Citation: 1C_546/2019 E. 2.2

2.2. Les recourants reprochent d'abord à l'instance précédente d'avoir retenu que "les autres lots individualisés suite à la liquidation de C.________ SA, société immobilière, ont été acquis par des particuliers et des sociétés anonymes en proximité manifeste avec, selon le registre du commerce, l'administrateur président de la société immobilière liquidée", alors que seuls 5 copropriétaires sur 13 auraient une proximité manifeste avec l'administrateur président. Cet élément n'a cependant aucune incidence sur l'issue du litige puisque, comme on le verra, il ne s'agit pas en l'espèce d'un cas de vente en bloc au sens de l'art. 39 al. 4 de la loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d'habitation (mesures de soutien en faveur des locataires et de l'emploi) (LDTR; RS/GE L 5 20) (voir infra consid. 3.3.1). Les recourants critiquent encore le fait que la Cour de justice n'a pas mentionné que le TAPI avait jugé que la volonté de l'acquéreur d'acheter le bien en question pour y loger des employés avait été alléguée tardivement et manifestement pour les besoins de la cause. Cette critique manque de pertinence puisque la cour cantonale a retenu que l'acquéreur "[précisait] de manière convaincante que sa volonté actuelle [consistait] à loger ses employés dans cet appartement". La Cour de justice a d'ailleurs pris en compte l'intérêt de l'acheteur "d'acquérir l'appartement pour y loger ses employés" (voir infra consid. 3.3.2). La précision requise par les recourants quant à la motivation du TAPI n'a ainsi aucun impact sur le sort de la présente contestation. Les recourants font ensuite grief à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte de la situation privée et professionnelle de l'acquéreur, en particulier de ne pas avoir mentionné qu'il est copropriétaire d'une grande villa au Grand-Saconnex avec jardin et garage - dans laquelle il vit depuis 1996 - et qu'il est propriétaire et administrateur de 15 sociétés qui possèdent 15 restaurants et emploient 110 personnes environ. L'ajout de ces éléments n'est cependant pas susceptible d'inverser la pesée des intérêts opérée par l'instance précédente et d'influer sur le sort de la cause (voir infra consid. 3.3.2). Enfin, les recourants reprochent à l'instance précédente de ne pas avoir retenu que l'Office cantonal du logement avait indiqué qu'il ne pouvait accepter l'autorisation de vente du fait qu'il ne saurait valider des opérations subséquentes à une prétendue fraude à la loi. La Cour de justice n'a cependant pas ignoré cette problématique dont elle fait expressément état dans son arrêt (arrêt attaqué consid. 9 p. 9). L'appréciation juridique de cet élément relève de l'application du droit et non de l'établissement des faits. Cette question sera ainsi examinée ci-après (voir infra consid. 3.3.2). Par conséquent, le grief de l'établissement arbitraire et incomplet des faits doit être rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.