Citation: 6B_327/2024 E. 4.6

4.6. La cour cantonale, qui ne distingue pas clairement les deux conditions de l'art. 66a al. 2 CP, a estimé que l'expulsion ne placerait pas le recourant dans une situation personnelle grave (première condition). Sous l'angle de sa vie personnelle, il ressort de l'arrêt attaqué que, malgré un emploi stable et un permis C, le recourant ne fait valoir aucun élément tendant à démontrer qu'il aurait développé des liens sociaux et professionnels supérieurs à ceux qui résulteraient d'une intégration ordinaire dans un pays dans lequel il ne réside que depuis 2015. Sur cet aspect, il y a lieu d'admettre que le recourant ne peut pas se prévaloir de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. Sous l'angle de sa vie familiale, il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant voit son enfant quotidiennement à midi et plus d'un week-end sur deux en fonction des besoins de celui-ci. Il lui verse en outre une pension de 425 fr., montant supérieure à celui fixé judiciairement (200 francs). Il n'a toutefois pas la garde de sa fille et depuis sa libération, il ne fait plus ménage commun avec elle et la mère de celle-ci. Par ailleurs, la cour cantonale a estimé qu'au vu de l'âge de l'enfant leur relation pourra être préservée après l'expulsion grâce aux moyens de communication modernes et au système mis en place par les compagnies aériennes. Au demeurant, rien n'empêcherait le recourant de s'installer dans un pays proche de la Suisse pour voir davantage sa fille, étant rappelé que son expulsion a été prononcée pour la durée minimum de cinq ans et sans inscription dans le Système d'information Schengen (SIS). De plus, l'expulsion n'empêcherait pas le recourant de trouver un emploi et de poursuivre le versement de la pension alimentaire. Eu égard à ces différents éléments, il est douteux que le recourant puisse se prévaloir d'un droit à la protection de sa vie familiale. En tout état de cause, la cour cantonale semble considérer que la deuxième condition comme remplie (soit que l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse) car non contestée par le recourant. Il convient toutefois d'examiner cette condition (cf. infra consid. 4.7).