Citation: 4A_452/2019 E. 4.1

4.1. La Cour d'appel constate en fait que les locataires ont adressé deux courriers à la bailleresse pour résilier le contrat de bail. Dans un premier courrier du 23 mai 2017, ils ont déclaré résilier le contrat pour le 31 août 2017; ils précisaient que moyennant l'accord de la bailleresse, ils quitteraient l'appartement le 30 juin 2017 déjà. Après que la gérance eut répondu que le bail pouvait être résilié au plus tôt pour le 1er avril 2018, les locataires ont déclaré par un deuxième courrier du 28 mai 2017 qu'ils résiliaient le bail avec effet immédiat en raison d'un défaut excluant ou entravant considérablement l'usage de la chose louée (art. 259b CO), ou subsidiairement en raison de justes motifs rendant la continuation du bail intolérable pour eux (art. 266g CO). La Cour d'appel juge que la résiliation anticipée n'est fondée ni au regard de l'art. 259b CO ni au regard de l'art. 266g CO. Certes, la Cour constate l'existence d'un conflit entre F.X.________ et sa voisine du dessous. Elle constate cependant aussi que ce conflit était envenimé par le comportement de F.X.________ elle-même. En sus d'avoir appelé la police alors que F.A.________ utilisait à bon droit sa machine à laver personnelle dans la buanderie, elle a refusé de participer à une assemblée de copropriétaires organisée dans le but d'apaiser les tensions entre voisins, en opposant qu'elle ne ressentait pas le besoin de résoudre gratuitement et sur son temps libre les problèmes personnels de sa voisine. Par ailleurs, l'entente entre les autres résidents de l'immeuble était cordiale et plusieurs d'entre eux s'étaient plaints du comportement de F.X.________. Le genre des conflits survenus après l'arrivée des époux X.________ était auparavant inexistant. Lorsque F.X.________ a requis l'intervention de la police, elle n'a pas souhaité déposer plainte contre F.A.________, ce qui paraît dénoter, selon la Cour, l'absence de mise en danger ou d'atteinte aux intérêts de F.X.________ et de son époux. L'utilisation de sa machine à laver personnelle par F.A.________ n'empêchait pas les autres résidents d'accéder à la buanderie. Le logement pris à bail n'était donc pas défectueux, contrairement à l'argumentation des locataires. Les juges d'appel excluent également tout juste motif selon l'art. 266g CO. Ils jugent que ce logement n'était pas trop exigu pour servir de logement à la famille, nonobstant l'arrivée d'un nouvel enfant et de la grande taille de leur fils aîné. Le contrat mentionnait une surface approximative. Une surface par hypothèse inf érieure à celle mentionnée n'était de toute manière pas de nature à constituer un juste motif de résiliation car les locataires ne s'en étaient jamais plaints. Les locataires avaient choisi l'appartement en cause alors que leur fils aîné n'avait pas terminé sa croissance et ils connaissaient la surface des chambres pour les avoir visitées. Ils n'étaient pas autorisés à invoquer des circonstances qu'ils connaissaient déjà lors de la conclusion du contrat pour en justifier la résiliation. L'appartement comprenait enfin une chambre apte à accueillir le second enfant du couple.