Citation: 5A_15/2021 E. 6.3

6.3. La recourante expose être à l'entière charge de l'Hospice général depuis septembre 2015 et que son déficit mensuel est équivalent à ses charges incompressibles qui s'élèvent à 3'130 fr. Elle soutient ensuite qu'elle ne serait pas en mesure de pourvoir à son entretien, vu qu'elle est âgée de 54 ans et qu'elle avait déjà 47 ans au moment de la séparation. En outre, il était établi qu'elle n'avait aucune formation et qu'elle n'avait jamais travaillé en Suisse depuis son arrivée dans ce pays et a fortiori depuis son mariage, mais avait été mère au foyer. En conséquence, en exigeant d'elle de travailler, il ne s'agissait pas d'une reprise d'activité mais bien plutôt d'un début d'activité à 54 ans. Les pièces du dossier montraient par ailleurs qu'elle avait des problèmes de santé et ne parlait pas bien la langue française. Dans ces circonstances, l'argumentation de la Cour de justice selon laquelle il n'était pas déterminant qu'elle n'eût jamais travaillé en Suisse car certains métiers ne nécessitaient pas de formation et qu'il fallait considérer qu'en l'absence d'éléments contraires, elle pouvait trouver un travail malgré un marché de l'emploi défavorable pour les personnes de plus de 50 ans, serait contraire à la jurisprudence et à la loi. La cour cantonale avait ainsi violé l'art. 125 CC en lui imputant un revenu hypothétique de l'ordre de 3'380 fr., étant donné qu'elle n'était pas en mesure de pourvoir à son entretien seule. Elle ajoute encore que les revenus qu'elle perçoit de l'Hospice général ne doivent pas être pris en compte car l'aide sociale est subsidiaire à la contribution du conjoint. Son mari étant en mesure de verser des contributions d'entretien mensuels de 6'600 fr. pour elle et de 1'000 fr. pour l'enfant en application de la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent, le résultat auquel l'arrêt querellé était arrivé, en ne lui accordant aucune contribution d'entretien à compter de septembre 2020, serait choquant.