Citation: 9C_68/2020 E. 5.2.3

5.2.3. En dépit de son titre de directeur, A.________ ne saurait en l'occurrence être qualifié d'organe de fait, conformément à ce qu'il soutient et contrairement à ce que la juridiction cantonale a retenu. En effet, le tribunal cantonal n'a d'abord pas expressément pris position sur les compétences ou le rôle joué au sein de la société par chacune des personnes inscrites au registre du commerce. Se fondant sur le témoignage d'une employée de E.________ SA (cf. procès-verbal du 6 décembre 2018), il a certes relevé que le recourant était régulièrement dans les locaux de la société et que le témoin avait des contacts avec lui tous les deux ou trois jours. Il n'a cependant pas cherché à savoir plus précisément sur quelles tâches avaient porté ces contacts, voire quelles instructions ou directives effectives l'employée avait reçues du recourant. Les déclarations du témoin ne permettaient en tout cas pas de déterminer quel était le type d'activités déployées par le recourant pour le compte de la société ni leur ampleur. Les premiers juges ont ensuite discuté des témoignages des autres employés de la société ou de la fiduciaire chargée de la gestion comptable et salariale de cette dernière (cf. procès-verbaux du 6 décembre 2018). Ils n'ont cependant pas pris en considération les éléments s'opposant à une participation déterminante du recourant dans la marche des affaires de la société. Il ressort toutefois de ces témoignages que la gestion quotidienne de la société était quasi exclusivement assumée par C.________ (99 %) et que les rares interventions de A.________ (1 %) ne s'étaient produites que lors des vacances de celui-ci. De surcroît, aucun des témoins interrogés n'a été en mesure de définir concrètement la fonction ou le cahier des charges du recourant. La représentante de la fiduciaire a même affirmé qu'à sa connaissance, il avait servi de prête-nom à C.________. Les quelques documents signés par A.________ en trois ans (une demande de délai pour payer un acompte de cotisations, l'attestation des salaires 2011, une demande de délai pour payer le complément de cotisations 2011 et une demande d'adaptation des acomptes 2012) ne sauraient par ailleurs démontrer que celui-ci était responsable de la gestion des salaires au sein de la société, qu'il en connaissait la situation financière et qu'il était à même de l'influencer, d'autant moins qu'il disposait seulement de la signature collective à deux. Le fait que A.________ est l'associé gérant président d'une autre société d'emplois temporaires ne change rien à ce qui précède, puisque le rôle qu'il y exerce ne permet pas d'établir en l'espèce dans quelle mesure il aurait effectivement exercé une influence dans la marche des affaires de E.________ SA.