Citation: 5A_862/2014 E. 5.1

5.1. Elle explique que le Tribunal de première instance avait établi les revenus immobiliers nets du mari à 363'142 fr. en 2011, 274'883 fr. en 2012 et 227'295 fr. en 2013. Aucune des parties n'avait contesté ces chiffres en deuxième instance. Pourtant, la Cour de justice aurait, de manière arbitraire, fixé les revenus immobiliers nets à 276'251 fr. en 2011, à 154'694 fr. en 2012 et à 197'265 fr. en 2013, à savoir des montants injustement plus bas que ceux retenus en première instance et consentis par les parties elles-même. En s'écartant aussi "excessivement " des conclusions prises par les parties, et sans motivation adéquate, la Cour de justice aurait également violé l'interdiction de la reformatio in pejus. Elle ajoute avoir pourtant rendu la cour cantonale attentive au fait que le mari n'avait produit aucune pièce permettant de démontrer la baisse des rendements de ses immeubles. La recourante rappelle aussi qu'en première instance, pour calculer les contributions d'entretien, il avait été tenu compte uniquement des revenus réalisés par le mari en 2013, à savoir 38'728 fr. par mois. L'époux lui-même avait admis que ce montant avait été déterminé " à bon droit " par le premier juge (appel, ch. 7 p. 6), et qu'il n'y avait pas lieu de tenir compte des revenus réalisés les années précédentes (cf. mémoire de réponse et réplique). Il n'avait donc ni motivé, ni allégué que le premier jugement était erroné sur ce point. La recourante n'avait pas non plus formé de critique à ce sujet. La Cour de justice s'était pourtant écartée, sans motivation, du premier jugement et des déterminations communes des parties (qui ne s'étaient même jamais référées aux années 2009 et 2010) en tenant compte de la moyenne des revenus du mari entre 2009 et 2013. La décision était particulièrement insoutenable dans son résultat, puisque le disponible du mari a donc été établi à 9'189 fr., alors qu'il aurait dû être fixé au moins à 14'224 fr. Le principe de l'interdiction de la reformatio in pejus serait aussi violé.