Citation: P 24/98 26.01.2000 E. 2

2.- a) La caisse a considéré que M.________ avait renoncé, sans obligation juridique ni contre-prestation, à l'usufruit viager accordé par ses enfants au décès de son mari et, en conséquence, a tenu compte dans ses calculs de l'intérêt sur la part des enfants (2,5 % de 273 997 fr.). En outre, elle n'a pas pris en considération les 3/4 de la valeur de l'usufruit entre le 20 décembre 1981 et le 20 dé- cembre 1996, tels que résultant de l'acte de partage du 9 mai 1997 (198 774 fr. dont la prénommée serait redevable aux autres héritiers selon les signataires de l'acte). b) De son côté, M.________ invoque les chiffres con- tenus dans l'acte de partage en soulignant que l'usufruit a été concédé "à titre de partage" selon le chiffre 3 de la réquisition d'inscription de l'immeuble du 7 mai 1982 signée par tous les héritiers, et qu'elle "a eu la jouis- sance durant quinze ans de l'immeuble entier, sans l'en- tretenir, et en ne payant à titre de loyer que les intérêts hypothécaires d'une dette dérisoire (7000 fr.) ". De cela, elle déduit que "le calcul figurant au haut de la page 2 du partage successoral du 9 mai 1997 par 198 774 fr. vise à rétablir la réalité" (4 % sur 441 720 fr. [prix de vente de l'immeuble après déduction de la dette hypothécaire au moment du décès de G. M.________] x 15 ans x 3/4). En d'autres termes, elle soutient que l'usufruit qui lui a été accordé était "un acompte dans le futur partage à intervenir, acompte calculé dans l'acte du 9 mai 1997". c) Les premiers juges ont admis que la recourante était redevable, au moment du partage, de la valeur de l'usufruit calculé sur 15 ans, dès lors qu'il avait été accordé par les autres héritiers "à titre de partage". Ils ont toutefois procédé à d'autres calculs, se fondant non sur un taux d'intérêt moyen, mais sur la valeur locative du logement occupé par l'usufruitière. En ce qui concerne l'immeuble, M.________ était ainsi redevable d'un montant de 61 650 fr. (3/4 de 82 200 fr.). Passant du calcul de la fortune nette à celui du revenu déterminant, les juges cantonaux ont tenu compte de l'usufruit auquel l'intéressée avait renoncé, se fondant là encore sur la valeur locative de l'immeuble (en forte augmentation dans le canton du Jura dès le 1er janvier 1997) et non sur un intérêt hypothétique comme l'avait fait la caisse. d) A ce stade, il peut être noté qu'il paraît assez peu logique d'un côté de considérer que l'usufruit obtenu en 1982 et cédé en 1996 a une contre-valeur dont M.________ est aujourd'hui redevable, puis, d'un autre côté, de retenir que la renonciation de 1996 est intervenue sans contre-prestation.