Citation: 4C.55/2007 26.04.2007 E. 7

7.1 La défenderesse soutient enfin que la cour cantonale aurait refusé à tort de faire abstraction de l'art. 511 al. 3 CO s'agissant du cautionnement solidaire de 1'000'000 fr. souscrit en 1988 en faveur de la société B.________ SA. Dès lors que l'insolvabilité de la débitrice principale B.________ SA était acquise pour la Banque en octobre 1991 déjà (cf. lettre B in limine supra), la créancière avait dès ce moment, sans qu'un avertissement au sens formel ne fût nécessaire, à poursuivre l'exécution de ses droits sans interruption notable. Or elle ne l'avait pas fait, puisque selon une attestation de l'Office des poursuites de Genève produite par la défenderesse, aucune poursuite n'était en cours contre B.________ SA en octobre 1998. 7.2 La défenderesse méconnaît toutefois que, comme l'a exposé à juste titre la cour cantonale (cf. lettre D.e supra), il faut, pour que la caution soit libérée en vertu de l'art. 511 al. 3 CO, qu'elle ait, si la dette principale est dénonçable (art. 511 al. 2 CO), sommé le créancier de dénoncer la dette et de poursuivre juridiquement l'exécution de ses droits contre le débiteur principal conformément à l'art. 511 al. 1 CO (cf. art. 511 al. 2 in fine CO), la caution étant libérée si le créancier ne satisfait pas à cette sommation (cf. Meier, Commentaire romand, Code des obligations I, 2003, n. 2, 5, 7, 10, 12 et 13 ad art. 511 CO). Or en l'espèce, selon les constatations souveraines de la cour cantonale, A.________ SA n'a jamais allégué avoir demandé à la Banque d'agir contre la débitrice principale. C'est pour ce motif que les juges cantonaux ont considéré qu'elle ne pouvait se prévaloir de la disposition de l'art. 511 al. 3 CO (cf. lettre D.e supra), ce qui ne consacre aucune violation du droit fédéral.