Citation: I 685/04 05.12.2005 E. 5

5.1 En ce qui concerne la santé psychique de l'assurée, les experts ont fait état d'une dépression chronique (F 38.8, selon la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes établie par l'Organisation mondiale de la santé, 10ème révision [CIM-10]) et d'un trouble de l'anxiété généralisée (F 41.1). Selon eux, ces atteintes entraînaient un état d'épuisement psychique, une résistance diminuée au stress, et avaient un effet défavorable sur la perception des douleurs. Les docteurs H.________ et O.________ se montraient favorables à une reprise du travail à raison de 1 x 2 heures, puis 2 x 2 heures par jour, en précisant toutefois que la longue durée d'inactivité, les troubles psychiques et la faible motivation de l'assurée risquaient de compromettre toute tentative de reprise d'activité professionnelle. Ils concluaient leur rapport en soulignant que l'assurée formulait des plaintes peu compatibles avec la notion d'invalidité, mais qu'elle s'était mise dans la peau d'une invalide depuis de nombreuses années, ce qui constituait le principal obstacle à une reprise du travail. 5.2 Ces constatations ne convainquent pas de l'incapacité de travail attestée par les experts. En effet, en matière d'assurance-invalidité, la longue période d'inactivité, l'âge ou l'absence de motivation ne constituent pas des atteintes à la santé à prendre en considération pour évaluer l'incapacité de travail ou de gain d'un assuré. Le fait que la personne concernée se considère comme invalide ne constitue pas davantage un critère. Il convient bien plutôt de se demander si, en raison d'atteintes à la santé, l'assuré ne dispose plus des ressources physiques et psychiques nécessaires à la reprise d'une activité professionnelle. Or, sur le plan psychique, les docteurs H.________ et O.________, s'appuyant sur le rapport établi par le docteur S.________, ne décrivent que des troubles anxieux et dépressif d'intensité légère à modérée; ils précisent par ailleurs que le traitement médicamenteux contre l'anxiété produit de bons effets. Le docteur S.________ a constaté à l'entretien une thymie légèrement dépressive, une attitude résignée, mais sans perte de l'élan vital durable ni idées suicidaires. Il a fait état de scores de 16/54 et 14/57 sur les échelles de dépression et d'anxiété de Hamilton, ce qui reste très modéré. Dans ces conditions, l'office AI pouvait à bon droit s'écarter des conclusions des experts, fondées essentiellement sur des facteurs étrangers à l'invalidité, et considérer que l'assurée ne subissait pas d'incapacité de travail significative en raison d'atteintes à sa santé. Partant, le rejet de la demande de prestation déposée par l'assurée n'est pas critiquable.