Citation: 6B_631/2018 E. 1.3

1.3. La cour cantonale a exposé qu'à la lumière des déclarations du recourant et de celles du témoin F.________, ainsi qu'au vu des images issues des caméras de surveillance du bus des Transports publics genevois le précédant et du rapport d'expertise technique, il apparaissait que l'intéressé, après avoir constaté que sa voie de circulation était encombrée, avait entrepris d'opérer un demi-tour sur route. Le recourant avait prétendu avoir alors marqué plusieurs temps d'arrêt, tout en regardant la chaussée notamment à droite et en face, soit s'être avancé à tâtons, pour avoir la visibilité sur sa droite, arguant ne pas avoir perçu l'arrivée du motocycle avant que ce dernier ne heurtât violemment son propre véhicule. Le recourant avait reconnu que sa visibilité n'était pas bonne, occultée par les véhicules qui le devançaient, dont un bus et un fourgon. Le recourant avait ainsi dû empiéter sur la chaussée avec l'avant de son véhicule pour avoir une visibilité suffisante depuis son habitacle. La cour cantonale a considéré qu'en s'engageant sur la voie inverse à l'occasion de sa manoeuvre, le recourant devait tous les égards aux véhicules qui y circulaient et bénéficiaient de la priorité. A cet égard, l'arrivée sur cette voie d'un motard circulant à une vitesse supérieure à la limitation n'impliquait pas un comportement inhabituel ou aberrant qui aurait dû permettre au recourant une attention visuelle moindre. Ce dernier aurait dû se montrer d'autant plus prudent que sa visibilité n'était pas bonne, occultée par les véhicules qui le devançaient et notamment par un bus et un fourgon. L'empiétement nécessaire sur la chaussée avec l'avant de son véhicule pour avoir la visibilité suffisante depuis son habitacle avant de s'engager commandait au recourant de se montrer encore plus attentif que d'ordinaire. Le recourant avait, par son comportement - soit un défaut de prise des mesures nécessaires avant de faire demi-tour sur la route à un endroit où sa visibilité était réduite par la colonne de véhicules qui le précédaient -, manqué aux règles de prudence prévues aux art. 31 al. 1 et 36 al. 4 LCR. Ces violations avaient été fautives, dans la mesure où aucune circonstance particulière n'avait empêché le recourant de se conformer à son devoir. Il était un conducteur expérimenté, aurait pu prendre son mal en patience, ou alors bifurquer sur sa droite sur le chemin G.________, pour reprendre la route en sens inverse. Selon l'autorité précédente, une faute, en l'occurrence un excès de vitesse, de la part du motocycliste n'était pas déterminante, vu l'absence de compensation des fautes en droit pénal. Circuler entre 79 et 89 km/h environ sur un tronçon limité à 50 km/h n'était pas de nature à interrompre le lien de causalité, car il n'était pas extraordinaire ni imprévisible que des usagers de la route, en particulier des motocyclistes, sur une ligne droite, même en agglomération, circulent à une vitesse supérieure à celle autorisée, même si un tel comportement était blâmable et constitutif d'une violation de la LCR. Il ne pouvait davantage être reproché au motocycliste de s'être tenu sur la gauche de sa voie de circulation et de na pas avoir freiné énergiquement avec ses deux freins lorsqu'il avait réalisé que le véhicule du recourant lui coupait la route. Il ne s'agissait pas d'un élément extraordinaire, susceptible d'interrompre le lien de causalité adéquate. Comme l'avait relevé l'expert, il apparaissait que le motocycliste avait, dans un premier temps, actionné son frein arrière afin de stabiliser le deux-roues, avant, dans un second temps, d'actionner le frein avant. Il était notoire que le frein avant ne pouvait être actionné d'emblée lors d'un freinage d'urgence, sous peine de déstabiliser le véhicule, voire - en cas d'action du frein avant uniquement - de passer par-dessus le guidon. En définitive, selon la cour cantonale, le recourant, en entamant un demi-tour sur route sans prendre suffisamment garde aux véhicules circulant dans le sens qu'il comptait emprunter et alors même que sa visibilité était fortement réduite par les véhicules qui le précédaient, avait été à l'origine de l'accident. Le comportement du motocycliste ne s'imposait quant à lui pas comme la cause la plus probable et la plus immédiate de cet événement et ne reléguait pas les fautes du recourant à l'arrière-plan.