Citation: 6B_542/2007 30.11.2007 E. 3

Invoquant l'art. 117 CP, les recourantes relèvent la violation de toute une série de devoirs de prudence. D'abord, le propriétaire n'a pas mis à disposition des locataires un mode d'emploi et ne leur a pas mentionné le risque de poser des habits ou des corps inflammables à proximité du chauffage. Ensuite, la distance minimale entre les radiateurs et la boiserie n'a pas été respectée. De plus, les travaux relatifs aux chauffages n'étaient pas encore achevés. Enfin, l'intimé n'a pas effectué le contrôle périodique de l'installation, ni celui du ventilateur et du compartiment de sortie. 3.1 L'infraction en cause suppose la réunion de trois conditions: le décès d'une personne, une négligence et un lien de causalité entre celle-ci et la mort. Dans les cas d'omission, la question de la causalité se présente d'une manière particulière. L'omission d'un acte est en relation de causalité naturelle avec le résultat de l'infraction présumée si l'accomplissement de l'acte eût empêché la survenance de ce résultat avec une vraisemblance confinant à la certitude ou, du moins, avec une haute vraisemblance (ATF 116 IV 306 consid. 2a p. 310; 121 IV 286 consid. 4c p. 292; 118 IV 130 consid. 6a p. 141). Elle est en relation de causalité adéquate avec le résultat si l'accomplissement de l'acte omis aurait, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, évité la survenance de ce résultat (ATF 117 IV 130 consid. 2a p. 133). 3.2 Selon les constatations cantonales, au sujet desquelles aucun arbitraire n'est démontré, ni même allégué, les causes de l'incendie n'ont pas pu être déterminées avec exactitude. L'hypothèse que le feu soit parti de la combustion d'un habit placé trop près du chauffage est vraisemblable, mais pas certaine. En effet, d'une part, aucun des locataires n'a pu établir à satisfaction que des vêtements avaient été posés devant ou sur le radiateur; d'autre part, l'enquête n'a pas permis de déterminer si le chauffage d'appoint avait été enclenché la nuit de l'incendie. Ainsi, dans la mesure où les causes du sinistre n'ont pu être élucidées, il n'est pas possible d'établir si les manquements relevés par les recourantes sont en relation de causalité naturelle avec le résultat et si l'accomplissement de certains actes par les locataires, le propriétaire ou la société chargée de l'entretien des chauffages du chalet, était de nature à empêcher le décès des victimes. A défaut de pouvoir établir un lien de causalité, le non-lieu ne viole pas le droit fédéral.