Citation: 4A_390/2021 E. A

A.a. B.________ (ci-après: la travailleuse, la demanderesse ou l'intimée) est née le 23 janvier 1953. À la fin de l'année 1993, elle a été engagée par C.________ AG, qui était notamment chargée de la restauration sur les bateaux de D.________ et qui a par la suite été intégrée à E.________ AG, en tant que caissière et assistante de kiosque, tout en aidant le service de restauration. Dès 1996, elle a été secrétaire puis assistante de direction. A.b. En janvier 2002, la fondation F.________, devenue F1.________, a succédé à E.________ AG dans l'activité de restaurateur officiel de D.________. Par contrat de travail du 13 février 2002, la travailleuse a été engagée par la fondation F.________ en qualité d'assistante de direction avec effet au 21 janvier 2002 et pour une durée indéterminée. A.c. En vue de sa reprise de l'activité de restauration sur les bateaux de D.________, A.A.________ SA, filiale de F1.________, et la travailleuse ont signé un nouveau contrat de travail, confirmant l'engagement de celle-ci en qualité d'assistante de direction à temps plein pour une durée indéterminée à compter du 1er janvier 2006. Le salaire mensuel brut s'élevait à 6'250 fr. versé treize fois l'an. L'art. 7 du contrat de travail stipulait que la résiliation des rapports de travail était soumise à un préavis de deux mois après la cinquième année de service. Par avenants des 28 novembre 2010 et 7 février 2011, le salaire mensuel brut, versé treize fois l'an, a été porté à 6'450 fr. dès le 1er janvier 2011 puis à 6'515 fr. dès le 1er janvier 2012. A.d. Il ressort de deux certificats de travail intermédiaires, établis les 9 février 2009 et 4 mars 2015, que la travailleuse donnait entière satisfaction dans son travail. A.e. Le 16 février 2015, G.________ (ci-après: le directeur) a été nommé comme nouveau directeur de A.A.________ SA. La travailleuse a allégué avoir été directement touchée par une directive du directeur, enjoignant tous les employés à être présents sur leur lieu de travail de 8h00 à 16h00, dans la mesure où elle avait pour habitude de commencer son service plus tôt le matin et de terminer sa journée de travail à 15h30. Tandis qu'elle était invitée à la séance de coordination quotidienne avec les membres de la direction et à une séance hebdomadaire individuelle avec le directeur pour traiter des dossiers en lien avec son cahier des charges, elle a par ailleurs considéré avoir été mise à l'écart en n'étant pas conviée à deux réunions de cadres ayant eu lieu les 24 et 25 juin 2015. À sa demande de connaître les motifs pour lesquels elle n'avait pas été invitée, les cadres qui s'étaient réunis lui ont expliqué que les sujets abordés ne concernaient pas son activité, respectivement ne rentraient pas dans son domaine de compétence. La travailleuse a alors demandé à s'entretenir avec l'un de ces cadres, mais n'a pas donné suite à la proposition de celui-ci de reprendre contact la semaine suivante afin de convenir d'un rendez-vous. La semaine suivante, la travailleuse s'est présentée au travail avec des boutons de type herpétique autour de la bouche et a perdu connaissance sur son lieu de travail. A.f. Le 8 juillet 2015, la Dresse H.________ a établi un certificat médical attestant d'une incapacité totale de travailler de la travailleuse pour la période du 8 au 13 juillet 2015. Cette incapacité de travail a été régulièrement prolongée jusqu'au 2 juin 2016, puis réduite à 80 % du 3 juin au 6 juillet 2016, à 50 % du 7 au 31 juillet 2016 et à 20 % du 1 er août au 1 er septembre 2016. Dès le 2 septembre 2016, la travailleuse a recouvré sa pleine capacité de travail. Durant son incapacité de travail, le directeur a contacté à deux reprises la travailleuse par téléphone et lui a demandé, à ces deux occasions, comment elle se portait et quand elle envisageait de reprendre son travail. Celle-ci lui a répondu que cela dépendrait de l'avis de son médecin. Mis à part ses certificats médicaux successifs, la travailleuse n'a communiqué aucune information à A.A.________ SA au sujet de son état de santé ou d'une éventuelle reprise de son activité. A.g. Par courrier recommandé du 22 décembre 2015, A.A.________ SA a indiqué à la travailleuse que son absence pour des raisons de maladie était enregistrée depuis le 8 juillet 2015 et que " [p]ar conséquent et principalement pour des raisons d'intendance et de sécurité ", elle était " invit[ée] à bien vouloir [...] retourner l'ensemble des clefs professionnelles en [sa] possession et toute autre carte " d'ici au 28 décembre 2015. La travailleuse a compris ce courrier comme une résiliation de son contrat de travail, ce qui l'a profondément affectée. Par courrier recommandé du 23 décembre 2015, elle a restitué le matériel demandé, ajoutant: " Puisse la restitution de ces cartes et clés vous soulager de mon potentiel et éventuel retour ". Le 4 janvier 2016, A.A.________ SA a répondu qu'elle " [pouvait l']assurer qu'en aucun cas cette démarche n'[était] à associer à une résiliation de [leurs] rapports de travail ", ajoutant que cette démarche était " certes maladroite " mais qu'elle n'avait qu'un " but organisationnel ". La travailleuse n'a jamais répondu à ce courrier. A.h. Par courrier recommandé du 25 janvier 2016, A.A.________ SA a résilié le contrat de travail de la travailleuse pour des raisons organisationnelles avec effet au 31 mars 2016.