Citation: 6B_1103/2016 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a d'abord exposé la version des faits du recourant puis celle de A.________. Le premier soutenait avoir avancé 90'000 fr. au second en exécution d'un contrat signé le 3 juillet 2012 portant sur du matériel sanitaire à installer dans sa villa à B.________ en demandant oralement à A.________ d'utiliser une partie de cette avance (à concurrence de 50'180 euros, TVA comprise) pour acheter du matériel sanitaire auprès de la société française C.________, selon un devis du 6 avril 2012, auquel renvoyait expressément le contrat. Or, seuls 3'827 euros 60 avaient été utilisés conformément aux instructions données à A.________. Le solde avait été détourné. La version des faits de ce dernier était toute autre. Il alléguait que, selon les indications orales données par le recourant, le devis C.________ devait servir à définir la liste des articles sanitaires à acheter, qui pouvaient l'être au meilleur prix auprès des divers fournisseurs existants. Il avait ainsi acquis pour environ 25'000 euros de matériel, dont le 60% chez C.________. Le solde de la somme reçue en vertu du contrat du 3 juillet 2012 (60'000 fr. à 63'000 fr., selon ses dires) aurait servi à payer le travail d'installation de ce matériel. La cour cantonale a ensuite examiné si les éléments au dossier étayaient le récit du recourant et permettaient de retenir, comme il l'indiquait dans sa plainte, que A.________ s'était rendu coupable d'abus de confiance. Elle a repris le contrat relatif aux installations sanitaires du 3 juillet 2012 prévoyant que le maître de l'ouvrage confiait des travaux à A.________ sur sa villa pour 100'000 fr. (art. 2), avec un délai d'exécution fixé au 15 septembre 2012, et que la somme de 100'000 fr. comprenait « notamment » les prestations ensuite énumérées (pose du matériel sanitaire), sans prix, ni référence à un devis. L'art. 5 se référait au compte sur lequel les sommes dues au titre « du présent marché » devaient être versées à A.________, sans plus ample précision sur leur affectation. Quant à l'extrait du rapport d'expertise (preuve à futur) du 5 avril 2014, il précisait au chiffre 7.212 que le contrat ci-dessus « [...] correspond[ait] à une Proposition C.________ du 6 avril 2012 [...] » pour la fourniture et la livraison d'appareils sanitaires à concurrence de 50'180 euros, TVA incluse. Il fournissait un indice sur le prix de la marchandise mais ne renseignait pas sur les instructions données à A.________. S'agissant des trois attestations bancaires relatives aux avances effectuées à concurrence de 65'000 fr. le 24 août 2012, 10'000 fr. le 7 septembre 2012 et 15'000 fr. le 31 janvier 2013, elles montraient qu'il y avait eu trois virements faisant référence à un contrat du 3 juillet 2012 et représentant un total de 90'000 fr., sans préciser la destination des montants. Au vu des dates des virements - qui avaient eu lieu peu avant l'échéance du contrat pour les deux premiers et trois mois plus tard pour le troisième -, il n'était en outre pas exclu qu'une partie de ces montants aient été versée en exécution du second contrat signé le 3 juillet 2012 pour l'installation d'un système d'alarme; A.________ alléguait d'ailleurs avoir reçu moins de 90'000 fr. pour les installations sanitaires. Il ressortait de ces éléments que les instructions données par le recourant à A.________ sur l'utilisation des fonds versés en application du contrat relatif aux installations sanitaires du 3 juillet 2012 avaient été purement verbales, que l'instruction n'avait pas permis de les cerner, et qu'à ce sujet les déclarations des parties étaient irrémédiablement contradictoires, aucune mesure d'instruction ne paraissant à même d'éclairer la question. Au vu de ces éléments, la cour cantonale est parvenue à la conclusion qu'il ne pouvait être soutenu qu'il y avait eu emploi illicite d'une valeur patrimoniale au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 2 CP.