Citation: 1B_668/2021 E. 3.2

3.2. Le recourant soutient qu'il n'a pas volontairement heurté la victime. Il expose qu'il avait décidé de se rendre en voiture chez son médecin pour prendre rendez-vous, qu'il avait ensuite stationné dans une contre-allée à proximité du cabinet de son médecin afin de l'appeler mais y avait finalement renoncé puisqu'il était l'heure de la pause. Il a ajouté qu'en voulant repartir, il avait appuyé de manière soudaine et involontaire sur l'accélérateur, le tapis de sol s'étant coincé entre les pédales du véhicule, et qu'il avait ainsi heurté involontairement la victime. Le recourant soutient entre autres que ses déclarations ne sont pas contradictoires et que celles des témoins ne sont pas pertinentes dès lors qu'ils ne peuvent avoir aucune idée de la raison pour laquelle son véhicule s'était subitement mis en mouvement. Le prévenu ajoute que plusieurs témoins auraient pensé à quelque chose d'anormal en raison de la réaction de la victime qui aurait, d'après eux, immédiatement parlé de tentative de meurtre. Compte tenu des arguments avancés par le recourant, il sied de lui rappeler qu'il n'appartient pas au juge de la détention d'examiner en détail l'ensemble des considérations de fait, pas plus que de procéder à une appréciation complète des éléments à charge et à décharge; il lui incombe uniquement de vérifier, sous l'angle de la vraisemblance, que le maintien en détention repose sur des indices de culpabilité suffisants (cf. ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 316 consid. 3.1). Or, tel est le cas en l'espèce. L'instance précédente pouvait en effet à juste titre considérer qu'il existait, à ce stade initial de l'enquête, un faisceau d'indices suffisant pour justifier le placement en détention provisoire du recourant. Quoi qu'en pense ce dernier, constituent de tels indices les témoignages recueillis sur place par la police selon lesquels le recourant, qui avait stationné sa voiture dans une contre-allée, l'avant en direction de la route, aurait démarré en trombe, sans motif apparent, pour aller délibérément heurter la victime (cf. procès-verbal des opérations, mention du 21.10.2021). Le recourant a par ailleurs admis être en conflit avec la victime (dont l'Etude d'avocat est située à proximité du lieu des faits considérés) contre laquelle il a déclaré avoir déposé plainte, précisant même avoir porté l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme (cf. procès-verbal d'audition par la police du 21 octobre 2021, D. 12). Cet élément peut également être pris en considération même si le détail de la relation conflictuelle entre la victime et le prévenu n'a pas encore été clarifié. Quant aux explications données par le recourant sur les faits qui lui sont reprochés, elles apparaissent en l'état confuses et contradictoires. En effet, selon les constatations de l'instance précédente, il ressort du procès-verbal des opérations que, dans un tout premier temps, le recourant aurait indiqué à la police qu'il avait perdu la maîtrise de son véhicule alors qu'il téléphonait; cependant, l'examen de son téléphone portable ne fait état d'aucun appel (cf. procès-verbal des opérations, mention du 21.10.2021). Ensuite, lors de son audition par la police, le recourant a d'abord expliqué avoir stationné son véhicule dans la contre-allée afin de se rendre à pied chez son médecin, puis y avoir renoncé après avoir constaté qu'il se trouvait sur une place de stationnement privée et qu'il était l'heure de la pause de midi (cf. procès-verbal d'audition du recourant par la police D. 2). Il a ensuite modifié ses déclarations en indiquant qu'il s'était immobilisé pour consulter son téléphone et qu'il pensait appeler son médecin (cf. procès-verbal d'audition du recourant par la police, D. 5). Enfin, le fait que le recourant a déclaré ne pas avoir tout de suite reconnu son ex-avocat et actuel curateur alors même qu'il affirme le connaître depuis deux ans apparaît peu crédible (cf. procès-verbal d'audition du recourant par la police, 1, D. 10 et 11).