Citation: 1C_652/2022 E. 3.2

3.2. Certes, il n'est pas contesté que le plan d'affectation en vigueur a été homologué en 2002/2003 et que la parcelle litigieuse des recourants était déjà colloquée à la zone de constructions et d'installations publiques sous l'ancienne planification datant de 1981. Ces éléments ne permettent cependant pas de retenir une modification sensible des circonstances au sens de l'art. 21 al. 2 LAT commandant de procéder au réexamen du contenu du plan d'affectation en vigueur en ce qui concerne la parcelle des recourants. En effet, selon les constatations dénuées d'arbitraire de l'instance précédente, lesquelles reposent sur différentes analyses et études de faisabilité réalisées depuis plusieurs années, les besoins communaux en matière d'infrastructures scolaires et parascolaires sont réels et ceux-ci concernent en particulier le centre scolaire de Villette. La cour cantonale a notamment relevé qu'en 2008, une analyse menée par le dicastère communal compétent avait déjà mis en évidence la nécessité de revoir intégralement le concept de l'établissement scolaire de Villette, qui devait être mis aux normes et adaptés afin de répondre aux besoins scolaires. L'instance précédente a souligné que ce constat était confirmé par l'étude de faisabilité de 2011; les auteurs de cette étude préconisait expressément de joindre les terrains concernés, à savoir celui des recourants et le n° 18329, au "périmètre de réflexion". La cour cantonale a constaté que la commune avait poursuivi ses réflexions et qu'elle avait récemment entrepris des démarches concrètes en vue d'agrandir l'école de Villette, tels l'établissement d'un cahier des charges du futur centre scolaire et l'attribution en 2020 d'un mandat d'architecte pour les études de faisabilité et la mise sur pied d'un concours. Dans ces conditions, quoi qu'en disent les recourants, la cour cantonale pouvait retenir que les besoins invoqués par la commune étaient concrets et qu'ils s'étaient actualisés. La parcelle n° 18367 des recourants présente en l'occurrence un intérêt indéniable en vue de l'agrandissement du complexe scolaire, dans la mesure où elle s'inscrit dans une bande de terrains - tous affectés à la même zone (n os 18278, 18367, 18329) - jouxtant à l'arrière l'établissement scolaire actuel de Villette. Le Conseil d'Etat a par ailleurs mis en évidence que le secteur en question était situé à proximité des infrastructures de la commune (gare, télécabine du Chable-Verbier, terrains de sport, etc.) (cf. art. 3 al. 4 let. b LAT). Quoi qu'en pensent les recourants, le fait que les esquisses et dessins illustratifs figurant dans l'étude de faisabilité de 2011 ne touchent pas à la parcelle des recourants, ne permet pas encore d'affirmer que la surface de leur parcelle serait insignifiante et rigoureusement inutile pour ce vague projet d'agrandissement. En effet, comme relevé par l'instance précédente, il s'agit de simples esquisses non définitives et les auteurs de cette étude ont eux-mêmes préconisé de joindre les terrains adjacents, dont celui des recourants, au "périmètre de réflexion". Quoi qu'il en soit, en raison de la situation géographique de la parcelle des recourants, il n'est pas critiquable qu'elle demeure affectée à cette zone en l'état. Enfin, l'objection des recourants tirée d'une prétendue impossibilité de démolir l'école existante n'est pas propre à remettre en cause l'appréciation des instances précédentes. Comme relevé par le Tribunal cantonal, il n'est pas établi, à ce stade, que la Commune doive réellement et définitivement renoncer à démolir le bâtiment actuel; d'autre part, des travaux de transformations étaient dans tous les cas envisageables, selon le guide à l'attention des communes invoqué par les recourants. Les recourants se prévalent également en vain d'un document établi en octobre 2017 listant différents lieux d'implantation de la future école de Villette-Bruson. En effet, comme exposé ci-dessus, la Commune a depuis lors entrepris des démarches concrètes en vue de l'agrandissement de l'école de Villette. Elle a de surcroît procédé à l'acquisition de la parcelle n° 18278 formant avec celle des recourants et la n° 18329 la bande de terrains située à l'arrière du complexe scolaire actuel. En définitive, les circonstances ne se sont pas sensiblement modifiés au sens de l'art. 21 al. 2 LAT et les autorités précédentes étaient donc fondées à ne pas entrer en matière sur la demande de révision partielle du PAZ déposée par les recourants. Le grief de violation de l'art. 21 al. 2 LAT doit être rejeté.