Citation: 5A_205/2020 E. 1

Sur le fond, l'autorité cantonale a retenu que les parties - propriétaires communs de la villa (art. 652 al. 1 CC) - avaient admis constituer une société simple selon les art. 530 ss CO. Comme les règles de celle-ci ne prévoient pas de disposition particulière sur l'occupation, par l'un ou l'autre des associés de l'immeuble dont ils sont propriétaires, il faut déterminer leur volonté à cet égard (art. 18 al. 1 CO). En l'occurrence, il n'est pas contesté que le recourant s'est installé dans la villa avec sa famille en 2015 avec le consentement de l'intimée et que le paiement d'un loyer n'avait pas été stipulé à l'époque, parce que les intéressés avaient prévu que le recourant " rachèterait la part de l'intimée "; cette opération n'a finalement pas abouti, les parties n'ayant pas réussi à se mettre d'accord sur le prix. La gratuité de la mise à disposition n'a pas été révoquée par l'intimée à la suite de l'absence de conclusion de cet accord en octobre 2015, ni même pendant la durée des négociations; contrairement à l'opinion du premier juge, l'intimée n'a pas " adressé plusieurs courriers aux époux A.________ entre 2015 et 2019 pour s'opposer à l'occupation à titre gratuit de la villa ". Les manifestations de volonté résultant des pièces du dossier ne sont en définitive pas suffisamment claires pour admettre que l'intimée a signifié au recourant son intention de remettre en question l'accord initial et de lui réclamer un loyer pour l'occupation de la maison. Cette situation s'est toutefois modifiée à la suite du dépôt par l'intimée, le 2 novembre 2018, d'une demande en partage et en paiement devant les tribunaux vaudois, dans laquelle est réclamée une indemnité pour l'occupation de la villa par le recourant et/ou sa famille. Dès novembre 2018, le recourant ne pouvait dès lors plus se croire fondé à occuper gratuitement la villa; ce comportement a vraisemblablement causé un dommage à l'intimée, qui n'a pas eu la possibilité de réaliser un revenu en louant la villa à un tiers. La créance en dommages-intérêts, qui couvre la période du 3 novembre 2018 au 7 mars 2019, peut être fixée à 5'687 fr. par mois ( i.e. la moitié du loyer mensuel [11'375 fr.] correspondant au loyer annuel fixé par expertise [136'500 fr.]), à savoir 28'435 fr. au total, plus intérêts à 5% l'an dès la date moyenne du 31 décembre 2018. Il s'ensuit que l'ordonnance de séquestre doit être maintenue dans cette mesure et le séquestre levé pour le surplus.