Citation: 6A.32/2006 28.05.2006 E. B

Par jugement du 15 août 2005, confirmé par la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois le 20 septembre 2005, X.________ a été condamné pour vol en bande et par métier à deux ans d'emprisonnement, sous déduction de soixante-trois jours de détention préventive, et à dix ans d'expulsion du territoire suisse. Le 6 mars 2006, constatant qu'il aurait purgé les deux tiers de sa peine le 27 mars 2006, la Commission de libération du canton de Vaud lui a accordé la libération conditionnelle, mais elle a refusé de différer son expulsion à titre d'essai (art. 55 al. 2 CP) et dit que la libération n'interviendrait qu'au moment où l'expulsion pourrait être exécutée. Par arrêt du 12 avril 2006, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois a, sur recours de l'intéressé, confirmé le refus de différer l'expulsion à titre d'essai. Elle a considéré que, faisant l'objet d'une expulsion pénale ferme, X.________ ne pourrait obtenir une autorisation d'établissement au titre de l'art. 7 al. 1 LSEE. Elle a aussi retenu que l'employeur de X.________, qui avait écrit sur un certificat de travail intermédiaire du 27 janvier 2006 que celui-ci avait quitté l'entreprise au début de l'année 2005 "pour prendre une année sabbatique", n'était visiblement pas au courant de l'activité délictuelle de l'intéressé et qu'il n'était dès lors pas certain qu'il voudrait continuer à l'employer une fois qu'il connaîtrait la vérité. Enfin, la cour cantonale a estimé que, si X.________ n'avait pas de projet au Kosovo, c'est parce qu'il s'était volontairement abstenu d'en faire, lors même qu'il avait dans cette province, grâce à sa formation de mécanicien, un éventail de possibilités au moins comparable au poste de nettoyeur qu'il convoite en Suisse. Il s'ensuivait que X.________ ne pourrait pas vivre légalement en Suisse, ni s'y procurer légalement un revenu et que le risque de récidive y était dès lors important. De l'avis de la cour cantonale, la commission de libération n'avait dès lors pas abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant de différer l'expulsion à titre d'essai (arrêt attaqué, consid. 3b p. 8 ss).