Citation: 6B_631/2018 E. 1.4

1.4. En l'espèce, la motivation de la cour cantonale ne permet pas de vérifier la bonne application du droit fédéral. Tout d'abord, bien que la cour cantonale eût mentionné, dans son considérant exposant les règles juridiques applicables, l'art. 17 al. 4 OCR, on ignore, à la lecture de l'arrêt attaqué, si celle-ci a considéré que cette disposition - en particulier sa seconde phrase - devait s'appliquer en l'occurrence, soit si la manoeuvre entreprise par le recourant aurait été - compte tenu des circonstances de la cause - interdite. Il convient à cet égard de relever que l'acte d'accusation du 11 mai 2017 ne reproche pas à l'intéressé d'avoir entamé un demi-tour sur route à un endroit et dans des circonstances qui auraient dû le lui interdire. L'autorité précédente a considéré que - par sa manoeuvre - le recourant avait entravé les usagers de la route circulant en sens inverse, qui bénéficiaient de la priorité. L'état de fait de la cour cantonale ne précise cependant nullement de quelle manière le recourant s'est engagé sur la voie de circulation inverse, soit éventuellement "à tâtons" comme il l'a prétendu, et sur quelle distance portait sa visibilité au moment d'entamer sa manoeuvre. On ignore également, selon l'autorité précédente, à quelle distance le motocycliste B.A.________ a pu apercevoir le recourant et quelle distance lui aurait été nécessaire pour freiner s'il avait circulé à la vitesse maximale autorisée sur le tronçon. La motivation de la cour cantonale ne permet donc pas de comprendre dans quelle mesure le comportement du recourant aurait pu se révéler contraire aux règles de la circulation routière. Il ne suffit pas, à cet égard, de constater qu'une collision avec un véhicule circulant en sens inverse s'est produite pour en déduire une violation, par le recourant, des art. 31 al. 1 et 36 al. 4 LCR. Compte tenu de ce qui précède, l'arrêt attaqué doit être annulé et la cause renvoyée à l'autorité cantonale afin que celle-ci complète l'état de fait (cf. art. 112 al. 3 LTF). Il appartiendra en particulier à l'autorité cantonale de s'exprimer spécifiquement sur la portée de l'art. 17 al. 4 OCR dans le cas d'espèce. Elle devra notamment déterminer - par exemple au moyen d'une inspection locale voire d'une reconstitution - si la manoeuvre amorcée par le recourant lui permettait, compte tenu de la visibilité dont il disposait, d'empiéter comme il l'a fait sur la voie inverse sans entraver la progression d'un motocycliste.