Citation: 6B_155/2019 E. 2.2

2.2. Dans une ordonnance du 18 juin 2018, la cour cantonale a exposé que le recourant avait demandé l'audition des dix personnes mentionnées dans l'acte d'accusation comme ayant acquis des stupéfiants auprès de lui. L'intéressé admettait que celles-ci avaient été entendues en bonne et due forme durant la procédure préliminaire, mais considérait que leurs déclarations constituaient les seules preuves à charge concernant le trafic de stupéfiants et que la cour cantonale devait auditionner ces individus directement. Selon la cour cantonale, les déclarations des dix personnes concernées ne constituaient pas les seuls indices pointant l'existence d'un trafic de stupéfiants. En particulier, le recourant avait épargné près de 10'000 fr. en 14 mois alors qu'il émargeait à l'assistance sociale. L'impression immédiate obtenue par une audition directe des dix clients ne pouvait donc influencer de manière décisive le sort de la cause. Dans le jugement attaqué, l'autorité précédente a ajouté qu'il ne s'agissait pas d'une situation de "déclarations contre déclarations" au sens de la jurisprudence, puisque les dénégations du recourant s'opposaient aux mises en cause de dix personnes différentes. Elle a également indiqué que les déclarations litigieuses avaient été corroborées par d'autres indices importants. Ainsi, le recourant détenait 11 cartes SIM lors de son arrestation et avait changé de numéro téléphonique à plusieurs reprises, ce qui était caractéristique des trafiquants de stupéfiants. Il avait échangé, avec ses clients, des SMS laissant transparaître l'existence du trafic et avait entretenu des contacts téléphoniques sans avoir eu d'autres motifs que la vente de stupéfiants pour ce faire. La police avait en outre saisi un couteau portant des traces d'héroïne au domicile du recourant. Un voisin de ce dernier avait enfin déclaré à la police qu'"énormément de monde" se présentait chez l'intéressé, sonnant puis repartant, surtout le soir.