Citation: 1C_570/2022 E. 3.4.1

3.4.1. Que le pavillon puisse prétendument déjà être occupé indépendamment de la température extérieure en raison de son raccordement ultérieur à l'électricité - raccordement dont l'autorisation n'est du reste pas établie - et de la possibilité d'utiliser des chauffages d'appoint qui en découle est sans pertinence s'agissant de l'affectation initialement admise. En effet, à la lumière des éléments autorisés en 1945, l'utilisation que permettrait le projet litigieux dépasse objectivement, sur le plan juridique, l'affectation originelle d'habitation de week-end sans chauffage. Cela constitue une modification importante d'une habitation initialement temporaire (cf. art. 42 al. 3 let. c OAT), appréciation confortée par le montant des travaux (135'000 fr.) par rapport à la valeur du bâtiment (cf. arrêt 1C_491/2020 consid. 2.5.4 et la référence), que celle-ci soit arrêtée à 165'900 fr., comme le prétendaient les recourants devant l'instance précédente, ou à 43'639 fr., comme l'a établi cette dernière. Or, une telle modification, si elle devait être admise, contreviendrait à la volonté du législateur d'éviter que de telles habitations temporaires soient réaffectées, au titre de l'art. 24c LAT, à un usage d'habitation permanent dans une zone par définition inconstructible (cf. arrêt 1C_491/2020 du 10 mai 2021 consid. 2.2.; voir également ARE/ODT, Rapport explicatif, Révision partielle de l'OAT, octobre 2012, p. 10); cela conduit à exclure, comme l'a jugé l'instance précédente, que le critère de l'identité de la construction soit réalisé. Au surplus, contrairement à ce que soutient le DT, on ne discerne pas que la Cour de justice aurait, en niant l'identité - pourtant reconnue par la Commission cantonale d'architecture et l'Office de l'urbanisme - contrevenu à la jurisprudence commandant à l'autorité de recours une certaine retenue dans l'appréciation des circonstances locales dont une autorité locale ou spécialisée aurait une meilleure connaissance qu'elle (cf. ATF 147 I 393 consid. 5.3.2; arrêt 1C_418/2021 du 10 mars 2022 consid. 2.2). En effet, les motifs qui ont conduit l'instance précédente à nier l'identité de la construction portent sur des critères objectifs qui ne relèvent pas d'aspects techniques ou de l'appréciation de circonstances locales, à l'instar, par exemple, de l'aspect extérieur du bâtiment ou encore de son intégration dans le paysage (cf. art. 24c al. 4 LAT).