Citation: 5A_268/2023 E. 3.3

3.3. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir justifié le retrait de son droit de visite en se fondant principalement sur le rapport d'enquête sociale du SEJ du 20 décembre 2021, alors que ce rapport présente de graves insuffisances, telles que l'absence de renseignements recueillis auprès de professionnels et de tiers l'ayant vu avec ses enfants, ainsi que d'auditions individuelles de ceux-ci. Il soutient qu'en réalité, ce sont ses rapports difficiles avec le SEJ qui ont été tenus pour décisifs, alors qu'il aurait fallu déterminer s'il était préjudiciable à l'intérêt des enfants d'être en contact avec lui, respectivement si une mesure moins incisive, telle qu'un droit de visite médiatisé, pouvait entrer en considération. La façon dont ce droit s'est déroulé depuis la séparation des parties devrait par ailleurs être mise en perspective avec la situation familiale effective. Dans cette mesure, l'argumentation du recourant consiste toutefois en un copier-coller quasi intégral de celle déjà formulée en appel, ce qui rend d'emblée ses critiques irrecevables dès lors qu'il ne s'en prend pas spécifiquement aux motifs de l'arrêt attaqué (cf. supra consid. 1.3). Il ne saurait en effet se contenter de reprendre les arguments développés en instance cantonale, mais doit au contraire exposer en quoi leur rejet par l'autorité précédente violerait le droit constitutionnel. En tant qu'il se contente d'opposer sa thèse à celle de l'autorité précédente, les exigences de motivation déduites de l'art. 106 al. 2 LTF ne sont pas respectées. Le recourant reproche certes à la cour cantonale de n'avoir apporté aucune réponse à plusieurs des critiques détaillées qu'il a formulées en appel concernant le rapport d'enquête sociale du SEJ et les relations avec ses enfants, raison pour laquelle il entend les reprendre ici. Les considérants pour le moins complets et circonstanciés de l'arrêt attaqué permettent toutefois de comprendre le raisonnement de l'autorité cantonale, étant rappelé qu'elle n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents. En tant qu'il se plaint d'une violation de son droit d'être entendu, sous l'angle de son droit à une décision motivée, le recourant ne saurait donc être suivi (art. 29 al. 2 Cst.; ATF 146 III 335 consid. 5.1; 142 II 154 consid. 4.2). Le recourant expose en outre que, comme l'autorité cantonale en a été avertie par courrier du 22 février 2023, il a fortuitement rencontré ses enfants accompagnés de leur mère et d'un éducateur à l'occasion du carnaval, le 18 février 2023, et qu'il ressort du compte-rendu de l'éducateur que la rencontre s'est très bien passée. Il affirme que s'il a pu se montrer parfaitement adéquat dans le contexte pourtant très délicat d'une rencontre imprévue avec ses enfants après plus d'une année sans contacts avec eux, il n'y a aucune raison pour qu'il soit impossible de mettre en place un droit de visite médiatisé. Dans l'hypothèse où ces faits seraient considérés comme n'ayant pas été prouvés - bien que l'arrêt attaqué mentionne, dans sa partie en fait, le courrier du 22 février 2023 contenant le compte rendu de l'éducateur -, il y aurait lieu de retenir que les faits ont été manifestement mal établis (art. 9 Cst.). Ce faisant, le recourant se contente une fois de plus de présenter ses arguments de manière appellatoire, sans rien démontrer. Il convient en particulier de relever que, même si l'omission de la relation de sa rencontre avec ses enfants devait être considérée comme insoutenable, cela ne permettrait pas encore de taxer d'arbitraire l'appréciation des preuves effectuée par l'autorité cantonale. Sur la base des faits constatés dans l'arrêt attaqué, que le recourant a échoué à remettre en cause, cette juridiction ne peut se voir reprocher d'avoir arbitrairement exercé son pouvoir d'appréciation (art. 4 CC) en estimant qu'à ce stade, il était dans l'intérêt des enfants de suspendre le droit de visite à titre provisoire, soit jusqu'à ce que le complément d'enquête sociale et l'expertise psychiatrique du père aient eu lieu. Cette décision apparaît d'autant moins insoutenable qu'elle confirme que la curatrice pourra émettre des propositions de reprise progressive des relations personnelles si elle constate, avant le dépôt de l'expertise et du complément d'enquête, que les conditions minimales de leur exercice sont à nouveau réunies. Enfin, le recourant ne démontre nullement que la décision entreprise contreviendrait aux art. 13 Cst. et 8 CEDH - qui accordent, dans le domaine du droit de garde et de visite, une protection matériellement semblable (ATF 129 II 215 consid. 4.2; 126 II 377 consid. 7) -, en tant qu'elle lui refuse, en l'état, un droit de visite sur ses enfants. Par sa critique, il s'en prend en réalité, de manière appellatoire, à la force probante du rapport du SEJ et à l'appréciation de l'autorité cantonale quant à l'intérêt des enfants, dont il n'a pas été démontré qu'elle serait choquante en l'espèce. Il n'explique au demeurant pas en quoi les normes susvisées auraient une portée propre par rapport au grief d'arbitraire dans l'application des art. 273 et 274 CC (ATF 133 III 585 consid. 3.4; arrêt 5A_1020/2019 du 10 janvier 2020 consid. 3), qu'il a déjà soulevé sans succès. Il en va de même en tant que le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir enfreint le principe de proportionnalité en confirmant la suspension provisoire de son droit de visite plutôt qu'en imposant un droit de visite médiatisé, déjà tenté en vain (cf. supra consid. 3.2). A supposer qu'il soit suffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF), le grief relatif à dite suspension du droit de visite est ainsi infondé.