Citation: U 162/06 10.04.2007 E. A

G.________, né en 1940, travaillait au service de l'Etablissement médico-social X.________, comme technicien et homme à tout faire (conciergerie, jardinage, achats, réparation et entretien de machines, etc.). Il était assuré contre les accidents par la Caisse cantonale vaudoise en cas de maladie et d'accidents (ci-après : la Caisse Vaudoise). Le 3 juin 2000, il a raté un décollage en deltaplane, a chuté et s'est réceptionné sur les deux coudes. Il a consulté le docteur Z.________, dix jours plus tard, en raison de douleurs à l'épaule droite, allant en s'aggravant. Le docteur Z.________ a posé le diagnostic de rupture partielle de la coiffe des rotateurs à droite et prescrit un traitement anti-inflammatoire et une physiothérapie (rapport du 9 août 2000). L'employeur de l'assuré a annoncé l'accident à la Caisse vaudoise le 23 juin 2000. Le docteur B.________ a pratiqué une imagerie par résonance magnétique de l'épaule droite, le 29 septembre 2000, et a fait état d'une perforation de la partie moyenne du tendon du sus-épineux et d'une rupture du tendon du sous-scapulaire, dans le contexte d'un conflit acromio-huméral chronique. Il a également constaté des signes de tendinopathie érosive du long chef du biceps et une tendinopathie assez sévère du sous-épineux, une ostéophytose de la glène associée à une destruction labrale assez avancée. Le docteur B.________ soupçonnait, enfin, une rupture du chef antérieur du ligament gléno-huméral inférieur (rapport du 29 septembre 2000). G.________ a également fait état de douleurs à l'épaule gauche, en raison desquelles le docteur B.________ a pratiqué une imagerie par résonance magnétique de cette épaule, le 15 novembre 2000. Il a constaté une rupture partielle sévère dans l'épaisseur du sus-épineux, associée à un conflit acromio-huméral important, ainsi qu'une érosion concomitante du long chef du biceps et des signes de tendinopathie du sous-épineux. Il a également fait état d'une désinsertion partielle du petit rond et d'une probable rupture du ligament gléno-huméral inférieur et moyen (rapport du 16 novembre 2000). Le 9 janvier 2001, le docteur N.________ a effectué une arthroscopie de l'épaule droite, avec acromioplastie et résection acromio-claviculaire, ainsi qu'une réparation du sous-scapulaire et du sus-épineux. Il a constaté une déchirure complète rétractée du sous-scapulaire et une déchirure partielle importante grade III du sus-épineux, une tendinopathie avec déchirure partielle importante du long chef du biceps, un conflit sous-acromial avec importante bursite à l'épaule droite, ainsi qu'une arthrose acromio-claviculaire. Le 2 février 2001, il a également procédé à une arthroscopie de l'épaule gauche, avec acromioplastie, débridement de l'espace sous-acromial, résection de l'épiphyse distale de la clavicule et suture des différentes lésions de la coiffe (rapports des 18 janvier et 9 février 2001). La Caisse vaudoise a pris en charge le traitement de l'épaule droite. En revanche, elle a communiqué à l'assuré, par lettre du 24 avril 2001, qu'elle refusait d'allouer des prestations pour le traitement de l'épaule gauche. Le 24 juillet 2001, le docteur N.________ a pratiqué une nouvelle arthroscopie de l'épaule droite, avec acromio-plastie, en raison d'une rupture complète du tendon sus-épineux (rapport du 20 août 2001). Le 20 novembre 2002, une nouvelle imagerie par résonance magnétique pratiquée par le docteur B.________, a confirmé le soupçon de récidive de déchirure de la coiffe des rotateurs à droite (rapport du 20 novembre 2002). Le docteur N.________ a posé les diagnostics d'importante redéchirure du sus-épineux et capsulite rétractile au décours, et a pratiqué une arthroscopie avec adhésiolyse et complément d'acromio-plastie le 4 mars 2003 (rapport du 31 mars 2003). Le 18 août suivant, le docteur P.________ a pratiqué une arthrographie et mis en évidence une déchirure complète des sus-épineux et sous-scapulaires, dont les tendons étaient fortement rétractés (rapport du 18 août 2003). Le docteur N.________ a alors considéré que la pose d'une prothèse inversée devrait être envisagée. Il a attesté une incapacité de travail totale depuis le 4 mars 2003 (rapport du 24 août 2003). L'assuré n'a depuis lors plus repris le travail et a été licencié pour le 31 janvier 2004. Dans un rapport du 5 janvier 2004, le docteur D.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et médecin-conseil de la Caisse vaudoise, a considéré que l'origine traumatique des lésions aux épaules de l'assuré était très discutable, notamment eu égard à leur importance. Compte tenu de ces constatations, la Caisse vaudoise a confié au docteur K.________, spécialiste en chirurgie orthopédique, le soin de réaliser une expertise. Celui-ci a posé les diagnostics d'omarthrose droite sévère avec tête chauve et limitation fonctionnelle de l'épaule, omarthrose gauche modeste asymptomatique, status après débridement sous-acromial et tentatives de suture de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite les 4 mars 2003, 24 juillet 2001 et 9 janvier 2001 (avec ténodèse du long chef du biceps), status après débridement sous-acromial et suture d'une perte de substance tendineuse du sus-épineux de l'épaule gauche le 2 février 2001, et status après contusions multiples, notamment des deux coudes, le 3 juin 2000. D'après lui, les troubles constatés aux deux épaules du patient ne sont qu'en lien de causalité possible, mais pas probable, avec l'accident du 3 juin 2000. Celui-ci avait très vraisemblablement révélé et non pas causé l'état manifestement dégénératif pré-existant et l'assuré se trouvait vraisemblablement, dans le courant du mois de juillet 2000 déjà, dans le même état de santé que celui qui aurait été le sien sans accident (statu quo sine). Il n'y avait plus lieu d'attendre de la continuation du traitement médical une sensible amélioration de l'état de santé - il n'y avait d'ailleurs plus de traitement en cours au moment de l'expertise - et une nouvelle intervention chirurgicale n'était pas indiquée, les douleurs étant décrites comme supportables par l'assuré (rapport du 23 février 2004). Par décision du 2 avril 2004, la Caisse vaudoise a accepté de prendre en charge le traitement médical de l'épaule droite et d'allouer des indemnités journalières jusqu'au 31 décembre 2003. Elle a refusé d'allouer des prestations au-delà de cette date, en considérant que l'assuré ne présentait plus d'atteinte à la santé en rapport avec l'accident du 3 juin 2000. G.________ s'est opposé à cette décision et le docteur N.________ a pris position sur l'expertise du docteur K.________, en exposant les motifs pour lesquels il tenait pour certaine l'origine accidentelle des lésions subies par l'assuré aux deux épaules (rapport du 6 octobre 2004). Le docteur K.________ a déposé un rapport complémentaire le 22 février 2005, en maintenant ses constatations relatives à l'absence d'un rapport de causalité naturelle «au moins probable» entre l'événement du 3 juin 2000 et les atteintes à la santé dont souffrait encore l'assuré. La Caisse vaudoise a maintenu son refus de prester pour la période postérieure au 31 décembre 2003, par décision sur opposition du 26 juillet 2005.