Citation: 4A_498/2016 E. 3.9.3

3.9.3. En tant qu'elles relèvent de l'appréciation des preuves, ces considérations résistent au grief d'arbitraire. La question de la personne du fiduciant n'a été abordée par le juge d'instruction qu'incidemment, à travers la question «Il apparaît que vous avez acquis ce bien immobilier en été 1996 à titre fiduciaire pour Monsieur B2.________ et/ou Madame B1.________. Un contrat de fiducie a-t-il été signé à ce sujet?». Une telle formulation laissait effectivement indécise la personne du fiduciant. Quant à l'argument selon lequel la plainte pénale cosignée par les deux époux n'évoquait pas d'autres actes illicites que ceux commis en relation avec la villa, il est battu en brèche par l'ordonnance de classement du 28 juillet 2009, laquelle évoque un prétendu abus de confiance portant sur 805'000 fr. concernant des faits déjà décrits dans la plainte, ledit montant étant articulé dans celle-ci. Dans ces circonstances, le fait d'avoir déposé conjointement la plainte pénale, puis d'avoir toujours parlé d'une seule voix lors des audiences en utilisant logiquement le pronom «nous» n'impliquait pas ipso facto un aveu quant à leur prétendue qualité de co-fiduciants, d'autant moins que la plainte exposait en fait que la villa avait été acquise par le défendeur pour rendre service à la demanderesse et concluait notamment à la restitution de la cédule hypothécaire appartenant «en pleine propriété» à la demanderesse.