Citation: 1P.413/2004 24.08.2004 E. 2

L'appréciation des preuves est arbitraire, donc contraire à l'art. 9 Cst., lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral n'invalide l'appréciation retenue par le juge de la cause pénale que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective ou adoptée sans motifs objectifs. Il ne suffit pas que les motifs du verdict soient insoutenables; il faut en outre que l'appréciation soit arbitraire dans son résultat. Il ne suffit pas non plus qu'une solution différente puisse être tenue pour également concevable, ou apparaisse même préférable (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 58; 127 I 38 consid. 2 p. 40, 126 I 168 consid. 3a p. 170; voir aussi ATF 129 I 8 consid. 2.1 in fine p. 9). Le Tribunal correctionnel devait statuer sur la base des déclarations divergentes de l'accusé et de la recourante, sans disposer d'aucune autre preuve directe de ce qui a pu se produire entre eux dans les moments où ils se trouvaient seuls au domicile de celui-là. Dans son jugement, le tribunal a indiqué les circonstances et le raisonnement qui le conduisaient à mettre en doute la version de la recourante et, par conséquent, conformément à la présomption d'innocence, à préférer celle de l'accusé. Contrairement aux affirmations développées à l'intention du Tribunal fédéral, il n'apparaît pas que les éléments ainsi retenus soient étrangers à une appréciation objective des preuves ou eux-mêmes fondés sur des constatations erronées. C'est en vain que la recourante propose, au sujet desdites circonstances, une interprétation différente qui serait peut-être également défendable, car une argumentation de ce genre n'est pas suffisante à l'appui du grief d'arbitraire. Le recours pour violation de l'art. 9 Cst. se révèle donc mal fondé, ce qui entraîne son rejet.