Citation: 8C_783/2018 E. 6.2

6.2. Se ralliant, sur le plan pharmacologique, aux conclusions consensuelles des experts, la juridiction cantonale a exclu, au degré de la vraisemblance prépondérante, tout rôle causal entre la prise de médicaments par l'assuré et son geste suicidaire. En revanche, sur le plan psychiatrique, les premiers juges n'ont pas suivi leur opinion. D'une part, ils ont retenu que l'expert psychiatre n'avait pas fait état de troubles psychiques manifestes (hallucinations ou idées délirantes) chez l'assuré avant le drame ou d'une autre maladie psychiatrique propre à porter atteinte à la capacité de discernement de l'assuré. D'autre part, ils ont constaté que l'assuré n'avait pas de dépendance à l'alcool ou de troubles anxieux, facteurs qui pouvaient expliquer la survenance d'un raptus anxieux en l'absence de problèmes psychologiques. D'après eux, l'hypothèse du raptus anxieux se fondait donc uniquement sur l'absence d'un tableau clinique expliquant le geste de l'assuré. Or, le fait que le suicide s'expliquait uniquement par un état pathologique excluant la libre formation de la volonté ne constituait qu'un indice d'une incapacité de discernement. Pour finir, les premiers juges ont relevé que l'expert lui-même relativisait la valeur probante de son diagnostic. En conclusion, ils ont retenu qu'il n'avait pas été démontré que l'assuré, lors de son passage à l'acte, était incapable de discernement en raison d'une affection alternative à une origine médicamenteuse.