Citation: I 1/05 28.04.2006 E. 3

3.1 La juridiction cantonale a fait siennes les considérations de l'office intimé selon lesquelles l'assuré, même valide, utiliserait de toute façon une automobile pour se rendre à son lieu de travail situé à R.________. D'une part, elle s'est fondée pour cela sur les déclarations de l'intéressé qui a indiqué qu'il utiliserait sa voiture pour se rendre à son bureau, même s'il n'était pas atteint dans son intégrité physique. D'autre part, le tribunal cantonal a considéré qu'au vu de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce (moyens de transport publics disponibles, spécificités du trajet, distance à parcourir et temps nécessaire), l'assuré se rendrait à son lieu de travail en voiture. De son côté, le recourant fait valoir que l'utilisation d'un véhicule à moteur personnel pour se rendre à son lieu de travail est nécessitée par l'invalidité. Sans atteinte à la santé, il aurait quitté depuis bien longtemps son employeur actuel et travaillerait à D.________ où se trouve le centre économique du canton du Valais. Toutefois, parce qu'il est invalide et qu'il ne lui est pas possible de trouver une autre fonction à responsabilité en travaillant à raison d'un horaire de travail de 60 %, il a dû rester au service de son employeur et accepter que son lieu de travail fût déplacé à R.________. 3.2 Sur le vu de la jurisprudence exposée au consid. 2.2, les considérations de la juridiction cantonale, selon lesquelles le recourant, même valide, utiliserait une automobile pour se rendre à son lieu de travail, sont dénuées de pertinence pour trancher le présent litige. Dès lors, peu importe le fait que l'intéressé a déclaré qu'il utiliserait ce moyen de transport même sans atteinte à la santé ou que l'on puisse déduire de l'ensemble des circonstances du cas particulier qu'il se rendrait à son lieu de travail en voiture. Il faut bien plutôt examiner s'il ne serait pas possible à l'assuré - en admettant qu'il ne soit pas atteint dans sa santé - de se rendre à son bureau, à R.________, sans utiliser un véhicule automobile. 3.3 En empruntant les transports en commun, l'assuré pourrait se rendre à son bureau par le bus de 6h27 au départ de C.________. Il arriverait à destination à 7h45, après avoir changé de bus à D.________ et effectué un parcours à pied d'une durée de vingt-trois minutes. L'ensemble du trajet durerait donc une heure et dix-huit minutes. Au retour, le recourant pourrait prendre le bus de 17h19, après avoir effectué un parcours à pied d'une durée de quatorze minutes, et arriverait à destination à 18h20, ce qui ferait un trajet d'une durée totale d'une heure et quinze minutes, y compris le parcours à pied. En prenant le bus suivant (17h54), il accomplirait le trajet en une heure. 3.4 Dans le domaine de l'assurance-chômage, l'art. 16 al. 2 let. f LACI dispose qu'un travail qui nécessite un déplacement de plus de deux heures pour l'aller et de plus de deux heures pour le retour (et qui ne satisfait pas à d'autres exigences sans incidences en l'espèce) n'est pas réputé convenable et, par conséquent, est exclu de l'obligation d'être accepté par un assuré qui requiert des prestations de l'assurance-chômage. A contrario, on peut inférer de cette norme que l'utilisation des transports en commun pour effectuer le trajet de C.________ au bureau des constructions, à R.________, pourrait être raisonnablement exigée d'une personne valide requérant de telles prestations. Dans le cas particulier, l'éloignement du lieu de travail et les horaires des moyens de transport en commun ne permettent dès lors pas d'admettre que l'assuré, même valide, serait contraint de se rendre à son travail en automobile. Il s'ensuit que l'utilisation par le recourant d'un véhicule à moteur personnel pour se rendre à son bureau est nécessitée par l'invalidité. Cela étant, le changement du lieu de travail ne justifiait pas la révision du droit du recourant à des contributions d'amortissement pour sa voiture automobile et l'office intimé n'était pas fondé, pas sa décision sur opposition du 5 août 2004, à supprimer ce droit à partir du 1er mai 2004. Le recours se révèle ainsi bien fondé.