Citation: 6B_524/2023 E. 4.6.2

4.6.2. En rapport avec l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, il sied de tenir compte, tout d'abord, de la longue durée du séjour du recourant dans ce pays, du fait qu'il y est arrivé à l'âge de 8 ans et du fait que certains membres de sa famille y vivent. Comme il le relève, âgé de près de 30 ans, le recourant est légalement en Suisse depuis près de 22 ans et a peu de liens avec son pays d'origine. Il y a toutefois lieu de souligner que, si l'intéressé est au bénéficie de deux formations effectuées en Suisse, il ressort du jugement attaqué qu'à près de 30 ans, il n'a jamais conservé un travail à long terme au motif qu'il a perdu ses emplois pour cause de bagarres. A cet égard, en tant que le recourant soutient qu'il a exercé une activité lucrative stable entre 2018 et 2020, il oppose sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, sans démontrer que celle-ci est arbitraire. En effet, les pièces qu'il cite font tout au plus état de revenus perçus entre 2018 et 2020, mais ne démontrent pas qu'il aurait conservé un emploi à long terme. S'agissant de ses liens familiaux et sociaux, il ressort des faits du jugement attaqué que le recourant était en mauvais termes avec les membres de sa famille en Suisse jusqu'à son incarcération et que ce n'est que récemment qu'il a repris contact avec sa mère. En tant qu'il soutient qu'il "dispose de forts liens avec sa famille avec laquelle il entretient des contacts fréquents", il oppose à nouveau sa propre appréciation des faits à celle de la cour cantonale. Le recourant se prévaut de ses relations avec sa mère, son oncle et sa tante en se fondant notamment sur deux courriers qui sont postérieurs au jugement entrepris et donc irrecevables (cf. supra consid. 1). En tout état, il y a lieu de rappeler que le recourant ne peut pas fonder un droit au respect de sa vie familiale sur les relations entretenues avec ses proches parents, dès lors qu'il est majeur (cf. ATF 145 I 227 consid. 5.3 et les références citées; arrêt 6B_1218/2019 du 19 décembre 2019 consid. 2.3.2), étant à cet égard relevé que l'intéressé ne prétend pas qu'il se trouverait dans un état de dépendance particulier par rapport à eux, en raison par exemple d'un handicap ou d'une maladie grave (cf. ATF 145 I 227 consid. 3.1; 140 I 77 consid. 5.2; cf. arrêts 6B_1218/2019 précité consid. 2.3.2; 6B_908/2019 du 5 novembre 2019 consid. 2.1.1). Par ailleurs, il ne ressort pas du jugement attaqué que le recourant disposerait de l'autorité parentale ou de la garde sur sa fille, née en 2017. Il en ressort au contraire que ses contacts avec elle se font uniquement par téléphone, par Skype et par courrier. Le recourant se prévaut de la convention conclue avec la mère de l'enfant et la curatrice de celle-ci, selon laquelle il disposera d'un droit de visite évolutif sur sa fille dès sa sortie. Si l'on peut admettre que l'expulsion est certes susceptible de porter atteinte aux relations entre le recourant et sa fille, il convient de relever que cette mesure reste d'une durée limitée et qu'elle n'empêchera pas le recourant d'entretenir des contacts avec sa fille par le biais des moyens de télécommunications modernes, voire par le biais de visites occasionnelles de sa fille et de la mère de celle-ci en Bolivie. Enfin, s'agissant de ses liens avec son pays d'origine, le recourant soutient qu'il n'a pas du tout vécu en Bolivie. Ce faisant, il invoque des faits qui ne ressortent pas du jugement attaqué, sans démontrer l'arbitraire de leur omission, de sorte qu'ils sont irrecevables. La réintégration du recourant dans son pays d'origine ne sera certes pas facile, dès lors qu'il n'y a pas vécu longtemps et qu'il ne parle apparemment plus ou que peu l'espagnol; elle n'apparaît toutefois pas insurmontable, dans la mesure où le recourant est encore jeune et en bonne santé, est né dans ce pays et a grandi jusqu'à l'âge de 8 ans en Amérique du Sud.