Citation: I 444/05 23.08.2006 E. 5

Au vu de ce qui précède, il apparaît que l'assuré souffre principalement depuis 1995 d'une symptomatologie douloureuse diffuse et chronique sans étiologie certaine - qualifiée de fibromyalgie par le docteur A._________ et de syndrome douloureux somatoforme persistant de type fibromyalgie par les experts du COMAI - et d'un état dépressif dont l'intensité a varié au fil du temps. 5.1 Au regard des observations médicales rapportées par le docteur N.________, l'assurée a souffert d'un épisode dépressif majeur qui l'a empêchée d'exercer une activité lucrative du 14 juin 1996 au 15 septembre 1999 (rapport du 25 février 2000). Parallèlement à la symptomatologie douloureuse qui l'affectait, l'assurée a ainsi indéniablement présenté une comorbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée importantes, qui rendait provisoirement non exigible l'exercice d'une activité lucrative. A cela, il convient d'ajouter que depuis le mois de mars 1998, l'assurée était atteinte d'une maladie de Lyme dont le traitement s'est achevé à la fin du mois de septembre 1999. Au vu de ce qui précède, l'assurée pouvait prétendre une rente entière d'invalidité pour la période courant du 1er octobre 1997 (cf. consid. 3.1) au 31 décembre 1999 (compte tenu du délai de trois mois prévu à l'art. 88a RAI). 5.2 Pour la période postérieure au 31 décembre 1999, il convient d'examiner la question de l'exigibilité de la reprise d'une activité lucrative au regard de l'expertise réalisée par le COMAI. En l'occurrence, ce document ne satisfait pas totalement aux exigences posées par la jurisprudence pour qu'on lui reconnaisse une pleine valeur probante (voir ATF 125 V 352 consid. 3a et la référence). On ne saurait en effet considérer que les conclusions auxquelles sont parvenues les experts reposent sur une discussion détaillée et approfondie de toutes les circonstances du cas d'espèce. Si les experts ont indiqué que les plaintes de l'assurée ne les avaient pas laissés insensibles, leurs explications - rapportées intégralement ci-dessus (consid. 4.2.2) - ne laissent pas transparaître de manière claire et convaincante les raisons pour lesquelles la symptomatologie douloureuse entraînerait une incapacité de travail de l'ordre de celle qui a été retenue. Les experts n'ont par ailleurs pas intégré à leur réflexion un critère d'importance qu'est celui de la perte d'intégration sociale, alors même qu'il ressort de l'anamnèse que l'assurée évolue dans un contexte psycho-social plutôt préservé. Plus particulièrement, il apparaît que les experts se sont principalement appuyés sur le consilium psychiatrique de la doctoresse M._________ pour rendre leurs conclusions. Or, l'appréciation de ce médecin est peu concluante en l'espèce. En premier lieu, elle n'explique nullement, à l'image d'ailleurs des experts du COMAI, le lien de cause à effet entre les troubles qu'elle a diagnostiqués et l'incapacité de travail de 80 % qu'elle a en définitive retenue. Le diagnostic de trouble de la personnalité à traits masochiques demeure ensuite peu compréhensible au regard des maigres explications fournies. Elles ne permettent à tout le moins pas de saisir en quoi le passé difficile de l'assurée serait l'expression d'un trouble de la personnalité et du comportement, et influencerait la capacité de travail de l'assurée dans l'ensemble des activités qui s'offrent à elle sur un marché du travail équilibré. Enfin, il est difficile de comprendre, sans plus de renseignements, l'influence exercée par le trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission, sur la capacité résiduelle de travail de l'assurée, alors que la doctoresse M._________ n'a pas relevé de symptomatologie dépressive franche et que l'assurée n'est pas suivie sur le plan thérapeutique pour une pareille affection.