Citation: 8C_286/2024 E. A

Le 28 septembre 2016, A.________, né en 1989, a fait une chute sur son genou droit dans sa salle de bains. A l'époque, il travaillait en qualité de chauffeur-livreur. Depuis l'accident, il s'est plaint d'importantes douleurs au genou droit l'obligeant à se déplacer avec des béquilles. La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), auprès de laquelle il était obligatoirement assuré, a pris en charge le cas jusqu'au 31 mai 2018. Dans l'intervalle, le 18 mai 2017, A.________ a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité. L'Office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après: l'office AI) lui a accordé une mesure d'orientation professionnelle sous la forme d'un stage de 13 semaines, qui s'est soldé par un échec en raison de ses douleurs au genou droit. L'office AI a alors chargé le centre médical d'expertises CEMEDEX d'effectuer une expertise pluridisciplinaire. Dans leur rapport du 20 avril 2020, les experts ont relevé que l'atteinte initiale avait été minime puisqu'elle avait consisté en un discret clivage horizontal de la corne postérieure du ménisque interne correspondant à une lésion de grade II, atteinte qui n'avait plus été retrouvée sur l'imagerie de janvier 2017; ce nonobstant, l'assuré avait maintenu de façon constante une malposition du membre inférieur droit au niveau de la hanche et du genou. Les experts ont posé comme diagnostics une ankylose en rotation externe et un flexum de la hanche droite (M24.65), des gonalgies chroniques handicapantes (M25.56) avec flexum du genou droit suspect d'être fixé et douleur nociceptive à l'interne du genou, ainsi qu'un trouble anxieux et dépressif mixte (F41.2). D'après eux, l'activité habituelle de chauffeur-livreur n'était plus possible; une capacité de travail entière dans une activité adaptée en respectant certaines limitations fonctionnelles aurait pu être exigible avec un baisse de rendement (20 %) dès le 6 juillet 2017 au regard du rapport daté du même jour du docteur B.________, chef de clinique de l'unité de médecine et de réadaptation orthopédique de l'Hôpital C.________; cependant, il fallait tenir compte d'une aggravation depuis (enraidissement de la hanche et du genou), si bien que cette capacité était nulle à partir du 1er mars 2019. Selon le Service médical régional de l'assurance-invalidité (SMR), la constatation d'une aggravation de l'état de l'assuré par rapport à 2016 n'était pas convaincante et ne pouvait être suivie; en outre, le spécialiste en orthopédie n'avait constaté aucun élément médical objectif permettant d'expliquer la position vicieuse du membre inférieur droit maintenue par l'assuré et ses conclusions différaient de celles prises consensuellement par tous les médecins. Se fondant sur cet avis, l'office AI a rejeté la demande de prestations par décision du 15 juin 2020. Il a considéré que l'assuré était en mesure de travailler dans une activité adaptée depuis le 6 juillet 2017 et qu'il ne présentait aucune incapacité de gain.