Citation: U 319/00 08.05.2003 E. A

L.________ a travaillé au service de l'entreprise X.________ SA de 1959 à 1992, date de son licenciement pour des motifs économiques. A ce titre, il était assuré auprès de la Caisse nationale suisse en cas d'accidents (CNA) contre le risque d'accidents professionnels et non professionnels, ainsi que de maladie professionnelle. Le 1er mars 1996, le docteur A.________, médecin traitant, a adressé une lettre à la CNA, en indiquant que L.________ souffrait d'un asthme bronchique et d'une cardiopathie ischémique ayant nécessité une intervention chirurgicale au mois de janvier 1996, et que la symptomatologie de ces affections avait probablement été aggravée par l'exposition du prénommé à des vapeurs d'huile soufrée, de benzine et d'acétone lors de son activité auprès de X.________ SA. Ce praticien sollicitait par conséquent l'ouverture d'une instruction pour déterminer dans quelle mesure l'état de santé de son patient était imputable à une maladie professionnelle, tout en soulignant que cinq autres employés ayant travaillé au même endroit avaient également présenté des bronchites chroniques. A l'appui de cette demande, il a en outre produit plusieurs rapports médicaux de divers spécialistes consultés par L.________ depuis 1980. La CNA a alors chargé le docteur B.________, de sa division de médecine du travail, de procéder à une inspection locale du poste de travail de l'assuré. Au terme de son examen, ce médecin a conclu que les opérations (de rodage, de rectifiage et de honage) effectuées dans l'atelier en cause ne produisaient pas des quantités d'aérosols ou de vapeurs suffisamment importantes pour entraîner une irritation des voies respiratoires (rapport du 15 mars 1996). Après avoir pris connaissance de ce rapport, l'assuré en a contesté les conclusions, faisant valoir qu'il contenait de nombreuses inexactitudes quant à ses conditions de travail, en particulier la manière dont l'atelier était aménagé à l'époque où il y travaillait, et les quantités de substances nocives qui en émanaient. Le docteur B.________ s'est déterminé sur ces critiques dans un rapport complémentaire du 13 mars 1997 en maintenant ses conclusions précédents; selon lui, même si l'on devait se baser sur les données décrites par l'assuré, rien ne permettait d'affirmer que celui-ci aurait été confronté à des concentrations de substances toxiques dépassant les valeurs limites d'exposition. Se fondant sur l'avis de son médecin-conseil, la CNA a refusé de répondre du cas, considérant que les troubles présentés par l'assuré ne pouvaient pas, avec certitude ou grande probabilité, être mis sur le compte de son activité professionnelle (décision du 24 mars 1997). Sur opposition de l'assuré elle a confirmé sa prise de position dans une nouvelle décision du 18 juin 1997.