Citation: U 182/01 24.07.2001 E. 3

3.- a) Le docteur A.________ a posé le diagnostic de diminution sévère des capacités adaptatives, personnelles et sociales de l'assuré, avec focalisation de l'énergie psychique dans une attitude revendicative, dans le cadre d'une série traumatique des événements, qui ont dépourvu ce dernier de la possibilité de symboliser, de prendre de la distance et de redémarrer sa vie (rapport du 27 février 1995). Pour ce médecin, il en résulté une incapacité de travail de 80% au moins dès le mois d'avril 1994. Dans ses constatations objectives, le docteur A.________ a encore exposé que la capacité adaptative de l'assuré, bien que normale, était piégée, immobilisée par la souffrance physique et la douleur provoquée précédemment par de ses réactions allergiques d'asthme et d'eczéma professionnel ainsi que par les suites de son opération chirurgicale. Cette évaluation s'inscrivait pour l'essentiel dans une phase de status après une opération d'hernie inguinale (effectuée en janvier 1993) et de douleurs subséquentes. Le docteur B.________ a relevé, pour sa part, que l'assuré a présenté depuis 1992 des somatisations (choc anaphilactique, problèmes respiratoires et dermatologiquess, troubles digestifs, douleurs testiculaires, vertiges, nausées et vomissements). Selon lui, ces symptômes physiques multiples, récurrents et variables dans le temps, accompagnés d'une anxiété importante, ont entraîné une altération du comportement social et du comportement interpersonnel de l'assuré, ainsi qu'une incapacité de travail à partir du 17 mars 1994. Ce médecin a également fait remarquer que ces somatisations étaient apparues en 1992, année de la naissance du fils de l'assuré, alors que ce dernier était déjà particulièrement vulnérable sur le plan affectif. Il a décrit l'assuré comme une personnalité pathologique, de type état-limite, assez dépendante en raison de ses besoins anaclitiques. Quant au docteur C.________, il a fait état de troubles de l'adaptation avec plaintes somatiques (309.82) et évalué l'incapacité de travail au plus à 50%. Il a considéré que le lien de causalité entre les maladies professionnelles et les troubles psychiques atteignait sans doute le degré de vraisemblance prépondérante, tout en observant par ailleurs que lors même que l'affection dermatologique et respiratoire s'était résorbée, les troubles psychiques avaient persisté, voire s'étaient aggravés avec la naissance du conflit opposant l'assuré à la CNA et qu'à ce momentlà, la pathologie psychique traumatique avait pris une allure indépendante des troubles somatiques. b) En l'occurrence, les avis de ces médecins psychiatres ne permettent pas de retenir qu'il existe, au degré de la vraisemblance prépondérante, une relation de causalité naturelle entre la maladie professionnelle et les troubles psychiques qui l'affectent encore actuellement. D'une part, bien qu'il propose d'admettre l'existence d'un tel lien, le docteur C.________ laisse planer un doute à ce sujet en déclarant que la pathologie psychique de l'assuré a fini par prendre une allure indépendante des troubles somatiques qui l'ont précédés. D'autre part, on peut induire des constatations effectuées par les docteurs A.________ et B.________ que les troubles psychiques de l'assuré se sont développés à partir de l'accumulation de divers problèmes successifs au point qu'ils n'ont plus eu, dans le temps, de relation de cause à effet avec sa maladie professionnelle. En tout état de cause, même s'il fallait retenir que la maladie professionnelle est en partie à l'origine de l'affection psychique actuelle, la causalité adéquate ne serait pas donnée. En effet, cette maladie était, de l'avis unanime des médecins consultés, en soi pas très importante et avait pris fin lorsque le recourant a quitté son travail, cela pour des motifs d'ailleurs étrangers à son état de santé. La persistance de troubles psychiques indépendants chez une personnalité de type borderline, n'apparaît ainsi pas, de manière générale, comme la conséquence de celle-ci selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie.