Citation: 2C_1019/2022 E. 5.1

5.1. En l'occurrence, la Cour de céans constate qu'en cohérence avec la motivation de son arrêt, le Tribunal cantonal n'a pas examiné cette dernière question, qu'il a expressément laissée ouverte (cf. supra consid. 3.2). Un renvoi de la cause à cette autorité pour instruction complémentaire sur ce point et nouvelle décision au sens des considérants n'est cependant pas nécessaire en l'espèce, ni d'ailleurs opportun au regard des quatre années déjà écoulées depuis le dépôt de la demande d'autorisation de séjour en vue du mariage présentement litigieuse. Il y a lieu de rappeler que, selon la jurisprudence, l'autorité ne peut de toute façon retenir l'existence d'un projet de mariage de complaisance qu'en présence d'indices clairs et concrets en ce sens, comme un renvoi de Suisse imminent, l'absence de vie commune, une différence d'âge importante ou des difficultés de communication (cf. art. 97a al. 1 CC; arrêts 2C_951/2020 du 1er décembre 2020 consid. 4.2 et 2C_400/2011 du 2 décembre 2011 consid. 3.1). Or, en l'espèce, aucune constatation de fait contenu dans l'arrêt attaqué ne permet de soupçonner l'existence d'un projet de mariage fictif de la part des recourants, qui n'ont qu'une année d'écart et qui parlent la même langue maternelle. Au contraire, le fait que le recourant 1 ait choisi de quitter le Brésil, où il bénéficiait pourtant du statut de réfugié, pour rejoindre la recourante 2 en Suisse en 2019, et que les intéressés vivent ainsi depuis quatre ans en ménage commun tend à démontrer leur volonté à former une véritable communauté conjugale. Quant au Tribunal cantonal, il s'est finalement borné à évoquer dans son arrêt les doutes précédemment émis par le Service cantonal qui, dans sa décision du 5 mai 2019, a simplement reproché un manque de diligence aux recourants; selon l'autorité administrative de première instance, ces derniers n'auraient effectivement pas entrepris toutes les démarches pouvant être attendues d'eux en vue d'une union rapide et n'auraient ainsi pas démontré leur désir de se marier dans un délai raisonnable. Comme le Tribunal cantonal semble lui-même le suggérer dans son arrêt, de telles considérations ne suffisent toutefois pas à remettre en question les intentions des recourants, d'autant moins que, selon la jurisprudence, la preuve d'un mariage fictif ne doit pas être admise trop facilement (ATF 128 II 145 consid. 2.2; 127 II 49 consid. 5; aussi arrêt 5A_413/2022 du 9 janvier 2023 consid. 5.1 et 2C_587/2008 du 4 décembre 2008 consid. 4).