Citation: 1A.69/2005 08.06.2005 E. A

Le 2 juillet 2003, Y.________, alors âgée de neuf ans, a été agressée et violée dans l'ascenseur de son immeuble au Lignon, par un garçon âgé de quinze ans. Celui-ci a été condamné par le Tribunal de la jeunesse du canton de Genève, et soumis à une mesure éducative. Le 20 avril 2004, une demande d'indemnisation fondée sur loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI, RS 312.5) a été formée par Y.________, sa mère et le mari de celle-ci. Par décision du 7 juin 2004, l'instance genevoise d'indemnisation LAVI a alloué à Y.________ la somme de 20'000 fr. à titre de réparation morale; la victime présentait des symptômes de stress post-traumatique (troubles du sommeil, angoisses, repli social, perte d'autonomie). Par décisions séparées du 20 octobre 2004, l'instance LAVI a rejeté les demandes d'indemnisation formées par les époux X.________; en tant que victimes indirectes, ils n'avaient droit à une réparation morale que dans la mesure où ils disposaient de prétentions de droit civil à l'égard de l'auteur; l'atteinte devait, pour les proches d'une victime de lésions corporelles graves, être au moins équivalente à celle subie en cas de décès. La souffrance morale éprouvée par les parents en l'espèce n'atteignait pas ce niveau.