Citation: 5A_639/2014 E. 10.1

10.1. Ils reprochent à la cour cantonale de ne pas avoir examiné avec une pleine cognition si la censure qui leur a été imposée était compatible avec les libertés d'opinion et d'information (art. 16 Cst.), d'expression (art. 10 CEDH), ainsi que des médias (art. 17 Cst.), et d'avoir écarté de manière arbitraire leur critique au motif qu'elle était insuffisamment motivée. Ils soutiennent ensuite que les sujets traités dans les brochures litigieuses sont d'intérêt public, de sorte que, selon la jurisprudence, notamment de la Cour européenne des droits de l'Homme, leur censure n'est autorisée qu'à des conditions très restrictives. A cet égard, ils font grief aux autorités précédentes de ne pas avoir procédé à une pesée entre l'intérêt d'un journaliste et défenseur reconnu de la cause animale à exprimer librement son opinion dans les médias ainsi que celui du public à débattre de la question socio-politique de l'élevage intensif d'animaux (" öffentliche[s] Interesse an der gesellschafts-politischen Kontroverse Massentierhaltung "), d'une part, et l'intérêt de l'intimé à la protection de sa personnalité en sa qualité d'homme politique et donc de personnage public appartenant à l'histoire contemporaine (" public figure/absolute Person des Zeitgeschichte "), d'autre part. Ils estiment qu'elles ont ignoré leurs allégations relatives aux conditions catastrophiques des élevages de porcs fribourgeois et qu'elles n'en ont ainsi à tort pas tenu compte dans la pesée des intérêts en présence. Si elles avaient instruit les moyens de preuve offerts, elles auraient constaté que les faits allégués étaient suffisants pour fonder leurs reproches à l'égard de l'intimé, ce même si son honneur en est atteint. Les autorités précédentes auraient donc, ce faisant, violé les art. 16 et 17 Cst. ainsi que 10 CEDH et établi les faits de manière arbitraire. Les recourants reprochent en outre aux juridictions cantonales d'avoir retenu que les passages litigieux des brochures B.________-News portaient principalement atteinte à l'honneur professionnel de l'intimé et font valoir à cet égard que ce dernier est retraité depuis fin 2011, de sorte qu'il aurait perdu tout intérêt à la protection de sa dignité professionnelle. En tant que la cour cantonale a retenu que les faits incriminés portaient également atteinte à l'estime privée de l'intimé, les recourants soutiennent que les publications en question n'ont jamais visé l'intimé en tant que particulier mais uniquement en sa qualité de Conseiller d'Etat auquel était soumis l'Office vétérinaire cantonal.