Citation: 6B_785/2021 E. 1.4.1

1.4.1. La cour cantonale a considéré que les déclarations de l'intimée quant au coup porté sur la lèvre étaient parfaitement crédibles. Dans sa plainte du 14 juin 2018, celle-ci avait évoqué le goût du sang dans sa bouche. Au Centre d'accueil E.________, elle avait précisé avoir eu très mal et être allée constater les dégâts dans un miroir, où elle avait vu sa bouche pleine de sang. Aux débats de première instance, elle avait encore déclaré que son mari lui avait donné un coup de poing car elle lui avait demandé d'aller voir des amis, et s'était dit que " c'était ça d'être mariée ". Aux débats d'appel, elle avait confirmé que les faits s'étaient déroulés tels que relatés. Il s'agissait, d'après la cour cantonale, d'un événement marquant dans l'histoire de l'intimée dès lors que celle-ci avait souligné, non seulement dans sa plainte, mais également dans le cadre de son suivi au Centre d'accueil E.________, aux débats de première instance et à l'audience d'appel, que la vision d'elle-même dans le miroir à la suite de ce coup, la bouche en sang, lui avait fait prendre conscience qu'il se passait quelque chose d'anormal. Le fait qu'à cette époque, l'intimée, qui tenait à son mariage et n'envisageait pas de déposer plainte contre son époux, n'avait pas cherché à constituer des preuves sous la forme de photographies de la lésion ou de constat médical, n'était pas décisif. Il en allait de même du fait que personne n'avait constaté les marques, l'intimée ayant expliqué qu'elle les dissimulait en se maquillant lorsqu'elle se rendait au travail. Concernant l'oeil au beurre noir dénoncé, la cour cantonale a considéré que le récit livré par l'intimée dans sa plainte le 14 juin 2018, notamment sur les événements survenus lors de la soirée en cause, puis, avec quelques variations, au Centre d'accueil E.________ et confirmé ensuite à l'audience de première instance et lors des débats d'appel, était parfaitement crédible et le simple fait que les témoins entendus n'avaient pas constaté de marques ne suffisait pas à lui dénier toute crédibilité. La juridiction précédente a en outre relevé que le comportement consistant à vouloir cacher les marques des coups reçus était - au contraire - un comportement caractéristique des victimes de violences conjugales, enfermées dans le déni, la honte et la culpabilité.