Citation: I 210/06 19.10.2006 E. A

F.________, née en 1959, travaillait à mi-temps comme femme de ménage et se consacrait à l'entretien de son foyer pour le surplus. En arrêt maladie depuis le 18 janvier 1998, elle n'a plus repris d'activité lucrative et a requis des prestations de l'assurance-invalidité le 23 novembre suivant. L'Office cantonal genevois de l'assurance-invalidité (ci-après: l'Office AI) s'est procuré une copie du dossier de l'assureur-maladie: les médecins traitants faisaient état d'une protrusion en L5-S1, d'une discopathie en L3-L4, de lombo-sciatalgies, d'une gastrite, d'obésité et d'un état anxio-dépressif (rapports des docteurs G.________ et S.________ des 16 mars, 26 juin et 3 décembre 1998); les experts mentionnaient une décompensation sous forme de syndrome douloureux chronique due à la difficulté de l'activité, au manque d'intégration et à l'ignorance de la langue; leur pronostic quant à la reprise d'un travail était défavorable (rapports des docteurs C.________, chirurgien, et A.________, interniste, des 25 mai et 2 octobre 1998). L'Office AI a également recueilli l'avis des praticiens qui se sont exprimés ultérieurement. Le docteur G.________ a précisé son rapport; il notait l'importance relative des affections diagnostiquées, ainsi que l'existence d'un adénome thyroïdien, d'un colon spastique et d'une stéatose hépatique (rapport du 6 février 1999). Le docteur S.________ a admis la présence d'un syndrome douloureux et a décrit la symptomatologie dépressive (insomnie, irritabilité, etc.), ainsi que les limitations rencontrées par l'assurée; il se prononçait pour une incapacité totale de travail (rapports des 15 mars et 7 décembre 1999). Le docteur M.________, médecin traitant, n'a retenu aucune affection nouvelle; il estimait que l'intéressée était apte à travailler à mi-temps dans une activité ne nécessitant pas le port de charge ou la station debout (rapports des 19 avril 2000 et 4 avril 2002). L'administration a encore procédé à une enquête économique sur le ménage qui exposait la situation familiale et financière de F.________, ainsi que les empêchements rencontrés dans l'accomplissement de ses tâches habituelles, sans en tirer de conclusions chiffrées (rapport du 24 octobre 2000). Enfin, la situation étant confuse (rapports des docteurs L.________ et E.________, médecins-conseil, ainsi que U.________, service médical de l'AI pour la région lémanique, des 16 et 24 avril, 18 juillet 2002), l'administration a mis en oeuvre une expertise bidisciplinaire. Les docteurs P.________, rhumatologue et interniste, et B.________, psychiatre, ont diagnostiqué des lombalgies chroniques communes, une obésité morbide, un adénome thyroïdien et une stéatose hépatique; l'examen psychiatrique n'a pas montré de dépression majeure, ni de décompensation psychotique, de trouble phobique ou de la personnalité morbide, ni de limitations fonctionnelles afférentes; le trouble douloureux assurait une aide et une sollicitude accrues de l'entourage, mais ne revêtait pas le caractère d'une comorbidité psychiatrique; la capacité de travail était théoriquement complète dans une activité sédentaire n'exigeant pas le déplacement ou le port de charges supérieures à 8 kg, ni le travail à genoux ou en antéflexion et en porte-à-faux statique du tronc; aucune mesure médico-chirurgicale ne pouvait améliorer la capacité de travail et un reclassement professionnel semblait difficile à envisager, compte tenu de l'absence totale de qualification, de la méconnaissance de la langue française et de l'analphabétisme de l'assurée; l'incapacité de travail était totale dans l'ancienne profession (rapport du 19 mai 2003) Le docteur L.________ ne retenait aucun empêchement notable dans l'accomplissement des activités ménagères et estimait l'incapacité s'y rapportant à 15 ou 20 % (avis du 23 janvier 2004). Par décision du 29 janvier 2004 confirmée sur opposition le 6 avril suivant, l'Office AI a rejeté la demande de l'intéressée, considérant que celle-ci était apte à travailler à 100 % dans une activité simple et légère et que les empêchements rencontrés dans l'accomplissement des tâches ménagères n'engendraient qu'un taux d'invalidité de 8 %. A l'appui de son opposition, F.________ avait déposé de nombreux rapports médicaux figurant déjà au dossier pour la plupart et dont les diagnostics et conclusions étaient déjà connus pour les autres (rapports des docteurs Q.________, G.________ et I.________, radiologues, ainsi que D.________ et T.________, division de rhumatologie de l'Hôpital X.________, des 11 octobre 1994, 8 mars 1995, 10 juin 1998 et 8 août 2000).