Citation: U 251/05 28.09.2006 E. 4

4.1 En ce qui concerne le trouble au pied gauche annoncé au mois de janvier 2000, la juridiction cantonale a nié l'existence d'un lien de causalité naturelle entre cette affection et l'accident du 7 juin 1995, motif pris qu'un tel lien était tout au plus du domaine du possible, alors qu'une origine pathologique était en revanche très vraisemblable. Elle s'est fondée pour cela sur les conclusions de l'expert D.________, dont le rapport a été jugé conforme aux exigences posées par la jurisprudence pour que l'on puisse admettre sa pleine valeur probante. De son côté, le recourant conteste les conclusions de l'expert en se fondant sur l'appréciation du docteur W.________. Ses critiques ne sont toutefois pas de nature à mettre en cause le jugement entrepris. En particulier, on ne saurait douter de la valeur probante du rapport d'expertise du docteur D.________, au motif que l'assureur-accidents a soumis à cet expert le rapport du docteur W.________, ce qui démontrerait qu'il avait des doutes quant aux conclusions de l'expert. Par ailleurs, le recourant est d'avis que, contrairement à l'opinion de la juridiction cantonale, tous les médecins consultés ne partagent pas l'appréciation du docteur D.________, en particulier les docteurs K.________ (rapport du 15 août 1995) et M.________ (rapports des 11 juillet 1996 et 15 février 2000). Ce point de vue ne permet pas de s'écarter des conclusions des premiers juges. D'une part, en effet, le docteur K.________ pose le même diagnostic que l'expert. D'autre part, il est vrai qu'après avoir fait état d'une contusion banale ayant décompensé une ostéonécrose préexistante (rapport du 11 juillet 1996), le docteur M.________ a nié, dans son rapport ultérieur (du 15 février 2000), l'existence de facteurs indépendants du traumatisme. Toutefois, ce second avis n'est aucunement motivé et ne saurait, pour ce motif, mettre en cause les conclusions de l'expert. Enfin, le recourant reprend en instance fédérale les arguments déjà invoqués devant la juridiction cantonale. En particulier, il soutient qu'il existe un lien de causalité entre les troubles au pied gauche et l'accident du 7 juin 1995, au motif qu'il jouissait d'un bon état de santé avant cet événement. En outre, il allègue que le choc subi à cette occasion était important. Toutefois, ces arguments ont déjà été examinés par la juridiction cantonale qui les a réfutés de manière convaincante, de sorte qu'il suffit de renvoyer à cet égard au jugement entrepris. Vu ce qui précède, le tribunal cantonal était fondé à nier l'existence d'un lien de causalité naturelle entre le trouble au pied gauche annoncé au mois de janvier 2000 et l'accident du 7 juin 1995. 4.2 En ce qui concerne le trouble au genou droit annoncé le 22 septembre 1999, la juridiction cantonale a considéré qu'il existait une importante discordance entre les plaintes subjectives et les constatations médicales objectives, de sorte qu'il faut admettre que des facteurs "extra-anatomiques" ont joué un rôle exclusif dans la persistance d'un phénomène douloureux et d'une boiterie au-delà d'une période de deux à trois semaines à compter de l'accident, moment auquel le statu quo ante aurait dû être atteint, selon l'expert D.________. Au demeurant, la juridiction cantonale considère ne pas pouvoir se rallier à l'avis du docteur W.________ - selon lequel la douleur articulaire provient d'une lésion d'une branche du nerf sous-cutané qui peut être due à la contusion du nerf survenue lors de l'accident - motif pris que seul un traumatisme majeur aurait pu entraîner des lésions aussi importantes. Or, les premiers juges considèrent que la scintigraphie effectuée le lendemain de l'accident ne montre aucun signe de lésion. Le recourant réfute ce raisonnement en alléguant que cette scintigraphie, prévue depuis longtemps, ne concernait pas le genou droit, mais le pied gauche atteint lors de l'accident du 7 juin 1995. Il infère de cela qu'il existe des lésions médicalement objectivables, de sorte que le lien de causalité naturelle entre le trouble au genou droit et ledit accident apparaît établi. Le point de vue du recourant ne saurait être partagé. Même si l'on admet que la scintigraphie n'est pas déterminante pour exclure l'existence de lésions au genou droit, il faut bien constater - comme les premiers juges - l'absence de signes d'épargne (asymétrie des côtés droit et gauche) chez une personne qui prétend boiter depuis plusieurs années, ainsi que le caractère somme toute léger de l'accident qui n'a entraîné qu'une incapacité de travail d'une durée de trois jours. Au demeurant, le docteur W.________ a attesté que la douleur articulaire provient d'une lésion d'une branche du nerf sous-cutané qui "peut être due" à la contusion du nerf survenue lors de l'accident. Ce faisant, il envisage l'existence d'un lien de causalité comme une hypothèse possible, ce qui ne suffit pas pour que l'on considère un fait comme établi selon la règle - généralement applicable en matière de preuve dans le domaine des assurances sociales - du degré de vraisemblance prépondérante (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références; cf. ATF 130 III 324 s. consid. 3.2 et 3.3). Cela étant, il y a lieu de se rallier au point de vue de la juridiction cantonale selon lequel le trouble au genou droit annoncé le 22 septembre 1999 n'est pas en relation de causalité naturelle avec l'accident du 14 août 1995. En ce qui concerne le poignet droit, le recourant ne remet pas en cause le point de vue de la juridiction cantonale qui a nié l'existence d'un tel lien de causalité avec les accidents assurés. Ce point de vue doit d'ailleurs être confirmé sur le vu des pièces médicales versées au dossier. Vu ce qui précède, le jugement entrepris n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé .