Citation: 5A_932/2021 E. 3.3

3.3. Par son argumentation, le recourant semble omettre que les critères d'appréciation pertinents pour trancher l'attribution de la garde sont interdépendants et que leur importance varie en fonction du cas d'espèce. Ainsi, si certains voire l'un ou l'autre des critères d'appréciation suffisent à justifier l'attribution de la garde exclusive à l'un des parents et que la motivation de l'autorité cantonale à cet égard est suffisante, on ne saurait conclure à l'arbitraire de dite motivation au seul motif que l'ensemble des critères n'ont pas été examinés. En l'occurrence, compte tenu de l'âge de la fille des parties, qui avait quatorze ans au moment où elle s'est déterminée et pour laquelle il n'existe pas de doute quant à sa capacité de discernement, c'est à juste titre que la cour cantonale a considéré son avis comme un critère déterminant. Or, la jeune fille s'est clairement exprimée en faveur de l'attribution de la garde exclusive à sa mère. En tant que le recourant soutient que les arguments qu'elle a avancés ne sont pas convaincants dans la mesure où ils relèvent de considérations purement organisationnelles, il apporte son propre jugement de valeur quant à la pertinence des motivations de sa fille. Or, d'une part, celle-ci n'a pas fait état seulement de problèmes logistiques puisqu'elle a également déclaré qu'elle entretenait une relation plus étroite avec sa mère. D'autre part, vu son emploi du temps, que le recourant décrit lui-même comme extrêmement chargé notamment en raison des activités sportives auxquelles elle s'adonne, son argumentation selon laquelle une garde partagée lui apparaissait comme trop compliquée à mettre en place et fatigante n'apparaît pas dénuée de pertinence. Cela étant, quelles que soient en définitive ses motivations et compte tenu de son âge, on ne saurait en l'espèce s'écarter de l'avis clairement exprimé par D.________ que pour autant que la solution qu'elle préconise présente une réelle mise en danger de son bien. Toutefois, en l'espèce, parmi les arguments présentés par le recourant et que la cour cantonale aurait selon lui omis, seule la séparation de la fratrie pourrait être problématique pour le bien des enfants dans la mesure où ils sont très proches et où on ne sait pas si D.________ aurait préconisé ce type de garde en sachant que son frère allait être soumis à un autre régime. Cela étant, il faut garder à l'esprit que D.________ a presque quinze ans alors que son frère sera bientôt majeur, de sorte que les enfants sont désormais autonomes et peuvent aisément continuer à se voir à leur guise indépendamment du mode de garde auquel ils sont soumis, ce d'autant que leurs parents habitent dans le même village. Dans ces circonstances, force est d'admettre que c'est sans arbitraire que la cour cantonale a suivi l'avis de l'enfant et a attribué à sa mère la garde exclusive la concernant. Il n'y a de surcroît pas lieu d'examiner plus avant si la cour cantonale a accordé trop d'importance au critère de la stabilité eu égard notamment à l'âge de l'enfant, à la plus grande disponibilité de la mère et à la relation plus étroite que cette dernière entretiendrait avec sa fille dans la mesure où l'arbitraire concernant l'un de ces éléments n'est pas susceptible de fonder une mise en danger du bien de l'enfant et ne justifierait dès lors de toute façon pas de s'écarter de l'opinion exprimée par D.________. A toutes fins utiles, il convient de relever que l'autorité cantonale a rappelé à juste titre que les parties demeuraient libres, notamment en cas d'évolution en ce sens des souhaits de D.________, d'adapter d'un commun accord la prise en charge de cette dernière.