Citation: 5D_68/2017 E. 2.1

2.1. L'autorité précédente a rappelé que, dans un arrêt de principe, le Tribunal fédéral a jugé que l'art. 106 al. 1 CPC règle expressément la répartition des frais et dépens en cas de retrait de l'action, tandis que l'art. 107 CPC n'est qu'une norme potestative; il faut dès lors admettre que, en cas de désistement d'action, les frais et dépens incombent au demandeur, même s'il s'agit d'une procédure du droit de la famille. En effet, le retrait de l'action relève le plus souvent d'un choix tactique du demandeur, qui doit ainsi en assumer les conséquences en matière de frais et dépens. On pourrait réserver " l'hypothèse exceptionnelle " d'un retrait intervenant pour des " questions psychologiques ", liées au poids représenté par une procédure particulièrement difficile. Par surcroît, la question de la répartition des frais et dépens en cas de désistement au stade des débats principaux se distingue de leur répartition dans le cas d'un accord entre les parties ou d'une réconciliation, facteurs qui interviennent en principe au début de la procédure, alors que les frais sont peu élevés. Au regard de ces principes, la cour cantonale a considéré que, même si le litige ressortit au droit de la famille, le seul fait que la recourante ait retiré son action doit avoir pour conséquence la mise à sa charge des frais et dépens. Cela se justifie d'autant plus que le retraitest intervenu seize mois après le dépôt de la requête, à savoir à la fin des débats principaux, et après de nombreuses audiences, la procédure ayant été au surplus ponctuée de multiples actes de l'intéressée ayant eu pour effet de paralyser la procédure au fond et d'en accroître les coûts, alors qu'elle aurait pu se résoudre plus rapidement à tenir compte de l'avis de son fils et mettre un terme au litige. Il ne paraît du reste pas exclu que le désistement d'action relève d'une décision tactique ayant pour fin de ne pas courir le risque que, sur le fond, les conclusions du père tendant à l'octroi exclusif en sa faveur des droits parentaux ne soient accueillies. Par ailleurs, il ne ressort pas du dossier que les plaideurs seraient dans un rapport de force inégal du point de vue économique au point de justifier une répartition différente des frais et dépens. Par conséquent, les circonstances de la présente espèce ne justifient pas de s'écarter du principe général de l'art. 106 al. 1 CPC. Ce principe doit être également suivi pour les frais liés à la curatelle, lesquels ont aussi été induits par la procédure initiée, puis retirée, par la recourante.