Citation: 4C.166/2000 08.12.2000 E. B

B.- a) Après avoir obtenu des renseignements techniques de la part de G.________, A.________ adressait lui-même à la banque ses ordres et contrordres, généralement confirmés par sa signature, pour de nombreuses opérations sur devises, y compris des achats et des ventes d'options. Les instructions ainsi données étaient précises; il n'y avait pas place pour d'éventuelles initiatives des employés de la banque. b) Avant mars 1992, A.________ a réalisé des gains spéculatifs. Sur les transactions opérées à partir du 17 juin 1992, il a en revanche subi une perte de l'ordre de110 000 fr., soit environ 1/6 de sa fortune. c) Le 15 juin 1992, A.________ a obtenu un crédit de 2 440 000 DM avec intérêts à 10,25 % et échéance au 16 septembre 1992. Ce montant avait été déterminé, après discussion avec G.________, de manière à couvrir le solde débiteur du compte courant en mark allemand au nom de A.________, qui s'élevait au 17 juin 1992 à 2 438 458 DM; il dépassait les compétences de l'agence de D.________. Le prêt était garanti à hauteur de 2 121 000 DM, le solde du crédit étant accordé sous réserve de la valeur de la créance résultant du prêt partiaire concédé le 29 décembre 1989 par le client à la société J.________ S.A. Le but de l'emprunt était l'acquisition de 269 parts "K.________" pour 1 848 398 US$ 74, transaction qui était intervenuesur la base d'un ordre téléphonique donné la veille par le client qui, en 1991 et 1992, avait déjà acheté de tels titres. Ce placement, à dire d'expert, satisfaisait aux exigences de la sécurité et prenait en considération les intérêts de la banque et de son client, sous réserve d'une évolution favorable du cours du dollar, conviction qui semblait être celle de G.________ selon une note manuscrite de sa main comportant la mention "reste à la hausse à terme". En fait, le cours du dollar avait chuté durant la première partie du second semestre 1992. En avril, il était de 1.5158, en juillet de 1.3314, en octobre de 1.3150; il devait remonter à un taux de 1.4294 en novembre 1992. Cette baisse du dollar par rapport au franc suisse et sa remontée sensible au cours du mois de novembre 1992 n'étaient pas prévisibles de la part de personnes même bien informées des affaires internationales et du cours du dollar. d) Du 6 juillet au 24 août 1992, il a été procédé à 23 transactions portant chacune sur 1 800 000 US$; trois d'entre elles consistaient en des achats et des ventes à terme, 20 en des achats et des ventes d'options put et call; pour 16 d'entre elles, la banque ne dispose ni de confirmation ni d'ordre de son client. Ces opérations ont donné lieu à une perte globale de 1980 DM. e) Le 13 août 1992, après vaine sollicitation par la banque d'une garantie complémentaire, l'agence de D.________ a fait savoir à A.________ qu'il ne restait aucune disponibilité sur le compte yyy pour qu'il soit procédé à des opérations à terme ou à des transactions d'options sur devises. Ainsi, toutes nouvelles transactions autres qu'un "rachatde call pour en revendre un autre" ne pouvaient intervenir avant le 16 septembre 1992, "date de régularisation du crédit en DM". Pour les opérations dont l'exécution serait demandée par le client, un ordre signé serait requis ainsi qu'une "couverture supplémentaire" sur son compte. Le 24 août 1992, A.________ a donné l'ordre écrit"stop loss" de vendre à terme - au 16 septembre 1992 -1 860 000 US$ contre 2 662 786 DM au cours de 1.4101. Le 11 septembre 1992, la banque a vendu les 269 parts K.________ pour 1 859 895 US$ 59. Le bénéfice dégagé par cette opération, 14 615 US$, a permis le remboursement complet de l'emprunt en DM. Toutefois, le taux de change défavorable de la vente ordonnée le 24 août 1992 a occasionné une perte de change de 287 665 DM.