Citation: 5C.38/2003 31.03.2003 E. 2

La recourante reproche d'abord à la cour cantonale d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation en écartant l'opinion de l'expert B.________ pour se rallier à l'avis de la Doctoresse E.________ et des autres praticiens qui se sont exprimés dans ce dossier. Elle soutient que si les juges cantonaux avaient procédé conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances qu'ils ont citée, ils auraient nécessairement été appelés à se rallier aux conclusions de l'expert B.________, en écartant l'opinion des médecins traitants de l'intimée. La recourante expose ainsi en détail, en se référant abondamment à des faits qui ne ressortent pas du jugement attaqué, en quoi les avis exprimés par les divers médecins traitants de l'intimée ne seraient pas objectifs, au contraire de l'opinion du Dr B.________ qui serait fortement motivée, cohérente et impartiale. Au surplus, les juges cantonaux auraient également abusé de leur pouvoir d'appréciation en se ralliant sans aucun examen critique à l'avis non motivé de la seule Doctoresse E.________ pour fixer dans leur jugement les degrés et les périodes d'incapacité de travail qu'ils prêtent à l'assurée. Ces griefs sont irrecevables dans un recours en réforme. En effet, contrairement au Tribunal fédéral des assurances, qui, dans la procédure de recours de droit administratif qui lui est propre, n'est pas lié par la constatation de l'état de fait (art. 132 let. b OJ), le Tribunal fédéral, dans la procédure de recours en réforme, est lié par les faits tels qu'ils ont été constatés par la dernière autorité cantonale (art. 63 al. 2 OJ). Si l'abus du pouvoir d'appréciation dans l'application du droit fédéral peut être invoqué par la voie du recours en réforme, cette voie de droit ne permet pas de critiquer l'appréciation des preuves à laquelle s'est livrée l'autorité cantonale pour établir l'état de fait (art. 55 al. 1 let. c, 3e phrase OJ; ATF 122 III 26 consid. 4a/aa p. 32). Or les constatations touchant la mesure et la durée de l'incapacité de travail relèvent du fait et lient le Tribunal fédéral en vertu de l'art. 63 al. 2 OJ (ATF 111 II 295 consid. 3).