Citation: 1B_85/2010 19.04.2010 E. 2

La Chambre d'accusation a considéré en substance qu'il existait des charges suffisantes de tentative de meurtre, voire lésions corporelles, à l'encontre du recourant et que les risques de récidive et de fuite étaient réalisés. Par ailleurs, même si la Cour européenne des droits de l'homme avait admis un droit à un avocat dès la première heure, elle n'en avait toutefois pas déduit que la mise en détention avait été illégale. Dans le canton de Genève, une telle garantie n'existait pas encore, mais le prévenu conservait le droit de se taire, ce dont il avait été informé en prenant connaissance de l'art. 107A du code de procédure pénale cantonal genevois (ci-après: CPP/GE). En outre, il n'y avait pas de violation du droit d'être entendu du fait de la détention de l'inculpé dans une autre prison que Champ-Dollon. Le recourant ne remet pas en cause les motifs de la détention. En revanche, il fait valoir que l'art. 6 par. 3 let. c CEDH garantit le droit à un avocat dès le premier interrogatoire de police. Or, il n'a pas bénéficié de l'assistance d'un défenseur durant la garde à vue et n'a pas renoncé valablement à la visite d'un avocat, puisqu'il n'avait pas été informé de ce droit par l'officier de police. Ce vice devait donc conduire à la constatation de la nullité du mandat d'arrêt et à sa libération immédiate. De plus, il a été transféré à la prison préventive de Sion, qui se trouve à plus de deux heures de Genève, et le Palais de justice ne dispose pas de locaux permettant aux clients de s'entretenir avec leur mandataire. N'ayant pas pu rencontrer son avocat avant l'audience de la Chambre d'accusation, son droit d'être entendu a été violé.