Citation: 4A_462/2008 22.12.2008 E. B

B.a Le 19 octobre 2003, le bureau a adressé au Tribunal des districts de Martigny et St-Maurice une demande contre B.X.________ et A.X.________, alors tous deux domiciliés en Valais, concluant au versement par ces derniers de la somme de 224'743 fr.20 avec intérêts à 5 % l'an dès le 9 février 2003. Les défendeurs ont conclu à leur libération. En cours d'instance, une expertise a été confiée à l'architecte EPFL D.________, qui a déposé son rapport le 24 mars 2005, ainsi que deux rapports complémentaires les 23 septembre 2005 et 13 décembre 2006. L'expert a constaté que les travaux en cours sur l'hôtel W.________ correspondaient au projet qui avait été préparé par le bureau en vue de la mise à l'enquête publique. L'activité du bureau avait consisté en l'élaboration des plans et l'estimation des coûts de l'oeuvre, la tenue de séances sur place, la conduite d'entretiens ainsi que la prise de contact avec les entreprises invitées à faire des offres. L'expert a estimé que l'architecte avait consacré 200 heures à l'avant-projet et 560 heures au projet proprement dit. Il a retenu que le bureau avait exécuté le 19 % de la totalité des prestations définies par la norme SIA 102, pourcentage se décomposant en 5 % pour le dossier d'avant-projet, 12 % pour la phase du projet et 2 % pour la préparation du devis général. Tenant compte d'un coût de l'ouvrage de 2'660'000 fr., l'expert a fixé la valeur de la prestation de l'architecte conformément à la norme SIA 102 et l'a calculée à 102'758 fr., TVA incluse. Il a encore déclaré que l'établissement du plan d'affaires, qui avait nécessité 91 heures de travail, sortait du cadre des activités d'un architecte, de sorte que cette tâche devait être rémunérée à l'heure. Par jugement du 3 septembre 2008, la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan a condamné B.X.________ et A.X.________ à payer solidairement au bureau le montant de 98'758 fr. avec intérêts à 5 % dès le 9 février 2003 et levé définitivement, à due concurrence, les oppositions formées aux poursuites notifiées à chacun des défendeurs. La cour cantonale a estimé que la mission de l'architecte a consisté en l'élaboration d'un projet de construction, activité relevant du contrat d'entreprise au sens des art. 363 ss CO. Du moment que le bureau a agi dans le cadre de son activité professionnelle, qu'il a exécuté un projet précis, prêt pour être mis à l'enquête, le principe de la confiance interdisait aux défendeurs de partir de l'idée qu'une activité de cette ampleur serait effectuée gratuitement. Les juges cantonaux en ont déduit que les prestations du bureau avaient été opérées à titre onéreux et que ce dernier avait le droit d'être payé pour son travail. Faute de toute convention ayant trait à la rémunération, l'autorité cantonale a fait application de l'art. 374 CO et fixé, adoptant le raisonnement de l'expert basé sur la norme SIA 102, à 102'758 fr. la rémunération due au bureau pour ses prestations ordinaires. Elle a toutefois refusé de rétribuer l'architecte pour la réalisation du plan d'affaires, car celui-ci avait échoué à établir le nombre d'heures qu'il y avait consacré. Compte tenu des acomptes de 5'000 fr. payés par les défendeurs, la Cour civile a écrit, au considérant 10 let. d du jugement précité, que les conjoints X.________ restaient débiteurs du bureau d'un reliquat de 97'758 fr.