Citation: 6B_38/2021 E. 5.4.2

5.4.2. Il est incontestable que le recourant dispose d'un intérêt privé important à demeurer en Suisse, même s'il n'est arrivé dans ce pays qu'à l'âge de 21 ans, en 2014, à la fin de son parcours d'exil débuté en 2012 avec sa famille. Il y a lieu de tenir compte des liens qu'il entretient avec ses frères et ses soeurs ainsi qu'avec sa mère, qui sont tous en Suisse, et avec lesquels il a effectué le voyage entre la Libye et l'Italie dans des conditions dramatiques (cf. jugement entrepris, p. 16 s., 18). Un état de stress post-traumatique en rémission a d'ailleurs été diagnostiqué en raison de la reviviscence de cette traversée en bateau, étant précisé qu'au moment de l'expertise le recourant affirmait que ces souvenirs ne le travaillaient plus; il ne souffre au demeurant d'aucun trouble mental grave (cf. jugement entrepris, p. 17 s.). Le recourant n'a plus de famille proche en Syrie, hormis son père (cf. jugement entrepris, p. 17). Le lien entre le recourant et son fils (né en Suisse d'une mère suisse [cf. procès-verbal d'audition du 28 juillet 2017, p. 1, art. 105 al. 2 LTF]) est "très fort" (cf. jugement entrepris, p. 19). A cet égard, on peut relever que l'experte psychiatre a fait part de son inquiétude si le recourant se voyait expulsé de Suisse et perdait les liens qu'il avait avec son fils, qui semblait être le seul but qui l'animait (cf. jugement entrepris, p. 18). Le recourant a le statut de réfugié conformément à la décision du 7 août 2017 (contrairement à sa mère et à ses frères et soeurs, cf. jugement du 28 février 2020 p. 85) et bénéficie de ce fait d'un permis B. Malgré ce qui précède, on doit souligner que l'intégration en Suisse du recourant n'est pas bonne. Il n'a jamais travaillé dans son pays d'accueil, hormis quelques stages de formation, alors même qu'il ressort du jugement du tribunal criminel qu'il parle bien le français (cf. jugement du 28 février 2020, p. 86) et que le rapport de détention le décrit comme investi et curieux de combler ses lacunes à cet égard (cf. jugement entrepris, p. 19). Le recourant dépend de l'aide sociale pour subvenir à ses besoins (cf. jugement du 28 février 2020, p. 86), étant précisé qu'il aurait l'opportunité de travailler pour son beau-frère à sa sortie de prison. Sur le plan personnel, le recourant a - on l'a vu - encore son père en Syrie, pays dont il parle la langue et où il a passé la majeure partie de sa vie. Il y a effectué toute sa scolarité jusqu'au baccalauréat, puis une école des métiers en électricité. Ses perspectives de réinsertion demeurent cependant théoriques, au regard du fait qu'il serait considéré comme un opposant au régime syrien, question qui sera traitée plus loin (cf. infra, consid. 5.5.6), sans parler de la situation politique et économique générale actuelle en Syrie (cf. jugement du 28 février 2020 p. 85 s. et jugement entrepris p. 16, 44). Les intérêts publics présidant à l'expulsion sont également considérables, compte tenu de la gravité des faits ayant conduit à la condamnation à une peine privative de liberté de sept ans. Le recourant s'en est pris à deux reprises à la vie d'autrui, notamment à l'encontre du grand-père maternel de son fils, alors âgé de deux mois. S'agissant des actes commis au préjudice de l'intimé 2, on peut tenir compte, sans que cela ne leur ôte leur gravité, du contexte particulier lié à la relation passionnée mais émaillée de violence avec D.________ et au placement de leur fils en foyer d'accueil, ainsi que de l'état d'émotion dans lequel se trouvait le recourant après avoir été étranglé par l'intimé 2 quelques heures auparavant (cf. jugement entrepris, p. 39). Quoi qu'il en soit, le recourant a agi de manière impulsive, parce qu'il estimait que sa dignité avait été bafouée ou qu'il n'avait pas apprécié un regard de travers (cf. jugement entrepris, p. 38). A cela s'ajoute que le recourant a déjà été condamné, en mai 2017, à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 10 fr. l'unité, assortie du sursis et d'un délai d'épreuve de deux ans, pour des infractions contre le patrimoine et la liberté (à quoi s'ajoutait une contravention à la LStup). Cette condamnation n'a manifestement pas eu d'effet dissuasif, puisque le recourant a commis de nouvelles infractions à peine deux mois plus tard (en juillet 2017), durant le délai d'épreuve, cette fois-ci contre la vie et l'intégrité corporelle. Puis il a commis une seconde tentative de meurtre en septembre 2018. Cela révèle un défaut de prise de conscience et un mépris complet de l'ordre juridique suisse, avec une gravité croissante des infractions. Selon l'experte psychiatre, le risque de récidive pour des réponses violentes si le recourant se trouve confronté à une situation où il se sent injustement traité, dénigré, humilié ou impuissant reste notablement présent (cf. jugement entrepris, p. 18). Il convient encore de souligner que, avant son transfert à la prison L.________ le 18 juin 2020 où une amélioration a certes été constatée, le comportement du recourant en détention n'a pas été bon, puisqu'il a fait l'objet de six sanctions disciplinaires entre novembre 2018 et août 2019 (cf. jugement entrepris, p. 19, 39), ce qui constitue un élément défavorable supplémentaire. Comme l'a souligné la cour cantonale dans son examen de la peine, le recourant n'a eu de cesse de minimiser les faits et de les manipuler, n'hésitant pas à s'auto-infliger des lésions après les actes commis au préjudice de l'intimé 2 pour faire accuser celui-ci (cf. jugement entrepris, p. 38 s.). Lorsque le recourant soutient qu'il a pris conscience de la gravité de ses actes, il ne fait que substituer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire. Il en va de même lorsqu'il affirme que le fait qu'il se soit "tailladé" ne serait "plus d'actualité" vu que cet épisode remontait à 2017. Ces moyens sont appellatoires.