Citation: I 606/00 22.06.2001 E. 3

3.- a) Le juge des assurances sociales doit, quelle que soit leur provenance, examiner l'ensemble des moyens de preuve de manière objective et décider s'ils permettent de trancher la question des droits litigieux de manière sûre. En particulier, le juge ne saurait statuer, en présence de rapports médicaux contradictoires, sans avoir examiné l'ensemble des preuves disponibles et sans indiquer les motifs qui le conduisent à retenir un avis médical plutôt qu'un autre (ATF 125 V 352 consid. 3a). Les moyens de preuves ressortant de la procédure menée devant l'assureur social peuvent être considérés comme suffisants par le juge, qui renoncera alors à mettre en oeuvre de nouvelles mesures d'instruction. Toutefois, dans ce cas, l'appréciation anticipée des preuves est soumise à des exigences sévères. En cas de doute, même léger, sur le caractère pertinent ou complet des rapports médicaux figurant au dossier, le juge doit faire procéder lui-même à une expertise ou renvoyer la cause à l'assureur social pour instruction complémentaire (ATF 122 V 162 consid. 1d). b) Les juges cantonaux ont, dans un premier temps, considéré que l'intimé ne pouvait plus travailler comme aide-charpentier, mais devait se reclasser dans une profession légère à moyennement lourde. Sur ce point, les rapports médicaux figurant au dossier concordent et le jugement entrepris n'est pas critiquable. La juridiction cantonale a ensuite constaté que le taux d'invalidité de l'intimé dans une profession adaptée à son handicap faisait l'objet d'évaluations médicales divergentes. Elle a alors tenté de déterminer dans quelle mesure les docteurs C.________ et H.________ avaient pris en considération les atteintes à la santé psychique de l'intimé, attestées par la doctoresse G.________. En revanche, à ce stade de son jugement (consid. 4b), elle a passé sous silence le rapport établi par le COPAI sur la base d'observations concrètes réalisées en ateliers, en collaboration avec le docteur E.________. Or, les conclusions de ce rapport divergent de manière importante de celles des docteurs H.________ et C.________ ainsi que de la doctoresse G.________, puisque l'intimé y est décrit comme pleinement capable de travailler dans une profession ne nécessitant pas le port de charges supérieures à 10 kg. Dans ces conditions, la juridiction cantonale ne pouvait pas considérer que les faits de la cause étaient suffisamment établis : elle devait mettre en oeuvre une expertise médicale pluridisciplinaire relative à la capacité de travail résiduelle de l'intimé avant de procéder à une comparaison de revenus. Aussi, la cause lui sera renvoyée pour qu'une telle expertise soit aménagée.