Citation: C 99/00 09.04.2001 E. 2

2.- a) La recourante soutient qu'elle avait un statut de travailleuse à domicile, au sens de l'art. 351 CO, de sorte que son cas devrait être jugé en tenant compte de la limite de 300 fr. qui est prévue à l'art. 40 al. 1 OACI pour cette catégorie de salariés. Dans ses écritures, elle a déclaré qu'elle n'avait jamais travaillé dans des bureaux ou des locaux mis à disposition par son employeur, mais uniquement à son domicile ou dans des établissements publics. Elle a ajouté qu'elle ne se rendait chez son employeur qu'en dehors des heures de travail, pour entretiens. b) Aux termes de l'art. 351 CO, par le contrat de travail à domicile, le travailleur s'engage à exécuter, seul ou avec l'aide de membres de sa famille et contre salaire, du travail pour l'employeur dans son propre logement ou dans un autre local de son choix (DTA 1998 n° 46 p. 268 consid. 4b/aa in initio; Rehbinder, Commentaire bernois, ch. 7 et 8 ad art. 351; Brunner/Bühler/Waeber, Commentaire du contrat de travail, 2e éd., pp. 309-310). c) En l'espèce, la recourante a exercé une activité qui s'apparente à celle d'un travailleur de rue. Son travail consistait à aider les prostituées, les informer et leur fournir au besoin du matériel de protection. Même si elle organisait des rendez-vous ou prenait des contacts par téléphone à partir de son domicile, la recourante a déployé en réalité son activité de médiatrice "dans des bistrots ou dans les lieux de travail des prostituées", selon les termes du recours de droit administratif (ch. 13), soit dans des emplacements que son employeur déterminait de manière générale et qui étaient appropriés à ce genre d'occupation. Par ailleurs, contrairement à ce que la recourante laisse entendre, il est sans incidence qu'elle n'ait pas travaillé dans les bureaux de son employeur. Certains salariés (chauffeurs, cantonniers, ouvriers de chantiers, etc.) n'exercent en effet leur activité qu'en extérieur, sans qu'on les assimile pour autant à des travailleurs à domicile. Les conditions d'application de l'art. 351 CO ne sont pas remplies, si bien que le contrat auquel la recourante était partie ne saurait être qualifié de travail à domicile. Dès lors, la limite de 300 fr., prévue à l'art. 40 al. 1 OACI, n'est pas applicable à la solution du présent litige.