Citation: 8C_662/2022 E. A

A.a. A.________, née en 1996, travaillait comme aide de cuisine pour B.________ Sàrl et était, à ce titre, assurée obligatoirement contre le risque d'accident auprès de SWICA Assurances SA (ci-après: SWICA). Dans la nuit du 8 août 2018 vers cinq heures du matin, l'assurée et trois de ses amies, dont C.________, ont subi une agression violente alors qu'elles quittaient le club D.________ et rejoignaient leur voiture. Elles y ont vu un homme pousser une femme puis la frapper violemment. Après s'être interposées pour porter secours à celle-ci, elles ont également été battues par cet individu, soudain rejoint par quatre autres agresseurs, dont l'un avait importuné l'assurée plus tôt dans le club. A.________ et C.________ notamment ont été rouées de coups de poing et de pied. Leurs agresseurs ont continué à les frapper une fois qu'elles étaient tombées à terre. L'un d'eux avait des béquilles, dont il s'est servi pour frapper la première victime. Des témoins ont décrit que les agresseurs avaient donné des coups de pied comme des joueurs de football lors d'un tir au but, dans la tête de l'assurée notamment. Les assaillants n'ont pris la fuite qu'après l'arrivée de passants, dont trois se sont interposés pour les faire cesser leurs exactions. L'assurée a en particulier indiqué lors de ses dépositions devant la juge d'instruction qu'elle avait cru son amie C.________ morte, car elle était inerte au sol et n'avait pas réagi lorsqu'un faisceau lumineux avait été dirigé sur ses yeux et qu'elle lui avait passé de l'eau sur le visage. A la suite de cette agression, l'assurée, ses amies et la première victime ont été conduites à l'Hôpital E.________. C.________, plongée dans le coma à la suite des coups, était alors dans un état critique et a dû subir une intervention en urgence. Chez l'assurée, les médecins ont relevé une fracture sous-condylienne droite mandibulaire et une fracture de la phalange d'un doigt à gauche. Elle se plaignait de douleurs au niveau de la face et de la mâchoire avec une ouverture de bouche limitée ainsi que de douleurs cervicales. Les médecins ont constaté en outre qu'elle était choquée. L'assurée a également été examinée par une psychiatre qui a rapporté des lésions au niveau du visage (ecchymoses griffures), une difficulté à ouvrir la bouche pour articuler, une anxiété liée à l'état de santé de son amie, alors prise en charge au bloc opératoire, ainsi qu'une thymie abaissée, un sentiment de colère et des pleurs. Les médecins de l'Hôpital E.________ ont attesté une incapacité de travail totale de l'assurée jusqu'au 20 août 2018. SWICA a pris en charge l'accident. L'assurée a repris son activité professionnelle le 20 août 2018. A.b. Par courrier du 23 octobre 2019, la psychologue F.________ a indiqué à l'assurance qu'elle avait suivi l'assurée lors de huit séances du 20 août au 27 novembre 2018, date à laquelle l'assurée avait voulu faire une pause dans le traitement. En août 2018, l'assurée avait souhaité reprendre très rapidement le travail malgré l'avis très défavorable de la psychologue. Le 23 septembre 2019, elle avait recommencé la psychothérapie sur les conseils de l'experte judiciaire qui l'avait examinée dans le cadre de la procédure pénale. Le 14 janvier 2021, A.________ a requis la prise en charge de la psychothérapie par SWICA et a relancé cette demande le 9 avril suivant. A.c. Par jugement du 19 mai 2020, le Tribunal correctionnel de U.________ (F) a condamné quatre des agresseurs impliqués dans l'événement du 8 août 2018 à des peines de prison de respectivement cinq ans, huit ans, quatre ans et quatre ans, et a relaxé le cinquième. Il a alloué 10'000 euros à l'assurée en réparation de son préjudice moral. A.d. Dans une décision du 27 mai 2021, retenant que l'assurée s'était déplacée dans la direction de l'agresseur en lui demandant ce qu'il avait fait et en l'insultant alors qu'il s'éloignait, SWICA a considéré que celle-ci s'était exposé à un énorme risque au vu des faits dont elle avait été témoin. Partant, SWICA a décidé qu'elle réduirait ses prestations de 50 % si l'assurée devait faire valoir une rechute ou des séquelles tardives de l'accident du 8 août 2018, mais qu'elle renonçait à appliquer cette mesure avec effet rétroactif. L'assurée ne s'est pas opposée à cette décision. A.e. Dans un courrier du même jour, soit le 27 mai 2021, Swica à indiqué à l'assurée qu'elle refusait la prise en charge du traitement psychologique. Le 31 août 2021, elle a rendu une décision refusant la prise en charge du traitement psychologique et psychiatrique prodigué depuis le 24 septembre 2019 en l'absence d'un lien de causalité adéquate avec l'évènement du 8 août 2018. A.f. Par décision sur opposition du 21 janvier 2021, Swica a rejeté l'opposition formée par l'assurée contre la décision du 31 août 2021 et lui a refusé le bénéfice de l'assistance judiciaire.