Citation: 1P.432/2001 21.08.2001 E. 1

1.- L.________ fait l'objet d'une instruction pénale pour crime manqué de meurtre, voire d'assassinat, de lésions corporelles graves, de dommages à la propriété et d'abus et dilapidation du matériel militaire. Il lui est reproché d'avoir grièvement blessé par balles son ex-amie, A.________, à l'aide de son fusil d'assaut, le 1er janvier 2000, vers 05h00, et d'avoir endommagé un véhicule en stationnement. Le 14 avril 2000, le Juge d'instruction pénale du Bas-Valais en charge du dossier (ci-après: le Juge d'instruction pénale) a ordonné une expertise psychiatrique du prévenu, dont il a confié l'établissement au Docteur M.________, psychiatre à Sion. L'expert a rendu son rapport le 18 septembre 2000. Au terme de celui-ci, il conclut à l'existence d'un trouble de la personnalité non spécifié, correspondant à un développement mental incomplet, qui n'était toutefois pas de nature à atténuer la faculté du prévenu d'apprécier le caractère illicite de son acte, ni la faculté de se déterminer d'après cette appréciation. Donnant suite à une requête formulée le 27 septembre 2000 par L.________, le Juge d'instruction pénale a invité l'expert à compléter son rapport sur la situation personnelle de l'expertisé le soir des faits. Le 6 novembre 2000, l'expert a rendu son complément d'expertise. Après avoir relevé que son premier rapport lui paraissait suffisamment explicite ou implicite, puis résumé brièvement les faits qu'il estimait pertinents, il concluait en ces termes: "En conclusion, je trouve tout à fait justifié que Me O. Derivaz veuille tirer au clair, au mieux, la situation et l'état psychique de l'expertisé le 31.12.1999. Mais quand l'univers de ce dernier passe de la passion à l'acte, il y a comme un court- circuitage dont les dégâts sont (le) corollaire "d'une vie affective et de relations humaines qui sont restées un continent noir pour l'expertisé". Il n'appartient pas, à mon avis, ni à l'expert, ni à tout autre, d'édulcorer un tel continent.. " Le 27 novembre 2000, L.________ a demandé le retrait du dossier du rapport d'expertise établi le 18 septembre 2000 par le Docteur M.________ et l'administration d'une nouvelle expertise. Il reprochait en substance à l'expert de s'être écarté du mandat qui lui avait été confié et d'avoir apprécié de manière critique son attitude procédurale et celle de son conseil. Selon lui, un tel comportement était de nature à susciter un doute sur l'objectivité de l'expert lorsque ce dernier avait établi son rapport d'expertise. Par décision du 5 janvier 2001, le Juge d'instruction pénale a écarté la requête en l'absence de motifs sérieux de mettre en doute le bien-fondé de l'expertise et de son complément.