Citation: 4P.3/2007 15.03.2007 E. 3

3.1 La recourante reproche à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement considéré que les déclarations des principaux témoins entendus ne pouvaient être prises en compte qu'avec retenue du fait que leurs auteurs ne pouvaient être impartiaux (cf. lettre H.b supra). S'agissant des témoins C.________ et D.________, elle fait valoir qu'ils ont déposé sous serment et que le seul fait qu'ils étaient employés de la recourante ne permettait pas à la cour cantonale de mettre en doute leurs déclarations. Au surplus, ces témoins, dont les intimés n'ont jamais mis en doute l'impartialité, ont participé à tous les stades de la construction des huit villas de ... et notamment de la villa H, de sorte que leur audition était essentielle pour la constatation des faits dans la présente cause. En ce qui concerne le témoin B.________, qui a également déposé sous serment et dont les intimés n'ont jamais mis en doute l'impartialité, ses déclarations étaient également essentielles pour l'établissement des faits du présent litige. Au surplus, il serait arbitraire de considérer que la déposition du témoin B.________ pouvait avoir des conséquences directes sur sa situation, puisque la recourante et A.________, représentée par B.________, ont conclu le 25 février 2004 une transaction extrajudiciaire mettant fin au litige qui les opposait. Ces griefs sont mal fondés. En effet, dès lors qu'il n'est pas contesté que les témoins C.________ et D.________ étaient des employés de la recourante, à son service depuis plus de vingt ans et donc fidèles à leur employeur, la Cour de justice pouvait sans arbitraire ne prendre leurs déclarations en compte qu'avec retenue, quand bien même ils ont en tant que témoins été entendus sous serment (cf. art. 231 LPC/GE) et que leur impartialité n'a pas été spécialement mise en doute par les intimés. Quant à l'architecte B.________, dont il n'est pas contesté qu'il était à la fois l'ex-organe de A.________ et l'associé de Y.________ SA au sein de A.________, il n'apparaît pas arbitraire de considérer que sa déposition pouvait avoir des conséquences directes sur sa situation, puisque la transaction extrajudiciaire conclue le 25 février 2004 entre la recourante et A.________ était partielle et réservait les prétentions de la recourante relatives aux travaux supplémentaires effectués dans la villa H (cf. lettre E supra). Au demeurant, il ne peut y avoir arbitraire dans l'appréciation des preuves que si la cour cantonale a arbitrairement refusé de tenir pour établis des faits pertinents ressortant des dépositions des témoins. Il convient dès lors d'examiner ci-après quels faits précis la recourante reproche concrètement aux juges cantonaux de n'avoir pas retenu sur la base des dépositions qu'elle invoque. 3.2 La recourante reproche d'abord à l'autorité cantonale de n'avoir pas pris en compte les déclarations des témoins C.________, D.________ et B.________, dont il ressort que Z.________ avait offert de verser à la recourante une somme de 5'000 fr. pour solde de tout compte. Ce grief tombe à faux. En effet, les juges cantonaux n'ont pas omis de prendre en compte le fait que, dans le cadre des pourparlers qui ont eu lieu en marge de la procédure opposant la recourante à A.________, Y.________ SA, par la voix de son directeur, a offert de verser à la recourante une somme de 5'000 fr. pour solder les travaux exécutés dans la villa H (cf. lettre E supra). Ils ont toutefois considéré que l'offre formulée dans la perspective d'une conciliation ne saurait être invoquée ultérieurement, dans un procès, comme un aveu de son auteur (cf. lettre H.d supra). Or la recourante ne s'en prend pas à cette motivation, qui échappe au grief d'arbitraire. 3.3 La recourante invoque la déposition du témoin C.________, qui a déclaré, au sujet de la modification des plans de la villa H après son rachat par Y.________ SA : «Je pense que les plans étaient modifiés par MM. B.________ et Z.________. Ce dernier m'a dit qu'il n'était pas nécessaire de faire un devis complémentaire et que nous allions nous arranger». À ses yeux, cela démontrerait qu'un accord était bel et bien intervenu entre Y.________ SA et la recourante. Toutefois, même s'il devait être retenu que Z.