Citation: 5C.107/2001 18.07.2001 E. 3

3.- Les défendeurs reprochent à l'autorité cantonale d'avoir commis deux inadvertances manifestes dans la constatation des faits. a) Selon la jurisprudence, il n'y a inadvertance manifeste au sens de l'art. 63 al. 2 OJ que lorsque l'autorité cantonale a omis de prendre en considération une pièce déterminée, versée au dossier, ou l'a mal lue, s'écartant par mégarde de sa teneur exacte, en particulier de son véritable sens littéral, et qu'il en résulte une erreur évidente dans la constatation des faits pertinents (ATF 115 II 399 consid. 2a; 109 II 159 consid. 2b et les arrêts cités). L'absence de mention d'une pièce dans l'appréciation des preuves ne signifie pas encore qu'il y ait inadvertance, qui plus est inadvertance manifeste: il faut que ladite pièce n'ait pas été examinée, même implicitement, en d'autres termes que le juge n'en ait pas pris connaissance ou l'ait purement et simplement laissée de côté; dès l'instant où une constatation de fait repose sur l'appréciation, même insoutenable, d'une preuve, d'un ensemble de preuves ou d'indices, une inadvertance est exclue (arrêt non publié du 5 décembre 1995, reproduit in SJ 1996 p. 353, consid. 3a; arrêt non publié du 15 novembre 1994, reproduit in SJ 1995 p. 262, consid. 2a). b) Selon les défendeurs, la constatation des juges cantonaux selon laquelle le chemin d'accès du chemin X.________ à la parcelle n° bbb a été conçu et réalisé sous les auspices de l'architecte Z.________, alors mandaté par les propriétaires du lotissement à l'exception des demandeurs (cf. lettre D supra), serait en contradiction manifeste avec une lettre, produite au dossier, adressée le 4 avril 1981 par l'architecte F.________ à son collègue Z.________. Toutefois, il résulte des références figurant entre parenthèses dans l'arrêt attaqué à la suite de la constatation incriminée que celle-ci repose sur l'appréciation - qui ne peut être revue en instance de réforme - d'un ensemble de preuves, de sorte qu'une inadvertance manifeste est exclue (cf. consid. a supra). c) Les défendeurs reprochent également à la cour cantonale une inadvertance manifeste pour avoir retenu, après avoir constaté que le chemin litigieux avait été construit avec une largeur de 3 m au lieu de 4 m dans les deux parties de son tracé perpendiculaires au chemin X.________, que ce chemin a été rendu encore plus étroit en 1987 à la suite de travaux effectués par les défendeurs pour présenter une largeur réduite à environ 3 m au lieu de 4 m (cf. lettre D supra). Il est vrai que ces constatations sont contradictoires. Toutefois, il ressort ici aussi des références figurant entre parenthèses dans l'arrêt attaqué que ces constatations contradictoires reposent sur l'appréciation de différents éléments de preuve, et les défendeurs ne démontrent pas que la seconde constatation procède d'une mauvaise lecture évidente, par l'autorité cantonale, des pièces citées. De toute manière, ainsi qu'on le verra, cette contradiction dans l'état de fait n'est pas propre à influer sur l'issue du litige.