Citation: 1P.28/2006 27.04.2006 E. 3

En l'occurrence, le Tribunal cantonal a considéré que le premier juge n'avait pas fait preuve d'arbitraire, ni excédé son pouvoir d'appréciation, en retenant que le recourant circulait à une vitesse inadaptée. 3.1 Le recourant reproche au Tribunal cantonal d'avoir omis de tenir compte de l'existence d'un doute au sujet de la vitesse, qui ressortirait de contradictions dans les déclarations des policiers entendus en qualité de témoins. A l'appui de ce grief, il cite les déclarations suivantes: certains agents auraient dit avoir "entendu une voiture arriver à vive allure" ou "à régime élevé", alors que d'autres auraient affirmé avoir vu "la voiture forcer le passage" ou "avoir vu arriver une voiture à vive allure et ne pas s'arrêter". On ne voit pas en quoi ces déclarations seraient contradictoires; au contraire, les exemples cités par le recourant vont tous dans le même sens et peuvent raisonnablement conduire à la conclusion que ce dernier arrivait près du contrôle de police à une vitesse trop élevée. Par ailleurs, rien ne permet d'affirmer que le "climat de tension" dans lequel se serait déroulé le contrôle de police ôterait manifestement toute crédibilité aux déclarations des agents. Le recourant n'explique pas non plus pourquoi il serait insoutenable de privilégier le témoignage des agents de police présents sur les lieux à celui de son passager. Dans ces conditions, le premier juge n'a pas fait preuve d'arbitraire en fondant son appréciation sur les déclarations des agents de police présents au moment des faits. 3.2 Il importe peu que l'excès de vitesse commis par le recourant repose sur des estimations, dès lors que celles-ci sont crédibles et concordantes et qu'elles permettent de conclure que la vitesse était objectivement inadaptée aux circonstances. A cet égard, l'appréciation du premier juge est d'autant moins insoutenable qu'il a "accueilli [ces estimations] avec prudence". Il y a également lieu de constater avec l'autorité attaquée que le caractère inadapté de la vitesse ressort aussi du fait que deux agents ont failli être renversés, ce que le recourant ne conteste pas devant le Tribunal fédéral. Quant à l'argumentation selon laquelle les signaux annonçant le contrôle de police ne pouvaient que l'amener à adapter sa vitesse, elle a déjà été présentée devant le Tribunal cantonal et le recourant ne démontre pas en quoi elle aurait été écartée de manière arbitraire; elle est au demeurant insuffisamment motivée au regard des exigences tirées de l'art. 90 al. 1 let. b OJ et est, partant, irrecevable. 3.3 Dans ces circonstances, c'est à juste titre que le Tribunal cantonal a considéré que le premier juge n'avait pas usé de son large pouvoir d'appréciation des preuves de manière arbitraire. Dès lors qu'au terme de cette appréciation des preuves exempte d'arbitraire il ne subsiste pas de doute sérieux et irréductible quant à la culpabilité du recourant, le grief tiré de la violation de la présomption d'innocence doit être rejeté.