Citation: 5A_469/2023 E. 5.3

5.3. Le recourant rappelle qu'il avait toujours " soutenu " qu'il avait principalement été père au foyer, à l'exception de quelques emplois " très sporadiques ". Rien ne démontrait de manière satisfaisante qu'il se serait mal occupé des siens durant la vie commune. Cela n'était pas à lui d'apporter la preuve qu'il remplissait son devoir de père au foyer mais bien plutôt à la partie adverse de démontrer par pièces qu'il ne s'occupait jamais des enfants. Or cette preuve n'avait pas été amenée. En effet, pour la première fois en appel, l'intimée avait évoqué deux noms de mamans de jour qui auraient gardé ses enfants, et ce sans aucun moyen de preuve à l'appui, comme notamment des fiches d'heures " que toute maman de jour a l'obligation de conserver ". On ne savait donc pas si ces gardes avaient vraiment eu lieu et encore moins leur fréquence, étant précisé qu'il avait été reconnu " dans le cadre de la séparation " que le recourant travaillait quand même sporadiquement dans le milieu de la restauration à l'époque de la vie commune, même si ces horaires étaient variables, qu'il peinait déjà à trouver un emploi fixe à cette période et qu'il s'occupait alors essentiellement de sa famille. Quant au fait que les deux fillettes auraient été gardées trois fois par semaine dès mars 2014 pour l'une, respectivement dès mai 2015 pour l'autre, les inscriptions au système d'accueil de jour n'avaient quasiment toutes été signées que par l'intimée, si bien qu'on ne pouvait savoir si cette dernière décidait unilatéralement de faire garder ses enfants, par exemple par volonté de les sociabiliser à d'autres enfants. De plus, les éléments de preuves produits par l'intimée étaient insuffisants et ne témoignaient pas du fait que cette situation aurait perduré plusieurs mois et années. Ces fiches de garde sur quelques mois pouvaient en effet relever d'une situation exceptionnelle due notamment à des problèmes de santé ou une prise d'emploi momentanée (CDD) par le père. S'agissant de la situation qui avait suivi la séparation et qui perdurerait encore aujourd'hui, le recourant reproche aux juges cantonaux de s'être lancés dans un procès d'intention en se distançant sans raison valable et suffisante de l'analyse de la Direction générale de l'enfance et la jeunesse (DGEJ). Les rapports de la DGEJ étaient tous favorables, même les plus anciens, et démontraient qu'il avait à coeur d'aider sa famille et de prendre soin de ses enfants. Il estime " hasardeux " dans ces conditions de lui faire supporter les troubles de D.A.________ ou de lui reprocher de ne pas avoir su correctement les gérer. Par ailleurs, ce n'était pas parce que la situation financière de la famille était serrée et qu'il la connaissait effectivement et s'en souciait très vraisemblablement qu'il avait pour autant les moyens pour pallier ladite situation. On lui reprocherait presque d'avoir renoncé intentionnellement à des emplois alors que cela ne repose sur aucune pièce au dossier. Bien au contraire, il s'était évertué à démontrer qu'il ne parvenait objectivement pas à trouver un emploi. Il n'avait eu de cesse de produire des pièces à ce sujet en première et deuxième instances. Même si un revenu hypothétique devait lui être finalement imputé, il n'était pas raisonnable de soutenir qu'il avait voulu sciemment échapper à l'entretien de sa famille, ce d'autant plus que l'exception du partage par moitié est restrictive et en l'état n'est absolument pas fondée. Le recourant expose ensuite le contexte dans lequel, selon lui, l'ordonnance pénale du 30 octobre 2017 avait été rendue. Il s'agissait d'une période bien particulière où l'enfant D.A.________ était extrêmement pénible à gérer. Il avait admis tout au long de la procédure avoir été débordé à cette période dans l'éducation de cette enfant qui présentait des troubles particuliers. Les tensions du couple à ce moment-là étaient extrêmes, sans que cela implique d'une quelconque manière qu'elles l'aient été tout au long de la vie commune. D'ailleurs, c'était seulement en appel que l'intimée inventait de nouveaux faits dont elle n'avait jamais parlé auparavant à la police, étrangement au moment où des implications financières concrètes surgissaient. Le recourant ajoute qu'il avait admis et reconnu que ses gestes vis-à-vis de l'enfant D.A.________ étaient déplacés et il avait tout fait pour s'adapter à ses enfants, ce que reconnaissaient les professionnels. S'il était véritablement "un mauvais père", on pourrait aussi facilement lui reprocher une mauvaise prise en charge de l'enfant E.A.________, ce qui ne semblait absolument pas être le cas. Il convenait ainsi de considérer les faits de l'ordonnance pénale comme des événements isolés qui avaient eu lieu plus de six ou sept ans en arrière. Par ailleurs, le mariage avait duré dix ans et absolument rien n'indiquait qu'il y eût de quelconques violences durant toute cette période. Il n'y avait en tout cas jamais eu de condamnations pénales pour d'autres faits, si bien que de nouvelles déclarations de l'intimée au stade de l'appel seulement et alors que les enjeux étaient purement financiers ne pouvaient suffire pour s'écarter d'un partage par moitié. Les déclarations de l'intimée s'avéraient être d'autant moins crédibles qu'elle avait acquiescé à l'autorité parentale conjointe, ce qu'elle n'aurait jamais fait sous conseil de son avocat si le père avait une attitude violente à l'égard de ses enfants. Le recourant relève enfin que tous les autres critères légaux étaient remplis, en particulier celui du mariage de longue durée, afin de partager la prévoyance par moitié entre les époux. Il y avait aussi une disproportion notable entre le montant de LPP bien plus élevé chez l'intimée (37'606 fr. 97) que chez lui (515 fr. 90), cette dernière ayant toujours exercé un emploi fixe durant la période du mariage.