Citation: 7B_115/2023 E. 1.3.4

1.3.4. En l'espèce, le recourant se plaint tout d'abord d'avoir été réveillé le matin du 10 janvier 2022 par plusieurs intervenants armés et masqués, qui pointaient directement leurs armes sur lui, et d'avoir été écrasé sous le bouclier anti-émeute de l'un d'entre eux. Il aurait été profondément agité et marqué par cette "interpellation musclée". Il apparaît toutefois, à la lecture du dossier, que ni lors de sa première audition par la police le 10 janvier 2022, soit le matin même de son interpellation à son domicile, ni au cours de son audition par le Ministère public le 28 janvier 2022, le recourant (alors qu'il était assisté de son conseil lors de cette seconde audition) n'a allégué avoir été brutalement réveillé par les forces de l'ordre et encore moins avoir été écrasé sous le bouclier anti-émeute de l'un d'eux. Entendu par visioconférence par le Juge de paix de l'arrondissement de X.________ le 17 janvier 2022 dans le cadre du recours qu'il avait interjeté contre la décision médicale de placement à des fins d'assistance du 10 janvier 2022, le recourant, alors même qu'il affirmait se souvenir "très bien" de l'intervention de la police à son domicile et être "tout à fait lucide", n'a fait aucune allusion à un quelconque usage de la force par cette dernière à cette occasion; il s'est limité à dire qu'il avait été "réveillé à 6h du matin par des snipers de la police", confirmant par ailleurs ce qu'il avait précédemment déclaré sur ce point lors de son entretien du 13 janvier 2022 au C.________ (cf. rapport médical de la Dre F.________, psychiatre psychothérapeute FMH, du 16 janvier 2022, p. 2; cf. ég. décision de levée de la mesure ambulatoire du 28 janvier 2022 se rapportant au formulaire du droit d'être entendu rempli par le recourant le 26 janvier 2022 dans le cadre de l'examen de ladite mesure). Ce n'est ainsi que le 20 juin 2022, soit lors de sa troisième audition en qualité de prévenu, que le recourant a allégué, pour la première fois, que les policiers intervenus chez lui le matin du 10 janvier 2022 l'auraient réveillé "avec un bouclier anti-émeute qui [l']écrasait dans [s]on lit" (lignes 119-121). Le fait que le recourant, malgré plusieurs auditions dans le cadre de la procédure - tant pénale que civile -, ait attendu plus de cinq mois (du 10 janvier au 20 juin 2022) avant de préciser ces éléments qu'il jugeait pertinents, alors même qu'il s'était toujours lamenté de l'intervention de la police à son domicile, rend douteuse son allégation d'un traitement prohibé par l'art. 3 CEDH en raison de ces faits. On ne voit d'ailleurs pas pourquoi la police aurait dû faire usage d'un bouclier anti-émeute si le recourant, sur la base de ses propres dires, dormait à ce moment-là. Sur ce point, le recourant ne conteste pas l'appréciation de l'autorité précédente selon laquelle il n'a jamais allégué avoir souffert d'une quelconque blessure qui aurait été causée par les policiers au moment de leur intervention. Pour le reste, il se limite à exposer sa propre perception de l'intervention. Ses développements, qui ne sont étayés par aucun élément au dossier, ne répondent ainsi pas à l'exigence de crédibilité telle que définie par la jurisprudence précitée. Cela étant, le seul fait d'avoir été arrêté à son domicile par la police avec l'appui du GRIF - pour choquante qu'une telle intervention ait pu être - n'atteint pas le seuil de gravité exigé par la jurisprudence pour être assimilé à un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 3 CEDH. Il résulte de ce qui précède que le recourant ne démontre pas à satisfaction de droit avoir qualité pour recourir en matière pénale contre le refus d'entrer en matière sur cette partie des plaintes. Cela étant, même supposé recevable sur ce point, le recours devrait être rejeté (cf. consid. 4.3.1 infra).