Citation: 1B_598/2022 E. 3

La Chambre des recours pénale a considéré que les critiques en lien avec le déroulement de la procédure avant que celle-ci ne soit prise en charge par le Président Pierre Bruttin ne le concernaient pas et étaient irrecevables (consid. 3.1). Elle a jugé que les motifs concernant le changement de présidence ainsi que ceux ayant trait au contenu du courrier du 19 mai 2022 avaient été invoqués tardivement et étaient irrecevables, ajoutant que rien dans ce courrier ne laissait entrevoir une quelconque apparence de prévention à l'égard du requérant (consid. 3.2). Les reproches adressés à l'intimé quant au déroulement de l'audience du 28 juin 2022 et les propos protocolés au procès-verbal quant à son absence à l'audience invoqués deux mois après sa tenue étaient tardifs et par conséquent irrecevables. Ces propos étaient au demeurant compréhensibles puisque l'absence du plaignant n'avait pas été excusée et que ce n'est que le 15 septembre 2022 que son avocat aurait fourni un certificat justificatif (consid. 3.3). La Chambre des recours pénale a considéré qu'en appliquant l'art. 145 CPP, le Président Pierre Bruttin avait rendu une décision relative à la marche de la procédure sujette à recours, si ce n'est à titre incident, à tout le moins avec le jugement à rendre sur le fond. De plus, au vu des certificats médicaux produits par la prévenue et plus particulièrement celui du 10 mai 2022 faisant état d'un trouble de stress post-traumatique sévère compliqué par un trouble dépressif majeur, d'un risque élevé de passage à l'acte suicidaire et d'une incapacité durable et totale de se présenter à l'audience de jugement, on ne saurait qualifier cette décision d'erreur grossière; celle-ci dénotait d'autant moins d'un parti pris à l'encontre du plaignant que, dans celle-ci, il déplorait vivement que la prévenue n'ait pas adhéré à la proposition qui lui avait faite lors de l'audience d'être auditionnée par ses soins et le greffier, en compagnie d'une personne de confiance (consid. 3.4).