Citation: 4A_95/2022 E. 3

Le litige porte sur le point de savoir si la société défenderesse assume une obligation de porte-fort au sens de l'art. 111 CO vis-à-vis du demandeur. La cour cantonale a répondu négativement à cette question, au terme d'un raisonnement qui peut se synthétiser ainsi: Menacés d'une condamnation pour le dommage causé aux créanciers par la faillite, le demandeur et B.________ ont cherché à régler leurs rapports internes pour cette éventualité. A cette fin, ils ont passé plusieurs conventions successives. Une première convention conclue le 18 février 2010 les a conduits à consigner 300'000 fr. (2 x 150'000 fr.) auprès d'une notaire. En novembre 2010, B.________ a souhaité faire libérer la part qu'il avait consignée. Le 11 novembre 2010, l'administrateur de Z.________ SA a proposé, en lieu et place de la consignation de 150'000 fr., que cette société se porte fort des engagements du prénommé. Le demandeur ne conteste pas que la promesse de porte-fort est un contrat soumis aux règles générales de l'offre et de l'acceptation. Le dossier ne contient aucune trace d'une acceptation expresse. Le demandeur a refusé une quelconque libération du montant consigné, qui constituait le pendant de cette proposition, en précisant que la garantie offerte était insuffisante. Son courrier du 16 novembre 2010 n'exprimait rien d'autre qu'un refus de conclure cette convention. L'avocat d'alors de B.________ et Z.________ SA a même clairement déclaré: "Entre parenthèses, le porte-fort a été refusé", ou encore: "ce porte-fort n'a jamais été accepté". Une acceptation tacite n'entre pas davantage en ligne de compte. Lors des discussions en mai 2011, les deux administrateurs n'ont pas mentionné un éventuel porte-fort - lors même qu'a été évoqué le domicile américain de B.________ et les potentielles difficultés à pouvoir le rechercher en paiement. Les conventions du 17 mai ne l'évoquent pas non plus. Certes, X.________, jadis administrateur de Z.________ SA, a soutenu que ce porte-fort était "toujours d'actualité et en vigueur" lors de la signature desdits accords; cependant, un tel propos n'est pas pertinent. La convention de vente des actions de Z.________ SA ne mentionne pas non plus ce prétendu engagement, alors qu'un tel élément aurait été important pour l'acquéreur. En bref, le comportement ultérieur des intéressés confirme qu'ils ne se considéraient ni l'un ni l'autre liés par le porte-fort. Le demandeur/recourant s'inscrit en faux contre cette analyse.