Citation: 9C_425/2024 E. 5

En l'occurrence, les constatations de la juridiction cantonale quant à une compréhension suffisante entre le recourant et les experts rhumatologue et pneumologue pour que ces derniers puissent obtenir les informations nécessaires à l'appréciation de la situation malgré l'absence d'un interprète se révèlent insoutenables. En effet, à la lecture du rapport d'évaluation consensuelle du 8 novembre 2022, on constate que les experts ont considéré que l'assuré ne pouvait pas être expertisé sans interprète car il ne s'exprime dans aucune langue nationale, bien qu'il soit en Suisse depuis de nombreuses années. On ajoutera que le docteur B.________, spécialiste en médecine interne générale, a indiqué que l'assuré ne s'était pas exprimé une seule fois en français au cours de l'expertise qu'il avait effectuée en présence d'une interprète turque et qu'il n'avait pas eu l'impression que l'expertisé comprenait, au moins partiellement, certaines questions posées (rapport d'expertise de médecine interne générale, ch. 4.2 p. 21). Pour leur part, les docteurs C.________, spécialiste en rhumatologie, et D.________, spécialiste en médecine interne générale et en pneumologie, ont relevé l'absence du traducteur prévu et indiqué que l'assuré s'exprimait mal en français (rapport d'expertise rhumatologique, ch. 4.2 p. 28), respectivement qu'il comprenait très mal le français (rapport d'expertise pneumologique, ch. 4.2 p. 35). Dans ces circonstances, l'absence d'un traducteur durant l'entretien est de nature à susciter une incertitude quant à la pertinence des constatations des docteurs C.________ et D.________. À ce stade de la procédure, on ne saurait s'accommoder de ce manquement, si bien que la cause doit être renvoyée à l'office intimé afin que les expertises rhumatologique et pneumologique puissent se dérouler intégralement dans la langue maternelle du recourant ou avec l'aide d'un interprète. En ce sens, le recours sera partiellement admis, sans qu'il n'y ait lieu d'examiner les autres griefs soulevés par l'assuré, en relation notamment avec son impossibilité de "retrouve[r] une activité lucrative". La conclusion subsidiaire du recours se révèle bien fondée.