Citation: 4A_336/2022 E. 1

S'alignant sur l'examen de cette " incompétence évidente " effectué par le Tribunal de première instance, qui n'avait pas, comme tel, fait l'objet de critiques en appel, et reprenant le glissement de notions du Tribunal, la cour cantonale a considéré que les tribunaux genevois étaient a priori compétents pour connaître de l'appel en cause, les défendeurs n'ayant pas soutenu ni motivé que la clause d'élection de for contenue dans le contrat de mandat de gestion entre le demandeur et l'appelée en cause s'appliquerait à la requête d'appel en cause. Puis, elle a admis la condition de la connexité matérielle pour trois motifs en cascade. Principalement, en se basant sur les allégations des défendeurs, selon lesquelles l'appelée en cause avait géré, avec le défendeur no 2, le compte bancaire du demandeur, elle a retenu que l'exigence d'un tel lien de connexité était réalisée puisque la responsabilité des défendeurs pour le dommage allégué par le demandeur serait également imputable à l'appelée en cause en sa qualité de gérante principale. " Pour le surplus ", elle a estimé que le demandeur avait agi en responsabilité tant contractuelle que délictuelle, de sorte que, au stade de l'admissibilité de l'appel en cause, les défendeurs n'avaient pas à préciser quelle norme de comportement l'appelée en cause aurait violée dans le cadre de la gestion du compte; ils pouvaient se contenter de faire référence aux prétentions délictuelles pour établir la connexité. Et enfin, " [p]ar ailleurs ", elle a jugé que, si une application directe de l'art. 129 al. 1 LDIP n'entrait pas en ligne de compte, faute d'allégation d'un acte illicite de l'appelée en cause à l'égard des défendeurs, il était possible, " [a]u vu du mécanisme de l'appel en cause ", de tenir compte de l'acte illicite allégué à l'encontre du demandeur.