Citation: 1B_281/2021 E. 3

Dans un grief d'ordre formel, le recourant se plaint que la Chambre des recours pénale ait statué avant réception de son courrier du 6 avril 2021 et sans avoir tenu compte des éléments qu'il contenait en réponse aux déterminations de l'intimée et des moyens de preuve qui l'accompagnaient. Selon l'art. 58 al. 2 CPP, la personne visée par la demande de récusation prend position sur la demande. Cette disposition est impérative. Elle tend à permettre l'établissement des faits et à garantir le respect du droit d'être entendu, tant de la personne concernée que de l'auteur de la demande de récusation auquel un droit de réplique doit, le cas échéant, être accordé. Cette mesure d'instruction a toute son importance puisque l'administration d'autres preuves est en principe limitée, voire exclue (cf. art. 59 al. 1 CPP) et qu'aucune autorité cantonale de recours n'est susceptible de revoir les faits (ATF 138 IV 222 consid. 2.1). En l'espèce, comme cela ressort du dossier, la Chambre des recours pénale a communiqué au recourant les déterminations déposées par la Procureure le 30 mars 2021. Elle a statué le lendemain empêchant ainsi le recourant de se déterminer à leur propos comme il en avait le droit. La violation du droit d'être entendu est évidente. I l appartient aux parties, et non à l'autorité ou au juge, de décider si une prise de position nouvellement versée au dossier contient des éléments déterminants qui appellent des observations de leur part (ATF 139 I 189 consid. 3.2). Le recourant avait un intérêt à connaître la position de la Procureure qui contestait les reproches de partialité formulés à son encontre et à pouvoir répondre. Il a d'ailleurs réagi dans un délai raisonnable en adressant des déterminations écrites à la Chambre des recours pénale le 6 avril 2021 dans lesquels il détaillait les motifs invoqués à l'appui de sa demande de récusation. Or, la Chambre des recours pénale n'a pas été en mesure de tenir compte de ces éléments puisqu'elle a statué le jour suivant la transmission de la prise de position de l'intimée au recourant. Ce dernier dénonce ainsi à juste titre une violation de son droit d'être entendu.