Citation: 4A_587/2023 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a retenu que, malgré la proximité temporelle entre la demande en justice de la travailleuse et son licenciement, l'existence d'un lien causal entre ces deux événements n'était pas établie, dans la mesure où aucun indice ne l'étayait. La cour cantonale a également jugé que la travailleuse, qui supporte le fardeau de la preuve quant au caractère abusif du licenciement, n'était pas parvenue à apporter des indices suffisants du caractère abusif de son licenciement ni de l'inexistence des motifs de licenciement allégués par l'employeuse. Elle a également retenu qu'aucun élément allégué par la travailleuse ne permettait de mettre en doute les motifs exposés par l'employeuse, de sorte qu'elle a estimé plausible que le licenciement reposât sur ceux-ci. Elle a constaté que les relations entre les parties s'étaient dégradées depuis que la travailleuse avait perdu un important client en février 2019 et que cela ressortait tant du ton utilisé dans les échanges de courriels relatifs au calcul de la prime que du fait que l'employeuse avait demandé à la travailleuse d'établir désormais des rapports de ses visites avec les clients et les prospects. Elle a considéré que D.________ avait exposé de manière crédible qu'il avait perdu confiance en la travailleuse, qu'il n'avait pas eu l'impression que celle-ci était toujours investie dans son travail et que les notes de frais de la travailleuse n'étaient pas assez détaillées, malgré les directives données à cet égard. Elle en a conclu que la dégradation de la qualité des relations de travail couplée à l'importante diminution de la profitabilité de la travailleuse pouvaient, de concert avec la perte de confiance alléguée, avoir entraîné la volonté de l'employeuse de mettre fin au contrat de travail la liant à la travailleuse.