Citation: 6B_408/2008 14.07.2008 E. 1

3.2 Le recourant invoque tout d'abord le principe précité en relation avec l'appréciation du témoignage de l'inspecteur de police qui a affirmé qu'il « ressortait clairement des rapports d'Interpol que [le recourant] était lié au trafic de stupéfiants ». Il soutient que la cour correctionnelle se serait fondée sur les déclarations de ce témoin pour admettre sa responsabilité à concurrence d'une quantité de 2,015 kg de cocaïne, alors que les soupçons énumérés dans ces rapports seraient restés sans suite et qu'ils ne seraient confortés par aucun autre élément du dossier. 3.2.1 La cour correctionnelle a établi la responsabilité du recourant dans le transport des 2,015 kg de cocaïne en se référant essentiellement aux déclarations constantes, crédibles et précises de Y.________, lequel n'avait pas été pris en défaut dans les détails fournis à la police sur les modalités du voyage. Elle a, dans un deuxième temps, écarté les différentes versions des faits successives du recourant parce qu'il avait menti et tergiversé tant en ce qui concernait ses relations avec Y.________, sa prétendue présence en Suisse au moment des faits ainsi que les raisons pour lesquelles il s'était arrêté à Annemasse. Elle a précisé également que sa nouvelle explication, fournie à l'audience, était dépourvue de toute crédibilité, un commanditaire ne remettant pas deux valises contenant un kilo de drogue à un inconnu sans aucune possibilité de le contrôler ni de l'atteindre. Ce n'est que « pour le surplus » que la cour correctionnelle a mentionné que l'implication du recourant dans un trafic de stupéfiants découlait également des renseignements fournis par la police (rétroactif d'appels téléphoniques qui démontraient un chiffre très important de contacts en six mois, renseignements fournis par Interpol Vienne et les Services de police de Lyon) en soulignant encore que les explications du recourant relatives à ses revenus n'étaient pas crédibles (jugement du 16 novembre 2007, p. 8 et 9). En d'autres termes, la cour correctionnelle a, ce faisant, exposé les raisons pour lesquelles elle retenait la version des faits de Y.________. Or, il n'apparaît pas arbitraire, en présence de deux versions contradictoires, de choisir celle qui, en raison de sa cohérence, résiste à un examen détaillé et apparaît trouver appui dans les pièces du dossier ou d'autres éléments de preuve (par exemple en ce qui concerne les détails des trajets prévus ou la présence de deux autres valises au nom du recourant dans le car), en écartant celle qui se révèle peu crédible non seulement en raison de nombreuses variations et contradictions, ou d'invraisemblances (un commanditaire remettant à une mule plusieurs valises contenant de la drogue, sans aucun contrôle), mais aussi parce qu'elle n'est corroborée par aucun autre indice ou élément de preuve. Dans ces conditions, les déductions tirées « pour le surplus » par la cour cantonale du témoignage de l'inspecteur de police ne font pas apparaître ses constatations de fait comme arbitraires. 3.2.2 Le recourant objecte en vain que Y.________ pouvait avoir un intérêt particulier à rejeter sur lui les torts pour bénéficier de la circonstance atténuante du repentir sincère. Ce facteur d'appréciation relatif à la crédibilité de Y.________, ne permet cependant pas encore, à lui seul, de remettre en cause les déclarations convaincantes de cet accusé, dont le récit cohérent trouve appui dans les différents éléments du dossier mentionnés par la cour correctionnelle. Le grief est infondé en tant qu'il a trait à l'appréciation des preuves. 3.2.3 Pour le surplus, la cour correctionnelle n'a pas, comme le soutient le recourant, inversé la fardeau de la preuve. Elle s'est simplement fondée sur les déclarations de son co-accusé et a refusé d'accorder foi aux explications peu crédibles du recourant, dans la mesure où ces dernières n'étaient pas étayées. Cette manière de procéder ne viole pas la présomption d'innocence. Le grief est infondé.