Citation: 2C_156/2020 E. 5.2

5.2. S'agissant de cette dépendance, c'est à juste titre que l'autorité précédente a examiné la situation financière des recourants et du regroupant telle qu'elle se présente actuellement, mais qu'elle a également pris en compte le développement économique futur de la famille, en raison de l'asile obtenu en Suisse par le regroupant (ATF 139 I 330 consid. 4.1 p. 341). Les recourants ne contestent pas cette manière de faire. A ce propos, compte tenu des importants montants d'aide sociale déjà perçus à ce jour, que ce soit par les recourants ou par le regroupant, on doit reconnaître avec le Tribunal cantonal que tous dépendent dans une large mesure de cette aide. Quant au développement probable de la situation financière de la famille, les recourants ne sauraient être suivis lorsqu'ils affirment que la recourante 1 a été empêchée sans sa faute de travailler et qu'en cas d'obtention d'une autorisation de séjour elle trouvera sans difficulté un emploi suffisamment rémunéré. En effet, et contrairement à ce que les recourants estiment, la recourante 1 a bel et bien mis les autorités devant le fait accompli. Elle s'est certes mariée en Suisse en juillet 2016. A la suite de son mariage elle a toutefois quitté le territoire suisse, avant de revenir, sans autorisation, en décembre 2016. Elle y est restée depuis cette date, sans être au bénéfice d'une quelconque autorisation. En procédant de la sorte et en refusant d'attendre à l'étranger l'octroi de son autorisation de séjour, la recourante 1 a mis les autorités devant le fait accompli et porté atteinte au principe de l'égalité de traitement par rapport aux nombreux étrangers qui respectent les procédures établies pour obtenir un titre de séjour en Suisse (arrêts 2C_736/2017 du 28 novembre 2017 consid. 4.2 et les référence). Elle est donc malvenue d'affirmer que la situation actuelle ne lui est pas imputable. En outre, le regroupant bénéficie depuis de nombreuses années de l'aide sociale et rien n'indique qu'il pourrait ne plus en avoir besoin. A l'instar de ce qu'a retenu sans arbitraire le Tribunal cantonal, on doit considérer que, même à supposer que le regroupant obtienne une rente de l'assurance-invalidité, celle-ci serait largement insuffisante, compte tenu des circonstances, c'est-à-dire l'âge de l'assuré, les années de cotisation ou la date de survenance de l'invalidité, pour permettre à l'ensemble de la famille de ne plus émarger à l'aide sociale. Dans ces conditions, il convient de confirmer l'arrêt entrepris en tant qu'il retient un cas de dépendance durable à l'aide sociale qui exclut la possibilité de regroupement familial.