Citation: I 564/01 08.10.2002 E. 3

Dans son rapport du 29 septembre 1999, le docteur A.________ a posé le diagnostic de trouble organique de la personnalité ou syndrome frontal (CIM-10 chiffre F07.0). Pour aboutir à cette conclusion, il s'est appuyé sur l'ensemble du dossier médical de C.________, sur les informations qu'il a recueillies au terme de plusieurs entretiens avec le prénommé et les parents de celui-ci, ainsi que sur les examens neuro-psychologiques effectués à sa demande les 16 et 19 juillet 1999 par le professeur D.________, de la division neuro-psychologique au Centre hospitalier X.________. Analysant dans le détail le parcours de l'assuré depuis sa naissance, le docteur A.________ en infère de nombreux signes de l'existence d'un trouble psycho-organique. En particulier, que la mère de l'assuré a souffert d'une furonculose chronique durant sa grossesse, que le frère jumeau de C.________ est atteint d'une grave malformation à la main droite, qu'à peine né, le prénommé a lui-même rencontré très tôt différents problèmes pédiatriques (notamment un ictère et une pyodermie nécessitant une hospitalisation de deux mois) et développé durant son enfance des troubles psycho-moteurs (tics, hypotonie), qu'en outre, il réunit en sa personne cinq critères caractéristiques d'un trouble organique de la personnalité sur un total de six (dont une incapacité à mener à bien des activités dirigées vers un but, une labilité émotionnelle, une désinhibition de l'expression des besoins et des pulsions, des troubles cognitifs attestés, ainsi qu'une altération marquée du débit du langage), l'ensemble de ces circonstances donc, sont autant d'arguments qui, à ses yeux, parlent en faveur d'une origine organique des troubles psychiques de C.________. L'analyse anamnestique à laquelle le docteur A.________ a procédé dans son expertise jette assurément une lumière nouvelle sur la nature des troubles psychiques présentés par C.________. D'un autre côté, on doit convenir que les diverses circonstances dont il fait état ne sont pas en soi nouvelles dès lors qu'elles figurent dans le dossier médical AI de l'assuré. A elles seules, celles-ci ne sauraient ainsi fonder des faits nouveaux au sens où l'entend la jurisprudence (consid. 2 supra). Mais ce ne sont pas là les seuls éléments qui ont amené le médecin précité à poser le diagnostic d'un trouble psycho-organique ou syndrome frontal. Soupçonnant, sur la base d'un examen prima facie de la situation, une origine organique aux troubles comportementaux de l'assuré, le psychiatre a soumis ce dernier à des examens neuro-psychologiques qui n'avaient jamais été effectués jusqu'alors et qui ont mis en évidence des «problèmes dysexécutifs (frontaux)» (cf. p. 7 de l'expertise). Or, la présence de troubles de type neuro-psychologique peut être un indice sérieux d'un état maladif. Que l'IRM cérébral pratiqué ensuite a été jugé «dans les limites de la norme», ne veut pas encore dire qu'une altération cérébrale est à exclure; c'est un fait reconnu qu'il peut exister des lésions cérébrales sans preuve d'un déficit organique pouvant les expliquer (par exemple en matière de lésions du rachis cervical par accident du type coup du lapin). Dans de telles situations, les renseignements fournis par les neuropsychologues peuvent constituer un élément de preuve pertinent (cf. ATF 119 V 341 à propos du lien de causalité naturelle en cas de séquelles d'un accident du type coup du lapin à la colonne cervicale). Au regard de l'ensemble des pièces médicales contenues au dossier, on doit dès lors reconnaître que l'expertise du docteur A.________ renferme des indices non négligeables de l'existence d'une composante organique à l'origine des troubles psychiques présentés par C.________. Elle justifie que l'office intimé soit tenu d'entrer en matière sur la nouvelle demande de prestations et, en vertu du principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des assurances sociales, d'ouvrir une instruction pour éclaircir ce point. Il y a lieu partant d'annuler le jugement cantonal et de renvoyer la cause à l'office pour qu'il procède à une instruction complémentaire, en requérant au besoin à des examens plus poussés, et rende une nouvelle décision. Le recours se révèle bien fondé.