Citation: 9C_776/2007 14.08.2008 E. 4

4.1 A la lecture des deux rapports médicaux en cause, on constate que les docteurs G.________ et P.________ ont fait des observations identiques lors de leur examen clinique en ce qui concerne les limitations au niveau du tronc et l'existence d'un tableau algique important. Alors que le premier médecin a déduit de ces constatations que le recourant n'était plus en mesure d'exercer une quelconque activité lucrative, son confrère du SMR est arrivé à une conclusion opposée (cf. aussi le complément d'expertise du 20 octobre 2006), puisqu'il a conclu à une capacité de travail de 100% dans une activité adaptée, à laquelle correspondait la profession de (dessinateur-) géomètre dans la mesure où elle respectait les limitations fonctionnelles décrites (en particulier, au niveau du rachis: pas de charge supérieure à 10kg, ni mouvements de flexion-extension répétés du tronc ou travail en porte-à-faux du tronc, ni position statique du rachis au-delà d'une heure). Ces appréciations diffèrent également en ce que le docteur P.________ a retenu un syndrome d'amplification des plaintes, tandis que l'expert d'abord mandaté par l'intimé a expressément nié un tel syndrome, de même que tout signe d'exagération ou de simulation (complément du 8 septembre 2005). 4.2 Malgré ces divergences, on ne saurait reprocher aux premiers juges, comme le fait en vain le recourant, de s'être écartés des conclusions du docteur G.________ relatives à l'incapacité totale de travail du recourant. Comme ils l'ont retenu à juste titre, l'appréciation de l'expert apparaît davantage motivée par les plaintes de l'assuré que par des éléments objectifs tirés de l'examen clinique et radiologique. Ainsi, si le médecin arrive à la conclusion que la capacité de travail de l'assuré est nulle dans toute activité "au vu de l'intensité du syndrome algique, de son handicap fonctionnel et de son examen clinique", les bilans radiologiques et cliniques ne mettent pas en évidence de troubles statiques ou de lésions inflammatoires, ni un syndrome radiculaire irritatif ou déficitaire. Pour retenir que le recourant souffre d'un "handicap conséquent", l'expert se réfère entièrement aux plaintes de l'assuré, sans mettre ses conclusions en rapport avec des constatations objectives. Par ailleurs, l'appréciation du docteur G.________ ne tient pas compte du fait - mis en évidence par le docteur P.________ à la suite du docteur B.________ - que le syndrome douloureux présenté par le recourant ne peut pas être entièrement expliqué par une cause anatomique ou pathologique, un trouble psychiatrique ayant été écarté tant par le docteur G.________ que le docteur P.________. Dans son rapport du 11 juillet 2003 (soit avant l'intervention chirurgicale de février 2004), le docteur B.________ avait fait état de lombalgies chroniques qui n'étaient que partiellement expliquées par une instabilité segmentaire L4, sans qu'il pût "exclure formellement la présence d'éléments amplificateurs de la douleur d'origine extra-vertébrale". Le 6 août 2004, il a indiqué que le syndrome douloureux chronique persistait malgré la spondylodèse L4/L5 en février 2004, l'origine du syndrome étant difficilement identifiable. Selon le médecin du SMR, l'état radio-clinique de la colonne vertébrale n'expliquait pas l'importance du tableau algique que présentait l'assuré, alors que les signes de non-organicité selon Waddell parlaient en faveur d'une amplification des symptômes. 4.3 Pour motiver le grief tiré de l'appréciation arbitraire des preuves, le recourant s'en prend à la valeur probante du rapport du docteur P.________. Son argumentation ne suffit toutefois pas à démontrer que les exigences posées par la jurisprudence à cet égard ne sont pas remplies. Ainsi, les imprécisions relevées par le recourant dans le rapport en cause (son âge au moment de l'expertise; le sexe de ses enfants) ne constituaient pas des éléments déterminants dans l'appréciation de la situation médicale par le médecin du SMR. Quant à la durée de marche maximale sans que le recourant ressente de douleurs (une heure), le docteur P.________ a, à l'instar du docteur G.________, fait état de promenades (avec ses chiens) d'une heure au maximum (deux à trois fois par jour). Le fait que le recourant semble revenir sur les indications données au médecin à l'époque de l'expertise, en alléguant que la promenade ne consistait en réalité qu'à ouvrir la porte du jardin ne suffit pas à mettre en doute les données recueillies par le médecin du SMR. Ensuite, le rapport en cause doit être considéré comme complet même si le docteur P.________ n'a pas procédé à des investigations sur le plan psychiatrique. Ni l'entretien avec l'assuré, ni les examens effectués au SMR n'ont mis en évidence une problématique psychique, pas plus que les autres pièces médicales au dossier (le docteur G.________ ayant du reste expressément nié l'existence d'éléments psycho-pathologiques). Le docteur P.________ n'avait dès lors aucune raison de faire compléter l'examen rhumatologique par une expertise psychiatrique. Enfin, contrairement à ce que voudrait le recourant, les avis des docteurs B.________ (du 3 décembre 2004), H.________ (du 20 novembre 2006) et A.________ (du 13 avril 2007) ne sont pas susceptibles de remettre en cause les conclusions du docteur P.________ sur la capacité résiduelle de travail du recourant. Comme l'a déjà retenu la juridiction cantonale, le rapport en question du docteur B.________, qui atteste d'une incapacité de travail de 100% sans se référer à une activité spécifique, n'est pas probant faute de motivation suffisante. Quant à ceux des docteurs H.________ et A.________, ils ne portent pas sur la capacité de travail du recourant ou la limitation de celle-ci, de sorte que D.________ ne saurait rien en tirer en sa faveur. 4.4 Compte tenu de ce qui précède, la juridiction cantonale était en droit de se rallier aux conclusions du docteur P.________, auxquelles il y a lieu de reconnaître une pleine valeur probante, sans que les constatations qu'elle en tire quant à la capacité résiduelle de travail du recourant n'apparaissent manifestement inexactes ou insoutenables. L'appréciation (anticipée) des preuves à laquelle elle a procédé n'est par ailleurs pas contraire au droit fédéral, étant précisé qu'une appréciation des preuves ne saurait être considérée comme arbitraire du seul fait qu'une autre solution que celle de l'autorité de recours de première instance paraît concevable, voire même préférable; encore faut-il que la solution retenue par celle-ci apparaisse insoutenable ou en contradiction manifeste avec la situation effective (cf. ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 127 I 54 consid. 2b p. 56), ce qui n'est pas le cas en l'espèce.