Citation: 6B_886/2024 E. 3.7.3

3.7.3. Enfin, le recourant fait valoir que sa vie serait aussi menacée en Serbie en raison de sa conversion à l'islam. À cet égard, il reproche à la cour cantonale de ne pas avoir suffisamment motivé le rejet de son grief, violant ainsi son droit d'être entendu. 3.7.3.1. Le droit d'être entendu, tel que garanti par les art. 29 al. 2 Cst., 3 al. 2 let. c CPP et 6 par. 1 CEDH implique notamment, pour l'autorité, l'obligation de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre et l'attaquer utilement s'il y a lieu, et pour que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Le juge doit ainsi mentionner, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 143 IV 40 consid. 3.4.3; 142 I 135 consid. 2.1). Il n'est pas tenu de discuter tous les arguments soulevés par les parties, mais peut se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 147 IV 249 consid. 2.4; 142 II 154 consid. 4.2). Dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de l'autorité, le droit à une décision motivée est respecté, même si la motivation présentée est erronée (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1; arrêt 6B_40/2023 du 8 janvier 2024 consid. 2.1 et les références citées). 3.7.3.2. La cour cantonale a considéré que, d'un point de vue religieux, même si des tensions historiques entre les communautés y.________ (musulmans) et serbe (chrétiens orthodoxes) existaient, la Serbie ne saurait être considérée comme un pays à haut risque pour les musulmans tels que le recourant. Cette motivation, bien que succincte, ne viole pas le droit d'être entendu du recourant, étant relevé qu'on comprend de son raisonnement que la cour cantonale a également retenu que le recourant n'avait pas apporté de preuve permettant d'établir l'existence de menaces réelles à son encontre en Serbie, où il est par ailleurs retourné à plusieurs reprises (cf. supra consid. 3.7.2). On peut ainsi discerner les motifs ayant conduit à la décision de l'instance précédente. Le grief est dès lors rejeté. Pour le surplus, en l'absence d'indices concrets indiquant que la vie ou l'intégrité corporelle du recourant serait menacée en Serbie en raison de sa religion, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant qu'il ne s'agissait pas de circonstances faisant obstacle à son expulsion.