Citation: 1B_332/2008 21.01.2009 E. 1

Interpellé à ce sujet par le juge délégué, le directeur adjoint de la Prison de Champ-Dollon a indiqué s'être rendu personnellement dans la cellule du recourant pour l'informer de la décision qu'il entendait prendre à son endroit. Il a accédé à la demande du recourant tendant à prendre connaissance du texte écrit de la décision avant de signer ce document tout en précisant qu'il restait à sa disposition s'il avait des interrogations particulières. A défaut, il devait remettre la décision signée au chef d'unité. Le déroulement des faits tel qu'il est allégué par le directeur adjoint et que l'a retenu la cour cantonale n'est pas contesté, ou du moins pas dans les formes requises (cf. consid. 2 précité), par le recourant de sorte qu'il lie le Tribunal fédéral. On doit par conséquent admettre que le recourant a été informé de la mesure qui allait être prise à son encontre et qu'il a pu se prononcer à ce propos même si son audition a précédé de peu la notification de la décision. Le Tribunal administratif a considéré à cet égard qu'en raison de l'urgence et de la nécessité d'intervenir rapidement afin de contenir tout débordement dans une prison notoirement surpeuplée, il n'était pas concevable d'exiger du personnel de la prison qu'il remette un rapport au détenu ou à son conseil, puis lui impartisse un délai pour se déterminer par écrit. Le recourant ne conteste pas que l'exercice du droit d'être entendus des détenus puisse faire l'objet de restrictions pour autant qu'elles soient dictées par les exigences inhérentes au but de la détention ou le fonctionnement de l'établissement, conformément à la jurisprudence évoquée dans l'arrêt attaqué. Il ne prétend pas davantage que la direction de la prison de Champ-Dollon aurait excédé la marge d'appréciation dont elle dispose à cet égard en agissant comme elle l'a fait. Le recours ne satisfait pas sur ce point également les exigences de motivation requises. On observera au demeurant que la mesure de placement en régime de sécurité renforcée ordonnée le 30 avril 2008 à l'encontre de A.________ ne prenait effet que le 4 mai 2008, ce qui lui laissait le temps de prendre position par écrit s'il jugeait utile de le faire.