Citation: 5A_741/2021 E. 4.1

4.1. Le jugement entrepris retient qu'afin de prouver son état psychologique à compter de janvier 2018, le demandeur a déposé un certificat médical rédigé le 6 décembre suivant par son médecin traitant, dont il a de plus sollicité l'audition. Établi de nombreux mois après la survenance des faits dont il attestait, ce certificat était en outre bien trop succinct et peu précis pour revêtir, à lui seul, une grande force probante quant à l'état de santé de l'intéressé. Son auteur avait toutefois été entendu par la juge de district sous la menace des conséquences pénales du faux témoignage et, bien que généraliste, il disposait des compétences pour traiter le demandeur. Or, les déclarations de ce praticien emportaient la conviction. Il avait non seulement confirmé catégoriquement la teneur de son attestation, mais avait aussi exposé en détail et de manière chronologique ses constatations sur l'évolution de l'état de santé de son patient, se référant, au besoin, aux notes figurant dans le dossier médical de celui-ci; il en avait fait de même s'agissant du suivi mis en place et des raisons de l'absence de prescription d'antidépresseurs ou d'arrêt de travail, la médication n'étant d'ailleurs pas l'unique moyen de traiter la dépression et un arrêt de travail s'avérant parfois contre-indiqué. Quoi qu'en dît l'appelante, les actes de la causes corroboraient l'appréciation du médecin traitant du demandeur. Certes, au mois de janvier 2018, celui-ci ignorait les résultats de son test de paternité. Les confidences d'une amie avaient cependant semé le doute à ce sujet, doute qu'il devait absolument dissiper. Son état de santé s'était péjoré dès cette époque. Le 26 février 2018, son médecin lui avait d'ailleurs prescrit un somnifère et, le lendemain, il avait pris connaissance des résultats de son analyse ADN. Il n'était dès lors pas surprenant que, par la suite, son "moral" se fût effondré. Le demandeur avait réagi de la même manière une année plus tard, lorsqu'il avait eu la certitude qu'il n'était pas le père biologique de l'enfant. Le psychiatre et psychothérapeute qui l'avait suivi dès le 22 janvier 2019 avait fait état d'un "traumatisme majeur", craignant même que la poursuite des relations personnelles entre son patient et l'enfant ne fasse perdurer, voire aggrave de manière significative la symptomatologie dépressive alors présente. Le rapport d'expertise du 28 mars 2019 confirmait, en effet, le bien-fondé des doutes suscités par les révélations de janvier 2018 et les résultats du test de paternité du mois de février suivant. Comme l'avait relevé la juge de district, le fait que ce spécialiste ait parlé d'un "effondrement dépressif" était de nature à démontrer que le demandeur souffrait déjà d'une dépression bien installée. Cet état psychique n'avait d'ailleurs pas échappé à la pédiatre de l'enfant, qui avait expliqué la suspension, à partir d'avril 2019, de l'exercice du droit de visite du père par la souffrance psychologique qu'il ressentait. Qu'il ait réservé des vacances pour lui et l'enfant n'était pas de nature à modifier cette appréciation, pareille réservation ne se confondant pas avec l'introduction d'une action en désaveu. Son médecin traitant avait ainsi précisé, lors de son audition, que l'état de santé de son patient l'empêchait "d'accomplir des démarches administratives" et de se décider à agir en justice. En février 2018, le demandeur n'avait certes pas suspendu l'exercice de son droit de visite, espérant encore une erreur du laboratoire qui avait procédé à l'analyse de son test ADN. Après avoir pris connaissance de l'expertise judiciaire, il avait en revanche cessé toutes relations personnelles avec l'enfant, lesquelles étaient très probablement susceptibles d'entraîner pour lui un "effondrement dépressif".