Citation: 8C_511/2023 E. 4

La cour cantonale a jugé que l'expertise des docteurs G.________ et H.________ ne pouvait pas se voir reconnaître pleine valeur probante car elle contenait plusieurs contradictions et des lacunes. En ce qui concernait l'aspect somatique, les indications de la rhumatologue sur la durée de l'incapacité de travail de l'assurée imputable à la capsulite rétractile à l'épaule droite étaient pour le moins imprécises et d'ordre théorique. La conclusion de l'experte, selon laquelle l'assurée avait recouvré une capacité de travail entière dans l'activité habituelle au décours de cette capsulite, ne convainquait pas non plus dès lors qu'elle avait observé chez celle-ci, qui est droitière, une diminution des amplitudes du bras droit. Sur le plan psychique, la cour cantonale a relevé que le docteur H.________, tout en reprenant à son compte les diagnostics posés par ses confrères (épisode dépressif moyen et syndrome douloureux somatoforme), n'expliquait pas les raisons pour lesquelles il se distançait de leurs avis au sujet de la capacité de travail de l'assurée. De plus, cet expert n'analysait pas en détail les indicateurs développés par la jurisprudence ou ne les appliquait pas correctement. Cela étant, la cour cantonale a considéré qu'il n'était pas indispensable de mettre en oeuvre une nouvelle expertise. Se fondant sur les avis des médecins traitants - qui avaient signalé une exacerbation des douleurs à la suite notamment des deux atteintes successives aux épaules et le fait que l'assurée avait désormais de la peine à gérer leur intensité -, elle a constaté une aggravation des symptômes douloureux après 2017. Le diagnostic de trouble somatoforme douloureux étant unanimement admis par tous les médecins consultés, la cour cantonale a procédé elle-même à l'appréciation de la situation à l'aune des indicateurs jurisprudentiels, relevant qu'elle disposait des constatations médicales pour ce faire. À l'issue de son analyse, la cour cantonale est parvenue à la conclusion que la recourante ne disposait plus des ressources nécessaires pour surmonter son trouble et qu'elle était incapable de travailler à 100 % dans toute activité depuis le 1er septembre 2020, ce qui lui donnait droit à une rente entière d'invalidité à partir du 1er décembre 2020.