Citation: 4A_56/2018 E. 4.3

4.3. Les recourants soutiennent que les conditions permettant au Tribunal fédéral d'entrer en matière, à titre exceptionnel, en dérogation à l'exigence de l'intérêt actuel, seraient réalisées en l'espèce. En substance, ils font valoir que le litige soulève une question de principe, qui est susceptible de se reproduire dans les mêmes termes, les Jeux paralympiques ayant lieu à intervalle régulier. Semblable affirmation ne résiste pas à l'examen. D'abord, il est douteux que la contestation à la base de la sentence attaquée soit susceptible de se reproduire en tout temps dans des circonstances analogues. Le fait, allégué par les recourants dans leur réplique, que deux d'entre eux ont été autorisés à participer aux Jeux paralympiques de PyeongChang 2018, démontre à tout le moins le caractère évolutif de la situation. Comme le relève à juste titre l'intimé, les critères et les systèmes d'admission divergent d'une édition à l'autre des Jeux paralympiques. Les recourants ne prétendent pas le contraire, puisqu'ils relèvent que la participation des deux athlètes aux Jeux de PyeongChang a été effectuée sur une base ad hoc, limitée auxdits Jeux, et que rien ne garantit que l'approche sera identique pour les Jeux de Tokyo 2020. Force est ainsi d'admettre qu'il n'est pas du tout certain que la situation soit susceptible de se reproduire en tout temps dans des circonstances analogues. Ensuite, les athlètes russes, s'ils s'estiment en droit de participer à titre individuel à de futures compétitions organisées par l'intimé, ne sont certainement pas sans défense. Ils peuvent en effet prendre l'initiative - en temps utile, c'est-à-dire bien avant la date d'ouverture des Jeux paralympiques - d'adresser une requête à l'intimé afin qu'il leur permette de prendre part à de telles compétitions en tant qu'athlètes neutres et, en cas de refus, saisir les autorités judiciaires sportives compétentes, voire les tribunaux civils, comme ils semblent apparemment l'avoir déjà fait en Allemagne (cf. arrêt 4A_470/2016, précité, consid. 3.3). Quoi qu'il en soit, rien ne permet d'affirmer que la contestation à la base de la sentence attaquée, étant donné sa nature, ne pourrait jamais être tranchée avant qu'elle ne perde son actualité. Enfin, il est douteux que la question litigieuse, telle que les recourants la formulent - savoir si les litiges ayant trait à l'éligibilité des athlètes aux Jeux paralympiques relèvent de la juridiction du TAS, ou, plus précisément, définir le champ d'application de la clause d'arbitrage en faveur du TAS incluse dans le guide IPC - constitue une question de principe. Force est ainsi d'admettre que les conditions permettant de déroger à l'exigence d'un intérêt actuel ne sont pas réalisées en l'espèce.