Citation: 1B_44/2019 E. 2.2

2.2. Une décision relative au changement d'avocat d'office ne cause en principe aucun préjudice irréparable dès lors que le prévenu continue d'être assisté par le défenseur désigné. L'existence d'un tel dommage ne peut être admise que dans des circonstances particulières faisant craindre que l'avocat d'office désigné ne puisse pas défendre efficacement les intérêts du prévenu, par exemple en cas de conflit d'intérêts ou de carences manifestes de l'avocat désigné ou encore lorsque l'autorité refuse arbitrairement de tenir compte des voeux émis par la partie assistée (ATF 139 IV 113 consid. 1.1 p. 115 s. et les arrêts cités). Le simple fait que la partie assistée n'a pas confiance dans le conseil désigné ne lui donne pas le droit d'en demander le remplacement - respectivement d'en contester la nomination - lorsqu'il n'apparaît pas de manière patente que l'attitude de l'avocat d'office est gravement préjudiciable aux intérêts de la partie (ATF 138 IV 161 consid. 2.4 p. 164 s.). La jurisprudence mentionnée par la recourante considère que le refus de tenir compte des souhaits du prévenu lors de la nomination de son avocat d'office peut occasionner un préjudice irréparable (ATF 139 IV 113 consid. 1.2 p. 116). L'art. 133 al. 2 CPP impose en effet à la direction de la procédure de tenir compte, dans la mesure du possible, des souhaits du prévenu, mais ce droit de proposition (qui découle également de la CEDH) ne peut être invoqué qu'une fois, en principe au début de la procédure (arrêt 1B_103/2017 du 27 avril 2017 consid. 2.2). En l'occurrence, la recourante a exercé son droit en début de procédure et ne saurait s'en prévaloir à nouveau à ce stade, l'art. 134 al. 2 CPP ne le prévoyant d'ailleurs pas.