Citation: 4A_573/2015 E. 5.3.2

5.3.2. Le recourant soutient encore que la demande est spécieuse et incohérente. En tant qu'il fait valoir que la demande est spécieuse parce que le demandeur n'a pas déposé un seul moyen de preuve à l'appui de son allégation de la conclusion d'un contrat de prêt au sens de l'art. 305 CO, le recourant méconnaît à nouveau les principes jurisprudentiels de la théorie de la double pertinence. Selon le recourant, la demande serait incohérente parce que le demandeur a exposé d'abord que W.________ se réservait le droit de demander la réparation de son préjudice, puis qu'il a dû rembourser à W.________ le dommage causé par son opération non autorisée et, enfin, que W.________ lui a cédé ses droits. Puisque le recourant ne conteste pas avoir passé l'ordre litigieux du 23 juillet et ne pas l'avoir confirmé par la suite, on ne voit pas en quoi la chaîne des prétentions récursoires résultant du dommage causé à la banque serait incohérente. On ne voit pas non plus en quoi le fait que W.________, qui a désintéressé la banque, a cédé ses droits au demandeur - cession qui serait soumise au droit hollandais - entraînerait une modification du fondement de la créance pour violation du contrat de prêt invoquée par le demandeur à l'encontre du défendeur. Dès lors que le recourant ne soutient pas avoir eu de lien direct avec W.________ et avoir une dette à l'égard de cette société, son argumentation est sans aucune consistance. Enfin, contrairement à ce que le recourant soutient, on ne voit pas comment le demandeur aurait " cherché à créer un for en Suisse en invoquant finalement un contrat de prêt qui n'a jamais existé " (recours p. 7 n. 37) alors que le recourant est précisément domicilié en Suisse. Dans la mesure où le recourant soutient qu'il a d'emblée contesté avoir utilisé l'accès du demandeur pour l'opération litigieuse puisqu'il aurait utilisé le login de A.________ SA, société sise à... pour laquelle il travaillait à 100% (ce qu'il a prouvé par pièce), il méconnaît que cette question est un fait doublement pertinent, pour lequel, au stade de l'examen et de la décision sur la compétence, les objections du défendeur ne sont pas prises en considération. Au vu des faits allégués, on ne voit pas en quoi la demande en dommages-intérêts pour violation du contrat d'utilisation de l'accès à la plateforme V.________ viserait à déguiser la véritable nature du contrat conclu ou qu'elle reposerait sur des allégués manifestement faux.