Citation: 5A_735/2023 E. 8.4

8.4. Pour déterminer la contribution d'entretien en faveur de l'enfant, la cour cantonale a appliqué la méthode concrète en deux étapes avec répartition de l'excédent. Dès lors qu'elle a retenu que le père prendrait en charge l'entier du minimum vital selon le droit de la famille de sa fille, c'est à juste titre qu'elle a déterminé la part excédentaire de l'enfant au regard de l'excédent du père uniquement. Cela étant, en retenant une part d'excédent d'1/5 pour l'enfant, il apparaît que l'autorité précédente a tenu compte de deux "grandes têtes" de 2/5 pour chacun des parents - la "tête" concernant la mère ayant été comptée de manière virtuelle - et d'une "petite tête" de 1/5 pour l'enfant. Or, dès lors que les parents de l'enfant ne sont pas mariés et que la mère a la garde exclusive, il aurait en principe fallu considérer le père comme une "grande tête" et l'enfant comme une "petite tête", en attribuant deux tiers de l'excédent au père et un tiers à l'enfant. Au vu de ce qui précède, la critique apparaît fondée. Dès lors que la juridiction précédente devra à nouveau examiner la question de la situation financière des parents (cf. supra consid. 3), la part de l'enfant devra donc faire l'objet d'un nouveau calcul et, dans ce cadre, il n'est pas exclu qu'elle doive être limitée, l'intimé ayant à cet égard d'ores et déjà allégué plusieurs motifs justificatifs à l'appui de sa réponse (disproportion entre les disponibles des parents et taux de prise en charge de l'enfant).