Citation: 5A_840/2014 E. 1

A.________, de nationalité suisse et camerounaise, née en 1980 au Cameroun, célibataire et sans enfant, est domiciliée et vit à X.________, mais n'a pas de logement fixe. Depuis 2006, elle a bénéficié d'un traitement psychiatrique ambulatoire pour des idées délirantes de type persécutoire, un diagnostic de schizophrénie paranoïde ayant été posé. Elle a été hospitalisée une première fois en 2009, puis à quatre reprises par la suite, toujours de manière non volontaire. En 2011, une nouvelle hospitalisation non volontaire a été ordonnée à la suite d'une agression; durant son hospitalisation en 2012, elle a refusé toute prise en charge et tout traitement, est partie au Cameroun à sa sortie, d'où elle a été rapatriée trois semaines plus tard, aux fins d'une nouvelle hospitalisation. A sa sortie en mai 2013, elle a refusé tout traitement psychotrope. Ne disposant d'aucun logement en Suisse, elle vit depuis lors dans des lieux d'urgence ou à l'aéroport. Le 5 septembre 2014, l'intéressée s'est présentée en robe de mariée à la mairie des Eaux-Vives, déclarant vouloir être unie à l'acteur 2, mariage en vue duquel elle avait réservé trois bateaux de la CGN pendant trois jours et commandé un buffet auprès d'un restaurant de la place, du vin, du champagne et des fleurs. Dans ce contexte, elle a menacé l'Officier d'état civil, déclarant notamment vouloir tuer ses enfants s'il n'accédait pas à sa requête. A.________ a fait alors l'objet d'un placement ordonné par un médecin et d'un traitement médicamenteux à la Clinique de Belle-Idée. Un rapport d'expertise du 10 septembre 2014, ordonné par le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant du canton de Genève, a conclu à une schizophrénie paranoïde se traduisant par des idées délirantes, l'intéressée niant pour sa part fermement être atteinte d'une maladie mentale et ne voyant pas l'intérêt d'un traitement psychotrope; l'expert a relevé en outre un risque hétéro-agressif, susceptible d'être contenu sous l'effet des médicaments. La prolongation du placement de l'intéressée a été requise le 2 octobre suivant, en raison d'une dégradation de son état, de son anosognosie totale et de son refus de tout traitement, en vue de parvenir à une stabilité suffisante pour lui permettre d'intégrer par la suite un lieu de vie adéquat. Par ordonnance du 7 octobre 2014, le Tribunal de protection a prolongé pour une durée indéterminée la mesure de placement.