Citation: 5A_375/2020 E. 3.2.1

3.2.1. La recourante prétend que le montant litigieux de 102'030 fr. constituerait non pas une indemnité de départ destinée à compenser la différence entre son précédent revenu et les indemnités de l'assurance chômage mais une indemnité pour tort moral subi du chef de la résiliation de ses rapports de travail. Elle ne soutient toutefois aucunement avoir apporté la preuve d'une telle allégation alors qu'il lui aurait été aisé de produire à tout le moins sa lettre de licenciement. On peine également à suivre son argumentation en tant qu'elle semble soutenir que l'indemnité qu'elle a perçue constituerait de la fortune et non du revenu du seul fait qu'elle lui a été versée sous forme de capital et non d'une rente. En effet, on ne voit pas en quoi les modalités d'un tel versement et sa qualification de fortune, respectivement de revenu, seraient corrélées. A titre d'exemple, le bonus, bien que généralement versé sous forme de capital, est intégré aux revenus pour le calcul de la contribution d'entretien lorsqu'il s'agit d'une rémunération régulière (arrêts 5A_627/2019 du 9 avril 2020 consid. 4.2; 5C.6/2003 du 4 avril 2003 consid. 3.3.1 et les références à la doctrine; 5A_621/2013 du 20 novembre 2014 consid. 3.3.1 non publié aux ATF 141 III 53). On ne voit pas non plus en quoi la Juge déléguée aurait anticipé sur la liquidation du régime matrimonial en considérant que l'indemnité en cause devait être intégrée aux revenus de la recourante. En tant que la recourante se plaint de la manière dont l'indemnité qu'elle a perçue de son ancien employeur a été fractionnée pour être additionnée à son revenu sur plusieurs mois, sa critique est également infondée. Elle se contente en effet de soutenir que rien au dossier ne permettait de retenir que cette indemnité lui avait été versée pour compenser la baisse de revenu subie et qu'elle pouvait parfaitement lui avoir été octroyée dans un autre but, de sorte qu'il était arbitraire de la répartir sur plusieurs mois à concurrence du salaire qu'elle percevait précédemment et ce jusqu'à épuisement du montant de l'indemnité de départ. Or, dans la mesure où la recourante ne soutient pas avoir produit les pièces susceptibles de démontrer une autre finalité à cette indemnité, elle ne saurait se plaindre d'arbitraire dans le raisonnement de la Juge déléguée, étant rappelé que l'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution serait envisageable ou même préférable (cf. supra consid. 2.1). L'argument de la recourante selon lequel la Juge déléguée n'aurait pas pu fractionner de la sorte son indemnité de départ si son nouveau salaire avait été plus élevé apparaît par ailleurs dénué de pertinence dès lors qu'il repose sur une hypothèse qui ne s'est pas réalisée. Les motifs retenus par la Juge déléguée pour qualifier l'indemnité en cause d'indemnité de départ et l'intégrer en conséquence aux revenus de la recourante à compter du 1er novembre 2018 résistant au grief d'arbitraire conformément à ce qui précède, il est sans pertinence qu'elle se soit référée, tout en s'en écartant, à une jurisprudence cantonale applicable en matière d'assurance chômage ou encore à un arrêt du Tribunal de céans (arrêt 5P.299/2004 du 3 novembre 2004 consid. 3.2 et 4). On ne discerne pas non plus d'arbitraire dans la motivation de la Juge déléguée en tant qu'elle a constaté que les revenus de la recourante correspondaient aux indemnités de chômage qu'elle avait perçues du 1er novembre 2018 au 30 avril 2019, à savoir 8'440 fr., puis 9'855 fr. dès le 1er août 2019, tout en tenant finalement compte d'un revenu mensuel de 14'760 fr. pour calculer le montant des contributions d'entretien précisément pour tenir compte de l'indemnité en cause. En effet, si les revenus effectivement perçus par la recourante dès le 1er novembre 2018 sont bien ceux mentionnés, il n'en demeure pas moins qu'elle a également bénéficié de l'indemnité litigieuse. Partant, dès lors que dite indemnité a été considérée sans arbitraire comme un revenu, il n'était pas davantage arbitraire de l'ajouter aux revenus mensuellement touchés par la recourante à concurrence du manque à gagner à compenser.