Citation: 6B_1336/2021 E. 1.4

1.4. Cette argumentation ne saurait être suivie. En effet, il apparaît que le recourant a adopté une attitude menaçante - et perçue comme telle par son défenseur d'office - en adressant à celui-ci un courrier dans lequel il l'insulte et le menace en ces termes notamment, " si tu a vers chez moi a la prison je niqué ta race ", ou encore " je te jure si tu a pas lâché mon dossier je fait avec toi grand probleme fills de pute ". Il s'agissait bien de la menace d'un dommage sérieux propre à impressionner une personne de sensibilité moyenne, puisque les propos du recourant étaient assez explicites et faisaient référence à une atteinte à l'intégrité physique de son défenseur. Du reste, contrairement à ce qu'affirme l'intéressé, on ne saurait admettre qu'un avocat, même expérimenté, ne conçoive pas de la crainte à l'idée qu'un client énervé puisse être prêt à l'attaquer physiquement pour l'obliger à se défaire de son mandat. D'ailleurs, la menace a bien produit son effet, puisque Me O.________ a déposé une plainte pénale le 16 octobre 2020 et a suffisamment craint le recourant pour requérir d'être relevé de son mandat de défenseur d'office en date du 31 août 2020. Pour le surplus, le recourant allègue qu'il était en proie à une colère passagère et frustré de se voir " affubler " d'un conseil d'office dont les services ne lui donnent pas satisfaction, de sorte qu'il était en droit de se plaindre de son défenseur et d'en réclamer un autre. Ces développements, pour autant qu'ils ne soient pas déjà irrecevables dans la mesure où ils s'écartent de l'état de fait cantonal sans en démontrer le caractère arbitraire (cf. consid. 2.1.1 infra), ne permettent, en tout état, pas de conclure que la condition de l'illicéité ne serait pas remplie. En effet, comme l'a relevé la cour cantonale, il appartient au juge et non au prévenu de décider sur la base d'éléments objectifs si la défense est insuffisante et si un changement de défenseur s'impose. L'insatisfaction du prénommé à cet égard ne saurait justifier la contrainte exercée sur son défenseur d'office. Compte tenu de ce qui précède, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, condamner le recourant pour contrainte.