Citation: 6B_1078/2014 E. 2.1

2.1. A supposer que le recourant ait réellement pu prétendre à la rémunération forfaitaire alléguée, il suffit de relever qu'au moment du prélèvement de 180'000 euros du 28 octobre 2003, il ne pouvait faire valoir une créance au moins équivalente au prélèvement. A cet égard, le recourant a admis avoir déjà perçu une " avance sur honoraires " de 10'000 euros de B.________ (arrêt entrepris, consid. i.g.d), de sorte qu'il n'aurait pu prétendre qu'à 10'000 euros et non 20'000 euros de " frais de prise en charge ". Par ailleurs, le recourant effectue le calcul de ses prétentions au 7 avril 2005. Son dessein d'enrichissement doit cependant être examiné au moment des prélèvements dont il a bénéficié, soit, pour les 180'000 euros, au 28 octobre 2003. A cette date, à supposer entré en force un accord de rémunération mensuel avec B.________, ce ne sont pas 19,3 mois à 7700 euros mais tout au plus 2 mois qui pouvaient entrer en considération en plus des deux mois initiaux à 30'500 euros. Les prétentions du recourant se seraient ainsi, tout au plus, élevées à 86'400 euros au moment déterminant. Cela étant, le prélèvement de 180'000 euros, sans aucune mesure avec d'éventuelles créances du recourant, ne peut en aucun cas être justifié, même au plan subjectif, par les prétentions invoquées. Il n'en irait pas différemment même s'il fallait admettre le droit du recourant à 20% de 219'000 euros (affaire xxx) dès lors qu'il n'est pas établi que ces fonds avaient effectivement été récupérés avant le 28 octobre 2003 (v. infra, même consid., in fine). Par la suite, le recourant a encore admis avoir bénéficié d'un chèque de 60'000 euros au mois de février 2004 (chèque " O.________ "). Hormis le fait que le précédent prélèvement déjà n'était pas couvert par des prétentions, cette nouvelle ponction ne pouvait, elle non plus, pas être justifiée par les 7700 euros mensuels allégués par le recourant, qui n'en représentaient guère que la moitié. Il s'ensuit que les prétentions alléguées par le recourant, loin de justifier les prélèvements opérés au moment où ils l'ont été, n'apparaissent guère que comme des justifications fournies a posteriori; elles n'excluent donc pas le dessein d'enrichissement au moment des prélèvements. De surcroît, selon les documents figurant au dossier, invoqués par le recourant, le budget de 30'500 euros par mois (deux premiers mois) " p[ouvai]t être pris sur le premier remboursement ou avec votre accord être intégralement payé par P.________ et/ou Q.________ dans le cadre des sommes qu'ils ont perçues indûment " (dossier cantonal, pièce 60'068; Plan d'action). Or, on ignore même si ce document incomplet, qui ne porte qu'un paraphe en marges du paragraphe consacré à l'affectation des remboursements (20% - 80%), consacre réellement un accord quant au financement des " coûts de fonctionnement ". De manière plus générale, les pièces produites par le recourant, et notamment le fait qu'il disposât d'une abondante documentation relative à des affaires de B.________, peuvent certes suggérer l'existence d'un accord portant sur le recouvrement des créances de B.________ à l'égard de P.________, Q.________, I.________et J.________, mais n'établissent pas concrètement les démarches réalisées par le recourant. A cet égard, le rapport d'exécution de mission déposé à l'audience du 23 mai 2006 a été établi postérieurement à l'arrestation du recourant et ne contient presqu'aucune indication temporelle précise. Les prétentions que le recourant y invoque ne sont, pour l'essentiel, pas motivées ou, du moins, très peu étayées. A titre d'exemple, le recourant invoque une somme de 35'000 USD due au dénommé K.________. Ce montant figure dans le contrat sous la rubrique " retainer fee " [...] payable upon signature " sous un chiffre 4 précisant: " In the event that Finder's [K.________] efforts result in a consummated Transaction with a Target introduced by Finder to the Company, the Company shall pay the Finder the following fees ". Ce texte suggère ainsi clairement, nonobstant l'intitulé " retainer fee " que ces honoraires " de retenue " ne seraient dus qu'à la signature d'un engagement ultérieur par un investisseur amené par le dénommé K.________. On ne comprend donc pas sans peine comment une facture du même montant aurait pu être établie par le cocontractant du recourant le jour-même de la signature du contrat avec ce dernier (dossier cantonal, pièces 50'236 et 50'237). Toujours dans le document intitulé " Rapport d'exécution de mission ", le recourant invoque une prétention de 30% de 219'000 euros récupérés auprès de xxx, cependant que le Protocole d'accord du 2 juillet 2003 ne fait état que d'un pourcentage de 20% des créances recouvrées (dossier cantonal, pièce 50'047). Par ailleurs, comme l'a relevé à juste titre la cour cantonale, le protocole d'accord faisant état d'un droit à 30% des profits résultant des opérations financières affectées à ces projets, est daté du 28 juin 2003 et est ainsi antérieur aux textes précités du 2 juillet 2003. On ne saurait donc reprocher à la cour cantonale d'avoir jugé qu'il était douteux que ce document ait pu régir les relations du recourant avec B.________ (dossier cantonal, pièce 60'033). Le recourant n'allègue, quoi qu'il en soit, ni sur quel compte les 219'000 euros auraient été versés, ni qu'ils l'auraient été avant le 28 octobre 2003, date à laquelle il a bénéficié du chèque de 180'000 euros tiré en faveur de la Caisse H.________, ou même avant fin février 2004 (date d'émission du chèque en faveur de " O.________ "). Il n'était, partant, pas insoutenable non plus de ne pas retenir que la restitution de ces fonds était consécutive aux efforts du recourant et, tout au moins qu'une éventuelle créance en résultant n'excluait, de toute manière, pas le dessein d'enrichissement illégitime.