Citation: 5A_967/2023 E. 7.3

7.3. En ce qui concerne la question de savoir si l'on peut raisonnablement exiger de la recourante qu'elle exerce une activité lucrative, cette dernière reproche à tort à la Chambre civile d'avoir insuffisamment tenu compte de ses problèmes de santé actuels. La Chambre civile a en effet fait état des problèmes de santé rencontrés par la recourante, du fait qu'elle avait subi plusieurs interventions chirurgicales et qu'elle avait perdu partiellement ses capacités auditives. Elle a toutefois également constaté que la recourante n'avait produit aucun certificat faisant état d'une incapacité de travailler ni produit de pièces permettant de démontrer qu'elle avait accompli des démarches en vue d'obtenir des prestations de l'assurance invalidité autre que le remboursement d'appareils auditifs. La recourante ne conteste aucunement ce point, de sorte que son grief à cet égard est insuffisamment motivé. La recourante reproche en revanche à juste titre à la Chambre civile d'avoir estimé qu'il pouvait être attendu d'elle qu'elle étende ses recherches d'emploi aux domaines social et culturel sans tenir compte de l'obsolescence de ses connaissances dans ces domaines, ses diplômes datant respectivement de 1997 et 2002. L'autorité cantonale a en effet uniquement constaté qu'elle avait travaillé dans ces domaines avant la naissance de ses enfants, sans préciser la durée de ces emplois ni la nature de son activité. Elle n'a également fait état d'aucune formation continue et a retenu que la recourante n'avait plus exercé aucune activité professionnelles depuis treize ans. Dans ces circonstances, on ne discerne pas ce qui a amené la cour cantonale à retenir que la recourante bénéficiait d'expérience en la matière et, partant, que l'on pouvait attendre d'elle qu'elle étende ses recherches d'emploi à ce secteur. En revanche, la recourante ne conteste pas valablement le fait qu'elle pourrait reprendre une activité lucrative malgré son âge et ses problèmes de santé. Ses arguments sur ce dernier point portent en effet uniquement sur une profession dans le social puisqu'elle fait valoir qu'on ne peut attendre d'elle qu'elle s'occupe de personnes qui ne sont par définition pas en mesure d'assumer leurs propres démarches personnelles sans les entendre correctement. Partant, le grief doit être admis en tant que la cour cantonale a calculé le revenu hypothétique que pourrait percevoir la recourante dans le domaine de la santé humaine et l'action sociale et la cause doit lui être renvoyée afin qu'elle procède à un nouveau calcul sans tenir compte d'une formation particulière à l'endroit de la recourante. Contrairement à ce que soutient la recourante, la Chambre civile n'a pas limité le versement de la contribution d'entretien qui lui est due au 1 er juin 2024 mais en a simplement réduit le montant à hauteur du revenu hypothétique qui lui a été imputé à compter de cette date. C'est ainsi à tort que la recourante se plaint du fait qu'aucune contribution d'entretien ne lui aurait été allouée au-delà de sa retraite. En outre, si, à l'instar de ce que soutient la recourante, il apparaissait effectivement illusoire qu'elle puisse retrouver en six mois un emploi dans les domaines retenus par les juges précédents compte tenu notamment du caractère obsolète de ses diplômes et de son absence d'expérience, le même raisonnement ne vaut pas dès lors qu'il s'agit de retrouver un emploi ne nécessitant aucune formation particulière. Par conséquent, le revenu hypothétique à fixer par la Chambre civile sera bien imputé à la recourante six mois après la reddition de sa nouvelle décision. La contribution due par l'intimé à compter de cette date devra être adaptée au nouveau montant retenu à titre de revenu hypothétique.