Citation: 5A_399/2019 E. 3.2.2

3.2.2. On ne voit pas non plus en quoi l'art. 8 CC aurait été violé. Le droit à la preuve, fondé sur cette disposition, n'exclut pas le refus de mesures probatoires par appréciation anticipée des preuves, pour autant que celle-ci ne soit pas entachée d'arbitraire; or la recourante ne démontre pas que l'autorité cantonale aurait considéré de manière insoutenable que la cause était en état d'être jugée. Elle se limite à affirmer qu'elle n'a jamais eu la possibilité de prouver que les faits établis par les juges cantonaux étaient incomplets, étant donné que toutes ses demandes de renseignements ont été rejetées, et que l'intimé n'a pas souhaité collaborer, de sorte qu'elle aurait été poussée à devoir démontrer plusieurs faits par la négative, ce qui serait inéquitable et aurait dû conduire à un allégement du fardeau de la preuve. Il en irait ainsi, en particulier, de la somme de 4'000'000 fr. reçue par l'intimé aux fins d'acquérir sa villa, dont l'autorité cantonale aurait arbitrairement admis qu'il s'agissait d'un prêt, et non d'un montage financier destiné à soustraire ces fonds à la liquidation du régime matrimonial. A cet égard, la recourante reproche à la Cour de justice d'avoir estimé qu'elle aurait dû établir que ceux-ci ne constituaient pas un prêt. Elle se contente cependant d'affirmer qu'il était excessif d'attendre de sa part une preuve "aussi certaine", sachant qu'elle n'était pas en mesure de l'apporter et qu'il lui était impossible de produire des documents en lien avec le montage financier qu'elle soupçonnait, d'autant plus que ses réquisitions de preuves ont toutes été refusées: ces allégations ne permettent pas de considérer que l'autorité cantonale serait partie d'une fausse conception du degré de la preuve exigé par la règle de droit matériel applicable. Il en va de même dans la mesure où les juges précédents ont considéré que même en admettant que le montant de 4'000'000 fr. constituât des fonds personnels du mari, l'épouse n'avait pas établi qu'ils existaient déjà au mois de décembre 2010, soit au moment de la dissolution du régime matrimonial. Par son argumentation, la recourante reproche en réalité à la Cour de justice, sous couvert d'une violation de l'art. 8 CC, d'avoir arbitrairement apprécié les preuves en retenant, sans procéder à des investigations plus poussées, qu'il n'était pas établi qu'il s'agissait d'acquêts à partager. Reprenant les arguments déjà soulevés en appel, elle se borne cependant à opposer sa propre appréciation, sans démontrer en quoi celle effectuée par l'autorité cantonale serait insoutenable. Le grief se révèle ainsi mal fondé, en tant qu'il est suffisamment motivé (art. 42 al. 2, 106 al. 2 LTF).