Citation: 4A_336/2012 E. 7

A titre subsidiaire, il est fait grief aux autorités précédentes de n'avoir pas opéré une réduction des dommages-intérêts plus importante à raison de la faute concomitante du demandeur. La réduction d'un tiers effectivement opérée est tenue pour insuffisante; il aurait censément fallu appliquer un taux plus élevé qui est laissé à l'appréciation du Tribunal fédéral. Les effets d'une faute concomitante du lésé sont eux aussi régis par l'art. 44 al. 1 CO (Werro, op. cit., n° 12 ad art. 44 CO) : la faute peut entraîner la réduction ou le refus des dommages-intérêts. Selon l'argumentation présentée, le 17 novembre 1988 qui est le jour de la vente de l'immeuble, A.________ avait épuisé ou s'apprêtait à épuiser totalement le compte de construction ouvert auprès de la Banque N.________; le demandeur le savait mais il l'a tu à Me H.X.________. Si celui-ci en avait au contraire été informé, il aurait mis le demandeur en garde ou pris d'autres dispositions propres à le garantir de la perte ensuite survenue. Le silence du demandeur est une faute concomitante que la Chambre des recours a omis de prendre en considération sans indiquer aucun motif. Il n'est pas d'emblée évident que Me H.X.________ eût agi différemment s'il avait su que la dette garantie par les cédules hypothécaires correspondait à la totalité plutôt qu'à une partie seulement du crédit ouvert par la banque. La Chambre des recours a certes admis ce fait hypothétique, toutefois sans apporter aucune explication. Le mémoire soumis au Tribunal fédéral ne contient également que de simples affirmations. Dans ces conditions, le silence prétendument fautif du demandeur n'est pas invoqué d'une manière suffisamment développée aux regard des exigences relatives à la motivation du grief d'arbitraire. La succession voit encore deux autres fautes concomitantes que la Chambre des recours n'a pas prises en considération. D'une part, durant près de dix ans, le demandeur n'a entrepris aucune démarche efficace afin de se faire rembourser par A.________; d'autre part, durant le même laps, il n'a jamais informé Me H.X.________ qu'il se tenait pour créancier de celle-ci et qu'il envisageait de se retourner contre lui s'il ne parvenait pas à se faire rembourser. Il n'est pas précisé, dans cette argumentation, de quelle manière Me H.X.________ aurait censément pu remédier aux conséquences de sa négligence lors du remboursement du compte de construction. Il y est seulement suggéré que le notaire aurait pu encourager le demandeur à agir contre A.________. Dans la mesure où le moyen tiré de ces fautes concomitantes est suffisamment motivé, il se confond donc avec celui déjà discuté ci-dessus, tiré d'une violation du devoir de réduire le dommage. La succession échoue donc aussi à mettre en évidence une sous-estimation flagrante de la réduction des dommages-intérêts à appliquer par suite de la faute concomitante du demandeur. Par ailleurs, contrairement aux protestations élevées devant le Tribunal fédéral, il n'apparaît pas que les constatations de fait ou que la motivation de la décision attaquée soient lacunaires sur des points importants.