Citation: 9C_526/2023 E. 3.3

3.3. Le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion d'interpréter l'art. 79b al. 3 et 4 LPP en relation avec la question de la déductibilité des rachats de cotisations de la prévoyance professionnelle après un divorce. Il a constaté que le texte légal, la systématique et les travaux préparatoires y relatifs laissaient certes penser que la référence à la "limitation" (à laquelle ne sont pas soumis les rachats mentionnés) prévue à l'art. 79b al. 4 LPP renvoyait à la limitation du montant du rachat de l'art. 79b al. 1 LPP ("jusqu'à hauteur des prestations réglementaires"; ATF 142 II 399 consid. 3.3.1 à 3.3.3). Sur la base d'une interprétation téléologique, le Tribunal fédéral est toutefois parvenu à la conclusion que l'exception contenue à l'art. 79b al. 4 LPP ne pouvait pas uniquement se référer à la limitation du montant de l'al. 1, mais portait également sur la période de blocage de trois ans prévue à l'art. 79b al. 3 LPP. Il en a déduit qu'en cas de rachat après un divorce ou une dissolution judiciaire du partenariat enregistré, le versement des prestations sous forme de capital dans les trois ans suivant le rachat n'était pas en soi exclu: certes, le rachat d'années de cotisation servait en premier lieu à améliorer les expectatives de prestations de la prévoyance professionnelle, mais un rachat pouvait aussi être effectué pour des raisons d'optimisation fiscale. Afin d'éviter les abus y relatifs, la loi prévoyait le blocage des versements en capital. L'art. 79b LPP ne poursuivait donc pas seulement un but en lien avec le droit de la prévoyance professionnelle, mais visait aussi à éviter des transferts de fonds vers et depuis le 2e pilier motivés par des raisons purement fiscales. En outre, il fallait tenir compte de la ratio legis de l'art. 22c LFLP (actuellement art. 22d LFLP), qui visait notamment à maintenir la protection de prévoyance des conjoints. Après un divorce, le conjoint débiteur devait avoir la possibilité, après le partage des avoirs de prévoyance, de retrouver la même situation en matière de prévoyance qu'avant le divorce. Par conséquent, en cas de rachat après un divorce, il devait donc être possible de combler la lacune créée par le partage des prestations de prévoyance. Pour permettre cette égalité, il convenait donc de comprendre l'exception de l'art. 79b al. 4 LPP en ce sens que les rachats après un divorce doivent être exclus du délai de blocage de trois ans, faute de quoi un rachat suivi d'un versement en capital serait impossible, notamment en cas de divorce peu avant la retraite (ATF 142 II 399 consid. 3.3.4 et 3.3.5; cf. arrêt 2C_895/2016 et 2C_896/2016 du 14 juin 2017 consid. 2.2). En d'autres termes, le Tribunal fédéral a admis qu'un retrait en capital dans les trois ans (après le versement) n'est pas exclu en cas de rachat après un divorce ou une dissolution d'un partenariat enregistré. Réservant toutefois l'examen d'un tel versement sous l'angle d'une possible évasion fiscale, il a retenu qu'une déduction selon l'art. 33 al. 1 let. d LIFD n'est pas autorisée en présence d'un cas d'évasion fiscale, alors même que les rachats seraient en principe admissibles selon l'art. 79b al. 3 et 4 LPP (ATF 142 II 399 consid. 4.1 et 4.2).