Citation: 5A_88/2023 E. 3.2

3.2. La recourante conteste le constat des juges cantonaux selon lequel sa capacité de travail n'était pas totalement limitée par son état de santé. Dits magistrats auraient dû retenir qu'elle était atteinte par des pathologies "en péjoration progressive". Ce fait était attesté par la comparaison de l'IRM de contrôle de 2022 avec l'IRM de 2021, la cour cantonale ayant omis de relever que la première constituait un "examen comparé à celui de 2021", ce qui était pertinent s'agissant de pathologies de nature évolutive. Ceci résultait également des écrits du 11 mai 2022 de l'Al (OCAS) invitant ses médecins (Drs H.________ et I.________) à fournir des rapports complémentaires à ceux de 2021, ainsi que par la lettre du 9 juin 2022 de son orthopédiste (Dr H.________) à l'Al (OCAS) indiquant que sa patiente "présente une aggravation de son état de santé qui nécessite de nouveaux examens et consultations chez différents spécialistes", et que "son incapacité totale de travail perdure depuis le mois de février 2021, et pour une durée indéfinie". Cela étant, il était arbitraire de considérer comme insuffisants les certificats médicaux du 23 août 2022 de son généraliste traitant (Dr J.________), certifiant une incapacité totale de travail pour maladie depuis février 2021, et celui de son orthopédiste traitant (Dr H.________), certifiant une incapacité totale de travail depuis le 22 août 2022 pour une durée indéterminée et indiquant que le traitement était en cours, ce d'autant que ce dernier intervenait, entre autres, en sa qualité de spécialiste dans le cadre de la demande de rente d'invalidité de sa patiente en cours d'instruction auprès de l'assureur social. La recourante oppose également l'arbitraire à la constatation de la cour cantonale selon laquelle elle avait attendu l'ouverture de la procédure de divorce, en 2020, pour déposer une demande AI. Elle réfute toute négligence de sa part, exposant que ce n'était qu'en 2019 qu'une IRM avait révélé une formation herniaire, dont le rapport avait été produit avec la réponse à la demande en divorce et n'avait pas été contesté par l'intimé. Ce n'étaient donc nullement des motifs opportunistes qui l'avaient conduite à déposer en été 2020 une nouvelle demande Al, mais l'évolution de sa pathologie herniaire récurrente. Tout aussi arbitraire était, selon la recourante, le fait de lui reprocher de n'avoir effectué aucune recherche d'emploi: la péjoration continue de son état de santé était constitutive d'un empêchement justifié à toute recherche d'emploi. Enfin, la recourante conteste qu'on puisse exiger d'elle qu'elle augmente son taux de travail ou qu'elle trouve un nouvel emploi. La première des deux hypothèses était inopérante car le travail de conciergerie était effectué par le fils majeur des parties, à qui on ne pouvait imposer d'en faire plus, outre qu'un tel emploi communal dans d'autres bâtiments apparaissait hautement improbable. C'était au demeurant arbitrairement et en violation de l'art. 150 CPC que la cour cantonale avait jugé qu'elle n'avait pas établi que son fils effectuait son activité de conciergerie à sa place. Elle avait en effet allégué ce fait dans sa réponse du 27 novembre 2020 et l'intimé en avait "pris acte" dans sa détermination du 25 février 2021. Ce fait n'était donc plus à prouver. Quant à la seconde hypothèse, la recourante est d'avis que "faute de compétences médicales et d'éléments médicaux actuels s'agissant de [ses] limitations fonctionnelles et de rendement", les juges cantonaux ne pouvaient valablement lui imputer une capacité de travail de 50% pour une activité de caissière. La décision AI de 2011 à laquelle la cour cantonale s'était référée, n'offrait aucune base médicale car elle était chronologiquement dépassée au regard des pathologies ici en cause, indiquait uniquement qu'un travail de vendeuse n'était définitivement plus exigible de l'assurée et, enfin, ne décrivait pas l'activité (adaptée) exigible de l'assurée à compter de mai 2008. Il était en outre insoutenable d'exiger d'elle d'être active en qualité de caissière au regard de son curriculum vitae. Il était en effet "notoire" que son profil rendrait très difficile son accès à un poste en caisse à temps partiel, "notoirement" très recherché par des personnes plus jeunes et, de surcroît, impossible à obtenir en un laps de temps de cinq mois.