Citation: 6B_766/2016 E. 2.3

2.3. Se fondant notamment sur l'expertise réalisée le 27 janvier 2015, la cour cantonale a retenu que les troubles dont souffrait le recourant ne pouvaient pas s'amender, celui-ci étant dans l'impossibilité d'appréhender sa maladie, respectivement étaient impossibles à traiter, en l'état des méthodes scientifiques à disposition. Dans ces circonstances, la durée relativement brève du traitement depuis qu'il se situait dans une phase continue, demeurait sans pertinence. Le constat net et sévère de l'expert rejoignait par ailleurs ce que disaient ou laissaient entendre déjà d'autres psychiatres en 1991, 2002 et en 2008, bien que de manière plus réservée. En 2011 également, dans le cadre d'une demande de libération conditionnelle, il avait été constaté que l'intéressé se montrait réfractaire à tout suivi thérapeutique et qu'il ne se remettait pas en question. Les nombreuses expériences faites avec des thérapeutes avaient à chaque fois montré que toute tentative visant à engager le recourant dans un mouvement de critique et de remise en question de ses attitudes et de ses comportements, indispensable prélude à un éventuel changement significatif, avait abouti à une détérioration rapide de la relation thérapeutique. Le recourant se référait en vain à l'avis de ses psychiatre et psychologue traitants pour défendre sa thèse, dans la mesure où les objectifs du traitement et les résultats constatés par ces derniers, encore en décembre 2015, ne venaient que confirmer la thèse de l'expert, pourtant développée en janvier 2015, et les déclarations faites par le recourant lui-même lors de son audition par la Commission consultative de libération conditionnelle et d'examen de la dangerosité du canton de Fribourg en 2015, à savoir qu'une prise de conscience du trouble dont il était atteint et des délits qu'il avait commis s'avérait un exercice impossible et qu'il en était fort probablement ainsi depuis les premières expertises. Sur la base de ces éléments, et compte tenu de l'absence de toute avancée dans le traitement instauré depuis 18 mois, la cour cantonale a jugé que la mesure thérapeutique n'était clairement pas susceptible de détourner l'intéressé de nouvelles infractions en relation avec le trouble dont il est atteint, de sorte qu'elle devait être levée.