Citation: 2C_149/2023 E. 5.2

5.2. L'art. 8 CEDH ne confère en soi aucun droit direct à séjourner dans un Etat déterminé (cf. arrêts CourEDH El Ghatet c. Suisse du 8 novembre 2016, req. no 56971/10, § 44, B.A.C. c Grèce du 13 octobre 2016, req. no 11981/15, § 35 et les nombreuses références citées; aussi ATF 143 I 21 consid. 5.1; 140 I 145 consid. 3.1 p. 147 et les arrêts cités). Il n'en demeure pas moins que le fait de refuser un droit de séjour à une personne étrangère dont la famille jouit d'un droit de présence assurée en Suisse peut entraver sa vie familiale et porter ainsi atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par cette disposition (ATF 140 I 145 consid. 3.1 et les arrêts cités). Il n'y a cependant pas atteinte à la vie familiale si l'on peut attendre des personnes concernées qu'elles réalisent leur vie de famille à l'étranger; l'art. 8 CEDH n'est a priori pas violé si le membre de la famille jouissant d'un droit de présence en Suisse peut quitter ce pays sans difficultés avec l'étranger auquel a été refusée une autorisation de séjour. En revanche, si le départ du membre de la famille pouvant rester en Suisse ne peut pas être d'emblée exigé sans autres difficultés, il convient de procéder à la pesée des intérêts prévue par l'art. 8 par. 2 CEDH (ATF 144 I 91 consid. 4.2; 140 I 145 consid. 3.1; 135 I 153 consid. 2.1). En l'occurrence, la compagne du recourant et leurs enfants communs, s'ils disposent tous d'autorisations d'établissement en Suisse et donc d'un droit de présence assuré dans le pays, possèdent également la nationalité kosovare, comme le recourant. On pourrait ainsi se demander s'il existe de véritables difficultés à ce qu'ils accompagnent leur compagnon et père au Kosovo dans l'hypothèse où celui-ci serait renvoyé dans ce pays. Sous cet angle, il n'est pas certain que le refus de prolonger l'autorisation de séjour du recourant porte atteinte au droit de la famille de vivre ensemble, tel qu'il est garanti par l'art. 8 par. 1 CEDH, étant néanmoins précisé qu'il n'est pas possible de savoir, à la lecture de l'arrêt attaqué, si la compagne du recourant et ses enfants entretiennent d'autres liens avec le Kosovo que leur nationalité. La question peut toutefois demeurée indécise pour les raisons qui suivent.