Citation: U 101/05 12.04.2006 E. 5.3

5.3.1 R.________ a présenté des troubles neuropsychologiques dès les premiers jours qui ont suivi l'accident, pour lesquelles elle est restée hospitalisée jusqu'au 7 août 1998 à l'Hôpital X.________, à la Clinique Y.________, puis à la Clinique Z.________. Depuis lors, ces troubles ont persisté sans interruption, même s'ils ont pu varier en intensité, jusqu'à l'expertise réalisée par les docteurs H.________, O.________ et E.________. Ces derniers ont expressément admis un syndrome post-commotionnel à long terme, avec perte de l'odorat et du goût, justifiant selon eux une indemnité pour une atteinte à l'intégrité de 25 %. Ils considèrent que l'intensité de ces symptômes est due à des troubles psychiques, le syndrome post-commotionnel en constituant le noyau dur. Ces constatations ne permettent pas de retenir que les symptômes liés au traumatisme cranio-cérébral subi le 19 mai 1998 seraient relégués au second plan, que ce soit depuis la période ayant immédiatement suivi l'accident ou parce que ce traumatisme n'aurait joué qu'un rôle tout à fait secondaire durant toute la phase de l'évolution, depuis l'accident jusqu'au moment de la décision sur opposition litigieuse. Elle ne permettent pas davantage de considérer que l'accident n'aurait fait que renforcer les symptômes de troubles psychiques déjà présents - l'état prémorbide vraisemblablement présenté par l'assurée avant l'accident était asymptomatique -, ni que les troubles psychiques décrits par les experts constitueraient une atteinte à la santé indépendante. Partant, il convient de statuer sur le rapport de causalité adéquate sans faire de distinction entre les composantes physiques et psychiques des atteintes à la santé de l'assurée, conformément à la jurisprudence exposée au consid. 5.2.1 ci-avant. 5.3.2 L'accident subi par R.________ était de gravité moyenne, comme l'ont admis à juste titre les premiers juges. L'assurée est aujourd'hui encore incapable de travailler, selon l'avis unanime des médecins consultés, quand bien même elle semble avoir disposé d'une certaine capacité de travail entre novembre 1998 et décembre 2000, les médecins de la Clinique Z.________ n'ayant attesté une incapacité de travail que pour une durée de trois mois après sa sortie d'hôpital, en août 1998. La réalité de cette capacité de travail est toutefois difficile à évaluer, malgré l'opinion émise sur ce point par le docteur S.________ le 20 juin 1999, dès lors que l'assurée était sans emploi ou ne conservait que très brièvement son travail lorsqu'elle trouvait un engagement. L'Office de l'assurance-invalidité du canton de Genève a d'ailleurs admis une incapacité de travail totale depuis l'accident, en se fondant sur le rapport établi par les doctoresses M.________ et L.________. Dans ces circonstances, et compte tenu surtout de la durée de l'hospitalisation rendue nécessaire par l'accident et de la persistance d'atteintes à la santé physique et psychique pendant plusieurs années, sans véritable rémission, le lien de causalité adéquate litigieux doit être admis. Sur ce point également, le jugement entrepris n'est pas critiquable.