Citation: U 71/01 07.01.2002 E. 5

5.- a) Selon la jurisprudence, l'existence d'un lien de causalité adéquate entre un accident insignifiant ou de peu de gravité et des troubles psychiques peut, en règle générale, être d'emblée niée, tandis qu'en principe, elle doit être admise en cas d'accident grave; pour admettre le caractère adéquat du lien de causalité entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques, il faut que soient réunis certains critères particuliers et objectifs. Les plus importants à prendre en considération sont les circonstances concomitantes particulièrement dramatiques ou le caractère particulièrement impressionnant de l'accident, la gravité des lésions subies, la durée et le degré de l'incapacité de travail, la durée anormalement longue du traitement médical et les douleurs persistantes dues aux seules atteintes à la santé physique, ainsi que les erreurs dans le traitement médical entraînant une aggravation notable des séquelles de l'accident (ATF 115 V 139 sv. consid. 6, 408 consid. 5). La gravité d'un accident ne sera pas déterminée selon la manière dont l'assuré a ressenti et assumé le choc traumatique, mais plutôt en considérant objectivement l'événement accidentel lui-même (ATF 115 V 139 consid. 6, 407 sv. consid. 5). Par ailleurs, lorsque plusieurs accidents sont susceptibles d'avoir causé des troubles psychiques, l'existence d'un rapport de causalité adéquate doit, en principe, être appréciée séparément pour chacun des accidents assurés (RAMA 1996 no U 248 p. 177 consid. 4b et les références; voir également ATF 115 V 401 consid. 11a). b) Les accidents des 20 février et 22 avril 1998 sont de peu de gravité, de sorte qu'un lien de causalité adéquate entre ces derniers et les affections psychiques dont souffre le recourant doit être nié d'emblée. En revanche, au vu de son déroulement et de ses conséquences, l'événement du 24 février 1996 fait partie de la catégorie des accidents de gravité moyenne. Toutefois, il n'a été ni particulièrement impressionnant, ni spécialement dramatique, et n'a entraîné qu'une incapacité de travail d'une durée totale inférieure à 5 mois, dont une partie à 50 % seulement. Par ailleurs, il ressort du rapport établi par les docteurs G.________ et H.________ que les troubles psychiques du recourant sont apparus progressivement depuis 1996 et sont peu à peu devenus la cause principale de ses douleurs. Or, il est vraisemblable, de manière prépondérante, que tel était le cas en mars 1997 déjà. En effet, l'assuré a présenté dès la fin du mois de février 1997 une symptomatologie inhabituelle (ou "bâtarde", selon le docteur D.________), consistant en une rotation externe exagérée de la jambe gauche, que le docteur C.________ a exclu d'attribuer aux lésions subies accidentellement; la physiothérapie suivie par la suite était destinée, pour l'essentiel, à atténuer ces symptômes (cf. rapports du 6 mars 1997 du docteur D.________, du 28 mai 1997 du docteur B.________ et du 22 janvier 1997 du docteur C.________). Dans ces conditions, on ne saurait considérer que l'incapacité de travail, les douleurs ou le traitement médical liés aux seules atteintes à la santé physique du recourant, à l'exclusion des affections psychiques, ont été particulièrement longs. Comme les autres critères pouvant entrer en considération, selon la jurisprudence (cf. consid. 5a supra), ne sont pas davantage remplis en l'espèce - le recourant ne le soutient du reste pas -, il n'y a pas lieu de retenir que les troubles psychiques observés ont été causés, de manière adéquate, par l'accident du 24 février 1996.