Citation: 5A_777/2023 E. 4.3

4.3. Dans deux chapitres distincts dans lesquels il mélange les critiques relevant du fait et les arguments ressortissant au droit, le recourant fait valoir que la Cour de justice avait omis de tenir compte du fait que l'union des époux avait duré vingt-un ans au total, ce qui " était particulièrement pertinent afin d'examiner l'impact du mariage sur la situation du recourant ", et de mettre en relation la cessation de son travail avec l'arrivée des enfants au sein du couple, " malgré la temporalité manifeste ". Il expose à cet égard avoir démissionné de son emploi en 2010, soit la même année où les enfants du couple étaient arrivés en Suisse depuis T.________, pays de leur naissance, à l'issue d'une procédure d'adoption internationale. Cette procédure était par nature conséquente et l'arrivée d'enfants adoptés nécessitait assurément un encadrement particulier, ce d'autant en présence de deux enfants originaires d'un pays non francophone en bas âge. Le recourant reproche par ailleurs à la Cour de justice de n'avoir pas mentionné le rapport d'expertise familiale établi le 12 décembre 2021 par une psychologue, pourtant énoncé et détaillé dans le jugement de première instance, et qui mettait en exergue un trouble de l'abandon raisonnablement compréhensible chez des enfants adoptés. Il s'était ainsi concentré sur l'accueil, la prise en charge et l'éducation des enfants durant leurs premières années de vie en Suisse. L'expertise précitée était également déterminante en lien avec l'organisation familiale car elle soulignait qu'il devait débuter un travail psychothérapeutique " afin de l'aider à prendre soin de lui, à s'autonomiser administrativement, financièrement et affectivement de son épouse ". Selon le recourant, en faisant fi de cette pièce, qui était pourtant de nature à fonder l'opinion de la Cour de justice sur la dynamique du couple, le choix de vie pendant la vie commune et sa dépendance envers l'intimée, la Cour de justice avait retenu de manière manifestement inexacte qu'il ne ressortait pas de la procédure qu'il avait sacrifié sa carrière professionnelle en faveur de l'union conjugale et qu'il s'était occupé de manière prépondérante du ménage et des enfants. Le recourant ajoute que cet état de fait ne pouvait être écarté purement et simplement au motif qu'il avait réalisé une formation ou des emplois ponctuels, vu qu'il s'agissait d'une formation en cours du soir et que les remplacements étaient sporadiques et temporaires. Il mentionne par ailleurs que la Cour de justice n'avait pas pris en compte le fait qu'il avait rénové le bien immobilier que les époux détenaient en copropriété en France. Il rappelle en outre que la juridiction d'appel n'entend pas les parties et ne dispose dès lors pas d'une vision directe de la situation contrairement au premier juge. Le recourant estime finalement qu'en omettant de prendre en compte une partie des faits à sa disposition dans son raisonnement, la Cour de justice avait violé l'art. 125 CC. Vu que les époux avaient décidé qu'il interrompe son activité lucrative pour se dédier aux enfants et au ménage et que l'intimée finance l'entretien de la famille, en continuant à travailler à plein temps et en développant sa carrière, que l'union avait duré vingt-un ans et son absence du marché du travail onze ans, qu'il s'était chargé de la rénovation du bien détenu en copropriété par les époux, qu'il était âgé de 55 ans et que, malgré ses efforts, il ne trouvait pas d'emploi et émargeait à l'aide sociale, il fallait admettre que l'union avait eu un impact significatif sur sa vie économique et son droit à une contribution d'entretien post-divorce devait être reconnu.