Citation: 5P.7/2003 22.04.2003 E. 3

Dans un deuxième grief, la recourante reproche à l'autorité cantonale l'application faite, dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale, des critères posés par l'art. 125 CC pour l'entretien après le divorce (ATF 128 III 65). Elle estime que l'application de cette disposition par anticipation aboutirait à une inégalité de traitement à un double titre. 3.1 D'une part, bien que mariée, la recourante serait moins bien traitée qu'un conjoint divorcé. L'autorité cantonale a considéré qu'une reprise de la vie commune paraissait exclue et que la recourante était d'ores et déjà capable de pourvoir à son entretien convenable elle-même, conformément au critère fondamental posé par l'art. 125 al. 1 CC. Elle a donc refusé toute contribution d'entretien. Ainsi, elle a traité la recourante selon les règles applicables, par anticipation, à une personne divorcée. On ne saurait dire que la recourante a été moins bien traitée qu'un conjoint divorcé. Le grief d'inégalité de traitement est donc infondé. 3.2 D'autre part, la jurisprudence permettant l'application par anticipation des critères de l'art. 125 CC ne saurait être suivie en l'espèce, car elle concernerait uniquement des situations où les ressources du couple sont proches du minimum vital. Le principe de l'égalité de traitement commande de traiter de manière identique ce qui est semblable et de manière différente ce qui est dissemblable (ATF 125 I 173 consid. 6 b p. 178). Pour l'application par anticipation des critères posés par l'art. 125 CC, l'élément déterminant n'est pas la situation financière du couple, mais le pronostic quant à la reprise de la vie commune. Il n'y a donc pas violation du principe d'égalité lorsque ces critères sont appliqués à un couple aisé comme à un couple modeste, dans la mesure où le rétablissement de la vie commune paraît exclu.