Citation: I 621/04 12.10.2005 E. 4

4.1 Dans le cas particulier, les experts de la Clinique X.________ ont pris connaissance des dossiers assécurologique et radiologique de l'intéressée. Ils ont en outre procédé à des examens approfondis sur les plans physique, neurologique et psychiatrique. Les experts ont également observé la recourante dans le cadre d'un atelier professionnel. Enfin, ils ont attesté de manière convaincante, à la suite d'une discussion globale, des lombalgies chroniques avec irradiation douloureuse non radiculaire du MIG entraînant une incapacité de travail de 30 %. Aussi, doit-on admettre que l'expertise pluridisciplinaire de la Clinique X.________ répond aux critères posés par la jurisprudence relative à la valeur probante des avis médicaux (cf. consid. 3.1). 4.2 Sur le plan psychique, le docteur R.________ a diagnostiqué un épisode dépressif majeur en rémission partielle et a attesté une incapacité de travail de 20 % environ. Si le docteur M.________, membre du collège d'experts de la Clinique X.________, a fait état d'une majoration de symptômes physiques pour des raisons psychologiques (F 68.0) entraînant aucune incapacité de travail, les deux avis médicaux n'apparaissent toutefois pas contradictoires. En effet, les diagnostics posés par les médecins prénommés l'ont été pour des périodes différentes. De plus, le rapport de l'expert M.________ est postérieur à celui de son confrère R.________, et selon ce dernier médecin, la dépression de sa patiente était susceptible de s'estomper complètement dans les mois à venir. 4.3 Dans son rapport du 19 juin 2001, le docteur V.________ a fait état de troubles somatoformes douloureux dans le contexte d'un état dépressif majeur. Toutefois, à la suite d'un nouvel examen effectué plus d'une année après avoir établi le rapport précité, il a diagnostiqué un syndrome cervico et lombo-vertébral sur troubles statiques et troubles dégénératifs débutant, sans plus mentionner l'existence de troubles somatoformes douloureux (rapport du 3 décembre 2002). Or la reconnaissance de l'existence d'une atteinte à la santé psychique sous forme de troubles somatoformes douloureux suppose d'abord la présence d'un diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu (ATF 130 V 398 ss consid. 5.3 et consid. 6). Comme aucun psychiatre n'a confirmé ce diagnostic, ce rapport ne renferme rien qui soit de nature à ébranler la solidité des constatations opérées par les experts de la Clinique X.________, les constatations au sujet des affections physiques se recoupant largement. 4.4 Selon le docteur P.________ la recourante a présenté, sur le plan psychique, un épisode dépressif majeur en rémission partielle et, sur le plan physique, un syndrome lombaire chronique avec irradiation douloureuse non radiculaire du MIG. Ce médecin a par ailleurs attesté que la recourante ne pouvait travailler qu'à raison de 50 % d'un temps complet en additionnant les taux d'incapacité de travail retenus par ses confrères (30 % par les experts de la Clinique X.________ et 20 % par le docteur R.________). Son rapport médical ne constitue en fait qu'un résumé des constatations et conclusions des avis médicaux des experts de la Clinique X.________ et du docteur R.________. Or, d'une part, le docteur P.________ a relevé qu'une réévaluation des troubles psychiques était nécessaire, émettant lui-même des doutes quant à l'incidence de ces troubles sur la capacité de travail de la patiente; d'autre part, son mode d'évaluation du taux d'incapacité de travail (par addition) ne saurait être suivi comme tel (cf. consid. 3.1). Dans ces circonstances, on ne saurait rien déduire de son rapport en faveur de la thèse de la recourante. 4.5 Le docteur A.________ a fait état d'une aggravation des troubles physiques de sa patiente en se fondant en particulier sur les rapports du Centre Y.________ des 24 mars et 1er avril 2004. Or, les conclusions de ces rapports n'apparaissent pas sensiblement différentes de celles retenues par les mêmes radiologues lors d'examens réalisés en 1999 et 2000 (rapports des 29 septembre, 26 novembre 1999 et 25 octobre 2000), et dont les experts de la Clinique X.________ avaient pleine connaissance. Ainsi que le relève pertinemment le docteur H.________, médecin de l'office AI, les rapports des 24 mars et 1er avril 2004 ne permettent pas de conclure à une aggravation des troubles physiques de la recourante (avis 15 avril 2004), dont le docteur A.________ n'a par ailleurs pas précisé en quoi elle affectait sa capacité de travail. Aussi, le rapport de ce médecin (7 avril 2004) ne permet-il pas de retenir une aggravation de l'état de santé de la recourante. Dans ses rapports précédents (4 décembre 2002 et 20 juin 2003), ce médecin avait attesté une totale incapacité de travail sans que son appréciation soit motivée et sans référence aux observations et constatations des experts de la Clinique X.________. Or les experts de la Clinique X.________ ont procédé à des examens approfondis sur le plan physique, neurologique et psychiatrique; ils ont également observé la recourante dans le cadre d'un atelier professionnel. Ce n'est qu'après une discussion globale sur l'état de santé de cette dernière que le collège d'experts, composé de trois médecins et du chef des ateliers professionnels, a attesté une incapacité de travail de 30 %. Aussi, doit-on considérer que l'appréciation du docteur A.________ de la capacité de travail de sa patiente, - laquelle ne s'appuie pas sur une connaissance complète du dossier et n'est pas motivée -, ne saurait remettre en cause les conclusions des experts de la Clinique X.________. 4.6 Cela étant et quoi qu'en dise la recourante, les premiers juges ont à juste titre fondé leur appréciation sur l'expertise pluridisciplinaire de la Clinique X.________ puisqu'elle satisfait aux conditions posées par la jurisprudence relative à la valeur probante des avis médicaux (cf. consid. 3.1) et que les appréciations médicales divergentes, comme démontré ci-dessus, ne sont pas de nature à mettre en doute les conclusions prises par le collège des experts, de façon à justifier un complément d'instruction.