Citation: 4C.241/2003 11.11.2003 E. 1

Dans le courrier du 17 février 1997 adressé à la défenderesse, le mandataire du demandeur faisait état des interrogations de son client; ce dernier se posait «sérieusement la question de savoir s'il entend[ait] continuer ce chantier». Le premier juge n'a nullement dénaturé le contenu de cette lettre en refusant d'y voir une résiliation du contrat. Dans ledit courrier, l'entrepreneur réclamait le montant de 13 813 fr.35 qu'il estimait correspondre au prix des travaux déjà effectués, et non pas l'acompte de 25 000 fr. à ses yeux nécessaire à la poursuite des travaux; cela ne signifie pas qu'il entendait déjà, à ce moment-là, mettre fin au contrat. La mise en demeure est en effet assortie de l'expression «en tous les cas», ce qui montre bien que l'entrepreneur cherchait au moins à être payé pour les parties de l'ouvrage exécutées, mais qu'il n'excluait pas de continuer le chantier. Au surplus, on ne saurait interpréter la lettre du 17 février 1997 comme une offre de mettre fin au contrat. En réponse à une demande de son cocontractant de clarifier sa position, la défenderesse répond, par la lettre télécopiée du 31 mars 1997, qu'elle n'entend pas poursuivre sa collaboration avec le demandeur; selon le principe de la confiance, une telle déclaration s'interprète comme une manifestation de volonté claire et univoque de se départir du contrat, suffisante pour entraîner l'application de l'art. 377 CO (cf. François Chaix, Commentaire romand, n. 7 ad art. 377 CO). Comme le moyen fondé sur violation de l'art. 377 CO n'est pas pertinent, il n'y a pas lieu d'annuler l'arrêt entrepris sur ce point et de renvoyer la cause à la cour cantonale en application de l'art. 64 al. 1 OJ (cf. Poudret, op. cit., n. 2.1.4 ad art. 64).