Citation: 1C_329/2024 E. 4.2

4.2. En l'espèce, le recourant reproche tout d'abord au TAF de s'être écarté de l'avis du SRC sans raison valable. Or, il ressort de l'arrêt attaqué que le SRC n'avait pas d'information au sujet du recourant et que fedpol ne disposait que d'un rapport rédigé par la police judiciaire de Lausanne suite à sa demande de naturalisation. L'autorité précédente ne prétend ainsi pas que ces deux services auraient donné un quelconque avis sur la naturalisation du recourant, dont elle n'aurait dû s'écarter qu'en présence de motifs valables. En tout état, le recourant semble également ignorer que le TAF, tout comme le SEM dans sa décision du 5 janvier 2022, se fonde principalement sur le rapport établi par le DFAE. Ce rapport explique que le fait que des anciens membres ou sympathisants de B.________ aient pu obtenir l'asile ou d'autres titres de séjour en Suisse constitue un motif de frictions chroniques dans les relations bilatérales entre la Suisse et U.________. Les autorités de U.________ sont en effet encore très sensibles à la question de l'accueil à l'étranger d'anciens membres ou sympathisants de B.________. Ce point revient régulièrement dans les contacts diplomatiques entre la Suisse et U.________ et a un fort potentiel de disruption des relations bilatérales entre les deux pays. Le recourant ayant été un membre de B.________, le DFAE conclut que lui octroyer la nationalité suisse pourrait être perçu par les autorités de U.________ comme un acte hostile appelant des conséquences et susceptible de causer un préjudice direct aux intérêts suisses en U.________. Or, le recourant ne soutient pas que le TAF, respectivement le SEM, disposeraient de motifs valables pour s'écarter de ce rapport. Il se contente d'affirmer que le rapport du DFAE et la conclusion qu'en a tirée le TAF ne seraient pas corroborés par des éléments tangibles; de manière appellatoire, il tente simplement de donner sa propre version des faits. Il ne démontre ainsi nullement que l'autorité précédente aurait violé l'art. 14 let. d aLN en suivant l'avis du DFAE. Le TAF ne s'est au demeurant pas satisfait du seul avis du DFAE et a également analysé en détail le procès-verbal de l'audition du recourant effectuée le 13 juillet 2021 pour affirmer qu'il semblait être encore attaché à certaines convictions de B.________. Il relève en effet que le recourant semble éluder certaines questions en y donnant des réponses vagues et répétitives, notamment sur des sujets tels que le rôle de la femme dans la société suisse ou l'application de la loi islamique et des préceptes coraniques en U.________ et en Europe. Le TAF considère que le recourant aurait pu saisir cette occasion pour se distancier de l'islamisme radical prôné par certains anciens sympathisants ou membres de B.________; le fait qu'il ait plutôt fait le choix de ne pas répondre de manière claire et directe à ces questions indique, selon l'autorité précédente, qu'il semble toujours partager certaines des convictions problématiques de B.________ ou cherche à éviter que ses convictions réelles soient connues des autorités. Se fondant sur ces différents éléments, ainsi que sur le fait que le recourant a, à plusieurs reprises, publié des articles de presse parfois très critiques en lien avec U.________ - ce que le recourant conteste de manière appellatoire -, le TAF a considéré que la naturalisation du recourant représentait une menace pour la sûreté de la Suisse, principalement sur le plan de sa sécurité extérieure, dès lors qu'elle pourrait mettre à mal les relations bilatérales entre la Suisse et U.________. Au vu de ce qui précède, il ne saurait être retenu que l'autorité précédente a violé l'art. 14 let. d aLN ou aurait excédé son pouvoir d'appréciation en retenant que la naturalisation du recourant compromettrait la sûreté extérieure de la Suisse.