Citation: 4A_73/2008 04.06.2008 E. 1

5.3 Sur la question de la compensation, le recourant ne soulève qu'une seule critique. Il prétend que, dès lors qu'il a expressément déclaré compenser sa créance de 30'000 fr., respectivement de 3'324 fr., avec les montants dont il pourrait être redevable à l'encontre de l'intimée, « la Cour d'appel des prud'hommes ne saurait purement et simplement écarter les prétentions du recourant au motif qu'elle serait incompétente à raison de la matière ». Il précise, pour la seule prétention d'arriérés de loyers, que la juridiction cantonale devait statuer sur l'exception de compensation ou différer l'effet exécutoire de sa décision en fixant un délai au recourant pour faire valoir sa contre-réclamation devant la juridiction compétente. Quoi qu'en pense le recourant, la cour cantonale a tranché la question de la compensation. Dans le considérant consacré aux prétentions de l'intimée se rapportant aux prestations de l'assurance V.________, versées en main de l'employeur, les juges cantonaux ont indiqué que le recourant n'avait pas démontré de façon claire qu'il détenait contre son ex-employée une créance exigible, immédiatement opposable en compensation. La cour cantonale s'est donc bien prononcée sur la question de la compensation. Cela étant, la critique du recourant tombe manifestement à faux. Au demeurant, il a été relevé plus haut que l'autorité cantonale a jugé que la prétention en dommages-intérêts n'a fait l'objet d'aucune démonstration. Elle ne saurait donc être opposée en compensation. En ce qui concerne la créance constituée des loyers de gérance, le recourant n'explique pas, sous l'angle de la compensation, en quoi le droit fédéral aurait été violé; il se contente de reprendre les arguments développés en appel, sans même soutenir que la créance compensante était suffisamment claire pour être valablement prise en considération. Tel ne saurait, de toute manière, être le cas: si le recourant prétend que la créance alléguée correspond aux loyers de gérance, référence faite à la convention y relative, il n'apporte toutefois aucune précision sur le montant de la créance, qui ne correspond à aucune donnée concrète. Le recourant se contente d'alléguer que « l'intimée n'a pas quitté les lieux à l'échéance du bail, mais uniquement au courant du mois de mars 2006 ». Or, une telle allégation, modifiée en cours d'instance - le mois de mars 2006 a été remplacé par le mois de janvier 2006 -, n'apporte aucune précision sur les loyers impayés. Le montant articulé de 30'000 fr. n'a du reste même pas été modifié en cours d'instance, lors même que la durée d'occupation des locaux loués a été revue à la baisse. A défaut de plus amples précisions, la dette du recourant n'avait donc pas à être compensée avec la créance alléguée. Il en découle que le grief est mal fondé.