Citation: 9C_181/2008 23.10.2008 E. 4.3

4.3.1 Au titre du revenu sans invalidité, le Tribunal cantonal des assurances a retenu que la recourante aurait obtenu en 2003 un salaire mensuel de 3'683 fr. (13ème salaire compris). L'activité exercée par l'assurée étant de nature saisonnière, elle aurait toutefois perçu durant cinq mois par année des indemnités journalières de l'assurance-chômage correspondant à 80 % de son gain assuré. Le revenu hypothétique total se serait par conséquent élevé au maximum à 40'514 fr. (25'781 fr. + 14'733 fr.). 4.3.2 La recourante estime que la juridiction cantonale n'avait pas de raison de s'écarter de l'attestation établie par son employeur, dont il ressortait qu'elle aurait pu prétendre en 2003 à un salaire mensuel de 3'400 fr., auquel il convenait d'ajouter la part au 13ème salaire, les vacances (2,92 jours par mois) et la compensation des jours fériés (0,5 jours par mois). De plus, travaillant régulièrement à l'année, elle ne pouvait être considérée comme une saisonnière. Le fait qu'elle ait été à l'une ou l'autre occasion au chômage ne devait pas être pris en considération. La recourante estime ainsi qu'elle aurait pu percevoir annuellement au moins le montant de 44'200 fr. (13 x 3'400 fr.). 4.3.3 Le revenu hypothétique de la personne valide se détermine en règle générale en établissant au degré de la vraisemblance prépondérante ce qu'elle aurait effectivement pu réaliser au moment déterminant si elle était en bonne santé. Le revenu sans invalidité doit être évalué de la manière la plus concrète possible; c'est pourquoi il se déduit en principe du salaire réalisé en dernier lieu par l'assuré avant l'atteinte à la santé, en tenant compte de l'évolution des salaires jusqu'au moment de la naissance du droit à la rente (ATF 129 V 222 consid. 4.3.1 p. 224 et la référence). 4.3.4 S'agissant du salaire hypothétique que la recourante aurait pu obtenir en 2003, la juridiction cantonale a considéré qu'à teneur des décomptes fournis par l'employeur et des inscriptions figurant au compte individuel de la recourante, il n'était pas établi que l'employeur aurait systématiquement versé, en sus du salaire mensuel majoré d'un 13ème salaire, des compléments pour les vacances non prises ou des compensations pour les jours fériés. La Cour de céans ne saurait toutefois partager le point de vue de la juridiction cantonale. Il ressort du questionnaire rempli le 31 août 2000 par l'ancien employeur de la recourante que le salaire versé incluait le 13ème salaire et des compléments pour les vacances et les jours fériés. Faute d'éléments permettant d'admettre que ces informations étaient erronées, il n'y avait aucune raison de s'écarter des déclarations de l'employeur. Ce faisant, la juridiction cantonale a procédé à une constatation manifestement inexacte des faits déterminants qu'il convient de corriger. Au salaire mensuel brut - non contesté - de 3'400 fr., il convient d'ajouter l'indemnisation pour les vacances (10,65 % [selon la convention collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants et cafés] ou 362 fr. 10), celle pour les jours fériés (2,27 % ou 77 fr. 20) ainsi que la part relative au 13ème salaire (8,33 % ou 283 fr. 35), ce qui donne un montant total de 4'122 fr. 65. La juridiction cantonale n'a en revanche pas commis d'arbitraire en considérant que la recourante, employée sur la base de contrats saisonniers (cf. le questionnaire d'employeur du 31 août 2000), travaillait à raison de sept mois par année en qualité de femme de chambre et qu'elle touchait durant les cinq mois restants des prestations de l'assurance-chômage à raison de 80 % de son gain assuré. Partant, le revenu annuel sans invalidité aurait été en 2003 de 45'349 fr. 15 (28'858 fr. 55 + 16'490 fr. 60). La comparaison de ce montant avec le revenu d'invalide de 20'594 fr. 30 conduit à retenir un taux d'invalidité de 55 %, taux donnant droit à une demi-rente d'invalidité. Partant, la décision attaquée doit être réformée en ce sens que la recourante peut prétendre à une demi-rente d'invalidité à compter du 1er septembre 2003. 4.3.5 La juridiction cantonale a nié la vraisemblance prépondérante d'une augmentation du salaire mensuel à 4'000 fr. en 2007, motifs pris qu'une augmentation de 30 % entre 1999 et 2007 paraissait peu plausible et que les informations émanant de l'employeur devaient être considérées avec réserve, compte tenu du fait que celui-ci employait plusieurs membres de la famille de la recourante. Il ressortait par ailleurs des données de la convention collective applicable à la branche que les salaires des collaborateurs non qualifiés et sans CFC n'avaient pas subi d'augmentation entre 2003 et 2007. La Cour de céans ne peut toutefois se rallier au point de vue de la juridiction cantonale. Comme le met en évidence la recourante dans son argumentation, il semble paradoxal de se fonder sans réserve sur le salaire allégué par l'employeur pour déterminer le revenu hypothétique de l'année 2003, puis de considérer comme étant peu vraisemblable le salaire allégué par ce même employeur pour l'année 2007. Dans le même temps, une augmentation de salaire de 30 % entre 1999 et 2007, si elle n'a rien d'impossible, sort néanmoins manifestement de l'ordinaire et mérite d'être examinée plus avant. C'est pourquoi la juridiction cantonale ne pouvait, sans violer le principe inquisitoire, écarter le certificat établi par l'ancien employeur de la recourante sans procéder à des vérifications concrètes. Il y a lieu par conséquent de renvoyer la cause à l'intimé pour qu'il complète l'instruction sur ce point.