Citation: 6B_479/2015 E. A

A la suite d'un accident de la circulation subi le 8 décembre 1991, X.________ a été mis au bénéfice d'une rente invalidité versée par l'assurance-invalidité (AI), ainsi que par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SUVA). Le 7 décembre 1999, il a ouvert action contre A.________ SA, assurance responsabilité civile du responsable de l'accident. Par arrêt du 28 mars 2012, la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois a condamné cette dernière à payer 4'855'688 fr. à X.________. Le 8 juin 2012, le susmentionné a déposé plainte pénale contre les représentants d'A.________ SA, de la SUVA et de l'Office AI pour les assurés résidant à l'étranger, soit B.________, C.________, D.________ et E.________ (ci-après: les assureurs) pour dénonciation calomnieuse et tentative de contrainte. Il leur reprochait le dépôt à son encontre de plaintes pénales, les 9 septembre 2004 et 27 avril 2005, pour tentative d'escroquerie, voire escroquerie. Soupçonnant en substance X.________ d'avoir dissimulé sa réelle capacité de gain, les assureurs fondaient leur plainte notamment sur le rapport d'un détective privé faisant état d'un travail à plein temps de celui-ci, ainsi que sur une expertise médicale du centre multidisciplinaire de la douleur de 1998 constatant l'absence de lien entre l'incapacité de travail alléguée et l'accident. Cette procédure pénale a été classée le 19 août 2005, décision confirmée par la Cour de justice de la République et canton de Genève, puis par le Tribunal fédéral (arrêt 1P.855/2005 du 3 janvier 2006). A la suite de la production d'une déclaration notariée d'un ex-employé des deux sociétés de X.________ - affirmant que ce dernier aurait eu un taux d'activité de 100% si ce n'était plus -, elle a été reprise, puis classée à nouveau le 11 novembre 2009. La Cour de justice a rejeté le recours formé par A.________ SA contre cette ordonnance et admis partiellement celui de X.________, prononçant en conséquence un non-lieu en sa faveur; cette décision est devenue définitive en raison du rejet le 2 novembre 2010 par la Cour de cassation genevoise du pourvoi en cassation déposé par A.________ SA. Au cours de l'instruction de la plainte déposée par X.________, les quatre assureurs, ainsi que l'ex-employé témoin ont été entendus, notamment par trois fois s'agissant de B.________ et par deux fois pour le témoin. A la suite de l'avis de clôture du Ministère public du 18 juin 2014, le plaignant a sollicité la mise en oeuvre d'une nouvelle audience avec les quatre représentants des assurances afin de poser des questions supplémentaires, ainsi que l'audition de trois témoins ayant eu des litiges similaires avec A.________ SA. Le courrier du Procureur du 23 juillet 2014 invitant X.________ à préciser les questions complémentaires qu'il entendait poser est resté sans réponse. Par ordonnance du 10 décembre 2014, le Procureur a classé la plainte pénale de X.________; il a en particulier considéré que l'instruction n'avait pas permis d'établir que, d'une part, les assureurs savaient au moment du dépôt de leur plainte pénale que leurs accusations étaient potentiellement fausses et, d'autre part, que la plainte avait comme but de le dissuader de poursuivre la procédure civile dirigée contre A._______ SA. Ce même jour, le Procureur a refusé l'administration des preuves demandées par le plaignant, les faits étant suffisamment établis et l'audition des témoins demandée n'étant pas pertinente. Le 23 mars 2015, la Chambre pénale de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté le recours formé par X.________ contre cette décision.