Citation: U 393/04 08.02.2006 E. 4

4.1 Du point de vue psychique, le recourant a présenté dès la fin décembre 2001 un trouble de l'adaptation avec humeur dépressive (F 43.22), lequel ne justifiait pas de médication psychotrope, ni de suivi psychothérapeutique. La symptomatologie douloureuse évoquée par l'assuré était susceptible d'entrer dans le champ du syndrome douloureux somatoforme persistant (F 45.4), compte tenu de la discordance manifeste entre les plaintes du patient et les bases organiques objectives (consilium psychiatrique du 19 décembre 2001 du docteur F.________, médecin-chef du service psychosomatique de la Clinique Y.________). Le diagnostic de troubles somatoformes douloureux persistants a été confirmé par les médecins du COMAI le 29 octobre 2003. A dire d'expert, cette affection psychique justifie une réduction (maximale) de la capacité de travail de l'assuré de 20-30 %. 4.2 En l'occurrence, la question de la causalité naturelle entre l'accident et les troubles psychiques peut rester indécise, dès lors que la causalité adéquate fait défaut au regard des critères posés par la jurisprudence en pareilles circonstances (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa). En l'espèce, si la chute d'un échafaudage d'une hauteur de trois à quatre mètres a pu subjectivement revêtir chez l'intéressé un caractère relativement impressionnant, le déroulement de l'accident n'apparaît pas d'un point de vue objectif, seul déterminant en l'espèce, particulièrement dramatique, dans la mesure où l'événement litigieux fait partie des risques auxquels un employé de la construction ou du génie civil est généralement exposé. On doit dès lors classer l'accident incriminé dans la catégorie des accidents de moyenne gravité. Il importe dès lors que plusieurs des critères consacrés par la jurisprudence se trouvent réunis ou revêtent une intensité particulière pour que l'accident du 27 juin 2001 soit tenu pour la cause adéquate des troubles psychiques dont souffre le recourant. Or, tel n'est pas le cas en l'espèce. Les lésions organiques subies par le recourant (fractures de l'omoplate droite et des apophyses transverses de L1-L4 à droite) ne sauraient être qualifiées objectivement de graves et propres, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. L'évolution thérapeutique s'est déroulée normalement à tous points de vue. Rien ne permet en outre de retenir qu'il y aurait eu une erreur dans le déroulement du traitement médical. Au contraire, la prise en charge par l'Hôpital X.________ a été immédiate et correcte, avec une évolution favorable du point de vue orthopédique (rapport des experts du COMAI du 29 octobre 2003 p. 14 en haut). En automne 2001 déjà, les fractures étaient consolidées et l'assuré aurait pu reprendre le travail sous l'angle orthopédique (rapport du 21 novembre 2001 du docteur K.________ cité dans le rapport du COMAI aux pages 2 et 14). Une année plus tard, le médecin de la CNA estimait l'état du recourant suffisamment stabilisé pour lui permettre de reprendre avec un rendement de 100 % une activité professionnelle adaptée (rapports des 19 septembre et 3 octobre 2002 du docteur B.________). Reste que le recourant continue encore à ce jour à se plaindre de douleurs persistantes en relation avec l'accident qui l'empêchent de reprendre une activité lucrative. L'importance de ces douleurs doit toutefois être relativisée, dans la mesure où celles-ci sont entretenues par la problématique psychique. Différents rapports relèvent en effet une discordance importante entre les plaintes décrites par le recourant et la situation objective (consilium psychiatrique du docteur F.________ du 28 décembre 2001; rapport du COMAI, p. 14 in fine). Par ailleurs, la chute est survenue dans un contexte de stress multiple pour le recourant (consultation du 26 juin 2003 du docteur D.________, spécialiste en psychiatrique, incluse dans le rapport du COMAI, p. 11 à 13). Ces circonstances, étrangères à l'atteinte à la santé elle-même, contribuent de toute évidence à entretenir la symptomatologie psychique du recourant. Il s'ensuit que la CNA n'a pas à répondre des troubles psychiques du recourant.