Citation: 4A_144/2020 E. 5.1

5.1. En règle générale, l'architecte chargé de la direction des travaux n'est pas habilité à contracter des obligations au nom du maître de l'ouvrage envers les entrepreneurs. Il n'est notamment pas habilité à conclure de nouveaux contrats d'entreprise, ni à conclure des contrats modifiant ceux en cours, ni à approuver des arrêtés de compte; au contraire, chaque opération de ce genre nécessite une autorisation spécifique du maître (ATF 118 II 313 consid. 2a p. 315; Peter Gauch, Der Werkvertrag, 6e éd., 2019, nos 399 et 400 p. 187, nos 780 et 781 p. 361). En revanche, par l'effet de l'art. 396 al. 2 CO, une autorisation du maître habilite l'architecte à traiter au nom de celui-ci et à l'obliger conformément à l'art. 32 al. 1 CO. Les défendeurs soulignent que la commande ou l'adjudication initiale est intervenue alors que W.________ était hospitalisé. Ils n'affirment cependant pas clairement que W.________ ait alors agi à leur insu ou contre leur gré. Cette hypothèse est d'ailleurs invraisemblable car si les défendeurs n'avaient pas agréé l'entreprise de la demanderesse, celle-ci n'aurait guère pu demeurer active sur le chantier durant plus de deux ans. Il est en effet constaté que les défendeurs ont participé à la plupart des séances de chantier et qu'ils en ont reçu les procès-verbaux. L'argumentation présentée semble donc viser plutôt, et exclusivement, les commandes et ordres ultérieurs passés par W.________, concernant des modifications de l'ouvrage ou des travaux supplémentaires.