Citation: 7B_744/2023 E. 4.6.3

4.6.3. Quant à une éventuelle rupture du lien de causalité, c'est également à juste titre que la cour cantonal l'a écartée. Le but des normes de protection contre les chutes (cf. art. 8 al. 2 aOTConst) est d'assurer la sécurité des postes de travail et des passages, et pas seulement de prévenir les chutes involontaires découlant d'un comportement initial lui aussi involontaire. Si des prescriptions strictes ont été édictées, c'est justement pour tenir compte du caractère éminemment dangereux de toute activité de construction et de la propension naturelle de toute personne y travaillant de prendre occasionnellement des risques, volontairement ou non, pour autant que ces risques n'apparaissent pas à ce point extraordinaires et inattendus qu'ils justifient l'interruption du lien de causalité adéquate (arrêts 6B_513/2022 du 9 mai 2023 consid. 2.7.1; 6B_375/2022 du 28 novembre 2022 consid. 3.4.3). En l'espèce, pour les mêmes motifs qu'exposés au consid. 4.5.3 supra, il n'y a rien de surprenant ni d'extraordinaire à ce que l'intimé soit entré dans la pièce malgré la présence de la planche en bois fixée en diagonale de l'entrée. L'intimé a certes pris un risque en déplaçant les planches disposées sur les poutres traversantes afin d'y mettre une échelle. C'est toutefois l'omission de signaler le danger qui a conduit au comportement dangereux de l'intimé. Par conséquent, le comportement de l'intimé, qui ne permet pas de reléguer à l'arrière-plan le manquement du recourant, ne s'impose pas comme la cause la plus probable et la plus immédiate de sa chute, tant s'en faut.