Citation: 6B_583/2018 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a retenu que le recourant avait précipité I.C.________ du haut de la falaise de la chapelle Q.________. Elle a exposé que K.________ entretenait des relations privilégiées avec le recourant et L.________. A l'instar de cette dernière, sa liaison avec I.C.________ ne s'était pas révélée harmonieuse. K.________ était en outre la confidente du recourant. Elle n'avait donc aucun motif de lui nuire. Ses déclarations concernant les événements rapportés par le recourant le 7 juin 2013 avaient été corroborées, pour l'essentiel, par celles de L.________. Il n'y avait donc pas lieu d'accueillir celles-ci avec circonspection. K.________ avait, durant l'instruction, déclaré que L.________ et le recourant se plaignaient constamment de I.C.________, lequel gênait notamment leurs projets communs. Lors de conversations avec elle, le recourant avait, à plusieurs reprises, utilisé le terme "liquider" à propos de I.C.________. K.________ avait expliqué que, le 7 juin 2013, ce dernier avait appelé le recourant vers 17 h 30. Celui-ci avait alors convaincu I.C.________ de le rencontrer à O.________. Le recourant s'y était rendu, seul, vers 18 h, immédiatement après avoir raccroché le téléphone. Son absence avait duré quelque trois heures. A 19 h 50, le recourant avait adressé un message à sa compagne pour lui dire qu'il était encore en discussion avec I.C.________. Dans l'intervalle, K.________, préoccupée, avait questionné L.________, laquelle l'avait rassurée, avant de lui dire : "Peut-être qu'il a été liquider I.C.________". K.________ avait alors évoqué les conséquences d'un tel acte. L.________ lui avait répondu que le recourant "[savait] très bien faire les choses sans se faire prendre". De retour vers 21 h 15 ou 21 h 30, le recourant avait exposé s'être rendu dans le F1.________, à proximité d'une chapelle, où il s'était entretenu avec I.C.________. A la question de savoir s'il ne l'avait pas tué, le recourant avait répondu : "[é]coute, c'est fait !". Il avait précisé que I.C.________ était assis sur un mur, le dos au vide, le recourant étant assis en face de lui. Ce dernier avait expliqué avoir pris garde qu'aucun véhicule ne descendît sur la route principale, de Z.________ en direction de P.________, puis qu'il s'était encore assuré de l'absence de tiers aux alentours. Rassuré à cet égard, il avait replié ses doigts, afin de ne pas laisser d'empreintes, puis avait asséné un violent coup avec une main au niveau du thorax de I.C.________, afin de le faire tomber dans le vide. Le recourant avait indiqué avoir pris place sur un muret et observé, en faisant un signe d'adieu, la chute du prénommé. Confronté à l'incrédulité de K.________, il avait ajouté : "[j]e vais me gêner, il m'a assez fait chier !". Il n'avait pas "l'air marqué", tandis que L.________ paraissait, pour sa part, "soulagée". Cette dernière avait spécifié qu'il s'agissait de la chapelle Q.________, ce qui avait convaincu K.________ que l'intéressée devait être au courant des intentions du recourant. Selon la témoin, L.________ voulait "avoir la paix et pouvoir vivre". Le recourant, "très content" de ce qu'il venait d'accomplir, leur avait encore fait écouter et visionner des enregistrements effectués au moyen de son téléphone portable. I.C.________, désespéré, y exprimait son désarroi. Peu avant la fin de l'enregistrement sonore, K.________ avait entendu une porte qui claquait, puis un véhicule qui accélérait. Sur l'enregistrement vidéo, celle-ci avait observé, sur le sol en terre, deux chaussures noires qui appartenaient à deux personnes différentes. A un moment, le recourant avait souligné que I.C.________ parlait encore, mais que L.________ et K.________ n'allaient "plus l'entendre". Cette dernière avait ensuite mis en évidence les risques auxquels s'exposait le recourant. Celui-ci avait répondu qu'il fallait "deux ans pour trouver un corps là-haut", avant d'ajouter qu'il ne "devait plus rester qu'un tas d'os" de I.C.________ dont "le corps [aur]ait été dévoré par les bêtes". Le recourant, L.________ et K.________ avaient ensuite partagé un repas. Cette dernière, malgré les enregistrements, n'avait pas cru au récit du recourant. Le lendemain, tous les trois s'étaient donc rendus sur les lieux. Le recourant avait désigné l'endroit où il avait partagé un verre avec I.C.________. K.