Citation: 1C_556/2014 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le Tribunal administratif fédéral a considéré que l'enchaînement chronologique rapide entre la déclaration commune (20 janvier 2008), l'octroi de la naturalisation facilitée (19 février 2008), la séparation du couple (fin juin 2009), la procuration signée conjointement par les époux en vue de l'introduction d'une procédure de divorce (19 janvier 2010), le dépôt de la requête commune en divorce avec convention complète (30 août 2010), le jugement de divorce (16 septembre 2010), la naissance de l'enfant de la recourante issu d'une relation avec un ressortissant suisse (4 novembre 2010), son mariage avec le père de son enfant (11 novembre 2011) fondait la présomption que les époux n'avaient plus la volonté de maintenir une communauté conjugale stable au sens de l'art. 27 LN au moment de la signature de la déclaration commune et lors de la décision de naturalisation. Ces éléments et leur chronologie, en particulier la séparation effective intervenue 16 mois après l'octroi de la naturalisation, permettent effectivement de fonder la présomption que celle-ci avait été obtenue frauduleusement (cf. arrêt 1C_796/2013 du 13 mars 2014 consid. 3.2). C'est d'ailleurs en vain que la recourante conteste ce mécanisme de présomption, qui a été maintes fois confirmé par la jurisprudence (cf. supra consid. 3.1). Conformément à la jurisprudence précitée, il s'agit donc uniquement de déterminer si l'intéressé est parvenu à renverser cette présomption en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune.