Citation: 1B_508/2018 E. 3.2.2

3.2.2. Le recourant soutient que la fourniture d'une caution de 10'000 fr. (somme réunie par sa famille), le dépôt de ses documents d'identité et autres document officiels, l'obligation de se présenter deux fois par semaine à la police cantonale, l'interdiction d'entretenir des relations avec les personnes impliquées dans le cadre de la présente enquête et l'obligation d'avoir un travail régulier auprès de l'entreprise E.________ constitueraient des mesures de substitution suffisantes pour pallier le risque de fuite. A l'appui de ce moyen, le recourant reproche à l'instance précédente d'avoir simplement affirmé, dans l'ordonnance attaquée, que "l'assignation à un territoire donné et l'interdiction de pénétrer un certain périmètre, telles que proposées par le recourant, n'entrent pas non plus en considération, au vu du danger très élevé de fuite" et d'avoir ensuite mentionné qu'aucune mesure de substitution n'était apte à parer au risque de fuite. Il fait en outre à nouveau grief à l'instance précédente d'avoir contrevenu à son obligation de motiver (cf. art. 80 al. 2 CPP). Ce faisant, le recourant perd de vue que le Juge unique a renvoyé à son ordonnance du 27 juin 2018 s'agissant des arguments du recourant qu'il avait déjà examinés à cette occasion; il s'est ainsi référé au considérant 5.2 de l'ordonnance précitée concernant les mesures de substitution proposées. Comme évoqué précédemment, ce procédé est admissible (consid. 3.1.2). Le recourant persiste à proposer la fourniture d'une caution de 10'000 fr., laquelle serait versée par sa famille. Selon lui, ce montant constituerait un frein suffisant pour éviter toute velléité de fuite, compte tenu de sa situation financière (absence de revenu depuis plus d'un an) et du fait qu'elle serait versée par ses proches. Ces éléments ne permettent cependant pas de remettre en cause l'appréciation du Juge unique qui a considéré, dans son ordonnance du 27 juin 2018, que la somme de 10'000 fr., offerte à titre de sûretés, était manifestement insuffisante, au vu notamment de la gravité des actes qui lui étaient reproché s et du chiffre d'affaire très élevé qu'il avait réalisé, à en croire les propres aveux du recourant. Le recourant ne transmet en outre aucune indication sur la capacité financière de ses proches ni sur l'origine des fonds. Or, il lui incombait de transmettre à l'autorité compétente tous les éléments permettant d'évaluer le caractère approprié des sûretés qu'il pourrait offrir à ce stade de la procédure (arrêt 1B_439/2016 du 8 décembre 2016 consid. 2.3), ce qu'il n'a pas fait. Quant aux autres mesures de substitution proposées, l'instance précédente a estimé - dans son ordonnance précédente à laquelle elle a renvoyé - qu'elles étaient insuffisantes pour remédier au risque de fuite. En l'occurrence le recourant n'apporte aucun élément permettant une appréciation différente, laquelle conserve toute sa pertinence. En effet, la saisie des documents d'identité ou autres documents officiels du recourant, tout comme l'assignation à résidence, même assortie d'une surveillance électronique, ne peuvent pas empêcher celui-ci de passer la frontière, au vu du peu de difficulté à quitter la Suisse sans papiers (cf. arrêts 1B_386/2015 du 18 novembre 2015 consid. 2.4; 1B_513/2012 du 2 octobre 2012 consid. 3.3 et les références citées). Il en va de même de l'obligation de se présenter à un service administratif, qui n'est pas de nature à empêcher une personne dans la situation du recourant de s'enfuir à l'étranger, mais permet uniquement de constater la fuite, après sa survenance (cf. arrêts 1B_545/2017 du 18 janvier 2018 consid. 3.2; 1B_386/2015 du 18 novembre 2015 consid. 2.4). Quant à l'obligation d'avoir un travail régulier, elle ne garantit pas la présence du recourant en Suisse. En définitive, l'instance précédente n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les mesures de substitution proposées par l'intéressé n'étaient pas propres à limiter de façon déterminante le risque de fuite qu'il présentait. Pour le surplus, le recourant se prévaut en vain du fait que deux autres prévenus auraient été remis en liberté, moyennant le prononcé de mesures de substitution, les 14 mars et 15 mai 2018. Comme relevé par le Juge unique, l'appréciation du risque de fuite dépend de divers critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit, ses contacts à l'étranger, ainsi que la gravité des infractions en cause, qui rendent toute comparaison pour le moins hasardeuse. De plus, l'instance précédente peut également être suivie lorsqu'elle affirme que le recourant n'expliquait pas en quoi sa situation serait en tous égards comparable à la leur. Le simple fait d'affirmer que ses co-prévenus étaient également étrangers et que, contrairement à lui, ils n'avaient pas de travail et que l'un deux possédait un casier judiciaire bien plus conséquent et était au service social, n'est manifestement pas suffisant.