Citation: 5A_269/2017 E. 5.4

5.4. Dans la décision entreprise, la cour cantonale a évalué quel était le train de vie de l'intimée durant la période de séparation ayant précédé le prononcé de divorce, estimant que, compte tenu de la longue durée de la séparation, c'est à ce train de vie-là que l'intimée pouvait prétendre et non à celui qui avait prévalu durant l'union. A cette fin, la cour cantonale a établi l'ensemble des revenus perçus par l'intimée entre le mois de novembre 2005 et le 17 juin 2015. Le fait que ces revenus soient issus d'une activité lucrative ou correspondent à des indemnités de l'assurance invalidité et/ou chômage importe peu dès lors que, dans les deux hypothèses, ils ont permis à l'intimée d'assurer son train de vie. On ne saisit par conséquent pas la pertinence de la critique du recourant qui semble se plaindre du fait qu'une partie des 4'000 fr. mensuels dont la cour cantonale a considéré que l'intimée avait bénéficié durant la séparation ait en réalité consisté en des indemnités de l'assurance chômage et/ou invalidité. Contrairement à ce que prétend le recourant, la cour cantonale n'a d'ailleurs aucunement retenu que ces 4'000 fr. mensuels étaient exclusivement issus d'une activité professionnelle de l'intimée. Le recourant reproche également à la cour cantonale d'avoir fait abstraction du fait que l'intimée avait bénéficié au début de la séparation d'un montant mensuel de 3'000 fr. et d'avoir retenu à tort qu'elle avait disposé de 4'000 fr. durant toute la durée de la séparation. Or, si l'on examine les différents montants pris en compte pour évaluer le train de vie moyen de l'intimée durant la séparation, il apparaît que le Tribunal cantonal a bien tenu compte du fait qu'elle ne bénéficiait que de 3'100 fr. au début de la séparation. En reprenant les chiffres arrêtés par la cour cantonale ([3'100 fr. x 27 (de novembre 2005 à janvier 2008)] + [4'360 fr. x 33 (de février 2008 à octobre 2010)] + [3'774 fr. x 21 (de novembre 2010 à juillet 2012)] + [4'175 fr. x 4 (d'août 2012 à novembre 2012)] + [5'180 fr. x 8 (de décembre 2012 à juillet 2013)] + [3'406 fr. x 10 (d'août 2013 à mai 2014)] + [4'473 x 12.5 (de juin 2014 au 17 juin 2015)] / 115,5 (nombre total de mois compris entre la séparation et le prononcé de divorce)), qui ne sont en tant que tels pas remis en cause par le recourant, on obtient en effet un montant mensuel moyen de 3'939 fr. qu'il n'est pas arbitraire d'arrondir à 4'000 fr. dans la mesure où il sert à établir le train de vie. Le grief du recourant s'avère en conséquence infondé. On peine également à saisir pour quel motif le principe du clean break imposerait de se fonder sur le train de vie de l'intimée au moment où sa situation se serait stabilisée, à savoir à la date à laquelle elle avait définitivement cessé de travailler en juillet 2013. S'il est vrai, à l'instar de ce que soutient le recourant, que la situation de l'intimée a beaucoup fluctué durant la période de séparation, cela justifie précisément de se fonder sur le train de vie moyen de l'intimée durant cette période et non sur sa situation à une date déterminée. Dans la mesure où la cour cantonale a procédé de la sorte, le grief du recourant doit être rejeté. Pour autant qu'il faille comprendre la critique du recourant comme un grief de violation du principe du clean breaken tant quel tel, le grief doit également être écarté. Eu égard à la longue durée de l'union et aux enfants issus de celle-ci, il est en effet incontestable que le mariage a concrètement influencé la situation financière de l'intimée. Il ressort par ailleurs des constatations faites en lien avec l'éventuelle imputation d'un revenu hypothétique à cette dernière qu'elle n'est pas en mesure de pourvoir elle-même à son entretien puisque son revenu a été arrêté à 2'512 fr. 10 pour des charges incompressibles de 3'000 fr. A cet égard, il convient également de rappeler que le montant perçu par l'intimée dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial a été pris en compte dans ses revenus contrairement à ce qui ressort des critiques du recourant. La capacité contributive du recourant est, quant à elle, donnée puisque son revenu, autant pour la période antérieure que pour celle postérieure à sa retraite, suffit largement à couvrir ses charges. Dans ces circonstances, c'est à juste titre que le Tribunal cantonal a considéré qu'une contribution d'entretien devait, dans son principe, être allouée à l'intimée, de sorte que le principe du clean break n'a pas été violé.