Citation: 1C_272/2014 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le Tribunal administratif fédéral a relevé que le recourant avait épousé une ressortissant suisse, de sept ans son aînée, à peine dix mois après le rejet définitif de sa demande d'asile. Le 29 août 2003, il avait déposé une demande de naturalisation facilitée et les époux avaient signé la déclaration commune le 15 septembre 2006. Par décision du 20 octobre 2006, l'ODM avait accordé la naturalisation facilitée. Le 1 er novembre 2006, son épouse avait pris un domicile séparé, dans le canton de Neuchâtel, pour des raisons professionnelles. Les époux se sont séparés en fin d'année 2007 - soit quatorze mois après l'octroi de la naturalisation facilitée -, voire même au début juillet 2007 - soit moins de neuf mois plus tard - (cf. déterminations du recourant des 14 février 2012 et du 8 avril 2013 selon lesquelles la vie commune avait déjà pris fin au moment de la conception de son deuxième enfant). Les époux ont introduit une requête commune de divorce avec accord complet sur les effets accessoires en février 2011 et leur union conjugale a été dissoute par jugement du 10 mai 2011. Le Tribunal administratif fédéral a considéré que les éléments précités et leur enchaînement chronologique relativement rapide étaient de nature à fonder la présomption de fait que le recourant n'envisageait déjà plus une vie future partagée avec son épouse au moment de la déclaration commune, respectivement du prononcé de la naturalisation facilitée; la naturalisation avait dès lors été obtenue frauduleusement. En l'occurrence, la présomption de fait n'est pas discutée par le recourant et elle peut effectivement se fonder sur un enchaînement chronologique relativement rapide des événements, en particulier la séparation définitive des époux intervenue environ 14 mois - dans l'hypothèse la plus favorable au recourant - après l'octroi de la naturalisation (cf. notamment arrêts 1C_172/2012 du 11 mai 2012 consid. 2.3 et 1C_155/2012 du 26 juillet 2012 consid. 2.3). Il s'agit dès lors uniquement de déterminer si le recourant est parvenu à renverser cette présomption (cf. supra consid. 3.1.2).