Citation: 1C_601/2017 E. 3.3

3.3. Pour renverser cette présomption, le recourant soutient qu'il formait une union conjugale stable et effective au moment de la naturalisation. Il affirme que la décision prise par son épouse en juin 2009 de reprendre ses études et, par conséquent, le report d'au moins trois ans de leur projet d'avoir un enfant constituait un événement extraordinaire ayant précipité la fin de leur mariage. Cette décision a eu l'effet d'un réel séisme pour lui. Il explique enfin ne pas avoir eu conscience des prétendues difficultés conjugales au moment de la naturalisation, comme le confirmerait notamment le week-end passé avec son épouse à Chandolin en mars 2009. Les explications du recourant ne sont toutefois pas convaincantes et ne permettent pas de renverser la présomption établie. L'instance précédente a démontré de manière convaincante qu'il était peu crédible que la seule décision de son ex-épouse de parfaire sa formation par des études en Master (reportant ainsi de 3 ans leur projet de concevoir un enfant), ait pu entraîner une crise si grave au sein du couple que l'ex-épouse ait, le mois suivant déjà, requis des mesures protectrices de l'union conjugale et d'extrême urgence en concluant à la vie séparée. L'instance précédente pouvait sans arbitraire considérer que l'ouverture aussi précipitée de cette procédure tendait à confirmer la fragilité des attaches qui liaient les conjoints et faisait apparaître la crise survenue entre ces derniers à la fin du printemps 2009 comme l'aboutissement d'un long processus de dégradation de leur relation conjugale. Le fait que l'ex-épouse ait pris l'initiative de rependre des études, sans concertation avec le recourant mis devant le fait accompli, renforce l'opinion que cette union ne présentait pas la stabilité requise au moment déterminant. Par ailleurs, le fait que le recourant n'ait pas tenté d'une manière ou d'une autre de sauver son mariage et qu'il ait aussi rapidement et facilement accepté l'idée d'une séparation durable paraît confirmer qu'il est peu vraisemblable qu'il n'ait découvert la dégradation du lien conjugal qu'au printemps 2009. Le week-end que les ex-époux auraient passé ensemble à Chandolin en mars 2009 n'est pas, à lui seul, susceptible de modifier cette appréciation. Il en va du même de son affirmation - au demeurant non confirmée par l'ex-épouse - que les intéressés auraient tenté de reprendre la vie commune en fin d'année 2013, soit plus de 5 ans après l'obtention de la naturalisation facilitée. En définitive, les éléments avancés par la recourante ne suffisent pas à renverser la présomption établie.