Citation: 5A_967/2023 E. 5.1

5.1. La Chambre civile a estimé que la recourante n'était pas parvenue à démontrer que des acquêts avaient servi à l'amélioration ou à la conservation des biens immobiliers de l'intimé. S'il est vrai que les travaux sur le domicile conjugal avaient été financés avec les revenus de l'immeuble, ces travaux s'étaient déroulés entre 2003 et 2006 alors que l'intimé n'avait pas encore hérité de l'immeuble, l'acte de partage datant du mois de juin 2006, de sorte que lesdits revenus de l'immeuble n'appartenaient pas à l'intimé et ne pouvaient constituer des acquêts. Par la suite, l'intimé avait expliqué que c'était l'augmentation de l'hypothèque qui lui avait permis de financer les travaux sur la carrosserie, soit des biens propres. Selon la Chambre civile, c'était d'ailleurs ce qui ressortait des pièces produites. En effet, le prix des travaux de transformation de la carrosserie s'étaient élevés à 1'139'097 fr. 53 (voire 2'000'000 fr. selon les déclarations de l'intimé). Sachant que les hypothèques, qui grévaient la masse des biens propres, avaient augmenté d'environ 1'500'000 fr. entre la date de l'acquisition des biens immobiliers par l'intimé et la dissolution du régime matrimonial et que l'intimé avait également hérité de liquidités totalisant près de 1'500'000 fr. entre 2004 et 2006 (390'245 fr. + 1'086'259 fr. + 95'843 fr.), force était de constater que c'étaient effectivement les biens propres de l'intimé qui avaient financé les travaux effectués sur les biens immobiliers lui appartenant. Partant, c'était à juste titre que le Tribunal n'avait pas retenu dans la liquidation du régime matrimonial de participation de la recourante à la plus-value subie par les biens immobiliers de l'intimé.