Citation: 5A_76/2024 E. 9.3.1

9.3.1. La recourante soutient en second lieu que si le Tribunal fédéral devait considérer l'art. 8 CEDH comme applicable, il devrait juger que la décision querellée contrevient de manière crasse à cette disposition. De l'aveu même de la Cour de justice, elle priorisait en réalité l'intérêt de l'intimée par rapport à celui des enfants. La Cour de justice aurait dû constater que comme dans l'affaire Honner c. France, il existait un litige hors du commun entre les parties, ce qu'elle avait d'ailleurs admis dans sa précédente décision en considérant que " l'on ne saurait retenir que le conflit conjugal émaillé de plaintes pénales et d'actions en protection des droits de la personnalité n'est qu'une « séparation ordinaire » avec les difficultés qui y sont liées "; de surcroît, depuis lors, une nouvelle condamnation pénale était intervenue. La recourante rappelle aussi que dans sa précédente décision, la Cour de justice avait retenu que l' " on ne discerne pas en quoi il serait bénéfique pour les enfant et dans leur intérêt d'être mis en présence d'une personne qui leur est étrangère. Au contraire, mis à part raviver le conflit conjugal, qui certes doit être placé au second plan, et placer les enfants dans une position intenable au vu des discours contradictoires et dénigrants tenus de part et d'autre et du conflit inévitable qui se créerait, il n'était pas prévisible que l'instauration d'un droit de visite serve leur bien. " Le pédiatre des enfants avait confirmé cette position, de même que, après renvoi, deux pédopsychiatres. Il était notamment établi: que l'intimée avait commis plusieurs infractions pénales à son encontre, qu'elle avait toujours été extrêmement dénigrante à son égard, n'hésitant pas à affirmer qu'elle était atteinte de maladies psychiatriques, qu'elle avait porté atteinte à l'intérêt de ses enfants en violant leur personnalité malgré plusieurs mises en demeure, que les nombreuses agressions qu'elle avait commises à son égard avaient provoqué un syndrome de stress post-traumatique se manifestant dès qu'elle entend parler de l'intimée, que les enfants allaient actuellement très bien mais ressentaient déjà, depuis la reprise de la procédure, les inquiétudes de leur mère, que deux éminents pédopsychiatres avaient indiqué qu'une reprise du lien exposerait les enfants à une inquiétude importante et à la perturbation de leur sentiment de sécurité personnelle, que l'intimée était quérulente et incapable de laisser les enfants en dehors du conflit, que l'on ne savait rien de l'évolution de sa situation personnelle, que lorsqu'elle vivait avec la recourante, l'intimée était sous anxiolytiques et antidépresseurs et était incapable de se maîtriser, qu'elle n'avait jamais été proche des enfants - qui n'avaient ressenti aucun manque à son départ -, et qu'elle n'avait jamais mis entre parenthèses son activité professionnelle pour s'occuper d'eux ni contribué à leur entretien. En définitive, il s'agirait de peser les intérêts réciproques en application de l'art. 8 CEDH et de protéger la mère biologique et ses enfants d'une personne qui ne leur veut pas du bien, en refusant le droit aux relations personnelles réclamé à tort par l'intimée. Les droits de la partie qui requiert un droit de visite ne sauraient primer l'intérêt supérieur de l'enfant.