Citation: U 290/01 17.07.2002 E. 3

En l'occurrence, il est constant que le recourant souffre d'une allergie à la paraphénylène diamine (cf. rapport du docteur M.________ du 11 juillet 1999), et qu'il a travaillé au contact de cette substance aussi bien dans son activité principale en tant que coiffeur indépendant que dans celle, accessoire, d'enseignant auprès de l'Association des maîtres-coiffeurs de X.________. Il est également établi que dans cette dernière occupation, son temps d'activité ne dépassait pas 14 jours par an. Qu'il existe un lien de causalité qualifié entre l'influence de la substance incriminée et l'affection dont est atteint P.________ ne prête pas à discussion. Pas plus d'ailleurs le fait que le prénommé ait été contraint de quitter son poste d'enseignant en raison de cette affection. Mais là n'est pas la question. Pour que l'intimée soit tenue de verser des prestations en relation avec l'art. 9 al. 2 LAA, est seule décisive la preuve que la maladie du recourant provient pour 75% au moins de l'activité professionnelle assurée (cf. Maurer, Schweizerisches Unfallversicherungsrecht, 1985, p. 217), à savoir dans le cas particulier celle qu'il a déployée en sa qualité d'enseignant. Or, du moment que le recourant a été pareillement exposé à la substance allergisante dans son activité professionnelle principale et dans celle exercée à titre accessoire, et que la durée d'exposition pendant cette dernière activité ne représente que le 10% au plus de l'exposition totale qu'il a subie tout au long de l'année (14 jours sur environ 225 jours ouvrables), il n'est en tout état de cause pas possible d'admettre que l'apparition de son allergie puisse résulter à 75% au moins de son occupation comme enseignant (exclusivement). Une telle différence de proportion entre ces deux périodes d'exposition suffit en soi à exclure l'existence d'une relation causale qualifiée, de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'ordonner encore un complément de preuves sur ce point comme le demande subsidiairement le recourant. Aussi, la Winterthur était-elle fondée, par sa décision sur opposition du 21 décembre 2000, à nier tout droit aux prestations. Le jugement attaqué n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.