Citation: 1P.377/2001 04.09.2001 E. 5

5.- Les recourants reprochent également au message d'être trop onéreux et de ne pas respecter le principe de la proportionnalité des coûts. Le Conseil d'Etat a retenu que les douze précédents messages auraient coûté en moyenne 34'000 fr., sans que l'on sache, selon les recourants, comment ce montant a été calculé. Par ailleurs, la brochure litigieuse aurait coûté 52'000 fr., soit 18'000 fr. de plus, sans égard au fait que deux objets étaient soumis à la votation. Les illustrations étaient inutilement luxueuses. a) Le Tribunal fédéral n'intervient, en vertu du principe de la proportionnalité, que dans les cas les plus manifestes, comme lors de financements occultes ou illicites, ou lorsque le message officiel se présente comme particulièrement - et inutilement - luxueux (Decurtins, op. cit. p. 178/179, 187, qui évoque le cas d'une brochure en quatre couleurs sur papier glacé). En dehors de ces cas, et lorsque, comme en l'espèce, il est démontré que le contenu du message n'a pas eu d'influence décisive sur l'issue du scrutin, le Tribunal fédéral doit s'imposer une retenue toute particulière, car seul se trouve en jeu, en définitive, le principe général d'économie de l'administration (op. cit. note 813 p. 179). b) Or, les explications du Conseil d'Etat font apparaître que les coûts engagés pour la confection du message ne sont pas exagérés. Rien ne permet de mettre en doute l'évaluation à 34'000 fr. des frais de confections (composition, graphisme et impression) des messages officiels pour les précédents objets. On ne voit pas pourquoi les frais d'élaboration du message à l'appui de la révision de la constitution cantonale, qui s'élèvent à 71'000 fr., ne devraient pas être pris en compte dans l'élaboration de cette moyenne. Les recourants relèvent que certaines votations précédentes portaient elles aussi sur plusieurs objets, et qu'il n'en a pas été tenu dans ce calcul. Même si le chiffre de 34'000 fr. n'est qu'approximatif, il donne une évaluation des sommes dépensées lors des précédentes votations. Le montant de 52'000 fr. est certes sensiblement plus élevé, mais il n'apparaît pas comme disproportionné. Comme le relève le Conseil d'Etat dans sa réponse, les brochures explicatives relatives à trois objets récents (loi sur l'exercice du commerce, Constituante, loi scolaire et EMS), ont coûté respectivement 53'830 fr., 70'000 fr. et 71'804 fr., chiffres que les recourants ne contestent pas en réplique. L'investissement consenti lors de la votation litigieuse se situe en retrait de ces montants, de sorte qu'on ne saurait reprocher à l'autorité d'avoir procédé à une dépense inhabituelle dans ce domaine. Même si, comme cela est relevé ci-dessus, on peut douter de l'utilité des illustrations proposées, le message, dans son ensemble, ne constitue pas une dépense disproportionnée. En l'espèce, le papier utilisé était du papier recyclé, choisi par l'Economat cantonal, et l'usage de la quadrichromie pouvait se justifier par le fait que la même brochure se rapportait également à la votation sur la construction d'une route d'évitement; cet objet justifiait l'insertion de plans, graphiques et montages explicatifs en couleur. Le grief doit par conséquent être écarté.