________ avait, par la suite, observé la falaise au moyen de jumelles, guidée par le recourant. Elle avait eu l'impression de voir un pantalon bleu et avait en outre clairement identifié de grosses taches de sang sur la paroi. Le recourant avait observé, en sus, "des bouts de bras, un bout de crâne". K.________ avait dès lors eu la certitude que celui-ci avait poussé I.C.________. Le recourant et L.________ avaient, le même jour, appelé à deux reprises le prénommé sur son téléphone cellulaire, afin de s'assurer que l'appareil ne fonctionnait plus, de sorte que la police et les opérateurs ne puissent pas le localiser. K.________ n'avait pas dénoncé l'infraction car le recourant avait menacé de tuer quiconque s'y risquerait. Selon la cour cantonale, le recourant avait par ailleurs répété à A1.________ qu'il avait "poussé avec ses mains" I.C.________ au bas de la falaise. Il s'était exprimé en des termes analogues lorsqu'il s'était entretenu avec B1.________ et C1.________. Il avait déclaré à celle-ci que si le corps était découvert, il serait méconnaissable. Il n'y avait, selon la cour cantonale, pas lieu de mettre en doute les déclarations des trois témoins précités. Ceux-ci, après avoir relaté les propos tenus par le recourant et confirmés par L.________, avaient d'ailleurs exprimé leur scepticisme, ce qu'ils n'auraient pas fait s'il s'agissait de témoins à charge. Selon la cour cantonale, le recourant, à l'instar de L.________, tenait régulièrement des propos mensongers. Il avait, par exemple, indiqué à K.________ avoir tué une quarantaine de personnes. Cela ne signifiait pas pour autant que les événements rapportés durant la soirée du 7 juin 2013 fussent contraires à la vérité. Ceux-ci avaient en effet été confirmés par l'ensemble des preuves rassemblées au dossier. Conformément aux déclarations de K.________ - corroborées par celles de L.________ -, avant le 7 juin 2013, le recourant avait, à plusieurs reprises, manifesté sa volonté de "liquider" I.C.________. Selon la dernière nommée, le recourant en parlait tous les jours, de sorte qu'il s'agissait d'une "obsession". En évoquant les modes opératoires possibles, celui-ci avait souligné qu'il convenait de faire passer l'homicide pour un suicide. L'autorité précédente a ajouté que, dès le 7 juin 2013, le recourant et L.________ savaient que I.C.________ était décédé, mais avaient tout de même cherché à atteindre celui-ci sur son téléphone cellulaire. Par ces appels, effectués les 8, 9, 10 et 13 juin 2013, ils entendaient s'assurer que l'appareil du prénommé ne sonnait plus et que celui-ci ne pourrait être localisé. Selon la cour cantonale, les déclarations du recourant n'avaient pas été constantes. Celui-ci avait initialement contesté s'être rendu dans le F1.________. Par la suite, il avait prétendu être la victime d'un complot ourdi par L.________ et K.________. Confronté à la localisation de son téléphone portable dans le F1.________ au moment des faits, le recourant avait d'abord indiqué s'y être rendu afin d'acquérir des stupéfiants à D1.________, avant d'admettre y avoir passé la soirée avec I.C.________. Il avait ensuite fait état de la chute accidentelle ou volontaire de celui-ci au bas de la falaise, les détails fournis à cet égard ayant varié à l'occasion de ses divers interrogatoires. Le recourant s'était prévalu d'une perte temporaire de mémoire, mais celle-ci n'avait pas été confirmée par les experts psychiatres. Le recourant avait ainsi modifié ses déclarations au gré des preuves matérielles lui ayant été présentées par la police. A suivre le recourant, L.________ et K.________, mais aussi A1.________, B1.________ et C1.________ auraient prétendu, de manière mensongère, qu'il avait reconnu avoir commis un homicide. Selon l'autorité précédente, on cherchait en vain les motifs pour lesquels l'oncle, respectivement la mère et la grand-mère de L.________ lui auraient imputé pareils propos. A l'époque où ceux-ci avaient été entendus, cette dernière et le recourant leur avaient annoncé vouloir se marier. A1.________, B1.________ et C1.________ n'avaient donc aucune raison de nuire au compagnon de L.________ en formulant des propos mensongers et avaient d'ailleurs tous mis en évidence leur scepticisme concernant les déclarations du recourant. La thèse du "complot" n'était donc pas crédible. K.________ n'avait en particulier pas agi de concert avec L.________, mais avait au contraire mis celle-ci en cause relativement à l'homicide de I.C.