Citation: 4F_8/2013 E. 2.2.2

2.2.2. Il ressort de ce résumé de son argumentation, laquelle revêt d'ailleurs un caractère essentiellement appellatoire, que Y.________, sous le couvert d'une prétendue inadvertance commise par la Ire Cour de droit civil, cherche, en réalité, à remettre en cause la solution juridique retenue dans l'arrêt du 17 avril 2013 au sujet de l'une des quatre branches du grief de violation du droit d'être entendu, au sens de l'art. 190 al. 2 let. d LDIP, que X.________ avait soulevé dans son recours en matière civile visant la sentence du 6 octobre 2012. Or, tel n'est pas l'objet de la procédure de révision d'un arrêt du Tribunal fédéral prévue aux art. 121 ss LTF. Y.________ fait grand cas, aujourd'hui, du cours historique du nickel à la LME, lequel constituerait un fait notoire. Cette dernière affirmation apparaît déjà sujette à caution au regard de la définition jurisprudentielle de la notoriété (cf. ATF 135 III 88 consid. 4.1 et les références). Quoi qu'il en soit, il est frappant de constater que, dans le mémoire de recours de X.________ et la réponse de Y.________ versés au dossier de la cause 4A_669/2012, il n'est nulle part fait état du cours, supérieur à 20'000 USD par tonne métrique, auquel ce métal était vendu à l'époque déterminante. Aussi Y.________ est-elle malvenue de reprocher au Tribunal fédéral de n'avoir pas tenu compte de cet élément. De fait, la valeur réelle du nickel n'était sans doute pas décisive, en l'espèce, pour le calcul du gain manqué, attendu que, dans le marché de niche envisagé par Y.________, celle-ci n'aurait payé la marchandise à X.________ que le lendemain du jour où elle l'aurait retirée du site de consignation pour la remettre à l'acheteur, de sorte qu'il était peu probable que cette valeur se modifiât notablement durant le court laps de temps que durerait l'opération d'achat-vente du nickel conduite de cette façon. Il suffit d'ailleurs de lire les diverses écritures des parties pour constater que ces dernières ont focalisé leur attention sur le problème de la différence entre le montant que Y.________ pourrait réclamer à ses clients en sus du prix de base et le montant global qu'elle devrait débourser, également en sus du prix de base, pour l'acquisition du nickel destiné à la revente. Dans la procédure arbitrale, les termes anglais de premium ou surcharge ont été utilisés pour qualifier ces montants-là (cf. sentence du 6 octobre 2012, p. 51, n. 106, 2e §). La Ire Cour de droit civil, à la suite de X.________, les a traduits en français par prix (prix d'achat, resp. frais d'acquisition, et prix de revente) dans l'arrêt incriminé, tandis que Y.________ a proposé le terme de prime. Ce n'est là, toutefois, qu'une question de terminologie même s'il faut concéder à l'intéressée que le mot prime exprime peut-être mieux la notion en cause que celui de prix utilisé dans cet arrêt. Toujours est-il qu'il s'est agi de déterminer quelle prime ou quel supplément Y.________ pouvait escompter facturer à ses clients, d'une part, et l'ensemble des frais que lui aurait occasionnés l'achat du nickel auprès de X.________, d'autre part, ceci afin de chiffrer son gain manqué net. C'est sur ces points-là que portait la controverse: sur le premier, Y.________ estimait à 1'050 USD la prime brute moyenne qu'elle aurait pu toucher par tonne métrique de nickel revendue à ses clients, alors que, à suivre X.________, sa cocontractante n'aurait pu espérer percevoir que 525 USD à ce titre; sur le second, X.________ considérait que Y.________ aurait dû imputer sur ce dernier montant, pour chaque tonne métrique, non seulement la prime de 30 USD convenue par les parties, mais encore 324 USD, abstraction faite de la commission à verser à A.________, au titre des frais de transport (91 USD), des frais de découpe (150 USD) et des frais financiers (83 USD), soit un total de 354 USD, alors que Y.________ n'entendait déduire de la prime de revente unitaire qu'un maximum de 82,95 USD, du chef de la prime convenue et des frais financiers (i.e. 2'520'000 USD - 2'320'919.54 USD : 2400 tonnes métriques; cf. le n. 92 du Statement of claim du 2 février 2012 produit par Y.________ comme annexe 8 à sa demande de révision). Dans les passages précités de l'arrêt en cause, auxquels il est renvoyé ici, la Ire Cour de droit civil a exposé clairement les termes de cette problématique et indiqué les raisons pour lesquelles X.________ pouvait se plaindre à juste titre, sur le vu du texte de la sentence, de ce que l'arbitre n'avait pas pris en considération les arguments qu'elle lui avait soumis relativement aux modalités du calcul du gain manqué net éprouvé par Y.________. Elle l'a fait sans qu'une inadvertance manifeste, au sens de la jurisprudence susmentionnée, ne soit venue pervertir son raisonnement. Au demeurant, elle a rappelé la nature formelle du droit d'être entendu et n'a donc pas exclu, implicitement, que l'arbitre puisse aboutir à la même solution que celle qu'il a retenue dans sa sentence du 6 octobre 2012 lorsqu'il statuera derechef. On ne peut d'ailleurs que regretter que cet arbitre n'ait pas pris la peine de se déterminer sur le recours visant sa sentence et sur la demande de révision, ce qui eût sans doute permis de clarifier la situation. Quoi qu'il en soit, la demande de révision soumise à l'examen de la Cour de céans doit être rejetée.