Citation: 5P.363/2001 14.03.2002 E. 4

4.- Le recourant s'en prend enfin au calcul des re- venus et des charges de l'intimée. Il soutient que celle-ci serait en mesure d'augmenter son activité lucrative de 20 à 50%, compte tenu notamment de sa formation de cafetier- restaurateur. L'appartement dont elle a hérité en Turquie pourrait en outre lui procurer un revenu locatif de 500 fr. par mois. Il critique également le montant du loyer retenu à la charge de l'épouse. Le fondement de l'obligation d'entretien entre les conjoints réside dans l'art. 163 CC, qui impose au mari et à la femme de contribuer, chacun selon ses facultés, à l'entre- tien convenable de la famille. L'épouse séparée qui est libé- rée des tâches du ménage commun doit en principe tirer profit de sa capacité de travail supplémentaire. Si elle ne l'utili- se pas, il convient de fixer la contribution provisoire en prenant en compte les revenus qu'elle serait à même de réali- ser (ATF 127 III 136 consid. 2a p. 139 et les références ci- tées). En l'espèce, l'autorité cantonale a constaté que l'in- timée n'avait pas exercé d'activité professionnelle durant le mariage et qu'elle s'était vouée à l'éducation de ses en- fants. Elle avait suivi l'Ecole des Beaux-Arts en Turquie et avait obtenu une patente de cafetier-restaurateur à Genève, mais elle n'avait jamais mis en pratique cette dernière for- mation et ne possédait aucune expérience dans ce domaine. En 1999, elle avait pris un emploi de vendeuse à temps partiel moyennant un salaire mensuel net de 2'700 fr. Après une pé- riode de chômage dû à un licenciement, elle avait retrouvé un travail dans ce secteur à raison de 20%, pour un revenu net de 1'400 fr. par mois. Selon la Cour de justice, on ne pou- vait lui reprocher d'avoir volontairement diminué son revenu puisqu'elle avait au contraire commencé une activité lucrati- ve au moment de la séparation du couple, réduisant d'autant l'obligation d'entretien de son époux. Dès lors qu'elle était âgée de 57 ans et qu'elle n'avait jamais exercé de profession pendant la vie commune, qui avait duré près de 30 ans, on ne pouvait exiger d'elle, dans le cadre de mesures provisoires tout au moins, qu'elle travaillât à plein temps; de même, il paraissait illusoire qu'elle exploitât aujourd'hui sa patente de cafetier-restaurateur puisqu'elle ne possédait aucune ex- périence en la matière. Ces considérations n'apparaissent pas insoutenables. De toute manière, le recourant se contente une fois encore d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantona- le, ce qui est insuffisant au regard des exigences de motiva- tion déduites de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il en va de même de l'opinion de l'autorité cantonale selon laquelle on ne pouvait retenir avec suffisamment de vraisemblance que l'ap- partement situé en Turquie, dont l'intimée avait hérité en 1999, fût susceptible de produire un revenu locatif de 500 fr. par mois. En ce qui concerne le loyer de l'intimée, le recourant se contente d'affirmer que le montant mensuel de 1'426 fr. pris en compte par la Cour de justice est excessi- vement élevé pour une personne seule, d'autant qu'en ce qui le concerne, l'autorité cantonale a refusé de retenir une somme de 1'000 fr. par mois. Il y a toutefois lieu de rappe- ler que le recourant vit en concubinage, ce qui diminue dans une certaine mesure ses frais de loyer. Pour le surplus, ses critiques sont purement appellatoires, et par conséquent irrecevables.