Citation: 2C_1019/2022 E. 4.4

4.4. Or, on ne voit pas que le malus théorique de plusieurs centaines de francs par mois découlant d'un tel budget soit susceptible de fonder un risque concret de dépendance durable et important à l'aide sociale au sens de l'art. 63 al. 1 let. c LEI (cf. d'ailleurs, à titre de comparaison, arrêt 2C_685/2010 du 30 mai 2011 consid. 2.3.3), ce que le Tribunal cantonal ne retient du reste pas lui-même dans son arrêt. Ce dernier se borne en effet à évoquer un simple "risque de dépendance à l'aide sociale du couple" ou de relever qu'un "risque d'un recours à l'aide sociale n'est (...) pas exclu", sans examiner spécifiquement et concrètement en quoi il présenterait un caractère durable et important. Or, s'agissant de ce point, on ne peut légitimement exclure que le recourant 1 puisse trouver une activité professionnelle lui procurant un revenu une fois au bénéfice d'une autorisation de séjour. Il n'est en tout cas pas possible de partir du postulat inverse - retenu par le Tribunal cantonal - selon lequel l'intéressé, âgé de 53 ans, n'arrivera pas à intégrer durablement le marché du travail, même en acceptant un travail très peu rémunéré, au seul regard de son âge et de son absence d'expérience professionnelle concrète en Suisse, ni d'ailleurs de partir de la prémisse - admise par l'autorité précédente - que la recourante 2, dont les enfants sont pourtant majeurs, n'arrivera probablement pas non plus à compléter ses revenus à l'échéance de son droit au chômage compte tenu de son âge également. De telles hypothèses reposent essentiellement sur des préjugés, un raisonnement schématique et des stéréotypes, ce qui est fondamentalement contraire à la jurisprudence exposée plus haut (cf. supra consid. 3.3.2). Elles font par ailleurs abstraction de la situation notoire de plein emploi existant actuellement en Suisse. Elles ne suffisent dès lors en aucun cas à démontrer un risque concret de dépendance durable et important à l'aide sociale du couple au sens de l'art. 63 al. 1 let. c LEI (cf. aussi arrêt 2C_685/2010 précité consid. 2.3.2), ni partant à fonder un motif probable de refus d'autorisation de séjour pour regroupement familial après mariage (cf. supra consid. 3.1).