Citation: 6B_912/2023 E. 2.2.3

2.2.3. S'agissant de l'ampleur de son implication dans le trafic de stupéfiants, la cour cantonale a considéré qu'elle ne pouvait accorder la moindre crédibilité au recourant, celui-ci changeant de version à chaque audition. Il avait tout d'abord nié toute implication dans un trafic de cocaïne lors de sa première audition du 29 mars 2022. Il avait ensuite reconnu cinq cas lors de son audition d'arrestation du 30 mars 2022, précisant que ceux-ci portaient sur des quantités de 100, 150 et 200 grammes et expliquant qu'il recevait par exemple 100 grammes d'une certaine personne, laquelle appelait une tierce personne pour qu'elle vienne rechercher la moitié, l'autre moitié étant laissée à sa disposition et à celle de ses comparses pour leur consommation propre ou pour une revente en rue. Lors des débats de première instance, il n'avait reconnu plus que deux cas de 10 fingers. Les éléments contenus dans le rapport de police du 26 août 2021 étaient suffisants pour retenir les 7 livraisons de cocaïne effectuées entre le 21 mai et le 31 octobre 2020. Pour chaque réception de drogue, la police avait pu extraire du téléphone portable du recourant des conversations WhatsApp. Celles-ci permettaient d'établir son implication dans la filière nigériane de trafic de cocaïne. La cour cantonale disposait également d'autres éléments à charge. Le recourant disposait de plusieurs raccordements téléphoniques. Sa voix avait été reconnue lors d'échanges entre divers protagonistes au sein du réseau. Il avait configuré une minuterie sur plusieurs conversations WhatsApp pour qu'elles s'effacent automatiquement après 24 heures. Le recourant était membre de la Confraternité de H.________, connue comme étant une organisation criminelle. L'analyse des données obtenues sur le raccordement +41 33 333 33 33 couvrant la période du 28 juin 2021 au 25 octobre 2021 avait montré que le recourant avait eu de multiples contacts avec des personnes connues par la police notamment dans le domaine des stupéfiants. Un contrôle téléphonique direct avait été placé sur le raccordement précité entre le 27 octobre 2021 et le 24 janvier 2022; cette mesure avait permis d'intercepter plusieurs conversations avec une prophétesse payée par le recourant pour chasser les mauvais esprits; lors de ces appels, le recourant avait notamment avoué qu'il fournissait de la drogue. La version du recourant selon laquelle il prêtait ses cartes SIM et téléphones n'était pas crédible. A l'instar des premiers juges, la cour cantonale admettait que le recourant était l'utilisateur des raccordements et la personne impliquée dans les échanges. En effet, les raccordements +41 44 444 44 44 et +41 22 222 22 22, utilisés pour les conversations mises en exergue par l'instruction, avaient été insérés dans le même boîtier, soit le Samsung S10 retrouvé en possession du recourant lors de son contrôle douanier du 14 février 2021 à X.________ et visé au cas 5 de l'acte d'accusation. Le second raccordement susmentionné était en outre au nom du recourant. A cela s'ajoutait que le recourant était l'auteur de messages audio retrouvés dans les conversations WhatsApp du premier raccordement ayant précisément pour objet des commandes et réceptions de cocaïne. Enfin, dans l'extraction du téléphone portable de B.________, la photo de profil WhatsApp de l'utilisateur du second raccordement était une photo qui se trouvait également dans les photos du compte lnstagram a.________xx et la biographie de ce compte contenait une indication strictement similaire à celle du premier raccordement susmentionné. B.________ avait confirmé que le recourant était l'utilisateur de ces raccordements. En audition, F.________ avait reconnu le recourant sur les planches photographiques et confirmé que celui-ci était l'utilisateur des raccordements +41 44 444 44 44, +41 55 555 55 55, +41 66 666 66 66 et +41 22 222 22 22. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la cour cantonale retenait que le recourant était l'utilisateur des raccordements et qu'il était bien l'auteur des faits qui lui étaient reprochés. Les différences de numéros IMEI plaidées par le recourant aux débats d'appel ne permettaient pas de remettre en doute son implication dans le trafic de stupéfiants. En effet, les différents raccordements attribués au recourant n'étaient qu'un des éléments de preuve l'incriminant dans ce trafic. En outre, compte tenu de la similitude des différents numéros IMEI figurant dans le rapport, une erreur de plume n'était pas à exclure. Pour le reste, la cour cantonale ne croyait pas le recourant lorsqu'il affirmait ne pas savoir écrire, dès lors qu'il avait indiqué, dans le cadre de ses premières déclarations, qu'il avait suivi sa scolarité primaire et secondaire au Nigéria, cela d'autant plus que les messages étaient plutôt simples et ne nécessitaient que des connaissances élémentaires.