Citation: 9C_40/2015 E. 6.1

6.1. Concernant les investissements immobiliers opérés en 1994 et 1996, la juridiction cantonale a considéré qu'ils ne violaient pas le principe général de sécurité consacré à l'art. 71 LPP. S'il est vrai qu'à la suite de l'acquisition en 1996 des immeubles situés à "yyy", le pourcentage des placements immobiliers avait dépassé la limite légale prévue à l'art. 54 let. c OPP 2, puisqu'il avait atteint 56,76 %, la législation autorisait l'extension des possibilités de placement, pour autant que l'application de l'art. 50 OPP 2 fût établie de façon concluante dans un rapport annuel, c'est-à-dire à la condition que le but de prévoyance ne fût pas mis en péril. En l'occurrence, le SSF avait été informé du dépassement de la limite des 50 % et l'avait autorisé en connaissance de cause. Quant à la sécurité du placement, elle ne pouvait être mise en doute au vu de l'expertise immobilière réalisée par G.________, lequel avait estimé, deux ans plus tard (en 1998), la valeur des immeubles à 12'200'000 fr. pour ceux de "xxx" et à 5'565'000 fr. pour ceux de "yyy", alors même que le marché immobilier sortait d'une crise sans précédent et que leur valeur n'aurait pu qu'augmenter par la suite. Il convenait par ailleurs de rappeler que B.________, par ses investissements immobiliers, poursuivait également l'objectif de donner du travail à Aa.________, à une époque difficile pour le marché de la construction. Cet objectif n'était pas contradictoire avec la défense des intérêts propres de la fondation de prévoyance, puisqu'il était également vital pour elle que ses affiliés continuent de cotiser. Compte tenu des rendements sur obligation, l'investissement immobilier était une solution d'autant plus intéressante que les intérêts hypothécaires étaient en baisse. Dans ces circonstances, il ne pouvait être soutenu que les placements dans l'immobilier violaient le principe de sécurité, d'autant que leur principe avait été soumis au SSF et approuvé par lui. Qui plus est, les investissements litigieux avaient été faits sur la base de dossiers présentés au conseil de fondation par les sociétés Ab.________ et Ac.________. Le conseil de fondation s'était donc décidé, à l'unanimité, en toute connaissance de cause, les allégations selon lesquelles l'intimé aurait usé de son ascendant sur les autres membres du conseil pour influencer ceux-ci n'ayant pas été confirmées lors des enquêtes.