Citation: 9C_123/2022 E. 5.2.1

5.2.1. Pour parvenir à la conclusion que la protubérance des arcades sourcilières de la recourante n'était pas incompatible avec une apparence féminine, la juridiction cantonale a apprécié les différents rapports médicaux versés au dossier, ainsi que les photos prises par le docteur B.________ avant et après l'intervention chirurgicale. Elle a d'abord constaté que ni les médecins interrogés ni la psychologue de l'assurée n'avaient voulu se prononcer sur la question de savoir si les arcades sourcilières de leur patiente étaient incompatibles avec une apparence féminine et a supposé que s'ils avaient jugé la protubérance supra-orbitale comme totalement incompatible avec une apparence féminine, ils n'auraient pas hésité à l'affirmer. Le docteur F.________ avait en revanche conclu, en se fondant sur les photos avant et après l'opération prises par le docteur B.________, que les arcades sourcilières de l'assurée n'étaient pas particulièrement proéminentes et qu'il n'était pas médicalement attesté qu'elles conféraient une apparence masculine à l'intéressée (prises de position des 28 novembre 2019, ainsi que 4 et 8 mai 2020). Quant au docteur B.________, il avait qualifié le souhait de sa patiente de subir une intervention de rabotage des arcades sourcilières de compréhensible dans le cas d'espèce (compte rendu d'entretien téléphonique entre le docteur B.________ et le médecin-conseil de l'intimée, du 4 décembre 2019) et indiqué que la protubérance supra-orbitale était très marquée et avait un aspect très masculin (rapport du 5 octobre 2021). Confrontés aux avis médicaux divergents des docteurs B.________ et F.________, les premiers juges ont examiné les photos transmises par le docteur B.________ et conclu qu'elles ne permettaient pas de constater que les arcades sourcilières de la recourante étaient incompatibles avec une apparence féminine. Ils ont ensuite expliqué que dans la mesure où l'intervention litigieuse ne relève pas d'une question technique ou d'évaluation médicale d'une atteinte à la santé, mais d'une appréciation très subjective d'une apparence, une expertise médicale n'était pas nécessaire en l'espèce. Selon l'instance précédente, un expert ne pourrait en effet se prononcer que sur la base des mêmes photos.