Citation: 4D_84/2008 05.11.2008 E. 3

3.1 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire même préférable (ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153; 132 III 209 consid. 2.1 p. 211; 131 I 57 consid. 2, 217 consid. 2.1; 129 I 8 consid. 2.1). 3.2 Tout d'abord, il convient de relever que, selon l'arrêt attaqué, l'intimée «s'est enrichie (...) des frais divers payés par la "Petite caisse" (827 fr.55)» et que, dans son décompte, la cour cantonale a mis cette dépense à la charge de l'intimée (consid. 6, 3ème §), et non de la succession, comme celle-ci le prétend à tort. Dans ces conditions, la critique de la recourante sur ce point tombe à faux. 3.3 Qu'elle soit parfaite ou imparfaite, la gestion d'affaires (art. 419 CO) suppose toujours qu'une personne exécute, sans cause, un acte de gestion qui touche la sphère juridique d'autrui (PIERRE TERCIER, Les contrats spéciaux, 3e éd. 2003, p. 766 n° 5294; PIERRE ENGEL, Contrats de droit suisse, 2e éd. 2000, p. 568). Lorsqu'un tiers paie sans cause la dette du débiteur, celui-là peut faire valoir contre celui-ci des prétentions récursoires fondées sur la gestion d'affaires, sauf s'il entendait faire une libéralité au créancier (cf. ATF 123 III 161 consid. 4c p. 164). Selon les constatations de la cour cantonale non remises en cause par la recourante, B.________ et C.________ ont été engagés par l'agence, donc par X.________, et non par la SI, dont la personnalité est distincte de celle de son actionnaire unique. Au décès de X.________, c'est la succession qui est devenue l'employeur des deux collaborateurs (art. 338a al. 1 CO). Elle a du reste bien agi à ce titre puisque, en décembre 2000, son administrateur a augmenté le salaire de B.________. Par ailleurs, aucun élément de l'arrêt attaqué ne permet de retenir que la succession aurait résilié les contrats de travail pour une échéance antérieure au 31 mars 2001, ni que les nouveaux contrats censés être conclus avec l'intimée seraient entrés en vigueur avant cette date. A ce sujet, l'administrateur de la succession s'est précisément plaint, en avril 2001, du fait que les deux collaborateurs de la résidence n'avaient pas reçu leurs contrats de la part de l'intimée. Il s'ensuit que la recourante a payé les salaires litigieux de janvier à mars 2001 en exécution des contrats de travail qui la liaient à B.________ et à C.________; en versant lesdites rémunérations, elle a réglé sa dette, et non celle d'autrui. Par conséquent, la succession n'a pas agi sans cause et n'est pas intervenue dans la sphère juridique de l'intimée. Faute d'avoir géré l'affaire d'autrui, elle ne saurait prétendre à un quelconque remboursement des montants versés aux deux collaborateurs, comme la cour cantonale l'a bien vu sans tomber dans l'arbitraire. Cette conclusion scelle le sort du recours, lequel n'aurait pu être admis que s'il s'était révélé arbitraire dans son résultat (consid. 3.1 ci-dessus). En effet, les autres prétentions invoquées par la recourante, qui portent sur un montant total de 172 fr.95, ajoutées aux créances admises par la cour cantonale (10'484 fr.10), ne dépassent de toute manière pas le montant de 15'000 fr. que l'intimée peut faire valoir en compensation.