Citation: 6B_567/2016 E. 5

L'art. 173 ch. 2 CP prévoit que le prévenu n'encourt aucune peine s'il prouve que les allégations par lui articulées ou propagées sont conformes à la vérité, ou qu'il avait des raisons sérieuses de les tenir de bonne foi pour vraies. Le recourant ne prétend pas avoir prouvé que la partie plaignante ait effectivement tenu à sa fille les propos allégués dans la lettre du 22 avril 2013. Selon son argumentation, ces propos lui ont été narrés par son ami B.________, à qui l'enfant les avait elle-même rapportés; il pouvait de bonne foi les tenir pour véritablement exprimés après qu'il avait pu constater personnellement que la partie plaignante n'hésitait pas à dénigrer son époux. La Cour de justice oppose au recourant qu'il n'a pas personnellement constaté d'acte de maltraitance psychologique commis par la partie plaignante contre sa fille, et qu'il aurait dû observer une vigilance particulière avant de propager l'allégation en cause, compte tenu du conflit aigu qui divisait les époux, de sa propre partialité en faveur du mari qui était son ami, et de l'impact que sa démarche auprès de la juridiction saisie pouvait entraîner sur l'avenir de l'enfant et de ses parents. Devant le Tribunal fédéral, le recourant fait valoir que la juridiction saisie du litige des époux, destinataire de la lettre du 22 avril 2013, jouissait d'un pouvoir d'examen étendu sur tous les faits intéressant la situation de l'enfant dans sa famille, et que cette juridiction était tenue d'examiner de manière critique les allégations présentes dans cette lettre, en tenant compte de tous les autres éléments du dossier. Cette argumentation ne convainc pas car selon la jurisprudence que le recourant cite lui-même, s'adresser à une autorité ne confère pas au dénonciateur le droit de porter atteinte à l'honneur d'autrui; le dénonciateur doit au contraire agir de bonne foi et avoir des raisons suffisantes de concevoir les soupçons qu'il communique à cette autorité (arrêt 6B_1225/2014 du 18 janvier 2016, consid. 1.2). Même dans le contexte d'une séparation particulièrement houleuse des époux, le recourant ne pouvait pas se fier aveuglément aux déclarations de son ami (cf. ATF 124 IV 149 consid. 3b p. 151). Certes, il n'avait aucun moyen de vérifier si l'épouse et mère s'était effectivement exprimée comme son mari le disait; en particulier, il eût été malvenu d'interroger l'enfant. Dans cette situation équivoque, le recourant devait simplement s'abstenir de propager l'allégation correspondante. Enfin, ce plaideur ne parvient pas à expliquer en quoi la Cour de justice a prétendument " tronqué " cette allégation; la Cour a au contraire correctement appliqué l'art. 173 ch. 2 CP.