Citation: I 328/00 06.11.2000 E. 3

3.- En l'occurrence, selon l'expertise du 7 septembre 1998 du docteur S.________, l'intimée n'est plus en mesure d'effectuer les efforts requis par la profession de chauffeur de taxi. Ce médecin relève toutefois qu'il n'existe sous l'angle physique aucune contre-indication à la reprise par l'intéressée de son ancienne activité d'employée de bureau. L'avis du docteur D.________, selon lequel l'assurée ne peut plus exercer son activité de chauffeur de taxi en raison d'une gastroduodenite et d'une colopathie fonctionnelle, ne fait que confirmer l'opinion de l'expert précité à cet égard. Il faut dès lors admettre que, du point de vue somatique, l'intimée ne subit pas d'incapacité de travail susceptible de fonder son droit à une rente d'invalidité. Sous l'angle psychique, la doctoresse B.________ a posé, en particulier, le diagnostic de névrose de revendication avec majoration des symptômes physiques en vue de l'obtention d'une rente (rapport du 15 novembre 1998). Cette praticienne relève qu'elle ne voit pas d'autre atteinte à la capacité de travail qui est potentiellement entière et intacte. Elle se prononce contre la mise en oeuvre d'un traitement relatif à l'évolution sinistrosique de sa patiente, dès lors que celui-ci aurait dû intervenir de manière précoce et que l'on ne peut plus rien faire après plusieurs années. Elle préconise le refus de toute prestation de l'assurance-invalidité et l'arrêt du versement des avances financières sur l'octroi de la rente pour pousser l'assurée à exploiter sa capacité de travail. Elle précise que si les conditions financières favorables actuelles perdurent, il y a bien peu de chance de convaincre l'assurée de mettre à profit sa capacité de travail et que celle-ci mettra en échec toute reprise d'une activité. Il n'y a pas de raison de mettre en doute ce rapport, lequel apparaît exempt de contradictions, a été établi par une spécialiste reconnue, sur la base d'observations approfondies et d'investigations complètes, sans qu'aucun indice ne permette de douter de son bien fondé (ATF 125 V 352 consid. 3a). Il ne ressort dès lors nullement des conclusions de l'experte qu'un refus de rente n'atteindra pas son but. La doctoresse précitée voit au contraire dans cette mesure la seule possibilité de remettre l'intéressée au travail. Il faut donc constater, sans qu'il soit nécessaire de procéder à un complément d'instruction, que la capacité de travail de l'intimée n'est pas affectée par un état psychique maladif propre à ouvrir le droit à des prestations d'assurance-invalidité. Le recours apparaît bien fondé et le jugement entrepris doit être annulé.