Citation: 1C_651/2023 E. 3

Les recourants sont d'avis qu'une inspection locale aurait dû être mise en oeuvre étant donné que la pose de gabarits avait été refusée et que la Municipalité de Prangins ne s'était pas déplacée avant de statuer. Il était indifférent que la cour cantonale se soit rendue sur place dans le cadre d'un précédent litige qui portait sur un autre objet. Cette mesure d'instruction aurait permis d'entendre les parties et de constater la modification de la hauteur du terrain naturel consécutivement au colmatage des excavations des bâtiments démolis et à l'ajout d'une couche de terre végétale sur toute la surface de la parcelle. Elle aurait également permis de déterminer quels étaient les arbres à abattre et à planter, alors que ceux figurant sur la planche n° 1 ne correspondent pas à la situation initiale, avant la démolition des bâtiments existants. Les recourants n'invoquent aucune disposition légale cantonale ou communale qui imposerait la tenue d'une inspection locale, de sorte que le refus d'y procéder ne viole le droit d'être entendu que s'il est entaché d'arbitraire au terme d'une appréciation anticipée des preuves (ATF 120 Ib 224 consid. 2b; 112 Ia 198 consid 2b; arrêt 1C_243/2013 du 27 septembre 2013 consid. 3.2.1). La cour cantonale a refusé de mettre en oeuvre une inspection des lieux car elle avait déjà procédé à une vision locale le 29 août 2022, dans la même composition, dans les causes jointes AC.2022.0054 et AC.2022.0088, qui concernaient la même parcelle et qui opposaient les mêmes parties. À cette occasion, elle a notamment pu prendre connaissance de la situation de la parcelle n° 613 et de ses alentours, en particulier de l'implantation de la villa des recourants. L'orientation du faîte de la maison de maître et de l'annexe litigieuses pouvait s'apprécier d'après les plans d'enquête, sans qu'il soit nécessaire de se rendre sur place. L'implantation des villas dans le voisinage pouvait être relevée sur la base des photographies aériennes. Les recourants n'ont pas motivé la tenue d'une vision locale pour constater la modification du terrain naturel à la suite des travaux de remblayage mais ils se sont limités à exiger la production d'un plan indiquant les courbes de niveaux du terrain avant la réalisation des travaux de démolition. Ils n'ont pas davantage justifié une inspection des lieux pour vérifier les arbres à abattre et à planter. Ils ne sauraient dès lors reprocher de bonne foi à la Cour de droit administratif et public de ne pas avoir organisé un transport sur place pour ces motifs. Au demeurant, ils ne remettent pas en cause la constatation de la cour cantonale faite sur la base du plan des aménagements extérieurs que seuls six arbres seraient déplacés plus au sud, qu'aucun arbre n'était supprimé et qu'à l'exception de la haie faisant l'objet des causes jointes AC.2022.0054 et AC.2022.0088 portées devant le Tribunal fédéral, aucune plantation ou arbre déplacé ne sera nouvellement implanté du côté de leur parcelle.