Citation: 1A.289/2000 22.01.2001 E. 3

3.- Le recourant relève que, contrairement aux autres comptes au sujet desquels des renseignements sont demandés, le juge d'instruction espagnol n'indique aucune opération suspecte justifiant les investigations requises. Le recourant est le neveu de C.________, et aurait accepté de mettre son compte à disposition. Le 3 mai 1990 et le 6 mai 1991, deux versements de 1'900'000 écus et de 550'000 écus seraient parvenus sur ce compte, en provenance de A.________. Le recourant se serait ensuite contenté de clôturer le compte le 13 décembre 1993, en versant le solde, soit 3'644'970 écus, sur le compte de T.________, sur instruction de son oncle. L'autorité requérante connaît les transferts de fonds précités, qui font l'objet des pièces 31 à 35, et on ne verrait pas en quoi des renseignements supplémentaires seraient nécessaires. a) Le principe de la proportionnalité empêche d'une part l'autorité requérante de demander des mesures inutiles à son enquête et, d'autre part, l'autorité d'exécution d'aller au-delà de la mission qui lui est confiée (ATF 121 II 241 consid. 3a). L'autorité suisse requise s'impose une grande retenue lorsqu'elle examine le respect de ce principe, faute de moyens qui lui permettraient de se prononcer sur l'opportunité de l'administration des preuves. Le juge de l'entraide doit lui aussi se borner à examiner si les renseignements à transmettre présentent, prima facie, un rapport avec les faits motivant la demande d'entraide. Il ne doit exclure de la transmission que les documents n'ayant manifestement aucune utilité possible pour les enquêteurs étrangers (examen limité à l'utilité "potentielle", ATF 122 II 367 consid. 2c p. 371). b) Si l'autorité requérante doit exposer en quoi consistent ses soupçons, elle n'a pas à les prouver ni même à les rendre vraisemblables. Ainsi, on ne saurait reprocher au juge d'instruction espagnol de ne pas indiquer pour quels motifs il a été amené à s'intéresser au compte du recourant, car il ressort suffisamment clairement de la demande que ce compte pourrait avoir servi aux transferts de commissions illicites, ce qui est du reste vérifié sur le vu des explications fournies par le recourant lui-même. Quant à l'exécution de l'entraide, elle ne sort pas du cadre de ce qui est requis puisque l'autorité espagnole désire obtenir une documentation exhaustive à propos du compte du recourant. Il se peut que les transferts litigieux soient limités aux trois mouvements évoqués par le recourant, mais l'autorité requérante doit pouvoir s'en assurer, ce qui n'est possible qu'en examinant l'ensemble de la documentation bancaire. L'identité du titulaire fait naturellement aussi partie des renseignements requis et, compte tenu des relations entre le recourant et C.________, l'autorité requérante a un intérêt évident à en prendre connaissance.