Citation: 4A_317/2015 E. 4.2

4.2. Les arguments avancés dans l'acte de recours ne suffisent manifestement pas à faire apparaître comme insoutenable le résultat de l'appréciation des preuves auquel la Chambre des baux et loyers a abouti. La manière dont ils y sont développés ne satisfait d'ailleurs en rien à l'exigence de motivation du grief d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. et de la jurisprudence y afférente (cf. consid. 2.2, 3e §). D'abord, l'affirmation des recourants selon laquelle "l'existence des nuisances doit être établie uniquement s'agissant de la période du 22 janvier 2010 au 19 mars 2010" est trop absolue dans sa formulation. S'il est certes vrai que la persistance du locataire à ne pas respecter son devoir de diligence en dépit d'un avertissement écrit du bailleur est une condition sine qua non de la résiliation extraordinaire du bail fondée sur l'art. 257f al. 3 CO, cela ne signifie pas que le juge du fait devrait exclure de son appréciation toutes les déclarations des témoins et autres éléments de preuve confirmant que des nuisances sonores existaient avant la mise en demeure du locataire à qui elles sont imputables. Toujours est-il que, même si l'on faisait abstraction de telles déclarations, quatre témoignages subsisteraient néanmoins du propre aveu des recourants (B.________, H.________, C.________ et D.________). Ensuite, la tentative des recourants de relativiser deux de ces quatre témoignages n'est pas en soi de nature à établir le caractère insoutenable des déductions qu'en ont tirées les juges cantonaux. S'agissant, tout d'abord, des déclarations faites lors de son audition du 12 décembre 2013 par Mme C.________, la concierge des immeubles 24 et 26, chemin ..., l'intéressée a admis avoir contresigné la pièce n° 23, à savoir la plainte adressée le 14 janvier 2010 à la bailleresse par A.________ et B.________, de même que la pièce 27, soit une nouvelle lettre de doléances adressée le 8 mars 2010 par la prénommée à la gérance de la bailleresse. Sans doute a-t-elle indiqué que A.________ ne lui avait pas présenté la première page de cette pièce-ci avant qu'elle la signât. Cependant, elle a ajouté: "[a]près sa lecture, je peux confirmer avoir entendu du bruit...". Et le témoin d'ajouter qu'il a peur de M. H.X.________, ce qui peut fort bien expliquer la retenue avec laquelle il s'est exprimé. Quoi qu'il en soit, sur la base de ses dires, il était à tout le moins défendable de le compter au nombre des personnes ayant confirmé la persistance des nuisances sonores entre l'avertissement du 22 janvier 2010 et la résiliation du 19 mars 2010. Les déclarations faites par D.________, lors de la même audience, devraient, elles aussi, être relativisées d'après les recourants: d'une part, en raison des conflits permanents qui opposent le témoin et son mari à la famille X.________; d'autre part, parce que la famille D.________ habite au 24, chemin ..., et que la cour cantonale n'a pas retenu les témoignages favorables aux recourants qui émanaient de personnes habitant à la même adresse que le témoin D.________ sous prétexte qu'il s'agissait de locataires trop éloignés géographiquement de l'appartement litigieux. A l'appui de la première circonstance, les recourants se fondent sur une pièce n° 4, annexée à leur mémoire. Il s'agit d'une déclaration écrite signée par la dénommée I.________ dans laquelle le nom D.________ ne figure pas et qui est donc totalement impropre à établir l'existence du conflit allégué par les recourants. Quant à la seconde circonstance, ces derniers passent sous silence le fait que la famille D.________ habite au 7ème étage du 24, chemin ..., immeuble qui est contigu au 26, chemin .... Les appartements occupés par les familles D.________ et X.________ peuvent donc être qualifiés de voisins, quand bien même ils ne se trouvent pas dans le même immeuble, raison pour laquelle le témoin D.________ a pu préciser qu'il reconnaissait la voix de F.X.________. Un autre témoin (J.________) est d'ailleurs venu confirmer qu'il lui est arrivé de constater les nuisances sonores en cause depuis l'appartement de la famille D.________. Les recourants relèvent, en outre, que la police n'est jamais intervenue au domicile alors qu'il s'agirait là de la première démarche entreprise par tout un chacun en présence de nuisances sonores. Leur affirmation ne correspond toutefois à aucune constatation de la cour cantonale. De toute manière, elle est impropre à établir le caractère prétendument arbitraire de la constatation de l'existence de nuisances sonores, quelles que soient les raisons pour lesquelles les voisins incommodés ont préféré se plaindre directement auprès de la bailleresse et de sa gérance, plutôt que de faire intervenir la force publique. Par ailleurs, affirmer tout de go qu'aucun témoignage ne fait état de bruits autres que des cris d'enfants et des bruits de pas, tels qu'un volume de musique ou de télévision trop élevé, des conversations animées, des disputes entre adultes ou des travaux d'entretien effectués en temps inopportun, n'est pas une façon admissible de motiver un grief d'arbitraire. Du reste, même si une certaine marge de tolérance doit être appliquée en la matière, il ne peut être exclu que des cris d'enfants ou des pas de course répétés dans un appartement atteignent un degré d'intensité suffisant pour constituer de véritables nuisances sonores, comme en l'espèce. Qualifier, enfin, de mauvaise l'isolation d'un appartement en invoquant les dires d'un témoin, à l'instar des recourants, alors que l'arrêt attaqué ne contient pas de constatation topique, n'est pas non plus propre à étayer le grief d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. Il suit de là que le seul moyen sur lequel repose le présent recours se révèle totalement infondé. Dans ces conditions, le recours soumis à l'examen de la Cour de céans ne peut qu'être rejeté dans la mesure de sa recevabilité. La requête d'effet suspensif dont il était assorti devient ainsi sans objet.