Citation: 4A_48/2023 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a retenu que le texte clair de la convention de prêt reflétait la volonté réelle et concordante des parties, à savoir que A.________ reconnaissait devoir la somme de 200'000 fr. à B.________ et s'engageait à la lui rembourser au plus tard à la remise des clés de sa villa. La cause de cette obligation était de permettre à B.________ de couvrir les frais annexes de la promotion immobilière (honoraires d'architectes, commission de courtage, frais de mise en valeur, etc.) qu'il avait acceptés d'assumer dans un premier temps, pour le compte de A.________, dans le but de construire sa villa, et dont le principe et la quotité avaient été arrêtés forfaitairement entre les parties. La cour cantonale s'est notamment référée à la convention elle-même, aux termes de laquelle B.________ avait déclaré prêter la somme de 200'000 fr. à A.________, somme que cette dernière et sa fille avaient expressément reconnu lui devoir. La convention ne contenait aucune clause stipulant que la somme prêtée devait être versée en mains de la notaire ou sur un quelconque compte bancaire en faveur de A.________ ou de sa fille. Dans la mesure où il était usuel, dans un contrat de prêt, de prévoir que l'argent prêté serait versé en faveur de l'emprunteur dans un certain délai, l'absence d'une telle clause tendait à confirmer que la somme avait déjà été mise à disposition de A.________ sous forme d'avances. Selon la cour cantonale, le témoignage de la notaire corroborait ce point. Cette dernière avait déclaré que " la cause du prêt " résidait dans les avances que B.________ avait concédées à A.________ sur les frais de mise en valeur de la parcelle n° yyy. La notaire avait en outre affirmé que, même si elle n'avait pas un souvenir précis quant aux explications qu'elle avait données à A.________, elle pouvait confirmer en avoir parlé à celle-ci, dès lors qu'elle exerçait son métier avec sérieux. Par ailleurs, la notaire avait indiqué que dans la mesure où l'argent avait été mis à disposition de A.________ sous forme d'avances, elle n'avait pas pu procéder aux vérifications usuelles pour s'assurer que l'argent prêté avait été remis à l'emprunteuse. La cour cantonale a ajouté que les témoins E.________ et D.________ avaient confirmé que B.________ avait pris en charge différents frais pour le compte de A.________ dans le cadre du projet immobilier. Le témoin E.________ avait d'ailleurs déclaré " qu'il y avait (eu) une avance de 200'000 fr. ". Les montants articulés par B.________ étaient de plus étayés par les factures et les pièces produites. La cour cantonale a encore souligné que A.________ et sa fille n'ignoraient pas que le produit de la vente des 2/3 de la parcelle n° xxx, destiné à payer l'entreprise générale, ne suffirait pas à couvrir les frais annexes usuels lors d'une opération immobilière (frais d'architecte, commission de courtage, etc.). A cet égard, la fille avait reconnu que le coût de construction de la villa, acquitté au moyen des 637'000 fr. bloqués en mains de la notaire, ne comprenait pas les honoraires d'architecte, les commissions de courtage et les honoraires de B.________. Elle avait en outre admis qu'en 2016, sa mère n'avait pas d'argent. Par ailleurs, à teneur de la promesse de vente et d'achat du 14 mai 2014, B.________ s'engageait à prendre à sa charge, sans contrepartie, les frais de notaire relatifs à la promesse et à l'acte de vente définitif, à la demande d'autorisation de construire et aux démarches nécessaires pour la division parcellaire auprès du Registre foncier, à l'exclusion d'autres frais. A.________ ne pouvait pas inférer des circonstances entourant la signature de la convention de prêt qu'elle était dispensée de participer aux frais annexes assumés par B.________ en lien avec la construction de sa villa. Finalement, la cour cantonale a relevé que A.________ et sa fille ne s'étaient pas inquiétées de savoir si l'argent avait effectivement été versé en mains de la notaire, respectivement sur un compte bancaire en faveur de A.________. Ce n'était que par pli du 29 mars 2018, soit plus de deux ans après la signature de la convention, que A.________ s'était étonnée de ne pas trouver trace du versement du montant de 200'000 fr. visé par la convention. Or, le fait que A.________ et sa fille avaient reconnu, devant la notaire, être débitrices de cette somme envers B.________, sans que leur obligation de rembourser ce dernier ne soit subordonnée à la réalisation d'une quelconque condition, confirmait que, selon leur compréhension, cette somme avait déjà été mise à leur disposition sous la forme d'avances.