Citation: 5A_612/2019 E. 6.4.2

6.4.2. Par ailleurs, après une présentation de F.________ et de son parcours, mentionnant notamment qu'il était le fondateur de G.________, l'article se poursuit par l'exposé de l'information essentielle, à savoir le rachat par cette société, d'infrastructures et de concessions en Afrique de l'Ouest et au Moyen-Orient. Pour ce faire, le journaliste utilise des formes verbales à l'indicatif, mode qui est, dans le langage courant, la marque de constats et non d'hypothèses, pour lesquelles il est d'usage de recourir au conditionnel. Outre ce qui a été dit à propos de la légende (supra, consid. 6.4.1), il parsème en outre son article de multiples assertions qui donnent l'impression à un lecteur moyen que F.________ ou G.________ a commis des actes de corruption pour réaliser cette affaire. Quoi qu'en disent les recourants, le lecteur moyen ne tire en effet pas simplement de la phrase, selon laquelle " pour naviguer sur ces eaux troubles, le patron de G.________ sait se faire apprécier des pouvoirs locaux et [...] n'hésite pas à sortir son chéquier pour bâtir des routes et arroser les communautés en projet de développement ", " qu'il souhaite s'attirer la sympathie des autorités locales et de la population, développant une activité sociale dans les pays où il est professionnellement impliqué " et qu'il a pour stratégie d'affaires " d'être présent là où il y a des risques politiques " ou encore qu'il a des talents de négociateur. Les différentes images utilisées (" naviguer en eaux troubles "; " sortir son chéquier pour bâtir des routes "; " arroser les communautés en projet de développement ") laissent entendre au lecteur moyen que, dans des contextes politiques troublés, F.________, en tant que patron de G.________, a dirigé ses affaires en payant les pouvoirs locaux.