Citation: 6B_1172/2023 E. 2.1

2.1. La cour cantonale a rappelé que le premier juge avait libéré le recourant d'infraction à l'art. 33 al. 1 let. a LArm en se fondant sur les déclarations de celui-ci et de B.________ recueillies le soir des faits; il avait retenu que le recourant avait agi en état de nécessité licite parce qu'il avait pris le couteau de B.________ afin d'éviter que celui-ci n'aille en découdre avec des personnes qui l'avaient agressé plus tôt dans la soirée. La cour cantonale a retenu que le recourant, contrairement à ce qu'il prétendait, n'avait pas dépossédé son ami du spray CS, puisque c'était bien B.________ qui en avait été retrouvé porteur, selon l'inventaire de la police (pièce 9). Ce document était corroboré par les déclarations de B.________, qui n'avait pas contesté lors de son audition avoir été trouvé en possession d'un spray CS et qui avait indiqué qu'au moment de la fouille par les agents de sécurité, "le couteau" était sur le recourant, sans mentionner le spray CS (procès-verbal d'audition 1 de B.________, p. 3). Or, si l'objectif du recourant était d'éviter que la situation dégénère, la cour cantonale ne comprenait pas pourquoi il aurait laissé ce spray à son acolyte. Quoi qu'il en soit, au moment où le recourant avait pris possession du couteau, les deux comparses se trouvaient à l'entrée du bar, mais n'y avaient pas encore pénétré. Ils avaient alors aperçu un des prétendus agresseurs et B.________ avait montré ses armes au recourant. Il n'y avait à ce stade pas de geste d'attaque ou de velléité d'en découdre, l'agresseur n'étant pas décrit comme menaçant, même "si il les aurait provoqués par gestes". Pour la cour cantonale, il ne pouvait être retenu qu'il existait un danger imminent et impossible à détourner autrement. Si l'objectif du recourant avait été d'éviter que la situation dégénère, elle comprenait mal pourquoi il avait décidé de rejoindre B.________ au festival à la demande de celui-ci pour "l'aider" parce que son ami s'était fait frapper (procès-verbal d'audition 2 du recourant, p. 3) et, qu'une fois sur place, en constatant que B.________ avait un oeil au beurre noir et qu'il lui manquait trois dents (procès-verbal d'audition 2, p. 3), le recourant avait décidé de retourner dans le bar où son ami s'était fait agresser. Les intentions alléguées par le recourant étaient peu crédibles et tout portait à croire qu'il avait en réalité voulu "aider" son ami à se venger. Or, le recourant aurait pu décider de raccompagner son ami blessé à la maison ou l'accompagner aux urgences. De même, lorsqu'ils avaient patienté dans la file d'attente pour entrer dans le bar, que B.________ avait montré au recourant un couteau papillon et un spray CS et que les intéressés avaient vu l'une des personnes qui auraient attaqué B.________ auparavant (procès-verbal d'audition 2, p. 3), les deux amis auraient pu renoncer à entrer dans le bar, changer d'endroit ou s'éloigner, voire remettre les armes aux agents de sécurité, si l'objectif était d'éviter les ennuis. La cour cantonale considérait qu'en agissant comme il l'avait fait, soit en rejoignant son ami qui avait eu une altercation physique, en décidant de retourner avec celui-ci sur le lieu de l'altercation et en prenant le couteau papillon de l'intéressé, le recourant n'avait nullement permis de parer à un danger imminent qui ne pouvait être détourné autrement, mais qu'il s'était en réalité mis dans une situation dangereuse qui aurait pu gravement dégénérer, si les agents de sécurité présents à l'entrée du bar n'avaient pas, grâce au contrôle effectué, découvert le couteau papillon. Il n'y avait donc pas lieu de faire application de l'art. 17 CP, de sorte que le recourant était reconnu coupable d'infraction au sens de l'art. 33 al. 1 let. a LArm.