Citation: 1B_193/2023 E. 3

Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis. Le recourant indique avoir déposé dans le délai imparti à cet effet sa déclaration d'appel et son recours en langue française. Il soutient néanmoins disposer d'un intérêt actuel et pratique à ce qu'il soit statué sur son recours car la procédure d'appel nécessitera, en raison de sa complexité, un grand nombre d'écritures dont la Cour d'appel exigera qu'elles soient rédigées, respectivement traduites en français. Cette question peut demeurer indécise. L'ordonnance par laquelle le Juge présidant de la Cour d'appel du Tribunal pénal fédéral exige du recourant qu'il traduise dans la langue de la procédure sa déclaration d'appel, ses courriers des 11 juillet et 19 septembre 2022, son recours sur l'indemnisation de son défenseur d'office ainsi que ses requêtes de traduction du jugement entrepris et de renvoi de la cause à l'autorité précédente pour nouveaux débats ne met pas fin à la procédure d'appel et revêt un caractère incident. Elle ne peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral que si elle est susceptible de causer un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF, l'hypothèse visée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'entrant pas en considération. Il doit s'agir d'un dommage de nature juridique, qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision qui lui serait favorable (ATF 148 IV 155 consid. 1.1). Il incombe au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision incidente lui cause un tel dommage, à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF 141 IV 284 consid. 2.2). L'obligation faite au recourant de traduire sa déclaration d'appel et son recours sur l'indemnisation de sa défense d'office dans la langue de la procédure ne lui cause pas de préjudice de nature juridique que ne pouvait réparer une annulation, par le Tribunal fédéral, de l'arrêt d'irrecevabilité que la Cour d'appel aurait été en mesure de rendre si le recourant n'avait pas obtempéré à l'ordonnance querellée (cf. arrêt 1B_147/2023 du 19 avril 2023 consid. 3). Les frais de traduction des actes litigieux auxquels l'ordonnance querellée a contraint le recourant à procéder ne représentent qu'un dommage de fait insuffisant pour retenir que la condition de l'art. 93 al. 1 let. a LTF est réalisée (ATF 143 IV 175 consid. 2.2; cf. ATF 106 Ia 299 consid. 1 in fine). Au demeurant, le Juge présidant de la Cour d'appel n'a pas exclu qu'ils soient pris en charge par la Confédération en cas d'admission de l'appel, renvoyant la question du sort des frais de traduction à la décision finale sur l'indemnisation du conseil d'office.