Citation: 5A_547/2024 E. 5.2

5.2. En l'espèce, l'autorité cantonale a constaté que seul le montant perçu de l'activité indépendante du recourant était contesté. Lors de son audition par l'Office le 11 juillet 2023, celui-ci avait déclaré qu'il exerçait une activité indépendante dans le domaine de la mécanique. Il avait indiqué qu'il ne tenait pas de comptabilité mais que ses revenus oscillaient entre 1'500 fr. et 2000 fr. par mois en précisant que les montants facturés étaient versés sur ses comptes bancaires mais également en espèces. L'examen des comptes bancaires du recourant - produits par la Banque B.________ (B.________) et la Banque C.________ à la demande de l'Office - avait révélé que les rentrées mensuelles moyennes liées à son activité indépendante s'étaient élevées à 2'897 fr. 16 (pour la période d'octobre 2022 à septembre 2023 sur le compte C.________) et à 2'854 fr. 84 (pour la période de novembre 2022 à octobre 2023 sur le compte B.________), soit à un total moyen de 5'752 fr. par mois. L'Office avait ensuite amputé cette somme d'un montant forfaitaire de 30 % à titre de charges professionnelles ce qui l'avait conduit à un revenu de 4'026 fr. 41 (5'752 fr. - 1'725 fr. 60), auquel il avait encore déduit la somme de 1'292 fr. 50 à titre de loyer professionnel. Le revenu mensuel net issu de l'activité indépendante du recourant avait ainsi été arrêté à 2'733 fr. 90 en moyenne, abstraction faite des versements effectués en espèces. L'autorité cantonale a ensuite exposé que le recourant contestait la réduction de 30 % opérée à titre de frais professionnels. À cet égard, il y avait d'abord lieu de constater que dans la mesure où il admettait qu'il ne s'acquittait concrètement d'aucun loyer pour les locaux qu'il utilise professionnellement, la réduction opérée pour les frais professionnels du recourant s'élevait en réalité à environ 52 % (1'725 fr. 60 + 1'292 fr. 50 = 3'018 fr. 10 soit 52.47 % de 5'752 fr.). Le recourant se bornait par ailleurs à présenter des calculs de marge théoriques sans toutefois rendre vraisemblable que la déduction opérée serait en l'occurrence insuffisante. Il aurait toutefois aisément pu le faire en produisant les factures des matériaux achetés dans le cadre de son activité ou en pointant les dépenses consenties à ce titre sur ses relevés bancaires. Or, et contrairement à ce qu'il semblait croire, il lui appartenait pourtant de collaborer en fournissant tous les documents nécessaires s'il entendait contester la déduction opérée par l'Office et validée par l'autorité inférieure de surveillance. Le moyen devait donc être rejeté. Selon l'arrêt attaqué, le recourant soutenait ensuite que ses rentrées actuelles étaient moins élevées que celles retenues par l'Office. Il se prévalait des chiffres que révéleraient ses comptes bancaires relatifs au mois de janvier à mars 2024 qu'il avait produits à l'appui de son recours cantonal. À cet égard, les juges précédents ont tout d'abord rappelé que seules les circonstances existant au moment de l'exécution de la saisie étaient déterminantes pour fixer le revenu saisissable, les modifications ultérieures devant être invoquées dans le cadre d'une demande de révision de la saisie. Ils ont par ailleurs constaté que les relevés bancaires produits n'étaient pas complets: il manquait en effet certaines pages aux relevés du compte B.________ relatif au mois de janvier et février 2024; le recourant s'était en outre abstenu de produire les relevés relatifs au mois de novembre et décembre 2023, ce qui aurait pourtant été nécessaire pour pouvoir calculer une moyenne significative. Or, si le recourant entendait établir une baisse de ses revenus, il lui appartenait d'à tout le moins produire l'intégralité des documents utiles, ce qu'il n'avait manifestement pas fait, même après avoir pris connaissance des déterminations de l'Office qui soulignait pourtant le caractère incomplet des pièces produites. Le fait d'être "disposé à fournir toutes les preuves nécessaires pour appuyer ses propos" (cf. réplique) n'était évidemment pas suffisant. Le moyen devait donc également être rejeté. L'autorité cantonale en a conclu que le montant de 2'733 fr. 91 retenu par l'Office à titre de revenus de l'activité indépendante du recourant ne prête pas le flanc à la critique.