Citation: 1C_204/2022 E. 5.2

5.2. En l'espèce, les recourants critiquent le revirement de position de l'autorité cantonale qui a laissé aller le développement d'un projet complet de construction sur la parcelle litigieuse - le permis de construire trois immeubles de trois appartements requis en décembre 2019 par les recourants a été refusé le 26 février 2020 en raison de l'opposition de la DGTL à ce projet - et a approuvé sans réserves la zone réservée adoptée par la commune peu de temps auparavant qui ne comprenait pas cette parcelle. Ils souhaitent voir l'état de fait de l'arrêt attaqué complété sur ce point et se réfèrent, pour cela, à leurs propres correspondances et à celles de la commune ainsi qu'à l'historique du dossier que celle-ci a reconstitué. Il n'est produit aucune prise de position de la DGTL sur ces questions. Aussi, tout au plus peut on observer une certaine passivité de l'autorité cantonale dans le cadre de l'adoption sans réserves de la zone réservée. La mesure dans laquelle il faut en inférer un comportement contradictoire sanctionné par le principe de la bonne foi n'a toutefois pas à être déterminée dans la présente procédure. En effet, à supposer que les cinq conditions susmentionnées (consid. 5.1) soient réalisées, le Tribunal fédéral constate que l'intérêt à une correcte application du droit est ici prépondérant par rapport à la protection de la confiance. D'une part la zone réservée n'est adoptée que pour une durée de cinq ans, le temps de permettre à l'autorité communale d'adopter et faire avaliser par le canton son plan d'affectation. D'autre part, les dispositions à caractère irréversible prises par les recourants, que le principe de la bonne foi protégerait, sont limitées aux coûts d'élaboration du projet de construction (il n'est par exemple pas question d'un ordre de remise en état ou de démolition). Ce dommage étant de caractère pécuniaire uniquement, les recourants pourraient le faire valoir, si les conditions devaient véritablement en être réunies, dans une action en responsabilité de l'état. A l'inverse, la mesure contestée permet d'assurer aux autorités de planification une pleine liberté de mouvement pour redimensionner la zone à bâtir, aux fins de la rendre conforme aux exigences non remplies en l'état, du droit fédéral, en disposant au besoin d'une importante surface dont il n'est pas manifeste, comme on l'a vu ci-dessus, qu'elle doive impérativement demeurer constructible. Le grief doit par conséquent également être rejeté.