Citation: 2A.131/2000 26.07.2000 E. 2

2.- a) En l'occurrence, il ressort du dossier que les époux P.________ et B.________, qui sont formellement mariés depuis le 3 décembre 1993, se sont séparés le 10 mars 1997, soit trois ans et demi environ après leur mariage. Et depuis lors, ils ne se sont pratiquement jamais revus; ils n'ont jamais tenté, ni même sérieusement envisagé de reprendre la vie commune. Peu après la séparation, l'époux - qui avait abandonné le domicile conjugal pour aller vivre avec une ex-amie - a même introduit une procédure en divorce. Il est vrai que le tribunal civil a rejeté l'action en divorce par jugement du 11 mars 1999, tout en reconnaissant que la communauté conjugale avait perdu toute substance et qu'il n'y avait aucun espoir de réconciliation. La recourante ne peut cependant rien déduire de ce jugement civil, car l'art. 7 al. 1 LSEE a pour but de permettre et d'assurer juridiquement la vie commune des époux en Suisse. Cette disposition ne tend pas à garantir au conjoint étranger la poursuite de son séjour en Suisse, même lorsqu'il n'existe - comme en l'espèce - aucun espoir de reprise réelle de la vie commune. Certes, la recourante prétend qu'elle aurait conservé jusqu'au début de l'année 2000 l'espoir d'une réconciliation avec son époux. Or, il n'est pas établi qu'elle ait entrepris, depuis la séparation, des démarches concrètes en vue de reprendre la vie commune avec son mari. Tout porte à croire au contraire qu'aucun des époux en cause ne tenaità la poursuite d'une véritable communauté conjugale, chacun menant d'ailleurs depuis la séparation sa propre vie. Et il est sans importance que le mari ait été incité par la police à demander le divorce en décembre 1997 - comme le soutient la recourante -, du moment que P.________ n'a par la suite jamais manifesté l'intention de retirer son action, alors même qu'il en avait la possibilité. Il résulte donc de l'ensemble de ces circonstances que le mariage - vidé de tout contenu depuis au moins le 5 décembre 1997, date du dépôt de la demande en divorce - a été maintenu dans le seul but de permettre à la recourante de demeurer en Suisse, ce qui est constitutif d'un abus de droit manifeste. Comme l'abus de droit existait déjà avant le 3 décembre 1998, soit avant l'écoulement du délai de cinq ans prévu par l'art. 7 al. 1 2ème phrase LSEE, la recourante ne peut pas se prévaloir de cette disposition pour prétendre à une autorisation d'établissement. b) En outre, c'est en vain que la recourante soulèvele grief tiré de l'inopportunité de la décision attaquée. Le Tribunal fédéral ne peut en effet pas revoir l'opportunité de la décision entreprise, le droit fédéral ne prévoyant pas un tel examen en la matière (art. 104 lettre c ch. 3 OJ). c) Avec l'autorité intimée, il y a lieu enfin de relever que la recourante ne saurait se prévaloir de l'art. 8 CEDH vis-à-vis de son mari, puisqu'ils n'entretiennent manifestement pas de liens étroits et effectivement vécus.