Citation: 1C_481/2023 E. 5.2

5.2. Bien qu'un tel grief n'ait pas été soulevé devant l'instance précédente, les recourants reprochent à celle-ci de n'avoir pas d'office contrôlé préjudiciellement le plan. Ils n'expliquent cependant en quoi il serait critiquable de ne pas avoir procédé à une telle démarche en l'absence de tout grief spécifique. Or, compte tenu en particulier du caractère bâti du secteur litigieux et de sa situation centrale au sein du village, la nécessité de procéder à un tel contrôle n'apparaît pas d'emblée évidente. Quoi qu'il en soit, dès lors que la question du contrôle incident de la planification repose sur l'application du droit fédéral, l'"épuisement des griefs" dont se prévalent tant la constructrice que la commune pour remettre en cause la recevabilité du grief n'est pas à propos: selon la jurisprudence, un grief de droit fédéral nouveau est recevable, pour autant que les faits pertinents sur lesquels il repose aient été constatés par l'instance précédente (cf. ATF 142 I 155 consid. 4.4.3; arrêt 1C_326/2016 du 7 décembre 2017 consid. 2.2). A l'appui de leur grief, les recourants arguent essentiellement de l'ancienneté du plan - adopté en 1984 -, du surdimensionnement de la zone à bâtir communale, de l'augmentation de la population et du quasi-épuisement du potentiel de croissance hors centre. Si la date d'adoption du plan ressort du dossier, les questions liées au surdimensionnement et à la démographie n'ont en revanche pas été abordées par l'instance précédente. Il n'est cependant pas nécessaire de statuer formellement sur la recevabilité de ces éléments nouveaux. En effet, les conditions d'un contrôle incident n'apparaissent en tout état de cause pas réalisées.