Citation: 7B_60/2024 E. 3.3

3.3. La cour cantonale a retenu que l'instruction avait été étendue à l'infraction de lésions corporelles simples qualifiées pour les faits survenus le 3 novembre 2022 et que ceux-ci n'étaient pas mentionnés dans le mandat d'expertise du 22 septembre 2022. Le Ministère public n'avait pas annoncé au recourant la communication de ces nouveaux faits à l'expert afin que celui-ci en tienne compte dans le cadre de l'expertise psychiatrique à réaliser. Dans ces conditions, le recourant n'avait pas pu se déterminer sur cette communication, ni sur l'extension du mandat à ces faits avant que la décision du 18 août 2023 n'ait été prise. La Chambre des recours pénale a admis que le droit d'être entendu du recourant avait été violé dans cette mesure. Il n'y a dès lors pas lieu de se pencher sur les développements du recourant concernant cette violation. La cour cantonale a considéré que la violation avait été réparée par le fait que, devant elle, le recourant avait eu l'occasion de s'exprimer, tant dans son recours que dans sa réplique; il n'avait toutefois pas saisi l'opportunité de remédier à cette violation dans ses écritures. Ce raisonnement doit être confirmé. En effet, vu le plein pouvoir d'examen de la cour cantonale, il appartenait au recourant - assisté d'un mandataire professionnel - d'exercer le droit dont il invoquait la violation et ce, spontanément et indépendamment de toute interpellation, à tout le moins à titre subsidiaire. Le fait que le recourant ait contesté le principe même du mandat - et donc conclu à son annulation - n'y change rien. Au surplus, le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il soutient que la violation serait "particulièrement grave", ce qui empêcherait sa réparation par l'instance de recours. Il disposait en effet uniquement d'un droit de regard préalable et avait d'ailleurs déjà eu la possibilité de s'exprimer lors de la mise en oeuvre de l'expertise initiale, notamment sur la personne de l'expert et le contenu des questions (cf. let. A.c, supra). En outre, il ne saurait rien tirer des arrêts 1B_245/2021 du 2 août 2021 et 1B_242/2018 du 6 septembre 2018 cités à l'appui de sa thèse; ces arrêts concernent en effet les conditions de recevabilité devant le Tribunal fédéral, plus particulièrement celle du préjudice irréparable, de sorte qu'ils ne sont pas pertinents. En tout état, comme relevé par l'autorité précédente, une fois le rapport d'expertise déposé, le recourant disposera encore d'un délai pour déposer ses observations (art. 188 CPP) et, le cas échéant, faire compléter l'expertise (art. 189 CPP) (cf. consid. 3.2.2 supra).