Citation: 6B_1213/2015 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a relevé que les déclarations de l'intimée avaient été globalement constantes tant dans le récit des attouchements subis et des circonstances les ayant entourés, que dans l'exposé des faits s'étant déroulés ultérieurement et jusqu'au dépôt de la plainte. Les attouchements décrits avaient en outre été corroborés par les déclarations de la mère de l'intimée à laquelle elle avait progressivement révélé les actes subis, ainsi que par celles des différentes personnes à qui elle s'était confiée au fil des années, notamment le conseiller social de son école et les psychiatres l'ayant suivie. Les déclarations du recourant n'étaient en revanche pas crédibles au vu des diverses contradictions qu'elles faisaient apparaître et du fait qu'elles n'étaient confirmées par aucune des personnes entendues dans la procédure. Il avait notamment affirmé ne jamais avoir frappé B.________ alors qu'il ressortait des déclarations de cette dernière ainsi que de sa fille que de tels épisodes de violence avaient eu lieu à deux reprises. Il en allait de même du problème lié à sa consommation d'alcool à l'époque des faits qu'il avait toujours niée alors que divers éléments ressortant de la procédure en attestaient. L'intimée avait ainsi déclaré qu'il avait bu au moins une bouteille de vin rouge le soir des faits et sa mère a affirmé avoir retrouvé trois bouteilles de vin vides dans la cuisine à son retour. Il avait également confondu l'intimée avec sa mère le soir en question. La Cour de justice a en outre relevé qu'on ne percevait pas quel intérêt l'intimée aurait pu avoir à accuser à tort le compagnon de sa mère. Bien que l'intimée n'ait pas porté le recourant dans son coeur, ait ressenti une certaine forme de jalousie à son égard, se soit sentie esseulée et lui ait reproché ses problèmes d'alcool et l'agressivité dont il faisait parfois preuve envers sa mère, il n'en demeurait pas moins qu'il était séparé de cette dernière depuis plus de deux ans au moment du dépôt de la plainte, de sorte qu'elle n'avait plus d'intérêt à chercher à l'écarter. La cour cantonale a également estimé que le temps relativement long qui s'était écoulé entre la survenance des faits et le dépôt de la plainte pénale n'était pas de nature à remettre en cause le bien-fondé des accusations de l'intimée. Il était en effet compréhensible que cette dernière ait mis du temps avant de se décider à porter l'affaire devant la justice, notamment par peur et par honte, mais aussi parce qu'elle avait éprouvé de la difficulté à se confier à sa mère de peur de la blesser dans la mesure où celle-ci avait partagé sept ans de sa vie avec le recourant. Si elle avait attendu 2012 pour livrer un récit complet des faits à sa mère, elle avait toutefois commencé à lui en parler petit à petit dès le lendemain des faits en 2006, puis lorsqu'elle avait été hospitalisée en 2010 suite à une dépression. La cour cantonale a considéré que ce dévoilement progressif était cohérent et crédible. Elle a relevé que le fait que B.________ ait tardé à porter plainte ne saurait pas davantage discréditer le récit de sa fille dans la mesure où elle n'avait su exactement ce qui s'était passé qu'en mai 2012 et que ses déclarations selon lesquelles elle n'avait pas pensé que quelque chose de mal s'était passé lors des premières révélations de sa fille le lendemain des événements étaient crédibles. Enfin, la Cour de justice a considéré que les troubles psychiques dont avait souffert l'intimée et, singulièrement, les scarifications qu'elle s'était infligées à de multiples reprises, constituaient un indice supplémentaire renforçant la crédibilité de sa version. Les docteurs C.________ et D.________, qui avaient suivi l'intimée, avaient attesté que ces troubles pouvaient partiellement s'expliquer par d'autres facteurs mais trouvaient certainement leur origine dans les événements qui s'étaient produits en 2006. Pour les motifs qui précèdent, la Cour de justice a déclaré avoir acquis la conviction que le recourant s'était bien rendu coupable des agissements qui lui étaient reprochés. Sur le plan subjectif, elle a considéré qu'il ne faisait aucun doute que le recourant avait agi avec conscience et volonté et qu'il ne pouvait ignorer la nature sexuelle de ses actes. Même s'il avait consommé de l'alcool, il avait toujours soutenu ne pas avoir été ivre au point de ne plus se souvenir des faits et aucun élément du dossier ne venait étayer la thèse d'une diminution de sa responsabilité pénale qui devait par conséquent être considérée comme pleine et entière.