Citation: U 119/00 06.10.2000 E. 3

3.- a) En l'espèce, d'un point de vue objectif, compte tenu de son déroulement et de l'atteinte qu'elle a générée, la chute du recourant sur un terrain de football doit être qualifiée d'accident de peu de gravité (RAMA 1992 n° U 154 p. 246 et ss). Or, selon la jurisprudence relative aux troubles psychiques consécutifs à un accident de cette catégorie (ATF 115 V 138 ss consid. 6 et 407 ss consid. 5), l'existence d'une relation de causalité adéquate entre l'événement du 11 septembre 1990 et les troubles psychiques du recourant peut être d'emblée niée. En effet, en l'absence de circonstances particulières, l'événement en question ne se présente que comme une banale chute. La déclaration d'accident évoque un faux-pas. Le recourant a continué d'exercer son activité de mécanicien sur auto. C'est seulement deux mois plus tard qu'il a consulté un médecin. L'ensemble des rapports médicaux fait ressortir le caractère bénin de l'événement accidentel. Même si l'on considérait la chute du 11 septembre 1990 comme un accident de moyenne gravité (à la limite des accidents de la catégorie inférieure), le lien de causalité adéquate devrait également être nié au regard des critères posés par la jurisprudence précitée. En particulier, la chute du 11 septembre 1990 n'a pas eu un caractère particulièrement dramatique ou impressionnant. Par ailleurs, les lésions physiques dont le recourant a été victime ne revêtent pas de gravité particulière. En outre, si la durée du traitement a été relativement longue, elle ne fait que refléter, selon les termes du docteur I.________, le «simple cortège de complications connues dans ce genre de chirurgie». De surcroît, aucune erreur médicale ne ressort du dossier. Quant à la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques, elle a été fortement influencée par l'état psychique du recourant. Dans ce contexte, les arguments du recourant (cf. consid. 2b) sont inopérants, l'analyse de la causalité adéquate étant une question de droit qu'il incombe au juge, respectivement à l'administration, mais non au médecin, de trancher. Il en résulte que la CNA n'a pas à répondre des troubles de nature psychique présentés par le recourant. b) Il découle de ce qui précède que l'intimée ne doit prendre en charge que les conséquences des séquelles organiques de l'accident. A cet égard, il résulte des avis médicaux en cause que le recourant n'est plus à même d'exercer sa profession de mécanicien sur automobiles. En revanche, dans une activité adaptée qui tient compte des suites de la lésion subie au genou droit, il serait en mesure de travailler à 100 % avec un rendement normal. Par ailleurs, la CNA a retenu, à titre de revenu hypothétique du recourant pour l'année 1998, le montant mensuel de 4150 fr. Ce montant est élevé, si l'on tient compte du fait qu'en 1997 et 1998, le salaire qu'il aurait réalisé chez son ex-employeur aurait été de 3500 fr. Pour fixer le revenu d'invalide à 2800 fr., la CNA s'est fondée sur des enquêtes économiques effectuées dans différentes entreprises de la région pour des postes de travail dont il n'est pas contesté qu'ils seraient adaptés au handicap du recourant. Selon ces documents, les salaires de 1998, correspondant aux cinq postes en question (ouvrier dans l'industrie horlogère, ouvrier polyvalent dans l'industrie du montage et de l'assemblage de lampes de poche, contrôleur de boîtier de montres, caissier dans un grand magasin, ouvrier au pliage des ressorts) vont de 2816 fr. à 4200 fr. En retenant le montant le plus bas de 2800 fr., l'intimée a fait un usage correct de son pouvoir d'appréciation. De surcroît, aucune déduction ne se justifie dans ce cadre, dès lors que le recourant est à même de travailler, à plein temps, avec un rendement complet, dans une profession adaptée. Les cinq postes précités tiennent au demeurant compte de son handicap, dans la mesure où ils n'impliquent que des tâches légères et que le travail s'effectue en position assise dans quatre cas et à raison de 90 % pour le contrôleur de boîtier de montres (comp. RAMA 1999 U 343 p. 412 et ss consid. 4). Au regard de la comparaison des revenus (4150 fr. et 2800 fr.) - dont les termes ne sont, au demeurant, pas sérieusement contestés par le recourant - les premiers juges ont confirmé à juste titre, le degré d'invalidité de 33,33 % fixé par la CNA. Partant, le recours est mal fondé sur ce point.