Citation: 1B_56/2022 E. 3.2

3.2. Le Président a, comme on l'a vu, rejeté les deux premières demandes de renvoi des débats formées par le recourant. Dans sa première réponse, du 8 juillet 2021, il précisait que "s'il devait cependant exister une impossibilité objective et rédhibitoire pour le prévenu A.________ de quitter ou de regagner son pays de résidence, la question pourra à nouveau être discutée. Cela n'est toutefois à ce jour pas démontré". Dans sa seconde réponse, du 12 août 2021, le magistrat relève que compte tenu des informations fragmentaires et contradictoires sur les restrictions d'entrée au Vietnam, le prévenu A.________ était dispensé de comparaître. Un interrogatoire par visioconférence ou par voie d'entraide judiciaire était envisagé. Ce n'est que dans sa troisième demande de report du 20 août 2021 que l'avocat du recourant a produit un avis de droit à l'appui de ses affirmations. Le Président s'est déterminé à ce propos le 24 août 2021, se contentant d'indiquer que l'audience était maintenue et que les conséquences de l'absence du recourant seraient examinées aux débats. Le magistrat s'est en outre excusé d'avoir précédemment compris que le recourant demandait une dispense de comparution. En définitive, la procédure a été suspendue à l'issue de l'audience du 26 août 2021 et l'acte d'accusation a été renvoyé au Ministère public afin qu'il soit corrigé et complété sur divers points. Le Tribunal a encore précisé que les autres questions préjudicielles seraient traitées à la reprise des débats, y compris la question de l'éventuel empêchement de comparaître du recourant. On constate ainsi que le magistrat s'est contenté d'instruire sur les raisons de l'absence du recourant aux débats et on ne saurait lui reprocher d'avoir cherché à établir si l'absence de l'intéressé était ou non excusable (art. 336 al. 4 et 366 al. 3 CPP), dans un contexte où les restrictions de voyage différaient fortement d'un pays à l'autre et pouvaient évoluer rapidement. On ignore au demeurant la décision que le Tribunal aurait prise à ce stade s'il n'avait pas suspendu la cause. Il n'y a dès lors aucune suspicion de partialité à ce sujet.