Citation: 5A_910/2021 E. 6.4.3

6.4.3. A u vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas violé les art. 8, 16, 467 ou 519 CC en admettant la présomption d'incapacité de discernement de la disposante, puis en retenant l'absence d'indice d'intervalles de lucidité lors de la rédaction des dispositions testamentaires litigieuses. Le grief de violation du droit fédéral est donc infondé. Le fait que l'opposition de l'intimée à la délivrance du certificat d'héritier aurait été tardive et infond ée n'y change rien, étant relevé que dans la procédure relative à l'admi nistration d'office de la présente succession (arrêt 5A_841/2013 du 18 février 2014 consid. 1.2), la conclusion tendant à la constatation du caractère tardif et téméraire de l'opposition a été déclarée irrecevable, que la procédure d'établissement du certificat d'héritier n'a, quoi qu'il en soit, pas pour objet de statuer matériellement sur la qualité d'héritier (arrêt 5A_469/2020 du 28 mars 2022 consid. 2.1) et que la partie qui s'oppose à la délivrance du certificat n'est pas tenue de présenter une argumentation complète à ce stade, la contestation pouvant même être non motivée (STEINAUER, Droit des successions, 2ème éd., 2015, n° 894a). Le recourant ne peut pas non plus être suivi lorsqu'il affirme que le Tribunal fédéral aurait déjà confirmé, dans son arrêt 5A_637/2015 du 10 novembre 2015, qu'il n'y avait, en l'espèce, pas de renversement du fardeau de la preuve s'agissant de la capacité de discernement de la testatrice. En effet, l'examen effectué dans le cadre de la cause précitée - à savoir une demande de sûretés en garantie des dépens déposée par le recourant - était un examen prima facie. La question de la présomption de discernement n'a donc nullement été définitivement tranchée dans le cadre de cette cause. Enfin, l'arrêt publié aux ATF 117 II 231 - dont le recourant reproduit le contenu de manière tronquée, en écartant les passages qui ne vont pas dans son sens - ne lui est d'aucun secours. En effet, contrairement à ce qu'il soutient, cette cause diffère de la présente affaire sur divers points de fait, notamment s'agissant du diagnostic posé, de la présence d'une mesure de protection de l'adulte en faveur de l'intéressée et de la clarté des conclusions des experts.