Citation: 1C_394/2019 E. 4.2.1

4.2.1. Les recourants ne peuvent être suivis lorsqu'ils font valoir que, dans la mesure où leurs terrains constituent des brèches dans le tissu bâti - ce qu'a reconnu la cour cantonale -, ceux-ci doivent nécessairement faire partie de la zone constructible. Conformément à ce que retient l'arrêt attaqué, dès lors qu'il est avant tout question de réduire la zone à bâtir, rendre les terrains litigieux non constructibles est une hypothèse sérieuse, que le planificateur doit pouvoir examiner. Sous l'angle de l'intérêt à la densification du territoire déjà bâti, sans préjuger du processus de planification, il n'est pas manifeste qu'un déclassement doive être d'emblée écarté. Quoi qu'en disent les recourants, et conformément à l'analyse du même argument présenté dans l'affaire 1C_429/2018, le planificateur n'a pas "l'obligation de classer le terrain en zone constructible". En effet, dans un contexte général d'habitat de très faible densité et dispersé dans une même commune, cumulé à un surdimensionnement de la zone à bâtir, toutes les "brèches" créées par ce type d'urbanisme ne sont peut-être pas raisonnablement destinée à être comblées. Outre l'orientation du développement de l'urbanisation vers l'intérieur du milieu bâti (art. 1 al. 2 let. a bis LAT), la création d'un milieu bâti compact (art. 1 al. 2 let. b LAT) ou la prise de mesures propres à assurer une meilleure utilisation dans les zones à bâtir des possibilités de densification des surfaces de l'habitat (art. 3 al. 3 let. a bis LAT), la loi prescrit de répartir judicieusement les lieux d'habitation et les lieux de travail et de les planifier en priorité sur des sites desservis de manière appropriée par les transports public (art. 3 al. 3 let. a LAT). Or, ainsi qu'on l'a vu, selon les constatations non contestées de la cour cantonale, les parcelles litigieuses se trouvent à 1,5 km de la gare. On ne saurait ainsi considérer que leur éventuel déclassement irait nécessairement à l'encontre d'une démarche de densification. A cela s'ajoute que ces terrains sont situés en bordure de lac, dont la législation promeut la préservation (protection des bases naturelles de la vie, telles que le sol, l'air, l'eau, la forêt et le paysage [art. 1 al. 2 let. a LAT], maintien libre des bords des lacs et des cours d'eau, accès du public aux rives et passage le long de celles-ci [art. 3 al. 2 let. c LAT], conservation des sites naturels et des territoires servant au délassement [art. 3 al. 2 let. d LAT]). Que les rives soient, selon ce que font valoir les recourants, aménagées d'enrochements et d'un chemin piétonnier peut certes avoir une incidence sur l'appréciation des mesures de planification à prendre. Ce fait ne permet toutefois en rien, au stade de l'adoption d'une zone réservée qui plus est, d'exclure des enjeux en cause celui de la préservation des rives. Dans de telles circonstances, l'examen d'une modification de l'affectation des parcelles des recourants est pertinent.