Citation: 6B_1231/2020 E. 1.3.4

1.3.4. Au reste, le recourant ne parvient pas à démontrer que l'autorité précédente a apprécié les preuves de manière arbitraire au moment de déterminer l'état d'esprit qui avait animé l'intimé. Ainsi, si l'existence d'un risque pour l'intégrité corporelle d'autres policiers, dans le cadre de l'opération que ceux-ci étaient alors en train de mener, n'était certes objectivement qu'une simple hypothèse, rien n'exclut qu'au moment des faits, l'intimé, encore peu expérimenté, ait pour sa part perçu la situation comme dénotant une menace concrète pesant sur l'intégrité physique de ses collègues. A cet égard, le recourant ne conteste pas que, peu de temps avant les faits, l'intimé avait été informé d'une recrudescence de vols de véhicules et de cambriolages commis la nuit par des individus susceptibles d'être armés, qui étaient " extrêmement déterminés " et " prêts à tout pour prendre la fuite ", l'un d'eux s'étant fait connaître en France en raison d'un meurtre (cf. arrêt attaqué, ad " En fait ", let. b et c p. 2). Il ressort en outre des constatations de la cour cantonale que l'intimé avait affirmé vouloir se rendre sur les lieux pour prêter assistance à ses collègues, ayant retenu lors de sa formation que les policiers devaient toujours être " deux pour un " alors que trois personnes étaient signalées à bord du véhicule suspect (cf. arrêt attaqué, ad " En fait ", let. l p. 4). Par ailleurs, si la loi ne prévoit certes pas que l'infraction puisse être requalifiée en tenant compte de la différence de vitesse entre celle de l'auteur et celle qui aurait été proportionnée au cas d'espèce lorsqu'il s'agit d'une course officielle urgente (cf. arrêt 6B_1161/2018 du 17 janvier 2019 consid. 2.3), rien n'excluait en revanche de tenir compte, lors de l'appréciation de la faute subjective devant être imputée à l'intimé, que celui-ci avait eu connaissance de la directive, établie par le Procureur général à l'attention de la police, tenant pour proportionnée une vitesse deux fois supérieure à celle signalée lorsque la course officielle d'urgence vise à protéger l'intégrité corporelle d'autrui.