Citation: 1C_2/2021 E. 1

D.C.________ et C.C.________ sont les associés gérants de l'entreprise C.________ Sàrl, dont le but est la construction et toutes activités se rapportant directement ou indirectement au domaine de la construction. Le 7 septembre 2016, la Municipalité de Château-d'Oex leur a octroyé le permis de construire sur la parcelle n° 738 sise en zone de chalets un garage-dépôt enterré de 275 mètres carrés et un garage enterré de 40 mètres carrés annexé au chalet d'habitation existant. A la suite de modifications apportées au projet de garage-dépôt (modification des aménagements intérieurs, suppression de la fenêtre à l'est et ajout d'une fenêtre au nord et de deux lanterneaux), un permis de construire complémentaire a été délivré sans enquête publique le 17 novembre 2016. Le 31 mai 2018, A.A.________ et B.A.________, qui occupent le chalet sis en face du garage-dépôt, de l'autre côté de la route, se sont plaints auprès de la Municipalité des nuisances provenant de cette installation (notamment en lien avec le va-et-vient, le nettoyage et l'entretien des véhicules et des engins de chantier de l'entreprise) qu'ils tenaient pour incompatibles avec la zone de chalets où seules les activités non gênantes sont autorisées. Le 16 mai 2019, ils ont formellement requis que ce qu'ils tenaient pour un changement d'affectation soit mis à l'enquête publique. Le 24 juin 2019, la Municipalité de Château-d'Oex leur a répondu que l'affectation effective des locaux correspondait à celle qui faisait l'objet du permis de construire du 7 septembre 2016, soit un garage et un dépôt de matériaux et d'outillage, et qu'en l'absence d'alimentation en eau, il n'y avait pas de lavage de machines, de sorte qu'une enquête publique pour un changement d'affectation ne se justifiait pas. Par arrêt du 18 novembre 2020 rendu sur recours des époux A.________, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud a réformé cette décision en ce sens qu'ordre est donné aux propriétaires de la parcelle n° 738 de déposer une demande de permis de construire complémentaire pour la station de lavage (intérieure et extérieure) non couverte par les permis de construire antérieurs. Elle a confirmé la décision attaquée pour le surplus. En substance, elle a considéré que l'usage d'un garage-dépôt et d'un garage pour une entreprise de maçonnerie impliquait de facto un va-et-vient de véhicules et qu'il n'y avait pas eu de changement d'affectation depuis la délivrance des permis de construire. En revanche, aucune station de lavage n'était prévue dans les plans d'enquête, de sorte que la Municipalité avait renoncé à tort à exiger une mise à l'enquête pour cette installation. Agissant par la voie du recours en matière de droit public, A.A.________ et B.A.________ demandent au Tribunal fédéral de réformer cet arrêt en ce sens qu'il est ordonné à la Municipalité de Château-d'Oex d'exiger des propriétaires de la parcelle n° 738 qu'ils requièrent la mise à l'enquête publique du changement d'affectation du garage-dépôt enterré et du garage enterré, respectivement de l'annuler et de renvoyer la cause à l'instance précédente pour nouvelle instruction et nouvelle décision au sens des considérants du jugement à intervenir. La Municipalité de Château-d'Oex et les intimés concluent au rejet du recours. Le Tribunal cantonal se réfère aux considérants de son arrêt sans autres observations.