Citation: 4P.255/2006 17.11.2006 E. 5

5.1 Le principe, l'étendue et les limites du droit à l'assistance judiciaire gratuite sont déterminés en premier lieu par les prescriptions du droit cantonal, dont l'application ne peut être contrôlée par le Tribunal fédéral que sous l'angle restreint de l'arbitraire. L'art. 29 al. 3 Cst. offre une garantie minimale, dont le Tribunal fédéral examine librement le respect (ATF 127 I 202 consid. 3a). En l'espèce, la recourante reconnaît elle-même que l'art. 76 du Code de procédure civile jurassien n'offre pas de garantie plus étendue que la garantie constitutionnelle fédérale. La Cour de céans limitera donc son examen à la compatibilité de la décision attaquée avec cette garantie-ci. 5.2 Aux termes de l'art. 29 al. 3, première phrase, Cst., toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes a droit, à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de succès, à l'assistance judiciaire gratuite. Selon la jurisprudence (ATF 119 Ia 337 consid. 4b; 126 V 42 consid. 4), encore confirmée récemment (ATF 131 II 306 consid. 5.2.1), sur laquelle il n'y a aucune raison de revenir, les personnes morales n'ont, en principe, pas droit à l'assistance judiciaire. Il est vrai que la jurisprudence n'a pas exclu d'accorder l'assistance judiciaire à une personne morale si son seul actif est en litige et si les personnes physiques qui en sont les ayants droit économiques sont sans ressources (ATF 131 II 306 consid. 5.2.2 et les arrêts cités). En refusant de mettre la recourante au bénéfice de l'assistance juridique gratuite, le magistrat intimé n'a nullement méconnu ces principes. Il n'y avait, en effet, pas matière à faire exception, en l'espèce, au principe voulant qu'une personne morale ne puisse pas réclamer un tel bénéfice. Aussi bien, il semble avoir échappé à la recourante que le procès au fond n'a pas trait à son seul actif, mais à une dette dont les demandeurs se prétendent titulaires à son égard. L'une des conditions cumulatives susceptibles de justifier une dérogation au susdit principe n'est donc pas réalisée dans le cas présent. 5.3 Cela étant, les autres griefs articulés par la recourante sous chiffres 4 à 6 de son mémoire, qui se rapportent tous à la seconde condition à laquelle la jurisprudence subordonne une éventuelle exception au principe précité, à savoir l'état d'indigence des ayants droit de la personne morale, concernent des éléments de fait qui n'ont pas d'incidence sur la solution de la question litigieuse. Point n'est, dès lors, besoin de s'y arrêter.