Citation: 5A_508/2021 E. 8.1.2

8.1.2. La Cour de justice a pour sa part notamment rappelé qu'à teneur de l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral, il incombait aux autorités cantonales d'analyser les opérations effectuées après le décès de K.C.________, y compris les ventes de titres exécutées pour obtenir des liquidités, et de déterminer si lesdites opérations avaient eu pour effet d'accroître les risques ou de tendre vers une gestion conservatoire du portefeuille, le dommage devant ensuite être calculé en fonction des éventuelles opérations effectuées en violation de ces prescriptions. Elle a relevé que le Tribunal fédéral avait considéré que compte tenu de l'ensemble des circonstances, les exécuteurs testamentaires n'étaient pas tenus de vendre à court terme l'intégralité du portefeuille, ni d'adapter de manière générale et immédiate la stratégie de placement. Ainsi, contrairement à ce qui ressortait de l'expertise T.________, les exécuteurs testamentaires n'avaient pas manqué de diligence en s'abstenant de vendre immédiatement les actions. Les pertes résultant de la diminution de valeur des titres entre l'ouverture de la succession et leur réalisation, intervenues pour l'essentiel une année plus tard, au mois de septembre 2001, ne pouvaient donc pas être prises en considération telles quelles dans le calcul du dommage, sous peine de s'écarter du cadre du renvoi. La Cour de justice a ensuite considéré que les héritiers ne cherchaient pas à remettre en question le raisonnement du Tribunal de première instance selon lequel l'expertise T.________ ne contenait pas les éléments permettant de calculer le dommage conformément aux prescriptions de l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral, en dépit des longs développements qu'ils consacraient à cette question et qui constituaient une reprise presque mot pour mot de leur mémoire après enquêtes du 16 octobre 2018. Ils se contentaient en effet d'affirmer que les opérations de change et les opérations sur titres avaient été prises en compte dans l'expertise T.________ et de rappeler qu'à teneur de celle-ci, les quatre opérations d'achat/vente de titres effectuées en 2000 et 2001 avaient généré un dommage de 551'468 fr. Ils n'expliquaient ainsi pas en quoi cette expertise aurait permis de calculer le dommage conformément aux exigences de l'arrêt de renvoi, qui préconisait d'établir le préjudice en comparant l'évolution du portefeuille de la défunte avec celle d'un portefeuille géré de manière diligente, sans liquidation immédiate des titres comme l'avait postulé l'expert T.________. En outre, indépendamment du point de savoir si la prise de position de l'expert T.________ du 31 août 2017 à laquelle se référaient les héritiers devait être qualifiée de simple allégué de partie ou d'expertise, aucune explication en ce sens ne résultait de ce document. En l'absence de grief motivé (cf. art. 311 al. 1 CPC), il n'y avait pas lieu d'examiner cette question plus avant. Selon la juridiction précédente, c'était aussi en vain que les héritiers se prévalaient, sur plusieurs pages, de l'expertise privée effectuée par S.________ et produite en première instance, puisqu'ils n'expliquaient à aucun moment les raisons pour lesquelles cette expertise serait conforme aux exigences formulées dans l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral et aurait dû être prise en compte par le Tribunal de première instance. Pour ces motifs, la Cour de justice a confirmé le jugement du Tribunal de première instance du 27 juin 2019, en tant qu'il déboutait les héritiers de leurs conclusions liées à la gestion du portefeuille de titres, faute d'établissement du dommage.