Citation: 4A_333/2021 E. 5.2

5.2. Les juges genevois se sont conformés au droit fédéral en considérant que la preuve du vol devait être apportée au degré de la vraisemblance prépondérante (cf. ATF 133 III 81 consid. 4.2.2 p. 88; 130 III 321 consid. 3.2 i.f. p. 325; arrêt 4A_327/2018 du 23 mai 2019 consid. 3.1 et 3.3.2). Celle-ci suppose que des motifs importants plaident pour l'exactitude d'une allégation, sans que d'autres possibilités ne revêtent une importance significative ou n'entrent raisonnablement en considération. Pour ébranler la preuve principale, il suffit à la partie adverse de démontrer que les allégations principales n'apparaissent pas comme les plus vraisemblables (cf. par ex. ATF 133 III 81 consid. 4.2.2 p. 89). Savoir si une telle preuve a été fournie relève de l'appréciation, que la cour de céans contrôle sous le prisme très restreint de l'arbitraire. Or, il faut bien admettre que les recourants échouent à insuffler le moindre sentiment d'arbitraire. Ainsi, l'initiative prise par l'assuré de se rendre au cabinet de E1.________ le 27 février 2008 ne démontre pas de manière éclatante qu'il n'était pas impliqué. Que la police française soit, grâce au prénommé, remontée à M.________ puis à N.________, pouvait facilement se concevoir, mais rien n'indique que l'assuré ait lui-même anticipé que cette démarche se retournerait contre lui. On peut même se demander s'il savait que M.________ s'était adressé à E1.________ pour écouler certains objets. Il a certes présenté spontanément un double de la clé du petit portail à la juge d'instruction française, qui a pu constater qu'elle coïncidait parfaitement avec celle qui lui avait été adressée grâce à l'intervention probable de M.________. Ceci dit, il est étonnant que l'assuré se soit fait dérober les clés de sa propriété en juin 2008 et ne l'ait annoncé à la juge française qu'en janvier 2009 (et non déjà en septembre 2008, cf. let. A.e supra), sachant que les révélations de M.________ et la production de la clé n'étaient que de peu postérieures à la date du prétendu vol. Il est difficile d'y voir une pure coïncidence. Quant à savoir si l'assuré avait ou non des difficultés financières, il ne s'agit pas là d'un élément crucial, n'en déplaise aux recourants. Car un autre mobile indépendant pouvait aussi animer l'assuré. Comme l'a expliqué l'expert E2.________, les objets prétendument volés à l'assuré avaient été payés beaucoup trop cher, au contraire des autres pièces qui étaient d'une valeur avérée. Que le vol ait précisément porté sur ces objets-là ne peut que laisser songeur. D'autant que, selon ce même expert, le vol de collections entières d'ethnologie est très rare. Il s'agit le plus souvent de vols ou de destructions maquillés, notamment par des personnes ayant collectionné des objets de piètre qualité ou les ayant acquis à un prix surfait. A l'évidence, on ne saurait minimiser le poids de ces explications. Les recourants jugent naturel que les voleurs se soient attachés à couvrir leurs traces et qu'ils aient pris le temps de remettre en place les sacs de jardinage qui obstruaient la porte de la remise dévalisée. Mais quel voleur prendrait la peine de ranger les lieux après son forfait, surtout si l'endroit n'est pas visible de l'extérieur de la propriété, comme l'a constaté l'autorité précédente? Et comment les recourants expliquent-ils qu'un carton vide portant l'inscription "photos" avait été laissé dans la remise après avoir été vidé de son contenu? A moins qu'il ne se soit agi d'attirer l'attention de l'assureur sur le fait que lesdites photos avaient également été volées... Toutes ces incongruités sont en tout cas de nature à mettre en doute la thèse d'un vol sans pour autant verser dans l'arbitraire.