Citation: 5P.268/2000 24.10.2000 E. 2

2.- Le recourant reproche d'abord à la Cour de justice d'avoir arbitrairement tenu pour vraisemblable que le prix de vente était supérieur aux 300'000 fr. prévus dans le contrat de vente. Il prétend que les pièces produites démontrent manifestement le contraire et qu'il est insoutenable de retenir que, dans sa lettre du 11 janvier 1999, il faisait référence à des faits non contenus dans les documents signés le 17 décembre 1992. a) Selon la jurisprudence relative à l'art. 4 aCst. - laquelle garde toute sa pertinence sous l'empire de l'art. 9 Cst. -, il n'y a appréciation arbitraire des preuves que lorsque le juge a manifestement abusé du large pouvoir dont il dispose en la matière, lorsque ses conclusions sont insoutenables ou lorsqu'elles reposent manifestement sur une inadvertance. Le juge doit avoir par exemple, de manière crasse, apprécié les preuves unilatéralement à l'avantage d'une partie ou ignoré totalement des preuves importantes (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88). Devant le Tribunal fédéral, le recourant ne peut se contenter d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale, comme il le ferait dans une procédure d'appel; conformément à l'art. 90 al 1 let. b OJ, il doit au contraire démontrer, par une argumentation précise, que la décision déférée repose sur une appréciation insoutenable des preuves (ATF 121 I 225 consid. 4c p. 230). De plus, comme l'annulation de la décision cantonale attaquée ne se justifie que si elle est arbitraire non seulement dans sa motivation, mais également dans son résultat (ATF 122 I 61 consid. 3a p. 66/67; 122 III 130 consid. 2a p. 131), le grief de constatation arbitraire des faits ne peut avoir de chance de succès que s'il porte sur des faits pertinents et décisifs. b) Certes, au vu des documents signés le 17 décembre 1992, le prix de 300'000 fr. paraît constant. Le recourant oublie toutefois que, selon l'arrêt attaqué, outre le montant de 300'000 fr., il a aussi remis à l'intimé les vingt-cinq actions prévues, comme partie du prix, par le "protocole d'accords". Par ailleurs, il a versé une somme de 250'000 fr. le 17 décembre 1992, alors même que le contrat de vente ne prévoyait qu'un acompte de 150'000 fr. à cette date. Dans ces circonstances, il n'était pas insoutenable de considérer que le prix effectif n'était pas de 300'000 fr. Au demeurant, l'appréciation de l'autorité cantonale quant au prix de vente n'était, à elle seule, pas déterminante pour le sort de la requête de mainlevée. Vu la poursuite en cause, le point essentiel était celui du paiement du solde de 75'000 fr. qui, selon les accords écrits, devait intervenir en complément de la remise des actions. Dans ce cadre, l'autorité cantonale a accordé la mainlevée parce que Z.________ ne s'est pas acquitté de ce solde de 75'000 fr. Or, sur cette question, le recourant ne formule aucun grief qui serait fondé sur l'appréciation des preuves.