Citation: 6B_268/2018 E. B

Par arrêt du 22 janvier 2018, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton de Genève a admis très partiellement l'appel formé par X.________. Elle l'a en conséquence reconnue coupable de dommages à la propriété d'importance mineure, l'a acquittée des chefs de menaces et de diffamation pour les faits visés sous chiffre B.IX.28 de l'acte d'accusation et a classé la procédure pour les infractions de calomnie et de diffamation pour les faits figurant sous chiffres B.IX.24 § 2 et B. IX.35 (en tant qu'ils concernent G.________) de l'acte d'accusation. Partant, X.________ a été condamnée à une peine privative de liberté de treize mois, à une peine pécuniaire de 50 jours-amende à 10 fr. l'unité et à une amende de 800 fr., la peine privative de liberté de substitution étant de huit jours. Le jugement entrepris a été confirmé pour le surplus. S'agissant des infractions encore contestées dans le cadre de la procédure de recours auprès du Tribunal fédéral, la cour cantonale a retenu ce qui suit: B.a. En date du 14 septembre 2014, à C.________, X.________ a agressé sa voisine B.________, lui causant une petite plaie avec traces de saignements à la base du quatrième doigt de la main gauche, une dermabrasion longiligne sur le cou à gauche et sur la joue droite ainsi qu'une ecchymose de cinq fois 3 cm en regard de la colonne dorsale/lombaire D12-L2. A raison de ces faits, X.________ a été condamnée pour lésions corporelles simples. B.b. Le 14 septembre 2014, X.________ a endommagé le portail de jardin de B.________ et de A.________, causant des dommages pour un montant indéterminé. A raison de ces faits, X.________ a été condamnée pour dommages à la propriété d'importance mineure. A la même date, X.________ a pénétré, vers 6h, sans droit au domicile de B.________ et A.________ et y a aspergé d'insecticide leurs chats ainsi que la pièce de vie. Elle a été reconnue coupable de violation de domicile à raison de ces faits. B.c. Entre le mois de juillet 2014 et le mois de janvier 2015, X.________ a procédé à des inscriptions au stylo indélébile dans les parties communes des immeubles sis rue de C.________ n° xxx et n° yyy, propriété de la commune de C.________, notamment sur les portes et les murs, causant des dommages pour un montant de 810 fr. 30, correspondant aux frais d'effacement. A raison de ces faits, X.________ a été condamnée pour dommages à la propriété. B.d. Dès la fin du mois d'août 2014 jusqu'au 14 septembre 2014, X.________ a régulièrement insulté B.________ dans l'allée de son immeuble ainsi que dans son jardin, la traitant de " petite pute ", de " connasse ", en lui demandant " tu veux mon cul " et en lui disant qu' " il y en avait 17 qui te sont passés dessus cette semaine ". Dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, X.________ a régulièrement insulté A.________ en le traitant de " connard ", de " toxicomane " et de " drogué ". Pour ces deux cas, X.________ a été exemptée de toute peine, B.________ et A.________ ayant admis l'avoir aussi insultée. B.e. Entre le 6 et le 7 janvier 2015 X.________ a écrit au stylo indélébile sur les murs de l'allée de l'immeuble sis rue C.________ n° yyy, ainsi que sur la porte palière de l'appartement de D.________ et de E.________, la mention " M.________ ". Elle a été reconnue coupable d'injure à raison de ces faits. A la même date et aux mêmes endroits, elle a également écrit, toujours au stylo indélébile, des propos qu'elle savait faux, accusant notamment D.________ et E.________ de se livrer au proxénétisme, à la " traite humaine ", indiquant également que les enfants D.________ étaient sur place pour prostitution. Pour ces faits, X.________ a été reconnue coupable de calomnie. B.f. Entre le mois de janvier 2013 et le mois de janvier 2015, X.________ a: - appelé par téléphone F.________ pour l'insulter en la traitant notamment de " saloperie de pute "; - écrit par SMS ou courriel à G.________ que F.________ était notamment une " salope " et une " pute de merde ". X.________ a été condamnée pour injure à raison de ces faits. B.g. Le 16 janvier 2015, X.________ a injurié L.________, gendarme intervenu chez elle en raison d'une fuite d'eau, en le traitant de " connard " et en lui disant qu'il avait des liens étroits avec des proxénètes. X.________ a été condamnée pour injure à raison de ces faits. B.h. En date du 26 mai 2015, l'Office des poursuites de N.________ a émis un commandement de payer à l'encontre de D.________, à la suite d'une réquisition de poursuite de X.________, pour un montant de 500'000 fr., soit 25'000 fr. par an jusqu'à la retraite de celle-ci, intentée dans le but de forcer D.________ à lui verser cet argent. Le motif de la poursuite, qu'elle savait être mensonger, était " perte d'activité indépendante suite à calomnie. Monsieur D.________ se nomme représentant de la commune de C.________, O.________ Sàrl ". D.________ ne s'est pas laissé intimider et n'a pas procédé au paiement requis. X.________ a été reconnue coupable de tentative de contrainte à raison de ces faits. B.i. En date du 18 novembre 2014, X.