Citation: 4P.122/2005 21.06.2005 E. 3

3.1 Selon les recourants, le juge des mesures provisionnelles aurait préjugé de manière arbitraire le sort de l'action au fond en refusant d'interdire provisoirement l'exécution des travaux litigieux. Alors même que l'on ne saurait exclure, au stade des mesures provisionnelles, que les locataires puissent légitimement s'opposer à tout ou partie desdits travaux, il aurait rendu une décision qui les expose à un dommage impossible à réparer puisque les travaux seront entrepris avant l'issue de la procédure principale. Concrètement, les recourants reprochent aux juridictions vaudoises de n'avoir pas tenu compte des nuisances qu'ils devront subir pendant l'exécution des travaux et d'avoir éludé la question de savoir si ceux-ci pouvaient leur être imposés du point de vue de leur coût et de la manière dont ce coût sera répercuté sur les loyers. Se fondant sur l'arrêt, précité, rendu le 4 mars 2003 par le Tribunal fédéral dans la cause 4C.382/2002, qui confirmerait le droit d'un locataire de s'opposer à des travaux tout à fait semblables à ceux que l'intimée s'apprête à effectuer, les recourants contestent qu'une action au fond, basée sur l'art. 260 al. 1 CO, apparaisse d'emblée dénuée de chances de succès, d'autant plus que l'expertise ne ferait pas ressortir l'urgence qu'il pourrait y avoir à exécuter les travaux envisagés. En définitive, de l'avis des recourants, la mise en balance de l'intérêt des locataires à la protection de leur droit de s'opposer aux travaux de rénovation et de l'intérêt de la bailleresse à une exécution immédiate de ceux-ci aurait dû conduire le juge des mesures provisionnelles, sauf à tomber dans l'arbitraire, à privilégier le maintien de la situation actuelle et, partant, à interdire l'exécution des travaux jusqu'à droit connu sur le fond. 3.2 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, qu'elle méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que son résultat le soit. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275; 128 II 259 consid. 5 p. 280).