Citation: 1A.200/2003 19.11.2003 E. 4

Les recourants invoquent ensuite le principe de la proportionnalité. Selon eux, les documents bancaires saisis concerneraient les activités du groupe S.________ dans le commerce du tabac, mais seraient sans aucun rapport avec un quelconque recyclage d'argent. Le compte n° xxx serait un compte privé de M.________ et son épouse, sans lien avec les activités commerciales de S.________, à l'exception de trois mouvements déterminés. 4.1 Le principe de la proportionnalité empêche d'une part l'autorité requérante de demander des mesures inutiles à son enquête et, d'autre part, l'autorité d'exécution d'aller au-delà de la mission qui lui est confiée (ATF 121 II 241 consid. 3a). L'autorité suisse requise s'impose une grande retenue lorsqu'elle examine le respect de ce principe, faute de moyens qui lui permettraient de se prononcer sur l'opportunité de l'administration des preuves. Le juge de l'entraide doit lui aussi se borner à examiner si les renseignements à transmettre présentent, prima facie, un rapport avec les faits motivant la demande d'entraide. Il ne doit exclure de la transmission que les documents n'ayant manifestement aucune utilité possible pour les enquêteurs étrangers (examen limité à l'utilité "potentielle", ATF 122 II 367 consid. 2c p. 371). 4.2 La mission décrite dans la demande s'étend à l'ensemble des comptes détenus par M.________, sans distinction entre ses avoirs privés et ceux qui concernent son activité commerciale. Si le recourant est soupçonné de s'être prêté à des activités de blanchiment, il peut aussi l'avoir fait par le biais de l'ensemble des comptes bancaires dont il a la maîtrise. Par ailleurs, si l'ensemble des documents recueillis se révèlent finalement à décharge, les autorités requérantes n'en ont pas moins intérêt à en prendre connaissance. Dans ces conditions, l'autorité d'exécution ne pouvait, sans faillir à sa mission, limiter les actes d'entraide dans le sens voulu par les recourants.