Citation: 5A_612/2019 E. 6.4.1

6.4.1. Ils contestent d'abord que la légende " F.________, plusieurs fois soupçonné, jamais condamné " accompagnant la photo illustrant l'article incriminé soit critiquable, car elle se limiterait à rappeler aux lecteurs que le prénommé n'a jamais été condamné. Force est toutefois de considérer que la formulation elliptique choisie - qui oppose l'existence de soupçons à l'absence de condamnations - va au-delà de ce que veulent lui faire dire les recourants : le lecteur moyen retient que F.________ a fait l'objet de plusieurs enquêtes pénales mais que celles-ci n'ont pas été suivies de condamnations, alors même qu'il est établi que tel n'a pas été le cas (cf. supra, consid. 4.1 et 4.2). Preuve s'il en est de l'ambiguïté de la légende, le quotidien a publié un article en janvier 2016 dans lequel était exposé que celui de mai 2015 rappelait que " G.________ et F.________, malgré d'autres polémiques ayant touché la société ou ses anciens employés, demeur[aient] vierges de toute procédure judiciaire " (pièce 21, bordereau des recourants du 29 avril 2016). Loin de clarifier cette légende, la phrase contenue dans le corps du texte, selon laquelle " le Suisse et ses sociétés n'ont jamais vu la moindre condamnation venir entacher leur réputation ", est tout aussi équivoque. Cette affirmation est assortie d'un renvoi à une note finale, selon laquelle " la corruption active d'agent public n'est devenue un délit pénal en Suisse qu'en 1999 ". Or, contrairement à ce que soutiennent les recourants, cette note ne se limite pas à informer le lecteur de l'état de la législation suisse. Par l'effet de la juxtaposition au contenu de la phrase annotée, elle donne au contraire l'impression à un lecteur moyen que, si la corruption d'agents publics avait été poursuivie en Suisse, F.________ et ses sociétés auraient assurément fait l'objet de condamnations et que c'est donc par chance qu'ils ont échappé à la justice.