Citation: 6B_751/2023 E. 2.4

2.4. Le recourant invoque, en substance, (1) qu'il est venu vivre en Suisse alors qu'il avait à peine 20 ans, qu'il est titulaire d'un permis C valable jusqu'au 3 février 2027 et qu'il a ainsi vécu en Suisse largement plus de la moitié de sa vie, (2) qu'il est parfaitement intégré en Suisse, dès lors qu'il y vit depuis 25 ans et y travaille, qu'il a rapidement retrouvé du travail après avoir perdu son précédent emploi au plus fort du conflit conjugal et qu'il parle très bien le français, comme le prouve le fait qu'il a été entendu sans traducteur par la police, (3) qu'il a démontré sa volonté de participer à la vie économique suisse en acceptant un travail modestement rémunéré, tout en travaillant de nuit (4) qu'il n'a pas de dettes et s'est empressé de rembourser les modestes montants qu'il avait perçus de l'aide sociale lorsqu'il en avait eu besoin, étant rappelé qu'il n'en avait bénéficié que très brièvement et à une seule et unique reprise, (5) que les trois enfants issus de son union avec l'intimée vivent et travaillent en Suisse, qu'il entretient toujours des contacts très réguliers avec son fils aîné ainsi qu'avec sa fille aînée et qu'il continue de contribuer à l'entretien de B.A.________, les contacts avec lui ayant été rompus après la séparation des parties, (6) que sa nouvelle épouse vit désormais en Suisse, sous son toit, avec leurs deux enfants communs, et qu'il les assume financièrement ainsi que la fille aînée de sa nouvelle épouse, née d'un premier lit, qui est également venue vivre en Suisse et qui est scolarisée à l'école de W.________, (7) que sa nouvelle compagne et ses enfants disposent d'un titre de séjour valable en Suisse, (8) qu'à l'exception des faits qui lui sont reprochés dans la présente affaire, il a toujours respecté l'ordre juridique suisse, preuve en étant que son casier judiciaire est vierge et qu'il a laissé son épouse qui était sur le point d'accoucher à l'hôpital pour comparaître en personne devant la cour cantonale, (9) qu'il ne conteste pas que quelques membres de sa famille vivent encore en Turquie mais qu'il n'entretient toutefois aucun lien particulier avec eux, et (10) que la peine à laquelle il a été condamné par le tribunal de première instance ne conduirait pas à la révocation de son permis d'établissement selon les règles applicables en droit des étrangers. Le recourant invoque que son renvoi de Suisse le placerait dans une situation personnelle grave, dans la mesure où cela le contraindrait à partir vivre, loin de ses trois enfants aînés qui ont toujours besoin de lui et de sa famille actuelle, dans un pays dans lequel il n'a plus vécu depuis 25 ans et où ses perspectives professionnelles apparaissent comme nulles au vu de sa formation et de son âge. Selon lui, son renvoi imposerait également un nouveau déménagement et un retour en Turquie non seulement à sa nouvelle compagne, alors qu'elle vit depuis de nombreux mois en Suisse, mais également et surtout à ses deux enfants cadets, alors qu'ils ne connaissent pas la Turquie et que son dernier enfant n'y a jamais vécu et qu'il est notoire qu'il faut éviter à tout prix de déstabiliser et de modifier trop le cadre de vie de jeunes enfants. Le recourant soutient enfin que son intérêt privé à rester en Suisse est supérieur à l'intérêt public à ce que son expulsion soit prononcée. Selon lui, il convient de "relativiser quelque peu la gravité de [l']infraction" qu'il a commise, dès lors qu'elle l'a été dans un contexte tout particulier, à savoir un important conflit conjugal où les parties étaient en désaccord sur tout, notamment sur la prise en charge de leur fils B.A.________, et à l'encontre d'une personne clairement déterminée, à savoir son ex-épouse. Il invoque qu'avant l'apparition de difficultés conjugales entre époux, il n'avait jamais été condamné, et qu'il n'a, depuis, pas commis d'autres infractions. Il allègue que la situation particulière dans laquelle les faits ont été commis a disparu, les parties étant désormais divorcées, et que le calme et la sérénité sont revenus. Il rappelle en outre qu'il n'a pas de dettes, qu'il s'assume et assume financièrement les membres de sa famille, et qu'il participe activement à la vie économique suisse, en y travaillant activement et en y payant ses impôts. Enfin, il renvoie sur cette question aux éléments qu'il a développés s'agissant du critère de la situation personnelle grave.