Citation: 4P.244/2003 15.04.2004 E. 4.3.5

4.3.5.1 S'agissant de la résiliation de l'accord du 3 août 1993, la cour cantonale constate ce qui suit, à la page 20 de son arrêt: "aucune amélioration, sur le plan technique en particulier, n'étant intervenue, D.________ informa A.________ le 16 janvier 1995 qu'elle résiliait l'accord du 3 août 1993 conformément à l'art. 20.1. [recte 2.] lit. c, avec un préavis de neuf mois, et que par conséquent, ledit accord prendrait fin neuf mois après la réception de la lettre de résiliation (pièce 78 A.________)". Selon la recourante, comme la lettre de résiliation ne mentionne absolument pas que la résiliation est intervenue en raison de l'absence d'amélioration, sur le plan technique en particulier, du logiciel X.________ VA, la constatation précitée serait arbitraire, et elle aurait eu pour conséquence, d'une part, le rejet par la cour cantonale de ses griefs concernant la violation des art. 2 LCD ainsi que des art. 6.1.2 et 6.2 ter de l'accord du 3 août 1993, d'autre part, le refus des premiers juges d'appliquer l'art. 42 al. 2 CO (cf. recours, ch. 59 à 62). La recourante ne prétend pas que la constatation relative à l'absence d'amélioration, notamment sur le plan technique, du produit formant l'objet de l'accord du 3 août 1993 serait insoutenable. Pour le surplus, en citant la pièce 78 A.________, les juges cantonaux n'ont pas nécessairement voulu dire qu'elle énonçait le motif ayant poussé D.________ à résilier ledit accord; ils mentionnent d'ailleurs expressément la clause topique, invoquée dans la lettre de résiliation, qui autorise chaque partie à résilier le contrat, en respectant un délai de neuf mois, "si elle estime que, sur le plan commercial, le Produit ne convient plus pour une distribution par D.________" (art. 20.2. lit. c, à comparer avec la lit. a relative à l'inexécution d'une obligation contractuelle). Au demeurant, dans le passage controversé, la Cour de justice ne s'exprime pas sur le point de savoir à qui incombait la responsabilité de l'absence d'amélioration du Produit. Elle ne s'est, en tout état de cause, pas fondée sur la résiliation de l'accord de distribution pour argumenter en droit. Aussi le lien que la recourante tente d'établir entre les constatations de fait touchant cette résiliation et le rejet de ses prétentions apparaît tout à fait artificiel. 4.3.5.2 La cour cantonale constate, par ailleurs, que, durant la période de préavis, les problèmes entre les parties ont subsisté. Pour illustrer son propos, elle se réfère aux pièces 103 et 104 produites par la recourante (arrêt attaqué, p. 20, dernier §). La première est une lettre adressée le 9 mars 1995 par la banque Q.________ à P.________. Selon la cour cantonale, dans sa lettre, la banque en question attirait l'attention de P.________ sur les problèmes rencontrés, en particulier sur l'impossibilité de générer un relevé de fortune fiable au moyen de X.________, en la menaçant de la tenir pour responsable de tout dommage qu'elle pourrait subir, notamment en raison des difficultés avec ses clients. Dans son recours, A.________ soutient que cette pièce fait état de problèmes rencontrés avec Y.________, et non uniquement avec X.________ VA (ch. 54). Elle a sans doute raison. Cependant, la formulation prudente adoptée par les juges précédents, qui utilisent la locution adverbiale "en particulier", n'exclut pas que les problèmes rencontrés n'aient pas été dus uniquement à X.________ VA. Aussi la constatation incriminée ne comporte-t-elle rien d'arbitraire. A propos de la seconde pièce susmentionnée, les juges cantonaux constatent que la banque R.________ a écrit à P.________, le 4 avril 1995, pour lui indiquer que X.________ VA n'avait pas été livré et que, en raison des difficultés rencontrées avec A.________, elle mettait en demeure P.________ de lui fournir un logiciel de remplacement. Si l'on en croit la recourante, il ne serait nullement mentionné, dans ce courrier, que ladite banque rencontrait des difficultés avec A.________, mais plutôt qu'elle souhaitait recevoir le logiciel X.________ VA qui ne lui avait pas été livré, et ce en dépit des difficultés que le groupe O.________ rencontrait avec A.________. A considérer la lettre litigieuse, il est exclu de retenir que la cour cantonale aurait trahi arbitrairement la pensée de son auteur. La banque R.________ y fait état de la détérioration des relations entre A.________ et P.________, que cette dernière lui avait indiquée dans un précédent courrier, et elle réclame de ce fait la fourniture d'un logiciel de remplacement. Or, la constatation incriminée, qui manque certes de clarté, peut être comprise dans ce sens, car il n'en ressort pas nécessairement que c'était la banque qui rencontrait des difficultés avec A.________. De toute manière, la recourante n'indique pas en quoi les constatations, supposées arbitraires, tirées de ces deux missives auraient influé sur la solution juridique retenue par la cour cantonale. Le grief examiné sera, en conséquence, écarté. 4.3.6 A la page 22, 1er §, de son arrêt, la Cour de justice, se référant à la pièce 111 produite par les intimées, constate que A.________ a poursuivi la commercialisation de X.________, présentant son logiciel sur le site Internet d'une importante société informatique, sans qu'il soit toutefois précisé s'il s'agissait de X.________ VA ou de X.________ VO. Elle en déduit, plus loin (arrêt attaqué, consid. 9.3, p. 67), que cela tend à démontrer que l'image et la crédibilité de A.