Citation: 7B_386/2024 E. A

A.a. A.________, ressortissant U.________, né en 1986, est domicilié à V.________ et titulaire d'un permis L échu. Il a été détenu sous les préventions principales d'encouragement à la prostitution (art. 195 CP) et d'incitation à l'entrée et au séjour illégaux d'étrangers (art. 116 LEI) entre le 8 octobre 2019 et le 21 février 2020. Le Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après: le Ministère public) l'a alors remis en liberté sans condition, au motif notamment que les risques de collusion et de fuite avaient sensiblement diminué. A.b. Le 15 février 2023, A.________ a derechef été interpellé. Le lendemain, il s'est vu notifier des préventions identiques, à la différence près qu'un rapport de police du 13 février 2023 énonçait les noms et les noms d'emprunt de 68 prostituées, dont une seule en situation légale, et que la période pénale s'étendait jusqu'à la veille. Entendu à cette occasion par la police, le prénommé a indiqué qu'il avait vécu d'expédients immédiatement après sa libération en février 2020 et que ses revenus provenaient depuis lors de "l'organisation" du travail de femmes, pas toutes en possession de permis de travail, "dans l'industrie du sexe". Le 17 février 2023, le Tribunal des mesures de contrainte du canton de Genève (ci-après: le TMC) a ordonné la détention provisoire de A.________. Cette mesure a été régulièrement prolongée, la dernière fois jusqu'au 15 mai 2024. A.c. Le 12 mai 2023, A.________ a été entendu en qualité de prévenu par le Ministère public. Lorsque le Procureur lui a fait savoir que les investigations avaient révélé l'organisation de la prostitution de 284 femmes venues d'Europe de l'Est, dans 35 appartements à V.________, A.________ a confirmé les informations révélées, précisant néanmoins que l'activité portait sur moins de personnes et moins d'appartements. Selon un rapport de police du 11 juillet 2023, l'exploitation du contenu de téléphones mobiles de A.________ a permis de découvrir 12 appartements supplémentaires et de recenser 169 clients, pour la plupart entre mars 2020 et janvier 2023, ayant généré un chiffre d'affaires de près de 124'000 francs. Interrogé par la police les 15 février et 20 juillet 2023, notamment sur des documents mentionnant une entreprise à W.________ et une autre à X.________, A.________ a déclaré vouloir changer d'activité professionnelle et "apprendre comment travailler légalement". Dans un rapport du 11 décembre 2023, la police a mis en évidence une conversation du 5 juillet 2022 au cours de laquelle A.________ exprimait à son interlocuteur son désir de se développer dans le trading et lui demandait son aide. A.d. Le 6 février 2024, A.________ a demandé sa libération (pour la cinquième fois depuis sa réincarcération). Le Ministère public s'y est opposé et a sollicité auprès du TMC la prolongation de la détention provisoire pour une durée de trois mois. Par ordonnance du 15 février 2024, le TMC a rejeté la demande de mise en liberté et a ordonné la prolongation de la détention provisoire de A.________ jusqu'au 15 mai 2024.