Citation: 1C_377/2023 E. 4.3

4.3. La Cour de droit public a admis que les émissions sonores sont susceptibles, selon leur durée et leur intensité, de nuire sérieusement à la santé des personnes qui y sont exposées. Elle a relevé que les mesures de bruit effectuées sur mandat de l'autorité communale montraient un dépassement des valeurs limites d'immission auprès de onze bâtiments voisins de la scierie et une atteinte des valeurs d'alarme auprès de deux bâtiments, ce qui justifiait un assainissement urgent de l'installation. Les mesures effectuées en février 2023 par le bureau d'ingénieur mandaté par les recourants ont confirmé un net dépassement des valeurs limites d'immission au droit de l'appartement occupé par C.________. La Cour de droit public, suivant en cela le Conseil d'Etat, a considéré que l'intérêt privé des recourants à la protection de leur santé était particulièrement important. Elle a retenu que l'intérêt privé de E.________ SA à pouvoir continuer ses activités jusqu'à droit connu sur les mesures d'assainissement était très important dès lors qu'une interdiction d'utilisation pour une période prolongée, compte tenu des voies de recours disponibles, mettrait très vraisemblablement en péril la survie économique de l'entreprise. Il existait par ailleurs un intérêt public, qualifié de relatif, au maintien desdites activités qui participent à l'exploitation des forêts locales et au bon fonctionnement de la filière cantonale du bois. Il convenait de tenir compte, dans la pesée des intérêts, du comportement critiquable de l'intimée qui avait entrepris des travaux dans sa scierie sans requérir d'autorisation préalable, mettant ainsi les autorités devant le fait accompli. L'intérêt des recourants à être protégés contre le bruit en provenance de la scierie ne l'emportait pas automatiquement sur d'autres intérêts contraires auxquels il devait être mis en balance. L'interdiction de sciage, si elle était prononcée, entraînerait très vraisemblablement la fermeture définitive de la scierie. Or, la fermeture d'une installation ne devait intervenir qu'en cas d'impérieuse nécessité selon l'art. 16 al. 4 LPE. Par ailleurs, elle rendrait sans objet la procédure d'assainissement en cours. Il s'agissait ainsi d'une solution déraisonnable à l'opposé de la décision du Conseil d'Etat qui était proportionnée. La pesée des intérêts à laquelle s'est livrée l'instance précédente était soutenable, en sorte que celle-ci avait refusé à bon droit la mesure provisionnelle visant à interdire temporairement à E.________ SA de procéder à des sciages à l'intérieur ou à l'extérieur des locaux de l'entreprise.