Citation: 5A_241/2022 E. 1

A.a. Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 2 mars 2018, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (TPAE) a suspendu le droit de visite du père à la suite d'un courrier du SPMi dénonçant des faits d'attouchements sexuels du père sur les filles et sur D.________. Elle a ordonné une expertise familiale le 9 juin 2018. Dans leur rapport du 4 juillet 2019, les experts du CURML ont diagnostiqué chez la mère un trouble mixte de la personnalité et constaté que ses capacités parentales étaient très limitées. Ils ont exprimé de vives inquiétudes quant à la santé psychique et physique des enfants ainsi que leur sécurité, qui n'étaient pas préservés. A.b. Statuant le 2 septembre 2019 par voie de mesures superprovisionnelles, le TPAE a retiré aux parents le droit de déterminer le lieu de résidence des enfants, retiré la garde des enfants à la mère, prononcé leur placement en foyer et suspendu les relations personnelles entre la mère et les enfants, tout en autorisant la mise en place dès que possible de visites par le biais d'une structure thérapeutique. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 30 octobre 2019, le TPAE a confirmé le retrait à la mère de la garde et du droit de déterminer le lieu de résidence des enfants et a attribué la garde des enfants à leur père dès le 1er décembre 2019, un droit aux relations personnelles surveillé étant réservé à leur mère. La Chambre de surveillance de la Cour de justice a confirmé cette décision le 9 mars 2020. A.c. Le 1er octobre 2019, le père a demandé la modification du jugement de divorce. La mère a assorti sa réponse d'une requête de mesures provisionnelles. A.d. En novembre 2019, une procédure pénale a été ouverte contre la mère, à qui il était reproché d'avoir enlevé ses filles. La mère a été placée en détention provisoire. A la suite de cet événement, par ordonnance de mesures provisionnelles du 20 novembre 2019, le TPAE a suspendu les relations personnelles entre la mère et les enfants et a fait interdiction à celle-ci de contacter ou d'approcher les enfants, confirmant pour le surplus l'ordonnance du 30 octobre 2019. A.e. Le 11 février 2020, le CURML a rendu, sur requête du Ministère public, une expertise psychiatrique de la mère. Les experts ont relevé chez elle certains traits de personnalité particuliers ne permettant cependant pas de poser un diagnostic de trouble grave de la personnalité. Ils ont relevé qu'elle était ambivalente par rapport à l'accusation d'avoir enlevé ses enfants, étant consciente d'avoir eu un comportement interdit mais affirmant avoir agi dans leur intérêt et en réaction à une situation qu'elle considérait comme injuste. Le risque de récidive était élevé et les experts considéraient comme souhaitable qu'elle s'astreigne à un suivi psychothérapeutique de nature à lui permettre de se positionner plus adéquatement par rapport à son ex-époux, à ses enfants et à sa situation familiale. A.f. Statuant le 13 mai 2020 sur mesures provisionnelles, le Tribunal a réservé à la mère un droit aux relations personnelles sur les enfants, qui devait s'exercer dans un premier temps par visioconférence à quinzaine puis, dès que la situation le permettrait selon les professionnels encadrant les visites, de manière médiatisée dans un cadre protégé à raison d'une heure et demie par semaine. A.g. Par jugement du 3 décembre 2020, le Tribunal a modifié le jugement de divorce en ce sens que la garde des enfants est attribuée au père, un droit aux relations personnelles étant prévu en faveur de la mère, à exercer dans un cadre médiatisé, un élargissement des relations personnelles étant réservé par la suite, jusqu'à atteindre un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, dès que la situation le permettrait de l'avis des professionnels encadrant les contacts. Dans la partie " en fait " du jugement, le Tribunal a notamment mentionné l'expertise du CURML du 11 février 2020 et la procédure pénale ouverte à l'encontre de la mère. S'agissant de la garde, il a retenu que la mère était incapable d'offrir aux enfants un cadre propice à leur bon développement psychologique. Bien qu'il n'ait pas été établi qu'elle souffre d'un trouble de la personnalité, elle exerçait en effet une forte influence négative sur les enfants, notamment s'agissant de l'image de leur père, ce qui avait amené les jumelles à porter sur celui-ci des accusations d'abus sexuels ayant donné lieu à une ordonnance de non-entrée en matière confirmée par la Cour de justice. Le Tribunal avait constaté que les enfants se portaient bien depuis qu'ils vivaient avec leur père, que leurs résultats scolaires et leur comportement général étaient satisfaisants et qu'ils avaient fait part à leur curateur du caractère harmonieux de l'entente tant entre eux qu'avec leur père. Celui-ci était conscient des besoins éducatifs des enfants et l'image de la mère n'avait pas été altérée malgré les nombreuses procédures qui opposaient leurs parents. Le Tribunal a ainsi jugé que le père était à même, contrairement à la mère, de leur offrir un cadre stable et serein nécessaire à leur bon développement. S'agissant des relations personnelles, les motifs ayant conduit le Tribunal à prévoir un droit de visite dans un cadre protégé demeuraient inchangés dès lors que la mère s'était opposée à de telles visites, qu'elle n'avait jamais mises en place. L'appel formé par la mère contre ce jugement a été déclaré irrecevable. A.h. Par jugement du 12 mars 2021, le Tribunal de police a constaté que les mineures F.________ et E.________, représentées par leur curateur, n'avaient pas la qualité de partie plaignante en lien avec l'infraction d'enlèvement de mineur, de sorte qu'il existait un empêchement de procéder concernant cette infraction (art. 220 CP). Il a en outre acquitté la mère du chef de l'infraction de séquestration et enlèvement (art. 183 ch. 1 et 2 CP).