Citation: 6B_86/2019 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a repris à son compte l'appréciation des preuves effectuée par le tribunal de première instance. Il en ressortait que le recourant et l'intimée s'accordaient sur le fait qu'ils avaient passé la soirée du 16 juillet 2015 ensemble. Ils avaient alors mangé et bu, ainsi qu'entretenu une relation sexuelle. Pour le surplus, les versions des événements des deux intéressés divergeaient. Selon l'intimée, le recourant était très énervé car il s'était disputé avec ses parents. Le recourant avait quant à lui indiqué que la soirée s'était bien déroulée mais que l'intimée avait trop bu. Selon lui, la soirée s'était terminée et tous deux étaient allés se coucher. Le recourant avait, de manière constante, affirmé qu'il n'y avait eu aucune altercation. Sa version des événements était toutefois fortement affaiblie par divers éléments du dossier. Premièrement, l'intéressé avait menti à plusieurs reprises durant la procédure, ce qui révélait une propension à ne pas dire la vérité. Deuxièmement, le fait que du sang appartenant à l'intimée, mélangé à l'empreinte palmaire du recourant, eût été retrouvé sur le manche d'un couteau au domicile de ce dernier jetait le discrédit sur ses allégations selon lesquelles la soirée du 16 juillet 2015 se serait déroulée sans aucune dispute. Les explications du recourant pour justifier la présence de sang sur le couteau - à savoir qu'il se serait gratté le dos - manquaient de crédibilité, d'autant qu'il ne s'agissait pas de son sang. Confronté au fait qu'il s'agissait du sang de l'intimée, le recourant s'était borné à reporter la responsabilité sur l'intimée, en affirmant que celle-ci n'était "pas bien dans sa tête". L'explication du recourant, selon laquelle après que tous deux se sont couchés et ont fait l'amour, il se serait éveillé seul en raison du départ soudain de l'intimée, sans que celle-ci ne lui donnât la moindre explication et en lui volant sa voiture, ne pouvait être retenue. De surcroît, le recourant n'avait pas été en mesure d'expliquer la présence de sang de l'intimée à plusieurs endroits dans son véhicule, notamment dans le coffre. Selon lui, l'intéressée était prise de boisson, s'était peut-être tapée et avait pris la voiture pour se rendre en forêt. Cette explication était dénuée de crédibilité. Il en allait de même de son allégation selon laquelle l'intimée se serait rendue en forêt dans le but de se suicider. On ne voyait pas pourquoi celle-ci aurait alors essuyé certaines taches de sang visibles tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du véhicule, ni pourquoi elle aurait jeté les clés en contrebas d'un talus. A l'inverse, les déclarations de l'intimée s'agissant des faits dénoncés avaient été crédibles et cohérentes. L'intéressée n'avait aucun intérêt à mentir. Elle avait livré un récit clair, sans chercher à accabler le recourant. Elle avait rapporté les événements à divers tiers, d'une façon identique. L'état physique dans lequel elle s'était trouvée au matin du 17 juillet 2015 ne pouvait être dû qu'aux agissements d'une tierce personne. L'intimée n'avait alors pas les clés de son domicile sur elle, de sorte qu'elle ne paraissait pas être partie calmement de chez le recourant. En outre, lors de la perquisition du domicile du recourant, les baskets qu'il avait portées le soir des faits avaient été retrouvées, encore mouillées, dans la machine à laver le linge, alors que, ordinairement, la lessive était faite une fois par semaine par la mère de celui-ci, à qui le recourant amenait son linge. Enfin, les faits reprochés au recourant concordaient avec sa personnalité, soit celle d'un homme jaloux et potentiellement violent. L'intéressé avait admis l'existence, auparavant, d'actes de violence. Il savait par ailleurs que l'intimée ne lui avait pas été fidèle, qu'elle avait eu une aventure avec un tiers et qu'elle avait l'intention de le quitter, ce qu'il avait admis avoir craint. La cour cantonale a ajouté que, lors de la perquisition du 17 juillet 2015, un couteau de cuisine avait été saisi, lequel comportait, sur le manche, du sang de l'intimée et une trace sanglante, correspondant à l'empreinte de la paume droite du recourant. Cet objet avait été trouvé dans le bureau, ce qui corroborait les déclarations de l'intimée, selon lesquelles, après que le recourant eut tourné contre elle le couteau en le mettant contre sa gorge, elle avait réussi à se débattre puis à s'enfermer dans cette pièce. Par ailleurs, le matin du 17 juillet 2015, à 5 h 26, le recourant avait écrit à sa mère : "peut-être elle est suicide route ou forêt...". L'intéressé avait expliqué avoir écrit ces mots à sa mère car il cherchait son véhicule et pensait que celui-ci pouvait se trouver sur une route ou dans la forêt. Il avait encore écrit à sa mère les messages suivants le 17 juillet 2015 : "Tu sais moi prison et c'est interdit" "J'ai énervé avec esther maintenant" Bien que l'examen clinique du recourant, effectué le 17 juillet 2015, eût révélé que de nombreuses griffures présentes sur son corps dataient d'environ 48 heures, celui-ci avait affirmé qu'il s'agissait de traces de crayon rose, puis avait rectifié en déclarant qu'il s'était gratté. La cour cantonale a encore relevé que, le 2 octobre 2015, lorsqu'il avait été demandé au recourant comment il envisageait la suite de ses relations avec l'intimée, il avait déclaré ce qui suit : "Je ne veux plus la voir [...]. C'est dans la tête. Je ne veux plus taper. Je ne veux plus. Je veux prier pour ne plus taper, ne plus boire d'alcool et ne plus fumer de joints." Sur la base de ces divers éléments, l'autorité précédente a retenu que le recourant avait bien commis les faits qui lui étaient reprochés par l'intimée.