Citation: 6B_84/2016 E. 2.3

2.3. Le recourant reproche tout d'abord à l'autorité précédente de ne pas avoir considéré le fait que l'intimé aurait passé sous silence, deux jours après l'évasion, soit avant qu'il n'héberge les évadés, les contacts qu'il avait déjà eus avec A.________ et D.________, entre le 14 juin 2013 et le 17 juillet 2013, et cela malgré l'information donnée par les autorités vaudoises sur les risques qu'il courait s'il dissimulait des éléments pouvant intéresser l'enquête ou conduire à l'arrestation des fugitifs. En l'espèce, il ressort du rapport d'investigation établi le 1er juillet 2014 que l'intimé « a été rencontré » par un inspecteur de police deux jours après l'évasion et qu'à cette occasion, il n'a pas parlé des contacts en question, alors qu'il avait été mis en garde des risques encourus s'il dissimulait des éléments qui pourraient intéresser l'enquête, voire conduire à l'arrestation des fugitifs et de leurs complices (cf. art. 105 al. 2 LTF; dossier cantonal p. 2105). Aucun procès-verbal d'audition ne figure au dossier et le rapport ne précise pas en quelle qualité il a été interrogé ni si ses droits lui ont été communiqués. Le contenu de cet interrogatoire informel ne saurait dès lors être utilisé contre l'intimé (cf., dans ce sens, MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit commentaire, Code de procédure pénale, 2e éd. 2016, no 11 ad art. 215 CPP), ce d'autant que la procédure pénale a également été dirigée contre lui, et qu'en tant que prévenu, il avait le droit de se taire (cf. art. 113 al. 1 CPP). Mal fondé, le grief soulevé doit être rejeté.