Citation: I 578/02 01.09.2003 E. A

A.a M.________, né en 1950, travaillait comme manoeuvre pour l'entreprise de construction P.________ SA lorsqu'il se blessa accidentellement le pouce gauche, avec une massette, le 1er décembre 1992. Son médecin traitant, le docteur G.________, prescrivit la pose d'une attelle plâtrée, ainsi qu'un traitement anti-inflammatoire et une physiothérapie. Les douleurs persistèrent néanmoins et les tentatives de reprises du travail échouèrent, de sorte qu'une arthrodèse métacarpo-phalangienne, avec excision d'un corps étranger métallique dans la première commissure, fut pratiquée le 14 avril 1993 par le docteur E.________, de la Clinique L.________, à X.________. A la suite de cette opération, M.________ a pu reprendre son travail à 50 %, dès le 14 juin 1993. Le matériel d'ostéosynthèse fut retiré le 6 décembre 1993 par le docteur E.________, qui pratiqua également une ténolyse du long extenseur du pouce et une résection d'un névrome dans la région trapézo-métacarpienne. Depuis lors, M.________ n'a pas repris son travail, hormis lors de brèves tentatives, et fait état de douleurs persistantes partant de la base du pouce et irradiant vers la première commissure et l'index lorsqu'il doit saisir un outil. Le cas fut annoncé à la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA) et à l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud. Selon un rapport du 18 octobre 1994 établi par le docteur H.________, médecin d'arrondissement de la CNA, l'assuré souffrait d'une lésion iatrogène d'une branche sensitive du nerf radial, survenue lors de l'une ou l'autre des interventions chirurgicales pratiquées précédemment. Il n'existait en revanche pas de signes objectifs en faveur d'une algodystrophie ou de sympathalgies sans troubles trophiques. Le docteur H.________ constatait que l'assuré renonçait progressivement à utiliser sa main gauche - qui ne présentait quasiment pas de marques d'utilisation -, avec une tendance à l'enraidissement des trois premiers doigts. Quelques mois plus tard, le 10 mars 1995, l'assuré exposait notamment au docteur A.________, médecin d'arrondissement de la CNA, souffrir de douleurs intenses irradiant dans l'avant-bras et jusque dans les pointes de l'index et du majeur gauches lorsqu'il tentait de fléchir ces deux doigts; il ressentait un choc électrique lors d'effleurements de la cicatrice qu'il présentait à la base du pouce. Selon le docteur A.________, toutefois, les examens pratiqués ne permettaient pas d'expliquer objectivement ces symptômes, de sorte qu'un examen neurologique complémentaire s'avérait nécessaire. Cet examen fut pratiqué le 6 avril 1995 par les docteur R.________ et K.________, de l'hôpital Y.________, qui ne mirent pas d'anomalie en évidence, sur le plan neurologique; les praticiens de l'hôpital Y.________ posèrent cependant les diagnostics de causalgie et d'algoneurodystrophie distale du membre supérieur gauche. Cette dernière affection a toutefois pu être exclue ultérieurement, sur la base d'une scintigraphie pratiquée le 9 juin 1995 à l'hôpital Y.________. M.________ fut ensuite adressé à l'Entreprise sociale privée d'intégration et de réinsertion professionnelle (ci-après : ESP), à Genève, en vue d'une évaluation de ses perspectives de reclassement professionnel. Au terme de son stage, qui a duré du 18 mars au 17 juin 1996, les responsables de l'ESP ont décrit une capacité de travail quasiment nulle, compte tenu des limitations subies dans l'utilisation de sa main gauche : l'assuré devait se faire aider pour les travaux requérant l'utilisation des deux mains; lorsqu'il devait se servir de sa main gauche, il n'utilisait, pour l'essentiel, que la paume, l'auriculaire et l'annulaire, ce qui rendait impossible toute activité nécessitant le port d'une charge avec cette main, même légère. En bref, l'assuré devait être considéré comme mono-manuel, de sorte que seul un environnement professionnel protégé lui était encore accessible (rapport d'évaluation du 14 juin 1996). Par décision du 5 septembre 1996, l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud mit l'assuré au bénéfice d'une rente entière, fondée sur un taux d'invalidité de 100 %, à partir du 1er décembre 1993. Pour sa part, la CNA lui alloua une rente fondée sur un taux d'invalidité de 30 % et une indemnité pour une atteinte à l'intégrité de 7,5 %, par décision du 20 juin 1997. A la suite d'une opposition de l'assuré, la CNA demanda un nouveau rapport à l'un de ses médecins spécialisés en médecine du travail, le docteur S.________. Celui-ci décrivit une pleine capacité de travail dans une activité légère, l'assuré pouvant utiliser sa main gauche pour saisir des objets légers et peu volumineux; en revanche, il ne pouvait manipuler les objets plus lourds ou encombrants qu'avec la seule main droite (rapport du 24 février 1998). Par décision sur opposition du 19 mars 1998, la CNA confirma l'allocation d'une rente fondée sur un taux d'invalidité de 30 %. A.b M.________ est retourné s'établir au Portugal, son pays d'origine, dans le courant de l'année 1998. Le dossier fut transmis à l'Office AI pour les assurés résidant à l'étranger (ci-après : l'office AI) qui ouvrit une procédure de révision du droit à la rente dès le mois de mars 2000. Dans ce cadre, des rapports médicaux ont été établis par les docteurs B.________ et C.________ (rapports des 16 juin et 5 juillet 2000) et transmis à l'office AI par l'intermédiaire des autorités portugaises de sécurité sociale.