Citation: 6B_157/2017 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a fait sienne l'appréciation des preuves à laquelle s'était livrée l'autorité de première instance. Ainsi, tandis que la recourante s'était montrée "froide et fuyante", avait considérablement varié dans ses déclarations et n'avait pas hésité à mentir à plusieurs reprises, l'intimée n'avait pas ou très peu varié dans ses déclarations en cours d'enquête et aux débats. Sa version des faits était en outre corroborée par les témoignages de ses enfants H.________ et I.________. Même si ceux-ci devaient être appréciés avec circonspection, les deux intéressés avaient confirmé que leur mère leur avait parlé des coups de téléphone reçus d'une personne qu'elle soupçonnait être la recourante, qui se faisait passer pour une dénommée "J.________" et qui lui signalait avoir laissé à son attention des bouteilles de whisky dans les buissons à proximité de son logement. H.________ avait de surcroît indiqué qu'une ou deux semaines avant Noël 2012, elle s'était trouvée aux côtés de sa mère lorsque celle-ci avait reçu un appel sur son portable et qu'elle avait alors cru reconnaître la voix de la recourante tandis que sa mère avait approché le combiné de son oreille. I.________ avait quant à lui déclaré qu'entre les 6 et 11 janvier 2013, il avait trouvé avec sa mère une bouteille de whisky dans les buissons - ensuite d'un appel téléphonique reçu par l'intimée sur son téléphone - qu'ils avaient rapporté cette bouteille à la maison, qu'il avait lui-même senti le liquide, dont l'apparence n'était pas claire et que, bien que celui-ci sentît l'alcool, il lui avait semblé suspect. Il avait confirmé que tous deux avaient vidé la bouteille dans l'évier et que, lorsqu'ils avaient vérifié s'il n'y avait pas d'autres bouteilles dans les buissons, ils en avaient trouvée une autre un peu plus loin, de même marque et dont le contenu était beaucoup plus clair que le whisky. En outre, les enfants de l'intimée étaient tous deux présents dans les locaux de l'entreprise familiale le 11 janvier 2013. I.________ avait confirmé qu'alors que sa mère lui avait demandé de surveiller les alentours car la mystérieuse femme l'avait appelée pour lui annoncer le dépôt prochain d'une bouteille dans les buissons, il avait appréhendé la recourante sur le trottoir, tandis que celle-ci était penchée vers les buissons pour y déposer des bouteilles de whisky. Pour sa part, H.________, alertée par son frère, avait vu celui-ci ramener la recourante à l'intérieur du bâtiment avec deux bouteilles de whisky dans son sac. Elle avait indiqué que la recourante avait tenté de vider une bouteille dans l'évier de la cafétéria, ce dont elle l'avait empêchée. Lors de son audition du 12 janvier 2013, la recourante avait identifié comme étant les siennes les bouteilles de whisky trouvées sur les lieux par la police. Le chimiste cantonal avait analysé le contenu de ces bouteilles, avait constaté la présence de grandes quantités de chlorure et avait retenu que de l'acide chlorhydrique avait été utilisé. Il était établi que la recourante avait effectué des études de biologie et avait travaillé comme laborantine en biologie. Elle disposait donc de connaissances supérieures à la moyenne concernant la nocivité des produits chimiques sur la santé. Elle avait d'ailleurs admis avoir lu de la littérature scientifique en chimie faisant état des dangers résultant de l'ingestion de l'acide hydrochlorique. Son expérience de laborantine en biologie lui avait permis de se familiariser avec des manipulations de produits sensibles. De surcroît, la perquisition effectuée dans sa chambre de D.________ avait permis de découvrir une carte SIM qui avait été insérée dans le boîtier téléphonique de la recourante à plusieurs reprises. Les contrôles téléphoniques rétroactifs réalisés avaient permis de mettre en évidence que le numéro de cette carte SIM avait été en relation avec celui de l'intimée et que, le 11 janvier 2013, il avait contacté celle-ci pour une durée de trois minutes. Les antennes utilisées à cette occasion étaient toutes deux localisées à D.________. L'extraction des données du boîtier de la recourante avait permis de découvrir des SMS envoyés à l'intimée, dont l'un daté du 4 janvier 2013 avait le contenu suivant : "Bonne année!!! Vous navez pas ramasser la bouteille est au meme plac". C'était en vain que la recourante avait prétendu, en cours d'enquête, qu'une dénommée K.________ avait dû utiliser son téléphone lorsqu'elle venait lui rendre visite à D.________. Cette personne n'avait pu être identifiée ni retrouvée et la recourante n'avait fourni aucun élément qui aurait permis de la localiser. En outre, la recourante avait finalement admis qu'elle était la maîtresse de C.________, dont elle dépendait tant sur le plan affectif que financier. Elle était donc une femme amoureuse, isolée dans la précarité, qui voulait à tout prix demeurer en Suisse. Tous ces éléments accréditaient la version des faits de l'intimée. A l'inverse, la théorie du "coup monté" contre la recourante ne reposait sur aucun fondement. En effet, l'intimée était gravement alcoolique et ainsi incapable d'échafauder des plans, tandis que la recourante était intelligente, déterminée et affichait une certaine froideur émotionnelle.