Citation: 5A_15/2021 E. 3.1

3.1. En lien avec la liquidation du régime matrimonial, la cour cantonale a indiqué que l'épouse avait requis que son mari produise les relevés détaillés de plusieurs comptes bancaires, de 2013 à 2018. À l'appui de sa requête, celle-ci faisait valoir qu'elle devait connaître l'étendue exacte de sa fortune et que son mari dissimulait et dilapidait celle-ci dans le but de la léser. En premier lieu, la cour cantonale a considéré que seuls les biens du mari au 19 octobre 2015, date du dépôt de la requête en divorce, étaient susceptibles d'être partagés et qu'ainsi la production des relevés de comptes bancaires allant au-delà de cette date n'était pas utile. En deuxième lieu, la requête de l'épouse ne reposait pas sur des faits précis, de sorte qu'elle apparaissait exploratoire. Celle-ci n'apportait en effet pas d'éléments, ni même d'indices, permettant de suspecter que d'importantes sommes d'argent auraient été soustraites par son mari, afin de la léser dans le cadre du divorce. En particulier, ses allégations, contestées, selon lesquelles celui-ci aurait retiré 70'000 fr. pour l'achat d'une voiture, à une date inconnue, ne se fondaient sur aucun élément du dossier. Il ressortait de la décision de taxation des parties pour l'année 2012, soit pendant la vie commune, que le mari avait une fortune mobilière de 4'900 fr. en 2012. Cette fortune se montait à 6'900 fr. en 2013 et à 3'200 fr. en 2014. Sur cette base, la cour cantonale a considéré qu'il était suffisamment établi que le mari ne disposait pas d'une importante fortune durant le mariage et a fortiori que cette fortune n'avait pas été dilapidée après la séparation. D'ailleurs, l'ensemble des relevés bancaires produits par celui-ci ne laissaient pas apparaître d'importants montants, mouvements ou encore retraits d'argent. Les allégués de l'épouse, soulevés pour la première fois dans ses plaidoiries finales écrites en 2019, soit après la clôture de l'instruction, selon lesquels notamment son mari avait effectué un retrait de l'ordre de 11'000 fr. sur un de ses comptes en 2018 et était détenteur d'un autre compte auprès de F.________ étaient tardifs, et partant irrecevables. Ces faits ressortaient de pièces que celui-ci avait produites le 15 juin 2018, soit un an et demi avant la clôture de l'instruction, de sorte que la recourante aurait dû et pu les alléguer en temps utile. En tous les cas, une opération bancaire effectuée par le mari bien au-delà du 19 octobre 2015 n'était pas pertinente pour la liquidation du régime matrimonial. Quant à l'allégué de l'épouse selon lequel son mari était titulaire d'un compte auprès de F.________ et sa conclusion en production de pièces relatives à ce compte également présentés pour la première fois dans ses plaidoiries écrites, ils étaient irrecevables pour les mêmes motifs. Au demeurant, l'enfant apparaissait comme titulaire de ce compte et une seule transaction de 30 fr. relative à ce compte ressortait des nombreux relevés bancaires produits. Dans ces circonstances, la thèse de l'épouse selon laquelle il s'agissait d'un compte caché appartenant au mari n'était pas crédible. La requête de l'épouse tendant à la production d'" attestations d'intégralité " auprès de différentes banques afin de déterminer l'étendue des comptes bancaires de son mari au 19 octobre 2015 n'était pas non plus motivée par des faits précis et avait un caractère exploratoire. Aucun élément du dossier ne permettait de penser que le mari était détenteur d'autres comptes bancaires que ceux retenus par le premier juge. Concernant les contributions d'entretien, la cour cantonale a indiqué que l'épouse avait allégué, pour la première fois dans ses plaidoiries finales écrites, qu'il ressortait des relevés bancaires du mari que celui-ci avait effectué, durant plusieurs années, des versements en espèces sur ces différents comptes et qu'elle avait soutenu que ces versements constituaient des revenus complémentaires provenant de l'activité de vendeur automobile de son mari. Or, celui-ci avait produit des certificats annuels de salaire et des fiches de salaire d'où il ressortait clairement que la totalité de ses revenus étaient versés sur un compte auprès de D.________; aucun élément au dossier ne permettait de mettre en doute la véracité de ces titres. Dans ces circonstances, la cour cantonale a estimé que le Tribunal de première instance avait considéré à juste titre être suffisamment informé pour déterminer le revenu mensuel net du mari et statuer sur les contributions d'entretien dues, ce d'autant que l'épouse ne requérait pas la production de décomptes mensuels de salaire ou certificats de salaire plus récents que ceux figurant au dossier.