Citation: 4A_38/2022 E. 5.2

5.2. La recourante voit dans ce raisonnement une violation des art. 398 al. 2 CO et 97 CO. A son sens, la demande en divorce était viciée ab ovoet il n'était pas possible de tabler sur un accord ultérieur de l'époux au principe du divorce, accord qu'il n'a d'ailleurs pas donné dans les faits. En effet, explique-t-elle, si l'intention de son conjoint était de saisir un tribunal à l'étranger, il avait tout intérêt à contrecarrer cette procédure. Elle fustige à ce propos l'analyse rétrospective à laquelle la Cour cantonale a procédé, en retenant ce qui s'apparentait à ses yeux à une pure hypothèse théorique (l'accord que l'époux donnerait ultérieurement). Elle affirme également que le but qu'elle poursuivait à l'époque n'était pas de créer la litispendance en Suisse et d'empêcher son mari de saisir le premier une juridiction à l'étranger, mais bien d'assurer sa subsistance. Ainsi, comme elle ne pouvait espérer qu'une contribution d'entretien fût fixée par mesure provisionnelle, sachant que la demande de divorce était vouée à l'échec, le dépôt d'une requête de mesures protectrices de l'union conjugale était seul adéquat. La recourante estime enfin que son avocate aurait dû l'informer du risque lié au choix d'une voie de droit insolite, déraisonnable et téméraire, ce dont elle se serait abstenue. La Cour cantonale aurait retenu le contraire en violant les règles sur le fardeau de la preuve (art. 8 CC).