Citation: 1C_82/2018 E. 4.3

4.3. En l'espèce, le Tribunal administratif fédéral a considéré que le court laps de temps séparant la déclaration commune (31 octobre 2010), l'octroi de la naturalisation facilitée (7 décembre 2010), la séparation des époux (au mois d'octobre 2011) et enfin le dépôt d'une demande unilatérale de divorce par son ex-épouse (le 21 octobre 2015) était de nature à fonder la présomption que cette naturalisation avait été acquise au moyen de déclarations mensongères. De plus, selon l'instance précédente, cette présomption était renforcée par d'autres éléments au dossier. Elle soulignait notamment que, lors de son mariage, le recourant faisait l'objet d'une décision de renvoi de Suisse. En l'occurrence, la présomption de fait n'est pas discutée par le recourant et elle peut effectivement se fonder sur un enchaînement chronologique relativement rapide des événements, en particulier la séparation définitive des époux quelques mois après l'octroi de la naturalisation (cf. notamment arrêts du Tribunal fédéral 1C_362/2017 du 12 octobre 2017 consid. 2.3; 1C_503/2015 du 21 janvier 2016 consid. 3.2 et les arrêts cités). Conformément à la jurisprudence précitée, il convient d'examiner si le recourant est parvenu à renverser cette présomption en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune.