Citation: 4C.134/1999 20.04.2000 E. 1

1.- a) La Cour civile a retenu en substance que la responsabilité de B.________ était engagée et sur la base de l'art. 41 CO et sur celle des art. 97 ss CO. Mais elle a nié la responsabilité de la défenderesse, qui n'a fait que tenir les comptes de la demanderesse du 1er octobre 1982 au 31 décembre 1995 et n'était pas chargée de leur révision. Elle a considéré qu'il n'avait été ni allégué ni prouvé comment, soit par quel procédé comptable ou par quelles écritures, B.________ a pu entrer en possession des 100 000 fr. et qu'il n'était au surplus pas établi que la défenderesse ait eu connaissance du caractère illicite de l'opération comptable en question. Il apparaissait que B.________ a agi seul, dans le cadre de son mandat d'administrateur avec signature individuelle, et non en qualité d'employé ou d'auxiliaire de la défenderesse. La cour cantonale a encore ajouté que rien ne laissait supposer que c'était à l'occasion de la tenue ou de l'établissement des comptes que la soustraction a été opérée. Constatant que B.________ a agi en son nom propre et soustrait la somme de 100 000 fr. pour son usage personnel, l'autorité cantonale en a conclu que l'on ne pouvait admettre qu'il ait agi en qualité d'organe de la défenderesse, ses agissements illicites ne pouvant être imputés à cette dernière. Les magistrats vaudois ont enfin affirmé qu'il n'y avait pas d'identité économique entre B.________ et l'intimée, qui permette l'application de la théorie de la transparence. b) A l'appui de son recours, la demanderesse invoque successivement à l'encontre de la défenderesse la responsabilité du mandataire selon les art. 398 al. 2 CO et 97 ss CO, la responsabilité pour les actes des auxiliaires conformément à l'art. 101 CO et la responsabilité des organes des personnes morales posée à l'art. 55 al. 2 CC. Elle fait valoir que dès l'instant où B.________, administrateur et employé de la défenderesse, avait, par la force des choses, connaissance de l'acte illicite perpétré au préjudice de la demanderesse, il convient de retenir que la défenderesse était au courant de la situation (art. 55 CC). Ce serait ainsi bien légèrement que la Cour civile a affirmé dans son jugement que la défenderesse "pouvait très bien ignorer le ca- ractère illicite de l'opération comptable". Dès lors, en ne prenant pas les mesures dictées par les circonstances pour sauvegarder les intérêts légitimes de sa mandante, à savoir renseigner immédiatement celle-ci ou, à tout le moins, faire mention dans les comptes de cette dette nouvelle, la défenderesse aurait violé le contrat qui la liait avec la recourante. Elle aurait aussi transgressé son devoir de diligence en n'exigeant pas de son employé qu'il rembourse immédiatement le prélèvement effectué sans droit dans les liquidités de la demanderesse. Selon la recourante, il serait choquant de voir la défenderesse tenter de se retrancher derrière la distinction entre mandat d'administration et mandat de comptabilité alors qu'elle s'occupait du tout. En effet, le véritable administrateur de la demanderesse aurait été non pas B.________, lequel n'a jamais facturé ses services à cette société, mais bien Y.________.