Citation: 9C_580/2022 E. 6

En l'occurrence, la cour cantonale a considéré que le SDRC n'était pas présent ou plus d'actualité lors de l'expertise au plus tard dès lors que, dans le rapport du 24 avril 2019, le docteur C.________ avait démontré que les critères diagnostiques nécessaires pour retenir une telle pathologie n'étaient pas remplis. Elle a abouti à cette conclusion en se basant sur les "critères de Budapest", fixés par la doctrine médicale. Elle a relevé que l'expert avait attesté l'existence d'une douleur continue, disproportionnée par rapport à l'événement initial (critère 1), ainsi que de symptômes dans les quatre catégories somatosensorielle, vasomotrice, sudomotrice/oedème et motrice/trophique (critère 2), mais qu'il n'avait en revanche observé qu'un signe clinique dans ces mêmes catégories alors qu'il en fallait au moins deux pour retenir le critère 3 et - partant - le SDRC. Elle a par ailleurs considéré que le docteur E.________ n'attestait aucun élément médical nouveau dans son rapport du 13 juillet 2021 et que, même s'il faisait état d'un oedème à l'index de la main gauche (soit un signe supplémentaire dans les catégories du 3 e critère diagnostique du syndrome litigieux) dans son rapport du 20 décembre 2021, son évaluation des limitations fonctionnelles et de la capacité de travail était dénuée de toute valeur probante. On peut douter que, comme le fait valoir la recourante, la juridiction cantonale pouvait légitimement nier d'emblée l'existence d'un SDRC. En effet, l'oedème à l'index de la main gauche signalé par le docteur E.________ est de toute évidence un élément objectif nouveau par rapport aux constatations du docteur C.________, qu'il s'agit d'une atteinte objectivée et présente lors du prononcé de la décision litigieuse du 24 janvier 2022 (sur l'état de fait déterminant pour apprécier la légalité de décisions administratives, cf. notamment ATF 144 V 210 consid. 4.3.1 et les références) et que, si on intégrait l'oedème à l'analyse des critères diagnostiques d'un SDRC par les premiers juges, il semblerait que le diagnostic en question puisse être retenu (cf. arrêt 8C_416/2019 du 15 juillet 2020 consid. 5.1). Quoi qu'il en soit, le résultat auquel a abouti le tribunal cantonal n'est pas arbitraire (sur cette notion, cf. p. ex. ATF 139 III 334 consid. 3.2.5 et les références). En effet, l'expert n'a pas retenu un SDRC sur la base des constatations qu'il avait faites lors de son examen clinique. Il n'a toutefois ignoré ni les douleurs à la main gauche ni l'incidence de ces douleurs sur la capacité de travail au contraire de ce que l'assurée laisse entendre. Il a diagnostiqué un syndrome de douleurs chroniques de la main gauche après un événement traumatique mineur survenu le 5 février 2017 et retenu le port de charges de plus de 5 kg et les activités manuelles complexes parmi les limitations permettant la pratique d'une activité adaptée à 70%. Cette appréciation - reprise par la cour cantonale - ne peut pas valablement être mise en doute par l'allégation générale d'une douleur disproportionnée par rapport à l'événement déclenchant ou d'une impossibilité objective d'utiliser le bras gauche et d'exercer une activité autre que monomanuelle, qui ne ressort au demeurant pas des rapports établis par le docteur E.________ les 13 juillet et 21 décembre 2021. Le recours doit donc être rejeté.