Citation: 1B_74/2020 E. A

A.a. Les 26 juin, 19 juillet et 20 octobre 2017, les banques E.________ (Suisse) SA, C.________ Ltd et F.________ ont déposé plainte pénale concernant les circonstances dans lesquelles différents crédits, accordés à la société G.________ SA, étaient demeurés impayés. Selon ces établissements bancaires, les crédits octroyés devaient financer de la marchandise; à la suite des problèmes de remboursement, ils s'étaient fait céder des droits sur cette marchandise, supposée stockée dans le port de U.________ (Russie); elle semblait cependant avoir disparu ou même n'avoir jamais existé. La société H.________, basée à Genève, par le biais de son bureau A.________ Ltd - filiale russe du groupe -, était en charge de l'inspection de ces stocks en Russie. Le Ministère public central - division criminalité économique - du canton de Vaud a ouvert une instruction pénale contre G.________ SA, respectivement contre son administrateur unique I.________ - dont le dossier a été ensuite disjoint de cette cause -, ainsi que contre un collaborateur responsable des transactions concernées, J.________, pour abus de confiance, escroquerie et faux dans les titres. Dans le cadre de cette enquête, le Ministère public a ordonné à la société H.________ de produire différentes pièces. Deux de ses collaborateurs ont été entendus en qualité de témoins, dont notamment K.________. A ce stade, ni la société H.________, ni sa filiale russe, ni leurs collaborateurs n'ont été mis formellement en prévention. Le 21 mars 2019, une demande d'entraide judiciaire internationale a été adressée aux autorités russes afin d'entendre L.________, collaborateur de H.________ au bureau de U.________. Le procès-verbal y relatif a été transmis le 27 septembre 2019 au Ministère public. Ce même jour, ce magistrat a ordonné sa traduction, document qui lui a été adressé le 7 octobre 2019. A.b. En parallèle, H.________, agissant par l'intermédiaire de Me Pascal de Preux, a requis l'accès au dossier pénal. Sur interpellation du Procureur, le prévenu I.________ et les parties plaignantes F.________ et E.________ (Suisse) s'y sont opposés, invoquant notamment un risque de collusion, ainsi que l'audition demandée de personnes travaillant pour A.________ Ltd, dont celle de L.________. Par ordonnance du 29 novembre 2019, le Ministère public a partiellement admis cette requête, accordant cependant uniquement l'accès aux pièces mentionnées par les parties plaignantes F.________ et E.________ (Suisse) dans la procédure civile ouverte à l'encontre de H.________. A.c. Le 2 août 2019, Me Pascal de Preux, déclarant représenter A.________ Ltd, a sollicité au nom de celle-ci l'accès au dossier, eu égard à la procédure civile intentée contre sa mandante par la F.________ le 15 mai 2019; l'établissement bancaire se servait de la cause pénale pour alimenter la procédure civile. A.________ Ltd relevait également que L.________ ne travaillait plus pour elle, de sorte que tout risque de collusion était écarté. L'avocat des parties plaignantes s'est opposé à cette demande le 12 septembre 2019. Le 18 suivant, le mandataire de A.________ Ltd a requis la transmission de ces déterminations, afin de pouvoir répliquer. Par décision du 30 septembre 2019, le Ministère public a reconnu à la requérante l'existence d'un intérêt privé à la consultation du dossier, mais celui-ci devait être nuancé, puisque la société avait déjà eu accès aux pièces citées et produites par la banque dans sa demande de paiement du 15 mai 2019. En outre, des mesures d'instruction - dont l'audition de L.________ - était en cours; le fait que celui-ci ne soit plus employé par H.________ n'empêchait pas des contacts avec ses anciens collègues et, en fonction des résultats de cette audition et des autres mesures d'instruction toujours en cours, il n'était pas exclu que d'autres employés du groupe H.________ soient entendus. Le Ministère public a également refusé la transmission à A.________ Ltd des déterminations des parties plaignantes, respectivement le droit de répliquer, faute pour la société requérante d'être une partie au sens de l'art. 104 CPP.