Citation: 5A_112/2022 E. 7.2

7.2. Les recourants taxent d'arbitraire la constatation selon laquelle l'intimée aurait été mandatée pour que leur défunt père ait plus de temps à consacrer à l'ouvrage. Ils allèguent que la déclaration de l'intimée à ce sujet lors de l'audience de débats principaux du 10 mars 2020 n'est pas corroborée par d'autres moyens de preuve, voire est contredite par un témoignage, et n'aurait par ailleurs pas de valeur probante, l'intéressée ayant " menti " sur plusieurs autres points. Ce dernier argument est fallacieux. Les recourants ne sauraient tirer de cas particuliers une généralité. Au demeurant, le fait que l'intimée se soit contredite ou ait omis de mentionner certains documents sur d'autres questions ne signifie pas encore qu'elle ait délibérément menti (cf. art. 191 CPC s'agissant de l'interrogatoire des parties) ou fait de fausses déclarations (cf. art. 192 CPC en ce qui concerne les dépositions des parties). Les affirmations des recourants à cet égard sont purement gratuites. Pour le reste, l'interrogatoire et la déposition d'une partie sont des moyens de preuve objectivement adéquats prévus par la loi (art. 168 al. 1 let. f CPC) que le juge apprécie librement (art. 157 CPC). Il n'est dès lors pas admissible de dénier d'emblée toute valeur probante à ces moyens de preuve (ATF 143 III 297 consid. 9.3.2; cf. aussi : ATF 137 II 266 consid. 3.2; 133 I 33 consid. 2.1). Lorsque les recourants se réfèrent à " l'attestation de Madame O.________ " pour tenter d'infirmer les déclarations de l'intimée, leur critique est purement appellatoire et, partant, irrecevable (cf. supra, consid. 2.2). Autre est la question de savoir si l'autorité cantonale a considéré à bon droit que les fax échangés avec les Éditions R.________ étaient couverts par le secret professionnel. Les recourants le contestent, motif pris qu'en versant à la procédure le courrier du 4 avril 2012 de R.________, l'intimée aurait implicitement reconnu que l'activité déployée dans ce cadre ne relevait pas de son activité typique d'avocat. Cet argument ne porte pas. Le fait que l'avocat choisisse de ne produire que certaines pièces ne permet pas de qualifier d'atypique l'ensemble de son activité. Il entre dans sa responsabilité d'avocat de déterminer dans quelle mesure il peut révéler ou non le contenu d'une pièce. Lorsque les recourants affirment que " les déclarations de l'intimée ne signifient pas qu'elle aurait eu des échanges avec les Éditions R.________ dans le but d'obtenir auprès de ces dernières une prolongation du temps imparti au défunt pour terminer son prétendu ouvrage ", mais que ce dernier " lui aurait délégué la gestion de ses affaires dans le but de se dégager davantage de temps pour se consacrer à l'écriture de son ouvrage ", leur critique est purement appellatoire (cf. supra, consid. 2.2). Au demeurant, l'intimée ayant été mandatée pour que son mandant dispose de plus de temps pour se consacrer à son ouvrage, l'autorité cantonale pouvait sans arbitraire retenir qu'elle a déployé une activité de représentante ou de conseil juridique dans le cadre de la relation contractuelle avec l'éditeur et, sur la base de cette constatation, considérer sans violer le droit fédéral qu'il s'agissait d'une activité typique couverte par le secret professionnel. Cela étant, il n'y a pas lieu d'examiner la motivation subsidiaire au terme de laquelle les recourants n'auraient pas expliqué l'intérêt qu'ils auraient à obtenir les documents requis.