Citation: 8C_497/2023 E. 6.4

6.4. Contrairement à ce que laisse entendre le recourant, le docteur H.________ ne s'est pas exclusivement fondé sur des données statistiques, mais a également procédé à un examen clinique et s'est référé aux constatations de ses collègues médecins traitants ainsi qu'aux résultats des différentes imageries pratiquées. S'agissant de l'épaule droite, le docteur H.________ a soigneusement analysé les différentes atteintes constatées à la coiffe des rotateurs avant d'en conclure, en s'appuyant effectivement également sur des données statistiques, que l'accident avait probablement aggravé une lésion préexistante du tendon du sus-épineux, avec une "possible à probable" rupture des fibres à son insertion au trochiter. En l'absence de radiographies antérieures à l'accident, l'expert ne pouvait pas se déterminer en prenant en considération de tels documents, ce qui n'excluait toutefois pas de constater des lésions de la coiffe des rotateurs antérieures à l'accident, ces atteintes restant souvent asymptomatiques, comme l'a exposé l'expert. Par ailleurs, en ce qui concerne les facteurs de risque pris en considération, l'expert n'a pas constaté que l'intimé en présentait l'un ou l'autre, mais qu'il cumulait les quatre facteurs de risque les plus importants pour une tendinopathie du sus-épineux (tabagisme actif jusqu'à deux paquets par jour durant plus de trente ans, diabète de longue date devenant insulino-requérant en 2012, hypercholestérolémie, hyperuricémie traitée depuis 2010). Enfin, et surtout, l'expert a constaté que la coiffe des rotateurs de l'épaule droite avait été traitée par chirurgie le 7 janvier 2011, avec une guérison rapide et la récupération d'une fonction complète pratiquement indolore. Le recourant avait pu reprendre son activité professionnelle dans un délai de six mois post-opératoire, les différents intervenants constatant une excellente fonction de l'épaule droite. En particulier, le 9 avril 2012, le docteur D.________ constatait encore que le recourant était très content du résultat post-opératoire au niveau de l'épaule droite et faisait état d'une évolution très favorable. Une arthro-IRM de l'épaule droite du 26 mai 2018 montrait à cet égard la persistance d'un tendon intègre après l'opération pratiqué en janvier 2011. Dans ces circonstances, l'expert H.________ a constaté de manière probante que l'atteinte d'origine en partie accidentelle de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite avait été traitée chirurgicalement avec succès et que le statu quo sine avait été atteint à la fin de l'année 2011. Les premiers juges n'avaient aucun motif de s'écarter de ce constat. S'agissant du genou gauche, l'expert a pris en considération qu'une plainte douloureuse était mentionnée dans la lettre de sortie de l'Hôpital C.________ à trois semaines de l'accident, mais qu'il n'y avait ensuite plus eu de plainte avant le 18 juin 2011. En réalité, cette lettre de sortie fait état de douleurs au genou droit, le docteur E.________ ayant en revanche évoqué des plaintes relatives aux deux genoux en septembre 2010, avec un examen clinique toutefois rassurant. Les documents médicaux au dossier ne font par la suite effectivement plus mention de plainte à cet égard jusqu'en juin 2011. Le docteur H.________ a ensuite observé que les examens pratiqués en 2011 avaient mis en évidence une lésion isolée de la corne postérieure du ménisque, qui s'était avérée une lésion complexe assez typiquement dégénérative. Le recourant présentait en outre des facteurs de risque importants pour une telle atteinte dégénérative. Dans le même sens, il ne s'était plaint de douleurs à l'épaule gauche, pour la première fois, que le 5 septembre 2011, soit près de quinze mois après l'accident. L'expert en a conclu qu'il était peu vraisemblable que les lésions constatées aient été causées par l'accident assuré. Quoi qu'en dise le recourant, les constatations de l'expert sur ce point sont convaincantes. Les premiers juges avaient d'autant moins de motif de s'en écarter que le docteur E.________ ne motive pas ses constatations relatives au lien de causalité et que le docteur D.________ se limite sur ce point au diagnostic d'arthrose "post-traumatique" de l'épaule gauche. Ni l'un ni l'autre ne prend position sur le long intervalle entre l'accident et les plaintes qui ont finalement nécessité des investigations médicales approfondies. On ajoutera que, compte tenu de ce long intervalle, le recourant ne peut pas se prévaloir de la présomption de causalité posée par l'art. 9 aOLAA. Cette disposition ne s'applique en effet que si les symptômes de la lésion en question sont apparus dans les suites immédiates d'un événement particulier (survenance d'un facteur extérieur; consid. 4.2 in fine).