Citation: 1B_146/2009 E. 2.2

2.2. En l'occurrence, le Juge d'application des peines a rendu sa décision quelques jours après l'échéance des deux tiers de la peine. La jurisprudence admet certes que la décision de libération conditionnelle puisse être rendue au dernier moment, car l'autorité peut ainsi être renseignée de la manière la plus complète sur la situation du condamné (consid. 4 non publié de l'ATF 133 IV 201). Cela implique toutefois qu'en cas de recours, l'autorité saisie doit se montrer particulièrement attentive à l'obligation de célérité. Il y a lieu en effet de rappeler que la libération conditionnelle constitue un droit, et qu'un refus doit être exceptionnel (ATF 123 IV 201 consid. 2.3 p. 203 et les arrêts cités). On ne saurait dès lors admettre que le condamné soit maintenu en détention durant le dernier tiers de sa peine pour la seule raison que les autorités, tenues d'examiner d'office si les conditions de l'art. 86 CP sont réunies, ont tardé dans cet examen. La décision de première instance n'est certes fondée sur aucune expertise récente; le jugement du 6 décembre 2005 a été rendu par défaut, sans expertise psychiatrique, et le Juge d'application des peines a accordé la libération conditionnelle sans recourir à un avis d'expert. Le recourant ne conteste pas la pertinence de la mesure d'instruction mise en oeuvre par la cour cantonale. Celle-ci n'est responsable ni du prononcé tardif de la décision de première instance, ni de l'absence d'expertise pertinente. Cela étant, force est de constater que le délai annoncé par les experts, soit à mi-septembre 2009, apparaît d'emblée incompatible avec le principe de célérité, puique six mois se seront alors écoulés depuis que le recourant a purgé les deux tiers de sa peine (consid. 4 non publié de l'ATF 133 IV 201).