Citation: 7B_19/2025 E. 2.4.2

2.4.2. Ce raisonnement ne saurait cependant être suivi, dès lors qu'il omet de prendre en considération que l'infraction de vol réprimée à l'art. 139 CP se poursuit d'office. On peine donc à comprendre pourquoi l'absence de plainte mentionnant expressément les deux objets litigieux suffirait pour écarter à leur égard tout lien de connexité avec l'infraction dénoncée dès lors qu'il semble que les circonstances les entourant sont quasi identiques à celles prévalant pour les autres objets sur lesquels le séquestre a été maintenu. Ainsi, il semble qu'à un moment donné, ces deux tableaux ont appartenu au défunt (cf. les factures d'achat du 5 mars 2022 invoquées le 4 septembre 2024 devant la cour cantonale). Il est en outre établi qu'ils se trouvaient dans l'appartement de l'intimé au moment de la perquisition, a priori au même endroit que deux des autres oeuvres saisies (cf. l'inventaire ["dans la chambre" et "dans l'armoire"]). Leur titularité est ensuite en l'état revendiquée tant par la recourante, partie plaignante, que par l'intimé (cf. les déclarations des uns et des autres). Enfin, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que l'intimé aurait démontré à ce stade, notamment en produisant des pièces étayant ses dires, la réalité de ses prétentions sur les deux tableaux litigieux. À cela s'ajoute le fait que les plaintes pénales de juin et octobre 2023 émanent de l'héritière du défunt, agissant par son curateur, ce qui peut expliquer une connaissance limitée des biens pouvant entrer dans la succession (voir également les affirmations de l'intimé quant à des relations tendues dans la famille). L'instruction pénale tend certes à enquêter sur les faits dénoncés dans une plainte; elle ne saurait cependant - a fortiori en cas d'infractions poursuivies d'office - se limiter à ceux-ci si les mesures d'enquête paraissent mettre en évidence d'autres faits potentiellement constitutifs d'infractions, respectivement l'éventuel produit de celles-ci (cf. en particulier art. 306 al. 1 in fine et 309 al. 1 let. a CPP; voir également la maxime d'instruction de l'art. 6 al. 1 CPP, qui impose notamment aux autorités pénales de rechercher la vérité matérielle [ATF 147 IV 409 consid. 5.3.1]). Dans une telle configuration, il ne saurait donc être reproché aux autorités pénales de prendre les mesures conservatoires nécessaires afin de préserver des prétentions encore incertaines, ce que le séquestre portant également sur les objets inventoriés sous chiffres 3 et 5, tel qu'ordonné par le Ministère public, permettait d'assurer, de sorte qu'il doit être maintenu.