Citation: 6B_474/2022 E. 1.2.1

1.2.1. La cour cantonale a établi les faits en se fondant essentiellement sur les déclarations des parties. Elle a tout d'abord relevé que les déclarations de l'intimée étaient précises sur le type de contrainte utilisé par son époux pour la soumettre à des rapports sexuels, qu'elle avait relaté de manière constante la façon dont celui-ci lui tenait les bras, la déshabillait et la positionnait pour parvenir à ses fins. Elle a souligné que la crédibilité de l'intimée était renforcée par l'ajout de détails d'importance secondaire venant ponctuer ses déclarations, soit notamment le fait qu'elle ait vomi de dégoût lorsque le recourant lui avait pour la première fois imposé une fellation en éjaculant dans sa bouche ou encore le fait qu'elle ait constaté la présence de sang mélangé au liquide séminal de son époux après une sodomie non désirée. A l'inverse, les déclarations du recourant pouvaient être mises en doute, notamment son prétendu refus de s'adonner à la sodomie, son intérêt pour cette pratique ayant été confirmé par son ancienne compagne. En marge de ce qui précède, il était établi, par les déclarations conjointes des parties, que rapidement après le mariage des tensions étaient apparues dans leur couple. Le recourant avait lui-même relaté la détérioration progressive de leur relation, une volonté de divorcer déjà présente au moment de la naissance de C.________, soit en 2014, ainsi que la décision de dormir séparément dès la naissance de D.________, en 2016. Ces éléments de contexte, bien qu'ils ne soient pas à eux seuls déterminants, venaient affaiblir la thèse d'une sexualité pleinement épanouie et partant renforcer les dires de l'intimée. En outre, l'intimée était vierge en arrivant en Suisse et avait été éduquée selon les préceptes du Coran, le recourant l'ayant lui-même qualifiée de musulmane pratiquante. Sa difficulté à évoquer ses relations intimes pouvait ainsi également s'expliquer par la pudeur et la honte ressenties, alléguées et corroborées par divers témoignages, notamment ceux de ses médecins. Par ailleurs, ce n'était que durant la procédure d'appel, et grâce au cadre thérapeutique dont elle bénéficiait, soit notamment son suivi par la Dre G.________, que l'intimée avait pris conscience que son rôle d'épouse ne l'obligeait pas à tout accepter. L'explication donnée par l'intimée, selon laquelle elle s'était finalement décidée à s'ouvrir après avoir pris connaissance des accusations à caractère sexuel formulées par son époux, n'acceptant pas qu'il s'approprie son vécu et réalisant qu'elle ne pourrait plus faire l'économie d'exposer sa vie intime au grand jour, prenait dans ce cadre tout son sens. La cour cantonale a ainsi considéré que le recourant avait pleine conscience de son ascendant psychologique sur son épouse, qu'il avait été chercher au " bled " et dont il connaissait la naïveté. Ainsi, en répétant à l'intimée qu'elle était tenue de lui obéir et en jouant sur sa crainte d'une séparation, qui la contraindrait à retourner en Algérie et la priverait de contact avec ses enfants, le recourant avait exercé une contrainte psychique sur sa victime. Elle a estimé par ailleurs que l'usage de la contrainte physique était également établi par les déclarations constantes et précises de l'intimée, tandis que la crédibilité du recourant était mise à mal par sa mauvaise foi. En effet, ce dernier n'avait eu de cesse de nier une quelconque supériorité physique sur son épouse, en étayant ses propos par des photographies et des attestations, alors que cette supériorité était concrétisée par sa carrure plus imposante, évaluée sur la base de sa propre estimation. Elle a retenu que l'intention du recourant couvrait tant les épisodes au cours desquels son épouse avait manifesté jusqu'à l'issue de l'acte son opposition par le verbe et le geste, pour lesquels il avait usé de la contrainte physique, que ceux lors desquels l'intéressée, après avoir initialement résisté, avait finalement cédé à la contrainte psychique exercée, pensant qu'elle n'avait pas d'autre choix. Elle a précisé toutefois que, en application du principe de l'interdiction de la reformatio in pejus, la période pénale était réduite aux deux dernières années de vie commune, comme l'avaient fait les premiers juges.