Citation: 6B_859/2022 E. 4.6

4.6. L'argumentation de la cour cantonale doit être suivie. L'intérêt public à l'expulsion est important compte tenu de la nature et de la gravité des infractions commises et de l'absence de prise de conscience du recourant. On peut également relever que la peine privative de liberté à laquelle le recourant a été condamné dépasse largement une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019: LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement; arrêts 6B_189/2022 du 30 novembre 2022 consid. 3.6; 6B_257/2022 du 16 novembre 2022 consid. 3.6.3). En outre, même s'il est vrai que, contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, le fait que le recourant n'a pas commis de nouvelle infraction depuis les faits qui datent de mars 2018, soit plus de quatre ans, constitue un critère à prendre en compte dans le cadre de l'examen de la deuxième condition de l'article 66a al. 2 CP (cf. notamment arrêts 6B_770/2018 du 24 septembre 2018 consid. 2.1; 6B_506/2017 du 14 février 2018 consid. 2.2) et que, comme le relève le recourant, son casier judiciaire ne fait état d'aucune condamnation, il n'en demeure pas moins que celui-ci a porté atteinte à deux biens juridiques essentiels, soit l'intégrité corporelle et l'intégrité sexuelle d'autrui. L'expulsion du recourant serait certes délicate pour son épouse et ses enfants vivant en ménage commun avec lui. La situation du recourant diffère cependant des situations visées par la jurisprudence précitée (cf. supra consid. 4.2.3). En effet, si les enfants du recourant sont suisses, il ne ressort pas des faits établis qu'il disposerait sur eux de la garde et de l'autorité parentale exclusives puisqu'il vit en ménage commun avec leur mère. Dans ces conditions, le départ du recourant n'entraînerait pas ipso facto le départ de ses enfants, de sorte que la mesure n'entrerait pas en conflit avec les droits que les enfants peuvent tirer de leur nationalité suisse (cf. notamment arrêt 6B_379/2021 précité consid. 2.2.3). S'agissant de l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, celui-ci est important puisque son épouse et leurs deux enfants y résident. À cet égard, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu que son intégration socio-professionnelle était précaire et que son épouse semblait être le soutien financier principal de la famille, de sorte que cette dernière ne serait pas placée dans une situation financière plus défavorable si elle ne pouvait plus compter sur lui pour gagner de l'argent. Il relève qu'aucun élément du dossier ne permettrait de retenir que son épouse serait le "soutien financier principal" de la famille. Par son argumentation, le recourant oppose essentiellement sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Au demeurant, compte tenu notamment des revenus du recourant, du fait qu'il est au bénéfice d'un contrat de travail de durée indéterminée que depuis le 1er avril 2022 et du fait qu'il parle mal le français, la cour cantonale pouvait sans arbitraire retenir que son intégration socio-professionnelle était précaire. En tout état de cause, il convient de relever que l'épouse du recourant, tout comme leurs enfants, sont également de nationalité érythréenne, et qu'ils ont la possibilité de le suivre dans leur pays d'origine. Dans cette mesure, l'intérêt du recourant à demeurer en Suisse en raison de ses liens familiaux peut être relativisé. S'agissant enfin des perspectives de réintégration du recourant dans son pays d'origine, celles-ci ne seraient pas moindres que son intégration actuelle en Suisse. Il est en effet né en Érythrée et y a vécu toute son enfance ainsi qu'une grande partie de sa vie d'adulte. Il maîtrise par ailleurs la langue et en connaît les us et coutumes.