Citation: 7B_683/2023 E. 4.5.4

4.5.4. En l'espèce, il y a lieu de constater, avec la cour cantonale, que la condamnation de la recourante n'est pas contraire à l'art. 11 CEDH. Tout d'abord, il est relevé que la recourante a sciemment accepté de participer à une manifestation non autorisée (cf. jugement attaqué, consid. 6.2.1), alors même qu'une manifestation - quant à elle autorisée - portant sur le même sujet avait lieu simultanément, respectivement peu avant. L'obtention d'une autorisation, en plus de respecter le cadre légal, permet aux autorités de garantir le bon déroulement de la manifestation, d'assurer la sécurité - notamment de la circulation - et de manière plus générale de garantir le maintien de l'ordre, ce qui ne fut pas le cas en l'espèce (cf. jugement attaqué, let. C.b et C.c). À cela s'ajoute qu'en plus de la possibilité de manifester légalement, déjà régulièrement employée à Lausanne (il est notoire que de nombreuses manifestations autorisées concernant la problématique climatique, réunissant plusieurs milliers de personnes, ont pu se dérouler dans plusieurs villes suisses, dont Lausanne; à ce propos, voir arrêt 6B_145/2021 du 3 janvier 2022 consid. 4.5), la recourante disposait d'autres moyens légitimes pour protéger ses intérêts. Parmi ceux-ci, on citera notamment l'initiative populaire tendant à la révision partielle de la Constitution fédérale (art. 139 Cst.), le dépôt, le cas échéant, d'un référendum facultatif (art. 141 Cst.; en ce sens, voir arrêt de la CourEDH Kudrevicius et autres c. Lithuanie précité, § 168) ou la possibilité d'adresser des pétitions aux autorités (art. 33 Cst.). Il convient encore d'observer que la problématique climatique soulevée par la recourante est largement connue, de sorte qu'elle ne pouvait justifier sa participation à une manifestation non autorisée par le besoin de réagir à un événement particulier, appelant une réaction immédiate (en ce sens, voir arrêt de la CourEDH Kudrevicius et autres c. Lithuanie précité, § 167).