Citation: 6B_886/2024 E. 3.2

3.2. La cour cantonale n'a pas déterminé si l'expulsion du recourant le placerait dans une situation personnelle grave, mais a directement examiné la seconde condition de l'art. 66a al. 2 CP, à savoir la proportionnalité de la mesure. Elle a considéré ce qui suit. Les attaches du recourant avec la Suisse étaient très minces. Il avait vécu plus longtemps dans son pays d'origine qu'en Suisse, avait été scolarisé en Serbie, s'y était formé et y avait travaillé. Il n'avait en revanche jamais travaillé en Suisse, y était subventionné par l'État depuis des années et était endetté. Son intégration sur le plan économique devait être qualifiée de mauvaise. Sa famille proche (mère et frère) vivait en Serbie, à l'instar de sa fille mineure. Ses attaches avec la Serbie étaient ainsi largement plus importantes que celles avec la Suisse. Sur le plan médical, le recourant pouvait bénéficier en Serbie des traitements adéquats pour prendre en charge les pathologies qui l'affectaient. Son intérêt personnel à pouvoir demeurer en Suisse apparaissait donc faible. À l'inverse, l'intérêt public à son expulsion était manifeste compte tenu de la durée de son activité délictueuse et des montants dont il était question. S'agissant de l'existence de circonstances qui s'opposeraient à l'exécution de l'expulsion, la cour cantonale a relevé en premier lieu que le recourant était retourné en Serbie à plusieurs reprises au fil des années malgré les menaces dont il disait faire l'objet. En outre, même s'il avait fourni des informations à la police sur des trafiquants de stupéfiants, il n'avait pas établi qu'il subirait réellement des menaces en Serbie. Pour toute preuve de ces menaces à son encontre, le recourant avait produit une ordonnance pénale du 14 mai 2024, dont il ressortait qu'un certain E.________ avait été condamné pour menaces, voies de fait et infraction à la loi fédérale sur les armes après que celui-ci avait attaqué le recourant, à qui il reprochait d'avoir dénoncé à la police son frère qui séjournait illicitement en Suisse. La cour cantonale a relevé que si les faits étaient regrettables, on constatait qu'ils ne s'apparentaient manifestement pas à une mise en danger de la vie du recourant, qui ne semblait pas avoir subi de blessures. En outre et pour autant que cette affaire fut liée à un trafic de stupéfiants, cette ordonnance attestait plutôt d'un risque de représailles en Suisse et non en Serbie. Il n'y avait ainsi pas de raison de penser que la vie du recourant serait en danger s'il devait être expulsé en Serbie. Elle a donc confirmé l'expulsion du recourant du territoire suisse pour une durée de cinq ans, ainsi que l'inscription dans le Système d'information Schengen (SIS).