Citation: 1C_452/2022 E. 3.5

3.5. Dans l'arrêt attaqué, la cour cantonale s'est fondée sur l'avis des autorités cantonales compétentes spécialisées. Elle a relevé que la DGE-BIODIV avait procédé à une appréciation des intérêts liés à la pêche, à la faune, à la protection de la nature et enfin au paysage. La DGE-BIODIV a notamment constaté que le secteur en cause était déjà fortement anthropisé et ne présentait que très peu d'intérêt pour l'avifaune lacustre et que l'impact supplémentaire du projet sur l'avifaune était négligeable. Elle a ajouté que le secteur n'était d'ailleurs pas inscrit à l'inventaire fédéral des réserves d'oiseaux d'eau et de migrateurs d'importance internationale et nationale (OROEM), ni d'ailleurs à aucun autre inventaire délimitant une zone d'intérêt pour la protection de la nature en général. La DGE a réitéré cette appréciation devant le Tribunal fédéral. Quant à l'OFEV, également invité à se prononcer devant le Tribunal fédéral, il a considéré que l'appréciation des autorités cantonales était correcte et conforme au droit fédéral. Il a notamment considéré que le secteur des Rocailles ne présentait pas de valeur écologique particulière pour les espèces citées par les recourants (Nette rousse, Martin-pêcheur d'Europe, Harle bièvre et Chevalier guignette) et ne jouait pas un rôle déterminant pour leur conservation. Le secteur ne pouvait pas, selon l'OFEV, être qualifié de biotope digne de protection au sens de l'art. 18 al. 1bis LPN en lien avec l'art. 14 al. 3 de l'ordonnance du 16 janvier 1991 sur la protection de la nature et du paysage (OPN; RS 451.1). Les recourants n'avancent en l'occurrence aucun élément qui commanderait de s'écarter de l'avis des autorités cantonales spécialisées, fait sien par la cour cantonale. À l'instar de ces dernières, et compte tenu de la retenue que le Tribunal fédéral s'impose notamment dans l'examen des circonstances locales (cf. ATF 118 Ib 485 consid. 3d; arrêt 1C_653/2019 du 15 décembre 2020 consid. 3.6.2 et les réf. cit.), il y a lieu d'admettre que le site des Rocailles dans son ensemble, digue en enrochement inclue, ne constitue pas un site privilégié et important pour les espèces d'oiseaux citées par les recourants. Ces derniers ne contestent en particulier pas que le site en question est particulièrement fréquenté par l'homme l'été et, indépendamment de la construction du ponton litigieux, ne convient pas à la nidification de ces espèces. Avec l'OFEV, il y a lieu de considérer que l'extrait de www.ornitho.ch produit par les recourants n'est pas déterminant. Font en effet défaut des informations notamment sur la période, la durée, la fréquence et le nombre d'observations; par ailleurs, cet extrait ne mentionne pas le site en question comme un lieu de nidification de ces espèces. En outre, la DGE et l'OFEV ont souligné que les oiseaux en cause étaient des espèces observées sur tout le pourtour du Léman. Aussi, le fait qu'elles soient occasionnellement observées sur le site des Rocailles ne signifie pas en soi que ce dernier revêt une importance particulière pour leur conservation. La présence occasionnelle de ces espèces sur le site n'apparaît donc pas décisive pour l'issue du litige et il n'y a donc pas lieu de compléter l'état de fait dans le sens voulu par les recourants. Le grief de constatation inexacte des faits soulevé dans ce contexte par ces derniers doit ainsi être rejeté, tout comme celui tiré de l'absence d'inspection locale par la cour cantonale. Par ailleurs, les recourants n'invoquent aucun élément permettant de s'écarter de l'avis de l'OFEV quant à l'inexistence d'un biotope, étant rappelé que le Tribunal fédéral doit faire preuve de retenue lorsqu'il s'agit d'interpréter et d'appliquer des concepts juridiques indéterminés (cf. arrêt 1C_653/2019 du 15 décembre 2020 consid. 3.6.2 et les réf. cit.). L'argumentation des recourants est en l'occurrence purement appellatoire et l'observation occasionnelle des espèces d'oiseaux évoquées par les recourants n'est, pour les motifs exposés ci-dessus, pas décisive. Enfin, comme relevé par les recourants, les activités d'une école de voile (voilier, paddle, kayak, etc.) sont différentes de celle de la baignade. Toutefois, cette seule affirmation ne permet pas de tenir pour erronée l'appréciation des instances précédentes quant au fait que les activités de l'école de voile n'avaient que peu d'impact supplémentaire sur la tranquillité des oiseaux sur ce site déjà très fréquenté par les baigneurs. Selon l'expérience de l'OFEV, la construction d'un ponton - qui, selon les constatations de l'arrêt cantonal sera enlevé durant l'hiver - dans une zone déjà très fréquentée ne va pas avoir des conséquences excessives sur l'utilisation de ce site par les espèces évoquées par les recourants, ce site ne présentant de plus pas de valeur écologique particulière et ne jouant pas un rôle déterminant pour la conservation de ces espèces. Le fait que le site litigieux se trouverait, selon les indications des recourants, à moins de 3 km de la réserve d'oiseaux d'eau et de migrateurs d'importance internationale n° 11 "Rive droite du Petit-Lac" (cf. annexe 1 de l'OROEM; RS 922.32) n'est pas susceptible de modifier l'appréciation des instances précédentes. Les recourants ne prétendent d'ailleurs pas que les activités nautiques seraient interdites dans la majeure partie de ladite réserve. Le parallèle que font les recourants avec la Rade de Genève ne convainc pas non plus.