Citation: 4A_60/2022 E. 5.1

5.1. A la différence des deux autres clients, le compte de C.________ a connu un dépassement de couverture quelques jours après la passation des ordres litigieux, soit le mardi 17 septembre 2002. Partant, un blocage des ordres fondé sur une couverture insuffisante n'entre pas en considération pour ce client. Les juges d'appel ont reproché à la demanderesse d'avoir attendu le 18 septembre pour annoncer au prénommé le dépassement de couverture alors qu'elle aurait dû le faire la veille. Comme le cours de l'action T.________ ne cessait de chuter, il est patent qu'un report injustifié de la liquidation était de nature à aggraver les pertes. Cela étant, les juges vaudois ne se sont pas contentés d'allouer la différence entre la perte effective et la perte moindre qui aurait été subie si la liquidation s'était faite à temps. A l'instar des autres clients, C.________ a été replacé dans la situation antérieure aux ordres passés le 13 septembre 2002. C'est dire qu'un autre manquement fonde l'obligation de réparer le dommage. Il faut lire le jugement de première instance pour comprendre. Après avoir critiqué l'annonce tardive du dépassement de couverture, les premiers juges abordent ensuite - pour la retenir - la thèse d'une défaillance des systèmes informatiques de F.________ SA. Ils relèvent "une série d'ordres inhabituels": - "H.________ a passé trois ou quatre fois de suite les mêmes ordres d'achat pour chacun des défendeurs, ceci sans procéder à des ordres de vente correspondants, démontrant par là qu'il supputait que les manipulations effectuées n'avaient pas été prises en compte"; - pour C.________, l'effet de levier a subitement passé de 1,69 le 12 septembre 2002 à 4,14 le 13 septembre 2002. "Dans un tel cas de dysfonctionnement", poursuivent les magistrats vaudois, la demanderesse aurait dû "informer et [...] mettre en garde les défendeurs quant aux conséquences de leurs opérations notamment s'agissant du calcul de l'effet de levier". Car "[s]i les défendeurs avaient obtenu immédiatement [...] l'information selon laquelle les ordres réitérés de bonne foi par H.________ avaient été pris en compte et que le système détectait une procédure inhabituelle qui impliquait une mise en garde particulière, il ne fait aucun doute que cela aurait alerté les défendeurs qui auraient alors décidé d'agir autrement, soit en cessant la passation des ordres le vendredi 13 septembre 2002, en passant des ordres de vente immédiate, ou encore en régularisant leurs couvertures." C'est bien ce raisonnement qui fonde l'obligation de rembourser aux clients - et donc à C.________ aussi - "leurs avoirs avant la répétition des ordres due au dysfonctionnement survenu et dont l'exécution aurait dû être bloquée le vendredi 13 septembre 2002".