Citation: 5A_197/2022 E. 3.4.3

3.4.3. Selon un principe général, l'effet suspensif ne peut être octroyé à un recours ayant pour objet une décision rejetant une demande (arrêt 5A_881/2017 du 23 janvier 2018 consid. 2.3, publié in RSPC 2018 p. 235 et in BlSchK 2019 p. 240; STERCHI, in Berner Kommentar, ZPO, 2012, n° 15 ad art. 315 CPC). D'aucuns considèrent toutefois que l'octroi de l'effet suspensif entre en ligne de compte lorsque des mesures superprovisionnelles ont été ordonnées avant le rejet des mesures provisionnelles, avec pour effet de faire renaître les mesures superprovisionnelles (SÖRENSEN, in Commentaire pratique, Droit matrimonial, 2016, n° 17 ad art. 315 CPC; BOHNET, op. cit., n° 18 ad art. 265 CPC; dans ce sens: TC VD, 11.11.2019, in JdT 2020 III 121 consid. 3; contra: STERCHI, op. cit., n° 16 i.f. ad art. 315 CPC). Certains auteurs affirment même que le dépôt de l'appel (ou du recours) maintiendrait la validité des mesures superprovisionnelles (SPRECHER, in Basler Kommentar, ZPO, 3ème éd. 2017, n° 46 ad art. 265 CPC; GÜNGERICH, op. cit., n° 20 art. 265 CPC). Quant au Tribunal de céans, il a jugé que lorsqu'un recours dirigé contre des mesures provisionnelles est admis, que la décision attaquée est annulée et que la cause est renvoyée au juge précédent pour nouvelle décision, la procédure se trouve ramenée au stade où elle se trouvait juste avant que la décision annulée soit rendue, c'est-à-dire à un stade où les mesures superprovisionnelles sont encore en vigueur; l'annulation de la décision de mesures provisionnelles fait ainsi renaître les mesures superprovisionnelles (ATF 139 III 86 consid. 1.1.1 i.f.).