Citation: 5A_755/2023 E. 5.1

5.1. Dans l'arrêt querellé, la cour cantonale a considéré qu'il ne résultait pas de l'art. 276 al. 1 CPC que le prononcé de mesures provisionnelles pour la durée de la procédure de divorce présupposait, comme cela était le cas pour les mesures provisoires ordinaires soumises à l'art. 261 CPC, une urgence et la menace d'un dommage difficile à réparer. Elle a en outre retenu que, selon la jurisprudence fédérale, lorsqu'une autorisation provisoire de déplacer le lieu de résidence de l'enfant à l'étranger était prononcée et que le pays de destination était partie à la Convention du 19 octobre 1996 concernant la compétence, la loi applicable, la reconnaissance, l'exécution et la coopération en matière de responsabilité parentale et de mesures de protection des enfants (ci-après: CLaH96; RS 0.211.231.011), cela entraînait la perte de compétence des juridictions suisses, de sorte qu'une telle autorisation ne devait être délivrée que lorsque l'urgence était caractérisée, ce qui n'était pas le cas en l'espèce dès lors que les États-Unis n'avaient ratifié ni la CLaH96, ni la CLaH61, et que le principe de la perpetuatio fori demeurait applicable. Ainsi, à supposer que l'autorisation litigieuse soit délivrée et que les enfants déménagent à V.________ pendant la procédure de divorce, les juridictions genevoises demeureraient compétentes pour statuer sur la réglementation définitive des droits parentaux dans le cadre du jugement de divorce à rendre. La juridiction précédente a également indiqué que, quoi qu'il en soit, le cas d'espèce nécessitait de toute manière de statuer avec célérité sur les mesures provisoires requises par la mère, puisque celle-ci avait d'ores et déjà déménagé à V.________ et que la rentrée scolaire y avait eu lieu le 5 septembre 2023. Cette situation avait pour conséquence que la garde alternée prévue par le jugement de mesures protectrices du 5 février 2021 n'était plus praticable et qu'une adaptation des droits parentaux s'imposait. Selon l'autorité cantonale, la condition d'urgence caractérisée était dès lors sans autre réalisée et ce, indépendamment du fait qu'elle puisse être imputable à la mère, laquelle n'avait requis des mesures provisionnelles que le 28 février 2023, alors qu'elle avait reçu la confirmation de son engagement à V.________ le 2 février 2023.