Citation: 4P.278/2003 09.06.2004 E. 2

Invoquant laconiquement l'arbitraire, la recourante prétend que les magistrats cantonaux ont rendu leur jugement sans que l'état de fait ait été complété. Elle se plaint en particulier de ne pas avoir pu apporter de nouvelles preuves devant la Cour civile. 2.1 Lorsqu'un dossier est retourné à la cour cantonale pour compléter l'état de fait (art. 64 al. 1 OJ), cette autorité doit compléter son état de fait. Cela ne signifie pas que les parties sont autorisées à présenter, à ce stade de la procédure, de nouveaux allégués et à offrir de nouveaux moyens de preuve. L'art. 66 al. 1 OJ prévoit du reste expressément que l'autorité cantonale ne peut tenir compte de "nova" (conclusions, allégations, preuves, etc.,) que si la procédure cantonale le permet (ATF 116 II 220 consid. 4a; Bernard Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral, SJ 2000 II p. 70; Jean-François Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. II, n. 1.2 ad art. 66 OJ). 2.2 Dans le cas présent, après que la cause lui a été renvoyée, l'autorité cantonale a complété l'état de fait, comme le lui avait demandé le Tribunal fédéral dans son arrêt du 8 juillet 2003, en retraçant méticuleusement les étapes de la procédure telles qu'elles ressortaient des preuves administrées (cf. consid. 2, p. 4-6 du jugement déféré). Elle a en particulier déterminé la date à laquelle la défenderesse avait introduit une poursuite ordinaire contre le débiteur principal D.________, point déterminant pour examiner le moyen de la demanderesse fondé sur l'art. 511 al. 1 et 3 CO. Dès l'instant où, comme on l'a vu, c'est le droit procédural qui détermine seul la mesure dans laquelle des "nova" sont admissibles, la recourante pouvait se prévaloir d'une violation arbitraire du droit cantonal de procédure applicable (art. 9 Cst.). Il lui appartenait pourtant de préciser quelle disposition de ce droit aurait été enfreinte de manière insoutenable (ATF 110 Ia 1 consid. 2a). Faute de s'être pliée à cette exigence, le grief, insuffisamment motivé, est irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ). 2.3 La recourante aurait pu songer à invoquer une violation du droit d'être entendu, consacré par l'art. 29 al. 2 Cst. Mais elle n'a pas avancé un tel moyen, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner la question sous cet angle (art. 90 al. 1 let. b OJ). L'aurait-elle fait que le grief aurait été de toute manière infondé. A considérer la procédure dans son ensemble, il n'apparaît nullement que la recourante a été entravée, d'une quelconque façon, dans son droit d'être entendue, compris comme la faculté d'alléguer des faits et de produire des pièces en temps utile.