Citation: 4C.235/1999 03.07.2000 E. 2

2.- a) La demanderesse fait grief à la cour cantonale d'avoir conféré au courrier de l'intimée du 15 octobre 1997 la portée d'une résiliation valable du contrat de travail, en violation des art. 18 et 335 CO. A la suivre, le pli précité ne pouvait pas exprimer la volonté de la défenderesse de résilier la convention, puisque celle-ci contestait l'existence même d'un contrat de travail. Elle en veut pour preuve que la lettre du 15 octobre 1997 ne comportait pas les termes "résiliation" ou "mettre un terme au contrat". b) Les déclarations de volonté, lorsque, comme en l'espèce, le juge n'est pas parvenu à déterminer la volonté réelle des parties, doivent s'interpréter selon le principe de la confiance, soit selon le sens que leur destinataire pouvait et devait leur donner de bonne foi (ATF 126 III 59 consid. 5b; 125 III 305 consid. 2b, 435 consid. 2a/aa; 123 III 165 consid. 3a). Quels que soient les termes utilisés par la défenderesse, la demanderesse ne saurait soutenir n'avoir pas compris, à réception du courrier du 15 octobre 1997, que les relations entre les plaideurs devaient prendre fin le 30 novembre 1997 dans l'hypothèse où les parties étaient liées par un contrat de travail, comme la salariée l'affirmait contre l'avis de l'employeur. En effet, quand une personne nie être liée comme employeur par un contrat de travail et refuse la prestation qui lui est offerte, le destinataire de la déclaration de volonté doit de bonne foi considérer, a fortiori, que cette personne entend se délier du contrat au cas où ce dernier aurait été valablement conclu. La demanderesse est d'autant moins fondée à soutenir le contraire qu'elle a écrit à la défenderesse le 21 août 1997 qu'elle partait du principe qu'elle serait licenciée dès la fin de son incapacité de travail. Comme elle s'attendait à un licenciement, elle devait manifestement comprendre comme tel le courrier de l'intimée du 15 octobre 1997. Dans la mesure où la demanderesse prétend que la défenderesse n'avait pas, en réalité, la volonté de résilier le contrat au cas où il aurait été effectivement conclu, elle se prévaut d'une allégation qui n'a pas été retenue par la cour cantonale, de sorte que le Tribunal fédéral ne saurait la prendre en considération (art. 63 al. 2 OJ). Le grief n'a aucun fondement.