Citation: U 225/99 22.09.2000 E. 4

4.- Il est établi que l'attitude expectative des obstétriciens de l'hôpital cantonal dès l'arrivée de l'assurée dans leur service, consistant à ne pas procéder d'emblée à une césarienne et à ne pas provoquer d'emblée un accouchement des jumeaux par voie basse, mais à prolonger le plus longtemps possible leur séjour dans l'utérus par une thérapie pharmacologique (tocolyse), ne s'écartait nullement de la pratique courante en médecine. Ce comportement n'était donc pas constitutif d'un événement accidentel. C'est en vain que les recourants allèguent que les obstétriciens ont ainsi sous-estimé les risques liés à la grossesse gémellaire et ceux liés à la rupture prématurée de l'une des poches des eaux, et qu'ils ont également sous-estimé le risque d'infection. En effet, l'assurée s'est présentée à la maternité dans sa 33ème semaine de grossesse. Or, d'après l'expert judiciaire, dont l'avis se fonde sur les standards internationaux auxquels se réfère le jugement entrepris, les bénéfices d'une thérapie basée sur les corticostéroïdes en ce qui concerne la fréquence et sévérité de la morbidité néonatale et le taux de mortalité s'imposent d'une façon impérative jusqu'à la fin de la 34ème semaine de grossesse. Bien que l'effet maximal se produise seulement plus de 24 heures après le début d'une telle thérapie, un effet bénéfique peut être observé plus tôt. Se demandant s'il y avait un risque augmenté d'acquérir une infection, l'expert a répondu que la pratique et les études mettaient en évidence que le risque d'infection associé à une telle thérapie était bien mineur par rapport aux avantages réels, même après une rupture prématurée de la poche des eaux (rapport du 20 janvier 1998). Cela est confirmé par les documents médicaux produits après coup par l'hôpital cantonal, où le diagnostic différentiel, la décision de procéder à la tocolyse et le bilan infectieux négatif jusqu'au 2 mars 1987 sont indiqués (rapport supplémentaire du 18 mars 1998).