Citation: 9C_760/2020 E. 3

La cour cantonale a considéré que le rapport d'expertise du 4 avril 2019 répondait aux réquisits jurisprudentiels en matière de valeur probante des documents médicaux. En ce qui concernait la problématique cardiaque, les juges cantonaux ont constaté que si un rapport d'IRM tridimensionnelle du 28 octobre 2019 évoquait certes une fraction d'éjection du ventricule gauche de 41 %, en comparaison aux 50 % évalués dans l'expertise, il ne permettait toutefois pas de remettre en question la fiabilité de celle-ci. En effet, à supposer que l'IRM en question fût sensiblement plus précise que l'échocardiographie bidimensionnelle sur laquelle se fondait l'expertise (comme l'alléguait le recourant), un tel examen restait difficilement exploitable puisqu'il n'avait jamais été réalisé auparavant. On ne pouvait donc en tirer des conclusions sur les données échographiques de l'expertise sans également émettre des réserves sur la totalité des valeurs antérieures, y compris celles récoltées par la cardiologue consultée par le recourant. Quoi qu'il en fût, le rapport d'IRM faisait état d'une diminution discrète de la fraction d'éjection du ventricule, de sorte que le constat ne semblait pas inquiétant. En outre, les experts avaient tenu compte de la fraction d'éjection dans la détermination des limitations fonctionnelles et il ressortait du test d'effort pratiqué aux fins de l'expertise que la capacité physique limitée du recourant était en grande partie liée à sa sédentarité et à son manque de motivation. L'experte en cardiologie avait également relevé que la dernière coronarographie du 9 janvier 2018 avait mis en évidence l'absence de progression de la maladie coronarienne, que l'assuré n'avait pas présenté de récidive ischémique, ni d'épisode de décompensation cardiaque, et qu'il existait une incohérence entre les plaintes, l'état clinique et les résultats des examens cardiologiques. Sur le plan psychiatrique, les juges cantonaux ont suivi les conclusions de l'expert psychiatrique, dont l'appréciation de la capacité de travail était motivée de manière conforme à la jurisprudence, selon laquelle les affections psychosomatiques et psychiques doivent faire l'objet d'une procédure probatoire structurée au sens de l'ATF 141 V 281. L'appréciation de l'expert n'était pas remise en cause par les autres pièces figurant au dossier, en particulier les rapports successifs du docteur C.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie et médecin traitant de l'assuré. Ce praticien faisait certes état d'une capacité de travail de 60 % dans une activité adaptée, qu'il expliquait par une fatigabilité liée à la baisse d'énergie vitale, mais cette capacité de travail réduite n'était que peu documentée de manière objective. En outre, la baisse d'énergie vitale ne se retrouvait pas dans les descriptions du quotidien faites par l'assuré aux experts. Enfin, les rapports du médecin traitant, peu motivés, ne permettaient pas de comprendre la fatigabilité évoquée, ni les raisons d'une stagnation de la capacité résiduelle de travail à 60 % malgré la description d'une amélioration constante depuis la prise en charge du recourant.