Citation: U 254/05 20.07.2006 E. 3

Au vu du déroulement de l'accident et des conclusions retenues par les différents médecins consultés, il n'est pas contestable que l'assuré a subi à cette occasion un traumatisme par mécanisme de whiplash de stade I avec exacerbation de cervicalgies et de lombalgies préexistantes. Au moment de la suppression du droit aux prestations d'assurance, G.________ se plaignait encore de cervicalgies importantes qui irradiaient dans le bas du dos et dans la jambe droite, sans territoire radiculaire particulier, associées à des paresthésies douloureuses sous forme de fourmillements et de chaleur, de douleurs lombaires en barre au niveau de L5 bilatéralement, de maux de tête constants situés au niveau frontal, ainsi que de troubles du sommeil et de la mémoire (rapport du 31 janvier 2003 des docteurs A.________ et P.________). 3.1 De l'abondante documentation médicale versée au dossier en cours de procédure, il ressort qu'il n'existe aucun fondement organique qui expliquerait les troubles décrits ci-dessus. Ainsi, les examens radiographiques réalisés immédiatement après l'accident n'ont rien relevé de particulier. D'après le bilan rhumatologique effectué par la doctoresse T.________, le recourant présentait des douleurs cervicales diffuses à la palpation assez mal systématisées, en l'absence de syndrome cervico-vertébral ou de syndrome radiculaire irritatif ou déficitaire. Au niveau lombaire, il existait un discret syndrome lombo-vertébral, sans syndrome radiculaire irritatif ou déficitaire, qui s'inscrivait dans un contexte de déconditionnement musculaire (rapport du 7 août 2000). Les examens neurologiques étaient pour leur part dans les limites de la norme (rapports du 14 décembre 2000 du docteur C.________ et du 31 janvier 2003 des docteurs A.________ et P.________). 3.2 Bien que l'on soit en présence de certains symptômes qui peuvent apparaître dans les suites d'un accident de type « coup du lapin » (voir à ce propos les rapports des docteurs C.________ et J.________), le recourant ne présente pas et n'a jamais présenté au degré requis le tableau clinique spécifique d'une lésion consécutive à un tel accident (ATF 119 V 338 consid. 2, 117 V 360 consid. 4b). D'ailleurs, ainsi que l'a souligné le docteur K.________, aucun des éléments composant le tableau clinique n'a été médicalement documenté dans les suites immédiates de l'accident (cf. rapports des 7 juin et 3 juillet 2000 établis par le Service des urgences de l'Hôpital X.________, rapport du 7 août 2000 de la doctoresse T.________, rapport du 7 août 2000 du docteur H.________, médecin-conseil de la CNA, rapport du 12 octobre 2000 des docteurs R.________ et M.________, médecins à la Clinique Y.________; voir également le rapport d'enquête de la CNA du 9 juin 2000). Ainsi, les experts A.________ et P.________ ont posé, dans leur rapport du 31 janvier 2003, le diagnostic d'encéphalopathie post-traumatique légère à modérée, sans toutefois véritablement discuter et motiver leur point de vue. On soulignera enfin que le bilan neuropsychologique pratiqué par le professeur L.________ le 14 janvier 2002 a mis en évidence un ralentissement et un empan verbal déficitaire, soit un tableau qualifié par ce médecin de relativement peu spécifique que l'on pouvait néanmoins rencontré dans le cadre de syndromes douloureux (voir également le rapport du docteur N.________ du 5 septembre 2002, dont les résultats sont superposables). 3.3 En l'occurrence, il existe des indices sérieux que le recourant a développé à la suite de son accident des éléments de surcharge psychogène. Selon le docteur O.________, qui a effectué le 22 août 2000 un bilan psychiatrique pour le compte de la Clinique Y.________, la notion d'exacerbation des douleurs mal systématisées après l'accident et l'absence de substrat organique évoquait un éventuel syndrome douloureux somatoforme persistant. En revanche, le recourant ne présentait pas de symptomatologie dépressive suffisante pour entrer dans le cadre d'un état dépressif majeur modéré à sévère. Ce diagnostic a été retenu pour la première fois au début du mois de janvier 2001, après que le recourant a consulté le docteur I.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie. Par la suite, le docteur J.________, puis les docteurs A.________ et P.________ ont confirmé dans leur rapport respectif l'existence des deux diagnostics précités. La doctoresse D.________, qui a examiné le recourant les 18 décembre 2002 et 14 janvier 2003 à la demande des docteurs A.________ et P.________, a également retenu, au vu des douleurs invalidantes dont l'intensité semblait disproportionnée par rapport aux lésions somatiques mises en évidence, le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme chez une personne ayant une capacité très limitée de verbalisation et de reconnaissance des émotions et des conflits réels ou intrapsychiques. Il persistait également des symptômes parlant en faveur d'un épisode dépressif actuellement moyen (troubles du sommeil, irritabilité, tristesse, perte d'estime de soi, trouble de la mémoire et de la concentration) (rapport du 15 janvier 2003; voir également le rapport d'expertise du 2 février 2004 réalisé par le docteur E.________ pour le compte de l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud, dont les conclusions rejoignent pour l'essentiel celles de la doctoresse D.________). 3.4 Au vu de ce qui précède, il convient d'admettre que l'accident litigieux a déclenché des troubles de nature psychogène encore présents au moment de la suppression des prestations d'assurance par l'intimée le 30 juin 2002. En conséquence, il convient d'examiner le caractère adéquat du lien de causalité à la lumière des critères énumérés aux ATF 115 V 138 consid. 6 et 407 consid. 5.