Citation: 6B_1078/2023 E. 2.2.2

2.2.2. Conformément à l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral du 16 septembre 2022 (6B_1045/2021), la cour cantonale a procédé à l'audition de D.________, lors de l'audience du 20 mars 2023. Procédant à une nouvelle appréciation des preuves, la cour cantonale a retenu qu'il n'y avait pas de variations importantes dans les déclarations de l'intimé, qui avait toujours nié avoir commis les faits reprochés, malgré sa manière de s'exprimer parfois maladroite. Les quelques imprécisions émaillant ses déclarations, au sujet notamment de la question de savoir s'il avait passé ou non la nuit en question à U.________, n'étaient pas de nature à remettre en cause la crédibilité de ses déclarations. Il ressortait des déclarations de la recourante et de sa soeur que les relations entre elles et l'intimé étaient extrêmement conflictuelles et qu'il existait de fortes tensions lors de la cohabitation. La cour cantonale en a déduit que les deux filles nourrissaient alors, voire peut-être encore à ce jour, un fort ressentiment contre l'intimé. Cette appréciation était encore corroborée par le contenu du journal intime de la recourante, qui n'évoquait pas d'abus sexuels. S'il n'était pas exclu, voire même probable que l'intimé se fût montré violent verbalement voire physiquement envers ses belles-filles de l'époque, et qu'il eût adopté des comportements déplacés ou inadéquats, cela n'établissait pas les seuls faits objets de la procédure. En outre, le fait que, dans son courrier du 12 avril 2019 demandant la réouverture de l'enquête, la recourante eût indiqué n'avoir pas eu conscience que sa soeur avait assisté aux faits auparavant, entrait en contradiction avec la configuration de la scène décrite. Il existait de surcroît des divergences entre les déclarations de la recourante et celles de sa soeur, sur la question de savoir si l'intimé avait introduit une ou deux mains dans la culotte de la première. Dans la mesure où les soeurs avaient discuté de leur citation à comparaître avant l'audience et relevant qu'il était curieux que la soeur ne se souvînt de rien, sauf des faits litigieux, la cour cantonale a estimé que le témoignage devait être pris avec beaucoup de réserve. La cour cantonale a notamment relevé que, si la mère de la recourante avait pris au sérieux la situation lors du dévoilement, déposant plainte pour le compte de sa fille (en mars 2006), puis n'avait pas donné suite aux sollicitations du SPJ en 2010, une ordonnance de non-lieu venait alors d'être rendue. Cela avait pu amener la mère à ignorer ces sollicitations, indépendamment du fait qu'elle se serait remise en couple avec l'intimé. Lors de sa seconde audition, elle avait notamment déclaré que sa fille avait pu inventer une histoire d'attouchements après avoir entendu une amie parler d'un viol et qu'elle avait elle-même des doutes sur le bien-fondé des accusations, dès lors que sa fille mentait souvent. En outre, elle n'avait constaté aucune modification dans le comportement de sa fille après les événements dénoncés. Selon les juges cantonaux, ces déclarations instillaient un doute important sur la réalité des accusations. En définitive, la cour cantonale a considéré que les dénégations de l'intimé n'étaient pas moins crédibles que les déclarations de la recourante, de sorte qu'il subsistait un doute insurmontable sur la culpabilité du premier, lequel devait en conséquence être libéré du chef d'accusation d'actes d'ordre sexuel sur un enfant (art. 187 CP), au bénéfice du doute.