Citation: 5A_76/2024 E. 8.2.5

8.2.5. La recourante affirme enfin que la décision querellée place l'intérêt de l'intimée avant celui des enfants, ce que la Cour de justice reconnaissait elle-même lorsqu'elle indiquait ceci: "la cognition de la Chambre de céans étant limitée par le cadre posé par l'arrêt de renvoi, il n'y a pas lieu de revenir sur cet aspect, quand bien même ce raisonnement privilégie l'intérêt du parent d'intention au détriment de celui de l'enfant, seul pertinent." Ces considérations de la Cour de justice sont certes déplacées. Il en va de même lorsque, après avoir jugé qu'il n'existe pas en l'espèce de motifs exceptionnels commandant de s'écarter du principe selon lequel il est dans l'intérêt des enfants d'entretenir des relations personnelles avec l'intimée, la Cour de justice a ajouté ceci: "pour autant une fois encore que l'on puisse considérer que tel est leur intérêt, ce qui n'était pas l'avis initial de la Cour". On comprend toutefois qu'elle a exprimé par là son mécontentement envers les considérations de l'arrêt de renvoi, ce qui apparaît inapproprié dans le cadre d'une décision de justice. Il n'en demeure pas moins qu'elle a en définitive établi les faits et, sur la base de ceux-ci, considéré désormais - contrairement à son avis initial -, que dans les circonstances de l'espèce, il n'existait pas de motifs exceptionnels, au sens de la jurisprudence, nécessitant de refuser tout droit aux relations personnelles. Au vu des faits de la cause, dont il n'a pas été démontré qu'ils auraient été constatés arbitrairement, cette décision ne participe pas d'un abus du pouvoir d'appréciation. En particulier, dès lors que les enfants n'ont pas vu l'intimée depuis plusieurs années et que rien ne laisse présager que les rencontres fixées ne seraient pas dans leur intérêt, il est conforme au droit fédéral d'octroyer ce droit de visite - en l'occurrence surveillé et de durée très limitée - sans ordonner d'expertise prospective sur l'influence que ces visites pourraient avoir sur leur développement, une telle expertise ne pouvant, de par sa nature, que se limiter à formuler des hypothèses. En conclusion, la décision querellée est conforme au droit fédéral. Il va de soi que le droit de visite pourra être réadapté par la suite en fonction de l'évolution de la situation, si l'intérêt des enfants devait le justifier.