Citation: 9C_656/2017 E. 5.3

5.3. On relèvera enfin que, contrairement à ce que soutient la recourante, les premiers juges pouvaient légitimement fonder leur raisonnement sur le rapport d'expertise de la CRR dont la valeur probante n'a pas été valablement remise en question. On ne voit effectivement pas en quoi la description d'un certain ralentissement psychomoteur par les experts démontrerait qu'ils admettent les limites de leur appréciation. Au contraire, ceux-ci ont clairement rattaché ce ralentissement à la prise d'une médication lourde qu'ils jugeaient inefficace et nocive et ont retenu une diminution de rendement de 30 % liée exclusivement à ce phénomène. Ils préconisaient du reste une réévaluation rapide du traitement pour en corriger les effets négatifs. On ne saurait par ailleurs faire grief aux experts d'avoir procédé à une approche médico-théorique du cas, dans la mesure où le rôle des experts consiste précisément à émettre un jugement sur l'état de santé d'un assuré et d'en évaluer les répercussions sur la capacité de travail (cf. ATF 125 V 256 consid. 4 p. 261), sans se laisser influencer par des éléments psycho-sociaux ou socio-culturels étrangers à l'invalidité (cf. ATF 127 V 294 consid. 5a p. 299 s.). Or c'est bien ce rôle qu'ont adopté les médecins de la CRR puisqu'ils ont retenu une pleine capacité de travail, avec diminution de rendement de 30 % liée à la médication antalgique inappropriée, dans une activité adaptée mais émis un pronostic négatif quant à la reprise d'une activité lucrative en raison des facteurs psycho-sociaux ou socio-culturels tels que l'absence de formation ou d'acculturation, la conviction d'être invalidé par la maladie ou le modèle culturel d'invalidité.