Citation: 9C_420/2023 E. 6.2.3

6.2.3. En l'occurrence, en tant que la recourante se prévaut de la théorie du bénéficiaire direct, elle omet que cette théorie ne trouve pas application en matière d'impôts directs (supra consid. 6.2.1). La recourante se prévaut par ailleurs en vain de l'arrêt 2C_449/2017 du 26 février 2019. Premièrement, dans cet arrêt, il était question de dépenses privées dont il était établi que le directeur se les était faites payer en plus de son salaire, tout en tentant de les faire passer pour des dépenses économiquement justifiées du point de vue de la société. Or en l'espèce, la majeure partie des avantages appréciables en argent accordés par la Société durant les périodes fiscales 2012 à 2015 proviennent non pas de dépenses privées du père de la recourante, mais de chiffres d'affaires non déclarés (soit, en 2012: 3'521 fr. de "ristournes fournisseurs"; en 2013: 3'415 fr. de "ristournes fournisseurs" et 77'023 fr. d'insuffisance de marge; en 2014: 167'395 fr. d'insuffisance de marge et en 2015: 2'929 fr. de "ristournes fournisseurs" et 92'217 fr. d'insuffisance de marge). Il n'est en outre pas établi ni allégué que c'est le père de la recourante qui aurait bénéficié seul de ces montants correspondants (auquel cas la théorie du triangle serait applicable). Les avantages appréciables en argent correspondants doivent donc être directement attribués à la recourante, titulaire des parts sociales de la Société, sans qu'il soit nécessaire de recourir à la théorie du triangle. S'agissant des dépenses privées de C.A.________ qui ont été prises en charge par la Société, à savoir 31'540 fr. en 2012 et 3'540 fr. en 2015 (arrêt attaqué p. 3), il n'y a pas d'élément suffisant qui permette de retenir qu'elles ne représenteraient pas aussi des avantages appréciables en argent trouvant leur fondement juridique dans le rapport de participation de la recourante. En effet, rien n'indique que le père de la recourante ait abusé seul de sa situation dans la Société pour faire passer ces dépenses privées comme des dépenses justifiées commercialement (cf. arrêt 2C_857/2020 du 1er février 2021 consid. 4.5), alors que la recourante était présidente de la Société et titulaire de la signature individuelle et qu'elle a été impliquée dans la gestion de la Société. À cela s'ajoute qu'il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que la Société aurait réclamé le remboursement de ces avantages au père de la recourante. Comme il n'est au surplus pas contesté que la recourante détenait ces parts dans sa fortune privée, la théorie du triangle est applicable s'agissant de ces dépenses privées de C.A.________, avec pour conséquence que les reprises correspondantes doivent aussi être effectuées dans le chef de la recourante.