Citation: 5A_982/2019 E. 5

Évoquant les art. 163 ss CC, le recourant se plaint de la non-prise en compte d'un revenu effectif de son épouse, alors que la reprise de la vie commune n'est pas envisageable, partant que la convention des époux concernant la répartition antérieure des tâches n'est plus souhaité et que l'objectif d'indépendance financière de chacun gagne en importance. Il considère que l'autorité précédente a écarté sans motif, d'une part, le revenu de son activité d'indépendante de 500 euros par mois réalisé par son épouse et pourtant constaté, et, d'autre part, l'imputation d'un revenu de la fortune, puisqu'il a été retenu que son épouse dispose d'une « fortune conséquente », même si cet élément « ne ressort pas clairement de l'état de fait établi par le dernier Juge », et ne résulte que de constatations disparates sur l'état de ses comptes bancaires. Il estime, singulièrement sur la base du jugement de première instance, que la fortune de son épouse se monte à 6'000'000 fr. au moins et expose que cette dernière aurait admis en procédure un rendement de 6,75% par an, de sorte que la cour cantonale devait retenir qu'elle réalise au moins un revenu de la fortune mensuel de 15'000 fr. (6 mio., au taux ordinaire moyen de 3%), voire de 33'750 fr. (6 mio. au taux de 6,75%) lui permettant de couvrir « largement » l'entier de ses charges. Le recourant ajoute qu'il n'a jamais été établi que ce revenu de la fortune n'était pas utilisé du temps de la vie commune, et encore moins qu'il ne devrait pas être utilisé en cas de séparation. Autant qu'un grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) est reconnaissable et suffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF, cf. supra consid. 2.1), le recourant substitue sa propre appréciation de la cause à celle de l'autorité précédente. En particulier, il méconnaît le raisonnement de la cour cantonale qui a retenu que le revenu mensuel de 500 euros réalisé par l'épouse servait à couvrir ses frais de transport, qu'il avait été rendu vraisemblable que le mari couvrait seul le train de vie de toute la famille du temps de la vie commune et que ce revenu permettait de couvrir les frais de la famille ensuite de la séparation, en sorte qu'il n'y avait pas lieu de revoir la convention des époux sur la répartition de leurs ressources (cf. supra consid. 3). Il s'ensuit qu'il a été constaté que le revenu de la fortune de l'épouse n'était pas mis à contribution du temps de la vie commune, ce qui dispensait l'autorité précédente d'établir l'état de la fortune de l'épouse et le rendement effectif de cette fortune, faute de pertinence pour le sort de la cause (cf. supra consid. 2.3). En conséquence, le grief doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.