Citation: 9C_54/2021 E. 5.1

5.1. Premièrement, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir violé l'autorité de la chose jugée de l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral en se ralliant aux conclusions du docteur D.________. Pour la recourante, en effet, ce médecin n'avait pas respecté le cadre du complément d'instruction posé par l'instance fédérale en tant qu'il discutait les diagnostics psychiatriques retenus par les précédents experts de la CRR et qu'il remettait en cause leur constat selon lequel elle présentait une aggravation de son état de santé psychique depuis 2010. Or les points précités avaient acquis force de chose jugée avec l'arrêt de renvoi et le docteur D.________ ne pouvait y revenir, étant lié par ceux-ci. La mission confiée au docteur D.________ avait certes ceci de particulier que la recourante avait déjà fait l'objet d'une évaluation psychiatrique en 2012, ayant abouti à la conclusion d'une incapacité de travail totale dans la sphère professionnelle, et qu'en raison du décès de l'expert psychiatre de la CRR qui avait procédé à cette évaluation, il revenait au nouvel expert nommé d'examiner, en partant de constats psychiatriques faits avant lui, ce qu'il en était dans la sphère ménagère. En l'espèce, c'est ce qu'a fait le docteur D.________ en passant en revue le dossier médical mis à sa disposition, en particulier l'expertise de la CRR, et en complétant sa compréhension du cas par un entretien avec la recourante sur les problèmes psychiques de celle-ci en relation notamment avec la tenue du ménage (cf. chapitre 3 du rapport du 11 septembre 2018). A l'inverse de ce qu'elle soutient, le docteur D.________ n'a pas remis en cause la problématique psychique mise en évidence par l'expertise de la CRR. Le diagnostic psychiatrique principal retenu alors consistait en un trouble de la personnalité dépendante décompensée sur le mode dysthymique [F60.7] (le tableau clinique dysthymique observé étant caractérisé par un moral abaissé, une labilité émotionnelle, des idées noires sans scénario, une anhédonie partielle, une perte d'estime de soi, sans perte de concentration ni mémoire et sans repli social); l'expert psychiatre de la CRR avait considéré comme insuffisants les éléments d'un trouble dépressif récurrent léger. Or le docteur D.________ a validé l'existence d'une souffrance psychologique chez la recourante - toujours actuelle selon lui - sous la forme d'un trouble d'anxiété généralisée d'intensité faible/modéré (F41.1) et d'un état dysthymique de fond (F.34.1) ou subsidiairement d'un trouble de personnalité non spécifique (F60.9) à traits dépendants, dysthymiques et anxio-dépressifs (cf. page 17 de son rapport). Par ailleurs, si à l'époque les experts de la CRR avaient constaté une aggravation des difficultés rencontrées par la recourante depuis 2010 à raison du diagnostic posé, celle-ci a été mise en rapport avec les exigences d'une participation professionnelle dans une activité rémunérée (voir la page 12 de l'expertise de la CRR du 16 janvier 2012 ainsi que l'évaluation psychiatrique du docteur C.________ du 12 janvier 2012). Une telle situation ne se répercute pas nécessairement ou pas de la même manière dans l'accomplissement des travaux domestiques. C'est justement la raison du renvoi de la cause à l'intimé pour un complément d'instruction et, sur ce point, le nouvel expert conservait une entière latitude pour se prononcer. Le docteur D.________ n'a donc pas méconnu le contexte dans lequel s'inscrivait sa mission d'expertise. Le grief d'une violation de l'autorité de la chose jugée est mal fondé.