Citation: 6B_745/2022 E. 3.4.1

3.4.1. En l'espèce, la cour cantonale n'a pas clairement distingué les deux conditions de l'art. 66a al. 2 CP. En tout état, sous l'angle du droit à la vie privée, la cour cantonale n'a pas méconnu que le recourant vit en Suisse depuis 2007. Cependant, malgré la durée relativement longue de son séjour en Suisse, force est de constater, à l'instar de la cour cantonale, que le recourant n'y est pas intégré socialement et professionnellement. Il apparaît en effet que - sans emploi et ne disposant d'aucun revenu - le recourant a vécu jusqu'à son arrestation grâce à la rente de l'assurance-invalidité, aux aides complémentaires et aux allocations familiales dont bénéficiait son ex-épouse, qu'il ne dispose d'aucun réseau social en Suisse (outre son ex-épouse et ses enfants) et qu'il a des antécédents. En tant que le recourant soutient qu'il aurait travaillé en Suisse, il se fonde sur des éléments qui ne ressortent pas de l'arrêt attaqué, sans démontrer l'arbitraire de leur omission, de sorte que son grief est irrecevable. Par conséquent, s'agissant de l'atteinte à sa vie privée, il y a lieu d'admettre que le recourant ne peut pas se prévaloir de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse. Sous l'angle de sa vie familiale, il ressort des faits de l'arrêt attaqué, qui lient le Tribunal fédéral, que le recourant n'a pas vu ses enfants depuis janvier 2019 (cf. supra Faits let. B.c) Le recourant, qui ne fait plus ménage commun avec son ex-épouse et ses enfants, ne prétend pas exercer la garde ou un droit de visite élargi sur ces derniers, ni même contribuer à leur entretien. Il ne ressort par ailleurs pas de l'arrêt attaqué que l'intéressé ait des contacts réguliers avec eux et qu'il puisse ainsi se prévaloir d'une relation étroite et effective avec ses enfants. Il sied également de tenir compte du fait que certaines infractions commises par le recourant, notamment celle de violation du devoir d'assistance et d'éducation, l'ont été au préjudice de ses enfants. Ainsi, contrairement à ce que soutient le recourant, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, considérer que ce dernier n'avait pas incarné une figure paternelle pour eux. En se contentant de soutenir que la cour cantonale aurait "minimisé le lien paternel établi entre [le recourant] et ses enfants", il oppose en réalité sa propre appréciation des preuves à celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci est arbitraire. Au demeurant, avec la cour cantonale, il est également relevé que, grâce aux moyens de communication modernes, une poursuite des liens après l'expulsion du recourant n'est pas d'emblée empêchée. Il est ainsi douteux que le recourant puisse se prévaloir d'un droit à la protection de sa vie familiale, ce malgré le fait qu'il ait pu être - indépendamment de sa volonté ou à cause de ses troubles - empêché de voir ses enfants. En tout état, la cour cantonale a aussi considéré la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP comme remplie (soit que l'intérêt public à l'expulsion l'emporte sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse). Ainsi, par surabondance de droit, il se justifie d'examiner cette condition (cf. consid. infra 3.4.2).