Citation: 5A_340/2013 E. 4.3.2

4.3.2. 4.3.2.1. En l'espèce, comme il l'a été indiqué plus haut, les juges cantonaux ont implicitement conclu que le but poursuivi par la servitude litigieuse était de garantir la tranquillité de la parcelle bénéficiaire. Bien que les recourants prétendent que l'objectif retenu par la cour cantonale ne serait pas avéré, ils n'attribuent à la servitude litigieuse aucun autre but: leur motivation laisse au contraire à penser que la restriction de non-bâtir a bien été constituée dans le dessein de maintenir une certaine tranquillité dès lors qu'ils affirment que ce serait précisément du fait de la densification du quartier que dite restriction aurait perdu toute utilité. L'objectif initial de la servitude ne ressort pas de l'inscription au registre foncier, laquelle se limite à l'indication " restriction de bâtir ". L'état de réinscription la détaille en précisant que seule peut être érigée sur la parcelle grevée une villa comprenant un rez-de-chaussée avec combles habitables, dont la hauteur maximum au faîte ne peut dépasser la cote 581. La cour cantonale s'est avec raison fondée sur le but qui pouvait être objectivement attribué à la servitude, compte tenu de l'intérêt et des besoins du fonds dominant: ainsi que le rappelle l'expert judiciaire, le quartier n'était que partiellement construit en 1948 et devait alors être calme, la plupart des constructions situées dans la zone étant de petites dimensions et correspondant probablement à des maisons individuelles ou villas; le fait que seule une villa ( consid. supra 3.4), de niveaux et de hauteur limités, puisse être érigée sur la parcelle grevée permet objectivement de déduire qu'un but de tranquillité a été recherché, la préservation d'un certain dégagement paraissant exclue dès lors que la parcelle bénéficiaire ne dispose d'aucune vue sur le fonds grevé (cf. En fait, consid. A.a). La garantie d'une sérénité est d'ailleurs relevée par l'expert comme l'un des objectifs les plus vraisemblables. 4.3.2.2. Dans ces conditions et, ainsi que l'a retenu à juste titre la cour cantonale, il est évident que le développement du quartier suffit précisément à lui seul à fonder l'intérêt du propriétaire du fonds dominant au maintien de la restriction de bâtir et, ainsi, à la préservation d'une certaine tranquillité (cf. également infra consid. 5.3.2). Le grief des recourants est ainsi infondé.