Citation: 5A_423/2009 23.10.2009 E. 2

La Cour de justice est partie du principe que les mesures protectrices de l'union conjugale peuvent être modifiées si, depuis leur entrée en vigueur, les circonstances de fait - notamment quant aux revenus des époux - ont changé d'une manière essentielle et durable, ou si le juge s'est fondé sur des circonstances de fait erronées. Dans la première hypothèse, il appartient à celui qui demande la modification d'apporter la preuve de l'importance et du caractère durable de ces faits; dans la seconde hypothèse, la modification ne peut pas résulter d'une simple reconsidération des circonstances de l'espèce, mais il faut une erreur qualifiée ou manifeste du juge. L'autorité précédente a considéré qu'aucune de ces conditions n'était réalisée. La recourante n'a pas prouvé que l'intimé travaillerait encore à plein temps, et non pas à mi-temps, comme l'avait admis la Cour de justice dans son arrêt du 16 mai 2008; à cet égard, le rapport d'un détective privé, qui avait constaté que l'intéressé était présent dans les locaux de son entreprise une semaine en juin ainsi que deux jours en juillet 2008, ne suffisaient pas à rendre vraisemblable l'exercice d'une activité professionnelle à plein temps. En outre, comme l'a souligné le premier juge, le montant de la contribution d'entretien n'avait pas été fixé en considération des revenus du mari, mais uniquement en fonction des besoins de la femme; les frais de dentiste allégués ne constituent pas une charge nouvelle, et la recourante peut toujours exiger de son enfant majeur qu'il contribue à raison de 1'000 fr. par mois aux charges communes. Enfin, la recourante peut prétendre depuis mars 2009 à une rente AVS d'environ 2'000 fr. par mois, ce qui lui permet de conserver largement son train de vie antérieur. 2.1 En tant que la recourante se plaint d'arbitraire dans l'application de l'art. 176 CC, parce que la décision attaquée porterait atteinte à "ses droits d'épouse", sa critique, totalement inconsistante, est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). Elle semble en outre contester la méthode choisie dans la fixation de la contribution d'entretien, qui serait à "mi-chemin entre la méthode du minimum vital et la méthode de la pension selon l'art. 125 CC". Autant qu'il est intelligible, son grief ne contient aucune réfutation des motifs de la juridiction précédente quant à l'absence de circonstances nouvelles justifiant une modification de la contribution d'entretien (art. 106 al. 2 LTF). 2.2 La recourante semble contester les revenus de l'intimé, affirmant que les revenus totaux (du couple) s'élèveraient à 24'120 fr. Ce faisant, elle s'en prend d'une manière irrecevable à l'appréciation des preuves (art. 106 al. 2 LTF), faute de démontrer en quoi la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire en écartant, à défaut de preuves suffisantes, le moyen pris d'une activité rémunérée à plein temps de l'intimé.