Citation: 6B_1324/2023 E. 3.3

3.3. Le recourant conteste le caractère concret de la mise en danger de la vie de l'intimé 2 au sens de l'art. 129 CP. Il prétend dans un premier temps que la vitesse de la voiture, lorsque l'intimé 2 était suspendu à la portière, aurait été estimée à 30-40 km/h de manière particulièrement approximative, sur la base des déclarations du motocycliste arrêté au feu de circulation. En outre, sans contester avoir brûlé un feu rouge, il relève que selon les images vidéo, le véhicule traverse le carrefour alors qu'il n'y a aucune voiture à proximité immédiate, celles se trouvant aux différents feux étant à l'arrêt. Il en déduit qu'il n'y avait pas de risque pour l'intimé 2 de passer sous un autre véhicule, contrairement à ce que soutenaient les premiers juges. L'essentiel de l'argumentation du recourant repose sur une appréciation personnelle des éléments de preuve tenus pour pertinents en l'espèce. Il ressort des faits établis en première instance, auxquels renvoie la cour cantonale (jugement entrepris let. B.b; cf. art. 82 al. 4 CPP), que le recourant a fait chuter l'intimé 2 d'un véhicule en pleine accélération et après avoir brûlé un feu rouge à un carrefour, à proximité d'un îlot en béton. Le recourant n'avait aucun contrôle sur la position de l'intimé 2 ou l'endroit où il risquait de terminer sa course. Certes, il ressort des extraits vidéo versés au dossier (pièce 41006), que les véhicules sont à l'arrêt au moment de la chute de l'intimé 2. Néanmoins, il en ressort que le carrefour est très emprunté, notamment par des camions et des bus. La voiture du recourant accélère à l'intersection après avoir brûlé le feu, juste avant qu'un individu tombe sur la chaussée. Le véhicule continue alors sa course en direction du Pont du Mont-Blanc alors qu'un motocycliste se dirige vers la victime. Sur la base de ces faits, qui ressortent du jugement entrepris et qui ne sont pas contestés, même à retenir la vitesse la plus favorable au recourant, à savoir 30 km/h, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, admettre la mise en danger concrète de la vie de l'intimé 2. En effet, lorsqu'il était accroché au véhicule du recourant sur plusieurs dizaines de mètres, il risquait d'être percuté ou de passer sous les roues de ce véhicule. Lors de sa chute, il risquait de se blesser mortellement, alors qu'il était dépourvu de protections. Une fois sur le sol, il risquait de passer sous les roues d'un véhicule traversant au carrefour. Dans la présente cause, le recourant ne s'est pas limité à accélérer avec son véhicule en direction ou à côté de piétons (cf. jurisprudence présentée supra consid. 3.1 in fine), mais il a agi ainsi alors qu'un individu était accroché à la portière, l'a fait tomber en pleine accélération sur un carrefour emprunté et a continué sa course, ce qui implique la probabilité sérieuse de la réalisation du danger concret. L'imminence est également donnée au vu du lien de connexité direct unissant le danger créé et le comportement du recourant, et l'absence d'éléments extérieurs permettant de l'atténuer. À raison, le recourant ne formule aucun grief d'arbitraire concernant la conscience de ce danger, ni ne conteste l'absence de scrupules. Pour seule critique dirigée contre la réalisation des éléments subjectifs de l'infraction, le recourant se prévaut de ses antécédents judiciaires et en déduit qu'il n'avait pas l'intention de faire du mal à l'intimé 2. Pareil développement est impropre à démontrer l'arbitraire dans les constatations relatives aux composantes cognitives et volitives du recourant en lien avec l'infraction à l'art. 129 CP. En définitive, c'est en conformité avec le droit fédéral que la cour cantonale a admis la réalisation des conditions objectives et subjectives de la mise en danger de la vie d'autrui au sens de l'art. 129 CP.