Citation: 5C.194/2001 25.02.2002 E. A

A.- La société Z.________ SA, dont le siège était au Grand-Lancy, a été déclarée en faillite le 7 avril 1988. La créance produite par Y.________ SA a été colloquée en 5eclasse pour le montant de 124'052 fr. La masse en faillite a cédé à Y.________ SA, en application de l'art. 260 LP, les prétentions litigieuses n°s 48 et 49 de l'inventaire, portant chacune sur un montant de 2'085'942 fr.50. La première était notamment dirigée contre l'un des ex-administrateurs de la société, M.________, et contre l'organe de contrôle en fonction jusqu'en 1987, à savoir la Société X.________ SA; la seconde visait notamment les ex-administrateurs C.________, D.________ et G.________. L'administration de la faillite s'est réservé le droit d'annuler les cessions si la créancière cessionnaire n'agissait pas dans un délai de six mois dès leur réception. L'office des poursuites (recte: faillites) a prolongé les délais pour faire valoir les cessions des prétentions n° 48, respectivement n° 49, au 30 mai 1991 pour la première et au 21 juin 1991 pour la seconde. Par lettre du 24 juin 1991, il a indiqué à Y.________ SA que la cession de la prétention n° 48 était arrivée à échéance le 30 mai précédent et qu'elle était considérée comme révoquée si la créancière n'avait pas agi en justice dans ce délai. L'office en a fait de même le 21 juin 1991 s'agissant de la prétention n° 49, échue ce jour-là. Le 21 juin 1991 également, Y.________ SA a déposé devant le Tribunal de première instance du canton de Genève une action en responsabilité à l'encontre des ex-administrateurs et de l'organe de contrôle susmentionnés, pour un montant de 200'000 fr. plus intérêts. Par jugement du 7 octobre 1993, le Tribunal de première instance a admis la qualité pour agir (en réalité: le droit de conduire le procès [Prozessführungsrecht]; cf. ATF 122 III 488 consid. 3b p. 490) de la demanderesse. Il a en outre débouté les défendeurs, les révocations des cessions étant selon lui inopérantes. Sur ce point, le tribunal a considéré que l'action concernant la prétention n° 49 avait été déposée dans le délai fixé. Quant à la prétention n° 48, la procédure avait été intentée après le 30 mai 1991, mais la cession n'avait été révoquée que le 24 juin 2001. La Cour de justice du canton de Genève a, le 15 décembre 1995, confirmé ce jugement et renvoyé l'affaire à la première juridiction pour instruction sur le fond. La cause a été suspendue d'entente entre les parties par jugement du 10 octobre 1996; elle n'a pas été reprise dans l'année.