Citation: 6B_48/2023 E. 1.4

1.4. La recourante soutient ne pas avoir participé à la manifestation "Critical Mass" du 29 mai 2020. Tout au plus reconnaît-elle être entrée dans le bâtiment en chantier sis place Bel-Air 4. Pour le surplus, elle relève que le rapport du 2 juin 2020, seul élément de preuve figurant au dossier, ne l'identifie pas comme une des manifestantes, à tout le moins qu'il ne permet pas de lever le doute sur son innocence. Dans sa partie "en fait", la cour cantonale a considéré sans autres explications que la recourante avait participé à cette manifestation (jugement attaqué consid. 2.4.a: "[...] des manifestants, au nombre desquels figuraient A.________ et [...]"), et lui a reproché d'avoir entravé la circulation routière en occupant toute la largeur de la chaussée alors qu'elle se déplaçait en cortège avec les autres participants à la manifestation "Critical Mass" ( ibidem). Pour sa part, le rapport du 2 juin 2020 ne mentionne la recourante que comme l'une des personnes ayant pénétré dans le bâtiment sis place Bel-Air 4, mais reste silencieux quant à son éventuelle participation à la manifestation dans son ensemble. Dans sa partie "en droit", alors qu'elle se prononçait sur les griefs d'ordre factuel soulevés par la recourante, la cour cantonale n'a plus abordé la question de la participation de la précitée à l'ensemble de la manifestation. Elle s'est limitée à confirmer sa présence dans le bâtiment et à déterminer le comportement adopté dans ce cadre. Finalement, elle a jugé que la recourante s'était rendue coupable d'entrave aux services d'intérêt général, non plus pour avoir occupé toute la largeur de la chaussée alors qu'elle se déplaçait en cortège, mais pour avoir provoqué indirectement, alors qu'elle se trouvait dans le bâtiment, le blocage du carrefour de la place Bel-Air durant près de trois heures. À l'aune de ce qui précède, il est difficile de comprendre exactement quel comportement est reproché à la recourante, du moins en lien avec l'art. 239 CP (v. infra consid. 2). Quoi qu'il en soit, il y a lieu de constater, avec la recourante, qu'aucun élément de preuve ne permet de confirmer, sans que des doutes sérieux et irréductibles ne subsistent, que celle-ci aurait participé à l'intégralité de la manifestation. En particulier, le rapport du 2 juin 2020, élément sur lequel repose l'intégralité de l'accusation, ne dit rien à ce sujet. Dès lors, si tant est que la cour cantonale a considéré le contraire, il convient de constater qu'elle a fait preuve d'arbitraire, ce indépendamment du fait que la présence de la recourante sur les lieux n'avait certainement rien de fortuite, élément qui ne suffit toutefois pas lui seul à convaincre.