Citation: 4A_437/2017 E. 5.3

5.3. S'agissant toujours des heures travaillées par année (en lien avec son activité agricole), le lésé soutient que la cour cantonale aurait dû tenir compte de la réglementation cantonale jurassienne qui prescrit que la durée hebdomadaire de l'activité d'un travailleur agricole ne peut dépasser 60 heures, que, pour 3'000 heures annuelles, le travailleur remplaçant le demandeur ne pouvait travailler au-delà de 2'700 heures/année (chiffre que l'expert E.________ retient dans son rapport) et que les 300 heures/année supplémentaires doivent, avec l'accord du travailleur, être rémunérées avec une majoration de 50%. Force est ici de constater que ce raisonnement ne résulte pas de l'arrêt entrepris et que le demandeur ne prétend pas avoir allégué ces distinctions dans la procédure cantonale ni avoir fait état d'une quelconque majoration qui serait dictée par le droit cantonal. En outre, le demandeur se fonde sur une construction artificielle qui a en réalité pour effet d'augmenter le revenu qu'il tirait de son activité avant l'accident. Il ne s'agit en l'occurrence pas de déterminer le coût d'un travailleur qui, seul et dans le respect des normes de droit cantonal sur la durée hebdomadaire du travail, remplacerait réellement l'agriculteur indépendant dans les activités que celui-ci ne peut plus réaliser lui-même; il s'agit, dans la seule perspective de l'agriculteur indépendant, de fixer la valeur de son activité professionnelle (qui n'est pas soumise à une limite hebdomadaire) avant son accident en prenant appui sur les tarifs fixé sur le plan cantonal.