Citation: 6P.141/2002 02.12.2002 E. 1

En vertu de l'art. 270 let. e ch. 1 PPF, la victime LAVI peut se pourvoir en nullité si elle était déjà partie à la procédure et dans la mesure où la sentence touche ses prétentions civiles ou peut avoir des incidences sur le jugement de celles-ci (art. 8 al. 1 let. c LAVI). En l'espèce, il ne fait pas de doute que la recourante a participé à la procédure ayant abouti à la décision contestée. On ne peut pas lui reprocher de n'avoir pas pris de conclusions civiles puisque la procédure n'a pas été menée jusqu'à un stade qui lui aurait permis de le faire. Elle explique dans son mémoire qu'en raison de l'agression, elle a été totalement puis partiellement incapable de travailler et qu'elle a subi d'importantes séquelles sur le plan psychologique. Elle considère ainsi pouvoir faire valoir des prétentions en dommages-intérêts (art. 46 CO) et en tort moral (art. 47 CO) contre l'intimé. Aussi, faut-il admettre que les conditions posées par l'art. 270 let. e ch. 1 PPF sont réalisées (cf. ATF 127 IV 185 consid. 1a p. 186 ss) et que la recourante est légitimée à se pourvoir en nullité pour l'infraction de lésions corporelles simples (art. 123 CP). 3.2 En revanche, la recourante ne peut se pourvoir en nullité pour les infractions d'appropriation illégitime (art. 137 CP), respectivement de soustraction d'une chose mobilière (art. 141 CP), et d'omission de prêter secours (art. 128 CP) qu'elle reproche également au recourant. En effet, s'agissant de ces deux premières infractions, la recourante ne peut être qualifiée de victime au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI pour la soustraction de son téléphone portable; un pourvoi en nullité en vertu de l'art. 270 let. e ch. 1 PPF est ainsi exclu. Il en va de même de l'infraction réprimée par l'art. 128 CP; il s'agit d'une infraction de mise en danger abstraite, qui réprime la création d'un danger indépendamment de toute lésion (ATF 121 IV 18 consid. 2a p. 20); ce type d'infraction ne provoque pas d'atteinte directe à l'intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et ne peut donc fonder la qualité de victime au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI (arrêt 6S.729/2001 du 25 février 2002, consid. 1 publié in SJ 2002 I p. 397).