Citation: 1P.396/2000 07.07.2000 E. 1

a) La jurisprudence rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. , mais qui garde toute sa valeur dans le cadre de l'art. 29 al. 2 Cst. , a déduit du droit d'être entendu l'obligation pour l'autorité de motiver ses décisions, afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours en connaissance de cause. Pour satisfaire cette exigence, il suffit que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision. Elle n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents (ATF 124 II 146 consid. 2a p. 149; 122 IV 8 consid. 2c p. 14/15; 121 I 54 consid. 2c p. 57 et les arrêts cités). L'autorité saisie d'une demande de mise en liberté provisoire doit statuer à bref délai. Cette règle implique que les motifs soient communiqués rapidement, si la décision n'est pas motivée en même temps qu'elle est prononcée. Il est donc admissible, tout spécialement en cas de prolongations successives d'une détention, que l'autorité renonce à une motivation détaillée, reprenant l'ensemble des circonstances de fait et en droit; elle peut, au contraire, ne spécifier que les éléments essentiels, que la personne détenue peut comprendre sans l'assistance de son conseil. Dans cette mesure, il est admis que l'autorité se borne à adhérer aux motifs de la demande de prolongation de la détention (ATF 114 Ia 281 consid. 4c p. 285), pour autant que le recourant ne fasse pas valoir d'arguments nouveaux pertinents (ATF 103 Ia 407 consid. 3a p. 409). En revanche, le renvoi pur et simple aux actes de la procédure ne suffit pas (ATF 123 I 31 consid. 2c p. 34 et les arrêts cités). b) En l'espèce, l'autorité intimée n'a pas renvoyé aux motifs de la décision du Juge d'instruction, mais à ceux exposés à l'appui d'un arrêt qu'elle avait rendu deux mois auparavant. Un tel procédé ne viole pas nécessairement le droit du détenu à titre préventif à une décision motivée, pour autant que ce dernier ne fasse pas valoir d'éléments nouveaux pertinents qui conduiraient à une appréciation différente des faits. Or, le recourant reproche précisément à l'autorité intimée de ne pas avoir répondu aux arguments nouveaux contenus dans sa demande de mise en liberté provisoire; il n'indique toutefois pas de quels arguments il s'agit, de sorte que le Tribunal fédéral n'est pas en mesure d'examiner si l'autorité intimée pouvait, de manière soutenable, les tenir pour dénués de toute pertinence et, par conséquent, les écarter sans autre motivation. Le recours ne répond donc pas sur ce point aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ et doit être déclaré irrecevable (cf. ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495). On observera au demeurant que le Tribunal d'accusation a expliqué les raisons pour lesquelles il considérait que les motifs de détention retenus à l'appui de son arrêt du 24 mars 2000 étaient encore pertinents, respectant ainsi son devoir de motivation.