Citation: 1B_390/2018 E. 1.3

1.3. Selon l'art. 81 al. 1 LTF, a qualité pour former un recours en matière pénale quiconque a pris part à la procédure devant l'autorité précédente ou a été privé de la possibilité de le faire (let. a) et a un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée, soit en particulier la partie plaignante, si la décision attaquée peut avoir des effets sur le jugement de ses prétentions civiles (let. b ch. 5). En l'occurrence, la recourante, partie plaignante, se prévaut à cet égard d'un dommage de 11'848'255 fr., subsidiairement du montant reconnu par le Ministère public, soit 8'226'543 fr. 72. On ne peut cependant ignorer que la recourante est opposée sur le plan civil à l'intimée C.________ SA. Dans ce cadre, la seconde a ouvert une action en libération de dette pour 1'015'000 fr. à la suite de poursuites de la première et cette dernière a ensuite pris des conclusions reconventionnelles à hauteur de 3'699'587 fr. 20; l'ensemble de ces prétentions se fonde sur le même état de fait que celui à l'origine de la procédure pénale (cf. ad A/b p. 2 de l'arrêt attaqué). Il semble dès lors que le dommage invoqué (au moins à hauteur de 4'714'587 fr. 20 [1'015'000 fr. + 3'699'587 fr. 20]) dans la procédure pénale contre le prévenu intimé pourrait ne pas découler directement des infractions dénoncées, mais de l'issue de l'action civile en cours. Cela semble d'autant plus être le cas que, dans son recours au Tribunal fédéral, la recourante reconnaît que la somme de 8'226'543 fr. 72 "correspond peu ou prou à [son] investissement [...] en capital et intérêts, à teneur des conclusions civiles présentées devant le Tribunal civil compétent" (cf. le mémoire fédéral p. 15). Dans la mesure où la litispendance découlant de la saisine du tribunal civil ne permet plus de porter les mêmes prétentions devant un second juge (arrêts 6B_539/2016 du 1er novembre 2017 consid. 1.3; 6B_245/2017 du 27 mars 2017 consid. 3.1 et la référence citée), il appartenait en conséquence à la recourante de motiver les prétentions civiles qu'elle entend faire valoir contre l'intimé prévenu par adhésion à la procédure pénale - notamment celles découlant directement des infractions dénoncées -, sous peine d'irrecevabilité. Cela étant, vu l'issue du litige, cette problématique, ainsi que les autres questions de recevabilité - dont l'existence d'un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF -, peuvent en l'état rester indécises.