Citation: 2C_898/2020 E. 4.3

4.3. Seules se posent donc en l'espèce la question de la proportionnalité de la mesure prononcée à l'encontre du recourant (art. 96 al. 1 LEtr et 8 par. 2 CEDH) et celle de la licéité du renvoi. A ce propos, il peut être renvoyé aux considérants de l'arrêt attaqué dans lequel l'instance précédente a correctement exposé la jurisprudence et dûment appliqué le droit fédéral et international (art. 109 al. 3 LTF). Elle a notamment exposé que le recourant avait été condamné à une peine de trois ans d'emprisonnement sans sursis pour des faits graves, qu'il était incapable de tirer les leçons de ses condamnations antérieures et que le risque de récidive était important. Aucun certificat médical tendant à démontrer une prise de conscience grâce aux thérapies ambulatoires exigées et suivies n'avait été déposé. Aucune preuve tendant à démontrer que l'intéressé avait travaillé ou avait retrouvé du travail n'avaient été fournies; au contraire, l'importance de la dette sociale et des poursuites montraient que de telles activités n'avaient été que temporaires. Il n'avait aucune relation personnelle et économique étroite avec ses enfants. Il avait du reste été condamné pour violation d'une obligation d'entretien et n'avait pas prouvé la réalité des contributions d'entretien qu'il disait faire parvenir à ses enfants. Il ne pouvait en outre pas se prévaloir d'un comportement irréprochable. Il avait vécu son enfance et son adolescence dans son pays d'origine, dans lequel il était du reste retourné plus d'une dizaine de fois. L'état de santé psychique tel que décrit par un rapport médical du 1er juillet 2019 du service de médecine pénitentiaire de l'Hôpital du Valais n'était pas grave au point qu'un retour dans le pays d'origine équivaudrait à priver l'intéressé de soins essentiels. Le renvoi n'était enfin pas contraire à l'art. 3 CEDH. Il est vrai que le recourant vit depuis longtemps en Suisse et que la révocation de son autorisation d'établissement doit dans ces conditions n'être prononcée que pour des motifs impérieux. De tels motifs sont en l'espèce remplis, le recourant ayant été condamné plus de 20 fois entre 2005 et 2017 à des peines de plus en plus lourdes. Il a même réussi à être condamné, le 7 janvier 2020, à 30 jours de peine privative de liberté durant sa détention. Sur le plan personnel et économique, il a bénéficié durablement de l'aide sociale et s'est endetté jusqu'à plus de 170'000 fr. Il ne peut faire valoir aucun élément positif qui permettrait de plaider en faveur d'un maintien de son autorisation. En effet, aucune des conditions pour demeurer auprès de ses enfants suisses ne sont réunies, comme l'a exposé à bon droit l'instance précédente. Pour le surplus, le recourant réitère l'objection selon laquelle sa santé nécessite des soins en Suisse, mais n'expose pas en quoi son renvoi soulèverait des "considérations humanitaires impérieuses" qui lui permettraient exceptionnellement de rester sur le territoire helvétique, afin de continuer à y bénéficier de l'assistance médicale, étant précisé que le fait que la situation d'une personne dans son pays d'origine serait moins favorable que celle dont elle jouit dans le pays d'accueil n'est pas déterminant du point de vue de l'art. 3 CEDH (arrêts 2C_932/2017 du 27 novembre 2017 consid. 3.4; 2C_654/2013 du 12 février 2014 consid. 6.1; 2D_67/2009 du 4 février 2010 consid. 6 et les références à la jurisprudence de la CourEDH en la matière). C'est par conséquent à bon droit que l'instance précédente a confirmé que l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emportait sur son intérêt privé au maintien de son autorisation d'établissement en Suisse.