Citation: 6B_393/2015 E. 2.4

2.4. Le recourant fait valoir que l'autorité précédente se serait livrée à une constatation erronée et contradictoire des faits en affirmant, d'une part, que l'absence de traces découlant d'une agression sexuelle serait un fait notoire, tout en soulignant, d'autre part, que les saignements de l'anus dont l'intimée avait fait échos auprès des médecins renforceraient sa crédibilité. Il soutient en outre que faute d'éléments matériels probants, en particulier de rapport médical appuyant les déclarations de l'intimée, on ne saurait conclure à l'exactitude des faits tels que présentés par cette dernière sur la simple base de prétendus faits notoires ou de schémas théoriques. La critique du recourant sur ce point est de nature largement appellatoire et est par conséquent irrecevable. D'une part, il omet que la cour cantonale a retenu non seulement qu'il avait fait subir à l'intimée une sodomie - ensuite de quoi elle avait déclaré qu'elle avait saigné au niveau de l'anus - mais aussi qu'il l'avait violée à deux reprises, sans laisser de traces apparentes. C'est ainsi en vain que le recourant cherche des contradictions entre les affirmations de la cour cantonale. D'autre part, il ne montre pas que l'absence de traces répertoriées par les médecins découlant des agressions en cause exclurait totalement la possibilité qu'elle ait subi les violences sexuelles en cause. Il n'est en effet pas inconcevable que ces actes n'aient pas laissé de marques, respectivement que les lésions résultant de l'acte de sodomie se soient résorbées entre le 29 août 2010 et les examens médicaux des 31 août et 1 er septembre 2010. Au demeurant, l'absence de certificat médical établissant les sévices sexuels subis par l'intimée ne suffit pas à mettre en doute l'existence de ceux-ci. Le climat de violence tel qu'il ressort des nombreuses attestations médicales fait apparaître la version des faits de l'intimée plus crédible que celle du recourant. Tout du moins, les éléments invoqués par le recourant ne permettent pas de retenir que l'appréciation des preuves serait entachée d'arbitraire. Le recourant reproche à la cour cantonale de s'être fondée sur les déclarations contradictoires de la soeur de l'intimée, B.________, seul témoin ayant corroboré les allégations de violences sexuelles. Il soutient en outre que la cour cantonale aurait arbitrairement écarté le témoignage constant de E.________, tout en précisant que son appréciation pour l'exclure devrait être appliquée mutatis mutandis à celui de B.________. A l'appui de sa motivation, il énumère des extraits de procès-verbaux d'audition où cette dernière évoque que sa soeur aurait subi un acte de sodomie durant la nuit du 6 au 7 juin 2010, alors qu'elle n'en aurait pas fait part au Ministère public lors de sa première audition et que l'intimée n'aurait elle-même jamais évoqué de tels faits. Ces déclarations ne sont toutefois pas contradictoires avec le fait que l'intimée ait subi des violences sexuelles. Au demeurant, ce témoignage n'a joué qu'un rôle limité dans la condamnation du recourant et n'est dès lors pas de nature à jeter le discrédit sur les déclarations de l'intimée, au vu des autres indices retenus par la cour cantonale. Quant au témoignage de E.________, il n'était pas insoutenable de l'écarter pour le motif invoqué. En effet, ses dires ne sont confirmés par aucun témoin et ne peuvent être considérés comme suffisamment établis. Ainsi, le recourant ne peut tirer argument de ces déclarations pour affirmer que la décision cantonale serait arbitraire dans son résultat. Au surplus, quand bien même il serait déjà arrivé à l'intimée, par le passé, de raconter des faits contraires à la vérité, cela ne permettrait pas encore d'en conclure qu'il était inadmissible de considérer sa version, dans le cas d'espèce, comme crédible. Ici également, l'argumentation du recourant n'est pas propre à démontrer l'arbitraire dans l'appréciation des preuves et la constatation des faits. Enfin, lorsque le recourant se plaint que la cour cantonale aurait méconnu ses déclarations constantes et n'aurait pas tenu compte de ses antécédents - lesquels démontreraient qu'il n'aurait jamais été condamné pour des infractions contre l'intégrité sexuelle et qu'il ne posséderait aucunement le profil d'un agresseur sexuel - il ne tient aucun compte de l'appréciation des preuves à laquelle s'est livré le tribunal de première instance (cf. jugement p. 33 et 34) et à sa suite la cour cantonale (cf. supra consid. 2.2). Sa version repose uniquement sur ses propos, lesquels ne démontrent aucunement en quoi l'appréciation des preuves opérée par la juridiction cantonale serait insoutenable. Une telle argumentation est insuffisante et, partant, irrecevable. Au demeurant, le fait qu'il n'ait jamais été condamné pour des infractions contre l'intégrité sexuelle n'a pas de portée déterminante en l'espèce. En effet, cela n'enlève rien au caractère violent de ses réactions excessives à la contrariété ou à la frustration, compatibles avec les agressions sexuelles perpétrées au préjudice de l'intimée. En outre, les lésions corporelles pour lesquelles il a été condamné en 2013, commises à l'encontre de sa nouvelle amie, ne parlent pas en sa faveur et viennent confirmer le climat de violence qu'il impose à ses partenaires. En définitive, les nombreux indices retenus par l'autorité précédente, dont le recourant ne démontre pas le caractère insoutenable, permettaient de retenir, sans arbitraire, que les agressions sexuelles dénoncées avaient effectivement eu lieu. Les dénégations du recourant ne sont pas susceptibles de renverser l'ensemble de ces indices.