Citation: 6S.123/2003 28.05.2003 E. A

R.________ est né en 1976 à Antalya (Turquie). Entre 1998 et le 3 novembre 2000, date de son arrestation, il a séjourné illégalement en Suisse. Il y a également travaillé à deux reprises alors qu'il n'avait aucun permis. Dans le courant du mois d'octobre et le 3 novembre 2000, R.________ a proposé à des toxicomanes du quartier de Saint-Laurent, à Lausanne, de se rendre dans un magasin de vente de téléphones portables, d'y acquérir une certaine marque de mobile, moyennant souscription d'un abonnement auprès d'un opérateur d'une durée de douze mois, puis de le lui remettre en échange de 100 francs. Une fois acquis, les appareils étaient destinés à être revendus en Turquie. R.________ savait que les toxicomanes qu'il démarchait n'étaient pas en mesure, ni intéressés à honorer les mensualités des abonnements souscrits en échange de la remise d'un nouveau natel. Il n'avait pas non plus l'intention de s'acquitter des mensualités, ignorant notamment le nom des toxicomanes impliqués. Par ce procédé, R.________ a obtenu au moins cinq téléphones portables dans les circonstances suivantes. A la mi-octobre 2000, il a obtenu de O.________, toxicomane, qu'il l'accompagne chez Mobilezone et qu'il contracte deux abonnements Diax pour deux portables Nokia 3310. Il a payé 80 francs pour les cartes SIM et a remis 210 francs au toxicomane en échange des deux téléphones portables. Le même jour, il s'est rendu avec T.________, toxicomane, à Mobilezone, afin d'y acquérir trois portables Nokia 3310. Dans le magasin, R.________ a procédé à toutes les démarches nécessaires auprès du vendeur. T.________ n'a eu qu'à présenter sa carte d'identité. Il a toutefois aussi souhaité obtenir une photocopie de l'identité de R.________ afin de pouvoir lui envoyer les factures des abonnements et communications, ce que ce dernier a accepté. Une fois les trois téléphones obtenus et les cartes SIM payées par l'accusé, celui-ci a disparu après avoir remis 100 francs au toxicomane, mais sans lui laisser d'adresse. Le 3 novembre 2000, R.________, accompagné de P.________, toxicomane, a tenté de réitérer le procédé décrit ci-dessus. Les deux tentatives ont échoué. En effet, le premier magasin, Mobilezone, était en rupture de stock et le second, Interdiscount, a refusé la transaction, la pièce de légitimation produite par le toxicomane étant périmée. Sur les cinq téléphones portables ainsi obtenus, R.________ en a remis deux à des proches en échange d'une somme destinée à couvrir ses frais, les trois autres étant destinés à être envoyés en Turquie.