Citation: 4C.251/2000 29.11.2000 E. A

A.- a) Jean Frajdenrajch, né en 1928, vendeur de petit matériel de kinésithérapie, disposait d'économies placées jusqu'alors en bons d'épargne. Il rencontra Jacques Gascuel et Martial Andreu, qui lui firent miroiter la possibilité de gagner jusqu'à 25 % d'intérêts annuels en participant à un programme d'investissement; ces derniers lui précisèrent que l'argent placé était récupérable en tout temps et qu'il n'y avait aucun risque de perte. Se fiant à ces explications, Frajdenrajch, qui désirait de nouveau disposer de ses fonds environ dix-huit mois plus tard pour rénover sa maison, remit le 12 juillet 1993 un million de francs français (FF) à Gascuel, signant simultanément deux documents préformés, établis en anglais (langue qu'il ne maîtrise pas), par la société Imafina S.A. (ci-après: Imafina). Selon les documents signés, Imafina effectue "des investissements de capitaux sous la forme de dépôts temporaires auprès de banques ou autres débiteurs sous son nom d'agent et sous la forme d'obligations bancaires et instruments financiers sous son nom d'agent mais pour le mandant et aux seuls risques de ce dernier". Il est spécifié que le client est "autorisé à fournir des instructions manuscrites à l'agent pour effectuer de tels dépôts ou investissements". Il est indiqué que la société tente de réunir de nombreux clients pour les regrouper dans des investissements communs qu'elle appelle "programmes d'investissement". En attendant de réunir un nombre suffisant d'investisseurs, l'argent est conservé sur un compte bancaire au Crédit Suisse. Imafina accorde expressément à ses clients le droit de résilier l'accord fiduciaire en tout temps, précisant toutefois qu'une résiliation "avant échéance" ne peut annuler un investissement en cours. En signant l'accord, le client "assure qu'il connaît la nature des transactions, leur structure technique, légale et financière, les risques qu'elles peuvent entraîner ainsi que les profits qui peuvent être espérés". Enfin, l'accord fiduciaire est soumis au droit suisse et comporte une élection de for à Genève. Le 9 août 1993, Imafina reçut 950 000 FF sur la somme remise par Frajdenrajch à Gascuel. Par lettre du 14 septembre 1993, Imafina accusa réception de l'accord signé le 12 juillet 1993; elle indiqua par ailleurs qu'elle avait ouvert un compte au nom du client, que l'argent se trouvait au Crédit Suisse à Genève et qu'elle avait l'intention de faire participer Frajdenrajch à un contrat d'investissement futur portant sur 10 000 000 US$ à réunir préalablement. Imafina confirma également que l'engagement de Frajdenrajch de participer au programme d'investissement était révocable selon les modalités contractuelles. b) A partir de 1994, les relevés d'Imafina n'indiquèrent plus que les fonds de Frajdenrajch étaient "placés à terme", mais ils apparaissent comme "investis à terme", sans aucune précision sur l'investissement. Le 28 septembre 1994, Imafina informa Frajdenrajch de difficultés dans la mise en oeuvre du programme d'investissement et lui promit un remboursement imminent par la mise en place d'un échéancier de paiements. Depuis lors, Frajdenrajch tenta, à plusieurs reprises mais en vain, d'obtenir un remboursement de ses fonds.