Citation: 4C.83/2007 07.06.2007 E. 4.2

Déterminer ce qu'une partie pensait, savait ou voulait est une question relevant du domaine des faits (ATF 132 III 24 consid. 4 p. 28). Il en va ainsi, en particulier, des motifs pour lesquels une partie résilie un contrat de travail (ATF 130 III 699 consid. 4.1 p. 702 in fine et les arrêts cités). Les constatations faites à ce sujet par la dernière autorité cantonale lient la juridiction fédérale de réforme (art. 63 al. 2 OJ). En l'espèce, la demanderesse tente, dès lors, en pure perte de remettre en cause la constatation de fait des juges cantonaux voulant que ce soit bien elle qui ait mis unilatéralement fin aux rapports de travail. La résiliation du contrat de travail est une manifestation de volonté unilatérale prenant effet au moment où elle parvient à son destinataire (ATF 113 II 259 consid. 2a p. 261). Son auteur ne peut la retirer que conformément à l'art. 9 al. 1 CO; cela suppose que le retrait parvienne au destinataire avant la résiliation (arrêt 4C.359/2006 du 12 janvier 2007, consid. 5). Dans le cas concret, la résiliation du contrat de travail, signifiée le 6 novembre 2005 par la demanderesse, est parvenue à la défenderesse le 9 novembre 2005 au plus tard, soit avant que son auteur ne reprenne contact avec cette dernière par lettre du 11 novembre 2005. Ce courrier n'a donc pu avoir pour effet de la retirer. De même, la lettre de résiliation, antidatée, adressée le 10 novembre 2005 à la demanderesse par la défenderesse, n'a pas non plus modifié la situation du point de vue juridique, puisqu'elle a été envoyée après que les rapports de travail s'étaient éteints. Il ressort, par ailleurs, des constatations souveraines des juges précédents que la demanderesse a résilié le contrat de travail avec effet immédiat pour des raisons tenant à sa propre personne, c'est-à-dire parce qu'elle avait "changé de vie et de domicile". Dans ces conditions, elle ne saurait élever des prétentions de ce chef à l'encontre de la défenderesse en invoquant l'art. 337b al. 1 CO. A plus forte raison, l'intéressée, qui a mis elle-même un terme à la relation de travail, ne peut-elle arguer d'un congé qui lui aurait été donné de manière abusive par l'employeur. Le premier moyen soulevé dans le recours en réforme se révèle ainsi mal fondé, si tant est qu'il soit recevable.