Citation: 6B_1059/2023 E. 4.5

4.5. La cour cantonale a condamné le recourant pour viol (cas 6). Comme les premiers juges, elle a retenu que l'intimée avait dénoncé des relations sexuelles contraintes avec constance et précision, avec des détails sordides qui pouvaient difficilement avoir été inventés, comme le fait que le recourant lui avait dit, à l'une de ces occasions, avoir " l'impression de baiser un cadavre ", que ses déclarations étaient corroborées par les témoignages de sa mère et de H.________ à qui elle s'était confiée à l'époque, ainsi que par les messages échangés entre les parties, dans lesquels le recourant ne démentait pas les graves accusations de l'intimée, que selon son psychiatre, le Prof. G.________, cette dernière n'avait aucune tendance à la manipulation ou à l'affabulation et que le retard à déposer plainte n'avait rien d'inhabituel, la victime de violences dans le couple ayant beaucoup de difficultés à dénoncer les maltraitances subies. En outre, la cour cantonale a précisé que l'ambiguïté de l'intimée vis-à-vis du recourant était tout à fait naturelle. En effet, elle était partagée entre, d'une part, les sentiments qu'elle avait encore pour lui, car leur relation, lorsqu'elle se passait bien au début, avait été très intense, et, d'autre part, le ressentiment et le besoin d'obtenir de lui une reconnaissance de ses torts. Cela expliquait son attitude entre fin 2016 et le dépôt de plainte. Il était aussi parfaitement logique et rassurant que ses déclarations, concernant des faits parfois anciens mais étalés sur plusieurs années, contiennent quelques imprécisions ou contradictions, qui n'entachaient pas l'authenticité des faits dénoncés. Les explications de l'intimée étaient complètes, claires et détaillées. Les émotions décrites ainsi que les paroles rapportées permettaient de considérer ses allégations comme étant particulièrement crédibles. Concernant les témoignages de I.________ et J.________, celles-ci étaient des amies qui s'étaient un peu distancées de l'intimée ensuite de sa relation avec le recourant et des changements que cela avait impliqué dans sa personnalité. L'intimée n'avait pas tenté d'influencer leur témoignage, pas plus que celui de H.________, qui avait expliqué avoir reçu des confidences au sujet des violences sexuelles en 2016, après la rupture, donc bien avant le dépôt de plainte. Il en allait de même de C.B.________, qui les avait reçues entre 2014 et 2016 mais n'avait pas trop écouté car elle était préoccupée par ses propres problèmes de santé. Cela signifiait que ce n'était pas des confidences à visée stratégique. Le contenu de leur témoignage était en substance identique à celui de I.________ et de J.________, et ces témoins ne pouvaient dès lors être soupçonnées de partialité en raison de leurs liens avec l'intimée. C.B.________ n'avait pas menti: elle avait pu ne pas se souvenir de certains éléments. Quant au Prof. G.________, il ne niait pas avoir reçu des confidences au sujet de violences sexuelles, disant simplement qu'il n'en avait pas " vraiment souvenir ". Il fallait comprendre qu'il soignait l'intimée pour son trouble anxieux et qu'il n'avait pas noté tout ce qui relevait du passé pour lui. La cour cantonale a encore souligné qu'il n'était pas rare que la victime d'agressions sexuelles qui se déroulent dans le cadre d'une longue relation affective, fasse durablement preuve d'hésitations avant de dénoncer les faits à la justice pénale. En outre, l'intimée n'avait pas noirci le tableau. Le recourant avait reconnu qu'il arrivait que l'intimée pleure durant leurs relations sexuelles, à cause de précédentes disputes, et qu'elle ne soit pas "participative". La cour cantonale a encore souligné s'agissant de la contrainte, qu'elle était psychologique, résultant d'un conditionnement préalable, le recourant, possessif, contrôlant l'intimée par sa violence physique et psychologique constante.