Citation: I 236/01 05.10.2001 E. 3

3.- a) Il reste à décider si l'expertise médicale, destinée à déterminer la capacité de travail de l'intimé dans un emploi de conducteur de machines de chantier, doit être mise en oeuvre par le recourant ou par l'autorité judiciaire cantonale. Les premiers juges ont estimé que cette tâche incombait à l'office AI, ce que celui-ci conteste, estimant avoir suffisamment instruit la cause sur le plan médical. Selon la jurisprudence, le juge cantonal qui estime que les faits ne sont pas suffisamment élucidés a en principe le choix entre deux solutions : soit renvoyer la cause à l'assureur pour complément d'instruction, soit procéder lui-même à une telle instruction complémentaire. Un renvoi à l'assureur, lorsqu'il a pour but d'établir l'état de fait, ne viole ni le principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni le principe inquisitoire. Il en va cependant autrement quand un tel renvoi constitue en soi un déni de justice; cela peut être le cas notamment lorsque, en raison des circonstances, un simple mandat d'expertise judiciaire ou une mesure d'instruction ponctuelle édictée par le juge suffirait à élucider l'état de fait, ou qu'un renvoi apparaîtrait disproportionné (cf. ATF 122 V 163 consid. 1d, RAMA 1993 n° U 170 p. 136 et la critique de G. Aubert parue in SJ 1993 p. 560). b) En l'occurrence, l'office AI a certes mandaté un rhumatologue, conformément aux art. 57 LAI et 69 RAI, afin de connaître la nature et les conséquences des douleurs lombaires de l'intimé sur sa capacité de travail. A la lecture du rapport du docteur D.________ du 20 mars 2000, l'office aurait cependant dû inviter ce médecin à préciser les motifs pour lesquels il ne partageait pas l'avis de sa consoeur C.________ quant à l'exercice d'une activité de machiniste. Au lieu de cela, il a préféré statuer en l'état, sans chercher à élucider cette divergence (fondamentale) de vues, malgré les griefs que l'intimé avait soulevés à cet égard dans sa prise de position du 6 juin 2000 sur le projet de décision du 14 avril 2000. Ce faisant, il devait se douter que cette contradiction serait probablement invoquée dans le cadre d'une procédure de recours et qu'elle nécessiterait un complément d'instruction. Il doit en subir les conséquences et s'acquitter lui-même du complément d'instruction nécessité par son incurie. Le recours est infondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :