Citation: 1C_312/2022 E. 3

Les recourants affirment que l'autorité précédente aurait violé l'art. 21 al. 2 LAT (RS 700) en ne procédant pas au contrôle préjudiciel de la planification en vigueur. Un tel contrôle s'imposerait en raison des éléments suivants. Premièrement, le plan est ancien puisqu'il remonte actuellement à plus de vingt ans, soit nettement plus que les quinze ans fixés comme horizon de planification selon l'art. 15 LAT. Deuxièmement, l'inscription à l'ISOS est intervenue postérieurement (soit en 2006 et 2012) et mentionne par rapport à la parcelle litigieuse une échappée dans l'environnement devant rester libre de constructions; la cour cantonale ne pouvait laisser indécise la question de savoir si le planificateur de 2003 avait pris en compte les premiers relevés de 1985 et 2000; les considérations d'ordre esthétique et la référence à la prise de position de la Direction générale des immeubles et du patrimoine du canton de Vaud (DGIP) seraient sans pertinence s'agissant d'apprécier l'existence de circonstances nouvelles; les recourants se prévalent aussi de trois exemples de jurisprudence dont la CDAP aurait décidé à tort de s'écarter. Troisièmement, le surdimensionnement important de la zone à bâtir (hors centre) devrait conduire la commune à réduire ce type de zone, spécialement après la fusion en 2011 des quatre communes qui la composent actuellement. Enfin, la réglementation relative aux SDA aurait changé depuis 2003 et la parcelle en cause aurait, compte tenu de sa situation et de ses caractéristiques, la qualité de SDA; la faiblesse des réserves cantonales imposerait de protéger les SDA (tâche que les recourants qualifient de fédérale) même si elles n'ont pas été inventoriées comme telles. La cour cantonale aurait enfin méconnu que les exigences posées par la jurisprudence pour admettre, dans une première phase, la nécessité d'un examen préjudiciel, sont moins strictes.