Citation: 4C.246/2000 04.12.2000 E. A

A.- a) P.________ a été engagée en qualité d'employée polyvalente par la Résidence A.________, établissement médico-social (EMS), le 1er janvier 1997 pour un salaire mensuel brut de 3400 fr. Par contrat expirant le 31 décembre 1998, la Résidence A.________ avait conclu avec Y.________ S.A. (ci-après: Y.________) une assurance collective contre la maladie, qui prévoyait notamment le versement d'indemnités journalières pendant une durée de 120 jours. Le 31 mars 1998, la Fédération Z.________ (ci-après: Z.________) et les représentations syndicales concernées ont signé la Convention Collective de Travail pour les employés des établissements médico-sociaux (ci-après: la CCT). En annexe n° 1, qui répertorie les établissements appliquant la CCT, figure la Résidence A.________, qui avait adhéré à la Z.________ par déclaration du 28 avril 1998. Le seul but de cette démarche était de recevoir la subvention cantonale. b) Par courrier du 14 octobre 1998, la Résidence A.________ a averti l'ensemble de ses collaborateurs du transfert de l'exploitation du home à l'Association X.________ (ci-après: X.________). Ce transfert a été effectif le 1er novembre 1998. c) Dès 1998, P.________ a été malade à diverses reprises, à 50% ou à 100%. Dès le 18 décembre 1998, elle a été malade à 100% pour une durée indéterminée. Le 30 juin 2000 (date de l'arrêt cantonal), elle était toujours en incapacité de travail à 100%. Le 29 décembre 1998, un nouveau contrat de travail a été envoyé à P.________ qui l'a retourné dûment signé le 12 janvier 1999 pour approbation. Ce contrat attestait de son engagement en qualité d'aide-soignante au sein de X.________ dès le 1er novembre 1998, pour un salaire mensuel brut de 3723 fr.25. Le contrat stipulait le versement d'une indemnité journalière en cas de maladie équivalant au 100% du salaire durant les 12 premiers mois et de 80% du 13ème au 24ème mois dans une période de 900 jours consécutifs (art. 9.3 let. b et c). Ce droit au salaire équivalait en tous points à celui prévu à l'art. 6.1.1 ch. 3 et 4 de la CCT. Le 1er janvier 1999 est entrée en vigueur une nouvelle assurance indemnité journalière contractée par X.________ auprès de W.________ Société Suisse d'Assurance (ci-après: W.________) pour l'ensemble de son personnel. Les indemnités journalières versées en cas de maladie correspondaient au 90% du gain journalier dès le 31ème jour, abaissées à 70% dès le 365ème jour pour une durée de 730 jours. Le contrat a été signé le 30 mars 1999. d) Par courrier du 12 mars 1999, W.________ a averti X.________ que le droit de P.________ au versement d'indemnités journalières - soit 120 jours au maximum selon le contrat Y.________ - avait été épuisé le 10 février 1999. La maladie de l'employée ayant débuté en 1998 pour se prolonger en 1999, W.________ se trouvait dans un cas de libre passage. Par conséquent, cette dernière a continué la gestion de ce dossier conformément aux conditions générales d'assurance de W.________ et selon la couverture accordée par le contrat. Le 19 avril 1999, X.________ a écrit à P.________ qu'elle résiliait leur contrat avec effet au 31 juillet 1999 et qu'elle la dispensait de l'obligation de travailler.