Citation: 5A_785/2015 E. 3.1

3.1. L'autorité cantonale a considéré que, contrairement à ce que soutenait le mari, l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral ne signifiait pas qu'elle devait retenir sans examen les charges et investissements obligatoires mentionnés dans les tableaux qu'il avait établis concernant l'immeuble en question les 23 décembre 2014 et 22 avril 2015. En effet, ces pièces émanaient de l'intéressé lui-même et étaient donc, à elles seules, dénuées de valeur probante. Or, en application de l'art. 8 CC, il incombait au mari, qui se prévalait de charges et d'investissements à déduire du revenu brut de l'immeuble, d'établir l'existence et le montant de ceux-ci. En l'espèce, le mari n'avait déposé aucun justificatif concernant les investissements obligatoires qu'il invoquait. A tout le moins pouvait-on déduire des pièces produites que les frais d'entretien courants, dont le Tribunal fédéral avait estimé qu'il fallait tenir compte, étaient inclus dans les décomptes de charges et qu'il n'y avait pas lieu d'y ajouter des montants d'investissements, dont le caractère effectif n'était nullement démontré. Sur le plan fiscal, la déclaration d'impôts 2013 du mari ne mentionnait du reste aucune déduction pour de prétendus investissements obligatoires. Il convenait encore d'observer que les charges déduites dans les décomptes établis par l'appelant étaient importantes. Ainsi, en tenant compte uniquement des charges mentionnées dans les tableaux qu'il avait déposés - et non des "investissements obligatoires" non prouvés -, il ne serait nullement prétérité. En ce qui concerne la moyenne annuelle à prendre en considération, celle-ci devait être établie en se fondant sur les années 2011 à 2013. En revanche, il ne se justifiait pas de tenir compte des années antérieures - soit 2008 à 2010 - puisque la requête de mesures protectrices de l'union conjugale datait du 1er septembre 2011 et que des travaux importants avaient entraîné une modification notable du calcul de rendement à la même époque.