Citation: 4A_307/2023 E. 1

B.f. Saisie d'une double requête de mesures provisionnelles formée par les défendeurs, la Présidente du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois (ci-après: la Présidente) a rendu, le 3 janvier 2013, une ordonnance par laquelle elle a, notamment, sommé la demanderesse d'établir "un dossier complet de révision" dans les 60 jours et de le remettre à l'expert. A ce défaut, elle désignerait un architecte pour qu'il établisse ce dossier aux frais de l'entreprise défaillante, laquelle pourrait être invitée à en faire l'avance. Elle a précisé que les frais de la procédure provisionnelle, arrêtés à 1'200 fr., étaient mis à la charge de l'entreprise. Un appel interjeté par la demanderesse contre cette ordonnance a été rejeté par arrêt du 9 août 2013. Par ordonnance d'exécution forcée du 8 août 2014, la Présidente a désigné un architecte qu'elle a chargé d'établir le dossier complet de révision. Elle a invité les défendeurs à faire l'avance des frais d'exécution et dit que les frais et dépens suivraient le sort de la cause au fond. Les deux parties ont attaqué cette ordonnance. Par arrêt du 28 novembre 2014, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours de la demanderesse. En revanche, elle a admis celui des défendeurs, dans la mesure de sa recevabilité, et a réformé l'ordonnance du 8 août 2014 en ce sens que l'avance des frais d'exécution a été mise à la charge de la demanderesse. Par arrêt du 30 juin 2015, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours en matière civile formé par la demanderesse (cause 4A_225/2015). Le 9 mai 2016, l'expert a déposé le dossier de révision. Le 30 avril 2018, il a remis son rapport d'expertise. Il a établi un rapport complémentaire en date du 14 mai 2020. B.g. Par jugement du 8 septembre 2022, le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois, admettant partiellement les prétentions reconventionnelles élevées par les époux B.________ et C.________, a condamné l'entreprise à leur payer la somme de 146'166 fr. 55, intérêts en sus (ch. I et II du dispositif). Il a mis les frais judiciaires respectivement à la charge de l'entreprise à hauteur de 81'650 fr. 70, d'une part, et des époux B.________ et C.________, solidairement entre eux, à raison de 44'536 fr. 20 (ch. III et IV du dispositif), d'autre part. Il a enfin condamné l'entreprise à payer aux époux B.________ et C.________, créanciers solidaires, une indemnité de 55'736 fr. 20 à titre de dépens (remboursement de leurs frais de justice et participation aux honoraires et débours de leur conseil; ch. V du dispositif). B.h. Le 12 octobre 2022, l'entreprise a recouru contre ce jugement. Elle a conclu à la réforme des chiffres III, IV et V du dispositif du jugement de première instance aux fins d'obtenir que: - les frais judiciaires mis à sa charge soient arrêtés à 41'650 fr. 70 et compensés avec les avances de frais versées; - les frais judiciaires mis solidairement à la charge des époux B.________ et C.________ soient fixés à 84'536 fr. 20; - les époux B.________ et C.________ soient condamnés à lui payer la somme de 40'000 fr.; - les frais de l'ordonnance provisionnelle du 3 janvier 2013 s'élevant à 1'200 fr. soient déduits du total des frais judiciaires de première instance et; - que les dépens soient compensés avec effet que chacun supporte ses frais d'avocat. De leur côté, les époux B.________ et C.________ ont appelé du jugement de première instance. Ils ont conclu à ce que leur adversaire soit condamnée à leur payer la somme de 240'954 fr. 45, que les frais judiciaires soient mis intégralement à la charge de l'entreprise et que celle-ci lui doive une indemnité de 55'000 fr. à titre de dépens. Statuant par arrêt du 4 mai 2023, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a débouté les parties de toutes leurs conclusions et confirmé le jugement attaqué. Les motifs qui étayent cette décision seront examinés plus loin dans la mesure utile à la compréhension des critiques dont celle-ci est la cible.