Citation: 1C_644/2012 E. 4

En l'espèce, le Tribunal cantonal a relevé que, déjà à l'heure actuelle, le rapport de remise en état du 21 septembre 2011 signalait un "impact paysager important" dû notamment à la taille exceptionnelle de la zone d'exploitation, à la position dominante dans le paysage qui conférait à la carrière une visibilité depuis de nombreux points de vue même très éloignés, à la forme rectangulaire qui ne s'insérait pas dans la topographie du versant alentours, au contraste fort entre la zone exploitée très claire et le massif forestier environnant plutôt sombre et à l'absence de cohérence paysagère dans la région. L'impact paysager supplémentaire du projet d'assainissement devait néanmoins répondre à un intérêt d'importance nationale équivalent ou supérieur pour être autorisé. Or, l'intérêt à la sécurisation du site revêtait une importance primordiale, les travaux d'assainissement répondant à une nécessité. En outre, selon le Tribunal cantonal, si le projet de sécurisation présentait un impact paysager important, il offrait également une occasion d'améliorer le site en termes de paysage par rapport à la situation actuelle. En effet, selon la CFNP, la carrière, dans son état actuel, dominée par les hauts plans verticaux de falaises rocheuses, insuffisamment rythmés par les trop rares bermes, conjugués avec des instabilités de la partie supérieure du site d'exploitation, offrait des conditions peu favorables à la réalisation d'un remodelage final. La réalisation des travaux d'assainissement ouvrirait, avec la constitution d'une succession de falaise et de bermes plus basses, la perspective d'un remodelage final plus approprié du site qui permettrait, après la fin de l'exploitation, une reconquête naturelle et progressive de la forêt depuis les bermes remodelées, avec cependant le risque d'un aspect "d'étagère", qui risque de contraster fortement avec l'aspect moutonné de la forêt entourant le site (préavis de la CFNP du 15 juin 2011, p. 4). Les mesures de sécurisation dont la nécessité était reconnue semblaient ainsi être susceptibles de créer des conditions plus favorables à une renaturation spontanée du site après l'arrêt de l'extraction que celles qui résulteraient de son abandon dans l'état actuel. La réalisation du projet permettrait un remodelage final plus approprié du site, alors que si des mesures d'assainissement n'étaient pas entreprises, ce secteur risquait de se dégrader et de nouveaux éboulements n'étaient pas exclus. Dans ces conditions, l'intérêt à la sécurité publique revêtait une importance cardinale et primait l'intérêt à la préservation du paysage. Rappelant ensuite que, en conformité avec l'art. 6 al. 1 LPN, c'était la solution la moins dommageable qui devait être retenue, le Tribunal cantonal a examiné les autres variantes proposées en cours de procédure. Il les a toutes écartées, considérant que seules les mesures autorisées paraissaient adéquates au vu de l'instabilité et des risques engendrés. L'obligation de ménager le plus possible le site était en l'occurrence respecté.