Citation: 5P.23/2007 16.02.2007 E. 7

Le recourant soutient aussi que la cour cantonale a arbitrairement appliqué les art. 125 et 163 CC. Il expose que l'arrêt attaqué retient, de manière insoutenable, que la naissance de l'enfant du couple a modifié durablement la vie socio-professionnelle de l'épouse. De plus, l'autorité cantonale n'aurait appliqué aucun des critères prévus à l'art. 125 CC en relation avec le principe du "clean break". Cette juridiction aurait certes retenu que la vie commune n'avait duré qu'un an et que les parties vivaient séparées depuis trois ans, mais n'aurait pas jugé ces éléments pertinents pour déterminer dans quelle mesure les conjoints devaient être indépendants financièrement. Le recourant souligne encore qu'avant le mariage, l'intimée était déjà mère d'un enfant, que, dès lors, le principe de la solidarité entre époux doit être fortement relativisé et que le montant de la contribution d'entretien pour l'enfant du couple, allocations familiales en sus, suffirait à couvrir le coût d'entretien de la fillette. 7.1 Pour fixer les contributions pécuniaires à verser par l'une des parties à l'autre selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC - auquel renvoie l'art. 137 al. 2 CC -, le juge part en principe des conventions conclues expressément ou tacitement par les époux sur la répartition des tâches et les prestations en argent, qui ont donné une certaine structure à l'union conjugale (art. 163 al. 2 CC). Lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur une reprise de la vie commune, les critères applicables à l'entretien après le divorce doivent être pris en considération (par analogie) pour fixer les contributions d'entretien et, en particulier, pour examiner la question de la reprise ou de l'augmentation de l'activité lucrative d'un époux (ATF 130 III 537 consid. 3.2 p. 542; 128 III 65 consid. 4a p. 67 et les références citées). 7.2 En l'espèce, l'autorité cantonale a considéré, à l'instar du juge de première instance, que l'épouse avait la garde de deux enfants et fournissait un effort suffisamment important dans le but d'assurer son indépendance économique en exerçant une activité lucrative à 70%, taux relativement élevé vu les circonstances. Il ne pouvait dès lors être exigé d'elle qu'elle augmentât encore son temps de travail. Les critères relatifs à la durée de la vie commune et à celle de la séparation ne permettaient pas d'infirmer cette considération; en effet, même si la vie commune avait été brève - à savoir un an - et que les conjoints vivaient désormais séparés depuis trois ans, la naissance de leur fille avait modifié de façon durable la situation socio-professionnelle de l'épouse. Par ailleurs, l'intimée avait la garde de l'enfant. Dans ces conditions, le critère de la solidarité entre les conjoints, de surcroît parents d'un enfant commun en bas âge, apparaissait fondamental. Ce faisant, la Cour de cassation civile n'a pas refusé à tort de qualifier d'arbitraire la décision de l'autorité de première instance. De toute façon, le recourant ne le démontre pas conformément aux exigences de motivation posées en la matière (art. 90 al. 1 let. b OJ).