Citation: U 340/03 04.01.2005 E. 4.3

4.3.1 En l'espèce, les premiers juges se sont fondés exclusivement sur les conclusions du docteur K.________ dont le rapport du 31 octobre 2002 complété le 26 février 2003 présente une pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références), en regard de son caractère particulièrement fouillé, du niveau scientifique, du caractère complet de l'anamnèse, portant notamment sur une appréciation approfondie du poste de travail et des activités qu'il implique. 4.3.2 Selon ce rapport, l'épicondilyte est une affection d'étiologie multifactorielle. Elle constitue une tendinose, soit un phénomène dégénératif qui se développe généralement au cours de la quatrième et la cinquième décennie de l'existence et dont les symptômes peuvent se manifester spontanément ou consécutivement à l'exercice d'une activité manuelle ou sportive. L'activité professionnelle peut être un facteur tout au plus déclenchant, mais nullement causal, de l'épicondilyte. A l'heure actuelle, la littérature médicale n'établit pas que l'exercice d'un métier - fût-il à haute répétitivité - soit impliqué dans la genèse de l'épicondilyte. Aussi, l'activité de trieuse du courrier postal exercée par l'assurée a-t-elle tout au plus actualisé une pathologie sous-jacente. Cet avis autorisé se trouve largement corroboré par une étude publiée par les docteurs Bär et Kiener sous le titre "L'épicondylite n'est pas une maladie professionnelle - Un changement de paradigme sur le plan médical (Informations médicales de la SUVA, Automne 2000, p. 70 sv.). Ces médecins y exposent que des facteurs intrinsèques aussi bien que des agents physiques extrinsèques participent à l'étiologie de l'épicondylite qui ne constitue pas un processus inflammatoire (par ex.: prédisposition génétique, âge, sexe, maladies). Dès lors, du fait de la genèse particulièrement multifactorielle de cette affection, dans laquelle l'âge et la constitution physique individuelle jouent un rôle essentiel, une activité professionnelle particulière ne peut y assumer un rôle exclusif ou nettement prépondérant, même si, dans certains cas, on peut estimer qu'elle représente un facteur causal important. De même, selon l'étude du docteur Meine (Contribution à l'appréciation de la causalité des tendinoses d'insertion du coude en médecine des assurances) parue dans la Revue de traumatologie, d'assécurologie et des maladies professionnelles, vol. 87/1994 (p. 169 ss), les épicondylites et les épitrochléites ne sont pas dues à une cause unique, mais à un faisceau de causes, qui font intervenir en premier lieu un processus dégénératif dû à l'âge et favorisé par le terrain constitutionnel, des influences neurogènes, des facteurs locaux, alors que le stress musculaire n'est qu'un facteur adjuvant parmi les autres et ne saurait à lui seul dépasser 75 % dans l'éventail des causes (p. 176). 4.3.3 Dans le cas d'espèce, on peut raisonnablement considérer que l'avis du docteur K.________ reflète d'une manière générale celui de la médecine au sujet des épicondylites. Les références médicales citées en instance fédérale par la recourante ne mettent d'ailleurs pas en doute ses conclusions, du moins pas en ce qui concerne la problématique de la maladie professionnelle au sens de l'art. 9 al. 2 LAA. Ainsi, en raison de l'origine multifactorielle de cette affection, dans laquelle l'âge et la constitution jouent un rôle important, la preuve d'une relation de causalité qualifiée entre une activité professionnelle et l'épicondylite ne saurait être rapportée. En d'autres termes, cette affection, répandue dans la population, n'apparaît pas dans les études comme une maladie caractéristique d'une profession déterminée, à tout le moins pas dans la proportion de quatre contre un. En conséquence et dès lors que, selon l'expérience médicale, la preuve d'une causalité qualifiée ne peut être rapportée de manière générale, il n'y a plus de place pour apporter la preuve, dans un cas concret, de cette causalité qualifiée. Aussi, l'épicondylite dont souffre la recourante n'apparaît-elle pas comme étant due exclusivement ou de manière nettement prépondérante à l'activité professionnelle exercée. La CNA était par conséquent fondée, par sa décision sur opposition du 7 mars 2003, à nier tout droit à prestations.