Citation: 8C_218/2015 E. 5.2

5.2. Contrairement à ce que soutient l'intimé, la législation en matière d'assurance-chômage, en particulier l'art. 97a LACI (RS 837.0), ne prévoit pas d'échange général des données entre les ORP et les caisses de chômage. Bien que tous deux organes d'exécution de l'assurance-chômage (cf. art. 76 LACI), il s'agit de deux autorités distinctes qui ont des tâches et des compétences différentes (cf. art. 81 LACI pour les caisses de chômage et art. 85ben relation avec l'art. 85 LACI pour les offices régionaux de placement; voir aussi BORIS RUBIN, Commentaire de la loi sur l'assurance-chômage, 2014, ad art. 81 et 85b LACI). Par ailleurs, on ne peut pas déduire de la simple lecture du procès-verbal d'entretien du 17 mai 2010 que le conseiller en placement a indiqué à l'assuré qu'il n'avait pas besoin de déclarer les gains intermédiaires réalisés. A ce stade, le conseiller savait que l'assuré effectuait des " petits mandats ", mais il pouvait partir de l'idée que l'assuré remplissait correctement les formulaires IPA. En l'absence de suspicion de fraude, on ne peut pas exiger des ORP qu'ils transmettent systématiquement aux caisses de chômage tous les éléments dont ils ont connaissance dans l'exécution de leurs tâches, même si ceux-ci peuvent donner à penser que l'assuré réalise un gain intermédiaire. Dans ces conditions, c'est à tort que la juridiction cantonale a retenu que la recourante était censée avoir connaissance de l'activité indépendante exercée par l'intimé depuis le 17 mai 2010 déjà. On doit admettre que c'est seulement lors de la mise en oeuvre de son contrôle, débuté en mai 2013, que la caisse de chômage a connu les faits qui ont fondé sa demande de restitution. En outre, on ne saurait lui reprocher de n'avoir pas eu connaissance plus tôt de ces faits, dans la mesure où l'intimé indiquait expressément dans chaque formulaire IPA qu'il n'exerçait pas d'activité lucrative. Par conséquent, en réclamant le remboursement des prestations indues le 29 novembre 2013, la caisse de chômage a agi dans le délai d'une année prévu par l'art. 25 al. 2 LPGA.