prononcer sur ces questions.