Citation: 4A_167/2021 E. 4.2

4.2. A la lecture de l'argumentation figurant dans le mémoire de recours, longue et alambiquée, censée étayer les diverses prétendues violations du droit d'être entendu, il saute aux yeux que la recourante confond le Tribunal fédéral avec une cour d'appel. Le mémoire de recours ne consiste, en effet, qu'en la remise en cause pure et simple des arguments de fait et de droit qui ont conduit le Tribunal arbitral à trancher le différend dans un sens favorable à l'intimée. Pour remplir l'exigence de motivation, il ne suffit pas, comme le fait la recourante, de présenter sa propre version des faits au soutien de la solution juridique que l'on préconise mais qui a été écartée, ne serait-ce qu'implicitement, par les arbitres et de citer certaines preuves littérales et divers passages de ses propres écritures à l'effet d'établir le bien-fondé de la thèse que l'on défend. Dans ses explications revêtant un caractère manifestement appellatoire, la recourante reproche essentiellement aux arbitres d'avoir omis de constater certains faits ou d'avoir procédé à des constatations erronées et d'en avoir tiré des conclusions juridiques inadmissibles. En argumentant de la sorte, elle perd de vue que l'appréciation des preuves ayant conduit le tribunal arbitral à retenir ou non certains faits échappe à la connaissance du Tribunal fédéral lorsqu'il statue sur un recours en matière d'arbitrage international (ATF 142 III 360 consid. 4.1.1; arrêt 4A_136/2016 du 3 novembre 2016 consid. 4.2.1). L'intéressée fait en outre fi de la jurisprudence du Tribunal fédéral voulant que le grief tiré de la violation du droit d'être entendu ne doive pas servir, pour la partie qui se plaint de vices affectant la motivation de la sentence, à provoquer par ce biais un examen de l'application du droit de fond (ATF 142 III 360 consid. 4.1.2). Au demeurant, la recourante n'établit pas, de manière suffisante, en quoi l'issue du procès eût pu être différente si les violations alléguées du droit d'être entendu n'avaient pas été commises. En outre, quand elle argumente sur la base des règles du fardeau de la preuve (recours, n. 242), la recourante perd de vue que cette question est soustraite à l'examen du Tribunal fédéral appelé à connaître d'un recours en matière civile visant une sentence arbitrale internationale (arrêt 4A_616/2015 du 20 septembre 2016 consid. 4.3.1 et les précédents cités). Au vu de ce qui précède, le grief tiré de la violation du droit d'être entendu n'apparaît pas recevable. En tout état de cause, la Cour de céans, après avoir examiné l'ensemble des écritures versées au dossier de la procédure de recours fédérale, considère qu'il n'y a pas trace d'une quelconque violation du droit d'être entendu de la recourante en l'espèce. Elle renoncera à motiver plus avant cette conclusion tant il lui semble évident que la recourante, sous le couvertde multiples violations de son droit d'être entendue, cherche, en réalité, à obtenir indirectement un examen par le Tribunal fédéral du fond de la sentence attaquée.