Citation: 6B_610/2022 E. A

A.a. Par jugement du 17 janvier 2018, confirmé par arrêt du 14 août 2018 de la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud, puis par arrêt du 23 janvier 2019 de la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral (6B_1167/2018), le Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne a condamné A.________ pour contrainte sexuelle et viol à une peine privative de liberté de cinq ans, sous déduction de 1'046 jours de détention avant jugement et de sept jours pour avoir été détenu dans des conditions illicites, ainsi qu'à une peine de travail d'intérêt général de 40 heures, et a ordonné la suspension des peines précitées au profit d'une mesure thérapeutique institutionnelle. A.b. Par décision du 4 juillet 2019, confirmée par arrêt de la Chambre des recours pénale du 4 septembre 2019, l'Office d'exécution des peines (OEP) a ordonné le placement institutionnel de A.________, avec effet rétroactif au 4 février 2018, au sein de la Prison de la Tuilière, puis dès qu'une place serait disponible à la Colonie ouverte des Établissements de la plaine de l'Orbe (EPO), avec la poursuite du suivi psychothérapeutique auprès du Service de médecine et psychiatrie pénitentiaires (SMPP). A.c. Le 8 juillet 2019, dans le cadre de l'examen requis par l'art. 62d al. 1 CP, l'OEP a saisi la Juge d'application des peines d'une proposition tendant au refus de la libération conditionnelle de la mesure thérapeutique institutionnelle de A.________. Selon l'avis du 13 septembre 2019, A.________ a été transféré le 10 septembre 2019 de la Prison de la Tuilière à la Colonie ouverte des EPO. A.d. Dans ses déterminations du 7 décembre 2020, le défenseur de A.________ a conclu en résumé au constat que les conditions de privation de liberté ne remplissaient pas les exigences légales. A.e. Par ordonnance du 26 mai 2021, la Juge d'application des peines a refusé d'accorder à A.________ la libération conditionnelle de la mesure thérapeutique institutionnelle ordonnée le 17 janvier 2018 par le Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne. A.f. Par arrêt du 22 juin 2021, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a admis le recours de A.________ contre cette ordonnance, a renvoyé le dossier de la cause à la juge d'application des peines pour qu'elle statue sur la conclusion de A.________ tendant au constat du caractère illicite des conditions d'exécution de la mesure thérapeutique institutionnelle et complète le dispositif de son ordonnance en conséquence. A.g. Par lettre de son conseil du 30 août 2021, A.________, interpellé par la Juge d'application des peines le 9 août 2021 ensuite de l'arrêt du 22 juin 2021, a relevé que ses conditions de privation de liberté étaient illicites, mettant en avant en particulier le manque d'encadrement, des difficultés de communication dues à sa surdité sévère à profonde bilatérale et le fait qu'il ne s'exprimait qu'en langue des signes, l'inadéquation du lieu d'exécution de la mesure du prénommé et l'urgence qu'il soit placé dans un foyer, le retard pris à mettre en place des sorties, deux ans, deux mois et trente jours s'étant écoulés entre le passage de l'intéressé en exécution de la mesure et la première conduite, ainsi que l'absence de tout projet de formation. Il invoquait une violation des art. 3, 5 par. 2, 8 et 10 CEDH.