Citation: 6B_352/2024 E. 3.7

3.7. Sous l'angle de la garantie du droit au respect de sa vie familiale, le recourant réitère exercer un droit de garde partagée sur sa fille, I.A.________, laquelle serait domiciliée chez lui. Il fait grief à la cour cantonale d'avoir violé le droit et versé dans l'arbitraire en considérant que le droit de garde sur sa fille était un développement trop récent pour justifier la mise en oeuvre de la clause de rigueur et qu'il n'existait aucune décision de justice à ce sujet. La cour cantonale a bel et bien tenu compte de la situation actualisée du recourant lors des débats d'appel et du fait que celui-ci exercerait un droit de garde sur sa fille depuis le 15 janvier 2024. Elle a cependant retenu que, eu égard au comportement passé du recourant, ces développements étaient trop récents pour que ce dernier puisse s'en prévaloir. Certes, elle a tout d'abord souligné que, faute de décision sur la question émanant d'une autorité judiciaire, le récent droit de garde que le recourant exerçait de fait sur sa fille d'entente avec la mère de l'enfant apparaissait à tout le moins précaire. Elle a cependant ensuite également relevé que, malgré le fait que le recourant expliquait qu'il entretenait des relations étroites avec sa fille et que le bien-être de celle-ci comptait plus que tout, cela ne l'avait pourtant pas empêché de partir à Cuba, puis en Espagne, pendant 17 mois sans se soucier du sort de son enfant. Le recourant ne démontre pas l'arbitraire de cette dernière appréciation, laquelle ne prête pas le flanc à la critique et doit être confirmée. Cet élément permet en effet de douter de la régularité des relations personnelles entretenues par le recourant à l'égard de sa fille. Le fait que le domicile de cette dernière soit aujourd'hui officiellement chez lui n'y change rien. Comme le relève d'ailleurs le recourant lui-même, le changement de domicile de I.A.________ auprès de son père avait été motivé par des problèmes survenus dans sa précédente école (cf. recours point 1.21 p. 13; PV d'audience du 19 février 2024 devant la Cour d'appel pénal p. 4, dossier cantonal pièce no 89; lettre de la mère de I.A.________ du 22 janvier 2024, dossier cantonal pièce no 101; art. 105 al. 2 LTF). À cet égard, il sera encore relevé que le recourant ne dispose apparemment pas de l'autorité parentale conjointe sur son enfant, la mère conservant l'autorité parentale exclusive (cf. lettre de la mère de I.A.________ du 22 janvier 2024, dossier cantonal pièce no 101; art. 105 al. 2 LTF). Pour ce qui est de ses autres enfants, le recourant admet n'avoir aucun contact avec eux (cf. PV d'audience du 19 février 2024 devant la Cour d'appel pénal p. 5, dossier cantonal, pièce no 90; art. 105 al. 2 LTF). En définitive, au vu de l'ensemble des éléments qui précèdent, il est douteux que le recourant puisse se prévaloir d'une relation étroite et effective avec sa fille I.A.________ et donc d'un droit à la protection de sa vie familiale au sens de l'art. 8 CEDH. En tout état, la cour cantonale a aussi considéré que la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP n'était pas remplie (au motif que l'intérêt public à l'expulsion l'emportait sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse). Ainsi, il se justifie d'examiner cette condition (cf. infra consid. 3.8).