Citation: 1C_540/2023 E. 4

La recourante reproche à la Cour des plaintes d'avoir retenu pour la première fois au cours de la procédure que E.________ et/ou D.________ avaient participé avec B.________ à une organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP, permettant un renversement du fardeau de la preuve (art. 72 CP) sans que la recourante n'ait pu se déterminer à ce propos ni fournir une contre-preuve. Se plaignant d'arbitraire, la recourante relève que les deux précités n'ont pas été condamnés pour participation à une organisation criminelle dans le jugement du 23 mai 2017 et la Cour des plaintes n'expliquerait pas en quoi les conditions de l'art. 260ter CP seraient réunies à leur égard. La recourante reproche ensuite à la Cour des plaintes d'avoir dérogé à la jurisprudence à propos des exigences minimales concernant les décisions étrangères de confiscation (art. 74a EIMP), dès lors que le droit d'être entendu de la recourante et de ses ayants droit n'avait pas été respecté dans la procédure brésilienne. La recourante ne pourrait se voir reprocher de ne pas s'être suffisamment défendue dans l'Etat requérant, dans la mesure où elle n'était pas partie à la procédure et n'a pas pu y participer, et où le "Paper-Trail" n'a pas été reconstitué à son égard. La recourante voit aussi une question juridique de principe dans le fait qu'elle s'est vu dénier la qualité pour invoquer l'art. 2 let. a EIMP en raison de sa qualité de personne morale, alors même qu'elle fait l'objet d'une décision de confiscation dans l'Etat requérant et serait ainsi privée de toute possibilité de défense conforme à l'art. 6 CEDH.