Citation: U 547/06 22.02.2007 E. 1

6.2 Aussi bien les premiers juges se sont-ils fondés sur le rapport du docteur A.________ du 26 avril 2005. Ce médecin déclare se rallier à l'appréciation du docteur B.________ quand celui-ci affirme, en ce qui concerne l'événement accidentel du 11 mars 2004, que le statu quo sine a été atteint après six-mois. En effet, on peut démontrer pratiquement avec certitude que des états préexistants dégénératifs telle qu'une dessiccation des disques intervertébraux entre L4 et S1 et des spondylarthroses L3-S1 sont aptes de leur propre chef, lors d'un mouvement ou d'un effort légèrement hors du commun, à entraîner une symptomatologie telle que celle que l'assurée continuait à présenter six mois après l'accident. Du point du vue biomécanique, l'événement n'est absolument pas en mesure de provoquer une hernie discale. En revanche, toujours selon le docteur A.________, en présence d'un tel état préexistant, l'événement est apte à déclencher la symptomatologie pour la première fois; une aggravation durable est exclue. En ce qui concerne la chute du 19 septembre 2004, avec contusion de la partie droite du corps, le docteur A.________ estime qu'elle est apte, même en l'absence d'un état préexistant pathologique dégénératif, à engendrer une symptomatologie douloureuse lombaire, laquelle, selon l'expérience médicale, guérit dans les six mois. Aussi bien le docteur A.________ considère-t-il que ce deuxième événement est à même, indépendamment de l'état pathologique dégénératif préexistant, à provoquer des troubles pendant six mois au plus. Toutefois, comme les troubles ont certainement été influencés négativement par l'état préexistant, dans la mesure où ce dernier a assumé, au fil du temps, un rôle toujours plus important, le statu quo sine a été retrouvé six mois après. Le docteur A.________ propose en conséquence de fixer le statu quo sine à mi-mars 2005 environ. 6.3 Contrairement à ce que retiennent les premiers juges, on ne saurait sans plus admettre, sur la base du seul rapport du docteur A.________, que la causalité a été rompue six mois après le deuxième accident. En effet, on peut tenir pour établi que l'accident du 11 mars 2004 a déclenché une hernie discale, de sorte que celle-ci n'est pas d'origine purement dégénérative. Le docteur A.________ se prononce in abstracto et en fonction de l'expérience médicale sur le délai dans lequel la hernie discale serait de toute façon survenue sans l'accident (statu quo sine), sans tenir compte de la situation concrète de l'assuré. D'une manière tout aussi abstraite, il considère que le deuxième accident est à l'origine d'une aggravation pendant une nouvelle période de six mois. Si l'expérience médicale joue un rôle principalement dans l'appréciation du lien de causalité adéquate, elle peut certes aussi entrer en considération dans l'établissement de la causalité naturelle. Il importe toutefois que les enseignements tirés de l'expérience médicale soit confrontés à la réalité du cas concret. C'est la raison pour laquelle on ne peut, sans autres vérifications, retenir que le statu quo sine était rétabli après deux périodes successives de six mois. Par ailleurs, le docteur A.________ semble attribuer le déclenchement de la hernie discale à des facteurs dégénératifs antérieurs, alors que le docteur B.________ a exclu l'existence de tels facteurs. 6.4 Dans ces conditions, il n'est pas possible de retenir au degré de la vraisemblance prépondérante et pour ainsi dire de manière schématique que l'accident du 11 mars 2004, aggravé par l'accident du 19 septembre 2004, ne joue plus de rôle dans la symptomatologie douloureuse de l'assurée. Un complément d'instruction sous la forme d'une expertise apparaît nécessaire. Il convient en conséquence d'annuler le jugement attaqué, ainsi que la décision sur opposition, et de renvoyer à cette fin la cause à l'assureur.