Citation: 1B_144/2007 07.01.2008 E. 1

Le fait que le Procureur général ait indiqué à tort au mandataire de la recourante que cette dernière pouvait recourir contre la décision de suspension en déposant des conclusions motivées auprès de la Chambre d'accusation ne permet pas de conférer à la recourante une qualité pour agir qui lui fait légalement défaut en application des règles de la bonne foi. On pouvait en effet attendre du conseil actuel de A.________ qu'il s'assure auprès de sa mandante ou de l'ancien mandataire de celle-ci qu'elle s'était effectivement constituée partie civile dans la mesure où une démarche en ce sens ne ressortait à l'évidence pas de la plainte pénale adressée par son confrère au juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne et transmise au Procureur général comme objet de sa compétence. Il ne pouvait simplement inférer que tel était le cas de la seule mention de la possibilité de recourir indiquée dans la décision attaquée. On ne se trouve pas dans un cas où la bonne foi de la recourante devrait être protégée parce que l'indication de la voie de droit, de l'autorité compétente ou du délai à respecter serait erronée (cf. ATF 127 II 198 consid. 2c p. 205; 124 I 255 consid. 1a/aa p. 258; 117 Ia 297 consid. 3b p. 300, 421 consid. 2a p. 422; 112 Ia 305 consid. 3 p. 310; 106 Ia 13 consid. 3b p. 18 et les références citées). Au demeurant, une indication erronée à ce propos ne saurait lier la Chambre d'accusation qui devait examiner d'office la qualité pour agir de la recourante devant elle (cf. arrêt 1P.109/2006 du 22 juin 2006 consid. 6.2 publié à la SJ 2007 I p. 41). La solution attaquée n'aboutit enfin pas à un résultat choquant qu'il appartiendrait au Tribunal fédéral de sanctionner au regard de l'art. 9 Cst. étant donné qu'il suffit au plaignant de se porter partie civile pour se voir reconnaître les droits de partie à la procédure et, en particulier, le droit de recourir contre les ordonnances de suspension prises par le Procureur général en application des art. 87 et 90 CPP gen. La Chambre d'accusation n'a donc pas fait preuve d'arbitraire en déniant à la recourante la qualité pour recourir contre la décision de suspension de la procédure prise par le Procureur général et en déclarant le recours irrecevable pour ce motif. Cela étant, il n'y a pas lieu de se prononcer sur la pertinence de la motivation subsidiaire retenue pour écarter le recours sur le fond.