Citation: 8C_580/2021 E. 4.3

4.3. On constate d'emblée que la cour cantonale a fait une lecture très sélective de l'expertise de la Clinique D.________. Or il ressort des conclusions concordantes des experts que les troubles olfactifs sont du moins partiellement d'origine organique, en dépit des troubles fonctionnels qui se sont greffés sur les troubles organiques initiaux. Selon le docteur F.________, spécialiste ORL, qui s'est concerté avec son co-expert neuroradiologue au sujet des imageries (IRM cérébrale des 11 juillet et 11 décembre 2014; CT scan cérébral du 8 mars 2014), certaines lésions (cortico-sous-corticales du gyrus rectus et orbito-frontales droites ainsi que sous-corticales temporo-polaires droites, présentes à l'état chronique sur le CT du 8 mars 2014) étaient préexistantes à l'accident du 8 mars 2014. Par contre, sur le scanner du 8 mars 2014, on notait une fracture du nez avec tuméfaction des parties molles permettant de conclure qu'il s'agissait d'une lésion aiguë, précisant qu'à cette date, il n'y avait pas de lésion cérébrale aiguë visible; il n'y avait pas d'autre fracture du massif facial intéressant le trajet du nerf optique. Au vu de l'anamnèse et des constatations cliniques et radiologiques, l'expert a conclu que l'anosmie complète était très probablement organique et clairement due à son traumatisme avec probable atteinte du nerf olfactif. Partant, il y a lieu d'admettre avec le recourant que l'atteinte olfactive repose sur un substrat organique qui a été objectivé sur le plan médical (cf. consid. 3.4 supra). C'est d'ailleurs précisément compte tenu des conclusions de cette expertise que l'intimée a finalement décidé de prendre en charge les troubles olfactifs du recourant (décision du 13 juin 2019, confirmée le 16 décembre 2019) et a alloué à celui-ci une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 13 %. Dans ces conditions, la cour cantonale ne pouvait pas nier l'origine organique des troubles olfactifs ni donc nier l'existence d'un lien de causalité adéquate au regard de la jurisprudence applicable en cas de troubles psychiques consécutifs à un accident (cf. consid 3.3 supra).