Citation: 2C_452/2019 E. 6.3

6.3. L'intérêt public à l'éloignement de Suisse de l'étranger a été mis en balance avec l'intérêt personnel de celui-ci à demeurer dans ce pays. Il faut tout d'abord relever, avec l'autorité précédente, que la réintégration dans le pays d'origine ne sera assurément pas aisée. Cependant, l'intimé, qui parle la langue de son pays et y a passé les 20 premières années de sa vie, bénéficie d'une expérience professionnelle dans le domaine de la restauration qui lui permettra de retrouver plus facilement une activité au Sri Lanka, malgré son âge. Par ailleurs, s'il faut également saluer l'abstinence de l'intimé, son comportement qualifié d'exemplaire par le Tribunal cantonal et le fait qu'il suive une thérapie en relation avec ses problèmes d'alcool, ces éléments n'ont toutefois qu'un poids relatif dans la présente cause. Le sursis partiel à la peine privative de liberté de 34 mois n'a en effet été accordé qu'à la condition que l'intimé suive un traitement ambulatoire contre sa dépendance. Or, celui-ci ne saurait se prévaloir de son bon comportement intervenu à la suite de sa libération, ni durant la période probatoire postérieure, dès lors que durant l'exécution de sa peine, il est de toute façon attendu d'un délinquant qu'il se comporte de manière adéquate (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128 et les références). Certes, le couple de l'intimé est un couple de migrants, dont le mariage a été arrangé. Néanmoins, contrairement à ce qu'il semble penser, cela ne justifie en rien son comportement. Par ailleurs, le fait, comme il l'affirme, qu'il ne s'en soit pris qu'à sa femme, constitue un argument frôlant la témérité. La violence au sein du couple, et a fortiori plusieurs viols, ne saurait en aucun cas être considérée comme étant moins grave que de la violence envers des tiers. L'argument du Tribunal cantonal en relation avec la bonne intégration de l'intimé n'emporte pas plus la conviction. Si l'intimé se trouve en Suisse depuis 30 ans et que son intégration sur le plan professionnel peut être considérée comme étant relativement bonne, puisqu'il y a pratiquement toujours travaillé, son intégration sociale est des plus déplorable. Outre qu'il s'en est pris physiquement à son épouse et qu'il présente une importante addiction à l'alcool (semble-t-il en reddition), il a perdu tous liens avec ses enfants, à l'exception de son cadet, actuellement majeur, qu'il ne semble voir que très irrégulièrement (l'autorité précédente n'a pas retenu que le recourant voyait effectivement son fils). En outre, il ne fait valoir aucun autre lien social en Suisse. Il reconnaît d'ailleurs lui-même que la gravité de sa faute doit être relativisée en raison du fait qu'il provient d'une autre culture. Un tel argument, pour une infraction survenue près de 30 ans après l'arrivée en Suisse, démontre clairement que l'intégration de l'intimé est insuffisante.