Citation: 6B_165/2010 06.04.2010 E. B

Cet arrêt retient, en résumé, ce qui suit. B.a Née en 1962 au Portugal, X.________ est arrivée en Suisse au début des années 1980. Mère de deux enfants issus de précédents mariages, elle a contracté une nouvelle union en 2000, dont sont issus deux autres enfants. Dès 1994-1995, elle a commencé à exercer, par téléphone, une activité de médium. Sa ligne de services payants lui rapportait 60 % du coût de la communication, tarifée à 2,50 fr. la minute. La plaignante, Y.________, née en 1946, est arrivée d'Italie en Suisse en 1974. Hospitalisée en institution psychiatrique à plusieurs reprises, elle suit un traitement psychiatrique ambulatoire. Elle perçoit une rente AI entière. Antérieurement, elle disposait de ressources significatives issues d'une assurance-vie et d'un héritage. A dire d'expert, elle présente une personnalité "borderline", une intelligence limite et un syndrome de dépendance à l'alcool. Elle a été placée sous curatelle. Depuis le 29 juillet 2006, elle est sous tutelle volontaire. B.b Par ordonnance du 17 octobre 2008, X.________ a été renvoyée en jugement. Il lui était reproché d'avoir, au début de l'année 1999, remis à Y.________, contre la somme de 2000 fr., un saucisson enroulé de tissu et ficelé, sensé chasser le mauvais sort (cas n° 1). Il lui était en outre fait grief d'avoir, de mai 2005 environ jusqu'en juin 2006, obtenu de Y.________ d'importantes sommes d'argent, à raison de quatre fois par mois en moyenne, d'un montant total de 80'000 fr., en échange de produits prétendument miraculeux (cas n° 2). Elle était encore mise en cause du fait d'avoir, durant la même période, été appelée à de très nombreuses reprises par la plaignante sur son numéro payant, en échange de conseils aussi longs que futiles, pour un montant total estimé à 15'000 fr. (cas n° 3). Il était précisé que l'état psychique de Y.________ l'empêchait d'apprécier la portée de ses actes et de gérer ses affaires sans les compromettre et qu'elle se trouvait sous l'emprise psychologique de l'accusée. B.c X.________ a contesté l'essentiel des faits qui lui étaient reprochés. Au terme d'une appréciation des preuves, le Tribunal correctionnel a toutefois acquis la conviction qu'elle avait, en toute connaissance de cause et dans un dessein de lucre, non seulement exploité, mais entretenu et développé l'état de faiblesse dans lequel se trouvait la victime. Il a retenu que cette dernière avait remis à l'accusée au moins 52'472 fr. en espèces, sans contrepartie notable. S'agissant des frais des appels téléphoniques facturés par l'opérateur à la plaignante, il a considéré que le montant de 15'000 fr. mentionné dans l'ordonnance de renvoi ressortait d'une approximation et, se fondant sur les pièces du dossier, l'a arrêté à 10'000 fr. Sur le plan civil, le tribunal a alloué à la plaignante 52'472 fr. en capital, soit 2000 fr. pour le cas n° 1 et 50'472 fr. pour le cas n° 2. B.d La cour cantonale a écarté aussi bien les moyens de nullité que les moyens de réforme soulevés par l'accusée. Elle a notamment considéré que l'infraction d'usure était, dans chacun des trois cas, réalisée, que la peine infligée était adéquate et que le montant de la réparation civile en capital devait être confirmé.