Citation: 5A_112/2022 E. 6.2

6.2. On ne saurait suivre les recourants lorsqu'ils prétendent que la représentation de leur défunt père " envers les tiers " prévue dans la procuration du 15 février 2012 n'aurait " aucun rapport avec l'activité typique de l'avocat ". L a mention de " la représentation auprès du corps médical, sans restriction liée au secret médical " n'a été faite qu'à titre d'exemple, ainsi que l'indique la locution " et notamment ". De fait, la procuration cite d'autres types de représentation spécifique et, plus singulièrement, dispose que l'avocat pourra " représenter le client (i) devant toute juridiction autorité administration et tribunal arbitral [...] " et " intenter tout procès conclure toutes conventions d'arbitrage accepter toute compétence juridictionnelle faire tout ce qui est nécessaire à la conduite d'une procédure jusqu'à décision définitive ", activités qui peuvent être qualifiées de typiques. Quant à la procuration du 1 er mars 2012, elle conférait certes à l'intimée " le pouvoir de gérer et administrer tous les biens, intérêts et affaires, présents et futurs du défunt ", ce qui relève effectivement de l'activité atypique de l'avocat. Elle mentionnait toutefois aussi, que l'intimée se voyait octroyer un " pouvoir de représentation dans tous [les] rapports juridiques " du défunt, explicité dans une liste non exhaustive faisant notamment état des " pouvoirs judiciaires ", du fait qu'elle pouvait " ouvrir action devant tous tribunaux, défendre à toute action, exercer tous recours, appels, transiger, compromettre, concilier [...] ", soit autant d'activités typiques de l'avocat. Que l'intimée se soit présentée " comme la mandataire générale " du défunt père des recourants pour décliner une invitation à un vernissage, qu'elle ait déclaré devant les autorités pénales françaises qu'elle " avait été mise en oeuvre pour décharger le défunt des activités qui n'étaient pas intellectuelles " ou qu'elle n'ait pas représenté celui-là dans le cadre de la procédure en interdiction intentée par ses enfants ne permet pas de conclure sans conteste que les mandats portaient uniquement sur des activités atypiques d'avocat. Si ces éléments tendent à établir que l'intimée a déployé une activité atypique d'avocat, ils n'excluent pas pour autant qu'elle ait aussi exercé une activité typique. Par ailleurs, si l'intimée a admis l'allégué des recourants selon lequel elle n'a " jamais mené de procédure judiciaire ou établi de consultation juridique " en faveur du défunt mandant, les recourants tronquent sa réponse à laquelle ils renvoient la Cour de céans et dont il résulte que l'intimée a précisé avoir " fourni des services de conseils juridiques dans plusieurs affaires ". Cela étant, c'est à bon droit que l'autorité cantonale a jugé que, dans la mesure où les mandats portaient à la fois sur des activités typiques et atypiques d'avocat, ils devaient être qualifiés de globaux ou mixtes, avec la conséquence que le secret professionnel pouvait être opposé aux recourants pour les documents et informations relatifs à l'activité typique d'avocat et que, partant, il n'y avait pas lieu de statuer de manière générale sur la demande en reddition de compte, mais de la limiter de manière appropriée aux éléments jugés décisifs et non couverts par ce secret. Autre est la question de savoir si, en relation avec les documents requis, les précédents juges ont correctement distingué entre ceux qui s'inscrivaient dans le cadre de l'activité professionnelle spécifique d'un avocat et ceux qui relevaient d'autres activités (cf. infra).