Citation: 2C_322/2020 E. 3.5.3

3.5.3. Le Tribunal cantonal a constaté que la dernière activité lucrative exercée par la recourante pouvant être considérée comme réelle et effective avait duré moins d'une année. Il a partant considéré que le statut de travailleur au sens de l'ALCP de celle-ci avait pris fin avec la cessation de cette activité à la fin du mois de février 2015. Certes, l'autorité précédente relève correctement que le bénéficiaire d'une autorisation de séjour UE/AELE qui se trouve sans emploi avant qu'une année ne soit écoulée perd en principe son statut de travailleur contrairement à celui qui a travaillé plus d'un an (cf. KADDOUS/GRISEL, Libre circulation des personnes et des services, in Dossiers de Droit Européen [DDE] n° 26, 2012, p. 893; art. 6 par. 6 Annexe I ALCP; ATF 141 II 1 consid. 2.2.2 p. 5; cf. également l'art. 61a LEI, entré en vigueur le 1er juillet 2018, qui semble opérer les mêmes distinctions ; cf. Message du 4 mars 2016 relatif à la modification de la loi fédérale sur les étrangers, FF 2016 p. 2883 s.; MARC SPESCHA, in Migrationsrecht Kommentar, 5 ème éd., 2019, n° 2 et 5 ad Art. 61a AIG). Toutefois, le Tribunal cantonal perd de vue qu'il s'agit dans le présent cas d'examiner si la recourante disposait du statut de travailleur lorsque l'incapacité est survenue au regard de l'art. 4 Annexe I ALCP en relation avec l'art. 2 par. 1 let. b du règlement 1251/70. Or, ce règlement (art. 4 par. 2) prévoit expressément que les périodes de chômage involontaire, dûment constatées par les autorités compétentes en matière de recherche d'emploi, comme en l'espèce, sont à considérer comme des périodes d'emploi au sens de l'art. 2 par. 1 du règlement. Il découle de ce qui précède, que la recourante, qui au 31 juillet 2017 percevait encore des indemnités de l'assurance-chômage, disposait à ce moment de la qualité de travailleur au sens du règlement précité.