Citation: 8C_216/2019 E. A

A.________ a travaillé en qualité d'agent de détention auprès de la prison B.________. Le 20 août 2006, il a fait une chute lors d'une course à VTT et s'est fracturé la clavicule gauche. La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après: la CNA), auprès de laquelle il était assuré obligatoirement contre le risque d'accidents, a pris en charge le cas. Consulté une année après l'accident, le docteur C.________, spécialiste en médecine interne et médecin traitant, a constaté la persistance de douleurs et a préconisé une évaluation par un spécialiste (rapport du 27 août 2007). Après avoir été examiné par le docteur D.________, spécialiste en chirurgie et médecin d'arrondissement de la CNA (rapport du 5 septembre 2007), l'assuré a séjourné à la Clinique romande de réadaptation (CRR) du 29 avril au 28 mai 2008, où les médecins ont diagnostiqué une pseudarthrose. Le 2 septembre 2008, il a subi une cure de pseudarthrose ostéosynthèse de la clavicule, à la suite de laquelle il a ressenti une certaine amélioration lui permettant de reprendre ses activités sportives et son travail à 100 %, en dépit des douleurs. Celles-ci ont malgré tout persisté, ce qui l'a conduit à consulter à nouveau le docteur D.________, lequel a notamment constaté que "l'angulation vicieuse de la clavicule" était inchangée, que sa consolidation était partielle et que des signes de pseudarthrose persistaient (rapport du 20 septembre 2010). Face à cette situation complexe et insatisfaisante, deux autres spécialistes ont été consultés: le docteur E.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, qui a proposé une ostéotomie de correction et éventuellement une greffe si la pseudarthrose était confirmée (rapport du 26 novembre 2010) et le docteur F.________, médecin chef du service d'orthopédie et de traumatologie de l'hôpital G.________, lequel n'a pas décelé de nouvelle pseudarthrose et a recommandé de surseoir à une nouvelle intervention (rapport du 15 décembre 2010). A.________ a décidé de se faire opérer par le docteur E.________. Il a subi une ablation du matériel d'ostéosynthèse et une ostéotomie de correction de la clavicule le 5 septembre 2011. Il a repris son travail à 50 % dès le 5 décembre 2011 et à 100 % à partir du 1er février 2012. Dès le mois de mars 2012, il s'est plaint de douleurs plus importantes que d'habitude. Une radiographie réalisée le 23 mars 2012 n'a révélé aucun changement notable de l'aspect radiologique de la clavicule gauche après ostéosynthèse, comparativement au cliché réalisé en 2011. Par la suite, en sus des examens postopératoires du docteur E.________, l'assuré a consulté les docteurs C.________ (rapport du 10 avril 2012), H.________, spécialiste en ophtalmologie et ophtalmo-chirurgie (rapport du 28 août 2012), I.________, spécialiste en médecine interne générale et rhumatologie et médecin à la CRR (rapport du 12 novembre 2012) et la doctoresse J.________, spécialiste en médecine générale (rapport du 30 octobre 2012). Le 23 novembre 2012, le docteur K.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et médecin d'arrondissement de la CNA, l'a examiné en vue d'un bilan final. Il a retenu qu'en l'absence d'éléments objectivables, la symptomatologie douloureuse de l'épaule gauche et les irradiations dans l'épaule controlatérale, le rachis, la région crurale gauche, de même que les limitations passives n'avaient pas d'explications somatiques et ne pouvaient pas être mises en relation avec l'accident de 2006. Concernant les seules suites de l'accident, il a retenu une pleine capacité dans l'activité d'agent de détention et n'a pas retenu d'indemnité pour atteinte à l'intégrité (rapport du 10 décembre 2012). Se fondant sur cette appréciation, la CNA a, par décision du 14 décembre 2012, mis un terme au versement des prestations d'assurance (indemnité journalière et frais de traitement) au 31 décembre 2012. L'assuré a fait opposition contre cette décision en produisant un rapport du docteur L.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, du 25 juin 2013. Il a fait parvenir ultérieurement deux autres rapports médicaux, le premier établi par le docteur M.________ (rapport du 26 novembre 2013) et le deuxième par le docteur N.________ (rapport du 17 février 2015), respectivement spécialiste en chirurgie orthopédique et réadaptation physique et spécialiste en médecine interne. La CNA a soumis le cas au docteur O.________, spécialiste en chirurgie de son centre de compétence, lequel a examiné l'assuré le 23 octobre 2015 (rapport du 19 février 2016). Enfin, ce dernier a produit deux nouveaux rapports médicaux du docteur E.________, des 10 juin 2016 et 25 janvier 2017. La CNA a rejeté l'opposition par décision du 28 mars 2017.