Citation: 4P.61/2006 10.05.2006 E. 3

Dans son second grief, le recourant soutient que la cour cantonale a violé son droit d'être entendu en confirmant la position du premier juge selon laquelle il n'y avait pas lieu d'ordonner un complément d'expertise. 3.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu - découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. - notamment le droit pour le justiciable d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 505; 126 I 15 consid. 2a/aa). S'agissant plus précisément du droit de fournir des preuves, la jurisprudence a exposé que l'autorité a l'obligation de donner suite aux offres de preuve présentées en temps utile et dans les formes requises, à moins qu'elles ne soient manifestement inaptes à apporter la preuve ou qu'il s'agisse de prouver un fait sans pertinence (cf. ATF 124 I 241 consid. 2 et les arrêts cités). Cela n'empêche toutefois pas le juge de refuser une mesure probatoire si, en appréciant, d'une manière non arbitraire, les preuves déjà apportées, il parvient à la conclusion que les faits pertinents sont déjà établis et qu'un résultat, même favorable au recourant, de la mesure probatoire sollicitée ne pourrait plus modifier sa conviction (ATF 124 I 208 consid. 4a, V 90 consid. 4b p. 94; 122 II 464 consid. 4a). 3.2 En l'espèce, le premier juge a refusé le complément d'expertise, requis, estimant que le rapport du 22 octobre 2004 était suffisamment explicite et complet. La cour cantonale a confirmé cette appréciation, en relevant que l'expert avait répondu de manière certes un peu compliquée, mais qu'il ressortait de l'expertise que les défauts dont le recourant se plaignait ne pouvaient être mis à la charge de l'intimée. Elle a ajouté qu'à la demande du recourant, l'expert avait été entendu à l'audience de jugement et qu'il n'apparaissait pas que celui-ci soit revenu sur les conclusions de son rapport s'agissant des défauts. Du reste, si tel avait été le cas, il aurait appartenu au recourant de faire protocoler les déclarations de l'expert, ce qu'il n'avait pas fait. C'est ainsi sur la base d'une appréciation anticipée des preuves que les juges ont refusé d'ordonner la mesure probatoire complémentaire sollicitée par le recourant. Celui-ci ne fait cependant état d'aucun élément précis qui ferait apparaître comme insoutenable l'affirmation selon laquelle le rapport du 22 octobre 2004 serait explicite et précis. Ainsi, n'en déplaise au recourant, il n'est nullement contradictoire de la part de la cour cantonale d'admettre le caractère parfois un peu compliqué de l'expertise, tout reconnaissant que ce document est suffisamment clair sur le point de savoir si des défauts pouvaient être imputés à l'intimée. Quant aux exemples mentionnés par le recourant qui, selon lui, démontreraient que l'expert n'a jamais été clairement en mesure de se positionner, ils ne consistent qu'en des déclarations sorties de leur contexte, inaptes à remettre en cause les conclusions de l'expertise. Sur ce point, le recourant, confondant le recours de droit public avec un appel, se contente d'opposer sa propre interprétation de l'expertise à celle de la cour cantonale, ce qui n'est pas admissible. Enfin, le fait que le recourant n'ait pas fait protocoler les déclarations de l'expert entendu lors de l'audience de jugement ne fait que confirmer que ce dernier n'a pas formulé de propos contredisant les conclusions de son rapport ou mettant en évidence des imprécisions. Dès lors que l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle le rapport d'expertise serait suffisamment explicite et complet échappe au grief d'arbitraire, les juges pouvaient, sans violer le droit d'être entendu du recourant, rejeter sa demande tendant à un complément d'expertise. Dans ces circonstances, le recours ne peut qu'être rejeté.