Citation: 1C_208/2022 E. 8.2

8.2. Selon les constatations du Tribunal cantonal, basées sur les pièces du dossier et les données du guichet cartographique cantonal, la rue du Château d'eau est un chemin communal d'une longueur d'environ 250 m qui dessert, depuis la route cantonale traversant le centre de Montmagny (route de Chabrey), une dizaine de villas et se termine en impasse au sud. Selon l'arrêt cantonal, cette voie publique communale est large d'environ 4 m - ce que contestent les recourants qui évoquent une largeur de 2.45 m - et permet d'accéder par un tronçon rectiligne d'environ 100 m à la parcelle en question depuis la route cantonale. Au vu notamment du plan de situation du 14 octobre 2020 et des données du guichet cartographique cantonal, le constat selon lequel le tronçon est large d'environ 4 m ne paraît pas arbitraire. Il n'est à cet égard pas déterminant que la voie communale ne soit pas revêtue d'asphalte sur toute sa largeur. Quoi qu'il en soit, même si la chaussée asphaltée devait être inférieure à 4 m, elle est suffisante au vu de sa configuration. En effet, en raison du tracé rectiligne de l'accès, la visibilité est excellente et permet à tout conducteur de constater la présence d'un autre véhicule survenant en sens inverse suffisamment tôt et d'anticiper le croisement, le cas échéant, en empiétant sur les accotements. L'absence de trottoir ne constitue en l'occurrence pas une menace accrue pour les piétons. Au vu du nombre limité d'habitations qu'il dessert, de l'absence de trafic de transit et du nombre réduit de mouvements supplémentaires provoqués par les habitants des nouvelles constructions, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, admettre que l'accès litigieux était, compte tenu de ses caractéristiques, suffisant pour desservir la parcelle en question. Enfin, il sied de rappeler que l'aptitude d'une voie d'accès à assurer la desserte d'une parcelle n'exige pas que soient garanties des possibilités de croisement sur toute sa longueur; il suffit que ces possibilités soient suffisantes pour assurer la sécurité des usagers, ce qui est le cas.