Citation: 5A_557/2024 E. 3.3

3.3. Les recourants " rappellent " notamment que A.________ n'est pas actionnaire des sociétés B.________ SA et C.________ SA, mais simplement leur administrateur et qu'il n'est par ailleurs pas le seul à disposer d'une signature individuelle, M.________ détenant le pouvoir de signature individuelle en sa qualité d'administrateur, ce que l'autorité cantonale avait arbitrairement écarté de sa motivation. Les recourants relèvent encore, " par surabondance ", que s'il est vrai que les actionnaires des sociétés recourantes sont liés par des relations familiales, les personnes membres de l'actionnariat ne sont en revanche pas les mêmes entre les sociétés. Il en allait de même des sièges des sociétés recourantes, de leur domaine d'activité, de leurs clients et de leurs employés. Dans ces circonstances, les simples liens familiaux ne pouvaient démontrer, selon les recourants, une quelconque forme de dépendance entre les sociétés B.________ SA et C.________ SA et A.________, si bien que l'on ne se trouvait pas dans l'un des cas envisagés par l'ATF 144 III 541, " notamment ". Les recourants exposent en outre que B.________ SA et C.________ SA sont des sociétés ayant un fonctionnement propre et un siège en Suisse. La dualité entre les recourants n'était " ainsi " pas invoquée pour éviter une exécution forcée. Ils " rappellent " que B.________ SA est défenderesse dans le cadre de la procédure au fond. Appliquer le principe de la transparence, même au stade de la vraisemblance, revenait à violer ses droits de partie et, de surcroît, à créer un cas de séquestre qui n'est pas prévu par la loi, ainsi qu'à contourner les dispositions légales de la LP. Le même raisonnement valait " mutatis mutandis " pour C.________ SA. L'ensemble des biens et des actifs des sociétés précitées devait donc échapper à la mise sous mains de la justice. Selon les recourants, les faits retenus par l'autorité cantonale ne sauraient " en tout état de cause " justifier que l'on retienne le principe de la transparence dans le cas d'espèce, dès lors que, selon la jurisprudence, ce principe ne trouvait application que dans des circonstances exceptionnelles. Or, seul le recourant vit à l'étranger, alors que les sociétés recourantes sont des sociétés anonymes suisses. Les intimés n'avaient nullement établi que le recourant avait transféré de manière abusive des biens aux sociétés recourantes dans le but de leur porter préjudice. Si les sociétés recourantes étaient réellement des sociétés écrans, la présente procédure et celle au fond devraient uniquement concerner le recourant. Pourtant, tel n'était pas le cas puisque " les actions " avaient été ouvertes contre les sociétés recourantes également, qui ont " bel et bien " qualité de partie. L'autorité cantonale s'était bornée à constater que le recourant disposait d'une signature individuelle et que l'actionnariat de B.________ SA et C.________ SA était notamment composé des membres de sa famille. On peinait à comprendre pour quelle raison ces circonstances étaient exceptionnelles. En ce sens, les biens de chaque société suisse, dont l'administrateur disposerait d'une signature individuelle et vivrait à l'étranger, seraient forcément frappés d'un séquestre, selon la motivation de l'arrêt entrepris. Bien que seule l'exigence de la vraisemblance soit requise à ce stade, une telle motivation " reflétait un raccourci dans la réflexion ", raccourci qui plus est arbitraire. Le raisonnement de l'autorité cantonale contrevenait ainsi au sentiment de justice et d'équité, " frisant même l'inégalité de traitement ".