Citation: 1C_243/2020 E. 6.2

6.2. En l'espèce, la Cour de justice a fait siens les calculs et prévisions effectués par les bureaux d'ingénieurs auteurs du RIE 2013. Elle a rappelé que le rapport avait été approuvé par le Service cantonal de l'environnement et des risques majeurs (SERMA), qui avait recueilli et analysé les préavis des différents services spécialisés de l'Etat concernés. Les mesures de protection prévues par le RIE permettaient de respecter les valeurs fixées par l'OPair tant s'agissant d'émissions de NO2 que de PM10. La recourante conteste cette appréciation et reproche en particulier au RIE d'avril 2013, sur lequel se fonde le plan d'extraction litigieux, de ne pas estimer de façon fiable les émissions de NO2. Elle rappelle qu'entre l'établissement du premier RIE de décembre 2010 et celui d'avril 2013, le projet de plan d'extension a subi une profonde modification, en raison du départ de l'une des entreprises initialement intéressée au projet: alors que l'extraction était à l'origine prévue sur deux fronts, elle ne l'était plus que sur un unique front. La durée d'exploitation était passée de 6-8 ans à 8 ans. L'activité de la gravière demeurerait grosso modo néanmoins la même de sorte qu'on ne voyait pas comment la pollution par NO2 pourrait diminuer de 45 %, pour passer de 3,5 tonnes à 1,9 tonnes par an. En outre, alors que l'annexe 7 à l'OPair fixe à 30 µg/m3 la limite pour le NO2 (moyenne annuelle), la station de mesure de Passeiry, située non loin de l'implantation de la gravière, indiquerait une concentration annuelle moyenne de 14 µg/m3. Or, selon le RIE, la gravière entraînerait un doublement des émissions de NO2 de sorte qu'on ne pourrait, à comprendre la recourante, exclure un dépassement des limites fixées par l'OPair. S'agissant enfin des PM10, aucun élément ne permettrait de conclure que la concentration de 20 µg/m³ (moyenne annuelle) ne serait pas également dépassée, sachant que la station de Passeiry indique une concentration de 14 µg/m³.