Citation: 6B_654/2023 E. 1.3

1.3. Il n'est pas contesté que l'intimé a subi des lésions corporelles simples. Il reste à déterminer si le recourant a fait preuve de négligence coupable. Conformément à la jurisprudence citée plus haut, le fait que l'intimé ait traversé le passage pour piétons sans marquer d'arrêt, ou encore que le recourant ait circulé dans le respect de la limitation de vitesse autorisée sur ce tronçon, ne saurait exclure que le prénommé puisse se voir reprocher une violation de ses devoirs de prudence au regard des art. 31 al. 1 et 33 al. 2 LCR. Il appartenait en particulier au recourant, au moment de franchir le passage pour piétons, de s'assurer que personne ne s'y était engagé ou n'avait l'intention de le faire. Sur ce point, il ressort de l'arrêt entrepris que le recourant n'avait pas observé attentivement les abords du passage sécurisé, dès lors qu'il n'avait pas remarqué le cycliste, qui était pourtant visible, comme le confirmait les clichés pris par la police et les déclarations du témoin. Le recourant s'écarte ainsi de manière inadmissible de l'état de fait cantonal lorsqu'il affirme qu'il était parfaitement attentif au moment des faits (cf. art. 97 al. 1 et 105 al. 1 LTF). Le recourant se prévaut du fait que l'intimé circulait à vélo, donc bien plus rapidement qu'un piéton. Cependant, le fait que l'intimé ait dû effectuer un virage à angle droit depuis la piste cyclable afin de pouvoir s'engager sur le passage pour piétons exclut qu'il ait pu surgir à une vitesse élevée. Quoi qu'il en soit, dans la mesure où le recourant aurait dû être conscient de la présence du cycliste, il aurait alors dû faire preuve d'une vigilance accrue en adaptant sa vitesse à l'approche du passage pour piétons, de sorte à être en mesure de s'arrêter à temps si celui-ci venait à traverser le passage, même sans marquer d'arrêt. En cela, la situation d'espèce diffère de celle de l'arrêt 6B_409/2015 du 1er juin 2015 cité par le recourant, dans laquelle le piéton n'était pas visible en raison de l'obscurité. En l'espèce, le recourant n'a pas fait preuve d'une attention suffisante et est ainsi contrevenu à ses devoirs de prudence, violant de la sorte les règles de la circulation énoncées aux art. 31 al. 1 et 33 al. 2 LCR. Dans cette mesure, le recourant n'est pas fondé à invoquer le principe de la confiance, faute de s'être comporté réglementairement (ATF 143 IV 500 consid. 1.2.4; 129 IV 282 consid. 2.2.1).