Citation: 1B_117/2022 E. A

A.a. A la suite de la perte de ses deux chiens, A.________ a promené à plusieurs reprises la chienne D.________; celle-ci, de race Golden Retriever et âgée de quatre ans, appartenait à B.________. Dans des messages de juillet 2020, A.________ a reproché à B.________ sa manière de prendre soin de D.________; la première a proposé à la seconde d'adopter la chienne. Les relations entre les deux femmes se sont péjorées, puis se sont interrompues début septembre 2020. A.________ a dénoncé B.________ au Service de la consommation et des affaires vétérinaires; les contrôles effectués par ce service n'ont toutefois révélé aucune irrégularité. A.b. Le 1er janvier 2021, B.________ a déposé une plainte pénale contre inconnu pour le vol de sa chienne D.________; l'infraction aurait été commise le 16 décembre 2020 à U.________ alors que son voisin, E.________, promenait la chienne en forêt sans laisse; D.________ se serait échappée et ne serait jamais revenue. Des soupçons se sont alors portés sur A.________. Celle-ci avait quitté la Suisse pour la France entre le 18 décembre 2020 et le 9 janvier 2021. Dès son retour, elle semblait avoir changé ses habitudes, n'apparaissant à son domicile du U.________ que quelques heures le vendredi. Un dispositif de surveillance a été mis en place le 22 janvier 2021 par la police et l'intéressée a été suivie jusqu'en Valais. Elle y a été interpellée, alors qu'elle se trouvait en compagnie d'une chienne correspondant à celle disparue. A.________ a prétendu que cette chienne, dénommée F.________, était la sienne. Les policiers ont constaté que l'animal disposait d'une puce électronique française, que l'endroit où se serait trouvée la puce suisse était rasé et que la chienne présentait un trait caractéristique sur le museau (rebrousse-poil) qui correspondait en tous points aux photographies de D.________. Le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne (ci-après : le Ministère public) - représenté par le Procureur C.________ - a ouvert une instruction pénale contre A.________ pour le vol de la chienne D.________. Un mandat d'amener et des mandats de perquisition documentaires des domiciles de la prévenue ont été ordonnés oralement, puis confirmés par écrit les 22 et 23 janvier 2021. A la suite de la perquisition du domicile valaisan - laquelle n'a rien révélé -, A.________ a été acheminée au poste de gendarmerie de Vevey où elle a été entendue dès 20h30. Au cours de cette audition, elle a déclaré avoir adopté la chienne F.________ dans un refugeen France pour la somme de EUR 180.-. Elle a contesté que la chienne F.________ soit la chienne D.________. L'audition a été suspendue entre 23h40 et 01h20 afin que la perquisition du domicile du U.________ puisse être effectuée; elle a ensuite repris jusqu'à 02h30. La chienne a été séquestrée et placée au refuge de Sainte-Catherine, respectivement à la Société vaudoise pour la protection des animaux (ci-après : SVPA), à Lausanne (cf. l'ordonnance du séquestre du 25 janvier 2021). A.________, assistée par un avocat, a été encore entendue les 1er février, 26 août et 10 septembre 2021. G.________, H.________, I.________ - avec qui la prévenue avait échangé des messages - et J.________ ont également été auditionnés le 28 septembre 2021 pour le premier, respectivement le 4 octobre 2021 pour les trois dernières. Le 6 septembre 2021, A.________ a sollicité le retrait de plusieurs pièces du dossier, requête que le Ministère public a rejetée par ordonnance du 27 septembre 2021. Le recours formé contre cette décision a été rejeté le 3 décembre 2021 par la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois (ci-après : la Chambre des recours pénale; arrêt n° xxx); celle-ci a en substance considéré que la prévenue avait renoncé à l'assistance d'un avocat lors de son audition du 22 janvier 2021 et que les preuves obtenues sur la base des observations secrètes de la police, des données de son téléphone portable et de la vidéo de "confrontation" entre la chienne et l'intimée étaient exploitables. Par courrier du 19 octobre 2021, la SVPA a informé le Ministère public qu'il était à craindre que le séjour prolongé de la chienne séquestrée au refuge porte une atteinte inexorable à son comportement et à sa santé. Par courrier du 11 novembre 2021, le Ministère public a informé la prévenue que l'instruction pénale apparaissait complète et qu'il entendait rendre une ordonnance pénale la condamnant pour le vol de la chienne D.________.