Citation: 4A_205/2021 E. 4.1

4.1. Le contrat de travail conclu avec l'intimé est assorti d'une clause de prohibition de concurrence au sens des art. 340 à 340c CO. En cas de violation d'une telle clause, une peine conventionnelle est prévue (art. 160 à 163 CO; cf. également art. 340b al. 2 CO). La cour cantonale a rejeté la demande en paiement de B.________ fondée sur cette clause par une motivation en cascade prenant en compte plusieurs hypothèses. Tout d'abord, a-t-elle expliqué, la clause de prohibition de concurrence n'est pas valable compte tenu de la nature de l'activité exercée par l'intimé et du rapport personnel existant avec les clients dont il s'occupait: l'intimé connaissait certains clients depuis plus de seize ans, travaillait de manière assez indépendante et avait créé avec eux un lien de confiance. C'est en raison de cette confiance particulière que les clients qui avaient été interrogés comme témoins l'avaient suivi lorsqu'il était parti. Il ne les avait pas démarchés. Le maintien au poste d'administrateur de la PPE V.________ était une preuve supplémentaire du lien de confiance existant entre l'intimé et les clients, la communauté des copropriétaires ayant expressément souhaité qu'il poursuive son mandat après son départ de B.________. A supposer que la clause de non-concurrence fût applicable, rien n'indiquait quel client elle était susceptible de concerner. En effet, l'intimé avait déjà une longue carrière au moment où il était entré au service de B.________. Il était notamment le mandataire et l'homme de confiance de N.________ et des sociétés du groupe éponyme dès 1980. Il avait ensuite travaillé, dès 1990, pour G.________ SA avant de rejoindre, en juin 1999, H.________ SA, laquelle fut ensuite reprise par B.________. Cela étant, la clause de non-concurrence ne pouvait concerner les clients qui étaient déjà les siens avant qu'il ne rejoigne la H.________ SA. Elle pourrait s'appliquer à ceux qui étaient déjà clients de ladite fiduciaire lors de son arrivée en 1999 et à ceux qu'elle a acquis par la suite. Cela étant, l'on ne savait rien de leur identité. B.________ aurait dû alléguer et établir la clientèle tombant sous le coup de la clause de prohibition de concurrence, alors qu'elle s'était limitée à fournir une liste de clients prétendument détournés lors du départ de l'intimé en 2006. Du reste, si les noms des clients concernés par la clause de non-concurrence en question avaient été allégués, encore aurait-il fallu démontrer que l'intimé les avait détournés. Et cette preuve n'avait pas été apportée. Enfin, la cour cantonale a considéré que, en tout état de cause, B.________ n'avait pas établi les bases de calcul de la peine conventionnelle qu'elle réclamait à l'intimé. Cette peine correspondait non pas à un montant fixe, mais au " 100 % de la moyenne annuelle des honoraires facturés pendant les deux dernières années aux clients en cause ". Or, la quotité des honoraires facturés à chacun des clients prétendument détournés était inconnue. Pour tous ces motifs, la demande était vouée au rejet.