Citation: I 384/03 25.03.2004 E. 3

3.1 Les premiers juges ont estimé que l'office AI avait «des raisons légitimes» de s'écarter de l'évaluation du degré d'invalidité établie par la CNA car celle-ci reposait sur une appréciation insoutenable des pièces médicales figurant au dossier. A l'issue du séjour que l'assuré avait effectué à la Clinique romande de réadaptation, les médecins de cet établissement avaient en effet considéré qu'une activité adaptée restait exigible «d'un point de vue somatique». Par ailleurs, dans son rapport de consilium psychiatrique du 4 novembre 1999, le docteur M.________ avait rapporté la «fixation psychique de l'assuré sur les séquelles de son accident» à des facteurs essentiellement socioculturels, de sorte qu'on pouvait également nier l'existence d'une atteinte à la santé psychique ayant valeur de maladie. L'office AI était dès lors fondé à admettre que l'état de santé de O.________ s'était amélioré au terme de son séjour à Y.________ de manière à exclure tout droit à une rente à partir de cette date. 3.2 Le recourant conteste ce point de vue. Dans l'avis de sortie de la Clinique romande de réadaptation signé par le docteur Z.________, sa capacité de travail avait été évaluée à 0% jusqu'à nouvel avis. Pour fixer son taux d'invalidité, la CNA ne s'était pas limitée à reprendre l'évaluation théorique faite par les médecins, mais avait tenu compte de l'ensemble de ses séquelles autant physiques que psychiques résultant du grave accident qu'il avait subi. Et quand bien même elle avait accordé une importance prépondérante à ses troubles d'ordre psychique, ceux-ci avaient manifestement valeur de maladie. En tout état de cause, les considérations émises par le docteur M.________ étaient insuffisantes pour établir le contraire, de sorte qu'une expertise psychiatrique était nécessaire.