Citation: 1C_564/2018 E. A

A.________, ressortissant syrien né en 1991, est arrivé en Suisse en septembre 2000. Il a obtenu la nationalité suisse le 21 août 2013. Le 28 mars 2017, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a adressé au secteur naturalisation de l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) deux documents, soit une prise de position du Service de renseignement de la Confédération (SRC) du 29 juillet 2015 ainsi qu'une note élaborée par le SEM après une séance avec le SRC. Par courriel du 6 juin 2017, le SEM a encore communiqué des documents complémentaires à l'OCPM, précisant que tous les documents transmis étaient confidentiels et ne pouvaient être portés à la connaissance de l'intéressé que sous forme de résumé. Un tel résumé était annexé au message. Le 16 juin 2017, le Département genevois de la sécurité et de l'économie (le département) a avisé A.________ qu'après avoir été informé par le SRC que l'intéressé et son frère étaient impliqués dans des activités de surveillance prohibée de ressortissants syriens en Suisse, il envisageait de soumettre au Conseil d'Etat genevois un arrêté d'annulation de la naturalisation genevoise accordée en 2013. A.________ a consulté le dossier de l'OCPM le 14 juillet 2017; les pièces susmentionnées ont été soustraites à la consultation et, à sa demande, un résumé de celles-ci, correspondant à celui du SEM, lui a été fourni le 2 août 2017. Par décision formelle du 2 mars 2018, le chef du département a refusé l'accès aux documents précités, précisant qu'un arrêté d'annulation de la naturalisation serait soumis au Conseil d'Etat dès l'entrée en force de cette décision. L'intéressé a saisi la Chambre administrative de la Cour de justice genevoise d'un recours contre cette décision. Parallèlement, l'intéressé s'est adressé au SRC afin d'accéder à ses données personnelles. Par décision du 31 août 2017, le SRC a indiqué que son nom figurait dans 15 documents enregistrés dans le système d'information GEVER; l'accès à ces documents a été refusé car il était de nature à compromettre la sûreté intérieure de la Suisse ainsi que l'intégrité des personnes ayant fourni des informations. A.________ a saisi le Tribunal administratif fédéral (TAF) d'un recours contre ce refus. Par arrêt du 30 août 2018, le Tribunal administratif fédéral a rejeté le recours. Celui-ci était sans objet s'agissant des documents qui avaient été remis sous forme non anonymisée au recourant en cours de procédure. Le refus de communiquer certains documents était justifié par la protection des sources et des communications entre organes de sûreté, le recourant pouvant pour sa part faire valoir ses droits dans le cadre de la procédure d'annulation de la naturalisation. Les caviardages effectués sur les autres documents étaient également justifiés. A.________ a formé un recours en matière de droit public contre cet arrêt (cause 1C_522/2018).