Citation: 1P.501/1999 24.01.2000 E. 2

2.- Le recourant voit une violation de son droit d'être entendu tel qu'il est garanti par l'art. 4 aCst. (cf. aujourd'hui l'art. 29 al. 2 Cst. ) dans le fait que l'autorité intimée a statué sans avoir procédé à son audition et à celle de Me Muriel Epard, qui fut son avocate d'office durant la procédure. Il perd cependant de vue que cette disposition ne garantit pas au justiciable le droit de s'exprimer oralement devant l'autorité; celle-ci peut, sans violer l'art. 4 aCst. , statuer uniquement sur la base du dossier entre ses mains, pourvu que les parties aient pu s'exprimer sur tous les éléments retenus dans la décision (ATF 125 I 209 consid. 9b p. 219; 122 II 464 consid. 4a p. 469 et les références citées). De plus, si le particulier a le droit de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (cf. notamment ATF 124 I 49 consid. 3a p. 51, 242 consid. 2 p. 242; 124 V 180 consid. 1a p. 181), ce droit n'est pas absolu; l'autorité peut renoncer à administrer un moyen de preuve offert par une partie pour autant qu'elle puisse admettre sans arbitraire que ce moyen n'aurait pas changé sa conviction (ATF 124 I 208 consid. 4a p. 211; 124 V 90 consid. 4b p. 94; 122 II 464 consid. 4a p. 469). En l'occurrence, le Tribunal d'accusation a rejeté la demande d'indemnité pour détention injustifiée présentée par le recourant parce que ce dernier avait été condamné pour vol à une peine d'emprisonnement supérieure à la détention préventive subie; au regard de cette motivation, l'autorité pouvait, au terme d'une appréciation anticipée non arbitraire des preuves et sans violer le droit d'être entendu du recourant, tenir pour inutile l'audition de ce dernier ou de l'avocate qui avait assuré sa défense au cours de la procédure pénale. Le recours est donc mal fondé sur ce point. Pour le surplus, il n'y a pas lieu d'examiner d'office le bien-fondé matériel de la décision attaquée en l'absence de tout grief à ce sujet (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76).