Citation: 5A_170/2024 E. 3.2

3.2. La Cour de justice a constaté en l'occurrence que la recourante avait déclaré à l'Office des poursuites ne posséder aucun bien mobilier et immobilier en Suisse ou à l'étranger. La revendication de son fils sur sa créance à l'encontre de C.________ avait été admise suite à une plainte qu'elle avait formée. Sa mère avait revendiqué une partie des biens saisis ou séquestrés pénalement. Les créances contre son ex-mari avaient été estimées à 1 fr., celui-ci les contestant dans son intégralité, de sorte qu'il ne pouvait en être tenu compte au titre d'actifs. La recourante affirmait que le séquestre pénal frappant les biens saisis allait bientôt être levé, sans fournir aucun élément concret à cet égard. Ainsi, les biens séquestrés pénalement et saisis par l'Office des poursuites ne pouvaient être pris en considération dans la présente procédure comme actifs, dans la mesure où il était incertain qu'ils puissent être réalisés au profit des créanciers saisissants de la recourante. La Cour de justice a déduit de ce qui précède que l'attitude de la recourante était pour le moins contradictoire. Devant les autorités de poursuite, y compris l'autorité de surveillance qu'elle avait saisie de plusieurs plaintes, elle avait affirmé ne posséder aucun bien ou que ceux qui avaient été saisis ne lui appartenaient pas, et dans le cadre de la présente procédure, elle soutenait qu'elle disposerait d'actifs qui pourraient être réalisés dans le cadre de la faillite, ce qui justifierait l'admission de sa requête. Cette attitude, constitutive d'un abus de droit, ne méritait pas d'être protégée. À cela s'ajoutait qu'à teneur des saisies opérées par l'Office des poursuites, et des estimations des biens saisis, la recourante ne disposait que de peu d'actifs, dont le produit de réalisation, dérisoire au regard des créances en poursuite, devrait à peine suffire à couvrir les frais de l'Office. Le paiement de l'avance de frais de 3'500 fr. réclamée par le Tribunal était insuffisant à démontrer que la recourante disposerait d'actifs suffisants, justifiant qu'il soit fait droit à sa requête. La Cour de justice a enfin relevé que les anciens employés de la recourante, créanciers poursuivants principaux, étaient au bénéfice de jugements entrés en force dont ils essayaient d'obtenir l'exécution; on comprenait dès lors mal quel acharnement pourrait leur être reproché à faire valoir leurs droits. Il apparaissait plutôt que c'était la recourante qui tentait de se soustraire à ses obligations par tous les moyens, en violation des règles de la bonne foi.