Citation: 5A_328/2023 E. 6.1.1

6.1.1. Le recourant est d'avis que, contrairement à ce que la cour cantonale avait retenu sur la base d'une lecture erronée de l'ATF 122 III 195 [consid. 9b], l'admission de la créance des intimés à l'état de collocation ne suffit pas à rendre celle-ci vraisemblable dans le cadre de la procédure de séquestre. Il était également, selon lui, insoutenable d'avoir considéré que la créance des intimés ressortait d'un rapport d'expertise et de jugements définitifs. En effet, les intimés n'avaient produit à l'appui de leur requête de séquestre aucun rapport d'expertise censé établir leur créance. Par ailleurs, il n'existait aucun jugement définitif qui attesterait que les intimés détiendraient une créance à son encontre, puisque seule une procédure en responsabilité de l'administrateur avait été engagée à son encontre, laquelle était aujourd'hui au stade de l'échange d'écritures. Les intimés n'avaient du reste nullement allégué ni prouvé, ou même rendu vraisemblable, que les conditions de la responsabilité de l'administrateur seraient réalisées, ce qui fonderait leur prétendue créance. Ils s'étaient en effet contentés de faire état de cette procédure sans aucunement alléguer ou rendre vraisemblable que lesdites conditions seraient réalisées, ce que l'arrêt entrepris omettait de considérer de manière insoutenable. Quant à la procédure pénale introduite par les intimés à son encontre, elle ne démontrait pas non plus l'existence d'une prétendue créance des intimés, le rapport d'investigation établi le 26 août 2021 par la Police cantonale vaudoise ne la mentionnant d'ailleurs pas ni son montant. En outre, contrairement à ce que la cour cantonale avait arbitrairement retenu, le fait que le Ministère public ait rendu le 25 mars 2022 un avis de prochaine clôture mettant en accusation le recourant ne saurait rendre vraisemblable l'existence d'une créance des intimés, le Ministère public étant soumis au principe " in dubio pro duriore ". Cela étant, l'avis de prochaine clôture ne mentionnait aucunement une mise en accusation du recourant en lien avec une prétendue créance des intimés.