Citation: 5C.257/1999 25.01.2000 E. 4

4.- a) La cour cantonale a confirmé la condamnation du demandeur à verser à la défenderesse une rente d'entretien indexable de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004. Elle a retenu que la défenderesse réalisait depuis l'année scolaire 1998/1999 un salaire net de 2'300 fr. par mois, le demandeur réalisant quant à lui un revenu net de 8'600 fr. par mois. Au vu de ces circonstances, les juges cantonaux ont considéré qu'une contribution mensuelle de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004 était tout à fait adaptée au cas d'espèce. En effet, ce montant représente moins de 15% du revenu de l'époux et tient déjà compte de la réduction due à la légère responsabilité de la défenderesse. En outre, après s'être acquitté des contributions à l'entretien de Marie (615 fr. par mois) de Thomas (715 fr. par mois jusqu'à sa majorité, atteinte le 19 novembre 1999) et de la défenderesse, le demandeur dispose de plus de 6'000 fr. par mois, contre 3'500 fr. pour la défenderesse (jugement attaqué, p. 22). b) Le demandeur soutient que la cour cantonale a mal appliqué les principes régissant la fixation du montant de la rente d'entretien. En effet, en partant du principe que le demandeur consacrait à son épouse et à ses enfants un tiers de ses revenus mensuels nets, soit 2'866 fr., il fallait déduire de cette somme les revenus acquis par la défenderesse après la séparation (2'300 fr.), dont à soustraire sa part à l'entretien de l'enfant Marie (485 fr.); du solde de 1'051 fr. ainsi obtenu (2'866 fr. - 2'300 fr. + 485 fr.), il fallait déduire 25% pour tenir compte de la faute concurrente de la défenderesse, ce qui ramenait la rente due à 800 fr. par mois. c) Le juge requis d'allouer une indemnité selon l'art. 151 al. 1 CC doit rechercher si et dans quelle mesure la situation économique présente et future de l'époux innocent sera compromise par le divorce; l'art. 151 CC vise en effet à assurer au conjoint innocent la réparation du dommage pécuniaire résultant pour lui du divorce, notamment de la perte du droit à l'entretien (ATF 116 II 101 consid. 5a et les arrêts cités; 108 II 25 consid. 3a p. 29; cf. ATF 117 II 211 consid. 3a). La fixation du montant de l'indemnité relève de l'appréciation du juge, qui applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC) en tenant compte de toutes les circonstances du cas particulier (ATF 116 II 103 consid. 2f). d) Le demandeur prétend partir, pour fixer le montant de la rente due à la défenderesse, de la jurisprudence selon laquelle le mari consacre ordinairement un bon tiers au plus de son gain mensuel à son épouse (ATF 90 II 69 consid. 5 p. 75; 84 II 417). Ce faisant, il oublie que le dommage pécuniaire résultant du divorce comprend également celui lié à la constitution de deux ménages séparés. Disposant après le divorce d'un revenu mensuel net total de 3'500 fr., la défenderesse subit assurément une baisse notable de son train de vie par rapport à celui dont elle jouissait pendant le mariage. En considérant qu'une rente mensuelle de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004 était adaptée au cas d'espèce et tenait déjà compte de la réduction due à la légère responsabilité de la défenderesse, la cour cantonale est ainsi restée tout à fait dans les limites de la liberté d'appréciation que lui confère le droit fédéral.