Citation: U 20/01 04.09.2001 E. 4

4.- a) La recourante allègue, en substance, que seul le syndrome cervical est susceptible de diminuer la capacité de travail de l'intimée, à l'exclusion des autres atteintes. Se fondant sur le rapport d'expertise du docteur C.________, elle nie l'existence d'un lien de causalité entre la chute du 1er août 1992 et les atteintes à la santé dont se plaint l'intimée. b) Ce médecin a indiqué qu'il ne lui était pas possible d'affirmer ou d'infirmer que les troubles cervicaux diagnostiqués sont véritablement en relation avec l'accident. On ne saurait, cependant, rien inférer de cette déclaration dans laquelle l'expert ne prend pas position, contrairement aux praticiens qui se sont prononcés avant lui. A cet égard, si les médecins de l'Hôpital Y.________ n'ont fait état, le 10 août 1992, que d'une fracturetassement de D12 et L1 et d'une fracture de l'aileron gauche, le rapport du 7 mai 1993 du docteur D.________, médecin traitant, mentionne, quant à lui, l'existence de cervicalgies/dorsalgies/ lombo-sacralgies et une MRI/IRM du 25 juin 1993 a mis en évidence une lésion ligamentaire de la charnière occipito-cervicale. Ces conclusions ont été confirmées par le rapport du 2 juin 1993 du docteur E.________, spécialiste en radiologie, qui a fait état d'un traumatisme cervical survenu le 1er août 1992, avec troubles cervicaux importants et (très probable) lésion ligamentaire C2-C3 post-traumatique. Dans leur rapport du 3 août 1994, les docteurs A.________ et B.________ ont posé le diagnostic de suspicion de décompensation posttraumatique de lésions dégénératives de la colonne cervicale. Par la suite, le docteur B.________ a précisé, dans une lettre du 23 décembre 1994 adressée à la Genevoise Assurances, que l'influence des lésions dégénératives sur la capacité de travail de l'intimée pouvait être évaluée à 20 %. Dans son rapport du 14 mai 1997, le docteur B.________ indique que la situation n'a guère changé depuis 1994 et que la diminution de la capacité de travail de l'intimée est attribuable à l'accident. De son côté, l'expert C.________ confirme que la situation est restée relativement stable depuis 1994, et qu'en ce qui concerne plus particulièrement la colonne cervicale, on observe toujours la présence d'une discopathie C5-C6, sans grand changement par rapport aux clichés initiaux du jour de l'accident. c) Il résulte de cet examen que les troubles cervicaux dont souffre l'intimée sont sans aucun doute attribuables à la chute du 1er août 1992 et que les lésions dégénératives n'ont influencé que de manière périphérique l'évolution de son état de santé. Or, le rapport d'expertise ne permet pas de dire si, en retenant un degré d'incapacité de travail de 20%, le docteur C.________ a inclus ou non les atteintes cervicales et, le cas échéant, à raison de quel taux. Un complément d'instruction est donc nécessaire sur ce point. Dans l'hypothèse où les atteintes cervicales ne seraient pas incluses, l'expert devra en tenir compte, à un taux qu'il lui appartiendra de déterminer. Dans l'hypothèse inverse, il lui incombera d'évaluer la part attribuable aux lésions dégénératives et de réduire en conséquence le taux d'incapacité de travail de 20 %, en prenant en considération les éléments médicaux mis en évidence dans le considérant précédent. d) Dans ces circonstances, on doit admettre, avec les premiers juges, que les faits n'ont pas été établis à suffisance par la recourante. L'autorité cantonale était donc fondée à lui renvoyer la cause pour complément d'instruction et nouvelle décision (voir aussi RAMA 1993 n° U 170 p. 136, 1989 n° K 809 p. 206 consid. 4 et les références).