Citation: 4A_78/2018 E. 3.2.1

3.2.1. En ce qui concerne le courriel du 13 janvier 2011, il ressort des constatations de fait de l'arrêt attaqué que, pendant l'année 2010, l'employé a mis en relation deux clients de la banque, M.________ et N.________, assurant les contacts entre ces deux clients et apparaissant ainsi comme un intermédiaire. Le 13 janvier 2011, l'employé a reçu un courriel de l'avocat américain de N.________, duquel il ressort que l'avocat souhaitait s'entretenir avec lui au sujet d'une affaire très importante concernant des fonds transférés à la banque et que des suites judiciaires n'étaient pas à exclure. La directive interne de la banque (" Customer Complaints Procedure ") prévoit la procédure à adopter en cas de plainte ou critique émanant de clients: l'employé est tenu d'avertir de la situation son supérieur hiérarchique et de transmettre un rapport au département Compliance; en outre, il doit documenter tous les contacts avec les clients sous forme de rapports téléphoniques ou de notes, lesquels doivent être entrés dans le système informatique. Or, l'employé s'est limité à transférer ledit courriel à l'autre client, M.________, sans suivre la procédure prévue par la directive interne de la banque. Toujours en janvier 2011, un échange de courriels a eu lieu entre l'employé et l'avocat américain de N.________ dans le but de résoudre le litige survenu entre N.________ et M.________. L'employé a fait une contre-offre à N.________ de 2 millions USD au nom de M.________, sans que celui-ci ait donné son accord écrit. Le 5 février 2011, l'employé a confirmé à l'avocat de N.________ que les fonds étaient prêts pour le paiement. Le 4 avril 2011 (art. 105 al. 2 LTF), M.________ a indiqué à l'employé qu'il n'était pas autorisé à effectuer un transfert depuis son compte sans instruction écrite préalable de sa part. L'employé a bloqué le montant de 2 millions USD sur un compte ouvert auprès de la banque par une entreprise détenue par M.________ (art. 105 al. 2 LTF). Le 5 avril 2011, une rencontre a eu lieu dans les locaux de la banque entre l'employé, M.________ et l'avocat américain de N.________. Début mai 2011, un autre avocat de N.________ a mis en demeure la banque de lui payer le montant de 2 millions USD. Le 21 juin 2011, un nouvel avocat américain de N.________ a prié l'employé d'effectuer le transfert convenu. Le 23 juin 2011, l'employé a demandé à M.________ de lui donner son accord pour un transfert de 1'400'00 USD. Le 26 juin 2011, M.________ a téléphoné à l'employé pour lui donner instruction de transférer le montant de 1'400'000 USD à N.________. M.________ a ensuite contesté avoir ordonné le transfert de cet argent. Le 5 juillet 2011, l'employé a créé a posteriori une note dans le système informatique, datée du 29 juin 2011, laquelle attestait qu'il avait parlé à M.________ avant de procéder au transfert. Le 18 août 2011 (art. 105 al. 2 LTF), Me E.________, mandataire de M.________, a contesté le transfert de 1'400'000 USD. Le service juridique de la banque a été chargé de répondre au courrier de cet avocat. Le 30 août 2011, il a invité l'employé à lui fournir des informations: l'employé lui a indiqué que M.________ était un extorqueur vénézuélien et il lui a transmis une copie de l'accord passé entre N.________ et M.________.