Citation: 1C_640/2017 E. 4.3

4.3. Il n'est pas contesté que le projet mis à l'enquête ne respecte pas les conditions de l'art. 8.4 RGATC; on ne discerne dès lors pas en quoi le refus de la commune - certes fondé sur une application stricte de son règlement - devrait être taxé d'arbitraire. Il est à cet égard insuffisant de procéder par hypothèses et soutenir que le projet litigieux aurait pu bénéficier d'une dérogation. La recourante ne prétend en particulier pas - ni a fortiori ne démontre (art. 106 al. 2 LTF) - qu'une exception serait en l'occurrence justifiée par des raisons impératives; or il s'agit pourtant d'une condition définie par l'art. 8.4 al. 4 RGATC pour l'octroi d'une telle dérogation. Cette argumentation apparaît d'autant moins pertinente qu'aucune demande de dérogation n'a été formulée dans le cadre de la procédure d'enquête, comme le rappelle céans la commune. Par ailleurs, rien ne permet de supposer, contrairement à ce que soutient implicitement la recourante, que l'adoption de l'art. 8.4 RGATC - et le nombre de places de stationnement qu'il impose - procéderait d'une pesée des intérêts incomplète, ne tenant pas ou insuffisamment compte des lignes directrices tracées par le PDCn en matière de mobilité douce (cf. PDCn, 4 ème adaptation, 20 juin 2017, p. 59) (à ce propos cf. arrêt 1C_630/2015 du 15 septembre 2016 consid. 7.3.1; PIERRE TSCHANNEN, Commentaire LAT, 2010, n. 28 s. ad art. 9 LAT). Faute d'explications complémentaires, une telle conclusion ne saurait à l'évidence être déduite de la seule existence d'une offre en transports publics suffisante, au niveau communal, et de la présence d'un arrêt de bus à 150 m de la parcelle en cause, ce d'autant moins que ces éléments ne sont pas établis (art. 105 al. 1 LTF). La recourante ne démontre enfin pas non plus que les modifications apportées ultérieurement au projet, par le biais du plan du 1 er juillet 2016, pouvaient être dispensées d'une nouvelle mise à l'enquête publique ou d'une enquête complémentaire (cf. art. 109 de la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions du 4 décembre 1985 [LATC; RS/VD 700.11 et art. 72b de son règlement d'application du 19 septembre 1986 [RLATC; RS/VD 70.11.1]). Il faut du reste à cet égard concéder à l'autorité municipale que l'examen, au stade du recours cantonal, d'un projet différent de celui mis formellement à l'enquête pourrait, dans certaines circonstances, interférer avec l'important pouvoir d'appréciation dont bénéficient les communes vaudoises en matière d'aménagement local du territoire (à ce propos, cf. arrêt 1C_92/2015 du 18 novembre 2015 consid. 3.1.2). Dans ces circonstances, le Tribunal cantonal pouvait, sans que cela ne heurte de manière flagrante le sentiment de justice et d'équité - et indépendamment de la question du caractère étriqué des constructions, que la recourante conteste - s'en tenir à la version du projet formellement mise à l'enquête.