Citation: 7B_932/2024 E. 3.2

3.2. La Chambre pénale de recours a relevé que la condition objective de la libération conditionnelle du recourant était réalisée depuis le 20 juin 2024. Cela étant, elle a souligné que les préavis concernant le recourant étaient tous défavorables, à commencer par celui de l'établissement pénitentiaire, qui l'avait sanctionné à plusieurs reprises pour des faits ne pouvant pas être qualifiés de mineurs. En outre, entre 2019 et 2020, les quatre condamnations du recourant en France pour des infractions contre le patrimoine n'avaient pas été à même de le dissuader de récidiver. Bien au contraire, on observait une gradation dans les infractions, la dernière condamnation concernant une tentative de meurtre et des violences avec usage d'une arme. Au surplus, le recourant ne semblait guère enclin à assumer l'entière responsabilité de ses actes. Il n'avait rien fait pour obtenir ses documents d'identité, en mains de son épouse, et son projet de travail était flou. Selon la Chambre pénale de recours, ce tableau rendait le risque de réitération important pour des infractions contre les personnes ou les stupéfiants et ce, même en milieu fermé, vu les nombreuses sanctions disciplinaires prononcées dans ce cadre. Le fait que le recourant se comporte correctement dans les ateliers et ait produit une promesse de mariage avec une ressortissante européenne ne suffisaient pas à contrebalancer les éléments décrits ci-dessus. Vu le but de la libération conditionnelle, la Chambre pénale de recours a considéré qu'il était sans pertinence que le recourant fasse l'objet d'une condamnation à une peine privative de liberté en France, s'agissant d'un transfert d'établissement pénitentiaire. En définitive, les conditions de l'art. 86 CP n'étaient pas réalisées; le recourant ne pouvait pas se fonder sur une violation de cette disposition pour exiger son transfert d'établissement pénitentiaire, respectivement son extradition.