Citation: I 68/01 27.03.2001 E. 4

4.- a) Le premier juge considère, en se fondant sur le rapport du CPS, que le recourant ne présente aucune pathologie psychiatrique, eu égard au diagnostic posé de troubles de l'humeur persistants et de troubles de la personnalité de type limite. Le CPS, relève la juridiction cantonale, met essentiellement en évidence des difficultés socioprofessionnelles et constate d'autre part le "mal être" qui semble se dégager chez le recourant et qui provient de problèmes familiaux qu'il ne paraît pas avoir surmontés. Ces éléments, bien qu'affectant la capacité résiduelle de travail de l'assuré, ne découlent pas de son handicap : l'assurance-invalidité ne répond pas de l'impossibilité de travailler à laquelle se heurte un assuré, dans la mesure où celle-ci résulte de son âge, de l'insuffisance de sa formation, de ses difficultés linguistiques ou des effets négatifs de la conjoncture économique; or, selon le premier juge toujours, c'est bien la situation qui prévaut en l'espèce car, comme le relève le CPS, le recourant éprouve avant tout des difficultés à trouver une activité lucrative durable. b) Ce point de vue ne peut pas être partagé. Il est incontestable, en effet, que le recourant souffre d'une atteinte à sa santé psychique. Outre le diagnostic posé par les médecins du CPS, l'anamnèse révèle une hospitalisation en raison d'une symptomatologie dépressive. Pour autant qu'ils n'apparaissent pas bénins à dire de médecin, on ne saurait décider à l'avance quels sont les troubles psychogènes qui entraînent, ou au contraire qui n'engendrent pas, une incapacité de gain. Si le CPS préconise en l'espèce le versement d'une rente (assorti éventuellement de mesures de réadaptation d'ordre professionnel) c'est bien qu'il considère que les troubles diagnostiqués ne sont pas dépourvus de toute incidence sur la capacité de travail du recourant. Leur portée ne saurait en tout cas être d'emblée minimisée. Certes, le CPS attribue l'existence des troubles dont souffre l'assuré à des problèmes conjugaux, à des facteurs socioculturels et aux difficultés de l'intéressé à trouver un emploi. Mais, contrairement à ce que suggère en réalité le jugement attaqué, les causes de l'atteinte à la santé psychique ne jouent pas de rôle quand il s'agit de décider si elle revêt ou non un caractère invalidant (Pra 1997 n° 49 p. 256 consid. 4b in fine). Ce qui est décisif, c'est de savoir si une atteinte à la santé psychique, indépendamment de son origine, entraîne une incapacité de travail et de gain. c) Dans ces conditions on ne saurait sans plus conclure à l'absence de toute affection psychique invalidante.