Citation: U 43/03 29.04.2004 E. 1

Ce faisant, la cour cantonale a accordé entière valeur probante aux rapports du médecin de la CNA et de l'expert commis par l'assurance-maladie; à juste titre, ces documents répondant aux réquisits posés par la jurisprudence (ATF 125 V 352 consid. 3a et 353 consid. 3b/bb). Le recourant objecte que ces deux médecins se sont fondés sur une IRM (celle du 2 mai 2000) et une radiographie pour conclure qu'il ne présentait plus d'incapacité de travail en raison d'une algoneurodystrophie, alors que seule une scintigraphie aurait permis de confirmer l'absence de cette maladie. Il invoque la littérature médicale pour soutenir que l'IRM, en particulier, n'est pas un moyen fiable pour infirmer le diagnostic d'une algoneurodystrophie. 4.2 La CNA, Division médecin des accidents, docteurs Bär, Felder et Kiener, éditeurs a publié en 1998, une étude sur ce thème intitulée Algodystrophie (Complex regional pain syndrome). Il en ressort que l'algodystrophie (CRPS I, maladie de Sudeck, reflex sympathetic distrophy) est une affection aux nombreuses facettes dont l'étiopathogenèse est probablement variable: aucune forme de traitement n'est systématiquement efficace (p. 3). Plus spécifiquement, il s'agit d'une douleur à caractère continu localisée dans un secteur d'une extrémité se manifestant après un trauma, fracture incluse, ne comportant cependant pas de lésion nerveuse significative et qui est associée à une hyperactivité du sympathique. Elle est caractérisée par une douleur diffuse inéclaircie, une modification de la couleur de la peau, un oedème diffus, une température anormale de la peau, une diminution de la mobilité active. Pour certains auteurs, quatre de ces cinq symptômes doivent être réunis. Chez 7 % des sujets, tous les critères, à l'exception de la douleur sont satisfaits. Les symptômes et signes précités se péjorent durant l'activité corporelle; ils sont localisés dans une région du corps qui est beaucoup plus vaste que celle qui intéressait le traumatisme initial ou l'opération (p. 5). Quel que soit le cadre nosologique de référence, le diagnostic est par définition un diagnostic clinique, par essence positif (un diagnostic par exclusion n'entre qu'accessoirement en considération). En corollaire, en l'état actuel des connaissances, tout examen paraclinique demande à être étalonné à l'aune de la clinique. Cela étant, aucun examen paraclinique ne saurait être plus fiable que la clinique et constituer un critère d'exclusion automatique ou d'inclusion nécessaire. Par contre, certains examens paracliniques peuvent être des aides au diagnostic précieuses (contexte de survenue atypique, absence de traumatisme initial; p. 23). Parmi les multiples examens disponibles, certains sont d'un usage largement répandu. Toutefois, même pour des examens pratiqués depuis plusieurs décennies (scintigraphie osseuse par exemple), les opinions autorisées peuvent encore largement diverger. D'autres techniques plus récentes, comme la Résonance magnétique nucléaire (IRM), doivent encore faire leurs preuves (p. 26 et 33). Quant aux radiographies conventionnelles, elles sont en retard sur l'évolution clinique (p. 27). La sensibilité de la scintigraphie osseuse au stade I (phase aiguë) de la maladie algodystrophique est bonne; le taux est tout de même assez variable dans la littérature, oscillant entre 85 et 97 %. Aux stades plus tardifs de la maladie, la sensibilité diminue et l'examen doit être impérativement corrélé à la clinique. La scintigraphie aux stades II (phase dystrophique ou froide) et III (phase de stabilisation et séquellaire) de la maladie devient inutile (p. 28). Si la sensibilité de la scintigraphie semble bonne à un stade précoce, la spécificité de cet examen est par contre médiocre et cela quel que soit le stade. En conclusion, l'examen scintigraphique au stade préradiologique peut s'avérer d'un réel intérêt diagnostique mais doit être interprété dans le contexte clinique (p. 28, 29). La durée du stade I est de 2 à 8 mois, celle du stade II de 3 à 6 mois et celle du stade III de quelques mois à quelques années (p. 42). 4.3 Il découle de ces éléments que c'est l'examen clinique qui est le plus fiable pour déterminer la présence ou l'absence d'une algodystrophie et que la scintographie osseuse - dont la sensibilité varie selon les stades de la maladie - ne constitue, ni plus ni moins, qu'une aide au diagnostic dans certains cas. Au cours de l'examen auquel il a procédé le 9 mai 2000, le docteur M.________ a rappelé que les séquelles de l'accident du 11 novembre 1998 au pied gauche étaient totalement guéries au début juin 1999, En ce qui concernait les suites de l'arthroscopie du 30 septembre 1999, il a déclaré que le genou gauche avait totalement récupéré sa fonction, était sec et présentait une bonne stabilité; la conservation de la musculature était également bonne, sans amyotrophie notable. L'examen et l'IRM du 2 mai 2000 ne révélaient pas de signes d'algodystrophie. Pour sa part, le docteur B.________ a conclu qu'au moment de son expertise, il n'y avait plus aucun élément objectivable qui empêchât une reprise de la marche avec charge complète sur le membre inférieur gauche tant au niveau du pied que du genou. En revanche, il notait une nette discordance entre les plaintes de l'assuré et les résultats de l'examen clinique. Selon les docteurs M.________ et B.________ le recourant ne présentait plus, à l'examen, de signes de la maladie de Sudeck au-delà de mai 2000 (soit en particulier absence d'oedème, de rougeur ou de sudation). Peu importe, dans ce contexte, que ces médecins n'aient pas fait procéder à une scintigraphie osseuse, en sus de l'IRM déjà à leur disposition, dès lors qu'ils étaient convaincus de l'exactitude de leur diagnostic, posé au terme d'un examen clinique qui apparaît le plus sûr lorsqu'il s'agit de déterminer la présence ou non de cette maladie. En tout état de cause, leur appréciation s'inscrit dans le cadre décrit par la littérature médicale rappelée ci-dessus. Sur le vu de ce qui précède, il ne saurait être reproché à l'intimée et aux premiers juges d'avoir considéré que le recourant ne présentait plus une atteinte à la santé justifiant une incapacité de travail, en rapport de causalité avec l'accident du 11 novembre 1998, au-delà du 30 mai 2000. Il s'ensuit que le recours se révèle mal fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: