Citation: 7B_716/2024 E. 4.3.2

4.3.2. Le recourant conteste présenter un risque de récidive qualifié. Il soutient que sa soi-disant passion pour les "feux bleus" et le fait qu'il ait reconnu souffrir de mythomanie ne permettaient pas de présumer, en l'absence d'expertise l'établissant, qu'il souffrait d'un trouble psychique, ni d'en déduire un pronostic défavorable quant à son comportement futur. Certes, la cour cantonale ne disposait pas encore d'une expertise psychiatrique au moment d'évaluer le risque de récidive du recourant. Toutefois, il est admis que si une telle expertise paraît nécessaire dans le cas concret ou qu'elle a déjà été ordonnée, le maintien en détention se justifie en tout cas, en cas de pronostic défavorable déduit sur la base du dossier, jusqu'à ce que le risque de récidive soit clarifié par une expertise (ATF 143 IV 9 consid. 2.8). Il n'était partant pas critiquable que la cour cantonale ait, du moins dans l'attente de l'expertise ordonnée, évalué le risque de récidive en tenant compte des éléments à disposition et des caractéristiques personnelles du recourant. Il est tout d'abord relevé que l'infraction pour laquelle le recourant est poursuivi porte une atteinte à la sécurité publique suffisamment grave pour pouvoir fonder un risque de récidive qualifié, à savoir sans qu'il existe d'antécédent. En effet, un incendie peut faire naître un danger collectif susceptible de mettre en péril n'importe quel bien juridique protégé, en particulier la vie et la santé humaine (ATF 129 IV 276 consid. 2.2; 117 IV 285 consid. 2a). En outre, au vu des incidences particulièrement élevées qu'un nouvel incendie pourrait avoir sur la sécurité publique, les exigences permettant de retenir un risque de récidive peuvent être plus faibles, étant rappelé que le rapport entre gravité des faits et danger de récidive est inversement proportionnel (cf. consid. 4.1.3 supra). Ensuite, il convient de rappeler que c'est de manière exempte d'arbitraire que la cour cantonale a retenu l'attrait du recourant pour les interventions d'urgence en tout genre (cf. consid. 3.3 supra). De plus - comme déjà dit - le recourant a déjà menti aux personnes de son entourage privé et professionnel au sujet de ses missions de nuit comme ambulancier, en leur faisant notamment croire qu'il était de service alors que ce n'était pas vrai. Cela tend à démontrer le besoin du recourant d'être perçu comme un sauveur, ce qui est d'ailleurs corroboré par les dires de sa mère (cf. consid. 3.2 supra). Vu les diverses fonctions exercées, il a en outre une connaissance approfondie des incendies et des situations d'urgence, ce qui pourrait faciliter la commission d'une nouvelle infraction. Il pourrait également avoir accès à des ressources et à des informations privilégiées, rendant ses actions plus difficiles à détecter, ce d'autant plus qu'il admet souffrir de mythomanie. Par ailleurs, la survenance d'un nouvel incendie, sur lequel il pourrait intervenir, lui permettrait de satisfaire son besoin de se mettre en avant. Quoi qu'en dise le recourant, ces éléments, pris dans leur ensemble, avaient une signification et une portée particulière dans le cas d'espèce. On ne saurait reprocher à l'instance précédente d'avoir considéré qu'ils pouvaient laisser penser, en l'état et au début de l'enquête, que le recourant souffrait d'un trouble psychique et qu'une récidive était sérieusement à craindre. Il n'y a en outre pas lieu de se montrer trop exigeant quant au critère de l'imminence d'un tel risque, dès lors que la prudence doit être de mise dans l'attente des conclusions de l'expertise. On relèvera par ailleurs que la Cour de céans a estimé qu'un risque de récidive pouvant survenir dans quelques mois n'apparaissait pas trop lointain pour être qualifié d'imminent au sens de l'art. 221 al. 1bis CPP, lorsque les infractions reprochées étaient graves, à l'exemple de celles portant atteinte à l'intégrité sexuelle, notamment de mineurs (arrêt 7B_583/2024 précité consid. 3.4.4). On ne distingue aucune raison de s'écarter de cette jurisprudence en l'espèce. Partant, la cour cantonale pouvait poser un pronostic défavorable dans l'attente de l'avis des experts psychiatres. La condition posée par l'art. 221 al. 1bis let. b CPP est donc également remplie. Cela étant, dans le cadre d'une éventuelle future demande de prolongation de la détention provisoire, le Ministère public ne manquera pas de réexaminer ces circonstances et, le cas échéant, d'interpeller les experts afin que le rapport d'expertise soit établi dans un délai raisonnable ou, à tout le moins, qu'une première appréciation des experts lui parvienne rapidement sur le risque de récidive et/ou les mesures/traitements pouvant entrer en considération afin de le diminuer (ATF 143 IV 9 consid. 2.8; arrêt 7B_683/2024 du 10 juillet 2024 consid. 4.3).