Citation: 1P.749/1999 07.02.2000 E. 3

3.- Le recourant se plaint d'une violation de la présomption d'innocence. Les juridictions seraient tombées dans l'arbitraire en retenant que l'heure de son interpellation aurait été 3 heures 40. Les policiers entendus comme témoins s'étaient contentés d'une estimation, n'ayant pas contrôlé l'heure au moment de l'interpellation. Les gendarmes Dumoulin et Léger avaient spontanément et sans concertation indiqué 4 heures 10 dans trois documents différents. Le changement apporté après-coup par le Sergent R.________ serait fondé sur une estimation du temps écoulé entre l'interception et l'arrivée sur les lieux du premier interrogatoire à Charrat. Pour sa part, le recourant avait toujours déclaré avoir pris le volant vers 4 heures. Il soupçonne que l'avancement de l'heure de son arrestation ait eu pour seul but d'obtenir une estimation du taux d'alcool supérieure à 0,8 g 0/00. a) Consacré à l'art. 6 par. 2 CEDH, le principe de la présomption d'innocence n'exige pas que l'administration des preuves aboutisse à une certitude de culpabilité absolue, mais simplement que l'autorité de jugement renonce à condamner lorsqu'il subsiste un doute sérieux quant à la réalisation des conditions objectives et subjectives de l'infraction. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne revoit la constatation des faits et l'appréciation des preuves que sous l'angle de l'arbitraire; il n'intervient que si l'appréciation des preuves est manifestement insoutenable, soit qu'elle se trouve en contradiction avec la situation effective telle qu'elle ressort clairement du dossier et des débats, soit qu'elle résulte d'une inadvertance manifeste ou qu'elle fasse fi de circonstances objectives et dûment établies qui auraient dû susciter un doute sérieux quant à la culpabilité du condamné. L'art. 32 al. 1 Cst. (entré en vigueur le 1er janvier 2000), qui consacre spécifiquement la présomption d'innocence, ne fait que reprendre les principes posés dans ce domaine par la jurisprudence (FF 1997 1ss, 188-189). L'art. 139 ch. 3 CPP val. , qui consacre la libre appréciation des preuves, n'offre pas de garantie supplémentaire. b) Pour l'essentiel, le recourant reprend l'argumentation figurant dans son mémoire d'appel. Un tel procédé n'est pas recevable sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. De toute manière, supposé recevable, le grief relatif à la présomption d'innocence apparaît manifestement mal fondé. c) On peut certes s'étonner de la modification apportée après-coup au sujet de l'heure de l'interpellation du recourant. Il n'en demeure pas moins que les explications fournies par les policiers à ce sujet sont cohérentes. L'heure indiquée à l'origine se rapportait à l'arrivée dans les bureaux de Charrat. Compte tenu des événements précédents (interception du recourant, questions à celui-ci, présentation des permis, vérification du coffre, stationnement du véhicule de M.________ devant le Restoroute de Martigny et déplacement au poste), dont la durée a été estimée à une demi-heure, le moment de l'interpellation a été situé vers 3 h 40. Les trois agents entendus ont présenté les mêmes explications; ils n'ont pas caché qu'une telle rectification était rare. Cela étant, la version retenue par les juridictions pénales ne se trouve en contradiction flagrante avec aucun élément du dossier. Cela suffit pour lui dénier tout caractère arbitraire.