Citation: 8C_451/2012 E. A

M.________ travaillait en qualité de nettoyeur pour l'entreprise X.________ SA. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas accidents (CNA). Le 25 avril 2007, il est tombé d'une échelle en nettoyant des vitres et s'est fracturé le calcanéum gauche. Le lendemain, il a subi une intervention, consistant en une réduction sanglante et une ostéosynthèse par voie externe et plaque en acier. L'assuré a été examiné par le docteur A.________, médecin d'arrondissement de la CNA, le 30 novembre 2007. Ce dernier a constaté une évolution défavorable, avec syndrome algique et raideur sous-astragalienne persistante. L'incapacité de travail était totale. Le 8 avril 2008, l'assuré a subi une arthrodèse sous-talienne de distraction avec greffon décortiqué, hétérologue et autogreffe spongieuse prélevée au tibia latéral ainsi qu'une ablation du matériel d'ostéosynthèse. Dans un rapport du 9 septembre 2008, le docteur A.________ a indiqué que la situation n'était pas stabilisée et a préconisé un séjour à la Clinique Y.________. M.________ a séjourné à la Clinique Y.________ du 30 septembre au 28 octobre 2008. Dans leur rapport du 5 novembre 2008, les médecins de Y.________ ont relevé que l'intéressé se plaignait de douleurs persistantes. Ils ont mis en évidence l'existence d'une neuropathie du nerf sural gauche, laquelle n'expliquait toutefois pas en totalité la symptomatologie alléguée. Si celle-ci devait perdurer en ambulatoire, les médecins proposaient d'effectuer une scintigraphie à la recherche d'une algodystrophie frustre. L'incapacité de travail restait pour l'heure totale, la situation médicale n'étant pas complètement stabilisée. Une scintigraphie osseuse du pied gauche, réalisée le 20 novembre 2008, a montré que la consolidation sous-talienne n'était pas acquise et qu'elle nécessitait une révision. L'assuré a été réopéré du pied le 22 janvier 2009 (réarthrodèse sous-talienne gauche avec greffe autologue) par le docteur S.________, médecin adjoint auprès du Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil moteur de la Clinique Z.________. Celui-ci a relevé, dans un rapport du 4 mai 2009, que le bilan radiologique du jour mettait en évidence une fracture consolidée sur toute sa longueur. En raison d'une persistance des plaintes algiques, de la boiterie et de l'impossibilité de charger le pied gauche, le docteur A.________ a préconisé un nouveau séjour à la Clinique Y.________ (cf. rapport du 5 juin 2009), lequel s'est déroulé du 17 juin au 9 juillet 2009. Du rapport de sortie du 16 juillet 2009, il ressort que les examens neurologiques ont montré la persistance d'une neuropathie du nerf sural gauche considérée comme source des douleurs neurogènes. Les examens radiologiques étaient toutefois rassurants, avec une consolidation semblant acquise et un matériel d'arthrodèse en place, sans lyse ni signe de descellement. Une évolution favorable devait raisonnablement être attendue dans les six mois, même si des facteurs non médicaux étaient vraisemblablement présents (focalisation sur la douleur, peur d'un nouvel échec, perception élevée du handicap fonctionnel). D'ici-là, l'incapacité de travail restait totale. L'assuré a été revu par le docteur S.________ le 28 octobre 2009. Dans son rapport subséquent, ce praticien a indiqué que les problèmes de la consolidation calcanéenne et de l'arthrodèse sous-talienne étaient réglés. Cependant, l'assuré restait algique au point où une reprise d'une quelconque activité professionnelle lui semblait impossible. Cliniquement, le docteur S.________ a observé un pied sans tuméfaction ainsi qu'une bonne mobilité de la cheville. Il subsistait des phénomènes d'hyperesthésies sur le territoire du nerf sural et des douleurs de la coque talonnière. Selon lui, la situation permettait en théorie une reprise du travail à 100 % mais il y avait ces douleurs difficiles à expliquer, lesquelles apparaissaient au premier plan et empêchaient l'assuré d'envisager toute possibilité de travail. Il a préconisé une réorientation professionnelle devant être commencée le plus rapidement possible. Dans son rapport d'examen final du 8 mars 2010, le docteur A.________ a estimé que la situation était stabilisée, avec un dommage permanent indemnisable. Il a fixé les limitations fonctionnelles suivantes: pas de marche longue en terrain plat ni de travaux en terrain instable, pas d'utilisation d'échelles, escaliers et/ou échafaudages, pas de travail à genoux ou accroupi et pas de port de charges supérieures à 5 kilos. Dans une activité adaptée, en position essentiellement assise et respectant toutes les restrictions énoncées, la capacité de travail était entière. Par lettre du 11 mars 2010, la CNA a informé l'assuré qu'hormis la prise en charge de contrôles médicaux occasionnels (un à deux par année) chez son médecin traitant avec prescription éventuelle de médicaments de type antalgiques, elle mettrait fin au paiement des soins médicaux et au versement de l'indemnité journalière avec effet au 1 er août 2010. Sur mandat de son médecin traitant, le docteur B.________, l'assuré a subi un CT de la cheville et du pied gauche le 20 mai 2010. Il ressort de cet examen que l'arthrodèse est complète et consolidée. Par décision du 2 février 2011, la CNA a alloué à l'assuré, à partir du 1 er août 2010, une rente d'invalidité fondée sur une incapacité de gain de 19 % ainsi qu'une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 18'690 fr., correspondant à une diminution de l'intégrité de 17,50 %. L'assuré a formé opposition à cette décision. A l'appui de son écriture, il a produit un certificat du docteur B.________, du 11 novembre 2010, dont il ressort que l'assuré ne pouvait pas reprendre son activité de nettoyeur en raison d'un état douloureux chronique. Par une nouvelle décision du 20 mai 2011, la CNA a rejeté l'opposition.