Citation: 6B_720/2022 E. 1.5.5

1.5.5. Compte tenu du contexte des faits, soit en particulier de l'état de vulnérabilité de la victime qui, handicapée et souffrant de divers troubles, était isolée socialement, il pouvait être considéré que les variations et autres incohérences dans le récit de l'intimée n'affectaient pas la crédibilité de ses accusations. Dans cette configuration, les variations ou imprécisions dans les propos de l'intimée pouvaient s'expliquer par le temps écoulé depuis les faits et par l'aspect émotionnel important de l'affaire. Surtout, elles pouvaient avoir été non seulement la conséquence de sa déficience intellectuelle, compliquant la structure de sa pensée et la cohérence de ses déclarations, mais aussi le résultat de ses difficultés d'expression couplées à celles de l'interprète chargé de correctement appréhender ses propos. Ces éléments expliquaient pourquoi les déclarations de l'intimée, telles que protocolées dans les différents procès-verbaux, pouvaient paraître manquer de consistance ou de réalisme sur certains points. Il en allait ainsi des variations ou imprécisions concernant le nombre d'agressions subies (trois ou quatre fois), leurs lieux (dans la chambre ou dans le garage pour l'une d'elles), le moment de la journée où ces dernières s'étaient produites (le matin ou le soir) et les habits qu'elle portait lors de la première fois (linge de bain ou pyjama), voire lorsqu'elle avait déclaré s'être rendue à l'hôpital après les faits alors qu'il n'existait pas de trace d'une quelconque consultation à ce moment (cf. arrêt attaqué, consid. 4.3 et 4.4.2 p. 23 ss). Contrairement à ce que soutient le recourant, une telle appréciation, fondée sur le contexte particulier des faits, n'est pas arbitraire.