Citation: 4A_296/2018 E. B

Par requête du 13 février 2015 dirigée contre la bailleresse, le locataire a contesté le congé. Faute de conciliation, la Commission de conciliation en matière de baux et loyers lui a délivré une autorisation de procéder. Par courriel du 15 février 2015 adressé à la régie, la mère du locataire a indiqué ce qui suit: "je ne suis pas non plus locataire de l'appartement désigné, je me suis portée garante uniquement concernant le paiement du loyer". Le 12 mai 2015, le locataire a saisi le Tribunal des baux et loyers du canton de Genève, agissant cette fois-ci non seulement contre la bailleresse, mais également contre sa mère. Il a conclu à la constatation de l'inefficacité du congé du 13 janvier 2015, subsidiairement à son annulation. Par jugement du 8 octobre 2015, le Tribunal des baux et loyers a débouté le locataire de ses conclusions, estimant qu'il n'avait pas la légitimation active pour contester seul la résiliation du bail devant la Commission de conciliation et qu'il ne pouvait valablement assigner sa mère devant le tribunal, faute de disposer d'une autorisation de procéder à son encontre. Par arrêt du 7 novembre 2016, la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice du canton de Genève a annulé le jugement de première instance et renvoyé l'affaire au tribunal. Elle a considéré que ce dernier n'avait pas instruit la question de savoir si B.X.________ apparaissait sur le contrat comme colocataire ou comme simple caution, omettant ainsi de déterminer s'il existait entre les deux protagonistes une consorité matérielle nécessaire. Par jugement du 11 août 2017, le Tribunal des baux et loyers a validé le congé du 13 janvier 2015 et débouté le locataire de ses conclusions. En substance, les premiers juges ont retenu que le preneur utilisait l'appartement loué aux fins de prostitution en violation des clauses contractuelles et que les conditions du congé extraordinaire pour violation du devoir de diligence (art. 257f al. 3 CO) étaient dès lors réunies. Statuant le 16 avril 2018 sur appel du locataire, la Chambre des baux et loyers a confirmé le jugement de première instance. Elle a retenu qu'il n'y avait pas de bail commun entre le locataire et sa mère, mais une reprise cumulative de dette, voire un cautionnement, de sorte qu'il n'existait pas de consorité matérielle nécessaire entre eux deux et que le locataire pouvait contester seul le congé. A l'instar des premiers juges, la cour cantonale a constaté en outre que l'appartement litigieux avait été exploité comme salon de massages érotiques dès le début du bail.