Citation: 1P.43/2006 26.01.2006 E. 2

La décision attaquée, qui ne met pas fin à la procédure pénale, a un caractère incident, ce qu'admet du reste le recourant. En vertu de l'art. 87 al. 2 OJ, le recours de droit public n'est recevable contre une telle décision incidente que s'il peut en résulter un préjudice irréparable pour l'auteur du recours. Selon la jurisprudence, il doit s'agir d'un dommage de nature juridique, qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable au recourant (notamment ATF 127 I 92 consid. 1c p. 94; 126 I 207 consid. 2 p. 210; 98 Ia 326 consid. 3 p. 328 et les arrêts cités). L'arrêt de la Chambre d'accusation indique expressément que le recourant pourra encore soumettre la question de l'utilisation comme preuve de la lettre litigieuse au tribunal du fond, s'il l'estime utile (consid. 4 de l'arrêt attaqué). En cas de renvoi en jugement du recourant, ce dernier pourra en effet exiger du tribunal compétent, si la preuve a été obtenue de manière illicite, qu'il ne l'utilise pas contre lui comme élément à charge (cf. à propos des garanties constitutionnelles dans ce domaine: ATF 131 I 272). Il n'y a, dans ces conditions, pas de dommage de nature juridique, au sens de la jurisprudence précitée. Il ne se justifie donc pas d'entrer en matière sur le recours de droit public, irrecevable en application de l'art. 87 al. 2 OJ.