Citation: 4A_108/2019 E. 2.1

2.1. Selon l'art. 23 CO, le contrat n'oblige pas celle des parties qui, au moment de conclure, était dans une erreur essentielle. Il y a erreur lorsqu'une personne, en se faisant une fausse représentation de la situation, manifeste une volonté qui ne correspond pas à celle qu'elle aurait exprimée si elle ne s'était pas trompée. Nul ne peut invalider un acte juridique sur la base des art. 23 ss CO si, en réalité, il n'était pas dans l'erreur (ATF 128 III 70 consid. 1b p. 74). Il incombe à celui qui invoque une erreur pour échapper aux conséquences d'un acte juridique d'apporter la preuve que ses représentations internes étaient erronées (arrêt 4A_641/2010 du 23 février 2011 consid. 3.5.1 publié in SJ 2011 I p. 321 et les références citées). En l'espèce, les ch. 1 à 3 de l'art. 24 al. 1 CO ne sont pas applicables (ce qui n'est pas contesté). Il ne s'agit en particulier pas d'une erreur sur l'étendue des prestations, dont parle l'art. 24 al. 1 ch. 3 CO, puisque les locataires connaissaient les locaux qu'ils louaient et le montant du loyer qu'ils devaient payer. Les locataires font valoir qu'ils ignoraient la surface réelle des locaux (c'est-à-dire qu'ils étaient dans l'erreur sur un fait existant) et qu'ils ont été amenés ainsi à accepter un loyer auquel ils n'auraient pas consenti s'ils avaient connu la situation réelle; ils se prévalent donc d'une erreur portant sur un fait que la loyauté commerciale permettait de considérer comme un élément nécessaire du contrat au sens de l'art. 24 al. 1 ch. 4 CO (" erreur de base "; cf. ATF 135 III 537 consid. 2.1 p. 540 et les arrêts cités).