Citation: 1B_157/2018 E. 3.2

3.2. La Cour de justice a considéré qu'il existait des charges suffisantes pesant à l'encontre du prévenu. Elle a notamment relevé que les deux victimes avaient identifié ce dernier, sur une photo d'identité judiciaire, comme étant l'un de leurs agresseurs. L'une d'elle était catégorique et l'autre a déclaré que le visage du prévenu lui disait "quelque chose". L'instance précédente a ajouté que la première avait reconnu le prévenu sur une photo où il ne portait pas la barbe, conformément à la description que celle-ci avait donnée dans sa première déposition; la seconde victime avait précisé que son agresseur n'était pas barbu, ce qui pouvait correspondre à la photo d'identité du recourant qui lui évoquait "quelque chose". L'instance précédente a également tenu compte du fait que les deux victimes avait entendu l'un des agresseurs affirmer au moment des faits que "B.________" était sa copine, ce qui était compatible avec les liens existant entre le prévenu et B.________. Elle a par ailleurs écarté les divers documents produits par le recourant supposés attester sa présence à Marseille le jour en question. Le recourant critique cette appréciation. Il se prévaut pour l'essentiel du fait qu'il était rasé le jour en question et qu'il connaissait "B.________" mais n'avait jamais entretenu de relation intime avec cette dernière. Les arguments du recourant ne permettent toutefois pas de remettre en cause l'appréciation de l'instance précédente quant au caractère - à ce stade de la procédure - suffisant des charges pesant sur ce dernier. Les victimes du brigandage ont certes déclaré que, lors de l'agression, le prévenu avait une barbe courte (cf. procès-verbaux des auditions des 17 et 19 avril 2016), contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale. Elles ont cependant toutes deux reconnu, sur planche photographique, le prévenu comme étant l'un des agresseurs, l'une d'elles étant sur ce point catégorique. Quoi qu'en pense le recourant, le fait que les victimes aient affirmé qu'il avait une légère barbe n'empêchait pas ces dernières de le reconnaître sur une photographie le présentant rasé. Le recourant produit à cet égard en vain un cliché de lui sans barbe qui daterait du 11 avril 2016 puisqu'il est notoire que quelques jours sont suffisants pour faire naître une barbe. L'instance précédente pouvait donc, à juste titre, considérer que l'identification du recourant par les deux personnes agressées, ainsi que sa présence régulière à Genève et ses liens existant avec la coprévenue B.________, constituaient des indices suffisants quant à sa participation à l'agression en question, étant rappelé qu'il appartiendra au juge du fond et non à celui de la détention d'apprécier la valeur probante des déclarations des victimes et des coprévenus. Quoi qu'en pense le recourant, il n'est pas nécessaire en l'état de déterminer la nature exacte des rapports liant ce dernier à la coprévenue précitée.