Citation: 7B_215/2024 E. 2.3

2.3. L'autorité précédente a relevé que la problématique résidait dans le fait qu'un procureur, supposé neutre et devant appliquer un traitement équitable à toutes les parties, se trouvait quelques mois plus tard collaborateur dans l'Étude d'avocats de l'avocat du prévenu. Dans ces circonstances, il était choquant pour la partie plaignante de voir le procureur, devant lequel elle avait déposé et en qui elle avait confiance pour instruire en toute neutralité l'affaire, être engagé par l'Étude d'avocats représentant la partie adverse, qui plus est dans une affaire d'actes d'ordre sexuel. En effet, une telle situation ne respectait de toute évidence pas les exigences de garantie d'un procès équitable dans la mesure où Me C.________ avait préalablement participé à la procédure en qualité de procureur, ce qui l'empêchait manifestement de fonctionner ultérieurement en qualité de défenseur du prévenu sans violer les principes d'indépendance et d'interdiction des conflits d'intérêts prévu par la LLCA. Le cumul des rôles n'était pas compatible avec une saine administration de la justice et induisait un risque concret de conflit d'intérêts. Partant, en engageant un ancien procureur, l'Étude d'avocats de Me D.________ devait savoir qu'elle ne devait pas accepter les mandats en lien avec des affaires que celui-ci avait instruites, ou y renoncer, comme tel aurait été le cas si l'Étude d'avocats avait engagé un avocat ayant travaillé sur la même affaire dans une autre Étude d'avocats.