Citation: 5A_757/2022 E. A

A.a. C.________ a acquis en 1989 le fonds no 15816 (cadastre de S.________ [ci-après: CAD] 71), situé sur la commune de S.________. Ce terrain, qui se trouve en zone à bâtir, ne bénéficiait à l'époque d'aucun accès au réseau routier. Les autres parcelles concernées par la présente procédure sont les suivantes: - parcelle no 15819 (CAD 74) appartenant à F.________ depuis 2005; - parcelle no 15821 (CAD 79) ayant appartenu à I.________ de 1973 à mars 2020, puis aux époux H.C.________ et G.C.________; - parcelle no 15818 (CAD 72) propriété des époux J.J.________ et K.J.________ de 2006 à 2015, puis de E.B.________ et D.B.________; - parcelle no 15817 (CAD 102) appartenant aux époux B.A.________ et A.A.________ depuis 2010. Ces fonds sont tous situés en zone à bâtir, à l'exception du fonds no 15819 (CAD 74) qui ne l'est que partiellement. Seuls les numéros de mensurations cadastrales sont repris ci-dessous, à l'exclusion de ceux du CAD. A.b. Le 15 novembre 1995, C.________ a obtenu de la commune l'autorisation de construire un bâtiment sur sa parcelle no 15816. Entre 1996 et 1997, il a érigé sur ce terrain un chalet, comprenant un appartement - domicile principal de la famille - et un studio - destiné à la location quelques mois durant l'année. Pour la durée du chantier, C.________ a sollicité et obtenu des propriétaires de l'époque des fonds nos 15817, 15818, 15819 et 15821 l'autorisation de traverser leurs fonds, alors non construits, et a aménagé une route provisoire. Une fois les travaux achevés, il a remis en état les terrains de ses voisins. Avant la construction sur les fonds nos 15818 et 15817, les époux C.________ ont néanmoins continué à traverser occasionnellement ces parcelles lorsqu'ils devaient acheminer des chargements lourds. A.c. Par acte du 17 mai 1997, C.________ a obtenu de la propriétaire du fonds no 15825 (CAD 84 et 98) une servitude de passage à pied. Il a créé un accès piéton depuis la route communale du L.________ sur l'assiette de la servitude d'une longueur de 60 mètres et d'une largeur variant de 50 à 80 cm. Cet accès était constitué d'un tronçon aménagé en sentier et d'un autre aménagé en escalier de 64 mètres, comprenant 92 marches, qui longe la pente raide du côté ouest de la parcelle no 15825. Le dénivelé est de 22,5 mètres, la déclivité moyenne, de 37,5%, atteignant 56% à l'endroit le plus raide. La partie située entièrement sur les fonds d'autrui représente environ 40 mètres, 18 mètres de dénivelé et quelque 80 marches. A.d. En 2006, une servitude de passage à pied et à véhicule a été constituée à charge des fonds nos 15818, 15819 et 15821 et au profit de ces mêmes fonds ainsi que du bien-fonds no 15817. A la suite d'un acte de réunion-division de parcelles - vente - constitution de servitudes du 28 novembre 2009, cette servitude a été reportée à charge des actuelles parcelles nos 15817, 15819 et 15821 - à l'exclusion de la parcelle no 15818 - et au profit de ces mêmes parcelles ainsi que du fonds no 15818. Une route a été aménagée sur l'assiette de cette servitude, ce sur une longueur de 94 mètres et sur une largeur variant entre 2,7 mètres et 4,4 mètres, avec initialement un élargissement de 7 mètres devant le chalet no 15817 pour permettre les manoeuvres. Outre la chaussée bitumée, l'ouvrage comprend un enrochement au départ de la route, entièrement construit sur le domaine public, et un mur de soutènement en terre armée végétalisé (Terramur) sur une longueur de 33 mètres, ainsi que l'excédent de surface compris entre le pied du Terramur et la limite avale de la parcelle no 15817. Des constructions ont été érigées sur les fonds nos 15819 (en 2010), 15818 (en 2009) et 15817 (en 2010). Le facteur utilise cette route lorsqu'il doit livrer des colis lourds à la famille C.