Citation: 1B_497/2022 E. 3.3

3.3. S'agissant des tournures de phrase utilisées par l'inspecteur B.________ dans son rapport d'investigation, le Ministère public a admis qu'elles contenaient effectivement une forme d'appréciation. Toutefois, si la police devait instruire à charge et à décharge, cela ne signifiait pas pour autant qu'elle n'avait pas le droit de faire part de son appréciation lorsque celle-ci est basée sur les éléments de preuves recueillis. Si les termes choisis par l'inspecteur B.________ manquaient, pour certains d'entre eux, de modération et de finesse, ils ne laissaient pas pour autant apparaître une prévention de partialité de sa part. Les éléments de preuves avaient été recueillis conformément aux règles de procédure et l'opinion exprimée par l'enquêteur dans son rapport était clairement reconnaissable en tant que telle, de sorte qu'il était aisé de distinguer ce qui ressortait du fait de ce qui relevait de l'appréciation de l'enquêteur. En conclusion, une apparence de prévention ne pouvait être retenue à son égard du seul fait qu'il avait fait part de son opinion au terme de son enquête. Le recourant rétorque que la tâche de l'inspecteur de police consiste à relater les faits qu'il a constatés et qui sont susceptibles d'intéresser l'enquête mais qu'il n'aurait aucun droit de donner son opinion ou son appréciation dans son rapport d'investigation, ce d'autant moins qu'il peut servir de moyen de preuve par un tribunal (cf. ATF 142 IV 289 consid. 2.2.2; arrêt 1B_218/2016 du 3 novembre 2016 consid. 2.2). Les appréciations subjectives de l'inspecteur ne se résumeraient pas à un simple manque de modération ou de finesse, mais elles violeraient gravement la présomption d'innocence en donnant une image de lui négative auprès des autorités qui viendraient prendre connaissance du dossier de la cause. Il en irait de même de la conclusion retenue selon laquelle il ne faisait aucun doute que le recourant avait versé du GHB dans le verre de la plaignante. Dans ses observations déposées dans le cadre du dossier de la cause 1B_161/2022, l'inspecteur B.________ a contesté que la présomption d'innocence ait été bafouée dès lors que le recourant s'est incriminé en déclarant aux agents de Police-secours qui sont intervenus à son domicile le 7 février 2021 avoir déversé une substance dans le verre de café destiné à la plaignante, avant de revenir sur ces déclarations.