Citation: 4A_610/2021 E. A

Les époux X.Z.________ et Y.Z.________, respectivement de nationalité allemande et suisse, étaient amis de longue date avec A.________. Les conjoints (demandeurs dans la présente procédure) étaient déjà propriétaires d'un chalet à... (BE). En 2007, ils ont souhaité en acquérir un second dans la même localité. Dans un premier temps, le demandeur avait envisagé d'effectuer l'opération avec son ami P.________, par le biais d'une société immobilière. Il y avait renoncé après avoir réalisé que l'acquisition était impossible sous cette forme en raison de la législation suisse. Il avait alors demandé à A.________ (défendeur) s'il était disposé à figurer comme acquéreur du bien immobilier dont il aurait pour une large part la jouissance, tandis que le demandeur financerait l'achat sans réclamer d'intérêts. Le 26 novembre 2007, le couple Z.________ d'une part et le défendeur d'autre part ont convenu oralement que ce dernier acquerrait le chalet de... (BE) en son propre nom, au moyen des fonds remis par le couple Z.________ (952'640 fr.), sans intérêts et pour une durée indéterminée. Le défendeur aurait la jouissance du chalet, mais s'engageait à le laisser à disposition des époux ou de leurs amis de temps à autre, sans contrepartie. Le 28 novembre 2007, la somme de 952'640 fr. a été versée sur le compte du notaire chargé d'instrumenter la vente. Le virement provenait d'une banque auprès de laquelle le demandeur avait un compte privé, et l'ordre avait été donné par une société genevoise dont il était l'administrateur-président. Ledit montant représentait le prix de vente plus les frais. Le 29 novembre 2007, le défendeur A.________ a signé l'acte de vente notarié. Il est devenu l'unique propriétaire de l'immeuble et a été inscrit comme tel au registre foncier. Pendant plusieurs années, il a laissé le couple Z.________ ou leurs amis accéder au chalet lorsqu'ils le demandaient. Dans le courant de l'année 2013, les demandeurs ont manifesté la volonté de récupérer au plus vite la somme qu'ils avaient "prêtée" pour acheter cet immeuble. Il s'en est suivi un différend que les parties ont tenté de résoudre en tenant des réunions aux mois de mai et juin 2013. Le défendeur s'est refusé au moindre remboursement. Le 14 mai 2014, un tribunal saisi par le couple Z.________ a ordonné le séquestre du chalet en vertu de l'art. 271 al. 1 ch. 4 LP. Il a ensuite levé cette mesure le 4 janvier 2016 en raison d'un vice affectant la procédure en validation du séquestre: la poursuite avait été indûment notifiée par voie de publication (art. 66 al. 4 LP) alors que le défendeur/poursuivi était domicilié à Genève, et non plus à Gibraltar. Le 9 janvier 2016, le couple Z.________ a déposé une réquisition de poursuite pour la somme de 1'002'640 fr., qui a été frappée d'opposition.