Citation: 4P.44/2006 12.04.2006 E. 4

4.1 Selon la recourante, la Chambre des recours a fait preuve d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits en retenant que "l'Hôpital avait entrepris tout ce qui était en son pouvoir pour mettre un terme au litige et aux tensions existantes entre les infirmières de la salle de réveil de l'Hôpital" et, en particulier, que "des discussions ont eu lieu entre M. E.________ et d'autres supérieurs hiérarchiques et Mme A.________ pour trouver une issue convenable aux tensions". Du point de vue de la recourante, ces affirmations sont incorrectes et non conformes à la réalité. A cet égard, elle affirme être intervenue à plusieurs reprises, par écrit, auprès de ses supérieurs sans jamais obtenir de réponses à ses interpellations. Elle n'aurait ainsi jamais été convoquée par C.________ ou E.________ pour une discussion ou une mise en garde, voire même pour se faire notifier un nouvel avertissement. En particulier, aucune médiation n'a été entreprise à la suite du colloque de mars 2002, où il en avait pourtant été question. Elle relève également le fait que la partie adverse ne lui a jamais proposé un changement de place de travail, contrairement à ce que prévoit expressément la Convention collective de travail. Afin d'étayer ses dires, elle se réfère à l'absence au dossier de tout procès-verbal concernant les séances soi-disant tenues entre elle-même, C.________ et E.________. La seule pièce de ce genre est le rapport établi le 26 février 2003 par C.________ "pour les besoins de la cause", qui n'établit "que et uniquement l'existence d'un colloque en mars 2002". Se fondant sur ce seul document, elle s'étonne que son auteur ait omis d'indiquer l'existence de discussions entre mars 2002 et décembre 2002. En sus, elle relève que si C.________ a bien mentionné avoir discuté du problème concernant la salle de réveil avec d'autres personnes, il n'a en aucun cas affirmé en avoir discuté à nouveau avec la principale concernée, soit avec elle-même. Enfin, elle se réfère au rapport des médecins-anesthésistes du 21 novembre 2003, selon lequel les médecins "relèvent fort justement n'avoir jamais discuté directement avec Mme A.________ des problèmes qu'ils auraient constatés dans le fonctionnement de la salle de réveil ni s'en être entretenus directement avec la recourante". En guise de remarque finale, la recourante s'offusque de l'attitude choquante de l'intimé, qui ne lui a pas transmis le courrier provenant de ses collègues de travail et qui avait pour objet une critique de son comportement au sein de l'établissement hospitalier. 4.2 Lors même que la recourante, comme relevé ci-dessus, prétend avoir interpellé, par écrit et à plusieurs reprises, ses supérieurs, sans jamais obtenir de réponses de leur part, elle n'apporte aucune précision sur les écrits en question. De même, elle argue du fait qu'elle n'a jamais été convoquée par C.________ ou E.________ pour une discussion ou une mise en garde. Force est toutefois de constater que l'existence de discussions entre les intéressés n'implique pas nécessairement une convocation, à tout le moins en la forme écrite - ce que laisse supposer le grief de la recourante. S'agissant de la médiation dont il avait été question lors du colloque de mars 2002, elle ne ressort pas des faits de la cause. Enfin, la recourante essaie de tirer avantage du fait que la partie adverse ne lui a jamais proposé un changement de place de travail, "comme le prévoit expressément la Convention collective de travail", sans autre précision. Or, il n'appartient pas au Tribunal de céans de rechercher lui-même dans le dossier de la cause la convention en question, à laquelle la recourante ne fait du reste qu'une référence globale. Au demeurant, l'argumentation de la recourante n'est pas à même de démontrer l'arbitraire, d'une manière conforme aux exigences strictes de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. En effet, la recourante se livre à sa propre appréciation des preuves, sans pour autant démontrer en quoi celle de la cour cantonale relative aux mesures prises par l'employeur pour gérer le conflit est insoutenable. Une telle critique n'est pas admissible dans le cadre d'un recours de droit public. Par ailleurs, il y a lieu d'observer que la Chambre des recours, pour arrêter l'existence de nombreux entretiens entre la recourante et ses supérieurs hiérarchiques, ne s'est pas basée - contrairement à ce que suggère la recourante dans sa critique - uniquement sur le rapport du 26 février 2003. Elle y fait certes référence, mais en lien avec les divers témoignages recueillis en cours d'instruction, lesquels ont apporté des précisions sur certains points d'importance, dont notamment sur les entretiens échangés entre la recourante, C.________ et E.________, dans le courant de l'année 2002. Ainsi, il est sans pertinence que le dossier ne contienne aucun procès-verbal des séances en question. En sus, contrairement à ce que soutient la recourante, le rapport du 26 février 2003 n'indique pas que C.________ n'a en aucun cas discuté à nouveau avec la recourante des problèmes la concernant. Bien plus, il y est mentionné que: "Quant il y a des discussions, elle [la recourante] veut toujours avoir le dernier mot et ne respecte pas beaucoup l'avis des autres", ce qui laisse supposer l'existence de discussions entre l'auteur du rapport et la recourante. En outre, même si les médecins-anesthésistes précisent, dans leur rapport du 21 novembre 2003, que, tout en étant informés, ils ne sont pas intervenus dans les conflits - du ressort de la hiérarchie infirmière -, cela ne signifie pas encore que ladite hiérarchie n'est pas intervenue. Enfin, on ne voit guère dans quelle mesure la non-transmission par l'intimé à la recourante du courrier des quatre infirmières du 13 novembre 2002, qui avait pour objet une critique du comportement de la recourante au sein de l'établissement hospitalier, serait à même d'établir que l'arrêt entrepris est insoutenable dans son résultat, ce que la recourante ne démontre du reste nullement. Au terme de cet examen, il appert que la Chambre des recours n'a pas versé dans l'arbitraire en arrêtant, après s'être livrée à une appréciation de l'ensemble des preuves au dossier, que l'intimé a pris toutes les mesures pour désamorcer le conflit, notamment par le biais de nombreuses discussions. Par conséquent, le grief est dénué de tout fondement.