Citation: 6B_413/2022 E. A

A.a. Le 15 avril 2019, A.________ Ltd (ci-après également: la société), société constituée selon le droit de Hong Kong, a déposé, auprès du Ministère public de la République et canton de Genève, une plainte pénale pour tentative de contrainte (art. 181 CP en lien avec art. 22 CP) contre la banque C.________ SA (ci-après également: la banque), avec laquelle elle avait été liée par un mandat de gestion. La société plaignante, détenue, au travers d'autres sociétés, par trois trusts constitués au bénéfice de la famille B.________, dont fait partie B.________, a exposé en substance que la banque tentait de la contraindre à conserver auprès d'elle l'intégralité de ses avoirs, de l'ordre de 600'000'000 fr., contrairement à son choix de confier désormais la gestion de la majorité de ceux-ci à d'autres établissements bancaires. La banque l'aurait ainsi menacée de débiter un montant de 785'780 fr. des avoirs déposés auprès d'elle, correspondant à une somme qu'elle avait indûment prélevée sur son compte à titre de " rétrocessions inter-groupe " ( Group split fees) en 2017, puis qu'elle lui avait remboursée le 10 juillet 2018 en signe de bonne volonté. La banque aurait aussi laissé entendre qu'elle renoncerait à ce prélèvement si la société abandonnait pour sa part ses prétentions en remboursement d'un montant de 1'200'000 fr. correspondant à des honoraires que la banque avait perçus entre le 1er juillet 2017 et le 1er juillet 2018. Après le remboursement du 10 juillet 2018, les pourparlers engagés auraient échoué, la banque ayant dans ce cadre insinué, malgré l'absence d'accord en ce sens, que le versement était conditionné à la poursuite de leurs relations commerciales. La société a en outre expliqué que, le 29 mars 2019, constatant la dégradation de ses relations avec la banque, elle avait finalement résilié le mandat de gestion avec effet immédiat. A.b. Le 21 août 2020, A.________ Ltd et B.________ ont déposé une plainte pénale complémentaire contre la banque C.________ SA pour violation du secret bancaire (art. 47 de la loi sur les banques [LB; RS 952.0]), extorsion et chantage (art. 156 CP) et contrainte (art. 181 CP). Les plaignantes ont exposé que, le 31 janvier 2020, la banque avait saisi le Tribunal de première instance de la République et canton de Genève d'une demande en paiement, concluant au paiement par la société de montants en capital de 785'780 USD, de 172'000 EUR et de 468'717 francs. Selon les plaignantes, la banque aurait produit, à l'appui de sa demande, des documents relatifs à sa relation avec la société, notamment les documents d'ouverture des comptes, la plainte du 15 avril 2019, ainsi que les pièces la soutenant, sans aucun caviardage, alors que nombre d'éléments ne présentaient aucune pertinence au regard des prétentions élevées. Par une telle démarche, la banque aurait cherché à obtenir de la société qu'elle renonce à lui réclamer le remboursement de ses honoraires de 1'200'000 fr. pour la période de juillet 2017 à juillet 2018, par crainte, à défaut de voir exposés, ne serait-ce qu'aux yeux de la justice, notamment les détails de la fortune de la famille B.________ et de celle des entités qui lui étaient affiliées. S'agissant des actes relevant de la contrainte, les plaignantes ont repris pour l'essentiel les faits déjà exposés dans la plainte du 15 avril 2019.