Citation: 1B_192/2013 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le recourant entend tirer argument de l'expertise psychiatrique du 5 mars 2013 qui a qualifié le risque de récidive de "faible à court terme" et qui a précisé "qu'à moyen et long termes, ce risque peut demeurer faible moyennant certaines précautions". Le prévenu souligne aussi qu'à la question de savoir s'il est sérieusement à craindre qu'il ne commette d'autres infractions du même genre, l'expert a répondu que "le risque est faible pour autant que les conditions d'un suivi psychiatrique et d'un accompagnement socio-judiciaire soient respectées". L'intéressé met encore en évidence un passage de l'expertise précitée qui a qualifié le passage à l'acte du prévenu d'exceptionnel. En revanche, le recourant passe sous silence que l'expert a considéré qu'il était difficile de prévoir quel type de délit le prévenu commettrait en cas de récidive, précisant que les caractéristiques psychologiques du prévenu le rendent imprévisible pour ce qui est de la nature de l'infraction qu'il pourrait commettre. L'expert a aussi retenu que les troubles psychiques constatés au moment des faits, à l'exception du diagnostic d'abus d'alcool, étaient toujours présents et qu'il existait une relation entre les faits poursuivis et ces troubles, "plus particulièrement avec celui d'utilisation nocive de l'alcool pour la santé et celui de trouble mixte de la personnalité à traits immature et narcissique". C'est dès lors à juste titre que le Tribunal cantonal a retenu qu'il fallait prendre en compte l'imprévisibilité du comportement du prévenu confronté à une situation banale. Les faits à l'origine de la présente procédure pénale - dont le point de départ est une dispute au sujet d'un tabouret dans le cadre d'une partie de pétanque - sont révélateurs de l'imprévisibilité et de la réaction disproportionnée du prévenu face à une situation ordinaire. Lorsque même des altercations minimes peuvent engendrer des actes aussi violents, il est difficile de s'accommoder d'une telle imprévisibilité, ce d'autant plus que le prévenu soutient qu'il n'avait pas l'intention de tuer, mais juste de "chatouiller" la victime. De surcroît, la cour cantonale a relevé que les situations décrites par l'expert comme étant susceptibles de provoquer des raptus violents chez le prévenu sont précisément celles imposées par la vie en société. Elle a estimé que compter sur la bonne volonté du prévenu à ne pas trop se mêler à la vie en communauté afin de qualifier le risque de récidive de faible, voire de prévenir un tel risque, ne présentait pas de prime abord des garanties sécuritaires suffisantes. En définitive, l'appréciation du Tribunal cantonal concernant l'existence du danger de réitération n'apparaît pas contraire au droit fédéral. En effet, un danger de récidive suffisamment concret peut être retenu eu égard à la gravité des actes, corrélée à l'imprévisibilité constatée des futurs comportements du prévenu face à des situations banales, ainsi qu'à sa prise de conscience tardive. L'intéressé a par ailleurs été condamné le 16 février 2011 pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires. Dans ces conditions, les éléments dont se prévaut le prévenu, à savoir que son attitude le 21 août 2012 est unique dans son parcours de vie et qu'il est suivi par le Service des curatelles d'adultes de la Ville de Fribourg ne sont pas suffisants pour remettre en cause l'appréciation de l'instance cantonale. Pour le reste, on ne voit pas en quoi le fait que le prévenu est en prison depuis plus de 8 mois serait un élément à prendre en compte pour considérer que le risque de récidive est faible.