Citation: 4A_556/2019 E. 4.4.1

4.4.1. Il résulte des constatations de fait de l'arrêt attaqué que, le 29 novembre 2010, la société cliente a signé en particulier la formule préimprimée " Investment instructions for management mandates ". Sur cette formule, elle a coché le premier profil, qui est dénommé " conservative ", c'est-à-dire conservateur, les deux suivants comportant, graduellement, plus de risques et étant désignés " balanced " et " dynamic ", en indiquant comme monnaie de référence le dollar américain. Il est nécessaire de préciser cette notion de " conservateur " au moyen des indications spécifiques qui figurent sous cette dénomination sur la formule préimprimée: premièrement, le but et l'horizon d'investissement ( Investment Goal and Horizon) sont de maintenir le capital à court et long terme et de générer un retour sur investissement par un revenu d'intérêts et de dividendes; deuxièmement, la tolérance au risque ( Risk Tolerance) est en-dessous de la moyenne et les fluctuations du capital doivent être au minimum possible; troisièmement, la répartition des actifs ( Asset Allocation) doit comprendre, en principe, une sur-pondération claire de valeurs à revenu fixe et de valeurs qui ont une faible corrélation aux variations du marché et ces valeurs doivent être essentiellement dans la devise de référence, soit en dollars américains (art. 105 al. 2 LTF). La société cliente a aussi signé un complément au contrat de gestion de fortune ( Complement to the management mandate) autorisant l'investissement dans des instruments non traditionnels et alternatifs, tels que des options, des " futures ", des opérations de change et des produits avec effet de levier, ce document précisant que le client soussigné est conscient que ces types d'investissements présentent des risques particuliers non comparables à ceux des investissements traditionnels et confirme avoir reçu de la banque toute information utile à la bonne compréhension de ces risques. Dans ses ordinateurs, la banque a indiqué que le profil de risque de la société cliente est " conservative ". En août 2011, lorsqu'il s'est rendu compte que le profil de risque enregistré ne correspondait pas à la gestion pratiquée, l'employé de la banque chargé de la gestion technique a demandé à la chargée de relation de le passer en gestion spécifique, précisant qu'il aurait fallu le faire tout de suite; il a expliqué qu'à défaut, il ne pouvait rien faire et que le compte était codifié en mandat défensif alors que la société cliente avait demandé de " booster " le compte deux mois auparavant.