Citation: 6B_1013/2014 E. 1

Le recourant conteste sa condamnation pour lésions corporelles graves au motif que l'intention n'est pas donnée, même sous la forme du dol éventuel. Conformément à l'art. 122 CP, celui qui, intentionnellement, aura blessé une personne de façon à mettre sa vie en danger (al. 1), aura mutilé le corps d'une personne, un de ses membres ou un de ses organes importants ou causé à une personne une incapacité de travail, une infirmité ou une maladie mentale permanentes, ou aura défiguré une personne d'une façon grave et permanente (al. 2) ou lui aura fait subir toute autre atteinte grave à l'intégrité corporelle ou à la santé physique ou mentale (al. 3), sera puni d'une peine privative de liberté de dix ans au plus ou d'une peine pécuniaire de 180 jours-amende au moins. Selon l'art. 12 al. 2 CP, agit intentionnellement quiconque commet un crime ou un délit avec conscience et volonté. L'auteur agit déjà avec intention, sous la forme du dol éventuel, lorsqu'il tient pour possible la réalisation de l'infraction et l'accepte pour le cas où celle-ci se produirait. Le recourant ne remet en question que l'élément constitutif subjectif de l'infraction, à savoir l'intention. Déterminer ce qu'une personne a su, envisagé, voulu ou accepté relève des constatations de fait (ATF 138 V 74 consid. 8.4.1 p. 84; 137 IV 1 consid. 4.2.3 p. 4), que le Tribunal fédéral ne revoit que sous l'angle de l'arbitraire; l'invocation de ce moyen suppose une argumentation claire et détaillée, les critiques appellatoires étant irrecevables (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266). Est en revanche une question de droit celle de savoir si l'autorité cantonale s'est fondée sur une juste conception du dol éventuel et si elle l'a correctement appliquée au vu des éléments retenus (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2 p. 156 et référence citée). Il y a dol éventuel lorsque l'auteur envisage le résultat dommageable, mais agit néanmoins, même s'il ne le souhaite pas, parce qu'il s'en accommode pour le cas où il se produirait (ATF 137 IV 1 consid. 4.2.3 p. 4). Parmi les éléments extérieurs permettant de conclure que l'auteur s'est accommodé du résultat dommageable pour le cas où il se produirait figurent notamment la probabilité, connue par l'auteur, de la réalisation du risque et l'importance de la violation du devoir de prudence. Plus celles-ci sont grandes, plus sera fondée la conclusion que l'auteur, malgré d'éventuelles dénégations, avait accepté l'éventualité de la réalisation du résultat dommageable (ATF 138 V 74 consid. 8.4.1 p. 84; 133 IV 222 consid. 5.3 p. 226). Ainsi, le dol éventuel peut notamment être retenu lorsque la réalisation du résultat devait paraître suffisamment vraisemblable à l'auteur pour que son comportement ne puisse raisonnablement être interprété que comme une acceptation de ce risque (ATF 137 IV 1 consid. 4.2.3 p. 4; 133 IV 222 consid. 5.3 p. 226 et les arrêts cités). Le recourant ne remet pas en question, au moyen d'une argumentation satisfaisant aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF, les constatations de fait de la cour cantonale. C'est donc sur la base de celles-ci qu'il y a lieu de statuer. Il en ressort que trois personnes au moins l'encerclaient lorsqu'il a entrepris plusieurs manoeuvres brusques et rapides afin de dégager sa voiture qui était bloquée par celle de C.________. Le recourant avait constaté qu'une personne s'était placée à l'avant gauche de son véhicule, avant de sentir qu'il l'avait touchée, à la suite de quoi elle avait disparu de son champ de vision. En poursuivant dans ces conditions ses manoeuvres pour se dégager, le recourant ne pouvait qu'accepter l'éventualité de blesser grièvement l'une des personnes qui entouraient sa voiture. Il est inconcevable qu'il n'ait pas admis cette hypothèse alors qu'il continuait de déplacer son véhicule en étant conscient que quelqu'un qu'il ne voyait pas se trouvait devant celui-ci. C'est sans violer le droit fédéral que la cour cantonale a admis que l'élément subjectif de l'infraction était réalisé sous la forme du dol éventuel.