Citation: 4P.29/2002 18.06.2002 E. 5

5.- Dans un dernier moyen, la recourante se plaint d'une application arbitraire de l'art. 29 de la loi genevoise sur la juridiction des prud'hommes (LJP gen.), qui institue la maxime d'office. A cet égard, elle reproche à la cour cantonale de n'avoir pas établi plus précisément le rôle des différents protagonistes sur le chantier Z.________ et, singulièrement, celui du dénommé C.________. a) A teneur de l'art. 29 LJP gen. , le tribunal établit d'office les faits, sans être limité par les offres de preuve des parties. Contrairement à l'art. 343 al. 4 CO, qui prévoit la maxime inquisitoire lorsque la valeur litigieuse ne dépasse pas 30 000 fr., la disposition cantonale précitée a introduit la maxime d'office sans limitation de la valeur litigieuse. Selon l'art. 66 LJP gen. , sauf disposition contraire du présent chapitre, les articles régissant la procédure devant le tribunal sont applicables devant la Cour d'appel. Cependant, à son art. 59 al. 3, la loi considérée apporte un tempérament à son art. 29 en exigeant que l'écriture d'appel mentionne expressément si une réouverture des enquêtes est demandée et, dans ce cas, qu'elle indique la liste des témoins à entendre ou à réentendre ainsi que tout autre moyen de preuve. Il faut en déduire que, pour les contestations dont la valeur litigieuse dépasse 30 000 fr., la maxime inquisitoire est atténuée en appel par le devoir qui incombe à la partie appelante de réclamer expressis verbis la réouverture des enquêtes et, le cas échéant, d'indiquer les preuves qu'elle entend faire administrer (sur l'application de la maxime inquisitoire dans la procédure de recours cantonale pour les causes ne dépassant pas 30 000 fr., cf. ATF 107 II 233 consid. 3 confirmé par l'arrêt 4C.146/1995 du 1er février 1996, consid. 2a; voir aussi ATF 118 II 50 consid. 2a). Au demeurant, la maxime inquisitoire ne constitue pas une maxime officielle absolue; elle ne dispense pas les parties d'une collaboration active à la procédure. b) Dans le cas particulier, la recourante s'est bornée à réclamer, devant la Cour d'appel, dans une conclusion subsidiaire, la possibilité de prouver par toutes voies utiles les faits allégués par elle. Semblable conclusion, s'apparentant à une clause de style, ne satisfaisait manifestement pas aux exigences de l'art. 59 al. 3 LJP gen. Plus généralement, il apparaît que la recourante n'a pas fait preuve de la collaboration requise des parties même dans un litige soumis à la maxime inquisitoire, si bien qu'elle est malvenue d'en imputer la faute aux juges cantonaux. De toute façon, les circonstances de fait qu'elle souhaitait voir éclaircies n'étaient pas de nature à modifier l'appréciation juridique du cas, comme on l'a déjà souligné.