Citation: 1B_311/2021 E. 2.2

2.2. La jurisprudence considère que la situation n'est pas différente lorsque le ministère public refuse de suspendre la procédure et conséquemment poursuit l'instruction. Dans ces situations-là, les parties ne subissent aucun préjudice actuel et concret causé par l'acte litigieux; elles bénéficient de la protection juridique assurée aux étapes ultérieures de la procédure (arrêt 1C_151/2019 du 10 avril 2019 consid. 4). Certes, il n'apparaît pas en l'espèce que le Ministère public pourrait revenir lui-même sur sa décision puisqu'il semble envisager un renvoi en jugement après l'audition finale du recourant. En revanche, l'autorité de jugement pourra décider de la suite de la procédure, compte tenu de la plainte pour faux témoignage déposée par le recourant. Elle pourrait, lors de la préparation des débats ou à l'ouverture de ceux-ci (cf. art. 329 al. 2 et 339 a. 2 CPP), décider de suspendre la cause dans l'attente de l'issue de la plainte du recourant; elle pourrait aussi entendre directement les témoins en question (art. 341 CPP), instruire à ce sujet (art. 343 et 349 CPP) et apprécier leur crédibilité (art. 10 CPP). Cela ne porte pas atteinte à la maxime de l'instruction (art. 6 CPP), ni à la maxime d'accusation dans la mesure où l'acte d'accusation décrit suffisamment les faits reprochés au recourant (art. 9 CPP). Le principe de célérité (art. 5 CPP) n'est pas davantage compromis puisque le refus de suspendre permet au contraire la poursuite de la procédure à l'encontre du recourant. Enfin, contrairement à ce que celui-ci soutient, une condamnation ultérieure pour faux témoignage pourrait ouvrir la voie de la révision (art. 410 al. 1 let. b et c CPP).