Citation: 5A_1008/2017 E. 3

Selon l'arrêt querellé, le recourant n'a pas contesté en deuxième instance que son ex-épouse - qui était invalide, percevait une rente AI entière de 1'861 fr. par mois, mais était déficitaire à hauteur de 853 fr. 10 par mois - avait droit à une contribution d'entretien, le mariage ayant duré plus de onze ans jusqu'à la séparation et deux enfants communs en étant issus. Il n'a pas non plus critiqué les calculs effectués par le premier juge pour arrêter le montant de la pension. Seule la question de la durée de la contribution d'entretien demeurait ainsi litigieuse. A cet égard, la cour cantonale a retenu qu'au vu de la durée du mariage, des deux enfants communs qui en étaient issus, de l'incapacité de l'ex-épouse d'assumer, en raison de problèmes de santé, son propre entretien au seul moyen de sa rente AI et de l'absence de possibilité de réinsertion professionnelle de celle-ci, la décision du Tribunal civil d'astreindre le recourant à contribuer à l'entretien de l'intimée jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de la retraite était conforme au droit fédéral. Bien qu'il n'ait pas été de très longue durée, le mariage dépassait néanmoins la limite des dix ans donnant droit à une protection de la position de confiance créée par l'union conjugale. Le recourant devait certes contribuer durant une trentaine d'années, à savoir près de trois fois la durée du mariage, à l'entretien de son ex-épouse. Toutefois, d'une part, la durée de l'union conjugale n'était pas décisive à elle seule; d'autre part, il ne fallait pas perdre de vue que l'intimée n'avait aucune perspective d'amélioration de sa situation financière et que cet état de fait était indépendant de la prise en charge des enfants. Le principe de la solidarité devait dès lors l'emporter sur celui de l'autonomie.