Citation: 4A_484/2019 E. 4.2.3

4.2.3. La définition du bail à loyer n'empêche pas à proprement parler qu'un bail commun soit convenu avec plusieurs locataires dont l'un d'eux n'occupera pas les locaux (cf. RICHARD, op. cit., p. 4 s. n. 2.3 ss). Il pourrait difficilement en aller autrement à compter du moment où la sous-location est autorisée (art. 262 CO), et où l'on reconnaît que le locataire n'est pas tenu d'occuper personnellement les locaux d'habitation et peut héberger les membres de sa famille et ses proches. Tout est cependant affaire de circonstances. En l'occurrence, la Cour d'appel a retenu que le bail prévoyant un loyer mensuel de 1'650 fr. plus 140 fr. de charges a été contracté par deux colocataires. Le premier, désirant occuper les locaux avec son amie étudiante, affichait un revenu mensuel de 5'100 fr. Le second, père de l'étudiante, annonçait un revenu de 12'500 fr., alors que sa fille ne touchait que 500 fr. par mois. En d'autres termes, le père d'une étudiante inapte à assumer la charge du loyer de l'appartement qu'elle entendait partager avec son ami a pris sa place dans le bail aux côtés dudit ami, pour qui cette charge grevait son revenu de façon non négligeable puisqu'elle représentait un peu plus d'un tiers. Il faut reconnaître qu'une telle construction ne soulève pas d'objection au niveau juridique, n'en déplaise aux recourants. Il reste à examiner si, comme l'a retenu l'autorité précédente, la volonté des parties était bien de conclure le bail avec le père de l'étudiante en tant que colocataire.