Citation: 9C_735/2019 E. 5.1

5.1. L'office recourant reproche substantiellement aux premiers juges d'avoir procédé à une appréciation arbitraire des preuves et violé le droit fédéral en suivant les conclusions du docteur I.________ sur le début de l'incapacité de travail, en écartant certains éléments médicaux pertinents de leur appréciation et en retenant que l'atteinte à la santé psychiatrique constituait un fait nouveau important susceptible de justifier une révision procédurale au sens de l'art. 53 al. 1 LPGA. L'administration prétend en particulier que les considérations ayant amené le tribunal cantonal à reconnaître une pleine valeur probante au rapport d'expertise et à en suivre les conclusions sur le début de l'incapacité de travail sont arbitraires dès lors que l'expert n'a fourni aucun élément médical objectif permettant de déterminer la gravité de l'atteinte ainsi que les limitations fonctionnelles qui en découlaient pour la période antérieure à 2015, les déclarations subjectives de l'assurée étant insuffisantes à cet égard. Elle soutient en outre qu'une analyse des documents médicaux antérieurs à la décision du 25 septembre 2014 démontre que les situations de 2011 et 2015 n'étaient pas superposables, aucun symptôme psychique n'ayant été décelé durant la période antérieure. Elle considère que, compte tenu de l'importance et de la gravité de la symptomatologie que supposent un état de stress post-traumatique et une modification durable de la personnalité après une expérience de catastrophe, cette symptomatologie ne pouvait pas avoir totalement échappé aux médecins somaticiens qui étaient intervenus durant l'instruction de la première demande de prestations. Elle estime également que l'origine de l'intimée ainsi que son niveau d'éducation ne sauraient justifier l'ignorance de troubles psychiques supposés existants, d'autant moins que les médecins qui s'étaient exprimés à l'époque de la première demande avaient constaté la cohérence des plaintes et avaient expressément exclu l'existence de certaines pathologies psychiques ou leur caractère incapacitant. Elle déduit de ce qui précède que l'incapacité totale de travail attestée depuis 2011 par le docteur I.________ est en contradiction totale avec les constatations cliniques ressortant du dossier médical. Elle ajoute que les difficultés de l'intimée à s'exprimer en français avaient été palliées par la présence de traducteurs lors des expertises ou de la fille de l'assurée assurant la traduction lors de certains examens cliniques. Elle conteste que les seules déclarations de l'intimée à l'expert concernant son état de santé psychique antérieur à la décision du 25 septembre 2014 ou les constatations médicales faites postérieurement à cette décision puissent compenser l'absence d'examen clinique et justifier la fixation du début de l'incapacité de travail en 2011. Elle relève à cet égard que les docteurs F.________ et G.________ ont signalé l'apparition de la symptomatologie psychique ou du moins son importante dégradation postérieurement à l'intervention neurochirurgicale du 11 septembre 2015 et qu'aucun élément médical ne permettait de retenir une incapacité totale de travail depuis 2011. Elle considère que ni l'expert psychiatre ni la juridiction cantonale n'ont motivé les raisons qui les ont conduits à faire remonter l'incapacité totale de travail à cette époque, de sorte que cet élément factuel ne pouvait être considéré comme établi au degré de la vraisemblance prépondérante. Elle soutient dès lors que les diagnostics psychiatriques dont le docteur I.________ et les premiers juges ont inféré une incapacité totale de travail depuis 2011 ne constituent pas un fait nouveau important justifiant une révision procédurale au sens de l'art. 53 al. 1 LPGA mais une nouvelle appréciation de la situation faite a posteriori.