Citation: 1A.289/2000 22.01.2001 E. A

A.- Le 25 mars 1996, un juge d'instruction de Madrid a adressé à la Suisse une demande d'entraide judiciaire dans le cadre d'une enquête relative à des délits de faux et trafic d'influence, commis à l'occasion de l'adjudication de travaux par les chemins de fer espagnols à un consortium UTE (Union temporaire d'entreprises), mené par S.________. Des commissions illicites auraient été versées afin d'influencer les fonctionnaires chargés de l'adjudication. Cette demande, exécutée par le Juge d'instruction genevois, a fait l'objet d'un complément du 5 février 1999. L'entraide avec la Suisse avait permis de découvrir que l'un des inculpés, C.________, avait ouvert deux comptes au nom des sociétés A.________ et T.________ auprès de la banque Paribas de Bâle, afin d'y faire transiter des commissions illicites correspondant à des contrats fictifs. Un compte "E.________", détenu par C.________ auprès de X.________, avait également été utilisé pour recevoir une partie de ces fonds. La demande complémentaire évoque différents versements, dont le magistrat requérant aimerait connaître l'origine ou la destination; il demande l'identification des comptes à partir desquels (ou à destination desquels) ont eu lieu ces versements. Il requiert en particulier la documentation complète du compte n° xxx auprès de l'UBS de Genève, ainsi que l'identification de tous comptes en rapport avec celui-ci. Le 23 septembre 1999, l'autorité requérante a également demandé la production d'un exemplaire complet de l'ordonnance de condamnation rendue le 10 mai 1998 par le Juge d'instruction genevois à l'encontre de C.________, et dont ce dernier avait produit une copie caviardée; cette ordonnance mentionnait un compte détenu par un certain G. auprès de l'UBS de Genève, au sujet duquel l'autorité requérante désirait aussi être renseignée.