Citation: 1B_147/2019 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le recourant est accusé de s'en être pris à plusieurs reprises à l'intégrité sexuelle de sa propre fille, âgée de moins de 4 ans au moment des faits. Si son casier judiciaire ne comporte certes aucune inscription, il doit être tenu compte, ainsi que l'a considéré la cour cantonale, de la gravité particulière des actes reprochés au moment d'examiner concrètement l'existence d'un risque de récidive, qui doit ainsi être apprécié selon des exigences moins élevées. En l'occurrence, la cour cantonale a retenu l'existence d'un risque de récidive en se fondant essentiellement sur les conclusions du rapport d'expertise, aux termes duquel ce risque devait être qualifié de modéré. Cela étant, en tant que, selon l'expert, le risque pouvait être atténué moyennant une prise en charge thérapeutique (cf. rapport d'expertise, p. 12), il n'apparaît pas que le recourant a débuté le traitement qu'il envisage d'effectuer auprès d'un psychiatre spécialisé, de sorte qu'il ne saurait en l'état s'en prévaloir pour dénier ou atténuer l'existence d'un risque modéré de récidive. En outre, s'il ressort certes du rapport d'expertise que l'intéressé ne présente pas les caractéristiques propres d'une personne souffrant de pédophilie, ni les critères d'une addiction sexuelle (cf. rapport d'expertise, p. 11), ce même rapport permet également de déduire que le recourant ne dispose que de peu de maîtrise sur sa sexualité. Ainsi, selon l'expert, l'intéressé vit une " sexualité désorganisée ", tendant à " reproduire un climat de permissivité ", et " peine à réfréner ses pulsions " (cf. rapport d'expertise, p. 10). A cet égard, le recourant ne conteste pas avoir eu des érections alors que sa fille lui faisait des câlins, minimisant alors ces faits (" mais c'est comme avec une jolie fille, je trouve "; cf. rapport d'expertise, p. 6), et présentant l'intéressée, malgré son très jeune âge, comme " avide sexuellement " (cf. rapport d'expertise, p. 5), et " hyper développée ", dès lors qu'elle s'adonnerait déjà à la masturbation (rapport d'expertise, p. 10). Par ailleurs, il ne conteste pas non plus avoir déclaré en cours de procédure qu'il lui était déjà arrivé d'aborder spontanément des jeunes filles mineures (cf. ordonnance du 25 février 2019, consid. 4 p. 2). On déduit de ce qui précède qu'en l'absence d'un traitement initié, le recourant présente encore, sur le plan de sa sexualité, une instabilité significative, laquelle est caractérisée en l'occurrence par le trouble schizotypique diagnostiqué par l'expert ainsi que par les affirmations pour le moins ambiguës de l'intéressé au sujet du lien entretenu avec sa fille et des prétendus désirs de cette dernière. Il s'agit là de facteurs qui ne permettent pas en l'état d'exclure de manière suffisante pour la sécurité d'autrui - en particulier celle de sa fille - tout risque de commission d'infraction. Au surplus, il importe peu que le recourant allègue s'être bien comporté entre sa première audition en date du 10 septembre 2018 et sa mise en détention, survenue le 10 octobre 2018. Cette circonstance ne saurait en effet à elle seule écarter un risque de récidive. Au demeurant, la détention provisoire a apparemment été ordonnée après que le médecin de sa fille avait décrit, dans son rapport du 5 octobre 2018, les causes possibles de la modification morphologique de l'hymen de l'enfant, ce qui rendait ainsi plus concrets les soupçons portés sur le recourant. On ne voit dès lors pas que c'est la seule appréciation de la nouvelle Procureure en charge du dossier, différente de celle la précédente magistrate, qui a conduit à sa mise en détention.