Citation: 6B_435/2023 E. 5.5

5.5. Au demeurant, sous l'angle de la pesée des intérêts (seconde condition de l'art. 66a al. 2 CP), le raisonnement de la cour cantonale n'est pas non plus critiquable. L'intérêt public à l'expulsion de la recourante est important compte tenu de la nature et de la gravité des infractions commises et de l'absence de prise de conscience de l'intéressée. Celle-ci s'en est en effet prise aux biens juridiques les plus précieux, soit la vie et l'intégrité corporelle. Il ressort d'ailleurs du jugement attaqué qu'elle présente un risque de récidive pour des actes violents. En outre, la peine privative de liberté à laquelle elle a été condamnée dépasse largement une année, ce qui peut permettre une révocation de l'autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.1, selon lequel constitue une "peine privative de liberté de longue durée" au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr [depuis le 1er janvier 2019: LEI] toute peine dépassant un an d'emprisonnement; arrêts 6B_189/2022 du 30 novembre 2022 consid. 3.6; 6B_257/2022 précité consid. 3.6.3). À cela s'ajoutent les nombreux antécédents de la recourante, dont deux condamnations à des peines fermes. En ce qui concerne l'intérêt privé, la recourante soutient qu'elle n'a plus de liens avec son pays d'origine qu'elle a quitté en 2001 pour venir vivre en Suisse. Ces éléments n'ont pas été établis par le jugement attaqué. En tout état, si la réintégration de la recourante dans son pays d'origine ne sera certes pas facile, il n'en demeure pas moins que l'intéressée est née et a grandi dans ce pays, qu'elle n'a quitté qu'à l'âge de 23 ans et où vivent sa mère et ses six frères. Par ailleurs, l'expulsion reste d'une durée limitée et n'empêchera pas la recourante d'entretenir des contacts avec ses enfants par le biais des moyens de télécommunication modernes. En définitive, compte tenu notamment de la gravité des infractions commises par la recourante contre la vie et l'intégrité corporelle, du risque de récidive de comportements violents, de son intégration mitigée en Suisse, ainsi que des perspectives qu'elle conserve de se réintégrer dans son pays d'origine - où elle est née, a grandi et a passé une partie de sa vie d'adulte -, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les intérêts publics à son expulsion l'emportaient sur son intérêt privé à demeurer en Suisse.