Citation: U 18/02 09.07.2002 E. A

A.- a) D.________ travaillait comme ouvrier du bâtiment au service de l'entreprise X.________. En sus, il effectuait des travaux de nettoyage le soir pour le compte de l'entreprise Y.________. Il était assuré par les deux employeurs contre le risque d'accident professionnel et non professionnel auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 16 novembre 1992, alors qu'il décoffrait un panneau sur un chantier, il fit une chute de 2,5 mètres. Il a été transporté à la Permanence de Z.________ où le docteur A.________ a diagnostiqué des contusions à la face dorsale de la main droite dans la région métacarpienne et phalangienne, des contusions à la jambe droite, un traumatisme crânien avec plaie frontale et des douleurs thoraciques antérieures. En raison de la persistance de troubles douloureux au niveau de la main droite, l'assuré a été examiné par le docteur B.________, orthopédiste, qui diagnostiqua une exostose P2-D1 droite post-arrachement osseux, une épicondylite droite post-traumatique modérée, ainsi qu'un syndrome compressif du nerf radial, médian et cubital au poignet (rapport du 25 août 1993). Malgré une intervention chirurgicale le 13 janvier 1994 (neurolyse du nerf radial à l'avant-bras droit, cure de tunnel carpien, neurolyse du cubital et ablation de l'exostose), l'assuré a continué à ressentir des douleurs dans le pouce et des paresthésies dans tout l'avant-bras et la main droite. Le chirurgien C.________, estimant qu'il n'était pas possible d'obtenir un meilleur résultat sur le plan médical, a suspendu le traitement en raison de l'absence de progrès, malgré une physiothérapie intensive et un appareillage (rapport du 31 mai 1994). A la demande de l'assureur, D.________ a séjourné à la Clinique de réadaptation de W.________ du 20 juillet au 24 août 1994. Dans un rapport du 25 août 1994, les docteurs D.________ et E.________ relèvent qu'un an et demi après contusion et distorsion de la main droite, il subsiste toujours une hypo-dysesthésie de l'index et du pouce à droite, ainsi qu'une limitation fonctionnelle des articulations du pouce avec hyper-extension et suppression de la flexion active et passive. A leur avis, il existe une capacité de travail de 33 % pour des travaux légers; pour une activité dans l'industrie sans nécessiter d'utiliser une préhension précise à droite, la capacité de travail est entière du point de vue médico-théorique. Retenant un degré d'invalidité de 100 %, l'Office AI du canton de Genève (office AI) a alloué à D.________ une rente entière d'invalidité, assortie de rentes complémentaires pour son épouse et ses deux enfants, à partir du 1er novembre 1993 (décision du 18 avril 1995). Pour sa part, la CNA lui a, par décision du 15 janvier 1997, octroyé une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 5 % et nié, en l'absence de tout préjudice économique, tout droit à une rente d'invalidité. Elle s'est fondée à cet égard sur les constatations du docteur F.________, médecin-chef de l'équipe médicale de médecine des accidents de la CNA, selon lesquelles seule l'entrave à la mobilité des articulations du pouce droit pouvait être considérée comme une suite de l'accident du 16 novembre 1992 (rapport du 19 novembre 1996). L'assuré s'opposa à cette décision par acte du 5 février 1997. b) Le 3 mars 1997, l'office AI a supprimé la rente de l'assurance-invalidité avec effet au 1er mai 1997. A la suite du recours de l'assuré contre cette décision, il a chargé la doctoresse G.________ d'une expertise psychiatrique. Dans son rapport du 10 novembre 1997, la psychiatre a diagnostiqué une névrose de conversion, qui entraînait une incapacité totale de travail de l'assuré et estimé qu'une psychothérapie ne donnerait pas de résultat. Du 10 novembre au 12 décembre 1997, D.________ a été hospitalisé dans la division de rééducation de l'Hôpital V.________ pour traitement d'un lymphoedème chronique de l'avant-bras droit avec suspicion de strangulation au niveau du coude, sans qu'une étiologie certaine n'expliquât l'oedème du membre supérieur droit (rapport du 30 décembre 1997). La CNA confia alors une expertise au Service universitaire de chirurgie plastique et reconstructive de la Permanence de T.________. Les experts ont conclu que seule était en relation de causalité au moins vraisemblable avec l'accident du 16 novembre 1992 la limitation de fonction du pouce; les plaintes du patient et l'oedème d'allure éléphantiasique en aval du coude droit s'inscrivaient en revanche soit dans le cadre d'une névrose d'assurance, soit plus probablement dans le cadre d'une perturbation pathologique de la personnalité (rapport du 16 février 1998). c) Par décision du 15 juin 1998, notifiée le 11 juin 1999, la CNA a rejeté l'opposition de D.________. Après avoir appris que l'assuré avait subi une amputation du bras droit le 25 septembre 1998, elle a déclaré, par courrier du 25 juin 1999, maintenir sa décision sur opposition.