Citation: 4A_80/2018 E. 4.1

4.1. La seconde charge du recours vise le rejet d'une objection que la recourante avait soulevée à propos des intimées B.________ et A.________. La sentence attaquée résume ainsi l'objection: Les trois traités sur lesquels ces sociétés fondent leurs prétentions (soit le TBI-Cy [à raison de l'incorporation de la première à Chypre], le TBI-NL [à raison de l'incorporation de la seconde aux Pays-Bas], et le TCE) ne seraient pas applicables, et le tribunal arbitral serait dépourvu de compétence pour deux motifs: d'une part, ces traités ne protégeraient que des investissements étrangers, condition qui ne serait pas réalisée en l'occurrence puisque ces entités seraient contrôlées par des ressortissants XX.________; d'autre part, ces personnes auraient procédé à un "forum shopping" inadmissible en restructurant leurs investissements à un moment où la survenance d'un litige avec l'Etat X.________ était prévisible Cette objection n'a pas trouvé grâce aux yeux de la formation arbitrale, qui a opposé en substance l'argumentation suivante: Ni le TBI-Cy, ni le TBI-NL n'émettent des exigences quant à la source des fonds investis ou quant à la nationalité de l'investisseur au moment où l'investissement est effectué; par conséquent, sous l'égide de ces deux traités, un investissement peut fort bien devenir un investissement étranger après avoir été effectué, en suite d'une transaction ou d'un changement de nationalité de l'investisseur (qu'il soit une personne physique ou morale). Par ailleurs, rien ne permet de retenir que le litige entre ces sociétés et la République X.________ était prévisible au moment de leur fondation, respectivement le 29 octobre 2009 à Chypre et le 8 décembre 2009 aux Pays-Bas. La République X.________ elle-même a soutenu, expertise à l'appui, que le "boom solaire" ne pouvait être prédit avec précision avant mi-2010; eût-il été prévisible qu'il n'en eût pas été de même de la "taxe solaire".