Citation: 4A_274/2018 E. 2.2

2.2. Les juges précédents ont retenu que, dans la déclaration de santé remplie en 2002, la recourante avait nié, d'une part, souffrir ou avoir souffert dans les cinq années précédentes des suites d'une maladie, d'une infirmité ou d'une maladie congénitale et, d'autre part, être ou avoir été dans les cinq années précédentes en traitement ou sous contrôle médical. Il ressort par ailleurs de l'état de fait de l'arrêt cantonal que la proposante a souffert à nouveau de lombalgies dès 1997, d'abord traitées par des séances de physiothérapie, puis par des infiltrations. Ces faits ne sont pas contestés. Invoquant sa réponse à la question C6a et l'avis du témoin-expert, la recourante a cherché à démontrer que l'assureur ne pouvait pas ignorer le caractère incomplet - ou plutôt inexact - des réponses apportées aux questions B2 et B3. Savoir si, en raison de contradictions ou d'incertitudes dans les réponses à un questionnaire de santé, l'assureur devait connaître le fait qui a été déclaré de manière inexacte est une question à résoudre lors de l'application de l'art. 8 ch. 3 et 4 LCA. En l'espèce, l'analyse du rapport éventuellement contradictoire entre les réponses B2/B3 et la réponse C6a relève donc du droit. Dans cette mesure, le moyen tiré d'un établissement inexact des faits est irrecevable. En ce qui concerne le témoignage prétendument ignoré de manière arbitraire par la cour cantonale, le médecin entendu comme témoin-expert a fourni son avis, décrivant quelle aurait été son attitude s'il avait été le médecin-conseil de l'assureur informé de l'opération de la scoliose de 1994; selon ses dires tels que relatés dans le recours, "un médecin-conseil prudent et soucieux des questions financières aurait pu demander à lire le dossier et voir les radios". L'évocation d'une simple possibilité, dans le cadre d'un examen prudent de la déclaration de santé par l'assureur, ne saurait faire apparaître l'opinion exprimée par le témoin-expert comme une preuve pertinente dont la cour cantonale devait tenir compte, sous peine de verser dans l'arbitraire, pour apprécier le comportement de l'assureur lors de la conclusion du contrat. Pour autant que recevable, le moyen tiré de la violation de l'art. 9 Cst. ne peut être que rejeté.