Citation: 6B_965/2023 E. 2.2.3

2.2.3. Pour la cour cantonale, il résultait des pièces du dossier que le recourant avait déposé plainte contre l'intimée le 24 juillet 2020 pour diffamation et calomnie, celle-ci n'ayant pour sa part déposé plainte que par courrier daté du 5 août 2020. On ignorait si l'intimée avait eu connaissance de la plainte déposée à son encontre avant le 5 août 2020 (cf. ses déclarations à l'audience d'appel, où elle disait que non). Lors des débats de première instance, elle avait déclaré: "Après mes deux premières semaines, mon contrat a été prolongé. J'ai travaillé à 50 % pendant les deux premières semaines, puis à 100 %" (cf. jugement de première instance, p. 6 in fine). Ces éléments ne permettaient toutefois pas de douter des déclarations de la victime, selon la cour cantonale. D'une part, celle-ci avait expliqué, lors des débats de première instance, pourquoi elle n'avait pas immédiatement déposé plainte, à savoir qu'elle avait honte parce qu'elle était une femme d'un certain âge et qu'elle n'avait pas su se défendre. D'autre part, elle ne pouvait espérer obtenir un travail à 100 % au motif qu'elle était victime d'un viol alors qu'elle était en période d'essai. Sur ce dernier point, le recourant admettait qu'il ne croyait plus que l'intimée l'aurait accusé faussement dans le but de lui prendre sa place de travail, comme il le pensait au début, mais uniquement pour obtenir un permis de séjour en Suisse. On ne pouvait rien tirer non plus du fait que l'intimée n'avait pas produit de certificat médical attestant d'un contrôle gynécologique à la suite des faits incriminés. Par ailleurs, la cour cantonale ne discernait pas de contradictions dans les déclarations de la victime. Celle-ci avait toujours parlé de la honte ressentie, qui l'avait empêchée de déposer plainte immédiatement. Elle avait expliqué que c'était son avocat qui avait rédigé la plainte et les motifs pour lesquels elle avait consulté la LAVI en 2017, précisant ne jamais avoir été victime de violences sexuelles avant les faits litigieux. En outre, contrairement à ce que semblait prétendre le recourant, la cour cantonale ne voyait pas en quoi le fait de déposer plainte pénale pour viol et obtenir ainsi le statut de victime pouvait permettre à l'intimée, qui avait un statut de séjour précaire, de rester légalement en Suisse. Au contraire, l'intéressée, qui en était à son premier jour de travail dans une nouvelle entreprise, bénéficiant uniquement d'un contrat de durée déterminée, renouvelable de semaine en semaine, qui plus est en période de Covid, avait plutôt pris le risque, par de telles accusations graves faites en pareilles circonstances à l'encontre d'un collègue qu'elle n'avait jamais vu auparavant, de ne pas être crue et d'être licenciée (cf. les déclarations du témoin E.________: "Si on apprend que l'intimée n'a pas dit la vérité. On l'a avertie qu'elle serait licenciée sur-le-champ, sans indemnité et que nous ne pourrions plus avoir confiance en elle"). Ainsi, la victime n'avait aucune raison de mentir délibérément. Elle ne pouvait rien espérer en tirer d'intéressant. En outre, on ne pouvait pas dire qu'elle s'était donnée le beau rôle dans son récit, admettant même avoir embrassé le recourant à la fin de l'agression alors que cela risquait de desservir sa cause. Pour le reste, le témoin E.________ avait certes relevé que la victime avait atteint son objectif, soit qu'elle avait trouvé un emploi avant de se mettre en arrêt maladie après 4 mois de travail, à savoir dès le 2 novembre 2020 au terme de sa période d'essai. L'intimée avait toutefois expliqué qu'elle avait eu des problèmes de santé, soit une tumeur, qui avait nécessité une chirurgie compliquée, que la récupération avait été très difficile après l'opération et qu'elle avait perdu son poste.