Citation: 8C_259/2022 E. 5.2

5.2. Dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2021, l'art. 44 LPGA prévoyait que si l'assureur doit recourir aux services d'un expert indépendant pour élucider les faits, il donne connaissance du nom de celui-ci aux parties; celles-ci peuvent récuser l'expert pour des raisons pertinentes et présenter des contre-propositions. Comme son texte l'indique clairement, cette disposition concerne les expertises confiées à des médecins indépendants. Elle ne s'applique donc pas aux médecins-conseils des assurances, comme le docteur D.________. En ce qui concerne le séjour à la CRR, il a fait suite à un mandat de procéder à une évaluation interdisciplinaire ("assessment"), sans toutefois que l'intimée soumette de questions particulières à celle-ci. Par lettre du 5 mai 2020, la recourante, alors assistée par un agent d'affaires breveté, avait été informée du planning et du médecin chargé de l'évaluation. A cet égard, on ignore si le planning annexé à la lettre et qui ne figure pas au dossier mentionnait tous les noms des médecins impliqués dans l'évaluation. Cela dit, tant dans son opposition que dans son recours et autres écritures devant la cour cantonale, où elle était représentée par son mandataire actuel, la recourante ne s'est pas plainte d'un vice de procédure au sens de l'art. 44 LPGA. Or l'invocation d'un vice de forme trouve ses limites dans le principe de la bonne foi (art. 5 al. 3 Cst.), qui oblige celui qui s'estime victime d'une violation de son droit d'être entendu ou d'un autre vice de procédure à le signaler immédiatement, à la première occasion possible (ATF 143 V 66 consid. 4.3; arrêts 9C_557/2021 du 20 octobre 2022 consid. 5.3.2; 8C_528/2021 du 3 mai 2022 consid. 6.1). Par conséquent, le grief de la recourante est en tout état de cause tardif.