Citation: 1P.546/2000 14.12.2000 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 126 I 50 consid. 1 p. 52, 207 consid. 1 p. 209; 126 II 377 consid. 1 p. 381). a) Selon la jurisprudence relative à l'art. 88 OJ, le recours de droit public est ouvert seulement à celui qui est atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés; le recours formé pour sauvegarder l'intérêt général, ou visant à préserver de simples intérêts de fait, est en revanche irrecevable (ATF 126 I 43 consid. 1a p. 44). Un intérêt est juridiquement protégé s'il est l'objet d'une garantie constitutionnelle spécifique ou si une règle de droit fédéral ou cantonal tend au moins accessoirement à sa protection; à elle seule, l'interdiction générale de l'arbitraire n'est pas une protection suffisant à conférer la qualité pour agir au sens de l'art. 88 OJ. La qualité pour former un recours fondé, comme en l'espèce, sur l'art. 9 Cst. dépend bien plutôt du fait que la législation dont l'application arbitraire est alléguée accorde un droit au recourant ou a pour but de le protéger d'une atteinte à ses intérêts (ATF 126 II 377 consid. 4 p. 388; 126 I 81 consid. 4 à 6 p. 87; 123 I 279 consid. 1b/aa p. 280; 122 I 44 consid. 3b/bb p. 47 et les arrêts cités). Dans cette perspective, la jurisprudence dénie au plaignant, sous réserve de l'hypothèse prévue à l'art. 8 al. 1 let. c de la loi fédérale du 4 octobre 1991 sur l'aide aux victimes d'infractions (ATF 120 Ia 101 consid. 2a p. 105, 157 consid. 2c p. 162), la qualité pour recourir sur le fond, par la voie du recours de droit public, contre une décision de classement de la procédure pénale ou un jugement d'acquittement au motif qu'il n'est pas lésé dans un intérêt personnel et juridiquement protégé par la décision de ne pas poursuivre ou punir l'auteur d'une prétendue infraction (ATF 69 I 17; cf. ATF 125 I 253 consid. 1b p. 255; pour un aperçu de la jurisprudence, voir Frank Meister, L'autorité de poursuite et le classement pour des raisons d'opportunité en procédure pénale, thèse Lausanne 1993, p. 317). Il est néanmoins habilité à invoquer la violation de règles de procédure destinées à sa protection, équivalant à un déni de justice formel (ATF 121 IV 317 consid. 3b p. 324 et les arrêts cités). Il en va de même de l'auteur d'une plainte à l'autorité de surveillance qui n'entre pas en matière ou rejette celle-ci (ATF 121 I 42 consid. 2a p. 45, 87 consid. 1ap. 90). En l'occurrence, les plaintes formées en application de l'art. 114A CPP gen. sont indépendantes des plaintes pénales déposées par le recourant; elles ont une portée plus large en tant qu'elles visent à faire constater l'illicéité d'actes d'intervention de la police qui ne sont pas nécessairement constitutifs d'un abus d'autorité, de séquestrationou de contrainte (cf. SJ 1986 p. 284 consid. 4 p. 287). De même, si elles présentent certaines analogies avec la plainte à l'autorité de surveillance, elles s'en distinguent en ce sens que la victime d'actes d'intervention de la police contraires aux règles des art. 16 à 22 LPol a droit à une décision motivée portant non seulement sur la constatation d'une violation de la loi, mais aussi sur la destruction du matériel photographique et dactyloscopique et, en cas de violation établie de la loi, sur l'allocation éventuelle d'une indemnité équitable (cf. art. 114B al. 1, 2 et 4 CPP gen.). Le recourant peut ainsi se prévaloir d'un intérêt juridiquement protégé, selon l'art. 88 OJ, à l'annulation de l'ordonnance de la Chambre d'accusation, qui confirme le rejet de ses plaintes au Procureur général et le refus de lui verser une indemnité équitable de 3'000 fr. en réparation du préjudice résultant de ses interpellations et de ses rétentions dans les locaux de la police pendant environ 27 heures. De même, s'il n'a pas qualité pour agir sur le fond contre le classement en opportunité de ses plaintes péna-les, il est habilité à dénoncer une violation de son droit d'être entendu tenant au refus de la Chambre d'accusation d'ordonner l'apport au dossier de la procédure pénale P/5360/1998. De ce point de vue également, le recours de droit public est recevable au regard de l'art. 88 OJ. b) Les autres conditions de recevabilité des art. 84 ss OJ sont pour le surplus réunies, de sorte qu'il convient d'entrer en matière sur le fond.