Citation: 5A_125/2019 E. 5.1

5.1. La cour cantonale a retenu que le mariage, qui avait duré 32 ans dont 23 de vie commune, avait concrètement influencé la situation financière de la recourante, qui pouvait ainsi, sur le principe, prétendre au versement d'une pension post-divorce. Les charges de l'ex-épouse s'élevaient à 4'500 fr., ce montant correspondant aussi à son déficit. Elle disposait en outre des avoirs issus du partage de la prévoyance professionnelle de l'intimé, à savoir 237'908 fr., montant auquel s'ajoutaient les 150'000 fr. que celui-ci s'était engagé à lui verser. S'agissant de la situation de l'ex-époux, la juridiction précédente a retenu que la communauté domestique qu'il formait avec ses parents en Italie ne pouvait être comparée à une communauté durable formée par des concubins, de sorte qu'il ne se justifiait pas de diminuer son montant de base LP. Elle a ainsi confirmé le montant de 1'020 fr. retenu par le premier juge, correspondant au montant de base du droit des poursuites de 1'200 fr. minoré de 15% pour tenir compte du fait que l'ex-époux vivait en Italie (art. 105 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.2). Par ailleurs, il était établi que celui-ci ne percevait plus de revenus depuis 2012 et les parties ne contestaient pas qu'il était très peu probable qu'il retrouve une activité lucrative d'ici l'âge de la retraite, étant précisé qu'il était âgé de 62 ans et avait été au chômage entre 2011 et 2012. La question se posait donc de savoir si l'on pouvait attendre de lui qu'il entame la substance de sa fortune pour contribuer à l'entretien de la recourante. Depuis le 31 décembre 2016, la fortune de l'intimé avait diminué d'environ 132'480 fr., à savoir 108'000 fr. de pension en faveur de la recourante (4'500 fr. [montant versé par l'intimé depuis 2010, comme l'avait admis la recourante] x 24 mois) + 24'480 fr. pour son propre entretien (1'020 fr. x 24 mois), portant ainsi sa fortune actuelle à 271'441 fr. (313'921 fr. [avoirs bancaires] + 90'000 fr. [perte de fortune dont l'intimé n'avait pas établi l'origine] - 132'480 fr.). On ne pouvait par ailleurs exiger de l'intimé qu'il entame la substance de sa fortune acquise par succession pour couvrir les besoins de la recourante jusqu'à la retraite. Outre qu'il n'était pas démontré que l'intimé ait bénéficié de tels biens depuis le décès de sa mère en été 2017, leur fonction n'était, en principe, pas celle d'assurer la prévoyance des époux. Par ailleurs, la fortune de la recourante, augmentée d'une contribution mensuelle d'entretien, permettait à celle-ci de couvrir ses charges, de sorte qu'il n'était pas nécessaire de puiser plus encore dans la fortune de l'intimé. Il en allait de même du bien immobilier en Italie dont l'intimé serait en partie propriétaire - ce qui était contesté par celui-ci -, dans la mesure où il n'était pas aisément réalisable. Une fois le montant de 150'000 fr. versé à l'ex-épouse, la fortune de l'intimé serait ainsi de 121'441 fr. alors que celle de la recourante se monterait à 150'000 fr. Il convenait encore d'examiner si les parties contribuaient de manière équivalente, compte tenu de leurs charges respectives. En effet, pour des raisons d'équité, il se justifiait d'entamer dans une égale mesure la fortune des parties. Jusqu'à ce que l'intimé atteigne l'âge de la retraite (le 25 juillet 2021), la recourante devrait assumer des charges à hauteur de 139'500 fr. (4'500 fr. x 31 mois) alors que l'intimé n'aurait, pour cette période, que 31'620 fr. de charges à couvrir. Si l'on tenait compte de la pension de 1'200 fr. fixée par le premier juge, les charges des parties seraient portées à 102'300 fr. (139'500 fr. - 37'200 fr. [1'200 fr. x 31 mois]) pour la recourante et 68'460 fr. [recte: 68'820 fr.](31'620 fr. + 37'200 fr. [1'200 fr. x 31 mois]) pour l'intimé. Ainsi, au moment de la retraite de l'intimé le 25 juillet 2021, la recourante devrait disposer d'une fortune de l'ordre de 47'700 fr. (150'00 fr. - 102'300 fr.), alors que la fortune de l'intimé devrait s'élever à 52'981 fr. (121'441 fr. - 68'460 fr.) [recte: 52'621 fr. (121'441 fr. - 68'820 fr.)]. La situation financière des parties serait ainsi équivalente, étant précisé que la recourante disposerait, depuis le 1 er janvier 2021, d'une rente AVS - dont le montant n'était pas établi - ainsi que du capital de prévoyance professionnelle de 237'908 fr. Dans ces circonstances, il y avait lieu de retenir que la contribution d'entretien de 1'200 fr. par mois que l'intimé s'était engagé à verser en faveur de son ex-épouse paraissait justifiée et conforme au principe d'égalité entre les époux.