Citation: 6F_2/2020 E. 3.4.1

3.4.1. Le demandeur en révision allègue, à ce propos, que la magistrate fédérale a fait carrière à R.________, en tant que procureure puis juge, qu'elle y édite la revue la O.________ avec un ancien collègue de travail (père du procureur en charge, au niveau cantonal, de ce dossier pénal). Elle avait été présidente de la Société S.________ de 1996 à 1999, avait collaboré au Comité de rédaction de la O.________, publiée à un rythme hebdomadaire, avec le père du procureur, père lui-même membre fondateur de l'Association L.________. Cette dernière personne aurait co-rédigé l'ouvrage de l'association L.________ " L'impunité en droit suisse " (relu et corrigé par son fils) et aurait donné des conférences de presse avec L.________ sur le thème " La Suisse peut et doit faire plus contre l'impunité ". Il aurait aussi déclaré: " La Suisse ne peut s'épargner de participer à cet effort de justice ". L'association L.________ et son directeur, qui serait apparu en conférence de presse aux côtés du père du procureur, se seraient massivement impliqués dans les médias (y compris la Télévision T.________) contre lui, le 28 novembre 2019. Il ressortirait également du site internet de la Société S.________ que le procureur serait lui-même membre du comité de cette association. Le demandeur en révision affirme un " contact étroit et continu pendant 20 ans au moins avec le père du procureur en charge de la poursuite " pénale, père, lui-même membre fondateur et promoteur de l'association dénonciatrice L.________. Il avance, au-delà de contacts réguliers et ininterrompus durant plus de 20 ans, une « amitié de longue date » avec le père du procureur ainsi qu'une collaboration de vingt ans au moins sur une base hebdomadaire à la rédaction de la O.________ avec un membre de l'association L.________. Il souligne, en parallèle, qu'il reviendrait au juge rapporteur (ou instructeur) du Tribunal fédéral, qui dispose du temps nécessaire à cet effet, non seulement d'instruire mais aussi de rédiger l'arrêt du Tribunal fédéral, qui ne serait modifié qu'en cas de désaccord lors d'une audience publique (art. 58 al. 1 let. b LTF). Il en déduit, dans la perspective du principe de " prudence ", qu'il serait exclu que le juge instructeur du Tribunal fédéral puisse connaître le moindre lien avec l'une des parties ou de ses membres, respectivement un membre d'une association dénonciatrice " omniprésente dans cette affaire comme dans la presse ". La proximité avec le père du procureur et ce dernier serait incompatible avec la charge de juge instructrice appelée à rédiger l'arrêt final. Il souligne, à ce sujet, la pratique, mentionnée dans l'arrêt de la CourEDH Wettstein (précité), d'éviter qu'un juge suppléant soit issu du canton dont émane l'affaire. En se référant notamment à un article publié dans un illustré, il met aussi en relief les conséquences qu'auraient pu avoir son acquittement pour la justice genevoise et le procureur en charge de son dossier. Il en conclut que " Dès lors, il n'y a pas lieu de s'étonner que la présomption d'innocence de A.________ se soit transformée en présomption de culpabilité sous la plume de la [magistrate], au point que celle-ci aille jusqu'à déclarer coupable son ancien subordonné, pourtant acquitté par un jury populaire en Autriche en septembre 2013 pour justifier la condamnation de M. A.________ en tant que complice d'un acquitté ". A ses yeux, cela expliquerait, enfin, " le revirement complet du Tribunal fédéral entre son arrêt de 2017 et celui de novembre 2019 ".