Citation: 6B_886/2022 E. 2.3

2.3. La recourante soutient que l'élément constitutif objectif de la tromperie ne serait pas réalisé. Elle considère que la cour cantonale aurait fait une mauvaise application de l'art. 148a CP en retenant qu'elle avait un devoir d'annoncer spontanément sa situation de log ement ainsi qu'une position de garante envers le service de l'aide sociale. Il ressort du jugement attaqué que la cour cantonale a considéré que le fait, pour la recourante, de ne pas annoncer qu'elle avait mis à disposition d'un tiers l'appartement financé par les services sociaux suffisait à réaliser l'infraction de l'art. 148a CP, sans qu'il soit nécessaire que les assistants sociaux aient posé explicitement des questions spécifiques sur sa situation. Ce raisonnement ne prête pas le flanc à la critique. En effet, comme évoqué plus haut (cf. supra consid. 2.1.2), la variante de l'art. 148a CP consistant à " passer des faits sous silence " englobe également le comportement passif consistant à omettre d'annoncer un changement ou une amélioration de sa situation. Ainsi, le comportement passif en question est incriminé indépendamment d'une position de garant et le simple fait, pour la recourante, de ne pas communiquer les changements susmentionnés, suffit à réaliser l'infraction, indépendamment de tout questionnement sur sa situation de la part du service de l'aide sociale. Par conséquent, contrairement à ce que soutient la recourante, il n'appartenait pas à l'institution sociale de veiller à sauvegarder son patrimoine et de questionner l'intéressée sur sa situation de logement.