Citation: 4A_277/2022 E. 7.1

7.1. En premier lieu, on peut se demander si la recourante a la qualité pour agir seule contre l'intimé afin de faire valoir, pour sa part héréditaire, une prétention de l'hoirie de leur mère. En principe, les membres de la communauté héréditaire au sens de l'art. 602 CC forment une consorité matérielle nécessaire et doivent agir conjointement, conformément à l'art. 70 al. 1 CPC. Certes, l'une des dérogations admises au principe de la main commune réside dans le cas de l'action non-successorale contre l'un des héritiers, dont les demandeurs seraient alors les autres héritiers; en tous les cas, tous les héritiers doivent être parties au procès. Un membre de la communauté héréditaire peut aussi renoncer à agir ou déclarer se soumettre par avance à l'issue du procès (THOMAS WEIBEL, Praxiskommentar Erbrecht, 5e éd. 2023, n° 44 ad art. 602 CC; STÉPHANE SPAHR, in Commentaire romand, Code civil II, 2016, n° 52 ad art. 602 CC; FABIENNE HOHL, Procédure civile, tome I, 2e éd. 2016, n. 898 ss p. 154/155; NICOLAS ROUILLER, in Commentaire du droit des successions, Eigenmann/Rouiller éd., 2012, n° 52/53 ad art. 602 CC). Qu'en est-il dans le cas d'espèce, où les deux soeurs de la recourante, parties au procès, ne s'associent pas à la démarche de leur cohéritière ? La question ne mérite pas un plus ample examen dès lors que, de toute manière, la recourante n'a pas prouvé que sa mère mandante disposait d'une créance en dommages-intérêts envers son frère mandataire, comme exposé ci-après.