Citation: 1A.337/2005 20.02.2006 E. 5

Les recourants invoquent enfin l'art. 28 al. 5 EIMP. On ignorerait si les traductrices des demandes du 16 juillet 2003 et du 5 février 2004 sont dûment agréées, quelles sont les conditions d'admission au registre officiel, quelles sont leurs obligations (notamment les conséquences pénales d'une fausse traduction) et à quelle surveillance elles sont soumises. La déclaration de conformité figurant sur les traductions serait insuffisante. 5.1 Selon l'art. 28 al. 5 EIMP, les demandes et leurs annexes doivent être présentées dans l'une des trois langues officielles de la Suisse, ou accompagnées d'une traduction dans une de ces trois langues. Les traductions doivent être certifiées conformes. Selon l'art. 28 al. 4 EIMP, les documents officiels étrangers ne sont pas soumis à légalisation. 5.2 L'exigence d'une traduction officielle vise à mettre l'autorité en situation de statuer sur la demande en connaissance de cause, et à protéger les droits de la personne soumise à une mesure de contrainte. Celle-là doit pouvoir saisir exactement les tenants et les aboutissants ainsi que sa portée. En général, l'absence d'une certification conforme ne constitue pas un vice grave entraînant l'irrecevabilité de la requête. Il ne pourrait en aller autrement que dans le cas particulier où la traduction serait rédigée dans des termes ambigus, ou lorsque sa fidélité au texte original apparaît douteuse sur des points essentiels. 5.3 En l'espèce, les traductions sont effectuées par des traducteurs officiellement enregistrés dans l'Etat requérant. Les recourants ne prétendent pas que les traductions fournies présenteraient des ambiguïtés sur certains points particuliers. Des doutes éventuels pourraient d'ailleurs facilement être levés, puisque l'Etat requérant a fourni non seulement des traductions de ses demandes, mais également des copies des textes originaux en langue portugaise. Par ailleurs, comme le relève le JIF, la demande du 5 février 2004 avait été initialement assortie d'une traduction en allemand, qui est apparue insuffisante. Les autorités suisses ont dès lors procédé, par l'entremise d'un traducteur suisse assermenté, à une traduction en français dont le recourant de met pas en cause la qualité. Dans ces conditions, l'absence de certification des traducteurs étrangers ne saurait constituer un vice rédhibitoire.