Citation: 6B_1137/2013 E. 2.3

2.3. En substance, la cour cantonale a estimé qu'elle était confrontée à deux versions contradictoires, dont aucune n'était corroborée par des éléments matériels, ni par aucun témoignage de tiers extérieur au contexte conflictuel opposant les parties, qui ne devait d'ailleurs pas être perdu de vue lors de l'examen de la crédibilité de leurs déclarations. Aux dates du dépôt des plaintes et de la première audience de jugement, durant laquelle les parties plaignantes avaient été entendues, la procédure civile était encore en cours. Les relations entre l'intimée B.________ et le recourant avaient dépassé le stade du supportable, chacun provoquant l'autre dans une escalade de violence verbale. S'agissant des déclarations de l'intimée B.________, la cour cantonale a relevé qu'en novembre 2009, celle-ci avait déménagé de son logement après près de 35 années passées dans cet immeuble, si bien que la crédibilité de ses déclarations en était renforcée. Il en allait de même de celles de l'intimé C.________, lequel avait fait état, dans le cadre de la procédure civile, en 2007 déjà, d'un épisode où le recourant l'aurait poussé contre un mur avant de le menacer avec un objet dans un accès de fureur, comportement en tous points identique à celui qui lui était reproché dans le cadre de la présente procédure, notamment au préjudice de l'intimé D.________. En outre, les déclarations des intimés B.________ et C.________, s'agissant des faits survenus le 2 octobre 2009, étaient concordantes. La cour cantonale a souligné que l'expert avait relevé que dès 2009, le recourant était excédé par le conflit l'opposant à ses voisins et vulnérable lors d'altercations. Durant l'établissement de l'expertise, il lui était difficile de contrôler son irritabilité et ses réactions, qui ne correspondaient pas forcément à ce qu'il souhaitait et pour lesquelles il s'excusait systématiquement en cas de perte de contrôle. Or, l'intimé D.________ avait souligné que le recourant avait agi lors d'un moment de « pétage de plombs » et qu'il avait regretté son geste, de même que l'intimé E.________ avait précisé n'avoir fait l'objet que d'un seul et unique accès de violence du recourant, lequel avait rapidement desserré son étreinte, comportements correspondant à ceux décrits par l'expert. La cour cantonale a relevé une certaine similitude dans tous les actes reprochés au recourant avec une escalade de violence, la période pénale correspondant à un moment de fragilité post-dépression au cours duquel ses troubles de la personnalité s'étaient révélés. Les faits s'étaient en outre déroulés à chaque fois durant une altercation verbale dans un contexte particulièrement éprouvant pour le recourant. Celui-ci s'était d'ailleurs résolu, après plusieurs années de procédure et de conflit, à retourner vivre chez ses parents en été 2010, soit peu après les actes de violence commis au préjudice de l'intimé E.________. Cette chronologie accentuait encore la crédibilité des déclarations des intimés, en particulier celles de l'intimé D.________, qui n'avait montré à l'égard du recourant aucune animosité ni aucun parti pris, ses déclarations étant empreintes d'apaisement. Au contraire, le recourant avait certes été constant dans ses dénégations, à l'exception de la première audience de jugement où il avait, à demi-mot, admis les faits, mais avait aussi manqué de cohérence et de distance dans ses déclarations, qui étaient altérées par son trouble de la personnalité. Il avait admis, pour la première fois devant la cour cantonale, avoir empoigné l'intimé D.________. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale a retenu qu'elle ne niait pas les souffrances ressenties par le recourant, notamment l'humiliation et le sentiment de persécution qui était le sien, mais qu'elle avait acquis l'intime conviction que, dans un tel contexte, il avait adopté les comportements qui lui étaient reprochés; d'autant que les faits s'étaient déroulés durant une période où il était particulièrement sensible, qu'ils s'inscrivaient tous dans un même « mode opératoire » et qu'il lui était difficile de s'exprimer verbalement en raison de son aphasie, séquelle augmentant sa vulnérabilité en cas d'altercations verbales.