Citation: U 308/06 26.07.2007 E. A

A.a R.________ travaillait en qualité de commis administratif pour l'Etat de Genève. Le 24 avril 1995, il a chuté dans des escaliers et a perdu connaissance. Il a été transporté aux urgences de l'Hôpital X.________. Les résultats des divers examens pratiqués étaient dans la norme, sous réserve des effets d'une hypothyroïdie sur maladie de Basedow traitée (rapport du 1er juillet 1996 du docteur S.________). R.________ a par la suite consulté son médecin traitant, le docteur P.________, en raison de maux de tête avec contracture réflexe de la colonne cervicale et de la région suscapulaire droite, vertiges, nausées, lombalgies et fourmillements dans les quatre membres. Le docteur P.________ a posé les diagnostics de contusions multiples (colonne cervicale, côtes droites et tête du péroné droite) et traumatisme cranio-cérébral. Il a attesté une incapacité de travail totale dès le 24 avril 1995 (rapport du 22 juillet 1995). R.________ a également été adressé au docteur J.________, neurologue, qui a posé le diagnostic de céphalée post-traumatique, à laquelle s'ajoutait une composante tensionnelle. Un examen neurologique et un électroencéphalogramme n'avaient pas mis en évidence d'anomalie significative (rapport du 16 juin 1995). La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA) a pris en charge le traitement médical et alloué des indemnités journalières. En l'absence d'amélioration des symptômes depuis l'accident, R.________ a séjourné à la Clinique Y.________ du 2 au 20 décembre 1996. D'après le rapport de sortie établi par les docteurs Z.________ et A.________, les examens neuropsychologiques n'avaient pas démontré de troubles fonctionnels; une exagération des symptômes devait être envisagée, bien que l'examen psychiatrique n'ait pas mis en évidence de troubles psychiques. L'ampleur du handicap subi par l'assuré ne pouvait être vérifiée, en raison de son manque de collaboration (rapport du 20 décembre 1996). A réception de ce rapport, la CNA a mis fin à ses prestations avec effet dès le 14 avril 1997 (décision et décision sur opposition des 4 avril 1997 et 28 mai 1998). A la suite d'un recours de l'assuré devant le Tribunal administratif du canton de Genève, elle a toutefois accepté de reprendre l'instruction de la cause et de réexaminer le droit aux prestations. Le 10 novembre 1998, la juridiction cantonale a déclaré le recours sans objet. La CNA a confié une expertise neurologique aux docteurs B.________ et D.________, médecins au Service de neurologie de l'Hôpital V.________, ainsi qu'une expertise psychiatrique au docteur O.________, médecin associé au Département de psychiatrie adulte de l'Université W.________. Les deux premiers nommés ont posé les diagnostics de status après commotion cérébrale le 24 avril 1995 et d'état dépressif dans un contexte socio-culturel particulier. Ils ont souligné l'absence de signes objectifs d'atteinte neurologique focalisée et ont constaté la persistance de céphalées à caractère tensionnel, avec une diminution de la thymie. Près de cinq ans après le traumatisme cranio-cérébral, les symptômes présentés par l'assuré ne pouvaient plus être considérés comme d'origine post-traumatique, mais étaient plutôt d'origine psychique (rapport du 6 avril 2000). Pour sa part, le docteur O.________ a posé le diagnostic de céphalées chroniques d'origine indéterminée, d'état dépressif récurrent, épisode actuel moyen avec syndrome somatique. Il a également fait état d'une personnalité narcissique. Toujours d'après le docteur O.________, l'état dépressif était réactionnel aux céphalées persistantes et à leurs conséquences (perte d'emploi, difficultés économiques, sentiment d'inutilité); les troubles psychiques étaient une conséquence de l'accident, même si la personnalité narcissique de l'assuré pouvait avoir une influence (rapport du 28 avril 2000). Par décision et décision sur opposition des 11 août et 4 décembre 2000, la CNA a refusé d'allouer des prestations pour la période postérieure au 13 avril 1997.