Citation: 6B_33/2020 E. 2.6

2.6. La recourante reproche ensuite à la cour cantonale de n'avoir pas comparé le résultat de l'expertise judiciaire à tous les faits ressortant du dossier. On comprend qu'elle tente de démontrer que le geste effectué concrètement ne correspondrait pas à celui décrit par l'experte H.________ comme réalisé lege artis. La recourante relève que la description de l'examen pratiqué fournie par l'intimé aurait varié plusieurs fois, qu'il avait d'abord dit (audition du 16 février 2015, p. 5; audition confrontation du 23 août 2016, p. 11) avoir utilisé " quelque chose de froid ", comme " un diapason, une compresse ou une ampoule ", puis finalement, en première instance, avoir effectué " une petite caresse ou tapette avec la main gauche gantée ou une compresse ". Elle oppose aussi à cette dernière explication la pression ou le pincement avec les doigts décrits par la doctoresse H.________. L'intimé n'aurait pas été crédible en déclarant ne pas se souvenir de la manière précise dont il avait pratiqué cette manipulation, alors qu'il avait par ailleurs posé qu'il s'agissait d'un acte médical courant et qu'il l'avait effectué durant de longues semaines de stage de formation. La recourante relève aussi qu'interrogé sur d'éventuels ennuis avec des patients ou patientes, l'intimé n'aurait pas répondu à la question mais aurait d'emblée présenté une justification médicale relative à la stimulation du clitoris, alors qu'interrogé spécifiquement sur un tel examen réalisé sur la recourante, il aurait répondu ne pas s'en souvenir. Cette dernière en conclut qu'il faudrait retenir les premières explications de l'intimé, soit qu'il s'agissait d'un examen peu courant et que le médecin aurait tenté, tout à la fois, de justifier et de nier l'acte. La recourante y oppose ses propres déclarations, notamment quant à la durée du geste et au fait que sa propre nudité n'aurait pas été justifiée durant les consultations. Elle en conclut que l'acte aurait un caractère exclusivement sexuel. Eu égard à la nature de ces développements (v. supra consid. 1), on peut se limiter à relever que, compte tenu de l'objet des deux consultations des 3 novembre 2014 et 25 janvier 2015, encore en discussion devant la cour cantonale, la nudité de la patiente n'apparaît guère révélatrice d'une intention potentiellement non médicale. Par ailleurs, invité à s'exprimer sur d'éventuels ennuis avec d'autres patients ou patientes, l'intimé a, contrairement à ce qu'affirme la recourante, répondu à la question qui lui était posée en citant un cas précédent ayant donné lieu à une procédure pénale à son encontre. Il a certes aussi évoqué, à ce propos, les nerfs desservant l'anus et le vagin, mais l'audition de l'intimé portait précisément sur un reproche relatif à une stimulation de cette zone et il venait d'en être informé (v. procès-verbal d'audition du 16 février 2015, p. 1 et 2; dossier cantonal p. 43). Cette réponse n'apparaît dès lors pas si évocatrice d'une stratégie d'anticipation défensive qu'il faudrait conclure à une appréciation arbitraire des preuves. Quant à la durée et aux modalités de l'acte qu'il lui était reproché d'avoir commis sur la recourante, l'intimé a d'emblée fait état d'une stimulation de l'ordre de quelques dizaines de secondes (audition du 16 février 2015, p. 5) et lors de l'audition confrontation à laquelle se réfère la recourante, s'il a évoqué disposer d'instruments pour pratiquer ce test (un diapason, une compresse ou une ampoule), il n'en a pas moins conclu " Comme le résultat était normal, je n'ai pas eu recours à un instrument ", indiquant, par ailleurs, une durée ne devant pas excéder 30 secondes (audience de confrontation du 23 août 2016, p. 11). On ne saurait ainsi, sur la question de la durée, reprocher à la cour cantonale d'avoir arbitrairement conclu qu'elle était confrontée aux déclarations contradictoires de la recourante et de l'intimé, et qu'aucun élément au dossier ne permettait de retenir une version plutôt qu'une autre, si bien que la version de l'intimé devait être retenue au bénéfice du doute (jugement d'appel consid. 6.b.bc p. 21). Quant aux modalités précises de la réalisation du test, il suffit de rappeler que les avis médicaux au dossier font état d'électrodes, de " pique-touche ", d'objets rugueux, tels que des compresses, ou d'attouchements avec les doigts ou la main (gantés), respectivement de pressions ou de pincements, ce qui révèle la grande diversité des pratiques et des opinions au sein du corps médical, parmi les proctologues en particulier (v. jugement d'appel consid. G p. 6 et consid. b.bi, p. 22 s.). Effectuée dans le laps de temps très restreint retenu par la cour cantonale (30 secondes au plus), la " petite caresse ou tapette avec la main gauche gantée ou une compresse " décrite par l'intimé ne révèle pas non plus une intention sexuelle si manifeste que l'appréciation de la cour cantonale apparaîtrait insoutenable.