Citation: 4A_225/2021 E. 4.2.1

4.2.1. Lorsqu'il se plaint d'appréciation arbitraire des preuves, le recourant est peu explicite, ce qui prive son argument du tranchant qui lui serait nécessaire. Ainsi en est-il lorsqu'il critique la constatation selon laquelle "les employés en fonction à l'époque (i.e. en 2004) n'avaient pas constaté de modifications dans le comportement de leur supérieur", laquelle ferait fi des témoignages K.________ et F.________ qui "relate (raient) précisément les conditions de travail du recourant de l'époque et les menaces dont il a (urait) fait l'objet de la part du Président". Quelles seraient ces conditions de travail et ces menaces ? Tout au plus peut-on lire dans l'arrêt attaqué que les témoins F.________ et K.________, respectivement épouse et ex-épouse du recourant, ont fait état de menaces qu'il avait reçues de son comité si les accusations de malversations ne cessaient pas ou si le directeur persistait à réclamer le paiement de ses vacances non prises. On ne sait guère plus de la nature des menaces en question, le recourant demeurant dans le flou ("menaces dont (auraient) fait état les deux témoins les plus proches du recourant et que celui-ci (aurait) dénoncées lui-même dans un courrier adressé postérieurement à L.________"). Il en va de même lorsqu'il fait référence au témoignage du médecin psychiatre qui assurait son suivi, lequel aurait "signalé la gravité de (son) état, le risque de tentamen et clairement fait état du lien de causalité entre le travail (du recourant) et son état de santé". A qui l'aurait-il signalé, à quelle date et en quoi le travail serait-il en cause ? Le recourant n'est guère précis sur le sujet. Il n'y a dès lors pas à corriger les constatations de la cour cantonale, laquelle a relevé que le médecin qui suivait le recourant depuis novembre 2018 avait constaté un état dépressif sévère qui aurait pu nécessiter une hospitalisation et considéré que cet état avait une relation de cause à effet avec son milieu de travail, son patient exprimant son incompréhension, son injustice et son tort moral. Lorsque le recourant se réfère aux "appels à l'aide adressés par (ses soins) à un membre de son comité et représentant de la Ville de X.________, appels à l'aide dont le texte montre pourtant clairement que son auteur est en proie à la détresse et dans lesquels (il) indique sans détour avoir encore une fois craqué", il procède à nouveau par énigme. Quel est donc ce texte ? Pour le savoir, il faudrait compulser le dossier cantonal, ce qui n'est pas la tâche du Tribunal fédéral qui, rappelons-le, n'est pas une juridiction d'appel. Le recourant reproche aux juges cantonaux d'avoir négligé son dossier médical, lequel ferait état d'un "stress devenu chronique en 2003 déjà". Ce stress serait-il donc la cause de la dégradation de sa santé ? Est-il lié à un surcroît de travail ou à d'autres facteurs et l'employeur en est-il responsable ? Il s'agit là d'un tout nouvel argument sur lequel le recourant ne s'étend pas davantage, si ce n'est pour affirmer que les épreuves personnelles qu'il a traversées sont les conséquences et non la cause de ses problèmes de santé. On ne distingue pourtant pas d'arbitraire dans leur évocation par la cour cantonale. L'autorité précédente aurait également négligé le témoignage de l'épouse du recourant, F.________. D'après le procès-verbal d'audition du 21 août 2019, elle a déclaré ce qui suit: "J'ai toujours eu l'impression qu'il n'était pas bien depuis le moment où j'ai commencé (i.e. en novembre 2004). Les trois dernières années, j'ai même cru qu'il avait des envies de suicide. D'après moi, le comité se rendait compte de l'état dans lequel il était mais ils n'ont rien fait pour l'aider. Lorsque j'allais aux réunions du comité, aucun membre ne s'est informé de l'état de santé de M. A.________.". Cela étant, lorsqu'elle se réfère aux trois dernières années, il est fort possible qu'elle parle de 2017 à 2019, quoi qu'en dise le recourant, d'autant qu'elle avait déclaré un peu avant: "Pour moi, il s'agit de l'audit de 2017. A cette période, il était très stressé (...) ". Quant à savoir si le comité pouvait se rendre compte de la gravité de l'état de santé du recourant avant qu'il ne tombe en incapacité de travail, on ne peut rien affirmer à la lumière de ce témoignage. De l'avis du recourant, la cour cantonale aurait dû constater que le comité s'était rendu coupable de gestion déloyale, d'abus de confiance et d'escroquerie. Pour preuve le rapport de la fiduciaire mandatée qui en ferait état. Les faits qui permettraient de telles déductions ont-ils été régulièrement allégués en procédure ? Le recourant ne l'indique pas. Dans le même contexte, il fait encore référence à la question qu'aurait posée l'un des commissaires, selon un rapport de la commission des travaux pour la rénovation partielle de l'établissement, dont aucune mention ne figurerait dans l'arrêt cantonal. En tout état de cause, le Tribunal fédéral ne voit pas en quoi la responsabilité pénale de l'un ou l'autre membre du comité - qui n'est peut-être plus en fonction - serait déterminante pour la résolution des questions litigieuses. Dans la mesure où il est recevable, le grief d'arbitraire dans l'appréciation des preuves ne peut être qu'écarté.