Citation: 9C_44/2018 E. 4.2

4.2. On ne saurait suivre le recourant lorsqu'il reproche tout d'abord aux experts de ne pas avoir retenu pour évaluer sa capacité de travail des facteurs "contextuels". En tant qu'il a pour objet la question de l'invalidité, le droit des assurances sociales s'en tient à une conception bio-médicale de la maladie (voir ATF 127 V 294 consid. 5a p. 299). Les experts étaient dès lors tenus de se distancer de facteurs psychosociaux ou socioculturels, qui sont étrangers à la définition juridique de l'invalidité. De même, s'il est vrai que des facteurs tels que l'âge et le manque de formation jouent un rôle non négligeable pour déterminer dans un cas concret les activités que l'on peut encore raisonnablement exiger d'un assuré, le Tribunal fédéral a déjà rappelé à maintes reprises qu'ils ne constituent pas des circonstances supplémentaires qui, à part le caractère raisonnablement exigible d'une activité (consid. 5 ci-après), sont susceptibles d'influencer l'étendue de l'invalidité, même s'ils rendent parfois difficile, voire impossible la recherche d'une place et, partant, l'utilisation de la capacité de travail résiduelle (arrêt I 381/06 du 30 avril 2007 consid. 5.2 et les références). Rien ne laisse ensuite penser, contrairement à ce qu'affirme le recourant, que les experts ont omis de prendre en considération le résultat des analyses de laboratoire effectuées à l'Hôpital F.________ ("OH à risque"; avis du 24 juillet 2014). Au contraire, les experts ont interrogé l'assuré sur sa consommation d'alcool, que celui-ci a niée, puis ont recherché - notamment lors de l'examen psychiatrique - des éléments susceptibles de mettre en évidence des limitations fonctionnelles sur le plan psychiatrique (sur le caractère invalidant de la dépendance, en particulier à l'alcool, cf. ATF 124 V 265 consid. 3c p. 268; arrêts 9C_618/2014 du 9 janvier 2015 consid. 5.2-5.4 et 9C_706/2012 du 1 er juillet 2013 consid. 3.2 et les références). Les éléments invoqués par le recourant, outre qu'ils sont pour la plupart de nature appellatoire, ne démontrent ainsi nullement que l'autorité précédente serait tombée dans l'arbitraire en accordant une pleine valeur probante aux conclusions de l'expertise de la CRR du 12 juillet 2016, y compris en tant que celles-ci réfutent une baisse de rendement. Il n'y a dès lors pas lieu de s'écarter de l'appréciation des preuves opérée par les premiers juges.