Citation: 6B_865/2015 E. 1

Les faits constatés par cette autorité, encore pertinents ici, sont les suivants: - E.B.________, de nationalité française et algérienne, est décédé à Paris en mars 2010. Il était l'époux de A.________ et le père de B.B.________, de C.B.________, de D.B.________ et de X.________. - En avril 2010, X.________ a annoncé aux consorts B.________ être la seule et unique héritière d'actifs se trouvant dans des banques suisses dont la banque F.________ SA. Par la suite, elle leur a indiqué que E.B.________ avait légué l'intégralité de sa fortune aux nécessiteux et lui avait demandé de la gérer. - En juin 2010, il s'est avéré que X.________ était, selon la documentation bancaire présentée, l'unique ayant droit économique des avoirs auparavant détenus par son père auprès de la banque F.________ SA, par le truchement d'une société panaméenne G.________ Corp. Ces avoirs s'élevaient en juin 2010 à EUR 20'000'000.- (ci-après avoirs H.________). - La banque F.________ SA a présenté aux consorts B.________ un document du 18 octobre 2006 selon lequel ces derniers, en leur qualité d'actionnaires d'une société de droit algérien, K.________ Sàrl, avaient prétendument confirmé que X.________ était titulaire des avoirs H.________. Ce document était un faux, les signatures ayant été imitées. - Toujours en 2010, les consorts B.________ d'une part, X.________ d'autre part, assistés chacun d'avocats, avaient oeuvré à la rédaction d'un accord. Une convention a été signée par les précités le 8 mars 2011. Cet accord confirmait que X.________ était seule bénéficiaire des avoirs H.________ et qu'elle pouvait administrer ce patrimoine selon ses souhaits. A teneur de cet accord, les consorts B.________ laissaient X.________ seule en charge de gérer les avoirs destinés aux bonnes oeuvres, soit, selon l'accord trouvé 40% des avoirs, dont elle pourrait disposer et les affecter de manière libre et discrétionnaire aux bonnes oeuvres de son choix selon les volontés du défunt. Le reste de l'argent, soit environ EUR 12'000'000, devait être partagé entre les parties. - En décembre 2011, les consorts B.________ ont indiqué avoir découvert, dans les affaires personnelles de feu E.B.________, un testament daté du 1er février 2008. Celui-ci ne mentionnait pas les avoirs H.________. Il ne contenait toutefois pas non plus de clause prévoyant un versement aussi important que EUR 8'000'000 à des nécessiteux. Les consorts B.________ ont dès lors estimé avoir été abusés par X.________, qui leur aurait fait croire que la volonté du défunt était de mettre sa fortune au profit de personnes défavorisées. - Le 6 mars 2013, les consorts B.________ ont initié une procédure arbitrale, conformément à la clause arbitrale prévue par la convention du 8 mars 2011, afin de faire constater la résolution et la nullité de cette convention et d'ordonner à X.________ le rapport de EUR 8'840'096 dans la succession de E.B.________ et le versement aux consorts B.________ de leur part successorale de ce montant, calculée selon le droit algérien. Le Tribunal arbitral a rendu sa sentence finale le 19 mars 2015. S'agissant du testament daté du 1er février 2008, il a jugé qu'il était nul, ne respectant pas la forme olographe. Au demeurant, le défunt avait considéré, au moment de sa rédaction, que les biens détenus sur le compte H.________ étaient devenus la propriété de sa fille et il n'avait prévu aucune disposition les concernant. S'agissant du document précité du 18 octobre 2006, le Tribunal arbitral a retenu qu'il avait été remis aux banquiers par E.B.________ lui-même et rien ne permettait d'incriminer X.________. Le Tribunal arbitral a par conséquent entièrement rejeté la demande des consorts B.________. Se fondant sur ces faits, la Chambre pénale de recours a confirmé le classement de l'accusation de faux dans les titres relatif au document du 18 octobre 2006, compte tenu de la procédure pénale algérienne déjà bien plus avancée sur ce point et en application des art. 8 al. 3 et 319 al. 1 let. e CPP. Quant à l'accusation d'escroquerie, les consorts B.________ invoquaient que X.________ avait dissimulé le testament de leur père, avait proféré des affirmations fallacieuses lors des négociations de la convention et qu'ils voulaient préserver l'unité familiale. La Chambre pénale a retenu notamment que le testament daté du 1er février 2008 était nul et ne comportait aucune disposition concernant les biens dont les consorts B.________ disaient avoir été spoliés. La dissimulation de ce document, dût-elle être admise, n'était aucunement à même de provoquer une diminution du patrimoine des recourants. Ce document se trouvait en outre dans les papiers appartenant au défunt, à libre disposition des consorts B.________. Même à retenir, ce qui n'était pas démontré, que X.________ en aurait dissimulé l'existence, l'astuce ne saurait être admise au vu de la situation conflictuelle et de l'importance subjective qu'ont attribuée par la suite les consorts B.________ à ce document. Ceux-ci, assistés d'avocats, ne pouvaient s'affranchir, en faisant preuve de la diligence minimale requise, de prendre connaissance des documents personnels du défunt, qui plus est si ces documents se trouvaient à leur libre disposition et représentaient une masse, somme toute, très raisonnable. Pour le surplus, le simple fait que X.________ ait affirmé, sans le démontrer, que son père désirait mettre à disposition des pauvres sa fortune et que les consorts B.________ l'aient crue, n'avait rien d'astucieux. La préservation de l'unité familiale invoquée par les consorts B.________ pour justifier qu'ils aient accepté de conclure la convention était une vue de l'esprit. C.b. Par arrêt ACPR/387/2015 du 17 juillet 2015, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de Genève a partiellement admis le recours de X.________ et de son conseil contre l'ordonnance du 3 novembre 2014, ce uniquement s'agissant du refus du ministère public d'allouer à X.________ une indemnité fondée sur l'art. 429 al. 1 let. a CPP. Elle lui a alloué une indemnité de 11'437 fr. 50, à charge de l'État, et condamné les prénommés aux frais de la procédure de recours dans la mesure où ils avaient succombé, le solde étant imputé à l'État.