Citation: U 412/05 20.09.2006 E. 6

Une fois admis le lien de causalité naturelle et adéquate, il convient, afin d'évaluer le revenu que pourrait obtenir la recourante en exerçant l'activité qui peut raisonnablement être exigée d'elle sur un marché du travail équilibré (cf. art. 16 LPGA), de déterminer l'incapacité de travail qu'elle présente. A cet égard, on ne saurait, en l'état du dossier, suivre l'intimée qui a admis une capacité de travail résiduelle de 80 % en se fondant sur les conclusions du docteur E.________. Comme déjà mentionné, celles-ci ne tiennent en effet pas compte de la problématique psychique de l'assurée. A l'inverse, l'avis du docteur S.________ ne concerne que cet aspect-là, de sorte qu'il ne permet pas non plus d'apprécier la situation de D.________ dans son ensemble. Quant au raisonnement de la recourante, consistant à additionner les 30 % d'incapacité de travail admis par le docteur S.________ aux 36 % retenu par l'intimée (à titre d'invalidité), il méconnaît les notions d'incapacité de travail et d'incapacité de gain et est, pour ce motif déjà, erroné. Enfin, l'addition pure et simple des taux d'incapacités de travail fixés par le médecin-conseil de l'intimée et l'expert psychiatre reviendrait à un cumul schématique qui ne correspondrait pas à une évaluation globale des ressources de la recourante. Par conséquent, en l'absence d'un avis médical permettant d'apprécier la capacité de travail résiduelle de D.________ dans son ensemble, il convient de renvoyer la cause à l'assureur-accidents pour qu'il organise une expertise pluridisciplinaire et statue à nouveau sur le droit la recourante à une rente. De manière optimale, la capacité de travail devra dans ce cadre faire l'objet d'une appréciation globale de synthèse fondée sur un consilium entre les experts, dans lequel les résultats obtenus dans chacune des disciplines sont discutés (Meyer-Blaser, Der Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit und seine Bedeutung in der Sozialversicherung, namentlich für den Einkommensvergleich in der Invaliditätsbemessung, in: Schaffhauser/Schlauri [éd.], Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, St-Gall 2003, p. 89).