Citation: 5P.229/2006 07.11.2006 E. 3

En l'espèce, les recourants se plaignent d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. 3.1 De jurisprudence constante, le Tribunal fédéral se montre réservé dans le domaine de l'établissement des faits et de l'appréciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconnaît en la matière aux autorités cantonales (ATF 104 Ia 381 consid. 9 p. 399); il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis sans motif sérieux de tenir compte d'un moyen de preuve pertinent ou encore s'il a opéré, sur la base des éléments recueillis, des déductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; cf. aussi: ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41 et les arrêts cités). 3.2 L'autorité précédente a fixé l'exercice du droit de visite de la mère au Point Rencontre, dont les parents doivent obligatoirement respecter le règlement interne ainsi que les principes de fonctionnement. Sur ce point, elle a considéré que, vu les nettes réticences de l'enfant, il fallait aménager un cadre de nature à rassurer celui-ci, de façon qu'il ne soit pas, après plusieurs années sans contacts, confronté seul à sa mère, qu'il rejette pour le moment; dans ces conditions, les visites doivent se passer dans les locaux du Point Rencontre de Lausanne. Or, le 14 février 2005, la coordinatrice de ce centre avait déjà informé le Président de la juridiction cantonale que «le Point Rencontre a signifié aux parents [qu'il estimait] actuellement ne pas être le lieu approprié pour l'accompagnement et l'encadrement nécessaires» aux rencontres entre la mère et son garçon, raison pour laquelle «[il ne planifiait] plus ces visites tant que la situation n'aura pas été réévaluée par l'Autorité compétente». Dans le cadre du complément d'instruction ordonné par la Cour de céans, le SPJ a écrit au Tribunal cantonal, le 17 novembre suivant, que la reprise des visites (décidée par l'arrêt cantonal annulé ultérieurement) «s'est si mal déroulée, que le Point Rencontre a refusé de poursuivre». Les juges cantonaux n'expliquent aucunement que les circonstances actuelles rendraient possible l'exercice du droit de visite dans ce lieu. En contradiction manifeste avec les pièces du dossier, la décision attaquée s'avère arbitraire et, partant, doit être annulée.