Citation: 4C.106/2000 13.09.2000 E. 2

2.- La défenderesse reproche pour l'essentiel à la cour cantonale d'avoir retenu qu'elle était liée contractuellement au demandeur. Elle allègue que le contrat du 2 décembre 1996 à la base de la prestation en paiement a été conclu expressis verbis entre le demandeur et Brillantes, qu'aucun document d'ouverture de compte auprès d'elle n'a été établi, ce que le demandeur, courtier, aurait dû trouver étrange si, comme il le prétend, il croyait conclure avec la société. Elle relève également que les 100'000 US$ ont été versés sur le compte personnel de Brillantes et que le demandeur ne lui a jamais réclamé un document d'affectation des fonds, mais qu'il s'est toujours adressé à Brillantes. Il l'a d'ailleurs convoqué dans ses bureaux lorsqu'il s'est montré pressant à son égard et c'est également de la part de Brillantes, personne insolvable, que le demandeur a exigé l'établissement d'une reconnaissance de dette personnelle, alors que tant Gérard Blohorn que Patrick Hubscher étaient fortunés. Enfin, le demandeur n'a pris contact avec ce dernier, qu'après avoir perdu tout espoir d'obtenir un remboursement par Brillantes. Le demandeur n'a alors pas soutenu que cette société était sa cocontractante; il n'a articulé cette thèse qu'après avoir consulté un avocat. La défenderesse insiste sur le fait qu'elle n'a à l'évidence pas conclu le contrat du 2 décembre 1996, qui ne la mentionne du reste même pas, et que le comportement postérieur du demandeur indique qu'il tenait bien Brillantes pour son cocontractant. Elle invoque aussi le fait que c'est à Brillantes que le demandeur a réclamé, le 22 avril 1997, une reconnaissance de dette personnelle, critiquant la façon dont la cour cantonale a fait abstraction de cette circonstance. Enfin, la défenderesse s'en prend à l'argumentation de la cour cantonale fondée sur l'inscription au registre du commerce, car il serait établi que le demandeur n'a pas consulté le registre du commerce et, l'eût-il fait, il aurait constaté que Brillantes ne disposait que d'une signature collective à deux, de sorte qu'il ne pouvait engager à lui seul la société.