Citation: 6A.119/2006 14.02.2007 E. 5

5.1 Le recourant conteste tout d'abord la nécessité d'un examen de sa situation quant aux troubles de la personnalité qu'il présenterait, lesquels ne ressortiraient pas de sa condamnation par le Tribunal correctionnel, du 16 septembre 2005. Ce faisant, le recourant perd de vue qu'au cours de sa détention préventive, il avait fait l'objet d'une prise en charge médicale, qu'il avait acceptée. Dans ce sens, lorsque le Tribunal correctionnel n'a pas envisagé la suspension de l'exécution de la peine au profit d'un internement en institution, pour suivre les conclusions de l'expertise du 9 juillet 2004, cette juridiction a ajouté qu'il incomberait au condamné «de poursuivre sa psychothérapie sur une base volontaire» (jugement du Tribunal correctionnel du 16 septembre 2005, p. 33). Par la suite, le recourant a cessé de participer à toute démarche de soins psychologiques, alors que les troubles de sa personnalité rendaient nécessaires un tel suivi médical, auquel le Tribunal correctionnel avait prévu que le recourant collaborerait dans les mêmes termes que pendant la détention préventive. Ainsi, l'autorité administrative (l'OEP), puis, sur recours, la cour de cassation cantonale, en ordonnant et en confirmant l'évaluation des difficultés de nature psychiatrique du condamné, se sont inscrites dans le droit fil du jugement au fond, qui prévoyait la poursuite de la psychothérapie pendant l'exécution de la peine, de la même manière que précédemment. Le recourant ne peut en conséquence pas soutenir qu'une autorité administrative - d'ailleurs soumise au contrôle juridictionnel de la cour de cassation cantonale - aurait, dans le cadre de l'exécution de la peine, aggravé cette dernière en rendant plus répressives et plus restrictives les modalités de son exécution. Sur une base volontaire, ou imposée, les troubles du comportement présentés par le condamné nécessitent une intervention psychothérapique, destinée à améliorer sa relation «à l'autre», démarche nécessaire à sa réintégration sociale. Il est donc normal, avant de décider de changements dans l'exécution de la peine, en fonction de ses buts d'amendement et de réinsertion, que l'autorité d'exécution s'entoure des renseignements médicaux indispensables et fasse procéder, dans le cas particulier, à l'examen de la situation du recourant sous l'angle psychiatrique, par la CIC, spécialement instituée à cette fin (Marianne Heer-Hensler, Hans Wiprächtiger, Ausgewählte Fragen bei der Entlassung, in: Regards sur la prison, Berne 2002, p. 64 n. 2). 5.2 Le danger que, en l'état, le recourant risque de faire courir à autrui, a été souligné dans le rapport d'expertise du 9 juillet 2004, qui mettait en évidence une personnalité «à traits pervers, manipulateurs et caractériels», marquée par l'amoralité et l'inaffectivité rendant quasi inexistante sa relation à l'autre, au profit de l'assouvissement de son plaisir immédiat. Dans ce sens, les experts qualifiaient le risque de récidive «d'évident». Ces circonstances justifient également l'évaluation de la personnalité du condamné au plan psychologique, avant de décider toute mesure d'assouplissement de la détention, pour tenir compte de la protection des tiers, singulièrement des enfants. De ce point de vue, à nouveau, le recourant doit prendre conscience de la nécessité qu'il a de s'impliquer dans une psychothérapie, comme il l'avait fait antérieurement, pour tenter d'améliorer son état psychique et de combattre le risque de récidive. 5.3 Enfin, le risque d'évasion s'est concrétisé, puisque le recourant s'est échappé pendant deux jours au mois de juillet 2006.