Citation: 7B_644/2024 E. 1

Quant au comportement futur du recourant en liberté, la juridiction précédente a retenu que le pronostic était défavorable. Ainsi, elle a indiqué se rallier à l'avis de la première juge selon lequel le pronostic était "mauvais" s'agissant du risque de récidive. Le recourant avait en effet reconnu, notamment lors de son audition devant la JAP, avoir un problème de violence et d'addiction en lien, d'une part, avec la commission des délits pour lesquels il avait été condamné et, d'autre part, avec les faits (qu'il reconnaissait) de deux nouvelles enquêtes; ses antécédents pénaux venaient par ailleurs confirmer ce problème. En outre, après avoir passé deux ans et huit mois en détention, notamment pour de graves actes de violence contre son ex-compagne, le recourant avait été libéré le 18 mai 2021 au bénéfice de mesures de substitution à la détention provisoire. En attente de son jugement par le tribunal criminel, il avait récidivé, le 5 juin 2022, s'en prenant violemment à trois personnes pour des raisons futiles. Il avait alors été mis en détention provisoire du 30 juin au 25 août 2022. En août 2023, moins d'un an après sa sortie de prison, le recourant avait récidivé en frappant et en menaçant de mort une personne, verbalement et avec une arme de poing; le problème de violence que présentait le recourant n'était absolument pas résolu. Son addiction aux produits stupéfiants ne l'était pas non plus; il avait en effet été sanctionné disciplinairement à de très nombreuses reprises pour consommation de produits stupéfiants, la dernière fois le 3 janvier 2024. Force était de constater que l'intéressé ne parvenait pas à réduire son addiction, même en détention et alors qu'il savait que la procédure de libération conditionnelle était en jeu. Or il ressortait du dossier qu'il présentait un risque de récidive élevé si ses problèmes de violence et d'addiction n'étaient pas traités. Le recourant ne semblait au demeurant pas, malgré plusieurs condamnations et séjours en prison, prendre conscience des implications et des conséquences de ses actes, ni pouvoir se conformer aux règles. La sanction prononcée le 19 février 2024 - alors que la procédure de libération conditionnelle était initiée - en était la preuve et la manière dont le recourant avait justifié cette nouvelle transgression était révélatrice. La cour cantonale a par ailleurs considéré que les démarches entreprises par le recourant, avant l'ordonnance du 18 mars 2024, pour régler ses problèmes d'addiction et de violence étaient très tardives et apparaissaient uniquement de circonstance, le recourant n'ayant pas tenté d'entamer de telles démarches auparavant. Comme l'avait relevé la JAP, il était indéniable que le recourant avait besoin d'un encadrement strict pour l'empêcher de retomber dans la délinquance. Or le recourant avait montré par le passé qu'il avait du mal à se soumettre à des mesures de substitution, lesquelles étaient assimilables aux règles de conduite, ordonnées pendant le délai d'épreuve. Il avait également laissé entendre lors de son audition par la JAP qu'il pourrait s'avérer difficile pour lui de se rendre à tous les rendez-vous, en raison de son travail. Sa tendance à justifier ses manquements passés soulevait également des doutes sur sa prise de conscience et son implication future dans les suivis nécessaires. Sous l'angle du pronostic différentiel, la cour cantonale a considéré, à la différence de la première juge, qu'une amélioration pouvait être attendue du condamné s'il se soumettait d'abord - en détention - aux différents suivis préconisés. Ceux-ci devaient permettre de diminuer sa dangerosité et de s'assurer que les deux facteurs ayant entraîné des actes violents soient endigués avant sa libération. Cette solution présentait un avantage pour sa réinsertion et pour la sécurité publique, à laquelle la priorité devait être accordée compte tenu de l'importance des biens juridiques menacés (notamment l'intégrité corporelle, voire la vie). Elle permettrait en outre au recourant de faire ses preuves avant la perspective d'un nouvel examen de sa libération conditionnelle. En définitive, la cour cantonale a considéré que les conditions cumulatives de l'art. 86 al. 1 CP n'étaient pas réalisées et que la libération conditionnelle devait, partant, être refusée.