Citation: 6B_397/2022 E. 2.6

2.6. En résumé, la recourante soutient que les déclarations de C._________ constitueraient la preuve essentielle, si ce n'est l'unique preuve, sur laquelle la cour cantonale se serait fondée pour prononcer sa condamnation, les rapports de police cités en référence par la cour cantonale ne faisant que reprendre lesdites déclarations. Or elle n'aurait pas pu interroger la prénommée si bien que son droit de confrontation aurait été violé et les déclarations en cause seraient inexploitables. Le seul autre élément sur lequel la cour cantonale se serait fondée, serait les contacts téléphoniques entre la mule et un numéro de téléphone français lors des livraisons. Toutefois, l'attribution du numéro de téléphone en question à la recourante ne reposerait que sur les déclarations de C._________ qui aurait indiqué, lors de l'une de ses auditions: "... le numéro français doit être celui de G._________". La cour cantonale ne se prononce pas expressément sur le droit de confrontation de la recourante. Tout au plus, peut-on déduire de sa motivation à l'appui du refus de procéder à l'audition de C._________ en appel qu'elle a estimé que la présence de la prénommée aux débats de première instance - et malgré son refus de répondre à toute question - était suffisante pour respecter le droit de confrontation de la recourante. Toutefois, on ignore tout des circonstances du déroulement de cette audition, tout comme des motifs qui ont incité la témoin à refuser de s'exprimer, ces éléments ne ressortant pas du jugement attaqué. Quand bien même la témoin aurait refusé à juste titre de témoigner - par exemple pour les motifs prévus à l'art. 169 al. 3 CPP -, ce que la cour cantonale n'a pas examiné, ses déclarations précédentes auraient pu être prises en compte pour autant que les conditions posées par la CourEDH et rappelées ci-dessus (cf. supra consid. 2.1) fussent remplies. Là encore, on cherche en vain dans le jugement attaqué un quelconque examen à ce sujet. En particulier, la cour cantonale ne se prononce pas sur le poids des déclarations de la témoin dans la condamnation de la recourante, soit sur le point de savoir si elles constituent le fondement unique ou déterminant de sa condamnation. A cet égard, il ressort du jugement attaqué que la cour cantonale s'est également fondée sur les contacts téléphoniques entre la mule et un ou des numéros de téléphone attribués à la recourante. Outre qu'on ignore tout de la nature de ces contacts (appel, messages etc.), il semble que plusieurs raccordements soient en cause. Or on ignore pour chaque cas de quel raccordement il s'agit, la cour cantonale ne le détaillant pas. A tout le moins s'agissant de certains cas, la recourante conteste être la titulaire du raccordement en cause et elle prétend que le seul lien entre le numéro en question et la recourante est la mise en cause de C._________. Là encore, la motivation cantonale ne se prononce pas sur ce point et ne permet pas un examen du poids accordé aux déclarations de la prénommée. Enfin, la cour cantonale ne procède pas à l'examen de l'équité de la procédure dans son ensemble, conformément à la jurisprudence conventionnelle. En résumé, le jugement attaqué ne répond pas aux exigences de l'art. 112 al. 1 let. b LTF et ne permet pas un contrôle du respect des droits de la recourante par le Tribunal fédéral. Il devra être annulé et la cause renvoyée à la cour cantonale en application de l'art. 112 al. 3 LTF. Dans ce cadre, il incombera à celle-ci d'examiner s'il existait un motif sérieux justifiant le refus de témoigner de C._________. Elle devra également examiner, pour chaque cas, le poids accordé aux déclarations de la prénommée dans la condamnation de la recourante - ce qui nécessite une appréciation complète et motivée des preuves -, c'est-à-dire s'il s'agit de l'unique preuve ou de la preuve déterminante justifiant la condamnation. Enfin, elle devra examiner s'il existait des éléments compensateurs, notamment des garanties procédurales solides, suffisants pour contrebalancer les difficultés causées à la défense et assurer, de cette manière, l'équité de la procédure dans son ensemble.