Citation: 6B_886/2018 E. 2.4.2

2.4.2. Il reste encore à examiner si le comportement de la recourante a causé l'ouverture de la procédure. A cet égard, il ressort du dossier cantonal que, le 11 mars 2016, le ministère public a étendu à la recourante l'instruction pénale jusqu'alors dirigée uniquement contre Y.________. Cette extension de la procédure faisait notamment suite à l'audition de la recourante en qualité de personne appelée à donner des renseignements (art. 178 CPP), lors de laquelle l'intéressée avait donné des explications confuses sur les raisons et les circonstances de la création de la société anonyme qui avait fait concurrence à l'entreprise individuelle de Y.________ et qui avait notamment repris des biens appartenant à cette dernière. On comprend ainsi qu'aux yeux du ministère public, le comportement de la recourante était de nature à révéler une aide apportée à l'activité délictueuse de son compagnon, sans que l'on puisse reprocher à l'accusateur public d'avoir procédé, à ce stade de la procédure, à une mauvaise appréciation juridique de la situation, la possibilité d'une condamnation pour complicité à une violation d'une obligation d'entretien (art. 25 ad art. 217 CP) n'étant a priori pas exclue au regard de la jurisprudence publiée du Tribunal fédéral (en l'occurrence : ATF 132 IV 49). Il n'apparaît dès lors pas que le ministère public a fait preuve d'un excès de zèle en ouvrant la procédure à l'encontre de la recourante, celle-ci étant bien en lien de causalité adéquate avec le comportement illicite de l'intéressée.