Citation: 7B_868/2023 E. 4.3.1

4.3.1. Le recourant fait valoir que la question de la licéité des enregistrements audio est à ce jour pendante par-devant la cour cantonale, de sorte que l'on ne saurait se baser sur ceux-ci pour établir les faits. Certes, il appartiendra à ladite autorité de répondre précisément à cette question, l'examen du caractère exploitable d'un moyen de preuve incombant en principe au juge du fond (cf. arrêts 6B_862/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.4; 1B_91/2020 du 4 mars 2020 consid. 2.2; 1B_234/2018 du 27 juillet 2018 consid. 3.1 et les références citées). Le recourant perd toutefois de vue que si la décision d'exclure un moyen de preuve litigieux du dossier est du ressort de la direction de la procédure, respectivement du juge du fond, le juge de la détention vérifie l'existence de soupçons suffisants de culpabilité sur la base des résultats provisoires de l'instruction. Il peut ainsi tenir compte de moyens de preuve figurant au dossier, à moins toutefois que ceux-ci apparaissent d'emblée inexploitables (cf. arrêts 1B_648/2022 du 19 janvier 2023 consid. 2.1; 1B_595/2022 du 23 décembre 2022 consid. 5.1; 6B_862/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.4). Au stade de l'instruction, il convient de ne constater l'inexploitabilité de moyens de preuve que dans des cas manifestes (cf. arrêts 1B_91/2020 du 4 mars 2020 consid. 2.2; 1B_234/2018 du 27 juillet 2018 consid. 3.1 et les références citées). Par conséquent, un moyen de preuve peut en principe être pris en considération lors de l'examen de l'existence de sérieux soupçons de culpabilité si son caractère exploitable est à première vue envisageable (cf. arrêts 1B_595/2022 du 23 décembre 2022 consid. 5.1; 1B_159/2022 du 13 avril 2022 consid. 4.1 et les références citées). Or, à cet égard, il est relevé que dans le cas de preuves recueillies par un particulier, celles-ci peuvent être exploitables si, d'une part, elles auraient pu être recueillies licitement par les autorités pénales et si, d'autre part, une pesée des intérêts en présence plaide pour une exploitabilité (cf. ATF 147 IV 16 consid. 1.1; 146 IV 226 consid. 2.1; cf. arrêt 6B_53/2020 du 14 juillet 2020 consid. 1.1). Il en va ainsi lorsque les moyens de preuve sont indispensables pour élucider des infractions graves (cf. ATF 147 IV 9 consid. 1.3.1; 146 IV 226 consid. 2 et les références citées). En l'occurrence, il n'y a toutefois pas lieu d'examiner plus avant si les enregistrements audio apparaissent ou non d'emblée inexploitables. Il apparaît en effet que de graves soupçons de la commission des infractions de tentative de meurtre et de menaces qualifiées reposent sur des éléments indépendants de ces moyens de preuve litigieux (cf. consid. 4.3.2 infra).