Citation: 4C.30/2000 10.04.2000 E. A

A.- Par contrat du 20 novembre 1991, Sigmund, Eve, Daniel et Michel Toman ont vendu à la société en nom collectif G. & A. Vaudaux, J. & G. Vaudaux successeurs, la totalité du capital-actions de Chemla S.A., à Vevey, pour le prix de 300 000 fr. Les pourparlers relatifs à cette transaction avaient débuté plus d'un an auparavant. Au cours de ceux-ci, la société en nom collectif avait notamment demandé à la Fiduciaire Gestoval une étude de la situation de Chemla S.A. Durant les semaines précédant la signature de la convention de vente, Sigmund Toman, qui était "seul maître à bord" de Chemla S.A., avait déclaré à diverses reprises à la société en nom collectif que l'exercice 1991 ne serait pas plus défavorable que l'exercice 1990, qui s'était soldé par une perte d'exploitation de 23 949 fr., corrigée par Gestoval à 57 854 fr. Par ailleurs, Sigmund Toman avait affirmé que Chemla S.A. possédait des stocks non inventoriés au bilan pour plus de 200 000 fr. Enfin la société en nom collectif avait été informée que Chemla S.A. avait engagé une directrice commerciale pour un salaire brut d'environ 88 200 fr. Dès le début de l'année 1992, la directrice commerciale s'est aperçue que beaucoup de factures étaient restées impayées, alors qu'il n'y avait aucune liquidité. Elle en a avisé immédiatement le nouvel administrateur, Jacques Vaudaux, qui a demandé que l'on procède à des vérifications et inventaires. Le 14 février 1992, la Fiduciaire Currat, organe de contrôle de Chemla S.A., a remis à celle-ci un premier tirage de la situation comptable au 31 décembre 1991, faisant apparaître une perte de 144 536 fr. Ce n'est qu'à réception de ce document que la société en nom collectif a pu envisager une perte dépassant sensiblement ce qui était prévu. Dans un courrier du 25 mai 1992 adressé à Sigmund Toman, Jacques Vaudaux envisageait une perte de près de 300 000 fr. Par lettre de son conseil du 19 janvier 1993, la société en nom collectif, s'estimant trompée sur la valeur des actions achetées, a déclaré qu'elle invalidait la convention et réclamait restitution. Le 10 février 1993, la Fiduciaire Currat a remis les comptes pour l'année 1991, révélant une perte d'exploitation de 325 541 fr.95.