Citation: 1P.117/2006 29.05.2006 E. 1

A.________ a été reconnu coupable d'avoir, le 24 février 2005, à Yverdon-les-Bains, vendu trois boulettes de cocaïne pour 180 fr. à B.________ et une quatrième à un inconnu. Ce jour-là, une inspectrice de police a observé quatre hommes donnant l'impression de procéder à une transaction. Trois d'entre eux ont pu être interpellés quelques instants après qu'ils se sont séparés. Aucune drogue n'a été retrouvée et seuls 90 fr. 10 ont été saisis. B.________, connu des services de police pour être toxicomane et ayant l'habitude de collaborer avec eux, a formellement reconnu A.________ comme étant la personne qui lui avait vendu trois boulettes de cocaïne. C.________ a quant à lui expliqué que A.________ l'avait sollicité pour fonctionner en qualité d'interprète avec deux personnes de race blanche. Ces dernières lui auraient demandé de dire à A.________ d'aller derrière des maisons un peu plus loin. A.________ a contesté toute infraction. Il a expliqué qu'il venait de rencontrer un Soudanais, qu'il ne connaissait que de vue. En chemin, un homme aurait interpellé son compagnon en langue française. A.________, ne comprenant pas cette langue, se serait désintéressé de la conversation. Il les aurait ensuite quittés. Le Tribunal de police a jugé que les déclarations de B.________ étaient fiables, ce dernier n'ayant aucun intérêt à accuser faussement A.________, puisqu'ils ne s'étaient encore jamais rencontrés. Il n'existait aucun risque de confusion, car C.________ était le fournisseur habituel de B.________. Enfin, le Tribunal a retenu que B.________ était de bonne foi, car il n'avait jamais contesté son achat, ce qui lui aurait été cependant aisé. Selon les indications de l'inspectrice, il n'avait du reste pas pour habitude d'identifier ses fournisseurs sans être certain de les reconnaître. S'agissant du fait que seuls 90 fr. 10 ont été retrouvés sur A.________, le Tribunal a estimé qu'il lui avait été parfaitement possible de se défaire du montant de la transaction avant son arrestation, puisqu'il avait été perdu de vue quelques instants. En dépit des démarches entreprises dans ce sens par le Tribunal, C.________ et B.________ n'ont pas pu être entendus, leur domicile n'étant pas connu.