Citation: 1B_347/2020 E. 3.2

3.2. Dans le jugement d'appel, la Cour d'appel pénal a retenu que A.________ avait tiré profit de l'isolement social et émotionnel dans lequel il avait plongé sa petite-fille et de la domination qu'il exerçait sur celle-ci pour l'amener à découvrir sa sexualité et à participer à des actes d'ordre sexuel sans qu'elle ne s'y oppose. Dans l'arrêt attaqué, elle a relevé, en se référant au rapport d'expertise psychiatrique du prévenu du 20 décembre 2018, que le risque de récidive sous la forme d'une reprise de la relation incestuelle n'était pas négligeable compte tenu de la dynamique familiale et de l'attitude du prévenu vis-à-vis de sa victime. Dans le complément d'expertise du 5 mars 2019, l'expert a précisé que par "non négligeable", il fallait comprendre que le risque que A.________ récidive pour les faits dont il est inculpé n'était pas faible, mais au minimum moyen. Il a ajouté que la reprise des actes dénoncés et même un dépassement de ces derniers serait sérieusement à craindre tant que l'expertisé n'aurait pas intégré sa pleine contribution dans le rapport malsain qui s'est installé avec sa petite-fille. Or, la condamnation du prévenu pour actes d'ordre sexuel avec des enfants, contrainte sexuelle et violation du devoir d'assistance et d'éducation avait été confirmée en appel et celui-ci persistait à se dépeindre en victime et à soutenir avoir cédé aux avances de sa petite-fille. Eu égard au manque d'introspection du prévenu, on ne saurait exclure que celui-ci s'empresse de la contacter. De plus, l'intention exprimée par A.________ d'aller s'établir avec son épouse à U.________, loin du domicile de sa petite-fille, n'était pas suffisante pour protéger la victime. En effet, compte tenu des relations entre son épouse, la mère et la soeur de la victime, le prévenu et sa petite-fille seraient inévitablement amenés à entretenir des contacts. Compte tenu de la gravité des actes commis et du danger que cela représente pour l'intégrité psychique et émotionnelle de la victime, il n'y avait pas lieu de se montrer trop sévère quant à l'exigence du risque de récidive. Le recourant soutient que l'expertise psychiatrique ne pose aucun pronostic défavorable qui permettrait de retenir un risque concret et sérieux de récidive. Elle ne tiendrait pas compte de ses déclarations subséquentes et de son évolution psychologique. Il estime avoir fait son introspection depuis lors et ne plus porter le même regard sur les faits après plus de vingt-quatre mois de détention. Il aurait pleinement assumé sa faute et exprimé des remords et de la culpabilité devant le Tribunal pénal et la Cour d'appel pénal. Cette dernière n'aurait pas davantage tenu compte dans l'appréciation du risque de récidive du fait que sa petite-fille est désormais majeure, qu'elle n'a subi aucune séquelle d'ordre psychique en raison des faits pour lesquels il a été condamné et qu'il n'a plus eu de contact avec elle depuis plus de deux ans.