Citation: 4P.106/2001 18.10.2001 E. 2

2.- La recourante se plaint principalement d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits. a) Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst. , ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 127 I 54 consid. 2b; 126 I 168 consid. 3a; 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b). Il appartient au recourant de montrer en quoi la décision attaquée serait insoutenable (cf. ATF 110 Ia 1 consid. 2a). b) La recourante reproche tout d'abord à la cour cantonale d'avoir retenu que l'acheteur ignorait le fait que la parcelle n'était pas constructible. aa) Dans un premier pan du moyen, elle fait valoir que l'acheteur avait acquis le chalet voisin en 1987 et qu'il serait inconcevable qu'il ne se soit pas renseigné sur le statut de la parcelle vendue, dont le sort était en réexamen. Sur ce point, la recourante ne se livre qu'à une supposition. Comme l'acte de vente affirmait que la parcelle était constructible, l'acheteur n'avait pas de raison d'en douter. Qu'il ait acheté un chalet voisin en 1987 ne pouvait que l'inciter à croire que la parcelle attenante était soumise au même régime juridique. On ne voit donc pas en quoi la cour cantonale aurait statué arbitrairement en se déclarant convaincue que l'acheteur, au moment de la conclusion du contrat, ignorait la situation réelle. Les explications fournies par la recourante sont impropres à démontrer qu'il était arbitraire de penser que l'acheteur est resté dans l'erreur jusqu'à la date retenue par la cour cantonale. bb) La recourante revient à la charge en affirmant que l'architecte de l'intimé a signé une pièce montrant qu'il savait que la parcelle litigieuse se trouvait en zone "agricole" (en réalité en zone sans affectation spéciale). Mais cela ne permet pas d'affirmer que l'architecte a communiqué cette information à son mandant, puisque le mandat ne portait pas sur la fourniture de telles informations au mandataire. L'architecte n'est en rien intervenu dans la conclusion de la vente litigieuse, de sorte qu'il n'était pas un auxiliaire de l'acheteur dans le cadre de la passation du contrat et que sa connaissance de la situation ne peut pas être imputée à l'intimé lui-même. Il s'agit là d'ailleurs d'une question de droit. cc) La recourante invoque enfin le fait que le prix de vente ne correspondait pas à celui d'un terrain constructible. Elle ne conteste cependant pas que le prix n'était pas non plus celui d'un terrain agricole. En définitive, ce prix n'était pas caractéristique, de sorte que cet argument n'est pas de nature à faire apparaître comme arbitraire la conviction de la cour cantonale. c) La recourante soutient que l'autorité cantonale a retenu arbitrairement qu'elle avait bénéficié du dessous-de-table. Il est constant que la recourante était copropriétaire pour les deux tiers de la parcelle vendue et que c'est l'autre covendeur qui a négocié le contrat. L'intimé a formellement affirmé dans la procédure qu'il avait versé un dessous-de-table de 20 000 fr. et il a demandé remboursement de la somme de 60 000 fr. solidairement aux deux covendeurs, sans faire de distinction entre le prix indiqué au contrat, par 40 000 fr., et le dessous-de-table. Si la recourante n'était pas au courant de ce dessous-de-table et n'avait rien reçu sur cette somme, cet allégué devait lui faire craindre d'avoir été dupée par le covendeur; la réaction logique de X.________ aurait alors été de se démarquer de ce dernier pour ne pas risquer d'être condamnée solidairement à rembourser également le dessous-de-table. Or, la recourante ne s'est en rien distanciée du covendeur, prenant le risque d'être astreinte à payer sa part du dessous-de-table, si l'inexistence de celui-ci était écartée. Le bon sens aurait voulu, en tant que précaution, que la recourante affirme clairement qu'elle ne connaissait rien de cette gratification et qu'elle n'avait rien touché dans l'hypothèse où le covendeur aurait perçu un dessous-de-table. La cour cantonale a déduit de cette absence de réaction la conviction que la recourante était au courant du dessous-de-table et qu'elle avait reçu sa part. Dans ce contexte, cette déduction n'a rien d'insoutenable. Les autres hypothèses avancées par la recourante sont impropres à démontrer que la cour cantonale aurait fondé arbitrairement sa conviction. d) La recourante reproche encore à la cour cantonale d'avoir retenu de manière arbitraire que les deux covendeurs avaient eu l'intention de s'associer pour négocier et conclure cette vente. Il n'est pas contesté que le covendeur n'a pas négocié la vente de sa seule part de copropriété, mais bien la vente de l'ensemble des parts de copropriété. Il ressort à l'évidence du déroulement des faits que la recourante était d'accord et qu'elle était tenue informée, puisque son administrateur n'est intervenu que devant le notaire pour signer l'acte. Un prix global a été fixé pour l'acquisition de la parcelle, sans faire de distinction entre les parts de copropriété. Il résulte bien de ces circonstances que les covendeurs ont décidé d'unir leurs ressources (par la mise à disposition de leurs parts de copropriété respectives) et leurs efforts (la négociation par le covendeur) en vue de réaliser, par un seul acte et pour un seul prix, la vente simultanée de toutes les parts de copropriété. Admettre dans une telle occurrence que les covendeurs ont manifesté un animus societatis n'est en rien arbitraire.