Citation: 6B_250/2024 E. 1.7.2

1.7.2. La recourante cherche à déduire du fait que l'autorité peut, dans le cadre de son examen d'office des conclusions en indemnité, déconstruire les frais de défense en retranchant les opérations qu'elle estime déraisonnables ou excessives que celle-ci serait également en mesure de les construire en estimant leur ampleur "raisonnable". Certes, le devoir de collaboration du prévenu ne dispense pas les autorités pénales, en tant qu'elles doivent se prononcer d'office sur l'indemnité due au prévenu acquitté, de procéder à leur propre examen des faits (cf. arrêt 6B_561/2014 du 11 septembre 2014 consid. 3.1). Ainsi, il a été jugé, dans un cas où la liste des opérations avait été déposée à l'audience d'appel et que le temps consacré à ladite audience n'y figurait pas, la prévenue ignorant encore la durée que celle-ci aurait, que l'autorité devait compléter ladite liste et tenir compte d'office de la durée de l'audience pour calculer le montant de l'indemnité ( ibidem). Admettre que la fixation du montant de l'indemnité pour les frais de défense puisse être laissée à la libre appréciation de l'autorité sans que le prévenu ne chiffre ni ne motive sa prétention va cependant largement au de-là de la correction du montant de l'indemnité envisagée dans la jurisprudence précitée, dès lors que l'autorité ne disposerait pas dans un tel cas de l'ensemble des éléments requis pour apprécier si et dans quelle mesure l'indemnité requise correspond à un exercice raisonnable des droits de procédure (v. supra consid. 1.2), éléments qu'il incombe au prévenu de prouver (v. supra consid. 1.7.1).