Citation: 5A_82/2024 E. 3.2.1

3.2.1. La recourante se plaint en bloc de la violation des art. 9 Cst., 8 Cst. et 14 CEDH, 27 Cst., et 29a Cst. et 6 par. 3 CEDH. Tout d'abord, elle soutient que l'autorité cantonale a considéré à tort que la prise de connaissance de lettres, courriers, et documents, ainsi que leur transmission au client, relevait du pur travail de secrétariat, compris dans le tarif horaire de l'avocat de 180 fr. et que de telles opérations ne prenaient que quelques secondes. Elle affirme à cet égard que la prise de connaissance de courriers et d'écritures nécessite la lecture attentive et les connaissances d'un avocat car chacun d'eux peut nécessiter une réaction de ce dernier qui est le résultat d'une réflexion. Quant aux transmissions au client, elles nécessitent également une explication quant à l'état de la procédure que seul un avocat peut donner et que le client est en droit d'obtenir. La recourante reproche ensuite à l'autorité cantonale d'avoir déclaré irrecevables ses explications alors que celles-ci ne constituaient pas de nouveaux allégués mais une argumentation juridique tendant à démontrer que les opérations étaient justifiées. Par ailleurs, la recourante estime que la réduction de 3h30 du temps imparti pour la rédaction des deux mémoires de réponse au motif qu'ils ne comportaient que des allégués de fait est arbitraire. Elle expose que le choix des faits, la manière de les présenter et les offres de preuves dépendent du droit applicable, de sorte que " derrière chaque allégué se cache une réflexion juridique ". Enfin, la recourante avance que le résultat de l'arrêt attaqué, soit le retranchement de 2'000 fr. sur une liste de frais intermédiaire de 11'000 fr. sur une période d'un an, est arbitraire au vu de la difficulté de l'affaire. Elle souligne à cet égard que celle-ci dure depuis un an déjà, est très litigieuse et a nécessité plusieurs audiences ainsi que le dépôt de plusieurs écritures successives. Elle a dû fournir à son client de nombreuses explications détaillées à chaque étape de la procédure et de nombreux échanges ont également été nécessaires entre avocates, pour trouver des accords en audience. En outre, son client est en incapacité de travail et dans l'attente d'une décision de l'AI, de sorte qu'une mise à jour régulière de sa situation personnelle était nécessaire à la conduite diligente du dossier. La recourante ajoute que la présidente, en charge du dossier depuis quelques mois seulement, n'a pas " personnellement vécu toutes les étapes de la procédure " pour apprécier la situation, et que l'autorité cantonale ne dispose pas non plus de tous les échanges qu'elle a eus avec la partie adverse et son client mais qu'elle " doit cependant accorder une certaine confiance à l'avocat " à cet égard. Elle précise aussi que la partie adverse a produit la liste de frais de son avocat choisi à hauteur de 23'000 fr. pour la même période.