Citation: I 134/05 13.03.2006 E. A

F.________, née en 1955, originaire du Pérou, a exercé la profession d'infirmière dans ce pays jusqu'en 1977. Arrivée en Suisse en 1993, elle a obtenu un diplôme d'infirmière en soins généraux, délivré par la Croix-rouge suisse en 1996. Elle a par la suite exercé son métier pour le compte de plusieurs employeurs successifs, dont l'Hôpital X.________. Elle a cessé de travailler le 27 juin 2001 à la demande de son employeur, qui lui a par la suite notifié son licenciement pour le 31 janvier 2002. Le docteur S.________, spécialiste en oto-rhino-laryngologie et allergologie, a attesté une incapacité de travail totale du 25 juillet au 14 octobre 2001, en raison d'un état anxio-dépressif sévère; il a également fait état de plusieurs autres pathologies, notamment d'anémie, de dysfonction cervicale, de syndrome lombo-vertébral et d'allergie respiratoire, en niant toutefois une incapacité de travail en raison de ces atteintes à la santé (rapports des 18 et 20 septembre 2002). Le docteur E.________, médecin traitant de F.________, atteste pour sa part une incapacité de travail totale depuis le mois d'octobre 2001 en raison d'un trouble de la personnalité non spécifié et d'un épisode dépressif d'intensité moyenne avec syndrome somatique (rapport du 13 janvier 2003). Il se réfère, pour ces diagnostics, à un rapport du 20 mars 2002 des docteurs C.________ et B.________, médecins au Département universitaire de psychiatrie adulte des hospices cantonaux vaudois. F.________ a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité, le 6 août 2002. Elle a également demandé le versement d'indemnités journalières en cas de maladie par «La Suisse» Compagnie anonyme d'assurances générales (ci-après : «La Suisse»), avec laquelle l'Hôpital X.________ avait conclu un contrat d'assurance collectif. «La Suisse» a confié au docteur P.________, psychiatre, le soin de réaliser une expertise en vue de déterminer la capacité résiduelle de travail de l'assurée. Celui-ci a établi son rapport le 13 décembre 2002 et a notamment posé le diagnostic de trouble de l'adaptation avec réaction anxio-dépressive (F 43.22, selon la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes établie par l'Organisation mondiale de la santé, 10ème révision [CIM-10]) avec somatisations (nucalgies, vertiges occasionnels en tant qu'équivalents de l'angoisse, gastrites). Il a également fait état de traits de personnalité anancastique avec des traits de névrose de caractère (F 60.5; F 60.9). Selon le docteur P.________, ces atteintes à la santé n'entraînaient pas d'incapacité de travail. A réception de cette expertise, «La Suisse» a refusé d'allouer ses prestations au-delà du 31 décembre 2002. Pour sa part, l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après : office AI) a rejeté la demande, par décision du 18 mars 2003. L'assurée s'y est opposée, en produisant un rapport établi le 23 juin 2003 par la doctoresse V.________, spécialiste en médecine interne et rhumatologie, et faisant état d'une polyarthralgie dans le contexte d'une fibromyalgie. Selon le docteur E.________, ce diagnostic nouveau justifiait un réexamen du droit aux prestations (lettre du 26 août 2003). Par décision sur opposition du 15 décembre 2003, l'office AI a maintenu le rejet de la demande de prestations.