Citation: 7B_376/2024 E. 2.5.3

2.5.3. Cela étant, le recourant persiste à faire valoir qu'il n'existerait plus de lien direct entre sa privation de liberté et sa condamnation pénale. À bien le suivre, ce serait son trouble délirant de la personnalité - et non sa condamnation en tant que telle - qui serait à l'origine du risque de récidive retenu par l'instance précédente et qui aurait donc justifié son maintien en détention. Or ce trouble, qui aurait été causé par sa détention, n'existait pas au moment de la commission des infractions. Si les experts de 2013 n'avaient certes pas constaté l'existence d'une pathologie psychiatrique, il n'en demeure pas moins que, par jugement du 2 octobre 2015, le recourant avait été condamné à une peine de privation de liberté de trois ans et demi ainsi qu'à une mesure d'internement, laquelle avait précisément été prononcée sur la base des conclusions de l'expertise de 2013 (cf. art. 56 al. 3 CP). Comme cela avait déjà été relevé dans l'arrêt 6B_974/2021, la privation de liberté repose donc bien sur une condamnation prononcée par un tribunal, de sorte qu'elle s'avère conforme aux exigences de l'art. 5 par. 1 let. a CEDH. On rappellera aussi, d'une part, que l'objectif visé par l'internement du recourant au moment de son prononcé en 2015 répondait à des préoccupations de protection de la sécurité publique et, d'autre part, que l'internement n'impliquait pas de durée maximale, une telle mesure pouvant se poursuivre aussi longtemps que l'objectif visé le requiert. Or, comme on l'a vu, le maintien de la mesure reste en l'état fondé sur la persistance d'un risque que le recourant commette des infractions du même genre que celles pour lesquelles il avait été condamné. Outre des traits de personnalité pathologiques du recourant et du délire de persécution dont il souffre - dont l'existence n'avait certes pas été établie lors du prononcé initial de l'internement -, la cour cantonale a également tenu compte, pour arriver à ce pronostic négatif, du fait que sa prise de conscience n'avait pas connu d'évolution significative, qu'il ne reconnaissait toujours pas les faits pour lesquels il avait été condamné, se présentant comme la victime d'un complot, ainsi que de sa volonté de retourner vivre dans le même environnement que celui qui prévalait avant les faits (cf. aussi arrêt 6B_974/2021 précité consid. 4.3-4.7). Il faut admettre dans ce contexte qu'il subsiste un lien de causalité entre la privation de liberté du recourant et sa condamnation, les motifs pris en considération pour justifier le refus de la libération conditionnelle demeurant en corrélation avec l'objectif initial de l'internement.