Citation: 6B_625/2024 E. 3.3

3.3. En substance, le recourant fait valoir que son expulsion du territoire suisse ne serait pas justifiée au regard de sa situation personnelle et invoque l'application de la clause de rigueur. En bref, il souligne l'étroitesse et l'effectivité de sa relation avec sa fille, sur laquelle il exercerait un droit de visite élargi à raison d'un week-end sur deux, tous les mardis et la moitié des vacances scolaires et en faveur de laquelle il contribuerait à hauteur de 2'000 fr. par mois. Il entretiendrait également des contacts avec son fils majeur. Il serait parfaitement intégré, vivant et travaillant en Suisse depuis près de 30 ans. De surcroît, le recourant considère que son intérêt privé à demeurer en Suisse l'emporterait nettement sur l'intérêt public à son éloignement. À cet égard, il souligne qu'il n'a pas d'antécédent spécifique et qu'il s'est conformé à l'ordre juridique suisse depuis sa condamnation antérieure. Il n'est pas nécessaire d'examiner la question de savoir si l'expulsion pourrait placer le recourant dans une situation personnelle grave - en particulier au regard de son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH -, dès lors que l'expulsion peut de toute manière être confirmée au regard de l'art. 8 par. 2 CEDH. Concernant l'intérêt du recourant à rester en Suisse, il convient de relever que celui-ci vit dans ce pays depuis plus de 25 ans, y dispose de ses liens familiaux principaux (ses quatre enfants, sa concubine) et y exploite la société E.________ Sàrl, respectivement y a exploité la société A.________ SA en liquidation. Sa réintégration pourrait se faire au Portugal, pays qu'il a quitté à l'âge adulte (24 ans) et dont il parle parfaitement la langue. Aussi, il lui sera possible de mettre à profit sa longue expérience dans le domaine de la construction dans son pays natal. Sur le plan personnel, le recourant a encore de la famille dans son pays d'origine, notamment sa mère. Il y est en outre propriétaire d'une maison. L'intérêt public présidant à l'expulsion du recourant s'avère considérable, compte tenu de la gravité des faits qui ont conduit à la présente condamnation. En effet, il s'en est pris à l'un des biens juridiques les plus précieux, soit l'intégrité sexuelle. Il n'a manifesté aucune prise de conscience quant à la gravité de son acte. Il n'a pas non plus exprimé de remords. Au contraire, il ressort de l'arrêt entrepris qu'il a même cherché à dénigrer la victime et sa mère, ce qui met en évidence son absence de compassion et l'absence d'amorce de remise en question. Certes, le recourant n'a qu'un seul antécédent, datant de 2018, non spécifique. Au moment des faits, il était cependant père de deux enfants, ce qui ne l'a pas empêché de commettre un viol sur la fille de sa compagne de l'époque, âgée de 19 ans, soit à peine plus que son fils aîné. Comme l'a souligné la cour cantonale dans son examen de la peine, le recourant a traité la victime comme un simple objet sexuel. En effet, il a profité du manque d'expérience de la jeune femme, de leur différence d'âge (près de 30 ans), du fait qu'il était l'amant de sa mère, qu'il lui fournissait du travail et qu'ils se trouvaient dans l'intimité de son appartement pour assouvir ses pulsions, par pur égoïsme, en faisant fi du refus manifesté par l'intimée et sans aucun scrupule pour elle, étant souligné que l'intimée a été considérablement atteinte dans sa santé à la suite du viol subi. En définitive, compte tenu de la gravité de l'infraction sanctionnée et des bonnes perspectives de réintégration au Portugal, l'intérêt public à l'expulsion du recourant l'emporte sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. L'expulsion, ordonnée pour une durée de cinq ans, s'avère conforme au principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH. La seconde condition pour l'application de l'art. 66a al. 2 CP n'étant pas réalisée, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en ordonnant l'expulsion du recourant. Infondé, le grief est rejeté.