Citation: 8C_410/2016 E. 4.2

4.2. A la suite de cet arrêt, la juridiction cantonale a confié une expertise au Centre d'Expertise Médicale (CEMed). Y ont participé le docteur M.________, spécialiste en chirurgie orale et maxillo-faciale, la doctoresse N.________, spécialiste en neurologie, le docteur O.________, psychiatre, et M. P.________, neuropsychologue. Chacun d'eux a examiné l'assuré séparément. Le rapport d'expertise (du 7 août 2015) a ensuite été établi conjointement après discussion interdisciplinaire. Il en ressort en substance les considérations suivantes. Sur le plan maxillo-facial, la situation pouvait être considérée comme satisfaisante avec une réduction correcte des fractures et une évolution post-opératoire sans complication. Outre une irrégularité osseuse orbito-frontale et une déformation pyramide nasale, il subsistait encore une discrète hypoventilation de la narine à droite. Par ailleurs, l'assuré ne souffrait pas de douleurs au visage mais de céphalées. Au plan neurologique, il a été retenu, en sus de l'anosmie et des séquelles ophtalmologiques (énophtalmie modérée bilatérale, diplopie dans tout le champ du regard et limitation du regard vers le haut), des douleurs occasionnelles d'allure névralgique dans le territoire de la branche ophtalmique du nerf trijumeau droit et des céphalées. Toutes ces atteintes, en lien de causalité avec l'accident, n'entravaient toutefois pas significativement la capacité de travail de l'assuré dans son activité d'entrepreneur. Quant à la question de savoir si celui-ci présentait un tableau clinique compatible avec un traumatisme cranio-cérébral, les experts y ont répondu négativement pour les raisons suivantes. Aucune constatation dans ce sens n'était documentée dans les rapports médicaux initiaux. L'assuré s'était plaint de l'apparition de difficultés de concentration deux ans après l'accident, alors qu'en principe, même en cas de polytraumatismes, les troubles cognitifs consécutifs à des traumatismes cranio-cérébraux sont présents dès le réveil des patients. De plus, l'examen neuropsychologique effectué avait mis en évidence un ralentissement dans la plupart des tâches, un déficit en mémoire de travail ainsi qu'en mémoire épisodique verbale et en reconnaissance visuelle pure, mais pas de trouble exécutif, soit des symptômes qui ne correspondaient pas aux séquelles habituellement rencontrées en cas de traumatisme crânien. En revanche les troubles cognitifs objectivés étaient cohérents avec le diagnostic de trouble dépressif récurrent, épisode actuel léger à moyen sans syndrome somatique (F33.00 à 10) diagnostiqué par le psychiatre (le docteur O.________). Selon ce médecin, ce trouble, qui empêchait l'assuré d'assumer son ancienne activité, était réactionnel à divers facteurs de stress familiaux survenus avant et après l'accident (méningite de la fille en 2004, accident de ski du fils en 2005 et cancer du sein de l'épouse en 2007). Ces facteurs ayant joué un rôle prédominant dans l'évolution de l'état psychique de l'intéressé à partir de 2006, il n'y avait pas de lien de causalité naturelle entre l'affection psychique et l'accident, ce d'autant que l'assuré en parlait comme d'un événement "banal".