Citation: 5A_325/2017 E. A

A.a. J.Z.________, née en 1914, de nationalité française par naissance et suisse par naturalisation, domiciliée rue... à U.________, est décédée le 13 novembre 2008 au domaine de K.________ à V.________ (France), propriété lui appartenant et où elle demeurait depuis l'été 2006. Veuve depuis 1989, sans enfants ni famille proche, J.Z.________ n'avait aucun héritier légal. A.b. Pendant les années 2001-2002 et 2005-2006, J.Z.________ a été suivie médicalement à U.________ par E._______, médecin et vice-président de la Fondation B.________. Elle était suivie à V.________ par L.________, médecin qu'elle connaissait depuis 40 ans et qui lui rendait visite quotidiennement. A.c. Au cours de l'année 1988, J.Z.________ a fait la connaissance de C.________, successivement administratrice, directrice, puis présidente et directrice de M.________, société anonyme de gérance de fortunes, à U.________. C.________ s'est d'abord occupée des affaires courantes de J.Z.________ (affaires administratives et gestion des factures), pour devenir au fil du temps sa gestionnaire de fortune, sur laquelle elle se reposait, qui choisissait son personnel de maison et en qui elle avait pleinement confiance. Il ressort de notes personnelles établies les 23 avril et 4 juin 2008 par C.________ que celle-ci, par une procuration générale signée le 8mars 2004 par J.Z.________, a engagé tout le personnel de V.________ qui entoura J.Z.________ durant les dernières années de sa vie, notamment la gouvernante N.________ et O.________, femme de ménage et cuisinière à U.________ depuis 2000 et égalementemployée de la société M.________. C.________ avait également des contacts téléphoniques journaliers avec J.Z.________ et/ou son personnel pour " l'organisation et la tenue de la maison, du ménage et problèmes avec les personnes insistant pour la visiter ". N.________ tenait à jour un carnet de tous les faits et gestes de la maison. Dans un document établi le 16 septembre 2004, J.Z.________ a demandé que C.________ soit désignée sa tutrice "en cas d'incapacité de signature ou de discernement ". Elle a complété ce document le 19 février 2005, en indiquant :" ainsi que le Docteur E.________ pour tout le suivi médical ". C.________ rencontrait régulièrement J.Z.________. Entre 2007 et 2008, elles s'étaient vues trois à cinq fois dans l'année. Elles se téléphonaient tous les jours, week-end compris. A chaque rencontre, J.Z.________ lui demandait de prendre ses dernières dispositions testamentaires. J.Z.________ avait également des contacts téléphoniques avec les collaboratrices de C.________, qu'elle pouvait appeler jusqu'à plusieurs fois par jour. Selon P.________, actionnaire et gestionnaire de M.________, et une collaboratrice, la relation entre J.Z.________ et sa conseillère, d'abord professionnelle, était devenue amicale. A.d. C.________ avait pour partenaire économique D.________, expert-comptable, administrateur et directeur de la fiduciaire J1.________ SA à U.________ et également administrateur de M.________ depuis début 2003. Dès 1995, D.________ est intervenu dans la gestion des affaires financières de J.Z.________ et établissait ses déclarations d'impôts. Dès cette date, C.________ et D.________ sont également devenus administrateurs de la société immobilière du domaine de K.________. A.e. J.Z.________ comptait quelques amis, dont A.________, ancien notaire parisien, proche du couple Z.________ dès 1981. A la suite d'une dispute, il n'avait plus ou peu vu la défunte entre 2003 et avril 2008, date à laquelle, selon ses dires, J.Z.________ l'avait appelé à ses côtés. A.f. J.Z.________ avait également deux filleuls, les frères F.________ et G.X.________. Le premier l'a vue pour la dernière fois fin 2007; le second en septembre 2008. A.g. Entre 1994 et 2008, année de son décès, J.Z.________ a rédigé et fait établir de nombreuses dispositions testamentaires, sous formes de testaments, olographes ou publics, codicilles et pactes successoraux. Les parties à la procédure sont bénéficiaires, à des titres divers, de l'un ou l'autre de ces actes. A.g.a. Par testament public instrumenté le 14 mars 2003 par Me Q.________, notaire à U.