Citation: 8C_827/2008 04.08.2009 E. 3

3.1 Il est constant que le recourant, qui a subi un traumatisme cervical de type "coup du lapin" lors de l'accident du 5 janvier 2006, ne présente aucun déficit organique objectivable consécutif à celui-ci (voir le rapport d'évaluation de la Clinique Y.________ du 12 avril 2006 ainsi que le compte-rendu de l'examen neurologique effectué par le docteur N.________ du 3 janvier 2007). Il n'est par ailleurs pas contesté que C.________ souffre d'une décompensation psychotique entraînant une incapacité de travail totale et que cette atteinte psychique est en relation de causalité naturelle avec l'événement assuré (voir le rapport du docteur A.________ du 31 octobre 2006). Il ressort également du dossier médical que l'assuré se plaint encore de douleurs périodiques à la nuque et de maux de tête (sans cause organique avérée); en revanche, les nausées et les fourmillements dans les mains signalés initialement ont disparu (voir les rapports respectifs des docteurs P.________ et W.________, des 29 août 2006 et 3 avril 2007). 3.2 Dans sa décision sur opposition, la CNA a estimé que la situation médicale de l'assuré devait être appréhendée à l'aune des principes applicables en cas de troubles psychiques consécutifs à un accident (ATF 115 V 133). Le tableau clinique typique d'un traumatisme cervical (cervicalgies, maux de tête diffus) développé par C.________ dans les suites immédiates de l'accident avait en effet été relégué à l'arrière-plan par la présence d'une importante atteinte psychique, ce qui justifiait un examen du lien de causalité adéquate en faisant la distinction entre les composantes physiques et psychiques. La juridiction cantonale, quant à elle, a fait application de la jurisprudence en cas d'accident de type «coup du lapin» avec les précisions apportées par l'ATF 134 V 109. Les instances administrative et judiciaire ont toutes deux retenu que l'accident du 5 janvier 2006 entrait dans la catégorie des accidents de gravité moyenne. 3.3 Il convient en l'occurrence de suivre le point de vue de l'assureur-accidents. En avril 2006, les médecins de la Clinique Y.________ étaient d'avis qu'il n'y avait pas de contre-indication, sur le plan somatique, à ce que l'assuré tente une reprise du travail; au plan psychique, le docteur F.________ avait nié l'existence d'un trouble atteignant le seuil diagnostic tout en relevant des traits de la personnalité du registre paranoïde. Peu de temps après, soit en mai 2006 selon les indications fournies par les docteurs V.________ et W.________, l'assuré présente tous les signes d'une décompensation psychotique grave et manifeste (voir leurs rapports respectifs des 2 et 3 avril 2007 produits en instance cantonale), atteinte qui s'est vue confirmée par les psychiatres A.________ (de la CNA) et B.________ (médecin traitant). Cette symptomatologie psychotique a été jugée suffisamment sérieuse pour causer à elle seule une incapacité de travail totale et rendre un suivi psychiatrique ainsi que la prescription d'un traitement de type neuroleptique nécessaires. Cette situation ne s'est pas stabilisée malgré les traitements entrepris et perdure encore actuellement. Bien que les plaintes liées au traumatisme cervical ne se soient pas complètement résorbées, on peut retenir, à l'instar de l'intimée, que la problématique psychique dont souffre C.________ constitue une atteinte distincte de ce traumatisme et qu'elle a pris une importance prédominante (voir également les observations faites par le docteur P.________ à teneur desquelles les plaintes spontanées de l'assuré concernent avant tout les symptômes liés à la décompensation psychotique - insomnies, hallucinations, palpitations, angoisses - tandis que les douleurs cervicales ne sont évoquées que lorsque l'intéressé a été spécifiquement interrogé sur ce point). Dans un tel cas de figure, c'est la jurisprudence de l'ATF 115 V 133 qui doit s'appliquer (cf. RAMA 2001 n° U 412 p. 79 consid. 2b [U 96/00]; cf. également ATF 134 V 109 consid. 9.5 p. 125 sv.; arrêts 8C_957/2008 du 1er mai 2009, consid. 4.2, 8C_124/2007 du 20 mai 2008, consid. 3.2, et 8C_591/2007 du 14 mai 2008 consid. 3.1).