Citation: 6B_1029/2023 E. 4.6

4.6. La cour cantonale a relevé que le recourant, âgé de 41 ans, était arrivé en Suisse il y a une vingtaine d'années, alors qu'il était déjà majeur. Il vivait dans ce pays au bénéfice d'un permis d'établissement et était père de trois enfants, dont deux étaient encore mineurs, qui vivaient en Suisse avec leur mère, dont il était séparé depuis le 7 décembre 2022. Il séjournait chez sa soeur et avait régulièrement des contacts avec ses enfants, à l'entretien desquels il ne contribuait toutefois pas de manière régulière. Aux débats de première instance, il avait déclaré qu'il souhaitait à terme retourner vivre au Kosovo, où vivaient ses parents et l'une de ses soeurs et où il disposait d'une maison et se rendait régulièrement en vacances. Ses liens avec le Kosovo demeuraient par conséquent très importants, ses deux filles ayant du reste émis le souhait de s'y installer. Par ailleurs, s'il avait certes déclaré avoir récemment retrouvé un emploi en Suisse après la faillite de son entreprise et les problèmes de santé qu'il avait rencontrés, il n'avait produit aucun contrat de travail attestant de sa nouvelle activité, qu'il n'avait du reste pas annoncée à l'assurance-invalidité. Il était en outre lourdement endetté. La cour cantonale a dès lors considéré que l'intégration du recourant en Suisse n'était pas particulièrement bonne et qu'un retour au Kosovo ne le placerait pas dans une situation grave. En effet, il n'apparaissait pas qu'il s'y trouverait dans une situation sensiblement plus défavorable ni qu'il disposerait, en Suisse, de meilleures chances de réinsertion sociale que dans son pays d'origine, dont il parlait couramment la langue, où il avait vécu jusqu'à l'âge de 22 ans et où il disposait d'une maison et de solides attaches familiales. La cour cantonale a également considéré en substance que sa relation avec ses enfants ne suffisait pas pour renoncer à son expulsion, rappelant qu'ils ne faisaient pas ménage commun, qu'il ne contribuait pas à leur entretien de manière régulière, qu'il n'avait pas été démontré qu'il existerait entre eux un lien particulièrement fort allant au-delà d'une relation ordinaire entre un père et ses enfants et qu'il s'était désintéressé de ceux-ci depuis 2017 et "vivait comme un célibataire", selon son épouse, jusqu'à ce qu'elle dépose plainte. Par surabondance, la cour cantonale a considéré que, quand bien même le recourant pourrait se prévaloir d'un droit découlant de l'art. 8 § 1 CEDH sous l'angle du droit au respect de sa vie privée et familiale, force était de constater que l'intérêt public présidant à son expulsion l'emporterait sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. En effet, il convenait de rappeler que les actes commis par le recourant étaient très graves, celui-ci ayant notamment fait subir des violences sexuelles à la mère de ses enfants, s'octroyant la prérogative de passer outre ses refus à réitérées reprises pendant plusieurs années. En outre, bien qu'il se soit engagé aux débats d'appel à lui verser une indemnité pour le tort moral subi, il n'avait pas reconnu sa responsabilité dans les souffrances qu'elle avait endurées et n'avait manifestement toujours pas pris conscience de la gravité de ses actes, continuant à se victimiser et à faire preuve d'un irrespect total envers la mère de ses enfants jusqu'aux débats d'appel. Prétendre, par la voix de son avocat, qu'il ne représenterait pas un danger pour la société dès lors qu'il n'avait commis des infractions que dans l'intimité du couple revenait à considérer de manière générale que sa partenaire n'était pas membre de cette société et ne méritait pas protection.