Citation: I 609/04 20.03.2006 E. 3.2

La juridiction cantonale est d'avis que le syndrome douloureux somatoforme persistant sous forme de fibromyalgie dont souffre la recourante n'a pas le caractère d'une atteinte à la santé ouvrant droit aux prestations de l'assurance-invalidité. Se référant aux critères posés par la jurisprudence, elle a nié l'existence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée, ainsi que d'une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie. En outre, elle a considéré que l'affection corporelle, sous forme de troubles du rachis était mineure. Non seulement ces critères permettant de fonder exceptionnellement un pronostic défavorable faisait défaut, mais il existait également des divergences entre les douleurs décrites et le comportement observé, critère permettant de conclure à l'absence d'une atteinte à la santé au sens de l'assurance- invalidité. La recourante conteste ce point de vue selon lequel elle ne présente pas une comorbidité psychiatrique importante, en particulier aucun symptôme de la lignée dépressive. Pour étayer sa critique, l'intéressée se fonde sur le rapport du docteur V.________ du 27 mai 2002, d'après lequel elle est « réellement handicapée physiquement et mentalement » et présente des « mouvements dépressifs avec parfois des menaces à peine voilées ». Toutefois, cet avis médical, qui ne repose pas sur un diagnostic reconnu et n'émane pas d'un spécialiste en psychiatrie, n'est pas de nature à mettre en cause le point de vue des premiers juges qui est fondé sur les rapports des médecins du COMAI (du 27 septembre 2001) et du SMR (du 28 novembre 2001), selon lesquels l'intéressée ne présente aucune symptomatologie psychiatrique, hormis sa douleur chronique. Au demeurant, le docteur V.________ a, lui aussi, nié l'existence d'une comorbidité psychiatrique dans son rapport destiné à la juridiction cantonale (du 27 mars 2004). Quant aux autres critères relevés par la juridiction cantonale, ils ne sont pas sérieusement contestés par la recourante. Du reste, ces constatations reposent sur les observations dûment consignées dans les rapports du COMAI et du SMR déjà cités. Cela étant, les circonstances exceptionnelles permettant d'admettre que l'assurée ne dispose pas des ressources nécessaires pour vaincre ses douleurs n'apparaissent pas réunies dans le cas particulier. Dès lors, il y a lieu de présumer que les troubles de l'intéressée ou leurs effets peuvent être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible. L'existence d'une atteinte psychique ouvrant le droit à des prestations d'assurance doit être niée.