Citation: 1A.209/2002 07.11.2002 E. 4

Les recourantes invoquent enfin leur droit d'être entendues. Elles se plaignent de ce que les pièces recueillies n'aient pas été inventoriées. Les recourantes avaient manifesté leur volonté de participer au tri des pièces, et le juge d'instruction avait réservé cette possibilité dans une lettre du 25 avril 2002. Sur ce point également, les recourantes feignent d'ignorer la motivation circonstanciée de la Chambre d'accusation. Elles ne contestent pas avoir eu accès à la demande d'entraide et à la documentation qui les concerne, plusieurs semaines avant la clôture de la procédure, ce qui leur permettait de présenter leurs objections. Dans sa lettre du 25 avril 2002, le juge d'instruction s'est adressé à I.________ en lui demandant de procéder à un "pré-tri" des documents. Les recourantes, non concernées par cet envoi, ne sauraient y voir une assurance que les pièces seraient examinées en leur présence. Les recourantes ont disposé d'une occasion suffisante de faire valoir leurs objections. Elles ne pouvaient se contenter d'une attitude passive en sachant que des mesures d'entraide avaient été prises et qu'une décision de transmission était imminente. Il leur appartenait d'intervenir auprès de l'autorité d'exécution en lui indiquant précisément les documents qui, selon elles, ne devraient pas être remis à l'autorité étrangère (ATF 126 II 258 consid. 9b p. 262 et la jurisprudence citée). Les recourantes pouvaient encore agir dans ce sens dans le cadre de leur recours cantonal. Or, dans celui-ci - de même d'ailleurs que dans le recours de droit administratif -, elles se contentent de critiquer la transmission en vrac, sans pour autant indiquer en quoi devrait consister le tri qu'elles réclament. Le grief doit donc, lui aussi, être écarté.