Citation: 5A.11/2006 27.06.2006 E. 1

4.2 Le recourant soutient qu'il est erroné d'affirmer qu'il aurait invoqué les ennuis de santé de son ex-épouse et, conséquemment, l'impossibilité pour elle d'avoir désormais des enfants comme contre-preuve. Il prétend que si les conjoints ont choisi de divorcer, c'est en raison de la ferme intention de l'épouse de mettre un terme à leur union, intention dont elle ne l'a informé qu'après qu'il eût obtenu sa naturalisation. Ses problèmes gynécologiques, qu'elle connaissait de longue date et dont elle souffrait déjà lorsqu'elle a décidé de mettre un terme à leur mariage, ne seraient qu'un élément parmi d'autres ayant contribué à forger sa volonté de divorcer. S'agissant, comme dans le cas particulier, d'un couple sans enfant, qui ne dispose pas d'une fortune importante et dans lequel chaque conjoint est en mesure de contribuer à son propre entretien, lorsque l'un d'eux veut divorcer, l'autre accepte généralement rapidement; une requête commune en divorce est alors déposée dans un très court laps de temps, même si le mariage a duré plusieurs années. Quant à sa nouvelle union avec une ressortissante turque, elle aurait été arrangée par sa famille, ce qui expliquerait la rapidité de sa conclusion. 4.3 Ces arguments ne parviennent pas à mettre en doute le fait que l'union des époux n'était plus effective et stable au moment de la signature de la déclaration commune du 31 mars 2000 ou de la décision de naturalisation du 11 avril 2000, que le recourant en avait conscience et qu'il a dissimulé cette réalité en sachant - à tout le moins en pouvant supposer - que l'administration ne lui accorderait pas la naturalisation facilitée s'il l'en informait. Le recourant n'avance en effet aucun élément qui expliquerait pourquoi la prétendue union stable formée avec son épouse a été rompue en quelques semaines, réfutant au contraire que les ennuis de santé de celle-ci aient pu jouer ce rôle. Il tente par ailleurs à tort de contester le bien-fondé de la règle, déduite de l'expérience générale de la vie, selon laquelle un ménage uni depuis plusieurs années ne se brise pas en quelques semaines sans qu'un événement extraordinaire en soit la cause et sans que les conjoints en aient eu le pressentiment, et cela même en l'absence d'enfant, de fortune ou de dépendance financière de l'un des époux par rapport à l'autre. Enfin, il importe peu que son remariage ait été arrangé par sa famille. Les conditions d'application de l'art. 41 LN sont ainsi remplies et l'on ne voit pas que l'administration ait abusé de son pouvoir d'appréciation (cf. supra consid. 2.2) en annulant la naturalisation facilitée du recourant.