Citation: 1A.290/2000 20.02.2001 E. 3

3.- La recourante fait valoir que les autorités pénales de l'Etat requérant pourraient être amenées à communiquer aux autorités fiscales les renseignements fournis dans le cadre de l'entraide, en violation du principe de la spécialité. a) Selon l'art. 67 al. 1 EIMP et la réserve faite par la Suisse à l'art. 2 let. b CEEJ, les renseignements transmis ne peuvent, dans l'Etat requérant, ni être utilisés aux fins d'investigation, ni être produits comme moyens de preuve dans une procédure pénale visant une infraction pour laquelle l'entraide est exclue, soit notamment pour la répression d'infractions politiques, militaires ou fiscales (art. 3 EIMP et 2 let. a CEEJ; ATF 126 II 316 consid. 2b p. 319; 125 II 258 consid. 7a/aa p. 260/261; 124 II 184 consid. 4b p. 187, et les arrêts cités). Il va de soi que les Etats liés par la CEEJ se conforment à leurs engagements internationaux, tel le respect de la règle de la spécialité, sans qu'il soit nécessaire de le leur faire préciser dans une déclaration expresse (ATF 115 Ib 373 consid. 8 p. 377; 107 Ib 264 consid. 4b p. 272 et les arrêts cités). L'Etat requérant est réputé observer fidèlement et scrupuleusement les obligations que le traité met à sa charge (ATF 118 Ib 547 consid. 6b p. 561; 110 Ib 392 consid. 5b p. 394/395; 107 Ib 264 consid. 4b p. 272; 104 Ia 49 consid. 5b p. 56-60). b) Il est douteux que la recourante, dénonçant uniquement le danger que courraient ses ayants droit, soit recevable à soulever le grief tiré du principe de la spécialité, dont seule peut se prévaloir la personne concrètement exposée au risque de subir les conséquences d'une violation de ce principe (arrêt non publié L. du 1er septembre 2000, consid. 3a). Ce point souffre de rester indécis, le grief devant de toute manière être écarté sur le fond. Le Juge d'instruction a pris la précaution, dans ses décisions de clôture, de rappeler expressément l'attention des autorités de l'Etat requérant sur le principe de la spécialité et sa portée. Les demandes d'entraide contiennent l'engagement préalable des autorités lituaniennes à se conformer à cette obligation, puisqu'elles ont donné l'assurance que les renseignements reçus de la Suisse seraient utilisés uniquement pour les besoins de "l'affaire pénale et de l'instruction judiciaire". Ces termes sont clairs et n'appellent, au regard de la jurisprudence qui vient d'être rappelée, aucune confirmation.