Citation: 5P.121/2000 25.07.2000 E. 3

3.- Le recourant soutient d'abord que l'arrêt attaqué viole le principe de l'égalité des sexes dans le domaine de la famille (art. 8 al. 3 Cst.) et le droit à la protection des enfants et des jeunes (art. 11 al. 1 Cst.). a) En tant qu'il se fonde sur l'art. 8 al. 3, 2e phrase, Cst. , le moyen est manifestement irrecevable. En effet, cette disposition constitutionnelle confère uniquement un mandat au législateur de pourvoir à l'égalité, en particulier dans le domaine de la famille; elle ne s'adresse point aux autorités judiciaires (Auer/Malinverni/Hottelier, Droit constitutionnel suisse, vol. II, N 1064 et la jurisprudence citée) et ne crée pas, dès lors, un droit individuel à l'égalité de traitement entre hommes et femmes (ATF 117 II 523 consid. 1e p. 528; 114 Ia 329 consid. 2b p. 331 in fine). Quant au principe de l'égalité juridique de l'homme et de la femme ancré à l'art. 8 al. 3, 1ère phrase, Cst. - qui, lui, consacre un droit constitutionnel directement applicable au sens de l'art. 84 al. 1 let. a OJ (ATF 125 I 21 consid. 3a p. 24 et la jurisprudence citée) -, il interdit d'exclure a priori la possibilité pour l'un ou l'autre des parents de se voir confier la garde de l'enfant (ATF 117 II 523 consid. 1e p. 528). Or, en l'espèce, l'autorité cantonale a motivé son choix par des critères objectifs, et non en considération du seul sexe du parent attributaire. b) A supposer même qu'il puisse invoquer en sa faveur la protection "des enfants et des jeunes" (cf. art. 88 OJ) - ce qui est hautement douteux -, le recourant ne démontre pas en quoi cette norme accorde dans le cas particulier une garantie plus étendue que celle qui découle déjà du principe général d'égalité (cf. Etienne Grisel, Egalité, Les garanties de la Constitution fédérale du 18 avril 1999, p. 78/79 n° 153; Jörg Paul Müller, Grundrechte in der Schweiz, 3e éd., p. 422) ou de la prohibition de l'arbitraire. Il ressort, en réalité, de l'acte de recours que ce moyen n'a pas de portée propre, mais se confond avec celui qui est tiré de l'art. 9 Cst. ; c'estdans ce contexte qu'il y a donc lieu d'en connaître (infra, consid. 4).