Citation: 2A.560/2004 01.02.2005 E. 5

5.1 A teneur de l'art. 12 lettre c de la loi fédérale du 23 juin 2000 sur la libre circulation des avocats (loi sur les avocats, entrée en vigueur le 1er juin 2002, LLCA; RS 935.61), l'avocat évite tout conflit entre les intérêts de son client et ceux des personnes avec lesquelles il est en relation sur le plan professionnel ou privé. A ce titre, il a notamment le devoir d'éviter la double représentation, c'est-à-dire le cas où il serait amené à défendre les intérêts opposés de deux parties à la fois (Walter Fellmann, in: Kommentar zum Anwaltsgesetz, éd. par Fellmann/Zindel, Zurich 2005, nos 96 ss ad art. 12; Franz Werro, Les conflits d'intérêts de l'avocat, in: Droit suisse des avocats, Berne, 1998 p. 243-246), car l'opposition entre les intérêts des deux clients interdit en pareil cas à l'avocat de respecter pleinement son obligation de fidélité et son devoir de diligence (Jacques Matile, L'indépendance de l'avocat, in: L'avocat moderne, Mélanges publiés par l'ordre des avocats vaudois à l'occasion de son centenaire, Bâle, 1998, p. 207ss, 210). 5.2 Cela étant, force est d'admettre, avec l'autorité intimée, qu'en déposant la requête en complément d'instruction du 11 décembre 2000, le recourant a violé de manière manifeste et grave l'interdiction de plaider en cas de conflit d'intérêts. Dans la mesure où elle évoquait clairement l'éventuelle responsabilité pénale du mari pour des actes d'abus de confiance ou de gestion déloyale commis au préjudice de l'épouse, cette requête emportait en effet un risque concret de conflit d'intérêts entre les époux A.________ et B.________. Le problème n'a d'ailleurs pas échappé au recourant puisqu'il a pris soin, avant d'agir, de rendre "expressément attentifs (ses clients) à l'existence et à la portée des dispositions interdisant à l'avocat de s'occuper de la défense de parties dont les intérêts pourraient être opposés" (cf. déclaration commune des époux A.________ et B.________ du 22 février 2002). Par conséquent, son argumentation confine à la témérité lorsqu'il s'attache à démontrer qu'il ne devait ni ne pouvait savoir qu'en continuant, après la requête en complément d'instruction, d'assurer la défense des intérêts de chacun des époux A.________ et B.________, il se mettait dans un cas de double représentation. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le recourant, le Tribunal fédéral n'a pas rendu d'arrêt récent modifiant le contenu ou la portée de l'interdiction de plaider en cas de conflit d'intérêts. Le recourant se garde d'ailleurs bien de préciser quelles seraient ces modifications, se contentant de renvoyer vaguement à une jurisprudence non publiée qui ne fait que rappeler et souligner l'importance de cette "règle cardinale" de la profession d'avocat (arrêt du 18 mars 2003, 1A.223/2002, consid. 5); cette dernière était d'ailleurs clairement énoncée à l'art. 19 al. 2 aLPAv (cf. Stéphane Spahr, Les règles de la profession d'avocat en droit valaisan, RVJ 1988, p. 403 ss, 424-425). Enfin, le recourant ne saurait évacuer sa responsabilité en se retranchant derrière le consentement de ses clients, car l'interdiction de la double représentation est absolue en matière de représentation en justice (cf. Fellmann op. cit., no 101 ad art. 12; Werro, op. cit., p. 244 et 250).