Citation: 7B_1014/2023 E. 1.3

1.3. Dans son recours, en particulier au chapitre relatif à la recevabilité (cf. recours, p. 3), la recourante ne consacre aucun développement au sujet de l'art. 93 al. 1 let. a LTF. Contrairement à ce qu'il lui appartient de faire, elle ne fournit en effet aucune explication permettant de déterminer dans quelle mesure le séquestre des documents douaniers litigieux pourrait lui causer un préjudice irréparable. Par ailleurs, l'existence d'un risque de préjudice irréparable n'est pas d'emblée évidente. Le séquestre porte en effet sur des déclarations de douane confisquées afin d'être utilisées à titre de pièces à conviction, et non sur des valeurs patrimoniales dont le recourante pourrait avoir besoin. De plus, les documents litigieux sont versés au dossier de la procédure et l'intéressée pourrait en prélever des copies. Leur séquestre n'apparaît dès lors pas de nature à lui causer un dommage. Pour le surplus, la recourante conteste le rejet de son grief visant à faire constater l'inexploitabilité des déclarations de douanes litigieuses, au motif que ces documents auraient été recueillis en violation de dispositions conventionnelles et constitutionnelles, en particulier du droit de ne pas s'auto-incriminer (cf. notamment art. 6 CEDH et 32 al. 2 Cst.; cf. recours, pp. 9-17). Sur ce point également, elle ne fournit aucune explication en lien avec l'existence d'un éventuel préjudice irréparable. Or cette problématique relève de l'administration des preuves et ne lui cause aucun préjudice, puisque la recourante pourra soulever son grief devant le juge du fond et jusqu'à la clôture définitive de la procédure, les exceptions prévues par la jurisprudence n'entrant pas en ligne de compte. Ce renvoi à un stade ultérieur de la procédure fait d'autant plus sens s'agissant du droit de ne pas s'auto-incriminer, puisque celui-ci vise à empêcher que des éléments de preuve obtenus en violation de ce principe servent à fonder l'accusation, respectivement une condamnation (cf. arrêt 7B_44/2023 du 24 août 2023 consid. 1.2.2 et les références citées). Ainsi, la recourante ne démontre pas, conformément aux exigences d'allégation et de motivation prévues par l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, que la décision incidente querellée serait susceptible de lui causer un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF.