Citation: 7B_541/2024 E. 2.3.3

2.3.3. Ensuite, pour apprécier les chances de succès du procès en appel intenté par les recourantes, le Juge d'appel s'est fondé sur les déclarations des parties, telles qu'elles ressortent du jugement de première instance, sans les avoir entendues; il en a déduit qu'il ne pouvait que se rallier aux développements des premiers juges, respectivement que les chances de succès de l'appel des recourantes étaient très notablement inférieures au risque de succomber, voire inexistantes. Le Tribunal de première instance a certes expliqué en détail les raisons qui l'ont amené à considérer que les déclarations des parties plaignantes manquaient de crédibilité. Selon l'ordonnance attaquée, ce même tribunal a toutefois relevé qu'il ne pouvait pas se forger une conviction quant à l'établissement des faits renvoyés et que les prévenus avaient été libérés en application du principe in dubio pro reo (cf. ordonnance entreprise, p. 12); il a donc éprouvé des doutes au sujet de la culpabilité des prévenus. Dans ces circonstances et dès lors que les parties plaignantes contestent l'appréciation des déclarations effectuée par l'autorité de première instance et que l'on se trouve dans une situation de "déclarations contre déclarations" (cf. ATF 140 IV 196 consid. 4.4.2), il apparaît que la procédure d'appel, dans le cadre de laquelle les prénommés devront être à nouveau entendus, n'est pas d'emblée vouée à l'échec (cf. dans ce sens arrêt 1B_310/2017 du 26 octobre 2017 consid. 2.5). Cela vaut d'autant plus que la juridiction d'appel jouit d'un plein pouvoir d'examen. A tout le moins, il existe un doute sur ce point. L'ensemble des considérations du Juge d'appel au sujet de la crédibilité des déclarations des parties plaignantes, qui s'étendent sur plusieurs pages, ne modifient pas cette appréciation. C'est au juge du fond et non à l'autorité en charge de statuer sur la requête d'assistance judiciaire qu'il incombera d'apprécier la valeur probante de ces déclarations; il n'appartient en effet pas au juge de l'assistance judiciaire, qui doit se contenter d'un examen sommaire des chances de succès, de faire des spéculations sur le résultat de mesures probatoires futures (HARARI/CORMINBOEUF HARARI, op. cit., n o 37 ad art. 136 CPP). A ces éléments s'ajoutent enfin l'importance de l'issue de la procédure pour les parties plaignantes, compte tenu des enjeux du procès en cause.