Citation: 8C_661/2018 E. A

A.a. A.________, né en 1959, a suivi une école hôtelière à l'étranger. Arrivé en Suisse dans les années 1980, il a travaillé dans différents restaurants avant de fonder le 30 août 2013 sa propre société, B.________ Sàrl, dont il était salarié et unique associé gérant, en vue d'exploiter le café-restaurant C.________. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accident auprès de la Swica Assurances SA (ci-après: la Swica). Le 12 août 2014, A.________ a fait une chute à scooter alors qu'il se trouvait à l'étranger. Il a été transporté à l'hôpital de D.________, où il a subi une intervention pour une fracture multifragmentaire de l'humérus proximal gauche et une rupture complète du tendon patellaire gauche. Il a ensuite été transféré en Suisse à l'hôpital E.________ du 20 août au 2septembre 2014. La Swica a pris en charge le cas. Du 2 septembre au 31 octobre 2014, l'assuré a séjourné à la Clinique romande de réadaptation (CRR) pour rééducation. Durant ce séjour, la réalisation d'une IRM de l'épaule droite a révélé une rupture quasi complète des tendons des sus- et sous-épineux, une bursite sous-acromiale-deltoïdienne modérée ainsi que des atteintes dégénératives de l'articulation acromio-claviculaire. En incapacité de travail totale depuis l'accident, A.________ a repris son activité à 30 % le 2 mars 2015. Il n'a jamais pu augmenter ce taux, ce qui l'a conduit par la suite à remettre l'exploitation du restaurant à un tiers. A.b. Le 3 février 2015, A.________ a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité (AI). L'Office AI du canton du Valais a procédé à une enquête économique sur la situation de l'assuré. Selon le rapport y relatif, le restaurant, situé au centre du village, fonctionnait assez bien et offrait une ouverture hebdomadaire de 80 heures; avant l'accident, la Sàrl employait en sus de l'assuré quatre autres personnes dont une serveuse à 70 %; depuis lors, il y avait eu une baisse de fréquentation et le chiffre d'affaires avait diminué, ce qui avait obligé A.________ à diminuer également son personnel. Le prénommé se versait un salaire mensuel brut de 4'500 fr. treize fois l'an (58'500 fr.). Un bénéfice de 48'640 fr. ressortait des comptes d'exploitation de la société pour la période allant de septembre 2013 à décembre 2014. D'après la comparaison des champs d'activité, l'assuré présentait une incapacité de travail de 46,88 %. Par décision du 30 janvier 2017, l'Office AI a alloué à A.________ un quart de rente depuis le 1er août 2015. Cette décision a été confirmée par jugement du 27 août 2018 de la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal valaisan. A.c. Dans l'intervalle, la Swica a confié une expertise au docteur F.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique. Dans un rapport du 17 décembre 2015, ce médecin a retenu les diagnostics de status après fracture comminutive de l'humérus proximal gauche, de déchirure des tendons des muscles sus-épineux et sous-épineux de l'épaule droite ainsi que de rupture du tendon rotulien gauche. Il a indiqué que l'évolution devait être considérée comme favorable au niveau de l'épaule et du genou gauches; en ce qui concernait l'épaule droite, il subsistait des douleurs mais celles-ci étaient relativement bien tolérées. S'agissant de la capacité de travail, l'assuré était limité pour assumer les gros efforts, porter des charges, monter et descendre des escaliers et des échelles ainsi que pour les travaux s'effectuant au-dessus du plan des épaules. Dans une profession de gérant d'un hôtel et d'un restaurant consistant essentiellement en un travail administratif, de gestion des stocks, à l'ordinateur, de surveillance et de contrôle, A.________ pourrait travailler à 100 %. Le prénommé pouvait occasionnellement effectuer des efforts et soulever des charges de moins de 8 kg. Enfin, le docteur F.________ a évalué l'atteinte à l'intégrité globale à 35 %: 15 % pour l'épaule gauche (mobile jusqu'au plan horizontal); 10 % pour l'épaule droite (périarthrite scapulo-humérale moyenne); 10 % pour l'atteinte au genou gauche. Sur cette base, la Swica a mis fin à la prise en charge du traitement médical et au versement des indemnités journalières à partir du 1er mai 2016; elle a nié le droit de l'assuré à une rente d'invalidité, motif pris que le taux d'invalidité (1 %) était insuffisant pour ouvrir le droit à une telle prestation; en revanche, elle lui a reconnu le droit à une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 25 %, considérant que seules les atteintes au genou et à l'épaule gauches résultaient de l'accident du 12 août 2014 (décision du 14 juin 2016, confirmée sur opposition le 11 octobre suivant).