Citation: 4P.191/2004 22.11.2004 E. B

En automne 1997, Y.________ a confié à X.________, citoyen français domicilié à Paris, le soin de trouver d'éventuels acheteurs ou investisseurs pour son hôtel de Z.________. Le 28 novembre 1997, Y.________ a confirmé à X.________ le mandat qu'il lui avait confié. Il en a précisé le mode de rémunération, que X.________ a accepté sans négociation le 4 décembre 1997. Dès novembre 1997, à l'initiative de X.________, de nouveaux pourparlers sont intervenus entre Y.________ et le groupe V.________, représenté par l'un de ses directeurs généraux, B.________. Le 5 décembre 1997, X.________ a indiqué à Y.________ que le groupe V.________ était disposé à lui octroyer deux prêts de dix millions et sept millions de dollars et à exploiter le complexe hôtelier. Il a demandé à Y.________ de le laisser négocier, alors même qu'il savait celui-ci réticent à entrer en affaire avec le groupe V.________. Le 19 février 1998, X.________ a télécopié, à l'adresse privée de B.________, la lettre de Y.________ du 28 novembre 1997 constatant le mandat et indiquant les modalités de sa rémunération. Le 25 février 1998, B.________ a réitéré à Y.________ ses propositions de décembre 1997; en outre, il faisait part de son intérêt au rachat du complexe hôtelier, sous la forme d'un droit de préemption de soixante jours. Le 26 février 1998, Y.________ a accusé réception, demandé un temps de réflexion et indiqué que les conditions prévues étaient trop schématiques et risquaient d'entraîner des litiges. Le 6 mars 1998, Y.________ a télécopié à X.________ son mécontentement du tour pris par leurs relations. Il doutait que ce dernier fût en contact avec des partenaires potentiels autres que le groupe V.________. Il lui confirmait qu'il respecterait son engagement si les pourparlers aboutissaient, ce qui paraissait improbable en raison des divergences entre les personnes impliquées. Le 13 mars 1998, Y.________ a confirmé à X.________ son courrier du 28 novembre 1997, en indiquant sa volonté de négocier directement avec le groupe V.________, "afin d'exercer sur eux une pression maximale pour parvenir à des textes dans lesquels [ses] intérêts seraient couverts." Du 27 au 30 avril 1998, le groupe V.________ a fait exécuter un audit opérationnel du complexe hôtelier. Il est résulté de cette opération un rapport daté du 15 mai 1998 qui ne contenait pas de conclusions définitives mais proposait des investigations complémentaires; il comprenait un bilan non exhaustif "des forces et faiblesses du site en matière opérationnelle." A ce stade, le groupe V.________ n'était pas intéressé à l'acquisition du complexe hôtelier aux conditions fixées par Y.________; il était cependant disposé à prêter de l'argent, pour autant que la gestion du complexe lui fût confiée. Dans un courrier du 5 juin 1998, B.________ a informé X.________ de ce qu'il prenait bonne note du souhait de Y.________ "de rester sur la base des USD 30'000'000" et que les discussions seraient poursuivies par le partenaire au Portugal, pour le compte de la société commune portugaise V.________-W.________. Cette lettre a été reçue en copie par le directeur général de la société portugaise en octobre 1999. A ce sujet, A.________ a déclaré que son groupe n'avait pas été chargé d'achever des négociations qui auraient été commencées par le groupe V.________. Y.________ s'est étonné du contenu de ce courrier. En effet, le groupe V.________ a remis à son partenaire portugais le rapport de l'audit opérationnel d'avril 1998 en septembre 1998. De plus, le prix de vente de trente millions de dollars a été fixé entre les parties au début de 1999. Le conseil d'administration de J.________, une société constituée par les groupes V.________ et W.________ en "joint venture" pour Cuba, s'est réuni le 28 septembre 1998. A cette occasion, le complexe hôtelier de Z.________ a été évoqué, le groupe V.________ ayant indiqué que ses négociations n'avaient pas abouti.