Citation: 1B_222/2021 E. 2.2

2.2. En l'espèce, la recourante reproche à la Procureure intimée d'avoir manifesté un parti pris défavorable à son égard lors de l'audition de la partie plaignante du 29 janvier 2021. Elle voit un motif de partialité de la magistrate intimée dans le fait qu'elle a mentionné et inscrit au procès-verbal qu'elle poserait les questions de la recourante "même celles n'ayant aucun rapport avec la présente procédure, afin que la présente séance se poursuive dans des conditions acceptables". Elle fait valoir qu'un tel comportement n'est pas assimilable au refus d'instruire une réquisition de preuve et qu'il revient à décrédibiliser la défense devant la partie plaignante qui allait se faire interroger: cela signifierait à la partie plaignante que les questions qui allaient lui être posées, pas pertinentes, n'avaient pas à être prises au sérieux. La recourante soutient encore qu'il ressortirait des réponses apportées par la plaignante qu'elle n'aurait pas pris au sérieux les questions posées et qu'elle se serait contentée d'y répondre vaguement ou de ne pas y répondre du tout. La manière dont la Procureure a introduit les questions posées par la défense est certes maladroite. Elle ne fait cependant pas naître une apparence de prévention à l'encontre de la prévenue dans la mesure où la Procureure a posé toutes les questions à la plaignante et a correctement dicté le procès-verbal. Rien n'indique par ailleurs que la plaignante n'ait pas répondu sérieusement aux questions qui lui ont été posées, dès lors qu'au début de son audition, la Procureure a dûment attiré son attention sur son obligation de déposer (cf. art. 181 al. 1 CPP) ainsi que sur les conséquences pénales possibles d'une dénonciation calomnieuse, de déclarations visant à induire la justice en erreur ou d'une entrave à l'action pénale (cf. art. 181 al. 2 CPP). Quoi qu'en dise la recourante, le fait que la plaignante ait parfois répondu "Je ne sais pas vous dire" ou "Je ne m'en souviens pas" ne permet pas de retenir qu'elle n'aurait pas répondu avec sérieux aux questions posées et encore moins que le comportement de la Procureure intimée aurait influencé ses réponses. L'argument de la recourante à cet égard relève d'ailleurs du procès d'intention. La recourante met encore en évidence le fait que la Procureure a levé les yeux au ciel pour montrer l'exaspération à l'égard des questions de la recourante, ce qui aurait pour conséquence de vicier l'entier de l'instruction à décharge dans l'interrogatoire de la partie plaignante. La gestuelle de la Procureure, peut-être malhabile, ne dénote toutefois pas une hostilité à l'encontre de la prévenue et n'est pas de nature à rendre la magistrate professionnelle suspecte de partialité. Au demeurant, les impressions purement individuelles d'une des parties à la procédure ne sont pas décisives. Quant à la phrase "afin que la présente séance se poursuive dans des conditions acceptables" figurant au procès-verbal de l'audition du 29 janvier 2021, elle n'apparaît pas objectivement de nature à entacher l'impartialité de la magistrate intimée. Enfin, le fait que la Procureure ne partage pas actuellement le point de vue de la recourante quant à la partie sud du mur, que celle-ci qualifie d'amoncellement de pierres, ne permet pas de remettre en cause la capacité d'une magistrate professionnelle à instruire de manière impartiale sur les faits dénoncés dans la présente cause. Retenir le contraire reviendrait à récuser systématiquement tous les magistrats qui ne suivent pas l'avis des parties à la procédure.