Citation: 6B_1421/2019 E. 1.4.2

1.4.2. En l'espèce, les intérêts présidant à l'expulsion du recourant sont importants, dès lors que celui-ci s'est livré au trafic de stupéfiants. Il y a lieu de relever à cet égard que la Cour européenne des droits de l'Homme estime que, compte tenu des ravages de la drogue dans la population, les autorités sont fondées à faire preuve d'une grande fermeté à l'encontre de ceux qui contribuent à la propagation de ce fléau (cf. arrêts CourEDH K. M. c. Suisse du 2 juin 2015 [requête n° 6009/10] § 55; Dalia c. France du 19 février 1998, Recueil CourEDH 1998-I 76 § 54; cf. aussi arrêt 6B_1299/2019 précité consid. 3.4.8). Par ailleurs, la peine privative de liberté à laquelle a été condamné le recourant dépasse largement une année, ce qui aurait, cas échéant, pu permettre une révocation de l'autorisation de séjour ou d'établissement sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI, respectivement de l'art. 63 al. 1 let. a LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1 p. 147, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019: LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement). Concernant l'intérêt du recourant à pouvoir demeurer en Suisse, il convient de relever que celui-ci dispose dans ce pays de la plupart des membres de sa famille et de son cercle de connaissances. Son intégration socio-professionnelle n'est cependant pas bonne, puisque l'intéressé ne travaille plus et que sa situation financière est obérée. On ne voit pas ce qui ferait obstacle à sa réintégration dans son pays d'origine. Il n'apparaît pas, en particulier, qu'il serait plus difficile, en République dominicaine, de retrouver un emploi de peintre en bâtiment. Le recourant admet d'ailleurs que ses condamnations représentent un obstacle à l'obtention d'une place de travail en Suisse. Enfin, le fait que le recourant prétende désormais s'occuper des membres de sa famille ne saurait occulter le mépris pour l'ordre public suisse que ce dernier a manifesté en s'adonnant au trafic de stupéfiants malgré les sanctions qui lui avaient déjà été infligées par le passé en raison d'autres infractions. Compte tenu de la gravité des infractions commises dans le domaine des stupéfiants, de l'intégration professionnelle médiocre du recourant en Suisse et des possibilités qu'il conserve de se réintégrer dans son pays d'origine - où il ne sera pas privé de toute relation familiale -, l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé de l'intéressé à demeurer dans ce pays. L'expulsion, ordonnée pour une durée de cinq ans, s'avère conforme au principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH.