Citation: 4D_14/2014 E. 4.2.2

4.2.2. L'autorité précédente n'a pas apprécié arbitrairement les preuves en refusant de tenir pour établi le motif de licenciement invoqué par la recourante. D'une part, l'intimé a certes admis une rupture du lien de confiance avec la direction, mais a précisé qu'il avait répondu en tant que délégué du personnel à la question posée lors de l'entrevue du 8 février 2010. Au vu des événements intervenus à partir du 4 février 2010 et de leur enchaînement rapide, il n'est pas insoutenable de considérer que l'intimé s'exprimait effectivement au nom des employés qu'il représentait, dans le cadre du processus de réorganisation engagé par le conseil d'administration, et non comme travailleur, dans le cadre de son activité salariée. En effet, le collaborateur a été convoqué le 8 février 2010 à l'issue de la réunion du même jour de tout le personnel, organisée à l'initiative du conseil d'administration. Or, seuls les quatre membres de la délégation du personnel ont reçu une telle convocation. Le rassemblement du personnel intervenait lui-même trois jours après la diffusion du communiqué de presse par la délégation, communiqué écrit le même jour que le courriel du 4 février 2010 dans lequel la délégation exprimait précisément au conseil d'administration une "confiance mise à mal" au sein de A.________. D'autre part, la recourante se contente d'affirmer que l'intimé a déclaré, lors de l'entretien du 8 février 2010, qu'il refusait d'adhérer à la nouvelle structure. Or, les juges fribourgeois ont tenu ce fait pour non établi, notamment parce que le président du conseil d'administration lui-même avait reconnu ne pas avoir demandé à l'intimé s'il acceptait la nouvelle structure directionnelle. Par ses seules allégations, la recourante n'explique pas en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en ne retenant pas le refus de l'intimé de travailler avec la nouvelle direction.