Citation: 6B_1149/2023 E. 2.3

2.3. En l'espèce, il est constant que le recourant s'est engagé dans le giratoire " D.________ " alors que le véhicule de l'intimée arrivait sur sa gauche. Il ressort en outre du jugement attaqué que la visibilité était bonne. La cour cantonale a en particulier relevé que la configuration des lieux et la trajectoire rectiligne empruntée par l'intimée la rendait visible par le recourant lorsqu'il s'est approché du giratoire, même si, aux dires des juges précédents, elle allait trop vite. En outre, à teneur du jugement attaqué, l'expert privé mandaté par le recourant lui-même a de surcroît précisé que sa visibilité n'avait pas été entravée par la position du soleil. Il est encore relevé que le véhicule de l'intimée était de couleur rouge. Compte tenu de ces différents éléments, la cour cantonale était fondée à considérer que le recourant aurait pu et dû apercevoir le véhicule de l'intimée. Cette dernière, venant de la gauche tout en étant visible, était prioritaire. À cet égard, les juges précédents pouvaient en outre considérer, sans violer le droit fédéral, qu'il incombait alors au recourant d'accorder une attention particulière au véhicule de l'intimée, prioritaire comme on l'a souligné, et d'adapter sa propre évolution de manière à lui accorder la priorité ou tout au moins à s'assurer qu'il pouvait envisager de poursuivre sa route sans la gêner ou l'obliger à freiner. La cour cantonale a d'ailleurs relevé à juste titre que le recourant ne pouvait plaider de bonne foi qu'il pouvait compter sur le fait que l'intimée allait décélérer comme il lui appartenait de le faire en approchant elle-même du giratoire, tout en reconnaissant dans le même temps qu'il ne l'avait pas aperçue. Il ne prétend d'ailleurs pas qu'il aurait mal apprécié la position ou la vitesse d'évolution de l'intimée ni qu'il aurait été surpris à cet égard. Comme souligné, il ne l'a tout simplement pas vue, alors qu'une attention suffisante lui aurait permis de l'apercevoir. Or, ce constat demeure y compris en retenant, en faveur du recourant, la version selon laquelle son propre véhicule se trouvait sur la ligne du signal " cédez le passage " 1.6 seconde avant la collision, alors que l'automobile de l'intimée n'avait pas encore pénétré dans le giratoire. Même dans cette optique, l'intimée en était suffisamment proche pour que la question du droit de priorité, dont le recourant était débiteur, fût dénuée d'équivoque. À cela s'ajoute encore que ce manque d'attention du recourant, qualifié à bon droit de faute grave par la cour cantonale, le prive de la faculté de se prévaloir du principe de la confiance (cf. supra consid. 2.2.1). En tout état, les constatations cantonales, qui lient la cour de céans (art. 105 al. 1 LTF), permettent de retenir, eu égard à la bonne visibilité mise en exergue, que le véhicule de l'intimée n'a pas surgi de manière inattendue dans le giratoire. La cour cantonale retient certes qu'elle roulait à peu près à 80 km/h à l'entrée du giratoire et que, par prudence, elle aurait dû ralentir. Toutefois, c'est bien le recourant, débiteur de la priorité, qui lui a coupé la route et qui est à l'origine de la collision. Il est patent que le recourant a violé les devoirs qui lui incombaient en particulier sous l'angle de l'art. 41b OCR et qu'il a ainsi violé son devoir de diligence. Le recourant ne saurait donc être suivi lorsqu'il semble contester ses propres manquements. S'agissant ensuite du lien de causalité adéquate et de sa rupture invoquée par le recourant, le jugement attaqué retient certes que l'intimée s'est présentée dans le giratoire en circulant à une vitesse excessive et n'a pas décéléré comme il lui appartenait de le faire (art. 41b al. 1 OCR). Il en ressort également qu'elle n'a pas voué une attention suffisante aux véhicules susceptibles de se présenter sur sa gauche. Pour autant, ce comportement ne représente en rien une circonstance à ce point exceptionnelle ou extraordinaire qu'il faudrait la qualifier d'imprévisible. On ne saurait donc admettre qu'il ait pu revêtir une importance telle qu'il faille y voir la cause immédiate de la collision tout en reléguant, comme le prétend en vain le recourant, les propres manquements de ce dernier. Au demeurant, le recourant développe à cet égard une argumentation dans laquelle il expose librement, partant de façon appellatoire, une thèse basée sur l'expertise privée qu'il a fait réaliser, sans exposer à satisfaction de droit (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF) en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement omis de tenir compte des éléments et calculs dont il fait état pour soutenir qu'un comportement différent de l'intimée aurait permis d'éviter la collision. Ce pan du grief est donc irrecevable. En définitive, la cour cantonale pouvait donc considérer, sans violer le droit fédéral, que les éléments constitutifs de l'infraction sanctionnée par l'art. 125 al. 1 et 2 CP étaient en l'espèce réalisés. Il s'ensuit que son grief s'avère manifestement mal fondé et doit donc être rejeté.