Citation: 6B_227/2021 E. A

Le 23 juillet 2019, A.________ a déposé plainte pénale contre B.________, titulaire de l'entreprise individuelle C.________, pour tentative de contrainte et escroquerie. Il exposait avoir fait appel, pour faire poser des sols en résine de béton ciré dans sa maison en rénovation, à cette entreprise qu'il avait choisie après avoir vu un certain nombre de photographies représentant ses réalisations, dont il avait conclu que B.________ avait une grande expérience de cette technique. Le contrat avait été conclu. B.________ lui aurait indiqué un coût de 8350 francs. Le plaignant lui aurait versé 4500 fr. d'avance, en mains propres. Quelques jours après le commencement des travaux, des anomalies seraient apparues, notamment de grosses taches noires sur le sol. A.________ aurait alors décidé de faire vérifier le travail par la société D.________, dont les représentants lui auraient affirmé que " les produits utilisés, Sikagard-750 Deco EpoCem, étaient des enduits de ragréage décoratif et en aucun cas un béton ciré ". Ils lui auraient également indiqué que les photographies utilisées par B.________ étaient en réalité des illustrations de leurs propres réalisations. Il ressortait aussi de cette plainte que le 20 mai 2019, B.________ aurait adressé au plaignant quatre factures en relation avec les travaux, respectivement de 5091 fr. 97, 1019 fr. 27, 1406 fr. 83 et 6928 fr. 87. Le 2 juillet 2019, B.________ aurait fait notifier à A.________ un commandement de payer pour le montant en question, auquel ce dernier aurait fait opposition. Le 4 novembre 2019, A.________ a retiré purement et simplement sa plainte. Le lendemain, la procureure en charge du dossier a entendu B.________ en qualité de prévenu. Celui-ci a contesté les faits, affirmant avoir suivi une formation de deux jours auprès du fabriquant des fournitures concernant la pose de béton ciré. Dans la maison du plaignant, il n'avait pas posé du béton ciré mais du béton décoratif, lequel se fabriquait avec les mêmes produits mais se posait différemment. Les photos précitées auraient représenté des réalisations effectuées lorsqu'il travaillait dans une autre entreprise. Il connaissait le plaignant. Ils étaient amis depuis douze ans. Aucun contrat n'avait été établi concernant les travaux. A.________ lui avait dit que les questions financières se régleraient à la fin et lui avait proposé de travailler gratuitement pour lui en échange de dix années d'abonnement de fitness gratuit. Il avait finalement retiré sa plainte car un arrangement avait été trouvé entre eux. Le montant du commandement de payer correspondait au travail effectué et au matériel acheté. Le 23 septembre 2020, A.________ a été entendu à son tour par la procureure en qualité de témoin. Il a déclaré qu'il connaissait B.________ depuis environ deux ans et qu'avant de lui confier le chantier de sa maison, et pour être certain de la qualité de son travail, il lui avait demandé d'effectuer, dans un autre immeuble, des travaux dont il n'avait pas été convaincu. Il lui en avait néanmoins confié de nouveaux étant donné l'arrangement financier trouvé (paiement sous forme d'abonnement de fitness). A.________ a, finalement, admis avoir retiré sa plainte après que B.________ lui avait remboursé l'avance de 4500 francs. Par ordonnance du 4 décembre 2020, la procureure a ordonné le classement de la procédure pénale ouverte contre B.________ pour escroquerie et contrainte. Elle a fixé à 2947 fr. 85 l'indemnité allouée à à ce dernier et a mis les frais de la procédure, y compris l'indemnité précitée, soit un total de 4222 fr. 85 à la charge de A.________.