Citation: 1C_272/2014 E. A

A.________, originaire du Kosovo, né en 1978, est entré en Suisse le 5 août 1998 et y a déposé une demande d'asile qui a été rejetée le 8 septembre 1999. Ce rejet était assorti d'une décision de renvoi. Le 7 juillet 2000, le prénommé s'est marié avec B.________ ressortissante suisse née en 1971. Il s'est ainsi vu délivrer une autorisation de séjour. Le 29 août 2003, A.________ a déposé une demande de naturalisation facilitée. Dans le cadre de l'instruction de cette demande, les époux ont contresigné, le 15 septembre 2006, une déclaration écrite aux termes de laquelle ils confirmaient vivre en communauté conjugale effective et stable, résider à la même adresse et n'envisager ni séparation, ni divorce. Leur attention a été attirée sur le fait que la naturalisation facilitée ne pouvait pas être octroyée lorsque, avant ou pendant la procédure de naturalisation, l'un des époux demandait le divorce ou la séparation, ou lorsque la communauté conjugale effective n'existait plus. Par décision du 20 octobre 2006, l'Office fédéral des migrations (ci-après: l'ODM) a accordé la naturalisation facilitée à l'intéressé. Par courrier du 24 juin 2010, le Service de l'état civil et des naturalisations du canton de Fribourg a informé l'ODM que bien que les époux soient toujours mariés, A.________ avait eu un premier enfant au Kosovo avec une compatriote le 16 septembre 2005, soit une année avant sa naturalisation, puis un deuxième enfant avec la même personne le 10 avril 2008 et qu'il avait entrepris les démarches pour enregistrer ses deux enfants en Suisse. Par lettre du 17 septembre 2010, l'ODM a informé l'intéressé qu'il se voyait dans l'obligation d'examiner s'il y avait lieu d'annuler la naturalisation facilitée, compte tenu des faits relatés par les autorités fribourgeoises, et l'a invité à se déterminer à ce sujet. Dans son courrier daté du 18 octobre 2010, cosigné par son épouse, A.________ a expliqué que son épouse avait eu un grave accident fin 2003, qu'elle avait été hospitalisée durant un mois et demi et qu'étant déprimé et inquiet, il l'avait trompée; cette "histoire d'une seule nuit" avait suffi pour que la mère de son fils tombe enceinte. S'agissant de son deuxième fils, né en avril 2008, il a indiqué que celui-ci avait été conçu après que sa femme a pris la décision de le quitter. Auditionnée le 25 février 2011, B.________ a notamment déclaré que les réelles difficultés conjugales avaient commencé fin 2006 lorsqu'elle s'était installée à Neuchâtel où elle avait ouvert un fitness. Les problèmes conjugaux résidaient dans l'adultère commis par chacun des deux époux ainsi que dans le fait que ce dernier se trouvait trop souvent à Genève; son époux ne pouvait guère lui rendre visite dès lors qu'il vivait et travaillait à Genève durant la semaine. Elle a indiqué que la séparation du couple avait eu lieu, sauf erreur de sa part, vers fin 2007, précisant qu'ils n'avaient pas tout de suite divorcé dans l'espoir de se remettre ensemble. Elle s'est également exprimée au sujet de l'existence des deux enfants de son époux.