Citation: 8C_758/2023 E. 4

En l'espèce, les juges cantonaux ont estimé qu'il n'était pas possible de rattacher, au degré de la vraisemblance prépondérante, les atteintes subsistant au-delà du 20 octobre 2022 à l'accident. S'il était constant que la recourante présentait des lésions de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite, les opinions divergeaient quant à l'origine accidentelle ou dégénérative de ces lésions. La recourante avait précisé, à l'occasion d'une consultation auprès de son médecin, qu'elle avait non seulement subi un choc direct sur l'épaule, mais qu'elle avait aussi essayé de se retenir avec le membre supérieur droit en extension. Dans un questionnaire soumis par l'intimée et rempli le 20 décembre 2022, elle avait ajouté qu'elle avait voulu se rattraper dans sa chute et que son bras avait été tiré en arrière sous son corps dans un mouvement de glissade. Or, selon les premiers juges, ces indications avaient été apportées une fois la décision de l'intimée mettant fin aux prestations connue. Au cours des consultations antérieures, la recourante avait indiqué qu'elle s'était réceptionnée sur le moignon de l'épaule droite et qu'elle avait conservé le bras le long du corps. A l'instar de la médecin d'arrondissement de l'intimée, la cour cantonale a constaté que ces premières descriptions étaient intervenues auprès de trois médecins différents et étaient cohérentes les unes avec les autres. Les déclarations postérieures, en revanche, apparaissaient peu vraisemblables. Le mécanisme lésionnel avancé n'explicitait pas la surface contre laquelle l'intéressée aurait essayé de se retenir, ni la manière dont telle aurait procédé, par un geste d'appui ou de préhension, par exemple. Au demeurant, la recourante n'ignorant plus les conséquences juridiques de ses déclarations, les explications nouvelles pouvaient être - consciemment ou non - le produit de réflexions ultérieures. En conséquence, il convenait de privilégier ses premières déclarations. Concernant les suites de l'accident, la médecin d'arrondissement avait exposé qu'un traumatisme avec choc direct de l'épaule n'était pas en mesure de provoquer une atteinte de la coiffe des rotateurs ou d'aggraver de manière déterminante une blessure préexistante de cette même coiffe des rotateurs. Le tribunal cantonal s'est alors référé à la jurisprudence fédérale concernant la controverse liée aux lésions des tendons de la coiffe des rotateurs de l'épaule (cf. consid. 3 supra). Il a ensuite relevé que la recourante ne s'était pas plainte immédiatement de douleurs à l'épaule droite et d'une impotence fonctionnelle. Au contraire, plusieurs éléments laissaient à penser que les douleurs à l'épaule droite n'étaient apparues que progressivement et en lien avec des mouvements spécifiques liés à sa pratique sportive habituelle (escalade et danse de couple), à l'exclusion des gestes quotidiens usuels. En tout état de cause, ce n'était que quinze jours après sa chute que la recourante avait consulté pour la première fois et qu'elle présentait des douleurs dans des mouvements spécifiques lors de ses activités sportives. Dans ces conditions, les juges cantonaux ont considéré qu'il n'était pas possible de retenir, au degré de la vraisemblance prépondérante, que l'accident du 29 août 2022 était à l'origine de lésions structurelles aiguës de l'épaule droite. Les brèves explications que le docteur C.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, avait fournies ne suffisaient pas à remettre en cause l'analyse convaincante de la situation effectuée par la médecin d'arrondissement de l'intimée. Faute de lien de causalité naturelle entre les lésions subsistant à l'épaule et l'accident du 29 août 2022, c'était à bon droit que l'intimée avait cessé d'allouer à la recourante les prestations d'assurance dès le 21 octobre 2022.