Citation: 6B_10/2021 E. C

Les faits à l'origine de cette condamnation sont en substance les suivants. Une autorisation de manifester a été délivrée le 7 mars 2019 à A.________ par le Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé en vue d'un rassemblement et cortège organisé par cette dernière à l'occasion de la Journée internationale des femmes le 8 mars 2019 dès 19h00. Cette autorisation précisait le parcours du cortège, les lieux des prises de parole ainsi que l'heure de la fin de la manifestation. Elle prescrivait par ailleurs que toutes les précautions devaient être prises pour éviter les incidents avec les flambeaux (ch. 7) et afin qu'il ne soit porté atteinte ni à la tranquillité publique ni à la sécurité et à l'ordre publics (ch. 8), que les participants devaient se conformer aux ordres de la police, qui interviendrait lors de tout débordement (ch. 14), qu'il incombait à A.________ de constituer un service d'ordre interne et identifiable durant toute la manifestation (ch. 15); elle rappelait enfin à cette dernière qu'elle avait personnellement l'entière et seule responsabilité de la manifestation, de sorte que tout débordement éventuel pouvait lui être imputé et qu'il lui incombait de tout mettre en oeuvre pour que les participants respectent les termes de l'autorisation (ch. 16). Il ressort du rapport du 9 mai 2019 établi par le sergent-major B.________, quartier-maître du groupe de maintien de l'ordre, à l'intention du Service des contraventions que lors de la manifestation, la police a constaté que des manifestants avaient apposé des tags sur des vitrines et sur des bus des Transports publics genevois, utilisé des engins pyrotechniques ou encore tenté de prendre un itinéraire non conforme à celui autorisé, seule l'intervention de la police, qui avait barré le passage, ayant permis que les manifestants reprennent l'itinéraire autorisé. Il a été relevé en outre que le rassemblement final ne s'était pas tenu au lieu prévu. La police a encore noté que le service d'ordre n'était pas clairement identifiable au motif que ses membres portaient de simples colliers lumineux; ils se définissaient eux-mêmes comme une "team d'ambiance", n'avaient pas été correctement instruits par l'organisatrice et n'avaient pas été en mesure d'encadrer la manifestation, notamment afin que celle-ci emprunte l'itinéraire autorisé. L'organisatrice n'avait d'ailleurs pas dirigé le cortège, ni pris les mesures correctrices requises par la police lors de la manifestation.