Citation: 4A_347/2023 E. 5.1

5.1. En l'espèce, la cour cantonale, se référant notamment au rapport établi par l'expert judiciaire V.________, a estimé que la simple possibilité que des bactéries butyriques et propioniques aient contribué aux défauts d'ouverture, de pâte et de goût ne suffisait pas à incriminer tel ou tel producteur de lait si l'on ne disposait pas de preuve d'une activité accrue de ces organismes dans le fromage. L'expert judiciaire a en outre relevé que la fromagerie était coresponsable des pertes liées au gonflement tardif, dès lors qu'on savait qu'elle avait pu transformer du lait contaminé par des spores de bactéries butyriques. La cour cantonale a ainsi souligné que le recourant semblait, à tout le moins, très impliqué dans le fait que le fromage fabriqué par ses soins n'ait pas été conforme en raison notamment, mais pas seulement, de la qualité du lait qu'il avait accepté. Faute d'avoir démontré le montant du préjudice subi et l'existence d'un lien de causalité naturelle et adéquate entre le comportement de l'un ou l'autre des intimés et son dommage, l'application de l'art. 97 CO était dès lors exclue. Le recourant ne pouvait pas davantage se prévaloir de l'art. 82 CO pour refuser de régler les livraisons de lait déjà reçues ni invoquer le moyen pris de la compensation.