Citation: 4C.385/2001 08.05.2002 E. B

B.- Le 2 juin 1998, Z.________ a ouvert action contre Y.________, à Genève. Elle concluait à ce que le défendeur soit condamné à lui verser la somme de 820 600 fr. (contre-valeur de 1 000 000 DM), plus intérêts. Y.________ a dénoncé formellement le litige à X.________ AG. S'adressant spontanément au Tribunal de première instance du canton de Genève, X.________ AG a conclu à ce qu'elle soit autorisée à participer aux côtés de Y.________ à la procédure pendante entre Z.________ et Y.________, notamment en y prenant des conclusions, sans que cette participation n'implique pour X.________ AG une renonciation à son for naturel, ni la reconnaissance de la validité du droit de recours de Y.________ contre elle-même. Par jugement du 30 avril 1999, le Tribunal de première instance a débouté X.________ AG de toutes ses conclusions. En appel, la Cour de justice a confirmé le jugement de première instance. Le 7 septembre 2000, le Tribunal fédéral a rejeté le recours de droit public que X.________ AG avait formé contre cette décision. Le 3 janvier 2000, à la suite de l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution fédérale, Y.________ a déposé une demande d'appel en cause de X.________ AG. Cette demande a été déclarée irrecevable par jugement du 28 septembre 2000 du Tribunal de première instance. Par lettre du 13 novembre 2000 adressée en copie à X.________ AG, Y.________ a fait savoir au Tribunal de première instance qu'il déposerait une nouvelle demande d'appel en cause après l'entrée en vigueur, prévue le 1er janvier 2001, de la loi fédérale du 24 mars 2000 sur les fors en matière civile (LFors; RS 272). Ce qu'il fit en date du 3 janvier 2001. En effet, l'entrée en vigueur simultanée de l'art. 8 LFors, de l'art. 57A al. 2 de la loi genevoise sur l'organisation judiciaire et de l'art. 104 de la loi de procédure civile genevoise (LPC/GE) permettait désormais l'appel en cause d'un tiers non domicilié dans le canton de Genève. Quelques jours plus tôt, le 20 décembre 2000, X.________ avait déposé devant le Juge de paix d'Arbon une requête en conciliation dirigée contre Y.________. Ses conclusions étaient libellées ainsi: "1.Es sei der Beklagte gerichtlich zu verpflichten, der Klägerin den Betrag von CHF 68'406. 25 nebst 5% Zins ab 14. September 2000 anzuerkennen und zu bezahlen, im Sinn einer Teilsumme und unter ausdrücklichem Vorbehalt des Nachklagerechtes;