Citation: 5A_126/2022 E. 6.2

6.2. Il ressort de la décision querellée que, dans son rapport du 3 mars 2021, l'expert désigné par l'autorité de protection a diagnostiqué chez A.________ un trouble de la personnalité paranoïaque et des traits de personnalité dyssociale. Le praticien a considéré cet état comme durable et entraînant une sévère limitation de la capacité de l'intéressée à gérer certaines tâches administratives et financières, notamment dans le cadre du paiement de ses factures. Plus difficile était la question de l'appréciation du sens et des effets des actes et des conséquences de ceux-ci par A.________. L'expert a considéré que celle-ci était capable de discernement pour la " quasi majorité " de ses actes malgré une importante limitation de sa capacité à apprécier le sens et les effets de ceux-ci durant certains évènements très précis, évaluant également de manière inadéquate l'importance de certaines transactions, ce qui l'avait conduite à être endettée, à avoir risqué de perdre son logement et à ne pas vouloir payer son assurance-maladie, et présentant une distorsion cognitive à ce propos. Elle n'avait pas conscience de son besoin d'assistance, ne ferait jamais confiance à un mandataire et n'était pas susceptible d'être influencée par des tiers, au regard de sa méfiance envers autrui. Le spécialiste a en outre relevé que A.________ n'avait pas de médecin référent, pas d'emploi, pas de vie sociale, qu'elle entretenait des rapports tendus avec sa parenté et ses voisins et qu'elle vivait dans une grande détresse et " à la marge ". La juridiction précédente a relevé que la recourante considérait que l'ordonnance prononcée par l'autorité de première instance devait être annulée dans la mesure où elle n'aurait pas besoin de la mesure de protection ordonnée, celle-ci entravant son existence plutôt que de l'aider à la mener. Elle a toutefois considéré que tout, au dossier, démontrait le contraire et qu'il ne faisait aucun doute que la situation psychique et personnelle de la recourante imposait qu'une telle mesure soit prononcée. En effet, comme il ressortait des éléments au dossier, notamment des rapports du SPAd, ainsi que des déclarations des curateurs en audience et des pièces à ce propos, la recourante, qui n'avait payé ni son loyer, ni son assurance-maladie, ni les factures des SIG, devait faire face à une évacuation de son logement et à une menace de se voir couper l'électricité, situations qui avaient été rattrapées par l'intervention des curateurs désignés à titre provisoire en 2020 par l'autorité de protection. La cour cantonale a également estimé que, dans la mesure où il apparaissait que la recourante était dans le déni total, non seulement de cette situation mais en outre du bénéfice que lui apportait l'intervention des curateurs, elle ne pouvait que considérer qu'à défaut de la mesure prononcée, elle serait susceptible de se mettre à nouveau elle-même dans une situation précaire similaire à celle qui existait avant le prononcé des mesures provisoires, du fait de son trouble psychique décrit par les experts. La mesure en tant que telle était donc nécessaire. Sous l'angle des principes de proportionnalité et de subsidiarité, la juridiction cantonale a considéré que l'autorité de protection avait attentivement soupesé, notamment sur la base de l'expertise psychiatrique qui lui avait été remise, le besoin spécifique de protection de la recourante et sur quels points une mesure ne s'imposait pas. Elle avait en particulier adapté la curatelle de représentation et de gestion dans ce sens, afin de laisser à la recourante l'entière responsabilité de prendre soin d'elle-même, de sa vie quotidienne et de ses besoins personnels d'hygiène et alimentaires, ainsi que de sa santé, en l'absence d'indication d'un besoin de protection à ce propos. Comme cela ressortait du dossier, notamment de l'expertise de la recourante, celle-ci conservait une capacité de discernement intacte s'agissant des points précités, de sorte que l'autorité de première instance avait réduit au strict nécessaire la curatelle de représentation et de gestion prononcée. En particulier, elle l'avait limitée à juste titre à la représentation juridique et administrative de la recourante et à la gestion de ses ressources, dont il avait été démontré dans le dossier qu'elle n'était pas capable de les assumer. Les juges cantonaux ont par conséquent rejeté le recours déposé par A.________.