Citation: 1C_521/2022 E. 4.2

4.2. Afin de déterminer si et à quelles conditions l'ordre dispersé permet la construction d'éléments accolés, le Tribunal cantonal s'est référé en particulier aux critères développés par la jurisprudence cantonale vaudoise servant à distinguer la présence d'un seul bâtiment de celle de plusieurs bâtiments juxtaposés, jumelés ou mitoyens. Dans son arrêt, il précise que cette jurisprudence se base sur un faisceau d'indices comprenant la destination respective des constructions et leur liaison fonctionnelle avec les éventuels locaux communs, leurs dimensions, la surface de plancher respective de chaque construction, la conception architecturale et les matériaux des revêtements extérieurs, l'apparence extérieure, en particulier l'impression donnée à un observateur, ainsi que les objectifs de la planification cantonale, régionale et communale dans le domaine concerné. Ces critères sont appliqués en fonction des caractéristiques propres de chaque cas particulier, en tenant compte de l'ensemble des circonstances. L'instance précédente s'est également basée sur la jurisprudence cantonale zurichoise, laquelle prévoit des critères peu ou prou similaires, comme l'indépendance sur le plan constructif ( baulich-funktionale Selbständigkeit) ou encore une certaine indépendance sur le plan architectural ( optisch-architektonische Selbständigkeit). A la lumière de ces différents critères - dont l'application n'est pas discutée par la recourante -, la cour cantonale a estimé que, malgré une construction d'un seul tenant, le projet litigieux devait être considéré comme étant composé de deux bâtiments juxtaposés, contrevenant en cela à l'exigence de l'ordre dispersé prévu par l'art. 64 RCC pour la zone de forte densité.