Citation: 6S.556/2000 19.06.2001 E. A

A.- Le 6 septembre 1999, X.________ a répondu à une annonce parue dans le journal "Le Matin", libellée en ces termes: "Vraie rousse venant de sa campagne bretonne profonde, au pair pour 2 mois dans la région lémanique. Me sens seule ... Peux me déplacer rapidement", suivis d'un numéro de téléphone, d'un numéro de fax et du prix de la communication, soit 2,50 fr. la minute. Il a appelé à plusieurs reprises au numéro de téléphone indiqué entre 13.45 heures et 20.15 heures, au total pendant 90 minutes. Le 7 septembre 1999, X.________ a déposé plainte pénale pour escroquerie. Il a exposé avoir eu plusieurs hôtesses en ligne, notamment une certaine W.________, qui lui aurait dit être d'accord de le rencontrer parce qu'elle se sentait seule, mais qu'il devait lui-même organiser le rendez-vous avec une hôtesse. D'appels en appels, il s'est vu fixer des rendez-vous à Ouchy, où il s'est rendu, mais W.________ n'est pas venue et une hôtesse lui a alors indiqué être prête à venir elle-même lui présenter ses excuses. Il s'estimait victime de personnes mal intentionnées, qui n'avaient pour but que de le tromper et de le "tenir au téléphone". Dans un premier temps, les autorités vaudoises saisies de la plainte classèrent le dossier. Ce classement a toutefois été annulé le 1er octobre 1999 par le Tribunal d'accusation vaudois, qui a considéré qu'il y avait lieu de poursuivre l'enquête afin de déterminer s'il y avait eu tromperie astucieuse, notamment du fait que l'hôtesse avait affirmé pouvoir organiser un rendez-vous alors que tel n'était pas le cas. Suite à cette décision, le juge d'instruction vaudois a entendu X.________. Ce dernier a expliqué que, le 6 septembre 1999, il avait appelé le numéro indiqué dans l'annonce alors qu'il se trouvait à son travail et s'ennuyait un peu; la première personne qui avait répondu lui avait dit qu'il s'agissait d'un réseau de rencontres; il avait "senti l'arnaque", mais voulait voir si cela allait se concrétiser; à ce moment, la somme qu'il dépensait lui importait peu; il avait toutefois été "pris au jeu", car ses interlocutrices savaient comment s'y prendre pour le maintenir en ligne. Par la suite, les autorités vaudoises se sont dessaisies de l'affaire, la personne mise en cause, soit Y.________, ayant son domicile à Genève. Le 27 mars 2000, Y.________ a été entendu par le Parquet genevois. Il a exposé que sa société louait et exploitait une cinquantaine de lignes téléphoniques à caractère rose, pour des rencontres ou de la voyance; les interlocutrices se trouvaient en France frontalière; la fille au pseudonyme de W.________ travaillait pour une société française, Z.________ Sàrl, qu'elle avait toutefois quittée depuis lors; X.________ avait tenu à cette personne des propos scatologiques, ce qui était interdit par le contrat; la fille avait même pensé qu'il s'agissait d'une personne qui voulait surveiller ses activités et en avait informé son employeur. Y.________ a dit que, pour le surplus, il n'était pas au courant de ce qui avait été convenu entre W.________ et le client. Il a précisé que, depuis lors, le libellé des annonces avait été modifié et indiquait désormais "rencontres possibles".