Citation: 1C_443/2023 E. C

Le 17 août 2021, A.________ a déposé une requête en indemnisation auprès de l'instance d'indemnisation selon la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions du 23 mars 2007 (LAVI; RS 312.5; ci-après: instance LAVI) du canton de Genève, concluant au versement de 5'500 francs à titre de réparation du tort moral et 1'650 francs à titre de dépens. Elle a exposé avoir été en arrêt de travail pendant onze jours et rester profondément traumatisée par cette agression violente et gratuite. Elle avait déclaré lors d'une audience le 7 janvier 2019 qu'elle dormait mal, qu'elle parvenait désormais à sortir à nouveau mais en étant accompagnée; elle ne rentrait plus toute seule chez elle et était plus méfiante. Ce changement d'attitude était confirmé par des attestations écrites par deux de ses amis. Aucun des condamnés ne l'avait indemnisée à ce jour. Par décision du 7 octobre 2021, après avoir entendu A.________, l'instance LAVI a rejeté la requête d'indemnisation. S'agissant de la demande d'indemnité pour tort moral, elle a considéré que la prénommée n'avait été que très légèrement blessée physiquement; elle avait pu regagner son domicile le jour même avec un traitement antalgique et un arrêt de travail de onze jours; à cet égard, elle avait cependant recommencé presque immédiatement à travailler car elle préférait passer à autre chose; elle n'avait pas entamé de suivi psychothérapeutique, malgré le surcroît de méfiance et les difficultés de sommeil; sans remettre en cause la peur et la violence de la situation éprouvée par l'intéressée lors des événements du 8 août 2018 et les difficultés éprouvées durant les mois qui avaient suivi les faits, l'atteinte psychique décrite n'atteignait pas le degré de gravité requis pour justifier l'octroi d'une indemnité pour tort moral, ayant été passagère et n'ayant pas entraîné un changement durable de personnalité au sens de la jurisprudence.