Citation: 4P.32/2007 11.04.2007 E. 3.3

3.3.1 Sous chiffre 1, la recourante reproche au Tribunal arbitral d'avoir rendu "une décision erronée sur le contrat de cession". Selon elle, en effet, la déclaration du 19 février 1997 et le contrat de prêt, de même que l'ensemble des circonstances, auraient dû le conduire à admettre que Z.________ lui avait valablement cédé les créances en paiement du prix de l'ouvrage dont elle était titulaire à l'encontre de la joint venture. Dans ce contexte, la recourante signale des faits qui auraient dû être mentionnés dans la sentence attaquée. En formulant ainsi ce premier grief, la recourante ne fait, en réalité, qu'opposer de manière péremptoire sa propre interprétation des documents cités par elle et des circonstances de la cause à celle des arbitres majoritaires, sans indiquer en quoi l'interprétation faite par ceux-ci serait erronée et sans démontrer non plus pourquoi il conviendrait exceptionnellement de tenir compte d'autres faits que ceux qui ressortent de ladite sentence. Le grief en question est, partant, irrecevable. 3.3.2 Dans un second groupe de moyens, intitulé "Contrariété de motifs de la sentence", la recourante soutient que ces motifs défient toute logique juridique et n'ont pas le sens commun en tant qu'ils admettent, tout à la fois, que Y.________ a consenti à la cession et que celle-ci n'existerait pas. Cette seule affirmation ne saurait remplacer un grief dûment motivé, ce qui rend le recours irrecevable sur ce point également. Concédant tout de même que le Tribunal arbitral s'est expliqué sur cette apparente contradiction, la recourante lui reproche de l'avoir fait au moyen d'une approche inadéquate. Selon elle, en effet, étant donné que le consentement de Y.________ à la cession créait une forte présomption quant à l'existence de celle-ci, le Tribunal arbitral aurait dû admettre la réalité de la cession. Tel n'est pas le cas. En droit suisse, le fardeau de la preuve de la cession incombe au cessionnaire dans la mesure où il en déduit des droits (art. 8 CC). C'est donc à celui-ci de prouver l'existence et le contenu de la cession (Andreas von Tuhr/Arnold Escher, Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, vol. II, p. 362; Thomas Probst, Commentaire romand, n. 74 ad art. 164 CO). Aussi appartenait-il, en l'espèce, à la recourante d'établir l'existence de la cession de créance dès lors que c'est elle qui entendait rechercher le sujet passif des créances prétendument cédées et emprunter, pour ce faire, la voie arbitrale en se prévalant d'une convention d'arbitrage constituant l'accessoire desdites créances. Le moyen soulevé par la recourante apparaît ainsi manifestement mal fondé, si tant est qu'il soit recevable. 3.3.3 Sous chiffre 3, la recourante formule un grief qui n'est guère compréhensible. Elle soutient, apparemment, qu'il importe peu qu'elle n'ait pas signé ou accepté la cession de créance découlant de la déclaration du 19 février 1997 ou du contrat de prêt dès l'instant où, en vertu de l'art. 6 CO, elle n'était pas censée le faire de manière expresse. Toutefois, cet argument, relatif au comportement du soi-disant cessionnaire, n'est pas décisif dans la mesure où le Tribunal arbitral a tenu compte aussi, voire surtout, du comportement de la partie cédante, i.e. Z.________, pour conclure à l'absence de preuve touchant l'existence de la cession de créance contestée, en émettant, à cet égard, de sérieux doutes quant à l'authenticité de la signature apposée sur le contrat de prêt par le représentant de ladite société (un certain Dr ...). 3.3.4 Enfin, la recourante rappelle que Y.________ a versé, pendant de longues années, les sommes dues à Z.________ sur son compte, sans qu'aucune des parties ne trouve à y redire. A l'en croire, pareil comportement serait déterminant pour l'interprétation des manifestations de volonté de celles-ci. Le Tribunal arbitral a réfuté cet argument aux paragraphes 269 ss de sa sentence. On cherche en vain, dans l'acte de recours, une critique recevable des motifs qu'il y a énoncés. 3.4 Il suit de là que le moyen fondé sur l'art. 190 al. 2 let b LDIP ne peut qu'être rejeté dans la faible mesure où il est recevable.