Citation: 8C_739/2022 E. 5.1.3

5.1.3. En l'occurrence, on constate que la recourante avait retiré l'effet suspensif tant dans sa décision du 17 août 2020, que dans sa décision sur opposition du 1er septembre 2020. Par conséquent et à teneur des principes jurisprudentiels pertinents, la restitution de l'effet suspensif retiré dans le cadre des décisions susmentionnées ne pouvait intervenir que si la recourante avait mis fin aux prestations temporaires de manière abusive. Or, ces décisions ont été rendues à l'issue d'une procédure d'instruction étendue, en particulier sur le plan médical. En effet, les médecins d'assurance se sont prononcés à de multiples reprises sur le dossier de l'intimé. Ils ont notamment organisé un séjour de l'intimé au sein de la Clinique C.________, l'ont examiné personnellement et ont fait récolter les pièces utiles à leurs appréciations avant de se prononcer de manière définitive. En ce qui concerne les troubles psychiques, qui exigent selon la cour cantonale un examen du lien de causalité avec l'accident, la recourante souligne à juste titre d'une part que les premiers juges ont fondé leur argumentation sur le rapport du docteur E.________ du 10 décembre 2020, soit sur un avis postérieur aux décisions rendues par la recourante, et d'autre part qu'à teneur des pièces au dossier les troubles allégués ont toujours été discrets. Ainsi, si les juges cantonaux ont considéré que l'appréciation du médecin d'assurance laissait subsister un doute quant à sa fiabilité et sa pertinence, nécessitant une instruction complémentaire sous la forme d'une expertise, ils n'ont en revanche - et à raison - pas retenu que la recourante avait mis fin aux prestations temporaires de l'assurance-accidents de manière abusive, respectivement dans le seul but d'avancer autant que possible la fin du droit aux prestations temporaires d'assurance. L'exception à la règle selon laquelle l'effet suspensif perdure durant la phase d'instruction complémentaire n'étant pas réalisée en l'espèce, la cour cantonale ne pouvait donc pas s'écarter de la jurisprudence selon laquelle le retrait de l'effet suspensif couvre la période d'instruction complémentaire prescrite par renvoi de l'autorité de recours jusqu'à la notification de la nouvelle décision.