Citation: 6B_58/2024 E. 2.2

2.2. Comme l'a relevé la cour cantonale, il est exact que la configuration des événements était propre à causer une collision frontale entre deux véhicules et à mettre en péril, à minima, l'intégrité physique du recourant, voire sa vie. Si un état de nécessité licite n'entre pas en considération, en présence de biens juridiques de même valeur, soit son intégrité physique et la vie de la victime, un état de nécessité excusable peut s'envisager. Toutefois, la cour cantonale a considéré qu'il ne saurait être retenu que le recourant était face à un danger impossible à détourner autrement, les éléments au dossier permettant de retenir qu'il pouvait éviter la voiture qui venait en sens inverse en se rabattant sur la droite, comme déjà mentionné. De plus, à supposer qu'il aurait été contraint de se déporter sur la droite au-delà de la chaussée, en achevant sa course dans les champs, la cour cantonale a jugé qu'il aurait pu effectuer cette manoeuvre à moindre risque, les poteaux électriques étant suffisamment espacés les uns des autres. À l'inverse, l'option choisie, dont le recourant n'est pas parvenu à expliquer pourquoi il l'avait adoptée, contrevenait aux règles de la LCR et comportait une mise en danger de l'auteur et des autres usagers de la route, danger qui s'est concrétisé par une collision et le décès de la victime. En alléguant que, s'il n'a pas obliqué à droite, c'est qu'il n'en avait pas la possibilité et qu'il était impossible de détourner le danger autrement, le recourant rediscute les faits établis dont il n'a pas démontré l'arbitraire et ne tente pas de démontrer une violation de l'art. 18 CP.