Citation: 1C_97/2017 E. 7.3

7.3. Selon la notice d'impact sur l'environnement du 22 octobre 2014, il n'existe pas de point de vue à large échelle sur la vallée de la Lienne, par exemple depuis la vallée du Rhône ou les villages de la commune d'Ayent. A une échelle moyenne, le vallon latéral constituant le Dévaloir du Noir est visible depuis la route cantonale menant au barrage du Rawil sur une longueur d'environ 2 km aux alentours du mayen de Pra Combère. La route est située à environ 1,5 km à vol d'oiseau, de sorte que la passerelle, constituée essentiellement de câbles, sera quasiment invisible depuis le versant opposé de la vallée. A une échelle plus réduite, l'ouvrage sera visible par les promeneurs empruntant le bisse du Rô. Selon la matrice d'impact qui compare les différentes variantes (passerelle, tunnel et demi-tunnel), l'impact sur le paysage est qualifié de moyen; il est inférieur à celui du demi-tunnel dont les piliers sont visibles, et supérieur à la variante tunnel. L'impact visuel est essentiellement lié au tablier de la passerelle constitué de lattes en bois d'une épaisseur réduite, les fondations pouvant rester cachées par la végétation. La décision d'approbation pose en effet comme condition la réalisation de toutes les mesures prévues dans la notice d'impact, soit le maintien des arbres pour cacher les extrémités de la passerelle, la réalisation de murs en pierres sèches pour cacher les fondations, le suivi des travaux par un biologiste et l'établissement d'un rapport de conformité deux mois après l'achèvement des travaux. Selon les montages photographiques (auxquels on ne saurait attribuer une fiabilité absolue, l'ouvrage étant simplement représenté par un trait plein), la passerelle demeure visible depuis l'autre côté de la vallée. Elle se détache sur l'arrière-fond rocailleux du dévaloir, constitué d'éboulis, sans pour autant représenter une incongruité particulièrement grave dans le paysage. La conception relativement légère de l'ouvrage et son intégration dans une combe latérale font que l'atteinte au paysage apparaît supportable. L'OFEV considère que l'ouvrage présenterait une "lourdeur certaine" et qu'il conviendrait de rechercher une solution plus légère et transparente pour tenter de minimiser l'atteinte au paysage. Les exemples photographiques qu'il produit en annexe à ses écritures (le pont suspendu aux gorges de la Massa/VS, d'une longueur bien inférieure - 40 m - et un autre ouvrage dont l'emplacement et la longueur ne sont pas précisés) ne présentent pas d'avantages évidents du point de vue de l'intégration dans le paysage, et rien ne permet d'affirmer que leur conception soit adaptée à un ouvrage de 120 m. En définitive et à défaut de variantes clairement préférables au projet, la pesée d'intérêts effectuée par la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique.