Citation: 8C_42/2015 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la juridiction cantonale a constaté que le recourant avait déjà 32 ans au moment de l'accident en septembre 2007, et que rien ne permettait de supposer que son contrat de joueur - qui devait se terminer en avril 2009 - aurait été prolongé, sans l'accident. Se référant notamment aux extraits d'un guide de hockey produit par le recourant , les premiers juges ont considéré qu'on ne saurait qualifier celui-ci de "joueur de grande notoriété, avec un potentiel élevé de faire une longue carrière", vu les notations égales ou supérieurs de plusieurs autres joueurs de son club. En outre, la cour cantonale a constaté que l'assuré avait déjà été victime de plusieurs commotions cérébrales, qu'il souffrait d'une hernie discale et qu'il avait subi une méningite virale en 2005, laquelle avait fragilisé son état de santé. Se fondant notamment sur les statistiques des clubs de LNA et LNB, les premiers juges ont relevé que, même si plusieurs hockeyeurs professionnels ont joué au-delà de l'âge de 37 ans, l'âge moyen des joueurs en LNA et en LNB était bien inférieur. Aussi les premiers juges ont-ils considéré d'une part que les éléments au dossier ne permettaient pas de retenir que, sans l'accident, le recourant aurait poursuivi son activité de hockeyeur professionnel au-delà de ses 37 ans, et d'autre part, qu'il n'y avait pas lieu de mettre en oeuvre une expertise, dans la mesure où un expert ne serait pas plus à même de se prononcer sur l'évolution hypothétique de la carrière de l'assuré plus de cinq ans après l'accident. En l'occurrence, les considérations de l'autorité précédente sont fondées sur des constatations de fait qui ne sont pas critiquables, ni d'ailleurs concrètement remises en cause par l'assuré. L'âge du recourant au moment de la naissance d'un droit potentiel à une rente d'invalidité était de 37 ans et s'il est vrai que certains joueurs professionnels ont exercé leur sport à un haut niveau au-delà de cet âge-là, on est fondé à considérer que ce n'est de loin pas le cas pour la majorité d'entre eux. En effet, il ne s'agit pas de savoir combien de sportifs professionnels sont encore actifs à 37 ans ou plus, mais de déterminer l'âge moyen de la retraite des joueurs de hockey sur glace (voir par comparaison VSI 1998 p. 174 s.; arrêt I 779/03 du 22 juin 2004 consid. 5). En outre, le recourant ne précise pas concrètement quels indices il prétend avoir fournis, qui permettraient de conclure à la poursuite de sa carrière au-delà de cet âge-là. Par ailleurs, s'il est probable qu'au moment de l'accident, l'assuré n'envisageait pas une reconversion professionnelle à brève échéance, cela ne permet toutefois pas de préjuger de sa situation cinq ans plus tard. Dans ces conditions, la juridiction cantonale n'a pas violé le droit d'être entendu de l'assuré en renonçant à mettre en oeuvre une expertise et en considérant qu'en 2012, la carrière de hockeyeur du recourant aurait déjà pris fin, sans l'accident du 15 septembre 2007.