________. A.e. M.________ SA était propriétaire du fonds no 15817. En 2009, elle a requis de la commune l'autorisation de construire un chalet. Ce projet a fait l'objet d'une mise à l'enquête publique, publiée le 26 juin 2009, puis le 25 septembre 2009 à la suite d'une modification de projet. Dans un courrier du 29 septembre 2009 adressé à la commune, C.________ a relevé que le projet de route permettant d'accéder au garage dudit chalet se situait à quelques mètres de sa parcelle. Il sollicitait dès lors une entrevue avec le propriétaire avant le début des travaux pour discuter de la possibilité d'obtenir un droit de passage à véhicule pour accéder à son chalet. Il a réitéré sa demande le 4 octobre 2009. Le 25 octobre 2009, après avoir constaté que les travaux d'excavation avaient débuté, C.________ s'est plaint auprès de la commission cantonale des constructions de ne pas avoir reçu de réponse à ses courriers. Cette autorité l'a invité le 29 octobre 2009 à s'adresser à la commune de S.________, ce qu'il a fait le 17 novembre suivant. Le 15 janvier 2010, la commune a indiqué à C.________ qu'elle avait autorisé l'entreprise à débuter les travaux à ses risques et périls, que le dossier, qui paraissait conforme à la législation, était en voie d'être validé et que si d'éventuelles procédures de droit privé devaient être engagées, elles ne concernaient pas la commune. Le 21 janvier 2010, le conseil communal a délivré l'autorisation de construire au promoteur M.________ SA. Le 25 janvier 2010, C.________ a encore écrit à la commune au sujet de l'aménagement de la route. Il exposait son souhait d'avoir une entrevue avec le propriétaire pour discuter d'un droit de passage, mais ne pas connaître l'adresse de celui-ci. Le 26 février 2010, la commune a répondu que l'accès, entièrement réalisé sur deux parcelles privées, ne pouvait faire l'objet d'une intervention communale quant à l'octroi de droit de passage et qu'elle se limitait à exiger une servitude de passage sur la parcelle voisine en faveur de la parcelle no 15817. La société promotrice n'a pas été informée de la démarche de C.________. A.f. Par acte du 21 mai 2010, B.A.________ et A.A.________ ont acheté à M.________ SA la parcelle no 15817. A l'achèvement des travaux, la route goudronnée traversant les fonds nos 15819, 15821 et 15818 débouchait sur le fonds no 15817, à 3 mètres de distance du fonds no 15816 appartenant à C.________. Elle permettait d'accéder au garage dont la porte s'ouvre à l'angle est de la façade sud du chalet situé sur le fonds no 15817. En 2011, les époux A.________ ont sollicité de l'entreprise M.________ SA un devis pour la construction d'un mur de soutènement à l'ouest de leur fonds dans le but d'y construire un garage enterré. A.g. Par courrier du 17 septembre 2013, réitéré le 25 octobre suivant, le représentant de C.________ a réclamé des propriétaires des parcelles nos 15817, 15818, 15819, et 15821 la constitution d'un droit de passage à pied et à véhicules sur la route goudronnée existante traversant leurs biens-fonds, moyennant le versement d'une indemnité et d'une participation aux frais d'aménagement de la route. Les propriétaires sollicités ont refusé. A.h. Entre avril et juillet 2014, les époux A.________ ont procédé à différents aménagements sur leur parcelle, lesquels ont conduit à supprimer sur 11 mètres le dernier tronçon de la route d'accès et à engazonner cette surface pour y créer un jardin-terrasse plane devant les chambres à coucher du rez-de-chaussée de l'habitation se trouvant sur leur parcelle. A la suite de ces modifications, auxquelles C.________ s'est opposé sans succès, la route privée goudronnée se situe désormais à 14 mètres du bien-fonds appartenant à l'intéressé.