Citation: 6B_1014/2017 E. 3.3

3.3. Le recourant se réfère à un article scientifique dont il ressortirait notamment qu'en Suisse, entre 2000 et 2009, la durée moyenne des condamnations pour viol serait de 38 mois. Il en déduit que le juge ne pourrait s'écarter sensiblement des moyennes statistiques nationales en la matière qu'en cas de circonstances exceptionnellement favorables ou défavorables au condamné. Le recourant soutient à cet égard qu'en l'espèce, rien n'aurait justifié une sévérité particulière. Il ajoute que le ministère public aurait été du même avis, puisqu'il a requis une peine privative de liberté de six ans, alors même que les réquisitions incluraient notoirement une "marge", soit une "exagération de la durée de la peine requise". Cette argumentation tombe à faux. En effet, en matière de fixation de la peine, le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion d'indiquer que toute comparaison avec d'autres affaires était délicate, vu les nombreux paramètres entrant en ligne de compte. Les disparités en cette matière s'expliquent ainsi normalement par le principe de l'individuali-sation des peines, voulu par le législateur; elles ne suffisent pas en elles-mêmes pour conclure à un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 141 IV 61 consid. 6.3.2 p. 69). Si des comparaisons avec des affaires de même nature sont impropres à démontrer un abus du pouvoir d'appréciation en matière de fixation de la peine, une comparaison avec une moyenne statistique l'est à plus forte raison. En effet, on ignore absolument les circonstances qui prévalaient dans les affaires ayant permis l'établissement de la moyenne évoquée par le recourant. Ce dernier n'a en outre pas été condamné uniquement pour viol, mais également pour contrainte sexuelle, vols répétés et infraction à la LStup, de sorte que la moyenne évoquée n'apparaît pas pertinente. Enfin, contrairement à ce que soutient l'intéressé, la cour cantonale a relevé les circonstances permettant de considérer son acte comme particulièrement sordide et brutal, si bien qu'une donnée statistique ne saurait en rien justifier la réduction d'une peine fixée selon le principe d'individualisation voulu par le législateur. Pour le reste, il convient de rappeler que, contrairement à ce que semble croire le recourant, le juge n'est pas lié, dans la fixation de la peine, par les réquisitions du ministère public (cf. arrêts 6B_98/2017 du 1er septembre 2017 consid. 3.3.3; 6B_616/2015 du 5 avril 2016 consid. 3.3).