Citation: U 214/01 15.02.2002 E. 4

4.- a) Il n'est pas contesté que la recourante souffre d'une rupture de la coiffe des rotateurs, dont l'existence est attestée par l'ensemble des pièces médicales figurant au dossier. En revanche, dans la mesure où cette affection n'a été diagnostiquée avec certitude que dans le courant des mois de septembre et octobre 1992 (rapport du docteur B.________ et protocole d'examen du docteur C.________, des 30 septembre et 12 octobre 1992), soit près de deux ans après la chute survenue en novembre 1990, il convient d'examiner si sa cause peut être rapportée à un événement accidentel ou assimilable à un accident au sens de l'art. 9 OLAA. b) Sur ce point, la circonstance invoquée par la recourante, que l'intimée a travaillé entre le mois de janvier 1991 et le mois de mars 1992 ne permet pas d'établir que la rupture de la coiffe des rotateurs ne serait survenue que postérieurement à l'accident de l'automne 1990 et sans relation avec celui-ci, dans la mesure où, même après que le diagnostic a été posé par le docteur B.________, l'intimée a néanmoins poursuivi son activité professionnelle, par périodes, jusqu'en 1995. De même, la recourante ne peut-elle rien déduire en sa faveur du fait que les radiographies réalisées par le docteur A.________ au moment de l'accident lui ont permis d'exclure une lésion osseuse, dès lors que la rupture de la coiffe des rotateurs - qui n'est précisément pas une atteinte osseuse mais une lésion des parties molles de l'articulation scapulo-humérale (cf. rapport du docteur E.________, du 29 avril 1998, p. 4) - n'a pu être confirmée que par d'autres procédés d'imagerie médicale soit l'arthroscanner et l'arthrographie réalisés le 9 octobre 1992 par le docteur C.________ à la demande du docteur B.________, ce dernier qualifiant au demeurant la lésion, à ce moment-là déjà, d'ancienne. c) Dans son rapport du 5 février 1998, adressé à la Caisse maladie-accidents Hotela, le docteur D.________, invité par cette dernière à déterminer si la chute de 1990 est l'unique cause ou éventuellement une cause concurrente de l'atteinte physique constatée ou encore, dans le cas où cela ne pourrait être clairement affirmé ou infirmé, si l'accident est la cause probable d'une manière prépondérante ou une cause possible seulement, a répondu comme suit : "Lors de son accident du 29.10.1990, cette femme de ménage, droitière, avait 45 ans 1/2. La présence d'une certaine dégénérescence des tendons de la coiffe des rotateurs intéressant le côté dominant chez cette travailleuse manuelle est possible, elle était restée cependant asymptomatique. La chute sur l'épaule droite a pu provoquer la rupture de cette coiffe affaiblie et a déclenché toute la symptomatologie et tout le tableau actuel. L'accident est la cause probable d'une manière prépondérante. (cf. également le jugement du Tribunal fédéral des Assurances du 19.02.1997 : La rupture de la coiffe des rotateurs doit être considérée comme une lésion assimilée à un accident lorsque les éléments caractéristiques de la notion d'accident à la seule exception du caractère extraordinaire de la cause extérieure sont réunis)". Par lettre du 18 juin 1998, ce médecin a encore précisé qu'à son avis, il était clair que l'accident du 29 octobre 1990 avait constitué le facteur déclenchant de toute la symptomatologie qui a suivi.