Citation: 1C_120/2023 E. 6.2

6.2. La cour cantonale a certes elle aussi tenu compte de la liberté particulière qui doit être reconnue aux autorités communales dans l'appréciation des circonstances locales s'agissant d'appliquer la clause d'esthétique à la haie litigieuse. Ce nonobstant, elle a procédé à sa propre appréciation de l'intégration de celle-ci dans son environnement après avoir procédé à une vision locale et rappelé la jurisprudence selon laquelle une construction ou une installation s'intégrait dans l'environnement lorsque son implantation et ses dimensions n'affectent ni les caractéristiques ni l'équilibre du site et si, par sa forme et les matériaux utilisés, elle en respecte l'originalité. Les recourants dénoncent ainsi en vain le fait que la Municipalité aurait statué sur la question de l'intégration de la haie litigieuse dans son environnement sans avoir procédé à une vision locale. La cour cantonale a constaté que la haie litigieuse, constituée d'une succession de cyprès, était actuellement peu étoffée, mais qu'elle constituera dans quelques années un cordon végétal dense et rectiligne, taillé de façon régulière par ses propriétaires. Au vu des essences qui la composent, elle ne présentait pas d'intérêt particulier sur le plan biologique ou esthétique mais offrait à ce titre l'image usuelle d'une haie cloisonnante en bordure de parcelle construite. Comme il est ressorti de l'inspection locale, de nombreuses haies similaires, de dimensions variables, sont plantées dans les alentours. La particularité de cet aménagement réside cependant dans sa hauteur de cinq mètres et dans le fait qu'il est implanté en parallèle et en retrait d'une autre haie existante, accentuant ainsi l'effet de cloisonnement produit. Ces éléments ne sont toutefois pas suffisants pour sanctionner cet aménagement, qui entre en cohérence avec le caractère du quartier, composé de villas cossues à la recherche d'intimité, et dont le caractère végétal contribue à l'intégration. La cour cantonale a procédé à une inspection locale qui lui a permis de vérifier si la haie litigieuse s'intégrait dans le quartier et si la Municipalité avait excédé le pouvoir d'appréciation qui lui était reconnu en répondant à cette question par l'affirmative. Il n'est pas contesté que le quartier auquel appartiennent les parcelles des recourants et de l'intimée se compose essentiellement de villas et que des haies sont implantées en limite de propriété pour préserver l'intimité de leurs occupants. Le fait que la haie litigieuse ne serait comparable à aucune autre dans le quartier en raison de ses dimensions ne permet pas encore de considérer qu'elle ne s'intégrerait pas à son environnement et que la Municipalité n'aurait pas dû l'autoriser, respectivement qu'elle aurait abusé de son pouvoir d'appréciation que lui confèrent les dispositions en matière d'esthétique. A tout le moins, l'arrêt attaqué échappe sur ce point au grief d'arbitraire.