Citation: 8C_259/2022 E. 6.2.3

6.2.3. En ce qui concerne ensuite l'appréciation du docteur D.________, le seul fait qu'il considère le rétrécissement foraminal C5-C6 comme un état maladif préexistant ne saurait être un signe de partialité, d'autant moins que son avis n'est pas contredit par une autre pièce médicale au dossier. En particulier, la mention "statut polytraumatisme par AR (nov 2019) " ressortant de la traduction d'une fiche de consultation à l'étranger du 23 septembre 2020 ne suffit ni à reconnaître l'existence d'une lésion structurelle objectivable imputable à l'accident, ni à remettre en cause l'état dégénératif retenu par le docteur D.________. En outre, il n'apparaît nullement que les juges cantonaux auraient accordé de l'importance au questionnaire rempli par le médecin-conseil le 10 mars 2020. C'est dans son rapport du 26 mars 2021 que le docteur D.________ a étayé son point de vue, d'une manière qui échappe d'ailleurs à la critique. Il a en effet retenu que l'absence de lésion structurelle imputable à l'accident et la présence d'un état antérieur dégénératif du rachis cervical, thoracique et lombaire sous forme notamment de discopathies, de débords discaux et d'une fissure d'anneau fibreux étaient confirmées par les comptes rendus des IRM pratiquées à l'étranger et produits par la recourante à l'appui de son opposition. Après avoir exposé les notions anatomiques et physiopathologiques relatives au disque intervertébral, il a expliqué que "lors d'un traumatisme en compression, il y a d'abord une fracture du corps vertébral et non une rupture isolée du disque; la combinaison de ces deux types de lésions (fracture du corps vertébral et rupture du disque) est cependant possible en cas de traumatismes graves; lors d'un traumatisme distorsif en rotation du rachis, le mouvement est limité par les articulaires postérieures; dès lors, une lésion discale sur mouvement rotatoire ne peut pas survenir sans lésion articulaire associée, sous forme d'une fracture ou d'une luxation; lors d'un traumatisme en extension, l'énergie subie doit être importante et la lésion discale doit s'accompagner de lésions ligamentaires concomitantes et cela n'a manifestement pas été le cas chez cette patiente [...]". Enfin, le docteur D.________ a retenu le diagnostic de "contusion du rachis/traumatisme cervical indirect de stade II", sans lésion structurelle, lequel a aggravé de manière passagère l'état antérieur dégénératif/maladif démontré à l'imagerie. Il a considéré qu'en présence d'une telle atteinte, les effets de l'accident étaient habituellement résolus dans un délai de trois mois. Cependant, en présence d'un état dégénératif/maladif préexistant, ce délai pouvait être plus long et prolongé jusqu'à six à neuf mois et, dans les cas exceptionnels, jusqu'à douze mois après l'accident. Il a finalement retenu ce délai de douze mois chez la recourante. Aussi ne voit-on pas en quoi le docteur D.________ aurait minimisé les symptômes de la recourante ni qu'il n'aurait pas étayé son appréciation d'un point de vue scientifique. Dans ses explications, il renvoie d'ailleurs en partie à la littérature médicale, contrairement à ce que laisse entendre la recourante. Quant aux passages de doctrine médicale cités par la recourante (le rétrécissement foraminal "peut être dû à des blessures consécutives à une chute ou à un accident d'automobile"; "la plupart du temps, le traumatisme cervical guérit en l'espace de six mois sans laisser de séquelles; il arrive dans de rares cas que les troubles deviennent chroniques"), ils ne contredisent précisément pas l'avis du docteur D.________. En tout état de cause, en l'absence de lésion objectivable, le droit de la recourante aux prestations d'assurances pour les symptômes éventuellement chroniques découlant de son traumatisme cervical supposerait encore qu'un lien de causalité adéquate entre l'accident et de tels troubles puisse être reconnu. Or tel n'est pas le cas en l'espèce (cf. sur ce point consid. 8 infra).