Citation: 5C.84/2006 29.09.2006 E. 2

2.1 La demanderesse conteste en premier lieu le loyer mensuel de 2'130 fr. retenu dans les charges du défendeur (cf. lettre D.c supra), alors que ses propres charges de logement mensuelles ne se montent qu'à 1'300 fr. (cf. lettre D.d supra), le montant de 500 fr. qu'elle doit payer à titre d'amortissement n'ayant pas été pris en compte. En outre, l'amie du défendeur aurait déclaré qu'elle passait quatre nuits par semaine chez ce dernier, si bien que l'on devrait normalement retenir qu'elle doit assumer sa part du loyer. En tous les cas, les charges de logement du défendeur devraient être ramenées à 1'400 fr. par mois au maximum. 2.2 Ces critiques sont mal fondées dans la mesure où elles sont recevables, comme on va le voir. 2.2.1 Il convient tout d'abord d'observer que si les charges de logement d'un conjoint peuvent ne pas être intégralement prises en compte lorsqu'elles apparaissent excessivement élevées au regard de ses besoins et de sa situation économique concrète (Hausheer/Spycher, Handbuch des Unterhaltsrechts, 1997, n. 02.33 p. 79; cf. ATF 114 II 13 consid. 6), tel n'est pas le cas en l'espèce au regard des revenus du défendeur et du fait que les deux enfants aînés vivent avec lui. 2.2.2 Ensuite, si l'on peut prendre en considération les économies de coûts résultant du fait qu'un conjoint fait ménage commun avec un(e) concubin(e) (Hausheer/Spycher, Unterhalt nach neuem Scheidungsrecht, Ergänzungsband zum Handbuch des Unterhaltsrechts, 2001, n. 10.35 p. 210), il résulte des constatations de fait de l'arrêt attaqué, dont la demanderesse cherche en vain à s'écarter (cf. consid. 1.2 supra), que l'amie du défendeur logeait chez les époux Prince et ne faisait pas - ni n'avait l'intention de faire - ménage commun avec le défendeur (cf. lettre D.c supra). 2.2.3 Enfin, la demanderesse ne saurait reprocher à l'autorité cantonale de ne pas avoir tenu compte, dans ses charges de logement, de l'amortissement de sa dette hypothécaire. L'amortissement de la dette hypothécaire ne sert en effet pas à l'entretien, mais à la constitution du patrimoine, et n'a par conséquent pas à être prise en considération dans ce contexte (Hausheer/Spycher, Handbuch des Unterhaltsrechts, n. 02.33 p. 79). 2.3 La demanderesse se plaint encore, en ce qui concerne ses propres charges, de ce que le coût d'un leasing qu'elle a dû assumer pour acquérir une voiture (soit 288 fr. 25 par mois) n'a pas été pris en considération, alors que les frais de voiture ont été intégralement retenus chez le défendeur (cf. lettre D.c supra). Cette critique ne saurait être entendue, dès lors qu'elle revient à s'en prendre de manière irrecevable à l'état de fait de l'arrêt attaqué (cf. consid. 1.2 supra).