Citation: 4A_152/2024 E. 6.2.1

6.2.1. Dans la première branche du moyen considéré, la recourante prétend que le chiffre 3 de la sentence attaquée est incompatible avec l'ordre public visé par l'art. 190 al. 2 let. e LDIP, en tant qu'il la condamne à verser un montant important à l'intimée, qui est, à son avis, une structure mise en place et contrôlée par la partie intéressée pour frauder les autorités fiscales américaines en y faisant passer les dividendes perçus de la part de E.________ et F.________ pour les utiliser ensuite à des fins personnelles, ce qui serait constitutif de blanchiment d'argent pour délit fiscal qualifié en droit suisse. Selon la recourante, une telle condamnation revient à légitimer les actes criminels de la partie intéressée au détriment du fisc américain. La recourante soutient en outre qu'elle pourrait elle-même s'exposer à des sanctions pénales si elle exécutait la sentence attaquée, puisqu'elle enrichirait ainsi une structure mise en place dans l'unique objectif de frauder les autorités fiscales américaines. A cet égard, elle fait valoir que le Tribunal arbitral a indûment omis de tenir compte de certains éléments au dossier démontrant que la partie intéressée avait créé l'intimée afin de frauder l'administration fiscale américaine.