Citation: 7B_963/2024 E. 2.4.3

2.4.3. En tout état de cause, les critiques formulées par les recourants envers l'article litigieux afin de tenter de démontrer l'apparence de prévention de son auteur relèvent, de manière générale, et comme l'a mentionné la juridiction cantonale, d'impressions purement subjectives, qui ne sauraient être décisives dans le cadre de l'examen d'un motif de récusation. L'article de l'intimé s'attache en effet essentiellement à dresser, dans une démarche scientifique, un état des lieux ou un panorama d'une partie de la jurisprudence rendue par le Tribunal fédéral, certaines cours cantonales, voire la CourEDH. L'intimé n'y livre aucune appréciation politique, mais se limite pour l'essentiel à passer en revue plusieurs cas ayant occupé la justice pénale ces dernières années. Il est dès lors logique que l'intimé fasse état des sanctions pénales y relatives. On peut d'ailleurs préciser que l'intimé ne se limite pas à cela, mais passe également en revue la question des faits justificatifs et des circonstances atténuantes, ainsi que des cas dans lesquels une sanction pénale n'a pas été considérée comme justifiée. L'article en question n'est par conséquent pas orienté, comme veulent le faire croire les recourants, uniquement en défaveur des militants pour le climat, de sorte qu'on ne saurait déceler un parti pris de l'intimé. À cela s'ajoute que l'écrit a été rédigé, à un instant donné, dans le cadre d'un mélange en l'honneur d'une professeure et n'a ainsi pas vocation à être exhaustif comme pourrait éventuellement l'être, par exemple, une thèse de doctorat ou un ouvrage. On ne saurait dès lors suivre les critiques des recourants selon lesquelles l'intimé n'aurait pas pris en considération tel ou tel ouvrage de doctrine, un rapport des Nations Unies, la jurisprudence de la CourEDH ou le fait que des affaires seraient encore pendantes devant cette cour. Par ailleurs, il est peut-être vrai que l'intimé a fait référence à des arrêts rendus par le Tribunal fédéral qui portent, comme pour les recourants, sur un complexe de faits qui découle de la manifestation qui s'est déroulée le 20 septembre 2019, voire de celle du 27 septembre 2019, à U.________. Cependant, les recourants ne prétendent pas que les précédents mentionnés par l'intimé porteraient précisément sur les causes qui les concernent personnellement et que celui-ci aurait donc déjà statué à l'avance sur leur cas. Pour le reste, ils ne s'en prennent pas au raisonnement pertinent de la cour cantonale, à savoir que le juge est supposé connaître la jurisprudence, en particulier celle du Tribunal fédéral, que - ne leur en déplaise - celle-ci ne leur est généralement pas favorable, notamment lorsqu'ils causent des nuisances ou utilisent des moyens qui excèdent le niveau de perturbation toléré, et que cette ligne de jurisprudence n'est dès lors nullement imputable à l'intimé. Sur ce point, on peut préciser qu'il n'y a pas lieu de suivre les recourants lorsqu'ils affirment que la conclusion de l'intimé - en ce sens qu'une sanction poursuit, dans ces cas, un but légitime et est conforme aux exigences de la CourEDH - se rapporterait aux faits qui leur sont reprochés, dès lors que cela ne ressort pas de l'article litigieux et que cette conclusion a une teneur plus générale. Ainsi, on ne saurait reprocher à l'intimé d'avoir, dans son article, formulé quelques remarques, brèves et mesurées, allant dans le sens de la jurisprudence du Tribunal fédéral. En définitive, les recourants ne fournissent pas d'indice permettant de considérer que l'intimé ne pourra pas examiner, d'une façon ouverte et complète, les arguments invoqués par les recourants et les questions déterminantes qui se poseront devant lui lors de l'examen concret de leur cause.