Citation: 1B_413/2019 E. 3.3

3.3. L'appréciation de la cour cantonale peut en l'état être suivie. Si la procédure ouverte en avril 2018 n'a certes pas abouti à une condamnation, dès lors qu'elle est toujours en cours, il apparaît toutefois que les dénonciations établies les 6 février et 5 avril 2018 par l'Office fédéral de la police portent, images et données de connexion à l'appui, sur le téléchargement et la mise à disposition d'autres utilisateurs d'internet d'une quinzaine de films figurant des actes d'ordre sexuel effectifs auxquels participent des enfants. Il faut dès lors admettre qu'il existe également de forts soupçons de culpabilité s'agissant de cette infraction. Dans ces circonstances, et compte tenu de l'infraction en cause, qui constitue également un crime (art. 197 al. 4, 2 ème phr., CP cum art. 10 al. 2 CP), la prise en compte de celle-ci dans l'examen du risque de réitération n'est pas critiquable. Au surplus, dès lors que le risque de réitération est susceptible de porter sur d'autres infractions que celles qu'il pourrait commettre au préjudice de sa fille, il n'est pas déterminant que le recourant se soit abstenu de tout contact avec celle-ci depuis l'ouverture de la procédure. En définitive, au regard de la gravité particulière des actes redoutés, qui seraient commis contre l'intégrité sexuelle d'enfants, l'intérêt à la sécurité publique, et en particulier celle de sa fille, doit en l'état prévaloir sur la liberté personnelle du recourant, dont la nature des agissements laisse craindre un risque de réitération. A défaut d'autres éléments qui pourraient ressortir de l'enquête en cours, ce constat doit être privilégié à tout le moins jusqu'au dépôt des premières conclusions de l'expertise psychiatrique mise en oeuvre par le ministère public, qui permettront d'évaluer la nature et l'importance du risque de récidive de manière plus circonstanciée, en particulier au regard de la personnalité du recourant.