Citation: 1P.652/2002 16.06.2003 E. 1

S.________ voit enfin un élément propre à démontrer le parti pris de l'expert à son égard dans le fait que celui-ci a analysé la crédibilité de E.________, sans en avoir été requis, et l'a mise en doute sur la base d'un seul enregistrement video de l'enfant et de données théoriques. La Cour de cassation pénale a écarté cet argument sur la base d'une motivation détaillée que la recourante ne critique pas ou du moins pas dans les formes requises par l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 128 III 50 consid. 1c précité). La recevabilité du recours sur ce point peut demeurer ouverte, car l'arrêt attaqué résiste de toute manière au grief d'arbitraire. Suivant la mission qui lui avait été confiée, le Docteur Philippe Vuille devait se prononcer sur la crédibilité des déclarations de la plaignante en relation avec les mauvais traitements dont E.________ aurait été l'objet de la part de son père; or, ces déclarations se basaient essentiellement sur celles de son fils. Dans ces conditions, l'expert pouvait sans arbitraire tenir compte des pièces versées au dossier permettant de reconstituer les propos de l'enfant et, en particulier, des enregistrements audio et video réalisés par sa mère au mois de décembre 1998 et au cabinet du Docteur Jacques Fradin, le 8 février 1999. A ce propos, il a rejoint les constatations faites par l'inspectrice de police, dans son rapport de synthèse du 26 mars 1999, et par le Juge d'instruction en charge du dossier, dans une note du 7 juin 1999, sur la valeur probante de ces enregistrements; il n'a pas contesté les constatations faites par la Doctoresse Marie-Odile Goubier-Boula et les conclusions qu'elle en a tirées, mais il a attiré l'attention du juge sur le fait qu'une déformation de la réalité par la mère transmise à l'enfant par le biais de mécanisme de suggestion et de pression extrêmement importants ne pouvait, selon lui, pas être écartée au regard de la manière dont la recourante avait interrogé son fils. On ne saurait dire que l'expert aurait marqué un parti pris à l'égard de S.________ en attirant l'attention du tribunal sur ce point et sur le fait que deux lectures du dossier étaient possibles. Enfin, en présence d'expertises contradictoires dans leurs conclusions, le juge ne doit pas nécessairement ordonner une nouvelle expertise, mais il lui appartient de les apprécier au regard des autres éléments de preuve qui sont à sa disposition (ATF 107 IV 7 consid. 5 p. 8; voir aussi ATF 124 I 170 consid. 4 p. 175). Les premiers juges n'avaient ainsi aucun motif sérieux de procéder à une expertise complémentaire à celle du Docteur Philippe Vuille, comme l'a retenu la Cour de cassation pénale (cf. ATF 118 Ia 144 consid. 1c in fine p. 146/147). 2.4 Vu ce qui précéde, le recours doit être rejeté en tant qu'il porte sur une violation de l'art. 29 al. 2 Cst.