Citation: 6B_1158/2015 E. A

Le 10 septembre 2014, X.________ a déposé plainte pénale contre A.________ pour abus de confiance, escroquerie, voire faux dans les titres. Il lui reprochait d'avoir exploité la faiblesse de son état de santé pour détourner à son détriment plus de 900'000 fr., à savoir 604'918 fr. et 332'600 fr. qu'il avait hérités de feu son épouse et qui étaient en compte auprès de la banque B.________ à Genève, respectivement au Luxembourg. X.________ indique avoir sombré dans l'alcool et une grave dépression après le suicide de son épouse le 27 janvier 2012. Son état d'effondrement était tel qu'il avait dû être hospitalisé à de très nombreuses reprises, souvent en urgence. Incapable de gérer son quotidien et totalement démuni face aux biens qu'il venait d'hériter, il avait alors cru pouvoir s'appuyer sur un ancien ami, A.________, qu'il connaissait depuis 40 ans. Ce dernier, afin de le protéger contre lui-même, l'avait convaincu de lui confier ses avoirs auprès de la banque B.________ à Genève afin qu'il les dépose dans le coffre de son domicile à Cologny. Ainsi, entre mai 2012 et août 2013, il s'était rendu avec lui à plusieurs reprises auprès de la banque pour y effectuer d'importants prélèvements en espèces, jusqu'à la clôture du compte. L'argent était remis de la main à la main à A.________, sous déduction de "quelques milliers de francs", à savoir environ 10 % de chaque prélèvement, que son ami lui laissait pour payer ses besoins courants. Plus de deux ans après, ayant réussi à reprendre sa vie en main, il avait contacté A.________ au printemps 2014 pour lui demander de lui restituer l'argent qu'il avait conservé pour lui, mais celui-ci avait argué qu'il ne lui devait rien. Il avait également appris d'un employé de la banque B.________ à Genève que A.________ avait "vidé" le compte de feu son épouse au Luxembourg. Après avoir pu reconstituer les prélèvements effectués à Genève sur le compte de l'hoirie, il s'était aperçu que certains retraits avaient eu lieu durant des périodes où il était hospitalisé. Il ressortait également d'un courrier de la banque à son avocat qu'il avait octroyé, le 20 février 2012, une procuration générale notariée en faveur de A.________ sur ses avoirs auprès de la banque B.________ à Genève. Il avait en outre réalisé qu'à la suite d'un ordre de virement daté du 6 juin 2012, apparemment daté de sa main, ses avoirs auprès de la banque B.________ au Luxembourg avaient été transférés en faveur d'une société "C.________" - dont l'ayant droit économique était D.________ - et le compte clôturé; or, il ne se souvenait pas d'avoir signé un tel document, étant précisé qu'à la date figurant sur celui-ci, il était hospitalisé. Il soupçonnait dès lors A.________ d'avoir soit abusé de son état déplorable pour lui faire signer ce document, soit imité sa signature.