Citation: 1C_734/2021 E. 4.4.2

4.4.2. En l'occurrence, s'agissant de la perte d'ensoleillement sur le sentier des Saules, les recourants reconnaissent ne pas remplir les conditions leur permettant de se prévaloir de ce grief mais estiment que la question aurait dû être traitée d'office par la cour cantonale. Cette critique doit être d'emblée rejetée, dans la mesure où il n'y a aucun arbitraire à ne pas traiter d'un grief dont les recourants ne sont pas habilités à se prévaloir. Quant à la perte d'ensoleillement sur leur immeuble, la cour cantonale a considéré qu'il ne figurait au dossier aucune expertise sur cette problématique particulière d'ensoleillement. Elle s'est néanmoins référée aux maquettes produites par les recourants, desquelles il ressort que la perte d'ensoleillement serait sur leur immeuble, dans le pire des cas, inférieure à deux heures quotidiennes, en début de journée, soit de 08h00 à 10h00 le jour de l'équinoxe, le 22 septembre 2021. Or selon la jurisprudence cantonale, une perte d'ensoleillement de 2,4 heures par jour en moyenne n'est pas une amplitude permettant de considérer qu'il s'agit d'un inconvénient grave au sens de l'art. 14 al. 1 let. a LCI. Face à cette argumentation, les recourants se bornent à soutenir que les maquettes produites permettent de constater que la perte d'ensoleillement serait de 2 heures au minimum, au jour de l'équinoxe. Ils n'expliquent cependant pas en quoi cette perte d'ensoleillement permettrait de retenir l'existence d'un inconvénient grave, compte tenu des autres arguments avancés par la cour cantonale. Celle-ci a en effet aussi pris en compte le fait que le projet se trouvait dans une zone qui permettait la construction projetée, de sorte que les voisins devaient en principe souffrir une diminution d'ensoleillement de leur parcelle. La Cour de justice a encore tenu compte de l'intérêt public à la construction contestée, qui permettra de mettre sur le marché locatif genevois vingt-deux (recte: 65) nouveaux appartements à proximité du centre-ville; elle a jugé que cet intérêt devait l'emporter sur la perte d'ensoleillement à déplorer; celle-ci, étant d'ailleurs limitée, ne saurait constituer un inconvénient grave pour les recourants. L'affirmation des recourants ne suffit ainsi pas à démontrer le caractère manifestement insoutenable du raisonnement du Tribunal cantonal, ce d'autant moins que le Tribunal de céans s'impose une retenue dans l'appréciation de circonstances locales. Dans ces conditions, la solution retenue par l'instance précédente ne paraît pas insoutenable. Le grief d'application arbitraire de l'art. 14 al. 1 let. a LCI doit par conséquent être rejeté.