Citation: 6P.114/2006 17.08.2006 E. B

En résumé, l'arrêt cantonal retient les faits suivants: B.a Entre mai 1999 et octobre 2001, X.________ a cultivé chaque année une surface de 1000 m2 de chanvre, soit 750 plants, pour le compte de Y.________ Sàrl. Il a vendu à cette société l'intégralité de sa production. Pour la saison 2001, il a conclu avec Y.________ un contrat de culture, spécifiant notamment que le but de la culture était la production d'huile essentielle. Les variétés de chanvre cultivées, qui n'étaient pas autorisées par la réglementation agricole, avaient un taux de THC supérieur à 0,3 %, ce dont X.________ était conscient. La société Y.________ était exploitée par Z.________, qui était connu dans le milieu du chanvre et qui avait été condamné à plusieurs reprises pour des infractions à la LStup, notamment à seize mois de prison ferme en 2000, pour avoir vendu des coussins "thérapeuthiques" fourrés de sommités florales de chanvre séché, destinés en réalité au marché récréatif. Il a été établi que Z.________ n'avait pas distillé de l'huile essentielle ou du moins une quantité marginale à la quantité de chanvre récoltée. B.b Au mois de juin 2000, X.________ a ouvert un commerce de chanvre et de dérivés du chanvre, à l'enseigne "A.________", à Sion. B.b.a Entre 2001 et 2003, il a produit annuellement et en moyenne 400 boutures ou plantons de chanvre à son domicile, à Saxon, et a acquis auprès de Y.________ Sàrl 200 boutures supplémentaires dont 150 ont été mises en terre, le solde étant écoulé dans son magasin. Du 25 août 2001 au 26 juin 2003, il a vendu dans son commerce 924 boutures de chanvre, de variétés avec une teneur en THC supérieure à 0,3 %, sous la dénomination de plantes ornementales, réalisant ainsi un chiffre d'affaires de 13'066 fr. 10. Il estimait à 7% le taux de THC des plantes à maturité, et était conscient que les plantes vendues pouvaient être consommées comme stupéfiants vu leur taux de THC à maturité. Parallèlement à la vente de ces boutures, il vendait à ses clients, parmi lesquels se trouvaient des consommateurs de drogue douce, toutes sortes d'accessoires en relation avec la production et la consommation de chanvre récréatif, tels que pollinators (appareils destinés à extraire la résine), lampes Kit de 400 et 600 W pour culture indoor, engrais, machines et papiers destinés à rouler les cigarettes, pipes et balances. B.b.b Le 18 octobre 2001, X.________ a loué un pollenisator à un client. Cet appareil permet d'extraire les graines de toute plante médicinale, mais sert aussi à extraire la résine des plantes de chanvre. X.________ savait que le client entendait utiliser cet appareil à des fins illégales, pour produire des stupéfiants. De mars 2002 à juin 2003, il a vendu, sous la dénomination "Pollinator Palm Maker", vingt-et-un appareils assimilables au pollenisateur précité, au prix de 29 fr. la pièce. Il était conscient qu'un usage illégal pouvait être fait de ces appareils. B.b.c D'avril 2002 à juin 2003, X.________ a mis en vente dans son magasin du chanvre sous l'appellation "thé naturel", qui avait une concentration en substance active de l'ordre de 0,8 % à 1,5 %. Sauf erreur de sa part, son fournisseur aurait fait figurer un taux de THC inférieur à 0,3 % sur les paquets, rendant ainsi ces tisanes "réglementaires", sans qu'il ait à se poser la question de leur teneur en substance active. Une telle mention n'a cependant pas été mise en évidence par la police sur les quinze paquets séquestrés. B.b.d X.________ a importé de l'étranger des graines de chanvre, donnant à maturité des plantes, à haute teneur en THC. Il les a vendues, de mars 2002 à juin 2003, dans les mêmes conditions que les boutures, le prix de certains sachets atteignant 40 fr. 50 l'unité.