Citation: 5A_263/2024 E. 5.2.1

5.2.1. Il fait d'abord valoir en substance qu'au moment de déposer sa demande en modification, il savait uniquement que l'intimé s'était marié, sans connaître la date du mariage, et en avait déduit que le mariage avait exercé une influence sur ses charges. Il ne pouvait pas se douter, au regard des documents à sa disposition, que l'intimé cohabitait avec son épouse. Cette cohabitation avait " certainement " été définitive et durable après la signature de la transaction, chacun des époux ayant gardé son appartement, à tout le moins durant la période de la procédure judiciaire menant à la transaction. Le budget de l'intimé allégué lors de la conclusion de dite transaction correspondait donc à son budget réel, indépendamment du mariage. Ce n'était pas le mariage qui constituait le fait nouveau pertinent en soi, mais les conséquences de celui-ci sur la situation financière de l'intimé. La Cour de justice ne pouvait pas se limiter à considérer schématiquement que, dans la mesure où le mariage de l'intimé avait été conclu avant la transaction judiciaire, il ne pouvait s'agir d'un fait nouveau ouvrant la voie à l'action en modification. Elle se devait d'établir les éléments relatifs aux conséquences concrètes du mariage sur la situation financière de l'intimé et le moment auquel ces conséquences étaient intervenues. Il sera d'abord rappelé, d'une part, qu'il appartient à la partie qui agit en modification de démontrer que les conditions en sont remplies et, d'autre part, que le devoir des autorités d'établir les faits d'office conformément à la maxime inquisitoire illimitée (art. 296 al. 1 CPC) ne dispense pas les parties de collaborer à la procédure, en invoquant les faits et en apportant les preuves qu'elles jugent pertinentes pour juger de la cause (arrêts 5A_329/2022 du 2 novembre 2022 consid. 3.1.3; 5A_242/2019 du 27 septembre 2019 consid. 3.2.1). En l'occurrence, le recourant ne prétend pas ni ne démontre avoir allégué et offert de prouver au cours de la procédure cantonale que les conséquences du mariage étaient postérieures à celui-ci. Au contraire, il ressort de l'arrêt entrepris que le recourant avait invoqué le mariage de l'intimé comme fait nouveau et le recourant concède dans son recours avoir déduit que le mariage avait eu une influence sur les charges de l'intimé. Le Tribunal avait par ailleurs admis la demande en modification du recourant au motif que le mariage avait modifié la situation financière de l'intimé. Invoquée pour la première fois devant le Tribunal fédéral, la différence que le recourant tente d'opérer entre la conclusion du mariage et les conséquences qui en découlent contrevient au principe de la bonne foi procédurale. Elle apparaît au demeurant mal fondée dans la mesure où les allégations mentionnées dans le recours pour montrer en l'occurrence que les conséquences du mariage sont postérieures à celui-ci ne reposent que sur de simples suppositions, le recourant n'apportant en particulier aucun élément probant permettant d'établir que l'intimé et son épouse s'étaient mis en ménage seulement après leur mariage.