Citation: 5A_787/2017 E. 5.3

5.3. Le recourant rappelle qu'au moment de rendre sa décision, le juge genevois était dans l'ignorance de sa situation personnelle. Il était en effet établi que dit juge avait statué sur la seule base des déclarations de l'intimée, soit sur les estimations faites par cette dernière de son revenu. Or, au moment du dépôt de la requête de mesures protectrices, il n'avait ni revenu ni fortune, dès lors qu'il était entretenu par sa famille au Liban où il vivait alors depuis plusieurs années sans exercer d'activité lucrative mais en s'occupant de ses parents malades. En outre, déjà avant son départ pour le Liban, ses problèmes de santé l'empêchaient de travailler conformément au certificat médical établi le 22 novembre 2010 par son médecin traitant. Par ailleurs, des faits nouveaux importants et durables, inconnus du juge genevois à l'époque de son jugement, étaient intervenus. Depuis son retour en Suisse, en mars 2015, il émargeait à l'aide sociale et ce pour une durée indéterminée. En 2016, en raison de sa maladie ayant causé une incapacité totale de travailler, il avait formé une demande de prestations AI, laquelle était actuellement en cours d'examen. Au demeurant, vu son incapacité de gain pour cause de maladie d'une durée indéterminée, la question d'un revenu hypothétique ne se posait pas et était " dans tous les cas contestée ". Quant à la carte de visite produite par l'intimée, il s'agissait d'une ancienne carte professionnelle qu'il n'utilisait plus depuis début 2011, aucun indice ne prouvant le contraire. Le numéro xxx xxx xx xx correspondait à son numéro privé: il l'avait conservé pour pouvoir appeler sa fille et prendre de ses nouvelles. A cet égard, le recourant rappelle qu'il avait demandé à X.________ s'il était possible d'obtenir les relevés relatifs à ce numéro; seul le relevé du mois précédent était disponible s'agissant d'un client n'ayant, comme lui, pas de raccordement internet. Il avait proposé au juge de première instance de produire un tel relevé d'utilisation de son numéro de téléphone, mais aucune réquisition n'était intervenue dans ce sens. L'intimée n'avait ainsi fourni aucune preuve, ni le moindre indice, qu'il aurait exercé une quelconque activité durant toutes ces années. Elle se bornait à nier l'évidence, à savoir qu'il était toujours atteint dans sa santé, qu'il n'avait jamais travaillé au Liban et qu'il ne travaillait toujours pas en raison de ses problèmes de santé l'invalidant totalement.