Citation: 4A_406/2021 E. A

A.a. Sun Yang (ci-après: le nageur ou l'athlète) est un nageur chinois de niveau international ayant remporté plusieurs médailles olympiques et titres de champions du monde dans diverses épreuves de natation. L'Agence Mondiale Antidopage (ci-après: l'AMA) est une fondation de droit suisse; son siège est à Lausanne. Elle a notamment pour but de promouvoir, sur le plan international, la lutte contre le dopage dans le sport. La Fédération Internationale de Natation (ci-après: FINA), association de droit suisse ayant son siège à Lausanne, est l'instance dirigeante de la natation au niveau mondial. A.b. Durant la nuit du 4 septembre 2018, l'athlète a fait l'objet d'un contrôle antidopage hors compétition ordonné par la FINA, en tant qu'autorité de contrôle (" Testing Authority "), dont la mise en oeuvre a été déléguée à International Doping Tests and Management (ci-après: IDTM), celle-ci agissant en tant qu'autorité de prélèvement des échantillons (" Sample Collection Authority "). Les circonstances dans lesquelles s'est déroulé le contrôle inopiné litigieux de l'athlète sont au coeur de la présente affaire. Il n'est cependant pas contesté qu'aucun échantillon n'a pu être analysé à l'issue dudit contrôle. Le Tribunal fédéral s'en tiendra aux faits retenus dans la sentence attaquée et examinera la recevabilité et, le cas échéant, les mérites des critiques formulées par l'athlète à l'encontre de certaines constatations de fait dans les considérants en droit du présent arrêt. Le 4 septembre 2018, entre 22 et 23 heures, le personnel de prélèvement des échantillons, composé d'une agente de contrôle du dopage (" Doping Control Officer "; ci-après: la DCO), d'une assistante chargée d'effectuer les prélèvements sanguins (" Blood Collection Assistant "; ci-après: la BCA) et d'un autre assistant de sexe masculin ("Chaperone " ou " Doping Control Assistant "; ci-après: le DCA), s'est rendu au domicile de l'athlète à xxx, en Chine, en vue d'y collecter des échantillons de sang et d'urine du nageur. Les trois individus précités étaient accompagnés d'une quatrième personne, à savoir l'épouse du DCA, laquelle n'a cependant pas pris part au contrôle antidopage litigieux. La DCO a été formée et certifiée par IDTM, laquelle a en outre conservé dans ses dossiers des déclarations de confidentialité, signées par la BCA et le DCA, assurant que ceux-ci avaient été formés par la DCO. A la demande de l'athlète, le personnel de prélèvement des échantillons lui a montré des documents de légitimation (" credentials "). La DCO s'est présentée au nageur en lui fournissant une copie de sa carte d'identité délivrée par IDTM ainsi qu'un document de la FINA destiné à IDTM, intitulé " Letter of authority ", signé par le Directeur exécutif de la FINA, prévoyant notamment ce qui suit: " It is hereby confirmed that International Doping Tests & Management (IDTM) is appointed and authorized by the Fédération Internationale de Natation (FINA) to collect urine and blood samples from athletes in the frame of the doping controls organized as part of the FINA unannounced out-of-Competition Testing Programme. IDTM will ensure that all doping controls are conducted in accordance with the provisions of the FINA Doping Control Rules and the WADA International Standards for Testing." La BCA a soumis à l'athlète une copie de son certificat d'infirmière junior, intitulé " Specialized Technical Qualification Certificate for Junior Nurses " [ci-après: STQCJN]. Le DCA lui a présenté sa carte d'identité nationale, même si les versions des parties divergent quant au point de savoir si cela a été fait avant ou après la collecte d'échantillons de sang. Les échantillons de sang ont été récoltés sans difficultés, étant précisé que le prélèvement de sang ne nécessite pas la présence du DCA, lequel surveille l'athlète concerné uniquement lors de la collecte d'urine. Ils ont été placés dans des récipients en verre scellés et conservés dans une boîte de rangement réfrigérée. Peu après, l'athlète a remis en question l'accréditation du DCA. Une longue et houleuse discussion s'en est suivie. La DCO a indiqué au nageur qu'elle avait elle-même désigné le DCA et lui avait expliqué comment il devait superviser le déroulement du prélèvement d'échantillons d'urine. Elle a fait valoir qu'une carte d'identité nationale était suffisante pour que le DCA puisse mener à bien sa mission. De plus, le DCA et la BCA avaient signé des documents établis par IDTM, attestant qu'ils avaient été formés et qu'ils avaient accepté de se plier aux exigences de confidentialité. La DCO ne possédait pas lesdits documents, dès lors que ceux-ci étaient conservés dans les fichiers d'IDTM; elle a toutefois présenté à l'athlète un extrait de son portail numérique DCO contenant les coordonnées du DCA, mais pas de photographie de ce dernier. Au cours de la discussion, le nageur a sollicité des conseils auprès de son entourage par téléphone. Le responsable de l'équipe nationale chinoise de natation, A.________, lui a indiqué que les accréditations du personnel de prélèvement des échantillons ne répondaient pas aux exigences requises.