Citation: 1B_97/2020 E. 2

Les décisions rendues en dernière instance cantonale en matière de détention provisoire peuvent faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral, conformément aux art. 78 ss de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110). En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours doivent être motivés. Conformément à l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient au recourant de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse et d'expliquer en quoi ceux-ci seraient contraires au droit (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 91). Les griefs de violation des droits fondamentaux sont en outre soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant doit alors mentionner les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés (ATF 143 IV 500 consid. 1.1 p. 503). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 142 III 364 consid. 2.4 p. 368). La Chambre pénale de recours a constaté que le recourant ne discutait pas les charges, qu'elle avait jugées suffisantes et graves dans ses précédents arrêts, et a renoncé en conséquence à examiner si les soupçons s'étaient renforcés depuis lors. Elle a considéré que seule l'expertise psychiatrique du prévenu permettrait de déterminer les éventuels troubles psychiques dont il souffre et, le cas échéant, les mesures adéquates. En l'état, un suivi du recourant par son médecin-psychiatre n'apparaissait pas une mesure suffisante à pallier les risques de collusion et de réitération, soit d'empêcher le recourant de sortir de chez lui pour entraver l'instruction, détruire des éléments de preuve et/ou commettre de nouvelles infractions du même type, puisqu'il avait agi alors même qu'il était suivi par ce même médecin. Aucune autre mesure n'était, en l'état, apte à empêcher la réalisation de ces risques et le recourant n'en proposait pas. Bien que son médecin-psychiatre considère son état comme incompatible avec la détention, il n'avait pas demandé à être placé en milieu hospitalier et ne démontrait pas qu'il serait incapable de subir la détention provisoire pour des motifs très sérieux de santé, ni qu'un traitement administré en milieu carcéral ne serait pas de nature à atténuer les effets de la détention. Compte tenu des éléments médicaux versés au dossier, des réponses données par le recourant aux questions posées par le Procureur en audience et du retard dans l'administration de l'expertise psychiatrique, la Chambre pénale de recours a invité le Ministère public à mettre en oeuvre sans délai ladite expertise et à demander au Service de médecine pénitentiaire un rapport sur la situation médicale du recourant, sur l'indication d'un traitement et sur l'éventuelle nécessité d'un placement en milieu médical.