Citation: 4A_421/2020 E. 3.2

3.2. Le recourant soutient avoir conclu un contrat de société simple par actes concluants, qui aurait eu pour but de valoriser l'hôtel H2.________ et de réaliser un bénéfice lors de sa revente. Les juges de première instance, puis dans la foulée les juges d'appel ont exclu cette thèse par une argumentation en deux pans: - En premier lieu, l'existence d'un apport par le recourant faisait défaut. Les prestations qu'il avait fournies (y compris le savoir-faire inhérent à sa formation hôtelière et la mise à disposition de sa patente) s'inscrivaient dans le champ de son contrat de travail et dans sa fonction de directeur, même si l'intéressé avait travaillé de façon diligente, en y consacrant beaucoup de temps et d'énergie. Ses activités de démarchage en vue de la vente n'avaient pas atteint une ampleur telle qu'elles puissent être considérées comme un apport en industrie. Rien ne démontrait non plus que le recourant aurait déployé pour la rénovation et le redressement de l'hôtel un travail excédant son activité de directeur. L'intéressé soutenait avoir fourni un apport en renonçant à une augmentation de salaire et à la participation au résultat prévue par l'art. 5 al. 2 du contrat de travail. Cette renonciation-ci était reconnue par la partie adverse. Cela étant, il incombait au recourant d'établir pour quelles raisons il avait agi ainsi; il n'avait pas allégué, ni surtout démontré que cette renonciation constituait un apport pour la société simple. Au surplus, le salaire mensuel global de 18'000 fr. bruts pour une activité de direction ne semblait pas sous-évalué, même pour la direction de deux hôtels. Le recourant avait accepté expressément cette double tâche sans augmentation de salaire et n'avait pas prouvé que l'intimé lui aurait promis une part du prix de vente des hôtels à titre de rémunération. Il était tout au plus question d'une commission sur le prix de vente, dans la seule hypothèse où les démarches du recourant auraient abouti. - En second lieu, les parties n'avaient pas pour but commun de valoriser l'hôtel afin de réaliser un bénéfice. A défaut d'une volonté de s'unir en vue d'atteindre le but précité, l'existence d'une société simple devait être niée. L'hôtel appartenait à la société dont l'intimé était l'administrateur unique. Le recourant n'avait aucun pouvoir de gestion ou de signature au sein de cette entité. Il n'avait jamais possédé des actifs en commun avec l'intimé, à quelque titre que ce fût. L'hypothèse d'une société tacite devait certes être envisagée, mais elle présupposait un animus societatis au niveau interne, qui faisait ici défaut. Si le recourant avait un large pouvoir dans la gestion de l'hôtel, il restait soumis aux instructions émises par l'administrateur de son employeuse. Il n'avait pas d'influence ou de pouvoir décisionnel quant à la vente de l'hôtel. Les parties ne se trouvaient pas sur un pied d'égalité, mais bien dans un rapport de travail, avec un lien de subordination. Rien n'indiquait que le recourant aurait exercé une influence sur les décisions, ni qu'il aurait eu la volonté de partager des risques ou des profits. Il n'avait au demeurant pas établi en quoi la mise en commun des prétendus apports aurait permis à l'intimé et à son ex-épouse de retirer des profits généreux de la vente de l'hôtel; on ignorait en particulier quels investissements initiaux avaient été faits quant à l'acquisition de l'hôtel.