Citation: 6B_1192/2023 E. 1.2

1.2. La cour cantonale a retenu que le tribunal de première instance avait exposé de façon tout à fait complète et convaincante l'ensemble des éléments qu'il avait à disposition et les indices convergents qui l'avaient amené à considérer que le recourant pouvait être violent et s'en prendre physiquement à son épouse. Elle a ainsi confirmé le jugement de première instance sur ces points. En substance, le tribunal de première instance avait commencé son analyse par le cas du 4 mars 2019 (cf. supra consid. B.a.d), dans la mesure où il s'agissait de l'épisode de violence physique le plus caractérisé et où plusieurs éléments objectifs étaient ressortis de l'instruction et lui avaient permis de fonder sa conviction au-delà de la parole de l'un face à celle de l'autre. Le tribunal a constaté que les versions du recourant et de l'intimée s'opposaient et a écarté les déclarations de la maîtresse du recourant, en raison des liens avec celui-ci, et de la soeur du recourant, qui n'était pas présente lors des faits. Deux éléments objectifs ont emporté la conviction du tribunal. D'une part, le tribunal a pris en compte les constats médicaux effectués par le Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après: le CURML) 20 jours après les faits et que l'intimée avait produits à l'appui de sa plainte, à teneur desquels l'intimée présentait encore une zone érythémateuse rosée mesurant environ 2 x 1,5 cm au niveau de l'arête du nez. Il a jugé que ces lésions étaient en relation avec son récit et a constaté qu'elles faisaient l'objet d'une photographie prise par le CURML. L'intimée avait également produit une photographie qu'elle aurait prise le jour même des faits et qui paraissait également peu compatible avec une simple gifle. D'autre part et surtout, le tribunal s'est fondé sur les enregistrements effectués par l'intimée et considérés comme des preuves recevables par la Chambre des recours pénale. Lesdits enregistrements portent sur des conversations des parents du recourant en albanais, effectués à l'insu des intéressés par l'intimée, une fois de retour au domicile familial le 4 mars 2019. Ainsi, le père du recourant raconte à son épouse ce qu'il s'est passé en sa présence. Lors des débats, l'interprète présente a pu indiquer qu'à un moment, le père du recourant dit: "il était en train de la couper avec un couteau, il était en train de la couper". Il a ensuite ajouté: "il n'y aurait pas eu besoin de la tenir, si je n'avais pas été là il l'aurait tuée", en réponse à un commentaire de la mère du recourant qui disait que son fils aurait dû frapper sa femme plutôt que de se laisser frapper par elle. La cour cantonale a retenu que lesdits enregistrements corroboraient indiscutablement la version de l'intimée, en faisant allusion à un couteau et en évoquant une violence exacerbée du recourant, peu compatible avec sa version qui se bornait à admettre une "poussette" et qui contestait formellement avoir utilisé un couteau. Elle a jugé que les propos de la mère tendaient également à établir que le recourant avait peut-être reçu une gifle, ce qui avait pu accentuer l'humiliation déjà subie par l'arrivée de son père et de son épouse dans l'appartement où il fumait du cannabis avec sa maîtresse. Elle a retenu que, lors des débats, le recourant n'avait pas vraiment donné d'explication sur les propos tenus par ses parents et enregistrés à leur insu et qu'il n'avait pas contesté la traduction effectuée par l'interprète. À l'instar des premiers juges, la cour cantonale a jugé que ces éléments, soit la photographie prise par l'intimée, le constat du CURML et les échanges verbaux entre les parents du recourant, étaient suffisants pour emporter la conviction s'agissant des violences subies le jour en question et confirmer dès lors la condamnation sur ce point pour lésions corporelles simples qualifiées et menaces qualifiées, qualifications qui n'étaient pas contestées en tant que telles. S'agissant des autres violences domestiques (cf. supra consid. B.a.a-B.a.c), la cour cantonale a exposé que le tribunal de première instance les avait analysées en examinant si les éléments ayant emporté sa conviction pour le cas du 4 mars 2019 devaient également emporter sa conviction sur ces autres cas. En retenant le contexte particulier dans lequel évoluait le couple, la pression de l'intimée compte tenu des nombreuses absences de son époux, la pression émanant des parents et des aspects culturels, ainsi que la violence dont le recourant avait été capable pour le cas du 4 mars 2019, le tribunal avait ainsi considéré que le recourant était susceptible de perdre son sang-froid et de s'en prendre à son épouse, que cela soit physiquement ou en la menaçant. Le tribunal a ainsi privilégié la version de l'intimée. Pour un épisode de violence qui aurait été interrompu par une visite avérée de la tante du recourant (cf. supra consid. B.a.b), le tribunal avait tenu compte de ce détail pour apprécier la version de l'intimée, en estimant qu'il la crédibilisait, ladite visite étant pour le surplus confirmée par le recourant. Il avait également relevé l'existence de menaces de mort envoyées par SMS.