Citation: 4A_351/2015 E. 3.2

3.2. Selon la jurisprudence, les congés inefficaces, à l'instar des congés frappés de nullité, ne doivent pas être attaqués dans le délai de 30 jours de l'art. 273 CO, sous réserve du correctif de l'abus de droit (ATF 121 III 156 consid. 1c/bb). En ce sens, l'inefficacité du congé peut être soulevée en tout temps ( BOHNET/CONOD, La fin du bail et l'expulsion du locataire, in 18e Séminaire sur le droit du bail, 2014, p. 79 ss, n° 66). Cela ne signifie pas pour autant que le locataire qui entend prendre pour la première fois en appel une conclusion constatatoire ad hoc, allégations et preuves à l'appui, puisse s'affranchir des exigences posées à cet égard par l'art. 317 CPC, disposition qui s'applique aussi aux procédures simplifiées dans lesquelles le juge établit les faits d'office (ATF 138 III 625 consid. 2.2; arrêt 4A_397/2013 du 11 février 2014 consid. 4.5.2). Les recourants ne font que l'affirmer sans autres explications. Point n'est, toutefois, besoin d'examiner plus avant cette question. En effet, les recourants n'exposent pas, dans le passage topique de leur acte de recours, en quoi le congé incriminé serait inefficace ni pourquoi un complément d'instruction serait nécessaire à ce propos. Le renvoi qu'ils y effectuent à une écriture déposée par eux devant l'autorité d'appel n'est pas admissible, car la motivation doit être contenue dans l'acte de recours (arrêt 4A_709/2011 du 31 mai 2012 consid. 1.1). Quant à l'art. 57 CPC, invoqué par eux dans ce contexte, il dispose simplement que le tribunal applique le droit d'office. Son éventuelle violation par les juges précédents n'est pas perceptible. En tout état de cause, les recourants perdent de vue que leur bail a fait l'objet d'une résiliation ordinaire - et non d'une résiliation extraordinaire fondée sur l'art. 257f al. 3 CO -, même si la bailleresse a justifié celle-ci a posteriori par les désagréments que leur fils avait prétendument occasionnés à d'autres habitants de l'immeuble (sur ce cas de figure, cf. DAVID LACHAT, Le bail à loyer, 2008, p. 737, n. 4.6, 2èmeex.). Etant donné sa nature, cette résiliation ne pouvait pas être inefficace, mais tout au plus contraire aux règles de la bonne foi, le cas échéant (art. 271 al. 1 CO). Les locataires, s'ils entendaient la contester, auraient donc dû saisir l'autorité de conciliation dans les 30 jours suivant sa réception (art. 273 al. 1 CO), ce qu'ils n'ont pas fait. C'est dire que leur conclusion en constatation de l'inefficacité de cette résiliation n'eût pu qu'être rejetée par la Chambre des baux et loyers si celle-ci ne l'avait pas jugée irrecevable. Dans ces conditions, il paraît douteux qu'ils aient un intérêt juridique à en faire constater la recevabilité par la Cour de céans. En définitive, le premier grief soulevé par eux tombe à faux, si tant est qu'il soit recevable.