Citation: I 561/06 26.07.2007 E. 5

En tant que la décision initiale d'octroi de rente a été annulée par voie de reconsidération, il convient de procéder à une nouvelle estimation du degré d'invalidité de l'assurée. A cet égard, il y a lieu de constater que la clé de répartition entre les activités lucrative (70 %) et ménagère (30 %) n'est pas contestée. 5.1 L'évaluation de la perte de gain à laquelle les premiers juges ont procédé n'est pas non plus contestée. La Cour de céans s'y réfère également (cf. consid. 16c et 16d du jugement entrepris), sauf à préciser que compte tenu d'un taux d'occupation de 70 %, le revenu sans invalidité s'élève à 33'065 fr. 80 et non pas à 48'412 fr. 60, ramenant la perte de gain à 12'468 fr. et le taux d'invalidité économique à 38 %. 5.2 S'agissant du degré d'invalidité ménagère, la recourante conteste l'évaluation à 23 % des empêchements qu'elle subit dans l'accomplissement des travaux habituels en raison de son état de santé. 5.2.1 En particulier, elle soutient à tort que l'évaluation de son handicap doit faire abstraction de la contribution que ses proches peuvent lui fournir. Selon la jurisprudence en effet, les empêchements de l'assurée doivent être évalués en tenant compte de l'aide que l'on peut exiger des membres de la famille au titre de l'obligation de réduire le dommage (ATF 130 V 97 consid. 3.2 p. 99, 123 V 230 consid. 3c et les références p. 233), une personne qui s'occupe du ménage étant tenue de faire ce que l'on peut raisonnablement attendre d'elle afin d'améliorer sa capacité de travail, par exemple en adoptant une méthode de travail adaptée ou en recourant précisément à l'aide des membres de sa famille dans la mesure habituelle (arrêt S. du 17 janvier 2006 [I 735/04] consid. 6.5; Meyer-Blaser, Rechtsprechung des Bundesgerichts zum IVG, Zurich 1997, p. 222). 5.2.2 La recourante estime également à tort que son aptitude à effectuer ses tâches ménagères aurait dû faire l'objet d'une évaluation médicale spécifique. Selon la jurisprudence, la fixation de l'invalidité dans les travaux habituels ne saurait reposer sur une évaluation médico-théorique. Le facteur déterminant pour évaluer l'invalidité des assurés n'exerçant pas d'activité lucrative consiste dans l'empêchement d'accomplir les travaux habituels, lequel est déterminé au regard des circonstances concrètes du cas d'espèce. C'est pourquoi il n'existe pas de principe selon lequel l'évaluation médicale l'emporte d'une manière générale sur les résultats de l'enquête ménagère. Une telle enquête a valeur probante et ce n'est qu'à titre exceptionnel, singulièrement lorsque les déclarations de l'assuré ne concordent pas avec les constatations faites sur le plan médical, qu'il y a lieu de faire procéder par un médecin à une nouvelle estimation des empêchements subis dans les activités habituelles (VSI 2001, p. 158, consid. 3c; arrêt P. du 1er mai 2006 [I 794/04] consid. 6.2 et les nombreuses références). En l'occurrence, rien au dossier n'indique que les travaux habituels décrits dans le rapport d'enquête économique sur le ménage comme raisonnablement exigibles de la part de la recourante, ne le soient pas sur le plan médical; l'intéressée ne le prétend d'ailleurs pas. 5.3 Au regard d'empêchements dans les travaux habituels évalués à 23 %, la recourante subit une invalidité ménagère de 7 % (23 % x 30 %). Compte tenu d'une invalidité économique de 38 %, l'assurée présente un taux global de 45 % justifiant la réduction de son droit aux prestations à un quart de rente depuis le 1er décembre 2004.