Citation: 1C_122/2016 E. 6.2.4

6.2.4. Dans ce contexte, on ne saurait reprocher aux autorités cantonales d'avoir accordé une importance accrue au rétablissement d'une situation conforme au droit sans se préoccuper outre mesure des inconvénients liés à la suppression des aménagements réalisés sans autorisation. La dérogation à la règle n'apparaît pas mineure, la hauteur minimale exigée pour des locaux voués à l'habitation n'étant atteinte que sur une portion congrue des surfaces concernées. En outre, l'intérêt poursuivi par la réglementation transgressée apparaît non négligeable dès lors qu'il relève de la salubrité des constructions, comme l'a d'ailleurs reconnu le Tribunal fédéral à réitérées reprises (ATF 107 Ia 121 consid. 2 p. 125; arrêt 1P.90/2001 du 10 avril 2001 consid. 3b). Que l'art. 27 RLATC envisage, à ses alinéas 3 et 4 (cf. consid. 5.1.2 ci-dessus), de possibles dérogations pour les bâtiments existants, dans des cas particuliers comme les constructions de montagne (al. 3), ou encore par le biais d'un PPA, pour autant que des mesures compensatoires soient prévues (al. 4), n'enlève rien au caractère décisif de l'intérêt poursuivi, contrairement à ce que soutiennent les recourants; il n'apparaît d'ailleurs pas que ces conditions dérogatoires soient en l'espèce réalisées. Le respect des règles de salubrité doit ainsi avoir le pas sur les intérêts financiers allégués par les recourants; ces derniers se bornent d'ailleurs à prétendre que la remise en état provoquerait des frais considérables, sans toutefois fournir le moindre élément propre à l'établir. A cet égard, il n'est pas pertinent de soutenir qu'ils auraient été empêchés, dans le cadre de la procédure cantonale, de démontrer le dommage occasionné par les décisions municipales, faute pour l'instance précédente d'avoir tenu audience; les recourants se sont en effet exprimés à deux reprises, par le biais de leur recours cantonal et d'observations complémentaires, sans toutefois développer d'argumentation circonstanciée s'agissant des coûts de remise en état, se contentant de brèves allégations péremptoires en fin de mémoire; ils n'ont pas non plus produit de documents attestant du dommage allégué ni requis des mesures d'instruction en ce sens. Dans ces circonstances, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir procédé à une pesée incomplète des intérêts en présence; cette argumentation confine à la témérité. Les recourants reprochent enfin à l'autorité communale de n'avoir pas examiné la possibilité d'une dérogation au sens des art. 10.3 RPPA et 85 LATC et d'avoir, ce faisant, également violé le principe de proportionnalité. Cette critique n'est toutefois aucunement motivée, les recourants ne prenant pas la peine d'expliquer en quoi ces dispositions auraient en l'espèce dû trouver application; elle est partant irrecevable (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF).