Citation: 6B_528/2021 E. 3.2

3.2. Au plan formel, le recourant objecte, que ses réquisitions de preuves devaient lui permettre de s'exprimer directement et offrir à la cour cantonale une représentation complète de la situation, en particulier eu égard au long délai écoulé depuis son incarcération, aux difficultés de communication rencontrées dans l'exercice de ses droits de la défense (prévenu à l'étranger ne parlant que w.________ et v.________ dans une moindre mesure). Il relève aussi n'avoir pas eu l'occasion de s'exprimer devant un tribunal malgré les conséquences énormes de la procédure sur sa vie. Il entendait notamment expliciter la souffrance morale et l'impact psychologique qu'avaient entraînés son arrestation, son extradition et son incarcération injustifiées qui avaient perduré après l'ordonnance de classement, si bien que le dossier du ministère public ne renseignait que peu sur l'ampleur de son dommage. En ce qui concerne la quotité de l'indemnité pour tort moral, en se référant à divers arrêts du Tribunal fédéral et du Tribunal pénal fédéral, le recourant objecte que le montant de base ne pourrait, en règle générale, n'être que graduellement réduit que jusqu'à 100 fr. lorsque la détention se prolonge et que le montant déterminé sur cette base devrait ensuite être corrigé en fonction des autres critères liés aux circonstances de la privation de liberté soit, en particulier, des conséquences familiales et professionnelles (encore sensibles) ainsi que psychiques de sa privation de liberté. Il souligne aussi, à ce sujet, avoir été mis au bénéfice d'un acquittement total, son arrestation ayant résulté d'une erreur sur sa personne et étant intervenue à V.________, où il n'avait pas de casier judiciaire, alors qu'il y menait une vie rangée, sans lien quelconque avec la Suisse ou les protagonistes de l'affaire. Son arrestation serait intervenue avec fracas devant sa famille, notamment ses enfants et ses voisins. Ses proches en avaient souffert et il avait perdu sa respectabilité sociale. Il avait perdu son travail de manière brutale, son employeur l'ayant renvoyé avec effet immédiat après avoir appris son arrestation. Il n'avait pu assister à la naissance de sa fille, son permis de séjour avait été confisqué et la procédure avait rendu son séjour à V.________ très précaire notamment sous l'angle du renouvellement de cette autorisation; il n'avait pu aller voir ses parents résidant à X.________ pendant plusieurs années. Les conséquences sur sa santé psychique étaient avérées. Sa détention avait duré 9 mois malgré ses demandes répétées de libération. La durée totale de la procédure avait été " éminemment longue " et il s'était écoulé encore deux ans entre l'ordonnance de disjonction du 15 septembre 2015 (qui mentionnait déjà l'insuffisance manifeste des preuves relatives à sa participation au brigandage) et celle de classement. Il n'avait jamais eu affaire à la justice auparavant, n'avait jamais été entendu en lien avec la procédure de classement et n'avait jamais pu expliciter l'impact psychologique et la souffrance morale ayant résulté de l'arrestation, l'extradition et l'incarcération injustifiées. Il en conclut que la somme allouée, correspondant à une indemnité journalière de 107 fr. 90 serait absolument inadéquate et devrait être augmentée à 200 fr. par jour.