Citation: 1C_545/2020 E. A

A.a. En mars 2016, le Conseil d'État du canton du Valais a ouvert, en sa qualité d'autorité de surveillance (cf. art. 144 ss de la loi valaisanne du 5 février 2004 sur les communes [LCo; RS/VS 175.1]), une enquête administrative contre la Commune municipale de Bagnes (ci-après également: la Commune). En substance, il était alors reproché à la Commune d'avoir " failli à ses obligations dans l'application de diverses législations fédérales, cantonales et communales " en matière de construction. Elle aurait notamment persisté à appliquer, en dépit d'un arrêt du Tribunal cantonal rendu le 1er septembre 2011, confirmé par le Tribunal fédéral par l'arrêt 1C_423/2011 du 2 avril 2012, les dispositions du règlement communal de construction (RCC) qui dérogeaient au droit cantonal en matière de calcul des densités constructibles, en n'intégrant pas dans le calcul de la " surface brute de plancher " (SBP) certaines surfaces que le droit cantonal prescrivait de prendre en compte (cf. art. 13 al. 1 de la loi cantonale sur les constructions du 8 février 1996 [aLC]). Le Conseil d'État a, dans ce cadre, mis en place un groupe de travail interdépartemental (GT), composé des chefs des services cantonaux concernés et chargé de préconiser des mesures afin de remédier à la situation. A.b. Par courrier du 27 avril 2016, le Conseil d'État a sommé la Commune, par son Conseil communal, de lui communiquer les mesures qu'elle entendait entreprendre afin de " pourvoir à une stricte application du droit dans le domaine des constructions au sens large (cf. loi sur les constructions, loi sur les résidences secondaires, LFAIE, etc.) ". La Commune devait en outre " démontrer [...] qu'elle avait pris les dispositions garantissant la réalisation de ces objectifs et une application correcte et constante de la loi ". Des délais au 30 juin 2016, respectivement au 31 décembre 2016, avaient été impartis à ces fins. Le courrier mentionnait en outre la teneur de l'art. 150 LCo et précisait qu'il valait sommation au sens de cette disposition. A.c. Depuis lors, divers échanges et pourparlers se sont tenus dans le cadre notamment de " points de situation " menés entre les représentants du canton du Valais et de la Commune de Bagnes. Le 30 août 2017, le Conseil d'État a créé un sous-groupe de travail (SGT) chargé de contrôler in situ, par échantillonnage, des dossiers d'autorisation de construire délivrés par la Commune depuis le 27 avril 2016 ainsi que des dossiers relatifs à des procédures de régularisation. A.d. Par courrier du 13 juin 2018, le Conseil d'État a relevé à l'attention de la Commune que les contrôles par échantillonnage avaient mis en lumière " des efforts [de la Commune] pour se conformer au droit, [mais que] des progrès plus significatifs [étaient] encore attendus ". A cette fin, le Conseil d'État a énuméré une série de 18 mesures (listées par les lettres A à R) que la Commune était invitée à mettre en oeuvre et à rendre compte de l'application dans le cadre de rapports semestriels. Parmi ces mesures figuraient les suivantes: - let. G: " ouverture, respectivement poursuite et achèvement dans les plus brefs délais, des procédures de police des constructions relatives aux constructions réalisées sans autorisations ou contrairement à l'autorisation (cf. liste des 117 dossiers transmis par la commune ainsi que tout dossier comportant des infractions) "; - let. I: " examen des décisions rendues, en remontant jusqu'à l'arrêt du Tribunal fédéral du 2 avril 2012, pour évaluer dans quelle mesure une révocation de la décision est envisageable et, dans l'affirmative, évaluer si une mise en conformité au droit est exigible; prise des décisions en conséquence "; - let. L: " analyse des dossiers dans lesquels la commune avait autorisé des agrandissements entre le 1er janvier 2013 et 31 décembre 2015, cas échéant régularisation et information au Conseil d'État ". Ces mesures ont été publiées le 22 juin 2018 au Bulletin officiel du canton du Valais. De juin 2018 à décembre 2019, la Commune de Bagnes, par son Conseil communal, a présenté au Conseil d'État les rapports semestriels requis. A.e. Par courrier du 24 mai 2019, le Conseil d'État a relevé, à l'attention de la Commune, qu'une analyse des rapports semestriels par le GT laissait apparaître que " le Conseil communal semblait avoir réussi à assainir la situation pour ce qui était des décisions ayant trait à de nouvelles demandes d'autorisation de construire ", mais qu'en revanche, les procédures de régularisation paraissaient être " davantage problématiques ". Le 29 juin 2019, le Conseil d'État a remis un mandat d'expertise à Jean-Luc Baechler, ancien président du Tribunal administratif fédéral. Celui-ci a été chargé d'évaluer, dans un premier temps, les démarches entreprises par le Conseil d'État, le GT et le SGT " dans le cadre de la surveillance de la commune de Bagnes depuis le déclenchement de l'affaire dite des constructions illicites de Bagnes ". Dans un second temps, l'expert devait soumettre son opinion notamment " sur la pratique communale en ce qui concern[ait] les décisions rendues après l'ATF du 2 avril 2012 (exigence " I " [...]) " et " en matière de police des constructions (travaux réalisés sans autorisation de construire ou contrairement à l'autorisation rendue, exigence " G " [...]) ". L'expert a déposé son rapport, en deux parties, les 31 octobre 2019 et 26 mars 2020. A.f. Dans l'intervalle, par courrier du 13 mars 2020 adressé au Conseil d'État, la Commune de Bagnes a expliqué avoir relevé, sur 1005 autorisations de construire qu'elle avait accordées entre le 2 avril 2012 et 27 avril 2016: - 691 dossiers qui avaient été examinés et pu être considérés comme conformes tant à la loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS; RS 702) qu'aux règles cantonales relatives à la densité des constructions, - 166 dossiers qui avaient été examinés et retenus pour faire l'objet " d'une instruction de détails en prévision de l'ouverture d'une procédure de régularisation ", et - 148 dossiers qui étaient encore en cours d'examen.