Citation: I 661/02 09.12.2003 E. 1

4.2 En ce qui concerne la valeur probante du rapport d'expertise en cause, on relèvera que le psychiatre a posé son diagnostic au regard des critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux DSM IV édité par l'Association des psychiatres américains (American Psychiatric Association), qui préconise l'évaluation multiaxiale. Il mentionne, sur l'axe I, un trouble douloureux associé à la fois à des facteurs psychologiques et à une affection médicale générale chronique léger avec phénomène d'amplification volontaire, ainsi qu'une dysthymie et non-observance thérapeutique. Sur l'axe II, aucun diagnostic n'est retenu, alors que sur l'axe III le médecin a diagnostiqué des douleurs lombaires et, sur l'axe IV, des difficultés psychosociales. Tout en relevant par ailleurs l'existence de traits narcissiques qu'il estime peu significatifs, le psychiatre est d'avis qu'il n'existe aucun trouble significatif qui puisse justifier une quelconque diminution de la capacité de travail du recourant et expliquer les difficultés rencontrées lors de la tentative de réadaptation professionnelle; la dysthymie est certes susceptible de diminuer la qualité de vie de l'assuré, mais ne saurait être considérée comme invalidante au niveau de la capacité de travail. Ces conclusions sont fondées sur deux entretiens personnels, des tests psychométriques et examens paracliniques, l'étude du dossier et une anamnèse approfondie du patient. Par ailleurs, les considérations médicales sont clairement exprimées et bien motivées. Dès lors, à l'instar des premiers juges, on doit retenir que ce rapport répond à toutes les exigences posées par la jurisprudence en la matière (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références), si bien que l'on peut lui reconnaître pleine valeur probante. On précisera en outre que, contrairement à ce que semble avoir compris le recourant (cf. courrier de son conseil au Tribunal fédéral des assurances du 27 décembre 2002), le médecin n'a jamais affirmé que l'assuré aurait effectué des transports en camion de meubles ou d'autres objets au Kosovo; il indique que ce dernier, parmi ses autres activités quotidiennes, s'occupe de temps en temps d'organiser des transports dans son pays d'origine. Il n'y a dès lors pas lieu d'entrer en matière sur la requête du recourant qui demandait un second échange d'écriture sur ce point. Quant à la mention d'une marche de 70 km effectuée par le recourant avec sa famille au Kosovo dans des conditions difficiles en 1999, il n'est effectivement pas possible, comme il le fait valoir, d'en tirer des conclusions sur le plan médical, étant donné les circonstances exceptionnelles qui prévalaient à ce moment-là dans cette région d'ex-Yougoslavie. Cela étant, ce fait n'est pas déterminant, du point de vue psychiatrique, dans l'analyse effectuée par l'expert, de sorte que les affirmations y relatives ne sont pas suffisantes pour infirmer les conclusions du rapport du 22 février 2001. Par ailleurs, contrairement à ce qu'allègue le recourant, les pièces médicales produites en procédure cantonale ne permettent pas non plus d'écarter les conclusions du docteur D.________. Les diagnostics posés par le Professeur E.________ et le docteur F.________ dans leur certificat médical du 6 juillet 2001 (état anxio-dépressif, trouble douloureux somatoforme persistant et trouble non spécifique de la personnalité [trouble narcissique]) concordent en partie avec ceux discutés par l'expert dans son rapport du 22 février 2002. Ce dernier exclut toutefois, à la suite des examens qu'il a effectués, l'existence d'un trouble de somatisation, soit un trouble somatoforme indifférencié. En fait, les docteurs E.________ et F.________, ainsi que le docteur C.________ (courrier du 7 novembre 2001) se limitent, pour les premiers, à manifester leur incompréhension face à la décision de l'office intimé et, pour le second, à se montrer «surpris du résultat de l'expertise du psychiatre de l'Assurance-invalidité» sans toutefois étayer leurs critiques, ni dire en quoi, concrètement, l'expertise de leur confrère serait erronée. En particulier, le docteur C.________, spécialiste FMH en médecine interne, relève que l'avis de l'expert en cause est «contrairement opposé» à son expérience (cf. avis médical du 7 novembre 2001) sans chercher à infirmer les conclusions du rapport du docteur D.________, ni affirmer qu'il contiendrait des contradictions. Par ailleurs, si les trois médecins considèrent la capacité de travail du recourant comme nulle, ils ne motivent pas davantage leur appréciation. Le Professeur E.________ mentionne notamment qu'une nouvelle expertise psychiatrique pourrait «amener de nouveaux éléments pour juger l'état de santé et la capacité de travail du recourant», sans toutefois expliquer pourquoi le rapport du docteur D.________ serait lacunaire sur ce point, ni dire concrètement en quoi consisteraient ces nouveaux éléments. Par conséquent, dans la mesure où l'opinion des médecins de W.________ et du docteur C.________ ne repose sur aucune motivation substantielle, elle n'est pas apte à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions du docteur D.________. La mise en oeuvre d'une expertise judiciaire ne s'avère donc pas nécessaire.