Citation: 4C.125/2005 02.06.2006 E. 4

Les défendeurs font valoir, par ailleurs, que l'arrêt attaqué viole l'art. 8 CC à plus d'un titre. 4.1 L'art. 8 CC répartit le fardeau de la preuve et détermine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les conséquences de l'échec de la preuve (ATF 127 III 520 consid. 2a; 126 III 189 consid. 2b). Il confère également aux parties le droit d'apporter la preuve de leurs allégués (ATF 114 II 289 consid. 2a). Viole l'art. 8 CC le juge qui refuse toute administration de preuve, offerte, quant à sa forme et son fond, selon les exigences du droit cantonal, sur un fait juridiquement pertinent alors qu'il considère l'allégation de celui-ci ni comme établie à satisfaction de droit ni comme réfutée; il en va de même lorsque le juge rejette à tort une demande parce qu'elle serait insuffisamment motivée: ce faisant, il écarte aussi les offres de preuve du plaideur (ATF 114 II 289 consid. 2a). L'art. 8 CC ne prescrit cependant pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent être ordonnées ni ne dicte comment le juge doit forger sa conviction. Il n'exclut ni l'appréciation anticipée des preuves ni la preuve par indices (ATF 127 III 520 consid. 2a; 114 II 289 consid. 2a). Lorsque l'appréciation des preuves convainc le juge qu'un fait est établi à satisfaction de droit ou réfuté, la question de la répartition du fardeau de la preuve ne se pose plus et le grief tiré de la violation de l'art. 8 CC devient sans objet. Il s'agit alors d'une question de pure appréciation des preuves; celle-ci ne peut être soumise au Tribunal fédéral que par la voie d'un recours de droit public pour arbitraire (ATF 127 III 519 consid. 2a; 122 III 219 consid. 3c). 4.2 Les défendeurs voient une première violation de l'art. 8 CC dans la constatation de la cour cantonale selon laquelle C.________ n'a eu connaissance des défauts que le 4 février 1988 pour les problèmes de chauffage et le 7 décembre 1988 seulement pour les problèmes de carrelage. Le moyen soulevé par eux a trait à une pure question d'appréciation des preuves et il n'a rien à voir, par conséquent, avec la disposition précitée. Aussi est-il de toute évidence irrecevable. La même conclusion s'impose, pour le motif indiqué au considérant 3.3., quant à la prétendue violation de l'art. 8 CC qu'auraient commise les juges de la Cour civile en refusant d'appliquer la norme SIA-118. Sont également frappés d'irrecevabilité les griefs par lesquels les défendeurs reprochent aux juges précédents d'avoir accueilli les conclusions de l'expertise judiciaire plutôt que celles de l'expertise privée (ch. 16 à 21 de l'acte de recours) et de n'avoir pas tenu compte des pièces produites en vue d'établir le coût total des réparations (ch. 22 de l'acte de recours). Les arguments avancés à l'appui de ces griefs ont trait soit à l'appréciation des preuves, soit à l'application du droit de procédure cantonal.