Citation: I 676/04 30.03.2006 E. 3.1

3.1.1 Aux termes de l'art. 16 al. 1 LAI, l'assuré qui n'a pas encore eu d'activité lucrative et à qui sa formation professionnelle initiale occasionne, du fait de son invalidité, des frais beaucoup plus élevés qu'à un non-invalide a droit au remboursement de ses frais supplémentaires si la formation répond à ses aptitudes. En l'espèce, il est constant que la formation suivie à l'Ecole X.________ par l'assurée est une formation professionnelle initiale qui répond aux aptitudes de l'intéressée. Le litige porte donc sur le point de savoir si l'acquisition de la formation d'assistante médicale occasionne des frais beaucoup plus élevés parce que l'assurée est invalide. 3.1.2 Les frais de formation professionnelle initiale ou de perfectionnement sont réputés beaucoup plus élevés lorsque, à cause de l'invalidité, la différence entre ces frais et ceux qu'aurait l'assuré pour sa formation s'il n'était pas invalide dépasse un montant annuel de 400 fr. (art. 5 al. 2 RAI). Pour calculer le montant des frais supplémentaires, on compare les frais de formation de l'invalide avec ceux qu'une personne non atteinte dans sa santé devrait probablement assumer pour atteindre le même objectif professionnel (art. 5 al. 3 RAI). Font partie des frais reconnus par l'assurance, dans les limites de l'art. 5 al. 3 RAI, les dépenses faites pour acquérir les connaissances et l'habileté nécessaires, les frais d'acquisition d'outils personnels et de vêtements professionnels ainsi que les frais de transport (art. 5 al. 4 RAI). Dans un arrêt non publié K. du 14 juillet 1987 (I 342/85), le Tribunal fédéral des assurances a considéré que les montants perçus par un assuré au titre d'une bourse d'études devaient être déduits des frais de formation professionnelle initiale occasionnés par l'invalidité. 3.2 La juridiction cantonale a nié l'existence de frais beaucoup plus élevés occasionnés par l'invalidité, motif pris que la majorité des candidats à la formation d'assistant médical suivent la voie de l'école plutôt que celle de l'apprentissage au sein d'un cabinet médical. Les juges cantonaux se réfèrent pour cela à un rapport de la division administrative de l'office AI du 28 mars 2000, selon lequel les places d'apprentissage sont très rares dans ce domaine, d'après des renseignements recueillis auprès de la présidente de l'Association romande des assistantes médicales. La juridiction cantonale infère de cela que même si elle n'était pas invalide, l'intéressée aurait opté de toute façon pour la formation au sein d'une école. De son côté, l'assurée fait valoir que le rapport susmentionné n'a pas de force probante, dans la mesure où il ne repose sur aucune statistique officielle. Au demeurant, même s'il était vrai que la majorité des assistants médicaux suivent une formation au sein d'une école, cela ne permet pas de nier le droit d'un assuré à la prise en charge d'une telle formation, lorsque celle-ci est rendue nécessaire par l'invalidité de l'intéressé. Or, sur ce point, il est indéniable que les troubles psychiques dont elle souffre ont contraint l'assurée à suivre la formation envisagée dans une école, plutôt qu'en apprentissage. A l'appui de ses allégations, l'intéressée se réfère au rapport du docteur C.________, du 19 avril 2004, selon lequel la formation dans une école offre un cadre structurant, valorisant et sécurisant, qui doit être préféré en l'occurrence, en raison de la personnalité borderline de l'assurée. 3.3 En l'espèce, la recourante ne chiffre pas le montant des frais occasionnés par la formation dispensée par l'Ecole X.________. Elle demande essentiellement la prise en charge des frais d'inscription et de l'écolage qui s'élève à 2'000 fr. environ par semestre. Or, l'assurée est au bénéfice d'une bourse d'études qui lui a été allouée par la Fondation Y.________. De siège à W.________, cette fondation s'est donnée pour but principal d'apporter aide à la formation d'assistantes médicales qui en auraient financièrement besoin Sur le vu d'une lettre adressée le 27 mars 2002 à l'intéressée par cette institution, celle-ci s'est engagée à lui allouer, pendant la période de sa formation à l'Ecole X.________, un soutien financier de 2'000 fr. par semestre. Ce montant serait versé directement à l'école, sur demande et sur présentation de la facture d'écolage, ainsi que de la décision de promotion autorisant l'intéressée à poursuivre ses études au semestre suivant. Dans le questionnaire relatif à sa requête d'assistance judiciaire en procédure fédérale, l'assurée a d'ailleurs déclaré percevoir effectivement cette bourse d'études. Cela étant, et conformément à la jurisprudence exposée au consid. 3.1.2, le montant obtenu par l'assurée au titre de la bourse d'études - qui n'est pas lié à son handicap - doit être déduit des frais de la formation professionnelle initiale. Même si, en l'espèce, le montant alloué à ce titre ne couvre pas la totalité des frais occasionnés par la formation dispensée par l'Ecole X.________, il n'apparaît pas que les autres frais non couverts (frais d'inscription, achat de livres) sont beaucoup plus élevés que ceux qui auraient été occasionnés par un apprentissage de la profession d'assistante médicale (et pour autant que l'invalidité eût empêché le choix d'une telle voie). Cela étant, il y a lieu de considérer que la formation professionnelle initiale suivie par l'assurée n'occasionne pas des frais beaucoup plus élevés qu'à un non-invalide. Aussi, l'office intimé était-il fondé, par sa décision sur opposition du 12 mai 2003, à refuser de prendre en charge les frais liés à cette formation. Le jugement attaqué n'est dès lors pas critiquable dans la mesure où il confirme cette décision et le recours de T.________ se révèle mal fondé.