Citation: 5A_10/2021 E. 3.4.3

3.4.3. En l'espèce, à titre préliminaire, il faut noter que la recourante interprète trop largement la jurisprudence précitée en affirmant que toute confusion de patrimoines doit conduire à lever le voile social. Pour y parvenir, il faut encore que les protagonistes aient profité de cette confusion aux dépens du séquestrant, de sorte que dans la poursuite de l'un, le patrimoine de l'autre peut être réalisé. Cela dit, contrairement à ce que soutient la recourante, l'autorité cantonale n'a pas établi la confusion des patrimoines entre les deux personnalités et la recourante reprend des faits dont elle n'a pas démontré l'établissement arbitraire pour affirmer l'inverse (" flux incessants entre les comptes " des intimés et des autres sociétés de l'intimé n° 2 " sans fondement contractuel " et " prise en compte, au su et vu [de l'intimé n° 2], par [la recourante] de la fortune personnelle de [l'intimé n° 2] dans le cadre de la fixation du montant de la garantie bancaire "). La cour cantonale a seulement retenu que l'éventuelle confusion entre les patrimoines confirmait tout au plus l'identité économique entre les personnalités - identité déjà admise en raison de la position de l'intimé n° 2 d'actionnaire unique, ayant droit économique et principal animateur de l'intimée n° 1, du fait que l'intimé n° 2 était la source des avoirs de l'intimée n° 1 et disposait d'un pouvoir de signature individuel sur le compte de celle-ci, et que tous les contacts entre la recourante et l'intimée n° 1 avaient eu lieu avec l'intimé n° 2. Cependant, les transferts qui auraient permis d'établir cette confusion n'étaient, selon la cour cantonale, pas suffisants pour en conclure que la dualité était abusivement invoquée. Or, la recourante n'a pas démontré l'établissement arbitraire de ces constatations. Au demeurant, il ressort de ses propres allégués, notamment de la pièce n° 6 dont elle se prévaut dans son recours, qu'elle a considéré le patrimoine de l'intimé n° 2 comme distinct de celui de l'intimée n° 1 en cherchant à en connaître l'état et la composition. Il suit de là que le grief d'arbitraire dans l'application du principe de la transparence doit être rejeté, pour autant que recevable.