Citation: 1P.326/2005 03.10.2005 E. 1

Selon la banque X.________, A.________, accompagné de 3 autres personnes, s'est présenté auprès de l'un de ses établissements en date du 13 juin 1994 et a déposé une série de titres sous forme d'obligations représentées par 19 certificats portant chacun la mention "Sw. Frc. 790'000'000.-" ainsi que 3 certificats sans indication de valeur. D'après la banque X.________, une vérification auprès de la banque Y.________ a révélé que ces titres étaient des faux; elle a donc dénoncé les faits au Procureur général du canton de Genève, qui a ouvert, le 8 juillet 1994, une information du chef de tentative d'escroquerie, recel, subsidiairement blanchiment d'argent, sans mentionner A.________. Le 31 mai 1996, le Procureur général a ordonné le classement de cette procédure, en application de l'art. 198 al. 1 CPP/GE, toujours sans mentionner A.________. Il a considéré que "l'intérêt public genevois" ne commandait pas que l'instruction de ce dossier soit poursuivie. A.________ aurait appris l'existence de cette procédure en 2005 seulement. Le 15 mars 2005, il a recouru contre l'ordonnance de classement auprès de la Chambre d'accusation de la Cour de justice du canton de Genève, concluant à l'ouverture d'une procédure d'instruction préparatoire. Par ordonnance du 12 avril 2005, la Chambre d'accusation a déclaré le recours irrecevable, subsidiairement mal fondé. Agissant par la voie du recours de droit public, A.________ demande au Tribunal fédéral d'annuler cette ordonnance. Il invoque en substance des violations de son droit à être jugé (art. 6 par. 2 CEDH), du droit d'être informé des charges (art. 6 par. 3 let. a CEDH), du droit de disposer des facilités nécessaires à la préparation de sa défense (art. 6 par. 3 let. b CEDH), du droit à une décision motivée (art. 29 al. 2 Cst.) et du droit de consulter le dossier (art. 32 al. 2 Cst. et 6 par. 3 let. b CEDH). Il se plaint encore de formalisme excessif, de violation de son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) et d'une application arbitraire des art. 115 al. 2, 116, 192 et 193B CPP/GE. Enfin, il invoque une violation du principe de la bonne foi (art. 5 al. 3 et art. 9 Cst.). Le Procureur général du canton de Genève conclut au rejet du recours, la Chambre d'accusation a présenté des observations.