Citation: 9C_54/2021 E. 5.3

5.3. Troisièmement, la recourante prétend qu'il a échappé à la cour cantonale que le docteur D.________ a en réalité constaté une aggravation des limitations. Ainsi, ce médecin avait relevé qu'elle préparait les repas de midi, mais n'assumait plus aucun repas du soir, et que l'entretien du logement ainsi que le repassage étaient délégués à une femme de ménage. Or, comme cela ressortait de l'enquête ménagère réalisée en 2008, elle assumait encore à cette époque la préparation de tous les repas sans soutien et d'une traite (si parfois elle restait au lit, elle mettait le réveil et était capable de se lever pour préparer le repas), le nettoyage de la cuisine et le reste de l'entretien du logement bien qu'à son rythme et avec l'aide de son mari, mais surtout, elle effectuait seule le repassage. Comme l'a constaté correctement la cour cantonale, l'expert a retenu, sur la base de l'entretien mené avec la recourante et de ses propres constatations cliniques, que la délégation de certaines tâches (repas du soir, entretien du logement) ou l'abandon de certaines activités (perles, tricot, marchés, Guggenmusik) par rapport à la situation décrite auparavant n'étaient pas en lien avec la problématique psychique mais trouvaient leur origine dans des difficultés physiques ou dans d'autres raisons (voir les pages 19 et 3 respectivement du rapport principal et de celui complémentaire où le docteur D.________ passe en revue le catalogue des activités ménagères en comparant les circonstances de fait à 2008). Cela l'a conduit à conclure que le degré d'incapacité dans l'accomplissement des travaux ménagers était resté globalement inchangé par rapport à la période de référence [2008] (voir sa réponse à la question 2.2 du questionnaire). Les arguments de la recourante ne mettent donc pas en évidence une incohérence dans son évaluation médicale. On peut encore ajouter que la doctoresse E.________ a indiqué dans son rapport du 10 octobre 2018 que sa patiente décrivait une limitation permanente liée aux troubles physiques (travaux lourds, port de casseroles lourdes, nettoyage des sols et des fenêtres, porter et étendre le linge, faire des travaux en se baissant ou en hauteur) et que l'incapacité en lien avec ces limitations physiques avaient probablement évolué négativement depuis la nouvelle demande de prestations, les limitations psychiques étant demeurées, selon elle, stationnaires jusqu'à ce jour. Il s'ensuit que le grief est mal fondé.