Citation: 5A_878/2024 E. B

Le 14 novembre 2023, le SPMi a adressé au TPAE un rapport au terme duquel il recommandait de réexaminer les modalités du droit de visite de A.________ sur les mineurs, l'instauration d'une curatelle d'assistance éducative et de soins pour la mise en place de suivis psychothérapeutiques des enfants ainsi que l'exhortation des parties à entreprendre un suivi psychothérapeutique individuel en parallèle de leur travail de "coparentalité". Le SPMi recommandait aussi la mise en oeuvre d'une expertise familiale afin d'évaluer les compétences de chacune des ex-partenaires pour protéger les mineurs, au niveau psychique, de leur conflit, ainsi que leur capacité à se centrer sur les besoins des enfants au lieu des leurs. B.a. Il ressort en substance de ce rapport que progressivement, le "droit de visite" de A.________ avait évolué, les enfants étant pris en charge tantôt par celle-ci, tantôt par B.________, séparément ou ensemble, selon les modalités suivantes: le lundi, D.________ était chez A.________ et C.________ chez B.________; le mardi, les deux enfants étaient chez A.________; le mercredi, ils étaient tous deux chez B.________; le jeudi, D.________ était chez B.________ et C.________ chez A.________. Un week-end sur deux du vendredi soir au dimanche soir, les enfants étaient tantôt chez l'une, tantôt chez l'autre; le dimanche soir, ils rentraient systématiquement chez B.________; les parties se partageaient les vacances scolaires. Les approches éducatives de chacune étaient différentes. Une action éducative en milieu ouvert (AEMO) avait été instaurée en février 2023 à la suite d'une altercation entre D.________ et B.________ (insultes, cris, jets d'objets de la part de l'enfant; montée en symétrie de la mère, qui avait attrapé l'enfant par le col). L'enfant ne faisait pas de telles crises chez A.________, qui devançait ses demandes afin d'éviter toute confrontation et n'était pas preneuse d'une mesure AEMO, n'ayant aucun questionnement sur ses choix éducatifs. C.________ était plus ouvert, mais pris dans un conflit de loyauté. Le conflit entre les deux femmes demeurait important et prenait toute la place. Les enfants, par leur comportement, montraient une grande souffrance, les principaux problèmes identifiés étant les désaccords éducatifs, le discrédit d'une partie envers l'autre, l'absence d'un travail de "coparentalité" pourtant préconisé en 2019 et la mise en échec du soutien de l'éducatrice AEMO, que seule l'une des deux parties acceptait. Les parties ne reconnaissaient pas la souffrance des enfants. Il convenait de redéfinir le droit de visite, " afin que mères et enfants s'y conforment cette fois-ci ". B.b. Lors de l'audience qui s'est tenue le 11 janvier 2024 devant le TPAE, le SPMi a relevé que les enfants paraissaient en souffrance et dans un conflit de loyauté et qu'il y avait besoin de stabilité s'agissant du droit de visite. Les enfants évoquaient leur souhait de passer " autant de temps chez chacune de leurs mères ", et revenir à ce qui était prévu dans l'ordonnance de 2019 risquait de les faire " exploser ". Le SPMi n'était toutefois pas favorable à une garde alternée, en raison du peu d'informations dont il disposait s'agissant du lieu de vie de A.________. B.c. Par ordonnance du 11 janvier 2024, le TPAE, statuant préparatoirement, a ordonné une expertise psychiatrique familiale (1) et fixé aux parties et aux curatrices un délai au 23 août 2024 pour lui faire parvenir les questions qu'elles souhaitaient voir posées à l'expert (2). Statuant au fond, il a notamment réservé à A.________ un droit aux relations personnelles sur C.________ et D.________ devant s'exercer, sauf accord contraire des parties, du jeudi soir au dimanche à 18h00 à quinzaine (3), instauré une curatelle d'assistance éducative (4), maintenu la curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles (5), instauré une curatelle ad hoc de soins pour la mise en place des suivis psychothérapeutiques des mineurs (6) et ordonné la mise en place d'un suivi de coparentalité pour les parties (10). En substance, le TPAE a considéré que les enfants avaient été conçus dans le cadre du couple précédemment formé par les parties et qu'ils entretenaient un lien particulier avec A.________, qu'ils considéraient comme une figure parentale. Ces circonstances correspondaient à celles, exceptionnelles, visées par l'art. 274a CC, si bien qu'un droit de visite de tiers pouvait être fixé. Les enfants exprimaient vouloir passer autant de temps chez l'une et l'autre, ce dont il fallait tenir compte. Il convenait aussi que les visites s'inscrivent dans un cadre plus clair et régulier, afin d'apporter davantage de prévisibilité et de stabilité émotionnelle et organisationnelle. Le cadre fixé pourrait évoluer au gré des avancées du travail de "coparentalité" auquel les parties seraient astreintes. En définitive, le droit de visite de A.________ s'exercerait du jeudi soir au dimanche à 18h00, à quinzaine. B.d. Par décision du 11 novembre 2024, la Chambre de surveillance de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: la Cour de justice) a rejeté le recours formé par A.________ contre cette ordonnance.