Citation: 1C_288/2023 E. A

Les parcelles n° s 977 à 1004 du registre foncier de la commune de Jouxtens-Mézery sont propriétés, en main commune, de A.________, B.________, C.________, D.________, E.________, F.________, G.________, H.________, I.________ et J.________ (ci-après: les hoirs A.________). Elles sont situées dans le secteur "A Grandchamp", soit un quadrilatère d'environ 450 m de côté limité au nord par le chemin de la Bâtiaz, à l'est par le domaine de Beau-Cèdre, au sud par le chemin de la Rueyre et à l'ouest par le chemin des Boracles. Le centre du secteur est libre de constructions; ses angles nord-est et sud-est sont occupés par des villas récentes, et l'angle sud-ouest par divers bâtiments anciens actuellement voués à l'habitation. La partie libre, traversée du nord au sud par un chemin agricole, est cultivée. A l'est de ce chemin, le secteur "A Grandchamp" a été fractionné en 2009 pour former les 28 parcelles précitées colloquées en zone de villa II selon le plan d'affectation de la commune de 1984. Chacune des parcelles atteint une surface supérieure à 3'000 m², le règlement communal imposant cette taille minimale pour chaque parcelle constructible dans cette zone. A l'ouest de ce chemin agricole, le terrain est colloqué pour l'essentiel en zone agricole. Plusieurs demandes de permis de construire ont été formées dès 2005 par les hoirs A.________ pour la construction de villas jumelées sur certaines des parcelles précitées (n° s 1002 à 1004 situées au sud du secteur). La dernière demande, formée en 2012, a été rejetée par la municipalité le 6 septembre 2013, en raison de la mise à l'enquête d'une zone réservée sur le secteur "A Grandchamp". Il s'agissait de préserver les vides du secteur, lequel présentait une valeur paysagère de grande qualité. La zone réservée a été adoptée le 4 février 2014 et cette décision a été confirmée en instance cantonale et fédérale (arrêt 1C_241/2016 du 21 avril 2017). La zone réservée a ensuite été prolongée pour trois ans mais cette mesure a été annulée sur recours par arrêt de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois (CDAP) du 28 janvier 2022 (décision confirmée par le Tribunal fédéral par arrêt 1C_142/2022 du 7 juin 2023).