Citation: 4P.196/2006 10.05.2007 E. b

E.b.a Le dommage total que, selon l'art. 757 al. 1 CO, l'administration de la faillite est habilitée à faire valoir en premier lieu consiste en la diminution involontaire du patrimoine que la société faillie a subie du fait du manquement à leurs devoirs par les organes; lorsque le dommage consiste en l'augmentation de l'endettement résultant du prononcé tardif de la faillite, le surendettement effectivement supporté par la faillie doit être comparé avec celui qui aurait existé si la faillite avait été prononcée plus tôt (arrêt 4C.312/2005 du 10 janvier 2006, consid. 2.3.3). E.b.b Il est admis que l'art. 42 al. 2 CO s'applique dans le cadre de l'action en responsabilité des organes de la société anonyme. Ainsi, si le dommage causé par un manquement est certain, mais ne peut pas être chiffré avec exactitude, il appartient au juge de le déterminer par une appréciation équitable (arrêt 4P.305/2001 du 18 mars 2002, consid. 2d). Le lésé doit alléguer et établir toutes les circonstances qui parlent pour la survenance d'un dommage et permettent de l'évaluer, dans la mesure où l'on peut l'attendre de lui; la conclusion de l'importance du dommage doit s'imposer au juge comme hautement vraisemblable (ATF 122 III 219 consid. 3a). E.b.c En l'espèce, le surendettement était perceptible par AX.________ et BX.________ dès leur entrée en fonction, de sorte qu'ils auraient dû solliciter aussitôt la faillite. Dès lors, le dommage qu'ils ont causé correspond à l'augmentation du surendettement durant la période où ils ont été administrateurs, soit du 27 juin 1995 au 8 janvier 1996, date de la faillite. Du montant total des créances colloquées (1'483'594 fr. 05), il convient de déduire un montant de 48'071 fr. 49 versé le 8 mai 2000 à l'Assurance E.________. Par conséquent, les passifs au moment de la faillite s'élevaient à 1'435'522 fr. 50. Les biens inventoriés étant estimés à 52'830 fr., le surendettement au moment de la faillite s'élevait à 1'382'692 fr. 50. E.b.d Le surendettement au 30 juin 1995 ne ressort pas de la procédure. Selon l'expert désigné dans le cadre de la procédure pénale valaisanne, puis par le Tribunal de première instance, le surendettement réel au 31 décembre 1994 ascendait à 832'982 fr. Selon le compte de pertes et profits de la faillie, la perte du 1er janvier au 30 avril 1995 s'élevait à 174'422 fr. 85, soit 43'668 fr. par mois, et celle du 1er mai au 31 décembre 1995 à 217'672 fr. 05, soit 27'209 fr. par mois. Même si les corrections de l'expert pour établir le surendettement réel au 31 décembre 1994 ne se superposent pas totalement aux ajustements figurant sur le compte de pertes et profits, il y a lieu de considérer que l'augmentation du surendettement au 30 juin 1995 correspond globalement à la perte à cette date avant ajustements. Compte tenu du fait que la perte n'a pas progressé de manière linéaire, il y a lieu de fixer l'augmentation du surendettement du 1er janvier au 30 juin 1995 à 228'840 fr. (174'422 fr. 85 + [2 x 27'209 fr.]). Ainsi, le surendettement au 30 juin 1995 s'élevait à 1'061'822 fr. (832'982 fr. + 228'840 fr.). E.b.e Il s'ensuit que l'augmentation du surendettement du 27 juin 1995 au 8 janvier 1996 causée par les manquements fautifs de AX.________ et BX.________ s'élève à 320'870 fr. 50 (1'382'692 fr. 50 - 1'061'822 fr.). C'est donc ce montant que AX.________ et BX.________ doivent être condamnés solidairement (art. 759 al. 1 CO) à payer aux demandeurs.