Citation: 2C_429/2021 E. 5.6.2

5.6.2. En l'espèce, il n'est pas contesté par l'autorité précédente que le port du masque est susceptible de comporter un certain nombre d'effets indésirables. Sous cet angle, le rapport conjoint de l'OMS et de l'UNICEF, sur lequel s'appuient les recourants, fait notamment état d'inconvénients potentiels tels que la chaleur, les irritations, les maux de tête et/ou difficultés respiratoires (selon le type de masque utilisé), l'inconfort, la distraction et, comme s'en plaignent les recourants, les difficultés de communication (cf. rapport du 21 août 2020 précité p. 2; cf. également orientations provisoires du 5 juin 2020 p. 9). L'étude de l'université de Witten/Herdecke, réalisée à partir de déclarations de quelque 20'000 parents d'environ 26'000 enfants sur un questionnaire en ligne, est parvenue quant à elle au résultat qu'environ 68% des enfants seraient affectés par le port du masque pendant une moyenne de 270 minutes par jour (irritabilité, maux de tête, difficultés de concentration, moins de gaieté, réticence à aller à l'école/le jardin d'enfants, malaise, difficultés d'apprentissage, somnolence/fatigue). Comme le soulignent les recourants, ces effets indésirables ne sont pas à prendre à la légère s'agissant d'adolescents qui se trouvent dans une phase particulière de leur développement. Force est toutefois de relever, à l'instar des juges cantonaux, que les documents précités ne concluent pas au fait que le masque ne devrait pas être imposé à des jeunes dans la tranche d'âge concernée, à moins que ceux-ci, comme le soulignent l'OMS et l'UNICEF, ne présentent des troubles du développement, un handicap ou d'autres problèmes de santé spécifiques qui pourraient gêner l'utilisation d'un masque, comme de graves déficiences cognitives ou respiratoires (cf. rapport du 21 août 2020 précité, p. 3 et 4). Or, les recourants ne prétendent pas que tel serait le cas en ce qui les concerne. Les institutions onusiennes précitées ne soutiennent également pas que le port du masque en lui-même comporterait un danger pour le développement psychosocial des jeunes âgés de plus de 12 ans, contrairement à ce qui pourrait être le cas pour ceux d'un âge inférieur, pour lesquels une approche fondée sur le risque devrait être effectuée (cf. ibid., p. 3). En ce qui concerne les lettres ouvertes du Président de l'Association Santé Suisse et de l'association ALETHEIA, celles-ci, quand bien même elles soutiennent que le port du masque est dangereux et dommageable pour la santé, notamment psychique, n'apportent cependant aucune preuve scientifique de tels dommages. Il en va de même s'agissant de l'intervention orale du député français. Quant à l'enquête menée en ligne par l'université de Witten/Herdecke, le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de retenir qu'elle se basait sur des informations subjectives invérifiables et ne prouvait pas, comme elle l'admet du reste elle-même, que les effets décrits pouvaient tous être attribués de manière causale au port du masque (p. 12 de ladite étude; cf. arrêts 2C_183/2021 consid. 6.4.5, destiné à la publication; 2C_228/2021 consid. 5.5.4). Il faut enfin, et surtout, constater que l'OMS et l'UNICEF renvoient, pour les enfants et les jeunes de plus de 12 ans, aux recommandations relatives au port du masque par les adultes, ceci en dépit des risques et inconvénients potentiels associés à un tel port (cf. rapport du 21 août 2020 précité p. 3). Ainsi, si la transmission du virus est généralisée dans la zone concernée et que lesdits enfants se trouvent dans un espace intérieur où la ventilation est médiocre, respectivement qu'ils se trouvent dans un espace intérieur adéquatement ventilé mais où la distanciation physique ne peut pas être respectée, ils devraient porter le masque (cf. orientations provisoires du 1er décembre 2020; art. 105 al. 2 LTF). La lutte anti-infectieuse apparaît ainsi, selon l'OMS, primer sur les désavantages potentiels causés par le port du masque aux enfants de plus de 12 ans. Au demeurant, l'étude de l'université de Witten/Herdecke conclut à l'importance, au moins pour les enfants de plus de 10 ans, de respecter la formule "AHA+L", à savoir garder ses distances ("Abstand"), respecter les mesure d'hygiène ("Hygiene"), porter un masque ("Alltagsmasken") et aérer les pièces régulièrement ("Lüften"), nonobstant les effets indésirables relevés (p. 12 de ladite étude).