Citation: 1C_94/2022 E. 2.4.2

2.4.2. En l'occurrence, la pesée des intérêts effectuée par les instances cantonales n'est pas concrètement discutée par les recourants, lesquels se plaignent pour l'essentiel de l'absence d'une expertise de la CFMH et se bornent à opposer leur propre appréciation à celle de l'instance précédente. Les recourants affirment en particulier, sans aucune démonstration, que le projet constituerait une atteinte importante à un site qualifié d'exceptionnel. Or, en se fondant notamment sur l'avis de la DGIP et de la DGTL, la cour cantonale a en substance considéré, tout comme l'OFC, que l'antenne projetée ne représentera pas une atteinte sensible aux qualités du site du Château de Chillon. En l'occurrence, au vu des constatations de fait précitées de l'arrêt cantonal (cf. consid. 2.4.1), et compte tenu de la retenue que s'impose le Tribunal fédéral s'agissant de l'examen des circonstances locales (cf. ATF 142 I 162 consid. 3.2.2; 132 II 408 consid. 4.3; 129 I 337 consid. 4.1), il n'apparaît pas critiquable d'avoir jugé que l'installation de téléphonie litigieuse n'entraînera qu'un impact visuel restreint ne portant pas gravement atteinte au site protégé du Château de Chillon. En effet, l'antenne projetée se trouve certes dans l'aire EEI définit par l'ISOS. Elle est cependant située à plus de 450 m du Château de Chillon, à l'extrémité de cette échappée dans l'environnement dont la limite n'est pas clairement définie. Elle est de surcroît intégrée à l'infrastructure existante (voies CFF, mâts de caténaires, lignes aériennes). L'antenne litigieuse, qui ne dépassera que de quelques mètres le mât de l'installation ferroviaire des CFF, n'aura ainsi qu'un impact minime sur le site. Les arguments des recourants se basant sur la prémisse erronée d'une atteinte sensible au site protégé par l'ISOS tombent ainsi à faux. Par ailleurs, dans la mesure où l'ouvrage projeté est intégré sur une structure existante de la voie de chemin de fer des CFF qui permet de minimiser l'impact sur le paysage naturel et construit, il apparaît que l'intimée a tout mis en oeuvre pour ménager le plus possible le site du Château de Chillon. Les autorités cantonales et municipale ont à cet égard souligné que la solution proposée par la constructrice hors zone constructible était nettement plus favorable en ce qui concerne l'impact sur le territoire et l'environnement qu'une ou plusieurs localisations alternatives en zone constructible. La cour cantonale a par ailleurs examiné de manière suffisante, comme l'y invitait la DGIP, la variante proposée par les recourants (à savoir placer l'antenne sur le mât voisin, plus à l'écart du château) et a considéré, aux termes de son examen, qu'elle n'apportait pas d'avantage réel par rapport à la solution retenue. En effet, dans la mesure où la distance entre le château et l'antenne projetée est déjà très importante, on peut suivre la DGTL lorsqu'elle considère, dans ses déterminations du 8 mars 2022, que le déplacement de 30 m de l'antenne sur un autre mât CFF ne protégera pas mieux le site du Château de Chillon. Les recourants ne prétendent en particulier pas que l'antenne portera atteinte aux remarquables points de vue sur le château depuis la promenade piétonne située en contrebas sur les rives arborisées, points de vue relevés par l'inventaire ISOS (cf. fiche ISOS, partie intitulée "Les rives arborisées", p. 10). Enfin, dans leur réplique, les recourants affirment de manière purement appellatoire que le déplacement sur le mât voisin aurait un impact déterminant sur la vue depuis la route cantonale; ils n'exposent en l'espèce pas concrètement en quoi la variante qu'ils proposent présenterait un avantage significatif par rapport aux objectifs de sauvegarde de l'échappée sur l'environnement, étant en particulier relevé que la fiche ISOS indique que, depuis la route cantonale, la proximité de la route et du rail crée un univers sonore et visuel assez agité (cf. fiche ISOS, partie intitulée "Les rives arborisées" p. 10). Dans ces circonstances, le Tribunal cantonal pouvait écarter la variante suggérée par les recourants. La question de savoir si cette variante, plus proche d'un talus (planté de vignes), aurait pour conséquence la péjoration de la couverture de la route cantonale située en contre-haut dudit talus, comme le soutient l'intimée, peut rester indécise.