Citation: 5A_645/2019 E. 3.1

3.1. Appliquant l'art. 10 LDIP, l'autorité cantonale a jugé que la condition du péril en la demeure n'était pas remplie en l'espèce et que, partant, c'était à juste titre que le premier juge avait dénié sa compétence pour statuer sur la requête de mesures provisionnelles de l'appelante et l'avait déclarée irrecevable. Elle a considéré en substance qu'il n'était en effet pas contestable que l'appelé avait versé à l'appelante, le 16 octobre 2017, la somme de 3 millions de francs. Si ce montant était apparemment destiné à l'entretien des enfants, il ressortait toutefois des titres produits par l'appelé et des allégations de l'appelante que l'appelé avait continué à contribuer à leur entretien après la date précitée (pour le détail des sommes versées, cf. arrêt cantonal p. 14). Par ailleurs, si l'appelante avait allégué que ses " charges mensuelles non exhaustives " s'élevaient à 75'616 fr., ce montant comprenait des postes (à ce sujet, cf. arrêt cantonal p. 14) qui ne constituaient manifestement pas des dépenses indispensables à son entretien. De plus, il ressortait des pièces déposées que l'appelé avait versé, entre le 21 décembre 2017 et le 28 septembre 2018, 15'181 fr. 35 d'intérêts hypothécaires relatifs au chalet et à l'appartement de U.________, 6'628 fr. pour l'assurance de ces deux immeubles, 86'300 fr. pour le loyer de la maison de X.________ (78'900 fr. + 7'400 fr.), 2'135 fr. 45 pour les frais de gaz de ce dernier logement et 16'228 fr. 80 d'impôts. Il avait en outre payé divers frais relatifs au chalet et à l'appartement de U.________ entre le 16 avril et le 10 octobre 2018 (internet et électricité notamment) ainsi que 35'939 fr. 30 d'impôts le 20 avril 2018. Dans ces conditions, il n'apparaissait pas que l'appelante, qui avait encore reçu 20'000 fr. en février 2018, se fût trouvée dans une situation financière précaire justifiant le prononcé de mesures provisionnelles nonobstant le procès en divorce pendant devant le tribunal compétent de Hong Kong. Il n'était en outre pas établi que, saisi d'une requête de mesures provisionnelles - ce qui ne paraissait pas être légalement impossible -, le juge hongkongais n'aurait pas pu se prononcer dans un délai convenable. Le simple fait que la procédure de divorce ouverte à Hong Kong semblait être très conflictuelle était impropre à le démontrer, fût-ce au degré de la vraisemblance. Enfin, il était certes exact que ni Hong Kong ni la République populaire de Chine n'avait ratifié la Convention de La Haye du 2 octobre 1973 concernant la reconnaissance et l'exécution de décisions relatives aux obligations alimentaires et que, partant, la reconnaissance et l'exécution en Suisse d'une éventuelle décision de mesures provisionnelles du tribunal compétent de Hong Kong seraient régies par les art. 25 ss et 65 LDIP. L'appelante ne tentait toutefois même pas de faire la démonstration que les conditions posées par ces dispositions n'étaient pas réunies en l'espèce.