Citation: 7B_609/2023 E. 2.3

2.3. La cour cantonale a constaté que le recourant, déjà lourdement condamné à plusieurs reprises, avait choisi de ne pas coopérer dans le cadre de son suivi ambulatoire en décidant de partir à l'étranger, quand bien même le SPI l'avait informé des conséquences de son choix. Elle a précisé que son départ ne constituait pas une rechute momentanée, mais s'inscrivait dans la durée. En outre, selon l'autorité cantonale, la collaboration du recourant était mauvaise, dès lors qu'il avait fourni des pièces caviardées au TAPEM pour ne pas révéler son adresse et n'avait jamais transmis de contrat de travail ou d'attestation de son employeur. Ainsi, la cour cantonale a considéré qu'en raison de ce comportement non coopératif, il y avait lieu de constater que la poursuite du traitement ambulatoire était vouée à l'échec. Elle a précisé que les éléments en faveur du recourant ne changeaient pas ce constat, dans la mesure où ils étaient antérieurs. Par ailleurs, selon l'autorité cantonale, si le recourant avait rencontré des difficultés à U.________, il aurait dû solliciter l'appui de son encadrement médical, et non quitter abruptement la Suisse. De plus, la cour cantonale a relevé que le recourant avait cessé de donner des informations entre le 31 août et le 20 octobre 2022, ce qui démontrait encore son absence de collaboration. Au regard de ces circonstances, l'autorité cantonale a estimé que la levée de la mesure, de même que la levée des règles de conduite et de l'assistance de probation, étaient conformes au droit, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la force probante des attestations médicales espagnoles (arrêt querellé, pp. 8-9). La cour cantonale a ensuite relevé que le recourant faisait l'objet de deux nouvelles procédures pénales, dont une pour des actes de violence, et qu'il avait déjà été condamné de manière définitive à quatre reprises, son parcours montrant une gradation inquiétante. Elle a ajouté que sa décision de quitter la Suisse dénotait un refus de se soumettre aux mesures d'encadrement ordonnées par la justice et une absence de prise de conscience de la nécessité de respecter un cadre. Elle a à nouveau précisé qu'il ne s'agissait pas d'une crise limitée dans le temps au vu de la durée de son silence (du 31 août au 22 octobre 2022) et de son courriel du 22 novembre 2022, dans lequel il avait indiqué qu'il ne voulait pas revenir en Suisse. L'autorité cantonale a considéré que la seule issue envisageable était la réintégration, dès lors que seule l'exécution du solde de sa peine lui permettrait d'éviter un risque de récidive, lequel n'était au surplus, selon l'expertise au dossier, pas négligeable. Enfin, elle a estimé que la réintégration était conforme au principe de la proportionnalité, car le recourant avait disposé de plusieurs semaines pour se reprendre et revenir en Suisse, mais qu'il avait plutôt choisi de se soustraire unilatéralement aux mesures en place (arrêt querellé, p. 9).