Citation: 7B_644/2024 E. 2.4.1

2.4.1. Le recourant reproche à la juridiction précédente d'avoir retenu un pronostic défavorable en accordant un poids prépondérant à ses antécédents et en relativisant de manière arbitraire les éléments plaidant en faveur d'une libération conditionnelle. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale était fondée à retenir que le pronostic avait déjà été considéré comme mauvais en première instance, la JAP ayant clairement indiqué admettre la libération conditionnelle "non sans hésitation et uniquement sous l'angle du pronostic différentiel". Quoi qu'il en soit, la juridiction précédente ne s'est pas contentée de se rallier à l'avis de la première juge à cet égard, mais a conclu à un pronostic défavorable au terme d'un examen complet, qui ne prête pas le flanc à la critique et doit être confirmé. Ainsi, la cour cantonale a constaté que les problèmes d'addiction et de violence du recourant n'étaient pas résolus. Pour ce faire, elle s'est fondée sur des critères objectifs. Elle a en particulier tenu compte de la consommation d'alcool et de stupéfiants du recourant à sa sortie de prison en 2022, des nombreuses sanctions disciplinaires pour consommation de stupéfiants en détention, la dernière en janvier 2024, ainsi que des actes de violence commis lorsque le recourant avait été relaxé en juin 2022, puis en août 2023, moins d'un an après sa sortie de prison. A cet égard, le recourant ne saurait faire grief à la juridiction précédente d'avoir tenu compte des récidives en arguant que celles-ci auraient été commises alors qu'il ne bénéficiait plus des mesures de substitution. En effet, quels que soient les motifs ayant conduit l'intéressé à commettre les actes délictueux, le juge doit tenir compte des antécédents du condamné dans son examen du pronostic relatif à son comportement futur, conformément à la jurisprudence (cf. consid. 2.1.2 supra). Le recourant ne conteste au demeurant pas avoir commis des actes graves, notamment des actes violents et dangereux à l'égard de plusieurs personnes, dont son ex-compagne, ni s'être livré à un important trafic de stupéfiants en bande et par métier par pur appât du gain. Il ne conteste pas davantage son statut de multirécidiviste. Il apparaît ainsi pour le moins audacieux de soutenir que les juges cantonaux auraient dû voir le fait qu'il reconnaissait avoir des problèmes de violence et d'addiction "comme un degré important d'amendement". Si le recourant a certes déclaré avoir conscience de ses problèmes, il n'a de toute évidence pas pris conscience de leurs conséquences, au vu des actes qui continuent d'en découler et de l'absence de démarches entreprises pour y remédier avant qu'entre en jeu l'examen de sa libération conditionnelle. A cet égard, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en considérant que les démarches entreprises à l'approche des deux tiers de la peine apparaissaient de circonstance vu leur tardiveté; en indiquant qu'il n'en avait pas entrepris plus tôt parce qu'il "croyait fermement qu'il pourrait être mis au bénéfice de règles de conduite lors de sa libération conditionnelle", le recourant ne démontre pas le contraire. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale n'a pas ignoré sa réinsertion professionnelle (cf. arrêt attaqué p. 16). Elle a néanmoins considéré que si le recourant avait certes trouvé un emploi, cela serait susceptible, comme par le passé, de l'empêcher de respecter les règles de conduite ordonnées, lesquelles s'avéraient pourtant nécessaires pour qu'il ne retombe pas dans la délinquance. Le recourant ne remet pas valablement en cause cette appréciation. Le fait de justifier avoir été empêché de se soumettre par le passé à certaines mesures de substitution en raison de son activité de livreur ne lui est d'aucun secours dans la mesure où il a indiqué exercer la même profession aujourd'hui. Prétendre péremptoirement qu'il aurait cette fois-ci "d'ores et déjà fait le nécessaire auprès de son employeur" n'est pas suffisant pour pallier le risque encouru - admis de manière unanime - au cas où il ne se soumettrait pas à ces règles de conduite. Le recourant reconnaît lui-même avoir récidivé lorsqu'il ne bénéficiait plus de suivi; l'appréciation de la juridiction cantonale quant au manque de fiabilité d'un suivi scrupuleux par le recourant des règles de conduite ordonnées est ainsi exempte d'arbitraire. Il s'ensuit que la cour cantonale a pris en considération tous les éléments nécessaires et pertinents pour aboutir à un pronostic défavorable. Elle a tenu compte de l'importance des antécédents du recourant, de la gravité des actes commis et des problèmes de violence et d'addiction - encore présents - les provoquant, de son statut de multirécidiviste, de son comportement en général, en particulier de son manque de prise de conscience et de l'incertitude s'agissant de son implication future dans les suivis absolument nécessaires. Au vu du risque concret de réitération résultant de ces différents éléments, les juges cantonaux n'ont manifestement pas abusé de leur pouvoir d'appréciation en posant un pronostic défavorable.