Citation: 6P.179/2004 25.01.2005 E. 2

Le recourant se plaint d'une violation du droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.). Il soutient que l'expertise psychiatrique présente des lacunes, dans la mesure où l'expert n'examine pas les répercussions psychiques qu'aurait pu causer le schwannome dont il est atteint. Il se réfère à un rapport du 7 août 2001 du Dr G.________, qui précise qu'une composante de dépression anxieuse du recourant avait motivé un autre traitement. 2.1 Garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'être entendu permet au justiciable de participer à la procédure probatoire en produisant des preuves pertinentes et en obtenant qu'il soit donné suite à ses offres de preuve pertinentes (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16 et les arrêts cités). Il est possible de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes lorsque le fait à établir n'est pas important pour la solution du cas, lorsque les preuves résultent déjà d'éléments du dossier, et lorsque le juge parvient à la conclusion qu'elles ne sont pas décisives ou qu'elles ne pourraient l'amener à modifier son opinion. Ce refus d'instruire ne viole le droit d'être entendu des parties que si l'appréciation anticipée de la pertinence du moyen de preuve offert, à laquelle le juge a ainsi procédé, est entachée d'arbitraire (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242 et les arrêts cités). 2.2 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que les motifs de la décision critiquée soient insoutenabIes, encore faut-il que cette dernière soit arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275; 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70, et les arrêts cités). 2.3 La cour de cassation neuchâteloise a sur les questions qui sont posées dans le recours de droit public à propos de l'établissement des faits et l'appréciation des preuves une cognition semblable à celle du Tribunal fédéral qui est appelé à les résoudre sous l'angle de l'art. 9 Cst. (cf. Alain Bauer/Pierre Cornu, Code de procédure pénale neuchâtelois annoté, p. 500 s; art. 251 CPP/NE, n. 8 et 11, p. 523/524). Il ne s'ensuit pourtant pas pour le Tribunal fédéral l'obligation de se limiter à examiner sous l'angle de l'arbitraire si l'autorité cantonale de recours est elle-même tombée dans l'arbitraire. Ce mode de faire réduirait pratiquement à néant le rôle assigné dans ce domaine au juge constitutionnel de la Confédération. Il appartient bien plutôt au Tribunal fédéral d'examiner sans réserve l'usage que l'autorité cantonale de cassation a fait de sa cognition limitée (ATF 125 I 492 consid. 11a/cc p. 494; 111 Ia 353 consid. 1b p. 355). L'examen du Tribunal fédéral saisi d'un recours de droit public ayant pour objet la constatation des faits et l'appréciation des preuves, dirigé contre l'arrêt d'une autorité de cassation qui n'a pas une cognition inférieure à la sienne, portera concrètement sur l'arbitraire du jugement de l'autorité inférieure, question qu'il lui appartient d'élucider à la seule lumière des griefs soulevés dans l'acte de recours (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc et 1b p. 495). 2.4 En l'occurrence, la cour de cassation cantonale a relevé que l'expert savait que le recourant était atteint d'un schwannome vestibulaire, mais a estimé que le recourant ne souffrait d'aucun trouble, à l'exception du trouble sexuel que constitue la pédophilie. Elle en a conclu que le schwannome n'avait aucune répercussion sur la faculté du recourant de percevoir le caractère illicite de ses actes et de se déterminer sur la base de cette évaluation, car si cette affection avait pu occasionner des troubles psychiques, ceux-ci auraient été révélés lors de l'expertise. En outre, la cour de cassation cantonale s'est référée aux rapports des médecins consultés au sujet du schwannome, précisant qu'aucun n'avait mis en doute la capacité mentale pleine et entière du recourant. Le Dr H.________ et le Dr I.________ mentionnent certes que toute pathologie médicale peut avoir une répercussion sur l'état psychique. La cour de cassation cantonale a toutefois admis que tel n'était pas le cas en l'espèce, puisque le recourant n'avait jamais mentionné spontanément, au cours de la procédure, souffrir du fait de se voir porteur d'une tumeur. Enfin, la cour de cassation cantonale a expliqué que le recourant avait su exprimer le mécanisme qui s'était instauré entre lui et les enfants et les raisons qui l'avaient poussé à l'acte. Le raisonnement de la cour de cassation cantonale ne prête pas le flanc à la critique. Elle a expliqué de manière claire et détaillée les raisons qui l'ont conduite à exclure toute répercussion de la tumeur du recourant sur sa capacité d'apprécier le caractère illicite de ses actes. Pour ce faire, elle a analysé de manière détaillée l'expertise en cause ainsi que les différents rapports médicaux. Le rapport du Dr G.________ qui fait une référence à un simple trouble de dépression ne saurait mettre en doute l'expertise du Dr F.________ et les autres rapports médicaux. Le recourant ne fait valoir aucun autre argument pertinent. Mal fondée, l'argumentation du recourant doit être rejetée.