Citation: 6S.801/1999 27.01.2000 E. B

B.- L'arrêt du 7 juin 1999 repose notamment sur les faits suivants: a) En août 1992 puis en janvier 1993, le nom de X.________ est apparu dans deux enquêtes concernant des livraisons de plus de 10 kg d'héroïne saisis dans les cantons de Vaud et Zurich. Le 28 janvier 1993, le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne a ouvert une enquête contre le recourant, lequel a été signalé sous mandat d'arrêt avec diffusion internationale le 26 avril 1993. En février 1994, X.________ a été interpellé à son domicile au Kosovo par la police locale qui lui a fait savoir qu'il était recherché par les autorités suisses en raison d'un trafic de drogue. Les policiers lui ont laissé entendre qu'ils étaient prêts à renoncer à son arrestation pour autant qu'il accepte de collaborer avec eux, mais X.________ a préféré quitter le Kosovo pour se rendre en Turquie. Il y a été arrêté le 3 novembre 1994. Le Juge d'instruction a signé une demande d'extradition le 10 novembre 1994. Il y exposait que X.________ était l'un des chefs d'un réseau de trafiquants yougoslaves ayant importé en Suisse depuis 1991 une quantité d'héroïne dépassant les 300 kg. Le 1er mars 1995, deux inspecteurs de la police de sûreté se sont rendus à Istanbul afin de ramener X.________ en Suisse en exécution du mandat d'arrêt et de la demande d'extradition. Ayant appris l'arrivée des inspecteurs, ce dernier s'est accusé faussement d'avoir fourni à des tiers détenus dans la même prison que lui 6 kg d'héroïne. Il a été mis en détention préventive de ce chef par un juge d'instruction turc le 9 mars 1995, son extradition en Suisse étant ainsi différée. Depuis sa cellule, X.________ a poursuivi son activité délictueuse au moyen de téléphones mobiles. Le 21 décembre 1995, il a été condamné, sur la base de sa fausse déclaration, à la peine de 3 ½ ans de réclusion criminelle et à une amende, par le Président de la première chambre du Tribunal de sûreté de l'Etat d'Istanbul. Le 9 juillet 1996, les autorités turques ont interrompu l'exécution de la peine infligée à X.________, l'ont replacé en détention préventive pour le compte de la Suisse et l'ont extradé le 11 juillet 1996. b) X.________ a été entendu à onze reprises, tant par la police de sûreté que par le Juge d'instruction. Lors des trois premières auditions, il a contesté tout trafic de drogue. Ce n'est qu'à partir du 28 août 1996 qu'il s'est expliqué spontanément, fournissant des détails qui corroboraient les données des inspecteurs. Dans un rapport du 21 janvier 1997, la police de sûreté a exposé que le trafic de X.________, qui s'est déroulé de 1992 à 1995, avait porté sur un total de 465, 6 kg d'héroïne et que le chiffre d'affaires réalisé était de l'ordre de 15 millions. Confronté à ces chiffres en cours d'enquête, X.________ ne les a pas contestés. La cour cantonale a retenu en définitive un total de 374, 365 kg d'héroïne à la charge de X.________. Elle a constatéque ce dernier occupait une position dominante dans un réseau de trafiquants de drogue parfaitement organisé. Il savait pertinemment que son trafic concernait essentiellement la Suisse où l'héroïne était vendue. Il recevait de son fournisseur la drogue qu'il stockait et faisait conditionner puis transporter jusqu'en Suisse dans des voitures aménagées à cet effet. Il était en relation directe avec les transporteurs et avait personnellement choisi les dépositaires qui recevaient la drogue en Suisse et qui se chargeaient de sa distribution. Enfin, il contrôlait le travail des caissiers qui récoltaient les fonds avant de les lui transférer en mains propres. c) S'agissant de sa situation personnelle, il a été constaté que X.________, né en 1958, est originaire du Kosovo. Il est venu s'installer en Suisse en 1980 et y a déposé une demande d'asile. En 1984, il a été extradé au Kosovo et y a subi 4 ans d'emprisonnement pour une affaire de faux dollars. Il est revenu en Suisse en 1988 malgré une interdiction d'entrée. Le 5 décembre 1988, il a été interpellé alors qu'il tentait de se légitimer sous une fausse identité. Il s'est marié en 1989 et est père de trois enfants. Définitivement refoulé sur Zagreb le 7 juillet 1989, il a vécu au Kosovo jusqu'en mars 1994, date à laquelle il est parti pour Istanbul. Son casier judiciaire suisse mentionne une condamnation à 12 mois de réclusion et à l'expulsion du territoire suisse pour une durée de 5 ans, prononcée le 4 octobre 1984 par le Tribunal correctionnel de Boudry, pour vol par métier et dommages à la propriété.