Citation: 6B_1183/2023 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a retenu, comme les premiers juges, que les dénégations du recourant au sujet du produit stupéfiant (CBD et non marijuana) ne valaient rien provenant d'un prévenu déjà condamné pour un trafic de stupéfiants en Espagne et se livrant dans la présente affaire à des importations illicites d'Espagne en Suisse. En outre, les prix pratiqués, tels qu'établis par l'enquête, soit pour certaines transactions de 4'800 fr. à 5'000 fr. le kilogramme, correspondaient bien au prix d'un produit stupéfiant et non de CBD. Les explications du recourant selon lesquelles il aurait vendu, au prix du cannabis, des quantités importantes de CBD n'avaient aucune crédibilité. Tout d'abord, il convenait de relever que la perquisition effectuée au domicile du recourant avait permis la découverte de différents types de stupéfiants, de produits de coupage, de sachets minigrip et d'une comptabilité manuscrite, matériel usuellement utilisé par les trafiquants de stupéfiants et non par les commerçants de CBD pratiquant une activité légalement admise. À cela s'ajoutait que le recourant avait échangé, sur une période de 73 jours, non moins de 2365 messages Whatsapp avec le dénommé "J.________" - chargé de transporter de la drogue d'Espagne jusqu'en Suisse - et H.________. Sur la base de ces conversations, la police avait pu établir les quantités importées et distribuées en Suisse. Comme l'avaient à juste titre relevé les premiers juges, le ton des messages et l'état de tension des différents interlocuteurs qui ressortaient des enregistrements (messages vocaux) montraient qu'il s'agissait à l'évidence de produits illicites (cf. par exemple, le message du recourant du 21 février 2019 dans lequel celui-ci indiquait à J.________ qui se trouvait en Suisse: " Tu te rends compte les risques inutiles que t'es en train de prendre frère?... imagine que tu te fais arrêter bêtement "). Si le recourant redoutait que son comparse soit interpellé par la police, c'était bien parce qu'il savait que ce dernier transportait de la marijuana. La thèse selon laquelle l'inquiétude était née du fait que le CBD transporté avait une teneur en THC illégale en Espagne ne tenait pas, dès lors que son comparse se trouvait déjà en Suisse au moment de ces échanges. Par ailleurs, les aggravantes de la bande et du métier étaient réalisées.