Citation: 1C_156/2024 E. 4.3

4.3. Les recourants soutiennent que les travaux effectués avant le 6 décembre 2022 ne seraient pas suffisants pour que le chantier puisse être considéré comme ayant débuté. Ils considèrent qu'aucune activité n'était visible de l'extérieur, qu'aucune installation de chantier, telle que bennes à gravats ou échafaudages, n'avait été mise en place et que les interventions effectuées ne constitueraient que des travaux préparatoires et ne sauraient constituer un véritable début de chantier. Ils se réfèrent au surplus à l'arrêt du Tribunal fédéral 1C_202/2020 du 17 février 2021, qui porte sur la caducité d'une autorisation de construire valaisanne, et à un article de doctrine (ZUFFEREY JEAN-BAPTISTE, Pour construire, il faut un permis, in Journées suisses du droit de la construction 2023, 2023, p. 43) pour définir l'ampleur des travaux qui doivent être effectués afin que le chantier soit considéré comme entamé. En réalité, les recourants se contentent d'opposer leur propre interprétation de l'art. 4 al. 5 LCI à celle de la cour cantonale. Or, une telle manière de procéder ne suffit pas à démontrer l'arbitraire de l'interprétation du droit cantonal faite par l'instance précédente. Si la notion de l'état d'avancement minimal du chantier peut raisonnablement prêter à discussion, la solution adoptée par la Cour de justice n'en est pas pour autant choquante. En effet, l'autorité précédente a analysé l'ensemble des opérations effectuées par l'intimée avant le 6 décembre 2022, en rappelant que le projet comprenait notamment la démolition et la reconstruction des parois internes à plusieurs étages et que les tâches effectuées entre le 21 novembre et le 6 décembre 2022 n'exigeaient pas la mise en place d'installations visibles depuis l'extérieur. Elle a également examiné la jurisprudence du Tribunal fédéral et la doctrine y relative soulevée par les recourants, pour en conclure que la disposition légale valaisanne visée par l'arrêt 1C_202/2020 précité prévoyait expressément que des travaux importants devaient être réalisés pour que le chantier soit considéré comme ouvert. Or, une telle exigence n'était pas requise par le droit genevois, les art. 4 al. 5 LCI et 33A al. RCI ne faisant aucune référence à l'ampleur des travaux. Dans ces conditions, l'interprétation opérée par la Cour de justice, selon laquelle la constructrice avait entrepris des travaux suffisants pour que le chantier soit considéré comme ouvert avant le 6 décembre 2022, apparaît défendable et il ne semble pas déraisonnable de la tenir pour conforme à l'art. 4 al. 5 LCI. Partant, à défaut de démonstration d'arbitraire dans l'application du droit cantonal, le grief des recourants doit être écarté.