Citation: 2C_13/2009 E. 4.2

4.2. L'Office fédéral ne conteste pas véritablement que la dégradation sensible et imprévisible de la conjoncture hôtelière durant les années 1970 constitue une modification essentielle et imprévisible des circonstances depuis la délivrance de l'autorisation (il se limite à affirmer que cette constatation de fait de l'autorité précédente serait "pour le moins audacieuse"; à cet égard, le recours est appellatoire et ne satisfait pas aux exigences de motivation rappelées au consid. 1.4 ci-dessus). Il reconnaît en outre que la reprise de l'exploitation hôtelière "se heurterait aujourd'hui à de grandes difficultés"; en d'autres termes, il admet que la seconde condition mentionnée ci-dessus - l'exécution de la charge est devenue impossible ou insupportable - est actuellement réalisée. En substance, il conteste en revanche l'existence d'un lien de causalité entre les deux: de son point de vue, la situation actuelle est imputable à l'intimée et à son propriétaire économique d'alors, à savoir le père des intimés, qui n'auraient pas consenti les efforts que l'on pouvait attendre d'eux pour respecter la charge en question. C'est en particulier en violation de leurs obligations qu'ils auraient cessé l'exploitation sous forme d'hôtel. L'Office fédéral estime en effet que la situation de l'intimée n'était pas telle, au moment de la cessation de l'exploitation hôtelière, que le maintien de la charge aurait été impossible ou insupportable pour elle et pour le père des intimés. Il remet en cause les conclusions de l'expertise de I.________, en faisant valoir que celle-ci se prononce sur la rentabilité de l'exploitation de l'hôtel "H.________" du point de vue d'un investisseur "ordinaire". Or, la rentabilité devrait être appréciée différemment dans le cadre de la législation sur l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger. L'on pourrait considérer ici que l'intéressé doit continuer de respecter une charge "même si l'investissement n'était pas rémunéré, voire intervenait à perte". Il serait hors de question que l'acquéreur puisse librement décider, parce que le rendement obtenu est insuffisant par rapport aux objectifs financiers initiaux, de ne plus respecter la charge qui lui a été imposée et de transformer les locaux en logements destinés à la location ou à son propre usage. En l'occurrence, l'exploitation de l'hôtel "H.________" procurait certes un rendement insuffisant par rapport au capital investi, mais n'était pas pour autant déficitaire: si le loyer avait été fixé à 80'000 fr. par an comme proposé par l'exploitant, l'intimée aurait pu dégager un bénéfice de 17'000 fr., "soit un faible revenu, peut-être décevant pour l'investissement de son propriétaire économique, mais dont il est exagéré d'admettre qu'il constituait une conséquence insupportable pour lui". Au demeurant, l'impossibilité d'agrandir l'hôtel aurait été "loin d'être évidente".