Citation: I 380/05 25.01.2006 E. 2

Le recourant conteste le jugement cantonal en tant qu'il lui reconnaît une pleine capacité de travail dans une activité adaptée. 2.1 En plus d'une minuscule hernie foraminale en L4-L5 ne justifiant pas les plaintes exprimées, les investigations médicales ont mis en évidence que l'intéressé souffrait d'une hypoamyotrophie de la jambe gauche ainsi que d'une arthrose talo-naviculaire entraînant des faiblesses et des douleurs. Aucune pathologie psychiatrique n'a été décelée dans le registre dépressif, anxieux ou psychotique. Dans leur appréciation du cas, les experts n'ont retenu que les travaux lourds, de force ou s'effectuant en position debout, les déplacements répétés et la station debout prolongée comme limitations fonctionnelles pouvant interférer avec l'exercice d'une profession. C'est pourquoi, ils jugeaient le recourant apte à mettre en valeur sa capacité résiduelle de travail dans une activité sédentaire offrant la possibilité d'alterner les positions (assis/debout) et de se reposer régulièrement; aucune restriction temporelle n'apparaissait dans les rapports spécifiques établis par chaque expert. Tenant compte du syndrome douloureux somatoforme persistant et du retard mental léger, qualifiés de non-invalidants, ainsi que du vécu douloureux, de la scolarité incomplète et des faiblesses linguistiques de l'intéressé, les experts ont arrêté la capacité de travail de ce dernier à 80%. Pour sa part, l'administration a estimé que le recourant était apte à travailler à 100 %. 2.2 On relèvera d'abord que dans son évaluation du cas, l'Office intimé a justement écarté des facteurs tels que la scolarité incomplète ou les problèmes linguistiques de l'intéressé constituant des difficultés psychosociales ou socioculturelles dont l'assurance-invalidité n'a pas à répondre (cf. ATF 127 V 299 consid. 5, VSI 2000 p. 155 consid. 3). La prise en considération de ces facteurs mise à part, il apparaît également que les conclusions des experts rejoignent en presque totalité celles du docteur B.________, notamment lorsque ce dernier rapporte l'aptitude de son patient à pratiquer un autre métier que celui de maçon sans qu'il faille s'attendre à une diminution de rendement. Ce praticien a toutefois annoncé, sans plus ample motivation, une aggravation postérieure de l'état de santé de E.________ l'empêchant désormais d'exercer une quelconque profession. Il a été tenu compte de cette aggravation dans l'expertise du COMAI. Elle en a d'ailleurs motivé la mise en oeuvre et, bien qu'avérée, n'a pas permis de contredire les premières conclusions du médecin traitant. Outre le fait qu'un tel médecin est, selon l'expérience, enclin à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (cf. ATF 125 V 353 consid. 3b/cc), il faut relever que le docteur B.________ n'établit pas de relation entre la péjoration de l'état de santé du recourant, qu'il se contente de rapporter, et une hypothétique diminution de la capacité de travail de ce dernier, au contraire des médecins du COMAI qui excluent, de manière probante (cf. ATF 125 V 351ss), une telle relation, sans qu'il ne soit possible de mettre en doute leur objectivité ou de suspecter une éventuelle prévention à l'égard de l'assuré (cf. ATF 123 V 175; arrêt B. du 26 juillet 2002 [I 19/02]). L'argumentation de l'intéressé quant à la possibilité d'alterner les positions (assis/debout/couché) ne lui est par ailleurs d'aucune utilité. En effet, cette limitation n'est formulée par les experts que dans la dernière partie de leur rapport sous forme de réponse synthétique à des questions préformulées et standardisées. De surcroît, compte tenu des affections mises en évidence et des limitations afférentes, on ne voit pas ce qui empêcherait le recourant d'exercer une profession sédentaire, d'autant plus qu'au cours de l'expertise, le maintien d'une telle position durant 2 heures n'a pas semblé le gêner outre mesure. Au regard de ce qui précède, c'est donc à juste titre que les premiers juges ont retenu une pleine capacité de travail dans une activité adaptée. 2.3 Le dossier contenant en outre suffisamment d'indications médicales fiables, il ne se justifie pas de mettre en oeuvre une mesure d'instruction complémentaire sous la forme d'un stage dans un centre d'observation professionnelle de l'assurance-invalidité. 2.4 Pour le surplus, les chiffres retenus par l'Office intimé à titre de revenus sans invalidité et d'invalide n'étant pas contesté, il y a lieu de retenir que les affections dont souffre le recourant n'entraînent pas une diminution de sa capacité de travail dans une mesure telle qu'elle lui ouvrirait droit à une rente (cf. art. 16 LPGA et 28 al. 2 aLAI; ATF 128 V 30 consid. 1, 104 V 136 consid. 2a et 2b). Par ailleurs, le degré d'invalidité obtenu après comparaison des revenus mentionnés (19 %) ne correspond pas non plus à une perte de gain suffisante pour que des mesures d'ordre professionnel, sous forme de reclassement dans une nouvelle profession, soient octroyées (ATF 124 V 110 consid. 2b et les références). Même si la jurisprudence a déjà admis qu'un taux légèrement inférieur à 20 % pouvait ouvrir droit à une telle mesure (cf. par exemple, Arrêt J. du 18 octobre 2001, I 665/99), celle-ci serait selon toute vraisemblance vouée à l'échec eu égard à la capacité d'apprentissage limitée du recourant (ATF 130 V 173 consid. 4.3.3, 124 V 109 sv. consid. 2a et les références). Le recours se révèle ainsi mal fondé.