Citation: I 408/04 27.01.2005 E. 5

C'est à juste titre, et cela n'est d'ailleurs contesté ni par l'office AI, ni par l'OFAS, que les premiers juges ont considéré que l'invalidité de l'assurée devait faire l'objet d'une évaluation selon la méthode de la comparaison des revenus (voire selon la méthode mixte). On peut, sur ce point, renvoyer au jugement attaqué. On ne saurait par contre suivre ces mêmes juges, dès lors qu'ils estiment nécessaire de procéder à une instruction complémentaire pour déterminer quelles activités lucratives l'assurée serait capable d'exercer. Si l'on compare la situation telle qu'elle se présentait au moment de la décision initiale d'octroi de rente et celle existant à l'époque de la décision litigieuse, force est de constater que la fonction visuelle de l'assurée a connu une amélioration notable. Sur ce point, le rapport médical des doctoresses O.________ et K.________ du 28 novembre 2001 est clair et sans équivoque: après avoir subi le 18 octobre 2000 une opération de la cataracte, l'assurée a recouvré une acuité visuelle de 0,4 à l'oeil droit et de 1,0 à l'oeil gauche, cette dernière valeur correspondant à une acuité visuelle normale. Or, en l'absence de toute autre atteinte à la santé, il n'y a pas de raisons objectives qui empêcheraient l'assurée d'exercer une activité lucrative, que ce soit à plein temps ou à temps partiel. Les objections de l'assurée à cet égard ne sont pas convaincantes. Certes peut-on admettre que les activités nécessitant une vision binoculaire ou exposant les yeux au contact de substances ou à la projection de matières dangereuses ne sont pas adaptées. Un marché équilibré du travail offre toutefois une palette suffisamment large d'activités non qualifiées et adaptées au handicap de l'assurée, sans qu'il soit nécessaire de déterminer précisément quelles activités l'assurée serait capable d'exercer. De même n'y a-t-il pas lieu de renvoyer la cause à l'office AI pour qu'il procède à l'évaluation du degré d'invalidité. Au regard de l'activité de sommelière que l'assurée a exercée jusqu'en 1984, une diminution de la capacité de gain n'est certes pas exclue, mais elle ne saurait atteindre un taux supérieur à 40% ouvrant droit à l'octroi d'une rente d'invalidité, et ce, quelle que soit la méthode d'évaluation prise en considération. C'est dès lors à juste titre que l'office AI a considéré que l'invalidité de l'assurée s'était notablement modifiée et supprimé le droit à une demi-rente d'invalidité. Le recours se révèle ainsi bien fondé.