Citation: 1B_320/2019 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, l'argumentation développée par le recourant pour démontrer la violation du principe de proportionnalité par la durée de la détention avant jugement subie (671 jours au jour du jugement de première instance), se fonde exclusivement sur la peine privative de liberté ordonnée par le Tribunal criminel (30 mois avec sursis partiel dont 15 mois fermes). Le raisonnement du recourant repose cependant sur la prémisse erronée que cette quotité - non définitive - constituerait l'unique élément à prendre en considération pour l'examen de cette question. Certes, il s'agit d'un indice important pour évaluer la durée de la peine concrètement encourue. Cela étant, le Ministère public, qui avait requis une peine privative de liberté de 12 ans, a déposé une annonce d'appel pour contester l'acquittement du chef de meurtre et la peine prononcée. Une telle procédure pourrait conduire, dans le cas d'espèce et sous l'angle de la vraisemblance, à une aggravation de la peine prononcée en première instance. En effet, l'autorité précédente a rappelé que les faits examinés sont graves et qu'il subsiste de nombreuses zones d'ombre dans ce dossier; le prévenu était notamment resté confus sur des éléments essentiels comme la raison d'une trace de sang en forme de main sur son tee-shirt comportant le seul ADN de la victime ou le moment où il aurait asséné deux coups de poing à la mâchoire de la victime, alors que son coprévenu la maîtrisait de tout son poids au sol, ayant préalablement soutenu dans la procédure qu'il avait asséné lesdits coups avant que C.________ ne la poignarde, ce qu'il n'avait au demeurant pas vu; aucun des deux comparses n'avait expliqué comment le recourant ne se serait pas rendu compte que son coprévenu assénait neuf coups de couteau à la victime, alors torse nu, ni pour quelle raison il ne l'aurait pas empêché, du moins partiellement, de le faire. La Cour de justice a encore considéré qu'assister sans réagir à plusieurs coups de couteau, ayant causé neuf lésions dont sept à caractère perforant, donnés à une personne bloquée au sol sous son agresseur, lui asséner des coups notamment au visage (nez fracturé), tout en laissant entendre sur le moment et ensuite auprès de tiers que sa mort était souhaitée pourrait relever d'une co-activité de meurtre. Elle a jugé que les déclarations des deux protagonistes demeuraient peu claires et contradictoires, intrinsèquement entre elles et confrontées aux éléments de la procédure, sur des points essentiels pour comprendre le déroulement des faits, de sorte qu'il subsistait des incertitudes que l'instance d'appel pourrait apprécier différemment des premiers juges. Le recourant ne répond à aucun de ces arguments. Même si les motifs invoqués par le Ministère public sont encore inconnus - la déclaration d'appel n'ayant pas encore été déposée à ce jour -, l'important écart entre la peine requise et celle retenue par le tribunal de première instance suffit pour considérer qu'en l'état, une aggravation n'est pas exclue. Eu égard à ces éléments (faits graves, peine requise en première instance et appel du Ministère public), à la peine menace prévue par l'art. 111 CP et aux règles en matière de concours d'infractions (art. 49 CP), le recourant est donc encore concrètement exposé au prononcé d'une peine privative de liberté plus sévère que celle ordonnée en première instance. Partant, la juridiction précédente n'a pas violé le droit fédéral en considérant qu'en l'état la durée de la détention subie avant jugement respectait le principe de proportionnalité. Ce grief peut donc être écarté.