Citation: 1C_258/2022 E. 1.3

1.3. Le recourant revient, sur le fond (et sans en faire explicitement un motif d'entrée en matière), sur l'application de l'art. 53 EIMP (alibi). La Cour des plaintes s'en est tenue sur ce point à la jurisprudence constante selon laquelle la notion d'alibi doit être comprise dans son sens littéral, c'est-à-dire comme la preuve que la personne poursuivie ne se trouvait pas sur les lieux de l'infraction au moment de sa commission (ATF 113 Ib 276 consid. 3b). La preuve en question doit être immédiate et univoque (ATF 123 II 279 consid. 2b; 113 Ib 276 consid. 3b-c et les références; cf. aussi ATF 131 II 235 consid. 2.14). Le recourant estime que la notion d'alibi et d'alibi partiel devrait être étendue dans le cadre d'infractions commises par le biais d'une messagerie électronique dont l'utilisateur dispose d'un identifiant individuel. Il s'agirait de tenir compte de l'évolution technologique et de permettre la présentation d'un alibi dans le cadre d'infractions économiques. Comme cela est relevé ci-dessus, la notion d'alibi doit être entendue dans son sens restrictif traditionnel. Dans la mesure où l'art. 53 EIMP institue un motif de refus de l'extradition que ne prévoit pas la Convention européenne d'extradition (CEExtr, RS 0.353.1) liant la Suisse et l'Etat requérant, une telle disposition doit à tout le moins être appliquée restrictivement (art. 1 CEExtr.; ROBERT ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en matière pénale, 5ème éd., Berne 2019, n° 675), et rien ne justifie de revenir sur la jurisprudence constante dans ce domaine.