Citation: I 274/05 21.03.2006 E. 4

4.1 En l'espèce, V.________ souffre depuis le mois d'août 1999 de lombosciatalgies gauches chroniques persistantes compliquées d'une polyallergie médicamenteuse. Un scanner lombaire réalisé le 26 août 1999 a mis en évidence l'existence d'une hernie discale extra-foraminale L4-L5 gauche. D'après le professeur F.________, spécialiste en neurochirugie, cette hernie, qualifiée de tout-à-fait mineure, ne permettait pas d'expliquer le tableau clinique présenté par la recourante; à cet égard, il était d'avis qu'elle ne jouait aucun rôle dans la symptomatologie et admettait son incapacité à poser un diagnostic étiologique précis (rapport du 27 août 1999). Des examens effectués auprès des docteurs G.________ et R.________, spécialistes en neurologie (rapports des 10 et 26 novembre 1999), et I.________, spécialiste en traumatologie (rapport du 29 décembre 1999), n'ont pas non plus permis de cerner la problématique de la recourante. A l'issue de l'expertise qu'il a effectuée pour le compte de l'office AI, le docteur H.________ n'a relevé qu'une seule anomalie objectivable sur le plan neurologique, à savoir une aréflexie achilléenne gauche. Compte tenu du reste du tableau clinique et du résultat des examens paracliniques (IRM lombaire, électroneuromyographie), l'origine de cette anomalie demeurait indéterminée. Néanmoins, l'expert était d'avis qu'elle était sans relation avec les douleurs présentées par la recourante. Sur un plan strictement neurologique, il n'existait ainsi aucune pathologie significative susceptible d'entraîner une limitation de la capacité de travail. Compte tenu toutefois de la nature atypique de la douleur, il préconisait la mise en oeuvre d'une expertise rhumatologique et, éventuellement, psychiatrique (rapport du 3 septembre 2001). Dans leur rapport du 14 mai 2003, les docteurs S.________, spécialiste en médecine interne et rhumatologie, et A.________, spécialiste en psychiatrie, médecins rattachés au SMR, ont relevé la discordance entre les plaintes majeures annoncées par la recourante et les constatations objectives cliniques et radiologiques. La recourante présentait indéniablement de discrets troubles de la statique vertébrale et des limitations significatives de la mobilité du rachis lombaire. Le testing musculaire révélait quant à lui des déficits majeurs, lesquels étaient contredits par d'autres observations telles que l'absence d'amyotrophie. Le SMR a également constaté l'existence d'une hyporéflexie achilléenne et rotulienne gauche inexpliquée. L'électroneuromyographie réalisée par le docteur H.________ permettait néanmoins d'exclure l'hypothèse d'une souffrance radiculaire significative du membre inférieur gauche. Malgré une certaine fragilité biomécanique au niveau lombaire, le SMR a conclu en l'occurrence à un syndrome d'amplification des plaintes. Il a par ailleurs précisé que la symptomatologie douloureuse ne s'inscrivait pas dans un contexte perturbé et ne relevait d'aucune pathologie psychiatrique. Compte tenu de la seule pathologie lombaire objective, la recourante possédait une capacité de travail complète dans une activité qui permettait l'alternance horaire des positions assise et debout, et évitait le soulèvement régulier de charges excédant 8 kilos, le port régulier de charges excédant 15 kilos et le travail en porte-à-faux statique du tronc. L'activité professionnelle exercée jusqu'alors par l'assuré était qualifiée d'appropriée. 4.2 De l'ensemble de la documentation médicale précitée, il ressort que les différents spécialistes consultés ne sont pas parvenus à mettre en évidence une atteinte objectivable à la santé qui revête une certaine importance et soit susceptible de justifier une incapacité de travail. La hernie discale extra-foraminale L4-L5 gauche n'expliquait pas, d'après ces médecins, l'ensemble de la symptomatologie douloureuse présentée par la recourante. Les prises de position du docteur P.________ des 3 septembre 2004 (relative à l'expertise du docteur H.________) et 11 avril 2005 (relative à l'expertise du SMR) ne justifient pas que l'on remette en question le bien-fondé des conclusions retenues par le docteur H.________ et les médecins du SMR. Certes le médecin traitant de la recourante fait-il mention d'observations cliniques divergentes par rapport à celles des docteurs S.________ et A.________. Il ne s'agit là toutefois que d'affirmations qui ne sont étayées par aucune donnée clinique précise. Pour l'essentiel, le docteur P.________ se contente de faire remarquer la discordance entre les plaintes exprimées par la recourante et les conclusions auxquelles sont parvenus le docteur H.________ et les médecins du SMR, sans fournir toutefois d'explications sur l'origine des douleurs de sa patiente. Or, compte tenu des difficultés, en matière de preuve, à établir l'existence de douleurs, les simples plaintes subjectives de l'assuré ne sauraient suffire pour justifier une invalidité (entière ou partielle). Dans le cadre de l'examen du droit aux prestations de l'assurance sociale, l'allégation de douleurs doit être confirmée par des observations médicales concluantes, à défaut de quoi une appréciation de ce droit aux prestations ne peut être assurée de manière conforme à l'égalité de traitement des assurés. Demeurent réservés les cas où un syndrome douloureux sans pathogenèse claire et fiable est associé à une affection psychique qui, en elle-même ou en corrélation avec l'état douloureux, est propre à entraîner une limitation de longue durée de la capacité de travail pouvant conduire à une invalidité (arrêt W. du 9 octobre 2001, I 382/00, consid. 2b; à propos des troubles somatoformes douloureux: ATF 131 V 49 et les références; voir également VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références [arrêt P. du 31 janvier 2000, I 138/98]; à propos de la fibromyalgie: arrêt S. du 8 février 2006, I 336/04, prévu pour la publication dans le Recueil officiel). En l'occurrence, ni l'existence d'un substrat organique permettant d'expliquer l'ensemble des plaintes de la recourante, ni la présence de troubles psychiques avérés ayant valeur de maladie (ou d'indices justifiant la mise en oeuvre d'investigations supplémentaires sur cette question) n'a été rendu vraisemblable. 4.3 C'est dès lors à juste titre que la capacité résiduelle de travail de la recourante a été appréciée sur la seule base des affections lombaires objectivées, lesquelles n'empêchent toutefois pas l'assurée d'exercer à plein temps une activité adaptée, dont celle de secrétaire. Il s'ensuit que le recours est mal fondé.