Citation: 5A_639/2014 E. 10.4

10.4. Bien qu'il ne ressorte pas explicitement de la motivation de l'autorité cantonale qu'elle aurait procédé à une pesée des intérêts en présence, le grief de violation de l'art. 28 CC doit être écarté. L'autorité cantonale a en effet exposé les raisons pour lesquelles elle n'a pas tenu compte des moyens de preuve offerts par les recourants pour tenter de démontrer la véracité des faits allégués dans les publications litigieuses et l'existence d'un intérêt à faire connaître ces faits au public. Dans la mesure où les griefs des recourants sur ce point ont déjà été écartés, il n'y a pas lieu d'y revenir (cf. supra consid. 7.4). Cela étant, même si l'on avait admis que la divulgation de certaines informations concernant les méthodes d'élevage de porcs dans le canton de Fribourg répondait à un intérêt public, celui-ci ne pouvait en aucun cas justifier la teneur de l'intégralité des propos tenus à l'encontre de l'intimé. Il convient en effet de rappeler qu'il ressort de l'état de fait cantonal, qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), que l'intimé a non seulement été attaqué en tant qu'homme politique puisque les recourants l'ont traité à plusieurs reprises de menteur et ont fait état de " l'hypocrisie du membre du Grand Conseil X.________ ", mais qu'il s'est également vu qualifier de " déchet " - cette mention figurant à côté de son portrait barré en rouge dans l'édition d'octobre 2006 de B.________-News - ainsi que de " boeuf " dans l'édition de mars 2010. De telles injures ne tendent à l'évidence pas uniquement à remettre en cause les aptitudes de l'intimé à exercer correctement son mandat politique mais visent également à l'attaquer dans son estime privée puisque, comme l'a relevé à juste titre l'autorité de première instance, le premier qualificatif sous-entend qu'il s'agirait d'une personne déchue, méprisable et le second le rabaisse au rang d'une personne bête, stupide et sans finesse. Même si l'autorité cantonale n'a pas procédé à une pesée détaillée des intérêts en présence, cette omission n'a en l'occurrence aucune incidence sur le sort de la cause puisqu'à l'évidence, aucun intérêt public ne saurait justifier l'utilisation de tels qualificatifs pour désigner l'intimé. C'est donc à bon droit que l'autorité cantonale a admis le caractère illicite de l'atteinte et l'absence de justification au sens de l'art. 28 al. 2 CC.