Citation: 9C_13/2023 E. 4.3.1

4.3.1. En ce que la société se limite à "recontextualiser la nouvelle répartition des tâches dans le cadre du transfert de la gestion de l'entreprise familiale", elle oppose sa propre appréciation de la situation à celle de l'instance précédente, sans dire en quoi la qualification de salaire opérée par les premiers juges serait manifestement inexacte. Ceux-ci ont appliqué la présomption découlant des art. 5 al. 2 LAVS et 7 RAVS selon laquelle les honoraires versés à un organe d'une personne morale constituent un salaire déterminant (consid. 2.2 supra). Ils ont en particulier constaté que selon le mémo explicatif transmis par la recourante à l'intimée le 22 janvier 2020, les époux C.C.________ et D.C.________ souhaitaient transmettre la société à leur fils, E.C.________, et que cette démarche avait conduit à une certaine répartition des tâches entre eux-mêmes et leur fils. Alors que le couple C.C.________ et D.C.________ avait "conservé les tâches inaliénables des gérants d'une [S]àrl en Suisse, à savoir notamment la haute direction de la société", le "reste des activités de la gestion de la société", à savoir les responsabilités courantes et les tâches de gestion quotidienne, était transmis à leur fils (mémo explicatif du 22 janvier 2020). Compte tenu de ces indications, c'est en vain que la société affirme dans son écriture de recours que les activités confiées aux époux C.C.________ et D.C.________ conformément au "service agreement" qu'elle avait conclu le 17 janvier 2019 avec le couple C.C.________ et D.C.________ ne s'inscrivent pas au sein des attributions intransmissibles et inaliénables des gérants d'une société à responsabilité limitée selon l'art. 810 al. 2 CO et qu'elle procède à sa propre "qualification juridique" de celles-ci. En présence de deux versions différentes et contradictoires d'un fait, la juridiction cantonale ne tombe en particulier pas dans l'arbitraire en accordant la préférence à celle que la personne en cause a donnée alors qu'elle en ignorait les conséquences juridiques, les explications nouvelles pouvant être consciemment ou non le fruit de réflexions ultérieures (ATF 142 V 590 consid. 5.2; 121 V 45 consid. 2a; arrêt 9C_248/2022 du 25 avril 2023 consid. 4.3). De plus, l'instance précédente a dûment exposé les raisons pour lesquelles elle a considéré que la large majorité des activités confiées au couple C.C.________ et D.C.________ correspondait à des tâches inaliénables et inhérentes à la qualité de gérant d'une société à responsabilité limitée (selon l'art. 810 al. 2 CO) que les époux n'auraient pas effectuées en dehors de leur fonction dirigeante. Son appréciation ne prête pas le flanc à la critique. A cet égard, quoi qu'en dise la recourante, le "coaching des cadres responsables des finances et de l'entreprise" effectué par D.C.________ relève de l'exercice de la surveillance sur les personnes chargées de parties de la gestion afin de s'assurer notamment qu'elles observent la loi, les statuts, les règlements et les instructions données (cf. art. 810 al. 2 ch. 4 CO). Quant aux tâches de supervision du marketing dont s'occupait C.C.________, elles ont été confiées à celle-ci en raison de sa longue expérience au sein de la société et rien n'indique qu'elle aurait assumé cette fonction de conseil et de surveillance si elle n'était pas restée associée gérante. Le grief tiré de la violation de l'art. 810 CO est mal fondé.