Citation: 6A.1/2005 31.01.2005 E. 4

Le recourant conteste en outre que son comportement puisse être qualifié de cas grave au sens de l'art. 16 al. 3 let. a LCR. Il est admis que celui qui dépasse dans une notable mesure la vitesse autorisée agit, en principe, intentionnellement ou, du moins, commet une négligence grossière (ATF 126 II 202 consid. 1b p. 205, 122 IV 173 consid. 2e p. 178, 121 IV 230 consid. 2c p. 233 ss). En l'espèce, le recourant circulait sous des chutes de neige par une nuit de novembre sur une voie partiellement recouverte d'une couche de neige fondante; il devait donc se rendre compte que la chaussée pouvait être glissante. Qui plus est, sa voiture n'était équipée que de pneus d'été, ce qui diminuait d'autant l'adhérence. Sa vitesse de 70 à 80 km/h était dès lors manifestement inadaptée aux conditions de la chaussée empruntée et à l'équipement de son véhicule; que la voie voisine de celle sur laquelle circulait le recourant était exempte de neige n'y change rien. C'est à bon droit que l'autorité cantonale a retenu une faute grave. Une mise en danger concrète de tiers n'est pas nécessaire pour retenir le cas grave; un danger abstrait accru suffit. Or, perdre la maîtrise d'une voiture, puis emboutir la glissière centrale avant de s'immobiliser sur la chaussée, tout cela sur une semi-autoroute glissante, de nuit, sous la neige et à un endroit non éclairé, crée manifestement un danger imminent pour les autres personnes empruntant la même route. L'arrêt bernois invoqué dans ce contexte par le recourant ne lui est d'aucun secours parce que le Tribunal fédéral n'y a pas discuté la question de la mise en danger; s'il a prononcé un avertissement, c'est parce que le conducteur en question n'avait commis qu'une faute légère et bénéficiait d'une bonne réputation comme conducteur, deux conditions que le recourant ne remplit pas.