Citation: 1P.39/2006 24.03.2006 E. 3

La Chambre d'accusation a jugé que le recours était matériellement irrecevable parce que les recourants n'alléguaient aucun intérêt juridique personnel, actuel ou virtuel, et qu'ils ne subissaient aucun dommage en raison des saisies contestées. Statuant au fond, elle a estimé que le recours était infondé et qu'il devait être rejeté dès lors que les conditions posées à une saisie conservatoire étaient réunies. L'arrêt attaqué se fonde ainsi sur une double motivation qu'il appartenait aux recourants de contester dans les formes requises pour respecter les exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. C.________, A.________ et B.________ ne prétendent pas que la cour cantonale serait partie d'une conception arbitraire ou insoutenable de la qualité pour recourir contre les décisions de saisie en subordonnant celle-là à l'existence d'un préjudice matériel. Il leur appartenait dès lors de démontrer que le blocage des comptes ouverts à leurs noms auprès de PostFinance leur causait un tel dommage. La Chambre d'accusation a refusé de l'admettre parce que les enfants de D.________ n'avaient aucun droit sur les avoirs détenus sur les comptes saisis. Les recourants ne contestent pas que les fonds créditant ces comptes proviennent du revenu des immeubles locatifs dont leur père est propriétaire ou usufruitier, d'une part, et de la rente de vieillesse mensuelle touchée par l'intimé, d'autre part. Ils ne cherchent pas à démontrer en quoi il était arbitraire d'en déduire que la saisie de ces fonds ne leur causaient aucun préjudice. Ils se bornent à faire valoir qu'ils seraient propriétaires en main commune des biens issus de la succession de leur mère, alors que cette qualité n'est pas suffisante pour établir qu'ils subissent un préjudice matériel de la saisie des avoirs litigieux dont leur père est soit le propriétaire soit l'usufruitier et a seul la jouissance (cf. art. 641 al. 1 et 755 al. 1 CC). Ils n'attaquent donc pas la motivation retenue dans l'arrêt attaqué pour conclure à l'irrecevabilité de leur recours selon les formes requises à l'art. 90 al. 1 let. b OJ.