Citation: 6B_688/2014 E. 13.4.3

13.4.3. Le recourant soutient que les versements fondés sur le contrat du 2 janvier 1997 se sont déroulés sur trois exercices comptables et ont fait l'objet d'un examen approfondi du réviseur; ils n'auraient dès lors pas pu échapper au conseil d'administration qui devrait avoir validé le contrat et les versements. De la sorte, le recourant s'écarte des faits retenus par le TPF, dont il ne ressort pas une telle validation, sans qu'il en démontre l'arbitraire. Quoi qu'il en soit, à supposer que le conseil d'administration ait approuvé le contrat du 2 janvier 1997 et les versements qui en découlent, cela ne suffit pas à démontrer qu'il aurait eu connaissance du fait que les montants ne seraient pas investis dans l'intérêt de MUS mais à l'unique profit des ayants droit économiques de PP.________ et de S.________. C'est bien le fait que les montants n'ont pas été investis en faveur de MUS, ce que W.________ et X.________ savaient déjà au moment de la signature du contrat, qui constitue la violation du devoir de gestion. Au demeurant, même à supposer que les autres membres du conseil d'administration aient approuvé en connaissance du but réel du contrat et des versements, cet élément n'a pas d'influence sur le résultat. En effet, si une telle connaissance avait existé, les autres membres auraient éventuellement pu être également poursuivis pour gestion déloyale. Cela ne soustrait toutefois pas W.________ et X.________ de leur position de gérant et de leur devoir de gestion. En outre, contrairement à ce que soutient le recourant, l'éventuelle approbation de l'entier du conseil d'administration ne permet pas d'en déduire que le lésé, c'est-à-dire la société, aurait consenti à sa lésion. En effet, l'éventuel consentement de la société anonyme permettant d'exonérer l'administrateur de sa responsabilité sous l'angle de l'art. 158 CP ne peut s'envisager que s'il est également actionnaire unique de la société anonyme et dans des cas très restrictifs (cf. ATF 141 IV 104 consid. 3 p. 105 ss; 117 IV 259). En l'occurrence, les administrateurs de MUS n'étaient pas les uniques actionnaires de celle-ci et même s'ils avaient tous accepté que les fonds versés à D.________ ne soient pas utilisés en faveur de MUS, il ne pourrait en être déduit que MUS avait consenti à sa lésion, partant que l'infraction de gestion déloyale ne serait pas réalisée. Le grief du recourant doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.