Citation: 4C.81/2000 23.05.2000 E. B

B.- Les travaux ayant été exécutés, Massimo Lopreno a déposé le 16 avril 1997 devant le Tribunal de première instance du canton de Genève une demande en paiement, réclamant à Alix Parodi le solde impayé de sa note d'honoraires, soit 4273 fr. Alix Parodi s'est opposée à la demande et a réclamé reconventionnellement la somme de 150 000 fr., reprochant à l'architecte d'avoir, au départ, mal apprécié le coût de l'opération et le tenant par ailleurs pour responsable de divers défauts. Par jugement du 17 juin 1999, le Tribunal de première instance a admis la demande principale et rejeté entièrement la demande reconventionnelle; il a en conséquence condamné Alix Parodi à payer à Massimo Lopreno la somme de 4273 fr. avec intérêts à 5% dès le 7 mai 1996. Saisie d'un appel émanant d'Alix Parodi, la Chambre civile de la Cour de justice genevoise, par arrêt du 27 janvier 2000, a confirmé le jugement attaqué. Sur les points litigieux, la cour cantonale a retenu, pour l'essentiel, les faits suivants. aa) Au printemps 1993, Alix Parodi s'est adressée à Massimo Lopreno pour lui demander s'il était possible de limiter à 250 000 fr. les travaux de rénovation de la maison de Vésenaz qu'elle avait visitée et qu'elle envisageait d'acquérir. Le 18 mai 1993, Massimo Lopreno a envoyé à la banque sollicitée par Alix Parodi une "estimation sommaire des coûts" parvenant à un "montant global de 200 000 fr., auquel l'on peut actuellement ajouter 25 % de divers imprévus (cf. norme SIA 102) soit 50 000 fr.". L'architecte précisait que ce montant "paraît des plus justes pour entreprendre une telle réalisation". A la demande de la banque, l'architecte lui a expédié, le 16 septembre 1993, une estimation des différents postes énumérés dans son précédent courrier. Ces postes totalisaient 250 000 fr. Il ressort de l'énumération que les honoraires d'architecte - 50 000 fr. - n'étaient pas compris. L'architecte a souligné que "cette estimation paraît des plus serrées pour entreprendre une telle réalisation". Le 4 octobre 1993, la banque a accordé à Alix Parodi les prêts sollicités. Alix Parodi a acheté la maison par acte conclu le 14 octobre 1993. Sur la base des soumissions des entreprises, Massimo Lopreno a établi en dernier lieu un tableau du coût projeté des travaux, daté du 21 juin 1994, aboutissant à un total de 351 000 fr., montant comprenant les honoraires d'architecte arrêtés à forfait à 50 000 fr. Alix Parodi a signé ce tableau. Les adjudications ont été envoyées le 23 juin 1994. Un contrat relatif aux prestations de l'architecte, sur formulaire SIA, a été signé le 27 juin 1994 par Alix Parodi et Massimo Lopreno. Il se réfère notamment au devis du 21 juin 1994, totalisant 351 000 fr. et arrêtant les honoraires d'architecte à 50 000 fr. Le coût effectif de la rénovation s'est élevé en définitive à 345 845 fr.60, soit 5154 fr.40 de moins que le coût estimé selon le devis du 21 juin 1994. Deux postes projetés n'ont pas été réalisés, mais des travaux non prévus ont en revanche été accomplis. bb) En ce qui concerne les défauts allégués, la cour cantonale a adopté les constatations de l'expert judiciaire. Celui-ci a retenu qu'il s'agissait (hormis les problèmes de plancher dans une chambre à l'étage) de retouches finales, normales dans cette catégorie de travaux de transformation, que les diverses entreprises devaient exécuter sans surcoût; il a évalué l'élimination de ces "défauts" à 1500 fr. au maximum. Tenant compte des courriers échangés et des multiples rendez-vous sur place, la cour cantonale a constaté que l'architecte avait fait preuve de diligence et de patience pour obtenir des divers maîtres d'état qu'ils viennent procéder aux dernières finitions. cc) S'agissant du plancher d'une chambre au premier étage, l'autorité cantonale a constaté qu'il n'était pas prouvé qu'Alix Parodi ait dit à son architecte que cette pièce était destinée à accueillir une bibliothèque de plus de 10 000 livres, de sorte que l'architecte n'avait pas à prévoir une telle éventualité. Suivant les conclusions de l'expert, elle a retenu que ce problème pouvait être réglé pour un coût de 3000 fr., qui reste encore dans les limites du devis de rénovation du 21 juin 1994, accepté par Alix Parodi.