Citation: 5D_55/2022 E. A

Par requête de mesures superprovisionnelles du 8 octobre 2021, déposée auprès du Juge de paix du district de Lausanne, A.________ a conclu à ce que la validité de tous les actes juridiques contractés par sa fille B.________, née en 1981, soit suspendue à compter du 30 septembre 2021, respectivement à ce qu'il soit fait interdiction à tout tiers d'assister sa fille au suicide. L'intéressée a expliqué que sa fille avait décidé d'avoir recours à l'assistance au suicide (Exit Suisse romande), mais estimait qu'elle ne disposait pas de ses pleines capacités cognitives et volitives pour prendre de telles décisions. Il convenait ainsi de prendre des mesures afin de faire la lumière sur la question. A.a. Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du même jour, le juge de paix a en substance fait droit à la requête jusqu'à droit jugé sur la capacité de discernement de B.________. A.a.a. La requête de mesures d'extrême urgence déposée par B.________ en vue d'annuler l'ordonnance précitée a été rejetée par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 14 octobre 2021. A.a.b. Le 17 octobre 2021, le Dr C.________, médecin-délégué du district de Lausanne et spécialiste FMH en médecine interne générale, a déposé un rapport d'expertise exposant notamment l'adhésion de B.________ à l'association Exit en 2019 en raison de la souffrance liée à son état de santé, dont la gravité était attestée par deux certificats médicaux établis les 10 et 23 août 2021 par un spécialiste FMH en gastro-entérologie et hépatologie et un médecin du centre de chimiothérapie de Lausanne. Ces deux certificats attestaient tous deux de la capacité de discernement de l'intéressée, que l'expertise confirmait en indiquant que son examen psychique ne montrait aucun trouble de la pensée, que sa thymie était normale, qu'il n'y avait aucun signe d'addiction et qu'il n'y avait ainsi aucun argument sur le plan médical pour limiter sa liberté d'action. A.a.c. Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 21 octobre 2021, le juge de paix a une nouvelle fois rejeté la requête de mesures d'extrême urgence de B.________ tendant à l'annulation de l'ordonnance de mesures superprovisionnelles du 8 octobre 2021, qui a ainsi été maintenue. A.b. Le 27 octobre 2021, A.________ a déposé une requête d'assistance judiciaire, avec effet rétroactif au 7 octobre 2021, portant sur l'exonération des avances et des frais judiciaires et la désignation d'un conseil d'office en la personne de Me D.________. Il ressort des pièces produites qu'elle perçoit une rente d'invalidité d'environ 515 euros par mois et que son revenu annuel imposable pour 2020 était de 3'088 euros. Le chiffre d'affaires pour son activité indépendante d'esthéticienne s'est élevé à respectivement 50 euros et 0 euro pour le premier et le second trimestre 2021. Ses charges s'élèvent à 527 euros 65 par mois, base mensuelle non comprise. A.c. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 28 octobre 2021, après avoir entendu B.________ à l'audience du même jour, le juge de paix a rapporté l'ordonnance de mesures superprovisionnelles rendue le 8 octobre 2021, rejeté toute autre ou plus ample conclusion et laissé les frais de la décision à la charge de l'État. A.________ a formé recours contre cette décision le 9 novembre 2021. B.________ est décédée à la même date. A.________ a en conséquence retiré son recours. Par arrêt du 17 janvier 2022, la chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: la chambre des curatelles) en a pris acte et rayé la cause du rôle. A.d. Parallèlement, à savoir le 2 novembre 2021, le juge de paix a refusé à A.________ le bénéfice de l'assistance judiciaire, estimant que sa situation financière lui permettait d'assurer les frais du procès sans entamer la part de ses biens nécessaires à son entretien et à celui de sa famille. Par arrêt du 1er mars 2022, la chambre des curatelles a rejeté le recours formé le 15 novembre 2021 par A.________ et confirmé la décision du juge de paix. Reconnaissant l'indigence de l'intéressée, la cour cantonale a en revanche considéré que la cause était dénuée de chance de succès.