Citation: 4A_82/2023 E. 4.4.3

4.4.3. Dans son mémoire de recours, l'intéressée s'en prend, de manière précise et circonstanciée, à chaque détail du raisonnement tenu par les juges précédents aux fins de démontrer qu'un lien de causalité a été arbitrairement retenu entre l'accident survenu en janvier 2006 et l'arrêt de la formation en soin infirmiers de l'intimée. En l'occurrence, la cour cantonale a relevé expressément qu'aucun rapport médical produit dans le cadre de la procédure n'a traité clairement la question de savoir s'il existe un tel lien de causalité. Il sied dès lors d'examiner si, nonobstant cela, l'autorité précédente pouvait considérer ce fait comme établi sans sombrer dans l'arbitraire. Comme le relève la recourante, sans être du reste contredite par l'intimée, cette dernière a présenté deux allégations de fait en lien avec l'arrêt de sa formation en soin infirmiers dans sa demande en justice. Pour étayer ses allégations, l'intimée a offert à titre de moyens de preuve des pièces attestant les dates d'immatriculation et d'exmatriculation de la HESAV ainsi que sa propre audition. Or, lesdits moyens de preuve ne permettaient nullement de prouver, au degré de preuve requis, le moindre lien de causalité entre l'accident du 16 janvier 2006 et l'interruption de ladite formation, et singulièrement d'établir les motifs ayant conduit l'intéressée à changer de formation professionnelle. Mais il y a plus. Comme le souligne à bon droit la recourante, l'autorité précédente a reformulé de manière manifestement inexacte les propos tenus par l'intimée lors de son entretien avec la Clinique K.________ au sujet de l'arrêt de sa formation d'infirmière. Comme l'avait allégué la recourante dans sa réponse à la demande, l'intimée avait en effet déclaré ce qui suit lors dudit entretien : "par la suite, se destinant à la profession de sage-femme, elle a choisi d'entamer le cursus de formation en soins infirmiers. Cependant, les divers stages qu'elle a effectués (l'un en EMS, l'autre en psychiatrie) l'ont fait changer d'avis quant à la profession qu'elle voulait exercer. Elle souhaiterait maintenant travailler dans le domaine psychiatrique." (termis mis en gras par le Tribunal fédéral). Il appert ainsi que l'intéressée souhaitait changer de profession. Aussi en omettant de tenir compte des déclarations limpides de cette dernière, la cour cantonale a-t-elle procédé à une interprétation insoutenable en retenant que cette dernière aurait pu, en substance, vouloir dire qu'elle souhaitait poursuivre sa profession mais dans le domaine de la psychiatrie. Au demeurant, même s'il était établi que l'intimée avait effectivement pris la décision de mettre fin à sa formation initiale en raison de l'accident survenu en janvier 2006, cela ne signifie pas encore que l'intéressée aurait réellement été empêchée de poursuivre sa formation jusqu'à son terme, seul un expert médical ayant été à même de le déterminer. Or, l'intéressée a renoncé à la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire, raison pour laquelle elle doit supporter l'échec de la preuve du lien causal entre l'accident et l'impossibilité d'achever sa formation d'infirmière. En définitive, le raisonnement tenu par les juges précédents, reposant sur une série de constatations non étayées par des moyens de preuve et des appréciations manifestement inexactes a abouti à la conclusion arbitraire selon laquelle il existait un lien de causalité entre l'accident du 16 janvier 2006 et l'interruption des études d'infirmière par l'intimée. Compte tenu de ce qui précède, le degré de preuve requis pour retenir l'existence d'un tel lien de causalité - dont l'autorité avait pourtant une juste conception - n'était manifestement pas atteint en l'espèce.