Citation: 6B_720/2022 E. 1.5.6

1.5.6. Selon cette même approche, la cour cantonale n'était au reste pas empêchée de considérer que le désaveu de l'assistante de l'ambassadeur, F.________ - qui, appelée à témoigner en appel, avait nié avoir entendu l'intimée se plaindre du comportement du recourant -, n'induisait pas que l'intimée avait sciemment menti sur le fait d'avoir informé son employeur ou son assistante du comportement du recourant et que, partant, sa crédibilité serait sujette à caution. L'intimée se trouvait au moment des faits incapable d'appréhender ce qu'elle avait vécu, ignorant même qu'un homme pût pénétrer une femme avec son sexe. Elle n'avait jamais utilisé les termes de viol ou d'agression avant son audition par la police. Le dévoilement n'avait effectivement pu se produire qu'ultérieurement, soit au plus tard le 9 février 2017, durant un entretien avec une collaboratrice du Service de protection des mineurs. Alertée par les termes "je ne voulais pas" utilisés en lien avec les circonstances entourant la naissance de l'enfant, cette dernière avait invité l'intimée à préciser ce qu'elle entendait par là. C'était alors que l'intimée avait réussi à exprimer que "c'était la première fois" et que le père de l'enfant l'avait forcée. Autrement dit, l'intimée n'était pas en mesure, peu après les faits, de mettre des mots sur ce qu'elle avait subi, à savoir le fait qu'elle avait eu plusieurs rapports sexuels avec le recourant, dont un rapport complet à tout le moins, et qu'elle avait été violée dès lors que ces actes lui avaient été imposés par la force. Par conséquent, il était impossible de déterminer en quels termes l'intimée aurait abordé le sujet avec son employeur ou son assistante, voire avec tout autre membre de la Mission permanente. Il était fort probable que son interlocuteur ne l'eût pas comprise et qu'il eût depuis lors oublié un tel échange, d'autant plus que la communication avec l'intimée était difficile en raison de son handicap et de ses troubles (cf. arrêt attaqué, ad "En fait" let. B.e B.l.a p. 4 et 11, ainsi que le consid. 4.5.2 p. 26 s.).