Citation: 2C_580/2023 E. 4.5.3

4.5.3. En ce qui concerne la proportionnalité au sens étroit, on constate que la Cour de justice n'a pas procédé à une pesée des intérêts en présence, en ce sens qu'elle s'est contentée d'affirmer que les buts de sécurité et d'ordre publics représentaient des intérêts publics prépondérants par rapport à l'intérêt du recourant au maintien de ses cartes professionnelles. Elle ne mentionne même pas la durée durant laquelle le recourant ne pourra plus travailler en tant que chauffeur professionnel. On ne perçoit pas la façon dont on peut juger de la proportionnalité d'une mesure, sans déterminer cet élément. Elle ne précise pas non plus quelle date doit être prise en compte en lien avec le délai de trois ans de l'art. 7 al. 3 let. e LTVTC/GE, qui soumet l'octroi d'une carte de chauffeur à l'absence de condamnations incompatibles avec l'exercice de la profession "dans les 3 ans précédant le dépôt de la requête" (la date de la décision, celle de son entrée en force, de son exécution, etc.). S'agissant de droit cantonal, il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'examiner d'office ce point. En outre, la subsomption relative à la proportionnalité de la révocation des cartes professionnelles du recourant n'énonce aucun fait portant sur la situation personnelle de celui-ci et sur les conséquences que cette révocation aura sur sa situation économique, à savoir que le recourant est chauffeur professionnel depuis quinze ans, que la révocation de ses cartes professionnelles l'empêchera de travailler en tant que chauffeur et le privera de son revenu pendant de très nombreux mois, voire années (cf. supra) et que les époux ont trois enfants à charge. Au surplus, comme le souligne l'intéressé dans son écriture, les juges précédents n'ont pas appliqué l'art. 6 al. 3 RTVTC/GE qui octroie un pouvoir d'appréciation, dans le cadre d'une décision de révocation, en lien avec, outre la gravité des faits, leur réitération, le temps écoulé depuis le prononcé de la sanction, ainsi que le risque de récidive. Dans une sorte d'automaticité, ils ont uniquement tenu compte de la gravité de l'infraction commise, ce qui n'est compatible ni avec l'art. 36 al. 3 Cst. ni avec l'art. 6 al. 3 RTVTC/GE.