Citation: 2A.69/2007 10.05.2007 E. 4

En l'espèce, la Cour de céans estime, comme l'autorité intimée (cf. décision attaquée, chiffre 17 p. 7), qu'il est hautement vraisemblable que la recourante est arrivée en Suisse en avril 1999. Cette dernière a résidé illégalement à Genève depuis cette date et est au bénéfice d'une tolérance depuis décembre 2002. Elle ne saurait donc se prévaloir d'un long séjour régulier dans ce pays (sur la notion de séjour régulier, cf. ATF 120 Ib 360 consid. 3b p. 367). Les circonstances de sa venue en Suisse ne sont pas claires et il est possible qu'elle y ait été emmenée indépendamment de sa volonté. Quoi qu'il en soit, même abstraction faite de l'illégalité de son séjour, il ne ressort pas du dossier que l'intéressée ait avec la Suisse des attaches si étroites qu'elles pourraient fonder un cas personnel d'extrême gravité. Elle semble certes s'être adaptée à ce pays, sans pour autant faire preuve d'une intégration hors du commun. Elle fait un apprentissage d'ébéniste et, soutenue par l'assistance publique, elle n'est pas autonome sur le plan financier. Elle est en outre en conflit avec les membres de sa famille qui se trouvent en Suisse, soit sa tante et ses cousins, chez lesquels elle a habité pendant près de quatre ans. La recourante a en revanche toute sa proche famille dans son pays d'origine, soit sa mère et son beau-père ainsi qu'un frère aîné et cinq frères et soeurs plus jeunes qu'elle; elle est née d'une relation hors mariage de sa mère et le mari de sa mère est devenu son père légitime à la suite d'un jugement de légitimation d'enfants du 13 avril 1986. L'intéressée a vécu jusqu'à l'âge de dix-huit ans au Cameroun, c'est-à-dire toute sa jeunesse, ce qui est essentiel car c'est durant ces années que se forge la personnalité, en fonction notamment de l'environnement culturel; elle y avait au demeurant commencé une école de sculpture. Un retour dans son pays ne saurait donc représenter pour elle un véritable déracinement. La recourante allègue qu'elle "serait exposée à de très graves menaces en cas de renvoi dans son pays d'origine", vu les circonstances de son arrivée en Suisse et sa fuite de chez sa tante ainsi que la procédure qu'elle a intentée contre cette dernière devant le Tribunal des prud'hommes; elle serait également violemment rejetée par sa famille, avec laquelle elle entretiendrait des relations conflictuelles (cf. son courrier du 26 août 2005 adressé au Département fédéral). L'autorité intimée a relevé que les affirmations de l'intéressée restaient au stade de la pure allégation, n'étant confirmées par aucun indice probant. Or, si les arguments de la recourante sont malaisés à vérifier, ils sont également difficiles à prouver. A supposer que les menaces dont la recourante soutient être l'objet de la part de ses proches soient réelles, il n'en demeure pas moins que celles-ci, aussi regrettables qu'elles soient, ne peuvent pas justifier à elles seules une exemption des mesures de limitation (cf. ATF 125 II 105 consid. 3b p. 112); si les menaces devaient perdurer à son retour au Cameroun, l'intéressée pourrait saisir les autorités de police compétentes de son pays. Par ailleurs, s'agissant du "rejet" familial dont la recourante assure être la victime, elle se trouverait simplement dans la même situation que toute personne vivant une relation conflictuelle avec sa famille; cela ne saurait constituer en soi un cas personnel d'extrême gravité. Au demeurant, l'on peut en règle générale attendre d'une personne de l'âge de l'intéressée (vingt-cinq ans) qu'elle mène une existence indépendante de ses parents ainsi que de ses frères et soeurs. Dès lors, une exception aux mesures de limitation au sens de l'art. 13 lettre f OLE n'est pas justifiée. La recourante est actuellement en deuxième année d'apprentissage d'ébéniste à Genève. Son contrat, d'une durée de quatre ans, prendra fin le 31 juillet 2009 (cf. attestation pour l'année 2006/2007 annexée au recours). On peut se demander si elle pourrait obtenir une autorisation de séjour de courte durée pour terminer sa "formation professionnelle de base". Il n'est toutefois pas certain qu'elle remplisse toutes les conditions d'une telle autorisation, notamment en ce qui concerne son indépendance financière (cf. art. 31 lettre e OLE). Quoi qu'il en soit, la question peut rester indécise dans la mesure où la présente procédure ne concerne que l'exemption de l'intéressée des nombres maximums prévue par l'art. 13 lettre f OLE.