Citation: 6B_1014/2017 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a considéré que le recourant était reconnu coupable de contrainte sexuelle et de viol, pour avoir forcé l'intimée, alors âgée de 17 ans, à entretenir des relations sexuelles anales et vaginales ainsi que pour l'avoir obligée à lui faire une fellation. De plus, celui-ci était reconnu coupable de plusieurs vols et de contravention à la LStup. A charge, l'autorité précédente a retenu le concours d'infractions. S'agissant des antécédents du recourant, elle a indiqué que si son casier judiciaire suisse était vierge, il était défavorablement connu en Espagne, pour des faits de "vol, résistance et désobéissance". L'infraction la plus grave était celle de viol, passible d'une peine privative de liberté d'un an au moins et de dix ans au plus. Les actes commis par le recourant devaient être qualifiés de graves, puisque celui-ci avait abusé sexuellement, à plusieurs reprises au cours d'une demi-heure environ, d'une jeune fille alors âgée de 17 ans. Le recourant avait agi avec violence, dans un lieu exigu et confiné, qui n'offrait aucune échappatoire à l'intimée, ce qui avait à l'évidence ajouté à la terreur éprouvée par celle-ci. Le viol avait ainsi été perpétré dans des conditions sordides et brutales. Le recourant avait agi de manière purement égoïste, dans le dessein de satisfaire ses pulsions sexuelles, sans tenir compte de l'impact de son comportement sur sa victime. Son comportement au cours de l'enquête avait été catastrophique. En effet, il n'avait cessé de mentir, respectivement de minimiser grossièrement ses actes, sa version des faits ayant varié plusieurs fois. En outre, il avait accablé l'intimée, en prétendant notamment qu'elle s'était jetée sur lui. Ce n'était que lors de l'audience de première instance qu'il avait admis certains faits, mais sans reconnaître aucune faute. Il s'était toujours positionné en victime, allant jusqu'à soutenir, lors de l'audience d'appel encore, que l'intimée aurait été fautive "de ne pas prendre conscience que cela ne se faisait pas" et qu'il se reprochait d'avoir "accepté sa demande". Dans ces circonstances, les excuses présentées à l'intimée et à sa mère lors de l'audience d'appel apparaissaient de pure façade. Quant aux infractions contre la propriété, le mode opératoire du recourant dénotait une forte volonté délictueuse. S'agissant de la situation personnelle du recourant, l'autorité précédente a estimé que celui-ci était arrivé en Suisse à la fin du mois de mai 2016 et avait d'emblée commis des infractions sans désemparer, jusqu'à son arrestation le 11 juillet 2016. Concernant ses mobiles, l'intéressé avait indiqué avoir dérobé un porte-monnaie le 29 juin 2016 parce qu'il avait dépensé l'argent reçu de l'EVAM pour s'offrir des habits de marque et du cannabis. Son comportement depuis son arrivée en Suisse témoignait donc d'une singulière désinvolture à l'égard de l'ordre juridique de l'Etat auquel il demandait protection au titre du droit d'asile et dont il percevait gîte et subsistance. Ainsi, le recourant ne respectait ni l'ordre juridique et social de son pays d'accueil, ni l'intégrité sexuelle, ni la propriété d'autrui et persistait même à mettre en cause l'intimée. A décharge, la cour cantonale a considéré que le recourant était jeune, même si son jeune âge, à l'instar de son manque de formation scolaire, ne l'empêchait pas de comprendre la notion de consentement pour un acte sexuel. Il aurait également eu une enfance difficile, dès lors qu'il aurait été placé dans une maison d'accueil à l'âge de 4 ans, qu'il aurait perdu tout contact avec sa famille et aurait principalement grandi dans la rue, sans aller à l'école. En définitive, l'autorité précédente a estimé que la peine privative de liberté devait être ramenée à huit ans, en précisant que le principe de l'égalité de traitement n'autorisait pas le prononcé d'une peine de dix ans.