Citation: I 497/04 12.09.2005 E. 5

5.1 Au vu des diagnostics ayant valeur de maladie aux yeux des experts, il y a lieu de nier l'existence d'une comorbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée suffisamment importantes pour admettre qu'un effort de volonté en vue de surmonter la douleur et de réintégrer un processus de travail, n'est pas exigible de la part de l'intimée. En tant qu'atteinte chronique et rigide du caractère, présente de longue date, le trouble de la personnalité à traits paranoïaques ne l'a pas empêchée d'assumer jusqu'en 1998, la responsabilité des tâches ménagères, auxquelles l'exercice à temps partiel d'une activité lucrative s'est ajouté dès 1990. Certes les experts soulignent-ils que cette affection entraîne l'apparition de difficultés d'ordre relationnel, altérant notamment de manière très significative le fonctionnement social et professionnel de l'intéressé; pour autant, ils n'en déduisent pas une incapacité de travail corrélative indépendante du trouble somatoforme douloureux. Par ailleurs, s'agissant des troubles dépressifs, au demeurant largement stabilisés, il y a lieu d'observer que selon la doctrine médicale (cf. notamment Dilling/Mombour/Schmidt [Hrsg.], Internationale Klassifikation psychischer Störungen, ICD-10 Kapitel V [F], 4ème édition, p. 191) sur laquelle s'appuie le Tribunal fédéral des assurances, les états dépressifs ne constituent en principe pas une comorbidité psychiatrique grave et durable à un trouble somatoforme douloureux, dans la mesure où ils ne sont en règle générale qu'une manifestation réactive ne devant pas faire l'objet d'un diagnostic séparé (ATF 130 V 356 consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, op. cit. p. 81, note 135). 5.2 Se pose dès lors la question de la présence éventuelle d'autres critères, dont le cumul permet d'apprécier le caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux. 5.2.1 En tant que l'intimée souffre de cervicobrachialgies droites depuis 1997, l'existence d'affections corporelles chroniques est établie. 5.2.2 En revanche, compte tenu de son aptitude à assumer la majeure partie des tâches ménagères, du soutien familial, du maintien d'un réseau social et de sorties quotidiennes sous forme d'une heure de marche (cf. rapport d'expertise du COMAI p. 8 et 13), l'assurée n'a pas épuisé toutes ses ressources adaptatives et ne subit pas de perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. 5.2.3 Il n'y a pas davantage lieu de conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé sans évolution possible au plan thérapeutique ou à l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art, l'état psychique de l'intimée étant stabilisé grâce une médication adéquate (Ludiomil, Séropram et Ritrovil). En outre, un suivi psychothérapeutique sur le long terme constituerait un traitement adéquat des troubles en cause, de l'avis de la doctoresse M.________. 5.3 Sur le vu de ce qui précède, les troubles psychiques présentés par l'intimée ne se manifestent pas avec une telle sévérité que, d'un point de vue objectif, ils excluent toute mise en valeur de la capacité de travail de celle-ci. Au contraire, il y a lieu d'admettre le caractère exigible d'un effort de volonté de sa part en vue de surmonter la douleur et de se réinsérer dans un processus de travail. Dès lors, c'est à tort que les premiers juges ont considéré qu'elle présentait une incapacité de travail de 60 % issue de troubles psychiques, fût-ce sur la base des conclusions des experts du COMAI. En l'absence de comorbidité psychiatrique, l'incapacité de travail résultant de tels troubles s'évalue en effet à la lumière de critères jurisprudentiels (cf. consid. 4 supra) et non plus en regard des seules conclusions médicales dont il est dès lors possible de s'écarter.