Citation: 6B_713/2021 E. 2.3.1

2.3.1. Il peut effectivement être déduit des éléments précités que le recourant s'était accommodé de l'idée que les quelque 1'000 à 1'200 cadrans de montres, dont la plupart étaient de la marque D.________, et les quelque 300 rehauts achetés par ses soins puissent avoir une provenance délictuelle. Tout d'abord, il avait connaissance du fait que le vendeur travaillait pour B.________ SA qui était un important fabricant de cadrans. Par ailleurs, l'intervention d'un intermédiaire pour les premières transactions, lequel refusait de lui révéler le nom du vendeur, et le fait que le recourant attendait dans sa voiture à quelques rues de l'atelier du vendeur, ce dernier ne souhaitant pas que le recourant soit amené à son atelier, étaient des premiers indices suspicieux. L'absence de quittance dans le cadre de la vente des pièces horlogères accentuait les circonstances floues et peu documentées de ces transactions. Le recourant avait d'ailleurs changé de version durant la procédure à ce propos, en contradiction avec les déclarations du vendeur. De surcroît, le fait que le vendeur fournisse principalement au recourant des cadrans provenant de la marque D.________ à bas prix, comme il le demandait, prouve que ce dernier s'accommodait ainsi d'une possible origine délictuelle, étant relevé que le vendeur l'approvisionnait régulièrement sans que son stock ne s'épuise, bien au contraire. L'ensemble de ces éléments est du reste étayé par son attitude consistant à poser des questions (deux ou trois fois) au vendeur sur l'origine de la marchandise ce qui démontre que sa provenance n'était pas claire aux yeux du recourant, et bien que le vendeur ait indiqué les avoir acquis auprès de sociétés en faillite, ses explications n'étaient pas crédibles. De surcroît, un client professionnel avait demandé au recourant s'il était sûr qu'il ne s'agissait pas de pièces abîmées ou volées ce qui aurait également dû lui mettre la puce à l'oreille. Enfin, le vendeur lui-même avait révélé que les ventes de cadrans et de rehauts étaient douteuses et que le recourant devait se méfier de la provenance obscure de ce matériel. Le recourant se limite essentiellement à soutenir que ces éléments " sont considérablement vidés de leur pertinence si l'on admet une importante confiance du recourant envers le vendeur " (recours, p. 14). Or, en tant qu'il plaide sa totale confiance en la personne de C.________, expliquant que la réputation de celui-ci était irréprochable, qu'il connaissait son père et partageait avec lui des liens communautaires, le recourant s'écarte des faits établis sans en démontrer le caractère arbitraire, procédant ainsi de manière purement appellatoire (cf. consid. 1.1). Au demeurant, la constellation de faits insolites mis en exergue ci-dessus démontre suffisamment que le recourant devait se douter de l'origine délictuelle des pièces vendues par C.________, quels que puissent être la réputation de celui-ci et les liens l'unissant au recourant. Au vu de ce qui précède, retenir que le recourant a agi par dol éventuel ne prête pas le flanc à la critique.