Citation: 4P.84/2000 27.10.2000 E. 2

2.- Dans un premier moyen, la recourante reproche à la Commission de taxation d'avoir violé grossièrement les us et coutumes genevois en matière de fixation des honoraires d'avocat. Elle allègue, à l'appui de ce grief, que le montant retenu par l'autorité intimé (22 870 fr. après déduction de 1595 fr.90 de frais) équivaut à un tarif horaire de 129 fr.50 si on le divise par les 176 heures et 30 minutes qu'elle dit avoir consacrées au traitement des dossiers a) à d) précités. Un tel tarif horaire, à en croire la recourante, ne couvrirait que le 40% environ du coût actuel de l'avocat à Genève, qu'elle estime à 313 fr.45, et se situerait nettement en dessous du tarif minimum de l'ODA (400 fr./h). a) Selon l'art. 40 de la loi du canton de Genève sur la profession d'avocat, du 15 mars 1985 (LPAv), les honoraires sont, sous réserve des décisions de la Commission de taxation, fixés par l'avocat lui-même compte tenu du travail qu'il a effectué, de la complexité et de l'importance de l'affaire, de la responsabilité qu'il a assumée, du résultat obtenu et de la situation de son client. Les us et coutumes de l'ODA ne disent pas autre chose, comme le souligne la Commission de taxation. La rémunération de l'avocat doit demeurer dans un rapport raisonnable avec la prestation fournie. Elle ne doit pas rendre onéreux à l'excès le recours à l'avocat qui, s'il n'est pas exigé par la loi, est nécessaire en fait pour la quasi-totalité des justiciables, peu familiarisés avec les règles de la procédure (ATF 93 I 116 consid. 5a p. 122). La décision de l'autorité de modération ne sera annulée que si le montant global alloué à l'avocat apparaît comme ayant été fixé de manière arbitraire (ATF 125 II 129 consid. 5b p. 134; 124 I 247 consid. 5 p. 250; 123 I 1 consid. 4 p. 5 et les arrêts cités). b) Le raisonnement que tient la recourante repose sur une prémisse erronée, à savoir le nombre d'heures effectuées par l'avocate pour le compte des intimés. La recourante feint d'ignorer que la Commission de taxation n'a pas retenu les 176 heures et 30 minutes qu'elle a facturées à ses clients, mais un total de 89 heures seulement (40 h pour le premier dossier, 8 h 45 pour le deuxième, 40 h 15 pour le troisième et rien pour le quatrième). Il en résulte une rémunération horaire de 300 fr. ([12 000 fr. + 12 075 fr. + 2625 fr.] : 89 h), si l'on fait abstraction des frais - la Commission de taxation les a inclus dans son décompte, sans que la recourante élève sur ce point un grief dûment motivé - ou de 257 fr. si l'on déduit les 1595 fr.90 des 24 465 fr.95 retenus par l'autorité intimée. Cette rémunération représente le 96%, respectivement le 82%, du coût horaire de l'avocat allégué par la recourante (313 fr.45). Elle n'a en soi rien d'insoutenable ni de manifestement choquant, d'autant moins que le coût horaire a été réactualisé à son niveau de février 2000, alors que les différents mandats confiés à la recourante ont été exécutés à une époque antérieure.