Citation: 5A_261/2023 E. 4

Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir nié que l'ordonnance d'expertise ADN lui cause un préjudice difficilement réparable. Il réitère ses arguments déjà présentés devant l'instance précédente, consistant en substance à dénoncer une prétendue collusion entre la mère de l'enfant, l'expert et les autorités genevoises, ainsi qu'un risque de manipulation du résultat de l'expertise en raison de l'ordre des prélèvements prévu par la juge de première instance, éléments que la cour cantonale auraient arbitrairement ignorés. Selon lui, il y avait lieu de prendre en compte la nature de la procédure au fond, dont l'impact sur sa vie pourrait être extrêmement dommageable, et ce pendant des années, si le lien de filiation venait à être établi sur la base d'une expertise viciée. Il était donc capital que l'expertise ADN soit ordonnée de façon à ce qu'elle ne puisse pas être manipulée, à savoir en changeant l'ordre des prélèvements arbitrairement imposé par le Tribunal de première instance. En termes de coûts et d'économie de procédure, il n'était pas raisonnable de le renvoyer à contester la décision au fond comme le suggérait la cour cantonale. Il valait mieux lui permettre de le faire immédiatement par le biais de son recours contre l'ordonnance d'expertise d'ADN. L'avance de frais de 800 fr. pour laquelle il demandait l'assistance judiciaire était modeste et le travail de l'autorité de recours pouvait se résumer à dix minutes puisqu'il s'agissait uniquement d'inverser l'ordre des prélèvements. Le recourant ajoute qu'il lui sera beaucoup plus difficile d'obtenir gain de cause sur cette question dans le cadre de la procédure d'appel contre le jugement au fond, en raison du "f ait accompli " et de la résistance " encore plus véhémente " que lui opposeraient les instances précédentes. Selon le recourant, le but de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC est d'éviter qu'une partie n'allonge la procédure d'une façon artificielle et disproportionnée en multipliant les recours contre les ordonnances de preuve. Or ce n'était pas du tout son cas. En l'occurrence, le procès se résumait à l'administration d'une seule preuve, soit l'expertise ADN, qui, si elle était biaisée, risquait d'influencer gravement le résultat de la procédure au fond. Dans la balance, ce risque justifiait le recours immédiat contre l'ordonnance d'expertise ADN et, partant, l'octroi de l'assistance judiciaire pour la procédure de recours. Le recourant se plaint en outre de ce que la cour cantonale a rejeté son recours alors qu'elle a nié l'existence d'un préjudice difficilement réparable au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC. Selon lui, une telle conclusion aurait dû conduire à l'irrecevabilité de son recours et non à son rejet. Dispositif et motifs ne coïncidant pas, il conviendrait d'annuler la décision attaquée, voire de renvoyer la cause à l'autorité précédente.