Citation: U 18/01 19.10.2001 E. 1

b) aa) Selon la jurisprudence, l'existence d'un lien de causalité adéquate entre un accident insignifiant ou de peu de gravité et des troubles psychiques peut, en règle générale, être d'emblée niée, tandis qu'en principe, elle doit être admise en cas d'accident grave; pour admettre le caractère adéquat du lien de causalité entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques, il faut que soient réunis certains critères particuliers et objectifs. Les plus importants à prendre en considération sont les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident, la gravité des lésions subies, la durée anormalement longue du traitement médical, les douleurs physiques persistantes, la durée et le degré de l'incapacité de travail dues aux seules atteintes à la santé physique, ainsi que les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident (ATF 115 V 139 sv. consid. 6, 408 consid. 5). Il n'est pas nécessaire que soient réunis dans chaque cas tous ces critères. Suivant les circonstances, un seul d'entre eux peut être suffisant pour faire admettre l'existence d'une relation de causalité adéquate. Il en est ainsi lorsque l'accident considéré apparaît comme l'un des plus graves de la catégorie intermédiaire, à la limite de la catégorie des accidents graves, ou encore lorsque le critère pris en considération s'est manifesté de manière particulièrement importante (ATF 115 V 140 consid. 6 c/bb, 409 consid. 5 c/bb). bb) En l'espèce, en dépit de la masse imposante d'un rouleau compresseur, l'accident doit être rangé dans la zone médiane de la catégorie des accidents de gravité moyenne, au vu notamment de ses conséquences (contusions par écrasement du pied et brûlures superficielles). Bien que relativement impressionnant, l'accident n'a pas revêtu un caractère particulièrement dramatique. Par ailleurs, le recourant ne s'est pas trouvé dans l'incapacité de travailler pendant une durée particulièrement longue, en rapport avec les lésions subies, puisqu'il a recouvré une capacité de travail de 50 % dès le mois d'avril 1998 et de 100 % à partir du mois d'octobre 1998 au plus tard. Il a pu regagner son domicile cinq jours après l'accident, lequel n'a nécessité qu'une surveillance neurovasculaire du membre inférieur droit, la confection d'une attelle plâtrée, puis d'une semelle plantaire, et une physiothérapie. Un phlegmon a certes retardé le rétablissement du pied droit, mais cette infection était guérie en janvier 1998. Le traitement médical, qui s'est poursuivi sous forme de physiothérapie à la clinique Z.________ jusqu'en avril 1998, n'a donc pas été spécialement lourd, ni d'une durée anormale. Il est vrai qu'un schwannome a été diagnostiqué par la suite, ce qui a pu expliquer, au moins partiellement, les douleurs à la hanche dont a souffert le recourant dès le mois de janvier 1998. A cet égard, on peut se demander dans quelle mesure les complications liées à cette tumeur, sans lien avec l'accident, doivent être prises en considération pour apprécier la relation de causalité adéquate ici en cause. Cette question peut toutefois être laissée ouverte, car même si on y répondait par l'affirmative, la durée globale du traitement médical, jusqu'à l'excision du schwannome en juillet 1998, resterait inférieure à une année. Dans ces conditions, un lien de causalité adéquate entre l'accident assuré et d'éventuels troubles psychiques doit être exclu, ce qui entraîne le rejet du recours.