Citation: 4C.380/2005 28.11.2005 E. 2

Le 3 décembre 2004, le demandeur et S.________ ont adressé chacun une "demande additionnelle" au Tribunal des prud'hommes du canton de Genève. Le premier a conclu à ce que la défenderesse soit condamnée à lui payer le montant de 724'465 fr. et à lui délivrer un certificat de travail conforme au projet annexé à la demande. La défenderesse a soulevé l'exception de chose jugée. 2.1 Par jugement du 21 janvier 2005, le Président du Tribunal des prud'hommes a déclaré la demande du 3 décembre 2004 irrecevable en tant qu'elle portait sur la remise d'un certificat de travail et recevable pour le surplus. Il a considéré que la question de la délivrance du certificat de travail avait déjà été tranchée définitivement, ce qui n'était pas le cas de la demande pécuniaire, étant donné que cette demande, même si elle présentait des similitudes avec la demande déjà jugée, tendait à la réparation d'un dommage résultant d'une prétendue atteinte à la personnalité, qui se distinguait du dommage inhérent au licenciement immédiat, et sur lequel il n'avait point encore été statué. 2.2 Saisie d'un appel de la défenderesse et d'un appel incident du demandeur, la Présidente de la Cour d'appel des prud'hommes a confirmé ledit jugement par arrêt du 23 septembre 2005. Constatant que la procédure pendante opposait les mêmes parties que la précédente procédure, close par l'arrêt du Tribunal fédéral du 24 août 2004, elle a considéré que la demande de remise d'un certificat de travail se heurtait à l'exception de chose jugée, tandis que la créance en dommages-intérêts n'était pas identique aux prétentions qui avaient été tranchées définitivement dans la procédure antérieure. 2.3 Agissant par la voie du recours en réforme, la défenderesse invite le Tribunal fédéral à annuler l'arrêt présidentiel, dans la mesure où il a confirmé la recevabilité de la demande en paiement de 724'465 fr. à titre de dommages-intérêts pour violation de l'art. 328 CO, à déclarer cette demande irrecevable et à confirmer, pour le surplus, l'arrêt attaqué. A son avis, la Présidente de la Cour d'appel aurait dû constater que la prétention litigieuse poursuivait le même but, avait le même contenu et reposait entièrement sur les mêmes faits que les prétentions élevées dans le premier procès, ce qui l'eût conduite à déclarer la demande irrecevable pour le tout. Dans ses explications concernant la recevabilité du recours, la défenderesse soutient que l'arrêt présidentiel entrepris est une décision finale, au sens de l'art. 48 al. 1 OJ. 2.4 Le demandeur n'a pas été invité à déposer une réponse.