Citation: 1C_316/2020 E. 1

Tel n'est pas le cas en l'espèce. La Cour de droit public a constaté que le Conseil d'Etat ne pouvait pas se baser sur la prescription tirée de l'art. 57 al. 4 de la loi cantonale sur les constructions pour rejeter le recours des époux D.________. Elle a renvoyé le dossier au Conseil communal de Martigny pour qu'il procède selon l'art. 57 al. 1 à 3 de cette loi après avoir entendu les parties. Il n'est ainsi pas d'emblée exclu que la benne litigieuse puisse être régularisée au terme de la procédure de contrôle qu'il lui incombe de conduire. L'autorité communale dispose ainsi d'une marge de manoeuvre suffisamment importante pour lui reconnaître plus qu'un simple rôle d'exécutante de l'arrêt cantonal de renvoi. La Cour de céans ne pourrait donc entrer en matière sur le recours en matière de droit public que si les conditions alternatives de l'art. 93 al. 1 let. a et b LTF étaient réalisées, s'agissant d'une décision qui n'entre pas dans le champ d'application de l'art. 92 LTF. Les recourants ne s'expriment pas sur cette question comme il leur incombait de le faire (ATF 137 III 522 consid. 1.3 p. 525), partant à tort du principe que l'arrêt attaqué serait une décision finale au sens de l'art. 90 LTF. L'existence d'un préjudice irréparable de nature juridique au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF n'est par ailleurs pas évidente. Rien ne permet d'affirmer en l'état que le Conseil communal de Martigny prononcera une remise en état des lieux plutôt qu'une procédure de régularisation. Quoi qu'il en soit, si la décision à venir devait leur être défavorable, les recourants disposeront des voies de droit ordinaire pour la contester et pourront, le cas échéant, demander les mesures provisionnelles idoines (arrêt 1C_599/2017 du 22 mai 2018 consid. 1.2.2). Selon l'issue de la procédure cantonale, ils seront légitimés à attaquer l'arrêt cantonal incident du 6 mai 2020, qui se prononce définitivement sur la prescription du droit des intimés de solliciter l'ouverture d'une procédure de remise en état, en même temps que la décision finale, dans la mesure où il influe sur le contenu de celle-ci (cf. art. 93 al. 3 LTF; ATF 117 Ia 251 consid. 1b p. 255; 106 Ia 229 consid. 4 p. 236). L'allongement de la durée de la procédure et l'augmentation des coûts qui en résulte ne sont pas constitutifs d'un dommage irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (ATF 144 III 475 consid. 1.2 p. 479). La contestation ne porte pas sur un projet de grande ampleur et la question litigieuse à ce stade ne revêt pas une importance de principe telle qu'elle justifierait d'entrer en matière sur le recours (ATF 142 II 20 consid. 1.4 p. 25). La condition posée à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'est pas davantage réalisée. Si l'admission du recours conduirait à une décision finale, rien n'indique que le Conseil communal de Martigny ne sera pas en mesure de rendre une nouvelle décision dans des délais raisonnables, qu'elle opte pour une remise en état ou pour une régularisation de la situation par l'ouverture d'une procédure d'autorisation de construire. A tout le moins, cette question méritait d'être développée et étayée par une argumentation circonstanciée qui fait défaut en l'occurrence. Il s'ensuit que l'arrêt entrepris ne peut pas faire l'objet d'un recours ordinaire immédiat au Tribunal fédéral.