Citation: 5P.189/2000 26.10.2000 E. 1

b) Ces considérations résistent au grief de la recourante. Il ne suffit en effet pas qu'une autre solution que celle de l'autorité cantonale soit concevable, voire préférable; une décision n'est arbitraire que si elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et incontesté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 125 II 129 consid. 5b p. 134). Or, en l'espèce, il résulte effectivement des travaux préparatoires que l'art. 286 CPC/VS s'inspire des §§ 207 et 208 ZPO/ZH, qui régissent de façon particulière les conséquences du défaut en procédure sommaire zurichoise (cf. Frank/Sträuli/Messmer, Kommentar zur zürcherischen Zivilprozessordnung, 3e éd., ad §§ 207 et 208), et reprend les principes posés en la matière par la jurisprudence valaisanne. Celle-ci excluait expressément, en procédure sommaire, le prononcé d'un jugement contumacial et, partant, l'application des art. 113 ss aCPC/VS réglant les "suites du défaut" en procédure ordinaire (notamment: RVJ 1984 206 consid. 2b p. 210, 1987 176 consid. 1a p. 177; Roland Fux, Die Walliser Zivilprozessordnung, Leuk-Stadt 1988, p. 190). Si, pour partie, cette jurisprudence a certes été rendue sur la base de règles découlant de lois d'application (cf. RVJ 1987 précitée), il n'en demeure pas moins que le législateur valaisan a apparemment entendu étendre le régime adopté dans ces domaines particuliers aux causes dont le juge connaît définitivement en vertu de l'art. 21 al. 2 CPC/VS et qui sont soumises à la procédure sommaire (art. 282 al. 1 let. c CPC/VS). Dans ce contexte, il s'agit moins de déterminer si le juge de district a arbitrairement interprété la loi que d'examiner si la volonté du législateur ne viole pas des garanties fédérales, ce qu'a fait valoir sans succès la recourante (cf. supra, consid. 2). L'argument pris de la lettre et de la systématique de la loi n'est, par ailleurs, pas de nature à démontrer le caractère arbitraire de l'opinion de l'autorité cantonale. Il n'est en effet pas manifestement insoutenable de considérer que les art. 108 ss CPC/VS, qui régissent le relief du jugement contumacial, ne s'appliquent pas en procédure sommaire. Le jugement contumacial est en effet la conséquence, "sauf disposition contraire", d'un deuxième défaut des parties (art. 100 CPC/VS). Il est défini à l'art. 102 al. 1er CPC/VS, selon lequel "les faits allégués et les conclusions de la partie non défaillante sont admis à moins qu'il ne résulte du dossier ou de la situation juridique que la prétention est manifestement irrecevable ou infondée". En procédure sommaire, l'art. 285 CPC/VS dispose en revanche que le défaut est encouru déjà en cas d'inobservation d'un unique délai ou lors de la non-comparution à l'audience. L'art. 286 CPC/VS en définit les suites: si le demandeur ne comparaît pas, il est statué sur la base du dossier, les faits présentés par le défendeur étant réputés exacts dans la mesure où leur inexactitude ne ressort pas du dossier (al. 1); si, comme en l'espèce, le défendeur est défaillant, les faits présentés par le demandeur sont réputés exacts dans la mesure où leur inexactitude ne ressort pas du dossier (al. 2). Ainsi, alors même que l'art. 102 al. 1er CPC/VS prévoit non seulement l'admission des faits allégués, mais aussi celle des conclusions de la partie non défaillante, sous réserve de la prétention qui serait manifestement irrecevable ou mal fondée, et ne distingue pas la position du demandeur de celle du défendeur, l'art. 286 CPC/VS opère cette dernière distinction et, en cas de défaut du défendeur (al. 2), ne pose que la présomption d'exactitude des faits présentés par le demandeur. Il n'est ainsi pas insoutenable de considérer qu'en procédure sommaire le défaut et ses conséquences ont reçu une réglementation particulière, qui, au vu de la réserve de l'art. 282 al. 2 CPC/VS, exclut l'application des autres règles de procédure et, en particulier, de celles régissant le relief d'un jugement contumacial au sens de l'art. 102 al. 1er CPC/VS. Le fait qu'en procédure accélérée l'art. 306 CPC/VS prévoit le prononcé d'un jugement contumacial en cas de défaut des parties à la première audience et réserve les dispositions sur le relevé du défaut et le relief constitue un indice en ce sens. Enfin, que le Commentaire à l'usage des autorités judiciaires communales mentionne la voie du relief ne signifie pas encore que l'opinion du juge de district serait insoutenable, ce d'autant plus lorsqu'un autre auteur soutient - il est vrai sans aucune motivation - la thèse contraire (Ducrot, op. cit. , et plus récemment in: Le droit judiciaire privé valaisan, Martigny 2000, p. 415); il ne suffit en effet pas qu'une autorité s'écarte d'un avis pour s'exposer au reproche d'arbitraire.