Citation: 1C_552/2023 E. 7.3

7.3. Les recourantes estiment que la CDAP aurait dû procéder d'office à un contrôle préjudiciel du plan d'affectation. Compte tenu du caractère bâti de la zone dans laquelle se situent les parcelles litigieuses au sein de la commune de V.________ et en l'absence de tout grief en ce sens devant l'autorité précédente, il n'apparaît pas d'emblée évident qu'un tel contrôle aurait dû avoir lieu. Les recourantes soutiennent ensuite que la présence de biotopes et d'espèces protégées, l'absence de construction sur une surface de 10'181 m2 et l'ancienneté du plan d'affectation impliqueraient une qualification de la parcelle de secteur à protéger ou de zone de verdure non constructible. La parcelle est équipée et se situe au sein d'un secteur bâti de la commune de V.________. Elle est entourée de maisons d'habitation de toute part, le côté est comprenant un bâtiment figurant à l'inventaire (parcelle n° 3035) ainsi que le Chemin K.________ et le Boulevard F.________, soit des axes routiers importants desservis par des transports publics. Au vu de cette situation au sein du tissu construit, le maintien de ce bien-fonds en zone à bâtir répond de prime abord aux principes de densification et de création d'un milieu bâti compact prévus par le droit fédéral (cf. art. 1 al. 2 let. b LAT et art. 3 al. 3 let. a bis LAT). Dans ces conditions, l'ancienneté du plan d'affectation communal ne saurait jouer un rôle déterminant, compte tenu du nombre important de constructions déjà présentes dans le secteur. Il peut en être déduit que la planification communale a largement été mise en oeuvre (cf. arrêt 1C_481/2023 précité consid. 5.3). À cela s'ajoute que la commune de V.________ est comprise dans le périmètre compact du Projet d'agglomération Lausanne-Morges (PALM). Cet instrument d'urbanisme de niveau directeur tend à réagir contre le développement non durable de l'agglomération Lausanne-Morges (étalement urbain, trafic automobile, pollution et nuisances sonores notamment) en concentrant le développement dans les espaces qui sont déjà largement bâtis (ATF 137 II 23 consid. 4.1; arrêt 1C_288/2023 du 24 juin 2024 consid. 2.1), plaidant ainsi en faveur d'un maintien de la zone en surface constructible. Quant à la taille de la parcelle (10'181 m2), elle pourrait être considérée, sous certaines conditions, comme une brèche dans le milieu bâti (cf. arrêt 1C_280/2023 du 3 avril 2024 consid. 4.4.1 avec les références). Compte tenu de ces éléments, il n'apparaît pas que les circonstances se soient sensiblement modifiées au point de justifier une adaptation de la planification. En revanche, si la nécessité de protéger un biotope digne de protection peut effectivement justifier un réexamen de la planification, l'existence d'un tel biotope n'est à ce stade pas établie. Il appartiendra à l'instance précédente, à l'issue de son examen et instruction complémentaires sur ce point, de déterminer, le cas échéant, ses répercussions sur le projet litigieux, notamment en appréciant la nécessité d'un contrôle préjudiciel de la planification (cf. arrêts 1C_96/2022 du 18 mars 2024 consid. 8.2 et 1C_126/2020 du 15 février 2021 consid. 5.2.1). Le grief est ainsi rejeté.