Citation: 4A_546/2017 E. B

B.a. Après échec de la tentative de conciliation, le locataire a conclu par demande du 9 juin 2011 à ce que la bailleresse lui doive paiement immédiat de la somme de 250'000 fr. au titre de réparation du dommage subi ensuite de l'incendie du 11 mars 2010. La défenderesse s'est opposée à la demande. S'agissant de la cause de l'incendie, une expertise a été confiée à D.________ en cours de procédure. Faute d'avoir à disposition le radiateur incriminé, qui avait été détruit par les enquêteurs de la gendarmerie, cet expert a examiné un autre radiateur qui présentait les mêmes caractéristiques et se trouvait également dans le studio du demandeur. D.________ a considéré que le radiateur, qui pouvait monter jusqu'à 125°, ne pouvait s'embraser tout seul. Il en a déduit qu'il y avait eu soit auto-inflammation d'une substance située sur ou à proximité de ce radiateur, sans possibilité de déterminer comment, soit court-circuit, mais sans que des traces n'aient pu être relevées. L'expert a ajouté que si les radiateurs plus récents sont munis de sécurités thermiques limitant à un niveau plus bas la température, il n'existe aucune obligation de changer les anciens radiateurs qui étaient conformes au moment de leur mise en service. Enfin, la consommation élevée d'électricité s'explique probablement par une anomalie au niveau du thermostat, ce qui n'a toutefois joué un rôle que pour la consommation d'énergie, pas pour la cause de l'incendie. Par jugement du 17 février 2014, le Tribunal des baux a entièrement débouté le demandeur, retenant notamment que le préjudice était impossible à chiffrer. La Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a toutefois annulé ce jugement par arrêt du 27 novembre 2014 et renvoyé la cause au Tribunal des baux. Par arrêt du 9 septembre 2015 rendu dans la cause 4A_162/2015, l'autorité de céans a déclaré irrecevable le recours de la bailleresse, faute de satisfaire aux conditions de l'art. 93 LTF, de sorte que la cause a été retournée au Tribunal des baux. B.b. Par jugement du 2 décembre 2016, le Tribunal des baux a rejeté la demande en paiement du locataire. En substance, il a retenu que le demandeur, auquel le fardeau de la preuve incombait, n'est pas parvenu à démontrer que le radiateur incriminé présentait un vice de construction ou un défaut d'entretien imputable à la défenderesse au sens de l'art. 58 CO. En revanche, l'incendie du 11 mars 2010 pouvait être considéré comme un défaut de la chose louée en lien de causalité naturelle avec le dommage subi. Le lien de causalité adéquate faisait cependant défaut, dans la mesure où le locataire avait largement dépassé l'usage pour lequel les locaux étaient affectés, à savoir l'habitation, en entreposant 157 oeuvres pour la plupart de grande dimension dans son studio. L'ampleur du dommage subi n'avait été possible qu'en raison de circonstances singulières se trouvant en dehors du cours ordinaire des choses, de sorte que l'adéquation entre le défaut de la chose louée et le dommage n'était pas donnée. La bailleresse n'était donc pas responsable du dommage. Par arrêt du 30 août 2017, la Cour d'appel civile a rejeté l'appel du locataire et confirmé le jugement de première instance. Les motifs retenus par la cour cantonale seront discutés dans la partie " en droit ".