Citation: 7B_438/2024 E. 3.4.2

3.4.2. Au vu de ces éléments, l'intervalle de près d'une année séparant les deuxième et troisième auditions du recourant et l'absence de l'acte d'accusation, pourtant annoncé, alors que l'intéressé était en détention, ne s'expliquent pas par la complexité de l'affaire. En particulier, il ne résulte pas de l'arrêt querellé que l'affaire aurait présenté des spécificités, telles que l'implication de nombreux autres prévenus, la mise en oeuvre d'importantes investigations policières, l'existence de ramifications avec d'autres affaires ou des difficultés techniques (cf. entre autres: arrêts 6B_392/2024 du 18 juillet 2024 consid. 5.5.3; 7B_372/2024 du 12 juin 2024 consid. 2.3.3; 6B_87/2022 du 13 octobre 2022 consid. 3.2; 6B_434/2021 du 7 avril 2022 consid. 1.5; 6B_1385/2019 du 27 février 2020 consid. 5.3.2). Au contraire, la procédure concerne deux coprévenus impliqués - s'agissant à tout le moins du recourant - dans un unique brigandage et le recourant a reconnu les faits dès les premières auditions; en outre, une célérité particulière était attendue du fait que le recourant se trouvait en détention depuis le 17 octobre 2022 et l'était toujours au moment de la reddition de l'arrêt querellé le 8 mars 2024. Au cours de la période considérée, le recourant a certes requis par deux fois la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique, sans que le retard à statuer puisse toutefois de ce fait lui être imputé. Le Ministère public a en effet considéré qu'une telle mesure d'instruction ne se justifiait pas, de sorte que cet élément ne saurait être pris en compte pour expliquer la longueur de la procédure décrite ci-dessus. Au contraire, les deux demandes d'expertise n'ont pas été traitées dans un délai approprié, l'ayant été après six mois s'agissant de la première requête et trois mois pour ce qui est de la seconde; or les deux fois, ce n'est qu'après que le recourant avait formé recours pour déni de justice que le Ministère public s'est prononcé. Dans ses déterminations à la cour cantonale, ce dernier a d'ailleurs admis "regrett[er]" de ne pas avoir statué sur la seconde demande d'expertise. En définitive, au vu de l'absence réelle de complexité de la cause, du peu d'actes d'instruction mis en oeuvre, des recours pour déni de justice formés par le recourant et de la détention de celui-ci, la cour cantonale aurait dû retenir que la durée globale de l'enquête - dirigée contre l'intéressé dès le 17 octobre 2022 - violait le principe de la célérité. À cet égard, le fait que les intervalles entre les auditions du recourant aient été inférieurs à la durée d'inactivité sanctionnée par la jurisprudence (cf. consid. 3.2.2 supra) ne permet nullement de retenir qu'elle n'était pas excessive, d'autant moins pour un dossier qui ne présentait pas une complexité particulière (cf. arrêt 6B_1521/2022 du 27 avril 2023 consid. 2.3).