Citation: 6B_979/2021 E. 5.2

5.2. L'ordonnance pénale du 28 août 2017 tenant lieu d'acte d'accusation décrit notamment les faits suivants: "À de nombreuses reprises, à des dates indéterminées depuis octobre 2014, et plus régulièrement encore depuis 2015, au domicile familial de U.________, A.________ a insulté, maltraité et frappé ses enfants B.________ et C.________, jumeaux nés [en] 2003. Elle a notamment, le 15 janvier 2017, au domicile familial, lancé une cuillère à café sur sa fille B.________. Peu après, elle lui a saisi un bras et la mâchoire. La fillette a réussi à se dégager, puis la maman lui a à nouveau saisi un bras et le cou, sans le serrer, environ 30 secondes. Après s'être dégagée de cette emprise, B.________ lui a dit: "Quand on [n']est pas normal, il faut se faire soigner", puis elle est montée dans sa chambre. La fillette n'a pas eu mal mais a eu des marques. Le rapport de constat de coup, établi le 15 janvier 2017 par le Dresse H.________ au sujet de B.________, fait état de deux griffures sur l'avant-bras gauche, de 5 et 4 cm, et d'une dermabrasion d'environ 1 cm au niveau central de la poitrine. Entendus par la police respectivement les 18 janvier et 8 mars 2017, les enfants B.________ et C.________ ont déclaré se faire régulièrement injurier et frapper par leur maman, qui s'énervait facilement. C.________ a indiqué que les violences exercées par sa mère à son encontre ont commencé depuis qu'il avait 11 ans; il a expliqué qu'ils s'agissait avant tout de violences verbales. Sa mère exerçait également des violences physiques, environ deux fois par semaine: souvent elle le plaquait contre un mur en l'insultant, elle lui courait après et montait sur la table pour l'attraper, elle lui donnait des coups de pied dans les jambes, des coups de poing dans le ventre et certaines fois des gifles. Sa mère lui avait déclaré qu'elle avait le droit de frapper ses enfants. Entendu le 14 mars suivant, E.________, père des enfants, a déclaré avoir déjà vu et entendu son épouse maltraiter et injurier les enfants; il a expliqué que les faits reprochés se produisaient régulièrement le week-end, et quelquefois la semaine. Il a indiqué avoir vu son épouse sauter sur ses enfants, leur courir derrière afin de les attraper par les cheveux - surtout B.________ - et leur lancer n'importe quel objet. Il a précisé que cette situation durait depuis plusieurs années, mais a empiré depuis deux ans et les enfants craignaient leur maman. [...] En l'espèce, en maltraitant consciemment et volontairement ses enfants de manière régulière et répétée, en leur jetant des objets, en les poursuivant, en les plaquant contre le mur, en leur donnant des coups de pied et de poing, en les giflant ou en les attrapant par les cheveux, A.________ s'est rendue coupable de voies de fait, au sens de l'art. 126 al. 2 let. a CP, infraction poursuivie d'office."