Citation: 6B_750/2022 E. 1.6.3

1.6.3. De telles circonstances excluent la thèse du libre consentement. Il doit au contraire être considéré que l'acceptation par les intimées des actes d'ordre sexuel, qu'elles ont subis ou prodigués, a été obtenue en raison du rapport de dépendance structurelle préexistant, soit plus spécifiquement des prises d'initiatives répétées et insistantes du recourant dans le contexte du milieu carcéral, de son système de récompense et de son important ascendant vis-à-vis des victimes. En proie au système et aux agissements du recourant, les intimées se sont soumises à lui non seulement en raison de sa position de supériorité, mais également par crainte de voir leurs conditions de détention significativement péjorées. Cette situation de soumission et l'exploitation du rapport de dépendance qui en découle sont au surplus corroborées par le fait que les actes ont été commis, durant la même période et selon un mode de fonctionnement similaire, au préjudice de deux victimes qui, ayant porté plainte pénale en avril 2020, sont apparues très affectées durant toute la procédure. Dans ce contexte, il n'apparaît en tout état pas que les actes d'ordre sexuel s'inscrivaient dans une relation amoureuse entre les intimées et le recourant, voire encore qu'ils résultaient de la simple séduction exercée par ce dernier. Peu importe enfin, au regard de la jurisprudence, que l'intimée 2 eût donné l'impression qu'elle était ouverte sexuellement ou que l'intimée 3 n'eût pas perçu que le recourant abusait de sa supériorité, voire encore que ce dernier n'eût pas fait expressément usage de moyens de pression (cf. consid. 1.2.1 supra).