Citation: 6B_1501/2022 E. 1.2.6

1.2.6. Le recourant reproche encore à la cour cantonale d'avoir considéré qu'il avait bien " mis à exécution l'étape cruciale de son plan qui consistait à frapper sa compagne d'un coup de couteau au niveau du c oe ur [puis de s'en être] très certainement pris à elle par surprise, non dans l'émotion d'une dispute ou sous le coup de la colère, mais dans le désespoir et la tristesse, dans un acte de désarroi amoureux, ce qui explique l'absence de toute lésion défensive: la victime n'avait pas anticipé ce geste et ne s'est pas défendue. Le prévenu, pour sa part, avait réfléchi à son geste et l'avait préparé; il était suffisamment déterminé et désespéré pour le mettre à exécution." Selon lui cette affirmation serait arbitraire, aucun élément de la procédure ne permettant de dire qu'il aurait eu un " plan " et qu'il avait " réfléchi à son geste et l'avait préparé ". La cour cantonale aurait précisément dit le contraire dans la suite de son raisonnement (" S'il a bien conçu et suivi un plan, il ne s'agit pas d'une stratégie développée et réfléchie mais plutôt d'une idée noire qui s'est emparée de lui et qu'il a mise en oe uvre sans en mesurer les conséquences "). Le téléphone de la veille avec K._________ ne traduirait en rien un tel projet homicide. Rien ne permettrait non plus d'affirmer qu'il s'en serait pris à la victime " par surprise ", ce qui aurait supposé qu'il frappe avec un certain élan et déploie une force certaine, de sorte que la lame aurait traversé plus profondément voire complètement le corps. Rien ne permettrait non plus d'affirmer qu'il aurait été surpris par la facilité de son geste et la rapidité de la perte de conscience de sa victime, ce qui expliquerait que l'arme n'ait pas été enfoncée jusqu'à la garde. Le recourant objecte aussi que selon les médecins-légistes il avait fallu quelques secondes pour que la victime perde connaissance, de sorte qu'il serait inconcevable qu'il ait eu le temps de stopper son acte. Le recourant en conclut que l'absence de toute lésion défensive démontrerait le caractère auto-agressif de l'acte. La cour cantonale aurait, de même, interprété de manière insoutenable le message d'adieu que le recourant n'a adressé qu'à son seul père en considérant que l'omission de tout message à sa compagne ne s'expliquait que parce que, dans son esprit, elle ne serait plus vivante, soit qu'il avait alors décidé de l'entraîner dans la mort (arrêt entrepris p. 24). La cour cantonale aurait, de même considéré de manière insoutenable que ce message d'adieu n'avait pas été immédiatement envoyé, mais que le recourant avait mis en oeuvre les différents éléments qu'il y décrivait (désolidariser la clé de l'appartement du porte-clés dans le but de la mettre sous le paillasson, pour permettre à son père d'entrer en premier comme il le lui a demandé; effacement des codes d'accès de son téléphone et de son ordinateur dans l'optique que ses parents récupèrent son ordinateur après son décès; suppression d'images intimes qu'il souhaitait soustraire à la vue de ses parents; mention des hamsters et des véhicules du recourant, auxquels il était attaché et dont il n'envisageait pas que sa compagne, qui ne devait pas lui survivre, puisse s'occuper). Le recourant objecte qu'au moment où il avait envoyé le message à son père, D.B._________ lui avait finalement dit de manière claire qu'elle voulait le quitter, de sorte que la relation n'était plus la même. L'absence de réservation ou de dispositions en vue d'un voyage ne permettrait pas de conclure qu'elle ne partirait pas. La fin de la relation annoncée par D.B._________ expliquerait qu'il n'ait plus pensé à lui laisser son ordinateur et en ait effacé les photos intimes, ses parents devant le récupérer. Il en irait de même pour les véhicules et les hamsters. Quant aux animaux, le recourant objecte encore que dans un message du 4 octobre 2019, E.B._________ avait enjoint sa fille de ne pas lui amener les hamsters afin d'éviter un " carnage ", " Ploufy [chassant] les rongeurs ".