Citation: 8C_649/2019 E. 6.2.1

6.2.1. En l'occurrence, d'après le docteur C.________, il faut admettre que l'accident n'a pas entraîné de lésion structurelle. Comme évoqué par le professeur E.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, l'assurée présente une tendinitis calcarea (tendinite calcifiante) du subscapulaire, soit une atteinte dégénérative du tendon. L'accident a tout au plus aggravé de manière transitoire un état antérieur et a, au plus tard trois ou quatre mois après, cessé de déployer ses effets. De son coté, le médecin traitant, le docteur F.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, est d'avis que l'on est en présence d'une rupture traumatique de l'intervalle des rotateurs avec lésion du bord supérieur du subscapulaire, subluxation du long chef du biceps et une atteinte des fibres antérieures du sus-épineux, en lien causal avec l'accident. Il relève que sur l'IRM du 5 septembre 2017, on observe une coiffe des rotateurs en très bon état avec des corps musculaires bien charnus sans signe de lésion dégénérative. Par rapport au diagnostic de tendinitis calcarea, il retient dans son rapport du 27 avril 2018 que les calcifications devraient logiquement être visibles sur ledit examen IRM, ce qui n'est pas le cas. Il rappelle qu'une infiltration a été effectuée le 8 septembre 2017 et que les dépôts mis en place lors de l'infiltration peuvent tout à fait être confondus avec des calcifications en décours de par leur structure cristalline, ce qui peut expliquer l'image ultrasonographique qu'a eue le professeur E.________ en consultation. Dès lors que l'assurée a produit l'avis médical du docteur F.________ dans la procédure cantonale, la CNA a elle-même requis une prise de position circonstanciée de sa division de médecine des assurances. La doctoresse D.________ retient dans son appréciation chirurgicale du 30 août 2018 qu'il est évident que les tendinopathies de l'épaule droite objectivées chez l'assurée lors de l'IRM du 5 septembre 2017 sont bien antérieures au 18 juillet 2017 et qu'elles sont dues à une usure/maladie de son épaule droite sous forme d'une dégénérescence de toutes les structures (tendons - os). Elle mentionne ensuite qu'elle visualise sur l'IRM des remaniements ostéophytaires de l'acromion droit et rappelle qu'un ostéophyte est le témoin de la présence d'arthrose, laquelle est bien entendu d'origine maladive. A la remarque du docteur F.________ que l'IRM montre une coiffe des rotateurs en très bon état avec des corps musculaires bien charnus sans signe de lésion dégénérative, elle réplique que cet état de fait ne surprend pas, puisque l'assurée présente des déchirures seulement partielles du tendon de ses muscles supra-épineux et subscapulaire et que, selon la littérature, il n'apparaît une dégénération musculaire (infiltration graisseuse) qu'en présence d'une rupture tendineuse totale. La doctoresse D.________ expose aussi que le kyste, également visualisé dans l'IRM du 5 septembre 2017, permet de confirmer que les déchirures partielles étaient déjà présentes au moment de l'accident du 18 juillet 2017, un kyste synovial post-traumatique ayant besoin de trois mois pour se développer. Finalement, la doctoresse D.________ n'objective aucun stigmate - calcification - sur l'IRM qui lui permettrait de retenir une tendinitis calcarea. Dans son courrier du 19 octobre 2018, le docteur F.________ répète qu'il y a une absence de lésion dégénérative au niveau de l'articulation acromio-claviculaire, gléno-humérale et de la coiffe des rotateurs et que les lésions subies sont d'ordre traumatique.