Citation: 6B_1129/2023 E. 1.8

1.8. Le recourant conteste sa condamnation pour complicité d'escroquerie faute d'intention. A cet égard, il relève notamment qu'il n'aurait pas touché le moindre franc de l'activité en cause, qu'il aurait été un simple étudiant négligeant et que son rôle se serait limité à celui d'un scripte qui complétait "quelques blancs, en annotant les identités, les montants, les dates, etc.". En l'espèce, en tant que complice, le recourant n'a pas besoin d'avoir un dessein d'enrichissement illégitime, mais d'avoir l'intention d'aider l'auteur principal qui a un tel dessein. A cet égard, il était conscient que l'argent des dupes servirait d'abord à éponger les dettes de son employeur, comme cela avait déjà été le cas pour les fonds versés par R.________. Au surplus, il ressort qu'il avait aussi "un intérêt financier" en relation avec les agissements de B.________, dès lors qu'il était son salarié, qu'il avait reçu une récompense de 10'000 fr. pour l'aide au démarchage de R.________ et qu'il pouvait raisonnablement espérer d'autres récompenses pour les agissements analogues auprès des autres dupes. En outre, il était actionnaire de la société A1.________ SA, de sorte qu'au regard des seuls dividendes escomptés il avait un intérêt à la marche de cette société. Quant à l'image de l'étudiant influençable et confiné à de serviles tâches de gestion administrative qu'il tente de donner de lui, elle est mise à mal par l'autonomie dont il a fait preuve et l'usage d'une carte de visite portant la mention "directeur financier et adjoint CEO". En outre, en sa qualité de bachelor en économie d'entreprise (diplôme obtenu en 2012), il était à même d'apprécier la nature et la gravité des faits. Plus encore, son mémoire de fin d'études portait notamment sur le fonctionnement de fonds d'investissement. Il avait été étroitement associé à la genèse des agissements de son employeur et était au bénéfice d'une marge de manoeuvre qui excédait largement celle d'un exécutant. En outre, en reconnaissant avoir complété les documents pour les nouvelles dupes (identités, montants, dates...), le recourant ne fait que confirmer qu'il a pleinement contribué aux infractions de B.________, notamment en établissant les conventions, tout en sachant que les fonds sollicités ne seraient pas utilisés conformément au but allégué. Finalement, la cour cantonale a souligné, à juste titre, que le fait qu'il se trouvait confronté à une forte personnalité était un élément à prendre en considération uniquement dans le cadre de la fixation de la peine (art. 48 let. a ch. 4 CP). Sur la base des faits retenus par la cour cantonale, il ne fait pas de doute que subjectivement, le recourant se rendait bien compte qu'il apportait son concours aux escroqueries et qu'il avait à tout le moins accepté cela. Partant, la cour cantonale a estimé à juste titre que le recourant avait intentionnellement prêté assistance à B.________ dans le cadre de onze escroqueries.