Citation: 5C.301/2001 22.01.2002 E. 3

3.- a) Dans un premier moyen (sous le titre "Remar-que préliminaire"), la recourante invoque l'inadvertance manifeste de la cour cantonale, qui aurait ignoré sans aucune justification les points pertinents de certains rapports médicaux qui sont en sa faveur. b) La jurisprudence n'admet l'existence d'une inad-vertance manifeste, susceptible d'être rectifiée d'office par le Tribunal fédéral en application de l'art. 63 al. 2 OJ, que lorsque l'autorité cantonale a omis de prendre en considération une pièce déterminée, versée au dossier, ou l'a mal lue, s'écartant par mégarde de sa teneur exacte, en particulier de son vrai sens littéral (ATF 115 II 399 consid. 2a, 109 II 159 consid. 2b). Tel est le cas lorsque l'examen d'une pièce du dossier, qui n'a pas été prise en considération, révèle une erreur évidente dans les constatations de fait. L'absence de mention d'une pièce dans le cadre de l'appréciation des preuves ne signifie pas encore qu'il y ait inadvertance, qui plus est inadvertance manifeste: il faut que ladite pièce n'ait pas été examinée, même implicitement, en d'autres termes que le juge n'en ait pas pris connaissance ou l'ait purement et simplement laissée de côté. Cependant, l'inadvertance manifeste ne saurait être confondue avec l'appréciation des preuves. Dès l'instant où une constatation de fait repose sur l'appréciation, même insoutenable, d'une preuve, d'un ensemble de preuves ou d'indices, une inadvertance est exclue (ATF 116 II 305 consid. 2c/cc p. 310, Poudret, Commentaire de la loi fédérale l'organisation judiciaire, vol. II, 1990, n. 5.4 ad art. 63 OJ). Il ne peut en effet être remédié à une mauvaise appréciation des preuves par la voie prévue à l'art. 55 al. 1 let. d OJ (ATF 96 I 193 consid. 2; Poudret, op. cit. , n. 1.6.3 ad art. 55 OJ). Au demeurant, le moyen tiré de l'inadvertance manifeste n'est recevable que si l'acte de recours contient l'indication exacte de la constatation attaquée et la pièce du dossier qui la contredit (art. 55 al. 1 let. d OJ; ATF 110 II 494 consid. 4 et les arrêts cités). c) En l'espèce, même si de nombreux points des différents rapports n'ont pas été expressément mentionnés dans le jugement attaqué, cela ne signifie pas encore que la cour cantonale en ait ignoré l'existence. Il est vrai que celle-ci à jugé l'état de santé de la demanderesse et les chances de succès d'une opération chirurgicale en se fondant surtout sur les deux expertises médicales effectuées à la demande de X.________, mais elle n'a pas oublié de prendre aussi en considération les certificats et les rapports des autres médecins consultés par la demanderesse. La cour cantonale a en effet relevé à ce propos que les oppositions et les doutes exprimés par certains médecins vis-à-vis de l'intervention chirurgicale tenaient plutôt à l'attitude négative de la patiente et à son manque de motivation qu'aux possibilités de succès d'une telle intervention chirurgicale. La demanderesse méconnaît ainsi la notion d'inadvertance manifeste telle qu'elle vient d'être définie: le fait que la cour cantonale ne se fonde pas sur certains éléments contenus dans les différents rapports du dossier, et que ses constatations diffèrent de ce que certains médecins y déclarent, constitue un pur problème d'appréciation des preuves, qui échappe à la cognition du Tribunal fédéral en instance de réforme (ATF 119 II 84 et les arrêts cités).