Citation: 5A_917/2023 E. 4.2

4.2. En premier lieu, il convient de rappeler que, eu égard à la liberté d'établissement dont bénéficient les parents, les motifs du déménagement ne jouent pas un rôle déterminant dans l'appréciation du juge, seule la volonté d'éloigner l'enfant de l'autre parent étant à cet égard susceptible de remettre en cause les capacités éducatives du parent qui souhaite partir. Sur ce point, les allégations du recourant selon lesquelles l'intimée n'avait jamais eu de projet sérieux de retourner vivre en Australie et avait décidé de tout quitter précipitamment dans le seul but de l'éloigner de sa fille sont purement appellatoires, la Chambre civile ayant au contraire rappelé que la famille de la recourante vivait en Australie, qui était aussi son pays d'origine, et qu'il était légitime qu'elle veuille se rapprocher de celle-ci. Le seul fait que l'opinion de l'intimée relative à son départ ait évolué en cours de procédure ou encore qu'elle ait déclaré qu'elle renoncerait à partir si elle n'obtenait pas l'autorisation d'emmener sa fille ne suffisent à faire apparaître sa volonté de retourner dans son pays natal comme moins légitime. Au demeurant, le fait que son départ soit intervenu quasi simultanément à la reddition de la décision de première instance ne signifie pas encore que celui-ci n'était pas préparé, l'intimée ayant parfaitement pu anticiper son départ et se préparer en conséquence dans l'hypothèse d'une décision allant dans son sens. Le recourant oppose que l'intimée vivrait chez ses parents, qu'elle n'avait pas annoncé son départ à l'Office cantonal de la population et des migrations, qu'elle n'avait emporté ni les affaires de l'enfant ni son chien qu'elle considérait comme un membre de sa famille et qu'elle n'avait pas résilié son bail ni vendu sa voiture, comme autant d'éléments qui illustreraient l'absence de préparation et le manque de sérieux de son projet de s'installer en Australie. Or, ces faits ne ressortent pas de l'arrêt querellé. Au demeurant, quand bien même ils seraient avérés, dans l'incertitude quant à l'issue de la procédure, il apparaît légitime que l'intimée ait voulu conserver son appartement et son véhicule. Le fait qu'elle ait renoncé à emmener son chien peut tout aussi bien s'expliquer par la volonté de lui épargner le stress qu'un voyage d'une telle durée engendre inévitablement. Enfin, le fait qu'elle ait choisi de loger d'abord chez ses parents le temps d'entreprendre sur place les démarches pour trouver un logement adapté n'illustre pas davantage un manque de préparation, la jurisprudence prévoyant d'ailleurs que les contours du déménagement doivent être définis mais qu'il ne peut être exigé du parent souhaitant déménager qu'il fournisse déjà à ce stade des détails tels que l'adresse exacte du domicile ou de l'école que fréquentera l'enfant (cf. ATF 142 III 481 consid. 2.8).