Citation: 9C_320/2018 E. 4.2

4.2. Cette argumentation est mal fondée. Peu importent effectivement la structure de la société ou son financement et l'établissement des faits en relation avec d'éventuels problèmes qualifiés de problèmes de trésorerie ou de liquidités: ces différents éléments factuels - constatés correctement ou pas - n'ont pas d'incidence sur le sort du litige (cf. consid. 1 supra), dans la mesure où le tribunal cantonal a relevé de manière à lier le Tribunal fédéral (cf. consid. 1 supra) que, dès 2011 déjà, la société avait régulièrement sollicité des prolongations de délais pour s'acquitter des acomptes de cotisations sociales qu'elle versait mensuellement. Or ces problèmes récurrents depuis l'inscription des recourants au Registre du commerce les 5 avril 2011 et 27 mars 2012 démontrent que la société rencontrait régulièrement des difficultés à faire face à ses obligations financières et légales. Certes, la jurisprudence admet que, dans certaines situations, l'employeur cause un dommage à la caisse de compensation en violant intentionnellement les prescriptions en matière d'AVS sans que cela n'entraîne pour autant une obligation de réparer le préjudice: ainsi, il peut arriver qu'en retardant le paiement des cotisations ledit employeur parvienne à maintenir son entreprise, par exemple lors d'une passe délicate de trésorerie (cf. ATF 108 V 183 consid. 1b p. 186 s.); il faut alors qu'on puisse admettre qu'au moment où il avait pris sa décision, l'employeur en question avait des raisons sérieuses et objectives de penser qu'il pourrait s'acquitter de sa dette dans un délai raisonnable (ATF 108 V 183 consid. 2 p. 187 ss; 121 V 243). Tel n'est pas le cas en l'occurrence. D'abord, les demandes de prolongations des délais ou d'octrois de sursis pour les paiements des cotisations ainsi que les factures qui ont fait l'objet de somations sont trop nombreuses et trop étendues dans le temps pour que l'on puisse encore parler d'une passe délicate de trésorerie au sens de la jurisprudence. Ensuite, le fait que les intéressés aient interpelé à maintes reprises l'actionnaire majoritaire de la société ou qu'ils aient établi un échéancier accepté par ce dernier ne saurait être considéré comme une raison sérieuse et objective de penser qu'ils pourraient s'acquitter de la dette de cotisations dans un délai raisonnable. Comme l'a déjà relevé le Tribunal fédéral, le fait de tabler sur la promesse d'un actionnaire majoritaire ne constitue pas une circonstance faisant apparaître comme légitime et non fautive l'inobservation par un administrateur des prescriptions en matière d'AVS (cf. arrêt H 163/00 du 19 octobre 2000 consid. 3b et les références). En privilégiant le règlement d'autres factures et en versant des salaires sur lesquels les ressources financières de la société ne permettaient pas de prélever les cotisations sociales, les recourants ont fait supporter le risque inhérent au financement d'une entreprise par l'assurance sociale et commis de la sorte une faute grave qui engageait leur responsabilité au sens de l'art. 52 LAVS (cf. ATF 108 V 189 consid. 4 p. 196 s.).