Citation: 4A_490/2021 E. B

B.a. Z.________ SA a attrait A.________ AG devant la Chambre patrimoniale du canton de Vaud par requête de conciliation du 27 juin 2017. Elle a ensuite déposé une demande en paiement de 276'059 fr. 60. Statuant le 24 avril 2020, l'autorité précitée a condamné A.________ AG à verser 236'898 fr. 50 plus intérêts à la demanderesse en réparation de son gain manqué. B.b. Par arrêt du 6 juillet 2021, le Tribunal cantonal vaudois a rejeté l'appel formé par A.________ AG au terme de la réflexion suivante: - Bien qu'ils n'eussent pas été signés, le contrat-cadre et l'annexe étaient le fruit de l'accord auquel les deux parties étaient parvenues le 4 août 2014. La forme écrite n'était pas une condition de validité de la convention; elle avait été réservée à des fins probatoires uniquement. - Les parties s'étaient entendues sur une durée de cinq ans et avaient fixé l'échéance du contrat au 31 juillet 2019. Le 19 septembre 2014, A.________ AG avait proposé de réduire la durée à deux ans, mais sa cocontractante s'y était opposée. - Au vu des obligations pesant sur Z.________ SA, la convention ne pouvait être qualifiée de contrat de transport. Il ne s'agissait pas non plus d'un mandat, car le caractère aléatoire inhérent à ce type de contrat faisait défaut: en attestaient la procédure de qualité prévue et la garantie assumée. Il s'agissait bien plutôt d'un contrat de durée avec les traits d'un contrat d'entreprise et entrant dans la catégorie des contrats innommés. - Par conséquent, la sous-traitante ne pouvait pas se prévaloir de l'art. 404 CO permettant de résilier un mandat en tout temps. Une résiliation anticipée avec effet immédiat présupposait de justes motifs, conformément à l'art. 12 du contrat-cadre. En l'occurrence, A.________ AG avait fait valoir que C.________ SA réorganisait ses activités concernant le courrier en Suisse romande. Cet argument ne lui était d'aucun secours. Tout d'abord, la fin du contrat principal avec C.________ SA ne fournissait pas un juste motif de résiliation: A.________ AG avait renoncé en connaissance de cause à lier le contrat de sous-traitance à cet accord, bien qu'il fût patent qu'une rupture de celui-ci supprimerait ou modifierait son intérêt à l'exécution de celui-là. Ensuite, on ignorait si C.________ SA avait effectivement résilié le contrat principal ou s'il y avait eu un accord à cet égard, si cette hypothétique résiliation était valable, quand et pour quelle date elle avait été signifiée, ou encore si elle portait sur les prestations qui avaient été déléguées à Z.________ SA. - A titre subsidiaire, A.________ AG invoquait l'art. 378 CO en soutenant que la continuation du contrat de sous-traitance était devenue impossible. Cependant, on ignorait si et de quelle manière C.________ SA et elle avaient modifié leur relation, et s'il y avait là un obstacle à la continuation de la sous-traitance. Il n'était pas démontré que C.________ SA eût renoncé à faire gérer son courrier: A.________ AG ne contestait pas avoir continué d'employer les anciens collaborateurs de Z.________ SA sur le site de C.________ SA après avoir mis un terme à la sous-traitance. Conformément à l'art. 107 al. 2 CO, Z.________ SA avait renoncé à demander l'exécution du contrat, préférant réclamer des dommages-intérêts. Elle avait le droit à la réparation de son gain manqué, que les premiers juges avaient fixé à 236'898 fr. 50. Le calcul opéré n'étant pas contesté en appel, ce montant devait être confirmé.