Citation: 4A_611/2020 E. A

A.a. B.________ (ci-après: la demanderesse ou l'intimée) était l'épouse de C.________ (ci-après: l'époux de la demanderesse). D.________ (ci-après: le fils de la demanderesse) était leur fils. L'époux de la demanderesse était l'un des associés gérants de E.________ Sàrl (ci-après: la société cédante). A.b. A.b.a. Le 20 juin 2014, la société cédante a remis à F.________ (ci-après: l'acquéreur) l'exploitation de l'établissement public " Z.________ ", sis à.... A.b.b. Le 26 juin 2014, la demanderesse et l'acquéreur ont signé un document intitulé " contrat de travail de durée déterminée ", sur lequel l'acquéreur ainsi que l'époux et le fils de la demanderesse ont apposé leurs initiales en première page (ci-après: le contrat litigieux). Précisant qu'il s'inscrivait dans le contexte de l'achat des actifs de la société cédante par l'acquéreur, le contrat litigieux dispose que, conformément aux souhaits de l'époux de la demanderesse, les parties sont convenues que celui-ci serait engagé par l'acquéreur ou l'individu exploitant l'établissement public cédé pour la période du 1er août 2014 au 31 juillet 2017 (art. 1). La rémunération convenue a été fixée sur la base d'une rémunération mensuelle nette de 8'335 fr. payable douze fois par an, charges sociales en sus (art. 2). L'art. 4 du contrat litigieux prévoit qu'" [e]n cas de décès ou d'incapacité de [l'époux de la demanderesse] entre le 1er août 2014 et le 31 juillet 2017, la société ou l'individu bénéficiaire de l'autorisation d'exploiter l'établissement [public cédé] [sic] à salarier [la demanderesse] dans le cadre d'un contrat de travail de durée déterminée sur la base de la rémunération convenue aux articles 2 et 3 décris [sic] ci-dessus ". Ledit contrat précise que l'exploitant dudit établissement est conscient qu'il ne pourra pas résilier le contrat de travail de durée déterminée et qu'il " se reconnaît solidairement responsable du montant net de 300'000 fr. [...] correspondant à l'engagement du contrat de durée déterminée ", sous déduction des montants versés à la demanderesse et à son époux (art. 5). A.b.c. Le 25 août 2014, la société cédante, représentée par l'époux et le fils de la demanderesse, et l'acquéreur ont conclu une convention de remise de commerce portant sur le même établissement public et remplaçant le contrat du 20 juin 2014. Cette convention prévoyait notamment que le prix de remise s'élevait à 1'000'000 fr. hors TVA (art. 1), que l'acquéreur s'en acquitterait en plusieurs tranches, dont une de 400'000 fr. par le biais d'un crédit-vendeur devant être réglé par une convention séparée (art. 2) et que les contrats de travail en vigueur au moment du transfert seraient automatiquement repris par l'acquéreur, à moins que les travailleurs ne refusent ce transfert (art. 7). À la même date, la société cédante et l'acquéreur ont conclu un contrat de prêt pour un montant de 400'000 fr. Ce prêt devait être amorti par un versement mensuel de 10'000 fr. dès le 1er novembre 2014, les intérêts convenus s'élevant à 5 % par an et étant payés trimestriellement. L'acquéreur s'engageait par ailleurs à refinancer ce prêt en faisant tous les efforts afin d'obtenir un prêt bancaire dans les meilleurs délais. Le contrat de prêt prévoit qu'il fait partie intégrante de la convention de remise de commerce et qu'il vaut reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 LP. A.c. En septembre 2014, l'acquéreur a fondé A.________ Sàrl (ci-après: la société reprenante, la défenderesse ou la recourante), qui exploite actuellement l'établissement public cédé. A.d. Le 23 février 2015, l'époux de la demanderesse a été déclaré en incapacité totale de travail. Il est décédé le 20 mai 2016. La société reprenante n'a jamais demandé à la demanderesse de prester en remplacement de feu son époux et celle-ci ne lui a jamais offert ses services. Au moment du décès de son mari, la demanderesse était proche de l'âge de la retraite et ne disposait pas d'une licence l'autorisant à exploiter un établissement public. A.e. La société reprenante a versé à l'époux de la demanderesse un salaire net de 25'172 fr. 50 en 2014, de 93'126 fr. 65 en 2015 et de 34'230 fr. 80 en 2016. L'acquéreur n'a pas régulièrement amorti le prêt de 400'000 fr. selon les modalités convenues entre les parties. A.f. Le 31 août 2016, la demanderesse a fait notifier un commandement de payer à la société reprenante pour un montant de 147'391 fr. 65, avec intérêts à 5 % l'an dès le 29 août 2016, en raison du " [c]ontrat de travail de durée déterminée (plus particulièrement art. 5) ". Opposition totale a été formée à l'encontre de ce commandement de payer.