Citation: C 11/05 16.08.2005 E. 5

5.1 Analysant le cas d'espèce sous l'angle d'une reconsidération, les premiers juges ont retenu que la caisse intimée était fondée à réclamer la restitution des indemnités de chômage versées pour la période allant du 15 au 31 août 2003. Ils estimaient que l'allocation de ces indemnités était manifestement erronée, au seul motif que l'aptitude au placement de la recourante pour cette période avait été niée par l'ORP dans une décision entrée en force. Pour sa part, la recourante conteste essentiellement la décision du 19 septembre 2003 par laquelle l'ORP l'a déclarée inapte. Elle reproche à la juridiction cantonale de ne pas avoir tenu compte de ses recherches d'emploi postérieures au 15 août 2003, de son droit à cinq jours sans contrôle et de sa volonté déclarée de travailler jusqu'à la fin août, comme indiqué dans la lettre adressée le 19 août 2003 à l'ORP. Elle mentionne également ne pas avoir recouru contre la décision d'inaptitude en raison du manque de temps dû aux nombreuses démarches qu'avait entraînées son installation en France. Elle fait enfin état d'une situation financière précaire. 5.2 Contrairement à ce qu'affirme la juridiction cantonale, le seul fait qu'une décision d'inaptitude au placement pour une période donnée ait été rendue, en l'espèce postérieurement au paiement des indemnités journalières de l'assurance-chômage, ne permet pas de conclure que ce paiement résulte d'une décision (matérielle) manifestement erronée. En revanche, l'enchaînement des faits depuis l'inscription au chômage de la recourante permet d'aboutir à une telle conclusion. En effet, dans la demande d'indemnité adressée à la caisse intimée, la recourante n'avait pas indiqué qu'elle limiterait ses recherches d'emploi à une date précise, le 15 août 2003 en l'occurrence, ni mentionné son départ en France pour le début du mois de septembre. Cependant, la caisse intimée a eu connaissance de ces éléments au plus tard à la fin du mois de juin 2003, puisqu'elle était en possession du formulaire «preuves de recherches personnelles effectuées en vue de trouver un emploi» remis par l'assurée le 18 juin 2003 et de la copie de la lettre adressée par celle-ci le 30 mai 2003 à l'Agence Z.________. P.________ y mentionnait expressément qu'elle était disponible jusqu'à la mi-août 2003 au maximum, qu'elle préparait son déménagement dès le 16 et qu'elle quitterait la Suisse dès le 31. De surcroît, la caisse intimée a été informée de la procédure d'examen de l'aptitude au placement de la recourante ouverte par l'ORP, étant donné qu'elle avait reçu copie des courriers des 15 et 19 août 2003 échangés par les parties. Elle connaissait donc, à la fin du mois d'août, les motifs de la procédure en cours (restrictions mises par l'assurée dans ses offres d'emploi) lui permettant de se faire une idée précise de l'issue de celle-ci. Il apparaît ainsi clairement que la recourante n'était pas apte à être placée entre le 15 et le 31 août 2003. Une des exigences légales dont dépend le droit aux prestations faisant défaut, celle-ci ne pouvait prétendre au versement des indemnités de chômage pour la période litigieuse. Les éléments que la caisse avait au dossier au moment où elle a octroyé lesdites indemnités lui permettait, sans autre, d'aboutir à cette conclusion. Par conséquent, la décision matérielle du 2 septembre 2003 par laquelle les indemnités de chômage ont été versées à la recourante pour la période du 15 au 31 était manifestement erronée. En outre, la rectification de cette décision revêt incontestablement une importance notable au vu du montant des prestations octroyées indûment (1'805 fr.95; cf. DTA 2000 n° 40 p. 208), de sorte que les conditions d'une reconsidération au sens de l'art 53 al. 2 LPGA et de la jurisprudence, partant d'une restitution, sont réunies.