Citation: 6P.156/2005 24.03.2006 E. 4

4.1 Le code pénal distingue deux formes d'abus de confiance: celui qui porte sur une chose mobilière (art. 138 ch. 1 al. 1 CP) et celui qui porte sur une valeur patrimoniale (art. 138 ch. 1 al. 2 CP). En l'occurrence, c'est la première forme d'abus de confiance qui entre en considération, puisque la recourante a reçu des clients de l'Hôtel des espèces, à savoir des valeurs mobilières, qui ne sont pas entrées dans sa propriété. L'abus de confiance portant sur une chose mobilière suppose que la chose soit confiée à l'auteur en vertu d'un accord ou d'un autre rapport juridique qui fait qu'il n'en a pas la libre disposition et ne peut se l'approprier. Il existe entre l'auteur et la victime un rapport de confiance qui permet à l'auteur d'entrer en possession d'une chose et qui détermine l'usage qu'il doit en faire. L'auteur reçoit une chose pour en faire un certain usage dans l'intérêt d'autrui selon un accord expresse ou tacite (ATF 120 IV 278 276 consid. 2 p. 278). En violation de ce rapport de confiance, il s'approprie cependant cette chose, en disposant de la chose comme si elle lui appartenait. L'infraction d'abus de confiance est une infraction intentionnelle, l'auteur devant agir avec conscience et volonté dans un but d'enrichissement illégitime. 4.2 En l'espèce, la recourante a encaissé le prix des consommations qui n'étaient plus enregistrés sur la caisse et a gardé l'argent ainsi perçu au lieu de le remettre à sa patronne en fin de journée. Elle s'est appropriée ainsi environ 2'000 francs en deux ans au préjudice de ses employeurs. Par ce comportement, la recourante a réalisé les éléments objectifs de l'abus de confiance. La recourante conteste la réalisation de l'élément subjectif de l'infraction. Elle soutient que le fait de stocker dans sa bourse des tickets non déchirés ne relève pas encore d'une volonté délictueuse. Elle ajoute que si elle avait eu une quelconque intention de soustraire de l'argent à son employeur elle n'aurait jamais remis sa bourse à sa soeur le 19 octobre 2001 et qu'elle n'aurait jamais non plus ajouté 50 francs à son fond de bourse de sa propre poche pour se créer de la monnaie durant la journée du 19 octobre 2001. Par cette argumentation, la recourante conteste cependant l'état de fait cantonal, ce qu'elle n'est pas habilitée à faire dans un pourvoi (art. 273 al. 1 let. b, art. 277bis PPF). En effet, ce que l'auteur savait, voulait ou ce dont il s'accommodait relève du contenu de la pensée, donc de l'établissement des faits (ATF 125 IV 242 consid. 3c p. 252; 119 IV 1 consid. 5a p. 3). En l'espèce, la cour cantonale précise que la recourante a conservé les tickets de caisse pour les présenter à plusieurs reprises à des clients, ce qui marque bien l'intention de cette dernière d'utiliser les tickets de caisse plusieurs fois sans enregistrer les consommations sur la caisse pour ensuite s'approprier les espèces à l'insu de sa patronne. Au vu des faits constatés, la recourante a donc bien agi avec conscience et volonté. C'est ainsi à juste titre que la cour cantonale l'a condamnée pour abus de confiance.