Citation: 1C_3/2018 E. 3.3

3.3. En l'espèce, le Tribunal cantonal, relevant que l'art. 11 RPEP est une disposition posant des exigences accrues d'intégration, au-delà de la clause habituelle d'esthétique, a considéré que, même avec l'extension projetée, la villa sise sur la parcelle n o 1811 aurait une volumétrie comparable à celle des bâtiments voisins à l'est (maison des recourants) et à l'ouest. Il a ainsi jugé que l'on ne pouvait considérer que, en raison de ses dimensions, la villa agrandie poserait un problème d'intégration par rapport au bâti environnant. Pour ce qui était de la terrasse prévue au sud, elle se caractérisait par deux cassures de terrain relativement harmonieuses; ainsi, même si les mouvements de terrain qu'impliquait sa réalisation étaient relativement importants, elle pouvait être considérée comme suffisamment intégrée. L'autorité précédente a en outre relevé que les bâtiments voisins ne présentaient pas d'intérêt particulier de sorte que l'on ne se trouvait pas dans une situation où il s'imposait de protéger un site, un bâtiment ou un ensemble de bâtiments présentant des qualités esthétiques remarquables qui faisaient défaut à l'ouvrage projeté ou que mettrait en péril sa construction. A cet égard, la cour cantonale a constaté que, en raison des différentes constructions qui avaient été érigées dans l'intervalle dans le secteur où se trouvait la parcelle n o 1811 (secteur B du plan d'extension partiel, qui était libre de construction à l'époque de l'approbation du plan en 1981), la situation avait évolué depuis la décision de la Commission cantonale de recours en matière de police des constructions (ci-après: CCRC) du 27 janvier 1984 invoquée par les recourants, notamment en ce qui concernait les objectifs évoqués dans cette décision consistant à protéger le site et la silhouette de la campagne de xxx en bannissant tout " groupement de villas " ou la création d'un " front bâti excessif ". Par ailleurs, le style de l'extension de la villa en cause était comparable à celui du bâtiment existant et, au niveau architectural, cette extension n'allait pas créer de problèmes d'intégration par rapport aux villas environnantes. En outre, l'alignement des villas sur un même front à l'arrière des parcelles invoqué par les recourants n'existait pas puisque, par rapport au bâtiment sis sur la parcelle n o 1811, la villa à l'ouest était implantée un peu plus en avant alors que la villa des recourants à l'est était un peu en retrait. Sur la base notamment des constatations faites lors de la vision locale, la cour cantonale a jugé que le projet d'extension litigieux ne portait pas atteinte à un principe d'intégration qui consisterait à imposer que les constructions soient maintenues à l'arrière des parcelles et à conserver une certaine proportion entre espace bâti et espace de verdure.