Citation: 4A_339/2020 E. B

B.a. Le 10 août 2017, A.A.________ a saisi le Tribunal de première instance du canton de Genève d'une action en reddition de compte à l'encontre de B.________. Il a conclu à ce que le tribunal ordonne à celui-ci, sous la menace de l'art. 292 CP, de lui fournir, dans un délai de 30 jours dès l'entrée en force du jugement du tribunal, respectivement de l'arrêt de la Cour de justice ou du Tribunal fédéral, tous les documents en lien avec l'acquisition en 2007 et la gestion de la part de copropriété susmentionnée. S'en suivait une liste des documents concernés. Dans sa réponse, B.________ a conclu au rejet des conclusions prises par A.A.________. Il s'est prévalu du contrat de bail susmentionné, qu'il a produit. B.b. Devant le tribunal, L.A.________, entendue en qualité de témoin, a affirmé qu'elle n'avait pas mandaté B.________ pour l'achat d'un appartement à... pour sa fille H.A.________, mais que l'acquisition avait eu lieu par l'intermédiaire de son amie J.________. Cette dernière était active dans le domaine immobilier et disposait d'un réseau compétent à cette fin. Tous les frais en lien avec l'appartement avaient été payés par A.A.________, en particulier les fonds propres, les amortissements et les intérêts hypothécaires. Le premier versement avait été effectué en espèces, car c'était une condition posée par le vendeur. L.A.________ a ajouté qu'elle s'était occupée de l'aménagement de l'intérieur, de l'ameublement et des travaux de rénovation, tous payés par A.A.________. Elle avait souvent dû signer, à la demande instante de J.________, un " papier " pour que B.________ " n'ait pas de problèmes ". En particulier, elle avait dû signer une sorte de formulaire écrit en français. Elle ne parlait, ni ne lisait le français. En prenant connaissance du contrat de bail produit par B.________, L.A.________ a déclaré qu'elle ne pensait pas qu'il s'agissait du document qu'elle avait signé, car ce dernier comportait un en-tête qui ne figurait pas sur cette pièce. Elle n'a pas reconnu sa signature. A.A.________ a renoncé à l'audition des témoins J.________ et K.________. Devant le tribunal, A.A.________ a expliqué qu'il connaissait B.________ depuis longtemps et qu'il l'avait rencontré par le biais de J.________. Cette dernière s'occupait de toutes les démarches administratives liées à l'achat d'un appartement qu'il voulait acquérir pour sa fille. J.________ l'avait mis en contact avec B.________, car l'appartement devait être acheté au nom de ce dernier. A.A.________ a précisé que l'appartement était acquis avec son propre argent, mais au nom de B.________. Ce n'était que plus tard que sa fille en deviendrait propriétaire. Lui-même était propriétaire d'un appartement à X.________. Sa fille résidait dans un appartement à W.________. Elle devait rester dans le canton de Vaud jusqu'à l'obtention de la naturalisation suisse. Il n'avait donc aucun intérêt à louer un appartement à.... Quant à son ex-épouse, elle avait un visa Schengen et pouvait résider chez sa fille. A.A.________ a affirmé avoir versé la somme totale de 310'000 fr. en 2007, en deux fois, pour l'acquisition de l'appartement de sa fille. Ce montant correspondait au 20 % du prix d'acquisition de l'appartement. J.________ lui avait indiqué que, pour obtenir le crédit hypothécaire, il fallait financer 20 % du prix d'acquisition. Cette somme avait été remise en espèces à J.________, à sa demande. Il avait payé l'intégralité des travaux de rénovation de l'appartement. Les choix de décoration intérieure avaient été faits par son ex-épouse et parfois sa fille. Cette dernière était devenue suisse quatre ou cinq ans plus tôt. Durant ses études et la procédure de naturalisation, elle devait être résidente à W.________. Elle vivait désormais chez lui à X.________. Il n'était jamais allé à la banque et ne s'était pas porté garant du crédit hypothécaire contracté par B.________. Il devait couvrir toutes les dépenses. Il ne payait plus rien à B.________ depuis plusieurs années, car celui-ci ne lui remettait aucun document et il avait appris que B.________ avait contracté un autre crédit pour cet appartement. Il voulait avoir cet appartement à son nom mais B.________ s'y opposait. Il a affirmé n'avoir jamais vu le contrat de bail susmentionné avant l'introduction de la procédure. Pour sa part, B.________ a déclaré qu'il avait contracté un emprunt hypothécaire en son nom pour l'acquisition de l'appartement, pour son propre compte. Il avait un seul garant auprès de la banque, en la personne de O.________. Il a d'abord refusé de dire d'où venaient les fonds propres qu'il avait investis, puis a expliqué que A.A.________ ne lui avait pas remis cet argent, mais que I.________ SA le lui avait prêté et qu'il avait remboursé ce prêt. Il a confirmé la teneur du contrat de bail susmentionné. Il était le bailleur. Le bail avait été signé par J.________ et L.A.________, pour le compte de I.________ SA. Les loyers prévus par ce contrat de bail avaient été payés jusqu'en 2013, fin 2012. L.A.________ et/ou sa fille H.A.________ avaient souhaité faire des travaux de rénovation dans cet appartement. Le montant était important. Il avait payé la totalité des travaux avec l'argent que A.A.________ lui remettait. Il y avait eu des demandes spécifiques pour des montants qu'il ne pouvait pas assumer. Il a affirmé que les deux prénommées avaient été d'accord de payer ces travaux en tant que locataires. Les travaux avaient duré plus d'une année et avaient porté sur la peinture, la cuisine, la mezzanine et ainsi de suite, soit des travaux d'agrément qu'il ne voulait pas financer. L.A.________ lui adressait les devis. Ensuite, il communiquait avec A.A.________ par le biais de J.________. Cette dernière faisait l'interface entre la famille A.________ et lui-même. Il était exact que A.A.________ était intéressé à acquérir ce bien immobilier ultérieurement, mais il fallait qu'ils en discutent auparavant. B.c. Par jugement du 28 juin 2019, le tribunal a débouté A.A.________ des fins de sa demande. Il a constaté que le xxx décembre 2007, B.________ était devenu propriétaire de la part de copropriété sise à... et qu'il avait reçu de A.A.________, par le biais de cinq personnes morales, des montants importants entre le 19 mai 2009 et le 14 mars 2013. Les versements avaient donc commencé 18 mois après l'acquisition. Ils mentionnaient des motifs indéterminés, de sorte que le tribunal n'était pas en mesure d'en connaître les raisons exactes, en l'absence d'explication ou de preuve supplémentaire. En outre, A.A.________ n'avait pas allégué quel service était censé lui rendre B.________, qui n'avait aucune expertise dans le domaine immobilier. Aucune preuve n'avait été apportée du versement d'un montant pour financer l'acquisition du bien. La fausseté du contrat de bail liant B.________, I.________ SA et L.A.________ n'avait été ni alléguée, ni démontrée. Aucun contrat n'ayant été conclu entre les parties, la demande de reddition de compte était infondée. B.d. Statuant le 17 avril 2020 sur appel de A.A.________, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a confirmé le jugement attaqué et débouté les parties de toutes autres conclusions. Elle a déclaré irrecevables la conclusion nouvelle de A.A.________ tendant à obtenir la production des déclarations fiscales de B.________, les pièces nouvelles produites par A.A.________ et les allégués qui s'y rapportaient.