Citation: 7B_257/2024 E. 3.3

3.3. S'agissant tout d'abord de la dénonciation MROS et de ses annexes, le TMC a considéré que leur obtention ne résultait pas d'une mesure de contrainte de la part du Ministère public et que celui-ci n'avait aucune obligation légale d'en informer immédiatement la recourante; aucun élément ne permettait en outre de considérer que ces documents auraient été versés au dossier principal entre août 2022 et juin 2023 ou que les prévenus ou les sociétés plaignantes y auraient eu accès (cf. consid. 7 p. 9 s. de l'ordonnance attaquée). En ce qui concerne ensuite la documentation bancaire proprement dite, le TMC a relevé que le Ministère public aurait dû, dans un délai raisonnable après la réception de ces documents et un examen sommaire, informer la recourante de l'existence des ordres de dépôt et de son droit de solliciter les scellés; rien ne permettait toutefois de retenir que ces éléments auraient été, entre août 2022 et juin 2023, versés au dossier ou que les prévenus ou les sociétés concurrentes plaignantes y auraient eu accès; cela valait d'autant plus qu'il n'apparaissait pas que ces documents auraient été exploités de façon contradictoire puisqu'à teneur des pièces essentielles, aucune audience n'avait été tenue par le Ministère public après août 2018. Selon l'autorité précédente, il n'y avait pas non plus de violation du principe de la bonne foi en lien avec le défaut de notification formelle à la recourante de la part du Ministère public de ses décisions adressées à la banque J.________ et à K.________ SA; au moment où celles-ci avaient été rendues, elles ne devaient pas être communiquées en raison des besoins évidents de l'enquête, reflétés par l'interdiction de communiquer y figurant; l'éventuelle violation du droit d'être entendu à cet égard avait en tout état de cause été réparée au cours de la procédure de levée des scellés. Le TMC a enfin considéré que l'examen des documents par le Ministère public, respectivement le défaut d'information de sa part à la recourante, ne pouvait pas être reproché à celui-ci vu la contradiction existant entre l'art. 248 al. 2 CPP et l'art. 73 al. 2 CPP, laquelle n'avait vraisemblablement pas été identifiée par le législateur (cf. consid. 10 p. 11 s. de l'ordonnance attaquée).