Citation: 5A_13/2022 E. 4.1.1

4.1.1. L'action révocatoire des art. 285 ss LP tend à obliger le défendeur à tolérer la réalisation, au profit des créanciers demandeurs, des biens soustraits à l'exécution forcée par des actes révocables. Elle est fondée sur une obligation ex lege établie par le droit public de la poursuite pour dettes et de la faillite. Elle est ainsi par nature une action de droit des poursuites avec effet réflexe sur le droit matériel. L'obligation révocatoire et l'action qui arme cette obligation légale sont donc étroitement imbriquées dans la procédure d'exécution forcée, qui les conditionne entièrement. L'effet du jugement révocatoire est du reste limité à la poursuite en cours (ATF 131 III 227 consid. 3.3; 130 III 672 consid. 3.2). La révocation peut être invoquée non seulement par le biais d'une action judiciaire, mais également à titre d'exception dans l'action en revendication notamment (ATF 114 III 110 consid. 2; 107 III 118 consid. 3; cf. aussi arrêt 5A_129/2020 du 13 juillet 2021 consid. 1.2.2). Si en raison de cette exception, un jugement statue sur une partie des prétentions en révocation, l'effet du jugement, déjà limité à la poursuite en cours, ne s'étend qu'à cette partie sur laquelle il a été statué (cf. sur l'autorité de chose jugée étendue à une créance compensante: arrêt 4C.233/2000 du 15 novembre 2000 consid. 3a).