Citation: 5P.23/2002 22.03.2002 E. 2

2.- Les recourantes reprochent tout d'abord à l'autorité inférieure de n'avoir pas retenu pour prouvés leurs allégués 11 et 44 - d'après lesquels le contrat de mariage avait pour but de favoriser leur frère G.L.________ et de léser leurs réserves - à la suite d'une appréciation arbitraire des témoignages de F.________ et de G.________. Comme on l'a vu dans le recours en réforme, pour que le contrat de mariage puisse être qualifié d'abusif, il faudrait que les conditions dans lesquelles il a été conclu excluent qu'il ait été passé en vue de produire des effets conformes à la loi, que sa conclusion ait été dictée par l'unique but de nuire aux recourantes et que ce dessein soit manifeste. Or, puisque les recourantes ne contestent pas que leur père avait le droit de favoriser leur belle-mère par ce contrat, et que celui-ci a déployé des effets conformes à la loi pendant plus de vingt ans, on ne saurait dire qu'il a été conclu dans le but exclusif de leur porter préjudice. Il s'ensuit que l'appréciation des témoignages en question, fût-elle même insoutenable, est sans incidence sur le sort de la cause. Dans la mesure où les recourantes affirment elles-mêmes que les juridictions cantonales ont "motivé le fait que les témoignages F.________ et G.________ n'ont pas été retenus", mais qu'une telle "motivation n'est pas convaincante", leurs griefs de violation de l'art. 300 al. 2 CPC/VD - aux termes duquel le tribunal doit énoncer succinctement les motifs de sa conviction lorsqu'il écarte une preuve littérale ou une déposition verbalisée (cf. ég. infra, consid. 4) - et de leur droit d'obtenir une décision motivée sur l'administration de ces preuves apparaissent manifestement infondés.