Citation: U 100/06 30.05.2006 E. 3

A l'instar des juges cantonaux, le Tribunal fédéral des assurances retient les faits suivants: Dans l'après-midi du 11 novembre 2003, le recourant et S.________ ont dû décharger un camion plein de containers pesant 53 à 55 kg chacun. Le déchargement a eu lieu à la main en raison d'une panne de l'ascenseur du camion. Les containers étaient empilés par trois. En l'absence de place sur le pont du camion, la première pile a dû être descendue en une seule fois. Il s'est donc agi de descendre un poids de 165 kg environ, du pont du camion (hauteur 60-70 cm) jusqu'au sol. Contrairement à ce qu'allègue le recourant, il n'a ni chuté ni reçu de coups lors du déchargement de la première pile de containers. En effet, seules les déclarations du recourant, faites à l'assurance ou aux médecins qui l'ont examiné, et la lettre de S.________ du 27 juillet 2004 font état d'une chute. S'agissant d'apprécier la valeur probante de cette lettre, il faut relever que S.________ a tout d'abord déclaré, le 14 juillet 2004, qu'il n'y avait eu ni chute ni coup lors du déchargement des containers. La lettre du 27 juillet 2004 a été écrite à la demande instante du recourant, qui a voulu que soit mentionnée l'existence d'une chute. Par la suite (rapport de l'assurance du 20 octobre 2004), S.________ a rectifié le contenu de sa lettre, en précisant qu'il n'avait pas vu le recourant chuter ou être heurté par la charge. M.________, qui a assisté au déchargement, ne se souvient pas d'un accident ni ne peut confirmer un incident où quelqu'un aurait été blessé. Il est toutefois certain que le recourant s'est immédiatement plaint d'une douleur au dos. La première déclaration de S.________ du 14 juillet 2004 est donc au bénéfice d'une présomption de vraisemblance. Cette déclaration du collègue du recourant renverse ainsi la présomption attachée à la déclaration de l'assuré dans le questionnaire du 22 décembre 2003 (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références; RAMA 2004 n° U 515 p. 420 consid. 1.2, n° U 524 p. 546; VSI 2000 p. 201 consid. 2d; Jean-Maurice Frésard, L'assurance-accidents obligatoire, in : Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], ch. 195). Le déroulement des faits, retenu par l'autorité de céans sur la base de la première déclaration de S.________ du 14 juillet 2004, ne laisse dès lors pas apparaître, comme événement extraordinaire, l'existence ou la nécessité d'un mouvement brusque, non coordonné voire non prévu, tel qu'une chute ou un coup.