Citation: 1C_196/2020 E. 2.2

2.2. En vertu de l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, le recourant doit motiver son recours en exposant succinctement en quoi la décision attaquée viole le droit. En particulier, la motivation doit se rapporter à l'objet du litige tel qu'il est circonscrit par la décision litigieuse (ATF 133 IV 119 consid. 6.4 p. 121). Lorsque celle-ci est une décision d'irrecevabilité, les motifs développés dans le mémoire de recours doivent porter sur la question de la recevabilité traitée par l'instance précédente à l'exclusion du fond du litige (ATF 123 V 335 consid. 1b p. 336). Pour satisfaire à cette exigence, il appartient au recourant de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse et d'expliquer en quoi ceux-ci seraient contraires au droit (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 91). Les griefs de violation des droits fondamentaux sont en outre soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant doit alors mentionner les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés (ATF 143 IV 500 consid. 1.1 p. 503). Par ailleurs, la motivation du recours doit être formulée dans le délai non prolongeable de recours, le recourant ne pouvant présenter des arguments nouveaux dans ses écritures ultérieures (ATF 143 II 283 consid. 1.2.3 p. 286). Denis Erni ne fait valoir aucun grief en lien avec l'irrecevabilité de ses requêtes de récusation des juges socialistes et libéraux-radicaux de la Cour constitutionnelle de sorte que cette question ne fait pas l'objet du litige et n'a pas à être examinée. Il relève avoir recouru contre le refus du Bureau du Grand Conseil de se récuser et reproche à la Cour constitutionnelle de s'être rendue coupable d'un déni de justice en ne se prononçant pas sur cette question. La Cour constitutionnelle a rappelé que lorsque la contestation porte sur l'élection au Conseil d'État, la qualité pour recourir auprès d'elle est, en vertu de l'art. 123b de la loi vaudoise sur l'exercice des droits politiques (LEDP), reconnue aux électeurs au sens de l'art. 118 al 2 LEDP, soit aux citoyens suisses, âgés de dix-huit ans révolus et qui ont leur domicile politique dans le canton (art. 5 al. 1 LEDP). Elle a constaté que Denis Erni ne remplissait pas, de manière incontestée, les conditions pour lui reconnaître la qualité d'électeur faute d'avoir son domicile politique dans le canton de Vaud et qu'il n'avait pas qualité pour recourir, de sorte que son recours était entièrement irrecevable. Elle n'avait de ce fait pas à examiner les conclusions et les moyens du recourant, qu'ils portent sur les actes préparatoires de l'élection complémentaire prévus dans l'arrêté de convocation du Conseil d'État, sur les opérations du Bureau électoral cantonal en vue de l'établissement des listes de candidats ou sur la procédure de décision suivie par le Grand Conseil, et notamment sur la composition de cet organe qui a préparé la décision finale du parlement. Ainsi, la Cour constitutionnelle n'est pas entrée en matière sur le grief tiré de la récusation des membres du Bureau du Grand Conseil parce que le recourant n'avait pas la qualité pour agir et que son recours était de ce fait irrecevable. Elle n'a donc pas omis de se prononcer sur cette question mais elle ne l'a pas traitée parce que le recours était irrecevable, de sorte que le grief de déni de justice est infondé. Pour le surplus, que ce soit dans son recours ou dans son complément du 27 avril 2020, le recourant ne s'en prend pas à la motivation qui a amené la Cour constitutionnelle à ne pas entrer en matière sur le recours et sur la récusation des membres du Bureau du Grand Conseil et il ne cherche pas davantage à démontrer à quelle disposition légale ou constitutionnelle ou à quel principe juridique la cour cantonale aurait contrevenu en considérant que l'examen de cette question supposait qu'il ait qualité pour agir. Le recours ne satisfait ainsi pas aux exigences de motivation requises lorsque, comme en l'espèce, il est dirigé contre une décision de non-entrée en matière et doit être déclaré irrecevable. Le défaut de motivation qui affecte le mémoire de recours et son complément n'est pas un vice réparable, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'accorder au recourant un délai supplémentaire pour le compléter et lui permettre de produire des pièces complémentaires (cf. art. 42 al. 5 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.4.2 p. 247).