Citation: 7B_738/2023 E. 2.4

2.4. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir considéré que ses déclarations avaient varié au sujet de sa consommation de stupéfiants et d'avoir conclu à une consommation sporadique et festive. Il relève que le dossier contiendrait de nombreuses déclarations permettant de douter de sa responsabilité pénale. Le recourant reproche également à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu, pour écarter toute potentielle toxicodépendance, d'une part, qu'il ne s'était jamais décrit comme tel et, d'autre part, qu'il était resté à même d'exercer le métier d'informaticien, en occultant le fait qu'il aurait admis, devant le tribunal de première instance, des difficultés à effectuer son travail. L'argumentation du recourant n'est pas convaincante. Celui-ci oppose pour l'essentiel, dans une démarche appellatoire, sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, sans parvenir à démonter en quoi les constatations de celles-ci seraient manifestement insoutenables. Dans son jugement, la juridiction cantonale a expliqué à deux reprises que le recourant avait décrit sa consommation comme étant sporadique et festive, que ses déclarations au sujet des quantités consommées avaient varié et avaient été très fluctuantes, et qu'il avait dit, devant le tribunal de première instance, qu'elle était importante (arrêt querellé, pp. 16 et 19). A chaque fois, elle a indiqué les moyens de preuve en référence et ces constatations sont conformes aux éléments au dossier. Le fait que le recourant ait ensuite, devant le tribunal de première instance, fait état d'une consommation plus importante que celle annoncée au début de la procédure n'est pas déterminant. Outre qu'il y a lieu de relever que la cour cantonale n'a pas ignoré ces déclarations, il n'était en effet par arbitraire, pour cette dernière, qui a expressément relevé le caractère fluctuant des déclarations du recourant, de considérer que celles livrées par celui-ci au stade du jugement étaient moins crédibles que celles faites au début de la procédure et qu'elles devaient donc être écartées. En tout état de cause, le recourant ne soutient pas qu'une telle appréciation serait insoutenable. Pour le surplus, les quelques extraits de déclarations dont il fait état, qui mentionnent notamment une consommation d'une quantité "assez grande" de cocaïne, ne suffisent pas à démonter que ce serait de manière manifestement insoutenable que la juridiction cantonale aurait écarté tout doute sur la question de son éventuelle toxicodépendance et, partant, de sa responsabilité pénale. Par ailleurs, pour ce faire, cette dernière ne s'est pas seulement fondée sur les déclarations du recourant, mais a également pris en compte d'autres éléments. Elle a notamment relevé que celui-ci et sa mère avaient indiqué qu'il s'était sevré seul et qu'il avait été capable d'exercer son métier d'informaticien dans une grande entreprise pendant toute la durée du trafic. Sur ce point, il est exact que l'autorité cantonale n'a pas mentionné le fait que le recourant avait dit que sa consommation avait eu, à la fin, une influence sur son travail et que ses performances n'étaient plus les mêmes (cf. D.3402, l. 41; cf. art. 105 al. 2 LTF). Toutefois, outre que ces déclarations sont intervenues au stade du jugement, le recourant ne démontre pas - ni ne rend à tout le moins vraisemblable - que les difficultés alléguées pourraient être mises en lien avec une éventuelle dépendance à des stupéfiants. De plus, l'autorité cantonale a retenu que le recourant avait accès, grâce à son trafic, à une grande quantité de stupéfiants, mais qu'il avait été capable de gérer habilement ses stocks et d'organiser son trafic de manière très professionnelle. Or, à l'instar de la cour cantonale, on peine à croire que le recourant aurait pu, s'il avait vraiment été toxicodépendant, gérer son travail et son trafic, dont l'aspect logistique était important, de la manière dont il l'a fait. Pour le surplus, le recourant ne prétend pas qu'il aurait, au moment des faits, eu des symptômes de dépendance tels que décrits, par exemple, dans la classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes établies par l'OMS (cf. CIM-10, chapitre V, F10-F19.2). L'état de fait de l'autorité cantonale ne contient au demeurant rien de tel. On ne voit en outre pas en quoi les variations dans ses déclarations plaideraient en faveur d'une potentielle dépendance aux produits stupéfiants, celui-ci ne s'expliquant pas à cet égard. De même, son affirmation, non étayée, selon laquelle il serait admis que les personnes souffrant de dépendance auraient tendance à nier ou, à tout le moins, à minimiser sa consommation, outre qu'elle n'est pas pertinente dans la cas présent, ne repose sur aucun élément et ne saurait être prise en compte. Enfin, contrairement à ce que semble faire valoir le recourant, on ne saurait déduire du fait qu'un individu consommerait de multiples substances, qui plus est à titre sporadique et festif, qu'il serait automatiquement dépendant aux produits stupéfiants. Ainsi, au regard des éléments qui précèdent, la cour cantonale pouvait retenir, sans verser dans l'arbitraire, que la consommation de stupéfiants du recourant, qui ne se limitait certes pas seulement à une consommation régulière de cannabis, mais portait aussi sur d'autres substances, notamment la cocaïne, le speed ou la MDMA, n'avait pas entraîné, dans le cadre des faits pour lesquels il doit être condamné, une nette perturbation de ses capacités cognitives et volitives et donc qu'il n'existait pas d'indices sérieux de nature à faire douter de sa responsabilité pénale. Partant, c'est à juste titre qu'elle a refusé d'ordonner une expertise le concernant. Le grief étant mal fondé, il n'est pas nécessaire d'examiner si le recourant, qui a formulé sa requête relative à la mise en oeuvre d'une expertise dans sa plaidoirie au fond, aurait dû le faire avant la clôture de l'administration des preuves devant l'autorité d'appel.