Citation: 4C.62/2000 15.05.2000 E. B

B.- Pierre-Yves Amgwerd ayant contesté le congé, la Commission de conciliation en matière de baux et loyers, par décision du 3 mars 1997, après avoir constaté qu'il était valable, a accordé au médecin-dentiste une unique prolongation de bail de trois ans. Tant Amgwerd que Tournaire ont déféré cette décision devant le Tribunal des baux et loyers, le premier concluant principalement à la nullité du congé, subsidiairement à l'octroi d'une prolongation de six ans, le second contestant la durée de la prolongation accordée. Il résulte des enquêtes ordonnées par ledit Tribunal que Pierre-Yves Amgwerd n'entend pas cesser l'exercice de sa profession dans les cinq prochaines années. S'il devait déménager, les frais d'équipement d'un nouveau cabinet oscilleraient entre 480 000 fr. et 550 000 fr. Selon Claude Tournaire, l'appartement de cinq pièces est nécessaire au fonctionnement normal de l'étude d'avocats Tournaire et Associés. Par jugement du 11 mars 1999, le Tribunal des baux et loyers a déclaré valable le congé que le défendeur a notifié le 20 août 1996 au demandeur pour le 31 décembre 1997 (ch. 1) et accordé à celui-ci une unique prolongation de bail de deux ans (ch. 2), les parties étant déboutées de toutes autres ou contraires conclusions (ch. 3). Saisie d'un appel du demandeur, la Chambre d'appel en matière de baux et loyers du canton de Genève, par arrêt du 17 janvier 2000, a annulé le chiffre 2 du dispositif du jugement précité et, statuant à nouveau sur ce point, accordé au demandeur une unique prolongation de bail de trois ans, le jugement du 11 mars 1999 étant confirmé pour le surplus. La Chambre d'appel a donné acte aux parties que la validité du congé signifié le 20 août 1996 n'était désormais plus contestée. Elle a considéré en bref que le médecin-dentiste, faute notamment d'avoir donné des indications sur sa situation économique, n'avait pas rendu vraisemblable son incapacité à financer le réaménagement des installations nécessaires à l'exercice de son art, alors que le défendeur avait pour sa part démontré qu'il avait un besoin effectif de l'appartement de cinq pièces pour y installer des collaborateurs de son étude d'avocats. Toutefois, compte tenu que le demandeur est âgé de 58 ans et qu'il pratique encore l'art dentaire à mi-temps, la cour cantonale a estimé que la prolongation de deux ans octroyée par les premiers juges était insuffisante pour permettre au locataire d'organiser ailleurs la poursuite de son activité lucrative jusqu'à la retraite. Elle a ainsi jugé, à l'instar de la Commission de conciliation, qu'une durée de trois ans était adéquate.