Citation: 9C_177/2019 E. 4.1

4.1. Dans un premier temps, le tribunal cantonal avait jugé nécessaire la mise en oeuvre d'une expertise pluridisciplinaire comprenant également un volet psychiatrique (consid. 9 du jugement cantonal du 11 mars 2009). Dans un second temps, il a constaté que l'évaluation psychiatrique effectuée entre-temps par la doctoresse E.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, pour le Centre d'expertise médicale (rapport du 27 janvier 2010), était pourvue "d'une valeur probante limitée en raison d'une traduction insuffisante des propos de la recourante". A ce stade de son appréciation, sans expliquer pourquoi elle pouvait se passer d'une évaluation psychiatrique circonstanciée, la juridiction cantonale a déduit de différents éléments du dossier qu'une valeur invalidante ne pouvait être reconnue à un éventuel trouble psychique. Ce faisant, en constatant qu'il n'était pas établi que le trouble dépressif était résistant à un traitement médicamenteux conforme aux règles de l'art, les premiers juges ont exclu le caractère invalidant du trouble retenu avec une argumentation tirée de la "résistance au traitement" qui n'est pas conforme à la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 143 V 409 consid. 4.5 et 5.1 p. 415 ss). En considérant ensuite décisif le fait que l'assurée n'avait pas motivé spontanément son incapacité de travail par les troubles dépressifs lors de son audition, la juridiction cantonale omet de relever que la recourante a indiqué qu'elle suivait un traitement médicamenteux contre la dépression. Par ailleurs, en se référant à l'avis de la doctoresse D.________ du 5 juillet 2018, elle n'en reprend que partiellement les conclusions, puisqu'elle mentionne un seul des deux diagnostics psychiatriques posés, sans prendre en considération la constatation médicale, selon laquelle l'état de santé sur le plan mental s'est dégradé depuis 2010. Enfin, lorsque les premiers juges indiquent que les critères de la gravité de l'atteinte psychique et de la cohérence ne peuvent pas être retenus, on ne voit pas sur quel substrat médical ils se fondent, procédant à une appréciation entièrement détachée de toute constatation médicale. Or une telle manière de procéder est incompatible avec les principes jurisprudentiels en matière d'évaluation de l'invalidité en cas de trouble psychique (ATF 143 V 418), selon lesquels ce sont les réponses données par les médecins à l'aide des indicateurs pertinents dans le cas particulier qui fournissent aux organes d'application du droit des indices nécessaires pour évaluer l'incapacité de travail en cas de trouble psychique (ATF 141 V 281 consid. 5.2 p. 306). En conséquence, et compte tenu également de l'appréciation du docteur F.________, médecin auprès du SMR (avis du 18 juillet 2018), selon laquelle il semblait très vraisemblable au regard de l'avis de sa consoeur D.________ que l'état de santé de l'assurée se fût détérioré depuis la dernière expertise, de sorte qu'une nouvelle évaluation était nécessaire, la juridiction cantonale ne pouvait renoncer à une mesure d'instruction complémentaire sur le plan psychiatrique.