Citation: I 53/03 19.08.2003 E. 5

L'office recourant soutient que le rapport du COMAI contient tous les éléments de réponse nécessaires permettant d'exclure la nature invalidante du trouble somatoforme dont l'intimé est atteint. A son avis, la doctoresse D.________ n'avait aucun substrat médical pertinent à mettre en évidence; elle n'a fait état que d'une symptomatologie dépressive très modérée, accompagnée de troubles du sommeil et de la concentration, d'une adhédonie modérée, de sentiments de tristesse, de troubles anxieux, sans symptomatologie psychotique. En outre, elle n'a pu expliquer le trouble somatoforme douloureux qu'en faisant référence à des facteurs psychosociaux, notamment une activité lucrative précoce et une séparation familiale. En d'autres termes, la doctoresse D.________ n'a pas été en mesure de mettre en évidence un trouble somatoforme persistant qui présenterait un minimum de gravité. Par ailleurs, le recourant estime que les critères plaidant en faveur du caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux font largement défaut, car l'intimé ne souffre pas d'une structure de la personnalité présentant des traits prémorbides et ne présente aucune comorbidité psychiatrique; en outre, le recourant n'est atteint d'aucune affection corporelle chronique et son intégration sociale demeure intacte. Quant aux éléments susceptibles de fonder un pronostic défavorable en ce qui concerne le caractère exigible de la reprise de l'activité professionnelle, tels que le caractère chronique de la maladie et de son évolution sur plusieurs années ainsi que l'absence de résultats des traitements, ils apparaissent bien insuffisants. Le trouble somatoforme ne présente pas le caractère de gravité requis par la jurisprudence pour admettre une invalidité, si bien que l'expertise ordonnée par les premiers juges est superflue. Quant à l'intimé, il soutient que l'expertise psychiatrique litigieuse était nécessaire pour connaître l'incidence de l'état dépressif suspecté sur sa capacité de travail.