Citation: 8C_410/2009 10.11.2009 E. 8

8.1 Une des critiques essentielles qu'on peut discerner dans le volumineux mémoire de la recourante consiste à dire qu'aucune des études citées dans l'expertise judiciaire n'a sérieusement rapporté la preuve d'une lésion objective des structures musculo-squelettiques due à des activités répétitives, si bien que la thèse d'une origine dégénérative et multifactorielle de l'épicondylite dans laquelle l'âge et la constitution physique jouent un rôle prépondérant, soutenue par les docteurs Erich Bär et Bertrand Kiener, a gardé toute sa pertinence. En l'occurrence, le Tribunal fédéral a déjà exprimé ses doutes quant à l'acception généralisée de cette opinion par la communauté scientifique et considéré qu'elle devait être avalisée par une expertise indépendante (cf. consid. 4 supra). Or, l'analyse générale des données scientifiques sur le sujet réalisée par les docteurs L._________ et P.________ a justement battu en brèche la thèse des médecins de la CNA et démontré que dans certaines conditions, l'activité professionnelle peut être à l'origine d'une épicondylite radiale. La professeure N._________ s'est rangée à cette analyse en précisant que d'autres études et expérimentations allaient dans le même sens. Nonobstant les remarques contenues dans la prise de position du docteur V.________, on ne voit pas de motif impérieux de rejeter ces nouvelles conclusions qui sont le fait d'experts judiciaires. 8.2 Une autre critique se rapporte au diagnostic posé par la professeure N._________. Selon la recourante, l'opération pratiquée par la doctoresse T._________ correspondrait à un traitement chirurgical du syndrome du supinateur (ou neuropathie du nerf radial) et non de l'épicondylopathie radiale (qui se caractérise par une tendinite d'insertion). Les douleurs de l'assurée pouvaient s'expliquer par ce seul syndrome. La conclusion finale de l'expertise judiciaire, basée sur la prévalence de l'épicondylite, tombait ainsi à faux puisque de tous les monteurs concernés, K._______ était la seule à avoir développé un tel syndrome. Sur ce point également, on ne voit pas de raison de mettre en doute l'avis de l'experte judiciaire. Celle-ci a répondu à ces objections lors de son audition du 13 novembre 2008 en explicitant les éléments relatifs au diagnostic qui l'avaient amenée à conclure à une atteinte du type de l'épicondylite radiale et à ne retenir que la probabilité d'une neuropathie du nerf radial. On relèvera au demeurant que le diagnostic d'épicondylite radiale ne constitue pas un avis médical isolé mais qu'il est partagé par d'autres confrères qui ont examiné l'assurée (voir notamment les rapports du docteur D.________). 8.3 La recourante s'en prend encore à l'évaluation des facteurs de risques professionnels identifiés par l'experte judiciaire dans le cas de l'intimée. En particulier, elle considère que le critère de l'effort physique, qui constitue, d'après l'expertise des docteurs L._________ et P.________, un des facteurs ergonomiques décisifs dans le développement d'une l'épicondylite radiale, a été sous-évalué par rapport à celui de la répétition des mouvements. L'experte judiciaire n'aurait pas non plus tenu compte du fait que les monteurs travaillant auprès de la télévision canadienne et utilisant également l'appareil Quantel ne présentaient pas de troubles musculo-squelettiques. Ces reproches sont infondés. Les points précités ont au contraire fait l'objet d'une attention particulière de la part de l'experte judiciaire qui les a examinés et discutés avec soin (voir la page 8 du rapport). 8.4 Pour le surplus, la recourante se borne à une répétition des arguments qu'elle a déjà exposés dans son questionnaire à l'experte judiciaire et on ne peut que la renvoyer aux réponses que celle-ci a données. 8.5 Il s'ensuit qu'il n'y a pas de raison de s'écarter de l'expertise judiciaire du 2 juillet 2008, laquelle remplit toutes les exigences auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante d'un tel document. Les premiers juges étaient fondés à s'y rallier. Le recours doit par conséquent être rejeté.