Citation: I 320/01 10.12.2001 E. 2

2.- a) Pour évaluer le revenu sans invalidité, les premiers juges ont retenu que la recourante avait perdu son emploi pour des motifs étrangers à son invalidité (cessation de l'activité de l'établissement de X.________) et qu'il était exclu qu'elle pût réaliser auprès d'un autre employeur un revenu équivalent à celui versé par Y.________ AG. Ils ont estimé que l'activité décrite par la recourante correspondait en réalité à une activité de chef de rayon qui, chez H.________ SA, lui aurait assuré un revenu annuel de 49 400 fr. b) Hypothétique, le revenu sans invalidité n'en doit pas moins être évalué de manière aussi concrète que possible. C'est pourquoi il convient, en règle générale, de se référer au dernier salaire que l'assuré a obtenu avant l'atteinte à la santé, qui équivaut normalement à une prestation de travail correspondante. Pour cette raison, la preuve de l'existence de circonstances justifiant de s'écarter du revenu effectivement réalisé est soumise à des exigences sévères, qu'il s'agisse de l'évaluation du revenu avec ou sans invalidité et de la preuve de circonstances justifiant de s'écarter du revenu effectif en faveur ou en défaveur de l'assuré (arrêt non publié W. du 23 juillet 1999 [I 200/98]; cf. en relation avec l'évaluation du revenu d'invalide, ATF 117 V 18; 110 V 277 consid. 4c). La preuve de l'existence de telles circonstances n'est pas rapportée en l'espèce. D'une part, le salaire versé à la recourante correspondait, selon son ancien employeur, à son rendement (réponses au questionnaire pour l'employeur, du 30 septembre 1996). On ne peut, d'autre part, opérer aucune déduction, en ce qui concerne la capacité de gain de la recourante, des termes utilisés par son ancien employeur qui la désignait tantôt comme "collaboratrice", tantôt comme "gérante du centre" (Centerleiterin). Par ailleurs, les seuls renseignements fournis par un unique exploitant de grande surface de vente au détail ne permettent pas d'établir que l'ancienne activité de la recourante aurait correspondu à une activité de vendeuse en électroménager, voire de chef de rayon, et qu'elle n'aurait pu, de ce chef, espérer un revenu supérieur à 49 400 fr. l'an. Enfin, contrairement à l'opinion des premiers juges, l'activité déployée par la recourante, au bénéfice de l'expérience acquise durant plus de dix ans et exercée de manière autonome, ne saurait être qualifiée de simple et répétitive selon la classification de l'Enquête suisse sur la structure des salaires, si bien que les données économiques statistiques auxquelles ils se sont référés ne permettent pas non plus d'étayer la solution à laquelle ils sont parvenus. Il n'existe dès lors pas de raison suffisante, en l'espèce, de ne pas retenir le revenu que la recourante réalisait chez son ancien employeur comme revenu sans invalidité, si bien qu'il convient de se référer au salaire de 65 975 fr. qu'elle percevait auprès de Y.________ AG.