Citation: 4P.84/2001 17.07.2001 E. 2

2.- A propos de la recevabilité de son recours, le recourant relève qu'une décision, qui, comme en l'espèce, subordonne l'exécution d'un jugement à l'avènement d'une condition, ne met pas fin à la procédure d'exécution et revêt un caractère incident. A l'en croire, dès l'instant où il fait valoir valablement, à côté de la violation de l'art. 9 Cst. , un autre grief qui n'est pas manifestement irrecevable ou mal fondé, la voie du recours de droit public lui serait ouverte, quand bien même les décisions déférées ne lui auraient pas causé un préjudice irréparable. Soulignant aussi que le recours de droit public n'est possible qu'après épuisement des moyens de droit cantonal, le bailleur affirme qu'en l'espèce aucun recours de droit cantonal n'est prévu contre la décision du Procureur général relative à l'évacuation des locataires. Le recourant conteste avoir jamais donné son accord à une suspension de la procédure. Sur le fond, il se réfère à l'art. 474A al. 2 LPC gen. , qui prévoit que le procureur général peut, pour des motifs humanitaires, surseoir à l'exécution dans la mesure nécessaire pour permettre le relogement du locataire. Il relève que le Tribunal fédéral considère que, si l'autorité judiciaire dispose d'une certaine latitude d'appréciation dans la diligence qu'elle apporte à cette exécution, l'ajournement de la décision doit rester relativement bref et ne pas équivaloir à une nouvelle prolongation du bail (ATF 117 Ia 336 consid. 2b). Aussi le renvoi de l'exécution sine die ne serait-il pas admissible. En décidant de suspendre la procédure, à la condition que l'indemnité courante soit payée régulièrement, le Procureur général aurait grossièrement violé la loi, laquelle ne prévoit pas l'évacuation conditionnelle d'un locataire.