Citation: 4A_210/2015 E. 6.3.2

6.3.2. Il ressort du contrat du 8 mai 2009 que la société a mandaté l'architecte, conformément aux propositions que celui-ci lui avait faites et qu'elle avait acceptées. Le mandat est décrit plus en détail notamment à l'annexe 1. Selon cette annexe, l'architecte est chargé du suivi du projet "en conformité avec l'offre finale datée du 05/05/2009 convenue avec le client pour un coût total fixe ("total fixed cost") de CHF 360'000.00 ventilé" en six postes: 150'000 Travaux de rénovation et équipement sur toute la surface de 178 m2, comme convenu 120'000 Mobilier comme convenu 30'000 Construction de l'escalier entre les 5e et 6e étages 22'000 Travaux artistiques par deux artistes confirmés (...) 8'000 Trois télévisions de taille spécifique et leur installation 30'000 Décoration intérieure et coordination du projet (...). Il ressort des courriels et de leurs annexes détaillant les prix "poste par poste" que l'architecte avait initialement (31 mars-2 avril 2009) proposé un projet d'un coût global de 416'111 fr. (pièces 1006 et 1010), qui a été ensuite réduit à trois reprises, soit le 23 avril 2009 à 400'322 fr. (pièce 1011), puis le 27 avril 2009 à 392'362 fr. plus 3'500 fr. de frais d'ingénieur, pour être arrêté finalement (5 mai 2009) à 360'000 fr. (pièce 1018). Vu l'absence d'utilisation du terme de "garantie" et d'une assurance claire de l'architecte qu'il prendrait à sa charge tout dépassement de coût, on ne saurait en déduire que les parties sont convenues d'une garantie du coût de la construction (Bausummengarantie; cf. consid. 4.3.2 ci-dessus). Comme les parties ont longuement discuté le prix de réalisation du projet, lequel a été réduit à trois reprises sur demande de la mandante, il y a lieu d'admettre, conformément aux règles de la bonne foi, que cette dernière a fixé à l'architecte une limite du coût de construction (Kostenlimite ). Le fait que, par la suite, elle ait commandé des travaux supplémentaires, dont elle a accepté de payer les coûts, n'y change rien. Est aussi inopérant l'argument de l'intimée selon lequel la traduction exacte du texte du contrat serait de "coût total fixé" - supposé démontrer que le montant n'est qu'une estimation -, et non de "coût total fixe".