Citation: 4C.134/1999 20.04.2000 E. 2

2.- a) Lorsqu'il est saisi d'un recours en réforme, le Tribunal fédéral fonde son arrêt sur les faits tels qu'ils ont été constatés par la dernière autorité cantonale, à moins que des dispositions fédérales en matière de preuve n'aient été violées, qu'il y ait lieu de rectifier des constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compléter les constatations de l'autorité cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents et régulièrement allégués (art. 64 OJ; ATF 119 II 353 consid. 5c/aa; 117 II 256 consid. 2a). Il ne peut être présenté de griefs contre les constatations de fait (art. 55 al. 1 let. c OJ; ATF 120 II 280 consid. 6c), ni contre l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée l'autorité cantonale (ATF 122 III 26 consid. 4a/aa, 61 consid. 2c/bb; 120 II 97 consid. 2b). Les faits nouveaux sont irrecevables (ATF 121 III 436 consid. 5b p. 440). b) Au vu de l'état de fait déterminant (art. 63 al. 2 OJ), on peut d'emblée rejeter le moyen de la recourante apparemment fondé sur le fait que B.________, en tant qu'administrateur de la défenderesse, était au courant du caractère illicite du prélèvement des 100 000 fr. dans les liquidités de la demanderesse, en sorte qu'il a engagé, par sa fonction d'organe, la responsabilité de Y.________ en vertu de l'art. 55 CC. Comme l'a observé justement la cour cantonale, pour que la responsabilité de la personne morale soit mise en jeu à la suite des agissements d'un organe, il faut que le dommage soit la conséquence d'opérations qui, vu la nature de l'organe, étaient de sa compétence. La personne morale ne répond en effet pas des actes commis par un organe à titre privé (ATF 124 III 418 consid. 1b; 121 III 176 consid. 4a et les références). Or, en l'espèce, il ressort des constatations cantonales que B.________ a soustrait seul les 100 000 fr., en son nom propre et pour son usage personnel, en profitant de sa qualité d'administrateur unique de la demanderesse. Partant, il est exclu d'admettre qu'il ait agi en qualité d'organe de la défenderesse. c) Les circonstances de l'espèce ne permettent pas plus de retenir que l'intimée a engagé sa responsabilité de mandataire au sens de l'art. 398 al. 2 CO. Aucun élément ne révèle que la défenderesse, chargée uniquement de la tenue des comptes de la demanderesse, se serait mal acquittée de cette tâche et aurait par là causé un dommage à sa mandante. Les comptes ont été correctement tenus, mentionnant sous forme de dette de B.________ le prélèvement opéré par ce dernier. Un retard fautif et dommageable dans cette comptabilisation n'a pas été établi. La violation par B.________ de ses obligations contractuelles envers la recourante, dans le cadre de ses fonctions d'administrateur de celle-ci, ne con- cerne en rien la défenderesse, pas plus que le mandat comptable que X.________ S.A. lui avait confié. d) Quant à la responsabilité contractuelle de l'intimée consécutive aux actes de son prétendu auxiliaire B.________ (art. 101 CO), elle n'apparaît nullement. De fait, ainsi que l'a relevé pertinemment la cour cantonale, trois conditions cumulatives sont nécessaires pour retenir la responsabilité du débiteur en application de cette disposition, à savoir l'existence d'un préjudice, que ce dommage soit causé par un auxiliaire et que ce dernier agisse dans l'accomplissement de son travail (Engel, Traité des obligations en droit suisse, 2e éd., p. 742; Gauch/Schluep/Schmid/Rey, Schweizerisches Obligationenrecht, Allgemeiner Teil, 7e éd., n. 2857, p. 157 s.). Dès lors que c'est dans le cadre de son mandat d'administrateur de la demanderesse que B.________ a causé un dommage à celle-ci, et non pas dans le cadre du mandat de tenue des comptes conféré à la défenderesse, cette dernière ne peut pas répondre de ce dommage en application de l'art. 101 CO.