Citation: 2C_747/2022 E. B

B.a. Après avoir instruit ces trois affaires, la Commission de surveillance a rendu un préavis du 12 octobre 2021 à l'intention du Département de la sécurité, de la population et de la santé de la République et canton de Genève (ci-après: le Département de la santé). Elle avait constaté plusieurs manquements, d'une gravité certaine, tant dans la prise en charge des patientes (informations incomplètes fournies à celles-ci quant aux traitements) que dans l'organisation du cabinet (mauvaise tenue des dossiers, absences de constatations du dentiste, erreur dans les devis, etc.), ainsi qu'une violation du secret professionnel; elle proposait une interdiction de pratiquer d'une durée de trois ans, ainsi qu'une amende de 20'000 fr.; elle relevait que l'intéressé avait déjà fait l'objet d'un avertissement en 2013 pour violation de son devoir d'information et mauvaise tenue du dossier médical et qu'individuellement chaque cause justifiait à elle seule le retrait du droit de pratiquer du médecin-dentiste. B.b. Le Département de la santé a, en date du 1er février 2022, retiré l'autorisation de pratiquer de A.________ pour une durée de trois ans et lui a infligé une amende de 20'000 fr., en application du droit disciplinaire cantonal, suivant en tous points le préavis du 12 octobre 2021 de la Commission de surveillance. B.c. Par arrêt du 26 juillet 2022, la Chambre administrative de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après: la Cour de justice) a partiellement admis le recours de A.________. Elle a estimé que celui-ci avait violé ses devoirs professionnels, tel que retenu par le Département de la santé, à savoir les devoirs d'information, de diligence, du respect des règles de l'art et du secret professionnel, ainsi que les règles relatives à la tenue d'un dossier médical. Elle a en substance relevé, en ce qui concerne B.________, que l'intervention, que la patiente avait souhaité la moins invasive possible, n'avait été requise qu'à des fins esthétiques; A.________ lui avait alors indiqué, de façon inexacte, qu'un traitement par facettes n'était pas possible en raison de la présence de composites sur les dents, alors qu'avec l'intervention d'un laboratoire et d'un technicien rigoureux les composites ne constituaient pas un obstacle pour la pose de facettes; le traitement choisi par A.________ était une alternative; néanmoins, en raison de l'information incorrecte que la patiente avait reçue, elle n'avait pas été en mesure de prendre sa décision de manière libre et éclairée; A.________ avait violé son devoir d'information; en outre, le travail avait été mal réalisé et le dentiste n'avait pas tenu compte des plaintes et des douleurs de celle-ci. Dans le cas de C.________, les juges précédents ont estimé que la lésion du nerf mandibulaire constituait un aléa thérapeutique, à même de se produire lors de la pose d'implants; en revanche, l'absence de radiographie 2D avant l'intervention représentait un manquement; de plus, les fiches cliniques ne faisaient état d'aucun acte d'investigation avant l'intervention en vue de prévenir une telle lésion; les agissements du dentiste violaient clairement son obligation d'agir selon les règles de l'art; en outre, A.________ avait joint, au dossier médical de C.________ transmis à la Commission de surveillance, un document mentionnant les noms d'une vingtaine de patients qui n'avaient pas été caviardés, ce qui constituait une violation grave de son secret professionnel. S'agissant de D.________ aucune prothèse définitive n'avait été posée, alors que le dernier implant avait été fixé le 25 novembre 2019 et qu'en mars et avril 2020 la patiente avait vainement sollicité A.________, à plusieurs reprises, pour savoir quand se terminerait son traitement dentaire; le dentiste ne s'était pas montré digne de confiance dans sa relation thérapeutique avec sa patiente et il avait fait preuve d'un manque certain de diligence, justifiant le report de la pose de la prothèse définitive par de nombreuses excuses, alors qu'il semblait probable que le motif soit en réalité d'ordre financier, au vu de la faillite personnelle du dentiste, de celle de sa société, ainsi que des avances sur honoraires réclamées à la patiente, pour un traitement non terminé; en refusant de transmettre les empreintes dentaires à sa patiente, alors que celles-ci font partie du dossier médical, A.________ avait également violé son obligation de reddition de compte. Les juges précédents ont au surplus considéré que les trois dossiers concernés étaient tenus de manière très sommaire; les notes de suite étaient lacunaires et il manquait les justifications des traitements ou des démarches entreprises (y compris concernant les matériaux utilisés), ainsi que les constatations du dentiste; les plaintes des patientes n'étaient pas documentées et le contenu des fiches cliniques entrait en contradiction avec les devis et factures figurant en dossier; ils ont ainsi considéré que les dossiers médicaux des trois patientes n'avaient pas été tenus de manière conforme aux dispositions légales applicables.