Citation: 6B_984/2020 E. B

Par jugement du 17 juin 2020 la Cour pénale du Tribunal cantonal neuchâtelois a rejeté l'appel formé par A.________ et admis l'appel joint du Ministère public. Elle a réformé le jugement entrepris en ce sens que A.________ était condamné à une peine privative de liberté à vie et l'a confirmé pour le surplus. En résumé, ce jugement sur appel, auquel on renvoie pour le surplus, repose sur l'état de fait pertinent suivant. B.a. Peu après son divorce, en 1997 ou 1998, A.________, né en 1963, a fait la connaissance de B.________, née en 1970, qui travaillait comme sommelière dans un restaurant qu'il fréquentait. Ils ont assez rapidement vécu ensemble. A la suite de problèmes de santé, A.________ a vendu le garage qu'il exploitait en 2001. Depuis lors, il n'a plus eu d'activité professionnelle régulière et a été mis au bénéfice d'une rente AI à 100%. Les concubins ont eu deux enfants, D.________, né en 2006, et C.________, née en 2008. En 2012, la famille a déménagé à U.________ et A.________ s'est notamment inscrit à la société de tir, activité qu'il pratiquait déjà depuis plusieurs années. Au début de l'année 2014, le couple s'est séparé et chacun a pris son propre logement, les deux restant toutefois à U.________. Cette séparation, décidée par A.________, était essentiellement motivée par une mésentente, sur fond de problèmes d'alcool qui entraînaient de fréquentes disputes. Tout en suivant certaines règles fixées d'un commun accord quant à la garde des enfants, les ex-concubins se montraient très souples dans leur application concrète. B.________, qui ne travaillait plus depuis un certain temps, vivait de la contribution mensuelle que lui versait son ex-compagnon ainsi que de l'aide sociale. A.________ vivait donc seul et B.________ habitait avec leurs deux enfants, mais les ex-compagnons continuaient à se voir régulièrement, en particulier pour les repas de midi, en semaine, que A.________ venait régulièrement prendre au domicile de son ex-compagne. Ils se rendaient également des services et entretenaient des relations intimes occasionnelles. Depuis un certain temps déjà, B.________ n'était pas contente des fréquents passages de son ex-compagnon à son domicile et s'en plaignait auprès de connaissances. Les disputes étaient fréquentes, sans doute liées à l'alcoolisme des deux intéressés, et une reprise de la vie commune n'était pas à l'ordre du jour. A.________ semblait toutefois avoir encore des sentiments pour son ex-compagne. B.________ et E.________, qui habitait aussi à U.________, se sont rapprochés au printemps 2017. Jusqu'au 3 août 2017, la situation n'était pas extrêmement claire pour A.________. Il pensait, depuis la fin du mois de juillet environ, que son ex-compagne avait une relation avec un tiers, mais ne savait pas de qui il pouvait s'agir. B.b. Dans la journée du 3 août 2017, B.________ et E.________ sont allés ensemble prendre un verre au bar de la station-service de U.________. Les enfants D.________ et C.________ étaient avec eux. Quand B.________ est sortie de la station-service avec les enfants, vers 19h30, A.________ est arrivé en voiture et a exigé que les enfants viennent avec lui. Une altercation entre B.________ et A.________ s'en est suivie. E.________ est également sorti de l'établissement, mais ne s'est pas mêlé à la dispute. A.________ a pris les enfants avec lui en disant à leur mère qu'il ferait le nécessaire pour se faire attribuer la garde des enfants et qu'elle ne les reverrait plus. B.________ a appelé la police et dit que son ex-compagnon avait enlevé ses enfants, celle-ci lui répondant qu'il s'agissait d'une affaire civile et qu'elle n'interviendrait pas. Au cours de la soirée, B.________ et A.________ se sont échangé des messages, par lesquels la prénommée réclamait le retour de ses enfants, menaçant de porter plainte. A.________ s'est ensuite rendu seul chez son ex-compagne. Il y a trouvé B.________ et E.________. A.________ s'est rapidement emporté et a frappé E.________ à coups de poing, qui l'a repoussé. Finalement, les choses se sont calmées et tous les trois ont bu un verre ensemble. C'est lors de cette soirée que A.________ a eu la confirmation de ses soupçons quant à une relation de son ex-compagne avec un tiers, a su qui était ce tiers et a compris que sa relation avec B.________, ou ce qu'il en restait, était terminée. B.c. Dans la journée du 4 août, A.________ a ramené les enfants chez B.