Citation: 5D_69/2017 E. 3.4.2

3.4.2. Il est possible qu'une autorité supérieure décide d'admettre un appel contre une décision de première instance ne prêtant en soi pas le flanc à la critique en raison de faits nouveaux (recevables) modifiant la situation juridique (BENEDIKT SEILER, Die Berufung nach ZPO, 2013, n° 1513 p. 654). En cas d'admission d'un appel dirigé contre une décision de mesures provisionnelles, elle statuera à nouveau compte tenu de l'urgence prévalant par définition dans ce type d'affaires et du fait que le juge apprécie à la fois sous l'angle de la vraisemblance et - en règle générale - sur la base des pièces du dossier (art. 318 al. 1 let. b CPC; JEANDIN, Mesures provisionnelles en matière civile, in Les mesures provisionnelles en procédure civile, pénale et administrative, François Bohnet/Anne-Sylvie Dupont (éd.), 2015, n° 88 p. 39). Partant, comme elle l'affirme à raison dans ses déterminations, la cour cantonale était en l'occurrence parfaitement fondée à examiner si la condition du préjudice (art. 261 al. 1 let. b CPC) était toujours rendue vraisemblable compte tenu des faits nouveaux invoqués et recevables en appel. Considérant que tel n'était plus le cas, elle a admis l'appel et réformé la décision attaquée dans le sens du rejet de la requête de mesures provisionnelles des recourants. Elle a ainsi fait droit aux conclusions des appelants. Dans ces circonstances, l'on ne saurait à l'évidence retenir que le juge précédent a outrepassé son pouvoir d'appréciation en faisant application de la règle générale de répartition des frais prévue à l'art. 106 al. 1 CPC. Le fait de mettre à la charge des recourants, alors intimés à l'appel, l'entier des frais et dépens n'aboutit dès lors pas à une iniquité choquante. Le moyen se révèle donc infondé.