Citation: 5A_28/2016 E. 4.2

4.2. La décision attaquée ne prête pas le flanc à la critique. La saisie est parfaite dès que l'office a fait savoir au débiteur saisi qu'il n'est pas en droit de disposer du montant saisi sans son autorisation (art. 96 al. 1 in fine LP; ATF 109 III 11 consid. 2 p. 13; 107 III 67 consid. 1 p. 69 s.). Comme l'a relevé l'autorité de surveillance, l'avis de saisie communiqué au tiers débiteur par l'office en application de l'art. 99 LP ne constitue pas un acte de poursuite au sens de l'art. 64 LP; il ne nécessite donc pas de notification formelle au sens de cette dernière disposition. Il ne s'agit pas d'une condition de validité de la saisie, mais d'une simple mesure de sûreté, qui a pour effet d'obliger le tiers à ne se dessaisir de la chose ou à ne s'acquitter de son dû qu'en mains de l'office, à l'exclusion de toute remise directe au poursuivi (ATF 115 III 109 consid. 2a p. 110; 109 III 11 consid. 2 p. 13; 107 III 67 consid. 1 p. 70; dans le même sens arrêts 5A_649/2014 du 23 janvier 2015 consid. 3.2; 5A_564/2012 du 21 novembre 2012 consid. 2.5.1). Il en résulte que l'avis de saisie au tiers débiteur doit faire l'objet d'une simple communication au sens de l'art. 34 LP, par écrit et au moyen d'une lettre recommandée ou d'une remise directe de cet avis contre reçu (ANDRÉ E. LEBRECHT, in: Basler Kommentar, SchKG I, 2e éd., 2010, n° 4 ad art. 99 LP; NICOLAS DE GOTTRAU, in Commentaire romand, Poursuite pour dettes et faillites, 2005, n° 4 ad art. 99 LP). La remise est réputée opérée dès le moment où le pli a été effectivement remis à son destinataire, ou à un tiers justifiant de ses pouvoirs par une procuration, ou dont le pouvoir de représentation résulte d'actes concluants (P IERRE-ROBERT GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, vol. I, 1999, n° 7, 12 et 14 ad art. 34 LP). Le canton répond du dommage qui pourrait résulter de l'omission de la mesure de sûreté (GILLIÉRON, op. cit., n° 13 ad art. 99 LP). En l'espèce, l'avis a été valablement communiqué à un tiers à qui les recourants avaient donné procuration. Comme l'a retenu à juste titre l'autorité cantonale, il n'y a pas lieu d'appliquer par analogie le principe dégagé des art. 64 à 66 LP relatifs à la notification, selon lequel la notification à un tiers en l'absence du débiteur n'est pas valable s'il existe un conflit d'intérêts entre ce tiers et le débiteur. Il appartenait aux recourants de s'organiser à l'interne de telle manière qu'ils puissent prendre effectivement connaissance des communications de l'Office effectuées conformément à l'art. 34 LP. Pour le surplus, en l'occurrence, on ne saurait faire grief à l'Office de ne pas avoir contacté les plaignants par téléphone, dès lors que la loi n'exige qu'une communication écrite, à laquelle l'Office a procédé valablement, que deux versements avaient été opérés et que deux rappels écrits avaient été valablement communiqués. Dans un tel contexte, on ne saurait poser, quant à la communication de l'avis au tiers débiteur, des exigences plus sévères que celles d'une simple communication au sens de l'art. 34 LP.