Citation: 6B_754/2023 E. B

Par arrêt du 24 avril 2023, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice du canton de Genève a rejeté les appels joints de C.A.________ et B.A.________ formés contre le jugement du 9 juin 2022. Elle a partiellement admis l'appel de A.A.________ et annulé le jugement du 9 juin 2022. Statuant à nouveau, elle a classé la procédure s'agissant des voies de fait visées sous chiffre 1.1.1 de l'acte d'accusation, a acquitté A.A.________ de lésions corporelles simples, de menaces pour les faits visés sous chiffre 1.2.1 de l'acte d'accusation et de violation du devoir d'assistance ou d'éducation. Elle a déclaré A.A.________ coupable de voies de fait pour les faits visés sous chiffre 1.1.3 de l'acte d'accusation, de menaces pour les faits visés sous chiffres 1.2.2, 1.2.3 et 1.2.4 de l'acte d'accusation, de tentative de contrainte pour les faits visés sous chiffre 1.3.1 de l'acte d'accusation et de contrainte pour les faits visés sous chiffre 1.3.2 de l'acte d'accusation. Elle a condamné A.A.________ à une peine privative de liberté de dix mois, sous déduction de 289 jours de détention avant jugement (dont 56 jours de détention avant jugement à titre de l'imputation des mesures de substitution à hauteur de 10 %), avec sursis et un délai d'épreuve de trois ans. Il en ressort les faits suivants, s'agissant des infractions encore contestées: B.a. Le 20 août 2019 vers 16h00, alors que D.A.________ était retournée au domicile conjugal après avoir rendu visite à son assistante sociale et que A.A.________ était énervé, celui-ci a pris une table et l'a jetée à terre à proximité de la précitée. Ignorant les raisons de l'emportement de son époux, D.A.________ lui a demandé si sa réaction était en lien avec l'inscription de leur fils à la crèche. Ne supportant pas qu'elle lui réponde, il lui a, en présence de leurs enfants, asséné plusieurs coups de poing à la tête et un coup de pied dans le dos (ch. 1.1.3 de l'acte d'accusation). Il a ensuite brandi un couteau de cuisine à environ 50 cm de la tête de D.A.________ en menaçant de lui taillader le visage et de la frapper avant de la planter dans le mur, puis a menacé de la tuer, puis encore de se jeter lui-même dans le vide si elle allait voir l'assistante sociale du foyer, en enjambant la rambarde du balcon (ch. 1.2.2 à 1.2.4 de l'acte d'accusation). Après que son épouse est parvenue à se libérer de son emprise et a tenté de quitter l'appartement pour chercher du secours auprès de l'assistance sociale du foyer, A.A.________ a ramené celle-ci de force dans l'appartement en la tirant par son foulard afin de l'empêcher d'en sortir (ch. 1.3.1 de l'acte d'accusation). B.b. A une date indéterminée, A.A.________ a empêché D.A.________ de communiquer avec des tiers ou avec sa famille en lui prenant son téléphone portable (ch. 1.3.2 de l'acte d'accusation). B.c. A.A.________, né en 1991, et D.A.________, née en 1997, sont ressortissants afghans et titulaires d'un permis B. Cousins, ils se sont mariés religieusement de manière arrangée en 2015 en Afghanistan et sont parents de deux enfants, C.A.________ et B.A.________, nés en 2016 et 2019. Le couple est arrivé en Suisse peu de temps après leur mariage après avoir transité par la Turquie et la Grèce. Ils ont séjourné dans plusieurs foyers pour requérants d'asile à Neuchâtel et Genève, avant d'obtenir, en 2017, un logement au foyer de E.________. B.d. À teneur de l'expertise du 5 mars 2020, confirmée par la suite en audience contradictoire par l'expert psychiatre, A.A.________ ne souffrait, au moment des faits, d'aucun trouble psychiatrique, de sorte que sa responsabilité était pleine et entière. Ses symptômes du spectre post-traumatique qui se manifestaient par une anxiété et des peurs, en particulier de mourir lors des actes de guerre et de représailles, ne suffisaient pas pour retenir un diagnostic d'état de stress post-traumatique. Le risque de récidive a été qualifié de peu élevé à court terme et moyennement élevé à moyen et long terme par l'expert, motif pris de la dimension culturelle des conflits au sein du couple, du déni de l'expertisé et de ses faibles capacités d'élaboration. Ces éléments ne pouvaient pas être sous-estimés en dépit de l'absence d'antécédents spécifiques et des bonnes capacités d'adaptation de l'expertisé. B.e. Dans son pays d'origine, A.A.________ a suivi l'école coranique entre l'âge de 10 et 18 ans environ. Il a ensuite effectué son service militaire durant lequel il a été arrêté par les Talibans, emprisonné et torturé, avant de parvenir à s'enfuir. Il s'est réfugié en Iran où il a travaillé dans une usine de fabrication de briques pendant quatre ans avant de se marier avec D.A.________. Il est régulièrement en contact avec ses parents qui se trouvent toujours en Afghanistan. Actuellement, A.A.________ ne travaille pas et est au bénéfice de l'aide de l'Hospice général, qui lui verse mensuellement 950 fr. pour son entretien et 225 fr. pour les cours de français qu'il suit à raison de deux fois par jour. Il est prévu avec son assistante sociale qu'il recherche un stage en logistique à l'issue de son cours de français, son objectif étant de travailler en qualité de chauffeur de camion ou de livreur. Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, A.A.________ n'a pas d'antécédents.