Citation: U 370/02 19.03.2004 E. A

T.________ travaillait comme manoeuvre au service de la Société anonyme Z.________. A ce titre, il était assuré par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA), lorsqu'il fut blessé à la main droite par un bloc de lestage de grue, d'un poids de cinq cents kilos à une tonne, le 17 août 1999. La pièce de béton était accrochée à des chaînes et manipulée par un grutier. Alors qu'elle était presque posée, l'assuré devait enlever un carrelet de 8 à 10 centimètres de haut pour la mise en place définitive; lors de cette manipulation, le carrelet a glissé et la main est restée coincée sous le bloc de béton quelques secondes avant que le grutier puisse la libérer en soulevant à nouveau le lest. T.________ se rendit à la Polyclinique de chirurgie de l'Hôpital X.________, où fut posé le diagnostic de contusion du majeur et de l'auriculaire de la main droite. Les doigts furent immobilisés par attelle antébrachio-palmaire surélevée, avec un traitement anti-inflammatoire. L'évolution fut dans un premier temps favorable, avec une reprise du travail le 20 septembre 1999. Toutefois, le 27 septembre suivant, l'assuré consulta en urgence le docteur J.________, de la Permanence médico-chirurgicale Y.________ SA, en raison de vives douleurs de la main droite, de blocages dans les doigts et de crampes. Ce praticien attesta depuis lors une incapacité de travail totale, en prescrivant notamment une physiothérapie et le port d'une bande élastique. Des radiographies et une scintigraphie osseuse effectuées le 25 octobre 1999 ne mirent pas en évidence de fracture, mais des contusions osseuses de la tête des troisième et quatrième métacarpiens droits, avec une algodystrophie de la main et du poignet. Examinant l'assuré le 16 décembre 1999, le docteur H.________, médecin d'arrondissement de la CNA, décrivit une main droite tuméfiée, tenue précautionneusement; tous les mouvements étaient effectués avec une grande lenteur, le membre supérieur crispé. Il posa le diagnostic de contusion du majeur et de l'auriculaire, avec développement d'une maladie de Sudeck. Un séjour à la Clinique romande de réadaptation, à Sion, du 17 janvier au 10 mars 2000, ne permit pas d'améliorer durablement l'état de santé de l'assuré. Le rapport de sortie établi par les docteurs A.________ et B.________ fait état d'un tableau clinique correspondant à une algoneurodystrophie, stade II, entraînant une incapacité de travail totale dans l'activité de maçon; les médecins préconisaient la poursuite des séances de physiothérapie ambulatoire (trois fois par semaine), assorties d'une médication anti-douleurs. Dès le 26 avril 2000, T.________ consulta le docteur V.________, psychiatre, qui posa le diagnostic d'état de stress post-traumatique, d'épisode dépressif sévère sans symptôme psychotique, et, à titre différentiel, de syndrome douloureux somatoforme persistant; il fit état d'une incapacité de travail totale. Pour sa part, le docteur H.________ réexamina l'assuré le 20 septembre 2000, sans constater d'amélioration et proposa la mise en oeuvre d'une expertise à la Clinique chirurgicale W.________. Dans ce cadre, les docteurs F.________, spécialiste en chirurgie de la main, et C.________, cheffe de clinique adjointe, examinèrent l'assuré le 7 décembre 2000; selon ces praticiens, les troubles trophiques constatés entraient moins dans le cadre des séquelles d'une maladie de Sudeck que dans celui de la non-utilisation de la main. Ils proposèrent un traitement antalgique et anti-inflammatoire, ainsi que la poursuite du traitement psychiatrique. Dans une note de synthèse du 21 février 2001, le docteur G.________, médecin d'arrondissement de la CNA et spécialiste en chirurgie orthopédique, considéra que les atteintes à la santé de l'assuré étaient essentiellement d'origine psychique, celui-ci présentant une main spastique psychogène. Par décision du 18 mai 2001 et décision sur opposition du 12 septembre 2001, la CNA considéra que les atteintes à la santé de l'assuré n'étaient plus d'origine accidentelle et mit fin, avec effet dès le 11 juin 2001, aux prestations qu'elle avait allouées jusqu'alors.