Citation: 1C_356/2024 E. 3.1

3.1. Les principes applicables à l'annulation de la naturalisation facilitée sont rappelés dans l'arrêt attaqué. Il n'est dès lors pas utile de les rappeler une nouvelle fois, étant précisé que, s'agissant de griefs portant sur l'application du droit fédéral, le pouvoir d'examen du Tribunal fédéral n'est pas limité à l'arbitraire (art. 95 let. a LTF). En l'occurrence, il ne s'est écoulé que deux mois entre la signature de la déclaration de vie commune et la séparation définitive des époux. Un tel délai permet de fonder la présomption que la naturalisation a été acquise au moyen de déclarations mensongères. L'arrêt attaqué est sur ce point conforme au droit fédéral. Les déclarations de l'épouse, confirmées par les autres éléments du dossier, font apparaître que les problèmes conjugaux ont commencé bien avant 2018, notamment avec la découverte en 2015 de relations extraconjugales du recourant, ainsi que les violences psychologiques dont elle se plaignait. Dans ce cadre, la naissance d'un enfant en octobre 2014 ne constitue pas un élément pertinent dès lors que l'on ne peut rien en déduire sur la situation du couple au moment déterminant, soit en septembre 2018. Les messages échangés à ce moment-là entre les époux font clairement ressortir que la déclaration de vie commune ne "coll[ait] pas avec la réalité actuelle de notre couple". L'instance précédente a enfin considéré qu'aucun événement extraordinaire n'était susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal. Le recourant n'apporte aucune explication à ce propos. Dans ces conditions, il convient de s'en tenir à la présomption de fait fondée sur l'enchaînement chronologique rapide des événements, selon laquelle l'union formée par les époux ne remplissait pas, au moment de la signature de la déclaration de vie commune, les conditions posées pour l'octroi de la naturalisation facilitée du recourant. L'arrêt attaqué est dès lors conforme au droit fédéral et le grief doit être écarté