Citation: 9C_124/2018 E. 4.1

4.1. Le recourant ne saurait d'abord contester avec succès la valeur probante des conclusions de l'expert judiciaire au motif qu'il aurait pris en compte des documents médicaux imprécis tels que des certificats d'arrêt de travail. En effet, le rôle de l'expert consiste précisément à mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné (ATF 135 V 465 consid. 4.4 p. 469 et les références). Or pour pouvoir remplir convenablement sa tâche, l'expert doit non seulement procéder à l'examen de l'assuré et établir l'anamnèse, mais il doit également fonder son opinion sur les pièces médicales et toutes autres informations disponibles (ATF 125 V 352 consid. 3a p. 352). Un certificat d'arrêt de travail constitue ainsi l'un des éléments dont l'expert doit tenir compte, bien qu'une telle pièce médicale soit souvent succincte et ne comporte pas de motivation quant à l'incapacité de travail attestée. Il est néanmoins établi dans un contexte particulier et renseigne précisément quant à une période d'incapacité de travail déterminée, en relation avec une maladie non explicitée mais connue du médecin qui l'a diagnostiquée et dont il a constaté les effets sur les aptitudes de son patient. Dans ces circonstances, la référence par un expert à un certificat médical ne saurait en tant que telle être considérée comme une raison justifiant de s'écarter d'une expertise judiciaire (à cet égard cf. ATF 125 V 352 consid. 3b/aa p. 352 et les références). Il en va de même concernant les informations transmises oralement à l'expert par le médecin traitant, une demande de renseignement complémentaire par le biais d'une discussion téléphonique entre confrères faisant partie des moyens dont dispose l'expert pour se faire une idée plus étendue de la situation médicale de la personne assurée en cause. A l'inverse de ce que semble prétendre le recourant à cet égard, le fait qu'une information médicale émane du médecin traitant ne saurait être qualifiée de "subjective" pour ce seul motif, les renseignements transmis par ce médecin faisant au demeurant partie des données indispensables que l'organe d'exécution de l'assurance-invalidité est tenu de recueillir pour se faire une idée de l'état de santé de la personne assurée. Par ailleurs, pour préciser sa conclusion selon laquelle "la capacité de travail a été réduite jusqu'à une incapacité totale durant ces dernières années" (expertise, p. 13), le docteur C.________ s'est référé aux certificats de la doctoresse D.________, psychiatre traitante de l'intimée, attestant d'une incapacité totale de travail à partir du 1er mai 2012 (certificats du 23 mai 2012). Il a indiqué avoir considéré les arrêts de travail mentionnés comme "correspondant à la réalité" compte tenu des explications fournies tant par la psychiatre traitante que le médecin-conseil de l'Etat avec lesquels il s'était entretenu pour rendre son expertise (procès-verbal d'enquête du 17 mai 2017). On ne saurait donc prétendre, comme le fait en vain le recourant, que l'expert judiciaire se serait fondé sur des éléments insuffisants. Peu importe à cet égard que l'attestation de la doctoresse D.________ transmise par l'intimée avec sa demande de détection précoce fasse référence à "un burn out grave": les diagnostics psychiatriques ont été précisés par la suite par la psychiatre, dont l'évaluation a été confirmée par l'expert judiciaire, selon lequel "il n'y a pas de divergence avec l'évaluation faite par la Dresse D.________ lors de ses différents rapports qui dénotent [une] connaissance du cas en adéquation avec les observations de l'expertise actuelle" (expertise p. 19).