Citation: 4C.68/2000 23.08.2000 E. B

B.- En avril et mai 1994, Maurice Besse, Jacques Grisoni, Issam Kabbani et René Guillemard ont intenté séparément des actions en libération de dette portant pour chacun sur la somme de 560 000 fr., en chiffres ronds, et les intérêts y afférents. La BCV a conclu au rejet des quatre demandes qui ont été jointes par la suite. Par jugement du 14 juillet 1999, la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté les actions en libération de dette des quatre demandeurs, sauf sur la question du taux de l'intérêt moratoire. Elle a, en outre, débouté René Guillemard de sa conclusion visant à être relevé par Maurice Besse et Jacques Grisoni de toute condamnation envers la défenderesse. Interprétant le sens de la lettre du 31 mars 1987, les premiers juges y ont vu l'octroi, par la défenderesse, d'un crédit en blanc à une société simple formée des six signataires de cet écrit. Les fonds étaient prêtés aux membres du consortium pour qu'ils deviennent actionnaires de Fresse-Luxit S.A. après augmentation du capital de cette société. En droit, il s'agissait d'un prêt de consommation (art. 312 ss CO), accordé aux membres du consortium, qui en faisait des débiteurs solidaires de la banque en vertu de l'art. 544 al. 3 CO, à l'exclusion de Fresse-Luxit S.A., pour qui ce prêt n'était juridiquement qu'une "res inter alios acta". Selon la cour cantonale, il n'existait pas, en l'espèce, de circonstances particulières susceptibles d'infirmer la conclusion tirée de l'interprétation textuelle de la lettre d'ouverture de crédit.