Citation: 1C_178/2023 E. 5.2

5.2. Dans un premier grief, la recourante soutient que le droit d'exproprier serait périmé, car tant le point de départ du délai de l'art. 23 LE que sa prolongation ainsi que la date à laquelle l'autorité a statué, ne ressortent pas des pièces déposées. Elle développe à cet égard une argumentation appellatoire se limitant à indiquer que ni le point de départ du délai, ni sa prolongation, ni la date d'exécution, ne seraient prouvés. Or, comme l'indique la cour cantonale, la DGMR a envoyé le dossier d'expropriation par lettre du 8 janvier 2019 à la Direction du registre foncier du DFIRE qui l'a donc reçue le 9 janvier 2019. Le délai ne pouvait donc commencer à courir avant cette date. La recourante soutient également qu'il n'existe aucune preuve de la prolongation du délai de déclaration d'utilité publique. Comme l'a souligné la cour cantonale sur la base des indications de la DGMR, la prolongation du délai prévue par l'art. 23 LE résulte d'un accord oral entre les services des deux départements concernés qui est la forme usuelle adoptée par l'administration pour la prolongation de ce délai, la législation cantonale ne prévoyant le respect d'aucune forme particu-lière. La recourante se contente, dans une argumentation là aussi purement appellatoire, de contester l'existence de cet accord et d'affirmer que celui-ci aurait été invoqué a posteriori pour les besoins de la cause. Enfin, elle soutient que la date figurant sur la déclaration d'utilité publique, à savoir le 9 juillet 2019, ne serait pas exacte: la déclaration lui ayant été envoyée par courrier du 12 juillet 2019, cette dernière date ferait foi. Cette critique est à nouveau de caractère purement appellatoire. Rien au dossier ne permet de douter que la déclaration d'utilité publique émanant du Chef du département cantonal compétent, signée et datée du 9 juillet 2019, serait inexacte; la date d'envoi n'a aucune influence sur la date de la décision. D'ailleurs, la recourante n'expose en rien pour quelles raisons son appréciation de la situation devrait être préférée à celle admise par l'autorité cantonale. Sur ces différents points, la recourante oppose sa vision des faits à celle de la CDAP et forme ainsi une critique purement appellatoire; en tout état, elle ne démontre pas l'arbitraire dans les constatations cantonales. Il n'y a par conséquent pas lieu de s'écarter de l'appréciation de la cour cantonale et le grief doit être écarté, dans la mesure où il est recevable.