Citation: 8C_175/2017 E. 5.3

5.3. En l'espèce, le jugement attaqué repose essentiellement sur les constatations du conseiller en réadaptation dans son rapport du 6 février 2014. Ce dernier part cependant de la fausse prémisse que l'assuré serait totalement privé de l'usage de ses deux mains (selon lui, même une activité de pure surveillance n'est pas exigible dès lors qu'elle requiert l'emploi occasionnel d'une main au moins pour ouvrir une porte, enclencher un appareil ou utiliser ponctuellement un ordinateur). Cette affirmation est contredite par l'expert E.________, lequel a rappelé que si le rendement professionnel de l'assuré dans une activité manuelle, même légère était nul, ce dernier n'était pas privé de l'usage de ses deux mains dans la vie de tous les jours. D'ailleurs, le conseiller en réadaptation est lui-même arrivé à la conclusion, dans sa prise de position du 26 novembre 2013, que les difficultés concrètes à réorienter l'intimé vers une activité non manuelle étaient principalement dues à des facteurs étrangers à l'invalidité, tels que la faible maîtrise du français et le défaut de formation. Or, de tels facteurs sont étrangers à l'invalidité (cf. arrêts 9C_603/2015 du 25 avril 2016, consid. 6.1.1 et 9C_286/2015 du 12 janvier 2016, consid. 4.1). Dès lors, si l'on fait abstraction de ces facteurs dans le cas d'espèce, il faut admettre que l'intimé serait à même d'exercer les activités non manuelles retenues par la recourante dans sa décision du 26 avril 2016 (voir infra consid. 6.1).