Citation: 4A_152/2021 E. A

A.________ SA (ci-après: A.________ SA ou la venderesse) a fait construire à Corcelles-Cormondrèche un immeuble comprenant neuf appartements et cinq garages, qu'elle a constitué en propriété par étages (PPE). Le bureau d'architectes S.________ SA a réalisé les plans de la construction et assuré la direction des travaux. Entre septembre 2000 et janvier 2002, A.________ SA a vendu des unités d'étage représentant 883 millièmes à B.________, D.________ et E.________, H.________ et F.________, G.________ et N.________, J.________ et L.________, K.________, T.________ ainsi qu'à U.________. Par contrat du 30 août 2005, T.________ vendra sa part de copropriété à M.________. U.________ est décédé en janvier 2006; les héritiers qui lui ont succédé sont Q.________, P.________, R.________ et C.________. Les travaux sur l'immeuble litigieux se sont achevés le 16 octobre 2001. Divers défauts sont apparus dans les parties tant communes que privatives. Dans une lettre recommandée du 22 janvier 2002 adressée au bureau d'architectes S.________ SA, les acquéreurs G.________ et N.________ réclament divers travaux de finition et de réparation sous garantie; ils font notamment état de l'apparition de moisissures sur le côté intérieur du mur salon-terrasse, "signe évident d'un problème d'étanchéité". Dans un pli recommandé du 22 juin 2003 adressé cette fois-ci à A.________ SA, ils se déclarent exaspérés par la non-résolution des problèmes constatés sur l'immeuble, malgré les nombreux contacts avec le bureau d'architectes S.________ SA et divers corps de métier, et invitent A.________ SA à faire procéder à tous les travaux nécessaires dans les plus brefs délais, notamment pour remédier aux problèmes d'humidité. Lors d'une assemblée générale extraordinaire tenue le 13 janvier 2005, les copropriétaires ont mandaté V.________ aux fins d'établir un rapport d'expertise des défauts de l'immeuble. Dans son rapport du 14 mars 2005, l'expert a détaillé les défauts constatés, affectant les parties tant privées que communes de l'immeuble; il estimait le coût total de la réfection à 104'410 fr. Sur cette base, les acquéreurs susmentionnés ont déposé une requête de preuve à futur contre A.________ SA. Le 10 février 2006, le Tribunal civil du Littoral et du Val-de-Travers a ordonné une expertise, confiée à W.________. L'expert rendra son rapport et un complément en août, respectivement en novembre 2006. Il y fait état de trois catégories de causes des défauts, à savoir des erreurs de conception, des erreurs ou des manques de la direction des travaux et des malfaçons. Il dresse une liste des défauts affectant l'immeuble, que ce soit les parties communes ou les parties privées; les travaux à effectuer pour remédier à l'ensemble de ces défauts sont évalués à 149'000 fr.