Citation: 5A_778/2023 E. 3.3

3.3. Par sa critique en grande partie appellatoire, dans la mesure où il se contente d'opposer sa propre appréciation des preuves à celle de l'autorité cantonale, le recourant ne démontre pas qu'il était arbitraire de retenir qu'aucun fait nouveau important et durable ne commandait de modifier les contributions d'entretien dues aux enfants. En particulier, sa critique selon laquelle les juges précédents se seraient arbitrairement fourvoyés en estimant qu'il ne pouvait se retrancher derrière sa société, dont il est salarié depuis juin 2020, pour justifier une baisse de ses ressources, ne suffisent pas à démontrer qu'il était insoutenable de retenir qu'il était à même de réaliser les revenus qu'il percevait avant de créer ladite société. Il se contente en effet d'affirmer que l'arrêt attaqué passe sous silence les deux pertes consécutives résultant de ses taxations 2020 et 2021, qui l'auraient obligé à réduire significativement sa rétribution mensuelle afin d'éviter que sa société ne se trouve surendettée, reprochant en outre à l'autorité cantonale de n'avoir pas expliqué pour quel motif il avait dû recourir à un emprunt Covid-19 d'un montant de 90'000 fr. en 2020 - ce qui ne ressort pas de l'arrêt attaqué - si sa société avait eu suffisamment de liquidités pour faire face à ses engagements financiers immédiats durant cette période. De type appellatoire, ces allégations laissent intact le constat de la Cour de justice concernant l'absence de modification importante et durable de sa capacité contributive, étant rappelé qu'en ce qui concerne l'obligation d'entretien d'un enfant mineur, les exigences sont plus élevées, en sorte que le parent débirentier doit réellement épuiser sa capacité de gain maximale (ATF 137 III 118 consid. 3.1). Le recourant soutient encore qu'il était arbitraire de ne pas prendre en considération son incapacité de travail partielle, dès janvier 2023 et pour une durée indéterminée, consécutive à une intervention cardiaque subie le 23 décembre 2022, sans toutefois contester - à juste titre - l'opinion de l'autorité cantonale selon laquelle ce fait n'était pas décisif, le moment déterminant pour apprécier si des circonstances nouvelles se sont produites étant la date du dépôt de la demande de modification, soit en l'occurrence le 28 mars 2022. Par ailleurs, le recourant se méprend lorsqu'il soutient que la cour cantonale a arbitrairement considéré qu'il n'assumait aucuns frais pour les enfants, alors même qu'il s'acquitte régulièrement de leurs charges pour un montant de 3'000 fr. par mois en moyenne. Il résulte en effet de l'arrêt attaqué que, selon le premier juge, l'intéressé a allégué des charges de 9'275 fr. par mois, impôts compris, en mars 2022. L'autorité cantonale a pour sa part estimé le montant de celles-ci, hors frais des enfants, à 9'922 fr. En constatant que l'appelant avait allégué que ses charges mensuelles s'élevaient à 12'923 fr., impôts compris, la Cour de justice ne saurait dès lors se voir reprocher d'avoir arbitrairement omis de prendre en considération les frais des enfants dans les charges de celui-ci, étant précisé qu'elle a par ailleurs constaté que ces frais pouvaient être estimées, sous l'angle de la vraisemblance, à 1'543 fr. par mois pour chacun d'eux et qu'elle les a inclus dans son calcul du disponible du débirentier. Cette question est de toute manière sans incidence s'agissant de déterminer si la situation financière du débirentier s'est durablement et significativement péjorée, dès lors qu'il résulte de l'arrêt attaqué qu'au moment de la fixation des contributions litigieuses, les charges de celui-ci s'élevaient à 18'000 fr. par mois, hors impôts. On ne voit pas non plus en quoi l'autorité cantonale aurait enfreint son obligation de rendre une décision suffisamment motivée, le grief du recourant fondé sur l'art. 29 al. 2 Cst. se confondant en réalité avec celui d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits. Le rejet des critiques dirigées à l'encontre de la première motivation des juges précédents, qui permet à elle seule de maintenir la décision attaquée, suffit à sceller le sort du litige. Il est donc superflu d'examiner les critiques du recourant dirigées contre la motivation subsidiaire de la cour cantonale fondée sur la prise en compte des revenus qu'il a allégués.