Citation: 5D_11/2024 E. 4.3

4.3. Il convient d'emblée de relever que le caractère extraordinaire du chantier litigieux ne ressort pas des témoignages précités, étant précisé qu'il s'agissait-là de la rénovation d'une part d'étage - travaux intrinsèquement importants par opposition à de simples travaux de rafraîchissement. L'on doit certes retenir des déclarations des témoins I.________, J.________ et K.________, telles que rapportées par l'autorité cantonale, que ceux-ci ont été entravés dans leurs activités professionnelles, le bruit les ayant empêchés de travailler, de tenir une conversation ou de s'entretenir au téléphone. Le témoin J.________ a évoqué avoir dû interrompre ses consultations médicales " quelques secondes ", ce qui n'apparaît cependant pas significatif pour qualifier d'excessives les nuisances subies. Le témoin I.________ - dont la proximité avec l'une des intimées n'est pas déterminante, vu la prise en compte de son témoignage - a pour sa part relevé son impossibilité de travailler " trois à quatre jours par semaine " et indiqué que " les nuisances existaient à son arrivée au bureau à 8h30 et duraient jusqu'à 16h00 ou 17h00 "; s'agissant du bruit, cette dernière appréciation rejoint celle de la témoin K.________ indiquant que, " lorsqu'il n'était pas possible de se réunir dans les locaux, il fallait aller dans des établissements publics alentour ". Les déclarations de ces deux derniers témoins, si elles recoupent en partie celles des recourants, restent toutefois relativement imprécises quant à l'intensité et à la durée de l'entrave réellement subie au quotidien et contrastent avec les descriptions emphatiques auxquelles ceux-ci ont procédé (travaux "titanesques", "colossaux", "bruits dignes d'un champ de bataille", "cataclysme de nuisances"). Certes, la persistance de l'atteinte ne ressort pas du texte légal fondant l'obligation d'indemniser; elle n'en constitue pas moins un élément permettant d'évaluer l'intensité de l'immission, singulièrement son caractère excessif. L'on précisera enfin que la cour cantonale a pris en considération les précautions prises sur le chantier, non pas, comme le soutiennent les recourants, pour appuyer le caractère inévitable des nuisances entraînées par les travaux, mais bien dans la pondération des intérêts en présence et l'appréciation de l'intensité des immissions alléguées par les intéressés. Sur la base de l'ensemble de ces considérations, l'on ne peut reprocher à la cour cantonale d'avoir considéré que le premier juge n'avait pas abusé de son pouvoir d'appréciation en écartant le caractère excessif des nuisances invoquées par les recourants et en rejetant leur demande fondée sur l'art. 679a CC, faute d'en réaliser les conditions.