Citation: 6B_1159/2015 E. 2.3

2.3. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. En particulier, le recourant ne prétend pas être une partie au sens strict des art. 104 CPP ou 105 al. 1 CPP dans la procédure à l'origine du présent litige. Une position de co-prévenu ne pourrait lui être reconnue que dans l'hypothèse d'une procédure commune. Or, tel n'est pas le cas (cf. a contrario dans l'arrêt 1B_187/2015 du 6 octobre 2015 relatif à la contestation d'une décision de disjonction de cause), étant relevé au demeurant que le recourant ne conclut pas, dans son recours cantonal, à la jonction des causes. Le recourant ne soutient pas non plus que, dans la procédure pénale le concernant, l'autorité saisie à la suite de son opposition serait liée par les faits retenus dans l'ordonnance pénale - qui équivaut à un acte d'accusation (cf. art. 356 al. 1 2ème phrase CPP) - ou par ceux mentionnés dans l'ordonnance de non-entrée en matière. A suivre son argumentation, le Juge de police pourrait en revanche être influencé par l'audition de l'intimé vu la qualité de témoin en laquelle celui-ci a été convoqué dans cette procédure. Certes, les déclarations d'un témoin peuvent, le cas échéant, avoir une valeur probante accrue eu égard aux obligations en matière de vérité lui incombant (cf. art. 163 al. 2 CPP) et aux conséquences en cas de violation de celles-ci (cf. art. 307 CP; arrêts 6B_611/2015 du 17 décembre 2015 consid. 2.3; 1B_187/2015 du 6 octobre 2015 consid. 1.5.3). Toutefois, il n'en résulte pas pour autant que le tribunal de première instance ne serait pas à même de procéder à une appréciation de la crédibilité des déclarations que pourrait faire l'intimé comme témoin; en effet, sauf à violer notamment le principe de l'arbitraire, il doit prendre en considération l'ensemble des circonstances d'espèce (en particulier le rôle de l'intimé dans le déroulement de l'accident et l'absence d'autre personne sur les lieux), les éléments de preuve figurant au dossier (par exemple les premières déclarations des deux mis en cause faites à la police en tant que prévenus) et les autres arguments que pourrait soulever le recourant. Ce dernier n'explique d'ailleurs pas quel avantage spécifique il pourrait bénéficier d'une audition de l'intimé en qualité de personne appelée à donner des renseignements, respectivement de co-prévenu, ceux-ci n'étant pas tenu de déposer, respectivement de dire la vérité (cf. en particulier art. 180 et 158 al. 1 let. b CPP). Quant au risque du prononcé d'une décision contradictoire avec l'ordonnance de non-entrée en matière, une telle hypothèse sous-entend que le Juge de police aurait statué en faveur du recourant. Ce dernier soutient ne pas vouloir la condamnation de l'intimé, ni ne prétend avoir été directement et personnellement lésé par les actes de celui-ci; on ne voit dès lors pas quel serait son intérêt personnel à la reprise de la procédure préliminaire à l'encontre de l'intimé pour le motif susmentionné, problématique qu'en revanche pourrait vouloir élucider le ministère public (cf. art. 323 CPP). Partant, la Chambre pénale a considéré, sans violer le droit fédéral, que le recourant n'avait pas d'intérêt à l'annulation de l'ordonnance de non-entrée en matière rendue à l'égard de l'intimé.