Citation: 1P.264/2003 14.07.2003 E. 1

2.1 Le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) implique notamment l'obligation, pour l'autorité, de prendre position sur les conclusions qui lui sont soumises. Cette obligation se limite toutefois aux arguments et conclusions qui présentent une pertinence pour l'issue de la cause; elle dépend en outre de la nature de la décision à rendre, ainsi que du pouvoir d'examen et de décision de l'autorité (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102/103; 125 II 369 consid. 2c p. 372). 2.2 Dans ses griefs, tant formel que matériel, le recourant part de la prémisse erronée que la Chambre pénale serait tenue d'établir, puis d'indemniser, l'intégralité du dommage. Comme le rappelle la cour cantonale, le législateur genevois n'a pas voulu instituer une réparation pleine et entière, mais seulement assurer une "indemnité équitable". L'autorité d'indemnisation peut donc fixer librement le montant de l'indemnité, selon son appréciation et sous la seule réserve de l'interdiction de l'arbitraire, sans qu'il soit absolument nécessaire d'établir avec précision l'étendue du dommage et l'existence d'un lien de causalité avec la détention et la procédure pénale. Dans ces circonstances, la cour cantonale devait expliquer, comme elle l'a d'ailleurs fait, pour quelles raisons il ne se justifiait pas de dépasser le plafond de 10'000 fr. L'indication du montant accordé pour tort moral (100 fr. par jour de détention) permet en outre au recourant d'estimer la part qui lui a été allouée pour ses frais d'avocat et sa perte de gain. L'évaluation globale ne viole donc pas l'obligation de motiver.