Citation: 4P.85/2001 16.08.2001 E. 2

2.- a) Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (ATF 127 I 38 consid. 3c; 126 III 524 consid. 1c, 534 consid. 1b; 125 I 492 consid. 1b p. 495). Dans un domaine comme la procédure civile, où chacun des 26 cantons suisses a sa propre législation, il appartient au recourant de démontrer clairement en quoi la solution retenue par l'autorité intimée est incompatible avec le droit constitutionnel qu'il invoque. Cela suppose qu'il indique, avec toute la précision voulue, quel est, relativement au problème soulevé, l'état de la législation cantonale et comment le Tribunal supérieur du canton concerné interprète la ou les dispositions topiques de cette législation; à ce défaut, le Tribunal fédéral, dont les membres ne peuvent naturellement pas connaître tous les arcanes de chaque code de procédure cantonal, n'est pas en mesure de vérifier si, sur le point critiqué, la décision attaquée porte atteinte aux droits constitutionnels invoqués. b) Le recours soumis au Tribunal fédéral ne satisfait pas à l'exigence de motivation ainsi définie. aa) Dans une première partie de son acte de recours, le demandeur rappelle la teneur des art. 9 et 29 Cst. , ainsi que l'interprétation qui en a été faite par la jurisprudence fédérale. Il énonce également le contenu de deux dispositions - abrogées - du droit valaisan relatives à l'assistance judiciaire (art. 29 al. 2 let. a et al. 4 de la loi du 29 janvier 1988 sur la profession d'avocat et l'assistance judiciaire et administrative; aLPAv) et cite une jurisprudence cantonale y afférente. Ensuite, et sans faire de lien entre cette partie théorique et les circonstances de la présente cause, le recourant reproche tout d'abord au magistrat intimé d'avoir méconnu l'art. 24 OAJA - le deuxième alinéa de cette disposition énonce que si l'assistance a été accordée sous l'ancien droit, ses effets sont régis par le droit nouveau dès son entrée en vigueur - en examinant le cas à la lumière de l'art. 29 LPAv, modifié avec effet au 1er janvier 1999, alors que la défenderesse a bénéficié de l'assistance judiciaire dès le 12 décembre 1996 déjà et que pratiquement toutes les prestations de l'avocat du demandeur auraient été effectuées sous l'empire de l'ancien droit. Force est, pourtant, de constater que le recourant n'indique pas quel est l'état de la législation actuelle en la matière, ni en quoi la législation antérieure était, par hypothèse, plus favorable à la partie opposée à un adversaire bénéficiant de l'assistance judiciaire qu'elle ne l'est aujourd'hui. Ce n'est pas le rôle de la juridiction constitutionnelle suprême que d'examiner d'office cette question. Dès lors, comme il n'est pas établi que le nouveau droit ait réduit les prestations auxquelles cette partie pouvait prétendre antérieurement, on ne peut affirmer que l'application - supposée arbitraire - de l'art. 24 al. 2 OAJA ait porté atteinte aux droits pécuniaires du recourant. En d'autres termes, le caractère causal de la violation alléguée n'a pas été démontré. C'est le lieu de rappeler que, pour qu'une décision soit annulée en application de l'art. 9 Cst. , il faut qu'elle apparaisse arbitraire dans son résultat et non seulement dans ses motifs (ATF 126 I 168 consid. 3a; 125 I 166 consid. 2a; 124 I 247 consid. 5 p. 250; 124 V 137 consid. 2b). Faute d'une motivation répondant aux exigences susmentionnées, le premier grief formulé par le recourant est irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ). bb) En second lieu, le recourant fait grief au magistrat intimé d'avoir soutenu arbitrairement que l'octroi de l'assistance judiciaire totale à la défenderesse n'avait eu aucune incidence sur le droit du demandeur d'exiger des sûretés. A l'en croire, il aurait, au contraire, été dans l'impossibilité de réclamer des sûretés supplémentaires avant l'entrée en force de la décision du 21 août 2000 refusant à la défenderesse le bénéfice de l'assistance judiciaire pour la part correspondant à l'augmentation du montant de sa demande reconventionnelle. En fait, il eût appartenu, selon lui, à l'autorité saisie de rendre une décision sur la demande d'assistance judiciaire avant la notification du jugement du 21 août 2000. A la lecture de l'argumentation ainsi résumée, on cherche en vain une quelconque référence à une disposition (ou à un principe) du droit judiciaire valaisan susceptible d'avoir été méconnue grossièrement par le magistrat intimé. Or, il n'incombe pas au Tribunal fédéral de rechercher luimême quelle est, selon ce droit, la réglementation en matière de sûretés pour les dépens, quels sont les rapports entre cette institution procédurale et l'assistance judiciaire ou encore à quoi s'expose, au point de vue financier, la partie non assistée qui a omis de réclamer la fourniture de sûretés en temps utile. Ce travail était l'affaire du recourant, qui aurait dû démontrer, en se référant à la décision attaquée et en citant les dispositions pertinentes du droit de procédure valaisan, que la solution retenue impliquait une violation grossière de ces normes. Or, plutôt que de s'y atteler, le recourant s'est contenté de formuler son grief sur un mode appellatoire et un ton polémique. Par conséquent, ce second grief est, lui aussi, irrecevable.