Citation: 8C_685/2016 E. 5

Sur la base des faits retenus par les premiers juges, qui ne sont au demeurant pas contestés et qui reposent essentiellement sur les déclarations du recourant, il y a lieu de constater qu'en raison du comportement agressif, voire menaçant du motard qui le poursuivait, le recourant a toutefois décidé de ne pas s'arrêter dans le village de V.________ où il était attendu à un mariage. Cela tend à démontrer qu'avant même l'altercation proprement dite, le recourant avait déjà eu conscience du risque que la situation présentait un danger pour lui. Aussi, en sortant de son véhicule sur un chemin menant à une impasse après le déroulement des faits précités, le recourant pouvait s'attendre, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, à une réaction violente du motard. C'est précisément par ce comportement, alors qu'il aurait pu faire demi-tour, que le recourant s'est mis dans la zone de danger exclue par l'assurance. D'autre part, même s'il ne voulait pas s'arrêter à l'endroit où devait se dérouler la cérémonie pour éviter un esclandre en présence des personnes invitées à la fête, le recourant aurait certainement pu s'arrêter dans un autre endroit fréquenté, de manière à dissuader son poursuivant de le frapper. Au vu de ce qui précède, on doit admettre, à l'instar des premiers juges, que l'agression dont a été victime le recourant s'est produite alors que ce dernier a eu un comportement tombant sous le coup de l'art. 49 al. 2 let. a OLAA. Par conséquent, l'assureur-accidents pouvait réduire ses prestations en espèces de moitié. C'est un vain que le recourant se prévaut de divers précédents pour tenter de fait échec à l'application de l'art. 49 al. 2 let. a OLAA dans sa situation. En particulier, son cas n'est pas comparable aux circonstances ayant donné lieu à l'arrêt 8C_341/2013 du 15 avril 2014. Dans cette affaire, un assuré qui se promenait avec son chien avait reçu une "claque sur l'oreille" - et son chien un coup de pied dans le flanc - de la part d'un motocycliste à qui il avait fait une remarque en relation avec la vitesse à laquelle roulait ce dernier ("C'est 20 km/h ici"). Assénant un coup de laisse sur le casque du motocycliste pour se défendre, l'assuré avait reçu un coup de pied à la main gauche, dont il était résulté une fracture de son petit doigt. Dans ce cas, le Tribunal fédéral a jugé que l'assuré avait agi dans un mouvement défensif et non pas par un acte susceptibles d'alimenter la bagarre. Ce mouvement réflexe de défense ne constituait pas la cause essentielle de l'atteinte subie.