Citation: 6B_901/2022 E. 4.3

4.3. La cour cantonale a retenu que la décision de première instance ne souffrait aucune critique, dès lors que l'autorité intimée avait tenu compte de l'ensemble des circonstances, notamment des préavis négatifs de l'ensemble des intervenants et autorités appelés à s'exprimer sur la question. Elle a considéré que c'était à juste titre que le SESPP avait posé un pronostic défavorable, en retenant qu'il n'était pas hautement vraisemblable que le recourant se comporterait correctement s'il devait être remis en liberté conditionnelle. La cour cantonale a retenu à cet égard qu'il y avait lieu de constater que les circonstances n'avaient que peu évolué depuis la dernière décision de refus de libération conditionnelle. Elle a relevé que la prise de conscience du recourant n'avait pas évolué et qu'il ne reconnaissait toujours pas les faits pour lesquels il avait été condamné. Il persistait à prétendre qu'il avait été condamné à tort, ne se reconnaissait pas dans la dangerosité et le diagnostic retenus, et réfutait enfin être atteint de quelconques troubles psychiques. Par ailleurs, le recourant refusait toujours toute médication, pourtant prônée par l'expert, notamment pour traiter le diagnostic récent de trouble délirant. Il estimait par ailleurs que ce n'était pas à lui de demander le passage à D.________ fermée qui lui était proposé comme première étape vers un placement en milieu ouvert, voire une éventuelle libération conditionnelle, alors que l'autorité attendait une telle démarche de sa part. La cour cantonale a encore constaté que le recourant faisait toujours état des mêmes plans pour sa sortie, soit retourner vivre dans le même environnement qu'avant les faits. Elle a également relevé que, s'il était vrai qu'il était intégré à l'atelier "Prise en charge individualisée" depuis le 6 janvier 2021, y effectuait des tâches de bonne qualité et que la direction de l'établissement reconnaissait une relative amélioration de son comportement, l'évolution constatée était largement insuffisante pour renverser la tendance, compte tenu des éléments négatifs relevés et au vu du pronostic de sécurité publique à poser. Elle a retenu qu'en pareilles circonstances, le SESPP pouvait conclure, sans aucun excès ou abus de son pouvoir d'appréciation, que le risque de récidive demeurait à ce jour concret et conséquent et que cela s'opposait à son élargissement, qui était à ce stade largement prématuré. La cour cantonale a enfin rappelé au recourant qu'il devrait très vraisemblablement passer par différentes étapes auxquelles il devrait consentir avant de pouvoir prétendre être libéré et qu'il avait par ailleurs tout intérêt à démontrer sa bonne volonté en s'investissant dans un traitement psychiatrique pour soigner le trouble délirant dont il était atteint.