Citation: 1C_762/2021 E. 5.4

5.4. En l'occurrence, le Tribunal administratif a estimé que le court laps de temps entre la décision de naturalisation et la séparation définitive des époux, soit quinze mois, fondait la présomption jurisprudentielle selon laquelle, au moment de la signature de la déclaration de vie commune et, a fortiori, lors de la décision de naturalisation, la communauté conjugale des intéressés n'était plus stable et orientée vers l'avenir. Il a encore retenu que cette présomption était renforcée par plusieurs éléments, soit l'existence de difficultés conjugales antérieures à la séparation fondées sur le mode de vie de l'ex-époux de la recourante, son refus d'avoir des enfants ainsi que des désaccords culturels et fondamentaux, et une absence de projets concrets et sérieux du couple, lequel n'avait qu'une unique activité commune consistant à se rendre parfois à l'église le dimanche. L'instance précédente a encore constaté que les problèmes de santé de l'ex-époux de la recourante, au bénéfice d'une rente AI depuis depuis son enfance à cause d'une malformation congénitale et d'une lésion cérébrale traumatique, ne constituaient pas des événements extraordinaires postérieures à la naturalisation de nature à entraîner rapidement la rupture du lien conjugal et à remettre en cause la présomption jurisprudentielle, car ils étaient préexistants au mariage et à l'obtention de la naturalisation. En outre, elle a relevé que la responsabilité de la désunion n'était pas pertinente à ce sujet. Partant, l'instance précédente a jugé qu'il y avait lieu de s'en tenir à la présomption de fait, fondée sur l'enchaînement chronologique et relativement rapide des événements survenus avant et après la naturalisation de la recourante, selon laquelle l'union formée par celle-ci et son ex-époux ne correspondait déjà plus à celle jugée digne de protection par le législateur au moment de la signature de la déclaration de vie commune et lors de la décision de naturalisation.