Citation: U 222/99 16.02.2000 E. 5

5.- Il reste à examiner si la recourante doit répondre d'éventuels troubles psychiques. Le docteur M.________, psychiatre, a mis en évidence une dépression majeure sévère sans caractéristique psychotique, un syndrome douloureux chronique ainsi que de possibles troubles somatoformes douloureux. Selon lui, ces troubles entraînent une totale incapacité de travail tant que l'assuré ne sera pas sorti de sa dépression (rapport du 26 mai 1994). Au vu de ces constatations, on ne saurait, sans autre examen, nier que ces troubles sont dans un rapport de causalité naturelle avec les accidents assurés (cf. aussi le rapport du 20 novembre 1991 des médecins du service de psychologie de la CNA). La question peut toutefois rester indécise, vu l'absence de causalité adéquate. Au regard de leur déroulement, les accidents assurés se situent en effet tout au plus dans la catégorie des accidents de gravité moyenne, à la limite des accidents de peu de gravité. D'ailleurs, l'un a été déclaré comme accident-bagatelle, alors que l'autre n'a, semble-t-il, pas même été annoncé. Or, on ne voit pas de circonstances de nature à les faire apparaître comme particulièrement impressionnants ou dramatiques, les lésions qu'ils ont provoquées étant bénignes (contusions à l'épaule ou à l'omoplate et plaies sans gravité à la tête). Quant à la durée du traitement et de l'incapacité de travail causée par ces lésions, elle n'apparaît pas non plus particulièrement longue : en effet, ce n'est que près de deux ans et demi après le premier accident que l'assuré a été déclaré incapable de travailler en raison de la persistance de ses plaintes, lors même qu'il n'y avait plus aucun signe objectif de lésion. Ainsi, les critères particuliers requis par la jurisprudence pour admettre l'existence d'un lien de causalité adéquate entre un accident de gravité moyenne et des troubles psychiques font défaut (cf. ATF 115 V 139 sv. consid. 6, 408 consid. 5).