Citation: I 50/06 17.01.2007 E. 9

Reste à examiner si les troubles psychiques de l'intéressé se sont à nouveau aggravés depuis lors au point de justifier une incapacité de travail plus importante. 9.1 Les docteurs V.________ et M.________ du SMR ont pratiqué une expertise psychiatrique le 6 octobre 2003, soit un peu plus d'une année après celle de leur confrère A.________. Ils ont en particulier tenu compte de l'ensemble de la documentation médicale existant à la date de leur rapport du 15 décembre 2003 et se sont ainsi fondés, quoi qu'en dise le recourant, sur une anamnèse complète. Il ressort des observations objectives des médecins du SMR que B.________ a présenté des exacerbations dépressives depuis le mois de décembre 2000. Celles-ci sont survenues lorsqu'il était dans l'attente d'une décision du Tribunal cantonal des assurances à la suite du refus par l'office AI de lui allouer des prestations mais aussi lorsqu'il a appris que son fils souffrait d'un diabète insulino-requérant ou lors de la séparation d'avec son épouse. De l'avis des experts, ces événements expliquaient les décompensations dépressives et les diverses hospitalisations subséquentes. A l'examen clinique, ils constataient que l'intéressé était lucide, orienté et ne présentait pas de troubles du cours de la pensée ou d'autres signes de la lignée psychotique. Sa thymie était modérément dépressive avec des sentiments de dévalorisation et de culpabilité. Il souffrait d'insomnie en relation avec ses douleurs, de ruminations anxieuses durant les périodes d'éveil, de fatigabilité, d'anhédonie et d'aboulie ainsi que d'un retrait social relatif (il s'était remis en ménage et continuait à voir ses frères). Sur la base de ces éléments, les docteurs V.________ et M.________ ont notamment attesté d'un trouble dépressif récurrent. Le tableau clinique correspondait, au jour de l'expertise, à un épisode de degré moyen. Ils ont ainsi estimé que les troubles psychiques réduisaient de 50 % la capacité de travail du recourant. 9.2 Divergeant sur ce dernier point, l'avis du docteur P.________ ne saurait cependant mettre en doute les conclusions convaincantes des médecins du SMR. En effet, outre le fait que selon l'expérience, le médecin-traitant est enclin à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc), les rapports établis par le docteur P.________ révèlent des contradictions. D'une part, le 28 juillet 2003, ce praticien attestait d'un état dépressif sévère depuis le mois de décembre 2000 alors que dans un rapport précédent du 14 mars 2002, il posait le diagnostic de trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen avec syndrome somatique. D'autre part, dans son appréciation du 28 juillet 2003, il relevait que l'état dépressif empêchait B.________ de travailler depuis en tout cas décembre 2000, alors que lors de l'entretien téléphonique du 9 mars 2002 avec l'expert A.________, il partageait l'opinion de ce dernier s'agissant d'une capacité de travail de 50 %. Quant à l'évolution défavorable de l'état de santé du recourant attestée par le docteur P.________ dans son rapport du 18 juillet 2003, elle n'est pas motivée. Si elle est caractérisée par une augmentation du retrait social, par des difficultés relationnelles avec son entourage ainsi que par une exacerbation des idées noires et des angoisses, on ignore toutefois sur quels examens ou constatations objectives ce médecin s'est fondé pour retenir une péjoration de ces symptômes. 9.3 S'agissant de l'opinion du docteur T.________, médecin-traitant (cf. lettre du 5 novembre 2002), elle consiste en substance à allouer au recourant "une rente par défaut" afin d'éviter qu'il mette sa vie en danger. En l'absence de toute explication médicale pertinente à l'appui de son point de vue, l'appréciation de ce médecin n'est pas déterminante.