Citation: 1C_478/2015 E. 3.4.2

3.4.2. Dans un premier temps, le Tribunal cantonal a exposé, de façon fouillée et amplement motivée, la manière d'interpréter l'expression "terrains à proximité" figurant à l'art. 131 al. 1 LATeC in abstracto. Se fondant sur le message du Conseil d'Etat précité, il s'est notamment demandé si l'idée n'était pas de permettre un transfert d'indice en sautant précisément les seules parcelles contiguës (car sinon dans l'écrasante majorité des hypothèses, il était inutile de distinguer entre terrains contigus et terrains à proximité); au vu de cette interprétation littérale du texte, l'ordre de grandeur admissible serait plutôt celui d'une profondeur de parcelle au moins; la position extrêmement restrictive défendue par les recourants qui admettaient un éloignement d'une dizaine de mètres au maximum n'était pas adaptée à la réalité des grandeurs usuelles des parcelles; elle revenait à vider de sa substance la règle de l'art. 131 al. 1 LATeC et, en définitive, à limiter les transferts d'indice entre terrains non contigus au seul cas particulier du passage de route; cela n'était pas le sens de la norme et une telle limitation ne ressortait pas des travaux législatifs. La cour cantonale a aussi retenu que compte tenu du but des transferts d'indice - tel que visé par la loi et la jurisprudence -, qui était de permettre un usage plus judicieux de la zone à bâtir sans entrave excessive due à la grandeur effective des parcelles, une marge d'appréciation importante devait être reconnue à l'autorité d'exécution, de manière à lui permettre de tenir compte du genre de zone concernée ainsi que de sa grandeur, de son équipement et de sa configuration topographique. Dans un second temps, l'instance précédente a estimé in concreto que la configuration des lieux (la parcelle n° 82 se trouvant dans la pente en contrebas à environ 30 m) permettait de considérer que les parcelles n° 82 et 86 étaient encore "à proximité" au sens de l'art. 131 LATeC: si la distance supposait de "sauter" les deux parcelles (n° 85 et n° 84), le fait que le bien-fonds n° 84 n'était concerné que par quelques mètres sur sa pointe sud permettait de relativiser l'éloignement qui, malgré tout, correspondait plus ou moins à une profondeur usuelle de parcelle. S'y ajoutait le fait que le transfert d'indice litigieux n'allait pas déséquilibrer la zone résidentielle en question: outre le fait que l'importance de ce transfert restait dans une mesure encore acceptable (augmentation de 25 % de l'indice autorisé), le fonds bénéficiaire était entouré sur trois côtés par la zone agricole, ce qui assurait un dégagement suffisant à la construction. L'instance précédente a enfin pris en compte le fait que les deux parcelles étaient situées dans la même zone, dans un secteur largement bâti.