Citation: 6B_1070/2023 E. 3.3

3.3. Dans une argumentation prolixe mêlant indistinctement critiques de fait et de droit, le recourant conteste le caractère astucieux de la tromperie. Il prétend à une coresponsabilité de la dupe. Pour l'essentiel, il se contente d'offrir une appréciation personnelle des faits et des preuves, procédé qui est appellatoire et, partant, irrecevable. Tel est en particulier le cas de son affirmation selon laquelle il aurait agi pour le compte de la société I.________ Ltd, seule débitrice du prix d'achat des montres, et qu'il n'aurait jamais su que celle-ci n'honorerait pas le paiement. Il en va de même lorsqu'il prétend que la cour cantonale aurait confondu la relation commerciale nouée avec la bijouterie, qui n'était pas la prétendue dupe, que la gérante aurait fait preuve de négligence coupable en remettant les montres à une personne qu'elle n'avait vu qu'une fois sans en référer à sa hiérarchie et s'assurer du paiement préalable, des précautions élémentaires étant selon lui exigées par plusieurs éléments spécifiques de la transaction (la débitrice de la facture était une société étrangère, les montres étaient destinées à être envoyées à l'étranger), ou encore lorsqu'il soutient qu'aucun crédit ne saurait être accordé aux déclarations contradictoires de la gérante. Ce faisant, il ne parvient pas à démontrer en quoi le raisonnement des juges cantonaux relèverait d'un procédé arbitraire. Pour le reste, les éléments qu'il cite ne sont pas déterminants quant à la réalisation de l'astuce, pour les motifs suivants. Face à la supercherie orchestrée par le recourant, on ne saurait reprocher à l'intimée un manque de prudence ou de légèreté. Afin de convaincre la gérante de lui remettre les montres, le recourant a joué du lien de confiance préexistant entre lui et l'employeur de la gérante, ainsi que des ordres de virement, dont il savait qu'ils ne seraient pas exécutés. Il n'y a pas de place pour une coresponsabilité de la dupe qui exclurait l'astuce. La gérante a, dans un premier temps, refusé de remettre les montres au recourant à crédit. À cet égard, la gérante n'a pas cédé face à l'insistance du recourant. Bien plutôt, elle a attendu qu'il lui transmette les ordres de virement, qui devaient être exécutés quelques jours plus tard. La bonne relation commerciale que le recourant entretenait avec la bijouterie depuis plusieurs années a contribué à endormir la méfiance de la gérante. Il ne ressort de l'état de fait cantonal aucune circonstance laissant penser que le recourant ne s'acquitterait pas du prix d'achat. Au vu de ce qui précède, les affirmations du recourant concernant sa volonté d'exécuter sa prestation n'étaient pas indirectement susceptibles de faire l'objet de vérifications sur sa capacité à s'exécuter. Il n'est pas de vérifications que l'on pouvait raisonnablement attendre de la gérante dans le temps à disposition. Cela suffit à réaliser l'élément constitutif de l'astuce. Le recourant ne discute pas les autres éléments constitutifs objectifs et subjectifs de l'escroquerie (art. 42 al. 2 LTF). En définitive, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant l'astuce et en écartant une coresponsabilité de la dupe. Le grief du recourant est rejeté dans la mesure où il est recevable. Dans la mesure où les actes qui sont reprochés au recourant remplissent les éléments constitutifs de l'infraction d'escroquerie, l'argument du recourant selon lequel il s'agirait d'un litige de nature purement civile est inopérant.