Citation: H 295/00 22.01.2001 E. 2

2.- La demande que le recourant a adressée à l'autorité cantonale le 11 juillet 2000, tendant à la récusation de la présidente E.________ et du juge L.________, est en réalité une demande de révision du jugement rendu par cette même autorité le 29 juin 2000. Elle a été adressée à l'autorité cantonale avant l'expiration du délai de trente jours pour former un recours de droit administratif devant le Tribunal fédéral des assurances (art. 106 al. 1 OJ en corrélation avec l'art. 132 OJ). La demande de révision est un moyen juridictionnel extraordinaire, susceptible d'être exercé contre une décision douée de la force jugée (Grisel, Traité de droit administratif, p. 942). Par conséquent, la demande de révision d'un jugement est en principe exclue aussi longtemps que le moyen peut être invoqué par la voie d'un recours (Ursina Beerli-Bonorand, Die ausserordentlichen Rechtsmittel in der Verwaltungsrechtspflege des Bundes und der Kantone, thèse Zurich 1985, p. 45; arrêt non publié L. du 17 août 1994 [I 62/94]). Les motifs de récusation invoqués en l'occurrence par le recourant dans sa requête du 11 juillet 2000 sont susceptibles d'être examinés librement par le Tribunal fédéral des assurances, dans le cadre d'un recours de droit administratif pour violation du droit fédéral au sens de l'art. 104 let. a OJ (cf. infra consid. 3b). En particulier, le recourant ne prétendait pas que le droit cantonal lui eût accordé, en matière de récusation, des garanties plus larges que celles qui découlent du droit fédéral. Les premiers juges n'auraient donc pas dû entrer en matière sur la demande de récusation et transmettre celle-ci au Tribunal fédéral des assurances comme valant recours de droit administratif (art. 107 al. 1 OJ en corrélation avec l'art. 132 OJ). Pourtant, la décision du 28 août 2000 apparaît correcte dans son résultat, du moment que les premiers juges ont déclaré irrecevable la demande portée devant eux. Peu importe les motifs (tardiveté de la requête) qui ont conduit à l'irrecevabilité de cette requête, puisque l'autorité de la chose jugée s'attache en principe seulement au dispositif de la décision (voir ATF 123 III 18 consid. 2a, 121 III 477 consid. 4a, 115 V 418 consid. 3b/aa). D'autre part, le recourant n'a pas subi de préjudice du fait que l'autorité cantonale n'a pas transmis directement sa demande au Tribunal fédéral des assurances. En effet, l'écriture en question, du 11 juillet 2000, sera prise en considération dans l'examen du recours contre le jugement du 29 juin 2000.