Citation: 6B_410/2020 E. 1

La cour cantonale a constaté que le dossier ne contenait aucun indice de penchants pédophiles chez le prévenu. Elle a en outre dûment mentionné et analysé les divers éléments qui plaident en faveur ou en défaveur des déclarations de la recourante, sur lesquelles repose essentiellement l'accusation. Elle a ainsi relevé qu'au moment du dévoilement la fillette savait distinguer entre le vrai et le faux, qu'elle était capable de faire un récit chronologique, cohérent et suffisamment détaillé et qu'elle avait fait une description réaliste du pénis en érection. La cour cantonale a par ailleurs mentionné le climat familial et les circonstances de la séparation entre les parents, propres à causer une grande souffrance pour l'enfant, à générer un conflit de loyauté et le cas échéant à induire un désir de la fillette de se rapprocher de sa mère, à laquelle elle avait été confiée alors qu'elles n'avaient pas de lien affectif. L'arrêt attaqué relève en outre les circonstances, qu'il qualifie de troublantes, dans lesquelles s'est effectué le dévoilement, qui a eu lieu en présence d'une bonne partie de la famille maternelle de la fillette, celle-ci étant soumise à un feu de questions fermées auxquelles elle s'est contentée de répondre oui ou non par des signes de tête. Il précise que dès lors que l'enfant a eu ainsi validé le fait d'avoir été " touchée " les adultes lui ont immédiatement tendu une banane en lui demandant de montrer ce que l'intimé avait fait avec son pénis et ce alors que l'enfant n'avait apparemment pas dit qu'il avait fait usage de son membre. La cour cantonale a également noté que les déclarations de la recourante n'ont pas été constantes puisqu'elle n'a évoqué qu'à l'audience de jugement un épisode au cours duquel son père aurait éjaculé; c'est également à ce moment-là qu'elle aurait parlé pour la première fois d'attouchements au niveau des seins et du sexe et même d'une pénétration alors qu'elle avait précédemment exclu un tel acte. S'agissant, enfin, des difficultés personnelles et scolaires de la recourante la cour cantonale a indiqué que si elles sont compatibles avec l'accusation elle s peuvent également être liées au contexte familial ou à d'autres facteurs propres à la jeune fille.