Citation: 9C_331/2020 E. 5.3.3

5.3.3. Concrètement, par son argumentation, la CSS ne conteste pas une absence de cheveux plus ou moins marquée sur le front ou les tempes de l'assurée mais soutient que cette absence de cheveux ne saurait être qualifiée de calvitie en ce qui concerne le front et ne serait pas typiquement masculine en ce qui concerne les tempes. Ses considérations ne reposent cependant pas sur les rapports des médecins cités par la juridiction cantonale mais se fondent essentiellement sur une analyse personnelle de plusieurs photographies en tant qu'elles portent sur la localisation de l'absence de cheveux. Elles se basent sur une théorie personnelle ou des déclarations du docteur G.________ (rapports des 30 janvier 2018 et 24 avril 2019) en tant qu'elles portent sur l'origine physiologique ou génétique de l'absence de cheveux. Bien que les constatations factuelles des premiers juges soient relativement succinctes, il n'en demeure pas moins qu'elles font état d'une calvitie masculine antérieure et temporale et reposent sur des avis médicaux. Dans la mesure où les médecins consultés parlent effectivement unanimement de calvitie et de nécessité de féminiser les traits du visage par une transplantation de cheveux, on ne saurait d'emblée qualifier la constatation des faits ou l'appréciation des preuves par la juridiction cantonale de manifestement inexacte ou d'arbitraire. Par ailleurs, l'argumentation de l'assureur recourant ne démontre pas que tel serait le cas. En effet, celui-ci n'invoque d'abord aucun document médical qui attesterait que l'implantation haute de la chevelure serait naturelle. Même dans cette hypothèse, cela ne signifierait pas pour autant que l'éventualité du caractère typiquement masculin devrait automatiquement être niée. L'invocation ensuite d'une origine probablement génétique plutôt que physiologique de l'absence de cheveux sur le haut du front ou de manque de cheveux sur les tempes ne change rien à ce qui précède. A supposer qu'il faille comprendre par cette argumentation que l'origine physiologique d'une calvitie impliquerait un processus progressif typiquement masculin et qu'une origine génétique sous-entendrait l'existence d'une caractéristique esthétique inscrite dans le génome et commune aux deux sexes - ce qu'aucun des documents médicaux figurant au dossier (y compris ceux émanant du docteur G.________) n'atteste -, rien n'empêche que des calvities d'origine physiologique ou génétique puissent évoluer de la même manière et aboutir à un même résultat, c'est-à-dire à une absence de cheveux projetant une image typiquement masculine. De plus, dans le cas particulier, le docteur G.________ auquel se réfère la CSS pour étayer son raisonnement, a seulement fait état d'une probabilité quant à l'origine génétique de la calvitie et cela l'a malgré tout amené à soutenir la demande de greffe capillaire dans l'optique de féminiser les traits du visage ou, autrement dit, de rendre ce visage moins masculin en raison de la calvitie apparente.