Citation: 1P.784/1999 17.02.2000 E. 1

1.- a) Le recours de droit public est formé en temps utile contre un arrêt final rendu en dernière instance cantonale. Le recourant a qualité pour agir (art. 88 OJ). b) Selon l'art. 84 al. 2 OJ, le recours de droit public n'est pas recevable lorsque la violation alléguée peut être portée par un autre moyen de droit, notamment devant le Tribunal fédéral. Or en l'espèce, pour l'essentiel, le recourant se plaint d'une violation de l'art. 26 LCR, soit du principe de la confiance. Il s'agit là d'une règle de droit fédéral, de sorte que le moyen devrait en principe être invoqué dans un pourvoi en nullité auprès de la Cour de cassation du Tribunal fédéral (art. 269 al. 1 PPF). Le recourant soutient qu'un tel pourvoi n'était pas possible, car le pouvoir d'appréciation de la cour cantonale était limité à la violation évidente du droit. La jurisprudence considère en effet que les arrêts des juridictions cantonales supérieures statuant avec une cognition limitée sur l'application de droit fédéral, de même que le jugement de l'instance inférieure, ne peuvent faire l'objet d'un pourvoi en nullité, seul étant ouverte la voie du recours de droit public (ATF 102 IV 59 consid. 1a, 71 IV 222; Corboz, Le pourvoi en nullité à la Cour de cassation du Tribunal fédéral, SJ 1991 p. 66/67; Piquerez, Précis de procédure pénale suisse, Lausanne 1994, n° 2604/2605 p. 496). Tel est le cas en l'espèce: selon l'art. 346 ch. 5 du code de procédure pénale jurassien, le pourvoi en nullité, recevable contre les jugements non susceptibles d'appel, permet d'invoquer une violation évidente du droit ou une appréciation manifestement inexacte des preuves. Il s'agit d'un contrôle limité à l'arbitraire, ce qui exclut le pourvoi en nullité au Tribunal fédéral. Il s'ensuit que le recours de droit public est ouvert.