Citation: 7B_889/2023 E. 4.3.1

4.3.1. 4.3.1.1. La recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir retenu, de manière manifestement insoutenable, que l'intimé avait été constant dans ses déclarations. Elle considère pour sa part que celui-ci aurait peiné à s'en tenir à une version des faits et n'aurait pas cessé de varier et de se contredire sur des éléments déterminants. Elle reproche en particulier à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du caractère prétendument contradictoire des messages échangés entre les parties après les faits, ainsi que du courrier que l'intimé a adressé le 18 août 2022 au Ministère public, et d'avoir retenu, sur la base de ceux-ci, que l'intimé s'était montré constant et avait exprimé ses regrets et son absence de volonté de nuire. 4.3.1.2. La recourante se limite toutefois à critiquer, sur le principe, l'appréciation opérée par la juridiction cantonale relative à son grief selon lequel les déclarations de l'intimé seraient confuses et contradictoires, mais ne s'en prend pour l'essentiel pas à l'argumentation de cette dernière, pourtant minutieuse, complète et convaincante, sur ce point (cf. arrêt querellé, pp. 21-23, consid. 2.4.1). À cet égard, la cour cantonale a retenu qu'il ressortait du dossier que l'intimé avait toujours tenu, à trois reprises, le même discours, et ce dans les plus petits détails. Elle a précisé que les déclarations de l'intimé avaient été en tous points constantes tout au long de la procédure, dès lors qu'il avait toujours affirmé, d'abord dans sa plainte pour diffamation du 16 juillet 2021, puis lors de ses auditions successives des 16 février et 25 août 2022, qu'au moment des faits, il n'avait pas eu conscience d'un désaccord de la part de la plaignante et qu'il n'avait jamais usé avec conscience et volonté de la force ou de la contrainte (arrêt querellé, p. 21). Or la recourante, qui cite principalement quelques extraits des déclarations de l'intimé sorties de leur contexte, ne s'exprime pas précisément sur le fait que l'intimé a toujours nié avoir eu la conscience et la volonté de la contraindre à subir l'acte sexuel litigieux. Ce faisant, elle ne démontre pas que ce serait de manière arbitraire que l'autorité cantonale a retenu que l'intéressé avait toujours livré le même récit. La juridiction cantonale a examiné les différents messages échangés entre les parties après les faits (arrêt querellé, pp. 21-24). Or, contrairement à ce que fait valoir la recourante, elle n'a pas versé dans l'arbitraire en considérant que ces messages n'avaient pas un caractère contradictoire, et ce également par rapport aux déclarations de l'intimé. Premièrement, l'autorité cantonale a fait état de la lettre manuscrite du 14 août 2020, dans laquelle l'intimé avait notamment écrit, en bref, qu'il était désolé et touché par ce qui s'était passé, qu'il admettait avoir été stupide et irresponsable et qu'il espérait qu'elle pourrait lui pardonner. Elle a toutefois relevé que cette lettre ne révélait pas un aveu de l'intimé concernant les actes qui lui étaient reprochés, mais des regrets par rapport à leurs conséquences, le constat qu'il était dû à un défaut d'attention de sa part et une promesse d'y remédier. Deuxièmement, elle a retenu que le contenu du courriel du 12 octobre 2020 ne permettait pas non plus de déduire un aveu de l'intimé quant aux actes litigieux, ni une contradiction avec ses déclarations ultérieures. Elle a en effet relevé que l'intimé avait, dans ce courriel, répété à deux reprises que c'était inconsciemment qu'il avait violé la recourante, celui-ci ayant précisé qu'il disait "inconsciemment" car il n'y avait aucun moment où il y avait eu une volonté de sa part de l'abuser. Ainsi, selon l'autorité cantonale, l'intimé contestait, ici également, catégoriquement avoir eu la conscience et la volonté de faire souffrir la recourante et niait la réalisation de l'élément subjectif. Troisièmement, la cour cantonale a dressé le même constat concernant la lettre manuscrite du 22 avril 2022, dans laquelle l'intimé avait en substance indiqué qu'il avait fait subir des violences à la recourante sans le vouloir. Elle a en effet précisé que l'intimé y avait formulé des regrets, mais avait à nouveau nié avoir commis l'acte reproché volontairement. Enfin et surtout, la juridiction cantonale a relevé - sans que cela soit discuté par la recourante - que l'intimé avait, dans sa plainte et lors de ses deux auditions, exposé les motifs qui l'avaient conduit à écrire ces messages. Elle a ajouté que l'intimé avait voulu montrer à la recourante qu'il était prêt à aller dans son sens, qu'il l'avait crue car c'était son ressenti personnel, que c'était des choses qu'elle avait envie d'entendre et que c'était important pour lui de trouver un moyen pour l'aider. Du reste, l'autorité cantonale a relevé que, selon les déclarations de la recourante, certains messages l'avaient touchée, lui avaient fait du bien et que "c'était vraiment sincère". On ne saurait considérer que la juridiction cantonale ait retenu de manière arbitraire qu'il n'était pas possible de déduire des messages précités que l'intimé n'avait pas été constant dans ses déclarations, puisqu'il avait au contraire répété qu'il reconnaissait, et ce avant le dépôt de plainte, avoir fait souffrir la recourante, mais pas consciemment ou volontairement. En réalité, en contestant le caractère constant des déclarations de l'intimé, la recourante oppose sa propre appréciation des preuves à celle de la cour cantonale sans parvenir, ni même vraiment chercher, à démontrer qu'elle serait arbitraire. Il convient de relever qu'on ne saurait suivre l'affirmation de la recourante, sans nuance, selon laquelle l'intimé n'a pas contesté l'avoir violée, notamment dans le cadre des déclarations qu'il avait faites au Ministère public. En réalité, l'intimé a précisé qu'il estimait qu'il n'avait pas consciemment outrepassé le consentement de la recourante (cf. procès-verbal d'audition du 25 août 2022, p. 5). Or une telle déclaration se recoupe avec ce qu'a retenu l'autorité cantonale, à savoir que l'intimé n'avait pas eu la conscience et la volonté de contraindre la recourante à subir une atteinte à son intégrité sexuelle, point pertinent que la recourante ne mentionne pas dans son grief. La juridiction cantonale a enfin retenu que le courrier de l'intimé du 18 août 2022 ne révélait aucune contradiction de sa part, ni de revirement, comme le prétendait la recourante, l'intimé y ayant au contraire indiqué que c'était en réalité le discours que la recourante avait tenu lors d'une manifestation publique au printemps 2021 qui s'était écarté de ce qu'elle avait fait valoir jusque-là. La recourante remet en cause ce constat, qu'elle estime arbitraire, dès lors qu'elle aurait toujours dit à l'intimé, d'entrée de cause, à savoir dès le lendemain et dans les semaines qui ont suivi l'acte litigieux, qu'il l'avait violée. Cependant, la juridiction cantonale n'a pas ignoré ce fait, qui résulte au demeurant des déclarations des deux parties. En réalité, lorsqu'elle livre une telle affirmation, c'est la recourante qui ignore une partie des explications de cette autorité. Comme on l'a vu, selon elle, l'intimé n'a pas contesté la survenance du rapport sexuel litigieux, mais a déclaré qu'il n'avait pas eu conscience qu'il n'était pas consenti. La recourante ne saurait dès lors invoquer valablement une constatation arbitraire des faits sur ce point.