Citation: 5A_74/2024 E. 6.2

6.2. La recourante expose que si ce type d'évaluation - à qui la jurisprudence reconnaît une portée particulière - s'appuie généralement sur toute une série d'éléments objectifs fondés sur les déclarations d'intervenants scolaires, médicaux ou sociaux, tel ne serait pas le cas dudit rapport, en tant que le constat relatif à la nature de la relation entre l'intimé et l'enfant reposerait exclusivement sur les propos tenus par ce dernier lors de son audition : les enseignantes contactées dans le cadre de l'évaluation n'ont en effet pas pu fournir d'élément allant dans le sens d'une relation de nature filiale, puisqu'elles ne connaissaient pas l'intimé; quant au médecin généraliste de l'intimé, interrogé sur la consommation d'alcool de ce dernier, il ne pouvait, par définition, pas apporter un quelconque élément à l'appui de la relation entre son patient et l'enfant. Partant, la recourante estime que la Cour de justice se devait d'apprécier de manière critique l'évaluation réalisée, le SEASP ne jugeant pas utile de réunir les éléments objectifs requis, alors même que l'enfant était entourée depuis son arrivée en Suisse d'un important réseau d'intervenants (scolaires, parascolaires, médicaux ou sociaux) qui auraient pu être contactés par le service. Il eût peut-être été en soi admissible de faire reposer un tel constat exclusivement sur l'audition de l'enfant si celle-ci avait été conduite dans le respect de l'art 314a CC; or tel ne serait pas le cas. La recourante ajoute, s'agissant du compte-rendu de l'audition de l'enfant, qu'il ne pouvait d'ailleurs pas fonder un tel constat, dès lors que rien ne permettait de conclure que l'intimé aurait dans les faits assumé "un rôle paternel, c'est-à-dire assumé régulièrement des tâches parentales auprès de l'enfant". Les rares éléments figurant dans ledit compte-rendu étaient du reste de nature à exclure le rôle parental de l'intimé, en tant que l'enfant indiquait qu'avant la séparation, elle voyait l'intimé lors de week-ends et de vacances avec sa mère, qu'il n'y avait donc pas eu de vie commune (sauf pendant le confinement) et qu'elle n'évoquait avec lui que des activités ludiques. Elle soutient avoir réuni, respectivement produit, de nombreux témoignages écrits et pièces attestant qu'elle avait seule et sans aucune participation de l'intimé assumé la prise en charge quotidienne de l'enfant dans tous ses aspects. Ces témoignages écrits émanaient non seulement de l'entourage familial de l'enfant, mais également de camarades de classe, de médecins, d'un professeur de piano, et de personnes ayant régulièrement gardé l'enfant. Elle aurait encore démontré avoir conservé son domicile à U.________, malgré son mariage avec l'intimé, de sorte qu'elle et l'enfant ne rejoignaient l'intéressé que pour des week-ends et des vacances. Enfin, elle soutient avoir réuni plusieurs témoignages attestant que c'était à l'initiative instante de l'intimé que l'enfant l'avait appelé "papa". Selon la recourante, la Cour de justice aurait ainsi versé dans l'arbitraire en reconnaissant au rapport du SEASP une portée que l'examen de son contenu ne justifiait pas et méconnaissant à l'inverse la portée d'éléments déterminants.