Citation: 1P.40/2005 10.02.2005 E. 5

Le recourant dénonce une violation du principe de la proportionnalité. Outre la durée excessive de la détention au regard des actes reprochés, il fait valoir la situation de sa fille. Selon le certificat médical du 10 novembre 2004 figurant au dossier, l'enfant née le 14 juillet 1997 souffre en effet d'hyperactivité et, très probablement, d'épilepsie sous forme d'absences; or ces troubles s'accentuent depuis le départ de son père. En vertu du principe de la proportionnalité, le prévenu doit être libéré lorsque la durée de son incarcération se rapproche de la peine privative de liberté qui sera éventuellement prononcée. Cette dernière doit être évaluée avec la plus grande prudence, car il faut éviter que le juge du fond ne soit incité à prononcer une peine excessive pour la faire coïncider avec la détention préventive à imputer (ATF 126 I 172 consid. 5a p. 176/177). En l'occurrence, le recourant était détenu depuis deux mois au moment de la décision attaquée. A elle seule, l'infraction d'escroquerie est passible de la réclusion pour cinq ans au plus ou de l'emprisonnement. Ainsi que le relève l'autorité intimée, compte tenu de l'importance des montants que le recourant s'est indûment appropriés au fil des ans, en mettant certaines de ses victimes dans des situations financières gravissimes, et du nombre des actes délictueux, la durée de la détention préventive reste encore proportionnée à la peine encourue. Quant aux troubles de santé de l'enfant du recourant, ils doivent certes être pris en considération dans la mesure où ils sont aggravés par l'incarcération, mais ils ne suffisent pas, en l'état, à renverser la pesée des intérêts.