Citation: 4C.348/2003 24.08.2004 E. A

A.a X.________ AG est une entreprise active dans la fabrication de techniques d'installations sanitaires, de supportage et d'acheminement de câbles. Elle a son siège en Suisse allemande. Sa maison mère est en Allemagne. A.________ est monteur-électricien de formation. Directeur des ventes de la société Y.________ AG, il a été nommé fondé de procuration de cette entreprise à compter du 1er janvier 1995. Le 26 mars 1999, X.________ AG a engagé A.________ en qualité de représentant pour la Suisse romande dès le 1er juillet 1999. L'entreprise a installé une succursale à ..., où elle s'est encore assuré les services d'une secrétaire à plein temps aux côtés de A.________. La rémunération de A.________ se composait d'un salaire mensuel brut de 8 000 fr. versé treize fois l'an, d'un bonus annuel de 24 000 fr., payable en deux fois (juin et décembre), ainsi que d'une indemnité forfaitaire de 2 600 fr. pour les frais professionnels. Après le temps d'essai, le délai de congé était de trois mois. A.________ devait former et développer la clientèle, trouver des soumissions à transmettre à son employeur en Suisse allemande, qui se chargeait de remplir et fournir les offres. Il devait rester en contact avec la clientèle, en particulier assurer l'assistance et les conseils dans le domaine du commerce de gros. A.b En janvier 2000, un représentant de la société W.________ AG (ci-après: W.________) s'est rendu à ... pour rencontrer A.________. Ce dernier lui a prodigué divers conseils afin de préparer une offre destinée à Z.________, lui dévoilant en particulier une offre effectuée en 1998 par Y.________ AG, avec les prix et différents rabais applicables. Les 18, 19 et 20 janvier 2000, A.________ a passé chaque jour plusieurs heures à préparer l'offre de la société W.________ pour Z.________. Cette offre comportait plus de 100 pages et portait sur un montant important (500 000 à 600 000 fr.). La secrétaire de X.________ AG s'est élevée sans succès contre ces agissements. Le 20 janvier, elle a trouvé un rapport de transmission d'un fax de 26 pages envoyé depuis les bureaux de ... à l'attention de W.________. Redoutant d'être considérée comme complice de A.________ et craignant pour son emploi, elle a averti l'intéressé qu'elle allait le dénoncer auprès de la direction, ce qu'elle a fait le soir même, en téléphonant au chef du bureau de X.________ AG en Suisse allemande, à son domicile. Le lendemain, le chef de bureau a mis au courant de la situation le directeur général de la société, en Allemagne. Le 25 janvier 2000, X.________ AG a retenu le salaire de janvier de A.________, sans avertissement préalable ni explication. Le 9 février 2000, X.________ AG a informé A.________, par téléphone, que le chef du personnel voulait le rencontrer le jour même à .... Lors de cet entretien, l'employé a admis des contacts avec des entreprises oeuvrant dans des domaines complémentaires à ceux de X.________ AG, afin d'augmenter le chiffre d'affaires de celle-ci. Le collaborateur a reconnu qu'il avait établi l'offre de W.________, expliquant qu'il voulait aussi aider son beau-fils, incapable de faire seul un tel travail. Ce même jour, le chef du personnel lui a remis une lettre de licenciement sans préavis. A.c Abattu par son congé, A.________ a subi une incapacité de travail à 100 % du 9 au 29 février 2000. Après divers échanges de courriers, X.________ AG a versé, courant février, au travailleur licencié les montants de 9 616 fr. 45 net et 7 412 fr. 30 net à titre de salaires pour janvier et février, treizième salaire, allocations familiales, bonus, frais de représentation et vacances. La caisse de chômage B.________ a versé à A.________ le montant net de 12 665 fr. 20.