Citation: 6P.99/2005 10.01.2006 E. A

A.a B.A.________, née le 15 mai 1989, et A.A.________, née le 13 avril 1975, sont les enfants de C.A._______________ et de pères différents. A.A.________ a encore une soeur, D.________, née le 7 mars 1977. Les trois enfants ont grandi dans une atmosphère de violence familiale et de promiscuité sexuelle hors normes. Diverses mesures tutélaires ont été prises pour assurer leur protection et ce dès 1992 en ce qui concerne B.A.________. En mai 1994, cette dernière a été hospitalisée en pédiatrie pour être examinée avant un éventuel placement dans un foyer en externat. Lors de cette hospitalisation, B.A.________ a confié à sa mère avoir été contrainte de lécher le sexe d'un garçon déficient mental plus âgé qu'elle. A l'époque, le Dr E.________ a reconstitué les faits sur la base des personnalités propres des deux enfants et d'une version identique qu'ils en ont donnée, à savoir qu'ils avaient joué au papa et à la maman. L'option a été prise de ne pas alerter le Juge des mineurs par rapport au jeune garçon, de l'admonester sérieusement, d'avertir ses parents et de mettre en route des mesures protectrices pour B.A.________. A la fin de l'été 1994, B.A.________ a été placée en externat à X.________, mesure que sa mère a mal acceptée. En été 1995, cette dernière n'est pas rentrée de ses vacances au Portugal avec sa fille, qui est restée chez sa tante jusqu'à Noël. Entre Noël 1995 et le 1er février 1996, date à laquelle B.A.________ a été placée en internat à X.________, A.A.________ et B.A.________ ont vécu ensemble dans l'appartement familial. A.b A la fin novembre 1996, B.A.________ a révélé à son éducatrice qu'elle avait été amenée par son demi-frère, alors âgé de dix-neuf ans et demi, à subir un acte sexuel commis entre décembre 1995 et février 1996, date à laquelle elle avait six ans et demi. Le 17 janvier 1997, le Service du Tuteur général a dénoncé ces faits au Procureur général du canton de Genève. Le 30 janvier 1997, la police a procédé à l'audition de B.A.________ qui a fourni des explications très explicites sur les événements. Le 4 février 1997, la fillette a subi un examen gynécologique qui n'a pas permis de dire s'il y avait eu abus sexuel. Le 18 février 1997, A.A.________ a été arrêté. Il a reconnu avoir commis, en 1994, des attouchements sexuels sur trois enfants âgés entre trois et quatre ans, qui étaient gardés par sa mère, mais a contesté avoir fait la même chose avec sa soeur. Le Dr F.________ a examiné B.A.________ pour évaluer la crédibilité de son récit. Dans son rapport du 25 septembre 1997, confirmé le 7 novembre 1997, elle a conclu, en prenant en considération la psychopathologie familiale, le fait que le récit de l'enfant restait cohérent dans le temps, qu'il était relativement détaillé et qu'il ne s'agissait pas d'actes ou de gestes exagérés et improbables, qu'il était vraisemblable qu'un passage à l'acte de type attouchement eut pu avoir lieu. A.c Le 3 octobre 1997, B.A.________ a fait une fugue de X.________ et s'est rendue chez sa mère. A son retour au foyer, elle s'est rétractée et a affirmé que l'acte sexuel dont elle avait accusé son frère avait en réalité été commis par un garçon de sa classe nommé G.________. Le 15 décembre 1997, C.A._______________ a produit devant la Chambre des tutelles un carnet intime qu'elle a expliqué avoir trouvé dans la chambre de sa fille et qui confirmait, en substance, le contenu de ses rétractations. Le 27 mars 1998, le Dr F.________ a déposé un complément d'expertise portant sur les rétractations de la fillette, expliquant que celles-ci ne modifiaient pas ses conclusions précédentes relatives à la crédibilité de l'expertisée.