Citation: 6S.489/2006 20.03.2007 E. 3

Le recourant conteste sa condamnation pour omission de prêter secours au sens de l'art. 128 CP, au motif qu'il n'a pas blessé la victime. 3.1 La disposition précitée prévoit notamment que celui qui n'aura pas prêté secours à une personne qu'il a blessée, alors que l'on pouvait raisonnablement l'exiger de lui, étant donné les circonstances, sera puni de l'emprisonnement ou de l'amende. L'auteur de l'infraction ne peut être que celui qui a blessé la personne. Le lien entre le comportement de l'auteur et la blessure est une pure relation de cause à effet, abstraction faite de toute considération relative à la faute ou à l'illicéité. Ainsi, il faut et il suffit que le comportement de l'auteur soit la ou l'une des causes, directe ou indirecte de la blessure, autrement dit que ce comportement soit un "maillon de la chaîne" qui a provoqué la blessure (Y. Jeanneret, L'omission de prêter secours et le concours d'infractions (art. 128 CP), RPS 2002 p. 371; S. Trechsel, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Kurzkommentar, 2ème éd., ad art. 128 p. 465 n° 2; G. Stratenwerth / G. Jenny, Schweizerisches Strafrecht, BT I, 6ème éd., ad art. 128 p. 90, n° 64; B. Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, ad art. 128, p. 166 n° 7 et 8). 3.2 Selon les constatations cantonales, le recourant a participé à la battue en forêt. Muni d'un bâton, il a débusqué la victime cachée dans les bois et a alors ameuté les autres assaillants. Il n'a lui-même pas frappé B.________. Il n'a toutefois rien fait pour calmer les autres, même lorsqu'il a vu A.________ donner un coup de talon sur le visage de la victime. Au regard de ces éléments et vu la doctrine susmentionnée, il est indéniable que le comportement du recourant a permis et entraîné le lynchage de la victime et qu'il représente par conséquent une des causes des blessures occasionnées. Pour le reste, il ne fait pas de doute, et le recourant ne le conteste d'ailleurs pas, que les autres éléments constitutifs objectifs et subjectifs de l'omission de prêter secours sont réalisés. Dans ces conditions, on ne discerne aucune violation de l'art. 128 CP.