Citation: 9C_241/2021 E. 6.1

6.1. Dans un dernier grief, la recourante conteste la valeur probante de l'expertise du BEM. Selon elle, l'indépendance du BEM par rapport à l'office AI ne serait pas garantie, dès lors que ce bureau d'expertise - qui poursuivrait un but économique - aurait été créé par une ancienne médecin du Service médical régional (SMR) de l'assurance-invalidité, puis racheté par l'un de ses anciens collègues du SMR. La recourante se plaint par ailleurs du fait que l'expertise reposerait seulement sur deux examens médicaux ponctuels (rhumatologique et psychiatrique) de sa personne, ce qui ne serait pas suffisant pour définir précisément et objectivement sa capacité de travail médico-théorique, comme souligné par la doctoresse D.________, qui la suivrait elle depuis six ans. La recourante soutient en outre que le docteur B.________ aurait dû s'entretenir avec la doctoresse D.________ en vue d'obtenir une description précise des fluctuations de son état de santé, et que les experts du BEM auraient dû procéder eux-mêmes à l'examen de clichés radiologiques et non se contenter de la simple lecture des rapports d'imagerie. La recourante reproche encore au docteur B.________ d'avoir écarté le diagnostic d'arthrite psoriasique, pourtant posé par trois médecins, en se référant à un rapport dermatologique obsolète établi en 2016 et sans avoir requis un nouvel avis médical d'un confrère dermatologue. Par ailleurs, le docteur B.________ aurait affirmé que les critères CASPAR n'étaient pas remplis sans fournir plus de précisions. Comme expliqué par la doctoresse D.________, ces critères de classification ne pourraient quoi qu'il en soit pas être utilisés pour poser un diagnostic. Se fondant sur le rapport d'évaluation d'impotence du 6 septembre 2020 et l'avis de la doctoresse D.________, la recourante répète ne pas être en mesure de prendre en charge un ménage de cinq personnes, dès lors qu'elle nécessiterait une assistance pour toutes sortes de tâches quotidiennes. Elle conteste disposer d'une capacité de travail de 70 % dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles. Dans le complément d'expertise du 29 novembre 2019, le docteur B.________ ne se serait pas déterminé sur l'avis de la doctoresse D.________. Selon la recourante, celle-ci aurait notamment préconisé la mise en place d'un stage d'observation professionnel aux fins de définir sa capacité de travail médico-théorique. La recourante soutient qu'au vu des appréciations divergentes du docteur B.________ et de la doctoresse D.________, les juges cantonaux auraient dû ordonner une expertise judiciaire comprenant un bilan ergothérapeutique. Elle souligne que même en tenant compte des limitations fonctionnelles décrites par les experts du BEM, on peinerait à déterminer quelles activités seraient concrètement envisageables dans l'industrie légère, au vu de ses difficultés dans la manutention fine. Aux termes de l'évaluation de la doctoresse D.________ et du rapport d'évaluation d'impotence, l'existence d'un emploi adapté à son état de santé serait même utopique. Dans ces conditions, l'office AI aurait dû solliciter l'avis de son responsable du service de réadaptation pour déterminer si un tel emploi existait. La recourante reproche enfin à la doctoresse C.________ du BEM de ne pas avoir mis en oeuvre un examen neuropsychologique et de ne pas avoir approfondi son lourd passé psychiatrique.