________ n'ont pas été atteintes, puisque cette société a réussi à convaincre une entreprise de taille mondiale de lui offrir un espace sur son site Internet. Sous chiffre 65 de son recours, la recourante qualifie d'arbitraire la constatation susmentionnée au motif que, le logiciel X.________ VA ne pouvant pas fonctionner sans le logiciel Y.________, la page Internet ne pouvait concerner que le logiciel X.________ VO. Dans la mesure où la cour cantonale ne fait que constater que la pièce 111 des intimées ne précise pas s'il s'agissait de X.________ VA ou de X.________ VO, elle ne saurait s'exposer au grief d'arbitraire puisque tel est effectivement le cas. Pour le surplus, la déduction qu'elle a tirée de cette constatation sous l'angle de l'art. 42 al. 2 CO relève de l'application du droit privé fédéral et, partant, du recours en réforme (art. 84 al. 2 OJ). On perçoit mal, en tout état de cause, en quoi le fait que la page Internet concerne X.________ VO plutôt que X.________ VA - elle mentionne du reste encore un autre logiciel, dénommé W.________, à côté de X.________ - revêtirait de l'importance au regard de la déduction que les magistrats cantonaux ont tirée de la constatation en cause quant à l'image et à la crédibilité de la recourante. Le moyen tombe, dès lors, à faux. 4.3.7 La recourante fait encore grief à la cour cantonale d'avoir retenu qu'elle avait été informée, dès le mois de juin 1994, de la vente de Y.________ à J.________, lors d'une réunion à Paris. Elle lui reproche de n'avoir pas lu ou d'avoir mal lu la pièce invoquée à l'appui de cette constatation, à savoir une lettre de D.________ à A.________ du 30 novembre 1994 (pièce 62 A.________), et de s'être fondée sur cette lettre pour écarter une violation de l'art. 8 de l'accord du 3 août 1993 (cf. recours, ch. 69 à 71). Selon la recourante, la lettre produite par elle indiquerait seulement que A.________, selon les dires de D.________, aurait été informée, dès le mois de juin 1994, de la "prochaine" vente de Y.________ à J.________. Contrairement à ce qu'affirme l'intéressée, les juges genevois n'ont pas constaté que la recourante "a été informée", mais que "D.________ affirme que A.________ a été informée", ce qui n'est pas la même chose. Le grief s'en trouve privé de tout fondement puisqu'il vise une constatation que l'autorité cantonale n'a pas faite. Il est de toute façon incompréhensible, étant donné que la cour cantonale ne mentionne pas la lettre sus-indiquée à la page 55 de son arrêt, où elle serait censée avoir invoqué cette pièce pour écarter une violation de l'art. 8 de l'accord de distribution (cf. recours, ch. 71). Le grief, pour peu qu'il soit recevable, est de toute évidence mal fondé. 4.3.8 Dans un dernier moyen relatif aux preuves littérales, la recourante fait grief à la Cour de justice d'avoir prétendu, à la page 26, § 3 à 5, que A.________ aurait pu deviner, en voyant la mention "M.________ GENEVE" sur des téléfaxs envoyés par CC.________ en septembre et octobre 1994, que ce dernier travaillait pour L.________, filiale de J.________. L'affirmation des premiers juges, qui leur aurait permis d'écarter toute violation de l'art. 16 de l'accord du 3 août 1993, serait infirmée, selon elle, par la pièce 37 A.________ qui correspond à une lettre du 28 octobre 1994 dans laquelle le prénommé indique qu'il a rejoint L.________ conjointement avec BB.________, coauteur de cette missive (cf. recours, ch. 72 à 75). A nouveau, la recourante fait dire à la Cour de justice, sinon autre chose, du moins plus que ce qu'elle a voulu dire. Il suffit de lire les passages indiqués par elle de l'arrêt entrepris pour s'en convaincre. Les constatations qui y figurent, qu'il s'agisse des téléfaxs envoyés par CC.________ ou du contenu de la pièce 37, sont conformes aux éléments de preuve invoqués à leur appui. De surcroît, la recourante ne démontre pas en quoi la constatation des juges du fait concernant le moment où elle a été informée de l'engagement de CC.________ par L.________ a joué un rôle capital dans le refus par eux d'admettre une violation de l'art. 16 de l'accord de distribution. C'est du reste le contraire qui ressort du passage topique de l'arrêt cantonal (consid. 7.14, p. 61 s) et des explications fournies par les intimées (cf. réponse, ch. 86 s.). Cela étant, ce dernier moyen ne peut qu'être écarté, à l'instar des précédents. 4.4 Dans un second groupe de moyens, la recourante s'en prend à la manière dont la cour cantonale a retenu les dépositions des personnes qu'elle a entendues ainsi qu'aux constatations qu'elle en a tirées. 4.4.1 Le premier grief a trait au témoignage de DD.________, ancien employé de A.________, qui avait été mis à disposition de P.________, dans les locaux de cette dernière, pour corriger les anomalies et gérer le code source de X.________ VA. 4.4.1.1 D'une manière générale, la recourante reproche aux juges genevois d'avoir ajouté foi au dire de cette personne en passant sous silence le fait que celle-ci avait fait l'objet d'une dénonciation pour faux témoignage. Selon A.________, la seule lecture des procès-verbaux d'audience relatifs à la procédure pénale ouverte à la suite de cette dénonciation aurait dû permettre à la Cour de justice de se faire une opinion sur le comportement particulièrement inadmissible et arrogant affiché par le prénommé. Ces allégations péremptoires ne sont pas propres, en tant que telles, à fonder un grief d'arbitraire. Il est déjà faux de prétendre que les juges précédents ont purement et simplement ignoré la procédure pénale ouverte contre le témoin DD.