Citation: 5A_253/2015 E. 4.1

4.1. Aux termes de l'art. 20a al. 2 ch. 2 LP, l'autorité de surveillance constate les faits d'office. Elle peut demander aux parties de collaborer et peut déclarer irrecevables leurs conclusions lorsque les parties refusent de prêter le concours nécessaire que l'on peut attendre d'elles. La maxime inquisitoire prévue par cette disposition impose à l'autorité cantonale de surveillance de diriger la procédure, de définir les faits pertinents et les preuves nécessaires, d'ordonner l'administration de ces preuves et de les apprécier d'office (arrêts 5A_187/2011 du 13 mai 2011 consid. 2.1; 7B.68/2006 du 15 août 2006 consid. 3.1). L'autorité doit établir d'elle-même les faits pertinents dans la mesure qu'exige l'application correcte de la loi et ne peut se contenter d'attendre que les parties lui demandent d'instruire ou lui apportent spontanément les preuves idoines (arrêt 7B.15/2006 du 9 mars 2006 consid. 2.1). Les parties intéressées à une procédure d'exécution forcée n'en sont pas moins tenues de collaborer à l'établissement des faits (ATF 123 III 328 consid. 3); il en est ainsi, notamment, lorsque la partie saisit dans son propre intérêt les autorités de surveillance ou qu'il s'agit de circonstances qu'elle est la mieux à même de connaître ou qui touchent à sa situation personnelle, surtout lorsqu'elle sort de l'ordinaire (arrêts 5A_187/2011 du 13 mai 2011 consid. 2.1; 5A_9/2011 du 28 mars 2011 consid. 4.3; 5A_902/2010 du 28 février 2011 consid. 2.1; 5A_781/2010 du 16 février 2011 consid. 2.1; 5A_163/2008 du 27 mai 2008 consid. 2, publié in SJ 2009 I p. 232; 5A_267/2009 du 5 juin 2009 consid. 2.1; 7B.100/2004 du 4 août 2004 consid. 3.1). Le devoir de collaboration implique l'obligation pour les parties de présenter l'état de fait et de produire les moyens de preuve auxquels elles ont accès (arrêt 7B.179/2000 du 8 août 2000 consid. 1). La collaboration doit être nécessaire et raisonnable. La nécessité est donnée lorsque, sans renseignements et explications supplémentaires des parties, l'autorité de surveillance ne peut pas connaître l'état de fait dans tous ses éléments importants. Quant au caractère raisonnable, il découle en principe déjà, pour la partie plaignante, du fait que celle-ci use de son moyen de droit et ait ainsi un intérêt à ce que les faits soient établis et, pour l'office qui a rendu la décision attaquée, qu'il doive maintenant en répondre devant l'autorité de surveillance. Formulée de manière négative, cette condition n'est notamment pas réalisée lorsque l'investissement en temps ou en argent attendu par la partie est disproportionné (Cometta/Möckli, in Basler Kommentar, SchKG I, 2ème éd., 2010, n°11 s. ad art. 20a LP; Dieth/Wohl, in Kurzkommentar SchKG, 2ème éd., 2014, n°5 ad art. 20a LP; Lorandi, Betreibungsrechtliche Beschwerde und Nichtigkeit, Kommentar zu den Artikeln 13-30 SchKG, 2000, n°58 ad art. 20a LP). Il ne touche pas au fardeau de la preuve et n'implique nullement un renversement de celui-ci (ATF 119 II 305 consid. 1b/aa; arrêts 5D_63/2009 du 23 juillet 2009 consid. 3.3, publié in RNRF 2011 (92) p. 186; 5P.344/2003 du 8 janvier 2004 consid. 2.2.2). Même la partie qui n'a pas la charge de la preuve doit contribuer à élucider les faits qui sont survenus dans sa sphère d'influence et qu'elle est censée connaître (Gilliéron, Commentaire de loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, Art. 1-88 LP, 1999, n°42 ad art. 20a LP). Ce n'est que si l'autorité de surveillance reste dans l'incertitude après avoir procédé aux investigations requises qu'elle appliquera les règles sur la répartition du fardeau de la preuve (art. 8 CC; Gilliéron, op. cit., n°39 ad art. 20a LP). A défaut de collaboration, l'autorité de surveillance n'a pas à établir des faits qui ne résultent pas du dossier (ATF 123 III 328 consid. 3). Selon l'art. 20a LP, elle peut toutefois aussi déclarer irrecevables les conclusions des parties. Cette norme est de nature potestative (" Kann-Vorschrift "); elle implique donc que l'autorité de surveillance fasse usage de son pouvoir d'appréciation pour statuer (Cometta/Möckli, op. cit., n°10 ad art. 20a LP; Dieth/Wohl, op. cit., n°6 ad art. 20a LP; Lorandi, op. cit., n°60 ad art. 20a LP). Saisi d'un recours contre de telles décisions, le Tribunal fédéral fait preuve de retenue et n'intervient que si le juge a abusé de son pouvoir d'appréciation, en se référant à des critères dénués de pertinence ou en ne tenant pas compte d'éléments essentiels, ou lorsque la décision, dans son résultat, est manifestement inéquitable ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice (ATF 136 III 278 consid. 2.2.1; 128 III 161 consid. 2c/aa; 131 III 12 consid. 4.2; 132 III 97 consid. 1).