Citation: 1P.476/2004 23.09.2004 E. A

X.________, né le 25 février 1946, et Y.________ se sont mariés en 1969. Cinq filles sont nées de cette union: A.________, le 14 avril 1971, B.________, le 3 janvier 1974, C.________ et D.________, le 26 mars 1979 et E.________, le 24 juin 1981. Le couple s'est séparé en 2000. X.________ s'est remarié avec F.________, née le 26 juin 1970. Deux enfants sont nés de cette union: G.________, le 23 août 2001 et H.________, le 23 juin 2002. F.________ a eu une fille de son premier mariage, I.________, née le 14 juillet 1997. X.________ exploite un restaurant, une entreprise de terrassement et un élevage de chiens. Il a été membre de la Municipalité de sa commune de 1989 à 1993 et syndic de 1993 à 1996, ainsi que juge laïc au Tribunal d'arrondissement, depuis 1992. En mai 2004, la police de sûreté du canton de Vaud a eu vent de soupçons selon lesquels X.________ aurait abusé sexuellement de ses filles. Le 22 juin 2004, B.________ a déclaré à la police que son père l'avait forcée à entretenir des relations sexuelles avec lui entre l'automne 1987 et le printemps 1988. Elle a décrit son père comme un obsédé sexuel et une personne extrêmement violente, agressive et menaçante, autoritaire et égoïste. Lors de son audition du 2 août 2004, B.________ a évoqué cinq viols. A.________ a fait état de cinq viols commis entre 1984 et 1987. Elle a dit craindre pour sa vie et celle de ses soeurs pour le cas où son père, qu'elle a décrit comme une personne très autoritaire, saurait qu'il avait été dénoncé. Lors de son audition du 30 juillet 2004, A.________ a évoqué avoir dû subir dix relations sexuelles complètes. E.________ a indiqué que son père s'était glissé dans son lit un jour à l'époque de ses dix ans. Il l'observait sous la douche et aux toilettes, déambulait nu et jouait avec son membre devant ses filles, se vantait de ses conquêtes et ne parlait que de sexe. Entendu le 28 juin 2004, X.________ a reconnu être porté sur le sexe, d'avoir eu beaucoup d'aventures, principalement avec des femmes mariées et des prostituées. Il a admis avoir caressé la poitrine et le vagin de ses filles A.________ et B.________, pour les initier, et les avoir pris dans son lit en l'absence de leur mère. Le 29 juin 2004, il a confirmé avoir entretenu des relations sexuelles complètes avec sa fille B.________, à deux ou trois reprises, alors qu'elle avait quatorze ou quinze ans. Il en avait fait de même avec A.________, alors qu'elle avait le même âge. Il avait agi ainsi uniquement pour l'éducation sexuelle de ses filles, et non pour satisfaire un plaisir personnel. X.________ a maintenu ses déclarations et contesté les accusations portées contre lui par E.________, selon lui manipulée par sa soeur B.________. Entendue comme témoin, J.________, aide-soignante, a indiqué qu'au mois de mai 2003, I.________ lui avait dit "qu'il(s) venai(en)t la nuit dans son lit", sans discerner si elle parlait de X.________ ou également de sa mère. Elle a confirmé que X.________ était un homme violent, qui avait menacé de mort ses filles et son ex-épouse en leur disant: "J'ai le fusil dans la voiture et vous n'avez pas intérêt à me croiser". Le 14 juillet 2004, J.________ a relaté les confidences que lui avait faites E.________, qui aurait été à plusieurs fois victime d'attouchements de la part de son père. K._______ a également relaté avoir reçu de telles confidences de E.________. C.________ et D.________, tout en confirmant le caractère violent et obsédé de leur père, ont indiqué ne pas avoir eu à subir d'actes incestueux de sa part. Le 28 juin 2004, le Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois a inculpé X.________ de voies de fait, d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, de contrainte sexuelle, de viol, d'inceste et de violation du devoir d'assistance ou d'éducation, et ordonné son incarcération immédiate à la prison de La Croisée à Orbe. Entendue comme témoin le 12 juillet 2004, L.________ a indiqué que plusieurs personnes de la région soupçonnaient X.________ d'attouchements sexuels sur I.________. Elle a confirmé la peur qu'inspirait X.________ aux gens de la région. Elle craignait que le jour de sa sortie de prison, il ne "fasse le ménage autour de lui" et mette fin à ses jours. M.________, médecin à Château-d'Oex, qui a soigné E.________, a déclaré qu'une fille de la famille qui tenait à garder l'anonymat, lui avait dit être terrorisée à l'idée que son père ressorte de prison. D.________ a exprimé cette terreur, lors de son audition du 23 juillet 2004, ainsi que B.________, lors de son audition du 30 juillet 2004. Le 12 juillet 2004, X.________ a demandé sa libération provisoire. Le Juge d'instruction a rejeté cette requête le 19 juillet suivant. Le 19 août 2004, le Tribunal d'accusation du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté le recours formé contre cette décision qu'il a confirmée. Il a retenu, en bref, que l'enquête n'était pas terminée, que des investigations devaient encore être faites pour vérifier certains soupçons, qu'une expertise psychiatrique était en cours et qu'il existait un risque que le prévenu libéré use de la crainte ou de la violence pour exercer des pressions sur les victimes.