Citation: 6B_1071/2017 E. 3.2

3.2. Même si l'intimé avait admis savoir que le recourant était une personne très âgée qui était atteinte dans sa santé et même s'il s'était contredit sur l'étendue de ses connaissances des démarches de Y.________ quant à la vente de l'immeuble et aux dispositions testamentaires, la cour cantonale a estimé que l'intimé demeurait néanmoins crédible lorsqu'il affirmait n'avoir jamais voulu commettre d'escroquerie au préjudice du recourant. L'autorité précédente a ainsi relevé qu'il n'existait aucun élément de preuve établissant que l'intimé aurait pu ou dû savoir que son épouse, qui disposait d'un domicile distinct du sien, conservait les montants débités du compte bancaire du recourant à son propre profit. Aucun élément ne démontrait non plus qu'aux yeux de l'intimé, les montants perçus par Y.________ excédaient ce que l'on pouvait considérer comme admissible au vu de la faible rémunération (300 fr. par mois) convenue pour l'activité de gouvernante qu'elle lui disait effectuer au bénéfice du recourant. Il n'était en outre pas possible de retenir que l'intimé, lui-même fortement épris de Y.________, avait été conscient du "jeu amoureux" mené par cette dernière sur le recourant. Il n'était en effet pas contesté que l'essentiel de ce que l'intimé savait de la relation entre le recourant et Y.________ provenait de ce que voulait bien lui dire cette dernière, lui-même n'ayant rencontré directement aucun des protagonistes étant intervenus dans l'affaire (médecin, avocat, notaire, courtier immobilier) et n'ayant fait la connaissance du recourant que postérieurement au dépôt de la plainte pénale en février 2012. L'intimé paraissait ainsi sincère lorsqu'il faisait l'éloge des qualités de son épouse, de son empathie pour les personnes âgées, de son affection et de ses attentions pour son employeur qu'elle lui disait considérer comme son grand-père. Par ailleurs, il ne pouvait être reproché à l'intimé de ne pas avoir décelé que le recourant n'était plus en mesure d'exercer son libre arbitre, dès lors que des certificats médicaux établis durant la période des faits attestaient de "sa parfaite santé mentale". Il ressortait en outre de l'expertise réalisée durant l'été 2012 qu'en dépit de ses troubles et d'une mémoire à court et moyen terme très perturbée, le recourant tenait un discours cohérent et spontané, ses capacités d'orientation temporelle et spatiale demeurant préservées. L'intimé pouvait dans ces conditions être suivi lorsqu'il affirmait que c'était l'absence de relation vécue entre le recourant, son fils et son épouse qui l'avait convaincu d'obtenir des informations personnelles sur l'épouse du recourant en profitant de son statut professionnel et ainsi de permettre à Y.________ de se voir instituer unique héritière de son employeur. C'était du reste pour se prémunir d'être accusé de mauvaises intentions que l'intimé avait par la suite adressé Y.________ et le recourant, pour l'accomplissement de leurs démarches, à un avocat, puis à un notaire. Or, ces professionnels du droit, qui avaient reçu l'intéressé dans leurs études respectives, ne semblaient pas avoir été alertés par son état de santé puisqu'ils avaient rédigé les actes demandés.