Citation: U 183/05 16.12.2005 E. A

Ressortissant italien né en 1944, S.________ travaillait comme chef de chantier pour l'entreprise «X.________». A ce titre, il était assuré contre les accidents par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 19 août 1997, il a subi des contusions à l'épaule droite, ainsi qu'à la jambe et au pied gauches, après avoir reçu un couvercle de fonte sur ce dernier; il a été placé en arrêt de travail pour une durée indéterminée (rapports de la doctoresse R.________, médecin traitant, des 19 août et 9 septembre 1997). Les diverses investigations du docteur H.________ ont mis en évidence une discrète contusion au deuxième métatarse, un petit épanchement dans l'articulation métatarso-phalangienne, une formation kystique allongée depuis le plateau tibial jusqu'au condyle fémoral et une importante déchirure de la corne du ménisque interne (rapports du 5 novembre 1997). Seul le genou a été traité par arthroscopie (rapport du docteur P.________, chirurgien orthopédique FMH, du 24 novembre 1997). Peu après, le docteur M.________, médecin d'arrondissement de la CNA, constatait la persistance de douleurs alléguées au pied, mais la guérison de l'épaule et l'amélioration de l'état du genou (examen du 20 janvier 1998). La doctoresse O.________, angiologue FMH, a mentionné un status variqueux préexistant à l'accident (rapport du 30 janvier 1998) et le docteur E.________, chirurgien orthopédique FMH, un status après choc direct sur la partie médio-tarsienne du pied ayant probablement provoqué une fracture par compression de la région scapho-cunéenne (rapport du 4 février 1998). L'été suivant, l'assuré a suivi un traitement à la Clinique Y.________; les docteurs B.________ et T.________ ont observé la guérison complète de l'épaule et du genou, ainsi que l'absence de troubles organiques expliquant les douleurs au pied; ils ont estimé que l'intéressé pouvait reprendre son travail à mi-temps dès le 17 août 1998 (rapport du 14 août 1998). Ce dernier n'avait toutefois repris aucune activité le 5 novembre 1998, lorsque le docteur M.________ l'a examiné pour la deuxième fois et lui a reconnu une pleine capacité de travail. Par lettre du 18 novembre 1998, la CNA a mis un terme au versement de toutes prestations, avec effet au 6 novembre 1998, les affections présentes et déterminant encore une incapacité de travail n'étant pas en relation de causalité avec l'accident. D'autres examens ont encore eu lieu; l'assureur est ainsi entré en possession de l'avis de la doctoresse L.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, qui a préconisé une reprise du travail à 100 %, le plus rapidement possible (rapport du 7 mai 1999). S.________ a déclaré trois autres accidents à la CNA entre le 26 juillet 1999 et le 25 octobre 2001: une chute dans son jardin ayant entraîné une coupure au pied gauche (déclaration du 26 juillet 1999), un accident de la circulation ayant causé un traumatisme cranio-cérébral et des douleurs à la colonne cervicale (déclaration du 22 janvier 2001) et une chute dans un parking ayant engendré des douleurs au dos et au pied gauche (déclaration du 19 novembre 2001). Ces trois événements ont fait l'objet de deux décisions. La première, du 17 mars 2000, refusait le versement de toutes prestations, l'assurance ayant cessé de produire ses effets, dans la mesure où l'intéressé n'avait plus travaillé depuis l'accident de 1997 et n'avait plus bénéficié d'indemnités de remplacement depuis novembre 1998. La seconde, du 19 mai 2003, en relation avec les accidents de 2001, mettait un terme au paiement des indemnités journalières et à la prise en charge des frais de traitement, vu l'absence de rapport de causalité entre les événements et les troubles subsistant désormais. Objets d'oppositions, ces procédures ont été suspendues à la demande de l'assuré, la première jusqu'à ce que le litige découlant de l'accident de 1997 soit réglé, la seconde jusqu'à ce que des éléments médicaux complémentaires aient été déposés. L'intéressé a également requis des prestations de l'assurance-invalidité (demande du 15 mai 2000). Par décision du 18 avril 2002, concernant l'accident de 1997, l'assureur a confirmé les termes de sa lettre du 18 novembre 1998. L'intéressé s'y est opposé le 17 mai 2002, demandant la suspension de la procédure jusqu'à la remise du rapport d'expertise pluridisciplinaire requis par l'Office AI et réalisé par la Clinique Z.________. Ce rapport est parvenu à la CNA le 7 juillet 2003; il faisait état d'un trouble somatoforme douloureux persistant (F 45.4 CIM-10) sans comorbidité psychiatrique invalidante, de cervicalgies séquellaires à un syndrome de whiplash aggravées par le trouble somatoforme et par des troubles dégénératifs, de séquelles douloureuses du pied gauche après écrasement par une plaque de fonte et fracture-impaction du scaphoïde tarsien, ainsi que fracture-séparation du premier cunéiforme, de rachialgies sur troubles dégénératifs dorso-lombaires, d'irritation du nerf cubital à la gouttière épitrochléenne gauche et d'entorses à répétition de la cheville gauche avec troubles dégénératifs débutants (rapport du 21 juin 2002); l'assuré s'y référait pour justifier une incapacité de travail de 20 %. Par décision du 9 juillet 2004, l'assureur a rejeté l'opposition de S.________. Il a conclu à l'inexistence de troubles, en relation avec les événements de 1997, entraînant une quelconque incapacité de travail ou nécessitant des soins médicaux.