Citation: U 58/02 02.04.2003 E. A

S.________, domiciliée en France, travaillait en qualité de serveuse au restaurant «X.________». Elle était assurée à titre obligatoire contre les accidents professionnels et non professionnels, ainsi que contre les maladies professionnelles, auprès de la Bâloise Compagnie d'Assurances (ci-après : la Bâloise). Le 20 mai 1995, elle a été victime d'un accident de la circulation : alors qu'elle circulait normalement, elle a dû brusquement ralentir parce que le véhicule qui la précédait s'était arrêté sur la voie dans l'intention de bifurquer à gauche; à ce moment-là, elle a été heurtée à l'arrière par une autre voiture qui n'a pas pu freiner à temps, ce qui l'a propulsée à son tour contre le premier véhicule. Après qu'un constat à l'amiable a été établi entre les conducteurs impliqués, elle a été reconduite à son domicile par une connaissance venue la chercher sur les lieux de l'accident. Ressentant des douleurs à la nuque, elle s'est rendue le soir même au Centre hospitalier Y.________ où l'on a diagnostiqué une entorse cervicale de type coup du lapin; en sus d'un traitement conservateur (médication antalgique et anti-inflammatoire, immobilisation par minerve), un arrêt de travail à 100 % lui a été prescrit jusqu'au 5 juillet 1995 (rapports médicaux initiaux LAA des 2 juin et 16 août 1995). Le docteur A.________, rhumatologue et médecin traitant, a poursuivi le traitement médical (rééducation, mésothérapie), prolongé l'incapacité de travail et ordonné des examens complémentaires (scanner; IRM), qui n'ont, en particulier, pas révélé de signe de compression radiculaire. Devant la persistance des douleurs vertébrales cervicales et lombaires présentés par S.________, une ponction lombaire a été pratiquée le 17 juin 1996 au Centre hospitalier Z.________ que la prénommée a mal supportée (apparition d'effets secondaires sous la forme de céphalées et d'un état fébrile). A la demande de la Bâloise, l'assurée a été examinée par le docteur B.________, spécialiste FMH en médecine interne et rhumatologie. Dans son rapport du 11 février 1997, ce médecin a fait état de troubles d'ordre physique (cervicalgies accompagnées de céphalées, syndrome vertébral lombaire, irritation du sympathique cervical postérieur) et psychique, ces derniers étant - à ses yeux - le problème majeur de l'assurée. Parmi les troubles purement physiques, il a distingué ceux touchant la région cervicale et lombaire, qu'il a attribués de façon certaine à l'accident du 20 mai 1995, et ceux impliquant le rachis (fibromyalgie), dont il a estimé qu'ils n'avaient qu'une relation possible avec l'événement accidentel. Toujours selon le docteur B.________, à eux seuls, ces troubles seraient supportables et ne devraient plus empêcher la reprise par l'assurée d'une activité lucrative moins contraignante que celle de serveuse. A côté de cela, il a observé chez S.________ un «tableau psycho-affectif complexe» (angoisses, état dépressif, fatigue, prise de poids, difficultés de concentration) qu'il a défini comme état de stress post-traumatique et pour lequel il a préconisé un suivi psychiatrique jusqu'à disparition complète des symptômes. Au mois d'octobre 1997, la prénommée a débuté une psychothérapie auprès du docteur C.________, psychiatre, qui a posé le diagnostic de dépression majeure avec état de stress post-traumatique et attesté, à raison de ce trouble, d'une incapacité totale de travail pour une durée indéterminée (rapport du 3 avril 1998). L'assurée a interrompu ce traitement au mois de mai 1998 tout en continuant à consulter son médecin traitant généraliste, le docteur D.________, qui a lui aussi régulièrement attesté d'une inaptitude complète au travail. Vu la durée de cette incapacité de travail, la Bâloise a confié une expertise au Centre multidisciplinaire de la douleur. D'après les médecins de cette clinique, l'assurée avait très certainement subi, au cours de l'accident du 20 mai 1995, une distorsion cervicale simple, ainsi qu'une contusion lombaire; si l'apparition des troubles comme telle pouvait être mise en relation de causalité naturelle avec cet accident, leur importance actuelle et leur répercussion sur la capacité de travail, de même que la persistance chez l'assurée d'un état anxio-dépressif majeur, n'avaient plus de lien causal avec l'événement accidentel au-delà d'une année dès la date de sa survenance et devaient être imputées à des facteurs de personnalité; le taux de l'atteinte à l'intégrité a été évaluée à 10 % (rapport d'expertise du 24 octobre 2000). Se fondant sur ce rapport, la Bâloise a, par décision du 9 janvier 2001, supprimé avec effet au 30 novembre 2000 le versement des indemnités journalières, ainsi que la prise en charge des frais médicaux, et alloué à l'assurée une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 10 %. Saisie d'une opposition, la Bâloise l'a écartée dans une nouvelle décision du 23 mars 2001.