Citation: 5A_814/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, la motivation de l'autorité cantonale fondée sur la jurisprudence susexposée est correcte en tous points. La solution consacrée à l'arrêt 5P.205/2004 précité permet d'aboutir à cette conclusion même après un examen libre de l'art. 80 LP. C'est donc à raison que l'autorité cantonale a considéré que les créances mises en poursuite dans les commandements de payer, poursuites n° xxx et yyy, sont les contributions d'entretien dues par le poursuivi à titre de mesures protectrices de l'union conjugale pour les périodes du 10 au 31 août 2021 et de septembre à décembre 2021 et que le titre produit par la poursuivante devant le juge de la mainlevée est un arrêt cantonal exécutoire statuant sur ces mêmes contributions d'entretien dès le 1 er février 2020, de sorte qu'il y a identité entre les prétentions déduites en poursuite et le titre présenté. C'est aussi à juste titre qu'elle a précisé que les indications précitées du commandement de payer permettent au recourant de reconnaître le fondement de la dette déduite en poursuite. Le recourant pense à tort trouver un argument contraire dans les arrêts 5A_1001/2015 du 22 juin 2016 (publié in BlSchK 2018 p. 4) et 5A_1023/2018 du 8 juillet 2019. Dans le premier, le Tribunal fédéral a jugé qu'il n'y avait pas identité entre une prétention fondée sur des mesures protectrices de l'union conjugale et celle fondée sur des mesures provisionnelles prononcées durant la procédure de divorce lorsque le poursuivant n'avait pas indiqué dans son commandement de payer ni dans sa requête de mainlevée agir sur la base de la décision de mesures provisionnelles, ce dernier titre ayant été produit par le poursuivi en guise de moyen libératoire. Dans le second, il a jugé qu'il suffisait que la cause de l'obligation indiquée dans le commandement de payer corresponde à celle de la décision à exécuter pour que la mainlevée soit accordée, même si le commandement de payer ne mentionne pas ce titre. Or, en l'occurrence, non seulement la prétention périodique mise en poursuite est la même que celle résultant du titre, tant dans sa cause que dans la période concernée, mais la poursuivante l'a indiquée de manière reconnaissable dans le commandement de payer et a produit le titre correspondant devant le premier juge. Quant aux montants, le recourant se trompe lorsqu'il soutient que celui mis en poursuite doit correspondre exactement à celui qui ressort du titre pour que la mainlevée de l'opposition soit prononcée: le montant mis en poursuite est seulement le montant maximum pour lequel la mainlevée peut être prononcée sur la base du titre. Il suit de là que le grief de violation de l'art. 81 al. 1 LP doit être rejeté.