Citation: 4A_386/2020 E. 8

Le domaine agricole de feu X.________ se trouve au centre de deux litiges étroitement imbriqués : la validité du congé signifié au demandeur, d'une part, et le désaccord des quatre copropriétaires actuels, d'autre part. Il y a lieu de discerner celui de ces litiges qui est le plus important et dont la solution est la plus urgente du point de vue d'une mise en valeur rationnelle de ce bien immobilier. Selon la recourante, il est urgent de continuer le procès en cours devant le Tribunal civil afin de parvenir à un jugement qui rejettera l'action et permettra qu'elle-même, en vertu du bail conclu par elle avec X.________, succède au demandeur dans l'exploitation du domaine. Cette solution ne mettra pas fin au désaccord des copropriétaires car ceux-ci, selon la recourante, ont déclaré en procédure qu'ils s'efforceront alors de parvenir à une résiliation de ce bail-ci et à la conclusion d'un nouveau bail avec le demandeur, de manière que ce dernier puisse conserver l'exploitation. Dans l'éventualité contraire où le demandeur obtiendrait l'invalidation du congé qu'il conteste, il est prévisible que la recourante, elle, s'efforcera it de provoquer une nouvelle résiliation pour un prochain terme légal. Dans ces deux cas, le désaccord des copropriétaires va donc perdurer. A terme, quelle que soit l'issue du procès en cours, il est de toute manière indispensable que ce désaccord soit résolu. L'affermage du domaine ne saurait rester indéfiniment litigieux entre les copropriétaires; il est au contraire nécessaire que ceux-ci, à l'unanimité ou par la décision d'un tribunal arbitral, parviennent à choisir entre affermer le domaine au demandeur, à la recourante ou encore à un tiers. A supposer que le choix se porte sur le demandeur, le procès en cours pourra se terminer par un acquiescement. Dans ces conditions, la suspension contestée par la recourante répond à la logique et elle procède d'une saine application de l'art. 126 al. 1 CPC. En dépit de ses conséquences négatives sur la durée du procès, elle est aussi compatible avec le principe de la célérité car l'imbrication des deux litiges engendre une situation singulière et complexe qui ne se prête pas à une prompte liquidation.