Citation: 5A_212/2021 E. 4.1

4.1. La cour cantonale a d'abord relevé que l'allégation de la recourante selon laquelle son avocate n'aurait pas suivi ses instructions tendant à requérir une seconde expertise n'était étayée par aucune pièce et qu'elle n'était de toute manière pas pertinente dès lors que les actes ou omissions du mandataire étaient directement imputables à la partie mandante. Elle a ensuite considéré que l'expertise psychiatrique entreprise durant la procédure d'enquête en institution était claire, complète et convaincante, de sorte qu'il n'y avait pas de motif d'ordonner une seconde expertise. Cette expertise indiquait que la recourante souffrait de troubles cognitifs légers, qu'il s'agissait d'une affection chronique et irréversible qui tendait à s'aggraver et que la recourante n'avait pas conscience des atteintes à sa santé. Si l'expertise mentionnait qu'il n'avait pas été possible de se prononcer sur la capacité de discernement de l'intéressée dans la globalité, ces troubles entraînaient chez elle une incapacité à gérer ses affaires. La recourante n'était pas capable d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts et était susceptible de prendre des engagements contraires à ceux-ci et d'être victime d'abus de tiers. Elle était vulnérable, en tous les cas lorsqu'il s'agissait de sa fille ou de son petit-fils, qui résidait chez elle sans lui verser de contribution et qui pouvait se montrer verbalement agressif envers elle. Les relations avec sa fille et son petit-fils étaient sources d'angoisses et d'anxiété pour elle, ce qui aggravait l'impact sur ses troubles cognitifs. L'expertise mentionnait également que la recourante était prise dans un conflit de loyauté et qu'elle était incapable de résister à sa fille. Au vu de son incapacité à défendre ses intérêts et de sa fragilité psychique qui l'exposait à l'abus de tiers, les expertes préconisaient le maintien de la mesure de curatelle. Selon la cour cantonale, ces constatations étaient confirmées par de nombreux éléments. Il ressortait du dossier que la recourante n'était en effet pas capable de refuser de donner de l'argent à sa fille. En particulier, elle avait signé des documents sans savoir exactement de quoi il s'agissait, de sorte qu'elle avait accumulé des poursuites depuis 2018, alors qu'elle n'en avait jamais eues auparavant. Sa fille lui avait par ailleurs fait signer des reconnaissances de dette et avait intenté plusieurs actions en justice en son nom. Lors de son audition, la recourante avait en outre indiqué qu'elle était consciente des agissements de sa fille, mais qu'elle ne parvenait pas à lui résister. Ces différents éléments avaient du reste été confirmés par d'autres intervenants, dont sa curatrice provisoire et un médecin délégué au Service de la santé publique. La cour cantonale a considéré que les attestations des médecins traitants que la recourante avait produites n'étaient pas de nature à remettre en cause l'expertise. Les conclusions du premier médecin étaient fondées sur un simple examen clinique de celle-ci. Quant à l'attestation du second, elle mentionnait que l'accompagnement familial paraissait bienveillant, constructif et protecteur, ce qui suffisait à lui enlever toute crédibilité, dans la mesure où cette affirmation démontrait que ce médecin n'avait connaissance que d'une partie des faits ou de faits tronqués. Partant, ces pièces n'avaient pas de force probante.