Citation: 1B_150/2016 E. 1

La seule lecture du procès-verbal permet ensuite, sans aucune équivoque, de comprendre que la remarque est émise par la magistrate intimée et non pas par la témoin (cf. la mention "Vous me faites remarquer"). Cela vaut d'autant plus que ce même procès-verbal mentionne, en réponse à la question 27, que la témoin a pu préciser, en lien avec cette problématique, qu'elle n'avait pas tenu ces propos, mais qu'ils avaient été prononcés par la Procureure ("A la question 22, il est écrit que « Vous me faites remarquer que je n'ai pas répondu réellement à votre question» alors que je n'ai pas dit cela et que c'est vous qui me l'avez fait remarquer et c'est vous qui souhaitez le mettre dans la réponse"); la témoin a ainsi eu l'occasion de faire corriger ou, tout au moins, compléter le procès-verbal (cf. art. 78 CPP; arrêt 6B_11/2015 du 9 novembre 2015 consid. 3). Il découle de ces mêmes considérations que toute demande de retrait et/ou de rectification, respectivement leur mention, était inutile. De manière générale, le procès-verbal n'a pas pour but de retranscrire les impressions subjectives du représentant du Ministère public menant l'audition, notamment quant aux déclarations des parties (HARARI/ROTH/STRÄULI, Chronique de procédure pénale genevoise (1986-1989), in SJ 1990 p. 417 ss, n° 2.7 p. 435); il appartient en effet au juge du fond d'apprécier la crédibilité des personnes entendues; la force probante de telles notes est d'ailleurs douteuse (NIKLAUS OBERHOLZER, Grundzüge des Strafprozessrechts, 3e éd. 2012, n° 1274). L'autorité d'instruction ne fait cependant pas preuve de partialité lorsqu'elle mentionne des circonstances factuelles relatives à la séance et/ou émet quelques doutes, par exemple en relevant des contradictions dans les versions données; on ne peut exclure qu'une telle manière de procéder - pour autant qu'elle ne soit pas utilisée systématiquement ou qu'elle soit accompagnée de moyens déloyaux - puisse faire progresser l'enquête. Les déclarations et interventions de la magistrate instructrice doivent ainsi être interprétées de manière objective, en tenant compte de leur contexte, de leurs modalités et du but apparemment recherché par leur auteur (arrêt 1B_397/2014 du 25 février 2015 consid. 2.5.1 et les références citées). Cela vaut d'autant plus en l'occurrence puisque la Procureure intimée s'est limitée, à une seule occasion, à relever que la témoin n'avait "pas réellement répondu à [sa] question". Si cette manière de procéder peut laisser sous-entendre des doutes quant aux déclarations émises, elle offre également, le cas échéant, à la personne entendue - soumise en l'occurrence aux obligations découlant de l'art. 307 CP - la possibilité de répondre à la question, de compléter les informations données, voire de modifier les propos tenus. La façon - certes peut-être malhabile, mais isolée - utilisée par la Procureure pour le mentionner ne saurait en l'espèce constituer un motif de prévention. Partant, le Juge unique n'a pas violé le droit fédéral en rejetant la demande de récusation.