Citation: 8C_245/2022 E. 4

Précisant que le délai d'opposition à la décision du 14 juillet 2021 était, compte tenu des féries, arrivé à échéance le 14 septembre 2021, la cour cantonale a retenu que la recourante, saisie d'une opposition le 9 août 2021, avait transmis le dossier à la mandataire de l'intimé en pleine connaissance du fait que celle-ci avait requis un laps de temps pour motiver l'opposition avec une échéance fixée au plus tard au 30 septembre 2021. Dès lors que la recourante était rompue aux règles de procédure, le courrier de M e Burysek du 31 août 2021 ne pouvait pas être laissé sans réponse, sauf à s'accommoder d'une prolongation de délai, laquelle avait pour ainsi dire été explicitement demandée dans le délai d'opposition. La recourante aurait donc dû soit rendre l'intimé attentif au risque de se voir opposer un dépassement de délai qu'elle n'entendait pas tolérer, soit tolérer le retard annoncé en application de l'art. 10 al. 5 OPGA. A défaut d'avoir réagi, elle ne pouvait pas invoquer un vice irréparable, compte tenu de son obligation - découlant de l'art. 27 LPGA - de fournir des conseils particuliers dans une situation où le comportement de la personne intéressée pouvait mettre en péril la réalisation de l'une des conditions du droit aux prestations ou lui causer un préjudice de nature procédurale. Une sanction pour dépassement du délai d'opposition se justifiait d'autant moins que la mandataire avait motivé ledit dépassement de délai par la nécessité légitime de prendre connaissance du dossier et d'en conférer avec son client. L'instance précédente en a conclu que la stricte application des règles de procédure par la recourante ne se justifiait par aucun intérêt digne de protection et entravait de manière insoutenable l'examen du droit matériel et l'accès à la justice, en violation du principe de l'interdiction du formalisme excessif et des règles de la bonne foi.