________, et soumis au droit suisse, A.________ a été institué légataire universel de J.Z.________, à charge pour lui de délivrer quatre legs, dont 330'000 fr. à F.X.________ et 220'000 fr. à G.X.________. L'étude du notaire était désignée comme liquidateur de la succession. A.g.b. Le 24 avril 2006, Me R.________, notaire à U._______, a instrumenté dans la demeure de J.Z.________ la signature d'un pacte successoral entre celle-ci d'une part et C.________, E.________ et la Fondation I.________ d'autres part. Selon ce pacte, J.Z.________: - révoquait toutes dispositions antérieures; - nommait C.________ et D.________ aux fonctions d'exécuteurs testamentaires; - attribuait différents legs, notamment une fourrure, un meuble, un bijou, un tableau et 76'220 euros à C.________, un tableau et la moitié du produit de la vente de la propriété de V.________ à chacun des frères X.________, trois oeuvres d'art à E.________, 20'000 fr. à D._______, 300'000 USD à A.________, deux oeuvres d'art à Me S.________, 200'000 euros à N.________, 15'000 fr. à O.________, 50'000 USD à L.________ et des montants entre 50'000 et 100'000 fr. à quatre associations caritatives; - instituait héritiers à parts égales entre eux, pour le solde de sa succession, C.________, les frères X.________, T.________, la Fondation I.________, H.________, la Fondation A1.________, et la Fondation B.________, représentée par E.________. Le pacte a été établi en présence des témoins B1.________, médecin et beau-frère de E.________ qu'il remplaçait, ainsi que C1.________, masseur médical de J.Z.________ et de C.________, engagé aux soins de la première depuis quelques mois, sur les recommandations de la seconde. Une verrée a eu lieu après l'instrumentation. A.g.c. Par disposition manuscrite du 8 septembre 2006 - sur papier entête de la Banque D1.________, portant la signature de J.Z.________, mais dont l'écriture du contenu est différente de la sienne -, la défunte a légué la moitié des avoirs d'un compte non déclaré auprès de cet établissement bancaire à W.________ à chacun des frères X.________. A.g.d. Dans un document manuscrit du 7 janvier 2007, J.Z.________ a déclaré souhaiter modifier le legs accordé en faveur des frères X.________ dans son pacte successoral, en léguant à chacun la somme de 500'000 fr. sur le produit de la vente de la propriété de V.________. En date du 13 mars 2007, Me R.________ a instrumenté la signature d'un second pacte successoral entre les mêmes parties, modifiant le premier dans le sens du document précité. Pour ce faire, J.Z.________ a été amenée à Genève en avion privé. La signature de l'acte s'est faite dans l'avion, à l'aéroport de Cointrin (GE), en présence des témoins C1.________ et L.________. J.Z.________ était faible et malade à cette date, d'où la présence de son médecin, L.________. C'est C.________ qui avait fait le choix du témoin C1.________, domicilié en Suisse, lequel n'a pu dire si le contenu du pacte était conforme à la volonté de J.Z.________. Il a toutefois précisé que la disposante n'avait pas montré de problèmes de mémoire et avait l'air en forme lors de la signature du pacte successoral du 24 avril 2006. Tout s'était passé sereinement et sans " embrouilles ". Il avait trouvé J.Z.________ rayonnante ce jour-là. S'agissant du second pacte successoral, il était monté dans l'avion, ne l'avait pas approchée, avait signé le document, puis était parti. Me R.________, ami de D.________, a indiqué avoir conseillé cette forme contractuelle pour répondre au souhait de J.Z.________ de ne plus pouvoir révoquer ses dispositions testamentaires au cas où elle tomberait en faiblesse. Au moment de l'instrumentation, il s'était assuré de sa pleine capacité de discernement en demandant la présence d'un médecin. Il était toujours passé par l'intermédiaire de C.________ et n'a pas pu préciser s'il avait vu la disposante avant la signature du premier pacte successoral. Il avait expliqué longuement à J.Z.________ en quoi consistait un pacte successoral, quel en était son contenu et son caractère irrévocable. La disposante ne lui avait pas paru contrainte ou sous l'influence de tiers lors de la signature du premier pacte. Lors de la verrée qui avait suivi, elle était contente et soulagée. Au moment de la signature du second pacte successoral, elle lui avait paru physiquement plus faible, mais elle savaitexactement ce qu'elle voulait. E1.