Citation: 1B_202/2007 29.11.2007 E. 2

Dans des griefs d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants invoquent l'art. 29 al. 2 Cst. pour se plaindre d'un défaut de motivation et d'une violation de leur droit d'être entendus. 2.1 Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., confère à toute personne le droit d'exiger, en principe, qu'un jugement ou une décision défavorable à sa cause soit motivé. Cette garantie tend à donner à la personne touchée les moyens d'apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, s'il y a lieu, devant une instance supérieure. L'objet et la précision des indications à fournir dépend de la nature de l'affaire et des circonstances particulières du cas; néanmoins, en règle générale, il suffit que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée (ATF 112 Ia 107 consid. 2b p. 109; voir aussi ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102, 125 II 369 consid. 2c p. 372, 124 II 146 consid. 2a p. 149). L'autorité n'est pas tenue de discuter de manière détaillée tous les arguments soulevés par les parties et peut se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 17; 125 II 369 consid. 2c p. 372; 124 II 146 consid. 2a p. 149; 124 V 180 consid. 1a p. 181 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral examine librement si les exigences posées par l'art. 29 al. 2 Cst. ont été respectées (ATF 124 I 49 consid. 3a p. 51, 122 I 153 consid. 3 p. 158 et les arrêts cités). 2.2 En l'espèce, les recourants reprochent à la Chambre d'accusation d'avoir maintenu le séquestre au profit de plusieurs hypothétiques lésés, sans préciser leur nombre exact, sans indiquer de quelles personnes il s'agissait et sans renvoyer à des éléments du dossier qui fonderaient cette affirmation. Il est vrai que la motivation de la décision querellée est succinte et qu'elle ne détaille pas les lésés qui pourraient bénéficier de la mesure de séquestre litigieuse. Cela étant, s'agissant d'une affaire particulièrement complexe, on ne saurait exiger des autorités qu'elles rappellent les faits dans chaque décision incidente. La Chambre d'accusation pouvait donc renvoyer au dossier - en particulier à une récapitulation des faits de pas moins de trente-quatre pages - sans pour autant violer son devoir de motivation. De plus, la décision du 21 février 2007 par laquelle la Juge d'instruction refuse la levée du séquestre mentionne expressément les plaignants qui pouvaient être concernés, à savoir B.________, C.________, D.________, E.________, F.________, G.________, H.________, I.________, J.________, K.________ et L.________. Les recourants étaient donc en mesure d'identifier les lésés éventuels au profit desquels le séquestre litigieux était maintenu. De même, ils pouvaient comprendre les motifs invoqués pour justifier le maintien du séquestre et ils pouvaient les contester utilement. Pour le surplus, on ne voit pas en quoi ils auraient été privés de la possibilité de s'exprimer sur ce sujet. Il s'ensuit que les griefs tirés d'une violation du droit d'être entendu doivent être rejetés.