Citation: 6P.95/2005 04.10.2005 E. 1

1.2 La victime, née en 1983, s'est confiée, le 2 juin 1998, à son enseignante. Elle était donc âgée de quatorze ans et demi lorsqu'elle a fait ses premières déclarations. Elle avait plus de vingt ans lorsqu'elle a été entendue aux débats de première instance. Elle n'était ainsi plus une petite enfant lorsqu'elle a dénoncé les faits. Ses déclarations ont été claires, cohérentes et mesurées. Elles ne présentaient aucune lacune, ni difficulté d'interprétation justifiant l'avis d'un expert. Conformément aux allégations du recourant, il est vrai que sa nièce a été en institution et que, selon le procès-verbal d'audition du 22 juillet 1998, elle a déclaré être suivie par un psychologue, à A.________. Ces éléments ne constituent toutefois pas des indices suffisants permettant de douter sérieusement de la santé mentale de la victime. En effet, il ressort du dossier que les parents de cette dernière ont divorcé en octobre 1986, que le droit de garde sur les deux filles du couple a été confié au Service de protection de la jeunesse, que les fillettes ont été placées en institution et que Y.________ est alors entrée à l'internat scolaire à A.________, accomplissant ainsi dans cet établissement une bonne partie de sa scolarité. En outre, les premiers juges ont relevé que, selon les intervenants spécialisés, la victime avait certes souffert de carences parentales et éducatives ayant entraîné un retard scolaire, mais ne présentait en revanche aucun trouble psychique. Ils ont aussi entendu Y.________ lors des débats. Enfin, cette dernière s'est confiée directement à son enseignante, sans qu'un tiers, en particulier sa mère, n'intervînt dans ce processus. Pour le reste, le fait que la victime n'ait pas pu être entendue selon la procédure mentionnée à l'art. 10c LAVI, entré en vigueur le 1er octobre 2002, ne suffit pas pour jeter un doute sur la crédibilité des aveux de Y.________ et rendre nécessaire une expertise de crédibilité. Par ailleurs, les premiers juges ont fondé leur conviction sur d'autres éléments que les seules déclarations constantes de la victime, à savoir les témoignages de personnes auprès de qui elle s'était confiée et qui ont été convaincues de sa sincérité ainsi que les avis médicaux d'une spécialiste en gynécologie obstétrique et d'une psychologue. Aucune circonstance particulière ne permettant de mettre en doute les déclarations de la victime et d'autres éléments venant appuyer la thèse de cette dernière, le refus de procéder à une expertise de crédibilité n'est pas arbitraire au sens de la jurisprudence précitée. Le grief doit donc être rejeté.