Citation: 1C_658/2023 E. 3.3

3.3. Dans le cas d'espèce, les recourants se sont prévalus, à l'appui de de leur demande de réexamen, de l'arrêt du Tribunal fédéral 1C_618/2020 du 19 mai 2021, qui constituerait, selon eux, une nouvelle jurisprudence devant trouver application dans leur cas. Or l'arrêt cité par les recourants n'a aucunement constitué un changement ou un revirement de jurisprudence. En effet, le Tribunal fédéral a bien précisé dans son arrêt 1C_618/2020 que "le cas d'espèce présent[ait] des singularités propres [...] qui le distingu[aient] des cas usuellement soumis au Tribunal fédéral" (consid. 3.4); cette formulation exclut précisément toute volonté de modifier la jurisprudence. Si le Tribunal fédéral a indiqué que "l'entretien d'une relation extra-conjugale au moment où les époux ont signé la déclaration de vie commune n'exclut [...] pas de facto l'existence d'une communauté conjugale" (consid. 3.3), ce sont les circonstances concrètes du cas d'espèce, bien particulières, qui ont conduit à la reconnaissance de l'existence d'une communauté conjugale effective. Il ressort également de cette formulation que la jurisprudence susvisée n'a pas la portée générale que lui prête le recourant. Ainsi, il n'y avait pas de motif de réexamen et le SEM aurait pu refuser d'entrer en matière sur la demande de réexamen. En dépit de ce qui précède, le SEM est entré en matière sur la demande de réexamen, avant de la rejeter, au motif que la situation des recourants différait de celle à l'origine de la jurisprudence invoquée. Lorsque l'autorité administrative est entrée en matière de sa propre volonté quand bien même elle n'y était pas obligée, le recours porte sur le fond de la nouvelle décision (THIERRY TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2 e éd. 2018, n° 1431 p. 493). Partant, il convient en l'espèce d'examiner les griefs formulés par les recourants à l'encontre du fond de la nouvelle décision.