Citation: 6B_542/2007 30.11.2007 E. 2

Invoquant l'arbitraire, les recourantes relèvent qu'une plaque isolante devait encore posée derrière l'accumulateur « est », de sorte qu'il est insoutenable d'affirmer que la mise en oeuvre des mesures de sécurité aurait été achevée. Elles reprochent également aux juges de ne pas avoir mentionné la distance de 4 à 8 cm entre le chauffage et la boiserie inflammable, alors que cet élément est essentiel pour examiner si les prescriptions de sécurité ont été respectées. Enfin, elles leur font grief d'avoir ignoré les explications de l'expert sur l'examen et le nettoyage du ventilateur et du compartiment de sortie d'air, alors que la violation de ces règles d'entretien était propre à favoriser l'incendie. 2.1 Une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par la cour cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision critiquée soient insoutenables, encore faut-il que cette dernière soit arbitraire dans son résultat (ATF 132 III 209 consid. 2.1; 131 I 57 consid. 2 p. 61). 2.2 Selon les constatations cantonales, qui ne sont pas contestées par les recourantes, les causes et circonstances du sinistre n'ont pu être établies avec exactitudes. Le feu a vraisemblablement pour origine la combustion lente d'un vêtement posé ou tombé à proximité du chauffage, mais aucun élément ne permet de confirmer cette hypothèse. Selon le rapport d'expertise du 10 août 2006 (pièce n° 46), les installations étaient conformes aux normes en vigueur lors de la construction du chalet en 1978. Aucune transformation n'était légalement imposée depuis lors. L'hypothèse d'une installation et/ou une disposition incorrecte des radiateurs ne pouvait être retenue. Le type de chauffage en question était équipé d'une unité d'appoint autonome située dans la partie inférieure et non régulée par un thermostat, de sorte que si des objets combustibles, tels des habits, étaient suspendus ou tombés sur le sol à proximité de la grille, le risque de départ d'incendie était élevé. En l'espèce, il n'était toutefois pas possible de déterminer si ce chauffage d'appoint avait été enclenché la nuit de l'incendie. De plus, selon l'expert, il n'y avait aucune incompatibilité entre l'aménagement des lieux et le système de chauffage. Au regard de ces considérants, les éléments invoqués par les recourantes - à savoir l'absence de plaque de protection derrière l'un des chauffages, le non-respect des distances entre les installations et la paroi et le défaut de contrôles des radiateurs - sont dénués de pertinence, une éventuelle violation d'un devoir de prudence ne permettant pas de mettre en cause quiconque dans la survenance du sinistre. En effet, les causes et circonstances de l'accident n'ont pu être déterminées précisément. L'enquête n'a ainsi pas permis d'établir que l'incendie aurait été provoqué par un défaut de conception, d'installation, d'entretien ou d'utilisation du chauffage incriminé. Les juges n'ont pu émettre qu'une hypothèse à ce sujet, laquelle est toutefois invérifiable. Les critiques sont dès lors vaines.