Citation: 5A_143/2023 E. 4.2

4.2. La recourante invoque une violation des art. 30 al. 1 CC et 9 Cst. en tant que la cour cantonale a constaté le caractère contraire au droit du changement de nom requis. En substance, elle conteste que le fait d'avoir demandé à pouvoir porter son nom de célibataire suivi de celui de son mari revienne à contourner la loi ou à violer l'art. 160 CC, dès lors que B.________ D.________ est le seul nom qui lui paraît possible " à titre d'identité intrinsèque depuis son mariage ". Elle soutient que son cas serait similaire à ceux ayant donné lieu à l'ATF 145 III 49 et à l'arrêt 5A_336/2020, puisqu'il s'agit également pour elle de " faire coïncider son identité officielle avec son identité administrative, sociale et professionnelle ", soit d'inscrire un nom qu'elle " considère comme correspondant à sa véritable identité ". L'art. 160 CC serait ainsi, selon elle, sans pertinence. En effet, c'était sa situation socio-professionnelle, laquelle " présente des singularités importantes ", qui l'avait poussée à requérir une modification de son patronyme, et ce uniquement en application de l'art. 30 al. 1 CC - lequel permet de s'écarter du régime légal ordinaire - et " hors de toute considération relative à la non-reconnaissance du régime de base posé par l'art. 160 al. 2 CC dans sa teneur actuelle ". Son nom d'usage actuel (B.________ D.________) correspondait à un simple pseudonyme, parfaitement légal. Il ne pouvait dès lors y avoir contournement de la loi. Retenir l'inverse, comme l'avait fait la cour cantonale, revenait à taxer arbitrairement d'abus de droit toute demande en changement de nom fondée sur l'art. 30 al. 1 CC. L'exercice par les justiciables de leurs droits strictement personnels ne saurait être jugé abusif si, comme en l'espèce, il se fondait sur des motifs fondés et légitimes. La recourante est par ailleurs d'avis que le fait que l'Assemblée fédérale ait été saisie en décembre 2017 d'une initiative parlementaire visant à rétablir la possibilité de choisir, dès la célébration du mariage, un double nom de famille n'y changeait rien et ne pouvait lui être opposé. Au contraire, cette initiative témoignait du fait qu'un grand nombre d'époux (ses) n'était pas satisfait de la réglementation actuelle et qu'il convenait de reconnaître que la formation des noms de famille après mariage devrait être rendue beaucoup plus accessible, " plutôt que d'autoriser un changement de nom exceptionnel aux conditions strictes de l'art. 30 al. 1 CC ". La recourante indique ne pas vouloir obtenir une décision contra legem consistant en une application anticipée du nouveau droit: sa demande était exclusivement fondée sur l'art. 30 al. 1 CC, à l'appui de laquelle elle s'était prévalue de "motifs légitimes", que l'autorité précédente aurait dû examiner.