Citation: 8D_4/2021 E. A

A.a. A.________ a été engagé en qualité de surveillant de la maison d'arrêt et de fin de peine à la maison de B.________ le 1er décembre 2005. Il a travaillé ensuite à C.________, à D.________, mais jamais à la prison de E.________. Le 13 avril 2017, il est devenu agent de détention sous le régime de la nouvelle loi cantonale sur l'organisation des établissements et le statut du personnel pénitentiaires (LOPP) entrée en vigueur le 1er mars 2017. Le 1er décembre 2018, il a été promu gardien principal adjoint à la maison de B.________, où il est toujours en poste. Entre le 1er janvier 2014 et le 30 novembre 2019, A.________ prétend avoir accompli un total général de 1870 heures de travail les samedis, dimanches et jours fériés dans le cadre de son horaire planifié, lesquelles ont été inscrites dans la base de données COPP recensant les horaires des fonctionnaires de police et du personnel pénitentiaire. A.b. Le 5 octobre 2018, l'Union du personnel du corps de police (ci-après: UPCP) s'est adressée au Conseiller d'État chargé du département de l'emploi et de la santé (ci-après: DES) - devenu depuis lors le département de la sécurité, de la population et de la santé (ci-après: DSPS) -, auquel la police était alors rattachée. Elle soutenait que les policiers avaient droit à une indemnité de 7 fr. 55 par heure travaillée le samedi, le dimanche et les jours fériés, en application de l'art. 11D du règlement d'application de la loi cantonale concernant le traitement et les diverses prestations alloués aux membres du personnel de l'État, du pouvoir judiciaire et des établissements hospitaliers (RTrait). A.c. Le 28 novembre 2018, l'UPCP a encore adressé au chef du DES la copie d'un courriel adressé le 20 août 2010 par F.________, alors directeur administratif et financier de l'office du personnel de l'État (ci-après: OPE), à G.________, alors président de l'UPCP. Répondant à celui-ci qui lui demandait de lui "qualifier clairement l'indemnité" pour risques inhérents à la fonction (IRIF), celui-là avait indiqué ce qui suit: "L'indemnité pour inconvénient de service a été revue, elle ne comporte désormais que des éléments en rapport direct avec le tort moral généré par les éléments suivants: - la suppression lors d'événements d'envergure des congés et des jours de repos; - l'arythmie due aux horaires irréguliers; - les risques professionnels dus à la violence. Par ailleurs, l'entretien des vêtements de service y est intégré. En revanche, la valorisation de l'heure de nuit et le travail du dimanche n'en font plus partie." A.d. Par courrier du 12 février 2019 adressé au conseiller d'État en charge du DSPS, l'UPCP a repris les mêmes arguments que dans le courrier du 5 octobre 2018 (cf. let. A.b supra) pour soutenir que le personnel pénitentiaire avait également droit à une indemnité, fondée sur l'art. 11D RTrait, de 7 fr. 55 par heure travaillée le samedi, le dimanche et les jours fériés, ce qui était refusé en l'état; elle sollicitait que cette requête fût concrètement traitée dans le cadre des pourparlers entre l'UPCP et le DSPS. Le conseiller d'État en charge du DSPS a répondu par courrier du 11 mars 2019 en rappelant l'évolution législative, soit le passage de l'ancienne LOPP à la nouvelle. L'art. 51 ROPP disposait que l'indemnité pour service de nuit était versée aux agents de détention pour les heures de services effectuées entre 19h00 et 6h00. Cela excluait l'indemnité relative au travail réalisé les samedis, dimanches ou jours fériés. L'art. 51 ROPP constituait une "lex specialis" par rapport à l'art. 11D RTrait. Il en était d'ailleurs de même avant l'entrée en vigueur de la LOPP du 3 novembre 2016. Ni l'ancienne LOPP ni l'ancien ROPP ne prévoyaient d'indemnité pour le travail effectué le week-end ou les jours fériés. Une telle indemnité n'avait jamais été versée aux agents de détention, d'autant plus que l'IRIF prenait déjà en considération l'arythmie des horaires de ces agents. A.e. Le 28 juin 2019, le président de l'UPCP a sollicité du DSPS qu'il rende une décision au sens de l'art. 4A LPA. Le 15 octobre 2019, le Conseiller d'État en charge du DSPS a répondu que s'agissant d'une situation claire du point de vue légal, il n'avait pas l'intention de rendre une décision formelle; par ailleurs, il s'était avéré que ledit département avait versé par erreur aux agents de sécurité publique (ASP) une indemnité fondée sur l'art. 11D RTrait et une réflexion était en cours en vue de cesser de verser ces indemnités. A.f. Le 19 février 2020, A.________ a sollicité du DSPS une indemnité de 12'253 fr. 65 pour les heures travaillées les samedis, dimanches et jours fériés entre le 1er novembre 2014 et le 30 novembre 2019. Par décision du 2 septembre 2020, le DSPS a rejeté la demande pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés dans son courrier du 11 mars 2019 (cf. let. A.d supra).