Citation: 4P.179/2004 11.01.2005 E. B

B.a Après avoir fait notifier une poursuite à A.________, B.________ et C.________ ont ouvert action à son encontre, par demande du 13 mars 1997 déposée devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois. Ils ont conclu à ce que le défendeur leur doive paiement, principalement en qualité de créanciers solidaires, subsidiairement à chacun pour la part que justice dira, de la somme de 500'000 fr. plus intérêts à 5 % dès le 14 février 1996, l'opposition formée à la poursuite par le défendeur étant définitivement levée. A.________ a conclu à libération. En cours d'instance, une expertise a été confiée au vétérinaire K.________. Les constatations et conclusions de l'expert judiciaire, telles qu'elles ressortent de son rapport principal du 9 août 2000, de son rapport complémentaire du 6 mars 2002 et de son audition à l'audience de jugement, peuvent être résumées comme il suit. Une réaction post-vaccinale peut se produire à la suite de n'importe quelle vaccination. Et toute injection intramusculaire comporte par elle-même un risque minime d'infection à l'endroit de l'injection. La combinaison de vaccins administrés au cheval le 19 janvier 1996 ne peut être taxée en tant que telle de faute professionnelle, d'autant qu'elle n'est pas la cause des complications apparues postérieurement. La réaction constatée chez "X.________" a pour origine la vaccination de rappel avec le vaccin Nobi-Equenza T. S'agissant des causes possibles de la réaction, l'expert, après avoir conclu tout d'abord à une infection, a opté, après expertise complémentaire, pour une hypersensibilité au vaccin, non sans préciser qu'en définitive le résultat était le même pour le cheval. La vaccination de rappel a été effectuée 19 jours après la première vaccination, contrairement aux recommandations des fabricants de la préparation - qui conseillent un intervalle de quatre semaines - et aux règlements de la Fédération Suisse des Sports Equestres et de la Fédération internationale des Sports Equestres, lesquelles ne considèrent pas comme valable une vaccination dont l'intervalle entre les deux injections est inférieur à 21 jours. S'il ne respecte pas le délai minimum prescrit, le praticien prend en particulier le risque accru d'une incompatibilité et fait supporter au cheval un risque supplémentaire inutile pour sa santé. L'expert a néanmoins déclaré qu'il était possible que le cheval eût la même réaction si la seconde vaccination était intervenue trois jours plus tard. A propos du caractère adéquat des soins prodigués au cheval dès le 8 février 1996 par le défendeur, le vétérinaire K.________ a certifié que le traitement initial avait été instauré rapidement et correctement, même s'il manquait d'intensité au niveau local de la tuméfaction. Par la suite, le défendeur a omis de réviser ou d'approfondir son premier diagnostic, si bien que le traitement administré à compter du 9 février 1996 manquait nettement d'agressivité à la suite d'une appréciation erronée du cas, même s'il n'était pas en lui-même contraire aux règles de l'art. Le fait que l'intervention chirurgicale a été entreprise trop tard a clairement contribué à étendre la nécrose, à freiner et renchérir la guérison et à laisser des séquelles permanentes visibles au niveau de l'encolure de l'étalon.