Citation: U 62/04 11.05.2004 E. 3

En l'occurrence, O.________ a subi une fracture de fatigue du 2ème métacarpien de son pied droit après avoir ressenti les (premières) douleurs alors qu'elle était en train de marcher. Selon ses déclarations, elle marchait rapidement mais dans des conditions tout à fait normales. Dès lors que rien ne permet de retenir que son membre inférieur droit ait été sollicité de manière particulière ou qu'un phénomène extérieur soit venu interférer dans le déroulement de la marche, on ne voit pas qu'un événement similaire à un accident se soit produit. Certes, la doctoresse P.________ a-t-elle souligné que la fracture présentée par sa patiente était intervenue «sans contexte de pathologie associée telle ostéoporose ou malformation de deux pieds entraînant un hyperappui anormal» (voir sa lettre du 4 juin 2003). Cette constatation ne change toutefois rien à la solution du litige. La preuve qu'une lésion déterminée est ou non la conséquence d'une maladie ne revêt une importance que lorsque la condition du facteur extérieur est remplie. Dans cette hypothèse, l'assureur-accidents ne pourrait se soustraire à sa responsabilité que s'il rapportait la preuve que la lésion corporelle concernée est manifestement imputable à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs. Dans le cas particulier toutefois, quand bien même la fracture de l'assuré ne résulte pas, aux yeux des médecins consultés, d'une maladie au sens strictement médical du terme, il n'y a pas lieu d'admettre l'existence d'une lésion corporelle assimilée à un accident au sens de la jurisprudence et des dispositions réglementaires précitées (voir consid. 2 supra), faute de cause dommageable extérieure. C'est par conséquent à tort que les premiers juges en ont décidé autrement dans le jugement entrepris. Celui-ci se révèle donc non conforme au droit fédéral, de sorte que le recours est bien fondé.