Citation: U 25/05 21.02.2006 E. 3

3.1 A juste titre, la recourante ne conteste pas que sa chute ait résulté d'un acte volontaire. Il est établi en effet qu'elle avait des idées de suicide depuis le mois de septembre 2000 et qu'elle avait rédigé un écrit au sujet de la garde de sa fille pour le cas où elle ne serait plus apte à s'en occuper. En revanche, P.________ met en cause la valeur probante de l'expertise psychiatrique ordonnée par l'assureur-accidents. Par ailleurs, elle soutient, en se référant à plusieurs avis de doctrine (Maurer, Le suicide et la tentative de suicide dans l'assurance-accidents, in : Risques totalement ou partiellement exclus de l'assurance sociale [y compris la prévoyance professionnelle], Institut de recherches sur le droit de la responsabilité civile et des assurances (IRAL), Lausanne 1990, p. 51 ss; Ghélew/Ramelet/Ritter, Commentaire de la LAA, Lausanne 1992, p. 146) que, dans l'hypothèse où sa capacité de discernement au moment des faits serait jugée suffisante, des prestations d'assurance, entières ou au moins partielles, devraient tout de même lui être allouées, puisque sa volonté était de mourir, mais pas de rester invalide, et que son aptitude à agir raisonnablement n'était pas complète. Enfin, la recourante invoque le droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par l'art. 8 CEDH.