Citation: 1A.209/2001 06.03.2002 E. 1

3.2 Sur ce point, la recourante considère également à tort que l'autorité requérante aurait à expliquer les raisons qui l'ont conduite à suspecter son compte bancaire. Or, il n'en est rien: la seule mention du compte de la recourante permet de déduire que l'autorité requérante désire vérifier si des fonds détournés ont pu y parvenir, ce qui permet d'admettre l'utilité, au moins potentielle, des renseignements requis. La recourante admet elle-même être en rapport d'affaires avec la société B.________, ce qui justifie l'intérêt de l'autorité requérante puisque des détournements auraient été commis, à grande échelle, à partir de cette société, sous le couvert de transactions commerciales fictives. On ne voit pas les raisons pour lesquelles l'autorité requérante aurait voulu limiter la production des pièces bancaires à la rubrique en francs suisses du compte; s'il y a sur ce point une interprétation large de la demande, celle-ci est parfaitement admissible. Le blocage du compte bancaire n'apparaît pas non plus disproportionné à ce stade: c'est à l'autorité requérante qu'il appartiendra, sur le vu des documents remis par la Suisse, de déterminer si les avoirs bloqués ont, en tout ou partie, une origine délictueuse. 3.3 Comme le relève la Chambre d'accusation, la recourante connaissait tant la teneur des demandes d'entraide que le détail des documents remis par la banque, par l'entremise de son avocat. Elle a eu l'occasion de présenter ses objections dans le cadre de la procédure cantonale de recours, ce qui satisfait à son droit d'être entendue. Rien ne l'empêchait d'indiquer précisément quels renseignements bancaires portaient atteinte de manière disproportionnée à sa sphère privée. Or, que ce soit devant la cour cantonale ou devant le Tribunal fédéral, elle n'entreprend pas une telle démonstration. Le grief doit par conséquent être écarté.