Citation: I 529/02 10.01.2003 E. 2

En substance, la recourante fait grief aux premiers juges de n'avoir pas tenu compte du rapport des doctoresses D.________ et E.________ et, à tout le moins, de n'avoir pas exposé les raisons pour lesquelles ils ont écarté cette pièce et renoncé à la mise en oeuvre de l'expertise psychiatrique préconisée par ces deux spécialistes. 2.1 Si l'administration ou le juge, se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent procéder d'office, sont convaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation, il est superflu d'administrer d'autres preuves (appréciation anticipée des preuves; Kieser, Das Verwaltungsverfahren in der Sozialversicherung, p. 212, n° 450; Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd., p. 39, n° 111 et p. 117, n° 320; Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2e éd., p. 274; cf. aussi ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 consid. 3c, 120 Ib 229 consid. 2b, 119 V 344 consid. 3c et la référence). Une telle manière de procéder ne viole pas le droit d'être entendu selon l'art. 29 al. 2 Cst. (SVR 2001 IV n° 10 p. 28 consid. 4b), la jurisprudence rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. étant toujours valable (ATF 124 V 94 consid. 4b, 122 V 162 consid. 1d et l'arrêt cité). 2.2 En l'espèce, il ressort du rapport émanant de la division autonome de neuropsychologie du Centre Z.________ que l'assurée se plaint depuis de nombreuses années d'irritabilité, de labilité émotionnelle, de troubles de la sphère alimentaire se manifestant par une tendance à la boulimie avec prise pondérale, de fatigue, de troubles de la mémoire et d'intolérance à l'alcool en fin de journée. Indépendamment des autres troubles, de nature cognitive, mis en évidence par les tests réalisés (baisse de la productivité et ralentissement idéatoire et moteur auxquels s'associe une apraxie constructive) - justifiant selon ces médecins, en association avec la fatigabilité anamnestique, une diminution de la capacité de rendement de l'ordre de 20 à 40 % -, les neuropsychologues ont relevé que, bien que persistants, les signes de la lignée dépressive semblaient connaître une évolution favorable sous traitement médicamenteux. Ce rapport (du 3 janvier 2002), postérieur de plusieurs mois à celui émanant de la policlinique Y.________(du 26 septembre 2001), prend ainsi en compte, non seulement l'ensemble de la symptomatologie évoquée par les doctoresses D.________ et E.________ (symptomatologie psychiatrique sévère et, de prime abord, de registres divers: affectif, somatique, psychotique floride et mnésique), mais également les effets du traitement conjoint, psychothérapeutique de soutien et médicamenteux mis en place par ces médecins, qui a permis, selon les indications fournies aux neuropsychologues par l'assurée, l'amélioration du sommeil et de la thymie, la régularisation de l'appétit ainsi que la diminution des oublis, des vertiges et de l'irritabilité. Dans cette mesure, une évaluation plus poussée de la capacité de travail de l'assurée, en relation avec les troubles évoqués, sur le plan psychiatrique, par les doctoresses D.________ et E.________, n'apparaît pas nécessaire. Contrairement à ce que soutient la recourante, peu importe à cet égard que l'évaluation la plus récente émane de neuropsychologues et non d'un psychiatre. Force est, en effet, de constater qu'après la mise en place du traitement psychiatrique, seuls persistent, pour l'essentiel, les troubles cognitifs mis en évidence par les tests neuro-psychologiques. Il reste à examiner les effets de ces troubles sur la capacité de gain de la recourante.