Citation: 8C_525/2009 18.05.2010 E. 4

4.1 Malgré le refus de l'assurée de se soumettre à des mesures d'investigation destinées à lui procurer un appareil acoustique adéquat, l'assureur-accidents a continué d'instruire le cas en confiant une expertise au docteur M.________. Dans ses rapports des 12 juillet et 30 novembre 2005, l'expert a indiqué qu'un appareillage prothétique de haute gamme permettrait de tenir compte de l'état de la dynamique auditive résiduelle, d'une part, et du phénomène de recrutement (effet de résonance et intolérance aux bruits forts), d'autre part. Selon ce médecin, un tel appareillage acoustique était de nature à permettre à l'intéressée une audition fonctionnelle et lui redonner une pleine capacité de travail dans sa profession. Certes, le docteur N.________ a indiqué qu'un essai d'appareillage effectué par sieur H.________ avait échoué parce que l'amplification ne faisait qu'exacerber la perception inconfortable et intolérable de l'environnement sonore. Selon ce médecin, l'état psychologique du patient jouait toutefois un rôle important dans la réussite ou l'échec d'une mesure d'appareillage (rapports des 26 avril 2005 et 24 novembre 2008). Cependant, dans son rapport (du 9 septembre 2008) adressé au tribunal cantonal, le docteur M.________ a indiqué que l'appareil auditif adapté par sieur H.________ (un modèle Z.________) correspondait à un niveau II, soit un système dépourvu d'algorithmes de réduction du bruit, de réduction des sons impulsionnels et de traitement vocal, caractéristiques que l'on trouve en revanche dans les systèmes d'aides auditives de classe supérieure au niveau III. Il faudrait donc que l'assurée se soumette à des essais d'appareillage avec de tels systèmes. Mais selon l'expert, l'opposition de l'intéressée à tout appareillage acoustique était vraisemblablement la cause principale de l'échec d'une réadaptation auditive. 4.2 Vu ce qui précède, il apparaît que l'appareillage auditif testé par l'assurée (modèle Z.________) n'était certainement pas exigible dans la mesure où, de l'avis des médecins consultés, ce système n'aurait pas apporté une amélioration notable de l'audition ou pour le moins suffisante pour permettre à l'intéressée de reprendre son activité d'institutrice. En revanche, un appareillage d'une classe supérieure au niveau III pouvait améliorer notablement sa perception. Comme l'indique le docteur M.________, sans être contredit par le docteur N.________, un tel système était de nature à réduire le handicap de l'assurée dans une mesure lui permettant de reprendre son activité sans restriction.