Citation: 4P.117/2002 31.10.2002 E. 3

3.1 Dans un second grief, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir appliqué arbitrairement le droit cantonal, soit l'art. 186 al. 1 de la loi de procédure civile genevoise (LPC/GE). 3.2 L'art. 186 LPC/GE traite du fardeau de la preuve. Selon son alinéa 1, la partie qui allègue un fait, que ce soit pour en déduire son droit ou sa libération, doit le prouver, à moins que l'autre partie ne déclare l'admettre ou que la loi permette de le tenir pour avéré. Le principe est le même que celui énoncé à l'art. 8 CC (cf. arrêt 4C.439/1995 du 28 juin 1996, consid. 5c, reproduit in SJ 1997, p. 52 ss; Bertossa/Gaillard/Guyet, Commentaire de la loi de procédure civile genevoise, tome II, n. 1 ad art. 186). Sous réserve d'une règle spéciale, l'art. 8 CC répartit le fardeau de la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c p. 223) pour toutes les prétentions fondées sur le droit privé fédéral (ATF 124 III 134 consid. 2b/bb p. 143) et détermine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les conséquences d'un échec de la preuve (ATF 125 III 78 consid. 3b p. 79). La présente espèce met en jeu des prétentions découlant d'un contrat, régi par le droit des obligations, donc par le droit civil fédéral. C'est dire que le droit à la contre-preuve de la recourante relève exclusivement de l'art. 8 CC et que l'art. 186 al. 1 LPC/GE n'a aucune portée propre en l'occurrence, vu le principe de la primauté du droit fédéral consacré à l'art. 49 al. 1 Cst. La violation de l'art. 8 CC est un moyen qui doit être soulevé dans un recours en réforme (ATF 125 III 78 consid. 3b; 124 III 134 consid. 2b/bb p. 143; 123 III 35 consid. 2d). Par le détour de l'art. 186 al. 1 LPC/GE invoqué à la place de l'art. 8 CC, la recourante ne saurait critiquer la répartition du fardeau de la preuve telle qu'opérée en instance cantonale par la voie du recours de droit public, dont la nature subsidiaire résulte de l'art. 84 al. 2 OJ. Le second grief est irrecevable.