Citation: 6B_625/2024 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a rappelé que les premiers juges avaient renoncé à prononcer l'expulsion du recourant au motif qu'une telle mesure entraînerait assurément une rupture de la relation entre le recourant et sa fille de 10 ans, qu'il recevait chez lui un week-end sur deux et pour les vacances scolaires et à l'entretien de laquelle il contribuait régulièrement par le versement d'une pension mensuelle. Selon la cour cantonale, ce seul motif n'apparaissait toutefois pas suffisant pour admettre l'existence d'un cas de rigueur. En effet, l'infraction commise par le recourant était grave. Il s'en était pris à l'un des biens juridiques les plus précieux, soit l'intégrité sexuelle, et il ne manifestait aucune prise de conscience, ni amendement, encore à l'audience d'appel. Il existait un intérêt public manifeste à son expulsion. Sur le plan personnel, la cour cantonale ne voyait pas qu'un retour dans son pays d'origine, le Portugal, le placerait dans une situation personnelle grave. En effet, le recourant n'était pas né en Suisse et n'y avait pas davantage grandi, puisqu'il y était arrivé à l'âge adulte. Ressortissant portugais, il parlait parfaitement la langue de son pays natal, où il était propriétaire d'une maison et où vivait une partie de sa famille. Avec les premiers juges, la cour cantonale relevait que le recourant était au bénéfice d'une longue expérience dans la construction de sorte qu'il lui sera aisé de déployer cette même activité au Portugal, voire de se reconvertir professionnellement. Le fait d'être père de deux enfants - au moment des faits - ne l'avait pas empêché de commettre un viol sur une victime à peine plus âgée que son fils aîné -, avec qui il n'avait d'ailleurs plus de contact. Le recourant ne pouvait se prévaloir de la présence de ses enfants sur le sol suisse pour prétendre y rester. En effet, s'agissant de ses deux cadettes, nées en 2023 et 2024, leur mère, ressortissante française, avait déclaré aux débats de première instance qu'elle suivrait son concubin s'il était expulsé dans son pays natal. Quant à sa fille âgée de 10 ans, si on ne pouvait certes pas raisonnablement s'attendre à ce que la mère de l'enfant, qui avait également des droits de garde et d'autorité parentale, s'installât au Portugal avec sa fille, le recourant pourra néanmoins l'accueillir dans son pays d'origine durant les vacances scolaires et maintenir des contacts avec elle dans l'intervalle par le biais d'outils de communication modernes. L'intérêt supérieur de cet enfant ne faisait donc pas obstacle à l'expulsion du recourant. En tout état, la seule existence d'un droit de visite du recourant sur sa fille était insuffisante au regard de la jurisprudence. En effet, faute de ménage commun et compte tenu du comportement du recourant, du contexte et de tous les facteurs à prendre en compte, le renvoi du recourant n'était pas susceptible d'engendrer la rupture d'une communauté familiale précédemment intacte des parents et de l'enfant, de sorte qu'il était compatible avec l'art. 8 CEDH. Dans ces conditions, l'intérêt public à l'éloignement du recourant l'emportait nettement sur son intérêt privé à demeurer dans notre pays de sorte que son expulsion du territoire suisse devait être ordonnée. Cette mesure était prononcée pour une durée de 5 ans, afin de donner la possibilité au recourant de maintenir des liens suffisants avec sa fille de 10 ans sur le long terme.