Citation: 1C_387/2008 21.01.2009 E. 5

Il reste à examiner si l'ordre de remise en état viole le principe de la proportionnalité, comme le soutiennent les recourants. 5.1 Selon la jurisprudence, l'autorité renonce à ordonner la remise en état si les dérogations à la règle sont mineures, si l'intérêt public lésé n'est pas de nature à justifier le dommage que la démolition causerait au maître de l'ouvrage, si celui-ci pouvait de bonne foi se croire autorisé à construire ou encore s'il y a des chances sérieuses de faire reconnaître la construction comme conforme au droit (ATF 123 II 248 consid. 3bb p. 252; 111 Ib 213 consid. 6b p. 224s.; 102 Ib 64 consid. 4 p. 69). Même un constructeur qui n'est pas de bonne foi peut invoquer le principe de proportionnalité. Toutefois, celui qui place l'autorité devant un fait accompli doit s'attendre à ce qu'elle se préoccupe plus de rétablir une situation conforme au droit que d'éviter les inconvénients qui en découlent pour lui (ATF 123 II 248 consid. 4a p. 255; 111 Ib 213 consid. 6b p. 224 et la jurisprudence citée). 5.2 En l'espèce, l'irrégularité ne saurait être qualifiée de mineure, le couvert à voitures étant entièrement recouvert d'un matériau combustible, contrairement à ce que prévoient le permis de construire et les prescriptions relatives à la protection contre les incendies. Il n'y a dès lors pas de chances sérieuses de faire reconnaître la construction comme conforme au droit. Citant un courrier dans lequel leur architecte rapporte les propos d'un responsable du service du feu communal, les recourants semblent soutenir qu'ils ont obtenu des garanties que la couverture en bardeaux serait autorisée. A cet égard, le Tribunal cantonal relève à juste titre que les supposées déclarations d'un employé municipal - au demeurant contestées par la commune en cause - ne sauraient prévaloir sur le permis de construire et engager le conseil communal. De plus, dans la mesure où les recourants étaient représentés par un professionnel de la construction, ils ne pouvaient ignorer que seule cette autorité était compétente pour statuer sur ce point. Ils ne sauraient dès lors se prévaloir de leur bonne foi. Par ailleurs, la décision litigieuse est motivée par un intérêt public évident lié au respect des autorisations de construire ainsi que par un souci de minimiser les risques de propagation des incendies. Au regard de cet intérêt public, les considérations des recourants sur l'esthétique des bardeaux et l'absence de plainte des propriétaires voisins sont sans pertinence. Il en va de même de l'existence d'autres toitures de bardeaux à Verbier, les recourants ne se plaignant pas d'une violation de l'égalité de traitement au sens de l'art. 8 Cst. Pour le surplus, les recourants se bornent à minimiser l'irrégularité de leur construction mais ils ne se prévalent pas d'un intérêt privé qui devrait l'emporter sur les intérêt publics précités. Il y a donc lieu de constater que le principe de la proportionnalité est respecté.