Citation: 6B_914/2015 E. 1.3

1.3. Pour admettre la culpabilité du recourant, la cour cantonale s'est fondée sur plusieurs éléments, en particulier les déclarations faites par ce dernier durant l'enquête et à l'audience de jugement. Elle a retenu qu'il avait fait preuve d'une mémoire sélective en ce qui concernait le déroulement de la journée du 30 juin 2013 - alors qu'il avait été auditionné par la police seulement sept jours après l'infraction -, qu'il n'avait pas donné d'explications plausibles sur son refus de répondre, dans un premier temps, à la question de savoir quel véhicule il avait utilisé le jour en question après son court passage à domicile, et qu'il avait volontairement laissé plané le doute durant toute la procédure quant à savoir si une personne avait pu lui emprunter son motocycle ou non; selon la cour cantonale, il était évident qu'une personne placée dans les mêmes circonstances aurait tout entrepris pour élucider cette affaire et tenter de découvrir qui aurait pu emprunter sa moto, ce qu'il n'avait pas fait, alors qu'il s'y était engagé devant la police. Elle a également retenu que le recourant avait donné plusieurs versions, adaptant son discours à l'évolution de la procédure. Il n'avait, en particulier, pas mentionné immédiatement à la police, mais seulement par la suite, que sa moto était en « libre accès », garée dans un local non fermé, avec les clés dessus, ni qu'un tiers aurait pu lui emprunter sa moto à son insu, il avait refusé de dire avec quel véhicule il était reparti de son domicile et ne s'était pas souvenu s'il avait utilisé sa moto le 30 juin 2013, puis avait assuré devant la Présidente du tribunal de première instance qu'il était reparti en voiture et qu'il n'avait pas conduit sa moto le jour en question. De plus, un peu moins de deux ans après l'infraction, le recourant avait évoqué, de manière implicite, une nouvelle explication, savoir que le nouvel ami de son épouse avait pu lui tendre un piège, ce qui n'ajoutait aucune crédibilité à ses déclarations. En outre, il n'avait jamais prétendu qu'une personne qu'il ne souhaitait pas dénoncer avait pu emprunter sa moto. S'il n'était pas invraisemblable dans un village comme celui de B.________ de laisser les clés sur un véhicule dans une ferme, il était en revanche invraisemblable qu'un inconnu soit soudainement venu subtiliser sans droit la moto du recourant et que ce soi-disant inconnu soit ensuite revenu la déposer au même endroit, comme si de rien n'était. Enfin, si la cour cantonale a constaté que la photographie de la veste de la combinaison envoyée par le recourant ne correspondait effectivement pas à la veste portée par le conducteur lorsque l'excès de vitesse avait été commis, elle a néanmoins relevé qu'elle lui avait été adressée plus de neuf mois après les faits et qu'il n'était pas rare que les motards possèdent plusieurs combinaisons. Le recourant avait très bien pu envoyer la photographie d'une autre combinaison qu'il possédait, voire éventuellement celle d'une combinaison appartenant à un autre motard.