Citation: 6B_666/2023 E. 4.3.2

4.3.2. La facture du 6 septembre 2010 a été adressée par D.________ SA à N.________ pour un montant de 193'000 francs. Contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, on ne perçoit pas comment cette facture aurait permis de dissimuler l'escroquerie prétendument commise au préjudice de Q.________. En effet, elle ne sert manifestement pas à masquer la réception, sur le compte de D.________ SA, de la somme de 167'000 fr. versée le 22 septembre 2010 par Q.________, puisqu'elle s'adresse à N.________ et que le versement en question est déjà documenté, dans les livres de D.________ SA, par une autre facture adressée à Q.________. Elle ne permet pas non plus de justifier un éventuel transfert de la somme reçue vers N.________ dès lors que, à teneur de cette pièce, c'est D.________ SA qui facture N.________, et non l'inverse. On ne voit donc pas de quelle façon l'établissement de cette facture aurait servi à récupérer le montant de 167'000 fr. en faveur de la société N.________, comme le retient pourtant la cour cantonale. De même, contrairement aux considérations cantonales, la combinaison des factures du 3 septembre 2010 et du 6 septembre 2010, toutes deux émises au nom de D.________ SA, n'a, en toute hypothèse, pas pour effet d'obtenir une opération nulle dans les comptes de D.________ SA. Il est vrai que le libellé de la facture du 6 septembre 2010 - "Progetto Q.________" - interroge sur son rôle dans le complexe de faits liés à la vente de la montre D1.________. Il ressort néanmoins de ce qui précède que la cour cantonale n'est pas parvenue à établir que cette facture aurait été émise afin d'en rectifier une autre (on ignore laquelle), respectivement qu'elle aurait été utilisée par le recourant pour mettre en oeuvre, dissimuler, ou encore tirer personnellement profit de la transaction conclue avec Q.________. On ne peut ainsi déduire de l'état de fait cantonal qu'elle aurait eu pour but de fausser la comptabilité de D.________ SA. Il sied encore de relever qu'il figure au dossier une convention du 6 juillet 2011 par laquelle N.________ reconnaît devoir à D.________ SA la somme de 161'297 fr. 50 à titre de solde de la facture 10-yyyy-aaa (pièces A.10.94; A.10.105 et A.10.106 du dossier cantonal; jugement de première instance, consid. 3.7 p. 26), ce qui confirme, au besoin, que l'émettrice et la destinataire de cette facture en reconnaissent le bien-fondé. En définitive, la cour cantonale ne met en exergue aucun élément concret permettant de conclure que la facture du 6 septembre 2010 constaterait des faits inexacts au sens de l'art. 251 CP. La question de savoir si cette facture a été produite dans la comptabilité et revêt en conséquence une force probante accrue, ce que le recourant conteste, peut dans cette mesure rester ouverte.