Citation: 6B_319/2010 09.07.2010 E. 2

Dénonçant la violation de son droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), le recourant se plaint de ne pas avoir pu accéder à la procédure dirigée contre les cinq trafiquants (cf. consid. A ci-dessus), alors que l'ordonnance attaquée se réfère précisément aux pièces de cette procédure, en particulier au jugement du Tribunal de police du 24 septembre 2009, au procès-verbal et à l'arrêt de la Chambre pénale. 2.1 Le droit d'être entendu comprend le droit pour l'intéressé de prendre connaissance du dossier (ATF 126 I 7 consid. 2b p. 10). Ce droit n'est pas absolu et peut être limité pour la sauvegarde d'un intérêt public prépondérant, dans l'intérêt d'un particulier, voire même dans l'intérêt du requérant lui-même (ATF 122 I 153 consid. 6a p. 161 et les arrêts cités). L'accès au dossier peut être exercé non seulement dans la procédure proprement dite, mais aussi indépendamment, par exemple pour consulter un dossier archivé. Dans ce dernier cas, le requérant doit faire valoir un intérêt digne de protection. Ce droit peut, lui aussi, être restreint ou supprimé dans la mesure où l'intérêt public, ou l'intérêt de tiers, exigent que tout ou partie des documents soient tenus secrets. Conformément au principe de la proportionnalité, l'autorité doit autoriser l'accès aux pièces dont la consultation ne compromet pas les intérêts en cause (ATF 126 I 7 consid. 2b p. 10). Le Tribunal fédéral n'examine la violation des droits constitutionnels que si ce grief a été invoqué et motivé par le recourant (art. 106 al. 2 LTF). 2.2 En l'espèce, le procureur général genevois a classé la procédure concernant le recourant et donc disjoint sa cause de celles des autres inculpés (A.________, B.________, C.________, D.________ et E.________). Dès lors, les pièces, que le recourant se plaint de ne pas avoir pu consulter, concernent une procédure pénale, à laquelle il n'était pas partie. L'accès à ces pièces suppose donc un intérêt digne de protection. Or, le recourant ne démontre pas qu'il avait un quelconque intérêt à consulter les pièces en question. Certes, il cite un passage de l'arrêt attaqué, qui fait référence à la procédure concernant les cinq trafiquants. Ce passage permet de resituer les faits qui sont reprochés au recourant dans leur contexte et de mieux comprendre le rôle qu'il a joué. Il ne fonde pas l'existence des "sérieux indices" de culpabilité à l'encontre du recourant. En particulier, aucun des cinq trafiquants ne l'a mis en cause. Dans ces conditions, la cour de céans ne voit pas en quoi ces pièces auraient été d'un intérêt pour le recourant et auraient dû lui être communiquées. Dans la mesure où il est recevable (art. 106 al. 2 LTF), le grief doit être rejeté.