Citation: 8C_403/2024 E. 8.3

8.3. Dans son rapport d'expertise, le docteur C.________ a énoncé qu'à terme, une arthroplastie totale du genou gauche était à prévoir, même si l'indication opératoire n'avait pas clairement été posée. Compte tenu de l'importance de l'arthrofibrose, il craignait qu'une telle prothèse n'améliore que peu la mobilité du genou mais uniquement l'extension. Le docteur C.________ a expressément réservé une éventuelle révision du taux d'atteinte à l'intégrité en cas de complications découlant de la pose de la prothèse. Or il semble partir de la prémisse erronée que l'évaluation de l'atteinte à l'intégrité repose sur la situation prévalant après la pose de la prothèse, alors qu'elle doit se fonder sur la situation antérieure à celle-ci. En effet, la jurisprudence considère que pour évaluer l'atteinte à l'intégrité en cas d'implantation de prothèses, respectivement d'endoprothèses, il convient de se fonder sur l'état de santé non corrigé, comme en cas de remise de moyens auxiliaires, à l'exception des moyens servant à la vision (cf. ch. 1 de l'annexe 3 à l'OLAA; arrêt du Tribunal fédéral des assurances U 56/05 du 18 juillet 2005, in RAMA 2005 n° U 562 p. 435; arrêt 8C_427/2024 du 9 décembre 2024 consid. 3.2 et les références). Cela étant, contrairement à ce que soutient le recourant, les premiers juges ne se sont pas prononcés au regard d'une possible amélioration ensuite de la pose éventuelle de la prothèse, mais au regard d'une aggravation prévisible et quantifiable de l'atteinte à l'intégrité. Or si une aggravation n'est pas exclue en l'état, elle n'apparaît pas suffisamment quantifiable quant à son ampleur selon l'expert, de sorte qu'elle ne peut être évaluée. En tout état de cause, retenir à ce stade le taux de 40 % avancé par le recourant reviendrait à admettre la fourchette haute d'une arthrose grave (colonne 3), ce qui n'est médicalement pas attesté. Le recourant ne fait que "déduire" de l'expertise du docteur C.________ une atteinte à l'intégrité plus importante, ne se prévalant d'aucun autre avis médical au dossier. Quoiqu'il en soit, en cas d'aggravation importante de l'atteinte à l'intégrité, basée sur des constatations médicales et tenant compte de la situation prévalant avant la pose de la prothèse totale du genou, une révision au sens de l'art. 36 al. 4, seconde phrase, OLAA, demeurera envisageable, comme l'a du reste mentionné l'intimée dans sa décision sur opposition. En définitive, le recourant échoue à mettre en doute le taux de 20 % retenu par les premiers juges, sur la base des conclusions du docteur C.________.