Citation: 6B_975/2024 E. 2.3.2

2.3.2. Par mandat du 15 juin 2022, le ministère public a ordonné une expertise toxicologique, afin d'évaluer la vraisemblance des déclarations du recourant au sujet de la quantité d'alcool qu'il affirmait avoir consommée le jour des faits au regard du résultat négatif du contrôle de l'éthylotest auquel il a été soumis le 19 février à 2022 à 08h00, respectivement de déterminer son taux d'alcoolémie au moment où il est passé à l'acte. Il a désigné le Dr G.________ du CURML, en qualité d'expert. Dans un premier rapport du 6 juillet 2022, l'expert a conclu que l'éthanolémie théorique au moment des faits devait être comprise entre 0,63 et 1,96 g/kg. Il a encore précisé que la consommation simultanée d'alcool et de médicaments tels que ceux qui ont été prescrits au recourant dans le cadre du traitement de son diabète augmentait le risque d'hypoglycémie (jugement attaqué p. 19, E.3.1). Invité à se déterminer sur les allégations du recourant relatives à son hypoglycémie au moment des faits, l'expert a rendu un premier complément d'expertise le 22 février 2023. Il a confirmé que le recourant souffrait d'un diabète de type 1, traité par insuline et que le 18 février 2022, à 22h09, il était en hypoglycémie; la glycémie mesurée à l'aide de l'appareil glycémique dont il était équipé était alors de 1,6 mmol/l. Cela étant, selon l'expert, le fait, pour le recourant, d'avoir pu mesurer sa glycémie, tout comme le fait d'avoir conservé des souvenirs détaillés des événements qui se sont produits le soir en question ne parlaient pas en faveur d'un état confusionnel ou d'une agressivité qui serait la conséquence d'une hypoglycémie; la même conclusion s'imposait si l'on tenait compte, en sus, de l'enchaînement précis de ses gestes et de ses déplacements (jugement attaqué p. 19, E.3.2). Dans un deuxième complément d'expertise daté du 21 mars 2023, l'expert a précisé que si l'état clinique d'une personne en hypoglycémie dépendait certes de son taux de glucose dans le sang, il dépendait également de sa propre tolérance aux hypoglycémies, laquelle augmentait souvent avec la fréquence desdites hypoglycémies. Or, il ressortait des déclarations faites par l'intéressé le 1er mars 2023 qu'il lui était arrivé "des dizaines de fois" de prendre le volant de sa voiture alors que son taux de glycémie était inférieur à 2 mmol/l, ce qui tendait à démontrer qu'il supportait relativement bien des taux de glycémie inférieurs à la normale.