Citation: I 511/04 26.08.2005 E. 2.2

2.2.1 Dans son rapport rendu le 11 octobre 2002, la doctoresse A.________ a posé les diagnostics de trouble douloureux rachidien, cervicarthrose associée à de discrets troubles statiques et dégénératifs du rachis dorso-lombaire, chondropathie fémoro-rotulienne bilatérale symptomatique à droite, ainsi que psoriasis et para-psoriasis. Elle a indiqué que l'examen clinique ne montrait pas de limitation significative d'amplitudes du jeu articulaire, ni d'amyotrophie segmentaire qui serait la traduction d'une souffrance chronique de l'une ou l'autre localisation, ni d'atteinte neurologique radiculaire ou neuro-musculaire, ou encore vasculaire, en dépit des plaintes émises et l'impotence relatée par l'assuré. Elle précisait que l'analyse des radiographies faisait apparaître de discrets troubles statiques et dégénératifs rachidiens, de l'espace sous-acromial gauche et des genoux compatibles avec l'âge, alors que les indices de mobilité rachidiens étaient discrètement améliorés dans l'ensemble par rapport au status ostéo-articulaire de septembre 1996. Elle en concluait que l'importance du handicap annoncé par l'assuré n'était guère plausible et que sa capacité de travail était entière dans une activité adaptée «avec diminution de 10 % au maximum» pour raison psychiatrique. 2.2.2 Contrairement à ce que prétend le recourant, il apparaît à la lecture de ces considérations que les conclusions de la doctoresse A.________, fondées sur une anamnèse et un examen de l'assuré ainsi que sur l'étude détaillée du dossier radiologique, sont dûment motivées. Le raisonnement du médecin est clairement exprimé et compréhensible pour un non-spécialiste : la rhumatologue exclut différentes atteintes (rhumatologique, neurologique radiculaire, musculaire ou vasculaire) sur la base de son examen clinique et des pièces médicales au dossier, admet une discrète amélioration des indices de mobilité rachidiens et en déduit qu'une capacité de travail de 100 % est exigible de l'assuré dans une activité adaptée, soit tenant compte des limitations exposées, sous réserve d'une diminution de 10 % au maximum pour raison psychiatrique. Le rapport en cause répond dès lors aux exigences posées par la jurisprudence en la matière (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références) et revêt une pleine valeur probante. En ce qui concerne les contradictions alléguées par le recourant relatives à la capacité de travail dans son activité antérieure, elles relèvent d'une lecture imprécise du rapport du 11 octobre 2002. La doctoresse A.________ indique en effet, en conclusion, que cette capacité de travail est nulle, tandis que l'intéressé pourrait, à son avis, recouvrer une capacité de travail de l'ordre de 40 % après avoir suivi un programme de reconditionnement; on ne saurait donc qualifier de contradiction les deux taux d'incapacité de travail déterminés par le médecin au regard de l'accomplissement ou non de la mesure mentionnée. Par ailleurs, s'il est vrai, comme le soutient L.________, que la préférence ne saurait être systématiquement donnée à l'avis des médecins de l'office AI par rapport à celui-du médecin traitant, l'appréciation du docteur H.________ ne contient pas en l'espèce d'éléments permettant de douter du bien-fondé des conclusions de sa consoeur A.________. Dans son avis du 3 novembre 2003, le médecin traitant indique que l'expertise rhumatologique du SMR lui paraît bien optimiste, tandis que celle du docteur S.________ fait «un peu facilement» abstraction de l'évolution manifeste de son patient vers un état dépressif moyen. Le docteur H.________ ne motive toutefois pas plus avant ses affirmations et n'explique pas, en particulier, pour quelles raisons concrètes l'évaluation de la doctoresse A.________ serait erronée. Il relève certes une «nette contradiction» avec l'avis du docteur de Goumoëns, en ce que ce praticien aurait exprimé, en mai 1996, la crainte d'une «chronification inéluctable»; il s'agit cependant là d'un pronostic exprimé plus de six ans avant l'expertise du SMR que la doctoresse A.________ a précisément infirmé en constatant que la situation du recourant était, en octobre 2002, objectivement stationnaire voire s'était améliorée. 2.2.3 En conséquence, au vu des conclusions de la doctoresse A.________, il convient d'admettre que le recourant dispose d'une capacité de travail de 100 % dans une activité adaptée telle que décrite par celle-ci, diminuée de 10 % en raison des problèmes psychiques - taux fixé par le docteur S.________ auquel se réfère le médecin du SMR -, sans que la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire requise par le recourant s'avère nécessaire. A cet égard, on ne saurait suivre les premiers juges qui, à l'instar de l'intimé, se sont écartés de ces conclusions médicales en retenant l'absence de toute «incapacité de gain en relation avec [le] status psychiatrique» du recourant, sans motiver au demeurant leur considération sur ce point.