Citation: 4A_581/2014 E. 3

Au sujet de la faute prétendument imputable à A.________, le demandeur se réfère de manière détaillée à la jurisprudence relative aux devoirs du conducteur désireux d'obliquer à gauche. Il fait notamment valoir que cette manoeuvre perturbe le flux du trafic et engendre un danger accru aussi pour les véhicules circulant dans la même direction, de sorte que le juge ne saurait admettre à la légère que le conducteur ne dût pas s'attendre à être dépassé intempestivement pendant ladite manoeuvre (ATF 125 IV 83 consid. 2c p. 88). Ensuite, le demandeur discute le cas dans les termes suivants: - . Le demandeur a entrepris de dépasser A.________ alors que celui-ci s'apprêtait à obliquer à gauche. A.________ en tout état créait ainsi une situation de par sa nature dangereuse, pour les véhicules qui le suivaient, et donc pour le demandeur. Aucun conducteur ne peut ignorer qu'en milieu urbain, les scooters et autres deux roues remontent les files de voitures sur la gauche, que pour dépasser ils ont besoin d'un espace latéral plus petit qu'un véhicule automobile et donc peuvent aisément dépasser un véhicule qui s'est mis en présélection, qui ne s'est en revanche pas mis tout à gauche de sa voie de circulation comme A.________, mais à côté duquel il reste un espace assez large pour passer, comme en l'espèce. ... Certes, A.________ était en ordre de présélection, mais comme il avait laissé sur sa gauche un espace suffisant pour qu'un deux roues puisse passer (il ne s'était pas « collé » contre la ligne de sécurité), il devait donc s'assurer avant de tourner qu'aucun deux roues n'utilisait alors cet espace pour le dépasser. N'ayant pas agi ainsi, il a bien commis une faute. Le Tribunal fédéral est lié par les constatations de fait de la décision attaquée (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'arrêt de la Cour de justice, il n'est pas question d'une « ligne de sécurité » sur la rue du Grand-Pré, mais d'une berme centrale remplacée, au travers de l'intersection de cette rue avec la rue des Asters, par des « marquages au sol » dont la nature exacte n'est pas précisée. La Cour n'a pas constaté l'existence d'un espace entre l'automobile de A.________ et ces marquages à l'instant où ce conducteur a entrepris d'obliquer; elle a moins encore constaté une largeur permettant le passage d'un scooter. En réalité, par comparaison avec une situation classique où les véhicules peuvent aisément empiéter sur la partie gauche de la chaussée, A.________ devait d'autant moins s'attendre à un dépassement qu'il obliquait depuis une route dotée d'une berme centrale. Il n'appert donc pas que cet automobiliste ait manqué à ses devoirs de prudence et, par là, commis une faute.