Citation: 2A.447/2004 23.08.2004 E. 3

3.1 La Commission de recours a tenu compte du fait que le montant de 208'000 fr., figurant à fin 1998 au poste "encaissements", était un avoir appartenant à un client de AA.________, la société E.________ S.A. Ce montant aurait été laissé sur le compte de AA.________ à titre d'avance d'honoraires pour des prestations futures de l'avocat à la société et pour un procès devant la Cour d'assises du canton du Tessin impliquant la secrétaire de la société. Or, selon la Commission de recours, les recourants n'ont pas prouvé la nature et l'ampleur des travaux exécutés en 1999 et 2000 par AA.________ sur mandat de son client. L'avocat s'étant retiré du barreau en 1998, les activités invoquées, effectuées dans le cadre de l'affaire devant la Cour d'assises, ne pouvaient pas être celles d'un défenseur mais tout au plus d'un avocat-conseil. Des honoraires de 208'000 fr. pour un tel travail ne seraient pas justifiés. 3.2 Les recourants prétendent que la dette de 208'000 fr. envers la société a effectivement été éteinte par les honoraires dus pour des prestations d'avocat. Une attestation du client le confirmerait. Les recourants décrivent les différentes activités déployées par AA.________ pour la société et la secrétaire de la société devant la Cour d'assises. 3.3 Les recourants et le client se bornent à prétendre que le poste "encaissements" de 208'000 fr. au passif a été compensé par des honoraires d'un même montant dû par la société à la fin 2000. Ils ne prouvent toutefois pas leurs dires. L'attestation - globale et toute générale - du client ne suffit pas à invalider l'état de fait établi par la Commission de recours. Les recourants n'indiquent pas notamment que des notes d'honoraires détaillées auraient été établies. Le fait d'encaisser de l'argent pour le compte d'un client et de compenser le montant à rembourser avec des honoraires non facturés apparaît comme insolite, d'autant plus qu'en l'espèce les honoraires se seraient élevés exactement au même montant que le poste "encaissements", soit 208'000 fr. Les recourants échouent ainsi à démontrer que la Commission de recours aurait établi les faits de manière manifestement inexacte, de sorte que les constatations précitées de ladite Commission lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 2 OJ).