Citation: 8C_849/2017 E. 3.2

3.2. A l'inverse de ce que prétend la recourante, l'âge avancé d'un assuré comme facteur prépondérant à son empêchement de maintenir sa capacité de gain n'est pas pris en considération de la même manière en assurance-invalidité qu'en assurance-accidents, dans laquelle l'art. 28 al. 4 OLAA, en lien avec l'art. 18 al. 2 LAA, commande de faire abstraction du facteur de l'âge pour les deux termes de la comparaison des revenus (cf. ATF 134 V 392 consid. 6.2 p. 398; 122 V 418 consid. 3b p. 422). L'évaluation de l'invalidité par l'assurance-invalidité, menée en fonction de la jurisprudence applicable dans ce domaine pour les assurés qui se trouvent proches de l'âge donnant droit à la rente de vieillesse (ATF 143 V 431 consid. 4.5 p. 433; 138 V 457 consid. 3.1 p. 460), n'avait dès lors pas de force contraignante pour l'assureur-accidents (ATF 131 V 362 consid. 2.3 p. 368). Au contraire, comme l'ont rappelé à juste titre les premiers juges, l'art. 28 al. 4 OLAA vise à empêcher l'octroi de rentes d'invalidité de l'assurance-accidents qui comporteraient, en fait, une composante de prestation de vieillesse (arrêt 8C_37/2017 du 15 septembre 2017 consid. 6.1 et les références). Il n'y avait dès lors pas lieu, quoi qu'en dise la recourante, de procéder à l'analyse globale applicable en matière d'assurance-invalidité. Puis, en se référant toujours à la jurisprudence applicable en matière d'assurance-invalidité, la recourante demande à ce que l'abattement sur son revenu d'invalide résultant des salaires statistiques (ESS 2012) soit porté de 15 à 25 %, soit au maximum admis par la jurisprudence (ATF 126 V 75). Le point de savoir si, dans le domaine de l'assurance-accidents obligatoire, le critère de l'âge constitue un critère d'abattement ou si, dans ce domaine, l'influence de l'âge sur la capacité de gain doit être prise en compte uniquement dans le cadre de la réglementation particulière de l'art. 28 al. 4 OLAA n'a pas encore été tranché par le Tribunal fédéral (voir, parmi d'autres, arrêts 8C_227/2017 du 17 mai 2018 consid. 5 et 8C_754/2015 du 26 février 2016 consid. 4.3, in SVR 2016 UV n° 39 p. 131) et peut demeurer indécis en l'espèce. La recourante ne conteste en effet pas les conclusions médicales suivies par les premiers juges selon lesquelles elle présente une capacité de travail entière dans une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles, avec une diminution de rendement de 20 %. Aussi, parmi la palette d'activités simples et peu contraignantes existant sur un marché équilibré du travail (à ce sujet, voir arrêt 8C_175/2017 du 30 octobre 2017 consid. 4.2 et la référence), on ne saurait la suivre lorsqu'elle affirme que ses limitations fonctionnelles rendent illusoires ou irréalistes sa perspective de retrouver un emploi adapté de type mono-manuel. Dans ces circonstances, la juridiction cantonale n'a pas excédé ou abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant une déduction globale de 15 %. Il n'y a dès lors pas lieu de s'écarter du revenu avec invalidité fixé par les premiers juges.