Citation: 6B_1183/2023 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a considéré que l'acte d'accusation contenait tous les éléments objectifs et subjectifs de l'infraction à l'art. 90 al. 3 LCR. Il faisait état de la consommation de cannabis du recourant, de la course poursuite qui s'était engagée entre le motard et le recourant, après que ce dernier lui eut coupé la route, d'un important excès de vitesse, sans que la vitesse eut pu être déterminée, et, enfin, du grave accident qui s'était produit au terme de cette course poursuite par la perte de maîtrise de son véhicule par le recourant. Dans un moyen qui frisait la témérité, le recourant soutenait que ces circonstances ne consacraient pas un grand risque d'accident pouvant entraîner de graves blessures ou la mort. Il feignait ainsi d'ignorer que sa passagère et le motard avaient été mis concrètement en danger par son comportement routier et que lui-même avait été blessé ce qui démontrait la gravité de l'accident. En effet, il avait circulé à vive allure à une très courte distance de la moto - moins de cinq mètres selon l'analyse des images de vidéosurveillance par la gendarmerie -, après lui avoir coupé la route, en se livrant à une course qui s'était terminée par une violente embardée contre un mur et avec les conséquences d'un grave accident. Au vu de ces éléments, nul n'était besoin de déterminer si les conditions de l'art. 90 al. 4 LCR étaient ou non remplies, le comportement du recourant ayant été manifestement de nature à entraîner de graves blessures ou la mort, ne serait-ce que de sa passagère ou du motard, sans qu'il fût nécessaire d'examiner la probabilité de la survenance d'un piéton ou d'un autre véhicule, étant à cet égard relevé que le chauffard avait traversé de façon rectiligne la voie de circulation inverse, avant de finir son embardée dans le mur d'un immeuble. Subjectivement, le recourant ne pouvait qu'avoir eu conscience des énormes risques encourus.