Citation: 8C_473/2020 E. 5.2

5.2. En l'espèce, le docteur I.________ a constaté qu'il n'existait pas de divergences majeures avec les autres appréciations médicales au dossier, si ce n'est qu'il récusait le diagnostic de syndrome dissociatif posé par le docteur H.________. L'expert a pour sa part retenu que l'élément essentiel était l'existence d'un état dépressif réactionnel évoluant vers un deuil pathologique, allant de pair avec le caractère mélancoliforme du tableau clinique (expertise, p. 29). Il a également évoqué une certaine fragilité de la personnalité sous-jacente pouvant expliquer une réaction de deuil aussi prolongée, sans évolution, avec un état dépressif concomitant. Toutefois, il n'y avait pas de trouble psychiatrique préexistant. Selon l'expert, l'état dépressif, bien que toujours présent chez l'assuré, ne pouvait plus être imputé à l'événement accidentel initial vu l'écoulement du temps, mais trouvait son origine probable dans le deuil pathologique ayant valeur de maladie. Celle-ci se manifestait par une baisse de la résistance physique et psychique et par des troubles attentionnels majeurs, liés à la régression, avec un état fixant l'assuré dans une auto-punition dont il ne pouvait pas sortir sous peine de trahir la loyauté et la culpabilité vis-à-vis de ses proches. Les troubles n'étaient donc plus liés au degré de la vraisemblance prépondérante à l'accident de voiture en tant que tel, mais surtout aux conséquences de cet accident qui avait entraîné le décès du frère de l'assuré.