Citation: 1P.306/2001 15.06.2001 E. 2

2.- Le recourant voit une violation de son droit d'être entendu dans le fait qu'il n'aurait pas eu accès aux écoutes téléphoniques et que l'agent de police dénonciateur a produit à l'audience de jugement différentes photographies à propos desquelles il n'aurait pas pu valablement s'exprimer. Il n'invoque sur ce point aucune norme du droit cantonal, de sorte que le mérite de son grief doit être tranché au regard des garanties minimales déduites directement de l'art. 29al. 2 Cst. , dont le Tribunal fédéral examine librement si elles ont été observées (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). a) Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. , le droit d'être entendu comprend, de manière générale, le droit pour l'intéressé d'offrir des preuves pertinentes, de prendre connaissance du dossier, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16 et les arrêts cités). Il découle notamment du droit d'être entendu que les enregistrements de conversations téléphoniques et leurs transcriptions, destinés à servir d'éléments de preuve dans le cadre d'une procédure pénale, doivent figurer dans le dossier et être accessibles aux parties, afin que le prévenu ou son défenseur puissent les consulter et, à tout le moins pendant l'audience de jugement, se déterminer à leur sujet (ATF 109 Ia 273 consid. 11 p. 297; cf. Leo Staub, Tonaufnahmen als Mittel zur Aufdeckung von Straftaten, thèse Zurich 1985, p. 192). b) Les enregistrements téléphoniques sont relatés dans le rapport de synthèse de la police de sûreté vaudoise, avec l'identité des locuteurs, leurs numéros d'appel et le contenu des conversations. Ce document a régulièrement été versé à la procédure et le recourant ou son conseil avaient ainsi tout loisir, en consultant le dossier, de prendre connaissance de celles-ci et de s'exprimer à leur sujet durant l'instruction, puis au cours des débats. Il aurait également pu demander qu'il soit procédé à l'audition des enregistrements susceptibles d'être retenus à sa charge à l'audience de jugement, ce qu'il n'a pas fait. Le grief de violation du droit d'être entendu est donc mal fondé, pour ce qui est de l'accès au contenu desdites écoutes téléphoniques. Pour le surplus, en tant qu'il concerne la fiabilité de celles-ci, en raison de l'impossibilité de déterminer avec certitude l'emplacement et l'identité du locuteur, le grief relève non pas de la violation du droit d'être entendu, mais de l'appréciation des preuves. c) Par ailleurs, les photographies litigieuses ont été produites à la demande du tribunal lors des débats et les accusés ont pu en prendre connaissance. Ils ont ainsi pu tout d'abord s'exprimer sur le fait de verser à la procédure ces photographies, circonstance qu'ils ont admise puisqu'ils ne se sont pas opposés à leur apport. Ensuite, ils ont pu, au cours des débats, puis lors des plaidoiries, faire valoir leurs moyens sur ces photographies et les événements à la preuve desquels elles étaient censées contribuer. Dans ce sens, le droit d'être entendu du recourant a été pleinement observé. Ce dernier rattache au même grief la façon dont le Président du Tribunal correctionnel du district de Moudon a requis la production de ces photographies, soit hors audience et en aparté avec le dénonciateur. A cet égard, le moyen soulevé ne répond pas aux exigences, même assouplies, de l'art. 90 al. 1 let. b OJ pour que le Tribunal fédéral puisse entrer en matière. Il n'est notamment pas possible de discerner dans l'argumentation du recourant un reproche de violation de l'art. 30 al. 1 Cst. par la Cour de cassation pénale, moyen qui serait de toute manière tardif (ATF 126 III 249 consid. 3c p. 253; 124 I 121 consid. 2 p. 123; 119 Ia 221 consid. 5a p. 228 et les références citées).