Citation: 6P.70/2005 19.07.2005 E. B

Cet arrêt retient, en résumé, ce qui suit. B.a Née en 1970, X.________ est originaire du Maroc. Elle a travaillé, en qualité de gérante, dans un kiosque, au service de Naville Détail SA. C'est dans le cadre de cet emploi qu'elle a commis les infractions qui lui sont reprochées. Ainsi, le 7 juillet 2000, X.________ s'est emparée de la recette, d'un montant de 5524,75 francs, réalisée la veille et qui devait être déposée ce jour-là au trésor de nuit. Entre le 21 mars et le 27 mai 2001, X.________ et une vendeuse, Y.________, ont, à 38 reprises, puisé dans la caisse du kiosque et caché ces prélèvements en falsifiant les documents comptables destinés à Naville SA. Elles ont ainsi prélevé 18.400 francs, dont quelque 900 francs au profit de Y.________. Le 28 mai 2001, X.________, qui disposait seule de la clef du trésor, est passée au kiosque pour prendre la recette de la veille, d'un montant de 5817,85 francs, et se l'est appropriée au lieu de l'apporter à la banque. B.b Ces faits ont été considérés comme constitutifs d'abus de confiance répétés et de faux dans les titres. Au stade de la fixation de la peine, il a été retenu que la culpabilité de l'accusée était lourde. En sa défaveur, il a été relevé qu'elle avait agi à plusieurs reprises, sur une période relativement longue et en différenciant les modes opératoires. Elle avait en outre grossièrement trahi la confiance de son employeur pour s'enrichir illicitement, en prenant soin de cacher ses agissements. Elle avait par ailleurs compromis sa première vendeuse - qu'elle avait instiguée à effectuer des prélèvements et à falsifier des documents et à laquelle elle s'était ensuite efforcée d'imputer la responsabilité de ses agissements - pour se servir d'elle dans son entreprise délictuelle et pour se procurer une coupable qui soit condamnée à sa place. A sa décharge, il a toutefois été tenu compte de son absence d'antécédents pénaux, de l'ancienneté relative de certains faits ainsi que de sa situation familiale et économique précaire. Le sursis à l'exécution de la peine a été refusé, faute de pouvoir émettre un pronostic favorable quant au comportement futur de l'accusée. A cet égard, il a notamment été relevé que l'accusée avait récidivé en cours d'enquête, qu'elle s'était efforcée d'induire l'autorité pénale en erreur en rejetant la faute sur sa coaccusée et que son absence de scrupules et de prise de conscience de ses actes ainsi que ses traits de caractère ne permettaient en aucun cas de prévoir que le sursis la détournerait de commettre de nouvelles infractions.