Citation: 5A_689/2023 E. 5.4

5.4. En l'occurrence, il y a lieu d'admettre avec le recourant que l'instruction de la situation financière de son second enfant et du ménage dans lequel il vit est lacunaire. En effet, la Cour de justice a arrêté les besoins de cet enfant en prenant uniquement en considération le montant de base OP (réduit de 15% vu qu'il vit en France) et les frais de garde, omettant ainsi de tenir compte des autres charges entrant dans son minimum vital du droit de la famille (part aux frais de logement de sa mère, prime d'assurance-maladie, etc.), comme elle l'a fait pour l'intimé. De plus, elle s'est limitée à déduire de l'absence de présentation par le recourant de la situation financière de la mère de son second enfant que celle-ci subvenait à ses propres besoins et participait à tout le moins par moitié à l'entretien de cet enfant, sans avoir au préalable invité le recourant à fournir des pièces et renseignements utiles à cette fin, contrevenant ainsi à la maxime inquisitoire illimitée. L'absence d'établissement complet des besoins du second enfant du recourant et de la situation personnelle et financière de sa mère a pour conséquence qu'il n'est pas possible de déterminer dans quelle mesure il peut être exigé du recourant qu'il contribue à l'entretien de cet enfant et, partant, de vérifier si la contribution d'entretien allouée à l'intimé dans l'arrêt entrepris est conforme au droit fédéral, notamment si elle est proportionnée à la capacité contributive du débirentier après couverture des besoins objectifs de ses deux enfants mineurs et si elle respecte le principe d'égalité de traitement entre ceux-ci. Quoi qu'en dise l'intimé, le fait que le recourant jouisse d'un solde disponible de 690 fr. après paiement de la contribution de 780 fr. en sa faveur fixée dans l'arrêt entrepris n'apparaît pas décisif, dès lors que l'on ignore en l'état si ce solde suffit ou non à couvrir l'entretien du second enfant du recourant, l'intimé oubliant par ailleurs dans son argumentation qu'à partir du 1er avril 2026 et jusqu'à sa majorité l'arrêt entrepris lui alloue une contribution de 980 fr. de sorte que le solde disponible du recourant s'élève à 490 fr. pour cette période. Il s'ensuit que la critique du recourant doit être admise, l'arrêt entrepris annulé et la cause renvoyée à la Cour de justice pour complément d'instruction s'agissant de la situation personnelle et financière du second enfant du recourant et nouvelle décision. Au vu du renvoi, le grief du recourant selon lequel la contribution en faveur de l'intimé aurait été fixée sans égard aux capacités contributives respectives de ses parents n'a pas à être examiné en l'état.