Citation: 5A_489/2023 E. 3.3

3.3. Dans la mesure où la recourante n'a pas recouru contre la décision de la juridiction précédente du 12 septembre 2022, il n'apparaît pas critiquable que celle-ci ait en définitive principalement examiné si la seconde requête d'assistance judiciaire en respectait les exigences, notamment en lien avec le devoir de collaboration auquel l'intéressée avait été expressément rendue attentive. La recourante ne prétend pas le contraire, mais est d'avis qu'elle a dûment satisfait à son devoir de collaboration. Selon elle, la production des budgets (signés) d'aide sociale et de la décision (signée) d'aide sociale était suffisante pour démontrer l'état de sa situation financière. Le fait qu'elle bénéficie de l'aide sociale depuis le mois de novembre 2022 " et pour l'avenir " démontrait que sa situation financière était obérée et constituait un indice suffisamment fort et pertinent de son indigence. Par ailleurs, son budget complet ressortait clairement de la décision du service social, sans qu'il fût nécessaire de le détailler plus avant. Les budgets d'aide sociale faisaient en effet état de l'ensemble de ses rentrées d'argent. " Toutes autres entrées d' argent, telles que mais pas exclusivement", allocations chômage, rentes AI, AVS vieillesse, LPP, avaient été examinées. Elle ne disposait par ailleurs d'aucune fortune, cette condition étant examinée d'office par le Service d'action sociale. L'arrêt 4A_333/2022 du 9 novembre 2022 - sur lequel la cour cantonale s'était basée et qui retenait qu'une attestation relative à l'octroi de prestations d'aide sociale n'était, en règle générale, pas propre à démontrer l'indigence de la personne requérant l'assistance judiciaire gratuite - n'avait été publié aux ATF qu'en 2023 (ATF 149 III 67), à savoir bien après le dépôt de la requête d'assistance judiciaire litigieuse. De plus, cet arrêt devait être relativisé, dans la mesure où l'état de fait était différent de celui du cas d'espèce. La recourante relève encore que, par courrier du 12 avril 2022, sa précédente mandataire avait d'ores et déjà versé à la procédure en divorce les différentes pièces relatives à sa situation financière complète. Elle soutient en outre qu'aux fins d'établir son indigence, elle pouvait se fier de bonne foi à la Circulaire du Tribunal cantonal n° 14, selon laquelle l'indigence d'une personne était établie dès lors que celle-ci était au bénéfice de l'aide sociale (ch. 12). Dans un arrêt de ce même Tribunal (CPR 28 / 2015), il avait été précisé que si une circulaire n'avait certes pas force de loi, les autorités judiciaires ne pouvaient s'en écarter sans motifs justifiés par les circonstances particulières du cas d'espèce. Or, en l'occurrence, les autorités inférieures ne disposaient pas de tels motifs. Si le Juge civil entendait ne pas l'appliquer au cas d'espèce, il pouvait à tout le moins être attendu, en vertu du rapport de confiance créé en conséquence, qu'il le lui signale avant de rendre sa décision et lui fixe un délai pour compléter sa requête d'assistance judiciaire s'il le jugeait nécessaire. Dans ces circonstances, on ne voyait pas quels documents supplémentaires auraient pu être déposés pour démontrer qu'elle ne percevait effectivement pas d'autres revenus que ceux mentionnés dans la décision d'aide sociale. Il s'agissait d'une preuve négative, qu'il n'était pas possible d'apporter à l'aide de pièces, la cour cantonale n'indiquant au demeurant pas quels documents en particulier auraient dû être produits. Dès lors, on ne pouvait lui reprocher aucun défaut de collaboration et sa situation financière avait été établie à suffisance.