Citation: 7B_168/2024 E. 4.5.3

4.5.3. A cela s'ajoute qu'on ne saurait nier la gravité des actes reprochés au recourant et leur répétition sur de nombreuses années. Il y a lieu de rappeler qu'il est notamment prévenu d'avoir instauré un climat de psycho terreur et, dans ce cadre, d'avoir régulièrement frappé, giflé, injurié et menacé tant son épouse que ses trois enfants et sa belle-fille. Certains de ces événements traduisent un potentiel de violence très important, puisque le recourant aurait en particulier menacé de mort sa fille avec un couteau et lui aurait, à une autre occasion, asséné un coup de pied dans le ventre. Ils auraient été perpétrés à tout le moins entre 2016 et 2023, soit, concernant les derniers, très peu de temps avant le viol qu'il aurait commis sur son épouse le 6 juin 2023. De plus, il est rappelé que cette dernière l'accuse de s'être également livré à de tels actes entre fin 2021 et fin mars 2023. Partant, cette récidive - si avérée - en cours de procédure est intervenue moins de deux mois après sa libération au bénéfice de mesures de substitution et dénote effectivement une aggravation de la violence exercée à l'endroit de son épouse. Quant aux biens juridiques concernés par le risque de réitération, ils sont parmi les plus importants de l'ordre juridique suisse, à savoir l'intégrité corporelle et sexuelle, y compris de personnes mineures et particulièrement vulnérables. Or, il convient de se montrer plus strict en terme de mise en danger de la sécurité d'autrui, lorsque des personnes vulnérables sont visées (cf. consid. 4.2.3 supra). Dans ces conditions, les infractions poursuivies sont incontestablement de nature à mettre gravement en danger la sécurité d'autrui, en particulier l'intégrité sexuelle et/ou corporelle des membres de la famille du recourant, dont les enfants. Il importe peu que ce dernier ne présentait pas d'antécédents judiciaires de même nature et qu'il n'ait été condamné qu'à une reprise, pour violation des règles de la circulation routière.