Citation: 6B_1468/2021 E. B

Par jugement du 11 mai 2021, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a partiellement admis l'appel formé par A.________ et rejeté l'appel joint du Ministère public vaudois. Elle a réformé le jugement attaqué en ce sens qu'elle a reconnu A.________ coupable de tentative d'extorsion et chantage, extorsion et chantage, usure, contrainte sexuelle, actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, abus de la détresse et désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel et a réduit la peine privative de liberté à treize ans et demi, confirmant le jugement attaqué pour le surplus. En résumé, elle a retenu les faits suivants: A.________, né en 1954 en Algérie, s'est installé en Suisse en 2000. Dès son arrivée dans notre pays, il a travaillé exclusivement comme thérapeute énergétique. Il se présentait comme étant un magnétiseur-médium pratiquant la clairvoyance, le massage du péricarde et l'hypnose ericksonienne. Il a commis des actes d'ordre sexuel sur des clientes/patientes, lors des séances de « soins », en les prenant par surprise ou, à une occasion, en mettant la victime hors d'état de résister au moyen de l'hypnose. Il a également abusé de la détresse de certaines d'entre elles, qui le considéraient comme leur dernier espoir, pour les amener à accepter des actes sexuels au motif que leurs problèmes étaient issus d'un blocage sexuel et qu'elles n'avaient d'autre choix que d'accepter les actes incriminés, faute de quoi elles ne pourraient pas être libérées de leurs maux. Pour le surplus, régulièrement en manque d'argent, A.________ a profité de la vulnérabilité de clients pour leur faire croire qu'eux-mêmes ou un proche étaient victimes de magie noire et qu'ils devaient, en plus du prix des séances s'élevant à 100 fr./heure, lui verser des montants de plusieurs milliers de francs pour qu'il effectue des prestations occultes afin de les libérer. Grâce à son bagout, il a convaincu ses clients qu'il avait des capacités hors du commun, de l'ordre du paranormal et que lui seul pouvait résoudre leurs problèmes. Il a exploité la faiblesse de certaines de ses victimes et instauré une véritable emprise sur elles, en tirant profit du transfert inhérent à toute relation de soin, car il incarnait pour ses patients, tour à tour, l'archétype du « père », du « sauveur » et du « magicien ». Conscient de transgresser les limites et le cadre professionnel qu'un praticien se doit de garantir, A.________ a fait signer des contrats aux clients concernés précisant que, s'ils parlaient à quiconque de ces « travaux », il pouvait mettre un terme à ceux-ci sans remboursement et ajoutait même par oral que, lorsque le secret était brisé, le traitement ne marchait pas, alors que ses « patients » désespérés y plaçaient tous leurs espoirs. Le système de A.________ était si bien rôdé qu'il aurait pu sévir de nombreuses années encore si une de ses victimes n'avait pas eu le courage de briser le silence en surmontant à la fois sa peur des représailles - A.________ se vantant de pouvoir pratiquer la magie noire - et ses sentiments de honte et culpabilité.