Citation: I 848/05 29.11.2006 E. 5.2

5.2.1 En règle générale, le revenu hypothétique de la personne valide se détermine en établissant au degré de la vraisemblance prépondérante ce qu'elle aurait effectivement pu réaliser au moment déterminant si elle était en bonne santé. Le revenu sans invalidité doit être évalué de la manière la plus concrète possible; c'est pourquoi il se déduit en principe du salaire réalisé en dernier lieu par l'assuré avant l'atteinte à la santé, en tenant compte de l'évolution des salaires jusqu'au moment de la naissance du droit à la rente (ATF 129 V 224 consid. 4.3.1 et la référence). Certaines circonstances peuvent toutefois justifier qu'on s'en écarte. Il n'est ainsi pas admissible de se baser sur le dernier salaire lorsque celui-ci ne correspond manifestement pas à ce que l'assuré aurait été en mesure de réaliser, au degré de la vraisemblance prépondérante, s'il n'était pas devenu invalide, compte tenu de sa situation personnelle et de ses aptitudes professionnelles; par exemple lorsqu'avant d'être reconnu définitivement incapable de travailler, il rencontrait des difficultés professionnelles en raison d'une aggravation progressive de son état de santé (RCC 1985 p. 662 consid. 3a) ou percevait une rémunération inférieure aux normes de salaire usuelles (sur la question, voir arrêt T. du 17 octobre 2003, B 80/01, consid. 5.2.2). 5.2.2 Licencié de son emploi d'aide-jardinier en raison du ralentissement causé par ses problèmes de santé, le recourant a retrouvé une activité de manoeuvre de chantier qu'il a exercé entre les mois de février et octobre 1999. Le dernier employeur du recourant, la société de construction X.________ SA, a cependant précisé à l'intention de l'office AI que le salaire qu'elle versait ne correspondait pas à son rendement effectif. De plus, le docteur P.________ soulignait déjà, dans un rapport du 14 mai 1998, l'inadéquation d'une activité d'ouvrier-jardinier ou d'ouvrier du bâtiment avec les limitations subies par le recourant. C'est ainsi à juste titre que l'office AI et les premiers juges ont considéré qu'il n'était pas admissible de retenir le revenu que le recourant aurait touché en qualité de manoeuvre de chantier, et se sont référés de préférence au salaire qu'il aurait réalisé en qualité d'aide-jardinier, activité qu'il avait exercé durant près de 25 ans et qu'il aurait sans aucun doute continué à exercer en l'absence d'atteinte à la santé et s'il n'avait pas été licencié. Cela étant, le dossier ne contient aucune donnée spécifique relative au gain que l'assuré aurait pu réaliser dans cette profession en 2000, moment déterminant pour procéder à la comparaison des revenus (art. 29 al. 1 let. b LAI; ATF 129 V 223 consid. 4.1, 128 V 174). Il n'y a toutefois pas lieu de recourir en l'espèce aux données statistiques résultant de l'Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) éditée par l'Office fédéral de la statistique. Il ressort en effet du compte individuel du recourant que celui a réalisé un revenu annuel moyen de 47'987 fr. entre les années 1991 et 1997 (48'047 fr. en 1991; 47'685 fr. en 1992; 48'117 fr. en 1993; 48'880 fr. en 1994; 47'465 fr. en 1995; 47'994 fr. en 1996; 47'718 fr. en 1997), soit en 2000, après indexation à l'évolution des salaires dans le domaine de l'horticulture (+ 0,2 % en 1998; - 0,1 % en 1999;.+ 1,9 % en 2000), 48'946 fr.