Citation: 5C.74/2006 29.09.2006 E. 4

Le recourant se plaint de violations de l'art. 8 CC. 4.1 Pour toutes les prétentions fondées sur le droit privé fédéral, cette disposition, en l'absence de règles contraires, répartit le fardeau de la preuve (ATF 126 III 315 consid. 4a p. 317; 122 III 219 consid. 3c p. 223) et détermine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les conséquences de l'échec de la preuve (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24 et l'arrêt cité). Elle interdit notamment au juge de considérer comme établi un fait pertinent allégué par une partie pour en déduire son droit, alors que ce fait, contesté par la partie adverse, n'a pas reçu un commencement de preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 290). Selon la jurisprudence, elle confère en outre à celui à qui incombe le fardeau de la preuve le droit de prouver, à certaines conditions, la réalité de ses allégations (ATF 126 III 315 consid. 4a p. 317); il en découle de même le droit à la contre-preuve (ATF 120 II 393 consid. 4a p. 397; 115 II 305). En revanche, l'art. 8 CC ne régit pas l'appréciation des preuves; il ne prescrit donc pas sur quelles bases et comment le juge doit former sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d p. 25; 127 III 248 consid. 3a p. 253), pas davantage qu'il ne dicte quelles sont les mesures probatoires qui doivent être ordonnées (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522; 126 III 315 consid. 4a p. 317). Enfin, lorsque l'appréciation des preuves convainc le juge de la réalité ou de l'inexistence d'un fait, la répartition du fardeau de la preuve n'a plus d'objet; seul le moyen tiré d'une appréciation arbitraire des preuves, à invoquer impérativement dans un recours de droit public, est alors recevable (ATF 122 III 219 consid. 3c p. 223; 119 II 114 consid. 4c p. 117; 117 II 387 consid. 2e p. 393). 4.2 Le recourant prétend que l'autorité cantonale a violé cette disposition en retenant, sur la base des témoignages indirects de parents et de proches, que l'intimée a consacré une demi-journée par semaine à la gestion du garage, aide qu'il évalue lui-même à une demi-journée par mois. Ce faisant, il s'en prend en réalité à la constatation des faits ou l'appréciation des preuves. Partant, le grief doit être rejeté. 4.3 Les mêmes considérations valent lorsque le recourant soutient que les juges cantonaux ne pouvaient, sans violer l'art. 8 CC, déduire des pièces produites que l'intimée s'est dessaisie du montant de 85'000 fr. résultant de l'emprunt en capital contracté en décembre 1990 auprès de son employeur et que cette somme a été consacrée à l'entretien de la famille. 4.4 Le recourant invoque également vainement l'art. 8 CC lorsqu'il reproche à la Chambre civile d'avoir méconnu les documents comptables produits en cause, desquels ressortait clairement l'affectation des chèques prélevés sur le compte courant du garage. Il s'en prend là encore à la constatation des faits et l'appréciation des preuves.