Citation: U 28/01 18.07.2002 E. A

P.________, domicilié en France, travaillait au service de l'entreprise X.________ A ce titre, il était assuré auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA). Au cours de l'été 1995, sa femme quitta le domicile conjugal avec sa fille et son fils, alors âgés de 11 et 12 ans, puis demanda le divorce. P.________ obtint néanmoins de pouvoir fêter le 1er janvier 1996 chez lui, avec ses enfants. Ce jour-là, il tira sur eux avec une carabine avant de retourner l'arme contre lui. Les enfants décédèrent et le prénommé subit de graves lésions à la mâchoire et à l'oeil droit, dont l'énucléation fut nécessaire. Incarcéré dès le mois de mai 1996 à la maison d'arrêt de Y.________, il a été condamné le 12 juin 1998 à trente ans de réclusion par la Cour d'assise du département de Z.________, en France. Par décision du 6 décembre 1999, la CNA refusa d'allouer toute prestation à P.________, au motif qu'il avait provoqué ses blessures intentionnellement. Celui-ci s'opposa à cette décision, faisant valoir qu'il n'était pas en possession de toutes ses facultés au moment de son acte. Le 15 février 2000, la CNA leva l'opposition et confirma sa décision initiale.