Citation: 4C.383/2004 01.03.2005 E. A

A.a Ressortissante espagnole, née le 29 mars 1954, X.________ est arrivée en Suisse en 1977. Elle est mariée à B.________, qui exerce une activité professionnelle à temps complet en qualité de monteur en chauffage. Le couple a deux enfants, C.________, née le 21 mai 1980, étudiante en médecine, et D.________, né le 4 août 1982, étudiant en biologie, qui vivent chez leurs parents. La famille habite un appartement de 4 pièces, situé à Genève. A.b De 1988 au mois de juillet 1996, X.________ a travaillé au magasin E.________ comme femme de ménage à raison de 4h.30 par jour, six jours par semaine, pour un salaire s'élevant à 19 fr. de l'heure. En 1995, elle a touché de E.________ une rémunération de 21'327 fr. net (23'571 fr. brut) et, pour l'année 1996, 16'393 fr. net (18'216 fr. brut), jusqu'au 18 juillet 1996. En juillet 1996, X.________ a été licenciée. Aucune indemnité de départ ne lui a été versée. Elle s'est inscrite au chômage le 19 août 1996 et elle a perçu des indemnités durant près d'une année. En juillet 1997, ses indemnités-chômage s'élevaient à 1'658,30 fr. brut, pour un gain assuré de 1'976 fr. Depuis le 5 août 1997, X.________ ne s'est plus annoncée au chômage, alléguant avoir renoncé volontairement à ses indemnités en raison des vacances d'été et du fait qu'elle avait trouvé un emploi à partir du 1er octobre 1997 dans une entreprise de nettoyage dénommée F.________, non inscrite au registre du commerce. A.c X.________ a exposé que, pendant la durée de son emploi au magasin E.________, elle travaillait également les après-midi auprès d'une famille qui a quitté définitivement la Suisse. De 1996 jusqu'au mois de septembre 1997, X.________ a travaillé les après-midi chez Y.________ en qualité de femme de ménage à raison de quatre heures par jour, cinq jours par semaine, pour un salaire mensuel net de 1'500 fr., payé douze fois l'an. Cette activité n'était pas déclarée. A.d Le 19 septembre 1997, X.________ a été victime d'un grave accident de la circulation routière, se faisant renverser par un camion, alors qu'elle traversait sur un passage pour piétons. La responsabilité du chauffeur du camion, assuré en responsabilité civile auprès de G.________ S.A. (qui a fusionné par la suite avec A.________ S.A.; ci-après : l'Assurance) n'est pas contestée. Cet accident a causé à X.________ des lésions importantes, qui ont nécessité plusieurs interventions chirurgicales et une hospitalisation jusqu'au 28 novembre 1997. Le 3 avril 1998, X.________ a informé l'Assurance de son accident et de son incapacité complète de travailler pour une durée indéterminée. Elle a déclaré qu'avant le sinistre, elle travaillait à raison de 50% auprès de E.________ et, parallèlement, s'occupait du ménage d'une famille établie à Genève, cette dernière activité n'étant pas déclarée. Elle a ajouté qu'au moment de l'accident, elle se trouvait au chômage, mais qu'elle avait trouvé une nouvelle activité qui aurait dû débuter en octobre 1997. Les parties ne parvenant pas à se mettre d'accord sur une indemnisation, une expertise médicale a été effectuée. A la suite de celle-ci, l'Assurance a reconnu à X.________ une incapacité de travail de 100% et un taux d'incapacité moyen de 50% pour les activités ménagères. Finalement, le 17 octobre 2000, l'Assurance a proposé à X.________ le versement de 60'000 fr. à titre de tort moral et de 640'000 fr. à titre de salaire professionnel et ménager, sous déduction de 85'000 fr. déjà versés et des prestations de rentes allouées par l'assurance-invalidité (ci-après : l'AI). Les parties ont convenu du versement de 60'000 fr. à titre de tort moral, mais le calcul de la perte de gain et de l'invalidité ménagère est resté litigieux. A.e Par décision du 16 novembre 2000, l'Office cantonal AI a octroyé à X.________ une rente entière basée sur une invalidité professionnelle de 100% à partir du 1er septembre 1998, ainsi qu'une rente complémentaire pour son époux et ses deux enfants. Les parties se sont accordées sur la subrogation de l'AI pour les prestations allouées par cette dernière, représentant, au 30 mars 2003, un total de 397'687 fr. En relation avec l'accident, l'Assurance a versé à X.________ 10'000 fr. en 1998, 75'000 fr. avant le début de la procédure judiciaire et 179'913 fr. le 28 novembre 2001, se composant de 157'313 fr. à titre de perte de gain présente et future, 3'600 fr. de frais divers et 19'000 fr. d'honoraires d'avocat avant procès.