Citation: 8C_656/2016 E. 4.2

4.2. En l'espèce, il ressort des explications du docteur C.________, dans le rapport d'expertise du 14 janvier 2014, que le Kenacort par voie intramusculaire a une indication thérapeutique dans les rhinites allergiques. Il peut également y avoir un usage local en rhumatologie par voie intra-articulaire et dans le traitement des cicatrices chéloïdes en dermatologie. Les signes locaux sont "les risques d'infection cutanéee, l'atrophie au niveau musculaire, sous-cutané". Le médecin mentionne également une réaction d'hypopigmentation et d'atrophie décrite dans plusieurs articles de médecine. Enfin, il explique qu'avec 40 mg de Kenacort "équivalents à 160 mg de prednisone sur trois semaines, répétés deux fois de suite", les risques de complication infectieuse, d'atrophie musculaire, d'ostéoporose, de cataracte, de modification du métabolisme des salicylés et d'ulcère gastroduodénal existent (rapport d'expertise p. 63-64 et p. 74). Quant au docteur D.________, il indique que le Kenacort est un corticoïde retard dont l'utilisation n'est pas autorisée par voie sous-cutanée, sauf dans un contexte dermatologique, et qu'il est recommandé de ne pas faire d'injection trop superficiellement, du fait d'un possible risque d'atrophie cutanée. Par ailleurs, le Kenacort est utilisé dans les pathologies immuno-allergiques pour lesquelles il peut être fait par voie injectable intra-musculaire. En rhumatologie, l'injection locale intra-articulaire est possible. Le docteur D.________ précise encore que la littérature médicale a déjà rapporté une atrophie cutanée et des zones d'alopécie au cours d'injections de Kenacort, pouvant être transitoires ou éventuellement définitives. Le mécanisme de ces phénomènes possiblement rares n'est pas connu mais pourrait être en lien avec une vasoconstriction liée à l'injection du produit. Compte tenu des ramifications nerveuses au niveau du cuir chevelu, une telle lésion du tissu sous-cutané peut occasionner des phénomènes douloureux neuropathiques (rapport d'expertise p. 39 et 40). Enfin, dans son rapport complémentaire du 14 février 2014, à la question de savoir si l'injection sous-cutanée de Kenacort entraînait de gros risques, le docteur D.________ répond que "les réactions et risques au niveau du site d'injection sont connus, mais l'injection au niveau du scalp en région de peau saine ne fait pas partie des indications". Cela étant, il se limite à évoquer les effets secondaires connus et à rappeler que, sauf dans un contexte dermatologique, les injections sous-cutanées ne sont pas indiquées. Or, à seule elle, la contre-indication d'une intervention médicale n'est pas suffisante pour juger si l'acte répond à la définition légale de l'accident (ATF 118 V 283). En conclusion, il n'est pas possible de retenir sur la base des indications des médecins de la Clinique Corela que les injections sous-cutanées de Kenacort, du fait qu'elles ne sont pas indiquées pour le traitement des céphalées, s'écarteraient considérablement de la pratique et auraient impliqué de gros risques pour la recourante, allant au-delà des effets secondaires connus. En outre, les séquelles invoquées par la recourante - à savoir les douleurs et l'incapacité de travail - ne sauraient être prises en considération pour examiner si en soi l'acte médical impliquait objectivement de gros risques. C'est dès lors à juste titre que le caractère extraordinaire des injections en cause et, partant, l'existence d'un accident, ont été niés.