Citation: 4A_86/2023 E. 5.2.2

5.2.2. Comme le soutient à juste titre le recourant, la jurisprudence sur laquelle se sont fondés le tribunal et la cour cantonale, soit les ATF 63 II 133 consid. 3c et 23 I 774 consid. 5, est ancienne et antérieure à l'entrée en vigueur du CPC. Dans son Message du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse, le Conseil fédéral a en outre retenu la solution contraire à celle de la cour cantonale, en indiquant qu'" une prétention qui fait l'objet d'une convention d'arbitrage doit pouvoir être compensée devant un tribunal étatique "; semblant vouloir s'écarter de la jurisprudence invoquée par la cour cantonale, il s'est en outre expressément référé à " l'avis contraire exprimé par le Tribunal fédéral dans un arrêt ancien: ATF 63 II 133 " (FF 2006 7007 ad art. 375). Comme l'invoque le recourant, une partie non négligeable de la doctrine soutient la position exprimée dans le Message du Conseil fédéral (cf. notamment PHILIPP HABEGGER, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 3e éd. 2017, no 13 ad art. 377 CPC; ANDREAS MÜLLER, in Basler Kommentar, Obligationenrecht, 7e éd. 2020, no 3 ad art. 120-126 CO; CHRISTINA KESSLER, in Kurzkommentar, Obligationenrecht, 2014, no 9 ad art. 120-126 CO). Au vu de ce qui précède, la cour cantonale ne peut être suivie lorsqu'elle affirme que les chances de succès du grief du recourant relatif à son objection de compensation paraissent, prima facie, très faibles. Pour ce motif déjà, l'arrêt entrepris doit être annulé et réformé, en ce sens que la requête du recourant tendant à l'extension de l'assistance judiciaire à la procédure d'appel doit être admise.