Citation: 6B_1232/2023 E. 4.2

4.2. La cour cantonale a retenu qu'il était établi que le recourant s'était rendu inopinément dans les établissements tenus par les intimés 3 et 4 les 26, 30 mai et 2 juillet 2019. Il était les deux premières fois accompagné de trois autres hommes, à savoir G.________ et ses deux amis pratiquant des sports de combat. Il a à chaque fois réclamé le paiement de sa créance en remboursement d'un prêt de 150'000 fr. en faveur de E.C.________, soit directement, soit par la remise d'un fonds de commerce. Lorsqu'il était venu au J.________ Kebab, une partie de la famille de l'intimé 4, dont ses enfants, était présente. Il n'était pas établi qu'il s'était rendu au domicile de l'intimée 3 le 6 juin mais il était démontré à satisfaction de droit que cette visite avait eu lieu et avait concerné la dette de 150'000 fr., de sorte qu'elle avait forcément été faite, si ce n'était en présence, pour le moins à l'initiative du recourant. Cela avait été dénoncé de manière constante par les parties plaignantes et s'était produit le même jour que la visite surprise de G.________ et ses deux acolytes à K.________ Kebab, ce qui pouvait difficilement être une coïncidence. Ladite visite surprise, concernant encore la créance du recourant avait aussi forcément été réalisée en accord, voire sur ordre de ce dernier, soit le principal intéressé. G.________ n'avait jamais prétendu avoir agi à un quelconque moment sur sa propre initiative. L'intimé 4 et F.________ avaient certes affirmé que des menaces graves leur avaient été adressées lors de ces visites, dirigées contre leur intégrité physique ou celle de leur famille, voire contre leur vie. Leurs déclarations sur ce point étaient cependant inconstantes, apparaissaient exagérées et ne recoupaient aucun autre élément du dossier, y compris le témoignage des membres de leurs propres familles. Les menaces de mort que F.________ aurait en particulier reçues du recourant le 6 juin 2019 à K.________ Kebab, qui plus est, à le suivre, en présence de la police, et le 2 juillet 2019 sur le chemin en direction du Café M.________, ne pouvaient s'appuyer sur aucun élément du dossier et les seules déclarations de F.________, inconstantes et souvent exagérées, étaient insuffisamment probantes. Nonobstant l'absence de menaces explicites, il était indéniable que les cinq visites inopinées en cause menées par le recourant durant un peu plus d'un mois, seul ou en présence de ses hommes, ou déléguées à ces derniers, étaient, considérées comme un tout, propres à intimider les intimés 3 et 4. Ceux-ci avaient pu à tout le moins craindre que le recourant reviendrait aussi souvent que possible, seul ou accompagné, leur rendre visite, dans leurs établissements ou chez eux, sans que la présence des membres de leur famille, même des enfants, ni l'intervention subséquente de la police, ne les dissuadent, ce qui était de nature à perturber voire à traumatiser ceux-ci. Ils avaient pu également craindre, même si aucune menace n'avait été explicitement proférée à ce sujet, que le recourant et ses hommes finissent par s'en prendre à leur commerce ou à leur intégrité. Ils avaient donc fait l'objet d'une menace d'un danger sérieux au sens de l'art. 156 ch. 1 CP, étant rappelé que cette dernière pouvait être signifiée de manière tacite. Le recourant s'était adressé aux parties plaignantes, directement et hors toute procédure judiciaire, en sachant n'avoir aucune créance contre elles. Il avait en effet prêté de l'argent personnellement et exclusivement à E.C.________ et il ne résultait pas de ses propres explications ainsi que des autres éléments de la procédure que ce prêt concernait d'une manière ou d'une autre le reste de la famille du précité. Selon leurs déclarations constantes, les parties plaignantes ignoraient avant les faits l'existence de la dette litigieuse et elles ne connaissaient pas le recourant. Celui-ci avait donc agi avec un dessein d'enrichissement illégitime. Dès lors que les parties plaignantes avaient résisté à ses intimidations, il n'avait pas obtenu le transfert de patrimoine illicite escompté. Le recourant était ainsi reconnu coupable de tentative d'extorsion et chantage. Pour les motifs déjà exposés, les circonstances aggravantes relatives à la répétition de l'infraction ou à la menace contre l'intégrité physique ou la vie ne pouvaient pas être retenues. Les différentes visites du recourant devaient en effet être appréhendées globalement comme une seule menace d'un danger sérieux et aucune menace directe et explicite contre l'intégrité ou la vie ne ressortait du dossier à satisfaction de droit.