________ a indiqué à l'employé de la recourante qu'il n'était pas nécessaire de faire un devis complémentaire et qu'un arrangement serait trouvé, cette constatation ne serait pas propre à modifier l'issue du litige. En effet, la phrase précédente de la déposition du témoin C.________, selon laquelle les plans ont été modifiés par l'architecte B.________ et par Z.________, corrobore la conclusion de l'autorité cantonale selon laquelle les demandes orales de modifications exprimées par Z.________, en présence de l'architecte B.________ incarnant le maître de l'ouvrage A.________, étaient par actes concluants avalisées par A.________ sur le chantier même (cf. lettre H.d supra). Or si les indications orales données par Z.________ aux employés de la recourante l'ont été en présence de l'architecte B.________ et devaient, au regard de l'ensemble des circonstances mentionnées par l'autorité cantonale (cf. lettre H.c supra), être considérées par les auxiliaires de la recourante comme étant ratifiées et reprises à son compte par A.________, les seules déclarations de Z.________ telles qu'invoquées ci-dessus, pour autant qu'elles puissent être tenues pour établies par la seule déposition du témoin C.________, apparaissent impropres à établir l'existence de relations contractuelles directes - contraires au système instauré par l'entrepreneur général A.________ - entre Y.________ SA et la recourante. 3.4 La recourante invoque enfin la déposition du témoin B.________, qui a déclaré, au sujet de la modification des plans de la villa H après son rachat par Y.________ SA : «A.________ ne s'est ensuite pas occupée des travaux de finition de la villa rachetée par Y.________ SA. C'est cette dernière qui s'est occupée de la coordination des travaux. Je n'ai plus fait d'adjudication ou de décompte dans le cadre de ces travaux». Selon elle, ces déclarations confirmeraient que dès l'acquisition de la villa H par Y.________ SA, les relations contractuelles existaient seulement entre Y.________ SA et la recourante. On ne discerne toutefois pas d'arbitraire à ne pas suivre la recourante dans les conclusions qu'elle tire de la déposition du témoin B.________. En effet, en tant qu'elle vise les travaux d'électricité supplémentaires de la villa H, cette déposition - dont on rappelle que la cour cantonale était fondée à la prendre en compte avec retenue, dès lors qu'elle pouvait avoir des conséquences directes sur la situation de son auteur (cf. consid. 3.1 supra) - est contredite par celle du témoin D.________, soit par le propre employé de la recourante, qui a déclaré que l'exécution de ces travaux avait été surveillée par l'architecte B.________ (cf. lettre C supra). En outre, les intimés, qui ne contestent pas que Y.________ SA se soit occupée de la coordination de certains travaux dans la villa H, relèvent, de manière à tout le moins plausible, que cette coordination concernait de fait les ouvrages dont Y.________ SA s'était réservé l'exécution dans l'avenant au contrat d'entreprise générale qu'elle avait conclu le 5 mars 1998 avec A.________, ouvrages qui n'incluent en rien les installations électriques (cf. lettre B supra). 3.5 La recourante se plaint encore, en se référant aux déclarations de Z.________ selon lesquelles celui-ci a agi non pas à titre personnel ou pour le compte de A.________ mais comme directeur de Y.________ SA, du caractère insoutenable de la construction retenue par la cour cantonale, selon laquelle les demandes orales de modifications exprimées sur le chantier par Z.________ en présence de l'architecte B.________ devaient être considérées comme étant ratifiées et reprises à son compte par A.________ (cf. lettre H.d supra). Ce faisant, la recourante ne s'en prend toutefois pas à l'appréciation des preuves - étant précisé que les déclarations en question de Z.________ ont dûment été prises en compte par l'autorité cantonale (cf. lettre C in fine supra) -, mais à l'application même du principe de la confiance, sur la base des circonstances de fait constatées. Or il s'agit là d'une question de droit qui doit être examinée dans le cadre du recours en réforme (ATF 132 III 268 consid. 2.3.2; 131 III 586 consid. 4.2.3.1, 606 consid. 4.1; 130 III 417 consid. 3.2), de sorte que le grief est irrecevable dans le cadre du recours de droit public (cf. consid. 1.3 supra).