Citation: 4A_556/2014 E. 2

L'autorité précédente a admis les demandes de 31 locataires en remboursement des acomptes de frais accessoires. La recourante requiert sans autre précision de pouvoir "conserve[r] les acomptes de charges et frais accessoires" versés par 28 d'entre eux. Elle "considère que la décision attaquée viole l'article 257a CO, le principe de la maxime d'office et l'article 42 alinéa 2 CO, en ceci qu'elle ordonne le remboursement de frais accessoires malgré la production par la recourante de pièces topiques". La motivation tient sur moins de vingt lignes. L'autorité précédente a précisé que les frais accessoires susceptibles d'être facturés étaient soumis au régime de l'acompte provisionnel. Elle a constaté que la recourante n'avait déposé aucune pièce justificative en relation avec les exercices 1998/99 à 2002/03 et que les titres justificatifs produits pour les exercices 2003/04 à 2008/09 ne suffisaient pas à établir le bien-fondé des décomptes. Ces constatations de fait, au demeurant largement explicitées, lient la cour de céans faute pour la recourante d'avoir soulevé le grief d'arbitraire (art. 105 al. 1 et 2 LTF; ATF 137 II 353 consid. 5.1; 133 II 249 consid. 1.4.3). La maxime inquisitoire sociale (art. 274d al. 3 aCO; art. 247 al. 2 CPC) ne sert pas à remédier à toutes les carences des parties à la procédure (cf. ATF 125 III 231 consid. 4a; 139 III 13 consid. 3.2). Comme l'autorité précédente l'a jugé à bon escient, le Tribunal des baux a satisfait aux exigences en la matière en invitant à réitérées reprises la recourante, au demeurant assistée d'un avocat, à présenter des décomptes détaillés, des tableaux de répartition et l'ensemble des pièces justificatives. La recourante ne saurait enfin bénéficier du principe retenu à l'art. 42 al. 2 CO selon lequel le juge détermine équitablement un dommage qui ne peut pas être établi. Car l'impossibilité doit découler de la nature de la prétention; de simples difficultés de preuve liées au cas particulier ne suffisent pas (ATF 128 III 271 consid. 2b/aa p. 276 i.f.; cf. aussi ATF 130 III 321 consid. 3.2). Or, le bailleur est tenu de présenter le décompte des frais accessoires au moins une fois par année (art. 4 al. 1 OBLF - RS 221.213.11); à cet effet, il doit garder les pièces justificatives correspondantes pour prouver ses frais, pièces que le locataire est au demeurant en droit de consulter. S'il ne garde pas les pièces ou si, comme en l'espèce, il tarde durant de nombreuses années à présenter son décompte et n'est alors plus en mesure de présenter les pièces nécessaires, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même.