Citation: 6B_1241/2020 E. 3

En substance, le jugement querellé, auquel on renvoie pour le surplus, repose sur la motivation suivante. Le recourant, partie plaignante, ne contestait pas avoir voulu rencontrer l'intimé, prévenu, en sa qualité de journaliste, pour le charger de rédiger un article " choc " mettant en cause son ancien supérieur hiérarchique, qu'il jugeait seul responsable de son licenciement. Dans la mesure où les informations fournies au prévenu dans ce contexte devaient constituer la base d'un article destiné à être publié dans la presse, l'entretien ne constituait pas une conversation privée et seule était litigieuse l'intention de la partie plaignante de divulguer publiquement son implication dans la campagne électorale menée par le candidat sorti vainqueur des urnes. La cour cantonale a relevé, dans ce contexte, que la partie plaignante éprouvait une haine viscérale à l'encontre de son ancien supérieur hiérarchique, qu'elle était animée par la volonté de dénoncer publiquement l'injustice dont elle se disait victime et s'était rendue à plusieurs reprises dans le bureau du journaliste pour lui faire part de ses déboires professionnels. L'entretien du 20 novembre 2012, enregistré à son insu, s'était globalement déroulé dans les mêmes circonstances que les précédents. La première partie de la discussion avait été exclusivement consacrée à la situation personnelle et professionnelle de la partie plaignante et portait ainsi indiscutablement sur des données que celle-ci souhaitait ardemment rendre publiques. Lorsqu'elle avait enchaîné spontanément sur le thème des élections communales, en faisant allusion à une plainte pénale que le candidat perdant avait a priori déposée contre elle pour avoir endommagé ses affiches électorales, ses propos s'inséraient d'emblée dans le cadre de la discussion initialement consacrée à son licenciement puisqu'elle affirmait que la campagne qu'elle avait menée en faveur du candidat victorieux lui avait donné l'occasion de se venger de son ancien supérieur hiérarchique. Il s'en était suivi une discussion à bâtons rompus au cours de laquelle elle avait exposé avec fierté et force détails, parfois même avec malice, la nature de ses activités. Elle n'avait eu de cesse de se vanter de la manière dont elle avait fait capoter la candidature de son ancien chef de service, sans jamais demander au journaliste de ne pas divulguer ses déclarations délibérément revanchardes. Elle n'avait pas été fallacieusement amenée à s'exprimer sans réserve sur ce sujet. Les quelques questions qui lui avaient été posées n'apparaissaient ni suggestives, ni captieuses et lui laissaient toute latitude de poursuivre ou non la discussion en obtenant, si nécessaire, une garantie de confidentialité. Il apparaissait même qu'elle prenait plaisir à fournir des explications détaillées et occasionnellement ironiques sur l'apparente efficacité des moyens qu'elle avait mis en oeuvre pour châtier son ancien supérieur hiérarchique. Les informations communiquées faisaient ainsi partie intégrante du thème de l'article que son interlocuteur était censé rédiger. Elles en constituaient en quelque sorte l'épilogue, qu'elle qualifiait elle-même de blague de " patachon " [sic], qualificatif dont l'emploi démontrait qu'elle avait été longtemps convaincue d'être habilement parvenue à brocarder son ancien supérieur hiérarchique en jouant le rôle d'un " instigateur honnête " et qu'elle n'avait compris que tardivement que son comportement était de nature à l'incriminer pénalement. Cela illustrait plus particulièrement le fait qu'au moment où elle s'était entretenue avec le journaliste, elle était indéniablement animée d'un esprit de bravade et n'entendait surtout pas cacher son implication dans la campagne qu'elle prétendait avoir menée en faveur du candidat élu. La publication d'un article incluant une telle information lui aurait en effet permis de critiquer publiquement son ancien supérieur hiérarchique et, plus encore, de le narguer en se présentant comme le principal artisan de sa défaite électorale. La cour cantonale a encore relevé, dans ce contexte, que si telle n'avait pas été sa réelle intention et si elle n'avait pas cru, à tort, qu'elle pouvait s'exprimer publiquement en toute impunité, on n'aurait pas compris pour quel motif elle aurait accepté sans broncher, à l'issue de la discussion, de rédiger une lettre confirmant l'ensemble des informations qu'elle venait de communiquer. Le tiers qui avait assisté à l'entretien avait du reste déclaré, en qualité de personne appelée à donner des renseignements, que la partie plaignante voulait que son ex-supérieur hiérarchique eût connaissance du contenu de cette lettre et, autant que la cour cantonale l'avait comprise, la partie plaignante n'avait jamais clairement prétendu que cette missive ne devait pas servir de base à un article. Elle semblait au contraire s'offusquer du fait que le journaliste n'en ait rédigé aucun et ait finalement préféré produire ce document au Service des communes. Il ressortait en tout état de cause de son audition du 11 juin 2013 que la partie plaignante était parfaitement acquise à l'idée que l'article " choc " dont elle attendait la publication porterait à la fois sur les circonstances de son licenciement et sur la campagne qu'elle avait menée en faveur du vainqueur des élections. La cour cantonale en a conclu que toutes les informations transmises oralement au journaliste le 20 novembre 2012, de même que leur retranscription dans la lettre, avaient pour vocation d'être rapportées dans la presse ou, à tout le moins, portées à la connaissance de tiers. La partie plaignante ne s'était donc pas exprimée dans l'attente légitime que tout ou partie de ses propos ne soient pas accessibles à tout un chacun ou, autrement dit, dans un contexte non public.