Citation: 9C_120/2014 E. 5.1

5.1. En l'occurrence, il n'y a pas lieu de s'écarter de l'appréciation des preuves à laquelle a procédé la juridiction cantonale, faute pour l'office recourant d'en démontrer le caractère insoutenable. Même s'il a admis que le syndrome douloureux chronique participait largement à la pérennisation de l'état clinique et à la résistance au traitement pharmacologique, le docteur F.________ a clairement souligné que l'affection psychique entraînait par elle-même une incapacité totale de travailler. Ce point de vue était confirmé par celui des médecins traitants de l'intimée, lesquelles faisaient état de la présence de troubles moyens à sévères de la lignée dépressive. Certes est-il exact que selon la doctrine médicale, sur laquelle se fonde le Tribunal fédéral, les états dépressifs peuvent constituer des manifestations (réactives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'ils ne sauraient, dans cette hypothèse, faire l'objet d'un diagnostic séparé. Cela ne saurait toutefois être le cas lorsque l'état dépressif présente les caractères de sévérité susceptibles de le distinguer sans conteste d'un tel trouble (ATF 130 V 352 consid. 3.3.1 in fine p. 358). L'office recourant n'expose pas dans son mémoire de recours les éléments cliniques qui lui permettent d'étayer la thèse selon laquelle les troubles dépressifs de l'intimée seraient, dans le cas particulier, nécessairement et indubitablement réactionnels à la symptomatologie douloureuse. Il ne suffit à tout le moins pas d'affirmer que le diagnostic retenu par l'expert ne coïncide pas aux critères de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes de l'OMS (10 ème édition; CIM-10), car il n'appartient pas au juge de se livrer à des conjectures qui relèvent strictement de la science médicale (voir arrêt 9C_573/2009 du 16 décembre 2009 consid. 2.3). Confronté à une évaluation médicale complète telle que celle du docteur F.________, il appartient à la partie recourante, si elle entend remettre en cause l'évaluation d'un expert, de faire état d'éléments objectivement vérifiables ignorés dans le cadre de l'expertise et suffisamment pertinents pour en remettre en cause les conclusions. L'office recourant allègue qu'en dehors d'un ralentissement et d'une humeur triste, peu d'éléments objectifs auraient été mis en avant pour soutenir le diagnostic de troubles de l'humeur d'intensité moyenne. Cette affirmation est toutefois contredite par les explications fournies par le docteur F.________, pour qui la dépression est patente à l'examen clinique (tristesse et pleurs, accablement moral, ralentissement idéique et moteur, etc.) et elle se reflète également dans les propos de l'expertisée et la description de son état subjectif (perte d'intérêt et de plaisir, fatigue, perte d'espoir, sentiment de dévalorisation, inhibition de la pensée, difficultés de concentration, perte totale de la libido, troubles du sommeil, etc.). Pour le reste, l'office recourant, qui semble fonder le point de vue qu'il défend sur l'appréciation du SMR, ne tente pas d'expliquer par une argumentation précise les raisons pour lesquelles l'avis du SMR serait objectivement mieux fondé que celui de l'expert.