Citation: 1B_474/2020 E. 3.2

3.2. Le recourant remet en cause l'impartialité de la juge intimée. Il se prévaut tout d'abord du fait que celle-ci aurait volontairement entravé pendant près de dix mois la consultation du dossier. Le recourant se plaint à cet égard du fait qu'elle aurait affirmé les 27 mars 2019 et 7 mai 2020 ne pas disposer du dossier, alors qu'il avait été scanné selon une note manuscrite de la greffière. Comme retenu précédemment, l'existence d'un acte délibéré de la magistrate n'a pas été établi (cf. consid. 2.2 ci-dessus). Le recourant a en l'occurrence obtenu une copie des pièces du dossier dès qu'il a réitéré sa demande. Quoi qu'en dise le recourant, le courrier du 7 mai 2020 de la magistrate ne dénote pas une intention de celle-ci de lui nuire en raison du dépôt d'une demande de récusation à son encontre le 3 mai 2019. En effet, l'intimée a exposé dans ses observations que, contrairement au dossier du Ministère public, celui du Tribunal correctionnel n'avait pas été scanné. Aussi, le fait qu'elle a affirmé, dans son courrier du 7 mai 2020, que le dossier n'était pas scanné et que les deux classeurs du Tribunal étaient à disposition de la défense pour consultation, n'apparaît pas contradictoire et on ne saurait y voir la confirmation d'une volonté de cette magistrate d'entraver la consultation du dossier par la défense. Le recourant ne conteste au demeurant pas avoir eu la faculté de consulter l'intégralité du dossier, avant l'ouverture des débats le 18 mai 2020. Ensuite, le recourant voit également un indice de partialité de la Juge intimée dans le fait que celle-ci aurait systématiquement refusé ses réquisitions de preuves (expertise des loyers; audition de témoins; production de pièces); il affirme de plus que le refus de l'intimée d'auditionner les témoins ne serait pas motivé. Le recourant invoque en outre des décisions contradictoires de l'intimée quant à la nécessité de prouver les loyers non abusifs. Le recourant semble perdre de vue que les parties ne disposent pas d'un droit inconditionnel à l'administration des moyens de preuve qu'elles pro posent. La direction de la procédure n'est en effet pas tenue d'administrer des preuves sur des faits qu'elle tient pour non pertinents (cf. art. 139 al. 2 CPP). Le refus de donner suite à des réquisitions de preuves que la juge intimée estime à tort ou à raison inutiles ne saurait être assimilé à un parti-pris en défaveur du recourant. La procédure de récusation n'a pas pour objet de permettre aux parties de contester les différentes décisions incidentes prises par la direction de la procédure (cf. consid. 3.1 ci-dessus). Il sied à cet égard également de relever que, contrairement à ce que soutient le recourant, le refus du 6 avril 2020 de la Juge intimée d'auditionner les quatre témoins proposés par la défense est motivé, même si cette motivation est succincte (cf. art. 331 al. 3 première phrase CPP); celle-ci a en effet exposé que ces témoignages n'étaient pas nécessaires car ils portaient sur des faits qui n'étaient pas visés par l'acte d'accusation. En l'occurrence, le recourant a reformulé ses différentes requêtes de preuve devant le Tribunal correctionnel, sous forme de questions préjudicielles, à l'ouverture des débats le 18 mai 2020 (cf. art. 331 al. 3 in fine et 339 al. 2 CPP), lequel les a écartées. Il appartiendra ainsi, le cas échéant, à la juridiction d'appel de juger de l'opportunité des moyens de preuve requis par le recourant. Par ailleurs, l'instance précédente a exposé de manière convaincante que le fait que la magistrate intimée ait considéré inutile, pour l'examen de la condi tion subjective de punissabilité de l'infraction de faux dans les titres, la question de savoir si les loyers litigieux étaient ou non abusifs, tout en considérant le cas échéant cette question pertinente sous l'angle de la faute et de la peine, et qu'elle ait donc voulu rassembler les documents utiles en vue d'un calcul selon la méthode du rendement, n'apparaît pas contradictoire ou déloyal et n'est pas de nature à rendre l'intimée suspecte de prévention. Enfin, le recourant entend déduire une apparence de prévention de la magistrate du fait qu'elle a communiqué aux parties, quelques jours avant l'audience de jugement, une centaine de pages de pièces figurant à l'inventaire; cette magistrate aurait ainsi "étoffé" le dossier pénal au dernier moment, sans numéroter lesdites pièces et sans lui laisser le temps de se déterminer sur cette constitution nouvelle du dossier. En l'occurrence, les pièces figurant à l'inventaire font partie du dossier et le recourant ne conteste pas, dans son mémoire de recours, avoir eu la faculté de les consulter. Quoi qu'il en soit, le recourant méconnaît à nouveau que d'éventuels vices de procédure doivent être réparés dans le cadre des procédures de recours ordinaires. L'instance précédente retient d'ailleurs que le recourant disposait en l'espèce de la faculté - qu'il a utilisée - d'invoquer les faits précités, et les moyens de droit y relatifs, devant le Tribunal correctionnel, notamment s'agissant du dossier et des preuves recueillies (art. 339 al. 2 let. d CPP). Le recourant dispose encore de la possibilité de soulever ces points devant la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice.