Citation: 8C_361/2022 E. 5.3.2

5.3.2. La recourante conteste essentiellement le fait que l'intimée ait été consciente du début à la fin de l'accident, comme l'a retenu l'autorité précédente. Dans le questionnaire d'accident LAA, l'intimée a indiqué s'être réveillée brusquement, avoir vu le chauffeur endormi au volant, avoir crié et s'être levée pour protéger ses enfants installés à ses côtés, avant que le véhicule tape la barrière de sécurité et qu'elle soit éjectée de la voiture jusque dans un canal en contrebas. Contrairement à ce que soutient la recourante, rien ne permet de penser que ce questionnaire n'ait pas été rempli par l'intimée ou à tout le moins sous sa dictée. Il ressort en outre d'un rapport médical du 6 novembre 2013 émanant d'un spécialiste en neurologie que l'intimée se souvient du choc et des bruits qui l'ont accompagné, puis qu'elle a perdu connaissance jusqu'à son réveil à l'hôpital 72 heures plus tard. A teneur du rapport établi par la police italienne ensuite de l'accident, l'intéressée a été retrouvée en dehors du véhicule dans un état conscient ("in stato cosciente"). Selon un rapport du 16 janvier 2014 du service de psychosomatique de la CRR, l'intimée ne manifeste certes pas de réel phénomène de reviviscence car elle n'a pas de souvenir de l'accident, mais elle présente des cauchemars avec des réveils en sursaut, décrivant des images d'accident de voiture associées à un bruit de verre brisé. Au vu de ce qui précède, on peut conclure que l'intimée se souvient à tout le moins du choc et des instants qui l'ont précédé, d'une manière suffisante pour alimenter ses cauchemars. On ne saurait donc retenir qu'elle ne garde aucun souvenir de son accident.