Citation: 1C_246/2019 E. 1

Le Tribunal administratif fédéral a estimé que l'enchaînement chronologique rapide des événements - en particulier la séparation des époux (autonome 2013) intervenue moins d'une année après la signature de la vie commune (6 novembre 2012), respectivement quelques mois après l'entrée en force de la décision de naturalisation (janvier 2013) - était de nature à fonder la présomption que, au moment de la signature de la déclaration commune et lors de la décision de naturalisation, la communauté conjugale des époux n'était plus stable et orientée vers l'avenir. Le recourant ne conteste aucun de ces éléments de fait. En l'occurrence, la présomption que sa naturalisation a été obtenue frauduleusement peut effectivement être admise, compte tenu de la séparation des époux intervenue seulement quelques mois après l'octroi de la naturalisation facilitée (cf. notamment arrêts 1C_436/2018 du 9 janvier 2019 consid. 4.3; 1C_362/2017 du 12 octobre 2017 consid. 2.3). Pour l'instance précédente, cette présomption était renforcée par le fait qu'à aucun moment les époux n'avaient tenté de sauver leur union par de quelconques mesures, mais également que le recourant avait fait la connaissance de la mère de ses futurs enfants à peine quatre mois après l'entrée en force de la décision de naturalisation et qu'ils avaient conçu leur premier enfant trois mois après leur rencontre. La conception d'enfants hors mariage par chacun des époux après l'octroi de la naturalisation facilitée constituait également, selon l'instance précédente, un indice supplémentaire que leur union ne présentait pas la stabilité requise lors de la procédure de naturalisation, ce d'autant plus que la relation extraconjugale entretenue par chacun des ex-époux pouvait être qualifiée de suivie et durable. Conformément à la jurisprudence précitée, il s'agit donc uniquement de déterminer si l'intéressé est parvenu à renverser la présomption établie en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune.