Citation: 5A_532/2017 E. 3.3

3.3. Dans sa motivation, largement appellatoire, le recourant ne fait pour l'essentiel que substituer sa propre appréciation des pièces qu'il a produites à celle du Juge délégué. Contrairement à ce qu'il semble soutenir, celui-ci n'a pas écarté les certificats de salaire produits du seul fait qu'ils n'étaient pas signés mais également au motif que ces pièces avaient été établies par le recourant lui-même ou encore qu'elles étaient sans pertinence par rapport aux éléments litigieux dans la présente cause. Le recourant se contente à cet égard de soutenir que l'un des certificats produits était assorti d'une attestation de la direction de dite société signée par une autre personne que par lui-même qui confirmait le revenu qu'il avait perçu en 2016. Cette seule affirmation ne suffit toutefois pas à démontrer l'arbitraire dans l'appréciation des preuves par le Juge délégué, dès lors que, même si l'on devait prendre en compte cette pièce, elle suffirait à la rigueur uniquement à démontrer le salaire perçu par le recourant pour son activité au sein de cette seule société alors qu'en l'occurrence, il s'agit d'estimer le revenu mensuel global qu'il perçoit. Lorsqu'il fait valoir pour preuve de leur exactitude que ces certificats ont été adressés aux autorités fiscales, de sorte que son " employeur " se serait exposé à des sanctions si leur contenu n'avait pas été conforme à la réalité, le recourant fait abstraction du fait que, selon l'arrêt attaqué, il a lui-même établi la plupart de ces certificats et qu'il exerce par ailleurs une position centrale et influente au sein de ces sociétés puisqu'il est inscrit en qualité de gérant ou administrateur président avec signature individuelle, voire signature collective à deux pour l'une d'entre elles. En tant que le recourant se plaint du fait que les tableaux récapitulatifs de ses revenus avaient certes été établis par ses soins mais été assortis de " pièces et attestations fournies par les fiduciaires confirmant l'exactitude des chiffres donnés " dont le Juge délégué avait arbitrairement omis de tenir compte, cette critique est irrecevable faute d'une motivation suffisante. En effet, le recourant ne précise pas à quelles pièces du dossier il se réfère ni par leur numéro ni par leur date. La seule pièce établie par une fiduciaire dont l'existence ressort clairement de l'arrêt entrepris est un état financier au 31 mars 2016 de K.________ SA, établi le 2 novembre 2016 par la fiduciaire P.________ SA. Or, cette pièce n'a pas été écartée par le Juge délégué mais déclarée irrecevable au motif qu'elle avait été produite tardivement. Partant, dans la mesure où il faudrait admettre que c'est à cette pièce que le recourant se réfère, sa critique est vaine puisqu'elle ne porte pas sur les motifs qui ont conduit le juge cantonal à la déclarer irrecevable. Enfin, le recourant ne s'en prend pas à la motivation cantonale en tant qu'elle a considéré qu'il n'avait apporté aucune explication quant aux motifs pour lesquels ses revenus avaient, selon ses allégations, baissé drastiquement de 26'507 fr. 85 en août 2015 à 6'039 fr. 75 en septembre 2015, soit quelques mois après la séparation des parties. Il n'en apporte pas plus dans son présent recours. En définitive, au regard de ce qui précède, on ne discerne aucun arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des revenus du recourant par le Juge délégué.