Citation: 9C_553/2023 E. 5.2

5.2. Cela étant, les conclusions des experts privés mandatés par l'intimé en procédure cantonale ne concordent pas avec celles des médecins du SMR. Les docteurs I.________ et J.________ ont diagnostiqué un trouble dépressif (épisode actuel moyen), une gonarthrose fémoro-patellaire, un lombodiscarthrose et une arthrose du tarse au pied droit; ces atteintes entraînaient une incapacité de travail totale dans la profession de cuisinier depuis octobre 2018 et dans une activité adaptée du 25 octobre 2018 au 15 février 2021; à partir du 16 février 2021, l'assuré présentait une capacité de travail de 50% dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles somatiques et psychiques (cf. consilium établi par les experts le 3 février 2022). Quoi qu'en dise le recourant, qui soutient que ces conclusions seraient insoutenables en se référant aux avis médicaux du SMR, les expertises privées mettent en doute l'évaluation du SMR du 22 février 2021 sous plusieurs points: ainsi, le docteur I.________ nie que la situation était stabilisée sur le plan rhumatologique avant l'examen auprès du SMR en raison d'une évolution "en dents de scie" jusque-là, tandis que le docteur J.________ fait remonter les effets incapacitants de l'atteinte psychiatrique diagnostiquée à novembre 2018 (cf. consilium du 3 février 2022; rapport du 31 janvier 2022. Dans ces circonstances, la Cour de céans, comme déjà la juridiction cantonale qui a écarté le rapport du SMR de manière insoutenable (consid. 5.1 supra), est confrontée à des divergences médicales qui ne peuvent être départagées sans la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise bi-disciplinaire (en rhumatologie et psychiatrie) confiée à des médecins indépendants. En particulier, si la juridiction cantonale a constaté que l'examen effectué par le docteur J.________ (cf. rapport du 31 janvier 2022) avait mis en évidence des symptômes dépressifs "actuels" de manière convaincante, elle semble admettre qu'une telle atteinte existait déjà antérieurement au motif que l'expert psychiatre privé estimait qu'un diagnostic ne pouvait être écarté "uniquement sur la base du constat ponctuel d'un manque de symptôme au moment de l'examen" comme l'aurait fait le docteur H.________. Or un tel motif apparaît arbitraire, dès lors que le psychiatre du SMR a nié un trouble psychiatrique non seulement sur la base de son examen de l'assuré mais également sur d'autres éléments au dossier (dont la mention d'une "dépression réactionnelle" qui n'a guère été objectivée par les médecins traitants). À défaut de motif convaincant pour départager les avis des experts privés de celui du SMR, les juges précédents étaient tenus d'ordonner une expertise judiciaire. La conclusion subsidiaire du recours est dès lors bien fondée et il convient de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour qu'il complète l'instruction, puis rende une nouvelle décision.