Citation: 4P.112/2004 04.06.2004 E. 3

3.1 Quoi qu'en dise la recourante, les juges cantonaux se sont efforcés, en premier lieu, de déterminer la volonté réelle des parties, respectant ainsi le principe de la primauté de l'interprétation subjective (cf. ATF 125 III 305 consid. 2b p. 308). A cet égard, le Tribunal de prud'hommes constate, dans son jugement, que la rédaction peu précise du contrat a donné lieu à une confusion quant à la volonté de la recourante, l'intimé, contrairement à celle-ci, ayant interprété la clause litigieuse, lors de la signature du contrat, comme prévoyant un délai de congé d'un mois pour la fin d'un mois (consid. 15, p. 4, 3ème §). Quant à la Chambre des recours, elle fait sienne cette conclusion à la page 5, 2ème §, de son arrêt. Le grief fait à l'autorité intimée d'avoir méconnu l'ordre de priorité des deux modes d'interprétation des contrats tombe, dès lors, à faux. 3.2 Les critiques formulées par la recourante quant à la manière dont l'autorité intimée a appliqué le principe de la confiance dans la présente cause ne résistent pas davantage à l'examen. En se fondant sur une jurisprudence zurichoise, approuvée par plusieurs auteurs, d'après laquelle, lorsqu'un délai de congé s'écartant du délai légal a été stipulé, sans précision sur le terme, il convient d'admettre que le terme légal est applicable (cf. jugement du Tribunal du travail de Zurich du 26 novembre 1981, reproduit partiellement in Jahrbuch des Schweizerischen Arbeitsrechts [JAR] 1983 p. 166; voir aussi: Ullin Streiff/Adrian von Kaenel, Leitfaden zum Arbeitsvertragsrecht, 5e éd., n. 6 ad art. 335c CO; Adrian Staehelin, Commentaire zurichois, n. 11 ad art. 335c CO; Manfred Rehbinder, Commentaire bernois, n. 5 ad art. 335c CO), la Chambre des recours n'a nullement fait une application insoutenable des principes régissant l'interprétation des contrats. La recourante ne précise du reste pas en quoi les circonstances particulières du cas concret, qu'elle reproche aux juges cantonaux de n'avoir pas examinées, auraient nécessairement conduit à une autre solution que celle qui a été retenue en l'occurrence. Les considérations émises par la recourante en ce qui concerne la règle d'interprétation "in dubio contra stipulatorem" ne lui sont d'aucun secours. En effet, l'autorité intimée n'a pas constaté que la clause litigieuse, dûment interprétée selon le principe de la confiance, demeurait ambiguë (cf. ATF 126 V 499 consid. 3b p. 504 et les références); elle a simplement admis que l'intimé pouvait considérer de bonne foi que la clause litigieuse ne s'écartait pas de la règle légale touchant le terme de congé. 3.3 Les explications fournies par la Chambre des recours en ce qui concerne la nécessité pour l'employé congédié d'offrir ses services à l'employeur ne comportent rien d'insoutenable. Elles mettent en évidence les deux avis opposés exprimés sur ce point dans la doctrine et la jurisprudence. Ces deux avis étant l'un et l'autre défendables, opter pour l'un plutôt que pour l'autre l'était tout autant, ce qui suffit à exclure le caractère arbitraire de la décision y relative. On peut dès lors renvoyer aux motifs énoncés dans le passage topique de l'arrêt attaqué (art. 36a al. 3 OJ). De toute façon, la critique formulée par la recourante dans ce cadre-là est fondée sur une circonstance - le fait que les deux parties avaient d'emblée compris de la même manière la clause litigieuse - inconciliable avec ce qui a été retenu par les deux juridictions cantonales. 3.4 Enfin, il n'y a pas de contradiction dans l'argumentation des juridictions cantonales, malgré qu'en ait la recourante. Les juges de première instance retiennent, en se basant sur les déclarations de l'intéressé, que l'intimé a certes été surpris de recevoir son congé pour le 4 mars 2003 et non pour la fin dudit mois, mais qu'il n'a pas "mis en cause" ce délai, eu égard aux bonnes relations qu'il avait nouées avec son employeur (jugement, consid. 15, p. 4, 3ème §). La Chambre des recours ayant repris à son compte l'état de fait intégral du premier jugement, elle a implicitement fait sienne cette constatation du Tribunal de prud'hommes. Sur le vu de celle-ci, il n'y avait rien de contradictoire à admettre que l'intimé avait interprété, respectivement pu interpréter de bonne foi, la clause incriminée comme impliquant le respect du terme de congé légal et à retenir que l'intimé n'avait pas réagi immédiatement à réception de la lettre de congé pour un motif sans rapport avec cette interprétation. Sous cet angle, la constatation de la Chambre des recours selon laquelle l'intimé n'a eu connaissance que le 24 mars 2003 du fait que le congé ne respectait pas le contrat prête le flanc à la critique, car ce que l'intimé a appris à cette date c'est plutôt que la Caisse refusait d'intervenir en lieu et place de l'employeur. Il n'en demeure pas moins que la décision attaquée n'apparaît nullement insoutenable dans son résultat, dès lors que la recourante ne prétend pas ni ne démontre qu'il était arbitraire d'admettre que la raison invoquée par l'intimé pour justifier son inaction temporaire - à savoir les bonnes relations existant entre les deux parties, en vertu desquelles l'employé congédié se serait contenté de l'indemnité de chômage escomptée pour la période du 5 au 31 mars 2003 - permettait à l'intéressé de ne pas offrir immédiatement ses services à l'employeur ou excluait, à tout le moins, la demeure de ce dernier.