Citation: 4C.360/2006 25.01.2007 E. A

A.a Y.________ S.A est une société active dans le commerce, la fabrication et la réparation d'articles dans le domaine de l'horlogerie, de la bijouterie et de l'orfèvrerie; A.________ en est administrateur et président. Par e-mail du 8 novembre 2000, X.________ s'est adressé de la façon suivante à Y.________ SA: "Cher Monsieur, Ok pour la PP. La bulgari c'est donc la 26GSD. J'aurai besoin d'une autre Bulgari AL32AVD. La cartier 21 c'est donc le modèle homme. La IWC c'est la GST deep one en titane, il semble très difficile de l'obtenir ... en plus le client en aurait besoin après Noël, donc pas d'urgence. Voilà pour l'instant, je vous remercie pour votre temps (...)". Le 24 décembre 2001, Y.________ SA a établi au nom de X.________ une facture pro forma portant sur une montre dame Bulgari or jaune 750 au prix de 15'175 fr. 75 « net TVA ». On ignore à quelle date la montre a été livrée à X.________. Il a été constaté que X.________ avait auparavant acheté plusieurs montres à Y.________ SA. Celle-ci ne conclut de contrat de vente de bijoux qu'avec des cocontractants connus et n'admet le paiement par chèque que de la part de personnes qu'elle connaît bien; sinon, elle exige le paiement immédiat, au comptant ou par carte de crédit. A.b Le 22 mars 2002, X.________ a adressé le courriel suivant à A.________: "Hier je vous ai envoyé un nouveau chèque, le # fedex est: .... Je suis vraiment désolé de ce retard. Mon client attend sa IWC, avez-vous pu mettre la main sur une pièce?" Le 11 avril 2002, A.________ a envoyé un courriel à X.________ ayant le contenu suivant: "Cher X.________, Que se passe-t-il? Je n'ai toujours pas reçu le chèque annoncé (fedex ...) il semble urgent de faire des recherches. D'autre part la banque de Miami a retourné à nouveau le chèque initial toujours sans approvisionnement mais greffé d'une note de frais de 181.99 dollars US. J'aimerais une réponse franche. Amitiés A.________". X.________ a répondu le même jour à A.________ par le courriel qui suit: "Cher A.________, A l'instar de la confiance que vous avez eue envers moi, je veux être le plus clair possible avec vous dans cette affaire, car en aucun cas vous avez à faire à quelqu'un de malhonnête. Excusez-moi de devoir faire étalage de ma vie privée dans ce mail. Il se trouve que la personne qui envoie le chèque, dame B.________, est la personne avec qui j'ai partagé ma vie durant 7 ans. Bien, il se trouve que nous avons terminé notre relation il y a 2 semaines. Les montres achetées chez vous ont toujours été l'objet de ses affaires personnelles, n'étant moi-même qu'un intermédiaire... Prenons le cas précis: Le premier chèque envoyé avait les fonds mais s'est peut-être croisé avec un autre paiement d'où le problème. Le deuxième chèque a été envoyé "apparemment", en tous cas au moment où je vous ai envoyé le # de Fedex par mail, j'avais le papier dans les mains; ce matin j'ai envoyé un mail à Fedex pour savoir ce qu'il en est de cet envoi. Je vous tiendrai au courant dès que j'ai une réponse. J'ai envoyé un mail à B.________ (que vous avez connu dans votre magasin, je crois) pour savoir quelles sont ses intentions quant à cette affaire. Il y a eu en effet de sa part des menaces quant à ce chèque au moment de notre séparation. Mais tout le monde sait que de donner des chèques sans fonds aux Etats-Unis est un acte très grave. J'espère qu'elle me donne une réponse très rapide. Voilà l'histoire, croyez-moi que je n'ai jamais été mis dans une telle situation, que je vous demande un peu de patience afin de pouvoir éclaircir l'affaire, et que le cas échéant je répondrai de la meilleure manière à la confiance que vous m'avez donné. En des mots d'affaires, vous avez un débiteur un peu lent mais sûr. Ne vous en faites pas. (...)". B.________, domiciliée au Venezuela, a adressé le 6 août 2002 à Y.________ SA un e-mail rédigé en langue espagnole, dans lequel elle décrivait X.________ comme son représentant. Par pli du 21 août 2002, Y.________ SA a mis X.________ en demeure de lui payer le montant dû. Le 26 août 2002, X.________ a répondu à Y.________ SA que l'achat de la montre en or avait été opéré par B.________. Il a ajouté « qu'il ne s'agi(ssait) pas d'un achat direct de (sa) part, surtout que dans cette affaire le chèque a été émis par Mme B.________ elle même ». X.________ a précisé qu'il n'avait jamais eu en sa possession la montre en question, qui aurait été retirée à Miami par la fille de la prénommée, et qu'il avait agi dans cette affaire comme « homme de bonne volonté », B.________ ne parlant ni le français ni l'anglais.