Citation: 4C.148/2000 20.07.2000 E. 1

1.- a) Selon l'art. 55 al. 1 let. b OJ, l'acte par lequel un recours en réforme est interjeté doit contenir l'indication exacte des points attaqués de la décision et des modifications demandées; le simple renvoi aux conclusions formulées dans la procédure cantonale ne suffit pas; il ne peut être présenté de conclusions nouvelles. Comme il s'agit d'un recours en réforme et non d'un recours cassatoire, le recourant ne doit pas se borner à demander l'annulation de la décision attaquée, il doit également prendre des conclusions sur le fond du litige (Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral, SJ 2000 II p. 45). Il faut ici rappeler que le Tribunal fédéral, saisi d'un recours en réforme, peut, s'il admet le recours, statuer lui-même sur le fond (Corboz, op. cit. , p. 69). Il est donc essentiel qu'il sache ce qui est (encore) demandé. Si une partie demanderesse ne reprend pas ses conclusions sur le fond, on doit en déduire qu'elle ne persiste pas dans son action, de sorte que le recours est dépourvu de l'intérêt pour agir, qui est requis pour l'exercice de toute voie de droit (cf. ATF 126 III 198 consid. 2b; 120 II 5 consid. 2a). Une partie recourante ne peut se borner à conclure à l'annulation de la décision attaquée que si le Tribunal fédéral, en cas d'admission du recours, ne serait de toute manière pas en situation de statuer lui-même sur le fond et ne pourrait que renvoyer la cause à l'autorité cantonale (ATF 125 III 412 consid. 1b; 111 II 384 consid. 1; 106 II 201 consid. 1; 104 II 209 consid. 1; 103 II 267 consid. 1b). b) En l'espèce, la recourante n'a pas pris de conclusions en paiement devant le Tribunal fédéral. Elle a certes conclu au déboutement de sa partie adverse, mais cette conclusion est dépourvue de signification sur le fond, puisque la partie demanderesse est précisément la recourante, et non l'intimée. La conclusion en déboutement de l'intimée ne vise raisonnablement que les conclusions prévisibles tendant au rejet du recours en réforme avec suite de frais et dépens. En tout cas, elles ne peuvent s'interpréter comme une demande tendant à ce que l'intimée soit condamnée à payer une somme d'argent à la recourante. La recourante a également conclu à l'annulation de l'arrêt attaqué, mais, comme on l'a vu, cette conclusion n'est suffisante que pour l'hypothèse où le Tribunal fédéral ne serait pas en mesure de statuer sur le fond. Or, la recourante, qui déclare ne pas contester les faits retenus par la cour cantonale (recours p. 2), en déduit que la banque a grossièrement manqué à son devoir de diligence et qu'elle invoque abusivement la clause de "banque restante"; sachant que le montant du transfert n'est pas contesté, on ne voit pas ce qui empêcherait le Tribunal fédéral de choisir entre les deux conceptions juridiques et de statuer immédiatement sur le fond. On ne se trouve donc pas dans un cas où la recourante pouvait se borner à demander l'annulation de l'arrêt attaqué, parce que le Tribunal fédéral devait nécessairement renvoyer la cause à la cour cantonale pour compléter l'état de fait. Comme la recourante n'a pas persisté dans ses conclusions en paiement devant le Tribunal fédéral, son recours est irrecevable, faute d'intérêt pour agir. Il est également irrecevable parce qu'il ne contient pas l'indication exacte des modifications demandées en regard de l'arrêt attaqué (art. 55 al. 1 let. b OJ).