Citation: 4A_182/2007 28.09.2007 E. 4.4

4.4.1 La demanderesse invoque une violation de l'art. 8 CC. Elle fait valoir que la Cour civile a rejeté son action au motif erroné qu'elle n'aurait pas établi le dommage consécutif à chacun des trois effondrements de la digue, alors que l'expertise E.________, qui aurait été écartée sans motif pertinent et convaincant, apportait des éléments suffisants pour statuer sur le dommage. 4.4.2 Pour toutes les prétentions relevant du droit privé fédéral (cf. ATF 127 III 519 consid. 2a; 125 III 78 consid. 3b), l'art. 8 CC répartit le fardeau de la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c) - en l'absence de disposition spéciale contraire (cf. ATF 130 III 321 consid. 3.1; 128 III 271 consid. 2a/aa) - et détermine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les conséquences de l'échec de la preuve sur un fait déterminé (ATF 129 III 18 consid. 2.6; 127 III 519 consid. 2a). Cette disposition ne prescrit en revanche pas comment le juge doit apprécier les preuves, ni sur quelles bases il peut parvenir à une conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d; 127 III 248 consid. 3a, 519 consid. 2a; cf. ATF 130 III 591 consid. 5.4). 4.4.3 La demanderesse ne saurait donc, sous le couvert du grief de violation de l'art. 8 CC, s'en prendre à l'appréciation des preuves - comme elle l'a fait sans succès dans son recours en matière civile (cf. consid. 2.4 supra) - en soutenant que l'expertise E.________ apportait la preuve que les éléments constitutifs du solde du dommage s'élevaient à 1'792'596 fr. 55 et que la demanderesse n'avait pas été entièrement dédommagée. Au surplus, l'argumentation de la demanderesse repose sur la prémisse erronée que la défenderesse répondrait solidairement avec l'architecte A.________ et le Bureau d'ingénieurs B.________ de l'intégralité du dommage résultant des trois effondrements successifs de la digue, alors qu'il est établi que le comportement de la défenderesse n'est en relation de causalité qu'avec le dommage résultant de l'effondrement du 14 décembre 1987.