Citation: 6B_781/2024 E. B

Par jugement du 22 mai 2024, la Cour pénale du Tribunal cantonal neuchâtelois a rejeté l'appel de A.A.________ et confirmé le jugement du 23 mai 2023. Il en ressort notamment les faits suivants. B.a. Depuis 2012, A.A.________, ressortissant français, est marié à B.A.________, également de nationalité française. Ensemble, ils ont eu 2 filles, C.A.________ (née en 2011) et D.A.________ (née en 2015), avec lesquelles ils vivent. A.A.________ est aussi père de 2 autres filles, E.A.________ (née en 1988) et F.A.________ (née en 1992), nées d'un premier mariage. B.b. Atteinte de fibromyalgie, B.A.________ n'exerce pas d'activité lucrative. La prénommée a également une fille, G.________ (née en mars 2006), et un fils, H.________ (né en 2001), issus de précédentes relations. Ce dernier a vécu chez sa mère et son beau-père de ses 13 à ses 16 ans environ. Quant à G.________, après avoir vécu chez sa mère jusqu'à la fin de la deuxième année HarmoS, elle a ensuite habité chez son père, en France, dans la région de U.________. Pendant cette période, elle passait 4 semaines de vacances par année chez sa mère et son beau-père. B.c. Ce dernier voyait régulièrement G.________ depuis que celle-ci avait 3 ans. Il la considérait comme sa fille et se comportait comme son père; celle-ci l'appelait d'ailleurs " papa ". Après avoir été séparée de son père biologique pendant quelques mois en 2011 lorsqu'elle était âgée d'environ 5 ans, puis avoir été chassée par celui-ci en 2020, G.________ s'était reconstruite un nouvel univers familial chez sa mère et son beau-père, dont ce dernier était le pilier. Celui-ci faisait non seulement vivre toute sa famille, l'intéressée y compris, mais assumait également les activités ménagères et les diverses autres tâches quotidiennes. B.d. G.________ appréciait beaucoup A.A.________ et lui témoignait régulièrement son attachement par toutes sortes de marques d'affection (bisou dans le cou, enlacements, etc.). Des liens étroits, familial et affectif, s'étaient tissés entre elle et son beau-père. L'adolescente entretenait avec lui une relation de confiance privilégiée, trouvant auprès de lui un confident. Il lui procurait la tendresse qu'elle n'obtenait ni de sa mère ni de son père biologique. B.e. A.A.________ fournissait à G.________ un soutien sous diverses formes, notamment par l'écoute. Il prodiguait souvent à l'adolescente, qui souffrait de maux de dos, des massages pour la soulager. Il lui apportait " tout ce dont elle avait besoin ". Il faisait " le tampon " avec sa mère, essayait de trouver des solutions pour elle, lui rendait divers services, lui payait les vêtements et lui donnait son argent de poche. A.A.________ portait en outre à G.________ une attention financière particulière, en la favorisant, de manière perceptible par les tiers, et de manière consciente, malgré les moyens économiques limités de la famille, au détriment de ses autres membres. Il lui avait notamment offert, sur une période d'environ une année, pas moins de trois téléphones neufs, une moto, une montre connectée et une tablette. Il lui donnait aussi de l'argent pour sa manucure " pour lui faire plaisir, car elle n'avait jamais rien eu chez son papa ". Cette grande générosité avait duré jusqu'à ce que l'intéressée ait eu un petit ami en juin 2021. Pendant la période en cause, A.A.________ avait, généralement à son initiative, régulièrement adressé à G.________ des messages très affectueux (cf. consid. g pp. 24-26 du jugement attaqué). B.f. A.A.________ est né en 1964 à V.________ (France). Il y a effectué un apprentissage de mécanicien automobile, puis y a suivi une année d'école de mécanique. Sa mère ainsi que ses 4 soeurs et 6 frères habitent dans la région. Après avoir travaillé comme frontalier pendant plusieurs années, il s'est établi en Suisse en 1986. Au bénéfice d'un permis C, il a occupé différents emplois et a notamment oeuvré, entre février 2021 et janvier 2023, comme cantonnier pour la commune du W.________, où il est domicilié. À côté de son emploi, il était impliqué dans une société de gymnastique du W.