Citation: 8C_441/2017 E. 4.2

4.2. Dans deux rapports circonstanciés datés des 20 avril et 20 juillet 2015, le médecin traitant psychiatre de l'intimée, le docteur E.________, a exprimé son désaccord avec l'appréciation de son confrère. Il était contradictoire de retenir que l'événement du 26 février 2011 était de nature à entraîner un ESPT pour une certaine période puis après, plus. En ce qui concernait les antécédents de sa patiente, le médecin traitant a souligné qu'il manquait des informations fiables à ce sujet puisque la documentation médicale y relative n'existait plus. L'évaluation de leur importance en terme de facteurs de vulnérabilité préexistante était hasardeuse vu qu'elle dépendait largement du récit qu'en faisait A.________. La prénommée avait présenté deux brefs épisodes anxio-dépressifs (durant son adolescence et à l'âge de 39 ans) pour lesquels elle avait bénéficié d'un suivi psychiatrique temporaire avec à chaque fois une rémission complète des symptômes. Bien des années plus tard, elle avait développé une claustrophobie. Même si les manifestations de cette phobie s'étaient étendues sur plusieurs années, il y avait eu une évolution favorable avec également une guérison complète au moment du traumatisme survenu en 2011. Par ailleurs, il était faux de dire que la symptomatologie de ce trouble se recoupait avec l'ESPT dès lors que A.________ n'avait souffert ni d'attaques de panique ni de peurs agoraphobiques après son agression mais de symptômes d'ESPT bien spécifiques comme des reviviscences, des flash-back et un état d'hyper éveil et de qui-vive. Enfin, il ressortait de la littérature scientifique psychiatrique que la durée moyenne des cas chroniques d'ESPT était de 3 à 5 ans et n'était pas tant corrélée aux antécédents psychiatriques des victimes qu'à leurs antécédents traumatiques et à l'absence de traitement. Or ces deux éléments étaient réunis dans le cas de A.________. En particulier, cette dernière n'avait pu bénéficier d'une thérapie cognitivo-comportementale adéquate pour elle et régulière qu'à partir de décembre 2013, l'ancien psychiatre qui l'avait traitée pour sa claustrophobie s'étant retiré pour cause de maladie dès septembre 2012. Ce médecin était décédé ensuite. Enfin, le docteur E.________ ne partageait pas l'avis de l'expert selon lequel l'état psychique de l'assurée n'était pas susceptible d'amélioration. Selon son expérience médicale, pour les raisons qu'il avait mentionnées, il estimait que la durée du traitement prodigué jusqu'ici était encore trop courte. En outre, il pouvait observer les premiers effets positifs de sa thérapie sur A.________, qui montrait déjà une meilleure maîtrise de son anxiété, recommandant au moins encore deux ans d'efforts thérapeutiques avant de conclure à une situation sans perspective d'évolution.