Citation: 4P.193/2006 14.11.2006 E. A

Selon contrat du 12 janvier 1984, la SI Y.________ a loué à A.________ un appartement de trois pièces dans l'immeuble sis à Carouge. Conclu pour un an, le bail se renouvelait ensuite d'année en année, sauf préavis de résiliation de trois mois. En avril 1998, X.________ SA, nouvelle propriétaire de l'immeuble, a informé A.________ du changement de bailleresse. Par jugement du 22 janvier 2001, le Tribunal des baux et loyers du canton de Genève a condamné X.________ SA à effectuer divers travaux dans l'appartement loué par A.________, en vue de supprimer des nuisances sonores; par ailleurs, il a réduit le loyer de 15% dès le 1er février 1999 jusqu'à l'élimination du défaut. Statuant sur appel de X.________ SA, la Chambre d'appel en matière de baux et loyers du canton de Genève a confirmé la décision de première instance. Par arrêts du 31 mai 2002, le Tribunal fédéral a rejeté le recours de droit public (cause 4P.21/2002) et le recours en réforme (cause 4C.65/2002) que X.________ SA avait déposés contre l'arrêt cantonal. A la suite d'infiltrations d'eau, A.________ avait introduit une autre procédure contre X.________ SA en mai 2001. Par jugement du 6 novembre 2003, le Tribunal des baux et loyers a réduit le loyer considéré de 50% du 15 au 31 mars 2000 et condamné X.________ SA à supprimer les «cloques» au plafond de la chambre à coucher et du salon. Statuant le 6 septembre 2004 sur appel de A.________, la Chambre d'appel a annulé le jugement de première instance, «supprim[é] le loyer (...) du 15 mai 2000 au 8 juin 2000», condamné X.________ SA à procéder à l'exécution des travaux de réfection liés aux infiltrations et réduit le loyer de 3% du 29 mars 2001 jusqu'à la suppression du défaut. Par courrier du 20 janvier 2003, A.________ s'est plaint auprès de la régie du bruit provoqué par la famille B.________, qui avait emménagé dans l'immeuble le 23 décembre 2002. Il exposait que ses nouveaux voisins de palier avaient entrepris des travaux durant les fêtes de fin d'année, y compris pendant les jours fériés, et souvent jusque tard dans la nuit; en outre, des éclats de voix, des cris d'enfants et des coups contre les murs perturbaient son sommeil. La régie a fait connaître ces griefs aux locataires en cause par lettre du 23 janvier 2003. Le 26 février 2003, la régie (recte: l'avocat de la bailleresse) a informé A.________ que ses voisins de palier se plaignaient à leur tour de son attitude; ils lui reprochaient de les avoir importunés à de nombreuses reprises et d'avoir «tenu des propos fort peu amènes quant à leur origine». Le locataire était invité à adopter un comportement conforme aux égards dus entre voisins, sous peine de voir son bail résilié. A.________ a contesté les griefs élevés à son égard. Par courrier du 28 février 2003 adressé à la régie, le locataire a réitéré sa plainte liée au bruit excessif provenant de l'appartement occupé par la famille B.________ (aspirateur le dimanche dès 9 heures; déplacements de meubles; cris et pleurs d'enfants; hurlements des parents). Par avis officiel du 8 mai 2003, X.________ SA a résilié le bail de A.________ pour le 30 juin 2003, au motif que, malgré les avertissements, le locataire avait continué d'importuner le voisinage, en violation de l'art. 257f CO.