Citation: U 272/01 30.09.2002 E. 4.2

4.2.1 Selon la jurisprudence, l'examen de la causalité adéquate entre un accident et des troubles psychiques nécessite d'abord de classifier l'accident en cause en fonction de sa gravité, en s'attachant non pas tant à la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais en se fondant, d'un point de vue objectif, sur l'événement accidentel lui-même (ATF 115 V 139 consid. 6, 407 consid. 5; RAMA 2001 no U 440 p. 351). En l'espèce, les premiers juges ont constaté en fait que l'assuré se tenait debout et était occupé à scier une poutre lorsque, soudain, la machine a commencé à vibrer; de peur de se couper, il a eu un mouvement de recul, à tout lâché et est tombé en arrière, après quoi il a immédiatement ressenti de fortes douleurs lombaires. Bien que diverses pièces du dossier, dont en particulier la déclaration d'accident établie le 4 septembre 1996 par l'employeur du recourant, fassent état d'un autre déroulement des faits (le recourant aurait glissé en chargeant un camion), il n'y a pas de raison de retenir un état de fait différent de celui sur lequel l'autorité cantonale a fondé son jugement. Cette relation des circonstances de l'accident, qui n'est pas contestée par les parties, correspond en effet à la description détaillée qui en a été donnée par l'assuré et a pu faire l'objet d'une reconstitution par la CNA, le 27 mars 1997. En elle-même, une telle chute ne saurait être classée parmi les accidents graves. Contrairement à ce que soutient le recourant, la durée de l'incapacité de travail postérieure à un tel événement, qui n'en constitue pas un élément intrinsèque, n'est, en particulier pas pertinente pour en déterminer la gravité et n'intervient que dans un stade ultérieur de l'examen de la causalité adéquate (cf. infra consid. 4b/bb). Dans la mesure où le recourant n'est, en définitive, tombé en arrière que de hauteur d'homme, l'accident, n'apparaît guère que comme une chute banale voire, tout au plus à la limite inférieure de la catégorie des accidents de gravité moyenne. 4.2.2 L'existence d'un lien de causalité adéquate entre un accident insignifiant ou de peu de gravité et des troubles psychiques peut, en règle générale, être d'emblée niée, tandis qu'en principe, elle doit être admise en cas d'accident grave; pour admettre le caractère adéquat du lien de causalité entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques, il faut que soient réunis certains critères particuliers et objectifs, dont les plus importants sont les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident, la gravité ou la nature particulière des lésions physiques, compte tenu notamment du fait qu'elles sont propres, selon l'expérience à entraîner des troubles psychiques, la durée anormalement longue du traitement médical, les douleurs physiques persistantes, les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident, les difficultés apparues au cours de la guérison et les complications importantes, enfin, le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques (ATF 115 V 139 sv. consid. 6, 408 consid. 5). Lorsqu'un accident de gravité moyenne se trouve à la limite de la catégorie des accidents peu graves, les circonstances à prendre en considération doivent se cumuler ou revêtir une intensité particulière pour que le caractère adéquat du lien de causalité puisse être admis (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa, 409 consid. 5c/aa).