Citation: 5A_979/2021 E. 4.2.3

4.2.3. S'agissant des travaux effectués par les parties sur le chalet de V.________, la cour cantonale ne s'exprime pas particulièrement sur cette question puisqu'elle relève uniquement que la famille s'est appauvrie entre 2016 et 2017 et qu'il ressort des déclarations fiscales des parties que leur situation a évolué d'année en année sans qu'il soit possible d'en tirer un enseignement précis sur d'éventuelles économies. Quant à l'autorité de première instance, elle avait bien constaté que les parties avaient entrepris des travaux à hauteur de 52'668 fr. en 2017 et de 102'792 fr. en 2018. Elle n'en a toutefois pas tiré de conséquence puisqu'elle a ensuite déduit de la quotité disponible des parties uniquement les frais courants du chalet (à l'exclusion des frais de voitures et de téléphone) ainsi que l'amortissement obligatoire du crédit hypothécaire. L'intimée conteste pour sa part que les montants investis dans les travaux sur le chalet de V.________ puissent être qualifiés d'épargne. En effet, le fait d'avoir acquis un chalet où ils passaient la majorité de leurs vacances et d'y avoir investi les montants nécessaires au confort de la famille au lieu de dépenser systématiquement d'importantes sommes d'argent pour des escapades ne pouvait être considéré comme de l'épargne mais participait simplement à l'augmentation de leur train de vie. En l'occurrence, l'arrêt querellé ne comporte aucune indication sur les montants consacrés par les parties durant leur union aux travaux effectués sur le chalet de V.________, sur l'origine des fonds ayant servi à leur financement ou encore sur la nature desdits travaux. Dans la mesure où le recourant a chiffré, pièces à l'appui, les travaux effectués entre 2017 et 2018, on ne peut lui opposer de ne pas avoir satisfait à son obligation de prouver l'existence d'une épargne (cf. ATF 147 III 293 consid. 4.4). Cela étant, l'intimée soutient que lesdits travaux avaient pour but de leur permettre d'y passer leurs vacances. Or, l'excédent qui subsiste après couverture des minima vitaux élargis de l'ensemble des membres de la famille doit précisément permettre de couvrir les coûts qui ne sont pas inclus dans le calcul du minimum vital du droit de la famille, à savoir notamment les frais liés aux loisirs et aux vacances (ATF 147 III 265 consid. 7.2; arrêt 5A_382/2021 du 20 avril 2022 consid. 6.2.1.3 non destiné à la publication). Toutefois, les montants que le recourant allègue s'agissant des travaux diffèrent de ceux retenus par le premier juge et sur lesquels la cour cantonale ne s'exprime pas. L'intimée fait pour sa part état de chiffres encore différents et se contente de renvoyer aux " documents annexés aux déclarations fiscales des époux pour les années 2017 et 2018 " soutenant qu'il s'agit de frais d'entretien, de décoration et d'ameublement qui participaient donc à l'évidence à l'amélioration de leur train de vie et non à l'épargne du couple. Or, dans la mesure où il n'appartient pas à la Cour de céans de fouiller le dossier cantonal pour vérifier la véracité des allégations des parties (cf. arrêts 5A_896/2021 du 1er avril 2022; 5A_144/2021 du 28 mai 2021 consid. 6.2; 5A_771/2018 du 28 mars 2019 consid. 3.2) et établir pour la première fois la nature et le montant des travaux effectués sur le chalet de V.________, il convient en conséquence de renvoyer la cause à la cour cantonale afin qu'elle instruise cette question. Elle devra ainsi établir la nature et le montant afférent aux travaux réalisés dans le chalet de V.________, s'assurer de l'origine des fonds ayant permis au recourant de s'acquitter de ces travaux, à savoir vérifier qu'ils ont bien été financés par les revenus des parties et non à l'aide de fonds dont le recourant disposait antérieurement au mariage, et déterminer en conséquence si les montants ainsi obtenus doivent être déduits du disponible des parties en sus du montant relatif aux amortissements réalisés sur dit bien immobilier ou s'ils participaient au contraire à l'amélioration du train de vie des parties.