Citation: 5A_664/2018 E. 4.3.1

4.3.1. Au sujet de l'appréciation du litige au regard de l'application des principes de la bonne foi et de l'interdiction de l'abus de droit, la recourante soutient qu'elle pourrait parfaitement se faire dans le contexte d'une procédure en cas clair. Elle soutient ainsi que, depuis que F.________ était devenu propriétaire de la parcelle no 6208 - à savoir en 2008, voire 1995 en tant qu'administrateur de la société G.________ -, les discussions qui avaient eu lieu entre les parties démontraient clairement qu'aucun accord n'était jamais intervenu au sujet des places de stationnement entre les parties. Dès lors que ce litige était au contraire patent depuis toujours, il ne pouvait donc lui être reproché d'avoir adopté un comportement contradictoire. La recourante rappelle au demeurant que l'action confessoire est imprescriptible de sorte que l'on ne pouvait lui opposer le fait d'avoir tardé à agir et que l'interdiction de l'abus de droit n'entrait pas en ligne de compte alors que, comme en l'espèce, l'état des relations entre les parties se serait dégradé, se référant à cet égard à une jurisprudence du Tribunal de céans. Il est ici établi que les places de stationnement litigieuses existent et sont utilisées depuis une cinquantaine d'années; elles font l'objet de discussions depuis de nombreuses années, discussions qui n'ont jamais donné lieu à l'introduction d'actions judiciaires et qui ont été entrecoupées de longues périodes de " calme " durant lesquelles la situation paraissait tolérée de la part des propriétaires bénéficiaires. L'on relève que F.________, administrateur-président de la recourante, a activement participé à ces discussions, et ce à tout le moins dès 1993, notamment dans le cadre de la gérance de la régie H.________ SA. C'est au demeurant dans ce contexte, selon le statut de F.________ au sein de la régie du même nom, que peut se poser la question de l'imputation de ces discussions à la recourante, en application du principe de la transparence, et non exclusivement au regard de la position du précité en tant qu'administrateur de la société G.________, comme la recourante affirme que la cour cantonale l'aurait considéré (supra consid. 3). Il apparaît de surcroît que la présente procédure s'insère dans le contexte d'une récente dégradation des relations entre les parties: en juillet 2016, les intimés se sont en effet opposés à un projet de construction de la recourante sur la parcelle no 6208 et la question des places de stationnement a refait surface en août 2016 alors qu'elle n'avait - apparemment - plus fait l'objet de discussions depuis 2008. Contrairement à ce qu'affirme la recourante, l'on ne peut nullement déduire de l'arrêt 5C.107/2001 du 18 juillet 2001 (consid. 2c et 5d) la généralité que l'abus de droit ne pourrait être invoqué lorsque les relations entre les parties se seraient dégradées. Il s'ensuit que la question d'un éventuel comportement contraire à la bonne foi de la recourante peut légitimement se poser, sans toutefois qu'elle puisse être résolue par l'affirmative ou la négative, les circonstances factuelles n'étant à cet égard pas suffisamment établies. Il n'empêche que cette circonstance, qui peut être déterminante pour l'issue du litige au fond, exclut manifestement le recours à la procédure du cas clair (consid. 4.1).