Citation: 5A_826/2014 E. 2

Dans plusieurs arrêts, qui concernaient tous des offices de poursuites du canton de Fribourg, le Tribunal fédéral a jugé qu'une réquisition de poursuite comparable à celle que la recourante a formée en l'espèce est conforme aux exigences légales et réglementaires (art. 67 al. 1 LP et art. 3 Oform) (arrêts 5A_551/2014 du 26 février 2015 [destiné à la publication]; 5A_854/2014 et 5A_975/2014 du 1er avril 2015). En bref, il a considéré: - que, selon la jurisprudence, le créancier qui est titulaire de plusieurs créances à l'encontre d'un même débiteur est en droit de requérir une seule poursuite pour toutes ses prétentions ( cf. arrêt 5A_136/2013 du 16 décembre 2013 consid. 3.1.2, publié in : SJ 2014 I p. 315: lorsqu'une créance causale est garantie par plusieurs cédules hypothécaires, les créances abstraites peuvent faire l'objet d'une seule et même réquisition de poursuite), ce principe étant notamment applicable aux prestations périodiques (contributions d'entretien, salaires, loyers, etc.); - que la réquisition de poursuite n'est soumise à aucune prescription de forme particulière (art. 67 al. 1 LP), l'emploi des formulaires n'étant, au surplus, pas obligatoire (art. 3 al. 1 Oform); - que l'" Instruction n° 2" promulguée le 15 avril 2014 par le Service de haute surveillance en matière de LP ne se réfère expressément qu'au commandement de payer, et ne prescrit rien au sujet de la forme et du contenu de la réquisition de poursuite, qui est, par surcroît, un acte de procédure du poursuivant ( cf. sur ce dernier point: arrêt 5A_362/2013 du 14 octobre 2013 consid. 3.2); - que cette " Instruction n° 2" est une simple ordonnance administrative au sens de l'art. 15 al. 3 LP qui s'adresse uniquement aux autorités de poursuite et que son chiffre 13 ( i.e. limitation à dix créances) - motif sur lequel l'Office a fondé sa décision - excède le cadre légal. Vu les principes rappelés ci-dessus, l'Office était ainsi tenu de déférer à la réquisition de la poursuivante; en confirmant son refus, l'autorité de surveillance a dès lors violé le droit fédéral.