Citation: 6B_162/2015 E. B

Statuant sur l'appel formé par X.________, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton de Genève l'a rejeté par arrêt du 22 décembre 2014. En bref, il en ressort les faits suivants. B.a. Le 26 avril 2006, Y.________ a fondé au Luxembourg la société B.________ Sàrl, dont il est le seul gérant avec signature individuelle. Le 22 juin 2006, Y.________ et X.________ ont constitué la société C.________ SA ayant pour but l'achat et la vente de matières premières, l'acquisition et la prise de participations dans des entreprises commerciales et industrielles à l'étranger, le conseil et l'audit d'entreprises sur le plan technique et financier à l'étranger, ainsi que l'achat, la vente et la gestion de biens immobiliers à l'étranger. Elle a été déclarée en faillite le 29 novembre 2010. Cette société comptait trois administrateurs : Y.________, président avec signature individuelle et actionnaire majoritaire (environ 98%); X.________ et D.________, tous deux au bénéfice d'une signature collective à deux et détenteurs d'environ 1% des actions. Le capital-actions libéré de 200'000 fr. a été financé par Y.________ au moyen de fonds qui lui avaient été prêtés, remboursés ultérieurement par débit des comptes bancaires de C.________ SA. Sur certains d'entre eux, Y.________ bénéficiait de la signature individuelle et X.________ de la signature collective à deux avec D.________. Sur un des comptes, Y.________ disposait seul de la signature individuelle et sur un autre, tant ce dernier que E.________, secrétaire et réceptionniste, bénéficiaient de la signature individuelle. B.b. En qualité de responsable de la clientèle, Y.________ percevait un salaire mensuel brut de 7'500 francs. De plus, un total de 91'900 fr. a été versé en 2007 par C.________ SA ou B.________ Sàrl sur son compte au F.________ sous forme de 27 versements. Le 12 juillet 2006, Y.________ a acheté une voiture en leasing, payant comptant un montant de 21'000 fr., puis des mensualités de 830 fr. 35, réglés par débits du compte de C.________ SA ouvert auprès de la Banque G.________. En tant que responsable des transactions d'or, X.________ recevait un salaire mensuel brut d'environ 6'500 francs. B.c. Dans le cadre des activités de C.________ SA, Y.________ et X.________ ont repris un contrat qui avait été établi par la société H.________ - auprès de laquelle ils avaient travaillé précédemment et qui a fait l'objet d'une information judiciaire portant sur de nombreuses escroqueries aux investissements - au terme duquel elle s'engageait au moyen des avoirs financiers de son cocontractant à opérer un nombre défini de transactions portant sur de l'or. Le contrat précité repris par C.________ SA (ci-après: le contrat « gold ») prévoyait que le bénéfice convenu de chaque transaction était en principe de 14% de la somme investie. Selon la « formule de cumul » possible, à chaque transaction, le capital et les bénéfices du cocontractant étaient utilisés pour la transaction suivante, en vue d'augmenter le bénéfice à 18% dès la 9 ème transaction. Les fonds étaient utilisés pour effectuer la (ou les) transaction (s); en l'attente d'une transaction, ceux-ci étaient placés sur un fonds semi-obligataire géré par une banque. Dans tous les cas, les fonds devaient être restitués sans condition à la fin de la période contractuelle définie (18 mois), à la fin des livraisons du contrat d'importation ou lorsque le nombre de transactions prévues était atteint. En 2007, C.________ SA a décidé de diversifier ses placements, sur proposition de son conseiller financier, I.________. Trois types de contrats (« Global/C », « Global/D » et « Advanced ») étaient proposés avec des taux de rendement variant entre 39% et 72% sur une période de 18 mois ainsi qu'un contrat d'investissement direct dans un fonds précis ou dans des opérations identifiées. La société s'engageait ainsi à placer les avoirs financiers de l'investisseur dans l'achat de parts des « M.________ », fonds au « capital sécurisé », comportant un « stop loss » d'un maximum de 10% du fonds « Global » ainsi qu'une mise en réserve de 10% du capital lorsque les gains dépassaient cette valeur (ci-après: le contrat « hedge fund »). Certains des contrats permettaient également à la société d'investir les fonds dans un « Hedge Fund Immobilier » au « capital sécurisé ». B.d. Le 8 août 2007, C.________ SA et A.________ ont conclu une « offre de collaboration », au terme de laquelle ce dernier s'engageait notamment à trouver 25 kg d'or et à créer une société à L.________ (ci-après: J.________). L'actionnariat de celle-ci se composait de Y.________ (150 actions), X.________ (150 actions) et lui-même (200 actions). J.________ a ouvert des comptes auprès de K.________ à L.________ sur lesquels A.________ disposait d'une signature individuelle. Dès juin 2008, X.________ a également bénéficié d'un pouvoir de signature individuelle sur ces comptes jusqu'à concurrence de 100'000 euros. B.e. Entre 2006 et 2008, plus de 70 clients ont versé sur les comptes bancaires de C.________ SA ou B.________ Sàrl un montant total de plus de 3'600'000 euros, après avoir souscrit des contrats « gold » ou « hedge fund » directement auprès des sociétés précitées ou par l'intermédiaire d'un réseau d'apporteurs d'affaires payés à la commission. Durant cette même période, l'analyse des relevés des comptes bancaires de la société C.________ SA indique que pour l'année 2006, 1'238'000 euros ont été transmis par 21 investisseurs sur les comptes de C.________ SA. Aucun des avoirs transférés par les investisseurs n'a servi à l'achat d'or, à l'exception d'un montant de 17'500 dollars américains versé le 10 avril 2007 dans le cadre d'une tentative d'achat d'or au Ghana; pour l'année 2007, 708'200 euros ont été versés par 15 investisseurs sur les comptes de C.________ SA. Un montant de 253'425 euros a été retiré en espèces. Le solde de ces avoirs a servi à rembourser des investisseurs, à payer des tiers (commissions des rapporteurs d'affaires), les frais de A.________, ainsi que des frais divers (frais courants de la société, loyer, contravention, etc.) sans lien direct avec l'achat d'or; pour l'année 2008 (jusqu'aux saisies des comptes bancaires), 1'389'700 euros ont été versés par 18 investisseurs sur les comptes de C.________ SA. Un montant de 68'768 euros a été retiré en espèces, 35'924 euros ont été affectés au paiement de la licence d'exportation de diamants et 80'000 euros ont été versés à K.________ avec la mention « achat-test ». Le solde de ces avoirs a servi à rembourser des investisseurs, à payer des tiers (commissions des rapporteurs d'affaires) et des frais divers (frais courants de la société, loyer, contravention, etc.). En novembre et décembre 2008, X.________ a encore effectué des petits transferts d'argent en faveur de personnes résidant en Afrique.