Citation: 7B_1317/2024 E. 2.3.2

2.3.2. Sous l'angle du droit à la vie privée, il ressort du jugement attaqué que le recourant vit en Suisse depuis 7 ans et qu'il n'a jamais travaillé de manière fixe; il a exercé quelques activités lucratives qui ne lui ont toutefois pas permis de sortir de l'aide sociale; il a fait en outre l'objet de poursuites, dont 13 actes de défaut de biens totalisant plusieurs milliers de francs, et il ne prétend pas qu'il serait au bénéfice d'un quelconque diplôme ou d'une formation professionnelle spécifique (cf. jugement entrepris, p. 74). Il semble avoir adopté un mode de vie en marge de la société. Comme l'a en outre relevé la cour cantonale, la durée de 7 ans pendant laquelle le recourant est resté en Suisse doit être relativisée dans l'examen de son intégration, dans la mesure où il aurait dû quitter le territoire dès le 26 février 2018, qu'il a pu rester provisoirement en Suisse uniquement en raison de la procédure de mariage avec B.________ initiée le 26 novembre 2018 et que la célébration du mariage a eu lieu en 2019. Le recourant ne peut ainsi pas se prévaloir d'une bonne intégration en Suisse. Sous l'angle de la garantie du droit au respect de la vie familiale, le critère déterminant repose sur la présence des deux enfants du recourant en Suisse, puisqu'il est divorcé de la mère de ces derniers depuis en 2022. Cela étant, quand bien même l'expulsion du recourant entraînerait un éloignement de ses enfants et serait susceptible de constituer une atteinte à ses droits garantis par l'art. 8 par. 1 CEDH, la jurisprudence admet que la seule présence en Suisse de ceux-ci ne fait pas obstacle à l'expulsion (cf. consid. 2.2.3 supra), ce d'autant moins que cette atteinte doit être relativisée par l'absence de ménage commun et de relations personnelles régulières avec les enfants. Certes, la convention de divorce du 27 avril 2022 prévoyait initialement l'autorité parentale conjointe des parties sur les enfants du couple et un exercice du droit de visite par le recourant sous la supervision d'une curatrice, d'abord au Point rencontre. Or il ressort des faits établis dans le jugement attaqué - dont le recourant ne démontre pas l'arbitraire - que cette approche était trop rapide pour D.________, qui a été choqué par le comportement violent du recourant en sa présence les 22 janvier, 14 mars et 10 juillet 2022, et que ce dernier ne voit son fils aîné qu'une fois par mois depuis février 2024 et n'a vu son autre fils E.________ en présentiel qu'à une seule et unique occasion, au Point rencontre, quelque temps après sa naissance; en outre, le recourant a fui à l'étranger pendant plusieurs mois après les faits du 10 juillet 2022, ceci alors que son second enfant venait de naître, n'assumant aucune responsabilité de père envers celui-là, si ce n'est la reconnaissance de la paternité, intervenue ultérieurement. On ne saurait dans ces circonstances considérer que le recourant a une relation étroite et effective avec ses enfants, de telle sorte que son expulsion le placerait dans une situation personnelle grave au sens de l'art. 66a al. 2 CP. Quoi qu'en dise le recourant, cette situation lui est en grande partie imputable et il ne saurait aujourd'hui se plaindre de ses contacts trop limités avec ses enfants et faire valoir que ceux-ci ne reposeraient pas sur sa volonté, respectivement que son expulsion serait constitutive d'une inégalité de traitement par rapport à un père qui ne se trouverait pas dans "une situation de divorce compliquée".