Citation: 6B_558/2023 E. 2.2.1

2.2.1. La cour cantonale a condamné la recourante pour incendie intentionnel qualifié. Elle a retenu qu'il ne faisait aucun doute que la recourante avait mis en scène son agression dans le but de faire faussement accuser son mari. Elle s'est référée au développement du premier juge qu'elle a fait sien. En outre, elle a retenu que la recourante n'avait eu de cesse de modifier sa version des faits, non pas sur des points de détail, mais sur des éléments importants. Ainsi, par exemple, durant la phase probatoire, elle avait indiqué qu'elle avait fini par céder à son agresseur et lui avait donné ses téléphones ainsi que les codes d'accès, qu'elle avait vu son agresseur partir en emportant la clé de son appartement et son sac à main, que celui-ci lui avait ligoté les mains dans le dos et lui avait posé un scotch sur sa bouche, ensuite de quoi il l'avait frappée encore une fois au point qu'elle perde connaissance. Aux débats de première instance, elle avait soutenu qu'après avoir pris un téléphone, l'autre appareil se trouvant dans l'armoire, l'agresseur lui avait demandé le code d'accès qu'elle ne lui avait pas donné, ensuite de quoi il l'avait frappée au visage au point qu'elle avait perdu connaissance et qu'elle s'était réveillée bâillonnée et ligotée. A l'audience d'appel, elle avait indiqué que les deux personnes présentes, et non pas seulement son agresseur, lui avaient demandé ses deux téléphones, qu'elle n'avait pas donnés, et que son agresseur l'avait alors frappée et qu'elle avait perdu connaissance. Autrement dit, tantôt elle avait vu son agresseur partir avec son sac et ses clés, alors qu'elle était supposée être inconsciente, tantôt le sac n'avait pas été volé, tantôt les deux téléphones étaient donnés, tantôt seulement un, tantôt aucun des deux, tantôt les codes d'accès du téléphone étaient donnés, tantôt pas, tantôt elle était consciente quand elle était bâillonnée et ligotée, tantôt pas. À ces explications fluctuantes, voire fantaisistes, s'ajoutent encore celles constatées par les premiers juges, soit notamment les explications de la recourante sur la description de l'auteur de son agression, la morsure de défense à la main, le nombre de coups reçus (deux), la place des ciseaux dans son logement, le motif pour lequel elle avait ouvert la porte et le nombre d'agresseurs. La cour cantonale a également retenu que les constatations techniques et médicales permettaient d'écarter la version des faits de la recourante. En particulier, le taux de CO2 retrouvé dans son sang était incompatible avec une exposition prolongée à la fumée. Il en allait de même de l'absence complète de blessures ou même de traces d'exposition aux flammes. La présence de lorazépam, soit d'un anxiolytique, dans le sang de la recourante renforçait la thèse d'une mise en scène effectuée par cette dernière. L'effet de " backdraft " que la recourante aurait subi apparaissait peu probable, vu l'absence de lésions ou de traces d'exposition aux flammes. La présence d'ADN de la recourante à l'intérieur des couches de scotch entourant ses poignets plaidait en défaveur d'une agression du fait d'un tiers. La thèse soutenue par la recourante selon laquelle cette trace pourrait venir d'un transfert du fait de l'agresseur a été écartée. En effet, la recourante avait indiqué que son agresseur était ganté. Or, cet élément contredisait les éléments techniques, selon lesquels l'hypothèse la plus probable était que l'auteur ne portait pas de gants. Enfin, les constatations réalisées dans l'appartement de la recourante étaient en contradiction avec les faits qu'elle alléguait. Son sac à main avait été retrouvé à son domicile, de même qu'un trousseau de clés comprenant celle de son logement. Ce dernier élément mettait à mal la théorie de la recourante selon laquelle ce seraient ses agresseurs qui auraient verrouillé sa porte d'entrée après l'avoir agressée. La présence de ciseaux sur le plan de travail, à côté de bijoux, précarisait également la situation de la recourante et plaidait en faveur d'une auto-agression.