________ a dénoncé D.________ auprès du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: TPAE), en alléguant qu'il exerçait la prostitution à son domicile en présence de ses enfants. Une évaluation a été ordonnée par le TPAE qui a chargé le Service de protection des mineurs (ci-après: SPMi) de son exécution. X.________ a été condamnée pour dénonciation calomnieuse à raison de ces faits. B.j. X.________ a, à N.________, entre mai 2014 et janvier 2015, adressé de nombreux SMS à D.________ et E.________, notamment sur le fait qu'ils s'adonnaient à la prostitution, au proxénétisme, qu'ils étaient des pédophiles et qu'ils utilisaient leurs enfants en tant que prostitués. Pour ces faits, X.________ a été condamnée pour injure. B.k. X.________ a affiché un message qu'elle savait faux sur le portail de l'immeuble sis rue de C.________ n° yyy, adressé à D.________ et E.________, contenant également des propos attentatoires à l'honneur, notamment qu'ils violaient le domicile de X.________ et qu'ils vivaient dans un lupanar. X.________ a été reconnue coupable de calomnie à raison de ces faits. B.l. Entre les mois de juillet et de décembre 2014, X.________ a publié sur différents comptes Twitter, accessibles à tous les internautes en Suisse, des messages au sujet de F.________ indiquant notamment qu'elle vendait ses charmes, qu'elle agissait en tant que proxénète, qu'elle calomniait les prostituées et les concurrents et qu'elle comblait tous les copains de son compagnon. Pour ces faits, X.________ a été reconnue coupable de diffamation, F.________ évoluant dans le domaine de la prostitution. B.m. A une date indéterminée mais au moins depuis le 27 novembre 2014, X.________ a publié sur Twitter, et donc rendu public, de nombreux propos qu'elle savait être faux à l'encontre de D.________, l'accusant notamment de promouvoir la pédophilie et de prostituer ses propres enfants. Pour ces faits, X.________ a été reconnue coupable de calomnie. B.n. Dans le courant du mois de juin 2015, X.________ a publié sur un blog, accessible à de nombreux internautes en Suisse, de nombreux propos qu'elle savait faux à l'encontre de D.________ et de L.________, les accusant notamment de " sodomiser des enfants de sexe masculin ". Pour ces faits, X.________ a été reconnue coupable de calomnie. B.o. En date du 2 août 2015, X.________ a publié sur le site de la Tribune de N.________, dans les commentaires, un message qu'elle savait faux au nom de G.________ à l'encontre de L.________, l'accusant d'abus sexuels. Elle a été reconnue coupable de calomnie. B.p. Durant une période indéterminée, mais en particulier le 27 octobre 2015, X.________ a publié sur Twitter et sur un blog, accessibles à tous les internautes en Suisse, des propos, qu'elle savait faux, relatant que " trois flics " de C.________ étaient notamment des proxénètes, des pédophiles et qu'ils falsifiaient des rapports. Elle a été reconnue coupable de calomnie. B.q. A une date indéterminée, mais en particulier du 27 octobre 2015 au mois de décembre 2015, X.________ a publié sur un blog accessible à tous les internautes en Suisse des propos, qu'elle savait faux, où il était fait référence à un " pompier de la commune de C.________ " d'être un proxénète et de prostituer des enfants. Sachant la fausseté de ses allégations, elle a accusé D.________ des mêmes propos sur un autre blog accessible à tous les internautes en Suisse, à une date indéterminée, mais en particulier au mois de janvier 2016. Pour ces faits, X.________ a été reconnue coupable de calomnie. B.r. Durant une période indéterminée, mais en particulier au mois de janvier et février 2016, X.________ a publié sur un compte Twitter et sur un blog, accessibles à tous les internautes en Suisse, un texte accusant notamment trois " flics " de la police cantonale de C.________ d'autoriser les abus sexuels, de voler des dealers, de faire des rapports mensongers, de faire commerce du viol d'enfants, d'être des pédophiles, ainsi qu'indiquant que G.________ exploitait des jeunes femmes et était un proxénète, propos qu'elle savait faux. Pour ces faits, X.________ a été reconnue coupable de calomnie (L.________) et diffamation (G.________, celui-ci évoluant dans le milieu de la prostitution). B.s. A une date indéterminée, mais en particulier entre les mois d'avril et septembre 2016, X.________ a accusé E.________, G.________ et D.________, au moyen d'un compte Twitter accessible à tous les internautes en Suisse, d'être des proxénètes et d'exploiter sexuellement des filles et enfants, propos qu'elle savait faux. Pour ces faits, X.________ a été reconnue coupable de calomnie à l'encontre de E.________ et D.________. La procédure a été classée s'agissant des faits concernant G.________. B.t. Pendant une période indéterminée, mais à tout le moins le 16 janvier 2015, X.________ s'est livrée à la prostitution, en effectuant des séances de sadomasochisme d'une heure pour la somme de 300 fr., sans pour autant être inscrite au registre cantonal ad hoc. X.________ a été reconnue coupable d'exercice illicite de la prostitution.