Citation: 7B_107/2025 E. B

B.a. Le 6 décembre 2024, le Ministère public a requis du TMC le placement en détention provisoire de A.________ en raison d'un risque de récidive (nouveaux messages, analyse du téléphone cellulaire du prévenu en cours, évolution inquiétante de celui-ci vu sa consommation d'alcool et les manquements aux mesures de substitution), requête à laquelle le prévenu s'est opposé. Par ordonnance du 8 décembre 2024, le TMC, pour lequel agissait alors le Juge D.________, a ordonné la libération immédiate de A.________. Il a considéré que celui-ci ne faisait l'objet que d'une seule procédure et non de deux procédures distinctes : le contexte et les personnes impliquées étaient les mêmes; il était de plus hautement vraisemblable qu'une fois les quelques actes d'instruction utiles effectués, un second acte d'accusation serait dressé et l'affaire renvoyée au Tribunal de police pour qu'un seul jugement soit rendu après une jonction des causes. Selon le TMC, une nouvelle incarcération ne pouvait se fonder que sur le non-respect des mesures de substitution, motif qui n'était apparu dans le cas d'espèce qu'après le renvoi de la cause devant le Tribunal de police; une procédure de placement en détention avant jugement ne pouvait donc être initiée que par la direction de la procédure du tribunal de première instance. Si l'ordonnance de libération a été transmise le jour même vers 12h30, le prévenu n'a cependant été libéré que le 9 décembre 2024 vers 10h15. B.b. Le 9 décembre 2024, le Ministère public a indiqué au Tribunal de police qu'il ne partageait pas l'avis du TMC s'agissant de sa compétence pour solliciter le placement en détention provisoire vu la nouvelle infraction réalisée après le renvoi en jugement et l'ouverture en conséquence d'une nouvelle instruction pour enquêter sur ces faits; comme il ne pouvait plus recourir contre les ordonnances du TMC, il demandait au Tribunal de police de saisir le TMC d'une requête de placement en détention pour des motifs de sûreté, notamment en raison d'un risque de récidive illustré par les nouvelles menaces du prévenu et par son absence de maîtrise de sa consommation d'alcool. B.c. Le même jour, le Tribunal de police, pour lequel agissait le Juge E.________, a émis un mandat d'amener A.________ pour une audience fixée au 10 décembre 2024 à 10h00. Lors de celle-ci, le prévenu a reconnu avoir envoyé des messages à son épouse le 1er décembre 2024 malgré l'interdiction de contact, mais a nié tout contenu injurieux, réitérant ses explications sur l'utilisation de la maison à W.________ et sur la signification du dicton prétendument utilisé; informé des remarques de l'OESP s'agissant de son état psychique, il a déclaré : "C'est vrai que mentalement, après 40 ans de mariage, je sais pas. Ma femme est devenue méchante. Je me suis mis à boire pour oublier tout ça. Ma femme a décidé de faire sa vie, je ferai la mienne. À 63 ans, je ne me vois pas me remarier, ou..."; il souhaitait repartir à W.________ et vouloir voir avec l'intervenante de l'OESP pour préparer ses papiers. La direction de la procédure du Tribunal de police a indiqué au prévenu qu'il allait solliciter son placement en détention pour des motifs de sûreté en raison du risque qu'il s'en prenne à son épouse. Le prévenu a été conduit à la prison de U.________.