Citation: 5P.413/2001 28.01.2002 E. 2

2.- En substance, la recourante critique uniquement l'estimation effectuée par la Cour de justice des revenus de son ex-époux. Elle invoque à cet égard les art. 153 aCC et 286 al. 2 CC, la protection contre l'arbitraire (art. 9 Cst.) ainsi que le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.). a) En premier lieu, la recourante se plaint d'une application arbitraire des art. 153 aCC et 286 CC. Ce grief est toutefois irrecevable. En effet, le recours de droit public n'est recevable au regard de l'art. 84 al. 2 OJ que si la prétendue violation de droits ou de normes énumérés à l'alinéa premier de cette disposition ne peut pas être soumise par un autre moyen de droit au Tribunal fédéral ou à une autre autorité fédérale (ATF 124 III 134 consid. 2b). Or, les griefs relatifs à l'application du droit civil fédéral doivent être soulevés par la voie du recours en réforme lorsque celui-ci est ouvert (cf. ATF 78 II 123 consid. 1), ce qui est le cas en l'occurrence. b) La recourante soutient ensuite que la Cour de justice a procédé à une appréciation arbitraire des preuves (art. 9 Cst.), en considérant que les comptes produits par l'ex-époux représentaient sa réelle situation économique. D'après l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, sous peine d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Le Tribunal fédéral n'examine ainsi que les griefs exposés de façon suffisamment claire et détaillée (ATF 127 I 38 consid. 3c; 125 I 492 consid. 1b et les arrêts cités). Il n'entre pas davantage en matière sur les critiques de nature appellatoire (ATF 125 I 492 consid. 1b et les arrêts cités). En l'espèce, la recourante prétend que le revenu retenu par la Cour de justice est "contraire aux pièces produites et aux témoignages recueillis dans la procédure". A cet égard, elle relève quelques éléments de fait censés démontrer le défaut de crédibilité de la comptabilité et des affirmations de l'intimé. Ces arguments sont cependant largement appellatoires. Partant, ils ne remplissent pas les exigences de motivation posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, de sorte qu'ils sont irrecevables. c) La recourante reproche également à la Cour de justice d'avoir refusé d'instruire plus avant la situation économique de son ex-époux et de donner suite à ses conclusions tendant à la production de pièces relatives à certains comptes. Toutefois, ce grief coïncide avec celui de la violation du droit à la preuve (art. 8 CC), qui peut être invoqué dans un recours en réforme, si bien qu'il est irrecevable (cf. consid. a ci-dessus). d) Enfin, la recourante prétend que l'arrêt attaqué serait insuffisamment motivé. A ses yeux, les juges cantonaux ont manqué d'examiner si la baisse présumée des revenus de son ex-époux était essentielle et durable. Ils n'ont pas davantage déterminé si le débirentier accomplissait les efforts qu'on peut attendre de lui pour augmenter ses revenus, comme l'exigent les art. 153 aCC et 286 al. 2 CC. De plus, en refusant de donner suite aux offres de preuves présentées par la recourante à cet égard, ils ont encore violé son droit d'être entendue. Ce moyen revient toutefois exclusivement à critiquer l'application des art. 153 aCC et 286 al. 2 CC, voire l'art. 8 CC. Ressortissant ainsi au droit fédéral, il est irrecevable.