Citation: 5A_195/2023 E. A

A.a. Les époux B.A.________ et C.A.________ ont eu trois enfants, à savoir A.A.________, D.A.________ et E.A.________. Le 7 septembre 2001, les parents ont vendu à leur fils D.A.________ un immeuble sis à U.________ (Fribourg), pour un prix de 150'000 fr. correspondant à 122'581 fr. 45 en capital et à une reprise d'hypothèque en 27'418 fr. 55. L'acte de vente précisait que le montant de 122'581 fr. 45 était payable par prise en compte de la rente mensuelle versée par l'acheteur aux vendeurs à partir du 1er juillet 1999. Le bien immobilier était vendu à sa valeur vénale et les vendeurs dispensaient l'acquéreur de tout rapport à cet égard dans leurs successions respectives futures. Par ailleurs, l'acquéreur accordait à ses parents un droit d'habitation en viager, concédé sous la forme d'un droit de co-utilisation avec le propriétaire, en échange du paiement d'un loyer de 300 fr. par mois correspondant à la moitié de la valeur locative mensuelle. Le 19 septembre 2005, B.A.________ a en outre vendu à son même fils un terrain situé à V.________ (France), pour un prix de 15'000 euros. C.A.________ est décédée en 2008 et B.A.________, en 2015, sans laisser de testament. F.A.________, fils de E.A.________, prédécédé, et D.A.________ ont répudié la succession de feu B.A.________. A.b. Par acte du 11 février 2016, A.A.________ a déposé par-devant le Tribunal de première instance du canton de Genève (ci-après: le Tribunal) une action en réduction à l'encontre de son frère D.A.________ (ci-après également: le défendeur), alléguant notamment que les biens immobiliers qui avaient été vendus à celui-ci n'avaient pas été intégralement payés et avaient fait l'objet d'un prix bien en-dessous du prix réel. Par décision du 27 octobre 2016, l'assistance juridique a été octroyée au demandeur pour cette procédure, octroi limité toutefois à l'action en réduction concernant les deux biens immobiliers uniquement et pour une valeur litigieuse arrondie à 120'000 fr. Par ordonnance du 13 juillet 2017, le Tribunal a admis, en tant que moyen de preuve, une expertise judiciaire des biens immobiliers afin de déterminer leur valeur au moment de leur vente. Cette juridiction a refusé, par ordonnance du 20 janvier 2021, le complément d'expertise sollicité par le demandeur pour le terrain sis en France. Un tel complément a en revanche été ordonné pour déterminer la valeur, au 7 septembre 2001, du droit d'habitation viager concédé par le défendeur à ses parents. Le 31 mai 2021, le demandeur a derechef requis un complément d'expertise afin de connaître la valeur vénale des immeubles à la date de décès de feu son père. Par ordonnance du 11 novembre 2021, le Tribunal a rejeté cette requête. Par jugement du 18 juillet 2022, le Tribunal a rejeté l'action en réduction. Il a considéré que l'écart entre le prix d'acquisition et la valeur fixée par l'expert pour chaque immeuble, d'environ 20'000 fr. pour l'un et de 5'500 euros pour l'autre, ne permettait pas de considérer ces ventes comme des libéralités sujettes à réduction, étant précisé, s'agissant de l'immeuble grevé, que les parents du défendeur n'avaient jamais payé le loyer mensuel convenu durant la période où ils avaient occupé les lieux et qu'il était possible d'admettre qu'une vente au sein d'une famille intervienne à un prix inférieur à celui du marché.