Citation: 1P.675/2001 20.12.2001 E. A

Le 25 avril 2000, Y.________, née le 20 mars 1973, a déposé plainte contre X.________ pour chantage, extorsion, menaces, lésions corporelles simples et viol. Elle exposait en substance avoir fait la connaissance, en 1992, de X.________, de dix ans son aîné. Ils ont décidé de vivre ensemble et ont emménagé dans un appartement commun en février 1996. Leur relation s'est peu à peu dégradée. Selon la jeune femme, X.________ aurait adopté à son égard un comportement de plus en plus autoritaire, exigeant qu'elle lui remette son argent, l'humiliant et l'injuriant en public, lui faisant subir des violences physiques et la terrorisant au point qu'elle est devenue dépressive et anorexique. Le 1er octobre 1998, elle a profité de l'absence de son ami pour s'installer dans son propre studio, avant de lui annoncer quelques jours plus tard qu'elle mettait un terme à leur relation. Celui-ci a très mal supporté cette séparation et exigé que son ex-amie le dédommage pour les frais qu'il aurait consentis en sa faveur durant ses études, en la menaçant notamment de venir l'importuner sur son lieu de travail et de s'en prendre physiquement à elle et à ses proches. Elle aurait ainsi versé la somme de 10'000 fr. pour récupérer la piano qu'elle avait laissé au domicile de X.________. Le 20 novembre 1998, elle lui aurait en outre remis, sous la menace, une somme de 35'000 fr. empruntée à la Banque Procrédit de Genève, en exécution d'une reconnaissance de dette signée sous la contrainte le 21 septembre 1998, qu'il aurait refusé de lui restituer. Par la suite, elle lui aurait encore donné 1'000 fr. après avoir vainement tenté de contracter un nouvel emprunt de 35'000 fr. Elle aurait également signé une reconnaissance de dette de 20'000 fr. Enfin, elle aurait versé sur le compte de son ex-ami des acomptes mensuels de 500 fr. entre le 29 avril 1999 et le 30 mars 2000, en déduction de son salaire d'institutrice. En février 1999, X.________ l'aurait invitée à passer à son appartement pour discuter. Il l'aurait contrainte par la violence et la menace à entretenir des relations intimes. Il se serait en outre par la suite rendu à deux reprises dans son studio et l'aurait forcée à avoir un rapport sexuel complet avec lui. X.________ a nié l'intégralité des accusations portées contre lui. S'il a reconnu avoir touché de la plaignante 10'000 fr. et 500 fr. par mois entre avril 1999 et mars 2000, il s'agissait, selon lui, d'une contribution volontaire aux frais d'entretien pour la période de leur vie commune durant laquelle elle étudiait. L'instruction pénale a permis d'établir que, de septembre 1996 à septembre 1997, X.________ a perçu plus de 32'000 fr. de prestations de chômage alors qu'il réalisait des revenus du même ordre de grandeur en travaillant au noir.