Citation: 5C.133/2006 04.09.2006 E. 1

2.3 La Cour de justice part ainsi de l'idée que l'épouse pourrait sans difficulté étendre son activité professionnelle à 100%. Elle se fonde pourtant sur un taux de 80% et lui octroie de ce fait une contribution d'entretien pendant cinq ans. Une telle solution ne pourrait se justifier que si la demanderesse n'était pas à même, pour des motifs pertinents, d'augmenter son temps de travail avant ce délai. Aucun élément en ce sens ne résulte toutefois de la décision entreprise. Au contraire, l'autorité cantonale laisse entendre que l'épouse n'a pas ou plus de raisons - tenant à l'éducation des enfants, à son état de santé ou à la situation de l'emploi - de ne pas exercer une activité lucrative à 100%. Dans sa réponse au recours, l'intimée indique certes qu'elle a offert de prouver, en vain, qu'elle souffrait de graves problèmes de santé qui l'empêcheraient à l'avenir d'augmenter son temps de travail. Pareille critique qui vise, dans l'optique de son auteur, à la confirmation du dispositif de l'arrêt en cause, pour le cas où les arguments avancés dans le recours en réforme seraient reconnus fondés en droit, est licite au regard de la jurisprudence et de la doctrine (ATF 90 II 315 consid. 1 p. 317; 64 II 237 consid. 2 p. 242; Messmer/Imboden, Die eidgenössischen Rechtsmittel in Zivilsachen, note 44 ad n. 114, p. 157; J.-F. Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, n. 3.3 ad art. 59 et 61, p. 491), pour autant qu'elle satisfasse aux conditions de recevabilité du recours en réforme. En l'occurrence, l'intimée ne précise pas quelle règle de droit fédéral aurait été violée par l'autorité cantonale ni quelles preuves, régulièrement offertes et portant sur des faits pertinents, auraient été refusées par celle-ci; on peut dès lors douter de la recevabilité de ce moyen (art. 55 al. 1 let. c OJ). Au demeurant, la Cour de justice n'a pas manqué d'apprécier certaines preuves à cet égard puisqu'elle a retenu que l'incapacité de travail totale de l'épouse du 22 mars au 22 avril 2005, soit pendant un mois, ne démontrait pas qu'elle fût en proie à de graves problèmes de santé. Or l'intimée n'indique nullement par quel autre moyen de preuve que ceux déjà administrés par la cour cantonale elle aurait tenté d'établir que son état de santé ne lui permettait pas d'augmenter son temps de travail de 80% - 85% selon ses dires - à 100%. Son mémoire d'appel ne permet en outre aucune déduction à ce sujet. Dans ces conditions, il convient de s'en tenir aux constatations de la Cour de justice. Sur la base des faits ainsi retenus, il y a dès lors lieu d'admettre que rien ne s'oppose à ce que l'épouse puisse raisonnablement étendre son activité professionnelle immédiatement et qu'il ne se justifie pas de lui octroyer un délai; on pourrait même se demander si cela n'aurait pas déjà été possible avant la reddition, le 7 avril 2006, de l'arrêt entrepris. Or, si on lui impute un revenu hypothétique basé sur un taux d'activité de 100%, son entretien apparaît couvert, avec un léger excédent (cf. supra, consid. 2.2). Par conséquent, il est contraire au droit fédéral de lui octroyer une contribution.