Citation: 5A_562/2013 E. 3.2

3.2. S'agissant des changements de circonstances invoqués par le recourant à l'appui de sa requête de modification, la Cour de justice a jugé qu'une réduction de 125 fr. par mois du salaire du père ne constituait pas un changement suffisamment important, et que la prétendue augmentation des charges du père - en raison de remboursements et d'amortissements, du paiement d'une contribution d'entretien en faveur de sa propre mère ou de repas hors-domicile - ne devait pas être prise en considération, en sorte que les charges supportées par le père n'avaient pas sensiblement changé. La Cour de justice a par ailleurs exposé que l'augmentation de 470 fr. par mois du revenu de la mère, correspondant à une différence de 9,4%, ne pouvait justifier une modification de la contribution d'entretien fixée que si elle coïncidait avec une réduction des charges de celle-ci, en sorte qu'ensemble ces modifications étaient essentielles et durables. A cet égard, l'autorité précédente a constaté que le montant de base et le loyer de la mère étaient réduits de moitié en raison de son concubinage, réduisant les charges de celle-ci de 1'124 fr., que les montants de base des filles étaient cependant passés de respectivement 350 fr. à 600 fr. et de 500 fr. à 600 fr., et que les primes d'assurance-maladie de la mère et la fille aînée avaient augmenté de 238 fr., en sorte que, en définitive, les charges supportées par la mère avaient diminué de 536 fr. La cour cantonale a dès lors admis que la situation de la mère avait changé de manière durable et importante depuis le prononcé des mesures protectrices de l'union conjugale, justifiant d'entrer en matière sur la réduction sollicitée de la contribution d'entretien. La Cour de justice a d'emblée relevé que seule une contribution pour l'entretien de la fille mineure était due, la fille aînée étant majeure et ayant introduit une action alimentaire contre son père, et la mère n'ayant pas réclamé de contribution pour son entretien. L'autorité précédente a ensuite constaté que les charges incompressibles de la fille mineure s'élevaient à ce jour à 1'405 fr., et qu'après déduction des allocations familiales de 300 fr., ses besoins pécuniaires se montaient encore à 1'105 fr. par mois, en sorte qu'elle a astreint le père a contribuer à l'entretien de sa fille mineure à raison de 1'100 fr. par mois, dès le 17 avril 2012, à savoir au jour du dépôt de la requête de mesures provisionnelles, jusqu'aux 18 ans de sa fille, voire au delà en cas d'études sérieuses et régulières, mais au maximum jusqu'aux 25 ans de celle-ci.