Citation: 4A_318/2018 E. 4.5.4

4.5.4. Considéré à la lumière de ces règles et principes, dans le cadre prédéfini du pouvoir d'examen dont jouit la Cour de céans, le moyen soulevé par le recourant ne révèle aucune contrariété à l'ordre public matériel en ce qui concerne la peine qu'il s'est vu infliger par la Formation. Force est tout d'abord de reconnaître, avec l'intimée no 2, que le recourant - lorsqu'il allègue que la sanction prononcée par le TAS ruine sa réputation, l'empêche de dégager un quelconque revenu en exerçant son métier et l'expose à une retraite prématurée - semble confondre le Tribunal fédéral statuant sur un recours en matière d'arbitrage international avec une cour d'appel autorisée à revoir librement la mesure de la peine infligée à un condamné par une instance pénale inférieure et à prendre en compte, à cette fin, toutes les circonstances factuelles pertinentes. Au demeurant, les atteintes à la personnalité dont se plaint le recourant doivent être sérieusement tempérées, au vu des éléments figurant au dossier. Il ressort en effet de la pièce 21 produite par le recourant qu'il a été transféré, le 15 août 2018, d'un club de football brésilien de première division (Flamengo) à un autre (SC Internacional Porto Alegre) avec lequel il a signé un contrat de trois ans valable jusqu'au 14 août 2021. Il n'est ainsi pas établi que le recourant soit actuellement sans ressources ni que sa retraite professionnelle soit imminente. Bien au contraire. Ensuite, pour ce qui est de sa durée, soit quatorze mois, la suspension n'apparaît pas contraire à l'ordre public. Il sied de rappeler que le recourant ne conteste pas avoir commis une infraction aux règles antidopage. Il ne remet pas non plus en question, devant le Tribunal fédéral, l'appréciation de la Formation selon laquelle il a agi fautivement, rendant ainsi inapplicable l'art. 21 du Règlement d'après lequel la sanction est levée lorsque le joueur établit l'absence de faute ou de négligence de sa part. Le principe même d'une suspension n'est ainsi pas contesté. Retenant que le recourant n'avait pas commis de faute ou de négligence significative, le TAS, en se fondant sur l'art. 22 du Règlement, a fixé la suspension à quatorze mois, en tenant compte de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce. La Formation a estimé que le principe de proportionnalité était déjà reflété et intégré dans le Règlement et le CMA et qu'une suspension d'une durée inférieure à celle prévue par ces deux instruments était juridiquement impossible. Il n'appartient pas à la Cour de céans de déterminer, abstraitement, si le principe de proportionnalité permet, dans des circonstances exceptionnelles, de déroger aux dispositions réglementaires prévoyant des sanctions minimales. La seule question à résoudre ici est de savoir si la sanction prononcée à l'encontre du recourant porte atteinte à l'ordre public matériel. Or, une réponse négative s'impose compte tenu de la violation avérée des règles antidopage et de la faute commise par le joueur. Pour le reste, il n'y a aucune commune mesure entre la peine statutaire qu'un footballeur professionnel brésilien en activité - Matuzalem - s'est vu infliger, à savoir la menace d'une suspension illimitée de toute activité footballistique pour le cas où il ne paierait pas une indemnité supérieure à 11 millions d'euros, intérêts en sus, à son ancien club à bref délai (ATF 138 III 322), et celle qui a été prononcée à l'encontre du recourant.