Citation: 6B_4/2020 E. 3.3.3

3.3.3. La cour cantonale n'a pas ignoré le rôle que jouait A.________ à aaa. En faisant entièrement sienne la version des faits retenue en première instance (arrêt entrepris consid. 3.1 p. 8), la cour cantonale a notamment renvoyé au consid. 2 p. 12 ss du jugement de première instance, qui détaille les activités de A.________ pour l'association N.________ en tant que médiatrice, soit comme intermédiaire pour toutes les démarches administratives concernant les prostituées ainsi qu'au sein de l'établissement en tant que serveuse au café et quant à la gestion de l'occupation des chambres du salon de prostitution (proposer des filles à son employeur; refuser des filles lorsque toutes les chambres étaient occupées; encaisser les loyers le dimanche soir; donner les instructions aux nouvelles arrivantes quant au comportement face à la police, en particulier en cas de contrôle, les informer du prix perçu, en principe, pour une passe [100 fr.], en leur conseillant de ne pas aller en-dessous d'un certain seuil [50 fr.]; les informer du prix pour les chambres et des charges liées, pour celles qui le souhaitaient, à l'obtention d'un permis B). Par ailleurs, même si C.________ a été impliquée dans la venue en Suisse de E.________, en donnant l'adresse ou en la faisant venir (arrêt entrepris consid. 3.5 p. 14), il est établi que c'est H.________ qui organisait ses déplacements de Roumanie en Suisse et, singulièrement, qu'en mars 2016, il l'avait accompagnée au bus afin que J.________ accepte de la prendre en charge et de la conduire à ccc (jugement de première instance, consid. 2.ii p. 22). Il ressort aussi des conversations enregistrées dans l'appartement de A.________ que celle-ci a expliqué à plusieurs reprises à B.________ qu'elle n'avait pas de chambre pour E.________, que J.________, qui devait venir également, s'était trouvée sans chambre parce qu'elle avait néanmoins amené E.________ à laquelle A.________ avait précisément dit de ne pas venir à ce moment-là faute de place (v. notamment, dossier cantonal, enregistrement no 793 dans le cadre de l'enquête " fff "), B.________ expliquant, de son côté, que c'était H.________ qui avait " abusé " de J.________, soit qui l'avait convaincue d'emmener E.________ nonobstant l'opposition de A.________ (v. notamment, dossier cantonal, enregistrement no 2142 dans le cadre de l'enquête " fff "). Quant au fait que A.________ a aidé E.________ dans les démarches administratives nécessaires à l'obtention du permis B, cela s'inscrivait dans l'activité de soutien aux prostituées pour légaliser leur situation déployée par l'intéressée au sein de N.________ et cela ne remet guère en cause que A.________ ait pu être mise devant le fait accompli lors de la venue de E.________ au printemps 2016. Ces démarches étaient, du reste, achevées au mois de mai 2016, si bien que le recourant invoque à tort que A.________ se serait encore investie à cette fin le 5 octobre 2016 (mémoire de recours, p. 6), alors qu'il s'agissait, selon le dossier de N.________ (dossier cantonal, p. 8960), de s'acquitter d'obligations administratives résultant précisément du statut d'indépendante acquis par E.________ au mois de mai (statistiques fédérales pour indépendants, paiement d'une facture AVS et signature d'une offre d'assurance-maladie). Il est, par ailleurs, possible que A.________ ait conseillé à E.________ de porter plainte contre un client qui l'avait agressée sexuellement et non contre son mari, qui la contraignait à se prostituer. Un tel comportement ne s'inscrirait pas moins dans le cadre de l'attitude qualifiée de " bienveillante " par la cour cantonale, manifestée par A.________ à l'égard de E.________. Cela n'exclut pas non plus que celle-là ait essayé d'aider celle-ci par des conseils à échapper à l'emprise de H.________. Du reste, il ne ressort pas des faits constatés par la cour cantonale et le recourant ne tente pas non plus de le démontrer sous l'angle de l'arbitraire, que A.________ aurait rencontré des difficultés à remplir les chambres lors de la venue de E.________ et l'on ignore à quel moment précis A.________ a eu connaissance des circonstances dans lesquelles E.________ se prostituait. La cour cantonale a, en effet, souligné que ce moment n'avait pas pu être établi par l'enquête. Le fait qu'elle ait, elle-même, mentionné dans une conversation à l'automne 2016 qu'il s'agissait " d'encouragement à la prostitution " et qu'elle ait voulu à ce moment-là, notamment en raison des problèmes de santé de E.________, ne plus faire revenir cette dernière, après les fêtes de fin d'année, ne démontre pas encore sa volonté de se faire complice de l'exploitation de cette femme par H.________. En ce qui concerne l'argent, le jugement de première instance, auquel renvoie l'arrêt cantonal, constate que A.________, B.________ et C.________ n'ont pas tiré profit de l'activité de prostitution de E.________, déjà du fait que celle-ci envoyait la quasi-totalité de ses gains à sa famille (jugement de première instance, consid. 2.2.v.a p. 44). Cela doit être mis en relation avec la constatation que les prostituées remettaient spontanément et régulièrement des cadeaux et/ou de l'argent à A.________, soit pour la remercier d'un service rendu (par exemple lors de l'obtention d'une autorisation de travail et/ou d'un permis ou lors de toute démarche administrative ou médicale) et rien n'indique qu'il serait insoutenable d'assimiler les sommes d'argent auxquelles se réfère le recourant à ces libéralités.