Citation: 6B_598/2019 E. 4.3.2

4.3.2. Selon la jurisprudence, pour se prévaloir du respect au droit de sa vie privée, l'étranger doit établir l'existence de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Le Tribunal fédéral n'adopte pas une approche schématique qui consisterait à présumer, à partir d'une certaine durée de séjour en Suisse, que l'étranger y est enraciné et dispose de ce fait d'un droit de présence dans notre pays. Il procède bien plutôt à une pesée des intérêts en présence, en considérant la durée du séjour en Suisse comme un élément parmi d'autres et en n'accordant qu'un faible poids aux années passées en Suisse dans l'illégalité, en prison ou au bénéfice d'une simple tolérance (cf. ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; plus récemment arrêt 6B_143/2019 précité consid. 3.3.2 et les références citées). En l'espèce, s'il ressort de l'arrêt attaqué que le recourant est arrivé en Suisse en 2003 déjà, il n'apparaît pas que ce dernier y aurait jamais séjourné légalement depuis. On ne voit pas sur quelles bases l'intéressé pourrait se prévaloir d'un droit au respect de sa vie privée, au sens des art. 13 al. 1 Cst. et 8 par. 1 CEDH, dès lors qu'il ne présente pas des liens sociaux ou professionnels spécialement intenses avec la Suisse et que son intégration dans ce pays n'est pas particulièrement forte. Le recourant se prévaut de la présence, en Suisse, de son amie avec laquelle il aurait des projets de mariage. L'autorité précédente a cependant retenu, à cet égard, que si une procédure préparatoire avait été entamée auprès des autorités, le sort de celle-ci était inconnu, notamment car un délai non-prolongeable au 27 mars 2019 avait été imparti au recourant pour communiquer une copie d'un titre de séjour. Dès lors que ce dernier est dépourvu d'un tel titre, on ne saurait ainsi considérer qu'il existe, en l'état, un mariage imminent (cf. arrêt 6B_612/2018 du 22 août 2018 consid. 2.7 et les références citées). Par ailleurs, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que la relation évoquée par le recourant pourrait être assimilée à une véritable union conjugale propre à mettre ce dernier au bénéfice de la protection de l'art. 8 par. 1 CEDH en matière de "vie familiale" (cf. arrêt 6B_143/2019 précité consid. 3.3.2 et les références citées). Pour le reste, dès lors que le recourant a vécu la majeure partie de sa vie en Algérie et qu'il n'entretient que des liens très ténus avec la Suisse, on ne voit pas qu'une réintégration dans son pays d'origine serait plus délicate qu'une intégration dans le pays hôte. Sur ce point, on peine d'ailleurs à comprendre comment le recourant pourrait actuellement espérer exercer une activité lucrative licite en Suisse, à défaut de bénéficier d'un titre de séjour régulier. Enfin, dans la mesure où l'intéressé affirme s'être converti au christianisme et être en conséquence exposé, en cas de retour en Algérie, à des persécutions, celui-ci s'écarte de l'état de fait de la cour cantonale, par lequel le Tribunal fédéral est lié (cf. art. 105 al. 1 LTF). Il en va de même lorsque le recourant soutient qu'il aurait reçu des menaces de mort en Algérie - l'autorité précédente ayant exclu ces allégations en relevant que celui-ci avait tout d'abord indiqué être menacé par sa famille avant de prétendre être fils unique et orphelin - ou prétend souffrir d'un syndrome de choc post-traumatique. On ne voit pas, au demeurant, en quoi l'existence d'une telle affection s'opposerait à un retour du recourant dans son pays d'origine. Partant, il n'apparaît pas que l'expulsion ordonnée pourrait placer l'intéressé dans une situation personnelle grave. La première condition cumulative permettant au juge de renoncer exceptionnellement à l'expulsion fait donc défaut. Une application de l'art. 66a al. 2 CP ne pouvait entrer en ligne de compte. Le grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.