Citation: 9C_383/2022 E. 5.2.2

5.2.2. On rappellera que si la preuve d'une limitation de la capacité fonctionnelle de travail déterminante sous l'angle du droit de la prévoyance professionnelle (ATF 134 V 20 consid. 3.2.2) ne suppose pas forcément l'attestation médicale d'une incapacité de travail en temps réel ("echtzeitlich"), des considérations subséquentes et des suppositions spéculatives, comme par exemple, une incapacité médico-théorique établie rétroactivement après bien des années, ne suffisent pas. L'atteinte à la santé doit avoir eu des effets significatifs sur les rapports de travail; en d'autres termes, la diminution de la capacité fonctionnelle de travail doit s'être manifestée sous l'angle du droit du travail, notamment par une baisse des prestations dûment constatée, un avertissement de l'employeur ou une accumulation d'absences du travail liées à l'état de santé (arrêt 9C_682/2020 du 3 novembre 2021 consid. 5.2 et les références). Or comme l'a constaté sans arbitraire la juridiction cantonale, de tels éléments ne sont pas établis en l'occurrence. Tout d'abord, seul le docteur C.________ a mentionné la possibilité d'une incapacité de travail dès le 31 mai 2013. Il a indiqué, dans son expertise de mars 2017, que l'assuré avait été symptomatique "vraisemblablement depuis les années 2000" et que l'incapacité de travail de 70 % "pourrait remonter au moins au 31 mai 2013". Or cette appréciation est dénuée de valeur probante sous l'angle de la prévoyance professionnelle. Les premiers juges ont considéré de manière convaincante qu'il était peu probable, malgré un cadre protecteur offert par l'employeur, que le trouble bipolaire chez le recourant remontât aux années 2000. En effet, l'assuré avait pu remplir des tâches à responsabilité jusqu'au 31 mai 2013 sans le moindre symptôme. A cet égard, à la suite de la cour cantonale, on doit constater que l'employeur n'a pas relevé chez l'assuré de problème de santé, pas plus qu'une diminution de sa capacité fonctionnelle de travail, qui se serait manifestée par une diminution de rendement ou une accumulation d'absences au travail, hormis des jours isolés ou des courtes périodes; à cet égard, le recourant ne démontre pas que ses absences durant les rapports de travail auraient été la conséquence d'un problème psychique. L'argumentation du recourant ne suffit pas à remettre en cause les constatations cantonales, selon lesquelles les troubles psychiques et leur caractère invalidant n'avaient réellement débuté qu'en 2015, année qui correspondait au début du suivi psychiatrique et aux premiers éléments concrets d'une baisse de la capacité de travail. La juridiction cantonale a donc considéré sans violer le droit fédéral qu'une incapacité de travail ayant conduit à l'invalidité ultérieure n'était pas établie au moment où l'assuré travaillait au service de la Confédération.