Citation: 6B_621/2023 E. B

Par jugement du 28 mars 2023, la Cour pénale du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel a rejeté l'appel formé par A.________ et a confirmé le jugement du 6 mai 2022. En résumé, la cour cantonale a retenu les faits suivants: B.a. Depuis août 2020 à tout le moins, A.________ a mis son logement, sis à U.________, à disposition de personnes dont il savait qu'il s'agissait de trafiquants de cocaïne, plusieurs centaines de grammes de cocaïne ayant été stockés, préparés, conditionnés puis vendus à partir dudit appartement, ceci contre une rémunération correspondant à quelques centaines de francs par mois. L'enquête bernoise a permis de déterminer que B.________ se trouvait dans l'appartement de A.________, à U.________, le 12 août 2020 au plus tard, ce qui a été confirmé par les déclarations de C.________, quand il a fini par admettre qu'il était venu en Suisse pour remplacer B.________ dans un trafic de stupéfiants. Son rôle consistait à recevoir de la drogue et de l'argent, dans l'appartement de U.________, puis à les stocker et à remettre les marchandises et valeurs à des tiers qui venaient ensuite les chercher, ceci contre une récompense. L'arrivée de C.________ à U.________ a été organisée pour que l'intéressé puisse succéder à B.________ dans le trafic de drogue. C.________ a admis avoir vécu avec B.________ pendant quelques jours dans l'appartement de U.________, avant de retourner en Albanie. Il ressort des constats de la police que, le 8 novembre 2020, A.________ a été vu devant son immeuble à U.________, alors qu'il se trouvait en compagnie de B.________ et de C.________. B.________ est très vraisemblablement reparti en Albanie autour du 9 septembre 2020. S'agissant de sa cohabitation avec C.________ et de son départ de l'appartement, s'il est possible qu'il ait vécu quelques jours avec C.________ après l'arrivée de celui-ci à U.________, il a aussi vécu avec B.________, qui était sur le départ à ce moment-là, et s'il a ensuite laissé l'appartement à C.________ et n'y est revenu que de temps en temps, par exemple pour vider la boîte aux lettres, déposer des factures ou partager un repas, c'est parce qu'il s'était engagé à laisser le champ libre à l'intéressé. Quant au paiement d'un éventuel loyer, C.________ a effectivement versé au moins 1'200 fr. au recourant, comme contrepartie pour son hébergement. Le logement de U.________ a été utilisé dès août 2020, et probablement déjà depuis juin 2020, comme lieu de stockage et d'échange de drogue. Lors de la perquisition du logement ont été saisis 5'770 fr. en liquide, environ 230 grammes de cocaïne, qui se trouvaient sur une table, du produit de coupage et l'héroïne, un mixer contenant des résidus de poudre blanche et des balances de précisions. B.b. A.________, né en 1981 et originaire du Kosovo, réside en Suisse depuis 2001 ou 2002, au bénéfice d'une admission provisoire qui était valable jusqu'au 15 février 2021. Selon lui, il a travaillé de 2003 à 2005 ou 2006 comme mécanicien sur vélos, avant de vivre exclusivement de l'aide sociale pendant plus de quinze ans, soit jusqu'au début de l'année 2022. Il a trouvé un emploi depuis le 1er février 2022, en qualité de chauffeur-livreur, emploi assez précaire, puisqu'il est payé à l'heure, et n'a pas travaillé en août 2022, car l'entreprise ne lui fournissait pas de travail. A.________ dit comprendre et lire le français, mais avoir de la peine à le parler. Il a été assisté d'un interprète lors de toutes ses auditions dans le cadre de la procédure. A.________ dit savoir un peu l'allemand. Par ailleurs, il est père de quatre enfants, nés en 2006, 2010, 2011 et 2016, dont trois d'une première relation et un d'une deuxième, enfants qui vivent avec leurs mères respectives, avec lesquelles il n'a jamais été marié. Depuis juillet 2020, il est locataire d'un appartement à U.________, dont le loyer est payé par les services sociaux. Au moment où A.________ a commis les infractions qui lui sont reprochées, il n'entretenait de contacts ni avec ses quatre enfants, ni avec leurs mères. Il a renoué certains contacts dans le mois qui a précédé l'audience de première instance. Actuellement, il vit principalement dans le canton de W.________ (même s'il a conservé une chambre chez son frère à V.________, pour laquelle il dit payer un loyer), depuis août 2021, chez une compagne qui est aussi d'origine kosovare, mais dispose de la nationalité norvégienne, a elle-même quatre enfants d'une précédente union et serait au bénéfice d'un permis B. A.________ a des contacts avec ses enfants, mais de sérieuses difficultés existent au sujet du droit de visite. La compagne de A.________ a indiqué qu'ils avaient l'intention de se marier prochainement et qu'elle a déposé les papiers en vue du mariage. A.________ lui-même a déclaré qu'il garderait son domicile à V.________ le temps que les papiers soient en ordre pour ce mariage, mais pas qu'il aurait déjà déposé les pièces nécessaires auprès de l'office compétent. S'agissant de la situation financière de A.________, il a des poursuites. Au sujet de son état de santé, dans une lettre, une médecin généraliste atteste du fait qu'elle a vu deux fois A.________ et lui a prescrit un traitement antidépresseur, la médecin mentionnant en outre que, selon des rapports qu'elle a pu voir, son patient a présenté des lithiases rénales en 2014 et 2019. Le père du recourant vit au Kosovo, avec sa nouvelle épouse et leurs deux enfants, et la soeur aînée du recourant vit elle aussi au Kosovo, avec son mari et ses enfants. A.________ prétend qu'il n'a plus de contacts avec eux. A.________ maîtrise la langue locale. La situation personnelle de A.________ s'est améliorée, dans une certaine mesure, depuis le moment des faits qui lui sont reprochés. B.c. Le casier judiciaire suisse de A.________ comporte les inscriptions suivantes: - le 28 août 2012, à 10 jours-amende, avec sursis, pour lésions corporelles simples et voies de fait; - le 12 mars 2020, à 20 jours-amende, avec sursis, pour des menaces proférées par téléphone contre son ex-compagne.