Citation: 4A_552/2021 E. 1.2.2

1.2.2. En l'espèce, la recourante soutient que la suspension provisoire de la poursuite a pour effet de la priver de la libre disposition de la créance dont elle est titulaire à l'égard de l'intimée. Elle fait valoir que la décision attaquée l'empêchera de mettre la main, pendant une durée relativement longue, sur les actifs saisis dans le cadre de la poursuite en validation des séquestres qu'elle a introduite, à savoir une créance de 6'018'086 fr. 69 que détient l'intimée à l'encontre d'une société tierce, ce qui lui causerait un préjudice irréparable. Semblable argumentation n'emporte nullement la conviction de la Cour de céans. Contrairement à ce qu'affirme l'intéressée, la décision attaquée n'a pas pour effet de la priver de la " libre disposition de sa créance " reposant sur les sentences arbitrales des 7 novembre et 4 décembre 2008. La suspension provisoire de la poursuite introduite en Suisse n'a aucune incidence matérielle sur ladite créance. Elle n'empêche pas davantage la recourante d'entreprendre d'autres démarches, en Suisse ou à l'étranger, en vue de recouvrer les montants qu'elle réclame à l'intimée sur la base desdites sentences arbitrales. Par ailleurs, on ne discerne pas en quoi le fait que la poursuite introduite par la recourante ne puisse provisoirement pas suivre son cours risquerait de lui causer un préjudice de nature juridique. Il ressort du reste du procès-verbal de saisie produit par l'intéressée en annexe à son recours que l'office des poursuites du canton de Genève a requis et obtenu l'encaissement de la créance saisie. Les montants versés par la débitrice séquestrée sont désormais consignés conformément à l'art. 9 LP. Dans ces conditions, on ne voit pas quel préjudice irréparable risquerait de subir la recourante. Si l'action introduite par la partie intimée sur la base de l'art. 85a LP venait à être rejetée, la procédure d'exécution forcée poursuivrait son cours à partir du stade auquel elle a été provisoirement suspendue, étant rappelé que l'office des poursuites a d'ores et déjà pu consigner la somme relative à la créance saisie. L'intéressée ne démontre ainsi pas en quoi la décision finale, dans l'hypothèse où celle-ci lui serait favorable, ne permettrait pas de faire disparaître entièrement un éventuel préjudice (cf. aussi arrêt 5P.420/2002 du 22 avril 2003 consid. 4). Les arrêts cités par la recourante dans son mémoire ne permettent pas d'aboutir à une autre conclusion. La condition du préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF n'est ainsi pas réalisée. Il suit de là que l'arrêt entrepris ne peut pas faire l'objet d'un recours immédiat au Tribunal fédéral. Partant, le recours est irrecevable.