Citation: 5A_815/2015 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a d'abord rappelé le raisonnement des premiers juges, ceux-ci ayant retenu que le mariage des parties pouvait être considéré comme étant de courte durée, puisqu'elles se sont séparées en juin 2008, soit deux ans et demi après leur union; ils ont par ailleurs relativisé l'importance à accorder à la naissance de l'enfant D.________, l'intimé ayant toujours fait savoir qu'il ne voulait plus d'enfant et la séparation étant intervenue avant la naissance de celui-ci; enfin, ils ont estimé que l'épouse pouvait d'ores et déjà exercer une activité professionnelle, à tout le moins à mi-temps. Confirmant cette approche, la cour cantonale a considéré que la durée du mariage des parties, calculée jusqu'à la séparation, ne saurait permettre de considérer que celui-ci a concrètement influencé la situation financière de l'épouse. Par ailleurs, les circonstances dans lesquelles leur enfant est né, singulièrement alors que la séparation était déjà intervenue, conduisent également à nier un impact décisif du mariage. Il est constant que l'intimé ne voulait plus d'enfant et qu'il reprochait déjà à son épouse son oisiveté du temps de la vie commune, ce qu'elle ne conteste pas. La cour cantonale se réfère ensuite à la constatation des premiers juges sur l'absence d'accord entre les parties sur une répartition des rôles dans laquelle le mari exercerait une activité lucrative pendant que l'épouse s'occuperait de l'enfant et du ménage; dans ces circonstances, elle estime qu'il n'y pas de confiance placée dans le maintien du mariage et la répartition des rôles à protéger. Partant et par référence à l'arrêt 5A_177/2010 du 8 juin 2010, elle considère que le principe selon lequel la reprise d'une activité lucrative à un taux de 50% ne peut être exigé de l'épouse avant que l'enfant n'ait atteint l'âge de 10 ans doit être atténué. Au demeurant, la cour cantonale expose que l'épouse n'indique pas quels éléments particuliers auraient pu justifier une confiance de sa part dans le fait qu'elle n'aurait jamais à pourvoir elle-même à son entretien. Faute d'influence concrète du mariage sur les conditions d'existence de l'épouse, en particulier sur sa capacité de travail - étant rappelé qu'elle était déjà mère d'une enfant de 5 ans à cette époque et que la vie commune a été relativement brève - celle-ci doit être replacée dans la situation qui serait la sienne si le mariage n'avait pas été conclu. Au surplus, l'autorité précédente retient que l'épouse ne démontre pas quelles circonstances de fait l'empêcheraient d'exercer une activité lucrative, alors qu'elle a disposé de sept ans depuis la séparation pour se préparer à cette échéance et que la violence du conflit entre les parties était déjà telle qu'elle ne pouvait raisonnablement compter sur une reprise de la vie commune. Considérant que les conditions d'octroi d'une rente fondée sur l'art. 125 CC ne sont pas remplies, la cour cantonale lui a néanmoins laissé un délai d'adaptation légèrement plus long que celui retenu par les premiers juges et alloué une " contribution d'entretien transitoire " jusqu'au 31 mars 2016, ce qui lui laissera le temps de trouver un emploi à tout le moins à temps partiel.