Citation: 2C_241/2024 E. 4.4

4.4. En l'occurrence, le recourant ne conteste pas qu'il a quitté la Suisse au moment du départ en 2016 de son épouse et de leur deux enfants pour V.________ en France voisine. Ce départ n'a toutefois été officiellement constaté que le 13 février 2018, lors de son arrestation et de sa mise en détention par la police. Faisant état du fait qu'il exerçait ses activités lucratives dans le canton de Genève et y était locataire d'un appartement, le recourant soutient avoir gardé une présence physique en Suisse suffisante au maintien de son autorisation d'établissement. Son objection doit être rejetée. Il ressort des faits constatés par l'instance précédente, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), que les activités lucratives et l'appartement de U.________ n'ont été maintenus par le recourant que dans le but de conserver l'apparence d'une présence physique minimale sur le territoire suisse. Les enquêtes de l'autorité intimée ont effectivement démontré qu'il n'y avait aucune trace de vie à l'adresse de l'appartement de U.________, le voisinage ayant confirmé que le recourant n'était aperçu que pour relever le courrier. Ce constat correspond du reste aux déclarations initiales du recourant, qui a admis devant la police en 2018 avoir conservé son appartement à U.________ uniquement parce qu'il avait besoin d'une adresse en Suisse pour la domiciliation de sa société et aux fins de sa naturalisation suisse, ainsi qu'à celles de son épouse, qui affirmait, en 2018 également, que celui-ci ne dormait à U.________ qu'en de rares occasions. Les autres éléments dont se prévaut le recourant pour démontrer qu'il avait conservé son centre d'intérêt en Suisse ne sont, comme l'a jugé à bon droit l'instance précédente, pas aptes à démontrer qu'il séjournait effectivement à Genève en 2018. Le contrat de leasing du 25 juillet 2018 ne nécessite en effet pas de présence physique sur le territoire suisse. Pour le reste, ce sont des éléments qui attestent de faits largement postérieurs à l'année 2018, comme, notamment, l'attestation d'affiliation du 27 juin 2022 de l'Office cantonal des assurances sociales, la carte de chauffeur voiture de transport avec chauffeur du 18 mai 2021, les décomptes de primes d'assurances-accident de juin à août 2022, l'attestation de suivi médical à U.________ du 27 juin 2022, l'avis de taxation pour l'année 2020 daté du 27 avril 2022, l'attestation d'emploi du 24 juin 2022 auprès de la société F.________ SA et les attestations de 2022 de scolarité et de loisirs de ses enfants à U.________. Il s'ensuit que les séjours temporaires du recourant sur le territoire suisse, à tout le moins depuis 2016, ne permettent pas de retenir une présence physique sur le territoire suisse qui aurait pour effet le maintien de l'autorisation d'établissement.