Citation: 4A_297/2008 06.10.2008 E. A

A.a A une date inconnue, A.________ et B.________ (demandeurs 1 et 2), C.________ et D.________ (demandeurs 3 et 4), E.________ et F.________ (demandeurs 5 et 6), G.________ (demanderesse 7), H.________ et I.________ (demandeurs 8 et 9) ont acquis la parcelle nue W.________ de la commune de Z.________. Les précités ont soumis cette parcelle, avant construction, au régime de la propriété par étages, respectivement à raison de 207/1000e pour les demandeurs 1 et 2, 104/1000e pour les demandeurs 3 et 4 et 102/1000e pour les demandeurs 5 et 6, pour la demanderesse 7 et pour les demandeurs 8 et 9. X.________ SA (la défenderesse ou X.________) est active dans la construction en matière immobilière, notamment en entreprise générale. A.b Entre le 14 décembre 2001 et le 12 mars 2002, chaque groupe de demandeurs a conclu avec X.________ un contrat d'entreprise générale ayant pour objet la construction d'un appartement en duplex situé sous le toit du bâtiment devant être érigé sur la parcelle précitée. Selon ces différents contrats, la construction s'exécuterait selon un descriptif général signé par le maître de l'ouvrage; ce descriptif prévoyait notamment la réalisation en toiture d'une dalle de couverture en béton armé sous forme d'éléments préfabriqués, l'architecte gardant la faculté de changer certains matériaux pour autant qu'ils soient de qualité équivalente ou supérieure; au jour de la réception de l'ouvrage, les parties à chacun des contrats établiraient la liste des retouches à effectuer, alors que l'entrepreneur général céderait ses droits de garantie à l'encontre des sous-traitants; le maître de l'ouvrage s'engageait d'avance à décharger l'entrepreneur de toute responsabilité pour le dommage découlant des défauts éventuels de construction, sous réserve de faute grave ou de dol. A.c Lors de la construction de l'immeuble, la dalle de couverture du toit n'a pas été réalisée au moyen d'éléments préfabriqués en béton armé, mais avec un revêtement en cuivre et des éléments préfabriqués en bois sous forme de caissons. Il a été retenu que la fiche technique du fabricant desdits caissons recommande de faire appel à un physicien du bâtiment pour les problèmes d'isolation phonique dès la phase de la planification, cela afin d'éviter des dommages futurs. X.________ a procédé à ce changement de matériaux sur les conseils de son ingénieur civil. A l'occasion d'une discussion entre architectes, c'est l'architecte acousticien de X.________ qui avait proposé un revêtement en cuivre du toit pour permettre un lattage jointif. Au cours d'une réunion de chantier tenue en avril 2002 durant laquelle les caissons ont été présentés à tous les demandeurs, les architectes ont informé ces derniers des modifications affectant la toiture du bâtiment. L'incidence de ce changement sur l'isolation phonique du toit n'a pas été abordée. A.d Les demandeurs 5, 6, 7, 8 et 9 ont signé le 28 mai 2003, sur des formules établies par X.________, une déclaration d'acceptation de l'ouvrage, réservant les retouches visées par des listes dressées d'un commun accord ainsi que les vices cachés garantis par les sous-traitants; par leur signature, lesdits demandeurs ont également donné décharge à la défenderesse, à compter de l'exécution des retouches, de toute responsabilité pour un dommage dû à des défauts éventuels de construction, sauf en cas de faute grave ou de dol; pour sa part, X.________ cédait aux signataires ses droits de garantie contre les sous-traitants à raison de l'existence de vices de construction. Lesdits demandeurs ont reçu simultanément les clés de leur appartement. Les 12 et 30 juin 2003, les demandeurs 3 et 4, respectivement les demandeurs 1 et 2, ont signé les mêmes formules et pris possession de leurs clés. A.e Dès l'achèvement de la toiture, tous les demandeurs ont signalé à X.________ qu'en cas d'intempéries, des bruits importants émanaient de la structure composant le toit. X.________ a alors mandaté son architecte acousticien, qui a constaté qu'il était possible de remédier au bruit causé par la pluie et le vent en posant un plafond isolant, ce qui réduirait le bruit de 15 décibels (dB). X.________ n'a toutefois pas exécuté les travaux préconisés, au motif que la composition de la toiture était usuelle pour un revêtement en cuivre. Les demandeurs ont requis devant le Tribunal de première instance de Genève une expertise judiciaire hors procès selon l'art. 367 al. 2 CO, aux fins de déterminer les défauts de la toiture de l'immeuble litigieux et les moyens d'y remédier; ce mode de preuve a été ordonné par cette autorité le 20 juillet 2004. L'expert désigné par le Tribunal de première instance a constaté que la toiture livrée par X.________ était d'une qualité acoustique inférieure à celle en béton armé qui était prévue dans le descriptif général, en raison de la légèreté de ces éléments. L'utilisation de caissons en bois impliquait donc l'ajout d'une isolation phonique. D'après une évaluation effectuée par un bureau d'étude acoustique, l'écart d'isolation phonique entre la toiture projetée et celle qui a été réalisée était de 16 dB; du fait de cette différence, les bruits notamment dus à la grêle, à la pluie et aux vibrations métalliques de la toiture étaient trois fois plus importants que ceux qu'aurait générés une dalle de couverture en béton armé. L'expert, en accord avec le bureau d'étude, a préconisé la pose d'un faux plafond isolant pour améliorer l'isolation phonique. Il a estimé le coût total des travaux à 126'276 fr. 80, taxes comprises, mais sans les honoraires à verser à l'architecte assurant la surveillance des travaux. Le 24 juin 2005, les demandeurs ont fait notifier conjointement à X.________ un commandement de payer la somme de 171'744 fr. 50 avec intérêts à 5% l'an dès le 1er juin 2004; la défenderesse a fait opposition à cette poursuite.