Citation: 1C_563/2022 E. 2.3

2.3. Après avoir exposé de manière générale les principes du droit genevois en matière de gabarit ainsi que la jurisprudence cantonale y afférente et évoqué les normes d'autres cantons sur le sujet, la recourante se réfère à un plan de coupe du projet de rénovation contenu dans le dossier cantonal (coupe C-C'), qu'elle reproduit et agrémente d'adjonctions de couleur. Elle affirme sur la base de ces documents que la rénovation prévue se trouverait "manifestement hors gabarit": l'empiètement qu'elle a figuré en couleur sur la coupe précitée serait le résultat d'une "équation faussée"; se référant implicitement à l'art. 23 al. 1 LCI/GE, elle prétend que la valeur "D" applicable sur la rue de Monthoux devrait être de 14.99 m au lieu des 21 m retenus par la cour cantonale. Elle en conclut que l'approche des juges cantonaux permettrait de valider l'équation "14.99 m + 3 m = 24 m". L'arrêt attaqué serait ainsi "inexplicable, soit arbitraire". La recourante ajoute, sans autre développement, que l'application de l'art. 37 LCI/GE à titre de lex specialis aboutirait à un résultat arbitraire. En effet, à la suivre, son propre bâtiment se retrouverait "quasi greffé d'une façade de plus de 24 m face aux fenêtres de ses chambres". Sous couvert d'arbitraire, la recourante limite en réalité son propos à une simple critique de l'application du droit cantonal. Elle n'explique en particulier pas pourquoi l'art. 37 LCI/GE devrait être privé du statut de lex specialis, alors que cette norme vise précisément une situation particulière (les "constructions d'angle" selon le titre marginal de l'art. 37 LCI/GE) par rapport aux règles générales de gabarit de la deuxième zone (art. 22-25 LCI/GE). Or le raisonnement des juges cantonaux repose sur cette prémisse, d'ailleurs seule à même de garantir un gabarit uniforme pour un bâtiment du type de celui de l'intimé. Dans la mesure où le caractère insoutenable de la règle de l'art. 37 LCI/GE n'est pas démontré, le résultat auquel est parvenue la cour cantonale ne l'est pas non plus. La recourante n'a en outre pas contesté que le gabarit du futur bâtiment resterait quasiment inchangé après rénovation. Son argumentation reviendrait dès lors à dire que l'actuel bâtiment dépasserait déjà aujourd'hui le gabarit légal de plusieurs mètres, ce qu'elle se garde d'affirmer.