Citation: 1P.290/2005 15.07.2005 E. 1

3.2 Contrairement à ce que soutient le recourant, les instances cantonales ne se sont fondées ni sur de simples conjectures, ni sur des impressions subjectives: la condamnation pour escroquerie repose, pour l'essentiel, sur le fait que le recourant a menti à la victime en lui faisant croire, alors qu'il était au chômage, qu'il avait un nouvel emploi nécessitant l'usage d'un téléphone portable. Selon la Cour de cassation, ce mensonge était propre d'une part à convaincre la victime du besoin impérieux de posséder un tel appareil, et d'autre part à lui faire croire que le recourant était en mesure de payer les factures de communications. Le recourant ne tente d'ailleurs pas d'expliquer les raisons de ce mensonge initial. Le fait que l'abonnement pouvait être rapidement résilié et que le prix des communications n'était pas exorbitant ne constitue pas forcément un élément à décharge; le recourant a fort bien pu vouloir bénéficier, pour un temps et un usage limités, de prestations indues. L'incarcération du recourant et le détail de la facture finale ne changeaient donc rien à cette volonté initiale. Quant aux considérations des premiers juges sur le caractère du recourant jugé "inadéquat, arrogant et ergoteur", elles n'ont eu manifestement aucune influence sur l'appréciation des preuves qui a conduit au prononcé de culpabilité; celle-ci ne saurait être qualifiée d'arbitraire. 3.3 Il en va de même à propos de la condamnation pour menaces. A ce sujet, le plaignant ne s'est pas contenté de rapporter les propos que le recourant lui aurait tenus: il a encore précisé que les menaces avaient été proférées en présence de sa fille, et qu'il s'était terré dans son appartement et avait dû appeler son épouse à la rescousse, malgré l'existence d'une procédure de divorce. Si les intimidations reprochées au recourant reposent sur un mobile plausible - la tentative d'obtenir un retrait de plainte -, on ne voit guère en revanche l'intérêt que pouvait avoir la victime d'ajouter sans motif une plainte à une autre, et de prendre le risque d'apporter des précisions qui pouvaient au besoin être facilement vérifiées. Dans ces conditions, le fait que le plaignant ait menti au sujet du recourant dans un autre contexte (fait que ni le Tribunal correctionnel, ni la Cour de cassation n'ont passé sous silence) ne remettait pas en cause sa crédibilité au sujet des menaces reçues.