Citation: I 214/02 29.10.2002 E. 3

3.1 En ce qui concerne la proportion entre les activités lucratives et ménagères de l'intimée, les premiers juges se sont ralliés au point de vue de l'enquêtrice de l'AI qui avait retenu 40 % pour l'activité lucrative et 60 % pour les tâches ménagères. La juridiction de recours a justifié cette proportion au motif qu'elle correspondait à la situation existant jusqu'en 1993. De son côté, l'intimée conteste la proportion de 15 % et 85 % retenue par l'office AI. Elle soutient qu'elle aurait travaillé à plein temps à l'extérieur une fois que ses enfants auraient acquis leur indépendance, si son état de santé le lui avait permis. Quant à l'office recourant, il fait observer que l'intimée avait réduit la durée de son temps de travail en 1993, soit à partir du moment où elle s'était installée dans une villa. A son avis, l'entretien de cette nouvelle demeure, comportant plus de pièces à entretenir que la précédente, n'aurait pas permis à l'intimée de travailler à l'extérieur à plus de 15 %. 3.2 De l'enquête économique du 24 juin 1999, il ressort que l'intimée avait renoncé à trois emplois parmi les cinq qu'elle occupait à la suite de son déménagement de X.________ à Y.________ en 1993. En effet, n'étant pas titulaire du permis de conduire, ses employeurs devaient désormais la conduire sur ses lieux de travail; à défaut, elle était tributaire des transports publics ce qui occasionnait une perte importante de temps. A cet égard, le dossier ne contient aucun élément concret dont il faudrait inférer que le problème des déplacements professionnels aurait pu être réglé différemment à partir du mois de juillet 1995, laissant à l'intimée la possibilité d'augmenter son activité lucrative au-delà de six heures hebdomadaires. La réduction de l'activité lucrative, en 1993, apparaît ainsi comme étant le résultat d'un choix durable de l'intimée, résultant de son déménagement à Y.________. Par ailleurs, celle-ci qui avait investi beaucoup de temps dans les travaux d'aménagement de la villa n'a ni établi ni rendu vraisemblable, au sens de la jurisprudence, qu'elle avait cherché à augmenter la part de son activité lucrative après l'achèvement desdits travaux, au printemps 1995, en produisant - par exemple - des recherches d'emplois. Dans ces conditions, ses allégations, d'après lesquelles elle aurait augmenté son temps de travail si elle n'avait pas été victime d'un accident en juillet 1995, manquent de consistance. La proportion entre activités dont l'office recourant a tenu compte, savoir 15 % pour l'activité lucrative et 85 % pour les tâches ménagères, correspond avec les faits retenus, si bien qu'il sera statué sur le droit de l'intimée à une rente au regard de cette répartition proportionnelle.