Citation: 6B_396/2022 E. 5.5.3

5.5.3. En substance, le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir ordonné d'autres imputations sur la peine privative de liberté, pour les autres mesures, en sus de l'imputation de 15 jours relative à l'obligation d'être suivi psychologiquement. En particulier, il invoque les mesures relatives à l'obligation de déposer son passeport et à l'interdiction de prendre contact avec l'intimée et sa soeur. S'agissant du dépôt de son passeport, le Tribunal fédéral a déjà jugé que le dépôt des papiers d'identité et, par conséquent, l'interdiction de quitter le territoire suisse ne constituait pas une entrave à la liberté dans la mesure où il ne ressortait pas du jugement qu'une demande de sortie du territoire suisse formulée par l'intéressé aurait été refusée (arrêts 6B_107/2022 du 1er juin 2022 consid. 1.4; 6B_906/2019 du 7 mai 2020 consid. 1.3). A cet égard, le recourant allègue qu'il aurait demandé à pouvoir quitter le territoire suisse avec son passeport (cf. ordonnance rendue par le Juge des mesures de contrainte du 6 août 2020, pièce D1.181-186; art. 105 al. 2 LTF). En réalité, le recourant a, dans le cadre de la procédure de prolongation des mesures de substitution, demandé une modification de la mesure relative à l'interdiction de quitter le territoire suisse et l'obligation de déposer son passeport. Pour justifier cette modification, il a émis le souhait général de pouvoir voyager en Europe, notamment avec sa fille E.A.________ (cf. dossier cantonal, pièce D1.179; art 105 al. 2 LTF). En l'absence d'une demande de sortie concrète et précise du territoire suisse, une telle demande de modification globale de la mesure de substitution relative au dépôt de son passeport, motivée par une envie générale de voyager en Europe, ne permet pas de conclure que la cour cantonale aurait arbitrairement retenu qu'il n'avait pas formulé, pour une occasion particulière, une demande de sortie du territoire qui aurait été refusée. En outre, dans la mesure où le recourant soutient qu'il devait se rendre au Burkina Faso pour la bonne marche de son association, il s'écarte de l'état de fait cantonal, sans en démontrer l'arbitraire, de sorte que son argumentation est irrecevable. S'agissant de l'interdiction de prendre contact avec ses deux filles aînées, la cour cantonale a souligné que les deux intéressées étaient parfaitement autorisées à le contacter si elles en avaient éprouvé le besoin ou l'envie. Dans le cadre du large pouvoir d'appréciation dont la cour cantonale disposait, elle a estimé que cette mesure représentait une atteinte incomparablement moindre à la liberté personnelle de l'intéressé qu'une détention et, en conséquence, a refusé toute imputation à ce titre. L'appréciation de la cour cantonale ne viole pas le droit fédéral, dès lors que cette mesure constitue avant tout une gêne, qui ne porte pas une atteinte à la liberté personnelle de manière comparable au maintien de la détention provisoire.