Citation: 1B_79/2023 E. 4.2.2

4.2.2. Le recourant n'a certes aucun antécédent judiciaire. Les infractions qui lui sont reprochées revêtent toutefois une gravité certaine, puisqu'il lui est fait grief d'avoir menacé d'aller dans "une école tuer quarante personnes". A cet égard, les allégations du recourant, selon lesquelles il aurait prononcé les termes se "tuer avec 40 personnes", ce qui signifierait "en présence de 40 personnes" et aucunement tuer 40 personnes, sont purement appellatoires et ne permettent pas de retenir l'arbitraire sur ce point (cf. le procès-verbal d'audition du réceptionniste de la Préfecture du 16 novembre 2022, duquel il ressort que le recourant a déclaré "Sinon je vais aller dans une école et je vais tuer 40 personnes"; sur la notion d'arbitraire v. ATF 147 IV 73 consid. 4.1.2). Le recourant a en outre indiqué, alors qu'il se trouvait en garde à vue, que si les huissiers pénétraient dans son logement, ils n'en "ressortiraient pas vivants", qu'il leur "mettrait une cartouche" et que, "sinon, il les planterait avant de se tuer aussi". Le recourant ne s'est d'ailleurs pas limité à proférer ces menaces de tuer, puisqu'il a pris des dispositions concrètes en déposant sur le comptoir de la réception de la Préfecture plusieurs munitions. Ces éléments permettaient à l'évidence de retenir à tout le moins un risque concret de passage à l'acte, même en l'absence de condamnation antérieure. Les menaces concernent au surplus le bien le plus précieux, soit la vie et l'intégrité corporelle, en particulier d'écoliers. Le recourant ne saurait se prévaloir du caractère ponctuel des faits qui se sont déroulés le 15 novembre 2022, au vu de leur gravité. Quant à ses allégations selon lesquelles il serait désormais rassuré - après avoir discuté avec son avocat - et aurait trouvé un arrangement avec les fonctionnaires de l'Office des poursuites, auxquels il aurait exprimé ses excuses, elles sont insuffisantes à faire admettre l'invraisemblance du risque de passage à l'acte. Le recourant méconnaît qu'il est encore sous le coup d'un avis de saisie portant sur un montant d'environ 82'000 fr. et que c'est précisément la réception de cet avis qui l'aurait conduit à se rendre à la Préfecture de Lausanne pour y proférer les menaces qui lui sont reprochées (cf. arrêt entrepris, p. 10). Cela étant, le recourant ne peut sérieusement soutenir qu'il n'aurait jamais eu le moindre problème d'argent, étant encore relevé qu'il était déjà assisté d'un avocat au moment des faits dans le cadre de la procédure de poursuite pour dettes dont il fait l'objet. Pour le surplus, ses allégations selon lesquelles il aurait "surréagi de manière idiote et irrationnelle" ainsi que ses regrets manifestés ne permettent en tout cas pas d'exclure de manière suffisante pour la sécurité d'autrui, en particulier celle d'écoliers, tout risque de commission d'infractions.