Citation: 1B_20/2016 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le risque de collusion n'est pas uniquement théorique puisque le recourant n'a pas encore été confronté aux quatre personnes l'ayant mis en cause (cf. consid. 3b et 3c de l'arrêt attaqué). Il ne le conteste d'ailleurs pas et ne prétend pas que cette situation ne serait pas susceptible de compromettre la recherche de la vérité. Pour ces mêmes motifs, tout grief en lien avec une possible constatation arbitraire des faits peut être exclu. Certes, le recourant ne reconnaît pas expressément le risque de collusion. Cependant, en relevant les seules confrontations effectuées au jour du jugement cantonal avec deux tierces personnes, il reconnaît - de manière implicite peut-être - qu'il n'ignore dès lors pas que d'autres auditions vont être organisées très prochainement, en particulier avec les quatre accusateurs susmentionnés. De plus, la nature de l'infraction examinée (trafic de drogue) ne peut être ignorée. Ce chef de prévention induit généralement l'implication d'un grand nombre de personnes, avec des rôles plus ou moins importants. L'organisation des auditions et/ou des confrontations en découlant a donc nécessairement un impact sur la durée de l'instruction, ainsi que d'ailleurs, le cas échéant, sur l'existence d'un risque de collusion (arrêt 1B_343/2014 du 29 octobre 2014 consid. 2.2 et 3). Or, en l'espèce, des mesures d'instruction - dont le contrôle rétroactif des communications téléphoniques du recourant - sont en cours et visent notamment à identifier d'éventuels membres du possible réseau développé par celui-ci. Dans ces circonstances spécifiques et au stade encore initial de l'enquête - dont la célérité du déroulement n'est plus contestée -, il se justifie de pouvoir empêcher d'éventuels contacts entre le recourant et ses acheteurs et/ou fournisseurs potentiels. Le défaut actuel d'information sur ces personnes ne viole pas non plus les droits de la défense puisque le recourant ne soutient pas avoir été confronté en audience à une personne dont l'identité ne lui aurait pas été communiquée préalablement (arrêt 1B_24/1014 du 25 juin 2014 consid. 2.2). Partant, la Chambre pénale n'a pas violé le droit fédéral en retenant l'existence d'un risque de collusion et ce grief doit être rejeté.