Citation: 4P.280/2006 29.01.2007 E. A

Le 21 avril 2005, Y.________ SA a assigné SI X.________ SA en paiement des sommes de 161'400 fr. avec intérêt à 5 % dès le 28 avril 2003 et 58'000 (recte: 58'600) fr. avec intérêt à 5 % dès le 28 août 2003 correspondant à des factures relatives à une activité déployée selon elle dans le cadre d'un contrat d'entreprise ayant pour objet la conception et la réalisation de travaux d'agrandissement et de restauration d'une villa dont celle-ci est propriétaire, ainsi que de 5'000 fr. au titre de frais de recouvrement. La cause a été introduite le 7 septembre 2005 et SI X.________ SA a comparu par son administratrice unique. Une instruction écrite a été ordonnée, un délai au 27 octobre 2005 a été accordé à celle-ci pour sa réponse et la cause a été remise au 10 novembre 2005 pour plaider. SI X.________ SA n'a produit ni écriture ni pièce. Son administratrice unique s'est présentée le 10 novembre 2005. Le juge a inscrit sur la feuille d'audience qu'elle contestait tout et demandait une comparution personnelle. Le document n'indique pas qu'elle aurait demandé également des enquêtes. Le conseil de Y.________ SA a plaidé et la cause a été retenue à juger. Par jugement du 26 janvier 2006, le Tribunal de première instance du canton de Genève a condamné SI X.________ SA à payer à Y.________ SA les sommes de 161'400 fr. avec intérêt à 5 % dès le 28 avril 2003 et 58'600 fr. avec intérêt à 5 % dès le 28 août 2003. Saisie par SI X.________ SA et statuant par arrêt du 15 septembre 2006, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a confirmé le jugement du 26 janvier 2006. En substance, elle a considéré que la demande de Y.________ SA répondait parfaitement aux exigences de précision de l'art. 126 al. 2 de la loi genevoise de procédure civile du 10 avril 1987 (ci-après: LPC/GE) et était de surcroît accompagnée d'un chargé circonstancié. Cela étant, même en tenant compte de l'allégement, en faveur de la partie défenderesse, des exigences procédurales dans le domaine de la motivation de la contestation des faits, celles-ci n'étaient pas réunies. En effet, SI X.________ SA n'avait pas signifié d'écritures de réponse et lors de l'audience de plaidoirie, elle ne s'était pas exprimée non plus sur les allégués clairs de sa partie adverse, se limitant, ainsi qu'il ressortait de la feuille d'audience, à demander une comparution personnelle, et non pas des enquêtes, contrairement à ce qu'elle soutenait. Quoi qu'il en soit, dans un litige de cette nature, même une comparution personnelle n'avait de sens et d'efficacité que si les deux parties avaient clairement pris position au préalable. A défaut, le tribunal, qui statuait selon la maxime des débats, n'était pas en mesure de diriger son audience utilement, ni la partie adverse de faire valoir ses moyens. C'était finalement à juste titre que le premier juge avait appliqué l'art. 126 al. 3 LPC/GE.