Citation: I 726/03 10.01.2005 E. 6

6.1 Sur le plan somatique, l'assurée présente, pour l'essentiel, un status après arthrodèse dorsale D4 à L2 consécutivement à une scoliose sévère suivie de dorso-lombalgies résiduelles intenses, de rachialgies diffuses et une dysbalance musculaire. 6.2 Le docteur D.________ (rapport du 23 février 2000) considère que, ce nonobstant, l'intéressée dispose depuis le mois d'avril 1998, d'une capacité résiduelle de travail de 50 % dans l'exercice du métier de vendeuse, soit d'une activité lucrative de nature sédentaire à semi-sédentaire permettant de fréquents changements de position, mais n'impliquant pas la station assise au-delà de 30 minutes, ni celle debout et immobile plus de 45 minutes. De l'avis des docteurs P.________, B.________, A._________ et S.________, elle subit une incapacité totale de travail, toute activité confondue. 6.3 En ce qui concerne la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 6.4 En l'occurrence, aucun des avis médicaux versés au dossier n'établit au degré de vraisemblance prépondérant en assurances sociales, la capacité de travail correspondant aux troubles somatiques dont l'intimée souffre. Daté du 23 février 2000, le rapport du docteur D.________ a été établi sans consultation, trois ans après l'arthrodèse effectuée par ce médecin. En outre, ce rapport indique que l'intéressée a présenté une incapacité totale de travail à la suite de l'opération pratiquée le 27 décembre 1996, puis partielle depuis le mois d'avril 1998. Or, l'assurée a repris à plein temps l'exercice du métier de vendeuse depuis le 23 septembre 1997 jusqu'au 17 janvier 1998, infirmant de fait les conclusions du docteur D.________. Par ailleurs, en tant que les docteurs B.________ (rapport du 18 mai 2000), A._________ et S.________ (rapport du 27 mars 2001) font notamment état de trouble somatoforme douloureux dans leurs diagnostics, l'incapacité totale de travail qu'ils constatent ne correspond pas aux seules affections somatiques de l'intimée, de sorte que les conclusions de ces rapports ne sont pas déterminantes. Quant à la valeur probante du rapport établi par le médecin traitant, le juge peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, celui-ci est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 6.5 Dès lors, à défaut d'informations suffisantes sur l'incapacité de travail issue des troubles physiques dont souffre l'intimée, il n'est pas possible de se prononcer sur le degré d'invalidité qu'elle présente et donc sur son éventuel droit à une rente entière. Afin de pouvoir se déterminer en connaissance de cause sur ces questions, il appartenait à l'administration, voire à la juridiction cantonale, d'instruire la cause en réunissant toutes les informations nécessaires, ce qu'elles n'ont fait que partiellement. Dans ces circonstances, un complément d'instruction moyennant une évaluation concrète de la capacité de travail de l'assurée s'impose. Il convient dès lors de renvoyer la cause à l'office afin qu'il rende une nouvelle décision après instruction complémentaire sur la capacité de travail qui serait exigible de l'intéressée dans une une activité adaptée à son état de santé physique.