Citation: 6B_785/2020 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a exposé que, selon l'expertise psychiatrique de 2018, le recourant souffrait d'un grave trouble mental et présentait un risque de récidive important d'actes de violence. Au moment de l'établissement du dernier rapport de suivi médico-psychologique, le 7 janvier 2020, le recourant était observé depuis un peu plus de sept mois. Il ressortait du dossier que si le recourant n'avait pas, durant ce laps de temps, présenté de symptôme de type psychotique, celui-ci était anosognosique, minimisait les faits - voire se présentait comme une victime -, niait tout lien entre son passage à l'acte et un trouble mental, n'acceptait pas de traitement médicamenteux ou psychothérapeutique, n'avait créé aucun lien thérapeutique ni n'avait entamé de remise en question. En l'état, aucun bilan ne pouvait encore être tiré de l'absence d'agressivité chez le recourant relevée par les médecins. Le risque de récidive d'actes violents, constaté par les experts psychiatres en 2018, ne s'était aucunement atténué. Les médecins du SMI, qui n'avaient pas remis en doute les conclusions de l'expertise de 2018, même s'ils n'avaient pas constaté de manifestations psychotiques, considéraient que l'observation du recourant, en milieu fermé, devait se poursuivre afin de clarifier le diagnostic ainsi que de déterminer la capacité de ce dernier à gérer les frustrations et à investir les relations interpersonnelles. La mesure institutionnelle en milieu fermé conservait ainsi ses chances de succès. Selon l'autorité précédente, l'absence au dossier d'une nouvelle expertise et d'un préavis de la CED n'était pas critiquable. Le TAPEM n'avait pas été saisi d'une demande de libération conditionnelle de la mesure, et le recourant n'avait pris aucune conclusion en ce sens. Pour décider de la poursuite d'une mesure, le juge devait se fonder tout d'abord sur la requête ou l'avis de l'autorité d'exécution. Une expertise ne devait être mise en oeuvre que si le juge l'estimait nécessaire. Il en allait de même s'agissant du préavis de la CED, laquelle ne devait être consultée qu'en vue d'une libération conditionnelle, non pour chaque contrôle annuel. Dès lors que les conditions pour une éventuelle levée de la mesure n'étaient manifestement pas réunies en l'espèce, le TAPEM avait pu valablement prendre sa décision sans demander l'avis de la CED ni ordonner la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise, celle figurant au dossier n'étant pas ancienne et la situation du recourant n'ayant pas évolué de façon à la faire apparaître comme obsolète. La cour cantonale a ajouté que puisque l'expertise psychiatrique de 2018 avait été réalisée sans entretien avec le recourant - ce dernier l'ayant refusé -, que l'intéressé paraissait désormais vouloir y prendre part et que les médecins de B.________ n'avaient pas constaté de troubles psychotiques durant sept mois, une nouvelle expertise psychiatrique devrait être ordonnée en vue du prochain contrôle annuel de la mesure, le SAPEM étant invité à mettre en oeuvre celle-ci.