Citation: 6B_129/2023 E. 2.3

2.3. En l'espèce, les conditions de la libération conditionnelle n'étant pas remplies (cf. supra consid. 1.4), il convient d'examiner la seconde condition de l'art. 59 al. 4 CP, à savoir s'il est à prévoir que le maintien de la mesure détournera l'auteur de nouveaux crimes ou de nouveaux délits en relation avec son trouble mental. Le recourant soutient en substance que la seconde condition de la prolongation de la mesure n'est pas réalisée et reproche notamment à la cour cantonale de ne pas avoir suffisamment motivé en quoi la poursuite du traitement serait bénéfique pour lui. Il ressort du jugement attaqué que le recourant est certes resté dans le déni et a largement refusé d'investir le cadre thérapeutique proposé, mais il a néanmoins accepté de rencontrer les thérapeutes du SMPP à quatre reprises. Les experts retiennent que le risque de récidive, qui est encore bien présent pour des actes de même nature, est étroitement lié à l'évolution de la maladie du recourant et à l'imprévisibilité de ses idées délirantes. Le risque serait ainsi moindre si la pathologie pouvait être stabilisée par un traitement médicamenteux adéquat dans un cadre institutionnel, soit un établissement de soins adapté, comme Curabilis. Or, comme susmentionné, il ressort des faits de l'arrêt attaqué que les démarches pour un transfert à l'établissement Curabilis sont en cours ainsi que pour la mise en oeuvre d'un tel traitement. Pour le surplus, il n'apparaît pas qu'une mesure moins incisive telle qu'un traitement ambulatoire au sens de l'art. 63 CP serait suffisante pour circonscrire le risque de récidive. A cet égard, les experts ont d'ailleurs insisté, en cas d'élargissement, sur la prise d'un traitement neuroleptique avec monitoring régulier des idées délirantes. Or, le recourant, qui est dans le déni, a jusqu'à présent refusé tout traitement.