Citation: 4P.253/2002 22.12.2003 E. 3

La recourante invoque ensuite différents moyens sous l'angle de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). 3.1 La recourante reproche à la Cour civile d'avoir écarté l'expertise P.________ au profit de l'expertise Q.________. Ce grief a trait à l'appréciation des preuves, singulièrement des expertises judiciaires ordonnées en instance cantonale. A teneur de l'art. 86 al. 1 OJ, le recours de droit public n'est recevable qu'à l'encontre des décisions prises en dernière instance cantonale. Cette disposition signifie que les griefs soulevés devant le Tribunal fédéral ne doivent pas pouvoir être soumis à une autorité cantonale par la voie d'un recours ordinaire et extraordinaire (ATF 126 I 257 consid. 1a; 119 Ia 421 consid. 2b). Dans l'ATF 126 I 257 consid. 1b, le Tribunal fédéral a jugé qu'en procédure civile vaudoise, le grief tiré de l'appréciation arbitraire des preuves peut faire l'objet du recours en nullité pour violation des règles essentielles de la procédure, instauré par l'art. 444 al. 1 ch. 3 CPC vaud. Partant, le moyen, faute d'épuisement préalable des instances cantonales, est irrecevable. 3.2 La recourante prétend que l'expertise Q.________ est entachée de graves défauts méthodologiques. Cette critique relève à nouveau de l'appréciation des preuves, d'où son irrecevabilité au regard des exigences de l'art. 86 al. 1 OJ. 3.3 La recourante considère qu'il était arbitraire de fixer la présomption de discrimination salariale à la date de l'engagement de l'intimée en 1993. Cette critique, purement appellatoire, est irrecevable, faute de motivation (art. 90 al. 1 let. b OJ). 3.4 Pour la recourante, la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en n'ayant pas tenu compte de l'évolution du poste de l'intimée au sein de X.________. Le moyen est irrecevable, car il ne répond pas aux exigences strictes de motivation déduites de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. De toute manière, il s'agit d'une critique contre l'établissement des faits, qui devait être préalablement soumise à la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois. 3.5 La recourante soutient que c'est de manière insoutenable que la Cour civile s'est ralliée aux conclusions de l'expert Q.________. Savoir si l'autorité cantonale pouvait, sans arbitraire, adhérer au résultat d'une expertise est un moyen qui ressortit derechef à l'appréciation des preuves (arrêt 5P. 457/2000 du 20 avril 2001, consid. 4a). La critique, pour les raisons exposées ci-dessus, est irrecevable. 3.6 D'après la recourante, il était arbitraire de retenir que l'intimée a été discriminée en matière de promotion. Le grief concerne l'application du droit fédéral, plus particulièrement l'art. 3 al. 2 LEg, de sorte qu'il ressortit à l'instance de réforme. Il est irrecevable du fait de la subsidiarité absolue du recours de droit public. 3.7 La recourante s'en prend au salaire dû tel qu'il a été arrêté par les magistrats vaudois. Le moyen, du reste exempt de toute démonstration d'arbitraire, est en réalité dirigé contre l'application de l'art. 5 al. 1 let. d LEg. Il est irrecevable (art. 84 al. 2 OJ).