Citation: 8C_646/2022 E. 4.2

4.2. Les juges cantonaux ont relevé que l'art. 18 al. 1 LAA, applicable par analogie conformément à l'art. 5 al. 1 LAA, excluait en principe l'octroi d'une rente d'invalidité à la recourante, dès lors qu'elle avait déjà atteint l'âge ordinaire de la retraite lorsque l'accident du 4 décembre 2019 était survenu. L'intimée avait toutefois induit la recourante en erreur en lui proposant la signature ou le renouvellement d'une police d'assurance-accidents fixant expressément le montant de la rente d'invalidité, alors même que l'assurée avait déjà largement passé l'âge ordinaire de la retraite, ce qui excluait d'emblée le droit à cette prestation en cas d'accident. On devait attendre d'un assureur social qu'il ne propose pas un tel produit d'assurance à une personne retraitée sans l'informer clairement, conformément à l'art. 27 al. 1 et 2 LPGA, du fait que le droit à la rente était exclu pour elle. Les conditions de l'assurance remises à l'assurée lui avaient laissé penser qu'elle concluait un contrat largement fondé sur ces conditions, alors que leur portée était en réalité réduite. Ces conditions n'excluaient nulle part le versement d'une rente d'invalidité en cas d'accident postérieurement à l'âge de la retraite et le simple renvoi de l'art. 1 aux prescriptions de la LAA "dans la mesure où les présentes conditions et la police ne prévoient pas d'autres dispositions" était particulièrement trompeur. Malgré le renseignement erroné qui lui avait été communiqué, la recourante ne pouvait toutefois pas prétendre au versement d'une rente d'invalidité en application du principe de la bonne foi, dès lors qu'elle n'avait pas apporté la preuve qu'elle s'était fondée sur ce renseignement pour prendre des dispositions auxquelles elle ne pouvait pas renoncer sans subir de préjudice (cf. ATF 148 II 233 consid. 5.5.1; 146 I 105 consid. 5.1.1; 143 V 341 consid. 5.2.1).