Citation: 6S.123/2004 18.06.2004 E. 1

Pour décider si le sursis est de nature à détourner l'accusé de commettre de nouvelles infractions, le juge doit se livrer à une appréciation d'ensemble (ATF 119 IV 195 consid. 3b p. 198). Il doit tenir compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de l'auteur, de sa réputation et de sa situation personnelle au moment du jugement, notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère de l'accusé et ses chances d'amendement (ATF 128 IV 193 consid. 3a p. 199). Pour l'évaluation du risque de récidive, un examen global de la personnalité de l'auteur est indispensable. De vagues espoirs quant à la conduite future du délinquant ne suffisent pas pour émettre un pronostic favorable (ATF 115 IV 81 consid. 2a p. 82). 4.2 Le recourant souligne que, sous réserve d'avoir conduit à deux reprises en 2002 alors qu'il faisait l'objet d'un retrait de son permis de conduire, soit des contraventions (cf. art. 95 ch. 2 LCR), les infractions reprochées, en particulier celles contre le patrimoine, remontent à plusieurs années. On ne saurait dénier que le temps écoulé présente une certaine pertinence pour poser le pronostic. Cet élément ne saurait cependant jouer un rôle décisif en l'occurrence. Selon les constatations cantonales, le recourant a déjà été condamné le 20 juin 1994 à dix jours d'emprisonnement avec sursis pour violation grave des règles de la circulation routière et le 21 septembre 1998 à deux mois d'emprisonnement avec sursis (révoqué dans la présente procédure) pour faux dans les titres. D'août 1997 à février 1998, le recourant a été détenu préventivement en France pour une affaire de blanchiment d'argent. Il a aussi été détenu préventivement en Suisse en 1996 et 1999, chaque fois durant près de trente jours. Il apparaît ainsi que malgré des condamnations et des périodes de détention préventive, le recourant a récidivé, commettant des infractions contre le patrimoine en 1999 et diverses violations aux règles de la circulation jusqu'en 2002, notamment deux conduites en état d'ivresse (en juin 2000 et en novembre 2001, la dernière avec accident). Dans ces conditions, le fait qu'il ait également conduit à deux reprises en 2002 alors qu'il était sous le coup d'un retrait de son permis ne saurait passer pour anodin comme il le voudrait. Au vu de l'ensemble de ces éléments, la cour cantonale pouvait conclure à un réel mépris des lois de la part du recourant. Elle a aussi noté comme élément défavorable l'absence d'une situation professionnelle stable. Compte tenu de son large pouvoir d'appréciation, elle n'a pas violé le droit fédéral en refusant le bénéfice du sursis au recourant.