Citation: 6B_55/2023 E. 4

Selon l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours au Tribunal fédéral doivent indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuves, et être signés. En particulier, le recourant doit motiver son recours en exposant succinctement en quoi la décision attaquée viole le droit (cf. art. 42 al. 2 LTF). Pour satisfaire à cette exigence, il appartient au recourant de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 88 ss et 115 consid. 2 p. 116 s.; 134 II 244 consid. 2.1 p. 245 s.). En particulier, la motivation doit se rapporter à l'objet du litige tel qu'il est circonscrit par la décision litigieuse (ATF 133 IV 119 consid. 6.4 p. 121). Ainsi, lorsque la décision attaquée est une décision d'irrecevabilité, les motifs développés dans le mémoire de recours doivent porter sur la question de la recevabilité traitée par l'autorité précédente à l'exclusion du fond du litige (ATF 123 V 335 consid. 1b p. 336). Le Tribunal fédéral ne contrôle l'application du droit cantonal qu'avec un pouvoir d'examen limité à l'arbitraire (cf. ATF 145 I 108 consid. 4.4.1 p. 112 s.; 143 I 321 consid. 6.1 p. 324; 141 IV 305 consid. 1.2 p. 308). Il ne connaît de la violation des droits fondamentaux que si ce moyen est invoqué et motivé par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-à-dire s'il a été expressément soulevé et exposé de manière claire et détaillée (ATF 146 IV 88 consid. 1.3.1 p. 91 s.; 143 IV 500 consid. 1.1 p. 503). En résumé, la cour cantonale a relevé qu'en application de l'art. 38 al. 1 de la loi vaudoise du 4 juillet 2006 sur l'exécution des condamnations pénales (LEP/VD; RS/VD 340.01), les décisions rendues sur recours par le SPEN pouvaient faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal cantonal. Or la procédure de plainte administrative à l'encontre de la direction d'un établissement ne donnait pas lieu à une décision sujette à recours auprès de la cour cantonale car il ne s'agissait pas d'une décision rendue sur recours au sens de l'art. 38 al. 1 LEP. Le recours devant la cour cantonale était donc irrecevable. Pour le surplus, une partie des sanctions contestées par le recourant dans son écriture avait été confirmée dans un arrêt de la Chambre des recours pénale du 10 février 2022, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'y revenir. En outre, s'agissant des décisions de sanctions disciplinaires ne faisant pas l'objet de l'arrêt de la Chambre susmentionné, si le recourant entendait les contester, il ne devait pas emprunter la voie de la plainte administrative, mais devait recourir auprès du SPEN contre ces décisions dans les délais annoncés, ce qu'il n'avait pas fait. En l'espèce, l'essentiel de l'écriture du recourant est consacré à discuter des sanctions disciplinaires auxquelles il a été condamné et aux différentes critiques qu'il a formulées dans ses plaintes. Ce faisant, il discute uniquement le fond du litige, ce qu'il n'est pas autorisé à faire, sans aucunement contester le caractère irrecevable de son recours cantonal. Pour le surplus, il ne démontre pas en quoi l'interprétation du droit cantonal à laquelle a procédé la cour cantonale serait arbitraire. La simple affirmation de ce qu'une décision de l'Office d'exécution des peines (ci-après: OEP) serait susceptible de recours selon l'art. 38 LEP/VD est vaine dans la mesure où la décision attaquée a été rendue par la Cheffe du Service pénitentiaire et non par l'OEP. En outre, l'art. 102 du Règlement du 16 août 2017 sur le statut des personnes condamnées exécutant une peine privative de liberté ou une mesure (RSPC/VD; RS/VD 340.01.1), auquel se réfère le recourant, prévoit que la plainte administrative contre la direction de l'établissement pénitentiaire relève de la compétence du chef du service. A cet égard, le recourant ne démontre pas en quoi il était arbitraire de retenir, comme l'a fait la cour cantonale, que sa plainte relevait donc de la compétence de la Cheffe du SPEN et non, comme il le prétend sans autre motivation, de l'OEP. C'est donc en vain que l'on cherche, sur la question de l'irrecevabilité du recours cantonal, une motivation topique et répondant aux exigences de motivation accrues de l'art. 106 al. 2 LTF, permettant de saisir en quoi l'autorité précédente aurait pu arbitrairement appliquer le droit cantonal en déclarant le recours cantonal irrecevable. Le recourant conteste, par ailleurs, le refus de lui accorder l'assistance judiciaire sur le plan cantonal. Ce refus se fonde sur l'absence de chances de succès de la cause. Le recourant ne s'en prend aucunement à cette motivation. En particulier, il n'expose pas en quoi la cour cantonale aurait violé le droit en estimant que son recours était dénué de chances de succès et ne formule donc aucun grief, répondant aux exigences de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF.