Citation: U 124/01 22.11.2001 E. 3

3.- En revanche, celui-ci allègue une péjoration de son état de santé en raison de l'apparition de troubles de nature psychique. a) Dans leur rapport précité, les médecins du COMAI ont diagnostiqué des troubles cognitifs moyens après un traumatisme cranio-cérébral (survenu plus de dix ans avant l'accident assuré), des troubles affectifs bipolaires, un état dépressif, un syndrome douloureux chronique et une personnalité émotionnellement labile. Selon ces praticiens, l'accident assuré a agi sur la personnalité de l'assuré comme un facteur gravissime de stress émotionnel. Sur le vu de ce rapport d'expertise, il n'est pas possible de suivre le point de vue des premiers juges, selon lequel il n'existe pas de relation de causalité naturelle entre les troubles psychiques constatés - en particulier l'état dépressif - et l'accident du 2 juin 1994. Certes, il est incontestable que d'autres facteurs ont joué un rôle dans l'apparition de ces troubles, comme le traumatisme cranio-cérébral subi vers l'âge de 18 ans et les circonstances difficiles vécues durant l'enfance. Toutefois, selon la jurisprudence, il n'est pas nécessaire que l'accident soit la cause unique ou immédiate de l'atteinte à la santé; il faut et il suffit que l'événement dommageable, associé éventuellement à d'autres facteurs, ait provoqué l'atteinte à la santé physique ou psychique de l'assuré, c'est-à-dire qu'il se présente comme la condition sine qua non de celleci (ATF 119 V 337 consid. 1, 118 V 289 consid. 1b et les références). b) Dans sa décision sur opposition litigieuse, la CNA a classé l'accident - qualifié au demeurant d'événement objectivement banal - dans la catégorie des accidents de gravité moyenne en raison de l'atteinte organique relativement grave dont il a été à l'origine. C'est oublier que, d'après la jurisprudence, c'est la manière dont l'accident s'est déroulé qui détermine le classement en trois catégories : les accidents insignifiants ou de peu de gravité, les accidents graves et les accidents de gravité moyenne (ATF 115 V 139 consid. 6, 408 consid. 5). Ce n'est que lorsque l'existence d'un accident de gravité moyenne est avérée, qu'intervient la gravité des lésions physiques en tant que critère objectif pour juger du caractère adéquat du lien de causalité entre un tel accident et l'incapacité de travail ou de gain d'origine psychique (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa, 409 consid. 5c/aa). c) Etant donné la manière dont il s'est déroulé, l'événement du 2 juin 1994 doit être classé dans la catégorie des accidents de gravité moyenne, à la limite de la catégorie des accidents peu graves. Dans ces conditions, les critères à prendre en considération doivent se cumuler ou revêtir une intensité particulière pour que le caractère adéquat du lien de causalité puisse être admis (ATF 115 V 141 consid. 6c/bb, 410 consid. 5c/bb). Tel n'est toutefois pas le cas en l'espèce. En particulier, les circonstances dans lesquelles s'est déroulé l'accident apparaissent dénuées du caractère particulièrement dramatique ou impressionnant requis par la jurisprudence. Par ailleurs, force est de nier l'existence de difficultés apparues au cours de la guérison et d'une longue période d'incapacité de travail due aux lésions physiques, dès lors que les troubles psychiques ont eu assez tôt (cf. rapports des docteurs B.________ du 23 janvier 1995 et C.________ du 1er avril 1996) une influence déterminante sur les plaintes de l'intéressé. Quant aux douleurs physiques persistantes, si elles s'expliquent en partie par une surcharge mécanique et une sollicitation non physiologique d'autres muscles, elles doivent être replacées dans le cadre de la symptomatologie douloureuse qui a pris un caractère central dans l'existence de l'assuré au point de justifier le diagnostic de syndrome douloureux chronique (cf. rapport du COMAI du 7 septembre 1999). Au demeurant, ce seul critère ne permet pas de conclure à l'existence d'une relation de causalité adéquate entre les troubles psychiques constatés et un accident de gravité moyenne, à la limite de la catégorie des accidents peu graves. Il apparaît bien plutôt qu'au regard de l'ensemble des facteurs de nature à entraîner les troubles psychiques, l'événement accidentel n'a pas eu une importance déterminante dans le déclenchement de ces troubles. d) Vu ce qui précède, les troubles psychiques constatés ne justifient pas la révision du droit à la rente ni celle du droit à l'indemnité pour atteinte à l'intégrité.