Citation: 1P.258/2004 18.05.2004 E. 3

Le recourant ne conteste ni la base légale de son maintien en détention, ni l'existence de présomptions suffisantes de culpabilité à son encontre. Il nie en revanche tout risque de fuite propre à justifier le refus de sa mise en liberté provisoire. 3.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités); il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4 p. 70 et les arrêts cités). Par ailleurs, le prévenu a le droit d'être libéré s'il lui est possible de fournir des sûretés propres à garantir sa présence aux débats et, s'il y a lieu, sa soumission au jugement, lorsque l'incarcération n'a plus d'autre justification que le danger de fuite (art. 121 al. 2 CPP neuch.; voir aussi, ATF 105 Ia 186 consid. 4a p. 187). 3.2 En l'espèce, K.________ est notamment prévenu d'infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants pour avoir vendu à une dizaine de consommateurs, du début 2001 à la fin de l'automne 2002, une quantité indéterminée, mais au minimum 336 grammes, de cocaïne, à un prix oscillant entre 110 et 130 francs le gramme. Si sa culpabilité devait être établie, il s'exposerait à une peine ferme de réclusion ou d'emprisonnement supérieure à une année, s'agissant d'un cas grave (art. 19 ch. 1 et 2 let. a et c LStup). Le risque que le recourant veuille échapper à une possible condamnation pénale par la fuite est donc relativement élevé. Sur le plan personnel, K.________ est arrivé en Suisse en 1987. Après avoir occupé différents emplois, il travaille depuis 1997 en tant que monteur-soudeur auprès de l'entreprise X.________, à Lausanne, au bénéfice d'une autorisation de séjour et de travail annuelle. Il a épousé en 1992 une ressortissante italienne, mère d'une adolescente de dix-sept ans issue d'un précédent mariage. Il a un frère établi à Neuchâtel depuis plus de vingt ans, une soeur qui vit à Zurich et un oncle résidant à Aarau. Si K.________ peut donc se prévaloir de solides attaches avec la Suisse, il ressort du dossier et, plus particulièrement, des écoutes téléphoniques, qu'il entretient des contacts réguliers avec les autres membres de sa famille qui vivent au Kosovo, où il est copropriétaire d'une maison occupée par sa mère ainsi que deux de ses frères et leurs épouses. Par ailleurs, sa situation financière n'est pas saine puisqu'il fait personnellement l'objet de poursuites et d'actes de défaut de biens pour un montant supérieur à 140'000 fr., selon l'extrait du registre des poursuites annexé à la demande d'assistance judiciaire formulée le 27 février 2004. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, la Chambre d'accusation a à juste titre considéré que le recourant pourrait préférer regagner son pays d'origine, plutôt que devoir purger une peine privative de liberté supérieure à une année, quand bien même il n'a entrepris aucune démarche pour quitter la Suisse en dépit du fait qu'il savait faire l'objet d'une information pénale dès le 1er octobre 1992. Pour le surplus, K.________ ne prétend pas qu'une mesure moins incisive que son maintien en détention serait de nature à pallier le risque de fuite retenu par la cour cantonale.