Citation: 8C_582/2018 E. A

A.________, né en 1993, a été victime d'un premier accident le 30 mai 2009: il s'est tordu le genou droit, en mettant le pied dans un trou alors qu'il courait sur un sentier. Il a subi une fracture ostéo-cartilagineuse de la rotule droite (sur un mécanisme de luxation) et une déchirure de l'aileron rotulien interne du genou droit, opérées le 26 juin 2009 par les médecins de l'hôpital B.________ (rapports des 11 et 26 juin, ainsi que 14 juillet 2009). Ces troubles n'ont pas empêché l'assuré d'achever deux formations de poseur de sols et parqueteur ni d'exercer ces activités ni de pratiquer l'unihockey et l'airsoft. A.________ a débuté son école de recrue (pionnier d'ondes dirigées) le 10 mars 2014. Il avait évoqué son opération de la rotule lors des examens médicaux réalisés pendant son recrutement sans que des investigations ampliatives n'aient été jugées nécessaires. Il a subi un second accident le 27 mars 2014: il a ressenti des douleurs à la suite du blocage/déblocage du genou droit alors qu'il courait équipé dans un champ. Les médecins de l'hôpital C.________ ont diagnostiqué une distorsion du genou droit, une instabilité de la rotule et un status après opération en 2009 (rapport du 27 mars 2017). Le médecin militaire a dispensé provisoirement l'assuré du service militaire (rapport du 31 mars 2014). Ce cas a fait l'objet d'une annonce et a été pris en charge par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), Assurance Militaire. A.________ a été suivi par l'hôpital D.________. Le Service des urgences de l'hôpital D.________ a mentionné des douleurs résultant notamment du genou droit tuméfié et de l'épanchement intra-articulaire y relatif (rapport du 7 avril 2014). Le Service de radiodiagnostic et radiologie interventionnelle de l'hôpital D.________, sollicité en raison d'une luxation récidivante de la rotule droite, n'a pas observé de lésion osseuse et des tissus mous mais a constaté des mesures TAGT (c'est-à dire la distance entre la tubérosité tibiale antérieure et la gorge trochléenne) et des angles de rotation et de torsion anormales (rapport du 16 mai 2014). Le Service d'orthopédie et de traumatologie de l'hôpital D.________ a décrit les problèmes liés à la pathologie rotulienne (rapport du 6 juin 2014) ainsi que l'opération projetée pour y remédier (rapport du 18 juin 2014). Invitée à se déterminer sur les avis médicaux récoltés, la doctoresse E.________, médecin d'arrondissement de la CNA, spécialiste en chirurgie, a considéré que les conséquences de l'accident du 27 mars 2014 constituait une décompensation passagère désormais révolue d'un trouble préexistant audit accident et au service militaire (rapport du 10 octobre 2014). Sur cette base, la CNA a informé l'assuré qu'elle allait mettre un terme à la prise en charge du cas dans la mesure où le statu quo sine avait au plus tard été atteint le 13 septembre 2014 (préavis du 21 octobre 2014). La CNA est entrée en possession du protocole de l'opération effectuée le 15 septembre 2014 et des nouvelles informations délivrées par le Service d'orthopédie et de traumatologie de l'hôpital D.________ le 17 octobre 2014. Elle les a transmis à son médecin d'arrondissement qui a confirmé son appréciation antérieure (rapport du 12 décembre 2014). Par décision du 9 janvier 2015, la CNA a dès lors entériné le préavis du 21 octobre 2014. A.________ a contesté la décision administrative. Durant la procédure d'opposition, la CNA a reçu l'intégralité du dossier constitué par l'hôpital D.________. Elle l'a soumis au docteur F.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur de son Centre de compétence en Médecine des assurances. Ce dernier a exposé de manière théorique les diverses pathologies pouvant affecter l'articulation fémoro-patellaire. Il a analysé les pièces médicales et en a déduit l'absence de lésions structurelles imputables à l'accident ainsi que la présence d'un status pathologique préexistant marqué sur base malformative et post-traumatique. Il a nié un lien de causalité naturelle entre l'accident et l'opération réalisée à l'hôpital D.________ (rapport du 24 octobre 2016). Par décision sur opposition du 10 novembre 2016, la CNA a nié toute responsabilité de l'assurance militaire en relation avec les problèmes du genou droit depuis le 14 septembre 2014 et mis fin à ses prestations dès cette date.