Citation: 9C_269/2013 E. 4.2.3

4.2.3. En ce qui concerne, ensuite, les arguments de la recourante selon lesquels son état de santé devait être considéré comme stabilisé à la suite des interventions chirurgicales de février et mai 2001 et ne pouvait être qualifié de maladie de longue durée au sens de l'art. 29 al. 1 let. b aLAI, ils sont également mal fondés. Si on peut suivre la recourante lorsqu'elle soutient que le traitement d'une cataracte secondaire n'entraîne pas - en principe - une incapacité de travail durable, il résulte toutefois de l'avis de ses médecins traitants que la combinaison des différents troubles oculaires dont elle était atteinte a justifié une incapacité de travail totale supérieure à une année à partir des opérations en 1999 (cf. par exemple, rapport du docteur C.________ du 26 mars 2001). A cet égard, le docteur F.________ a confirmé que le cas de l'assurée avait été rendu particulièrement complexe par l'existence d'une myopie forte, qui avait provoqué une chaîne de réactions rendant nécessaire une série d'interventions chirurgicales. La patiente avait présenté une cataracte qui ne pouvait à proprement parler être qualifiée de secondaire, dès lors que des cellules inflammatoires s'étaient déposées sur l'implant; le problème principal avait cependant été celui de la rétine, qui n'avait pu être traité de manière satisfaisante qu'en décembre 2001, date à partir de laquelle l'amélioration progressive de la vue s'était consolidée et pouvait, en février 2002, être considérée pour l'essentiel comme acquise. Le médecin a également confirmé, en guise de conclusion, que le cas de sa patiente avait été marqué par un enchaînement de causes et effets, découlant de la première intervention sur la cataracte primaire, qui avaient rendu nécessaires des opérations en chaîne permettant finalement de compter alors avec une amélioration substantielle et durable (compte-rendu du conseil de l'assurée du 14 mars 2002; cf. rapport du 2 décembre 2003). Enfin, la recourante semble à tort attacher une importance décisive à la notion de "maladie de longue durée". Cette notion a été dégagée par la jurisprudence en relation avec l'art. 29 aLAI (dans sa version en vigueur jusqu'au 31 décembre 2007). Cette disposition prévoyait la différence entre une incapacité permanente de gain (soit lorsque l'atteinte à la santé était largement stabilisée, essentiellement irréversible et était de nature à diminuer la capacité de gain de l'assuré avec effet permanent) et une incapacité de travail durable (soit une incapacité de travail [de 40 pour cent au moins] d'une durée d'une année sans interruption notable). Le moment de la naissance du droit à la rente était différent selon qu'il s'agissait d'une invalidité dite "permanente" ou de "longue durée" (cf. ATF 111 V 21 consid. 2b p. 23). Comme en l'espèce la recourante a subi une incapacité totale de travail de plus d'une année depuis le 22 juin 1999 (cf. attestation du docteur G.________ parvenue à l'intimé le 21 septembre 1999 et rapport du docteur C.________ du 26 mars 2001), en raison des atteintes ophtalmiques, et que celles-ci l'avaient empêchée pendant la période litigieuse d'être apte à suivre des mesures de réadaptation, les conditions de l'art. 29 al. 1 let. b aLAI (dans sa version en vigueur jusqu'au 31 décembre 2007) étaient réalisées. En ce sens, les troubles présentés correspondaient à une "maladie de longue durée" (cf. art. 29 al. 1 let. b aLAI) et non pas à une "atteinte largement stabilisée et essentiellement irréversible" (cf. art. 29 al. 1 let. a aLAI).