Citation: 8C_39/2019 E. 10.1

10.1. Selon la recourante, en stipulant l'art. 68 par. 2, 3 ème phrase, du règlement n° 883/2004, le législateur européen n'entendait certes pas rendre le versement du complément différentiel obligatoire en faveur de l'ayant droit sans activité lucrative. Toutefois, elle admet qu'il ne l'excluait pas non plus. La recourante est d'avis qu'il appartient aux Etats signataires de décider s'il est "nécessaire ou pas nécessaire" de verser un complément différentiel à un ayant droit non actif. Elle invoque l'art. 7 al. 2 LAFam en lien avec l'art. 19 al. 1 LAFam. Selon la première de ces dispositions, dans le cas où les allocations familiales du premier et du second ayants droit sont régies par les dispositions de deux cantons différents, le second a droit au versement de la différence lorsque le taux minimal légal est plus élevé dans son propre canton que dans l'autre. L'art. 19 al. 1 prévoit toutefois, ainsi qu'on l'a vu (supra consid. 6.1), que l'art. 7 al. 2 n'est pas applicable aux personnes obligatoirement assurées à l'AVS en tant que personnes sans activité lucrative, ce qui est le cas de l'intimée. La recourante soutient donc que cette réglementation exclut également un complément différentiel dans l'application de l'art. 68 par. 2, 3 ème phrase du règlement n° 883/2004. Elle ne devrait en conséquence verser aucun complément aux ARS pour chacune des années 2014 et 2015.