________, directrice de la Fondation I.________ entre 2001 et 2010, a confirmé que le premier pacte successoral avait été lu et expliqué lentement par le notaire. Elle avait, pour sa part, longuement discuté avec J.Z.________ et l'avait trouvée " bien là ". Elle n'avait pas du tout eu l'impression que cette dernière avait été forcée à signer le pacte ou contrainte de le faire. La défunte lui avait parlé de sa dame de compagnie à laquelle elle était très attachée et de son médecin qu'elle connaissait bien. O.________, qui a préparé la verrée du 24 avril 2006, a déclaré que son employeuse était comme d'habitude ce jour-là et qu'elle savait bien ce qu'elle disait. Elle a ajouté que J.Z.________ aimait bien C.________. Elle l'appelait quand elle avait une question et n'avait pas peur d'elle. A.h. Le 12 octobre 2007, L.________ a rédigé une attestation médicale selon laquelle J.Z.________ présentait des alternances de conscience, des troubles de la mémoire et parfois des moments de confusion et avait subi des pressions de la part de visiteurs dans le but de lui faire signer des documents, qui ne devaient pas être pris en considération, vu l'état cérébral de sa patiente. Il a été renoncé à l'audition de L.________, de sorte que celui-ci n'a pas été entendu par le Tribunal. A.i. A partir d'avril 2008, A.________ a résidé chez J.Z.________, et ne l'a plus quittée jusqu'à son décès, hormis durant la période du 19 mai au 22 juin 2008. A.j. En date du 13 mai 2008, J.Z.________ a signé, en présence de G.X.________, N.________ et C.________, un document dactylographié, par lequel elle déclarait que, vu son âge et son état de faiblesse, elle ne pouvait plus gérer ses affaires, requérait de l'État de Genève sa mise sous tutelle volontaire et sollicitait la nomination de C.________ en qualité de tutrice, confirmant par ailleurs ses instructions testamentaires, à savoir les pactes successoraux de 2006 et 2007. C.________ a envoyé cette demande de mise sous tutelle le 14 mai 2008 au Tribunal tutélaire de Genève, en indiquant que la fortune de l'intéressée était estimée à 11'900'000 fr. sur la base de la déclaration d'impôts 2007 établie par D.________. C.________ a expliqué avoir proposé cette mesure à J.Z.________ qui s'était plainte d'être sollicitée et lui avait demandé de trouver une solution. A.k. A la demande de C.________, E.________ a établi deux certificats médicaux. Le premier, daté du 16 mai 2008, atteste que J.Z.________ n'était plus apte à gérer convenablement ses affaires ni à désigner un mandataire. Le second, daté du 19 mai 2008, certifie qu'elle était apte à désigner un mandataire et a été adressé au Tribunal tutélaire à la demande de C.________. E.________ a indiqué avoir révisé sa position après avoir discuté avec le Dr G1.________, ce qui est contredit par le fait que celui-ci n'a rencontré J.Z.________ que le 24 mai 2008. A.l. Contacté par E.________ et G.X.________, G1.________, psychiatre pour adultes à l'hôpital de Y.________, a établi le 28 mai 2008 un document sur papier libre intitulé " expertise psychiatrique de tutelle ", évoquant un syndrome de détérioration mentale assez évolué ainsi qu'une altération des facultés mentales et préconisant l'instauration d'une mesure de tutelle. Devant le premier juge, G1.________ a déclaré avoir rencontré J.Z.________ durant une demi-heure à une heure, en présence de E.________ qui lui fournissait les renseignements nécessaires sur ses antécédents dès lors qu'il n'était pas en possession du dossier médical de la patiente, ce qui était, selon lui, inusuel. Il l'avait trouvée soignée et la maison bien tenue. Il a décrit J.Z.________ comme une personne dotée d'une forte personnalité, difficile à manipuler. Elle présentait toutefois un trouble massif de l'orientation et de la mémoire, qui ne lui avait pas semblé ponctuel ni susceptible d'amélioration. En date du 28 mai 2008, J.Z.________ n'était, selon lui, pas en mesure de modifier librement ses dispositions testamentaires et était vraiment vulnérable.