Citation: 5C.54/2003 07.07.2003 E. 1

Saisie d'un appel de la recourante, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève l'a rejeté par arrêt du 17 janvier 2003, dont les motifs sont en substance les suivants: à dire d'expert, la recourante a impérativement besoin d'un suivi constant sur le plan médical et social, n'étant pas à même, du fait de son état mental, d'adopter un comportement adéquat dans les actes courants de la vie quotidienne et dans ses relations avec autrui; l'état dans lequel elle a laissé son logement et l'échec de ses placements dans des hôtels sont particulièrement révélateurs de cet état de choses; de surcroît, ce comportement inadéquat est de nature à mettre en danger les personnes qu'elle peut côtoyer et leurs biens; la recourante a donc besoin d'une assistance personnelle continuelle, qu'elle n'apparaît du reste pas vouloir accepter; la situation a pour origine un trouble grave de la personnalité de type paranoïaque empêchant l'intéressée de percevoir d'une manière sensée la réalité, une anosognosie totale et une quérulence processive, qui l'amènent à des idées de grandeur sans relation avec sa vie réelle; les conditions de la maladie mentale sont manifestement réalisées au regard des constatations faites par l'expert et le Conseil de surveillance psychiatrique; d'autre part, le trouble dont souffre la recourante l'empêche de gérer de manière sensée ses affaires essentielles et courantes et de prendre des dispositions en conséquence, au point que, pour y remédier, un suivi médico-social constant est absolument nécessaire. En conclusion, estime la Cour cantonale, force est de constater que les conditions de l'art. 369 CC sont réalisées en l'espèce et qu'en l'absence de toute soumission de la part de l'intéressée en fonction de sa situation réelle, l'instauration d'un conseil légal coopérant et gérant dans son cas n'est pas envisageable.