Citation: 4A_264/2021 E. A

A.a. Le 1er juin 2004, A.________, société sise en France, et A.________, société ayant son siège à... au Togo, ont conclu un contrat intitulé " Contrat d'importation et de distribution " (ci-après: le contrat ou CID), ayant notamment pour objet l'importation, la distribution et la vente sur le territoire togolais de véhicules, pièces de rechange et accessoires fabriqués par C.________ S.A. et sélectionnés par B.________. A teneur dudit contrat, B.________ concédait à A.________ non seulement le droit non exclusif de commercialiser les produits en question mais également le droit non exclusif d'utiliser pendant toute la durée du contrat le titre " Distributeur C.________ " et les marques C.________. Le CID a été conclu pour une durée indéterminée, chacune des parties pouvant y mettre un terme à tout moment, moyennant le respect d'un préavis de six mois. L'art. 19.1 du CID prévoyait en outre, à certaines conditions, un droit de résiliation anticipée. Conformément à l'art. 7 du CID, les parties ont conclu pour chacune des années 2005 à 2017 un avenant annuel fixant le nombre et le type de véhicules que A.________ commanderait à B.________, étant précisé que ceux-ci devaient être exclusivement achetés à B.________ ou à l'entité désignée par elle. A.b. Dès 2009, il a été convenu que A.________ adresserait ses commandes de véhicules à D.________, laquelle serait chargée de les acheter en son propre nom auprès de B.________. Selon l'arrangement passé, cette dernière devait livrer directement les véhicules à A.________ mais adresser ses factures à D.________, qui les facturait ensuite à son tour à A.________. A la fin de l'année 2016, D.________ n'a plus agi en qualité d'intermédiaire entre les parties. B.________ a cessé de livrer des véhicules destinés à A.________. A ce moment-là, A.________ avait une dette d'environ 368'000 euros à l'égard de D.________, cette dernière étant aussi la débitrice de B.________ d'un montant avoisinant les 418'000 euros. Le 23 février 2017, une réunion tripartite s'est tenue à... en présence des représentants de D.________, de B.________ et de A.________. Par la suite, les trois sociétés précitées ont conclu un Protocole d'accord tripartite (ci-après: le Protocole) prévoyant la reprise partielle par A.________ de la dette de D.________ envers B.________ et réglant les modalités de paiement de celle-ci. Le 6 septembre 2017, B.________ a fait savoir à A.________ qu'elle subordonnait la reprise des livraisons au respect de deux conditions, à savoir le paiement par cette dernière de la première tranche de 100'000 euros prévue par le Protocole et la mise en place d'une garantie bancaire. A.c. Le 29 juin 2017, une procédure de redressement judiciaire a été ouverte à l'encontre de D.________, la date de cessation des paiements ayant été fixée au 16 juin 2017. Par jugement du 12 septembre 2017, le Tribunal de commerce de Paris a ordonné la liquidation judiciaire de D.________. A.d. Le 10 janvier 2018, B.________ a indiqué à A.________ que, nonobstant l'émission de la garantie bancaire reçue entre-temps, elle ne reprendrait pas les livraisons au motif que le délai de paiement de 120 jours mentionné dans ladite garantie ne correspondait pas aux engagements pris par les parties. Par courrier du 26 février 2018, B.________ a fait savoir à A.________ qu'elle n'avait ni l'obligation ni du reste l'intention de recommencer à lui fournir des véhicules puisque l'intéressée n'avait jamais respecté ses engagements pris au titre du Protocole ni réglé ses dettes, la garantie bancaire émise prévoyant au demeurant un délai de paiement de 120 jours au lieu de 90 jours. Si le CID était toujours en vigueur, ce qui restait à démontrer, elle s'estimait en droit de le résilier sans mise en demeure ni préavis, A.________/D.________ se trouvant en état de cessation de paiements. A toutes fins utiles, B.________ déclarait résilier le CID moyennant le respect d'un délai de trois mois, conformément à l'art. 19.1 (a) du CID, dans l'hypothèse où celui-ci serait toujours en vigueur et non résilié avec effet immédiat. Le 9 mars 2018, A.________ a pris position sur le courrier précité et a formulé une proposition de règlement amiable du litige divisant les parties, laquelle a été rejetée par B.________. Le 27 mars 2018, un avenant à la garantie bancaire présentée à B.________ a ramené le délai de paiement de 120 jours à 90 jours conformément aux exigences de cette dernière. Par lettre du 28 mars 2018, B.________ a indiqué à A.________ que seule la conclusion d'un nouvel accord entre les parties pourrait selon elle justifier de procéder à des livraisons de véhicules commandés par A.________. Par la suite, des négociations ont été entreprises en vue de conclure un nouveau CID mais sont demeurées infructueuses, les parties se rejetant mutuellement la responsabilité de cet échec.