Citation: I 308/04 14.01.2005 E. 5

5.1 Les premiers juges ont considéré que, sans atteinte à la santé, l'assurée aurait exercé depuis le 1er janvier 2001 une activité lucrative à raison d'un horaire de travail de 4 heures par jour (part de 46 %), et aurait consacré le reste de son temps à ses travaux habituels. L'office AI estime au contraire que l'assurée n'a pas rendu vraisemblable une telle augmentation de son temps de travail dès le 1er janvier 2001. Selon lui, la situation personnelle, familiale, sociale, professionnelle et financière de l'assurée n'ayant pas sensiblement évolué entre 1996 et le 13 décembre 2002, date de la décision litigieuse, la répartition des activités lucrative à raison de 23 % et ménagère à raison de 77 % devait être confirmée. 5.2 Pour savoir si un assuré doit être considéré comme une personne exerçant une activité à plein temps ou à temps partiel, respectivement pour déterminer la part de l'activité lucrative par rapport à celle consacrée aux travaux ménagers, il convient d'examiner ce que ferait l'assuré dans les mêmes circonstances s'il n'était pas atteint dans sa santé. Pour les assurés travaillant dans le ménage, il faut tenir compte de la situation familiale, sociale et professionnelle, ainsi que des tâches d'éducation et de soins à l'égard des enfants, de l'âge, des aptitudes professionnelles, de la formation, des affinités et des talents personnels. Selon la pratique, la question du statut doit être tranchée sur la base de la situation telle qu'elle s'est développée jusqu'au moment où l'administration a pris sa décision, encore que, pour admettre l'éventualité selon laquelle l'assuré aurait exercé une activité lucrative s'il avait été en bonne santé, il faut que la force probatoire reconnue habituellement en droit des assurances sociales atteigne le degré de la vraisemblance prépondérante (ATF 125 V 150 consid. 2c, 117 V 194 consid. 3b et les références citées). 5.3 En l'occurrence, comme le relève l'office AI, l'assurée aurait été en mesure d'exercer une activité lucrative à un taux plus élevé dès 1996, si elle l'avait souhaité. Le fait qu'elle n'ait pas agi dans ce sens à cette époque ne signifie pas encore que cela n'aurait pas été le cas par la suite. L'assurée a expliqué, tant à l'enquêtrice de l'office AI que devant le Tribunal cantonal des assurances, qu'elle aurait certainement augmenté son temps de travail; elle a précisé devant la juridiction cantonale qu'elle n'envisageait pas de travailler plus, avant que ces enfants n'atteignent l'âge de 17-18 ans. Compte tenu des circonstances, ce choix est concevable. Il ressort en effet du rapport d'enquête qu'après leur scolarité obligatoire, la fille de l'assurée a poursuivi ses études, tandis que son fils a débuté un apprentissage. Les enfants habitaient néanmoins toujours le domicile parental et y prenaient chaque jour le repas de midi. Ils n'étaient donc pas totalement autonomes et dépendaient encore, à certains égards, de la présence de leur mère. Par ailleurs, à l'examen de la situation financière du couple D.________, une augmentation de l'activité lucrative de l'épouse ne semblait pas s'imposer. C'est donc à juste titre que les premiers juges ont considéré que l'assurée avait rendu vraisemblable qu'elle aurait augmenté son activité professionnelle à partir de l'année 2001 dans une mesure correspondant à deux heures supplémentaires par jour. Sur ce point, le recours de l'office AI s'avère mal fondé.