Citation: 1C_206/2021 E. 3.3

3.3. En l'occurrence, le Tribunal administratif fédéral a retenu que le SEM avait démontré au niveau de la vraisemblance prépondérante, que la communauté conjugale formée par le recourant et son épouse ne revêtait ni la stabilité, ni l'intensité requises durant la procédure de naturalisation, l'union formée par ceux-ci ne correspondant déjà plus à celle jugée digne de protection par le législateur au moment de la signature de la déclaration de la vie commune et lors de la décision de naturalisation. Il est arrivé à la conclusion que le recourant avait obtenu la naturalisation facilitée sur la base de déclarations mensongères ou d'une dissimulation de faits essentiels. Le Tribunal administratif fédéral s'est fondé en particulier sur les moyens de preuve déposés en cause, en particulier le message anonyme dénonçant la double vie du recourant, les énoncés de la requête en divorce déposée par l'épouse, le procès-verbal de constatation du 31 octobre 2018 d'un huissier de justice attestant des éléments figurant sur la page Facebook de E.________, à savoir que cette dernière se fait appeler "épouse A.________" et y figure dans l'uniforme des festivités s'apparentant à un mariage coutumier, qu'elle porte un enfant visiblement nouveau-né alors que le recourant et un autre enfant figurent sur la photo. Le Tribunal administratif fédéral souligne également que la conception du premier enfant né hors mariage est intervenue 4 mois environ après l'octroi de la naturalisation facilitée, que le recourant a admis avoir entretenu une relation extra-conjugale tout en qualifiant la première naissance comme le fruit d'une aventure alors que cette relation s'est consolidée par la venue d'un second enfant, que si la différence d'âge entre les époux n'est pas en soi de nature à exclure une relation maritale il n'en reste pas moins vrai que le recourant a conçu un enfant avec une ressortissante ivoirienne 17 ans plus jeune que lui. La juridiction précédente souligne également que les déclarations du recourant au SEM relatives à l'absence de descendance commune laissent transparaître une déception et que l'incompréhension du recourant face à la demande de divorce déposée par son épouse, alors qu'il a affirmé vouloir poursuivre son mariage formel, démontre une conception du mariage incompatible avec celle du droit suisse.