Citation: 1B_384/2017 E. 4.3

4.3. En l'occurrence, il n'est pas remis en cause que les remarques émises par le Procureur intimé dans le cadre de sa demande de levée des scellés sont susceptibles de créer une apparence de prévention de sa part; en effet, il en résulte en substance qu'aucune pièce ne serait à même de modifier sa conviction quant à la propriété des bateaux en cause, respectivement quant à leur acquisition illicite par le prévenu (cf. ad 25 ss de la requête de levée des scellés et consid. 4 de l'arrêt entrepris). Le fait que les propos litigieux aient été émis dans le cadre d'une procédure particulière - où certes le représentant du Ministère public intervient en tant que partie - ne modifie en rien cette appréciation dans le cas d'espèce. En effet, une requête de levée des scellés tend à obtenir l'accès à des documents potentiellement utiles à l'enquête, peu importe dès lors de savoir à ce stade s'ils seront utilisés à charge ou à décharge des mis en cause ou s'ils pourront appuyer les prétentions émises par d'autres intéressés. Or, si le Procureur intimé semble considérer qu'une question - au demeurant a priori centrale - est d'ores et déjà résolue et que les pièces - pour lesquelles il demande pourtant la levée des scellés - ne permettront pas de modifier son appréciation, on ne voit pas comment les recourantes peuvent espérer que la suite de l'instruction soit encore menée tant à charge qu'à décharge et qu'elles puissent encore faire valoir efficacement des moyens de preuve afin de défendre leur position respective (cf. en particulier les art. 6 et 10 CPP; arrêt 1B_430/2015 du 5 janvier 2016 consid. 3.4). Cela vaut d'ailleurs d'autant plus s'agissant de la recourante A.________, dont la mise en prévention a été annoncée dans la requête de mise sous scellés (cf. ad 34 de la demande de levée des scellés), puis confirmée le 15 décembre 2016. En effet, elle paraît avoir participé au processus d'acquisition des bateaux, voire émis certains documents y relatifs. Comme il lui est en substance reproché d'avoir par ce biais couvert l'utilisation illicite de fonds publiques (cf. ad 34 de la demande de levée des scellés), elle dispose d'un intérêt manifeste à ce que le magistrat en charge de l'enquête à son encontre instruise de manière impartiale les faits de la cause et n'ait pas une idée déjà préconçue de sa propre culpabilité, telle que cela pourrait être le cas vu la teneur de la demande de levée des scellés. Enfin, on ne saurait suivre la cour cantonale lorsqu'elle considère que ces propos ne permettent pas d'admettre la demande de récusation, faute d'autres actes qui pourraient être reprochés au Procureur intimé. En effet, un seul comportement litigieux peut suffire pour démontrer une apparence de prévention, ce qu'il faut apprécier en fonction des circonstances (voir pour un exemple de ce type d'examen l'arrêt 1C_425/2017 du 24 octobre 2017 spécialement le consid. 3.3). Tel est le cas en l'occurrence où l'appréciation émise de manière péremptoire porte sur une question a priori centrale de l'instruction, soit la propriété des biens en cause, respectivement les circonstances entourant leur acquisition, et dont l'absence de remise en cause pourrait tendre à retenir que le Procureur intimé tient déjà la culpabilité du prévenu, respectivement celle de la recourante A.________, pour acquise. Au regard de ces considérations, en particulier celles en lien avec la recourante A.________, la récusation du Procureur intimé doit être ordonnée.