Citation: 1B_77/2007 21.05.2007 E. 2

Le recourant soutient qu'en dépit d'investigations considérables et après douze mois de détention préventive, les soupçons de participation à une organisation criminelle seraient insuffisants. Alors qu'il se savait surveillé, il entretenait ouvertement des contacts avec des membres présumés d'une organisation terroriste, de sorte que l'on ne pourrait parler de dissimulation. Le recourant affirme que le produit de ses vols était destiné à ses propres besoins. Rien ne permettrait d'affirmer qu'un montant de 7000 euros ait été versé à B.________ ou au GSPC; la référence sur ce point au procès-verbal d'audition du 20 décembre 2006 procéderait d'une constatation arbitraire des faits, cette somme ayant été destinée à son père. 2.1 Selon l'art. 44 PPF, l'inculpé peut faire l'objet d'un mandat d'arrêt lorsqu'il existe des présomptions graves de culpabilité à son encontre. Cette condition préalable à la détention préventive correspond à celle de charges suffisantes au sens de l'art. 5 par. 1 let. c CEDH. 2.2 Rappelant les charges qui pèsent sur le recourant, la Cour des plaintes mentionne les contacts fréquents avec B.________, soupçonné d'appartenance au GSPC. Le recourant expliquait lui avoir remis de l'argent afin d'aider financièrement un tiers (lui-même extradé vers l'Espagne pour participation à une organisation criminelle), mais ces explications n'étaient pas crédibles, notamment du point de vue chronologique. Le recourant ne conteste pas avoir entretenu des contacts durant de longs mois avec B.________, qui lui avait demandé de l'aide financière et matérielle pour le ravitaillement de combattants. Même s'il conteste la destination du montant de 7250 euros, le recourant ne nie pas que plusieurs transferts d'argent étaient bien destinés à B.________. Il est également admis que le recourant prenait de nombreuses précautions (langages codés, nombreux téléphones et cartes SIM) donnant à penser que son activité n'était pas limitée à des vols commis pour sa propre subsistance. A ce stade de l'enquête, et en attente d'éléments plus précis qui pourraient provenir de la commission rogatoire en Algérie, les charges peuvent être considérées comme suffisantes.