Citation: 5A_648/2020 E. 6.3

6.3. Le grief de la recourante est fondé. En effet, il ressort de la décision querellée que l'intimé travaille à 100%. Il n'a en conséquence pas dû renoncer à une part de son revenu pour pouvoir assumer la prise en charge en nature de son fils. Le montant alloué à titre de contribution de prise en charge a donc en l'espèce pour seul effet de combler le déficit de l'intimé et profite donc à ce dernier et non à l'enfant. L'intimé relève d'ailleurs n'avoir jamais sollicité le versement d'une contribution de prise en charge en faveur de son fils. S'il déclare laisser le Tribunal de céans statuer d'office sur ce point dans ses conclusions, il ressort toutefois clairement des motifs exposés dans sa réponse qu'il adhère à l'analyse de la recourante s'agissant de la question de la contribution de prise en charge. Il suit de ce qui précède qu'il était effectivement arbitraire d'ajouter un montant de 265 fr. correspondant au déficit de l'intimé à la contribution due par la recourante à l'entretien de son fils, de sorte que la décision attaquée doit être annulée sur ce point. La recourante propose son propre calcul de la contribution due à l'entretien de l'enfant sur la base de l'admission de l'ensemble de ses griefs, à savoir notamment de l'attribution de la garde exclusive de l'enfant en sa faveur. Il n'y a pas lieu d'y donner suite dans la mesure où ses griefs, à l'exception de celui d'arbitraire dans l'imputation d'une contribution de prise en charge, ont été écartés. Quant à l'intimé, il ne saurait être suivi en tant qu'il sollicite la prise en compte d'un montant de 430 fr. dans les charges de l'enfant à titre de participation à son propre loyer. En effet, d'une part, ce montant de 430 fr. a déjà été pris en compte dans les charges de l'enfant pour la période du 1er avril 2019 au 31 octobre 2020. D'autre part, s'il fallait déduire de son argumentation qu'il sollicite la prise en compte de ce montant également pour la période subséquente en lieu et place du montant de 300 fr. effectivement retenu, il convient de rappeler que la recourante ne remet plus en cause dans le présent recours le montant retenu à titre de loyer pour l'intimé mais uniquement le moment déterminant à compter duquel un loyer plus faible doit être retenu dans ses charges. Or, dans la mesure où l'intimé n'a pas fait recours devant le Tribunal fédéral, il ne peut soulever des arguments que dans le but de contrer ceux de la recourante mais non en vue d'obtenir une modification de la décision entreprise. Au même titre, on ne saurait donner raison à l'intimé en tant qu'il sollicite la prise en compte dans les charges de l'enfant d'une participation à ses propres impôts. En effet, une telle participation n'a pas été intégrée aux charges de l'enfant par l'autorité précédente, sans que l'intimé s'en soit plaint en instance cantonale. Il soutient en revanche à juste titre que la réduction de la contribution due par la recourante aura pour effet d'augmenter son disponible. Il sollicite que l'enfant en profite à raison d'un cinquième de l'excédent de la recourante, soit au moins 80 fr. Pour déterminer la part de disponible revenant à l'enfant, l'intimé se fonde sur la méthode de calcul développée au considérant 7.3 de l'arrêt 5A_311/2019 destiné à la publication. Or, l'intimé n'a jamais contesté la méthode de calcul appliquée par la cour cantonale ni les feuilles de calcul (" Berechnungsblätter ") utilisées à cette fin. Dans ces circonstances, il se justifie de renvoyer la cause à la Cour suprême afin qu'elle établisse à nouveau le disponible des parties en tenant compte du fait que la recourante n'a pas à s'acquitter d'une contribution de prise en charge en faveur de son fils et qu'elle détermine sur cette base la contribution financière due par la mère à l'entretien de son fils y compris la participation de ce dernier au disponible nouvellement établi.