Citation: 8C_303/2018 E. 5.2

5.2. En l'occurrence, on constate que les conclusions des spécialistes de la réadaptation professionnelle de l'assurance-invalidité et celles des experts du CEMed concordent en ce qui concerne les nombreuses limitations physiques (limitations importantes de la mobilité des membres supérieurs, port de charges très limité, force insuffisante, absence de rythme de travail suffisamment rentable, résistance insuffisante des membres supérieurs) qui entraînent une incapacité de travail entière dans l'activité de gainière exercée par l'assurée avant l'atteinte à la santé. A la différence des experts du CEMed, les spécialistes du COPAI ont toutefois nié toute possibilité pour l'intéressée de mettre concrètement en oeuvre la capacité de travail de 100 % retenue par les médecins du CEMed, motif pris que l'assurée n'était pas apte à réintégrer le circuit économique ordinaire en raison de ses nombreuses limitations fonctionnelles, son manque de formation, son expérience professionnelle peu diversifiée et ses faibles capacités d'adaptation dans un autre domaine. Cela étant, on ne peut partager le point de vue de la cour cantonale, selon lequel l'appréciation des spécialistes du COPAI repose sur des considérations liées exclusivement à l'atteinte à la santé. Il apparaît en effet qu'en ce qui concerne les limitations fonctionnelles découlant des maladies professionnelles, ceux-ci ne font état d'aucun élément objectif de nature à mettre en cause les conclusions des experts du CEMed. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient l'intimée au sujet du principe d'uniformité de la notion d'invalidité dans l'assurance sociale, l'évaluation de l'invalidité par les organes de l'assurance-invalidité n'a pas de force contraignante pour l'assureur-accidents (ATF 131 V 362 consid. 2.3 p. 368). Il est donc admissible d'évaluer l'invalidité de l'intimée indépendamment des décisions rendues en matière d'assurance-invalidité. Vu ce qui précède, la recourante était fondée à admettre qu'une activité légère de type contrôle ou surveillance est exigible à 100 %, pour autant qu'il soit possible d'alterner les positions assise/debout.