________, puisqu'ils en font expressément état à la page 7 de leur arrêt en précisant que cette procédure a été classée par le Ministère public, le 22 octobre 2002, faute de prévention suffisante. Au reste, la recourante, méconnaissant une fois de plus les exigences en matière de motivation d'un recours de droit public, croit à tort qu'il suffit, pour étayer son affirmation touchant la crédibilité dudit témoin, de renvoyer le Tribunal fédéral à la lecture des procès-verbaux extraits du dossier pénal, qui couvrent plus de 30 pages (cf. recours, ch. 89). 4.4.1.2 En rapport avec la question du fichier technique, la recourante soutient que le témoignage fait par DD.________ devant le juge d'instruction est d'une importance capitale pour elle, dans la mesure où il prouve, de façon indubitable, qu'il y a eu piratage du logiciel X.________ VA (cf. recours, ch. 92 ss). Elle s'abstient toutefois de fournir la moindre indication en ce qui concerne le contenu de ce témoignage. Il s'ensuit l'irrecevabilité de son grief (art. 90 al. 1 let. b OJ). Pour le reste, le Tribunal fédéral renvoie aux remarques faites plus haut relativement au problème du fichier technique (cf. consid. 4.3.2). 4.4.1.3 Au dernier paragraphe de la page 16 de son arrêt, la Cour de justice constate que DD.________ procédait également aux révisions de X.________ VA en cas de modification de Y.________. Elle en déduit que les parties ne recouraient pas, sans que l'une ou l'autre ne le conteste, au début à tout le moins, à la procédure de révision formelle prévue par le contrat, plusieurs versions apparaissant chaque mois. Selon la recourante, la constatation de la cour cantonale concernant l'exécution des révisions, qui se fonde sur les dires du témoin DD.________, serait contredite par les pièces 27 et 55 produites par elle. Or, cette constatation et la déduction qu'en ont tirée les premiers juges auraient amené ceux-ci à exclure toute violation des art. 6.1.2 et 6.2 ter de l'accord du 3 août 1993. La pièce 27 A.________ ne contient ni le terme "révision" ni celui de "formelle". Aussi est-ce à tort que la recourante la qualifie de "courrier de P.________ à A.________ demandant une révision formelle". La pièce 55 A.________ irait plutôt dans le sens de la thèse défendue par la recourante. Toutefois, la constatation incriminée repose également sur un autre élément de preuve - la pièce 45 A.________ - que la recourante ne discute pas, alors qu'elle aurait dû démontrer que cette preuve littérale était totalement impropre à justifier la constatation en cause. La démonstration de l'arbitraire n'a donc pas été faite par l'intéressée. Quoi qu'il en soit, la constatation critiquée ne porte pas sur un fait propre à modifier la solution juridique retenue par les juges genevois. En effet, ces derniers ont estimé qu'il n'était pas établi que la modification de Y.________ nécessitait une révision de X.________, la recourante n'ayant pas prouvé que les blocages de ce logiciel, consécutifs à l'installation de la version 1.8-2 de Y.________, étaient dus à une incompatibilité entre les deux logiciels (arrêt attaqué, p. 54, consid. 7.7.2). En d'autres termes, pour écarter le moyen pris de la violation des art. 6.1.2 et 6.2 ter de l'accord du 3 août 1993, la Cour de justice n'a pas jugé déterminant le point de savoir si les parties recouraient ou non à une procédure de révision formelle, mais a fait fond sur l'absence de preuve quant à la nécessité de la mise en oeuvre d'une procédure de révision, quelle qu'en fût la nature. Et la prémisse de son raisonnement repose sur la constatation du défaut de preuve de l'incompatibilité, alléguée par la recourante, entre les deux logiciels. Or, sur ce dernier point, les griefs articulés dans l'acte de recours (ch. 99) ont déjà été rejetés plus haut (cf. consid. 4.3.4). Il n'est donc pas nécessaire d'y revenir. Ainsi, le grief se rapportant à la nature de la procédure de révision n'est pas fondé. 4.4.1.4 La recourante critique encore la constatation de l'autorité intimée selon laquelle D.________ n'a jamais eu d'accès direct au code source de X.________ VA (cf. arrêt attaqué, p. 17 in medio). Selon elle, le témoignage de DD.________, mentionné par la cour cantonale, est inexact dans la mesure où le témoin affirme faussement avoir été la seule personne ayant eu accès au code source de X.________ VA, puisqu'un autre ancien employé de A.________ - EE.________ - y avait également accès de par sa mission auprès de cette société. D'ailleurs, les autres témoignages retenus par la Cour de justice (BB.________, CC.________ et CD.________) n'indiqueraient pas que D.________ n'a jamais eu d'accès direct au code source. Les juges précédents n'auraient en outre pas réalisé que cet accès pouvait avoir lieu de façon indirecte. Aussi auraient-ils dû admettre, sous peine de tomber dans l'arbitraire, que, de façon directe ou indirecte, P.________ avait eu accès au code source de X.________ VA (cf. recours, ch. 100 à 103). Pour démontrer le caractère insoutenable de la constatation incriminée, la recourante aurait dû indiquer, à tout le moins, des éléments de preuve concrets et décisifs permettant de conclure que D.________ avait effectivement eu un accès direct au code source de X.________ VA. Au lieu de quoi, elle se contente d'affirmer que ladite société, plus précisément P.________, a eu accès, d'une manière ou d'une autre, à ce code source. Cette seule affirmation est tout à fait insuffisante au regard de l'exigence de motivation d'un recours de droit public pour arbitraire. Au demeurant, la constatation critiquée n'apparaît pas insoutenable sur le vu des éléments de preuve indiqués dans l'arrêt attaqué. En particulier, lorsque BB.