Citation: U 177/06 30.05.2006 E. 3

Le recourant reproche principalement aux premiers juges d'avoir nié l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident et les troubles psychiques dont il est atteint. 3.1 Le point de savoir si l'atteinte à la santé psychique diagnostiquée par les médecins (savoir un état dépressif réactionnel) est en rapport de causalité naturelle avec l'accident assuré n'a pas été tranché par la juridiction cantonale. Cette question peut en effet demeurer ouverte, dès lors que le rapport de causalité adéquate doit, quoi qu'il en soit, être nié sur le vu des critères objectifs développés par la jurisprudence (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa). 3.2 Dans le cas particulier, on est en présence d'un accident de gravité moyenne (glissade à la marche en portant un poids, suivie d'une chute sur le sol). Les circonstances de l'accident sont dépourvues de caractère dramatique ou impressionnant. Les lésions subies ne peuvent pas être qualifiées de particulièrement graves. Le traitement médical, comme tel, a consisté principalement en une ménisectomie (17 octobre 1995) et une ligamentoplastie (12 avril 1996). Parallèlement, l'assuré a suivi un traitement de physiothérapie et médicamenteux. Diverses mesures diagnostiques ont été nécessaires (examens IRM, scintigraphies). Le traitement, bien qu'il se soit déroulé sur une période relativement étendue, n'apparaît pas pour autant anormalement long. On ne saurait voir une complication dans le seul fait que le soupçon de maladie de Sudeck a nécessité plusieurs mesures diagnostiques pour être finalement écarté avec certitude. Quant au fait que l'on a observé pendant le séjour à la Clinique Y.________ une rupture de la ligamentoplastie, il ne peut pas non plus être considéré comme une complication notable, dès lors qu'une nouvelle intervention n'a pas été jugée nécessaire. 3.3 Le recourant fait valoir que les douleurs, présentes des années durant, s'expliquent par les lésions physiques, ainsi que par les suites des opérations qu'il a subies. En outre, ce sont ces mêmes lésions physiques qui sont à l'origine de son incapacité de travail de longue durée. Aucun élément au dossier ne vient toutefois donner un appui de ces affirmations. Les douleurs de l'assuré n'ont pas trouvé d'explication d'un point de vue organique. Des problèmes psycho-sociaux (processus de deuil à cause d'une limitation des performances, situation familiale difficile) justifiant une prise en charge psychologique ont été relevés lors du séjour de l'assuré à la Clinique Y.________. Un traitement antidépresseur a été mis en oeuvre par le docteur A.________. La discordance entre les plaintes de l'assuré et les constatations cliniques et radiologiques est devenue de plus en plus manifeste avec le temps. Elle a coïncidé avec une péjoration progressive de l'état dépressif réactionnel. Cette péjoration était attestée par le docteur A.________ dans son rapport du 19 août 1997. A la même époque, l'assuré faisait état de « douleurs atroces » au genou gauche et dans le bas du dos; les douleurs étaient exacerbées par le moindre geste, au point que le patient, toujours au bord des larmes, était devenu pratiquement « inexaminable » (rapport du docteur G.________ du 2 septembre 1997). Par la suite, l'assuré a déclaré que la situation s'était encore aggravée (examen par le médecin d'arrondissement du 25 mars 1998). Aucun substrat organique ne permettait pourtant d'expliquer les plaintes de l'intéressé. Sur la base de ces éléments, il y a lieu de constater que le critère des douleurs physiques persistantes n'est pas rempli. Il en va de même en ce qui concerne la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques. L'incapacité de travail a évolué parallèlement à la discordance relevée ci-dessus. C'est ainsi que l'assuré a pu reprendre le travail à 50 pour cent en juin 1995. Après une interruption en septembre 1995, il a retravaillé, cette fois, à 100 pour cent, à partir de janvier 1996. Dès le mois de mars 1996, il a travaillé à 50 pour cent, avant de cesser définitivement toute activité professionnelle. Cette évolution tend à montrer que l'état de santé du recourant a été assez rapidement et de manière prépondérante influencé par des facteurs psychiques. Or seuls le degré et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques entrent en ligne de compte parmi les critères objectifs à considérer (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa, 409 consid. 5c/aa). 3.4 C'est ainsi à juste titre, en conclusion, que les premiers juges ont nié l'existence d'un lien de causalité adéquate entre l'accident et les troubles psychiques dont souffre le recourant.