Citation: 9C_603/2015 E. 4

Sur la base des mesures d'instruction effectuées, les premiers juges ont retenu que l'intimé présentait une incapacité de travail de 100 % à compter du 9 juin 2010, quelle que soit l'activité envisagée, et avait droit depuis lors à une rente entière de l'assurance-invalidité. Les limitations fonctionnelles retenues par le docteur D.________ (rapport du 8 janvier 2008) étaient quasi superposables - comme l'avait rappelé le Tribunal fédéral - à celles mises en évidence par les médecins du CEMed (rapport du 12 juillet 2010). Le stage d'observation aux Etablissements C.________ avait toutefois mis en évidence des limitations physiques supplémentaires (la coordination oculo-manuelle et la coordination-dissociation étaient affectées, la mobilité des membres supérieurs de l'assuré limitée et les gestes amples exclus; le degré de précision de l'assuré était également limité, dès lors qu'il ne contrôlait pas avec précision ses mouvements et ses gestes) dont les médecins du CEMed n'avaient pas nié l'existence (détermination du 25 février 2015), se bornant à considérer qu'il ne leur appartenait pas de les évaluer. Ils avaient néanmoins déclaré que "[n]ous avons affaire à une situation dans laquelle un travailleur qui ne pouvait vendre que sa force ne peut plus le faire, ceci pour des raisons médicales. L'analyse du COPAI a montré qu'il ne pouvait pas réaliser un autre travail. La synthèse de ces données apparaît évidente". Les observations professionnelles complétaient par conséquent utilement les données médicales fournies par les médecins du CEMed et montraient, concrètement, que l'intimé n'était en réalité plus à même de mettre en valeur de manière significative la capacité de travail résiduelle retenue sur le plan médico-théorique. Les possibilités d'un emploi adapté aux importantes limitations fonctionnelles de l'intimé n'apparaissaient par ailleurs pas suffisantes pour que celui-ci puisse mettre en valeur sa capacité de travail résiduelle sur le plan économique dans une mesure significative. Il apparaissait en particulier utopique qu'il puisse assumer des contrôles de surveillance sur plusieurs écrans, sans avoir à accomplir des mouvements répétitifs en rotation et en flexion/extension de la colonne cervicale, ou exercer des activités de surveillance de chantiers - respectivement des activités de distribution de courriers - au vu de la mobilité réduite de ses membres supérieurs.