Citation: 6B_308/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, il est constant que le périmètre du chantier concerné n'était pas accessible à un nombre indéterminé de personnes, mais exclusivement aux cocontractants du maître de l'ouvrage. Les recourants semblent le contester, en évoquant la proximité d'habitations. Leur discussion sur ce point s'avère toutefois appellatoire, partant irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). Il ressort en tout état du jugement attaqué que le chantier était fermé à la circulation et le trafic dévié vers un autre itinéraire pour en permettre le contournement. Une signalisation lumineuse de chantiers et des ouvriers régulaient la circulation, afin de permettre l'accès ou la sortie des camions de la zone de chantier fermée au trafic. Il ne pouvait pas y avoir de piétons externes aux entreprises du chantier sur la zone concernée. Au regard de ce qui précède, la cour cantonale était fondée à considérer que la LCR et l'OCR ne trouvaient pas directement application. Toutefois, en se limitant à le constater et en ajoutant qu'il s'agissait de juger les conséquences d'un accident de chantier, et non d'un accident de la circulation, la cour cantonale paraît sous-entendre que les règles définies dans les textes précités demeurent dénuées de portée et de pertinence dans le cas d'espèce. Or, une telle approche méconnaît la jurisprudence susmentionnée. La cour cantonale a perdu de vue que les dispositions topiques de la LCR et de l'OCR ont vocation à s'appliquer par analogie, sur les chantiers également, lorsqu'il s'agit de concrétiser le contenu du devoir de diligence des conducteurs de véhicule. En ce sens, la dichotomie opérée entre accident de chantier et accident de la circulation, à laquelle les juges précédents paraissent avoir attaché une importance déterminante, n'est pas décisive. Les critiques des recourants s'avèrent par conséquent fondées, ce d'autant que la cour cantonale n'expose guère sur quelles bases ou à l'aune de quelles règles de prudence elle a conduit le raisonnement qui l'a amenée à confirmer l'acquittement de l'intimé. Il convient dès lors de reprendre ces différents points, étant relevé que les recourants exposent se référer pour l'essentiel aux faits constatés par les juges précédents, qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), ceux-ci étant au demeurant suffisamment établis pour permettre d'appliquer le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF; cf. GRÉGORY BOVEY, in AUBRY GIRARDIN/DONZALLAZ/DENYS/BOVEY/FRÉSARD, Commentaire de la LTF, 3e éd. 2022, n° 27 ad art. 106 LTF).