Citation: I 1092/06 12.12.2007 E. B

S.________ a formé recours contre cette décision devant le Tribunal cantonal des assurances sociales de la République et canton de Genève, en concluant, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de celle-ci, l'office AI étant condamné à lui allouer une rente entière d'invalidité à partir du 22 mai 2002. Produisant plusieurs documents, elle demandait à titre préalable la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise psychiatrique. Le 16 juin 2006, elle a déposé un document du 7 juin 2006 du docteur O.________, neurologue et médecin-directeur de l'Institution Z.________. Dans un préavis du 25 janvier 2006, l'office AI a conclu au rejet du recours. Le 29 mai 2006, la juridiction cantonale a rendu une ordonnance d'expertise. L'expertise judiciaire médicale était confiée au docteur N.________, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, dont la mission consistait à prendre connaissance du dossier médical, à examiner personnellement S.________, à prendre tous renseignements utiles, à s'adjoindre tout spécialiste requis au titre de consultant, à établir un rapport écrit et à répondre à un questionnaire. Dans un rapport du 31 juillet 2006, le docteur N.________ a conclu que S.________ souffrait principalement de convulsions dissociatives ([CIM-10] F44.5) et qu'il existait en outre un trouble anxieux sous la forme d'une agoraphobie avec trouble panique (F40.01). Il indiquait que les plaintes douloureuses importantes dans le passé justifiaient probablement le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4), même si celui-ci n'était pas au premier plan actuellement. Les troubles psychiques (le trouble dissociatif et, dans une moindre mesure, le trouble anxieux) entraînaient des limitations majeures dans la vie sociale, relationnelle et professionnelle. Les crises dissociatives («absences» et «syncopes») fréquentes étaient incompatibles avec une activité professionnelle régulière. Il a répondu par l'affirmative à la question de savoir si l'on était en présence de comorbidités devant être qualifiées de graves. Le trouble dissociatif se manifestant dans tout contexte, la capacité de travail ne pourrait pas être améliorée par une formation professionnelle, puisqu'il interférerait aussi avec elle. Les parties ont eu la possibilité de se déterminer sur le rapport d'expertise du 31 juillet 2006. Dans ses observations du 25 août 2006, S.________ a maintenu ses conclusions. De son côté, l'office AI, persistant dans ses conclusions tendant au rejet du recours, a produit un avis médical SMR du 22 août 2006, dont il ressort que le dossier de l'assurée avait été présenté en concilium au docteur H.________, psychiatre FMH, et que l'expertise du docteur N.________ ne pouvait pas être considérée comme probante. Par jugement du 8 novembre 2006, le Tribunal cantonal des assurances sociales, admettant le recours, a annulé la décision sur opposition du 1er décembre 2005 et octroyé à S.________ une rente entière d'invalidité dès le 1er mars 2004.