Citation: 4A_436/2020 E. 7.2

7.2. Selon la recourante, la cour cantonale aurait violé l'art. 400 CO en ne reconnaissant pas son droit à la remise des term sheets dont elle ne disposerait pas encore; ces documents seraient pertinents pour contrôler l'activité menée sur le compte, soit pour évaluer la nature des produits placés dans le portefeuille et le montant des premiumsencaissés ou payés, ainsi que pour le calcul du dommage subi par le portefeuille dans la période de l'appel de marge et des liquidations subséquentes. Il ressort de l'état de fait de l'arrêt attaqué, complété par les constatations du juge de première instance, que l'unique term sheeten jeu concerne l'option PLAIN VANILLA d'un montant de 10'000'000 EUR expirant le 21 septembre 2015, laquelle a été neutralisée par une option négative du même montant. Pour ce produit, l'intimée a déjà remis les confirmations de transaction avec indication des primes, les rapports d'investissement, les ordres de vente, les confirmations d'expiration et les captures d'écran détaillant le calcul de la prime de rachat de l'option inverse. Le term sheet - qui présente de manière synthétique les caractéristiques et principales conditions d'émission de l'option - est un document destiné à l'investisseur, avant la conclusion du contrat. A priori le client doit donc pouvoir l'obtenir dans le cadre d'une reddition de compte. Mais, en l'occurrence, la banque n'était pas au bénéfice d'un mandat de gestion et s'engageait uniquement à exécuter les ordres de la cliente. Celle-ci ne peut donc prétendre aux informations contenues dans le term sheet relatif à l'option PLAIN VANILLA pour vérifier si le placement de cette option dans son portefeuille correspond à une gestion conforme par la banque. Au surplus, la recourante n'explique pas en quoi ce document contiendrait des éléments ne ressortant pas déjà de la documentation remise susmentionnée, qui lui permettraient de vérifier l'activité de la banque exercée dans le cadre du contrat qui les lie. Exiger la remise du term sheet relatif à l'option précitée - à supposer qu'il existe - dans ces conditions revient à exercer un droit sans aucun intérêt digne de protection, ce qui est l'une des définitions de l'abus de droit (consid. 5 supra). Par conséquent, la cour cantonale n'a pas violé l'art. 400 CO en refusant de donner suite à la requête de remise chicanière de la recourante sur ce point.