Citation: 9C_197/2013 E. 6.3.3

6.3.3. Au vu de ces constatations, on ne saurait suivre le recourant lorsqu'il prétend que l'efficacité du NF-Walker® ne serait pas démontrée à satisfaction par la science médicale, faute de pouvoir "anticiper (et d'identifier) le résultat qui peut finalement être obtenu sur le plan médical grâce à l'usage de [ce] déambulateur". Les documents médicaux cités attestent en effet, en plus du développement d'une certaine autonomie, comme admis par le recourant, également d'effets positifs chez les usagers du cadre de marche notamment sur le fonctionnement corporel, la force musculaire et la mobilité des articulations. De telles améliorations ont du reste été constatées chez l'intimé en relation avec l'utilisation du NF-Walker® (attestations du physiothérapeute F.________, de l'ergothérapeute I.________ et du docteur O.________ du 24 août 2012). Au regard des objectifs visés par la physiothérapie et l'ergothérapie chez les enfants atteints d'une infirmité motrice cérébrale (consid. 6.2 supra ), il convient dès lors d'admettre le caractère scientifiquement reconnu de l'utilisation en appoint de l'appareil de traitement en cause. Le fait invoqué par le recourant qu'aucune étude n'a démontré que le cadre de marche pouvait permettre à l'enfant d'assumer durablement le redressement global du corps ou de parvenir à une gestion correcte de la stabilisation active n'est pas déterminant. Le seul fait qu'une mesure médicale ne supprime pas ou ne stabilise pas durablement les symptômes d'une maladie, mais en retarde uniquement l'aggravation ou en atténue temporairement les effets ne permet pas d'exclure d'emblée ni son caractère scientifiquement reconnu, ni son caractère simple et adéquat (arrêt I 462/01 du 4 juillet 2002). On ajoutera que le recourant se réfère en vain sur ce point à l'étude publiée par Nicola Smania et ses co-auteurs, du département de neurologie de l'Université de Vérone ( Nicola Smaniaet al., Applicability of a new robotic walking aid in a patient with cerebral palsy. Case report, European Journal of physical and rehabilitation medicine, 48/2012, pp. 147 à 153), pour soutenir que les effets du NF-Walker® en termes de rééducation clinique seraient totalement incertains. Les auteurs arrivent certes à la conclusion que la nouvelle aide de marche robotique peut permettre aux enfants atteints de paralysie cérébrale de se mouvoir dans leur environnement ("The new robotic walking aid tested in this study may allow children suffering from CP with severe impairment of gait to move around in their environment"), mais que de futures études avec des exemples suffisants sont nécessaires pour tester l'hypothèse émise. La lecture attentive de l'étude réalisée montre toutefois que celle-ci a porté sur un cadre de marche avec des caractéristiques différentes de celles du NF-Walker®, puisque les chercheurs ont ajouté à celui-ci un système d'actionnement spécifique utilisant des muscles artificiels pneumatiques ("specific actuation system, which applies pneumatic artificial muscles [PAM] to the NF-Walker®", p. 149 de la publication; cf. aussi la photographie du "robotic walking aid", Figure 2 p. 150). Les conclusions de cette étude ne portant pas sur l'appareil de traitement en cause ici (dans sa forme non robotisée), elles ne sont d'aucune utilité pour l'argumentation du recourant. De même, le fait que la juridiction cantonale s'est prévalue de recherches Internet sans indiquer clairement ses sources et, ce qui est encore plus douteux, s'est référée à un site Internet à vocation manifestement commerciale pour constater qu'il publiait de nombreux rapports thérapeutiques positifs en relation avec le NF-Walker® n'est pas déterminant. L'appréciation des premiers juges est en effet fondée sur les autres documents au dossier cités, qui revêtent un caractère probant suffisant, de sorte qu'elle ne saurait être qualifiée d'arbitraire.