Citation: 4C.61/2001 14.06.2001 E. 3

3.- a) En ce qui concerne les honoraires de l'architecte, la recourante soutient qu'ils auraient dû être diminués pour tenir compte de la mauvaise exécution du contrat. Dans un arrêt récent, le Tribunal fédéral a passé en revue la jurisprudence et la doctrine relatives aux effets d'une mauvaise exécution sur la rémunération du mandataire (ATF 124 III 423 consid. 3b). Il est parvenu à la conclusion que le mandataire, même en cas d'exécution défectueuse du mandat, a droit à des honoraires pour l'activité qu'il a exercée en conformité avec le contrat. Ce n'est que dans le cas où l'exécution défectueuse du mandat est assimilable à une totale inexécution, se révélant pour le mandant inutile ou inutilisable, que le mandataire peut perdre son droit à rémunération; il en est de même lorsque la rémunération du mandataire est elle-même constitutive du dommage causé par l'exécution défectueuse (ATF 124 III 423 consid. 4a). L'autorité cantonale a constaté que les places de stationnement étaient partiellement inutilisables et a enlevé les honoraires relatifs à cette prestation par 5000 fr. La détermination de ce montant, qui relève des faits, n'est pas critiquée et il n'y a pas lieu d'y revenir. b) La recourante reproche à la Cour civile d'avoir retenu qu'il lui incombait d'apporter la preuve des prestations inutilisables. Il appartient au mandataire de prouver les prestations qu'il a fournies, de manière à permettre la détermination de la somme qu'il réclame (art. 8 CC). En revanche, si le mandant entend faire valoir, par exception, que le mandataire n'a pas droit à ses honoraires en raison d'une mauvaise exécution, il lui incombe d'en apporter la preuve s'il n'a pas refusé la prestation (Walter Fellmann, Commentaire bernois, n. 541 ad art. 394 CO). La position adoptée par la cour cantonale, conforme à la doctrine, ne viole en rien le droit fédéral. Que la cour cantonale ait maladroitement employé, une seule fois, l'expression de "comportement fautif" ne change rien à la question. c) La recourante fait enfin grief à l'autorité cantonale d'avoir mal compris l'expert judiciaire. Il s'agit là d'une pure question d'appréciation des preuves, qui ne peut être remise en cause dans un recours en réforme (ATF 126 III 189 consid. 2a; 125 III 78 consid. 3a). Au demeurant, il est exact de dire que la jurisprudence en matière de réduction des honoraires (ATF 124 III 423 consid. 3b) ne correspond pas au mécanisme de la garantie des défauts (en matière de vente, de contrat d'entreprise ou de bail), où il suffit d'établir un défaut notable pour que la contre-prestation doive être réadaptée.