Citation: 1P.224/2001 25.06.2001 E. 2

2.- Selon les recourants, le Tribunal administratif aurait violé arbitrairement l'art. 59 LCI. a) Une décision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou lorsqu'elle contredit d'une manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; à cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si elle apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision critiquée soient insoutenables, encore faut-il que cette dernière soit arbitraire dans son résultat (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170; 125 I 10 consid. 3a p. 15, 166 consid. 2a p. 168, et les arrêts cités). Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre interprétation de la loi soit possible, ou même préférable (ATF 124 I 247 consid. 5 p. 250/251; 120 Ia 369 consid. 3a p. 373; 118 Ia 497 consid. 2a p. 499; 116 Ia 325 consid. 3a p. 326/327). b) Dans la cinquième zone à bâtir, la surface de la construction, exprimée en mètres carrés, ne doit pas excéder 20% de la surface de la parcelle (art. 59 al. 1 LCI). Toutefois, lorsque les circonstances le justifient et que cette mesure est compatible avec le caractère, l'harmonie et l'aménagement du quartier, le département peut autoriser, après consultation de la commune et de la commission d'architecture, un projet de construction en ordre contigu dont la surface de plancher ne dépasse pas 25% de la surface du terrain (art. 59 al. 4 let. a LCI). Selon le Tribunal administratif, l'art. 59 al. 4 let. a LCI constituerait une clause d'esthétique, dans l'application de laquelle il s'impose une certaine retenue lorsque les préavis des autorités inférieures sont unanimes. Comme tel était le cas en l'espèce, le Tribunal administratif a tenu les conditions de l'art. 59 al. 4 let. a LCI comme remplies, solution confortée par l'inspection locale à laquelle il avait procédé. Les recours critiquent cette appréciation. Dans un premier moyen, ils soulignent que la commune s'était opposée au projet, pour des raisons liées à l'esthétique. Dans un deuxième moyen, ils reprochent au Tribunal administratif de n'avoir pas tenu compte du fait que la commission d'architecture, dans son préavis du 5 décembre 2000, aurait émis le voeu de voir la surélévation des bâtiments en question se faire selon la proposition des recourants. Ces arguments ne sont pas déterminants. Selon le texte clair de l'art. 59 al. 4 let. a LCI, les avis de la commune et de la commission d'architecture sont consultatifs. Partant, ils ne lient ni le département, ni le Tribunal administratif, lequel a en outre pu se forger sa propre opinion en se rendant sur place. A cela s'ajoute que la commission d'architecture a donné un préavis favorable à l'un et à l'autre projet, celui des recourants comme celui des intimés. On ne peut donc opposer un préavis à l'autre, comme semblent le faire les recourants. Enfin, sur le vu de la jurisprudence qui vient d'être rappelée, les recourants ne sont de toute manière pas recevables à se prévaloir de l'art. 59 al. 4 let. a LCI en tant que cette disposition met en jeu l'appréciation du caractère esthétique des bâtiments comme condition pour déroger à une norme fixant la densité des constructions.