Citation: 4A_558/2020 E. 6

La recourante estime que la Cour de justice aurait violé les art. 55 et 221 CPC et fait preuve de formalisme excessif (art. 29 al. 2 Cst.). Elle soutient avoir valablement introduit en procédure l'allégation suivante: l'intimé a déclaré ne pas voir autrement son avenir sans ce travail (i.e. le travail qu'il avait aux Etablissements C.________). Elle ne prétend pas que ceci figurât dans l'un de ses mémoires; il s'agit d'un passage de l'une des pièces (la pièce n. 6) qu'elle a produite à l'appui d'un autre allégué et dont elle entend apparemment déduire désormais que les problèmes psychiques développés par l'intimé seraient liés à la perte de son travail. La cour cantonale a estimé que, bien que la recourante ait produit cette pièce en première instance, le passage de ce document qu'elle alléguait pour la première fois en appel constituait un fait nouveau irrecevable. A juste titre. Comme elle l'a justement évoqué, le procès doit en principe se conduire entièrement devant les juges du premier degré; l'appel est ensuite disponible mais il est destiné à permettre la rectification des erreurs intervenues dans le jugement plutôt qu'à fournir aux parties une occasion de réparer leurs propres carences. En particulier, une partie ne saurait se réserver des moyens d'attaquer le jugement à venir en déposant délibérément, en première instance, des pièces sans lien avec l'argumentation qu'elle développe, dans la perspective de les exploiter plus tard au stade de l'appel. Les faits doivent au contraire être allégués et énoncés de façon suffisamment détaillée dès les écritures de première instance, de manière à circonscrire le cadre du procès, assurer une certaine transparence et, en particulier, permettre une contestation efficace par l'adverse partie (FABIENNE HOHL, Procédure civile, Berne 2016, vol. I, nos 1258 s. p. 207 s.). L'allégation globale d'un ensemble de faits par simple référence aux pièces produites n'est pas suffisante (HOHL, ibid; CHRISTOPH HURNI, in Commentaire bernois, 2012, n° 21 ad art. 55 CPC); à plus forte raison, un ensemble de faits passé entièrement sous silence dans les mémoires, même s'il peut être reconstitué par l'étude des pièces, n'est pas valablement introduit dans le procès et il est donc nouveau si une partie s'avise de s'en prévaloir en appel uniquement (arrêt 4A_309/2013 du 16 décembre 2013 consid. 3.2). Ceci ne laisse nulle possibilité à ce grief de prospérer.