Citation: 1P.4/2003 02.05.2003 E. 1

1.1 Selon la jurisprudence relative à l'art. 88 OJ, celui qui se prétend lésé par une infraction n'a en principe pas qualité pour former un recours de droit public contre les ordonnances refusant d'inculper l'auteur présumé, ou prononçant un classement ou un non-lieu en sa faveur. En effet, l'action pénale appartient exclusivement à la collectivité publique et, en règle générale, le plaignant ou la plaignante n'a qu'un simple intérêt de fait à obtenir que cette action soit effectivement mise en oeuvre. Un intérêt juridiquement protégé, propre à conférer la qualité pour recourir, est toutefois reconnu au plaideur qui se prétend victime d'une atteinte à l'intégrité corporelle, sexuelle ou psychique, au sens de l'art. 2 de la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI), lorsque la décision de classement ou de non-lieu peut avoir des effets sur le jugement de ses prétentions civiles contre le prévenu (ATF 128 I 218 consid. 1.1 p. 219; 121 IV 317 consid. 3 p. 323, 120 Ia 101 consid. 2f p. 109). En l'espèce, la recourante fait état d'une atteinte prolongée à son intégrité sexuelle et psychique et il est évident que devant le Tribunal correctionnel, si cette juridiction devait connaître de la cause, elle pourrait réclamer la condamnation de l'auteur présumé au versement d'une réparation morale. Dans ces conditions, contrairement à l'opinion de l'intimé, il est sans importance qu'elle n'ait pas pris de conclusions civiles déjà au stade de l'enquête (ATF 127 IV 185 consid. 1a p. 187 in medio). 1.2 Dans le délai fixé conformément à l'art. 30 al. 2 OJ, les mandataires successifs de la recourante ont chacun déposé la procuration requise par l'art. 29 al. 1 OJ. Par ailleurs, nonobstant l'opinion différente de l'intimé, il n'y a pas lieu de revenir sur la jurisprudence relative à l'art. 34 al. 2 OJ, déterminante dans la présente affaire, selon laquelle le délai de recours fixé par l'art. 89 OJ ne court pas, notamment, du 18 décembre au 1er janvier (ATF 104 Ia 367; voir aussi ATF 120 IV 44 consid. 1b/dd p. 48). 1.3 Sous réserve d'exceptions non réalisées en l'espèce, le recours de droit public ne peut tendre qu'à l'annulation de la décision attaquée (ATF 128 III 50 consid. 1b p. 53, 127 II 1 consid. 2c p. 5, 126 I 213 consid. 1c p. 216/217); les conclusions tendant au renvoi de l'intimé devant le Tribunal correctionnel sont ainsi irrecevables.