Citation: 2C_382/2024 E. 4.5.4

4.5.4. La rétrogradation de l'autorisation d'établissement des recourants est, en outre, conforme au principe de proportionnalité. Le recourant 1, âgé de 58 ans, séjourne en Suisse depuis plus de trente ans. Cette durée doit cependant être contrebalancée avec sa dépendance à l'aide sociale, qui a duré de 2005 à 2023, étant mentionné qu'il parle le français et qu'il ne ressort pas de l'arrêt attaqué qu'il aurait des problèmes de santé l'empêchant de travailler. Il a donc vécu plus de la moitié de cette période à la charge de l'aide sociale sans avoir véritablement effectué des recherches d'emploi avant l'avertissement reçu. Quant à la recourante 2, comme susmentionné, elle n'a jamais occupé d'emploi rémunéré et ne semble pas décidée à le faire. Si cette situation pouvait s'expliquer, lorsque les quatre enfants du couple étaient en bas âge, cela fait plusieurs années qu'elle aurait pu contribuer à l'entretien du ménage, les enfants étant nés en 1997, 2004, 2006 et 2015. Au sujet des activités lucratives, on ne voit pas en quoi une rétrogradation en autorisation de séjour mettrait en danger l'emploi occupé par le recourant 1 ni ne péjorerait les chances d'en trouver un de la recourante 2, comme ceux-ci le prétendent. Un avertissement a d'ailleurs déjà été donné aux intéressés (cf. supra consid. 4.3) et il ne les a fait réagir que très tardivement. L'intérêt privé des recourants à conserver leur autorisation d'établissement ne saurait l'emporter sur l'intérêt public à ce qu'ils remédient à leur déficit d'intégration, ce d'autant plus que, malgré la rétrogradation, ceux-ci peuvent rester en Suisse et continuer à y vivre leur vie familiale. Partant, le Tribunal administratif n'a pas violé le droit en considérant que la rétrogradation de l'autorisation d'établissement des intéressés était proportionnée.