Citation: U 282/06 04.06.2007 E. 3

3.1 En l'espèce, l'assuré a tout d'abord eu l'occasion, à trois reprises, d'expliciter les circonstances de l'événement en question (dans sa déclaration d'accident, dans le questionnaire rempli à l'intention de la CNA et au cours d'un entretien téléphonique avec un collaborateur de la CNA). Bien que la question lui fût expressément posée, il n'a pas fait état d'une chute, mais a indiqué que c'est en soulevant un carton de livres qu'il avait ressenti une forte douleur lombaire. Ce n'est que par fax du 27 août 2002 qu'il a fait état d'une glissade suivie d'une chute sur le sol. Dans de telles circonstances, on doit appliquer la jurisprudence selon laquelle il convient de retenir les premières affirmations de l'assuré, qui correspondent généralement à celles que celui-ci a faites alors qu'il n'était pas encore conscient des conséquences juridiques qu'elles auraient, les nouvelles explications pouvant être, consciemment ou non, le produit de réflexions ultérieures (ATF 121 V 45 consid. 2a p. 47 et les références; RAMA 2004 no U 515 p. 420 consid. 1.2; VSI 2000 p. 201 consid. 2d). 3.2 Le fait pour un homme de subir une lésion en soulevant un carton de livres de 10 à 15 kg ne répond à l'évidence pas à la définition de l'accident, faute d'un facteur extérieur extraordinaire (voir par exemple ATF 116 V 136 consid. 3 p. 138 s.). Par ailleurs, on n'est pas non plus en présence d'une lésion corporelle assimilée à un accident au sens de l'art. 9 al. 2 OLAA (cf. art. 6 al. 2 LAA), qui contient une liste exhaustive (ATF 116 V 136 consid. 4a p. 140). Par conséquent, on doit admettre que la CNA ne répond pas des lésions subies lors de l'événement du 11 juillet 2002 et de la rechute annoncée au mois de janvier 2003 (cette rechute n'ayant par ailleurs elle-même aucun caractère accidentel). Pour cela, il n'était pas nécessaire, contrairement à l'avis du recourant, de mettre en oeuvre une expertise au sens de l'art. 44 LPGA: la notion d'accident est une notion juridique et non médicale. 3.3 En ce qui concerne l'agression du 19 août 2003, elle n'a pas occasionné de lésion traumatique. L'examen IRM a révélé uniquement des lésions de caractère dégénératif. Il est vrai que cet accident a exacerbé les lombalgies de l'assuré. Avant cet événement, l'assuré souffrait toutefois d'importants troubles dégénératifs au dos, comme en attestent d'ailleurs les pièces médicales produites par le recourant, en particulier le rapport du docteur M.________ du 29 janvier 2003. Alors qu'il était hospitalisé à N.________ une hernie discale a été mise en évidence. On peut donc admettre qu'à la date où la CNA a mis fin à ses prestations (15 mars 2005), la symptomatologie douloureuse n'était plus en relation de causalité naturelle avec l'accident. En effet, d'après la jurisprudence, l'aggravation significative et donc durable d'une affection dégénérative préexistante de la colonne vertébrale par suite d'un accident est prouvée seulement lorsque la radioscopie met en évidence un tassement subit des vertèbres, ainsi que l'apparition ou l'agrandissement de lésions après un traumatisme (RAMA 2000 no U 363 p. 46 consid. 3a). Or, l'IRM pratiquée au mois de septembre 2003 n'a pas permis de mettre en évidence de telles lésions.