Citation: 6S.3/2006 16.03.2006 E. 1

Cette condamnation repose, en bref, sur les faits suivants. A.a A.________, né en 1962, a grandi au Maroc, puis en France. Il a fréquenté diverses facultés universitaires, avant d'entreprendre, avec succès, une formation d'analyste programmateur. Après avoir été employé pendant six ans dans une société d'informatique, il est venu s'établir en Suisse en 1993. Il a alors été engagé à plein temps comme gérant d'un établissement public jusqu'en 1998. Il s'est ensuite retrouvé sans emploi, au chômage ou à l'assistance sociale, sous réserve de deux tentatives de reprise d'une gérance de bar, d'un stage et de quelques activités ponctuelles. Des témoins le décrivent comme agréable, méticuleux, capable, social et serviable. Cette description est toutefois nuancée par d'autres éléments. Ainsi, A.________ n'admet pas la contradiction et peut se montrer violent, spécialement à l'encontre des femmes. C'est ainsi qu'il a causé des dommages à la propriété de B.________, son ex-concubine, et qu'il a menacé de mort cette dernière ainsi que leur fille. Il a également proféré des menaces à l'encontre de son ex-épouse, C.________. Pour ces faits, le Tribunal du district de Lausanne l'a condamné, le 24 mai 2000, pour dommages à la propriété, utilisation abusive d'une installation de télécommunication, menaces et violation de domicile, à deux mois et deux semaines d'emprisonnement, le sursis ayant été révoqué ultérieurement. Il a en outre été condamné, le 6 septembre 2004, par le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne à quatre mois d'emprisonnement avec sursis. A.b Le 19 mai 2001, en fin d'après-midi, A.________ et son amie, D.________, ont consommé de l'alcool avec un couple. Celle-ci a peu bu. Après le départ de leurs connaissances, une dispute a éclaté, initiée par A.________. Ce dernier a donné deux petits coups de couteau à sa compagne, lui provoquant deux égratignures sur l'épaule. Il l'a ensuite giflée. D.________ lui a rendu cette gifle, ce qui a provoqué un échange de coups. Il l'a alors agrippée par les habits, l'a traînée dans la salle de bain et mise dans la baignoire où il l'a aspergée d'eau ou de produits de beauté. Il l'a ensuite lâchée pour s'emparer de deux préservatifs dans son porte-monnaie et lui a déclaré qu'elle était une pute, qui couchait avec tous les hommes. Par la suite, il l'a forcée à boire plusieurs verres d'alcool fort. Comme elle refusait, il l'a giflée, puis l'a forcée à avaler en lui pinçant le nez, l'obligeant à ouvrir la bouche. Son ami devenant de plus en plus violent, D.________ a cherché à quitter l'appartement. A.________ l'a alors frappée d'un coup violent sur la tête. Elle a heurté le mur et perdu connaissance. Lorsqu'elle a repris ses esprits, elle se trouvait couchée sur le lit et son agresseur lui a demandé de lui faire une fellation. Comme elle refusait, il l'a frappée sur le bras et sur la tête avec un casque à moto. Il lui a mis les mains autour du cou, en faisant un geste d'étranglement, puis a continué à l'étrangler avec un lacet. La victime a eu la sensation d'étouffer avant que l'intéressé ne desserre son étreinte. Il l'a ensuite à nouveau forcée à boire de l'alcool en la menaçant d'un tournevis posé sur la tempe. Elle s'est finalement endormie. Le lendemain, la dispute a continué. A un moment donné, D.________ est parvenue à quitter l'appartement, mais, encore fortement alcoolisée, n'a pu faire démarrer sa voiture. Elle est retournée dans l'appartement, où A.________ a alors décidé de l'empêcher de sortir. Il l'a forcée à boire, en lui collant un tournevis sur la tempe. Il lui a attaché les pieds et les poignets avec du ruban adhésif et l'a bâillonnée. Il l'a libérée après quelques minutes, puis l'a enfermée dans une armoire dont elle a pu forcer la porte au bout de deux minutes. Pour l'empêcher de partir, il lui a déchiré les vêtements. Il l'a traînée par les cheveux sur le canapé et l'a sodomisée. Plus tard, il l'a frappée sur les genoux avec un petit marteau en bois, lui a arraché des poils du pubis et les lui a fait boire dans un verre d'alcool. Il l'a injuriée et menacée, a cassé des objets et est allé cherché de l'essence pour les faire brûler tous les deux. Il l'a grimée grossièrement tout en lui disant qu'il voulait la faire belle pour sa mort. Durant toute la journée, D.________ a ainsi été retenue contre son gré dans l'appartement. Finalement dans l'après-midi, sa mère et son oncle ont sonné à la porte et entendu ses appels au secours; ils ont constaté que la victime était fortement choquée. Dans la soirée, celle-ci s'est rendue au Chuv où l'examen physique a révélé diverses lésions. D.________ a déposé plainte le 20 juin 2001, étendue le 27 juillet 2001. A.c En mai 2004, A.________ a noué une relation avec E.________. Entre les mois de juin et novembre 2004, il l'a régulièrement frappée, lui assénant notamment des coups, à mains nues, au visage, sur les bras et dans le ventre. Il lui a appuyé fortement un tournevis sur la tête, l'a menacée de la jeter par la fenêtre et s'est vanté de posséder une arme à feu. Dans le courant de l'été 2004, il a essayé, à deux reprises, de l'étrangler. Le 14 décembre 2004, A.________ a frappé, à plusieurs reprises, son amie au visage au moyen d'un couteau militaire, celle-ci ayant refusé d'entretenir des rapports intimes. Il lui a causé une coupure à hauteur de l'oeil droit, laquelle a nécessité plusieurs points de suture. Elle a également subi de multiples plaies du cuir chevelu et une plaie à un doigt de la main gauche. A.d En cours d'enquête, A.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique dont le rapport a été rendu le 5 mars 2002. Les médecins ont diagnostiqué un abus d'alcool et de cocaïne, sans dépendance, soulignant que ces substances diminuaient le contrôle de l'expertisé et augmentaient le risque de passage à l'acte. Ils n'ont relevé aucun trouble, ni maladie psychiatrique. Au cours des débats, l'un des experts a précisé que la consommation d'alcool et de cocaïne au moment des faits avait pu diminuer légèrement la capacité de l'intéressé à se déterminer d'après cette appréciation et qu'il n'était pas nécessaire de prononcer une quelconque mesure à son encontre.