Citation: 4P.291/2001 10.09.2002 E. 4.1

Il sera d'abord examiné si le refus de donner suite aux conclusions préalables de la recourante résiste au grief d'arbitraire. Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; à cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, ou si elle a été adoptée sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision critiquée soient insoutenables, encore faut-il que cette dernière soit arbitraire dans son résultat (ATF 127 54 consid. 2b i.f. p. 56; 60 consid. 5a p. 70). Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre interprétation de la loi soit possible, ou même préférable (ATF 124 I 247 consid. 5 p. 250/251; 120 Ia 369 consid. 3a p. 373) Selon l'art. 307 de la loi de procédure civile genevoise (LPC gen.), la cour cantonale peut ordonner que les procédures probatoires qui ont eu lieu en première instance et qui lui paraissent défectueuses ou insuffisantes, soient refaites devant elle. Elle peut aussi ordonner toute autre espèce d'instruction ou de preuve qui n'a pas été administrée par les premiers juges. Selon la jurisprudence, cette disposition ne permet pas à une partie d'exiger en appel l'administration de preuves qu'elle n'aurait pas sollicitée devant le premier juge en temps utile et selon les formes adéquates (Bertossa, Gaillard, Guyet, Schmidt, Commentaire de la LPC, n. 2 ad art. 307 et les références) En l'espèce, la cour cantonale a examiné la question de savoir si les enquêtes de première instance étaient défectueuses ou insuffisantes. Constatant que tel n'était pas le cas, elle a rejeté les conclusions préalables de la recourante. Peu importe par conséquent de déterminer si A.________ a formellement accepté la clôture des enquêtes en première instance ou si elle a plaidé leur insuffisance dans son appel. Le refus de mesures probatoires consistant à ordonner une expertise sur les expertises déjà versées à la procédure échappe au grief d'arbitraire, dans la mesure où la recourante a expressément renoncé à ce qu'une expertise soit ordonnée à ce sujet dans le cadre de la procédure se déroulant devant le Tribunal de première instance (conclusions sur expertise du 30 novembre 1999). En considérant que la demande d'expertise formulée à nouveau devant elle était tardive, parce que la recourante, de même que sa partie adverse, y avaient renoncé devant le Tribunal de première instance, la Cour de justice n'a pas versé dans l'arbitraire dans l'interprétation de l'art. 307 al. 2 LPC, malgré une conclusion subsidiaire visant à faire établir un rapport d'expertise sur les expertises de K.________ SA et de J.________ SA. Cette demande s'avérait, devant le Tribunal de première instance, contradictoire avec les conclusions principales qui ont été retenues; elle était de surcroît dénuée d'une motivation spécifique expliquant sa pertinence, en cas de rejet de ces dernières. Enfin, la recourante, plaidant en appel devant la cour cantonale, n'a pas apporté d'élément nouveau décisif permettant de démontrer l'inanité des conclusions principales et le bien-fondé de la conclusion subsidiaire, de sorte qu'en préférant les premières à la seconde, la cour cantonale a rendu une décision dont le caractère insoutenable n'est pas démontré. Il en va de même du rejet des conclusions en production des plans et cahiers des charges par B.________. En effet, il ne ressort pas du dossier que A.________ ait demandé en première instance que B.________ produise ces documents, ni qu'elle ait sollicité une expertise à leur sujet. En outre, A.________ n'a pas exposé, en appel, de faits nouveaux justifiant ces nouvelles conclusions. La cour cantonale a par ailleurs relevé que, pour le point sur lequel la recourante souhaitait de nouvelles enquêtes, à savoir le bien-fondé d'une objection de compensation opposée à la créance de l'intimée, elle n'avait produit aucune pièce ni fait citer aucun témoin, alors que cela lui incombait à raison de la répartition du fardeau de la preuve et de la maxime des débats régissant la procédure. On ne discerne pas en quoi ce raisonnement et l'interprétation donnée à l'art. 307 LPC par la juridiction cantonale serait insoutenable. Le grief d'arbitraire est donc privé de tout fondement. 4.2 S'agissant du droit d'être entendu, le contenu de cette garantie constitutionnelle a été exposé ci-dessus (consid. 3.1). Il suffit de rappeler qu'elle ne confère aux parties le droit de faire administrer les preuves pertinentes que si elles sont offertes en temps utile et dans les formes requises par le droit cantonal (ATF 114 II 289 consid. 2a déjà cité). En l'espèce, la cour cantonale a sans arbitraire jugé tardives les conclusions préalables de la recourante. Leur rejet ne viole donc pas le droit d'être entendu de la recourante.