Citation: 1C_229/2020 E. 4.4.1

4.4.1. Pour ce qui est des buts d'intérêt public justifiant le retrait des permis de construire en application de l'art. 118 al. 3 LATC, le Tribunal cantonal a relevé que les bâtiments de la recourante se situaient au centre de la ville de Lausanne dans un quartier très fréquenté du centre-ville comprenant de nombreux commerces. Il a ajouté que la présence d'importantes palissades de chantier pendant de nombreuses années pouvait donner une image négative de ce secteur, susceptible de porter atteinte aux commerces environnants; elle portait en tous les cas atteinte, de manière générale, à l'aspect des lieux; cette atteinte s'était en outre concrétisée, les médias locaux en ayant fait état. La cour cantonale a ajouté que les palissades de chantier étaient situées sur l'assiette d'une servitude de passage à pied, ce qui posait problème aux personnes à mobilité réduite. L'instance cantonale est arrivée à la conclusion que, compte tenu du caractère particulier des lieux, cette situation pouvait être admise pour des travaux réalisés dans des délais usuels; elle n'était en revanche plus admissible dès lors que les travaux avaient commencé depuis près de dix ans et étaient à l'arrêt depuis de nombreux mois. L'instance précédente a enfin ajouté que la recourante avait certes déjà engagé des montants relativement importants (8'765'000 francs selon ses dires); toutefois, cet élément n'était pas décisif, dès lors que son investissement était censé se retrouver dans la valeur des ouvrages déjà construits. A cet égard, le Tribunal cantonal a noté que la décision attaquée n'exigeait pas la démolition des ouvrages réalisés et la remise en état des lieux; les montants engagés par la recourante constituaient par conséquent un élément qui devait être relativisé et qui ne remettait pas en cause la pesée d'intérêts effectuée par l'autorité intimée.