Citation: 4A_101/2015 E. A

A.a. Après une mise en consultation publique du 10 juin au 31 octobre 2005, une information générale assurée par publication au Bulletin officiel et affichage au pilier public des communes du canton, puis une information particulière opérée par la mise sur pied de séances d'information ad hoc, le Conseil d'Etat du canton du Valais a adopté le 28 juin 2006 le plan sectoriel concernant la 3e correction du Rhône (PS-R3), qui a pour objectif de définir une politique cohérente d'aménagement et de protection contre les crues liées au Rhône. Basé sur l'art. 2 LAT (RS 700), le PS-R3 ne règle pas dans le détail les questions d'affectation, d'équipement ou d'exécution, mais pose néanmoins des exigences concrètes et localisées afin que les procédures d'approbation de plans et d'autorisation de construire qui s'ensuivent puissent être menées en conséquence. Il comprend trois parties, à savoir un rapport - contenant une partie informative et une partie contraignante pour les autorités cantonales et communales -, des cartes (la carte indicative des dangers liés au Rhône et la carte de l'espace Rhône), ainsi que des fiches spécifiques pour chaque commune riveraine. Dans le périmètre de danger selon la carte indicative, toute demande de construire doit faire l'objet d'un préavis cantonal, qui peut être positif tout en étant assorti de restrictions; la possibilité de construire dépend notamment des travaux de sécurisation à entreprendre en rapport avec la 3e correction du Rhône. Dans " l'espace Rhône ", la construction est en revanche en principe interdite. Le Service des routes et des cours d'eau du canton du Valais (SRCE) est tenu de se conformer, dans l'accomplissement de ses tâches, aux conditions et exigences posées par le PS-R3. Du 16 mai au 30 septembre 2008 a été publié pour information publique le projet du plan d'aménagement de la 3e correction du Rhône (PA-R3). Cet avant-projet, édité pour chaque commune riveraine à l'échelle 1 : 10'000, définit la solution technique retenue pour la sécurisation dudit fleuve, de sa source au Léman. Après cette phase d'information publique, l'avant-projet de PA-R3 a été mis à jour sur la base de la synthèse des remarques récoltées. Le PA-R3 a été validé par le Conseil d'Etat valaisan le 21 novembre 2012. A.b. D.________ Sàrl (ci-après: D.________ ou l'entrepreneur), à ... (VS), a pour but social la " construction générale de bâtiments en tout genre, tous travaux d'architecte et tout commerce de matériaux de construction, gérance d'immeubles (...) "; E.________ et F.________ en sont les associés gérants, avec droit de signature collective à deux. Participant depuis une quinzaine d'années dans le Chablais vaudois et valaisan à la conduite d'études de projets ainsi qu'à l'édification de villas et de chalets " clés en mains ", D.________ est rompue aux affaires du domaine de la construction immobilière. G.________ Sàrl (ci-après: G.________), à ..., est une société active dans le courtage immobilier, dont H.________ est associée gérante. G.________ entretient depuis de nombreuses années des relations d'affaires avec D.________. Dès 2007, G.________ a fait insérer, dans un journal distribué sur la Commune de P.________, des publicités et des plans détaillés de deux villas qui devaient être érigées par D.________ sur la parcelle n° xxx sise à X.________, propriété de I.________. Il était prévu de vendre les villas sur plans. La parcelle n° xxx se situait dans la zone de danger du plan sectoriel PS-R3, mais hors "l'espace Rhône". D.________ était le promoteur du projet, alors que G.________ intervenait en qualité de courtier. H.________ avait pour rôle de mettre les acquéreurs des biens-fonds en contact avec D.________. B.________ et C.________, très intéressés par l'un des projets de villa, ont pris langue avec H.