Citation: I 229/05 03.05.2006 E. 3

3.1 L'assurée soutient que le rapport d'expertise établi par le docteur S.________, auquel s'est pour l'essentiel référé l'intimé, ne suffit pas pour admettre une amélioration de son état de santé et de sa capacité résiduelle de travail. Elle rappelle l'incapacité de travail totale attestée par le docteur A.________ le 31 août 2002, ainsi que l'avis du docteur T.________, médecin de l'Office AI, d'après lequel «on ne saurait exiger sans autre [...] qu'elle reprenne ses activités antérieures» (prise de position du 6 mars 2003). Toujours selon la recourante, le docteur S.________ a banalisé les migraines et négligé les troubles neuropsychologiques dont elle souffre. Ces atteintes se seraient d'ailleurs encore aggravées, postérieurement à l'expertise, comme l'attesteraient les rapports établis en février et mars 2004 par le docteur P.________ et les médecins de la Clinique X.________. Elles rendraient impossible l'activité de télévendeuse. 3.2 Le rapport du 31 août 2002 du docteur A.________ décrit l'incapacité de travail de la recourante à cette époque. Le médecin traitant de l'assurée précisait alors qu'elle souffrait, notamment, d'un état anxio-dépressif lié à l'état pré-opératoire et post-opératoire (en rapport avec l'intervention chirurgicale pratiquée en janvier 2002). Une année plus tard, le docteur S.________ décrit un état dépressif léger et ne retient qu'une capacité de travail résiduelle de 50 à 60 %, compte tenu des symptômes présentées par l'assurée en septembre 2003. Les conclusions de ces rapports ne sont pas incompatibles et permettent effectivement de retenir une amélioration de son état de santé, comme l'a admis à juste titre l'intimé. Par ailleurs, le docteur T.________ ne s'est pas prononcé sur la capacité de travail de l'assurée, dans sa prise de position du 6 mars 2003, mais a simplement souhaité qu'une expertise soit mise en oeuvre avant de statuer. C'est précisément la raison pour laquelle le docteur S.________ a été mandaté par l'Office AI. Dans son rapport du 23 mars 2004, le docteur P.________ mentionne, dans l'anamnèse, que les accès de migraines «deviendraient plus fréquents (1 à 2 fois dans la semaine) et plus intenses» et que le traitement d'Imigran, initialement efficace, «perdrait de son effet». En posant le diagnostic de céphalées mixtes (de type migraineux et de type «Tension Headache»), le docteur P.________ a toutefois précisé que cette atteinte était sans répercussion sur la capacité de travail de l'assurée. A titre de diagnostic entraînant une diminution de la capacité de travail, il a uniquement mentionné : «Peut-être état dépressif chronique (?)». On ne saurait déduire de ces constatations que le docteur S.________ a sous-évalué les atteintes à la santé de la recourante en attestant une capacité de travail restreinte, en raison notamment d'un état dépressif et de migraines; on ne saurait davantage en déduire que l'état de santé de l'assuré se serait aggravé postérieurement à l'expertise. Quant aux atteintes neuropsychologiques décrites par les médecins de la Clinique X.________, elles ont été dûment prises en considération par le docteur S.________ et sont, pour l'essentiel, restée stables entre les examens pratiqués le 28 août 2001 et ceux réalisés le 10 février 2004, sous réserve d'une très discrète péjoration de la mémoire en modalité verbale». Il est douteux que ces déficits rendent impossible l'activité de télévendeuse, comme le soutient la recourante, mais la question peut être laissée ouverte. En effet, l'Office AI ne s'est pas uniquement fondé sur la capacité de travail résiduelle de l'assurée dans cette profession pour évaluer le revenu qu'elle peut encore réaliser malgré son handicap, mais a eu recours aux données salariales publiées par l'Office fédéral de la statistique (ci-après : OFS), correspondant un large éventail d'activités.