Citation: 6B_1242/2023 E. 5.4.3

5.4.3. Le recourant fait valoir que son renvoi dans son pays d'origine porterait une atteinte grave à sa vie familiale protégée par l'art. 8 § 1 CEDH. Bien que n'étant pas marié et n'ayant pas d'enfant, il expose qu'il vit avec une compagne, Madame D.________, atteinte de sclérose en plaque dont il prend soin depuis plus de 13 ans. Les relations familiales visées par l'art. 8 § 1 CEDH sont avant tout celles qui concernent la famille dite nucléaire, à savoir celles qui existent entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant en ménage commun (arrêts 6B_364/2022 du 8 juin 2022 consid. 5.1; 6B_152/2020 du 1er avril 2020 consid. 5.2.2; cf. ATF 144 II 1 consid. 6.1; 135 I 143 consid. 1.3.2). Les concubins ne sont habilités à invoquer l'art. 8 § 1 CEDH que s'ils entretiennent depuis longtemps des relations étroites et effectivement vécues ou s'il existe des indices concrets d'un mariage sérieusement voulu et imminent. D'une manière générale, il faut que les relations entre les concubins puissent, par leur nature et leur stabilité, être assimilées à une véritable union conjugale pour bénéficier de la protection de l'art. 8 § 1 CEDH (arrêts 6B_143/2019 du 6 mars 2019 consid. 3.3.2; 6B_1329/2018 du 14 février 2019 consid. 2.3.2; 6B_612/2018 du 22 août 2018 consid. 2.2). La cour cantonale a retenu qu'il n'existait pas une telle union conjugale entre le recourant et Madame D.________, faute de relation réellement vécue. D'une part, elle a relevé que, durant plusieurs années, le recourant était la personne masculine de référence dans un autre foyer, à tout le moins. D'autre part, le recourant n'avait évoqué être le compagnon de Madame D.________ qu'en procédure d'appel pour les besoins de la cause, alors qu'il ne l'avait pas mentionné durant la procédure de première instance. Dans tous les cas, la cour cantonale a retenu que le fait que le soutien du recourant serait indispensable au quotidien de cette compagne ne saurait suffire à faire obstacle à une expulsion du recourant, étant rappelé qu'il existait d'autres moyens d'assurer à celle-ci l'aide régulière dont elle avait besoin (jugement attaqué p. 47). Savoir si le recourant a effectivement entretenu une relation de longue durée avec Madame D.________ relève de l'établissement des faits, qui lient la cour de céans (art. 105 al. 1 LTF), à moins que ceux-ci aient été établis de manière arbitraire (art. 97 al. 2 LTF), ce que le recourant doit démontrer dans une argumentation détaillée (art. 106 al. 2 LTF). Pour seule motivation, le recourant reproche à la cour cantonale de s'être fondée sur une conception dépassée et eurocentrique des relations, selon laquelle seules les relations monogames sont dignes de protection. Cette argumentation ne suffit pas à établir que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en niant toute stabilité à la relation existant entre le recourant et Madame D.________; elle est irrecevable. La cour de céans retient donc que l'expulsion du recourant ne porte pas atteinte à la vie familiale du recourant.