Citation: 5A_667/2022 E. 3.2

3.2. La recourante prétend qu'il était insoutenable de retenir que le temps de trajet entre son domicile et son lieu de travail fût de 1 h 10 en transports publics. Elle expose que, selon "Google Maps", cette durée est de 1 h 38 à l'aller et de 2 heures au retour, si bien que la différence par trajet avec la durée d'un déplacement en voiture n'est pas de 20, mais de 48 minutes, respectivement de 1 h 10. Pour autant qu'il s'agisse là d'un fait notoire (cf. arrêt 4A_582/2016 du 6 juillet 2017 consid. 4.5 et les références), la recourante ne démontre pas que l'usage des transports publics lui prendrait, par rapport aux trajets effectués en voiture, un temps si disproportionné qu'il deviendrait insoutenable d'exiger d'elle qu'elle les utilise plutôt que son véhicule privé, étant rappelé que l'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire même préférable (cf. ATF 148 III 95 consid. 4.1; 144 I 113 consid. 7.1; 142 II 369 consid. 4.3). La recourante conteste certes aussi que ses frais de voiture, tels qu'arrêtés par l'autorité cantonale, soient démesurés par rapport à son revenu, puisqu'ils ne représentent que 20 à 22% de celui-ci. Elle se contente toutefois de faire valoir son opinion, ce qui ne permet pas de considérer que celle de l'autorité précédente serait insoutenable, étant en outre rappelé que, dans l'examen des facultés respectives des époux à l'entretien convenable de la famille (art. 163 al. 1 CC), le juge peut ne tenir compte que des dépenses qui, en faisant preuve de bonne volonté, ne peuvent être évitées, sans qu'il puisse lui être reproché d'avoir commis l'arbitraire (arrêt 5A_143/2017 du 20 février 2017 consid. 4.3; parmi plusieurs: ISENRING/KESSLER, in Commentaire bâlois, Code civil I, 7e éd. 2022, n° 29 ad art. 163 CC, avec la doctrine citée). Quant au grief selon lequel il serait insoutenable de ne pas tenir compte du temps nécessaire à la recourante pour se rendre à pied de son domicile à la gare puis de celle-ci à son lieu de travail, et inversement, il consiste en une argumentation purement appellatoire et, partant, irrecevable, dans la mesure où, d'une part, l'adresse de son lieu de travail indiquée par la recourante ne résulte pas de l'arrêt attaqué et, d'autre part, qu'elle ne saurait renvoyer le Tribunal fédéral à consulter un site internet pour calculer lui-même le temps en question, sans compter qu'elle affirme qu'elle devrait effectuer lesdits trajets à pied, ce qui n'est pas non plus établi. La recourante insiste encore sur la nécessité d'un véhicule privé pour ses déplacements professionnels au motif qu'elle doit amener sa fille à l'unité d'accueil de jour des enfants - ouverte de 7 h à 18 h - le matin et aller l'y rechercher en fin de journée, qu'elle doit conduire ses enfants à diverses activités extrascolaires et qu'une grande partie de la journée, seuls deux trains par heure seraient disponibles pour effectuer le trajet retenu par l'autorité cantonale. Cette argumentation se fonde toutefois sur des faits qui ne trouvent aucun appui dans la décision attaquée, sans que la recourante se plaigne d'arbitraire à ce sujet (art. 97 al. 1 LTF) : purement appellatoire et fondée sur des faits nouveaux, la critique s'avère par conséquent irrecevable dans cette mesure (art. 99 al. 1 LTF), étant précisé que les difficultés d'organisation et la perte de commodité que l'utilisation des transports publics engendre immanquablement ne permettent pas, à ce stade, de qualifier d'arbitraire le résultat auquel est parvenue l'autorité cantonale (sur la notion d'arbitraire: ATF 148 II 465 consid. 8.1; 144 I 170 consid. 7.3). Le grief est dès lors mal fondé, en tant qu'il est suffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF).