Citation: U 330/00 14.05.2002 E. A

A.- B.________, née en 1950 et domiciliée à N.________ (F), travaillait à la fabrique de produits diététiques S.________ SA, à V.________, en qualité d'employée de conditionnement. A ce titre, elle était assurée contre les accidents professionnels et non professionnels par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 29 août 1994, prise d'un malaise, elle a chuté dans sa salle de bain, heurtant de l'épaule gauche la porte entre-ouverte. Consulté le jour même, le docteur K.________, médecin traitant, a posé le diagnostic de tendinite du sus-épineux résultant d'une contusion de la glène, après avoir constaté une douleur exquise à l'épaule gauche, ainsi que, par ailleurs, une calcification de cette articulation (rapport du 22 septembre 1994). L'assurée a subi, le 21 octobre suivant, une acromioplastie arthroscopique de l'épaule gauche avec extraction d'une quantité très importante de calcification "en pâte dentifrice". Le docteur G.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie, à T.________, qui a réalisé l'intervention, n'a constaté ni rupture de la coiffe des rotateurs, ni aspect inflammatoire. Après avoir pris en charge, dans un premier temps, les suites de l'accident, la CNA a refusé de poursuivre le versement de ses prestations au-delà du 18 octobre 1994, au motif que les troubles qui avaient rendu l'opération nécessaire n'étaient pas en relation de causalité avec l'accident. Elle est cependant revenue sur ce refus le 14 juin 1995. Dans l'intervalle, après avoir subi une période d'immobilisation du bras gauche d'un mois, l'assurée n'a plus bénéficié des séances de physiothérapie et de kinésithérapie qui lui avaient été prescrites par le docteur G.________. Dans un rapport du 17 mars 1997, le docteur X.________, médecin d'arrondissement de la CNA, relève une évolution catastrophique après un traumatisme mineur (contusion de l'épaule gauche), qui se solde par une périarthrite scapulo-humérale avec exclusion pratique du bras gauche du schéma corporel de l'assurée. Il précise que les calcifications sous-épineuses qui ont fait l'objet de l'acromioplastie étaient déjà présentes au moment de l'accident, bien que l'assurée n'en ait jamais souffert auparavant. Il admet cependant une aggravation post-traumatique permanente de cet état préexistant et relève la probabilité qu'une évolution psychogène ait contribué à l'extension extrême des symptômes. Il précise, par ailleurs, dans un rapport complémentaire du 21 avril 1997, que l'assurée peut exercer en position debout ou assise une activité qui n'exige ni d'élever le bras gauche au-dessus de la taille, ni de soulever des poids avec la main gauche et qu'elle serait apte à accomplir à 100 % tous travaux qui peuvent être effectués à l'aide de la main droite, en donnant un peu de soutien de la main gauche. Par décision du 29 octobre 1997, la CNA a reconnu à B.________ une incapacité de gain de 20 %, résultant des seules conséquences physiques de l'accident, et lui a, en outre, alloué une indemnité de 19 440 fr. calculée sur la base d'une atteinte à l'intégrité de 20 %. En cours d'instruction sur l'opposition formée par B.________ contre cette décision, un rapport d'expertise établi le 3 août 1998 à la demande de l'assurance-invalidité par le docteur Z.________, spécialiste FMH en médecine physique, réadaptation et maladies rhumatismales, a été produit. Selon ce spécialiste, dont les conclusions se fondent notamment sur un rapport de consilium psychiatrique établi le 8 juillet 1998 par le docteur F.________, psychiatre, l'assurée présente un état dépressif majeur, une périarthrite scapulo-humérale sur dépôt calcaire dans la bourse sous-acromiale et le tendon du sus-épineux, une limitation fonctionnelle du coude et de la main gauche sans image anatomique explicite, des troubles statiques et dégénératifs rachidiens dorso-lombaires, des cervicalgies dans le cadre de troubles fonctionnels et dégénératifs ainsi qu'un syndrome du tunnel carpien gauche. Selon lui, on peut admettre que dès la date de l'accident l'assurée a été en mesure d'exercer une activité lucrative adaptée telle que celle proposée par le médecin d'arrondissement de la CNA à un taux de 50 %, justifié par les conclusions du psychiatre. Quant à ce dernier, il indique que tant l'anamnèse que l'observation vont dans le sens d'un état dépressif majeur, d'origine probablement multi-factorielle, dont la gravité justifie une invalidité psychiatrique significative de 50 %. Le 13 novembre 1998, la CNA a rendu une décision portant de 20 à 30 % le taux de la rente et rejetant pour le surplus l'opposition.