Citation: 1C_259/2022 E. 1

La Cour de céans ne pourrait donc entrer en matière sur le recours en matière de droit public que si les conditions alternatives de l'art. 93 al. 1 let. a et b LTF étaient réalisées, s'agissant d'une décision qui n'entre pas dans le champ d'application de l'art. 92 LTF. Il incombe à la partie recourante d'alléguer et d'établir que ces conditions sont réalisées, à moins que cela ne fasse d'emblée aucun doute (cf. ATF 144 III 475 consid. 1.2). Les recourants se bornent à ce propos à affirmer qu'un recours immédiat leur permettra d'éviter un préjudice irréparable et de mettre un terme à la procédure sans autre démonstration. Sur ce point, le recours est insuffisamment motivé. L'existence d'un préjudice irréparable de nature juridique au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (cf. ATF 137 V 314 consid. 2.2.1) n'est au surplus pas évidente. Si la nouvelle décision prise par le Département des infrastructures et des ressources humaines devaient ne pas satisfaire les recourants, ils pourront la contester le cas échéant directement devant le Tribunal fédéral conjointement avec l'arrêt cantonal incident du 28 mars 2022, pour autant que la question de la construction d'une paroi antibruit soit seule litigieuse (cf. art. 93 al. 3 LTF; ATF 117 Ia 251 consid. 1b; 106 Ia 229 consid. 4). L'admission de leur recours et de leur conclusion tendant à l'aménagement d'une paroi antibruit en bordure de la route de St-Légier au droit de leurs parcelles mettrait fin à leur préjudice qui n'a, en l'état, rien d'irréparable. L'allongement de la procédure, qui résulte du renvoi de la cause pour instruction complémentaire et nouvelle décision, constitue un inconvénient de fait impropre à établir un dommage irréparable de nature juridique (ATF 144 III 475 consid. 1.2). La condition posée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'est pas davantage réalisée. Le fait que l'admission du recours pourrait conduire à une décision finale ne suffit pas encore à justifier l'entrée en matière. Encore faut-il qu'elle permette d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse, ce qu'il appartenait aux recourants d'établir (cf. arrêt 2C_1034/2021 du 2 mai 2022 consid. 4.1). Tout complément d'instruction entraîne nécessairement des frais et un prolongement de la procédure, de sorte que cela ne suffit pas en soi pour ouvrir le recours immédiat. Pour que tel soit le cas, la procédure probatoire, par sa durée et son coût, doit s'écarter notablement des procès habituels. En l'occurrence, la cause a été renvoyée au Département des infrastructures et des ressources humaines pour qu'il examine en priorité si et dans quelle mesure l'abaissement de la vitesse autorisée à 30 km/h de jour comme de nuit de la route de St-Légier au droit des parcelles des recourants permettrait d'assainir le bruit routier. Le fait que cet examen devra inclure une expertise, au sens des art. 32 al. 3 LCR et 108 al. 4 OSR, ainsi qu'une évaluation de la mesure sur une période suffisamment longue ne permet pas encore de retenir que la condition de l'art. 93 al. 1 let. b LTF serait réunie. A tout le moins, cette question méritait d'être développée dans une argumentation circonstanciée qui fait défaut. Dès lors que l'abaissement de la vitesse autorisée à 30 km/h permettrait le cas échéant d'apprécier la nécessité de construire un mur antibruit de manière différente, il n'est pas contraire à l'art. 29 al. 1 Cst. d'exiger des recourants qu'ils attendent l'issue de l'instruction complémentaire sur ce point et la nouvelle décision du Département des infrastructures et des ressources humaines. Il s'ensuit que l'arrêt entrepris ne peut pas faire l'objet d'un recours ordinaire immédiat au Tribunal fédéral.