Citation: 6S.301/2006 08.11.2006 E. 1

La gravité de la faute est le critère essentiel à prendre en considération dans la fixation de la peine et le juge doit l'évaluer en fonction de tous les éléments pertinents, notamment ceux qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir le résultat de l'activité illicite, le mode d'exécution, l'intensité de la volonté délictuelle et les mobiles, et ceux qui concernent l'auteur, soit les antécédents, la situation personnelle et le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20; 127 IV 101 consid. 2a p. 103; 122 IV 241 consid. 1a p. 243; 118 IV 21 consid. 2b p. 24 s.; 117 IV 112 consid. 1; 116 IV 288 consid. 2a). Concernant la situation personnelle de l'auteur, le juge doit prendre en compte sa vulnérabilité face à la peine, soit son état de santé et son âge, ses obligations familiales, sa situation professionnelle, les risques de récidive, etc. (ATF 102 IV 231 consid. 3 p. 233; 96 IV 155 consid. 3 p. 179). L'autorité cantonale admet que "si, comme le souligne le recourant, le dol éventuel constitue une circonstance à décharge au moment d'arrêter la peine, celle-ci a bien été prise en compte lorsque les premiers juges ont fixé la sanction qu'ils estimaient nécessaire pour réprimer le comportement coupable de l'accusé: il ressort en effet clairement de la lecture du jugement que le tribunal a pris en compte la personnalité fruste de A.X.________ et la nécessité de relativiser sa culpabilité de ce fait, dès lors qu'elle le laissait particulièrement démuni pour résoudre des difficultés et, partant, éviter la commission d'infractions". Certes, la motivation de l'arrêt attaqué fait ainsi référence à des traits de caractère du recourant plutôt qu'à la forme qu'a revêtue son intention. Il ressort néanmoins du jugement du Tribunal correctionnel, auquel se réfère l'arrêt attaqué, que cette autorité n'a pas perdu de vue la forme de l'intention du recourant puisqu'elle apprécie le comportement de l'auteur en disant qu'il s'est accommodé d'ôter la vie de ses victimes (voir jugement de première instance, p. 26), montrant clairement qu'elle évaluait la culpabilité de l'auteur compte tenu du fait que celui-ci avait accepté l'éventualité d'une issue fatale sans toutefois la rechercher. Dès lors que la conclusion à laquelle est parvenue l'autorité cantonale est correcte et qu'ainsi que cela a été rappelé ci-dessus il n'y a pas lieu d'admettre un pourvoi dans le seul but d'améliorer un considérant si la décision attaquée apparaît conforme au droit, le pourvoi doit également être rejeté sur ce point. Par ailleurs, le recourant ne prétend à juste titre pas que d'autres éléments n'auraient pas été pris en considération ou, au contraire, l'auraient été à tort, ni que la peine qui lui a été infligée serait exagérément sévère au point que l'on doive considérer qu'elle procède d'un abus du pouvoir d'appréciation. En effet, l'autorité cantonale a relevé l'extrême gravité de la faute du recourant, dont le dessein a été qualifié d'égoïste et même d'odieux, mais elle a aussi tenu compte de la diminution de sa responsabilité ainsi que du fait que ses capacités intellectuelles limitées et sa personnalité fruste lui donnaient peu de moyens de résoudre les difficultés auxquelles il était confronté, de sorte qu'il était particulièrement exposé au risque d'avoir recours à la violence. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, la peine infligée au recourant n'apparaît pas excessivement sévère au point qu'il y ait lieu d'admettre que les autorités cantonales ont abusé du large pouvoir d'appréciation qui leur est reconnu dans ce domaine. Le pourvoi doit dès lors être rejeté.