Citation: 8C_367/2022 E. 6.1

6.1. Le recourant se plaint ensuite d'une violation de l'art. 51 al. 1 LACI. Il soutient avoir agi de manière conforme au but de la loi, en protégeant au mieux sa créance salariale tout en limitant le dommage de l'intimée. D'un commun accord avec son employeur, ses collègues et d'autres créanciers, il aurait été décidé de patienter jusqu'à ce que la société ait perçu l'indemnité de l'assurance responsabilité civile de l'auteur de l'incendie. Cette solution aurait dû permettre de limiter le dommage, puisqu'ensuite du dédommagement par l'assurance, l'entreprise aurait été en mesure de rembourser ses dettes de salaires puis de réembaucher ses employés en vue de relancer son activité. En présence d'une situation qui n'aurait pas pu se détériorer davantage et de la perspective d'une amélioration à brève échéance, un comportement actif du recourant consistant en des démarches judiciaires n'aurait pas pu être exigé de sa part. De telles mesures auraient conduit à la faillite de la société et n'auraient fait que précipiter le versement par l'intimée de l'indemnité en cas d'insolvabilité. En outre, les poursuites judiciaires initiées par l'un des employés n'auraient pas dû nécessairement aboutir au prononcé de la faillite avant l'encaissement de l'indemnité de l'assurance responsabilité civile. Le recourant expose que dans ces conditions, il aurait eu des raisons objectives de ne pas entreprendre de mesures plus incisives contre son ancien employeur. En requérant la mise en faillite de la société, l'intimée aurait desservi ses propres intérêts et fait obstacle au redressement de la société.