Citation: 4A_664/2018 E. 6

En l'espèce, le défendeur a été sommé par écrit d'acquitter dans un délai de dix jours un arriéré au montant de 7'000 fr. qui correspondait aux loyers des mois de mai 2017 à février 2018. A l'encontre du congé, il soutient qu'un bail de chambre meublée est un bail d'habitation aux termes de l'art. 257d al. 1 CO et que seul un délai de trente jours, au minimum, eût été conforme à cette disposition. Le défendeur soutient également que le loyer convenu était frappé de nullité parce que le demandeur ne lui avait pas notifié l'avis de fixation du loyer initial prescrit par la législation cantonale genevoise que réserve l'art. 270 al. 2 CO (cf. ATF 121 III 56 consid. 2c p. 58). La Cour de justice constate en fait que le défendeur n'a plus versé aucun loyer après avril 2017 et qu'il n'avait aucune intention d'exécuter un quelconque versement par suite de la sommation reçue, cela quel que fussent le délai imparti et le montant à acquitter en deçà du loyer convenu. En considération de ces circonstances et au stade de l'appréciation juridique, la Cour retient que les moyens soulevés à l'encontre du congé procèdent de l'abus de droit et qu'ils doivent être pour ce motif rejetés. Cette approche est exactement conforme à la jurisprudence du Tribunal fédéral que la Cour mentionne dans son arrêt (arrêts 4A_244/2017 du 4 septembre 2017, consid. 2, et 4C.196/2006 du 4 août 2006, consid. 2.2) et le défendeur ne lui oppose aucune contestation sérieuse. La résiliation du contrat signifiée le 7 mars 2018 avec effet au 30 avril suivant est donc conforme à l'art. 257d al. 2 CO. Depuis cette date-ci, l'art. 267 al. 1 CO oblige le défendeur à évacuer et à restituer la chambre; contrairement à son opinion, la situation juridique est à cet égard claire aux termes de l'art. 257 al. 1 let. b CPC.