Citation: 9C_469/2022 E. 6.2

6.2. Par économie de procédure, on ajoutera encore que les constatations sur lesquelles s'est fondée l'autorité précédente sont en l'état incomplètes et ne permettent pas de se prononcer sur le besoin du recourant de recourir ou non à l'aide indirecte d'un tiers, de façon régulière et importante, pour les actes ordinaires de la vie "se déplacer", "se vêtir, se dévêtir" et "faire sa toilette". En effet, il y a aide indirecte de tiers lorsque la personne assurée est fonctionnellement en mesure d'accomplir lui-même les actes ordinaires de la vie mais ne le ferait pas, qu'imparfaitement ou à contretemps s'il était livré à lui-même (ATF 133 V 450 consid. 9; ch. 8029 de l'ancienne circulaire de l'OFAS sur l'invalidité et l'impotence dans l'assurance-invalidité [CIIAI], applicable au moment de la décision de l'office AI du 17 novembre 2020; ch. 2016 de la circulaire sur l'impotence [CSI], valable dès le 1 er janvier 2022). En l'espèce, dans la situation où le recourant serait livré à lui-même, le rapport d'enquête du 23 avril 2020 ne répond pas à la question de savoir quelle est l'intensité de l'aide nécessaire au recourant pour accomplir les actes ordinaires de la vie en cause. On ignore en particulier comment le recourant se comporterait s'il ne bénéficiait pas d'un environnement structuré et d'une anticipation maximale des événements à venir de la part de ses proches ainsi que des nombreuses stratégies psychoéducatives mises en oeuvre par ceux-ci (cf. prise de position de la psychologue du Centre jurassien d'orientation scolaire et professionnelle et de psychologie scolaire du 17 décembre 2020 et de la psychologue F.________ du 19 janvier 2021). A cet égard, comme le fait valoir le recourant, la juridiction cantonale n'a pas pris en considération les constatations du docteur C.________. Selon le médecin, si le recourant était certes en mesure d'exécuter les gestes adéquats, ceux-ci ne seraient pas - ou que partiellement - réalisés sans la stimulation constante de sa mère, l'intéressé étant totalement dépendant de la stimulation de son entourage (avis du 23 décembre 2020). En conséquence, ce n'est que lorsque l'office AI aura défini concrètement l'intensité de l'aide (indirecte) apportée par les membres de la famille du recourant, singulièrement par sa mère, qu'il sera possible de se prononcer sur le droit en cause. En l'état, sans connaître précisément l'intensité de l'aide indirecte dont le recourant a besoin s'il était livré à lui-même, la juridiction cantonale a conclu de manière prématurée que l'aide apportée par sa mère ne remplissait pas les conditions d'une aide indirecte à l'accomplissement des actes ordinaires de la vie.