Citation: 1P.613/2000 05.12.2000 E. 2

2.- La recourante reproche à la Cour de cassation d'avoir constaté les faits de manière arbitraire en retenant qu'elle s'était rendue à deux reprises en Jamaïque pour importer en Suisse de la cocaïne, alors qu'elle n'avait fait qu'un seul voyage dont elle ignorait le but réel. a) La jurisprudence rendue en application de l'art. 4 aCst. , qui garde toute sa valeur sous l'empire de l'art. 9 Cst. , reconnaît au juge un important pouvoir d'appréciation dans la constatation des faits et leur appréciation (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40). Le Tribunal fédéral n'intervient en conséquence pour violation de l'art. 9 Cst. que si celui-ci a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il admet ou nie un fait pertinent en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et les éléments du dossier, lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte, lorsque les constatations de fait sont manifestement fausses ou encore lorsque l'appréciation des preuves se révèle insoutenable (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 117 Ia 133 consid. 2c p. 39, 292 consid. 3a p. 294; cf. ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170). b) En l'espèce, la Cour de cassation a retenu, dans les considérants en droit de son arrêt, que la recourante s'était rendue en Jamaïque à deux reprises, qu'elle y avait résidé un certain nombre de jours et qu'elle avait "importé en Suisse une quantité importante de cocaïne". Ces constatations sont en contradiction avec les faits établis par la Cour d'assises et correctement relatés dans les considérants de fait de l'arrêt attaqué, selon lesquels K.________ ne s'est rendue qu'une seule fois en Jamaïque en décembre 1998. Il ressort par ailleurs des observations formulées par la Cour de cassation, en réponse au recours de droit public, que l'évocation de deux déplacements en Jamaïque ne constitue pas une simple erreur dans la retranscription d'un élément de fait dans la partie "en droit" de l'arrêt, mais relève d'une confusion avec le cas d'une coaccusée, qui a fait deux voyages en Jamaïque dans le but de rapporter de la drogue, le second lui ayant permis d'introduire en Suisse une quantité importante de cocaïne. Il n'est pas exclu que cette confusion ait joué un rôle dans l'appréciation de la quotité de la peine infligée à la recourante et, partant, dans la confirmation de l'arrêt de la Cour d'assises. Dans ces conditions, le recours doit être admis sur ce point et l'arrêt attaqué être annulé, sans qu'il soit nécessaire d'examiner plus avant le grief de déni de justice prétendument lié au défaut d'assistance judiciaire gratuite. A toutes fins utiles, il convient de rappeler, au cas où l'autorité compétente serait amenée à désigner un nouveau défenseur d'office, que la nomination en cette qualité d'un avocat stagiaire est conforme tant à l'art. 29 al. 3 Cst. qu'à l'art. 6 § 1 et 3 let. c CEDH, pour une procédure de l'importance de celle dans laquelle la recourante est impliquée (ATF 126 I 194 ss).