Citation: 6P.124/2006 04.09.2006 E. 2

2.1 Le recourant invoque une violation de l'art. 29 Cst., soit de son droit d'être entendu et de son droit à un procès équitable. Il rappelle pour l'essentiel dans son recours les différentes phases de la procédure et, dans une motivation peu claire, semble reprocher aux autorités cantonales auxquelles l'affaire avait été renvoyée pour fixer une nouvelle peine, d'avoir statué sans avoir entendu les plaignantes, ni visionné la cassette d'interrogatoire de ces dernières, ni entendu les témoins. Il y voit une violation du principe d'immédiateté et d'oralité des débats applicable en procédure neuchâteloise. On peut se demander si la motivation de son grief répond aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. 1.3). Quoi qu'il en soit, le principe de la bonne foi s'oppose à ce qu'une partie qui constate un prétendu vice de procédure ne le signale pas immédiatement à un moment où il pourrait être corrigé, mais attende la fin de la procédure pour l'invoquer ultérieurement au cas où l'issue de celle-ci lui serait défavorable (ATF 121 I 30 consid. 5f p. 38; 119 Ia 221 consid. 5a p. 228 s. et les arrêts cités). Ainsi, celui qui ne soulève pas devant l'autorité cantonale de dernière instance un grief lié à la conduite de la procédure ne peut plus, en principe, le soulever devant le Tribunal fédéral (ATF 119 Ia 88 consid. 1a p. 90 s. et les arrêts cités). Or, rien n'indique, et le recourant ne démontre en tout cas pas, qu'il aurait soulevé son grief au cours de la procédure de première instance, alors qu'il en avait la possibilité, ni même dans son recours cantonal. Ainsi, la cour ne saurait entrer en matière sur cette partie du recours. 2.2 Toujours dans le chapitre intitulé violation de l'art. 29 Cst., le recourant voit une violation de l'art. 6 CEDH, notamment de son droit d'interroger et de faire interroger des témoins à charge et à décharge, dans le refus des autorités cantonales d'ordonner une expertise psychiatrique et de tenir compte, sans explication, de l'avis d'un médecin qui avait suivi le recourant durant ces dernières années. 2.2.1 Le droit de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision à rendre est une composante du droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 127 I 54 consid. 2b p. 56; 127 III 576 consid. 2c p. 578; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16). Une garantie analogue découle de l'art. 6 par. 3 let. d CEDH, qui dispose que tout accusé a le droit d'interroger ou faire interroger les témoins à charge et d'obtenir la convocation et l'interrogation des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à charge. Il s'agit d'une concrétisation du droit à un procès équitable consacré par les art. 29 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH. Le droit d'être entendu comprend en particulier le droit pour l'intéressé d'offrir des preuves, de prendre connaissance du dossier, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16). Toutefois, le droit d'être entendu ne peut être exercé que sur les éléments qui sont déterminants pour décider de l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes lorsque le fait à établir est sans importance pour la solution du cas, qu'il résulte déjà de constatations ressortant du dossier ou lorsque le moyen de preuve avancé est impropre à fournir les éclaircissements nécessaires. L'appréciation anticipée des preuves ne constitue pas une atteinte au droit d'être entendu (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc p. 135; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242; 124 V 180 consid. 1a p. 181). Au même titre que toute appréciation des preuves, l'appréciation anticipée de celles-ci est soumise à l'interdiction de l'arbitraire (ATF 124 I 274 consid. 5b p. 285).