Citation: I 855/06 04.10.2007 E. 5

5.1 Selon les experts, la recourante présente depuis novembre 2003 une capacité résiduelle de travail de 50 % dans l'activité d'employée de commerce en considération de limitations d'ordre rhumatologique, ainsi que d'un état chronique d'asthénie. Reprenant les considérations de la consultation spécialisée d'oncologie, ils admettent que cette dernière affection soit en rapport avec les traitements anti-cancéreux subis et restreigne la capacité de travail, en augmentant la fatigabilité, diminuant la tolérance au stress et entraînant des troubles de concentration et une baisse de rendement. Se référant à la consultation spécialisée de rhumatologie, ils constatent qu'en outre, l'assurée fait état de douleurs au niveau de l'épaule droite qui se sont développées après la tumeroctomie et qui entraînent une incapacité de travail de 40 %. Ils infèrent de l'ensemble de ces atteintes une incapacité durable de travail de 40 %, avec une baisse de rendement de 20 %, soit globalement de 50 % dans l'exercice de la profession d'employée de commerce. 5.2 Selon les constatations de la consultation spécialisée de rhumatologie, la recourante présente des scapulo-rachialgies droites chroniques avec possible périarthrite scapulo-humérale droite entraînant des limitations fonctionnelles dans les travaux de force du membre supérieur droit, les travaux nécessitant une élévation antérieure en abduction supérieure à 90° et les travaux répétitifs de rotation interne ou de rotation externe en continu avec le membre supérieur droit. Par conséquent, l'exercice d'une activité lucrative n'impliquant pas ces limitations demeure raisonnablement exigible de l'assurée à 100 %. Dès lors, en diminuant à 60 % la capacité de travail de la recourante dans l'exercice du métier d'employée de commerce, le docteur H.________ prend une seconde fois en considération les limitations d'ordre rhumatologique, de sorte que ses conclusions ne sauraient être suivies sur ce point. Pour autant, le rapport de l'Hôpital Y.________ ne saurait être considéré comme dépourvu de toute valeur probante. En effet, il se fonde sur des examens complets. Il prend en considération les plaintes exprimées par la recourante. Il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, du dossier médical et des consilium spécialisés. La description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires. Les conclusions des experts sont dûment motivées. Elles ont été établies par des médecins liés par un mandat d'expertise et par conséquent tenus de procéder à un examen objectif de la situation médicale de la personne expertisée, de rapporter les constatations qu'ils ont faites de façon neutre et circonstanciée et de s'appuyer sur des considérations médicales et non des jugements de valeur (voir à ce sujet Jacques Meine, L'expert et l'expertise - critères de validité de l'expertise médicale, p. 1 ss, ainsi que François Paychère, Le juge et l'expert - plaidoyer pour une meilleure compréhension, page 133 ss, in : L'expertise médicale, éditions Médecine & Hygiène, 2002). En outre, les ressources à disposition de la recourante dans l'accomplissement de ses tâches quotidiennes (lessive, lits, cuisine, emplettes) et dans ses loisirs (jardinage, voyages, réceptions comptant jusqu'à une dizaine de convives, natation) n'apparaissent raisonnablement pas comme étant incompatibles avec l'exercice à 50 % de la profession d'employée de commerce. Inversement, on ne voit pas qu'un sujet en proie à une incapacité totale de travail dans la profession précitée soit en revanche à même d'accomplir l'ensemble des activités énumérées ci-avant. Les opinions exprimées en ce sens par les docteurs C.________, A.________ ou F.________ ne sont ainsi pas aptes à remettre sérieusement en cause les conclusions des experts. Ce d'autant moins qu'à l'instar de ces derniers, la doctoresse F.________ a également retenu, dans un premier avis, une capacité résiduelle de travail de la recourante de 50 % dans une activité lucrative adaptée à son état de santé (rapport des 23 février et 24 février 2004). Enfin, le fait que les spécialistes des consultations d'oncologie et de rhumatologie n'aient pas participé au colloque de synthèse final n'est pas décisif in casu, dès lors que les principales atteintes à la capacité de travail de la recourante ressortissent d'affections oncologiques et que les constatations et conclusions retenues par la consultation spécialisée y relative ont été scrupuleusement suivies par les experts. Au demeurant, les compétences des docteurs P.________ et D.________ - à l'instar de celles de la doctoresse S.________ - ne sauraient être mises en cause dès lors que l'oncologie et l'hématologie constituent des disciplines de médecine interne. 5.3 Sur le vu de ce qui précède, le rapport d'expertise de l'Hôpital Y.________ présente pleine valeur probante (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352, 122 V 157 consid. 1c et les références p. 160), de sorte que l'on ne saurait s'en écarter. L'instruction du dossier permet ainsi de statuer en connaissance de cause, si bien que la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire s'avère superflue (appréciation anticipée des preuves; Kieser, Das Verwaltungsverfahren in der Sozialversicherung, p. 212, n° 450; Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd., p. 39, n° 111 et p. 117, n° 320; Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2e éd., p. 274; cf. aussi ATF 122 II 464 consid. 4a p. 469, 122 III 219 consid. 3c p. 223, 120 Ib 224 consid. 2b p. 229, 119 V 335 consid. 3c et la référence p. 343-344).