Citation: 5C.234/2000 22.02.2001 E. 1

b) Lorsque la mainlevée définitive a été accordée, comme en l'occurrence, dans le cadre de l'action en reconnaissance de dette (art. 79 al. 1 LP; FF 1991 III 75; ATF 107 III 60), le poursuivi qui agit sur la base de l'art. 85a LP ne peut se prévaloir, en plus des moyens découlant de la décision elle-même (cf. Amonn/Gasser, op. cit. , §§ 19 N 56 et 20 N 20), que de faits intervenus après l'entrée en force du jugement, à savoir de nova proprement dits (Amonn/Gasser, op. cit. , § 20 N 20; Brönnimann, op. cit. , p. 1399/1400; Tenchio, op. cit. , p. 83; Gasser, Revidiertes SchKG - Hinweise auf kritische Punkte, ZBJV 132/1996, p. 640; Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, vol. I, N 16, 28, 32 et 94 ad art. 85a LP). Le jugement rendu à l'issue du procès en reconnaissance de dette étant revêtu d'une pleine autorité de la chose jugée quant à l'existence de la créance en poursuite (Amonn/Gasser, op. cit. , § 4 N 48 et 49), il fonde l'exception correspondante à l'égard des conclusions négatoires du poursuivi (Amonn/Gasser, op. cit. , § 20 N 19; Tenchio, op. cit. , p. 82/83; pour l'exception de litispendance, cf. Bodmer, op. cit. , N 11 ad art. 85a LP). En l'espèce, l'intimée n'a rien fait valoir de tel. Son conseil s'est adressé à la recourante le 9 octobre 1997, donc avant la reddition du jugement zurichois, pour lui expliquer que sa mandante "n'avait jamais été en possession d'une carte Eurocard/Mastercard", et la priait de lui communiquer "tous les documents relatifs à la demande de carte". La recourante ne s'est, certes, exécutée que le 18 décembre suivant, alors que cette décision était passée en force; il n'en demeure pas moins que les circonstances dans lesquelles a été délivrée et utilisée la carte de crédit pouvaient être discutées, et les moyens de preuve idoines administrés, dans le cadre du procès en reconnaissance de dette. L'autorité cantonale en convient du reste implicitement, lorsqu'elle retient que les pièces en question n'ont fait que corroborer les soupçons que l'intimée nourrissait "déjà", à savoir qu'"une tierce personne, avait abusé de son nom pour obtenir la carte de crédit".