Citation: 5A_304/2023 E. 3.4

3.4. En l'espèce, il n'est pas établi que la fille aînée des parties soit la seule responsable (cf. supra consid. 3.1) de la rupture des relations personnelles entre elle-même et son père. En effet, sur la base des faits constatés dans l'arrêt querellé - que le recourant ne remet pas en cause de manière conforme aux exigences de motivation sus-rappelées (cf. supra consid. 2.2) -, l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle la rupture des relations entre le recourant et sa fille aînée résulte du conflit de loyauté dans lequel celle-ci se trouve depuis plusieurs années ne prête pas le flanc à la critique. A lire l'arrêt attaqué, il apparaît que la cour cantonale s'est basée à cet égard sur les considérations des experts, qui ont relevé dans leur rapport du 13 novembre 2019 que l'intimée, de par son trouble de la personnalité, ne permettait pas aux enfants de s'ouvrir au monde et à leur père et que si ceux-ci restaient auprès de leur mère, ils ne pourraient pas s'autoriser à aimer leur père car ils se sentiraient coupables de la faire souffrir en la trahissant. Or, bien que cette expertise date déjà de plusieurs années, rien dans l'arrêt querellé ne montre que la situation aurait changé et le recourant n'établit pas le contraire. Il doit donc être retenu que le conflit de loyauté perdure et que C.________, dont il n'est pas contesté qu'elle vit toujours avec sa mère, en subit encore les conséquences nonobstant le fait qu'elle soit devenue majeure. A cela s'ajoute que, même s'il a agi en justice pour voir son droit aux relations personnelles reconnu, il ne résulte pas du dossier que le recourant aurait entrepris une quelconque démarche pour concrètement renouer le dialogue ou un lien avec ses enfants, singulièrement avec sa fille, que ce soit par le biais d'une lettre, d'un e-mail, d'un SMS ou encore d'une carte de voeux à l'occasion par exemple d'un anniversaire. Au vu de ces circonstances, les juges cantonaux - qui jouissent en la matière d'un large pouvoir d'appréciation (art. 4 CC) à l'égard duquel le Tribunal fédéral se montre réservé (cf. supra consid. 3.1) - n'ont pas violé le droit fédéral en considérant que l'absence de liens personnels ne justifiait pas le refus de toute contribution à l'entretien de C.________. C'est ainsi en vain que le recourant tente de rapprocher la présente espèce d'autres causes jugées par le Tribunal de céans. En particulier, l'affaire ayant donné lieu à l'ATF 129 III 375, qu'il invoque sans tenir compte des faits qui la fondent, s'en distingue: dans cette affaire, le père s'était efforcé, à plusieurs reprises et sans succès, d'avoir un contact avec sa fille âgée de 24 ans et les conflits familiaux et les expériences négatives justifiant le refus de celle-ci de toutes relations personnelles dataient de son enfance et de son adolescence. Infondé, le grief doit être rejeté.