________ et CD.________ déclarent qu'ils n'avaient pas accès au code source et que CC.________ indique ne pas penser que P.________ y ait eu accès, ils confortent la cour cantonale dans son appréciation du point de fait litigieux. Celle-ci a du reste également assis sa constatation sur une autre circonstance, que la recourante passe sous silence, à savoir la mise en place, par les signataires de l'accord de distribution, d'une convention de séquestre, précisément parce que D.________ ou P.________ n'avaient pas accès au code source. La recourante reproche, en outre, à l'autorité intimée de n'avoir pas réalisé que l'accès au code source pouvait avoir lieu de façon indirecte par le truchement des ex-employés de A.________ qui avaient développé le logiciel X.________ VA et étaient ensuite partis travailler pour le groupe O.________ (cf. recours, ch. 102). Telle qu'énoncée, sans référence aucune à un élément de preuve concret, cette critique est irrecevable, sans compter que l'on ignore si son auteur avait allégué, devant l'instance cantonale, que l'accès au code source s'était fait ou avait pu se faire de façon indirecte. On ne peut d'ailleurs pas affirmer, sur le vu de la page 17 de l'arrêt entrepris, que l'hypothèse d'un accès indirect au code source de X.________ VA n'ait pas été envisagée par les premiers juges. Qu'ils qualifient de "direct" cet accès laisse présumer que, dans leur esprit, la possibilité n'était pas exclue que le code source ait pu être obtenu d'une autre manière. Ils font du reste eux-même état d'une telle possibilité qu'ils estiment cependant théorique et coûteuse. De même, la situation particulière de EE.________, relativement au code source, ne leur a pas échappé. Il appartenait, au demeurant, à la recourante d'indiquer en quoi le fait que les intimées aient eu accès au code source, par hypothèse, impliquait nécessairement qu'elles avaient commis l'une ou l'autre des violations qu'elle leur impute. A cet égard, la simple référence aux passages topiques de l'arrêt attaqué (cf. recours, ch. 103) n'est pas propre à établir ce lien de cause à effet. Le grief relatif à l'accès au code source sera donc rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 4.4.1.5 Il en ira de même en ce qui concerne le moyen concernant la question de l'origine du blocage de X.________ VA - installation de clés d'accès ou incompatibilité entre ce logiciel et la version 1.8-2 de Y.________ - (cf. recours ch. 103 à 107), la recourante n'apportant pas d'éléments nouveaux par rapport à ceux qui ont déjà été discutés plus haut (cf. consid. 4.3.4). 4.4.2 Sous le titre: "Témoignages des employés du groupe O.________, de L.________ et de J.________", la recourante s'en prend ensuite à la manière dont les juges cantonaux ont apprécié les dépositions de huit personnes travaillant pour le compte de l'une de ces sociétés (cf. recours, ch. 108 à 191). 4.4.2.1 4.4.2.1.1 La recourante fait grief à la cour cantonale d'avoir qualifié de témoin le dénommé BB.________, directeur général de K.________ SA, qu'elle a entendu en qualité de partie. Elle lui reproche d'avoir pris pour argent comptant les déclarations faites par cette personne. Qualifier une personne de témoin au lieu de partie est assurément le fruit d'une inadvertance manifeste qui doit, en principe, être rectifiée dans la procédure du recours en réforme. On peut d'ailleurs se demander si la Cour de justice a véritablement commis l'erreur qui lui est reprochée. En effet, elle n'utilise apparemment pas l'expression "témoin BB.________" dans le texte de son arrêt, mais se sert uniquement de l'abréviation "tém." lorsqu'elle indique, entre parenthèses, les éléments de preuve sur lesquels elle assoit l'une de ses constatations. Il peut tout aussi bien s'être agi pour elle d'un moyen de simplifier ses citations, l'abréviation "tém." étant alors utilisée en remplacement du terme générique "témoignage", censé englober à la fois les dépositions des personnes entendues comme parties et celles des personnes entendues comme témoins. La recourante utilise du reste elle-même un tel procédé simplificateur lorsqu'elle se réfère, à propos d'un autre organe de K.________ SA, au "témoignage d'une partie au procès" (cf. recours, ch. 123). De toute manière, supposée avérée, l'erreur commise par les magistrats cantonaux ne revêtirait de l'importance que si ceux-ci s'étaient reposés, les yeux fermés, sur les dires de la personne entendue comme partie pour poser leurs constatations de fait. Il s'agit là d'une question relevant de l'appréciation des preuves, qui pouvait être soulevée dans le présent recours et qui appelle une réponse négative pour les motifs indiqués ci-après. 4.4.2.1.2 A la page 10 in fine de son arrêt, la cour cantonale écrit ceci: "L'utilisation de X.________ VA devait notamment permettre à Y.________ de fonctionner sur un mode dynamique". Selon la recourante, l'autorité intimée, en posant cette constatation sur la base de la déposition de sieur BB.________, aurait fait une confusion entre mode dynamique/statique et calcul dynamique/statique. En effet, ce ne serait pas un logiciel qui fonctionnerait sur un mode dynamique ou statique, mais l'une de ses fonctions qui permet un calcul dynamique ou statique. Force est de souligner d'emblée que la Cour de justice ne mentionne aucun élément de preuve à la suite de la phrase précitée. Le lien entre cette phrase et la déposition de BB.