Citation: U 324/99 10.01.2001 E. 3

3.- L'incidence des affections oculaires et des troubles psychiques du recourant sur sa capacité de travail a fait l'objet de plusieurs avis médicaux. a) Dans son rapport médical intermédiaire du 12 décembre 1995, le docteur F.________, médecin chef à l'Hôpital ophtalmique, a constaté que l'évolution est favorable avec des tensions oculaires actuellement bien stabilisées à l'oeil gauche. Il a fait état de quelques problèmes de surface au niveau de la cornée de l'oeil gauche en raison d'une bulle de filtration proéminente. Selon lui, le patient serait actuellement à l'arrêt de travail pour d'autres problèmes de santé. Après avoir indiqué que des complications étaient possibles sur un oeil opéré plusieurs fois (cf. rapport médical intermédiaire du 14 septembre 1995), la doctoresse R.________, spécialiste FMH en ophtalmologie, a exposé que son patient ne travaillait pas depuis un an en raison d'une épicondylite opérée à droite, et qu'elle l'avait informé que sur le plan ophtalmologique, il n'avait pas droit à une rente (rapport du 11 juillet 1996). Elle a ajouté, après avoir constaté l'apparition d'une légère cataracte sur l'oeil gauche - lequel frappait encore par sa rougeur et pouvait être plus photophobe et larmoyant que le droit - que les douleurs intolérables formulées par le patient ne sont pas expliquées (rapport du 31 octobre 1996). La doctoresse B.________, également spécialiste FMH en ophtalmologie, de la CNA, a estimé que les valeurs de l'acuité visuelle de l'assuré sont compatibles avec une vision binoculaire. Ainsi, pratiquement tous les métiers lui restent ouverts, y compris le sien (rapport du 17 juin 1997). Quant au docteur C.________ (généraliste), il est d'avis que son patient évolue vers une invalidité psychique et physique complète, depuis son accident de l'oeil et ses multiples opérations (rapport du 28 novembre 1997). De leur côté, les docteurs D.________ et E.________, du Centre d'observation médicale de l'AI à X.________ (COMAI), ont posé les diagnostics suivants, dans leur expertise du 26 juin 1998 à l'intention de l'AI : syndrome douloureux somatoforme persistant; état dépressif moyen sans syndrome somatique sous antidépresseur; status après cure d'épitrochléite droite en mars 1996; glaucome posttraumatique de l'oeil gauche, en 1990, traité; douleurs oculaires bilatérales prédominant à gauche, rougeur oculaire gauche, baisse de l'acuité visuelle et du champ visuel de l'oeil gauche, diplopie d'origine indéterminée avec composante fonctionnelle très probable; hypertension oculaire droite traitée; hernie hiatale, reflux gastroeosophagien, status après gastrite helicobacter positif en 1995 (p. 9). Ils ont précisé que l'examen pluridisciplinaire met en évidence principalement un syndrome douloureux somatoforme persistant associé à un état dépressif moyen (p. 10). Du point de vue ophtalmologique, ils ont estimé que le glaucome post-traumatique de l'oeil gauche ne s'accompagne d'aucun trouble visuel entravant la capacité de travail. Il existe certes des troubles sous forme de douleurs oculaires, un certain degré de diplopie et une diminution de l'acuité du champ visuel gauche, dont l'importance a été chiffrée dans le cadre de l'évaluation de l'atteinte à l'intégrité corporelle. Ces médecins ont ajouté que de l'avis des spécialistes, il est fort probable qu'il existe une composante fonctionnelle à ces troubles, en raison de la discordance entre les constatations objectives et les plaintes du patient» (pp. 10-11). Enfin, le chapitre consacré à l'évaluation de la capacité de travail est rédigé comme suit par les responsables du COMAI : «Au terme du présent bilan, en raison principalement des diagnostics psychiatriques, nous estimons que l'incapacité de travail de L.________ est de l'ordre de 50 %, ceci pour quel que métier que ce soit. En tenant compte des antécédents d'interventions chirurgicales sur l'épitrochlée droite et de la symptomatologie douloureuse résiduelle, nous pensons que L.________ ne devrait pas effectuer des travaux de force, des travaux nécessitant des mouvements répétitifs du membre supérieur droit. Une activité nécessitant une observation visuelle fine et constante nous paraît également inopportune compte tenu de ses plaintes, c'est pourquoi la poursuite du travail en tant que soudeur, profession que le patient a exercée jusqu'alors, n'est pas exigible. En revanche, nous estimons que ce patient âgé de 39 ans seulement, serait en mesure d'exercer une activité légère, telle qu'aide magasinier de pièces détachées, pompiste, surveillant de tunnel de lavage etc.» (pp. 1112). Enfin, le docteur Y.________, ophtalmologue FMH, met les douleurs évoquées par son patient à l'oeil gauche - dont la tension oculaire est basse et ne présente pas de pathologie majeure - sur le compte des cicatrices opératoires faisant obstacle à la bonne répartition du film lacrymal. Il ajoute que le recourant a une vision binoculaire et stéréoscopique conservée et que son acuité visuelle de l'oeil gauche n'étant mesurable qu'à 0,3 corrigé, il n'est pas question de lui faire pratiquer des travaux nécessitant une vue fine. Un travail manuel léger, ménageant son bras droit, devrait être possible (rapport du 21 septembre 1999). b) A la lumière de ces différents avis, on doit admettre, avec le Tribunal cantonal, que les troubles oculaires du recourant n'ont pas de caractère invalidant.