Citation: 6B_566/2024 E. 1

L'extrait du casier judiciaire du précité comporte six condamnations prononcées entre le 21 mars 2013 et le 12 avril 2017 notamment pour délit contre la loi fédérale sur les armes, les accessoires d'armes et les munitions (LArm; RS 514.54), lésions corporelles simples, lésions corporelles simples avec un moyen dangereux, lésions corporelles par négligence, injure, menaces, violation grave des règles de la circulation routière (LCR; RS 741.01), délit et contravention à la loi fédérale sur l'assurance-vieillesse et survivants (LAVS; RS 831.101) et emploi répété d'étrangers sans autorisation. Le lésé B.b. C.________, né en 1938, originaire d'Allemagne, au bénéfice d'un permis C, retraité depuis 2003, était domicilié dans une maison lui appartenant à W.________. Il n'a jamais été marié et n'a pas eu d'enfant. C.________ était titulaire et ayant droit économique de nombreux comptes bancaires et postaux, ainsi que le fondateur et le bénéficiaire des fondations E.________ et F.________ au X.________. Au 31 décembre 2019, la fortune déposée par C.________ sur les comptes bancaires de ses deux fondations s'élevait à quelque quinze millions de francs. Le 7 avril 2017, C.________ a subi un examen neuropsychologique qui a conclu à un "l éger dysfonctionnement exécutif et [à de] très discrètes difficultés mnésiques." Le 11 décembre 2020, il a été victime d'un traumatisme crânien après avoir fait une syncope lors d'une balade. En décembre 2020, deux incidents ont été signalés à la police. Le premier concernait un épisode au cours duquel C.________ ne savait plus où se trouvait sa maison et ne pouvait donc pas renseigner utilement le chauffeur de taxi censé le ramener chez lui. Durant le second épisode, il a sollicité la police, car il ne trouvait plus sa voiture. Entre le 4 et le 12 janvier 2022, C.________ a été hospitalisé en raison d'une pneumonie. À cette occasion, des troubles neurocognitifs majeurs, d'origine probablement neurodégénérative, ont été diagnostiqués. Un test MoCA ( Montreal Cognitive Assessment) a été effectué avec un résultat de 15/30 (Normal > ou = 26/30). Le 12 janvier 2022, une IRM cérébrale a révélé une atrophie sous-corticale sévère, diffuse, à prédominance fronto-temporale, respectant le cortex et les hippocampes. Le 17 février 2022, sur requête du Ministère public central, la Justice de paix du district de Lavaux-Oron a rendu une ordonnance d'extrême urgence instaurant une curatelle de portée générale provisoire. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 15 mars 2022, ladite Justice de paix a confirmé l'institution d'une curatelle provisoire de portée générale et a ordonné une expertise psychiatrique de l'intéressé. Dans ce cadre, un nouveau test MoCA a été effectué avec un score de 21/30 (Normal > ou = 26/30). L'experte mandatée a conclu à des troubles cognitifs probablement majeurs et à une probable utilisation nocive d'alcool pour la santé. Elle a également retenu que C.________ n'était pas capable d'assurer lui-même la sauvegarde de ses intérêts et qu'il était " particulièrement susceptible de prendre des engagements contraires à ses intérêts et d'être victime d'abus de tiers." Alertée par des tiers qui s'inquiétaient de l'absence de nouvelles, la police s'est rendue au domicile de C.________, le 21 novembre 2022, et a constaté son décès. Escroquerie au préjudice de C.________ B.c. A.A.________ a fait la connaissance de C.________ en été 2021 par le biais de l'un de ses amis. Conscient de l'extrême solitude dans laquelle se trouvait le précité, il s'est immiscé dans la vie quotidienne de ce dernier au point de gagner sa complète confiance. II l'a ainsi, à tout le moins depuis le début du mois de septembre 2021, contacté quotidiennement par téléphone et/ou s'est rendu à son domicile. Profitant de ce rapport de confiance, de ses importants trous de mémoire dus à son grand âge, mais également de ses troubles cognitifs et du fait qu'il ne maîtrisait pas l'usage des bancomats, A.A.________ a convaincu C.________ de lui remettre le code NIP de ses cartes bancaires. II a également accompagné ce dernier auprès de divers guichets et/ou bancomats pour retirer en espèces tous les fonds que celui-ci avait fait transférer du compte de sa fondation E.________ sur ses comptes personnels en Suisse afin de se les faire remettre. A.A.________ a notamment fait croire à C.________ qu'il pourrait lui présenter une jeune femme de V.________ qui viendrait vivre chez lui à W.________ moyennant paiement d'une somme d'argent pour corrompre des douaniers ou des policiers. A.A.________ a également fait croire à C.________ qu'il était poursuivi par la mafia pour se faire remettre 20'000 fr. par ce dernier afin de mettre fin à ses prétendues poursuites. Retraits bancaires et acquisition de voitures de luxe B.d. Entre le 2 et le 6 septembre 2021, A.A.________ a convaincu C.________ de procéder à trois retraits en espèces (30'000 fr., 10'000 fr. et 10'000 fr.), pour un montant total de 50'000 fr., sur son compte bancaire personnel G.________ et de lui remettre ces sommes pour payer les prétendus frais liés à la venue d'une jeune femme v.________ dans le but de lui tenir compagnie à son domicile. B.e. Le 27 septembre 2021, A.A.________ s'est fait remettre, à tout le moins, le montant de 100'000 fr., prélevé au guichet de la Banque H.________, soit seulement trois jours après que ce même montant ait été transféré du compte de la fondation E.