Citation: 6B_272/2022 E. 3.6

3.6. La cour cantonale a exclu l'existence d'un pronostic favorable. Elle a retenu qu'à l'exception du Dr D.________, dont la valeur probante de l'expertise avait toutefois déjà été écartée par la Chambre des recours pénale pour des motifs qui avaient été validés par le Tribunal fédéral dans son arrêt du 11 février 2014 (arrêt 6B_1193/2013 consid. 2.4), les trois experts consultés avant la présente procédure avaient retenu l'existence d'un risque de récidive élevé à très élevé pour des actes d'ordre sexuel avec des enfants. L'évaluation criminologique réalisée le 10 février 2016 retenait également que les risques de récidives générales et spécifiques étaient élevés. L'expert mis en oeuvre dans la présente procédure retenait toujours un risque de récidive moyen à élevé, en précisant que ce risque ne concerne pas automatiquement des actes de nature sexuelle et que le passage à l'acte était tributaire de l'environnement dans lequel le recourant se trouvait, ce qui n'avait d'abord rien de rassurant et n'excluait ensuite naturellement pas une récidive en matière sexuelle, ce d'autant moins que le recourant semblait avoir pour projet de retourner vivre en Thaïlande, soit dans un environnement identique à celui qui prévalait lorsque les faits pour lesquels il avait été condamné s'étaient produits. Le recourant n'avait pour le reste absolument pas évolué depuis la dernière décision de refus de libération conditionnelle; il se refusait toujours à toute prise en charge psychothérapeutique; il ne collaborait même pas aux démarches d'évaluation; sa prise de conscience des actes à la base de sa condamnation restait obstinément nulle; il n'avait pas su saisir l'opportunité de son transfert dans un autre établissement pénitentiaire pour se remettre en question; il avait en revanche encore récemment démontré sa dangerosité en écrivant, le 29 juin 2021, un courrier à des tiers qui comportait des menaces de mort explicites, ainsi que des menaces d'enlever deux enfants et de les livrer à la prostitution. Enfin, la cour cantonale a retenu que tous les intervenants (OEP, CIC, FVP) avaient émis un préavis négatif concernant une éventuelle libération conditionnelle du recourant. L'expert dernièrement mis en oeuvre avait également souligné que rien dans son examen clinique et dans son appréciation du risque ne soutenait, que ce soit cliniquement ou criminologiquement, une libération conditionnelle. Selon la cour cantonale, au vu de ces éléments et à défaut du moindre facteur favorable, on ne pouvait manifestement pas espérer que le recourant se conduirait correctement s'il était libéré. Le pronostic restait ainsi résolument défavorable.