Citation: 5A_772/2022 E. 1.3

1.3. Se référant notamment à l'arrêt publié aux ATF 138 IV 258 consid. 1.1, l'intéressée estime qu'il y aurait lieu d'entrer en matière sur le présent recours sans examen de la question de l'existence d'un éventuel préjudice irréparable. Ce faisant, elle perd de vue que la cour cantonale n'a pas nié l'existence même d'un droit de recours. Elle a seulement retenu que le recours supposait que la recourante soit exposée à un préjudice difficilement réparable au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC. La recourante ne saurait dès lors se plaindre d'un déni de justice au sens de l'art. 29 al. 1 Cst., qui sanctionne un refus de l'autorité de statuer ou un retard injustifié à le faire. Il n'y a donc pas lieu de renoncer à l'exigence d'un préjudice irréparable. Cela étant, la recourante expose "pour autant que de besoin" les raisons pour lesquelles elle considère que cette condition est en l'occurrence remplie. Elle allègue ainsi qu'elle ne dispose pas des ressources financières suffisantes pour faire valoir ses droits relatifs à la question de la liquidation du régime matrimonial portant sur l'immeuble sis en Sardaigne. Une procédure en Italie lui occasionnerait des frais supplémentaires importants, notamment des frais de justice, de transport, de logement et de déplacement, ainsi que des frais d'avocats locaux. Dès lors qu'elle ne parle pas l'italien, elle devrait encore mandater un interprète, coût non négligeable qui n'existerait pas si la disjonction était refusée et l'intégralité du régime matrimonial liquidé par le Tribunal d'arrondissement de Lausanne. N'ayant pas les moyens de faire valoir ses droits en lien avec la question renvoyée à faire trancher ad separatum, elle n'aurait aucun moyen de récupérer l'équivalent de sa part de copropriété ou à tout le moins les investissements réalisés dans ce bien immobilier. La recourante ajoute qu'en cas de disjonction de la procédure, le droit à un procès équitable (art. 29 Cst.) et le principe d'égalité de traitement (art. 8 Cst.) ne seraient pas garantis. Elle répète à cet égard que, contrairement à son époux, elle ne parle pas l'italien. Elle allègue en outre que son mari bénéficierait de nombreux contacts, amis et membres de sa famille au lieu de situation de l'immeuble, en Sardaigne. En cas d'ouverture d'une procédure séparée traitant de la question de la liquidation du régime matrimonial portant sur l'immeuble sis en Sardaigne, elle se retrouverait ainsi largement désavantagée par rapport à son époux. Une décision finale, même en sa faveur, ne ferait, selon elle, pas disparaître complètement dite atteinte. Enfin, la recourante considère que le "préjudice difficilement réparable" (sic) est d'autant plus important que la procédure de divorce est ouverte depuis bientôt trois ans, que des mesures d'instruction ont d'ores et déjà été requises et qu'elle a pris des dispositions relativement à la liquidation du régime matrimonial des parties.