Citation: 6B_548/2016 E. A

A.a. Le 19 juin 2012, Y.________ SA - dont A.________ et B.________ sont les administratrices - a déposé une action civile en paiement contre X.________ SA. Par conciliation judiciaire du 5 novembre 2012, la seconde a reconnu devoir à la première 375'000 francs. Par courrier du 21 mars 2014, Y.________ SA a demandé la révision de cette transaction, alléguant avoir été trompée par X.________ SA. A l'appui de sa demande, la première a produit une copie d'un courrier électronique du comptable de la seconde expédié le 30 octobre 2012 à l'attention de deux de ses administrateurs; selon la requérante, ce document démontrerait qu'au moment de la transaction, X.________ SA savait lui devoir, à titre de commissions, une somme bien plus importante (1'216'9222 fr.) que celle accordée (375'000 fr.). A.b. Le 13 mai 2014, X.________ SA a déposé plainte pénale contre inconnu pour soustraction de données (art. 143 CP), accès indu à un système informatique (art. 143bis CP) et utilisation frauduleuse d'un ordinateur (art. 147 CP). Elle a notamment soutenu que le courrier électronique susmentionné avait été obtenu par la commission d'infractions pénales visant son système informatique, allégation se fondant en particulier sur les déclarations de C.________, informaticien dans la société qui gérait son parc informatique, D.________ SA. Le Ministère public de la République et canton de Genève a ouvert, le 20 mai 2014, une instruction pénale contre inconnu pour soustraction de données et accès indu à un système informatique. Une perquisition a eu lieu dans les locaux de Y.________ SA et au domicile de A.________, conduisant notamment à la saisie de deux ordinateurs. A.________, ainsi que B.________ ont été entendues en qualité de personnes appelées à donner des renseignements; il ressort de leur audition - en particulier de celle de la première - que le courrier électronique en cause aurait été reçu, par la poste, le 24 décembre 2013 sans que l'expéditeur ne soit connu. Quant à C.________, entendu en tant que témoin, il a notamment expliqué avoir procédé à une analyse du système informatique de X.________ SA et n'avoir trouvé aucune trace de l'envoi de ce courrier électronique, étant ainsi peu probable qu'il y ait eu une intrusion dans le système informatique et que dès lors la diffusion pouvait provenir de l'un des employés de la société. L'informaticien a également déclaré avoir discuté avec B.________ en vue d'un développement d'un programme de facturation et de suivi des clients et que celle-ci lui aurait dit avoir eu des contacts avec l'EPFL à ce propos; D.________ SA a produit les échanges y relatifs, sur lesquels le nom de X.________ SA n'apparaissait pas. Selon le rapport d'enquête du 27 novembre 2014 de la Brigade de criminalité informatique (BCI), les ordinateurs saisis ne comportaient aucun lien avec le courrier électronique litigieux et aucune trace d'utilisation du kit de "hacking" - chargé sur l'un des ordinateurs entre les 9 et 12 janvier 2011 - n'avait pu être découverte. Le 16 janvier 2015, le Ministère public a rendu un avis de prochaine clôture, mettant le dossier pour consultation à disposition de X.________ SA, ainsi que de Y.________ SA. Cette dernière s'est prévalue, par fax du 21 janvier 2015, du secret des affaires et de la sphère privée pour s'opposer à la consultation par X.________ SA du contenu des ordinateurs saisis. Selon la note manuscrite de la Procureure ajoutée sur ce document, "les extractions de données [ont été] placées sous inventaire mais ne figur[ai]ent pas au dossier à consulter", mention étant encore faite à un téléphone du 21 janvier 2015. Le 20 janvier, puis le 26 février 2015, X.________ SA a consulté le dossier; lors de sa seconde demande de consultation, elle a sollicité l'accès aux pièces de forme et aux supports informatiques. Par trois courriers du 26 février 2015, X.________ SA a indiqué soupçonner E.________; celui-ci avait été engagé en tant que stagiaire le 5 août 2013 et avait abandonné son poste le 7 novembre 2014. Selon la société, une enquête interne avait établi qu'il aurait eu des contacts avec Y.________ SA pendant la durée des rapports de travail et qu'il avait fait transférer, sur ses adresses électroniques privées, une liste de clients, ainsi que les codes d'accès informatiques de la société. Celle-ci requérait en conséquence son audition, ainsi que la saisie de ses ordinateurs et comptes bancaires. X.________ SA s'est également opposée à toute nouvelle consultation du dossier par Y.________ SA. La première a encore souhaité avoir accès aux supports informatiques de la seconde et a requis différentes mesures d'instruction (auditions en confrontation de A.________ et de B.________, auditions du personnel administratif de Y.________ SA et du jardinier de A.________ - personne qui aurait reçu le courrier litigieux -, identification de la personne contactée à l'EPFL par B.________, saisie du courrier en cause et apport à la procédure des échanges entre D.________ SA et Y.________ SA, ainsi que de ceux évoqués dans le rapport de la BCI). X.________ SA a enfin dénoncé Y.________ SA et ses organes pour recel (art. 160 CP). La BCI a établi un rapport complémentaire le 27 mai 2015, relevant en particulier que le nom de E.________ ne figurait pas dans les données saisies auprès de Y.________ SA, de A.________ et de B.________. A.c. Le 3 novembre 2015, le Ministère public a classé cette procédure, estimant que l'instruction ne permettait pas de retenir la commission d'une infraction. Il a considéré qu'il était impossible de déterminer si un tiers s'était connecté au système de l'entreprise, aucune intrusion ou transfert par courrier électronique du mail litigieux n'ayant été constaté. Selon la Procureure, l'auteur des faits ne pouvait pas être identifié, les personnes concernées n'ayant pas pu être mises en relation avec les faits reprochés. La magistrate a retenu que A.________ s'était rendue coupable de recel, mais qu'il pouvait être fait application de l'art. 52 CP vu qu'elle s'était limitée à produire le courrier électronique litigieux devant les juridictions civiles. Selon l'ordonnance de classement, Y.________ SA avait été autorisée à consulter le dossier dès lors que A.________ et B.________ avaient été soupçonnées, mais que, faute d'élément à charge, elles devaient être considérées comme des personnes appelées à donner des renseignements et être dès lors à ce titre autorisées à prendre connaissance de la procédure dans la mesure nécessaire à sauvegarder leurs intérêts.