Citation: 6B_325/2021 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a reconnu le recourant coupable d'infraction à la LEI, d'incitation qualifiée à l'entrée, à la sortie et au séjour illégaux, d'encouragement à la prostitution, d'infraction grave à la LStup, de blanchiment d'argent, de viol et de pornographie. Elle a considéré que sa culpabilité était très lourde. Il n'avait en effet pas hésité à tirer profit de la situation extrêmement précaire de compatriotes de sexe féminin en Suisse pour les mettre sur le trottoir afin de pouvoir récolter une part importante de leurs revenus. Non content de tirer financièrement profit de l'activité de prostituée de l'intimée, le recourant avait poussé le vice jusqu'à s'en prendre lui-même à son intégrité sexuelle, en la violant lâchement. Il avait encore démontré son mépris absolu pour l'intégrité sexuelle d'autrui en téléchargeant sans scrupules l'image d'une femme en train de se faire pénétrer par un chien. Dans un autre registre, le recourant s'était livré à un trafic de cocaïne qui avait porté sur une quantité largement suffisante (au moins 30.09 g. de cocaïne pure) pour mettre en danger la santé de nombreuses personnes et lui avait permis de réaliser des revenus substantiels. Il avait par ailleurs veillé à dissimuler ces gains ainsi que ceux provenant de son activité de proxénète en les transférant à l'étranger. Le recourant avait également prouvé qu'il se moquait éperdument de l'ordre juridique suisse en se rendant dans ce pays dans le seul et unique but d'y commettre des infractions. Il ne respectait donc rien ni personne, ne reculait devant aucune bassesse pour assouvir ses besoins sexuels et financiers. Quoiqu'il en dise, son comportement était d'autant plus blâmable que sa requête d'asile avait été admise en W.________ et qu'il pouvait dès lors compter sur cet Etat pour subvenir à ses besoins vitaux. Si on ne pouvait évidemment pas lui reprocher de nier les faits, sa persistance à contester certaines évidences du dossier sans la moindre considération pour ses victimes, démontrait qu'il n'avait manifestement pas pris conscience de la gravité de ses actes et de leurs conséquences. À charge, il fallait naturellement tenir compte de sa précédente condamnation en W.________ pour des faits en lien avec un trafic de stupéfiants. Le fait que le recourant n'ait pas contesté s'être livré à un trafic de cocaïne n'impliquait pas l'existence d'une collaboration susceptible d'entraîner un effet atténuant. Il était en revanche tenu compte d'un parcours de vie et d'une situation personnelle difficile attestée par son statut de réfugié en W.________. Jeune et en bonne santé, le recourant n'était en revanche pas particulièrement vulnérable face à la peine. Le fait qu'il ne reçoive que peu ou pas de visite en détention était inhérent à sa situation personnelle. Au vu de ces éléments, l'autorité précédente a considéré que c'était une peine privative de liberté de trois ans qui devait être prononcée pour sanctionner le viol, qui constituait l'infraction abstraitement la plus grave. Cette peine devait être augmentée de deux ans pour sanctionner l'infraction d'encouragement à la prostitution, d'un an et demi pour l'infraction grave à la LStup, de six mois pour le blanchiment d'argent, de six mois supplémentaires pour l'incitation qualifiée à l'entrée, à la sortie et au séjour illégaux, de trois mois encore pour l'infraction de pornographie et de trois mois enfin pour l'infraction à la LEI, ce qui donnait un total de huit ans de peine privative de liberté. En application de l'art. 116 al. 3 let. a LEI, il convenait encore d'infliger une peine pécuniaire au recourant laquelle pourrait, au vu des éléments rappelés ci-dessus, être arrêtée à 100 jours-amende.