Citation: 1P.25/2002 31.01.2002 E. 3

Le recourant conteste ensuite l'existence d'un risque de fuite. Il prétend avoir un domicile à Bex, et être sans attaches avec son pays d'origine, le Rwanda. 3.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger (ATF 117 Ia 69 consid. 4 et les arrêts cités). 3.2 Requérant d'asile arrivé en Suisse au mois de novembre 2000, soit trois mois avant son arrestation, le recourant a été placé, par la Fondation vaudoise pour l'accueil des requérants d'asile, à Bex où il ne dispose d'aucune activité lucrative, bénéficiant uniquement d'une aide économique réduite. Son identité n'est pas certaine et il ne dispose d'aucune attache familiale en Suisse. La cour cantonale relève avec raison que si le recourant a désiré faire parvenir de l'argent en Guinée, c'est qu'il doit avoir quelques attaches avec ce pays, ce qui est d'ailleurs confirmé par le procès-verbal du 7 janvier 2002. Ce sont là autant d'éléments qui permettent d'affirmer l'existence d'un risque concret de fuite. Ce dernier s'est encore renforcé avec la clôture de l'instruction et l'imminence d'un jugement, car la perspective d'une éventuelle condamnation se fait désormais plus concrète. Sur ce point également, l'arrêt attaqué n'apparaît guère critiquable.