Citation: 5A_388/2020 E. 3.1

3.1. La Juge déléguée a estimé que le raisonnement de la première juge qui avait considéré le loyer du recourant comme déraisonnable n'était pas contesté par celui-ci. Il admet tait le caractère élevé de son loyer mais estim ait qu ' il était justifi é eu égard aux circonstances de l'espèce. S'i l était vrai que le recourant a vait dû quitter le logement conjugal dans l' urgence puisque son départ avait été ordonné par la P résidente le 18 juin 2019 suite à une intervention de la police. Il a vait toutefois trouvé une solution provisoire en logeant chez ses parents. M ême si on ne pouvait imposer à ceux-ci d ' héberger leur fils pendant une trop longue période, le recourant n ' a vait pas démontré qu 'i l aurait été contraint de prendre un nouveau logement dans l' urgence et il aurait pu faire preuve de patience avant de conclure son bail. Ce la valait d ' autant plus qu ' à l' époque où il a vaitemménagé dans son nouvel appartement, son droit de visite sur ses filles avait été suspendu par ordonnance de mesures superprovisionnelles, de sorte qu ' il n' était pas urgent pour lui de trouver un logement lui permettant d ' accueillir ses enfants. Dans tous les cas, comme l' a vait relevé la première juge, il était admissible d'accorder une importance supé rieure à la prestation d'entretien par rapport au confort de l'enfant à l'occasion de l'exercice du droit de visite. Le recourant indiqu ait certes qu ' il n' a vait pas pu obtenir de logement subventionné au motif qu ' il ne disposait pas d ' un jugement de séparation alors que le formulaire de préinscription pour un logement subventionné nécessitait qu ' il en annexe une copie. Toutefois, ledit formulaire précis ait que le recourant devait fournir la copie du " jugement de divorce ou mesure provisoire de séparation ratifié par une instance officielle ". Aussi, le recourant aurait pu produire l' ordon nance de mesures superprovisionnelles rendue le 18 juin 2019 par la P résidente, qui, justement, l'enjoignait de quitter immédiatement le domicile conjugal. Il semblait donc que le recourant n ' a vait pas f ourni les efforts qu ' on pouvait raisonnablement attendre de lui pour trouver un appartement pour un loyer modéré. Dans tous les cas, cet élément n'était pas déterminant puisque la première juge ne lui a vait pas imputé le loyer d ' un appartement subventionné mais a vait simplement réduit son loyer actuel sur la base de sa situation financière. R ien ne justifiait par conséquent la décision du recourant de conclure un bail dont le loyer, à l' époque de sa signature, avoisinait la moitié de son salaire et correspondait à plus du double du loyer du logement familial qu 'i l occupait avec l' intimée et les enfants. En conséquence, la Juge déléguée a suivi le raisonnement de la P résidente, qui a vait imputé au recourant un loyer hypothétique mensuel de 1'400 fr., somme qui se situ aiten-dessus de la moyenne des loyers vaudois pour 2017 selon les statistiques disponibles sur le site internet de la Confédération et de l' État de Vaud. Par ailleurs, la Juge déléguée a estimé qu'il n 'était pas nécessaire d ' impartir au recourant un délai de transition pour diminuer son loyer compte tenu du fait qu ' il avait augmenté unilatéralement sa charge locative alors qu ' il savait ou du moins ne pouvait pas ignorer, compte tenu de la procédure de séparation qui s ' était engagée et des conclusions de l' intimée, qu ' il serait tenu de contribuer à l'entretien de ses filles, lui-même ayant pris des conclusions dans ce sens dans ses déterminations du 4 juillet 2019, soit avant la conclusion du bail le 19 juillet 2019.