Citation: 8C_159/2015 E. 5.2

5.2. Aux termes de l'art. 5 al. 3 Cst., les organes de l'État et les particuliers doivent agir de manière conforme aux règles de la bonne foi. Cela implique notamment qu'ils s'abstiennent d'adopter un comportement contradictoire ou abusif (ATF 136 I 254 consid. 5.3 p. 261 et les arrêts cités). De ce principe général découle notamment le droit fondamental du particulier à la protection de sa bonne foi dans ses relations avec l'État, consacré à l'art. 9 in fine Cst. (ATF 138 I 49 consid. 8.3.1 p. 53 et les arrêts cités). Le principe de la bonne foi protège le citoyen, à certaines conditions, dans la confiance légitime qu'il met dans les assurances reçues des autorités, notamment lorsqu'il a réglé sa conduite d'après des décisions, des déclarations ou un comportement déterminé de l'administration et qu'il a pris sur cette base des dispositions qu'il ne saurait modifier sans subir de préjudice (ATF 139 V 21 consid. 3.2 p. 27; 137 I 69 consid. 2.5.1 p. 73). En l'espèce, la recourante ne saurait tirer argument du silence de l'intimé, suite au courriel du 5 novembre 2013. En effet, elle était dûment informée des conditions auxquelles l'octroi de l'ARE était subordonné. La décision du 11 mars 2013 renvoie aux dispositions applicables de la LMC et de son règlement d'exécution. Quant au formulaire de demande d'allocations, il indique expressément que l'employeur ne doit pas résilier le contrat de travail pendant la période de l'ARE ou les trois mois suivants. Par ailleurs, le total des allocations versées jusqu'en novembre 2013 représentait 39'975 fr. 80 (novembre compris). Même si à ce moment l'OCE avait cessé de verser les allocations restantes, la société aurait tout de même été tenue de restituer les prestations déjà reçues et de payer l'intégralité du salaire de l'employée jusqu'au terme du délai de congé. Dans ces conditions, on ne voit pas quelles dispositions elle aurait prises, qu'elle ne pouvait modifier sans subir de préjudice, en raison de l'absence de réaction de l'OCE à son courriel du 5 novembre 2013. La recourante ne dit d'ailleurs rien à ce sujet (cf. art. 106 al. 2 LTF). Par conséquent, le grief soulevé doit être écarté.