Citation: 2A.379/2000 14.11.2000 E. 3

3.- En vertu de l'art. 10 al. 1 lettre d LSEE - en relation avec les art. 9 al. 3 lettre b et 11 al. 3 LSEE -, un étranger, même au bénéfice d'une autorisation d'établissement, peut être expulsé de Suisse si lui-même, ou une personne aux besoins de laquelle il est tenu de pourvoir, tombe d'une manière continue et dans une large mesure à la charge de l'assistance publique. Ces dispositions s'appliquent également à l'étranger qui peut prétendre à une autorisation d'établissement fondée sur l'art. 17 al. 2 LSEE. Toutefois, pour que le regroupement familial puisse être refusé, il faut qu'il existe un danger concret que les membres de la famille concernée tombent de manière continue et dans une large mesure à la charge de l'assistance publique. Le simple risque n'est pas suffisant (cf. ATF 119 Ib 81 consid. 2d. Voir plus récemment ATF 122 II 1 consid. 3c et 125 II 633 consid. 3c). En l'occurrence, il ressort du dossier que Y.________ est au chômage depuis 1993, qu'il touche depuis le 1er novembre 1998 un revenu minimum de réinsertion (environ1'853 fr. par mois) et qu'il a des dettes. Il s'est en outre vu délivrer plusieurs actes de défaut de biens pour un montant total de 20'000 fr. environ. Dans ces conditions, force est de reconnaître que Y.________ ne dispose manifestement pas de ressources financières suffisantes pour subvenir aux besoins de son fils T.________, d'autant que son épouse n'exerce pas d'activité lucrative. Il existe donc un risque concret et sérieux que T.________ et ses parents tombent à la charge de l'assistance publique de manière continue et notable. Certes, les recourants allèguent que le fils aîné A.________, majeur, participe financièrement à l'entretien du ménage. Mais ils n'établissent pas que cette contribution financière permet à tous les membres de la famille de Y.________ de vivre de manière autonome, sans recourir à l'aide sociale. En résumé, les autorités cantonales n'ont pas violé l'art. 17 al. 2 LSEE, ni l'art. 8 CEDH en refusant le regroupement familial en faveur de T.________ pour des motifs financiers.