Citation: 6B_1269/2017 E. 3.4.1

3.4.1. La cour cantonale a exposé, s'agissant du coût des différents licenciements auxquels le recourant a procédé entre mai 2011 et janvier 2012, qu'il n'était pas possible de retenir les montants calculés par la police neuchâteloise, dont le total atteignait un peu plus de 8 millions de francs. L'auteur du rapport de police avait d'ailleurs précisé que cette estimation était susceptible d'être revue à la baisse, en fonction de l'appréciation de certains cas et, dans une moindre mesure, du fait que des employés licenciés pouvaient retrouver un nouvel emploi entre la rédaction du rapport et l'échéance de leur contrat. Selon la cour cantonale, le rapport en question démontrait cependant la réalité des licenciements et, pour une bonne partie, le montant des prétentions que les employés étaient fondés à réclamer à raison de ceux-ci. A défaut de renseignements plus précis à ce sujet, la cour cantonale a constaté que le recourant avait licencié, respectivement fait licencier par ses collaborateurs, de nombreux employés au bénéfice de contrats à durée déterminée. Pour l'essentiel, le dossier ne permettait pas de considérer que ces licenciements eussent été justifiés. Celui-ci ne révélait pas de motifs concrets et sérieux qui auraient pu les rendre nécessaires. Le recourant avait tenté d'expliquer des ruptures de contrats pour d'autres personnes par des griefs qu'il aurait eus envers elles, par exemple en ce qui concernait le directeur administratif B1.________ ou le responsable financier C1.________, qu'il avait accusés d'avoir falsifié des contrats et volé de l'argent. Les licenciements étaient cependant survenus sur un "coup de sang" du recourant, après la finale de la Coupe de Suisse perdue. Ces licenciements abrupts avaient forcément péjoré la situation financière de J.________ SA, car les personnes licenciées pouvaient émettre des prétentions financières importantes contre la société, étant au bénéfice de contrats à durée déterminée qui ne venaient pas à échéance à bref délai. Ces résiliations coûteuses avaient été nombreuses. Il y en avait eu 24, concernant des joueurs ou des membres du "staff technique". On ne pouvait, selon l'autorité précédente, parler d'un fonctionnement normal, ni raisonnable, d'une société. Il s'agissait bien plus d'une "valse inconsidérée" menée par le recourant, sans égard pour les conséquences financières de ses agissements. Ces actes, par leur nombre et leur répétition, relevaient de la mauvaise gestion. S'il n'était pas possible de chiffrer précisément leurs conséquences pour J.________ SA, on pouvait évaluer celles-ci à plusieurs millions de francs. Concernant l'absence de suivi des affaires administratives et financières de J.________ SA, la cour cantonale a exposé que le recourant avait licencié avec effet immédiat l'ensemble de la direction de la société, peu après la finale de la Coupe de Suisse le 28 mai 2011. Dans la foulée, le recourant avait fait aux médias des déclarations mettant en cause l'honnêteté des responsables administratifs, ce qui avait entraîné des départs immédiats. Selon la cour cantonale, des personnes capables avaient été proposées au recourant pour la direction du club de football, mais celui-ci avait refusé de les embaucher. Il avait également refusé d'engager un directeur financier. Le recourant s'était privé du concours des personnes qui connaissaient la gestion de J.________ SA et les modalités de fonctionnement d'un club de football. Trois fiduciaires avaient successivement été mandatées entre le 10 juin et le 1er juillet 2011. Six comptables s'étaient succédé entre juin 2011 et janvier 2012. O.________, qui était devenue administratrice vice-présidente dès le 31 mai 2011, ne considérait pas avoir une expérience et une formation suffisantes pour occuper un tel poste, mais avait tout de même été nommée à cette fonction. Elle avait contesté les problèmes financiers constatés par des tiers. D1.________, nommé directeur général, puis vice-président, n'avait aucune compétence de gestion et n'avait jamais participé à la direction d'une société. Il avait été ouvrier, puis peintre en bâtiment. Lorsqu'elle avait pris ses fonctions en été 2011, la nouvelle directrice du marketing, E1.________, avait constaté un "immense désordre", la passation des pouvoirs entre l'ancien et le nouveau propriétaire de la société s'étant faite "de manière catastrophique". La prénommée était ensuite devenue directrice générale, après une rencontre avec le recourant, à qui elle avait indiqué qu'il convenait de prendre des mesures pour essayer de rétablir la situation. Elle avait alors dû s'attaquer à des piles de documents non classés. Par la suite, une grande partie de son activité avait été absorbée par la tentative d'éviter la faillite et E1.________ étudiait avec le recourant quelles factures devaient être payées. N.________ avait expliqué que le recourant voulait recevoir chaque matin, ou au moins une fois par semaine, les extraits des comptes bancaires et qu'aucune facture ne pouvait être payée sans son accord. Cela donnait certes l'impression d'une certaine gestion des liquidités, mais non d'une véritable planification financière. En définitive, selon la cour cantonale, le recourant s'était, en fonction de ses "impulsions du moment", séparé des personnes qui auraient pu administrer la société et assurer une gestion financière suivie, sans les remplacer par des personnes appropriées, malgré les suggestions qui lui avaient été faites en ce sens. Le recourant devait répondre de ce désordre, qui avait empêché un suivi adéquat administratif et financier.