Citation: 5A_743/2024 E. 6.2

6.2. Les recourants exposent que plusieurs éléments constatés dans l'arrêt entrepris montraient qu'ils sont des parents bienveillants, adéquats et sécurisants pour leurs enfants et qu'ils collaborent avec les professionnels gravitant autour de leurs enfants; ils présenteraient ainsi les garanties suffisantes et nécessaires pour que des mesures moins incisives que le placement soient prises. Ils invoquent par ailleurs que les mesures qu'ils avaient listées en instance cantonale, prises individuellement ou combinées entre elles, étaient de nature à exclure tout risque de développement des enfants. Ils font valoir à ce propos que la cour cantonale ne craignait pas une maltraitance régulière et prononcée de leur part sur les enfants; la seule crainte exprimée était celle d'une reviviscence des anciens conflits parentaux qui, en raison d'un état d'épuisement qu'elle causerait chez eux, les conduirait à adopter un comportement inadapté, voire dangereux envers leurs enfants. Il en résultait qu'en excluant le risque de reviviscence des anciens conflits parentaux, l'on excluait le risque de mise en danger du développement des enfants. Or, les mesures listées permettaient précisément d'exclure ce risque. Par ailleurs, les enfants étaient actuellement placés dans des familles d'accueil distinctes et un maintien du placement prolongerait davantage la séparation d'avec leurs parents, cela à un âge où il est extrêmement important de pouvoir bénéficier de l'amour parental. Les mesures provisionnelles déployaient leur effet depuis plus de sept mois, sans la moindre perspective d'évolution en faveur de l'élargissement du lien parents-enfants. De plus, la mesure de placement était particulièrement incisive in casu. Les relations personnelles étaient extrêmement restreintes puisque les visites des parents sur leurs enfants étaient fixées à deux visites médiatisées d'une heure trente par semaine, fréquence abaissée à une visite de deux heures par semaine, en raison de difficultés des familles d'accueil à prévoir deux visites par semaine, ce qui était particulièrement restrictif et injustifié. À cela s'ajoutait que le placement de F.________ l'avait privé du lien maternel de l'allaitement et qu'aucune visite n'était prévue pendant les vacances de la médiatrice. Ainsi, selon les recourants, si la cour cantonale avait pris la peine d'examiner ces aspects, elle serait parvenue à la conclusion que des mesures moins incisives que le placement pouvaient et devaient être ordonnées, sauf à violer les principes de proportionnalité et de subsidiarité en lien avec les art. 8 CEDH et 13 Cst. À tout le moins, la cour cantonale aurait dû ordonner la mise en place d'un large droit de visite, cas échéant en dressant un cadre minimal à respecter, ce qu'elle avait omis de faire. Les recourants précisent que le dispositif de l'ordonnance de première instance donnant pour tâche à la DGEJ de veiller au rétablissement d'un lien progressif et durable avec leurs enfants était manifestement insuffisant et qu'il appartenait par ailleurs à la justice de paix, en tant qu'autorité de protection, de statuer sur cette question.