Citation: 5A_379/2022 E. 3.2

3.2. Le recourant le conteste. Il soutient d'abord que l'"institution" ne peut se prévaloir de la prescription en raison l'abus de droit qui en résulterait, grief sur lequel ni la Justice de paix ni l'autorité cantonale ne se seraient prononcées, en sorte que son droit d'être entendu aurait été violé. En omettant d'examiner les points qu'il avait soulevés, les juges précédents auraient en outre commis eux-mêmes un abus de droit. Contrairement à ce que soutient le recourant, l'autorité cantonale n'a pas manqué d'évoquer ses arguments tirés de l'abus de droit. Elle a toutefois considéré qu'ils "s'épuis[ai]ent en critiques appellatoires, dès lors que [le recourant] ne démontr[ait] pas en quoi l'appréciation portée par le premier juge serait insoutenable et, partant, contraire au droit". Le recourant se contente de reprendre ses arguments fondés sur l'impossibilité, selon lui, de calculer le prix de son séjour en institution sans une décision relative au droit à des prestations complémentaires. Pour autant qu'elles soient compréhensibles, ces allégations ne permettent pas de considérer que l'autorité cantonale aurait fait preuve d'abus de droit ou violé le droit d'être entendu, ni aucune autre disposition du droit fédéral. Le recourant critique également en vain le point de départ de la prescription. Il affirme à cet égard qu'en 2004, il n'a payé qu'un rattrapage d'acomptes demandé par l'institution et soutient qu'à cette date, la facture définitive ne pouvait être établie en raison d'une lacune de l'arrêté applicable en la matière: purement appellatoires, ces allégations ne peuvent être prises en compte (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant ne saurait par ailleurs reprocher aux juges précédents de ne pas être entrés en matière sur ses arguments relatifs au moment de la naissance de la créance et, partant, au point de départ de la prescription. L'autorité cantonale a en effet relevé que les actes que le curateur, agissant au nom de A.A.________, reprochait à la fondation trouvaient leur origine, selon lui, dans l'impossibilité pour la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS) d'établir une facturation définitive du prix de l'hébergement de son père auprès de dite fondation, facturation réglementée par des dispositions de droit public. Estimant qu'il pouvait être déduit de son argumentation confuse que le recourant remettait en question le système étatique de facturation dans son ensemble, en se référant à l'arrêté du Conseil d'État du 19 décembre 2000 fixant la contribution aux frais des personnes prises en charge dans les institutions spécialisées, dans sa version en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002 (RS/FR 834.1.26), elle a considéré que le grief d'inconstitutionnalité qu'il formulait était tardif, le recours contre un acte normatif cantonal devant être déposé au Tribunal fédéral dans les 30 jours suivant sa publication selon le droit cantonal (art. 101 LTF). Quant au point de départ de la prescription, l'argumentaire pour le moins abscons du recourant n'était pas convaincant. Cette motivation apparaît suffisante. Il convient en effet de rappeler que le juge n'est pas tenu de discuter tous les arguments soulevés par les parties, mais peut se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 142 II 154 consid. 4.2; 139 IV 179 consid. 2.2) et que, dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de l'autorité, le droit à une décision motivée est respecté, même si la motivation présentée est erronée (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1). Cela suffit à exclure la violation du droit d'être entendu alléguée. Il en va de même dans la mesure où le recourant reproche également à l'autorité cantonale de n'avoir pas satisfait à son devoir minimum "d'examen" en considérant que, comme la partie visée par l'action en reconnaissance de dette était la fondation, la créance en résultant était issue d'une obligation de droit privé, cela sans entrer en matière sur ses arguments selon lesquels il convenait de se fonder sur le droit public pour "évaluer la prescription"; sur ce point, il peut d'autant moins être reproché aux juges précédents d'avoir enfreint le droit d'être entendu que le recourant expose que les arguments qu'il leur reproche d'avoir omis d'examiner "sont intervenus au stade de la procédure au fond". En tant que le recourant se plaint en outre d'une "appréciation erronée du droit à appliquer pour juger [de] la prescription", sans exposer quelle éventuelle disposition de droit public idoine permettrait de considérer que sa prétendue créance à l'encontre de la fondation n'était pas prescrite, son recours ne remplit pas les conditions de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF; il n'y a donc pas lieu d'entrer en matière sur cette question. Le recourant se plaint aussi d'une motivation inexistante concernant " la mise des frais " à la charge de l'État, en raison du comportement des autorités cantonales. Il expose toutefois que cette demande a été effectuée dans son mémoire au fond du 31 août 2021. Partant, elle ne relève pas de la présente procédure. La critique est ainsi irrecevable. Il en va de même de toutes celles que le recourant formule en relation avec l'action en reconnaissance de dette introduite devant le Tribunal civil de la Gruyère. Il résulte par ailleurs de l'arrêt attaqué que le recourant n'a pas critiqué en instance cantonale le raisonnement de la Justice de paix fondé sur l'absence de nécessité d'ouvrir action en reconnaissance de dette. Dans la mesure où il formule une critique à cet égard dans le présent recours, elle est donc irrecevable faute d'épuisement matériel des instances (art. 75 al. 1 LTF; ATF 146 III 203 consid. 3.34; 145 III 42 consid. 2.2.2; 143 III 290 consid. 1.1 et les références). De toute manière, ce point n'apparaît pas décisif dès lors qu'il ne s'agissait là, pour l'autorité cantonale, que d'un argument supplémentaire venant confirmer le refus de l'autorisation de plaider. Pour le surplus, le recours formé par l'intéressé est incompréhensible et ne satisfait nullement aux exigences de motivation posées par les art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF, étant encore rappelé, s'agissant des deux "questions de principe" soulevées - et pour autant que celles-ci soient intelligibles -, qu'il n'appartient pas au Tribunal fédéral de se prononcer sur des questions purement théoriques (cf. supra consid. 1.3.1).