Citation: 4P.199/1999 13.01.2000 E. 2.-

a) La recourante se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits. b) Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohibé par l'art. 4 aCst., ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle se- rait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la déci- sion attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoute- nable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la si- tuation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b; 124 I 247 consid. 5; 124 V 137 consid. 2b). S'agissant plus précisément de l'appréciation des preuves, il y a arbitraire si le juge omet, sans aucune rai- son sérieuse, de prendre en considération un moyen de preuve manifestement décisif, s'il se fonde sur un moyen qui est à l'évidence dépourvu de crédibilité ou encore si, examinant les éléments réunis, il en tire des déductions insoutenables. c) La recourante fait valoir que la cour cantonale aurait arbitrairement admis qu'elle n'était pas en état de jouer le rôle. Pour parvenir à cette conclusion, la cour cantonale s'est fondée sur les déclarations concordantes du metteur en scène et de trois artistes. Seul le médecin traitant de la cantatrice s'est exprimé dans un sens divergent. La cour can- tonale n'est cependant pas tombée dans l'arbitraire en préfé- rant plusieurs témoignages convergents à ce seul avis isolé, cela d'autant plus que l'on peut raisonnablement penser que le médecin n'est pas le mieux placé pour connaître les exi- gences physiques de ce rôle d'opéra. La recourante n'est pas parvenue à prouver, notam- ment par des témoignages, que d'autres cantatrices auraient déjà joué des rôles aussi exigeants sur le plan physique dans l'état de grossesse qui était le sien. Que le metteur en scè- ne ait exclu d'emblée qu'elle puisse jouer le rôle en étant enceinte de six mois n'enlève rien au fait que les autres ar- tistes ont également considéré que ce rôle n'était pas conci- liable avec une grossesse aussi avancée. Lorsque la recourante affirme que la violence, dans cet opéra, est seulement feinte, elle se heurte notamment au témoignage qui affirme qu'elle devait être jetée à terre. Et il importe peu que la recourante ait été capable de chanter, de rester en scène pendant une heure et demie et que sa grossesse ait été peu visible; la cour cantonale a en effet considéré qu'elle n'était pas en état de jouer ce rôle pour d'autres motifs, à savoir qu'elle devait se prêter à des scènes de violence incompatibles avec l'état d'avancement de sa grossesse. La recourante se borne en définitive à affirmer que sa bonne forme physique excluait, malgré les scènes de vio- lence, le risque d'un accident de grossesse. Elle ne fait cependant qu'opposer sa propre version aux témoignages re- cueillis, ce qui ne suffit pas pour démontrer l'arbitraire. Le fait qu'elle ait accouché prématurément quelques jours après la fin des rapports de travail semble du reste aller à l'encontre de ses affirmations. Le metteur en scène et les artistes ont décrit de manière précise des actes de violence qui ne semblent effec- tivement guère compatibles avec une grossesse de six à huit mois; en l'absence d'éléments décisifs en sens contraire, la cour cantonale n'est pas tombée dans l'arbitraire en se dé- clarant convaincue par ces témoignages concordants, nonobs- tant les dénégations de la recourante.