Citation: 4A_540/2015 E. 2.3.1

2.3.1. Comme l'objet du gage, la créance garantie doit être suffisamment déterminée. L'art. 27 al. 2 CC s'oppose à ce qu'un débiteur constitue un droit de gage pour garantir toutes les créances futures que son créancier pourrait avoir contre lui, sans que celles-ci soient définies par une limite dans le temps, par le genre d'affaires dont elles résultent ou par la manière dont le créancier les a acquises; un tel engagement est une atteinte inadmissible à la liberté personnelle (ATF 106 II 257 consid. 5 p. 263; STEINAUER, op. cit., n° 3134). Le gage est admissible s'il garantit des créances auxquelles le constituant pouvait raisonnablement penser lors de la constitution du droit (ATF 51 II 273 consid. 4 p. 282). Est par exemple licite la clause prévoyant que la garantie s'étend à toutes les créances résultant des relations d'affaires entre une banque et son client (cf. arrêt 4A_435/2009 du 11 novembre 2009 consid. 3.3.1; STEINAUER, op. cit., n° 3134a.; ZOBL/THURNHERR, Berner Kommentar, 3 e éd. 2010, n° 457 ss ad art. 884 CC; FOËX, op. cit., p. 143). En revanche, ne sont pas couvertes les prétentions résultant d'un acte illicite sans aucun rapport avec la relation d'affaires (ATF 108 II 47 consid. 2 p. 49 s.; ZOBL/THURNHERR, op. cit., n° 472 ad art. 884 CC). Lorsque le contrat de gage contient un engagement excessif, la couverture offerte par le droit de gage doit être ramenée à ce qui est admissible, que ce soit par une interprétation restrictive ou en vertu de l'art. 20 al. 2 CO (ATF 120 II 35 consid. 4a; 108 II 47 consid. 2 p. 49; THOMAS BAUER, in Basler Kommentar, 5 e éd. 2015, n° 89 ad art. 884 CC).