Citation: I 339/03 19.11.2003 E. 3

3.1 En l'occurrence, le docteur D.________ a précisé qu'il suivait la recourante depuis le mois de septembre 1996 (cf. rapport du 29 décembre 1997). Dès lors, son appréciation de la capacité de travail pour une période antérieure au 1er mars 1996 ne saurait être prise en considération pour trancher le présent litige, d'autant que ce médecin admet qu'il s'en remet sur ce point à l'avis d'autres confrères. 3.2 De son côté, le docteur G.________, qui soigne la recourante depuis le 8 décembre 1995 (cf. rapport du 9 janvier 1998), s'est exprimé à plusieurs reprises sur l'étendue de la capacité de travail de sa patiente. Ses appréciations ont cependant divergé, suivant les personnes à qui il s'adressait. C'est ainsi que dans un certificat du 20 août 1996, modifiant celui du 24 juin précédent, il a attesté que sa patiente était entièrement incapable de travailler au cours de l'année 1996. Par la suite, il est revenu sur cette position dans les deux compte-rendus qu'il a adressés à l'office intimé, les 9 janvier et 1er juin 1998, où il arrêtait la survenance de l'incapacité totale de travailler au 18 août 1997. Contrairement à ce que la recourante soutient, on ne saurait déduire des écritures du docteur G.________ qu'elle présentait une incapacité de travail avant le mois de mars 1996. Certes, l'attestation du 20 août 1996 peut sembler plutôt favorable à ses conclusions; toutefois, cet avis demeure assez ambigu et son auteur s'en est de toute manière écarté lorsqu'il a rédigé les rapports qu'il a fait parvenir à l'assurance-invalidité en 1998 (cf. écritures des 9 janvier et 1er juin 1998). En effet, dans ceux-ci, le docteur G.________ a clairement indiqué que sa patiente a eu de plus en plus de peine à travailler en 1995 et 1996, mais que son incapacité totale de travail n'est survenue qu'en août 1997. Quant à la lettre du 7 mai 2003, par laquelle ce médecin a confirmé à sa patiente qu'elle souffrait de violents maux de tête en 1995, elle n'apporte rien de neuf car son auteur ne s'exprime pas sur l'étendue de la capacité de travail au cours de cette année-là, ni en 1996. 3.3 A plusieurs reprises, le docteur M.________ a fait état d'une incapacité de travail de 50 % à partir du 1er mars 1996 (cf. rapports des 25 août 1999, 16 mai et 20 juin 2002). En revanche, il n'a jamais attesté formellement d'incapacité de travail antérieure au mois de mars 1996, mais il a uniquement indiqué qu'une telle incapacité avait pu exister. Dans la correspondance qu'il a échangée à ce sujet avec sa patiente, singulièrement dans l'écriture du 20 juin 2002, le docteur M.________ a communiqué le détail de toutes les consultations qui eurent lieu du 4 octobre 1991 au 31 mars 1996. Le contenu de ce document n'est toutefois d'aucun secours à la recourante, car une diminution notable de sa capacité de travail n'y est ni consignée ni même évoquée. De surcroît, le médecin a aussi précisé dans cette lettre que sa patiente ne l'avait pas consulté entre le 28 août 1995 et le 6 mars 1996, si bien que l'étendue réelle de la capacité de travail reste obscure durant cette période. Quant à l'attestation du 28 avril 2003, dans laquelle le docteur M.________ informait la recourante qu'il lui aurait certainement accordé un arrêt de travail à partir du 12 mai 1995 s'il elle le lui avait jadis demandé, elle constitue une nouvelle appréciation de la situation, rendue de nombreuses années après les faits, dont la portée doit ainsi être relativisée. En d'autres termes, si le docteur M.________ a laissé entendre qu'une incapacité partielle de travail aurait pu être reconnue avant le 1er mars 1996, son appréciation n'est toutefois pas suffisamment étayée et souffre d'un manque d'éléments concrets permettant de tenir ce fait sinon pour avéré, du moins pour vraisemblable au sens de la jurisprudence (cf. consid. 2 ci-dessus). Dans ces circonstances, c'est à juste titre que les premiers juges en ont déduit qu'une incapacité de travail notable antérieure au 1er mars 1996 ne constituait qu'une hypothèse, possible, mais non un élément qui pouvait être retenu au degré de la vraisemblance prépondérante.