Citation: 8C_275/2023 E. 5.1

5.1. Le recourant soutient que l'attestation de MétéoSuisse devrait être écartée en tant qu'elle exclut (quasiment) la survenue d'un phénomène localisé caractérisé par l'apparition soudaine de vent violent. Cette attestation serait en effet dénuée de toute force probante, dès lors que les trois stations MétéoSuisse qui y sont mentionnées sont situées à plus basse altitude que le Cervin, soit à Zermatt, au Monte Rosa et au Gornergrat. En outre, elle exclut des précipitations à 16h30, alors qu'il serait question de vent violent, et s'appuie sur un radiosondage de Milan fait à 14h, qui ne permettrait pas de retenir l'absence de vent violent à 16h30 au sommet du Cervin, à plus de 100 km de Milan. Le recourant rappelle avoir fait état, dans ses premières déclarations à l'intimée, de l'arrivée d'un vent très fort et froid dans l'après-midi, et de l'apparition de gelures au nez et aux yeux quand le vent avait commencé à souffler. Ces déclarations correspondraient à celles de son compagnon de cordée, dont l'audition aurait été refusée de manière arbitraire par le tribunal cantonal, par appréciation anticipée des preuves. A ce titre, le recourant joint à son recours la déclaration d'accident du compagnon en question, qui mentionne notamment qu'une tempête et un vent fort se sont levés et qu'un réchaud a cessé de fonctionner à 5h du matin. Ce compagnon aurait pu confirmer l'arrivée d'un vent violent ayant arraché la guêtre droite du recourant, ce qui expliquerait l'amputation des orteils du pied droit et non du pied gauche. Cette perte de guêtre serait assimilable à la déchirure de gants dans le cas U 430/00. La juridiction cantonale aurait également rejeté de manière arbitraire la requête du recourant de mise en oeuvre d'une expertise visant à démontrer que les lésions subies pouvaient résulter d'une atteinte brève, tout en se développant sur une durée de plusieurs heures ou jours. Au demeurant, même si l'apparition d'un vent violent devait être niée, l'existence d'un accident au sens de l'art. 4 LPGA devrait être admise. Au moment de l'apparition des premiers signes d'engourdissement et d'insensibilité aux doigts à 200 mètres du sommet, le recourant n'aurait pas eu d'autre option que de terminer tant bien que mal l'ascension, pour redescendre ensuite en direction du bivouac de Solvay. Il n'aurait donc pas pu échapper à une longue exposition au froid.