________, à qui il a brièvement parlé, puis a téléphoné à plusieurs personnes, dont sa mère et celle de B.________, pour leur annoncer que sa relation avec cette dernière était terminée. Il a encore échangé des messages avec B.________, à qui il disait notamment de le laisser tranquille car elle lui avait fait assez de mal. En fin d'après-midi, il s'est rendu chez un voisin, avec qui il a bu l'apéritif. Il a évoqué le fait que son ex-compagne avait un nouvel ami et s'est exprimé de manière virulente à ce sujet, indiquant notamment regretter de ne pas avoir réussi à l'assommer la veille au soir. En début de soirée, A.________ a encore eu plusieurs conversations téléphoniques (avec sa mère, son voisin, l'amie de celui-ci, son ami G.________). Dans la soirée, E.________ et B.________ sont allés ensemble au restaurant, avec C.________, tandis que D.________ s'est rendu chez un ami pour y passer la nuit. A.________ a appelé son ex-compagne à 19h38. Il ne lui a pas parlé, mais a seulement demandé de lui passer sa fille, qui lui a dit qu'elle se trouvait au restaurant avec sa mère et son nouveau copain. A.________ a encore appelé à plusieurs reprises B.________, puis celle-ci a cessé de répondre à ses appels et A.________ lui a envoyé des messages, menaçant notamment de " démolir " E.________. Ce dernier et B.________ ont quitté le restaurant et sont arrivés au domicile de B.________ avec C.________ peu avant 23h30. B.d. A.________ a bu passablement de vin durant la soirée. A teneur des images de vidéosurveillance, il a garé sa voiture devant l'agence de la Banque F.________ (F.________), à proximité du domicile de B.________, à 21h54. Il a marché en direction de la maison de son ex-compagne en portant un sac blanc dans lequel le pistolet a ensuite été retrouvé sur les lieux du crime. Le véhicule n'a plus bougé par la suite. A.________ s'est caché dans la chambre parentale de son ex-compagne pour y attendre le retour des futures victimes. Il n'est pas exclu qu'il ait fait un bref passage chez lui dans l'intervalle. A leur arrivée, B.________ et E.________ se sont rendus à la cuisine et se sont versés à boire. C.________ est allée dans sa chambre pour mettre son pyjama. Elle y a pris son duvet, pour aller dormir dans la chambre de sa mère. Elle est repartie en direction de la cuisine. A.________ est sorti de la chambre parentale et a suivi sa fille. Il a fait tomber un bricolage et l'a ramassé. Le bruit a attiré l'attention de C.________, qui s'est retournée et a demandé à son père ce qu'il faisait là. Elle a vu qu'il tenait un pistolet à la main et lui a dit: " fais pas ça ". A.________ lui a fait signe de faire silence en mettant un doigt devant sa bouche. Lorsqu'il est arrivé dans la cuisine, B.________ et E.________ étaient assis sur des chaises, vers la table. A.________ n'a rien dit, a fait un mouvement de charge, a pointé son arme sur E.________, à environ 20 à 30 cm de lui, et lui a tiré dessus, l'atteignant à la tête. B.________ lui a dit " t'es fou " et C.________ " non, papa ". Après avoir fait un pas de côté pour se mettre en face de son ex-compagne, et toujours sans un mot, A.________ a alors tiré sur elle, l'atteignant également à la tête, à 20 ou 30 cm de distance. B.e. Après ce deuxième coup de feu, A.________, voyant que sa fille était près de lui vers l'entrée de la cuisine, lui a dit " un peu en rigolant ", que ça faisait du bruit. Il lui a demandé d'aller dans la chambre de sa mère. Il a constaté que B.________ était encore en vie et lui a tiré une nouvelle balle à bout portant, dans la tempe. C.________, qui était dans la chambre parentale, a entendu le troisième coup de feu. Elle a dit à son père " arrête " et est revenue en direction de la cuisine. Son père l'a interceptée et l'a emmenée dans la chambre en lui disant de préparer ses affaires. Ils ont discuté un moment dans cette pièce. A.________ a téléphoné à sa mère vers minuit en lui expliquant qu'il avait abattu B.________ et son nouveau copain, que " la petite " avait " assisté à la chose " et qu'il fallait venir la chercher. La mère de A.________ a demandé à son beau-fils, H.________, d'aller chercher C.________. En l'attendant, A.________ a mis le pistolet, le projectile tiré, la douille et une cartouche non tirée dans le sac et a bu du vin. Vers 1h du matin, H.________ est venu prendre C.________. A.________ a alors appelé la police, expliquant qu'il venait d'abattre son ex-amie et le copain de celle-ci. A l'arrivée de la police, il s'est rendu sans résistance.