Citation: 1P.194/2005 04.04.2005 E. 1

2.2 En l'occurrence, l'arrêt attaqué est essentiellement motivé par renvoi aux considérants de la précédente décision du 6 octobre 2004. La Chambre d'accusation avait alors admis l'existence des risques de récidive et de fuite. S'agissant de la récidive, elle avait relevé que le recourant était au chômage, que son dernier employeur l'avait décrit comme régulièrement absent, "peu recommandable et tire-au-flanc"; il avait acquis des armes illicitement et s'en servait pour effrayer ses débiteurs; il avait cherché à acquérir d'autres armes et s'était montré d'emblée prêt à participer à des opérations violentes. S'agissant du danger de fuite, la Chambre d'accusation avait retenu que le recourant était français, et exposé à une lourde peine; il avait déclaré vouloir s'acheter un bateau et partir. 2.3 En soi, une telle motivation permet aisément de comprendre les raisons du maintien en détention; le recourant est d'ailleurs à même de contester les motifs retenus. Dans ses observations relatives à la demande de prolongation, le recourant alléguait être devenu une "toute autre personne", en raison de la détérioration de son état physique et psychique liée à la détention. Cela ne permet pas encore d'affirmer que le recourant aurait perdu toute propension à la violence, telle qu'elle est décrite dans les précédents arrêts cantonaux. Dès lors, si le recourant n'est, comme il l'affirme, "plus en mesure" de commettre des opérations illicites, rien ne permet de supposer que cet état, exclusivement lié à la détention, perdurera en cas de libération. N'étant manifestement pas propres à remettre en cause l'existence du risque de récidive, les observations du recourant n'appelaient pas de motivation spécifique sur ce point. Le recourant contestait aussi le risque de fuite en évoquant ses attaches avec la Suisse. A ce propos, il n'invoquait aucune circonstance nouvelle qui n'aurait pas été prise en compte dans l'arrêt du 6 octobre 2004, et qui eût nécessité une motivation supplémentaire. Le recourant demandait certes l'adoption de mesures de substitution, tel le versement d'une caution ou d'autres mesures de contrainte. Compte tenu de l'existence d'un risque de récidive, la cour cantonale n'avait toutefois pas à s'interroger sur de telles mesures. Au demeurant, le recourant se bornait à en évoquer le principe, sans indiquer par exemple quel montant il aurait été prêt à fournir afin de prévenir toute velléité de fuite. Il n'y a pas, à ce propos également, de violation de l'obligation de motiver. Sur ces questions, la Chambre d'accusation pouvait ainsi se référer à sa décision précédente.