Citation: 4A_334/2008 22.08.2008 E. 2

L'arrêt attaqué, qui retourne la cause au Tribunal des baux pour instruction et jugement de la cause sur le fond, constitue une décision incidente (ATF 133 IV 121 consid. 1.3; 132 III 785 consid. 2). Dès l'instant où elle ne porte pas sur la compétence ou sur une demande de récusation, elle ne peut faire l'objet d'un recours au Tribunal fédéral que si l'une des deux conditions posées par l'art. 93 al. 1 LTF est réalisée: soit elle peut causer un préjudice irréparable (let. a), ce qui n'est manifestement pas le cas en l'espèce, soit l'admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (let. b). Si le recours n'est pas recevable au regard de ces conditions ou s'il n'a pas été utilisé, les décisions préjudicielles et incidentes peuvent être attaquées par un recours contre la décision finale dans la mesure où elles influent sur le contenu de celle-ci (art. 93 al. 3 LTF). Cette réglementation est fondée sur des motifs d'économie de la procédure : en tant que cour suprême, le Tribunal fédéral ne devrait en principe connaître qu'une seule fois de la même affaire, à la fin de la procédure, à moins que l'on ne se trouve dans l'un des cas où la loi autorise exceptionnellement, précisément pour des raisons d'économie de la procédure, un recours immédiat contre une décision préjudicielle ou incidente (ATF 134 III 188 consid. 2.2; 133 III 629 consid. 2.1). La première des deux conditions cumulatives de l'art. 93 al. 1 let. b LTF est réalisée si le Tribunal fédéral peut mettre fin une fois pour toutes à la procédure en jugeant différemment la question qui a été tranchée dans la décision incidente (cf. ATF 132 III 785 consid. 4.1 et les arrêts cités). Elle l'est bien en l'espèce, puisque si le Tribunal fédéral parvenait à la solution inverse de celle retenue par la cour cantonale, le locataire verrait admise sa demande de diminution du loyer initial, la bailleresse n'ayant pu établir que ledit loyer n'était pas abusif à considérer les loyers du quartier. Quant à la seconde condition de la norme susrappelée, il appartient au recourant d'établir qu'une décision finale immédiate permettrait d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse, si cela n'est pas manifeste; il lui incombe en particulier d'indiquer de manière détaillée quelles preuves - déjà offertes ou requises - devraient encore être administrées et en quoi leur administration entraînerait une procédure probatoire de longue durée et onéreuse (ATF 133 III 629 consid. 2.4.2; 118 II 91 consid. 1a p. 92). En l'occurrence, le recourant n'aborde pas du tout la question, de sorte que le recours doit être déclaré irrecevable. De toute manière, on ne voit pas que la fixation du loyer admissible entraîne in casu une procédure probatoire longue et dispendieuse.