Citation: 5C.136/2001 07.01.2002 E. A

A.- Par contrat d'entreprise du 29 mars 1988, X.________ SA (ci-après: la demanderesse) s'est vu adjuger des travaux d'installation électrique pour un montant de 246'000 fr. concernant des logements à construire sur des parcelles sises à Z.________ et propriété de V.________. Le 16 mai 1988, X.________ (ci-après: le défendeur) a accordé à ce dernier un crédit de construction destiné à financer l'édification de trois immeubles. En octobre 1988, les parcelles en question ont été aménagées en une propriété par étages composée de 38 lots (37 appartements et 1 salle de classe). Des cédules hypothécaires ont été inscrites sur 16 de ces lots PPE en premier rang, en deuxième rang (pour un total de 467'400 fr.) et en troisième rang (pour un montant de 1'200'000 fr.). Commencés au printemps 1988, les travaux n'ont été terminés qu'en mars 1992, en raison de difficultés de trésorerie du maître de l'ouvrage et de retard dans les paiements. La demanderesse a établi des factures pour un montant de 350'583 fr. 85. Après déduction des acomptes versés, elle réclamait encore un solde de 141'686 fr. 95. Le 13 février 1992, elle a obtenu, à concurrence de ce montant, l'inscription provisoire en sa faveur d'une hypothèque légale d'entrepreneur grevant les 38 lots PPE. Pour les 16 lots précités, qui appartenaient alors au maître de l'ouvrage, l'inscription a été faite à hauteur de 64'466 fr. En sa qualité de créancier hypothécaire et détenteur des cédules hypothécaires grevant notamment les 16 lots PPE susmentionnés, le défendeur a engagé des poursuites en réalisation de gage contre le maître de l'ouvrage. Vendus aux enchères publiques en septembre 1994, lesdits lots PPE lui ont été adjugés pour un montant total de 4'610'000 fr. Compte tenu du produit net de gérance et déduction faite d'une hypothèque légale de droit public, la vente aux enchères lui a rapporté 4'551'491 fr. La plus-value engendrée par les constructions a été estimée en instance cantonale à 3'576'258 fr. Trois bénéficiaires d'hypothèques légales provisoires d'artisans et entrepreneurs, dont la demanderesse, sont restés totalement à découvert, leur perte s'élevant à 164'725 fr. 05, intérêts et frais non compris. Tous les autres artisans et entrepreneurs ont été payés.