Citation: 4C.323/2002 14.01.2003 E. A

A.a La société X.________ SA (ci-après: la société ou la défenderesse) a été inscrite le 7 avril 1988 au registre du commerce; fondée par dame dame A.________ (la demanderesse) et son mari A.________, la société a pour but la fourniture de services dans les domaines du génie civil, de l'industrie de la construction et du génie de l'environnement. Dame A.________ a toujours été salariée de la société, dont elle s'occupait de la gestion administrative; à partir de juin 2000, son salaire mensuel net se montait à 6237 fr.50. Dès 1998, la demanderesse a été inscrite au registre du commerce comme administratrice et présidente du conseil d'administration de la défenderesse. Les relations entre les époux A.________ se sont progressivement dégradées. A.________ réside désormais une bonne partie de son temps à Vancouver (Canada), métropole où il a fondé une nouvelle personne morale. Faisant état de difficultés conjoncturelles, la société, par lettre du 12 septembre 2000, a résilié le contrat de travail de dame A.________ pour le 30 novembre 2000; cette dernière a perçu son salaire jusqu'à la fin septembre 2000. Le 12 octobre 2000 s'est tenue une assemblée générale extraordinaire de la défenderesse, au cours de laquelle A.________ a été nommé administrateur de la société à la place de dame A.________, qui était confirmée dans son poste de directrice jusqu'au 30 novembre 2000. A partir de la date de cette assemblée générale, c'est A.________ qui s'est chargé de la gestion de la société. Le 13 octobre 2000, A.________ a versé en avance le salaire du mois d'octobre de dame A.________ sur un compte commun "Q" dont il était titulaire avec cette dernière et qui n'était plus utilisé. Le même jour, sans l'autorisation de la salariée, il a presque entièrement débité ledit compte afin principalement de payer les contributions d'entretien dues à sa première épouse ainsi qu'aux enfants issus de cette union. A.________ a procédé de la même manière le 23 octobre 2000 avec le montant qu'il a versé sur le compte "Q" représentant le salaire de dame A.________ pour le mois de novembre 2000. A.b Le 27 septembre 2000, dame A.________ a ouvert action en séparation de corps contre A.________. Par lettre du 30 octobre 2000, le conseil de dame A.________ a fait savoir à A.________ qu'en ayant prélevé indûment les salaires de son épouse pour les mois d'octobre et de novembre 2000, il n'avait laissé à cette dernière aucun moyen de subsistance; empêchée d'exercer son activité de directrice, dame A.________ se considérait donc comme déchargée de toute obligation à l'égard de la société. Le conseil précité a encore informé A.________ que son épouse allait déposer une requête de mesures provisionnelles pour obtenir de sa part le versement d'une pension provisoire. Lors de l'audience de mesures provisionnelles du 19 décembre 2000, le Président du Tribunal d'arrondissement de La Broye et du Nord Vaudois a ratifié une convention passée par la demanderesse et A.________, dont le chiffre VI a la teneur suivante: "Les questions liées aux salaires de dame A.________ dans la société X.________ pour les mois d'octobre et de novembre 2000 seront traitées dans le procès au fond.".