Citation: 1B_530/2022 E. 3.2

3.2. A l'appui de son grief, le recourant se prévaut du complément d'expertise psychiatrique du 6 juillet 2022 qui confirme que le risque de récidive qu'il présente est faible à court terme, soit avant jugement; il souligne que les expertes considèrent qu'il dispose "de suffisamment de capacités de contrôle pour éviter de commettre de nouvelles infractions tant que le risque de sanctions pénales pèse". Le recourant insiste par ailleurs sur le fait que les pronostics des experts sont valables uniquement si les faits sont avérés et affirme que les autorités ne pouvaient pas se fonder sur le risque de récidive après jugement. Les arguments invoqués par le recourant ne permettent cependant pas de remettre en cause l'appréciation de l'instance précédente au sujet du risque de récidive. Le prévenu est en l'espèce poursuivi pour infractions graves d'ordre sexuel à l'encontre d'enfants. Comme l'a retenu à juste titre l'instance précédente, les faits tels que décrits par la fillette B.________ à sa mère sont soutenus par la découverte du profil biologique du recourant sur la culotte de la fillette ainsi que par son attirance pour les jeunes enfants confirmée par la multitude d'échanges qu'il a eus sur l'application C.________. Les soupçons d'infractions contre l'intégrité sexuelle de B.________ et de jeunes enfants à l'étranger (instigation) reposent sur des éléments suffisamment probants pour être pris en considération dans l'examen du risque de récidive (cf. ci-dessus consid. 2.2). En l'occurrence, la gravité et la multitude des actes contre l'intégrité sexuelle reprochés au prévenu, le nombre élevé de jeunes victimes, leur répétition sur une certaine période, ainsi que l'absence totale d'amendement du prévenu qui, selon les faits constatés par l'instance précédente, demeure toujours dans le déni de tout acte délictueux plus d'une année après son incarcération, sont des éléments qui permettaient à l'instance précédente de retenir l'existence d'un risque de récidive au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP. Le recourant se prévaut en vain de l'expertise psychiatrique. Certes, ce risque a été qualifié de faible avant jugement par les experts. Ces derniers ne l'ont toutefois pas exclu et ont de manière générale qualifié d'élevé le risque de récidive d'infractions à caractère sexuel. Compte tenu de l'ensemble des éléments précités, on ne saurait reprocher à l'instance précédente d'avoir retenu un pronostic défavorable à l'encontre du recourant, en dépit de l'absence d'antécédents judiciaires et de l'avis des experts quant au faible risque de récidive à court terme. Au vu de la gravité des faits et de l'importance du bien juridique à protéger dans le cas d'espèce, soit l'intégrité sexuelle et psychique de mineur (s), le juge de la détention pouvait au demeurant se montrer moins strict dans l'exigence de la vraisemblance du risque de récidive (cf. ATF 146 IV 326 consid. 3.1; cf. arrêts 1B_176/2022 du 21 avril 2022 consid. 4.1; 1B_329/2008 du 13 janvier 2009 consid. 3.2).