Citation: 7B_609/2023 E. 2.4.2

2.4.2. La cour cantonale a retenu que le recourant présentait un risque de récidive. Elle n'a toutefois pas réellement qualifié l'intensité de ce risque ou ne l'a, le cas échéant, pas qualifié de manière claire dans le cadre de sa motivation. On déduit toutefois de ses considérants qu'elle apparaît évaluer celui-ci à tout le moins comme étant sérieux au sens de la jurisprudence, dans la mesure où elle considère que la réintégration est la seule option envisageable. A cet égard, l'autorité cantonale a premièrement retenu que le recourant avait déjà été lourdement condamné à plusieurs reprises et que son parcours judiciaire montrait une gradation importante. Sur ce point, on relève, comme cela ressort de l'état de fait cantonal, que le recourant a déjà été condamné à quatre reprises à des peines privatives de liberté importantes, fermes la plupart du temps, pour des infractions graves, la dernière fois à une peine privative de liberté de 5 ans pour brigandage et prise d'otage. Deuxièmement, la cour cantonale a relevé que le recourant faisait l'objet de deux nouvelles procédures pénales, dont une en particulier pour des faits de violence. Or, celles-ci ont été ouvertes durant le délai d'épreuve assortissant sa libération conditionnelle et alors même qu'il était au bénéfice d'un traitement ambulatoire et d'un suivi probatoire, ainsi que de règles de conduite, mesures expressément mises en place dans le but de contenir le risque de récidive. S'il est peut-être vrai que les nouvelles infractions pourraient s'avérer moins graves que celles pour lesquelles il a été condamné par le passé, il n'en demeure pas moins que le recourant occupe à nouveau la justice, de surcroît pour des actes portant atteinte à l'intégrité corporelle de tiers. Pour le surplus, s'il ne s'agit certes que d'enquêtes en cours et le recourant doit bénéficier de la présomption d'innocence, l'ouverture de deux procédures contre la même personne en seulement quelques mois constitue un sérieux indice de récidive. Ainsi, c'est à juste titre que l'autorité cantonale a tenu compte de l'ouverture de ces deux nouvelles procédures pénales. Cela permet en outre de constater que les objectifs visés par les mesures accompagnant la libération conditionnelle, dont la réduction du risque de récidive, n'ont pas été atteints. Troisièmement, la cour cantonale a indiqué que le comportement du recourant, à savoir son départ de Suisse et, partant, son insoumission à son traitement ambulatoire et à son suivi probatoire, dénotait un refus de sa part de se soumettre aux mesures d'encadrement ordonnées, ainsi qu'une "absence de prise de conscience de la nécessité de respecter un cadre". Cette appréciation est conforme aux éléments au dossier. Dans le cadre de son expertise du 20 avril 2018, l'expert avait en effet préconisé la mise en oeuvre des mesures précitées afin de diminuer le risque de récidive que présentait le recourant, de sorte qu'en se soustrayant à celles-ci, le recourant a démontré qu'il n'avait pas réellement compris qu'il lui était nécessaire d'être encadré afin d'éviter de retomber dans la délinquance. Quatrièmement, l'autorité cantonale s'est référée à l'expertise précitée et a retenu que le risque de récidive n'était pas négligeable. Dans son expertise, l'expert a indiqué que le recourant présentait un risque moyen de récidive "violente" et que celui-ci ne serait pas négligeable si l'intéressé se trouvait confronté aux facteurs environnementaux qui lui avaient été préjudiciables par le passé, comme notamment l'isolement, l'influence du groupe et la consommation de toxiques. Dans ce contexte, on doit admettre qu'un risque évalué comme non négligeable par l'expert constitue en réalité un risque important ou, en d'autres termes, sérieux de récidive, l'expert qualifiant en effet déjà ce risque comme étant moyen sans la réalisation des circonstances aggravantes précitées. En outre, dans le cas d'espèce, le recourant a à nouveau été confronté à des facteurs environnementaux néfastes, puisqu'il a lui-même indiqué qu'il avait des fréquentations malsaines et qu'il n'a pas, à tout le moins dans un premier temps, interrompu sa consommation d'alcool et de cannabis.