Citation: 5A_1001/2015 E. 5.3.2

5.3.2. L'autorité cantonale, dont l'arrêt n'est pas contesté sur ce point (art. 42 al. 2 LTF; cf. supra, consid. 2), a considéré à bon droit que l'ordonnance du 8 juillet 2014 - exécutoire en Suisse - du Tribunal de Grand Instance de Grenoble statuant provisoirement sur l'entretien de la femme et de l'enfant dans la procédure de divorce introduite en France a libéré le recourant du paiement des contributions dues en vertu de la convention du 8 septembre 2010 homologuée par le Tribunal du district de Monthey sur mesures protectrices. De fait, les effets d'une décision de mesures protectrices de l'union conjugale cessent lorsque, dans le cadre d'une procédure de divorce, une décision de mesures provisionnelles, modifiant ces mesures protectrices, a été rendue et est entrée en force de chose jugée (ATF 137 III 614 consid. 3.2.2; arrêt 5A_217/2012 du 9 juillet 2012 consid. 5.1 et les références, non publié aux ATF 138 III 583). Le Juge unique a en revanche méconnu le droit fédéral en considérant que l'ordonnance du 8 juillet 2014 valait titre de mainlevée définitive de l'opposition au commandement de payer les contributions d'entretien courant de juillet 2014 à mars 2015. Pour que la mainlevée soit prononcée, il faut notamment qu'il y ait identité entre la prétention déduite en poursuite et le titre qui est présenté par le créancier (ATF 139 III 444 consid. 4.1.1; arrêt 5A_58/2015 du 28 avril 2015 consid. 3 non publié aux ATF 141 III 185). Or, tel n'est pas le cas en l'espèce. Selon la cause de l'obligation indiquée dans le commandement de payer (art. 69 al. 2 ch. 1 en relation avec l'art. 67 al. 1 ch. 4 LP) - dont l'une des fonctions est d'individualiser la prétention réclamée par voie d'exécution afin que le poursuivi puisse prendre position (ATF 141 III 173 consid. 2.2.2 et les références) -, la présente poursuite a notamment pour objet les " pensions alimentaires dues pour les mois de janvier à décembre 2014 ", et " janvier, février et mars 2015 ", " à raison de CHF 1'200 par mois pour Mme [...] et CHF 1'400 pour son fils [...] selon convention du 08.09.2010 du Tribunal du district de Monthey ". La requête de mainlevée abonde dans le même sens. Il en ressort clairement que la créancière poursuivante agit en recouvrement des pensions arrêtées dans la convention du 8 septembre 2010. De fait, elle n'a pas produit l'ordonnance du 8 juillet 2014 du Tribunal de Grande Instance de Grenoble qui l'a été, par le recourant, à titre de moyen libératoire comme preuve de l'extinction de la créance mise en poursuite (cf. art. 81 al. 1 LP). Par ailleurs, la somme portée sur le commandement de payer sur la base de la convention du 8 septembre 2010 pour le recouvrement des contributions litigieuses (2'600 fr. par mois) ne correspond manifestement pas à celle qui ressort de l'ordonnance du 8 juillet 2014 (1'000 euros, soit 1'037 fr. 30 par mois selon le taux de conversion de 1,0373 retenu par l'autorité cantonale). Dans ces circonstances, la condition de l'identité de la créance déduite en poursuite et celle allouée par l'ordonnance retenue comme titre de mainlevée par le Juge unique n'est pas remplie (dans le même sens: arrêt 5D_91/2012 du 15 novembre 2012 consid. 4). La mainlevée ne peut dès lors être accordée pour la période courant de juillet à décembre 2014 et de janvier à mars 2015.