Citation: 6B_672/2018 E. 1.3

1.3. Le raisonnement de la cour cantonale ne saurait être suivi. En effet, la limitation de vitesse, circonscrite aux abords du chantier, était en l'occurrence destinée à protéger celui-ci et en particulier les personnes y travaillant. Or, comme l'a déjà relevé le Tribunal fédéral, la présence d'un chantier sur la chaussée doit inciter les conducteurs à une attention et une prudence accrues (cf. arrêt 6B_444/2016 précité consid. 1.3.2). Contrairement aux situations prévalant dans les cas mentionnés par l'autorité précédente (arrêts 6B_109/2008 précité; 6B_622/2009 précité), la chaussée était en l'espèce physiquement entravée - fût-ce sur la voie de circulation inverse - par des travaux, ceux-ci devant par ailleurs laisser prévoir la présence d'ouvriers alentour. L'intimé devait tenir compte de cette présence potentielle, quand bien même - selon l'état de fait de la cour cantonale qui lie le Tribunal fédéral (cf. art. 105 al. 1 LTF) - il n'y avait pas de tiers à la sortie des abords du chantier. En outre, il ressort de l'arrêt attaqué que l'intimé n'a pas accéléré après avoir dépassé le chantier et avant de quitter la zone de limitation de vitesse, mais qu'il l'a fait avant d'atteindre la hauteur de la fin des travaux, de manière à circuler à 81 km/h - marge de sécurité déduite - au moment de quitter cet emplacement. L'excès de vitesse commis par l'intimé aux abords d'un chantier a ainsi été réalisé sans scrupule. En conséquence, le cas devait être qualifié de grave, tant objectivement que subjectivement, au regard de la jurisprudence précitée (cf. consid. 1.1 supra). On ne voit pas quelle circonstance exceptionnelle aurait permis de considérer que le l'excès de vitesse commis par l'intimé n'aurait pas été grave au sens de l'art. 90 al. 2 LCR. La cour cantonale a donc violé le droit fédéral en condamnant l'intimé sur la base de l'art. 90 al. 1 LCR. Le recours doit être admis sur ce point, l'arrêt attaqué annulé et la cause renvoyée à l'autorité cantonale afin qu'elle condamne l'intimé pour violation grave des règles de la circulation au sens de l'art. 90 al. 2 LCR.