Citation: 2C_520/2022 E. 5.7

5.7. S'agissant des biens qui ont été déménagés et entreposés à la suite de l'expulsion du 8 décembre 2009, il ressort de l'arrêt attaqué, d'une manière qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), que la recourante 1 aurait pu déterminer son dommage, à tout le moins, dès le 12 mai 2010, date à laquelle il lui a été indiqué que le matériel sorti des locaux sis avenue D.________ 12b était à sa disposition auprès du garde-meubles de l'entreprise E.________. D'après les constatations cantonales, dénuées d'arbitraire sur ce point (cf. supra consid. 4.2), la recourante 1 n'a cependant entrepris aucune démarche pour récupérer ses biens ou estimer les dégâts subis par ceux-ci avant le constat authentique daté du 8 décembre 2014, soit quatre ans et demi plus tard. En outre, selon l'arrêt attaqué, dans ses déterminations du 4 janvier 2021 devant l'autorité précédente, la recourante 1 a indiqué que la question de l'accès au garde-meubles était sans pertinence sur le fond "puisque la demande concerne les biens restés dans les locaux" sis avenue D.________ 12b. Dans ces circonstances, quoi qu'en disent les recourants dont l'argumentation sur ce point se concentre sur des critiques factuels (cf. supra consid. 4), le Tribunal cantonal pouvait, sans arbitraire, retenir que la recourante 1 a adopté un comportement contraire à la bonne foi en se désintéressant durant plusieurs années d'établir son dommage s'agissant des biens qui ont été déménagés et entreposés à la suite de l'expulsion du 8 décembre 2009. En conséquence, il pouvait considérer que la demande d'indemnisation introduite le 7 décembre 2015, en tant qu'elle porte sur ces biens, a été déposée au-delà du délai de péremption d'un an prévu par l'art. 10 aLResp/NE. Cela vaut pour autant que la demande d'indemnisation porte également sur ces biens, ce qui n'est pas certain au vu des déclarations de la recourante 1 durant la procédure cantonale. En outre, les recourants soutiennent, à tort, que le Tribunal cantonal a arbitrairement appliqué l'art. 10 aLResp/NE, en ne respectant pas le principe cardinal que constitue l'unité du dommage en droit de la prescription et de la péremption. D'après eux, quelle que soit la connaissance que la recourante 1 aurait pu avoir dès le 12 mai 2010 de l'état des biens entreposés dans les locaux de l'entreprise E.________, la connaissance du dommage n'aurait été que partielle et ainsi impropre à entrainer le départ du délai de péremption. On ne perçoit cependant pas en quoi l'instance précédente aurait arbitrairement violé le droit cantonal, sous l'angle du principe de l'unité du dommage, en examinant pour les deux parties distinctes du dommage si la recourante 1 a déposé sa demande d'indemnisation en temps utile, dans la mesure où elle est parvenue à la conclusion que, dans tous les cas, la demande d'indemnisation avait été introduite tardivement.