Citation: 6B_1040/2022 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a condamné le recourant pour calomnie (en lien avec les faits décrits sous let. B.f supra). Elle a retenu qu'il ressortait des propos non atteints par la prescription (soit à partir du point 3 de l'ordonnance pénale valant acte d'accusation), que l'intimée 2 était clairement accusée d'avoir favorisé les intérêts d'une entreprise privée au détriment du bien public. Ainsi, lors du point presse du 15 novembre 2017, le recourant accusait cette dernière de trahir son serment en se "lavant les mains" et en "faisant tout pour minimiser" une pollution, qu'il disait être avérée, mais dont l'enquête avait révélé l'inexistence, par le groupe C.________ sur le site de W.________. Une accusation similaire avait été répétée lors de l'émission K.________ de L.________ du 7 décembre 2017; le recourant y affirmait notamment que la Cheffe du DTE "enterr[ait] l'affaire". De manière générale, pour l'auditeur moyen, il se dégageait des réponses données au journaliste, l'image d'une ministre dépourvue de probité qui favorisait une entreprise, en l'occurrence le groupe C.________, au détriment de l'intérêt public qu'elle était sensée sauvegarder. Enfin, dans le communiqué de presse que le recourant avait diffusé le 8 mai 2018, il avait encore accusé l'intimée 2 d'adopter une attitude qui "bris[ait] l'apparence même de toute impartialité" et qui prenait des "arrangements avec la vérité". Là aussi, pour le lecteur lambda, la Conseillère d'Etat apparaissait, selon le sens général qui se dégageait du texte, comme une ministre qui violait de manière récurrente la légalité, comme une personne partiale, dénuée de scrupules et même menteuse. Pour la cour cantonale, les écrits et paroles du recourant, qui en tant qu'ancien journaliste connaissait parfaitement le poids des mots, étaient attentatoires à l'honneur de l'intimée 2. En outre, les allégations proférées étaient objectivement fausses, ce que le recourant savait parfaitement. En effet, le fait que le DTE avait dénoncé pénalement, en juillet 2016, le groupe C.________ au ministère public était connu du recourant. Malgré cela, il avait accusé ou fait jeter le soupçon d'intérêts convergents entre la Conseillère d'Etat et le groupe C.________, alors même que son département dénonçait ce dernier. De plus, à partir de mai 2017, le recourant ne pouvait ignorer que cette dénonciation était infondée dès lors qu'une ordonnance de classement avait été rendue. Il avait pourtant persisté dans une logique délibérée et consciente à affirmer, au détriment de la vérité judiciaire, que l'intimée 2 servait les intérêts d'un pollueur au détriment du bien public. Le dessein de nuire et l'aspect mensonger des paroles et écrits du recourant étaient évidents. Quant au mobile, la cour cantonale a souligné qu'il n'était pas honorable et ne s'inscrivait en aucune manière dans une démarche qui pourrait être qualifiée de citoyenne. Pour le surplus, la cour cantonale a repris à son compte la motivation du premier juge.