Citation: 6P.94/2006 10.08.2006 E. B

En résumé, la condamnation de X.________ repose sur les faits suivants: B.a Y.________, née le 15 novembre 1973, a quitté prématurément le lycée cantonal de Porrentruy, pour des raisons de santé, et a débuté un apprentissage d'employée de commerce auprès de l'administration communale de Courgenay, qu'elle a terminé en été 1995 par l'obtention d'un certificat fédéral de capacité. X.________ était le receveur communal à Courgenay et le chef hiérarchique de Y.________ pendant son apprentissage. B.b X.________ a débuté ses agressions sexuelles sur la jeune fille par des attouchements sur les seins le 28 octobre 1993 (harcèlement sexuel au sens de l'art. 198 CP, infraction prescrite), dans le bureau, pendant les heures de présence, mais en l'absence des autres employés. C'est le 15 novembre 1993, le jour de l'anniversaire des vingt ans de la jeune fille, que X.________ l'a violée pour la première fois. Alors que Y.________ était venue faire des photocopies au bureau communal pour ses examens, X.________ est arrivé inopinément et lui a fait subir, entre 12h et 13h, des actes d'ordre sexuel et l'acte sexuel proprement dit. Glacée d'effroi et de paralysie, la jeune fille, qui avait été abusée dans son enfance par son cousin, a été incapable d'opposer de la résistance à son agresseur. Quand X.________ a eu fini de violer sa victime, il lui a dit: "Si tu en parles, je me suicide et je partirai pas tout seul". Le 16 mars, le 9 mai et le 10 mai 1994, X.________ a profité de l'absence de son épouse pour emmener la jeune fille à son domicile et lui faire subir l'acte sexuel proprement dit. Comme lors de tous les abus sexuels perpétrés par X.________, la jeune fille était totalement soumise à son agresseur, pétrifiée d'effroi et dans l'incapacité complète de parvenir à s'opposer à sa volonté. A chaque fois, X.________ exprimait à la jeune fille son intention de se suicider et de la tuer si elle révélait à quiconque ses agissements, ajoutant qu'il possédait une arme à feu, dont il n'hésiterait pas à se servir. B.c Après la fin de son apprentissage (à savoir du 31 juillet 1995 au 6 novembre 1998), Y.________ s'est rendue à plusieurs reprises au bureau communal, au minimum deux fois par an, pour régler diverses questions administratives, en rapport notamment avec des problèmes liés à son assurance invalidité. A ces occasions, elle a été l'objet d'actes d'ordre sexuel, à tout le moins. Le 6 novembre 1998, face à un refus d'un rapport sexuel de la part de Y.________, X.________ a introduit une baguette métallique dans l'anus de celle-ci, ce qui a provoqué une déchirure et des saignements.