Citation: 1B_138/2023 E. 2.2

2.2. La Présidente de la Chambre pénale a relevé que si le recourant avait, selon ses proches, été adepte depuis plusieurs années des thèses conspirationnistes, son comportement avait radicalement changé et sa santé mentale avait pris une tournure délirante depuis la crise sanitaire de la COVID-19 et particulièrement suite à la campagne de vaccination, l'intéressé ayant, à ses dires, découvert ses "supers pouvoirs" au début 2022 et s'étant créé depuis lors un univers céleste dans lequel il est le maître du "Jeu de la Vie", jeu dont la violation des règles est sanctionnée par diverses punitions pouvant aller jusqu'à l'expulsion du jeu, soit jusqu'à la mort. Ses agissements sont dictés par ce qu'il appelle des "intuitions" lui signifiant qui sont les bons ou les "salopards" et lui disant ce qu'il doit faire. Le 16 février 2022, il a créé le site internet de la Fondation F.________. Si initialement, selon ses proches, il y publiait ce qu'il lui passait par la tête et distribuait des cartes de visites, il a fini par user de propos vulgaires et par s'en prendre personnellement à des tiers depuis décembre 2022. Cette aggravation de son état psychique est déjà de nature à faire apparaître hautement vraisemblable le risque de passage à l'acte. A cet égard, les menaces proférées par le recourant dans son courriel du 6 décembre 2022 à l'encontre E.________ et de sa famille sont graves, puisque le recourant laissait entendre que le plaignant est en sursis et qu'il pourrait être exclu, ainsi que ses proches, définitivement du jeu de la vie terrestre, par quoi il faut entendre qu'ils pourraient tous mourir, s'il ne remplissait pas les missions invoquées, sous forme d'ultimatum, dans ce courriel. De même, dans sa publication du 12 décembre 2022 sur le site de la Fondation F.________, le recourant laisse entendre qu'il pourrait s'en prendre physiquement à des membres de la banque B.________ ("Je vais les déboulonner tous" ou encore "Les premiers à sortir sauveront leur peau. Les derniers qui resteront payeront un maximum pour TOUS"). Ces menaces sont d'autant plus inquiétantes, sachant que le recourant s'est posté le 13 décembre 2022 pendant 15 minutes devant cet établissement bancaire et dès lors qu'il possédait deux armes à son domicile. Le risque de passage à des actes violents est encore plus considérable du fait que le recourant ne reconnaît pas être malade et refuse tout traitement psychiatrique ou médicamenteux. D'autres facteurs sont susceptibles de favoriser son passage à l'acte tel le fait que ses principaux clients, notamment l'Office cantonal du feu et la Commune de Val de Bagnes, ont mis fin à leur collaboration. En effet, son activité professionnelle semble revêtir une importance significative dans la vie du recourant, ses proches le décrivant comme un grand travailleur et un solitaire. S'il est vrai que le recourant prétend que ce n'est pas lui qui met les menaces à exécution, mais qu'il s'agit du "Service des peines célestes", on ne saurait pour autant en déduire qu'il ne se considère que comme un simple messie annonciateur et non pas comme l'instrument d'un châtiment céleste. En effet, son amie a relaté qu'il lui avait expliqué qu'il était une marionnette au service de ses intuitions. Par ailleurs, A.________ a exposé à diverses reprises que ses intuitions commandaient ce qu'il devait faire, si ce n'est à son "Moi terrestre" à tout le moins à son "Moi céleste dit A.________". Ainsi, face aux troubles psychologiques sévères et croissants du recourant n'ayant dévié que récemment sur des menaces de mort, le Tribunal des mesures de contrainte avait retenu à juste titre que le risque de passage à l'acte est concret, nonobstant le fait que le recourant n'a pas d'antécédents connus de violence et a été collaborant lors de son arrestation. Au demeurant, en ce qui concerne l'existence d'un pronostic très défavorable s'agissant du risque de passage à des actes violents selon l'art. 221 al. 2 CPP, il convenait d'attendre que le Dr H.________ rende son rapport d'expertise psychiatrique, lequel doit porter tant sur la dangerosité du prévenu que sur les éventuelles mesures propres à y remédier. Dans l'intervalle, les infractions redoutées étant graves, la mise en détention se justifie.