________ sur le compte H.________. B.f. Entre le 29 novembre et le 27 décembre 2021, A.A.________ s'est fait remettre par C.________ un montant total de 495'000 fr. provenant du compte I.________. B.g. A.A.________ a convaincu C.________ de lui acheter une voiture dont ce dernier avait fixé la valeur maximale à 35'000 francs. Le 14 septembre 2021, A.A.________ a en réalité établi deux bulletins de versement, à l'insu de C.________, pour un montant total de 100'500 fr. qu'il a ensuite utilisé pour acquérir trois véhicules de luxe, soit une S.________ pour lui-même, une R.________ pour son épouse et une T.________ pour son comparse, J.________. A.A.________ a immatriculé ces véhicules au nom de trois propriétaires différents. Utilisation de comptes de sociétés actives dans la construction comme comptes de passage B.h. En octobre 2021, lorsque le conseiller clientèle de H.________ a refusé de mettre à disposition de nouveaux montants en espèces en faveur de C.________, A.A.________ a fait croire à ce dernier qu'il pourrait continuer de disposer de ses avoirs en espèces en transférant/faisant transférer des fonds de son compte personnel en faveur de comptes ouverts au nom de sociétés actives dans la construction. Ces transferts seraient justifiés par des travaux fictifs en lien avec sa propriété de W.________, à charge pour les administrateurs, respectivement les associés-gérants desdites sociétés de retirer les fonds en espèces et de les remettre à A.A.________, moyennant prélèvement d'une commission de 10-15 % du montant transféré. A.A.________ devait par la suite remettre lesdits fonds à C.________. B.i. En décembre 2021, A.A.________ a contacté K.________, administrateur de la société L.________ SA, en vue d'obtenir l'IBAN du compte bancaire de celle-ci afin de l'utiliser comme compte de passage. K.________ a transmis les coordonnées bancaires à A.A.________ et a ensuite averti la secrétaire, signataire sur le compte bancaire, que des fonds allaient être transférés, qu'il fallait qu'il soit averti lorsque cela se produirait et qu'elle ne devait pas les utiliser. A.A.________ a établi, à l'insu de C.________, trois bulletins de versement, déposés le 20 décembre 2021, pour débiter le compte personnel de ce dernier d'un montant total de 161'500 fr. en faveur du compte de la société de construction susmentionnée, en indiquant sur lesdits bulletins des prétendus travaux qu'il savait ne pas devoir être effectués sur la propriété de C.________. Les deux premiers versements, pour un montant total de 119'500 fr., ont été crédités sur le compte de la société de construction le 22 décembre 2021. Quant au troisième montant de 42'000 fr., il a été extourné par la banque dans la mesure où le bénéficiaire indiqué était K.________ et non la société elle-même. Entre le 22 et le 27 décembre 2021, K.________ a procédé personnellement à huit retraits en espèces auprès de diverses entités de la banque G.________ pour un montant total de 76'000 francs. Il a en outre demandé à l'administrateur de ladite société de retirer 20'000 fr. au guichet et de les lui remettre. Sur ce montant total de 96'000 fr., K.________ a remis, en décembre 2021, 60'000 fr. à A.A.________. B.j. Le 13 décembre 2021, A.A.________ a établi et transmis trois bulletins de versement en faveur du compte de M.________ Sàrl pour de prétendus travaux, qu'il savait ne pas devoir être effectués sur la propriété de C.________, afin que le compte bancaire de ce dernier soit débité, à l'insu de celui-ci, d'un montant total de 135'000 francs. Ces montants ont été crédités sur le compte de ladite société le 13 décembre 2021. Entre les 14 et 16 décembre 2021, l'associé-gérant et signataire sur le compte de ladite société a retiré l'ensemble de ce montant en espèces sans qu'il puisse être déterminé ce qu'il a fait de ces fonds. B.k. Le 8 octobre 2021, A.A.________ a établi un ordre de paiement de 53'000 fr. du compte H.________ de C.________ en faveur d'un compte ouvert au nom de N.________ SA. Une semaine plus tard, A.A.________ s'est fait remettre, par l'administrateur de cette société, la somme de 37'000 fr., ce dernier ayant gardé le solde pour prétendument couvrir les frais de matériel, le tout à l'insu de C.________. B.l. Le 27 décembre 2021, A.A.________ a établi un ordre de paiement de 42'000 fr. à débiter du compte personnel de C.________, à l'insu de ce dernier, en faveur du compte de O.________ GmbH. Immédiatement après que ce compte a été crédité du montant précité, l'associé-gérant de ladite société, a retiré un montant total de 40'000 francs. Prêt Covid-19 B.m. Imitant la signature de son épouse, unique associée-gérante de Q.________ Sàrl, A.A.________ a fait octroyer un prêt Covid-19 à cette dernière sur la base d'un chiffre d'affaires surévalué. À la place d'utiliser ce crédit pour couvrir les besoins courants en liquidités de la société, comme cela était prévu par la convention de crédit Covid-19, A.A.________ et son épouse ont retiré la quasi-totalité de celui-ci, soit 156'004 fr., au cours des onze jours qui ont suivi son octroi. B.A.________ a ainsi procédé à trois retraits pour un montant total de 70'000 fr. à la demande expresse d'A.A.________ et dans l'ignorance de l'origine des fonds. Elle a remis l'entier des sommes prélevées à celui-ci. Le solde des retraits en espèces, soit 86'004 fr., a été exclusivement effectué par A.A.________.