Citation: 1P.15/2001 20.03.2001 E. 2

2.- Selon le recourant, le Tribunal cantonal aurait fait preuve d'arbitraire dans la fixation des honoraires et des débours de la deuxième procédure. a) Conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral connue du recourant et de son conseil (cf. arrêts précités des 24 octobre et 10 novembre 2000), la loi valaisanne du 14 mai 1998 fixant le tarif des frais et dépens devant les autorités judiciaires et administratives (LTar) s'applique en l'espèce, soit plus particulièrement les art. 3, 26, 28, 30 et 36 LTar. Dans l'application de ces normes, le Juge cantonal dispose d'un large pouvoir d'appréciation, limité par l'interdiction de l'arbitraire (cf. arrêt non publié du 24 octobre 2000, consid. 2a; sur la notion d'arbitraire, voir ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170 et la jurisprudence citée). b) aa) Concernant l'indemnité à titre de dépens, fixée à 40'000 fr., le Tribunal cantonal l'a déterminée ex aequo et bono, comme le recourant l'avait lui-même suggéré, en se référant à l'estimation du temps consacré à la défense utile de deux autres cadres supérieurs de la Banque cantonale du Valais. Pour tenir compte de la complexité particulière de la cause et des implications spécifiques à la fonction de contrôleur et de réviseur de la banque, le Tribunal cantonal a retenu un total de 452 heures pour la phase de l'instruction et du jugement en première instance, alors que seules 300 heures, respectivement 275 heures avaient été admises pour le sous-directeur et le directeur-adjoint. En invoquant les mesures d'organisation prises dans le corps judiciaire valaisan pour permettre le traitement de l'affaire "BCV-Dorsaz", ou en faisant valoir l'horaire de travail d'une secrétaire engagée dans le but spécial d'assumer sa défense, le recourant ne fait qu'opposer à la solution retenue par le Tribunal cantonal sa propre estimation, ce qui ne suffit pas pour considérer comme arbitraire l'estimation de son temps de travail à 200 heures pour la phase de l'instruction pénale de la deuxième procédure (cf. ATF 126 III 534 consid. 1b précité). En particulier, le temps consacré par les magistrats à l'examen de l'ensemble de cette procédure, comprenant de nombreux prévenus, dans la perspective de la décision judiciaire et de la rédaction de jugements et d'arrêts, ne peut être comparé avec la défense d'un seul accusé. De même, l'engagement d'une secrétaire ad hoc, pendant une période limitée, ne fait que confirmer l'ampleur de la procédure, dont le Tribunal cantonal a tenu compte, et qui n'est pas contestée. Cette circonstance ne renseigne toutefois pas sur l'activité intellectuelle de l'avocat dans l'accomplissement de son mandat et, par voie de conséquence, sur le temps requis pour sa bonne exécution. A cet égard, la comparaison avec le travail de deux confrères chargés de la défense de deux employés dirigeants de la Banque cantonale du Valais ne prête pas flanc à la critique. Par ailleurs, le fait de retenir un tarif horaire de 200 fr. entre dans le large pouvoir d'appréciation du juge, et ne saurait être qualifié d'arbitraire, conformément à l'arrêt rendu le 24 octobre 2000 entre les mêmes parties. Le grief relatif à la fixation des honoraires est ainsi mal fondé. bb) Concernant les débours de l'instruction, la Cour d'appel les a arrêtés à 3'800 fr., à nouveau par référence à ceux évalués dans les procédures concernant le sous-directeur et le directeur-adjoint de la Banque cantonale du Valais, en les majorant d'environ 300 fr. Le recourant avait prétendu pour ce poste au paiement d'une somme de 48'607, 50 fr. et argumente en soutenant que le dossier comportait 37 classeurs réunissant plus de 16'000 pages, ce qui représentait environ 8'000 fr. de frais de photocopies, à 50 centimes l'unité. Si le Tribunal cantonal a raison de souligner la démesure de la prétention du recourant, il ne peut cependant pas fixer les débours à un montant inférieur à la moitié des frais de photocopies sans autre motivation, de sorte que sur ce point sa décision doit être considérée comme arbitraire. Le jugement du 11 décembre 2000 sera donc annulé en tant qu'il fixe à 3'800 fr. les débours de l'instruction de la deuxième procédure. Il appartiendra à la Cour d'appel de procéder à une nouvelle estimation en fonction des frais effectifs objectivement prouvés.