Citation: 6B_259/2021 E. 1.3

1.3. En substance, la cour cantonale a estimé que les premiers juges pouvaient considérer que la mesure thérapeutique institutionnelle dont bénéficiait le recourant était vouée à l'échec et que les conditions de l'internement étaient réalisées. A cet égard, elle a retenu qu'il ressortait de l'expertise du 1er novembre 2019 du Dr E.________ que le recourant souffrait d'un trouble mixte de la personnalité paranoïaque et dyssociale, d'une accentuation de traits de personnalité narcissique, ainsi que d'antécédents de troubles mentaux et de troubles du comportement liés à l'utilisation d'alcool, utilisation nocive pour la santé. La cour cantonale a retenu, en citant cette même expertise, que l'expert était parvenu à la conclusion, s'agissant du résultat de la mesure thérapeutique institutionnelle, que celle-ci s'était soldée par un échec, et que selon lui la prise en charge psychiatrique des personnes souffrant d'un trouble de la personnalité paranoïaque était longue, difficile et peu probante. Celle-ci consistait surtout à essayer d'établir une alliance minimale avec un patient qui ne demande pas de soins. La cour cantonale a également retenu que l'expert avait souligné que sur le plan médicamenteux, les neuroleptiques étaient peu efficaces et que le recourant ne semblait laisser aucune brèche à une relation de confiance. La cour cantonale a retenu que le rapport d'évaluation criminologique du 12 mars 2020 relativisait les conclusions de l'expertise du 1er novembre 2019 et du rapport du 21 février 2020. Il en ressortait que plusieurs études criminologiques relevaient qu'une intervention par le biais de programmes de type cognitivo-comportemental pouvait être prometteuse en matière de désistance chez les délinquants présentant des caractéristiques psychopathiques; et, qu'une réflexion quant à l'intégration du recourant au sein d'un groupe pour auteurs d'infractions à caractère sexuel pourrait être envisagée. Cependant, en s'appuyant sur le complément d'expertise du 6 mai 2020 du Dr E.________ qui se prononce sur ce rapport du 12 mars 2020, la cour cantonale a retenu que ces approches thérapeutiques existaient uniquement d'un point de vue théorique et qu'elles ne tenaient pas suffisamment compte des non-avancements thérapeutiques obtenus jusqu'alors par le recourant. En outre, la cour cantonale a retenu que s'agissant d'éventuels autres établissements, qui seraient à même de proposer des approches différentes que celles offertes au sein de Y.________, il n'était pas suffisant que le recourant constate leur existence. Selon elle, non seulement il aurait fallu que ceux-ci - dont l'emplacement restait inconnu - soient disposés à accueillir le recourant, mais aussi que le recourant démontre une réelle volonté d'être prêt à s'impliquer dans un quelconque traitement, ce dont elle doutait au vu des pièces du dossier. La cour cantonale a retenu que la détention illicite (cf. supra let. B.b) du recourant n'avait pas eu de conséquence sur les capacités de celui-ci à se soumettre au traitement thérapeutique. A cet égard, elle a toutefois retenu que ce n'était qu'à partir du transfert du recourant à W.________ que la mesure thérapeutique institutionnelle avait pu débuter, le milieu carcéral n'étant pas adapté à prodiguer les soins adaptés à l'état de santé de l'intéressé. Elle a également admis qu'en théorie, si le recourant avait été placé dans cet établissement dans de meilleurs délais, il aurait pu débuter plus tôt son traitement. Elle a toutefois relativisé ces éléments en relevant que, de toute manière, le recourant ne s'était pas montré disposé à entamer une véritable introspection et une remise en question et que l'expert avait déclaré n'être pas en mesure de dire quelles avaient été les répercussions de la détention illicite sur le psychisme du recourant. De plus, elle a souligné que le recourant n'avait jamais précisé quelles auraient été les conséquences d'un placement plus rapide à W.________ sur ses capacités à se soumettre au traitement. S'agissant de la durée effective de la mesure thérapeutique dont avait bénéficié le recourant, la cour cantonale a retenu qu'indépendamment de cette durée - que celle-ci ait duré plus de cinq ans ou trois ans seulement - le recourant s'était toujours montré inaccessible au traitement et qu'ainsi c'était la motivation du recourant à s'investir dans un traitement thérapeutique qui faisait défaut. Par ailleurs, elle a souligné que le droit ne prévoyait pas de durée minimale de traitement. A propos du complément d'expertise du 6 mai 2020, la cour cantonale a retenu que le Dr E.________ avait précisé que la seule question qui lui semblait encore restée ouverte était celle de la durée nécessaire pour prononcer l'échec du traitement. Que selon lui, "[o]n pourrait, éventuellement considérer que le temps passé depuis le début de la thérapie à W.________, suivi de celle qui [était] actuellement en cours avec le Dr F.________ [était] trop court si l'on [tenait] compte des puissants mécanismes de défense (clivage, déni) présents chez l'expertisé", mais que "c'[était] toutefois l'intensité et la rigidité de ces mêmes mécanismes de défense qui laisse[aient] peu de place au changement et à la remise en question". Au final, en se fondant sur les rapports d'évaluation criminologique, l'expertise psychiatrique et son complément, la cour cantonale a retenu que le recourant n'avait guère évolué dans son travail thérapeutique, puisqu'il se positionnait toujours dans le déni et le refus de se remettre en question. Face à ce manque de motivation, la cour cantonale a conclu qu'elle ne percevait guère de quelle manière la mesure thérapeutique institutionnelle pourrait encore atteindre son but. En ce qui concerne le risque de récidive, la cour cantonale a retenu que l'expert l'avait qualifié d'élevé pour des actes de violence, y compris pour des actes de violence sexuelle et au vu de ce risque élevé, l'expert avait préconisé un internement au sens de l'art. 64 CP.