Citation: 5A_418/2008 05.02.2009 E. 4

Le recourant soutient ensuite que le testament n'aurait pas été écrit par sa défunte épouse, parce qu'elle n'avait pas de formation, que, souffrant de graves problèmes oculaires, elle était incapable d'écrire de manière régulière et qu'elle ne connaissait pas les termes juridiques utilisés dans cet acte. La cour cantonale a refusé d'examiner le grief de nullité du testament, pour deux motifs que l'intéressé critique. 4.1 Tout d'abord, dans leur décision incidente du 18 avril 2008, se fondant sur l'art. 145 du Code de procédure civile valaisan du 24 mars 1998 (RSV 270.1; ci-après: CPC/VS) et l'art. 29 al. 2 Cst., les juges précédents ont refusé les nouvelles preuves que le recourant proposait (interrogatoire, nouvelles pièces, expertise), pour les motifs que les faits sur lesquels elles portaient n'avaient pas été régulièrement introduits en cause - puisqu'ils n'avaient été allégués que quelques jours avant le débat final -, et que, au demeurant, l'appréciation anticipée de ces moyens de preuve permettait de les qualifier de non pertinents. En vertu de l'art. 145 CPC/VS, les parties ne peuvent plus faire valoir de nouveaux moyens de preuve après le débat préliminaire (al. 1); le juge peut toutefois d'office ou sur requête faire administrer des preuves non proposées lors du débat préliminaire s'il résulte des actes que ces preuves sont nécessaires pour établir dans leur intégrité et leur vérité les faits allégués sur lesquels reposent les droits et prétentions des parties (al. 2); en outre, il peut d'office ou sur requête, refuser l'administration de preuves qui ne lui apparaissent pas pertinentes ou sont sans rapport avec les faits allégués ou qui entraîneraient des longueurs excessives et hors de proportion avec leur importance (al. 3). La cour cantonale en a déduit, en se référant à sa jurisprudence, que cette réglementation ne vaut que pour les preuves décisives ou déterminantes, qu'elle n'institue aucune obligation pour le juge et que, en définitive, des moyens de preuve présentés postérieurement au débat préliminaire ne sont en général administrés que de manière exceptionnelle et si le tribunal les estime nécessaires à la manifestation de la vérité. Les juges précédents ont considéré que, en l'espèce, le recourant avait obtenu une copie du testament, qu'il avait admis l'allégué de la demande en vertu duquel celui-ci, n'ayant pas été attaqué, était "entré en force", qu'il n'avait jamais invoqué en cours de procédure que son épouse était incapable de rédiger un tel testament en 1989 ou que le document aurait été écrit en partie ou en totalité par un tiers, de sorte que l'allégation litigieuse n'avait pas été régulièrement introduite en cause. Ils ont estimé ne pas devoir administrer des preuves d'office, car, sur la base des éléments figurant au dossier, il leur semblait peu crédible que l'acte ait été écrit en tout ou partie par une tierce personne, que les explications du recourant, fondées notamment sur des comparaisons d'écritures, leur paraissaient peu convaincantes et que, sur la base d'une appréciation anticipée, ils qualifiaient les moyens de preuve de non pertinents. 4.1.1 Le recourant soutient que la cour cantonale a fait une application arbitraire de l'art. 145 al. 2 CPC/VS, qui constituerait aussi une violation de son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.). Il lui reproche d'avoir refusé ses offres de preuve complémentaires destinées à établir que la testatrice n'aurait pas écrit elle-même son testament; même si l'art. 145 al. 2 CPC/VS donne un pouvoir potestatif au juge, elle devait faire administrer les preuves requises par une partie peu avant le débat final dans la mesure où celles-ci étaient nécessaires pour établir la vérité des faits allégués. Par cette seule affirmation, le recourant ne s'en prend pas à la motivation de la cour cantonale et ne démontre donc pas en quoi celle-ci aurait appliqué arbitrairement l'art. 145 al. 2 CPC/VS. Son grief est par conséquent irrecevable. 4.1.2 Lorsqu'il soutient qu'une expertise était pertinente, dans la mesure où il aurait relevé des indices qui prouvent que le testament n'a pas été entièrement écrit par la même personne, le recourant ne démontre pas non plus que l'appréciation contraire de la cour cantonale - qui se fonde non seulement sur sa propre évaluation du manuscrit, mais aussi sur l'attitude du recourant - pour refuser, par appréciation anticipée, une administration de preuves d'office au sens de l'art. 145 al. 3 CPC/VS, serait arbitraire. 4.2 Cela étant, la cour cantonale a considéré que, contrairement à ce qu'avait invoqué le recourant seulement au débat final, l'allégation que le testament n'aurait pas été écrit par la testatrice ne découlait pas déjà de son allégué n° 158; celui-ci ne permettait nullement de retenir qu'il entendait soutenir que son épouse n'avait pas écrit le testament litigieux de sa propre main, mais seulement que le texte lui avait été dicté par son fils. Dans la mesure où le recourant reconnaît lui-même que, dans cet allégué, il a seulement "insinué" que son fils A.________ aurait rédigé le modèle pour sa mère et que celle-ci aurait elle-même recopié le texte, on ne voit pas en quoi la cour cantonale serait tombée dans un formalisme excessif - constitutif d'arbitraire - en retenant qu'il n'avait pas allégué dans son mémoire que le testament n'aurait pas été écrit par son épouse.