Citation: 6B_1075/2017 E. 2.3.1

2.3.1. S'agissant des déclarations de l'intimée, la cour cantonale a indiqué qu'au cours de sa première audition, celle-ci n'avait fait état que de voies de fait et d'une somme d'argent qu'elle avait prêtée au recourant, laquelle lui avait déjà été partiellement remboursée. Cependant, cela s'expliquait par le fait que l'intimée avait déposé plainte dans une petite commune où tout le monde se connaissait et qu'elle pouvait être gênée de parler d'abus sexuels devant le policier du village, ce qui avait d'ailleurs été confirmé par sa demande d'être entendue par le procureur à la fin de l'audition. En outre, l'intimée avait été décrite comme une personne pudique par le médecin qu'elle avait consulté en juillet 2014, et introvertie, calme et réservée par les témoins D.________ et E.________. On ne distinguait aucune contradiction dans les propos de l'intimée, lorsque celle-ci avait déclaré, une première fois, que la dispute au sujet des sites érotiques avait eu lieu "par la suite", après avoir indiqué que la situation s'était dégradée dans le courant de l'été 2012 et, une seconde fois, que la dispute avait eu lieu au mois d'août 2012. La cour cantonale a encore exposé que plusieurs messages confirmaient que l'intimée avait subi des violences de la part du recourant. Dans un message du 16 mai 2012, celle-ci avait écrit : "Je t'ai demandé de me rendre le double de ma clé car j'avais peur". Dans un message du 31 août 2012, l'intimée avait indiqué : "J'ai toujours pensé qu'un homme qui frappe une femme était quelque chose qu'on ne voit que dans le film ou un journal à la télé. Jamais je n'aurais cru que ça aurait pu m'arriver à moi. C'est quelque chose de très fort tu sais et je ne me réfère pas à la douleur physique mais au malaise interne...". Dans un message du 7 mars 2013, elle avait écrit : "Dans quelques heures je te pardonnerai car je t'aime trop et je pense ne pas pouvoir vivre sans toi... et toi tu continueras à jouer au tyran, à me parler mal et peut-être... tu sais ce que je veux dire...". Dans un message du 18 juin 2013, l'intimée avait écrit : "Tu m'as mise par terre et t'as posé 2 grosses pierres sur moi ! Pourquoi ?". Dans son message du 23 juin 2013, elle avait indiqué : "Et en plus tu m'as déjà assez frappée : cherche-toi une femme qui aime se faire taper". Enfin, dans un message du 25 août 2013, elle avait écrit : "Mais tu n'as pas honte ? Bonjour... après tout ce que tu m'as fait encore ! Je te jure que si me touches encore je commence à parler !". La cour cantonale a également relevé que l'intimée avait évoqué des actes plus graves devant le témoin D.________ - "Si tu savais tout le mal qu'il m'a fait" - et devant le Dr F.________, lequel avait déclaré : "Même si elle n'en a pas parlé directement, elle a laissé sous-entendre qu'il y avait eu des violences « plus graves », peut-être d'ordre sexuel. Elle n'a clairement pas souhaité développer le sujet, probablement par pudeur." L'autorité précédente a en outre indiqué que l'intimée était apparue crédible et non vindicative durant son audition aux débats de première instance. Elle avait expliqué précisément dans quel contexte le recourant s'était livré à des voies de fait sur elle et l'avait violée et contrainte sexuellement. Celle-ci n'avait pas cherché non plus à "en rajouter", puisqu'elle avait admis que la relation sexuelle de mi-juin 2014, bien qu'ayant débuté dans un climat de violence, avait néanmoins été consentie. On ne pouvait donc en déduire, comme l'affirmait le recourant, que l'intimée avait tout inventé par jalousie. L'autorité précédente s'est donc fondée sur les déclarations jugées crédibles de l'intimée, tout en écartant la version des faits du recourant.