Citation: 4C.364/2000 15.05.2001 E. A

A.- a) X.________, qui exploitait depuis 1990 une cordonnerie au sein d'un centre commercial, et Y.________, ouvrier non qualifié, ont fait connaissance au début de l'année 1995. X.________ souhaitait remettre sa cordonnerie laquelle, comme d'autres commerces sis dans le même centre commercial, avait vu son chiffre d'affaires diminuer. Il a déclaré à Y.________ qu'il envisageait d'ouvrir un café. Affirmant qu'il avait d'autres clients intéressés par la reprise de son commerce, X.________ a promis à Y.________ des gains substantiels, estimant son chiffre d'affaires annuel réel à environ 120 000 fr. Sur la base d'un inventaire établi au 30 mars 1995, X.________ a d'abord exigé de Y.________ un prix de 85 000 fr., que celui-ci a déclaré ne pas pouvoir payer. Après négociation, les parties ont fixé le prix de vente à 70 000 fr., déduisant du prix initial une machine à coudre, figurant à l'inventaire pour 8000 fr., et un stock de cent paires de chaussures en consignation, inscrites à l'inventaire pour 5000 fr. b) Un "contrat d'achat et de vente", rédigé par une fiduciaire consultée par Y.________, a été signé par les parties le 2 octobre 1995. On peut notamment y lire ce qui suit: "3) La vente a lieu aux conditions suivantes: - le prix de vente est fixé à fr. 70'000.-- (septante mille francs suisses) TTC. - la date de remise du commerce sera le 1er octobre 1995- le paiement s'effectuera par un versement initial de Fr. 35'000.-- (trente cinq mille francs suisses) le jour de la reprise, le solde de Fr. 35'000.-- (trente cinq mille francs suisses) sera payé dès réception par l'Acheteur du montant de son deuxième pilier. (...)5) Le prix de vente comprend l'inventaire détaillé de (sic) marchandises. 6) Un inventaire détaillé des marchandises pourra être demandé par l'Acheteur au jour de la reprise. ". Peu de temps avant la signature de ce contrat, X.________ a remis à Y.________ l'inventaire dressé au30 mars 1995, qui indiquait une valeur à neuf du mobilieret des machines de 132 170 fr. et une valeur vénale de85 000 fr., ainsi qu'un bilan du commerce au 31 décembre 1994, lequel faisait notamment apparaître une valeur amor-tie du mobilier et des machines de l'ordre de 3000 fr. etun chiffre d'affaires pour l'année 1994 de 73 598 fr.95. Cet inventaire et ce bilan n'ont toutefois pas été contrô-lés par la fiduciaire. c) Le 1er ou le 2 octobre 1995, Y.________ a versé le premier acompte de 35 000 fr., pour lequel il a dû contracter un emprunt avec un intérêt à 13% l'an. Il a ensuite donné l'ordre à sa caisse de prévoyance de verser la somme de 35 000 fr. sur le compte de X.________, dès que son attestation d'indépendant serait produite. La prestation de libre passage a cependant été virée sur le compte de Y.________ le 23 octobre 1995. Après quatre ou cinq jours d'exploitation, Y.________, constatant qu'il n'encaissait que 100 à 150 fr. par jour, a déclaré à X.________ qu'il s'estimait trompé quant à la qualité de l'affaire. Celui-ci lui a répondu: "c'est signé, c'est trop tard". Le 2 novembre 1995, la fiduciaire a écrit à X.________ une lettre par laquelle elle lui signalait notamment qu'après un premier mois d'activité, Y.________ n'arrivait pas au chiffre d'affaires mensuel que laissaient prévoir les comptes présentés, la différence étant "relativement sensible". Celui-ci s'estimait donc trompé quant à la qualité de l'affaire et souhaitait quele prix demandé soit revu en fonction de la marche des affaires, voire que la vente soit annulée. Y.________ a appris ultérieurement que X.________ avait payé sa cordonnerie 15 000 fr. en 1990. Le 8 janvier 1996, Y.________, par l'entremise de son conseil, a déclaré annuler le contrat et a demandé la restitution de l'acompte versé de 35 000 fr., avec intérêts, pour vice de la volonté, voire défaut de la chose vendue. X.________ n'a pu investir le capital escompté de 70 000 fr. dans l'ouverture d'un café, mais a repris par la suite une cordonnerie.