Citation: 2C_688/2018 E. 7.2

7.2. En l'espèce, contrairement à ce que semble croire la recourante, qui concentre sa critique sur les motifs ayant conduit l'époux à quitter le domicile conjugal, le Tribunal cantonal n'a pas confirmé la révocation de l'autorisation de séjour de celle-ci en raison de la séparation des époux (départ du mari pour la France), mais sur la base d'indices démontrant le caractère fictif du mariage ab initio. En d'autres termes, l'autorité précédente a retenu que le mariage avait été contracté uniquement dans le but d'éluder les prescriptions du droit des étrangers, en ce sens que les époux n'avaient jamais eu la volonté de former une véritable communauté conjugale. Au vu des faits constatés dans l'arrêt entrepris, cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. En effet, le Tribunal cantonal a retenu en particulier que la recourante s'était mariée alors qu'elle faisait l'objet d'une décision de renvoi de Suisse prononcée à la suite de la révocation de son autorisation d'établissement obtenue grâce à de faux papiers, que l'époux n'avait pas pu être joint au domicile conjugal, où il n'y avait que peu d'affaires personnelles (habits, chaussures) lui appartenant, et que les époux avaient donné des réponses contradictoires quant à l'organisation de leur vie conjugale. L'autorité précédente a également relevé l'absence d'activités communes (loisirs, vacances) et le manque de contact des intéressés avec les enfants et la famille de l'autre conjoint. Enfin, le Tribunal cantonal s'est fondé sur les déclarations de l'époux du 4 octobre 2016, lequel avait affirmé avoir quitté le domicile conjugal quelques mois après le mariage et s'être installé de façon permanente à Marseille, ses séjours en Suisse étant peu nombreux et de courte durée. Il a considéré que ces déclarations étaient crédibles et convaincantes, de sorte que les indications contraires fournies le lendemain par l'intéressé lors de son audition par le Service cantonal n'étaient pas propres à les remettre en question, mais avaient été dictées uniquement par le désire de préserver les apparences d'un mariage réellement vécu. Dans ces conditions, c'est à juste titre que le Tribunal cantonal a retenu l'existence d'un faisceau d'indices propre à démontrer que le mariage était depuis le départ fictif et a considéré que, partant, la recourante ne pouvait pas invoquer la protection des art. 7 let. d ALCP et 3 par. 1 et 2 annexe I ALCP.