Citation: I 271/06 27.04.2007 E. 4

4.1 Selon l'art. 17 LPGA, si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente subit une modification notable, la rente est, d'office ou sur demande, révisée pour l'avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée. Cela vaut également pour d'autres prestations durables accordées en vertu d'une décision entrée en force, lorsque l'état de fait déterminant se modifie notablement par la suite. Le point de savoir si un tel changement s'est produit doit être tranché en comparant les faits tels qu'ils se présentaient au moment de la décision initiale de rente et les circonstances régnant à l'époque de la décision litigieuse (ATF 130 V 351 consid. 3.5.2, 125 V 369 consid. 2 et la référence; voir également ATF 112 V 372 consid. 2b et 390 consid. 1b). Pour qu'une décision de révision constitue elle aussi une (nouvelle) base de comparaison dans le cadre d'une autre révision, il faut qu'elle porte sur l'adaptation effective du droit à la rente en cours au taux d'invalidité nouvellement déterminé, et non qu'elle se borne à confirmer la décision initiale (ATF 109 V 265 consid. 4a; voir aussi ATF 130 V 75 consid. 3.2.3). 4.2 Le présent litige est consécutif à une procédure de révision périodique du droit à la rente. A l'issue de celle-ci, l'intimée et les premiers juges ont admis que les conditions d'une révision de la rente, au sens de l'art. 17 LPGA, n'étaient pas réalisées. A la lecture du rapport d'expertise du professeur R.________ du 31 octobre 2004 et de son rapport complémentaire du 30 avril 2005, lesquels remplissent toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante de tels documents (cf. ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352 et la référence), il apparaît que le diagnostic posé en 2004 diffère notablement de celui qui avait été retenu près de dix ans auparavant. En effet, l'expert R.________ fait désormais état d'algies qui se manifestent dans les suites lointaines d'une réaction à un stress traumatique et dans un contexte d'exagération de symptômes physiques de type hystérique, mais il ne pose pas le diagnostic d'état de stress post-traumatique. Il retient aussi des « autres troubles de la personnalité et du comportement chez l'adulte » ainsi qu'une « majoration de symptômes physiques pour des raisons psychologiques », jadis absents. Par ailleurs, l'expert estime que la recourante ne souffre plus d'un syndrome douloureux somatoforme persistant, mais qu'elle présente aujourd'hui une pathologie suffisamment proche d'une névrose de compensation. D'un point de vue psychique, suivant le professeur R.________, la recourante a désormais une capacité de travailler à plein temps dans une activité adaptée. En bref, il ressort de l'expertise du professeur R.________ que l'état de santé de la recourante s'est non seulement modifié depuis la décision initiale de rente, mais aussi que les facteurs essentiellement invalidants qui existaient à cette époque-là (l'état de stress post-traumatique intense et le trouble somatoforme douloureux) ont disparu, à tel point que l'intéressée dispose actuellement d'une pleine capacité de travail. Comme les circonstances dont dépendait l'octroi de la rente ont changé notablement, l'intimé aurait dû procéder selon l'art. 17 LPGA.