Citation: 2C_899/2017 E. 4.2

4.2. Un étranger peut se prévaloir, dans des cas exceptionnels, de l'art. 8 CEDH qui protège le respect de sa vie privée et familiale pour s'opposer à une éventuelle séparation de sa famille. Encore faut-il, pour pouvoir invoquer cette disposition, que l'étranger ait tissé des liens sociaux ou professionnels spécialement intenses avec la Suisse, dépassant ceux qui résultent d'une intégration ordinaire (cf. ATF 130 II 281 consid. 3.2 et 3.3 p. 286 ss) ou qu'il entretienne une relation étroite et effective avec une personne de sa famille ayant le droit de résider durablement en Suisse (ATF 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145; 130 II 281 consid. 3.1 p. 285). Lorsqu'un étranger dispose d'un droit de visite sur son enfant habilité à résider en Suisse, la jurisprudence constante n'admet qu'exceptionnellement un droit au regroupement familial tiré de l'art. 8 CEDH, à condition, entre autres, que le parent étranger ait fait preuve en Suisse d'un comportement irréprochable (arrêts 2C_723/2010 du 14 février 2011 consid. 5.2; 2C_335/2009 du 12 février 2010 consid. 2.2.2; 2C_171/2009 du 3 août 2009 consid. 2.2), étant précisé que la Convention relative aux droits de l'enfant ne permet pas de déduire une prétention directe à l'octroi d'une autorisation (ATF 139 I 315 consid. 2.4 s. p. 320 s.). En l'occurrence, le recourant ne soutient ni ne démontre que son intégration en Suisse serait exceptionnelle. Condamné à de nombreuses reprises, il n'a par ailleurs pas la garde de sa fille et ne peut se prévaloir d'aucun comportement irréprochable. Le fait que les infractions perpétrées trouvent en partie leur origine dans une capacité de discernement réduite ne permet pas de conclure le contraire, quoi qu'en dise le recourant. Celui-ci ne peut donc déduire aucun droit à séjourner en Suisse découlant du respect de la vie privée et familiale tel qu'il est garanti par l'art. 8 CEDH. Il convient tout au plus de prendre en compte l'intérêt à la préservation de la vie privée et familiale du recourant au moment de juger de la proportionnalité de la révocation prononcée au sens de l'art. 63 LEtr, comme l'exige l'art. 8 par. 2 CEDH. De ce point de vue, l'examen de la décision contestée se confond toutefois avec l'examen de proportionnalité imposé par l'art. 5 al. 2 Cst. et par l'art. 96 LEtr (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381; arrêt 2C_170/2015 du 10 septembre 2015 consid. 4.2).