Citation: 4A_67/2009 03.04.2009 E. 3

La recourante dénonce, en premier lieu, une constatation arbitraire des faits en lien avec les motifs de la résiliation. De son point de vue, le motif ayant conduit à la résiliation est le refus de l'employée, signifié le 3 janvier 2007, d'accepter les excuses de son supérieur hiérarchique, et non pas, comme retenu par l'instance cantonale, les événements qui se sont déroulés avant le 2 janvier 2007. L'autorité cantonale se serait fondée à tort sur ces faits, puisqu'il a été constaté que le licenciement n'était pas encore envisagé à cette dernière date. Il en découle un résultat insoutenable, puisque l'unique motif de résiliation invoqué par la recourante doit entraîner un délai de congé de douze mois, en lieu et place du délai de six mois arrêté par la juridiction inférieure. 3.1 Les motifs de la résiliation relèvent du fait. De même, l'incidence respective des divers motifs de résiliation en concours est une question qui relève de la causalité naturelle et, par conséquent, du fait (ATF 131 III 535 consid. 4.3 p. 540; 130 III 699 consid. 4.1 p. 702). Ainsi, les constatations de la cour cantonale y relatives lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), qui ne peut s'en écarter que si elles ont été établies de façon manifestement inexacte ou en violation du droit. Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat. A cet égard, le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution paraît également concevable, voire même préférable (ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, l'autorité tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 134 V 53 consid. 4.3 p. 62). 3.2 Il ressort du jugement cantonal que parmi les motifs qui ont conduit à la rupture du lien de confiance existant entre les parties et donc au licenciement figurent le refus de la recourante d'enlever du matériel publicitaire exposé en novembre 2006 lors d'une réunion à Atlanta, le non-respect d'instructions données en lien avec le projet «A.________», plus particulièrement avec le budget de celui-ci, mis en lumière lors de la conférence du 8 décembre 2006, et le comportement de l'employée postérieur à cette conférence, à savoir le refus de réintégrer sa place de travail, le refus nonobstant l'injonction de ses supérieurs de modifier le message d'absence enregistré, l'envoi à son supérieur direct d'un courrier le menaçant de poursuites judiciaires et l'intention manifestée de se plaindre de l'attitude de ses employeurs auprès des donateurs de la fondation. Pour les juges cantonaux, ces éléments ont joué un rôle prépondérant dans la décision de l'employeuse de se séparer de la recourante; ils ont à cet égard précisé, au moment d'examiner s'il y avait licenciement abusif, que le refus de la recourante, exprimé le 3 janvier 2007, d'accepter les excuses de son supérieur hiérarchique n'a joué qu'un rôle accessoire. A l'appui de sa critique, la recourante se borne à exposer le motif qu'elle estime avoir conduit à la résiliation de son contrat de travail, sans démontrer en quoi les constatations de la cour cantonale seraient arbitraires. Non seulement elle ne remet pas en cause les événements antérieurs au 2 janvier 2007, tels que constatés par la cour cantonale, mais en sus elle ne prétend pas qu'ils ne seraient pas de nature à ébranler la nécessaire relation de confiance qui devait exister entre les parties; elle n'établit en particulier pas en quoi il serait insoutenable pour la cour cantonale d'avoir considéré que le courriel du 3 janvier 2007 a été un élément déclencheur qui a définitivement détruit la confiance que l'employeuse pouvait encore conserver en son employée avant cet événement. Il sied en outre d'observer que, contrairement à ce que soutient la recourante, le seul fait que le licenciement n'était pas déjà envisagé le 2 janvier 2007 ne signifie pas encore que les événements antérieurs à cette date n'étaient pas susceptibles d'entamer la confiance existant entre les parties. On ne saurait donc considérer que seule la communication par l'employée de son refus d'accepter les excuses de son supérieur hiérarchique, intervenue postérieurement au 2 janvier 2007, serait à même de justifier le licenciement de la recourante. L'appréciation de la cour cantonale quant aux motifs de licenciement ne prêtant pas le flanc à la critique, le grief tombe manifestement à faux.