Citation: 2A.191/2003 22.01.2004 E. D

Agissant par la voie du recours de droit administratif, X.________ demande au Tribunal fédéral, sous suite de frais et dépens, d'annuler l'arrêt attaqué. Elle fait valoir que l'autorité intimée a constaté les faits pertinents de manière inexacte et incomplète et violé le droit fédéral en ne respectant pas le principe de légalité ("pas de peine sans loi", art. 7 CEDH) ainsi que les principes d'égalité et d'interdiction de l'abus de droit et de l'arbitraire (art. 9 Cst. et 17 CEDH). X.________ énumère les procédures pénales ou disciplinaires qui ont été engagées contre elle par Z.________ ou Y.________ ou qu'elle a été amenée à initier en raison de leur comportement. Il s'agit des procédures suivantes. En relation avec l'action en responsabilité d'une banque contre ses administrateurs, ces derniers, représentés par Z.________, ont déposé plainte pénale, le 16 décembre 1998, contre la banque et X.________, conseil de celle-ci, notamment pour faux dans les titres. X.________ a déposé une contre-plainte. La plainte et la contre-plainte ont été classées par le Procureur général du canton de Genève. Après avoir succédé à X.________ dans la défense des époux A., Y.________ aurait accusé celle-ci « auprès de nombreux tiers d'avoir conservé indûment à titre d'honoraires, sans facture ('au noir') des centaines de milliers de francs » appartenant à ses anciens mandants. Le 9 juillet 2001, X.________ a déposé plainte pénale notamment pour calomnie contre dame A. (son mari étant décédé) ainsi que toute autre personne responsable. Le procureur général du canton de Genève a classé la plainte, décision qui a été confirmée sur recours de X.________ par la Chambre d'accusation du canton de Genève. Selon la recourante, Z.________ et Y.________ l'ont dénoncée au Conseil de l'Ordre des Avocats de Genève (ci-après: le Conseil de l'Ordre) successivement pour avoir déposé sans autorisation du bâtonnier une contre-plainte et une plainte en relation avec les procédures pénales évoquées ci-dessus; pour avoir prélevé illicitement des montants appartenant aux époux A.; pour avoir envoyé sa lettre ouverte à la Commission du barreau sans autorisation préalable du bâtonnier et pour ne pas se soumettre aux décisions du Conseil de l'Ordre. Ces procédures ont été instruites par les bâtonniers ou anciens bâtonniers E.________ et F.________ ainsi que G.________, qui, tout comme Z.________ et Y.________, feraient partie du groupe précité, à en croire le journal "D.________". Deux des procédures ont conduit au prononcé d'une sanction à l'égard de X.________; celle-ci a contesté les décisions devant la Cour de justice du canton de Genève. Une troisième était toujours pendante lors du dépôt du présent recours (alors que la recourante n'indique pas le sort de la quatrième). A cela s'ajoute la dénonciation à la Commission du barreau, qui a abouti à la sanction faisant l'objet de la présente procédure. X.________ évoque encore deux procédures de poursuites pour dettes que Y.________, agissant au nom de dame A., a engagées contre elle. Elles auraient toutes deux été retirées. Dans sa détermination sur le recours, le Tribunal administratif se réfère à son arrêt. La Commission du barreau conclut au rejet du recours. Sans prendre de conclusions formelles, l'Office fédéral de la justice a produit des observations où il considère que l'art. 12 LLCA n'a pas été violé en l'espèce.