Citation: 1B_291/2023 E. 5.2

5.2. La recourante soutient que sa mise en détention serait chicanière et arbitraire dans la mesure où elle bénéficie d'un passeport suisse et a une habitation en Suisse. Elle se dit victime d'une inégalité de traitement en raison de sa nationalité française. La Juge unique de la Chambre pénale n'a pas fondé l'existence d'un risque de fuite sur ce seul motif, mais sur un ensemble d'éléments décrits dans son ordonnance du 16 février 2023, dont en particulier le caractère et la moralité de la recourante, ses contacts étroits avec la France, où elle est domiciliée, et avec l'Espagne où elle possède un appartement dans lequel elle a séjourné plusieurs mois en automne 2021, auxquels elle a renvoyé en l'absence d'éléments nouveaux et sur lesquels la recourante ne se prononce pas, se bornant à affirmer que sa détention provisoire était arbitraire dès l'origine. Au demeurant, le fait qu'elle dispose également de la nationalité française constituait un élément pertinent pour apprécier l'existence et l'intensité d'un éventuel risque de fuite, dès lors qu'elle est domiciliée en France et que ce pays n'extrade pas ses nationaux. Le fait qu'elle ait également la nationalité suisse et qu'elle possède un chalet de vacances en Suisse où elle pourrait être assignée à résidence moyennant la pose d'un bracelet électronique ne constitue pas davantage des éléments suffisants pour exclure un éventuel risque de fuite. La Cour de céans a également confirmé l'existence d'un tel risque à l'égard de ressortissants suisses dans les cas où ceux-ci avaient de fortes attaches à l'étranger et étaient exposés à une peine privative de liberté importante (cf., entre autres, ATF 145 IV 503 consid. 2). Tel est précisément le cas de la recourante qui n'a pas d'activité professionnelle et qui séjourne alternativement dans les résidences qu'elle possède en France, en Espagne et en Suisse. La recourante ne saurait davantage être suivie lorsqu'elle affirme que s'il était admis, le risque de fuite pourrait durer des années en raison des lenteurs de la procédure. Tant le Ministère public que le Juge des mesures de contrainte ont laissé entrevoir la possibilité de la libérer moyennant le versement d'une caution jugée adéquate. Par ailleurs, la recourante est libre de demander sa libération si sa détention provisoire devait se révéler disproportionnée que ce soit au regard de la peine privative de liberté prévisible (cf. art. 212 al. 3 CPP) ou en cas de retard injustifié dans la conduite de la procédure. Cela étant, la recourante conteste en vain l'existence d'un risque de fuite propre à justifier la prolongation de la détention provisoire.