________ n'est ainsi pas immédiatement perceptible. Il l'est d'autant moins que la recourante n'indique pas le passage de cette longue déposition auquel elle se réfère (cf. recours, ch. 111). Pour le reste, outre que la recourante qualifie d'"inexacte" la manière dont la cour cantonale a présenté les deux logiciels - ce qui ne signifie pas encore "arbitraire" -, elle ne démontre en rien en quoi l'utilisation du mot "mode" à la place de "calcul" rendrait insoutenable la constatation litigieuse. C'est le lieu de souligner que la recourante introduit ici un distinguo dont la compréhension suppose assurément des connaissances techniques particulières que ne possèdent, en principe, pas les simples utilisateurs de l'outil informatique, tels les juges. Dès lors, on peut s'étonner qu'elle n'ait pas requis la mise en oeuvre d'un expert pour éviter aux magistrats genevois de reprendre à leur compte la présentation prétendument erronée des deux logiciels faite par BB.________ lors de sa déposition. 4.4.2.1.3 En ce qui concerne le code source, la Cour de justice, comme on l'a déjà relevé, précise qu'il est possible de le retrouver à partir de son code objet, mais que cette possibilité "est surtout théorique et induit un coût élevé". Elle invoque, sur ce point, l'autorité du témoin BB.________ (arrêt attaqué, p. 17 in fine). La recourante lui reproche de n'avoir pas vu que cette constatation serait contredite par le témoin EE.________, qui a indiqué: "Lorsqu'on a accès au code source, il est techniquement possible de le déménager" (cf. recours, ch. 118). Il n'apparaît pas que la constatation critiquée soit totalement infirmée par les dires du témoin EE.________, dont la recourante met du reste en doute la crédibilité (cf. recours, ch. 196 ss), au point de ne plus être soutenable. En effet, le témoin ne précise pas si le déménagement du code source est une opération délicate ou aisée, ni quel en est le coût. Au demeurant, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué qu'un tel déménagement ait eu lieu, ni même que la recourante en ait allégué l'existence. 4.4.2.1.4 S'agissant enfin de la constatation relative aux dysfonctionnements ayant affecté X.________, l'autorité intimée ne l'a pas faite sur la base de la seule déposition de BB.________, contrairement à ce que semble vouloir insinuer la recourante (cf. recours, ch. 119), mais en s'appuyant sur d'autres éléments de preuve encore (cf. arrêt attaqué, p. 18 let. a). Pour le reste, on renverra la recourante aux explications données plus haut pour ce qui est de l'incompatibilité, alléguée par elle (cf. recours, ch. 120), entre cette constatation et les pièces 27, 55 et 29 à 32 A.________ (cf. consid. 4.3.3 et 4.3.4). 4.4.2.2 La recourante taxe d'arbitraire la constatation, faite à la page 10, 1er §, de l'arrêt attaqué, selon laquelle X.________ ne présentait pas de particularité par rapport aux modules de performance concurrents existant sur le marché. Cette constatation, tirée de la déposition de GG.________, sous-directeur de K.________ SA, entendu à titre de renseignements, serait contredite par les dires des témoins EE.________, II.________ et HH.________. Elle aurait permis à la Cour de justice d'écarter une violation de la loi sur le droit d'auteur, au motif notamment que X.________ VA ne présentait pas un degré d'individualité très élevé. (cf. recours, ch. 121 à 125). EE.________ a déclaré que le logiciel permettait une grande finesse de résultat ainsi qu'une analyse dynamique; II.________, qu'il était hautement spécialisé; HH.________, qu'il s'agissait d'un produit nouveau qui n'était pas connu sur le marché suisse romand. Aucune de ces dépositions ne traite spécifiquement de la particularité de X.________ VA par rapport aux modules concurrents et le fait qu'un produit ne soit pas connu sur tel marché n'implique pas nécessairement qu'il présente une particularité par rapport aux produits concurrents. La constatation en cause ne comporte ainsi rien d'insoutenable au regard de ces trois dépositions. De plus, elle ne repose pas uniquement sur le dire de sieur GG.________, puisque la cour cantonale invoque aussi, à son appui, la déposition de JJ.________. Quoi il en soit, il n'est pas démontré que cette constatation ait influé sur la décision prise par la cour cantonale. En effet, celle-ci admet que le logiciel X.________ VA est protégé par la loi sur le droit d'auteur en dépit du fait qu'il ne présente pas de particularités par rapport aux logiciels développés entre 1993 et 1995 (arrêt attaqué, consid. 6.3.1 p. 48). Pour le surplus, il suffit de lire le 1er § de la page 50 de l'arrêt querellé, en le replaçant dans son contexte, pour constater que, si l'autorité intimée y relève certes le faible degré d'individualité de X.________ VA, ce n'est pas principalement pour ce motif qu'elle a exclu toute violation de ladite loi. 4.4.2.3 La cour cantonale se voit encore reprocher par la recourante d'avoir cité, aux pages 10, 1er §, et 27, dernier §, de son arrêt, des passages de la déposition de JJ.________ favorables à la thèse des intimées, tout en en omettant d'autres qui contredisaient cette thèse, notamment sur la question de l'origine des blocages de X.________ VA (cf. recours, n. 126 à 129). Le grief est sans fondement. Outre que le juge cantonal n'est pas tenu de citer dans son arrêt l'intégralité d'une déposition versée au dossier, on ne peut pas soutenir, comme le fait la recourante, que les extraits du témoignage de cette personne cités dans l'acte de recours établissent sans conteste l'origine du blocage. Au sujet de cette question, JJ.