Citation: 5A_202/2022 E. 3.2

3.2. L'autorité cantonale retient qu'en appel, le mari a nouvellement allégué qu'à partir du moment où elle serait à la retraite, l'épouse pourrait assumer ses charges mensuelles, estimées à 3'572 fr. 50, au moyen du rendement (qu'il évalue à 695 fr. par mois) de sa fortune, d'un montant supérieur à 550'000 fr., et d'un prélèvement mensuel de 3'000 fr. sur celle-ci. Pour les juges précédents, il s'agit là de pseudo nova. En effet, dès lors qu'en première instance, le mari a soutenu qu'à la suite du partage de sa prestation LPP, l'épouse avait perçu un capital de 570'031 fr. 35 (en réalité 556'435 fr. 85) "pour faire face à l'ensemble de ses besoins", il pouvait parfaitement alléguer que, selon lui, elle serait en mesure d'assumer seule ses charges après la retraite, ce qu'il n'a cependant pas fait, sans expliquer pour quels motifs il en aurait été empêché. Or, en procédure de divorce, il appartient à l'époux qui prétend que la situation financière de l'un des conjoints se modifiera à une date déterminée d'introduire ce fait en procédure au moyen d'un allégué recevable. Faute d'allégués, la situation financière d'un époux après sa retraite n'est pas litigieuse et n'est pas non plus l'objet de la preuve. Le tribunal ne peut pas administrer de preuves d'office à ce sujet. Les allégués nouveaux de l'appelant en lien avec la situation financière de l'intimée après son accession à l'âge de la retraite sont donc tardifs et, par conséquent, irrecevables. L'autorité cantonale considère par ailleurs, pour la période dès le 1er janvier 2021, qu'au vu du régime restrictif applicable à l'invocation de pseudo nova en appel, il existe des doutes sérieux quant à la recevabilité de l'allégué nouveau selon lequel la crédirentière serait en mesure d'assumer en partie ses charges au moyen du rendement de sa fortune, mais que, même recevable, cet allégué ne permettrait pas de prendre en compte un tel revenu, pour des motifs qu'elle expose.