Citation: 5A_18/2018 E. 4.1

4.1. La cour cantonale a retenu que la modification des conclusions de la recourante tendant au versement d'un montant de 62'000 fr. en contrepartie de sa sortie de la société D.________ Sàrl était intervenue lors de la séance du 3 septembre 2015 devant les premiers juges, à savoir après la séance d'ouverture des débats principaux tenue le 4 septembre 2014. Dès lors, conformément à l'art. 230 al. 1 let. a et b CPC, la demande ne pouvait être modifiée que si les conditions de l'art. 227 al. 1 CPC étaient réalisées et si la modification reposait sur des faits ou des moyens de preuve nouveaux. L'autorité de première instance avait à juste titre retenu que la recourante n'avait pas allégué que cette modification se fondait sur des faits nouveaux - qu'il s'agisse de vrais ou de pseudo nova -, qu'elle n'avait notamment pas expliqué ce qui avait justifié la formulation de cette nouvelle conclusion à ce stade de la procédure, qu'il ne ressortait pas du dossier que des éléments nouveaux étaient apparus depuis le dépôt de sa conclusion initiale et que le principe du versement d'une soulte n'avait jamais été invoqué par la recourante, qui n'avait pas pris de conclusions non chiffrées à cet égard en se réservant le droit de les chiffrer ultérieurement aux conditions de l'art. 85 CPC. Partant, les premiers juges avaient à bon droit déclaré irrecevable la modification de conclusion de l'ex-épouse. Il en allait de même de la conclusion tendant au versement d'un montant de 15'000 fr. à titre de créance issue des dettes communes des conjoints, invoquée pour la première fois le 1er décembre 2014, à savoir plus de dix mois après le dépôt de la réponse de l'intimé le 28 janvier 2014 et près de trois mois après l'ouverture des débats principaux le 4 septembre 2014. Faute de reposer sur des faits et moyens de preuve nouveaux au sens de l'art. 230 al. 1 let. b CPC, l'autorité de première instance avait à raison écarté cette conclusion. Par ailleurs, les reproches de la recourante envers son ancienne mandataire n'étaient pas de nature à lui permettre de se prévaloir d'une exception aux dispositions du CPC. Les faits et moyens de preuve allégués (éventuelle soulte issue de la liquidation de la société D.________ Sàrl, solde relatif au paiement des dettes mutuelles des époux et révision comptable externe, voire expertise de la société précitée) ne pouvaient ainsi être qualifiés de nova improprement dits au sens de l'art. 317 al. 1 let. b CPC. Il s'ensuivait que la modification de la demande devait elle aussi être rejetée dès lors qu'elle ne reposait sur aucun fait ou moyen de preuve nouveau, les conditions cumulatives de l'art. 317 al. 2 let. b CPC n'étant pas remplies.