Citation: 4A_230/2014 E. 6

X.________ SA prétend avoir le droit de choisir elle-même, à son gré, le moment où elle fera valoir les droits qui lui ont été cédés par l'administration de la faillite, cela dans le délai qui lui a été imparti à cette fin et qui viendra à échéance le 30 septembre 2014. Selon son argumentation, l'ordonnance de reprise de cause porte atteinte à ce droit et lui cause ainsi un préjudice juridique irréparable. Par l'effet de l'art. 207 al. 1 LP, le procès en libération de dette s'est trouvé de plein droit suspendu dès le prononcé de la faillite (ATF 118 III 40 consid. 5 p. 42; arrêt 4C.180/2005 du 18 novembre 2005, consid. 1.5). La suspension a pris fin, de plein droit également, dès la cession des droits de la masse à X.________ SA (arrêt 5P.60/2007 du 29 janvier 2008, consid. 2.3.5), et l'instruction pouvait être reprise à la requête de la partie la plus diligente (ATF 43 III 130 p. 132). Z.________ Sàrl a présenté la requête idoine. Ces règles ne confèrent en aucune manière à X.________ SA, cessionnaire des droits de la masse, le droit de différer la reprise de cause. Cette partie fait inutilement valoir que celui à qui une prétention est cédée selon l'art. 260 al. 1 LP acquiert le droit d'entreprendre le procès correspondant, sans en avoir l'obligation, et qu'il peut agir à son gré dans le délai imparti lors de la cession, voire plus tard, aussi longtemps que la cession n'est pas formellement révoquée par l'administration de la faillite (ATF 64 III 107 consid. 1 p. 110; arrêt précité 5P.60/2007, consid. 2.3.1 et 2.3.2). Il importe également peu que selon une opinion doctrinale, le cessionnaire n'assume aucun devoir de fidélité envers la masse en faillite et peut privilégier ses propres intérêts (Vincent Jeanneret et Vincent Carron, in Commentaire romand, n° 4 ad art. 260 LP). Rien de cela ne concerne la conduite d'un procès en cours lors de la faillite, dont la suspension est régie par l'art. 207 al. 1 LP. Dès la fin de cette suspension, il appartient au juge saisi de prendre les décisions d'instruction nécessaires à une progression rapide de l'instance, selon l'art. 124 al. 1 CPC, et chaque partie jouit du droit d'obtenir un jugement dans un délai raisonnable, consacré par l'art. 29 al. 1 Cst. La recourante n'est donc pas fondée à revendiquer le droit de s'opposer à la poursuite de l'instruction. L'ordonnance de reprise de cause du 17 octobre 2013 ne lui inflige ainsi aucun préjudice juridique, de sorte que le recours en matière civile se révèle irrecevable au regard de l'art. 93 al. 1 let. a LTF.