Citation: 8C_895/2017 E. 3

La cour cantonale a confirmé le refus des prestations au recourant, compte tenu de son comportement. Elle lui a reproché en particulier de s'être inscrit tardivement au chômage et d'avoir manqué une séance d'information le 27 février 2015. En outre, alors qu'une mesure d'insertion sociale (MIS) lui était proposée à la mi-mars 2015, le recourant s'était prévalu d'une incapacité de travail et avait produit un certificat du 18 mars 2015 de son médecin psychiatre attestant d'une incapacité de travail de 50 % jusqu'à la fin du mois. Ce même médecin avait également attesté d'une incapacité totale de travail du 23 février à la fin du mois de mars. Aussi était-on en présence d'attestations contradictoires du même médecin. En avril 2015, alors qu'un emploi temporaire venait de lui être proposé, le recourant avait produit un certificat d'incapacité de travail de son médecin généraliste, laissant entendre que c'était sur le plan physique qu'il était désormais atteint. Par ailleurs, une note du 4 février 2015 des autorités de chômage relayait son peu d'allant et son sentiment d'injustice lorsqu'il était renvoyé à ses obligations. En outre, les rapports avec le service de l'aide sociale étaient exécrables, au vu de l'entretien du 23 mars 2015, lors duquel le recourant s'était montré agressif. Enfin, celui-ci n'avait pas daigné répondre à une demande d'explication écrite du 18 mai 2015, après son refus de travailler auprès d'un chantier écologique. La cour cantonale en déduit que le recourant considérait l'aide sociale comme un droit acquis et n'avait pas véritablement pris au sérieux ses obligations de chômeur. Elle relève également les conditions qu'il avait voulu poser avec la mise en oeuvre d'une autre MIS, à savoir ne travailler que le matin, sauf les jeudis, vendredis et lundis car il s'agissait du bon moment pour trouver du travail (référence faite à un rapport de l'intimée du 16 avril 2015). L'autorité précédente conclut que le recourant n'avait pas accepté que l'octroi de l'aide soit rediscuté à l'occasion du transfert de son dossier, que son état de santé n'était pas suffisamment étayé et qu'il avait violé son obligation d'atténuer sa situation de besoin. En cela son attitude s'apparentait à une forme d'abus de droit, visant à obtenir un avantage de l'institution de l'aide sociale sans contre-prestation. La décision sur réclamation devait ainsi se comprendre comme une suppression de l'aide sociale, laquelle était proportionnée, compte tenu de l'existence d'une sanction antérieure.