Citation: 5A_741/2020 E. 5.1

5.1. Elle considère que le Tribunal cantonal ne pouvait lui reprocher un défaut d'allégation des faits et preuves justifiant de la recevabilité de sa demande devant le juge de district. Dite autorité avait confondu l'examen des conditions de recevabilité de la demande avec celui des conditions de validité de l'autorisation de procéder. Selon elle, le devoir d'allégation n'entrerait pas en ligne de compte pour examiner ces conditions-ci. Sous cet angle, le raisonnement des juges cantonaux violerait les art. 59, 209 al. 2 et 221 CPC. Le devoir d'allégation étant invoqué sans fondement, les appréciations du Tribunal cantonal qui en découlaient, notamment sous l'angle de la bonne foi, du devoir d'interpellation du juge et du respect du droit d'être entendu, seraient arbitraires et violeraient le droit applicable. La recourante est d'avis qu'au vu du doute créé par l'autorisation de procéder quant à la désignation exacte de Q1.________, le respect du droit d'être entendu et la bonne foi en procédure commandaient au juge de district de l'interpeller en lui donnant un délai pour clarifier la question. Cela, non pas pour pallier une négligence procédurale de sa mandataire, qui s'était correctement fiée à l'extrait du cadastre pour identifier ce défendeur et diriger l'action à son encontre, mais pour lui permettre de redresser la mention erronée figurant sur l'autorisation de procéder, voire de renommer ce défendeur si un changement non reporté au cadastre était survenu depuis la requête de conciliation. Le principe de la bonne foi et le respect du droit d'être entendu justifiaient, selon elle, tout particulièrement une interpellation par le premier juge, sachant qu'elle avait clairement été confrontée à la difficulté d'identifier, dans un court délai péremptoire, 37 copropriétaires, dont certains domiciliés à l'étranger, avec pour seules informations celles résultant de l'extrait du cadastre. Outre qu'il entraînait la perte définitive de son droit d'action, le prononcé d'irrecevabilité serait d'autant plus choquant que l'autorisation de procéder identifiait le copropriétaire Q1.________ au moyen d'une adresse complète en Italie, de sorte que l'exigence de la désignation précise des parties au procès pour permettre les notifications et communications était remplie. La précision fournie quant à l'adresse de ce défendeur indiquait également que la requête de conciliation avait pu lui être notifiée. Par ailleurs, s'il y avait une inexactitude à rectifier, elle était possible dans la procédure en cours. Dans ces circonstances, sauf à tomber dans le formalisme excessif, rien ne justifiait de considérer que la désignation différente du copropriétaire Q1.________ dans l'autorisation de procéder relevait d'un vice irréparable commandant un prononcé d'irrecevabilité. S'agissant de l'hoirie de feu S1.________, la recourante considère qu'on ne pouvait retenir qu'elle avait été négligente dans l'identification des héritiers, dès lors qu'il était difficile de se procurer les renseignements utiles s'agissant d'héritiers à identifier en Italie et qu'elle avait accompagné sa demande d'une lettre au juge de district indiquant qu'un certificat d'héritiers devait être demandé à la veuve du défunt. Ayant démontré qu'elle était consciente du vice affectant sa demande, le principe de la bonne foi et le respect du droit d'être entendu auraient là aussi commandé de l'interpeller aux fins d'expliquer les raisons du vice affectant l'autorisation de procéder - et, par conséquent, la demande - et d'y remédier comme elle le demandait. L'irrecevabilité prononcée procédait également d'un formalisme excessif, dès lors que tant la requête de conciliation que l'autorisation de procéder démontraient qu'à tout le moins un des membres de l'hoirie de feu S1.________ était connu, soit sa veuve M.________, laquelle avait reçu, à la même adresse, la requête de conciliation pour elle-même et pour les autres membres de l'hoirie. L'indication incomplète des membres de l'hoirie pouvait ainsi être réparée et le prononcé d'irrecevabilité ne se justifiait par aucun intérêt digne de protection, ce d'autant qu'il était lié à la perte définitive de son droit d'action. Au demeurant, en appel, Me Robert Wuest s'était constitué aussi bien pour la défense de la veuve de feu S1.________ que des deux autres héritiers, N.________ et O.________. Même si, en raison du procédé du premier juge, leur identité était précédemment inconnue, les héritiers concernés étaient donc bien identifiés et avaient été informés de l'ouverture de l'action. Quoi qu'il en soit, la recourante considère qu'elle a été en mesure de démontrer en appel les démarches entreprises pour identifier lesdits héritiers, même s'il ne s'agissait pas de faits en rapport avec l'objet du litige. Dès lors, à supposer qu'elle ait eu l'obligation d'alléguer de tels faits, le refus du Tribunal cantonal d'accepter le dépôt du courrier électronique du juge de commune du 25 mars 2019 et ses annexes, qui démontraient qu'elle avait en vain demandé le certificat d'héritiers de feu S1.________ à l'administrateur de la copropriété puis à son mandataire, violait l'art. 317 al. 1 let. b CPC. Il en allait de même des pièces relatives aux démarches du juge de commune entreprises avant la saisine du juge de district, dès lors qu'elle n'en avait à aucun moment été informée.