Citation: 1P.394/2003 18.07.2003 E. 4

4. Le recourant conteste également l'existence d'un risque de réitération. L'expertise psychiatrique ne permettrait pas d'admettre un risque pour la sécurité publique, en particulier si le traitement ambulatoire est suivi. Celui-ci ne pourrait toutefois être appliqué en milieu carcéral. Le père du recourant se serait engagé à le prendre en charge dès sa sortie de prison. Il serait arbitraire d'exiger du recourant qu'il trouve un emploi alors qu'il est actuellement détenu. 4.1 Le maintien en détention préventive n'est admissible que si le pronostic de récidive est très défavorable. La simple possibilité, hypothétique, de commission de nouvelles infractions de même nature, ou la vraisemblance que soient commises des infractions mineures, sont des motifs insuffisants (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62). Autant que possible, l'autorité doit tenter de substituer à la détention toute autre mesure moins incisive propre à atteindre le même résultat (ATF 123 I 268 consid. 2c et e p. 270/271 et les arrêts cités). 4.2 Le recourant a été arrêté après avoir commis deux agressions, d'une certaine gravité, dans un délai rapproché et des circonstances semblables. Il est prévenu de brigandage. L'expert explique ces gestes par une impulsivité, soit une difficulté à gérer le stress. Cette impulsivité engendrerait un risque important d'abus d'alcool et de consommation de stupéfiants, et la tendance à commettre des actes agressifs s'en trouverait à son tour augmentée. L'expert relève un risque concret de retomber dans l'alcoolisme, et préconise un traitement psychiatrique ambulatoire, d'une vingtaine de séances, visant à une meilleure gestion des émotions et de l'impulsivité, et à rendre le recourant abstinent. Lors de son audition, l'expert a certes précisé que les programmes existants pour prendre en charge cette problématique ne peuvent avoir lieu en milieu carcéral, faute de spécialisation. Il ajoute toutefois qu'un psychiatre spécialisé pourrait traiter le recourant en milieu carcéral. Le recourant se dit prêt à un tel traitement, mais ne prétend pas avoir entrepris les démarches nécessaires pour le commencer en prison. Il est d'ailleurs douteux que les effets d'un tel traitement soient immédiats, au point de faire cesser le risque de récidive. Même si son père s'est déclaré prêt à le prendre en charge dès sa sortie de prison, cette prise en charge est limitée à l'hébergement; le recourant se retrouverait, en cas de libération, dans une situation de précarité qui, compte tenu de sa fragilité, l'exposerait à la commission de nouveaux actes de violence. Le risque de récidive ne peut, par conséquent, être écarté.