Citation: 6B_544/2024 E. 1.3.2

1.3.2. La fiction du retrait de l'appel prévue à l'art. 407 al. 1 let. a CPP suppose toutefois, outre le défaut de l'appelant, l'absence de représentation. En l'espèce, le défenseur d'office du recourant était présent aux débats d'appel et a demandé à représenter son client; il a produit une procuration en ce sens et une lettre du recourant dans laquelle celui-ci expliquait avoir été choqué par le jugement de première instance et le contester, de sorte que l'on ne saurait voir dans l'absence du recourant aux débats d'appel une renonciation implicite à son appel. Il convient de relever à cet égard qu'une renonciation implicite à l'appel déclaré au motif que le prévenu aurait agi de manière contraire aux règles de la bonne foi ne peut être admise qu'avec une grande réserve, en particulier dans les cas de défense obligatoire. En effet, en renonçant à être présent personnellement à l'audience d'appel, l'appelant s'accommode certes d'un affaiblissement de sa situation procédurale et des possibilités de défense mais ne renonce pas complètement à l'appel ou à toute défense (cf. ATF 133 I 12 consid. 8.2). La cour cantonale a considéré que la présence du recourant revêtait une importance centrale pour vérifier l'exactitude de ses allégations et confronter celles-ci aux explications de la victime. Cela ne saurait pour autant justifier le retrait de l'appel. Il est en effet important pour l'équité du système pénal que l'accusé soit adéquatement défendu tant en première instance qu'en appel. La suppression du droit d'être représenté par un défenseur en son absence constitue une mesure disproportionnée sous l'angle de la garantie d'un procès équitable, et ce d'autant plus que l'on se trouve en l'espèce dans un cas légal de défense obligatoire et que le recourant a été condamné en première instance à une peine privative de liberté de sept ans et demi. En conséquence, en refusant au défenseur du recourant le droit de défendre son client et en considérant l'appel comme retiré, la cour cantonale a donc violé l'art. 407 al. 1 CPP.