Citation: 6B_972/2022 E. 3.5.2

3.5.2. Cela étant, en incorporant les nouvelles actions émises à son propre patrimoine sans les céder à son véritable souscripteur, la recourante a clairement démontré sa volonté de ne pas respecter les instructions de ses mandants et d'utiliser les valeurs patrimoniales initialement confiées en s'écartant de la destination convenue. Au surplus, il ressort des faits du jugement de première instance (consid. 2.5.8-2.5.13 pp. 18-21 et consid. 3.2.2 p. 25 ab initio), auquel la cour cantonale renvoie au sens de l'art. 82 al. 4 CPP (cf. jugement attaqué consid. 3.5.8 p. 20) que la somme de 50'000 euros, destinée à l'augmentation du capital-actions de D.________ SA, avait été créditée sur un compte courant de la société précitée en octobre 2012, sous réserve d'une commission de 250 fr., soit à concurrence de 59'750 francs. La recourante avait ensuite effectué différents débits en faveur de ses sociétés à hauteur de 48'836 fr., laissant de la sorte le solde du compte à 9'305 fr. 74 au 10 janvier 2013 et à 9'293 fr. 08 au 17 janvier 2013 après déduction des frais de gestion de compte, seul montant que feu C.________ avait finalement pu récupérer. Ainsi, peu importe pour quelle raison les retraits à hauteur de 48'836 fr. avaient été faits par la recourante en faveur de ses sociétés. Est déterminant le fait que cette dernière s'est approprié les montants versés par ses mandants qui lui avaient été confiés dans un but précis, à savoir l'augmentation du capital-actions de D.________ SA avec remise des actions libérées à son véritable souscripteur. Ses actes sont, là aussi, constitutifs d'un abus de confiance au sens de l'art. 138 CP.