Citation: 4A_334/2023 E. 4.1

4.1. En l'espèce, la cour cantonale a recherché quelle était la volonté réelle et commune des parties (art. 18 al. 1 CO), laquelle relève du fait (ATF 144 III 93 consid. 5.2.2). Autrement dit, elle a recherché quelles activités ont été confiées à la demanderesse par le défendeur en relation avec le Groupe C.________ pour que celle-là puisse avoir droit à une rémunération. Examinant la lettre de mission du 4 avril 2016, la cour cantonale a constaté que, précédemment, plusieurs affaires avaient été conclues et avaient été rémunérées, et que, comme le Tribunal civil l'avait admis, dans le régime de cette lettre de mission, une simple indication était suffisante pour que la courtière puisse obtenir une rémunération, de sorte que le contrat pouvait être qualifié de contrat mixte avec un aspect de courtage d'indication. Constatant que les parties avaient, en lien avec le groupe C.________, conclu un avenant le 17 janvier 2017, la cour cantonale a constaté qu'elles avaient voulu préciser, pour cette opération spécifique auprès de ce groupe, les conditions du droit de la demanderesse à une rémunération: comme le groupe était déjà connu du défendeur, les parties se seraient abstenues de conclure cet avenant si l'indication de ce nom suffisait pour obtenir une rémunération; c'est parce qu'elles ont souhaité préciser les conditions du droit de la demanderesse à une rémunération qu'elles l'ont conclu. La cour cantonale a constaté que, selon cet avenant, la demanderesse assumait deux obligations: premièrement elle devait présenter au défendeur tout interlocuteur décisionnaire du groupe C.________; deuxièmement, elle devait intervenir en vue de structurer le dossier du défendeur pour obtenir des financements. Ce n'est que si elle remplissait ces deux obligations que la demanderesse avait droit à une rémunération. La première obligation se rapproche plus du contrat de courtage d'indication; même si la structuration du dossier n'est pas vraiment une activité de négociation, la seconde obligation fait penser à un courtage de négociation. La cour cantonale a finalement retenu que l'avenant conclu pour l'opération ponctuelle de levée de fonds en lien avec le groupe C.________ est une "intermédiation", une qualification n'étant toutefois pas décisive. En effet, elle a constaté que les parties n'ont pas conclu de clause d'exclusivité et que le défendeur pouvait entreprendre lui-même les démarches en vue d'obtenir des fonds auprès du groupe. A supposer que les allégués de la demanderesse soient suffisants, celle-ci n'a pas apporté la preuve qu'elle avait déployé les deux activités convenues. Premièrement, il n'est pas prouvé qu'elle aurait présenté au défendeur un interlocuteur du groupe C.________; au contraire, il ressort du dossier que le premier contact a eu lieu à la demande du représentant du défendeur par l'intermédiaire de la représentante du groupe; en cours de procédure, la demanderesse s'est bornée à répéter qu'elle avait mis en relation le défendeur avec le groupe. Deuxièmement, elle n'est pas non plus intervenue en vue de structurer le dossier pour obtenir les financements, puisque c'est le défendeur lui-même qui s'est chargé de ces démarches. La cour cantonale a encore ajouté que la solution pourrait sembler sévère, mais que les parties ont clairement entendu déroger à la règle de l'art. 413 al. 1 CO, en prévoyant que la rémunération de la demanderesse était subordonnée aux conditions prévues par l'avenant et que les parties n'avaient donc pas voulu d'un seul courtage d'indication.