Citation: I 782/05 05.02.2007 E. 3

3.1 L'octroi d'une rente entière temporaire jusqu'au 31 mai 2002 implique la suppression du droit à ladite prestation à partir du 1er juin suivant, dont la légalité doit être examinée à l'aune de l'art. 41 LAI, en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002 (ATF 125 V 417 consid. 2d; VSI 2001 p. 275 consid. 1a; RCC 1983 p. 487). Selon l'art. 41 aLAI, si l'invalidité d'un bénéficiaire de rente se modifie de manière à influencer le droit à la rente, celle-ci est, pour l'avenir, augmentée, réduite ou supprimée. Tout changement important des circonstances, propre à influencer le degré d'invalidité, donc le droit à la rente, peut donner lieu à une révision de celle-ci (ATF 125 V 369 consid. 2 et la référence; voir également ATF 112 V 372 consid. 2b et 390 consid. 1b). 3.2 En l'occurrence, c'est essentiellement en raison d'une affection de nature psychique que l'office AI a alloué à l'assurée une rente entière depuis le 1er juin 2001. Il s'est fondé pour cela sur les conclusions des médecins du SMR, lesquels, se référant à l'avis du docteur P.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie et médecin traitant de l'assurée (rapport du 29 octobre 2001), ont attesté une incapacité de travail de 100 % à partir du mois de mars 2001, en raison d'un trouble dépressif récurrent d'intensité moyenne avec syndrome somatique (rapport du 27 août 2003). Quant à la décision de supprimer tout droit à une rente à partir du 1er juin 2002, elle repose également sur les conclusions des médecins du SMR, selon lesquelles le trouble dépressif récurrent d'intensité moyenne est en rémission complète depuis le mois de mars 2002. En l'absence d'une comorbidité psychiatrique, les experts du SMR ont donc conclu que le trouble somatoforme douloureux n'entraînait pas d'incapacité de travail. Quant à l'atteinte de nature somatique (discopathie L4-L5), elle n'empêchait pas l'exercice d'une activité permettant d'alterner deux fois par heure les positions assise et debout, sans soulèvement régulier de charges de plus de 8 kilos ni port régulier de charges de plus de 15 kilos et sans position prolongée du tronc en porte-à-faux. Sur le vu de ces conclusions médicales, l'office AI a considéré que les seules limitations constatées - à savoir le handicap qui découle des troubles d'ordre somatique - n'empêchaient pas l'assurée d'exercer une activité adaptée, dans laquelle elle pourrait réaliser un revenu pratiquement équivalent à celui qu'elle obtenait avant la survenance de l'atteinte à la santé. Aussi, l'office AI a-t-il conclu que l'invalidité de l'assurée s'était modifiée au point de justifier la suppression de tout droit à la rente à partir du 1er juin 2002. De son côté, la juridiction cantonale a confirmé le point de vue de l'office AI en ce qui concerne le fait que l'exercice d'une activité compatible avec les troubles de nature somatique n'entraînait pas d'incapacité de gain suffisante pour ouvrir droit à une rente. Quant au trouble somatoforme douloureux, elle a nié son caractère invalidant, non seulement parce qu'une comorbité psychiatrique faisait défaut, mais encore parce que les autres critères mentionnés par la jurisprudence pour fonder le caractère non exigible de la réintégration dans le processus de travail n'étaient pas réalisés.