Citation: 4P.327/2001 04.04.2002 E. 3

3.- a) Dans un premier grief, le recourant se plaint d'une violation de l'art. 5 al. 3 Cst. , selon lequel les organes de l'Etat doivent agir de manière conforme aux règles de la bonne foi. Il invoque à cet égard un jugement rendu le 27 octobre 1998 par le Tribunal de première instance du canton de Genève dans une procédure l'opposant à J.________; selon cette décision, le recourant était l'employé de J.________ et n'a jamais été associé de la carrosserie. Le recourant en déduit que s'il était employé, il ne peut à présent être recherché comme colocataire. b) Le principe de la bonne foi, qui doit imprégner les relations entre l'Etat et le citoyen (art. 5 al. 3 Cst. ; ATF 126 II 97 consid. 4b p. 104/105), impose à l'un et à l'autre de se comporter de manière loyale. En particulier, l'autorité doit s'abstenir de tout comportement propre à tromper le citoyen et elle ne saurait tirer aucun avantage des conséquences d'une incorrection ou d'une insuffisance de sa part (ATF 124 II 265 consid. 4a p. 269/270; 121 I 181 consid. 2a p. 183). En l'espèce, le recourant reproche aux juridictions des baux et loyers de n'avoir pas tenu compte d'un jugement rendu par le Tribunal de première instance. Le grief soulevé a trait à l'autorité de chose jugée, qui ne relève pas de l'art. 5 al. 3 Cst. , mais constitue un principe découlant du droit privé fédéral pour tous les jugements rendus en application de celui-ci (ATF 95 II 639; 101 II 375 consid. 1 p. 378; 105 II 149 consid. 1 p. 151; cf. également ATF 123 III 16 consid. 2 p. 18). Comme il pouvait être soulevé dans un recours en réforme, ouvert pour violation du droit fédéral (art. 43 al. 1 OJ), le moyen est irrecevable dans un recours de droit public, qui est une voie de droit subsidiaire selon l'art. 84 al. 2 OJ. Au demeurant, supposé recevable, le moyen aurait été manifestement mal fondé. Objectivement, l'autorité de chose jugée est limitée à ce qui a fait l'objet du jugement, c'est-à-dire en principe à son seul dispositif (Poudret, COJ I, n. 4.2 ad art. 38); subjectivement, les jugements n'ont en principe d'effet qu'entre ceux qui ont été parties au procès, leurs héritiers ou ayants droit (ATF 105 II 273 consid. 3a p. 278; 93 II 329 consid. 3b p. 333; 89 II 429 consid. 4 p. 434; cf. également ATF 127 III 453 consid. 5c). Or, la procédure ayant conduit au jugement dont le recourant se prévaut mettait aux prises des parties différentes de celles engagées devant les juridictions des baux et loyers. En outre, il s'agissait, devant le Tribunal de première instance, de déterminer si le recourant disposait d'une prétention en liquidation d'une prétendue société ou association ayant existé entre lui-même et J.________; le litige ne portait donc pas sur un objet identique à celui du procès opposant les parties en matière de bail. Les considérants du jugement du 27 octobre 1998 ne pouvaient dès lors lier la juridiction des baux et loyers.