Citation: 5A_101/2022 E. 5.1

5.1. En l'espèce, la juge cantonale a retenu que le requérant bénéficie d'une rente AVS de 1'683 fr. par mois; elle n'a pas comptabilisé dans ses revenus la " rente complémentaire " de 673 fr. qu'il perçoit pour sa fille, cette prestation visant à couvrir les besoins de l'enfant. Quant aux charges, elles doivent être arrêtées à 2'995 fr. 80, le montant allégué de 3'887 fr. 90 étant fondé sur des faits nouveaux et, de surcroît, non prouvés par pièces. En conséquence, le déficit de l'intéressé s'élève à 1'312 fr. 80 par mois, à savoir 15'753 fr. 60 par année. La juge précédente a constaté que la fortune totale du requérant était d'environ 145'247 fr. 10. En tenant compte de son déficit annualisé et de l'élimination de la rente complémentaire de sa fille, son épargne sera encore de 99'493 fr. 50dans un an ( i.e. 145'247 fr. 10 - 15'753 fr. 60 [déficit annuel] + 30'000 fr. [contributions annuelles à l'entretien de son ex-épouse]). En tenant compte d'une réserve de secours de 40'000 fr., l'intéressé est donc en mesure d'assumer par ses propres moyens les frais judiciaires ( i.e. 3'000 fr.) et les honoraires de son conseil. Même en retenant les montants qu'il a allégués, il lui resterait une épargne de plus de 76'000 fr. dans une année pour s'acquitter des frais d'appel et des honoraires de son avocat, à savoir 36'000 fr. en tenant compte de la réserve de secours ( i.e. 40'000 fr.). Le droit à l'assistance judiciaire ne doit pas permettre au justiciable de se constituer des économies ou de préserver des économies existantes, tout en laissant à la charge de l'État - finalement du contribuable - les frais découlant de sa défense, alors qu'il est en mesure de s'en acquitter.