Citation: 6B_104/2024 E. 4.5

4.5. En l'occurrence, la Cour de justice a retenu que l'assertion relative aux Roms de Roumanie présente dans le rapport du 20 juillet 2021 violait l'interdiction de discrimination. Elle ne retient cependant pas que la recourante aurait au cours de la procédure pénale en cause subi des désavantages, respectivement aurait fait l'objet d'une différence de traitement, fondés sur ses origines. Il ne ressort pas non plus des faits de l'arrêt attaqué que cette procédure aurait été ouverte sans soupçon raisonnable ou motif valable (critères applicables en matière de profilage racial [cf. arrêt CourEDH WA Baile c. Suisse du 20 février 2024, requête n° 43868/18, §§ 54 s., 129 et 134 et les références citées] et pouvant être appliqués au cas présent par analogie), autrement dit, que celle-ci aurait été ouverte en raison des origines de la recourante. À cet égard, il découle de l'arrêt querellé qu'" une patrouille avait été dépêchée chez B.________, le 9 janvier 2019, pour un vol d'argent commis dans son appartement. Il avait invité une femme [...] à boire un verre chez lui. Il s'était absenté un bref instant et, à son retour, la femme avait "pris le large" et CHF 3'800.- avaient disparu." Il ressort du rapport de police du 20 juillet 2021, cité par le Tribunal cantonal, que les traces prélevées alors sur des objets en contact avec cette femme, notamment des empreintes digitales, avaient permis d'identifier la recourante en juillet 2021 (p. 3 s; art. 105 al. 2 LTF). Concernant F.________, l'enquête menée par les policiers a révélé que celui-ci avait obtenu, entre le 9 mars 2021 et le 19 juillet 2021, 4 smartphones grâce aux souscriptions de divers abonnements, peu après sa rencontre avec la recourante, et qu'entre temps, deux de ces téléphones avaient été vendus par la recourante en Roumanie (rapport précité du 20 juillet 2021 p. 4; art. 105 al. 2 LTF). En outre, l'arrêt entrepris relève aussi que le Service bijoux de la police genevoise avait indiqué que la recourante avait vendu à trois reprises des bijoux en or à Y.________. Il existait donc des soupçons raisonnables et suffisants pour présumer que les infractions suspectées avaient été commises et ces mêmes soupçons pouvaient également justifier la saisie des bijoux de la recourante pour analyse. Dans les présentes circonstances, les origines de l'intéressée n'ont joué aucun rôle déterminant. La recourante ne peut donc être suivie lorsqu'elle prétend que la suspicion de vol ne reposait que sur les préjugés qui existent au sujet de la communauté rom. Le rapport de police du 20 juillet 2021 fait certes état d'un mode de procéder utilisé par " certaines femmes rom roumaines ". Il s'agit dans ce cadre d'une constatation de fait, d'une donnée empirique, qui ne permet pas en soi de conclure à une discrimination. Il ne ressort pas de l'arrêt querellé et la recourante ne démontre pas que la procédure pénale aurait été menée différemment pour elle qu'elle l'aurait été pour une personne non rom, sans titre de séjour en Suisse, placée dans les mêmes circonstances. L'existence d'une différence de traitement, qui est l'un des éléments constitutifs de la discrimination (cf. supra consid. 4.1 s.), fait donc défaut. Enfin, la recourante invoque " le caractère discriminatoire des annotations des gendarmes dans le Procès-verbal d'audition du 19 juillet 2021", mais sans expliquer en quoi le contenu de ce document permettrait de conclure à une violation de l'interdiction de la discrimination. Le recours ne satisfait ainsi pas sur ce point aux exigences de motivation accrues de l'art. 106 al. 2 LTF. En outre, ledit contenu ne ressort pas de l'arrêt attaqué et représente un fait nouveau irrecevable (art. 99 al. 1 LTF). Ce grief doit, partant, être écarté. Le recours, dans la mesure où il porte sur une violation de l'interdiction de la discrimination est, partant, infondé.