Citation: 4A_274/2018 E. 3.2.2

3.2.2. Il convient d'examiner à présent si, comme la cour cantonale l'a admis, l'intimée a invoqué à temps les deux réticences retenues, étant précisé qu'un délai indépendant courait pour chacune d'elles (ATF 116 II 338 consid. 2a p. 342 et l'arrêt cité). 3.2.2.1. En ce qui concerne les faits tus aux questions B2 et B3, l'intimée a eu une connaissance certaine et complète de tous les éléments de la réticence à la lecture du rapport du Dr D.________ du 3 septembre 2007, figurant dans le dossier AI qui lui avait été remis le 21 octobre 2010. C'est à ce moment-là seulement que l'assureur a appris précisément les atteintes à la santé éprouvées par la recourante depuis 1997 (sentiment de faiblesse au membre inférieur gauche, lombalgies résiduelles), ainsi que les différents traitements qui avaient été prescrits (physiothérapie, infiltrations) dans les cinq ans précédant la conclusion du contrat d'assurance en 2002. Certes, dans son rapport du 18 octobre 2007 marquant le dies a quo aux yeux de la recourante, le Dr B.________ cite la cypho-scoliose comme la cause principale de l'incapacité de travail actuelle de sa patiente et observe une "augmentation nette de l'intensité des troubles à partir de 1999". Mais au sujet des soins apportés en raison de cette aggravation, le neuro-chirurgien ne mentionne que les infiltrations qu'il a effectuées en juillet 2005 et octobre 2006; il ne fournit aucune indication sur d'éventuels autres traitements prescrits précédemment par d'autres médecins. Dans le rapport précité, le Dr B.________ fait également état d'une annonce AI effectuée le 26 juillet 2007. Contrairement à ce que la recourante prétend, le fait que l'intimée a demandé pour la première fois à consulter le dossier AI près de deux ans plus tard est sans incidence sur le calcul du délai pour invoquer la réticence, puisque le dies a quo dépend de la connaissance de la réticence, et non du moment où, par hypothèse, l'assureur diligent aurait pu en prendre connaissance. Cela étant, force est de constater que, mis au courant par le rapport du Dr B.________ du 24 mai 2007 d'une péjoration des lombalgies chez l'assurée depuis environ 1999, l'assureur a cherché sans relâche à en savoir plus, notamment sur un éventuel suivi médical, auprès des médecins traitants connus de la recourante, puis de l'office AI et que ces démarches, souvent restées sans réponse, ont dû être renouvelées sur une période assez longue. En tous les cas, l'attitude de l'intimée ne saurait être vue comme une temporisation constitutive d'un abus de droit. Comme la cour cantonale l'a admis à bon droit, l'intimée a respecté le délai de péremption prévu par l'art. 6 aLCA en invoquant la réticence liée aux questions B2 et B3 dans les quatre semaines suivant la transmission du dossier AI en date du 21 octobre 2010. 3.2.2.2. S'agissant de la seconde réticence, portant sur la perception d'indemnités journalières de l'AI entre 2000 et 2004, l'intimée en a pris connaissance lors de la consultation du dossier AI transmis le 21 octobre 2010. Là aussi, la recourante plaide en vain une temporisation abusive de la part de l'assureur, déjà pour la simple raison que l'annonce du cas à l'AI effectuée en juillet 2007 à la suite de l'intervention de janvier 2007 ne permettait pas en elle-même de soupçonner que des prestations AI avaient été versées précédemment à la recourante. Comme pour la première réticence, la cour cantonale n'a pas non plus violé l'art. 6 aLCA en admettant que l'intimée avait invoqué à temps la réticence commise en lien avec la question 6i de la proposition d'assurance.