Citation: 8C_783/2018 E. 5.1

5.1. Dans son rapport d'expertise rendu dans la procédure précédente, la doctoresse I.________ avait déclaré se ranger à l'opinion du docteur H.________. Elle avait expliqué que la Paroxétine pouvait entraîner des événements indésirables sous la forme d'une suicidalité chez les jeunes adultes ou de réaction paradoxale. Une intensification était particulièrement suspectée sur la base de la collection de données publiée récemment en cas d'association à l'alcool. Il n'y avait pas de données comparables lors de la prise concomitante de Paroxétine et de Bromazépam (soit un anxiolytique), mais l'une et l'autre des substances étaient décrites pour avoir été associées à des réactions paradoxales. A la question lui demandant si, au moment de l'acte et compte tenu de toutes les circonstances, D.A.________ était privé, au degré de la vraisemblance prépondérante (plus de 50 % de probabilité) de toute possibilité de se déterminer raisonnablement en raison de symptômes causés par la prise conjointe de Paroxétine et de Lexotanil, l'experte a répondu: "Oui, bien que rares, de telles situations sont décrites dans la littérature médicale spécialisée (...). Je me réserve quant à savoir si c'est l'une des deux molécules actives ou la conjonction des deux molécules qui doit être retenue comme causale. En effet, des effets paradoxaux sont décrits pour chacune de ces molécules indépendamment (...)." Dans son rapport complémentaire, l'experte a explicité les motifs qui l'avait amenée à cette conclusion. Elle a mentionné plusieurs éléments, parmi lesquels l'absence de tendance ou d'intention suicidaire chez l'assuré, le fait que rien ne laissait supposer une intolérance aux médicaments prescrits (l'intéressé avait bénéficié deux ans auparavant d'un même traitement avec succès), la circonstance que le suicide était intervenu moins de 24 heures après la prise des médicaments. L'experte s'était également référée à la vraisemblance médicale: ce type de comportement inattendu violent dirigé contre soi ou contre autrui était décrit dans le contexte de la prise de certains types d'antidépresseurs. A la fin de son rapport complémentaire, l'experte retenait en définitive la survenue brutale, inattendue et involontaire d'une bouffée de violence telle qu'elle a été décrite dans la littérature médicale dans des circonstances similaires d'exposition médicamenteuse à brève échéance.