Citation: 4A_337/2021 E. A

A.a. B.________ (ci-après: l'exploitant, le demandeur ou l'intimé) exploite le camping " C.________ " à..., par le biais de la société D.________ SA dont il est l'administrateur unique. Il gère également le restaurant situé dans le camping. A.b. En 2011, l'exploitant a mandaté la société d'architecture E.________ SA (ci-après: la société d'architecture) pour concevoir et réaliser l'agrandissement dudit restaurant grâce à l'adjonction d'une verrière d'environ 105 m 2. Le 11 janvier 2012, l'autorisation de construire correspondante a été délivrée. A.c. Tandis que l'exploitant et la société d'architecture n'avaient pas prévu de modifier la ventilation à un seul flux (sortant) existante malgré l'agrandissement projeté, celle-ci a, après le début des travaux, modifié son appréciation. Elle a ainsi sollicité de F.________ Sàrl, ultérieurement mise en faillite, l'établissement d'un projet de ventilation à double flux. Le 19 janvier 2012, F.________ Sàrl a établi le projet sollicité. Celui-ci prévoyait que le premier flux consisterait à aspirer l'air d'une partie du restaurant pour l'expulser vers l'extérieur et que le second pulserait, au moyen de caissons, de l'air à 28 °C environ pour tempérer les lieux. Lesdits caissons devaient notamment être installés le long des fenêtres de la verrière pour compenser la sensation de froid que pourraient ressentir les clients occupant les tables situées à proximité. A.d. Sur la base du projet de F.________ Sàrl, la société d'architecture a demandé une offre à A.________ SA, société active dans la fabrication et dans l'installation d'appareils de ventilation et de climatisation (ci-après: la société d'installation, la défenderesse ou la recourante). Le cahier des charges de celle-ci comprenait notamment l'installation d'un monobloc combiné dont le débit d'air " repris/évacué " devait être de " 2800/1400 m 3 /h ". A.e. En mars 2012, la société d'installation a soumis une offre subdivisée en deux parties. Tandis que la première visait l'installation, devisée à 5'000 fr., d'une arrivée d'air frais dans la cuisine par le biais d'un réseau de gaines avec clapet, la seconde, pour un montant s'élevant à 38'000 fr., concernait la ventilation douce du restaurant et comprenait l'installation d'un caisson d'une capacité de 1'000 m 3 /h pour le débit d'air tant soufflé que repris. L'exploitant a accepté la seconde partie de l'offre et rejeté la première, estimant que des alternatives moins chères et sans incidence esthétique étaient possibles. Sur la base de ladite offre, la société d'architecture a adjugé les travaux d'installation de la nouvelle ventilation à la société d'installation. Le 26 septembre 2012, l'exploitant a payé les travaux prévus correspondants en 38'500 fr. A.f. Lorsque la société d'installation a été convoquée par la société d'architecture afin de poser les tubes de pulsion d'air, il est apparu que le plan initial, qui consistait à les faire passer à l'intérieur, n'était plus réalisable car la dalle de la verrière avait déjà été partiellement coulée. Avec l'accord de la société d'architecture, qui a consulté l'exploitant, la société d'installation a fait passer les tubes par l'extérieur du bâtiment. A.g. En décembre 2012, l'exploitant a utilisé pour la première fois la ventilation dans des conditions hivernales et a remarqué deux problèmes. A.g.a. D'une part, de l'air froid sortait de certaines grilles de pulsion au sol, alors qu'elles étaient censées rejeter de l'air à 28 °C. Après inspection, la société d'installation n'est pas parvenue à trouver la cause de cette déperdition de chaleur. Afin de pallier cela, elle a proposé de cesser d'utiliser l'installation de ventilation existante et de prendre à sa charge l'installation d'une gaine apparente à l'intérieur des locaux. L'exploitant a refusé cette solution parce qu'il souhaitait une " réponse technique " à ce problème. La société d'installation s'est donc engagée à diligenter à ses frais une expertise sur ce point. A.g.b. D'autre part, l'air arrivant par le faux plafond de la salle à manger était froid. Sur ce point, la société d'installation a décliné toute responsabilité et a expliqué que ce problème était dû à de l'air provenant de l'extérieur et était accentué par le fonctionnement de la cuisine