Citation: 8C_233/2023 E. 1

A.d. Par arrêté du 19 mai 2021, le Conseil d'État genevois a ordonné l'ouverture d'une enquête administrative à l'encontre de A.________ ainsi que la suspension provisoire de l'intéressée à partir de la rentrée scolaire 2021-2022, avec maintien du traitement. L'enquêtrice a rendu son rapport le 5 avril 2022, retenant les faits résumés suivants: - au cours des années scolaires 2018-2019 et 2019-2020, A.________ était intervenue auprès de deux classes, pendant une campagne de vaccination organisée par le DIP contre le papillomavirus, par un discours brouillant le message de protection de la santé véhiculé par les autorités compétentes et se positionnant en contradiction avec sa hiérarchie; - il ressortait d'une vidéo de l'événement C.________, diffusée sur Youtube, que A.________ était montée sur scène aux côtés de l'organisateur, D.________, afin de recevoir une "quenelle d'or", à savoir une statuette faisant le geste de la quenelle, qu'elle avait dédié à l'association E.________, faisant référence à la procédure ouverte contre elle au sein du DIP; dans une autre vidéo publiée sur Facebook en 2021, elle avait évoqué la procédure administrative en cours, faisant un lien entre des courriers adressés par l'association E.________ au DIP et les entretiens de service auxquels elle avait été convoquée en résumant: "l'association E.________ demande, l'État obéit", de sorte qu'elle se sentait légitimée à dédier sa quenelle d'or à cette association; - le 3 septembre 2020, A.________ avait une nouvelle fois diffusé sur Facebook la vidéo de mai 2019 [...] sur laquelle elle apparaissait aux côtés de D.________ [...]; - entre août 2020 et novembre 2021, A.________ s'était exprimée publiquement et à réitérées reprises au sujet du blâme du 6 juillet 2020 et de la procédure, dans des vidéos mises en ligne, dans des commentaires y relatifs ou encore lors d'interviews données à des médias numériques; elle ne s'était pas limitée à mentionner son blâme en réponse à une éventuelle question, mais avait, de manière récurrente et proactive, présenté la sanction comme un processus poursuivi par son employeur, le cas échéant sur impulsion de E.________, visant à la sanctionner pour des faits qu'elle ne parvenait à identifier, sinon la diffusion, dans le cadre de ses activités hors du contexte scolaire, d'informations qui dérangeaient, ou sa proximité avec une personne qui dérangeait (D.________); - A.________ avait publiquement déclaré, le soir de la votation du 28 novembre 2021 sur la loi COVID-19, que les résultats avaient été manipulés en faveur du oui, relayant une allégation indirecte et sans fournir de preuves en ce sens; à l'occasion de cette même intervention, elle avait affirmé que le conseiller d'État genevois en charge de la santé n'était pas vacciné contre le Covid-19 et avait mentionné, lors d'une interview donnée à un média, que ce même conseiller d'État n'avait pas respecté les gestes barrière lors d'un barbecue; - A.________ avait publiquement (sur Facebook) pris position contre une décision de la direction générale de l'enseignement obligatoire (ci-après: la DGEO) du 6 décembre 2021 relative au port du masque pour les élèves des classes de 5P à 8P, en la qualifiant d'insensée, en interpellant les parents et en relayant un appel à un rassemblement devant le siège du Conseil d'État pour manifester son opposition à cette décision de sa hiérarchie; - A.________ avait publié sur ses réseaux sociaux des textes et images comparant les mesures sanitaires prises pour contenir l'expansion du Covid-19 à la période nazie, établissant un parallèle entre ces mesures et celles ordonnées entre 1933 et 1945 contre les personnes de confession juive, comprenant en particulier l'obligation de porter l'étoile jaune; - A.________ avait mis en ligne, en 2021, une interview qu'elle avait réalisée de F.________, personnage controversé condamné pénalement en France, dont les propos contenaient, entre autres, une invitation aux forces de police et à l'armée françaises à renverser les gouvernants en place, les accusant de multiples activités à caractère pénal (corruption passive, protection de pédocriminels, mise en danger volontaire de la santé des personnes, etc.), une allusion à un complot khazar pour prendre le contrôle du monde en utilisant la religion juive ou encore la mention de l'existence d'une protection institutionnelle de la pédocriminalité. A.________ s'est déterminée sur le rapport d'enquête le 24 mai 2022, contestant tout manquement à ses devoirs et obligations d'enseignante. Par arrêté du 22 juin 2022, déclaré exécutoire nonobstant recours, le Conseil d'État a révoqué A.________, avec effet au 30 septembre 2022, et l'a libérée immédiatement de son obligation de travailler.