Citation: 4A_342/2023 E. 5.3.3

5.3.3. Les objections soulevées par la demanderesse n'y changent rien. Le fait que le chalet n'aurait pas été vendu clé en main par le défendeur n° 1 au défendeur n° 2 est sans incidence. En effet, les ventes, tout d'abord de la première parcelle (chalet) et de la moitié de la seconde (centre de bien-être) n'ayant eu lieu que le 22 juin 2012, puis celle de la deuxième moitié de cette seconde parcelle n'étant intervenue que le 24 juin 2014, qui n'ont d'ailleurs pas été portées à la connaissance de la demanderesse, et partant le fait que le défendeur n° 2 était l'acheteur final, n'exercent aucune influence sur le résultat retenu ci-dessus. Il en va de même des considérations de la cour cantonale, critiquées par la recourante, selon lesquelles les deux défendeurs auraient plutôt été liés par un contrat d'entreprise générale, la société D.________ ou le défendeur n° 1 étant le promoteur et le défendeur n° 2 étant l'acheteur final. Quant au fait que le défendeur n° 2 fut au bénéfice d'un accès e-banking sur le compte de la promotion, outre qu'il ne ressort pas des faits constatés, n'étonne pas puisque les défendeurs formaient vis-à-vis de l'extérieur une société tacite. Les interventions du défendeur n° 2 au cours du chantier, surtout à la fin, ses demandes de réparation sont largement postérieures à la conclusion du contrat. Or, rien dans l'arrêt n'indique que les parties seraient convenues d'une modification ou cession du contrat d'entreprise initial au défendeur n° 2. Lors de la remise des factures finales, le défendeur n° 1 a d'ailleurs informé la demanderesse qu'il n'admettait le solde que pour 199'000 fr., les travaux de l'appartement devant être facturés directement au défendeur n° 2. La demanderesse a donc été encore rendue attentive au fait que les deux contrats étaient séparés. En tant qu'entrepreneur, la demanderesse pouvait demander une hypothèque légale des artisans et entrepreneurs, ce qu'elle n'a pas fait. Enfin, lorsqu'elle soutient qu'elle aurait été liée au seul défendeur n° 2, la recourante méconnaît que cette déclaration est en contradiction avec les faits constatés. En effet, comme on vient de le voir, lorsqu'elle a effectué des travaux pour le défendeur n° 2 dans son appartement du F.________, elle a été informée qu'elle devait les facturer directement au défendeur n° 2 et celui-ci en a lui-même acquitté le prix. La cour cantonale en a déduit à raison que la demanderesse avait donc bien dû réaliser qu'elle était liée au défendeur n° 2 en ce qui concerne cet appartement, mais qu'elle l'était avec le défendeur n° 1 et sa société D.________ SA pour la promotion E.________ litigieuse.