Citation: 4C.253/2003 22.01.2004 E. A.a

Au printemps 1992, les époux A.________, qui désiraient acquérir un immeuble locatif à Vevey, ont cherché le moyen de financer cette acquisition. Ils se sont tout d'abord adressés à des établissements bancaires avant d'approcher X.________, Société d'assurances sur la vie (ci-après: X.________), par l'intermédiaire de B.________, son agent principal à Z.________, qu'ils ont rencontrés les 28 avril, 1er, 4 et 15 mai 1992. Cet agent leur a soumis en tout cinq variantes contenant des tableaux comparatifs des systèmes d'amortissement direct et indirect du prêt hypothécaire. Les époux A.________ ont opté pour l'amortissement indirect. Le 13 mai 1992, X.________ leur a soumis une offre concernant un prêt hypothécaire en 1er rang de 1'100'000 fr., offre qu'ils ont acceptée le 15 du même mois. A cette date, sieur A.________ a signé une proposition d'assurance-vie individuelle prévoyant le versement d'une prime annuelle de 35'156 fr. pendant 24 ans. Le 1er juin 1992, les époux A.________ ont acheté l'immeuble en question. Le prêt consenti par la X.________ a servi à payer une partie du prix de vente. Sieur A.________ a versé la première prime le 15 juin 1992. Par un avenant du 10 août 1992 au contrat de prêt, le taux hypothécaire a été bloqué à 7,5% pendant 5 ans, soit du 2 juin 1992 au 1er juin 1997, le prêt ne pouvant être dénoncé que pour cette dernière date au plus tôt. A.b Au début avril 2003, sieur A.________ a entrepris des démarches auprès de X.________ en vue de trouver une solution au problème résultant de la baisse du taux hypothécaire. Il craignait, en effet, de ne plus pouvoir respecter ses engagements contractuels fondés sur un taux d'intérêt fixe, alors que ses locataires commençaient à solliciter des réductions de loyer en raison de la baisse du taux de référence. X.________ a refusé de modifier les conditions du prêt. Par lettre recommandée du 24 février 1994, sieur A.________ a demandé à X.________ d'annuler le contrat de prêt et la police d'assurance pour le motif que le document intitulé "Analyse de financement", qui avait conduit à la signature de ces deux contrats, comportait trop d'erreurs essentielles avantageant le système d'amortissement indirect proposé par elle. Cette lettre a été suivie de pourparlers transactionnels. Finalement, X.________ a proposé à sieur A.________ un remboursement anticipé du prêt au 31 décembre 1995. Le conseil de l'assuré a fait savoir que son client acceptait cette proposition, mais qu'il réservait ses droits pour le surplus. Le 27 novembre 1995, sieur A.________, par lettre de son avocat, s'est plaint auprès de X.________, sur la base d'un avis de droit et d'une analyse financière, d'avoir été victime d'un dol. Il s'est vu opposer une fin de non-recevoir. Le 20 décembre 1995, les époux A.________ ont payé la dernière tranche d'intérêts, sur un total de 295'166 fr. 70. sieur A.________ a cessé de payer les primes de l'assurance-vie; il a versé à ce titre 140'624 fr. en tout. En exécution d'une réquisition de poursuite des époux A.________ du 21 décembre 1995, X.________ s'est vu notifier, le 3 janvier 1996, un commandement de payer portant sur la somme de 250'000 fr., intérêts en sus. Elle y a fait opposition.