Citation: 5A_650/2018 E. 4.4

4.4. La recourante a raison lorsqu'elle affirme que l'arrêt 5D_135/2009 du 3 décembre 2009 n'a pas la portée que lui ont donnée la doctrine (STAEHELIN, in Basler Kommentar, SchKG, Ergänzungsband zur 2. Auflage, 2017, art. 82 LP, ad n° 71, p. 94; VEUILLET, op. cit., n° 12 ad art. 82 LP) et, à sa suite, le Tribunal cantonal (arrêt attaqué, consid. 2.3 i.f.). Le considérant 2 de cet arrêt, expressément visé par Veuillet ( loc. cit.) et l'autorité précédente, ne consiste qu'en la reproduction de la motivation cantonale, que le recourant n'avait dans cette affaire pas valablement remise en cause sous l'angle des chances de succès de son recours contre le refus de la mainlevée (consid. 4.2). On ne saurait dès lors en déduire péremptoirement qu'il découle de la jurisprudence fédérale que la déclaration destinée non pas au créancier mais à une autorité administrative ou fiscale ne saurait constituer une reconnaissance de dette permettant d'obtenir la mainlevée. Cette motivation ne permettait dès lors pas à l'autorité cantonale de refuser la mainlevée provisoire de l'opposition. Il reste donc à examiner si c'est à bon droit qu'elle a jugé que l'octroi de la mainlevée était conditionnée au fait que la déclaration de reconnaissance de dette fût destinée à l'attention du créancier poursuivant. Il sera préalablement relevé que, contrairement à ce que semble soutenir la recourante, la reconnaissance de dette ne peut en l'occurrence pas simplement se déduire d'un éventuel aveu judiciaire qu'aurait fait le débiteur poursuivi au cours de la procédure de mainlevée. Il ne ressort en effet pas de l'état de fait cantonal - qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF; supra consid. 2.2) - qu'un tel aveu aurait été protocolé au procès-verbal de l'audience de mainlevée - qui ne figure au demeurant pas au dossier cantonal - ou des motifs de la décision de mainlevée (KRAUSKOPF, La mainlevée provisoire: quelques jurisprudences récentes, in JdT 2008 II p. 23 ss [28]; cf. ég. VEUILLET, op. cit., n° 28 ad art. 82 LP, qui considère que la reconnaissance de dette faite en procédure de mainlevée, par écrit ou à l'audience, vaut retrait de l'opposition et conduit au classement de la procédure comme étant sans objet, frais à la charge du débiteur). Il n'est par ailleurs pas contesté que la créance visée dans le courrier litigieux du 8 février 2017 est celle de A.________ SA à l'encontre de son actionnaire unique figurant au bilan de la société au 31 décembre 2015 à concurrence de 1'510'104 fr., que la compensation invoquée par le poursuivi ne constitue in casu qu'une modalité de paiement au sens susrappelé, ni que les pouvoirs de représentation de Me Voide, signataire dudit courrier, ont été dûment établis.