Citation: 1P.472/2002 18.12.2002 E. 2

Selon la jurisprudence relative à l'art. 88 OJ, le recours de droit public est ouvert seulement à celui qui est atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés; le recours formé pour sauvegarder l'intérêt général, ou visant à préserver de simples intérêts de fait, est en revanche irrecevable. Un intérêt est juridiquement protégé lorsqu'il est l'objet d'une garantie constitutionnelle spécifique ou qu'une règle de droit fédéral ou cantonal tend, au moins accessoirement, à sa protection (ATF 126 I 81 consid. 3a p. 95; 122 I 44 consid. 2b p. 43; 118 Ia 44 consid. 3 p. 51); à elle seule, l'interdiction générale de l'arbitraire, consacrée par l'art. 9 Cst., n'est pas une norme qui suffise à conférer la qualité pour agir (ATF 126 I 81; voir aussi ATF 126 II 377 consid. 4 p. 388). La qualité de partie en procédure cantonale n'est pas non plus déterminante (ATF 126 I 43 consid. 1a p. 44; 123 I 279 consid. 3b p. 280). Enfin, il incombe au recourant d'alléguer les faits qu'il considère comme propres à fonder sa qualité pour recourir, lorsqu'ils ne ressortent pas de façon évidente de la décision attaquée ou du dossier (ATF 120 Ia 227 consid. 1 p. 229; 115 Ib 505 in fine p. 508). 2.1 En matière d'autorisation de construire, le Tribunal fédéral reconnaît la qualité pour recourir au propriétaire voisin lorsque celui-ci se plaint de violation de dispositions du droit de la construction tendant non seulement à la sauvegarde des intérêts de la collectivité, mais aussi, voire principalement, à la protection de ses propres intérêts de voisin. Il faut en outre que le recourant se trouve dans le champ de protection des dispositions dont il allègue la violation et qu'il soit touché par les effets prétendument illicites de la construction litigieuse (ATF 118 Ia 112 consid. 2a p. 116; 118 Ia 232 consid. 1a p. 234; 113 Ia 468 consid. 1a p. 470; voir aussi ATF 125 II 440 consid. 1c p. 442, 119 Ia 362 consid. 1b p. 364). Le grief tiré d'une application arbitraire des règles relatives aux voies d'accès est ainsi recevable si le propriétaire recourant est menacé d'une gêne dans l'accès à son propre bien-fonds (ATF 115 Ib 347 consid. 1c/bb p. 353; arrêt 1P.123/2000 in ZBl 2001 p. 444, consid. 2b). En l'occurrence, l'un des plans du dossier d'enquête publique indique l'emplacement de la parcelle n° 383 appartenant aux époux L.________, mais l'accès de cet immeuble semble indépendant des voies de desserte actuelles et futures des parcelles destinées à recevoir le centre commercial. On ignore la situation des immeubles appartenant aux autres recourants. Dans le mémoire de recours, aucun des recourants n'allègue que le trafic du centre commercial, sur les voies de desserte précitées, puisse gêner de façon concrète leurs propres allées et venues ou celles de leurs ayants droit. Ils affirment simplement qu'ils "n'accepteront la construction d'un centre commercial en bordure immédiate de leur quartier d'habitation que dans la mesure où les dispositions légales fédérales et cantonales seront strictement respectées". Dans ces conditions, leurs critiques relatives à une desserte prétendument insuffisante des parcelles en cause ne sont élevées que dans l'intérêt général; elles sont irrecevables au regard de l'art. 88 OJ.