Citation: 5A_945/2016 E. 3.4

3.4. L'argumentation du recourant trahit une mauvaise compréhension de la jurisprudence. Pour pouvoir valablement invoquer l'existence d'un cas d'exception au sens de l'art. 123 al. 2 CC, il aurait dû démontrer que son ex-épouse dispose d'autres éléments pouvant lui tenir lieu de prévoyance professionnelle et, sur cette base, expliquer en quoi la situation de son ex-épouse, lorsqu'elle aura pris sa retraite, sera sensiblement meilleure que la sienne, de sorte qu'un partage par moitié de leurs avoirs de prévoyance professionnelle provoquerait une disproportion manifeste dans leur prévoyance globale respective (cf. supra consid. 3.1.2). Le fait que, comme il l'affirme lui-même, ses propres avoirs LPP sont sensiblement supérieurs à ceux de l'intimée, tend précisément à démontrer qu'en l'espèce, il ne se justifie en principe pas de déroger au principe du partage. En tant que le recourant expose que son ex-épouse a délibérément renoncé à obtenir un revenu depuis la suspension de la vie commune, il omet que quand bien même ses allégations seraient avérées, de telles circonstances n'ont aucune incidence sur le partage d'une épargne de prévoyance constituée durant le mariage et destinée à assurer les vieux jours (cf. supra consid. 3.1.2). Le long concubinage de l'ex-épouse ne constitue pas non plus un facteur pertinent. Quant aux allégations du recourant selon lesquelles il n'aurait pas effectué de rachat de prévoyance s'il avait su que le partage serait ordonné, elles sont sans influence sur l'issue du litige. Dans la mesure où il ressort des pièces du dossier que les rachats ont été effectués entre 2008 et 2012, à savoir avant l'introduction de la demande en divorce, et où il n'est pas allégué, ni a fortiori démontré, que lesdits rachats auraient été effectués au moyen de biens propres de l'ex-époux, il n'y avait de toute manière pas lieu de les déduire du montant à partager (art. 22 al. 3 aLFLP a contrario; art. 200 al. 3 CC s'agissant de la présomption selon laquelle tout bien d'un époux est présumé acquêt, sauf preuve du contraire). En définitive, le raisonnement de la cour cantonale ne révèle aucun abus du pouvoir d'appréciation (cf. supra consid. 3.1.3).