Citation: 8C_801/2021 E. 3.5

3.5. Au vu de cette jurisprudence, avec la recourante, il y a lieu d'admettre que le niveau de formation et l'expérience acquise par l'intimé justifient que son revenu d'invalide soit déterminé sur la base du niveau de compétence 2 des statistiques salariales de l'ESS. En effet, sur le plan professionnel, il ressort des constatations de la cour cantonale et du dossier de l'intimé que celui-ci a suivi le lycée technique à D.________ et qu'il a ensuite intégré l'Armée de l'Air E.________, où il a fait une formation de parachutiste. Arrivé en Suisse en 2006, il a travaillé dans le cadre de contrats de missions temporaires comme aide monteur en lignes aériennes jusqu'au 18 décembre 2007, jour de son accident. En 2008, sous l'égide de l'assurance-invalidité, il a effectué une formation d'automaticien. Pendant six ans, il a exercé ce métier, dans lequel il était chargé d'études de schémas électropneumatiques et de câblage électrique et pneumatique des machines. Sur le plan médical, il est constant qu'ensuite de la rechute en 2015, l'intimé n'a pas pu reprendre son ancienne activité d'automaticien. Le médecin d'arrondissement a d'ailleurs confirmé que cette activité n'est plus exigible. Il a toutefois relevé que les limitations fonctionnelles de l'intimé étaient probablement compatibles avec l'activité de planificateur-électricien telle qu'elle avait été envisagée par ce dernier et l'assurance-invalidité. Peu importe à cet égard que cette formation n'ait finalement pas pu être réalisée pour des raisons budgétaires, dès lors qu'il s'agit de déterminer le revenu d'invalide hypothétique. On relèvera en outre que l'activité d'automaticien que l'intimé a exercée pendant plusieurs années était non seulement composé de travaux manuels, mais également de travaux conceptuels et administratifs. D'après les déclarations de l'intimé, il recevait des projets et devait faire des plans, des schémas électropneumatiques et choisir le matériel. Or, rien n'empêche qu'il mette à profit les compétences et connaissances acquises dans le cadre de son activité d'automaticien dans un autre domaine tombant sous le large éventail d'activités pratiques prévues par le niveau de compétence 2, dont font notamment partie les tâches administratives (cf. consid. 2.3 supra). C'est dès lors à tort que la cour cantonale a déterminé le revenu d'invalide sur la base du niveau de compétence 1 des salaires statistiques de l'ESS.