Citation: I 481/03 30.09.2003 E. 3

3.1 En l'occurrence, les premiers juges ont considéré que l'assuré présente une "capacité de gain résiduelle de 80 %" au moins. Ils se sont fondés pour cela sur les conclusions des experts S.________ et H.________. Selon la juridiction cantonale, les rapports de ces experts répondent aux exigences permettant de leur accorder pleine valeur probante. 3.2 Sur le plan physique, le docteur H.________ a attesté l'existence de troubles statiques et de lésions dégénératives de la colonne vertébrale qui entraînent des rachialgies de fatigue, accompagnés d'un désalignement des vertèbres L4-L5-S1, ainsi que d'une légère protrusion discale postérieure, sans compression radiculaire. Selon l'expert, ces troubles représentent un handicap relatif, dans la mesure où ils provoquent uniquement un inconfort du creux des reins et, occasionnellement, quelques douleurs irradiées. Par conséquent, ce médecin a conclu que l'intéressé serait parfaitement capable, du point de vue physique, de reprendre son activité antérieure, dans la mesure où il serait dispensé des travaux lourds. Il serait également capable d'exercer de nombreuses autres activités telles que contrôleur, surveillant, magasinier ou réceptionniste, à raison d'une capacité de l'ordre de 80-90 % pour tenir compte des limitations quant aux efforts physiques. Au demeurant, le médecin prénommé est d'avis que l'assuré aurait dû accepter un travail de caissier-surveillant d'un tunnel de lavage proposé par l'entreprise M.________, fonction qu'il aurait pu exercer à raison de 95-100 %, et qu'il a pourtant refusée pour une question de "dignité" (rapport d'expertise du 7 décembre 2002). Il n'y a pas lieu de s'écarter de l'avis de l'expert, lequel a procédé à une étude fouillée du cas, a fondé son rapport sur des examens complets et est parvenu à des conclusions bien motivées. Au demeurant, cet avis n'est pas remis en cause en procédure fédérale par le recourant. Dès lors, il y a lieu de considérer que l'assuré subit, en raison de l'atteinte à la santé physique, une diminution de sa capacité de travail de 20 % au plus dans une activité adaptée. 3.3 Sur le plan psychique, le docteur S.________ a diagnostiqué un trouble somatoforme indifférencié, une personnalité évitante, sans troubles dépressifs majeurs ou mineurs. Il a précisé que ce trouble de "type évitant" était toutefois mineur, fréquent dans la population, et qu'il jouerait davantage un rôle défavorable dans les perspectives d'une réadaptation professionnelle que sur la capacité de travail en soi. Ce médecin a indiqué que ledit trouble ne s'inscrivait pas dans une histoire personnelle douloureuse, n'était associé ni à une comorbidité psychiatrique significative, ni à un trouble de la personnalité atteignant le seuil diagnostic. La situation de l'intéressé lui paraît "figée" depuis de nombreuses années, en raison de troubles plus subjectifs qu'objectifs. Dans un tel cas, l'expert explique qu'il serait illusoire d'attendre une évolution favorable des symptômes pour exiger la reprise d'une activité professionnelle. Les bénéfices secondaires sont trop importants, et seul le refus des prestations de l'assurance-invalidité est susceptible de faire évoluer la situation en permettant à l'assuré de mobiliser toutes son énergie pour retrouver un emploi (expertise du 16 août 2001). Sur le vu de ces constatations médicales, force est de constater que les critères jurisprudentiels (voir VSI 2000 p. 154 consid. 2c; arrêt R. du 2 décembre 2002 [I 53/02] consid. 2.2) établissant l'existence d'un trouble somatoforme à caractère invalidant ne sont pas réalisés en l'occurrence. Dès lors, si l'expert a indiqué une diminution de la "capacité de travail" de 25 % au plus, depuis l'année 2000 dans une activité adaptée, c'est uniquement en considération d'éléments étrangers à l'invalidité comme la durée de l'arrêt de travail, une formation insuffisante, des difficultés linguistiques et un certain confort "existentiel". Cela étant, il apparaît que l'assuré ne subit pas d'atteinte à la santé psychique de nature à entraîner une incapacité de travail. 3.4 Au vu de ce qui précède, la juridiction cantonale était fondée à fixer à 80 % au moins la capacité de travail globale de l'assuré dans une profession adaptée comme celle de contrôleur, de surveillant, de magasinier ou de réceptionniste.