Citation: 4C.382/2002 04.03.2003 E. 1

2.2 Dans le cas présent, toutes ces circonstances sont réalisées. Comme on l'a vu, l'art. 260 al. 1 CO est une norme juridique indéterminée conférant une grande latitude de jugement aux autorités judiciaires chargées de l'appliquer et de l'interpréter. La matière traitée dans cette disposition fait appel à la connaissance du marché immobilier et locatif local, des usages en la matière, des données statistiques cantonales et communales et des tendances, traditions et habitudes en ce qui concerne le logement et le niveau de confort. Pour tous ces motifs, le législateur vaudois, à l'instar de celui d'autres cantons, a prévu que la juridiction de première instance en matière de bail comporte en son sein des membres désignés par les milieux de propriétaires (bailleurs) et de locataires (cf. art. 3 de la loi vaudoise sur le Tribunal des baux, du 13 décembre 1981). La présence de spécialistes dans cette autorité garantit théoriquement la qualité de l'instruction des causes et s'avère d'une très grande utilité lorsque des inspections locales sont conduites, ce qui a été le cas en l'occurrence. Enfin, la présente procédure a donné lieu à deux expertises judiciaires, la première dans le cadre de mesures provisionnelles et la seconde à l'occasion de l'examen du fond, sur la base desquelles le Tribunal des baux, puis la Chambre des recours ont statué. Dans la mesure où les juridictions cantonales ont suivi en grande partie les conclusions des experts, il faudrait des motifs très importants pour s'en écarter (ATF 125 V 351 consid. 3b/aa; 122 V 157 consid. 1c; 118 Ia 144 consid. 1c). La notion de "travaux (...) raisonnablement (...) imposés au locataire" implique la définition concrète de ces derniers, pour contrôler une éventuelle violation de l'art. 260 al. 1 CO. Or, une telle définition ne peut être donnée, dans un cas complexe tel que celui qui est maintenant analysé, que par référence à l'avis des experts commis par la juridiction cantonale.