Citation: 9C_751/2007 08.08.2008 E. A

C.________, mariée et mère de deux enfants, est arrivée en Suisse en 1990. Dès le 1er octobre 1990, elle a travaillé en qualité de femme de ménage dans une station service (X.________). Depuis le 13 février 2002, l'intéressée a été en incapacité de travail à 100 % en raison d'une affection au poignet et a touché à ce titre des indemnités journalières pour perte de gain de la Swica Assurance-maladie. Le 9 octobre 2003, C.________ a déposé une demande de prestations auprès de l'office cantonal de l'assurance-invalidité de Genève (ci-après: l'OCAI). Il ressort des renseignements médicaux versés au dossier que l'assurée a fait une chute sur le poignet gauche en 1998, à la suite de laquelle ont persisté des douleurs plus ou moins chroniques et est apparu un kyste sur le dos du poignet. En 2002, une maladie de Kienböck stade IV du poignet gauche ainsi qu'un kyste arthrosynovial du poignet et un médius gauche à ressaut ont été diagnostiqués. L'assurée a subi, le 1er octobre 2002, un traitement du médius à ressaut et une arthroscopie du poignet gauche confirmant une maladie de Kienböck stade IV, une chondrite de la fossette lunarienne du radius et une entorse scapho-lunaire. Le 5 novembre 2002, une ostéotomie de raccourcissement du radius gauche a été pratiquée (cf. rapport du 10 février 2003 du docteur S.________, spécialiste FMH en chirurgie). Dans un rapport du 27 septembre 2002, le docteur J.________ (spécialiste FMH en médecine interne et endocrinologie) a estimé totale l'incapacité de travail de l'assurée depuis le 13 février 2002. Dans un rapport du 18 octobre 2003, le docteur O.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, a confirmé le diagnostic de maladie de Kienböck du poignet gauche. Selon lui, la capacité de travail de l'assurée était nulle dans son ancienne activité de femme de ménage mais toute autre activité ne sollicitant pas de force sur le poignet gauche était exigible à raison de huit heures par jour, dès le 1er novembre 2003. Le contrat de travail de l'assurée a été résilié avec effet au 30 novembre 2003 et le 12 avril 2004 la Swica Assurance-maladie a mis fin au versement de l'indemnité journalière. Le 30 septembre 2004, une imagerie à résonance magnétique (IRM) a été pratiquée à la demande du docteur O.________. Constatant un aspect très irrégulier de la surface articulaire du dôme astragalien avec mise en évidence de plusieurs éburnations et quasi disparition du cartilage, ainsi qu'un oedème marqué de la spongieuse de l'astragale et du pilon tibial externe, le radiologue a conclu que cette sémiologie ouvrait le diagnostic différentiel d'une ostéochondrite disséquante du dôme astragalien avec impression d'un corps libre intra-articulaire. Dans un nouveau rapport du 23 mai 2005, le docteur O.________ a mentionné une aggravation de l'état de santé de l'assurée en raison d'une affection à la cheville (cf. IRM) depuis l'été 2004. Au niveau de la main, l'état de l'assurée demeurait stationnaire. Au titre des limitations fonctionnelles, le médecin a relevé une restriction du périmètre de marche à quelques centaines de mètres et l'impossibilité d'exécuter des travaux en force avec la main gauche. Il a conclu à une capacité de travail comprise entre 50 et 70 % dans une activité légère, de contrôle ou sur le plan relationnel. Dans un avis médical du 30 juin 2005, le docteur A.________, médecin- conseil auprès du Service médical régional de l'assurance-invalidité (SMR), a conclu à une pleine capacité de travail dans une activité adaptée depuis octobre 2003. Après s'être entretenu avec l'assurée le 18 juillet 2006, le service de réadaptation professionnelle de l'OCAI a préconisé un stage d'observation au Centre d'intégration professionnelle (CIP) du 21 août au 19 novembre 2006. Dans un rapport du 6 novembre 2006, le responsable en réadaptation du CIP a conclu qu'il n'existait pas (ou quasiment pas) de postes suffisamment adaptés aux atteintes de l'assurée, de sorte que la capacité de travail retenue par le SMR ne pouvait pas être mise en pratique dans le circuit économique normal. Par ailleurs, seules des activités simples, légères à caractère manuel et répétitif étaient susceptibles de convenir mais les limitations physiques étaient trop importantes pour que la capacité de travail observée fût exploitable dans un contexte professionnel. Il ajoutait qu'une confrontation en entreprise n'aurait vraisemblablement apporté que très peu d'éléments significatifs, d'autant plus que l'assurée s'était montrée engagée au cours du stage. Par conséquent, et en accord avec l'OCAI, il avait été décidé d'interrompre prématurément la mesure le 8 octobre 2006. Dans un rapport du 9 novembre 2006, le service de réadaptation professionnelle de l'OCAI a retenu les conclusions du CIP, selon lesquelles la capacité de travail résiduelle de l'assurée n'était plus exploitable dans le milieu économique normal, de sorte que seule une activité de conditionnement en atelier protégé pouvait être exigible. Il a ainsi comparé le gain que pourrait réaliser l'assurée dans une telle activité, soit 13'517 fr. par an, avec celui qu'elle aurait pu réaliser dans son ancienne activité en 2003, à savoir 46'865 fr. Cette comparaison des gains laissait apparaître un degré d'invalidité de 71 %. Par décision du 14 mars 2007, l'OCAI a mis l'assurée au bénéfice d'une rente entière d'invalidité ainsi que de rentes complémentaires pour son époux et ses enfants dès le 1er février 2003.