Citation: 6B_1194/2021 E. 1.2

1.2. S'agissant d'établir lequel des deux occupants se trouvait aux commandes la cour cantonale a, tout d'abord, laissé indécis le point de savoir si les premières déclarations de A.________, qui avait admis avoir conduit alors qu'il était entendu par les gendarmes au moment de leur intervention sur les lieux de l'accident puis à l'hôpital E.________, constituaient des preuves licites au regard de l'art. 140 CPP, compte tenu du fait qu'il était établi que l'intéressé, sous l'influence de l'alcool (0,85 mg/l à l'éthylotest à 4h54 et 0,88 mg/l à 4h56), souffrait d'une amnésie circonstancielle ainsi que d'un traumatisme crânio-cérébral. Examinant ensuite les autres moyens de preuve à sa disposition, la cour cantonale a, en substance, relevé quant à savoir ce qui s'était passé depuis que les deux jeunes gens avaient embarqué, qu'en dépit de quelques imprécisions sur des points de détail sans influence, les déclarations de B.________ étaient globalement crédibles. Elles étaient en particulier claires et constantes sur le fait que c'est A.________ qui était venu le chercher en voiture et conduisait au moment de l'accident, lui-même n'ayant pas touché le volant auparavant. Les déclarations de B.________ sur sa sortie du véhicule accidenté étaient aussi étayées par celles de C.________, qui avait identifié B.________ comme le premier à être sorti du véhicule par le coffre et le recourant comme en étant le conducteur en raison de sa position dans l'habitacle. Elles étaient aussi corroborées par les propos recueillis par les ambulanciers lors de leur intervention, à savoir que A.________ leur avait expliqué qu'il était le conducteur au moment des faits et qu'il avait demandé à B.________ de dire que c'était lui qui était au volant dans la mesure où il risquait moins que lui, puisqu'il n'avait pas le permis de conduire. En ce sens également, l'avis de sortie du prévenu de l'Hôpital Riviera-Chablais établi le 15 janvier 2018, qui précisait expressément que A.________ avait présenté des idées noires lorsque la police lui avait annoncé un probable retrait de permis, laissait penser qu'il redoutait une telle sanction car il savait qu'il était le conducteur du véhicule au moment de l'accident. Si lors de son audition du 4 juillet 2018, puis lors des débats de première instance, A.________ avait expliqué que c'était lui que C.________ avait trouvé hors du véhicule au moment de son intervention et qu'il l'avait alors aidé à en extraire B.________, ces explications étaient postérieures à l'audition du cantonnier et l'on ne pouvait exclure qu'elles aient eu pour but de remettre en cause la crédibilité des explications de ce seul témoin oculaire entendu en cause, en particulier le fait qu'il avait désigné le recourant comme le conducteur du véhicule accidenté. Cela était, par ailleurs, confirmé par les réponses qu'il avait données lors des débats d'appel, au cours desquels il avait contesté la version de C.________, en particulier le fait que celui-ci aurait porté assistance aux deux occupants, le prévenu indiquant alors, pour la première fois, qu'au moment de cette intervention, lui-même et B.________ se trouvaient déjà tous deux hors de l'habitacle puisqu'ils s'étaient entraidés pour s'en extraire. Ces déclarations fluctuantes convainquaient d'autant moins qu'elles allaient à l'encontre de celles concordantes de C.________ et de B.________. Finalement, la cour cantonale a encore écarté les explications de D.________, selon lesquelles B.________ lui aurait confié avoir été au volant et qui aurait aussi reçu un récit téléphonique de l'ex-compagne de A.________, laquelle aurait eu ce dernier et B.________ "au bout du fil" et aurait dit à celui-là de ne pas conduire, celui-ci lui confirmant détenir la clé du véhicule. La cour cantonale a souligné que ce témoignage indirect n'était corroboré que par les dires du prévenu, qu'il allait à l'encontre de ce qu'avait vu le seul témoin direct, C.________, que D.________ était une amie de A.________ et que du propre aveu de celle-ci, elle avait de mauvaises relations avec B.________, si bien que ce récit ne suffisait pas à remettre en cause la crédibilité des explications de C.________.