Citation: I 552/03 26.11.2004 E. 2

Les plaintes exprimées par E.________ consistant essentiellement en une importante faiblesse allant jusqu'à l'épuisement et des douleurs musculaires diffuses au moindre effort, les experts du COMAI ont procédé à divers tests pour vérifier s'il existait un substrat organique à cette fatigue chronique. Tout en excluant l'existence d'une maladie musculaire primaire, ils ont constaté que l'assurée avait certaines carences (surtout un manque de fer). A elles seules, ces carences ne permettaient toutefois pas d'expliquer l'état dans lequel se trouvait l'assurée, qui, selon le consilium du docteur A.________, résultait avant tout d'une affection psychiatrique sous forme de «neurasthénie de type faiblesse corporelle». De faible constitution depuis son enfance, E.________ avait été choyée et protégée par ses parents - des diplomates ghanéens aisés - sans parvenir à s'émanciper; arrivée à l'âge adulte, elle s'était choisie pour époux un homme qu'elle avait jugé bon travailleur afin de pallier à ses propres insuffisances; le rapide échec du mariage l'avait à nouveau confrontée à ses manques qui se sont reproduits dans sa relation avec son fils; incapable d'en assumer la charge, elle l'avait envoyé à l'âge de 4 ans auprès des grands-parents en Angleterre. En définitive, les experts ont abouti à la conclusion qu'un retour à une vie professionnelle active était sérieusement compromis car E.________ avait besoin inconsciemment de garder une position de dépendance à travers la maladie (conflit de loyauté à l'égard de son fils).