Citation: 1P.317/2001 13.07.2001 E. A

A.- Le 25 avril 1999, vers 17h00, X.________ s'est rendue avec une amie aux Bains des Pâquis, à Genève, où elle a rencontré trois ressortissants marocains qu'elle connaissait superficiellement, dont L.________. Après avoir fréquenté un café, X.________ et L.________ sont allés chez celui-ci, où les deux autres personnes devaient les rejoindre en fin de soirée pour dîner. Comme il n'en fut rien et que X.________ était fatiguée, elle a dormi sur place, dans le lit de L.________, parce que, selon elle, "dans la tradition marocaine, il n'est pas rare de dormir à plusieurs dans une même pièce". L.________ s'est couché à son tour. D'après X.________, celui-ci a commencé à la caresser sur le ventre. Elle s'est alors levée pour aller se coucher sur le canapé du salon où elle a été rejointe environ une demi-heure plus tard par son hôte; après l'avoir emmenée de force sur le lit, L.________ a tenté de la pénétrer à plusieurs reprises, avant de parvenir à ses fins, alors qu'elle criait avant qu'il ne lui applique sa main, puis un oreiller, sur le visage. Immédiatement après, X.________ s'est fait conduire en taxi à l'Hôpital Cantonal de Genève. Les médecins de garde ont constaté des rougeurs à l'intérieur des poignets, un oedème au niveau de la lèvre supérieure de la bouche, trois fissures d'environ un centimètre chacune au niveau de la partie postérieure de la vulve à l'entrée du vagin, ainsi que la présence de sperme à cet endroit. Ces fissures, de type traumatique, étaient compatibles avec un rapport sexuel ou une tentative de rapport sexuel, impliquant une violence externe ou une résistance active ou la conjonction de ces deux éléments. X.________ s'est rendue à deux reprises à la Consultation interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence; lors de la seconde consultation, le 30 avril 1999, le médecin a observé des hématomes sur les jambes et à l'intérieur des cuisses, compatibles avec les dires de la victime. L.________ a contesté les accusations de viol portées à son encontre, affirmant que X.________ avait consenti à l'acte sexuel, qui s'était déroulé sans aucune violence.