Citation: 1P.334/2004 23.06.2004 E. A

Le 22 mai 2003, X.________ s'est adressé au Procureur général du canton de Genève pour s'accuser de détournements de fonds commis dans la gestion de la société Z.________, pour un montant de plusieurs dizaines de millions de francs. Le 24 mai 2003, le Juge d'instruction du canton de Genève a inculpé X.________ d'abus de confiance, de gestion déloyale, d'escroquerie et de faux dans les titres. Il a ordonné son placement immédiat en détention préventive à la prison de Champ-Dollon. Le 20 octobre 2003, le Juge d'instruction a remis X.________ en liberté provisoire, moyennant le respect d'une douzaine de conditions. Le 28 novembre 2003, Y.________, tenancière d'un salon de massage, a informé le Juge d'instruction qu'en mai 2003, X.________ lui avait remis une somme de 360'000 fr. en espèces. Ce montant correspondait à un contrat pour la fourniture ultérieure de prestations en nature, pour un montant de 240'000 fr., et à un cadeau, pour le solde. X.________ lui réclamant le remboursement de l'argent versé, Y.________ a indiqué être disposée à restituer à X.________ le montant de 240'000 fr., le contrat n'ayant pas été exécuté, et de conserver le solde pour elle. Le 28 novembre 2003, le Juge d'instruction a entendu X.________, qui a contesté avoir voulu récupérer le montant en question. Il l'a inculpé de blanchiment d'argent et ordonné sa réincarcération. A.________ et B.________ ont confirmé que X.________ avait eu l'intention de récupérer un montant d'environ 300'000 fr. auprès de Y.________. A ce sujet, X.________ a expliqué, le 9 décembre 2003, que la somme remise à Y.________ provenait de la vente de biens immobiliers. Le 29 avril 2004, le Juge d'instruction a ordonné la libération provisoire de X.________, sous diverses charges et conditions. Le Procureur général s'étant opposé à cette décision, la cause fut transmise à la Chambre d'accusation du canton de Genève, laquelle a refusé la libération provisoire de X.________, le 7 mai 2004. Elle a considéré que les besoins de l'instruction exigeaient le maintien en détention. Elle a retenu l'existence d'un risque de collusion et de réitération, que les charges et conditions envisagées par le Juge d'instruction ne pouvaient dissiper.