Citation: 5A_685/2018 E. 5.3.5

5.3.5. La recourante se plaint en outre d'une violation crasse de son droit d'être entendue déduit de l'art. 29 al. 2 Cst. en ce qui concerne la fixation du montant du revenu hypothétique de l'intimé. Elle soutient que les juges précédents ne pouvaient se fonder, après que la cause eut été gardée à juger, sur des sites Internet supposés leur permettre de déterminer ledit revenu, soit sur des données dont les parties ne s'étaient pas prévalues en cours de procédure cantonale, ou encore tenir compte d'informations (non alléguées et non produites) relatives aux impôts, cotisations sociales et soins médicaux en Angleterre, cela sans avoir préalablement invité lesdites parties à se déterminer sur ces éléments. Elle prétend en outre qu'il était arbitraire de comparer les salaires moyens globaux suisses et londoniens, ne serait-ce que compte tenu du degré élevé de qualification de l'intimé et de ses expériences professionnelles, "au niveau de directeur notamment". Comme il a été rappelé plus haut (cf. supra consid. 5.1), la jurisprudence prévoit que pour arrêter le montant du revenu hypothétique, le juge peut se baser sur des données statistiques (ATF 137 III 118 consid. 3.2; arrêts 5A_171/2019 du 17 avril 2019 consid. 6.2.3; 5A_454/2017 du 17 mai 2018 consid. 6.1.1, non publié aux ATF 144 III 377). Or en l'occurrence, la recourante ne prétend pas que l'étude des prix et salaires effectuée par UBS SA, sur laquelle l'autorité cantonale s'est principalement fondée, ne serait pas une source d'information facilement accessible et non controversée qui, partant, pourrait être considérée comme notoire. La recourante ne soutient pas non plus que l'utilisation de calculateurs de salaire anglais pour corroborer les résultats ressortant de l'étude d'UBS SA revenait à s'appuyer sur des statistiques étrangères et à conclure, dans le sens d'une présomption de fait, que le salaire qui en découlait était celui qui était effectivement réalisable par l'intimé (pour une telle configuration, cf. arrêt 5A_503/2017 du 14 mai 2018 consid. 3.3). La motivation présentée est donc insuffisante pour démontrer l'existence d'une violation du droit d'être entendu (cf. art. 106 al. 2 LTF). La jurisprudence qu'elle cite concerne par ailleurs des situations différentes, à savoir, d'une part, l'évaluation du caractère disproportionné ou non des loyers pratiqués par le propriétaire d'un établissement destiné à des prostituées (arrêt 6B_103/2015 du 21 avril 2015 consid. 2, publié in SJ 2015 I 386) et, d'autre part, le point de savoir si le tarif horaire de 65 fr. pour une activité d'activité stagiaire était inconstitutionnel (arrêt 6B_102/2016 du 9 février 2017 consid. 3). Cette jurisprudence ne lui est dès lors d'aucun secours. Au surplus, la recourante n'indique ni la teneur, ni l'impact sur le sort de la cause des moyens qu'elle aurait fait valoir devant l'autorité précédente si elle avait été invitée à se déterminer sur les éléments utilisés par cette juridiction pour évaluer le revenu hypothétique de l'intimé (arrêts 5A_904/2018 du 20 février 2019 consid. 2.3.2; 5A_967/2018 du 28 janvier 2019 consid. 3.2.1 et les références; cf. supra consid. 4.8). Enfin, dans la mesure où la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir comparé les salaires "moyens globaux" en Suisse et à Londres, ses allégations, de nature essentiellement appellatoire (art. 106 al. 2 LTF), ne suffisent pas à démontrer que l'autorité cantonale serait tombée dans l'arbitraire en retenant en définitive un revenu hypothétique de 4'000 fr. nets par mois. Le moyen est par conséquent mal fondé, dans la mesure de sa recevabilité.