Citation: 4A_127/2022 E. 3.4

3.4. Aux termes de l'art. 2 al. 2 CC, l'abus manifeste d'un droit n'est pas protégé par la loi. Sont considérés comme des comportements typiquement constitutifs d'abus de droit l'absence d'intérêt à l'exercice d'un droit, l'utilisation d'une institution juridique de façon contraire à son but, la disproportion manifeste des intérêts en présence, l'exercice d'un droit sans ménagement, ou encore l'attitude contradictoire. Les circonstances concrètes sont déterminantes. L'abus de droit n'est retenu que restrictivement, la loi exigeant un abus "manifeste" (art. 2 al. 2 CC; ATF 143 III 279 consid. 3.1; 143 III 666 consid. 4.2; arrêts 4A_570/2018 du 31 juillet 2019 consid. 3.5.1 non publié aux ATF 145 III 281; 4A_484/2019 du 29 avril 2020 consid. 4.4.2). Dans des circonstances particulières, le Tribunal fédéral a reconnu, à titre exceptionnel, un abus de droit de la part d'une partie bailleresse qui faisait valoir un défaut de légitimation passive au motif que seul l'un des deux consorts nécessaires avait été attrait à la procédure (arrêts 4A_570/2018, précité, consid. 3.5 non publié aux ATF 145 III 281; 4A_484/2019, précité, consid. 4.4.2).