Citation: 1C_316/2022 E. 3.2

3.2. Pour le reste, et quoi qu'en dise la recourante, l'instance précédente a exposé et appliqué correctement l'art. 41 aLN (cf. art. 36 LN), ainsi que la jurisprudence y relative. Elle a en particulier rappelé à bon droit que l'enchaînement chronologique rapide entre l'obtention de la naturalisation et la séparation du couple permettait d'appliquer la présomption jurisprudentielle selon laquelle la naturalisation avait été obtenue frauduleusement (sur cette notion, ATF 135 II 161 consid. 2 et 3). En effet, le couple s'est séparé en octobre 2017, puis définitivement en août 2018, soit 17 mois après la signature de la déclaration de vie commune, respectivement la décision d'octroi de la naturalisation facilitée (avril 2017). L'autorité précédente a également relevé que d'autres éléments du dossier venaient renforcer la présomption jurisprudentielle: de sérieuses difficultés - que la recourante a qualifiées d'"importantes" - étaient apparues et s'étaient développées dès le début de leur vie commune et étaient donc présentes avant la signature du formulaire "Déclaration concernant la communauté conjugale" et l'octroi de la naturalisation facilitée à la recourante; ces déclarations étaient corroborées par quatre interventions policières au domicile conjugal entre mai et juin 2011 pour violences domestiques ou disputes entre les époux; le constat médical du Centre universitaire romand de médecine légale établi le 31 mai 2011 à la suite des faits rapportés comme s'étant déroulés le 28 mai 2011; la requête de mesures provisionnelles de l'union conjugale et superprovisionnelles du 18 juillet 2011 déposée par la recourante, procédure à laquelle cette dernière a finalement mis un terme; le constat médical rapportant que la recourante présentait des lésions au niveau des membres supérieurs dues selon elle à une agression de son époux (avril 2014); la thérapie de couple débutée en 2015, dont les conditions pour la poursuivre n'étaient déjà plus remplies en mars 2015 et les nombreuses interventions de la police en particulier celles ayant eu lieu en avril et juin 2016. Il peut être renvoyé à cet égard aux considérants de l'arrêt attaqué (cf. arrêt entrepris consid. 5, 7 et 8; art. 109 al. 3 LTF). Dès lors, conformément à la jurisprudence précitée, il s'agit uniquement de déterminer si la recourante est parvenue à renverser la présomption établie en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une détérioration rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune (cf. sur ce point ATF 135 II 161 consid. 3; arrêts 1C_428/2022 du 7 mars 2023 consid. 4.1.2; 1C_350/2022 du 19 janvier 2023 consid. 3.3).