Citation: 2C_74/2022 E. 5.1

5.1. Selon l'art. 62 al. 1 let. e LEI, l'autorité compétente peut notamment révoquer une telle autorisation si l'étranger lui-même ou une personne dont il a la charge dépend de l'aide sociale. L'instance précédente a dûment exposé la jurisprudence relative à cette disposition et l'a correctement appliquée à la situation de la recourante, de sorte qu'il peut être renvoyé sur ce point aux considérants de l'arrêt attaqué (art. 109 al. 3 LTF; cf. également arrêt 2C_423/2020 du 26 août 2020 consid. 3.1 ss). En particulier, il ressort des faits de l'arrêt attaqué que la dette d'aide sociale accumulée par le couple s'élevait à plus de 200'000 fr. (de 2001 à 2003 et de 2008 à 2017) et que la recourante aurait pu exercer une activité lucrative durant sa vie conjugale. L'autorité précédente ne prête ainsi pas le flanc à la critique lorsqu'elle retient que la recourante ne pouvait pas s'affranchir de toute responsabilité de la dette d'aide sociale accumulée durant cette période et que son acquittement sur le plan pénal concernant l'obtention illicite de cette aide n'y change rien. En outre, le Tribunal cantonal n'a pas négligé les efforts entrepris par la recourante sur le plan professionnel dès 2018, mais il a retenu qu'elle n'avait pas démontré son aptitude à être financièrement indépendante, sans que la recourante ne remette en cause les faits constatés sur ce point conformément aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF. A cet égard et contrairement à ce que soutient la recourante, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué qu'il aurait été attendu de celle-ci qu'elle désintéresse totalement ses créanciers, mais à tout le moins qu'elle soit en mesure de couvrir ses propres dépenses et se passe du soutien de l'aide sociale, ce qu'elle n'a pas été en mesure de faire. L'autorité précédente n'a pas ignoré que l'intéressée avait perdu l'emploi trouvé en novembre 2019 en raison de la crise sanitaire, mais relevé que celui-ci ne lui avait pas permis d'être autonome financièrement, respectivement de vivre sans aide sociale. Sur le vu des faits constatés, l'autorité précédente n'a pas violé le droit fédéral en confirmant que le motif de révocation de l'autorisation de séjour de l'art. 62 al. 1 let. e LEI, respectivement de non-renouvellement de celle-ci (art. 33 al. 3 LEI), était donné. Par ailleurs, on relèvera que la recourante ne conteste pas le motif de révocation également retenu par le Service des migrations dans sa décision du 11 février 2020 concernant le non respect des conditions dont la décision était assortie (art. 62 al. 1 let. d LEI). Enfin, les motifs de révocation susmentionnés ne reposant pas sur des infractions, les décisions des autorités pénales relatives à une éventuelle expulsion au sens des art. 66a s. CP (RS 311.0), en particulier le jugement d'appel du 11 février 2021, sont sans incidence dans la présente cause. Un jugement pénal n'empêche en effet pas l'autorité administrative de révoquer ou de refuser de prolonger une autorisation pour un autre motif que les éléments pris en compte dans ce jugement (cf. art. 62 al. 2 et 63 al. 3 LEI; ATF 146 II 1 consid. 2.1 s.; arrêt 2C_744/2019 du 20 août 2020 consid. 6 non publié aux ATF 146 II 321).