Citation: 5C.269/1999 12.02.2001 E. 4

4.- a) Le recourant reproche en outre à la Cour civile d'avoir renversé le fardeau de la preuve en considérant qu'il appartenait à l'entrepreneur, donc au défendeur, de prouver le bien-fondé de sa facture, et que s'il n'avait pas conservé ou établi les métrés et les attachements qui auraient permis de le faire avec précision, il devait en supporter les conséquences. Il soutient que, dans la mesure où l'autorité cantonale se prononçait sur une prétention en restitution de l'indu exercée par le maître de l'ouvrage, il incombait à celui-ci, c'est-à-dire à la demanderesse, d'établir que le montant facturé et payé était excessif. b) Lorsque, comme dans le cas particulier, le prix n'a pas été fixé d'avance, il doit être déterminé d'après la valeur du travail et les dépenses de l'entrepreneur (art. 374 CO); en conformité de l'art. 8 CC, celui-ci doit établir le bien-fondé de sa facture, soit l'ampleur et la valeur de ses prestations (ATF 112 II 500 consid. 3c p. 503). Dans le cadre de l'action en répétition de l'indu, il appartient certes au demandeur de prouver l'inexistence de la dette qu'il conteste (cf. ATF 64 II 121 consid. 1 p. 125; arrêt du Tribunal fédéral H. c. G. du 22 juin 1989, reproduit in JT 1991 II 190, consid. 2a). La cour cantonale n'a cependant pas inversé le fardeau de la preuve sur ce point. Examinant la prétention du défendeur en paiement du solde de sa facture, elle a souligné à juste titre que, comme l'entrepreneur n'avait pas établi ou conservé les attachements et les métrés qui auraient permis de vérifier précisément les quantités facturées, les rectifications apportées par l'expert au sujet de sa facture ne pouvaient se fonder que sur des approximations. Elle a cependant estimé que les calculs opérés par l'expert pouvaient être retenus, de sorte que le demandeur reconventionnel n'avait pas droit au paiement du solde de sa facture, laquelle se révélait déjà trop élevée. Un tel raisonnement, effectué de surcroît dans le cadre de l'action en paiement de l'entrepreneur, ne laisse transparaître aucune violation de l'art. 8 CC. Du moment que l'autorité cantonale considérait comme établi que le montant de la facture devait être arrêté à 117'900 fr., et que la part due par la demanderesse s'élevait à 28'244 fr., elle en a conclu que celle-ci, qui avait déjà versé un acompte de 65'000 fr., avait payé 36'756 fr. de trop. Elle a ainsi tiré des déductions en examinant les éléments réunis, procédant en cela à une appréciation des preuves qui ne peut être revue en instance de réforme (ATF 126 III 10 consid. 2b p. 13; 125 III 78 consid. 3a). Sous cet angle, l'art. 8 CC se révèle par conséquent sans objet.