Citation: 9C_797/2017 E. 5.2

5.2. Le grief de l'administration est mal fondé. A la lecture du jugement entrepris, on remarque effectivement que les premiers juges ont, en se fondant sur le rapport d'expertise du docteur C.________ du 22 janvier 2016, constaté "l'existence d'une aggravation claire depuis 2008". Ils ont relevé que cet expert avait mentionné que l'atteinte à la santé de l'intimé s'était chronicisée et qu'il présentait désormais une incapacité totale de travail; ils ont ainsi considéré que l'avis du docteur C.________ et celui exprimé par la doctoresse B.________ dans son rapport d'expertise du 29 février 2008 ne constituaient pas de simples appréciations différentes d'un état de fait similaire. A cet égard, l'argument de l'office recourant selon lequel le docteur C.________ aurait lui-même constaté que la situation de l'expertisé ne s'était que "peu modifiée", ne lui est d'aucun secours pour contester une aggravation de l'état de santé de l'intimé. Il ressort en effet du rapport d'expertise que si ce médecin a certes mentionné que la capacité de travail de l'assuré avait toujours été faible, il a précisé que "la chronicisation de la situation depuis plus de 10 ans avec des événements de vie négatifs sont venus péjorer le tableau clinique". Comme l'ont relevé les premiers juges, l'aggravation de l'état de santé de l'intimé depuis 2008 a également été constatée par ses médecins traitants, qui ont fait état de la gravité des traumatismes subis et des pathologies psychiatriques, et relevé, notamment, des hallucinations visuelles et auditives, des pertes de connaissance d'origine inconnue, ainsi que l'apparition d'idées suicidaires et une augmentation de la violence, à tel point que des mesures ont dû être mises en place pour en préserver la femme et la fille de l'intimé (rapports de la doctoresse E.________, spécialiste en médecine interne générale, du 16 janvier 2017, et du docteur F.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, du 6 juin 2014). Finalement, l'administration soutient en vain que la juridiction cantonale aurait à tort considéré que la distinction entre les diagnostics retenus par les docteurs B.________ et C.________ n'était pas importante. Outre le fait que son reproche relève d'un grief appellatoire insuffisant, on relèvera que le diagnostic de syndrome de stress post-traumatique avait également été mis en évidence par la doctoresse B.________, qui avait attesté d'une incapacité totale de travail jusqu'au 31 décembre 2001. Au vu de l'amélioration de la situation clinique ("atténuation des attaques de panique et des épisodes dissociatifs" et "évolution [...] favorable du syndrome de stress post-traumatique", notamment), ce médecin avait toutefois écarté une "évolution chronique" d'un tel syndrome; au moment de son expertise, elle avait retenu que l'assuré souffrait désormais d'un trouble de la personnalité, qui n'occasionnait qu'une incapacité de travail de 30 % sous forme de perte de rendement. En 2016, le docteur C.________ n'a pas trouvé d'éléments en faveur d'un trouble de la personnalité, mais des critères lui permettant de poser les diagnostics de trouble dépressif récurrent, épisode moyen (F33.1 selon ICD-10), et d'état de stress post-traumatique chronique (F43.1 selon ICD-10); il a constaté une aggravation de l'état de santé de l'expertisé et motivé ses conclusions en indiquant que les réactions d'hostilité et d'opposition dont pouvait faire preuve l'assuré reflétaient "le désarroi d'une personne consciente de son évolution négative, prise dans une spirale de dévalorisation narcissique en lien avec les traumatismes subis" et ne relevaient pas d'un trouble de la personnalité à proprement parler. A la lecture de l'expertise du docteur C.________, on comprend ainsi que le syndrome de stress post-traumatique présenté par l'assuré avait subi une évolution favorable en 2001, mais que la situation s'était depuis lors aggravée. Il ne saurait donc être question d'une appréciation différente d'un même état de fait comme le prétend l'office recourant en se référant à l'avis du SMR du 10 mars 2016.