Citation: 5A_255/2022 E. 7

Dans un dernier moyen, le recourant prétend qu'il était arbitraire de retenir des arriérés concernant la villa de V.________, aucune facture relative à cette propriété n'étant ouverte, de même que s'agissant des frais de nourriture et de voyage, ce d'autant que les arriérés contestés couvrent une période durant laquelle la crise sanitaire rendait de telles dépenses impossibles. Il serait dès lors arbitraire de le condamner à verser à l'intimée un arriéré de plus d'un million de francs. Il serait également choquant de retenir des frais en lien avec le salaire d'employés de maison licenciés, tout en lui déniant la possibilité de compenser de tels frais pour le passé. Il ajoute qu'il "s'agira en tout état de tenir compte de l'écoulement du temps, en ce sens que depuis l'arrêt rendu, [il] a continué à verser CHF 13'135,75 par mois et de prendre en charge tous les frais de l'intimée, de sorte qu'il s'agira d'ajouter en compensation le nombre de mois correspondant depuis le 1er mars 2022 et la prochaine décision de votre Haute Cour". Il paraît d'abord fortement douteux que ces critiques satisfassent aux exigences de motivation tirées de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.1 et 2.2). Quoi qu'il en soit, et pour autant qu'elles soient intelligibles, elles ne sauraient être admises. L'autorité cantonale a en effet porté en déduction de la contribution d'entretien due par le mari dès le 1er février 2020 les montants déjà versés, soit, notamment, 35'000 euros par an en moyenne pour la villa de V.________. Il est dès lors sans pertinence que l'intimée n'ait pas invoqué de facture impayée pour l'entretien de cette propriété. La Cour de justice a aussi admis la prise en compte de la somme de 10'000 fr. par mois (irrégulièrement versée), puis de 13'135 fr. 75 par mois dès le 1er octobre 2020, payée à l'épouse. On ne comprend dès lors pas pourquoi les frais de nourriture et de voyage de celle-ci seraient, comme le prétend le recourant, acquittés deux fois. Enfin, l'autorité cantonale a considéré qu'il n'y avait pas lieu de déduire des contributions d'entretien des frais de personnel de maison, qui n'avaient pas été encourus, mais qui restaient cependant dus à l'intimée. Dès lors que le recourant a échoué à démontrer l'arbitraire à cet égard (cf. supra consid. 3.3), ses critiques fondées sur l'impossibilité de compenser de tels frais pour le passé sont donc vaines.