Citation: 5A_37/2021 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la recourante oppose tout d'abord à l'autorité cantonale de n'avoir pas tenu compte de six éléments démontrant son intérêt prépondérant manifeste à l'attribution du bien. Or, soit l'autorité cantonale a retenu le contraire ou ne fait pas mention de tels éléments sans que la recourante invoque le caractère arbitraire des constatations ou omissions de faits (occupation sans discontinuité du logement, dépôt de toutes les affaires personnelles, souhait d'y vivre et de partager le logement séparé en plusieurs appartements, propriété de l'entier du mobilier garnissant la villa), soit la recourante n'a pas démontré le caractère arbitraire des constatations de fait contraires dans son grief précédent (cf. supra consid. 4; réalisation de nombreux travaux, participation plus large que l'intimé au financement du bien). En conséquence, dans la mesure où la recourante reproche, dans son argumentation en droit, à l'autorité cantonale de n'avoir pas retenu ces éléments, celle-ci doit être rejetée. Ensuite, la recourante fait grief à l'autorité cantonale de n'avoir pas tenu compte du fait qu'elle utilise les bureaux de l'immeuble pour gérer ses biens immobiliers. Toutefois, la recourante reconnaît elle-même avoir cessé de travailler, de sorte que cette activité de gestion ne peut être qu'une source accessoire de revenus. Dans tous les cas, même si on retenait l'existence d'une telle activité exercée dans la villa, il n'apparaîtrait pas contraire à l'art. 4 CC de ne pas en avoir tenu compte, vu qu'elle peut aisément s'exercer ailleurs, notamment dans l'un des autres immeubles de la recourante. La recourante reproche aussi à l'autorité cantonale de n'avoir pas retenu l'incohérence des allégués de l'intimé sur le temps passé effectivement dans la villa familiale. Cet argument n'est pas pertinent non plus, étant donné que, même si l'on retenait que l'intimé passait plus de temps chez son amie que dans la maison où la recourante ne conteste pas qu'il y dormait néanmoins, il n'en demeure pas moins qu'il est aussi établi que, pour sa part, la recourante habitait partiellement depuis 2009 dans son appartement de V.________ et ne faisait que prendre ses repas de midi dans la villa familiale, de sorte qu'il n'est nullement démontré que la recourante passait pour sa part plus régulièrement que l'intimé des nuits dans la villa. Enfin, les derniers arguments de la recourante ne sont nullement convaincants, dans la mesure où ils seraient même recevables: en tant qu'elle oppose à l'autorité cantonale d'avoir considéré comme décisif la volonté de l'intimé exprimée dès le début de la procédure de se voir attribuer la villa, elle omet de tenir compte qu'il ressort de l'arrêt attaqué qu'elle a pour sa part conclu en audience du 27 avril 2010 qu'elle souhaitait que l'immeuble soit vendu, qu'elle a repris ces conclusions à titre principal dans son mémoire du 17 mai 2010, et que ce n'est que le 15 novembre 2013, suite au renvoi de la cause au premier juge, qu'elle a conclu à l'attribution du bien en sa faveur; en tant qu'elle soutient qu'il faut tenir compte des nombreuses créances qu'elle a contre son époux, elle se fonde à nouveau sur des faits dont elle n'a pas démontré l'établissement arbitraire. Enfin, son argument sur le caractère invraisemblable de l'augmentation de l'hypothèque pour permettre à l'intimé de lui racheter sa part de copropriété n'est formulé que sous forme d'hypothèse. Au vu de ce qui précède, la recourante ne démontre pas que l'autorité cantonale aurait abusé de son pouvoir d'appréciation dans l'application de l'art. 251 CC en attribuant la villa familiale à l'intimé. Quant à l'art. 165 al. 2 CC, non seulement l'autorité cantonale a jugé dans son précédent arrêt de renvoi du 13 mai 2011 que cette norme ne s'appliquait pas vu son entrée en vigueur au 1er janvier 1988, mais la recourante ne motive pas son recours sur la pertinence de cette norme.