Citation: 4C.128/2004 10.06.2004 E. 3.1

3.1.1 Il y a inadvertance au sens de l'art. 63 al. 2 OJ lorsque l'autorité cantonale a ignoré, mal lu, transcrit inexactement ou incomplètement une pièce versée au dossier (ATF 130 III 45 consid. 1 et les arrêts cités). Il n'y a toutefois pas inadvertance lorsque la constatation résulte d'une appréciation des preuves. Celui qui invoque une inadvertance, au sens de l'art. 63 al. 2 OJ, doit, dans son acte de recours, indiquer la constatation incriminée et la pièce du dossier qui la contredit (art. 55 al. 1 let. d OJ; ATF 130 III 45 consid. 1). L'inadvertance doit porter sur un fait pertinent (arrêt 4C.42/2000 du 18 juillet 2000, consid. 1d). 3.1.2 L'art. 64 OJ est conçu pour l'hypothèse où, généralement en raison d'une analyse juridique erronée, la cour cantonale n'a pas tenu compte de certains faits parce qu'elle n'en a pas saisi la pertinence; dans ce cas, plutôt que de renvoyer l'affaire à l'autorité cantonale (art. 64 al. 1 OJ), le Tribunal fédéral peut lui-même compléter l'état de fait (art. 64 al. 2 OJ), pour autant qu'il s'agisse d'ajouter des points accessoires, régulièrement allégués et clairement établis (arrêt 4C.152/2002 du 22 juillet 2002, consid. 1.3.3; Poudret, COJ II, n. 3.2 ad art. 64 OJ; Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral, in: SJ 2000 II p. 68). 3.2 La demanderesse fait valoir que l'autorité cantonale aurait omis de tenir compte de la pièce 56, qui contiendrait son nouveau cahier des charges, signé avant l'avenant à son contrat de travail de 2001. Cela démontrerait que sa reclassification en 2001 correspondait à une promotion et non à une simple anticipation de la décision du Conseil d'Etat. Cette omission devrait être rectifiée en application des "art. 63 al. 2 et/ou 64 OJ". La pièce 56 contient un descriptif des charges de la demanderesse. Elle a été établie le 19 novembre 1999, soit en même temps que le contrat de travail. Ainsi, même s'il fallait admettre que l'autorité cantonale a omis de tenir compte de cette pièce, l'on voit mal comment celle-ci pourrait attester d'une modification du cahier des charges initial. Comme le point ne pourrait influer sur l'issue du litige, il n'y a, partant, de toute manière pas lieu à rectification. 3.3 La demanderesse soutient par ailleurs que les témoignages de B.________ et C.________ attestant du fait qu'elle accomplit le même travail et assume les mêmes responsabilités que cette dernière, auraient été retranscrits de manière incomplète; il conviendrait de compléter l'état de fait en tenant compte de ces dépositions. La demanderesse semble en tirer la conclusion que l'avenant à son contrat de travail en 2001 devrait être considéré comme une promotion et qu'elle remplirait de toute manière les conditions pour bénéficier du salaire d'une première infirmière. En réalité, la demanderesse cherche à ajouter les éléments de preuve, qui militent en faveur de sa thèse, de manière à inviter le Tribunal fédéral à revoir les conclusions de la cour cantonale sur les motifs ayant conduit la défenderesse à modifier son contrat de travail en 2001 et en 2002 et sur ce dont elle avait conscience lorsque ces modifications sont intervenues. Cette démarche est étrangère au recours en réforme, qui - comme on l'a vu - n'est pas ouvert pour se plaindre de l'appréciation des preuves et des constatations de fait qui en découlent. Il n'y a donc lieu ni de rectifier ni de compléter l'état de fait.