Citation: 2C_723/2022 E. 4.5

4.5. Reste encore à examiner si la rétrogradation respecte le principe de la proportionnalité (cf. supra consid. 4.2 in fine). L'intéressé estime que seul le prononcé d'un avertissement serait approprié. En l'occurrence, il n'est pas contesté que la mesure prise à l'encontre du recourant, en ce qu'elle lui rappelle de manière contraignante ses obligations d'intégration, est apte à inciter celui-ci à changer de comportement à l'avenir pour mieux s'intégrer en Suisse. S'agissant du critère de la nécessité, il convient de relever que, au vu de la gravité des actes criminels reprochés à l'intéressé (que celui-ci semble du reste vouloir relativiser) et de la situation économique obérée de celui-ci (qui perdure depuis de nombreuses années), le prononcé d'un avertissement n'apparaît pas suffisant pour atteindre le but d'intégration poursuivi. Quant à l'intérêt privé du recourant à conserver son autorisation d'établissement, celui-ci ne saurait l'emporter sur l'intérêt public à ce qu'il remédie à ses déficits d'intégration, ce d'autant plus que, malgré la rétrogradation, l'intéressé peut rester en Suisse et continuer à y vivre sa vie familiale. Il lui sera en outre possible de demander à nouveau, dans cinq ans et pour autant qu'il remplisse les exigences en matière d'intégration, l'octroi d'une autorisation d'établissement (en ce sens, cf. arrêt 2C_1053/2021 du 7 avril 2022 consid. 5.6). Dans ces circonstances, en renonçant à prononcer un avertissement et en confirmant la rétrogradation de l'autorisation d'établissement du recourant, le Tribunal cantonal n'a pas violé le principe de proportionnalité.