Citation: 2C_433/2021 E. 5.5

5.5. En l'espèce, il ressort des faits constatés par l'autorité précédente que la recourante 2 et son époux ont perçu un revenu net imposable de 102'858 francs en 2018, ce qui aurait pu constituer un revenu suffisant pour faire face aux dépenses de la famille de la recourante 2, composée de son époux et de leurs deux enfants, et assurer l'entretien de la recourante 1. Cependant, selon l'arrêt attaqué, la recourante 2 et son époux sont bien connus de l'Office des poursuites et faillites du district de Sion. En juin 2020, la recourante 2 faisait l'objet d'actes de défaut de biens et de poursuites pour une somme de 83'772.50 francs. Quant à son mari, il comptait de nombreuses poursuites et des actes de défaut de biens pour un montant total de 341'065 francs. Il faisait par ailleurs l'objet d'une saisie sur salaire. La situation financière du couple de la recourante 2 est donc lourdement obérée. En outre, le mari de la recourante 2 a perdu son travail et touche le chômage depuis plus d'un an, de sorte que les revenus du couple ont diminué. Les revenus de la recourante 2 et de son mari sont donc insuffisants pour rembourser leurs dettes et subvenir aux besoins de la recourante 1. On ne peut donc pas reprocher à l'arrêt attaqué d'avoir estimé que l'entretien de celle-ci ne pourrait être assuré qu'au détriment des créanciers du couple. Contrairement à ce que soutiennent les recourantes, la possibilité pour la recourante 2 de vendre l'appartement dont elle est propriétaire au Maroc dans lequel vit actuellement la recourante 1 ne permet pas d'arriver à une conclusion contraire. En effet, comme cela ressort de l'arrêt attaqué, la valeur du bien immobilier, estimée à 700'000 dirhams, n'est pas suffisante pour absorber l'entier des dettes de la recourante 2 et encore moins celles de son époux. En outre, une augmentation des avoirs de la recourante 2 d'un montant de 700'000 dirhams est en l'état seulement hypothétique. Cette somme ne peut pas être considérée comme étant une ressource financière effectivement disponible. Au surplus, quoi qu'en disent les recourantes, même en séparant les revenus et les dettes de la recourante 2 et ceux de son époux, les moyens financiers de celle-ci seraient toujours insuffisants. Comme le Tribunal cantonal l'a constaté, entre 2018 et 2020, le montant des dettes de la recourante 2 a augmenté de plus de 4'000 francs, ce qui signifie qu'elle ne peut déjà pas faire face à ses dépenses courantes, sans péjorer ses créanciers. En conséquence, le Tribunal cantonal - qui disposait d'éléments factuels suffisants pour statuer - pouvait considérer que ni la recourante 2 ni son époux ne disposaient de ressources financières suffisantes au sens de l'art. 24 par. 1 annexe I ALCP pour entretenir la recourante 1 si celle-ci venait en Suisse. Partant, l'arrêt entrepris n'est pas contraire au droit en tant qu'il retient que la recourante 1 ne peut pas bénéficier d'un droit de séjour sur la base de l'ALCP.