Citation: 2C_3/2025 E. 3.4

3.4. Dans la décision entreprise, la Cour de justice a estimé, après avoir rappelé les buts de la loi genevoise sur la prostitution - à savoir en particulier celui de garantir qu'il ne soit pas porté atteinte à la liberté d'action des personnes qui se prostituent, que celles-ci ne soient pas victimes de pressions ou que l'on ne profite pas de leur détresse ou de leur dépendance pour les déterminer à se livrer à un acte d'ordre sexuel (cf. art. 1 let. a LProst/GE) - que l'intérêt public au rétablissement immédiat d'une situation conforme à l'ordre public devait, à ce stade de la procédure et sans préjudice de l'examen au fond, prévaloir sur l'intérêt de la recourante à préserver ses sources de revenus. Selon l'instance précédente, l'intérêt public à la fermeture des salons l'emportait à l'évidence, puisque les faits reprochés à la recourante avaient notamment pour conséquence de mettre en danger la santé des travailleuses du sexe et leur liberté d'action. Cet intérêt public primait également celui des hôtesses à pouvoir continuer de travailler dans les deux salons en cause. La Cour de justice mentionnait par ailleurs que les chances de succès du recours n'apparaissaient, prima facie, pas si grandes qu'elles justifieraient la restitution de l'effet suspensif.