Citation: 9C_780/2023 E. 4.1

4.1. Le Tribunal administratif fédéral a retenu que la recourante aurait continué à travailler à 80 % et à consacrer le reste du temps (20 %) à son ménage. En ce qui concerne la part professionnelle, l'autorité précédente a considéré qu'elle ne pouvait pas suivre l'office AI en tant qu'il se fondait sur la méthode d'évaluation de l'invalidité en pour-cent. A cet égard, la poursuite d'une activité professionnelle dans le domaine de la santé demeurait exigible, avec une baisse de rendement de 20 % vu les limitations fonctionnelles mises en évidence par les experts (port de charges supérieures à 5 kg fréquent, marche prolongée, mouvements répétés et en force sollicitant les articulations digitales et des poignets). La recourante était par ailleurs au bénéfice d'une expérience professionnelle dans le domaine des soins de plus de vingt années et d'une excellente formation professionnelle (diplôme français d'infirmière d'État, complété par de très nombreuses formations intra-hospitalières). Les excellentes qualifications de la recourante se traduisaient également dans le dernier salaire réalisé, 8'869 fr. 55 par mois en 2019 (rapporté à un équivalent plein temps), soit un revenu supérieur à celui d'une femme travaillant dans le domaine de la santé avec le plus haut niveau de compétence selon l'ESS (7'253 fr. par mois) ou à celui d'une infirmière diplômée avec spécialisation selon la grille des salaires CCT Clinique privée de Genève (6'023 fr. par mois). Dès lors, les premiers juges ont considéré que la recourante pouvait retrouver un poste de travail adapté à ses limitations fonctionnelles, impliquant une capacité à résoudre des problèmes complexes et à prendre des décisions fondées sur un vaste ensemble de connaissances théoriques et factuelles dans un domaine spécialisé. Compte tenu de ces différents éléments, le Tribunal administratif fédéral a considéré que le revenu avec invalidité de la recourante devait être calculé sur la base du salaire mensuel brut réalisé par une femme dans le domaine de la santé avec un niveau de compétence le plus élevé (le niveau 4 de l'ESS). La recourante pouvait dès lors prétendre une rémunération mensuelle de 5'837 fr. en 2019 (ESS 2018, ligne 86-88, indexation selon l'Indice des prix à la consommation), compte tenu d'une baisse de rendement de 20 %. Il n'y avait par ailleurs pas lieu de procéder à un abattement supplémentaire, dès lors que les limitations fonctionnelles avaient déjà été prises en compte dans le choix de la catégorie de revenu et la baisse de rendement. Dans son activité professionnelle, comparé avec un revenu sans invalidité de 8'869 fr. 65, le taux d'invalidité de la recourante était de 27,4 % (34,19 % x 0,8 [taux d'activité]). En ce qui concerne le taux d'invalidité de la recourante dans l'exercice de ses tâches ménagères, le Tribunal administratif fédéral a renvoyé aux considérations de l'office AI (taux de 29,5 %), précisant que la recourante ne les contestait pas. Dès lors, le taux d'invalidité de la recourante s'élevait à 34 % (recte: 33 %; [34,19 % x 0,8] + [29,5 % x 0,2]), soit un taux insuffisant pour l'octroi d'une rente.