Citation: 6B_1321/2017 E. 4.2

4.2. L'autorité précédente a exposé que, durant toute la procédure, le recourant avait montré très peu de pouvoir d'introspection et avait fait preuve de réactions souvent immatures. Il avait toujours tenté de minimiser ses actes, ne s'était pas laissé arrêter par une première détention et avait en outre usé d'une violence inquiétante. Sa prise de conscience était très limitée. Dans ce contexte, la peine apparaissait, avec une vraisemblance confinant à la certitude, insuffisante pour détourner celui-ci de la commission de nouvelles infractions. L'expert avait par ailleurs précisé de manière convaincante que le risque de récidive était très élevé. Cette appréciation était confirmée par le nombre, la régularité et la nature des infractions dont le recourant s'était rendu coupable sur une période d'environ 8 mois. La peine ne pouvait ainsi conduire à une amélioration du pronostic légal. L'expert avait diagnostiqué chez le recourant un trouble de la personnalité dyssociale. L'intéressé était certes relativement jeune et un tel diagnostic ne devait pas être compris comme une "étiquette définitive" non susceptible d'évoluer. La difficulté par rapport à ce trouble était de savoir si celui-ci constituait la cause ou la conséquence des infractions. Il s'agissait bien, selon la cour cantonale, d'une pathologie - répondant à la définition légale d'un trouble du développement - appelant un traitement. En outre, la procédure avait permis de mettre en évidence chez le recourant un fort potentiel de violence, non seulement dans le cadre d'une relation mais encore envers un simple quidam. La sécurité publique était ainsi menacée de manière concrète. S'agissant plus particulièrement du trouble diagnostiqué chez le recourant, la cour cantonale a indiqué que celui-ci pouvait être qualifié de grave. A l'appui de cette constatation, elle s'est référée à l'avis de l'expert, à l'irrespect du recourant pour les règles de la vie en société, à la gravité des transgressions constatées ainsi qu'au ton avec lequel celui-ci s'était adressé aux autorités lorsqu'il était contrarié. L'expert avait par ailleurs, de manière convaincante, relevé que les actes commis par le recourant étaient à mettre en relation avec le trouble l'affectant. L'autorité précédente a relevé que l'expert avait proposé un traitement fondé sur le modèle "risque, besoins, réceptivité", qui permettait d'évaluer et de traiter les délinquants. Ce modèle avait été élaboré dans un paradigme mettant au centre les processus cognitifs de l'apprentissage social du comportement criminel. L'expert avait proposé diverses interventions thérapeutiques, soit des interviews motivationnels pour amener le recourant à un travail psychothérapeutique, une reconnaissance des schémas amenant à la consommation de l'alcool, une reconnaissance des schémas amenant à la violence ou à des comportements antisociaux, une identification et une gestion des pensées et affects liés aux comportements violents, une reconnaissance de la tendance à renvoyer la culpabilité sur autrui et à justifier rationnellement un comportement agressif, une gestion de la frustration dans les différents contextes sociaux difficiles, ou le développement d'un projet d'occupations se fondant sur les intérêts et motivations professionnels de l'intéressé, pouvant aider à une insertion professionnelle future. Le traitement proposé ne se fondait pas sur un modèle médical ou psychiatrique, mais désignait un ensemble d'interventions psychosociales conçues pour réduire le risque de récidive. Il s'agissait d'une psychothérapie au long cours, avec une prise en charge pluridisciplinaire. Une psychothérapie classique, chez un psychothérapeute seul, n'était pas adaptée. La prise en charge devait ainsi être assurée par une équipe multidisciplinaire et ne pouvait être mise en place dans un milieu carcéral. S'agissant des chances de succès de la mesure, la cour cantonale a indiqué que l'expert était d'avis que le traitement proposé n'avait que peu de chances d'aboutir à un résultat si le recourant ne s'y engageait pas pleinement. La faible conscience morbide, la faible reconnaissance de sa responsabilité et le manque de regrets d'avoir enfreint la loi constituaient l'écueil majeur pouvant empêcher celui-ci de s'investir dans un tel traitement. Cependant, l'expert était d'avis que s'il était possible de faire comprendre au recourant qu'un tel traitement était tout à son bénéfice, le traitement serait "sur une voie prometteuse". Selon la cour cantonale, l'âge du recourant ne permettait pas d'exclure une véritable rémission. Le fait que celui-ci ne soit pas motivé pour suivre un traitement stationnaire ne permettait pas de préjuger des chances de succès du traitement ni de renoncer au prononcé d'une mesure. Il suffisait en effet que le recourant soit susceptible d'être motivé - ce qui avait été confirmé par l'expert - pour que la mesure puisse être ordonnée. L'autorité précédente a par ailleurs relevé que le recourant avait déjà donné un accord de principe pour une thérapie, même si ce n'était qu'en mode ambulatoire. Certains facteurs pouvaient en outre favoriser un progrès thérapeutique chez l'intéressé, soit en particulier l'existence de relations familiales et des capacités personnelles pour suivre une formation. En définitive, la vraisemblance que le traitement proposé puisse réduire de manière significative le risque de récidive dans un délai de quatre ans devait être apprécié de manière assez positive, en particulier eu égard à l'âge du recourant. L'autorité précédente a enfin considéré que le traitement préconisé par l'expert ne pouvait être mis en place de manière ambulatoire. Par ailleurs, vu la gravité des infractions pour lesquelles le recourant était condamné, la mesure prononcée n'était pas disproportionnée.