Citation: 9C_527/2023 E. 6.1

6.1. Dans une argumentation subsidiaire, le Tribunal cantonal a également considéré que les rachats litigieux effectués par le contribuable étaient insolites et constitutifs d'une évasion fiscale. Il a constaté qu'entre 2008 et 2020, le salaire du recourant avait systématiquement évolué avec les rachats de prévoyance opérés. Dès lors, chaque augmentation de salaire avait été neutre sur le plan fiscal, en raison des rachats effectués auprès de la CP B.________. Le système mis en place par le recourant révélait que les rachats de retraite anticipée avaient en finalité servi à alimenter un compte de libre passage, lequel avait été utilisé de façon comparable à un compte courant. En effet, l'affectation de l'avoir à un compte de libre passage n'impliquait pas nécessairement un objectif de prévoyance, puisque le montant en question pouvait, dès l'âge de 60 ans, être affecté à une autre destination en application de l'art. 16 al. 1 OLP. Partant, il n'était nullement établi que les rachats litigieux étaient justifiés sous l'angle de l'objectif poursuivi par le régime de capitalisation dans la prévoyance professionnelle, soit le maintien du niveau de vie du cotisant de manière appropriée lors de la réalisation d'un cas d'assurance au sens de l'art. 1 al. 1 LPP. Pour la cour cantonale, les éléments précités donnaient bien plus à penser que le recourant n'entendait pas accroître sa prévoyance en vue d'obtenir une rente de vieillesse substantielle, le transfert de tout son avoir sur des comptes de libre passage ne le permettant pas. En revanche, l'intéressé pouvait espérer bénéficier de la déduction fiscale intégrale des rachats effectués sur son revenu, ce qui n'aurait pas été le cas s'il avait affecté les sommes concernées à une autre forme d'épargne, même destinée en finalité à "assurer ses vieux jours".