Citation: I 315/06 30.03.2007 E. 3

3.1 Retenant que la recourante était atteinte de fibromyalgie, les premiers juges ont considéré que le point de savoir si cette atteinte à la santé était invalidante devait être examiné au regard des principes jurisprudentiels posés en matière de troubles somatoformes douloureux. Une telle approche n'est pas critiquable. Dans un arrêt récent ayant trait à la fibromyalgie, le Tribunal fédéral des assurances est en effet parvenu à la conclusion qu'il existait des caractéristiques communes entre cette atteinte à la santé et le trouble somatoforme douloureux. Celles-ci justifiaient, lorsqu'il s'agissait d'apprécier le caractère invalidant d'une fibromyalgie, d'appliquer par analogie les principes développés par la jurisprudence en matière de troubles somatoformes douloureux (ATF 132 V 65). Se fondant sur l'expertise pluridisciplinaire du COMAI, qui a impliqué la participation de spécialistes en rhumatologie, cardiologie et psychiatrie, l'autorité cantonale de recours a retenu que les critères permettant de fonder exceptionnellement un pronostic défavorable dans les cas de troubles somatoformes douloureux, et de renverser la présomption que cette affection ou ses effets peuvent être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible, n'étaient pas remplis dans le cas particulier. 3.2 La recourante reproche essentiellement aux premiers juges de n'avoir pas mis en oeuvre une nouvelle expertise, alors que celle du COMAI ne comporterait pas une analyse complète «de la question des troubles somatoformes douloureux chroniques (analyse précise des symptômes, respectivement des douleurs)». Contrairement à ce qu'allègue la recourante, les données fournies par les experts du COMAI permettent de trancher la question du caractère invalidant ou non de la fibromyalgie dont elle est atteinte. A cet égard, on rappellera que les différents critères consacrés par la jurisprudence en matière de troubles somatoformes douloureux ou de fibromyalgie sont un instrument, pour l'expert et l'administration (ou, cas échéant, le juge), servant à qualifier la souffrance vécue par un assuré, afin de déterminer si celui-ci dispose ou non des ressources psychiques permettant de surmonter cet état; ces critères ne constituent pas une liste de vérification mais doivent être considérés comme une aide à l'appréciation globale de la situation douloureuse dans un cas concret. Les médecins du COMAI n'ont certes pas répondu précisément sous le point 3 des questions de l'office AI à la demande «d'établir [en cas de troubles somatoformes] une analyse précise des symptômes et respectivement des douleurs», dans la mesure où ils ont renvoyé aux parties précédentes de leur expertise. Leurs constatations y figurant permettent toutefois de conclure que la recourante est, de leur avis, apte à surmonter son état douloureux. Ainsi, après avoir décrit les plaintes de l'assurée («données subjectives de la patiente») et fait état des résultats des examens effectués, les experts sont arrivés à la conclusion («discussion») que les douleurs ressenties relevaient uniquement du diagnostic de fibromyalgie et qu'il n'y avait pas d'autre atteinte à la santé. En particulier, la maladie était apparue à la suite des problèmes de «mobbing sexuel et professionnel» à son lieu de travail, l'assurée développant aussi un état dépressif avec crises de panique. Sur le plan psychique, la médication et les entretiens de soutien suivis par la recourante avaient cependant permis d'améliorer son état, même si elle restait fixée sur les symptômes de sa maladie avec tendance à l'exagération du handicap. Les médecins estimaient également que la recourante, qui se disait bien entourée par des amis et des membres de son église, ne connaissait pas de limitation sur le plan social. Enfin, ils arrivaient à la conclusion qu'elle avait de bonnes capacités et aptitudes relationnelles tant dans sa vie professionnelle que dans sa vie privée, si bien qu'elle était capable de reprendre son activité (de couturière ou d'aide-soignante). Au vu de l'ensemble de ces éléments, on peut retenir, avec la juridiction cantonale, que la recourante dispose de suffisamment de ressources pour qu'on puisse raisonnablement attendre d'elle un effort de volonté pour surmonter la fibromyalgie et ses effets, et nier toute incapacité de travail, ainsi qu'en conséquence une incapacité de gain. L'avis du docteur I.________ (du 10 janvier 2006), selon lequel la patiente ne serait pas capable de travailler, ne permet pas d'arriver à une autre conclusion. Cette appréciation est en effet insuffisamment motivée et n'apparaît au demeurant pas convaincante au regard de la constatation du médecin, selon laquelle il existe une grande discordance entre les plaintes de la patiente et les résultats objectifs de divers examens effectués. 3.3 Dans ces circonstances, un complément d'expertise médicale comme le requiert M.________ ne s'avère par ailleurs pas nécessaire. Le recours, mal fondé, doit dès lors être rejeté.