Citation: 4A_179/2022 E. B

B.a. Par requête de conciliation du 14 avril 2020, B.________ S.A. a ouvert action contre A.________ Sàrl en lien avec le contrat conclu le 1er janvier 2010. L'audience de conciliation s'est tenue le 14 août 2020. Le procès-verbal de l'audience a la teneur suivante: " Se présentent: - Pour la requérante, C.________, avocate, au bénéfice d'une procuration, assistée de son conseil, Me Elena Neidhardt, avocate, en remplacement de Me Xavier Favre-Bulle, avocat à Genève. - Pour l'intimée, valablement dispensée de comparution personnelle vu le domicile hors canton de son représentant, son conseil, Me Laurent Muhlstein, avocat à Genève. " La tentative de conciliation ayant échoué, une autorisation de procéder a été délivrée le jour-même à B.________ S.A. Le 23 octobre 2020, cette dernière a déposé sa demande auprès de la Chambre patrimoniale du canton de Vaud. Le 21 janvier 2021, A.________ Sàrl a adressé à la Chambre patrimoniale un courrier par lequel elle a soulevé plusieurs questions préjudicielles relatives à la recevabilité de la demande précitée. Elle a notamment conclu à ce qu'il soit constaté que C.________ n'avait pas les pouvoirs nécessaires pour représenter B.________ S.A. lors de l'audience de conciliation du 14 août 2020, à ce que l'autorisation de procéder délivrée soit déclarée invalide et la demande irrecevable. Par décision incidente du 2 juillet 2021, la Chambre patrimoniale a rejeté les conclusions prises à titre préjudiciel par A.________ Sàrl et a dit que la demande déposée le 23 octobre 2020 était recevable. B.b. Par arrêt du 14 mars 2022, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, l'appel interjeté par A.________ Sàrl (ci-après: l'appelante) à l'encontre de cette décision incidente et l'a confirmée. La cour cantonale a retenu que la procuration en faveur de C.________ produite lors de l'audience de conciliation a été examinée par l'autorité de conciliation, laquelle avait estimé que B.________ S.A. (ci-après: l'intimée) était valablement représentée par C.________. L'appelante était représentée par un avocat; par son conseil, elle avait ainsi eu tout loisir d'examiner la procuration remise par C.________ et de contester que l'intimée soit considérée comme valablement représentée par celle-ci à l'audience. Il ne ressortait pas du procès-verbal de l'audience que l'appelante aurait contesté les pouvoirs de représentation de C.________. Au contraire, elle avait accepté que la conciliation soit tentée. Ainsi, en contestant dans la procédure principale seulement que l'intimée n'avait pas été valablement représentée par C.________ lors de la procédure de conciliation, l'appelante lésait le principe de la bonne foi. Le grief de défaut de procuration, contraire à la bonne foi, devait donc être rejeté. La cour cantonale a relevé, pour le surplus, que l'art. 204 al. 3 let. a CPC, lequel avait permis à l'appelante d'obtenir sa propre dispense à l'audience de conciliation, était également applicable à l'intimée, puisqu'elle avait son siège en dehors du canton de Vaud. Ainsi, même s'il y avait lieu de considérer que l'intimée n'avait pas été valablement représentée par C.________ lors de l'audience de conciliation, la question de la réalisation d'un cas de dispense aurait dû être examinée d'office. Vu le siège de l'intimée hors du canton de Vaud, cette dernière devait être dispensée de comparution personnelle. En définitive, la cour cantonale a retenu que la question de la représentation au sens de l'art. 204 al. 1 CPC de l'intimée pouvait demeurer ouverte: soit elle était valablement représentée au sens de l'art. 204 al. 1 CPC par C.________, soit elle ne l'était pas et était dispensée (art. 204 al. 3 CPC), étant alors représentée valablement par son conseil, représentation dont l'appelante avait été informée à réception de la requête de conciliation (art. 204 al. 4 CPC).