Citation: K 108/02 05.05.2003 E. 3

3.1 En l'espèce, la caisse et la juridiction cantonale ont considéré que le recourant avait droit à des indemnités journalières correspondant à une incapacité de travail de 100 pour cent jusqu'au 29 avril 2001 et de 50 pour cent du 30 avril 2001 au 13 mai 2001. En substance, elles ont retenu que l'affection au genou ne l'empêchait pas d'exercer sa profession habituelle et que depuis le mois de janvier 2001, l'atteinte à la santé psychique avait subi une amélioration significative, de sorte qu'il disposait d'une capacité de travail de 50 pour cent depuis le 30 avril 2001 et de 100 pour cent depuis le 14 mai 2001. 3.2 Le recourant conteste ce point de vue et en particulier les conclusions de l'expertise du docteur E.________. En substance, il nie toute rémission de ses troubles psychiques qui se seraient au contraire péjorés au point de nécessiter son hospitalisation. A l'appui de ses allégués, il a produit trois certificats médicaux du docteur D.________, attestant une incapacité entière de travail pour les périodes du 1er mai au 31 mai 2001, du 20 juin au 15 juillet 2001 et du 15 juillet 2001 au 31 août 2001. En procédure fédérale, il a déposé un avis du 30 septembre 2002 du docteur F.________, spécialiste en chirurgie orthopédique. Ce médecin atteste que le recourant souffre de traits psychologiques particuliers susceptibles de l'empêcher de mener une existence normale et - a fortiori - d'exercer une activité professionnelle dans le bâtiment. L'assuré aurait dû faire l'objet d'un suivi psychiatrique plus étroit et la mise en oeuvre d'une contre-expertise s'avère nécessaire, l'énoncé du jugement entrepris n'étant au demeurant pas de nature à inciter le recourant à rechercher un nouvel emploi. En outre, le recourant a produit un certificat daté du 4 novembre 2002 du docteur G.________, spécialiste en psychiatrie, qui fait état de psychose paranoïaque nécessitant la prise de médicaments. 3.3 L'expertise du docteur E.________ a été établie de manière circonstanciée, au terme d'une étude attentive et exhaustive du dossier, et à l'issue d'un examen complet de l'assuré. Elle prend en considération les antécédents médicaux de ce dernier ainsi que ses plaintes; le diagnostic posé est clair et motivé. Aboutissant à des conclusions convaincantes, cette expertise répond en tous points aux critères jurisprudentiels (ATF 122 V 161 consid. 1c et les références) permettant de lui accorder une pleine valeur probante. Il n'y a dès lors pas lieu d'ordonner l'administration d'une nouvelle expertise. C'est en vain que l'assuré fait valoir l'avis du docteur D.________. En effet, les certificats d'incapacité de travail établis par le médecin traitant de l'assuré ne sauraient prévaloir sur les conclusions de l'expert psychiatre en tant qu'ils sont dépourvus de motivation et qu'ils émanent d'un spécialiste en médecine interne. En outre, le juge peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). Quant aux rapports des docteurs F.________ et G.________ - outre le fait que celui-ci ne fait état d'aucune incapacité de travail consécutive aux troubles psychiques qu'il mentionne, tandis que celui-là émane d'un spécialiste en orthopédie -, ils portent sur des troubles survenus postérieurement à la décision litigieuse et ne doivent par conséquent pas être pris en considération pour examiner la légalité de cette dernière (ATF 127 V 467 consid. 1; 121 V 366 consid. 1b). 3.4 Enfin, vu que l'assuré est en mesure d'exercer sa profession habituelle (cf. rapport du 7 novembre 2000 du docteur D.________) et qu'à l'époque litigieuse, il disposait toujours d'une place de travail au service de la société X.________ SA (cf. courrier du 7 mai 2001 de X.________ SA), la caisse n'était pas tenue d'accorder un délai adéquat pendant lequel l'indemnité journalière restait due, afin de permettre à l'assuré de s'adapter à de nouvelles conditions de travail ou de retrouver un emploi (RAMA 2000 KV 112 p. 123 consid. 3a). 3.5 Il suit de ce qui précède que l'intimée et les premiers juges étaient fondés à considérer que le recourant dispose d'une capacité de travail de 50 pour cent depuis le 30 avril 2001 et de 100 pour cent depuis le 14 mai 2001 et à lui allouer des indemnités journalières pour une incapacité de travail correspondante. Le recours se révèle dès lors mal fondé.