Citation: 5A_1048/2021 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, le Juge délégué a constaté que l'intimé était propriétaire de la totalité du capital-actions de la société E.________ SA ainsi que l'unique administrateur d'autres sociétés dont E.________ SA détient 100% des actions notamment F.________ SA. Il a également constaté, se fondant sur un récapitulatif établi par la fiduciaire G.________ SA, qu'entre les années 2014 et 2019, l'intimé avait prélevé des montants dans la société E.________ SA pour diverses dépenses notamment pour financer le train de vie des parties à hauteur de 166'955 fr. en 2015, 51'655 fr. en 2016, 515'951 fr. en 2017, 252'538 fr. en 2018 et 271'661 fr. en 2019. Selon ce même récapitulatif, E.________ SA avait versé à l'intimé des dividendes qui s'élevaient à 2'028'000 fr. au total entre 2014 et 2019. Il s'est toutefois, à l'instar du premier juge, fondé sur la moyenne des prélèvements privés effectués entre 2014 et 2019 pour établir à 17'482 fr. 75 par mois les revenus tirés par l'intimé de dite société. Dans la mesure où le Juge délégué a constaté ne pas disposer du bénéfice net de la société, c'est manifestement pour ce motif qu'il s'est fondé sur les prélèvements privés effectués par l'intimé dans la société E.________ SA pour établir ses revenus. Cela étant, comme le relève à juste titre la recourante, le Juge délégué a constaté en parallèle que l'intimé avait perçu des dividendes à hauteur de 2'028'000 fr. au total entre 2014 et 2019. En l'occurrence, dans la mesure où les dividendes perçus par l'intimé entre 2014 et 2019 sont manifestement supérieurs aux prélèvements privés effectués par le recourant sur la même période, le Juge délégué ne pouvait sans arbitraire se fonder sur ce dernier montant pour établir les revenus que l'intimé percevait de dite société. En effet, la jurisprudence préconise de se fonder, à titre d'indices, sur les prélèvements privés effectués dans la société durant l'union seulement lorsque les autres pièces produites ne sont pas convaincantes, en particulier lorsque les comptes de résultat manquent. Or, dans la mesure où le Juge délégué a fait état du montant des dividendes perçus par l'intimé, il disposait d'un indicateur du montant du bénéfice net de la société, de sorte qu'il aurait à tout le moins dû investiguer plus avant cette question. Or, ce montant étant à lui seul supérieur aux prélèvements privés effectués par l'intimé sur cette même période, lesdits prélèvements perdent leur valeur probante. Le grief apparaît en conséquence fondé, le recours doit être admis sur ce point et la cause renvoyée à l'autorité cantonale afin qu'elle complète l'instruction et établisse à nouveau le montant des revenus tirés par l'intimé de la société E.________ SA. La question de l'existence ou non d'un impôt anticipé dont l'intimé a pu demander le remboursement sera également examinée dans ce contexte. Compte tenu de l'admission de ce grief, il n'y a au demeurant pas lieu de traiter les autres critiques soulevées à titre superfétatoire par la recourante en lien avec les revenus perçus de la société E.________ SA.