________. Le recourant avait en outre nié l'existence des enregistrements audio et vidéo que A1.________, K.________ et L.________ affirmaient avoir entendus ou visionnés. Les séquences extraites du téléphone cellulaire de l'intéressé avaient toutefois corroboré leurs déclarations. Le recourant avait d'ailleurs prétendu faussement avoir cassé son téléphone cellulaire, alors qu'il l'avait en réalité remis à la mère de L.________, cela dans le but de prévenir l'analyse des données de l'appareil. Il avait ainsi multiplié les déclarations fantaisistes ou mensongères, prétendant par exemple qu'il s'était rendu dans le F1.________ avec K.________ afin de lui montrer des endroits à photographier. Au retour de ce périple, survenu le lendemain du décès de I.C.________, L.________ avait constaté que la prénommée "tremblait de tout son corps". Cette émotion violente était ainsi incompatible avec les explications du recourant. Elle accréditait en revanche les explications de K.________, selon lesquelles celle-ci avait alors aperçu de grandes taches de sang à l'endroit de l'homicide. La cour cantonale a indiqué que si I.C.________ menaçait régulièrement de mettre fin à ses jours, il ne s'agissait pas de la manifestation d'une volonté réelle, mais d'un moyen de contrainte psychologique pour parvenir à obtenir d'autrui ce qu'il souhaitait. Cela n'avait pas échappé à ses compagnes successives. En 2006, il avait ainsi menacé K.________, de "manière théâtrale", de se supprimer en plaçant un couteau de cuisine sur sa propre gorge. La prénommée avait rapporté que I.C.________ tenait souvent ce langage. Elle avait pour sa part le sentiment qu'il n'avait pas le courage de mettre fin à sa vie. L.________ partageait cette appréciation, estimant que I.C.________, qui avait parlé de suicide durant des années, n'avait "pas le cran de le faire". Les menaces ou les actes d'automutilation de l'intéressé relevaient, selon elle, du "chantage affectif" ou de "l'appel à l'aide". Les connaissances de I.C.________ ne s'étaient pas exprimées différemment. Les témoins E1.________, V.________ - curateur de l'intéressé -, U.________ - qui avait rencontré son cousin I.C.________ quasiment quotidiennement durant les six derniers mois de sa vie -, ou W.________ avaient tous évoqué les propos de celui-ci relatifs au suicide, sans qu'aucun n'eût considéré ces menaces comme crédibles. Les médecins ayant examiné I.C.________ lors de ses nombreuses hospitalisations avaient confirmé cette appréciation. Les spécialistes ayant observé ce dernier en octobre et novembre 2012 ainsi qu'en février, avril et mai 2013, n'avaient en effet pas mis en évidence d'"idées noires" ou suicidaires. Selon l'autorité précédente, le 6 juin 2013, I.C.________ s'était trouvé dans une détresse profonde. Le lendemain, W.________ s'était entretenue avec lui par téléphone. Elle avait eu le sentiment qu'il avait "repris le dessus". Durant la soirée, l'intéressé lui avait à nouveau fait part de sa détresse, mais elle était parvenue à le raisonner. Y.________ avait pour sa part constaté, le même jour, que I.C.________ était "au fond du bac", sans être pour autant d'avis qu'il pouvait mettre fin à ses jours. L'intéressé entendait en effet reprendre la vie commune avec L.________ et leurs enfants. La conversation entre le recourant et I.C.________, rapportée par A1.________ à la suite de l'audition de l'enregistrement sonore, corroborait cette appréciation. Ainsi, celui-ci y avait déclaré qu'il ne supportait plus la situation, mais n'avait pas, pour autant, manifesté sa volonté de se donner la mort. Il s'apprêtait, en effet, à entreprendre des démarches tendant à obtenir la garde de ses enfants, qu'il devait rencontrer le 15 juin 2013. Selon les explications du recourant, I.C.________ souhaitait notamment, le 7 juin 2013, récupérer la clé de son appartement, encore en possession de L.________. Une telle volonté n'était guère compatible avec celle de mettre fin à ses jours. Le recourant avait certes prétendu que, par la suite, il avait remis à celui-ci une lettre de son épouse lui signifiant qu'elle ne souhaitait pas reprendre la vie commune. L.________ avait toutefois contesté avoir rédigé une telle missive, dont l'existence ne pouvait ainsi être retenue. Lors de la reconstitution effectuée en cours d'instruction à la chapelle Q.________, le recourant n'avait d'ailleurs pas spontanément fait état de la remise d'un tel courrier à I.C.________.