Citation: U 58/02 02.04.2003 E. 4

S'il ressort certes des premières pièces médicales adressés à la Bâloise (voir en particulier les rapports médicaux initiaux LAA) que l'intimée a subi, lors de son accident du 20 mai 1995, un traumatisme cervical de type coup du lapin, l'on ne trouve, dans ces mêmes documents, que peu d'éléments attestant de l'apparition du tableau clinique typique d'un tel traumatisme comme l'exige la jurisprudence pour admettre, à défaut d'un déficit fonctionnel organique, l'existence d'un rapport de causalité naturelle. En effet, l'objet des plaintes décrites par le docteur A.________, médecin traitant, a avant tout concerné l'émergence de douleurs rachidiennes à prédominance cervicale, tandis que la présence de céphalées, documentée pour la première fois en juin 1996, a plutôt été mise en relation avec la ponction lombaire pratiquée à cette date au Centre hospitalier Z.________ pour identifier l'origine des douleurs lombaires persistantes de l'assurée (cf. rapport du docteur F.________ du 26 juin 1996; voir également le rapport des docteurs H.________ et G.________ du CHUV du 22 octobre 1996). L'anamnèse établie par le docteur B.________ au mois de février 1997 ne contient pas davantage d'indices à ce sujet. Parmi les plaintes de l'assurée, ce médecin a, il est vrai, mentionné des cervicalgies compliquées de céphalées, ainsi qu'une irritation du sympathique cervical postérieur englobant occasionnellement des vertiges et des nausées auxquels se sont ajoutées récemment des phono-photophobies; le docteur B.________ n'en a toutefois pas moins estimé que la cause prédominante de l'inactivité de l'assurée était l'existence d'un état dépressif important, qu'il a qualifié de syndrome de stress post-traumatique - diagnostic qui a, au demeurant, trouvé confirmation auprès du docteur C.________, psychiatre, auquel l'assurée s'est adressée dès le mois de novembre 1997 pour suivre une psychothérapie (cf. rapport du 3 avril 1998). Quoiqu'il en soit, s'il l'on peut jusque-là considérer que la responsabilité de l'intimée était engagée au regard de la jurisprudence en matière de lésions du rachis cervical par accident du type coup du lapin (ATF 119 V 338 consid. 2, 117 V 360 consid. 4b), on doit constater qu'au moins à la date de l'expertise du docteur E.________, l'on sort du cadre d'application cette jurisprudence. A côté d'un status après distorsion cervicale simple et contusion lombaire occasionnant encore des rachialgies et des céphalées modérées, le médecin précité a en effet essentiellement constaté chez S.________ un état anxio-dépressif majeur. Selon lui, «la situation somatique (à laquelle la prénommée a été confrontée à la suite de son accident) s'est rapidement décompensée du point de vue psychologique par l'apparition d'un état anxio-dépressif lié en partie aux différents traitements, mais surtout à (sa) personnalité qui ne lui a pas permis de surmonter ses difficultés». Par ailleurs, si le docteur E.________ a évalué la capacité de travail de l'assurée inexistante dans sa profession de serveuse, c'est exclusivement en considération de l'importance de son état anxio-dépressif. Il y a dès lors lieu d'examiner le bien-fondé de la suppression des prestations par la Bâloise à la seule lumière de la jurisprudence applicable aux troubles psychiques consécutifs à un accident.