Citation: 1C_624/2021 E. 2.2

2.2. Les recourants ne font pas valoir avoir demandé en vain une expertise judiciaire qui aurait été refusée. Ils reprochent uniquement aux juges cantonaux d'avoir tenu compte d'une expertise acoustique réalisée dans un autre contexte pour évaluer l'incidence d'un nouveau revêtement phonoabsorbant sur les immissions de bruit. Il n'y a donc pas de violation de leur droit d'être entendus. Dans leur acte de recours, les recourants se contentent de dénigrer par principe la valeur d'une "expertise privée", sans procéder à des critiques de fond sur le document auquel s'est référée la cour cantonale. Ils n'exposent pas non plus les motifs pour lesquels les valeurs de réduction de bruit observées dans l'étude en question ne sont pas transposables au cas d'espèce. La seule référence à un arrêt mentionnant, dans l'état de fait uniquement, l'annonce par une commune de la pose d'un revêtement phonoabsorbant pour une diminution de bruit estimée à 1 dB (A) est insuffisante. Dans leur deuxième écriture, les recourants donnent plus de détails sur la nature de leur critique à l'égard des chiffres retenus par la Cour de justice, ce qui constitue un complément de l'argumentation du recours, procédé en soi discutable (cf. ATF 143 II 283 consid. 1.2.3). Point n'est besoin d'approfondir cette question vu les développements qui suivent. Les recourants déplorent qu'une analogie ait été opérée entre un cas dans lequel il s'agissait de mesurer l'impact d'un revêtement similaire sur une route de campagne peu fréquentée, et la présente situation en plein centre-ville. Si cette critique est pertinente, elle ne permet pas pour autant d'invalider l'appréciation de la cour cantonale. En effet, comme le relève à juste titre le département, cette appréciation a été reprise telle quelle de celle du TAPI qui, lui, se référait également au document de l'OFEV énumérant les meilleurs revêtements silencieux posés en agglomération, état au 19 juillet 2019 ( www.bafu.admin.ch/ routes-silencieuses). Ce document recense plus d'une vingtaine d'exemples de poses de revêtements phonoabsorbants avec les gains mesurés par rapport aux nuisances sonores au fil du temps. A sa lecture, il n'apparaît pas critiquable d'avoir retenu un gain approximatif de 8 dB (A) lors de la pose et de 5 dB (A) après 5 ans, ces chiffres s'inscrivant dans l'ordre de grandeur de la vingtaine d'exemples cités. Les recourants qui ne parlent pas de ce document dans leur recours, ne le discutent pas non plus dans leurs déterminations, après que les autorités intimées l'ont pourtant mis en exergue. Le Tribunal fédéral ne voit ainsi pas de raison de s'écarter des valeurs susmentionnées. En revanche, il y a lieu de garder à l'esprit qu'il s'agit d'un ordre de grandeur commun aux différents exemples mesurés, et non de valeurs reproduites strictement et invariablement.