Citation: 4C.25/2003 19.05.2003 E. A

A.a Au début de l'année 1990, X.________, agent d'assurances diplômé, et deux directeurs de la société G.________ SA, à Bussigny, membre du groupe éponyme comprenant également les sociétés G.________ France Sàrl et G.________ Ltd, ont constitué une société simple en vue de l'achat d'une installation de concassage, puis de la mise en location de cette installation auprès d'un exploitant français. X.________ s'est vu confier le soin d'obtenir de sa banque - D.________, succursale de Montreux - une garantie dégressive de 6'000'000 FRF (francs français) en faveur d'une autre banque, la Société E.________ (ci-après: E.________), qui devait elle-même financer l'opération en octroyant les crédits nécessaires au groupe G.________. X.________ a pris contact avec D.________ pour lui demander d'émettre une garantie ou un cautionnement, moyennant dépôt de diverses valeurs à titre de couverture. Accédant à cette demande, D.________ a adressé à E.________, le 23 février 1990, un document, intitulé "Garantie n° 387", dans lequel elle s'engageait, en couverture d'un crédit que la banque française était disposée à octroyer à G.________ Ltd ou à tout autre bénéficiaire, à lui verser la susdite somme sur simple demande écrite et signée attestant que le crédit n'avait pas été remboursé à son échéance, le 28 février 1993. Il était précisé que la garantie se réduirait automatiquement de 1'000'000 FRF le 28 février 1991 et le 28 février 1992. X.________ a signé une pièce, datée du 23 février 1990 également, dans laquelle il se déclarait d'accord avec le texte de la garantie n° 387 et s'engageait à rembourser D.________ au cas où le bénéficiaire ferait appel à cette garantie. Le 10 octobre 1990, D.________ a envoyé à E.________ une garantie n° 387 modifiée selon les instructions reçues de X.________. Les modifications par rapport à la garantie délivrée le 23 février 1990 consistaient en l'introduction de la société G.________ SA en qualité d'éventuel débiteur, la suppression de la clause de dégressivité et la prolongation de l'échéance jusqu'au 30 septembre 1993. X.________ a apposé sa signature, le 24 octobre 1990, sur une déclaration identique à celle qu'il avait signée pour la garantie initiale. A.b L'installation de concassage, acquise par le groupe G.________, a été cédée en propriété par G.________ Ltd à F.________ SA, société française spécialisée dans le domaine du leasing, qui a conclu un contrat de location avec les sociétés G.________ SA et G.________ France Sàrl et les a autorisées à sous-louer l'installation à un tiers. Le 18 octobre 1990, E.________, à la demande de G.________ Ltd, a émis, au profit de F.________ SA, la garantie n° 894/90, "en couverture d'opérations de location de matériel de concassage" que ladite société pourrait conclure avec G.________ SA. La mise en vigueur de cette garantie était subordonnée au paiement par F.________ SA de 6'000'000 FRF à G.________ Ltd et de 1'116'000 FRF à G.________ France Sàrl. Ces deux paiements ont été effectués le même mois par l'intéressée. A.c Dès le mois de février 1991, X.________, en raison de la défaillance des locataires et afin d'éviter l'appel aux garanties susmentionnées, a payé lui-même, pendant quelques mois, les loyers dus à F.________ SA. Par ordonnance de mesures préprovisionnelles du 18 septembre 1991, suivie d'une ordonnance de mesures provisionnelles du 30 décembre 1991, le Juge instructeur du Tribunal cantonal vaudois a interdit à D.________, qui en avait été requise les 12 septembre et 2 octobre 1991, de payer à E.________ tout ou partie du montant de 6'000'000 FRF faisant l'objet de la garantie n° 387. Le 22 novembre 1991, X.________ a déposé une requête de mesures provisionnelles, dirigée contre la succursale genevoise de E.________, en vue d'obtenir le blocage de la garantie n° 894/90. Ordonnée en première instance, cette mesure a été annulée, sur recours de F.________ SA, par arrêt de la Cour de justice genevoise du 19 décembre 1991. Mise alors en demeure d'exécuter ladite garantie, E.________ y a donné suite en versant à F.________ SA, par chèque du 28 juillet 2002, la somme de 6'245'600 FRF, en capital et intérêts, ainsi qu'une indemnité de 10'000 fr. pour les frais de procédure. Le montant total payé par E.________ a été intégralement débité du compte dont G.________ Ltd était titulaire auprès de cette banque.