Citation: 4C.149/2001 19.12.2001 E. B

B.- A.________ S.A., B.________ S.A. et S.________ S.A. ont fait notifier une poursuite à C.________, puis, le 25 octobre 1994, ont ouvert action à son encontre devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois, concluant au versement de 155'525 fr. 60 plus intérêts, l'opposition faite au commandement de payer étant définitivement levée. La défenderesse a conclu à libération. En cours d'instance, une expertise a été confiée à l'architecte O.________, qui a été autorisé à collaborer avec l'ingénieur en génie civil et professeur à l'EPFL P.________. Selon les constatations de ces deux experts judiciaires, toutes les factures et notes d'honoraires payées par les demanderesses étaient en relation avec le sinistre du 21 juin 1992. L'ensemble des défauts de la citerne constatés par l'expert privé relevaient du travail effectué par la défenderesse. Les deux causes principales de l'incident du 21 juin 1992 consistaient dans la modification de la conception des trous d'homme, ce qui avait entraîné une diminution de la rigidité du réservoir, et dans la mauvaise qualité de certaines soudures. La cuve n'était pas destinée au stockage de produits polluants et ne devait pas contenir de matière toxique ou dangereuse. Si la complexité de cette installation n'était pas extraordinaire, elle nécessitait une coordination technique entre le bureau d'ingénieurs-conseils et C.________, laquelle devait veiller aux problèmes de résistance et d'étanchéité. D'après les experts, l'absence d'essais de pression avant la mise en service du réservoir aurait dû faire l'objet d'un avertissement formel adressé à l'architecte. Une mise en service conforme aux règles de l'art aurait dû être précédée d'un contrôle de la concordance de l'exécution avec les plans, plus d'un contrôle visuel et par ultrasons des cordons de soudure; ces dispositions, qui incombaient à la défenderesse, auraient permis de déceler l'existence des défauts.