Citation: 8C_43/2024 E. 4.2

4.2. Les premiers juges se sont fondés sur les appréciations du médecin d'arrondissement de l'intimée, le docteur D.________, des 27 mars 2018 et 8 juin 2022 relatives à l'évolution de l'état de santé et à la capacité de travail du recourant. Ils leur ont attribué pleine valeur probante. En ce qui concerne la stabilisation de l'état de santé du recourant, ils ont exposé qu'en 2018, après avoir examiné le recourant, le docteur D.________ avait retenu que la situation pouvait être considérée comme stabilisée au vu des atteintes subies, malgré la persistance des gonalgies gauches, et que des rechutes étaient probables à terme. Dans son appréciation de 2022, ce praticien avait conclu que les traitements en cours visaient médicalement à éviter une aggravation aiguë. Selon la cour cantonale, ceci était compatible avec un état stabilisé. On ne saurait mettre en doute la force probante de ce rapport au seul motif que ce médecin n'avait pas ausculté à nouveau le recourant, dans la mesure où il avait examiné l'ensemble des pièces médicales versées au dossier qui, elles, se fondaient sur un examen personnel du recourant (cf. arrêt 8C_712/2021 du 10 août 2022 consid. 3.3.2). Le rapport du 21 décembre 2022 du médecin traitant, le docteur E.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur et spécialiste du remplacement du genou et de la hanche, ne remettait pas en doute la stabilisation. En effet, ce praticien ne faisait mention d'aucune aggravation et d'aucun changement dans le bilan radiographique ou dans les amplitudes articulaires. Par ailleurs, il n'évoquait pas d'options thérapeutiques nouvelles permettant d'augmenter la capacité de gain. Par rapport à la capacité de travail résiduelle du recourant, la cour cantonale a considéré que le docteur D.________ avait dûment pris en considération l'évolution de la situation médicale entre son examen du 27 mars 2018 et son appréciation complémentaire du 8 juin 2022 et qu'il avait relevé que les modalités articulaires du genou gauche, décrites dans les derniers rapports orthopédiques (rapports des 14 septembre 2021 et 7 mars 2022 du docteur E.________), étaient inchangées voire légèrement meilleures. Par ailleurs, si la gonarthrose droite s'était aggravée, elle ne présentait pas de répercussion fonctionnelle notoire par rapport à 2018, de sorte que les limitations fonctionnelles établies en 2018 pour la problématique au genou gauche étaient valables également pour le genou droit. Il n'existait aucun motif de s'écarter de l'exigibilité fixée par le docteur D.________ et on ne pouvait déduire d'aucun avis médical au dossier que les limitations fonctionnelles et la capacité de travail qu'il avait déterminées ne correspondraient pas à la situation médicale du recourant. Si le docteur E.________ avait mentionné une capacité de travail de 50 % dans son attestation du 18 novembre 2022, il ne motivait toutefois nullement son appréciation. Au surplus, cette attestation était établie à la demande du recourant, étant rappelé que le médecin traitant était généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unissait à ce dernier (cf. ATF 135 V 465 consid. 4.5; 125 V 351 consid. 3a/cc). La cour cantonale a également écarté le rapport concernant le stage professionnel auprès de l'Orif, dont le recourant avait bénéficié du 7 novembre 2022 au 17 février 2023, qui attestait en substance que ce dernier ne pouvait pas tenir un horaire même réduit à 50 % en raison des douleurs aux genoux. D'après les juges cantonaux, les appréciations médicales du docteur D.________ l'emportaient sur les constatations faites lors du stage d'observation professionnelle. En outre, le rapport de l'Orif se fondait uniquement sur les plaintes de l'assuré. Par ailleurs, ce rapport faisait mention de plusieurs facteurs psycho-sociaux, étrangers à l'invalidité, qui avaient eu une influence négative sur la réorientation professionnelle de l'intéressé, à savoir son litige avec la CNA, ses craintes liées à son avenir professionnel et financier, des ressources psychiques limitées ainsi qu'une problématique à un doigt. De plus, on ne distinguait pas, entre les constatations médicales et les observations professionnelles, de divergences d'une importance telle qu'elles nécessiteraient un complément d'instruction.