Citation: 4A_407/2010 17.11.2010 E. A

D.________, qui faisait le commerce des antiquités et exploitait un magasin à E.________ et un autre à F.________, a noué une liaison avec X.________; il vivait chez elle et elle travaillait comme vendeuse dans son commerce. Le 19 novembre (recte: mai) 2001, D.________ a signé une reconnaissance de dette en faveur de X.________, reconnaissant lui devoir 58'300 fr. correspondant à 53 mois d'arriérés de salaire, de janvier 1997 à mai 2001, à raison de 1'100 fr. par mois. Auparavant, le 15 février 2000, D.________ avait certifié par écrit avoir mis en gage en faveur de X.________, afin de garantir les salaires dus, un "meuble, 3 corps - Boulle - marqueté". En 2002, D.________, qui rencontrait des problèmes de liquidités, a fait l'objet de poursuites. Dans le cadre de celles-ci, X.________ a revendiqué la propriété de ce meuble, précisant par la suite qu'elle était au bénéfice d'un droit de gage. La question n'a pas été tranchée, puisque les biens saisis ont été suffisants pour satisfaire les créanciers en poursuite. D.________ étant atteint dans sa santé, la Chambre pupillaire de E.________ a désigné Me G.________, le 14 juin 2002, en qualité de conseil légal gérant et coopérant en vue de liquider le commerce de D.________. Par la suite, D.________ a donné à Me G.________ le mandat de vendre tout le stock d'objets pour le prix global et forfaitaire de 217'000 euros, sous réserve du secrétaire vendu séparément par X.________ pour le prix de 13'000 euros. Par convention du 18 septembre 2003, Me G.________, agissant pour le compte de D.________, a vendu à Me H.________, commissaire priseur et expert judiciaire en France, les objets appartenant à l'antiquaire pour le prix global de 217'000 euros, exception faite du meuble personnel de X.________ vendu séparément à Me H.________ pour le prix de 13'000 euros. Au 20 avril 2004, la situation de D.________ était saine. Il disposait d'une fortune nette de 614'405 fr.55 et de 224'627 fr.90 de liquidités. Le 21 avril 2004, la Chambre pupillaire de E.________ a relevé Me G.________ de ses fonctions, à la demande de celui-ci, et a désigné I.________ pour le remplacer. Le 17 octobre 2005, le fils de X.________ s'est enquis auprès de I.________ de la créance de sa mère. I.________, qui ignorait tout d'une telle créance, s'est tourné vers la Chambre pupillaire. Celle-ci a sollicité des renseignements auprès de Me J.________ (qui avait été le conseil de X.________ dans la procédure de revendication) et auprès de l'Office des poursuites. Ce dernier a confirmé que le meuble avait été retiré de la vente à la suite de la revendication de X.________. Quant à Me J.________, il a répondu que X.________ avait pu, à la suite de l'extinction des poursuites, conserver le secrétaire en accord avec D.________ et que l'affaire s'était liquidée sur cette base. Fondée sur ces renseignements, la Chambre pupillaire a informé I.________ que l'affaire était réglée. En novembre 2005, la santé de D.________ s'est dégradée. Il a été hospitalisé, puis dès 2006 il a été transféré dans un foyer.