Citation: 1B_25/2021 E. C

L'avocate de B.________ a demandé, le 2 octobre 2020, à consulter le dossier le 7 octobre 2020, ce qui lui a été accordé. Le jour de la consultation, elle a demandé une copie de certaines pièces du dossier, ainsi que du DVD de l'audition EVIG. Le 9 octobre 2020, le Procureur D.________ a adressé une lettre à l'avocate l'informant qu'une copie du DVD de l'audition EVIG de C.________ était acceptée. Le 18 octobre 2020, l'avocat de la plaignante, Me Kurth, a écrit à D.________ pour lui demander la transmission d'une copie de l'intégralité du dossier, comprenant le rapport de police relatif à C.________, avant la prochaine audien ce. Le Procureur y a apposé son "n'empêche", le 19 octobre 2020. Lors de l'audience d'instruction du 20 octobre 2020, qui a débuté à 14h19, B.________ a été prévenu, à titre complémentaire pour avoir serré le cou de sa fille en 2018, lui occasionnant des marques. Le procès-verbal de l'audience mentionne une première note du Procureur, ainsi libellée: "Me Kurth demande à la direction de la procédure qu'il soit procédé en premier lieu à l'audition du prévenu. Le Procureur lui répond que dans la mesure où chaque partie a déjà été entendue, il entendra en premier la plaignante et le prévenu se déterminera ensuite sur les déclarations de la plaignante et sur celles de sa fille". Des questions ont ainsi été posées à A.________, puis l'audition du prévenu a suivi: ce dernier a, à un moment donné, fait allusion au contenu des déclarations de sa fille "à en croire ce que C.________ a dit lors de son audition EVIG". Immédiatement après cette déclaration, le Procureur a inscrit une deuxième note au procès-verbal ainsi libellée: "Me Kurth indique que par téléphone hier la greffière lui a indiqué que sa cliente n'avait pas le droit d'accéder aux nouvelles pièces du dossier concernant son enfant. Il est surpris d'apprendre aujourd'hui en audience que l'accès a été donné au prévenu. Le Procureur l'informe qu'il s'agit d'une erreur. Il n'avait pas souvenir d'avoir donné accès à l'audition EVIG au conseil du prévenu. Il s'en excuse". L'audience s'est poursuivie et le procureur a posé plusieurs questions au prévenu, lui demandant, en particulier, "comment se pass[ait] le traitement psychothérapeutique en lien avec la gestion de la violence conjugale entrepris auprès de l'association Pharos", ce à quoi l'intéressé a répondu que le traitement se passait bien. Le magistrat a aussi demandé au prévenu pourquoi sa fille aurait inventé une telle histoire si rien de tel ne s'était passé, ce à quoi B.________ a répondu: "dans l'audition EVIG ce n'est pas aussi clair que vous semblez le dire. Par exemple, au début de l'enregistrement elle a dit quelque chose par rapport à ce que j'avais dit alors que je ne l'avais pas dit comme ça. Je précise que je n'ai eu accès à la vidéo qu'après avoir été entendu par la police". L'audience a été suspendue de 15h18 à 15h24. Une troisième note du Procureur mentionne que pendant la suspension, une copie du rapport de police du 10 juillet 2020 relatif à l'audition EVIG de C.________ a été remise à l'avocat de A.________. Les questions ont repris, notamment celles de Me Kurth au prévenu, qui a refusé de répondre, en particulier sur le fait que l'association Pharos représentait les hommes victimes de violences conjugales. Le procès-verbal se termine avec la note du procureur suivante: "le prévenu indique à Me Kurth qu'il le fatigue. «Il est dingue ce bonhomme». Me Kurth indique qu'il n'a pas d'autres questions à poser aujourd'hui à B.________ mais qu'il se réserve toutefois la possibilité de lui en poser ultérieurement en lien avec l'audition EVIG". Selon une note de la greffière datée du 20 octobre 2020, la "copie complète de la procédure" a été remise en mains propres à Me Kurth.