Citation: 5A_850/2022 E. 3.2.2

3.2.2. La cour cantonale a estimé que le retour de C.________ en France lui serait hautement préjudiciable. Elle a d'abord relevé que le lien unissant C.________ à son père était ténu, voire inexistant, et restait à être construit: les parties s'étaient séparées peu avant, voire juste après la naissance de leur fille et admettaient qu'initialement, le recourant n'exerçait son droit de visite qu'à raison d'une heure par semaine, un dimanche sur deux et au domicile de l'intimée, en sorte qu'il fallait en déduire que celle-ci était la figure d'attachement et le parent de référence de la fillette; le droit de visite convenu entre les parties et ratifié par le jugement français du 21 septembre 2021 n'avait guère été exercé, l'enfant n'ayant finalement passé que quelques heures d'affilée auprès de son père, et les contacts avaient cessé depuis le mois de mars 2022. A cela s'ajoutait que C.________ avait grandi avec ses deux demi-frère et soeur et qu'ils formaient tous trois une fratrie soudée. Compte tenu de ces circonstances, il était ainsi indéniable qu'un retour auprès de son père constituerait un bouleversement énorme pour une enfant si jeune et en plein développement, risquant hautement de créer un traumatisme lié à la séparation d'avec sa mère et de la menacer dans son développement tant psychique que social. La chambre des curatelles a ensuite souligné qu'un retour de l'enfant en France n'était pas non plus envisageable du fait que sa mère y était exposée à des poursuites, dont il n'était pas contesté qu'elles pourraient entraîner sa mise en détention et son arrestation. Cette circonstance rendait un retour intolérable dans la mesure où il entraînerait une rupture brutale pour l'enfant; le fait que la mère ne pût pas retourner en France aurait pour conséquence que C.________ vivrait exclusivement dans le foyer paternel, sans possibilité pour la mère d'avoir des contacts personnels avec elle, ce qui créerait ainsi un risque grave de mise en danger physique ou psychique. Le retour de C.________ en France aurait également pour conséquence de couper les liens avec ses frère et soeur, pris en charge par leur mère, auxquels elle était fortement liée. Le placement auprès d'un tiers devait enfin être écarté: les conditions matérielles, éducatives, affectives et sociales dans lesquelles la mère vivait avec l'enfant étaient adéquates et la DGEJ avait constaté qu'aucune mesure de protection n'était nécessaire.