Citation: U 313/05 03.02.2006 E. 4

Les faits suivants ressortent des avis médicaux figurant au dossier. Après avoir posé leur diagnostic aux termes de leurs investigations, les experts de la Clinique Z.________ ont renoncé à se prononcer tant sur le rapport de causalité que sur la capacité de travail, dès lors qu'il leur paraissait nécessaire, afin d'obtenir des conclusions fiables, de soumettre l'intéressé à une nouvelle PHmétrie intra-gastrique sur 24h, sous un traitement d'IPP par voie intra-veineuse en milieu hospitalier. Ils ont estimé que si cet examen mettait en évidence une acido-suppression satisfaisante, il y aurait lieu de conclure à une non-compliance médicamenteuse. Or, l'analyse pratiquée sous l'égide du docteur G.________ a mis en évidence une diminution importante de la sécrétion d'acide gastrique (rapport du 29 avril 2003). A cet égard, on rappellera qu'une précédente PHmétrie pratiquée par ce médecin sous forme ambulatoire avait révélé des valeurs PH intragastrique acides pendant près de deux tiers du temps. Selon lui, les résultats étaient surprenants aux doses prescrites d'inhibiteur de la pompe à protons. Aussi, considérait-il déjà qu'il s'agissait soit d'un problème d'observance médicamenteuse, soit d'un cas exceptionnel de résistance à ce médicament (lettre du 9 janvier 2001 à l'attention du docteur R.________, médecin traitant). Dès lors, les constatations et les conclusions des experts, complétées par les résultats de l'examen complémentaire de leur confrère G.________, rendent vraisemblable au degré requis, que l'ingestion du liquide toxique n'est plus la cause des troubles actuels du recourant. Ces conclusions trouvent appui dans l'avis du professeur C.________. Invité à se déterminer sur la cas de l'intéressé, ce dernier, membre de la commission française d'experts en gastro-entérologie, s'est étonné de la persistance d'ulcérations aussi éloignée de l'accident. A son avis, d'autres étiologies devaient être recherchées et en cas de résultats négatifs, il fallait même se poser la question de l'origine vraiment gastro-duodénale des douleurs (avis non daté du professeur C.________ en annexe à la lettre du docteur G.________ du 18 juin 2003 à l'attention de son confrère E.________). Il en va de même du rapport très détaillé du docteur S.________ qui corrobore les conclusions de ses confrères, fournissant toutes explications relatives notamment aux degrés de gravité des brûlures, à leur évolution et leur incidence sur le plan clinique. Sa conclusion, selon laquelle l'ingestion de la substance toxique n'était plus dans un rapport de causalité avec les troubles gastro-intestinaux au plus tard un an après l'accident découle aussi bien des observations faites par ses confrères - dont les rapports figurent au dossier - que de l'expérience médicale dans des cas similaires. Son appréciation n'est dès lors pas critiquable, de sorte que la juridiction cantonale n'avait aucune raison de s'en distancer. Enfin, il ressort de l'expertise du 24 juin 2005 du docteur F.________ de l'unité de Gastro-entérologie et d'hépatologie de la Clinique Z.________ qu'il est peu probable que les lésions observées soient en relation avec l'ingestion de soude caustique. Par ailleurs, s'il a fait état d'une incapacité de travail de 20 % au moins depuis l'accident du 26 avril 2000, c'est principalement en raison des problèmes psychiques et mentaux dont souffre le recourant. Dès lors, on ne saurait reprocher aux premiers juges d'avoir nié, à partir du 30 avril 2004, l'existence d'un lien de causalité entre l'ingestion accidentelle du produit toxique et les affections actuelles de l'intéressé.