Citation: B 78/99 02.08.2000 E. 2

2.- La recourante fonde sa prétention sur le fait que l'assurance-invalidité lui a reconnu une incapacité de travail à partir du 28 octobre 1992. a) On cherche vainement au dossier un indice qui permettrait d'admettre que la résiliation des rapports de travail par la recourante était motivée par des raisons de santé. Dans sa lettre de résiliation, la recourante n'a rien signalé de tel. De son côté, l'employeur n'a pas mentionné l'existence de problèmes de santé qui auraient pu être à l'origine de la cessation des rapports de travail. Or, on peut supposer qu'une diminution de la capacité de travail imputable à la maladie ne serait pas passée inaperçue dans le cas d'une employée travaillant en milieu hospitalier et en collaboration avec le personnel médical et paramédical. En outre, quand elle a demandé le versement en espèces de sa prestation de libre passage, la recourante n'a émis aucune réserve au sujet d'éventuelles difficultés de santé qui auraient pu justifier (au lieu d'un paiement en espèces) le versement des prestations légales et réglementaires en cas d'invalidité. La formule qu'elle a rempli a cette occasion comportait l'avertissement suivant: "Je prends note de façon expresse que le versement comptant met fin à tous mes droits envers la Caisse de pensions de l'Etat de Vaud et que je dois dorénavant me charger personnellement de constituer ma prévoyance en utilisant, le cas échéant, le montant reçu à cet effet". Bien qu'une telle déclaration n'ait pas la portée d'une renonciation valable aux droits que pourrait faire valoir ultérieurement un assuré à l'encontre de la caisse (voir ATF123V264consid. 1b),elletendnéanmoinsàdémontrerquelarecourante, àl'époque, nes'étaitpassentieobligée d'abandonner son emploi pour cause de maladie. On en veut pour preuve aussi le fait que la recourante s'est annoncée à l'assurance-invalidité en septembre 1994, soit pratiquement deux ans après la fin des rapports de travail. Il ressort d'autre part des pièces médicales versées au dossier qu'en 1991 la recourante a été incapable de travailler du 21 mai au 23 juin, à 100 pour cent, puis du 24 juin au 6 juillet, à 50 pour cent. Du 16 septembre au 5 octobre, elle a suivi une cure, sur proposition de son médecin traitant, à l'établissement thermal cantonal vaudois de Lavey-les-Bains. Le rapport de sortie établi par des médecins de cet établissement, le 9 octobre 1991, fait état de lombalgies dans le cadre de troubles statiques et dégénératifs, de périarthropathie de la hanche gauche avec rétractions musculaires associées et syndrome du muscle pyramidal gauche et, enfin, de migraines. Les traitements entrepris ont bien été supportés. A la fin du séjour, la patiente a signalé une amélioration des lombalgies. Les médecins terminent leur rapport en mentionnant "l'absence d'argument pour une demande d'AI larvée". Par la suite, l'assurée a repris normalement le travail. En 1992, l'employeur n'a signalé que trois jours d'absence isolés (17 février, 11 mai et 4 juin) pour cause de maladie. Sur la base de l'ensemble ce ces faits, on doit retenir qu'au moment où la recourante a quitté son emploi, elle ne subissait aucune incapacité de travail. Les médecins dont les avis ont été recueillis en 1994 et 1995 par le secrétariat de l'assurance-invalidité l'admettent du reste, puisqu'ils fixent le début de l'incapacité de travail au 1er novembre 1992. Au demeurant, on constate que ces médecins - dont les certificats à l'intention de l'assurance-invalidité ont été établis bien après la fin des rapports de travail - se sontfondésessentiellementsurlesrenseignementsanamnestiquesdonnésparlapatientepourfixer, aposteriori, ledébutdel'incapacitédetravail. b) D'autre part, il n'apparaît pas - cela n'est du reste pas allégué - que l'état de santé de la recourante se soit subitement aggravé au point d'entraîner une incapacité de travail pendant le délai de prolongation de l'assurance de trente jours. Dans le questionnaire qu'il a rempli à l'intention de l'autorité cantonale le 30 avril 1997, le docteur C.________ indique avoir procédé à des infiltrations articulaires et périarticulaires les 30 octobre 1992 et 6 novembre 1992. Aucune incapacité de travail n'a été constatée à cette époque (en fait, la recourante n'a pas informé le médecin, à l'occasion de ces deux consultations, qu'elle avait résilié ses rapports de travail et qu'elle se trouvait désormais sans emploi). Par la suite, la recourante n'a plus consulté le docteur C.________ jusqu'au 9 août 1994. C'est à cette date seulement qu'elle l'a informé qu'elle avait cessé le travail le 30 octobre 1992. On peut donc en conclure qu'il n'y a pas eu de réduction de la capacité de travail au cours du mois de novembre 1992. Que la recourante ait connu certains problèmes de santé en 1992 n'est certes guère contestable. Mais cet élément n'est pas décisif. En effet, ce n'est pas l'apparition des troubles comme tels qui constitue l'événement assuré au sens de l'art. 23 LPP, mais bien la survenance d'une incapacité de travail d'une certaine importance, soit 20 pour cent au moins (VSI 1998 p. 126). c) Dans ces conditions, comme l'ont admis avec raison les premiers juges, il y a lieu de s'écarter de la constatation des organes de l'assurance-invalidité selon laquelle l'incapacité de travail a débuté immédiatement après le dernier jour effectif de travail de la recourante. Cette constatation apparaît manifestement insoutenable sur le vu de l'ensemble des éléments relevés ci-dessus. On doit ainsi conclure que l'incapacité de travail a débuté plus de 30 jours après la fin des rapports de travail, c'est-à-dire à une époque où la recourante n'était plus assurée auprès de la CPEV. Il s'ensuit que le recours est mal fondé.