Citation: I 773/04 06.02.2006 E. 5

L'évaluation de l'invalidité selon la méthode générale de comparaison des revenus à laquelle a procédé l'intimé n'est pas remise en cause par le recourant. Avec raison, les premiers juges, qui ont vérifié l'évaluation, se sont rapportés à la situation existant en 2000, le droit à la rente d'invalidité ayant pris naissance au plus tôt le 15 mai 2000 (art. 29 al. 1 let. b LAI; ATF 129 V 222, 128 V 174). 5.1 A cette époque-là, le revenu sans invalidité du recourant se serait élevé à 91'395 fr., ainsi que l'a retenu la juridiction cantonale sur la base du questionnaire pour l'employeur du 30 octobre 2000 rempli par X.________. 5.2 En ce qui concerne le revenu d'invalide, il doit être évalué avant tout en fonction de la situation professionnelle concrète de l'intéressé. Entre le 1er janvier et le 12 septembre 2000, le recourant a exercé une activité de bureau à 50 % auprès de son employeur, lequel lui a proposé un poste administratif plus adapté parce que l'assuré désirait reprendre une activité professionnelle. Pour des raisons de santé, celui-ci a été mis en arrêt de travail dès le 12 septembre 2000. Dans ces conditions, il convient, comme l'ont effectué l'intimé et les premiers juges, de calculer le revenu d'invalide en se fondant sur les données statistiques, telles qu'elles résultent des enquêtes sur la structure des salaires (ESS) de l'Office fédéral de la statistique (ATF 126 V 76 s. consid. 3b/aa et bb). On se réfère alors à la statistique des salaires bruts standardisés, en se fondant toujours sur la médiane ou valeur centrale (ATF 124 V 323 consid. 3b/bb; VSI 1999 p. 182). Au moment déterminant, le recourant pouvait bénéficier d'une réadaptation professionnelle dans un métier léger, par exemple le travail de bureau qu'il avait déjà effectué (expertise du docteur R.________ des 7 décembre 2001 et 1er février 2002; voir aussi les rapports médicaux du docteur C.________ des 27 octobre 2000 et 20 octobre 2001). L'office AI était prêt à prendre en charge la formation nécessaire à son emploi de bureau au sein de X.________ (rapport du 1er juillet 2002). Attendu que ce genre d'activité était adapté à l'état de santé du recourant au moment déterminant, on ne saurait reprocher à l'intimé d'avoir calculé en l'espèce le revenu d'invalide en se fondant sur le Tableau TA7 de l'Enquête suisse sur la structure des salaires 2000, étant donné que l'intéressé avait accès au secteur public et que le Tableau TA7 permet dans le cas particulier une évaluation plus précise de son invalidité (RAMA 2000 n° U 405 p. 400 consid. 3b). Il se justifie dès lors de retenir comme salaire de référence celui auquel peuvent prétendre les hommes effectuant une activité administrative (bureau, travail sur ordinateur, etc.), soit une moyenne des salaires selon les chiffres 22 (Secrétariat, travaux de chancellerie) et 23 (Autres activités commerciales et administratives) du Tableau TA7 (arrêt T. du 10 mai 2005 [I 100/05]). S'agissant du niveau des qualifications requises pour le poste de travail, il convient, avec l'intimé et les premiers juges, de se fonder sur le niveau de qualification 3, exigeant des connaissances professionnelles spécialisées (arrêt T. du 7 juin 2005 [I 217/05]). Le salaire de référence, qui correspond ainsi à la moyenne entre le salaire mensuel (valeur médiane) pour un homme de 5'845 fr. (L'Enquête suisse sur la structure des salaires 2000, p. 41, Tableau TA7, ch. 22, niveau de qualification 3) et de 6'021 fr. (ch. 23), est donc de 5'933 fr. par mois, soit de 71'196 fr. par année. Ce salaire hypothétique représente, compte tenu du fait que les salaires brut standardisés se basent sur un horaire de travail de quarante heures, soit une durée hebdomadaire inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 2000 (41,8 heures; La Vie économique, 12-2002 p. 88, tabelle B9.2), un revenu annuel d'invalide de 74'400 fr.(71'196 fr. x 41,8 : 40). L'assuré ayant au moment déterminant une capacité de travail exigible de 50 % dans un emploi adapté à son état de santé, il y a lieu de retenir un salaire annuel hypothétique de 37'200 fr. Les premiers juges ont retenu un abattement de 10 %, dont la Cour de céans n'a pas de raison de s'écarter (ATF 126 V 79 s. consid. 5b/aa-cc; VSI 2002 p. 70 s. consid. 4b). Compte tenu de cette déduction, le revenu annuel d'invalide évalué sur la base des statistiques salariales est ainsi de 33'480 fr. (valeur 2000). 5.3 La comparaison des revenus (91'395 - 33'480] x 100 : 91'395) donne une invalidité de 63 % (le taux de 63,36 % étant arrondi au pour cent inférieur [ATF 130 V 122 s. consid. 3.2; SVR 2004 UV Nr. 12 p. 44]). Lors de la décision administrative litigieuse du 30 mai 2003, ce taux donnait droit à une demi-rente d'invalidité (art. 28 al. 1 LAI, dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2003). Dans la mesure où le recourant a pris des conclusions tendant à l'allocation d'une rente entière, celles-ci se révèlent mal fondées.