Citation: 9C_899/2015 E. 4.1

4.1. En tant que le recourant se plaint tout d'abord d'une violation de l'art. 87 RAI, parce que la juridiction cantonale aurait appliqué cette disposition à la fois "pour la question de l'entrée en matière sur la nouvelle demande de prestations AI et pour celle du fond", son grief est mal fondé. L'art. 87 al. 2 et 3 RAI régit les conditions auxquelles l'administration est tenue d'entrer en matière sur une demande de révision ou une nouvelle demande de prestations présentée par l'assuré. Or du moment que l'office intimé était entré en matière sur la nouvelle demande du recourant par sa décision du 19 février 2015, le seul point à trancher pour le tribunal saisi de son recours était celui de savoir si, en raison d'une aggravation de l'état de santé de l'assuré et des effets de cette aggravation sur le plan économique, le degré d'invalidité avait subi une modification significative depuis la décision du 29 octobre 2008 - sur les bases de comparaison dans le temps, cf. ATF 130 V 71 - et atteignait désormais un taux suffisant pour ouvrir le droit à une prestation (ATF 109 V 108 consid. 2 p. 114; ULRICH MEYER/ MARCO REICHMUTH, Rechtsprechung des Bundesgerichts zum IVG, 3 ème éd., n° 120 ad art. 30-31 LAI). A l'inverse de ce que prétend le recourant, cet examen matériel doit être effectué de manière analogue à celui d'un cas de révision au sens de l'art. 17 al. 1 LPGA; il s'agit de vérifier si la modification du degré d'invalidité rendue vraisemblable par l'assuré est effectivement survenue. A défaut, la nouvelle demande est rejetée (cf. ATF 117 V 198 consid. 3a p. 198 et l'arrêt cité). En alléguant que l'art. 87 RAI ne permet pas une telle application par analogie des règles sur la révision d'une rente à toute nouvelle demande de rente après un précédent refus, le recourant nie la jurisprudence constante du Tribunal fédéral relative aux art. 87 RAI, 41 aLAI (abrogé au 1er janvier 2013) et 17 LPGA (entre autres arrêts, ATF 117 V 198 consid. 3a p. 198). Son argument relatif à l'exigence d'une base légale (qui se résume à l'affirmation selon laquelle "il faudrait alors pour cela une base légale") ne précise pas en quoi la délégation de compétence prévue à l'art. 86 al. 2 LAI serait insuffisante. Il ne permet au demeurant pas d'établir que les conditions d'une modification de la jurisprudence seraient réalisées (à ce sujet, cf. ATF 139 V 307 consid. 6.1 p. 312 ss; 138 III 359 consid. 6.1 p. 361).