Citation: 7B_1159/2024 E. 2.4

2.4. Un tel raisonnement ne saurait être suivi. Comme il le relève à juste titre, le recourant a dûment exposé, tant dans son courrier du 6 août 2024 que dans son recours cantonal du 12 août 2024, les motifs pour lesquels il n'avait pas, respectivement plus confiance en son défenseur d'office et qui commandaient, selon lui, un remplacement de ce dernier. En substance, il a fait valoir que son défenseur d'office ne l'avait jamais assisté personnellement - pas même lors des audiences devant le tribunal de première instance et la cour d'appel - dans le cadre de la procédure pénale pour viol l'ayant opposée à son épouse et qui s'est soldée par sa condamnation; sa défense avait été confiée à un stagiaire, Me D.________, avec lequel il avait d'ailleurs été en désaccord sur la stratégie de défense. À ce propos, il a exposé avoir eu des divergences de vue avec ce dernier sur les pièces à produire pendant la procédure pénale et sur l'opportunité de former recours au Tribunal fédéral. En outre, il a soutenu que son défenseur d'office n'envisageait pas non plus de le défendre personnellement dans la présente procédure - pour contrainte sexuelle et viol - puisque sa défense allait être assurée par une avocate stagiaire, qu'il ne connaissait du reste pas (cf. courrier du 6 août 2024 et pp. 2-4 du recours cantonal du 12 août 2024). Le recourant a notamment produit devant la cour cantonale les procès-verbaux de ses auditions ainsi que les jugements de première et deuxième instance intervenus dans les procédures pénales précitées (cf. annexes au recours cantonal du 12 août 2024). Au vu de ces éléments, il apparaît que le recourant a motivé de manière circonstanciée - pièces à l'appui - pour quelles raisons il estimait avoir été mal défendu par son avocat d'office et qui, à ses yeux, entraînaient une rupture totale du lien de confiance avec ce dernier. La cour cantonale ne conteste en outre pas qu'un tel grief soit pertinent pour déterminer si la défense efficace des intérêts du recourant nécessiterait un changement de son défenseur d'office. Aussi, jouissant d'un plein pouvoir d'examen et tenue de prendre en compte les faits et moyens de preuve nouveaux - tout comme les arguments juridiques nouveaux - invoqués devant elle, la cour cantonale ne pouvait-elle pas refuser de traiter ce moyen au motif qu'il avait été soulevé postérieurement à l'ordonnance du Ministère public. En particulier, il importe peu que le recourant ait eu la possibilité de déposer une nouvelle requête auprès de cette autorité et de faire valoir, à cette occasion, son argumentation relative à une rupture du lien de confiance avec son défenseur d'office. Saisie d'un grief relevant de sa compétence, suffisamment étayé et susceptible d'influer sur l'issue de la cause, la cour cantonale était tenue de l'examiner et de déterminer s'il permettait de conduire à un changement du défenseur d'office du recourant.