Citation: 1P.783/1999 24.02.2000 E. 1.-

Le Tribunal fédéral examine d'office et libre- ment la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 125 I 412 consid. 1a p. 414; III 461 consid. 2 p. 463). a) En vertu de l'art. 84 al. 2 OJ, le recours de droit public n'est recevable que dans la mesure où les griefs soulevés ne peuvent pas être présentés au Tribunal fédéral par un autre moyen de droit, tel que le recours de droit ad- ministratif. b) Ce dernier est ouvert contre les décisions canto- nales qui sont fondées - ou auraient dû l'être - sur le droit public fédéral (art. 97, 98 let. g OJ). Il est également re- cevable contre des décisions fondées à la fois sur le droit cantonal ou communal et sur le droit fédéral, dans la mesure où la violation de dispositions de droit fédéral directement applicables est en jeu. Le recours de droit administratif peut être formé pour violation du droit fédéral, y compris les droits constitutionnels (art. 104 let. a OJ; ATF 125 II 1 consid. 2a p. 5; 497 consid. 1b/aa p. 500; 508 consid. 3a p. 509). Une commune peut ainsi dénoncer simultanément une application incorrecte du droit fédéral et une violation de son autonomie consistant, le cas échéant, dans une ingérence des autorités cantonales dans le pouvoir d'appréciation qui lui est réservé (ATF 121 II 235 consid. 1 in fine p. 238). Point n'est besoin de rechercher à ce stade si les griefs soulevés ont un rapport de connexité suffisant avec le droit fédéral pour figurer dans un recours de droit adminis- tratif. La commune recourante n'aurait de toute façon pas qualité pour agir. c) Les collectivités de droit public telles que les communes ont en effet qualité pour exercer le recours de droit administratif lorsqu'une disposition de droit fédéral le prévoit (art. 103 let. c OJ), ou dans les cas où elles sont touchées directement et de la même manière qu'un parti- culier, ainsi que dans ceux où, touchées dans leurs attribu- tions de détentrices de la puissance publique, elles font valoir un intérêt digne de protection à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée (art. 103 let. a OJ). L'intérêt général à une application correcte du droit fédéral ne suffit pas. La commune dont la décision a été invalidée par les autorités de recours ne peut recourir dans le seul but de faire prévaloir sa propre opinion, quand bien même elle prétend être autonome dans le domaine concerné (ATF 124 II 409 consid. 1e/bb p. 417-418 et les arrêts cités). En l'espèce, les panneaux d'affichage installés à proximité des routes sont certes soumis à des règles de droit fédéral directement applicables (cf. consid. 2c ci-dessous). Les communes n'ont toutefois pas qualité pour recourir dans ce domaine selon l'art. 103 let. c OJ, et la Commune de Crissier ne se prévaut pas d'un intérêt digne de protection, au sens de l'art. 103 let. a OJ. Dès lors, seul le recours de droit public entre en considération. d) La recourante demande de retirer du dossier les pièces produites par l'intimée avec sa réponse. Même si cela n'a pas d'incidence sur le sort de la cause, il doit être fait droit à cette requête, car il s'agit de pièces nouvelles qui n'ont pas été produites dans la procédure cantonale.