Citation: 4P.122/2003 01.10.2003 E. 7

La recourante conteste l'existence d'un lien de causalité naturelle entre la chute de l'intimée et la lésion à son poignet. En effet, l'intimée a d'abord souffert de lésions du pouce, entièrement soignées en octobre 1996. Ce ne serait qu'en avril 1998 qu'un syndrome douloureux chronique des poignets est évoqué par un médecin. Or, rien au dossier ne permettrait de comprendre pourquoi la lésion du pouce serait devenue une lésion du poignet. Il était donc arbitraire de retenir un lien de causalité naturelle entre la chute et la lésion du poignet. 7.1 Un comportement est la cause naturelle d'un résultat s'il en constitue l'une des conditions sine qua non. La constatation du rapport de causalité naturelle relève du fait (ATF 129 V 177 consid. 3.1; 128 III 22 consid. 2d p. 25), à moins que l'autorité cantonale ne méconnaisse le concept même de la causalité naturelle. 7.2 Selon l'état de fait retenu par la cour cantonale, les médecins ont, dans un premier temps diagnostiqué, en décembre 1995, une entorse du pouce droit. En septembre 1996, le Dr Perrig a relevé une souffrance locale du nerf médian au poignet. De même, l'expert mandaté en 1998 par l'assureur-accident a constaté un syndrome douloureux chronique évolutif de nature indéterminée à la face radiale des pouces et poignets, prédominant à droite. La dernière intervention sur le pouce droit date du 4 février 2000. Aucune autre chute ou accident n'est mentionné dans le jugement attaqué. La recourante ne prétend d'ailleurs pas que les douleurs aux poignets seraient dues à un autre événement traumatique ni que l'intimée en aurait déjà souffert avant le 18 novembre 1995. La description de l'accident et de l'évolution médicale de l'intimée, telle que retenue par la cour cantonale, permet de considérer sans arbitraire que la chute du 18 novembre 1995 est une condition sine qua non des lésions au pouce droit et des douleurs aux poignets ressenties par l'intimée.