Citation: 2C_537/2023 E. 3.6

3.6. Pour le surplus, on rappellera qu'en droit européen, le regroupement familial est avant tout conçu et destiné à rendre effective et à favoriser la libre circulation des travailleurs, en leur permettant de s'intégrer dans le pays d'accueil avec leur famille; cette liberté serait en effet illusoire si les travailleurs ne pouvaient l'exercer conjointement avec leur famille. L'objectif du regroupement familial n'est donc pas tant de permettre le séjour comme tel des membres de la famille des travailleurs ressortissants de l'Union européenne que de faciliter la libre circulation de ces derniers, en éliminant l'obstacle important que représenterait pour eux l'obligation de se séparer de leurs proches (cf. ATF 130 II 113 consid. 7.1 et les arrêts et références cités; arrêts 2C_875/2020 du 2 février 2021 consid. 4.1; 2C_739/2017 du 17 avril 2018 consid. 4.1). En d'autres termes, le regroupement familial tel que prévu aux art. 3 par. 1 annexe I ALCP et 7 let. d ALCP vise à assurer que les travailleurs ressortissants d'un Etat contractant ne renoncent pas à la libre circulation pour des motifs familiaux, en réunissant la famille et en lui permettant de vivre sous le même toit (cf. arrêts 2C_875/2020 précité consid. 4.1; 2C_739/2017 précité consid. 4.1; 2C_131/2016 du 10 novembre 2016 consid. 4.4). Or, en l'occurrence, il ressort des constatations de l'arrêt attaqué que la fille de la recourante est arrivée en Suisse en 2016 pour y exercer une activité professionnelle, pays dans lequel elle réside depuis lors au bénéfice d'une autorisation de séjour régulièrement renouvelée. Au moment où la recourante a demandé le regroupement familial avec sa fille, cette dernière vivait donc séparée d'elle depuis 4 ans. Comme le relèvent aussi bien le Tribunal administratif fédéral que le Secrétariat d'État, il n'apparaît donc pas que l'octroi d'une autorisation de séjour à la recourante réponde à l'objectif premier visé par le regroupement familial prévu par l'ALCP. Il n'y a toutefois pas besoin d'examiner plus avant la cause sous cet angle, au vu des considérants exposés auparavant (cf. supra consid. 3.4 et 3.5).