Citation: 4A_174/2021 E. 5.4

5.4. Pour étayer son grief d'incompétence, le recourant fait valoir que l'arbitre a retenu que les deux parties ont signé le contrat litigieux alors même qu'il avait allégué n'avoir jamais apposé sa signature sur ledit document, que l'intimée n'avait pas produit de pièces établissant l'existence d'un contrat liant les parties et que le seul élément de preuve pris en considération par l'arbitre est le témoignage des conseils de l'intimée. A en croire le recourant, l'art. 178 al. 1 LDIP imposerait à la partie demanderesse de démontrer l'existence d'une convention d'arbitrage en produisant une preuve écrite de celle-ci. De l'avis du recourant, les exigences de forme prévues à l'art. 178 al. 1 LDIP n'auraient pas été respectées en l'espèce, contrairement à ce qu'a estimé l'arbitre. Se référant à deux jurisprudences anciennes relatives à l'art. 16 CO (ATF 50 II II 267 consid. 2; arrêt C.115/1980 du 2 juillet 1980 consid. 2, in SJ 1981 p. 177), l'intéressé fait valoir que, pour que la forme écrite soit respectée, il faut non seulement que chaque partie exprime sa volonté par écrit, mais encore que la manifestation de volonté exprimée dans l'acte soit communiquée à l'autre partie. En d'autres termes, il faut non seulement que chaque partie exprime sa volonté par écrit dans l'acte, mais encore qu'elle remette celui-ci à son cocontractant. Or, en l'espèce, l'intimée a reconnu n'avoir pas reçu en retour un exemplaire du contrat litigieux signé par le recourant. Le recourant s'en prend ensuite à la motivation subsidiaire par laquelle l'arbitre a admis que la clause d'arbitrage respecterait les exigences de forme prévues par l'art. 178 al. 1 LDIP, même dans l'hypothèse où les parties n'auraient pas signé le contrat litigieux. A cet égard, il insiste notamment sur le fait que l'arbitre ne pouvait pas retenir que les parties avaient commencé à exécuter ledit contrat. Le recourant estime en outre que l'arbitre a ignoré les faits établissant que le contrat litigieux n'a jamais existé et qu'il s'inscrit dans le contexte d'une escroquerie mise au point par le gérant de l'intimée. Enfin, le recourant s'emploie à démontrer que l'arbitre ne pouvait pas retenir, sans violer le droit, que l'invocation du vice de forme affectant la clause d'arbitrage était en l'occurrence constitutive d'un abus de droit.