Citation: 6B_142/2016 E. 9.3

9.3. C'est à juste titre que la cour cantonale a retenu que le patrimoine lésé par l'abus de confiance pour lequel le recourant a été condamné n'était pas celui de A.________ SA. En effet, le prélèvement indu du recourant sur le compte de I.________ SA porte atteinte directement au patrimoine de cette dernière et indirectement à celui de l'intimée, qui fonde ses prétentions sur sa qualité d'actionnaire et de créancière de I.________ SA. A.________ SA n'a pas prétendu, en particulier, que le prêt qu'elle avait consenti à I.________ SA était accompagné d'instructions précises sur sa destination et que le recourant, en sa qualité d'administrateur de I.________ SA, aurait affecté l'argent reçu à d'autres fins que celles convenues, de tels faits ne ressortissant au demeurant pas du jugement attaqué. Si le constat du jugement entrepris est donc exact concernant l'absence de préjudice direct subi par A.________ SA, la cour cantonale n'en a cependant pas tiré les conclusions qui s'imposaient en donnant acte à l'intimée de ses réserves civiles. En effet, faute d'être lésée directement par l'infraction retenue (abus de confiance) en l'espèce (art. 115 al. 1 CPP), A.________ SA ne pouvait pas avoir la qualité de partie plaignante au sens de l'art. 118 CPP et faire valoir des conclusions civiles par adhésion à la procédure pénale. Les conclusions civiles étaient ainsi irrecevables. Le recours est donc admis sur ce point.