Citation: 8C_511/2023 E. A

A.a. A.________, née en 1966, a travaillé comme femme de chambre dans un hôtel pendant de nombreuses années avant d'être engagée en qualité de femme ménage par l'État de Genève en 2002. Mise en arrêt de travail à 50 % dès le mois d'avril 2016, elle a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité en juillet 2016. L'Office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après: office AI) a recueilli des informations auprès des médecins traitants de l'assurée, à savoir les docteurs B.________, rhumatologue, C.________, psychiatre, et D.________, généraliste. Ces médecins ont fait état d'un syndrome douloureux somatoforme ainsi que d'un état dépressif d'intensité moyenne. Ultérieurement, ils ont signalé le développement d'une capsulite à l'épaule gauche à la suite d'un accident de la circulation survenu en été 2017, atteinte entraînant une incapacité de travail passagère de 100 %. Répondant à un questionnaire de l'office AI, la psychiatre traitante a déclaré, dans un rapport du 24 juillet 2018, que l'assurée présentait un état d'anxiété et de dépression depuis environ 5 ans et que ses douleurs étaient liées à un passé difficile avec un abus sexuel commis par un membre de la famille et un début d'activité très jeune dans les champs avec ses parents. Malgré l'atteinte à l'épaule gauche qui l'empêchait de lever son bras, l'assurée avait tenu à reprendre le travail en janvier 2018 par crainte de perdre sa place de travail. La journée-type était décrite comme suit: l'assurée se levait tôt pour aller travailler et se reposait sur le canapé à son retour du travail; elle avait beaucoup de difficultés à accomplir ses tâches ménagères en raison de la fatigue et des douleurs et sollicitait l'aide de son mari et de sa fille; elle pleurait beaucoup, manquait de motivation et ne se sentait pas toujours entendue et comprise par ses proches; les sorties et activités plaisantes étaient quasiment inexistantes. La doctoresse E.________, médecin auprès du Service médical régional de l'assurance-invalidité (SMR), a considéré que l'analyse de la gravité des atteintes psychiques de l'assurée établie par la psychiatre traitante à l'aune des indicateurs pertinents justifiait la reconnaissance d'une incapacité de travail de 50 % dans la profession habituelle. Cela a conduit l'office AI à octroyer à l'assurée une demi-rente d'invalidité dès le 1er avril 2017 (décision du 7 mars 2019). A.b. Le 25 septembre 2020, A.________ a demandé la révision de son droit à la rente en raison d'une aggravation de son état de santé. L'office AI a derechef requis l'avis des médecins traitants de l'assurée. La doctoresse B.________ a indiqué que sa patiente avait présenté une succession de problèmes somatiques ayant entraîné une décompensation psychique plus sévère, dont notamment une capsulite de l'épaule gauche au décours et nouvellement une capsulite à l'épaule droite d'évolution lente rendant l'activité de nettoyeuse impossible. La doctoresse C.________ a indiqué une péjoration de l'état anxio-dépressif secondairement aux troubles douloureux; sa patiente pleurait beaucoup et souffrait d'anxiété, de fatigue, de troubles de la concentration, d'un sentiment de dévalorisation et avait des difficultés relationnelles. Le docteur D.________ a fait état de douleurs généralisées chroniques impossibles à gérer engendrant une incapacité de travail totale depuis l'été 2020. L'État de Genève a mis en oeuvre une expertise auprès du docteur F.________, psychiatre. Dans un rapport du 9 janvier 2022, ce médecin a posé les diagnostics d'épisode dépressif moyen (F32.11) et de syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.40). Il a fait état de limitations fonctionnelles importantes et durables liés aux douleurs chroniques et à un état d'épuisement physique et psychique avec de la tristesse et de l'anxiété permanentes lesquelles entraînaient une incapacité de travail complète et définitive de l'assurée en tant que nettoyeuse. L'employeur a résilié les rapports de service avec effet au 31 août 2022. De son côté, l'office AI a confié une expertise bi-disciplinaire aux docteurs G.________, rhumatologue, et H.________, psychiatre, qui ont rendu leur rapport commun en date 4 juillet 2022. L'experte rhumatologue a retenu des lombalgies communes intermittentes sans substrat organique, des cervico-brachialgies, des troubles dégénératifs mineurs et modérés (discrètes discopathies en C4-C5, C5-C6 et C6-C7), une capsulite rétractile à l'épaule gauche au décours ainsi qu'une capsulite rétractile à épaule droite apparue en septembre 2020 et actuellement refroidie. L'expert psychiatre a repris les diagnostics posés précédemment par le docteur F.________. Selon les conclusions consensuelles des deux experts, l'état de santé de l'assurée ne s'était pas modifié depuis la dernière décision de l'office AI; mis à part un arrêt de travail temporaire de 100 % du 1er septembre 2020 au 1er janvier 2021 dû à la capsulite à l'épaule droite, celle-ci disposait d'une capacité de travail de 50 % dans son activité habituelle. Après avoir sollicité l'avis du SMR, l'office AI a refusé d'augmenter la rente d'invalidité par décision du 3 octobre 2022.