Citation: 8C_301/2009 17.09.2009 E. 4

4.1 La recourante a entrepris un traitement psychiatrique auprès de la doctoresse C.________ six mois après l'accident. L'expert judiciaire a fait état à ce propos d'un stress post-traumatique en lien direct avec l'accident jusqu'à la fin de l'année 2005. Les premiers juges ont considéré que cette affection n'était pas en relation ce causalité adéquate avec l'accident. La recourante conteste cette appréciation et demande que les frais de traitement de ses troubles psychiques soient pris en charge par l'intimée jusqu'à la fin de l'année 2005. 4.2 En vue de juger du caractère adéquat du lien de causalité entre un accident et une affection psychique additionnelle à une atteinte à la santé, il faut d'abord, en effet, classer les accidents en trois catégories, en fonction de leur déroulement: les accidents insignifiants, ou de peu de gravité; les accidents de gravité moyenne et les accidents graves. Pour procéder à cette classification, il convient non pas de s'attacher à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais bien plutôt de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même. En présence d'un accident de gravité moyenne, il faut prendre en considération un certain nombre de critères, dont les plus importants sont les suivants : - les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident; - la gravité ou la nature particulière des lésions physiques, compte tenu notamment du fait qu'elles sont propres, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques; - la durée anormalement longue du traitement médical; - les douleurs physiques persistantes; - les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident; - les difficultés apparues au cours de la guérison et des complications importantes; - le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques. Tous ces critères ne doivent pas être réunis pour que la causalité adéquate soit admise. Un seul d'entre eux peut être suffisant, notamment si l'on se trouve à la limite de la catégorie des accidents graves. Inversement, en présence d'un accident se situant à la limite des accidents de peu de gravité, les circonstances à prendre en considération doivent se cumuler ou revêtir une intensité particulière pour que le caractère adéquat du lien de causalité soit admis (ATF 115 V 133 consid. 6c/aa p. 140 et 403 consid. 5c/aa p. 409; cf. arrêt 8C_788/2008 du 4 mai 2009 consid. 2). 4.3 En l'espèce, il est incontesté que l'événement du 22 juillet 2004 entre dans la catégorie des accidents de gravité moyenne. Ainsi que les premiers juges l'ont admis, les critères déterminants énumérés ci-dessus ne sont pas réunis. L'accident n'a pas été particulièrement impressionnant ni dramatique. Il n'a pas entraîné des lésions physiques particulières si ce n'est des contusions, ainsi qu'une fracture de la rotule gauche et une entorse bénigne de l'articulation acromio-claviculaire gauche, guéries sans séquelles orthopédiques objectivables (cf. rapport du docteur O.________ du 12 juin 2006, p. 14). La durée du traitement médical et l'incapacité de travail afférentes aux seuls troubles somatiques en lien de causalité avec l'accident n'apparaît pas non plus particulièrement longue. Par ailleurs, l'assurée n'a présenté à aucun moment des séquelles neurologiques, organiques centrales ou périphériques de l'accident, mais bien un syndrome de fatigue dont la persistance ne pouvait être expliquée par le traumatisme initial (cf. expertise judiciaire, p. 10 ch. 9). Enfin, il n'y a pas eu de complication importante, sous réserve du développement d'une hernie lombaire 18 mois plus tard, laquelle n'est pas de nature traumatique. A l'examen global, l'accident du 22 juillet 2004 ne peut être reconnu comme la cause adéquate des troubles psychiques présentés par le recourante, de sorte que l'intimée est fondée à refuser de prendre en charge les frais de traitement de la pathologie psychique.