Citation: 1P.716/2006 10.11.2006 E. A

A.________, ressortissante française, se trouve en détention préventive à Genève depuis le 4 avril 2006, sous l'inculpation d'abus de confiance, voire d'escroquerie. Il lui est reproché d'avoir, avec son ami B.________, détourné les fonds investis par des clients dans le cadre d'une société de gestion de fortune. La détention préventive a été prolongée pour deux mois par ordonnance de la Chambre d'accusation du 11 avril 2006. Le 6 juin 2006, le Juge d'instruction a requis une nouvelle prolongation. Il relevait que les revenus de l'activité de gestion de fortune ne permettaient pas de couvrir les coûts de fonctionnement, et que la présence de malles métalliques dans les bureaux évoquait un prochain déménagement. De nouveaux plaignants s'étaient manifestés, pour un préjudice total d'au moins dix millions de francs. Le 7 juin 2006, A.________ a demandé sa mise en liberté provisoire, indiquant qu'elle était une simple employée sans aucun pouvoir de décision, de sorte que la gravité des faits à sa charge devait être relativisée. Le 8 juin 2006, le Juge d'instruction a refusé la mise en liberté et transmis la procédure à la Chambre d'accusation. Par ordonnance du 9 juin 2006, la Chambre d'accusation a refusé la mise en liberté provisoire et prolongé la détention pour deux mois. L'inculpée, qui maîtrisait les aspects administratifs, savait que les charges dépassaient largement les revenus et ne pouvait ignorer l'existence d'opérations frauduleuses. Les besoins de l'instruction, (audition de nouveaux plaignants et confrontations) et le risque de collusion (s'agissant notamment de l'utilisation des fonds détournés) justifiaient le maintien en détention. Le risque de fuite était concret.