Citation: 6B_987/2018 E. 1.3.2

1.3.2. Lors du choc entre l'intimé et le motocycliste, ce dernier était déjà engagé sur la voie empruntée par l'intimé. L'impact a ainsi eu lieu sur cette voie. Ce fait est clairement confirmé par les photographies prises le jour de l'accident et par le croquis établi à leur suite. L'écart sur sa gauche, que la recourante avait obligé l'intimé à faire, ne l'avait par conséquent pas forcé à franchir la ligne médiane de la route et se retrouver sur la voie empruntée par les véhicules venant en sens inverse. On ne se trouve ainsi pas dans l'hypothèse où, à cause d'une manoeuvre d'un automobiliste, un cycliste aurait dû se déporter sur la voie opposée, risquant un choc frontal avec les véhicules circulant en sens inverse, choc qui se serait réalisé. Le comportement incriminé imputé à la recourante n'a ainsi eu comme effet direct que de conduire l'intimé à se déporter plus à gauche sur sa voie de circulation, sans qu'il ait à quitter celle-ci et se retrouver en contre-sens. Or il n'apparaît pas qu'un tel comportement, de la part de la recourante, soit propre à entraîner, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience générale de la vie, un choc frontal entre le cycliste qu'elle a forcé à détourner un peu son chemin mais qui est resté sur sa voie et un autre utilisateur la suivant directement qui avait lui-même violé le droit de priorité du cycliste en s'engageant sur la voie opposée s'en s'assurer que cette voie était libre. Une telle conséquence n'apparaît pas dans le champ raisonnable des possibilités objectivement prévisibles du comportement de la recourante tel que délimité ci-dessus. On ne saurait à cet égard reprocher à la recourante d'avoir précédé de peu le motocycliste de sorte qu'elle obstruait la vision que celui-ci avait avant de décider de bifurquer à gauche (arrêt attaqué, p. 15). D'une part, la faible distance entre elle et le motocycle qui la suivait est uniquement imputable à ce dernier. D'autre part, il appartenait au motocycliste de s'assurer lui-même que la voie était libre avant de s'engager sur celle-ci, quitte à attendre que la voiture de la recourante, qui cas échéant obstruait sa visibilité, ait dégagé de la route. L'eût-il fait qu'il n'y aurait pas eu d'accident.