Citation: I 412/02 04.11.2002 E. 2

2.1 L'office AI a rejeté la demande de prise en charge de la kératoplastie à l'œil gauche, au motif que l'affection de cet œil n'était pas de nature à entraîner une diminution de la capacité de gain de l'intimée ou de l'entraver dans ses travaux habituels, actuellement ou dans un avenir proche. En revanche, les premiers juges ont considéré que l'office AI n'était pas à même de décider si l'intervention était de nature à améliorer la capacité de travail de l'intimée, la sauvegarder ou à en favoriser l'usage et lui ont renvoyé le dossier pour instruction complémentaire sur ce point. 2.2 Le Tribunal administratif ne peut être suivi. Dans le cadre des mesures médicales de réadaptation au sens de l'art. 12 LAI, la question de savoir si un traitement est de nature à améliorer la capacité de travail d'un assuré, la sauvegarder ou en favoriser l'usage, ne se pose que si l'assuré présente une invalidité ou est menacé d'une invalidité imminente. En l'occurrence, l'intimée n'a pas besoin d'avoir une vision binoculaire pour exercer sa profession d'assistance en histoire ancienne ou accomplir ses travaux habituels, bien que cela puisse représenter un confort certain. A cet égard, elle n'a pas présenté d'incapacité de travail depuis la fin du traitement à l'œil droit en 1998, nonobstant le fait que l'état de son œil gauche - de 0,3 partiel sans possibilité d'amélioration présent depuis lors - ne permette pas de vision stéréoscopique aussi bien pour la lecture que pour les travaux sur écran. Par ailleurs, le status à la suite de la kératoplastie de l'œil droit pratiquée en 1998 est sans particularité et l'intimée jouit d'une bonne acuité visuelle de cet œil (rapport des docteurs A.________ et B.________ du 4 octobre 2001). Certes, en présence d'un organe greffé, un risque de rejet ne saurait être écarté; toutefois, le dossier médical est exempt de toute menace concrète et imminente pesant sur l'œil droit. 2.3 Dès lors, en l'absence d'invalidité ou d'invalidité imminente (cf. art. 8 LAI), l'intervention prévue à l'œil gauche ne peut se voir reconnaître le caractère d'une mesure médicale de réadaptation de l'AI. En revanche, la mesure relève clairement de l'assurance-maladie. Les modalités de prise en charge dans cette assurance - et particulièrement le fait que l'intimée ait apparemment opté pour une franchise annuelle importante (cf. rapport du docteur D.________ du 31 janvier 2002) - sont toutefois sans incidence dans l'analyse des conditions posées par la LAI pour reconnaître à l'intervention projetée le caractère d'une mesure médicale de réadaptation. Le recours est bien fondé.