Citation: 4A_440/2021 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, l'autorité précédente a rejeté les conclusions du demandeur/recourant au motif qu'il n'avait pas prouvé le lien de causalité naturelle entre l'accident du 19 octobre 2005 et son atteinte à la santé (troubles associés à l'entorse cervicale). S'écartant de l'expertise judiciaire, elle a motivé ainsi son appréciation des preuves: - le demandeur s'était certes plaint rapidement de cervicalgies après l'accident de la circulation. En revanche, les troubles visuels, auditifs et plus généraux dont il se plaignait (fatigue, difficultés de concentration et irritabilité) n'étaient apparus qu'en mai 2008. Le temps de latence importantentre l'accident et ces nouveaux troubles faisait fortement douter de la probabilité du lien de causalité. D'autant plus qu'ils n'étaient pas survenus à la reprise de l'activité professionnelle, mais après la cessation de celle-ci. - De l'aveu même des experts, le licenciement pour des motifs économiques avait influé sur l'évolution de la santé du demandeur. Or, le détenteur du véhicule fautif ne répondait pas de ce facteur. - Qui plus est, le demandeur avait subi une chute d'environ deux mètres en août 2007. Selon ses déclarations à l'audience du 5 septembre 2017, les douleurs consécutives à cet accident persistaient; bien qu'elles fussent essentiellement d'origine lombaire, elles pouvaient aussi concerner les cervicales. - Le rapport biomécanique du 7 octobre 2008 plaidait lui aussi en défaveur d'un lien de causalité, bien qu'il contînt une réserve due au manque d'informations concernant le deuxième véhicule impliqué. Car d'après ses auteurs, les données cliniques et les douleurs provenant du rachis cervical n'étaient "plutôt pas explicables" avec les effets de la collision dans un cas normal. La Cour civile a également relevé diverses incongruités: - Les médecins du SMR avaient retenu une pleine capacité de travail dans une activité adaptée. Les experts judiciaires ne s'étaient pas expliqués sur cette contradiction. - Ces derniers avaient relevé une propension du patient à exagérer ses douleurs et conclu qu'il était capable de faire plus que ce qu'il prétendait. - La surveillance exercée avait révélé qu'il ne souffrait d'aucune gêne dans ses activités quotidiennes. En particulier, il n'avait aucun problème de vertige ou de nuque lorsqu'il devait tourner la tête, s'accroupir ou se pencher. Ces éléments "interpell[aient] quand même".