Citation: 1P.276/2000 08.09.2000 E. 2

2.- Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir procédé à une appréciation arbitraire des preuves et d'avoir violé le principe de la présomption d'innocence garanti à l'art. 6 § 2 CEDH. a) Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral ne substitue pas son appréciation à celle du juge du fond, même s'il considère, à la différence de celui-ci, qu'un certain doute est possible; il ne statue en effet que sous l'angle de l'arbitraire (ATF 124 IV 86 consid. 2ap. 87/88; 120 Ia 31 consid. 2e et 4b p. 38 et 40). Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables; encore faut-il que celle-ci soit arbitraire dans son résultat (ATF 125 I 166 consid. 2a p. 168; 125 II 10 consid. 3a p. 15 et les arrêts cités). La présomption d'innocence consacrée par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 § 2 CEDH se rapporte tant à l'appréciation des preuves qu'au fardeau de la preuve. Dans la mesure où l'appréciation des preuves est critiquée en référence avec la présomption d'innocence, celle-ci n'a pas une portée plus large que l'interdiction de l'arbitraire découlant de l'art. 9 Cst. La maxime "in dubio pro reo" est violée lorsque l'appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuve laisse subsister un doute sérieux et insurmontable quant à la culpabilité de l'accusé; il ne doit pas s'agir de doutes abstraits ou théoriques, qui sont toujours possibles parce qu'une certitude absolue ne peut être exigée (ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88; 120 Ia 31 consid. 2e et 4b p. 38 et 40). b) En l'occurrence, la cour cantonale a considéré, en l'absence de preuves matérielles et de témoins oculaires, que le recourant s'était rendu coupable des infractions retenues à sa charge sur la base d'un faisceau d'indices concordants, dont en particulier les relations téléphoniques entretenues depuis son téléphone portable. Le recourant prétend que l'utilisation de son téléphone mobile à proximité des lieux des cambriolages ne serait pas un indice suffisant pour établir sa présence sur les lieux et sa participation aux vols ou aux tentatives de vols et dommages à la propriété qui lui sont reprochés. Le fait qu'il prêtait régulièrement son appareil à F.________ aurait dû au contraire amener la Cour pénale à douter de sa culpabilité. La cour cantonale a tiré des conversations reçues ou effectuées les 1er et 2 septembre 1998 à partir du téléphone portable de A.________ la conclusion que celui-ci était la seule personne à avoir pu utiliser son appareil. Le recourant ne tente pas de démontrer, comme il lui appartenait de le faire (cf. ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités), en quoi il serait arbitraire de déduire du fait que son cousin H.________ et son épouse l'ont appelé sur son téléphone mobile, qu'il était le destinataire de ces appels et, partant, qu'il était ainsi le seul à avoir utilisé cet appareil dans la nuit du 1er au 2 septembre 1998. De même, le recourant ne conteste pas avoir visité l'usine de G.________ en compagnie de son cousin et avoir eu, à cette occasion, l'opportunité de situer l'emplacement du coffre-fort. Dans ces conditions, l'autorité intimée n'a pas fait preuve d'arbitraire en se déclarant convaincue de la participation du recourant au vol en bande commis dans la nuit du 1er au 2 septembre 1998 à Develier au préjudice de G.________, sur la base de ces éléments. Dès lors qu'elle pouvait de manière soutenable admettre que A.________ était la personne avec laquelle conversaient C.________ et son cousin D.________ lors du cambriolage de Develier, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en considérant qu'il en allait de même s'agissant des autres infractions reprochées au recourant. Le fait que le recourant prêtait régulièrement son téléphone portable à F.________ ne signifie pas encore que les appels sortants émaneraient de la jeune femme ou qu'elle serait la destinataire des appels rentrants; celle-ci a en effet expliqué que A.________ lui prêtait son appareil mobile à certaines occasions précises, soit lorsque sa mère ou son fils était malade, ce qui était le cas lorsque la police a saisi le téléphone portable du recourant au domicile de la jeune femme. Par ailleurs, F.________ a déclaré n'avoir jamais utilisé cet appareil après 22h00, alors que de nombreux appels entrants et sortants ont été enregistrés en pleine nuit, ni l'avoir prêté à un tiers lorsqu'elle en avait l'usage. Dans ces conditions, la cour cantonale pouvait, sans verser dans l'arbitraire ni violer le principe de la présomption d'innocence, exclure la version du recourant selon laquelle il avait prêté son téléphone portable à son ex-amie aux dates des infractions et, partant, que son appareil ait pu être utilisé à l'insu de celle-ci. L'autorité intimée pouvait aussi de manière soutenable déduire de la formation de mécanicien acquise par A.________ dans son pays d'origine que celui-ci disposait des connaissances nécessaires pour ouvrir les coffres-forts et voir dans cette circonstance un indice supplémentaire de sa participation aux crimes qui lui étaient reprochés. Elle n'a pas plus fait preuve d'arbitraire en considérant que les déclarations contradictoires du recourant quant à la date depuis laquelle il connaissait les frères C.________ et E.________ et leur cousin D.________ et à la fréquence de leur relation étaient de nature à confirmer sa culpabilité. Enfin, pour asseoir sa conviction, la cour cantonale s'est fondée sur des indices non contestés par le recourant, tels que la présence au domicile de F.________ de dix cartouches de cigarettes provenant du vol perpétré du 14 au 15 octobre 1998 à Courroux au préjudice de l'intimée. Les autres griefs invoqués ne sont pas de nature à établir le caractère arbitraire de l'arrêt attaqué, dans la mesure où ils répondent aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 125 I 492 consid. 1b précité). c) En définitive, le recourant ne parvient pas à démontrer que sa condamnation reposerait sur une appréciation arbitraire des preuves ou qu'un examen objectif de l'ensemble de la cause aurait dû inciter la cour cantonale à concevoir des doutes sur sa culpabilité au point que sa condamnation soit contraire au principe de la présomption d'innocence.