Citation: 1B_285/2023 E. 4.2

4.2. Le recourant est poursuivi notamment pour viol, contrainte sexuelle, mise en danger de la vie d'autrui, lésions corporelles simples et voies de fait. Les faits qui lui sont reprochés sont particulièrement graves, puisqu'ils touchent à l'intégrité physique et à la vie d'autrui. Dans ces circonstances, un risque de réitération peut en l'occurrence être retenu, même en l'absence d'antécédents de même nature. Le recourant se prévaut ainsi en vain de ce qu'il n'aurait précédemment commis aucune infraction de violence, hormis des voies de fait. En tout état de cause, il y a lieu de relever que le recourant a déjà fait l'objet de plusieurs condamnations, en particulier pour vol, dommages à la propriété, violation de domicile et contravention à la LStup le 22 octobre 2021 et ensuite pour injure le 21 février 2022, soit peu de temps avant les événements en lien avec les plaignantes. Cela ne l'a pas pour autant dissuadé de perpétrer, à bref délai, d'autres infractions, cette fois d'une plus grande gravité. De plus, selon le rapport d'expertise psychiatrique réalisé le 7 mars 2023, le recourant présente un trouble modéré de la personnalité et une dépendance à la cocaïne et au cannabis ainsi qu'un risque de récidive de commission d'actes de violence "moyen à élevé". Certes, ce risque a été qualifié de moyen s'agissant des infractions contre l'intégrité sexuelle. Les experts ne l'ont toutefois pas exclu, précisant au demeurant qu'un traitement - prenant en considération l'aspect addictologique du recourant et sa sexualité ainsi que ses problèmes de violence -, d'une durée de cinq ans, serait susceptible de le diminuer. Compte tenu de ces éléments, de l'absence d'amendement du recourant et de son état d'esprit actuel qui ne favorise pas la prise de conscience de son fonctionnement (cf. paragraphe ci-dessous), le risque que ce dernier commette à nouveau des actes de violence physique et/ou sexuelle est bien réel et justifie son maintien en détention. Au regard de ces considérations, ainsi que de la nature des biens juridiques menacés, les mesures de substitution proposées par le recourant, sous la forme d'une interdiction de consommer toute drogue, d'une obligation de se soumettre à des analyses afin de vérifier son abstinence et d'entreprendre un suivi sur ses problèmes de consommation de cocaïne, ne sont pas suffisantes pour pallier le risque de récidive. En effet, comme exposé, celui-ci repose non seulement sur les problèmes d'addiction du recourant, mais également sur le trouble de la personnalité diagnostiqué par les experts. Comme relevé par l'autorité précédente, le recourant ne propose cependant aucune mesure en lien avec ce trouble et la gestion de sa violence, mais uniquement en rapport avec sa problématique de consommation de stupéfiants. A cet égard, la seule prise de contact du recourant avec le psychiatre du Service pénitentiaire de la prison dans laquelle il séjourne et sa demande de mettre en oeuvre des consultations sur une base régulière ne sont, en l'état, pas suffisantes. Quant à la dépendance du recourant à la cocaïne, diagnostiquée par les experts, la rémission est qualifiée de précoce dans le contexte de son incarcération, de sorte que rien n'indique qu'elle perdurera au-delà de sa libération; rien ne permet en outre d'affirmer que l'autorité serait en mesure de réagir suffisamment rapidement pour empêcher le recourant de récidiver, si celui-ci décidait subitement de consommer à nouveau. Parmi les autres mesures de substitution que le recourant propose, la plupart ne sont pas de nature à éviter le risque de réitération qu'il présente. La simple interdiction de contact avec les plaignantes apparaît manifestement impropre à prévenir ce risque, dès lors qu'aucun contrôle ne permet de garantir efficacement le respect d'une telle interdiction. S'agissant enfin de l'obligation de travailler ou de procéder à des recherches d'emploi, elle n'offre aucune garantie particulière. Il apparaît enfin, du point de vue temporel, compte tenu de la gravité des infractions pour lesquelles le recourant a été mis en prévention et la durée de la détention provisoire déjà subie, que le principe de la proportionnalité demeure respecté (art. 212 al. 3 CPP; cf. également ATF 143 IV 168 consid. 5.1; 142 IV 389 consid. 4.1). Par ailleurs, l'art. 5 al. 2 CPP paraît en l'état également observé puisque le Ministère public a d'ores et déjà communiqué son avis de prochaine clôture.