Citation: 1A.84/2004 01.06.2004 E. 1

La recourante est une société de droit suisse. Fondée le 24 janvier 1992, elle a pour but social l'achat, la vente, le commerce, l'entreposage et le commerce de matériaux de toutes sortes. Le capital-actions de 100'000 fr. est détenu par F.________. Celle-ci est contrôlée par le groupe Menatep, pour une moitié, et par le ressortissant russe V.________, pour l'autre moitié. La recourante écoule de l'apatite sur le marché, pour le compte de diverses sociétés productrices russes. Elle l'a fait pour le compte de A.________, jusqu'en 2000. Le chiffre d'affaires annuel est de l'ordre de 335'000'000 USD. Un dividende de 16'500'000 USD a été distribué en 2002. Au titre du dommage irréparable, la recourante fait valoir que la saisie de son compte l'empêche d'honorer des factures échues, pour un montant total de 12'964'340,97 USD, 78'937,77 euros, 7500 GBP et 117'237,70 CHF, de payer le fret des marchandises qui lui sont livrées, de faire face à ses dépenses de fonctionnement (salaires et loyers) et d'exercer son activité économique. Dans sa réplique du 12 mai 2004, la recourante indique disposer d'un montant de 1'108'178 USD sur un compte ouvert auprès de la banque C.________. Elle estime toutefois que ce montant ne lui permettrait pas de faire face à ses engagements. Elle se réfère à ce propos aux montants visés dans sa demande de mesures provisionnelles, augmentés, au 27 avril 2004, d'un montant de 2'960'538,90 USD, 12'590 euros, 7500 GBP et 31'439 CHF, soit, au total, 20'892'654,47 (recte: 22'000'832,47) USD, 126'560,92 (recte: 126'560,88) euros, 7500 GBP et 146'817,86 CHF. Pour le surplus, la recourante a indiqué, par la même occasion, qu'elle ne disposait pas "d'éventuels produits". Cette affirmation est cependant contredite par la recourante elle-même qui a, le 16 avril 2004, indiqué au Ministère public devoir encaisser un montant de 40'171'303,95 USD, dont une part de 16'300'000 USD environ correspondrait à des factures non échues. Dans sa réplique du 12 mai 2004, la recourante n'évoque aucun élément propre à corriger ces éléments qu'elle a elle-même fournis. Elle prétend en outre que la saisie du compte n°aaa l'empêcherait d'encaisser ces produits et de poursuivre son activité. Cette affirmation n'est pas étayée et on ne discerne pas les motifs qui s'opposeraient à ce que les montants en question soient mis, d'une manière ou d'une autre, à la disposition de la recourante. Il faut en conclure que celle-ci dispose de créances exigibles qui compensent largement le préjudice résultant du séquestre litigieux.