Citation: 9C_45/2007 25.09.2007 E. 5

5.1 La recourante reproche tout d'abord à la juridiction cantonale d'avoir omis le diagnostic d'obésité posé par le docteur B.________ dans son rapport du 26 mars 2004. Dans la mesure toutefois où elle ne rend pas vraisemblable en quoi la prise en compte de cette atteinte, eût-elle été ignorée à tort par les premiers juges, serait susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF; voir aussi le Message du Conseil fédéral concernant la révision totale de l'organisation judiciaire fédérale, FF 2001 4000 ss, p. 4137; Hansjörg Seiler/Nicolas von Werdt/Andreas Güngerich, Bundesgerichtsgesetz [BGG], Berne 2007, ad art. 97 LTF, n. 25 s. p. 417), son grief doit être rejeté. Au demeurant, dès lors que le rhumatologue a fait état de l'excédent de poids dans la catégorie des «diagnostics sans répercussion sur la capacité de travail» (p. 4 de son rapport), l'obésité en soi ne peut être considérée comme constitutive d'une invalidité. 5.2 La recourante soutient ensuite qu'en présence de trois avis médicaux différents sur sa capacité résiduelle de travail - 50% selon le docteur B.________, 60% selon le docteur E.________ et 100% selon la doctoresse I.________ -, la juridiction cantonale n'était pas en mesure de trancher le litige et aurait dû mettre en oeuvre une expertise pluridisciplinaire afin de départager les spécialistes. 5.2.1 En ce qui concerne l'état de santé de la recourante sur le plan somatique, les premiers juges ont pris en considération tant le rapport du docteur B.________ que celui de la doctoresse I.________. Ils ont apprécié ces pièces médicales de manière circonstanciée et ont expliqué de façon convaincante les raisons qui les portaient à suivre l'avis du médecin du SMR plutôt que celui de son confrère B.________ ou, en tant qu'il s'agissait du degré de capacité de travail retenu, du docteur E.________. En particulier, ils ont relevé à juste titre que les conclusions du docteur B.________ étaient davantage fondées sur les limitations psychiques que physiques de la recourante, alors qu'il ne disposait pas d'une évaluation psychiatrique (dont il préconisait du reste la mise en oeuvre). Ainsi, l'expert rhumatologue avait indiqué que le caractère modeste des lésions dégénératives constatées ne permettaient pas à elles seules d'expliquer l'importance du syndrome douloureux qui paraissait modulé par des éléments de fibromyalgie, mais surtout par des éléments extra-vertébraux chez une patiente complètement dépassée par les événements et qui orientait le médecin vers un diagnostic de trouble somatoforme douloureux. Diagnostiquant effectivement une telle atteinte, le docteur E.________ a surtout mis en évidence un syndrome d'amplification des douleurs et des difficultés d'ordre socio-culturel (très faible intégration sociale et culturelle, absence de maîtrise du français), qui ne figurent pas au nombre des atteintes à la santé susceptibles d'entraîner une incapacité de gain au sens de l'art. 4 al. 1 LAI. A la lumière de cette appréciation psychiatrique, le taux réduit de la capacité de travail dont disposait la recourante, selon le rhumatologue, n'apparaissait donc pas convainquant, comme l'a retenu l'autorité cantonale de recours. Les critiques émises par la recourante à l'égard des conclusions de la doctoresse I.________, tirées d'une nécessaire corrélation entre les aménagements du poste de travail et une réduction du rendement, ne sont par ailleurs pas pertinentes. 5.2.2 Quant à l'appréciation de l'état de santé de la recourante du point de vue psychique, la juridiction cantonale a considéré à juste titre - ce qui relève d'une question de droit soumise au libre examen du Tribunal fédéral (supra consid. 1.2 in fine) -, en se fondant en particulier sur le rapport du psychiatre E.________, qu'on pouvait exiger de la recourante qu'elle fournisse l'effort de volonté nécessaire pour réintégrer le processus de travail et exerce une activité adaptée aux limitations fonctionnelles d'ordre somatique (telles que décrites par la doctoresse I.________). Ce faisant, les premiers juges ont pris en considération la jurisprudence (introduite par l'ATF 130 V 352), selon laquelle l'administration ou (en cas de litige) le juge est tenu, même en présence - comme en l'espèce - d'une expertise psychiatrique remplissant pleinement les exigences relatives à la valeur probante, d'examiner soigneusement s'il y a lieu d'admettre à titre exceptionnel une incapacité de travail déterminante, au regard des critères posés par la jurisprudence et compte tenu notamment de la présomption que les troubles somatoformes douloureux ou leurs effets peuvent être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible (ATF 132 V 65 consid. 