Citation: 5P.376/2004 07.01.2005 E. 5

Dès lors que le recours, dans la mesure où il est recevable, doit de toute manière être admis pour les motifs exposés au considérant 2.2 ci-dessus, il apparaît opportun, en vue de la nouvelle décision que l'autorité cantonale devra rendre ensuite de l'annulation de l'ordonnance attaquée, de rappeler les principes qui sont à la base de la méthode appliqué par l'autorité cantonale, soit celle dite du minimum vital avec répartition de l'excédent. 5.1 Le législateur n'ayant pas arrêté de mode de calcul aux fins de déterminer le montant de la contribution d'entretien au sens de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC et de l'art. 137 ch. 2 CC, la doctrine a notamment préconisé la méthode dite du minimum vital avec répartition de l'excédent. Cette méthode, qui est considérée comme conforme au droit fédéral et est largement appliquée en Suisse romande, consiste à déterminer en premier lieu les besoins de base de chaque conjoint - soit leur minimum vital de base du droit des poursuites (art. 93 LP) -, puis à élargir le montant obtenu par l'ajout des dépenses non strictement nécessaires; la contribution d'entretien est ensuite calculée sur cette base de telle manière que les deux époux bénéficient dans une égale mesure du disponible total restant après couverture de leurs charges respectives (cf. ATF 114 II 26; arrêts non publiés 5P.103/2004 du 7 juillet 2004, consid. 5.1.1, et 5P.333/2002 du 19 décembre 2002, consid. 3.1.1). 5.2 Puisque le but du calcul est ainsi que les ressources excédentaires après couverture des charges respectives des époux soient réparties par moitié entre ces derniers - une répartition autre que par moitié ne se justifiant que si l'un des époux doit subvenir aux besoins d'enfants mineurs communs (ATF 126 III 8 consid. 3c et les arrêts cités) ou si d'autres circonstances importantes le commandent (cf. ATF 119 II 314 consid. 4b/bb) -, le disponible à partager par moitié est ce qui reste après la couverture des charges des deux époux, et non du seul époux débirentier. Ainsi, dans le cas où la situation de l'épouse est déficitaire tandis que celle du mari est excédentaire, la contribution d'entretien correspondra à l'addition du montant nécessaire pour combler le déficit de l'épouse et de la moitié du solde restant après la couverture de ce déficit.