Citation: 4P.190/2000 23.11.2000 E. 2

2.- a) Les règles sur l'immunité de juridiction reconnue aux Etats étrangers doivent être considérées comme des normes de droit fédéral sur la compétence (ATF 124 III 382 consid. 2a). Pour un recours de droit public, il faut considérer comme une décision finale celle qui met un terme au procès, qu'il s'agisse d'une décision sur le fond ou d'une décision qui clôt l'affaire pour un motif tiré des règles de la procédure; est en revanche une décision incidente celle qui est prise pendant le cours de la procédure et ne représente qu'une étape vers la décision finale; elle peut avoir pour objet une question formelle ou matérielle, jugée préalablement à la décision finale (ATF 123 I 325 consid. 3b; 122 I 39 consid. 1a; 120 III 143 consid. 1a). Comme elle a admis l'immunité de juridiction, la cour cantonale en a déduit qu'elle était incompétente. Cette décision met un terme à la procédure et constitue donc une décision finale susceptible d'un recours de droit public. Si la cour cantonale avait admis sa compétence, le procès aurait continué, de sorte que la décision aurait revêtu un caractère incident; les décisions incidentes sur la compétence sont cependant également susceptibles d'un recours de droit public immédiat (elles ne peuvent d'ailleurs être attaquées avec le fond) (cf. art. 87 OJ; ATF 124 III 134 consid. 2a; 122 I 39 consid. 1a). b) Le recours de droit public au Tribunal fédéral est ouvert contre une décision cantonale pour violation des droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 let. a OJ). Comme on vient de le voir, la décision attaquée doit être qualifiée de finale. Elle n'est susceptible d'aucun autre moyen de droit sur le plan fédéral ou cantonal dans la mesure où la recourante invoque la violation directe d'un droit de rang constitutionnel, de sorte que la règle de la subsidiarité du recours de droit public est respectée (art. 84 al. 1 et 86 al. 1 OJ). En revanche, si la recourante soulève une question relevant de l'application du droit fédéral (et les règles sur l'immunité de juridiction en font partie), le grief n'est pas recevable, parce qu'il pouvait faire l'objet d'un recours en réforme (art. 43 al. 1 et 84 al. 2 OJ). c) Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (ATF 125 I 492 consid. 1b; 122 I 70 consid. 1c; 121 IV 317 consid. 3b). Il se fonde sur les faits retenus par l'instance cantonale, à moins que le recourant ne démontre que l'état de fait a été établi en violation de ses droits constitutionnels.