Citation: 9C_330/2020 E. 6.3

6.3. Selon le chiffre 3.9 des conditions générales d'assurances, la perte de gain suppose ensuite une incapacité d'exercer sa profession (ou toute autre activité adaptée au sens défini) déterminée "sur la base de signes objectifs médicalement constatables". A cet égard, la recourante ne conteste pas le fait qu'elle a refusé de se soumettre à une expertise psychiatrique. Elle soutient en revanche qu'une telle expertise était "sans pertinence" au regard de l'avis complémentaire des experts somaticiens du 20 mars 2015. La reconnaissance de l'existence d'une atteinte à la santé psychique suppose toutefois la présence d'un diagnostic posé en principe par un psychiatre et s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu (cf. ATF 141 V 281 consid. 2.1 p. 285 et la référence). Les conclusions des docteurs B.________, C.________ et D.________, qui ne sont pas des spécialistes en psychiatrie, ne mettent pas en évidence un diagnostic psychiatrique en ce que les experts suspectent une composante thymique; elles ne peuvent dès lors pallier l'absence de l'avis d'un psychiatre. Dans leur rapport du 24 septembre 2014, les experts ont du reste expressément indiqué qu'ils estimaient que seul un complément psychiatrique était susceptible de permettre l'évaluation des activités encore exigibles de la part de la recourante sur le plan psychique. Leur avis du 20 mars 2015, en tant qu'il revêt un caractère purement hypothétique, ne saurait dès lors conduire à admettre l'existence d'une incapacité de travail sur le plan psychique de la recourante pour la période postérieure à juillet 2007, ici déterminante. Le fait que les experts ont indiqué dans le complément du 20 mars 2015 qu'ils ne disposaient pas d'éléments qui puissent les faire douter de l'appréciation de l'incapacité de travail, respectivement des certificats de travail délivrés par les docteurs E.________ et F.________ depuis l'accident de 2002, n'y change rien. Comme la juridiction cantonale l'a constaté, ils n'ont pas été en mesure de faire état de documents médicaux pour la période allant de 2008 à 2013. Quant à l'année 2007, les médecins traitants ont mentionné une "fatigue importante", ainsi que les conséquences sur la santé de leur patiente des démarches qui l'accaparaient avec les instances assécurologiques, administratives et judiciaires (p. ex. avis des 18 avril et 28 juin 2007 du docteur E.________, spécialiste en médecine interne générale). On ne peut dès lors exclure que les arrêts de travail se fondaient à l'époque essentiellement sur la manière dont l'assurée elle-même ressentait et assumait ses facultés de travail alors qu'il y avait lieu d'établir des signes objectifs médicalement constatables de son incapacité de gain. Dans le rapport d'expertise du 24 septembre 2014, les experts ont d'ailleurs indiqué expressément qu'ils ne pouvaient pas se prononcer "sur la période antérieure à notre expertise". Or, en 2007, sous peine de déchéance des droits, l'assurée devait se soumettre à l'expertise pluridisciplinaire (incluant un volet psychiatrique) requis par l'intimée pour apprécier le degré de son incapacité de travail (ch. 24.2 et 24.3, en lien avec 23.3, des conditions générales d'assurance). Dans ces circonstances, faute de disposer des éléments concrets que cette expertise aurait dû amener à l'époque, la juridiction cantonale a retenu sans arbitraire que la recourante n'avait pas établi une incapacité de travail sur le plan somatique au-delà du 31 juillet 2007.