Citation: 4A_111/2019 E. A

A.a. A.________ exerce sous la raison individuelle X.________ agence immobilière une activité indépendante d'agent immobilier, dans le cadre de laquelle elle a contracté plusieurs crédits hypothécaires. Elle est propriétaire d'un immeuble sis route... à U.________ (ci-après: l'immeuble V.________), dans lequel elle a habité jusqu'à la fin du mois de février 2005 et qu'elle a mis en location dès le 1er mars 2005. A.________ est également propriétaire d'autres biens immobiliers, notamment d'un immeuble sis route de... (ci-après: l'immeuble W.________), affecté à son exploitation commerciale. A.b. A tout le moins dès 1994, A.________ a mandaté B.________ - qui exploite un bureau fiduciaire sous la raison individuelle " Z.________ " - pour la tenue de sa comptabilité et la préparation de ses déclarations fiscales. Jusqu'en 2004, les déclarations fiscales de A.________ mentionnaient que l'immeuble V.________ faisait partie de sa fortune privée et était déclaré sous le code 15.10 « immeuble occupé par le propriétaire ». Dans sa déclaration fiscale 2005, l'immeuble V.________ figurait sous le code 15.10 précité et les indications suivantes étaient inscrites en gras dans la rubrique « observations »: « La villa Route de... à U.________ est louée à partir du 1er mars 2005. Les revenus locatifs figurent dans le compte de pertes & profits. Du 1er janvier au 28 février 2005, la valeur locative a été proratisée au 2/12 ». A.________ a signé cette déclaration fiscale, notamment sous la rubrique précitée. Le compte de pertes et profits 2005 de l'entreprise de A.________, contenu sur une seule page et comportant la signature de cette dernière, mentionnait sous la colonne « avoir » les revenus locatifs de l'immeuble V.________ - lequel n'était pas inscrit dans les actifs commerciaux du bilan - à hauteur de 58'000 fr. Il laissait apparaître un bénéfice net de 6'966 fr. 55 pour l'exercice 2005. Les revenus locatifs de l'immeuble W.________ figuraient également sous la colonne « avoir » du même compte de pertes et profits. A.c. En 2005, A.________ a subi une opération de la hanche, suivie en 2006 et 2007 de diverses complications nécessitant plusieurs hospitalisations, durant lesquelles son courrier n'était pas retenu à la poste. Le 19 mai 2006, elle a établi une procuration en faveur de B.________ « pour d'une façon générale, intervenir et prendre toute disposition en vue de la défense de [s]es intérêts ». L'exemplaire de cette procuration produit en procédure par A.________ n'était pas signé. A.d. Le 29 août 2007, l'Administration fiscale cantonale (ci-après: l'AFC) a notifié à A.________ son bordereau de taxation 2005. En raison de la mention des revenus locatifs dans le compte de pertes et profits de l'entreprise de A.________, elle a considéré que l'immeuble V.________ - à l'instar de l'immeuble W.________ - relevait de la fortune commerciale de celle-ci. A.________ a remis ledit bordereau à B.________ en fin d'année 2007, afin qu'il établisse sa déclaration fiscale 2006. Dans ladite déclaration, l'immeuble V.________ n'apparaissait ni dans la fortune privée, ni dans la fortune commerciale. Les revenus liés à la location dudit bien figuraient dans les comptes de pertes et profits de 2006 à 2008, signés par A.________. L'AFC a continué à considérer que l'immeuble V.________ faisait partie de la fortune commerciale de A.________. A.e. En octobre 2010, A.________ a mandaté Y.________ afin d'examiner l'imposition potentielle de la plus-value de l'immeuble V.________, dès lors qu'elle souhaitait le vendre. Par courrier du 12 mai 2011, C.________, pour le compte de Y.________, a expliqué à A.________ que la différence de fiscalisation de la plus-value de l'immeuble V.________ était importante depuis le transfert de celui-ci de sa fortune privée à sa fortune commerciale. Cette différence a été chiffrée, en définitive, à 387'215 fr. 35 sur la base d'un prix de vente de l'immeuble fixé à 1'550'000 fr. A.f. Par courriers des 8 et 10 février 2011, A.________ a contesté deux factures d'honoraires émises par B.________ - soit une facture de 600 fr. du 31 décembre 2009 pour l'activité déployée en 2009 et une facture de 794 fr. du 31 décembre 2010 pour l'activité exercée en 2010 - au motif que ce dernier n'établissait plus sa comptabilité durant ces années. Elle a requis le détail desdites factures. Elle lui a également reproché d'avoir commis une erreur en transférant l'immeuble de sa fortune privée à sa fortune commerciale, ce qui entraînerait, en cas de vente de celui-ci, une taxation défavorable. B.________ a répondu n'avoir aucune raison de détailler ses factures et a mis A.________ en demeure de les payer. Il a contesté avoir commis une négligence dans l'établissement de la déclaration fiscale 2005, précisant qu'il avait déclaré l'immeuble dans la fortune privée et que l'AFC avait décidé de son propre chef de l'inscrire dans les actifs commerciaux. A.g. Le 18 juin 2012, B.________ a fait notifier à A.________ deux commandements de payer (poursuites n°s 1 et 2) pour les montants de 11'545 fr., avec intérêts à 5% dès le 1er février 2010, et de 794 fr., avec intérêts à 5% dès le 1er mars 2011, à titre de solde de ses factures. A.________ y a formé opposition. Le 1er mai 2015, A.________ a fait notifier à B.________ un commandement de payer (poursuite n° 3) pour un montant de 387'215 fr. 35, plus intérêts à 5% dès le 3 mars 2015, à titre de dommage « pour erreur dans libellé déclaration fiscale 2005 ». Cette poursuite a été frappée d'opposition.