Citation: 5D_31/2022 E. 8

Sous l'intitulé " Comparaison avec la liste de l'autre conseil et inégalité de traitement ", la recourante commence par donner la définition de l'égalité de traitement (art. 8 Cst.) et par rapporter la teneur de son recours cantonal, avant de conclure que la Chambre des recours civile n'a pas traité le grief soulevé " car elle ne l'a pas compris ". Elle allègue n'avoir jamais prétendu " qu'elle souhaitait avoir strictement le même chiffre que l'autre conseil " mais avoir " soutenu [...] que, si deux avocats déposent des listes pour des montants similaires et qu'un est sabré de plus d'un quart en étant accusé de surfacturation, et que l'autre est payé en intégralité car on lui dit que ses opérations sont justifiées, alors il y a traitement différent de deux situations semblables, le résultat étant alors insoutenable " et que " encore une fois, [elle] requiert que ces listes soient produites car elle est convaincue que l'autre conseil a demandé et obtenu en tous les cas CHF 22'000.- sur la période, et n'a pas été diminué dans ses opérations de 26 % ". Elle est d'avis que l'on aurait ainsi dit à l'avocate de la partie adverse que ses opérations étaient justifiées par la difficulté et la durée de la cause et donc qu'elle ne mentait pas et à elle-même, " toujours pour un nombre d'heures totalement comparable ", qu'elle a menti et qu'elle " a passé 26 % de temps facturé en trop ", alors même que toutes deux " sont supposées avoir la même réputation, donc la même probité " et qu'aucune " n'a été formellement accusée de tentative d'escroquerie ". On peine à suivre la recourante dans ce raisonnement pour le moins abscons, qui reprend en grande partie le recours cantonal. Autant qu'on puisse la comprendre, elle soutient qu'il y a inégalité de traitement si l'on " sabre " la liste de l'un des conseils d'office et que l'on paye " en intégralité " l'autre dont le montant est similaire, d'où la nécessité que ces listes soient " produites " pour éviter une telle situation. Cette argumentation n'est pas pertinente. Lorsqu'un conseil d'office dépose une liste de frais détaillée, l'autorité compétente doit examiner pour elle-même l'indemnité contestée. Elle ne peut simplement procéder à une " comparaison avec la liste de frais de l'autre conseil " et allouer un montant similaire sous prétexte que le " dossier fonctionne[rait] en miroir ". Un tel procédé reviendrait à vider de son sens la procédure, plus particulièrement à méconnaître que l'activité respective des différents mandataires d'office en cours de procédure peut être sensiblement différente et dépend des circonstances du cas particulier, lesquelles peuvent justifier que l'un d'eux fasse valoir des prétentions plus importantes.