Citation: 9C_352/2017 E. 5.3

5.3. Le recourant ne peut pas davantage être suivi lorsqu'il affirme qu'aucune amélioration de sa situation n'est survenue depuis l'octroi initial de la rente, ne serait-ce qu'au regard déjà des capacités retrouvées mises en évidence par la juridiction cantonale sur le plan de l'expression orale et écrite, de la communication et de la prise en charge de soi-même. C'est toutefois l'étendue ou les effets de cette amélioration en relation avec la persistance ou non d'une atteinte à la santé invalidante, qui est litigieuse en l'espèce. A cet égard, les deux expertises administrative et privée au dossier divergent considérablement en ce qui concerne tant l'atteinte psychique à la santé présentée par le recourant que la répercussion de celle-ci sur la capacité de travail (accentuation de certains traits de la personnalité anxieuse sans répercussion sur la capacité de travail pour le docteur E.________/syndrome d'Asperger totalement incapacitant pour le docteur F.________). Or les motifs retenus par la juridiction cantonale pour suivre l'évaluation du docteur E.________ au détriment de celle de l'expert privé - dont elle n'a aucunement mis en doute la valeur probante - relèvent d'une appréciation arbitraire des preuves. Dès lors que le docteur F.________ est arrivé à des conclusions diamétralement opposées de celles de l'expert mandaté par l'intimé, en mettant en évidence sur quels éléments constatés il fondait le diagnostic et les limitations fonctionnelles en découlant, la déduction des premiers juges, selon laquelle l'expert privé "ne remet pas formellement en cause [l']appréciation" du docteur E.________ est manifestement inexacte. En constatant ensuite que ce dernier médecin a abouti à une conclusion parfaitement cohérente (le recourant présente certains aspects d'allure autistique, mais sans qu'ils n'atteignent le seuil diagnostique), l'autorité judiciaire de première instance n'explique encore pas en quoi l'appréciation contraire du docteur F.________ - qui, de son côté, a conclu, en partant de "constatations proches de celles" de son confrère, que le seuil diagnostique était atteint - serait incohérente et n'emporterait pas conviction. En qualifiant de "troublant" le fait que le diagnostic de syndrome d'Asperger n'avait jusqu'alors jamais été posé ou évoqué par les médecins consultés par le recourant, les premiers juges ignorent les explications données par le docteur G.________, médecin directeur général auprès de l'Etat de U.________, auquel s'était adressé le docteur E.________ pour tenter de lever la divergence d'appréciation l'opposant à son confrère F.________. Le docteur G.________ a indiqué qu'il n'était pas rare que le diagnostic d'Asperger ou "d'autisme à haut fonctionnement" fût posé chez des personnes ayant dépassé la trentaine ou la quarantaine, sans qu'aucun médecin n'ait fait état d'une telle atteinte auparavant (courriel au docteur E.________ du 2 novembre 2016). Par ailleurs, on ignore, faute de constatations concrètes, à quelles "ressources plus étendues qu'il n'y paraît" la juridiction cantonale fait allusion lorsqu'elle déduit du "tableau dépeint [...] par le docteur F.________" que les (éventuelles) limitations de l'assuré auraient une "gravité relative". Comme le relève à juste titre le recourant, cette considération ne trouve pas appui dans l'évaluation de l'expert privé, puisque celui-ci retient des limitations fonctionnelles entraînant, selon lui, une incapacité totale de travail, en dépit des ressources dont fait preuve l'assuré dans des activités de loisirs, et que le psychiatre explique par leur caractère routinier et répétitif. Finalement, lorsque les premiers juges retiennent que l'expertise privée constitue une appréciation différente de la situation qui ne parvient pas à remettre en cause l'expertise administrative sur des points importants, leur considération générale ne comprend aucun élément concret permettant de comprendre les motifs qui leur ont permis de trancher la divergence essentielle entre les deux experts en faveur des conclusions du docteur E.________ et non de celles du docteur F.________. En définitive, là où le premier retient une "non collaboration ou collaboration partielle" de la part du recourant (avis complémentaire du 3 décembre 2016), le second constate des déficits dans la communication et des troubles des fonctions exécutives à caractère (entièrement) invalidant, indépendants d'un défaut de volonté de l'assuré (expertise du 4 octobre 2016), sans que le choix de la juridiction cantonale de suivre l'expert administratif ne repose sur des motifs soutenables.