Citation: 1B_426/2022 E. A

Une procédure pénale (P1_2017) est instruite par le Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) contre B.A.________, A.A.________, C.A.________ et D.A.________ notamment pour traite d'êtres humains (art. 182 CP). Dans ce cadre - sous référence P/23544/2017 -, le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : Tmc) a autorisé, le 17 novembre 2017 (OTMC1_2017) une mesure technique de surveillance secrète à l'encontre des quatre prévenus précités pour une durée de trois mois, avec effet au 20 novembre 2017; une ou plusieurs caméras de surveillance pouvaient être placées dans le jardin de leur villa à X. afin d'observer et d'enregistrer les allées et venues des employés, ainsi que leur liberté de mouvement, notamment de quitter ou non le périmètre de la résidence. Le Tmc a attiré l'attention du Ministère public sur la nécessité de garantir, si les images issues de cette surveillance devaient être exploitées, l'anonymat des personnes filmées sans aucun lien avec la procédure. La police a relevé, dans son rapport du 12 février 2018, que le système de surveillance n'avait été totalement opérationnel qu'à partir du 22 janvier 2018. Par ordonnances des 22 février (OTMC2_2018), 27 avril (OTMC3_2018), 18 mai (OTMC4_2018) et 14 août 2018 (OTMC5_2018), le Tmc a étendu cette mesure aux infractions d'usure par métier (art. 157 ch. 2 CP) et à des infractions à la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20), respectivement l'a prolongée jusqu'au 14 novembre 2018. Le 22 décembre 2021, le Ministère public a informé les prévenus de cette surveillance. Le recours formé par ceux-ci auprès de la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après : la Chambre pénale de recours) a été partiellement admis le 3 mai 2022 (cause ACPR4_2022); cette autorité a constaté l'illicéité de la surveillance secrète opérée au domicile de la famille A.________ entre le 13 avril et le 14 novembre 2018 et a ordonné la destruction immédiate des supports d'images portant sur cette période. Par arrêt du 29 novembre 2022, le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours en matière pénale formé contre cette décision, constatant l'illicéité de la mesure de surveillance effectuée le 21 février 2018 (cause 1B_282/2022). Par courrier du 24 décembre 2021 adressé au Ministère public, le conseil de D.A.________ - agissant également au nom des trois autres prévenus - a demandé la mise sous scellés de l'intégralité des éléments recueillis lors de la mesure de surveillance technique, invoquant également l'application de l'art. 271 CPP; il a fait valoir le secret professionnel de l'avocat (réunions avec des mandataires professionnels, y compris ceux en charge de la présente procédure pénale), ainsi que le secret bancaire vu les activités des prévenus. L'avocat a sollicité le transfert au Tmc de tous les fichiers audio et vidéo en vue du tri. Le Ministère public a, le 3 janvier 2022, saisi le Tmc d'une demande de tri au sens de l'art. 271 CPP, concluant au rejet de la requête des prévenus. Il a fait valoir que, dans le cadre de l'analyse des enregistrements, la police n'avait à aucun moment indiqué avoir remarqué la présence d'un des avocats des prévenus; en l'absence d'enregistrement audio, le secret professionnel n'était pas menacé par la présence des avocats au domicile de leurs clients. A titre subsidiaire, le Ministère public a relevé ne pas s'opposer à l'effacement des périodes d'enregistrement faisant apparaître les avocats des prévenus, dites périodes pouvant aisément être désignées par les avocats. Dans le cadre de l'examen de cette requête, l'avocat de D.A.________ a indiqué, par courriers du 4 janvier, puis du 17 mars 2022, vouloir participer activement au tri. Selon le rapport de la police du 14 janvier 2022, il n'existait aucun enregistrement pour la période comprise entre le 14 août et le 14 novembre 2018. Le 17 janvier 2022, le Ministère public a transmis au Tmc, dans une enveloppe scellée, une clé USB contenant les enregistrements issus de la mesure de surveillance technique. Ce tribunal a, le 17 mars 2022, mis à disposition des conseils des prévenus une clé USB contenant ces enregistrements; il les a invités, d'ici au 8 avril 2022, à indiquer, de manière motivée et précise, les séquences qui, selon eux, seraient soumises à un éventuel secret professionnel. L'avocat de D.A.________ a requis, le 8 avril 2022, les éléments suivants :