Citation: 6B_699/2014 E. 2.4

2.4. En définitive, aucun élément ne permet de conclure que le recourant avait confié les fonds à l'intimé en vue de leur seule affectation à la création de la Sàrl en Suisse. Au contraire, l'instruction a permis d'établir que les valeurs patrimoniales avaient été confiées à l'intimé pour servir, de manière plus générale, à développer un complexe touristique destiné principalement à la pratique du golf en Bulgarie, avec tous les risques que cela comportait. Dans ces conditions, la cour cantonale a exclu à juste titre toute condamnation pour abus de confiance. En effet, en cas de prêt, il y a emploi illicite de l'argent confié et, donc abus de confiance, si le prêt a été consenti dans un but déterminé, correspondant aussi à l'intérêt du prêteur, et que l'auteur en fait une autre utilisation, dès lors qu'on peut déduire de l'accord contractuel un devoir de l'emprunteur de conserver constamment la contre-valeur de ce qu'il a reçu (ATF 129 IV 257 consid. 2.2.2 p. 259 s.; 124 IV 9 consid. 1 p. 10 ss; 120 IV 117 consid. 2 p. 118 ss). Or, en l'espèce, à défaut de convention sur leur affectation stricte à un certain but, les liquidités en question, même utilisées pour parer à des dépenses pressantes, n'ont pas connu une utilisation incompatible avec leur destination générale. En classant la procédure, la cour cantonale n'a donc pas violé l'art. 319 al. 1 let. a et b CPP.