Citation: 6B_1015/2023 E. 1.5

1.5. Le recourant reproche encore à la cour cantonale d'avoir considéré que les avertissements donnés par C.________ et D.________ ont commencé dès que les témoins ont vu le camion démarrer. Selon lui, une telle affirmation relative au début des avertissements serait contraire aux déclarations des témoins en question. Dans ce contexte, il conteste également l'appréciation cantonale selon laquelle, eût-il prêté attention aux avertissements précités, il aurait pu arrêter son camion avant le second choc et ainsi, éviter l'accident. Toujours selon lui, seule une expertise dynamique aurait permis de le déterminer, tant les variables demeurent pour l'heure incertaines. S'agissant tout d'abord du moment auquel les avertissements ont débuté, il peut être donné acte au recourant que l'état de fait cantonal est contradictoire. Pour cause, après avoir jugé que les avertissements avaient débuté dès le démarrage du camion (arrêt attaqué consid. 3.2.2: "[...] il ressort des déclarations que les avertissements ont commencé dès que les témoins ont vu le camion démarrer [...]"), la cour cantonale a relevé qu'ils avaient débuté durant les quelques secondes qui ont séparé le premier choc - moment auquel le camion avançait forcément déjà et n'était pas en train de démarrer - du second choc ayant renversé l'intimée ( ibidem, étant précisé que cette seconde version apparaît conforme aux déclarations des témoins précités telles que reproduites par le recourant: " J'ai commencé à klaxonner lors de la première hésitation marquée de B.________. Elle était déjà bien engagée devant le camion. Pour moi, soit elle faisait un bon en arrière très rapidement, soit il allait se passer quelque chose de grave [...]"; " À partir du moment où la piétonne était à un tiers engagée devant le pare-chocs, nous avons commencé à klaxonner et à crier, car nous avions compris qu'il allait y avoir un problème "). Cela implique que le laps de temps entre les avertissements et le second choc n'a pas été établi, si ce n'est qu'il a duré tout au plus " quelques secondes " (arrêt attaqué consid. 3.2.2), l'imminence de l'accident transparaissant par ailleurs des déclarations des témoins reproduites supra. Il ne semble en tout état de cause pas exclu que les avertissements aient débuté juste avant le second choc. Quant à la distance séparant le premier choc du second, elle est inconnue. Tout au plus la cour cantonale a-t-elle relevé qu'elle était de quelques mètres (arrêt attaqué consid. 3.2.2). S'agissant finalement de la vitesse à laquelle circulait le recourant, la cour cantonale a retenu, sans explication, qu'elle était comprise entre 1 et 2 km/h. Si elle n'y a pas fait directement référence, il semble qu'elle ait arrêté cette vitesse sur la base des déclarations des témoins C.________ et D.________ (v. arrêt attaqué consid. B.c.a et B.c.b). Il faut toutefois donner acte au recourant que sa vitesse exacte au moment de l'accident, si elle était indéniablement faible, n'a pas été déterminée avec précision. Pour cause, le témoin E.________, idéalement positionné selon la cour cantonale (arrêt attaqué consid. 3.2.1), a quant à lui déclaré que le recourant circulait à moins de 5 km/h (arrêt attaqué consid. B.c.c), alors que le recourant a toujours admis circuler lentement (arrêt attaqué consid. B.d). Ces précisions ne sont toutefois pas sans conséquence à l'aune des circonstances du cas d'espèce, en particulier le temps très court et la distance très faible ayant séparé le premier du second choc. En effet, celui qui circule à 1 km/h parcourt seulement 0.25 m/s alors que celui qui circule à 4 km/h parcourt 1 m/s, de sorte que chaque mètre peut faire la différence. Dans le contexte où il n'a pas été établi avec précision à quel moment les avertissements ont débuté, ce qui implique à son tour que la durée et la distance séparant ce moment du second choc est inconnue, et en tenant compte du fait que la vitesse du recourant n'a été arrêtée qu'approximativement, il apparaît difficile d'arriver à la conclusion selon laquelle le recourant, eût-il prêté attention aux avertissements, aurait pu arrêter son camion de 16 tonnes et de 12 mètres de longueur (arrêt attaqué consid. B.d) à temps pour éviter l'accident, en tenant notamment compte du temps de réaction nécessaire pour ce faire. S'il n'est pas exclu que c'eût été possible, les éléments actuellement à disposition ne permettent pas de l'établir. Il convient dès lors d'annuler l'arrêt attaqué et de renvoyer la cause à la cour cantonale pour qu'elle complète l'état de fait s'agissant de tout ou partie des éléments précités, dans une mesure permettant au Tribunal Fédéral de contrôler le respect de la disposition légale appliquée (art. 112 al. 3 LTF).