Citation: 2C_185/2008 27.06.2008 E. 1

4.2 Dans le cas particulier, à peine quatre mois après son arrivée illégale en Suisse, AX.________ a fait la connaissance de son futur époux par le biais d'une petite annonce. Les intéressés ont décidé de se marier après deux mois de fréquentation. Ils ont fait ménage commun pendant trois ans avant que la recourante ne quitte le domicile conjugal en novembre 2005. Le Tribunal cantonal a constaté que les époux n'avaient jamais repris la vie commune et qu'aucun indice objectif ne laissait entrevoir une reprise de la relation de couple. La recourante fait valoir que ni elle, ni son mari, n'ont jamais exclu de reprendre la vie commune et que c'est à tort que l'autorité intimée a mis en doute les chances d'une réelle reprise. Certes, la rupture définitive d'une union conjugale ne doit pas être déduite dans tous les cas du fait que des conjoints vivent séparés. En l'espèce toutefois, d'autres éléments confirment que l'union de la recourante est désormais vide de toute substance. Il ne suffit en effet pas de constater que le conjoint étranger n'a jamais exclu l'idée de reprendre la vie commune pour en conclure, comme le fait la recourante, qu'une telle issue est encore plausible. D'autres indices que cette seule opinion doivent étayer l'hypothèse d'une possible reprise de la vie commune. Or, l'on cherche en vain des éléments allant dans ce sens dans le cas particulier. La recourante se contente d'avancer qu'aucune procédure de divorce n'a été entamée et de souligner que son époux a déclaré, lors de l'audience relative aux mesures protectrices de l'union conjugale du 29 juin 2007, qu'il espérait qu'elle revienne. Celui-ci a cependant également indiqué, à cette même occasion, qu'il ne pouvait pour l'instant accepter de revivre avec son épouse; il lui fallait un temps de réflexion plus long. La recourante a quitté le domicile conjugal lorsque son mari a commencé à avoir des crises de schizophrénie et a dû être hospitalisé. Lors de son audition du 19 décembre 2006 devant le Service cantonal, elle a affirmé qu'elle ne pouvait envisager de retourner vivre avec son époux dans l'état où il était ("J'ai peur de rentrer chez mon mari. S'il me tue? Et qu'il se tue?" [procès-verbal, p. 6]). A la date de l'arrêt dont est recours, la situation des intéressés n'avait pas évolué; il n'apparaissait pas que ceux-ci auraient entrepris des démarches concrètes - ni même repris contact - en vue d'une éventuelle réconciliation et la recourante n'a pas non plus fait état que la santé de son mari se soit améliorée. Dans ces conditions, vu les causes de la désunion, la durée de la séparation et l'absence de tout projet matrimonial concret, l'autorité intimée pouvait admettre qu'il n'y avait pratiquement plus aucun espoir que les époux X.________ reprennent un jour la vie commune. Partant, sur la base des faits figurant dans l'arrêt attaqué, le mariage doit être considéré comme n'existant plus que formellement et c'est à juste titre que le Tribunal cantonal a confirmé le refus de renouveler l'autorisation de séjour de la recourante. 4.3 Au surplus, on peut relever que le présent arrêt ne préjuge en rien de l'issue de la procédure de réexamen, relative à la reprise de la vie commune alléguée, engagée par la recourante auprès du Service cantonal le 4 mars 2008.