Citation: I 245/05 29.06.2006 E. A

G.________, né en 1952, appartient au monde des gens du voyage. Son père était brocanteur ambulant, récupérateur, rémouleur, réparateur et rétameur de bassines ou casseroles en tous genres et l'a formé dans toutes ces activités professionnelles, en lui versant un salaire jusqu'à sa mort survenue en 1987. A partir de ce moment-là, G.________ s'est mis à son compte comme rétameur-rémouleur, activité qu'il a exercée jusqu'au 21 décembre 1998, date à partir de laquelle il a été à l'arrêt de travail pour des raisons de santé. Le 26 avril 1999, G.________ a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité, en requérant l'allocation d'une rente d'invalidité. Dans un rapport médical du 30 juin 1999, le docteur U.________ spécialiste FMH en médecine interne et médecin traitant de l'assuré, a diagnostiqué notamment une polyarthrite depuis juillet 1997, une arthrite récidivante de la cheville gauche (qui n'est toujours pas terminée), une légère hypercyphose dorsale, tendance aux lombalgies. Dans un rapport médical d'octobre 1999, le docteur I.________, rhumatologue, a retenu des arthrites récidivantes d'étiologie indéterminée. Il indiquait que la symptomatologie et les plaintes présentées par le patient dépassaient le cadre des constatations cliniques et qu'une surcharge psychique n'était pas exclue. Dans un rapport médical du 16 février 2000, le docteur B.________, spécialiste FMH en médecine interne, a posé le diagnostic d'arthrite récidivante de la cheville gauche d'étiologie indéterminée. Il concluait à une incapacité de travail de 100 % depuis le 21 décembre 1998. Ce praticien, dans une communication du 23 octobre 2000, a signalé que l'apparition de paresthésies des deux pieds évoquait une polyneuropathie qui n'était ni infirmée ni confirmée formellement par la doctoresse D.________, neurologue. Selon le docteur L.________, spécialiste en médecine générale et médecin du Service médical régional (SMR) de l'assurance-invalidité, il était évident que l'on était pas au clair du point de vue médical et qu'un complément d'investigation somatique et surtout psychique serait nécessaire. Mais il était aussi plausible d'admettre d'emblée une capacité (de travail) complète dans une activité adaptée, qui serait semi-sédentaire et sans travaux lourds, si l'on accordait une certaine crédibilité aux limitations physiques mises en avant par l'assuré (avis médical du 11 mai 2001). Le 19 novembre 2001, le docteur L.________ et le docteur P.________, spécialiste FMH en rhumatologie, ont procédé à un examen clinique pluridisciplinaire. Dans leur rapport du 20 novembre 2001, ils ont posé les diagnostics de syndrome douloureux de l'hémicorps gauche sans substrat anatomique, d'hypertension artérielle traitée non stabilisée et de goutte anamnestique. Ils ont conclu qu'il n'y avait pas d'incapacité de travail légitimable au plan ostéoarticulaire ou neurologique et que la capacité de travail exigible apparaissait complète dans l'activité exercée. Dans un rapport d'examen SMR du 23 novembre 2001, la doctoresse V.________, médecin-cheffe, et le docteur L.________ ont considéré qu'il n'y avait aucune explication à l'apparition soudaine des douleurs dont l'assuré s'était plaint dès 1997, étant donné qu'il y avait peu d'éléments établis médicalement concernant les tuméfactions alléguées, à l'exception d'une probable crise de goutte du gros orteil gauche, et peu de constatations cliniques lors de l'examen pratiqué au SMR pour attester une atteinte somatique invalidante. Sur le plan psychique, il n'y avait aucun signe d'une atteinte actuellement ni sur demande, ni sur observation clinique. Dans un projet de décision du 14 décembre 2001, l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud a informé G.________ qu'il n'avait pas droit à une rente d'invalidité, au motif que celui-ci ne présentait pas d'atteinte à la santé invalidante selon l'art. 4 LAI et que sa capacité de travail était entière dans l'activité qu'il exerçait auparavant. G.________ a contesté le refus de rente. Il a produit un rapport du docteur B.________ du 4 janvier 2002, dans lequel son médecin traitant invitait l'office AI à reconsidérer sa décision, quitte à mettre en oeuvre une expertise psychiatrique ou d'autres examens. Par décision du 16 janvier 2002, l'office AI a rejeté la demande.