Citation: 5A_808/2022 E. 3

Examinant la possibilité d'instaurer une garde alternée, l'autorité cantonale a tout d'abord retenu que les parties disposaient toutes deux des capacités parentales nécessaires. Les évènements isolés dont les parties se faisaient le reproche, de même que les éléments allégués par la mère dans le cadre de sa réponse, s'ils devaient être établis, ne remettaient pas en cause les capacités parentales respectives des parents et ne dépassaient pas les difficultés usuelles pouvant survenir dans une famille. Cela étant, la cour cantonale a considéré que le conflit conjugal était important et que les parties ne parvenaient pas à communiquer ni à coopérer, ce qui ressortait notamment de l'ensemble de la procédure ainsi que des mesures mises en place par le tribunal de première instance, non contestées en appel. Les parties avaient en effet dû être exhortées tant à maintenir les suivis psychiatrique et psychologique des deux enfants, qu'à poursuivre la médiation parentale initiée. Par ailleurs, une mesure de curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite avait dû être instituée. La juridiction précédente a en outre retenu, s'agissant des pièces produites par le père en appel, qu'elles ne permettaient pas de retenir que la communication entre les parties était devenue " tout à fait fluide ", étant relevé à titre d'exemple que le père avait lui-même intitulé l'une des pièces " échange de messages concernant le règlement d'un petit différend au sujet du jour de remise des enfants pendant les vacances ". Au demeurant, les difficultés de communication des parties - dont l'intensité avait été soulignée par les services sociaux - ressortaient des propos tenus par les parties l'une envers l'autre. Elle a ainsi considéré que l'instauration d'une garde alternée était contraire au bien des enfants, dès lors que les relations entre les parents devaient être améliorées, étant encore précisé que les souhaits des enfants concernant leur prise en charge avaient varié, s'agissant en particulier de C.________. Quant à l'attribution de la garde à l'un des parents, l'autorité précédente a relevé que les enfants étaient sous la garde de leur mère depuis le mois de juillet 2021, que la situation familiale était complexe, que ceux-ci avaient eu peu de contacts avec leur père depuis cette date et qu'indépendamment du fait que celui-ci s'était investi avant la séparation de manière conséquente auprès des enfants, leurs relations restaient fragiles. Elle a ajouté que les deux enfants étant suivis par des spécialistes, il apparaissait prématuré et contraire à leur intérêt d'attribuer, au stade des mesures protectrices de l'union conjugale, la garde au père, relevant leur besoin de stabilité et la nécessité de renforcer leurs relations avec leur père. Ainsi, bien que la mère ait réduit de manière unilatérale les relations père-filles, la cour cantonale a estimé qu'il convenait en l'état de confirmer l'attribution de la garde exclusive à la mère, étant encore précisé que le corps enseignant avait confirmé que les enfants allaient bien et évoluaient positivement.