Citation: 2D_1/2024 E. 3.4

3.4. En matière de marché public, l'autorité judiciaire a pour fonction de contrôler la correcte application du droit par le pouvoir adjudicateur en principe librement. Toutefois, lorsque le droit matériel laisse une large liberté d'appréciation à l'adjudicateur, ce qui est en particulier le cas en ce qui concerne l'appréciation et la comparaison des offres (cf. ATF 141 II 353 consid. 3; arrêt 2C_418/2014 du 20 août 2014 consid. 4.1) et l'exclusion de soumissionnaires (cf. arrêt 2C_365/2022 du 19 janvier 2023 consid. 7.1), le juge doit veiller à ne pas s'immiscer de façon indue dans la liberté de décision de l'autorité adjudicatrice (cf. ATF 143 II 120 consid. 7.2). Il ne peut ainsi intervenir qu'en cas d'abus ou d'excès du pouvoir de décision de l'adjudicateur, ce qui s'assimile à un contrôle restreint à l'arbitraire (cf. ATF 141 II 353 consid. 3; arrêt 2C_365/2022 précité consid. 7.1). En l'occurrence, les juges précédents ont confirmé l'appréciation de la Commune prononçant l'exclusion de l'offre de la recourante. Saisi d'un recours constitutionnel subsidiaire, le Tribunal fédéral devrait ainsi examiner si, ce faisant, les juges précédents ont violé l'art. 9 Cst. en renonçant de manière insoutenable à sanctionner un abus ou un excès du pouvoir de décision de l'adjudicateur, ce qui équivaut aussi à un contrôle sous l'angle de l'arbitraire. Une telle figure revient en pratique au contrôle d'un "arbitraire au carré". Or, selon selon la jurisprudence, le Tribunal fédéral s'interdit de restreindre son pouvoir d'examen à l'arbitraire au carré ("Willkür im Quadrat"; cf. ATF 116 III 70 consid. 2b; 112 Ia 350 consid 1; arrêt 2C_71/2023 du 3 août 2023 consid. 7.1). Il conviendra donc de vérifier librement si le Tribunal cantonal a correctement estimé qu'il n'y avait pas d'abus ou d'excès du pouvoir d'appréciation de la part de l'autorité adjudicatrice, autrement dit s'il a correctement appliqué la notion d'arbitraire (cf. supra consid. 3.1).