Citation: 6B_1115/2018 E. 2.3

2.3. En l'espèce, comme la cour cantonale l'a constaté, le délai de prescription pour les infractions commises (art. 138 ch. 1, art. 251 ch. 1, art. 146 al. 1 et 2 et art. 147 al. 1 et 2 CP) est de quinze ans (art. 97 al. 1 let. b CP). Si la majeure partie des agissements du recourant étaient effectivement vieux d'au moins dix ans au moment du jugement de deuxième instance, la seconde condition, dite du bon comportement de l'auteur dans l'intervalle, n'est remplie qu'à partir du moment où plus aucun acte ne peut lui être reproché. Il y a donc lieu de retenir un point de départ du temps écoulé depuis les derniers actes, soit en 2009, peu importe que le recourant ait précédemment reversé à son employeur une partie de la somme soustraite. Au moment du jugement de deuxième instance, les deux tiers du délai de prescription n'étaient pas encore écoulés. Dans ces conditions, il appartenait au recourant de démontrer qu'il y avait néanmoins lieu d'appliquer l'art. 48 let. e CP au regard de la gravité et la nature des infractions commises. Or le recourant ne dit rien à ce propos. Comme l'a relevé la cour cantonale, les infractions commises étaient graves (abus de confiance, escroquerie par métier, utilisation frauduleuse d'un ordinateur par métier, faux dans les titres), la peine maximale envisagée par le jeu des concours étant de quinze ans. De plus, le recourant s'était rendu coupable de ces agissements pendant sept ans et avait réalisé un dommage important. Partant, l'autorité précédente n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant tout assouplissement de la règle selon laquelle la circonstance atténuante du temps relativement long ne s'applique en principe que lorsque les deux tiers du délai de prescription sont atteints et que l'auteur s'est bien comporté dans l'intervalle, conditions qui ne sont pas réalisées en l'espèce.