Citation: 4P.203/2000 27.03.2001 E. 3

3.- a) De l'avis du recourant, l'intimé a toujours su devoir le montant réclamé, mais a tenté, après la signature de la reconnaissance de dette litigieuse, le 22 mars 1997, de tirer profit de la destruction consentie d'un premier document qui attestait l'état de la créance et les remboursements. Ladite destruction ayant enlevé toute possibilité de rétablir précisément la situation comptable, le recourant conclut que l'on ne peut exiger de lui plus de preuves que la production de la reconnaissance de dette litigieuse. b) D'une part, la cour cantonale admet que le créancier a dévoilé la cause de l'obligation (un ou plusieurs prêts), bien que le caractère abstrait de la reconnaissance de dette ne l'y oblige nullement. D'autre part, elle admet qu'il n'a pas allégué formellement le trafic clandestin de viande et que, par conséquent, ce trafic ne saurait constituer la cause de la reconnaissance de dette. Toutefois, dans la mesure où il ressort des faits que le débiteur a également reconnu que des prêts étaient à l'origine de la reconnaissance de dette litigieuse, la cour cantonale ne pouvait le libérer du fardeau de la preuve, c'est-à-dire renoncer à exiger de lui la preuve complète de la cause de son engagement, d'une part, et la preuve qu'il n'était plus tenu d'accomplir sa prestation, d'autre part. La solution de la cour cantonale s'appuie sur un comportement du créancier, qui paraît certes étonnant, mais dont déjà le juge de première instance n'a pu déduire qu'une suggestion implicite de la véritable cause de la reconnaissance de dette litigieuse, hypothèse finalement écartée par l'arrêt cantonal lui-même. Les éléments du dossier ne suffisent donc pas à justifier la dérogation au fardeau de la preuve qui incombe au débiteur. De surcroît, en se référant au jugement de première instance, selon lequel le débiteur a prouvé l'inexistence de plusieurs causes éventuelles de l'obligation, le raisonnement des juges cantonaux, qui se fonde sur une solution erronée, est incompréhensible. Partant, l'arrêt cantonal est arbitraire. Il y a lieu d'admettre le recours. Par conséquent, l'examen de la violation de l'art. 29 al. 2 Cst. , invoquée à titre subsidiaire, s'avère superflu.