Citation: U 368/00 31.07.2001 E. A

A.- A.________ a travaillé comme collaborateur au service externe de la compagnie d'assurances La Bâloise (ci-après : la Bâloise). A ce titre, il était assuré contre le risque d'accidents professionnels et non professionnels auprès de son employeur. Le 22 juin 1993, alors qu'il prenait une douche, il a glissé et s'est heurté la tête et la nuque contre la baignoire. Consulté immédiatement après, le docteur B.________, spécialiste FMH en médecine interne, a posé le diagnostic de distorsion cervicale avec irradiation dans la colonne dorsale et attesté une incapacité de travail de 100 % (rapport médical initial LAA du 26 juin 1993). Deux jours plus tard, A.________ s'est plaint, en sus des douleurs occipito-cervicales qu'il avait déjà signalées à son médecin traitant, d'une paralysie faciale gauche et de troubles de la vue. L'assuré a alors subi diverses investigations médicales qui n'ont révélé aucune anomalie particulière, hormis des troubles statiques dorsaux modérés et une probable migraine ophtalmique (cf. les rapports des docteurs C.________, D.________ et E.________, radiologues, F.________, ophtalmologue, G.________, médecin-chef de la Clinique neurologique de l'Hôpital X.________). Son état s'étant amélioré, A.________ a repris le travail à 50 % le 27 septembre 1993 jusqu'au 20 mai 1994; à partir de cette date, il cessé totalement de travailler. Dès le mois de novembre 1994, il s'est soumis à un traitement psychiatrique auprès du docteur H.________. Pour faire le point sur la situation médicale de l'assuré, la Bâloise a confié une expertise au professeur I.________, du service de neurologie Y.________. Ce médecin a constaté une amélioration du status neurologique de l'intéressé tout en notant une péjoration de son état de santé, due à l'apparition progressive de troubles psychiques (anxiété, apragmatisme associé à des phénomènes hallucinatoires et cénestopathies); ces troubles pouvaient, selon lui, être mis sur le compte de l'accident dès lors que celui-ci avait «impliqu(é) une atteinte du système nerveux central et périphérique d'une certaine gravité»; à long terme, il réservait toutefois ses conclusions (rapport du 27 mars 1995). Par la suite, A.________ a été licencié par son employeur et s'est vu accorder une rente d'invalidité entière par l'AI à raison de troubles psychiques (décision du 29 mai 1996). La Bâloise a alors mandaté le Centre V.________ pour une nouvelle expertise. Dans leur rapport du 5 mai 1997, les docteurs J.________, neurologue, et K.________, psychiatre, sont parvenus à la conclusion que les troubles présentés par l'assuré aussi bien sur le plan somatique que psychiatrique n'étaient plus en relation de causalité naturelle avec l'accident du 22 juin 1993; l'évolution du cas vers une décompensation psychotique ne pouvait s'expliquer que par des facteurs de personnalité préexistants. Invité à s'exprimer, le docteur H.________ s'est déclaré étonné des conclusions auxquels aboutissaient les experts; à ses yeux, l'existence d'un lien de causalité naturelle ne faisait aucun doute (lettre à la Bâloise du 19 mai 1997). Se fondant sur l'expertise du 5 mai 1997, la Bâloise a rendu une décision, le 14 juillet 1997, par laquelle elle a supprimé ses prestations (indemnité journalière et prise en charge du traitement médical) à partir du 1er août 1997 et refusé d'allouer une indemnité pour atteinte à l'intégrité. Saisie d'une opposition, elle l'a écartée par décision du 23 octobre 1997.