Citation: 5A_15/2021 E. 6.2

6.2. La cour cantonale a retenu que le mariage des parties avait duré onze ans et qu'un enfant était issu de cette union. Durant la vie commune, l'épouse n'avait pas exercé d'activité lucrative et avait dédié son temps à l'éducation de l'enfant et à la tenue du ménage. Le mari, quant à lui, s'était consacré à sa carrière et avait entièrement soutenu sa famille sur le plan financier. Le mariage avait ainsi eu une influence concrète sur la situation financière de l'épouse, de sorte que le principe d'une contribution post-divorce devait être admis, à moins que celle-ci ne soit en mesure de pourvoir elle-même à son entretien convenable. Cela étant, la cour cantonale a relevé qu'au moment de la séparation des parties, l'enfant était âgé de 9 ans et l'épouse de 47 ans. Celle-ci avait été éloignée du milieu professionnel depuis onze ans, à tout le moins. Les parties n'avaient fourni aucun renseignement sur son parcours professionnel, ainsi que sur son éventuelle formation avant le mariage, soit avant ses 36 ans. Si l'on ne pouvait pas reprocher à l'épouse l'absence de démarches pour trouver un emploi dès la séparation des parties, la situation financière de son mari ne constituait pas à elle seule un motif pour la dispenser de tout mettre en oeuvre afin d'acquérir une capacité de gain. En effet, les parties étaient séparées depuis plus de sept ans et l'épouse ne pouvait pas ignorer que l'application du principe du clean break primerait celui de la solidarité dans le cadre de la procédure de divorce. L'épouse, âgée de 54 ans, n'avait toutefois rien entrepris dans ce sens alors que son fils avait eu 16 ans en juillet 2020. Elle n'avait du reste pas établi que ses troubles de santé empêcheraient ou diminueraient sa capacité de gain, ni qu'elle ne maîtrisait pas la langue française, ce d'autant qu'elle n'avait pas sollicité l'aide d'un interprète durant les audiences tenues par le Tribunal de première instance. Compte tenu de l'âge de son fils, il pouvait être exigé d'elle qu'elle travaille à un taux de 100%. Le fait qu'elle n'avait jamais exercé une activité en Suisse n'était pas déterminant dès lors que certains métiers ne nécessitaient aucune formation, notamment dans les secteurs du nettoyage ou de la vente pour des fonctions simples et répétitives. Ainsi, il se justifiait de lui imputer un revenu hypothétique de 3'380 fr. nets, correspondant au revenu médian d'un employé âgé de 54 ans, pour 40 heures par semaine, dans des activités de services administratifs et de soutien, sans formation professionnelle complète et sans fonction de cadre dans le groupe de professions des aides de ménage dans le canton de Genève. Si le marché de l'emploi des personnes âgées de plus de cinquante ans était actuellement défavorable, l'épouse n'avait pas effectué de recherches d'emploi, alors que les parties étaient séparées depuis de nombreuses années. Il n'y avait donc aucun élément concret qui permettait de retenir qu'elle ne pouvait pas obtenir un emploi en fournissant les efforts qui peuvent être attendus d'elle. Par ailleurs, le délai fixé par les premiers juges à fin août 2020 pour reprendre un emploi était raisonnable compte tenu de toutes les circonstances, notamment du fait que l'épouse devait s'attendre à devoir subvenir à son entretien pour le moins après le prononcé du divorce. Comme ses charges mensuelles incompressibles s'élevaient à 3'130 fr., il fallait considérer que l'épouse était en mesure de couvrir l'intégralité de ses charges depuis le 1er septembre 2020, avec pour conséquence qu'une contribution n'était pas due dès cette date.