Citation: 6B_610/2017 E. 2.3

2.3. En ce qui concerne le principe de subsidiarité, à teneur de la demande d'autorisation du ministère public adressé au tribunal des mesures de contrainte, seule la mise en place de cette mesure permettait d'identifier l'inconnue, de déterminer son implication dans ce trafic, de la localiser et ainsi de pouvoir l'interpeller, d'identifier ses éventuels comparses ainsi que ses clients et donc de déterminer l'étendue de son activité délictueuse (pièce 8). La cour cantonale a retenu qu'il était notoire que les membres d'un réseau de trafiquants évitent de se téléphoner, changent fréquemment d'appareil, de carte SIM etc., de sorte qu'un contrôle des relations téléphoniques entre la recourante et C.________ n'aurait pas été suffisant pour détecter des contacts. A cela s'ajoute que le but de la mesure n'était pas uniquement de vérifier l'existence de contacts entre C.________ et la recourante, mais d'identifier celle-ci - sachant qu'elle utilisait un raccordement téléphonique au nom d'un tiers -, ainsi que les autres membres du réseau et ses clients, et de déterminer l'étendue de son activité délictueuse. De plus, dans la mesure où elle était soupçonnée d'organiser des livraisons, la surveillance téléphonique en temps réel pouvait également permettre de déterminer quand et où pourrait avoir lieu une future livraison (cf. ATF 142 IV 289 consid. 3.2 p. 199), contrairement à un contrôle rétroactif. En ce sens, il apparaît que les investigations nécessaires à confondre la suspecte, à déterminer l'ampleur du trafic déployé et à identifier ses comparses et ses clients auraient été excessivement difficiles à mener à défaut de la mesure de surveillance ordonnée, de sorte que le principe de subsidiarité est satisfait.