Citation: 4A_431/2015 E. A

A.a. Les époux H.X.________ et F.X.________ (époux demandeurs) sont propriétaires d'un appartement luxueux, dans un immeuble à Genève, où ils logent avec leurs enfants. Le bâtiment classé est bâti sur les remblais du Léman, de sorte qu'il penche légèrement côté lac, ce qui a pour conséquence une différence de niveau et d'altitude entre les étages. La cour cantonale en a déduit qu'avec le temps, cette particularité cause des fissures dans les appartements, ce qui est contesté par les prénommés. Leur appartement a été entièrement rénové en 1992 et une partie des peintures a été refaite en 1998, puis en 2007 et 2008. A.b. Les époux H.Y.________ et F.Y.________ (époux défendeurs) ont acquis en 2008 l'appartement situé directement au-dessus de celui des époux X.________. Ils ont mandaté le bureau d'architecte Z.________ SA (ci-après: l'architecte défendeur) pour y effectuer des travaux de transformation et de rénovation, qui impliquaient en particulier la démolition des plafonds et des chapes, ainsi que des revêtements du sol et des murs. Les travaux de démolition ont été confiés à A.________, entrepreneur indépendant (ci-après: l'entrepreneur défendeur). A.c. Le 29 mai 2009, un huissier judiciaire, mis en oeuvre par l'architecte, a établi un constat de l'appartement des époux X.________, lequel relève l'existence de quelques fissures. Les travaux dans l'appartement des époux Y.________ ont débuté au mois de juin 2009, ce qui est contesté par les époux X.________, comme ils contestent le fait que le constat de l'huissier ait été établi avant le début des travaux. Les travaux ont fait l'objet d'une autorisation du Département genevois des constructions et des technologies de l'information. A.d. Parallèlement, toute une série de travaux importants ont été réalisés dans et devant l'immeuble (combles; tourelle du bâtiment; travaux au 4e étage consistant dans la réunion de deux appartements en attique, ayant duré de l'été 2008 à fin 2009 et ayant nécessité l'utilisation de marteaux-piqueurs; travaux dans l'appartement voisin de celui des époux X.________; travaux d'introduction électrique au rez-de-chaussée, notamment dans des locaux attenants à l'appartement des époux X.________; travaux sur le domaine public, juste devant l'immeuble, ayant nécessité l'usage d'un marteau-piqueur et d'un compresseur). A.e. Le 12 juillet 2009, les époux X.________ se sont plaints auprès des époux Y.________ des nuisances et des dégâts causés par des " techniques brutales et disproportionnées ", en particulier le marteau-piqueur, indiquant qu'ils ont constaté l'apparition de multiples fentes sur leurs plafonds. Un huissier judiciaire a établi un constat le 17 juillet 2009, faisant état de nombreuses fissures dont une partie n'avait pas été constatée par le précédent constat. Les époux Y.________ se sont engagés, par courrier de leur précédent mandataire du 21 août 2009, à effectuer toutes les réparations nécessitées par leurs travaux, se réservant toutefois le droit d'examiner si des travaux effectués par les propriétaires des étages supérieurs avaient pu contribuer à ces dommages. L'interprétation de ce courrier est litigieuse. Un nouveau constat des dégâts a été établi en septembre 2009 par un architecte mandaté par les époux X.________. Il en ressort que des fissures déjà existantes s'étaient élargies et étaient plus marquées. Ledit architecte a sollicité des devis auprès de deux entreprises pour la réfection totale des peintures et papiers-peints de l'appartement des conjoints X.________; la première les évalue à 60'332 fr. 95 et la seconde à 74'573 fr. 35. Les dégâts causés en septembre 2009 à un conduit de cheminée par des ouvriers intervenant dans l'appartement des époux Y.________, lesquels ont provoqué le déversement d'eau et de gravats dans l'appartement des époux X.________, ont été réparés par les premiers nommés. Les époux Y.________ se sont engagés, par courrier de leur précédent mandataire du 28 octobre 2009, à prendre en charge les dégâts causés aux époux X.________ par les travaux dans leur appartement, précisant qu'il conviendra de solliciter des devis comparatifs. L'interprétation de ce courrier et l'aptitude des devis à établir le dommage sont contestées. L'assurance chantier des époux Y.________ a refusé de couvrir le sinistre, aux motifs que les fissures ne portaient pas sur des éléments porteurs du bâtiment, ni sur des éléments statiques, mais qu'elles avaient été causées par des vibrations et n'étaient donc pas couvertes. A.f. Les travaux dans l'appartement des époux Y.________ se sont terminés à fin janvier 2010. En février 2010, l'architecte des époux X.________ a établi un rapport complémentaire, lequel relève que de nouvelles fissures et dégâts sont apparus depuis le mois de septembre 2009. Cet architecte a sollicité de nouveaux devis: le premier les évalue à 95'418 fr. 70 et le second à 82'276 fr. 12. En juillet 2010, un troisième devis, constatant une augmentation des dégâts par rapport au devis antérieur de 60'332 fr. 95 (sollicité en 2009), les évalue à 135'738 fr. 70 (devis V.________). Le devis demandé par l'architecte défendeur est pour sa part de 66'612 fr. 02.