Citation: 4A_478/2021 E. 5.3

5.3. On ne sait pas exactement ce que le maître a perçu de l'évolution des travaux. Il a entièrement délégué la conduite du chantier à son architecte et exigé qu'il lui transmette les soumissions et factures détaillées établies par l'entreprise générale (let. A.b supra). Entre août 2015 et janvier 2016, il a payé quatre acomptes totalisant 300'000 fr., alors que le prix ferme était de 350'000 fr. Le 6 avril 2016, l'entreprise générale a adressé "pour avis" [p.a.] à l'architecte, à l'attention du maître, une facture finale qui mentionnait au titre de "plus-values" les quatre postes de travaux supplémentaires litigieux (let. A.d supra). Cette pièce est forcément tombée entre les mains du maître, qui a ensuite été visé par une procédure en inscription de gage et a alors résilié le mandat de son architecte avec effet immédiat; il le reconnaît du reste dans son recours. Or, à aucun moment, l'intéressé - qui était pourtant assisté, dès cette phase, d'un avocat et d'un nouvel architecte "SIA", ne s'est plaint auprès de l'intimée du fait qu'elle aurait exécuté sans son accord des travaux entraînant des surcoûts. Il n'apparaît pas non plus qu'il ait adressé des reproches à son premier architecte sur ce point précis. On ne saurait inférer un tel fait de la résiliation immédiate du contrat, n'en déplaise au recourant. Certes, le maître/recourant a refusé de payer le solde réclamé par l'intimée, mais il avait d'autres raisons de lui en vouloir: il s'offusquait du fait qu'elle tarde à effectuer les travaux de finition demandés. S'est ensuite greffé un litige concernant les mises en conformité exigées par la commune. On ne saurait faire abstraction de la réserve émise dans le procès-verbal du 1er mai 2017. Cependant, celle-ci revêt une tournure vague et très générale; sans autre précision, elle ne permet pas d'inférer que le recourant ciblait ainsi le problème des "plus-values" facturées, alors qu'il avait déjà exprimé son courroux à propos d'autres éléments de discorde. On relèvera aussi que le recourant a personnellement signé un devis de 5'000 fr. pour des travaux de raccordement Swisscom, ce qui ne l'a pas empêché de contester devoir ce montant jusqu'à l'issue du jugement de première instance, lequel lui déniait toute prétention en compensation. En fin de compte, le recourant a attendu la présente procédure judiciaire pour objecter qu'il n'avait jamais approuvé les travaux supplémentaires. Dans ces circonstances, on pouvait conclure sans transgresser le droit fédéral que le recourant n'avait certes pas approuvé au préalable et par écrit les travaux supplémentaires, en particulier la rémunération y afférente, mais qu'il avait "au final" accepté ces travaux exécutés avec l'assentiment de son architecte. Aussi devait-il en assumer le surcoût. Cette conclusion scelle le sort de la thématique concernant l'exigence de forme écrite posée à l'art. 3.6 du contrat. Les parties restent en effet libres de lever ultérieurement la réserve de forme convenue, ce qui peut se faire au moyen d'un accord informel, et même tacite. Tel est le cas lorsqu'elles exécutent et acceptent sans réserve les prestations contractuelles (cf. par ex. arrêts 4A_416/2012 du 21 novembre 2012 consid. 3.3; 4C.474/1996 du 18 février 1997 consid. 2; ATF 125 III 263 consid. 4c; 105 II 75 consid. 1 p. 78; SCHWENZER/FOUNTOULAKIS, in Basler Kommentar, 7e éd. 2020, n° 10 ad art. 16 CO). Et dans la mesure où le maître approuve rétrospectivement les commandes supplémentaires agréées par son architecte, ce constat relègue aux oubliettes la problématique du pouvoir de représentation et de la protection du tiers de bonne foi. Les griefs y afférents s'en trouvent privés d'objet.