Citation: 6B_1167/2021 E. 3.2.3

3.2.3. En substance, la cour cantonale a retenu que l'OEP s'était notamment fondé, pour justifier le placement du recourant en secteur de sécurité renforcée, sur les deux rapports d'expertise indépendants déposés, respectivement par le Dr C.________ le 30 janvier 2014 et par le Dr D.________ le 23 décembre 2014, dans la procédure au fond - soit celle qui avait abouti à la condamnation du recourant à la privation de liberté à vie et à son internement. Mais l'OEP s'était également fondé sur le rapport d'évaluation criminologique déposé le 10 novembre 2020 qui constatait que le positionnement du recourant sur les faits qui lui étaient reprochés n'avait pas changé depuis son jugement en 2016. Selon les auteures du rapport, cette absence d'évolution était à mettre en lien avec le grave trouble de la personnalité diagnostiqué par les experts dans la procédure au fond. Ainsi, à bien lire le rapport d'évaluation, le positionnement adopté par le recourant lors de l'évaluation criminologique de 2020 indiquait plutôt que le diagnostic posé par les experts dans la procédure au fond était toujours d'actualité. En outre, les auteures du rapport d'évaluation s'étaient entretenues plusieurs fois avec le recourant entre le 5 et le 27 octobre 2020 et elles avaient procédé, sur cette base, à une évaluation du risque de récidive. Elles n'avaient fait, au cours de ces entretiens, aucune constatation qui laisserait entrevoir un possible changement dans l'attitude ou dans l'état psychique du recourant, susceptible de rendre obsolètes les expertises de 2014. À cela s'ajoutait que le recourant avait fait l'objet d'une sanction disciplinaire pour des faits d'insubordination et d'agression contre un surveillant, commis le 1 er juin 2021, manifestant une volonté du recourant d'être dominant dans ses rapports avec les autres. Celui-ci avait certes recouru contre cette sanction disciplinaire et le recours était encore pendant, néanmoins ces événements ne pouvaient être ignorés à ce stade et à défaut d'une décision contraire pour le moment. Dans ces conditions, l'OEP pouvait se dispenser d'ordonner une nouvelle expertise psychiatrique du recourant et se fonder sur les expertises de 2014 sans violer les règles de procédure administrative - applicables devant l'OEP (cf. art. 2 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative; LPA/VD; RS/VD 173.36) - relatives à l'expertise et les droits constitutionnels du recourant.