Citation: 1C_323/2023 E. A

Le 7 avril 2022, les autorités portugaises ont adressé à la Suisse une demande d'entraide judiciaire dans le cadre d'une procédure pénale ouverte notamment contre A.________ des chefs d'abus de confiance aggravé et de blanchiment d'argent, à la suite de la déconfiture du groupe B.________. Elles requéraient la saisie des avoirs déposés par l'intéressé auprès de la banque C.________ SA et de la banque D.________ SA et sur tout autre compte bancaire qui pourrait être identifié ainsi que la saisie de ses biens immobiliers en Suisse pour garantir le paiement de 399'000'000 euros. Elles sollicitaient également la production de la documentation bancaire en lien avec deux comptes ouverts auprès de E.________ et détenus par des sociétés ayant leur siège social dans les Iles Vierges britanniques. L'exécution de la demande d'entraide a été déléguée au Ministère public de la Confédération. Par décision de clôture du 3 janvier 2023, le Ministère public de la Confédération a admis la demande d'entraide, a ordonné la remise à l'autorité requérante de la documentation bancaire de la relation n° xxx ouverte au nom de A.________ auprès de D.________ SA et a soumis l'utilisation des moyens de preuve et informations remis à l'autorité requérante au respect du principe de spécialité. Le 3 février 2023, A.________ a recouru contre cette décision en concluant à son annulation et à ce que la transmission aux autorités portugaises de la documentation bancaire de la relation n° xxx soit refusée. Par arrêt du 13 juin 2023, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral a rejeté le recours. Elle a constaté que la remise de la documentation bancaire litigieuse, quand bien même elle n'aurait pas été expressément demandée, se justifiait pleinement sous l'angle du principe de l'utilité potentielle. L'enquête pénale ouverte contre A.________ se trouvait en effet encore en phase d'instruction et les pièces que le Ministère public de la Confédération souhaitait transmettre serviront de complément à celles qui avaient déjà été fournies par décision de clôture du 18 octobre 2017. Aussi, la transmission de la documentation bancaire relative à la relation litigieuse, en sus de bloquer les avoirs figurant sur celle-ci, ne violait nullement le principe de la proportionnalité.