Citation: 5A_726/2020 E. A

A.a. B.A.________ et A.A.________ sont copropriétaires depuis mars 2004 de la parcelle no 358 du registre foncier de la commune de U.________, sise chemin V.________ 6. Un garage double et un bâtiment d'habitation sont construits dans la moitié nord de ce bien-fonds, en forme de " L " inversé; la moitié sud est constituée d'un verger. A.b. D.B.________ et C.B.________ sont copropriétaires depuis avril 2008 de la parcelle no 359 du registre foncier de la commune de U.________, sise chemin V.________ 8. De forme rectangulaire, cette parcelle est imbriquée à l'intérieur du " L " formé par la parcelle no 358. Ses limites nord-est et nord-ouest sont communes à celles de la parcelle no 358. Après l'achat de leur parcelle, D.B.________ et C.B.________ y ont fait construire une villa individuelle et un garage. A.c. Surélevée par rapport au bien-fonds voisin, la parcelle de D.B.________ et C.B.________ est aménagée d'un talus sur toute sa limite nord-ouest. A.d. Avant l'année 1969 au moins, les propriétaires de la parcelle no 358 ont construit une barrière en piquets de bois et en treillis afin de séparer leur bien-fonds de celui de leurs voisins. L'implantation de cette barrière rectiligne correspondait au tracé formé par la droite reliant la borne 8108 existante au point limite 8107, soit de l'angle nord à l'angle ouest de la parcelle de leurs voisins. La borne no 8108 est implantée au même endroit depuis 1999 au moins et n'a jamais été déplacée depuis lors. A.e. Les documents cadastraux du village de U.________ sont constitués de plans cartons datant de 1878. Ces plans ont fait l'objet de mises à jour régulières par des modifications apposées à la main. Un remaniement parcellaire a eu lieu dans les années soixante, sous la conduite d'un syndicat d'amélioration foncière (ci-après: SAF). Les modifications résultant de ce remaniement ont été inscrites au crayon sur les plans de 1878 et reportées sur des films transparents par piquage, avec une précision du dixième de millimètre. Le dessin du nouvel état obtenu à la suite du remaniement parcellaire a fait l'objet de deux plans distincts, l'un à l'échelle 1/2000ème et l'autre à l'échelle 1/500ème. Ces plans ont été déposés au registre foncier. Leur valeur a donné lieu à une certaine confusion, en sorte que le registre foncier a décrété en 2009 que le plan à l'échelle 1/500ème constituait le plan de référence. Aucune mensuration officielle n'a eu lieu à l'issue du remaniement parcellaire des années soixante, excepté pour le bas du village dont les biens-fonds objets du présent litige ne font pas partie. Le SAF a toutefois matérialisé les résultats sur le terrain en déplaçant les bornes existantes en fonction du nouvel état parcellaire. Compte tenu de l'absence de mensuration officielle diligentée à l'occasion de ces modifications, les éventuelles erreurs de repositionnement de bornes, dont une pourrait être à l'origine du présent litige, n'ont pas pu être corrigées dans ce contexte. A.f. Le 16 décembre 2010, D.B.________ et C.B.________ ont reproché à leurs voisins d'avoir déplacé la limite de propriété sise entre les deux garages d'une distance de 30 cm. B.A.________ et A.A.________ l'ont contesté. A.g. Par courrier du 21 janvier 2011, l'Office de l'information sur le territoire (ci-après: OIT) a informé les parties qu'il allait mettre en oeuvre une mensuration cadastrale, en raison de l'imprécision d'une grande partie des plans cadastraux. Les travaux géométriques prévus, confiés à l'ingénieur-géomètre E.________, comprenaient le contrôle et, si nécessaire, la remise en état de la matérialisation des points limites de propriété, moyennant le consentement écrit des propriétaires intéressés. A.h. En raison du conflit entre les propriétaires des parcelles nos 358 et 359, l'OIT a procédé à une analyse relative à la détermination des limites entre les deux parcelles. Selon son rapport du 23 juin 2011, la borne no 8108 ne correspondait pas à la position définie par le plan du registre foncier et devait être déplacée de 80 cm dans le prolongement de la limite nord-est de la parcelle de D.B.________ et C.B.________, soit à l'intérieur du jardin de B.A.________ et A.A.________. L'Office a pris en compte d'autres supports de données existants à titre d'indice, à savoir les plans techniques ayant servis à l'établissement du nouvel état du remaniement parcellaire et au dessin des films transparents par piquage, les dossiers de mutation archivés au registre foncier et le feuillet du registre foncier indiquant les surfaces des parcelles. A.i. Le 30 juin 2011, le géomètre officiel E.________ a implanté une borne provisoire à 80 cm de la borne en granit 8108, conformément au rapport précité de l'OIT. La borne en granit a été laissée sur place. Par courriel du 5 juillet 2011, l'OIT a informé B.A.________ et A.A.________ que la borne provisoire serait mise à l'enquête au terme de la procédure de mensuration, à savoir vers 2015, et que tout propriétaire pourrait alors contester en justice son emplacement. A.j. Le 29 juin 2011, D.B.________ et C.B.________ ont informé leurs voisins qu'ils avaient l'intention de reprendre possession de leur terrain et leur ont imparti un délai au 15 juillet 2011 pour démonter la barrière séparant leurs deux biens-fonds. Le 8 juillet 2011, B.A.________ et A.A.________ leur ont répondu que le bornage provisoire ne leur donnait aucun droit et leur ont interdit de pénétrer ou d'empiéter de quelque manière que ce soit sur leur parcelle ainsi que de déplacer ou de porter atteinte à la barrière existante. Les parties ont maintenu leurs positions respectives dans le cadre d'un second échange de courriers. Le 20 juillet 2011, les consorts B.________ ont commencé à enlever la clôture.