Citation: 1B_100/2007 15.06.2007 E. 1

4.2 En l'occurrence, le recourant a été condamné à une peine privative de liberté de 3 ans, par jugement du Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne du 26 janvier 2007. La détention est actuellement prolongée durant la procédure cantonale de recours contre ce jugement et atteint à ce jour environ 25 mois et demi. Selon l'arrêt attaqué, la peine de 3 ans n'est pas susceptible d'être aggravée, dans la mesure où le recours exercé par le Ministère public ne porte pas sur la quotité de la peine. Ainsi, la durée de la détention préventive dépasse déjà les deux tiers de cette peine, de sorte que, conformément à la jurisprudence précitée, un pronostic sur l'application des art. 86 ss CP est indispensable. 4.2.1 Le Tribunal cantonal a sommairement examiné la question de l'éventualité d'une libération conditionnelle, considérant que les circonstances du cas d'espèce permettaient d'emblée d'aboutir à la conclusion que, selon toute vraisemblance, celle-ci ne sera pas accordée en raison d'un risque de récidive jugé important. Le recourant ne remet pas en cause cette analyse, mais il affirme que le Tribunal cantonal aurait dû, en vertu d'un « principe de coordination », transmettre le dossier à l'autorité compétente en matière de libération conditionnelle. C'est en vain qu'il fonde ces considérations sur l'arrêt 1P.215/2006 précité. En effet, selon cette jurisprudence, si l'autorité statuant sur la détention estime que des risques de réitération ne permettent pas la mise en liberté provisoire, elle doit transmettre le cas à l'autorité compétente en matière de libération conditionnelle ou veiller d'une autre manière à une application coordonnée des art. 86 ss CP et des dispositions régissant la détention préventive. Il n'est donc pas exclu que l'autorité appelée à statuer sur la détention examine elle-même la question d'une éventuelle libération conditionnelle, si elle s'estime en mesure de le faire. En l'occurrence, l'arrêt attaqué a été rendu par la Cour de cassation pénale, qui est également l'autorité de recours en matière de libération conditionnelle (art. 38 de la loi du 4 juillet 2006 sur l'exécution des condamnations pénales [RS/VD 340.01]). Cette autorité était donc en mesure de procéder à un examen sommaire de la question et pouvait notamment se fonder sur une expertise psychiatrique récente (expertise du 17 janvier 2007 des Dr A.________ et B.________). Dès lors que celle-ci conclut à un risque important de récidive - ce que le recourant ne conteste pas - c'est à juste titre que l'autorité intimée a considéré qu'une condition d'octroi de la libération conditionnelle n'était pas remplie (cf. art. 86 al. 1 in fine CP); la transmission du dossier à l'autorité inférieure compétente en matière de libération conditionnelle n'était pas nécessaire pour parvenir à cette conclusion, de sorte que le grief doit être rejeté. 4.2.2 Le recourant se plaint de manière générale d'une violation de la proportionnalité en raison de la durée de la détention préventive. Il est vrai qu'en l'occurrence cette durée est particulièrement longue, puisqu'elle dépasse 25 mois. Elle reste cependant encore dans un rapport raisonnable avec la peine de 3 ans prononcée par le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne. Cela étant, comme le recourant est maintenu en détention en raison du seul risque de récidive, il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables, conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.). Ce principe exige en effet que le but visé par la mesure litigieuse ne puisse pas être atteint par une mesure moins incisive (règle de la nécessité; ATF 130 II 425 consid. 5.2 p. 438; 126 I 219 consid. 2c p. 222 et les arrêts cités). En l'occurrence, suivant les constatations des experts psychiatres et d'entente avec le Ministère public, le Tribunal correctionnel a ordonné la mise en place d'un traitement psychothérapeutique, sous forme ambulatoire. Il estimait en effet que le succès d'une telle thérapie serait de nature à atténuer, voire supprimer, le risque de récidive. Dans ces conditions, ce traitement pourrait éventuellement constituer une solution alternative à la détention, qu'il conviendrait de prendre en compte en vertu du principe de proportionnalité. Toutefois, le traitement ordonné n'ayant pas débuté à ce jour, il est encore trop tôt pour se prononcer sur son efficacité et sur la question, déterminante, de la volonté de l'intéressé d'y collaborer. Par conséquent, on ne saurait faire grief à l'autorité intimée d'avoir violé le principe de la proportionnalité en ne prenant pas en considération cette mesure, étant précisé que le recourant n'allègue pas avoir demandé à bénéficier d'un traitement en détention ou proposé d'autres mesures destinées à réduire le risque de réitération. Ce grief doit donc lui aussi être rejeté. Cependant, dès lors que la question du traitement psychothérapeutique n'est pas remise en cause par le recours du Ministère public actuellement pendant, il conviendrait de prendre les dispositions nécessaires pour mettre rapidement en oeuvre cette mesure si la détention préventive du recourant devait se prolonger.