Citation: 4A_37/2019 E. A

A.a. X.________ SA, Y.________ SA et Z.________ S.A. sont les promotrices d'un immeuble sis à... dans le canton de Neuchâtel. Agissant en société simple comme entreprise générale (ci-après: l'entreprise générale), elles ont adjugé à U.________ - U1.________ (ci-après: l'entrepreneur) - entreprise individuelle spécialisée dans le revêtement de sol, en particulier la pose de carrelage - les travaux liés au relèvement des balcons et terrasses de l'immeuble. Ces travaux, qui devaient initialement être réalisés au mois d'octobre 2011, ont finalement été exécutés au printemps 2012. Le 7 mai 2012, l'entreprise générale a indiqué à l'entrepreneur avoir constaté des défauts affectant notamment les joints extérieurs des balcons. Le 31 août 2012, elle a invité l'entrepreneur à remettre en état les balcons, à ses frais; elle a renouvelé cette demande les 22 mars et 4 juin 2013. A.b. L'entreprise générale a sollicité en juillet 2013 une expertise technique privée auprès de l'Association suisse du carrelage (ASC), pour expliquer notamment le décollement du carrelage observé et contrôler si le choix de celui-ci était adapté. Il ressort du rapport d'expertise privée établi par L.________, expert reconnu ASC, que le désordre dû au décollement a été causé par plusieurs facteurs, comme l'exposition et la grandeur de l'objet extérieur, le choix de la couleur et du format des carreaux, la section des joints et le manque de joints de dilatation. En outre, l'entrepreneur n'avait pas suivi les préconisations de pose assurant un travail dans les règles de l'art de la profession de carreleur. L'expert privé a estimé le coût des travaux de réfection à 78'000 fr. TTC. A.c. L'entrepreneur a contesté sa responsabilité pour les défauts allégués. Il a exposé que les matériaux utilisés lors de la réalisation des travaux avaient été commandés et fournis par l'entreprise générale sans qu'il ait eu le moindre mot à dire. Celle-ci avait aussi choisi la manière de poser le carrelage. Au début de l'année 2012, l'entrepreneur avait signalé à l'entreprise générale le caractère inapproprié des matériaux ainsi que du procédé imposés, mais celle-ci avait refusé de tenir compte de ces avertissements et avait exigé la pose du carrelage. En outre, les échafaudages permettant l'accès aux balcons par l'extérieur avaient été enlevés prématurément, de sorte qu'il lui avait été impossible d'effectuer les travaux restants. Dès lors, les éventuels dégâts, causés par des infiltrations d'eau dues à l'absence de joints des têtes de dalles des balcons, étaient selon lui exclusivement dus aux matériaux ainsi qu'à la méthode imposés par l'entreprise générale, ainsi qu'au démontage prématuré des échafaudages décidé par celle-ci. Le 23 août 2013, l'entrepreneur a fait notifier à l'entreprise générale un commandement de payer pour un montant de 20'000 fr., correspondant au solde ouvert de sa dernière facture, auquel l'entreprise générale a fait opposition totale. Le 26 septembre 2013, l'entreprise générale a fait notifier à l'entrepreneur un commandement de payer de 150'000 fr. Cet acte a été frappé d'opposition totale.