Citation: 4C.383/2001 11.04.2002 E. C

C.- Le 25 juillet 1995, la banque a informé A.________ que B.________ avait quitté l'établissement et que son compte serait dorénavant géré par C.________. Par la suite, la banque a informé A.________ que son compte présentait, au 1er juin 1995, un crédit de 254'000 fr. provenant, semble-t-il, d'un prélèvement effectué sans droit par B.________ sur le compte d'un autre client dont il s'occupait. Le 7 février 1996, A.________ a adressé une télécopie à la banque expliquant que s'il avait "signé des papiers autorisant M. B.________ a gérer son compte", c'était pour "le faire fructifier et non le manipuler" de telle façon que l'on pouvait "penser que M. B.________ avait agi de façon malhonnête vis-à-vis de ses clients qui lui ont fait confiance". Il indiquait avoir relevé une diminution d'environ 1'000'000 FF de son compte courant, ajoutant que B.________ lui avait expliqué à ce propos qu'à "l'achat de dollars on mettait en garantie 1'000'000 FF" qui seraient restitués par la suite. Il avait cru ces explications. Il n'avait jamais donné l'ordre de virer les montants de 520'000 FF et 540'000 FF à qui que ce soit, "surtout pour de si grosses sommes", car il ne devait "rien à personne" et quand il donnait un ordre de virement "c'était toujours par écrit, signé et daté de sa main". Il émettait le voeu de recevoir des photocopies de tous les documents qu'il avait signés et voulait savoir à qui B.________ avait viré son argent, virements qu'il n'avait pas demandé de faire. Le 14 mars 1996, l'avocat français de A.________ a écrit à la banque pour lui demander l'affectation précise des sommes de 520'000 FF et 540'000 FF prélevées en septembre 1994 sur le compte de son client qui ne se rappelait pas avoir donné des ordres pour de telles opérations. La banque a répondu, par courrier du 18 avril 1996, qu'il était surprenant que A.________ ne se rappelle pas avoir donné les ordres, puisqu'il avait signé des arrêtés de compte prenant en considération ces deux débits. Le 2 mai 1996, l'avocat a adressé au conseil de la banque une lettre pour confirmer son souhait que cette dernière justifie, par la production d'écrits, les ordres que A.________ était supposé avoir donnés pour les deux débits de 1994. Le 13 mai 1996, le conseil de la banque a communiqué à l'avocat de A.________ les documents signés par son client; il ajoutait qu'il ne manquerait pas de le tenir au courant de la procédure pénale dirigée contre B.________, qui avait pris la fuite. Par la suite, la banque a réclamé à A.________ les 254'000 fr. dont son compte aurait été crédité indûment et le client s'y est opposé en faisant valoir qu'il n'avait jamais donné l'ordre de virer les 520'000 FF et 540'000 FF prélevés sur son compte. Le 20 novembre 1998, la banque a informé A.________ qu'elle conserverait les 254'000 fr. litigieux, parce qu'elle avait été condamnée par le juge civil à restituer cette somme au client qui en avait été débité à la suite d'un virement indu effectué par B.________.