Citation: 1A.96/2001 04.07.2001 E. 1

a) Les restrictions au droit d'invoquer les défauts de la procédure étrangère, ou l'existence d'une décision d'acquittement, ne reposent pas sur la seule doctrine, comme paraît le croire la recourante, mais découlent de la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, fondée sur les dispositions relatives à la qualité pour agir. L'intérêt digne de protection, exigé notamment par l'art. 80h let. b EIMP, n'existe que lorsque la situation de fait ou de droit du recourant peut être influencée par le sort réservé à son argumentation. Dès lors, seule la personne potentiellement touchée par le caractère politique de la demande, ou par une possible violation du principe "ne bis in idem", a qualité pour soulever ces griefs (cf. en dernier lieu ATF 126 II 324 consid. 4 p. 236, 258 consid. 2d/aa p. 260 et la jurisprudence citée). Tel n'est pas le cas de la recourante, qui ne prétend pas être elle-même exposée aux poursuites pénales dans l'Etat requérant. b) Par ailleurs, si la demande poursuivait un but purement politique, on ne comprendrait guère que celle-ci soit maintenue, alors que G.________ a été gracié et se trouve être actuellement, comme l'explique la recourante, l'un des "hommes-clé du pouvoir russe". Le 30 décembre 1999, l'autorité requérante a fait savoir que la grâce présidentielle ne s'étendait qu'à la peine privative de liberté, et non, par exemple, à une éventuelle mesure de confiscation. L'entraide requise conserve donc un objet, en tout cas dans cette perspective (cf. art. 74a EIMP, 33a OEIMP).