Citation: 1F_40/2018 E. 3

En l'espèce, le requérant fait valoir trois faits nouvellement découverts qui représenteraient des irrégularités survenues lors du déroulement de la votation du 8 mars 2015 et de son dépouillement. Premièrement, le requérant, se fondant sur un article de presse, relève qu'il est probable que des votes aient été achetés par des tiers à l'occasion du scrutin, des déclarations recueillies par les autorités pénales attestant de ce que ce serait grâce à ce procédé que la loi litigieuse aurait été acceptée de justesse. Les faits allégués ont été examinés dans le cadre d'une procédure pénale ouverte par le Ministère public du canton de Genève. Le requérant ne conteste cependant pas qu'il ressort de l'ordonnance de classement partiel du 27 juin 2019 qu'il n'existe aucun élément permettant de conclure à une manipulation du résultat du vote du 8 mars 2015. Le deuxième élément avancé par le requérant est l'intervention De C.________, un proche de B.________, dans le cadre de votes de tiers "afin qu'ils ne se trompent pas en votant", faisant des photographies envoyées ensuite au Conseiller d'Etat précité. Le requérant ne conteste pas que le Ministère public a indiqué lors de la procédure de demande en reconsidération devant le Conseil d'Etat que les indications relatives à une intervention de C.________ étaient largement postérieures à la votation du 8 mars 2015 et n'avaient aucun lien avec elle. Ces deux éléments ne sont ainsi pas susceptibles de modifier l'appréciation juridique du Tribunal de céans quant au rejet du recours contesté et ne constituent nullement des motifs de révision au sens de l'art. 123 al. 2 let. a LTF. En effet, le requérant n'amène pas la preuve des prétendus achats de votes par des tiers ni celle de l'intervention de C.________, pour le scrutin du 8 mars 2015. Le requérant se contente d'affirmer que le classement de la procédure pénale n'a en rien impliqué qu'il n'y aurait pas eu de dysfonctionnements graves dans le processus de dépouillement des votes. Cela est insuffisant pour établir ces faits ou même pour les rendre suffisamment vraisemblables. Enfin, le troisième élément mis en avant par le requérant est le financement de plus de 25'000 francs par D.________ au comité de soutien en faveur de la LPol: le Conseiller d'Etat B.________ aurait ainsi soutenu la loi sur la police de manière indirecte et entièrement cachée en versant pas le biais de cette association (qu'il pouvait engager par sa signature) un montant de plus de 25'000 francs en faveur d'un comité de soutien à ladite loi, en violation de son devoir de réserve. Il s'agit toutefois d'un financement privé et non pas d'une intervention d'une autorité au moyen de fonds publics, de sorte que l'on ne peut pas reprocher à l'autorité d'avoir tenté d'influencer la formation de la volonté des citoyens lors de la campagne précédant la votation (ATF 132 I 104 consid. 5; 114 Ia 427 consid. 4). Le fait que B.________ ait eu éventuellement la possibilité d'ordonner par sa signature seule le versement n'y change rien. Cet élément n'est donc pas constitutif d'irrégularité grave ayant pu influencer de manière décisive la votation. Partant, il ne s'agit pas d'un fait pertinent permettant d'aboutir à un jugement différent. Quant aux nouveaux faits en lien avec des irrégularités du Service des votations et élections s'agissant de différentes opérations électorales dès le mois de mai 2019 (dont le requérant se prévaut dans son écriture du 15 mai 2019), ils se sont produits postérieurement à l'arrêt attaqué du 11 mai 2015. Ils ne peuvent donc pas être pris en compte au titre de faits et moyens de preuve nouveaux au sens de l'art. 123 al. 2 let. a LTF. Par conséquent, les faits dont se prévaut le requérant ne sont pas de nature à modifier l'état de fait qui est à la base de l'arrêt entrepris.