Citation: 4A_581/2014 E. 4

Au sujet de sa propre faute, le demandeur se réfère à un précédent où un motocycliste, alors qu'il dépassait une colonne de voitures progressant très lentement et de façon irrégulière, a heurté l'une d'elles dont le conducteur avait enclenché son indicateur de direction et entrepris de faire demi-tour; le Tribunal fédéral a jugé que la faute du motocycliste n'était pas grave (arrêt 4A_699/2012 du 27 mai 2013, consid. 3.3). La faute grave est le comportement de celui qui viole des règles élémentaires de prudence, dont le respect s'impose à toute personne raisonnable placée dans la même situation (ATF 128 III 76 consid. 1b p. 81; 119 II 443 consid. 2a p. 448). Dans cette affaire, selon l'un des témoins, le motocycliste dépassait à vitesse « normale », tandis que lors de l'événement présentement en cause, selon les témoignages que la Cour de justice a rapportés, le demandeur circulait à une vitesse « inadaptée »; en particulier, le conducteur qui suivait A.________ a jugé sa manoeuvre « téméraire ». De plus, il n'est pas constaté qu'à la rue du Grand-Pré, les voitures aient roulé très lentement et en colonne. En raison de la différence des situations en présence, la comparaison proposée par le demandeur n'est pas pertinente et elle ne suffit en tous cas pas à mettre en évidence une appréciation incorrecte de sa propre faute. Il invoque inutilement un autre précédent où, là également, un motocycliste avait entrepris de dépasser, puis avait heurté une voiture qui obliquait à gauche; la gravité de la faute commise par ce motocycliste n'a alors pas été discutée car l'absence de faute de l'automobiliste dépassé n'avait de toute manière pas été établie (arrêt 4A_270/2011 du 9 août 2011, consid. 3.4). En conséquence, le recours en matière civile se révèle privé de fondement, ce qui entraîne son rejet.