Citation: I 698/99 18.04.2000 E. 3

3.- a) Les experts du SAM ont posé le diagnostic de syndrome lombovertébral chronique sur fracture du corps vertébral L1 (remontant au 30 décembre 1985), ainsi que spondylose et discarthrose au niveau Th11 - L1. Comme af- fections secondaires, ils ont retenu que l'assuré souffrait d'un syndrome dysphorique hypocondriaque, d'un trouble somatoforme douloureux, de dislipémie ainsi que d'hyperuri- cémie. Selon les experts, les affections secondaires d'ori- gine psychique n'entraînent pas d'incapacité de travail; à la lumière de l'anamnèse et des pièces médicales au dos- sier, ils considèrent par ailleurs que le caractère non invalidant de ces affections se vérifiait déjà lors de la révision de la rente en février 1996. Quant aux troubles somatiques, essentiellement d'ordre orthopédique, les experts du SAM constatent qu'ils interdisent à l'assuré de travailler comme maçon, mais qu'ils ne l'empêchent en re- vanche pas de mettre à profit une capacité de travail com- prise en 65 et 70 % dans une activité adaptée, c'est-à-dire qui soit légère et autorise l'alternance des positions assises et debout (surveillant, contrôleur, ouvrier tra- vaillant dans une fabrique ou sur une chaîne de mon- tage...). Pour rendre leurs conclusions, les experts du SAM se sont fondés sur les résultats des examens pluridiscipli- naires qu'ils ont pratiqués pendant la durée du séjour de l'assuré (examens radiologiques, examens de laboratoire, électrocardiogramme, consultations psychiatrique et ortho- pédique), ainsi que sur l'ensemble du dossier médical à disposition; ils ont également pris en considération les plaintes de l'assuré. Aussi bien leur rapport remplit-il toutes les exigences mises par la jurisprudence pour qu'on puisse lui accorder pleine valeur probante (cf. ATF 122 V 160 consid. 1c et les références) et il n'y a pas de motifs de s'écarter des conclusions qui y sont contenues. b) Au demeurant, celles-ci ne sont, contrairement à l'opinion du recourant, pas contredites par le docteur L.________. Ce dernier considère en effet dans son rapport du 22 novembre 1999, en accord avec ce qu'il avait déjà mentionné dans un précédent rapport (du 22 août 1996), que dans une activité adaptée du genre de celle décrite par les experts du SAM, l'assuré pourrait travailler durant 5 heures par jour (soit 25 heures par semaine); or, ce temps de travail médicalement exigible correspond à peu près à 60 % d'un horaire de travail normal (42 heures par semaine). Certes, le docteur L.________ est d'avis, au vu de la situation du marché de l'emploi et du niveau de for- mation de l'assuré, que celui-ci dispose en réalité seule- ment d'une capacité de travail théorique, si bien que son invalidité doit être fixée à 100 %. C'est toutefois mécon- naître le fait, d'une part que l'évaluation de l'invalidité doit se faire en fonction "d'une situation équilibrée du marché du travail" (art. 28 al. 2 LAI) et que, d'autre part, une formation insuffisante constitue un motif étran- ger à l'invalidité dont l'intimé n'a pas à répondre (ATF 107 V 21 consid. 2c; RCC 1991 p. 333 consid. 3c, 1989 p. 325 consid. 2b). Conformément aux conclusions du SAM, il y a ainsi lieu de retenir que le recourant jouit, depuis le mois de fé- vrier 1996, d'une capacité de travail comprise entre 65 et 70 % dans une activité adaptée à son handicap. c) Par rapport à la situation qui prévalait au moment de l'octroi de la rente entière en décembre 1986, où seule subsistait une capacité de travail en atelier protégé, on doit dès lors admettre que la capacité de gain de l'assuré s'est notablement améliorée depuis le mois de février 1996. En mettant à profit sa capacité de travail résiduelle, ce dernier pourrait en effet réaliser un revenu de l'ordre de 50 % de celui qui serait le sien sans invalidité, ainsi que cela ressort de la comparaison des revenus - non contestée et qui n'apparaît pas critiquable - effectuée le 6 novembre 1998 par l'intimé. Partant, les conditions de l'art. 41 LAI sont réunies et la rente entière d'invalidité allouée au recourant de- puis le mois de décembre 1986 doit être réduite à une demi- rente; en outre, conformément à l'art. 88bis al. 2 let. a RAI, cette réduction prend effet le 1er avril 1996, soit le premier jour du deuxième mois ayant suivi la notification de la décision de révision rendue par l'intimé le 20 fé- vrier 1996 (cf. ATF 106 V 18 et RCC 1989 p. 279).