Citation: 6B_1281/2023 E. B

Statuant le 28 septembre 2023, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté l'appel formé par A.________ contre le jugement du 10 février 2023 et l'a confirmé. En substance, il en ressort les éléments suivants. B.a. Dans la région du Nord vaudois, à U.________ notamment, et ailleurs sur territoire suisse, entre début juin 2021 et le 22 juin 2021, A.________ a quasi quotidiennement frappé son amie B.________, née en 2002, notamment au moyen d'objets divers, faisant ainsi usage d'un balai et d'une latte de lit. Il l'a en outre étranglée à trois ou quatre reprises durant cette période sans lui faire perdre connaissance. À une occasion, il l'a également traînée au sol avant de lui écraser la tête avec sa chaussure pendant plusieurs secondes. Suite à ces faits, B.________ a régulièrement présenté des marques sur le corps, notamment au cou. De plus, au cours des diverses altercations, il a apeuré sa compagne en la menaçant de la tuer et l'a également traitée de "pute". B.b. À une occasion, en soirée, il a attaché son amie, au niveau des chevilles, avec des menottes appartenant à C.________, afin de I'empêcher de s'enfuir durant la nuit. Il disposait de la clé des menottes, qu'il a mise dans sa poche. À son réveil le lendemain matin, B.________ n'avait plus les menottes. B.c. Au début du mois de juin 2021, peu après la douane italo-suisse du Grand St-Bernard où A.________ et son amie avaient été contrôlés pendant plusieurs heures, persuadé que B.________ le trompait, il lui a renversé un verre de Coca-Cola et lui à asséné un coup de poing au niveau de la bouche, alors qu'elle portait des bagues dentaires. Ce faisant, il lui a occasionné un saignement des gencives. Par la suite, il lui a craché dessus et lui a donné plusieurs coups, notamment sur les cuisses, alors qu'elle s'était mise en boule pour se protéger, lui causant des hématomes. B.d. À U.________, route de V.________, au domicile de C.________, le 20 juin 2021, il a fait usage d'une latte de lit afin de frapper B.________ à plusieurs reprises dans le dos. Dans la continuité de son mouvement, cet objet a terminé sa course dans le téléviseur de C.________, cet appareil se cassant sous l'effet du choc. B.e. Dans la nuit du 21 au 22 juin 2021, à W.________, A.________, qui venait de fumer des stupéfiants, a organisé le "procès" de B.________ en présence d'un groupe d'amis. Le groupe a formé un cercle autour de la jeune femme et A.________ lui a assené une gifle devant tout le monde. Il lui a également interdit de fumer, alors que les autres le faisaient en sa présence. Pour échapper à la "cérémonie", B.________ a prétexté devoir passer un appel à sa mère, à qui elle a demandé de contacter le foyer où elle résidait. Une personne du foyer l'a rappelée par la suite en lui demandant de rentrer, mais le prénommé a refusé que B.________ retourne au foyer, exigeant qu'elle rentre avec lui. Sur le chemin du retour, entre W.________ et U.________, il a en outre asséné plusieurs coups de poing à son amie sur l'ensemble du corps et lui a également donné des gifles. Ce faisant, il lui a occasionné des marques cutanées. B.f. Une fois arrivé à U.________, au domicile de C.________, il a continué à interdire à son amie de fumer. Il l'a contrainte à dormir sur le sol du salon. Il lui a asséné un coup derrière la tête au moyen d'une bonbonne de gaz servant à remplir les briquets, avant de lui affirmer qu'il ne la frapperait plus car elle était un "déchet" et que cela n'en valait plus la peine. B.g. Au même endroit, le lendemain 22 juin 2021, le prénommé, toujours énervé à son réveil, a planté la pointe d'un stylo à plusieurs reprises dans le bras gauche de B.________, qui avait été obligée de dormir sur le sol du salon. Par la suite, il l'a apeurée afin de la contraindre à aller chercher un autre téléviseur chez ses parents, ainsi que de l'argent, lui donnant une gifle. Poussée à bout par les violences et les pressions psychologiques subies, la jeune fille a alors ingéré 4 g de Dafalgan, puis a commencé à se sentir mal et à vomir. B.