Citation: 1A.170/2006 06.07.2007 E. A

Les hoirs de A.________, soit B.________ et C.________ (ci-après: les hoirs A.________), sont propriétaires de la parcelle n° 561 du registre foncier, au lieu-dit "Es Chenevières" sur le territoire de la commune de Bellerive. Ce bien-fonds est riverain du lac de Morat, vers l'embouchure de la Broye. Il s'y trouve une maison, à quelques dizaines de mètres de la grève. Le 15 janvier 1962, le Département des travaux publics du canton de Vaud a accordé à A.________ une "autorisation pour usage du domaine public" (no 34/29), lui permettant de maintenir sur le domaine public, au droit de sa propriété, une passerelle d'embarquement, une estacade et un escalier qui avaient été installés auparavant. Cette autorisation était accordée "à bien plaire", le bénéficiaire pouvant être tenu "d'enlever et de faire disparaître, sans avoir droit à dédommagement, ni indemnité, les travaux qui [en] font l'objet". Le 17 février 1976, le département a amendé l'autorisation initiale en permettant la réalisation d'une nouvelle passerelle (et en radiant les points concernant l'estacade et l'escalier). Au total, cette nouvelle passerelle a une longueur d'une trentaine de mètres et une largeur de quatre-vingts centimètres. Actuellement, elle traverse l'extrémité nord d'une roselière qui s'est formée au bord du lac de Morat, depuis l'embouchure de la Broye jusqu'au droit de la parcelle n° 561. La passerelle émerge de la roselière et surplombe les eaux du lac sur environ huit mètres. En 1983, D.________, veuve de A.________, est devenue titulaire de l'autorisation à bien plaire. Après son décès, C.________ a requis que cette autorisation lui soit transférée.