Citation: 5A_17/2014 E. 5.2.2

5.2.2. En l'espèce, s'agissant du but que poursuivaient les parties en réservant la forme écrite, la recourante soutient que la lettre d'intention du 22 octobre 2008 ne visait qu'à confirmer l'engagement de l'intimé de répondre aux appels de marge de S.________ et que cette confirmation écrite n'avait dès lors qu'un but probatoire. Le premier et principal argument de la recourante sur ce point (p. 27, sous un titre qui ne correspond pas à son contenu) consiste à se référer à la proposition indicative du 21 octobre 2008. Dans ce courrier, S.________ invitait l'intimé à confirmer que cette proposition était conforme à leurs discussions afin qu'elle puisse formaliser cet accord avec son comité des crédits central. Or, la proposition en question prévoit précisément que, à titre de clause de soutien, S.________ demanderait à l'intimé une lettre d'intention similaire à celle requise dans les contrats de crédit précédents; c'est dire que, non seulement S.________ reconnaissait elle-même que l'engagement de l'intimé de couvrir les appels de marge n'était valable que s'il revêtait la forme écrite, mais la banque se référait aussi à la pratique similaire que les parties avaient précédemment adoptée. Le deuxième argument de la recourante (p. 27 s.) consiste à dire que, dans sa première version, le contrat de crédit du 22 octobre 2008 prévoyait que la lettre d'intention confirmait l'engagement de l'intimé. Or, non seulement l'autorité cantonale ne viole en rien l'art. 9 Cst. en se fondant uniquement sur la version finale du contrat de crédit pour déterminer la volonté objective des parties, mais la première version n'a pas la teneur que la recourante entend lui donner: il en ressort en effet que la confirmation au moyen de la lettre d'intention ne portait que sur l'engagement de l'intimé de rester actionnaire de T.________ Ltd; s'agissant de l'engagement de répondre aux appels de marge, la lettre d'intention devait au contraire " inclure " un tel engagement, soit le contenir, et non seulement le confirmer. Le troisième argument de la recourante consiste, par renvoi aux griefs qu'elle soulève contre une motivation subsidiaire de l'arrêt attaqué (p. 27), à soutenir qu'il faudrait déjà déduire du courrier du 15 octobre 2008 que les parties avaient conclu un accord sur la garantie apportée (p. 37 ss). Or, même à supposer qu'un tel renvoi en guise d'argumentation réponde aux exigences de motivation (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF), il n'apparaît en rien arbitraire d'admettre en application du principe de la confiance, au vu des échanges oraux et écrits qui ont suivi, qu'il ne s'agissait-là que des prémisses des négociations. Enfin, toujours par le biais du renvoi précité (p. 27), la recourante tente par d'autres moyens encore de démontrer qu'il aurait fallu admettre que l'intimé avait déjà accepté le contenu de la lettre d'intention du 22 octobre 2008 avant que les parties ne conviennent de réserver la forme écrite (p. 37 ss). Or, il n'est pas arbitraire de considérer que le fait que l'intimé ait signé l'acte de cautionnement n'implique pas qu'il aurait également accepté de répondre aux appels de marge de S.________, étant donné qu'il s'agit de deux sûretés distinctes, que le fait que T.________ Ltd ait accepté le contrat de crédit ne permet pas de déduire que l'intimé aurait non seulement accepté de répondre aux appels de marge de S.________ mais aussi renoncé à la forme écrite, étant donné qu'il s'agit de deux entités juridiques distinctes, que le fait que S.________ ait renoncé à réclamer à l'intimé la version signée de la lettre d'intention ne rend compte, au mieux, que de la propre compréhension de la banque quant aux exigences de forme relatives à cette lettre, et non de celle qu'il convenait objectivement d'avoir, et, enfin, que le fait que l'intimé ait refusé de reconstituer la valeur des titres à l'échéance du contrat de crédit seulement suppose précisément qu'il entendait se prévaloir de la forme écrite; enfin, on comprend à peine l'argument qu'entend tirer la recourante de l'art. 7 du contrat de crédit, cet article mentionnant lui aussi expressément la lettre d'intention à titre de sûretés, en sus du cautionnement. S'agissant de la renonciation des parties à la forme écrite par actes concluants, la recourante affirme, en pages 29 ss de son recours, que l'intimé devait comprendre de bonne foi que son engagement de répondre à l'appel de marge de la banque était une condition sine qua non de l'octroi du crédit en faveur de T.________ Ltd, ce d'autant plus qu'il n'a jamais manifesté son désaccord face à l'engagement personnel que S.________ lui demandait et que la banque ne l'a pas relancé pour obtenir la version signée de la lettre d'intention. Par cette argumentation, la recourante ne fait qu'opposer ses propres déductions à celles de l'autorité cantonale. Elle ne démontre pas que celle-ci aurait versé dans l'arbitraire en s'en tenant au principe selon lequel la forme écrite est une condition de validité du contrat et qu'il appartenait à la banque, si elle entendait effectivement faire dépendre l'octroi du crédit de l'engagement personnel de l'intimé, de s'assurer de l'existence de cette garantie en exigeant de l'intimé qu'il lui remette la lettre d'intention signée avant d'exécuter le contrat de crédit. Le grief de la violation de l'art. 9 Cst. (art. 98 LTF) dans l'interprétation de la volonté des parties (art. 18 CO) doit être rejeté.