Citation: 1A.213/2005 27.03.2006 E. A

B.________ et C.________ exploitent avec leur père un domaine agricole d'environ 60 hectares, dont le centre d'exploitation se trouve à l'extérieur du village de Coeuve, au lieu-dit "Dos Longeat". L'exploitation se compose, outre des maisons d'habitation des deux fils et de leur famille, d'une grange utilisée comme porcherie (bâtiment 3a), d'un bâtiment réservé à la stabulation libre des bovins (bâtiment 3c), d'un hangar servant à stocker les balles rondes et à abriter des machines agricoles (bâtiment 3e) et de l'ancienne ferme située au centre du village, qui abrite trois boxes pour l'engraissement de veaux blancs du printemps à l'automne. Le 18 mai 1999, les frères B.________ et C.________ ont requis l'autorisation de construire un hangar de 288 mètres carrés sur les parcelles nos 2570, 2571 et 2572 du ban de Coeuve, en zone agricole, à proximité des bâtiments existants. Ce projet a suscité l'opposition des époux A.________, propriétaires d'une maison d'habitation également située en zone agricole, à 34 mètres au nord-ouest du hangar litigieux; selon eux, l'emplacement du bâtiment aurait été choisi de manière à les priver de vue et de soleil, en représailles à l'opposition faite à un projet de porcherie prévu par le père des constructeurs, D.________, dans le bâtiment 3e. Par décision du 15 mai 2000, le Service des constructions et des domaines du canton du Jura a rejeté l'opposition des époux A.________ et accordé le permis de construire sollicité à la condition qu'aucun véhicule à moteur ne soit stationné dans le hangar. Dans un jugement rendu le 11 juillet 2001, le Juge administratif extraordinaire du district de Porrentruy (ci-après: le Juge administratif extraordinaire) a rejeté le recours formé contre cette décision par les opposants. Par arrêt du 17 mai 2002, la Chambre administrative du Tribunal cantonal du canton du Jura (ci-après: la Chambre administrative ou la cour cantonale) a confirmé ce jugement et la décision d'octroi du permis de construire. Statuant le 22 novembre 2002 sur un recours de droit administratif des époux A.________, le Tribunal fédéral a annulé cet arrêt et renvoyé la cause à la Chambre administrative pour qu'elle complète l'instruction de manière à déterminer si la construction d'un hangar de l'ampleur projetée était ou non adaptée aux besoins objectifs de l'exploitation des intimés (cause 1A.131/2002). B.________ et C.________ ont déposé un rapport d'expertise établi le 14 février 2003 par le Centre de vulgarisation agricole du Jura, à Courtemelon. A la requête des époux A.________, qui mettaient en cause l'indépendance de l'expert, la Chambre administrative a ordonné une expertise judiciaire qu'elle a confiée à E.________ et F.________, respectivement professeur et assistant en économie agraire au sein de la Haute école suisse d'agronomie, à Zollikofen. Les experts ont rendu leur rapport le 14 avril 2004. Ils arrivent à la conclusion que le hangar prévu répondrait juste aux besoins de l'exploitation si le bâtiment 3e n'était pas transformé en porcherie, compte tenu de la surface de stockage disponible sous l'avant-toit. Dans l'hypothèse inverse, il ne répondrait pas aux besoins de l'exploitation, la surface nécessaire étant alors de 886 mètres carrés. Le 17 mai 2004, les époux A.________ ont adressé des questions complémentaires aux experts auxquels ceux-ci ont répondu le 15 juin 2004. A titre de complément de preuve, l'Association jurassienne des agriculteurs en production intégrée a produit, en date du 6 septembre 2004, les documents relatifs aux prestations écologiques requises (PER) des années 2003 et 2004 se rapportant à l'exploitation des frères B.________ et C.________. Par arrêt du 9 juin 2005, la Chambre administrative a rejeté le recours des époux A.________ et confirmé la décision de la Section des permis de construire du 15 mai 2000 ainsi que le jugement du juge administratif extraordinaire du 11 juillet 2001, à l'exception de la question des frais et dépens.