Citation: 5A_450/2016 E. 4.4

4.4. En l'espèce, la cour cantonale a examiné si l'instauration d'une garde alternée pouvait être envisagée et exclu cette possibilité. Cette question n'est pas débattue, aucune des parties n'ayant conclu à l'instauration d'une telle garde. Il convient donc uniquement d'examiner en l'espèce si la garde a arbitrairement été attribuée à l'intimée. Il ressort autant du rapport d'évaluation sociale du SPMi que des déclarations des Dresses G.________ et H.________, rappelées par la cour cantonale, que le conflit conjugal perdure et que le recourant éprouve des difficultés à accepter la séparation, à différencier la conjugalité de la parentalité et implique les enfants dans ce conflit. Les faits retenus par la cour cantonale révèlent qu'il confie sa souffrance à sa fille aînée, ce qui a des répercussions négatives sur cette dernière, crée des angoisses chez elle et attise vraisemblablement son ressenti contre sa mère qu'elle tient pour responsable de cette situation. Il ressort également de la procédure que l'incapacité du père à se concentrer sur les besoins de ses filles en raison de la souffrance induite par la séparation n'a pas évolué. Le seul fait que le recourant persiste à nier impliquer ses enfants dans le conflit conjugal est appellatoire et ne saurait à l'évidence suffire à contrer les constatations des professionnels ayant évalué le groupe familial. Les éléments qui précèdent révèlent une incapacité du recourant à tenir ses filles à l'écart du conflit conjugal, à se rendre compte des conséquences négatives qu'une telle implication a sur elles et, partant, à faire primer leur intérêt sur le sien, ce qui peut faire douter de ses compétences parentales. Ce nonobstant, la cour cantonale a, à l'instar du SPMi, retenu de manière quelque peu contradictoire que le recourant ne présentait aucun défaut de compétences parentales. Il subsiste dès lors un doute sur les compétences réelles du recourant quant à la prise en charge de ses filles que seule une expertise psychiatrique aurait permis de lever. L'établissement d'une telle expertise n'a toutefois pas été requise et aucun grief de violation de la maxime inquisitoire n'a été soulevé, de sorte que la cognition limitée du Tribunal de céans dans la présente cause l'empêche de revenir sur cette question. Il faut donc admettre que la cour cantonale est partie du principe que les deux parents disposaient de compétences parentales puisqu'elle a ensuite apprécié les autres critères déterminants pour l'attribution de la garde à l'un des parents. Nonobstant une disponibilité plus grande du père et le désir de l'aînée de demeurer auprès de ce dernier, la cour cantonale a décidé de faire primer le besoin des enfants d'être préservées et tenues à l'écart d'un conflit conjugal important, ce dont leur père s'est révélé incapable à plusieurs reprises. Compte tenu des circonstances du cas d'espèce et notamment des incidences négatives que l'exposition au conflit conjugal ont sur les enfants et sur C.________ en particulier, on ne saurait considérer que le poids prépondérant accordé à ce critère d'appréciation relève de l'arbitraire. Ceci vaut d'autant que d'autres critères militent en faveur de l'attribution de la garde à l'intimée, à savoir en particulier l'âge de la cadette et l'attachement de celle-ci à sa mère, l'importance de préserver la fratrie et le fait que l'intimée a déménagé dans un appartement dont il n'est pas contesté qu'il peut accueillir les enfants et qui est à proximité de leur école. En définitive, on ne perçoit aucun arbitraire dans le raisonnement de la cour cantonale en tant qu'elle a considéré que l'attribution de la garde exclusive à l'intimée servait le bien des enfants, de sorte que le grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 176 al. 3 CC doit être écarté.