Citation: 5A_648/2020 E. 5.2

5.2. Dans la mesure où l'autorité de première instance n'a pas fait état d'un loyer excessif s'agissant de l'intimé, ce dernier ne pouvait raisonnablement s'attendre à devoir trouver un autre logement avant la reddition de la décision de deuxième instance. En conséquence, il n'y avait rien d'arbitraire à tenir compte d'un loyer plus faible dans ses charges seulement trois mois après la reddition de la décision ici querellée, ce pour tenir compte du délai de résiliation prévu dans son contrat de bail, et de distinguer en conséquence deux périodes, la première du 1er avril 2019 au 31 octobre 2020 où le loyer jugé excessif a encore été toléré et la seconde à compter du 1er novembre 2020 où le loyer a été adapté à la baisse. Cette pratique se justifie d'autant qu'elle correspond à celle préconisée par la jurisprudence, laquelle consiste à ne réduire les dépenses consenties au titre des frais de logement au montant correspondant à la situation familiale du débiteur et aux loyers usuels du lieu qu'à l'échéance d'un délai convenable, à savoir en principe le plus prochain terme de résiliation (cf. ATF 129 III 526 consid. 2 et les références [en matière de saisie de salaire]; arrêts 5A_1029/2015 du 1er juin 2016 consid. 4.3.1 [mesures protectrices de l'union conjugale]; 5A_671/2013 du 29 juillet 2014 consid. 6.3.2 [divorce]). Le grief d'arbitraire de la recourante sur ce point doit en conséquence être écarté. Il n'y avait au demeurant rien de choquant à ce que la cour cantonale constate que l'intimé était toutefois libre de demeurer dans ce logement s'il était prêt à en assumer les coûts dans la mesure où il est effectivement admis qu'un débiteur peut, à l'expiration du délai qui lui a été imparti, rester dans un logement dont le coût est exagéré et compenser cet excès en rognant d'autres dépenses prises en compte dans le calcul de son minimum vital (en ce sens: ATF 129 III 526 précité; 114 III 12 consid. 2a et la jurisprudence citée). Quant à la critique selon laquelle la contribution versée par la recourante pour l'entretien de son fils servirait en réalité en partie à couvrir le déficit de l'intimé, elle sera traitée ci-après (cf. infra consid. 6).