Citation: 2A.316/2006 19.12.2006 E. A

X.________, ressortissante ghanéenne née en 1970, est arrivée en Suisse le 17 août 1993 pour rejoindre, au titre du regroupement familial, un ressortissant suisse qu'elle avait épousé en secondes noces dans son pays au mois de mars précédent. Elle était alors mère de trois enfants de nationalité ghanéenne, soit A.________ et B.________, deux jumeaux de sexe différent issus d'une relation hors mariage le 12 septembre 1987, et leur demi-soeur C.________, née le 15 mars 1990 du premier mariage également célébré au Ghana et dissous en août 1991. Demeurés au pays après le départ de leur mère pour la Suisse, les enfants ont été confiés aux soins de leur grand-mère maternelle. En raison de l'ouverture d'une enquête sur sa situation patrimoniale, X.________ n'a été mise au bénéfice d'une autorisation de séjour qu'à partir du 14 avril 1997. Après le décès de son deuxième mari, en janvier 1998, avec lequel elle n'a pas eu d'enfant, elle est restée en Suisse et a vécu depuis lors en union libre avec Y.________, un petit-cousin ghanéen dont elle a eu un enfant, D.________, en octobre 2002. Le 20 avril 2004, A.________, le jumeau garçon, est entré en Suisse sans visa ni autorisation pour rejoindre sa mère. Celle-ci a déposé en sa faveur, le 29 septembre 2004, une demande d'autorisation de séjour au titre du regroupement familial, de même que pour ses deux filles restées au Ghana, pour lesquelles elle a en outre sollicité, le 25 octobre suivant, une demande d'entrée en Suisse. Entre-temps, le 12 octobre 2004, X.________ a été mise au bénéfice d'une autorisation d'établissement. Son concubin et leur enfant commun ont acquis la nationalité suisse par naturalisation le 2 novembre 2005. Après avoir procédé à diverses mesures d'instruction et, notamment, enquêté sur la situation personnelle en Suisse de la requérante et recueilli des informations concernant ses enfants auprès de l'Ambassade suisse à Accra, le Service de la population du canton de Vaud (ci-après: le Service cantonal) a, par décision du 25 mai 2005, refusé de délivrer, respectivement une autorisation d'entrée et de séjour à ses deux filles restées au Ghana, et une autorisation de séjour à leur (demi-)frère déjà présent en Suisse; ce dernier était en outre sommé de quitter à bref délai le territoire vaudois. En bref, le Service cantonal a estimé que les demandes de regroupement familial étaient abusives, car il fallait admettre qu'elles n'étaient pas tant motivées par le désir de réunir la famille sous un même toit que par des raisons économiques: aussi bien les jumeaux, entrés dans leur dix-huitième année, que leur soeur, âgée de 15 ans, avaient le centre de leurs intérêts dans leur pays d'origine, tandis que leur mère n'avait demandé que tardivement l'autorisation de les faire venir auprès d'elle, soit près de onze ans après son arrivée en Suisse.