Citation: 5D_43/2019 E. 6.2

6.2. En l'espèce, contrairement à ce que soutient la recourante, l'autorité cantonale n'a pas retenu en fait que le droit à la rente complémentaire AVS de l'enfant majeur en tant que tel ne serait pas établi. Elle a seulement relevé qu'on ignorait si cet enfant avait perçu directement la rente en question. Or, la recourante ne prétend pas que l'autorité cantonale aurait arbitrairement retenu qu'un droit à la rente complémentaire perdurait après la majorité de l'enfant. Compte tenu du montant inférieur de la contribution d'entretien à la rente AVS, le fait qu'il existe un droit à la rente complémentaire suffit ainsi à refuser sans arbitraire la compensation de la créance mise en poursuite avec les montants dus à titre de contributions d'entretien selon la décision de mesures protectrices. En effet, si compensation il devait y avoir, elle ne pourrait porter que sur la créance en remboursement d'une rente AVS pour enfant qui aurait été versée à l'intimé (cf. art. 285 al. 2bis aCC), faute pour l'enfant majeur d'en avoir réclamé le versement direct. Toutefois, la recourante n'a pas prouvé cette créance. Elle n'a démontré ni que son enfant n'avait pas perçu directement la rente, ni que l'intimé les avait perçues à sa place et omis de les lui reverser. Par ailleurs, elle n'a produit aucune cession concernant le remboursement des rentes dues postérieurement à la majorité de l'enfant. Quant à son argument selon lequel le droit à la rente complémentaire AVS serait nouveau, il est également erroné: l'allégation et la preuve du droit à la rente figuraient au dossier de première instance, la recourante ayant produit la décision de mesures protectrices de l'union conjugale - d'où il ressort que l'intimé est rentier -, la décision de la caisse de compensation versant des arriérés dus à l'enfant et l'attestation d'inscription à l'université de sa fille valable jusqu'en septembre 2018. Il suit de là que les griefs de la recourante doivent tous être rejetés.