Citation: 4P.206/2004 18.03.2005 E. 6

Sur toute une série de points, les recourants se plaignent ensuite d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. 6.1 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire même préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). Il appartient au recourant de démontrer, par une argumentation précise, en quoi la décision incriminée est arbitraire (ATF 130 I 258 consid. 1.3; 129 I 113 consid. 2.1; 125 I 71 consid. 1c p. 76). 6.2 Les recourants reprochent à la cour cantonale de n'avoir pas précisé les espaces touchés par l'incendie - le premier et le deuxième étages ainsi que les combles - alors qu'elle indique que des travaux de rénovation avaient été entrepris au rez-de-chaussée avant le sinistre. L'argument est incompréhensible. Il est dépourvu de toute motivation permettant de saisir en quoi l'omission de cet élément peut avoir une quelconque incidence sur le résultat auquel la cour cantonale est parvenue. Il apparaît ainsi irrecevable. 6.3 Selon les recourants, la Chambre civile aurait, contrairement aux témoignages, laissé entendre que A.________ a mis en oeuvre X.________ le 22 avril 1999. Ce moyen est d'emblée mal fondé, dès lors que la cour cantonale a bien précisé que, juste après l'incendie, c'est Y.________ qui a fait appel à X.________ avec l'accord de A.________. Les témoignages invoqués par les recourants ne sont en rien contraires à cette constatation. 6.4 Les recourants mettent ensuite en avant plusieurs éléments qui, selon eux, auraient dû conduire la cour cantonale à retenir que le contrat d'entreprise portant sur les travaux de réfection avait été conclu entre X.________ et Y.________. Selon l'arrêt attaqué, les recourants ont conclu avec X.________ un contrat d'entreprise dont l'objet était la réparation des dégâts consécutifs à l'incendie. La cour cantonale s'est fondée sur plusieurs éléments pour aboutir à cette conclusion: le fait que, après avoir été averti qu'il pouvait mettre en oeuvre l'entreprise de son choix, A.________ ait donné son accord pour que X.________ procède à la remise en état, et non seulement au nettoyage, comme la déclaration de sinistre du 27 avril 1999 le démontre; le fait que ni B.________, informée de l'intervention de X.________, ni A.________, souvent présent sur le chantier, ne se sont jamais opposés à l'exécution des travaux. A l'encontre de cette motivation, l'argumentation développée dans le recours s'épuise largement dans une critique appellatoire, dépourvue de toute démonstration d'arbitraire et, partant, irrecevable dans cette mesure. Ainsi, les recourants interprètent à leur guise des extraits de témoignages pour chercher à établir que l'assureur a commandé les travaux de réfection. Par ailleurs, les développements qu'ils consacrent aux dates des devis ne permettent pas de saisir pourquoi les travaux auraient été nécessairement commandés par Y.________. On peine également à discerner en quoi la mention «X.________» par A.________ sous la rubrique «qui effectuera la réparation» de la déclaration de sinistre concernerait obligatoirement X.________ Nettoyages SA, entreprise de nettoyage à distinguer de X.________ SA. Enfin, les recourants attribuent un poids déterminant au refus de A.________ de signer la déclaration du 24 avril 1999 chargeant X.________ des travaux de nettoyage, déblaiement et réfection et autorisant l'assureur à payer directement l'entreprise. Dans la mesure où la forme écrite n'était pas réservée, on ne voit pas que la cour cantonale ait versé dans l'arbitraire en accordant plus d'importance à d'autres éléments dont il ressortait que les copropriétaires avaient en réalité accepté l'exécution des travaux par l'entreprise intimée. Le grief est mal fondé sur ce point. 6.5 Les recourants contestent également la date retenue dans l'arrêt attaqué pour la fin des travaux, soit le 20 octobre 1999, date de la dernière facture. Ils invoquent le fait que les factures ne leur ont pas été remises avant la mise en demeure du 16 novembre 1999. La cour cantonale a constaté que les recourants n'ont pas nié avoir reçu à l'époque les factures en question. Il n'y avait dès lors rien d'insoutenable à en déduire que l'achèvement des travaux correspondait à la date de la dernière facture. Le moyen est mal fondé. 6.6 Les recourants prétendent encore que la cour cantonale a commis une appréciation arbitraire des preuves en rejetant la prétention de 132 000 fr., soit le montant global des devis par 106 000 fr. et les frais des travaux d'urgence par 27 000 fr. (sic), en l'absence d'expertise. Le moyen n'est guère compréhensible. Dans la procédure cantonale telle que retranscrite dans l'arrêt attaqué, les recourants ont conclu à ce que l'assureur les relève et les garantisse de toute condamnation envers X.________. Ils n'ont pas pris de conclusions directes en paiement de la prestation d'assurance. On ne discerne dès lors pas comment la cour cantonale aurait pu rejeter arbitrairement une prétention qui n'avait pas été soulevée. Au demeurant, le grief est dépourvu de toute démonstration d'arbitraire. 6.7 Selon les recourants, la Chambre civile aurait également dû reconnaître que les 50 000 fr. versés par Y.________ représentait soit la perte de loyers, soit la différence entre le montant des devis et facture par 132 000 fr. et celui des premiers travaux ordonnés par l'assureur par 72 000 fr. Dans ce contexte, les recourants exposent avoir toujours souhaité une expertise qui a été refusée par Y.________. En ce qui concerne l'expertise avant procès, il y a lieu de relever que, selon l'état de fait cantonal, les assurés n'ont jamais requis la mise en oeuvre d'une telle procédure. La seule allégation contraire des recourants ne saurait manifestement valoir démonstration d'arbitraire. Au sujet de la cause du versement de l'avance de 50 000 fr., les recourants se contentent de proposer deux versions, ce qui ne suffit de loin pas à établir que la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en retenant implicitement que l'acompte de 50 000 fr. correspondait à une avance sur l'indemnisation des frais de réfection de l'immeuble. Non motivé d'une manière conforme à l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le moyen est irrecevable.