Citation: 6P.43/2006 02.06.2006 E. 5

Les recourants cherchent à démontrer que la Cour de justice aurait rendu une décision arbitraire à maints égards, et plus particulièrement dans l'appréciation des preuves et l'établissement de faits relatifs aux diverses déprédations causées au garage, à l'inondation de celui-ci et à l'obstruction de la conduite d'évacuation des eaux. 5.1 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, qu'elle méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore qu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que son résultat le soit. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 128 I 81 consid. 2 p. 86). En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision ou lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 127 I 38 consid. 2a). 5.2 Dans une large mesure, l'argumentation des recourants est appellatoire et par conséquent irrecevable. En effet, ces derniers se contentent d'apprécier les preuves et d'alléguer des faits favorables à leurs thèses, sans indiquer si, où et quand ils les auraient déjà soumis aux juges cantonaux, comme s'ils plaidaient devant une juridiction d'appel jouissant d'une pleine cognition. Cette manière d'argumenter n'est pas compatible avec la nature du recours de droit public pour arbitraire; il n'appartient pas à la Cour de céans de choisir entre diverses versions des faits, mais uniquement de dire si les constatations incriminées sont soutenables ou non au regard des éléments de preuve qui les sous-tendent. 5.3 S'agissant des déprédations causées au garage, la Cour de justice a acquis la conviction que les recourants avaient arraché le chéneau, la colonne de descente et les planches fixées sur l'avant-toit du garage des voisins ainsi que cloué des planchettes sur le mur du même garage et que la recourante avait versé de l'eau à l'intérieur de ce bâtiment. D'une part, elle a jugé qu'il n'y avait aucun motif de douter de la sincérité des dépositions d'une voisine, F.________, tout-à-fait cohérente et convaincante, quand bien même elle avait fini par être entraînée dans le conflit. Celle-ci a effectivement déclaré avoir vu un jour, aux alentours de midi, A.________ "bricoler" la gouttière, puis la déposer au sol avec l'aide de sa compagne. Elle a également affirmé avoir vu, à une reprise, la recourante placer un tuyau d'arrosage dans une ouverture du mur du garage et avoir ensuite constaté, avec Mme C.________, que l'immeuble était inondé. D'autre part, la cour cantonale a relevé que la recourante elle-même avait reconnu avoir arrosé régulièrement le mur du garage et admis que de l'eau avait pu s'infiltrer par un trou. Les recourants ont également admis avoir cloué des planchettes sur le mur du garage. Sur la base de ces éléments, l'autorité n'est pas tombée dans l'arbitraire en imputant ces dégâts aux recourants et l'interprétation peu objective de divers moyens à laquelle procèdent les intéressés ne démontre absolument pas en quoi cette appréciation serait insoutenable. 5.4 S'agissant de la conduite d'évacuation des eaux claires, la Cour de justice a acquis la conviction que la recourante avait volontairement enfoui trois serpillières et d'autres objets dans la canalisation de refoulement des eaux claires provenant de la parcelle des parties civiles, dans le but de l'obstruer. D'une part, elle a relevé que les dénégations de la recourante étaient peu crédibles, celle-ci prétendant uniquement avoir enterré trois serpillières imbibées d'eau de javel dans une fouille en raison d'un refoulement d'eaux usées. D'autre part, elle s'est référée aux témoignages des entrepreneurs qui sont intervenus sur place et qui ont constaté que la canalisation était bouchée à hauteur de la fouille creusée par la recourante sur sa propre parcelle. L'appréciation faite par l'autorité cantonale n'est pas arbitraire et les moyens invoqués par les recourants ne sont pas propres à modifier cette décision.