Citation: 2C_9/2021 E. 2.4

2.4. Sous l'angle de cet intérêt privé, si le recourant séjourne dans notre pays depuis 2008, il faut retenir qu'il y est arrivé illégalement et qu'il a été incarcéré pendant quatre ans. Or, les années passées en Suisse dans l'illégalité ne revêtent que peu de poids et celles passées en prison ne sont pas prises en considération (ATF 137 II 1 consid. 4.3; 134 II 10 consid. 4.3). Partant, les treize années que le recourant a passé en Suisse ne sont pas déterminantes, sa présence en Suisse n'étant que tolérée, même si l'on peut déplorer les sept ans qui ont été nécessaires à l'Office cantonal de la population pour statuer sur le demande d'autorisation de séjour déposée en 2012. En ce qui concerne le temps écoulé depuis la condamnation de l'intéressé, il doit également être relativisé, dans la mesure où celui-ci a passé une partie importante de cette période, c'est-à-dire du 18 janvier 2013 au 10 février 2017, à exécuter la peine prononcée à son encontre. Le recourant souligne les circonstances qui entouraient la tentative d'assassinat, à savoir son statut de sans papier nécessitant la protection d'un groupe qui lui assurait un logement et des moyens de subsistance. Si l'on peut comprendre la situation difficile d'une personne dépourvue de titre de séjour, elle ne saurait justifier en aucune manière un tel acte. De plus, non seulement l'intéressé ne devait sa situation précaire qu'à lui-même, puisqu'il était entré en Suisse illégalement, mais en plus il formait déjà un couple avec sa compagne actuelle et celle-ci était enceinte, lorsque l'intéressé s'est rendu coupable de tentative d'assassinat. Certes, le recourant semble avoir changé d'attitude: il fait du bénévolat, a entrepris des démarches afin de favoriser sa réinsertion professionnelle, a obtenu un diplôme de conducteur d'élévateur et des emplois de courte durée; sa situation économique n'en demeure pas moins instable, bien qu'il n'ait jamais émargé à l'aide sociale. En définitive, l'intérêt du recourant à obtenir un titre de séjour, afin de pouvoir demeurer en Suisse réside essentiellement dans la relation familiale qu'il entretient avec sa compagne et ses enfants. Sous cet angle, un départ de Suisse de l'intéressé entraînera une séparation de la famille, pour le cas où ceux-ci ne le suivraient pas en Algérie. S'agissant de l'intérêt des enfants à vivre avec leurs deux parents, on constatera que les deux premiers enfants du recourant, nés en octobre 2011 respectivement en août 2013, ont grandi de janvier 2013 à février 2017 sans leur père, ce dernier ayant été incarcéré lorsque l'aînée avait un peu plus d'un an, alors que le second est né durant sa détention. Il apparaît néanmoins que l'intéressé s'occupe d'eux depuis sa sortie de prison et qu'ils ont noué une relation intense, selon les termes de la Cour de justice. Sous cet angle, le renvoi de celui-ci dans son pays d'origine aura une influence conséquente sur la qualité du lien qu'il pourrait entretenir avec ses enfants. On relèvera toutefois à ce propos que les concubins ont formé un couple, alors que le recourant séjournait illégalement en Suisse et donc sans garantie de pouvoir y rester. De plus, leur second enfant a été conçu après que l'état civil, en date du 22 octobre 2012, eut déclaré irrecevable une demande formée en vue de mariage. Dans ces circonstances, on doit admettre que la compagne ne pouvait ignorer qu'elle risquait de devoir vivre sa vie de famille à distance ou en partant en Algérie avec son concubin, pays dont elle est originaire. Si elle décide de ne pas le suivre dans ce pays et de rester en Suisse, celui-ci pourra maintenir des contacts réguliers avec ses enfants, compte tenu de la distance raisonnable avec l'Algérie et des moyens de communication actuels. On relèvera enfin que l'intéressé a perpétré les actes qui lui ont été reprochés alors que sa compagne était enceinte, faisant ainsi passer l'intérêt de sa famille au second plan, ce qui ne peut être ignoré dans la pesée des intérêts.