Citation: 6B_599/2008 12.11.2008 E. 2

La recourante se plaint, sur de nombreux points, d'arbitraire dans l'établissement des faits, respectivement d'une violation du principe in dubio pro reo en tant que règle de l'appréciation des preuves. 2.1 Comme règle de l'appréciation des preuves, le principe in dubio pro reo interdit au juge de se déclarer convaincu d'un état de fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une appréciation objective des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute sérieux et insurmontable quant à l'existence de cet état de fait (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral ne revoit que sous l'angle de l'arbitraire la question de savoir si le juge aurait dû éprouver un doute sur la base des éléments de preuve dont il disposait, c'est-à-dire celle de l'appréciation des preuves (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40 ss; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38). De jurisprudence constante, une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable où même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable ou, autrement dit, absolument inadmissible, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 134 I 140 consid. 5.4 p. 148; 133 I 149 consid. 3.1 p. 153 et les arrêts cités). L'arbitraire allégué doit par ailleurs être suffisamment démontré, sous peine d'irrecevabilité (cf. supra, consid. 1). 2.2 La recourante soutient qu'il a été retenu arbitrairement que les documents - établis au nom de tierces personnes, mais sur lesquels elle avait apposé sa photo - qu'elle détenait étaient des pièces d'identité. Il s'agirait en réalité uniquement de titres de transport. Nulle part la recourante ne démontre en quoi, à raison du fait contesté, l'arrêt attaqué serait arbitraire dans son résultat. Elle ne prétend même pas que la nature exacte des documents litigieux aurait joué un rôle déterminant dans l'appréciation des preuves ayant conduit à admettre sa participation au trafic et, à plus forte raison, n'en fait pas la démonstration. Le grief est par conséquent irrecevable. 2.3 La recourante allègue qu'il était arbitraire de retenir que les divers objets de valeur qu'elle détenait (lunettes, ceintures, montres et parfums de marques connues, etc.) lui appartenaient. Tout indiquerait que c'est sa soeur, Y.________, qui en avait la possession. Ce grief, pour les mêmes motifs que le précédent, est irrecevable. La recourante n'établit aucunement, ni même ne peut dire, en quoi, l'arrêt attaqué, du fait qu'il retient que c'est elle qui détenait les objets litigieux, serait arbitraire dans son résultat. 2.4 La recourante prétend qu'il était arbitraire de voir dans le contenu de son calepin des éléments d'une comptabilité manuscrite d'un trafic de cocaïne. Ce grief n'est étayé que par des affirmations non démontrées et une rediscussion appellatoire d'extraits de déclarations choisies. La recourante ne fait en définitive que proposer sa propre interprétation des chiffres figurant dans son calepin. Une appréciation arbitraire, c'est-à-dire manifestement insoutenable et non seulement discutable ou critiquable, de l'élément de preuve litigieux n'est aucunement démontrée conformément aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF. Il s'ensuit l'irrecevabilité du grief. 2.5 La recourante soutient qu'il était arbitraire d'accorder foi aux accusations portées contre elle par sa soeur, Y.________. C'est de manière arbitraire aussi que les juges cantonaux auraient accordé crédit aux déclarations par lesquelles sa cousine, Z.________, l'a mise en cause. Enfin, c'est non moins arbitrairement que les juges cantonaux auraient retenu ses déclarations "auto-incriminatoires" plutôt que ses dénégations. L'argumentation du recours sur ces points ne va guère au-delà de simples critiques, ponctuées d'une affirmation d'arbitraire. Sur plus d'une vingtaine de pages, la recourante ne fait que rediscuter l'appréciation des déclarations litigieuses, pour en proposer sa propre interprétation, non sans avancer maints arguments privés de pertinence. Elle perd manifestement de vue la notion d'arbitraire, telle que définie de manière constante par la jurisprudence, et les exigences, non moins constamment rappelées, d'une démonstration substantiée de l'arbitraire allégué, qu'on cherche en vain dans l'argumentation présentée à l'appui des présents griefs, dont on ne peut que constater l'irrecevabilité. 2.6 Selon la recourante, il était arbitraire de retenir qu'elle a importé de la drogue à d'autres occasions que lors de son retour à Genève le 3 septembre 2007. Il l'était d'ailleurs tout autant de retenir qu'elle l'a fait à cette date. C'est encore arbitrairement qu'aurait été admise sa connaissance de l'opération de trafic effectuée le 4 septembre 2007 dans son appartement. Enfin, les juges cantonaux auraient méconnu de manière non moins arbitraire de nombreux faits qui l'exculperaient. Ces différents griefs ne sont, pas plus que les précédents, étayés par une motivation qui satisfasse aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. L'argumentation de la recourante se réduit pratiquement à une plaidoirie appellatoire, dans laquelle on ne discerne aucune démonstration d'arbitraire. Là encore, on ne peut que constater l'irrecevabilité manifeste des griefs soulevés. 2.7 Sur le vu de ce qui précède, le grief d'arbitraire dans l'établissement des faits, respectivement de violation du principe in dubio pro reo en tant que règle de l'appréciation des preuves, est en tous points irrecevable.