Citation: 4A_10/2010 20.12.2010 E. 78

... Au fond - Rejette l'appel interjeté par le FC Y.________; - Condamne le FC Y.________ à payer à M. X.________ au moins EUR 83'587 avec intérêts au taux légal de 5% dès le 2 août 2005." Comme l'arbitre unique le souligne à juste titre dans ses observations et quoi qu'en dise le recourant dans sa réplique, les passages susmentionnés, en particulier le premier d'entre eux, ne sont pas des plus clairs. En effet, le dispositif de la décision rendue le 31 octobre 2008 par la CRL ne fixait pas une date en chiffres et en lettres, tel le 2 août 2005, pour marquer le point de départ des intérêts. Il y avait donc quelque incohérence, de la part du recourant, à réclamer tout à la fois la confirmation de cette décision et l'allocation d'intérêts à compter de la date en question. La conclusion y relative, censée n'avoir qu'un caractère confirmatoire, s'écartait, en réalité, de ce qui avait été décidé en première instance, puisque les intérêts devaient courir à une date - le 2 août 2005 - bien antérieure à celle résultant de la décision prise par la CRL (30 jours après la notification de la décision du 31 octobre 2008). Il s'agissait d'une "demande reconventionnelle", au sens de l'art. R55 du Code de l'arbitrage en matière de sport, qui allait au-delà de la simple requête du recourant tendant au rejet de l'appel (voir le second passage précité) et qui s'apparentait à ce que l'on pourrait nommer un appel joint. Par ailleurs, la motivation de cette conclusion était des plus étiques, qui tenait en ces mots: "date de la résiliation". Dès lors, s'il y a eu malentendu au sujet de la véritable portée de conclusions qui manquaient singulièrement de clarté, voire étaient antinomiques, le recourant ne peut s'en prendre qu'à lui-même et ne saurait en faire grief à l'arbitre unique. Ensuite, venir soutenir, comme le fait le recourant, que l'intimé "n'a pas contesté que les intérêts devaient courir dès le 2 août 2005" (recours, n. 24) est, sinon erroné, du moins par trop réducteur. L'intimé, en effet, a contesté devoir une quelconque indemnité au recourant. Semblable contestation ne pouvait se limiter logiquement, au capital de la créance litigieuse, mais devait forcément embrasser aussi les intérêts de celle-ci. Du moins serait-il inexact d'en inférer, à l'instar du recourant, que l'intimé s'était rangé à son avis, quant à la date du 2 août 2005, pour le cas où la somme qui lui était réclamée serait reconnue fondée en droit par l'arbitre unique. Enfin, et sur un plan plus général, il faut bien voir que la fixation du point de départ des intérêts est une question récurrente dans les affaires pécuniaires et, en particulier, dans les procès en matière de contrat de travail. Aussi le recourant ne pouvait-il exclure que l'arbitre unique choisisse, sur ce point, une autre solution que celle qu'il aurait lui-même souhaité lui voir adopter. Pareille hypothèse était d'autant moins invraisemblable que sa solution à lui s'écartait de celle qui avait été retenue par la CRL. Dans ces conditions, la prudence eût commandé au recourant de démontrer à l'arbitre unique, par un raisonnement juridique digne de ce nom, pourquoi le point de départ des intérêts devait être fixé au 2 août 2005. Dès lors, le moyen du recourant, pris dans sa première branche, tombe à faux. 2.3 Dans la seconde branche du même moyen, le recourant se plaint de ce que l'arbitre unique ait passé totalement sous silence les raisons qui l'ont conduit à adopter "une solution non plaidée par les parties pour ce qui concerne les intérêts" (recours, n. 32). Il a tort. En effet, comme l'arbitre unique s'en est expliqué dans ses observations, la solution qu'il a retenue correspond à celle que la CRL avait adoptée dans sa décision du 31 octobre 2008 dont le recourant avait conclu à la confirmation dans sa réponse à l'appel. La question litigieuse a donc été traitée par l'arbitre unique et le fait que ce dernier n'ait pas motivé sa sentence sur ce point ne porte pas à conséquence au regard de la jurisprudence fédérale touchant la motivation des sentences arbitrales internationales. Pour le surplus, comme on l'a déjà relevé plus haut, si l'arbitre unique n'a pas attribué à la conclusion topique du recourant la signification que celui-ci entendait lui donner, c'est en raison du manque de précision de ladite conclusion et des explications fournies pour l'étayer. Or, il s'agit là d'une circonstance que le recourant doit se laisser opposer. Cela étant, le grief examiné se révèle mal fondé dans ses deux branches. Partant, le recours sera rejeté.