Citation: 5A_155/2008 03.04.2008 E. 2

La recourante se plaint tout d'abord d'une appréciation arbitraire des preuves; elle reproche à l'autorité précédente d'avoir écarté les pièces concernant ses revenus au profit du témoignage d'une personne qui n'était pas apte à se prononcer à ce sujet. 2.1 Le litige porte sur l'éventuelle contribution de l'intimé à l'entretien de la recourante, plus précisément sur la capacité de cette dernière de réaliser un revenu suffisant pour pourvoir à son entretien. -:- A cet égard, le Tribunal d'arrondissement disposait, d'une part, d'un certificat médical et d'une fiche de salaires et, d'autre part, d'un témoignage. Selon un certificat médical établi le 28 août 2007, la recourante, dont l'état de santé s'est dégradé depuis le printemps, a une capacité de travail partielle et travaille entre treize et quinze heures par semaine dans l'entreprise de ses parents. La fiche de salaires produite par la recourante, datée du 25 juillet 2007 et signée par H.________ - père de l'intéressée -, mentionne un salaire horaire de 40 fr., six salaires (mensuels) nets entre 411 fr. 27 et 937 fr. 39 pour un temps de travail de douze à vingt-six heures par mois, mais sans indication des mois auxquels ces salaires se rapportent. Le témoin a déclaré qu'il avait été proche de la recourante et que, lorsqu'il fréquentait l'Ecole X.________ (qu'il a quittée le 14 mai 2007), elle y enseignait au minimum dix-huit heures par semaine, que la rémunération minimale des enseignants de cette école était de 50 fr. par heure et que, à sa connaissance, elle gagnait entre 80 et 100 fr. par heure, très vraisemblablement 100 fr.; à son avis, les indications de la fiche de salaires devaient être fausses. Les magistrats précédents ont donc été confrontés à des éléments de preuve comportant des contradictions, non seulement entre les pièces produites par la recourante et le témoignage recueilli à l'audience, mais encore entre les pièces elles-mêmes: alors que le certificat médical atteste expressément de douze à quinze heures de travail par semaine, la fiche de salaires retient seulement douze à vingt-six heures de travail par mois. Dans cette situation, l'autorité précédente est parvenue à la conclusion qu'il était impossible de déterminer les revenus effectifs de l'intéressée sur la base des pièces en discussion, d'autant que, d'une part, les montants figurant sur la fiche de salaires n'apparaissent pas sur l'extrait du compte PostFinance pour la période du 1er janvier au 30 septembre 2007 et, d'autre part, H.________ n'a pas donné suite aux réquisitions de production de pièces ordonnées par le président du tribunal. L'appréciation des pièces effectuée par l'autorité cantonale n'est pas insoutenable, car elle se fonde sur des éléments objectifs, à savoir les contradictions ressortant des pièces. En tant qu'il concerne l'appréciation des pièces, le reproche d'arbitraire est donc injustifié. Les pièces disponibles n'étant pas probantes, la juridiction précédente a fait sien le témoignage qu'elle avait recueilli. Avant de s'y rallier, les juges d'arrondissement se sont interrogés sur sa crédibilité puisque la décision attaquée précise que «le témoignage de N.________ a paru sincère et exempt de toute volonté de nuire, de sorte que le Tribunal de céans trouve ses dires fiables et convaincants». Une telle appré-ciation repose implicitement sur des éléments concrets (par ex.: l'attitude du témoin, le ton de ses déclarations); en outre, le témoin était à même d'apporter des renseignements sur les revenus de la recourante, car il avait été proche de celle-ci et non seulement étudiante dans l'école où elle enseigne. Le fait que le témoin soit actuellement en mauvais termes avec la famille H.________ ne suffit pas, à lui seul, à rendre insoutenable l'appréciation de l'autorité précédente quant à la crédibilité du témoignage, d'autant que celle-ci s'est demandé s'il n'y avait pas lieu de craindre une volonté de nuire de la part du témoin. Le grief d'appréciation arbitraire des preuves est ainsi également mal fondé dans la mesure où il se rapporte à l'appréciation du témoignage. 2.2 La recourante dénonce au surplus une violation de son droit d'être entendue; elle expose que l'audition du témoin, dont la présence n'était pas annoncée avant l'audience, n'a pas eu lieu de façon contradictoire, car elle était dispensée de comparaître; le témoin n'aurait donc pas dû être entendu afin de respecter le principe de l'égalité de traitement des parties. La recourante n'assistait certes pas à l'audience au cours de laquelle ce témoin a été entendu, mais, dispensée de comparution, elle y était néanmoins représentée par son conseil; elle a ainsi pu, par l'intermédiaire de celui-ci, assister à l'administration de cette preuve et, le cas échéant, intervenir. La recourante ne prétend pas qu'elle aurait soulevé à cette occasion le grief qu'elle formule maintenant, de sorte que son attitude heurte le principe de la bonne foi.