Citation: 4C.23/2004 14.12.2004 E. A

A.a En 1990 à l'occasion d'un chantier à N.________ (Vaud), B.________, fondé de procuration de Z.________ SA - devenue depuis lors X.________ SA -, a fait la connaissance de A.________, qui exploite une entreprise de gypserie-peinture. Comme ils ont sympathisé, A.________ a parlé à B.________ de son projet de se faire construire une villa à M.________ (Vaud). Entre le 30 avril et le 12 juillet 1993, A.________, B.________ et l'architecte mandaté par X.________ SA ont établi plusieurs documents sous la forme de deux descriptifs de travaux, de divers projets et de plans pour la mise à l'enquête publique. Il a été retenu que les deux descriptifs de travaux n'étaient pas détaillés: le premier (30 avril 1993) faisait seulement "allusion" à certains postes; le second (17 juin 1993) a été qualifié comme étant "des plus sommaires". Ces descriptifs faisaient référence à des projets ayant une surface de 100 m2 et un volume de 750 à 800 m3 pour le premier et une surface de 114 m2 et un volume de 889 m3 pour le second. Les plans de l'architecte du 2 juillet 1993 relatifs à la mise à l'enquête publique faisaient état d'une surface (inchangée) de 114 m2 pour un volume de 1'180 m3. Le 12 juillet 1993, B.________, agissant pour X.________ SA, et A.________ ont signé un contrat d'entreprise générale portant sur la construction d'une villa individuelle à M.________. Les parties ont convenu de fixer un "prix forfaitaire, y compris renchérissement" de 400'000 fr. (art. 4.1) et arrêté un échéancier de paiement de cette somme entre la signature du contrat et la réception de l'ouvrage prévue en avril 1994 (art. 9.1). Selon l'art. 5.1 étaient comprises toutes les prestations et fournitures de l'entrepreneur général et ses sous-traitants et fournisseurs nécessaires à l'exécution conforme au descriptif de l'ouvrage et aux plans des parties. A l'art. 2 du contrat, il était expressément fait référence au plan de l'architecte du 2 juillet 1993; la rubrique "descriptif de l'ouvrage" était laissée vierge, bien que celui-ci eût dû faire partie intégrante du contrat, avec ordre de priorité sur les "plans contractuels". A.b Le 25 octobre 1993, B.________ et A.________ ont signé une nouvelle version de la page 5 du contrat d'entreprise générale: l'échéancier de paiement a été redéfini quant aux montants et aux termes prévus; le total des versements prévus s'élevait désormais à 330'000 fr. Les autres clauses du contrat n'ont pas été modifiées, en particulier celle relative au prix forfaitaire de 400'000 fr. Le lendemain, la banque Y.________ a signé aux côtés de X.________ SA et A.________ une convention autorisant l'entrepreneur général à utiliser un crédit de construction de 330'000 fr. ouvert par le maître auprès de la banque. Cette convention faisait notamment obligation à X.________ SA d'informer en tout temps la banque de l'existence de frais supplémentaires par suite de modifications du projet, en particulier les nouvelles spécifications du maître. Selon l'employé de la banque, la différence entre le forfait de 400'000 fr. et le montant de 330'000 fr. du crédit s'explique par l'existence de fonds propres ou par des travaux exécutés par A.________. Un plan financier a été établi à cette époque par B.________: il en ressort que l'offre totale de X.________ SA - pour un volume SIA de 920 m3 - s'élevait à 393'300 fr., travaux de plâtrerie-peinture non compris. A.c Les travaux se sont écoulés d'octobre 1993 à mai 1994, date à laquelle A.________ et sa famille ont emménagé dans la villa. A dire d'expert, les prestations effectuées par l'entreprise de A.________ se sont élevées à 111'050 fr. L'ensemble des travaux n'a donné lieu ni à des critiques ni à des avis des défauts de la part du maître. Par le biais du crédit de construction, A.________ s'est acquitté d'une somme totale de 335'648 fr. De son côté, la banque n'a jamais reçu d'avis de frais supplémentaires dus à des modifications de projet. Le 22 septembre 1994, X.________ SA a licencié B.________ avec effet immédiat et a déposé plainte pénale à son encontre. Elle lui reprochait notamment d'avoir détourné à son profit une somme de 27'500 fr. dans le cadre de la construction de la villa de A.________. B.________ est décédé le 28 septembre 1997. Le 10 juillet 1998, le juge pénal a clôturé l'enquête, également dirigée contre A.________, par un non-lieu, en raison du décès de B.________ et de l'absence d'indices de la commission par A.________ d'infractions pénales.