Citation: 5A_378/2023 E. 5.1.1

5.1.1. Le juge qui entend prononcer le séquestre requis sur la base d'un jugement "Lugano" doit statuer sur l' exequatur de celui-ci (art. 271 al. 1 ch. 6 et al. 3 LP; ATF 147 III 491 consid. 6.2.1; 139 III 135 consid. 4.5.2 i.f.), même en l'absence de conclusions (ATF 149 III 224 consid. 5.2.3). Le débiteur séquestré qui entend soulever l'un des motifs de refus d' exequatur prévus par la CL (art. 45 par. 1 cum art. 34 s. CL) ou s'en prendre aux conditions que le premier juge peut examiner (art. 1, 32, 38 par. 1, 53 CL) ne peut le faire que dans le cadre du recours de l'art. 327a CPC (cf. art. 43 CL). Les art. 319 ss CPC sont ainsi applicables dans la mesure où les art. 43 CL et 327a CPC n'y dérogent pas (arrêt 5A_825/2022 du 7 mars 2023 consid. 4.2.1). Cette procédure doit le cas échéant être menée parallèlement à la procédure d'opposition au séquestre (ATF 147 précité consid. 6.2.2). Le juge du séquestre statue à titre principal et définitivement sur l' exequatur du jugement "Lugano", soit dans une ordonnance distincte, soit directement dans le dispositif de l'ordonnance du séquestre (ATF 147 précité 6.2.1). Cette décision indépendante est assortie de l'autorité de la chose jugée (ATF 138 III 174 consid. 6.5), à moins qu'elle rejette l' exequatur pour un motif formel (arrêts 5A_504/2023 du 8 novembre 2023 consid. 4.1.2; 5A_59/2015 du 30 septembre 2015 consid. 4.2.1).