Citation: 5A_133/2024 E. 2.4

2.4. En vertu du principe de l'épuisement des instances cantonales (art. 75 al. 1 LTF), le recours n'est ouvert qu'à l'encontre des décisions rendues par une autorité cantonale de dernière instance, ce qui suppose que les voies de droit cantonales aient été non seulement utilisées sur le plan formel, mais aussi épuisées sur le plan matériel. Lorsque l'autorité de dernière instance cantonale peut se limiter à examiner les griefs régulièrement soulevés, le principe de l'épuisement matériel des instances cantonales veut que les griefs soumis au Tribunal fédéral aient déjà été invoqués devant l'autorité précédente (ATF 143 III 290 consid. 1.1; parmi plusieurs: arrêt 5A_513/2023 du 20 mars 2024 consid. 2.4). Il ne résulte pas de l'arrêt attaqué que le recourant se serait plaint que le juge de première instance aurait violé son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) ou les art. 261 ss CPC au motif que ce magistrat avait rejeté d'entrée de cause sa requête de mesures provisionnelles sans avoir d'abord statué sur ses conclusions superprovisionnelles ni préalablement convoqué les parties à une audience. Le recourant ne fait du reste pas valoir qu'il aurait soulevé ce grief dans le cadre de son recours cantonal et que la juge cantonale aurait omis de le traiter. Faute d'épuisement matériel des instances, le grief de violation de l'art. 29 al. 2 Cst., respectivement des art. 261 ss CPC, est irrecevable en tant qu'il vise la procédure de première instance. Quoi que semble en penser le recourant, il ne suffit pas, pour respecter le principe de l'épuisement des griefs, de prendre devant l'autorité d'appel une conclusion réformatoire tendant à ce que la décision de première instance soit modifiée en ce sens que la suspension des poursuites litigieuses soit ordonnée à titre superprovisionnel jusqu'à droit jugé sur la requête de mesures provisionnelles. Encore faut-il que la motivation de l'appel réponde aux exigences de l'art. 311 al. 1 CPC, ce qui, à teneur de l'arrêt attaqué, n'apparaît pas être le cas puisque le recourant n'a pas du tout soulevé la question qu'il discute dans le présent recours.