Citation: 5A_105/2023 E. 4.4

4.4. Hormis la critique d'arbitraire dans l'établissement des faits qui a déjà été traitée ci-avant (cf. supra consid. 3) et sur laquelle il n'y a pas lieu de revenir, la recourante ne s'en prend pas valablement aux autres faits qui ont fondé la décision querellée. Elle ne conteste ainsi pas le trouble dont elle souffre ni qu'elle serait en partie anosognosique à ce sujet. Elle ne revient pas non plus sur le fait que, bien qu'adéquate à certains moments avec l'enfant, tel n'était pas le cas lorsqu'elle était sous l'empire de ses propres angoisses. La Chambre de surveillance a par ailleurs faites siennes les constatations du CAPPI selon lequel le suivi psychiatrique-psychothérapeutique intégré de la recourante poursuivait encore l'établissement d'une alliance thérapeutique, de sorte que son état de santé psychique demeurait extrêmement fragile et n'était pas stabilisé. La recourante ne s'en prend pas à ces constatations. Elle ne soulève pas davantage de grief d'arbitraire dans l'établissement des faits en tant que la Chambre de surveillance a repris les constatations des expertes selon lesquelles même l'exercice du droit de visite de la recourante sur sa fille ne pouvait se dérouler sans la présence d'un tiers, compte tenu des phases de décompensation qu'elle pouvait connaître. Or on peine à imaginer que la recourante puisse être mise au bénéfice de la garde sur sa fille s'il ressort des faits - non contestés sur ce point par la recourante - que déjà l'exercice du droit de visite hors présence d'un tiers peut s'avérer problématique pour l'enfant. En tant qu'elle soutient que son état de santé se serait amélioré depuis la prise de son nouveau logement, ce qui n'est pas contesté (cf. supra consid. 3), la recourante ne fait pas valoir et a fortiori ne démontre pas que son état de santé psychique serait à présent suffisamment stabilisé pour éviter les phases de décompensation craintes par les expertes et qui représentent un danger pour l'enfant. Il suit de ce qui précède, que les critiques de la recourante ne permettent pas d'affirmer que la cour cantonale aurait abusé du large pouvoir d'appréciation dont elle dispose dans ce domaine en considérant - au regard de constatations de fait qui n'ont pas été valablement remises en cause - que le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant et son placement, à l'aune des principes rappelés ci-dessus (cf. supra consid. 4.2), compromettrait son développement. Quant au respect des principes de proportionnalité et de subsidiarité, la recourante reproche à l'autorité de protection de ne pas avoir évalué si la mise en place de mesures moins incisives que le placement en foyer pouvaient être ordonnées, notamment par le biais de plusieurs mesures combinées entre elles. Dès lors que la recourante se réfère au placement en foyer, on comprend que sa critique est dirigée contre la procédure de mesures provisionnelles qui a donné lieu à l'origine au placement de l'enfant et non à la présente procédure dont l'issue a été le placement de l'enfant en famille d'accueil. En conséquence, sa critique n'est pas dirigée contre la motivation de la Chambre de surveillance, ce qui devrait en principe conduire à son irrecevabilité. Cela étant, on comprend du grief de la recourante qu'elle se plaint du fait que les principes de proportionnalité et de subsidiarité n'ont d'emblée pas été respectés. Elle ne développe toutefois pas plus avant sa critique puisqu'elle n'expose pas quelles seraient selon elle les mesures combinées qui auraient pu être ordonnées pour garantir la sécurité de l'enfant si la garde lui avait été attribuée. Certes, l'autorité cantonale ne motive pas clairement si d'autres mesures de protection ont été envisagées avant d'ordonner le placement, qui doit demeurer l' ultima ratio, ni pour quel motif de telles mesures devaient être exclues en l'espèce. Cela étant, d'une part, la recourante ne soulève pas de grief de violation de son droit d'être entendue sur ce point (art. 29 al. 2 Cst.), sous l'aspect du droit à une décision motivée. D'autre part, comme déjà évoqué, dans la mesure où la Chambre de surveillance a fait siennes les constatations des expertes selon lesquelles même l'exercice du droit de visite de la recourante sur sa fille ne pouvait se dérouler sans la présence d'un tiers et que cet élément n'a pas été valablement remis en cause par la recourante, cela suffit à démontrer qu'aucune mesure moins incisive que le placement ne permettait une protection suffisante de l'enfant en l'espèce. Dès lors, la motivation de la Chambre de surveillance apparaît suffisante pour comprendre pour quels motifs d'autres mesures de protection n'ont pas été envisagées. La recourante soulève encore un grief de violation de l'art. 28 al. 2 LEJ/GE qui impose également le respect du principe de subsidiarité, sans même se plaindre d'une violation de l'art. 9 Cst. (cf. supra consid. 2.1). Dans la mesure où elle ne fait pas valoir que cette disposition cantonale lui offrirait une protection plus étendue que l'art. 310 CC, il n'y a pas lieu de se pencher plus avant sur cette critique. Enfin, le choix de placer l'enfant en famille d'accueil plutôt qu'en foyer a été motivé en détail par la Chambre de surveillance. Le seul risque évoqué par la recourante que l'art. 310 al. 3 CC s'applique ne suffit pour considérer que dite autorité aurait violé les principes de proportionnalité et de subsidiarité en privilégiant cette mesure. Autant que recevable, la critique apparaît infondée.