Citation: 6B_545/2017 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a considéré qu'il ressortait des images de surveillance d'une caméra positionnée sur les lieux de l'accident que le recourant s'était engagé dans le carrefour C.________, depuis l'avenue D.________, alors qu'une colonne de véhicules provenant de l'avenue E.________ circulait au pas en direction du boulevard F.________ et de la route G.________, bloquant ainsi son passage. Lorsque la voie s'était libérée, le recourant avait démarré en direction de la rue H.________ et s'était retrouvé au milieu du carrefour, sans avoir marqué un temps d'arrêt ni réduit sa vitesse, les feux-stop de son véhicule ne s'étant allumés à aucun moment. L'intimé, qui venait de la rue H.________ et circulait en direction du boulevard I.________, avait alors percuté le flanc gauche de la voiture du recourant à la hauteur de l'îlot central. Selon la cour cantonale, en franchissant la ligne d'arrêt des feux de signalisation de l'avenue D.________, le recourant n'avait pas la certitude de pouvoir s'engager à temps dans le carrefour et le traverser sans violer la priorité des autres usagers, car un embouteillage s'était formé devant lui. Compte tenu du temps pendant lequel il avait été immobilisé, il devait par ailleurs se douter qu'il n'était plus prioritaire lorsqu'il avait redémarré pour traverser le carrefour. Le recourant franchissait alors un carrefour complexe, reliant de nombreux axes et dans lequel la circulation était particulièrement dense. Il n'avait cependant pas regardé attentivement sur sa gauche, en direction des véhicules qui étaient prioritaires, car, à supposer qu'il l'eût fait, il eût aperçu l'intimé et eût pu freiner à temps. Au vu de la configuration des lieux, le recourant aurait par ailleurs pu immobiliser son véhicule derrière l'îlot central situé au milieu du carrefour, sans gêner la circulation, en attendant que la voie se libère. L'intimé était quant à lui prioritaire, dès lors que le feu de signalisation de la rue H.________ était vert au moment où il s'était engagé dans le carrefour. Cette version des faits avait été corroborée par deux témoins et correspondait à l'ordre des phases des feux de signalisation. Rien ne permettait de considérer que l'accélération de l'intimé avait été telle qu'elle eût été la cause de l'accident, ni de conclure que celui-ci faisait alors la course avec un autre motocycle et regardait vers l'arrière. Au contraire, les images de vidéosurveillance avaient montré, d'après la position de son casque, que le regard de l'intimé était dirigé vers l'avant. Sa vitesse ne pouvait par ailleurs être qualifiée d'excessive, en l'absence d'une quelconque preuve. Le fait que, selon les images de vidéosurveillance, six secondes se fussent écoulées entre l'accident et l'arrivée de la première voiture sur les lieux ne démontrait rien, dans la mesure où l'automobile en question avait vraisemblablement réduit sa vitesse à l'approche du lieu de l'accident. Enfin, l'intimé avait certes manoeuvré pour changer de présélection et devancer le véhicule qui se trouvait à côté de lui, mais sa trajectoire n'en avait pas été significativement modifiée, dès lors que les deux présélections allaient dans la même direction et menaient devant l'îlot central où avait eu lieu l'accident.