Citation: 2P.136/2004 06.09.2005 E. 4

Dans la mesure où le recourant reproche à l'autorité intimée d'avoir violé son droit d'être entendu, on peut douter que le recours remplisse les conditions strictes de l'art. 90 al. 1 lettre b OJ. Cependant, cette question peut rester ouverte, car les moyens tirés d'une prétendue violation du droit d'être entendu ne sont de toute façon pas fondés. 4.1 L'intéressé se plaint que le Tribunal cantonal ait considéré que la demande de restitution de ses clés de bureau formulée le 12 août 1993 par le Président de la Commune avait pour but de permettre à son remplaçant d'accéder audit bureau, alors que cette explication n'avait jamais été évoquée auparavant (ni par la Commune, ni par le Conseil d'Etat). Il ne pouvait donc pas s'attendre à ce qu'une telle justification soit retenue à son désavantage. D'après le procès-verbal de la séance susmentionnée du 12 août 1993, le Président de la Commune a demandé au recourant de lui remettre les clés du bureau qu'il possédait, son remplaçant en ayant besoin. Se référant à ce passage du procès-verbal précité, la décision du Conseil d'Etat du 24 septembre 2003 a relaté que le Président de la Commune avait demandé au recourant de lui remettre les clés du bureau qu'il possédait ainsi que de présenter sa démission et qu'il avait précisé, par deux fois, que ces requêtes ne devaient pas être assimilées à des mesures de licenciement. Dans la mesure où cette référence s'inscrit dans le raisonnement qui a conduit le Conseil d'Etat à conclure que le recourant aurait dû se présenter à son poste de travail sitôt après avoir recouvré une capacité de travail même partielle, l'importance de la demande de restitution des clés et de son appréciation dans la procédure de recours au Tribunal cantonal était évidente. Rien n'empêchait dès lors le recourant d'exercer, dans cette procédure, son droit d'être entendu sur ce point, en précisant sa version des faits ou en offrant des preuves pertinentes. L'intéressé ne saurait, dans ces circonstances, reprocher au Tribunal cantonal d'avoir rendu l'arrêt attaqué sans l'avoir avisé spécialement du caractère décisif de cet élément de fait (cf., en procédure civile, ATF 130 III 35 consid. 5 p. 39 et la jurisprudence citée). Le droit d'être entendu du recourant n'a pas été violé, de ce point de vue.