Citation: 5A_898/2016 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a constaté que le compte H.________ n° ccccc avait été alimenté, jusqu'au 25 septembre 2015, soit à la date du séquestre, tant par les rentes accident et d'invalidité servies à la recourante que par des montants versés par son père, ces derniers montants étant toutefois saisissables. Dès lors que le libellé des versements litigieux (" contribution aide paraplégie ") ne permettait pas, à lui seul, de considérer qu'il s'agissait de prestations versées au titre d'une réparation morale ou pour frais de guérison au sens de l'art. 92 al. 1 ch. 9 LP et non de prestations fournies à un autre titre voire à bien plaire, l'on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale d'avoir nié leur caractère (absolument) insaisissable. Quand bien même la maxime inquisitoire prévue par l'art. 20a al. 2 ch. 2 LP s'applique à la question de la saisissabilité des biens (cf. ATF 127 III 572 consid. 3c; JOLANTA KREN KOSTKIEWICZ, in Kurzkommentar SchKG, 2ème éd. 2014, n° 11 ad art. 92 LP), les parties intéressées à une procédure d'exécution forcée sont tenues de collaborer à l'établissement des faits. Il en est ainsi, notamment, lorsque la partie saisit dans son propre intérêt les autorités de surveillance, ou qu'il s'agit de circonstances qu'elle est la mieux à même de connaître ou qui touchent à sa situation personnelle, surtout lorsqu'elle sort de l'ordinaire; à défaut de collaboration, l'autorité de surveillance n'a pas à établir des faits qui ne résultent pas du dossier (arrêts 5A_253/2015 du 9 juin 2015 consid. 4.1; 5A_163/2008 du 27 mai 2008 consid. 2 et les références, publié in SJ 2009 I 232). Or, alors même qu'elle était tenue de le faire en vertu de son devoir de collaboration (cf. arrêts 5A_253/2015 précité; 7B.179/2000 du 8 août 2000 consid. 1), la recourante, assistée d'un avocat, n'a pas présenté l'état de fait pertinent ni produit les moyens de preuve auxquels elle avait accès aux fins d'établir à quel titre les montants litigieux avaient été versés sur son compte H.________ n° ccccc. Faute de l'avoir fait dans sa plainte, elle aurait parfaitement été en mesure de fournir toutes explications utiles à l'appui de la transmission des relevés de compte requis par la Chambre de surveillance. N'ayant pas rapporté la preuve qui lui incombait, la recourante ne saurait se plaindre d'une mauvaise application de l'art. 92 al. 1 ch. 9 LP en tant que l'autorité cantonale n'a pas qualifié les montants litigieux d'insaisissables. Le moyen doit par conséquent être rejeté.