Citation: 5A_378/2021 E. 8.4

8.4. En l'espèce, les parties ne remettant en cause ni le principe de la prise en compte de contributions de prise en charge, ni le montant du déficit de l'intimée, ni la durée de ces contributions - ne contestant notamment pas le fait que celles-ci aient été prises en considération y compris au-delà des 16 ans des enfants, et même au-delà de leur majorité -, il n'y a pas lieu de se pencher sur ces questions (cf. supra consid. 2.1). Seule demeure litigieux le point de savoir si le déficit de l'intimée devait être réparti entre ses quatre enfants ou si la Cour d'appel civile pouvait le répartir uniquement entre les trois enfants communs des parties. A cet égard, la doctrine s'accorde à considérer que la perte de la capacité de gain du parent gardien (ou plus exactement son déficit) doit être assumée par le parent dont l'enfant occasionne la perte (PATRICK STOUDMANN, Le divorce en pratique, 2021, p. 200; MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 6e éd. 2019, p. 948 s.; LEUBA/MEIER/PAPAUX VAN DELDEN, Droit du divorce, 2021, n° 1061 p. 423; VONTOBEL/SCHWEIGHAUSER, Das neue Kindesunterhaltsrecht - wo stehen wir, was diskutieren wir, wie rechnen wir in einer komplexeren Situation?, in: Neunte Schweizer Familienrecht§Tage, Berne 2018, p. 126). En l'occurrence, l'intimée se trouve en situation de déficit bien qu'elle exerce, comme c'était déjà le cas avant la naissance de son quatrième enfant, une activité lucrative à 50%, taux dont le recourant ne remet pas en cause qu'il correspond à celui que l'on pourrait exiger d'elle si elle n'avait pas eu son quatrième enfant. A cela s'ajoute que le recourant ne prétend pas ni ne précise dans quelle mesure l'intimée n'exercerait pas d'activité lucrative à raison de la prise en charge personnelle de son quatrième enfant. Dans ces circonstances, le lien de causalité entre le déficit de l'intimée et la naissance de cet enfant n'est pas établi, de sorte qu'il était admissible de répartir ce déficit exclusivement entre les trois enfants aînés.