Citation: 1B_276/2018 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, il est incontesté qu'en l'état, aucune trace d'ADN du recourant n'a été retrouvée sur la victime, contrairement à ce qui prévaut notamment pour au moins deux des trois autres intéressés. Si le recourant nie avoir eu des relations sexuelles avec la défunte, deux des trois autres mis en cause - C.________ et D.________ - ont affirmé le contraire. Certes, leurs déclarations n'ont pas toujours été constantes, s'agissant en particulier de leurs propres agissements, mais, à ce stade encore très précoce de l'enquête, ces allégations concordantes sur le comportement a priori adopté par le recourant sont suffisantes. Cela vaut d'autant plus que le recourant ne démontre pas que les deux co-prévenus auraient eu un intérêt particulier à le mettre en cause pour de tels faits. En tout état de cause, le recourant a reconnu avoir embrassé la victime - dont on rappellera l'état fortement altéré par l'alcool, ainsi que par des médicaments, ce que semble au demeurant avoir réalisé le recourant (cf. procès-verbal du 26 avril 2018 de l'audition d'arrestation, p. 3.) - sur la bouche et lui avoir caressé la poitrine, comportements pouvant être constitutifs d' "autre acte d'ordre sexuel " au sens de l'art. 191 CP (Dupuis et Al., Petit commentaire du Code pénal, 2e éd. 2017, no 15 ad art. 191 CP et nos 23 et 27 ad art. 187 CP; Philipp Maier, in Basler Kommentar, 3e éd. 2013, no 13 ad art. 191 CP et no 11 ad art. 187 CP). La cour cantonale a encore relevé en se fondant sur les propos de D.________ et de E.________ que le recourant pourrait les avoir instigués à la commission d'actes d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement ou de résistance - comportement également punissable sous l'angle de l'art. 191 CP (Dupuis et Al., op.cit., no 25 ad art. 191 CP) - dès lors qu'il les aurait contactés par téléphone afin de leur proposer des relations sexuelles avec la victime et qu'au moins l'un des deux y aurait donné suite; le recourant ne développe devant le Tribunal fédéral aucune argumentation tendant à remettre en cause ces constatations. A ce stade encore précoce de l'enquête, ces éléments suffisent pour retenir l'existence de soupçons suffisants de la commission d'actes d'ordre sexuel et/ou d'instigation à de tels actes et ce grief peut être écarté. Cela étant, dans la mesure où le Ministère public entend demander la prolongation de la détention provisoire, il lui appartiendra d'étayer ces soupçons, notamment en expliquant en quoi les actes d'instruction en cours - dont les résultats des analyses des téléphones (cf. la demande de mise en détention du 27 avril 2018, p. 2 in fine) - a permis, le cas échéant, de les renforcer.