Citation: I 701/03 09.12.2004 E. 4

Selon la juridiction cantonale «sur le plan psychique, l'intéressé ne présente pas d'affection importante, les troubles recensés trouvant essentiellement leur explication et leur source dans le champ socioculturel et psychosocial». Cette affirmation ne convainc pas. Certes, il convient de relativiser la valeur probante du rapport psychiatrique établi par la doctoresse N.________ le 16 mars 2000, auxquel se sont largement référés les docteurs D.________, P.________ et U.________. Relativement sommaire, ce rapport atteste une incapacité de travail de 60 %, «étant donné le contexte socio-culturel et psychiatrique» dans lequel vit l'assuré, sans véritablement expliquer en quoi le contexte social décrit entraîne, dans le cas particulier, des troubles psychiques invalidants. La faible valeur probante du rapport médical cité ne permet toutefois pas de nier d'emblée une incapacité de travail en raison de troubles somatoformes douloureux, sans autre analyse (sur les critères entrant en considération pour apprécier le caractère invalidant de troubles somatoformes douloureux : ATF 130 V 352). Cela vaut d'autant plus que les docteurs D.________, P.________ et U.________ ont eux-même attesté une incapacité de travail de 50 %, après avoir discuté avec le docteur S.________ du rapport établi par la doctoresse N.________. Dans cette mesure, et à défaut d'autre rapport médical probant, l'office AI et la juridiction cantonale ne disposaient pas d'assez d'éléments pour statuer en connaissance de cause et nier le droit à la rente. Le rapport du COMAI, à défaut d'emporter pleinement la conviction, justifie la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise relative à la capacité de travail du recourant compte tenu de son état de santé psychique.