Citation: 1C_46/2023 E. 4.3

4.3. La recourante soutient tout d'abord qu'elle n'avait pas "d'intérêt politique, personnel ou financier" à obtenir la nationalité suisse tout en indiquant que sa relation avec la Suisse date d'avant son mariage avec B.________, sa fille, née d'un premier mariage, poursuivant des études en Suisse. Or, le fait que la recourante entretienne des liens étroits avec la Suisse depuis plusieurs années est sans pertinence pour l'examen de la question de savoir s'il y a eu obtention frauduleuse de la naturalisation au sens de l'art. 41 al. 1 aLN. La recourante ne peut pas non plus se prévaloir d'avoir voulu former avec B.________ une communauté de vie "civile" et "professionnelle". La notion de communauté conjugale exigée par le droit fédéral suppose une véritable communauté de vie des conjoints, à savoir qu'il existe une volonté commune et intacte des époux de maintenir une union conjugale stable, effective et orientée vers l'avenir (cf. ATF 135 II 161 consid. 2). La recourante met également en exergue le fait qu'elle a apporté au sein du couple les moyens financiers nécessaires et que seul l'ex-époux voulait obtenir le divorce. Elle souligne encore que la complexité des relations patrimoniales entre les époux a nécessité plusieurs années pour les résoudre et que le divorce a été prononcé le 30 novembre 2017, soit plus de 4 ans après la demande de naturalisation facilitée. Comme l'a souligné l'autorité inférieure, le "Decree Nisi" du 27 novembre 2014 qui indique que les époux vivaient séparés depuis deux ans, ne règle pas la question du domicile des époux, ce qui laisse supposer que la séparation était déjà effective. La recourante n'a jamais expressément remis en doute la véracité de cette information. Elle n'a pas produit de moyens de preuve venant infirmer la constatation faite par le Tribunal de district de Hong-Kong. Elle se limite à prétendre que le divorce a été prononcé par le "Decree Nisi Absolute" du 6 novembre 2017, ce que le TAF ne conteste pas. Ce dernier a dans ce contexte relevé que la difficulté à résoudre les relations patrimoniales entre les époux ne remettait pas en cause le fait qu'au moment de la décision du 27 novembre 2014, la volonté de séparation des époux était claire, volonté qui a d'ailleurs été explicitement soulignée dans l'exposé préalable de l'accord transactionel du 16 mai 2017 qui indique que le Decree Nisi du 27 novembre 2014 avait officialisé le divorce préliminaire des intéressés. Quant à la présomption précitée retenue par le TAF, elle n'est à juste titre pas contestée par la recourante (cf. arrêts 1C_23/2019 du 3 avril 2019 consid. 3.3; 1C_796/2013 du 13 mars 2014 consid. 3.2). Dans son écriture, la recourante n'avance en outre aucun élément susceptible de renverser cette présomption en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration de vie commune. La recourante se limite à reprendre les mêmes arguments avancés pour contester que les conditions de l'art. 41 al. 1 aLN sont réalisées. Elle ne donne en particulier aucun indice sur la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer la soudaine dégradation du lien conjugal. Enfin, le fait que son ex-époux aurait été à l'initiative de la demande de divorce n'est pas déterminant dans la mesure où la recourante n'a pas démontré, ni allégué, avoir tenté de sauver son mariage durant la procédure de divorce. Comme exposé ci-dessus, il ressort de l'exposé préalable de l'accord transactionnel du 16 mai 2017 que la volonté de séparation des époux était alors claire.