Citation: 1P.40/2005 10.02.2005 E. 2

Une mesure de détention préventive est compatible avec la liberté personnelle, garantie par les art. 10 al. 2 Cst., 5 CEDH et 9 Pacte ONU II, pour autant qu'elle repose sur une base légale, qu'elle réponde à un intérêt public et qu'elle respecte le principe de la proportionnalité (art. 31 al. 1 et 36 al. 1 à 3 Cst.; ATF 123 I 268 consid. 2c p. 270). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de l'instruction, un risque de fuite ou un danger de collusion ou de réitération. Préalablement à ces conditions, il doit exister à l'égard de l'intéressé des charges suffisantes (ATF 116 Ia 143 consid. 3 p. 144). Cette dernière exigence coïncide avec la règle de l'art. 5 par. 1 let. c CEDH, qui autorise l'arrestation d'une personne s'il y a des raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis une infraction. Le recourant ne prétend pas que le code de procédure pénale neuchâtelois du 19 avril 1945 (CPP/NE) offrirait des garanties plus étendues sous ces aspects. S'agissant d'une restriction grave à la liberté personnelle, le Tribunal fédéral examine librement ces questions, sous réserve toutefois de la constatation des faits et de l'appréciation des preuves, revues sous l'angle de l'arbitraire (ATF 123 I 268 consid. 2d p. 271). Le recourant ne se plaint pas de l'absence de base légale, constituée par l'art. 117 CPP/NE, ni - du moins pas explicitement - de l'inexistence de charges suffisantes à son encontre. En revanche, il dénie qu'un risque de réitération puisse justifier son maintien en détention et prétend que cette mesure est disproportionnée. Il dénonce encore une violation de son droit à une décision motivée.