Citation: 1B_213/2013 E. 6.2

6.2. A l'appui de leur grief, les recourantes affirment que, s'agissant du prêt accordé par la banque H.________ à la société G.________, les autorités russes ont pu identifier en Russie les immeubles acquis avec le prêt incriminé. A leurs yeux, les autorités russes "peuvent donc saisir en Russie tant les immeubles acquis avec les fonds provenant du prêt que les fonds constituant le prix de vente en mains des parties venderesses". Les recourantes se prévalent dans ce contexte d'un rapport d'expertise russe qui établirait la valeur des immeubles concernés. Par ailleurs, les autorités russes admettraient que les fonds saisis devaient garantir les prétentions civiles des lésés. Enfin, elles relèvent que les avoirs séquestrés en Suisse par le MPC (CHF 358 mios selon la décision du TPF) suffiraient à couvrir les montants allégués de RUB 6.7 et 1.5 milliards en lien avec les autres chefs de prévention retenus contre le prévenu. En l'espèce, le TPF n'a pas ignoré l'argumentation des recourantes concernant l'affaire G.________. Il a cependant relevé qu'au stade actuel de la procédure, le MPC devaitencore clarifier la portée de cette expertise dans la procédure russe. Le MPC a d'ailleurs adressé une commission rogatoire aux autorités russes le 24 septembre 2012 (cf. act. 8.4) afin d'obtenir des informations supplémentaires dans le cadre de cette affaire G.________. Aussi longtemps que le résultat de cette mesure n'est pas connu, le séquestre opéré sur les comptes des recourantes auprès de la banque I.________ est en principe justifié. Les recourantes ne font par ailleurs pas valoir un intérêt privé qui l'emporterait sur l'intérêt public au maintien du séquestre litigieux. Celles-ci ne soutiennent en particulier pas que ce séquestre les menacerait dans leur existence-même ou dans la réalisation de leur but. Le MPC a, dans ce contexte, relevé que les comptes des recourantes avaient très peu été utilisés (cf. act. 3 du dossier BB.2012.14-15). Pour le surplus, les recourantes ne remettent pas en cause le fait que D.________ est mis en cause pour d'autres infractions qui lui auraient permis de détourner respectivement RUB 6.7 et 1.5 millards. Il apparaît dès lors que le montant total des avoirs saisis sur les comptes des recourantes (soit USD 139 millions au 31 janvier 2012) reste inférieur au montant présumé du produit des infractions poursuivies en Russie (environ CHF 600 millions), de sorte que la mesure de séquestre litigieuse respecte encore, à ce stade de la procédure, le principe de la proportionnalité.