Citation: 5A_1021/2015 E. 3

La recourante s'en prend au calcul de son loyer, des frais de femme de ménage, de ses dépenses personnelles et de celles de la famille. Elle reproche en outre à l'autorité cantonale de ne pas avoir retenu un poste "épargne". Pour chacun de ces points, elle se contente toutefois d'affirmations péremptoires aux termes desquelles elle taxe d'insoutenables les considérations de la Cour de justice, sans discuter ces dernières. Elle ne chiffre par ailleurs pas les montants qui auraient dû être retenus sur la base des pièces produites. Dans ces conditions, il est impossible de comprendre comment elle fonde son chef de conclusions tendant à l'allocation d'une contribution mensuelle de 21'000 fr. Une telle critique ne répond pas aux exigences de motivation posées en la matière (cf. supra, consid. 2). Plus particulièrement, s'agissant du loyer, elle se borne à opposer de façon appellatoire qu'un appartement de 3'500 fr. par mois ne lui offre pas un standing de vie comparable à celui dont elle bénéficiait dans la villa de U.________, qui vaut plusieurs millions et pourrait être louée entre 12'000 fr. et 15'000 fr. mensuellement,et ne lui permettra pas "d'accueillir sa famille dans des conditions semblables à celles de l'ancien domicile conjugal". Elle allègue par ailleurs qu'un tel montant ne prend pas en considération qu'étant "d'origine irlandaise sans autre famille en Suisse que ses quatre enfants", elle pourrait "prendre ses distances avec la Suisse" et qu'elle s'est installée provisoirement à Londres où elle a consacré "la part la plus importante de ses dépenses", soit environ GBP 4'000 par mois (6'000 fr.), à son relogement en se fondant "de bonne foi" sur la contribution allouée en première instance. Ce faisant, elle se réfère à un événement purement hypothétique et à un fait qui ne ressort pas de l'arrêt entrepris sans établir qu'il aurait été arbitrairement ignoré. En ce qui concerne les frais de femme de ménage, son argumentation se résume à l'allégation selon laquelle les heures de service retenues par la Cour de justice, soit quatre heures de ménage par semaine à 25 fr. l'heure, ne correspondent pas à la "situation antérieure". Un tel procédé laisse intacte l'appréciation de la Chambre civile fondée sur le fait que l'entretien se limitera désormais à celui d'un appartement que la recourante occupera seule. Pour le reste, lorsque la recourante allègue que le montant de 2'800 fr. résultant des relevés de ses cartes de crédit ne peut comprendre ses frais de voyage en classe affaires, de vacances ou de cadeaux onéreux, dès lors que ceux-là étaient financés par l'intimé et ne rentraient pas dans ses dépenses personnelles, son affirmation est purement appellatoire. Il en va de même autant qu'elle prétend que les dépenses de la famille seraient manifestement plus élevées que la somme de 7'385 fr., que la clé de répartition de ces frais ne serait pas adéquate et que seuls les relevés de ses cartes de crédit auraient été pris en considération. Enfin, l'exposé sur le poste "épargne" ne constitue à nouveau qu'une suite d'affirmations appellatoires.