Citation: 9C_110/2019 E. 5.2.1

5.2.1. Depuis l'introduction du nouveau régime de financement des soins, le 1er janvier 2011 (Loi fédérale du 13 juin 2008 sur le nouveau régime de financement des soins [RO 2009 3517]), les assureurs-maladie prennent en charge une partie des coûts des prestations de soins fournis par les EMS à hauteur d'un forfait déterminé en fonction du besoin en soins du résident (art. 25a al. 1 et 3 LAMal en relation avec les art. 33 let. b OAMal, art. 7 al. 1 let. c et al. 2 et art. 7a al. 3 OPAS). Les assureurs-maladie doivent verser 9 fr. par jour pour 20 minutes de soins, soit 108 fr. au maximum (niveau 12 de soins "plus de 220 minutes de soins requis"). Conformément à l'art. 25a al. 5 LAMal (dans sa version en vigueur jusqu'au 31 décembre 2018), seul au maximum 20 % de ce montant, soit 21 fr. 60 par jour (20 % de 108 fr.), peuvent être facturés aux résidents au titre des soins définis à l'art. 7 al. 2 OPAS; il incombe aux cantons de régler le financement résiduel des soins (sur ce point, ATF 144 V 280). Les soins prévus par l'art. 7 OPAS comprennent aussi les "soins de base généraux pour les patients dépendants, tels que (...) aider aux soins d'hygiène corporelle et de la bouche, aider le patient à s'habiller et à se dévêtir, ainsi qu'à s'alimenter." (art. 7 al. 2 let. c OPAS). Or ce type de soins, à l'inverse des prestations selon l'art. 7 al. 2 let. a et b OPAS, comprend des mesures qui sont en relation directe avec l'impotence du patient, dès lors qu'elles servent à aider ou à surveiller la personne impotente pour accomplir des actes élémentaires de la vie quotidienne. Selon la jurisprudence, même si l'allocation pour impotent de l'AVS/AI et les prestations de soins de l'assurance-maladie obligatoire prévues à l'art. 7 al. 2 OPAS sont de nature foncièrement différente - la première étant une prestation en espèces calculée indépendamment du coût effectif des services fournis par des tiers mais en fonction du degré d'impotence, tandis que les secondes sont des prestations en nature sous la forme d'un remboursement tarifaire des frais effectifs occasionnés par les soins administrés -, les prestations comprenant les soins de base de l'art. 7 al. 2 let. c OPAS se recoupent avec celles qui sont couvertes par l'allocation pour impotent. Les soins de base comprennent cependant aussi des mesures liées à la (seule) maladie, tandis que l'allocation pour impotent sert également à couvrir les coûts de prestations de tiers qui ne font pas partie des prestations de soins de l'assurance-maladie, comme l'établissement ou l'entretien de contacts avec l'entourage. Un cumul des prestations de soins de base au sens de l'art. 7 al. 2 let. c OPAS et de l'allocation pour impotent est donc admissible, sous réserve d'une surindemnisation; celle-ci n'entre pas en considération du moment que le montant de l'allocation pour impotent est moins élevé que l'ensemble des coûts dus à l'impotence et supportés par la personne assurée (arrêts 9C_886/2010 du 10 juin 2011 consid. 4 et 9C_43/2012 du 12 juillet 2012 consid. 2; ATF 125 V 297 consid. 5 p. 304 ss; 127 V 94 consid. 3 et 4 p. 96 ss; cf. aussi GEBHARD EUGSTER, Krankenversicherung, in Soziale Sicherheit, SBVR vol. XIV, 3ème éd. 2016, p. 522 n° 380).