Citation: 6B_237/2021 E. 4.3

4.3. La cour cantonale a retenu que dans la mesure où il n'y avait pas de règles de sécurité spécifiques en l'espèce, le devoir de prudence devait être évalué selon les principes généraux et au regard du comportement probable d'une personne raisonnable se trouvant dans la même situation et disposant des mêmes aptitudes que l'intimé. Les photographies montraient que sous le toit se trouvait une planche en bois. Selon le service forensique, le chalumeau avait vraisemblablement engendré une combustion de celle-ci ainsi que des chevrons. Les photos des lieux ne montraient pas que le bâtiment était couvert de lierre et de bois; en effet, la façade sur laquelle travaillait l'intimé était en béton et seulement très partiellement couverte de lierre. L'intimé ne se trouvait pas à proximité immédiate de la planche en bois, mais selon ses dires, à 50 cm du sous-toit. Si celle-ci était visible depuis là où il travaillait, dans l'hypothèse où le chalumeau était de petite taille, émettait une flamme courte ne déployant pas d'étincelles, il n'était pas certain qu'une personne raisonnable aurait dû prévoir que le toit prendrait feu avec une telle ampleur. Le fait que l'intimé ait travaillé trois ans comme charpentier ne signifiait aucunement qu'il était spécialiste du feu ou de l'utilisation de chalumeaux. Il s'ensuivait qu'il n'était pas possible de déterminer si celui-ci devait, en se trouvant à 50 cm du sous-toit, prévoir le risque d'incendie et, partant, s'il avait violé le devoir de prudence. En outre, il résultait des déclarations de l'intimé et de celles de son employeur qu'il avait agi sur demande expresse de celui-ci et que, conformément aux instructions, il avait sollicité les conseils d'un spécialiste en revêtement de façade qui était venu sur les lieux. Ce dernier, D.________, avait expliqué en audience comment il fallait procéder pour enlever le coeur du lierre. En outre, si le professionnel de l'entreprise de peinture avait déclaré en audience avoir indiqué à l'intimé qu'il fallait faire attention aux matériaux présents et aux risques d'incendie, il n'avait en revanche pas prétendu l'avoir spécialement rendu attentif à la potentielle dangerosité de la planche de bois. Si l'avis d'un peintre en bâtiment au sujet du risque d'incendie encouru avec l'utilisation d'un chalumeau n'était pas déterminant, cette constatation permettait néanmoins de retenir que l'intéressé n'avait probablement pas non plus envisagé le risque d'incendie. Il en était de même de l'employeur de l'intimé, lequel devait au moins être conscient de l'existence de la planche de bois puisqu'il était également propriétaire de la maison. Ainsi, aucun d'entre eux n'avait probablement envisagé le risque d'incendie démontrant que dans les mêmes circonstances, une personne raisonnable - il n'y avait pas lieu de penser que les intéressés ne l'étaient pas - sans connaissances spécifiques dans le domaine du feu aurait agi de la même manière que l'intimé.