Citation: 1B_232/2016 E. 3

La recourante relève que l'instruction en cours ne la concerne plus directement mais qu'elle tend à l'identification de divers coauteurs potentiels. Elle soutient que sa détention n'est de ce fait plus justifiée par les besoins de l'instruction au sens de l'art. 221 al. 1 CPP. Elle reproche à la cour cantonale d'avoir violé son droit d'être entendue en se bornant à constater que l'instruction n'était pas terminée et que des mesures d'instruction étaient en cours sans examiner si celles-ci la concernaient et pouvaient encore fonder son maintien en détention provisoire. La cour cantonale a constaté que la détention provisoire répondait aux besoins de l'instruction car celle-ci n'était pas terminée, renvoyant au surplus à ce propos aux raisons explicitées par le Ministère public dans ses observations sur lesquelles la recourante ne revenait pas. Le point de savoir si elle a omis de tenir compte de l'argumentation de la recourante développée dans sa réplique peut demeurer indécise car le grief tiré de la violation de l'art. 221 al. 1 CPP est de toute manière infondé. Les actes d'instruction en cours invoqués concernaient l'analyse des données rétroactives des raccordements téléphoniques attribués à l'autre mule, B.________, l'audition de la prévenue au sujet du rapport de renseignements complémentaires du 4 avril 2016, l'analyse d'une conversation téléphonique du 30 mars 2016 et d'un courrier adressé par la prévenue à son ami intime dans lesquels elle semble évoquer des faits en lien avec le trafic de cocaïne et l'attente du retour des ordres de dépôt adressés début mai 2016 aux compagnies aériennes pour savoir si l'autre mule avait effectué des vols à destination de la Suisse. Selon le Ministère public, ces mesures d'instruction ne visent pas uniquement à identifier le commanditaire ou à déterminer l'implication exacte de l'autre mule, mais également à confirmer que l'intervention de la recourante dans le trafic de stupéfiants s'est effectivement limitée au transport unique d'une quantité de drogue comme elle l'affirme. La recourante a importé en Suisse de la drogue pour le compte d'un tiers qui n'a pas pu être identifié à ce jour même si des soupçons pèsent à cet égard sur son ami intime domicilié à Madrid. Elle a en outre conseillé une autre mule qui aurait transporté, le même jour, de la cocaïne selon le même mode opératoire à destination de Vienne selon ses dernières déclarations. Il n'est dès lors pas exclu qu'elle soit impliquée dans le trafic de stupéfiants dans une mesure plus importante que celle qu'elle reconnaît actuellement, limitée à un unique transport de drogue à destination de la Suisse. L'audition du commanditaire, que les mesures d'instruction en cours visent à identifier, ainsi que celle de l'ami intime de la recourante pourraient apporter des éléments utiles à cet égard. Il était à tout le moins encore justifié d'attendre le résultat des analyses des données de surveillance téléphonique de la mule, du courrier adressé par la recourante à son ami intime et de la conversation téléphonique du 30 mars 2016 qui pourraient fournir des renseignements sur ces points. Dans ces conditions, la cour cantonale était fondée à admettre que les besoins de l'instruction justifiaient en l'état le maintien de la recourante en détention. Pour le surplus, la recourante ne conteste pas les risques de fuite et de collusion retenus à sa charge pour confirmer son maintien en détention.