Citation: 6B_1102/2016 E. 5

Selon la jurisprudence, les courses urgentes visées par l'art. 100 ch. 4 LCR sont celles nécessaires pour permettre à la police ou aux autres services concernés d'intervenir aussi rapidement que possible dans le but de sauver des vies humaines, d'écarter un danger pour la sécurité ou l'ordre public, de préserver des biens de valeur importante ou de poursuivre des fugitifs. L'urgence dépend de l'importance des biens juridiques menacés et du risque que leur lésion soit considérablement aggravée par un retard même léger dans l'intervention. Pour apprécier le degré de l'urgence, les conducteurs de véhicules et les chefs des services d'intervention peuvent et doivent évaluer la situation telle qu'elle se présente à eux au moment de leur action. Les conditions du trafic doivent se présenter de telle manière qu'à défaut de dérogation aux règles de circulation ou d'usage du droit spécial de priorité, l'intervention risque d'être considérablement retardée (arrêt 6B_1102/2015 du 20 juillet 2016, consid. 2.1, SJ 2017 I 277). Le Tribunal de police a semble-t-il admis que la course entreprise par le recourant le 29 janvier 2014 vers 15h20 était urgente aux termes de l'art. 100 ch. 4 LCR. Le Ministère public n'a pas abordé cette question juridique devant la Cour de justice; c'est pourquoi, selon l'arrêt attaqué, les juges d'appel se sont dispensés de l'examiner. La Cour a ainsi retenu l'urgence sans avoir discuté ni l'événement qui motivait l'alerte diffusée aux patrouilles par la centrale d'engagement, ni de quelle manière cet événement se présentait au recourant lorsque celui-ci a agi.