Citation: 7B_104/2023 E. 2.3

2.3. L'autorité précédente a en substance retenu qu'il était établi que le recourant avait amené B.________ Capital SA en liquidation, soit pour elle E.________, à acheter à G.________ Sàrl sa marchandise et à émettre une lettre de crédit en faveur de cette dernière; agissant ensuite comme seul représentant de B.________ Capital SA en liquidation et à l'insu de E.________ et de F.________, il avait vendu la marchandise à la société turque J.________ pour le compte de sa propre société, I.________ Ltd, offrant opportunément à J.________ un prix plus bas que celui proposé par B.________ Capital SA en liquidation; il avait ensuite fait émettre des connaissements en conséquence et supervisé le transport rapide de la marchandise jusqu'en Y.________ de manière à prendre de vitesse cette dernière; il avait obtenu le paiement direct du produit de la revente sur le compte de I.________ Ltd avant le déchargement de la marchandise, et non par le biais de l'encaissement d'une lettre de crédit comme prévu à l'origine avec son associé; il avait enfin pressé les agents du port de X.________ (en Y.________) de décharger la marchandise en faveur de J.________ nonobstant les oppositions de G.________ Sàrl et de B.________ Capital SA en liquidation; les démarches judiciaires de cette dernière visant, premièrement, à empêcher le déchargement de la marchandise à X.________ et, deuxièmement, à bloquer le paiement de la lettre de crédit en faveur de G.________ Sàrl avaient échoué, au motif en substance que chacune de ces sociétés pouvait fonder ses prétentions sur des documents conformes aux exigences contractuelles applicables. L'autorité précédente a ainsi réfuté la position défendue par le recourant, consistant notamment à dire qu'il avait agi sur instructions de E.________ et de F.________, qui auraient été continuellement tenus au courant des opérations. Elle s'est formé son opinion sur la base d'un faisceau d'indices, relevant en particulier les éléments suivants: - la revente de la marchandise par le biais de I.________ Ltd, créée six mois plus tôt, ne répondait à aucune logique économique dans la perspective de B.________ Capital SA en liquidation, les motifs fiscaux avancés par le recourant n'étant pas plausibles; - aucune communication ni démarche de E.________ ou de F.________ ne reflétait une quelconque connaissance des opérations menées par le recourant, et encore moins d'instructions données à ce dernier; au contraire, il ressortait de leurs déclarations ainsi que, en grande partie, des messages de F.________ et de G.________ Sàrl aux agents du port de X.________ à partir du 30 mai 2011, que jusqu'à cette date, E.________ et son assistante pensaient que la marchandise se trouvait encore à V.________, que les formalités en vue de sa revente à l'acheteur approché mais encore incertain, soit "L.________", étaient en cours, et qu'ils avaient été frappés de stupeur en apprenant qu'elle était en réalité sur le point d'être déchargée en Y.________ en faveur de J.________; ils avaient alors tout fait, en collaboration avec G.________ Sàrl, pour empêcher ce déchargement; - si E.________ était seulement en désaccord avec la répartition du bénéfice de l'opération, il n'aurait pas pris le risque de tout faire échouer et de s'exposer à des pénalités pour retard dans l'exécution du contrat ou la mauvaise exécution de celui-ci; - selon la retranscription de la conversation en russe qui avait eu lieu sur Skype le 27 mai 2011, dont le contenu était en parfait accord avec les autres éléments du dossier, le recourant avait menti à E.________ et à F.________ en leur affirmant que la marchandise n'était pas encore arrivée au port de V.________ et qu'il n'avait aucune nouvelle de l'acheteur, soit de "L.________" selon la compréhension des deux précités, alors qu'il savait à ce moment que la marchandise était à tout le moins sur le point de quitter le port à destination de X.________ et qu'elle avait déjà été revendue à J.________; celle-ci avait versé une avance sur le paiement du prix et le recourant lui avait adressé le jour même les factures définitives; - enfin, la réaction de G.________ Sàrl était cohérente avec ses déclarations selon lesquelles elle avait découvert le détournement de la marchandise concomitamment à B.________ Capital SA en liquidation, ce qui expliquait pourquoi, souhaitant protéger indirectement ses intérêts au titre de propriétaire originaire devant encore encaisser le prix de vente, elle avait fait modifier les connaissements le 31 mai 2011, demandé le blocage de la marchandise et déposé une action en justice en Y.________.