Citation: 5A_532/2017 E. 3.2

3.2. Le Juge délégué a constaté que le recourant était administrateur unique de K.________ SA, avec siège à R.________, qui regroupe les sociétés D.________ SA, G.________ SA, F.________ Sàrl, E.________ SA, H.________ SA, sociétés dont le siège se situe à S.________ (VS) et dont le recourant était respectivement le président ou le gérant, avec signature individuelle. Il était également administrateur président avec signature individuelle de J.________ SA avec siège à T.________ (VD) et de L.________ SA avec siège à U.________ (FR). Il était administrateur délégué président au bénéfice d'une signature collective à deux de I.________ SA dont le siège est également à T.________ et de Y.________ SA avec siège à V.________ (VD). Le recourant était en outre propriétaire de divers biens immobiliers en Suisse et au Maroc et il semblait être l'ayant droit économique d'un compte bancaire ouvert auprès de M.________ AG à W.________ au nom de N.________ SA, dont le siège est à Tortola aux Iles Vierges britanniques. Il était également l'ayant droit économique d'un portefeuille dont la valeur au 30 juin 2015 était estimée à 76'808 fr. Enfin, O.________ SA, avec siège au Belize était également l'ayant droit économique d'un compte bancaire ouvert auprès de M.________ AG à W.________. S'agissant des pièces nouvelles produites par le recourant, pour la plupart établies postérieurement à l'ordonnance de première instance du 21 février 2017, à savoir notamment quatre certificats de salaire pour l'année 2016, tous datés du 2 mars 2017 et non signés, un certificat de salaire pour l'année 2016 daté du 8 mars 2017 établi par D.________ SA, accompagné d'une attestation datée du même jour et de deux attestations datées du 27 février 2017 émanant des sociétés E.________ SA et J.________ SA, desquelles le recourant est président ou administrateur président, le Juge délégué a laissé la question de leur recevabilité ouverte dans la mesure où il les a considérées comme dépourvues de force probante. Il a en effet constaté qu'elles étaient souvent non signées et avaient vraisemblablement, pour la plupart, été établies par le recourant lui-même ou encore qu'elles étaient sans pertinence par rapport aux éléments litigieux dans la présente cause. Le recourant avait par ailleurs produit un état financier au 31 mars 2016 de K.________ SA, établi le 2 novembre 2016 par la fiduciaire P.________ SA, qui précisait n'avoir effectué ni audit, ni examen succinct des états financiers, de sorte qu'elle ne donnait aucune assurance à cet effet. Le Juge délégué a considéré cette pièce comme irrecevable dans la mesure où elle aurait déjà pu être produite en première instance. Nonobstant les sept tableaux récapitulatifs de ses revenus pour les mois de juin 2015 à octobre 2016 établis par le recourant et les courriers de fiduciaires confirmant ces montants desquels il ressortait qu'il avait perçu durant cette période des revenus mensuels de l'ordre de 21'140 fr. 10, le Juge délégué a considéré que rien ne justifiait de s'écarter des constatations du premier juge selon lesquelles entre les salaires (quelque 23'000 fr. par mois), les revenus d'actionnaire (à tout le moins 3'000 fr. par mois) et les gains en capital (même en comptant à ce titre un modeste 12% à 15%, soit 1'000 fr. par mois), les revenus mensuels du recourant pouvaient être arrêtés à un montant minimum de 27'000 fr. En effet, déjà en décembre 2015, dans le cadre de la première procédure de mesures protectrices de l'union conjugale, le recourant avait allégué que ses revenus mensuels s'élevaient à 21'097 fr., ce qui avait été jugé peu vraisemblable par le Juge délégué. Le recourant n'avait alors pas déposé de recours contre l'arrêt du 22 décembre 2015. Il n'avait pas non plus fourni d'explications sur la baisse drastique de ses revenus qui avaient chuté de 26'507 fr. 85 en août 2015 à 6'039 fr. 75 en septembre 2015, soit quelques mois après la séparation des parties. Il n'y avait ainsi aucun arbitraire à retenir que les revenus du recourant n'avaient pas diminué depuis le 22 décembre 2015. Les pièces 13 à 15 produites en appel, qui ne concernaient que trois - sur à tout le moins sept - sociétés dans lesquelles le recourant détenait des intérêts financiers, que ce soit en qualité d'administrateur, de gestionnaire, de président ou d'actionnaire, ne permettaient pas d'aboutir à un constat différent. Le Juge délégué a en particulier relevé que les pièces 14 et 15 ne démontraient pas que les sociétés D.________ SA ou I.________ SA seraient en difficulté financière. Quant à la pièce 13, relative à la société N.________ SA, on ne pouvait conclure que cette société ne générerait aucun bénéfice du simple fait qu'elle n'était plus inscrite au registre des sociétés offshore inscrites aux Iles Vierges Britanniques. Le Juge délégué a encore précisé que, compte tenu de la nature et de la diversité des revenus dont bénéficiait le recourant, du fait qu'ils lui étaient versés par des sociétés dans lesquelles il jouait souvent un rôle actif et que, selon les explications qu'il avait fourniesen audience, ces sociétés étaient, pour plusieurs d'entre elles au moins, détenues par une holding dont il est l'actionnaire, une détermination de ses revenus selon les règles applicables aux indépendants (moyenne des revenus notamment) apparaissait pleinement justifiée en l'espèce.