Citation: 2C_831/2017 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, le Tribunal cantonal a procédé à l'examen de la proportionnalité en prenant en considération tous les éléments requis. En particulier, les juges cantonaux ont constaté sans arbitraire que l'état de santé de la recourante ne l'empêchait pas de travailler à temps partiel dès 2010 et que cette dernière n'avait pas fourni d'efforts soutenus en vue de trouver un emploi et cela malgré deux avertissements. La recourante confirme d'ailleurs l'existence d'une capacité de travail résiduelle lorsqu'elle indique qu'elle a "régulièrement demandé à son conseiller auprès du Service social de lui trouver une occupation à temps partiel" et ce encore récemment et lorsqu'elle allègue ne pas avoir obtenu certains postes de travail du fait qu'elle portait un voile (cf. recours ch. IV/A/4). Par ailleurs, ni l'âge de la recourante, ni la présence des quatre enfants, dont le cadet a eu 10 ans en avril 2009, ne s'opposaient à la prise d'une activité lucrative à temps partiel, en tout cas dès 2010. Sur le vu de ce qui précède, la responsabilité de la recourante dans sa dépendance à l'aide sociale n'est certes pas entière, mais reste significative, indépendamment de la problématique liée au prix du loyer, dont celle-ci cherche à se prévaloir. Les juges cantonaux ont également constaté que la recourante vit en Suisse depuis quinze ans, mais qu'elle n'est pas intégrée dans ce pays et qu'elle a passé la plus grande partie de sa vie dans son pays d'origine, dans lequel elle se rend régulièrement, où vit encore sa mère qui y possède une maison qu'elle partage avec deux de ses frères et soeurs. En outre, l'éloignement de la recourante ne l'empêchera pas de conserver des liens avec les membres de sa famille restés en Suisse, ni d'ailleurs de bénéficier du soutien financier de ses enfants, qui se seraient dits prêts selon elle à la soutenir. Enfin, la recourante ne prétend pas que ses problèmes de santé ne pourraient pas être traités en Tunisie. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, les juges précédents n'ont donc pas violé le droit fédéral en concluant au caractère proportionné de la révocation de l'autorisation d'établissement de la recourante.