Citation: 5C.203/2005 28.11.2005 E. 3

La recourante se plaint d'une violation de l'art. 8 CC. 3.1 L'art. 8 CC confère à la partie chargée du fardeau de la preuve la faculté de prouver ses allégations dans les contestations relevant du droit civil fédéral (ATF 115 II 300 consid. 3 p. 303), pour autant qu'elle ait formulé un allégué régulier selon le droit de procédure, que les faits invoqués soient juridiquement pertinents au regard du droit matériel et que l'offre de preuve correspondante satisfasse, quant à sa forme et à son contenu, aux exigences du droit cantonal (ATF 126 III 315 consid. 4a p. 317; 122 III 219 consid. 3c p. 223/224 et les références). Cette disposition ne prescrit cependant pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent être ordonnées, ni ne dicte au juge comment il doit former sa conviction. Ainsi, il n'y a pas de violation de l'art. 8 CC si une mesure d'instruction est refusée à la suite d'une appréciation anticipée des preuves, le juge pouvant rejeter les allégations et les offres de preuve d'une partie parce que sa conviction est déjà assise sur les preuves rassemblées, de manière que le résultat de leur appréciation ne puisse plus être modifié; seul le moyen tiré d'une appréciation arbitraire des preuves, à invoquer dans un recours de droit public est alors recevable (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 25 et les arrêts cités). 3.2 La recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir violé son droit à la preuve, en refusant d'ordonner une contre-expertise et d'entendre les témoins dont elle avait requis l'audition. Au vu de certains éléments, qui infirmaient les conclusions de l'expertise de la Dresse C.________, soit des déclarations de la soeur de l'intimé et des rapports de Mmes M.________ et S.________, les juges auraient dû recueillir ces preuves complémentaires. 3.3 L'autorité cantonale a considéré que l'expertise de la Dresse C.________ était complète et approfondie et ne présentait pas de contradiction interne. Ce rapport soulignait par ailleurs à juste titre que l'influence du père sur l'enfant était vécue comme une menace par la mère, cette menace reposant uniquement sur l'intime conviction maternelle. Cette opposition "massive", qui ressortait aussi du dossier, n'était pas objectivement fondée. A cet égard, les déclarations de la soeur de l'intimé, B.________, dont faisait grand cas la recourante, devaient être appréciées avec réserve, dès lors qu'elles avaient été faites dans le cadre d'une psychothérapie et avaient été relativisées ultérieurement par l'intéressée elle-même. De plus, elles portaient sur les relations de la prénommée avec sa mère ou son frère, alors qu'était en jeu la fixation du droit de visite de ce dernier sur sa fille. Les offres de preuve de la recourante étaient par ailleurs peu claires, au vu des listes de témoins fluctuantes. Pour le surplus, l'audition de la mère de la recourante ou des ex-amies du père ne permettaient pas de déterminer si des contacts entre ce dernier et sa fille étaient opportuns. Dans ces circonstances, ni une contre-expertise ni l'audition de témoins ne se justifiaient. 3.4 Il s'agit là d'une appréciation anticipée des preuves qui - de l'aveu même de la recourante - ne saurait être remise en cause dans le cadre d'un recours en réforme. La recourante ne s'y est d'ailleurs pas trompée, puisqu'elle a aussi formé - en vain, toutefois - un recours de droit public sur la même question. Le grief est dès lors mal fondé.