Citation: I 244/06 20.06.2007 E. 5

Le diagnostic de trouble somatoforme douloureux est ainsi posé à l'issue de rapports médicaux dûment motivés, établis en considération des plaintes exprimées par le recourant, sur la base d'examens médicaux complets et en pleine connaissance de l'anamnèse ainsi que du dossier médical. La description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et non contradictoires. En particulier, les conclusions du rapport d'expertise des docteurs A.________ et R.________ du 1er février 1999 et celles du complément établi le 29 avril suivant par les docteurs R.________ et L.________ - en tant que les premières reconnaissent à l'assuré une capacité de travail en positions allongée et assise tandis que les secondes lui attribuent une capacité totale de travail comme tailleur - ne sont pas contradictoires comme prétendu par le recourant. En effet, les premières expriment la capacité de travail correspondant aux plaintes subjectives de l'assuré tandis que les secondes décrivent la capacité de travail raisonnablement exigible de ce dernier. Au demeurant, ces conclusions ne sont pas décisives pour l'issue du présent litige au regard des considérants 6.2 et 6.3 ci-dessous. Celles des docteurs D.________ (rapport du 7 mars 1994) et F.________ (rapport du 27 mars 1999) ne le sont pas davantage. Dans le rapport précité, le docteur D.________ indique que les plaintes exprimées par l'assuré sont inhabituelles en ce sens qu'elles traduisent essentiellement des démangeaisons intenses, ne survenant qu'en position verticale ou assise et disparaissant quasiment en position allongée. Il ajoute qu'aucune des mesures médicales préconisées ne s'est révélée efficace, de sorte que la prise en charge par le service d'antalgie a été interrompue. Enfin, il précise que les symptômes sont d'origine partiellement somatique et qu'à son avis, l'intéressé n'est pas simplement à la recherche d'une rente d'assurance malgré une constellation psychologique particulière. De son côté, le docteur F.________ diagnostique dans le rapport précité un status post-ulcère duodénal, une oesophagite peptique de stade I sur hernie hiatale, un "Thoracic Outlet Syndrome" (TOS) du membre supérieur gauche, des céphalées tensionnelles et un status post-brûlures des deux membres inférieurs; il précise que de toutes ces pathologies, les plaintes majeures ressortissent des séquelles dues aux brûlures, soit de cicatrices chéloïdiennes consécutives aux greffes subies avec, anamnestiquement, un important prurit maximum au procubitus entraînant depuis 1991 une incapacité totale de travail dans le métier de tailleur. Ces avis ne sauraient en effet être déterminants pour l'issue du litige dès lors que le premier n'indique aucune incapacité de travail, tandis que le second émane du médecin traitant de l'assuré, dont il est admis de jurisprudence constante, qu'il est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc p. 353). Sur le vu de ce qui précède, il apparaît que le diagnostic de trouble somatoforme douloureux a été retenu à l'issue de rapports médicaux répondant aux critères jurisprudentiels permettant de leur accorder une pleine valeur probante (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352, 122 V 157 consid. 1c et les références p. 160), de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'en écarter.