Citation: 1C_382/2018 E. 3.6

3.6. Les recourants se plaignent encore du fait que les autorités précédentes ne se seraient pas prononcées sur leurs griefs au sujet de l'intégration de l'immeuble projeté. Avec les recourants, on peut constater que la décision de levée d'opposition ainsi que l'arrêt entrepris sont motivés succinctement à cet égard. La décision de la municipalité s'est néanmoins référée aux avis de la CCU et de la CCL. La première commission a indiqué que l'architecture du projet avait été simplifiée et qu'en particulier, le bâtiment était coiffé d'un toit à deux pans en plaques de fibrociment anthracite; que la longueur totale du bâtiment était réduite et qu'il était prévu de recourir à des matériaux sobres et des couleurs permettant une bonne intégration de la construction. La municipalité a ajouté que les constructions le long du chemin des Sorbiers étaient hétérogènes; s'agissant de l'intégration le long de la ligne de funiculaire, elle a relevé que dite ligne était enterrée sur les ¾ de la longueur de la parcelle afin de franchir le pont du chemin des Sorbiers et que la vue était donc obstruée pour les voyageurs sur une grande partie de la parcelle; elle a également fait mention du fait que le projet respectait les distances réglementaires aux limites de propriété. Quant à la cour cantonale, elle a indiqué ne pas avoir de motifs de critiquer l'appréciation de la municipalité à propos de l'esthétique et de l'intégration dans le site; le quartier comportait des maisons individuelles (villas, chalets) qui ne constituaient pas un ensemble homogène; elle a fait en outre mention du fait que le projet avait été revu plusieurs fois par l'architecte et qu'il avait été finalement admis par la CCL, élément de poids dont la municipalité devait tenir compte dans son appréciation. S'agissant du principe énoncé à l'art. 28 LLavaux qui prône la préservation des " vues intéressantes " le long des axes routiers touristiques et des voies ferroviaires évoqué par les recourants, la cour cantonale a ajouté qu'on ne pouvait affirmer qu'à cet endroit, bien séparé des vignes de la région de Lavaux, il y aurait une " vue intéressante " en direction de l'est, que le législateur cantonal aurait voulu protéger, quitte à rendre inconstructibles les terrains du territoire d'agglomération voisins de la voie ferroviaire. Vu ce qui précède, quand bien même les doléances des recourants en matière d'esthétique et d'intégration n'ont pas été discutées en détail par les autorités précédentes, ils étaient en mesure de comprendre les raisons du rejet de leurs arguments, cas échéant d'attaquer et de critiquer en connaissance de cause les décisions à ce sujet. Leur droit d'être entendus a ainsi été respecté.