Citation: 6B_688/2014 E. 15.4.1

15.4.1. Le blanchiment d'argent est une infraction intentionnelle, le dol éventuel étant suffisant (ATF 122 IV 211 consid. 2e p. 217; 119 IV 242 consid. 2b p. 247). Il y a dol éventuel lorsque l'auteur envisage le résultat dommageable, mais agit néanmoins, même s'il ne le souhaite pas, parce qu'il s'en accommode pour le cas où il se produirait (ATF 137 IV 1 consid. 4.2.3 p. 4). Parmi les éléments extérieurs permettant de conclure que l'auteur s'est accommodé du résultat dommageable pour le cas où il se produirait, figurent notamment la probabilité (connue par l'auteur) de la réalisation du risque et l'importance de la violation du devoir de prudence. Plus celles-ci sont grandes, plus sera fondée la conclusion que l'auteur, malgré d'éventuelles dénégations, avait accepté l'éventualité de la réalisation du résultat dommageable (ATF 133 IV 222 consid. 5.3 p. 226 et les références citées). Peuvent également constituer des éléments extérieurs révélateurs, les mobiles de l'auteur et la manière dont il a agi (ATF 135 IV 12 consid. 2.3.3 p. 18). S'agissant plus particulièrement de la connaissance du crime préalable en matière de blanchiment d'argent, l'auteur doit avoir à tout le moins envisagé l'origine criminelle des valeurs patrimoniales qui lui étaient confiées et consenti à les blanchir si tel devait être le cas. Il doit, en d'autres termes, savoir ou accepter que les valeurs en cause proviennent d'un crime. Peu importe qu'il ignore de quel genre d'infraction il est le produit. A cet égard, il suffit qu'il ait connaissance de circonstances faisant naître le soupçon pressant de faits constituant légalement un crime et qu'il s'accommode de l'éventualité que ces faits se soient produits (ATF 122 IV 211 consid. 2e p. 217; 119 IV 242 consid. 2b p. 247).