Citation: 1P.875/2005 22.02.2006 E. 2

La recourante se plaint de l'insuffisance de la motivation retenue pour écarter sa requête d'assistance judiciaire. Elle dénonce à ce propos une violation de son droit d'être entendue consacré aux art. 29 al. 2 Cst. et 11 al. 1 OAJA. Cette disposition cantonale ne confère pas de garanties supplémentaires à la personne qui requiert l'octroi de l'assistance judiciaire, de sorte que le grief doit être examiné au regard du droit constitutionnel fédéral. 2.1 Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., impose au juge l'obligation de motiver ses décisions afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient. Pour satisfaire à cette exigence, il suffit que le juge mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être tenus pour pertinents (ATF 129 I 232 consid. 3.2 p. 236; 126 I 97 consid. 2b p. 102). 2.2 La Présidente de la Cour pénale a expliqué les raisons pour lesquelles elle tenait l'indigence de la recourante pour non établie; elle a énuméré la liste des opérations effectuées par Me Jean-Luc Addor dans la procédure pénale; elle a rappelé les éléments sur lesquels elle s'est fondée pour fixer le montant des honoraires que celui-ci aurait raisonnablement pu exiger de sa cliente, pour aboutir à la conclusion que les provisions déjà versées étaient suffisantes pour couvrir les frais de défense pour la procédure d'appel; de même, elle n'a pas ignoré le fait que Me Jean-Luc Addor assurait également la défense des intérêts dans les procédures matrimoniales et tutélaires, mais elle a estimé que le solde des provisions versées à son conseil de choix suffisait à couvrir les frais afférents à ces procédures. La recourante était ainsi en mesure de contester en connaissance de cause la décision de la Présidente de la Cour pénale écartant sa requête d'assistance judiciaire partielle. Pour le surplus, la question de savoir si la motivation retenue est pertinente relève du fond. Le grief tiré de la violation du droit à une décision motivée est infondé.