________. Celle-ci leur a fait signer le 4 mars 2008 un acte intitulé " réservation ferme " portant sur la construction par D.________ d'une villa jumelle, pour le prix global de 601'000 fr., sur la parcelle qui serait créée après division de la parcelle n° xxx. Selon l'acte authentique instrumenté le 3 juin 2008 par le notaire J.________, I.________ a procédé à la division du bien-fonds n° xxx dont elle était propriétaire, créant ainsi deux nouvelles parcelles de 492 m2, la première portant le n° xxx (nouvel état), la seconde le n° zzz. Selon l'acte authentique instrumenté le 23 juin 2008 par le même notaire, I.________ a vendu pour la somme de 90'000 fr. la parcelle n° xxx (nouvel état) à B.________ et C.________, qui en sont devenus copropriétaires par moitié. Il a été retenu que ce bien-fonds était alors situé dans une zone où étaient déjà bâties d'autres habitations. A une date indéterminée entre le 11 mars 2008 et le 30 juin 2008, B.________ et C.________ (maîtres de l'ouvrage) ont conclu avec D.________ un accord intitulé " contrat d'entreprise ", par lequel celle-ci, désignée comme entrepreneur général, s'engageait à ériger une villa de quatre pièces sur la parcelle n° xxx (nouvel état) pour le prix global de 478'300 fr., lequel ne comprenait pas l'achat de la parcelle, ni les travaux personnels estimés à 36'200 fr. L'art. 2 du contrat stipulait que la construction se ferait " par ordre de priorité " selon les dispositions du contrat (let. a), selon le descriptif de construction établi par D.________ et daté du 12 mars 2008, qui a été signé par les parties contractantes (let. b), les conditions générales de la norme SIA 118 (let. c) et les " autorisations officielles, en particulier le permis de construire ... à obtenir par (D.________) auprès de la commune de (X.________) " (let. d). L'art. 5 de l'accord, sous le libellé " Echéance des paiements ", prévoyait que le paiement du prix de l'ouvrage s'effectuerait en neuf phases liées à l'avancement des travaux, selon l'échéancier suivant: - 3% " à la conclusion du contrat et obtention du crédit "; - 7% à la réception du permis de construire; - 10% à la fin des terrassements; - 10% à la pose du radier; - 20% à la fin du gros oeuvre; - 15% à la mise hors d'eau et hors d'air; - 15% à la mise des galandages et des chapes; - 10% à la pose des revêtements intérieurs et des équipements; - 10% à l'état des lieux avant la remise des clefs. D'après l'art. 6 du même contrat, intitulé " Livraison clés en mains ", les travaux devaient débuter " à la mi 2008 " pour s'achever en mars 2009. Le 27 mai 2008, les maîtres de l'ouvrage ont obtenu de la Banque K.________ un crédit de construction de 485'000 fr., garanti par la remise en nantissement d'une cédule hypothécaire au porteur du même montant grevant en 1er rang la parcelle n° xxx (nouvel état) susmentionnée. A.c. Le 11 juin 2008, D.________ a déposé auprès de la Commune de X.________ pour le compte des maîtres de l'ouvrage la demande d'autorisation de construire la villa projetée sur la parcelle n° xxx (nouvel état). Après examen du projet, ladite commune, par courrier du 5 août 2008, a demandé à l'entrepreneur de modifier les plans de la villa, singulièrement ceux des façades, afin que la hauteur des toitures des villas jumelles soit harmonisée et que les fenêtres soient alignées. D.________ a transmis à la commune le 5 septembre 2008 les plans rectifiés des villas jumelles. Requise par l'entrepreneur le 7 octobre 2008 d'autoriser de manière anticipée le commencement des travaux de terrassement sur les deux parcelles n °s xxx (nouvel état) et zzz, la Commune de X.________, par pli du 28 octobre 2008, a répondu défavorablement, au motif que le SRCE avait émis un préavis négatif en rapport avec la troisième correction du Rhône. Par décision prise en séance du 10 novembre 2008 et envoyée le 14 novembre 2008 à D.________, le Conseil municipal de X.