Citation: 8C_240/2023 E. 7.2

7.2. Le revenu sans invalidité pouvant faire l'objet d'un nouvel examen dans le cadre d'une révision du droit à la rente, il sied de prendre en considération en l'espèce le fait que l'intimé a travaillé pendant toute sa carrière professionnelle dans le secteur de la construction et qu'il dispose donc d'une longue expérience dans le domaine. En outre, il aurait, selon ses propres déclarations lors d'un entretien avec un collaborateur de la recourante en 2005, obtenu un certificat de capacité professionnelle en tant que maçon en France, lorsqu'il y avait travaillé dans les années 1982 à 1992. Toutefois, il n'a pas présenté ce diplôme et ne dispose d'aucun diplôme reconnu en Suisse (ce qu'il a confirmé dans son recours au tribunal cantonal). Par conséquent, il est loisible de s'appuyer, à l'instar de la recourante, sur la classe de salaire B (ouvrier de la construction avec connaissances professionnelles) ressortant de la CCT, et non pas sur la classe salariale Q (ouvrier qualifié de la construction) comme le prétend l'intimé, et de fixer ainsi le revenu de valide à 68'523 fr. En comparant ce revenu avec le revenu d'invalide incontesté de 65'805 fr., on obtient un taux d'invalidité de 4 %. Vu qu'on est en présence d'un cas de révision, celui-ci représente le taux d'invalidité global, ce qui devrait entraîner en principe la suppression de la rente, le seuil légal de 10 % n'étant pas atteint. Or, dans sa décision sur opposition du 26 août 2021, la recourante a concédé que l'intimé n'aura pas droit "à une rente d'invalidité plus importante que celle de 10 % fixée pour les séquelles des accidents de 2004 et 2012". Ce faisant, elle a confirmé le droit de l'intimé à cette rente de 10 %, ce qu'elle ne remet d'ailleurs pas en question dans le présent recours. Compte tenu de l'interdiction de la reformatio in pejus devant le Tribunal fédéral (cf. art. 107 al. 1 LTF; ATF 141 II 353 consid. 2; arrêt 8C_419/2018 du 11 décembre 2018 consid. 4.5 et les références), il n'y a pas lieu d'intervenir et de supprimer la rente octroyée pour les évènements accidentels précédents. En conclusion, malgré la motivation divergente, la décision sur opposition du 26 août 2021 peut être confirmée, étant précisé que le droit de l'intimé à la rente d'un taux de 10 % pour les suites des accidents de 2004 et 2012 persiste.