Citation: 2C_439/2023 E. 5.3

5.3. Concernant l'appréciation des preuves relatives aux rôles tenus par F.________ et la recourante, au contraire de ce que celle-ci prétend, la Cour de justice n'a pas omis les éléments indiquant qu'elle déployait une certaine activité en lien avec la tenue des salons et de l'agence d'escorte. L'instance précédente a seulement retenu qu'il résultait de l'appréciation des preuves dans leur ensemble que ce n'était pas la recourante mais F.________ qui se chargeait des tâches principales et essentielles liées à l'exploitation des trois établissements. A cet égard, elle a estimé que les propos tenus en premier lieu par la recourante étaient probants. Il ressort de l'arrêt attaqué que la recourante avait expliqué, lors de son audition le 13 novembre 2021, que F.________ s'occupait des démarches auprès du Secrétariat d'Etat aux migrations, répondait au téléphone et s'occupait de tout ce qui était administratif. Il se chargeait notamment de recruter les travailleuses du sexe, de les amener chez les clients lorsque c'était nécessaire, de les présenter au poste de police pour l'enregistrement, de les emmener aux cours de l'association ASPASIE, de gérer la comptabilité, de faire la publicité et d'écrire les annonces. Il s'occupait aussi de la sécurité et de régler les loyers. La recourante indiquait encore dépendre financièrement de "l'aide" de F.________ et n'avoir jamais rempli de déclaration d'impôt puisque celui-ci s'en occupait. L'instance précédente a également exposé que F.________ avait confirmé, lors de son audition, avoir la charge de la publicité, de la sécurité, des problèmes de manutention, de la comptabilité, du recrutement, des contacts avec les régies, ainsi qu'avec les travailleuses du sexe pour leur expliquer les conditions légales de l'exercice de la prostitution à Genève, dont leur enregistrement auprès de la police, et pour les informer de l'existence et du rôle de l'association ASPASIE. La Cour de justice a ajouté, dans son arrêt, que ces propos étaient corroborés, à quelques détails près, par ceux du chauffeur et des travailleuses du sexe. Elles estimaient "travailler pour F.________ " puisque celui-ci déposait pour elles les demandes d'autorisations de séjour et qu'elles lui remettaient une partie de leurs revenus. Selon l'instance précédente, le rôle prépondérant de celui-ci découlait aussi du fait que son numéro de téléphone avait été transmis au Secrétariat d'Etat aux migrations et qu'il était le locataire des baux à loyer des salons. Dans ce contexte, le fait que cinq travailleuses, sur l'ensemble de celles auditionnées - étant rappelé que sont en cause pas moins de trois établissements - aient indiqué considérer la recourante comme la "cheffe", la "patronne" ou expliqué avoir été engagées par celle-ci, n'est pas de nature à qualifier d'insoutenable l'appréciation des preuves effectuée par l'instance précédente. Au demeurant, celle-ci a reconnu que la recourante exerçait certaines tâches, mais a considéré qu'elle n'était pas la principale personne en charge des deux salons et de l'agence d'escorte. En définitive, on ne voit pas en quoi l'instance précédente aurait arbitrairement apprécié les preuves au sujet des rôles tenus respectivement par la recourante et F.________. Le grief doit ainsi être rejeté.