Citation: U 104/00 15.09.2000 E. A

A.- D.________ travaillait comme concierge au service d'une communauté de copropriétaires. A ce titre, elle était assurée contre le risque d'accidents auprès de la société suisse d'assurances Elvia (ci-après : l'Elvia). Le 19 décembre 1995, la prénommée a été victime d'une agression : alors qu'elle se promenait à Genève, une femme l'a empoignée par les cheveux, l'a brusquement tirée en arrière, puis l'a faite tomber à terre en la projetant en avant, et l'a ensuite frappée sur la tête avec une poêle. D.________ s'est rendue le même jour chez SOS Médecins, où le docteur P.________ a diagnostiqué un traumatisme crânio-cervical sans perte de connaissance. Il a fait état de quelques discrètes nausées sans vomissements, de vertiges, de troubles d'équilibre, ainsi que de cervicalgies lors des mouvements de rotation latérale et a prescrit des analgésiques (rapport du 22 décembre 1995). Une tomodensitométrie pratiquée par le docteur B.________ n'a révélé la présence d'aucune lésion osseuse au niveau du rachis cervical (rapport du 30 janvier 1996). Dans un rapport du 16 octobre 1996, le docteur H.________, médecin traitant, a indiqué qu'il avait été consulté par sa patiente le 20 décembre 1995. Il a constaté, en sus du diagnostic précité, la présence d'une entorse cervicale et d'un traumatisme laryngé. Sa patiente avait été traumatisée psychologiquement; elle était abattue, anxieuse et révoltée. Il a prescrit un arrêt de travail à 100 %, du 19 décembre 1995 au 22 janvier 1996, et l'a revue régulièrement par la suite en raison de la persistance des troubles, notamment de cervicalgies et de douleurs dans la nuque (rapport du 16 octobre 1996). Le 16 juin 1997, l'employeur de D.________ a annoncé une rechute. Ayant pris en charge le cas, l'Elvia a fait examiner l'assurée par le docteur R.________, spécialiste en chirurgie orthopédique. Selon ce médecin, l'accident était probablement l'unique cause de l'état constaté alors (rapport du 25 juillet 1997). Dans un rapport du 30 juillet 1997, le docteur H.________ a constaté l'existence d'un syndrome fibromyalgique post-traumatique et a fait état d'une incapacité de travail de deux tiers dès le 1er juillet 1997. D.________ a cessé définitivement de travailler le 10 septembre 1997. Dans un rapport du 2 juillet 1998, le docteur J.________, spécialiste en médecine interne et rhumatologie, mandaté par l'Elvia, a constaté l'existence d'un syndrome fibromyalgique se caractérisant par des migraines, un état dépressif, des insomnies, une colopathie fonctionnelle et une fatigue chronique. Ce syndrome ne pouvait pas être la conséquence d'un traumatisme. Selon lui, seule une expertise psychiatrique avec un examen neurologique était à même de déterminer si l'accident pouvait avoir causé un éventuel état de stress post-traumatique (ci-après : ESP). Ce médecin proposait de confier l'examen de cette question au docteur F.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie. Selon le docteur J.________, si le diagnostic d'ESP n'était pas retenu, on ne pourrait pas considérer que le syndrome fibromyalgique et l'état anxio-dépressif présentés par D.________ sont en relation de causalité avec l'accident. Dans un rapport du 22 septembre 1998, les docteurs B.________ et E.________, respectivement chef de clinique et médecin assistant à la Policlinique et clinique de neurologie des Hôpitaux Universitaires (ci-après : HUG), ont constaté que la prénommée présentait un ESP lié à l'agression. Une IRM pratiquée aux HUG le 29 septembre 1998 n'a révélé aucune anomalie décelable. Le 1er octobre 1998, la prénommée a subi un examen neuropsychologique aux HUG, dont il ressort que le tableau présenté (manque du mot important, lenteur d'exécution, dissociation des rendements dans certaines épreuves) suggère fortement une atteinte des structures temporales gauches (rapport du 6 octobre 1998 du docteur M.________, neuropsychologue, et de G.________, psychologue stagiaire). Dans un rapport du 12 octobre 1998, le docteur F.________ a exclu formellement toute atteinte cérébro-organique, tout trouble de l'adaptation post-traumatique pour ne retenir qu'un état dépressif majeur de degré léger. Selon lui l'accident a agi comme le simple révélateur d'un terrain extrêmement précaire; le lien de causalité naturelle entre l'événement traumatique du 19 décembre 1995 et les troubles psychiques actuels ne pouvait pas être reconnu. Se fondant sur les rapports d'expertise des docteurs J.________ et F.________, par décision du 3 novembre 1998, l'Elvia a mis fin à ses prestations à partir du 31 août 1998. D.________ a formé opposition à cette décision. Elle a produit un rapport du 26 novembre 1998 de la doctoresse X.________, médecin-chef de la Clinique, spécialiste en neurologie et médecin traitant, selon lequel les douleurs et différentes pathologies dont elle souffrait étaient très certainement dues à l'agression. Par décision du 22 avril 1999, l'Elvia a écarté l'opposition.