Citation: 6B_480/2022 E. 2

Pour le surplus, le recourant a refusé de participer à l'expertise, comme il l'avait déjà fait notamment, en tout ou partie, lors des précédentes expertises (v. notamment rapport d'expertise psychiatrique E.________/F.________ du 20 avril 2005, p. 62; rapport d'expertise psychiatrique G.________ du 26 septembre 2011, p. 5; rapport d'expertise psychiatrique H.________ du 26 mai 2015, p. 35; v. aussi la recension des autres expertises opérée par le docteur B.________ dans son rapport du 17 mars 2021: p. 17 s. adexpertise psychiatrique I.________/J.________ du 23 juin 1989, p. 22 adexpertise F.________ du 18 août 2010, p. 29 adexpertise psychiatrique K.________ du 28 septembre 2020). Compte tenu de cette absence presque totale de collaboration, le recourant ne peut sérieusement se plaindre que l'expertise en discussion en l'espèce aurait été réalisée sur la base des rapports antérieurs. Il suffit dès lors de rappeler, sur un plan général, que, dans la règle, le fait qu'un expert a pu prendre connaissance des rapports de prédécesseurs ne conduit, de toute manière, pas à douter de son indépendance (arrêt 1B_414/2012 du 20 septembre 2012 consid. 2.4; BABIC, op. cit., p. 191) et qu'en ce qui concerne spécialement l'expertise psychiatrique judiciaire, on attend de l'expert qu'il développe particulièrement les antécédents spécifiques et médico-légaux, en tant qu'éléments anamnestiques susceptibles de nourrir sa propre discussion (FONJALLAZ/GASSER, Le juge et le psychiatre, 2017, p. 131 et 137). Enfin, comme l'a relevé la cour cantonale, le diagnostic de personnalité dyssociale a été posé par tous les experts qui se sont penchés sur le cas du recourant depuis 2005 tout au moins et tous ces spécialistes ont jugé l'intéressé tout au moins difficilement accessible, si ce n'est inaccessible, à un traitement, en soulignant le risque, lié au trouble de la personnalité, d'une feinte collaboration à une telle démarche (v. les recensions des expertises précédentes opérées par le Dr H.________ dans son rapport d'expertise du 26 mai 2015, p. 39 ss puis par l'expert B.________, p. 15 ss). Considérée objectivement, l'appréciation portée par ce dernier spécialiste dans le cadre de l'examen de la libération conditionnelle quant au diagnostic, aux possibilités de traitement et au risque de récidive du recourant, ne suffit manifestement pas non plus à faire naître le soupçon qu'il aurait été prévenu au moment d'établir le rapport en discussion dans la présente procédure.