Citation: 5P.430/2004 07.02.2005 E. 5

Le recourant reproche enfin à la cour cantonale d'avoir versé dans l'arbitraire lorsqu'elle a apprécié son revenu et admis que le paiement d'une contribution de 2'800 fr. par mois à son épouse après le 1er juillet 2004 - soit depuis qu'il est au chômage - ne porterait pas atteinte à son minimum vital. 5.1 La cour cantonale a considéré que, même si l'on devait tenir compte d'une diminution de son revenu pour la période suivant la perte de son emploi, le recourant, qui perçoit des indemnités de chômage de 80 % de son salaire de 12'000 fr., disposerait de toute façon des ressources suffisantes pour couvrir son minimum vital tout en contribuant à raison de 2'800 fr. par mois aux frais d'entretien de l'épouse. Elle a aussi estimé qu'il était hautement vraisemblable que le recourant, grâce à ses qualifications professionnelles dans le secteur bancaire, retrouverait rapidement un emploi (arrêt p. 11 in fine). 5.2 Le recourant soutient, tout d'abord, que la cour cantonale s'est mise en contradiction manifeste avec les pièces du dossier en admettant qu'il touche en indemnités de chômage 80% de son salaire de 12'000 fr., soit environ 9'600 fr.; il affirme qu'il a produit une pièce (pièce 53) dont il ressortirait que ses indemnités sont plafonnées à 6'600 fr. par mois environ, depuis le 1er juillet 2004. Ensuite, il fait valoir que, dans la mesure où elle veut lui imputer un revenu hypothétique, la cour cantonale aurait perdu de vue qu'il a été licencié de son dernier emploi six mois seulement après son entrée en service, que le secteur bancaire est notoirement en crise à Genève depuis deux ans et qu'aucun indice ne permettrait de lui reprocher une quelconque mauvaise volonté (recours p. 16 in fine et p. 17). Par ordonnance du 28 décembre 2004, le Tribunal fédéral a requis la cour cantonale de lui transmettre la pièce 53. Le 5 janvier 2005, la Cour de justice lui a répondu qu'elle lui avait déjà transmis l'intégralité du dossier. Or, les éléments reçus par le Tribunal fédéral ne contiennent pas les chargés des parties. Les questions soulevées par l'absence de la pièce 53 au dossier pourront toutefois rester indécises, dès lors que le moyen doit de toute manière être déclaré irrecevable. En effet, même s'il ressortait de la pièce 53 qu'il perçoit 6'600 fr. net au maximum, le recourant ne s'en prend de toute façon pas, à tout le moins de manière conforme aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, au second motif pour lequel la cour cantonale a admis l'appel de l'intimée, soit celui du revenu hypothétique qu'il pourrait réaliser grâce à ses compétences professionnelles. A cet égard, le recourant se borne à de pures affirmations, à savoir qu'il a été licencié après six mois, que la crise du secteur bancaire est notoire et qu'on ne peut lui reprocher de mauvaise volonté. Il n'indique même pas les motifs de son licenciement. Il ne prouve pas avoir tout mis en oeuvre pour trouver un nouvel emploi et être dans l'impossibilité effective d'en trouver un, en produisant les nombreuses demandes d'emploi qu'il aurait faites et les refus de tous les employeurs auxquels il se serait adressé. Le fait qu'il se trouvait (recours p. 18 in initio) sans emploi au jour du dépôt de son recours de droit public ne suffit pas non plus à démontrer qu'il est arbitraire de lui imputer un revenu hypothétique. Il s'ensuit que son grief est irrecevable, faute de motivation suffisante.