Citation: 5C.182/2000 07.12.2000 E. 2

2.- a) Le recourant concède expressément avoir répondu de manière objectivement inexacte aux questions 4c), 6b) et 10g); il reconnaît également que l'agent de l'intimée et le médecin examinateur ont agi en qualité d'agents négociateurs et que, partant, les faits importants pour l'appréciation du risque dont ils ont eu connaissance ne peuvent être imputés à l'assureur auquel lesdits faits ont été cachés. Il n'y a, dès lors, pas lieu de revoir ces points (cf. Messmer/Imboden, Die eidgenössischen Rechtsmittel in Zivilsachen, p. 162). b) Le recourant expose tout d'abord que l'obligation de renseigner ne s'étend pas uniquement aux questions objectivement incompréhensibles, peu claires, difficiles à comprendre ou qui supposent des connaissances spécifiques, mais aussi à celles qui, regardées du point de vue subjectif du proposant, ne paraissent pas claires, sont équivoques ou portent sur des faits dont l'importance pour l'appréciation du risque prête à discussion. Or, sous cet angle, il pouvait raisonnablement se croire fondé à se fier aux dires de l'agent et du médecin, d'après lesquels le lumbago et ses suites (physiothérapie et arrêt de travail) n'avaient pas besoin d'être signalés; c'est aux prénommés qu'il incombait, au contraire, de lui indiquer que ces problèmes de santé, évoqués oralement, étaient visés par les questions de l'assureur et devaient, en conséquence, figurer dans les réponses au questionnaire. L'intimée, qui répond du comportement desdits agents, n'était donc pas en droit, conformément à l'art. 8 ch. 2 et 3 LCA, de se départir du contrat. Ce moyen se heurte d'emblée aux constatations de fait de l'autorité inférieure; il ressort, en effet, de la décision attaquée que le recourant n'ignore pas ce qu'est un lumbago et que, en alléguant avoir informé l'agent négociateur et le médecin des faits non déclarés, il a parfaitement compris que ceux-ci étaient indubitablement visés par les questions de l'assureur (art. 63 al. 2 OJ; Poudret, COJ II, N. 4.3.2 ad art. 63 et la jurisprudence citée). Le recourant ne saurait, dans ces circonstances, tirer argument de la confiance qu'il a placée dans les propos de l'agent et du médecin - qui doit être assimilé au négociateur (cf. ATF 108 II 550 consid. 2c p. 555 et les références) -, aux fins d'en rendre l'assureur responsable (ATF 111 II 388 consid. 3b p. 393 et les arrêts cités). L'autorité précédente a retenu, de surcroît, que le comportement du médecin n'avait pas été prouvé, non plus que l'information que le recourant prétend lui avoir donnée. S'il est vrai que la "défaillance" de ce praticien - qui par deux fois s'est déclaré empêché de comparaître comme témoin pour cause de "maladie" - a de quoi "laisser songeur", l'absence de ce témoignage ne conforte pas, par son "silence éloquent", la thèse de l'assuré; rien ne permet, dès lors, de tenir pour constant que celui-ci "a informé pleinement le docteur [...], qui l'aurait mal renseigné en lui disant que les faits en question ne méritaient pas d'être déclarés". Le recourant ne soutient pas qu'une telle appréciation procéderait d'une violation de règles fédérales en matière de preuve (cf. art. 43 al. 3 OJ), en sorte qu'elle est soustraite à la cognition de la juridiction de réforme (art. 63 al. 2 OJ; Poudret, ibidem, N. 4.2.1.3 et 4.2.2, ainsi que les arrêts cités). c) Le recourant fait valoir, au surplus, que l'assureur n'a pas respecté le délai fixé par l'art. 6 in fine LCA pour se départir du contrat; en bref, il allègue que le certificat médical établi le 9 mars 1994 fait état des lombalgies et du traitement physiothérapique, si bien que l'intimée était, à cette époque déjà, complètement orientée sur ces points. Le moyen apparaît irrecevable en tant qu'il se fonde sur les "listings de la FAMA", qui confirment l'absence de notes d'honoraires concernant le lumbago ou la physiothérapie dans le dernier trimestre de 1989; il s'agit là de faits nouveaux, irrecevables en instance de réforme (art. 55 al. 1 let. c et 63 al. 2 OJ). Pour le surplus, le grief est de toute manière mal fondé. Comme l'a rappelé à juste titre la cour cantonale, un délai autonome court pour chacune des réticences à partir du moment où l'assureur en a connaissance, lors même que le délai pour se prévaloir de certaines d'entre elles n'aurait pas été observé (ATF 116 II 338 consid. 2a p. 342; 109 II 159 consid. 2c p. 163 et les citations). Or, le recourant ne s'en prend explicitement au jugement entrepris que dans la mesure où il touche aux "réticences relatives aux questions 10g) et 6b)", à savoir celles portant "sur l'existence d'un lumbago et d'un traitement physiothérapique"; en revanche, il ne soulève aucune critique s'agissant de la réticence à la question 4b (l'incapacité de travail du 29 mai au 13 août 1989), ni ne prétend, à plus forte raison, que sa partie adverse en avait une connaissance effective à la date qu'il invoque (ATF 118 II 333 consid. 3a p. 338 ss et les références citées).