Citation: 6B_781/2017 E. 1.2

1.2. L'autorité précédente a exposé que l'intimée 2 s'était à l'origine confiée, en pleurs, uniquement à trois camarades d'école et qu'elle ne l'avait précisément pas fait à des adultes car elle craignait que son père aille en prison et qu'elle ne puisse plus revoir ses deux demi-frère et soeur. L'une des camarades de l'intimée 2 mise dans la confidence avait, environ un mois plus tard, parlé de ces événements à l'infirmière scolaire du collège. Cette dénonciation n'était pas venue de la mère de l'intimée 2 ni de l'intimée 3, mais avait résulté de confidences trop lourdes à porter par une écolière. En outre, les parents de l'intimée 2 s'étaient séparés peu après la naissance de cette dernière en 2002 et avaient divorcé en 2007. Une demande en modification du jugement de divorce avait été introduite en 2011. C.________ n'aurait ainsi eu aucun intérêt à voir le recourant risquer la prison si elle souhaitait continuer à percevoir des pensions alimentaires. Enfin, l'exercice du droit de visite par le recourant s'était déroulé de manière régulière depuis la séparation du couple, de sorte qu'aucun conflit parental particulier n'aurait pu expliquer un acte de vengeance émanant de C.________. L'autorité précédente a ainsi indiqué que les explications du recourant, selon lesquelles la prénommée aurait "monté ce scénario pour lui nuire", ne pouvaient être retenues. La cour cantonale a estimé qu'aucun élément ne permettait de douter de la crédibilité des déclarations de l'intimée 2. Certes, cette dernière avait eu beaucoup de peine à exprimer les actes dont elle avait été victime, ce qui était compréhensible. Elle avait toujours été claire et constante sur la réalité des attouchements du recourant sur ses parties intimes. A l'infirmière scolaire qui s'était immédiatement entretenue avec elle le 16 janvier 2014, l'intéressée avait expliqué qu'elle dormait dans le lit du bas, que son père la rejoignait pendant la nuit, que son frère n'avait jamais rien entendu, qu'elle essayait de faire semblant de dormir et de sortir de son corps durant ces moments. Entendue le même jour dans les locaux de la police, l'intimée 2 avait déclaré que son père avait commis des attouchements sur ses parties intimes, sans pouvoir préciser s'il avait agi de la sorte par-dessus ou par-dessous le pyjama, qu'il ne lui avait jamais rien demandé de lui "faire" et qu'il s'était inquiété à une occasion de ce qu'elle avait pu révéler de ces événements. L'intimée 2 a indiqué qu'elle ne savait pas si le recourant l'avait pénétrée. Entendue à nouveau le 19 mars 2015, elle avait précisé que celui-ci avait commis ces actes à plusieurs reprises par-dessus et par-dessous son pyjama, mais qu'elle ne pouvait pas dire s'il avait mis un doigt dans son vagin. Enfin, confrontée par le Service de protection de la jeunesse (ci-après : SPJ) au fait qu'elle aurait pu ne pas dire la vérité - dès lors que ses camarades d'école avaient tout d'abord suggéré l'existence d'abus sexuels en la voyant pleurer -, l'intimée 2 avait répondu indirectement par une autre question, s'offusquant de ce que l'on ne croirait alors pas les déclarations de l'intimée 3. Elle a par la suite exprimé à H.________, association auprès de laquelle elle bénéficie d'un suivi psychologique, qu'elle s'était sentie blessée et fâchée que le SPJ eût pu croire qu'elle mentait. Dans son rapport du 21 novembre 2014, le SPJ avait indiqué qu'il ne pouvait être totalement exclu, compte tenu des troubles des relations entre parents et enfants, que les attitudes du recourant, impropres pour l'âge de l'intimée 2, eussent pu être mal interprétées par cette dernière. Le SPJ avait cependant ajouté qu'il ne privilégiait pas cette interprétation, vu le dossier de l'instruction, en ajoutant qu'il n'avait pas de raison de mettre en doute les révélations d'abus de l'intimée 2 et que l'existence de tels abus était parfaitement plausible, compte tenu des profils des protagonistes et des contextes relationnels décrits. Ainsi, selon la cour cantonale, le SPJ avait uniquement formulé deux hypothèses, tout en donnant sa préférence à l'une d'elles, sans se déterminer sur la réalité des actes reprochés au recourant. De surcroît, les déclarations de l'intimée 2 étaient appuyées par les actes que le recourant avait fait subir à l'intimée 3, de même que par les gestes déplacés commis sur deux cousines de la famille de C.________ et sur une ancienne collègue. Ainsi, I.________ avait indiqué qu'un soir, alors qu'elle était âgée de 10 à 12 ans, le recourant l'avait caressée sur les cuisses lors d'un trajet en voiture, en prenant une autre direction que celle initialement prévue. J.________ avait pour sa part décrit le recourant comme une personne détestable, chez qui l'intimée 2 n'aimait pas aller et qui lui avait saisi les seins par derrière alors qu'elle avait environ 12 ans. Enfin, K.________, ancienne collègue du recourant, avait expliqué que ce dernier lui avait asséné une claque sur les fesses en lui disant qu'elle "allait être punie" car elle avait oublié de tenir une porte. Compte tenu de ces divers éléments, la cour cantonale a considéré qu'il n'existait aucune raison de douter de la version des faits de l'intimée 2, crédible en tous points. S'agissant de l'intimée 3, l'autorité précédente a exposé que celle-ci avait fourni des explications claires, détaillées, constantes et précises. Au cours de son audition du 19 janvier 2014, elle avait indiqué que le recourant l'avait chatouillée sur le ventre, qu'il s'était couché derrière elle, avait commencé à la caresser et avait introduit une main dans sa culotte, puis l'avait touchée "en bas" mais qu'elle n'avait pas osé bouger. Elle avait ajouté que le recourant avait caressé son sexe avec ses doigts, que cela n'avait plus rien à voir avec des chatouilles et que celui-ci avait mis ses doigts à l'intérieur de son vagin. Elle avait pu préciser que les faits s'étaient déroulés dans l'ancien appartement de sa soeur, à l'avenue F.________. L'intimée 3 avait confirmé ses déclarations lors de son audition du 8 décembre 2014, en indiquant que les faits étaient très clairs dans sa tête et qu'elle se souviendrait sa vie durant de ce qu'elle avait subi de la part du recourant le jour en question. Elle avait par ailleurs pu décrire la forme et la couleur de la tête de lit ainsi que la couleur et le motif de la literie. Enfin, l'intimée 3 n'avait pas varié dans ses affirmations durant les débats de première instance. Elle s'avérait ainsi parfaitement crédible, avait pu donner des détails sur les actes subis et la chambre où les faits s'étaient déroulés, sans chercher à combler les lacunes de ses souvenirs. Selon la cour cantonale, on ne voyait pas pourquoi celle-ci aurait cherché à accuser faussement le recourant, puisque si elle avait voulu nuire à celui-ci et renforcer la position de sa soeur dans le cadre du conflit conjugal, elle aurait dénoncé l'intéressé à l'époque du divorce et non plus de 10 ans après. L'intimée 3 n'avait pas non plus poussé l'intimée 2 à déposer plainte, puisque les actes subis par cette dernière avaient été révélés dans le cadre scolaire, hors de toute pression familiale. En définitive, l'intimée 3 s'était décidée à déposer plainte car sa soeur lui avait appris que l'intimée 2 avait subi les mêmes actes qu'elle de la part du recourant.