Citation: 7B_77/2022 E. A

A.a. D.________ et B.________ se sont mariés en 1996. De leur union sont issus deux enfants, C.________, né en 1999, et A.________, née en 2000. Le 21 septembre 2007, la grand-mère de D.________ a constitué l'U.________ Trust, trust discrétionnaire détenant la société V.________ L td, laquelle détenait deux comptes ouverts auprès de la banque W.________ & Cie SA (ci-après: la banque W.________), à Neuchâtel. Les bénéficiaires en étaient D.________ et B.________ ainsi que leurs deux enfants. Le 15 août 2017, D.________ a souhaité que seule son épouse, en première ligne, puis ses enfants, soient désignés bénéficiaires du trust. Les intéressés se sont rencontrés dans cette perspective le 17 août 2017. Le 7 septembre 2017, D.________ a été exclu du trust, sa procuration ayant été annulée le 28 septembre suivant. Par lettre d'intention du 16 février 2018, B.________ et ses enfants ont requis la dissolution de l'U.________ Trust en vue de la création du X.________ Trust auprès de la banque Y.________ Private Bank (Suisse) SA (ci-après: Y.________), à Genève. Selon la lettre d'intention du 25 mars 2018, signée par les trois bénéficiaires, tous les fonds et le portefeuille titres de l'U.________ Trust ont été transférés sur le compte ouvert par B.________ auprès de Y.________. Au 31 octobre 2018, le total des actifs était de 10'388'311 fr. 26. A.b. Le 3 juin 2019, D.________ a déposé plainte pénale contre B.________ pour abus de confiance, escroquerie, menaces, contrainte et blanchiment d'argent (P/11660/2019). Son recours contre le classement de sa plainte le 22 juillet 2019 a été rejeté par la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève le 14 janvier 2020, puis par le Tribunal fédéral (arrêt 6B_199/2020 du 9 avril 2020). Dans l'intervalle, D.________ n'a pas obtenu le séquestre civil du compte Y.________, car son recours contre l'opposition formée victorieusement par B.________ a été rejeté par la Chambre civile de la Cour de justice de la République et canton de Genève le 31 août 2020 (ACJC/1284/2020). Il n'a pas non plus obtenu la reprise de la procédure préliminaire P/11660/2019 classée le 22 juillet 2019, le Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après: le MP-GE) l'ayant refusée par ordonnance du 16 décembre 2021. L'arrêt de la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève du 9 mai 2022 rejetant le recours formé par D.________ contre cette ordonnance a été confirmé par le Tribunal fédéral (arrêt 6B_764/2022 du 17 avril 2023). A.c. Le 9 septembre 2020, A.________ a saisi le MP-GE d'une plainte pénale contre B.________, au motif que celle-ci, dans le but de s'approprier les avoirs du trust, avait contrefait ou imité sa signature sur des formulaires destinés à la banque W.________ et sur une lettre d'intention du 16 février 2018 - comme le montrait une expertise réalisée sur ce document-là - puis l'avait convaincue de signer, sans les lui laisser lire, deux autres lettres d'intention des 16 février et 25 mars 2018, légalisées par l'ambassade de Suisse en Arabie Saoudite. Elle demandait le blocage sans délai du compte Y.________. Après avoir ouvert une instruction pour escroquerie (art. 146 CP) et faux dans les titres (art. 251 CP), le MP-GE a ordonné le séquestre des avoirs et titres du compte bancaire au nom de B.________ auprès de Y.________ le 30 octobre 2020. Dans l'intervalle, le 12 octobre 2020, le Ministère public de la Confédération, auprès duquel A.________ avait déposé une plainte contre la consule et cheffe de chancellerie de l'ambassade de Suisse en Arabie Saoudite pour faux dans les titres commis dans l'exercice de fonctions publiques et contre sa mère pour instigation à commettre cette infraction (art. 317 CP), a ordonné la jonction des causes par-devant l'autorité pénale du canton de Genève. Le 23 avril 2021, A.________ a étendu sa plainte à C.________, les développements de l'affaire le faisant apparaître comme un participant aux infractions reprochées à leur mère, respectivement comme étant coupable de tentative d'entrave à l'action pénale (art. 305 CP). Le 6 avril 2022, A.________ a déposé une nouvelle plainte pénale contre sa mère, au motif qu'elle aurait créé et utilisé de multiples faux dans les titres, pour figurer sur son propre certificat d'état civil en 2022 sous l'identité de E.________ "alors que [le] passeport suisse [de celle-ci] du 8 août 2019 se réfère à F.________". Il convenait de corriger l'ensemble des pièces de la procédure qui désignaient la prévenue sous le nom de B.________. Le 14 juin 2022, le MP-GE a ordonné le classement des plaintes déposées par A.________ contre B.________ et C.________ et a levé le séquestre en vigueur sur le compte de celle-là auprès de Y.________.