Citation: 1A.45/2006 10.01.2007 E. 2

Les recourants se plaignent en premier lieu de la violation de leur droit d'être entendus. Ils estiment que l'autorité cantonale aurait dû faire droit à leur demande d'ordonner une nouvelle étude d'impact. Sur ce point, ils contestent en réalité la validité et le contenu du rapport d'impact, question qui relève du fond. 2.1 Selon les recourants, l'étude qui a été versée au dossier a été établie sur la base d'informations recueillies par X.________, qui serait manifestement trop impliquée. De plus, elle serait fondée sur des chiffres extrapolés d'un autre site, beaucoup plus éloigné de l'autoroute que ne l'est celui du Motel de Founex, et qui ne comprendrait ni hôtel, ni zone d'activité. En l'espèce, le Tribunal administratif a précisé que la génération de trafic du drive-in avait certes été évaluée sur la base d'une documentation fournie par X.________ mais qu'il s'agissait d'une étude réalisée par le TCS. Il a également indiqué que le fait que le drive-in de Nyon ne comportait pas d'hôtel ne remettait pas en cause sa valeur comparative car le trafic généré par l'hôtel et par la zone d'activité avait été ajouté à celui du drive-in. Il a encore relevé que l'estimation avait été effectuée par des spécialistes expérimentés et indépendants, dont les recourants ne donnaient aucune raison de douter de la compétence et de l'objectivité. En outre, l'OFEV a lui-même confirmé que l'étude se basait sur des hypothèses solides (normes VSS, comparaison au X.________ de Nyon, étude TCS). Dans ces circonstances, les recourants n'apportant au demeurant aucun élément nouveau, il apparaît que l'on ne peut pas reprocher au rapport d'impact un manque d'objectivité, pas plus que l'on ne peut mettre en doute la fiabilité de ses hypothèses de travail. 2.2 Les recourants estiment également que les risques de réverbération du bruit, qu'ils ont expressément mentionnés à l'audience du Tribunal administratif, ont été "d'emblée exclus", sans qu'aucune étude sérieuse n'ait été faite sur ce point. Le Tribunal administratif a en effet estimé que ceux-ci pouvaient d'emblée être exclus, compte tenu de la distance de l'autoroute et de l'ouverture des angles de réflexion. En cela, il se basait toutefois sur le rapport d'impact, qui précise que l'évaluation des éventuels effets de réflexion dus aux nouvelles constructions avait montré que les risques étaient inexistants compte tenu de la configuration particulière du site (p. 55). Il souligne également en page 80 que l'étude détaillée faite des immissions de bruit confirme que l'effet protecteur de la paroi anti-bruit existante en face du bâtiment projeté de l'hôtel sera suffisant pour ne pas avoir d'effet de réflexion de bruit sur les fenêtres des villas existantes. Enfin, l'étude d'impact signale que la paroi anti-bruit existante servira aussi à protéger le quartier des Champs-Blancs des éventuels effets de réflexion qui pourraient se produire contre le pignon du futur hôtel. Elle relève toutefois que compte tenu de la relative faible longueur de la ligne de façade (25 mètres par rapport au 100 mètres de face à face plan partiel d'affectation/quartier des Champs-Blancs), l'augmentation du bruit sera dans tous les cas très faible, voire nulle. Quant au quartier En Vuaracaux, les risques seront inexistants compte tenu de l'éloignement des façades. Dans ces conditions, l'affirmation du Tribunal administratif n'est pas une simple approximation, comme le soutiennent les recourants, mais repose sur les données relevées par l'étude d'impact. Les recourants n'apportent au demeurant aucun élément permettant de faire douter de l'exactitude des données recueillies par cette dernière sur ce point. 2.3 Les recourants contestent enfin la conclusion de l'étude d'impact, selon laquelle les valeurs limites de N02 ne seraient pas dépassées. Ils font valoir que l'étude d'impact aurait omis de prendre en considération les émissions liées au passage des véhicules dans le drive-in. Ils expliquent également qu'il y aurait une contradiction évidente entre le fait, d'une part, que l'installation de chauffage n'a pas été prise en compte, puisqu'elle ne contribue que faiblement à la pollution de l'air dans la mesure où les appareils sont nouveaux et homologués, et, d'autre part, que l'énergie utilisée sera l'électricité ou le gaz. Enfin, ils expliquent qu'il n'y a jamais eu dans la zone concernée de service de restauration rapide. En ce qui concerne l'absence de prise en considération des installations de chauffage, sans davantage d'explications de la part des recourants, on ne perçoit pas en quoi consisterait la contradiction. S'agissant des passages liés aux véhicules dans le drive-in, ces derniers ont vraisemblablement été pris en considération dans le cadre des émissions dues au trafic routier (chiffre 9.3 de l'étude d'impact). Quoi qu'il en soit, il résulte de l'étude d'impact que les concentrations annuelles de N02 sont de toute façon largement inférieures à la valeur limite de 30 µg/m3 fixée par l'OPair (annexe 7 OPair; cf. art. 2 al. 5 OPair). Les concentrations devraient par ailleurs baisser avec les années sur l'ensemble du périmètre de l'étude, malgré l'augmentation de trafic, grâce à la diminution prévue des coefficients d'émission (étude d'impact, p. 63). Enfin, les recourants semblent perdre de vue que les estimations effectuées par l'étude d'impact n'ont porté que sur l'état initial, c'est-à-dire qu'une possible remise en service du motel n'a sur ce point pas même été prise en compte (étude d'impact, p. 57). Il résulte donc de ce qui précède que ces premiers griefs doivent être rejetés.