Citation: 1B_53/2014 E. 4.1

4.1. Selon la jurisprudence, le risque de fuite au sens de l'art. 221 al. 1 let. a CPP doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence citée). La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70). En l'occurrence, le recourant ne conteste pas avoir organisé sa vie dans le canton de Genève de telle façon que cela laisse à penser qu'il dissimule sa présence physique (il n'habitait pas à l'adresse à laquelle il s'était annoncé à l'Office cantonal de la population; il était hébergé par un ami sans que son propre nom figure sur la boîte à lettre de celui-ci; cet ami avait mis à sa disposition un compte bancaire pour le versement du salaire payé par B.________, alors que l'enquête a montré qu'il disposait de comptes dans des établissements bancaires suisses). La cour cantonale a aussi retenu que son incapacité de travail en août 2013 n'avait pas empêché l'intéressé de séjourner en Argentine où réside son amie, ressortissante de ce pays; il s'était d'ailleurs soustrait à la reconstitution de l'agression qu'il aurait subie en Allemagne de façon quasi concomitante à son voyage en Argentine; c'était également de façon quasi concomitante que le recourant avait retiré 16'000 francs en liquide à fin mai 2013, montant sur lequel il n'a pas voulu s'expliquer, étant observé que son voyage en Argentine a été payé par le débit de la carte de crédit de son logeur. En outre, le prévenu a laissé entendre qu'il pourrait s'établir auprès de son amie en Argentine. Enfin, le renouvellement anticipé de son passeport en juillet 2013 paraît aussi s'inscrire dans les prémisses d'un éloignement de longue durée à l'étranger, ce d'autant plus que son relevé de poursuite pour dettes à Genève dépasse 160'000 francs. L'ensemble de ces éléments, que le recourant ne dément d'ailleurs pas, apparaît suffisant pour retenir un risque concret de fuite. L'arrêt attaqué ne prête pas le flanc à la critique sur ce point. Le prévenu se contente d'affirmer que dès sa sortie de prison il serait logé à Genève, disposerait d'un travail dans un garage, serait entouré en particulier de son frère et que la simple délivrance d'un mandat d'arrêt international stopperait rapidement une cavale, ce qui est insuffisant à faire admettre l'invraisemblance du risque de fuite. Le grief doit donc être rejeté.