Citation: 9C_10/2019 E. 5.2.2

5.2.2. En l'espèce, l'intimé se prévaut du fait qu'il résulte de l'Enquête suisse sur la structure des salaires 2014 que le montant du salaire mensuel brut standardisé sans fonction de cadre des travailleurs de sexe masculin est inférieur en cas d'emploi à temps partiel. Selon le tableau T 18 "Salaire mensuel brut (valeur centrale) selon le taux d'occupation, la position professionnelle et le sexe" de l'ESS 2014, on constate en effet que les travailleurs occupés entre 50 % et 74 % perçoivent un salaire mensuel de 5'714 fr. (calculé sur la base d'un taux d'occupation de 100 %), soit un salaire moins élevé que celui versé en cas d'emploi à temps plein (taux d'occupation de 90 % ou plus), lequel se monte à 6'069 fr. Dans la mesure où les statistiques démontrent que les travailleurs occupés entre 50 % et 74 % reçoivent un salaire mensuel inférieur de 5,84 % à celui versé aux hommes travaillant à temps plein (taux d'occupation de 90 % ou plus), il se justifie de procéder à un abattement supplémentaire pour ce motif (cf. arrêts 8C_49/2018 du 8 novembre 2018 consid. 6.2.2.2; 8C_805/2016 du 22 mars 2017 consid. 3.2 dans lesquels la question de l'abattement supplémentaire de 5 % pour cause de travail à temps partiel a été laissée ouverte parce qu'elle ne jouait aucun rôle sur l'issue du litige). En l'occurrence, les premiers juges ont procédé à un abattement de 10 % compte tenu d'une limitation fonctionnelle de l'intimé, ainsi que du désavantage salarial induit par son taux d'activité réduit à 70 %. Si en prenant en considération la limitation fonctionnelle dans le cadre de l'abattement, la juridiction cantonale a fait usage d'un critère inapproprié et excédé son pouvoir d'appréciation (consid. 5.1 supra), on ne saurait en revanche lui reprocher d'avoir violé son pouvoir d'appréciation en tenant en compte de la perte de salaire subie par l'intimé, dès lors qu'il ressort des statistiques que celui-ci subit un désavantage salarial de 5,84 % en raison de son taux d'occupation réduit (capacité résiduelle de travail de 70 %). Partant, il se justifie d'opérer un abattement de 5 % (et non de 10 %) sur le revenu statistique d'invalide.