Citation: 4P.291/2001 10.09.2002 E. 6

A.________ se plaint encore d'arbitraire dans l'appréciation des preuves concernant les rapports d'expertises produites par B.________. Elle estime que la cour cantonale a retenu les conclusions du rapport de la . La recourante soutient que ce rapport a été rendu sans examen des montres, qu'il a été établi en cours de procédure et sur la base d'explications données par B.________ et qu'il se fonde sur une prémisse totalement fausse, à savoir l'absence d'exigences particulières de l'acheteur quant à la qualité. Or, les parties divergeaient sur le sens qu'il fallait donner au terme de "masterpiece qualitativement irréprochable". Même si elle invoque l'interdiction de l'arbitraire, la recourante n'indique pas en quoi la Cour de justice a suivi spécifiquement les conclusions de ce rapport au détriment des quatre autres, de sorte que le défaut de motivation du grief entraîne son irrecevabilité au sens de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il n'est guère possible de déduire implicitement du rejet des conclusions de la recourante par la juridiction cantonale et du fait que l'expertise de L.________ écartait la plupart des critiques émises par les autres experts, une appréciation arbitraire des preuves. Ceci d'autant moins que la Cour de justice ne s'est pas expressément référée à cette expertise pour asseoir sa solution et qu'elle pouvait faire valoir son large pouvoir d'appréciation à l'égard des preuves documentaires apportées au dossier, aucun des cinq rapports ne bénéficiant d'une force probante particulière en raison de leur nature d'expertises privées exécutées sur mandats des parties et versées à la procédure par l'une d'elles, B.________. Dans cette hypothèse, la cour cantonale gardait sa pleine liberté d'appréciation de la preuve, pour autant qu'elle ne se fonde pas sur l'opinion d'un expert manifestement contradictoire ou reposant sur des constatations de fait erronées (ATF 118 Ia 144 consid. 1c p. 146 et les arrêts cités). Face à cinq expertises privées, la problématique d'une certaine priorité du rapport d'expertise d'un organe officiel indépendant ne se pose pas (ATF 125 II 591 consid. 7a et les références, p. 602), pas davantage que celle, évidente, de la priorité de l'expertise sur l'avis d'un homme de l'art, proche d'une des parties (par ex., le cas du médecin-traitant, ATF 124 I 170 consid. 4 et les références, p. 175). A l'opposé de l'expert judiciaire, qui est l'auxiliaire du juge dans sa fonction de rendre une décision, sous l'angle des aspects scientifiques ou techniques de cette dernière (ATF 127 I 73 consid. 3f et les arrêts cités, p. 80), les experts privés ne font que refléter l'opinion des parties, en la documentant à l'aide de leur savoir et de leur expérience. En l'espèce, la divergence des parties sur l'exigence de qualité, exprimée par les termes de "masterpiece qualitativement irréprochable", ne permet pas de conclure que le rapport de L.________ a retenu des considérations totalement étrangères aux faits quant à la qualité de l'ouvrage, même si une différence d'interprétation subsistait entre les parties quant à l'expression du niveau de cette qualité. Il en résulte que l'appréciation des preuves résiste au grief d'arbitraire.