Citation: 8C_664/2023 E. 6.3

6.3. En l'occurrence, on doit admettre que la recourante ne pouvait ignorer l'augmentation importante, dès septembre 2016, de ses prestations complémentaires familiales, en parallèle à la pension alimentaire perçue du SCARPA. Selon les constations non contestées de la juridiction cantonale, cette augmentation se chiffrait mensuellement à 1'290 fr., correspondant ainsi exactement au montant de la pension alimentaire mensuelle. La recourante ne démontre pas qu'une autre modification du revenu déterminant et/ou des dépenses reconnues aurait pu expliquer cette différence. Par ailleurs, dans sa décision du 13 décembre 2016, mentionnant liminairement un recalcul du droit aux prestations à la suite de la révision du dossier, l'intimé a expressément invité la recourante à contrôler attentivement les montants indiqués, afin de s'assurer qu'ils correspondaient bien à la situation réelle. Comme l'ont souligné les premiers juges, cette "invitation" a été réitérée dans chacune des décisions successives, sans réaction de la recourante alors que les feuilles de calcul étaient manifestement et de façon reconnaissable fondées sur un état de fait qui ne correspondait plus à la réalité depuis septembre 2016. La recourante ne saurait, à cet égard, invoquer avec succès la notification d'un nombre particulièrement élevé de décisions durant la période litigieuse (19 décisions entre le 1er septembre 2016 et le 30 novembre 2021), pas plus que l'absence de mise en exergue des motifs de recalcul. En effet, l'obligation de contrôler les nouveaux calculs permettait de constater que, de manière constante, la rubrique "revenu déterminant" ne faisait plus apparaître le poste "pension alimentaire reçue", et cela indépendamment des modifications et/ou suppressions d'autres postes. En conclusion, on ne voit pas dans la motivation du recours d'arguments susceptibles de démontrer une application arbitraire du droit cantonal - l'art. 25 LPGA n'étant au demeurant pas applicable (consid. 6.1 supra) - en tant que les premiers juges ont nié la bonne foi de la recourante, retenant qu'elle avait fait preuve de négligence grave en ne relevant pas l'erreur manifeste apparaissant sur les plans de calcul à compter de la décision du 13 décembre 2016. Dans ces conditions, le refus d'accorder la remise de l'obligation de restituer la somme de 67'914 fr. peut être confirmé. L'argumentation développée à l'égard de la situation très fluctuante des bénéficiaires de prestations complémentaires familiales ne permet pas d'aboutir à un autre résultat. On soulignera néanmoins que si les premiers juges ont fait mention des arrêts 9C_385/2013 et 9C_720/2013, il s'agissait de références jurisprudentielles topiques en matière d'erreur manifeste ressortant des feuilles de calcul.