Citation: 4P.72/2004 13.07.2004 E. 2.3

2.3.1 Dans l'arrêt attaqué, la Cour de justice tient pour constant que "l'intimée a conclu un contrat portant sur le transfert de Petrov avec le club de Wolfsburg". A en croire la recourante, cette constatation résulterait d'une appréciation insoutenable des éléments de preuve versés au dossier cantonal. Ainsi que l'intimée le souligne avec raison dans sa réponse au recours, il semble avoir échappé à la recourante, selon toute vraisemblance à la suite d'une inadvertance, que "l'intimée", dont il est question dans le passage cité entre guillemets, n'était pas X.________ SA, comme c'est le cas dans la présente procédure, mais bien Servette, qui occupait cette position dans la procédure conduite devant la Cour de justice genevoise sur appel de X.________ SA. Une fois rectifiée cette inadvertance, la constatation incriminée se révèle non seulement soutenable, mais, qui plus est, conforme aux propres allégations de la partie qui l'incrimine puisque la recourante elle-même a déclaré, dans sa réponse à la demande, qu'elle avait signé avec le club allemand précité, au mois de février 2001, un contrat portant sur le transfert du joueur bulgare. 2.3.2 La Cour de justice retient encore, dans son arrêt, qu' "il est établi par pièces que B.________ a été le premier à signaler à l'intimée [i. e. Servette], le 15 décembre 2000, l'intérêt du club de Wolfsburg pour le transfert de Petrov". La recourante invoque toute une série de circonstances qui démontreraient le caractère insoutenable de cette constatation: - En premier lieu, il serait établi que l'agent du joueur Petrov était déjà en contact avec Z.________ en été 2000 et qu'il avait reçu, en date du 15 juin 2000, une confirmation écrite de Servette pour effectuer le transfert de ce joueur. On ne voit pas en quoi de tels faits seraient propres à infirmer la constatation incriminée. Il sied de relever, à ce propos, que le nom du WfL Wolfsburg ne figure pas dans la confirmation écrite susmentionnée. - La même remarque peut être faite en ce qui concerne le fait, avancé par la recourante, selon lequel l'agent de Martin Petrov avait déclaré être certain que c'était Z.________ qui l'avait "contacté avec les possibilités allemandes". - Que Z.________ ait été mandaté par le club de Wolfsburg en vue du transfert du joueur bulgare, ainsi que le souligne la recourante, n'exclut nullement que ce soit B.________ qui ait été le premier à signaler à Servette l'intérêt du club allemand pour ledit joueur. - Si l'on en croit la recourante, il serait indéniable que Servette était déjà en contact avec plusieurs clubs, dont le WfL Wolfsburg, avant la date déterminante du 15 décembre 2000. Force est toutefois de constater que la pièce 6 invoquée par l'intéressée ne lui est d'aucun secours. Il s'agit d'une télécopie envoyée le 4 décembre 2000 par C.________ à B.________, dans laquelle le premier nommé se borne à indiquer au second que "plusieurs clubs s'intéressent à ce joueur [i. e. Martin Petrov]", mais sans faire état du nom d'un quelconque acheteur potentiel. - La recourante affirme, en outre, que B.________ n'aurait évoqué que le Hertha Berlin, à l'exclusion de tout autre club, en tant que club intéressé par le transfert de Martin Petrov. Cette affirmation est contredite par la pièce 12, soit le fax que B.________ a adressé le 15 décembre 2000 à C.________ et dans lequel on peut lire notamment ce qui suit: "Comme je te l'avais indiqué, le joueur a été proposé à plusieurs clubs de Bundesliga par notre intermédiaire, après que Hertha BSC, Berlin et Bayer Leverkusen aient (sic) renoncé". - Il serait enfin démontré, toujours selon la recourante, que Z.________ est entrée en contact et en négociations directement avec C.________ et que B.________ a voulu s'immiscer dans des relations déjà nouées en contactant ladite société après le 24 octobre 2000, date à laquelle il ignorait encore que le club de Wolfsburg était intéressé. La recourante se réfère, à l'appui de ses dires, aux constatations faites par la cour cantonale à la page 5, § 3 et 4, de l'arrêt attaqué. Or, ces constatations ne vont nullement dans le sens des conclusions qu'elle en tire. Il n'en ressort pas, en particulier, que C.________ soit entré en contact avec G.________ et F.________ avant le 15 décembre 2000, date à laquelle B.________ lui a indiqué le nom du WfL Wolfsburg comme étant le club pour lequel F.________ agissait en qualité de représentant muni d'un mandat en bonne et due forme. Sur le vu de ce qui précède, ll faut bien admettre que la recourante n'a pas fourni un élément de preuve décisif dont on pourrait déduire à coup sûr que Servette connaissait déjà le nom du club allemand intéressé par le transfert de Martin Petrov avant que B.________ le lui ait indiqué. En retenant que celui-ci avait été le premier à signaler à la recourante, le 15 décembre 2000, l'intérêt du WfL Wolfsburg pour un tel transfert, la cour cantonale n'a donc pas posé une constatation insoutenable, de sorte que le reproche d'arbitraire qui lui est fait par la recourante tombe à faux. Peu importe, au demeurant, que B.________, le représentant de l'intimée, n'ait pas été associé aux pourparlers contractuels qui ont débouché sur le transfert de Martin Petrov de Servette au WfL Wolfsburg. Il n'est en effet question, dans la présente affaire, que d'un courtage d'indication et non d'un courtage de négociation.