Citation: 5A_76/2024 E. 8.1

8.1. A cet égard, la recourante affirme tout d'abord que la Cour de justice, partant du principe (erroné selon elle) qu'il existait une parentalité d'intention, n'a pas dit un mot sur l'intérêt que les enfants auraient à nouer une relation personnelle avec l'intimée, dont ils n'ont aucun souvenir et qui n'a jamais représenté pour eux une figure parentale d'attachement. Or, elle aurait dû indiquer très clairement en quoi leur situation serait plus favorable, en cas d'octroi d'un droit de visite, qu'elle ne l'était actuellement, partant, en quoi celui-ci servirait positivement le bien des enfants, sous peine de violer l'art. 274a CC. Ce vice devait suffire, selon elle, à conduire à l'annulation de sa décision. Ce grief tombe à faux. Selon la jurisprudence, lorsque, comme en l'espèce, l'intimée n'était pas seulement la partenaire enregistrée de leur mère, mais endossait aussi le rôle de parent d'intention des enfants (ce que la cour cantonale a retenu sans arbitraire, cf. supra consid. 7.2), le maintien de relations personnelles entre eux est en principe dans l'intérêt des enfants. Dans une telle configuration, l'intimée représentait pour les enfants une figure parentale d'attachement, de sorte que les autres critères d'appréciation, tels que celui de l'existence de relations conflictuelles entre leur mère et son ex-partenaire, étaient relégués au second plan et ne suffisaient généralement pas à dénier l'intérêt des enfants à poursuivre la relation (cf. supra consid. 3.2). La Cour de justice pouvait donc se limiter à examiner si des circonstances exceptionnelles justifiaient de considérer que tel n'était pas le cas, sans que l'on puisse lui reprocher une violation de l'art. 274a CC. Bien plus, ce procédé était dicté par l'arrêt de renvoi, dont il ressort que "si l'appréciation globale des indices devait conduire à retenir l'existence d'un projet parental commun, respectivement si [B.A.________] devait être reconnue comme une figure parentale d'attachement pour les enfants, il appartiendrait encore tout au plus à la Cour de justice d'examiner s'il existe des motifs exceptionnels de nature à remettre en cause le principe selon lequel l'intérêt des enfants commande d'entretenir une relation avec [elle], au besoin en complétant l'instruction, les éléments sur lesquels elle s'est fondée dans l'arrêt entrepris ne permettant pas à eux seuls de refuser l'instauration d'un droit aux relations personnelles".