Citation: 1B_261/2020 E. 1

Le refus de désigner un défenseur d'office à la recourante se fonde ainsi sur une pluralité de motivations, à savoir l'absence d'indigence dûment établie ainsi que l'absence de difficultés et de gravité de la cause, qu'il appartenait à l'intéressée de contester dans les formes requises. Pour autant qu'on la comprenne, la recourante conteste que la somme de 14'671,45 francs issue de la vente des lots de propriété par étages soit librement disponible et fait valoir l'existence de poursuites pour démontrer son indigence. On peut ainsi admettre qu'elle s'en prend ainsi à la motivation retenue dans l'arrêt attaqué pour considérer qu'elle n'est pas sans ressources. En revanche, elle ne cherche pas à démontrer en quoi l'argumentation retenue pour conclure que la cause ne présentait pas de difficultés insurmontables sous l'angle des faits et du droit et qu'elle n'est pas exposée à une peine approchant de celle prévue à l'art. 132 al. 3 CPP pour considérer le cas comme étant de peu de gravité serait insoutenable ou d'une autre manière contraire au droit. Le recours ne répond donc pas aux exigences de motivation requise lorsque la décision attaquée repose sur plusieurs motifs. On observera au demeurant que, contrairement à ce que soutient la recourante, le prévenu n'a pas un droit inconditionnel à l'octroi d'un défenseur d'office en procédure pénale. Il ne suffit en particulier pas qu'il soit indigent; il faut en outre que les intérêts de la justice l'exigent (art. 6 par. 3 let. c CEDH) respectivement que la sauvegarde de ses droits le requiert (art. 29 al. 3 Cst. et 132 CPP). Pour apprécier ceux-ci, il convient de tenir compte des facteurs tels que la gravité de l'infraction imputée au requérant, la sévérité de la sanction dont il risque de se voir frapper, ses aptitudes personnelles et la nature de la procédure, c'est-à-dire la complexité ou l'importance des questions soulevées et l'enjeu de la procédure pour le requérant (ATF 143 I 164 consid. 3.2 p. 171 et les références citées aux arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme), conditions que la Chambre des recours pénale a considéré comme non réalisées sur la base d'une motivation qui n'est pas contestée. La recourante critique aussi en vain le fait de ne pas avoir pu se défendre devant l'autorité de recours. Elle perd de vue que la procédure de recours est en principe écrite et que l'autorité de recours ne procède à un échange d'écritures que si le recours n'est pas manifestement irrecevable ou mal fondé (art. 390 CPP). Elle ne développe aucune argumentation qui permettrait de déroger à cette règle. Enfin, le grief tiré d'une inégalité de traitement avec son mari, qui bénéficierait de l'assistance d'un avocat d'office, suppose que ce dernier soit poursuivi pour des infractions identiques et qu'il soit exposé à une peine comparable, ce que la recourante ne tente pas de démontrer.