Citation: 5P.117/2004 02.08.2004 E. 5

La recourante soutient que la cour cantonale a arbitrairement constaté que le placement dans une institution s'impose dans l'intérêt de l'enfant (et celui de la mère). Il ressortirait non seulement des enquêtes que le mode d'encadrement actuel est "adéquat", mais, de surcroît, rien ne permettrait de penser que ses effets bénéfiques vont disparaître au fil du temps et qu'il va entraîner l'épuisement de la mère. 5.1 Les constatations incriminées ont été posées en relation avec la question de l'entretien de l'enfant, dont la cour cantonale a jugé qu'elle ne pouvait être résolue indépendamment de celle d'un futur placement en institution, vu l'état de santé de l'intéressé et des soins constants, et particulièrement délicats, que celui-ci requérait. Âgé de douze ans, Y.________ allait en effet demander toujours plus d'énergie aux personnes qui s'occupaient de lui, notamment à sa mère. Il ne serait désormais pas raisonnable de la part de cette dernière - quel que compréhensible que fût son désir - de vouloir maintenir indéfiniment la solution adoptée, car elle s'y épuiserait; cette solution perdrait ainsi de ses vertus thérapeutiques. Un placement s'imposait donc. 5.2 Contrairement à ce que soutient la recourante, les faits retenus par l'autorité cantonale ne sont pas dénués de fondement. Ils trouvent au contraire leur assise dans les déclarations de plusieurs témoins entendus sur la question de l'encadrement de l'enfant. Ainsi, A.________, directrice de la Petite Arche jusqu'en décembre 2000 et du Foyer Clair-Bois, a fait part de la difficulté croissante des parents à assumer seuls les troubles de leurs enfants. Elle a en outre insisté sur la nécessité d'une prise en charge par une institution ou une équipe extérieure au foyer familial (PV d'enquêtes du 22 janvier 2001, p. 12-13), avis partagé par le témoin B.________, inspectrice chargée de l'évaluation de la scolarisation à domicile, cité au demeurant par la recourante (PV d'enquêtes du 22 juin 2001, p. 24-25). Elle a également relevé qu'il est lourd "de porter à la fois la casquette de parent et celle de professionnelle", raison pour laquelle elle-même, psychologue de formation, avait confié au Service médico-social (SMP) le soin de scolariser son propre enfant, mode de prise en charge qu'elle préconisait aussi pour Y.________. Elle voyait enfin dans la situation de la recourante un monde clos, quand bien même il comprenait une équipe éducative, et craignait que l'intéressée ne puisse plus supporter bien longtemps cette situation (PV d'enquêtes du 22 janvier 2001, p. 13). Il résulte en outre du témoignage C.________, auquel se réfère partiellement la recourante, que l'intégration de l'enfant dans une institution représente "l'intégration dans un groupe humain, ce qui est l'objectif de toute personne" et que l'expérience actuelle ne doit être vue que comme une ouverture au monde extérieur qui devrait permettre à l'enfant d'intégrer plus facilement une institution spécialisée (PV d'enquêtes du 22 janvier 2001, p. 5). Dans ces conditions, c'est en vain que la recourante prétend que les constatations litigieuses ne reposeraient sur aucune preuve et seraient contredites par les enquêtes.