Citation: 6B_1386/2021 E. 8.2

8.2. En l'espèce, selon les faits constatés par la cour cantonale, de manière à lier le Tribunal fédéral, le recourant a omis de manière fautive de prendre en considération les règles de l'art de construire, lesquelles auraient permis de réduire les risques inhérents au travail en hauteur. En tant qu'entrepreneur expérimenté dans le domaine de la construction, il ne pouvait en particulier pas ignorer le fait que la non-fixation définitive des grilles présentait les caractéristiques - selon les termes du jugement attaqué - d'un "piège mortel" pour lui-même et ses subordonnés. A l'inverse de ce que soutient le recourant, pour respecter les règles de l'art de construire, il ne lui suffisait en outre nullement d'attirer l'attention de ses employés sur le danger (ATF 109 IV 15 consid. 2a). Au contraire, le recourant était en l'espèce tenu de prendre, pour prévenir le risque de chute, toutes les mesures dont l'expérience a démontré la nécessité, que l'état de la technique permet d'appliquer et qui sont adaptées aux conditions données (art. 82 al. 1 LAA; art. 6 al. 1 de la loi fédérale du 13 mars 1964 sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce [LTr; RS LTr], ainsi que les dispositions de l'OPA et de l'OTConst citées par la cour cantonale). Les manquements en matière de sécurité étaient en outre propres à entraîner pour l'un quelconque de ses subordonnés un accident du genre de celui qui s'est produit, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie. A l'inverse de ce que soutient le recourant, l'ensemble des ouvriers présents sur le chantier, y compris le recourant lui-même, ont par conséquent été exposés à une atteinte à leur vie ou à leur intégrité corporelle. Dans la matinée du 26 septembre 2016, le grutier mandaté pour l'occasion avait d'ailleurs déjà failli chuter de l'escalier métallique après qu'une grille, non fixée définitivement, s'était dérobée sous ses pieds.