Citation: I 613/05 08.01.2007 E. 6

6.1 Le rôle des médecins du SMR consiste à porter un jugement sur l'état de santé du recourant et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités il est incapable de travailler, de même qu'à permettre de déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de lui (cf. ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). A l'issue de leurs examens, ils ont admis le 3 juin 2002, dans un rapport qui a pleine valeur probante (cf. consid. 3 supra), que le recourant conservait une capacité de travail entière dans une activité adaptée à ses problèmes de santé, nonobstant l'arthrose radio-carpienne dont il souffre. D'un point de vue psychiatrique également, sa capacité de travail n'était pas entamée. 6.2 Le recourant conteste cette appréciation. Il se prévaut des conclusions du docteur J.________, exprimées dans le rapport du 18 mai 2004; il rappelle que ce médecin avait fait état d'un stade avancé de la maladie de Kienböck, d'évolution défavorable, et qu'il avait attesté que sa capacité de travail n'était pas complète dans les activités retenues par ses confrères du SMR. Le recourant soutient que les conclusions de son médecin traitant sont en contradiction avec celles du SMR. Par ailleurs, il fait observer que les avis du psychiatre E.________ et du SMR ne concordent pas. Le recourant en déduit que les premiers juges ou l'intimé auraient dû ordonner une expertise complémentaire auprès d'un COMAI pour déterminer sa capacité de travail encore exigible. 6.3 Les objections du recourant ne justifient pas la mise en oeuvre de plus amples mesures d'instruction, de nature somatique ou psychiatrique pour les raisons qui suivent. 6.3.1 En ce qui concerne les troubles somatiques du recourant, le docteur J.________ a attesté, en mai 2004, qu'ils réduisent partiellement sa capacité de travail. Ce médecin n'a toutefois pas exposé concrètement ce qui l'a conduit à se distancer de l'avis du SMR du 3 juin 2002. Il a justifié son point de vue par le fait que la maladie de Kienböck - qui se trouve à un stade avancé chez le recourant - aboutit toujours à une arthrose du poignet, laquelle peut nécessiter une arthrodèse afin de limiter les douleurs, au détriment de la mobilité du poignet. Il s'agit-là d'une explication générale, dépourvue d'utilité pour la solution du présent litige. En effet, si elle permet de se faire une idée de l'évolution normale de telles pathologies, elle laisse indécise la question des répercussions concrètes des affections du poignet sur la capacité de travail du recourant. Quant aux gonalgies droites, le docteur J.________ a seulement indiqué qu'elles pouvaient entraîner une certaine limitation fonctionnelle en raison du syndrome rotulien et des douleurs lors de la montée ou la descente d'escaliers; il n'a pas attesté qu'elles seraient invalidantes. Dans leur étude du 8 juillet 2004, les docteurs P.________ et M.________ ont comparé la situation existant en 2002 avec celle qui prévalait en 2004, en portant leur examen singulièrement sur les plaintes du recourant, le status clinique et les radiographies disponibles. Les réponses qu'ils ont apportées aux objections du docteur J.________ sont claires et permettent de statuer en connaissance de cause. A propos de l'articulation radio-carpienne, les médecins du SMR n'ont pas relevé de changement significatif de la gêne douloureuse, mais des modifications très discrète de la mobilité articulaire. Ils ont précisé que des variations restaient possibles d'un examen à l'autre et d'un examinateur à l'autre. En ce qui concerne la tendinite du tenseur facia lata et la périthrocantérite de la hanche droite, ils n'ont pas non plus constaté de changement significatif de la gêne douloureuse ni de modification du status clinique. Quant à la mobilité articulaire des genoux, elle est aussi inchangée, de même que la gêne douloureuse. Le constat des médecins du SMR est identique à propos des épaules; ils ont ajouté que le diagnostic d'arthrose acromio-claviculaire ne pouvait pas être posé sur la seule base de l'examen clinique et de la scintigraphie. Finalement, ils ont estimé que l'état du rachis lombaire était normal aussi bien en 2002 qu'en 2004. Eu égard aux explications convaincantes que le SMR a données en juillet 2004 et que le recourant n'a pas discutées, on doit admettre que son état de santé n'a pas évolué de manière significative depuis les examens pratiqués en 2002. Le diagnostic du docteur J.________ est d'ailleurs superposable à celui du SMR, au regard des éclaircissements fournis par ces médecins. Quant au docteur O.________, il a certes indiqué que des mouvements chargés causent une importante douleur; cette appréciation n'a cependant pas d'incidence, dès lors que l'intimée a exclu de toute manière l'exercice de travaux lourds des activités exigibles. L'aspect somatique du cas est ainsi suffisamment élucidé, tant en ce qui concerne l'étendue des affections que leur incidence sur l'exercice d'une activité lucrative légère. 6.3.2 A propos du volet psychiatrique, les médecins du SMR ont relevé que le diagnostic principal figurant dans le rapport de l'Hôpital X.________ du 1er avril 2004 ne correspondait pas à un état dépressif mais à un épisode dépressif (F 32.2 CIM 10). L'Hôpital X.________ s'était en outre mépris sur l'âge du recourant (61 ans au lieu de 43 ans). Quant à l'appréciation du psychiatre E.________, le SMR a estimé que ce médecin avait retenu une aggravation de la situation en se fondant uniquement sur les indications subjectives du patient. Le SMR a relevé que d'autres facteurs étrangers à l'invalidité avaient également été pris à tort en considération, à l'instar de problèmes financiers et conjugaux ainsi qu'un conflit assécurologique avec l'AI. Là aussi, sur la base des observations du SMR, on doit admettre que les conclusions de l'examen psychiatrique pratiqué en 2002 n'ont pas été remises en cause par l'Hôpital X.________ en 2004. Quant au psychiatre E.________, il n'a pas attesté que les affections psychiques du recourant seraient invalidantes, pas plus qu'il n'a mis en cause l'avis de la doctoresse A.________. Il convient ainsi admettre que le recourant ne présentait pas de problèmes psychiatriques limitant sa capacité de travail au moment où l'intimé a statué, le 8 décembre 2003. 6.4 En bref, les conditions présidant à la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise médicale ne sont pas remplies (cf. ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les références). En effet, il ressort de l'instruction de la cause que si des travaux lourds sont désormais exclus, le recourant reste entièrement capable d'accomplir des tâches légères, à plein temps et avec un plein rendement, dans le domaine de la manutention légère, de la conciergerie, comme chauffeur-livreur léger ou en qualité de surveillant d'un grand magasin ou de parking avec rangement de chariots (cf. rapport du SMR du 3 juin 2002). L'invalidité du recourant doit dès lors être évaluée en fonction des revenus que de tels emplois sont susceptibles de procurer à celui qui les exerce.