Citation: 4C.391/1999 20.01.2000 E. A

A.- a) Par acte du 30 octobre 1990, Jean et Lydia Bertolotti ont acquis de l'entrepreneur Patrice Lorimier un terrain à Colombier (NE) sur lequel était édifiée une villa en cours d'achèvement. Le même jour, les parties ont signé un contrat portant sur l'exécution par l'entrepreneur des travaux qui restaient à réaliser. En février 1991, il est apparu que la poutre principale de la maison était sous-dimensionnée et présentait de ce fait un fléchissement anormal, ce qui créait le risque d'un affaissement de la villa dès le premier étage. Des mesures ont été prises pour remédier à cette situation, sur la base d'une expertise sollicitée d'un commun accord. b) Les époux Bertolotti se sont plaints de nouveaux défauts et ont, avant l'introduction d'une procédure ordinaire, demandé au président du Tribunal du district de Boudry d'ordonner une expertise, à titre de "preuve à futur". Le 13 septembre 1993, le président a désigné à cette fin Henri Gaille, maître charpentier à Fresens. Henri Gaille a déposé un premier rapport le 29 novembre 1993; il en résultait que le prix d'une réfection, propre à régler définitivement le cas, devait avoisiner les 5000 à 6000 fr.; l'expert signalait toutefois le risque que les fissures réapparaissent par la suite et précisait que restaient posées les questions esthétiques, difficilement chiffrables. Dans un second rapport du 11 janvier 1994, provoqué par des questions complémentaires des époux Bertolotti, l'expert Gaille a articulé une fourchette allant de 5000 fr. pour une réparation superficielle, à 40 000 fr. pour une ré- paration complète comportant diverses améliorations, à quoi devait selon lui s'ajouter une somme de 3 à 5% du coût total de la villa pour les défauts subsistants, parce qu'inaccessibles, ou non garantis dans le temps.