Citation: 4A_352/2019 E. 4.3

4.3. La recourante dénonce un établissement lacunaire et arbitraire des faits pertinents pour la question de l'enrichissement illégitime. L'autorité précédente aurait décrit de façon incomplète le mécanisme de paiement global unique et automatisé, tel qu'il ressort en particulier des explications de ses deux collaborateurs N.________ et O.________. En réalité, la Cour de justice n'a pas ignoré ces explications qui sont également retranscrites en détail dans le premier jugement. Elle est toutefois arrivée à la conclusion que ledit processus était inadapté à ce cas particulier et que A.________ avait traduit de façon erronée les éléments ressortant de la communication de Z.________ SA. C'est en réalité cette conclusion juridique - convergeant avec l'analyse du collaborateur de Z.________ SA - qui heurte la recourante. Or, cette dernière ne conteste pas l'absence de lien contractuel avec Z.________ SA, et en particulier l'inexistence d'une relation de compte courant. Elle ne discute pas davantage le fait que des factures de Z.________ SA envers la commerçante zurichoise étaient demeurées impayées, respectivement que le compte courant de ladite commerçante présentait un découvert représentant une dette de A.________ pour des avances de paiement, dette qui n'était pas liée au remboursement des factures en souffrance de Z.________ SA, de l'aveu même du directeur de A.________. Sur la base de ces éléments indiscutés, et plus généralement de l'état de fait qui lie la cour de céans, l'analyse juridique de la Cour de justice ne souffre aucune critique. La recourante persiste à vouloir s'abriter derrière le processus global et automatisé mis en place, dont les juges genevois ont expliqué à bon escient qu'il aurait nécessité un correctif dans le cas particulier. Elle conteste vainement l'appauvrissement de Z.________ SA en arguant du fait que celle-ci a récupéré - soit-disant indûment - de la marchandise, en faisant fi du fait qu'elle eût dû encaisser 76'087 fr. 70 supplémentaires pour des marchandises livrées à d'autres commerçantes. Dans un litige de nature triangulaire, l'autorité précédente a distingué à juste titre la question de l'enrichissement illégitime de A.________ aux dépens de Z.________ SA, de celle des prétentions révocatoires que la commerçante zurichoise (resp. sa masse en faillite) pouvait avoir à l'encontre de Z.________ SA.