Citation: 4P.218/2003 16.03.2004 E. A

A.a A.________ (ci-après: la recourante) exploite un cabinet-conseils en hygiène alimentaire, sous la raison individuelle X.________. Le 3 mai 1990, elle a déposé plainte pénale pour le vol, dans son cabinet, de matériel informatique et de classeurs. Elle soupçonnait son ancienne collaboratrice B.________ (ci-après: l'intimée), qui avait été à son service du 1er octobre 1988 au 12 juin 1989, d'être entrée en possession des objets dérobés. A.b Le 12 novembre 1993, la recourante a assigné l'intimée devant le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève en paiement de 100'000 fr., à titre de peine conventionnelle, lui reprochant d'avoir donné des conseils en hygiène alimentaire durant la période de validité de la clause d'interdiction de concurrence. A cette occasion, elle a déposé des pièces établissant des comparaisons entre l'activité de son cabinet et celle de l'intimée. Le 26 juillet 1994, le Tribunal des prud'hommes a condamné l'intimée à payer à la recourante 5'000 fr., avec intérêts. Par arrêt du 3 novembre 1997, la Chambre d'appel a majoré cette somme à 15'000 fr., plus intérêts, considérant que la clause en question courait jusqu'en juin 1992, que le montant de la peine conventionnelle était prohibitif et que les difficultés financières de la recourante n'avait pas pour seule origine l'activité concurrente de l'intimée, mais aussi une émission télévisée défavorable. Auparavant, soit le 27 août 1997, la recourante a fait notifier à l'intimée un commandement de payer portant sur la somme de 300'000 fr. (infraction à la loi fédérale sur la concurrence déloyale [LCD] et violation de la clause de non-concurrence), poursuite à laquelle celle-ci a fait opposition et qui a été radiée le 16 avril 1999. A.c La recourante a déposé plainte pénale à l'encontre de l'intimée le 15 avril 1994 pour infraction à l'art. 23 LCD, et s'est constituée partie civile dans le cadre de la procédure ouverte par le Ministère public. Elle affirme que ce n'est que fin mars 1994, lorsqu'elle a pris connaissance des pièces déposées par l'intimée devant le Tribunal des prud'hommes, qu'elle aurait appris que celle-ci copiait sa méthode et ses programmes, ce qui l'aurait poussée à déposer cette plainte. Dans une déclaration à la police, datant du 18 mai 1994, l'intimée a reconnu avoir rédigé des documents - saisis suite à une perquisition effectuée à son domicile - sur la base d'informations obtenues indûment auprès de son ex-employeur. Le 21 décembre 1994, elle a été inculpée de concurrence déloyale pour avoir, à partir de 1991, fait l'acquisition de manière indue de la méthode alimentaire de la recourante, en en copiant les programmes sur disquettes puis en les prescrivant à ses patients sous la même dénomination. Le 4 décembre 1995, la recourante a étendu sa plainte à la période postérieure à l'inculpation, ce qu'elle a confirmé au Procureur général, le 1er octobre 1996. Par ordonnance de condamnation du 12 mars 1998, l'intimée a été condamnée à une amende de 3'000 fr. pour violation des art. 3, 5 et 23 LCD, avec réserve des droits de la partie civile.