Citation: 6B_688/2014 E. 7.3.3

7.3.3. Les pièces citées par le recourant semblent indiquer que W.________, X.________ et A.________ ne seraient formellement devenus ayants droit économiques de S.________ que le 1er décembre 1998, au travers de DD.________. Tout d'abord, il convient de remarquer que la formalisation dans la documentation des décisions des prévenus quant à la gestion des différentes sociétés impliquées était souvent décalée temporellement par rapport à la volonté des parties. Il en va par exemple ainsi lorsqu W.________, X.________ et A.________ ont signé, le 15 août 1998, aux noms des sociétés dont ils se déclaraient respectivement ayants droit économiques (soit HH.________ pour W.________, II.________ pour X.________ et FF.________ pour A.________) une instruction à l'attention de T.________ au sujet de la gestion de DD.________ (pièce 10-02-01-110) alors qu'il ressort de la documentation que les actions HH.________ pour W.________ (pièce 10-02-01-0117), II.________ pour X.________ (pièce 10-02-01-0134) et FF.________ pour A.________ (pièce 10-02-01-0125) n'ont été détenues pour eux (par deux autres sociétés-écrans) que depuis le 3, respectivement le 4 septembre 1998. En outre, le TPF ne s'est pas fondé sur cet unique élément pour retenir une étroite collaboration entre les prévenus (cf. jugement attaqué p. 199). Il a également relevé que l'existence d'une telle association était confirmée non seulement par la structure des ayants droit économiques de S.________ durant les années 1998 à 2001, mais également par la mise en parallèle de deux contrats: le contrat intitulé " contrat fiduciaire et de domiciliation " passé le 24 mars 1997 à Fribourg entre V.________, W.________, A.________ et X.________ (pièces 10-02-01-0219 à 0222), par lequel les trois derniers donnaient mandat au premier de créer PP.________ et de l'administrer selon leurs instructions; et le contrat intitulé " contrat de portage " passé le 18 avril 1998 entre Eh.________ et PP.________ (pièces 07-03-04-0262 ss), dans lequel c'étaient le recourant et Y.________ qui étaient qualifiés de bénéficiaires finaux de PP.________ et non W.________, A.________ et X.________. Dès lors, il n'était pas absolument insoutenable de retenir qu'un lien existait déjà au 31 décembre 1997 entre les différents prévenus, même si ce lien n'a été formalisé que plus tard. En outre, contrairement à ce qu'affirme le recourant, une proximité entre MUS et D.________ existait bien déjà avant l'assemblée générale du 24 avril 1998 puisque W.________ était à cette date membre du conseil d'administration de MUS et qu'il contrôlait D.________ (cf. infra consid. 10.3). Ainsi, même si les cinq prévenus précités n'étaient pas tous, durant toute la période déterminante, formellement ayants droit économiques de S.________, il n'en demeure pas moins que l'ensemble du montage auquel ils ont procédé et leur participation aux moments clés démontrent leur implication et leur intention de participer tout le long de la commission des infractions.