Citation: 4A_69/2015 E. 3.3.1

3.3.1. La seconde branche du même moyen a trait aux conséquences financières de la résiliation immédiate injustifiée, à la mi-novembre 2012, du contrat de distribution exclusive, lequel aurait normalement dû prendre fin le 17 septembre 2013, soit quelque 10,5 mois plus tard, sauf reconduction tacite pour une nouvelle période de cinq ans. En vertu de l'art. 17.4 dudit contrat, le dommage à indemniser de ce chef consisterait dans le bénéfice moyen que la partie victime de la résiliation immédiate injustifiée aurait réalisé au cas où le contrat aurait été exécuté jusqu'à son terme, bénéfice moyen à calculer sur la base du chiffre d'affaires annuel précédant la résiliation. Cependant, la partie lésée aurait la faculté d'établir que le préjudice réel subi par elle était supérieur à ce bénéfice moyen, tandis que l'autre partie pourrait tenter de prouver qu'il lui était inférieur. La recourante s'en prend, tout d'abord, à la manière dont a été calculé le dommage subi par l'intimée (recours, p. 11 à 15, n. 4). A l'en croire, l'arbitre se serait uniquement basé, à cette fin, sur le chiffre d'affaires que l'intimée alléguait avoir réalisé entre novembre 2011 et octobre 2012. Ce faisant, il n'aurait tenu aucun compte, fût-ce implicitement, de trois facteurs de réduction du montant du dommage dont elle se serait prévalue devant lui (recours, p. 12 à 14, n. 4.3 let. a à c). Le premier consistait dans l'évolution négative du résultat opérationnel de l'intimée lors de l'exercice déterminant, i.e. du 15 novembre 2012 au 17 septembre 2013 (let. a). Le deuxième tenait au fait que la recourante aurait allégué et prouvé avoir livré huit montres supplémentaires à l'intimée en décembre 2012, nonobstant la résiliation du contrat de distribution exclusive, si bien que le bénéfice issu de la commercialisation de ces montres aurait dû être porté en déduction du gain manqué à indemniser (let. b). De même, le profit dégagé par l'intimée lors de la vente de six autres montres X.________ qu'elle avait acquises par l'intermédiaire du distributeur de la marque à Dubaï aurait-il dû être imputé, en tant que troisième facteur de réduction, sur l'indemnité réclamée par cette partie (let. c). Enfin, pour ce qui est de l'étendue de la réparation, l'arbitre, aux dires de la recourante, aurait dû réduire l'indemnité allouée à l'intimée, voire la supprimer, conformément à l'art. 44 CO, s'il avait pris en considération, comme il aurait dû le faire, les circonstances énoncées ci-après, qu'elle avait dûment alléguées et prouvées (recours, p. 16 à 19, n. 4.3 let. a à c). Premièrement, les pièces du dossier établissaient la possibilité pour l'intimée d'obtenir la marchandise directement auprès de la recourante ou du distributeur de la marque à Dubaï, malgré la résiliation du contrat de distribution exclusive (let. a). Deuxièmement, la fermeture du point de vente de l'intimée à Singapour durant quelques mois en 2013 aurait justifié une réduction proportionnelle du montant du préjudice. En effet, contrairement à l'avis de l'arbitre, qui avait passé sous silence des éléments de preuve pertinents à cet égard, cette fermeture temporaire n'avait pas été provoquée par la résiliation du contrat de distribution exclusive en novembre 2012, mais avait été planifiée par l'intimée dès mars 2011 (let. b). Troisièmement, du propre aveu des organes de l'intimée, celle-ci aurait également interrompu ses ventes en Malaisie en 2013, ce qui avait entraîné une réduction sensible de son chiffre d'affaires durant cet exercice (let. c).