Citation: 5P.406/2003 10.12.2003 E. 3

La recourante fonde son recours sur l'arbitraire de la décision cantonale. Nonobstant qu'elle semble oublier que, depuis l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2000, de la nouvelle Constitution fédérale, la protection contre l'arbitraire est assurée, non par l'art. 4 Cst., mais l'art. 9 Cst., son recours ne répond pas aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Selon cette dernière disposition, celui qui forme un recours pour arbitraire doit non seulement indiquer clairement les dispositions que l'autorité intimée aurait violées de la sorte, mais encore préciser en quoi la décision attaquée serait insoutenable. Le recourant ne saurait dès lors critiquer la décision attaquée comme il le ferait en instance d'appel, où l'autorité de recours dispose d'une libre cognition (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 11/12) et se contenter d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale. Il doit démontrer, par une argumentation précise, que la décision repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495). D'après l'arrêt attaqué, la recourante n'a fourni aucun document établissant l'accord de la propriétaire de l'immeuble aux travaux. A cet égard, l'affirmation de l'architecte C.________, selon laquelle P.________, qui était administrateur de la propriétaire, était également propriétaire de R.________ Sàrl, n'était pas étayée d'éléments probants; au contraire, il résultait de l'extrait du Registre du commerce produit que le prénommé n'avait exercé, ni n'exerçait, aucune fonction dirigeante au sein de l'entreprise précitée. Or, la recourante n'établit pas en quoi ces considérations seraient insoutenables. Sa critique consiste en une suite d'affirmations appellatoires et confuses. S'agissant de la question du consentement de la propriétaire aux travaux, la recourante se borne à exposer son propre raisonnement sans démontrer en quoi celui de l'autorité cantonale serait insoutenable. Elle se limite à affirmer qu'au vu de la lettre du 28 juillet 2003 de l'architecte C.________, selon laquelle P.________ était le propriétaire de l'immeuble et de la société R.________ Sàrl, la Cour de justice devait retenir que la "Société immobilière Z.________ et L.________", propriétaire de la parcelle concernée jusqu'en mai 2003, était au courant des travaux commandés et que cette autorité a considéré à tort que l'entrepreneur n'avait produit aucun document établissant l'accord du propriétaire de l'immeuble à l'époque de la commande des travaux. Elle soutient encore - tout aussi péremptoirement - que le fait - qui ne résulte toutefois pas de l'arrêt attaqué - que la société immobilière précitée n'ait pas informé Y.________ ne saurait lui être opposé, que Y.________ devait connaître, sur la base du dossier du département de l'aménagement, les tenants et aboutissants de la commande des travaux et qu'elle-même était de bonne foi, n'ayant pas à attendre d'autres instructions que celles de l'architecte.