Citation: 4A_248/2022 E. 4.2.2

4.2.2. En revanche, le point de savoir si le degré requis est ou non atteint en l'espèce relève de l'appréciation des preuves et elle ne peut être revue par le Tribunal fédéral que si celle-ci est arbitraire (art. 9 Cst.). Le moyen pris de la violation de l'art. 8 CC se révèle ainsi sans objet en tant qu'il porte sur cette question. En l'occurrence, la recourante ne soulève pas le grief d'arbitraire ni ne démontre que l'appréciation des preuves opérée par les juges précédents serait entachée d'arbitraire, ce qui scelle le sort du moyen considéré. En tout état de cause, les explications de la recourante, revêtant au demeurant un caractère appellatoire marqué, se révèlent impropres à démontrer une quelconque appréciation arbitraire des preuves des juges précédents. En l'espèce, la cour cantonale a exposé, par le menu, les raisons qui l'incitaient à retenir que le versement effectif du salaire de la recourante était bel et bien intervenu. A cet égard, elle a notamment relevé que l'époux de la recourante avait lui aussi le statut de patron du restaurant et qu'il avait accès aux liquidités et au compte bancaire de l'intimée. Dans de telles circonstances, il n'était guère concevable que ni lui ni la recourante n'aient perçu de salaire durant la totalité de leur engagement, soit pendant plus de neuf mois s'agissant de la recourante. Tous les autres employés de l'intimée avaient du reste confirmé avoir toujours reçu leur salaire à temps. Les époux ne s'étaient du reste jamais plaints de ne pas avoir été payés auprès de leurs collègues avec lesquels ils entretenaient pourtant de bonnes relations. Le motif tiré du non-paiement du salaire ne figurait même pas dans la lettre de démission de la recourante, ni dans celle de son époux. Les charges sociales dues sur les salaires de la recourante avaient en outre été versées aux assurances sociales, ce qui constituait un élément supplémentaire plaidant en faveur de la thèse de l'intimée selon laquelle il avait été convenu que le salaire de la recourante lui serait versé directement par son mari, en liquide, l'intéressée ayant du reste admis ne pas posséder de compte bancaire. S'agissant des quittances de salaire litigieuses produites en cours de procédure, il était certes établi qu'elles n'avaient pas été signées par la recourante. Cela étant, la question de savoir qui avait effectivement signé ces documents demeurait indécise, dès lors que les époux C.________ soutenaient, sans l'avoir démontré, que le mari de la recourante leur aurait remis ces documents dans le cadre d'un contrôle CCNT. La preuve du paiement effectif du salaire de la recourante n'était certes pas établie par lesdites quittances mais elle l'était de manière suffisante sur la base de l'ensemble des autres éléments. A la lecture de l'arrêt attaqué, il appert ainsi que la cour cantonale n'a négligé aucune circonstance importante dans son raisonnement. Dans son mémoire de recours, l'intéressée se contente de substituer sa propre appréciation des preuves à celle des précédents juges. Sa démonstration ne permet ainsi nullement d'établir que la solution retenue par l'autorité précédente serait insoutenable. C'est le lieu du reste de préciser que l'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution serait envisageable, voire préférable. Quant à la circonstance selon laquelle l'époux de la recourante possédait un compte bancaire, on ne discerne pas en quoi cet élément, prétendument ignoré par l'autorité précédente, aurait pu avoir en l'occurrence une quelconque influence sur le résultat auquel les juges sont parvenus. Il s'ensuit le rejet du moyen examiné dans la mesure de sa recevabilité.