Citation: 4A_134/2023 E. A

A.a. Par contrat de bail du 8 mai 1990 conclu avec la précédente propriétaire, à laquelle ont succédé, en tant que cobailleurs, C.________ et son frère B.________, A.________, qui était déjà locataire d'un autre appartement dans l'immeuble, a pris à bail l'appartement de deux pièces situé au 6e étage de cet immeuble sis près de la gare ferroviaire, à Genève. Le bail d'une durée initiale d'un an, du 1er septembre 1990 au 31 août 1991, est renouvelable ensuite tacitement d'année en année, avec préavis de résiliation de trois mois. Le loyer initial était de 358 fr. par mois, auquel s'ajoutait 65 fr. d'acompte de charges. En dernier lieu, le loyer se monte à 390 fr. et 98 fr. de charges (art. 105 al. 2 LTF). L'appartement est destiné à l'habitation et le locataire est autorisé à le sous-louer à un membre de son personnel. Sa surface ne résulte pas de l'arrêt attaqué. A.b. Au cours des années, le locataire a longtemps sous-loué l'appartement litigieux à des tiers. Ainsi, de 2004 à 2012, il a été sous-loué à un tiers, qui n'était pas employé du locataire, et, en tout cas d'août 2005 à février 2009, pour un montant supérieur au loyer. Une résiliation de bail, donnée en 2005 pour cause de sous-location non annoncée, a été annulée, faute d'avoir été précédée d'un avertissement écrit (arrêt 4A_456/2010). Jusqu'en 2012, le locataire a habité avec son épouse à Versoix. Depuis 2013, après la séparation d'avec celle-ci, le locataire a vécu dans l'appartement loué. Entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre 2018, il n'y vivait pas seul, ayant sous-loué à un colocataire, pour un montant de 600 fr., charges comprises. Ces faits sont contestés par les cobailleurs. A.c. Par avis sur formule officielle du 21 août 2019, les cobailleurs ont communiqué au locataire la résiliation du bail pour son échéance du 31 août 2020, sans indication de motif. A.c.a. En procédure, les cobailleurs ont allégué que le locataire vivait en Valais, alternativement à Versoix, et non dans l'appartement litigieux. Ils ont également motivé le congé par la volonté de la cobailleresse, qui était âgée de 75 ans (en 2020) et domiciliée en Valais, d'habiter elle-même cet appartement de deux pièces lorsqu'elle se rendait toutes les semaines à Genève, du lundi au mercredi, soit trois nuits par semaine pour s'occuper de sa petite-fille de 6 ans. A l'époque et encore au cours de la procédure, elle s'occupait de celle-ci dans sa maison de Chêne-Bourg, où elle vivait avant son départ en Valais, une quinzaine d'années plus tôt. Elle ne souhaitait toutefois plus y habiter car cette maison nécessitait trop d'entretien; elle voulait la louer, mais ne l'avait pas encore fait puisqu'elle ne pouvait occuper l'appartement litigieux qui était l'objet de la procédure. Elle comptait s'installer à Genève sur le long terme dans cet appartement, parce qu'il est au 6e étage, et donc calme, dans un immeuble situé près de la gare et qu'elle y connaît des locataires, notamment l'une de ses filles, ainsi que le frère de son filleul. Les cobailleurs sont copropriétaires de l'immeuble en cause, comprenant 18 locaux, dont deux arcades et 15 appartements de trois pièces, ainsi que l'appartement de 2 pièces litigieux. La cobailleresse est propriétaire de la maison de Chêne-Bourg. Les cobailleurs sont également copropriétaires de deux autres immeubles, un à Carouge, comprenant de grands appartements de cinq pièces, et l'autre à la rue de Monthoux, comprenant de petits appartements avec cuisines ouvertes sur salon. La cobailleresse a déclaré en procédure qu'un appartement au 5e étage de l'immeuble litigieux était effectivement vide depuis mai ou juin 2021, mais trop grand pour elle et en rénovation. De son côté, son frère cobailleur a déclaré qu'il était logique que sa soeur souhaite habiter cet appartement de deux pièces, vu ses besoins, quand bien même il était tellement petit qu'il se demandait s'il répondait aux normes en vigueur. C'était également cohérent avec le projet d'aménagement de l'appartement en loft, discuté par le passé. Il ignorait pour quelle raison sa soeur ne souhaitait pas occuper un appartement de l'immeuble de la rue de Monthoux. A.c.b. De son côté, le locataire, qui a eu 82 ans en 2020, a déclaré qu'il avait vécu à Versoix jusqu'en 2012 environ avec son épouse avec laquelle il ne s'entendait pas, en se rendant quelques fois par semaine dans l'appartement loué. Depuis 2013, il y vivait seul de manière permanente et souhaitait y rester. Le sous-locataire qui avait ponctuellement occupé l'appartement en dormant dans le salon depuis 2017 était parti en 2018. Le locataire a affirmé ne pas vivre en Valais et ne pas y avoir d'activité. Il était effectivement propriétaire d'un chalet à Crans-Montana, qu'il avait donné à ses enfants, tout en en conservant l'usufruit, et il s'y rendait de temps en temps pour s'occuper de ce bien.