Citation: 6B_67/2019 E. 6.4

6.4. Les recourantes ne contestent pas le montant total de l'avantage économique retiré par A.________ tel que calculé par le TPF. Il suffit ici de relever que celui-ci n'est en relation qu'avec des actions MUS_3. Comme déjà indiqué (cf. supra consid. 5.9.4 et 5.9.7.1), celles-ci correspondent au remploi du produit de l'infraction de gestion déloyale aggravée. Le prononcé de la créance compensatrice ne sera donc examiné qu'en relation avec cette infraction. En outre, conformément à la jurisprudence, la confiscation, respectivement la créance compensatrice, ne porte pas seulement sur les valeurs patrimoniales acquises directement grâce à l'infraction, mais s'étend aussi aux bénéfices réalisés (ATF 144 IV 1 consid. 4.2.3 p. 8; 141 IV 305 consid. 6.3.2 p. 312 s.; pour la créance compensatrice cf. arrêt 1B_408/2012 du 28 août 2012 consid. 3.3) entre le moment où les valeurs ont été acquises et celui où la mesure de confiscation, respectivement la créance compensatrice, a été ordonnée (arrêt 6B_528/2012 du 28 février 2013 consid. 6.2.2; pour la créance compensatrice cf. arrêt 6P.203/2006 du 19 avril 2007 consid. 7.3). Il en va en particulier ainsi des intérêts sur les capitaux, des dividendes des actions, des loyers tirés de la location d'un immeuble (y compris l'économie obtenue sur son propre loyer) et des bénéfices réalisés en cas de gestion de fortune par une banque (par ex. bénéfice de cours ou de change), mais également des plus-values réalisées sur les actifs (ATF 144 IV 1 consid. 4.2.3 p. 8; arrêts 6B_430/2012 du 8 juillet 2013 consid. 3.1.2; 6B_528/2012 du 28 février 2013 consid. 6.2.2). Une partie du prix de vente des actions MUS_3 a été confisquée (cf. supra consid. 5.12.2 et 5.12.4). Le solde de ce prix ainsi que les 20,4% d'actions MUS_3 dont A.________ était encore titulaire aurait pu faire l'objet d'une confiscation en ses mains - ou celles de la recourante 1 en sa qualité d'héritière unique - si ces valeurs patrimoniales avaient encore été disponibles. En effet, comme déjà exposé, ces valeurs sont le résultat de l'infraction de gestion déloyale aggravée et A.________ ne les avait pas acquises de bonne foi (cf. supra consid. 5.9.6 à 5.9.8). Pour rappel, A.________ ne pouvait ignorer que les actions MUS constituaient le remploi du produit de l'infraction de gestion déloyale aggravée et ne pouvait qu'avoir accepté ce risque, en particulier au vu du fait qu'il avait reçu ces actions d'une valeur de plus de 456 mio fr. (encore 385 mio fr. après les diverses déductions opérées par le TPF) en échange d'un investissement minime voire inexistant. Par conséquent, une créance compensatrice d'un montant équivalent aux valeurs patrimoniales indisponibles aurait pu, sur le principe, être prononcée contre A.________.