Citation: 7B_216/2022 E. 3.4

3.4. Le raisonnement de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique et la recourante ne développe aucun élément propre à le remettre en question. En effet, bien qu'elle soutienne que son comportement ne serait ni illicite ni fautif, la recourante ne démontre pas en quoi les juges cantonaux auraient qualifié à tort son comportement de contraire aux art. 9 LProst/GE et 28 CC. Son argumentation - selon laquelle sa violation de l'art. 9 LProst/GE ne constituerait pas un comportement illicite et fautif en lien avec les infractions d'encouragement à la prostitution et d'usure - tombe par ailleurs d'emblée à faux: cette loi vise précisément à "garantir, dans le milieu de la prostitution, que les conditions d'exercice de cette activité [soient] conformes à la législation, soit notamment qu'il [ne soit] pas porté atteinte à la liberté d'action des personnes qui se prostituent [et] que celles-ci ne [soient] pas victimes [...] d'usure [...]" (cf. art. 1 let. a et 9A LProst/GE). La cour cantonale n'a ainsi pas violé le droit fédéral en retenant qu'en violant les dispositions précitées, la recourante avait adopté un comportement de nature à provoquer l'ouverture de l'action pénale et à justifier des investigations pour déterminer si l'activité déployée - illicite au sens de l'art. 9 LProst/GE - et l'emploi de personnes étrangères sans autorisation pour l'effectuer pouvaient être constitutifs d'une ou de plusieurs infractions pénales. Contrairement à ce que prétend la recourante, la dénonciation anonyme dont elle a fait l'objet ne change rien à ce qui précède: celle-ci n'a aucune conséquence sur l'illicéité de son comportement, ni sur sa faute; elle n'en a pas non plus sur le lien de causalité entre son comportement et l'ouverture de la procédure ainsi que les frais y afférents. Il en va de même de l'absence de plainte des clients relativement aux caméras dissimulées qui ne permettait en tout cas pas, en mai 2019, d'écarter tout soupçon quant à la commission d'infractions. La recourante ne saurait au demeurant comparer la répartition des frais de la procédure de première instance avec celle de la procédure d'appel pour se plaindre d'une application à géométrie variable de l'art. 426 CP: les bases légales et les conditions de répartition des frais des procédures de première et de deuxième instance ne sont pas les mêmes (art. 426 et 428 CPP; arrêt 6B_1240/2018 du 14 mars 2019 consid. 1.2.3 in fine).