Citation: 6B_1242/2018 E. 2.3

2.3. En l'occurrence, l'autorité précédente a considéré que plusieurs éléments du dossier faisaient apparaître comme douteuse la prétendue ignorance de la langue française du recourant, lequel vivait et travaillait à A.________ depuis presque neuf ans au moment du contrôle litigieux, quand bien même il côtoyait au quotidien essentiellement des collègues et un employeur portugais. Ainsi les différentes réponses aux questions qui lui avaient été posées en français lors de sa première audition étaient parfaitement cohérentes et n'autorisaient pas à douter de sa compréhension du français. Celles-ci comportaient suffisamment de détails qui démontraient qu'il avait saisi ce qui lui était demandé et à son tour s'était fait comprendre de la police qui avait transcrit ses propos. Il en était ainsi du type d'alcool consommé durant la soirée, de l'heure de la dernière ingestion et de son interpellation par le passé pour conduite en état d'ébriété. Il ressort également de ses propres déclarations que le recourant avait été en mesure d'appréhender les explications, toujours en français, du gendarme, lorsque celui-ci lui avait indiqué que le test d'alcoolémie effectué au moyen de l'éthylomètre était tout aussi fiable qu'une prise de sang et qu'il lui aurait fait confiance à ce sujet. Ces éléments démontraient aussi que le recourant s'était interrogé à ce sujet et rendaient ainsi particulièrement peu crédibles ses affirmations subséquentes selon lesquelles la police ne lui aurait pas offert de procéder à une prise de sang, pourtant systématiquement proposée. L'autorité précédente poursuit en considérant que le contrôle de police dont le recourant avait fait l'objet était, selon le gendarme, dont il n'y avait aucune raison de douter de la crédibilité, parfaitement conforme à la procédure habituelle qui devait être suivie en cas de suspicion d'alcoolémie du conducteur. En effet, bien que cet agent de police ne se souvienne pas de ce contrôle en particulier, les documents signés en français par le recourant - sans réserve - attestaient de cette conformité et du fait que celui-ci n'avait pas de problème de compréhension de cette langue. Ainsi, sur la base des documents au contenu sans équivoque, signés par le recourant et des explications de l'agent de police, l'autorité précédente a jugé, à ce stade déjà, que le recourant avait valablement été informé de ses droits et obligations et qu'il avait, en connaissance de cause, renoncé à la prise de sang et à la présence d'un interprète en portugais, maîtrisant suffisamment le français pour valablement comprendre la portée de sa décision. Il avait dans les mêmes circonstances, par sa signature sur le résultat de l'éthylomètre, admis la valeur mesurée par celui-ci. L'autorité précédente a encore relevé qu'aucun élément au dossier - excepté les déclarations du recourant quatre mois après les faits - ne venait soutenir le fait qu'il aurait signé les documents qui lui avaient alors été présentés sans en saisir le contenu, dénué de toute ambiguïté, qu'il s'agisse du formulaire de renonciation à une prise de sang ou de la première page du procès-verbal d'audition qui mentionne le portugais comme langue maternelle et le français comme langue parlée, respectivement l'absence de besoin d'un interprète. Le recourant reconnaissait d'ailleurs ne pas avoir sollicité la présence d'un interprète à l'occasion de ses deux précédentes arrestations, pourtant antérieures de plusieurs années à celle de juillet 2017, de sorte qu'il devait alors maîtriser le français dans une moindre mesure. Le recourant ne convainquait pas en le justifiant par le fait d'avoir " humblement accepté " ce que lui disait la police à cette époque. Par ailleurs, il n'avait pas signé " en bloc " à la fin de son audition les documents dont il contestait le contenu, sous-entendant par-là qu'il n'avait pas eu le temps d'en distinguer les subtilités. A teneur de ces pièces, il avait en effet signé à 6 h 35 ses " droits et obligations ", à 6 h 55 le " résultat de l'éthylomètre " et à 7 h 39 le " procès-verbal d'audition ". L'ensemble de ces éléments démontraient la propension du recourant à accommoder la réalité des faits à ses thèses fantaisistes. Dans le même registre, l'autorité précédente relevait encore que le recourant n'avait pas hésité à mentir à la police en donnant l'identité de son frère lors du contrôle du 2 décembre 2017. De plus, alors que la police lui avait demandé d'amener ses documents d'identité au poste, il avait demandé à son frère d'effectuer cette démarche, pensant certainement que son stratagème ne serait pas découvert. Enfin, le recourant n'avait eu aucun scrupule à donner aux diverses autorités des explications contradictoires sur son cahier des charges chez son employeur, impliquant la conduite ou non d'un véhicule et sa fréquence. Dans ces circonstances, l'autorité précédente a jugé que les déclarations du recourant manquaient singulièrement de crédibilité et qu'aucune règle de procédure quant à la validité du contrôle, respectivement aux droits du recourant n'avait été viciée en marge du contrôle du 16 juillet 2017.