________ fait d'ailleurs précéder de l'expression "sauf erreur" l'exposé de sa version du déroulement des faits. 4.4.2.4 4.4.2.4.1 A la page 10, 4e §, de son arrêt, la cour cantonale, se fondant sur une déclaration du témoin II.________, constate que "ces logiciels sont essentiels pour l'activité des banques et il est indispensable qu'elles puissent en bénéficier de manière permanente, faute de quoi leurs activités seraient mises en péril". Et les juges genevois de poursuivre, quelques pages plus loin, en se référant aux dépositions de la même personne ainsi qu'à celles de BB.________: "Il arrivait cependant que D.________ acquière, pour des clients qui souhaitaient obtenir Y.________, des licences pour X.________ VA, puisque les deux logiciels devaient être achetés ensemble, mais que ces clients n'utilisent pas X.________ VA" (arrêt attaqué, p. 15, 3e §). La recourante voit une contradiction irréductible entre ces deux constatations. Selon elle, soit la cour cantonale retenait une version (X.________ VA est indispensable), soit elle retenait la version contraire (X.________ VA n'est pas indispensable); mais il fallait en tout cas qu'elle justifiât son choix, sous peine de verser dans l'arbitraire. A cet égard, toujours selon la recourante, il semble bien que, contrairement à ce que soutient le témoin II.________, les banques pouvaient utiliser le logiciel Y.________ sans X.________ VA, et ne pas pas mettre pour autant leurs activités en péril. C'est ce qu'illustrerait le cas de la banque S.________, que l'autorité intimée n'aurait pas compris et qui l'a amenée à écarter toute violation de l'art. 2 (b) de l'accord du 3 août 1993 (cf. recours, ch. 130 à 139). A l'instar de la cour cantonale, force est de mettre en évidence le caractère confus des explications fournies par la recourante, sur un mode appellatoire d'ailleurs, au sujet du cas de ladite banque. De fait, on perçoit mal en quoi le cas de cet établissement bancaire, qui n'est mentionné dans aucun des deux passages précités de l'arrêt cantonal, serait pertinent pour établir la contradiction censée exister entre les deux constatations visées dans l'acte de recours. Que ces deux constatations soient inconciliables, cela reste encore à démontrer. La première d'entre elles traite de "ces logiciels". L'utilisation du pluriel de même que le contenu de la phrase dans laquelle ces termes sont utilisés donnent à penser que la Cour de justice a entendu souligner le fait que, à l'heure actuelle, aucun établissement financier de gestion de patrimoine et de fortune (private banking) ne pourrait se passer de logiciels spécialisés tels que ceux qui forment l'objet du présent litige. Ainsi comprise, la première constatation ne serait nullement incompatible avec la seconde, tant il est vrai qu'une banque privée, si elle ne peut plus travailler sans l'aide d'un logiciel bancaire, peut, en revanche, se contenter d'un logiciel bancaire moins performant que ne l'est le logiciel X.________ VA. Cette possibilité de réduire la prétendue contradiction entre les deux constatations apparemment antagonistes n'a, semble-t-il, pas échappé à la recourante, dès lors que celle-ci, pour faciliter sa démonstration, précise que les termes "ces logiciels" se rapportent à "X.________ VA" (cf. recours, ch. 130, p. 63), précision qui modifie effectivement le sens de la phrase en question. L'inconséquence imputée à la Cour de justice n'est ainsi pas établie. 4.4.2.4.2 La recourante fait encore grief aux juges précédents d'avoir retenu, sur la base du témoignage de II.________, qui n'avait rien dit de tel, que le problème de blocage de X.________ VA venait uniquement du fait que A.________ avait installé une clé d'accès (cf. recours, ch. 140 à 143). En réalité, dans le passage de son arrêt invoqué par la recourante, la cour cantonale ne fait qu'exposer la thèse des défenderesses ("Selon les défenderesses ..."). Pour le surplus, on a déjà relevé plus haut qu'elle n'a pas pris parti pour l'une des deux thèses en présence, s'agissant de déterminer l'origine du blocage de X.________ VA, mais qu'elle a basé son raisonnement sur la règle générale relative au fardeau de la preuve. Sur ce point aussi, le recours est infondé. 4.4.2.5 4.4.2.5.1 Se basant sur le dire du témoin CC.________, la Cour de justice constate que l'installation de X.________ VA chez les clients se faisait par A.________ (arrêt attaqué, p. 15 in fine). La recourante qualifie cette affirmation de totalement fausse. Selon elle, il suffirait de se référer aux rapports trimestriels établis par la même personne pour voir que c'était bien le groupe O.________ qui était chargé d'installer X.________ VA chez les clients, en conformité du reste avec l'art. 3.7 de l'accord du 3 août 1993 (cf. recours, ch. 144 à 150). Force est d'observer d'emblée que la recourante n'indique pas en quoi la constatation critiquée a influé sur la solution retenue par la cour cantonale. Insuffisamment motivé, le recours est dès lors irrecevable sur ce point. De toute façon, il n'appartient pas à la juridiction constitutionnelle d'aller rechercher elle-même, dans les rapports trimestriels invoqués en bloc par la recourante, des éléments concrets susceptibles de confirmer les dires de celle-ci. Au demeurant, qu'une clause du contrat prévoie telle modalité d'installation n'exclut pas, à priori, que, dans les faits, les parties aient procédé différemment d'un commun accord. 4.4.2.5.2 Sous chiffre 150 de son acte de recours, A.