Citation: 1P.749/2006 19.01.2007 E. 6

Invoquant une violation des art. 4 Cst. et 6 ch. 1 CEDH, le recourant se plaint d'une instruction lacunaire, à raison de l'absence d'un contre-interrogatoire de E.________, d'investigations aux fins de vérifier ses allégations selon lesquelles il avait été drogué, d'un interrogatoire suffisamment pressant de C.________ et d'une enquête approfondie sur les moyens d'existence et le train de vie de ce dernier et de D.________ depuis l'accident. 6.1 Le grief ainsi formulé revient à reprocher à l'autorité cantonale d'avoir confirmé le refus de suivre en violation de l'art. 9 Cst., qui consacre l'interdiction de l'arbitraire, et non de l'art. 4 Cst., qui énonce quelles sont les langues nationales. Quant à la violation prétendue de l'art. 6 ch. 1 CEDH, elle n'est pas étayée par une argumentation distincte, de sorte que ce grief se confond avec celui pris de l'arbitraire. Selon la jurisprudence, une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 131 I 57 consid. 2 p. 61; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178). 6.2 La recevabilité du grief sous l'angle de l'art. 86 al. 1 OJ (cf. supra, consid. 4) est à tout le moins douteuse. Il ne ressort pas de la décision attaquée que les lacunes de l'enquête dénoncées dans le recours de droit public auraient été invoquées devant l'autorité cantonale et le recourant n'établit pas, ni même ne prétend, l'avoir fait. Le grief apparaît donc nouveau. 6.3 Quoi qu'il en soit, le grief apparaît de toute manière irrecevable au regard des exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. supra, consid. 5). Le recourant se borne pratiquement à indiquer quelles investigations devraient, selon lui, encore être menées. En particulier, il n'indique pas ce qu'un contre-interrogatoire de E.________, qui a déjà été entendu à deux reprises et a confirmé sa version des faits, pourrait apporter de nouveau ou de plus et on le voit d'autant moins que, confronté à la version de ce témoin le 21 septembre 2005, le recourant a éludé la question. S'agissant de ses allégations selon lesquelles il aurait été drogué, le recourant se borne à suggérer qu'il pourrait être procédé à une nouvelle analyse du prélèvement sanguin effectué sur lui après l'accident, sans établir qu'elle serait propre, le cas échéant, à faire admettre qu'il aurait été drogué par des tiers, notamment pas les personnes qu'il accuse. Il ne démontre pas plus l'utilité d'une nouvelle audition de C.________ et de D.________, qui ont contesté les accusations portées contre eux. Que les investigations dont le recourant dénonce l'omission permettraient d'apporter quelque chose de nouveau ou de plus, qui soit propre à faire admettre que le refus de suivre serait injustifié, n'est dès lors pas établi. Le recourant ne démontre en tout cas pas qu'il était arbitraire, c'est-à-dire manifestement insoutenable, de ne pas procéder aux investigations qu'il demande. 6.4 Au demeurant, le grief, quand bien même il serait recevable, serait infondé. Au vu des nombreuses investigations déjà menées, qui n'ont révélé aucun indice venant à l'appui de la thèse du recourant, mais tendent au contraire à l'infirmer, il n'était pas arbitraire, au sens défini par la jurisprudence (cf. supra, consid. 6.1), d'admettre que l'instruction a été suffisante et que le refus de suivre est justifié.