Citation: 8C_622/2015 E. 4

La CNA fait grief aux juges cantonaux d'avoir violé le droit en omettant d'examiner la question du lien de causalité adéquate entre les troubles psychiques de l'assurée et l'accident avant d'admettre que ces troubles entraînaient une incapacité de travail, respectivement de gain, de 20 % pour laquelle sa responsabilité était engagée. En l'occurrence, l'existence d'un tel lien de causalité ne pouvait être admis. L'événement du 17 novembre 2006 devait être qualifié d'accident de gravité moyenne stricto sensu. En outre, aucun des critères déterminants consacrés par la jurisprudence n'étaient remplis dans le cas d'espèce. En particulier, il ressortait des rapports du docteur E.________ qu'une année environ après l'accident, une reprise du travail aurait été envisageable en considérant uniquement les fractures et contusions subies, de sorte que la durée de l'incapacité de travail liée aux seules lésions physiques n'apparaissait pas particulièrement longue. Il fallait également nier les critères relatifs aux circonstances particulièrement dramatiques ou impressionnantes de l'accident, à la gravité ou à la nature particulière des lésions physiques, à une erreur dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident, ou encore à des complications importantes. Il en allait de même de celui des douleurs persistantes. Par surabondance, la CNA reproche aux juges cantonaux d'avoir mal apprécié l'expertise du docteur I.________. Ce médecin avait estimé que la symptomatologie anxio-dépressive présentée par l'assurée n'avait qu'une répercussion minime sur sa capacité de travail, occasionnant tout au plus un déficit de performance de 20 %, et précisé que cette perte de rendement tendrait pratiquement vers 0 % dans une activité structurée, calme et routinière. Il n'y avait, en tout état de cause, pas lieu d'allouer une rente à l'assurée puisque celle-ci devait être considérée comme étant apte à reprendre l'activité qu'elle avait exercée avant son chômage, à savoir celle de conseillère en formation et en carrière professionnelle, qui restait adaptée, sans perte de gain. La recourante s'est référée à cet égard à l'appréciation de la doctoresse J.________, de sa division de médecine des accidents, du 4 avril 2012.