Citation: 6B_1012/2021 E. 2

Le recourant se prévaut d'un établissement arbitraire des faits en violation de la présomption d'innocence, du principe "in dubio pro reo" et de son droit d'être entendu. Dans ce contexte, il reproche à la juridiction d'appel d'avoir retenu à tort, d'une part que C.________ et B.________ auraient, à sa demande, accompagnés de sept individus, agressé D.________ le 5 octobre 2019 vers 22h45, d'autre part que le motif de l'appel téléphonique intervenu à 22h24 aurait eu pour objet un différend les concernant. S'il confirme avoir appelé D.________ à 22h24, le recourant est d'avis que cela ne permet pas de retenir qu'il aurait ordonné l'agression qui a suivi. A cet égard, il soutient que le jugement entrepris retient à tort qu'il aurait modifié sa version des faits voire menti, en admettant qu'il aurait d'abord pris connaissance d'une bagarre avant d'appeler D.________; il précise qu'il parlait d'un autre événement, soit d'une dispute survenue avant 22h24 entre son cousin F.________ (alias G.________) et D.________. Le jugement attaqué serait en outre insoutenable dans la mesure où il ne tient pas compte de 16 échanges téléphoniques intervenus entre les personnes impliquées le 5 octobre 2019 entre 16h00 et 23h52; de plus, aucun élément à charge ne saurait être retenu contre lui en lien avec un voyage au Nigeria qu'il préparait. Le recourant fait grief aux juges d'appel d'avoir tenu compte d'"aveux inversés" fondés sur le fait qu'il avait déclaré ne pas connaître C.________ et B.________, mais seulement leurs surnoms et leurs visages. Invoquant ensuite la jurisprudence rendue en application de l'art. 6 § 3 let. d CEDH et l'art. 147 CPP, le recourant soutient que les déclarations de D.________ ne sauraient être exploitées à sa charge, car il n'a pas pu être confronté au moins une fois à la victime. A cet égard, le recourant précise que les déclarations de la victime ont été recueillies alors qu'aucune instruction pénale n'était ouverte à son encontre, si bien que son défenseur n'a pas pu poser de questions au plaignant lors de ses auditions. Par la suite, la victime ne s'est pas présentée aux audiences de première et seconde instances, bien que valablement convoquée. Par ailleurs, le recourant est d'avis que la géolocalisation des téléphones des co-prévenus, le soir du 5 octobre 2019, ne permet pas d'accréditer la thèse de la constitution d'un commando effectuant une mission rapide avant de se replier sur sa base, ni de tirer une déduction sur le rôle qu'il aurait joué dans l'agression, à peine de violer le principe de la présomption d'innocence. De plus, le jugement entrepris ne reposerait sur aucune motivation lorsqu'il est retenu que C.________ et B.________ auraient menti sur le contenu de leurs échanges téléphoniques par leur volonté de ne pas l'impliquer. Selon le recourant, l'extraction des données des téléphones portables des protagonistes n'a amené aucun résultat à charge, de même que la surveillance rétroactive de son raccordement autorisée du 24 avril au 22 octobre 2019, ainsi que les données Facebook. Par ailleurs, le jugement attaqué ne tient pas compte du fait que C.________ et B.________ ne l'ont jamais mis en cause, aucune pièce ou témoignage ne permettant de retenir les faits qui lui sont reprochés. Quant à l'existence d'un différend entre D.________ et lui-même dans l'appel de 22h24, le recourant soutient qu'une telle constatation procède d'une violation de la présomption d'innocence. Il ajoute qu'il a été libéré du chef de prévention de menaces au motif qu'il subsistait un doute quant à la teneur exacte de cet échange téléphonique. Il en déduit que la rectification des éléments factuels doit aboutir à nier l'existence d'un lien de causalité, au sens des art. 24 et 134 CP, entre l'acte d'instigation reproché et l'agression survenue le 5 octobre 2019 à Vevey.