Citation: 1B_65/2019 E. A

A.a. A.________ était actionnaire, à hauteur de 29,46 %, de la société B.________ GmbH, sise en Autriche, qui commercialise des montres de la marque "xxx". Il était chargé du design, tandis que ses deux associés, C.________ (20,04 %) et D.________ (50,5 %), s'occupaient de l'administration et des ventes, respectivement de l'aspect financier. A la suite d'un conflit intervenu à la fin de l'année 2013 entre les associés, A.________ a établi, le 26 février 2014, un projet de contrat de liquidation; celui-ci n'a pas été accepté par les deux autres associés. A.________ a ensuite été débouté dans les procédures initiées en Autriche afin de faire interdiction à B.________ GmbH d'utiliser ses designs. A.b. Le 18 juillet 2014, B.________ GmbH a déposé plainte pénale contre A.________ pour infractions à l'art. 23 al. 1 de la loi fédérale du 19 décembre 1986 contre la concurrence déloyale (LCD; RS 241) et aux art. 61, ainsi que 62 de la loi fédérale du 28 août 1992 sur la protection des marques et des indications de provenance (LPM; RS 231.11), pour appropriation illégitime (art. 137 CP) et pour abus de confiance (art. 138 CP) ou vol (art. 139 CP). La société lui reprochait notamment de s'être approprié deux montres lui appartenant et d'utiliser abusivement la marque "xxx" et le nom de "xxa". Une instruction pénale a été ouverte sous référence P-...2014. A.c. A la suite de son audition dans le cadre de la procédure susmentionnée, A.________ a déposé plainte pénale le 2 mars 2017 contre B.________ GmbH, C.________ et D.________ pour utilisation illicite d'un design qu'il avait créé et déposé en Suisse, ainsi qu'à Hong Kong pour réaliser une montre nommée "yyy". A l'appui de ses dires, A.________ a produit une copie de l'enregistrement international de son design déposé le 14 août 2014 pour Hong Kong, respectivement le 7 janvier 2015 pour la Suisse. La procédure pénale P/4984/2017 a été ouverte. Au cours de l'instruction de cette cause, A.________ a expliqué qu'une procédure civile l'opposait à B.________ GmbH en Autriche, dans laquelle il essayait d'obtenir le "retour" de tous les designs et marques qu'il avait créés, y compris la marque "xxx". Il n'avait toutefois pas déposé plainte pénale dans ce pays et a précisé que les montres "yya", fabriquées en 2012 et objet de la procédure P-...2014, avaient un design différent des montres "yyy" visées par sa propre plainte (P/4984/2017). Le 13 juin 2017, C.________ a été mis en prévention de concurrence déloyale et d'utilisation abusive d'un design pour avoir, depuis le début de l'année 2014, continué à fabriquer et à commercialiser des montres avec le design "yyy" sans l'accord de son dépositaire, A.________. Le prévenu a contesté toute infraction : le projet de montre "yyy" avait débuté en 2011 et B.________ GmbH l'avait poursuivi après le départ de A.________, ajustant le design de ce dernier; aucun brevet, marque ou design n'avait été déposé pour cette montre car le processus était onéreux et devait être renouvelé; il n'avait appris que dans le cadre de la présente cause l'enregistrement effectué par leur ancien associé en son nom personnel et il ignorait si les trois montres "yyy" fabriquées depuis 2015 correspondaient à ce design, car il n'avait jamais vu de pièce à ce propos. C.________ a encore précisé qu'il fallait distinguer les boîtiers, dont le designer s'occupait, des mouvements. A.d. Par ordonnance du 23 mai 2017, le Ministère public de la République et canton de Genève a ordonné le séquestre d'une montre "yyy" qui se trouvait en réparation dans une horlogerie, en vue de sa restitution au lésé ou de son utilisation comme moyen de preuve. B.________ GmbH a sollicité la levée de cette mesure au motif que la montre saisie était l'un des exemplaires d'une édition limitée de la montre "yya", conçue par l'ensemble de ses collaborateurs dès 2011 et dont la production, ainsi que la commercialisation avait débuté en 2015; salarié de l'entreprise jusqu'en décembre 2013, A.________ lui avait abandonné, à son départ, tous ses droits éventuels de propriété intellectuelle sur ses dessins. Selon la société, la requête de A.________ tendant à ce qu'il soit fait interdiction à son ancien employeur de produire et de commercialiser les montres reprenant les anciens designs - y compris le modèle "yyy" - dont il alléguait être l'unique ayant droit avait d'ailleurs été rejetée par les juridictions autrichiennes en 2014; son enregistrement de design était postérieur à la commercialisation de la montre "yyy". Le Procureur, par ordonnance du 4 juillet 2017, a admis cette requête. Il a notamment relevé que, dans le cadre de la procédure autrichienne destinée à mettre un terme à la collaboration de A.________ au sein de B.________ GmbH, le premier précité avait tenté sans succès de récupérer le design de "yyy" utilisé pour fabriquer la montre séquestrée, que la justice autrichienne avait rejeté une plainte similaire, qu'un rapide examen du croquis accompagnant le design déposé par A.________ montrait des différences essentielles avec la montre saisie et que la plainte pénale de celui-ci apparaissait sans fondement. Le recours formé par A.________ auprès de la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a été déclaré irrecevable le 16 novembre 2017, faute pour celui-ci d'avoir soutenu que la montre séquestrée pourrait servir de moyen de preuve ou d'avoir requis un examen matériel de l'objet en cause; il n'avait pas non plus d'intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la décision n'ordonnant pas un séquestre en vue de la confiscation. Le 19 décembre 2017, A.________ a demandé au Ministère public de maintenir le séquestre, soulignant que la montre saisie offrait des caractéristiques essentielles différentes des autres modèles créés en 2011-2012, puisqu'elle était la seule ayant une forme octogonale et huit vis apparentes; seuls les modèles de 2011-2012 avaient fait l'objet des procédures autrichiennes. Le Procureur a cependant ordonné la restitution de la montre litigieuse le 21 suivant, relevant que des ressemblances et des différences existaient entre les montres, mais que les démarches civiles en contestation de la propriété intellectuelle n'avaient pas abouti. A.e. Par requêtes des 17 janvier et 26 février 2018, A.________ a sollicité la saisie des mouvements et calibres destinés à être intégrés dans les boîtiers des montres "yyy" fabriqués par la société E.________ SA, en mains de laquelle, à sa connaissance, ces éléments se trouvaient en raison d'un litige commercial avec B.________ GmbH; leur séquestre s'imposait en vue de leur utilisation comme moyen de preuve. Le Ministère public a, par ordonnance du 5 mars 2018, rejeté cette demande, retenant notamment avoir déjà statué sur la question de violation de design lors de la restitution de la montre le 4 juillet 2017; A.________ ne semblait d'ailleurs pas avoir déposé ce design ou en tout cas essayait de le récupérer des mains de la société B.________ GmbH dans le cadre de litige les opposant depuis 2013.