Citation: 4A_290/2021 E. 3.3

3.3. Dans un second grief, la recourante fait valoir que l'employé a abusé de son droit en réclamant en justice le versement d'un arriéré de salaire, alors qu'il avait touché des indemnités de Pôle emploi. A la suivre, les juges jurassiens auraient méconnu cet aspect. Rien n'indique que la recourante ait tenté de faire échec à la créance de l'employé en lui opposant l'abus de droit devant la cour cantonale. Le Tribunal fédéral ne voit donc guère pourquoi cette dernière aurait dû se saisir de cette question. Et il n'est plus l'heure, au stade du recours en matière civile, de soulever cet argument. D'ailleurs, le fait d'agir contre l'employeur pour obtenir le versement de salaires impayés et de recourir aux prestations de l'assurance chômage n'a rien d'illégal, à tout le moins en droit suisse. La recourante ne prend pas la peine d'expliquer ce qu'il en est en droit français. Un abus de droit n'est dès lors pas concevable. La recourante évoque encore l'art. 324 al. 2 CO que la cour cantonale aurait également méconnu. Cela étant, l'employeuse aurait-elle empêché par sa faute l'exécution du travail ou se serait-elle trouvée en demeure de l'accepter pour d'autres motifs, comme cet article le présuppose ? On ne le discerne pas au travers de la simple citation de cette disposition dans le mémoire de recours. Ces griefs ne peuvent être qu'écartés, pour autant qu'ils soient recevables.