Citation: 9C_182/2017 E. 6.2.2

6.2.2. Cela étant, les autres raisons retenues par la juridiction cantonale pour considérer que le rapport du 23 août 2015 n'était pas déterminant ne relèvent pas, quoi qu'en dise la recourante, d'une appréciation arbitraire des preuves (sur cette notion, ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s.; 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.). A la suite des premiers juges, on constate tout d'abord que l'expert privé a observé qu'en raison de la manière dont l'assurée a répondu aux questions - imprécisions, digressions, agitation, pleurs - il était difficile de cerner la réalité des propos de la recourante; il était par ailleurs difficile de savoir où elle vivait réellement et impossible de savoir comment elle passait et occupait une journée (rapport du 23 août 2015, p. 6). Au regard de ces difficultés, on ne voit pas sur quelles observations concrètes le médecin mandaté par la recourante s'est fondé pour faire état de l'empêchement de celle-ci à entretenir des relations sociales ou d'un comportement inadéquat avec des choix de vie, éléments - parmi d'autres - qui l'ont conduit à retenir le diagnostic de trouble mixte de la personnalité avec traits de la personnalité histrionique, de personnalité dépendante et de personnalité anxieuse (F 61.0, CIM-10). A cet égard, le rapport du docteur E.________ ne contient aucune explication sur les motifs qui l'ont conduit à s'écarter de l'appréciation de son confrère B.________, qui avait exclu tout élément anamnestique faisant penser à un trouble de la personnalité durant l'enfance ou l'adolescence, ainsi que tout signe ou symptôme d'un tel trouble, au moment de son examen. Ce médecin avait également conclu que les activités quotidiennes de l'assurée, dont celle-ci lui avait apparemment fait part de manière cohérente, n'étaient pas compatibles avec un statut de malade. L'expertise du 23 août 2015 n'est pas plus explicite quant à l'absence de toute amélioration de l'état de santé psychique de l'assurée depuis la fin des années 1990, alors que le docteur B.________ avait conclu à une stabilité psychique chez l'assurée depuis en tout cas la date de son examen (juin 2014). Le docteur E.________ indique ainsi une absence d'évolution de la symptomatologie depuis quinze ans sans aucunement prendre position sur l'appréciation opposée de l'expert mandaté par l'administration. Par ailleurs, et avant tout, les conclusions de l'expert privé quant à l'incapacité totale de travail de la recourante ne sont pas convaincantes et ne sauraient dès lors être suivies. Pour motiver une "difficulté majeure dans les relations interpersonnelles" sur le plan professionnel, le médecin se réfère à un conflit qu'aurait eu l'assurée avec son employeur en l'an 2000, décrit par la doctoresse C.________ dans son rapport du 11 avril 2000. Il résulte toutefois de cet avis du médecin traitant que l'incapacité de travail retenue alors était liée à une dépression post partum et à des difficultés familiales; le "conflit avec l'employeur" n'a aucunement été mentionné en lien avec un trouble de la personnalité - diagnostic absent des rapports médicaux de l'époque - mais avec la fatigue de l'assurée, qui allaitait son enfant, et l'atmosphère trépidante dans la salle d'opération dans laquelle l'assurée exerçait son activité d'infirmière instrumentiste. L'épisode isolé mentionné par l'expert psychiatre ne suffit pas à justifier l'incapacité de travail retenue plus de quinze ans plus tard - l'assurée ayant au demeurant exercé une activité lucrative de 1993 à 2000 sans empêchement -, ni à convaincre de la "difficulté des relations interpersonnelles" qui empêcherait l'assurée de travailler en dehors d'un milieu protégé.