Citation: 5A_955/2021 E. 3.2.2

3.2.2. Il résulte de la décision attaquée - non valablement remise en cause sur ce point - que les jugements des 21 avril 2015 et 22 mai 2017 produits par l'intimée portent sur un capital de 1'734'309 fr. 84 avec intérêt de 8% l'an dès le 8 mai 2003. Le commandement de payer, lui, mentionne une créance de 3'079'773 fr. 33 avec intérêt à 8% l'an dès le 31 mai 2018. Dans sa requête de mainlevée, la poursuivante demande la levée de l'opposition à concurrence de ce dernier montant. Il existe ainsi des différences entre le montant en capital et en intérêts articulé dans le commandement de payer et les jugements rejetant l'action en libération de dette. Ces différences ne sauraient toutefois justifier un rejet de la requête de mainlevée, dès lors que les recourants n'avancent aucun élément permettant de considérer qu'il existerait un quelconque doute sur l'identité de principe entre les créances telle qu'admise dans la décision attaquée (sur cette vérification à laquelle le juge de la mainlevée doit procéder d'office: ATF 141 I 97 consid. 5.2; 139 III 444 consid. 4.1.1). Dans ces conditions, on ne saurait reprocher au juge cantonal d'avoir examiné pour quels montant et intérêt la mainlevée devait être accordée. A cet égard, le juge précédent a constaté que la somme de 3'079'733 fr. 33, requise conformément au courrier du 27 mars 2018, équivalait au cumul des intérêts calculés au 31 mai 2018 avec le capital de la créance reconnue par les jugements susvisés. Ladite créance, qui était de 1'734'309 fr. 84 avec intérêt à 8% l'an dès le 8 mai 2003, sous déduction de 389'447 fr. 60 versés le 27 janvier 2005, correspondait donc bien à la dette de la débitrice principale. Jusqu'au paiement partiel du 27 janvier 2005, la créance initiale avait porté un total d'intérêts de 239'493 fr. 15. Le versement de 389'447 fr. 60, à déduire en priorité des intérêts (art. 85 al. 1 CO), avait ainsi réduit à néant ceux qui étaient dus à cette date, et la créance initiale à un total de 1'584'355 fr. 39 (1'734'309.84 - [389'447.60 - 239'493.15]). Ainsi, en octroyant la mainlevée provisoire à concurrence de 1'584'355 fr. 39 plus intérêt à 8% l'an dès le 27 janvier 2005, il n'apparaît pas que le juge cantonal ait statué ultra petita, ce d'autant que les recourants n'allèguent pas, ni a fortiori ne démontrent (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF), que le calcul effectué par ledit magistrat serait erroné et n'indiquent pas non plus le résultat chiffré auquel il aurait fallu aboutir. Le grief est infondé.