________ écrit ceci: "Selon la Cour, le témoin aurait dit ce qui suit: «D.________ n'a jamais eu d'accès direct au code source»". A suivre la recourante, cette citation, tronquée, serait arbitraire dans la mesure où CC.________ n'a jamais rien affirmé de tel. La recourante a mal lu le passage topique de l'arrêt entrepris (p. 17 in medio). En effet, il suffit de lire celui-ci pour constater que la cour cantonale ne met pas l'affirmation contestée dans la bouche du témoin - elle n'utilise pas les guillemets -, mais qu'elle procède à une constatation en invoquant différents éléments de preuve, au nombre desquels figure la déposition de CC.________. La critique de la recourante s'en trouve privée de tout fondement. Pour le reste, on renverra aux motifs, exposés plus haut, par lesquels le Tribunal fédéral a écarté le grief d'arbitraire en tant qu'il visait la susdite constatation (cf. consid. 4.4.1.4). 4.4.2.5.3 En dernier lieu, la recourante cite un extrait de la déposition du témoin CC.________, censé établir que les dysfonctionnements constatés chez les clients n'étaient pas le seul fait de X.________, pour en déduire que la cour cantonale n'aurait retenu que les déclarations du témoin défavorables à A.________ (cf. recours, ch. 157 à 161). Il ne s'agit là, toutefois, que d'un procès d'intention et la recourante, qui ne précise pas quelle constatation de fait concrète elle entend contester, invoque à l'appui de ses dires un passage de la déposition du témoin qui n'a rien de concluant. Il n'y a pas là de quoi fonder un grief d'arbitraire. 4.4.2.6 4.4.2.6.1 Au dernier paragraphe de la page 16 de son arrêt, la Cour de justice pose la constatation suivante: "les parties ne recouraient ainsi pas, sans que l'une ou l'autre ne le conteste, au début à tout le moins, à la procédure de révision formelle prévue par le contrat, plusieurs versions apparaissant chaque mois". La recourante lui fait grief d'avoir inventé cette citation (cf. recours, ch. 165). Derechef, elle voit - à tort - une citation de la déposition du témoin VV.________ là où l'autorité intimée se contente d'une référence à ce témoignage pour étayer sa propre constatation. De citation il n'y a donc pas, et encore moins d'inventée, puisque le témoin a bien affirmé qu'"il y avait plusieurs versions par mois". Certes, il n'a pas dit expressément que les parties ne recouraient pas à la procédure formelle prévue par le contrat. Cependant, la lourdeur de cette procédure, telle qu'elle ressort de la lecture de l'art. 6.1.2 de l'accord du 3 août 1993, rendait, selon toute vraisemblance, impossible son utilisation pour l'installation de plusieurs versions par mois. C'est sans doute ce que les premiers juges ont voulu dire en posant la constatation critiquée et en l'étayant par une référence au témoignage de VV.________. Quoi qu'il en soit, il a été indiqué, plus haut, que ladite constatation n'a pas eu d'incidence sur le sort du litige (cf. consid. 4.4.1.3). 4.4.2.6.2 Dans une argumentation purement appellatoire et peu claire, fondée sur la citation d'extraits sélectionnés de la déposition du témoin VV.________, la recourante tente de démontrer que les intimées auraient développé le module de performance de Y.________ en utilisant indûment le module de performance de X.________ VA. Elle reproche à la cour cantonale, dans ce contexte, de n'avoir pas invité les intimées à prouver leurs allégations selon lesquelles le développement du module de performance de Y.________ aurait été effectué d'une autre façon (cf. recours, ch. 168 à 180). La recourante n'indique pas à quelle constatation de fait concrète elle s'attaque. Cela suffit à rendre son grief irrecevable. La même conclusion s'impose, en outre, vu l'art. 84 al. 2 OJ, dans la mesure où la recourante invoque implicitement une violation de la règle générale concernant le fardeau de la preuve, tirée de l'art. 8 CC. 4.4.2.7 Fort du témoignage de KK.________, la Cour de justice relève, à la page 16, dernier paragraphe, de son arrêt, que toute modification de Y.________ ne nécessite pas une révision de X.________ VA, une révision n'étant nécessaire que si des éléments communs aux deux logiciels sont touchés. La citation mise en exergue par A.________ sous chiffre 184 de son mémoire de recours n'a rien d'incompatible avec la constatation qu'en ont tirée les premiers juges, sauf à dire que le témoin utilise le terme "adaptation" à la place de "révision". En particulier, il ne ressort pas des dires du témoin qu'une procédure de révision serait nécessaire lorsqu'une modification ne touche pas des éléments communs aux deux logiciels. De toute façon, comme on l'a déjà fait remarquer à propos du témoignage de VV.________ (cf. consid. 4.4.2.6.1), la constatation incriminée ne porte pas sur un fait ayant déterminé le sort du litige. Partant, le moyen sera écarté. 4.4.2.8 La recourante reproche enfin à l'autorité intimée d'avoir fait fond sur le témoignage de OO.________, qui était à l'époque la juriste du groupe O.________ et qui n'avait prétendument aucune compétence technique, pour admettre que des dysfonctionnements étaient apparus dans X.________ VA et que le blocage de ce logiciel venait de l'installation non permanente d'une clé d'accès. L'admission sans réserve d'un tel témoignage indiquerait clairement que les juges genevois entendaient épouser la thèse des intimées, sans même procéder à une appréciation des preuves. On laissera à la recourante la responsabilité de cette dernière affirmation. Pour le reste, la référence au témoignage de OO.