Citation: 5A_369/2018 E. 4.3

4.3. La motivation développée par la recourante ne parvient pas à démontrer l'arbitraire dont aurait fait preuve l'autorité cantonale. En tant qu'elle reproche à la Cour de justice d'avoir établi les faits de manière insoutenable en faisant abstraction des conclusions du SPMi, lequel préconisait le maintien de la garde des enfants auprès d'elle, sa critique porte en réalité sur l'appréciation de l'intérêt de son fils à être attribué à l'intimé, autrement dit sur l'application de l'art. 176 al. 3 CC. De même, dans la mesure où elle soutient en outre que la Cour de justice aurait arbitrairement omis de prendre en compte un nombre considérable d'éléments pourtant déterminants pour l'appréciation de l'intérêt de son fils, en particulier la manipulation dont les enfants feraient l'objet de la part de l'intimé, il s'agit là de questions de droit, à propos desquelles le moyen tiré d'un établissement arbitraire des faits tombe à faux. En ce qui concerne l'application du droit fédéral, la recourante ne démontre pas, conformément aux exigences de motivation requises (art. 106 al. 2 LTF), que l'autorité cantonale aurait manifestement commis un excès ou un abus de son pouvoir d'appréciation, mais tente substituer sa propre appréciation de l'intérêt de l'enfant à celle effectuée par la juridiction précédente. Elle soutient en substance que les juges précédents auraient dû privilégier le statu quo et ne pas modifier l'attribution de la garde de son fils sur mesures provisoires alors que les résultats de l'expertise psychiatrique familiale devraient être connus d'ici peu; ce d'autant plus que depuis juin 2015, toutes les décisions intervenues dans le cadre de la séparation des époux, et en particulier l'ordonnance de mesures provisionnelles rendue par le Tribunal le 22 février 2018, ont toujours strictement préconisé que la garde des enfants lui soit confiée. La recourante relève en outre que, contrairement à l'intimé, sur lequel pèsent de forts soupçons de manipulation et d'aliénation parentale, elle s'est toujours efforcée de maintenir les rapports entre le père et ses enfants. Selon elle, l'autorité cantonale ne pouvait se fier uniquement aux déclarations d'un enfant de 9 ans - qu'elle n'a du reste pas entendu elle-même -, qui plus est lorsque les différents professionnels de la santé, et en particulier le SPMi, ont de manière répétée fait part de leurs soupçons de manipulation des enfants par leur père. Contrairement à ce que soutient la recourante, l'autorité cantonale n'a pas tenu pour décisif le seul avis de l'enfant, mais a pris en compte, parmi d'autres éléments, le souhait de celui-ci, et ce quand bien même il pouvait de prime abord sembler prématuré de modifier son mode de garde avant que l'expertise familiale soit rendue. Les juges précédents ont en effet considéré que les propos de l'enfant, le ressenti qu'il avait exprimé et son souhait de vivre auprès de son père et de sa soeur avaient été constants d'août 2016 à décembre 2017, période durant laquelle son état s'était péjoré au point que sa pédiatre avait constaté qu'il présentait des signes de dépression infantile et les intervenants scolaire, une détresse mentale. Dans ces conditions, la Cour de justice ne saurait se voir reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire dans son appréciation du bien de l'enfant et d'avoir privilégié le souhait de celui-ci, ainsi que la réunification de la fratrie (cf. notamment INGEBORG SCHWENZER/MICHELLE COTTIER, in Commentaire bâlois, 5e éd., 2014, n° 5 ad art. 298 CC), sur le maintien de la situation présente, laquelle n'avait conduit qu'à une détérioration de son état psychique. Dans la mesure où la recourante soutient par ailleurs que cette décision contredit toutes celles intervenues dans le dossier depuis près de trois ans, notamment les décisions prises par le juge de première instance, qui est le seul à avoir entendu non seulement les parties à plusieurs reprises, mais aussi les enfants, sa critique est vaine. En effet, on ne saurait reprocher à l'autorité cantonale de s'être arbitrairement écartée de précédentes décisions qui, bien que concernant les parties, n'en ont pas moins été rendues dans des procédures distinctes de la présente procédure de modification de mesures protectrices de l'union conjugale et qui, par conséquent, ne la liaient pas; il en va de même en tant que la recourante prétend, plus particulièrement, que l'arrêt querellé est en contradiction manifeste avec la situation effective retenue par le Tribunal dans son ordonnance sur nouvelles mesures provisoires du 22 février 2018. Quant aux soupçons de manipulation de la part du père, fussent-ils avérés, ils n'apparaissent en l'occurrence pas déterminants, ce d'autant que l'arrêt attaqué constate que la mère participe également au conflit de loyauté subi par les enfants (à ce sujet cf. SCHWENZER/COTTIER, op. cit., loc. cit.). Pour autant qu'il soit suffisamment motivé, le grief est ainsi infondé.