Citation: 1B_232/2016 E. 4

La recourante soutient également que le principe de célérité devait amener le Ministère public à mettre fin sans délai à l'instruction dirigée contre elle et à la renvoyer en jugement sans attendre l'identification du commanditaire puis l'interpellation de celui-ci et de l'autre mule et leur confrontation. La cour cantonale aurait retenu à tort qu'elle n'avait pas soulevé de grief en lien avec la violation du principe de célérité et dénonce un établissement inexact et arbitraire des faits pertinents. De plus, en ne se prononçant pas sur ce grief, elle aurait violé son droit d'être entendue tel qu'il est garanti aux art. 3 al. 2 let. c CPP, 29 al. 2 Cst. et 6 CEDH. La cour cantonale a vérifié si le principe de célérité avait été violé uniquement au regard de la conduite de l'instruction après avoir relevé que la recourante ne soutenait ni dans son acte de recours ni dans sa réplique que ce principe aurait été violé. Il n'a en revanche pas examiné la question sous l'angle invoqué par la recourante. On peut se demander si elle ne se recoupait pas avec la violation alléguée de l'art. 221 al. 1 CPP. Peu importe en définitive car le grief est de toute manière infondé. La nature de l'infraction examinée ne peut être ignorée. La recourante est impliquée dans un trafic international de stupéfiants. Ce chef de prévention induit généralement l'implication d'un grand nombre de personnes, avec des rôles plus ou moins importants. L'identification des protagonistes, l'organisation des auditions et des confrontations en découlant ont donc nécessairement un impact sur la durée de l'instruction, ainsi que d'ailleurs, le cas échéant, sur l'existence d'un risque de collusion (arrêt 1B_20/2016 du 4 février 2016 consid. 3.2). De plus, lorsque plusieurs personnes sont impliquées dans une même affaire, elles doivent en principe être jugées simultanément. Cette solution s'explique pour des raisons d'économie de procédure, mais aussi pour permettre une vision d'ensemble, pour éviter que chacun des accusés, en comparaissant seul, ne puisse jeter la responsabilité sur les autres, et pour permettre une égalité de traitement au stade de la fixation de la peine. La cause formant un tout, on ne saurait dire que le principe de la célérité a été violé parce que certaines opérations effectuées concernaient d'autres personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants et non pas la recourante elle-même (cf. ATF 124 I 139 consid. 2c p. 143). Il est vrai que le principe de célérité peut commander de faire exception au principe de l'unité de la procédure ancré à l'art. 29 CPP et justifier une disjonction de causes (arrêt 1B_684/2011 du 21 décembre 2011 consid. 3.2 auquel se réfère la recourante). Cette exception n'entre pas en considération au stade actuel de la procédure où il est encore justifié d'attendre l'issue des mesures d'instruction en cours. Cela étant, la recourante ne saurait exciper en l'état d'une violation du principe de célérité pour réclamer la clôture de l'instruction et son renvoi immédiat en jugement, voire sa libération immédiate pour ce motif. La question pourrait se poser si les mesures d'instruction en cours ne devaient pas permettre de faire progresser l'enquête et d'identifier le commanditaire pour qu'il puisse être entendu rapidement à propos du rôle exact joué par la recourante dans le trafic de stupéfiants. Dans cette hypothèse, il appartiendra au Ministère public de clore rapidement l'instruction et de renvoyer la recourante en jugement.