Citation: 7B.160/2005 08.11.2005 E. 5

Le recourant reproche enfin à l'autorité cantonale d'avoir commis un abus du pouvoir d'appréciation dans l'établissement des charges déterminantes pour la fixation du minimum vital et donc violé l'art. 93 LP (recours, p. 11 ss let. D). En réalité, il se plaint d'une instruction insuffisante de la situation financière de sa famille. Il aurait pu produire des pièces nouvelles, mais le délai trop bref de 10 jours et la situation conflictuelle du ménage aurait rendu cette faculté impossible. Il aurait en outre demandé à pouvoir compléter son recours, ce qui lui a été refusé. 5.1 Les faits déterminant le revenu saisissable doivent être établis d'office, compte tenu des circonstances existant au moment de l'exécution de la saisie (ATF 112 III 79 consid. 2 p. 80 et les arrêts cités). Le poursuivi est tenu envers l'office de collaborer; il doit fournir les éventuels moyens de preuve au moment de la saisie déjà et non seulement devant le Tribunal fédéral (ATF 119 III 70 consid. 1). Le même devoir de collaborer existe à l'égard de l'autorité cantonale de surveillance (art. 20a al. 2 ch. 2 LP). Les autorités de poursuite cantonales disposent d'un large pouvoir d'appréciation en ce qui concerne les faits déterminant le revenu saisissable. Le Tribunal fédéral est en principe lié par ces faits (art. 63 al. 2 et 81 OJ). Il peut cependant être requis d'intervenir en cas d'abus ou d'excès du pouvoir d'appréciation (art. 19 al. 1 LP; ATF 106 III 75 consid. 2 p. 78, 103 III 79 consid. 2 p. 82), lorsque par exemple l'autorité cantonale a retenu des critères inappropriés ou n'a pas tenu compte de circonstances pertinentes (ATF 110 III 17 consid. 2 et arrêts cités; Sandoz-Monod, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. II, Berne 1990, p. 721 n. 2.3 ad art. 78 OJ; Gilliéron, op. cit., n. 165 ad art. 93 LP). 5.2 Pour arrêter le montant des charges, la cour cantonale s'est fondée sur les constats effectués par l'office et sur les nombreuses pièces produites en mains de ce dernier et des autorités cantonales de surveillance, ainsi que sur les lignes directrices pour le calcul du minimum d'existence en matière de poursuite de la Conférence des préposés aux poursuites et faillites de Suisse. Le recourant n'indique pas en quoi elle aurait, ce faisant, commis un abus ou un excès de son pouvoir d'appréciation. Dans la mesure où il se plaint d'une mauvaise administration ou appréciation des preuves, le grief ne relève pas de l'application du droit fédéral, seule susceptible de faire l'objet du recours prévu à l'art. 19 LP, mais du droit cantonal de procédure (art. 20a al. 3 LP; ATF 105 III 107 consid. 5b p. 116), dont la violation ne peut être alléguée que dans un recours de droit public fondé sur l'art. 9 Cst. (ATF 120 III 114 consid. 3a; 110 III 115 consid. 2 p. 117; cf. Gilliéron, op. cit. n. 30 ad art. 19 LP; Cometta, loc. cit., n. 37 ad art. 20a LP).