Citation: 4A_479/2020 E. 5.2

5.2. Le recourant plaide que la haute direction - en tout cas les deux échelons au-dessus de lui - savait exactement ce qui se tramait. Il vise en particulier: - son supérieur immédiat, soit le directeur du département "Amérique du Nord" (D.1.________) et ses prédécesseurs (P.1.________, P.2.________ puis P.3.________), - le directeur de la super-division "Amériques", qui chapeautait le département précité (D.2.________, et avant lui D.3.________). Le recourant croit discerner la preuve de l'implication des organes de la banque dans le simple fait que la hiérarchie devait approuver le coût des voyages aux Etats-Unis et recevait les rapports y afférents, contenant tous les détails des opérations effectuées dans ce pays. Il conteste que D.1.________ ait transmis des rapports falsifiés à sa propre hiérarchie pour éviter que celle-ci ne découvre le pot aux roses. Concernant ce dernier point, des comptes rendus modifiés ont été retrouvés dans l'ordinateur du prénommé. De là à en déduire qu'il les avait altérés pour cacher certaines pratiques à ses supérieurs et à d'autres départements, il y a un pas que la Cour de justice pouvait franchir sans verser dans l'arbitraire, n'en déplaise au recourant. Quant à la provenance des rapports "retouchés" par D.1.________ (l'équipe genevoise du recourant - ce qu'il conteste -, ou plutôt la section zurichoise - selon sa version -), elle importe finalement peu. Il est vrai que les instances cantonales se sont aussi appuyées sur des rapports de voyage établis par le recourant pour lui imputer des violations répétées des directives internes et de la loi américaine. Le recourant plaide que les rapports falsifiés ont été produits caviardés, de sorte qu'on ne saurait les relier à un gestionnaire précis. Cependant, il n'établit pas que ces documents (qu'il désigne par un simple numéro de pièce) seraient les mêmes que ceux cités comme pièces à conviction à son encontre (cf. en particulier le jgt de I re instance, p. 50 s.), ce qui permet de clore la discussion. D'autant plus que la justice genevoise a aussi trouvé d'autres moyens de preuve pour le confondre. Ceci dit, le recourant incrimine uniquement les deux niveaux hiérarchiques qui le surplombaient. Or, les données factuelles manquent pour accorder la qualité d'organe (consid. 4.2) aux personnes qu'il cite. A défaut de plus amples informations, on ne saurait incriminer la personne morale elle-même (à travers ses organes) dans le sens indiqué par le recourant. L'arrêt attaqué n'est pas entièrement limpide sur les fonctions successivement exercées par D.3.________. D'après le jugement de première instance, il a dirigé la super-division "Amériques", ce qui fait de lui le prédécesseur de D.2.________. Le recourant affirme qu'il a ensuite rejoint le Comité exécutif de la banque, soit "la plus haute instance exécutive", et croit pouvoir imputer par ce canal des manquements à la personne morale. L'intéressée concède que ce directeur est devenu "membre d'un comité exécutif" en 2004-2005. Sans autres précisions apportées par les décisions cantonales ou même par les assertions du recourant, on ne saurait postuler que D.3.________ a contribué de façon décisive à la formation de la volonté sociale ou a revêtu d'une quelconque façon le statut d'organe.