Citation: 4P.131/2005 05.10.2005 E. 3

Dans un second moyen, les recourants se plaignent effectivement d'arbitraire dans l'appréciation des preuves, prohibé par l'art. 9 Cst. Les éléments de preuve retenus par la cour cantonale ne seraient pas suffisants pour démontrer la volonté réelle de l'intimé de reprendre l'exploitation du restaurant X.________. 3.1 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 131 I 57 consid. 2 p. 61; 128 I 273 consid. 2.1 p. 275 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). Il appartient au recourant de démontrer, par une argumentation précise, en quoi la décision incriminée est arbitraire (ATF 130 I 258 consid. 1.3; 129 I 113 consid. 2.1; 125 I 71 consid. 1c p. 76). 3.2 La cour cantonale s'est fondée tout d'abord sur les témoignages de C.________ et de D.________. Le témoin C.________ a déclaré que l'intimé avait refusé un poste de chef de service en mars 2001 en expliquant qu'il allait reprendre sa propre affaire. Quant au témoin D.________, il a affirmé qu'environ un an avant l'échéance du contrat de gérance conclu avec les recourants, l'intimé lui avait demandé d'établir une base de données informatiques destinée à faciliter la gestion du restaurant, car il avait dans l'idée de reprendre l'établissement à l'échéance du contrat de gérance. Même si C.________ a été le supérieur de l'intimé et que D.________ est une amie de la famille de ce dernier, rien ne permet de remettre en cause les déclarations de ces témoins, qui ont déposé sous serment. Il n'est au surplus pas contesté que l'intimé avait laissé son établissement en gérance libre en 1996 parce qu'il devait s'occuper de son père malade. Les recourants ne remettent pas en cause le fait que le bailleur n'avait plus à faire face à ce problème à l'époque de la résiliation; dans ces conditions, il n'y avait rien d'étonnant à ce que l'intimé veuille alors reprendre la gestion de l'établissement dont il est propriétaire. De plus, le témoin E.________ a déclaré sous serment que l'intention de l'intimé était bien, dès le départ, de mettre le restaurant en gérance libre pendant quelques années; cela signifie implicitement que l'intimé avait la volonté de reprendre un jour l'exploitation de l'établissement. Sur la base de ces seuls éléments, la cour cantonale pouvait retenir sans arbitraire le caractère réel du motif de congé invoqué par le bailleur sur l'avis de résiliation. Les considérations des recourants sur la soi-disant intention de vendre de l'intimé apparaissent dès lors sans portée, la volonté de reprendre personnellement la gestion du restaurant étant difficilement conciliable avec l'intention de vendre son bien. Dès l'instant où les recourants ne sont pas parvenus à démontrer que le motif du congé avait été établi à la suite d'une appréciation insoutenable des preuves, l'arrêt attaqué n'est pas entaché d'arbitraire. En conséquence, le recours ne peut être que rejeté.