Citation: I 272/03 23.06.2004 E. 4

Pour rendre leurs conclusions, les médecins du COMAI ont procédé à un examen clinique complet de l'assuré et se sont adjoints les services d'un médecin-psychiatre, la doctoresse N.________, et d'un spécialiste en rhumatologie, le docteur H.________. La première nommée a retenu un syndrome douloureux somatoforme persistant et un trouble non spécifique de la personnalité (personnalité frustre, collée au concret, mode relationnel atrophié correspondant à une personnalité de type psychosomatique); selon elle, la pathologie psychosomatique de O.________ - qu'elle décrit comme un homme simple, au contact agréable, surtout centré sur ses symptômes physiques (douleurs de l'hémicorps droit; brachialgies et scapulalgies) mais sans signes majeurs pour un état dépressif (pas de tristesse ni d'idée suicidaire) - est principalement liée au fonctionnement de sa personnalité caractérisée par un monde émotionnel pauvre et collé à la réalité, de sorte qu'une amélioration de la symptomatologie est pratiquement à exclure d'un point de vue psychiatrique (consilium psychiatrique du 30 septembre 1999). Quant au rhumatologue, il n'a pas observé de limitation fonctionnelle significative chez l'assuré compte tenu de son âge, tout en évoquant un possible diagnostic de dish («ébauche d'ostéophytes antérosupérieur au niveau de L3-L4»); au plan rhumatologique, il a conclu à une capacité de travail limitée pour tous les travaux impliquant de la force dans les membres supérieurs, des mouvements de flexion et d'extension répétitifs, ou une position accroupie, et entière pour les travaux légers, en position assise avec possibilité de varier la position (consultation rhumatologique du 13 octobre 1999). Dans leur appréciation du cas, les experts ont mentionné que l'assuré avait déjà souffert par le passé d'épisodes de lombalgies, toutefois sans conséquences sur son aptitude à travailler; l'origine de l'incapacité de travail actuelle devait être recherchée dans une chute sur le dos dont il avait été victime en juin 1995 à son lieu de travail, bien que les suites immédiates de l'incident n'aient entraîné à l'époque qu'une incapacité de travail suivie de 17 jours; il n'y avait aucune lésion traumatique ni événement particulier aigu permettant de justifier l'arrêt de travail définitif qui lui avait été reconnu depuis le 18 février 1997, hormis la lente péjoration de ses douleurs cervicales et dorsales apparues après cette chute. Parmi les facteurs susceptibles d'avoir favorisé cette évolution, les experts ont cité la personnalité de l'assuré (de type psychosomatique), le contexte d'émigration, son faible degré de scolarisation et de formation professionnelle, ainsi qu'un effet de «coping». Cependant, comme O.________ ne présentait somme toute que peu de limitations fonctionnelles, qu'il avait par le passé fonctionné à satisfaction auprès de ses divers employeurs nonobstant son trouble de personnalité et enfin, qu'il conservait, d'après ses propres dires, une autonomie quasiment complète dans tous les gestes de la vie courante (tenir le ménage, conduire une voiture, se déplacer, rencontrer des amis, faire des promenades), ils ont en déduit qu'un retour à un emploi restait envisageable dans une mesure de 50 %.