Citation: 8C_929/2015 E. 6

La cour cantonale a admis le critère de la gravité ou de la nature particulière des lésions physiques au motif que l'assurée avait subi une plaie avec une importante perte de substance au membre inférieur gauche, laquelle avait nécessité deux interventions chirurgicales et laissé d'importantes séquelles esthétiques. De son côté, la recourante conteste ce point de vue en faisant valoir que les circonstances particulières ne sont pas de nature à établir l'existence de ce critères. Toutefois, les arguments qu'elle invoque ne permettent pas de s'écarter de l'appréciation des premiers juges. En particulier, les lésions subies par l'intimée ne se limitent pas à l'état cicatriciel, d'ailleurs important, qui subsiste dans la partie postérieure de la jambe gauche. Il subsiste en outre des séquelles neurologiques avec troubles de la sensibilité affectant plusieurs nerfs, à savoir le nerf sural, le musculo-cutané et le nerf saphène interne gauche (cf. rapport d'expertise du BEM du 3 juin 2015). Ces séquelles ont pour effet de diminuer la résistance de la jambe gauche à l'effort et d'entraîner de multiples limitations. En effet, l'intimée ne peut pas escalader une échelle ou un escabeau, ni effectuer des activités sur une surface instable ou en zone basse nécessitant une flexion maximale de la cheville de manière soutenue. Elle ne peut pas faire de longs déplacements réguliers (plus de 100 m) ni rester en position statique prolongée. Le port récurrent de charges de plus de 5 kg et occasionnel de plus de 10 kg n'est pas non plus possible. Qui plus est, les experts ont mis en évidence une hyposmie partielle gauche en lien avec l'accident. Cela étant, il n'y a pas lieu de mettre en cause le point de vue des premiers juges selon lequel le critère de la gravité ou de la nature particulière des lésions physiques est en l'occurrence réalisé. En présence d'un accident à la limite des cas graves, cela suffit pour reconnaître le caractère adéquat du lien de causalité en ce qui concerne les troubles psychiques de l'assurée. Vu ce qui précède, le jugement entrepris n'est pas critiquable en ce qui concerne la causalité adéquate.