Citation: 6P.34/2006 21.03.2006 E. 2

Sans motivation distincte, le recourant se plaint d'une violation du principe "in dubio pro reo" et d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. 2.1 Consacrée par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 par. 2 CEDH, la présomption d'innocence interdit au juge de prononcer une condamnation alors qu'il éprouve des doutes sur la culpabilité de l'accusé. Des doutes abstraits ou théoriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent cependant pas à exclure une condamnation. Pour invoquer utilement la présomption d'innocence, le condamné doit donc démontrer que le juge de la cause pénale, à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves à sa disposition, aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles au sujet de la culpabilité (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40; 124 IV 86 consid. 2a p. 87 s.; 120 Ia 31 consid. 2e p. 38, consid. 4b p. 40). Une décision est arbitraire, donc contraire à l'art. 9 Cst., lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral n'invalide l'appréciation retenue par le juge de la cause que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective ou adoptée sans motifs objectifs. Il ne suffit pas que les motifs du verdict soient insoutenables; il faut en outre que l'appréciation soit arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 49 consid. 4 p. 58). 2.2 Le recourant relève que, les trois trafiquants étant accusés d'avoir vendu pendant la même période et aux mêmes endroits approximativement les mêmes quantités de drogue, soit environ 800 g chacun, il n'est pas exclu que tout ou partie de ces ventes ne se recoupe. Il soutient également qu'on ne saurait lui imputer l'addition des quantités de drogue vendues par les trois protagonistes et retenir en même temps, l'assistance reçue ou prêtée, sous l'angle de la circonstance aggravante de la bande; il s'agirait-là d'une double aggravation. Le Tribunal correctionnel, auquel se réfère la Cour de cassation, a arrêté la quantité totale de drogue vendue par le trio en se basant tout d'abord sur les déclarations des toxicomanes entendus durant l'enquête et dont les témoignages n'ont pas été contestés par la défense. Il a ensuite retenu que le montant total de l'argent blanchi, à blanchir ou saisi s'élevait à 21'603 fr., qu'avec un bénéfice réalisé de 10 fr. par gramme, cette somme correspondait à la vente de 2,160 kg d'héroïne, sans tenir compte du fait que les trafiquants devaient vivre, qu'ils consommaient occasionnellement de la drogue et que la police avait encore retrouvé 3'000 fr. lors d'une perquisition ultérieure. Le recourant ne démontre pas, conformément aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en quoi cette appréciation des preuves serait arbitraire; il ne conteste d'ailleurs nullement les bénéfices réalisés, ni les montants blanchis ou saisis. Sa critique, purement appellatoire, est par conséquent irrecevable. Pour le reste, la question de savoir quelles circonstances aggravantes peuvent être retenues à l'encontre du recourant et si celles-ci constituent une double aggravation de la situation de l'intéressé relève de l'application du droit fédéral et ne peut par conséquent être examinée dans un recours de droit public (cf. supra consid. 1.1).