Citation: 2C_312/2021 E. 6.2

6.2. Selon la jurisprudence, la garantie d'un délai de départ raisonnable découlant de l'art. 64d al. 1 LEI doit permettre à l'étranger concerné de résilier selon les exigences légales sa place de travail et son logement, de mener à bien les autres formalités de départ et de préparer son arrivée dans le pays d'origine (cf. arrêts 2C_815/2018 du 24 avril 2019 consid. 5.4; 2D_32/2018 du 25 juillet 2018 consid. 2). Sous l'angle de la proportionnalité, plus la durée du séjour est longue, plus le délai de départ devrait être généreux. La faculté prévue à l'art. 64d al. 1 LEI de prolonger exceptionnellement un délai de départ au-delà de la fourchette légale raisonnable de sept à trente jours ne doit toutefois pas être utilisée pour accorder à l'étranger une prolongation de facto de son séjour. S'agissant de l'adéquation du délai de départ, il est important de savoir à partir de quel moment l'étranger doit s'attendre à devoir quitter définitivement le pays; on peut raisonnablement attendre de lui qu'il prenne immédiatement les mesures nécessaires pour quitter lui-même le pays dès qu'il a connaissance du caractère définitif de la décision de renvoi et non pas qu'il attende sans rien faire qu'un délai lui soit fixé (cf. arrêts 2C_487/2020 du 17 août 2020 consid. 6.3.1; 2C_815/2018 précité consid. 5.4 et les arrêts cités). En l'occurrence, par décision de renvoi du 22 janvier 2021, le départ de la recourante a été fixé au 6 février 2021, soit un délai de départ de quinze jours, qui a ensuite été prolongé de huit jours, à savoir au 14 février 2021. L'intéressée, comme on l'a vu (cf. supra consid. 4), ne peut pas prétendre à une prolongation de son délai de départ respectivement au report d'une durée indéterminée de son renvoi. Elle ne peut en outre pas se prévaloir d'un long séjour en Suisse et ne prétend pas devoir prendre des mesures organisationnelles irréversibles avant son départ, telles que la résiliation d'un contrat de travail ou de bail. Enfin, elle ne pouvait ignorer, depuis le 20 novembre 2020 et le dépôt de la plainte pénale de son gendre, que son séjour en Suisse était de durée limitée, raison pour laquelle elle a, au demeurant, demandé la prolongation de son visa en décembre 2020. Il était donc attendu d'elle, à tout le moins depuis sa décision de renvoi du 22 janvier 2021, qu'elle prenne ses dispositions pour un tel départ, notamment en entamant les formalités de départ et en préparant son arrivée dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, tout nouveau délai de départ intervenant dans la fourchette légale de sept à trente jours de l'art. 64d al. 1 LEI n'apparaîtrait manifestement pas disproportionné, quoi qu'en pense l'intéressée (cf. a contrario arrêts 2C_631/2018 du 4 avril 2019 consid. 6; 2C_634/2018 du 5 février 2019 consid. 8.2). A cet égard, il faut considérer qu'en invitant le Service cantonal à fixer un "bref délai" à la recourante pour quitter la Suisse, le Tribunal cantonal fait référence à la fourchette légale précitée, tout en laissant à l'autorité inférieure le soin de le fixer en tenant comptes des circonstances d'espèce.