Citation: 8C_346/2017 E. 3.3.3

3.3.3. Si la capacité de travail d'un assuré est déjà réduite de manière durable avant l'accident par suite d'une atteinte à la santé non assurée, comme c'est le cas en l'espèce, il y a lieu, pour évaluer l'invalidité, de comparer le revenu que l'assuré pourrait réaliser compte tenu de sa capacité réduite de travail préexistante à celui qu'il pourrait encore obtenir en dépit des suites de l'accident et de l'atteinte préexistante (art. 28 al. 3 OLAA [RS 832.202]; FRÉSARD/MOSER-SZELESS, in Soziale Sicherheit, SBVR vol. XIV, 3 e éd. 2016, n. 251 p. 983). Par conséquent, comme l'évaluation du degré d'invalidité se fait sur la base du revenu réduit touché avant l'accident, l'incapacité de 30 % attestée par le docteur E.________ dans l'ancienne activité d'infirmière, qui n'était déjà plus adaptée à l'état de santé de la recourante, n'est pas pertinente. En outre, les docteurs E.________ et F.________ ont retenu qu'en dépit des limitations fonctionnelles constatées, la recourante (gauchère) avait recouvré une pleine capacité de travail, tant dans l'activité de responsable du contrôle de qualité, comme exercée au moment du premier accident, que dans celle de directrice de crèche. Dans ces conditions, un calcul de comparaison des revenus ne se justifie pas, vu qu'il n'y a pas d'incapacité de travail (art. 6 LPGA). Par ailleurs, on ne voit pas en quoi le cumul des limitations fonctionnelles retenues par ces médecins, en lien avec les accidents en cause, aboutirait à un résultat différent. En effet, l'impossibilité de porter de manière répétitive des objets lourds avec le bras droit, retenue par le docteur F.________, correspond largement à la limitation du port de charges déjà retenue par le docteur E.________. Enfin, la suppression du poste de responsable du contrôle de qualité et les éventuelles difficultés à retrouver une place du même type sur le marché du travail sont des circonstances étrangères à l'état de santé de la recourante qui ne sauraient en elles-mêmes justifier une incapacité de travail. En conclusion, les premiers juges étaient fondés à considérer que les accidents assurés par l'intimée n'ont pas eu de répercussion durable sur la capacité de gain de la recourante, telle qu'elle prévalait avant la survenance de ceux-ci.