Citation: 6B_732/2024 E. B

Par arrêt du 22 juillet 2024, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de Genève a rejeté l'appel de A.________ et l'a condamné aux frais de la procédure d'appel, en 1'215 fr., qui comprenaient un émolument de 1'000 fr., ainsi qu'à verser 3'243 fr. à B.________, à titre de juste indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure d'appel (art. 433 al. 1 CPP). En substance, les fais pertinents qui ressortent de l'arrêt cantonal sont les suivants: B.a. Le 9 novembre 2021, B.________, accompagnée par C.________, a déposé plainte pénale à l'encontre de A.________. Elle a expliqué que le 7 novembre 2021, vers 22h00, elle se trouvait dans la salle de pause de son travail pour attendre son train au chaud. Son collègue, A.________, avec lequel elle entretenait une bonne relation amicale, était également présent car il terminait plus tard qu'elle. Alors qu'ils discutaient et qu'elle était assise sur le bord d'une table, il s'était approché d'elle, sans cesser de parler, et avait frotté son sexe contre son genou, à travers son jeans. Elle l'avait alors repoussé une première fois en lui demandant des explications, mais ce dernier avait poursuivi la conversation, mine de rien. Puis, il s'était à nouveau approché d'elle et avait entrepris de l'embrasser dans le cou, de sorte qu'elle avait tenté d'éloigner un maximum sa tête en le sommant d'arrêter. Il avait ensuite touché sa poitrine par-dessus ses vêtements et elle l'avait repoussé une seconde fois. Il s'était alors exclamé " je suis désolé, je n'ai pas pu me contrôler ", tout en souriant. Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la salle avec ses affaires, A.________ l'avait retenue par le bras tout en tentant de l'attirer contre lui pour la serrer dans ses bras, sans toutefois utiliser sa force physique, de sorte qu'elle avait pu facilement se dégager et sortir. B.b. De la conversation Whatsapp entre B.________ et A.________, il ressort les éléments suivants: 7 novembre 2021 de 22h02 à 22h05 : - B.________: " t'es où? "; - A.________: " au cash et toi "; - B.________: " Je descends "; - A.________: " vazi j'arrive "; 7 novembre 2021 de 22h55 à 22h59 : - B.________: " J'ai eu le train "; - A.________: " tu vois toujours m'écouter ", " faut prendre des risques dans la vie "; - B.________: " pas tjr n on ", " j'ai une question ", " Est-ce que dans mon comportement y a eu qqch qui te montrait que j'étais ok de faire des bails avec toi? "; - A.________: " non pas vraiment "; - B.________: " ok ça me rassure "; - A.________: " c'est pour ça que j'ai cherché la limite "; - B.________: " j'étais limite en train de culpabiliser mdr "; - A.________: " non c'était clairement plus moi que toi ", " sinon ce serait allé plus loin lol "; 11 novembre 2021 de 09h54 à 09h56 : - A.________: " B.________? ", " ça va? "; 13 novembre 2021: confirmation du blocage du contact. B.c. B.________ a versé à la procédure deux messages vocaux qu'elle avait envoyés à son ami, C.________, le soir-même, à 23h12, et le lendemain des faits, à 07h31. Dans le premier extrait, elle lui indiquait, d'une voix saccadée, que " quelque chose de pas ouf s'é[tait] passé " et lui confiait l'assaut dont elle venait d'être la victime, se demandant si et comment elle devait l'annoncer à son compagnon. Le lendemain, son ton était plus calme lorsqu'elle lui relatait avoir fait des cauchemars et constaté qu'elle avait violemment gratté l'arrière de ses genoux pendant son sommeil, ce qui était inhabituel. B.d. Entendu en qualité de témoin, C.________ a exposé qu'il se trouvait chez lui lorsqu'il avait reçu, à 22h53, un premier message de B.________ lui demandant s'il était réveillé. Il n'avait pas répondu immédiatement et elle lui avait envoyé trois ou quatre messages vocaux, relatant, d'une voix stressée, les mêmes faits que ceux dénoncés à la police. Jusqu'au dépôt de plainte, B.________ avait eu l'air déboussolée et ne savait pas comment réagir. Elle se sentait également fautive et se demandait si elle avait laissé croire quelque chose à A.________. Pour lui, B.________ était un peu naïve avec les garçons, mais pas provocatrice. B.e. Il ressort du dossier que B.________ a sollicité un entretien avec l'assistant RH du cinéma le 9 novembre 2021, lors duquel elle a dénoncé les agissements de A.________, tels que décrits dans sa plainte pénale. B.f. Par courrier du 11 novembre 2021, A.________ a été licencié pour le 31 janvier 2022, avec libération de l'obligation de travailler et interdiction d'accéder aux locaux du cinéma, privés comme publics, jusqu'à nouvel avis. Lors de son entretien de la veille, il avait été conclu que le lien de confiance avait été rompu, en raison de son abandon de poste survenu le 7 novembre 2021 et du fait que sa collègue B.________ avait déposé plainte contre lui pour agression sexuelle. B.g. A.________, ressortissant suisse né en 1997, est célibataire et sans enfant. Il travaille en tant qu'agent d'escale à l'aéroport de U.________ pour un salaire mensuel net d'environ 2'000 à 2'500 francs. Son loyer s'élève à 1'300 fr. et son assurance maladie à 50 fr., subside déduit. Il a une dette de 2'104 fr. auprès de la caisse de chômage, qu'il rembourse à hauteur de 200 fr. par mois. L'extrait de son casier judiciaire est vierge.