Citation: I 628/05 25.08.2006 E. A

K.________, née le 10 novembre 1977, ressortissante turque, est arrivée en Suisse avec ses parents le 3 septembre 1988. Dès fin septembre 1988, les médecins du département de pédiatrie de l'hôpital X.________ ont diagnostiqué une hypothyroïdie congénitale, susceptible d'entraîner un retard mental léger et des problèmes psychologiques. Huit ans plus tard, en sus de cette symptomatologie, les médecins du même département ont signalé la présence d'une énurésie périodique en 1990-1991, d'une hyperventilation anxieuse avec crampes douloureuses dès l'âge de 17 ans ainsi que d'une dysphagie aux solides, lesquelles étaient probablement liées à des problèmes familiaux et aux difficultés d'adaptation culturelle (rapport du 20 mai 1996). De 1995 à 1997, K.________ a entrepris un apprentissage de coiffeuse qu'elle n'a pas mené à terme. Le 9 septembre 1997, elle s'est inscrite à l'Office cantonal de l'emploi de Genève (OCE) et a bénéficié d'un emploi temporaire fédéral à A.________. Le 3 juin 1998, elle a été hospitalisée, en raison de troubles de comportement et de menaces suicidaires, au département de psychiatrie de Y.________ (lésions auto-infligées avec des objets tranchants, projets de défenestration). Elle a expliqué au médecin psychiatre de l'hôpital X.________ qu'elle avait été victime de viols pendant son enfance. L'examen gynécologique ayant confirmé sa virginité, les médecins l'ont autorisée à quitter la clinique, le 11 juin 1998, et à se rendre en Turquie pour y rencontrer l'homme auquel ses parents la destinaient. Elle s'est mariée le 28 juillet 1998 avec un compatriote et a mis au monde sa première fille en novembre 1999. Le 20 septembre 2000, elle a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité auprès de l'Office cantonal de l'assurance-invalidité de Genève (OCAI) en sollicitant une orientation professionnelle, un reclassement dans une nouvelle profession et l'octroi d'une rente. L'OCAI a confié une expertise médicale au docteur U.________, spécialiste en médecine interne, qui s'est adjoint le concours du docteur V.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie. Dans son rapport du 11 juin 2002, le docteur U.________ a exposé que l'assurée avait une bonne compréhension et s'exprimait de manière à être comprise, mais que l'anamnèse avait été difficile dans la mesure où l'assurée répondait difficilement aux questions, où les plaintes étaient peu explicites, floues et où les détails de la symptomatologie étaient presque impossibles à obtenir (réponses vagues et imprécises). Posant les diagnostics d'hypothyroïdie chronique de l'âge adulte, partiellement et irrégulièrement traitée, de retard mental léger, de lombalgie commune et de tétanie des mains par hyperventilation, il a conclu que ces affections ne limitaient pas la capacité de travail de l'assurée. Pour sa part, le docteur V.________ a diagnostiqué un retard mental léger, vraisemblablement attribuable à l'hypothyroïdie congénitale, sans autre trouble mental. L'assurée possédait suffisamment de capacités cognitives et de jugement pour vivre de manière autonome. Cette pathologie n'empêchait pas l'assurée d'exercer à plein temps des métiers pratiques et simples auxquels l'absence de formation professionnelle la conduisait (manutentionnaire, gardiennage, nettoyage, vente; rapport du 14 mai 2002). Faisant siennes les conclusions des deux experts, le docteur L.________ du service médical de l'assurance-invalidité (SMR) a estimé que l'assurée était en mesure de travailler à 100 % dans une activité simple, sans formation professionnelle, conditionnée par le retard mental léger et la petite taille (rapport du 4 octobre 2002). Par décisions du 24 avril 2003, l'OCAI a nié le droit de K.________ à une rente d'invalidité ainsi qu'à des mesures professionnelles. Par acte du 26 mai 2003, l'assurée s'est opposée à cette décision en se prévalant de deux rapports des 17 juillet et 28 août 2003 du docteur M.________, médecin traitant. Ceux-ci ont donné lieu à une nouvelle prise de position du docteur L.________ à l'issue d'un entretien avec le médecin de l'intéressée (compte-rendu du 7 avril 2004). Par décision du 7 juin 2004, l'OCAI a rejeté l'opposition de l'assurée.