Citation: U 193/03 08.10.2004 E. 4

L'intimée et les premiers juges se sont essentiellement fondés sur les conclusions des docteurs L.________, du 12 janvier 1998, et S.________, du 26 janvier suivant, pour fonder leur appréciation de la capacité de travail du recourant. Le recourant s'appuie pour sa part sur les rapports établis par le docteur V.________. 4.1 Les constatations du docteur V.________ relatives à l'état du genou gauche du recourant sont en réalité identiques à celles des docteurs L.________ et S.________, à savoir, un genou stable, sans épanchement ni troubles neurologiques, l'assuré décrivant toutefois des douleurs persistantes. Mais alors que les docteurs L.________ et S.________ admettent sur la base de ces constatations, l'absence de séquelles accidentelles susceptibles d'expliquer objectivement les douleurs de l'assuré et d'entraîner une incapacité de travail, le docteur V.________ retient une incapacité de travail de 50 % en raison de gonalgies. 4.2 Les rapports des docteurs L.________ et S.________ sont cohérents et exposent clairement pour quels motifs ces praticiens ne retiennent pas de lien de causalité entre les douleurs exprimées par l'assuré et l'accident assuré. Dans la mesure où ces praticiens se sont essentiellement concentrés sur l'état du genou gauche de l'assuré, leurs constatations relatives à l'absence de substrat objectif expliquant les douleurs ne sont pas mises en cause par le rapport établi en mars 1998 par les docteurs L.________, V.________ et B.________. Sans faire état de séquelles accidentelles persistantes au genou gauche, ce rapport prend en considération l'état de santé de l'assuré de manière globale et décrit des atteintes dégénératives des hanches ainsi que leur effet sur le fonctionnement de tout le membre inférieur gauche. Or, comme le précise le docteur S.________, la coxarthrose décrite par ses confrères, de même qu'une éventuelle tendinite consécutive à cette affection, ne peuvent être attribuées à l'événement accidentel du 20 janvier 1997. Partant, si une incapacité de travail ne peut être totalement exclue, selon le docteur S.________, il n'y aurait pas lieu d'admettre, quoi qu'il en soit, qu'elle serait en relation de causalité naturelle avec l'accident assuré. 4.3 Contrairement à ce que soutient le recourant, le rapport établi par le docteur V.________ ne permet pas de mettre en doute cette constatation, faute de revêtir une valeur probante suffisante. Ce rapport décrit une incapacité de travail de 50 % en se fondant presque exclusivement sur les déclarations de l'assuré, et retient un lien de causalité naturelle entre cette incapacité et l'accident du 20 janvier 1997, essentiellement en raison de l'absence de symptômes avant cet événement. Or, les seules déclarations de l'intéressé ne sauraient constituer une démonstration suffisante de son incapacité de travail, quand bien même la sensation de douleur revêt une grande part de subjectivité; il convient bien plutôt de vérifier si les plaintes de l'assuré sont cohérentes et si elles sont susceptibles d'être expliquées par un substrat objectif, ce qui fait défaut dans les rapports médicaux dont se prévaut le recourant. Par ailleurs, la seule apparition de symptômes postérieurement à un accident ne suffit pas à retenir leur origine accidentelle (raisonnement «post hoc, ergo propter hoc»; cf. ATF 119 V 341 sv. consid. 2b/bb; RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv. consid. 3b); l'application de ce raisonnement est d'autant moins convaincante en l'espèce que le recourant souffrait déjà de gonalgies avant l'accident assuré et que son médecin traitant avait attesté plusieurs périodes d'incapacité de travail en 1996. 4.4 La mise en oeuvre d'une expertise complémentaire, demandée par le recourant, n'apporterait selon toute vraisemblance aucune constatation nouvelle, mais uniquement une appréciation médicale supplémentaire sur la base d'observations identiques à celles de l'ensemble des médecins déjà consultés quant à l'état objectif du genou gauche de l'assuré. C'est donc à juste titre que la juridiction cantonale a renoncé à un complément d'instruction et nié la persistance d'une incapacité de travail en raison d'atteintes accidentelles à ce genou, sur la base des rapports convaincants établis par les docteurs L.________ et S.________.