Citation: I 444/05 23.08.2006 E. 4.2

4.2.1 Les examens neurologique et ostéo-articulaire réalisés le 18 juin 2002 dans le cadre de l'expertise du COMAI n'ont pas mis en évidence de déficits particuliers. En revanche, il existait une positivité de tous les points de fibromyalgie et une négativité des points de contrôle. L'assurée présentait également une positivité du score de Beighton (5 items sur 9) témoignant d'une hyperlaxité ligamentaire qui pouvait jouer un rôle favorisant dans les douleurs articulaires et musculaires qu'elle présentait. il n'y avait en outre aucun argument clinique ou biologique pour évoquer une récidive de la maladie de Lyme. En conclusion, l'assurée présentait d'un point de vue rhumatologique pur une capacité de travail de 50 % dans une activité adaptée qui ne requérait pas le port de charges, les positions statiques prolongées ou les mouvements répétitifs des membres supérieurs. Après un réentraînement et une période d'adaptation, la capacité de travail pourrait être augmentée à 70 %. Sur le plan psychiatrique, les plaintes diffuses touchant tous les groupes musculaires et articulaires des membres supérieurs et inférieurs, lesquelles ne pouvaient être expliquées entièrement par une origine organique, parlaient en faveur d'un syndrome douloureux somatoforme persistant. Une accumulation d'un vécu victimaire (agressions durant l'enfance, violences conjugales, décès de son fils, maladie de Lyme) mettait en évidence des traits masochiques de la personnalité. Elle présentait également un trouble dépressif récurrent (notamment durant les mois d'hiver), en rémission au vu de l'absence actuelle d'une symptomatologie dépressive franche. L'ensemble de ces affections entraînaient une incapacité de travail d'environ 80 % (consultation de psychiatrie du 9 juillet 2002 réalisée par la doctoresse M._________). 4.2.2 Procédant à l'appréciation consensuelle du cas, les experts du COMAI ont expliqué que: « Globalement, en tenant compte des évaluations rhumatologique et psychiatrique, nous estimons que la capacité de travail de S._________ est fortement diminuée, évaluée actuellement à 30%, dans une activité légère, n'impliquant pas de charges physiques importantes. C'est en partie le vécu douloureux, dont nous sommes convaincus de l'authenticité, qui est responsable de cet effondrement de la capacité de travail mais aussi le trouble dépressif récurrent et le trouble de la personnalité. En effet, S._________ n'est maintenant plus du tout en mesure d'affronter et de gérer le moindre stress, tel que l'on est susceptible de rencontrer presque quotidiennement dans n'importe quelle activité professionnelle. Cette diminution sévère de la capacité de travail nous semble durable, au vu de la fixation de la situation depuis plusieurs années, de l'importance de la symptomatologie douloureuse et du trouble de la personnalité associé. »