Citation: 5A_425/2023 E. 4.1

4.1. La recourante se plaint d'une application arbitraire de l'art. 271 al. 1 ch. 4 LP. Elle reproche en substance à l'autorité cantonale d'avoir nié, sans examen juridique exhaustif d'une question pourtant controversée, la vraisemblance de l'existence d'un lien suffisant avec la Suisse de la créance invoquée à l'appui du séquestre litigieux. Elle lui reproche également de n'avoir pas tenu compte de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce lors de l'examen de l'intérêt du créancier à maintenir le séquestre. La recourante soutient que l'utilisation de la lettre de crédit et l'intervention de B.________ AG, en Suisse, constituent le centre de gravité de la transaction, sans lesquels l'opération ne se serait pas faite. Selon elle, E.________ n'aurait pas pu acheter le pétrole à l'intimée sans des instruments documentaires solides et sans les garanties offertes tant par B.________ AG que par la Suisse, comme centre de réputation mondial dans le domaine du commerce international. Pour sa part, elle n'aurait évidemment pas vendu sa part de pétrole d'une valeur de plus de 6 millions USD si elle ne s'était pas préalablement assurée que, à l'instar de ce qui se faisait dans les transactions précédentes, le contrat de vente de brut entre l'intimée et E.________ ne respectait pas scrupuleusement les pratiques commerciales en vigueur dans le domaine, à savoir un prix de vente final garanti par une lettre de crédit irrévocable émis par un établissement bancaire international de premier ordre et ceci dans une juridiction sûre. Selon elle, toute l'opération sous-jacente au litige entre les parties a été conduite depuis et en Suisse, ce qui constitue de manière évidente un point connexe de rattachement qui devrait être tenu pour vraisemblable. La recourante affirme que l'examen aurait dû porter sur le fait que E.________ est sise en Suisse et qu'elle a demandé à B.________ AG d'émettre une lettre de crédit car elle avait besoin d'un établissement de premier ordre en Suisse pour rassurer l'intimée et que B.________ AG, propriétaire du pétrole durant le transport, a financé et coordonné toute l'opération de vente. En conséquence, sans la banque suisse, la transaction litigieuse n'aurait pas pu avoir lieu, les deux créances (E.________-C.________ et C.________-A.________ Ltd) constituent une unité économique et la créance de la recourante découlant d'une activité commerciale déployée en Suisse présente un lien manifeste avec ce pays. Par ailleurs, la recourante considère que l'autorité cantonale n'a pas examiné les intérêts respectifs des parties, ce qui conduit aussi à un résultat arbitraire. Elle souligne qu'elle n'a pas pris en considération qu'il lui serait impossible de faire valoir ses droits contre C.________ et de recouvrer sa créance en W.________ au vu de la crise frappant ce pays.