Citation: 1C_443/2024 E. 2.2

2.2. La décision attaquée ne met pas un terme à la procédure de recours pendante devant la Cour de droit administratif et public et revêt un caractère incident. Elle ne porte pas sur une question de compétence ou sur une demande de récusation au sens de l'art. 92 LTF. Elle ne pourrait être déférée auprès du Tribunal fédéral que si les conditions posées à l'art. 93 al. 1 LTF sont remplies, à savoir si elle est propre à causer un préjudice irréparable (let. a) ou si l'admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (let. b). Si l'on excepte quelques situations particulières non réalisées en l'occurrence (cf. ATF 136 II 165 consid. 1.2.1; 135 II 30 consid. 1.3.4), le préjudice irréparable visé à l'art. 93 al. 1 let. a LTF doit être de nature juridique et ne pas pouvoir être ultérieurement réparé par une décision finale favorable à la partie recourante (cf. ATF 149 II 170 consid. 1.3; 147 III 159 consid. 4.1). Un dommage économique ou de pur fait n'est pas considéré comme tel (ATF 144 III 475 consid. 1.2). Ainsi, le fait d'être exposé au versement d'une somme d'argent n'entraîne, en principe, aucun préjudice au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (ATF 138 III 333 consid. 1.3.1; cf. arrêt 5A_523/2023 du 23 octobre 2023 consid. 1.2). Il n'y a d'exception que si le paiement de la somme litigieuse expose la partie recourante à d'importantes difficultés financières ou si, en cas d'admission du recours, le recouvrement du montant acquitté paraît aléatoire (ATF 107 Ia 269 consid. 2; voir aussi arrêt 5A_341/2015 du 7 janvier 2016 consid. 3.2.1). La décision attaquée astreint le recourant à s'acquitter de la somme de 10'000 francs à titre d'avance sur les frais d'expertise. Il ne s'agit pas d'un dommage irréparable, puisqu'elle réserve le sort de ces frais avec le jugement au fond. Le recourant ne prétend pas ne pas disposer de la somme requise à ce titre. Il n'allègue pas davantage avec raison que la Commune de Lutry ne serait pas en mesure de lui rembourser sa part des frais d'expertise s'ils devait finalement être intégralement mis à la charge de celle-ci (ATF 107 Ia 269 consid. 2). Le recourant s'en prend en réalité à la mission d'expertise ordonnée le 20 février 2024 qui devrait porter selon lui non pas sur un relevé de l'état existant et sur le calcul du coefficient d'utilisation du sol, mais sur le bien-fondé des allégations de faits prétendument constitutifs d'une infraction à l'art. 105 de la loi cantonale sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC). Or, pour autant qu'il ne soit pas à tard pour la remettre en cause, il s'agit là d'une ordonnance de preuves, de nature incidente, ne causant pas de dommage irréparable (cf. ATF 134 III 188). L'allongement de la procédure constitue un inconvénient de fait impropre à établir un dommage irréparable de nature juridique au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (ATF 144 III 475 consid. 1.2). Les conditions de l'art. 93 al. 1 let. b LTF ne sont pas davantage réalisées. L'admission du recours ne conduirait pas immédiatement à une décision finale. Par ailleurs, on ne saurait affirmer que l'expertise serait d'une grande complexité et ne pourrait être exécutée dans un délai raisonnable, l'expert précisant être en mesure de déposer son rapport dans les seize semaines suivant la confirmation de son mandat. Les frais d'expertise, devisés à 22'300 francs, ne sauraient davantage être tenus pour excessivement onéreux. Il s'ensuit que la décision attaquée ne peut pas faire l'objet d'un recours immédiat auprès du Tribunal fédéral.