Citation: 1P.568/2000 19.10.2000 E. 3

3.- Le droit d'être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. , comprend de manière générale le droit de prendre connaissance du dossier, d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer à l'administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 124 I 49 consid. 3a, 241 consid. 2; 122 I 109 consid. 2a; 114 Ia 97 consid. 2a et les références citées). Ce droit implique aussi pour l'autorité l'obligation de prendre position sur les arguments pertinents qui lui sont valablement soumis, et de motiver sa décision de manière à permettre à l'administré de comprendre les raisons ayant conduit au prononcé (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102/103 et les arrêts cités). En l'espèce, le recourant faisait valoir que l'ordonnance pénale ne lui avait été notifiée que le 29 mai 2000, et non le 25 comme indiqué par erreur sur l'accusé de réception. Il relevait que le pli n'avait été reçu à l'office de poste de Villars-sur-Glâne que le 26 mai, comme en attestaient les cachets figurant au dos de l'enveloppe, de sorte que l'inscription manuscrite était forcément erronée. La cour cantonale s'est bornée à constater, dans son arrêt, que l'accusé de réception a été signé le 25 mai 2000. Elle ne s'est en revanche nullement déterminée sur les arguments qui lui étaient soumis. Ceux-ci étaient pourtant sérieux: l'enveloppe ayant contenu l'ordonnance pénale porte en effet deux cachets datés du 26 mai 2000 (date pouvant correspondre à la réception par l'office de poste, et à la présentation infructueuse), ainsi qu'un cachet daté du 29 mai 2000 (date pouvant correspondre au retrait du pli). La mention du délai de garde, échéant au 2 juin 2000, permettait aussi de penser que le pli n'était parvenu à l'office de Villars-sur-Glâne que le 26 mai précédent. En présence d'une inscription manuscrite que le recourant estimait erronée, et de mentions contradictoires résultant des cachets officiels, la cour cantonale devait à tout le moins indiquer pour quelles raisons elle a retenu que la première était exacte. Dépourvu de motivation suffisante, l'arrêt attaqué doit être annulé pour violation de l'art. 29 al. 2 Cst. La cour cantonale devra en conséquence rendre une nouvelle décision motivée, respectant le droit d'être entendu du recourant.