Citation: 1P.795/1999 29.03.2000 E. 3

3.- Le recourant reproche à la Cour de justice d'avoir violé arbitrairement l'art. 246 al. 2 CPP gen. , à teneur duquel la cour ne peut, sur le seul appel du condamné, aggraver le sort de l'appelant. Sur ce point, le recours est recevable dans la mesure limitée où le recourant ne met pas en discussion l'application des art. 41 et 43 CP (consid. 1 ci-dessus). Il est constant que seul le recourant ayant formé un appel contre le jugement du 19 février 1998, l'art. 246 al. 2 CPP gen. s'appliquait en l'espèce. En première instance cantonale, le Tribunal de police a condamné le recourant à la peine de deux mois d'emprisonnement avec un délai d'épreuve de deux ans. Le recourant ne conteste pas que l'arrêt attaqué, le condamnant à la peine d'un mois d'emprisonnement avec un délai d'épreuve de deux ans, lui est plus favorable. Il estime toutefois que le fait de subordonner le sursis à un traitement ambulatoire thérapeutique aggraverait sa situation par rapport au jugement antérieur, lequel n'avait pas fait dépendre l'octroi du sursis de mesures de sûretés. Outre que le prononcé d'une telle mesure n'est pas en soi incompatible avec le principe de l'interdiction de la reformatio in peius (ATF 123 IV 1 consid. 4c p. 8; arrêt rendu le 10 août 1999 dans la cause 6S.418/1999, cité par le recourant), il est douteux que le fait de réduire la peine prononcée en première instance tout en suspendant l'exécution de celle-ci pour les besoins d'un traitement ambulatoire au sens de l'art. 43 ch. 1 in fine CP puisse constituer une aggravation de la peine, prohibée par l'art. 246 al. 2 CPP gen. A cela s'ajoute que le recourant suit, depuis 1991 au moins, un traitement lié à son état de santé psychique et que dans ce cadre, il lui a été prescrit des médicaments contre la dépression dont il souffre. On ne voit donc pas en quoi, de manière concrète, l'arrêt attaqué aurait pour effet de limiter la liberté personnelle du recourant par rapport à sa situation actuelle. Sans doute encourt-il, pour le cas où il ne suivrait pas régulièrement le traitement médical ambulatoire auquel il sera soumis, le risque de voir rapportée la mesure de sûreté dont il est l'objet et révoqué le sursis accordé à l'exécution de la peine. Le recourant ne saurait toutefois tirer de l'art. 246 al. 2 CPP gen. l'obligation pour la Cour de justice soit de maintenir, soit de réduire la peine prononcée en première instance, à l'exclusion de toute mesure justifiant de surseoir à l'exécution de la peine, elle-même réduite dans sa quotité.