Citation: U 118/03 30.06.2004 E. 3.3

3.3.1 Dix jours après l'accident du 4 octobre 1997, le docteur B.________ a examiné le recourant et fait état d'un syndrome cervical modéré accompagné de troubles subjectifs post-traumatiques relativement discrets. Le patient se plaignait alors de douleurs persistantes avec des irradiations vers la région frontale et l'oeil gauche, ainsi que de troubles de la mémoire; il ne présentait en revanche pas de troubles neuro-psychiatriques, la vision et l'audition étant au surplus correctes. L'examen neurologique électro-clinique était par ailleurs normal, sans signes suspects d'une complication intra-crânienne post-traumatique de type hématome (rapport du 14 octobre 1997). Par la suite, le médecin a indiqué que le recourant souffrait de céphalées quotidiennes souvent violentes, d'insomnies, de nervosité, de troubles de la mémoire, ainsi que de difficultés de concentration (rapport intermédiaire parvenu à la CNA le 24 mars 1999). Selon lui, ces troubles étaient «à mettre sur le compte» d'un syndrome post-commotionnel et le rapport de cause à effet par rapport à l'accident du 4 octobre 1997 ne faisait guère de doute (rapport du 27 avril 1999). Pour sa part, le 13 décembre 2000, le Professeur L.________ a posé le diagnostic de syndrome subjectif avec multiples plaintes comme céphalées, cervicalgies, irritabilité aux bruits et troubles de la sphère neuropsychologique amplifiés par la présence de plusieurs facteurs extra-traumatiques déterminant la persistance des plaintes actuelles. Si ces plaintes subjectives somatiques étaient apparues après l'accident de 1997, l'absence d'une diminution spontanée de cette symptomatologie subjective éliminait toutefois, d'après l'expert, une origine purement traumatique; les douleurs et les troubles de la mémoire étaient maintenant entretenus «tout spécialement» par les facteurs extra-traumatiques. En conclusion, le médecin constatait que le recourant présentait dans son ensemble une somatisation excessive avec en premier plan un syndrome douloureux somatoforme qui s'expliquait par plusieurs facteurs extra-traumatiques, tels que, entre autres éléments, l'attitude résignée et passive du patient, une crainte très probable de perdre les indemnités de l'assurance-accidents et un environnement familial défavorable. Il ressort de ces constatations médicales que les douleurs décrites par le recourant peu après l'accident, accompagnées de troubles de la mémoire, correspondent en grande partie au tableau clinique des séquelles traumatiques d'un traumatisme de type «coup du lapin» (voir supra consid. 3.2) - lors même que d'autres éléments, tels que l'irritabilité ou des difficultés de concentration ne sont apparus que plus tard (rapport du docteur B.________ parvenu à la CNA le 24 mars 1999). Si trois ans après l'accident en cause les facteurs psychogènes évoqués par le Professeur L.________ jouent un rôle prépondérant dans la persistance des troubles, ceux-ci ont toutefois été provoqués par l'événement du 4 octobre 1997, ce que l'expert reconnaît implicitement dans la mesure où il exclut «une origine purement traumatique» du syndrome douloureux subjectif diagnostiqué. Que des facteurs indépendants de l'accident amplifient les douleurs du recourant, comme le relève le neurologue, ne suffit pas à nier le lien de cause à conséquence entre l'événement en question et les troubles invoqués. Il n'est en effet pas nécessaire, selon la jurisprudence (voir supra consid. 3.1) que l'accident soit la cause unique de l'atteinte à la santé. Par conséquent, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges et à ce que soutient l'intimée, il y a lieu de tenir pour établie l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'événement du 4 octobre 1997 et l'atteinte à la santé de O.________ au-delà du 31 juillet 2001. Il convient dès lors d'examiner si ce rapport de causalité est non seulement naturel mais également adéquat.