Citation: 4C.112/2005 12.04.2005 E. 3.2

3.2.1 Selon la cour cantonale, il n'est pas établi que la demanderesse ait critiqué la direction devant ses collègues, contrairement au reproche formulé à cet égard par la défenderesse pour justifier le licenciement immédiat de ladite employée. Ce licenciement ne pouvait pas non plus être fondé sur l'absence de cette dernière au travail dès le 2 février 2004, étant donné que la travailleuse, du fait de son affection intestinale, avait été sans sa faute empêchée de travailler (art. 337 al. 3 CO). En revanche, le comportement manifesté par la demanderesse était critiquable sur deux points: premièrement, l'employée n'aurait pas dû refuser d'exécuter le travail qui lui avait été confié par Z.________, ni se montrer agressive envers cette personne. Secondement, elle eût été bien inspirée de réagir aux messages que cette même personne avait laissés sur son répondeur plutôt que d'adopter une attitude fuyante. Considérés isolément ou ensemble, de tels manquements n'étaient toutefois pas propres à justifier un licenciement immédiat. S'agissant du premier, l'employeur n'avait d'ailleurs pas décidé de mettre fin aux rapports de travail pour ce motif, mais avait choisi d'adresser un avertissement à l'employée. Quant au second, ledit avertissement ne faisait aucunement état du silence gardé par la demanderesse depuis le 2 février au matin, ni ne contenait de sommation à reprendre le travail ou à contacter l'employeur, ce qui laissait à penser que l'absence temporaire de l'employée à son travail de même que son silence ne revêtaient pas un caractère problématique pour la défenderesse. Au demeurant, rien n'autorisait cette dernière à partir de l'idée que son employée, après avoir repris le travail, refuserait à nouveau d'effectuer un travail qui lui serait confié. Dès lors, de l'avis des juges cantonaux, si l'attitude adoptée le 30 janvier 2004 par la demanderesse constituait une faute pouvant donner lieu à un avertissement, le licenciement immédiat du 6 février 2004 ne se justifiait pas à l'endroit d'une employée dont les prestations ainsi que le comportement avaient donné toute satisfaction à l'employeur jusque-là et en l'absence d'un refus persistant ou répété de travailler, précédé de vains avertissements comportant la menace claire d'un renvoi sans délai. 3.2.2 Les raisons fournies par la Cour d'appel pour démontrer le caractère injustifié du licenciement litigieux s'inscrivent parfaitement dans le cadre de la jurisprudence fédérale rappelée plus haut et l'on cherche en vain, dans l'acte de recours, une démonstration convaincante de leur incompatibilité avec cette jurisprudence. Les considérations d'ordre général émises par la défenderesse au sujet de la ratio legis de l'art. 337 CO - quelle qu'en soit d'ailleurs la pertinence - ne sont pas propres à établir la réalisation des conditions d'application de cette disposition dans un cas concret comme celui qui est soumis à l'examen du Tribunal fédéral. En outre, lorsque, pour justifier la mesure contestée, la défenderesse, en plus du refus d'exécuter le travail prescrit, reproche à la demanderesse d'avoir suscité la rébellion au sein de l'entreprise, discrédité les employés honorant leurs obligations et déstabilisé ceux-ci, elle formule deux griefs supplémentaires qui ne trouvent aucune assise dans les constatations de la dernière instance cantonale. Dans cette mesure, son recours est irrecevable. Cela étant, force est d'admettre que la Cour d'appel n'a pas violé le droit fédéral en excluant, in casu, l'existence d'un juste motif de licenciement immédiat de la demanderesse.