Citation: I 597/05 08.01.2007 E. 4

A l'appui de la nouvelle demande déposée le 1er octobre 2003, l'intimé a produit l'avis émanant de ses différents médecins traitants, à savoir celui des docteurs J.________ (rapports des 13 février, 15 septembre et 11 novembre 2003 et 24 février 2004), M.________ (rapports des 13 mars et 17 novembre 2003 et 4 mars 2004) et S.________ (rapport du 20 février 2004). Hors procédure administrative, il a en outre produit un rapport d'expertise établi le 28 mai 2005 par les médecins du COMAI. 4.1 A l'instar de l'office AI, la Cour de céans considère également que ce dernier rapport ne saurait être pris en considération dans le cadre de la présente procédure dès lors qu'il a été établi ultérieurement au prononcé de la décision sur opposition litigieuse. Dans un litige de ce genre, l'examen du juge des assurances est en effet d'emblée limité au point de savoir si les pièces déposées en procédure administrative justifiaient ou non la reprise de l'instruction du dossier (ATF 130 V 64; voir également l'arrêt E. du 16 janvier 2004, I 52/03). Contrairement au point de vue soutenu par l'intimé, il ne saurait être question de surseoir à ces principes - fût-ce par souci d'opportunité et d'économie de la procédure - sous peine de les vider de leur portée juridique. 4.2 Sur la base des autres rapports médicaux produits par l'intimé à l'appui de sa nouvelle demande, il appert, selon le docteur J.________, que, sur le plan rhumatologique, une aggravation significative de l'état de santé de l'assuré s'est progressivement développée depuis le 30 avril 2001, se traduisant par une constante augmentation des consultations pour récidive de douleurs lombosciatiques, dorsales, scapulaires et cervicales associées à d'importantes céphalées; il note également des douleurs au niveau des jambes, en particulier du compartiment interne des deux genoux, ainsi que des troubles gastro-intestinaux caratérisés par des brûlures au niveau de la région oesophagienne. Le docteur M.________ fait pour sa part état d'une péjoration de la surdité bilatérale de l'assuré nécessitant le renouvellement anticipé de ses appareils auditifs. Cette importante dégradation de l'audition contribue progressivement à la péjoration de son état de santé général ainsi qu'à son isolement sur le plan social. Cette appréciation peut toutefois être nuancée au vu des constatations postérieures des médecins du COMAI. En effet, selon ces derniers, "appareillé aux deux oreilles, il [le recourant] entend correctement la conversation et il n'est pas nécessaire d'élever la voix". Sous l'angle psychique, le docteur S.________ observe que l'intimé souffre indéniablement des troubles rhumatologiques diagnostiqués, ce qui aggrave le trouble dépressif qu'il présente. Il se révèle conditionné non seulement par la persistance de la symptomatologie douloureuse mais également par la détresse psychosociale et la non-reconnaissance de sa souffrance et de son incapacité de travail. Diagnostiquant un profond trouble de la personnalité associé à des traits mixtes borderlines et paranoïaques, il estime indispensable au vu de la teneur contradictoire des rapports d'expertise versés au dossier, de procéder à une nouvel examen de l'assuré. Ce faisant, l'intimé a certes rendu plausible que son état de santé s'était aggravé depuis la décision initiale de refus des prestations AI. Pour autant toutefois, il n'appert pas des rapports précités que sa capacité de travail s'en trouve affectée dans une mesure propre à accroître son degré d'invalidité au sens des art. 4 LAI et 8 LPGA, ainsi que l'art. 87 al. 4 RAI le requiert pour justifier la réouverture du dossier. En effet, les docteurs J.________, M.________ et S.________ ne s'expriment pas sur la capacité de travail de l'assuré. En particulier, ils n'indiquent pas que celle-ci se soit péjorée depuis le 30 avril 2001. Or, pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). 4.3 Sur le vu de ce qui précède, l'intimé n'a pas rendu plausible, au stade de la procédure administrative, que sa capacité de travail avait été réduite de façon à modifier le degré de son invalidité. Il s'ensuit que c'est à tort que les premiers juges ont prononcé le renvoi du dossier à l'office AI afin qu'il entre en matière sur la nouvelle demande du 1er octobre 2003. Le jugement entrepris n'est pas conforme au droit fédéral et le recours se révèle donc bien fondé.