qui provoquait une décompensation d'air. Elle a souligné que la première partie de son offre, rejetée par l'exploitant, visait précisément à amener de l'air en cuisine. A.h. Par courrier du 14 décembre 2012, le conseil de l'exploitant a informé la société d'architecture que l'installation de ventilation était affectée de défauts majeurs, en ce sens notamment que la température ambiante du restaurant ne pouvait être maintenue à un degré acceptable pour son exploitation. Celle-ci apparaissait dès lors fortement compromise. A.i. Le conseil de l'exploitant et la société d'architecture ont fait expertiser les locaux. Le rapport d'expertise du 30 mai 2013 a relevé deux catégories de malfaçons, relatives respectivement au chauffage et à la ventilation. A.i.a. S'agissant, d'une part, du chauffage, l'expertise a notamment conclu que le plancher chauffant était largement sous-dimensionné, que certains des tubes semblaient obturés tandis que d'autres avaient été mal posés et que les grilles de pulsion n'avaient pas été positionnées sur l'ensemble de la verrière. La société d'installation n'a pas contesté l'expertise sur ce point et a proposé d'ajouter une batterie de chauffe sur la gaine d'air pulsé afin de pallier ce défaut. L'expertise avait envisagé cette solution mais la qualifiait de peu " énergétique " et comme inefficace s'agissant du problème de dépression d'air dû aux installations de cuisine. A.i.b. D'autre part, l'expertise a considéré que le concept des installations de ventilation n'était pas conforme aux directives de la Société suisse des ingénieurs en technique du bâtiment et aux normes de la Société suisse des ingénieurs et des architectes. Au vu des capacités d'accueil du restaurant, il aurait en effet fallu un débit d'air total de 7'200 m 3 /h au lieu des 1'000 m 3 /h installés et inférieurs au projet de F.________ Sàrl. Par ailleurs, il aurait été nécessaire d'avoir des installations de pulsion et de reprise d'air séparées pour la cuisine et les salles de restauration, tandis que les installations d'évacuation installées n'étaient pas compensées par de l'air pulsé et allaient directement à l'extérieur, ce qui provoquait des pertes de chaleur importantes dans la verrière et dans le restaurant. La société d'installation a nié sa responsabilité sur ce point et a fait valoir qu'elle n'avait pas été chargée de la conception globale de l'installation de ventilation. Ayant décelé un défaut de conception dans le cahier des charges - soit un débit de ventilation insuffisant pour la verrière par rapport à celui induit par les installations de la cuisine - qui risquait de causer un problème important de déstockage d'air et de chaleur, elle s'est écartée des documents de soumission pour établir son offre et l'a subdivisée en deux parties. La première partie, refusée par l'exploitant, prévoyait un réseau de gaines supplémentaires pour amener de l'air frais en cuisine, tandis que la seconde, acceptée, portait sur la pose d'un caisson d'un autre type. A.i.c. Selon l'expertise, il n'était pas possible de résoudre tous les problèmes constatés sans de gros travaux et d'importants investissements. L'un des deux auteurs de l'expertise a évalué le coût de remise en état du restaurant, hors travaux annexes, à 80'000 fr. et a répondu qu'un prix d'environ 10'000 fr. lui paraissait " nettement suffisant " pour enlever les seuls éléments de ventilation non incorporés dans la dalle. A.j. Par courrier du 20 novembre 2015, le conseil de l'exploitant a informé la société d'installation que son mandant refusait la ventilation posée et qu'il la mettait en demeure de déposer le système de ventilation, de boucher les orifices et de lui rembourser le montant de 70'000 fr. d'ici au 15 décembre 2015 pour valoir solde de tout compte du prix payé pour la ventilation et les frais annexes supplémentaires. Ceux-ci correspondent à plusieurs postes de dommage qui sont, selon l'exploitant, consécutifs aux défauts de l'ouvrage livré par la société d'installation et incluent, d'une part, la pose par G.________ SA d'une pompe à chaleur plus puissante en 10'000 fr., montant réglé par l'exploitant le 28 mai 2012, et, d'autre part, un montant de 2'048 fr. 80 relatif à l'alimentation de ladite pompe effectuée par H.________ Sàrl et acquitté le 24 septembre 2013.