Citation: 5A_494/2021 E. 4.2

4.2. Le recourant entend démontrer que l'autorité cantonale s'est manifestement trompée dans son appréciation du caractère soi-disant contradictoire de l'ordonnance du 4 juin 2020, faute de connaître précisément les spécificités du cas particulier. Il relève que la situation des enfants au domicile de leur mère est pour le moins délétère, que les éléments du dossier démontrent qu'ils évoluent négativement, que le comportement violent du fils des parties s'accentue au fil du temps et que l'expertise susvisée mentionne un risque de passage à l'acte de leur part en cas de statu quo. Il expose aussi que le Tribunal de protection a renoncé à ordonner le placement des mineurs dans un foyer vu l'absence d'établissement disponible pour les accueillir, et non pas faute de nécessité de les éloigner de leur mère " sur le fond ". Selon le recourant, la cour cantonale s'est manifestement livrée à une appréciation arbitraire des preuves et des faits en refusant de comprendre le raisonnement pourtant clair des premiers juges, tendant à privilégier une solution pratique intermédiaire de placement des enfants chez leur mère, dans l'attente de places d'accueil disponibles. La prise en considération, par l'autorité précédente, de l'effet émotionnel de l'ordonnance de première instance pour la mère et les enfants choquerait en outre gravement le sentiment de la justice et de l'équité, car toute décision judiciaire, quel qu'en soit le contenu, s'impose intrinsèquement à ses destinataires. Ainsi, en tenant compte de la grande incertitude causée aux intéressés par cette ordonnance, l'autorité cantonale aurait procédé à une appréciation arbitraire du cas d'espèce. En focalisant de la sorte son argumentation sur le caractère contradictoire ou non de l'ordonnance du 4 juin 2020 - question qui, contrairement à ce que le recourant semble croire, n'est pas décisive pour résoudre la question litigieuse, laquelle consiste à déterminer si le retrait de la garde à la mère et la mesure de placement doivent être maintenus -, celui-ci ne démontre pas que la cour cantonale aurait, comme il le prétend sans formuler d'autre grief, arbitrairement apprécié les preuves sur ce point. S'agissant plus précisément de la mesure de placement, qu'il estime nécessaire, il se borne à affirmer que les intervenants n'ont effectivement pas adhéré totalement aux conclusions de la dernière expertise, mais souligne que le curateur de représentation a ensuite fait part au Tribunal de protection, par courrier du 21 février 2021, d'une dégradation du comportement du fils des parties, devenu de plus en plus violent au sein de l'école Montessori, ledit curateur ayant en outre relevé le comportement inadéquat de la mère à l'encontre de la directrice de cet établissement. De nature essentiellement appellatoire, ces allégations ne sont pas propres à démontrer l'arbitraire, ce d'autant que l'arrêt entrepris constate que les enfants ont désormais intégré une école publique. Dans la mesure où le recourant affirme en outre que la Chambre de surveillance se retranche artificiellement derrière des arguments liés au temps écoulé depuis le rapport d'expertise du 19 décembre 2019, ainsi qu'à la date de l'ordonnance de première instance, pour rendre une décision " arbitraire et gravement préjudiciable aux enfants en refusant de [les] placer, nonobstant les dires des experts ", sa critique, pour autant qu'elle soit suffisamment motivée, n'est pas non plus fondée. Si le juge ne peut s'écarter d'une expertise judiciaire sans raison sérieuse et doit motiver sa décision à cet égard, il n'est en principe pas lié par le rapport de l'expert, qu'il doit apprécier en tenant compte de l'ensemble des autres preuves administrées; il revient au seul juge, et non à l'expert, de tirer les conséquences juridiques d'une expertise, en particulier s'agissant du sort des enfants (ATF 142 IV 49 consid. 2.1.3; 141 IV 369 consid. 6.1; 138 III 193 consid. 4.3.1; parmi plusieurs: arrêts 5A_415/2020 du 18 mars 2021 consid. 4.1; 5A_381/2020 du 1er septembre 2020 consid. 4.1; 5A_539/2020 du 17 août 2020 consid. 3.5.2 et les références). En l'occurrence, le recourant ne démontre pas, d'une manière conforme aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF, que la cour cantonale aurait arbitrairement apprécié l'expertise en question et les autres éléments de preuve dont elle disposait. Les juges précédents se sont écartés des conclusions du rapport du 19 décembre 2019 en exposant les raisons pour lesquelles ils estimaient qu'elles ne devaient pas être suivies, conformément à la jurisprudence rappelée ci-dessus. Il incombait dès lors au recourant d'établir en quoi leurs motifs n'étaient pas de nature à ébranler la pertinence de ces conclusions, lesquelles préconisaient le placement des mineurs dans un foyer. Or, son argumentation, qui consiste à opposer l'avis des expertes à celui de la cour cantonale, ne permet pas de remettre en cause l'appréciation de celle-ci. Pour autant qu'il soit suffisamment motivé, le moyen est dès lors infondé.