Citation: 4A_293/2017 E. 2.3

2.3. Le Tribunal cantonal a jugé que les maîtres n'avaient pas à donner un avis formel des défauts dès la survenance du premier glissement de terrain le 12 janvier 2011. Celui-ci pouvait faire naître quelques doutes quant à la stabilité du talus, mais ne permettait pas encore de déduire avec certitude l'existence d'un défaut imputable aux entrepreneurs. Les maîtres pouvaient voir dans cet événement isolé le résultat d'un phénomène naturel. Il était en effet notoire qu'en hiver, de surcroît dans des régions d'altitude comme..., l'alternance des phases de gel et de dégel pouvait provoquer des éboulis. Le courrier du 15 avril 2011 devait s'analyser comme un avis des défauts formulé à titre préventif; il avait été donné avant même que les maîtres aient acquis la certitude de l'existence d'un défaut dont les entrepreneurs auraient à répondre. Cependant, en l'absence de transmission diligente du rapport demandé, les maîtres devaient solliciter eux-mêmes une expertise judiciaire ou privée, ce d'autant plus qu'un ou plusieurs autres éboulements s'étaient produits après l'envoi du courrier du 15 avril 2011, ce qui devait attirer leur attention sur le fait que cet événement n'était plus isolé et ne résultait plus nécessairement d'un phénomène naturel. Or, après avoir constaté dans leur courrier du 9 août 2011 que l'un des entrepreneurs s'était contenté de leur transmettre le 26 juillet un devis pour la construction d'un mur de soutènement sans reconnaître la moindre responsabilité dans la survenance du glissement de terrain, les maîtres de l'ouvrage avaient laissé s'écouler plus de neuf mois avant de faire appel à un expert privé en mai 2012, puis ils avaient encore attendu quinze jours avant de transmettre le rapport du 31 mai 2012 aux entrepreneurs. Constatant que l'avis préventif du 15 avril 2011 n'avait été complété par la transmission du rapport d'expertise que le 15 juin 2012 seulement, le Tribunal cantonal a jugé que l'avis des défauts était tardif, de sorte que les maîtres de l'ouvrage étaient déchus de leurs droits à la garantie des défauts.