Citation: 6B_409/2013 E. 3.3

3.3. Il est constant que les intimés n'avaient aucune connaissance ni expérience en matière d'acquisition et de gestion des sociétés, ce que le recourant savait. Ce nonobstant, ils ont signé le jour même des tractations, des contrats tendant à l'acquisition d'une société ainsi que divers contrats annexes confiant au recourant - à titre fiduciaire et pendant deux ans - l'administration, la gestion et la domiciliation desdites sociétés. Sans délai de réflexion ni conseils avertis autres que ceux du recourant, ils ont signé les contrats que celui-ci leur a présentés. Ce faisant, ils se sont obligés en particulier à lui verser 14'300 fr. dans un délai de deux mois, sans pouvoir librement disposer de leur société pendant deux ans et au risque de perdre celle-ci au moindre défaut de paiement, alors qu'ils auraient pu en devenir les ayants droit économiques à titre définitif en s'acquittant de 3000 fr. ou 6000 francs. Favorisant exclusivement les intérêts du recourant et cela au détriment de ceux des cocontractants, ces conventions démontrent que les intimés n'avaient aucunement saisi la portée des engagements auxquels ils avaient souscrit mais qu'ils s'en étaient entièrement remis aux recommandations du recourant après qu'il s'était prévalu de son expérience et de sa formation professionnelles. De la même manière, ils avaient conclu des contrats de « Joint venture » dont ils n'étaient pas à même de saisir le caractère factice au regard de leurs connaissances et expérience insuffisantes en matière commerciale (cf. arrêt attaqué p. 34 par. 2). Arguant de son parcours professionnel, le recourant a ainsi tiré profit de l'inexpérience et des expectatives professionnelles des intimés afin de tisser avec eux un lien de confiance particulier. Exploitant celui-ci, il les a convaincus de signer, dans l'ignorance et la précipitation, divers contrats commerciaux préjudiciables à leurs intérêts économiques. En antidatant la clôture du premier exercice comptable des sociétés sujettes à acquisition, il leur a donné l'illusion qu'elles avaient été constituées peu avant la signature contractuelle. Il les a ainsi dissuadés de vérifier l'inscription au registre du commerce des sociétés qu'ils entendaient acquérir, ce qui leur aurait permis d'identifier les vices dont celles-ci étaient entachées. Ce faisant, il a usé de tromperie astucieuse au détriment des intimés auxquels l'on ne saurait reprocher, au vu de leur inexpérience et du lien de confiance particulier les unissant au recourant, d'avoir manqué aux vérifications élémentaires que l'on pouvait attendre d'eux, à tout le moins pas au point de faire passer à l'arrière plan le comportement de l'auteur. Le fait - invoqué par ce dernier - de n'avoir produit aucun faux bilan commercial est sans incidence sur l'issue du litige. Pour le reste, la Chambre cantonale a admis, à juste titre, que les autres conditions de réalisation de l'escroquerie étaient réalisées. Celle en particulier de l'enrichissement illégitime n'est pas critiquable, l'art. 146 al. 1 CP réprimant l'escroquerie commise non seulement en vue d'un enrichissement personnel, mais également en vue de celui d'un tiers. Sur le vu de ce qui précède, la condamnation du recourant pour escroquerie ne viole pas le droit fédéral.