Citation: 1C_297/2022 E. B

La Commune de Roche a organisé un concours d'architecture pour la mise en valeur des parcelles n os 9 et 744. E.________ SA l'a remporté; un contrat de vente à terme portant sur les deux parcelles a été conclu. Après réalisation du projet, un fractionnement de celles-ci serait opéré, les nouvelles limites de la parcelle n o 744 permettant d'inclure l'intégralité du bâtiment prévu, tandis que la parcelle n o 9 supporterait l'actuel bâtiment industriel. Le 20 juin 2016, la commune et E.________ SA ont déposé une demande de permis de construire un ensemble résidentiel de 70 logements avec parking souterrain de 85 places et cinq places de parc extérieures. L'état du foncier serait modifié, la surface de la nouvelle parcelle n o 744 augmentant de 2'138 m² à 5'069 m². Le projet porte notamment sur la réalisation d'un bâtiment d'un seul tenant. A l'issue de l'enquête publique, par décision du 6 avril 2017, la municipalité a levé les oppositions et délivré le permis de construire. Par arrêt du 29 août 2018, le Tribunal cantonal a annulé cette autorisation pour non-conformité aux règles communales en matière de hauteur des constructions et de niveaux habitables (cf. art. 14 RPE; arrêt cantonal AC.2017.0192 du 29 août 2018 consid. 7). A la suite de cet arrêt, un projet modifié a été mis à l'enquête publique complémentaire, pour lequel la commune a délivré le permis de construire le 8 mars 2019, après avoir levé les oppositions. Par arrêt du 19 février 2020 (AC.2019.0109), le Tribunal cantonal a confirmé cette décision. Le 9 février 2021, le Tribunal fédéral a admis le recours en matière de droit public formé par les copropriétaires voisins; il a annulé l'arrêt cantonal et renvoyé la cause à la cour cantonale pour nouvelle instruction et décision dans le sens des considérants; la cour était invitée à instruire la question du dépassement du potentiel communal constructible à l'horizon 2036 et le taux de logements vacants récemment autorisés, puis déterminer, en tenant compte de ces éléments, si les conditions d'entrée en matière pour un contrôle incident étaient réalisées (arrêt 1C_190/2020 du 9 février 2021 consid. 3.3). La cour cantonale a repris l'instruction sous la référence AC.2021.0072. Par arrêt du 6 avril 2022, elle a rejeté le recours. Elle a constaté le surdimensionnement de la zone à bâtir communale. A défaut d'autres éléments pertinents, cette circonstance ne commandait pas à elle seule de procéder à un contrôle incident de la planification en vigueur. Conforme à cette dernière, le permis de construire devait partant être confirmé.