Citation: 4C.414/1999 03.05.2000 E. A

A.- a) Le 6 mars 1990, la commune de Salquenen a chargé l'entreprise Pius Schmid AG, dont le siège est à Viège, de dégager le lit du Rhône à l'embouchure du Buttenbach, ce qui impliquait l'enlèvement des matériaux indésirables et la création d'une sorte de canal au milieu du fleuve. L'Etat du Valais a repris ce projet par la suite, et il y a été inclus une correction du cours du Rhône. Agissant en sa qualité de propriétaire du fleuve, l'Etat a autorisé Pius Schmid AG à procéder aux travaux à des conditions qui comprenaient notamment le paiement d'une taxe de 4 fr. par m3 de gravier ou de tout-venant extrait du Rhône. b) Avec l'accord de Pius Schmid, responsable de l'entreprise du même nom, André Epiney, entrepreneur domicilié à Sierre, a prélevé 18 922 m3 de matériaux dans le lit du Rhône entre le 21 mars et le 10 mai 1990. D'après les bulletins de livraison établis par André Epiney ou l'un de ses ouvriers et contresignés par Pius Schmid, le tout-venant provenait de "Rhône Salquenen" et il était destiné à "Gravière Pont-Chalais", à Noës, exploitée par Sables et Graviers S.A. Le 11 mai 1990, André Epiney a facturé à cette société le chargement de 26 944 m3 de matériaux prélevés dans le Rhône à Salquenen au prix de 3 fr. le m3. Ce prix correspondait uniquement aux frais de chargement, le matériau n'ayant pas été lui-même facturé. Un montant de 8 fr. par m3 a encore été demandé pour le transport d'une partie des maté- riaux; il n'est pas certain que la totalité de ces matériaux provienne du chantier confié à Pius Schmid AG. c) Le prélèvement de matériaux dans le Rhône était toujours soumis à une taxe fixe déterminée par le Conseil d'Etat. Pius Schmid connaissait cette obligation. André Epiney conteste en revanche avoir été au courant de l'existence de cette charge dans le cas particulier. Il est établi que les prénommés n'ont pas abordé le sujet, la chose allant de soi selon Pius Schmid. B.- Le 8 août 1996, Pius Schmid AG a assigné André Epiney en paiement de 69 344 fr. avec intérêts à 5% dès le 5 octobre 1992 à titre de remboursement d'une partie des taxes qu'elle avait versées à l'Etat du Valais.