Citation: 8C_452/2020 E. 4.2

4.2. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir violé les "règles relatives à un procès équitable" en retenant que les droits de participation de l'assuré tels que consacrés par la jurisprudence du Tribunal fédéral ne sont pas des droits justiciables dans le champ de l'assurance-accidents, mais une simple incombance. La question de savoir s'il existe un droit justiciable à la désignation consensuelle de l'expert en matière d'assurance-accidents peut demeurer indécise en l'espèce. Il n'est en effet pas contesté que le principe de l'attribution aléatoire des mandats d'expertises pluridisciplinaires développé en matière d'assurance-invalidité ne s'applique pas à l'assurance-accidents (cf. consid. 2.4.2 supra). Si l'assureur-accidents - comme l'Office AI pour les expertises mono- ou bidisciplinaires - doit s'efforcer de mettre en oeuvre une expertise sur une base consensuelle et prendre en considération les objections soulevées par l'assuré quant à la personne de l'expert, le Tribunal fédéral a clairement rejeté la conception selon laquelle un expert ne pourrait être désigné qu'avec le consentement de l'assuré dès que celui-ci émet des objections sur la personne de l'expert, car cela reviendrait à reconnaître un droit de veto à l'assuré; il a précisé que même en cas d'objection justifiée de l'assuré, l'assureur n'est pas tenu de suivre sans autre les contre-propositions de l'assuré (ATF 139 V 349 consid. 5.2.1). En l'espèce, la seule objection soulevée par le recourant à l'encontre de la désignation du docteur D.________ tenait à la prétendue inimitié de celui-ci envers son avocat, qui aurait constitué un motif formel de récusation. Or comme cette objection était dénuée de fondement (cf. consid. 3.2 supra), l'intimée n'avait pas, en l'absence de toute objection de nature matérielle envers la personne du docteur D.________ (cf. consid. 2.2 supra), à continuer de rechercher une désignation consensuelle de l'expert. En effet, cela serait revenu à admettre un droit de veto du recourant à l'encontre du docteur D.________ en dépit de l'inexistence de motifs de récusation. C'est ainsi à juste titre que l'intimée a statué sur la question par une décision incidente. Le grief du recourant doit dès lors être rejeté.