________ a affirmé qu'elle n'avait jamais voulu mourir et que son geste tendait à faire peur à son compagnon et à l'inquiéter, en somme à provoquer une réaction où à attirer son attention sur son mal-être; lors de l'audience de première instance, elle a ainsi exclu avoir voulu se donner la mort à cette occasion et même y avoir pensé. Considérant toujours que c'était de la faute de B.________ si le téléviseur s'était cassé deux jours auparavant, il l'a conduite chez ses parents pour qu'elle y prenne un autre téléviseur. Arrivée sur place, B.________ a pu alerter sa mère, qui a prévenu la police vers 16h00. B.h. Un rapport médical établi le 24 juin 2021 par le CURML a la teneur suivante: " Au status, l'état général était diminué et la patiente était apathique. Elle présentait un hématome douloureux de la conque de l'oreille droite d'environ 8 mm de diamètre, une déformation de l'arête nasale, des pétéchies au cou en antérieur, des hématomes multiples d'âges différents sur les cuisses, de multiples croûtes rondes sur le bras gauche et des signes inflammatoires avec un écoulement purulent au niveau d'un piercing ombilical. Après avis ORL, une tentative de drainage de l'hématome de la conque a été effectué et la patiente sera convoquée dans la semaine pour réduction de la fracture du nez. Le piercing a été retiré et l'orifice désinfecté (...). Une radiographie du thorax n'a pas mis en évidence de fracture ni de pneumothorax ". Toujours selon le CURML, l'examen physique a révélé des lésions (ecchymoses, dermabrasions) au niveau de la tête, du cou, du thorax, des fesses, du dos, des membres supérieurs droit et gauche, ainsi que des membres inférieurs droit et gauche. B.________ a indiqué à l'équipe soignante que ses lésions étaient en rapport avec des violences infligées par son compagnon, en précisant, pour certaines blessures leurs dates et le moyen utilisé par l'auteur. Elle a en outre rapporté une baisse des apports alimentaires depuis la fin de l'année 2020, particulièrement depuis un mois et demi. Elle a précisé avoir perdu 7 kg, ajoutant présenter des nausées et quelques épisodes de vomissements sur les derniers mois. B.i. Dans la région du Nord vaudois ou ailleurs sur territoire suisse, depuis 2020, A.________ a régulièrement consommé du haschisch et de la marijuana, à raison de deux ou trois joints par semaine. B.j. A.________, ressortissant béninois, est né en 2001 au Bénin. Il a trois demi-soeurs et deux demi-frères qui vivent en Afrique. II a été scolarisé dans son pays d'origine jusqu'à ce qu'il s'installe en Suisse avec son père en 2013. Sa mère est restée au Bénin. Il a vu sa mère pour la dernière fois en 2014. Ils ont parfois des échanges par voie électronique. Le prénommé a continué sa scolarité en Suisse, obtenu le certificat de fin d'études, puis entrepris un apprentissage de pâtissier-boulanger, qu'il n'a pas terminé. Son père l'a mis à la porte après une altercation durant ce premier apprentissage. Par la suite, il a mené une vie dissolue et d'errance, notamment à X.________ pendant plusieurs mois. En cours d'enquête, il logeait à U.________ chez l'un de ses amis, C.________, qui lui fournissait en outre le couvert. En mai 2022, il a recommencé un préapprentissage, puis un apprentissage de boulanger-pâtissier-confiseur, à Y.________. Il a démissionné "pour justes motifs", car il aurait subi du harcèlement sexuel sur son lieu de travail. Depuis le 30 janvier 2023, l'intéressé suit une mesure de transition (initiation à la pratique professionnelle et cours de rattrapage scolaire). Il vit dans un logement mis à sa disposition par D.________, à Y.________. Il a affirmé que s'il devait retourner au Benin, "c'est comme s['il] étai[t] mort". La famille du côté de son père ne lui parle plus parce qu'il a échoué. Ils ne sont pas fâchés "mais c'est par rapport à la situation". Il dit avoir eu de la peine à retrouver une place d'apprentissage en raison de son statut en Suisse qui était incertain depuis février 2023. C'est, selon lui, pour ce motif également qu'il a eu de la peine à retrouver un emploi après l'échec de sa formation. C'est faute d'avoir un emploi qu'il a eu de la peine à trouver un logement. Son projet est de s'établir et de travailler. Célibataire, sans enfants à charge, il est au bénéfice d'un permis d'établissement. |l fait l'objet de poursuites. Son casier judiciaire suisse est vierge de toute inscription.