Citation: 8C_149/2010 30.11.2010 E. 6

On se trouve, en l'occurrence, dans la situation où il appartient à un expert de départager l'opinion du médecin-conseil de l'assureur-accidents de celle du médecin traitant de l'assurée. En effet, les deux avis sont étayés sur des éléments médicaux objectifs tout en aboutissant à des conclusions opposées sur la question de la causalité. Cette divergence résulte notamment de l'interprétation différente que les deux médecins font du diagnostic initial posé par le docteur S.________ et du cliché IRM de 1997. Ainsi, pour le docteur Z.________, l'accident de 1994 n'a causé aucune séquelle post-traumatique objectivable et l'IRM met en évidence un conflit sous-acromonial dont l'évolution habituelle est une rupture tendineuse du muscle sus-épineux. En outre, l'assurée a eu une longue période asymptomatique. Il en conclut qu'il existe une relation de causalité seulement possible entre l'accident et le début de la rupture tendineuse constatée en 1997, respectivement la rupture complète diagnostiquée en 2005, ces lésions étant «plus probablement» à mettre en relation avec des troubles dégénératifs consécutifs au conflit sous-acromonial. A l'inverse, le docteur K.________ retient que la rupture partielle visible sur l'IRM de 1997 est une conséquence de l'événement de 1994 qui a initialement causé, selon lui, une rupture très peu rétractée du tendon sus-épineux. Il considère que «l'élément traumatique» est nettement au premier plan même si l'existence d'un conflit sous-acromonial a pu contribuer à l'agrandissement de la rupture observée en 2005, d'autant que l'assurée est asymptomatique du côté contro-latéral. On peut encore ajouter que les renseignements médicaux recueillis à l'occasion de la première rechute (en 1996) sont tout aussi contradic-toires, de sorte qu'il apparaît difficile, sans le concours d'un expert, de se faire une opinion sur le point de savoir si la rupture totale du sus-épineux diagnostiquée en 2005 peut, de manière crédible, être impu-tée à l'événement accidentel de 1994 ou si la relation de causalité apparaît possible mais qu'elle ne peut pas être qualifiée de probable dans le cas particulier (ATF 129 V 177 consid. 3.1 p. 181; 119 V 335 consid. 1 p. 338, et les références). Dans ces conditions, il subsiste suffisamment de doutes sur la question litigieuse pour qu'une instruction complémentaire au sens de la jurisprudence précitée (cf. consid. 5 supra) s'impose. La conclusion subsidiaire du recours se révèle bien fondée et la cause sera renvoyée à la Nationale afin qu'elle mette en oeuvre une expertise au sens de l'art. 44 LPGA.