Citation: 5A_862/2014 E. 6.1

6.1. Concernant ses propres charges, l'épouse explique que le Tribunal de première instance a retenu qu'elle supporte un montant " guère éloigné de 20'751 fr. " pour elle-même et pour les enfants. Elle rappelle que son mari n'a jamais remis en cause la réalité des charges qu'elle a alléguées ni le fait qu'elles correspondent à son train de vie habituel, déclarant uniquement qu'il ne voulait plus les assumer à l'avenir dès lors qu'elles seraient déraisonnables; la Cour de justice aurait occulté cet " aveu judiciaire ". Alors qu'elle a articulé un montant précis des charges de la famille et produit un tableau et des relevés de compte, la cour cantonale aurait arbitrairement retenu que ce montant n'avait pas été rendu vraisemblable, s'écartant ainsi des " allégués communs des parties " de manière arbitraire. Selon la recourante, il serait incontesté que les revenus du couple sont confortables (arrêt entrepris p. 14 s.) et que le niveau de vie antérieur, choisi d'un commun accord, doit être maintenu. Le raisonnement de la Cour de justice serait insoutenable, puisque ses charges ont été calculées sur la base des besoins minimaux et des normes de l'Office des poursuites. Il aboutirait à un résultat arbitraire dès lors que les charges ont été fixées à 2'360 fr., soit 4'640 fr. de moins (66%) que le montant de 7'000 fr. retenu en première instance et non contesté par le mari, qui serait pourtant nécessaires pour maintenir son niveau de vie. La recourante précise que les revenus de l'intimé se sont élevés à au moins 38'728 fr. par mois en 2013, qu'il est propriétaire de plusieurs immeubles à Genève et de la villa conjugale, et que sa fortune s'élève, de son propre aveu, au moins à 7'000'000 fr. Vu la pension fixée, il serait manifeste que les époux ne partageront plus le même " niveau de vie commun, et ce en violation crasse des art. 163 et 176 CC ". La recourante critique aussi le montant retenu à titre de charges des enfants. Renvoyant en substance à ses explications relatives au tableau de charges et aux relevés de compte qu'elle a produits, ainsi qu'au mémoire de réponse du mari, selon lequel il " importe de maintenir les dépenses de la famille ", elle affirme que les besoins des enfants et leur niveau de vie élevé n'ont jamais été contestés par les parties. La recourante conteste le calcul effectué par la Cour de justice, en tant qu'il se base sur les lignes directrices existant en matière de poursuites, car il ne correspondrait de loin pas au niveau de vie des parties; cela aurait pour résultat choquant que le niveau de vie des enfants ne pourra pas être maintenu, de sorte que l'art. 285 CC serait arbitrairement violé. Elle sollicite une contribution d'entretien de 2'500 fr. par enfant. Selon la recourante, l'intimé aurait admis avoir régulièrement puisé dans sa fortune pour maintenir un train de vie très élevé (appel p. 6; réplique p. 10). En outre, depuis février 2013, il a versé 8'000 fr. par mois pour l'entretien de sa famille et, en sus, les frais d'écolage des enfants. Le Tribunal de première instance a relevé que l'on pouvait douter que le mari ait décidé de fixer cette contribution à un montant supérieur à sa capacité contributive (p. 6 du premier jugement). De façon arbitraire, la Cour de justice n'aurait pas tenu compte de cet élément de fait pourtant incontesté. Le mari aurait pourtant lui-même expliqué que ses revenus ne se seraient pas effondrés (réplique p. 14), de sorte que le train de vie de la famille devait être maintenu.