Citation: 2P.68/2003 23.05.2003 E. 3

3.1 En substance, le Tribunal administratif a retenu que trois patientes du recourant s'étaient plaintes du comportement de celui-ci à l'occasion de séances de physiothérapie. Elles ont déclaré que l'intéressé, en se tenant derrière elles, avait appuyé son sexe en érection contre leurs fesses à réitérées reprises. Elles ont toutes été profondément choquées, dégoûtées et sérieusement perturbées. Au terme de son instruction, le Tribunal administratif s'est déclaré convaincu du fait que l'intéressé avait bien importuné les personnes concernées par des gestes à caractère sexuel. Le recourant soutient que le Tribunal administratif a fait preuve d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et la constatation des faits. 3.2 Le Tribunal fédéral ne qualifie d'arbitraire (sur cette notion, cf. ATF 128 I 273 consid. 2.1 p. 275; 127 I 60 consid. 5a p. 70 et la jurisprudence citée) l'appréciation des preuves que si l'autorité a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et les éléments de son dossier. Une jurisprudence constante reconnaît au juge du fait un large pouvoir d'appréciation en ce domaine (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40 et les références citées). Le Tribunal fédéral n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge cantonal a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 112 Ia 369 consid. 3 p. 371; 100 Ia 119 consid. 4 p. 127), lorsque des constatations de faits sont manifestement fausses (ATF 101 Ia 298 consid. 5 p. 306; 98 Ia 140 consid. 3a p. 142 et la jurisprudence citée), enfin lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88). 3.3 En l'occurrence, le Tribunal administratif n'a manifestement pas constaté les faits pertinents de manière arbitraire en retenant que le recourant avait eu une conduite immorale envers certaines de ses patientes. Les faits - graves - reprochés au recourant se fondent sur les dépositions concordantes et dignes de foi de trois de ses patientes. Le recourant ne conteste pas expressément avoir appuyé son sexe en érection sur les fesses de celles-ci. Il cherche cependant à jeter le discrédit sur les victimes pour se disculper. Il prétend que les témoignages en cause seraient fortement sujets à caution, dans la mesure où les patientes en question n'ont pas immédiatement porté plainte contre lui. A cet égard, on peut toutefois admettre avec le Tribunal administratif que seuls la crainte de représailles éventuelles, la honte d'avoir été victimes de tels agissements, la peur de ne pas être crues, voire le sentiment de culpabilité - totalement infondé mais malheureusement fréquent dans ce genre de cas - expliquent pourquoi les victimes n'ont pas osé déposer plainte pénale contre l'intéressé. Par ailleurs, le recourant allègue que le Tribunal cantonal aurait dû écarter les dépositions litigieuses, car elles seraient émaillées de contradictions. Mais le recourant n'apporte aucun élément concret et sérieux permettant de douter de la véracité des déclarations des témoins. C'est en vain que le recourant reproche ensuite au Tribunal adminis- tratif d'avoir méconnu certaines preuves prétendument pertinentes (témoignages de A.________ et de B.________). En effet, ces témoignages - qui ne portent du reste pas sur des faits juridiquement déterminants pour l'issue du procès - ne contredisent ni n'infirment les dépositions faites par les victimes d'attouchements d'ordre sexuel commis par le recourant. De surcroît, il est indifférent que le Juge d'instruction du canton de Vaud ait rendu une ordonnance de non-lieu dans l'enquête instruite d'office contre l'intéressé pour actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. En effet, l'art. 191 al. 1 LSP/VD n'exige pas nécessairement que les personnes soumises à ladite loi aient fait l'objet d'une condamnation pénale pour se voir infliger des sanctions disciplinaires, telles que le retrait temporaire de l'autorisation de pratiquer une profession médicale; des mesures disciplinaires sont aussi prononcées à l'encontre notamment de personnes qui - comme en l'espèce - sont convaincues "d'immo- ralité" non constitutive d'une infraction pénale. Pour le surplus, dans la mesure où le recourant oppose sa propre appréciation des faits (thèse du complot) à celle retenue par le Tribunal administratif, son argumentation est irrecevable, faute de motivation adéquate au sens de l'art. 90 al. 1 lettre b OJ. En effet, dans un recours pour arbitraire fondé sur l'art. 9 Cst., l'intéressé ne peut se contenter de critiquer l'arrêt attaqué comme il le ferait dans une procédure d'appel où l'autorité de recours peut revoir librement l'application du droit. Il doit préciser en quoi cet arrêt serait arbitraire, ne reposerait sur aucun motif sérieux et objectif, apparaîtrait insoutenable ou heurterait gravement le sens de la justice (ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495).