Citation: 5P.443/2006 18.12.2006 E. 3

La recourante se plaint d'une violation de son droit d'être entendue au sens de l'art. 29 al. 2 Cst.; elle reproche à l'autorité cantonale d'avoir refusé de procéder à l'audition de Y.________, alors que son témoignage revêtait un intérêt primordial pour apprécier les relations personnelles entre elle et ses enfants. 3.1 Le droit d'être entendu étant une garantie de procédure de nature formelle, dont la violation est sanctionnée par l'annulation de la décision attaquée indépendamment des chances de succès du recours sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437), ce moyen doit être examiné au préalable (ATF 124 I 49 consid. 1 p. 50). 3.2 A l'instar de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 108 Ia 293 consid. 4c p. 294), l'art. 8 CC accorde au justiciable le droit de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 290; Hohl, Procédure civile, t. I, n. 1135 ss, avec d'autres citations). Cette dernière norme est une disposition fédérale en matière de preuve selon l'art. 63 al. 2 OJ, en sorte que sa transgression peut être dénoncée à l'appui d'un recours en réforme lorsque - comme en l'espèce - celui-ci est ouvert (Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. II, n. 4.4.1 et 4.4.3 ad art. 43 OJ et les arrêts cités). Partant, le moyen apparaît irrecevable dans cette mesure (art. 84 al. 2 OJ). Au demeurant, la juridiction précédente a estimé que, dès lors que les faits constatés permettaient de conclure que la rupture des relations personnelles entre les parties n'était pas exclusivement imputable aux intimés, l'ouverture d'enquêtes et l'audition du prénommé n'étaient pas nécessaires. Or, la jurisprudence a rappelé à maintes reprises qu'une pareille appréciation anticipée des preuves n'enfreint pas le droit d'être entendu (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 428/429 et les nombreux arrêts mentionnés), mais peut être critiquée au titre de l'arbitraire (ATF 115 Ia 8 consid. 3a p. 11/12 et la jurisprudence citée), grief que la recourante a du reste soulevé (cf. infra, consid. 4).