Citation: 1B_383/2016 E. 5.2

5.2. La cour cantonale a considéré que le risque de collusion subsistait et que l'audition des parents biologiques de la lésée était déterminante pour élucider le rôle exact joué par le prévenu. Le message sur lequel se fonde la défense pour alléguer que ceux-ci ont consenti à la venue de leur fille en Suisse (soit un sms adressé prétendument le 27 mai 2014 à I.________ par E.________, la mère biologique de la lésée) n'était pas suffisamment fondé et d'origine douteuse. Les déclarations du prévenu, qui avait un intérêt évident à minimiser sa culpabilité à ce sujet, et celles des époux J.________, qui avaient aussi intérêt à enjoliver leur rôle, ne suffisaient pas à l'heure actuelle pour prouver que la lésée avait été placée chez le prévenu avec l'accord de ses parents biologiques. Les déclarations de la lésée qui allaient en ce sens devaient également être accueillies avec réserve en raison de son jeune âge au moment des faits et de l'influence que les adultes avaient pu avoir sur ses dépositions. Le fait que ses parents biologiques étaient d'accord avec son retour en Suisse en 2013 ne permet pas d'inférer qu'ils avaient également donner leur accord à son premier départ en Suisse. La cour cantonale a retenu que le risque de collusion demeurait en lien avec la lésée et les autres intervenants. Le fait que le prévenu se soit tenu éloigné de la lésée durant ces trois dernières années ne voulait pas encore dire qu'il continuera de se tenir à l'écart de cette dernière et qu'il ne tentera pas d'exercer des pressions sur elle. Les circonstances avaient changé depuis et la situation personnelle du prévenu pouvait pâtir des déclarations de la lésée. Enfin, le risque de collusion existe également par le fait que la soeur du prévenu qui habite au Togo a été en contact direct avec les parents de la lésée, de même que les époux J.________. S'agissant des photos versées au dossier, il n'était pas possible d'en conclure que la lésée avait toujours été traitée correctement pendant son séjour dans la famille F.________/A.________. Partant, la cour cantonale a estimé que le danger de collusion devait être retenu tant que la situation n'aura pas été clarifiée par l'audition des parents biologiques et celle de la soeur du prévenu ayant accueilli la lésée à son retour en Afrique en 2012.