Citation: 4P.55/2001 13.07.2001 E. 3

3.- a) Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une règle de droit ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Arbitraire et violation de la loi ne sauraient être confondus; une violation doit être manifeste et reconnue d'emblée pour être considérée comme arbitraire. Le Tribunal fédéral n'a pas à examiner quelle est l'interprétation correcte que l'autorité cantonale aurait dû donner des dispositions applicables; il doit uniquement dire si l'interprétation qui a été faite est défendable. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution pourrait aussi se défendre et sembler même plus correcte (ATF 126 I 168 consid. 3a; ATF 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b). b) L'art. 74 let. c CPC vaud. dispose que plusieurs personnes peuvent agir ou être actionnées conjointement si le litige a pour objet des prétentions de même nature dérivant de causes connexes, pourvu que les actions puissent sans difficultés être instruites conjointement. Et, à teneur de l'art. 76 CPC vaud. , par décision rendue en la forme incidente, le juge peut, en tout état de cause, ordonner la jonction de plusieurs procès en instance dans son for, lorsque les conditions de l'art. 74 let. b ou c sont réunies. Ces dispositions légales traitent du cas de la consorité simple imparfaite, qui est celui des présentes espèces. Dans un tel cas, la consorité est une faculté subordonnée à l'absence de difficultés d'instruction (cf. Poudret/Wurzburger/Haldy, Procédure civile vaudoise, 2e éd., p. 167, 1er alinéa in fine ad art. 74 CPC vaud.). En estimant, implicitement, que ces dispositions n'imposent pas au juge d'ordonner la jonction de causes, la cour cantonale s'est conformée à cet avis doctrinal, qui se déduit du reste logiquement de l'usage du verbe "pouvoir" dans les textes légaux applicables. Pour ce motif déjà, on ne peut qualifier d'arbitraire la décision attaquée. Il importe peu, en outre, qu'une autre opinion puisse se concevoir, ou être envisagée, comme semble le croire Rapp (op. cit. , loc. cit.), dès lors qu'il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution pourrait se justifier ou apparaître même plus correcte. On ne voit pas non plus trace d'arbitraire dans la comparaison opérée par l'autorité cantonale avec les cas traités par la jurisprudence cantonale où, à la différence des présentes espèces, des demandeurs avaient ouvert action par une seule demande. La recourante se méprend totalement sur l'étendue du pouvoir d'examen du Tribunal fédéral dans un recours de droit public, qui n'a rien de commun avec celui dont il dispose en instance de réforme. Enfin, la recourante n'a été privée d'aucune garantie procédurale en n'ayant pas obtenu un déclinatoire en faveur de la Cour civile, dès lors que le Tribunal de prud'hommes a fait une correcte application de la procédure applicable devant lui (cf. note de Poudret in: JT 1993 III 62). Téméraires, les recours de droit public ne peuvent qu'être rejetés.