Citation: 6B_233/2022 E. 2.4.3

2.4.3. Il apparaît de surcroît que les autres éléments de preuves à disposition de la cour cantonale étaient propres à ôter tout doute sur l'implication du recourant dans les faits qui lui étaient reprochés. Il en allait notamment de ses affirmations fantaisistes, qui empêchaient de considérer sa version avec sérieux. En particulier, alors qu'il s'était présenté en victime de l'intimé, déclarant avoir été frappé par ce dernier, il n'avait produit aucune attestation médicale. Pourtant, un de ses médecins aurait dû être en mesure de lui apporter son aide en pareilles circonstances, le recourant ayant du reste su en requérir s'agissant des faits de janvier 2019. De même, en tant qu'il avait expliqué que l'intimé l'avait accusé pour obtenir la signature d'un contrat de sous-location, celui-ci n'en avait toutefois nul besoin puisqu'il se considérait déjà au bénéfice d'un tel document depuis juin 2018. Le recourant avait du reste fourni, d'une manière générale, des "explications abracadabrantesques" sur les circonstances de son conflit avec l'intimé. C'était notamment le cas de ses déclarations selon lesquelles l'intimé se serait présenté en juillet 2018 avec un contrat l'autorisant à loger durant deux mois dans son appartement. En dépit du fait que ce document ne portait pas sa signature et qu'aucune procuration n'existait, il aurait accepté de loger de parfaits inconnus, à titre gratuit, par simple générosité. L'intimé et sa famille auraient ensuite refusé de quitter les lieux et changé les serrures pour le chasser de son logement, avec l'aide de la police. A l'inverse, le récit de l'intimé était réfléchi et étayé notamment par la production d'un certificat médical ("constat d'agression") attestant des blessures subies, qui étaient susceptibles d'être la conséquence des faits rapportés. Le médecin avait à cet égard précisé avoir reçu l'intimé et sa famille à son cabinet le jour des faits, en fin de journée, alors qu'ils étaient tous encore en état de choc. Quant au contexte de son litige avec le recourant, l'intimé avait expliqué avoir trouvé l'appartement par l'entremise de l'agence de D.________, ce qui était attesté par une facture et le témoignage de ce dernier. Le contrat de sous-location, que l'intimé avait indiqué avoir signé en juin 2018, avait été versé à la procédure, et retrouvé en possession du recourant. Ce document portait sur une sous-location à durée indéterminée, pour un loyer mensuel de 1'800 francs. Si l'intimé avait expliqué n'en posséder qu'une copie, c'était parce que le recourant lui avait repris l'original en raison d'une faute dans son nom, ce qui constituait une justification plausible vu l'inscription "F.________" sur le document au lieu de "A.________". Jusqu'en octobre 2018, l'intimé avait versé le loyer, de la main à la main, au recourant, qui refusait toutefois de lui délivrer toute quittance. Or, cette problématique avait aussi été rencontrée par le précédent sous-locataire, comme l'avait rapporté le témoin D.________. Pour cette raison, l'intimé avait cessé tout paiement et mandaté un avocat. Les constatations policières confirmaient en outre que le recourant n'habitait pas dans l'appartement, ses effets personnels n'y ayant pas été retrouvées, à l'inverse de ce que ce dernier avait affirmé. D.________ avait pour sa part relaté les mêmes informations, ce qui rendait par ailleurs crédible son affirmation selon laquelle le recourant lui avait accordé une procuration orale pour signer le contrat avec l'intimé. L'implication du recourant était rendue d'autant plus crédible par l'attestation de sa psychiatre, qui avait relevé que celui-là ne tolérait pas la frustration et connaissait des accès de colère, un risque hétéro-agressif n'ayant pas été exclu. Ces aspects, cumulés à des douleurs post-opératoires, avaient pu provoquer une exacerbation de sa réactivité émotionnelle, ce qui tendait à admettre que le recourant n'avait pas supporté l'opposition de l'intimé. Il fallait également tenir compte de la présence du fils du recourant au moment de l'altercation, qui était confirmée par sa mère, mais aussi par le suivi psychologique qui avait dû être instauré durant plusieurs semaines. Si les événements et l'expression "le méchant monsieur" avaient été rapportés à la psychologue par les parents de l'enfant, celui-ci avait néanmoins évoqué à la thérapeute sa peur, ses pleurs fréquents et ses cauchemars. Ces aspects étaient autant d'éléments confirmant que l'intimé était la victime de l'agression plutôt que son auteur. Il importait peu au surplus de déterminer si l'enfant avait compris la menace verbale proférée, l'essentiel ayant été qu'il avait vu le geste explicite du recourant, dont il avait bien cerné la signification. Le témoignage de l'épouse de l'intimé, corroborant celui de ce dernier, n'était par ailleurs pas susceptible d'être mis en doute, même s'il devait être évalué avec précaution au vu de leur statut marital. Son discours avait en effet toujours été mesuré, alors qu'elle aurait pu chercher à noircir le tableau pour porter préjudice au recourant. En particulier, elle s'était limitée à rapporter l'état de son époux et de leur enfant, ainsi que l'angoisse de ce dernier. Son témoignage renforçait ainsi les dires de l'intimé, notamment en relation avec le vol de la plaquette de leur boîte aux lettres puisqu'elle avait préalablement signalé cette problématique à la police à plusieurs reprises. Quant au témoignage de G.________, il n'était d'aucun secours au recourant puisqu'il avait seulement confirmé la survenance d'un conflit le 5 décembre 2018, en en ayant entendu parler par le recourant, qui était son ami. Le témoin n'était donc pas présent, n'ayant transporté les affaires du recourant, comme il le prétendait, qu'à des dates antérieures. De même, si le facteur, identifié par sa hiérarchie comme celui ayant été en charge de la distribution du courrier dans la rue U.________ le jour des faits, et interrogé comme témoin, avait affirmé n'avoir rien vu, ce fait ne suffisait pas, à lui seul, à remettre en cause la version de l'intimé. Il apparaissait en effet que, lors de l'instruction, il avait été omis de vérifier si des collègues du témoin avaient officié le même jour dans la rue en question, ainsi que le facteur interrogé l'avait expliqué. Il n'était d'ailleurs pas exclu, au vu de la rapidité par laquelle les faits s'étaient déroulés, que le témoin n'avait pas perçu l'altercation, s'il devait avoir été sur place. Enfin, la production, aux débats d'appel, d'une attestation médicale portant sur des examens prétendument subis à la période des faits et qui s'était avérée fausse, accentuait encore le manque de crédibilité des déclarations du recourant (cf. arrêt attaqué, consid. 3.2.2 p. 17 s.).