Citation: 6B_1362/2023 E. 1.2

1.2. Contrairement à ce qu'affirme la recourante, la cour cantonale a instruit l'admissibilité du refus de témoigner de C.________. La cour cantonale a indiqué que, lors de sa comparution en première instance, cette dernière a refusé de répondre aux questions des juges et a indiqué, sous menace de la peine d'amende, préférer mourir plutôt que de témoigner. La cour cantonale a estimé, sur la base de ces déclarations et de ses précédentes auditions, que ce refus était motivé par la peur de la recourante et des représailles qu'elle et sa famille pourraient subir si elle témoignait. La cour cantonale a ajouté que, si C.________ s'était référée à un courrier adressé aux premiers juges, dans lequel elle évoque le besoin de se reconstruire et de tourner la page, c'était parce que le motif des représailles mettait en cause la recourante et ne pouvait dès lors pas être invoqué devant celle-ci lors des débats. La cour a expliqué qu'elle ne savait pas quelles mesures supplémentaires auraient pu être prises pour convaincre C.________ de répondre aux questions et qu'on ne pouvait rien reprocher aux autorités sur l'impossibilité de la mise en oeuvre d'une confrontation. La défense n'avait certes pas été en mesure de lui poser des questions mais elle avait pu critiquer ce témoignage. La cour cantonale ne voyait pas quelles mesures compensatoires pourraient être accordées à cette dernière pour équilibrer son impossibilité d'obtenir des réponses à ses questions. Dès lors, elle a jugé qu'il n'y avait pas de raison de ne pas tenir compte des déclarations de C.________. À cela, la cour cantonale a ajouté que C.________ était crédible et que la condamnation de la recourante ne reposait pas uniquement sur ses propos mais sur d'autres éléments comme les déclarations de D.________, les propres déclarations de la recourante, les déclarations de B.________, le fait que le procédé décrit par les mules est le même que celui adopté par la recourante en 2008 qui lui avait valu une condamnation en 2009, une précédente condamnation en Suède en 2012 à trois ans de prison pour un cas grave de trafic ou encore le fait que la recourante utilisait plusieurs numéros de téléphone de plusieurs pays. Au vu de ce qui précède, le raisonnement de la cour cantonale ne prête pas flanc à la critique. La cour n'a pas refusé sans motif d'entendre C.________ qui a dûment été convoquée et qui était présente aux débats de première instance. La recourante a eu le droit et la possibilité de l'interroger. Si C.________ n'a pas souhaité répondre, malgré le rappel de la peine d'amende pouvant aller jusqu'à 10'000 fr., aucune autre mesure ne pouvait la forcer à parler. La reconvoquer en deuxième instance aurait été vain vu les motifs exposés par le témoin. De plus, les dépositions de C.________ ont été soumises à un examen attentif, la recourante a pu prendre position à cet égard et sa condamnation ne repose pas uniquement sur cette seule preuve mais sur d'autres éléments de preuve concluants. Lorsque la recourante indique que, si C.________ la craignait réellement, celle-ci n'aurait tout simplement pas témoigné contre elle, respectivement qu'elle aurait revu ses déclarations en minimisant l'implication de la recourante lorsqu'elle a été entendue par le tribunal de première instance ou que le refus de témoigner était davantage motivé par une stratégie de défense visant à charger la recourante pour ses propres intérêts, elle ne fait qu'opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale dans une démarche purement appellatoire (cf. infra consid. 2.1.1), partant, irrecevable. Il en va de même lorsqu'elle indique que sa condamnation repose en réalité dans une très large mesure sur les déclarations faites à charge par C.________. Son grief est rejeté.