Citation: I 238/00 02.11.2000 E. A

A.- S.________, née au Viêt-nam, souffre d'amaurose totale depuis sa naissance. En dépit de sa cécité, elle a obtenu un baccalauréat en langues modernes en 1987 et a accompli en France, de septembre 1988 à juin 1991, une formation complète de masseuse-kinésithérapeute, financée par l'assurance-invalidité et couronnée par un diplôme. De 1991 à 1993, elle a travaillé à plein temps comme physiothérapeute à la Fondation X.________ (institution pour handicapés physiques). Après deux mois de chômage, elle a trouvé en 1994 un emploi à 40 % dans le cabinet d'un physiothérapeute malvoyant. Elle bénéficiait d'indemnités de l'assurance-chômage pour le surplus. Dans un rapport du 5 décembre 1996, le conseiller en professions de la division réadaptation de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Vaud (ci-après : l'office) a précisé que l'assurée, qui exerçait son activité lucrative à raison de 40 %, n'avait pas été en mesure de se trouver un autre emploi à temps partiel dans son domaine, malgré ses diverses recherches. Selon lui, il serait faux d'affirmer qu'elle se heurte essentiellement à une situation conjoncturelle défavorable : elle est avant tout confrontée aux problèmes engendrés par son handicap visuel. A son avis, sa capacité de travail en tant que physiothérapeute ne pourra excéder 50 %, de sorte que le droit à une demi-rente d'invalidité est pleinement justifié. Au cours de l'année 1997, pour des motifs économiques, S.________ a dû réduire son activité à 25 %. En automne 1997, elle a commencé des études de langues à la Faculté des Lettres de l'Université de Genève, à l'aide d'une bourse de 11 000 fr. par an. Elle travaille par ailleurs dans une bibliothèque pour un revenu de 7200 fr. par an. Le 12 avril 1997, elle a déposé une demande de reclassement (dans la profession de traductrice) et de rente de l'assurance-invalidité. Chargés d'une expertise, les professeurs P.________ et C.________, respectivement directeur et médecin assistant de Y._______, ont posé le diagnostic d'abulbie bilatérale secondaire à un buphtalme bilatéral ayant entraîné une cécité complète et d'infection urinaire à répétition sur probable reflux vésico-urétéral. De l'avis de ces médecins, la capacité de travail de l'assurée était réduite de 50 %, en raison de la cécité bilatérale. Les chances de S.________ d'achever une formation de traductrice étaient bonnes. Selon eux, la prénommée devrait bénéficier d'une rente d'invalidité de 50 %, ainsi que d'une aide financière pour les frais liés à sa formation actuelle (rapport du 16 mars 1998). Dans un rapport complémentaire du 6 décembre 1998, les experts précités ont relevé qu'après un succès partiel, il y avait eu un échec de fait dans le choix professionnel initial, lié tant au handicap de la patiente qu'à la situation conjoncturelle. Ils ont expliqué que si l'assurée avait été en mesure de travailler en qualité de physiothérapeute, "cela n'avait pas été sans mal puisqu'elle a tout d'abord perdu sa place à X.________ en raison de son handicap (ses supérieurs ont estimé que son handicap mettait en jeu la santé des patients) et que de 1993 à 1997, elle a connu plusieurs périodes de chômage". Par décision du 27 avril 1999, l'office a nié le droit de S._________ aux prestations demandées, motif pris qu'elle bénéficiait d'une pleine capacité de travail et de gain dans sa profession de masseuse-kinésithérapeute.