Citation: 6B_1158/2015 E. 3.3.2

3.3.2. Les juges cantonaux ont relevé que les déclarations du recourant étaient contredites par les pièces du dossier. Ainsi, nonobstant la procuration générale notariée que le recourant avait conférée à l'intimé le 20 février 2012, il ressortait de la documentation bancaire que s'il était bien hospitalisé le 30 mai 2012, il s'était lui-même rendu à la banque ce jour-là avec l'intimé pour retirer 100'000 fr. sur le compte de l'hoirie, la quittance de prélèvement indiquant "c'est l'héritier qui a signé". Les 6 juillet et 15 août 2012, c'était également lui qui avait signé les quittances de prélèvement de 90'000 fr., le rapport de visite du 15 août 2012 indiquant qu'il avait passé en revue le portefeuille et était satisfait de la performance. Le 21 décembre 2012, alors qu'il était hospitalisé, il avait lui-même effectué le prélèvement de 90'000 francs. Le 18 mars 2013, il s'était présenté à la banque accompagné d'un ami avocat, avait passé en revue son portefeuille et signé la quittance de retrait de 90'000 francs. Le rapport de visite du 2 mai 2013 mentionnait que l'héritier s'était présenté accompagné de la procuration pour faire le point de la situation et retirer 125'000 francs. Enfin, le rapport de visite du 13 août 2013 mentionnait la visite de l'héritier pour clôturer le compte et retirer 19'918 fr. 25. La cour cantonale a souligné que le recourant avait ainsi non seulement conféré à l'intimé une procuration générale sur le compte de l'hoirie, mais s'était encore rendu lui-même à la banque, seul ou accompagné de l'intimé pour y effectuer les prélèvements litigieux, parfois à des dates pendant lesquelles il était hospitalisé; il ne saurait dès lors arguer que ces retraits avaient été fait sans sa volonté. Le recourant alléguait ensuite avoir confié les montants retirés en espèces à l'intimé pour qu'il les garde chez lui, ce que conteste le mis en cause, celui-ci affirmant que l'argent avait été conservé par le recourant dans son coffre, à son domicile, et qu'il ne l'avait en aucun cas utilisé pour ses propres besoins. Malgré une instruction menée de manière approfondie et complète, aucun élément probant ne permettait d'appuyer l'une ou l'autre version. La cour cantonale a néanmoins relevé que les témoignages recueillis et les déclarations du recourant lui-même avaient mis en lumière que celui-ci, souvent ivre et incapable de gérer son quotidien, laissait souvent sa porte ouverte, s'exposant ainsi à des vols. Il était dès lors tout à faire plausible que le recourant, vu son état d'alcoolisation, ne se souvenait pas de l'affectation des montants retirés à la banque mais les avait utilisés pour lui-même - notamment pour ses voyages en Suède et pour les travaux de sa maison à Malmö - ou en avait fait profiter des tiers. Les questions laissées ouvertes ne permettaient pas de soutenir la thèse du recourant selon laquelle l'intimé se serait approprié son argent. Enfin, l'intimé, qui jouissait d'un train de vie confortable et semblait avoir un parcours professionnel irréprochable, avait aidé son ami de manière désintéressée pendant de nombreuses années alors que celui-ci se trouvait dans une situation personnelle et financière catastrophique; on comprenait dès lors mal pourquoi il l'aurait soudainement spolié.