Citation: 9C_241/2021 E. 1

La juridiction cantonale a ensuite relevé que la doctoresse D.________, spécialiste en rhumatologie et médecin traitant, ne partageait pas l'avis des experts du BEM. Cette spécialiste avait posé le diagnostic de spondylarthrite ankylosante, voire d'arthrite psoriasique, et considérait que la recourante n'était plus en mesure de travailler dans une quelconque activité; même une occupation dans l'industrie légère était utopique compte tenu des positions stationnaires et prolongées et de la manutention fine qu'impliquait une telle activité. Selon la doctoresse D.________, la recourante ne pouvait travailler que quatre heures par jour dans une activité adaptée permettant l'alternance des positions assise/debout et la prise de pauses, et évitant les mouvements répétitifs, le port de charges ainsi que les positions inclinée et accroupie. Les premiers juges ont toutefois considéré que les experts du BEM avaient écarté à raison le diagnostic d'arthrite psoriasique, en se référant aux critères de classification de CASPAR (Classification Criteria for Psoriatic Arthritis). Au demeurant, la doctoresse D.________ admettait expressément que cette controverse diagnostique n'avait pas d'incidence sur la question de la capacité de travail. En revanche, elle avait perçu les limitations fonctionnelles de la recourante plus sévèrement que les experts. Il ressortait pourtant du dossier que la recourante était en mesure - bien qu'à son rythme et avec l'aide de ses enfants - de prendre en charge un ménage de cinq personnes, d'assurer la préparation des repas, de faire la vaisselle, le nettoyage du linge et le repassage, ainsi que le nettoyage de l'appartement (aspirateur et panosse) et les commissions. Dès lors que de telles tâches seraient impossibles à réaliser si l'on devait suivre les conclusions de la doctoresse D.________, ses conclusions, en contradiction avec le quotidien de la recourante, n'étaient pas convaincantes. La cour cantonale a encore précisé qu'il n'était pas nécessaire d'examiner de manière séparée les conclusions du docteur E.________, médecin praticien et médecin traitant, qui étaient peu détaillées et se rattachaient à l'avis de la doctoresse D.________. Les juges cantonaux ont finalement retenu que les conclusions des experts du BEM étaient plus convaincantes et mieux motivées, de sorte qu'elles devaient être suivies. En tenant compte des limitations fonctionnelles décrites par les experts du BEM dans une activité adaptée exercée à 70 %, le tribunal cantonal a fixé à 32 % le degré d'invalidité en fonction de la comparaison des revenus déterminants.