Citation: U 93/04 14.02.2005 E. 4

4.1 De l'expertise du Centre d'observation de M.________, il ressort que L.________ présente également une affection psychique sous la forme de troubles somatoformes douloureux. Dût-on retenir, comme le soutient le recourant, un rapport de causalité naturelle entre ces troubles et l'accident que cette seule conclusion ne lui serait d'aucun secours, vu l'absence d'un lien de causalité adéquate. A l'instar des premiers juges, il y a lieu de qualifier l'événement du 4 octobre 1996 comme faisant partie de la catégorie des accidents de gravité moyenne; pour juger du caractère adéquat du lien de causalité dans le cas d'espèce, il importe dès lors que plusieurs des critères consacrés par la jurisprudence (cf. ATF 115 V 138 consid. 6, 407 ss consid. 5) se trouvent réunis ou revêtent une intensité particulière. 4.2 Or, on ne voit pas d'éléments de nature à faire apparaître la chute en cause comme particulièrement impressionnante ou dramatique. La lésion qu'elle a entraînée (fracture du calcanéum droit) ne saurait être qualifiée de grave et propre, selon l'expérience, à entraîner des troubles psychiques. Quand à la durée du traitement médical, elle n'apparaît pas anormalement longue, un suivi médical de deux ans devant être considéré comme normal pour le type de traumatisme subi. Par ailleurs, nonobstant le développement chez l'assuré d'une arthrose sous-astragalienne, il ressort du rapport du docteur D.________, médecin associé à la Clinique d'orthopédie et de chirurgie de l'appareil moteur de l'Hôpital H.________, qu'à partir du mois d'octobre 1998, son état était à tout le moins suffisamment stabilisé pour lui permettre d'envisager une reconversion professionnelle, ce que le docteur R.________ a également confirmé à l'issue d'un examen médical en date du 13 janvier 1999. Les médecins du Centre d'observation de M.________ ont d'ailleurs mis en doute que L.________ fût totalement inactif comme il le prétendait: la parfaite symétrie de ses callosités plantaires et la quasi absence d'atrophie à son extrémité inférieure droite démontrait qu'il utilisait sa jambe droite nettement plus qu'il ne voulait bien le montrer (cette même constatation avait déjà surpris le docteur O.________ au cours de son examen). Que l'intéressé n'ait en définitive jamais repris une activité lucrative relève donc pour l'essentiel de circonstances étrangères à l'atteinte à la santé en elle-même. Le seul critère des douleurs persistantes qu'on peut admettre en raison de l'arthrose ne suffit pas pour que l'accident assuré soit tenu pour la cause adéquate de l'affection psychique diagnostiquée par les médecins du Centre d'observation de M.________.