Citation: I 476/03 12.08.2004 E. 1

3.2 Il reste à examiner si les premiers juges auraient dû restituer l'effet suspensif au recours interjeté par A.________ contre la décision de l'office AI du 6 septembre 2002, conformément à l'art. 55 al. 3 PA (applicable par renvoi de l'art. 97 LAVS [avant le 1er janvier 2003, art. 97 al. 2 LAVS]). 3.2.1 Selon la jurisprudence, la possibilité laissée à l'autorité administrative de retirer l'effet suspensif d'un recours n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure. Il incombe bien plutôt à l'autorité d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués à l'appui de la solution contraire. L'autorité dispose sur ce point d'une certaine liberté d'appréciation. En général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires. En procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent également être prises en considération; il faut cependant qu'elles ne fassent aucun doute (ATF 124 V 88 consid. 6a; 117 V 191 consid. 2b). 3.2.2 En l'occurrence, l'issue de la nouvelle procédure d'instruction à mettre en oeuvre par l'office AI est incertaine. Le docteur R.________ a laissé entendre qu'un reclassement professionnel serait voué à l'échec en raison de l'intérêt financier du recourant au maintien de prestations d'invalidité, plus que pour des motifs tenant à son état de santé. Quant à la doctoresse B.________, elle a fait état d'une pleine capacité de travail dans certaines activités adaptées à l'état de santé de l'assuré. Malgré le caractère insuffisant de ces pièces pour statuer en connaissance de cause, il n'y a pas lieu de retenir que l'office AI aurait abusivement statué de manière prématurée. Par ailleurs, en cas de restitution de l'effet suspensif et de diminution ou de suppression du droit à la rente au terme de la procédure d'instruction complémentaire ordonnée par le tribunal, l'office AI ne pourrait que difficilement obtenir la restitution des prestations versées à tort; le recourant pourra, en revanche, obtenir aisément le paiement de prestations arriérées, si finalement son taux d'invalidité s'avérait inchangé. Dans ces conditions, l'intérêt au maintien du retrait de l'effet suspensif prononcé par l'office AI revêt un caractère prédominant.