________ a refusé la demande d'autorisation de construire présentée par B.________ et C.________, se référant notamment au préavis négatif du SRCE. A la suite du refus de la délivrance du permis de construire, une séance s'est tenue entre D.________ et les maîtres de l'ouvrage, en présence de H.________, au cours de laquelle D.________ a incité ces derniers à contester la décision négative de la Commune de X.________. Le 3 décembre 2008, les maîtres de l'ouvrage ont interjeté un recours administratif auprès du Conseil d'Etat du Canton du Valais contre le refus de l'autorisation de construire. Le Conseil d'Etat valaisan a rejeté le recours par décision du 17 mars 2010, compte tenu de la situation de la parcelle en zone de danger élevé et du préavis négatif du SRCE qui avait mentionné une interdiction de construire, étant précisé que les recourants n'avaient pas fourni à ce service d'expertise portant sur l'ensemble du périmètre concerné, laquelle lui aurait permis de fixer, à titre exceptionnel, les conditions autorisant la construction sur la parcelle litigieuse. Cette décision est définitive. Ayant appris que l'autorité en charge du projet de la 3e correction du Rhône avait décidé d'adopter des mesures anticipées de renforcement de la digue du Rhône sur le territoire notamment de la Commune de X.________, et que la réalisation de ces travaux permettrait à nouveau (sous certaines conditions) l'autorisation de construction dans les secteurs concernés, B.________ et C.________ ont interpellé ladite autorité pour connaître la date prévisible de l'exécution de ces mesures. Par courrier du 14 juin 2010, l'autorité cantonale précitée a répondu qu'un horizon de temps de cinq à sept ans devait être envisagé pour le secteur de X.________. A.d. Entre-temps, par courrier du 14 janvier 2009, D.________ a réclamé aux maîtres de l'ouvrage paiement dans les dix jours de la somme de 14'349 fr., à savoir 3% de 478'300 fr. (prix de l'ouvrage fixé par le contrat d'entreprise) représentant le coût de la première phase des travaux prévus. Dans une écriture de leur conseil du 10 février 2009, les maîtres de l'ouvrage ont contesté la prétention de l'entrepreneur, au motif que celui-ci leur avait garanti que le terrain acquis était constructible; estimant que l'entrepreneur avait failli à son obligation de renseigner, ils ont requis versement par D.________ du montant de 98'064 fr.70, correspondant au prix d'achat de la parcelle n° xxx (nouvel état), par 90'000 fr., plus les frais de notaire et du registre foncier, par 8'064 fr.70. Par plis des 9 mars, 24 mars et 3 juin 2009, D.________ a adressé aux maîtres de l'ouvrage trois rappels pour le paiement de la somme de 14'349 fr. Par lettre recommandée du 17 juillet 2009 adressée à D.________, les maîtres de l'ouvrage, représentés par leur conseil, ont persisté dans leur refus de payer la somme réclamée et invoqué la nullité du contrat d'entreprise conclu avec cette dernière. Le 20 juillet 2009, D.________ a répondu aux maîtres que le contrat était valable et que le montant qu'elle leur réclamait était dû. Les maîtres de l'ouvrage ont maintenu la position exprimée le 17 juillet 2009 dans une écriture qu'ils ont envoyée le 10 août 2009 en recommandé à l'entrepreneur. A.e. Le 14 janvier 2010, D.________ a adressé à B.________ et C.________ une nouvelle note d'un montant de 64'304 fr. pour les " honoraires d'architecte et les travaux effectués à ce jour ", somme se décomposant en 14'349 fr. pour la première phase d'avancement des travaux, 33'481 fr. pour la deuxième phase (7% de 478'300 fr.), 3'800 fr. pour les calculs du béton opérés par l'ingénieur, plus divers autres frais. Le 21 décembre 2010, B.________ et C.________ ont revendu la parcelle n° xxx (nouvel état) à L.________ Sàrl pour la somme de 100'000 fr., moyennant également reprise de la cédule hypothécaire au porteur de 485'000 fr.