Citation: 6B_590/2014 E. 1.3

1.3. Le recourant soutient que la cour cantonale ne pouvait pas sans arbitraire considérer qu'il avait fait usage d'un objet dangereux au sens de l'art. 123 ch. 2 al. 1 CP. Cette disposition vise le cas où l'auteur des lésions corporelles simples a fait usage de poison, d'une arme ou d'un objet dangereux. Selon la jurisprudence, le caractère dangereux d'un objet se détermine en fonction de la façon dont il est utilisé (ATF 111 IV 123; 101 IV 285; 96 IV 16). Ainsi, il a été admis qu'un porte-plume est un instrument dangereux si l'on frappe la victime au visage avec sa pointe mais ne l'est pas si l'on s'en sert comme d'une baguette (ATF 101 IV 285 p. 287). Un objet sera considéré comme dangereux lorsqu'il est conçu de manière telle qu'utilisé comme arme, il est propre à provoquer les blessures que causerait une arme employée dans les mêmes conditions (ATF 96 IV 16 consid. 3b p. 19). De la façon dont il a été utilisé, l'objet doit être propre à générer un risque de lésion corporelle grave au sens de l'art. 122 CP (ATF 101 IV 285 p. 287; voir aussi STRATENWERTH/JENNY/BOMMER, Schweizerisches Strafrecht, Besonderer Teil I, 7e éd. 2010, § 3 n° 27; ANDREAS DONATSCH, Strafrecht III, Delikte gegen den Einzelnen, 10e éd. 2013, p. 62; ROTH/BERKEMEIER, in Basler Kommentar, Strafrecht II, 3e éd., 2013, n° 19 ad art. 123 CP). Certains auteurs parlent de risque de mort ou de lésion corporelle grave au sens de l'art. 122 CP ( TRECHSEL/FINGERHUTH, in Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, Trechsel/Pieth [éd.], 2e éd. 2013, n° 8 ad art. 123 CP) alors que d'autres évoquent une possibilité de causer facilement des blessures, voire même des atteintes importantes ( MICHEL DUPUIS ET AL., Petit Commentaire, Code pénal, 2e éd., 2012, n° 18 ad art. 123 CP) ou encore de causer facilement des blessures, voire même des blessures importantes ( BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3e éd., 2010, n° 24 ad art 123 CP). La notion d'objet dangereux est vague, de sorte que le juge dispose d'un certain pouvoir d'appréciation ( BERNARD CORBOZ, op. cit., loc. cit.). La cour cantonale a constaté que le recourant avait jeté à la tête de la victime un verre à cocktail d'une dizaine de centimètres. C'est en vain que celui-ci chercher à minimiser la gravité de son acte. Il a déjà été jugé qu'une chope de bière lancée d'une distance de 4 mètres à la tête d'autrui constitue un objet dangereux (ATF 101 IV 285). Peu importent la distance et le poids du verre en question. En le projetant comme il l'a fait à la tête de son antagoniste, le recourant a pris le risque de lui causer des lésions importantes, non seulement en raison de l'impact mais aussi pour le cas où le verre se serait brisé contre son visage, à proximité des yeux, qui auraient pu être gravement atteints et dont la victime aurait même pu perdre définitivement l'usage. La cour cantonale n'a donc pas abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que le recourant avait fait usage d'un objet dangereux.