Citation: K 76/04 31.08.2004 E. A

A.a P.________ est assurée auprès de la Caisse-maladie Universa, notamment pour l'assurance obligatoire des soins. Le 14 mai 1998, le docteur H.________, médecin-dentiste, a fait parvenir à la caisse un dossier médico-dentaire en vue du remboursement de notes d'honoraires concernant des soins prodigués à cette date (29'628 fr. 35 au total) et de la prise en charge de soins dentaires pour des traitements à venir, estimés à 27'860 fr. Il ressortait de ce rapport que la patiente, alors âgée de 34 ans, se plaignait de dents très douloureuses à la mastication, qu'elle présentait une tendance marquée au bruxisme et une grosse perte de dimension verticale d'occlusion (DVO) avec destruction de la majeure partie des volumes coronaires des segments prémolaires à prémolaires; l'aspect des dents antérieures supérieures et inférieures était très inesthétique. Toujours selon ce rapport, l'anamnèse générale avait mis en évidence un grave problème d'anorexie mentale soignée une dizaine d'années auparavant. La pathologie était considérée par les médecins comme définitivement guérie. A.b Le 1er juillet 1998, la caisse a informé le docteur H.________ que, selon les indications fournies par son médecin-conseil, le traitement avait essentiellement un but esthétique qui ne répondait pas à l'exigence du caractère économique et approprié. Le 13 juillet 1998, l'assurée a contesté ce point de vue. La caisse s'est déclarée d'accord de réexaminer le cas. Elle a requis des rapports médicaux de plusieurs des médecins ayant suivi l'assurée ainsi que les radiographies et modèles relatifs au traitement dentaire de celle-ci. A.c Sur la base des renseignements ainsi recueillis, elle a rendu une décision, le 23 décembre 1998, par laquelle elle a refusé de prendre en charge les frais du traitement prodigué par le docteur H.________. Saisie d'une opposition de l'assurée, elle a requis une expertise médico-dentaire du docteur Z.________, médecin-dentiste. En conclusion d'un rapport du 17 mai 1999, ce praticien a estimé que l'état dentaire de l'assurée avait certainement été atteint par la maladie soignée en 1983, dans une proportion qu'il convenait toutefois de ne pas exagérer, car la maladie n'avait pas duré des années et qu'un bruxisme y était certainement associé. A.d Le 12 août 1999, la caisse a rendu une nouvelle décision sur opposition, par laquelle elle a maintenu son refus. Elle a considéré que la guérison de l'anorexie mentale, dont avait souffert l'intéressée, était survenue en automne 1983. Or, aucun traitement dentaire n'avait été envisagé dans les dix années suivantes. Vu le laps de temps écoulé et le fait que l'affection actuelle était probablement due à un bruxisme, le lien de causalité entre la maladie et les affections dentaires n'était pas démontré avec une vraisemblance prépondérante. A.e L'assurée a recouru contre cette décision devant le Tribunal des assurances du canton de Vaud qui, par jugement du 8 juin 2000, a décliné sa compétence et a transmis l'affaire au Tribunal administratif du canton de Berne. Statuant le 20 février 2001, ce tribunal a renvoyé la cause à la caisse pour instruction complémentaire et nouvelle décision. A.f Aussi bien la caisse a-t-elle confié une expertise au docteur F.________, médecin-dentiste, qui a rendu son rapport le 9mars 2002. Le 14 juin 2002, la caisse a rendu une nouvelle décision sur opposition, par laquelle elle a limité la prise en charge des frais de la première phase du traitement (soins conservateurs et rétablissement de la fonction masticatrice de l'arcade supérieure et inférieure) à un montant de 4'553 fr. 90. En ce qui concerne la deuxième phase du traitement, (rétablissement de la DVO [dimension verticale d'occlusion]), la caisse a réservé sa décision, dans l'attente d'un avis médical permettant d'attester que l'intéressée était définitivement guérie de son affection (boulimie/anorexie). Elle a indiqué que les frais relatifs à cette deuxième phase de traitement s'élèveraient à 29'359 fr. 50 conformément à un rapport médical de son médecin-conseil. L'assurée a derechef saisi le Tribunal administratif du canton de Berne. Par écriture du 30 septembre 2002, elle a cependant retiré son recours. Par décision du 2 octobre 2002, le président de la cour a radié l'affaire du rôle. A.g Le 28 octobre 2002, le mandataire de l'assurée a accusé réception de la caisse du versement de 4'098 fr. 50 (quote-part de dix pour cent déjà déduite). Il a réclamé un intérêt de cinq pour cent l'an pour une durée de quatre ans et dix mois, soit 1'188 fr. 55. La caisse a rejeté cette prétention par décision du 2 décembre 2002, puis par décision sur opposition du 20 février 2003.