Citation: 6P.63/2005 24.06.2005 E. 1

8.3 La peine a été fixée dans le cadre légal, en suivant les critères posés par l'art. 63 CP et sans se laisser guider par des considérations étrangères à cette disposition. Il reste à examiner si elle est exagérément sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. En raison des infractions retenues, le recourant encourait une peine maximale de quinze ans de réclusion (art. 68 ch. 1 al. 1, 187 ch. 1 et 189 al. 1 CP). De septembre 1999 à décembre 2000, il a commis, à plusieurs reprises, des actes sexuels sur sa fille, née en 1990, qui n'avait pas la capacité de résister et de s'opposer à ces atteintes étant donné son infériorité cognitive et sa dépendance émotionnelle et sociale (cf. supra consid. B.c). Par pur égoïsme, il n'a pas tenu compte de la fragilité de son enfant, alors qu'il l'y avait été rendu attentif par des mises en garde, dès le début de l'exercice du droit de visite, puis, par la suite, par la tutrice de Y.________. Il s'est très vite rendu compte de l'effet que provoquaient sur lui les contacts physiques avec sa fille; il n'a toutefois rien fait pour les éviter et les a au contraire favorisés et recherchés pour satisfaire ses pulsions sexuelles. Il était responsable de ses actes et conscient de leur illicéité, mais n'a jamais rien entrepris pour y mettre un terme. Durant l'enquête, il a certes assez rapidement passé aux aveux, mais a cherché des circonstances atténuantes dans le comportement de sa fille qu'il a jugé provocateur. En sa défaveur, on peut encore relever le concours d'infractions et ses antécédents judiciaires. Il a été condamné, le 21 février 1991, à 7 jours d'emprisonnement pour violation grave des règles de la circulation et, le 2 décembre 1999, à 20 jours d'emprisonnement avec sursis et à 700 fr. d'amende pour ivresse au volant et violation des règles de la circulation. A sa décharge, il faut retenir les difficultés socio-affectives mises en évidence par les experts et les troubles de la personnalité constitutifs d'un développement mental partiellement incomplet (cf. supra consid. B.d), les regrets qu'il a manifestés en procédure ainsi que du temps écoulé depuis la fin des agissements délictueux. Au vu de ces éléments, la peine de trois ans et demi de réclusion, partiellement complémentaire à celle prononcée le 2 décembre 1999, ne peut être qualifiée d'excessive au point qu'elle procéderait d'un abus du pouvoir d'appréciation.