Citation: 4P.27/2006 30.05.2006 E. A

Le 13 octobre 2000, A.________ SA (ci-après: A.________) et B.________, qui est l'administrateur unique de celle-ci, ont donné un centre équestre à bail à C.________. Prévu pour durer initialement du 2 octobre 2000 au 30 septembre 2010, le contrat devait ensuite se renouveler pour cinq ans, sauf avis de résiliation donné une année à l'avance. Le loyer mensuel était de 5'800 fr. Le locataire devait fournir aux bailleurs une garantie bancaire équivalant à une année de loyer. Le contrat prévoyait une "clause spéciale" aux termes de laquelle le bailleur s'engageait à construire dix boxes supplémentaires et leurs abords dans un délai échéant le 31 décembre 2000, moyennant un loyer additionnel de 2'200 fr. par mois. Le même jour a été conclu entre A.________, en qualité de bailleresse, et C.________, comme locataire, un "contrat de location des chevaux et poneys propriété de Monsieur B.________", prévu pour une durée de dix ans renouvelable d'année en année, mais permettant une résiliation partielle en raison de l'inaptitude d'un cheval ou d'un poney à être utilisé dans le cadre du centre équestre, moyennant un préavis de trois mois. La construction des dix boxes prévue contractuellement est rapidement devenue source de litige entre les parties, dont les relations se sont depuis lors détériorées. Selon C.________, les boxes avaient certes été achevés dans les délais prévus, mais étaient entachés de défauts de construction et de conception tels qu'ils étaient inutilisables, ce qu'a contesté B.________, qui soutenait que seules des finitions restaient à effectuer. Le 1er mars 2001, C.________ a cité A.________ et B.________ par devant la Commission cantonale de conciliation en matière de bail à loyer (ci-après: la commission), notamment aux fins d'arriver à un accord sur les problèmes relatifs à la construction des boxes. Par courrier du 8 mars 2001, A.________ et B.________ ont signifié à C.________ son congé pour le 30 avril 2001, au motif qu'il n'avait pas respecté le contrat du 13 octobre 2000, en particulier la clause relative au dépôt d'une garantie, "malgré [leurs] demandes répétées". Par courrier du 19 mars 2001, C.________ a résilié le contrat de location portant sur un cheval et un poney. Ces animaux étant selon lui inaptes à être utilisés dans le cadre de l'activité du centre équestre, il a annoncé à A.________ qu'il les lui restituerait le 30 juin 2001. A.________, qui avait mis en pension au centre équestre deux chevaux lui appartenant et ne faisant pas l'objet du contrat du 13 octobre 2000, les a retirés en mars 2001. Le 4 mai 2001, les parties ont passé devant la commission une transaction prévoyant notamment que B.________ effectuerait certains travaux jusqu'au 30 juin 2001, que C.________ fournirait la garantie jusqu'au 31 mai 2001, que le bailleur retirait la résiliation du 8 mars 2001 et que le locataire renonçait à toute prétention résultant de son écriture du 1er mars 2001. Par courrier du 14 mai 2001 faisant suite à celui de C.________ du 19 mars 2001, A.________ a résilié le contrat portant sur l'ensemble des animaux pour le 31 août 2001. A réception de cet avis, C.________ a craint de ne pas pouvoir dispenser les stages prévus pendant l'été. Par courrier du 6 juillet 2001, A.________ a fait valoir auprès de C.________ que la valeur marchande du cheval et du poney restitués le 30 juin 2001 avait diminué de 6'869 fr. 30 depuis la conclusion du contrat. Elle lui a dès lors proposé de lui payer ce montant, auquel cas le contrat pourrait continuer, alors que dans le cas contraire, la résiliation du 14 mai 2001 serait maintenue. A.________ et B.________ ont réalisé les travaux prévus dans la transaction, mais pas à l'entière satisfaction de C.________. Le 10 juillet 2001, celui-ci a fixé à ceux-là un délai à fin juillet pour s'exécuter. Le 7 décembre 2001, C.________ a adressé à B.________ une série de reproches concernant son attitude dans le cadre de leurs relations contractuelles. Selon lui, celle-ci l'empêchait de "jouir de la chose louée conformément à ce qui était prévu dans les contrats", ce qui rendait la continuation des baux impossible. Dès lors, il a annoncé les résilier pour le 31 décembre 2001 et a réclamé le paiement de 225'650 fr. à titre de dédommagement du fait des agissements de B.________. C.________ a occupé le centre équestre au-delà de la date de départ annoncée, afin de ne pas laisser sans soins les chevaux y séjournant et d'avoir le temps de résilier les contrats des pensionnaires, B.________ n'ayant montré aucune volonté de reprendre le manège au 1er janvier 2002. Nonobstant l'avis de résiliation, A.________ a, le 15 janvier 2002, réclamé à C.________ le paiement du loyer de janvier. Le même jour, C.________ a imparti à B.________ un nouveau délai de paiement de huit jours. Le 14 février 2002, A.________ et B.________ ont pris position sur le courrier du 7 décembre 2001 et contesté que C.________ soit en droit de résilier les contrats. Le 26 mars 2002, C.________ a averti A.________ et B.________ qu'il quitterait le centre équestre le 31 mars 2002 et qu'à cette date, il resterait quatorze animaux dans le manège. Dès lors, il a invité B.________ à s'en occuper, lui-même se "décharge[ant] de toute responsabilité dès le 31 mars 2002 à minuit". Après le départ de C.________, le centre équestre a été occupé par un couple, avant qu'une tierce personne n'en prenne les rênes en mars 2003. L'instruction n'a pas permis de déterminer exactement quelle a été l'activité déployée par le couple, ni la nature des relations juridiques le liant à A.________ et B.________.