Citation: 4A_406/2019 E. A

A.a. B.________, de nationalité espagnole et domicilié en Espagne, est un homme d'affaires fortuné (ci-après: B.________ ou le demandeur). Il était titulaire d'un compte auprès de la banque C.________, non déclaré au fisc espagnol. Il était également ayant droit économique de deux sociétés panaméennes (ci-après: les sociétés offshores) D.________ Corp. et E.________ Inc., ce qui n'est pas contesté, dont les avoirs bancaires - non déclarés - étaient déposés aux USA, respectivement auprès de la banque F.________ et G.________, ce qui n'est pas contesté. En 2000, comme le fils d'un de ses très proches amis, H.________, était employé comme gestionnaire de fortune à Genève auprès de la Banque A.________ SA depuis 1999, B.________ a décidé de confier une partie de ses avoirs à cette banque (selon lui) et/ou à H.________ (selon la banque). Il allègue avoir signé la documentation d'ouverture de compte auprès de la banque, ce que celle-ci conteste. H.________ a ouvert le compte n° kkk (ci-après: le compte litigieux) auprès de A.________ SA (ci-après: la banque ou la défenderesse) au nom de son propre père, I.________, et non au nom de B.________, le 27 juillet 2000. Il a indiqué mensongèrement à celui-ci qu'il lui avait ouvert ce compte à son nom. En 2000, B.________ a ordonné à banque C.________ de transférer ses avoirs (1'377'529 fr. 15, 204'945,96 USD et 159'477,10 euros) sur le compte litigieux auprès de la banque à l'attention de H.________. En 2003 et 2004, les deux sociétés offshore dont B.________ était l'ayant droit économique, ont fait transférer, la première le montant de 1'726'857,36 USD sur le compte litigieux auprès de la banque, la seconde plusieurs montants d'un total de 962'394,05 USD sur le compte n° lll, dont les avoirs ont ensuite été transférés sur le compte litigieux. B.________ allègue que ces transferts ont été opérés sur instruction de sa part, ce que la banque conteste. En revanche, il n'est pas contesté que ces sociétés n'ont entretenu aucune relation quelle qu'elle soit avec la banque, qu'elles n'ont pas eu l'intention d'ouvrir de comptes auprès de la banque et ont transféré des fonds leur appartenant sur le compte n° kkk pour la première et sur le compte n° lll pour la seconde pour des raisons de traçabilité, montants qui étaient destinés au compte litigieux et ont ensuite effectivement été crédités sur celui-ci. H.________ a été licencié par la banque en mars 2011, avec effet au 30 juin 2011. Il a néanmoins continué d'entretenir avec la banque, sur la base d'une convention de collaboration du 22 juillet 2011, des relations de gérant indépendant externe. A.b. Entre 2003 et 2012, H.________ a détourné à son profit, en une trentaine de retraits, la totalité des avoirs du compte litigieux, compte qu'il a ensuite clôturé. Jusqu'en automne 2012, B.________ n'a pas requis ni reçu de relevés bancaires ou d'états de fortune concernant le compte litigieux, dont il pensait être le titulaire. Pour des raisons fiscales, il avait instruit le gestionnaire H.________ de ne lui faire que des rapports oraux lors de leurs rencontres en Espagne. En automne 2012, lorsque B.________ lui a demandé des informations écrites et détaillées sur son compte, H.________ lui a remis de faux états de fortune de la banque, établis par ses soins et faisant état d'avoirs en compte de 11'502'775 euros à fin 2011. Ce n'est que le 15 novembre 2012 que B.________ a finalement appris par la banque qu'il n'avait jamais été titulaire d'un compte auprès d'elle, que le compte litigieux avait été clôturé en juillet 2012 et que H.________ n'était plus employé de la banque depuis 2011. Sur plaintes pénales déposées par B.________, la banque et d'autres ex-clients de H.________, celui-ci a été inculpé de faux dans les titres (art. 251 CP), d'abus de confiance (art. 138 CP) et, subsidiairement, d'escroquerie (art. 146 CP).