Citation: 6B_1181/2020 E. 1.3

1.3. La cour cantonale, après avoir repris la motivation détaillée des premiers juges, a estimé, en résumé, que le flagrant délit du 10 mars 2019 justifiait de prononcer à l'encontre du recourant une peine privative de liberté, de base de l'ordre de 3,5 ans vu sa précédente condamnation pour infraction à l'art. 19 LStup et le rôle dirigeant qu'il avait tenu envers son comparse qui lui servait uniquement de protection contre le risque d'arrestation. Les cinq importations transfrontalières antérieures imposaient une augmentation minimale d'une année à chaque fois, soit du minimum légal prévu par l'art. 19 al. 2 LStup, dès lors que, si la quantité exacte n'était pas connue, la limite du cas grave, constituée par la mise en danger de nombreuses personnes, soit 18 g de cocaïne pure, était assurément franchie. Les infractions à la LEI devaient aussi être sanctionnées, à des fins de prévention spéciale, d'une peine privative de liberté comme genre de peine dès lors qu'elles avaient été commises pour exécuter des crimes à la législation protégeant la santé publique. Les séjours illicites n'ayant pas dépassé quelques heures et les entrées étant étroitement couplées à de brefs séjours illicites, une peine privative de liberté de 30 jours pour le premier des six épisodes d'entrée et de séjour illicites était suffisante, sanction augmentée de 20 jours pour chacun des cinq épisodes suivants. En définitive, selon la cour cantonale, c'était une peine de 8,5 ans et 130 jours qui aurait dû être infligée au recourant. L'interdiction de la reformatio in pejus imposait toutefois de confirmer la peine privative de liberté de 5 ans et demi prononcée par les premiers juges. La cour cantonale a, en outre, estimé que l'écart entre la peine infligée au recourant et celle infligée à B.________ était justifié sur la base de quatre motifs. Elle a retenu, premièrement que contrairement à son coauteur le recourant avait des antécédents. Sa récidive était spéciale dès lors qu'il avait déjà été condamné en matière d'infraction à la LStup et d'infraction à la législation sur les étrangers (LEI). Deuxièmement, les faits punissables dont répondait le recourant étaient plus étendus. Il avait importé de la drogue en Suisse et transgressé la LEI à six reprises et non à cinq comme B.________. Troisièmement, son rôle dans le trafic était hiérarchiquement plus élevé. En tant que " conducteur de mule ", il avait dirigé les déplacements de B.________ qui transportait le sac contenant la drogue. Le recourant donnait des instructions à celui-ci dont la seule fonction était d'endosser le risque en cas d'arrestation. Le recourant avait également contrôlé par téléphone l'évolution de la mule et avait eu des contacts avec une autre mule. Finalement, la cour cantonale a retenu que les regrets exprimés par le recourant étaient dépourvus de tout véritable investissement, contrairement à ceux du coauteur qui étaient synonymes d'une amorce de prise de conscience.