Citation: 5P.452/2003 12.01.2004 E. 5

Invoquant une violation de l'art. 9 Cst., la recourante se plaint de constatations et d'appréciations arbitraires des faits et moyens de preuve; l'arrêt attaqué serait fondé sur des constatations de fait qui sont erronées et contredites par les pièces du dossier. Des moyens de preuve auraient été négligés et une partie de l'administration des preuves aurait été ignorée. 5.1 Selon l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours de droit public doit contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Le Tribunal fédéral n'examine que les griefs expressément soulevés par le recours et exposés de manière claire et détaillée, le principe de l'application du droit d'office étant inapplicable (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76). Par conséquent, celui qui forme un recours de droit public pour arbitraire (art. 9 Cst.) ne peut se borner à critiquer la décision attaquée comme il le ferait en procédure d'appel, où l'autorité jouit d'un libre pouvoir d'examen (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 11; 110 Ia 1 consid. 2a p. 3; 107 Ia 186 et la jurisprudence citée). Il ne peut se contenter d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale, mais doit démontrer, par une argumentation précise, que la décision attaquée repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495; 120 Ia 369 consid. 3a p. 373). Il ne peut pas non plus se limiter à soulever de vagues griefs ou à renvoyer aux actes cantonaux (ATF 129 I 113 consid. 2.1 p. 120; 125 I 71 consid. 1c p. 76 et les arrêts cités). 5.2 La recourante formule en substance et en résumé trois griefs: 5.2.1 Elle soutient tout d'abord que les juges cantonaux se sont fondés sur le seul rapport d'enquête sociale et ont ignoré l'interpellation des parties, les témoignages et les pièces littérales et les certificats médicaux, ce qui aurait dû les conduire à une solution différente. Cette critique, qui se limite à des affirmations toutes générales, ne satisfait manifestement pas aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Partant, elle est irrecevable. 5.2.2 S'agissant des carences qui lui sont imputées par la cour cantonale, la recourante soutient que le rapport d'expertise sociale est lacunaire, erroné et tendancieux: l'enquêteur aurait omis de procéder à des entretiens circonstanciés pertinents, de contacter les professionnels concernés (médecin, maîtresse enfantine de B.________, pédiatre) et d'entendre les personnes de référence qu'elle lui avait signalées. Les critiques de son comportement en tant que mère seraient non fondées ou, à tout le moins, totalement exagérées. Elle reproche également à la cour cantonale d'avoir méconnu des preuves pertinentes (attestations médicales, rapport de l'autorité tutélaire et de la police locale, témoignages, interpellation des parties) qui établissent qu'elle est une mère disponible et s'occupant bien de ses enfants. Ce faisant, la recourante s'en prend de manière appellatoire à l'appréciation de la cour cantonale, fondée sur le rapport d'enquête sociale. Elle ne démontre nullement en quoi les carences qui lui sont imputées (difficultés à dissocier la problématique conjugale des responsabilités parentales et à communiquer avec le père au sujet des enfants, manque d'intérêt pour les activités scolaires et les loisirs de ceux-ci, état de relative fragilité, précarité de son réseau social), auraient été retenues arbitrairement par la cour cantonale. Elle n'indique pas précisément avec quelles pièces et quels passages de ces pièces les carences retenues par la cour cantonale seraient en contradiction. Tout au plus relève-t-elle que, lors de son interrogatoire, Mme D.________ a formellement démenti avoir dit que les compétences de la mère auraient dégénéré au cours des dernières années, ce que retient pourtant le rapport complémentaire de l'enquêteur social. S'il est vrai que le témoin n'a pas confirmé cette déclaration, sa déposition est beaucoup plus nuancée que ne veut l'admettre la recourante, et elle ne permet en tout cas pas de conclure que les capacités éducatives de la mère seraient meilleures que celles du père, voire leur seraient équivalentes: selon le témoin en effet, lors des rencontres entre leurs deux familles, c'est le père qui s'occupait des enfants, leur donnait à manger, les surveillait, changeait les couches; la mère manquait d'affection envers ses enfants et ne s'occupait pas d'eux. En outre, lorsque la recourante se prévaut du bien-fondé de l'appréciation du premier juge, elle s'abstient de mentionner, et pour cause, que, si celui-ci a retenu que les capacités éducatives des parents étaient équivalentes, il a toutefois constaté que les critiques à l'égard du comportement de la mère ne devaient pas laisser indifférent et qu'une modification de la situation pourrait toujours être invoquée. Dans la mesure où la cour cantonale a retenu que les capacités éducatives des parents ne sont pas équivalentes, l'âge des enfants et le fait qu'ils ont principalement vécu avec leur mère jusqu'à présent ne sont pas pertinents. Partant, le grief de la recourante doit être rejeté dans la très faible mesure où il est recevable. 5.2.3 La recourante reproche enfin à la cour cantonale d'avoir admis à tort que les capacités éducatives des parents n'étaient pas équivalentes et conteste à nouveau les carences retenues à son encontre. Derechef, elle ne fait qu'affirmer que ces faits seraient en contradiction évidente avec les pièces du dossier, reposeraient sur une interprétation insoutenable des pièces, méconnaîtraient certaines preuves et se baseraient exclusivement sur le rapport d'enquête. Elle n'indique cependant aucune pièce ni aucun passage d'une pièce qui contredirait les constatations de la cour cantonale. Sa critique ne satisfait ainsi pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ et est, partant, irrecevable.