Citation: 5A_73/2024 E. 4.3.4

4.3.4. Le recourant reproche également à la cour cantonale d'avoir prévu deux paliers d'augmentation des contributions d'entretien, à savoir aux dix et quinze ans des enfants, en se fondant sur l'augmentation prévisible de son salaire et de son taux d'activité. Outre une violation des art. 276 et 285 CC, il y voit une violation du droit à l'égalité de traitement (art. 8 Cst.) en raison du fait que le même raisonnement n'était pas appliqué à l'intimée. Celle-ci relève que la probabilité de l'augmentation des revenus du recourant serait conforme à l'expérience générale de la vie et pourrait être considéré comme un fait notoire. Elle se réfère en outre au contrat de travail de l'intéressé selon lequel celui-ci recevrait un "nombre de part" déterminé en fonction de sa formation, de son expérience, de ses compétences, de ses responsabilités, de sa performance, de son engagement et du nombre d'années de service effectuées au sein de son employeur. L'intimée précise en outre qu'une augmentation du taux d'activité du recourant serait conforme à la jurisprudence constante sur l'augmentation par palier des contributions à l'entretien des enfants, soulignant que sa partie adverse avait réduit son taux d'activité en pleine procédure et qu'elle-même travaillait à un taux supérieur à ce qu'exigeait la jurisprudence. La critique du recourant est fondée. Certes, l'augmentation prévue n'est pas conséquente, du moins dans un premier temps (à savoir: 120 fr. dès les dix ans de l'aînée; 260 fr. au total, dès les dix ans du cadet; 360 fr. au total dès les quinze ans de l'aînée; 460 fr. dès les quinze ans du cadet). Il n'en demeure pas moins que l'on ignore les perspectives salariales du recourant: quoi qu'en dise l'intimée, l'augmentation de revenu n'est nullement un fait notoire et le "nombre de part" auquel l'intimée fait référence ne permet pas d'affirmer la réalité de l'augmentation, étant au demeurant précisé que la pièce à laquelle se réfère l'intéressée "Pièce 15 Rec." est un contrat de bail à loyer. Or à supposer un défaut d'augmentation du revenu du recourant, le montant des contributions ainsi fixé aurait une incidence sur le montant de son excédent, laquelle se répercuterait sur le montant des contributions fixées. Par ailleurs, dans la mesure où la cour cantonale admet que l'intéressé peut conserver un taux d'activité réduit de 80% dès lors qu'il lui permet d'être disponible pour ses enfants le mercredi, l'on ne saisit pas les raisons pour lesquelles une augmentation de ce taux serait prévisible à brève échéance - l'aînée aura dix ans en juin 2025. La cause doit en conséquence être renvoyée sur ce point à la cour cantonale pour nouvelle décision.