Citation: 4A_478/2021 E. 4.2

4.2. Le recourant conteste tout au plus que les travaux de branchement et de mise en service du gaz constituent une modification de commande non prévue par le contrat d'entreprise, et partant non couverte par le prix forfaitaire. Au-delà des écueils pouvant grever la recevabilité même du moyen (consid. 2.1 supra), il faut bien admettre qu'il échoue à insuffler un sentiment d'arbitraire. Les deux instances vaudoises ont fourni une explication convaincante, selon laquelle la non-figuration des travaux litigieux dans les soumissions de juillet 2014 permettait d'exclure qu'ils aient été visés par le contrat d'entreprise. Rien n'indique non plus qu'ils aient été l'objet d'une quelconque autre offre annexée au contrat pour en faire partie intégrante (cf. art. 2 dudit contrat). L'arrêt attaqué se réfère bien plutôt à des documents postérieurs à cette convention du 17 juillet 2015, soit, d'une part, une offre de 1'944 fr. établie le 8 septembre 2015et, d'autre part, un devis n° 1603012 du 9 mars 2016, auquel le recourant ne craint pas de se référer (en évoquant la date du 9 mai 2016, sous l'emprise d'un lapsus calami). Est aussi invoqué le témoignage de l'architecte, dont il ressort notamment qu'une modification avait été exigée par les services industriels. De là à en déduire qu'il s'agissait de travaux supplémentaires non prévus par le contrat, il y a un pas qu'il n'était pas insoutenable de franchir. Toujours en lien avec ce poste, le recourant dénonce aussi un renversement du fardeau de la preuve contraire à l'art. 8 CC. A mauvais escient. On concédera au recourant le principe suivant: Si l'entrepreneur prétend à une rémunération supplémentaire, il doit bel et bien prouver avoir fourni une prestation non incluse dans les travaux faisant l'objet du contrat d'entreprise, et partant non couverte par le prix forfaitaire fixé pour ceux-ci (cf. entre autres arrêts 4A_465/2017 du 2 mai 2018 consid. 2; 4C.86/2005 du 2 juin 2005 consid. 3; 4C.23/2004 du 14 décembre 2004 consid. 4.1 i.f.; PETER GAUCH, Der Werkvertrag, 6e éd. 2019, n. 786 et 906). Ceci dit, c'est l'interprétation du contrat qui permet de déterminer quelles prestations avaient été initialement convenues. Comme le souligne finement la doctrine, certaines imprécisions peuvent profiter à l'entrepreneur, dans la mesure où le descriptif des travaux émane du maître (GAUCH, op. cit., n. 906). La cour cantonale n'a pas méconnu ces préceptes. Elle a expliqué que ces travaux n'étaient pas prévus dans les soumissions de juillet 2014, comme l'avaient implicitement constaté les premiers juges. Dans ce contexte, elle a ajouté que le maître ne " démontrait " pas le contraire. Ce faisant, elle a simplement voulu signifier que dans la motivation de son appel (cf. par ex. ATF 142 III 413 consid. 2.2.4 spéc. p. 417 et arrêt 4A_412/2021 du 21 avril 2022 consid. 3.2), le maître n'avait fourni aucune référence permettant de relier la prestation litigieuse à une soumission intégrée dans le contrat d'entreprise, et partant de contredire les premiers juges. Il n'y a là rien de critiquable, singulièrement sous l'angle de l'art. 8 CC.