Citation: 1B_213/2013 E. 5.2

5.2. Les recourantes relèvent que la compétence des autorités suisses n'est en l'état que très hypothétique; celle-ci se fonde en effet "sur la seule potentialité que le produit d'infractions poursuivies en Russie ait été transféré en Suisse, alors qu'il n'existerait aucun élément concret en ce sens deux ans après l'ouverture de l'enquête en Russie. Aucun acte de blanchiment d'argent ne fonderait par conséquent la compétence des autorités suisses. En l'espèce, le séquestre litigieux a été ordonné dans le cadre d'une enquête ouverte par le MPC pour blanchiment d'argent contre D.________ et C.________ (art. 305 bis CP) en rapport avec des infractions poursuivies en Russie. Comme relevé par le TPF, il existe à ce stade de la procédure des indices suffisants permettant de suspecter que des comptes suisses dont D.________ est titulaire, respectivement ayant droit économique, ont pu servir à faire transiter une partie du produit des infractions sous enquête en Russie. Le MPC a en particulier demandé aux autorités chypriotes l'édition de plusieurs comptes susceptibles d'abriter ou d'avoir servi de comptes de transit pour des fonds provenant des infractions reprochées en Russie, d'importants mouvements financiers entre les comptes suisses du prévenu et des comptes à Chypre ayant été relevés (cf. déterminations du MPC du 19 novembre 2012). Les recourantes se prévalent en vain du fait que les autorités russes n'étaient pas en mesure de confirmer en mai 2012 l'origine criminelle des fonds déposés sur des comptes en Suisse. En effet, il n'appartient pas au juge du séquestre d'établir avec certitude la provenance délictueuse des fonds; il suffit que celle-ci soit vraisemblable (cf. consid. 4.1). Les recourantes n'ont à cet égard pas critiqué l'appréciation du TPF qui a considéré, sur la base de cette communication du 23 mai 2012 adressée aux autorités suisses, que les autorités russes n'excluaient pas qu'un tel lien puisse être établi, une fois les résultats des commissions rogatoires adressées aux autorités suisses, chypriotes et estoniennes connus. Des doutes subsistent donc en l'état sur la provenance des valeurs patrimoniales appartenant au prévenu et la probabilité existe que des fonds déterminés, résultat ou rémunération d'infractions à l'étranger, aient été blanchis en Suisse, fondant ainsi la compétence du juge suisse pour connaître l'infraction réprimée par l'art. 305bis CP. Partant, le grief des recourantes doit être rejeté.