Citation: 4A_428/2018 E. 4.2.2

4.2.2. Lorsque la demande tend à l'allocation de divers postes d'un dommage, le tribunal n'est lié que par le montant total réclamé, si bien qu'il peut allouer davantage pour un des éléments du dommage et moins pour un autre, sans pour autant enfreindre la maxime de disposition (ATF 123 III 115 consid. 6d p. 119; arrêt 4A_642/2017 du 12 novembre 2018 consid. 7.2.3). Les limites dans lesquelles ce type de compensation peut être opéré doivent être fixées de cas en cas, sur le vu des différentes prétentions formulées par le demandeur (ATF 119 II 396 consid. 2). Ce procédé de compensation (ou de vases communicants) est notamment admis entre les différents postes du dommage - tort moral compris - découlant de lésions corporelles consécutives à un accident (ATF 143 III 254 consid. 3.3 in fine p. 258; 63 II 339 consid. 4 p. 346); il n'y a là qu'un seul objet de litige, reposant sur un complexe de faits unique (ATF 143 III 254 consid. 3.6 p. 260). Lorsque le client d'une banque réclame à celle-ci une somme d'argent globale dans ses conclusions, en alléguant deux postes de dommage fondés d'une part sur des prétendus manquements de la banque en lien avec l'achat de parts d'un fonds de placement, d'autre part sur des opérations de la banque effectuées sans l'autorisation du client, le juge n'est lié que par le montant global sur lequel porte l'objet du litige. Ainsi, constatant que le premier poste se révèle infondé, le juge peut, dans les limites de ladite somme globale, allouer au demandeur un montant supérieur à celui indiqué dans ses allégués relatifs au second poste, selon ce qu'impose le droit matériel applicable d'office (arrêt précité 4A_54/2017 consid. 6.3).