Citation: U 54/02 10.01.2003 E. 3

3.1 Selon la jurisprudence, le juge peut accorder valeur probante aux rapports et expertises établis par les médecins de la CNA aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des résultats convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces avis ne contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de mettre en cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à l'assureur par un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité de son appréciation ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est qu'en présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité d'une appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Etant donné l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances sociales, il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères en ce qui concerne l'impartialité de l'expert (ATF 122 V 160 consid. 1c et les références). 3.2 En l'espèce, hormis l'appartenance de la doctoresse B.________ à l'équipe médicale de la CNA, qui n'est pas à elle seule déterminante selon la jurisprudence rappelée ci-dessus, le recourant ne met en évidence aucun élément concret qui permettrait de mettre en doute l'impartialité de ce psychiatre ou l'objectivité de son appréciation. Il est vrai qu'une analyse très détaillée, telle que celle à laquelle a procédé le recourant, permet de mettre en évidence certaines imprécisions dans les lignes consignées par la doctoresse B.________, notamment lorsqu'elle rend compte du contenu de certaines pièces médicales ou se réfère aux événements de 1985 / 1986 en parlant d'un braquage de banque. On ne saurait toutefois leur attacher une importance déterminante. Dans son ensemble, le rapport de ce médecin fournit une relation satisfaisante de l'historique de la pathologie de l'assuré, telle qu'il ressort des autres pièces du dossier. Les conclusions que la doctoresse B.________ tire de cet examen sont convaincantes. En ce qui concerne plus spécifiquement la question de l'existence d'un rapport de causalité naturelle, niée par ce médecin, il est vrai, comme le relève le recourant, que dans un rapport daté de septembre 1994 le docteur C.________, chef de clinique à l'Hôpital de Z.________, explique l'admission du recourant dans cet établissement au mois de juillet 1994 par «la reviviscence du souvenir traumatisant des trois hold-up subis en 1985 et 1986 [qui] provoque un état de panique intense avec idéation suicidaire», consécutive au déclenchement intempestif d'une alarme automatique. L'existence d'une telle relation entre les événements vécus par le recourant et son admission à l'hôpital psychiatrique de Z.________ en 1994 ne constitue toutefois pas encore la preuve de l'existence d'un rapport de causalité naturelle entre ces événements et l'aggravation de la maladie psychique qui a conduit, subséquemment, à une incapacité totale de travail. Sur ce point, les explications de la doctoresse B.________ sur la genèse des épisodes psychotiques, qui peuvent, selon ce médecin, être déclenchés par des événements réjouissants ou menaçants de la vie de tous les jours du malade, sont convaincantes. Il convient, au demeurant, de relever que l'avis de la doctoresse B.________ est confirmé par d'autres spécialistes, dont le docteur A.________, psychiatre et psychothérapeute FMH, qui met, lui aussi, en relation l'évolution psycho-pathologique du recourant depuis 1996 avec son contexte socio-professionnel, marqué par la perspective du départ à la retraite de son supérieur hiérarchique et les changements survenus au sein de l'entreprise qui l'employait (rapport du 6 mai 1999).