Citation: 4P.107/2004 07.09.2004 E. 3

Se fondant sur les art. 9 et 29 Cst., la recourante se plaint toutefois exclusivement d'arbitraire dans les constatations de fait. 3.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire prohibé par l'art. 9 Cst. ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution que celle retenue par l'autorité cantonale pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 128 I 81 consid. 2 p. 86, 273 consid. 2.1; 127 I 60 consid. 5a p. 70; 126 III 438 consid. 3 p. 440). S'agissant de l'appréciation des preuves et des constatations de fait, l'autorité tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1). Il appartient au recourant d'établir la réalisation de ces conditions en tentant de démontrer, par une argumentation précise, que la décision incriminée est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 I 185 consid. 1.6; 122 I 70 consid. 1c p. 73). Enfin, pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 173 consid. 3.1 et les arrêts cités). 3.2 La recourante s'en prend aux circonstances qui ont permis à la cour cantonale de retenir une faute concomitante à son encontre. 3.2.1 En premier lieu, elle prétend qu'il était insoutenable de considérer qu'elle savait ou devait savoir que le cours des options 125 allait baisser. Dans la mesure où la recourante souligne d'emblée qu'une telle affirmation est, en elle-même, contraire à l'expérience générale de la vie, elle forme une critique qui relève du droit fédéral, de sorte qu'elle est irrecevable dans le cadre d'un recours de droit public (ATF 126 III 10 consid. 2b p. 12; 117 II 231 consid. 2c p. 235). Au demeurant, la cour cantonale n'est pas parvenue à cette conclusion sur la base de considérations liées à l'expérience de la vie, mais en fonction d'indices concrets. Dès lors que la recourante se plaint de la portée donnée à ces éléments, son grief peut être examiné. Il convient d'emblée de préciser que, contrairement à ce qu'indique la recourante, il ressort de l'arrêt attaqué que c'est à partir du 26 janvier et non du 24 janvier 2000 qu'il a été constaté que la cliente de la banque savait ou devait savoir que la baisse du cours de l'option était amorcée. A l'appui de cette constatation, les juges ont relevé que la recourante était en mesure de constater la baisse du cours sur Internet et qu'elle en était consciente, puisqu'elle avait décidé de se défaire de ses options 125 avant la réaction des marchés à la prise de position de la Réserve Fédérale Américaine et l'annonce de la délivrance de brevets pour la société Qualcomm. Enfin, elle avait été sollicitée à plusieurs reprises par la banque de vendre ses options. La recourante ne peut être suivie, lorsqu'elle affirme qu'un tel raisonnement est insoutenable. En effet, il est indéniable qu'entre le vendredi 21 janvier 2000, date à laquelle la cliente voulait vendre ses options 125, et le 26 janvier 2000, la cotation du titre a baissé. Celle-ci n'a pu échapper à une cliente qui disposait de très bonnes connaissances des marchés boursiers et qui suivait sur Internet l'évolution des cours et de ses positions avec un décalage d'une quinzaine de minutes par rapport à la bourse. En outre, il n'y a rien de choquant à déduire de la volonté de la recourante de vendre ses options le 21 janvier 2000 le fait qu'elle était consciente ou devait être consciente du risque de baisse des titres postérieurement à cette date, ce d'autant que son intention était d'effectuer une opération spéculative à court terme. Enfin, les requêtes de la banque tendant à obtenir son autorisation de vendre démontrent également que la cliente avait son attention attirée sur les risques pris si elle conservait ses options 125. Les nuances que cherche à introduire la recourante entre le caractère volatil du titre dont elle aurait été consciente et le risque de baisse de la cotation de ce même titre qu'elle aurait ignoré ne sont nullement convaincantes et ne permettent en tout cas pas de faire apparaître le raisonnement de la cour cantonale comme insoutenable ou contraire aux pièces du dossier. Le premier moyen est donc infondé. 3.2.2 En second lieu, la recourante soutient que c'est arbitrairement qu'il ressort de l'arrêt attaqué qu'elle se serait abstenue de donner à la banque les instructions nécessaires, afin que cette dernière puisse vendre les options 125. Elle affirme au contraire qu'il ressortirait de faits importants omis par la cour cantonale qu'elle aurait donné toutes les instructions utiles à la banque, afin que cette dernière puisse valablement procéder à la vente des options litigieuses. La recourante ne cite toutefois aucun élément démontrant qu'elle aurait donné à la banque l'ordre de vendre les options 125 à partir du moment où elle a eu connaissance de l'erreur survenue le vendredi 21 janvier 2000. Contrairement à ce qu'elle soutient, on ne peut déduire l'existence d'un tel ordre de sa réponse donnée à C.________, le 24 janvier 2000, lorsqu'on lui demandait des instructions par rapport aux options 125, et énoncée en ces termes: "Que voulez-vous que je vous dise, c'est vous les experts, c'est vous qui devez savoir". De même, ce n'est pas parce qu'elle a toujours indiqué à la banque qu'il lui appartenait de prendre toutes les dispositions utiles pour rétablir la situation, qu'elle aurait donné l'ordre de vendre ses options, ce d'autant que, depuis le 26 janvier 2000, la banque lui a demandé clairement et à réitérées reprises des instructions quant à la vente des options 125. En présence de requêtes aussi explicites, il n'y a rien d'arbitraire à considérer que les déclarations évasives de la recourante ne pouvaient être interprétées comme un ordre de vente. Du reste, devant l'insistance de la banque, il ne pouvait échapper à la cliente que sa position n'était pas perçue comme constituant une instruction suffisante. Enfin, le fait que le conseil de la recourante ait indiqué à la banque, le 22 mars 2000, qu'il réitérait l'autorisation donnée de procéder à toutes opérations nécessaires pour que le compte de la recourante soit rétabli dans la situation dans laquelle il aurait dû être si l'ordre avait été correctement exécuté, ne prouve pas qu'un ordre de vendre aurait été donné, pas plus d'ailleurs qu'il exprime clairement une telle instruction. En retenant que la banque avait relancé en vain la recourante, qui n'avait pas donné l'ordre de vendre ses options, la cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire. Dans ces circonstances, le recours ne peut qu'être rejeté.