Citation: 6B_103/2021 E. B

Par arrêt du 9 décembre 2020, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, le recours formé par A.A.________ SA et B.A.________ SA à l'encontre de l'ordonnance de classement du 30 avril 2020. Elle a considéré que la compétence des autorités suisses, à tous le moins pour poursuivre les actes reprochés à D.________, devait a priori être niée. Quoi qu'il en soit, il n'existait pas de soupçons suffisants de la réalisation des éléments constitutifs de l'infraction de gestion déloyale, en l'absence d'un gain manqué. En substance, elle a retenu les faits suivants. B.a. A.A.________ SA est une société holding fondée à Genève en 2006, active dans le domaine de la distribution de produits pharmaceutiques. Elle est détenue à raison de la moité chacun par E.________ et C.________. Ceux-ci ont par ailleurs siégé à son conseil d'administration, avec signature collective à deux, dès août 2008 pour le premier, de novembre 2006 à juillet 2019 pour le second. A.A.________ SA détient la totalité du capital-actions de la société B.A.________ SA, fondée en 2005, sise à la même adresse qu'elle, laquelle a pour but l'achat, la vente, la fabrication et l'emballage de produits pharmaceutiques et est également titulaire d'un certain nombre de droits de propriété intellectuelle relatifs à de tels produits. La principale source de revenu de B.A.________ SA provient de la promotion et de la vente en Russie de produits pharmaceutiques génériques fabriqués en Amérique du Sud. E.________ et C.________ ont siégé au conseil d'administration de B.A.________ SA, avec signature collective à deux, dès avril 2006 pour le premier, de juin 2008 à juillet 2019 pour le second. A.A.________ SA détient également 100% du capital-actions de la société à responsabilité limitée russe F.A.________, constituée en 2006, spécialisée, à teneur du registre du commerce russe, dans le commerce en gros de produits pharmaceutiques et médicaux. Une dénommée G.________, directrice générale, était seule, depuis 2010, autorisée à agir au nom de la société sans procuration. F.A.________ a été liquidée en octobre 2019. B.b. Le 18 mai 2018, A.A.________ SA et B.A.________ SA ont déposé plainte pénale contre C.________ et D.________ pour gestion déloyale et abus de pouvoir de représentation. Selon leurs explications, en prévision de l'entrée en vigueur, en Russie, d'une nouvelle loi restreignant l'adjudication de marchés publics dans le domaine pharmaceutique aux sociétés fabriquant leurs produits sur le territoire national, le groupe A.________ avait décidé, en 2014, de créer un partenariat avec le groupe étatique russe H.________, actif entre autres dans les domaines pharmaceutiques et biotechnologiques. A cette fin, C.________ avait persuadé E.________ que le mieux à même de négocier un tel partenariat était son fils, D.________, beau-fils du ministre des affaires étrangères russe. Le 25 septembre 2014, F.A.________ avait octroyé à ce dernier le pouvoir de la représenter dans le cadre de négociations avec la société russe I.________, filiale de H.________. Durant l'automne, un mémorandum d'intention et des projets de business plan et d'accord avaient été établis entre les deux sociétés et le projet présenté officiellement dans les médias russes. En décembre 2014, le conseil d'administration de A.A.________ SA avait approuvé la création par F.A.________ et I.________ de la société J.________ et leur participation à la constitution du capital social de cette dernière. Le 26 janvier 2015, l'avocate de I.________ avait envoyé à G.________ l'accord définitif sur la création de J.________, document qui aurait dû être signé le lendemain. Or la réunion prévue avait été annulée par téléphone le jour même par I.________. B.c. Le 15 juillet 2015, en prenant connaissance du procès-verbal d'assemblée générale de J.________ que leur avait transmis l'avocat de D.________, A.A.________ SA et B.A.________ SA avaient appris que la société avait été inscrite au registre du commerce russe le 15 avril 2015, et que ses actionnaires étaient I.________ et une société K.________, appartenant à 90% à D.________, ce dernier et son père ayant par ailleurs été nommés membres de son conseil d'administration. Le groupe A.________ s'était ainsi vu substituer un tiers dans ce projet commercial de grande envergure, entraînant des pertes financières conséquentes pour les sociétés suisses du groupe, puisqu'il était prévu que les revenus perçus par F.A.________ au titre de sa participation à la joint venture - soit une distribution trimestrielle de l'intégralité du bénéfice net de la société à créer à ses actionnaires - seraient systématiquement redistribués à la société mère en Suisse.