Citation: 1C_437/2014 E. 2.2

2.2. A l'instar des plans d'enquête, qui doivent présenter l'ouvrage de manière claire et complète, la demande de permis de construire doit comporter toutes les indications utiles pour permettre à l'autorité et aux tiers intéressés de se faire une idée précise et concrète du projet et de contrôler en toute certitude la conformité de celui-ci aux règles de police des constructions (arrêt 1C_621/2013 du 19 décembre 2013 consid. 2.4 et les références citées). L'art. 32 al. 1 OC énumère les éléments que la demande d'autorisation de construire doit en principe contenir. Il en va notamment ainsi du mode de construction, des matériaux, du genre et de la couleur des façades et de la toiture (let. d). Ces indications doivent permettre à l'autorité et aux tiers de se déterminer sur l'esthétique du bâtiment et son intégration dans le quartier En l'espèce, l'intimée n'a pas spécifié les teintes des façades, des stores et de la toiture du bâtiment dans les champs correspondants des formulaires communaux et cantonaux de demande d'autorisation de construire comme l'exigeait l'art. 32 al. 1 let. d OC. L'Administration communale de Sierre a néanmoins accordé le permis de construire en la renvoyant à obtenir l'accord préalable du Service de l'édilité et de l'urbanisme s'agissant de la couleur et des matériaux des façades et de la couverture. Le Conseil d'Etat a jugé que cette solution n'était pas conforme au droit d'être entendu des opposants. Il a toutefois renoncé à annuler la décision municipale pour ce motif, estimant suffisant que la Ville de Sierre impartisse à A.A.________ un délai de détermination sur les choix envisagés en ce qui concerne les matériaux du mur de soutènement et de la couverture ainsi que la teinte de la couverture et des façades. La cour cantonale a rappelé pour sa part que l'autorisation de bâtir valait pour tous les éléments du projet de manière à n'ouvrir qu'une procédure de recours. Elle a relevé que la pratique dérogeait à cette règle dans le cas où le constructeur a omis de spécifier suffisamment ses intentions sur des points qui peuvent concerner les opposants, mais où ceux-ci peuvent défendre avec suffisamment d'efficacité leurs droits dans une procédure ultérieure pour qu'une annulation pure et simple de l'autorisation soit assimilable à un formalisme excessif. Elle s'est plus particulièrement référée à un arrêt rendu le 4 février 2011 dans lequel elle a estimé que, si un Conseil communal s'accommodait du mutisme du requérant sur la couleur des façades du bâtiment, son type de couverture et ses aménagements extérieurs, il pouvait enjoindre à l'intéressé de s'entendre là-dessus avec les services techniques municipaux, pourvu que ceux-ci entendent les opposants et sous réserve du droit de ces derniers de recourir contre la décision additionnelle au permis de bâtir. Elle a dès lors jugé que le Conseil d'Etat n'avait pas violé le droit en renvoyant à une décision ultérieure le complément de l'autorisation de bâtir communale. Les recourants tiennent cette pratique pour arbitraire en tant qu'elle s'écarte du texte clair de l'art. 32 OC et qu'elle les contraint à engager, avec les frais que cela comporte, une nouvelle procédure sur la question du choix des matériaux et des couleurs si cet aspect du projet devait ne pas leur convenir.