Citation: 6B_663/2014 E. 8.3.1

8.3.1. Contrairement à ce que soutient le recourant, le MPC a expliqué le mode de sélection des pièces à traduire. Il ressort en effet du procès-verbal des débats (pièce. 671.920.093) que le TPF a interpellé le MPC pour lui demander comment il avait procédé au tri des documents en tchèque reçus et de quelle manière il avait fait la sélection de ceux de ces documents qu'il avait fait traduire en français. Le MPC a répondu que le critère était l'utilité potentielle du document, à charge ou à décharge. Quant au tri, le MPC faisait traduire la lettre d'accompagnement à la commission rogatoire internationale et la table des matières. Sur cette base, il faisait un premier tri. Dans le cadre de ce premier tri, l'experte financière les aidait, puisqu'elle comprenait la langue tchèque. Un interprète externe venait également au MPC pour déterminer si un document avait un intérêt pour la procédure. Après quoi, le MPC faisait appel ou non à des traducteurs. Le MPC a encore relevé qu'il avait ouvert la possibilité aux parties de demander la traduction de certaines de ces pièces, ce qu'elles n'avaient pas fait. On comprend ainsi des explications du MPC que lorsqu'il recevait des pièces des autorités tchèques à la suite d'une commission rogatoire internationale, il commençait par faire traduire la table des matières, c'est-à-dire l'intitulé de chaque pièce, document qui figurait au dossier, à la disposition des parties. Contrairement à ce que soutient le recourant, le fait que le MPC s'adjoigne l'aide de l'experte financière travaillant au sein de cette institution ne soulève pas de problème d'indépendance. En effet, celle-ci n'était pas chargée de la traduction écrite destinée à figurer au dossier du contenu des pièces, mais assistait le magistrat en charge de l'affaire en lui exposant le contenu de la pièce. Comme l'a expliqué le MPC, la pièce était ensuite traduite par un traducteur indépendant. Il convient de relever que la tâche de décider quelles pièces devaient être traduites, en tant que mesures d'instruction, appartient au magistrat en charge de l'affaire (cf. art. 62 al. 1 et 139 al. 1 CPP) et non pas au traducteur mandaté. Ainsi, dans la mesure où le recourant fait grief au MPC de n'avoir pas mandaté un traducteur indépendant pour effectuer le tri des pièces à traduire, son grief tombe à faux. Il en va de même lorsqu'il soutient que le MPC s'est appuyé sur les connaissances linguistiques d'une personne parlant polonais et non pas tchèque. S'il est exact que tant le MPC que le témoin Abgottspon ont indiqué que l'experte financière parlait le polonais, ils ont également indiqué qu'elle comprenait le tchèque. En outre, celle-ci n'ayant pas procédé à des traductions écrites officielles (sur lesquelles le TPF se serait fondé), il n'y a pas lieu d'examiner si son niveau de connaissance du tchèque était suffisant pour procéder à de telle traduction. Pour le surplus, le recourant n'expose pas en quoi son droit à un procès équitable aurait été violé. Son grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.