Citation: 5A_78/2020 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, dans la mesure où la recourante s'est prévalue du fait qu'elle était seule propriétaire du montant de 118'000 florins ayant servi à amortir l'hypothèque en cause, il lui appartenait d'en apporter la preuve stricte et la preuve du contraire n'incombait pas à l'intimé, contrairement à ce qu'elle soutient. Partant, on ne discerne aucune violation de l'art. 8 CC à cet égard. La Cour d'appel a considéré que la pièce sur laquelle la recourante se fondait pour établir l'amortissement allégué était l'extrait du compte de l'hypothèque de l'intimé auprès de la banque Raiffeisen. A la date du 7 février 1990, cet extrait mentionnait effectivement une écriture de crédit de 92'984 fr. sous l'intitulé " Amort. Fl. Holl. 118'000 ". On comprenait donc que la contre-valeur de 118'000 florins hollandais avait été versée au crédit du compte de l'hypothèque à titre d'amortissement. Cela étant, la cour cantonale a constaté que la lecture de cet extrait bancaire, d'où résultait uniquement qu'une somme en florins hollandais avait été portée au crédit du compte de l'hypothèque ne permettait pas de déterminer d'où provenait ce montant, respectivement qui en était l'auteur, puisque le compte à partir duquel ce versement avait été opéré n'y figurait pas. S'agissant d'un versement bancaire intervenu sur un compte au seul nom de l'intimé, c'est à bon droit que la cour cantonale a considéré qu'une preuve stricte était exigée et qu'aucun allègement du degré de la preuve ne se justifiait (cf. supra consid. 3.1.2). Partant, il pouvait être exigé de la recourante qu'elle démontre l'origine du versement dont elle alléguait être l'auteure à l'aide de l'extrait bancaire correspondant. A cet égard, le fait notoire dont se prévaut la recourante, selon lequel les banques ne conserveraient pas les extraits bancaires au-delà d'un délai de dix ans, de sorte qu'elle ne pouvait plus obtenir cette pièce, est sans pertinence pour l'issue du litige dans la mesure où l'intimé n'a pas à supporter l'incapacité de la recourante à apporter la preuve des faits qu'elle allègue au motif qu'elle n'a pas conservé les documents idoines. Quant à l'appréciation des preuves à proprement parler, on ne discerne pas d'arbitraire en tant que la cour cantonale a considéré que le seul fait que le versement soit intervenu en florins hollandais, alors que la recourante et non l'intimé est de nationalité hollandaise et qu'elle seule avait allégué être titulaire de comptes bancaires en florins, était insuffisant à démontrer qu'elle soit forcément à l'origine de ce versement. La recourante fait également grief à la Cour d'appel de ne pas avoir pris en compte le fait que le lendemain du jour du paiement de l'amortissement litigieux, à savoir le 8 février 1990, le notaire en charge de la succession de son père avait confirmé, dans l'acte de partage et de séparation, que le montant revenant à la recourante ensuite du décès de son père, soit 117'967 florins, était acquitté au jour de la signature, en ce sens que la part lui revenant avait déjà été versée en sa faveur le jour précédant la signature de l'acte de partage. Or, c'était précisément cette somme de 117'967 florins, arrondie à 118'000.-, qu'elle avait reçue dans le cadre de la succession de son père quelques jours avant, qui avait été utilisée pour amortir le prêt hypothécaire à concurrence de 92'984 fr., à savoir l'équivalent de 118'000 florins. Il est effectivement troublant de constater que le montant ayant servi à l'amortissement litigieux correspond, à quelques florins près, au montant figurant sur l'acte de partage établi dans le cadre de la succession du père de la recourante, montant que cette dernière a vraisemblablement perçu peu avant le transfert litigieux. Cela étant, si l'acte de partage (en néerlandais) figure bien au dossier, il apparaît que cette argumentation est développée pour la première fois par la recourante dans son recours au Tribunal fédéral et qu'elle ne fait aucunement mention du montant perçu dans la succession de son père dans son appel du 27 mai 2019 où elle soutenait uniquement qu'il s'agissait de " ses économies d'avant mariage ". Or, s'agissant d'une procédure soumise à la maxime des débats (art. 277 al. 1 et art. 55 al. 1 CPC), la recourante ne pouvait se contenter de produire l'acte de partage mais il lui appartenait de surcroît d'alléguer elle-même ces faits et d'indiquer au juge les moyens propres à les établir (cf. ATF 143 III 1 consid. 4.1; arrêt 4A_126/2019 du 17 février 2020 consid. 6.1.1 et les références), ce qu'elle n'a pas fait. Elle n'a au demeurant pas satisfait au principe d'épuisement des instances cantonales sur ce point, de sorte que ses griefs de violation de l'art. 8 CC et d'arbitraire dans l'établissement des faits sont irrecevables (cf. art. 75 al. 1 LTF; ATF 143 III 290 consid. 1.1; arrêt 5A_230/2019 du 31 janvier 2020 consid. 5.2 et les références).