Citation: 4C.186/2003 19.11.2003 E. 3

Le recours en réforme est ouvert pour violation du droit fédéral (art. 43 OJ). En revanche, il n'est pas recevable pour se plaindre de la violation directe d'un droit de rang constitutionnel (art. 43 al. 1 2e phrase OJ), ni de la violation du droit cantonal (ATF 127 III 248 consid. 2c). 3.1 Il convient de distinguer, d'une part, les rapports internes entre la partie et son mandataire et, d'autre part, les effets externes, soit les pouvoirs de représentation de l'avocat à l'égard du juge ou des autres parties (Poudret, COJ I, n. 2.2.1 ad art. 29, p. 152). Contrairement aux rapports internes, qui ressortissent au droit privé, les pouvoirs externes relèvent du droit de procédure, conformément à la réserve de l'art. 396 al. 3 CO (Leuch/Marbach/Kellerhals/Sterchi, Die Zivilprozessordnung für den Kanton Bern, 5e éd., p. 278; Poudret, op. cit., n. 2.2.1 ad art. 29, p. 152; Bertossa/Gaillard/Guyet, Commentaire de la loi de procédure civile genevoise, vol. I, n. 4 ad art. 74; Kummer, Grundriss des Zivilprozessrechts, 4e éd., p. 66; Deschenaux/Castella, La nouvelle procédure civile fribourgeoise, p. 76). Les règles du code des obligations, par exemple sur la représentation, ne s'appliquent aux effets externes qu'à titre de droit de procédure supplétif (Poudret, op. cit., n. 2.2.1, p. 152 et 153). A l'égard du tribunal, seuls comptent donc les pouvoirs externes, soumis à la loi de procédure. Lorsque le procès se déroule devant une instance cantonale, c'est le droit de procédure cantonal qui régira les pouvoirs de l'avocat pour agir en justice au nom de son client. En droit genevois, le pouvoir de représentation de l'avocat est régi par l'art. 4 de la loi sur la profession d'avocat du 26 avril 2002, selon lequel le pouvoir de représenter une partie devant les tribunaux et de faire les actes de la procédure résulte notamment de la remise des pièces ou d'une procuration écrite. Le cas échéant, le droit fédéral, singulièrement le code des obligations, s'appliquera à titre de droit cantonal supplétif (Poudret, op. cit., n. 2.2.1 ad art. 29, p. 152 et 153; Deschenaux/Castella, op. cit., p. 76). 3.2 A titre principal, la cour cantonale a confirmé l'irrecevabilité de la demande en raison du défaut de pouvoirs de l'avocat. La motivation développée à ce sujet dans l'arrêt attaqué repose sur le droit cantonal de procédure. Certes, la Chambre d'appel s'est également référée aux règles sur la gestion d'affaires; ce faisant, elle a toutefois appliqué le droit fédéral à titre de droit cantonal supplétif. Dirigés contre la motivation principale de l'arrêt attaqué, les moyens de la demanderesse fondés sur la «validité du mandat de l'avocat» et sur la «réalité de la gestion d'affaires» sont dès lors irrecevables dans un recours en réforme. Conformément à la jurisprudence sur la double motivation rappelée ci-dessus, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur les autres griefs développés par la demanderesse. Le recours est irrecevable dans son entier.