Citation: 5A_617/2020 E. 5.2

5.2. Le recourant conteste uniquement les 900 fr. par mois d''' essence et entretien " retenu par l'autorité cantonale, rappelant que son épouse n'a jamais documenté ce poste de charges, qu'elle a notamment tu le nombre de kilomètres effectués et qu'elle n'a jamais prétendu dépasser le maximum de 20'000 km par an prévu par son contrat de leasing. Même si l'on retenait généreusement qu'elle effectue 20 km par jour ouvrable, plus 3'000 km de déplacements internationaux, on atteindrait quelque 12'000 km par an ce qui, à 0,87 fr. le km selon les calculs du TCS, donnerait moins que les 200 fr. par mois qu'il reconnaît avoir admis en instance cantonale et qu'il indique ne plus remettre en cause. Les frais de véhicule, partant, la contribution d'entretien en faveur de son épouse, étaient ainsi surévalués de 700 fr. par mois, ce qui serait arbitraire quant au résultat. L'argumentation de la cour cantonale selon laquelle il conviendrait d'accorder le même montant à son épouse qu'à lui-même à titre de frais de véhicule serait insoutenable, d'une part, parce qu'il ne lui appartiendrait pas de contester le montant retenu par les premiers juges pour ses propres charges de voiture, d'autre part, parce qu'il n'aurait pour sa part jamais prétendu assumer des frais d'une telle ampleur, ayant allégué un montant de 513 fr. 10 de frais de voiture en p. 22 de son appel cantonal. A cela s'ajouterait que, la cour cantonale ne lui ayant pas imputé de revenu hypothétique compte tenu du fait que sa fortune lui permettait de maintenir le train de vie antérieur de la famille, le montant de ses propres charges - à savoir notamment les 1'960 fr. de frais de véhicule retenus par l'autorité cantonale - n'était pas déterminant, ainsi que l'avait expressément jugé la Cour de justice en p. 42 de l'arrêt querellé. Au vu de ce qui précède ainsi que du fait que la contribution d'entretien de son épouse a été fixée en application de la méthode du train de vie, l'idée selon laquelle les frais de voiture litigieux seraient en définitive acceptables à la faveur d'un principe d'égalité tomberait à faux. Dans sa réponse, l'épouse fait valoir en substance que les montants indiqués sur le site du TCS ne constituent qu'une estimation et que la large marge d'appréciation dont bénéficie le juge des mesures protectrices de l'union conjugale l'autorise à procéder lui-même à une telle estimation compte tenu de l'ensemble des circonstances. Elle rappelle qu'il suffit que les frais en question soient rendus vraisemblables, d'autant plus lorsque la méthode du train de vie est applicable. Or, en l'espèce, les montants retenus seraient " tout à fait proportionnés " et son époux ne démontrerait pas que l'autorité cantonale aurait manifestement excédé son pouvoir d'appréciation.