Citation: 2C_452/2019 E. 6.2

6.2. Le 13 juin 2016, l'intimé a été condamné à une peine privative de liberté de 34 mois pour diverses infractions contre l'intégrité sexuelle et physique. Selon les faits qui ressortent de l'arrêt entrepris, il s'en est pris physiquement à son épouse à raison d'une fois par semaine en moyenne, du mois d'octobre 2012 au mois de septembre 2013, devant leurs enfants, allant même à une reprise, le 28 septembre 2013, jusqu'à la blesser à la bouche, avant de la saisir par le cou. En outre, à compter de l'année 2012 jusqu'au 11 septembre 2013, il a forcé son épouse, à quinze ou vingt reprises, à entretenir des relations sexuelles complètes avec lui, malgré les refus clairement exprimés par cette dernière, tout en l'injuriant et en l'empêchant de se dégager. A cela s'ajoute qu'entre l'année 2008 et le 11 septembre 2013, le recourant a, à plusieurs reprises, menacé de mort sa victime. Dans le jugement pénal, le tribunal a retenu que l'intimé avait récidivé en cours d'enquête et n'avait démontré aucune prise de conscience de la gravité de ses actes, ni aucun repentir. L'autorité pénitentiaire a pour sa part relevé que durant l'exécution de sa peine, l'intimé n'avait fait montre que d'une faible capacité d'introspection quant aux infractions commises sur son épouse. La condamnation de l'intimé a ainsi été prononcée pour de très graves infractions qui peuvent sans conteste mener à la révocation d'une autorisation d'établissement, ce d'autant plus que les autorités d'exécution pénales ont constaté une prise de conscience limitée, déjà mentionnée par l'autorité de jugement pénale. On ajoutera à cela que, dans la mesure où le bien juridique menacé est important, en l'occurrence l'intégrité sexuelle et physique, le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux dans l'analyse de la proportionnalité (cf. arrêt 2C_95/2018 du 7 août 2018 consid. 5.2 et les références). En outre, cette condamnation, envers laquelle le législateur a entendu se montrer intransigeant (art. 121 al. 3 let. a Cst. et 66a al. 1 let. h CP; cf. arrêt 2C_95/2018 du 7 août 2018 consid. 5.2), sanctionne des agissements intervenus sur plusieurs années, même postérieurs à l'ouverture de la procédure pénale. L'intérêt public à l'éloignement de l'intimé est ainsi extrêmement important.