Citation: 6B_148/2022 E. C

Les faits à l'origine de la procédure sont en substance les suivants. Depuis le 1er novembre 2013, A.________ est titulaire d'une relation bancaire auprès de B.________ à U.________. Les fonds qu'il détient sur cette relation étaient auparavant déposés, depuis 1980, auprès d'un autre établissement qui a été repris par B.________ en octobre 2013. Le 25 février 2004, A.________ a octroyé à la société " E.________ SA ", aujourd'hui en liquidation et dont le directeur était F.A.________, une procuration de gestion selon laquelle E.________ pouvait procéder à diverses opérations financières sur les avoirs gérés, mais pas à des transferts bancaires ou à des retraits en espèces. Le 28 septembre suivant, A.________ a confié à E.________ un mandat de conseil en placement, aux termes duquel il l'autorisait à procéder sur ses avoirs à diverses opérations financières, dont certaines présentant un risque élevé, ce qu'il reconnaissait et acceptait. Les employées chargées de la relation d'affaires de F.A.________ au sein de B.________ ont été C.________, de 2013 à juin 2016, et D.________, de juin 2016 à 2017. Le 19 février 2019, G.A.________, épouse de F.A.________ et administratrice d'E.________, a informé A.________ que son mari avait commis des opérations frauduleuses sur ses avoirs. Le même jour, celui-ci s'est dénoncé pour avoir détourné des fonds au préjudice de plusieurs clients d'E.________, dont A.________. A.________ a déposé plainte pénale le 21 mars 2019 contre F.A.________, qui a fait l'objet d'une procédure séparée, dans le cadre de laquelle il a admis avoir effectué des transferts et un retrait d'espèces au débit du compte d'A.________ sans son autorisation, en copiant-collant sa signature depuis un autre document et en fournissant à B.________ de fausses explications ainsi que de faux justificatifs; il avait aussi demandé à un tiers qui lui était redevable de se faire passer pour A.________ lors des rappels téléphoniques (" call back ") de la banque et avait transmis à B.________ le numéro de ce tiers, qui ne figurait pas sur les documents d'ouverture. Le 24 mars 2020, A.________ a déposé une plainte pénale complémentaire contre B.________, C.________ et D.________ pour blanchiment d'argent. Il a expliqué que les avoirs confiés à E.________ étaient exclusivement destinés à l'héritage futur de ses enfants, qu'il avait opté pour un profil de gestion conservateur et qu'entre 2013 et 2019 ses avoirs étaient passés de USD 5'415'339 à USD 3'303, baisse drastique qui s'expliquait principalement par des transferts indus en faveur de tiers. Sous réserve de quelques instructions générales initiales pour des investissements dans des produits financiers et d'un transfert de USD 697'045 depuis son compte personnel auprès d'une autre banque, il n'avait jamais donné d'instruction directe à B.________ ni demandé à E.________ ou à F.A.________ de procéder à des transferts au débit de ses comptes. Au total, il avait pu identifier 26 opérations litigieuses effectuées entre mars 2014 et novembre 2017 pour un montant total de USD 4'211'372.