Citation: 5A_650/2018 E. 4.2

4.2. La cour cantonale a notamment considéré que si la déclaration du débiteur est adressée à un tiers et que le créancier l'apprend par l'intermédiaire de ce tiers, il n'y avait pas reconnaissance de dette, à moins que ce tiers ne fût considéré comme le représentant - direct ou indirect - du créancier. Dans ce contexte, elle a rappelé qu'un bilan signé par le débiteur ne valait pas reconnaissance pour la somme due aux créanciers figurant au passif, tout comme une déclaration destinée non au créancier mais à une autorité administrative ou fiscale. Il s'ensuivait que la volonté de reconnaître la dette devait être manifestée au créancier. Fondée sur ces principes, la cour cantonale a ensuite constaté qu'en l'espèce, le courrier de Me Voide du 8 février 2017 n'était pas destiné à A.________ SA mais à l'Office des poursuites en réponse à l'" avis concernant la saisie d'une créance (art. 99 LP) " adressé par celui-ci le 31 janvier 2017. Ce courrier ne pouvait en conséquence constituer un titre de mainlevée provisoire. La cour cantonale a par ailleurs retenu que, contrairement à ce que soutenait la recourante, l'Office des poursuites n'était pas intervenu comme représentant ou substitut de A.________ SA. Il s'était en effet simplement conformé aux exigences de l'art. 99 LP et n'avait pas été subrogé aux droits de la société. Quant à l'argument selon lequel les bilans signés par B.________ vaudraient reconnaissance de dette, il se heurtait à la jurisprudence selon laquelle tel n'est pas le cas d'un bilan signé par le débiteur.