Citation: 2C_788/2022 E. 7.3.2

7.3.2. Il résulte de ces faits que le recourant est la seule figure affective familiale pour D.________, la mère du jeune homme étant décédée et sa soeur ayant quitté le foyer familial. Il ne ressort en revanche pas de ces faits que le recourant est en mesure de fournir à D.________ l'encadrement dont il a besoin et donc a fortiori que sa présence auprès de son fils est indispensable. En effet, D.________ a connu plusieurs décompensations psychotiques, certaines liées à la consommation d'alcool et de cannabis, qui ont nécessité des hospitalisations en milieu psychiatrique. Ces épisodes montrent que D.________ a besoin d'une aide médicale soutenue. Le recourant ne peut pas la lui apporter, ainsi que cela ressort du rapport du Dr F.________ d'août 2021 qui, à la demande de l'Autorité de protection de l'enfant et l'adulte, a indiqué qu'une prise en charge hospitalière était nécessaire pour assurer un sevrage aux toxiques. Que le recourant ait été médecin comme il le souligne dans son mémoire - profession qu'il exerçait apparemment lors de ses séjours en Turquie (cf. arrêt 2C_158/2020 du 21 août 2020 consid. 2.1) - n'y change rien. Sa présence n'a pas évité à son fils des séjours hospitaliers en milieu psychiatrique et la consommation de stupéfiants. Elle n'est donc pas déterminante pour le jeune homme et on ne voit partant pas en quoi elle est nécessaire. Hors des périodes d'hospitalisation, diverses solutions institutionnelles permettent une prise en charge adaptée des besoins de D.________. Une aide à domicile pour les courses, le ménage, le contrôle sur l'adhérence au traitement et l'abus de substance pourrait être mise en place. Un placement en foyer pourrait aussi être envisagé. En foyer, D.________ pourrait bénéficier, selon les termes de la Dre E.________, d'un "contexte stimulant du point de vue des interactions psycho éducationnelles et sociales". Quelle que soit l'option finalement choisie, il ressort de l'arrêt attaqué que D.________ est régulièrement suivi et que sa situation est connue de l'Autorité en matière de protection de l'enfant et de l'adulte. Il ne se retrouvera ainsi pas livré à lui-même sans son père autorisé à séjourner durablement en Suisse et il recevra les soins dont il a besoin. Le fait qu'un placement en foyer s'est mal passé à une occasion, relevé dans l'arrêt attaqué et dont le recours fait grand cas, ne démontre pas que le recourant prodigue pour sa part les soins et l'aide que l'état de santé de D.________ requiert, de sorte que sa présence aux côtés de son fils serait irremplaçable. Par ailleurs, la prétendue économie pour la société si le recourant était autorisé à rester en Suisse compte tenu des coûts d'un placement en foyer en comparaison d'une prise en charge à domicile n'est pas pertinente, car elle ne montre aucunement une dépendance du fils à l'égard du père. En définitive, sur le vu des faits retenus dans l'arrêt attaqué et qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), il n'est pas établi que l'état de santé de D.________ demande une présence et des soins que seul son père est susceptible d'assumer et de lui prodiguer. Les rapports médicaux sur lesquels s'est fondé le Tribunal cantonal remontent certes à 2021. Le recourant n'a toutefois pas prétendu et encore moins démontré devant cette autorité que la situation aurait changé depuis. C'est partant à juste titre que le Tribunal cantonal a nié un lien de dépendance du fils à l'égard du père susceptible de fonder un droit à une autorisation de séjour pour le second en lien avec la protection de la vie familiale.