Citation: 4A_12/2019 E. 4.5

4.5. Le troisième et dernier pan du grief a trait au calcul de la perte de profit subie par Z.________ Switzerland suite au non-renouvellement de la concession. Plus précisément, le moyen vise la prise en compte des frais généraux ( overheads) déductibles du chiffre d'affaires, frais dont les parties avaient admis qu'ils comprenaient le support administratif (salaires compris), l'approvisionnement et le "support IT". A cet égard, le Tribunal arbitral a indiqué que selon l'expert de Z.________ R.________ (chef de la comptabilité pour le groupe Z.________), ces services étaient fournis par Z.________ Switzerland ou une autre entité du groupe. A.________ a objecté que ces coûts étaient - ou auraient dû être - facturés aux unités. Le Tribunal arbitral n'a pas retenu cet argument, reprochant à A.________ de n'avoir pas prouvé le fait allégué (sentence, p. 72 n. 294.6). La recourante s'inscrit en faux contre ce dernier constat, soulignant que le Tribunal arbitral aurait tout bonnement ignoré trois moyens de preuve qu'elle avait présentés, à savoir les déclarations de son administrateur-président M.________ et de son propre expert S.________, ainsi que la pièce C-39, censée démontrer que dans sa soumission, Z.________ avait bel et bien inclus des frais généraux de l'ordre de 7,1%. Dans ses déterminations sur recours, le Tribunal arbitral a expliqué que les déclarations des deux prénommés constituaient des opinions et non des preuves; quant à la pièce C-39, elle était citée dans la sentence mais ne prouvait pas que les " labor costs " auraient été facturés aux unités ou qu'ils auraient dû l'être. Il découle de ces explications précises que le Tribunal n'a pas ignoré les moyens de la recourante. A cela s'ajoute que, selon l'intéressée elle-même, la pièce C-39 a été discutée aux audiences du 8 novembre 2017 et du 22 mai 2018; elle pointe en particulier un passage des retranscriptions où il est précisément reproché à l'expert R.________ de n'admettre aucuns frais généraux et de sous-estimer les coûts de travail ( "labour costs"), ce qui conduit à exagérer l'EBITDA, attitude qui contrasterait avec les chiffres présentés lors des soumissions (sténogramme du 22 mai 2018, p. 112 lignes 6 ss).