Citation: 1P.276/2000 08.09.2000 E. A

A.- Durant la nuit du 14 au 15 novembre 1998, la Police cantonale jurassienne a interpellé C.________ et D.________ alors qu'ils tentaient de desceller un coffre-fort dans le magasin d'alimentation Primo, à Courrendlin, et d'emporter trois cartouches de cigarettes, après avoir forcé la porte coulissante de l'entrée principale à l'aide d'un tournevis. L'exploitation des conversations téléphoniques des appareils portables trouvés en leur possession a permis d'établir leur implication ainsi que celle de E.________ et de A.________ dans d'autres cambriolages de magasins d'alimentation perpétrés dans le canton du Jura durant les mois de septembre à novembre 1998, selon un mode opératoire analogue consistant dans le repérage des lieux les jours précédant le vol, dans le cambriolage proprement dit et le vol des coffres-forts, puis dans la récupération du butin les jours suivants par l'ouverture des coffres-forts. La police a par ailleurs retrouvé le téléphone portable de A.________ et dix cartouches de cigarettes provenant du cambriolage perpétré à Courroux au domicile de F.________, la soeur de E.________ et C.________ et l'ex-amie de A.________. Ce dernier a constamment nié les faits qui lui étaient reprochés. Il a déclaré ne pas connaître D.________, alors que celui-ci affirmait avoir suivi une partie de leur scolarité ensemble dans leur pays d'origine, avant de revenir sur ses déclarations. Il a contesté avoir appelé les frères C.________ et E.________ lors des cambriolages et suggéré que F.________ avait dû utiliser l'appareil en son absence ou le prêter à un autre membre de sa famille. Il a par la suite reconnu avoir reçu plusieurs appels des frères C.________ et E.________ et de leur cousin D.________, tout en contestant s'être trouvé sur les lieux des différents délits. F.________ a affirmé que A.________ lui prêtait parfois son téléphone portable à des occasions précises, notamment lorsque sa mère ou son fils était malade. Elle téléphonait en général depuis Delémont pendant la journée ou en début de soirée, mais jamais après 22h00. Elle a déclaré n'avoir jamais prêté le téléphone mobile de son ex-ami à des tiers.