Citation: 7B_149/2024 E. 2.2.3

2.2.3. Quant à l'indemnité pour tort moral évoquée, estimée par le recourant à 10'000 fr., on rappellera que, selon la jurisprudence, l'allocation d'une telle indemnité fondée sur l'art. 49 al. 1 CO suppose que l'atteinte présente une certaine gravité objective et qu'elle ait été ressentie par la victime, subjectivement, comme une souffrance morale suffisamment forte pour qu'il apparaisse légitime qu'une personne, dans ces circonstances, s'adresse au juge pour obtenir réparation (cf. arrêts 6B_903/2023 du 2 avril 2024 consid. 3.1; 6B_1277/2021 du 9 mars 2023 consid. 1.4; 6B_1023/2021 du 30 janvier 2023 consid. 2.2). Le seul fait d'invoquer, sans l'étayer notamment par pièces, du "stress", de "l'angoisse" et une "pression" (cf. ch. 10 et 11 in fine p. 3 du recours) ne saurait suffire à démontrer dans les circonstances de l'espèce - liées à un litige avant tout financier - la gravité, sur un plan objectif, de l'atteinte psychique prétendument ressentie par le recourant. Ce dernier, qui utilise d'ailleurs également les termes "chicanier" et "inconfort", ne soutient en particulier pas que la "pression" particulière subie découlerait du montant figurant sur le commandement de payer ou de la personnalité à qui il est opposé (pour un exemple a contrario arrêt 6B_1188/2017 du 5 juin 2018 consid. 1.3). L'hypothèse d'une importante atteinte paraît d'autant moins avérée qu'on ne saurait ignorer l'enchaînement, pour le moins rapide, des événements, à savoir une opposition "de suite" au commandement de payer qui a été notifié au recourant (14 février 2023), des pourparlers immédiats à ce propos avec l'avocat de l'intimé dont il n'est pas établi qu'ils aient abouti (dès le 15 février 2023) et finalement le dépôt d'une plainte pénale en lien avec le commandement de payer (29 mars 2023).