Citation: 2C_506/2023 E. 6.1

6.1. L'arrêt attaqué retient, à l'encontre de la recourante, de nombreuses violations du devoir d'agir dans le respect des règles de l'art (cf., sur cette notion, ATF 149 II 109 consid. 10.2; 148 I 1 consid. 10.2) : il lui est reproché de ne pas avoir administré des antidouleurs à un chien tombé d'un immeuble, un sédatif à un chat pour vider les glandes anales de l'animal alors que ce geste lui était douloureux (il était devenu incontrôlable, agressif et avait mordu sa propriétaire), ainsi que du Vetmedin à un chien souffrant d'une maladie cardiaque, causant ainsi des souffrances évitables pour les animaux. La vétérinaire avait également effectué des radiographies et une prise de sang sur le chien tombé d'un immeuble trop tardivement, compte tenu du fait que ces actes étaient indispensables pour établir un diagnostic. La prise en charge du chien souffrant d'une maladie cardiaque avait été inadaptée et également trop lente: les radiographies étaient contre-indiquées en cas de problèmes respiratoires car elles impliquent une contention de l'animal; en outre, l'animal avait agonisé plusieurs heures sans parvenir à respirer, les gestes d'urgence adéquats n'ayant pas été opérés. En ce qui concerne le cochon d'Inde, le stress provoqué par les tentatives pour lui ouvrir la gueule, la séparation d'avec ses maîtres et une probable contention avaient eu pour conséquence la mort de l'animal hors la présence de ses maîtres. Ces éléments constituaient autant de violations de procéder conformément aux règles de l'art. La recourante n'a, en outre, pas été à même de produire un des dossiers médicaux. Les juges précédents ont également retenu que la vétérinaire avait fait fi de l'obligation de ne déléguer des soins qu'à un professionnel de la santé qui possède une formation reconnue et les compétences pour fournir ces soins (cf. art. 85 al. 1 et 3 de la loi genevoise du 7 avril 2006 sur la santé [LS/GE; RS/GE K 1 03]). Elle a, en effet, confié la responsabilité de certaines consultations à son cabinet, en son absence, à des personnes ne bénéficiant pas d'une autorisation de pratiquer.