Citation: U 166/06 21.12.2006 E. 4

Les appréciations divergent par contre sur le point de savoir quelles affections doivent être prises en charge par l'assurance-accidents et quelle influence ont ces dernières sur la capacité de travail. 4.1 L'évolution de l'état de santé de la recourante démontre que, des deux parties du corps dont on est sûr qu'elles ont été touchées lors de l'accident, les cervicalgies se sont rapidement résorbées au point de ne plus figurer dans les rapports médicaux, en particulier ceux du docteur R.________ qui est le seul praticien à avoir suivi l'intéressée du mois de décembre 2000 au mois de février 2002, et de n'avoir en conséquence plus aucune influence sur la capacité de travail. Ces observations, de même que les propos des docteurs H.________ et R.________ concernant un traitement antérieur pour cervico-brachialgies ou cervicalgies, ont permis au docteur S.________ de conclure au statu quo ante/sine, ce qui a été confirmé par le docteur E.________. Quant aux contusions scapulaires diagnostiquées, elles se sont révélées être une déchirure du sus-épineux, qui a été traitée par acromioplastie et suture, sans pour autant se restaurer entièrement. Se référant une nouvelle fois aux propos des docteurs H.________ et R.________ relatifs à un traitement antérieur de l'épaule, le docteur S.________ en a déduit une aggravation permanente; ses déductions reposaient également sur des observations du comportement général de l'intéressée lors de l'expertise (pas de gêne à mettre ou enlever sa veste, etc.) ou des examens particuliers (mobilité passive totale mais douloureuse en fin de mouvement, force musculaire préservée, etc.). Pour le surplus, on ajoutera qu'une grande partie des affections qui apparaissent dans le dossier sont antérieures à l'accident et n'ont subi aucune péjoration consécutive à celui-ci, que des atteintes telles que les gonalgies ou la déchirure partielle du sus-épineux gauche ne peuvent être rattachés aux événements traumatiques (aucun médecin n'a par ailleurs essayé de le faire) dans la mesure où elles se sont produites postérieurement à ceux-ci et qu'aucun signe, au moment de l'accident, ne laissait augurer une telle évolution et qu'enfin la relation de causalité entre certains troubles tels que l'appendicite perforée et les événements du 6 avril 2000 a clairement été niée. 4.2 L'existence d'un état maladif antérieur (douleurs sterno-claviculaires irradiant vers l'épaule droite, épaule présentant des signes de périarthrite, cervico-brachialgies) ne fait aucun doute et la recourante est mal venue de le nier, dès lors que ce sont ses propres médecins qui y font référence. En effet, la doctoresse H.________ a elle-même conduit le traitement et le docteur R.________ a rapporté, puis confirmé quatre ans après, les doléances de l'époque de sa patiente, sans que celle-ci ne puisse fournir un quelconque élément pouvant mettre en doute ces affirmations. 4.3 Contrairement à ce que prétend l'intéressée, l'existence d'un état maladif antérieur ne signifie pas encore que les autorités, qui s'y sont référées pour déterminer le lien de causalité naturelle, en aient tenu compte pour réduire la quotité de la rente. En effet, ceux-ci n'ont jamais affirmé que les suites des cervicalgies et de la rupture du sus-épineux engendraient une invalidité totale et qu'en raison de leur préexistence, il convenait de réduire la rente de moitié. Au contraire, ils ont toujours affirmé que les troubles en question n'étaient pas les seuls à influencer la capacité de travail et qu'ils ne participaient que pour moitié dans l'incapacité totale reconnue. On notera encore que les experts font bien la distinction entre les différentes lésions et leur origine liée ou non aux événements du 6 avril 2000, tandis que les médecins traitants se contentent d'amalgamer, sans apporter plus de précisions, tous les diagnostics posés pour en déduire une incapacité totale qui n'a du reste jamais été contestée.