Citation: 6B_54/2021 E. 3.4

3.4. Quoi qu'il en soit, il est vrai que, selon la pratique, une faute concomitante légère est susceptible, selon les circonstances, d'entraîner une réduction de l'ordre d'un quart à un tiers de l'indemnité (cf. ATF 117 II 50 consid. 4b; 116 II 422 consid. 4). Toutefois, la cour cantonale a souligné que le seul reproche qui pouvait être adressé à la victime en l'espèce avait été de s'adresser à nouveau au recourant alors que celui-ci lui avait donné un " coup de boule " environ dix minutes auparavant, si bien que cette faute concomitante n'était susceptible d'avoir eu une influence qu'en ce qui concernait l'aggravation du dommage déjà causé par le premier coup, lequel avait provoqué l'hémorragie cérébrale nécessitant l'hospitalisation et l'opération d'urgence. Au moment de fixer l'indemnité, la cour cantonale a, par ailleurs, tenu compte des importantes souffrances psychiques et physiques subies par la victime du fait de son hospitalisation de 16 jours dont 10 en soins intensifs, suivie de 11 jours de rééducation en clinique, de l'incapacité de travail à 100 % durant sept semaines, de son inaptitude au service militaire ainsi que des séquelles physiques, dont une importante cicatrice et une perte de goût et d'odorat, qui avait diminué au fil du temps mais devait subsister. Elle a relevé également les souffrances morales subies du fait des violences, soit l'altération de la qualité de vie de la victime susceptible de résulter des craintes qu'il était dans la nature des choses qu'elle nourrisse de se retrouver dans certaines situations. Le recourant ne tente pas de démontrer, dans son recours, que les souffrances physiques et psychiques énumérées par la cour cantonale auraient dû être rapportées au coup de poing plutôt qu'au " coup de boule " qu'il a assénés successivement (v. supra consid. 1.2). On doit ainsi partir de ce que la responsabilité de la victime ne pourrait, au mieux, être engagée qu'à raison de 25 % à 30 % en raison de sa faute légère, mais uniquement sur une part du tort moral causé manifestement minime. Dans une telle configuration, il n'apparaît, de toute manière, pas contraire au droit fédéral de faire abstraction d'un facteur aussi négligeable (ATF 132 III 249 consid. 3.5). Ce moyen doit être rejeté.