Citation: 5A_847/2021 E. 5.2

5.2. La question de savoir si le chiffrement postérieur d'une demande conformément à l'art. 85 al. 2 CPC constitue une modification de la demande initiale de sorte que les art. 227 et 230 CPC seraient applicables ou une simple précision de dite requête demeure ouverte. Certains auteurs excluent d'emblée qu'il puisse s'agir d'une modification de la demande (ALEXANDER R. MARKUS, in Berner Kommentar, Sweizerische Zivilprozessordnung - Band I, Art. 1-149 ZPO, 2012, n° 23 ad art. 85 CPC; GROBETY/HEINZMANN, in Petit commentaire CPC, 2021, n° 17 ad art. 85 CPC; LAURENT GROBETY, Le cumul objectif d'actions en procédure civile suisse, Zurich 2018, p. 159-160, n° 253; FRANCESCO TREZZINI, Commentario pratico al Codice di diritto processuale civile svizzero, 2e éd. 2017, n° 22 ad art. 85 CPC). D'autres auteurs précisent que, si l'on admet qu'il s'agit d'une modification de la demande, l'art. 85 al. 2 CPC constitue alors une lex specialis par rapport à l'art. 227 al. 2 CPC du moins s'agissant du maintien de la compétence du tribunal (FLORIAN MOHS, in ZPO Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, Gehri/Jent-Sørensen/Sarbach [éd.], 2015, n° 4 ad art. 85 CPC; MATTHIAS COURVOISIER, in Schweizerische Zivilprozessordnung, Baker & McKenzie [éd.], 2010, n° 11 ad art. 85 CPC). Certains précisent encore que, lorsqu'une partie n'est pas en mesure ou lorsqu'on ne peut attendre d'elle qu'elle chiffre ses prétentions d'emblée au sens de l'art. 85 CPC, elle n'a pas non plus à introduire une demande partielle et à la modifier par la suite au sens de l'art. 227 CPC (cf. notamment DANIEL FÜLLEMANN in DIKE-Kommentar ZPO, 2ème éd. 2016, n° 3 ad art. 85 CPC; cf. également PASCAL LEUMANN LIEBSTER, Die Stufenklage im schweizerischen Zivilprozessrecht, 2005, p. 113 s., qui considère qu'il s'agit d'une simple précision de la demande).