Citation: 4C.166/2004 16.09.2004 E. 1

Après avoir retenu que les baux litigieux avaient été valablement conclus par la seule signature de W.________, les premiers juges ont considéré qu'il y avait eu reprise de dette interne entre C.________ et D.________. Il existait un faisceau d'indices concordants démontrant que D.________ entendait agir comme débitrice des loyers et non comme représentante de C.________: il suffisait de se référer aux vingt-quatre paiements de loyers opérés par D.________, au supplément de chauffage versé par celle-ci le 27 janvier 1997, ainsi qu'à la lettre de résiliation des baux signée par cette même société. Cette reprise de dette interne n'était pas intervenue à titre gratuit, mais était fondée sur le fait que D.________ avait procédé au rachat des actions de C.________. A supposer qu'il faille admettre que D.________, en payant les loyers, n'ait pas offert à la demanderesse de reprendre la dette de la locataire mais seulement de payer en son nom, il faudrait alors considérer que c'est D.________ qui a accepté l'offre de Y.________ de reprendre ladite dette lorsque celle-là a effectué, sans réserve aucune, le paiement du 17 avril 1998. Confrontée à une résiliation anticipée des baux, la demanderesse avait fait preuve de la diligence que l'on pouvait attendre d'elle, de sorte qu'elle était en droit de prétendre à une indemnité représentant le montant des loyers dus jusqu'à l'échéance contractuelle. Les bureaux, avec la place de parc qui leur était rattachée, étant demeurés libres du 1er avril 1998 au 31 août 1999, soit pendant dix-sept mois, Y.________ avait droit à une indemnité de 36'720 fr. (2'160 fr. x 17), avec intérêts à 5 % dès l'échéance moyenne du 15 novembre 1998. L'échéance du contrat de bail relatif au dépôt étant la date du 1er décembre 1998, l'indemnité allouée à ce titre se montait 2'160 fr. (270 fr. x 8), plus intérêts dès le 1er juillet 1998 (terme moyen). Il incombait encore à la défenderesse de payer le solde relatif aux charges 1997-1998, soit 875 fr. 10 avec intérêts dès le 1er avril 1999. B.c Saisie d'un recours de la défenderesse, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois l'a rejeté par arrêt du 15 octobre 2003. Pour tout état de fait, la Chambre des recours s'est bornée à se référer aux constatations des premiers juges, qu'elle a fait siennes. Puis, la cour cantonale a considéré que D.________ n'avait pas consenti à C.________ une promesse de libération à titre gratuit, en ce sens qu'elle n'avait commencé à payer les loyers réclamés par Y.________ qu'après avoir repris l'entier du capital-actions de C.________ et avoir décidé que celle-ci serait mise en veilleuse. Ensuite, l'autorité cantonale a relevé que les paiements de loyers opérés par D.________ ne faisaient pas tous mention de C.________, si bien que la bailleresse était fondée à penser que D.________ assumait les obligations nées des baux. L'autorité cantonale en a conclu que X.________ contestait à tort ne pas être débitrice de l'indemnité correspondant aux loyers dus jusqu'à l'échéance des baux.