Citation: U 338/05 01.09.2006 E. 4

4.1 Le droit à des prestations découlant d'un accident assuré suppose également, entre l'événement dommageable de caractère accidentel et l'atteinte à la santé, un lien de causalité adéquate. Il faut que, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, l'accident soit propre a entraîner un effet du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce résultat paraissant de façon générale favorisée par une telle circonstance (ATF 129 V 181 consid. 3.2, 405 consid. 2.2, 125 V 461 V consid. 5a et les références), au point que le dommage puisse encore équitablement être mis à la charge de l'assurance-accidents eu égard aux objectifs poursuivis par la LAA (cf. ATF 123 III 112 sv. consid. 3a, 123 V 100 ss consid. 3, 122 V 417 consid. 2c). La jurisprudence a posé plusieurs critères en vue de juger du caractère adéquat du lien de causalité entre un accident et les troubles d'ordre psychique développés ensuite par la victime de celui-ci. Elle a tout d'abord classé les accidents en trois catégories, en fonction de leur déroulement : les accidents insignifiants ou de peu de gravité (par ex. une chute banale); les accidents de gravité moyenne et les accidents graves. Pour procéder à cette classification, il convient non pas de s'attacher à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais bien plutôt de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même. En présence d'un accident de gravité moyenne, il faut prendre en considération un certain nombre de critères, dont les plus importants sont les suivants : - -:- - les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident; - la durée anormalement longue du traitement médical; - les douleurs physiques persistantes; - les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident; - les difficultés apparues au cours de la guérison et des complications importantes; - le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques. Tous ces critères ne doivent pas être réunis pour que la causalité adéquate soit admise. Un seul d'entre eux peut être suffisant, notamment si l'on se trouve à la limite de la catégorie des accidents graves. Inversement, en présence d'un accident se situant à la limite des accidents de peu de gravité, les circonstances à prendre en considération doivent se cumuler ou revêtir une intensité particulière pour que le caractère adéquat du lien de causalité soit admis (ATF 115 V 409 6c/aa). 4.2 En l'espèce, l'accident subi par le recourant doit être classé dans la zone médiane de la catégorie des accidents de gravité moyenne, au vu de son déroulement et de ses conséquences. Il n'a été ni particulièrement impressionnant, ni spécialement dramatique. Par ailleurs, ses conséquences - en particulier la fracture luxation L1-L2 et les interventions chirurgicales rendues nécessaires - étaient, certes, de nature à entraîner certaines inquiétudes pour l'assuré, dans un premier temps tout au moins. Mais le traitement s'est rapidement avéré efficace, d'un point de vue somatique, au point que le docteur S.________, cinq mois après l'accident, faisait état de «signes post-traumatiques résiduels très discrets» et n'expliquait l'importance des douleurs encore décrites par l'assuré que par une surcharge psychique. De même, les examens pratiqués en juin 1999 par le docteur G.________, l'ont conduit à faire état d'une fixation psychologique. Comme le docteur S.________, le docteur G.________ a admis une capacité de travail résiduelle de 50 % dans une activité légère, en précisant qu'elle pourrait être portée à 100 % à bref délai. Dans ces conditions, s'il n'y a pas lieu de minimiser les séquelles physiques de l'accident assuré - la CNA a fixé à 20 % le taux d'atteinte à l'intégrité -, il convient néanmoins de prendre en considération l'influence rapidement déterminante des affections psychiques attestées par les experts de la Policlinique médicale W.________ sur l'évolution des douleurs et la capacité de travail du recourant. L'assuré ne peut plus exercer son ancienne activité professionnelle, mais a recouvré, après huit à dix mois, une pleine capacité de travail dans une activité plus légère, eu égard aux seules lésions physiques d'origine accidentelle; par ailleurs, seule une partie relativement mineure de la symptomatologie douloureuse persistante pourrait être expliquée, sans que cela soit clairement établi, par des troubles statiques de la colonne lombaire haute, selon le rapport d'expertise de la Policlinique médicale W.________. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, les premiers juges ont nié à juste titre le rapport de causalité adéquate entre l'accident et les troubles psychiques présentés par l'assuré. L'intimée n'a donc pas à en assumer les conséquences et la rente fondée sur un taux d'invalidité de 20 %, qu'elle a allouée par décision sur opposition du 10 juin 2002, prend suffisamment en compte les séquelles de l'accident assuré.