Citation: 6P.233/2006 02.03.2007 E. 3

Le recourant invoque une violation de l'interdiction de l'arbitraire consacré par l'art. 9 Cst. Il reproche à l'autorité cantonale d'avoir privilégié la version de la victime au détriment de la sienne. Il constate que les premiers juges ont considéré qu'il avait menti à plusieurs reprises sur son identité et que, partant, ses dénégations s'agissant du viol et de l'extorsion ne pouvaient être crédibles. Il reproche aux juges cantonaux de ne pas avoir porté un regard critique sur les déclarations de la victime. 3.1 Lorsque le recourant prétend que l'on voit mal en quoi le fait d'être privé de la somme modique journalière de 1 ou 2 fr. aurait amené la victime à ne pas pouvoir manger à sa faim, il ne fait qu'opposer sa propre interprétation des faits à celle retenue par l'autorité cantonale, sans aucunement démontrer en quoi l'appréciation de cette autorité et le raisonnement suivi par celle-ci et motivé par les éléments qu'elle cite serait arbitraire. Il en est de même dans la mesure où le recourant soutient qu'on comprend mal pourquoi la victime a accepté de le suivre dans son appartement, alors qu'elle avait compris lors de leur première rencontre qu'il la "draguait", que le recourant ne l'a aucunement violentée et que le seul fondement de son comportement est une peur qu'elle s'est imaginée. Son grief ne répond pas sur ces points aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ et il n'y a pas lieu de l'examiner. 3.2 Le recourant prétend qu'il y a lieu de se demander comment il a pu enlever les vêtements de sa victime, notamment son jeans par-dessus ses chaussures, en la chevauchant alors qu'elle se débattait. Selon lui, le viol était matériellement impossible. Une nouvelle fois, il ne fait qu'opposer sa propre appréciation des faits à celle de l'autorité cantonale. En effet, comme l'a relevé celle-ci, le comportement de la victime et ses réactions face à la situation sont parfaitement compréhensibles et explicables, étant donné sa personnalité et son caractère, ainsi que la peur que lui inspirait à juste titre son agresseur. Dans ces circonstances, admettre que le recourant a pu la déshabiller dans les conditions décrites par la victime n'est en rien insoutenable et le recourant ne démontre pas le contraire. 3.3 La cour cantonale a admis que les réactions de la victime, que ce soit notamment à la suite des diverses rencontres avec le recourant ou après le rapport sexuel forcé, apparaissent crédibles et compatibles avec les considérations émises par des tiers ayant été en contact avec l'intéressée, notamment le CFPS et C.________. Le recourant conteste que les premiers juges aient pu expliquer l'attitude de la victime par ses déficiences intellectuelles. Ce serait en contradiction avec les déclarations de la victime, qui aurait indiqué à la police lors de sa première audition qu'elle avait compris que le recourant la "draguait", ce qui démontrerait clairement que c'est en connaissant les intentions du recourant, et non par naïveté, qu'elle l'aurait suivi dans son studio. Cependant, le fait que la victime ait déclaré avoir compris que le recourant la "draguait" lors de leur première rencontre dans le train ne permet pas de qualifier d'insoutenable l'appréciation que les juges cantonaux ont fait de son comportement ultérieur, notamment le fait qu'elle n'ait pas perçu les intentions malsaines du recourant le jour des faits incriminés, appréciation qui s'appuie sur les constatations de professionnels. 3.4 Le recourant conteste que les premiers juges puissent tirer du fait qu'il n'a pas contesté la description faite par la victime des lieux où se serait déroulé le viol la conclusion qu'il l'a admis implicitement, alors qu'aucune photo ne figure au dossier et qu'aucune visite des lieux n'a été ordonnée. Cependant, l'appréciation de l'autorité cantonale est étayée par le fait que la victime a pu mentionner l'adresse exacte du recourant, ce qu'elle aurait dû ignorer si, comme le prétendait le recourant, il ne l'y avait pas emmenée, que le recourant a de prime abord reconnu avoir habité ce studio, avant de se rétracter, qu'il n'a jamais prétendu dans ses dénégations que la description du studio n'était pas conforme à la réalité et qu'au contraire il a souligné qu'elle était sommaire et caractéristique de tous les locatifs, admettant ainsi implicitement qu'elle était exacte. Cette appréciation n'est pas insoutenable, même en l'absence de visite des lieux ou de dossier photographique et le recourant ne démontre pas le contraire. 3.5 Le recourant prétend encore qu'on peut se demander si le viol ne s'est pas produit après le 9 octobre 2003, dans la mesure où, à cette date, la victime a consulté la Dresse B.________ qui n'aurait constaté alors aucune déchirure de l'hymen, déchirure qu'elle n'a vue que lors de la consultation du 18 mai 2004. Les simples affirmations du recourant sont contredites par le certificat médical de la Dresse B.________ du 24 août 2004, qui dit expressément qu'elle n'a fait aucun examen gynécologique le 9 octobre 2003 et qu'elle n'en a pratiqué un que le 18 mai 2004 après que sa patiente lui ai parlé du viol. Il n'y a donc pas lieu de s'y attarder. 3.6 Le recourant invoque une interprétation arbitraire de l'art. 83bis CCP/VS. En n'obligeant pas le dénommé D.________ à témoigner, alors qu'il n'était pas en droit de le refuser, le tribunal cantonal aurait fait preuve d'arbitraire et aurait empêché le recourant de faire valoir un moyen de preuve. Il reprend également le même grief en invoquant cette fois une violation de son droit d'être entendu et notamment celui de fournir des preuves. Il reproche au juge d'instruction d'avoir clôturé l'enquête sans avoir entrepris quelque démarche que ce soit en vue de procéder à l'audition du dénommé D.________ et à la cour cantonale d'avoir permis à celui-ci de ne pas s'exprimer, privant ainsi le recourant de faire valoir ses moyens de preuve.