Citation: 6P.91/2003 19.01.2004 E. 4

Le recourant reproche enfin à l'autorité cantonale d'avoir violé le principe "in dubio pro reo" et la présomption d'innocence garantie par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 § 2 CEDH. La présomption d'innocence, garantie expressément par les dispositions invoquées et le principe "in dubio pro reo", qui en est le corollaire, sont des garanties de rang constitutionnel, dont la violation doit donc être invoquée par la voie du recours de droit public (art. 269 al. 2 PPF; ATF 120 Ia 31 consid. 2b p. 35/36 et 2e p. 38). Elles concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves (ATF 120 Ia 31 consid. 2c p. 36). En tant que règles sur le fardeau de la preuve, ces principes signifient, au stade du jugement, que le fardeau de la preuve incombe à l'accusation et que le doute doit profiter à l'accusé. Comme règles sur l'appréciation des preuves, ils sont violés lorsque le juge, qui s'est déclaré convaincu, aurait dû éprouver des doutes quant à la culpabilité de l'accusé au vu des éléments de preuve qui lui étaient soumis (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 40; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Le Tribunal fédéral examine librement si ces principes ont été violés en tant que règles sur le fardeau de la preuve, mais il n'examine que sous l'angle de l'arbitraire la question de savoir si le juge aurait dû éprouver un doute, c'est-à-dire celle de l'appréciation des preuves (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 IV 86 consid. 2a p. 88; 120 Ia 31 consid. 2e p. 38). Une décision est arbitraire lorsqu'elle viole clairement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou contredit de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables, il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son résultat; à cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale apparaisse également concevable ou même préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1, 128 II 259 consid. 5 p. 280; 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). Lorsque le recourant s'en prend à l'appréciation des preuves et à l'établissement des faits, la décision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1). Conformément à l'art. 90 al. 1 let. b OJ, il appartient au recourant de montrer en quoi il en est ainsi. 4.1 Le recourant reproche à l'autorité cantonale de n'avoir pas tenu compte du foyer créé par le gardien D.________. Il se prévaut d'un passage dans lequel l'expert dit qu'il est peu probable que le feu provienne du foyer organisé par le gardien de la prison. Extraite de son contexte, la phrase invoquée par le recourant pourrait certes donner à penser que l'expert conservait un certain doute quant à l'origine du sinistre. Toutefois, en lisant le rapport en son entier, on constate qu'à la question de savoir s'il était possible que la cause du feu soit le foyer allumé par les gardiens, l'expert dit répondre sans aucun doute; selon lui la source de ce feu se trouve dans les braises déposées à l'endroit indiqué par le recourant. L'expert précise par ailleurs qu'il est probable à 99 % que le feu ne soit pas dû au foyer créé par les gardiens et que, compte tenu du vent, il est à 99 % impossible qu'un feu situé à une distance de 39 mètres soit la cause du sinistre. Il appert ainsi que, contrairement à ce que prétend le recourant, l'expert n'avait pas d'hésitation quant à l'origine du sinistre et que s'il n'a pas usé d'une formule indiquant une certitude c'est uniquement par rigueur scientifique, compte tenu du fait qu'il ne disposait pas de preuve irréfutable. Dans ces circonstances, on ne saurait considérer que l'autorité cantonale a interprété cette expertise d'une manière insoutenable ni qu'elle aurait dû avoir un doute quant à l'origine du foyer. 4.2 Le recourant reproche enfin à l'autorité cantonale de n'avoir nullement prouvé son intention relative à l'incendie. Il note que l'autorité cantonale, tout au long du jugement attaqué, ne cesse d'affirmer qu'il n'a pas voulu causer un incendie mais uniquement faire un feu pour que le gardien ait des ennuis. On voit mal quelle constatation le recourant entend remettre en question puisqu'il relève lui-même que la version des faits retenue par l'autorité cantonale correspond à la sienne. Dans la mesure où il s'en prendrait aux conclusions qu'elle en tire au sujet de la réalisation de l'élément subjectif de l'infraction, il s'agit d'une question de droit fédéral qui ne peut être invoquée dans le cadre d'un recours de droit public. Ce grief est donc également mal fondé.