Citation: 2C_61/2020 E. 6.5

6.5. Du point de vue des intérêts privés en jeu, on peut relever ce qui suit. La recourante 2 a eu deux enfants au Kosovo avec le recourant 1, alors que celui-ci vivait en Suisse, marié à une autre femme. Elle s'est mariée avec lui en 2006, mais ne l'a rejoint en Suisse qu'en 2015; elle a donc vécu la plus grande partie de sa relation avec le recourant 1 à distance. Quant aux recourants 3 et 4, ils ont depuis leur naissance grandi loin de leur père. Ils avaient déjà 12 ans, respectivement 10 ans, lorsqu'ils sont venus vivre auprès de lui en Suisse. Le refus des autorisations sollicitées a pour conséquence que les recourants retrouveront les relations qui ont été les leurs pendant toutes ces années, ce qui paraît acceptable. Certes, les recourants vivent réunis depuis presque cinq ans en Suisse et les recourants 3 et 4 ont passé une partie de leur adolescence dans ce pays. Cependant, à l'issue du visa touristique en 2015 et en l'absence d'un autre titre de séjour, les recourants 2, 3 et 4 auraient dû repartir au Kosovo (cf. arrêt 2C_969/2017 du 2 juillet 2018 consid. 3.5). Partant, le fait que, depuis presque cinq ans, ils vivent en Suisse et s'y intègrent ne saurait revêtir une portée déterminante, sous peine d'encourager la politique du fait accompli (cf. arrêts 2C_969/2017 du 2 juillet 2018 consid. 3.5; 2C_115/2016 du 31 mars 2016 consid. 6). Par ailleurs, comme les recourants 3 et 4 sont nés au Kosovo et y ont grandi jusqu'à l'âge de 12 ans, respectivement 10 ans, il n'apparaît pas insurmontable pour eux de retourner y vivre, d'autant qu'ils seront accompagnés de leur mère. Pour celle-ci, le retour apparaît également supportable, étant relevé qu'il n'est pas établi qu'elle serait livrée à elle-même en raison du départ de son frère du Kosovo (cf. supra consid. 3.2). On ne voit en particulier pas pour quelle raison elle ne pourrait pas recevoir le soutien de son mari pour se réinstaller. Au vu de son comportement, le recourant 1 devait s'attendre à ce que le regroupement familial demandé en faveur de sa nouvelle épouse et de ses enfants soit refusé. Ce refus ne constitue pas une mesure insupportable pour lui. Il pourra continuer à vivre la relation avec son épouse et ses enfants à distance, ainsi qu'il l'a fait pendant de nombreuses années. Il peut également décider de les rejoindre au Kosovo, pays dont il est ressortissant.