Citation: 5A_286/2024 E. 1

Le recourant conteste l'avis de STAEHELIN. Il se prévaut de celui contraire d' ABBET - précisant qu'à l'instar du premier juge dans la présente cause, le Tribunal cantonal fribourgeois l'avait suivi à deux reprises - et soutient, avec des arguments difficilement compréhensibles, que l'avis de STAEHELIN ne serait pas applicable au cas d'espèce " vu qu'il concerne un jugement condamnant plusieurs défendeurs solidairement entre eux ". Il prétend que dès lors que la subrogation intervient ex lege (art. 149 al. 1 CO), elle n'a pas besoin d'un titre pour être démontrée; l'exiger constituerait ainsi une " condition supplémentaire inutile et superflue qui relève de l'arbitraire ". Ce faisant, outre que l'avis de STAEHELIN est, au vu notamment des décisions cantonales citées à son appui, parfaitement pertinent pour juger du présent cas, le recourant perd de vue que le pouvoir d'examen du Tribunal de céans est ici limité à l'arbitraire et que le choix d'une solution ne saurait être qualifié d'arbitraire lorsque la question est controversée en doctrine (cf. supra consid. 2.1), ce qui est précisément le cas en l'espèce. Au demeurant, l'argument consistant à dire que, lorsque la part de la dette que doit assumer chacun des débiteurs solidaires ne résulte pas du jugement qui donne lieu à subrogation, seuls les rapports internes entre les débiteurs solidaires la définissent, ce qui oblige celui qui a trop payé à agir par la voie ordinaire contre son codébiteur (cf. not. décision de la Cour suprême du canton d'Argovie du 16 novembre 1988 publiée in AGVE 1988 p. 34 et in RSJ 1990 p. 160, citée par STAEHELIN, loc. cit.), n'apparaît pas insoutenable. Il est vrai que, comme le souligne le recourant, l'art. 148 al. 1 CO pose la présomption d'une répartition à parts égales entre les débiteurs solidaires. Cela ne veut toutefois pas dire qu'une décision au fond déterminant le montant qui excède la part à la charge du débiteur ne soit pas nécessaire, notamment lorsque les rapports internes sont complexes. Il suit de là que c'est sans arbitraire que la cour cantonale a considéré que le jugement qui oblige plusieurs débiteurs solidaires à payer un créancier, comme celui en cause du 12 octobre 2018, ne constitue pas, pour le débiteur solidaire qui s'acquitte de la dette, un titre de mainlevée définitive pour la quote-part qu'il peut réclamer à son codébiteur. Ce motif étant suffisant pour sceller le sort de la cause, il n'est pas nécessaire d'examiner plus avant les autres pans de la critique du recourant.