Citation: I 1057/06 29.11.2007 E. 3

3.1 Les premiers juges, procédant à la comparaison de la situation telle qu'elle se présentait lors de la décision sur opposition du 20 mars 2006 et lors de l'octroi de la demi-rente le 21 novembre 1988, ont retenu que le statut de la recourante avait changé. Lors de la décision du 21 novembre 1988, elle consacrait son temps uniquement à sa famille et à son ménage, de sorte que son invalidité avait été évaluée selon le critère de l'empêchement d'accomplir ses travaux habituels (art. 27 aRAI). En revanche, lors de la décision sur opposition du 20 mars 2006, elle avait le statut d'une personne se consacrant pour 50 % à une activité lucrative et pour 50 % à son ménage, ce qui entraînait l'évaluation de son invalidité selon la méthode mixte (art. 28 al. 2ter LAI en relation avec l'art. 27bis RAI). Cela n'est pas contesté. 3.2 Pendant cette période, il est constant que l'état de santé de la recourante ne s'est pas modifié de façon significative. En revanche, sa situation économique a indéniablement changé, ainsi que l'ont retenu les premiers juges. 3.2.1 La juridiction cantonale a constaté que l'assurée présentait une capacité de travail de 50 % attestée médicalement dans le genre d'emplois qu'elle occuperait également sans sa maladie, ce qui lui permettrait d'exercer une activité lucrative à 50 %, à savoir dans l'ampleur qu'elle souhaite. Ces constatations de fait ne sont pas manifestement inexactes ou incomplètes. La recourante ne les remet pas vraiment en cause. Son argument, selon lequel la personne chargée de l'enquête économique a pu se rendre compte de son état de santé et de l'incapacité d'exercer toute activité, n'est pas décisif. Le droit à la rente est fonction de l'exigibilité objective selon l'art. 28 al. 2 LAI dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002 et selon l'art. 16 LPGA. Si, sur le plan médical, la mise en valeur de la capacité de travail résiduelle dans une activité adaptée à 50 % est attestée comme possible, ainsi que cela ressort du rapport de la doctoresse W.________ du 24 août 2005, elle est aussi exigible selon ces dispositions légales (ATF 132 V 393 consid. 3.2 p. 398). Or, ce médecin a tenu compte des troubles qui sont les siens dans son estimation, comme l'ont relevé les premiers juges. Quant aux problèmes de dépression qui l'ont amenée à demander au docteur Z.________ de lui prescrire des antidépresseurs, il n'y a pas d'élément au dossier qui aurait pu justifier que l'aspect psychique soit examiné de manière plus approfondie que dans le rapport de la doctoresse W.________ du 25 janvier 2005. En effet, l'éventualité d'un état dépressif débutant a été évoquée par la neurologue dans ce rapport, sans que cela modifie son appréciation en ce qui concerne la capacité de travail exigible dans une activité lucrative adaptée (rapport du 24 août 2005). 3.2.2 En ce qui concerne l'empêchement d'accomplir les travaux habituels, les premiers juges ont retenu que l'absence de limitation dans les travaux ménagers - la situation familiale étant celle d'un ménage de deux personnes - avait été constatée suite à une visite effectuée le 10 mai 2005 par la personne chargée de l'enquête au domicile de l'assurée, sur la base des déclarations de celle-ci et en fonction de l'appréciation médicale. Invoquant une prétendue incapacité à effectuer le ménage, la recourante remet en cause les conclusions du rapport d'enquête économique du 1er septembre 2005, dont il ressort que l'incapacité de travail pondérée est de 0 % dans les travaux ménagers. Toutefois, ces arguments ont été réfutés de manière convaincante par la juridiction cantonale, qui a constaté que les différents domaines d'activité ménagères avaient été correctement pris en considération par le Service des enquêtes et que l'évaluation des taux d'empêchement correspondait dans son résultat à l'estimation de la doctoresse W.________, selon laquelle l'assurée ne rencontrait pas d'obstacles significatifs dans ses travaux ménagers. 3.3 Evaluée selon la méthode mixte (supra, consid. 3.1), l'invalidité de la recourante est nulle (décision de suppression du droit à la rente du 7 septembre 2005), voire de 5 % (consid. 4.5 du jugement attaqué), taux qui ne confère aucun droit à une rente (art. 28 al. 1 LAI). Les conditions étaient ainsi remplies pour supprimer, par voie de révision, son droit à une demi-rente (art. 17 LPGA).