Citation: 4A_688/2016 E. B

Par requête de conciliation du 22 octobre 2012, X.________ a ouvert action contre Z.________. A la suite de l'échec de la conciliation, il a déposé sa demande devant le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève le 4 décembre 2012, concluant à ce qu'il soit constaté que sa lettre de démission du 26 décembre 2010 est nulle, que son contrat de travail n'a pas été valablement résilié et que les parties sont toujours liées par un contrat de travail. Il a allégué qu'il était dans un état d'incapacité de discernement au moment de la rédaction de sa lettre de démission, que trois semaines auparavant, il avait ouvert un blog délirant pour parler de ses expériences et en avait informé le directeur général de la banque, que son état n'avait fait qu'empirer par la suite. Il a produit plusieurs attestations médicales, des 16 janvier, 16 février, 21 août et 21 septembre 2012, qui toutes indiquent que son état de santé au moment de la rédaction de cette lettre était mauvais, en raison d'un trouble psychiatrique. La valeur litigieuse de cette action a été fixée à 276'144 fr., sur la base de différentes créances en paiement de salaires et d'indemnités liées à son incapacité de travail pour cause de maladie. X.________ a produit les documents démontrant les démarches qu'il avait effectuées, et leurs résultats, auprès de l'assurance invalidité et de l'assurance-chômage sus-évoquées. Le tribunal a tenu une première audience le 4 février 2014, puis une seconde audience le 25 mars 2014, au cours de laquelle il a entendu deux témoins, soit le médecin psychiatre et ami de la famille du demandeur et le médecin psychiatre qui l'avait suivi de 2002 ou 2004 à 2012, et enfin une troisième audience le 13 mai 2014, au cours de laquelle elle a entendu un psychologue, un médecin psychiatre et l'employée de la défenderesse qui lui avait remis la lettre du 18 janvier 2011. Le tribunal a ensuite ordonné une expertise de l'état mental du demandeur. Dans son rapport d'expertise du 6 mai 2005, l'expert a estimé que celui-ci était totalement incapable de discernement lors de la rédaction de sa lettre de démission, que dans une phase maniaque, l'intéressé pouvait prendre des décisions allant à l'encontre de ses intérêts et que son état était la cause de la rédaction de sa lettre de démission. Lors de l'audience du 1er septembre 2015, l'expert a déclaré s'être fondé sur un faisceau d'indices comme la teneur de la lettre de démission, et non sur un élément en particulier. Par jugement du 20 janvier 2016, le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève a constaté que le courrier envoyé par l'employé à son employeuse depuis l'Indonésie le 26 décembre 2010 était nul et sans portée juridique et a constaté que le contrat de travail n'avait pas été valablement résilié au 28 février 2011. Statuant par arrêt du 1er novembre 2016, la Chambre des prud'hommes de la Cour de justice du canton de Genève a admis l'appel de l'employeuse et réformé le jugement attaqué en déclarant irrecevable la demande déposée par l'employé.