Citation: U 300/04 13.04.2005 E. A

D.________ travaillait en qualité de cardiologue au service de X.________ SA. A ce titre, il était assuré contre les accidents auprès de La Genevoise compagnie générale d'assurances (ci-après : La Genevoise). Le 23 mai 1998, à 23 heures 30, il est décédé subitement à son domicile de Y.________. De l'enquête judiciaire, de l'autopsie médico-légale du corps et des examens toxicologiques effectués, il est apparu que le défunt avait absorbé notamment une dose de pentobarbital, dont la résorption n'était pas achevée au moment du décès, et de l'alcool. D'autres substances ont été découvertes dans l'urine, en particulier un antidépresseur, un antiémétique et de la benzodiazépine. Le professeur K.________ et la doctoresse R.________, de l'Institut de médecine légale de Z.________, dans leur rapport au juge d'instruction du 3 juillet 1998, ont conclu qu'il s'agissait d'un décès par intoxication au pentobarbital, en présence de phénobarbital et d'alcool éthylique. Ils ont relevé que le risque de décès avait pu être accru par la présence simultanée dans l'organisme de plusieurs substances agissant sur le système nerveux central et dont les effets pouvaient s'additionner ou se potentialiser mutuellement. Ils n'ont en revanche pas trouvé d'éléments évoquant une autre hypothèse ou l'intervention d'un tiers. Le 10 septembre 1998, X.________ a annoncé le cas à La Genevoise. Par décision du 29 mars 1999, cette dernière a refusé de servir des rentes de survivantes à A.________ et B.________, respectivement veuve et fille de D.________. A l'appui de sa décision, l'assureur-accidents a considéré que le décès était imputable au pentobarbital, médicament que l'assuré consommait depuis plusieurs années en raison du tremblement dont il était atteint, si bien que la notion d'accident devait être niée. La Zurich Compagnie d'assurances (ci-après : la Zurich), chargée par la Genevoise de gérer les cas relevant de l'assurance-accidents obligatoire, a rejeté l'opposition de A.________ et B.________, par décision du 29 septembre 2000. En résumé, l'assureur-accidents, tout en n'excluant pas la thèse du suicide, a estimé qu'une surdose involontaire de médicaments était invraisemblable. Il a retenu que le caractère extraordinaire de la cause du décès devait être nié, car D.________ avait l'habitude de consommer régulièrement du pentobarbital et des médicaments avec de l'alcool.