Citation: 6B_144/2010 15.03.2010 E. 1

Le recourant se plaint, sur de nombreux points, d'une appréciation arbitraire des preuves ainsi que d'une violation du principe in dubio pro reo découlant de la présomption d'innocence. Il reproche en substance à la cour cantonale d'avoir admis de manière insoutenable l'existence de certains indices sur lesquels repose sa condamnation et d'avoir ainsi nié à tort qu'il subsiste des doutes sérieux quant à sa culpabilité, justifiant de l'acquitter. 1.1 Tel qu'il est motivé par le recourant, le grief de violation du principe in dubio revient à invoquer une violation de ce principe comme règle de l'appréciation des preuves, et non comme règle sur le fardeau de la preuve, de sorte qu'il se confond en définitive avec celui d'arbitraire également soulevé. 1.2 De jurisprudence constante, une décision, respectivement une appréciation, n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable. Il faut qu'elle soit manifestement insoutenable ou, autrement dit, absolument inadmissible, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4/5; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148 et les arrêts cités). Sous peine d'irrecevabilité, l'arbitraire allégué doit par ailleurs être démontré conformément aux exigences accrues de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). 1.3 La participation du recourant à l'infraction litigieuse a été retenue sur la base d'un ensemble d'indices concordants. En pareil cas, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux pris isolément soit à lui seul insuffisant. L'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble et il n'y a pas arbitraire si l'état de fait retenu pouvait être déduit de manière soutenable du rapprochement de divers éléments ou indices. 1.4 Les juges cantonaux se sont fondés sur plus d'une douzaine d'indices, énumérés aux pages 6 et 7 de l'arrêt attaqué, auquel on peut à cet égard se référer. 1.5 Le recourant soutient d'abord qu'il était arbitraire de retenir qu'il a demandé au début août 2006 à D.________ de pouvoir faire, à partir de la reprise du travail du 14 août, la tournée de l'arc jurassien. Le fait litigieux, et cela n'est pas contesté, est établi par les déclarations livrées le 4 octobre 2006 à la police par D.________, soit par la pièce 2104 du dossier, lequel l'a au demeurant confirmé devant la Cour d'assises, comme cela ressort de la page 21 du jugement de première instance. Que le recourant ait dit à D.________ que, vu le départ de l'un de ses collègues, E.________, il envisageait de quitter prochainement le groupe de transport ne signifie pas qu'il a alors effectivement donné sa démission, de surcroît pour une date antérieure à l'attaque du 17 août 2006. Par ailleurs, il ne ressort pas de la pièce 2371 du dossier et de la page 16 du jugement de première instance auxquelles se réfère le recourant, que, comme il le prétend, il aurait demandé à D.________ un congé pour le 17 août 2006. C'est au reste en vain que le recourant argue du fait que, ce jour-là, un barbecue était prévu avec E.________. Le fait que, nonobstant ce rendez-vous, il a voulu faire la tournée de l'arc jurassien le même jour tend précisément à indiquer qu'il avait une bonne raison de l'effectuer. Quant au fait que les transports étaient planifiés de semaine en semaine, il n'excluait pas des changements, même sur simple demande. Les arguments avancés sont ainsi manifestement insuffisants, voire impropres, à faire admettre l'arbitraire allégué. 1.6 Le recourant prétend qu'il était arbitraire de retenir qu'il a remis une revue pornographique à son co-équipier peu avant l'attaque afin de distraire son attention. Ce dernier aurait commencé à lire cette revue depuis Bavois et il n'aurait pas eu à insister pour qu'il le fasse. Cette argumentation a été écartée, à la page 9 de l'arrêt attaqué, par un raisonnement dont aucun arbitraire n'est démontré par le recourant. Au demeurant, peu importe en définitive le moment précis auquel le recourant a remis la revue à son coéquipier après l'avoir achetée à Bavois, quelque 40 minutes avant l'agression. C'est le fait même que, le jour en question et à l'approche du lieu de l'attaque, il a, tout à fait inhabituellement, voulu occuper l'attention de son co-équipier avec une telle revue, qui est avant tout déterminant. Or, que ce fait aurait été déduit d'une appréciation manifestement insoutenable des preuves, notamment des déclarations sur lesquelles s'est fondée la cour cantonale, n'est en rien établi. 1.7 Le recourant fait valoir qu'il était arbitraire de considérer que les agresseurs n'ont pu être informés que par lui de l'itinéraire choisi le jour de l'attaque. L'argumentation présentée à l'appui de ce grief vise essentiellement à faire admettre que les agresseurs ont procédé à un repérage des lieux le 15 août 2006. En vain, puisque ce fait a été expressément admis. Qu'il était arbitraire de retenir que, sans la participation du recourant à la planification du braquage, ce repérage n'aurait pas suffi à renseigner les agresseurs sur le fait qu'un transport important se déroulerait selon le même itinéraire deux jours plus tard n'est au reste aucunement démontré conformément aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF. Le recourant se borne à affirmer le contraire en proposant sa propre version des faits. 1.8 Le recourant reproche à la cour cantonale de n'avoir, arbitrairement, pas accordé foi aux déclarations des témoins F.________, G.________ et H.________ relatives à la présence de crève-pneus sur la route. Il lui fait en outre grief d'avoir retenu de manière insoutenable que l'ouverture de la porte enregistrée à 09.38.59 heures correspond à celle de sa propre portière. La motivation du recours sur ces points se réduit à une rediscussion purement appellatoire des faits et de l'appréciation des preuves. Là encore, le recourant ne démontre nullement l'arbitraire qu'il allègue d'une manière qui satisfasse aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF. 1.9 Les autres griefs du recourant, soulevés sous chiffres 2.6 à 2.8 de son recours ne comportent pas plus de démonstration d'arbitraire. Le recourant ne fait, ici comme ailleurs, qu'opposer sa version des faits et son appréciation des preuves à celles des juges cantonaux, perdant manifestement de vue la notion d'arbitraire, telle que rappelée plus haut, et les exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF. 1.10 Sur le vu de ce qui précède, le grief d'arbitraire, respectivement de violation du principe in dubio pro reo, est en tous points irrecevable, faute de motivation suffisante.