Citation: 5A_156/2023 E. 7.2

7.2. Le recourant fait grief au Tribunal cantonal d'avoir arbitrairement établi les faits et violé le droit en retenant l'existence d'un risque de conflit d'intérêts concret et actuel fondé sur une prétendue inimitié entre son avocat et la Juge itinérante. Ainsi, l'arrêt attaqué ne mentionnait pas la détermination du 20 juin 2022 adressée par la magistrate en cause à la Présidente suppléante (cf., sur cette critique, supra consid. 6), alors que cet acte permettait d'établir qu'il n'existait aucun conflit d'intérêts concret et actuel fondé sur une supposée forte inimitié entre les intéressés, un tel risque n'ayant nullement été allégué par la Juge itinérante. Le recourant ajoute que, contrairement à ce qu'avait retenu le Tribunal cantonal en violation grave du principe de la bonne foi, son avocat n'avait jamais allégué que le comportement de la Juge itinérante à son encontre empêcherait désormais celle-ci de traiter une affaire où il agirait à titre professionnel. Les seuls motifs de récusation qu'il avait soulevés n'étaient pas en lien avec un prétendu rapport d'inimitié, au demeurant nié par la concernée, mais étaient fondés sur les forts rapports d'amitié et les anciens liens de subordination de la magistrate en cause avec l'étude G.________ ainsi que sur le soutien apporté par Me H.________ en sa qualité de député au Grand Conseil à la candidature de l'intéressée au poste de juge itinérante. Le Tribunal cantonal avait par ailleurs faussement interprété son mémoire de recours en retenant qu'il reprochait à la magistrate en cause " d'agir sous l'influence de circonstances étrangères au procès l'empêchant de fonctionner comme juge, ayant tout mis en oeuvre pour l'évincer, son comportement étant contraire aux valeurs démocratiques ". Il avait simplement constaté que la décision du 13 juin 2022 était suffisante à démontrer " l'impartialité " (sic; recte: la partialité) de ladite juge non pas en raison d'un prétendu rapport d'inimitié mais parce que celle-ci avait manifestement un intérêt personnel dans la cause à nier la capacité de postuler de l'avocat. Les " circonstances étrangères au procès " évoquées dans le recours se rapportaient ainsi à la volonté de la Juge itinérante d'éviter de subir une procédure de récusation. Le recourant ajoute que la plainte pénale que son avocat avait déposée à l'encontre de la magistrate en cause ne préjugeait pas de l'existence d'un supposé grave conflit personnel ou d'une forte inimitié à son endroit. Au demeurant, personne n'avait allégué que la procédure pénale serait actuelle, alors que " le droit impose l'existence (l'actualité) d'un grave conflit personnel ou d'une forte inimitié ". Le recourant reproche encore au Tribunal cantonal d'avoir appliqué la jurisprudence du Tribunal fédéral selon laquelle, en cas de grave conflit personnel entre un juge et un avocat, le premier à oeuvrer sur le dossier devait rester alors qu'il appartenait au second de renoncer à s'en saisir. Selon lui, ce principe ne s'appliquerait que dans les cas où les mêmes motifs concernent à la fois la demande de récusation et la capacité de postuler de l'avocat. Or, en l'espèce, la demande de récusation reposait sur des motifs qui existeraient même si l'avocat avait refusé le mandat et qui existaient encore dès lors que la capacité de postuler avait été déniée. Le recourant soutient enfin qu'en l'absence d'un conflit d'intérêts actuel et concret, la décision entreprise viole la liberté économique de son avocat garantie par l'art. 27 Cst.