Citation: 6B_1364/2023 E. 1

Le recourant invoque une violation des art. 140 et 141 CPP, en lien avec les art. 113 et 114 CPP. En substance, il soutient que les aveux formulés lors de son audition du 7 janvier 2020 lui auraient été arrachés au moyen de trois méthodes d'administration des preuves interdites (au sens de l'art. 140 al. 1 CPP), ayant eu pour conséquence de le rendre incapable de prendre part aux débats (au sens de l'art. 114 al. 1 CPP) et de l'empêcher de faire usage de tous les moyens de défense pertinents, en particulier le droit de ne pas s'auto-incriminer (au sens de l'art. 113 al. 1 CPP). Il décrit les méthodes en question comme suit: - avoir profité de sa fatigue physique et émotionnelle, dans la mesure où il a été entendu (i) le 4 janvier 2020 de 19h13 à 21h27, puis de 21h40 à 2h00, soit durant 6h34, alors même qu'il était ce même jour en mains de la police dès 14h00 pour détailler ses déplacements, (ii) le 5 janvier 2020 de 16h08 à 17h11, puis de 17h34 à 19h54, et finalement de 20h30 à 23h35, soit durant 6h28, alors même qu'à cette occasion, il a manifesté le besoin de vomir et la volonté de mourir, avant de finalement se déclarer apte à continuer à deux reprises, (iii) le 6 janvier 2020 de 9h45 à 12h30, soit durant 2h45, après quoi il a été placé en détention provisoire, et (iv) le 7 janvier 2020, de 10h25 à 13h05, soit durant 2h40, puis dès 13h40, moment à partir duquel il est " passé aux aveux ", étant précisé que le recourant estime avoir tenu des propos incohérents avant la suspension de l'audience; - avoir profité de son altération physique et émotionnelle induite par le fait qu'au début de son audition du 7 janvier 2020, alors qu'il manifestait déjà des signes physiques évidents de fatigue et de détresse émotionnelle (nausées, vertiges, vomissements, idées suicidaires), le recourant a été informé de la mort de F.B.________ et de ce que son corps avait été retrouvé, élément à forte connotation émotionnelle qui a intensifié son incapacité de prendre part aux débats; - avoir fait preuve d'une empathie feinte pour l'amener à admettre les faits, dans la mesure où, durant l'audition du 7 janvier 2020, l'un des inspecteurs a pris la main du recourant et s'est assis à ses côtés durant plusieurs heures d'audition, méthode ayant permis d'asseoir un ascendant psychologique important de l'inspecteur sur le recourant et de finir de briser la volonté de ce dernier de garder le silence. Par conséquent, il estime que le procès-verbal de son audition du 7 janvier 2020, respectivement les déclarations faites à cette occasion, sont absolument inexploitables en vertu de l'art. 141 al. 1 CPP.