Citation: 1B_630/2022 E. 4.3

4.3. Le recourant se prévaut des mêmes arguments que dans la procédure ayant abouti à l'arrêt de la Cour de céans 1B_358/2022 du 9 août 2022, dont les considérants conservent toute leur valeur. L'ATF 140 I 125 - auquel se réfère le recourant - a certes admis la voie du recours pénal pour le contrôle des conditions de la détention (ordinaire). L'art. 235 al. 5 CPP laisse toutefois aux cantons la compétence pour régler les droits et les obligations des prévenus en détention, en particulier la surveillance des établissements de détention. Dans le canton de Genève, c'est bien la voie administrative qui est prévue pour s'en prendre aux conditions d'une détention (extraordinaire) décidée par une autorité administrative pour la sauvegarde de la sécurité collective (cf. art. 50 al. 1, 52 al. 2 et 60 al. 1 RRIP). Comme évoqué dans l'arrêt 1B_358/2022 précité, auquel il peut être renvoyé, il n'apparaît pas insoutenable, au vu de la systématique de la loi et du contenu des articles 50, 52 al. 2 - applicable aux personnes condamnées - et 60 RRIP ainsi que de l'art. 30 al. 2 LaCP, de considérer que le placement litigieux - qui ne suppose aucune faute de l'intéressé et ne requiert pas qu'une infraction au règlement ait été commise, au contraire des sanctions prévues à l'art. 47 RRIP - n'est pas de nature pénale. Il est en tout cas défendable de considérer que ce placement revêt le caractère d'une mesure ne relevant pas du régime normal de l'exécution de la détention provisoire, mais qu'il constitue une décision administrative, susceptible d'un recours auprès de la Chambre administrative. Pour le surplus, le recourant ne démontre toujours pas concrètement en quoi le résultat auquel aboutit l'arrêt entrepris serait arbitraire. Quoi qu'en dise ce dernier, la Chambre administrative, à qui la cause a été transmise, a en effet examiné au fond la légalité de la mesure litigieuse, en particulier si celle-ci respectait les dispositions légales applicables en la matière ainsi que les droits fondamentaux du recourant. On ne distingue en l'espèce pas en quoi l'illicéité du placement du recourant en régime de sécurité renforcée alléguée constituerait une question d'opportunité. Dès lors, le recourant ne saurait se contenter de faire valoir sans autre démonstration que la procédure prévue par le CPP lui conférerait dans le cas d'espèce des droits plus étendus que la procédure administrative, sous prétexte que l'art. 393 al. 2 let. c CPP prévoit un examen en opportunité, au contraire de l'art. 61 LPA applicable en procédure administrative. Il est à cet égard également insuffisant d'alléguer qu'une confrontation entre les parties aurait été assurée en application du CPP (cf. supra consid. 3). Mal fondé, le grief doit donc être rejeté.