Citation: 4A_8/2023 E. B

Le 10 août 2022, C.________ SA a introduit une action au fond devant la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud, dirigée contre A.________ SA et B.________ SA, aux fins notamment de valider les mesures provisionnelles ordonnées, de faire constater l'utilisation illicite de la marque "[...]" et de l'enseigne "[...]" et d'interdire aux intimées d'en faire usage. Le 19 septembre 2022, A.________ SA et B.________ SA ont sollicité la suspension de la procédure jusqu'à droit connu sur la cause pendante devant la Chambre civile de la Cour de justice genevoise. Par jugement incident du 2 novembre 2022, le Juge délégué de la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté la requête de suspension et fixé un délai échéant le 10 janvier 2023 à A.________ SA et à B.________ SA pour déposer une réponse. En bref, il a relevé que le complexe de faits était certes similaire dans les deux affaires et que les deux procédures portaient notamment sur le point de savoir qui était titulaire de diverses marques enregistrées. Il a cependant constaté que les parties n'étaient pas les mêmes dans les procédures en question. Il n'existait ainsi pas de risque d'aboutir à des jugements contradictoires, même s'il n'était pas exclu que le sort de la procédure genevoise puisse influer sur celui du procès pendant dans le canton de Vaud. Le Juge délégué a également retenu que le litige vaudois s'était noué avant l'introduction de la demande auprès de la Cour de justice genevoise. Il a estimé que D.________, en ouvrant action à Genève, avait agi pour des raisons stratégiques et rouvrait le débat sur les questions tranchées par voie de mesures provisionnelles, alors qu'aucun recours n'avait été interjeté à l'encontre de l'ordonnance de mesures provisionnelles du 6 mai 2022. Il a enfin considéré que la requête de suspension était en l'occurrence incompatible avec le principe de la célérité.