Citation: 1P.617/2006 12.10.2006 E. 3

Le recourant conteste d'abord l'existence d'un risque de fuite et reproche à l'autorité attaquée d'avoir fait preuve à cet égard d'arbitraire dans la constatation des faits. 3.1 Le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence citée). La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70, 108 Ia 64 consid. 3 p. 67). Le fait que l'extradition du prévenu puisse être obtenue n'est pas déterminant (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36 s.). 3.2 En l'occurrence, le Tribunal cantonal a retenu que le recourant avait conservé des contacts étroits avec le Maroc et que ses attaches avec son épouse en Suisse devaient être relativisées, dans la mesure où il vivait avec une amie lorsqu'il a été placé en détention préventive en 2004. L'autorité attaquée a par ailleurs constaté que les liens du recourant avec notre pays étaient fragiles, dès lors qu'il n'y était pas bien intégré professionnellement. 3.2.1 Quoi qu'en dise le recourant, les constatations précitées ne sont pas arbitraires. Il ressort en effet du dossier que l'intéressé conserve des liens avec sa famille au Maroc, ce qu'il reconnaît du reste dans son écriture de recours. Par ailleurs, la crédibilité de l'attestation de son épouse selon laquelle celle-ci aurait toujours "vécu en famille" avec lui est d'emblée douteuse, dès lors que dans une lettre du 27 novembre 2004 le recourant affirmait sans équivoque qu'il ne vivait pas avec elle, mais avec sa "petite amie". Ce fait relativise également l'importance pour le recourant de ses liens avec sa famille en Suisse; les autorités cantonales n'ont dès lors manifestement pas procédé à une appréciation insoutenable à cet égard. Il en va de même des attaches sociales que le recourant fonde sur sa qualité de membre d'un club de football, dont on ignore si elle était toujours d'actualité lorsqu'a débuté la détention préventive qu'il subit actuellement. Enfin, il n'était pas non plus arbitraire de mettre en doute l'intégration professionnelle du recourant, dans la mesure où celui-ci n'a pas exercé d'emploi véritablement stable dans notre pays, mis à part la gestion du night-club se trouvant au coeur du trafic de stupéfiants pour lequel il a été condamné ainsi qu'un emploi débuté quelques mois seulement avant sa mise en détention préventive.