Citation: 5A_891/2022 E. 1

En ce qui concerne la situation financière de l'intimé, la cour cantonale a retenu, contrairement au premier juge, que l'intéressé n'avait pas volontairement diminué son taux d'activité à 80% en juillet 2020 pour contrer les effets de la procédure de modification initiée le 6 mai 2020, mais pour des raisons de santé, comme il l'avait allégué en première instance déjà. Lors de l'audience du 8 juillet 2021, il avait expliqué que fin 2018, début 2019, il avait été victime d'un burn-out. En appel, il avait produit pour la première fois, de façon recevable, un certificat médical daté du 7 février 2022 attestant d'un suivi psychologique dans une clinique, entre le 14 décembre 2018 et le 8 février 2019, pour un " cadre clinique de dépression et d'anxiété de moyenne intensité ", avec arrêt de travail total en début de suivi, puis reprise à 50%. Il avait également produit deux courriels échangés avec son employeur, dont l'un consistait en sa demande de diminution de son taux d'activité formulée le 15 octobre 2019, soit bien avant l'introduction de la présente procédure, et quelques mois après ses problèmes de santé. Il n'y avait donc pas lieu de se fonder, comme l'avait fait le Tribunal, sur le salaire que le défendeur réalisait en 2020 en travaillant à 100%. Se référant à une pièce figurant au dossier, l'autorité cantonale a de plus relevé qu'en juin 2019, les parties avaient certes engagé des discussions au sujet des contributions d'entretien, mais qu'il avait alors été plutôt question de supprimer la pension due à la demanderesse - selon la convention non homologuée des parties - et de s'en tenir aux contributions fixées dans le jugement de divorce s'agissant des enfants. Par ailleurs, le défendeur s'était toujours acquitté desdites contributions et avait proposé, en cours d'instance, de les augmenter à 1'950 fr. par mois au total jusqu'à ce que son fils entre à l'école secondaire. Au vu de ces éléments, il n'y avait pas lieu de retenir une intention dolosive de sa part de diminuer son revenu au détriment de sa famille. Du reste, son revenu mensuel net à 80% était de l'ordre de 6'212 fr. 10 en décembre 2021 et il avait été quelque peu augmenté en 2022, à savoir de 40 fr. brut, de sorte qu'il correspondait plus ou moins à celui qu'il percevait lors du jugement de divorce, d'un montant de 6'466 fr. 50. La recourante se contente d'opposer son propre raisonnement à celui de l'autorité cantonale, sans avancer d'argument susceptible de faire admettre une violation du droit fédéral, ni démontrer l'arbitraire dans l'établissement des faits. Tel est notamment le cas lorsqu'elle soutient que, pour des raisons de chronologie, force serait de considérer que l'intimé a volontairement diminué ses revenus pour contrecarrer les effets de la procédure de modification, ses démarches en vue de baisser son taux d'activité ayant été entreprises juste après qu'elle lui eût fait part de l'augmentation des charges des enfants, et plus de sept mois après la fin de son suivi médical. Il en va de même de son affirmation selon laquelle, le 1er juillet 2019, l'intimé lui a uniquement demandé de diminuer les pensions, comme retenu par le Tribunal, alors qu'il aurait également dû lui parler, à ce moment-là, de son intention de réduire son temps de travail. Quant à l'allégation selon laquelle l'intimé vivrait en concubinage, ce qui réduirait ses charges courantes de moitié, elle ne résulte pas de l'arrêt déféré, en sorte qu'elle est irrecevable. Vu les faits constatés par l'autorité précédente, dont la recourante ne prétend pas, ni a fortiori ne démontre, qu'ils seraient insoutenables, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que la situation financière actuelle de l'intimé ne constituait pas un fait nouveau important et durable au sens de l'art. 286 al. 2 CC.