Citation: 7B_2/2022 E. B

Par arrêt du 25 janvier 2022, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté le recours formé par A.________ contre l'ordonnance précitée, qu'elle a confirmée. Cet arrêt se fonde en substance sur les faits suivants. B.a. Le 13 mars 2019, une instruction pénale a été ouverte contre A.________, médecin gynécologue-obstétricien, pour actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de résistance, voire contrainte sexuelle, subsidiairement abus de détresse, à la suite du dépôt de plaintes de plusieurs de ses patientes (procédure P/21600/2018). Celui-là conteste catégoriquement les accusations portées à son endroit. Dans le cadre de cette procédure, A.________ a été placé en détention provisoire en 2019. Depuis lors, le Tribunal des mesures de contrainte a ordonné, et régulièrement prolongé, diverses mesures de substitution à son encontre, dont notamment l'interdiction d'exercer une activité de gynécologie et obstétrique au contact de patientes. B.b. Dans sa plainte du 1er mars 2021, A.________ reprochait à B.________, conseil de deux des parties plaignantes, les propos relatés dans deux articles parus dans la C.________ les 27 juillet et 2 décembre 2020. Il se plaignait en particulier du titre de l'article du 27 juillet 2020 " Un gynécologue genevois suspecté d'avoir agressé sexuellement ses patientes " et des mentions suivantes dudit article: "un gynécologue genevois aurait procédé à des attouchements sur huit patientes"; "interrogé par le quotidien, Me B.________, qui défend des plaignantes rapporte"; "leur version a par ailleurs été corroborée par plusieurs témoins, qui rapportent les avoir vues sortir du cabinet en pleurs et en état de choc"; "prévenu d'actes d'ordre sexuel... le médecin a déjà été placé en détention provisoire durant 6 mois de mai à octobre 2019"; "interdit de pratiquer durant l'enquête". A.________ contestait que les plaignantes eussent affirmé être sorties du cabinet en pleurs et expliquait qu'en raison des mentions ci-dessus, il était parfaitement reconnaissable par l'ensemble de ses patientes, collègues, amis et famille. Quant à l'article du 2 décembre 2020 intitulé " Abus sexuels par des médecins ", faisant suite à un article du jour précédent "soignants abuseurs: des femmes témoignent", on y trouvait notamment les déclarations suivantes de B.________ : " une atteinte intolérable à leur intégrité sexuelle et à leur liberté. En peignoir, nues en dessous, assises sur le siège gynécologique, les patientes étaient vulnérables, tétanisées, hors d'état de résistance. Le médecin a profité de son statut et de la confiance qu'elles avaient en lui. Il y a neuf victimes et les actes sont odieux: masturbation du clitoris, caresses des fesses pendant l'échographie, tripotage des lèvres ou très longues malaxation des seins tout en posant des questions intrusives, intimes et déplacées " et "le médecin concerné a ainsi été interdit de pratique quand il a été mis en liberté, après six mois de prison préventive". Invité par le Ministère public par courrier du 9 mars 2021 à se déterminer sur les faits reprochés, B.________ a transmis ses observations le 16 juin 2021. Il a notamment contesté le caractère diffamatoire des propos tenus et a indiqué qu'il n'avait aucune intention de nuire à A.________. Il devait ainsi être admis à faire la preuve de la vérité ou de sa bonne foi. Par observations du 23 juillet 2021, A.________ a confirmé sa plainte. Il a sollicité l'audition de la rédactrice des publications litigieuses et de plusieurs personnes l'ayant reconnu à travers celles-ci. Il était d'avis que les attaques subies ne répondaient pas à un intérêt public mais étaient l'expression exclusive d'une volonté de lui nuire. Il s'opposait à la preuve de la vérité à ce stade de l'enquête, mais si celle-ci devait être admise, il préconisait la suspension de la procédure jusqu'à droit connu dans la procédure P/21600/2018.