Citation: I 210/02 11.12.2002 E. 3

3.1 L'autorité cantonale de recours a nié l'existence d'une aggravation de l'état de santé du recourant. Elle a toutefois admis, comme motif de révision au sens de l'art. 41 LAI, le fait que le recourant a cessé son activité de peintre parce que la poursuite de celle-ci «était incompatible avec son état de santé». Ce raisonnement comporte déjà en soi une contradiction, dès lors que le tribunal cantonal justifie une modification importante de la situation économique du recourant par une incompatibilité entre son activité professionnelle - dont les conditions d'exercice n'ont pas changé - et son état de santé, sans admettre justement une péjoration de celui-ci. En fait, au vu des constatations du docteur A.________, on peut retenir que l'état de santé du recourant a subi une «lente mais réelle dégradation (...) surtout en ce qui concerne la résistance» de l'épaule gauche; le médecin a ainsi attesté au début de l'année 1998 que les amplitudes fonctionnelles du bras gauche avaient légèrement régressé par rapport aux contrôles réalisés précédemment. En revanche, s'il a admis que le recourant ne présentait plus une capacité de travail de 50 % en qualité de peintre, il a cependant précisé qu'il était capable d'effectuer à plein temps une activité légère moyennant certaines restrictions (rapport du 22 janvier 1998). 3.2 Le raisonnement de l'autorité cantonale de recours est paradoxal pour un second motif encore. On ne saurait en effet affirmer, d'une part, que le recourant a subi une modification (négative) dans sa situation économique, dès lors qu'il ne peut plus exercer son activité de peintre pour des raisons de santé, et en déduire, d'autre part, une diminution de son invalidité. Les premiers juges ont admis que le taux d'invalidité de l'assuré a subi une évolution favorable, puisqu'il aurait passé de 51 % en 1996 à 32 % en 2000, tout en motivant cette modification par une péjoration de la capacité de travail du recourant, ce qui devrait logiquement conduire à une diminution de sa capacité de gain. En l'absence de toutes mesures de réadaptation dont aurait bénéficié le recourant et en considérant qu'il n'est plus en mesure d'exercer son activité antérieure, on ne voit pas comment sa situation économique aurait pu évoluer de manière à diminuer le taux d'invalidité qu'il présentait en 1996, soit à une époque où il ne pouvait déjà plus travailler qu'avec un rendement réduit. 3.3 En réalité, à l'instar de l'intimé - qui s'est contenté d'effectuer un nouveau calcul de l'invalidité du recourant pour étayer la décision litigieuse, sans déterminer de motif de révision au sens de l'art. 41 LAI -, l'instance judiciaire cantonale s'est bornée à effectuer une comparaison des revenus avant et après invalidité, comme si elle avait à apprécier le droit à la rente de l'assuré pour la première fois. En particulier, elle ne démontre pas en quoi les bases de comparaison des gains auraient concrètement changé depuis 1996, alors qu'à cette époque-là déjà, le recourant était incapable de travailler dans son métier à plein-temps (questionnaires pour l'employeur des 27 février 1995 et 25 avril 1997). Or, la révision au sens de l'art. 41 LAI ne saurait fonder une nouvelle évaluation inconditionnelle du droit à la rente (ATF 112 V 372 consid. 2b et 376 consid. 4; Meyer-Blaser, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung (IVG), p. 253 sv, ad 41 LAI), soit sans que n'existe une modification de la situation ayant concrètement des effets sur la capacité de gain de l'assuré. Au vu du dossier, aucun élément ne permet en fait de retenir que la capacité de gain du recourant aurait subi une modification décisive au sens de la LAI depuis la décision initiale. Dans ces circonstances, il n'y a pas lieu de retenir l'existence d'un motif de révision au sens de l'art. 41 LAI.