Citation: 1C_645/2017 E. 4.3.3

4.3.3. Sur le plan téléologique, les recourants soutiennent que l'application prônée par le Tribunal cantonal contreviendrait au but que poursuivrait l'art. 20 RPGA, disposition qui, à les suivre, tendrait à "répartir une déconcentration des constructions afin qu'elles soient éparses sur les parcelles". Les recourants poursuivent en précisant que l'interprétation de la commune permettrait de concentrer les constructions au centre de chacun des périmètres de construction. Ils terminent en indiquant que la volonté du législateur communal consisterait "à concentrer les constructions sur une même zone, afin de préserver au maximum les surfaces planes et les espacements entre constructions au profit de la mise en valeur du site de la commune qui s'étend à flanc de coteau face au lac au niveau des vignes avec un dénivelé moyen du territoire de la commune". Cette argumentation n'est guère compréhensible et s'avère pour le moins paradoxale, plaidant tantôt pour une répartition éparses et déconcentrée des constructions, tantôt pour une concentration de celles-ci. Elle ne saurait partant être suivie (art. 42 al. 2 LTF; cf. arrêt 1C_336/2017 du 31 janvier 2018 consid. 3). Quant à la commune, elle affirme que "la réglementation sur les distances aux limites et entre bâtiments sur une même parcelle tend principalement à préserver un minimum de lumière, d'air et de soleil entre les constructions afin de garantir un aménagement sain et rationnel". Cette assertion n'est toutefois formulée qu'en tant que principe général, sans que la commune ne prétende explicitement que le régime prévu par l'art. 20 RPGA poursuivrait une telle fin. On peut d'ailleurs en douter, au vu des dimensions des parcelles et de l'importance des distances entre les constructions, ce indépendamment de la méthode de mesure finalement retenue. La commune ne nie d'ailleurs pas, dans la suite de son exposé, que le régime de l'art. 20 RPGA a pour objectif d'assurer une échappée sur le village, comme l'a jugé la cour cantonale. La commune n'explique cependant pas en quoi l'interprétation adoptée par le Tribunal cantonal compromettrait ce but. Cela étant, à la lumière des plans et éléments du dossier, il est également vrai que la solution de la commune aurait, elle aussi, garanti une telle échappée. Partant, si cet aspect avait été seul en cause, sans doute eût-il fallu confirmer son interprétation de l'art. 20 RPGA, au nom de l'autonomie communale. Or, en l'espèce, d'autres considérations commandent de s'écarter de l'approche défendue par la municipalité.