Citation: I 546/05 11.05.2006 E. 2

Le recourant conteste le degré d'invalidité retenu par la juridiction cantonale dès lors qu'il ne tient pas compte du diagnostic récent de myélopathie. 2.1 Au terme de leur rapport, les docteurs M.________, U.________, A.________ et S.________ ont respectivement conclu à une capacité résiduelle de travail entière (dans une activité légère qui évite le port de charges lourdes, le port répété de charges moyennement lourdes, les mouvements de rotation et de flexion antérieure du tronc et les positions statiques prolongées), de 50 % au moment de l'expertise (dans une activité légère et un environnement calme et rassurant) ou d'au moins 50 % (la symptomatologie respiratoire devait en grande partie disparaître, aussitôt les événements nocturnes maîtrisés, et favoriser l'amélioration de la capacité de travail de l'intéressé). On ajoutera que l'avis de la doctoresse M.________ était partagé par le docteur P.________ (pleine capacité de travail dans une activité adaptée sans efforts, ni port de charges) et que le docteur R.________, dans un premier temps, défendait une incapacité totale dans toutes activités, motivant son opinion par le seul manque de ressources qui semblait caractériser son patient. A l'exception peut-être de l'avis du docteur R.________ dont les conclusions hypothétiques semblent reposer sur des éléments étrangers à l'invalidité (cf. ATF 127 V 299 consid. 5a), on notera que les rapports évoqués ont pleine valeur probante, relativement à la spécialité médicale des praticiens qui les ont rédigés. En effet, ces documents prennent en considération les plaintes «ubiquitaires et mal systématisées» du recourant au moment où celui-ci les invoque. Ils ont été établi en pleine connaissance de l'anamnèse; la description de la situation médicale et son appréciation sont claires. Enfin, leurs conclusions sont dûment motivées (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 2.2 Les différents rapports médicaux mentionnés ne procèdent toutefois pas d'une vue d'ensemble. S'ils permettent bien de conclure, au vu de la description des activités adaptées et des limitations fonctionnelles, que les incapacités de travail retenues ne peuvent se cumuler (on ne voit pas en quoi le mi-temps aménagé par les psychiatres pour rendre supportable la contrainte psychique engendrée par l'exercice d'une activité ne permettrait pas au recourant de récupérer simultanément des fatigues provoquées par les difficultés respiratoires rencontrées dans cette même activité), il n'en demeure pas moins que la situation médicale présente une certaine confusion. Les différents avis exprimés n'aboutissent pas à des conclusions identiques. On y retrouve cependant des éléments constants (rachialgies, surcharge pondérale, difficultés respiratoires, syndrome douloureux somatoforme persistant) dont la description plus ou moins détaillée en fonction de la spécialité du médecin qui en traite ne permet pas toujours d'en déduire la valeur invalidante et la mesure dans laquelle ils ont été pris en compte. D'autres affections ou leur évolution (hypertension ou cardiopathie hypertensive) n'apparaissent pas dans tous les avis exprimés, bien que leur existence soit connue depuis le début de la procédure. D'autres troubles encore ont été invoqués plus tardivement (gonalgies, myélopathie), ont fait l'objet de peu, voire d'aucune investigation médicale et ne figurent pas dans l'évaluation générale de l'incapacité de travail de l'intéressé. 2.3 Le recourant a d'ailleurs déposé un certificat médical illustrant ce dernier point. Par IRM, le docteur T.________ a mis en évidence une pathologie sévère de la moelle épinière liée à une compression mécanique au niveau cervical (myélopathie en C3-C4) évoluant depuis au moins cinq ans, soit bien avant que la décision litigieuse ait été rendue. Le praticien a de surcroît affirmé de manière péremptoire la nécessité d'un acte chirurgical présentant le risque d'occasionner de graves séquelles neurologiques avec l'objectif aléatoire d'éviter la survenance certaine de ces conséquences pour le cas où le patient n'était pas opéré. Sur le vu de ce rapport, le médecin traitant a estimé que la myélopathie diagnostiquée justifiait les rachialgies, mises sur le compte du syndrome douloureux somatoforme persistant, ainsi qu'une incapacité de travail depuis le 1er avril 1999. 2.4 Au regard de ce qui précède, il apparaît donc opportun de procéder à une expertise embrassant l'ensemble des symptômes décrits par les différents spécialistes, et portant sur la capacité résiduelle globale de cet assuré, dans le cadre de laquelle les conclusions du docteur T.________ pourront être discutées et, au besoin, faire l'objet d'investigations complémentaires quant à la capacité de travail découlant des troubles retenus par ce spécialiste.