Citation: 7B_121/2022 E. 6.2.2

6.2.2. Par ailleurs, le certificat médical du 12 mars 2022 était problématique à plusieurs égards, cela indépendamment des doutes exprimés par le Tribunal de police quant à son authenticité, ces doutes ayant du reste pu être largement dissipés en procédure de recours. Il n'était pas contesté que ce document avait été rédigé plus de trois mois après les faits qu'il entendait démontrer, par un médecin qui n'avait pas examiné le recourant le jour de l'audience et qui n'avait donc pas pu personnellement constater son incapacité à comparaître. Contrairement à ce que prétendait le recourant, un tel certificat médical délivré a posteriori n'avait rien "[d']habituel", d'autant moins compte tenu du laps de temps important écoulé depuis la prétendue incapacité et du fait qu'il n'avait pas été délivré par le médecin traitant du recourant, qui par hypothèse l'aurait suivi de longue date. La spécialité du Dr D.________, telle qu'elle pouvait être déduite du timbre humide de ce médecin, était bien la médecine générale. Si le site internet de son cabinet médical le présentait aussi comme médecin légiste, cette circonstance ne changeait rien au long délai écoulé entre l'audience (6 décembre 2021) et la date du certificat (12 mars 2022), ni à l'absence d'examen médical. Le fait que ce praticien avait pris appui sur un "Rapport médical des Urgences HUG" - que le recourant n'avait pas souhaité produire au Tribunal de police, ni en procédure de recours - ne permettait pas non plus de pallier l'absence de constat direct le jour des faits. En se contentant de se fonder sur un rapport émanant d'autres soignants, le médecin n'avait fait que livrer son appréciation personnelle sur un patient qu'il n'avait pas lui-même examiné le jour de l'incapacité alléguée; la valeur probante d'un tel certificat était dès lors sujette à caution. A cela s'ajoutait que son signataire n'avait pas attesté avoir effectivement reçu le recourant dans son cabinet, ni n'avait précisé la cause de "[l']incapacité médicale" présentée le jour des débats. Il était encore à relever que, depuis son renvoi en jugement, le recourant avait produit pas moins de quatre certificats émanant tous de médecins (et de cabinets) différents, ce qui ne manquait pas d'interpeller quant au véritable motif de ses absences répétées. Dans ces conditions, le certificat médical du 12 mars 2022 n'avait pas la portée que le recourant entendait lui donner. Aussi, au vu des lacunes que ce certificat présentait, il était impropre à rendre vraisemblable que l'absence du recourant à l'audience du 6 décembre 2021 était liée à une impossibilité objective ou subjective de comparaître (cf. arrêt attaqué, consid. 2.6.2 p. 14 s.).