Citation: 1P.205/2003 03.07.2003 E. A

X.________ a travaillé comme réceptionniste à l'Hôtel Z.________ (ci-après: Le Z.________) de 1992 à 1998. Le 8 mai 1998, la direction de cet établissement a déposé plainte pénale contre son employée qu'elle soupçonnait d'avoir détourné un montant de plus de 55'000 fr. dans la gestion de la caisse de la réception de l'hôtel. Le 25 juin 1998, A.________, comptable, a établi un rapport selon lequel X.________ aurait, entre décembre 1996 et mars 1998, prélevé un montant total de 69'702,30 fr. Les employés et les clients du Z.________ avaient la possibilité de retirer des montants en espèces à la réception de l'établissement, sur présentation d'une carte bancaire ou postale. L'employé de la réception portait chaque opération au débit d'un compte particulier géré par un logiciel spécial (« Fidelio »). Un ticket justificatif était déposé dans un casier, d'où il était extrait pour classement dès que la pièce bancaire ou postale attestant le débit du compte de l'employé ou du client parvenait au Z.________. En l'occurrence, X.________ aurait prélevé régulièrement un montant déterminé (de l'ordre de 100 à 300 fr.) dans la caisse de la réception, puis aurait effectué une opération de débit fictive pour un montant identique. Pour cacher la malversation, une opération de crédit effective était effectuée à double. Ce système n'avait pu fonctionner qu'en raison des failles du système Fidelio et d'un retard (de l'ordre de six mois) dans la saisie et le contrôle des pièces comptables. Entendue le 25 mai 1998 par la police cantonale, puis par le Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois, X.________ a reconnu les faits et décrit le mode opératoire utilisé. Par la suite, elle a contesté le montant total des malversations reprochées. Le 18 octobre 1999, le Juge d'instruction a renvoyé X.________ devant le Tribunal correctionnel du district de Vevey comme accusée d'abus de confiance (art. 138 CP), d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur (art. 147 CP) et de faux dans les titres (art. 251 CP). Le 28 janvier 2002, B.________ a remis au Tribunal correctionnel un rapport d'expertise comptable, confirmant les conclusions du rapport établi par A.________. Le 6 juin 2002, le Tribunal correctionnel a reconnu X.________ coupable d'abus de confiance et de faux dans les titres et l'a condamnée de ce fait à la peine de neuf mois d'emprisonnement avec un délai d'épreuve de deux ans. Par arrêt du 10 septembre 2002, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté le recours formé par X.________ contre le jugement du 6 juin 2002 qu'elle a confirmé.