Citation: 1C_257/2023 E. 5.2

5.2. La recourante reproche d'abord au nouveau plan de site d'avoir fixé l'implantation d'une villa individuelle au milieu de sa parcelle, en retrait de la rue du Couchant, sans rapport avec la rue et le tissu existant et ne permettant pas le maintien d'un jardin à l'arrière. Elle soutient que la Cour de justice serait tombée dans l'arbitraire lorsqu'elle a confirmé cette mesure en s'écartant des conclusions du rapport explicatif du 19 février 2018 et partant, des objectifs de protection du patrimoine. Le rapport du 19 février 2018 établi par Urbaplan est un rapport de conformité au sens de l'art. 47 de l'ordonnance sur l'aménagement du territoire du 28 juin 2000 (OAT; RS 700.1). Ce rapport n'a pas la même fonction dans les cantons où la commune adopte le plan et le fournit à l'autorité cantonale, que dans les cantons où le droit cantonal prévoit la compétence d'une autorité cantonale pour adopter les plans d'affectation, comme c'est le cas à Genève (arrêts 1C_288/2022 du 9 octobre 2023 consid. 3.2 et 3.3; 1C_17/2008 du 13 août 2008 consid. 2.3.2 in SJ 2008 I 471). C'est ainsi sans verser dans l'arbitraire que la cour cantonale a dénié toute valeur contraignante au rapport explicatif du 19 février 2018, ce d'autant plus que le Département du territoire a procédé lui-même à l'examen en détail des mesures d'aménagement et de protection proposées par le plan de site litigieux. La Cour de justice n'a pas pour autant refusé de s'y référer mais l'a apprécié comme une aide à la décision du Conseil d'État, permettant de mieux comprendre certains enjeux de l'aménagement communal.