Citation: 4A_416/2022 E. 3.3.2

3.3.2. La recourante se limite à reprocher à la cour cantonale de s'être basée sur un seul élément, soit la réduction du nombre de représentants au conseil d'administration, et sur les effets hypothétiques qu'entraînerait une telle réduction sur l'influence que peut exercer l'actionnaire minoritaire sur les décisions du conseil d'administration. Cependant, elle ne conteste ni le fait qu'avec un seul représentant, elle devrait convaincre davantage d'administrateurs (6 au lieu de 3) pour emporter un vote du conseil (majorité de 7), ni le fait qu'avec un seul représentant au conseil, son pouvoir de persuasion sur les autres administrateurs serait diminué. Pourtant, la première de ces déductions est incontestable puisqu'elle est mathématique, et la seconde découle de l'expérience générale de la vie. Lorsqu'elle soutient que l'on ne saurait se baser sur ce seul élément et, implicitement, qu'il faudrait encore qu'une atteinte soit portée à d'autres droits sociaux et patrimoniaux de l'actionnaire minoritaire, la société ne tente pas la moindre démonstration de ce qu'elle avance; elle n'indique pas quel droit garanti à l'actionnaire minoritaire ferait apparaître comme mineure ou insignifiante l'atteinte portée à son droit d'avoir quatre représentants au conseil d'administration, excluant ainsi toute lésion manifeste, et ce alors même qu'en 1983, cet avantage avait été introduit pour compenser le déséquilibre engendré pour cet actionnaire "historique" par la création d'actions privilégiées. Sans autre précision, le grief d'omission de faits concernant l'absence de lésion d'autres droits sociaux et patrimoinaux est donc irrecevable. En bref, les griefs de la recourante sur cette condition doivent être rejetés dans la mesure où ils sont recevables.