Citation: 5A_574/2023 E. 3.3.4

3.3.4. Cette dernière remarque relève du simple procès d'intention, de sorte qu'elle ne mérite pas plus ample développement. Quoi qu'en dise la recourante, il n'apparaît pas insoutenable de considérer que les décomptes des heures qu'elle a produits, qui sont des documents internes à la recourante, complétés de manière manuscrite, non datés et non signés, ne sont pas à eux seuls suffisants pour prouver que l'inscription provisoire respecte le délai de l'art. 839 al. 2 CC. Ses considérations, en partie appellatoires, sur leur caractère exhaustif, exact et central ne permettent pas de leur donner une force probante plus élevée de celle que l'arrêt entrepris lui a accordée. Cela étant, la cour cantonale a jugé que la date de la livraison et de la pose de la porte palière figurant dans le décompte d'heures était incertaine en raison de témoignages divergents de deux employés de la recourante, des courriels de F.________ d'où il ressortait que la fin " impérative " des travaux de la recourante devait intervenir le 28 mai 2019 et du procès-verbal de vérification signé le 29 mai 2019 par G.________ Sàrl attestant que les travaux étaient reçus et vérifiés et qu'ils présentaient des défauts mineurs. Or la recourante n'explique pas pour quelle raison l'annonce de la fin des travaux, ainsi que leur réception, ont été faites à la fin du mois de mai 2019 alors qu'elle aurait encore dû entreprendre les travaux relatifs à la porte palière. Concernant les témoignages des employés de la recourante, celle-ci ne conteste pas l'absence de force probante du troisième témoignage au motif que cet employé s'était entretenu au préalable avec elle et qu'il n'avait fait que répéter ce qui figurait sur les décomptes d'heures. Il est par ailleurs constant que l'appartement de l'intimée était déjà construit et que les travaux réalisés par la recourante étaient des travaux de réfection. Cela ne pouvait à l'évidence pas être ignoré des employés de la recourante. Dès lors, l'on ne saurait d'emblée déduire, comme celle-ci l'affirme, qu'en déclarant en audience que la porte palière était " déjà installée " ou " déjà là ", ses deux autres employés, également entendus comme témoins, se référaient en réalité à l'ancienne porte et non à celle que la recourante devait poser, l'allégué en lien avec lequel ces employés ont été entendus faisant expressément mention de la livraison et de la pose de cette porte. Pour le surplus, la recourante ne dit mot sur la motivation de la cour cantonale selon laquelle l'échange de messages WhatsApp des 23 et 24 juin 2019 permettait tout au plus de retenir que ce changement concernait la réfection d'un défaut ou une prestation différée volontairement si ce n'est qu'il appartenait à l'intimée d'apporter cette preuve (cf. supra consid. 3.3.2). Il résulte de ce qui précède que la recourante échoue à démontrer que la cour cantonale aurait arbitrairement apprécié les preuves en considérant que la recourante n'avait pas apporté la preuve stricte que la porte palière avait été livrée et posée dans le délai de quatre mois précédant l'inscription provisoire de l'hypothèque légale, ce qui conduit au rejet du recours dans son intégralité.