________. Jusqu'à sa démission en août 2022, il était également entraîneur et arbitre de football. Depuis février 2023, il exerce l'activité de chauffeur cantonnier pour l'État de X.________. B.g. Selon l'acte d'accusation du 27 avril 2023, il était notamment reproché à A.A.________ ce qui suit: (1.1) Au W.________, rue Y.________, au domicile familial, (1.2) dès mars 2020 jusqu'à une date indéterminée, située fin octobre, début novembre 2021, à réitérées reprises, (1.3) au préjudice de G.________, âgée de moins de 16 ans au moment des faits, la fille de son épouse, avec laquelle il est marié depuis 11 ans et fait ménage commun depuis 12, (1.4) profitant du lien familial et affectif qui existait entre lui et G.________ [...], (1.5) tirant profit de la relation de confiance privilégiée qu'il entretenait avec G.________ [...], (1.6) alors qu'il faisait des massages sportifs à G.________, à sa demande, cette dernière souffrant de maux de dos, a, petit à petit, commencé à poser ses mains sur ses fesses, puis fait des bisous, à l'embrasser et lui dire qu'il l'aimait, lui avoir alors touché avec les mains les parties intimes, lui envoyant très régulièrement de nombreux messages avec des coeurs et des "je t'aime", "je t'embrasse partout", etc., (1.7) à une date indéterminée, lors d'un massage, avoir caressé le clitoris de G.________ et avoir mis ses doigts dans son vagin, l'avoir retournée sur le dos en la prenant par le bassin, avoir baissé son pantalon et avoir pénétré son sexe dans son vagin, se retirant ensuite sans rien dire, imposant ainsi un acte d'ordre sexuel à G.________ qui n'avait ni dit quelque chose, ni fait quoi que ce soit pour l'empêcher d'agir de la sorte, ne sachant que faire et étant effrayée par la situation, (1.8) avoir ensuite à plusieurs reprises, un nombre de fois que G.________ ne pouvait préciser, mais au moins à 7 ou 8 reprises, procédant toujours un peu de la même manière, en divers endroits de l'appartement, dans leurs chambres à coucher, mais également dans le salon, la cave, le grenier et la voiture, léchant le sexe, insérant ses doigts dans le vagin, caressant le sexe, les seins et les fesses, pénétrant son sexe dans son vagin, utilisant parfois du lubrifiant, obtenant à 4 ou 5 reprises, des fellations, (1.9) avoir également inséré dans son vagin un sex toy qui appartenait à la mère de G.________, (1.10) avoir à une reprise, après avoir pénétré son sexe dans son vagin, éjaculé sur son torse, (1.11) avoir ainsi à réitérées reprises contraint G.________ à subir l'acte sexuel, respectivement des autres actes d'ordre sexuel. Les autorités précédentes ont tenu pour établi le déroulement des faits tel qu'il ressort des parties de l'acte d'accusation susmentionnées, sous réserve de quelques nuances: au sujet de la nature des actes, il a été retenu que certains avaient précédé une pénétration vaginale à la manière de préliminaires et que d'autres étaient survenus en dehors d'une pénétration vaginale; concernant la période en cause, elles ont retenu que les actes s'étaient déroulés entre mars 2020 et début juillet 2021. B.h. Une expertise psychiatrique de A.A.________ a été mise en oeuvre. Les experts n'ont pas diagnostiqué de troubles psychiques selon les critères de la CIM-10 ou du DSM-5, mais ont relevé des traits de personnalité dépendants et immatures, de même que l'existence de traits fréquemment évoqués dans la littérature à propos des pères incestueux. Au moment des faits, l'intéressé était pleinement capable d'apprécier le caractère illicite de ses actes et de se déterminer d'après cette appréciation. A.A.________ présentait un risque de récidive faible à moyen. Il était nécessaire qu'il s'inscrive dans un suivi psychothérapeutique afin de diminuer ce risque. L'intéressé a été libéré le 4 août 2022. La libération a été assortie de mesures de substitution, ordonnant notamment l'obligation d'entreprendre un traitement thérapeutique dans le sens des conclusions de l'expertise psychiatrique. Après avoir été modifiées le 10 août 2022, ces mesures ont été prolongées jusqu'au 4 février 2023. B.i. À la lumière de ses casiers judiciaires suisse et français, A.A.________ n'a pas d'antécédents.