Citation: 4A_84/2013 E. A

La société A.________ AG, ayant son siège social à Berne, active dans le domaine du génie civil et de la maçonnerie, avait une filiale à Sion pour ses activités en Valais. Rencontrant d'importantes difficultés financières, elle a obtenu, le 18 mai 1995, un sursis concordataire en vue d'un concordat par abandon d'actifs. Dans ce contexte, elle a vendu certains actifs, par contrat du 9 juin 1995, à une société anonyme en formation, Y.________ SA. L'opération était financée à hauteur de 1'200'000 fr. par des prêts octroyés par la Banque V.________ (ci-après : V.________). Cette banque a également accordé un crédit en compte courant de 3'000'000 fr. à la société en formation en vue d'assurer les liquidités de l'exploitation. Le notaire X.________, à Sion, s'est chargé des formalités de constitution de la nouvelle société. Il en a établi les statuts, qui lui assignent pour but l'exploitation d'une entreprise générale de construction et de travaux publics. Le siège social a été fixé à Sion. Le capital-actions, d'un montant de 500'000 fr., était divisé en 500 actions nominatives de 1'000 fr. chacune. Lors de l'assemblée constitutive, la société B._______ SA a souscrit 498 actions, C._______ et D._______ une action chacun. Ces deux derniers ont été nommés administrateurs. La fiduciaire E._______ a été désignée comme organe de révision. La société Y.________ SA a été inscrite au registre du commerce le 27 juin 1995. Par la suite, F._______ et G._______ ont rejoint le conseil d'administration. Lors de l'assemblée générale extraordinaire du 24 juin 1996, les actionnaires ont évoqué le problème endémique du manque de liquidités dont souffrait la société. Des doutes ont également été émis quant à la légalité de la procédure de fondation. H._______ et X.________ ont été nommés en qualité d'administrateurs. Ce dernier n'a été inscrit au registre du commerce que le 14 juillet 1997. Lors de l'assemblée générale du 21 octobre 1996, D._______ a démissionné et l'assemblée a rappelé qu'elle avait élu X.________ en qualité d'administrateur lors de l'assemblée générale extraordinaire du 24 juin 1996. En septembre 1996, B._______ SA a cédé les actions de Y.________ SA à Compagnie générale I._______ SA, société en mains de J._______ SA. Dans une lettre du 17 octobre 1996, dont copie a été envoyée à X.________, le directeur de la société, K._______, a soulevé le problème du manque de liquidités de Y.________ SA. Pour les comptes de l'exercice 1996, la société a dissous pour 1'048'000 fr. de réserves latentes, ce qui lui a permis de dégager un bénéfice comptable de 161 francs. L'organe de révision a relevé une baisse du bénéfice, qui a passé de 399'000 fr. à 179'000 fr., tout en soulevant à nouveau le problème du manque de liquidités. En 1997, F._______ et C._______ ont démissionné du conseil d'administration dans lequel est entré N._______. L'organe de révision a été remplacé par L._______ SA. A compter du printemps 1997, le directeur K._______ a régulièrement rendu l'actionnaire majoritaire et le conseil d'administration attentifs à la situation financière qui devenait de plus en plus désespérée. Par contrat du 18 juillet 1997, O._______ SA, société de portage de la Banque W._______, a acheté à R._______ SA, alors propriétaire des actions de Compagnie générale I._______ SA, laquelle détenait toutes les actions de Y.________ SA. En été 1997, O._______ SA a accordé à Y.________ SA un prêt de 800'000 francs. Lors de la réunion du conseil d'administration du 12 novembre 1997, les membres ont constaté que le chiffre d'affaires avait encore baissé de 25 % par rapport à 1996. Ils ont relevé que le portefeuille de commandes était extrêmement faible et que la situation financière était critique. Le paiement du treizième salaire et des indemnités de vacances pour le personnel était problématique. Ils ont décidé diverses mesures d'économie. En automne 1997, la société a licencié l'ensemble de sa main- d'oeuvre, à l'exception des cadres. L'exercice 1997 s'est soldé par une perte de 1'107'140 francs. Le directeur K._______ a relevé que le chiffre d'affaires était en baisse, que la conjoncture était défavorable et que les perspectives étaient peu favorables. Il a conclu que la société se trouvait dans une crise financière aiguë. Dans un rapport du 2 avril 1998, le réviseur L._______ SA a avisé le conseil d'administration que le surendettement se chiffrait à 620'000 fr. au 31 décembre 1997. Par une lettre du même jour, la Banque V.________ a averti Y.________ SA qu'elle réduisait progressivement sa limite de crédit à compter du 1 er juillet 1998. Au mois de juin 1998, les fournisseurs de décembre 1997 étaient encore impayés et le paiement des salaires de mai 1998 n'était pas assuré. Le conseil d'administration a discuté de la situation lors de ses séances du 9 juin 1998, puis du 18 août 1998. Dans son rapport du 28 septembre 1998, relatif à l'exercice 1997, L._______ SA a considéré que la société était surendettée, en précisant que les comptes intermédiaires non révisés au 30 juin 1998 faisaient déjà apparaître un surendettement. Le réviseur a attiré l'attention du conseil d'administration sur les dispositions de l'art. 725 al. 2 CO. Le 12 octobre 1998, G._______ a démissionné et a été remplacé par M._______. Le 30 octobre 1998, le conseil d'administration a demandé un bilan d'exploitation et un bilan de liquidation au 30 septembre 1998. Lors de l'assemblée générale extraordinaire du 17 novembre 1998, N._______ et L._______ SA ont été révoqués. Lors de l'assemblée générale du 10 décembre 1998, les actionnaires ont donné décharge au conseil d'administration et l'ont invité à chercher un repreneur et à reporter en conséquence l'avis de surendettement au juge. La Fiduciaire P._______ SA a été désignée en qualité d'organe de révision. Le 26 janvier 1999, la Banque V.________ a bloqué les comptes de Y.________ SA, de sorte que la société s'est trouvée dans l'impossibilité de poursuivre les chantiers, ce qui a mis un terme à ses affaires. Le 29 janvier 1999, X.________ a demandé au registre du commerce de le radier du conseil d'administration avec copie au président du conseil. Ce même jour, M._______ a donné l'ordre au directeur K._______ de licencier la totalité du personnel.