Citation: 1C_527/2023 E. 2.4

2.4. La cour cantonale a procédé à une analyse de l'impact esthétique de l'installation. Elle a constaté que le projet litigieux était prévu sur un bâtiment appartenant à un ensemble protégé du XIXe siècle et du début du XXe siècle, soit une zone à protéger au sens de la LAT, tel que recensé par le service de l'inventaire des monuments d'art et d'histoire. Indépendamment de la problématique de la visibilité du projet depuis l'espace public, la cour cantonale a estimé que l'installation litigieuse - soit un mât de 3 m de haut sur lequel doivent être fixées trois antennes et qui sera placé sur le toit de l'immeuble - altérera l'architecture de ce dernier, en raison notamment de sa structure imposante, relevant en particulier que l'antenne culminera à 4.27 m plus haut que le faîte de la toiture en raison de la superstructure qui la surélève. Cette atteinte sera d'autant plus importante que le bâtiment concerné possédait des qualités architecturales indéniables, la cour cantonale faisant sien l'avis de la CMNS; cette instance spécialisée avait considéré que le projet altérait la composition architecturale du bâtiment, compromettait l'unité architecturale de l'ensemble protégé et portait atteinte au caractère architectural de "cet édifice remarquable, digne de protection". Pour la cour cantonale, la péjoration de l'esthétique du bâtiment entraînera également un impact négatif sur les autres bâtiments faisant partie de l'ensemble et rompra leur harmonie. Elle a en outre retenu que l'impact de l'installation litigieuse sur l'architecture du bâtiment et l'harmonie de l'ensemble sera perceptible depuis l'espace public, à tout le moins en partie, depuis le n° 58bis de la route de Frontenex, soit un lieu largement fréquenté. Vu ces considérations, elle a considéré que le projet litigieux nuirait au caractère du site au sens de l'art. 15 LCI et porterait atteinte à son unité architecturale et urbanistique (art. 89 ss LCI). Dans son mémoire, la recourante se contente d'affirmer de manière péremptoire que l'impact visuel de l'antenne sera négligeable, voire nul, de sorte qu'il serait arbitraire de retenir une atteinte esthétique importante au bâtiment et à l'ensemble protégé. La recourante ne soulève d'ailleurs pas le grief d'application arbitraire de la clause d'esthétique de l'art. 15 LCI, ni de celles de protection du patrimoine des art. 89 ss LCI, dispositions qu'elle n'invoque même pas. L'argumentation de la recourante ne remplit donc pas les exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF et est irrecevable (cf. ATF 145 II 32 consid. 5.1 et les réf. cit.). Il n'y a dès lors pas lieu de revenir ici sur l'appréciation de l'instance précédente quant au fait que l'installation litigieuse est contraire aux clauses de droit cantonal précitées.