Citation: 8C_367/2022 E. 4

Les juges cantonaux ont retenu que le recourant n'avait plus touché son salaire au cours des quatre derniers mois précédant la résiliation immédiate de son contrat de travail le 2 octobre 2018. Selon une attestation de son employeur, il n'avait eu de cesse, à compter de juillet 2018, de solliciter oralement auprès de la société le versement de ses salaires. Ses seules autres initiatives en vue de sauvegarder ses droits se résumaient à une mise en demeure écrite le 30 septembre 2018 et à l'obtention d'une reconnaissance de dette le 8 janvier 2019. Ces démarches n'étaient pas suffisantes et le recourant s'était abstenu de toute mesure supplémentaire à l'encontre de la société jusqu'au prononcé de la faillite de celle-ci le 14 janvier 2021. Par ailleurs, il était erroné de prétendre - comme le faisait le recourant - que la situation financière de l'entreprise ne pouvait pas se dégrader. En effet, même si l'on admettait que celle-ci avait licencié tous ses employés, elle devait continuer à s'acquitter des factures courantes et s'attendre à ce que le risque de faillite se concrétise plus vite que l'encaissement de l'indemnité d'assurance en lien avec l'incendie du 28 février 2018. Quant au recourant, il était au courant de ce risque puisqu'il avait été régulièrement tenu informé de l'évolution de la situation de la société dès juin 2018. En outre, d'autres employés ne s'étaient pas contentés de patienter comme le recourant, l'un d'entre eux ayant obtenu un jugement du tribunal des prud'hommes du 18 février 2019 condamnant la société à lui payer la somme de 14'304 fr. 50. Dans ces circonstances, malgré l'espoir d'une indemnisation de l'entreprise par l'assurance responsabilité civile de l'auteur de l'incendie de ses locaux, rien ne justifiait objectivement que le recourant ait renoncé pendant plus de deux ans après la fin des rapports de travail à des mesures plus incisives que la mise en demeure du 30 septembre 2018. L'instance précédente en a conclu que le recourant avait violé son obligation de réduire le dommage en faisant preuve à tout le moins d'une négligence grave. Elle s'est dispensée de trancher le point de savoir s'il avait eu un rôle d'organe au sein de la société, au sens de l'art. 51 al. 2 LACI, qui ferait également obstacle au versement de l'indemnité litigieuse.