Citation: 4C.25/2001 25.06.2001 E. 1

b) Le sort du litige n'en est pas scellé pour autant, car la cour cantonale a encore fondé son jugement sur l'art. 499 al. 3 CO. Aux termes de cette disposition, à moins que le contraire ne résulte du contrat ou des circonstances, la caution ne répond que des engagements du débiteur qui sont postérieurs à la souscription du cautionnement. La défenderesse ne reproche pas aux premiers juges d'avoir violé cet article. D'ailleurs, il ne ressort pas du jugement attaqué que Y.________ S.A. aurait contracté des engagements à l'égard de la Banque postérieurement au 20 octobre 1992, ni, en particulier, qu'elle aurait obtenu effectivement l'augmentation sollicitée de sa limite de crédit auprès de cet établissement. De même, rien ne permet d'affirmer, sur le vu de ce jugement, qu'en dérogation au principe énoncé par la disposition citée, la défenderesse aurait accepté de répondre des engagements de la débitrice antérieurs au 20 octobre 1992 et, notamment, de garantir la Banque contre les dépassements de la limite assignée au crédit octroyé précédemment à Y.________ S.A. A cet égard, la défenderesse ne reproche pas aux juges cantonaux d'avoir commis une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) et elle ne requiert pas non plus un complètement de l'état de fait (art. 64 OJ). Une violation de l'art. 8 CC n'est pas davantage invoquée par la défenderesse à qui il incombait de toute façon d'établir la bonne et fidèle exécution de ses obligations de mandataire et, par conséquent, le respect des dispositions protégeant la caution contre les prétentions injustifiées du créancier. Comme cette preuve n'a pas été apportée, la défenderesse ne pouvait pas exiger le remboursement de ses avances (i. e. de la somme versée à la Banque), faute d'une exécution régulière du mandat de cautionner (cf. art. 402 al. 1 CO), ni, partant, compenser sa prétendue créance de ce chef avec son obligation de restituer la somme déposée ou prêtée par la demanderesse, ainsi que l'y autorisait l'une de ses conditions générales en dérogation à l'art. 125 ch. 1 CO. Il s'ensuit que la Cour civile a admis à juste titre l'action de la demanderesse visant à la restitution de la somme débitée indûment de son compte d'épargne (sur la nature de cette action, cf. ATF 112 II 450 consid. 3a p. 454 et les références). Cela étant, le recours de la défenderesse sera rejeté et le jugement attaqué confirmé dans son résultat, sinon dans tous ses motifs.