Citation: 1P.195/2000 23.05.2000 E. 2

2.- La recourante invoque les art. 58 aCst. , 30 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH. Elle relève que le Juge cantonal Z.________ faisait partie de la cour cantonale qui a rejeté son pourvoi. Or, ce magistrat était précédemment l'avocat de Y.________ dans la procédure de divorce ayant abouti au jugement rendu le 4 juin 1980. Cela constituerait un cas de récusation obligatoire au sens de l'art. 25 let. c du code de procédure valaisan. a) D'après la jurisprudence rendue en matière de récusation d'un juge, le motif de récusation doit être invoqué dès que possible, à défaut de quoi le plaideur est réputé avoir tacitement renoncé à s'en prévaloir (ATF 119 Ia 228 ss consid. 5a, 118 Ia 284 consid. 3a, 116 Ia 138 consid. 2d). En particulier, il est contraire à la bonne foi d'attendre l'issue de la procédure pour se prévaloir de la composition incorrecte de l'autorité à l'occasion d'un recours, alors que le motif de récusation était déjà connu auparavant (ATF 114 Ia 280 consid. 3e). En l'espèce, on ne saurait reprocher à la recourante de ne pas avoir demandé la récusation du Juge Z.________ au moment du dépôt de son recours ou, à tout le moins, avant que la cour cantonale ne statue. En effet, le Tribunal cantonal comprend onze juges, et les cours sont composées de trois juges. La recourante ne pouvait donc s'attendre d'emblée à ce que le magistrat contesté statue sur son pourvoi. S'agissant d'un cas allégué de récusation obligatoire, elle pouvait au contraire présumer que le magistrat se récuserait d'office s'il était appelé à fonctionner dans la cause. b) Indépendamment des règles cantonales sur l'organisation et la composition des tribunaux, qui comprennent les prescriptions relatives à la récusation des juges et dont le justiciable peut exiger une application exempte d'arbitraire, la garantie d'un tribunal indépendant et impartial instituée par l'art. 6 par. 1 CEDH, à l'instar de la protection conférée par les art. 58 aCst. et 30 al. 1 Cst. , permet au plaideur d'exiger la récusation d'un juge dont la situation ou le comportement est de nature à faire naître un doute sur son impartialité. Elle tend notamment à éviter que des circonstances extérieures à la cause ne puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment d'une partie. Elle n'impose pas la récusation seulement lorsqu'une prévention effective du juge est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée; il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules des circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération, les impressions purement individuelles d'une des parties au procès n'étant pas décisives (ATF 125 I 119 consid. 3a p. 122 et les arrêts cités). La jurisprudence considère que certains liens, en particulier professionnels entre un juge et une partie, peuvent constituer un motif de récusation. Il en va ainsi d'un juge pénal exerçant la profession d'avocat et ayant un intérêt financier dans une affaire connexe à la procédure pénale (ATF 116 Ia 135), d'un juge à temps partiel lié à une partie par un contrat de mandat en qualité d'avocat ou intervenu à plusieurs reprises pour une partie en tant qu'avocat (ATF 116 Ia 485 consid. 3 p. 488 ss), ou d'un juge suppléant appelé à statuer dans une affaire soulevant les mêmes questions juridiques qu'une autre cause pendante qu'il plaide comme avocat (ATF 124 I 121).