Citation: 6B_1292/2023 E. 11.2

11.2. Le recourant nie l'existence d'un avantage illicite. Il soutient que les deux clients disposaient déjà de relations bancaires en Suisse et que leurs avoirs n'étaient pas d'origines criminelles. Le recourant aurait de toute manière perçu une rémunération sur la gestion des valeurs patrimoniales. Il prétend que l'usage des faux passeports avait uniquement pour finalité d'améliorer la situation de ses clients, sans toutefois relever d'avantage illicite, au sens de l'art. 251 CP et que l'obtention et l'utilisation des faux passeports n'auraient pas été une condition au maintien des relations d'affaires avec les deux clients. En l'espèce, le dessein spécial pour lequel le dol éventuel est suffisant est bien réalisé. En effet, en faisant usage des copies certifiées des passeports irlandais pour l'ouverture de comptes bancaires, le recourant avait, à tout le moins par dol éventuel, l'intention de conférer à ses clients un avantage illicite. L'usage d'une copie certifiée d'un passeport, à l'instar des faux passeports, permettait à ses deux clients de s'identifier auprès d'une banque suisse pour ouvrir une relation bancaire. Il est établi que le recourant avait l'intention de tromper les banques. Cet élément est déjà suffisant pour conclure qu'il avait recherché un avantage illicite pour ses clients, et non seulement à leur faciliter la vie en restant dans un cadre licite, c'est sans violer le droit fédéral que la Cour d'appel a appliqué l'art. 251 CP, et non l'art. 252 CP. Le grief du recourant est rejeté dans la mesure où il est recevable.