Citation: 4A_378/2014 E. 2.2.3

2.2.3. Dans la dernière branche du grief considéré, la recourante dénonce une "violation manifeste du droit et de l'équité". Il n'est pas démontré que le tribunal arbitral ait été autorisé à statuer en équité ou qu'il ait appliqué une norme renvoyant à l'équité. Dès lors, seule une violation manifeste du droit avérée, génératrice d'une sentence arbitraire dans son résultat, pourra être retenue en l'espèce. La recourante soutient, tout d'abord, qu'une nouvelle sentence "opérant un virage à 180 degrés" n'est pas tolérable. Pareil argument a déjà été réfuté plus haut (cf. consid. 2.1). Point n'est donc besoin d'y revenir. Dénonçant ensuite la violation de l'art. 107 CPC, disposition qui permet à un tribunal de s'écarter des règles générales en matière de répartition des frais dans certains cas pour des motifs d'équité, la recourante énonce une série de circonstances - l'engagement de l'intimée de lui verser 19'152 fr., le décès imprévu du président du Tribunal arbitral après la clôture de l'instruction, le comportement critiquable de l'intimée à l'origine d'une "décennie de combats" au coût exorbitant, de même que l'inégalité entre une grande multinationale et une "sàrl composée de professionnels passionnés d'informatique" - qui auraient justifié, selon elle, de mettre, à tout le moins, une partie des frais de la procédure arbitrale à la charge de l'intimée. Le grief en question est manifestement irrecevable. En le formulant, la recourante perd de vue que la violation du droit fédéral au sens de l'art. 95 let. a LTF, telles les dispositions du Code de procédure civile, ne constitue pas un moyen recevable dans un recours en matière civile dirigé contre une sentence arbitrale (cf. consid. 1.3 ci-dessus). De surcroît, comme la répartition des frais n'est pas un motif de recours inclus dans la liste exhaustive de l'art. 393 CPC et que la lettre e de cette disposition vise uniquement la violation du droit matériel, seule une répartition des frais qui serait incompatible avec l'ordre public procédural pourrait être sanctionnée par le Tribunal fédéral (cf. consid. 2.1, 3e §, ci-dessus). Or, la recourante n'invoque rien de tel dans son mémoire. Du reste, elle n'explique pas non plus en quoi l'art. 107 CPC trouverait à s'appliquer in casu, alors que le Tribunal arbitral indique, au consid. 1.1 de sa sentence, que le Concordat suisse sur l'arbitrage du 27 mars 1969 est applicable à la présente procédure.