Citation: 6B_631/2024 E. 2.2

2.2. En l'espèce, sur la base des nombreux éléments qu'elle a largement exposés aux pages 19 et suivantes de son jugement, l'autorité cantonale a procédé à un examen des propos du recourant et de ceux des intimées et a évalué leur crédibilité respective; elle a également analysé de manière approfondie l'ensemble des pièces versées au dossier et a fourni des explications circonstanciées sur les raisons qui l'ont conduite à écarter la version du recourant et à retenir celles des intimées. Elle a notamment relevé que les dénégations du recourant étaient contredites par des preuves décisives du dossier, soit les accusations crédibles de l'intimée 2 que le recourant a toujours niées, l'expertise qui conclut à la crédibilité de l'enfant et bat en brèche la thèse d'un complot qui aurait consisté à faire proférer à la fillette de fausses accusations, le témoignage de G.________ qui a confirmé que le recourant - contrairement à ce qu'il affirme - avait des attentes élevées en termes de sexualité, les déclarations de l'intimée 1 allant dans le même sens et ajoutant que le recourant regardait des contenus pornographiques, le constat médical mettant en évidence des traces de coups sur l'intimée 2, alors que le recourant a nié toute violence, le constat gynécologique pratiqué sur l'intimée 2 qui montre que celle-ci a subi des pénétrations vaginales, alors que le recourant nie tout abus sexuel, ainsi que l'examen du contenu du matériel informatique qui était accessible au recourant et qui montre que ce dernier a recherché en anglais des vidéos pornographiques, alors qu'il a soutenu ne jamais avoir regardé ce type de contenu. En ce qui concerne les propos de l'intimée 1, ils sont tout à fait plausibles et corroborés par ceux de l'ancienne épouse du recourant qui a décrit, sans que les deux femmes ne se soient concertées, le peu de cas que le recourant faisait de ses refus dans le cadre de leur vie intime et le nombre de fois où elle avait dû subir les assauts du recourant. L'intimée 1 n'a entrepris aucune démarche pour se plaindre des agissements du recourant et il est fort probable qu'elle n'eût rien révélé si elle n'avait pas été entendue par la police au sujet des mauvais traitements dénoncés par sa fille. Il ne peut pas être retenu qu'elle eût une quelconque intention de nuire au recourant au moment où elle l'a mis en cause pour viol dans la mesure où ce n'est qu'à la fin de son audition, répondant à une question précise, qu'elle a expliqué avoir subi régulièrement des violences sexuelles. Sa crédibilité s'en trouve renforcée. Il en va de même s'agissant des menaces dont l'intimée 1 avait d'ailleurs fait part à un membre de sa famille. Ses propos sont crédibles. S'agissant des propos de l'intimée 2 relatifs aux accusations de violence à son encontre et de celle de sa demi-soeur, ils sont également tout à fait plausibles. S'il est exact que la version de l'intimée 2 comprend des épisodes un peu étranges comme le fait qu'elle aurait caressé un poisson ou qu'elle aurait écrasé avec ses pieds des poissons gluants, il n'en demeure pas moins que le constat médical contenu dans le rapport du 27 août 2021 atteste de l'existence de mauvais traitements subis peu de temps avant son audition. En plus d'être plausibles, les déclarations de l'enfant sont corroborées par des preuves matérielles comme des photographies en couleur sur lesquelles on peut voir des traces de coups sur le dos et les flancs de l'enfant. Quant à l'interdiction de consulter des médecins, les déclarations de l'intimée 2 à cet égard sont parfaitement crédibles. Tout particulièrement celles relatives à la réaction du recourant quand il a appris que, le 20 août 2021, les intimées 1 et 2 s'étaient rendues à l'hôpital pour des contrôles sur l'enfant. Il était tellement en colère que mère et fille sont sorties par la porte de derrière et ont passé la nuit ailleurs que chez elles, où elles savaient que le recourant les attendait. À cela s'ajoutent les curieuses déclarations du recourant sur la question des lunettes: " Non, elle n'en a pas. Elle est claire. Même la semaine passée, [l'intimée 2] est allée faire un contrôle et elle allait bien. Le médecin lui a donné des lunettes pour essayer, mais elle ne voyait rien avec. Elle n'a donc pas de lunettes. Elle va bien ". Concernant les propos de l'intimée 2 relatifs aux abus sexuels, ils sont globalement considérés par les experts comme entièrement crédibles. Dans son récit, la fillette a notamment évoqué des épisodes surprenants où il était question de diverses mixtures qui auraient été introduites dans son sexe ou son anus au moyen d'une poire en caoutchouc rose. La survenance de ces faits est très vraisemblable dans la mesure où la simple connaissance de l'existence et du fonctionnement d'une poire pour faire des lavements du vagin ou de l'anus, puis l'évocation du bruit (un "prout") que cela faisait parfois, incluait des détails que l'enfant n'aurait pas pu inventer sans une expérience vécue. Il en va de même quant à ses propos relatifs à la pornographie. La version du recourant, qui nie en consulter alors que l'analyse des supports informatiques démontre le contraire et qui s'est débarrassé de son smartphone juste avant son arrestation, ne présente que peu de crédibilité. En définitive, l'autorité précédente s'est dite convaincue que le recourant avait imposé à l'intimée 1 l'acte sexuel depuis quatre ans, à raison de deux fois par mois, et qu'il l'avait menacée de mort. Puis, concernant l'intimée 2, qu'il lui avait imposé l'acte sexuel durant deux ans et en tout cas une fois par mois (entre sept et neuf ans), soit en tout cas à une vingtaine de reprises (régulièrement des viols, soit en moyenne une fois par mois, cinq épisodes de sodomie et au moins une fellation), qu'il lui avait montré des images pornographiques, qu'il l'avait empêchée d'aller chez le médecin et qu'il lui avait fait subir des violences à elle et sa demi-soeur. Quant aux chefs d'accusation d'inceste et de violation du devoir d'assistance et d'éducation, la cour cantonale a jugé que les critiques du recourant n'avaient pas lieu d'être dans la mesure où il avait imposé l'acte sexuel à maintes reprises à sa fille et qu'il s'était opposé à ce qu'elle soit correctement suivie sur le plan médical.