Citation: 7B_37/2023 E. 2.2

2.2. L'autorité de recours a constaté que la Juge Corinne Jeanprêtre avait fait retirer du dossier le dispositif et le jugement motivé du 10 juin 2021. Ce faisant, elle avait démontré qu'elle n'avait pas l'intention de se laisser influencer par les considérations de la magistrate précédente, dont elle n'entendait pas prendre connaissance. En tout état de cause, la juridiction précédente a retenu que le simple fait que la Juge précitée - aurait pu - prendre connaissance dudit jugement et d'autres pièces établies sous l'autorité de la Juge précédente, ne constituait pas un motif de récusation. Selon l'autorité cantonale, cette circonstance ne pouvait pas faire redouter une activité partiale de la nouvelle juge. Celle-ci n'était d'aucune manière liée par les actes de la magistrate à laquelle elle succédait et était parfaitement à même de se forger sa propre opinion sur les opérations nécessaires pour aboutir au jugement et pour rendre une décision finale. L'autorité cantonale a souligné, exemples à l'appui, que la jurisprudence accordait une grande confiance aux juges pour agir en toute impartialité et en prenant la distance nécessaire par rapport à un avis exprimé précédemment, par eux-mêmes ou par un autre juge, y compris après avoir été désavoués par une autorité supérieure. Rien dans le cas d'espèce ne justifiait de considérer que la Juge Corinne Jeanprêtre ne pourrait pas accorder au recourant le traitement indépendant et impartial auquel il avait droit. Se prononçant sur un second grief soulevé devant elle, la juridiction précédente a relevé que la manière dont la Juge Corinne Jeanprêtre avait traité la demande du recourant d'annuler les actes accomplis par la Juge récusée ne pouvait fournir matière à récusation. L'autorité de recours a ainsi souligné que l'art. 60 CPP posait le principe de l'annulabilité des actes effectués avec le concours d'une personne qui aurait dû se récuser; ces actes n'étaient dès lors pas nuls de plein droit. Ainsi, il appartenait au recourant de demander l'annulation des actes de procédure déjà effectués, ce qu'il n'avait toutefois pas fait de manière suffisamment précise dans sa demande du 16 février 2022. Pour ce motif, la Juge Corinne Jeanprêtre lui avait demandé, par courrier du 20 janvier 2023, d'indiquer clairement les actes qu'il entendait annuler. L'audience fixée le 23 février 2023, soit avant l'échéance du délai pour ce faire, ne l'empêchait pas de formuler sa requête.