Citation: 6A.20/2003 02.05.2003 E. 1

3.2 Appelé à se déterminer sur l'expertise psychiatrique réalisée par le DUPA dans la procédure cantonale, le recourant a apporté un certain nombre de précisions et de corrections. Il reproche à l'autorité cantonale de ne pas en avoir tenu compte. Les experts se sont fondés sur les dossiers judiciaire et médical et ont eu plusieurs entretiens avec le recourant. Sur la base de ces éléments, de leurs observations et des renseignements fournis par le recourant lui-même, ils ont procédé à une analyse détaillée et approfondie de la situation personnelle et familiale du recourant et ont constaté que l'anomalie psychique, soit la pédophilie, était toujours existante et que le risque de récidive était aggravé par la mauvaise disposition du recourant à se soumettre à un traitement selon les modalités proposées. Ils ont en conséquence émis un pronostic défavorable, voire très défavorable, quant au comportement futur du recourant. Les critiques du recourant, qui portent sur des points secondaires, sont sans aucune incidence sur les conclusions des experts. Il n'appartient pas à l'expertisé de remettre en cause tous les détails de l'expertise et de substituer sa propre version des faits à celle de l'expert, qui choisit de mettre en exergue certains faits en fonction de ses connaissances. Le recourant n'apporte aucun élément déterminant de nature à mettre en doute l'objectivité de l'expertise. L'expertise psychiatrique réalisée par le DUPA est tout à fait convaincante, et l'autorité cantonale n'a pas violé le droit fédéral en se fondant sur cette expertise. Les griefs relatifs à l'expertise du recourant sont donc infondés. 3.3 Par ailleurs, le recourant déclare confirmer son recours contre la décision de la Commission de libération. Il rappelle qu'il ne nie pas la gravité de ses délits et accepte de se faire traiter, mais qu'il ne peut pas accepter une thérapie de groupe dans le cadre de son internement, compte tenu du manque de confiance qu'il éprouve à l'égard des médecins liés au milieu pénitentiaire. Il renouvelle ses conclusions tendant au placement dans une institution qui lui permettrait de trouver un psychiatre pratiquant l'hypnose; à titre subsidiaire, il requiert de "demander son avis" au Dr S.________ ou au Dr G.________. Ce moyen est également mal fondé et doit dès lors être rejeté. Premièrement, il résulte clairement de l'expertise psychiatrique que le recourant présente un risque de récidive et une dangerosité potentielle, ce qui exige un traitement avec un encadrement minimum. Le recourant ne saurait en conséquence en son état bénéficier d'un régime de quasi liberté. En second lieu, aux dires des experts, la thérapie par l'hypnose proposée par le recourant est "plutôt contre-indiquée" pour ce type d'affection psychiatrique. Le fait qu'un confrère peut être d'un autre avis ne saurait invalider une expertise sur le point de savoir quelle thérapie est adaptée à un cas particulier. En l'occurrence, le précédent expert estimait en 1995 qu'un traitement de psychothérapie suggestive par hypnose pourrait être utile et suggérait de procéder à un examen complémentaire afin de préciser l'indication d'un tel traitement. Le psychiatre proposé, spécialiste de l'hypnose, concédait toutefois qu'il n'avait pas d'expérience en matière de délinquants sexuels (Pièce 5, expertise du 30 septembre 1995, p. 6 et 11). Les limites du traitement peuvent d'ailleurs se vérifier en l'espèce; les séances d'hypnose que le recourant dit avoir subies il y a plusieurs années n'ont manifestement pas permis de mettre fin durablement aux actes de pédophilie. Il n'y a pas lieu de demander l'avis de Dr S.________ ou du Dr G.________ sur l'efficacité du traitement par hypnose. 3.4 Compte tenu de l'ensemble de ces éléments et notamment du risque de récidive toujours existant constaté par les experts, on doit envisager l'éventualité qu'en cas de libération et de placement dans un EMS, le recourant commette à nouveau des attentats à la pudeur des enfants, soit des infractions graves. L'expertise psychiatrique est à cet égard convaincante, et les critiques du recourant sont sans fondement. Dans ces conditions, en refusant d'ordonner sa libération à l'essai et en ordonnant la poursuite de l'internement avec une thérapie de groupe, l'autorité cantonale n'a pas violé le droit fédéral ni abusé de son pouvoir d'appréciation.