Citation: 5A_11/2020 E. 3.3.1

3.3.1. La recourante reproche ensuite à la juridiction précédente d'avoir arbitrairement appliqué l'art. 298 al. 2 ter CC, violé la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique (Convention d'Istanbul; RS 0.311.35) ainsi que les art. 3, 8 et 14 CEDH en refusant d'instaurer une garde alternée. Elle lui fait grief de s'être fondée " pratiquement exclusivement " sur les déterminations de la curatrice, contenant notamment des " déclarations spontanées " de C.________ contredisant ses précédentes déclarations selon lesquelles il voulait voir davantage sa mère. Par ailleurs, l'arrêt entrepris minimise l'impact des violences subies, tend à les excuser et " semble considérer " qu'un père peut être violent contre la mère, sans que cela affecte ses capacités parentales, ce qui contredit la position officielle de la Suisse, qui a confirmé à un comité des droits de l'homme des Nations-Unies qu'il ne faisait aucun doute que la violence domestique entravait la capacité des parents à exercer leurs droits parentaux. Citant l'art. 7 de la Convention d'Istanbul, la recourante explique avoir peiné à obtenir une réponse globale de la part des autorités, les autorités civiles n'ayant pas tenu compte de la condamnation pénale de l'intimé. Au vu de l'art. 48 de la Convention précitée, la juridiction précédente ne pouvait par ailleurs s'appuyer sur la convention signée par les parties le 10 octobre 2018, laissant la garde au père. La cour cantonale aurait également omis d'appliquer la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme en matière de violences domestiques en ne prenant pas les mesures adéquates pour la protéger ainsi que ses enfants et en ne traitant pas de l'impact significatif de la violence sur les enfants, compte tenu notamment de l'hospitalisation de l'enfant aîné pour des actes d'automutilation et des idées suicidaires. Compte tenu du fait qu'elle dispose actuellement d'un droit de visite très large et que les disponibilités des parties sont similaires, l'autorité cantonale aurait versé dans l'arbitraire en refusant l'instauration d'une garde alternée aux seuls motifs du conflit parental et du maintien de la stabilité. Celle-ci ne serait d'ailleurs nullement remise en cause en cas de garde partagée, la seule différence pratique résidant dans le fait que, toutes les deux semaines, les enfants viendraient chez leur mère plus tôt dans la journée et qu'ils resteraient le dimanche soir avec elle. Soulignant qu'elle continue de demander la garde exclusive dans la procédure de divorce, la mère relève que la décision du premier juge constituait un " pas dans la bonne direction ", le père utilisant la garde exclusive pour lui mettre la pression sur les plans économique et psychologique depuis plus de deux ans.