Citation: 1P.660/2000 18.12.2000 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 126 I 207 consid. 1 p. 209; 126 II 377 consid. 1 p. 381 et l'arrêt cité). a) En vertu de l'art. 34 al. 1 et 3 LAT, seule la voie du recours de droit public est ouverte contre l'octroi d'une autorisation de construire et de démolir en zone à bâtir dans la mesure où les recourants font essentiellement valoir des griefs tirés du droit de l'aménagement du territoire (cf. ATF 123 II 88 consid. 1a/cc p. 92 et les arrêts cités). b) En matière d'autorisation de construire, le Tribunal fédéral reconnaît la qualité pour recourir aux voisins selon l'art. 88 OJ s'ils invoquent la violation de dispositions du droit des constructions qui sont destinées à les protéger ou qui ont été édictées à la fois dans l'intérêt public et dans celui des voisins. Ils doivent en outre se trouver dans le champ de protection des dispositions dont ils allèguent la violation et être touchés par les effets prétendument illicites de la construction litigieuse (ATF 125 II 440 consid. 1c p. 442; 121 I 267 consid. 2 p. 268 et les arrêts cités). De plus, la qualité pour recourir par la voie du recours de droit public s'appréciant uniquement sous l'angle de l'art. 88 OJ, il importe peu que la qualité de partie leur ait été reconnue dans la procédure cantonale (ATF 123 I 279 consid. 3b p. 280; 120 Ia 369 consid. 1a p. 371; 118 Ia 112 consid. 2a p. 116; 117 Ia 18 consid. 3b p. 20). Enfin, il incombe au recourant d'alléguer les faits qu'il considère comme propres à fonder sa qualité pour recourir (ATF 120 Ia 227 consid. 1 p. 229). c) Les recourants reprochent en premier lieu au Tribunal administratif d'avoir appliqué de manière arbitraire les art. 3 al. 2 LGZD et 3 al. 2 LExt en considérant que l'intérêt général à la réalisation de places de parc en nombre suffisant dans les zones de développement justifiait l'emprise supplémentaire du garage souterrain par rapport à celle prévue par le plan localisé de quartier. Les voisins ne peuvent mettre en cause l'octroi d'une dérogation fondée sur ces dispositions que si celle-ci est de nature à porter atteinte à leurs intérêts juridiquement protégés. Certes, les règles sur les distances aux limites sont en principe également destinées à la protection des intérêts privés des voisins, dans la mesure où elles sont de nature à affecter les possibilités d'utilisation de leur propriété ou à engendrer des nuisances (ATF 118 Ia 232 consid. 1b p. 235; 117 Ia 18 consid. 3b p. 20; 115 Ib 456 consid. 1e p. 462 et les arrêts cités; voir aussi ZBl 89/1988 p. 267 consid. 1a). Cela ne suffit toutefois pas pour que leur soit reconnue la qualité pour agir; celui qui invoque des normes relatives à la distance aux limites doit en effet se trouver en relation directe avec l'application de ces prescriptions (cf. ATF 119 Ia 362 consid. 1b p. 365). Or, les recourants n'expliquent pas, comme il leur appartenait de le faire (cf. ATF 120 I 227 précité), en quoi ils seraient personnellement touchés dans leurs intérêts protégés de voisins par l'augmentation de l'emprise du garage souterrain en direction non pas de leurs biens-fonds, mais de la parcelle n° 1841, en ce qui concerne le projet de la Société M.________, et de la parcelle n° 1843, s'agissant du projet de B.________. Ils ne peuvent dès lors se prévaloir d'un intérêt pratique à faire constater une éventuelle application arbitraire du droit cantonal sur ce point. L'extension du garage souterrain par rapport aux limites prévues par le plan localisé de quartier aurait également pour effet de modifier l'implantation de la rampe d'accès à cet ouvrage, prévue en limite de la propriété du recourant P.________; ce dernier ne démontre toutefois pas que cette légère modification lui causerait des nuisances plus importantes par rapport à celles qu'il devrait subir, sans pouvoir s'en plaindre (cf. ATF 121 II 317 consid. 12c p. 346 et les arrêts cités), si l'implantation de cet ouvrage envisagée par le plan localisé de quartier était strictement observée. Dans ces conditions, les recourants n'ont pas qualité pour contester l'application faite des art. 3 al. 2 LGZD et 3 al. 2 LExt. d) Par ailleurs, les normes fixant le nombre de garages et de places de stationnement n'ont pas pour but de protéger les voisins (ATF 112 Ia 88 consid. 1b in fine p. 90; 107 Ia 72 consid. 2b p. 74/75 et les références citées; voir aussi les arrêts des 18 novembre et 29 décembre 1994, parus à la RDAF 1995 p. 162 consid. 3a p. 165/166 et p. 290 consid. 1b p. 292), de sorte que le grief tiré de la possibilité de compter comme places de stationnement celles prévues en enfilade est irrecevable. e) Les recourants reprochent enfin à l'autorité intimée d'avoir admis arbitrairement que le Département était autorisé, dans le cadre de son pouvoir d'appréciation, à fixer dans les autorisations de construire la condition suivant laquelle les servitudes nécessaires à la réalisation des projets devaient être constituées avant l'ouverture du chantier et non pas avant la délivrance des autorisations, comme le préconisait la Ville de Genève dans le cadre de ses préavis. Ils perdent toutefois de vue que le Tribunal administratif n'a examiné cette question qu'à titre subsidiaire et qu'il a déclaré irrecevable le grief tiré de la constitution des servitudes au terme d'une motivation principale dont ils ne cherchent pas à démontrer le caractère arbitraire, comme il leur appartenait de faire à peine d'irrecevabilité (cf. ATF 121 I 1 consid. 5a p. 10; 121 IV 94 consid. 1b p. 95; 119 Ia 13 consid. 2 p. 16; 118 Ib 26 consid. 2b p. 28 et les arrêts cités; voir aussi Jean-François Poudret, La pluralité de motivations, condition de recevabilité des recours au Tribunal fédéral?, in: Le droit pénal et ses liens avec les autres branches du droit, Mélanges en l'honneur du Professeur Jean Gauthier, RDS 114/1996 p. 205 et les références citées). Faute d'une motivation conforme aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recours doit être déclaré irrecevable sur ce point également, sans qu'il y ait lieu d'examiner si les recourants avaient qualité pour invoquer ce grief selon l'art. 88 OJ. f) Pour le surplus, ces derniers ne se plaignent pas de la violation de leurs droits de parties à la procédure (ATF 123 I 25 consid. 1 p. 26/27), de sorte que le recours doit être déclaré en tout point irrecevable.