Citation: 5P.408/2004 10.01.2005 E. 4

Le recourant fait en outre grief à l'autorité cantonale d'avoir refusé de prendre en compte, dans le calcul de la contribution d'entretien, un revenu hypothétique supérieur aux allocations de chômage perçues par l'intimée. Il soutient que celle-ci pourrait réaliser, à tout le moins, un salaire identique à celui dont elle bénéficiait en tant qu'artiste de cabaret. 4.1 Selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC (applicable par renvoi de l'art. 137 al. 2 CC), le juge fixe la contribution pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre, en application de l'art. 163 al. 1 CC. Tant que dure le mariage, les époux doivent ainsi contribuer, chacun selon ses facultés, aux frais supplémentaires engendrés par l'existence parallèle de deux ménages. Lors de la fixation de la contribution d'entretien, on pourra prendre en considération un revenu supérieur à celui que le conjoint concerné réalise effectivement, pour autant que celui-ci puisse gagner davantage en faisant l'effort qu'on peut raisonnablement exiger de lui (ATF 128 III 4 consid. 4a p. 5 et les arrêts cités). 4.2 Pour l'autorité cantonale, il ne se justifierait pas d'obliger l'intimée à recommencer à travailler comme artiste de cabaret car, d'une part, les revenus effectivement réalisés par les conjoints suffisent à couvrir leur entretien et, d'autre part, l'épouse ne saurait être tenue d'exercer une activité considérée comme immorale par son conjoint. Le recourant ne conteste pas la première partie de cette motivation. Pour le surplus, il se contente d'affirmer, de manière essentiellement appellatoire et, par conséquent, irrecevable (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495), que les époux n'ont pratiquement jamais formé une communauté conjugale, notamment en raison de la poursuite par sa femme, à son insu, de son activité d'artiste de cabaret; il ajoute qu'il a pris la décision de divorcer lorsqu'il s'en est rendu compte, au début de 2003, et que l'intimée a cessé son activité professionnelle juste avant le dépôt de la demande, mais postérieurement à la rupture définitive du lien conjugal. Une telle argumentation, qui n'est du reste guère pertinente, se révèle à l'évidence insuffisante au regard des exigences de motivation circonstanciée déduites de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il en va de même des allégations du recourant selon lesquelles son épouse aurait interrompu son activité professionnelle non pas à cause de son état de santé ou de son âge, mais en raison de problèmes de police des étrangers. Dans la mesure où le recourant reproche à la Cour de cassation de s'être très clairement démarquée de la jurisprudence du Tribunal fédéral, en refusant d'imputer un revenu hypothétique à l'intimée pour le seul motif qu'on ne saurait lui imposer de reprendre une activité considérée - ce qu'il conteste - comme immorale par son conjoint, il se borne à opposer son opinion à celle de l'autorité cantonale, ce qui ne satisfait pas non plus aux conditions de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Ces critiques ne peuvent donc être prises en considération.