Citation: 9C_547/2008 19.06.2009 E. 4

Se fondant sur le rapport d'expertise judiciaire du docteur C.________ (rapport du 17 décembre 2007), le Tribunal cantonal des assurances a procédé, conformément aux règles posées par la jurisprudence, à une analyse détaillée de la situation et admis, malgré la souffrance authentique et non simulée de l'assurée, le caractère exigible d'un effort de volonté de la part de celle-ci en vue de surmonter ses douleurs et de se réinsérer dans un processus de travail. La nature des critiques portées devant le Tribunal fédéral ne permettent pas de remettre en cause le bien-fondé de cette appréciation. 4.1 La recourante ne peut être suivie en tant qu'elle reproche aux premiers juges de n'avoir pas retenu le caractère de gravité de son trouble dépressif majeur. Si un état dépressif majeur peut, selon la jurisprudence, constituer une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée, il ressort des constatations de l'expert que tel n'est pas le cas en l'espèce, ce dernier ayant indiqué que le trouble s'était installé progressivement, vraisemblablement en réaction à une situation existentielle devenue peu à peu difficile (maladie de la fille, retrait du monde du travail, précarité économique, impression de ne pas être reconnue). Il était resté relativement stable pendant toutes ces dernières années et il n'existait pas d'indices d'aggravation, tels un passage à l'acte (tentamen), une hospitalisation ou d'autres mesures thérapeutiques transitoires plus conséquentes. Le trouble n'avait par ailleurs pas les éléments de gravité que sont la culpabilité délirante, le risque suicidaire documenté et les caractéristiques psychotiques associées. En outre, le tableau dépressif présenté par la recourante se situait, au moins partiellement, en réaction à ce que représentait la notion de syndrome douloureux somatoforme persistant. De plus, la recourante gardait des ressources significatives, quand bien même elle était indiscutablement souffrante. Elle vivait de façon autonome, maintenait des contacts sociaux avec diverses personnes, tenait tant bien que mal son ménage, préparait les repas, regardait de temps en temps la télévision en famille et sortait de temps à autre à la recherche de bonnes affaires. Selon l'expert, on était "loin des états de régression gravissimes des états dépressifs manifestement incapacitants où la symptomatologie tend d'ailleurs à écraser les plaintes douloureuses". A défaut d'éléments objectivement vérifiables attestant de la gravité du trouble dépressif majeur affectant la recourante et de son influence sur la capacité de travail, il n'y a pas lieu de s'écarter du jugement attaqué sur ce point précis. 4.2 Il n'y a pas lieu non plus de s'arrêter plus avant sur l'analyse faite par la recourante du critère de l'état psychique cristallisé et de celui de l'effort de volonté raisonnablement exigible, dès lors qu'elle tente simplement de substituer sa propre appréciation de la situation à celle des premiers juges, sans dire en quoi cette dernière serait manifestement insoutenable. Les premiers juges ont d'ailleurs conclu, au terme d'une analyse convaincante, qu'en dépit de la réelle souffrance de l'assurée, le tableau clinique qu'elle offrait à l'examinateur sortait pour une large part du champ médical tel que défini par le droit des assurances sociales, dans la mesure où il constituait la manifestation d'une situation existentielle difficile composée de problèmes familiaux, économiques et socio-professionnels, lesquels n'étaient pas reconnus comme invalidants en l'absence de toute pathologie médicale ayant valeur de maladie. Quoiqu'en dise la recourante, en principe, le juge ne s'écarte pas sans motifs impérieux des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné (cf. p.ex. arrêt 9C_657/2007 du 12 juin 2008 consid. 3.4.1). Dans le cas d'espèce, le docteur C.________ a démontré à satisfaction que la recourante dispose encore des ressources psychiques nécessaires pour exercer une activité professionnelle, ce qui représente l'aspect décisif dans ce genre de litiges (ATF 132 V 65 consid. 4.3 p. 72, 130 V 352 consid. 2.2.4, 2.2.5 p. 355 s.) 4.3 Quant à la conclusion subsidiaire de la recourante selon laquelle il y aurait lieu de renvoyer la cause à l'intimé en vue d'une révision du droit à la rente, elle doit également être rejetée. En effet, il ne ressort pas du rapport d'expertise judiciaire du 17 décembre 2007 qu'une aggravation de l'état de santé de la recourante soit survenue depuis la décision litigieuse du 2 décembre 2005.