Citation: 1C_563/2023 E. 5.1.1

5.1.1. Selon l'art. 14 aLN, avant l'octroi de l'autorisation fédérale, il convient de s'assurer de l'aptitude du requérant à la naturalisation. A cet égard, il s'agit notamment d'examiner si le requérant s'est intégré dans la communauté suisse (let. a) et s'il s'est accoutumé au mode de vie et aux usages suisses (let. b). L'intégration au sens de l'art. 14 let. a aLN se rapporte à l'accueil de la personne étrangère dans la société suisse et à sa disposition à s'insérer dans le contexte social suisse (Message du 26 août 1987 relatif à la modification de la loi sur la nationalité, FF 1987 III 296, cf. 22.2; CÉLINE GUTZWILLER, Droit de la nationalité suisse - Acquisition, perte et perspectives, 2016, p. 29; HARTMANN/MERZ, op. cit., n o 12.16). L'intégration est généralement considérée comme un processus de rapprochement réciproque entre la population indigène et la population étrangère (ATF 146 I 49 consid. 2.5; cf. Message du 21 novembre 2001 concernant le droit de la nationalité des jeunes étrangers et révision de la loi sur la nationalité, FF 2002 1844, ch. 2.2.1.3; cf. également CÉLINE GUTZWILLER, Droit de la nationalité et fédéralisme en Suisse, 2008, n o 556). La question de l'intégration d'un candidat à la naturalisation s'évalue en fonction de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce (ATF 146 I 49 consid. 2.5). Le critère de l'accoutumance au mode de vie et aux usages suisses (art. 14 let. b aLN) suppose notamment la connaissance d'une des langues nationales (ATF 137 I 235 consid. 3.1). A cet égard, la capacité de s'exprimer par oral dans une langue nationale est particulièrement importante s'agissant de l'intégration sociale en général (arrêt 1D_1/2015 du 1 er juillet 2015 consid. 3.2). Les connaissances linguistiques, tout comme les connaissances du pays et de son système politique, doivent être suffisamment développées pour que l'on puisse admettre que la personne candidate, après qu'elle aura obtenu la nationalité, pourra user de manière adéquate de son statut et, en particulier, des droits de participation au processus politique qui lui sont liés (cf. ATF 137 I 235 consid. 3.1; FF 2002 1844, ch. 2.2.1.3; cf. également Message du 4 mars 2011 concernant la révision totale de la LN, FF 2011 2649, ch. 1.2.2.7; CÉLINE GUTZWILLER, Droit de la nationalité suisse - Acquisition, perte et perspectives, 2016, p. 39). Des connaissances linguistiques lacunaires peuvent être l'indice d'une intégration insuffisante (ATF 137 I 235 consid. 3.1; 134 I 56 consid. 3).