Citation: 6B_974/2024 E. 3.2

3.2. Après avoir rappelé qu'il appartient au juge pénal d'établir concrètement la situation financière du prévenu, la cour cantonale a constaté qu'il était impossible, dans le cas d'espèce, de le faire avec précision. Comme relevé par toutes les autorités qui avaient eu à connaître du litige, le recourant n'avait eu de cesse d'entretenir le flou sur sa situation financière, ses activités se trouvant toutes à l'étranger et sa profession principale consistant précisément en l'optimisation fiscale. Le recourant s'était borné à produire, au compte-goutte, quelques documents soigneusement sélectionnés, dont ses déclarations fiscales pour les années 2015 à 2020, le relevé détaillé de ses deux comptes bancaires v.________ (mais pour une période limitée) ainsi que pléthore d'attestations émanant des sociétés ou fondations dans lesquelles il avait ou avait pu avoir un rôle décisionnaire. Or, de l'avis des juges cantonaux, ces documents ne jouissaient pas d'une valeur probante suffisante. S'agissant des déclarations fiscales, une procédure pénale administrative pour soustraction de l'impôt était en effet toujours pendante et ce, pour plusieurs millions de francs. L'administration fédérale des contributions avait d'ailleurs retenu que le recourant tirait de confortables revenus par le biais de ses divers prêts auprès des sociétés qui "lui [étaient] proches", étant précisé qu'il n'établissait pas qu'il les rembourserait. Concernant les attestations produites, celles-ci émanaient pour la plupart de personnes qui lui étaient ou lui avaient été subordonnées. En tout état, quand bien même ces sociétés n'auraient effectivement distribué aucun dividende ou autre forme de revenu, le recourant finançait une grande partie de son train de vie par le-biais de "prêts", " loan facility " et autres avantages octroyés par elles. Or, il était pour le moins troublant que des sociétés n'octroyant aucun dividende à leurs actionnaires aient accepté d'accorder de tels "prêts" au recourant. Enfin, les deux comptes bancaires v.________ démontraient tout au plus que le recourant en disposait d'autres, dont il s'était bien gardé de parler, dès lors qu'il ne figurait sur les premiers que très peu de dépenses pouvant être liées à l'entretien courant; le train de vie du recourant était donc tout simplement inconnu (cf. arrêt entrepris, p. 24 s.). La cour cantonale a en outre relevé que le recourant avait invariablement répété ne pas avoir les moyens de s'acquitter de la contribution d'entretien due à son épouse. Si les juges cantonaux ont admis que les déclarations du recourant étaient constantes sur l'essentiel, ils ont également souligné, démonstration à l'appui à laquelle il peut être renvoyée (cf. arrêt entrepris, p. 25), que ses explications avaient néanmoins passablement évolué tout au long de la procédure et avaient parfois été contradictoires. La cour cantonale a en définitive retenu que les déclarations du recourant n'étaient, dans l'ensemble, pas crédibles. Cela étant, plusieurs indices permettaient, de l'avis de l'autorité précédente, de retenir que le recourant possédait des ressources financières suffisantes pour respecter son obligation. De son propre aveu, il disposait librement, avant les séquestres de février 2022, de 13'000'000 fr. sur ses comptes bancaires, de sorte que durant la plus grande partie de la période pénale, il pouvait s'acquitter de la contribution d'entretien. Le recourant avait aussi, à le suivre, privilégié le remboursement de dettes de créanciers non prioritaires (pour un montant dépassant 350'000 euros), au détriment de son épouse. Enfin, il avait bénéficié, selon ses propos, d'une levée partielle de séquestre à hauteur de 1'100'000 fr. en décembre 2021, notamment sur un compte ouvert au nom d'une société w.________ dont il était l'ayant-droit économique. Ainsi, bien qu'il fût impossible d'établir les revenus et la fortune réels du recourant au regard de son défaut de collaboration et de l'opacité de ses activités situées à l'étranger, il apparaissait, selon les juges cantonaux, sur la base de ces seuls éléments que sa situation lui permettait de s'acquitter de son obligation d'entretien (cf. arrêt entrepris, p. 25 s.).