Citation: I 4/03 01.03.2004 E. 4

4.1 Pour juger s'il est admissible de reconsidérer une décision pour le motif qu'elle est sans nul doute erronée, il faut se fonder sur la situation juridique existant au moment où cette décision a été rendue, compte tenu de la pratique en vigueur à l'époque (ATF 119 V 479 consid. 1b/cc et les références). Par le biais de la reconsidération, on corrigera une application initiale erronée du droit, de même qu'une constatation erronée résultant de l'appréciation des faits (ATF 117 V 17 consid. 2c, 115 V 314 consid. 4a/cc). Une décision est sans nul doute erronée non seulement lorsqu'elle a été prise sur la base de règles de droit non correctes ou inappropriées, mais aussi lorsque des dispositions importantes n'ont pas été appliquées ou l'ont été de manière inappropriée (DTA 1996/97 n° 28 p. 158 consid. 3c). 4.2 La décision de l'office intimé du 8 juin 1999, fixant le taux d'invalidité du recourant à 100 %, prend essentiellement appui sur les données médicales communiquées par la CNA à la suite des luxations de l'épaule gauche survenues en avril 1997, mai et août 1998 et fait fi de l'obligation de procéder à la comparaison des revenus prévue à l'art. 28 al 2 LAI (ancienne teneur). Si l'office intimé avait procédé correctement, il aurait été amené à constater que l'assuré a travaillé de février à août 1996 pour la maison L.________(réalisant un salaire de 31'309 fr.) et que, du 1er septembre 1996 au 31 mars 1998, il a oeuvré, à mi-temps, en qualité de gérant du Pressing X.________ au centre commercial Y.________ pour un salaire mensuel de 3'806 fr. par mois jusqu'en juillet 1997 et de 5'000 fr. par la suite, selon les informations données par l'employeur à la CNA en janvier 2001. Il en aurait conclu que le recourant était apte à exercer de telles activités, sous réserve des (divers) épisodes de luxation de son épaule gauche. Compte tenu de ce qui précède et nonobstant les périodes d'incapacité de travail subies par l'assuré au cours de l'année qui a précédé le début du droit à la rente (septembre 1997) et celles qui ont suivi, on doit admettre que le recourant ne présentait de toute évidence pas le taux d'invalidité de 100 % fixé par l'office intimé dans sa décision du 8 juin 1999. Plus spécifiquement, les éléments au dossier réunis par l'office ne permettaient pas de fixer à 100 % le degré d'invalidité du recourant, la capacité de travail dans une activité adaptée exigible n'ayant tout simplement pas été examinée; il s'ensuit que la décision du 8 juin 1999 est manifestement erronée.