Citation: 6B_768/2018 E. 2.2

2.2. En lien avec les conséquences qu'ont eues les événements sur la santé des intimés, la cour cantonale a constaté les faits suivants. A.________ a exposé être toujours affectée par les événements du 17 septembre 2016; lorsqu'elle se trouve derrière une porte, en intervention, elle se demande toujours comment elle va être accueillie. Les événements restent « toujours dans la tête ». Elle pense encore tous les jours à cette intervention. Le simple bruit d'un pétard provoque chez elle une crise d'angoisse, en ce sens qu'elle a envie de vomir et se met à pleurer. B.________ se plaint de troubles de l'endormissement et du sommeil. Il fait des cauchemars et est beaucoup plus sur le qui-vive. A ce jour - soit au jour du jugement de première instance - il est suivi en lien avec ces événements. C.________ a présenté des troubles du sommeil pendant plusieurs mois, souvent accompagnés de cauchemars. Il se réveillait ainsi souvent en sursaut. Durant les mois qui ont suivi, il s'est senti beaucoup plus en retrait, plus sensible par rapport à certaines choses et plus détaché par rapport à d'autres. Nonobstant le " débriefing " avec les gendarmes, puis avec une psychologue, D.________ n'est pas parvenu à dormir les nuits suivant les évènements du 17 septembre 2016. Les cauchemars et les troubles du sommeil persistent encore aujourd'hui et il présente en outre une hypervigilance, surtout en famille. Enfin, s'agissant de E.________, ces évènements ont eu un impact fort et durable sur sa personnalité, de jour comme de nuit. Il a eu des comportements peu communs pour une personne d'ordinaire calme et maîtresse de ses actes comme il l'était. Cela aurait pu lui coûter son travail (jugement attaqué, En Fait, consid. 3. p. 21-22). La cour cantonale a retenu que les intimés souffraient de stress post-traumatique. Cet état de choc était cependant dû à une " simple " peur - bleue, certes -, aucun d'entre eux n'ayant été atteint dans son intégrité physique. Il fallait garder à l'esprit les montants alloués à des personnes blessées ou agressées sexuellement, à titre de comparaison. De plus, les parties plaignantes étaient des policiers; ils avaient choisi une profession à risque, et devaient compter sur la possibilité d'être confrontés à ce type de situation. Enfin, il fallait tenir compte du fait que l'indemnité à titre de réparation morale était censée adoucir leur souffrances; il n'était pas certain que cela fût le cas. S'écartant du jugement de première instance qui avait rejeté les conclusions civiles, la cour cantonale a jugé équitable, en examinant les situations financières du recourant et des intimés, d'allouer un montant de 5'000 fr. à A.________ et de 2'500 fr. chacun pour E.________, B.________, C.________ et D.________ (jugement attaqué, consid. 4.3.3 p. 28).