Citation: 6B_900/2023 E. 2.3

2.3. Si le jugement entrepris contient une retranscription détaillée des éléments de preuves pris en compte et une appréciation circonstanciée de certains d'entre eux, aucun état de fait n'est retenu expressément. Le contenu des dispositions légales pertinentes en l'espèce (art. 190 CP et 189 cum 22 CP) et les principes jurisprudentiels qui en découlent ne ressortent pas de la décision attaquée. Certes, le jugement entrepris fait état d'un acte sexuel entre les parties le 22 septembre 2020 (jugement entrepris consid. 5.4.1). Néanmoins, parmi les cinq versions différentes des faits livrées par l'intimé sur les circonstances de cet acte (cf. jugement entrepris consid. 5.3.2.1 à 5.3.2.5), on ignore laquelle est finalement retenue au bénéfice du doute. Ainsi, le jugement entrepris ne contient aucune constatation s'agissant d'une éventuelle "clé de bras" faite par l'intimé à la recourante afin de la pénétrer vaginalement (geste nié par l'intimé devant la police et le ministère public puis devant le tribunal criminel [consid. 5.3.2.1, 5.3.2.2 et 5.3.2.5], mais admis en confrontation du 24 septembre 2020, lors de la récapitulation du 6 mai 2021 et en audience d'appel [consid. 5.3.2.3; 5.3.2.4; let. F p. 11]). On ignore également si la cour cantonale retient que la recourante aurait marqué son opposition à un acte sexuel (ou à un acte d'ordre sexuel) voire, aurait demandé à l'intimé d'arrêter (cf. notamment les déclarations de l'intimé sur ce point; jugement entrepris let. F). Le jugement entrepris n'expose pas davantage pour quel motif l'intimé aurait interrompu soudainement l'acte sexuel, sur la base des différentes explications données par ce dernier (cf. consid. 5.3.2.3: en pensant à ce qu'elle avait fait avec un autre homme la veille; consid. 5.3.2.5: motifs d'hygiène; let. F: sur demande de la recourante). Le jugement entrepris est également muet sur le défaut de réalisation des conditions de l'infraction de viol. De surcroît, en lien avec la tentative de contrainte sexuelle, la cour cantonale ne fait aucune constatation expresse concernant les attouchements de l'intimé et les frappes de son sexe sur les fesses de la recourante, ainsi que sur la tentative de pénétrer cette dernière par l'anus. Cas échéant, les circonstances entourant ces différents actes sont également manquantes. Enfin, si la cour cantonale évoque les déclarations concordantes des parties s'agissant d'une dispute et du fait que l'intimé aurait poussé la recourante au sol, juste avant les actes litigieux, elle ne le constate pas expressément et n'en tire aucune conclusion. A défaut de constatations claires permettant d'examiner tant les éléments objectifs que subjectifs des infractions en cause (cf. supra consid. 2.1.2), la cour de céans n'est pas en mesure de contrôler la bonne application du droit fédéral, ni même de traiter les griefs d'arbitraire soulevés par la recourante. L'état de fait et la motivation juridique étant lacunaires, il convient d'annuler le jugement entrepris et de renvoyer la cause à la cour cantonale pour qu'elle statue sur la base des motifs déterminants de fait et de droit (art. 112 al. 1 let. b et al. 3 LTF).