Citation: 4A_666/2015 E. 3.4.2

3.4.2. L'objectif de la levée du voile corporatif, évoquée dans le deuxième pan de l'argumentation, est de pouvoir prendre en compte l'associé unique en plus de la société (levée directe du voile, direkter Durchgriff) ou, hypothèse que semble plébisciter le recourant, de rechercher la société qui se cache derrière l'associé unique (levée inversée du voile, umgekehrter Durchgriff). Dans cette dernière hypothèse, on peut citer le cas d'un immeuble appartenant à une société qui peut être séquestré au profit des créanciers de l'actionnaire unique, lorsque ce dernier soustrait de manière abusive ses actions à l'emprise de ses créanciers (ATF 102 III 165 consid. II.1 p. 169 ss). En l'espèce, la société demanderesse et E.________ SA étaient à l'origine deux sociétés distinctes, tant juridiquement qu'économiquement. Celle-ci n'est devenue actionnaire unique de celle-là qu'au moment du transfert des actions prévu par le contrat du 12 mars 2010. E.________ SA ne pouvait alors plus influencer le contenu du contrat (alors fixé entre les parties), en profitant de sa position d'actionnaire unique, le cas échéant afin d'éluder certains engagements. Force est de constater que le défendeur recourant n'a pas pour objectif de rechercher la société (Z.________ SA) qui se cache derrière l'associé unique (E.________ SA), au motif que celui-ci (E.________ SA) tenterait d'éluder un contrat conclu avec les époux X.________ (ce qui pourrait légitimer la levée du voile corporatif). En réalité, il procède à une " construction " totalement étrangère aux divers cas de figure conduisant à l'application du principe de la transparence, dans le seul but de favoriser une interprétation du contrat favorable à sa thèse (selon laquelle le contrat déploierait des effets à l'égard d'une tierce personne). En définitive, il ne s'agit en l'espèce pas d'appliquer le principe de la transparence, mais simplement d'interpréter le contrat, selon les règles usuelles, notamment pour établir si les parties ont eu la volonté de créer, dans le cadre de la convention litigieuse, un rapport tripartite (représentation, stipulation pour autrui, reprise de dette externe,...) (cf. infra consid. 3.5).