Citation: 5A_490/2019 E. 3.3

3.3. Le recourant s'en prend tout d'abord à l'un des principes énoncés par la cour cantonale dans sa majeure, à savoir que la doctrine retient la possible application de l'art. 2 al. 2 CC lorsqu'un mineur qui a dissimulé la nécessité du consentement du représentant légal invoque l'absence de capacité pour invalider l'acte passé conformément aux art. 18 ss CC (décision attaquée, consid. 5.1). Or, il s'avère que le juge précédent n'en a finalement rien tiré pour juger du cas d'espèce (cf. supra consid. 3.2). Sans lien avec les motifs déterminants pour l'issue du litige, la motivation du recours est ainsi privée de toute portée sur ce point. Le recourant " relève " ensuite que la cour cantonale n'a pas " retenu le principe usuel " selon lequel un contrat conclu avec une compagnie d'assurance doit être interprété en faveur de la partie la plus faible. Or, selon la décision attaquée, un tel principe est dénué de pertinence en l'espèce, ce que le recourant ne tente même pas de contester. Il se contente en effet d'exposer que les compagnies d'assurance utilisent des contrats préétablis et préimprimés avec des conditions qu'elles ont elles-mêmes formulées, alléguant que celles-ci " ne sont pas discutables et [...] ne peuvent être mises en cause par l'assuré ". Insuffisamment motivé (art. 42 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1), le grief est irrecevable. Sous le chapitre intitulé " Retard dans l'invocation de la nullité du contrat ", après avoir allégué de manière purement appellatoire les circonstances de l'espèce que la cour cantonale aurait omises, le recourant reprend tels quels les arguments avancés en vain dans son recours cantonal, à savoir qu'il n'avait pas à faire valoir de griefs dans les procédures de poursuite diligentées en 2009 et 2012, n'ayant pas été recherché comme débiteur, et que, de toute façon, il avait toujours fait opposition aux commandements de payer qui lui avaient été notifiés. Ce faisant, il ne réfute ni ne discute les motifs de la décision attaquée conformément aux réquisits susrappelés, ce qui conduit à l'irrecevabilité de ces moyens (cf. supra consid. 2.1). Exposant ensuite derechef que le contrat de prêt avait " bien entendu " été rédigé par les services administratifs et juridiques de la compagnie d'assurance sur une formule préétablie, le recourant affirme qu'à l'époque de la signature du contrat de prêt, il ne savait pas que, mineur, il ne pouvait s'engager valablement à signer un tel contrat sans qu'il soit ratifié par l'autorité tutélaire. Dans ces circonstances, conformément à l'arrêt publié aux ATF 133 III 61, que la cour cantonale avait cité mais n'avait pas appliqué en l'espèce, on ne pouvait lui reprocher de se prévaloir abusivement de l'invalidité du contrat. Une telle argumentation, de nature essentiellement appellatoire, est impropre à valablement remettre en cause les motifs retenus par le juge cantonal pour considérer qu'il était abusif d'invoquer pour la première fois la nullité du contrat vingt ans après sa conclusion. Il n'y a dès lors pas lieu d'en tenir compte. Le recourant ajoute que l'acte juridique de celui qui est incapable de discernement est nul, même si l'incapacité était inconnue du cocontractant, et qu'une telle nullité ne nécessitait aucune démarche de sa part; elle n'emporterait de surcroît pas d'effets irrémédiables pour la créancière poursuivante dès lors qu'il n'est qu'un codébiteur et que cette dernière peut actionner " sans autre " ses parents pour le remboursement du prêt consenti. Si tant est que l'on doive y voir une critique à l'encontre de la décision du juge précédent, qui aurait omis de relever d'office un cas de nullité, force est de constater que le recourant n'a jamais prétendu en instance cantonale avoir été incapable de discernement au moment de la signature du contrat de prêt, se bornant à rappeler qu'il était mineur à ce moment-là (cf. recours cantonal, p. 5). Nouveau, le grief est irrecevable (art. 75 al. 1 LTF; ATF 143 III 290 consid. 1.1). Il sera, quoi qu'il en soit, rappelé que la capacité de discernement peut être présumée pour un jeune proche de l'âge adulte, ce qui était le cas en l'espèce à l'époque de la conclusion du contrat litigieux, et qu'il appartient à celui qui entend se prévaloir de la capacité ou de l'incapacité de discernement de la prouver, conformément à l'art. 8 CC (ATF 134 II 235 consid. 4.3.3). Dans un dernier moyen, le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir analysé ses arguments fondés sur le fait que la créancière poursuivante avait attendu " vingt et un ans et huit mois " pour lui réclamer paiement de la somme de 180'000 fr. et qu'elle avait laissé courir un taux d'intérêt élevé de 5% sur cette somme, alors que depuis de nombreuses années les intérêts bancaires sont de l'ordre de 1%. Les intérêts de retard, s'élevant à 198'000 fr. environ, étaient supérieurs au montant du prêt, ce qui dénotait un abus de droit. Si tant est que le recourant tente par là de soulever un grief de violation de son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), sous l'angle du droit à une décision motivée, force est de constater qu'il ne respecte nullement les exigences du principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1). Pour le reste, le recourant perd de vue que le juge cantonal a adopté une double motivation, l'une principale et l'autre subsidiaire. Or, selon la jurisprudence, lorsque la décision attaquée comporte plusieurs motivations indépendantes et suffisantes pour sceller le sort de la cause, il incombe au recourant, sous peine d'irrecevabilité, de démontrer que chacune d'entre elles est contraire au droit (ATF 138 III 728 consid. 3.4; 133 IV 119 consid. 6). L'invocation de deux arrêts du Tribunal fédéral en lien avec la motivation subsidiaire de la décision querellée est donc inopérante, étant au demeurant relevé que le recourant n'explique de toute façon pas, de manière conforme aux exigences de motivation, en quoi les principes résultant de ces arrêts auraient été mal appliqués ou ignorés par la cour cantonale. Le grief est partant irrecevable.