Citation: 8C_760/2014 E. 5.3.1

5.3.1. Le recourant reproche à la juridiction précédente d'avoir violé son droit d'obtenir une décision motivée en ne discutant pas ses arguments et en se contentant d'appliquer la jurisprudence relative à l'art. 24 al. 2 OLAA (arrêt du Tribunal fédéral 8C_92/2011 du 29 septembre 2011 consid. 5.2, non publié in ATF 137 V 405; arrêt du Tribunal fédéral des assurances U 79/06 du 19 septembre 2006, consid. 4, résumé à la RSAS 2007 p. 179). Selon cette jurisprudence, dans le cas où la rente naît plus de cinq ans après l'accident (art. 24 al. 2 OLAA), l'adaptation du gain assuré ne doit pas se faire concrètement selon l'évolution des salaires auprès du dernier employeur ni se fonder sur les données statistiques tous secteurs confondus. Il faut prendre en compte l'évolution des salaires nominaux dans le domaine d'activité antérieur. Le recourant conteste la pertinence des motifs invoqués à l'appui de cette jurisprudence, à savoir les exigences de praticabilité et le principe d'égalité de traitement. En ce qui concerne les exigences de praticabilité, il fait valoir que dans la mesure où il doit de toute manière mener une instruction pour établir le montant du gain réalisé dans l'année précédant l'accident (art. 22 al. 4 OLAA), l'assureur-accidents peut aisément requérir des renseignements au sujet de l'évolution des salaires dans l'entreprise, de sorte que les statistiques ne devraient être appliquées qu'à titre subsidiaire. Quant au principe d'égalité de traitement, il ne justifie pas d'introduire un élément statistique dans un calcul dont les bases essentielles sont des données concrètes. En effet, le gain assuré dépend d'abord et avant tout du salaire effectivement réalisé durant l'année qui a précédé l'accident, salaire qui est en principe fixé de manière individuelle dans chaque entreprise et pour chaque travailleur. Au demeurant, il convient, en application de l'art. 24 al. 2 OLAA, de procéder à un calcul concret lorsque, comme en l'occurrence, les circonstances le permettent, puisque les données sont connues et fiables et que l'adaptation du salaire au sein de l'entreprise n'est pas faussée par des éléments extraordinaires comme dans l'affaire U 79/06, déjà citée. Au surplus, la jurisprudence est marquée par la nécessité de calculer le dommage de manière concrète et il serait indiqué de procéder également à une adaptation concrète du salaire dans l'entreprise. Enfin, le recourant relève qu'en tout état de cause, la jurisprudence contestée n'a pas été appliquée dans toute sa rigueur, puisque l'on s'est référé à l'indice nominal de l'évolution de l'ensemble des salaires pour l'année 2011, faute de disposer des données relatives au secteur de la construction. Cela étant, il conviendrait, selon le recourant, de tenir compte d'une augmentation du salaire de base de 61'884 fr. 80 (recte: 61'864 fr. 80) de 8,41 %, ce qui correspond à une augmentation du salaire horaire de 26 fr. 75 au mois de février 2006 à 29 fr. en 2011.