Citation: K 134/03 12.05.2004 E. 4.2

4.2.1 En ce qui concerne les troubles physiques du recourant et leur influence sur sa capacité de travail, il ressort du dossier qu'il a dû cesser son travail à partir du 16 août 1999 en raison, initialement, de dorso-lombalgies. Un bilan de santé effectué en automne 1999 a mis en évidence l'existence d'une hépatite C active, ainsi que d'une sérologie HIV (rapport du docteur R.________ du 17 novembre 1999), dont la connaissance a entraîné chez le recourant l'apparition d'un état dépressif réactionnel (rapport du docteur T.________ du 7 décembre 1999). Appelé à se prononcer sur la situation de C.________, le docteur F.________ a constaté que si les troubles lombaires, qualifiés de banals, avaient bien été la cause de l'interruption de travail le 16 août 1999, ils n'étaient cependant pas de nature, en l'absence d'hernie discale, de spondylarthrose lombaire ou de discopathie lombaire, à justifier une incapacité de travail de plus de trois mois. Selon lui, l'hépatite C, de même que la séroconversion pour le virus HIV n'influençaient pas (encore), au moment de l'examen du patient, la capacité de travail de celui-ci; seul un état dépressif réactionnel entraînait une incapacité de travail de 50 % (rapport du 4 août 2000). Le médecin préconisait une reprise du travail, au moins à temps partiel, dès le mois de septembre 2000, sous réserve des problèmes que pouvait entraîner le traitement de l'hépatite C. Au vu des conclusions du docteur F.________, dont le rapport remplit au demeurant les exigences posées par la jurisprudence quant à la valeur probante d'une expertise médicale (cf. ATF 125 V 353 consid. 3b/bb, 122 V 161 consid. 1c et les références), on peut retenir que, sur le plan purement somatique, il n'existait pas, à l'époque de l'expertise d'atteinte à la santé propre à entraîner une incapacité de travail justifiant le versement d'une indemnité journalière. 4.2.2 Par la suite, en été 2001, l'assuré a subi deux hospitalisations en raison de troubles associés aux comorbidités connues (entre autres atteintes, hépatite C chronique, virus HIV stade A 1 et état dépressif). Pour ces deux périodes d'hospitalisation, l'intimée a reconnu le droit du recourant à une indemnité journalière en raison d'une incapacité de travail de 100 %. Contrairement à ce que voudrait C.________, l'avis du docteur R.________, pas plus que les rapports médicaux sur ces hospitalisations, ne permettent d'admettre une incapacité de travail de 100 % sur le plan physique en dehors des deux périodes relatives aux séjours hospitaliers. Le docteur R.________ atteste certes d'une incapacité de travail de 100 % depuis le 16 août 1999, mais il ne la motive qu'en énonçant, sans autres explications, les différents diagnostics déjà relevés antérieurement, à savoir le HIV positif stade A1, l'hépatite C chronique, les dorso-lombalgies basses sur troubles statiques, l'état dépressif moyen, les épigastralgies et troubles digestifs d'origine peu claire (rapport du 2 septembre 2002). Il ressort toutefois de son appréciation du 19 septembre 2002 que l'infection HIV n'était pas menaçante, comme l'avaient déjà constaté les médecins de l'Hôpital de H.________ selon lesquels les valeurs liées à l'infection HIV étaient bonnes et ne nécessitaient pas la mise en place d'un traitement (rapports des 12 juillet et 25 juillet 2001). Ces médecins n'ont du reste pas fait état d'une incapacité de travail du patient à l'issue des deux séjours à l'hôpital. On ne voit dès lors pas que le recourant subissait une incapacité de travail en raison de sa séropositivité. Il en va de même des dorso-lombalgies, que le médecin traitant s'est borné à mentionner dans la liste des diagnostics ayant des répercussions sur la capacité de travail. Cette simple affirmation, qui n'est pas motivée plus amplement par le docteur R.________, n'est pas propre à remettre en cause l'avis circonstancié du docteur F.________ sur ce point. Quant aux troubles digestifs, le médecin traitant n'explique pas non plus en quoi ils auraient influencé la capacité de travail de l'assuré. Restent l'état dépressif réactionnel et l'hépatite C. Pour la première affection, l'intimée a reconnu qu'elle entraînait une incapacité de travail de 50 % justifiant l'octroi d'une indemnité journalière correspondante. En ce qui concerne la seconde atteinte, elle a fait l'objet d'une réserve rétroactive portant sur l'assurance d'indemnités journalières, si bien qu'une éventuelle incapacité de travail en découlant n'ouvre pas le droit du recourant à une prestation relevant de cette assurance. 4.3 Par conséquent, au regard de l'ensemble du dossier médical, l'intimée et la juridiction cantonale étaient fondés à considérer que le recourant disposait d'une capacité de travail de 50 % à partir du 2 novembre 1999 jusqu'au 6 août 2001 et à lui allouer des indemnités journalières pour une incapacité de travail correspondante. Par ailleurs, au vu des nombreuses pièces médicales, en particulier des appréciations des docteur S.________ et F.________ qui étaient propres à emporter la conviction des premiers juges, l'autorité cantonale de recours était en droit de renoncer à un complément d'instruction sous forme d'une expertise pluridisciplinaire. En effet, le juge ne viole pas le droit d'être entendu des parties découlant de l'art. 29 Cst, s'il est convaincu, en se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves fournies par les investigations auxquelles il doit procéder d'office, que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation (appréciation anticipée des preuves; Kieser, Das Verwaltungsverfahren in der Sozialversicherung, p. 212, n° 450; Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd., p. 39, n° 111 et p. 117, n° 320; Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2e éd., p. 274; cf. aussi ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 consid. 3c, 120 Ib 229 consid. 2b, 119 V 344 consid. 3c et la référence). 4.4 Il suit de ce qui précède que le recours est mal fondé.