Citation: 4A_232/2024 E. A

A.a. A.________ (ci-après: A.________) est un club professionnel de football, membre de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), elle-même affiliée à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). B.________ est un joueur de football professionnel ivoirien (ci-après: le joueur ou le footballeur), né en décembre 2002. C.________ (ci-après: C.________) est une équipe de football professionnelle affiliée à la Fédération Norvégienne de Football (FNF), laquelle est membre de la FIFA. A.b. A.________ prétend avoir conclu le 14 novembre 2017 un contrat d'entraînement avec le joueur, en vertu duquel ce dernier n'avait droit à aucune rémunération. A.________ soutient qu'un contrat de travail de durée déterminée échéant le 31 juillet 2022 aurait été conclu avec le footballeur en date du 31 juillet 2019. À teneur dudit contrat, ce dernier devait toucher un salaire mensuel de 63'000 francs CFA. Les signatures prétendument apposées par le joueur - encore mineur à ce moment-là -, sa mère ainsi que le président du club figuraient au pied du contrat. Par convention du 31 juillet 2019, A.________ a prêté le footballeur à un autre club ivoirien pour une saison. Le 9 janvier 2020, C.________ a fait savoir à A.________ qu'il souhaitait que le joueur vienne visiter ses installations sportives pour une durée de deux mois. Le 8 mars 2020, le footballeur s'est rendu à C.________ mais a dû retourner prématurément en Côte d'Ivoire en raison de la crise liée au coronavirus. Le 31 mai 2020, A.________ a supprimé l'enregistrement du footballeur dans le système de régulation des transferts de la FIFA ("Transfer Matching System"). Le 29 juin 2020, la mère du joueur a écrit à la FIF pour dénoncer le contrat de travail prétendument conclu le 31 juillet 2019, dont ni son fils ni elle n'avaient connaissance. Le 10 août 2020, A.________ a signé un contrat de mandat en faveur de D.________ pour lui permettre de le représenter, à titre exclusif, en vue d'un éventuel transfert du joueur au club français E.________. Le 14 août 2020, le joueur et sa mère auraient prétendument signé un contrat avec F.________ et D.________ afin de les autoriser à les représenter dans l'optique d'un potentiel transfert du footballeur au E.________. Ledit contrat expirait le 10 octobre 2020. Il était revêtu de plusieurs signatures manuscrites censées avoir été apposées par le joueur, sa mère et D.________. A.c. Le 30 octobre 2020, la mère du joueur a saisi la Commission du Statut du Joueur de la FIF (ci-après: la CSJ FIF) aux fins de contester la validité du contrat de travail prétendument conclu le 31 juillet 2019. Par décision du 23 décembre 2020, la CSJ FIF a considéré qu'il y avait un doute quant à l'authenticité de la supposée signature du joueur apposée sur ledit contrat et a annulé celui-ci. A.________ a contesté cette décision auprès de la Commission d'appel de la FIF. A.d. Le 4 janvier 2021, A.________ a signé un contrat en vue du transfert du joueur au E.________. Le club français n'a toutefois pas signé ledit contrat. Le 29 janvier 2021, le footballeur a conclu un contrat de travail avec C.________ déployant ses effets à partir du 22 décembre 2020 jusqu'au 31 décembre 2024. Le 2 février 2021, la FIFA a délivré un certificat de transfert international ("International Transfer Certificate") autorisant le joueur à s'enregistrer auprès de la FNF. A.e. Le 16 mars 2021, A.________ a saisi la Chambre de Résolution des Litiges (CRL) de la FIFA d'une demande dirigée notamment contre le joueur et C.________ en vue d'obtenir le paiement de divers montants au titre d'indemnité de formation et de perte de revenus. Le 12 juillet 2021, la FIFA a formulé une "proposition contraignante" ("binding proposal") dans laquelle elle a considéré que C.________ devait payer à A.________ un montant supérieur à 70'000 euros (EUR), intérêts en sus, au titre d'indemnité de formation du joueur. C.________ a réglé ledit montant le 14 juillet 2021. A.f. Le 29 avril 2022, A.________ a assigné le footballeur et C.________ devant la CRL FIFA en vue d'obtenir le paiement d'un montant de 5'165'000 EUR pour rupture injustifiée du contrat de travail ainsi que de la somme de 286'100 EUR au titre de solde de l'indemnité de formation. Par décision du 6 septembre 2022, la CRL FIFA a rejeté cette demande dans la mesure où elle était recevable.