Citation: 4C.356/2000 05.03.2001 E. 3

3.- Le demandeur reproche à la cour cantonale d'avoir méconnu le principe de la confiance en n'interprétant pas la lettre de la défenderesse du 2 février 1995 comme une renonciation à l'exigence de l'inscription au registre foncier en tant que condition du contrat. Pour déterminer s'il y a eu effectivement accord entre les parties, il convient de rechercher tout d'abord, leur réelle et commune intention (art. 18 al. 1 CO), le cas échéant empiriquement, sur la base d'indices (interprétation subjective). Il s'agit d'une question de fait, qui ne peut être revue par le Tribunal fédéral saisi d'un recours en réforme. Si cette volonté ne peut pas être établie, c'est une question de droit - que le Tribunal fédéral peut revoir librement dans un recours en réforme - de dire comment une déclaration devait être comprise par son destinataire selon le principe de la confiance (ATF 126 III 375 consid. 2e/aa p. 379 et les arrêts cités). Cette interprétation est qualifiée d'objective. L'interprétation subjective prime l'interprétation objective (ATF 121 III 118 consid. 4b/aa p. 123 et les références citées). En l'occurrence, la cour cantonale, appréciant les faits en sa possession, est parvenue à la conclusion que d'une part la défenderesse n'avait jamais renoncé à l'exigence de la condition de l'inscription au registre foncier dans sa lettre du 2 février 1995 et que, d'autre part, le demandeur n'avait lui-même pas interprété cette lettre comme une renonciation à la condition résolutoire convenue. Il apparaît donc que les juges sont parvenus, sur la base d'indices, à établir la réelle et commune intention des parties concernant l'inscription au registre foncier, sans avoir besoin de recourir à une interprétation objective fondée sur le principe de la confiance. Leur conclusion, qui relève de l'appréciation des preuves, ne peut par conséquent être revue dans le cadre d'un recours en réforme (ATF 126 II 171 consid. 4c/bb p. 182; 123 III 165 consid. 3a), de sorte que les critiques du demandeur à cet égard sont irrecevables.