Citation: 5A_885/2018 E. 1.3

1.3. Il sied de rappeler que la qualité pour recourir au Tribunal fédéral s'examine exclusivement à l'aune de l'art. 76 LTF (arrêt 4A_560/2018 précité consid. 2.1 et la référence). On peut dès lors s'interroger sur l'admissibilité du procédé utilisé par la recourante aux fins de démontrer qu'elle dispose de la qualité pour recourir. Il s'avère en effet que ses considérations consistent en la reproduction de la motivation de son recours cantonal en lien avec sa qualité pour porter plainte au sens de l'art. 17 LP (recours cantonal, ch. 3.2.2 p. 13 s.), ce qui ne paraît guère compatible avec les exigences découlant de l'art. 42 al. 2 LTF (cf. ATF 140 V 22 consid. 7.1; AUBRY GIRARDIN, Commentaire de la LTF, 2ème éd. 2014, n° 30 ad art. 42 LTF et les arrêts cités). Quand bien même l'art. 17 LP exige aussi l'existence d'un intérêt digne de protection (ATF 139 III 504 consid. 3.3, 384 consid. 2.1), on pouvait à tout le moins attendre de la recourante qu'elle expose en quoi il conviendrait en l'espèce de s'écarter de la jurisprudence qui dénie en principe au tiers débiteur la qualité pour recourir au Tribunal fédéral faute notamment d'intérêt direct au recours contre une saisie ou un séquestre frappant les biens appartenant au débiteur qui fait l'objet de la poursuite (cf. ATF 135 III 46 consid. 4.1 [saisie]; arrêt 5A_249/2010 du 17 juin 2010 consid. 2.4 [séquestre]). Sur ce point, bien que rendue sous l'empire de l'art. 76 al. 1 let. b aLTF, qui exigeait alors un intérêt juridique, cette jurisprudence garde toute sa pertinence à l'aune de l'art. 76 al. 1 let. b LTF dans sa teneur au 1er janvier 2011 (cf. KLETT, in Basler Kommentar, Bundesgerichtsgesetz, 3ème éd. 2018, n° 5 ad art. 76 LTF; VON WERDT/GÜNGERICH, Bundesgerichtsgesetz (BGG), Stämpflis Handkommentar, 2ème éd. 2015, n° 11 ad art. 76 LTF; CORBOZ, Commentaire de la LTF, 2ème éd. 2014, n° 23 ad art. 76 LTF, qui tous se réfèrent à l'ATF 135 III 46), et on ne voit pas quels motifs justifieraient que le tiers débiteur recouvre sa qualité pour recourir à l'égard d'un acte de l'Office ultérieur à la saisie ou au séquestre. Quoi qu'il en soit, si tant est qu'il faille en tenir compte, le risque invoqué par la recourante de devoir potentiellement conduire deux procès en parallèle et payer deux fois la créance litigieuse ainsi que de ne pouvoir, en fonction du droit applicable à ladite créance, opposer toutes les exceptions y afférentes ne revêt qu'un caractère abstrait et hypothétique. Même avéré, ce risque est de toute façon inhérent à toute réalisation d'une créance saisie ou séquestrée. Il ne saurait dès lors être retenu au titre de l'intérêt digne de protection à saisir le Tribunal fédéral. Pour le surplus, il sera rappelé que depuis l'entrée en vigueur de la LTF le 1er janvier 2007, le Tribunal fédéral n'exerce plus la fonction de haute surveillance en matière de poursuites et faillites (art. 15 al. 1 aLP). Contrairement à ce qui valait sous l'empire de l'OJ (cf. ATF 130 III 400 consid. 2; 119 III 4 consid. 1), il n'entre dès lors plus en matière sur un recours irrecevable au motif de l'existence d'une décision frappée de nullité (ATF 135 III 46 consid. 4.2; arrêts 5A_535/2017 du 1er septembre 2017 consid. 1.2 et les références; 5A_39/2013 du 24 juillet 2013 consid. 3 non publié aux ATF 139 III 384). Contrairement aux juges précédents, la Cour de céans n'a donc pas à examiner d'office le grief de prétendue nullité au sens de l'art. 22 LP soulevé par la recourante.