Citation: 1B_64/2009 27.03.2009 E. C

Lors de l'audience du 27 février 2009 devant la Chambre d'accusation, l'avocat de A.________ s'est opposé à la prolongation de la détention. Il a fait valoir que la prolongation du 20 février 2009 avait été prononcée en violation du droit d'être entendu de son client, qui n'avait pas pu s'exprimer en l'absence d'interprète. Le prévenu s'est également opposé à la prolongation de sa détention, soutenant que le risque de fuite n'était pas réalisé. Par ordonnance du 27 février 2009, la Chambre d'accusation a autorisé la prolongation de la détention d'A.________, au motif que la procédure dirigée contre lui n'était pas terminée et que les conditions posées à la délivrance du mandat d'arrêt existaient toujours. Dans ses considérants, la Chambre d'accusation a relevé que, lors de l'audience du 20 février 2009, elle avait d'emblée constaté qu'un interprète en langue tigrinya n'était pas présent et que le conseil de l'inculpé ne s'était pas pour autant opposé au prononcé d'une prolongation de détention au motif que son client n'avait pas été en mesure d'être entendu, ni n'avait émis la moindre réserve à ce sujet. En revanche, une interprète en langue anglaise était présente et il résultait de la procédure que l'inculpé était capable de s'exprimer dans cette langue. Ses connaissances en anglais étaient donc suffisantes pour qu'il ait pu comprendre le but de l'audience du 20 février 2009 et exprimer son opinion sur l'opportunité d'une prolongation de détention, ce d'autant plus que c'était la cinquième fois qu'il était convoqué devant la Chambre d'accusation à cet effet. La Chambre d'accusation avait pris la peine de ne prolonger la détention que pour une semaine afin de respecter scrupuleusement le droit d'être entendu prévu par l'art. 6 CEDH.