Citation: 5A_724/2024 E. 4.4

4.4. La critique portant sur l'absence actuelle de contact entre le père biologique et l'enfant au motif que la mère avait refusé au premier de venir chez elle apparaît mal fondée, dans la mesure où il ressort des constatations de l'arrêt entrepris que, malgré ce refus, les contacts, bien que moins fréquents, perduraient. Les propos du père biologique relatés dans le recours en lien avec sa volonté de faire cesser toute relation entre l'enfant et le père juridique s'écartent des faits constatés dans l'arrêt entrepris. Ainsi, pour que le Tribunal fédéral puisse les retenir, le recourant se devait de soulever valablement un grief d'arbitraire dans leur omission, ce qui impliquait notamment pour lui de démontrer leur influence sur le sort de la cause (cf. supra consid. 2.2), à savoir en l'occurrence que leur prise en considération était pertinente au regard de l'intérêt de l'enfant à se voir nommer un curateur pour agir en désaveu de paternité. Or il n'apporte pas cette démonstration. En particulier, son opinion selon laquelle la volonté exprimée par le père biologique rendrait le maintien de ses relations personnelles avec l'enfant illusoire et engendrait un risque de conflit et de procédure n'est pas de nature à ébranler l'appréciation cantonale quant au faible risque de rupture de ses relations personnelles avec l'enfant, en raison de la possibilité que ces relations puissent continuer à s'exercer par le biais de la mère, détentrice de l'autorité parentale, ou par le biais de l'art. 274a CC. Fondée sur des faits irrecevables, la critique doit dès lors être écartée. Le même sort doit être réservé aux critiques relatives à l'absence de prise en considération par la cour cantonale des déclarations " insultantes et diffamatoires " du père biologique envers les parents juridiques et de celles de la directrice de la crèche, ainsi que de l'existence de mesures d'éloignement entre le père biologique et le père juridique, dans la mesure où le recourant n'expose pas en quoi ces éléments impacteraient concrètement le développement et la stabilité de l'enfant, rendant la nomination d'un curateur contraire à son intérêt. Il sera relevé ici que le recourant ne discute pas des éléments pris en compte par la cour cantonale pour admettre que le père biologique agit dans l'intérêt de l'enfant, à savoir notamment qu'il entretient des relations régulières avec lui et que ces relations se déroulent bien, qu'il s'est toujours intéressé à l'enfant, ce avant même sa naissance, ou qu'il respecte la décision de la mère de ne plus l'accueillir chez elle, fournissant des efforts pour voir l'enfant malgré cette décision. Cela étant, en plus de l'intérêt du père biologique pour l'enfant, de la relation nouée par ceux-ci et du faible risque que les relations entre l'enfant et son père juridique actuel ne cessent, la cour cantonale a pris également en compte dans son appréciation la situation financière des parties et la nécessité pour l'enfant de pouvoir pleinement forger son identité. Au vu de l'ensemble de ces éléments et compte tenu de la retenue dont doit faire preuve le Tribunal fédéral en la matière (cf. supra consid. 4.1), il y a lieu d'admettre qu'elle n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation, ni n'a violé le droit d'une autre manière, en considérant que l'intérêt de l'enfant commandait de nommer un curateur pour agir en désaveu de paternité.