Citation: 6B_800/2022 E. 11.4.1

11.4.1. Il ressort de l'expertise sexologique du Dr J.________ et de la psychologue S.________ du 25 avril 2019 et du complément du 19 août 2019 ce qui suit: "Elle ne ressent pas d'attirance physique, ni sexuelle pour A.________. Elle ne ressent pas d'excitation lors du shooting, ni lors du rapprochement sexuel avec A.________. Elle a le sentiment d'avoir cédé aux avances de A.________. Elle ne s'est pas opposée et n'a pas verbalisé son désaccord car elle se sentait en danger physique dans une situation inconnue. Elle se sentait paralysée et sidérée. Elle se trouvait alors dans un état de dissociation induit par la peur. A cela s'ajoute le fonctionnement de personnalité décrit dans les sections précédentes. S'affirmer a toujours constitué un risque pour elle. G.________ n'est pas sûre d'avoir eu un orgasme durant le rapprochement sexuel. Rappelons ici qu'elle n'est pas certaine de n'avoir jamais expérimenté d'orgasme vaginal ou clitoridien. Cette absence d'expérience orgasmique correspond au profil psycho-sexuel de G.________ et au rapport peu élaboré qu'elle entretient avec la sexualité. Le visionnage de la vidéo du rapprochement sexuel effectuée à l'insu de G.________ ne permet pas d'observer les signes physiques d'une décharge orgasmique classique. Lorsqu'elle est interrogée à ce sujet, l'expertisée dit que les gémissements de plaisir peuvent avoir été simulés afin de mettre un terme au rapprochement sexuel. G.________ n'a pas consenti au rapprochement sexuel avant ou lors de sa survenue. Elle ne voulait pas ce rapprochement sexuel. Elle s'est sentie manipulée en ce sens qu'il y a eu une progression au cours du shooting qui a débouché sur ce rapprochement sexuel. Cela concorde avec le fonctionnement relationnel de l'expertisée. Suite au shooting, G.________ se sent honteuse et coupable. Elle ressent de l'auto-agressivité. Ce sentiment nous laisse penser qu'elle n'acceptait pas ce qui s'est passé sur le plan sexuel et qu'il est plus aisé psychologiquement pour elle de s'en vouloir que d'en vouloir à l'autre et prendre le risque d'être rejetée. Pour faire face au trauma que représente cette expérience sexuelle, G.________ tente de le refouler. Elle essaie de l'oublier. Pourtant lorsqu'elle y est confrontée, elle se trouve rattrapée par des émotions complexes qui génèrent un malaise physique et une confusion mentale. D'un point de vue psychotraumatologique, il s'agit là d'un mécanisme de défense pour protéger le psychisme contre un vécu trop intense pour être intégré et digéré." "... selon nous, la participation active de G.________, à savoir la caresse bucco-génitale prodiguée à A.________, correspond à une réaction d'adaptation automatique répondant au script sexuel stéréotypé de l'expertisée: elle a fait automatiquement sans réfléchir ce qu'elle pensait qu'une femme accomplit dans un rapprochement sexuel avec un homme. Lors des autres comportements de rapprochement sexuel, G.________ a adopté une posture passive".