Citation: 6B_1120/2023 E. 1.2.2

1.2.2. Quant à son contenu, la cour cantonale a notamment considéré que ce tweet, après avoir posé que le racisme était un crime, excluait pour l'auteur, de couleur blanche, la capacité de s'en rendre coupable, dès lors que seuls les noirs pouvaient commettre des crimes. Une telle affirmation dénotait un profond mépris pour les personnes de couleur noire et comportait une forte connotation raciste. Celui qui tenait de tels propos n'adoptait pas le comportement d'une personne honorable, soit celui qu'une personne digne avait coutume d'adopter selon les conceptions morales généralement admises, mais révélait bien une personnalité méprisable. La prétendue utilisation du terme racisme "à toutes les sauces" dans notre société alléguée par le recourant n'enlevait pas le caractère attentatoire à l'honneur de l'accusation de racisme que justifiait le tweet litigieux. Dès lors, en rédigeant ce tweet sous l'identité de l'intimé, laissant ainsi croire que celui-ci était l'auteur d'un tel propos, le recourant l'avait exposé au mépris en sa qualité d'homme et avait jeté sur lui le soupçon de tenir une conduite contraire à l'honneur. D'après la cour cantonale, que le recourant ait eu ou non la volonté de blesser l'intimé n'avait pas de conséquence sur la réalisation de l'élément subjectif de l'infraction. Sa volonté avouée était de se moquer de lui et d'empêcher qu'il soit réélu. Si on ne pouvait évidemment contester le droit de tourner en dérision les personnalités publiques, notamment dans la période qui précédait une élection, ce droit ne saurait empiéter sur celui de la personne visée à son honneur. Lorsque les moyens utilisés, comme le tweet litigieux, n'atteignaient pas seulement le politicien, mais étaient propres à le présenter comme un homme méprisable, indépendamment de sa fonction ou de sa position, la limite que devaient tolérer les hommes publics était franchie. Contrairement à ce que croyait le recourant, on ne pouvait pas tout dire à un homme politique. Le recourant ne pouvait ignorer que prêter de tels propos, fussent-ils déjà connus ou utilisés par le passé dans d'autres circonstances, à l'intimé, jetait sur lui le soupçon d'un comportement méprisable. Il était d'ailleurs conscient qu'il s'exposait à des suites pénales, comme il l'avait expressément écrit, assumant le risque de ses actes. La cour cantonale a ainsi conclu que tant les conditions objectives que subjectives de la diffamation étaient réalisées.