Citation: 5P.408/2004 10.01.2005 E. 3

Dans un autre moyen, le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir appliqué l'art. 415 al. 1 let. a du Code de procédure civile neuchâtelois (CPC/NE) de manière insoutenable, en n'examinant la question du revenu hypothétique de l'épouse que sous l'angle de l'arbitraire. Comme il avait invoqué, dans son acte de recours, la fausse application du droit matériel, l'arbitraire dans la constatation des faits de même que l'abus du pouvoir d'appréciation, la Cour de cassation ne pouvait, selon lui, se borner à considérer que le juge de première instance n'avait "pas statué arbitrairement en se fondant sur les prestations d'assurance chômage versées à l'épouse pour fixer la contribution d'entretien en sa faveur". Le recourant se plaint aussi à cet égard d'une violation du principe d'égalité devant la loi. Comme il ne motive nullement ce grief, celui-ci doit cependant être écarté d'emblée (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 130 I 26 consid. 2.1 p. 31; 129 I 113 consid. 2.1 p. 120, 185 consid. 1.6 p. 189; 128 III 50 consid. 1c p. 53/54 et les arrêts cités). 3.1 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Pour que la décision attaquée soit annulée, encore faut-il qu'elle apparaisse arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son résultat. Par ailleurs, il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire préférable (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 49 consid. 4 p. 58 et les arrêts cités). 3.2 A teneur de l'art. 415 al. 1 CPC/NE, le recours en cassation peut être formé pour fausse application du droit matériel (let. a), pour arbitraire dans la constatation des faits ou abus du pouvoir d'appréciation (let. b) et pour violation des règles essentielles de la procédure (let. c). En l'espèce, le recourant ne démontre pas, d'une façon qui réponde aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en quoi la Cour de cassation aurait violé arbitrairement cette norme. Après avoir correctement exposé la jurisprudence relative à la fixation de la contribution d'entretien en mesures provisoires, l'autorité cantonale a retenu qu'on ne pouvait exiger de l'épouse qu'elle reprît une activité considérée comme immorale par son conjoint: ce faisant, elle n'a pas limité son pouvoir d'examen, même si la phrase suivante de son arrêt contient, de manière ambiguë, l'adverbe "arbitrairement". Quant au fait litigieux, le recourant se contente d'opposer, sans rien démontrer (art. 90 al. 1 let. b OJ), qu'il n'a jamais dit que l'activité de son épouse était immorale.