Citation: 6B_1364/2023 E. 5.2.1

5.2.1. De l'avis du recourant, les déclarations de D.B.________ " sont particulièrement sujettes à caution du fait de leur forte variation dans le temps sur des éléments pourtant essentiels ", d'autant plus que plus la procédure avançait, plus elles se sont amplifiées à sa charge. Pour étayer ses propos, le recourant reproduit diverses réponses données par D.B.________ lors de ses auditions, desquelles il ressort en substance qu'elle a commencé par affirmer ne pas être informée des tenants et aboutissants de la relation entre sa soeur et le recourant, avant de finalement être en mesure de donner des détails précis sur la nature et le contenu de la discussion téléphonique de la nuit du 26 au 27 décembre 2019. Il y voit une obscure contradiction pouvant être de faux souvenirs trouvant ou pas leur origine dans une pollution par la connaissance du dossier. Il en déduit que seules les premières déclarations de D.B.________ devraient être retenues, à l'aune desquelles le mobile qu'on lui prête (soit le refus d'une rupture) serait exclu. La cour cantonale a considéré que les premières déclarations de D.B.________ avaient été faites alors que sa soeur avait seulement disparu et alors qu'elle souhaitait encore ne pas faire savoir à sa mère ce qu'elle connaissait de la relation entre sa soeur et le recourant. Toutefois, elle a relevé que D.B.________ devait savoir que les précités se voyaient encore, puisqu'elle n'a pas été surprise par cette rencontre, dont elle était informée. Sur la base de l'audition de D.B.________ du 15 octobre 2020, elle a confirmé ce qui précède, en relevant qu'une fois le décès connu, la précitée avait reconnu qu'elle savait que sa soeur et le recourant continuaient de se voir et avait donné des détails finalement corroborés par l'enquête, comme le fait qu'ils n'aient pas eu de contact durant les trois semaines précédant le 27 décembre 2019 ou le fait que sa soeur lui ait dit qu'elle voulait rompre parce qu'elle n'aimait plus le recourant, à qui elle avait en revanche dit vouloir rompre pour ne plus avoir à se cacher. Finalement, après avoir rappelé que lors de la première audition de D.B.________, alors âgée de seulement 14 ans, sa soeur n'avait "que" disparu, la cour cantonale a jugé qu'il n'existait aucun élément jetant une suspicion légitime sur le témoignage de D.B.________ (jugement attaqué consid. 7.4.4). Les considérations cantonales résumées supra ne prêtent pas le flanc à la critique. Il est vrai que D.B.________ a commencé par déclarer ne pas connaître les détails de la relation entre sa soeur et le recourant (par exemple: " Vous me demandez si elle avait rompu. Je ne sais pas. F.B.________ ne m'en parlait pas car elle avait peur que j'en parle à maman " - procès-verbal de l'audition du 29 décembre 2019, p. 2; ou encore " Vous me demandez jusqu'où a été la relation amoureuse entre ma soeur et A.________, je ne sais pas, elle ne m'a jamais parlé de cela " - procès-verbal de l'audition du 31 décembre 2019, p. 8). Contrairement à ce que soutient le recourant, il était toutefois déjà évident que la précitée en savait plus que ce qu'elle voulait bien dire, dans la mesure où elle a été capable de donner des détails qu'une personne ignorant tout d'une relation n'aurait pu donner (par exemple: " Je dois vous avouer qu'elle m'a dit qu'elle allait voir son ex, A.________ " - procès-verbal de l'audition du 29 décembre 2019, p. 2; " Il y a deux ans, F.B.________ et A.________ se parlaient en cachette et mon frère l'a appris, l'a dit à ma maman et F.B.________ avait dû rompre " - ibidem; " Pour vous répondre, j'ai compris qu'elle allait voir A.________ tôt le matin. Elle me l'avait dit plus tôt dans la matinée " - procès-verbal de l'audition du 31 décembre 2019, p. 6; " Pour vous répondre, j'ai compris depuis environ deux mois et demi qu'elle est de nouveau en relation avec A.________ car le soir, dans notre chambre je la voyais écrire sur son natel et elle se cachait quand elle le faisait " - ibidem p. 7; " Par contre, il y a des chances qu'il lui parle mal. Je pense que c'est possible qu'il lui parle mal car sinon je ne comprends pourquoi ma soeur serait partie " - ibidem p. 8). Quoi qu'il en soit, il est aisé d'expliquer ces discrépances. D.B.________ était alors âgée de seulement 14 ans et sa soeur venait de disparaître, situation assurément éprouvante. Dans son esprit, il était encore question de la retrouver (" Pour moi, soit elle se cache quelque part avec son ex. Mais si elle fait cela elle est vraiment conne car on va pour finir la retrouver. Soit son ex lui a dit qu'elle voulait la quitter [...]. Elle a peut-être juste envie que ma mère souffre un peu [...]" - procès-verbal de l'audition du 31 décembre 2019, p. 7). Or, elle savait que cette relation était problématique, principalement pour sa mère (" Il y a deux ans, il y a eu beaucoup d'histoires suite à leur relation " - procès-verbal de l'audition du 29 décembre 2019, p. 2), et ne voulait pas risquer d'être mêlée à ces histoires par sa connaissance de la relation (" Je ne veux pas que vous disiez à ma maman que je savais qu'elle allait le retrouver " - ibidem; "[...] je ne voulais pas que ma mère le sache. Je ne voulais pas me faire engueuler " - procès-verbal de l'audition du 31 décembre 2019, p. 15). C'est donc, comme l'a relevé la cour cantonale, principalement en raison d'un conflit de loyauté entre sa mère, d'une part, et sa soeur, d'autre part, conflit de loyauté d'autant plus difficile à gérer qu'elle était jeune, que D.B.________ n'a pas immédiatement souhaité faire part de tout ce qu'elle savait à propos de la relation (ce qui a été confirmé comme suit par D.B.________: " Je ne voulais pas dire à ma mère que F.B.________ allait voir A.________ parce que ma mère m'avait demandé de l'avertir si j'apprenais que F.B.________ allait voir A.________. Mais comme F.B.________ est ma s oe ur et que nous avions des secrets entre nous, je ne disais pas tout le temps à ma mère " - procès-verbal de l'audition du 15 octobre 2020, p. 4). Quant à la thèse purement spéculative et non étayée du recourant, selon laquelle les contradictions pourraient être de faux souvenirs trouvant ou pas leur origine dans une pollution par la connaissance du dossier, elle ne trouve aucun ancrage dans le dossier de la cause, respectivement dans les faits arrêtés par la cour cantonale, et ne saurait dès lors être suivie. Il est encore relevé que D.B.________ n'a jamais chargé inutilement le recourant, même après avoir appris le décès de sa soeur et la supposée implication de celui-ci. Au contraire, elle s'est toujours contentée de décrire ce qu'elle savait, sans jamais se prononcer sur sa culpabilité, ce qui confère une crédibilité certaine à son discours, tout comme les autres éléments relevés par la cour cantonale que le recourant ne discute pas. En définitive, on ne voit pas que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en jugeant crédibles les déclarations de D.B.________ et en s'y référant, parmi d'autres éléments (cf. infra), pour finalement imputer au recourant le mobile du refus d'une rupture.