Citation: 1C_609/2023 E. 4.3

4.3. L'incident survenu le 17 octobre 2022 apparaît comme isolé dans le parcours professionnel du recourant qui a travaillé pendant plus de vingt ans aux services de l'État en donnant en principe satisfaction. Aucun manquement du même genre ne lui est d'ailleurs reproché. L'hypothèse qu'il se retrouve dans la même situation et prenne une décision analogue peut raisonnablement être écartée. Certes, il a été qualifié d'électron libre lors d'une évaluation intervenue en 2016. L'intubation pratiquée de sa propre initiative et en dehors du cadre protocolaire pouvait confirmer dans une certaine mesure cette appréciation et faire craindre qu'il puisse à nouveau agir sans tenir compte des règles et des procédures à suivre au sein de l'unité d'intervention et mettre ainsi en péril la santé voire la vie des patients. En ce sens, les HUG pouvaient faire prévaloir la sécurité, la santé et la vie des patients et considérer qu'un reclassement du recourant dans sa fonction actuelle dans un autre établissement public médical n'était d'emblée pas envisageable. On ne voit pas pour autant que le comportement du recourant manifesté lors de l'incident du 17 octobre 2022 empêchait de manière rédhibitoire un éventuel reclassement dans une autre fonction ou à un autre poste au sein des HUG ou d'un autre établissement public médical, voire au sein de l'administration cantonale, qui ne mette pas en jeu la sécurité, la santé ou la vie des patients. Sans vouloir minimiser la gravité des manquements reprochés au recourant, ce dernier avait procédé à l'intubation de l'enfant dans l'intention non pas de lui nuire, mais de le sauver. L'évènement du 17 octobre 2022 revêt un caractère extraordinaire. On observera encore que ce n'est qu'en présence de circonstances exceptionnelles que l'État en tant qu'employeur peut ordonner un licenciement administratif sans procéder préalablement à des mesures de reclassement. La Chambre administrative a donc versé dans l'arbitraire en confirmant que les HUG n'étaient pas tenus de procéder à l'examen de mesures de reclassement dans un autre poste au sein d'un établissement public médical ou dans un autre poste de l'administration cantonale. Si elle devait conclure que les griefs tirés de la violation du droit d'être entendu devaient être rejetés et que les conditions posées pour prononcer un licenciement pour motifs fondés étaient réalisées, elle renverra la cause aux HUG pour qu'ils ouvrent la procédure de reclassement.