Citation: 1B_148/2015 E. 3.2

3.2. En l'espèce, aucun des trois éléments indiqués par le recourant, même pris dans leur ensemble, ne permet de démontrer une apparence de prévention de la part du Procureur intimé. En effet, il n'est pas contesté que l'audition du 28 octobre 2014 s'est déroulée hors de la présence de l'avocate du recourant. Cependant, le mandat de représentation n'avait pas été résilié à ce moment-là, la mandataire s'étant seulement excusée. Une fois les motifs de son absence donnés (défaut de paiement des honoraires), le recourant s'est vu immédiatement proposer par le Procureur de déposer une requête d'assistance judiciaire, démarche qui tend manifestement à défendre les intérêts du prévenu. Ce dernier n'a pourtant pas jugé opportun d'effectuer une telle demande et/ou de revenir sur sa décision d'être entendu ce jour-là hors de la présence de son avocate. Le magistrat ne s'est d'ailleurs pas contenté de ces explications, mais a pris contact dans les jours suivants avec la mandataire du recourant afin de s'assurer que celui-ci puisse continuer à bénéficier de l'assistance d'un avocat malgré ses difficultés financières (art. 105 al. 2 LTF). Quant au refus allégué du Procureur de verbaliser certaines des déclarations de la partie plaignante qui auraient été favorables au recourant, celui-ci ne prétend pas qu'elles auraient été pertinentes pour l'enquête en cours. Il affirme au contraire que tel serait le cas dans les procédures - a priori civiles - de séquestre intentées à Londres à son encontre (cf. ad 3.4 de son mémoire, p. 11). Au vu de ces explications, il ne peut être fait grief au Ministère public d'avoir limité le procès-verbal aux propos des parties en lien avec l'instruction de la présente cause. Au demeurant, le recourant ne paraît pas s'opposer au contenu dudit document, puisqu'il n'a pas déposé de requête de rectification de celui-ci. Enfin, on ne voit pas en quoi la conciliation tentée par le magistrat intimé et ayant abouti un accord tendant - uniquement - à ce que les avocats des parties débutent un dialogue serait défavorable au recourant. Des pourparlers transactionnels - effectués de plus sans le Procureur - peuvent être interrompus à tout moment et ne préjugent pas des responsabilités de chacun. Au vu des considérations qui précédent, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en rejetant la requête de récusation du Procureur.