Citation: 2A.123/2002 27.03.2002 E. 2

C'est manifestement à tort que les recourants reprochent à l'autorité intimée d'avoir violé le principe de la proportionnalité (sur ce principe découlant de l'art. 38 al. 2 LBVM, cf. ATF 127 II 142 consid. 5a; 126 II 409 consid. 5 p. 413-415, 86 consid. 5a p. 90-91 et les références citées). Il n'est en effet pas contesté que, durant les jours précédant l'annonce du fait confidentiel, le volume des transactions sur le titre Y.________ a fortement augmenté, d'une part, et que, le vendredi matin 18 mai 2001, le cours de l'action a progressé de manière inhabituelle, d'autre part. L'autorité requérante disposait donc d'éléments suffisants lui permettant de soupçonner l'existence d'un délit d'initié. En outre, Kredittilsynet a découvert qu'un nombre important de titres Y.________ avait été acquis, puis rapidement revendus, par l'intermédiaire d'une banque suisse durant cette période sensible. Compte tenu de ces circonstances, elle pouvait légitimement demander à la Commission fédérale des précisions sur ces transactions. L'entraide administrative internationale doit donc être accordée. La Commission fédérale n'a pas à examiner les raisons invoquées par les recourants pour expliquer leurs opérations. Il n'appartient en effet uniquement à l'autorité requérante de décider, sur la base de ses propres investigations et des informations transmises par la Commission fédérale, si ses craintes initiales de possibles distorsions de marché étaient ou non fondées. Les recourants soutiennent que la transmission des informations les concernant à l'autorité requérante ne serait pas admise, car ils ne peuvent être soupçonnés concrètement d'avoir utilisé une information privilégiée, faute d'éléments supplémentaires insolites. Point n'est cependant besoin de trancher cette question, puisque l'existence de tels éléments n'est nécessaire que pour autoriser l'autorité requérante à retransmettre les informations aux autorités pénales étrangères compétentes, ce qui n'a pas (encore) été requis (cf. ATF 127 II 323 consid. 7b p. 334 s. et les arrêts cités). Les arguments avancés par les recourants ne conduisent en tout cas pas à une modification de cette jurisprudence désormais bien établie.