Citation: I 692/00 29.01.2002 E. 3

3.- a) Le recourant soutient encore que, d'une part, la commission de recours a commis un excès de son pouvoir d'examen. Si le juge n'a pas la possibilité de contraindre l'administration à réexaminer une décision manifestement inexacte, il n'est pas non plus habilité, en l'absence d'une disposition idoine, à lui imposer les modalités d'un tel réexamen, soit de lui prescrire de donner un effet rétroactif à la reconsidération. D'autre part, il prétend que lorsque le motif de la reconsidération relève du domaine de l'AVS, l'administration demeure libre de fixer l'effet dans le temps qu'elle entend donner à une telle reconsidération. b) Le Tribunal fédéral des assurances avait jadis laissé ouverte la question de savoir si l'art. 77 RAVS - auquel renvoie l'art. 85 al. 1 RAI - confère à l'assuré le droit d'exiger la reconsidération d'une décision entrée en force (ATF 119 V 187 consid. 4a). Par la suite il a considéré qu'en vertu de l'art. 77 RAVS, l'assuré bénéficie d'un droit, qu'il peut invoquer en justice, à la rectification d'une décision formellement passée en force de chose jugée; toutefois, ce droit ne vise pas le réexamen de la décision administrative dans son ensemble, mais permet simplement à l'assuré d'obtenir la rectification - sur le plan mathématique - d'une décision de rente entrée en force, sans que l'administration soit liée par les conditions spécifiques de la révision ou de la reconsidération (ATF 124 V 325 consid. 2c). Dans un arrêt ultérieur (VSI 2001 p. 87, spéc. p. 91 consid. 2d), la Cour de céans a précisé que le droit de l'assuré, fondé sur l'art. 85 al. 1 RAI, à la correction d'une décision implique également celui d'obtenir que la rectification porte effet rétroactif (ex tunc). c) Il n'y a pas lieu de s'écarter de cette solution dans le cas d'espèce. Comme l'administration avait estimé à tort, en 1995, que la condition d'assurance n'était pas remplie le 11 janvier 1994, c'est à juste titre que les premiers juges ont invité l'office recourant à servir la rente d'invalidité à dater du 1er janvier 1994, soit à partir du moment où cette prestation aurait dû être versée à son bénéficiaire si l'erreur n'avait pas été commise.