Citation: 7B_41/2022 E. 1.2.4

1.2.4. Les recourants soutiennent ensuite que l'ancien Syndic D.________ aurait attenté à leur honneur, sans préciser s'il aurait agi dans le cadre de l'exercice de sa charge. Dans l'affirmative, et comme déjà évoqué (cf. consid. 1.2.4 supra), les recourants ne peuvent pas déduire leur qualité pour recourir à cet égard. Dans le cas contraire, soit en admettant que D.________ n'a pas agi dans le cadre de l'exercice de sa charge, il apparaît que la gravité des faits dénoncés et de l'atteinte censée en découler ne s'impose pas comme une évidence. Que l'auteure du message diffamant circulant sur les réseaux sociaux ait été condamnée par ordonnance pénale et qu'une indemnisation des recourants pour les aspects civils ait fait l'objet d'une convention entre parties ne modifie pas cette appréciation; ces circonstances ne dispensent pas les recourants d'alléguer les faits qu'ils considèrent, dans la présente procédure, comme propres à fonder leur qualité pour recourir au Tribunal fédéral. Or, les recourants font état de souffrances morales importantes en raison des faits reprochés, lesquelles ne ressortent pas de l'arrêt attaqué, ni ne sont étayées par aucune pièce produite par ceux-ci. Ils ne prétendent en particulier pas que leur état psychique aurait été atteint si gravement au point, par hypothèse, de rendre nécessaire une consultation médicale, voire un suivi thérapeutique, ou, d'une autre manière, de mettre en péril leur bien-être ou leur faculté à gérer le quotidien, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel (arrêts 7B_30/2022 du 3 novembre 2023 consid. 2.4; 7B_602/2023 du 12 octobre 2023 consid. 1.4; 7B_546/2023 du 6 septembre 2023 consid. 1.3.1). Les recourants ne peuvent, en outre, pas élever des prétentions civiles au nom de leur famille, respectivement de leurs proches, qui ne sont par ailleurs pas parties à la procédure (cf. arrêt 6B_667/2023 du 25 mai 2023 consid. 2.2). Les recourants font valoir que les actes reprochés, respectivement le comportement qui leur aurait été faussement attribué, soit en particulier d'avoir commis une fraude électorale, auraient été largement repris par les médias. Ils n'expliquent pour autant pas dans quelle mesure cela aurait compromis notamment leur avenir professionnel ou politique, respectivement en quoi ces circonstances constitueraient pour eux une atteinte grave. En effet, ils se contentent sur ce point d'alléguer que "les nuisances de cette affaire auraient pu avoir de lourdes conséquences professionnelles dommageables pour Monsieur A.________ en qualité d'employé de la Confédération". Ils se prévalent également de l'impact qu'aurait eu "cette affaire" sur les résultats des votes concernant B.________, à qui il aurait "manqué quelques voix pour ne pas être élu en qualité de député du Grand Conseil du canton de Fribourg, quelques mois plus tard". D'une part, cette non-élection n'apparaît pas être en rapport de causalité directe avec l'infraction alléguée (cf. paragraphe infra), du moins les recourants ne le rendent pas vraisemblable, étant relevé que A.________ a pour sa part été réélu au Conseil communal le 7 mars 2021. D'autre part, les simples affirmations des recourants à ce sujet ne permettent pas de comprendre en quoi l'atteinte subie atteindrait la gravité objective et subjective que la jurisprudence exige pour l'allocation d'une indemnité pour tort moral (cf. art. 49 CO; ATF 131 III 26 consid. 12.1; arrêts 7B_76/2023 du 24 novembre 2023 consid. 1.2.3; 6B_924/2022 du 13 juillet 2023 consid. 4). On voit au demeurant mal, dans le cadre d'un climat de campagne électorale notoirement tendu dans la commune de U.________ (cf. arrêt entrepris, p. 2), que les actes reprochés, respectivement la non-élection au Grand Conseil de B.________, déjà membre du Conseil communal et donc au fait des risques que comporte une candidature en politique, puissent l'atteindre gravement au point de pouvoir obtenir une réparation en justice. Quant aux prétentions que les recourants tirent de leur "manque à gagner" qu'ils chiffrent au montant minimum de 3'000 fr. chacun, aucune précision n'est fournie. Il est pour le surplus rappelé que pour disposer de prétentions civiles qu'il puisse faire valoir dans la procédure pénale, le lésé doit subir une atteinte en rapport de causalité directe avec l'infraction poursuivie, ce qui exclut les dommages par ricochet (cf. arrêts 6B_667/2023 du 25 mai 2023 consid. 2.2; 6B_338/2022 du 4 avril 2022 consid. 3.2; 6B_1337/2020 du 21 décembre 2020 consid. 3.3). Les recourants prétendent enfin à un montant de 15'000 fr. au minimum en leur faveur à titre de frais de défense. Or les frais d'avocat - qui ne sont au demeurant nullement attestés par la production d'une note d'honoraires - ne constituent pas, de jurisprudence constante, des prétentions civiles au sens de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF (cf. parmi de nombreux arrêts: 6B_1345/2019 du 9 décembre 2019 consid. 2.2; 6B_809/2019 du 10 septembre 2019 consid. 1.2; 6B_567/2019 du 15 août 2019 consid. 2.2). Admettre un droit de recours à raison d'une prétention relative aux frais judiciaires ou aux frais d'avocat permettrait de contourner systématiquement la règle de l'art. 81 al. 1 let. a et b ch. 5 LTF, indépendamment des prétentions de fond que la partie plaignante entend élever (arrêts 6B_245/2016 du 20 décembre 2016 consid. 1.1; 6B_768/2013 du 12 novembre 2013 consid. 1.3).