Citation: I 451/05 14.07.2006 E. 3

3.1 Se fondant sur l'expertise du docteur R.________, la juridiction cantonale a retenu que l'état de santé du recourant ne s'était pas aggravé dans une mesure susceptible d'influencer son taux d'invalidité, depuis la première décision de refus de prestations, de sorte qu'il n'y avait pas matière à révision. 3.2 Le recourant allègue souffrir d'une anxiété généralisée, d'agoraphobie et de modifications durables de la personnalité. Il s'appuie sur divers rapports médicaux (en particulier ceux du docteur F.________, médecin traitant, du 29 janvier 2003, des docteurs M.________/ G.________, du 22 juillet 2003 et O.________/G.________, du 4 février. 2004) dont il reproche à la juridiction cantonale de n'avoir pas tenu compte. 3.3 Selon l'expertise du docteur R.________, l'assuré présente des troubles anxieux phobiques et un épisode dépressif léger. L'expert a écarté le diagnostic de trouble obsessionnel, dès lors que la CIM-10 prescrit de ne pas le retenir lorsqu'il existe un trouble dépressif. Les traits phobico-obsessionnels seraient surtout devenus manifestes il y a deux ans. Au chiffre 5 de la partie I (appréciation du cas et pronostic) l'expert expose que: « les troubles observés devraient répondre au traitement psychiatrique; ils ne devraient pas empêcher à terme un travail adapté à temps complet ». Aux chiffres 1 à 3 de la partie II, le docteur R.________ admet que les limitations constatées exercent une influence sur la capacité de travail dans l'occupation habituelle en ce sens qu'elles « peuvent gêner l'activité exercée jusqu'ici; elles reposent sur la crainte objectivement peu justifiée, mais réellement présente, d'avoir un malaise et de se blesser »; un traitement psychiatrique devrait pouvoir améliorer la capacité de travail au poste occupé jusqu'à présent. Au chiffre 4 de la partie II, l'expert indique que « La gravité des troubles n'est pas telle que, sur le plan psychique, elle puisse entraver un travail adapté à temps complet »; l'assuré « peut travailler assis; il admet lui-même pouvoir se déplacer seul en faisant attention sur des distances moyennes ». Dans la partie III, le docteur R.________ indique que d'autres activités sont exigibles de sa part, à condition qu'elles évitent les positions debout où l'assuré pourrait tousser et tomber (l'usage d'une canne, la présence d'un tiers ou le fait de cesser de fumer amélioreraient sans aucun doute la situation). On doit convenir que la formulation utilisée par l'expert ne permet pas au juge de tirer des conclusions claires quant à la capacité de travail de l'assuré dans sa profession habituelle, d'une part, et dans une activité adaptée, d'autre part. En particulier, l'expert laisse entendre que l'assuré n'est en mesure d'exercer une activité adaptée à temps complet qu'à l'issue d'un traitement psychiatrique (partie I chiffre 5), tandis que dans la partie II chiffre 4, il n'émet plus du tout cette réserve et se contente d'affirmer que les affections diagnostiquées n'empêchent pas la reprise d''un travail adapté à temps complet. En ce qui concerne le métier d'aide-jardinier, l'expert indique que les limitations constatées peuvent gêner l'exercice de cette activité sans dire dans quelle mesure. Il ajoute, sans autres explications, qu'un traitement psychiatrique devrait pouvoir améliorer cette capacité. On ignore à cet égard, si un tel traitement est une condition préalable à la reprise éventuelle de la profession habituelle. Par ailleurs, la question de la durée du traitement psychiatrique qui devrait précéder la reprise d'un travail adapté au sens du chiffre 5 de la partie I n'est pas définie, l'expert utilisant l'expression « à terme ». On doit ajouter que les indications du docteur R.________ ne font pas ressortir sans ambiguïté, quelles contre-indications doivent être retenues. En pareilles circonstances, il convient de renvoyer la cause à l'office AI afin qu'il complète l'instruction sur le plan médical. Il appartiendra à l'expert R.________, de dire si le recourant est en mesure d'exercer son activité habituelle d'aide-jardinier et, dans l'affirmative, à quel taux et à quelles conditions. Il incombera également à l'expert de déterminer avec clarté les activités exigibles de l'assuré, le taux et les conditions auxquelles elles peuvent être exercées ainsi que les limitations y afférentes.