________, en ce qui concerne la question des clés d'accès, apparaît dans un passage de l'arrêt attaqué où la cour cantonale se borne à exposer la thèse des intimées (arrêt attaqué, p. 19, 2e §); elle est donc à sa place. L'autorité intimée, il est vrai, utilise aussi le témoignage de cette personne pour étayer son affirmation relative aux dysfonctionnements affectant X.________ VA (arrêt attaqué, p. 18, 1er §), ce qui est déjà plus discutable. Toutefois, comme on l'a exposé plus haut, la constatation critiquée, qui ne se fonde pas uniquement sur le témoignage de l'ancienne juriste du groupe O.________, résiste au grief d'arbitraire (cf. consid. 4.3.3., 3e §). 4.4.3 La recourante soulève enfin un certain nombre de griefs en ce qui concerne les "témoignages des anciens employés de A.________ débauchés par le groupe O.________" (cf. recours, ch. 192 à 214). 4.4.3.1 A titre de remarque préalable, la recourante allègue que tous les employés de A.________ ayant conçu et développé le logiciel X.________ VA et ayant eu, par là même, accès au code source dudit logiciel ont été débauchés par le groupe O.________. Il s'agirait de DD.________ et de EE.________, entendus comme témoins, ainsi que de trois autres personnes (LL.________, MM.________ et NN.________) qui n'ont pas été entendues (cf. recours, ch. 192 à 196; voir aussi ch. 79 à 81). Cette allégation ne correspond à aucune constatation figurant dans l'arrêt attaqué, puisque la cour cantonale n'utilise pas le terme "débauchés" et ne cite pas les noms de LL.________, MM.________ et NN.________. Elle est donc nouvelle et, partant, irrecevable dans un recours de droit public pour arbitraire (cf. ATF 124 I 208 consid. 4b p. 212; 121 I 367 consid. 1b p. 370; 113 Ia 225 consid. 1b/bb p. 229 et les arrêts cités). Que la recourante mette en doute la crédibilité de la plupart des témoins entendus dans la présente procédure confirme, au demeurant, si besoin est, la nécessité qu'il y aurait eu de faire éclaircir la situation de fait par un expert neutre. Si elle n'a pas requis la désignation d'un spécialiste de l'informatique offrant toutes les garanties du point de vue tant de l'objectivité que des connaissances techniques, la recourante ne peut pas imputer cet état de choses aux magistrats genevois. C'est elle, au contraire, qui doit se laisser opposer l'absence de preuve en résultant sur un certain nombre de faits juridiquement pertinents. 4.4.3.2 Se concentrant sur le témoignage de EE.________, la recourante revient, à cette occasion, sur la confusion qui aurait été faite par la Cour de justice entre mode statique/dynamique et calcul statique/dynamique (cf. recours, ch. 198 à 203). Cette question a déjà été examinée plus haut et les remarques faites ci-dessus au sujet de la prétendue confusion commise par la cour cantonale s'appliquent ici également, mutatis mutandis, la recourante n'avançant pas d'argument nouveau par rapport à ses précédentes critiques sur ce point (cf. consid. 4.4.2.1.2). 4.4.3.3 On peut également renvoyer aux observations faites plus haut en ce qui concerne l'accès au code source (cf. consid. 4.4.1.4 et 4.4.2.1.3). Il convient de souligner, à cet égard, que la Cour de justice retient expressément que EE.________ a eu accès au code source, lorsqu'il travaillait chez A.________, et qu'ayant quitté cette société en octobre 1993, il a ensuite travaillé pour le compte de O.________ et de L.________, en tant que consultant externe d'abord, puis comme employé (arrêt attaqué, p. 17, 3e § in fine). Toutefois, ainsi que le soulignent avec raison les intimées dans leur réponse (ch. 132), cette seule constatation n'implique pas nécessairement, quoi qu'en dise la recourante (cf. recours, ch. 207 et 208), que les intimées aient eu accès au code source de X.________ VA. En effet, on ne perçoit pas en quoi le témoignage de EE.________, ou un autre élément de preuve, imposerait de manière indubitable une telle conclusion, nonobstant les dénégations des intimées. Avoir eu accès au code source du logiciel de son ex-employeur ne signifie pas automatiquement avoir remis ce code source à son nouvel employeur. Dans ce sens, la cour cantonale relève expressément qu'il n'est pas établi que EE.________, qui avait eu accès au code source de X.________ VA lorsqu'il travaillait chez A.________, ait transmis des informations à ce sujet à O.________ et L.________, ses nouveaux employeurs (arrêt attaqué, consid. 7.11.3, p. 58). D'ailleurs, sauf à n'y voir qu'une démarche relevant de la pure tactique procédurale, ce qui reste à démontrer, on peut se demander pour quel motif D.________ aurait déposé une requête de mesures provisionnelles afin d'être autorisée à accéder au code source de X.________ VA, comme elle l'a fait le 14 mars 1995, si elle avait déjà été en possession du code source grâce à EE.________. 4.4.3.4 En dernier lieu, la recourante, citant des passages choisis par elle de la déposition du témoin EE.________, reproche aux premiers juges d'avoir passé sous silence le fait que cette personne, d'une part, n'avait pas eu un rôle passif dans le développement du module de performance de Y.________ et, d'autre part, avait admis qu'un autre ex-employé de A.________ (NN.________) avait collaboré au développement de ce module (cf. recours, ch. 209 à 214). Ce dernier grief revêt un caractère purement appellatoire. De plus, la recourante ne précise pas si et, le cas échéant, dans quelle écriture elle a allégué les faits qu'elle reproche à la cour cantonale d'avoir passés sous silence. Cet ultime moyen sera donc lui aussi écarté, à l'instar des précédents.