Citation: 4A_464/2022 E. 6.2

6.2. Dans l'arrêt entrepris, le Tribunal administratif fédéral relève que l'intimée a produit un rapport d'enquête établi par D.________, une entreprise renommée en matière de recherche d'usage d'une marque. Il souligne que les conclusions d'un tel rapport ne sauraient être reprises telles quelles sans analyse critique, dès lors que ce sont avant tout les indices mis en évidence par le rapport qui doivent être pris en considération afin de déterminer si le défaut d'usage de la marque attaquée est rendu vraisemblable. En l'espèce, l'autorité précédente constate que le rapport d'enquête se fonde sur de multiples documents et des références à des sites Internet nombreux et variés. Celui-ci atteste une recherche détaillée. Il expose que la recourante est une société américaine qui n'apparaît pas au registre du commerce suisse. Le rapport indique en outre que les recherches effectuées sur le moteur de recherche Google n'ont pas révélé d'usage actuel ou passé de la marque attaquée. Il contient en outre le passage suivant: " Nous sommes parvenus à joindre [la recourante] le 8 mars 2019 au numéro... Nous nous sommes entretenus avec une employée appelée C.________. Cette personne a indiqué que sa société n'est pas active en dehors des Etats-Unis. Lorsque nous avons posé des questions spécifiques concernant la Suisse et l'Allemagne, elle a confirmé que sa société n'est pas active dans ces pays ". L'autorité précédente estime que cette conversation téléphonique n'est qu'un indice parmi d'autres et que la recourante ne saurait être suivie lorsqu'elle considère qu'aucune conclusion sérieuse ne peut être tirée d'un tel entretien téléphonique avec une collaboratrice subalterne. Dans ces conditions, elle estime que le fait que le rapport n'indique pas précisément les questions posées et les réponses données lors dudit entretien téléphonique ni ne mentionne l'identité de la personne désignée par le prénom " C.________ " est sans importance, dès lors que la personne concernée, à savoir C.________, a elle-même confirmé l'existence de cet entretien téléphonique. L'autorité précédente souligne en outre que tant la conclusion du rapport que certains de ses éléments sont confirmés par d'autres moyens de preuve fournis par l'intimée elle-même et par la recourante. Le constat du rapport est notamment confirmé par d'autres recherches effectuées sur Internet fournies par les deux parties. Par ailleurs, l'autorité précédente observe que la recourante n'apparaît pas dans la liste des " Gestionnaires autorisés de fortune collective " de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Selon divers extraits du site Internet de la recourante, rien ne laisse penser que celle-ci pourrait être contactée dans un autre pays que celui où elle a son siège. La page LinkedIn de la recourante ne permet en outre pas de mettre en évidence un quelconque lien de cette dernière avec la Suisse.