Citation: 6B_473/2016 E. 1.2.3

1.2.3. Conformément à l'art. 12 al. 2 CP, agit intentionnellement quiconque commet un crime ou un délit avec conscience et volonté. L'auteur agit déjà intentionnellement lorsqu'il tient pour possible la réalisation de l'infraction et l'accepte au cas où celle-ci se produirait (dol éventuel). Le dol éventuel suppose que l'auteur, qui ne veut pas le résultat dommageable pour lui-même, envisage le résultat de son acte comme possible et l'accepte au cas où il se produirait (ATF 133 IV 9 consid. 4.1 p. 16; 131 IV 1 consid. 2.2 p. 4 ss; 130 IV 58 consid. 8.2 p. 61). C'est en vain que le recourant conteste la réalisation de l'élément subjectif, au motif qu'il ne pouvait pas prévoir que A.________ quitterait l'aéroport. Le recourant était au courant de la situation de vulnérabilité de A.________, à laquelle son fils l'avait rendu attentif, et des risques graves et concrets auxquels il serait exposé en cas d'interruption de son traitement. Comme l'a retenu la cour cantonale, la fragilité de la victime était perceptible et elle l'était, vu ce qui précède, pour le recourant. Il prétend néanmoins qu'il ne pouvait envisager que A.________ doive attendre davantage que quelques heures, " le temps de prendre l'avion suivant ", avant de reprendre son traitement. Toutefois, dès lors que A.________ s'est égaré simplement en se rendant aux toilettes, le recourant ne pouvait pas compter sur le fait qu'il serait en mesure, vu son état, d'embarquer seul et sans aide sur un vol ultérieur. Enfin, on ne voit pas en quoi le déroulement des faits aurait été à ce point insolite que le recourant aurait été en mesure d'exclure la survenance d'un scénario du type de celui qui s'est finalement produit. Il s'en est au moins accommodé en choisissant, au lieu de poursuivre les recherches de son " ami " jusqu'à le retrouver, d'embarquer seul pour rentrer en Suisse. L'autorité précédente n'a donc pas violé le droit fédéral en admettant que l'élément subjectif de l'art. 127 CP était réalisé.