Citation: 5P.127/2006 11.07.2006 E. 2

A titre principal, la recourante soutient que la contribution d'entretien a été calculée en violation du "principe" - admis par la jurisprudence - du maintien du train de vie mené pendant la vie commune. Ce n'est donc pas une pension mensuelle de 19'000 fr., mais bien de 22'416 fr., que la juridiction précédente eût dû lui allouer. 2.1 Selon l'arrêt attaqué, par rapport à 1995, les ressources de la recourante ont diminué de 60'000 fr. à 19'000 fr. par an, montant qu'elle perçoit depuis le 1er janvier 2001 à titre de rente entière d'invalidité; celles de l'intimé ont, à l'inverse, augmenté de manière notable, passant de 760'000 fr. à 936'000 fr. Mais, si la situation du débirentier s'est améliorée après la séparation, la contribution d'entretien ne doit pas, pour autant, être relevée. Les charges globales de l'intéressé ont aussi crû de 541'993 fr. à 692'000 fr. L'autorité cantonale a considéré que la différence essentielle par rapport au moment de la séparation réside dans le fait que les enfants sont devenus majeurs et - en tout ou en partie - financièrement indépendants; même si le père subvient encore à leur entretien, le juge des mesures provisoires n'a pas à se soucier de la quotité de la contribution, les relations pécuniaires entre parents et enfants majeurs échappant à sa connaissance. Évaluant à 6'000 fr. par mois la charge financière que représentaient les enfants, le tribunal a retranché ce montant de la contribution de 25'000 fr. par mois, fixée au stade des mesures protectrices, pour arrêter finalement la pension à 19'000 fr., montant qui permet à l'épouse de conserver le train de vie qui était le sien durant la vie commune. 2.2 La recourante affirme qu'un tel calcul est arbitraire, car le montant de 6'000 fr. correspondant à l'entretien des enfants ne devait pas être déduit de la contribution à l'entretien de la famille de 25'000 fr., mais de ses ressources totales en 1995 (30'000 fr. = 25'000 fr. [pension] + 5'000 fr. [revenu]). Sans s'expliquer davantage, elle entend ainsi faire supporter à son mari la diminution de sa capacité de gain et, partant, la baisse de son revenu. Elle ne remet toutefois pas en cause l'opinion selon laquelle l'amélioration de la situation du débirentier postérieure à la séparation n'entraîne pas une augmentation de la pension. Elle ne conteste pas non plus que les charges actuelles de l'intimé se montent à 692'000 fr., et non à 541'993 fr., ni que celui-ci continue à subvenir à l'entretien de son fils majeur qui poursuit des études à l'étranger. Elle ne s'en prend pas davantage à l'affirmation d'après laquelle une pension de 19'000 fr. par mois lui permet de maintenir le train de vie dont elle profitait du temps de la vie commune. Elle ne démontre pas plus que, au regard du revenu [936'000 fr. ou 760'000 fr.] et des charges [692'000 fr. ou 541'993 fr.] de l'intimé, il est manifestement inéquitable d'arrêter sa contribution d'entretien à 19'000 fr. par mois, sachant que l'intéressé assume encore les besoins de son fils majeur. Sur tous ces points, le recours ne satisfait pas aux exigences légales de motivation, en sorte qu'il est irrecevable (cf. supra, consid. 1.3).