Citation: 7B_65/2023 E. 10.3.3

10.3.3. S'agissant du dommage, les recourants soutiennent qu'ils auraient subi une perte économique sur les biens séquestrés durant près de neuf ans; cette perte ne serait pas inférieure à un taux d'intérêt de 5 % par an. La Cour des plaintes a considéré que les recourants ne prétendaient pas que le MPC aurait violé son devoir de diligence dans la gestion des avoirs bancaires séquestrés; ce devoir résultait de l'ordonnance du 3 décembre 2010 sur le placement des valeurs patrimoniales séquestrées (RS 312.057). Les recourants ne se plaignaient pas non plus du fait que le MPC aurait indûment refusé une proposition de placement ou de modification de leur part durant la procédure et leur aurait ainsi causé un préjudice. Sur la base de ces constatations, la juridiction précédente a estimé que les fonds avaient été gérés correctement et de manière sûre - leur valeur étant préservée -, même si un rendement plus élevé aurait pu être obtenu. Une prétention fondée sur des rendements hypothétiques qui n'étaient pas objectivement démontrables - qu'elle soit fondée sur l'indice de performance suisse ou sur un taux de 5 % - ne pouvait pas donner lieu à une indemnisation. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. En effet, les recourants se contentent d'allégations toutes générales sur les rendements qui auraient pu être obtenus des actifs séquestrés; ils font ainsi appel au "simple bon sens" s'agissant du gain qui aurait pu être réalisé ou au fait qu'il ne serait "pas hors de propos" de considérer que la perte économique s'élève à un taux annuel de 5 % ou encore qu'il serait "inconcevable" qu'ils soient privés "de toute compensation même minimale". Ce faisant, les recourants s'en tiennent à de simples affirmations non étayées. Celles-ci ne sont pas propre à démontrer que la juridiction précédente aurait violé le droit en qualifiant d'hypothétiques les rendements invoqués et en considérant qu'ils n'avaient pas établi leur dommage effectif. En particulier, les recourants ne remettent pas en cause la gestion diligente de leurs avoirs par le MPC; de même, pas plus que devant l'instance précédente, ils ne se réfèrent à des éléments précis dont il résulterait que le MPC n'aurait pas donné suite à des propositions de gestion, occasionnant ainsi un dommage. Les recourants concèdent d'ailleurs que les actifs séquestrés ont été rendus à leurs propriétaires.