Citation: 4C.423/1999 29.02.2000 E. 4

4.- La défenderesse se plaint en outre d'une violation de l'art. 8 CC, reprochant à la cour cantonale d'avoir évalué le dommage à 37'800 fr., alors que les constatations de fait ne permettaient pas de le chiffrer. Elle soutient que ni la quantité exacte de champignons supplémentaires acquis ni le prix auquel ceux-ci ont été revendus à des tiers ne seraient connus. Ce grief est lui aussi dépourvu de tout fondement. Comme on vient de l'exposer (cf. ci-dessus consid. 3), le montant du prix de revente ne joue aucun rôle en l'espèce dans le calcul du dommage. De plus, contrairement à ce que soutient la défenderesse, l'arrêt attaqué constate clairement la quantité de champignons supplémentaires achetés par la demanderesse: il indique, à son chiffre 7 lettre b, une perte de production de 7'163 kilos de champignons, arrondis à 7'000 kilos, et il relève que la demanderesse a dû combler ce déficit en se procurant d'une autre manière des champignons, afin de pouvoir satisfaire les besoins de ses clients. Dans ce contexte, le grief relatif à la violation de l'art. 8 CC est sans objet. En effet, lorsque l'appréciation des preuves a convaincu le juge qu'une allégation de fait a été établie, la question de la répartition du fardeau de la preuve et, partant, des conséquences d'une absence de preuve ne se pose plus (ATF 119 II 114 consid. 4c p. 117; 118 II 142 consid. 3a p. 147; 114 II 289 consid. 2a).