Citation: 8C_406/2007 05.05.2008 E. 6

6.1 Le cours dont l'intimée requiert la prise en charge consiste en 50 jours de formation répartis sur 18 mois. Il s'adresse à des professionnels de la gestion culturelle et est conçu dans une perspective interdisciplinaire. Il se présente sous la forme de neuf modules, à savoir droit et culture, conduite d'équipe/relations partenaires, comptabilité/contrôle de gestion, gestion de projet culturel, vision d'entreprise et stratégie de développement, politiques et pratiques culturelles, promotion/communication/financements privés d'un projet culturel, politiques et pratiques culturelles II, culture générale technique et artistique. Les candidats ayant suivi avec succès cette formation se voient décerner un diplôme de formation continue en gestion culturelle. 6.2 Il ressort des pièces, notamment du curriculum vitae de l'intimée, que celle-ci est au bénéfice d'une licence universitaire ès lettres en italien, histoire de l'art et journalisme. De langue maternelle italienne, l'assurée a une très bonne maîtrise de français, de bonnes connaissances d'anglais et d'allemand (parlé) ainsi que des connaissances de base en espagnol. Sous l'angle professionnel, elle a été remplaçante dans des écoles secondaires et supérieures tessinoises et vaudoises ainsi que professeur privé pour la formation d'adultes de 1996 à 2000 et 2003 à 2004. Elle a enseigné le français à l'école de V.________ de février à juin 2001 avant d'être engagée comme chargée de cours pour l'enseignement de la langue italienne à l'école secondaire de T.________ de décembre 2001 à juin 2002. Par la suite, et jusqu'en mai 2006, elle a également travaillé comme enseignante et éducatrice remplaçante, notamment, à l'école de U.________. En parallèle, l'intimée a collaboré ponctuellement à la création de spectacles montés par la troupe « S.________ » (de 1994 à 1998), puis en qualité d'assistante à la mise en place de spectacles pour la compagnie W.________ jusqu'en 2006. En parallèle également, durant le semestre d'hiver 1998-1999, elle a été assistante à l'Institut d'architecture de l'Université de Y.________. En parallèle encore, d'août 2002 à mai 2003, elle a oeuvré comme responsable des relations publiques pour une maison de prêt-à-porter. 6.3 Compte tenu de ce parcours professionnel, la formation continue suivie aux Universités de X.________/Y.________, paraît certes un complément utile et de nature à améliorer l'aptitude au placement de l'assurée. Elle ne constitue toutefois pas une mesure nécessaire à la réinsertion de l'assurée dans le marché du travail. L'intimée dispose d'une formation et d'une expérience professionnelle suffisantes dans le domaine de l'enseignement pour retrouver un emploi indépendamment de la formation dont elle demande la prise en charge. En outre, on doit convenir que l'intimée n'a pas fait état d'une perspective concrète de travail dans l'hypothèse où elle obtiendrait le diplôme en gestion culturelle et n'indique pas quel emploi elle occuperait au moyen de ce diplôme. En particulier, la compagnie W.________ - qui aurait demandé à l'intimée de suivre cette formation (cf. lettre du 20 juin 2006) - n'a proposé à celle-ci de l'engager que pour de courtes périodes en fonction des subventions étatiques (cf. preuves de recherches personnelles, notamment janvier et avril 2006). Par ailleurs, on doit convenir, avec l'office recourant, que l'assurée n'est pas difficile à placer pour des raisons inhérentes au marché de l'emploi, mais bien parce qu'elle effectue des recherches dans un secteur précis. Alors qu'elle dispose d'une formation lui permettant d'enseigner dans les écoles publiques ou privées - comme l'indique son parcours professionnel -, l'intimée a limité ses recherches pour la période de février à mai 2006 à des emplois d'administratrice (sociétés et surtout théâtres). Seule une recherche par mois concernait un poste de professeur remplaçante, enseignante ou éducatrice. Or, dans la majorité des cas, de telles recherches avaient abouti dans le passé à un engagement de durée déterminée. 6.4 Cela étant, les conditions du droit aux prestations ne sont pas réalisées. Le recours est bien fondé.