Citation: 8C_441/2023 E. A

A.a. Le 16 mars 2020, A.________ SA, qui a pour but social "toutes activités de commerce de tous produits via internet", a déposé auprès de l'Office cantonal de l'emploi (OCE) du canton de Genève un préavis de réduction de l'horaire de travail (RHT) du 20 mars au 20 juin 2020, pour 20 de ses 25 employés, en estimant la perte de travail à 75 %. Par décision du 18 mars 2020, l'OCE a fait partiellement opposition au paiement de l'indemnité en cas de RHT, en considérant que ladite indemnité pouvait être octroyée du 20 mars au 19 juin 2020. Les 25 mars, 30 avril et 3 juin 2020, la société a transmis les décomptes signés et datés et a requis les indemnités en cas de RHT. Celles-ci ont été versées pour les mois de mars (73'661 fr. 40), avril (29'922 fr. 80) et mai 2020 (17'939 fr. 55). A.b. Par décision du 30 mars 2022, le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) a demandé à A.________ SA de rembourser à la Caisse cantonale genevoise de chômage (ci-après: la caisse de chômage) un montant de 121'523 fr. 75 pour les indemnités versées à tort entre mars et mai 2020. En l'absence d'un système de contrôle du temps de travail fiable ou d'autres documents pouvant justifier que les indemnités avaient été perçues à bon droit, en d'autres termes que la perte de travail était effectivement due à des facteurs d'ordre économique, il était impossible de procéder à une telle vérification, de sorte que le droit à l'indemnité en cas de RHT devait être nié. Cette décision n'a pas fait l'objet d'une opposition. A.c. Le 30 mai 2022, la société a demandé à la caisse de chômage la remise de son obligation de restituer, en invoquant sa bonne foi et le fait qu'un remboursement l'exposerait à une situation de surendettement. Par décision du 20 juillet 2022, confirmée sur opposition le 25 octobre 2022, l'OCE a refusé la remise de la somme de 121'523 fr. 75, motif pris que la société ne pouvait pas se prévaloir de sa bonne foi au moment de la perception des indemnités. Celle-ci savait - avant même de percevoir ces indemnités - qu'elle ne possédait pas de système de contrôle du temps de travail, alors que cette obligation ressortait de nombreux documents qu'elle avait signés. Son comportement était constitutif d'une négligence grave excluant la bonne foi.