Citation: 1P.688/2004 10.12.2004 E. 4

La Chambre d'accusation a maintenu la détention en raison du risque de fuite, que des mesures moins incisives ne seraient, selon elle, pas de nature à pallier. Le recourant conteste tous les éléments de cette appréciation. Tels qu'ils sont formulés, les griefs de violation du droit d'être entendu, de l'art. 5 CEDH et de l'art. 9 Cst. prohibant l'arbitraire se confondent avec celui tiré de la liberté personnelle. 4.1 Le recourant est originaire de la Bosnie-Herzégovine, dont il a gardé la nationalité. Séjournant en Suisse depuis l'âge de sept ans, il a également obtenu la nationalité suisse. Dans son arrêt du 26 janvier 2004, le Tribunal fédéral avait jugé que le recourant avait conservé des liens avec la Bosnie-Herzégovine, où vivait une partie de sa famille. Eu égard à la peine à laquelle il serait exposé pour le cas où un verdict de culpabilité serait rendu contre lui, il existait concrètement le risque qu'il ne profite d'une libération provisoire pour se réfugier dans sa première patrie. A l'appui de sa demande de libération provisoire du 1er novembre 2004, le recourant a expliqué que le délai de validité de son passeport bosniaque avait expiré; il a joint une déclaration de renonciation à la nationalité bosniaque. Ces éléments ne sont toutefois pas déterminants. Il n'est pas établi que le recourant aurait effectivement perdu sa nationalité bosniaque. Le risque qu'il ne mette à profit sa liberté provisoire pour se réfugier en Bosnie-Herzégovine d'où il ne pourrait plus être extradé, le cas échéant, perdure. En outre, il n'est pas exclu qu'il puisse faire renouveler son passeport. Il n'est pas nécessaire, pour le surplus, de vérifier si le recourant a effectivement conservé des liens avec sa famille dans son pays d'origine.