Citation: 4P.300/1998 27.06.2000 E. 4

4.- a) Le recourant reproche encore à la cour cantonale un formalisme excessif pour avoir déclaré irrecevable le grief tiré de l'application arbitraire de l'art. 92 CPC/VD, qui concerne la répartition des dépens. Il estime que la cour cantonale aurait dû traiter comme recours en réforme son recours en nullité, lequel, hormis son intitulé, respecterait les exigences de forme propres au recours en réforme. b) Selon la jurisprudence, il y a formalisme excessif, constitutif d'un déni de justice prohibé par l'art. 4 aCst. , lorsque la stricte application des règles de procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi et complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel ou entrave de manière inadmissible l'accès aux tribunaux. L'excès de formalisme peut résider soit dans la règle de comportement imposée au justiciable par le droit cantonal, soit dans la sanction qui lui est attachée. Le Tribunal fédéral examine librement ce grief. En tant qu'il sanctionne un comportement répréhensible de l'autorité dans ses relations avec le justiciable, l'interdiction du formalisme excessif poursuit le même but que le principe de la bonne foi déduit de l'art. 4 aCst. A cet égard, il commande à l'autorité d'éviter de sanctionner par l'irrecevabilité des vices de procédure aisément reconnaissables qui auraient pu être redressés à temps, lorsqu'elle pouvait s'en rendre compte assez tôt et les signaler utilement au plaideur (ATF 125 I 166 consid. 3a p. 170; 124 II 265 consid. 4a p. 270). c) En l'espèce, le recourant a interjeté un recours en nullité contre le jugement de la Cour civile, en invoquant notamment l'art. 92 CPC/VD et en signalant qu'il considérait cette voie de droit comme étant la seule possible. L'art. 94 CPC/VD prévoit qu'il y a recours au Tribunal cantonal contre la décision relative à l'adjudication des dépens. La jurisprudence rendue à cet égard a précisé qu'il s'agit du recours en réforme (Poudret/Wurzburger/Haldy, op. cit. , n. 2 ad art. 94 CPC/VD). Au vu de l'art. 461 CPC/VD, qui prévoit l'obligation d'indiquer la voie de droit choisie (Poudret/Wurzburger/ Haldy, op. cit. , n. 2 ad art. 461 CPC/VD), le recourant s'est trompé en indiquant que son recours tendait à la nullité. Selon la jurisprudence cantonale, le Tribunal cantonal peut dans certains cas interpréter un recours, lorsque le recourant se sert manifestement à tort du terme "nullité" ou "réforme" à l'appui de moyens ressortant à l'une ou à l'autre de ces voies de droit (JdT 1980 III 45 consid. 2c; 1975 III 108 consid. 1). Toutefois, la loi n'oblige pas la cour cantonale à rectifier d'office l'erreur du recourant. Cela se justifie d'autant moins, en l'espèce, que celui-ci, lui-même juge, est assisté d'un avocat présumé capable, en raison de sa formation particulière, de respecter les exigences de procédure (ATF 113 Ia 84 consid. 3d p. 90), qu'il a présenté un recours contenant un mélange de moyens recevables en nullité ou uniquement en réforme et qu'il s'est expressément étendu sur la question de la recevabilité. Ce grief est donc mal fondé.