Citation: 9C_241/2021 E. 6.2

6.2. Le seul fait allégué par la recourante que le BEM ait été fondé et soit géré par d'anciens médecins du SMR ne suffit pas à mettre en cause l'indépendance des médecins y travaillant ni à dénier toute valeur probante à leurs expertises. Il ne s'agit pas d'un fait qui mettrait en évidence un lien de subordination entre le centre d'expertises et l'assurance-invalidité. Quoi qu'en dise ensuite la recourante, le rapport du 18 février 2019 - complété le 29 novembre 2019 - repose sur des examens complets, est motivé et exempt de contradictions, de sorte qu'il répond aux exigences posées par la jurisprudence en la matière (cf. consid. 2.2). Dans leur complément d'expertise du 29 novembre 2019, les experts du BEM ont en outre expliqué de manière convaincante pour quelle raison l'analyse de clichés radiologiques n'avait pas été nécessaire, dès lors que celle des rapports d'imagerie était en adéquation avec leurs propres constatations cliniques. Par ailleurs, on ne saurait reprocher aux experts du BEM de s'être uniquement appuyés sur des examens cliniques ponctuels pour aboutir à leurs conclusions, puisqu'il résulte de leur rapport qu'ils ont procédé à une analyse détaillée du dossier médical complet de la recourante, comprenant notamment les rapports de la doctoresse D.________. S'agissant du diagnostic d'arthrite psoriasique, la doctoresse D.________ a, comme déjà vu (consid. 4.2 supra), indiqué que le diagnostic retenu - arthrite psoriasique ou spondylarthtrite ankylosante - n'avait pas d'incidence sur l'incapacité de travail de la recourante; cette controverse diagnostique ne constitue dès lors pas un élément pertinent pour l'issue du litige, ce que la recourante admet du reste en indiquant qu'elle "n'a pas nécessairement d'incidence sur la question de la capacité de travail", en se référant à l'avis de sa rhumatologue traitante. En ce qui concerne les limitations fonctionnelles de la recourante, il résulte de ses propres déclarations aux experts du BEM et à l'auteur du rapport d'impotence du 6 septembre 2020 qu'elle est en mesure d'accomplir de nombreuses tâches ménagères et qu'elle ne nécessite l'assistance d'un tiers que pour certaines tâches ponctuelles (cf. consid. 5.2 supra). La description de son quotidien n'entre ainsi pas en contradiction avec les limitations fonctionnelles retenues par les experts du BEM pour l'exercice d'une activité lucrative, qualifiées d'ailleurs de "tout à fait correctes" par la doctoresse D.________ dans son rapport du 14 janvier 2020, cette spécialiste étant en désaccord avec les experts s'agissant du taux de capacité de travail de la recourante dans une activité adaptée et de son exigibilité. Au vu des explications convaincantes et détaillées des experts du BEM et de l'ensemble du dossier, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant - sans ordonner de complément d'instruction - une capacité de travail de 70 % dans une activité adaptée correspondant aux limitations fonctionnelles fixées par lesdits experts. L'avis divergent de la doctoresse D.________, qui a conclu à une capacité de travail de quatre heures par jour dans une activité adaptée (rapport du 12 novembre 2019), ne met pas en évidence d'éléments concrets dont les experts n'auraient pas tenu compte dans leur évaluation de la capacité de travail. Enfin, les secteurs de la production et des services recouvrent un large éventail d'activités variées et non qualifiées, plusieurs d'entre elles ne comportant pas des travaux de manutention fine. Pour le reste, la recourante ne critique pas la fixation du revenu d'invalide issu des données statistiques, pas plus que le calcul du revenu sans invalidité et du taux d'invalidité. Il n'y a donc pas lieu de s'en écarter.