Citation: 1B_40/2010 02.03.2010 E. 2

Le recourant ne nie pas l'existence de charges suffisantes pour justifier son maintien en détention préventive. Il conteste en revanche les risques de fuite et de collusion. A l'égard de ce dernier, il relève que le seul acte d'instruction encore en cours est une expertise psychiatrique pour laquelle son maintien en détention ne serait pas nécessaire. Il n'y aurait pas de risque qu'il tente d'influencer les deux inculpés qui l'ont mis en cause, puisque ceux-ci ont déjà été entendus par la police et le juge d'instruction, et qu'une confrontation a déjà eu lieu. Placé dans une même cellule que le recourant dans l'attente d'une audience, B.________ aurait fait part de ses craintes de représailles, mais de manière générale, en précisant qu'il n'avait fait l'objet d'aucune menace de la part du recourant. Quant au risque de collusion avec "D.________", il ne serait pas plus vraisemblable qu'à l'égard de B.________. 2.1 Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié aux besoins de l'instruction en cours (art. 34 let. b et c CPP/GE). Tel est le cas par exemple lorsqu'il est à craindre que l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour prendre contact avec des témoins ou d'autres prévenus, afin de tenter d'influencer leurs déclarations. Ce risque doit présenter une certaine vraisemblance (ATF 123 I 31 consid. 3c p. 36, 117 Ia 257 consid. 4c p. 261), et l'autorité doit indiquer, au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes d'instruction elle doit encore effectuer, et en quoi la libération du prévenu en compromettrait l'accomplissement (cf. ATF 123 I 31 consid. 2b p. 33/34, 116 Ia 149 consid. 5 p. 152). 2.2 B.________ et C.________ ont déclaré reconnaître le recourant: celui-ci leur aurait remis la drogue qu'ils devaient transporter jusqu'à Genève. Ils ont également identifié sa voiture et son numéro de téléphone. Le recourant affirme pour sa part qu'il n'a jamais rencontré ses deux coïnculpés. Les déclarations de ces derniers constituent dès lors manifestement un élément important de l'accusation, raison pour laquelle les prévenus ont été placés dans des établissements de détention distincts. Même si une confrontation a déjà eu lieu (au cours de laquelle les prévenus ont maintenu leurs versions respectives), il est sérieusement à craindre que le recourant, une fois remis en liberté, ne tente de faire revenir B.________ et C.________ sur leurs déclarations, dans la perspective de l'audience de jugement. Cela suffit pour admettre un risque de collusion justifiant à lui seul la détention préventive. 2.3 L'affirmation d'un risque de collusion dispense d'examiner les griefs du recourant en rapport avec le risque de fuite et la possibilité d'une libération sous caution.