Citation: 4P.274/2000 05.03.2001 E. 3

3.- Le recourant se plaint en premier lieu d'une violation de l'art. 30 al. 1 Cst. Il considère qu'il n'est pas compatible avec l'exigence d'impartialité que la juge qui avait fonctionné comme juge-instructeur en première instance puisse, à la suite de son élection au Tribunal cantonal, faire partie de la composition de la cour ayant rendu le jugement entrepris. Selon une jurisprudence constante, le grief tiré de la prévention de l'un des membres d'une autorité doit être invoqué dès que possible. Celui qui constate un tel vice et qui ne le dénonce pas sans délai, mais laisse le procès se dérouler sans intervenir, voit se périmer son droit de se prévaloir ultérieurement d'une telle violation (ATF 119 Ia 221 consid. 5a p. 228 s. et les références citées). En particulier, il est contraire à la bonne foi d'attendre l'issue d'une procédure pour tirer ensuite argument, à l'occasion d'un recours, de la composition incorrecte de l'autorité qui a statué, alors que le motif de récusation était déjà connu auparavant (ATF 124 I 121 consid. 2; 119 Ia 221 consid. 5a p. 228 s.; 118 Ia 282 consid. 3a). La garantie du juge naturel comprend le droit d'être informé de la composition du tribunal compétent (ATF 117 Ia 322 consid. 1c; 114 Ia 278 consid. 3b), mais cela ne signifie toutefois pas que l'identité des juges appelés à statuer doive nécessairement être communiquée de manière expresse au justiciable; il suffit en effet que le nom de ceux-ci ressorte d'une publication générale facilement accessible, par exemple un annuaire officiel. La partie assistée d'un avocat est en tout cas présumée connaître la composition régulière du tribunal (arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 26 septembre 2000 dans la cause I. contre F. et F., destiné à la publication, consid. 1b et les références citées; ATF 117 Ia 322 consid. 1c; 114 Ia 278 consid. 3c p. 280).