Citation: 1B_358/2021 E. 4.3

4.3. En l'espèce, la cour cantonale a retenu que la présente cause concernait un trafic de stupéfiants de grande ampleur qui nécessitait de nombreuses investigations et contrôles. Elle a relevé que le Procureur avait exposé que plusieurs mesures d'instruction étaient actuellement en cours, notamment l'identification du fournisseur du prévenu, afin de déterminer l'ampleur de son activité délictueuse, si bien qu'il convenait d'éviter que le recourant puisse contacter celui-ci ou ses clients afin d'accorder leurs versions. Le recourant fait valoir que ses téléphones ont été saisis et leurs codes craqués, de sorte qu'il n'a aucun moyen d'agir sur leur contenu. Il souligne aussi que son domicile a déjà été perquisitionné à deux reprises, de sorte que les preuves matérielles ont déjà été recueillies. Il relève avoir pleinement collaboré avec les autorités pénales et fourni de précieuses informations à la police dans le cadre de recherches secrètes (art. 298a CPP), afin que celle-ci puisse mettre la main sur son fournisseur. Le Ministère public a exposé à cet égard que la collaboration du prévenu était de pure façade dans la mesure où il avait omis de préciser que le fournisseur ne l'avait jamais livré en Suisse et que c'était l'un de ses complices - dont le recourant voulait taire le nom - qui avait, à chaque fois, passé les stupéfiants en Suisse. Le Procureur a ajouté que le recourant avait refusé de donner le code de la clef des bitcoins saisis, ce qui rendait cette saisie purement théorique, puisque le recourant conservait théoriquement les moyens de faire transférer à distance les bitcoins sur un autre support et ainsi d'en avoir l'usage: il pourrait ainsi les soustraire aux autorités pénales, ce qui constituait aussi un risque de collusion. Quoi qu'il en soit, la collaboration avec les autorités pénales - mise en avant par l'intéressé - ne suffit pas en soi à exclure tout risque de collusion, car il n'est pas impossible par ce biais de protéger d'autres personnes et/ou de tenter d'éviter des actes d'instruction complémentaires pouvant révéler d'autres infractions. Quant aux actes d'instruction encore à effectuer (mis à part l'expertise psychiatrique), le Procureur a indiqué avoir ordonné la production des relevés des comptes bancaires du recourant, de manière à déterminer son train de vie; une fois l'analyse effectuée, le recourant sera entendu pour qu'il se détermine sur les points qui paraissent suspects aux enquêteurs; il y aura probablement aussi lieu d'entendre la coprévenue sur ces points, afin de corroborer les explications du recourant; il est essentiel d'éviter que le recourant et la coprévenue se coordonnent sur les réponses à donner. S'agissant de l'argument selon lequel il serait de toute façon impossible au recourant d'entraver l'instruction dès lors que les enquêteurs auraient déjà recueilli toutes les preuves matérielles, il n'est pas non plus pertinent; ce sont en effet surtout les auditions qui sont ici visées. Enfin, le recourant ne peut rien tirer du fait que la coprévenue dans cette affaire - qui a pris part au trafic de drogue et y a des contacts - a été remise en liberté. Le recourant perd en effet de vue que l'implication de la coprévenue dans le trafic se différencie de la sienne et que le risque de collusion s'apprécie au cas par cas. En définitive, à ce stade de l'enquête et compte tenu de la gravité des faits reprochés au recourant, il convient d'éviter que le recourant, dont l'implication exacte dans le trafic de stupéfiants reste encore à définir, ne tente d'influencer, même de manière indirecte, les déclarations des différents protagonistes, et notamment de ceux n'ayant pas encore été identifiés et appréhendés. Par conséquent, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, confirmer l'existence d'un risque de collusion.