Citation: 1P.255/2005 08.06.2005 E. 2

La recourante se plaint de ce que le témoignage de sa fille F.________ n'ait pas été recueilli au cours de la procédure cantonale. Elle y voit une violation de son droit d'être entendue. 2.1 Celui-ci inclut pour les parties le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à leur détriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 129 I 85 consid. 4.1 p. 88/89; 129 II 497 consid. 2.2 p. 504/505; 127 I 54 consid. 2b p. 56, et les arrêts cités). L'autorité peut renoncer au moyen de preuve offert par une partie, pour autant qu'elle puisse admettre sans arbitraire que ce moyen n'aurait pas changé sa conviction (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 429; 124 I 241 consid. 2 p. 242; 124 V 90 consid. 4b p. 94, et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral revoit cette question sous l'angle restreint de l'arbitraire, car elle porte uniquement sur l'appréciation des preuves, et non point sur la portée du droit d'être entendu (ATF 115 Ia 8 consid. 3a p. 11/12; 106 Ia 161). Une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; à cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision critiquée soient insoutenables, encore faut-il que cette dernière soit arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275, et les arrêts cités). F.________ a assisté à l'empoignade ayant opposé sa mère aux agents de la police municipale. Elle n'a toutefois pas été invitée à témoigner de ce qu'elle aurait vu. Le Tribunal cantonal a considéré que les déclarations qu'aurait pu faire F.________, même à supposer qu'elles confirmeraient celles de la recourante, ne seraient de toute manière pas de nature à modifier sa décision. En effet, selon le Tribunal cantonal, s'il était plausible que l'atteinte subie par la recourante était consécutive à l'intervention des agents D.________ et E.________, celle-ci, en partie provoquée par le comportement également agressif de la recourante, était de toute manière justifiée par le devoir de fonction et proportionnée aux circonstances. Même si elle peut paraître contestable, cette appréciation n'en est pas arbitraire pour autant.