Citation: 8C_295/2019 E. 4.2

4.2. La Chambre des recours a examiné au regard des dispositions évoquées ci-dessus si l'engagement des recourants comme sacristain/ concierge relevait du droit privé ou du droit public. Elle a exposé que le contrat conclu entre les parties stipulait expressément qu'il était soumis aux règles du Code des obligations et que les tâches de concierge/sacristain étaient définies dans un cahier des charges - annexé au contrat de travail - établi par le Conseil de paroisse en conformité avec les art. 42 al. 2 de l'ordonnance concernant les ecclésiastiques et 145e du règlement ecclésiastique. Se référant à l'arrêt 8C_227/2014 du 18 février 2015 (cf. consid. 3.3.2 supra), elle a considéré que rien n'empêchait de confier les tâches de concierge, telles que décrites dans le contrat conclu entre les parties, à une personne non soumise à un statut de droit public. Par ailleurs, aucune disposition légale édictée par l'Église ne définissait le statut du concierge/sacristain, contrairement au statut des pasteurs et des diacres qui était exhaustivement réglé par l'ordonnance concernant les ecclésiastiques. En outre, l'art. 145e du règlement ecclésiastique relatif au concierge/sacristain, qui se limitait à définir les tâches de cette fonction, étant suivi de l'art. 145f relatif aux autres collaborateurs paroissiaux, on devait en déduire que le concierge/sacristain était bien un collaborateur paroissial, dont l'engagement se concluait selon le droit civil en vertu de l'art. 42 al. 3 de l'ordonnance concernant les ecclésiastiques. Certes, comme le faisaient valoir les recourants, l'art. 145f du règlement ecclésiastique incluait dans les autres collaborateurs paroissiaux les animateurs de jeunesse et, dans un arrêt qui avait fait l'objet d'un recours au Tribunal fédéral (arrêt 8C_817/2015 du 6 juillet 2016, cité au consid. 1.1 supra), la Chambre des recours avait admis sa compétence s'agissant d'une animatrice de jeunesse. Toutefois, l'application du droit public pour les animateurs de jeunesse ne faisait pas obstacle à l'application du droit privé pour les concierges. En effet, le statut des animateurs de jeunesse faisait l'objet d'une réglementation de droit public extrêmement détaillée (modalités d'engagement, salaires, gratification d'ancienneté, cotisations aux assurances, vacances et congés, classification des fonctions, et renvoi subsidiaire aux règles de la fonction publique jurassienne) dans l'ordonnance concernant les animateurs de jeunesse du 21 novembre 2009. Cette ordonnance avait au demeurant été édictée postérieurement à celle concernant les ecclésiastiques et elle ne concernait qu'une catégorie de personnel, de sorte qu'on devait admettre qu'elle y dérogeait valablement en vertu des principes "lex posterior derogat priori" et "lex specialis derogat generali". S'il fallait ainsi admettre que les animateurs de jeunesse relevaient du droit public, les concierges/sacristains relevaient du droit privé, conformément à l'art. 42 al. 3 de l'ordonnance concernant les ecclésiastiques.