Citation: 1A.64/2004 27.04.2004 E. 7

Selon les recourants, les faits poursuivis en Russie seraient de nature fiscale et monétaire, ce qui exclurait l'octroi de l'entraide au regard de l'art. 3 al. 2 (recte: al. 3) EIMP. A ce propos, les recourants exposent que le montant de 500'000 USD viré le 7 mai 1998 est sans rapport avec le bénéfice escompté de la vente de 80 véhicules de marque XX.________. Ils en déduisent que ce montant ne proviendrait pas du vol d'automobiles pour lequel l'entraide est demandée, mais constituerait l'équivalent de montants convertis en dollars américains en élusion de la réglementation russe sur les devises étrangères. Cette argumentation n'est pas décisive. Il est sans doute possible que le montant de 500'000 USD corresponde, pour une partie, à d'autres produits que ceux de la revente des véhicules volés. Il est aussi possible que Z.________ ait accumulé des montants provenant de diverses sources, qu'elle aurait collectées avant d'en virer l'équivalent en dollars sur le compte de R.________. Mais il s'agit là de questions de fait, encore obscures, que la demande d'entraide a précisément pour but d'éclaircir. Les conjectures que font les recourants à ce propos ne permettent pas de résoudre la question qui se pose à l'autorité de poursuite étrangère. Il n'appartient pas au juge de l'entraide de refuser celle-ci sur la base de suppositions. Pour le surplus, le Ministère public a pris la précaution, dans la décision attaquée, de rappeler le principe de la spécialité, ce qui exclut l'utilisation des informations transmises par la Suisse pour la répression des délits visés à l'art. 3 al. 3 EIMP, dont le délit fiscal et monétaire. Cela devrait suffire pour prévenir le risque évoqué par les recourants.