Citation: 9C_260/2024 E. 4

Compte tenu des arguments soulevés contre la décision administrative litigieuse, les premiers juges ont notamment abouti à la conclusion que l'office intimé pouvait en l'espèce légitimement se fonder sur le rapport d'expertise du docteur E.________ et dénier en conséquence à la recourante le droit à une rente d'invalidité dans la mesure où celui-ci n'avait retenu aucun trouble psychique susceptible d'influencer, durablement, la capacité de travail de celle-là. Sur le plan formel d'abord, la juridiction cantonale a rejeté les griefs de l'assurée relatifs aux compétences et qualifications professionnelles de l'expert pour se prononcer sur l'existence du syndrome d'Asperger et à la durée des examens pratiqués par celui-ci. Elle a en outre relevé que le rapport d'expertise remplissait les conditions indispensables pour se voir reconnaître une pleine valeur probante. Sur le plan matériel ensuite, elle a considéré que le rapport d'expertise permettait de réaliser l'évaluation structurée des affections psychiques dont souffrait la recourante, conformément aux exigences de l'ATF 141 V 281, et de comprendre les motifs pour lesquels le docteur E.________ n'avait pas retenu le syndrome d'Asperger (soit la discordance entre le diagnostic et l'absence de symptôme typique, notamment psychotique, l'apparition improbable du syndrome sans observation préalable par les médecins traitants, la capacité à travailler sans limitation et à entretenir des relations de couple ou amicales pendant plus de dix ans ainsi que le développement de nouveaux centres d'intérêts). Elle a également nié le caractère lacunaire dudit rapport, fondé selon la recourante sur des diagnostics incomplets. Elle a constaté à cet égard que l'ensemble des symptômes retenus par les médecins traitants (à savoir le manque d'autonomie, la rigidité de comportement, l'incapacité à s'organiser, le besoin de soutien des parents, l'incapacité à comprendre les intentions des autres, les crises violentes, le manque d'empathie, les problèmes de communication, les angoisses omniprésentes et le discours à côté de la raison commune) avait été pris en compte par l'expert pour poser ses diagnostics qu'il ne considérait pas comme incapacitants. Elle a en outre relevé que le docteur E.________ avait mentionné la discordance entre la capacité de travail diminuée aux dires des médecins traitants et les activités entreprises par l'assurée au cours d'une journée type ainsi que l'absence d'hospitalisation en milieu psychiatrique et de traitement antidépresseur ou psychotique. Elle a encore considéré que les informations additionnelles communiquées par le docteur C.________ et la psychologue D.________ après le prononcé du projet de décision ne remettaient pas en question l'appréciation de l'expert. Elle a constaté à ce propos que ces derniers n'avaient pas apporté d'autres éléments que ceux déjà pris en considération par le docteur E.________ (soit la dépendance envers les proches et les institutions officielles, l'apparente normalité du discours, l'incapacité à répondre d'une façon adéquate aux sollicitations sociales ou les problèmes de couple), qui n'était dès lors pas revenu sur ses conclusions. Elle a enfin nié la diminution de la capacité de travail évoquée par le psychiatre traitant au motif que celui-ci fondait sa nouvelle appréciation sur des limitations difficilement objectivables (particulièrement l'incapacité de la recourante à admettre ses limites).