Citation: 6B_718/2015 E. 1

Le recourant se plaint en premier lieu d'une violation de son droit à un procès équitable, conformément à l'art. 6 par. 3 CEDH, au motif qu'il n'a pas été en mesure de faire entendre C.________, ce dernier ayant été auditionné puis contraint de quitter le territoire suisse avant même que le recourant ne soit informé de la procédure menée contre lui. Il soutient que les déclarations de C.________ ont été essentielles à sa condamnation car sans elles la cour cantonale aurait dû considérer qu'il avait demandé à son employé de présenter ses papiers et que celui-ci avait été contrôlé seulement deux à trois jours après, de sorte qu'il avait satisfait à son devoir de diligence. Conformément à l'art. 6 par. 3 let. d CEDH, tout accusé a le droit d'interroger ou de faire interroger les témoins à charge. Il s'agit d'un des aspects du droit à un procès équitable consacré par l'art. 6 par. 1 CEDH qui exige, dans la règle, que les éléments de preuve soient produits en présence de l'accusé lors d'une audience publique, en vue d'un débat contradictoire. Cette garantie exclut ainsi, en principe, qu'un jugement pénal soit fondé sur les déclarations de témoins sans qu'une occasion appropriée et suffisante soit au moins une fois offerte au prévenu de mettre ces témoignages en doute et d'interroger les déclarants. Le droit du prévenu de faire poser des questions à un témoin à charge est absolu lorsque la déposition de cette personne constitue une preuve décisive. Néanmoins, lorsqu'il n'est plus possible de faire procéder à une audition contradictoire en raison du décès, de l'absence ou d'un empêchement durable du témoin, la déposition recueillie au cours de l'enquête peut être prise en considération alors même que le prévenu n'aurait pas eu l'occasion d'en faire interroger l'auteur, mais à condition qu'elle soit soumise à un examen attentif, que le prévenu puisse prendre position à son sujet et que le verdict de culpabilité ne soit pas fondé sur cette seule preuve (ATF 131 I 476 consid. 2.2 p. 480 ss et les arrêts cités). En l'espèce, non seulement il n'est plus possible de procéder à une audition du témoin, qui est introuvable, mais de surcroît les déclarations de ce dernier ne constituent pas une preuve décisive pour la condamnation du recourant. En effet, le recourant a lui-même admis ne pas s'être assuré auprès de son employé que celui-ci était au bénéfice d'une autorisation de travailler en Suisse. En outre, la durée de la période pendant laquelle C.________ a travaillé pour lui ne constitue pas un élément pertinent pour déterminer si l'infraction est réalisée.