Citation: 1P.161/2000 02.05.2000 E. A

A.- Par arrêt du 4 juin 1999, la Cour d'assises du canton de Genève a condamné S.________ à dix huit ans de réclusion et à l'expulsion à vie du territoire suisse, pour l'assassinat de son épouse F.________ et atteinte à la paix des morts. Le 15 juillet 1994, alors que F.________ s'était constitué un domicile séparé et avait manifesté son intention de se séparer, S.________ avait annoncé avoir tué sa femme, notamment au frère de celle-ci. Il aurait passé la soirée à Neuchâtel avant de s'enfuir dans divers pays, sous de fausses identités. Les restes du corps de la victime, découpée en 538 morceaux, ont été découverts le lendemain dans des sacs dispersés dans la cave de l'appartement et les conteneurs à ordures. Des traces de sang de S.________ ont été retrouvées dans l'appartement. S.________ a été arrêté au Canada le 28 mars 1997 et extradé vers la Suisse. L'accusé plaidait le meurtre passionnel, l'homicide par négligence, les lésions corporelles graves ou le meurtre. Il disait avoir surpris son épouse en compagnie d'un autre homme qui l'avait frappé avant de s'enfuir; il aurait ensuite battu sa femme, provoquant sa mort, et chargé un certain X.________ de "s'occuper de tout". La Cour d'assises a toutefois écarté ces explications. Dans ses premières déclarations, S.________ n'avait jamais mentionné l'existence d'un homme dans l'appartement. Selon les experts légistes, la cause de la mort était probablement une blessure à l'arme blanche ou une noyade, et non des coups ou une chute. Les explications de l'accusé étaient contradictoires, et l'intervention du dénommé X.________ n'était pas plus vraisemblable. L'accusé avait agi dans le but d'empêcher son épouse de retrouver sa liberté, et le dépeçage de la victime dénotait une absence particulière de scrupules. Les conclusions civiles du Tuteur général, représentant des deux enfants du couple, ont été accordées.