Citation: 9C_553/2023 E. 5.1

5.1. Compte tenu des différences dans les diagnostics et l'appréciation de la capacité de travail de l'intimé émanant respectivement du docteur D.________ (rapport du 24 août 2020), et de la doctoresse F.________ (rapport du 5 août 2020), ainsi que de la présence possible d'éléments psychiatriques en l'absence de suivi, le docteur L.________, médecin au SMR, a demandé la réalisation d'un "examen/expertise" bi-disciplinaire rhumatologique et psychiatrique avec conclusions consensuelles (avis médical du 24 septembre 2020). Cette mesure d'instruction a été mise en oeuvre auprès du SMR par les docteurs G.________ et H.________. Dans leur rapport du 22 février 2021, ces médecins ont posé le diagnostic incapacitant de "lombalgies chroniques non déficitaires dans le cadre de discopathies et d'arthrose des articulations postérieures, prédominant de L3 à S1"; ils ont en revanche écarté le diagnostic de dépression réactionnelle évoqué par les docteurs C.________ et D.________ (la première fois en 2018), retenant que l'assuré n'avait jamais présenté d'incapacité de travail sur le plan psychiatrique. Pour les médecins du SMR, si la capacité de travail était nulle dans l'activité de cuisinier, elle était en revanche totale dans une activité adaptée depuis le 8 juillet 2019. Contrairement à ce qu'ont retenu à tort les premiers juges, on ne saurait admettre que l'office recourant a violé son obligation d'instruire d'office la demande (cf. art. 43 LPGA) en se fondant sur l'avis des médecins du SMR, sans avoir préalablement mis en oeuvre une expertise médicale conformément à la procédure prévue à l'art. 44 LPGA. En effet, il ressort du rapport du SMR du 22 février 2021 que ses auteurs se sont exprimés sur les avis des médecins traitants et qu'ils ont clairement justifié les diagnostics ainsi que leur évaluation de la capacité de travail. Plus particulièrement, en ce qui concerne le diagnostic de dépression réactionnelle évoqué par les docteurs C.________ et D.________, les docteurs G.________ et H.________ ont indiqué les motifs qui les ont conduits à nier la présence d'une quelconque pathologie psychiatrique caractérisée. De plus, ils n'ont laissé indécise aucune question pertinente d'ordre médical. À cet égard, la juridiction cantonale s'est limitée à indiquer que les constatations du docteur D.________ faisaient apparaître des doutes suffisants quant au bien-fondé des conclusions du SMR, sans toutefois mentionner en quoi consisteraient ces doutes, ni pour quelle raison l'appréciation des docteurs G.________ et H.________ - sur laquelle le docteur D.________ ne s'est pas prononcé - ne suffisait pas pour évaluer la situation de l'assuré. Sa constatation ultérieure (faite en lien avec l'expertise du docteur J.________ du 31 janvier 2022) selon laquelle les conclusions de l'examen psychiatrique du SMR "ne discutent pas les rapports des médecins traitants mais se fondent uniquement sur l'entretien" est manifestement erronée au regard de la partie "appréciation consensuelle du cas" du rapport du 22 février 2021, dans laquelle les médecins du SMR prennent position sur l'avis des docteurs C.________ et D.________ (rapport, p. 15 ss).