Citation: 2P.192/2006 08.01.2007 E. 3

3.1 En l'espèce, l'Administration fiscale bâloise a notifié à X.________, le 10 septembre 2004, une décision sur son assujettissement dans le canton de Bâle-Ville à partir de l'année fiscale 2004. La recourante n'a contesté cette décision ni par la voie de la réclamation - qui était indiquée dans la décision -, ni directement par un recours de droit public au Tribunal fédéral (cf. consid. 2 ci-dessus). L'assujettissement de l'intéressée dans le canton de Bâle-Ville est donc entré en force. Par la suite, bien qu'elle se soit vue imposée dans deux cantons pour la période fiscale 2004, la recourante n'a recouru ni contre la décision de taxation du canton du Jura du 16 décembre 2005, ni contre la décision de taxation du canton de Bâle-Ville du 6 avril 2006, bien que ces décisions aient indiqué toutes deux les voies de droit. Ces décisions sont ainsi également entrées en force. En n'agissant pas dans les délais légaux contre les différentes décisions précitées, la recourante a admis implicitement le pouvoir d'imposition des deux cantons. Le seul fait que la double imposition intercantonale soit anticonstitutionnelle ne la dispensait pas de respecter les exigences formelles des moyens de droit à sa disposition. Dans la mesure où le recours se dirige contre la décision d'assujettissement de l'Administration fiscale bâloise du 10 septembre 2004 ou contre les décisions de taxation du 16 décembre 2005 (canton du Jura) et du 6 avril 2006 (canton de Bâle-Ville), il est irrecevable en raison de sa tardiveté. 3.2 Le recours est également irrecevable en tant qu'il a pour objet le courrier du Service des contributions jurassien du 30 juin 2006. Pour autant que ce courrier puisse être considéré comme une décision (art. 84 al. 1 OJ et art. 5 PA), ce qui est douteux, l'acte de la recourante ne contient aucune motivation mettant en cause le refus de l'autorité jurassienne de reconsidérer sa décision de taxation du 16 décembre 2005. Le grief de double imposition - qui devait être soulevé contre la décision du 16 décembre 2005 - n'est pas recevable contre un courrier se bornant à constater le caractère définitif d'une précédente décision.