4.2.1 et 4.2.2 p. 70 s., 131 V 49 consid. 1.2 p. 50, 130 V 352). Cet examen a conduit la juridiction cantonale à nier toute incapacité de travail du point de vue psychique également, malgré que le docteur E.________ ait fait état d'une capacité résiduelle de 60% (au moins). Aucun des critères particuliers dégagés par la jurisprudence en l'absence d'une comorbidité psychiatrique importante n'étaient en effet réalisés. Les arguments de la recourante qui visent à démontrer le contraire ne sont pas fondés. Ainsi, les douleurs qu'elle invoque à titre d'affection corporelle chronique font partie de la symptomatologie propre au trouble somatoforme et ne relèvent pas d'une atteinte somatique indépendante. Au demeurant, le syndrome lombaire et les troubles dégénératifs diagnostiqués par la doctoresse I.________ ont été qualifiés de discrets (cf. rapport médical du 3 août 2006). Au regard du déroulement de ses journées et des relations qu'elle entretient avec sa famille, on ne peut en outre retenir une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. On ne voit pas non plus, en l'absence d'éléments relevés par le docteur E.________ à ce sujet, qu'il existe chez la recourante une source de conflit intra-psychique permettant d'expliquer la persistance du syndrome douloureux jusqu'à une totale interruption de toute activité lucrative. On ne saurait, enfin, parler d'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art en dépit de l'attitude coopérative de la personne assurée, dès lors que le psychiatre a retenu que la recourante ne s'impliquait pas positivement dans un traitement, se contentant de démontrer sa souffrance et sa détresse. S'ajoute encore à l'absence des critères déterminants, le fait que l'assurée présente un syndrome d'amplification des symptômes (cf. rapport du docteur E.________, ch. 4) et une tendance à exagérer nettement ses douleurs (cf. rapport de la doctoresse I.________, p. 4 et 6), ce qui permet de conclure, en règle ordinaire, à l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d'assurance (ATF 131 V 49 consid. 1.2 p. 50). 5.2.3 En conséquence de ce qui précède, il n'y pas lieu de s'écarter de l'appréciation qu'a faite la juridiction cantonale des pièces médicales au dossier en retenant que la recourante ne subissait pas d'incapacité de travail dans une activité adaptée. Par ailleurs, comme les données médicales au dossier apparaissaient suffisantes pour se forger une conviction, on ne saurait reprocher aux premiers juges d'avoir manqué de mettre en oeuvre une expertise pluridisciplinaire (voir aussi sur l'appréciation anticipée des preuves, ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 consid. 3c). Il en découle également que la conclusion subsidiaire de la recourante, visant au renvoi de la cause à l'intimé pour instruction complémentaire, doit être rejetée. 5.3 Enfin, les griefs soulevés par la recourante en ce qui concerne le taux d'invalidité retenu par la juridiction cantonale de recours doivent être écartés. Il est vrai que les premiers juges n'ont pas chiffré précisément le résultat auquel ils sont parvenus en prenant en compte à titre de revenu sans invalidité soit le salaire obtenu par la recourante auprès de C.________ (pour un plein temps), soit, dans l'hypothèse où ce salaire comportait un élément social, le revenu tiré de l'Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS). On peut cependant déduire de leur raisonnement et des chiffres fixés pour les deux éléments de la comparaison (salaire mensuel sans invalidité [3'873 fr., respectivement 2'300 fr.] et avec invalidité [2'905 fr. compte tenu d'un abattement de 25%]) que le degré d'invalidité retenu (25% au maximum) est inférieur à 40% et n'ouvre donc pas le droit à une rente. Le calcul présenté par la recourante ne permet pas de remettre en cause les constatations de la juridiction cantonale sur ce point. Ce calcul repose, d'une part, sur une inversion des données déterminantes dont elle se prévaut (la comparaison des revenus relevant de la formule suivante: [revenu sans invalidité - revenu d'invalide] x 100/revenu sans invalidité). Il se fonde d'autre part sur une incapacité de travail de 60% qui ne peut être retenue en l'espèce (supra consid. 5).