Citation: 4A_341/2020 E. 8

Dans sa propre raison de commerce et dans ses relations d'affaires, l'intimé utilise le signe X.________ depuis de nombreuses années. A première vue, l'utilisation de ce même signe par les recourantes depuis le mois de mars 2020 porte une atteinte très grave au droit d'exclusivité que l'art. 956 al. 1 CO confère à l'intimé. Cette utilisation semble aussi de nature à faire naître la confusion entre les prestations et les affaires de l'intimé, d'une part, et celles des recourantes, d'autre part, et constituer par là un acte visé par l'art. 3 al. 1 let. d de la loi fédérale contre la concurrence déloyale (LCD). Dans leur mémoire de recours, les recourantes ne font aucune allusion à ce contexte juridique; c'est dire qu'elles n'avancent aucun élément propre à le mettre en doute. Les recourantes font état des pourparlers intervenusentre les parties dès l'automne de 2019 et elles affirment que « l'intimé comme son épouse se sont déclarés d'accord de s'associer avec Y.________ pour créer une entreprise sous le nom de X.________ SA ». Elles admettent que cet accord n'est attesté dans aucun document écrit; néanmoins, elles se font fort d'en apporter la preuve dans le procès qui doit débuter. En l'état, la preuve d'un accord autorisant les recourantes à utiliser elles aussi le signe X.________ n'est pas apportée. Le juge des mesures provisionnelles peut donc sans arbitraire tenir pour actuellement vraisemblable, aux termes de l'art. 261 al. 1 CPC, que l'intimé est lésé dans les droits à lui conférés par les art. 956 al. 1 et 2 CO et par l'art. 9 al. 1 LCD, celui-ci en relation avec l'art. 3 al. 1 let. d LCD, et qu'il encourt un préjudice difficilement réparable. Cela suffit à justifier l'ordre de modifier la raison sociale X.________ SA et aussi l'ordre de cesser d'utiliser autrement le signe X.________ par cette société et par son administratrice, pour la durée du procès à entreprendre par l'intimé. Cela suffit également à entraîner le rejet du recours en matière civile, dans la mesure où celui-ci est recevable. Au regard de l'art. 9 Cst., contrairement à l'argumentation des recourantes, il est sans importance que la preuve qu'elles promettent d'apporter ne paraisse pas rigoureusement impossible dans le contexte des pourparlers intervenus. Au demeurant et en l'état, l'accord qu'elles allèguent est hautement douteux. La succession des événements éveille plutôt l'impression d'une simple tentative de capter les relations d'affaires et les marchés de l'intimé. Les recourantes insistent inutilement sur leurs propres droits et intérêts, et sur le préjudice que leur causent les mesures provisionnelles, en passant totalement sous silence les droits et intérêts de l'intimé.