Citation: 4P.258/2005 05.01.2006 E. 5

5.1 Les recourants se plaignent ensuite d'une appréciation arbitraire des preuves. A leur avis, la cour cantonale a retenu de manière insoutenable un lien de causalité naturelle entre l'agression dont ils sont coupables et la périarthrite de l'épaule droite qui handicape l'intimé; il serait arbitraire d'admettre, sur la base des seules déclarations de l'intéressé, que la chute de l'échelle à l'origine de la blessure à l'épaule droite a été provoquée par l'instabilité de la cheville gauche résultant du passage à tabac de janvier 1994. 5.2 Le constat de la causalité naturelle est une question de fait qui peut être critiquée dans un recours de droit public (ATF 130 III 591 consid. 5.3 p. 601; 128 III 22 consid. 2d p. 25, 174 consid 2b p. 177, 180 consid. 2d p. 184; 125 IV 195 consid. 2b p. 197). Un fait est la cause naturelle d'un résultat s'il en constitue l'une des conditions sine qua non (ATF 128 III 174 consid. 2b p. 177, 180 consid. 2d p. 184; 122 IV 17 consid. 2c/aa). En d'autres termes, il existe un lien de causalité naturelle entre deux événements lorsque, sans le premier, le second ne se serait pas produit; il n'est pas nécessaire que l'événement considéré soit la cause unique ou immédiate du résultat (ATF 125 IV 195 consid. 2b p. 197; 119 V 335 consid. 1 p. 337). Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 131 I 57 consid. 2 p. 61; 128 I 273 consid. 2.1 p. 275 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). Il appartient au recourant de démontrer, par une argumentation précise, en quoi la décision incriminée est arbitraire (ATF 130 I 258 consid. 1.3; 129 I 113 consid. 2.1; 125 I 71 consid. 1c p. 76). 5.3 La cour cantonale s'est fondée sur l'expertise judiciaire pour retenir que l'épaule droite de l'intimé avait été atteinte déjà lors de l'agression de janvier 1994. Les recourants ne formulent aucune critique contre cette constatation, qui suffit à établir que l'acte illicite commis par les recourants est une condition sine qua non de la périarthrite de l'épaule droite de l'intimé. De plus, les juges cantonaux pouvaient sans arbitraire admettre que la chute de l'échelle, en juillet 1994, avait été provoquée par l'instabilité de la cheville gauche blessée lors de l'agression, dès l'instant où il est établi que l'intimé n'était sujet ni à des troubles de l'équilibre, ni à des malaises. Le moyen tiré d'une appréciation arbitraire des preuves en relation avec le lien de causalité naturelle entre l'événement de janvier 1994 et la blessure à l'épaule droite doit être rejeté.