Citation: 1C_572/2015 E. 4

Le recourant soutient que la dénonciation anonyme à l'origine de la procédure administrative ne constitue pas une base suffisante pour justifier la révocation de son permis de conduire suisse et demande qu'elle soit écartée du dossier avec ses annexes. La cour cantonale a refusé de donner suite à cette requête. Elle a rappelé que la dénonciation était une procédure non contentieuse, par laquelle n'importe quel administré pouvait attirer l'attention d'une autorité hiérarchiquement supérieure sur une situation de fait ou de droit qui justifierait une intervention de l'Etat dans l'intérêt public, qui était possible dans toute matière où l'autorité pourrait intervenir d'office (ATF 133 II 468 consid. 2 p. 471). Tel était le cas du Service cantonal des automobiles et de la navigation selon l'art. 14 de la loi neuchâteloise sur la procédure et la juridiction administratives (LPJA). Par ailleurs, se fondant sur un avis de doctrine (THIERRY TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n° 1441, p. 483), elle a admis que le caractère anonyme de la dénonciation n'empêchait pas l'autorité d'agir si un intérêt public prépondérant l'exige, par exemple en cas de danger pour la sécurité des personnes, comme cela était le cas du fait de circuler sans un permis de conduire valable. Le recourant ne se prévaut d'aucune disposition fédérale ou cantonale qui interdirait aux autorités compétentes en matière de circulation routière de ne pas donner suite à des dénonciations anonymes. Il ne cherche pas davantage à démontrer en quoi la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire ou violé d'une autre manière le droit en admettant que la dénonciation anonyme dont il a fait l'objet ne faisait pas obstacle à ce que le Service cantonal des automobiles et de la navigation procède d'office aux investigations propres, le cas échéant, à établir qu'il n'avait pas délivré à tort un duplicata du permis de conduire pour des considérations d'intérêt public liées à la sécurité routière. Sur ce point également, le recours est insuffisamment motivé au regard des exigences de l'art. 106 al. 2 LTF et doit être déclaré irrecevable.