Citation: 2C_577/2023 E. 8.3

8.3. En l'occurrence, la recourante ne précise pas quels éventuels aspects des UPE seraient incompatibles avec la LTr. Il ressort de ses différents griefs qu'elle se plaint essentiellement de devoir appliquer à certains de ses employés les conditions minimales de travail et de prestations sociales en usage à Genève dans le secteur de la petite enfance car les salaires fixés dans ce cadre sont plus élevés que le salaire minimum genevois prévu aux art. 39I ss LIRT/GE. À cet égard, il convient de souligner que les usages, qui concernent une profession ou une branche économique (cf. commentaire du projet de loi sur l'inspection et les relations du travail déposé le 19 mars 2003, PL 8965, p. 33), ne peuvent en aucun cas prévoir un salaire inférieur au salaire minimum fixé à l'art. 39K LIRT/GE (cf. art. 23 al. 2bis LIRT/GE). Ainsi, la LIRT/GE implique, en sus de ce salaire minimum, la détermination de plusieurs salaires planchers distincts, selon la profession ou la branche économique. Le salaire minimum apparaît dès lors comme le seuil inférieur à respecter, à défaut de disposition imposant le respect de conditions salariales plus favorables aux employés. Ce système n'apparaît critiquable ni au regard de la primauté du droit fédéral et de la LTr, qui ne fixe pas de salaires minimums, ni au regard de la jurisprudence susmentionnée ( supra consid. 8.2). Le grief de la recourante doit ainsi être rejeté.