Citation: 8C_691/2022 E. 4.1

4.1. Retenant que l'événement du 26 juin 2017 constituait un accident au sens de l'art. 4 LPGA (ce qui n'était pas contesté par les parties), les juges cantonaux se sont attelés à déterminer s'il y avait un lien de causalité naturelle entre cet accident et la déchirure méniscale du genou gauche subie par le recourant. A ce titre, ils se sont ralliés aux conclusions de l'expertise effectuée par le docteur E.________, qui avait estimé qu'un tel lien de causalité naturelle était possible, mais pas probable. Le docteur F.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, avait certes indiqué qu'une cause dégénérative était peu probable et qu'une cause traumatique apparaissait "juste". Le raisonnement de ce dernier se fondait toutefois exclusivement sur les déclarations du recourant pour la période précédant l'IRM du 5 octobre 2017. Or la déchirure méniscale avait pu survenir avant l'accident du 26 juin 2017 ou entre celui-ci et le 5 octobre 2017. Il ressortait en effet du dossier que les symptômes de la déchirure méniscale n'étaient pas assez intenses pour handicaper le recourant dans sa vie quotidienne ou l'amener à consulter un médecin à bref délai. L'hypothèse selon laquelle l'intéressé n'aurait pas porté grande attention à des symptômes d'une déchirure survenue avant le 26 juin 2017 ne pouvait donc pas être considérée comme insignifiante. Il en allait de même de l'hypothèse selon laquelle les douleurs à sa jambe gauche auraient résulté uniquement des contusions causées par sa chute, la déchirure étant survenue postérieurement. Dans ces conditions, au vu des conclusions du docteur E.________, l'hypothèse d'un état dégénératif préexistant qui aurait causé la déchirure du ménisque interne constatée du fait de la survenance de l'évènement accidentel du 26 juin 2017 apparaissait possible, comme l'avait souligné le docteur G.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur. Cette hypothèse n'était toutefois clairement pas la plus vraisemblable en comparaison avec celle d'une origine exclusivement dégénérative ou avec celle d'une apparition aléatoire qui aurait pu se produire n'importe quand. L'existence d'un lien de causalité entre l'accident et la déchirure méniscale du genou gauche n'était donc pas établie au degré de la vraisemblance prépondérante, de sorte que cette affection ne devait pas être prise en charge par l'intimée sur la base de l'art. 6 al. 1 LAA. Considérant que la lésion du ménisque interne du genou gauche était une déchirure du ménisque au sens de l'art. 6 al. 2 let. c LAA, la cour cantonale a ensuite examiné la question du droit aux prestations au-delà du 26 septembre 2017 à l'aune de cette disposition. Au terme de son examen, elle a retenu que le caractère dégénératif prépondérant de la déchirure méniscale du genou gauche était établi au degré de la vraisemblance prépondérante. L'intimée ne devait donc pas non plus prendre en charge cette lésion et ses suites en application de l'art. 6 al. 2 LAA.