Citation: 1C_642/2022 E. 4.3.2

4.3.2. En l'occurrence, la Cour de justice a traité ce grief de manière détaillée. Elle a d'abord considéré que le Département avait correctement instruit la demande d'autorisation de construire, en se penchant sur quatre projets successifs dont la dernière modification enregistrée le 19 novembre 2020 avait reçu son agrément: il avait recueilli l'ensemble des préavis nécessaires, dont ceux de la commune - défavorable - et de la police du feu - favorable - en dernier lieu. La cour cantonale a relevé que, sur le plan architectural, la Commission d'architecture avait rendu quatre préavis; elle avait, d'abord en mars et avril 2016, demandé la suppression des courettes anglaises des sous-sols et l'abaissement du vide d'étage de l'attique, afin de minimiser l'impact de la superstructure; elle avait ensuite rendu un préavis favorable en août 2016, avec la seule condition que lui soient soumises pour approbation les teintes et matériaux avant commande, et avec dérogation à l'art. 59 LCI. L'instance précédente a ensuite considéré qu'aucun élément au dossier ne permettait de retenir que la CA n'avait pas examiné de façon attentive la requête d'autorisation de construire: le fait qu'elle ait d'abord émis un premier préavis critique témoignait du contraire; la constructrice avait modifié son projet s'agissant de la hauteur du vide d'étage; la CA ne s'était effectivement pas opposée au projet quelques mois après son premier préavis, nonobstant l'absence de modification quant aux courettes anglaises; il ne ressortait toutefois pas du dossier que ces courettes poseraient problème sur le plan architectural ou violeraient des dispositions légales ou réglementaires; la CA avait donc effectivement changé d'avis sur ce point, mais n'avait émis aucune réserve concernant les qualités architecturales du projet ni une quelconque incompatibilité de celui-ci avec le caractère, l'harmonie et l'aménagement du quartier; la brièveté de la motivation de son préavis ne signifiait pas qu'elle n'aurait pas examiné de manière complète et circonstanciée l'intégration du projet dans le quartier. Enfin, s'agissant de la présence d'habitat groupé dans le périmètre concerné, la Cour de justice a rappelé que la modification de l'aménagement de tels quartiers avait d'ores et déjà été entamée dans nombre de communes afin de pallier les problématiques d'aménagement du territoire, conformément à la volonté du législateur. Elle a ajouté que le législateur avait eu conscience de l'évolution du visage des quartiers de villas et avait souhaité encourager la réalisation de ces nouvelles formes d'habitat (groupé ou en ordre contigu), lorsqu'il avait augmenté les indices d'utilisation du sol dérogatoires susceptibles d'être appliqués dans cette zone; il avait considéré cette évolution comme une réponse utile et nécessaire aux problèmes de l'exiguïté du territoire et à la pénurie de logements.