Citation: 5A_388/2018 E. 5.7.2

5.7.2. En substance, la juridiction précédente a confirmé les considérations de l'autorité de première instance, selon lesquelles le tuteur n'avait pas agi de manière raisonnable et n'avait pas fait les efforts que l'on était en droit d'attendre de lui, que ce soit sous l'angle des devoirs du tuteur ou de ceux d'un gérant de fortune. Il apparaissait au contraire que A.________ - qui avait été condamné pénalement pour gestion déloyale aggravée en relation avec le complexe de faits faisant l'objet de la présente affaire - n'avait pas seulement fait preuve de négligence, mais avait agi sciemment en violation des principes et règles applicables en matière de tutelle, qu'il connaissait ou devait connaître, de sorte que sa faute ne faisait aucun doute. Pour le surplus, le tuteur ne pouvait rien tirer du caractère exceptionnel et imprévisible de la crise financière, puisque s'il avait géré le patrimoine de son pupille en conformité avec le RATu comme il était tenu de le faire, ce patrimoine n'aurait pas été affecté par la baisse des cours de la bourse, à tout le moins pas dans la même mesure, dès lors que c'était l'augmentation du risque action, notamment par l'acquisition de produits structurés non autorisés par le RATu, qui avait eu pour conséquence que le portefeuille avait subi de plein fouet la crise boursière. Il était en outre indifférent, dans l'appréciation de la faute, que le tuteur ait soi-disant respecté la " vision ancienne et présumée de feu H.C.________ " ou que l'usage des produits structurés soit prétendument normal dans un mandat de gestion, puisqu'il lui incombait de gérer le patrimoine de son pupille en conformité de la réglementation tutélaire applicable, notamment du RATu, et non selon les standards de la gestion de fortune. La cour cantonale a retenu que quoi qu'il en soit, A.________ n'avait en réalité pas respecté la stratégie choisie par feu H.C.________, mais s'en était au contraire clairement écarté. En outre, A.________ avait agi à la fois en tant que représentant légal de son pupille et en tant qu'organe de B.________ SA - censée percevoir l'honoraire de gestion ainsi que les commissions et rétrocessions - se retrouvant ainsi en situation de conflit d'intérêts contraire au Code de conduite de l'ASG, ce qu'il ne pouvait raisonnablement ignorer vu son expérience de près de trente ans dans le domaine de la gestion de fortune. Il ne pouvait pas non plus ignorer l'existence du RATu, quand bien même il n'était pas établi que la Justice de paix le lui aurait remis, ce règlement étant aisément accessible à l'instar de toutes les lois vaudoises; enfin, on peinait à croire, au vu de sa formation et de sa profession de gérant de fortune notamment, qu'il avait assumé un tel mandat sans se renseigner sur les dispositions applicables, le Tribunal fédéral étant d'ailleurs parvenu aux mêmes conclusions dans son arrêt du 16 mars 2015 confirmant sa condamnation pénale.