Citation: I 455/06 22.01.2007 E. 6

6.1 En l'espèce, la seule question est de savoir si l'assurée présentait une atteinte à la santé psychique propre à entraîner une incapacité de travail au regard de la jurisprudence pertinente. Dans son arrêt du 3 mars 2006, le Tribunal fédéral des assurances a considéré que ni le rapport d'expertise du COMAI ni celui du SMR ne permettaient de statuer sur le caractère invalidant ou non du trouble somatoforme douloureux présenté par l'assurée (voir à ce sujet les ATF 132 V 65, 131 V 49 et 130 V 352). A ce propos, il a considéré ce qui suit: « Bien que les experts du COMAI se soient déclarés convaincus de l'authenticité du vécu douloureux de l'assurée et de l'importance des conséquences fonctionnelles négatives sur sa vie quotidienne, plusieurs aspects liés à l'évaluation du caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux de l'assurée n'ont pas été mis en perspective ni discutés de manière suffisamment détaillée et approfondie pour que l'on puisse se convaincre du bien-fondé des conclusions retenues par les experts. Ceux-ci ont en effet relevé, sans plus ample développement, un certain nombre d'éléments qui pouvaient constituer autant d'indices plaidant dans le sens d'une exagération des symptômes et de l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d'assurance. La consultante en rhumatologie, la doctoresse E.________, a ainsi fait état d'importantes auto-limitations qui ont rendu très difficiles, sinon impossibles, les évaluations et rapporté certaines observations qui étaient en contradiction avec les limitations déclarées. Des tests sanguins ont également révélé une observance médiocre, voire nulle, du traitement antidépresseur prescrit à l'assurée. L'expertise ne laisse pas non plus transparaître de conflit intrapsychique majeur ni situation conflictuelle externe - tout au plus le départ du fils unique du domicile familiale - qui expliquerait le développement du syndrome douloureux et son aboutissement jusqu'à une interruption totale de toute activité lucrative. En revanche, les experts ont indiqué, sans s'y attarder, que l'assurée espérait obtenir une rente de la part de l'AI comme compensation financière à ses problèmes de maladie (exprimant ainsi le désir subjectif de se voir accorder une rente). Quant aux médecins du SMR, ils ont motivé l'existence d'une capacité de travail entière principalement par le fait qu'ils n'ont pas pu mettre en évidence de comorbidité psychiatrique significative. Si ce critère est d'importance, il n'est pas exclusif. En présence d'une symptomatologie douloureuse, il appartient en effet aux experts de fournir au juge tous les éléments permettant à ceux-ci de déterminer avec précision l'incidence de l'état douloureux sur la capacité de travail de l'assuré, eu égard aux critères dégagés par la jurisprudence pour admettre à titre exceptionnel le caractère non exigible d'un effort de volonté en vue de surmonter la douleur et de la réintégration dans un processus de travail. Or, l'expertise du SMR demeure, quoi que puisse en penser l'office recourant, particulièrement sommaire dans son volet psychiatrique. Elle n'examine notamment que très superficiellement les critères jurisprudentiels relatifs au caractère invalidant d'un trouble somatoforme, de sorte qu'on ne saurait se faire une opinion sur l'existence ou non de circonstances susceptibles, exceptionnellement, de fonder un pronostic défavorable ». Dans de telles conditions, le Tribunal fédéral des assurances a jugé nécessaire de mettre en oeuvre une expertise judiciaire et de renvoyer la cause à l'autorité cantonale pour ce faire (consid. 4.3 de l'arrêt du 3 mars 2006). 6.2 Sur la base des preuves disponibles, il n'est ainsi pas possible de conclure, au degré de la vraisemblance prépondérante, à l'existence d'une incapacité de travail ayant entraîné une invalidité. Des mesures d'instruction supplémentaires ne permettraient pas d'aboutir à une autre conclusion. Une expertise sur pièces n'apporterait pas d'élément décisif s'agissant d'une atteinte à la santé psychique, dont les effets sur la capacité de travail impliquent un examen personnel de l'assurée (voir ATF 127 I 57 consid. 2e à g). Il en va de même d'un éventuel avis du médecin qui a suivi l'assurée pour l'affection qui a conduit à son décès, car celui-ci n'était à l'évidence pas une conséquence des troubles pour lesquels des prestations d'invalidité ont été requises. Enfin, un complément d'expertise par les médecins du COMAI n'apporterait pas d'éléments utiles. En effet, il ne s'agissait pas, à teneur de l'arrêt de renvoi du 3 mars 2003, d'apporter un complément sur un point précis de l'expertise, mais de procéder à une nouvelle appréciation globale des effets du trouble somatoforme de l'assurée sur sa capacité de travail afin de se prononcer sur le caractère exigible ou non de la réintégration de l'intéressée dans le processus de travail. Il en résulte que le droit à la rente de l'assurée décédée doit être nié.