Citation: 4A_440/2018 E. 7

Le demandeur soutient que son adverse partie n'a pas correctement exécuté le contrat de prêt en versant à A.________ la totalité de la somme promise, et que lui-même aurait dû en recevoir la moitié. Il s'ensuit prétendument qu'au regard de l'art. 82 CO, la défenderesse n'est pas autorisée à exiger le remboursement. La Cour de justice ne constate pas que selon le contrat, la somme promise par la défenderesse dût être versée par moitié à chacun des deux associés. Elle constate en revanche que le versement en totalité à A.________ est une modalité de l'exécution que le demandeur a plus tard tacitement agréée, et que le contrat a été sur ce point complété. Cette constatation lie le Tribunal fédéral conformément à l'art. 105 al. 1 LTF et elle n'est d'ailleurs pas sérieusement mise en doute. Il est sans importance que A.________ fût l'époux de la défenderesse à l'époque des deux versements. Rien ne dénote qu'elle lui ait versé l'argent afin que lui-même en remît la moitié au demandeur, de telle sorte que A.________ fût un simple auxiliaire de la défenderesse dans l'exécution du contrat. Il convient de rappeler que selon la thèse du demandeur, le contrat a été conclu exclusivement pour le compte de la société en nom collectif. Cette approche implique que la société fût seule créancière de la somme promise, et il s'impose d'admettre que A.________ l'a reçue pour le compte de la société en qualité d'associé gérant.