Citation: U 432/05 21.03.2006 E. 2

Le recourant nie avoir été en état d'agir raisonnablement au moment des faits contrairement à ce qu'affirme la juridiction cantonale. 2.1 Le 5 décembre 2001, lors d'un séjour à la clinique psychiatrique de Z.________, l'intéressé, interrogé par un inspecteur de l'intimée, a reconnu spontanément avoir absorbé passablement de médicaments le 13 mai 2001 dans le but d'en finir avec la vie. Même s'il a semblé vouloir se rétracter par la suite, il y a lieu de s'en tenir à ses premières déclarations (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références; VSI 2000 p. 201 consid. 2d; voir également le commentaire de Pantli/Kieser/Pribnow, paru in PJA 2000 p. 1195), d'autant plus que celles-ci ont été rapportées au docteur A.________ par le recourant lui-même (rapport du 20 novembre 2001) et qu'on en trouve une référence dans le rapport du 21 mars 2002 des doctoresses V.________ et K.________, retenant la persistance d'idées suicidaires, et dans le rapport du 18 octobre 2001 du docteur C.________, mentionnant un tentamen médicamenteux. Les premiers juges étaient dès lors fondés à qualifier les événements du 13 mai 2001 de tentative de suicide. 2.2 Dans son appréciation médicale du cas, le docteur G.________ retient que l'intéressé n'était, selon une vraisemblance prépondérante, pas totalement incapable de discernement au moment des faits. Il a fondé son analyse sur une étude exhaustive et approfondie des pièces. Il a certes relevé les déclarations confuses du recourant et l'état lacunaire du dossier, mais il a estimé que la volonté, déclarée à plusieurs reprises, d'en finir avec la vie à ce moment-là démontrait à satisfaction que F.________ n'était alors pas dans un état tel qu'il n'était plus en mesure d'agir raisonnablement. Les docteurs E.________ et D.________, ainsi que la psychologue I.________ ont abouti, de manière probante, à la même conclusion que le docteur G.________ et ont retenu un degré de vraisemblance identique. Ils ont également relevé la volonté de se suicider manifestée de manière claire et précise par l'intéressé, confortant ainsi l'opinion du médecin de l'intimée. Les experts ont estimé que les différentes manifestations psycho-pathologiques (symptômes anxio-dépressifs), présentes chez le recourant au moment des événements et pouvant s'inscrire dans le contexte de manifestations prodromiques de la schizophrénie indifférenciée (F 20.3 CIM-10) diagnostiquée par la suite, la consommation de substances psycho-actives relativement peu importante à cette époque et les facultés intellectuelles encore préservées au moment des faits permettaient d'affirmer que la capacité de discernement n'était pas totalement abolie le 13 mai 2001. L'intéressé n'a par ailleurs apporté aucun argument ou élément concret permettant de contredire l'avis concordant des experts et du docteur T.________. 2.3 Au vu de ce qui précède, l'intimée et les premiers juges étaient en droit de refuser toutes prestations d'assurance au recourant qui, capable d'agir raisonnablement, remplissait parfaitement les conditions d'application de l'art. 37 al. 1 LAA.