Citation: 6B_1250/2023 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a estimé que le recourant a été formellement licencié le 29 mars 2019 et qu'il n'a pas démissionné de son propre chef le 1 er avril 2019. À l'appui de cette considération, elle a retenu la préparation, deux jours avant la réunion du 29 mars 2019, de la lettre de congé lui étant destinée, le blocage de ses accès informatiques, l'exigence d'emporter ses effets personnels et de restituer les clés des locaux à l'issue de l'entretien. Si elle a admis qu'il ressortait de ses évaluations une note globalement positive, elle a aussi relevé que plusieurs critiques ont été régulièrement émises au fil des années sur la qualité de son travail, de manière à ce qu'on ne puisse pas affirmer qu'il a donné entière satisfaction à son employeur jusqu'à son départ (tâches effectuées avec du retard après plusieurs rappels, défaut de communication avec ses collègues, manque de dynamise et de proactivité). La cour cantonale a également considéré qu'aucun élément au dossier n'attestait de la promesse du paiement d'une prime, laquelle ne ressortait d'ailleurs pas du contrat de travail ou de pourparlers. Le montant de cette prime a été fixé unilatéralement par le recourant qui a fourni des explications évolutives en cours de procédure pour justifier le montant de 150'000 fr. réclamé. Quant à la menace de divulgation de certaines informations confidentielles en lien avec l'intimée, la cour cantonale a jugé que les déclarations de D.________ étaient crédibles et corroborées par les éléments matériels du dossier, soit la découverte d'un classeur contenant des informations confidentielles dans le bureau du recourant et l'envoi d'une clé USB contenant des informations de l'intimée à E.________ en annexe à son courrier du 1 er avril 2019. La relation entre l'absence de divulgation de certaines informations avec le paiement de l'indemnité réclamée est au demeurant avérée. En effet, le recourant a indiqué que, lorsque D.________ a refusé d'entrer en matière sur celle-ci, il lui a rappelé " ses agissements au sein de la société qu'il avait mis en place ". Interpellé à ce sujet en appel, le recourant a précisé que ces propos se rapportaient au mécanisme de tricherie à l'égard des clients, aux fausses performances et aux démarchages transfrontaliers. La cour cantonale a ajouté que le recourant était, sans aucun doute, l'auteur de la note comportant dix points remise à E.________ lors de la rencontre du 9 avril 2019, à l'instar des trois contrats portant sur la vente de montres qu'il a reconnu avoir établis pour justifier le paiement de l'indemnité réclamée. Ces éléments sont corroborés par les empreintes papillaires du recourant retrouvées sur deux des trois contrats de vente, ainsi que sur le verso de la note litigieuse. S'agissant du courrier du 29 avril 2019 adressé à F.________, la cour cantonale a considéré que le recourant en était bien l'auteur. À cet égard, elle a retenu que cette lettre se présentait sous la même forme que celle, également non signée, que le recourant reconnaît avoir adressée le 1 er avril 2019 à E.________ à son adresse professionnelle et que son contenu reprenait en substance les mêmes arguments. Elle a jugé que, d'un point de vue chronologique, ce courrier avait été adressé au client après l'expiration de l'ultimatum fixé au 16 avril 2019 par le recourant pour le versement de l'indemnité réclamée en cas de défaut de paiement selon la note remise le 9 avril 2019 à E.________. En tout état de cause, elle a jugé qu'une éventuelle connivence entre le client et l'intimée ne résistait pas à la critique car on peinait à comprendre l'intérêt de ce dernier en l'absence de litige l'opposant au recourant. Le raisonnement de la cour cantonale ne prête pas flanc à la critique lorsqu'elle considère que le recourant a menacé, à dessein, l'intimée de divulguer des informations confidentielles et de procéder à des démarches afin de lui nuire économiquement et réputationnellement. Il en va de même lorsqu'elle estime que le recourant a sciemment accusé l'intimée, auprès de l'un de ses clients, d'avoir adopté des comportements pénalement répréhensibles, soit une conduite contraire à l'honneur, et ce, à la seule fin de dire du mal à son égard, mettant ainsi ses menaces à exécution, faute d'avoir obtenu le versement de l'indemnité réclamée. En tant que le recourant se borne à affirmer que la cour cantonale n'a pas pris en compte, sans aucune raison sérieuse, plusieurs éléments de preuve propres à modifier radicalement la décision, qu'elle s'est manifestement trompée sur le sens et la portée des preuves appréciées et s'est fondée sur les éléments recueillis en tirant des conclusions insoutenables - à savoir qu'il n'a pas donné satisfaction à son employeur jusqu'à son départ, qu'il a été formellement licencié le 29 mars 2019, que l'intimée n'a jamais eu l'intention de lui verser un bonus, qu'il a menacé celle-ci de la discréditer auprès de ses clients en divulguant des informations personnelles la concernant, que la mise en relation de l'absence de divulgation de certaines informations avec le paiement de l'indemnité réclamée est avérée et qu'il est l'auteur de la note comportant dix points - il oppose sa propre appréciation des événements à celle de la cour cantonale dans une démarche purement appellatoire. Il ne formule aucun grief recevable. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en tenant les faits dénoncés par l'intimée pour établis.