Citation: 8C_469/2014 E. 6

On doit donner raison à la recourante. D'une part, il n'y a pas de règle générale à tirer de la jurisprudence d'après laquelle le caractère adéquat du choc traumatique ressenti par une victime d'un acte délictueux tel qu'un brigandage durerait au moins trois ans. D'autre part, force est de constater que les cas cités par les premiers juges se différencient de la situation vécue par l'intimée tant par leur intensité que par la dangerosité dont les auteurs des infractions en cause ont fait preuve. En effet, même si l'intimée n'a pas pu se rendre compte, sur le moment, que l'arme utilisée par l'individu était factice - au contraire de la cliente directement menacée qui, en connaissance de ce fait, est restée tout à fait calme -, il est établi que celui-ci a pris immédiatement la fuite sans blesser personne après que l'intimée n'eut pas donné suite à son exigence de lui remettre l'argent. Par ailleurs, les faits se sont déroulés très rapidement au point que les autres employés n'ont même pas réalisé qu'une tentative de brigandage avait eu lieu (voir le procès-verbal d'audition de la cliente à la police). En considération de l'ensemble de ces circonstances, on ne saurait retenir que cet événement est propre, selon le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, à engendrer une rechute de l'incapacité de travail d'origine psychique qu'il a entraînée initialement après une période de capacité de travail supérieure à deux ans. Que l'intimée a repris son travail à peine trois semaines après la tentative de brigandage - ce qui peut sembler rétrospectivement peut-être prématuré - ne justifie pas une appréciation différente de la question de la causalité adéquate dans le cadre de la rechute, pas plus d'ailleurs que la circonstance - relatée dans le rapport d'expertise du docteur D.________ - que l'intimée a été confrontée à plusieurs reprises au frère jumeau de l'auteur de l'infraction, qui habite le quartier de C.________. Il s'ensuit que la CNA était fondée à refuser de prendre en charge la rechute. Son recours doit être admis.