Citation: 6B_264/2023 E. B

Par jugement du 17 janvier 2023, le Tribunal cantonal du Valais a admis l'appel formé par A.________. Il l'a acquitté, a mis les frais de première instance et d'appel à la charge de l'État du Valais et n'a pas alloué de dépens. En substance, la cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. En mars 2018, deux aiglons royaux sont nés dans un nid situé dans une paroi rocheuse de la vallée de U.________ au lieu-dit V.________. Vraisemblablement dérangés par B.________, photographe animalier, et C.________, garde-chasse auxiliaire, qui étaient descendus en rappel dans la falaise où se trouvait la nichée pour y faire des photographies, le 28 juin 2018 en début de soirée, les aiglons ont quitté le nid prématurément. B.b. Le jeudi 5 juillet 2018, D.________ a découvert un aiglon au lieu-dit W.________ qui semblait, selon lui, ne plus pouvoir s'envoler. Il a contacté le Service de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF) ainsi que A.________, le garde-chasse du secteur concerné. Celui-ci, qui était absent du canton jusqu'au lendemain pour une formation, lui a demandé de capturer l'aiglon et de le déposer à son domicile, ce que ce dernier a fait. D.________ lui a encore signalé la présence d'un second aiglon dans son secteur. B.c. L'aiglon royal a été mis dans l'écurie de A.________. Le mercredi 11 juillet 2018, celui-ci, avec l'aide du garde-forestier E.________, a pu capturer le second aiglon qu'il a également mis dans l'écurie. Le 12 juillet, le premier aiglon s'est échappé et envolé après avoir sectionné une lanière en cuir à laquelle il avait été attaché en vue d'être nourri. A.________ a pu le récupérer le dimanche 22 juillet. Le lendemain, les animaux ont profité de l'ouverture de la porte lorsqu'ils devaient être nourris pour s'échapper. Ils se sont envolés jusqu'au lieu dit X.________ et ont fait des allers-retours jusqu'au château de F.________, lieux situés à plus de 500 mètres de son domicile selon les précisions du prénommé. Ils sont restés dans les environs de la maison jusqu'au 31 juillet, date jusqu'à laquelle A.________ les a nourris en déposant de la nourriture sur une guérite sise à proximité. Selon les déclarations faites aux débats, A.________ a revu l'un des aiglons le 2 août 2018. G.________ a aussi vu l'un des aiglons le 3 août 2018 et l'a pris en photo. Quand elle s'est approchée, l'animal s'est mis à courir en déployant ses ailes. A première vue, il n'avait pas de chaînes. B.d. Dès le lundi qui a suivi la prise en charge de l'aiglon, soit le 9 juillet 2018, A.________ en a discuté lors d'une séance avec H.________, à l'époque chef du SCPF, I.________, chef du secteur du Valais Romand et son supérieur direct et J.________. Au terme de la séance, le SCPF a déposé une dénonciation à l'encontre des personnes ayant descendu en rappel la falaise pour photographier la nichée pour infraction à la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages. B.e. Au cours de cette séance, la situation de l'aiglon détenu par A.________ a été évoquée. Il a été décidé de transférer l'aiglon à la volière de Y.________. La dénonciation datée du même jour indique que l'aiglon a été pris en charge, qu'il est nourri et qu'il sera conduit dès que possible dans une volière agréée. Elle ajoute qu'il n'y a aucune nouvelle du deuxième aiglon. B.f. A.________ a pris contact dès le lendemain (10 juillet 2018) avec la volière de Y.________ afin d'y acheminer l'aiglon. La vétérinaire K.________, avec qui il s'est entretenu par téléphone, l'a confirmé dans un courrier du 5 mars 2019, précisant que A.________ lui avait parlé d'un deuxième aiglon qu'il essayait de récupérer. Selon le courrier, A.________ l'avait prévenue qu'il viendrait dans l'après-midi pour amener l'aiglon qu'il détenait et que peut-être d'ici-là, il aurait pu attraper le deuxième. A.________ conteste ces propos, affirmant qu'il n'allait pas descendre à deux reprises à Y.________ et que le second aiglon n'était pas très loin selon ses informations. B.g. Selon H.________, ce sont L.________, I.________ et A.________ qui s'en sont occupés. I.________ avait été informé de la capture de l'aiglon. Étant en vacances, il avait passé fortuitement au bureau le 9 juillet 2018 et avait ainsi participé à la séance qui avait réuni A.________, H.________ et M.________. Il a confirmé qu'à cette occasion, il avait été décidé d'amener l'aiglon à la volière de Y.________ "le plus rapidement possible". Lorsqu'il est revenu de vacances, une semaine plus tard, le 16 juillet, il a eu connaissance du contact que A.________ avait eu avec la volière. Il a parlé des aiglons avec L.________, au plus tôt ce jour-là, puisque celui-ci était aussi en vacances jusqu'au 16 juillet. Le biologiste a confirmé la discussion, précisant avoir dit à I.________ qu'il était mieux de les transférer à Y.________, ce qui laisse supposer que ce dernier, conformément à la pratique du service, lui a demandé son avis sur ce point. A son souvenir, L.________ a même laissé un message dans ce sens à A.________. B.h. A.________ possède une grande étable, séparée en deux parties, qui lui permettait, selon l'avis autorisé du biologiste du service, d'accueillir ce genre d'oiseaux pour quelques jours afin d'évaluer la situation. Ils étaient séparés d'autres animaux. En effet, la détention provisoire en vue de procurer des soins doit être distinguée d'une détention de longue durée, laquelle pose d'autres exigences. B.i. Au moment de leur prise en charge, les oiseaux étaient amaigris et affaiblis. Ils ne pouvaient pas voler et se contentaient de sautiller. Le vétérinaire N.________, qui n'est pas spécialisé dans les oiseaux, mais qui soigne le bétail de A.________ a été invité par celui-ci à les examiner. Il a consacré 15 à 20 minutes à son examen, estimant que les animaux avaient manqué de nourriture et étaient déshydratés. Il a recommandé de leur donner à manger et à boire en continu. A son avis, ils n'étaient pas malades et avaient l'air assez vifs. Ils n'étaient pas attachés. Par la suite, ils ont repris de la vigueur chez A.________ au point de pouvoir s'envoler et revenir à proximité du domicile pour prendre la nourriture que celui-ci déposait sur le toit d'une guérite. A.________ a confirmé que les oiseaux étaient libres, sauf deux nuits où ils étaient ensemble et risquaient de se battre entre eux. Ils ont alors été attachés au perchoir. Ils l'étaient aussi lorsqu'ils étaient nourris.