Citation: 1P.3/2007 22.01.2007 E. 4

Le recourant ne remet pas en cause la base légale sur laquelle repose la détention préventive. Il ne conteste pas non plus l'existence de charges suffisantes, puisqu'il reconnaît avoir commis les vols qui lui sont reprochés. En premier lieu, le recourant fait cependant valoir que le risque de collusion n'est pas réalisé. 4.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer leurs déclarations. On ne saurait toutefois se contenter d'un risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles manoeuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (ATF 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 et les arrêts cités). Si le danger de collusion est en règle générale plus important au début d'une procédure pénale (ATF 107 Ia 138 consid. 4g p. 144), il peut toutefois subsister après la clôture de l'enquête lorsque les circonstances font sérieusement craindre que le prévenu n'abuse de sa liberté pour empêcher ou altérer la manifestation de la vérité devant l'autorité de jugement, voire de recours (ATF 117 Ia 257 consid. 4b p. 261). 4.2 La Chambre d'accusation a relevé que l'enquête avait progressé, la commission rogatoire au Portugal ayant montré que des objets, présumés volés par le recourant et par B.________, avaient été retrouvés. Elle a cependant considéré que, les investigations étant encore en cours, il était toujours à craindre que le recourant ne profite d'une mise en liberté pour tenter de prendre contact avec des comparses et d'influencer leurs déclarations quant à son implication dans les vols de véhicules et de matériel qui lui sont reprochés. Elle a souligné que la manière dont le matériel avait été volé était importante pour l'administration des preuves. La collaboration d'une troisième personne, mise en évidence par des recherches ADN, n'avait par ailleurs toujours pas été identifiée. Le courrier que le recourant avait tenté de transmettre à son épouse pour que quelqu'un prenne contact avec sa mère au Portugal afin de déplacer des objets, ne pouvait d'ailleurs que conforter ce danger. 4.3 En l'espèce, le risque de collusion est uniquement motivé par l'existence de la commission rogatoire en cours au Portugal. Or, il résulte d'un courrier du magistrat du parquet portugais daté du 5 décembre 2006 figurant au dossier, que l'exécution de la demande d'entraide est terminée. Tel qu'il est motivé, le risque de collusion ne saurait ainsi justifier le maintien en détention du recourant. Le recours doit dès lors être admis sur ce point.