Citation: I 502/05 09.06.2006 E. A

A la suite d'un accident de circulation, en 1984, G.________, né en 1962, a subi une amputation de la jambe gauche jusqu'à mi-cuisse et souffre d'une paralysie presque complète du bras gauche. Il porte depuis lors une prothèse de jambe que lui a remis l'assurance-invalidité à titre de moyen auxiliaire. Agriculteur de formation, G.________ a dû se reclasser professionnellement, avec l'appui de l'assurance-invalidité, et a obtenu un certificat fédéral d'employé de commerce en juillet 1989. Il a également suivi une formation en cours d'emploi en vue d'obtenir un brevet fédéral de comptable, qui lui a été délivré en 2000. Il a travaillé comme comptable pour plusieurs entreprises et, dès le 1er mai 1996, pour le Service X.________. Son rendement y était estimé entre 70 et 80 % et son salaire a été fixé à 5'145 fr. par mois, en 1996. En 1998, G.________ a créé sa propre fiduciaire. Sa clientèle est essentiellement composée d'agriculteurs et son travail implique de nombreux déplacements, en partie en terrain accidenté, pour faire des inventaires, contrôler les bâtiments et le cheptel, et donner différents conseils aux exploitants envisageant des investissements. Le 20 décembre 2001, G.________ a demandé à l'Office de l'assurance-invalidité du canton du Jura (ci-après : Office AI) la prise en charge d'une nouvelle prothèse de jambe équipée d'un genou articulé contrôlé par micro-processeur (ci-après : prothèse C-Leg). Le coût de cette prothèse, qu'il avait testée pendant plusieurs jours, était de 39'366 fr. 30, selon une offre que lui avait faite l'entreprise Y.________. Le médecin traitant de l'assuré, le docteur F.________, a précisé que la nouvelle prothèse demandée était nécessaire, la situation avec l'ancien modèle n'étant pas satisfaisante. L'assuré avait une activité indépendante comportant de nombreux déplacements. L'ancienne prothèse posait des problèmes de sécurité avec des risques de chute d'autant plus graves que le bras gauche de l'assuré était pratiquement paralysé. La prothèse C-Leg lui permettrait de «vaquer à ses occupations avec plus de sécurité, de confort et, pourquoi pas, de plaisir à être encore plus indépendant» (rapport du 30 octobre 2002). Par décision du 31 octobre 2003, l'Office AI a rejeté la demande de G.________, au motif que la prothèse C-Leg ne constituait pas un moyen auxiliaire simple et adéquat, car elle apportait une amélioration au niveau du confort principalement. L'assuré s'est opposé à cette décision en soulignant qu'il avait créé sa propre entreprise et devait beaucoup se déplacer. Avec son ancienne prothèse, le genou articulé ne se remettait pas bien en place, ce qui occasionnait des chutes dès que le sol était irrégulier. Il ne pouvait pas s'aider de son bras gauche pour se retenir lorsqu'il tombait. Ces chutes se produisaient tous les mois depuis longtemps. Avec la prothèse C-Leg, l'articulation du genou se remettait en place correctement, ce qui lui apportait davantage de sécurité. Par ailleurs, le poids sur sa jambe valide était divisé par deux, ce qui lui apportait non seulement un plus grand confort, mais ménageait également sa santé et préservait au mieux sa capacité de gain pour l'avenir. Enfin, la nouvelle prothèse lui permettait de se promener en compagnie de ses amis et contribuait à sa capacité d'établir des contacts avec son entourage. L'Office AI a demandé à la Clinique W.________ d'examiner l'assuré et de préciser si l'ancien modèle de prothèse, qui lui avait été remis jusqu'alors, était suffisant, si la prothèse C-Leg était «la seule absolument indispensable» pour lui permettre de se déplacer sans risques de chute et si les autres prothèses «considérées par l'AI comme simples et appropriées» n'étaient pas suffisantes. Le 25 août 2004, les docteurs B.________ et U.________, médecins à la Clinique W.________, ont relevé que l'assuré tombait fréquemment et souffrait d'une surcharge de la jambe saine. Il devait se déplacer régulièrement en terrain inégal pour des raisons professionnelles et ne se sentait pas sûr, d'autant que la coordination et la balance étaient fortement limitées par l'absence de contrôle du bras gauche. Il s'ensuivait que l'assuré profiterait d'une prothèse C-Leg, comme cela ressortait d'ailleurs des essais qu'il avait effectués. Par décision sur opposition du 14 octobre 2004, l'Office AI a refusé l'octroi d'une prothèse C-Leg à titre de moyen auxiliaire, pour le motif déjà évoqué dans la décision du 31 octobre 2003. Il a ajouté que d'autres types de prothèses («Bock 4 axes» et «Active Line avec hydraulique»), considérées comme simples et adéquates, pouvaient être octroyées et que l'assuré avait pu jusqu'alors exercer son activité lucrative sans prothèse C-Leg.