Citation: 6B_1385/2019 E. 4.3.1

4.3.1. Selon la jurisprudence, nul n'est censé ignorer que le fait de porter un et a fortiori plusieurs coups de pied à la tête est susceptible d'entraîner de graves lésions et même la mort de la victime, ce risque étant d'autant plus grand lorsque celle-ci gît au sol sans être en mesure de réagir ou de se défendre, notamment lorsqu'elle est inconsciente (cf. ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2.2 p. 157; arrêts 6B_924/2017 du 14 mars 2018 consid. 1.3.1; 6B_901/2014 du 27 février 2015 consid. 2.7.3). La violence des coups portés constitue également un élément déterminant dans la qualification juridique: cf. arrêts 6B_924/2017 précité consid. 1.3.1; 6B_802/2013 du 27 janvier 2014 consid. 2.3.3; 6B_388/2012 du 12 novembre 2012 consid. 2.1.1 et 2.4). Ainsi, selon sa nature, un seul coup porté peut suffire pour retenir l'infraction de tentative d'homicide par dol éventuel (arrêts 6B_924/2017 précité consid. 1.4.2; 6B_246/2012 du 10 juillet 2012 consid. 1.3; 6B_829/2010 du 28 février 2011 consid. 3.2). Comme vu ci-dessus, le recourant a pris du recul pour intensifier la portée de son coup de pied à la tête de l'intimé. La constatation d'une fracture et d'une hémorragie interne lors de l'examen médical du lendemain confirme la violence du coup porté. Partant, au regard de la jurisprudence rendue dans ce domaine, la cour cantonale pouvait retenir que le recourant devait s'attendre à provoquer une lésion grave, par exemple en raison d'une hémorragie interne, en frappant l'intimé à la tête d'un violent coup de pied, donné avec élan, alors que celui-ci gisait à terre. Il n'est en particulier pas déterminant que le recourant n'ait pas fait usage d'un objet dangereux ou encore qu'il ne lui soit pas imputé plusieurs coups particulièrement violents à la tête, étant cependant admis qu'il a frappé l'intimé à plusieurs reprises. Aussi, c'est sans violer le droit fédéral que la cour cantonale a retenu l'infraction de tentative de lésions corporelles graves par dol éventuel.