Citation: I 927/06 04.12.2007 E. 5

5.1 Les premiers juges ont considéré que la décision initiale de rente avait été rendue manifestement à tort dans la mesure où l'administration avait reconnu à la recourante un taux d'invalidité de 100 % sur la base d'un simple pronostic défavorable du COMAI quant à une réinsertion professionnelle et sans avoir procédé à une comparaison des revenus. Selon les experts de la CRR, l'atteinte à la santé présentée par la recourante à l'époque de la décision initiale de rente, essentiellement caractérisée par des troubles dégénératifs du rachis lombaire et cervical, n'empêchait pas l'exercice d'une activité adaptée. Une capacité de travail de 50 % au moins était exigible dès 1993 dans une activité contraignante, telle que celle de femme de ménage et d'au moins 80 % dans une activité adaptée, permettant le changement de positions et évitant le port de charges supérieures à 10 kilos. Aussi, la juridiction fédérale a-t-elle examiné les répercussions de la capacité résiduelle de travail de la recourante (avec un rendement de 80 % dans des activités adaptées) sur sa situation économique, se référant aux données 1994 (année de la naissance du droit à la rente). Elle a déduit de la comparaison des revenus avant et après invalidité, compte tenu d'un abattement de 15 % sur le revenu d'invalide, qu'elle présentait un degré d'invalidité de 48 %. De ce fait, les premiers juges ont considéré que la recourante devait être mise au bénéfice d'un quart de rente d'invalidité à partir du 1er juin 2005 par la voie de la reconsidération de la décision initiale du 10 juillet 1995. 5.2 A l'examen du dossier et de l'expertise du COMAI du 27 février 1995, il y a lieu de retenir que l'Office AI du canton de Vaud n'a pas statué sur la base de mesures d'instruction manifestement insuffisantes ou lacunaires, ni fait un usage manifestement erroné de son pouvoir d'appréciation en tenant pour établie une incapacité de travail totale de l'assurée et en lui allouant une rente entière d'invalidité par décision du 10 juillet 1995. En effet, le pronostic particulièrement défavorable rendu par l'expert du COMAI l'a été au terme d'investigations médicales entreprises dans les différents domaines concernés, soit sur le plan rhumatologique et psychique. Or, si les atteintes constatées au niveau de la colonne lombaire ne limitaient que dans une faible mesure la capacité de travail de la recourante, tel n'était pas le cas du trouble somatoforme douloureux qui avait résisté aux différentes approches thérapeutiques, y compris sur le plan psychiatrique. Les conclusions de l'expert du COMAI étaient par ailleurs concordantes avec celles du médecin traitant de la recourante, lequel avait constaté que les diverses tentatives de reprise du travail s'étaient soldées par un échec, même à temps partiel. En tout cas, les critiques émises à l'encontre des conclusions du COMAI par les médecins de la CRR ne suffisent pas pour admettre que ces conclusions étaient dépourvues de toute crédibilité. Dès lors, on ne peut retenir que la décision prise par l'Office AI du canton de Vaud fût manifestement erronée. En effet, on ne saurait juger du caractère invalidant ou non d'un trouble somatoforme douloureux diagnostiqué par un psychiatre en 1995 à l'aune des critères plus restrictifs développés a posteriori par la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances (cf. arrêt I 138/07 du 25 juin 2007 et les références citées). Au vu de ce qui précède, un motif de reconsidération n'est pas réalisé dans le cas d'espèce et c'est donc en violation du droit fédéral que les premiers juges ont confirmé la suppression, par voie de reconsidération, de la rente entière selon la décision du 10 juillet 1995, et remplacé celle-ci par un quart de rente à partir du 1er juin 2005. Partant, le recours est bien fondé.