Citation: 4P.72/2004 13.07.2004 E. 3

Dans un dernier moyen, la recourante soutient que son droit d'être entendue a été violé dès lors que la cour cantonale n'a pas examiné ni même fait allusion à son argumentation relative à la mise en péril de ses intérêts par B.________. Ce dernier se serait, en effet, immiscé dans les pourparlers en cours en indiquant à Z.________ que, par son intermédiaire, le transfert du joueur bulgare se ferait à un prix bien plus favorable pour le club acheteur. 3.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu l'obligation pour l'autorité de motiver sa décision, afin que l'administré puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle (ATF 126 I 97 consid. 2b; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 146 consid. 2a). Il y a également violation du droit d'être entendu si l'autorité ne satisfait pas à son devoir minimum d'examiner et de traiter les questions pertinentes (ATF 126 I 97 consid. 2b; 124 II 146 consid. 2a; 122 IV 8 consid. 2c p. 15). Cependant, l'autorité n'est pas tenue de discuter de manière détaillée tous les arguments soulevés par les parties. Elle peut se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 124 V 180 consid. 1a p. 181; 117 Ib 64 consid. 4 p. 86 et les arrêts cités). 3.2 Ces principes n'ont pas été méconnus par la Cour de justice. De fait, l'autorité intimée a rejeté implicitement l'argumentation de la recourante en indiquant, dans son arrêt, que "la condition du prix minimum prévu par le contrat de courtage a été satisfaite". Elle a ainsi admis que le salaire du courtier était dû pour tout transfert effectué à un prix supérieur au prix plancher de 3'500'000 fr. fixé par la recourante, ce qui impliquait en bonne logique, même s'ils ne l'ont pas indiqué expressément, que, de l'avis des juges cantonaux, le courtier n'était pas tenu de faire en sorte que le transfert puisse être conclu au prix le plus élevé possible. Bien que lapidaire, la motivation de l'arrêt sur ce point permettait donc à la recourante d'attaquer celui-ci en toute connaissance de cause, si bien que l'on peut exclure la violation de l'art. 29 al. 2 Cst. imputée à l'autorité intimée. Quant au bien-fondé de cette motivation implicite, il relève de l'application du droit fédéral et, partant, du recours en réforme (art. 84 al. 2 OJ).