Citation: 1B_255/2021 E. 3.3

3.3. Le recourant se contente de prétendre le contraire en substituant son avis à celui de la cour cantonale. En l'occurrence, il ne ressort nullement de l'arrêt cantonal ni d'ailleurs des éléments avancés par le recourant que le magistrat intimé se serait forgé, avant la fin des débats, une opinion ferme et définitive sur sa culpabilité. On comprend au contraire que les termes employés, certes inadéquats pour certains, étaient destinés à décrire l'attitude du recourant en procédure, respectivement à apprécier sa culpabilité par rapport aux faits reprochés. Or, l'on ne saurait reprocher au juge intimé d'avoir effectué un examen entrant dans le cadre des tâches lui incombant (cf. arrêt 1B_310/2019 du 5 septembre 2019 consid. 2.3). Toutefois, la rédaction d'un jugement doit respecter les principes qui lui sont applicables, et ce peu importe l'attitude du prévenu. Selon les principes de la rédaction judiciaire, il faut préférer l'usage de termes neutres et objectifs à tout vocabulaire renfermant des aspects subjectifs (François Chaix, La rédaction de l'acte d'appel, in Une empreinte sur le Code civil, Mélanges en l'honneur de Paul-Henri Steinauer, Berne 2013, p. 726). Or, tel n'a pas été le cas en l'espèce au vu des différents termes utilisés, notamment ceux de " justiciable querelleur, menteur, ergoteur et vindicatif ", ayant " des comportements querelleurs, ergoteurs et pénibles que rien n'excuse ", ou encore " accumulant les assertions les plus stupides et les mensonges les plus grossiers ". Comme l'a relevé à juste titre l'autorité précédente, ces termes sont inadéquats et contraires à l'exigence d'humanité et de respect du justiciable à laquelle tout juge est soumis. L'utilisation de termes neutres tels que " le prévenu répète sa version des faits, laquelle ne ressort pas des enregistrements vidéos ", " le prévenu ne semble pas prendre conscience de la portée de ses actes ", aurait permis au juge intimé de décrire l'attitude du recourant sans recourir à des termes inutilement offensants. Quoi qu'il en soit, la cour cantonale a retenu à juste titre qu'aucune marque de prévention antérieure à la rédaction du jugement de condamnation ne ressortait du procès-verbal ou du déroulement de l'audience. Elle a également considéré à bon droit que la lecture du jugement dans son entier, et ce malgré les passages inadéquats et contraires aux principes habituels de la rédaction judiciaire, ne permettait pas de remettre en cause l'impartialité du juge intimé qui a exécuté la tâche qui lui était confiée en décrivant notamment l'attitude du recourant. A cet égard, ce dernier ne peut se contenter de soutenir de façon générale que la motivation de la cour cantonale empêcherait de déposer une requête en récusation lorsque des motifs la justifiant apparaîtraient pour la première fois dans un jugement, sans démontrer l'existence de tels motifs en l'espèce.