Citation: 6B_240/2024 E. 4.1

4.1. Dans un grief tiré d'une violation de l'interdiction de l'arbitraire, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir confirmé l'existence de valeurs patrimoniales confiées, alors même que les parties n'auraient jamais prévu quoi que ce soit quant à l'affectation des fonds remis par B.________ Inc., ce qu'elle entend démontrer sur la base des éléments suivants: En général - Le litige entre B.________ Inc. et C.________ SA relève avant tout de la compétence du juge civil, ce qui est notamment illustré par le fait qu'il a initialement uniquement été abordé par celui-ci, alors qu'une procédure pénale a de manière générale la préséance dans ce type d'affaire; - Dans son arrêt du 1er novembre 2021, la cour cantonale a compris que l'investissement sur métaux précieux tel que retenu par l'autorité de première instance dans le but de construire une valeur patrimoniale confiée, ne résistait pas à l'examen du dossier, en particulier des déclarations du représentant de B.________ Inc., raison pour laquelle elle a construit un autre raisonnement selon lequel la recourante aurait assumé le rôle d'auxiliaire de l'encaissement du montant prêté, ce qui violait toutefois le principe d'immutabilité de l'acte d'accusation. En avalisant dans l'arrêt attaqué un raisonnement qu'elle a naguère écarté, faute d'éléments suffisants au dossier, la cour cantonale aurait procédé de manière fatalement incorrecte; - La reconstitution de la réelle et commune intention des parties repose uniquement sur des éléments postérieurs à la conclusion du contrat du 22 mai 2006. En détail - Le contrat du 22 mai 2006 ne prévoit aucune affectation déterminée du montant prêté, au contraire, alors qu'il aurait été simple d'inclure une telle affectation, en particulier entre professionnels, sachant que D.________ a rédigé dit contrat, sachant qu'il n'entretenait pas une relation d'amitié ou de confiance particulière avec C.________ SA et/ou ses animateurs, qu'il venait à peine de rencontrer par le biais d'une tierce personne, et compte tenu des montants importants en jeu. - La convention extrajudiciaire du 20 avril 2007 (cf. supra consid. B.e.c), ou les discussions transactionnelles y relatives, ne font pas état d'un investissement hypothétique, mais uniquement d'un litige à propos du taux d'intérêt et du solde du prêt, alors même que B.________ Inc. était déjà représentée par un " avocat expérimenté "; - Le contrat de prêt ne prévoit pas que F.________ SA doive reverser le montant prêté à C.________ SA. Qui plus est, F.________ SA est mentionné comme "Borrower" dans l'annexe 1 du contrat; - La cour cantonale ne donne aucune explication logique et crédible quant à l'existence du taux d'intérêt mensuel de 20 %; - D.________ et/ou ses conseils n'ont jamais fait état d'une opération prévue en lien avec le contrat de prêt avant de déposer plainte le 5 juillet 2011, soit cinq ans après les faits; - La mise en place de deux garants et le taux d'intérêt exorbitant ne font aucun sens si la volonté des parties avait été d'affecter le montant prêté à une opération spécifique sur métaux précieux, a fortiori dans une valeur refuge comme l'or. C'est au contraire parce que l'argent a été prêté librement, ce qui représentait un risque accru justifiant un taux d'intérêt important, que ces conditions contractuelles ont été consenties; - Les parties n'ont pas discuté de l'affectation du montant prêté au moment de conclure l'avenant du 17 juillet 2006; - À l'appui de sa plainte pénale du 12 mai 2011, B.________ Inc. fait certes état d'une " opération spécifique sur métaux précieux ", ou encore du fait que " l'acquisition des métaux précieux que le prêt de B.________ devait impérativement et exclusivement servir à financer n'a jamais eu lieu ". Toutefois, elle n'évoque ainsi qu'une vague opération, sans autre précision, et n'a été en mesure de fournir aucune pièce le démontrant; - Les déclarations de D.________ n'apportent aucune précision et sont aussi contradictoires qu'incohérentes. Ce n'est que sur question appuyée de son conseil qu'il a fini par parler de métaux précieux. Qui plus est, cette déclaration s'inscrit en contradiction avec celles formulées lors de sa dernière audition. - La crédibilité de B.________ Inc. est largement entamée, puisqu'elle a déposé plainte alors qu'elle était définitivement radiée - et donc dénuée de toute personnalité juridique - depuis plus d'un an, ce qu'elle a pris le soin de dissimuler aux autorités pénales pendant près de douze ans, en produisant notamment un " certificate of good-standing " vieux de près de trois ans; En définitive