Citation: 4C.397/1999 18.07.2000 E. A

A.- En août 1989, les époux B. ont conclu avec C., architecte, un contrat soumis au règlement SIA 102 et portant sur la construction d'une villa ainsi que d'un garage. Ce contrat précisait que les prestations de l'architecte compre- naient entre autres la phase de l'exécution, soit notamment les contrats avec les entrepreneurs ainsi que les fournisseurs, la direction architecturale et la direction des travaux. En novembre 1991, S. S.A., entreprise adju- dicataire des travaux d'étanchéité, a refusé d'exécuter les travaux sur la terrasse du premier étage de la maison, tels que prévus sur les plans de détail et dans le contrat, sou- tenant que la manière de procéder exigée par l'architecte ne lui permettait pas d'assumer valablement les garanties dues au maître d'oeuvre. L'exécution de ces travaux lui a été re- tirée. Le 12 décembre 1991, les travaux d'étanchéité restants ont été adjugés à Z., qui n'a pas été in- formé des raisons ayant conduit à l'éviction de S. S.A., ni de l'état précis de l'avancement des travaux. Cet artisan n'est pas venu aux rendez-vous de chantier et a exer- cé ses activités en-dehors des heures de travail. C. a lui-même critiqué son mode chaotique de travailler. A la suite de périodes de pluie survenues en avril et en juin 1993, des infiltrations d'eau se sont produites à divers endroits de la villa. Des constats d'huissiers ont été dressés et des rapports ont été établis par des spécialistes mandatés par l'assurance-ménage des époux B. et par l'assurance res- ponsabilité civile de Z. Il en est ressorti que des traces d'infiltrations d'eau, de moisissures et d'humidité étaient visibles à différents endroits de la vil- la. Elles provenaient d'une défectuosité de l'étanchéité de la terrasse, dont l'exécution s'est avérée contraire aux rè- gles de l'art. Les spécialistes ont relevé que Z. avait commis une grave erreur dans l'exécution de son travail. En octobre 1993, les époux B. ont proposé de mandater un expert en la personne de E. S.A. (ci-après: E.), choix que C. n'a pas critiqué. Cette société a mis en évidence un taux d'humidité voisin de la saturation dans la quasi-totalité de la chambre touchée, sur le palier de l'étage et au début de l'escalier; elle a relevé que l'étanchéité n'était absolument pas conforme aux règles de l'art. En outre, les écoulements de la terrasse qui passaient dans le socle des bacs à fleurs étaient manifeste- ment sous-dimensionnés. En janvier 1994, sur proposition de leur assurance, les époux B. ont mandaté L., un autre architecte, afin qu'il s'occupe des travaux de réfection. Celui-ci a constaté, hormis les défauts d'étanchéité de la terrasse, que la pente du toit, inférieure à 30 %, n'était pas compatible avec une couverture en tuiles plates, ce qui avait également été soulevé par E. C., qui était conscient de ce problème, a déclaré avoir prévu une sous-toiture étanche avec ventilation. Un contrôle sur place a révélé que la ventilation était en réalité inexistante. Les époux B. ont également reproché à C. le choix d'un surpresseur ne répondant pas à leurs besoins et des défauts concernant certaines dalles. Z. est tombé en faillite. Son assurance respon- sabilité civile, la O. Assurances, a versé aux époux B., selon convention du 18 janvier 1996, une indemnité qualifiée de "globale et forfaitaire" de 15'000 fr.