Citation: U 355/04 01.03.2006 E. 4

4.1 Dans son appréciation des preuves, le Tribunal administratif a admis que les rapports du docteur R.________ émanaient d'un spécialiste indépendant qui présente toutes les garanties d'impartialité et d'objectivité, qu'ils remplissaient également tous les réquisits jurisprudentiels relatifs à la valeur probante de tels documents, si bien qu'il n'y avait pas lieu de s'écarter des conclusions de cet expert que le docteur K.________ n'avait au demeurant pas remises en cause. Par ailleurs, il a considéré que l'appréciation du docteur K.________ reposait sur un examen qui avait été pratiqué quatre ans environ après l'accident, de sorte qu'une évaluation objective et précise de l'évolution de l'état de santé n'était plus réalisable (cf. jugement attaqué, p. 13). Dès lors, les premiers juges ont suivi l'avis du docteur R.________, niant ainsi l'existence d'un lien de causalité naturelle entre le trouble somatoforme et l'événement accidentel. 4.2 Les motifs pour lesquels le Tribunal administratif a écarté l'avis du docteur K.________ ne sont pas convaincants. Même si ce médecin n'a examiné l'assurée que plusieurs années après l'accident et qu'il n'a pu observer l'évolution de la situation, son rapport déposé deux mois avant la décision litigieuse du 29 juillet 2003 devait entrer dans le champ d'examen du juge. Or pour s'écarter des diagnostics posés et nier la causalité naturelle alléguée par ce médecin, les premiers juges devaient en donner des raisons fondées, autres que celles liées à la seule date de ces nouveaux examens médicaux. 4.3 En réalité, on se trouve dans la situation où les rapports des deux spécialistes en psychiatrie et psychothérapie, qui remplissent tous les réquisits jurisprudentiels formels relatifs à la valeur probante de tels documents (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a), demeurent contradictoires sur des points essentiels pour apprécier le droit aux prestations litigieuses (diagnostic, capacité de travail, lien de causalité naturelle entre l'accident et les affections psychiques). Dans ces conditions, la juridiction de recours aurait dû commencer par inviter le docteur R.________ à s'exprimer sur les objections de son confrère K.________, à défaut de quoi elle n'était pas véritablement en mesure, comme le démontrent les considérants de son arrêt, de départager les opinions de ces deux spécialistes. Dans l'éventualité où la confrontation des deux psychiatres prénommés n'aurait pas permis de faire toute la lumière sur les faits déterminants pour la solution du litige, le Tribunal administratif aurait alors dû ordonner une expertise judiciaire afin de les établir (art. 61 let. c LPGA), car le docteur K.________ avait émis des opinions contraires propres à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert R.________ (cf. ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les références). En ce sens, le recours doit être admis et la cause renvoyée aux premiers juges afin qu'ils reprennent l'instruction du cas et rendent un nouveau jugement.