Citation: 1B_156/2023 E. 1

Le 22 novembre 2022, A.________ a écrit au Procureur pour lui dire qu'il rencontrait quelque problème avec son défenseur d'office qui refusait de remettre le dossier à son nouvel avocat. Il demandait une copie du dossier pour le remettre personnellement à ce dernier. Invité à se déterminer, Me B.________ a constaté qu'il n'y avait pas de rupture du lien de confiance avec son mandant et qu'une révocation du mandat d'office ne se justifiait pas en l'état. Il réitérait au surplus sa demande de copie du dossier pour pouvoir l'envoyer au prévenu. Le 17 décembre 2022, Me Cédric Kurth a fait état de griefs que lui aurait confiés A.________ concernant son avocat d'office, alléguant qu'il ne détenait toujours pas de copie de son dossier, son conseil lui ayant indiqué devoir débourser la somme de 300 fr. pour en obtenir une, que ce dernier avait envoyé un avocat-stagiaire pour préparer une audience par-devant le Ministère public, qu'il avait tardé à faire les démarches nécessaires pour obtenir une copie de son dossier auprès du Service médical de la Prison, que les entretiens étaient courts et porteraient plus sur des préoccupations sociales que sur sa défense et qu'il lui aurait déclaré qu'il pouvait changer d'avocat, mais qu'il devrait le rémunérer. Invité à prendre position, Me B.________ a confirmé qu'il n'y avait pas rupture du lien de confiance. Il contestait en outre les accusations formulées à son encontre, qui ne correspondaient pas à la réalité et n'étaient pas établies. Le 3 janvier 2023, Me Cédric Kurth a transmis au Ministère public un courrier que A.________ a adressé le 26 décembre 2022 à l'avocat-stagiaire de l'étude de Me B.________ pour l'informer qu'il n'entendait plus que celui-ci s'occupe de son dossier et qu'il l'envoie à son nouvel avocat Me Cédric Kurth. Par ordonnance du 10 janvier 2023, le Ministère public a refusé de relever Me B.________ de sa mission, considérant qu'au vu des éléments mentionnés dans les courriers du prévenu, sous la plume de Me Cédric Kurth, que la relation de confiance entre le prévenu et son défenseur d'office n'était pas gravement perturbée et qu'une défense d'office efficace restait assurée en l'absence d'élément objectif permettant de retenir le contraire. La Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté le recours déposé par A.________ contre cette ordonnance au terme d'un arrêt rendu le 13 février 2023 que l'intéressé a déféré auprès du Tribunal fédéral le 20 mars 2023 par la voie du recours en matière pénale en concluant à son annulation et au remplacement de son défenseur d'office. Le Ministère public conclut au rejet du recours. La Cour de justice se réfère aux considérants de son arrêt sans autres observations. Elle a produit le dossier de la cause.