Citation: 9C_95/2014 E. 6.1

6.1. Pour le reste, il ne se justifie pas de renvoyer la cause à l'office recourant pour qu'il examine une éventuelle reconsidération, les conditions de celles-ci n'étant manifestement pas réalisées. En effet, pour pouvoir qualifier une décision de manifestement erronée, il ne suffit pas que l'assureur social ou le juge, en réexaminant l'un ou l'autre aspect du droit à la prestation d'assurance, procède simplement à une appréciation différente de celle qui avait été effectuée à l'époque et qui était, en soi, soutenable. Le caractère inexacte de l'appréciation doit bien plutôt résulter de l'ignorance ou de l'absence - à l'époque - de preuves de faits essentiels. En l'occurrence, le premier examen du droit aux prestations avait fait l'objet d'une analyse exhaustive aussi bien sur le plan médical que sur le plan professionnel. On soulignera en particulier que les différents stages effectués par l'intimé avaient démontré qu'il était en mesure de reprendre une activité lucrative adaptées aux limitations fonctionnelles qui l'affectaient concrètement à l'époque. S'il apparaît ultérieurement, à la suite d'un examen plus minutieux de la situation, que l'instruction ou l'appréciation médicale du cas avait été faite d'une manière qui peut aujourd'hui sembler critiquable, cela ne rend pas pour autant la décision prise sur cette base comme étant manifestement erronée au regard de la situation de fait et de droit de l'époque. Dans ces conditions, on peut écarter l'idée que l'office AI avait statué sur la base d'un dossier manifestement insuffisant ou lacunaire ou fait un usage manifestement erroné de son pouvoir d'appréciation eu égard aux renseignements récoltés à l'époque.