Citation: 5A_650/2018 E. 5.2

5.2. En l'espèce, la question de savoir si le créancier poursuivant doit être le destinataire de la reconnaissance de dette en tant qu'il s'agirait d'un acte soumis à réception n'a pas à être tranchée. Cette condition est de toute façon réalisée. En effet, il est constant que Me Voide est intervenu en tant qu'avocat tant de B.________ que de A.________ SA. Quoi qu'il en soit du devoir de l'avocat d'éviter la double représentation (à ce sujet, cf. arrêt 1B_376/2013 du 18 novembre 2013 consid. 3), force est ainsi d'admettre que la déclaration de reconnaissance de dette du débiteur déployait ses effets vis-à-vis de la société dès lors qu'elle était déjà dans la sphère de puissance de cette dernière. Par surabondance, dût-on admettre que le courrier litigieux aurait dû être établi, respectivement adressé, à l'attention de A.________ SA qu'il faudrait constater que la volonté de s'engager vis-à-vis de ladite société en ressort sans équivoque. Pour le surplus, s'agissant des conditions de la reconnaissance de dette résultant de la jurisprudence, B.________, par son représentant, reconnaît bien dans le courrier litigieux l'existence d'une créance de A.________ SA à son égard. Il y a donc non seulement identité entre le débiteur désigné dans le titre et le poursuivi mais également entre la créancière qui y est mentionnée et la poursuivante. La volonté du débiteur de payer la créance de A.________ SA à son encontre figurant au bilan de la société, soit une dette d'un montant aisément déterminable, en résulte par ailleurs expressément, étant précisé qu'il n'est de toute façon pas contesté qu'il s'agit de la créance de 1'510'104 fr. figurant au bilan arrêté au 31 décembre 2015 et que celle-ci est exigible. Dans ces conditions, il importe peu en définitive que le courrier de l'avocat Voide du 8 février 2017 ait été adressé à l'Office des poursuites et non, une nouvelle fois, directement à A.________ SA. C'est dès lors à tort que la cour cantonale a jugé qu'il ne constituait pas une reconnaissance de dette valant titre de mainlevée provisoire.