Citation: 2A.574/2006 06.12.2006 E. 4

Dans le cas particulier, le recourant ne séjourne régulièrement en Suisse que depuis juin 2004, et encore au bénéfice d'une simple tolérance. Le fait qu'il ait spontanément décidé d'entreprendre la régularisation de sa situation n'y peut rien changer. Le recourant ne saurait donc se prévaloir d'un long séjour régulier dans notre pays. Il n'est pas contesté, et l'autorité intimée ne l'a nullement ignoré, que A.________ est bien intégré professionnellement et socialement. Il résulte du dossier qu'il a toujours assuré sa propre indépendance financière, sans émarger à l'aide sociale, et qu'il n'a fait l'objet d'aucune poursuite. Son comportement, même abstraction faite de l'illégalité de son séjour, ne peut en revanche être taxé d'entièrement irréprochable dans la mesure où, en novembre 2005, il a été dénoncé pour avoir logé une ressortissante polonaise résidant et travaillant sans autorisation. En toute hypothèse, aucun élément du dossier ne permet de retenir que cette intégration serait à ce point exceptionnelle que l'on ne pourrait raisonnablement exiger du recourant un retour en Macédoine, où, quoi qu'il en dise, il a vécu les années décisives de sa jeunesse et jusqu'à l'âge adulte. A.________ allègue, mais sans en fournir la moindre preuve, qu'il a perdu tout contact dans son pays d'origine, au point qu'un retour dans celui-ci représenterait un véritable déracinement; or, il est constant qu'il y a encore son épouse et ses enfants ainsi qu'une partie au moins de sa proche famille. A supposer qu'il ait, comme il le prétend, perdu tout contact avec eux, il serait de toute manière en mesure de se refaire une existence en toute indépendance. Il est certes probable qu'il se trouvera alors dans une situation économique sensiblement inférieure à ce qu'elle est dans notre pays; rien ne permet cependant de penser que cette situation serait sans commune mesure avec celle que connaissent ses compatriotes. Quoi qu'il en soit, l'art. 13 lettre f OLE n'a pas pour but de soustraire les étrangers aux conditions générales de leur pays d'origine. Enfin, le recourant ne saurait rien tirer en sa faveur du fait que sa venue en Suisse en 1990 était motivée par le projet d'un employeur de demander pour lui une autorisation saisonnière, alors que la chose n'était juridiquement déjà plus possible.