Citation: 1C_8/2022 E. 3.3

3.3. En l'espèce, on comprend des allégations du recourant que seul son fils, né en 2009, se sert de la piste de motocross litigieuse pour ses entraînements et qu'il est prévu d'en limiter les nuisances; les conclusions du recours déposé devant la Cour de céans prévoient en effet son utilisation durant la semaine à l'exclusion des week-ends et jours fériés et durant la journée au plus tard jusqu'à 17h30. Ces nuisances apparaissent au demeurant supportables pour les voisins, l'arrêt entrepris indiquant sur ce point que le recourant n'aurait " reçu que peu ou pas de plainte " concernant le bruit (cf. arrêt entrepris, p. 3). Dans ces conditions, on ne saurait d'emblée considérer qu'une telle piste de motocross, utilisée à titre privé, ne peut trouver sa place qu'en dehors de la zone à bâtir en raison des nuisances qu'elle occasionne. Quant à l'emplacement de la piste litigieuse, il apparaît certes idéal pour le recourant, puisqu'il se situe à côté de son domicile, respectivement de celui de son fils; cet élément ne suffit toutefois pas à justifier l'octroi d'une dérogation selon l'art. 24 LAT. On ne voit en effet pas pourquoi d'autres endroits présentant les mêmes caractéristiques (terrain herbeux et meuble sur une surface relativement étendue pour créer un circuit [cf. recours, p. 18), qui se trouveraient dans la zone à bâtir, ne pourraient pas être trouvés. Le simple fait qu'il soit difficile de trouver une telle parcelle ne saurait justifier que l'on admette que l'implantation de la piste de motocross litigieuse serait imposée hors de la zone à bâtir par sa destination. A cet égard, l'examen d'une seule alternative, comme en l'espèce le déplacement de la piste de motocross sur les parcelles nos 27 et 2278 en zone artisanale, dont le recourant est propriétaire et qui sont situées à proximité du bien-fonds no 26, n'apparaît pas suffisant (cf. ATF 136 II 214 consid. 2.2; arrêts 1C_292/2019 du 12 mai 2020 consid. 5.4; 1C_477/2014 du 22 décembre 2015 consid. 3.3, qui impose une évaluation sérieuse de sites alternatifs; voir également l'arrêt 1C_312/2012 du 17 avril 2013 consid. 2.4.1, précisant qu'il convient d'examiner s'il n'existe pas, dans un environnement régional plus large, une zone d'affectation appropriée. La piste de motocross paraît ainsi davantage reposer sur des considérations personnelles liées à la carrière sportive du fils du recourant et à l'emplacement de la piste de motocross litigieuse, située à proximité de son domicile, plutôt que sur des motifs qui ont trait à la piste de motocross elle-même. Il est vrai que, dans l'arrêt attaqué, le Tribunal cantonal passe sous silence le courrier du 11 février 2021 de la Fédération Motocycliste Suisse (FMS) sur lequel se fonde le recourant, pourtant produit à l'appui du recours cantonal. Cet élément n'apparaît cependant pas propre à modifier la décision attaquée et, partant, est dénué de pertinence (cf. art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF; ATF 140 III 115 consid. 2). En effet, la FMS atteste certes la nécessité pour le fils du recourant - espoir du motocross suisse - de s'entraîner en cours de semaine durant l'après-midi sur un terrain adapté à son niveau, respectivement mentionne qu'il n'existe pas de terrain de motocross public ouvert en cours d'après-midi; elle n'explique cependant pas où et comment s'entraînent les autres jeunes pilotes de l'âge du fils du recourant. Elle n'indique pas non plus que ce dernier ne serait pas en mesure de s'entraîner dans d'autres lieux d'entraînement durant le week-end ou en fin de journée et qu'une telle fréquence serait insuffisante pour sa progression. A ces éléments s'ajoute que la pratique d'un tel sport suppose nécessairement une certaine flexibilité s'agissant des déplacements à effectuer pour les entraînements. On ne peut pas exiger de pouvoir exercer ce sport proche du domicile ou dans les environs immédiats. Cela étant, il convient en l'occurrence d'être strict dans l'application des dispositions précitées. Les intérêts publics majeurs que constituent la préservation des zones non constructibles et la distinction fondamentale entre espace bâti et non bâti l'emportent sur l'intérêt privé du recourant, en particulier de son fils, à maintenir - même provisoirement (cf. ATF 139 II 134 consid. 6.2) - la piste de motocross qui n'est pas conforme à l'affectation de la zone. L'impact négatif pour le fils du recourant, qui ne disposerait plus d'une piste de motocross située à proximité de son domicile les après-midis de la semaine, ne suffit pas pour déroger au principe central de séparation entre zone à bâtir et zone inconstructible, ce d'autant qu'il n'est pas allégué, respectivement démontré qu'il n'aurait pas la possibilité de s'entraîner ailleurs le week-end ou en fin de journée (cf. RUDOLF MUGGLI, in Commentaire pratique LAT: Construire hors zone à bâtir, 2017, no ad art. 24 LAT; cf. dans ce sens également l'arrêt 1C_292/2019 du 12 mai 2020 consid. 5.4, concernant une activité d'aéoromodélisme hors de la zone à bâtir). Le refus d'accorder une dérogation au sens de l'art. 24 LAT en ce qui concerne la piste de motocross située sur la parcelle no 26 apparaît ainsi conforme au droit fédéral. Le grief doit en conséquence être rejeté.