Citation: 4C.206/2003 05.11.2003 E. 2

2.1 Le défendeur invoque l'interprétation erronée par la Chambre des recours de l'art. 5 de la Convention collective de travail des paysagistes et entrepreneurs de jardins du canton de Vaud (ci-après: CCT), dont il ne conteste cependant pas l'application. 2.2 En l'espèce, la CCT, dont le champ d'application a été étendu par décision administrative à plusieurs reprises durant la période déterminante (1996 - 2000), renferme du droit privé fédéral (ATF 98 II 205 consid. 1). Dans la dernière version du 1er janvier 1999 (publiée in Recueil annuel de la législation vaudoise 1999, p. 323 ss, et valable jusqu'au 31 décembre 2002), à laquelle se réfère le défendeur, l'art. 5.1 ch. B CCT fixe notamment le salaire moyen et minimum d'un "jardinier qualifié titulaire d'un CFC ou d'une formation équivalente". C'est sur cette dernière notion que porte plus précisément le présent litige. 2.3 Les dispositions des conventions collectives de travail qui instituent des salaires minima sont des clauses qui ont un effet direct dans les relations entre l'employeur et le travailleur (cf. art. 357 CO). De telles clauses, dites normatives, doivent s'interpréter objectivement selon les principes valables pour l'interprétation des lois, singulièrement lorsque la convention, comme en l'espèce, a fait l'objet d'une décision d'extension (ATF 127 III 318 consid. 2a et les références citées). La méthode objective appliquée en matière d'interprétation des lois consiste à se fonder en premier lieu sur la lettre et le texte clair de la norme. Toutefois, si le texte n'est pas absolument clair, si plusieurs interprétations de celui-ci sont possibles, il faut alors rechercher quelle est la véritable portée de la norme, en la dégageant de sa relation avec d'autres dispositions légales, de son contexte, du but poursuivi, de l'esprit de la règle, des valeurs sur lesquelles elle repose, singulièrement de l'intérêt protégé, ainsi que de la volonté du législateur telle qu'elle ressort en particulier des travaux préparatoires (ATF 128 II 66 consid. 4a et les arrêts cités).