Citation: 4A_572/2018 E. 2.1

2.1. A teneur de l'art. 58 al. 1 CO, le propriétaire d'un bâtiment ou de tout autre ouvrage répond du dommage causé par des vices de construction ou par le défaut d'entretien. La partie qui agit en responsabilité contre le propriétaire d'ouvrage doit établir un défaut de l'ouvrage, un préjudice et un rapport de causalité naturelle et adéquate entre l'un et l'autre (arrêt 4A_543/2016 du 1er novembre 2016 consid. 3.2.2). En l'occurrence, les juges vaudois ont considéré que la canalisation d'eau potable traversant la parcelle était un ouvrage propriété de la commune, lequel était affecté d'un défaut d'entretien induisant une fuite d'eau. Ce pan d'analyse - qui ne retient par ailleurs aucun défaut en lien avec le réseau d'évacuation des eaux de pluie - n'est pas discuté. Cela étant, les juges cantonaux ont reproché à la promotrice de ne pas avoir prouvé le préjudice censé résulter de l'interruption du chantier et des mesures d'assèchement mises en oeuvre et, qui plus est, de ne pas avoir établi un lien de causalité entre le défaut constaté et le préjudice allégué. La Cour d'appel a ainsi rejeté la demande par une double argumentation dont chaque pan suffit à liquider le sort de la cause - ce qui n'a pas échappé à la recourante, laquelle mène une attaque sur les deux fronts. Il convient d'examiner le premier argument concernant le préjudice.