Citation: U 243/05 18.04.2006 E. A

B.________, née en 1962, travaillait comme caissière pour le compte de la «Société X.________». A ce titre, elle était assurée contre le risque d'accidents professionnels et non professionnels par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 12 janvier 1997, elle a été victime d'un accident de ski ayant entraîné des lésions internes au genou gauche et une incapacité totale de travail (rapports des docteurs P.________, médecin traitant, et L.________, radiologue FMH, des 3 et 18 février 1997). La CNA a pris en charge le cas. Opérée d'une déchirure des ligaments croisés et des fibres ménisco-poplitées antérieurs (rapports du docteur N.________, chirurgien orthopédique FMH, des 4 mars et 13 mai 1997), l'intéressée devait partiellement reprendre son travail à la mi-mai. Cependant, une évolution défavorable avec suspicion d'algodystrophie l'en a empêchée (rapports des docteurs G.________, médecin d'arrondissement de la CNA, N.________, P.________ et D.________, radiologue FMH, des 9, 20 et 25 juin 1997). Cette affection avérée retardant la guérison (rapport du docteur N.________ du 26 septembre 1997), une hospitalisation dans le service de rhumatologie de l'hôpital Y.________ a été décidée dans le but de favoriser le traitement, de rassurer la patiente, ainsi que son entourage, et d'endiguer le trouble dysthymique réactionnel émergeant (rapport du docteur P.________ des 5 et 12 septembre 1997); aucune amélioration n'a été constatée malgré l'absence de complications orthopédiques et d'un état anxio-dépressif majeur (rapports des docteurs U.________ et E.________, service de rhumatologie de l'hôpital Y.________, et P.________ des 6 octobre et 7 novembre 1997). De sa propre initiative, l'assurée a consulté le docteur A.________, chirurgien orthopédique FMH, qui a posé le même diagnostic que ses confrères et préconisé une arthroscopie (rapports des 18 novembre 1997, et 9 janvier 1998); l'opération a eu lieu au début du mois de mars 1998 (protocole opératoire du 3 mars 1998) et a été suivie d'une amélioration régulière, d'abord lente puis «gigantesque» (rapports des docteurs A.________ et G.________ des 1er avril, 5 mai, 17 juin, 9 juillet et 2 septembre 1998). Un léger incident, ayant entraîné une péjoration subjective de l'état de B.________ (rapport du docteur A.________ du 4 novembre 1998), a motivé l'organisation d'un séjour à la Clinique de réadaptation Z.________. Outre des éléments connus, les docteurs R.________ et I.________ ont constaté des signes évocateurs d'un trouble douloureux somatoforme (tendance à la somatisation et à l'extension des symptômes) et estimé que l'assurée était en mesure de reprendre son activité antérieure, à mi-temps, dès le 4 janvier 1999 (rapport du 20 décembre 1998). Cet essai s'est toutefois soldé par un échec (rapport du docteur G.________ du 9 février 1999). Par la suite, le docteur A.________ a mis en évidence un net abaissement de la rotule justifiant, en partie seulement, les douleurs alléguées; il a poursuivi le traitement par la prescription de séances de fitness qui ont apporté une amélioration notable sur le plan somatique (disparition de la boiterie, amélioration de la flexion du genou) et psychique (réinsertion dans le cycle de la vie normale; rapports des 9 février et 21 juin 1999). Le docteur H.________, médecin d'arrondissement de l'assureur, ne voyait donc aucun motif de différer la reprise du travail (rapport du 16 juillet 1999), qui a eu lieu le 4 août 1999. Souffrant de douleurs subaiguës inexplicables, l'intéressée a été opérée d'urgence par le docteur A.________ (arthroscopie anesthésique; rapport et protocole opératoire du 7 décembre 1999), qui voyait l'origine des troubles dans la position de la rotule; il en a proposé la correction (rapport du 29 octobre 1999). Partageant l'avis de son confrère, le docteur S.________, service d'orthopédie de l'hôpital Y.________, a procédé à l'opération (rapports des 9 mars et 29 août 2000); peu après, il constatait la diminution de la symptomatologie douloureuse (rapport du 15 novembre 2000) et considérait le traitement comme terminé cinq mois plus tard (rapport du 2 avril 2001). Malgré la persistance de douleurs de moindre intensité et d'une légère boiterie, B.________ a recommencé son activité de caissière, à mi-temps tout d'abord (rapports du docteur P.________ des 23 avril et 1er juin 2001), puis à 75 % (rapports des docteurs C.________, médecin-conseil remplaçant de la CNA, et S.________ des 16 et 25 octobre 2001) dès le 17 octobre 2001. Les docteurs C.________ et S.________ étaient d'avis que la profession de l'assurée était bien adaptée à son état de santé et qu'une reprise de celle-ci à plein temps dépendait avant tout de sa volonté. Lors de son examen final du 21 février 2002, le docteur Q.________, médecin-conseil de l'assureur, a relevé la stabilisation définitive du cas; une pleine capacité de travail était exigible dans une activité assise, permettant les changements de position et ne nécessitant pas de déplacements importants, ni la position accroupie ou à genoux. Au cours d'une procédure parallèle, l'Office AI pour le canton de Vaud (ci-après : l'Office AI) a octroyé rétroactivement à l'intéressée une rente entière d'invalidité du 1er janvier 1998 au 31 mai 2001, puis une demi-rente du 1er juin au 31 octobre 2001; il a mis un terme au versement de toutes prestations dès cette date, le degré d'invalidité de 40 % n'étant plus atteint (décisions du 3 avril 2002). Par décisions du 29 octobre 2002, confirmées sur opposition le 3 mars 2003, la CNA a alloué à B.________ une indemnité pour atteinte à l'intégrité (10 %), mais lui a dénié le droit à une rente d'invalidité, les informations médicales en sa possession lui permettant de conclure à une pleine capacité de travail dès le 1er mars 2002 déjà. L'assureur a mis fin à la prise en charge des frais de traitement et au versement des indemnités journalières avec effet au 31 octobre 2002. Dans son opposition, l'assurée soutenait qu'elle subissait une incapacité de travail de 25 %, taux également retenu par l'Office AI; elle déposait, à l'appui de ses allégations, un rapport établi le 19 décembre 2002 par le docteur S.________.