Citation: 6B_654/2023 E. 1.2

1.2. Il est admis que l'intimé circulait au guidon de son vélo, alors qu'il venait d'un petit chemin débouchant sur la piste cyclable et piétonne longeant la route, puis qu'il s'est engagé sur le passage piéton sans s'être arrêté au préalable, commettant ainsi une faute. En ce qui concerne le recourant, la cour cantonale a retenu que celui-ci arrivait au volant de son véhicule sur la route de V.________ en direction de U.________, circulant à une vitesse d'environ 40 à 50 km/h, soit conformément à la vitesse autorisée de 50 km/h sur ce tronçon. La route était séparée de la voie cycle/piéton par une haie, de sorte que sa vision était limitée, à tout le moins sur une partie des abords du passage pour piétons. Le recourant n'avait pas réduit sa vitesse à l'approche du passage pour piétons. Les clichés des lieux le jour de l'accident montrait que la haie était taillée plus bas, quelques mètres avant le passage précisément pour ne pas entraver la vue sur une personne se présentant pour la traverser. L'autorité précédente a considéré qu'à l'approche du passage pour piétons, il appartenait au recourant de porter une attention particulière à ce qui l'entourait et de s'assurer qu'aucun piéton n'avait l'intention de traverser. Sa vision était partiellement masquée sur la voie qui menait au passage pour piétons, ce qui aurait dû le pousser à faire preuve de circonspection accrue puisqu'il devait s'attendre à ce que quelqu'un le traverse, fusse sans s'arrêter. Or, selon le cheminement de l'intimé, celui-ci venait depuis la voie cyclable/piétonne, dans la direction opposée à celle du recourant. Le cycliste devait ainsi être visible, à tout le moins partiellement, tout comme l'étaient des passants sur les clichés pris par la police depuis la chaussée. Le fait que le recourant ait déclaré n'avoir vu l'intimé qu'au moment où il l'avait percuté montrait bien qu'il n'avait pas porté une attention suffisante à ce qui se passait à l'abord du passage pour piétons. Le témoin C.________, alors qu'il roulait de l'autre côté de la chaussée, indiquait avoir vu l'intimé arriver, tout du moins sur ses derniers mètres, puisqu'il avait indiqué qu'il circulait sur la piste cyclable à contresens. Le recourant aurait ainsi dû voir le cycliste arriver, s'il avait été attentif, et le fait que le cycliste traverse ensuite le passage pour piétons sans marquer d'arrêt n'était pas si imprévisible que le recourant ne pouvait s'y attendre ou du moins se préparer à une telle éventualité. Le recourant empruntait cette route quotidiennement pour se rendre au travail et aurait d'autant mieux pu et dû identifier la source de danger prévisible et vouer une attention particulière au passage pour piétons et à ses abords. La cour cantonale a conclu que le recourant avait failli à son devoir de prudence, violant de la sorte les règles de la circulation énoncées aux art. 31 al. 1 et 33 al. 2 LCR.