Citation: 2A.306/2000 09.01.2001 E. 4

4.- Les époux L.________ ont cohabité un certain temps et ils ont même eu un enfant ensemble. Toutefois, d'autres éléments du dossier retiennent également l'attention. Les époux L.________ ont quelque dix-huit ans de différence, ce qui n'est pas négligeable. Au moment de son mariage, la recourante n'avait plus de titre de séjour valable et elle vivait irrégulièrement en Suisse. Une fois mariés, les époux L.________ ont cohabité moins de trois mois et ils n'ont pas repris la vie commune. PL.________ a du reste intenté une action en divorce environ deux mois et demi après son mariage. La recourante, pour sa part, a accusé son mari de brutalité. Par ailleurs, après avoir quitté le domicile conjugal, elle a hébergé M.________, un étudiant marocain qui, par plusieurs déclarations et actions, a fait naître le doute sur la nature des sentiments qu'il a pour elle. En outre, les différentes déclarations des époux L.________ et de M.________ sont émaillées de contradictions. L'intéressée semble d'ailleurs avoir mené de front deux relations, l'une avec son mari et l'autre avec M.________, qui n'aurait pas pu la faire venir en Suisse s'il l'avait épousée, puisqu'il avait le statut d'étudiant étranger. On peut donc se demander si la recourante n'a pas contracté mariage dans le but d'éluder les dispositions sur le séjour et l'établissement des étrangers ou, à défaut, si elle ne se prévaut pas abusivement d'un mariage qui n'existe plus que formellement pour obtenir la prolongation de son autorisation de séjour. Il n'est cependant pas nécessaire de trancher ces questions. En effet, le recours doit de toute façon être admis.