Citation: 7B.87/2006 21.09.2006 E. 2

En vertu de l'art. 169 al. 1 LP, celui qui a requis la faillite répond des frais jusqu'à et y compris le jugement de clôture de la faillite "faute d'actif" (Gilliéron, op. cit., n. 39 ad art. 230 LP). Ces frais ne sauraient être prélevés sur la masse active car, d'une part, le failli a recouvré le pouvoir de disposer des droits patrimoniaux la composant une fois échu, sans avoir été utilisé, le délai imparti aux créanciers en application de l'art. 230 al. 2 LP et, d'autre part, l'office des faillites n'a plus le pouvoir de les réaliser (ATF 90 II 247 consid. 2 p. 253; arrêt 5A.28/2004 du 21 janvier 2005, consid. 5.2; arrêt B.85/1985 du 16 juillet 1985, publié in SJ 1985 p. 543). L'office est toutefois autorisé, une fois la faillite close "faute d'actif", à répartir entre ceux qui ont requis la faillite les actifs disponibles, à savoir les espèces qu'il a prises sous sa garde ou qu'il a perçues et qui sont libres de gage et les avoirs en compte courant qu'il a fait virer sur son compte ("der vorhandene freie Barbetrag") en faisant appel aux principes applicables par analogie en cas de découverte de nouveaux biens après la suspension des opérations (ATF 102 III 78 consid. 5 p. 85; Gilliéron, loc. cit.). En l'espèce, le seul actif disponible était le montant de 559 fr. 30. Ainsi que le constate la décision attaquée, ce montant a été porté par l'office, suite au dépôt de la plainte, en déduction de la somme réclamée à la recourante, de sorte qu'il a reçu un sort conforme à la règle rappelée ci-dessus, la plainte étant d'ailleurs devenue sans objet sur ce point. Quant aux autres actifs inventoriés et confiés à la revendiquante, sans qu'aucune décision n'ait jamais été prise sur la prétention de celle-ci, ils sont retombés dans le pouvoir de disposition de la faillie, ipso facto, dès l'échéance du délai (non utilisé) de l'art. 230 al. 2 LP (12 décembre 2005), étant précisé que la faillie demeurait inscrite au registre du commerce durant les trois mois suivant la publication de l'inscription de la suspension et, en cas d'opposition justifiée à sa radiation, le temps nécessaire à sa liquidation (art. 66 al. 2 ORC; Gilliéron, op. cit., n. 35 ad art. 230 LP). Dès l'échéance du délai de l'art. 230 al. 2 LP, il n'existait donc plus de patrimoine de la masse sur lequel on aurait pu percevoir des frais résultant de la faillite (ATF 102 III 85 consid. 2 p. 87). La garantie de 8'000 fr., remise à l'office en prévision des cas - non réalisés - de dommage, perte ou non-restitution des actifs en question, ne se justifiait plus et devait être rendue sans autre à la revendiquante, ce que l'office a donc fait à bon droit, sans avoir à exiger simultanément la restitution desdits actifs, confiés provisoirement à la revendiquante, dès lors que ceux-ci étaient retombés automatiquement et de plein droit dans le pouvoir de disposition de la faillie.