Citation: 2C_285/2023 E. 3.3

3.3. Sur le vu de ce qui précède, s'il est vrai que la Cour de justice a abouti à une autre solution que le Département cantonal, on ne voit pas en quoi son arrêt, tel qu'il vient d'être résumé, toucherait la République et canton de Genève comme n'importe quel particulier, ni en quoi il l'atteindrait de manière si importante dans ses prérogatives de puissance publique qu'il conviendrait à titre exceptionnel de déroger au principe d'interdiction des procédures intra-organiques devant le Tribunal fédéral. Dans son recours, le Conseil d'Etat genevois défend certes l'idée que la Cour de justice aurait porté une atteinte qualifiée à la puissance publique du canton en limitant la possibilité pour ses autorités d'interdire la tenue d'un culte sur le domaine public à l'aune de la loi cantonale sur la laïcité (LLE/GE). Dans la motivation de son recours, il relève toutefois lui-même l'existence d'autres arrêts de la Cour de justice où celle-ci a confirmé plusieurs refus d'autorisation de manifestation cultuelle sur le domaine public émanant de l'administration cantonale. Son argumentaire démontre ainsi bien que l'arrêt attaqué ne vide assurément pas la loi cantonale précitée de toute portée s'agissant de la problématique des manifestations cultuelles sur le domaine public et que, par le biais du présent recours, la République et canton de Genève demande en réalité au Tribunal fédéral d'arbitrer un conflit entre l'administration cantonale et la Cour de justice quant à l'application de l'art. 6 LLE/GE dans un cas bien spécifique.