Citation: 8C_225/2023 E. 4.3.2

4.3.2. En l'espèce, l'intimé n'a pas postulé dans le délai fixé par l'ORP et, partant, n'a pas respecté une injonction de cet office, en violation de ses obligations. Cette faute tombe dans le champ d'application de l'art. 30 al. 1 let. d LACI, de sorte qu'une suspension dans l'exercice du droit aux indemnités journalières doit être prononcée. L'intimé a néanmoins postulé, mais avec trois jours de retard. Les premiers juges ont constaté que l'incident ne traduisait aucune volonté de l'intimé de mettre en échec ses postulations. Le recourant ne démontre pas le caractère manifestement erroné de cette constatation. Il ne démontre pas d'avantage en quoi les premiers juges auraient excédé ou abusé de leur pouvoir d'appréciation en considérant que la faute commise était de gravité moyenne, après avoir pesé l'ensemble des circonstances objectives et subjectives. Le délai imparti par l'ORP pour postuler était en effet très bref, ce qui était certes justifié pour limiter le risque que l'emploi soit pourvu rapidement après la mise au concours du poste et pour favoriser au mieux les chances de succès d'une postulation de l'intimé. Pour autant, rien n'indique, dans les faits constatés par les premiers juges, que les deux employeurs potentiels auraient eux-mêmes fixé un tel délai, ce que le recourant ne soutient pas. Par ailleurs, l'intimé a tout de même postulé en signalant spontanément à l'ORP qu'il n'avait pas prêté attention au délai qui avait été imparti et en lui demandant de bien vouloir l'en excuser. Il a confirmé par la suite, de manière crédible, son intérêt réel pour les emplois en question. Contrairement à ce que soutient le recourant, au vu de l'ensemble des circonstances, l'attitude de l'intimé n'était pas à ce point désinvolte que l'on devrait en conclure qu'il s'était délibérément accommodé du risque que l'emploi soit occupé par quelqu'un d'autre, de sorte que sa négligence devrait être assimilée à un refus d'emploi. Sur ce point, les constatations des premiers juges, qui ont également pris en considération l'attitude générale de l'intimé et ses efforts en vue de rechercher un emploi, sont exempts d'arbitraire. Vu ce qui précède, les premiers juges n'ont pas violé le droit fédéral, et en particulier n'ont pas excédé leur pouvoir d'appréciation, ni n'en ont abusé, en qualifiant de moyenne la faute commise par l'intimé. Le recours est mal fondé sur ce point.