Citation: 5A_407/2021 E. 4.1

4.1. Il ressort de l'arrêt cantonal que l'ex-époux est médecin généraliste indépendant à Genève. Jusqu'au mois de juin 2019, il exerçait aussi en qualité de médecin-conseil pour la société E.________. Il a fait valoir que ses revenus avaient diminué depuis ce moment-là en raison de la perte de ce mandat. La Cour de justice a retenu que, s'il n'avait pas prouvé quelle était la part de ses revenus provenant de cette activité, il était néanmoins vraisemblable que la perte de celle-ci avait entraîné une diminution de revenus, comme le montrait la baisse de son chiffre d'affaires en 2019. En outre, le Conseil fédéral avait interdit aux médecins de dispenser toute consultation non urgente du 13 mars au 22 juin 2020. Il était établi à cet égard que les revenus de l'ex-époux avaient diminué de manière très importante dès le mois d'avril 2020. La survenance de faits nouveaux, postérieurs au prononcé des dernières mesures provisionnelles, dans la situation financière de l'ex-époux devait être qualifiée de notable et durable, de sorte que la cour cantonale a examiné s'il se justifiait de modifier, par la voie de mesures provisionnelles, le montant des contributions d'entretien fixé en mesures protectrices de l'union conjugale. Après le mois de juin 2020, l'ex-époux avait pu reprendre son activité professionnelle, mais son chiffre d'affaires peinait à remonter entre mai et septembre 2020, période durant laquelle il avait perçu des honoraires insuffisants pour couvrir ses charges professionnelles et personnelles. Il s'était en outre trouvé en incapacité de travail partielle durant les mois d'octobre à décembre 2020. Il avait cependant admis la possibilité, en l'absence de pandémie, de combler cette perte de gain en augmentant sa patientèle ordinaire dans un délai relativement bref. Il pourrait alors réaliser un revenu identique à celui dont il bénéficiait en 2018. Dès lors, l'autorité cantonale a considéré comme vraisemblable que l'ex-époux n'ait pas été en mesure de se constituer une nouvelle patientèle dans le délai initialement prévu. Elle a jugé qu'il pouvait être estimé que tel serait le cas dès le 1er mai 2021, soit près de deux ans après que E.________ a cessé de lui confier des mandats. Dans l'intervalle, il aurait des revenus insuffisants à couvrir ses propres charges, et ainsi à s'acquitter des contributions d'entretien en faveur de C.________ et de son ex-épouse. Il était en effet établi que son activité avait été déficitaire entre janvier et septembre 2020, de sorte qu'il était probable que tel soit encore le cas pour les mois de novembre et décembre 2020, étant relevé qu'il n'avait pu travailler qu'à 50% entre le 16 octobre et le 19 novembre 2020. Il était ainsi vraisemblable qu'il n'avait pas été en mesure de couvrir ses propres charges, qui ont été arrêtées à 4'500 fr. par mois. Par conséquent, sur mesures provisionnelles, l'ex-époux a été libéré de contribuer à l'entretien de C.________ et de son ex-épouse, à compter du 19 octobre 2020, date de l'introduction de la requête de mesures provisionnelles. En revanche, il a été retenu qu'il serait en mesure de contribuer à l'entretien de ceux-ci dès le 1er mai 2021, date à laquelle il aurait recouvré sa pleine capacité de gain. Après versement de ces contributions d'entretien, il bénéficierait d'un solde de 4'205 fr. (13'000 fr. [revenu] - 1'000 fr. [contribution d'entretien pour C.________] - 3'140 fr. [contribution d'entretien pour son ex-épouse] - 4'655 fr. [charges ex-époux]), lui permettant de couvrir les charges de l'enfant majeure D.________ ainsi que d'éventuels acomptes d'impôts estimés à 2'000 fr. par mois, et de bénéficier encore d'un solde mensuel d'environ 900 fr.