Citation: 6B_362/2017 E. 2.3.2

2.3.2. La cour cantonale a considéré que l'intimé avait cru, à tort mais de bonne foi, que son comportement illicite était couvert, voire dicté, par l'autorisation de son supérieur. Cette erreur s'expliquait en partie par le fait qu'il avait déjà accompli, par le passé, des courses jugées urgentes dans des circonstances en tous points analogues, à savoir pour amener à l'hôpital des proches de victimes d'agression dont le pronostic vital était engagé. L'autorité précédente a ajouté que la conception erronée de la course officielle urgente de l'intimé dans de tels cas était partagée par le témoin C.________, pour qui le fait de l'avoir poursuivie jusqu'à l'hôpital avait paru normal. L'erreur commise par l'intimé paraissait d'autant plus excusable et, partant, difficilement évitable, que l'affaire comportait une charge émotionnelle importante en tant qu'elle impliquait une collègue et amie ainsi que le père de cette dernière, ancien policier que tant l'intimé que A.________ connaissaient et dont l'état semblait désespéré. La cour cantonale a ainsi estimé que le fait pour l'intimé d'avoir, dans la précipitation, négligé d'obtenir des instructions plus précises, qui lui auraient permis d'éviter de conserver sa vision des choses initiales, constituait une faute plutôt légère et justifiait une réduction de peine "substantielle" sous l'angle de l'art. 21 CP. Il n'apparaît pas que la cour cantonale se serait, sur ce point, écartée des considérants de l'arrêt de renvoi du 20 juillet 2016. Le Tribunal fédéral a en effet considéré que l'intimé s'était montré négligeant en s'abstenant de s'assurer que la partie du trajet durant laquelle il avait adopté son comportement illicite était couverte par la notion de course officielle urgente, et que l'erreur sous l'empire de laquelle il avait agi était en conséquence évitable. Il ne s'est en revanche pas prononcé sur le degré de négligence de l'intimé, non plus que sur le caractère plus ou moins évitable de l'erreur, un tel élément pouvant être pris en compte afin de déterminer le degré d'atténuation de la peine au sens de l'art. 21 2ème phrase CP (cf. DUPUIS ET AL., Petit Commentaire, Code pénal, 2ème éd. 2017, no 11 ad art. 21 CP; HANS WIPRÄCHTIGER, Revision des Allgemeinen Teils des StGB, Aenderungen im Schatten des Sanktionenrechts, in RPS 123 (2005), p. 419; CHARLES HAENNI, in Hansjakob/Schmitt/Sollberger [éd.], Kommentierte Textausgabe zum revidierten Strafgesetzbuch, 2ème éd. 2006, p. 18). Partant, la cour cantonale pouvait, sans violer le principe de l'autorité de l'arrêt de renvoi, considérer que l'erreur sur l'illicéité de l'intimé était "difficilement évitable" et que la faute de ce dernier était à cet égard "plutôt légère", le Tribunal fédéral n'ayant quant à lui nullement affirmé - contrairement à ce que soutient le recourant - que l'erreur en question aurait été "clairement évitable". Le grief doit être rejeté sur ce point.