Citation: 2C_204/2024 E. 4.3

4.3. En l'espèce, il ressort de l'arrêt attaqué que le Secrétariat aux migrations a rendu une décision refusant d'entrer en matière sur la demande d'asile de l'intimé en date du 23 janvier 2024, que celui-ci a quitté le Centre le 26 janvier 2024 et qu'il y est revenu spontanément le 7 février 2024; le dossier ne précise pas si cette décision avait été communiquée à l'intéressé, avant qu'il ne parte du Centre; les juges précédents en ont conclu qu'il n'était donc pas possible d'établir un lien de causalité entre les deux événements. Comme le soutient le recourant, l'art. 76a al. 2 let. b LEI et la jurisprudence y relative n'exigent pas un lien de causalité entre la notification de la décision de non-entrée en matière sur une demande d'asile et la disparition de la personne concernée. En revanche, le fait qu'une telle décision ait ou non été communiquée à l'étranger avant sa disparition constitue un fait à prendre en considération, avec les autres éléments pertinents pour évaluer le comportement de celui-ci, afin de déterminer s'il a cherché à se soustraire à son renvoi et si la condition de l'art. 76a al. 1 let. a en lien avec l'al. 2 let. b LEI est réalisée. Ainsi, par hypothèse, un risque de fuite pourrait être retenu, alors que la décision de non-entrée en matière n'avait pas été notifiée au requérant d'asile débouté avant sa disparition, compte tenu du comportement de celui-ci à d'autres moments de son parcours et sur d'autres points (mensonges, fausse identité, etc.).