Citation: 6B_316/2021 E. 2.6.1

2.6.1. S'agissant de la première condition de l'art. 66a al. 2 CP, la cour cantonale a constaté que le recourant était né et avait toujours vécu en Suisse. Toutefois, son intégration restait mitigée. Il avait été actif professionnellement une grande partie de sa vie, mais avait également été au bénéfice de l'aide sociale entre 1995 et 2000, puis dès 2016. En outre, ses liens sociaux restaient flous. S'il était certain qu'il avait eu de nombreux liens avec le milieu de la drogue, il n'était pas établi qu'il avait su créer des amitiés pérennes en dehors de cet environnement. Ainsi, la cour cantonale a retenu que le recourant restait relativement isolé en Suisse, même s'il bénéficiait du soutien de son ex-épouse, de la fille de cette dernière et de son propre fils. La cour cantonale a retenu qu'il partageait la garde de son fils, titulaire de la nationalité suisse avec son ex-épouse également de nationalité suisse et avec qui il entretenait des liens forts. Toutefois, la cour cantonale a souligné que son fils serait bientôt majeur et de plus en plus indépendant, cela d'autant plus après l'exécution de la peine privative de liberté prononcée à l'encontre du recourant. En outre, si le recourant rencontrait de nombreux problèmes de santé (nonobstant la récente amélioration dans ce domaine), les soins qui devaient lui être administrés pourraient également l'être en Italie, où il pourrait aussi bénéficier du soutien de ses frères, avec qui il entretenait tout de même une certaine relation. La cour cantonale a également retenu que son avenir professionnel ne paraissait pas plus favorable en Suisse qu'en Italie. En définitive, la cour cantonale a estimé que malgré la nationalité suisse de son fils et la présence de ce dernier en Suisse, il n'était pas évident qu'une expulsion du territoire constituerait une ingérence telle dans la vie familiale du recourant qu'il devrait être considéré qu'elle le mettrait dans une situation personnelle grave. La cour cantonale a estimé que, bien qu'ayant vécu l'intégralité de sa vie en Suisse, le recourant ne pouvait pas sans autres s'appuyer sur le respect au droit de sa vie privée au sens de l'art. 8 § 1 CEDH pour fonder une situation personnelle grave. En effet, le recourant ne pouvait se prévaloir d'une intégration particulière en Suisse, outre que ce pays représente son centre de vie, et il conservait des attaches relativement étroites avec l'Italie où il s'était rendu régulièrement et où vivaient encore ses deux frères. Son fils étant bientôt majeur, il pourrait sans difficulté rendre visite à son père en Italie comme le faisait le recourant avec le reste de sa famille. En outre, les moyens de télécommunication restaient à disposition du père et du fils pour conserver une relation au quotidien s'ils le souhaitaient. Au surplus, sa «belle-fille» et les deux enfants de celle-ci, avec qui il avait récemment renoué, ne faisaient pas partie de la famille nucléaire prise en compte dans le cadre du respect au droit à la vie privée et familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH. Partant, la cour cantonale a estimé avoir des doutes sur le fait que le renvoi du recourant le mettrait dans une situation personnelle grave. En tout état de cause, elle a laissé cette question ouverte au vu de son appréciation de la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP (cf. infra. consid. 2.7.1).