Citation: 5A_862/2014 E. 3.2

3.2. Il ressort de l'arrêt de la Cour de justice que l'épouse ne travaille pas et qu'aucun revenu hypothétique ne peut lui être imputé. Pour sa part, l'époux tire des revenus de son activité lucrative ainsi que de ses biens mobiliers et immobiliers. Comme ces revenus sont très fluctuants, la Cour de justice a tenu compte du revenu moyen des cinq dernières années. Son revenu annuel net était de 427'751 fr. en 2009 (dont 257'425 fr. de revenus immobiliers), 338'531 fr. en 2010 (dont 215'542 fr. de revenus immobiliers), 526'717 fr. en 2011 (dont 276'251 fr. de revenus immobiliers), 302'435 fr. en 2012 (dont 154'694 fr. de revenus immobiliers) et 426'139 fr. en 2013 (dont 197'265 fr. de revenus immobiliers); il en résulte un revenu mensuel net moyen de 33'693 fr. La cour cantonale a précisé que le chiffre de 38'728 fr., articulé par le mari dans son mémoire de réponse à l'appel, se fondait exclusivement sur ses revenus estimés pour 2013, compte tenu de revenus immobiliers bruts. Les charges de l'époux s'élèvent à 24'504 fr. par mois, comprenant son loyer (5'380 fr.), sa prime d'assurance-maladie (593 fr.), son entretien de base (1'200 fr.), les frais d'entretien de la villa conjugale (4'761 fr.), les frais de transport (70 fr. pour un abonnement TPG étant donné qu'il n'a pas rendu vraisemblable avoir besoin d'un véhicule dans le cadre de son activité professionnelle) et ses acomptes d'impôt (12'500 fr.). Son disponible est donc de 9'189 fr. (33'693 fr. - 24'504 fr.). Le père s'est engagé à payer les frais d'école privée (3'545 fr.) et de loisirs (979 fr.) des enfants. En sus de ces frais, les charges des enfants comprennent leur prime d'assurance-maladie (estimée à 150fr.) et leur entretien de base selon les normes de l'OP qui couvre notamment les frais de vêtements, de nourriture et de coiffeur (600 fr.), dont à déduire 300 fr. d'allocations familiales. Ainsi, leurs besoins ont été chiffrés à 450 fr. par mois et par enfant. En proposant de verser 1'000 fr. pour chaque enfant, le père couvrait ainsi largement leurs charges. Quant à l'épouse, elle n'avait produit pour établir ses charges qu'un tableau établi de sa main, qui ne saurait valoir plus qu'une allégation de partie, ainsi que le relevé du compte bancaire de son mari. Ce dernier document permettait de constater des dépenses générales, mais pas d'identifier le type de dépenses réalisées. La répartition des dépenses entre les époux et les enfants était indiquée de manière manuscrite, ce qui était insuffisant pour rendre vraisemblables celles de l'épouse qui, par ailleurs, n'avait produit aucune facture ou autre élément permettant d'attester de ses charges. Dès lors que la séparation a engendré des charges supplémentaires pour la famille, l'épouse ne pouvait prétendre au maintien de son train de vie antérieur, de sorte que, comme pour le mari, il ne serait tenu compte que de ses charges courantes. Ses charges vraisemblables s'élèvent à 2'360 fr. par mois, dont 600 fr. de prime d'assurance-maladie, 140 fr. de frais d'alarme, 1'350 d'entretien de base OP (qui couvre notamment les frais de vêtements, de nourriture, de coiffeur et de beauté, de téléphone, de redevance TV), 70 fr. de frais de déplacement et 200 fr. d'acomptes d'impôts. Il n'a pas été tenu compte de ses frais de véhicule, puisqu'elle n'avait pas rendu vraisemblable en avoir un usage indispensable. Quant aux frais liés à la maison, d'électricité, de chauffage et d'assurance ménage et responsabilité civile, ils étaient payés par le mari. Par ailleurs, il n'a pas été rendu vraisemblable que les frais médicaux allégués n'auraient pas été remboursés par l'assurance-maladie. Par égalité de traitement avec l'époux, la Cour de justice n'a pas tenu compte des frais de femme de ménage, de loisirs et de vacances. En définitive, après paiement de ses propres charges et de celles des enfants, l'époux disposait encore d'un solde disponible de 2'665 fr. (33'693 fr. - 24'504 fr. - 3'545 fr. - 979 fr. - 2'000 fr.). Il fallait donc le condamner à verser à son épouse une contribution d'entretien de 2'650 fr. par mois, correspondant à son solde disponible; l'épouse disposait ainsi de 200 fr. par mois pour financer ses loisirs, étant relevé que le mari disposait pour ses propres loisirs d'une fortune importante.