Citation: I 515/03 15.09.2004 E. 3

3.1 La recourante reproche à l'administration et aux premiers juges d'avoir admis à tort qu'elle dispose d'une pleine capacité de travail, alors que les expertes du COMAI avaient pourtant attesté une incapacité de travail de 50 % due à ses troubles somatoformes douloureux. De l'avis de la recourante, son degré d'invalidité devrait en conséquence être arrêté en fonction de l'incapacité de travail retenue par les médecins du COMAI, ce qui justifie le renvoi de la cause à l'intimé à cette fin. 3.2 Selon les doctoresses L.________ et B.________, la recourante souffre d'un trouble somatoforme douloureux persistant de type fibromyalgie (F45.4) ainsi que d'un état dépressif léger sans syndrome somatique (F32.00). Eu égard aux principes qui viennent d'être rappelés, il s'agit de déterminer si l'AI doit répondre de l'incapacité de travail que cette affection psychique engendre. A la lecture du rapport d'expertise du 15 janvier 2002, il apparaît clairement que le critère de la comorbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée importantes n'est pas réalisé. En effet, le trouble somatoforme ne s'accompagne en l'occurrence que d'un état dépressif léger sans syndrome somatique, qui n'est d'ailleurs pas traité (p. 13 en bas). Les auteurs du rapport d'expertise n'ont certes pas attesté que les quatre autres critères retenus par la jurisprudence ne seraient pas réalisés. Toutefois, en ce qui concerne le premier d'entre eux (la chronicité des douleurs), on peut se demander s'il atteint vraiment l'intensité et la constance exigées par la jurisprudence, dès lors que les douleurs ne paraissent pas empêcher la recourante de vaquer régulièrement à diverses activités non professionnelles. Quant au deuxième critère (la perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie), il n'est pas rempli au vu des renseignements anamnestiques fournis. Au demeurant, la reconnaissance du caractère invalidant de troubles somatoformes chez de jeunes assurés, en l'absence de comorbidité psychiatrique, doit rester exceptionnelle (cf. Meyer-Blaser, op. cit., p. 87). Dans un tel cas, en effet, on doit admettre que la personne n'a pas épuisé toutes ses ressources psychiques lui permettant de surmonter sa douleur. Enfin, les expertes du COMAI se disent conscientes du fait qu'elles ont tenu compte de critères qui ne sont pas déterminants pour apprécier le caractère invalidant de troubles somatoformes, à l'instar du faible niveau de la formation professionnelle de la recourante, du désarroi dans lequel elle est plongée quant à la prise en charge de ses futurs frais médicaux en cas de retour au Portugal, de l'échec de son émigration en Suisse, ainsi que de la maladie de son époux, rentier de l'AI qui est reparti au pays avec leurs enfants (p. 13 du rapport). 3.3 Dans ces conditions, on doit nier - d'un point de vue juridique - qu'une mise en valeur de la capacité de travail de la recourante, jugée complète au plan somatique dans une activité adaptée, ne puisse plus entièrement être exigée d'elle. Le recours est mal fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: