Citation: U 155/03 02.02.2004 E. 3.2

3.2.1 Dans son rapport d'expertise du 13 décembre 2000, le docteur G.________ conclut à un syndrome fibromyalgique et à des séquelles douloureuses chroniques après coup du lapin. Selon lui, à partir du 15 août 1999, ces troubles sont en relation de causalité probable, mais dans une mesure partielle, avec l'accident; l'état maladif et le syndrome fibromyalgique influencent la guérison dans une mesure de deux tiers. La patiente est totalement incapable de travailler, en raison du syndrome fibromyalgique; cependant, seul un tiers de la symptomatologie présentée par l'assurée peut être admis comme étant d'origine traumatique. On ne saurait accorder pleine valeur probante à cette expertise au sens de la jurisprudence rappelée ci-dessus. D'une part, le diagnostic de syndrome fibromyalgique n'est absolument pas documenté; en particulier, le médecin n'explique pas quels critères lui permettent de retenir une telle affection. D'autre part, on comprend mal la référence faite à la classification des maladies selon le DSM-IV, dès lors que la fibromyalgie ne figure pas au nombre de celles répertoriées dans ladite classification. Ensuite, surtout, la manière dont l'expert tente de démontrer l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'événement assuré et le syndrome fibromyalgique manque singulièrement de clarté et n'apparaît pas probante. En effet, l'existence d'un tel lien n'est pas admise sur la base des circonstances propres au cas d'espèce, mais sur la base de certaines études - au demeurant non mentionnées - qui tendraient à démontrer la probabilité d'un tel lien de manière générale et « d'autres pratiques médicales dans d'autres contextes ». En outre, la qualification du lien de causalité naturelle semble pour le moins aléatoire : il est fait usage des adjectifs probable, certain, très probable, partiel, mineur et de l'expression «fixé arbitrairement». Il suit de ce qui précède qu'il ne peut être tenu compte des conclusions de l'expertise du docteur G.________, tout en relevant que, sur le plan des constatations objectives, l'expert n'a pas mis en évidence, à l'instar des autres médecins, de séquelles organiques objectivables. 3.2.2 L'intimé a également confié une expertise au docteur F.________. Dans son rapport du 29 mars 2000, rendu à la suite d'un examen de la recourante et d'une analyse attentive et exhaustive du dossier, ce médecin pose le diagnostic de trouble somatoforme douloureux (F45 et F45.4 selon le CIM-10). Après avoir présenté les plaintes de la patiente et clairement exposé le contexte médical, il conclut à une absence de lien de causalité naturelle entre les troubles constatés et l'événement assuré. Le praticien explique de façon circonstanciée les raisons pour lesquelles il considère que l'accident du 15 août 1998 n'est pas propre à provoquer un tableau psychiatrique tel que celui diagnostiqué. Il se réfère, pour cela, notamment aux définitions des troubles somatoformes et de leur forme douloureuse données par la classification internationale des maladies (CIM-10). En conséquence, il y a lieu d'accorder à cette expertise pleine valeur probante au sens de la jurisprudence. 3.3 L'incapacité de travail actuelle de la recourante est due à un trouble somatoforme douloureux qui est sans lien de causalité naturelle avec l'accident assuré. La date à laquelle cette incapacité a débuté, à savoir le 23 novembre 1999, correspond à l'époque de l'examen de l'assurée par le docteur C.________, qui a, le premier, mis en évidence le fait que les séquelles physiques n'étaient plus responsables de sa problématique actuelle. Dans ces circonstances, la caisse était fondée à mettre un terme à ses prestations avec effet au 23 novembre 1999 et le jugement cantonal, dans la mesure où il confirme la décision sur opposition de l'intimée, ne prête pas le flanc à la critique. Le recours se révèle par conséquent mal fondé.