Citation: I 805/05 30.11.2006 E. 4

4.1 En premier lieu, le recourant reproche à la juridiction cantonale de s'être fondée sur les conclusions du rapport d'expertise établi par le COMAI et d'avoir rejeté, sans même les avoir examinées, les autres pièces médicales produites en cours de procédure. Or, à son avis, l'expertise appelle à la critique en tant qu'elle ne prend pas en compte la globalité des atteintes à la santé et ne tient nullement compte des plaintes exprimées. 4.2 En principe, le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les références). En ce qui concerne, par ailleurs, la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). 4.3 Au terme de leurs examens effectués le 10 novembre 2004, les experts du COMAI ont retenu que seules les séquelles de la rhizarthrose bilatérale influençaient la capacité de travail du recourant et l'empêchaient d'exécuter des travaux manuels de force, à l'exclusion des autres troubles allégués. Les talalgies, apparues en 2002, étaient en relation avec une aponévrosite plantaire et constituaient un problème ponctuel. Les gonalgies étaient vraisemblablement en relation avec des troubles dégénératifs débutants qui n'avaient pas de traduction radiologique et n'avaient pas nécessité jusqu'à présent de traitement spécifique. Sur le plan psychique enfin, l'humeur dépressive présentée par le recourant n'atteignait pas les critères d'une dépression d'intensité sévère pouvant interférer la capacité de travail. Or, quoi qu'en dise le recourant, ce rapport remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document (voir ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). Les conclusions retenues sont fondées sur une étude circonstanciée du dossier médical et des examens cliniques approfondis réalisés lege artis. Les experts ont en particulier tenu compte dans la discussion du cas de l'ensemble des plaintes exprimées par le recourant. Enfin, la description de la situation médicale est claire et les conclusions sont motivées de manière convaincante. 4.4 Le dossier ne contient aucun élément médical susceptible de remettre en cause la validité des conclusions de l'expertise. Au contraire, celles-ci ont confirmé le point de vue défendu par le docteur K.________ dans son rapport du 25 mai 2000, selon lequel le recourant disposait, malgré les séquelles liées à la rhizarthrose bilatérale, d'une capacité résiduelle de travail entière dans une activité adaptée. Quant à l'intensité alléguée des talalgies et des gonalgies, elle ne trouve aucun fondement médical objectif. 4.5 Par ailleurs, il n'y a pas lieu de trancher la divergence d'opinion opposant les experts du COMAI à la doctoresse M.________ relative au caractère invalidant ou non des troubles de l'humeur (dysthymie) présentés par le recourant. Bien que la doctoresse M.________ ait indiqué que la problématique était certainement antérieure au 20 septembre 2002, date à laquelle le recourant lui a été présenté pour la première fois, le dossier ne recèle aucun élément précis et concret qui viendrait étayer ce point de vue. Certes, les docteurs B.________ et O.________, médecins traitants du recourant, ont évoqué le diagnostic de dépression dans leur rapport respectif des 2 juillet 1999 et 3 avril 2000. Cela étant, l'aspect sommaire de ces rapports ne permet de tirer aucune conclusion déterminante sur l'intensité de ce trouble et l'influence qu'il pouvait jouer à l'époque sur la capacité de travail du recourant. Aussi faut-il considérer que la symptomatologie psychiatrique évoquée par ce médecin est survenue postérieurement à la décision litigieuse du 19 avril 2002, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'en tenir compte dans l'appréciation du droit aux prestations de l'assurance-invalidité. En effet, il convient d'apprécier la légalité des décisions attaquées, en règle générale, d'après l'état de fait existant au moment où la décision litigieuse a été rendue, les faits survenus postérieurement, et qui ont modifié cette situation, devant normalement faire l'objet d'une nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b et les références). 4.6 En conclusion, il convient de retenir qu'au moment de la décision litigieuse du 19 avril 2002, le recourant disposait d'une capacité résiduelle de travail entière dans une activité adaptée aux séquelles de la rhizarthrose bilatérale dont il était atteint.