Citation: 4A_60/2022 E. 4.3.1

4.3.1. Premièrement, elle aurait écarté à tort la thèse d'un dépassement de couverture après la clôture de la bourse le vendredi 13 septembre 2002. Un tel fait permettrait d'exclure une obligation de bloquer les ordres donnés ce jour-là. La demanderesse brandit cet extrait de l'expertise: "Ces documents (Annexes 23, 24 et 25) permettent à L.________ SA de considérer les éléments suivants: - Les Clients disposaient d'une couverture positive au jour du 12 septembre 2002 ou respectivement 13 septembre 2002 lors de leur dernière opération d'achat de titres." Cette citation doit être reproduite complètement et replacée dans son contexte. En effet, les experts ont émis une seconde observation: "- Hormis une différence de EUR 50.- sur le compte de C.________, ces documents reprennent les éléments d'information des documents sous Pièce 154." Puis ils ont livré leurs conclusions: " Considérations de l'expert Sur la base des documents remis - notamment la Pièce 154 -, l'expert peut confirmer que le compte de 'Madame B.________' présente un dépassement de couverture depuis le 13 septembre 2002, celui de Monsieur et Madame G.________ et B.________ depuis le même jour et celui de Monsieur C.________ depuis le 17 septembre 2002; [...] (Annexes 23, 24 et 25 - Pièce 154 et Annexe 9 Me Burdet du 11 mai 2012) ". Pris isolément, l'extrait cité par la demanderesse est certes teinté d'ambiguïté. Cependant, intégré dans le contexte précité, il s'interprète en ce sens que deux comptes de clients ( i.e ceux de B.________, respectivement de B.________ et G.________) disposaient d'une (dernière) couverture positive le 12 septembre 2002, tandis que celui de C.________ présentait encore une couverture positive le 13 septembre 2002 lors de la dernière opération d'achat de titres. La pièce 154 va bel et bien dans ce sens. Elle comprend trois tableaux retraçant l'"évolution de la couverture" des trois comptes litigieux pour la période boursière du 6 au 20 septembre 2002. Or, en date du 13 septembre 2002, la "Couverture Comptant" est négative pour le compte individuel de B.________ et pour son compte joint détenu avec G.________, tandis qu'elle est positive pour le compte de C.________. On précisera encore que ces tableaux (pièce 154) ont été produits par la demanderesse sur réquisition des parties adverses. Tout ceci est de nature à dissiper le soupçon d'arbitraire. La demanderesse pointe encore d'autre pans de l'expertise dans lesquels les experts émettent des réserves sur les annexes 23-25 et autres documents qu'elle a reconstitués a posteriori : faute d'avoir pu en contrôler la source et l'origine, ils ont averti qu'ils n'en tiendraient compte "qu'en croisant les différentes sources mises à [leur] disposition". De deux choses l'une: soit les experts ont considéré qu'en confrontant les pièces (154 et annexes 9, 23 à 25), ils pouvaient retenir un dépassement de couverture dès le 13 septembre 2002 pour les deux comptes concernant B.________ et G.________, et ce procédé résiste au reproche d'arbitraire. Soit il existe une contradiction entre les pièces précitées, auquel cas la demanderesse devait l'établir. Pareille entreprise supposait de pointer des passages précis de ces documents étoffés et techniques, voire d'interpeller les experts. Or, la demanderesse n'a rien fait de tel. Au demeurant, il semble bien que la première hypothèse doive être retenue, vu la précision selon laquelle les annexes 23-25 "reprennent les éléments d'information des documents [i.e. des tableaux, réd.] sous Pièce 154".