Citation: 9C_15/2014 E. 4.1

4.1. Selon les premiers juges, le trouble de la personnalité que présentait la recourante depuis de nombreuses années ne l'avait jamais empêchée d'exercer une activité professionnelle. L'état dépressif dont elle souffrait ne se distinguait en outre pas de son trouble somatoforme et n'avait été qualifié de grave par aucun des médecins l'ayant examinée. Il n'y avait ainsi pas de comorbidité psychiatrique suffisamment importante, d'autant que l'intéressée n'était pas suivie par un psychiatre. Par ailleurs, à l'exception d'un état psychique cristallisé, aucun des autres critères retenus par la jurisprudence pour admettre le caractère invalidant d'un trouble somatoforme douloureux n'était rempli. La recourante affirme que la coexistence d'une personnalité dépendante mal compensée et d'un trouble dépressif, qui selon le docteur W.________ s' "auto-alimentent", "provoque une situation d'extrême fragilité, qui aurait vraisemblablement abouti à une incapacité de travail indépendamment de l'accident". Elle n'expose toutefois pas sur quels éléments elle se fonde pour parvenir à une telle conclusion, si bien que ses allégations ne sont pas propres à établir que le raisonnement des premiers juges relatif à l'absence de comorbidité psychiatrique significative serait contraire au droit ou constitutif d'une appréciation des preuves insoutenable dans son résultat. C'est le lieu de rappeler que depuis la fin du mois de juin 2011 la recourante n'est plus suivie par un psychiatre. En complétant les faits retenus par les premiers juges (art. 105 al. 2 LTF), on peut préciser que, jusqu'à cette date, elle avait été prise en charge par le Secteur psychiatrique Z.________ (cf. rapport du docteur M.________ du 21 novembre 2011). Le Tribunal cantonal a mentionné dans son jugement que l'absence de suivi relativiserait l'importance du trouble psychiatrique, ce que la recourante conteste en faisant valoir que, comme l'indique le docteur E.________ dans son analyse du 18 juin 2009, elle n'est pas responsable de ce fait. Le manque de motivation, qui justifierait son refus de suivre un traitement psychiatrique, serait en effet directement lié à son état pathologique. La thèse de la recourante ne résiste toutefois pas l'examen. Tout d'abord, le Tribunal cantonal ne fonde pas son argumentation exclusivement sur ce fait, bien au contraire l'absence de suivi psychiatrique ne joue qu'un rôle assez secondaire dans sa motivation. Ensuite, le Tribunal cantonal se réfère surtout aux examens médicaux versés au dossier, en particulier à celui de la doctoresse L.________, pour retenir une capacité de travail de 70 %. Cette appréciation n'est pas arbitraire. S'agissant des autres paramètres à prendre en compte pour juger du caractère invalidant d'un trouble somatoforme douloureux, la recourante ne développe pas non plus une argumentation de nature à remettre en cause le jugement attaqué, concédant qu'elle ne présente ni affection corporelle chronique ni processus maladif s'étendant sur plusieurs années et qu'elle entretient des contacts sociaux réguliers avec sa mère et son frère.