Citation: 5A_266/2020 E. 5.3

5.3. Force est d'abord de relever que la recourante ne démontre pas que l'autorité cantonale serait tombée dans l'arbitraire en retenant qu'elle n'a pas exposé en quoi la décision à rendre risquait d'être rendue inopérante en cas de refus de l'effet suspensif, ni quel préjudice difficilement réparable elle pourrait subir. Elle se borne à opposer péremptoirement, d'une part, que sa plainte n'est pas dépourvue de chances de succès, car la nullité de la notification de l'état des charges est évidente du fait qu'elle est intervenue durant la suspension des délais selon l'art. 62 LP ainsi qu'au regard des griefs au fond soulevés dans sa plainte et, d'autre part, que le préjudice irréparable est clair dès lors que sa plainte porte sur des questions essentielles qui devraient impérativement être résolues avant les enchères du 29 septembre 2020, soit la validité de la notification, les créances inscrites à l'état des charges, la valeur d'estimation et les conditions de vente. Pour le surplus, elle prétend que la décision sur la plainte ne pourra être rendue avant la date susmentionnée, motifs pris que la crise liée au coronavirus, qui devrait durer jusqu'à la fin de l'été, ralentira vraisemblablement les procédures, que la présente cause ne revêtira pas un caractère d'urgence, que la Chambre de surveillance n'a pas encore statué sur un autre recours pourtant introduit avant la crise sanitaire, qu'il a été imparti un délai de détermination au 11 mai 2020 extraordinairement long et, qui plus est, prolongeable et, enfin, que les féries d'été sont proches. Elle soutient qu'en refusant - dans de telles circonstances - l'effet suspensif, l'autorité cantonale a choisi la solution la plus incertaine et la plus propice à entraîner un dommage irréparable tant pour elle-même que pour les parties intéressées et que, partant, sa décision est arbitraire, contraire au sentiment de la justice et de l'équité. Ce faisant, elle se livre à de pures conjectures et oublie que l'autorité cantonale s'est peu ou prou engagée à rendre une décision avant la date des enchères et à garantir que, si les circonstances devaient changer, la plaignante pourrait en tout temps déposer une nouvelle demande d'effet suspensif. Autant qu'elle reproche par ailleurs à la Chambre de surveillance de ne pas avoir tenu compte de circonstances importantes pour la décision à rendre, singulièrement du probable allongement de la procédure et de ne pas avoir procédé à la pesée des intérêts en présence, son grief ne ressortit pas, contrairement à ce qu'elle affirme, à la violation du droit d'être entendu sous l'angle d'un défaut de motivation (art. 29 al. 2 Cst.), mais à l'application arbitraire de l'art. 36 LP (cf. supra, consid. 5.1.2), moyen qu'elle a au demeurant soulevé sans succès, comme on vient de le voir. Quant au principe de la proportionnalité posé à l'art. 5 al. 2 Cst., il n'a pas de portée propre par rapport à l'arbitraire (ATF 136 I 241 consid. 3.1). On ne voit enfin pas en quoi la Chambre de surveillance aurait dû, au stade de l'octroi de l'effet suspensif à la plainte, tenir compte de l'art. 141 LP qui règle le " sursis aux enchères " en cas d'action en contestation de l'état des charges pendante au moment de la réalisation forcée.