Citation: 2C_54/2022 E. 7.4.4

7.4.4. En l'occurrence, le Tribunal administratif a retenu dans son arrêt que la schizophrénie paranoïde pouvait en principe être traitée au Maroc. Il a en particulier constaté que les médicaments dont le recourant avait besoin ou qui lui étaient prescrits jusqu'alors - ou des alternatives correspondantes - étaient disponibles dans ce pays. Les juges précédents ont par ailleurs relevé que celui-ci disposait, notamment dans les centres urbains, d'établissements proposant des thérapies psychiatriques ou psychologiques. Ils ont par ailleurs relevé que le Maroc avait mis un système d'assistance médicale - nommé RAMED (Régime d'Assistance Médicale) - qui permettait d'assurer les soins médicaux de base et un accès au système de santé aux personnes économiquement démunies. Il résulte ainsi de l'arrêt attaqué - d'une manière qui lie la Cour de céans - que la schizophrénie paranoïde dont souffre le recourant peut, sur le principe, être traitée au Maroc, ce que l'intéressé ne conteste pas. En revanche, les constatations de faits de l'autorité précédente ne permettent pas de savoir si le recourant pourrait avoir réellement accès aux traitements proposés et existants qui lui sont nécessaires, compte tenu non seulement de sa situation financière, mais aussi des problèmes particuliers que pose sa maladie. L'instance précédente a certes retenu que les médicaments dont aurait besoin le recourant se trouvaient en pharmacie au Maroc et qu'il existait par ailleurs des hôpitaux psychiatriques dans le pays, mais n'a pas vérifié si l'intéressé pourrait réellement se procurer lesdits médicaments et profiter d'une hospitalisation, le cas échéant en profitant du système d'assistance médicale RAMED. On notera à cet égard que sa référence au document " Focus Marokko " - publié par le SEM - laisse plutôt entendre le contraire, puisqu'il en ressort que ledit système d'assistance médicale ne couvre a priori pas les traitements psychiatriques, ni les médicaments achetés en pharmacie et que, de manière générale, la prise en charge des maladies mentales au Maroc serait insuffisante en raison du manque de personnel qualifié et de places de traitement (cf. SEM, Focus Marokko - Gesundheitsversorgung, du 25 février 2015, p. 23 et 30 s.). Dans l'arrêt attaqué, le Tribunal administratif laisse enfin entendre que le recourant pourrait peut-être compter sur sa mère et l'un de ses frères pour le soutenir dans sa thérapie. Cette hypothèse, qui se fonde sur des suppositions, s'avère cependant très théorique. La mère du recourant avait déjà 82 ans lors du prononcé de l'arrêt attaqué et son frère, qui est marié et n'entretient presque plus de contact avec le recourant, ne gagne que 280 fr. par mois. On peut dès lors douter que la famille de ce dernier soit à la fois en mesure et disposée à lui fournir l'assistance financière et médicale continue dont il aurait besoin en cas de retour au Maroc.