Citation: 5A_862/2014 E. 5.2

5.2. Le principe de l'interdiction de la reformatio in pejus signifie qu'une autorité de recours ne peut pas modifier l'arrêt attaqué au détriment de la partie qui a recouru, sauf si la partie adverse a interjeté un recours joint (ATF 129 III 417 consid. 2.1.1 p. 419; arrêt 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 2.1). En l'espèce, seul le mari a fait appel du jugement de première instance, l'appel joint n'étant au demeurant pas ouvert s'agissant d'une cause soumise à la procédure sommaire (art. 314 al. 2 CPC en lien avec l'art. 271 CPC), de sorte que, autant que la cour cantonale reste dans le cadre des conclusions prises par le mari, la recourante ne saurait invoquer en sa faveur le principe précité, étant au surplus précisé que la maxime d'office s'applique s'agissant de la contribution due pour l'entretien des enfants (art. 296 al. 3 CPC). En tant qu'elle affirme que la décision attaquée s'écarterait des conclusions prises par les parties, la recourante omet que de toute manière, celles-ci n'ont pas pris de " conclusions " concernant le montant des charges immobilières du mari. En tant qu'elle prétend que le raisonnement de l'autorité cantonale concernant les charges immobilières du mari ne serait pas suffisamment motivé, pour autant qu'elle entende soulever le grief de violation de son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), la recourante ne peut être suivie. Il ressort en effet de l'arrêt entrepris (p. 6) que la Cour de justice a procédé au calcul du rendement net des immeubles (en prenant pour base le montant des loyers, dont à déduire les intérêts hypothécaires et les frais d'entretien des immeubles locatifs), sans tenir compte de la valeur locative fiscale de la villa conjugale, puisqu'elle n'est pas louée. Le détail des calculs pour les années 2009 à 2013 figure clairement dans la décision. L'épouse était donc parfaitement en mesure d'en comprendre les motifs et de l'attaquer valablement. Cela étant, en ce qui concerne le montant des revenus immobiliers de l'intimé, les critiques formulées ne sont pas de nature à démontrer le caractère arbitraire des chiffres retenus. La recourante se contente de faire valoir sa propre appréciation des faits, selon laquelle les montants déterminés en première instance étaient corrects, ce qui ne satisfait pas aux exigences de motivation requises (cf. supra consid. 2.3); quand bien même les parties n'auraient pas contesté les chiffres retenus dans le premier jugement, on rappellera au passage que cet argument est dénué de pertinence dans le cadre d'une procédure soumise à la maxime inquisitoire (cf. supra consid. 4). Les mêmes remarques peuvent être faites s'agissant de l'établissement des revenus globaux de l'époux; on précisera que la cour cantonale a motivé son approche par le caractère fluctuant des revenus, de sorte que la recourante ne saurait prétendre que l'arrêt souffre d'un défaut de motivation sur ce point. Au demeurant, la méthode consistant à prendre en considération la moyenne des revenus des cinq dernières années ne saurait être qualifiée d'arbitraire, vu les fluctuations desdits revenus (parmi plusieurs, arrêt 5A_621/2013 du 20 novembre 2014 consid. 3.3.1). Quant au grief de violation de l'art. 311 CPC, outre qu'il est d'emblée irrecevable puisqu'il n'est pas de nature constitutionnelle (cf. supra consid. 2.1), il est quoi qu'il en soit dénué de pertinence.