Citation: 6B_1404/2021 E. 3.5

3.5. Le recourant livre, en début de mémoire, un "rappel succinct des faits". En tant qu'il se fonde sur des constatations qui ne figurent pas dans l'état de fait cantonal, sans exposer, de manière circonstanciée et pièces à l'appui, que les faits retenus l'ont été d'une manière absolument inadmissible, son argumentation est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant prétend ne pas comprendre quels sont les 14 actes d'ordre sexuel retenus à sa charge. Or le jugement cantonal les énumère clairement (consid. 4i i.f. p. 19 et consid. 8d p. 26; cf. supra let. B.b) en se référant à l'acte d'accusation (rendu d'ailleurs in extenso au point C. des faits du jugement cantonal). Il ressort au demeurant du jugement entrepris que le recourant a largement admis les faits lors de l'audience du 9 juin 2020 (consid. 4e p. 15), aspect qu'il ne conteste pas. Le recourant oppose sa propre appréciation des déclarations des intéressés à celle de la cour cantonale dans une démarche purement appellatoire, partant irrecevable. Il en va ainsi en tant qu'il "s'interroge" de l'évocation tardive par l'intimée de la seconde pénétration et y voit une volonté de cette dernière de se disculper. Cela étant, à lire cette argumentation, on peine à comprendre de quoi l'intimée entendrait se disculper et surtout quel fait aurait ainsi été constaté de manière manifestement inexacte. C'est également de manière appellatoire que le recourant prétend que ses propres explications sont justes et affirme avoir maintenu de manière constante que l'intimée était consentante, et qu'elle cherchait auprès de lui des contacts à caractère sexuel, ce qui aurait été confirmé par des déclarations de tiers. En tout état, la cour cantonale a concrètement considéré ces éléments, et a exposé les motifs pour lesquels elle écartait la version du recourant pour les actes allant au-delà des premiers attouchements. Par son argumentation, le recourant échoue à démontrer l'arbitraire de cette appréciation. Le recourant conteste en bloc tous les éléments retenus par la cour cantonale pour établir la violence structurelle, en les énumérant dans son mémoire (dépendance affective; exploitation de la supériorité conférée par son statut d'adulte; organisation des situations de proximité physique pour émousser les barrières intergénérationnelles; craintes de l'intimée de perdre l'amour maternel, et de voir son accès aux chevaux limité, etc.), sans pour autant exposer dans quelle mesure les juges auraient versé dans l'arbitraire par leur appréciation globale des circonstances. A juste titre, il ne conteste pas avoir vécu avec l'intimée dès son plus jeune âge (5/6 ans), avoir eu une autorité quasi paternelle et créé une relation affective forte, lui permettant d'exercer sa passion. Il en résulte que la relation d'emprise a débuté pendant l'enfance de l'intimée, les premiers actes d'ordre sexuel retenus ayant en outre eu lieu alors qu'elle n'était pas pubère. Cela étant et dans le contexte d'espèce (père en difficulté, accès au manège, lettre d'excuse, etc.), la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, retenir une dépendance émotionnelle et sociale de l'intimée, laquelle pouvait craindre de perdre l'affection du recourant et de sa mère et voir sa passion pour les chevaux compromise, en s'opposant aux actes de son beau-père, âgé alors d'au moins 56 ans. En se contentant d'affirmer qu'à 14 ans, respectivement 17 ans et 5 mois, âge de l'intimée lors des rapports sexuels complets, celle-ci pouvait de manière autonome s'opposer aux relations sexuelles, le recourant procède de manière purement appellatoire, partant irrecevable. Il omet que les actes sexuels complets ont été précédés d'un long processus d'approche, ayant commencé dans l'enfance, sous forme de caresses et d'attouchements, certains prétextés par des "jeux" et "taquineries". En prétendant que l'intimée aurait eu des problèmes après avoir posté des messages à caractère sexuel sur les réseaux sociaux entre 2013 et 2015, le recourant omet qu'aucune trace en ce sens n'a été retrouvée par la police, ce qu'il a d'ailleurs déploré en audience (cf. jugement entrepris let. F.b p. 10). Au demeurant, il ne tente pas de démontrer l'arbitraire de l'omission de cet aspect par la cour cantonale. Le recourant se prévaut du fort caractère de l'intimée, qu'il compare à sa propre personnalité qu'il qualifie d'effacée. Il n'expose toutefois pas en quoi cela aurait une influence sur la violence structurelle retenue, laquelle est notamment fondée sur son autorité quasi paternelle, le lien de dépendance affective et sociale, le conflit de loyauté vis-à-vis des membres de la famille et l'âge des intéressés. Le fait que l'intimée, en pleine adolescence, ait à certaines occasions montré un caractère fort ne signifie en rien qu'elle était apte à consentir, respectivement à s'opposer à des actes d'ordre sexuel et des rapports sexuels complets, dès ses 13 ans, avec son beau-père, de 43 ans son aîné, dans le contexte d'espèce. Au vu des éléments retenus sans arbitraire, c'est à bon droit que la cour cantonale a considéré que l'intimée, au vu de son infériorité cognitive, de son lien de dépendance avec son beau-père avec qui elle vivait au quotidien depuis son enfance et qui lui permettait d'exercer sa passion, de la progression dans les actes à caractère sexuels, du conflit de loyauté généré vis-à-vis de sa mère, se trouvait dans une situation sans issue. Le recourant a induit une pression psychique extraordinaire sur l'intimée, l'empêchant de réagir, et a instrumentalisé les liens sociaux afin de lui imposer 14 actes d'ordre sexuel et 2 rapports sexuels complets. Dans la mesure où la relation d'emprise et de violence structurelle sur l'intimée âgée de 13 ans à 17 ans et demi lors des faits retenus, a débuté pendant l'enfance de celle-ci et qu'elle a été constante au fil des ans, il y a lieu de retenir que la pression psychique générée par le recourant a atteint une intensité particulière permettant de retenir l'usage d'un moyen de contrainte, même pour les actes les plus récents (cf. arrêt 6B_935/2020 du 25 février 2021 consid. 4.3 en lien avec l'ATF 146 IV 153 précité).