Citation: 8C_65/2020 E. 5.2

5.2. Au vu de la jurisprudence citée plus haut, c'est à raison que le recourant reproche à la cour cantonale un abus de son pouvoir d'appréciation. L'intimé a cumulé plusieurs manquements portant sur des mesures d'intégration (non-participation à des entretiens de l'ORP et non-respect d'une assignation à postuler pour un emploi). Or l'obligation de participer à de telles mesures a été renforcée lors de la 2 e révision de la LACI. Alors qu'avant celle-ci, le refus systématique ou du moins répété des mesures d'intégration conduisait à une privation des prestations, ce principe a été transféré à l'art. 15 LACI (BORIS RUBIN, Commentaire de la loi sur l'assurance-chômage, 2014, n. 70 ad art. 15 et n. 4 ad art. 30 LACI). Par ailleurs, l'intimé ne s'est pas montré disposé à accepter un travail convenable, en particulier en ne donnant pas suite à une proposition d'emploi en octobre 2018. En outre, il y a eu une certaine gradation dans la durée des suspensions puisque les trois suspensions pour non-participation aux entretiens de conseil ont duré respectivement 5, 9 puis 19 jours. La sanction pour ne pas avoir donné suite à l'assignation à postuler - intervenue entre les suspensions de 9 et 19 jours - a donné lieu à une suspension de 40 jours. Il s'agissait d'une première sanction pour faute grave. S'agissant de la proposition d'emploi à laquelle il n'a pas donné suite en octobre 2018, l'intimé devait ainsi savoir qu'en réitérant quelques mois plus tard le même type de comportement que celui qui lui avait valu une suspension de 40 jours pour faute grave, il compromettait sérieusement son droit à l'indemnité. De surcroît, il n'a pas remis en temps utile les formulaires de recherches d'emploi deux mois consécutivement, à la même période.