Citation: 2D_12/2020 E. A

A.a. A.________ (ci-après: la société ou la recourante) est une entreprise de droit italien, intervenant en Suisse à travers une succursale sise à B.________, active dans le domaine de la construction électrique. A.b. Depuis plusieurs années, les Transports publics genevois ont entrepris la construction d'un nouveau dépôt et centre de maintenance sous l'appellation "C.________". À la suite d'un appel d'offres pour un marché de travaux publics de construction en procédure ouverte concernant ledit chantier, les Transports publics genevois ont, par décision du 14 mars 2017, informé la société qu'ils lui avaient adjugé le marché portant sur le "LOT 12 - installation électrique". Les parties ont conclu un contrat d'entreprise le 31 mars 2017. Il prévoyait, à sa clause 6.2, des pénalités pour les cas suivants : - non-respect par l'entrepreneur des dates et délais indiqués au planning de la direction des travaux. L'entrepreneur s'exposait à verser, outre les dommages intérêts, une pénalité correspondant à 10 % au plus de la rémunération totale. Le maître de l'ouvrage était autorisé à déduire la pénalité avec le prochain paiement (partiel). Le montant de la pénalité pour « n semaines de retard pour chaque jalon » serait calculé à raison de : « semaine 1 : CHF 30'000.- » et « dès la semaine 2 : CHF 10'000.- », la pénalité de retard étant limitée à 10 % du montant global du marché (let. a); - non-respect des obligations en matière de législation sociale, de formation professionnelle, des conditions de sécurité du travail. L'entrepreneur s'exposait à verser "une pénalité correspondant à cinq fois le montant du préjudice total par événement subi par les travailleurs ou des institutions sociales ou publiques, notamment en matière de protection des travailleurs, de formation professionnelle, de conditions de travail, d'assurances sociales ou à l'impôt à la source, et ce pendant toute la durée du contrat" (let. b). Le contrat renvoyait également à une annexe intitulée "Conditions générales complémentaires à K2 et conditions particulières à l'ouvrage" et à sa clause 1.1.32, qui précisait les pénalités en cas de non-respect des obligations légales en matière de législation sociale, de formation professionnelle, conditions de travail et sécurité et des obligations légales en matière de protection de l'environnement; dans ces cas, l'entrepreneur s'exposait à une pénalité correspondant à cinq fois le montant du préjudice total subi par le maître de l'ouvrage par événement, mais au moins 10'000 fr., et ce pendant toute la durée du contrat. Le soumissionnaire acceptait que lesdites pénalités soient immédiatement déduites sur la situation de travaux à venir, dès transmission de la facture correspondante par le maître d'ouvrage. A.c. Les travaux se sont déroulés normalement jusqu'en juin 2019. Par décision du 12 juin 2019, l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail de la République et canton de Genève a refusé à la société, et par conséquent à ses travailleurs, l'accès au chantier de construction du dépôt des Transports publics genevois "C.________", en se fondant sur l'art. 2 al. 4 de la loi du 12 juin 1997 autorisant le Conseil d'État à adhérer à l'accord intercantonal sur les marchés publics (L-AIMP - L 6 05.0). La décision, déclarée exécutoire nonobstant recours, déployait ses effets à compter du lendemain de sa notification et précisait que le refus d'accès au chantier durerait tant et aussi longtemps que la société n'aurait pas prouvé qu'elle respectait les conditions de travail en usage dans son secteur d'activité pour l'ensemble du personnel actif sur le marché public. Cette décision était motivée par le fait que la société n'avait pas respecté les conditions de travail en usage à Genève dans le secteur d'activité, soit les usages métallurgie du bâtiment, que l'entreprise avait signé auprès de l'office précité en date du 29 septembre 2016 en lien avec son activité sur le marché public susvisé. Le 25 juin 2019, la société a interjeté recours contre cette décision auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la Cour de justice), concluant, préalablement, à la restitution de l'effet suspensif et, principalement, à son annulation. Le 27 juin 2019, la Cour de justice a restitué l'effet suspensif au recours et, à la suite de cela, les travailleurs de la société ont réintégré ledit chantier. La cause a été rayée du rôle par la Cour de justice, le 27 août 2019, à la suite du retrait du recours par la société.