Citation: 6B_269/2023 E. 1.3

1.3. Conformément à la jurisprudence exposée ci-dessus (cf. consid. 1.1.2 supra), on doit considérer que le prénommé ne pouvait ignorer la probabilité qu'un coup de couteau donné dans la partie supérieure de l'abdomen, soit une partie du corps qui comprend de nombreux organes vitaux, entraîne des blessures potentiellement mortelles. Partant, il reste à déterminer si, en agissant comme le recourant l'a fait, il escomptait que l'issue mortelle ne survienne pas, ou s'il acceptait ce résultat pour le cas où il se produirait et s'en accommodait. Le recourant conteste que son comportement puisse être qualifié de sournois dans la mesure où D._________ pouvait se rendre compte qu'il s'était muni d'un couteau, puisqu'il avait entendu un "clic" et qu'il y avait eu des gestes avortés. Dès lors qu'il ne fait ainsi que substituer son appréciation des faits à celle de la cour cantonale, son grief est irrecevable, car appellatoire. Au demeurant, il n'est pas contesté que le recourant n'a pas cherché à effrayer son adversaire en lui montrant qu'il disposait d'un couteau, mais a directement tenté, dès la reprise des hostilités, de le frapper avec son arme, et ce à plusieurs reprises. Dans cette mesure, l'appréciation de la cour cantonale, qui relève également la détermination et la volonté d'en découdre du recourant, n'apparaît pas insoutenable. A la lumière des faits constatés sans arbitraire, la violation du devoir de diligence du recourant est sans aucun doute grave (consid. 1.1.2. supra). Le recourant devait se rendre compte que, face à un adversaire en mouvement, il ne pouvait pas mesurer la gravité de la blessure que son geste était susceptible de provoquer. Ainsi, compte tenu de la dynamique de l'altercation, le coup de couteau porté était particulièrement dangereux. Du reste, la blessure infligée, profonde de 7 cm, avait entraîné la perforation du foie et du pancréas, ce qui indiquait que le coup de couteau avait été porté avec une intensité considérable, créant ainsi un danger de mort. Le recourant ne peut, par ailleurs, rien déduire en sa faveur du fait que la lésion n'a pas mis concrètement la vie de la victime en danger grâce à une prise en charge médicale rapide, qui échappait à son contrôle. Il ressort bien plutôt des éléments de fait établis qu'il a laissé la possibilité d'une issue fatale au hasard. Ainsi, au regard de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce, la cour cantonale pouvait considérer que le recourant avait à tout le moins envisagé la mort de la victime et s'en était accommodé pour le cas où elle survenait, de sorte qu'il avait agi par dol éventuel. Elle a, à juste titre, qualifié le comportement du recourant de tentative de meurtre. Le grief doit donc être rejeté.