Citation: U 35/03 01.06.2004 E. 7

7.1 A la lecture des rapports des docteurs V.________ et O.________, on constate qu'au moment de l'annonce de la rechute, le recourant a présenté une symptomatologie d'ordre psychique qui s'est ajoutée au problème algique. Selon le premier médecin, l'épuisement psychique du recourant qui évoluait à bas bruit depuis l'accident de voiture s'est cristallisé au mois d'octobre 1995 en un état dépressif majeur, le recourant présentant alors une importante asthénie, une anhédonie, des troubles de sommeil avec réveils nocturnes, des ruminations, des idées d'autodépréciation et des idées noires sans intention suicidaire (rapport du 10 janvier 1996). Selon le docteur O.________, le recourant souffrait de troubles psychiques apparus en 1993 déjà, mais qui s'étaient manifestés après une période de latence importante en octobre 1995, les défenses psychiques de l'assuré s'étant alors effondrées (rapport du 6 septembre 1996). Faisant état des plaintes du recourant (céphalées, vertiges matinaux, fatigue, difficulté de la mémoire, perte d'intérêt pour les actes de la vie quotidienne, troubles de sommeil) le spécialiste était d'avis que des causes extérieures à l'accident (deuils dans la famille, otosclérose avec acouphènes dont le recourant a souffert en 1993) avaient joué un rôle dans la genèse et surtout la persistance des troubles psychiques. 7.2 Il résulte de ces éléments qu'au moment où le recourant s'est à nouveau plaint de douleurs cervicales invalidantes, en novembre 1995, les troubles psychiques ont joué un rôle prépondérant dans la symptomatologie douloureuse. A cet égard, le fait que le médecin traitant a immédiatement adressé le recourant au docteur V.________ en novembre 1995 et que ce psychiatre a aussitôt attesté d'une incapacité de travail de 100 % sur le plan psychique dès le 15 novembre 1995 apparaît également déterminant. Dès lors, l'existence d'un rapport de causalité adéquate entre les troubles dont souffre l'assuré depuis novembre 1995 et l'accident du 17 novembre 1993 doit être examinée au regard des critères développés par la jurisprudence pour l'analyse de la causalité adéquate en relation avec des troubles psychiques consécutifs à un accident (cf. ATF 123 V 99 consid. 2a et les références).