Citation: 7B_46/2022 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a retenu que, quand bien même la responsabilité pénale du recourant n'avait pas été retenue, celui-ci avait néanmoins commis des agissements contraires à ses obligations professionnelles de diligence et de fidélité consacrées notamment aux art. 398, 716a al. 1, 717 al. 1 et 754 al. 1 CO. En tant qu'administrateur et CEO des sociétés du groupe E.________, il lui incombait notamment d'adapter les dépenses aux moyens dont disposaient les sociétés, en veillant, au besoin, à faire passer les intérêts de celles-ci avant les siens. Or, entre 2018 et 2019, il avait reconnu avoir fait supporter aux diverses entités du groupe - dont la situation financière était alors critique - des dépenses importantes a priori sans rapport avec les activités desdites sociétés, tels que des frais relatifs à des événements privés, à des séjours à l'étranger en compagnie de sa famille, à deux voitures dont une de luxe, à l'acquisition de bouteilles d'alcool onéreuses, à la location de biens immobiliers en montagne et à la maintenance d'un bateau. Ces dépenses, s'élevant à plusieurs dizaines de milliers de francs, n'étaient pas adaptées à la situation financière des sociétés du groupe, ni justifiées par la bonne marche des affaires. Même dans l'hypothèse où certaines de ces dépenses auraient eu un but commercial, elles étaient en tout état disproportionnées eu égard aux moyens financiers des sociétés et compte tenu du fait qu'elles n'avaient pas permis d'apporter de nouveaux clients. A cela s'ajoutait que le recourant n'avait fourni aucun justificatif ni décompte démontrant le but de ces frais. Il avait en outre contrevenu à l'art. 11.1.6 de la convention d'actionnaire du 13 juin 2018 en ne soumettant pas la facture de 35'000 fr. relative à l'anniversaire de son épouse à Marrakech à l'approbation de B.________ Ltd. Il résultait par ailleurs du dossier qu'il s'était versé un salaire de 27'500 fr. au mois de juin 2018 pour une activité au sein des filiales du groupe. Or d'après ses contrats de travail, il ne pouvait prétendre à une rémunération qu'à la condition que les affaires des sociétés soient rentables et qu'un bénéfice net soit dégagé à la clôture de l'exercice 2018, condition qui n'était pas réalisée en l'espèce. La cour cantonale a ainsi considéré que les manquements du recourant relatifs aux règles du droit de la société anonyme, principalement, étaient de nature à susciter auprès des sociétés plaignantes des interrogations quant à la manière dont il avait géré les sociétés litigieuses. Dans ces circonstances, le Ministère public était légitimé à ouvrir une procédure pour les chefs d'abus de confiance et de gestion déloyale, notamment. Pour ces motifs, la juridiction cantonale a confirmé que les frais de procédure devaient être mis à la charge du recourant (art. 426 al. 2 CPP), ce qui excluait l'allocation d'une indemnité (art. 430 al. 1 let. a CPP).