Citation: 6B_34/2017 E. 1.2

1.2. Pour l'essentiel, la cour cantonale a constaté qu'en raison de sa fougue et de son insouciance juvéniles, associées à sa volonté de " faire le malin " en présence de ses copains et au fait qu'il n'était titulaire du permis de conduire que depuis moins de deux mois, l'intimé avait surestimé ses aptitudes au volant et les capacités de son véhicule. Il était demeuré persuadé, en dépit des incitations de ses passagers à diminuer sa vitesse, qu'il était en mesure d'aborder le virage où la sortie de route avait eu lieu, à l'instar de ce qu'il avait déjà été en mesure de faire jusque-là, cela sans changer sa manière de conduire. La vitesse à laquelle ledit virage avait été abordé, soit 83 km/h, était certes excessive et inadaptée aux circonstances, mais n'apparaissait pas si complètement insensée que l'issue fatale devait s'imposer d'emblée à tout conducteur placé dans les mêmes circonstances, de sorte que seul le hasard ou la chance permettait d'échapper à cette issue. Le virage en question pouvait en effet être abordé sans danger à la vitesse maximale de 81 km/h dans les conditions exposées par les experts, en particulier sans manoeuvre de freinage en abordant la courbe, soit à une vitesse inférieure de seulement 2 km/h. Il ressortait également de l'expertise technique du Dynamic Test Center (DTC) que la perte de maîtrise du véhicule avait en partie été causée par des circonstances extérieures au comportement fautif de l'intimé, soit par la mauvaise qualité d'adhérence et l'ancienneté (7 ans) des pneumatiques ainsi que par le fait qu'ils étaient surgonflés. L'intimé n'avait en outre par réellement l'habitude de conduire le véhicule de marque H.________ appartenant à son père. Ce véhicule étant démuni d'ABS, ce que l'intimé ignorait, le fait d'effectuer un freinage en abordant le virage en question avait entraîné le blocage des roues, empêchant toute manoeuvre via la direction et conduisant de la sorte ce dernier inévitablement à déraper et à quitter la chaussée (cf. expertise DTC). Il était au demeurant notoire qu'une telle faute de conduite était fréquemment à l'origine d'accidents de la route chez les conducteurs ne disposant pas de compétences élevées en matière de conduite d'un véhicule automobile démuni d'ABS. En définitive, cet accident témoignait de l'inaptitude de l'intimé à maîtriser son véhicule en pareille situation. En raison en particulier de son inexpérience en qualité de jeune conducteur et de sa méconnaissance des lois de la physique, il n'avait pas su apprécier correctement la vitesse à laquelle le véhicule était en mesure d'aborder le virage incriminé. Pour ces motifs, la cour cantonale a retenu que l'intimé, qui n'avait pas de tendances suicidaires, n'avait pas concrètement envisagé et accepté, pour le cas où elle se produirait, l'éventualité de la survenance d'un accident, a fortiori d'une issue fatale tant pour ses passagers, qui étaient en partie de bons amis, que pour lui-même.