Citation: I 662/00 18.07.2001 E. 3

3.- La recourante fait encore valoir qu'elle ignorait les démarches à effectuer pour faire valoir ses droits. Selon elle, l'office AI devait, à réception du rapport du docteur A.________, s'apercevoir qu'elle pouvait prétendre des prestations et l'informer de ses droits et obligations. A tout le moins devait-il aviser le médecin traitant de sa méprise; d'après la recourante, le docteur A.________ lui aurait alors certainement conseillé de déposer une demande de prestations. Dans ces circonstances, il serait contraire aux règles de la bonne foi de s'en tenir strictement aux règles des art. 46 et 48 al. 2 LAI. a) Il n'est pas nécessaire de déterminer si l'office AI devait remarquer avant le 26 février 1997 que le rapport du docteur A.________ ne concernait pas Pb.________, mais une assurée n'ayant pas encore déposé de demande de prestations. En effet, même si tel était le cas, l'argumentation de la recourante devrait être rejetée, pour les motifs exposés ci-dessous. b) Les principes que la jurisprudence a déduit de l'art. 4 aCst. valent également sous l'empire de l'art. 9 Cst. (ATF 126 II 387 consid. 3a). Ils comportent notamment l'interdiction pour l'administration d'adopter un comportement contraire aux règles de la bonne foi, ce qui peut la contraindre parfois à concéder à un administré un avantage contraire à la loi. Tel pourra être le cas, à certaines conditions, lorsqu'elle lui a donné un renseignement erroné (cf. ATF 121 V 66 consid. 2a et les références). Sous réserve de dispositions légales ou réglementaires spéciales, les règles de la bonne foi n'imposent à l'administration de renseigner spontanément un administré que dans des circonstances particulières (cf. ATF 124 V 220 consid. 2b). Il faut notamment que l'administration soit objectivement en mesure de le faire et que, de son côté, l'administré se trouve avec elle dans une relation de fait ou de droit assez étroite pour qu'il puisse attendre d'elle un tel comportement (Pierre Moor, Droit administratif, vol. 1, Berne 1994, p. 436). Il faut encore que l'administré n'ait pas manqué de la diligence requise au vu des circonstances (art. 3 al. 2 CC; RAMA 1999 KV 97 525 consid. 4b et les références). c) L'office AI n'a pas donné de renseignement erroné à la recourante, et aucune disposition légale ou réglementaire ne l'obligeait à renseigner spécialement cette dernière sur ses droits et obligations. Par ailleurs, il n'avait pas avec elle de relation qui pût fonder un devoir de renseignement particulier à son égard, la seule réception fortuite d'un rapport médical la concernant étant, de ce point de vue, insuffisante. La recourante savait n'avoir rien entrepris auprès de l'office AI, alors qu'elle ne pouvait ignorer, vu son importante incapacité de travail depuis plusieurs années, que des prestations de l'assurance-invalidité pouvaient entrer en considération. Dans ces circonstances, elle devait au moins demander des renseignements sur ses droits et sur la procédure à suivre pour les faire valoir. Ayant négligé de le faire, elle ne peut se prévaloir d'avoir ignoré que le dépôt d'une demande était nécessaire pour obtenir des prestations de l'assurance-invalidité.