Citation: 9C_774/2016 E. 4.3

4.3. Si le recourant soulève une divergence de diagnostics entre le docteur C.________ et le docteur G.________, cela ne suffit cependant pas à mettre en évidence que la constatation de la juridiction cantonale quant à l'absence de trouble somatoforme douloureux serait manifestement inexacte ou procéderait d'une appréciation insoutenable des avis des deux psychiatres mentionnés. A l'inverse de ce que soutient l'assuré, les premiers juges n'ont pas méconnu la portée de la jurisprudence publiée à l'ATF 141 V 281, puisqu'ils ont relevé que les critères de classification diagnostiques d'un trouble somatoforme douloureux faisaient défaut dans l'appréciation du docteur C.________. En effet, le diagnostic de trouble somatoforme douloureux présuppose une douleur persistante, intense, s'accompagnant d'un sentiment de détresse, non expliquée entièrement par un processus physiologique ou un trouble physique et survenant dans un contexte de conflits émotionnels et de problèmes psycho-sociaux suffisamment importants pour constituer la cause essentielle du trouble selon le clinicien (Classification internationale des maladies et des problèmes de santé connexes éditée par l'Organisation mondiale de la santé, 10ème révision [CIM-10], F45.40). A la différence d'autres troubles psychosomatiques, le diagnostic de trouble somatoforme douloureux présuppose, par définition, des limitations dans les fonctions de la vie quotidienne (ATF 141 V 281 consid. 2.1.1 p. 285 et les références). Or mis à part l'évocation de douleurs et d'un sentiment de détresse, le psychiatre du SMR n'a pas décrit plus avant les éléments permettant de retenir ce diagnostic, ni ne s'est prononcé sur les éléments requis par la CIM-10 pour conclure à cette pathologie. On peut donc douter que le diagnostic posé à l'époque fût fondé sur des critères suffisants. En tout état de cause, au moment de son expertise, en juin 2015, le docteur G.________ n'a pas retenu de trouble somatoforme douloureux, car les critères diagnostiques n'en étaient alors pas remplis (alors qu'ils ne l'étaient pas nécessairement en 2011). A cet égard, en tant que le recourant invoque la non prise en considération par le docteur G.________ des plaintes exprimées, il ne saurait être suivi. Le médecin a relevé les plaintes de l'assuré sous la rubrique "plaintes subjectives (anamnèse psychiatrique récente) " et avait également connaissance du rapport du docteur C.________ et des plaintes en ressortant ainsi que de celles décrites par la doctoresse E.________. Il a cependant déclaré que ces dernières n'avaient "pris qu'une petite place dans la présente exploration psychiatrique". En effet, les problèmes de sommeil (sommeil perturbé avec plusieurs réveils nocturnes et difficulté à l'endormissement, mais pas chaque nuit) ne correspondent pas à une douleur persistante, intense et s'accompagnant d'un sentiment de détresse, pas plus que les ruminations mentales de l'assuré portant sur sa situation sociale, son sentiment d'avoir été traité par les assurances de façon injuste et celui d'être inutile et insuffisamment occupé (rapport du docteur G.________ du 18 juin 2015). Dès lors que l'expert psychiatre de la CRR a expliqué de façon circonstanciée les raisons pour lesquelles le diagnostic en cause ne pouvait pas être retenu en 2015, la juridiction cantonale était en droit d'en suivre les conclusions et de renoncer à une expertise complémentaire.