Citation: 1B_219/2014 E. 4

Le recourant voit un indice de partialité du Premier procureur à son égard dans le refus de ce magistrat de donner suite à sa requête tendant à l'audition de deux témoins qu'il estime indispensable pour établir la preuve de ses accusations. Ce faisant, il perd de vue que les parties ne disposent pas d'un droit inconditionnel à l'administration des moyens de preuve qu'elles proposent. La conduite de l'instruction incombe en effet au ministère public et celui-ci n'est pas tenu d'administrer des preuves sur des faits qu'il tient pour non pertinents (art. 139 al. 2 et 318 al. 2 CPP). Un refus de donner suite à une réquisition de preuve qu'il estime à tort ou à raison inutile ne constitue ainsi d'aucune façon une apparence objective de prévention. La procédure de récusation n'a pas pour objet de permettre aux parties de contester la manière dont est menée l'instruction et de remettre en cause les différentes décisions incidentes prises par la direction de la procédure (ATF 138 IV 142 consid. 2.3 p. 146). Il appartient au juge du fond et, le cas échéant, aux juridictions de recours compétentes de juger de l'opportunité des moyens de preuve requis. En outre, l'annonce d'une nouvelle ordonnance de non-entrée en matière, au même titre que l'avis que le magistrat instructeur doit adresser aux parties en vertu de l'art. 318 CPP, ne saurait suffire à fonder une demande de récusation (arrêt 1B_292/2012 du 13 août 2012 consid. 3.2). Si le Premier procureur devait rendre une ordonnance de non-entrée en matière, l'autorité cantonale de recours pourra si ce n'est administrer elle-même les moyens de preuve litigieux, à tout le moins lui renvoyer la cause pour qu'il les mette en oeuvre si elle devait constater une violation du droit à la preuve du plaignant (cf. art. 393 al. 2 let. b et 397 al. 2 CPP).