Citation: 1B_162/2019 E. 3.2

3.2. Comme l'a considéré la cour cantonale, il convient de tenir compte, dans l'appréciation du risque de réitération, de la gravité des faits reprochés au recourant, lesquels ont trait en l'occurrence non seulement à des coups assénés à son épouse régulièrement depuis 2016 - à divers endroits du corps et parfois au moyen d'objets -, mais également à sa séquestration au domicile conjugal pendant une dizaine de jours ainsi qu'à des menaces de mort. Ces faits dénotent en l'espèce une violence significative au regard de leur durée et de leur intensité, le recourant étant accusé de s'en être pris sur une période prolongée tant à l'intégrité corporelle qu'à la liberté d'autrui. A cela s'ajoute que les soupçons à l'encontre du recourant ne se limitent pas strictement à des actes commis au préjudice de son épouse, mais qu'il lui est également reproché d'avoir menacé de " sacrifier " leurs enfants, ceci pour préserver son honneur, son épouse l'ayant selon lui trompé avec d'autres hommes. En outre, si le casier judiciaire du recourant ne comporte certes aucune inscription, il apparaît toutefois qu'une précédente procédure pénale avait déjà été initiée en 2016 par son épouse à la suite de coups qu'il lui aurait adressés, puis classée du fait que l'intéressée, qui semblait avoir peur de son mari, n'avait pas osé révoquer dans le délai légal l'accord de suspension survenu lors de l'audience de confrontation (cf. art. 55a al. 1 et 2 CP; cf. arrêt entrepris, consid. 4.2 p. 9). En dépit de l'absence de condamnation, on peut déduire de cette procédure que les difficultés conjugales de ce couple - l'époux générant à tout le moins un sentiment de peur chez son épouse - sont profondes et durables et que, surtout, comme le relève l'autorité précédente, l'existence même de cette procédure n'a pas dissuadé le recourant de s'en prendre à son épouse par la suite. Enfin, le recourant, qui a admis avoir été très jaloux après avoir appris l'infidélité supposée de son épouse, ne semble pas vouloir se soumettre à l'ordre juridique suisse. Ainsi, à propos des difficultés rencontrées avec son épouse, il explique avoir "contacté son père, comme le veut notre tradition, chez nous ", ajoutant qu'il devait avec son épouse " en parler à notre famille et trouver une solution avant d'informer les autorités " (procès-verbal d'audition du recourant du 19 décembre 2018, p. 4). Dans une audition subséquente, à propos du retour de son épouse du Kosovo organisé le 18 décembre 2018 avec l'aide des autorités suisses, le recourant explique : " J'ai mal pris le fait qu'elle soit de retour car nous étions partis pour discuter et qu'il s'agissait d'une nouvelle trahison. Pour vous répondre, quand il y a une tromperie, on en discute en famille afin d'éviter un divorce. C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas en discuter en Suisse " (procès-verbal d'audition du recourant du 20 décembre 2018, p. 2-3). Au moment de leur séjour au Kosovo à la mi-décembre 2018, il aurait ainsi envisagé, selon B.A.________, de la forcer à vivre dans ce pays auprès de sa famille - comme il l'aurait fait avec sa précédente épouse -, alors que, pour sa part, il serait reparti en Suisse pour s'occuper seul des enfants du couple (cf. procès-verbal d'audition de B.A.________ du 11 février 2019, p. 7 s.). Cela étant, la gravité des faits reprochés au recourant, sa tendance à minimiser leur importance conjugué à sa vision des modalités de la résolution des conflits conduit, en l'état, à considérer, à l'instar de la cour cantonale, le risque de récidive comme concret, le prévenu compromettant sérieusement la sécurité d'autrui.