Citation: I 654/04 21.07.2005 E. 6

6.1 La recourante reproche aux premiers juges ainsi qu'à l'administration de ne pas avoir tenu compte, dans l'évaluation du degré d'invalidité, du niveau des salaires dans le canton du Valais, alléguant qu'il serait notoirement inférieur à la moyenne nationale. Pour compenser cette différence de salaire, elle soutient que son revenu sans invalidité aurait dû être déterminé, à l'instar du revenu d'invalide, sur la base des statistiques. Elle demande en outre qu'un abattement de 25 % soit appliqué à son revenu d'invalide. 6.2 Contrairement à ce que soutient l'intéressée, le revenu sans invalidité ne saurait être déterminé sur la base des statistiques. En effet, ce revenu doit être évalué de manière aussi concrète que possible, soit en se fondant, selon la jurisprudence, sur le dernier salaire réalisé par la recourante (ATF 129 V 224 consid. 4.3.1). Ce n'est que lorsque ce revenu ne correspond manifestement pas à ce que l'assuré aurait été en mesure de réaliser, au degré de la vraisemblance prépondérante, s'il n'était pas devenu invalide, compte tenu de sa situation personnelle et de ses aptitudes professionnelles, qu'il y a lieu de s'en écarter (RAMA 2000 N° U 400 p. 381 consid. 2a et la référence; Meyer-Blaser, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung [IVG], 1997, p. 205-206; RCC 1985 p. 662 ss.). En l'occurrence, aucun élément du dossier ne justifie de s'écarter du dernier salaire de la recourante, si bien que c'est à juste titre que les premiers juges ont tenu compte d'un salaire mensuel de 3'125 fr. 40 (versé 13 fois l'an), soit de 40'630 fr. 20 par année en se référant au questionnaire de l'employeur. Quoiqu'en dise la recourante, ce montant correspond au revenu statistique dans le domaine de l'hôtellerie/restauration (L'enquête suisse sur la structure des salaires 2000, table TA1, p.31) où le revenu médian pour une femme est de 3'111 fr. par mois (12 x par année). On doit aussi constater que le salaire que la recourante obtenait concrètement à l'Hôpital X.________ était en réalité légèrement supérieur à celui de la moyenne suisse. Il est par conséquent erroné d'affirmer, comme la recourante le fait longuement dans son écriture, que les salaires en Valais sont notoirement inférieurs à la moyenne suisse, à tout le moins dans le secteur de l'hôtellerie. 6.3 En ce qui concerne le revenu d'invalide, les premiers juges étaient fondés à se référer aux données statistiques qui résultent de l'enquête sur la structure des salaires publiée par l'Office fédéral de la statistique puisque la recourante n'a pas repris d'activité lucrative depuis le dépôt de sa demande de prestations de l'assurance-invalidité (ATF 124 V 323 consid 3b/aa). Le salaire statistique de l'ESS est en effet suffisamment représentatif de ce que la recourante serait en mesure de réaliser en tant qu'invalide dès lors qu'il recouvre un large éventail d'activités variées et non qualifiées compatibles avec des limitations fonctionnelles peu contraignantes (ATF 129 V 472). Aussi, ne saurait-on reprocher à la juridiction cantonale d'avoir évalué le salaire d'invalide sur la base des statistiques salariales élaborées sur le plan national. Au demeurant, on n'aboutirait pas à un résultat plus favorable pour la recourante en se référant à la table TA 13 LSE et en prenant en compte le salaire mensuel brut de la région lémanique soit des cantons de Genève, Vaud et Valais. 6.4 La recourante ne saurait davantage être suivie dans son argumentation, supposé même réalisée l'hypothèse de salaires inférieurs à la moyenne suisse dans la région Y.________. En effet, l'exercice d'une activité lucrative dans un autre lieu que celui de son domicile est raisonnablement exigible lorsque l'assuré peut rentrer chez lui tous les jours (Peter Omlin, die Invalidität in der obligatorischen Unfallversicherung : mit besonderer Berücksichtigung der älteren Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer, Diss. Fribourg 1994, 2 Aufl. 1999 p. 207). Ainsi, le changement du lieu de travail peut, même si l'on tient compte de considérations liées au libre choix du lieu de travail, constituer une mesure propre à atténuer autant que possible les conséquences de l'invalidité. Les exigences posées à l'obligation, pour l'assuré, de prendre de telles mesures (obligation de réduire le dommage), doivent être appliquées de manière stricte lorsqu'il est question de demander à l'AI une forte contribution, par exemple lorsque le fait de renoncer à de telles mesures risquerait d'ouvrir droit à des rentes (RCC 1987 p. 458; Meyer-Blaser, op. cit. p. 211). Ainsi, dans un arrêt ancien, la Cour de céans a estimé qu'un trajet en train de 45 minutes était raisonnable (RCC 1968 p. 581). Dans ces conditions, on pourrait aussi exiger de la recourante qu'elle se déplace dans la région Z.________ ou W.________ pour exercer une activité lucrative adaptée à son état de santé si les salaires offerts devaient y être plus élevés comme elle le soutient. De plus, on peut également, en l'espèce, raisonnablement exiger de la recourante qu'elle exerce une activité adaptée dans un autre domaine que celui de l'hôtellerie/restauration où les salaires sont généralement inférieurs (cf. le salaire mensuel moyen de 3'663 fr. dans les services et de 3641 fr. dans la production, TA1 de la LSE). En effet, selon les conclusions des experts du COMAI, la capacité de travail de la recourante qui n'est que de 30 % dans son ancienne activité est de 50 % environ dans une activité adaptée (rapport du 28 avril 2003, p. 19-20). Dès lors, en retenant le montant de 46'905 fr. 60 à titre de revenu d'invalide, les premiers juges ont correctement appliqué les règles de calcul posées par la jurisprudence. Quant au facteur de réduction sur le salaire statistique prévu par la jurisprudence (ATF 126 V 78), l'administration l'a fixé à juste titre à 15 %. En effet, il tient équitablement compte de la situation personnelle de la recourante (pour des cas similaires : arrêt L. du 4 septembre 2002, I 774/01; arrêt non publié S. du 30 novembre 2001, I 430/01). Le revenu d'invalide s'élève ainsi à 19'934 fr. 88 (compte tenu d'une incapacité de travail de 50 %). Au demeurant, comme l'ont relevé à juste titre les premiers juges, même en appliquant l'abattement maximum de 25 % admis par la jurisprudence (ATF 126 V 75), le degré d'invalidité se monterait à 57 % et n'ouvrirait ni droit à une rente entière jusqu'au 31 décembre 2003, ni même à un trois-quarts de rente dès le 1er janvier 2004.