Citation: I 876/05 09.11.2006 E. 4

4.1 S'écartant des montants retenus par l'office intimé, les premiers juges ont admis que sans invalidité, le recourant aurait pu réaliser un revenu annuel de 66'648 fr. en 2002 (année de référence vu l'incapacité de travail attestée depuis le 23 avril 2001). Ils se sont appuyés à cet égard sur le décompte de paie de l'entreprise X.________ SA de juin 2002 lequel incluait, en sus du revenu annuel brut proprement dit, les primes pour le travail en équipe. Par ailleurs, eu égard au fait que l'assuré disposait de connaissances professionnelles spécialisées, ils ont fixé le revenu d'invalide à 43'292 fr., en se fondant sur un salaire tiré de l'Enquête sur la structure des salaires 2002, dans le secteur de la production, de niveau 3. La comparaison des deux revenus précités les a conduits à retenir un taux d'invalidité de 35 %, voire de 39 % avec un abattement de 15 % (cf. consid. 4.3.2 in fine du jugement cantonal). Ils en ont conclu que le recourant présente un taux d'invalidité n'ouvrant pas le droit à une rente. 4.2 Le point de vue de la juridiction cantonale ne saurait être suivi. En effet, le recourant est au bénéfice d'un CFC dans la profession de mécanicien qu'il ne peut désormais plus exercer. Cela ne signifie pas pour autant qu'il dispose de connaissances professionnelles spécialisées dans une activité adaptée à son handicap. S'agissant du revenu réalisable dans une activité exigible à l'heure actuelle, on doit plutôt retenir le niveau de qualification 4 (activités simples et répétitives), compte tenu du trouble de la personnalité relevé par les experts. Si dans le futur, la situation se stabilisait et si le recourant retrouvait un équilibre émotionnel et psychique, il incomberait à l'office intimé d'examiner quelle incidence cette circonstance pourrait avoir sur le revenu exigible de la part de cet assuré. Le salaire de référence est donc celui auquel peuvent prétendre les hommes effectuant une activité simple et répétitive dans le secteur privé, soit 4'557 fr. par mois (Enquête suisse sur la structure des salaires 2002 [ESS], p. 43, TA1; niveau de qualification 4). Plusieurs adaptations sont toutefois nécessaires, afin de prendre en considération, soit la durée moyenne du travail dans les entreprises en 2002 (41.7 heures: Annuaire statistique de la Suisse 2004, tableau 3.2.3.5, p. 200), la capacité résiduelle de travail du recourant de 70 % ainsi que les circonstances personnelles et professionnelles (cf. ATF 126 V 78 ss consid. 5). Ces circonstances ne justifient pas en l'espèce une déduction supérieure à celle appliquée par la juridiction cantonale (10 %). Après avoir procédé aux adaptations nécessaires, on obtient un revenu hypothétique de 35'904 fr. par an, pour une activité exercée à 70 %. De la comparaison d'un revenu d'invalide de 35'904 fr. avec un gain sans invalidité de 66'648 fr., il résulte un taux d'invalidité arrondi (cf. ATF 130 V 121) de 46 %. Ce taux donne droit à un quart de rente, dès le 1er avril 2002 sous réserve du cas pénible (art. 28 al. 1bis LAI dans sa version en vigueur jusqu'au 31 décembre 2003; let. d des dispositions finales de la modification du 21 mars 2003 [4ème révision de l'AI]). Il incombera à l'office intimé, auquel le dossier est renvoyé pour le calcul de la rente, d'examiner cette question. Le recours est dès lors partiellement bien fondé.