Citation: 6P.164/2001 09.01.2002 E. 4

4.- Le recourant se plaint encore d'arbitraire dans l'établissement des faits. Dans ce cadre, il invoque également la présomption d'innocence et son droit d'être entendu. a) Dans la mesure où l'appréciation des preuves est critiquée en référence avec la présomption d'innocence, celle-ci n'a pas une portée plus large que l'interdiction de l'arbitraire (ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88; 120 Ia 31 consid. 2e et 4b p. 38 et 40). La violation du droit d'être entendu invoquée se confond également avec celle d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. Le recourant se plaint en effet par ce biais, d'ailleurs sans développement précis, de la manière dont la Chambre pénale a apprécié les circonstances du cas, en méconnaissant certains éléments. Il s'agit donc bien plus d'un grief d'ordre matériel qui doit être examiné avec le fond. b) Saisi d'un recours de droit public mettant en cause l'appréciation des preuves, le Tribunal fédéral examine uniquement si le juge cantonal a outrepassé son pouvoir d'appréciation et établi les faits de manière arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38). Selon la jurisprudence, est arbitraire une décision qui méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou qui heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. En d'autres termes, il ne se justifie de l'annuler que si elle est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que la motivation de la décision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15, 129 consid. 5b p. 134; 124 V 137 consid. 2b p. 139; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). c) Le recourant s'en prend à certains aspects des déclarations de son coaccusé Y.________. Il ne démontre ainsi aucun arbitraire quant au résultat de l'appréciation des preuves dès lors qu'il omet ses propres déclarations. Il paraît en effet partir de la prémisse - erronée - que celles-ci n'ont pas à être prises en compte en raison de la violation invoquée de l'art. 31 al. 2 Cst. Quoi qu'il en soit, son argumentation est de type appellatoire, soulignant quelques contradictions, voire se limitant à des renvois à des pièces du dossier. Elle est irrecevable sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Au demeurant, le recourant ne discute nullement les déclarations de Y.________ lors de l'audience devant la Chambre pénale (cf. arrêt attaqué, p. 5), de sorte que son argumentation est inapte à établir un quelconque arbitraire. Le recourant soutient également que la Chambre pénale a interprété arbitrairement ses propres déclarations s'agissant de la remise que lui a faite Y.________ le 30 août 1995 à Genève d'une enveloppe contenant 500'000 NLG. Le recourant ne nie pas avoir lui-même parlé d'une enveloppe contenant 500'000 NLG remise au bureau de change "A.________" à Genève mais soutient qu'il ne serait pas crédible pour s'être plusieurs fois contredit quant au type de devises et à l'endroit où s'est déroulée la remise. Il ne tente ainsi pas d'établir l'arbitraire de la solution retenue mais se contente d'une argumentation appellatoire, irrecevable dans un recours de droit public. Le recourant avance enfin que la présence à Genève du fils W.________, à qui il a lui-même remis l'argent, n'est établie par aucune pièce du dossier. Là encore, le recourant ne procède qu'à un exposé appellatoire, qui ne tient en particulier pas compte de ses propres déclarations. Sa critique est irrecevable.