Citation: U 243/02 30.12.2002 E. 4

Demeure litigieuse la question de l'existence des troubles psychiques allégués par le recourant au moment de la suppression du droit aux prestations et, cas échéant, celle de leur relation de causalité avec l'accident du 18 novembre 1998. 4.1 Selon le docteur D.________ (rapport du 4 octobre 2001), la bénignité du traumatisme et de l'accident, l'absence d'état émotionnel modifié immédiatement après l'événement ainsi que de réaction neuro-végétative et d'émotion lors de la description de l'accident, ou encore de flash-back, de conduite d'évitement et de cauchemar ne permettent pas d'étayer l'hypothèse d'un état de stress post-traumatique. Par ailleurs, constatant que les plaintes et les symptômes observés renvoient, comme cela a été évoqué dans le rapport de la Clinique Y.________, à leur nature hystérique (trouble de conversion), l'expert relève que le trouble de conversion, chez un homme jeune, doit ouvrir le diagnostic différentiel de la simulation, voire de la sursimulation. Ce d'autant plus que le recourant, qui se plaint de douleurs a priori insupportables, ne prend pas les médicaments qui lui sont prescrits : le dosage sérique des médicaments donne en effet des taux nuls. Procédant à une analyse complète du comportement de l'assuré, basée sur l'anamnèse, l'examen clinique et l'étude du dossier, le docteur D.________ met en évidence l'attitude démonstrative et la tendance à la dramatisation de P.________, le peu d'impact de l'état de ce dernier sur sa vie sociale, affective et sexuelle, de même que l'absence de grave pathologie psychiatrique. Le médecin relève aussi la variabilité dans la description des douleurs qui sont mal systématisées, la disparition de tout ou partie de la symptomatologie - qui est fonction de l'interlocuteur et du moment de l'examen - quand le recourant ne se sent pas observé, ce qui atteste la contrefaçon d'une grande partie des limitations fonctionnelles. Tous ces éléments amènent l'expert à conclure, en accord avec la doctrine spécifique, que la situation du cas d'espèce sort du champ médical et que les troubles présentés par l'intéressé sont fonction de sa volonté, c'est-à-dire feints, et non d'une pathologie avérée. Tout au plus le docteur D.________ peut-il confirmer l'hypothèse diagnostique de la Clinique Y.________ en faveur d'un trouble de l'adaptation post-traumatique avec réaction mixte anxieuse et dépressive, étant précisé que ce trouble n'a pas perduré au-delà du mois de juin 1999. 4.2 Les nombreux rapports et avis médicaux figurant au dossier ne permettent pas de s'écarter de l'expertise du docteur D.________ qui remplit au demeurant toutes les conditions établies par la jurisprudence (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références) pour lui accorder entière valeur probante. En effet, le rapport de ce médecin est extrêmement détaillé et complet; il se fonde sur un long entretien avec l'assuré, sur des tests tant paracliniques que psychiatriques, sur l'étude de la littérature spécifique ainsi que sur celle de l'ensemble du dossier et notamment des avis de ses confrères par rapport auxquels le docteur D.________ s'exprime et motive de manière convaincante sa position. La situation médicale est exposée de manière claire, le cas est abordé sous tous les aspects possibles et les conclusions de l'expert sont non seulement dûment motivées, mais également très fouillées. Au demeurant, l'avis du docteur D.________ rejoint celui du docteur C.________, médecin conseil de la CNA (rapport du 20 septembre 1999), dans son rejet du diagnostic d'état de stress post-traumatique. Par ailleurs, les constatations ayant conduit l'expert à poser le diagnostic différentiel de simulation ont également fait l'objet de remarques de la part de ses confrères (cf. rapport de la Clinique Y.________, Consilium psychosomatique du 24 février 1999; rapport de la Clinique Y.________ du 31 mars 1999; rapport des docteurs E.________, G.________ et F.________ du 20 juin 2001). 4.3 Au vu de tout ce qui précède, il doit être constaté que le recourant ne souffrait plus, à la date de la suppression de ses prestations par la CNA, d'aucune affection d'ordre psychique et qu'il simule des troubles inexistants. Dès lors, il n'y avait plus, à la date litigieuse, de conséquences de l'accident du 18 novembre 1998. C'est donc à bon droit que la CNA a mis un terme à ses prestations. Le recours se révèle par conséquent mal fondé. 4.4 Au vu des motifs retenus ci-dessus, la requête du recourant relative à la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique doit être rejetée.