Citation: 5A_10/2021 E. 3.3.3

3.3.3. En l'espèce, s'agissant des flux financiers précités, par son argumentation, la recourante n'attaque pas la constatation selon laquelle, tout au long de la relation bancaire, l'intimé n° 2 a versé à l'intimée n° 1, soit directement soit indirectement, le montant de 118'000'000 USD et que, sur cette somme, 54'000'000 USD ont été remboursés, de sorte que 64'000'000 USD sont restés acquis à l'intimée n° 1. En outre, pour attaquer la constatation selon laquelle elle n'a pas démontré la vraisemblance de transferts non seulement importants mais aussi réguliers de bénéfices de l'intimée n° 1 à l'intimé n° 2, elle ne fait que de se prévaloir d'un unique versement de 3,7 millions USD. Des écritures des intimés que la recourante cite, il ne ressort pas le contraire. En particulier, l'intimée n° 1 n'évoque que des remboursements complets ou partiels, et ce uniquement en cas de situation économique favorable. Il en découle que, par son argumentation, la recourante ne démontre en rien l'arbitraire dans la constatation des faits pertinents relatifs aux flux financiers entre les intimés qui ont permis à l'autorité cantonale de nier l'abus de droit en tant que ces flux n'ont, dans leur globalité, pas porté préjudice à l'intimée n° 1. S'agissant de la garantie bancaire, aucun élément relatif à la qualification de celle-ci ne ressort des pièces invoquées par la recourante et, dans tous les cas, on ne saisit pas la portée de ses explications quant à la démonstration de l'arbitraire de la constatation de l'autorité cantonale, seule pertinente, selon laquelle cette garantie de 3'000'000 USD en sa faveur provenait du compte personnel de l'intimé n° 2, de sorte qu'il existait bien deux personnalités juridiques distinctes et que l'implication financière de l'intimé n° 2 dans sa société s'est faite en faveur de la recourante. Pour ce qui est de la pièce n° 6 produite par l'intimée n° 1, il n'en ressort aucun engagement de l'intimé n° 2 que celui-ci continuerait de financer de manière illimitée les appels de marge reçus par l'intimée n° 1. Cette pièce ne démontre donc pas l'arbitraire de la constatation de l'autorité cantonale selon laquelle la recourante n'avait reçu aucune garantie de l'intimé n° 2 à cet égard, ce qu'il lui aurait appartenu de faire précisément en fonction des informations reçues si elle entendait pouvoir également bénéficier du patrimoine de l'intimé n° 2, distinct de celui de l'intimée n° 1. Enfin, si l'incapacité de la société de payer ses dettes n'est pas suffisante pour appliquer le principe de la transparence, le fait qu'elle ne soit pas insolvable paraît l'être d'autant moins. On ne saisit pas la pertinence qu'entend tirer la recourante de cet argument pour démontrer un abus de droit. Il suit de là que le grief d'arbitraire dans l'établissement des faits doit être rejeté, ce qui entraîne celui de son grief suivant en tant que la recourante se fonde sur des faits dont elle ne démontre pas l'établissement arbitraire (recours 3.3.2 let. a).