Citation: 6S.439/1999 17.04.2000 E. B

B.- La Cour d'appel a notamment retenu les faits suivants: X.________ était chef contrôleur de la Banque cantonale du Valais (BCV) depuis le 1er janvier 1985. A ce titre, il était non seulement contrôleur interne mais aussi réviseur indépendant au sens de la loi sur les banques. Dans sa fonction de réviseur, X.________ a notamment établi les rapports de révision des 26 avril 1989 et 22 mai 1990 relatifs aux exercices 1988 et 1989. Ces deux rapports de révision n'affirmaient rien d'inexact mais ils étaient lacunaires sur des points importants. Le rapport 1988 ne faisait pas expressément mention de Y.________, ni du fait que les dépassements le concernant provenaient d'un abus de sa position de représentant indépendant de la BCV à Fully; il ne précisait pas non plus que la régularisation des suspens sur le compte représentant se faisait par le biais du compte courant privé de Y.________. Dans le rapport 1989, il n'était pas fait mention du lien entre les suspens et les dépassements de crédit par Y.________, ni du fait que ces suspens avaient été remplacés par d'autres tout aussi critiquables; il n'était rien dit au sujet de la politique du fait accompli pratiquée par Y.________ pour dépasser ses limites de crédit, ni du dépassement de plus de 13 millions de francs sur le compte courant de Z.________, frère de Y.________. Ces lacunes objectives sur des points importants étaient de nature à convaincre le lecteur de l'absence d'irrégularités; c'était notamment le cas des membres du conseil d'administration de la BCV, personnes étrangères au domaine bancaire. X.________ avait connaissance des dépassements de comptes, des abus de la position de représentant, de la longueur anormale des suspens et des faiblesses du système de contrôle interne des représentants; il avait aussi conscience de ses obligations de contrôleur, notamment de son devoir d'informer sans délai le conseil d'administration et l'autorité de surveillance des irrégularités qu'il constatait. Par son silence, il a appuyé la politique du secret voulue par le directeur A.________. En revanche, aucune connivence avec Y.________ n'a été établie. La Cour d'appel a estimé que X.________ avait, en rédigeant les rapports relatifs aux exercices 1988 et 1989, commis un faux dans les titres par omission au sens de l'art. 251 aCP. Elle a par contre abandonné l'accusation de violation de l'art. 46 al. 1 let. k de la loi sur les banques, cette infraction étant prescrite.