Citation: 1P.101/2000 08.05.2000 E. 1

b) Selon l'art. 87 OJ, dans sa teneur au 16 décembre 1943, le recours de droit public fondé sur l'art. 4 aCst. est recevable contre les décisions finales ou contre les décisions incidentes causant à l'intéressé un préjudice irréparable. Tel est le cas lorsque l'intéressé subit un dommage qu'une décision favorable sur le fond ne fait pas disparaître complètement; le préjudice doit en outre être de nature juridique, un inconvénient seulement matériel, résultant par exemple de l'allongement de la procédure, est insuffisant (ATF 122 I 39 consid. 1a/aa p. 42; 117 Ia 251 consid. 1b p. 253/254; 115 Ia 311 consid. 2c p. 314). Dans sa version du 8 octobre 1999, entrée en vigueur le 1er mars 2000, l'art. 87 al. 2 OJ exige un préjudice irréparable pour tous les recours incidents, fondés ou non sur l'art. 4 aCst. (RO 2000, p. 417). Il n'y a pas lieu de rechercher si cette nouvelle disposition s'applique au présent recours, déposé le 18 février 2000, car celui-ci est formé uniquement pour arbitraire (art. 9 Cst.) et violation du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), soit des griefs fondés sur l'art. 4 aCst. , de sorte que l'art. 87 OJ est applicable, dans l'une ou l'autre de ses versions. aa) Il faut considérer comme une décision finale au sens de l'art. 87 OJ toute décision qui clôt une procédure, sous réserve de recours à une autorité supérieure, que ce soit par un jugement au fond ou pour des motifs de procédure. Les décisions incidentes en revanche ne mettent pas fin à la procédure mais représentent seulement une étape sur la voie de la décision finale, peu importe qu'elles aient pour objet une question de procédure ou, à titre préalable, une question de droit matériel (ATF 123 I 325 consid. 3b p. 327; 122 I 39 consid. 1a/aa p. 41; 120 Ia 369 consid. 1b p. 372, 120 III 143 consid. 1a p. 144; 117 Ia 251 consid. 1a p. 253, 396 consid. 1 p. 398 et les arrêts cités). La décision par laquelle la Chambre pénale confirme sur plainte le refus du Juge d'instruction de joindre deux causes pénales constitue une décision incidente. Il s'agit en effet d'une simple étape de la procédure avant l'éventuel renvoi en jugement. En outre, cette décision ne cause pas un dommage irréparable au recourant, lequel aura, le cas échéant, la faculté de réitérer sa demande de jonction de causes devant l'autorité de jugement. Le recours est donc irrecevable en tant qu'il porte sur le refus de joindre les diverses causes pénales instruites contre B.________. Il en va de même du grief tiré d'une motivation insuffisante de la décision prise à ce sujet par le Juge d'instruction Bernard de Preux. bb) Le recourant se plaint également du montant qui lui a été alloué à titre d'honoraires d'avocat et dénonce sur ce point une application arbitraire du droit cantonal et des principes dégagés en la matière par la jurisprudence du Tribunal fédéral. Lorsque l'autorité de recours ou de plainte statue simultanément sur les dépens de la procédure suivie devant elle, ce prononcé accessoire doit aussi être considéré comme une décision incidente, alors même qu'il porte sur des prétentions qui ne seront plus en cause par la suite (cf. ATF 117 Ia 251 consid. 1a p. 253 et les références citées). Par ailleurs, il n'est pas susceptible de lui causer un dommage irréparable, la prise en charge d'un émolument de justice de 350 fr. ne pouvant être considérée comme telle (ATF 106 Ia 229 consid. 3c p. 234/235 et les références citées). Il importe peu que le sort des frais et dépens de la procédure de plainte ne puisse être revu ultérieurement sur le plan cantonal. Si le recourant devait être renvoyé en jugement et condamné, la décision incidente concernant les frais et dépens de la procédure de plainte pourra être attaquée devant le Tribunal fédéral, après épuisement des voies de droit cantonales, en même temps que le jugement au fond. En outre, si l'issue de la procédure cantonale devait le priver de l'intérêt juridiquement protégé à recourir sur le fond, il pourrait encore former directement un recours de droit public auprès du Tribunal fédéral pour lui demander d'examiner la quotité des dépens qui lui ont été accordés dans la procédure de plainte, dès lors qu'il peut se prévaloir d'un intérêt juridiquement protégé à contester le sort des frais et dépens indépendamment de la qualité pour agir au fond (cf. ATF 122 I 39 consid. 1a/bb p. 42/43); le seul préjudice qui résulte immédiatement pour lui du renvoi de la cause à l'autorité inférieure réside dans la prolongation de la procédure jusqu'au jour où l'autorité de jugement aura statué sur le fond. Il s'agit là d'un pur inconvénient de fait qui ne saurait en aucun cas être considéré comme un dommage irréparable au sens de l'art. 87 OJ (cf. ATF 116 Ia 442 consid. 1c). cc) Au vu de ce qui précède, il faut constater que la décision attaquée ne cause au recourant aucun dommage irréparable au sens de l'art. 87 OJ. Le présent recours doit par conséquent être déclaré irrecevable.