Citation: 5P.51/2001 02.04.2001 E. B

B.- Selon facture du 21 décembre 1990, la Galerie Z.________ a vendu pour 2'500'000 FF neuf oeuvres, dont la "Jeune femme allongée" susmentionnée, à la "Financière Y.________" à Paris. Celle-ci était une société en nom collectif de droit français détenant tous les actifs personnels de Y.________, financier domicilié à Meinier dans le canton de Genève. D'après Z.________, cette transaction est intervenue en raison des difficultés financières qu'il rencontrait, son interlocuteur ayant catégoriquement refusé de lui accorder un prêt. Z.________ espérait pouvoir racheter le lot de neuf oeuvres trois mois plus tard, lorsqu'il se serait "remis à flot"; il a toutefois dû déposer le bilan de sa galerie dans la première semaine de l'année 1991. Le prix de vente de 2'500'000 FF - qui tenait compte d'un prix de 700'000 FF à 800'000 FF pour le dessin de Matisse - correspondait à la valeur du marché de l'époque. Pour chaque oeuvre, ou du moins pour la majorité d'entre elles, Y.________ a reçu un certificat de propriété et le chèque relatif à son acquisition par Z.________. En ce qui concerne le dessin de Matisse, ce dernier a remis par erreur à Y.________ un exemplaire du contrat par lequel il avait acheté le 18 septembre 1990 pour 1'000'000 FF une autre oeuvre de Matisse, intitulée "Jeune femme", ainsi que deux chèques de 500'000 FF et des documents attestant de l'authenticité du dessin; les photographie et reproductions remises à Y.________ correspondaient en revanche au dessin de Matisse primitivement vendu à dame X.________. Y.________ a revendu l'ensemble des neuf oeuvres à titre fiduciaire, avant de les racheter en raison des démarches entreprises par dame X.________ qu'il considérait comme des menaces.