Citation: 6B_653/2021 E. 1.4.3

1.4.3. Le recourant considère que la condition de l'astuce ne serait pas réalisée, en raison de la coresponsabilité de l'intimée, laquelle bénéficiait d'une grande expérience de vie, de bonnes connaissances professionnelles et selon toute vraisemblance des capacités d'analyse sociale et humaine aiguisées. Elle était conseillée dans la gestion de ses affaires par un ami notaire et une société de gestion de fortune. En outre, la relation sentimentale nouée entre lui et l'intimée ne relevait ni d'une intensité, ni d'une durée particulièrement importante, de sorte que la victime ne pouvait pas justifier l'absence de vérifications en raison d'un rapport de confiance particulier découlant d'une relation sentimentale stable et bien établie. Enfin, en procédant à une vérification simple et rapide, l'intimée aurait pu se rendre compte que le recourant n'était pas médecin. Le recourant se borne à nouveau à opposer sa propre appréciation des faits à celle de la cour cantonale sans démontrer en quoi celle-ci aurait versé dans l'arbitraire, dans une démarche appellatoire et, donc, irrecevable. Au demeurant, conformément à la jurisprudence et à la doctrine précitée (cf. supra consid. 1.3.3), l'escroc à l'amour touche au psychisme de sa victime de manière à lui faire oublier sa prudence et sa retenue habituelles. L'intimée, qui était amoureuse du recourant et l'admirait, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté par celui-ci, n'était, comme l'a retenu la cour cantonale, plus en mesure de faire preuve d'esprit critique et de procéder aux vérifications élémentaires. Peu importe à cet égard l'intensité ou la durée de la relation sentimentale; l'élément déterminant est l'existence d'un état de dépendance psychique et son exploitation par l'auteur. Cet état est conforté par le fait que le recourant se fâchait lorsque l'intimée lui posait des questions sur sa vie, de sorte qu'il l'a amenée à se culpabiliser de ne pas lui faire confiance. A cet égard, la profession de l'intimée et le fait qu'une simple vérification des dires du recourant aurait permis de révéler le mensonge de celui-ci ne sont pas propres à renverser ce constat, puisque l'état de dépendance psychologique a précisément pour effet d'annihiler les réflexes de prudence habituelle. L'intimée n'avait d'ailleurs aucune raison de mettre en doute les déclarations du recourant, qui s'était montré très convaincant en fournissant beaucoup de détails sur ses divers mensonges, à tel point que deux employées de F.________ SA les avaient également crus. En outre, l'intimée s'était renseignée auprès de son ami notaire à propos de la création de la société, lequel lui avait conseillé d'obtenir une garantie. Le recourant a rassuré l'intimée grâce à la propriété immobilière de ses filles. Certes, il n'a fourni - dans un premier temps - une telle garantie qu'oralement. Toutefois, vu ses sentiments amoureux et la confiance qu'elle avait placée en lui, l'intimée n'avait aucune raison de douter de la parole du recourant. Par la suite, lors du dernier prêt de 60'000 fr., l'intimée a fait preuve de plus de prudence, vu les sommes déjà prêtées, et exigé une garantie écrite, conformément au conseil de son ami notaire. C'est ainsi que le recourant a établi une fausse garantie hypothécaire à partir d'un document authentique. En créant et en faisant usage d'un titre falsifié en vue de garantir le dernier prêt concédé par l'intimée, le recourant ne saurait soutenir une coresponsabilité de la dupe, dans la mesure où l'usage d'un titre faux conduit en principe à admettre l'existence d'une tromperie astucieuse (cf. ATF 128 IV 18 consid. 3a p. 20; arrêt 6B_1042/2020 du 1er décembre 2021 consid. 2.4.2).