Citation: 2D_43/2019 E. 5.3

5.3. Seule se pose donc en l'espèce la question de la proportionnalité de la mesure prononcée à l'encontre du recourant (art. 96 al. 1 LEtr et 8 par. 2 CEDH). A ce propos, le recourant ne faisant que remettre en question la pesée des intérêts effectuée par le Tribunal cantonal en y ajoutant certains faits de manière appellatoire (cf. consid. 4 ci-dessus), il peut être renvoyé aux considérants de l'arrêt de cette autorité, qui a correctement exposé la jurisprudence relative aux dispositions topiques et dûment appliqué le droit fédéral et international (art. 109 al. 3 LTF). Elle a notamment expliqué que le recourant avait commis des infractions contre l'intégrité sexuelle, envers lesquelles le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux (ATF 139 II 121 consid. 5.3 p. 126). Sa condamnation à cinq ans de peine privative de liberté est particulièrement lourde, le recourant ayant notamment entretenu, à de nombreuses reprises, sur plus de quatre ans, des relations sexuelles avec la fille de l'une de ses compagnes, alors âgée de quatorze ans et souffrant d'un important retard mental. De plus, sa culpabilité a été jugée très lourde, le recourant ayant également filmé ses relations avec l'enfant et pris de nombreuses photographies. Il a par ailleurs livré sa victime à un tiers pour favoriser des relations sexuelles filmées. En outre, le recourant a agi pour des raisons purement égoïstes, contestant les faits et estimant au départ que la plaignante était à l'origine des actes en cause en raison de son attitude provocante. Un tel comportement démontre une incapacité crasse à se conformer au système juridique suisse. Pour le surplus, l'autorité précédente a considéré que le recourant était arrivé en Suisse à 25 ans et qu'il avait donc passé une partie importante de sa vie dans son pays d'origine, dont il maîtrise la langue. Le Tribunal cantonal a aussi pris en compte l'intégration du recourant en Suisse. A ce propos, il a relevé que le recourant, qui n'a pas d'enfant, ni de réels liens familiaux en Suisse, n'avait jamais exercé d'activité lucrative fixe, qu'il avait dépendu durablement de l'aide sociale et qu'il avait accumulé d'importantes dettes, excluant toute intégration suffisante. L'autorité précédente a également exclu le concubinage évoqué par le recourant, la femme dont celui-ci se prétend le concubin ayant indiqué, lors d'une audition devant la police, être homosexuelle. Le Tribunal cantonal a par ailleurs relevé le fait que le comportement du recourant depuis sa condamnation ne pouvait pas être qualifié de prometteur, celui-ci ayant notamment refusé d'entreprendre un suivi psychologique, respectivement psychiatrique, déclarant ne pas en ressentir le besoin. Finalement, l'autorité précédente a encore jugé que si le recourant invoquait de manière très vague des problèmes de santé, ceux-ci n'avaient jamais été documentés. Pour le surplus, le recourant se limite à citer les art. 2, 3 et 8 CEDH et diverses jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'homme, sans expliquer en quoi ces dispositions sont applicables à sa situation, ce qui ne remplit aucunement les conditions de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. ATF 131 I 366 consid. 2.2 p. 368 et les références). Les affirmations appellatoires du recourant voulant qu'un retour dans son pays d'origine le conduirait à y mourir dans la misère et l'indifférence totale, ainsi que les menaces qu'il élève envers la Suisse frisent la témérité et ne sauraient influencer le contrôle de la pesée des intérêts effectuée par le Tribunal cantonal. Les graves problèmes de santé invoqués n'ont pas été retenus par l'autorité précédente et il n'y a donc pas à les prendre en compte.