Citation: 4C.57/1999 15.05.2000 E. A

A.- a) Mathieu Cikès est propriétaire d'un terrain à Pully. Le 1er mai 1987, lui et les entreprises Ganty Frères S.à r.l. et A. Girsberger S.A., constituées en consortium, ont signé une soumission ayant pour objet des travaux de terrassement, de béton, de béton armé, de maçonnerie porteuse et de maçonnerie en vue de la construction d'un bâtiment d'habitation sur sa parcelle. L'art. 14 des conditions générales annexées à la soumission avait la teneur suivante: "Les travaux en régie ne seront exécutés que sur ordre formel de l'architecte. Au cours de ces tra- vaux, l'entrepreneur remettra journellement à la direction des travaux un rapport à signer, mention- nant les heures de travail, les matériaux utilisés et la désignation précise de l'ouvrage auquel ils se rapportent." Le 2 juin 1987, les parties ont passé un contrat écrit dont la base était constituée par l'offre du 1er mai 1987. Selon celui-ci, le coût des travaux prévus était de 971 578 fr., s'agissant de prix unitaires. La convention stipulait que toutes les factures devaient être acceptées par le maître de l'ouvrage, qui, en cas d'absence, pouvait déléguer ses compétences à une personne de son choix (art. 8). Les travaux en régie devaient être approuvés par le maître de l'ouvrage (art. 9). Le chantier a été ouvert au cours du mois de juin 1987, le gros oeuvre achevé durant le mois de mai 1988. Les travaux confiés aux deux entreprises ont pris fin en octobre ou novembre 1988. La direction des travaux a été confiée à l'architecte Decosterd jusqu'en août 1987, puis à l'architecte Sgarzi. Des procès-verbaux des séances de chantier ont été établis; il n'a pas été prétendu que ceux-ci n'auraient pas été communiqués à la direction des travaux et au maître de l'ouvrage. b) La présence de conduites d'eau et d'électricité, signalée par les Services industriels de la commune de Pully, a compliqué l'exécution des travaux, le mur nord des garages devant finalement être réalisé en plusieurs étapes au lieu d'une. Le prix de ce mur correspondait au prix de revient majoré de 20 % et des déboursés directs; le mode de calculation du coût a été déterminé en accord avec les demanderesses, l'architecte Sgarzi, l'ingénieur Sanaga et le défendeur. Le consortium s'est aussi vu confier des travaux supplémentaires, hors soumission, comme l'aménagement de locaux de rangement sous la rampe d'accès au garage. En accord avec l'architecte Sgarzi, les travaux en régie ont fait l'objet d'un rapport hebdomadaire. Lors des rendez-vous de chantier, l'architecte discutait avec Mathieu Cikès des bulletins de régie qu'il avait reçus; il ne signait que ceux qui étaient acceptés. Les travaux en régie ont toujours été commandés par Sgarzi, mais une partie des bons de régie n'a été signée ni par l'architecte ni par le maître de l'ouvrage, certains portant l'annotation "ordre de M. Sgarzi". Après la séance de chantier du 10 juillet 1987, le consortium a établi un document intitulé "décision et incidences financières" ainsi qu'un "listing des travaux complémentaires divers" pour un montant total de 37 635 fr.50. Un procès-verbal du 14 juillet 1987 montre que les travaux étaient en cours d'exécution à cette date. Dans un procès-verbal de chantier du 10 septembre 1987, la direction des travaux rappelle que les bons de régie doivent être signés au plus tard une semaine après l'exécution des travaux, "ceci en relation, pour l'instant, avec la location de la grue à Stump". Le procès-verbal du 17 septembre 1987 confirme que la seule régie effectuée jusqu'alors est constituée par la location d'une grue. Par pli recommandé du 23 juin 1988, l'architecte Sgarzi a indiqué au consortium qu'il avait pris note des fiches de régie et de celles de calculation des travaux supplémentaires reçues au début du mois; il rappelait les dispositions contractuelles selon lesquelles le consortium était tenu de communiquer par écrit à l'architecte les travaux complémentaires ainsi que leur prix, et d'obtenir l'accord écrit du maître de l'ouvrage; seuls les travaux supplémentaires ou régies ayant fait l'objet d'un ordre écrit de la direction des travaux, lettre ou procès-verbal, seraient admis et payés aux prix établis par analogie avec ceux de la soumission. Un procès-verbal du 14 juillet 1988 indique notamment que le maître de l'ouvrage et la direction des travaux contestent les séries de prix complémentaires depuis le 23 juin 1988 et refusent en bloc la correspondance envoyée depuis le 30 mai 1988, en ajoutant que tous les problèmes trouveront une solution uniquement sur la base du contrat d'entreprise du 2 juin 1987. Des procès-verbaux des 25 août 1988, 8 décembre 1988 et 19 janvier 1989 contiennent des remarques semblables.