Citation: 4P.24/2006 04.05.2006 E. 4

4.1 La recourante allègue que l'art. 194 CPC/FR a été appliqué de manière insoutenable. A l'en croire, comme le demandeur n'aurait pas prouvé qu'il avait passé ses vacances d'été 2003 à l'étranger, la cour cantonale aurait dû considérer qu'il était resté en Suisse pendant ses vacances et qu'il avait reçu son congé le 31 juillet 2003. Par surabondance, la recourante soutient qu'elle avait contesté ce fait, si bien que l'administration de la preuve de cette allégation aurait dû être entreprise, La Cour d'appel se devait de toute façon de mettre en doute la réalité de ce fait, car l'allégation des vacances à l'étranger du travailleur est intervenue tardivement dans la procédure, ce qui la rendait insolite. 4.2 L'art. 194 CPC/FR dispose qu'en règle générale est considéré comme avoué tout fait allégué en justice qui n'y est pas formellement contesté par la partie adverse (al. 1); toutefois, s'il résulte de l'ensemble des allégations d'une partie et de son attitude au cours du procès que, sans le déclarer formellement, elle entendait contester un fait, celui-ci devra être prouvé (al. 2); lorsque, par suite de l'omission d'une écriture, des faits avancés par une partie n'ont pas été contestés, le juge doit néanmoins ordonner la preuve s'il a des raisons de douter de leur exactitude (al. 3). Dans sa réponse, la défenderesse a allégué, en p. 7, que la lettre de congé était partie le 30 juillet 2003 en recommandé, qu'elle était parvenue dans la sphère d'influence du demandeur le 31 juillet 2003 et qu'elle aurait donc été reçue ledit jour, le travailleur n'ayant pas établi qu'il aurait été absent de son domicile pendant ses vacances. La recourante a offert de prouver ces allégations en particulier par l'interrogatoire des parties (cf. p. 8 in initio de la réponse). L'interrogatoire des parties est admis comme moyen de preuve en procédure civile fribourgeoise (art. 205 CPC/FR). Entendu le 20 septembre 2004 par la Chambre des prud'hommes après avoir été exhorté à dire la vérité conformément à l'art. 206 al. 1 CPC/FR, le demandeur a déclaré qu'il avait pris ses vacances d'été 2003 entre le 25 juillet et le 11 août 2003, qu'il était parti en Grèce, qu'il n'était pas à son domicile à fin juillet 2003 et qu'il était rentré de l'étranger en août 2003. Ni le juge ni la défenderesse n'a demandé que les déclarations susrappelées, en raison d'un doute qui subsisterait, soient renouvelées sous peines de droit, que le demandeur prête serment sur elles ou fasse une assertion solennelle (cf. art. 210 CPC/FR). Et la défenderesse ne s'est pas plainte qu'on lui ait refusé l'administration d'autres preuves sur ces questions de fait. On voit donc que la recourante a échoué dans sa tentative de prouver que le congé avait été communiqué à l'intimé le 31 juillet 2003. Il n'y a pas trace en l'espèce d'un quelconque aveu judiciaire par défaut de contestation au sens de l'art. 194 CPC/FR. Le moyen est privé de tout fondement.