Citation: 1B_215/2023 E. 2.2

2.2. La Chambre des recours pénale a constaté que cinq enquêtes avaient été ouvertes contre le recourant en 2021, la première pour émeute, la deuxième pour séquestration et enlèvement, la troisième pour agression et lésions corporelles simples, la quatrième pour meurtre et la cinquième pour brigandage. Le fait que les infractions reprochées au recourant ont été commises avec des tiers n'implique pas qu'il ne se distingue pas des autres prévenus ni qu'aucune expertise ne devrait être faite sur sa personne. Il perd en effet de vue qu'il est suspecté d'avoir donné les coups de couteau mortels à B.________ et d'avoir blessé C.________. Lors des faits, il venait d'être libéré de la détention provisoire prononcée dans le cadre de l'enquête pénale pour séquestration et enlèvement au bénéfice de mesures de substitution. Le fait qu'il a violé les règles de conduite imposées dans ce cadre et qu'il soit mêlé à une bagarre mortelle en disait long sur le fait qu'il n'a pas du tout été impressionné par la détention de plus deux mois et demi subie, ce qui, compte tenu de son jeune âge, interpelle déjà sur sa personnalité. A cela s'ajoute que le prévenu est accusé de crimes d'une extrême gravité et qu'on constate une escalade rapide dans les actes qui lui sont reprochés. En outre, on ne discerne a priori rien dans le parcours familial, médical ou social du prévenu qui permettrait de comprendre qu'il soit impliqué en 2021 dans des actes aussi violents au sujet desquels il ne semble montrer que peu d'affect pour les victimes et pour les conséquences potentielles auxquelles il s'expose. Ainsi une expertise psychiatrique se justifie non seulement pour établir l'ampleur de sa responsabilité pénale mais également pour se prononcer sur les éventuelles mesures qui pourraient être prononcées.