Citation: 4P.343/2006 26.04.2007 E. A

A.a X.________ SA (ci-après: X.________) est une société active notamment dans la vente et la commercialisation de produits alimentaires d'origine italienne. Les 4 et 14 juillet 1997, X.________ et Y.________ ont signé un contrat de travail, qui conférait au second la qualité de "représentant" de la première à partir du 1er octobre 1997 dans des zones de vente, singulièrement la région lausannoise, le Lavaux et le Nord vaudois. L'accord prévoyait un salaire mensuel assuré minimum de 4'500 fr. brut pour les trois premiers mois, puis, par la suite, un montant fixe de 1'800 fr. brut par mois et le paiement de provisions sur le chiffre d'affaires réalisé par le travailleur. Il comportait également une clause prohibitive: Y.________ s'engageait à ne pas faire concurrence à son employeur sur l'ensemble du territoire suisse pendant une période de deux ans après la fin des relations contractuelles; la violation de ladite clause devait entraîner le versement d'une peine conventionnelle, non libératoire, équivalant à une année de rémunération du travailleur, calculée sur la base de ce que celui-ci avait perçu le dernier mois d'activité. Outre sa fonction de représentant, Y.________ s'est occupé dès décembre 1997 de la gestion du dépôt de X.________ sis à M.________. Ce dépôt ne comptait ni secrétaire ni comptable, de sorte que le prénommé, après avoir rencontré des clients pendant toute la journée, devait retourner à M.________ pour effectuer des tâches de secrétariat; il effectuait ainsi quotidiennement plus de 10,5 heures de travail. En outre, il n'y avait qu'un chauffeur par représentant; la rotation du personnel étant importante en ce qui concernait les livreurs, Y.________ devait fréquemment effectuer lui-même des livraisons. Ce n'est cependant qu'en juin 1999 que ladite société a accepté de verser au travailleur, à sa demande, une indemnité se montant à 0,2 % du chiffre d'affaires total du dépôt de M.________. Par courrier du 28 août 2000, Y.________ a résilié pour le 31 octobre 2000 le contrat qui le liait à son employeur. Le 1er novembre 2000, il est entré au service de A.________ SA afin de s'occuper du développement et de la promotion de produits alimentaires de différentes origines. A.b Le 26 avril 2001, X.________ a ouvert action contre Y.________ devant le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois. La demanderesse a conclu à ce que le défendeur lui doive paiement de 75'447 fr.20 plus intérêts à 5 % l'an dès le 26 avril 2001 en application de la clause pénale figurant dans le contrat de travail qui liait les parties. Le défendeur a sollicité le rejet des conclusions de la demande. Il a formé une reconvention tendant au versement en sa faveur de diverses indemnités atteignant le total de 24'732 fr.30, avec différents intérêts. Une expertise judiciaire a été confiée à B.________ SA. Il résulte du rapport de cette société établi le 24 décembre 2002 que Y.________ avait une parfaite connaissance de la clientèle de X.________ en Suisse romande, que l'engagement de ce dernier a permis à A.________ SA d'accroître son activité commerciale au détriment de son concurrent X.________ et que le recul du chiffre d'affaires de la demanderesse intervenu dans les derniers mois de l'année 2000 provenait également du fait que le défendeur n'a pas été autorisé à présenter son remplaçant à la clientèle de X.________, ce qui a affaibli la présence de cette société dans un marché très convoité. Le 24 septembre 2003, le Tribunal d'arrondissement a entendu 13 témoins. Au nombre de ces derniers figurent C.________, directeur commercial de X.________, qui est le fils de l'administrateur de celle-ci, D.________, qui travaille pour le compte de la demanderesse au Tessin, ainsi que E.________, F.________ et G.________, qui ont été tous trois employés de la demanderesse, les deux premiers en qualité de représentant, le troisième comme chauffeur. Par jugement du 3 octobre 2003, le Tribunal d'arrondissement a rejeté les conclusions de la demanderesse et, admettant partiellement la reconvention, condamné X.________ à verser au défendeur 2'700 fr. avec intérêts à 5 % dès le 31 octobre 2000, somme retenue à tort sur le dernier salaire du travailleur, 5'761 fr.90 plus intérêts à 5 % dès le 15 avril 1999 au titre d'indemnité équitable pour perte de provisions pendant les vacances du défendeur et 3'677 fr. avec intérêts à 5 % dès le 15 mai 1999 à titre de versement de provisions acquises. Cette autorité judiciaire, après avoir retenu que les parties avaient conclu un contrat d'engagement des voyageurs de commerce tel que l'entendent les art. 347 ss CO, a rejeté la demande, au motif que la clause de prohibition de concurrence litigieuse, qui défendait à Y.________ de s'engager sur l'ensemble du territoire suisse auprès d'une entreprise concurrente de la demanderesse, était sans valeur, dès l'instant où elle contraignait le travailleur à exercer sa profession à l'étranger. Statuant sur le recours de la demanderesse, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois, par arrêt du 21 avril 2004, l'a admis, le jugement précité étant annulé et la cause étant renvoyée aux premiers juges pour nouvelle instruction. Sur l'action principale, les juges cantonaux ont estimé que le Tribunal civil, qui a constaté la validité formelle de la clause d'interdiction de concurrence, aurait dû faire application de l'art. 340a al. 2 CO et en limiter le champ d'application géographique, afin que le défendeur puisse continuer à exercer son activité en Suisse.