Citation: U 591/06 11.10.2007 E. 4

4.1 Devant la cour cantonale, la recourante a contesté la valeur probante du rapport du docteur K.________ sur lequel la CNA s'est fondée pour refuser ses prestations postérieurement au 31 décembre 2003. Dans son rapport du 10 août 2004, le docteur K.________ a retenu que l'assurée présente un cal vicieux de la phalange moyenne de l'index droit avec déviation cubitale au niveau de l'IPP. Selon ce spécialiste, cette affection résulte de l'accident du 29 juin 2002, elle ne nécessite plus de traitement et n'empêche pas l'intéressée d‘exercer l'activité de nettoyeuse à temps partiel. Par ailleurs, le docteur K.________ a conclu que M.________ était atteinte d'un « idiopathic arm pain », soit de douleurs du bras droit d'origine idiopathique, avec des signes d'épargne se manifestant par une enflure de la main et du poignet (ou pseudodystrophie). Il a indiqué que cette affection provoque un handicap important et que la littérature médicale désigne à son origine des facteurs psychologiques et sociologiques d'importance décisive. Le docteur K.________ a nié tout lien de causalité naturelle entre l'accident en cause et cette atteinte à la santé de l'assurée. D'autres diagnostics, sans lien avec l'accident en question, ont encore été mentionnés par le docteur K.________. Seul le diagnostic de pseudodystrophie a été remis en cause par la recourante. Se référant au résultat de la scintigraphie osseuse (du 5 décembre 2002) et à divers articles de littérature médicale, M.________ a soutenu que le diagnostic d'algodystrophie devait être retenu dans son cas. Elle a proposé à la cour cantonale de recueillir le témoignage du docteur W.________, chef de clinique à la division de médecine nucléaire de l'Hôpital Z.________. 4.2 Considérant que le rapport du docteur K.________ se fondait sur des anamnèses fouillées, un examen clinique précis, la prise en compte des plaintes de l'assurée, sur les éléments d'imagerie les plus importants, notamment la scintigraphie osseuse invoquée par la recourante, ainsi que sur des références étendues à la littérature médicale, le tribunal cantonal des assurances lui a reconnu pleine valeur probante. Il a évalué la cohérence des déductions de ce médecin et relevé que ce dernier avait écarté le diagnostic d'algodystrophie sur des signes cliniques observés chez l'assurée. Ce diagnostic était d'ailleurs exclu également par la scintigraphie du 5 décembre 2002, quoi qu'en dise la recourante. De toute manière, la scintigraphie osseuse n'avait constitué pour le docteur K.________ qu'un élément secondaire d'appréciation, dans la mesure où plusieurs études médicales mettent en évidence le manque de spécificité de cet examen pour diagnostiquer une algodystrophie. Au demeurant, l'analyse de nombreuses pièces médicales a conduit les premiers juges à constater que plusieurs médecins ont conclu à l'absence d'algodystrophie. Si cette appréciation peut être partagée en ce qui concerne les docteurs W.________ et S.________ (rapport du 6 décembre 2002 sur la scintigraphie du 5 décembre 2002), D.________ et F.________ (rapport du 7 avril 2003) et surtout U.________ (rapport du 24 novembre 2005), on ne saurait être aussi affirmatif s'agissant du docteur B.________ (rapports des 28 et 31 octobre 2003). Ce dernier fait état de complication de type algoneurodystrophie, mais, dès lors qu'il ne formule pas de diagnostic motivé, son avis n'est pas susceptible de jeter le doute sur les conclusions, dûment étayées et cohérentes, du docteur K.________. La même considération s'impose, comme l'ont relevé à juste titre les premiers juges, en ce qui concerne l'avis du docteur C.________ de juin 2003 (rapports du 11 juin 2003) et la lettre du docteur F.________ à l'office AI du 30 juillet 2003. Certes, le jugement attaqué n'indique pas expressément pourquoi la cour cantonale a renoncé à l'audition du docteur W.________ comme témoin. Toutefois, les considérations qui viennent d'être évoquées tiennent lieu de motivation implicite. Au demeurant, ce témoignage s'imposait d'autant moins que, dans son rapport du 6 décembre 2002 sur la scintigraphie osseuse en question, ce médecin avait formulé une conclusion claire, exprimant l'absence d'arguments typiques en faveur d'une algoneurodystrophie, sans pouvoir l'exclure formellement. 4.3 En l'occurrence, la cour cantonale a estimé que les nombreuses citations du conseil de la recourante empruntées à la littérature médicale ne constituaient pas des diagnostics, mais des évocations non motivées qui ne suffisaient pas à invalider le diagnostic du docteur K.________ (jugement attaqué, consid.10, p.11 avant dernier paragraphe). Sur ce point, elle peut être suivie également. En effet, selon la jurisprudence constante, le juge doit les examiner de manière objective, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Si les rapports médicaux sont contradictoires, il ne peut liquider l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. C'est ainsi qu'il importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions soient dûment motivées (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352 et les références; VSI 2001 p. 108 consid. 3a [arrêt du 24 janvier 2000, I 128/98]).