Citation: 9C_996/2008 19.08.2009 E. 4

La question qui se pose en l'espèce est de savoir si le rapport d'expertise établi par la doctoresse V.________ permet d'établir à satisfaction de droit l'existence d'une modification sensible de l'état de santé du recourant propre à influencer le degré d'invalidité. 4.1 Sur le plan strictement médical, les considérations de la juridiction cantonale, qui se réfère en cela à l'expertise de la doctoresse V.________, se limitent à souligner le caractère bénéfique d'une nouvelle médication, l'Efexor, qui aurait permis la stabilisation de la thymie et de l'anxiété à compter de l'année 2004. Or, comme le met en évidence le recourant, celui-ci bénéficie de ce traitement depuis le mois de mars 2000, selon une posologie variable au gré des protocoles thérapeutiques expérimentés (rapports du docteur F.________ des 25 avril 2001 et 5 octobre 2005). Outre qu'elle repose sur une prémisse erronée, l'appréciation de l'experte n'explique par ailleurs pas en quoi consistent les signes objectifs attestant d'une évolution clinique notable. Il est vrai que la doctoresse V.________ a relevé que les phobies présentes à une certaine époque avaient disparu et les attaques de panique nettement régressé. Il ressort toutefois du dossier que ces symptômes ont revêtu un caractère épisodique et qu'ils n'ont pas joué de rôle prépondérant dans la situation médicale du recourant et l'appréciation de sa capacité de travail (rapports des docteurs F.________ du 23 juillet 1998 et M.________ du 30 septembre 1998). En fait, le recourant souffre principalement d'un syndrome anxio-dépressif sévère, pathologie d'évolution généralement labile. Il ressort du dossier médical que la prise en charge thérapeutique a été constante depuis la fin des années nonante, sans qu'elle ne permette d'apporter une rémission durable de la symptomatologie. Selon les témoignages des médecins traitants, elle a tout au plus permis de stabiliser la situation en créant un équilibre qualifié de précaire (rapports des docteur F.________ du 2 novembre 2006 et M.________ du 2 novembre 2006). 4.2 Le caractère imprécis des informations sur lesquelles la doctoresse V.________ s'est fondée et la nature sommaire de son analyse globale du cas ne permettaient pas d'accorder à son expertise une pleine valeur probante. A cet égard, il convient de partager le point de vue du recourant au sujet du caractère particulièrement confus de l'évaluation de la capacité résiduelle de travail opérée par l'experte, qui dénote un manque de rigueur de la part de ce médecin. Alors qu'elle avait conclu dans un premier temps à une « capacité de travail de 70 % avec un rendement exigible de 60 % sur un plein temps », ce qui laissait à penser que la capacité de travail ne s'élevait plus qu'à 42 %, elle a précisé ensuite, à la demande de l'office AI, que son évaluation correspondait « globalement à une incapacité de travail de 40 % ». 4.3 La juridiction cantonale a consacré l'essentiel de sa motivation à examiner des facteurs extra-médicaux (professionnel, affectif et social) dont on peine à voir en quoi ils permettaient d'établir l'existence d'une amélioration objective de l'état de santé du recourant. Le fait que celui-ci aurait dit apprécier son travail varié et entretenir de bonnes relations avec ses collègues et ses supérieurs n'est pas de nature à renseigner sur l'aptitude du recourant à accomplir les tâches qui lui sont confiées. Interpellé par l'experte, son supérieur hiérarchique a d'ailleurs déclaré que le rendement du recourant était plutôt insuffisant. De même, si des modifications sur les plans affectif et social peuvent théoriquement contribuer à une évolution clinique positive d'une symptomatologie psychiatrique, rien n'indique dans le cas d'espèce que les circonstances évoquées par la juridiction cantonale aient eu de tels effets sur le recourant. Quant au fait que celui-ci pratique la course à pied, il ressort de l'expertise qu'il s'adonne à ce sport depuis les années huitante, de sorte qu'on ne saurait y déceler une modification comportementale récente et significative. 4.4 Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, les premiers juges ne pouvaient conclure, au degré de vraisemblance prépondérante requis, à l'existence d'une amélioration de l'état de santé du recourant. Les conditions d'une révision de la rente n'étant pas remplies, il convient par conséquent d'annuler le jugement entrepris ainsi que la décision du 3 octobre 2006.