Citation: 6B_146/2020 E. 1.2.2

1.2.2. Selon la cour cantonale, l'expertise de crédibilité satisfaisait aux exigences méthodologiques posées par la jurisprudence, elle était soigneusement motivée, ne présentait pas de lacunes, répondait à toutes les questions posées et formulait des conclusions qui découlaient logiquement de l'analyse effectuée. La cour cantonale a estimé qu'il n'y avait pas lieu de s'écarter de cette expertise, selon laquelle la déclaration de l'intimée était crédible et aucune raison factuelle ne permettait de retenir un mensonge de sa part. L'experte judiciaire avait considéré, en s'appuyant sur des éléments convaincants, que les premières déclarations de la jeune fille satisfaisaient à sept des dix-neuf critères de la méthode d'évaluation dont trois parmi les cinq premiers. L'experte avait affirmé que la crédibilité des déclarations résultait également d'autres éléments dits « de vérification », à savoir le langage utilisé par la jeune fille (conforme à son niveau de développement, précis et sans trace d'influence d'un tiers ayant fait pression sur elle), la concordance entre son âge et sa maturité, de même que l'expression d'émotions et l'apparition d'une attitude plus agitée ainsi que des pleurs lors de l'évocation des agissements qu'elle affirmait avoir subis. L'experte avait considéré, de manière à emporter la conviction de la cour cantonale, que les dires de la jeune fille ne résultaient pas d'affabulations, ni, faute d'éléments suffisants pour l'affirmer, d'une volonté de nuire ou de se venger de son grand-père par loyauté envers son père biologique, ni encore d'un contexte de suggestion/induction en lien avec le conflit latent existant entre ses parents, ni finalement, de faux souvenirs.