Citation: 1C_280/2023 E. 3

Les recourants reprochent aux juges cantonaux d'avoir établi de façon manifestement inexacte les faits pertinents. Ainsi, ils auraient omis de relever que leur parcelle avait toujours fait partie des terrains constructibles, en particulier de la zone mixte artisanat-habitation (AH2), que le Préfet de la Gruyère avait délivré le 3 novembre 1987 à B.________ un permis de construire pour une villa avec atelier et garage et qu'un projet de construction de six villas jumelées par les garages et d'une villa individuelle avait été soumis le 7 avril 2016 à la Commune de Haut-Intyamon, qui a donné un préavis positif le 17 mai 2016. Le Tribunal cantonal n'a pas ignoré ces faits puisque l'arrêt attaqué les mentionne dans le résumé qu'il consacre aux arguments des recourants développés dans leur mémoire de recours (considérant D page 3). Ceux-ci dénoncent ainsi en vain une constatation inexacte des faits. Au demeurant, une telle omission devrait porter sur un fait pertinent pour qu'il impose une correction (cf. art. 97 al. 1 LTF). Le fait que la parcelle n° 162 était classée en zone constructible dans le plan d'aménagement local de l'ancienne commune d'Albeuve, devenu obsolète, n'était, comme on le verra, pas décisif pour décider de son affectation en zone à bâtir dans le cadre de la révision générale. Le permis de construire octroyé à B.________ le 3 novembre 1987 ne conférait aux recourants aucun droit acquis au classement en zone à bâtir du solde la parcelle dans le plan d'aménagement local révisé. Le dépôt d'une demande de permis de construire au printemps 2017 ne constituait pas davantage un élément pertinent pour apprécier une mise en zone à bâtir de la parcelle n° 162 vu que, pour les raisons exposées ci-dessous, le plan d'aménagement local de l'ancienne commune d'Albeuve était caduc et que cette parcelle ne faisait pas partie du territoire largement bâti. Toujours selon les recourants, la cour cantonale aurait négligé de signaler que les plans des bâtiments construits en 1988, tels qu'établis pour les besoins de la cause par le Service cantonal des constructions et de l'aménagement, étaient lacunaires, respectivement erronés. Il serait arbitraire de se fonder sur une telle carte pour apprécier si leur parcelle faisait ou non partie du territoire largement bâti à cette date. Il n'y a pas lieu de se prononcer sur ce point dès lors que ces critiques ne sont, comme on le verra, pas déterminantes. Il en va de même du reproche adressé aux juges précédents de ne pas avoir tenu compte du fait que la carte de synthèse du plan directeur cantonal, qui lie les autorités, mentionne que la parcelle n° 162 se trouve bien en zone à bâtir de la commune de Haut-Intyamon (secteur Albeuve).