Citation: 1C_154/2007 29.08.2007 E. 8

Les recourants invoquent enfin l'interdiction de l'arbitraire. Ils estiment que le projet serait contraire aux objectifs du PRAC. Ils font également valoir qu'aucun aménagement n'est prévu pour le carrefour. Ils critiquent ensuite le financement du projet. Ils déclarent que l'intérêt privé des intimés serait prépondérant. Les autorités n'auraient en outre pas examiné la possibilité d'une alternative. Enfin, ils estiment que toute la ville devrait être concernée, et non pas seulement leur quartier. 8.1 De jurisprudence constante, une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 131 I 57 consid. 2 p. 61; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178). 8.2 Les recourants exposent que le PRAC n'exigerait pas une densification systématique et une urbanisation de la ville. Il viserait au contraire essentiellement la protection du paysage. Contrairement à ce qu'estiment les recourants, le projet d'élargissement n'entre toutefois pas en conflit avec les objectifs du PRAC, dans la mesure où il est respectueux des principes généraux d'aménagement du territoire. A cet égard, on peut se référer aux observations du service juridique de la Ville de Neuchâtel, selon lesquelles le projet met en oeuvre des procédés constructifs favorables à la reconstitution d'une flore et d'une faune riches et variées ainsi qu'à des plantations compensatoires (arbres, haies, etc.). De même, il préserve les caractéristiques paysagères du site, dominé par la végétation et des murs de pierre. Les recourants n'infirment pas ces propos, de sorte que l'argument doit être rejeté. 8.3 Le Tribunal administratif a jugé que des dispositions pour l'aménagement du carrefour pourraient être prises lors de la mise en place des aménagements de détail et de signalisation. Les recourants n'expliquent pas en quoi ce point de vue serait arbitraire, de sorte que la critique est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). 8.4 Les recourants soutiennent également que l'élargissement prévu ne permettrait toujours pas d'accéder en voiture au bâtiment du chemin de Gratte-Semelle no 7. Ce grief n'a pas été précédemment soumis au Tribunal administratif. Il est par conséquent irrecevable pour défaut d'épuisement des griefs. Que l'affirmation soit correcte ou non, il ressort de l'opposition des propriétaires concernés que ceux-ci disposent d'un accès direct à une voie carrossable à l'intersection du chemin de Gratte-Semelle et du Clos-des-Auges. En outre, le fait qu'une habitation ne puisse bénéficier d'un accès suffisant malgré l'élargissement prévu ne saurait remettre en cause à lui seul le projet. Dans ces conditions, le grief ne peut qu'être rejeté, dans la mesure où il est recevable. 8.5 Les recourants soutiennent que les propriétaires expropriés ne le seront qu'à une valeur extrêmement faible et que tous devront financer un accès dont ils ne veulent pas. Ces griefs sont irrecevables dans la présente procédure. Le montant des indemnités d'expropriation et des participations financières devra être discuté, le cas échéant, dans une procédure distincte. On relèvera cependant que, contrairement à ce que laissent entendre les recourants, la moitié des propriétaires concernés ne s'oppose pas au projet. Sur les trois propriétaires qui devront faire l'objet d'une expropriation, deux ont même renoncé à recourir au Tribunal fédéral. 8.6 C'est ainsi à tort que les recourants insistent sur l'intérêt privé prétendument prépondérant des intimés. Il est vrai que ce sont ces derniers qui ont déclenché le processus. L'application du plan d'alignement est toutefois dictée par le plan d'aménagement et non par l'unique volonté des intimés. A noter que le grief des recourants selon lesquels les intimés n'auraient aucun droit à obtenir l'équipement de leur parcelle est irrelevant, dans la mesure où, sur la base d'un plan d'alignement en force, les autorités ont pris la décision de mettre un projet d'élargissement à l'enquête. Le grief doit dès lors également être rejeté. 8.7 Les recourants ne sauraient soutenir que des alternatives n'ont pas été examinées. Les autorités ont en effet estimé que l'option du chemin de Gratte-Semelle n'était pas convaincante du point de vue de la protection du site et du point de vue routier (déclivité supérieure à 15 %). L'expert mandaté par les recourants a d'ailleurs lui-même souligné que le chemin de Gratte-Semelle ne pourrait pas supporter une charge supplémentaire, d'autant plus qu'il s'agissait d'un chemin destiné prioritairement aux piétons. Il s'ensuit que le grief doit être rejeté. 8.8 Les recourants font enfin valoir que le projet viole le principe de l'égalité de traitement. Tous les accès insuffisants de l'ensemble de la ville auraient dû faire l'objet d'un agrandissement. En l'espèce, outre le fait que le principe de l'égalité de traitement n'a qu'une portée très restreinte en la matière (ATF 121 I 245 consid. 6e/bb p. 249), les recourants ne sauraient se plaindre de ce qu'une collectivité publique se conforme à la loi en matière d'équipement. Le grief doit donc être rejeté. Au vu de ce qui précède, les griefs tirés de l'arbitraire, dans la mesure où ils sont recevables, doivent intégralement être rejetés.