Citation: 2A.255/2005 02.05.2005 E. 4

4.1 L'art. 8 par. 1 CEDH peut faire obstacle, dans certaines circonstances, à une mesure d'éloignement qui empêche ou rend très difficile le maintien de la vie familiale, mais il n'octroie pas de droit absolu à l'entrée ou au séjour de membres de la famille (ATF 125 II 633 consid. 3a p. 640). 4.2 L'enfant C.________ est née le 5 octobre 1998 en Macédoine, alors que son père vivait en Suisse, et elle a cohabité avec lui au maximum du 14 au 27 février 2001, soit moins de deux semaines. Le 8 septembre 2002, elle est arrivée en Suisse, alors que son père était déjà en détention. Depuis lors, elle n'a pu le rencontrer que durant ses visites à la prison, puisqu'il purge une peine de dix ans de réclusion. Même si l'enfant C.________ peut voir son père plusieurs fois par mois, on ne saurait considérer qu'elle a ainsi pu établir avec lui une relation étroite et effective, au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH, pouvant fonder un droit à une autorisation de séjour. En effet, comme on l'a rappelé ci-dessus (consid. 1.1), c'est avant tout pour protéger les rapports entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (cf. ATF 120 Ib 257 consid. 1d p. 261) que la jurisprudence a déduit un tel droit de cette disposition. A propos de la relation entre époux, le Tribunal fédéral a refusé l'octroi d'une autorisation de séjour sur la base de l'art. 8 par. 1 CEDH à une étrangère qui avait épousé un Suisse en détention. Selon le Tribunal fédéral, l'intéressée n'avait pas pu établir une relation étroite et effective, au sens de cette disposition, avec son mari puisque celui-ci était détenu (arrêt destiné à la publication 2A.404 du 18 février 2005, consid. 5; arrêt 2A.77/2000 du 8 mai 2000, consid. 4b). Le Tribunal fédéral a considéré qu'on ne pouvait pas déduire de l'art. 8 par. 1 CEDH un droit à l'octroi d'une autorisation de séjour durable en faveur de l'épouse étrangère d'un détenu suisse, afin de lui faciliter l'exercice de son droit de visite, (arrêt destiné à la publication 2A.404 du 18 février 2005, consid. 5). Cette jurisprudence concernant la relation entre époux s'applique par analogie à la relation entre parent et enfant invoquée en l'espèce. Les recourantes ne peuvent donc pas déduire de l'art. 8 par. 1 CEDH un droit à une autorisation de séjour pour protéger la relation que l'enfant C.________ entretiendrait avec son père. Au demeurant, compte tenu de la jurisprudence rappelée ci-dessus, c'est à juste titre que les recourantes ne se sont pas prévalues de la relation existant entre A.X.________ et son mari qui, d'ailleurs, n'ont même pas cohabité deux semaines. 4.3 Ainsi, l'arrêt attaqué respecte l'art. 8 CEDH. Plus généralement, le Tribunal administratif n'a pas violé le droit fédéral; il n'a ni excédé ni abusé de son pouvoir d'appréciation.