Citation: U 233/06 02.02.2007 E. 4

Il est vrai que l'expertise du docteur G.________, mise en oeuvre par l'assurance-invalidité, n'avait pas pour l'objet l'examen du rapport de causalité entre d'éventuels troubles d'ordre psychique et l'événement accidentel du 8 décembre 2002. Il n'en demeure pas moins que ce médecin a abordé la genèse et l'évolution des atteintes psychiques qu'il a diagnostiquées chez l'intimé de manière suffisamment circonstanciée pour qu'il ne soit pas nécessaire d'ordonner ici un complément d'instruction. A la lecture de ses considérations, il ne fait pas de doute que l'apparition chez l'intimé d'un état dépressif dans le courant de l'hiver 2003 est directement lié à la perte accidentelle de son oeil gauche. Bien que le psychiatre ait mentionné l'existence d'autres facteurs perturbateurs entretenant cet état psychique défavorable, on ne peut pas pour autant en inférer une rupture du lien de causalité naturelle comme le voudrait la recourante. Selon la jurisprudence, en effet, une causalité même partielle suffit pour qu'on puisse admettre un lien de causalité naturelle (cf. ATF 119 V 337 consid. 1, 118 V 289 consid. 1b et les références). Le docteur G.________ a d'ailleurs précisé que malgré le placement en institution du fils et la résorption de la dépression de l'épouse vers la fin de l'année 2004, de même qu'une atténuation des troubles de l'assuré, celui-ci présentait toujours une régression, une perte de confiance et des sentiments de culpabilité importants. A cet égard, le jugement entrepris ne se révèle donc pas critiquable.