Citation: 5A_782/2023 E. 4.4

4.4. Il est vrai que la jurisprudence a déjà retenu qu'il convient de répartir la part de l'excédent revenant aux enfants par moitié entre les parents dans une situation où ceux-ci se partagent la garde des enfants de manière égale. Cela a toutefois été admis dans des cas où il n'était pas établi que les circonstances concrètes justifient une répartition différente, notamment parce qu'il n'était pas démontré que l'un des parents payait une part des frais de loisirs des enfants plus importante que l'autre (cf. supra consid. 4.1.1 in fine et les arrêts cités). En l'occurrence, la Cour de justice a considéré que les circonstances du cas d'espèce, soit en particulier la différence importante de capacité contributive des parties, justifiait de déroger à une stricte répartition de l'entretien des enfants proportionnellement aux disponibles respectifs des parties. Or, en tant que le recourant se limite à rappeler le principe d'une répartition par moitié de la part de l'excédent des enfants lorsque les parents prennent en charge les enfants de manière égale, il ne démontre pas que les circonstances imposaient ici de s'en tenir à ce principe, étant par ailleurs relevé qu'il incombe à l'intimée de s'acquitter de l'entier des frais relatifs aux enfants, lesquels comprennent les frais de danse, de piscine et de judo, dont le recourant relève, sans remettre en cause leur existence, qu'ils avaient été allégués par l'intimée dans sa demande du 23 décembre 2020. Cela étant, dans la mesure où il ressort des constatations de l'arrêt entrepris - non remises valablement en cause (cf. supra consid. 3) - que le recourant dispose d'un disponible de plus de quatre fois supérieur à celui de l'intimée avant prise en charge de l'entretien des enfants par les parties et que ce disponible demeure plus de deux fois supérieur à celui de l'intimée une fois l'entretien des enfants couvert conformément à la répartition prévue dans l'arrêt entrepris, la solution retenue par la Cour de justice de faire supporter à celle-ci les frais des enfants se rapportant à leur participation à son loyer et à la moitié du minimum vital LP ne relève pas d'un abus du pouvoir d'appréciation. Il sera de surcroît constaté que la part de l'excédent revenant aux enfants, arrêtée à 600 fr. par mois en instance cantonale sans que cela soit remis en cause devant le Tribunal fédéral, est près de deux fois moins élevée que celle obtenue selon le principe des " petites têtes ", de sorte que le résultat auquel arrive la Cour de justice n'apparaît pas contraire à la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent. Le grief du recourant doit donc être rejeté, en tant qu'il concerne la répartition de la charge financière des enfants entre les parents. Il en va de même de la critique en lien avec la mise à la charge du recourant de l'entier des frais extraordinaires des enfants, dont le recourant se borne à soutenir qu'ils devraient être soumis aux mêmes principes; le fait que la doctrine relève que ces frais doivent être répartis en fonction de la capacité contributive des deux parents, sans égard aux prestations en nature apportées par chacun d'eux (cf. supra consid. 4.1.2), ne s'oppose pas à ce que le juge puisse s'écarter d'une répartition proportionnelle en faisant usage de son pouvoir d'appréciation dans les cas où, comme en l'occurrence, la capacité contributive de l'un des parents est sensiblement plus importante que celle de l'autre.