Citation: 5A_774/2024 E. 4.1

4.1. En l'espèce, après avoir mis en doute la recevabilité de certaines critiques et le caractère clairement infondé d'autres griefs, la Chambre de surveillance a débouté le plaignant pour les motifs suivants: 1°) Le grief pris de la contestation du montant indiqué dans le procès-verbal de saisie par rapport au montant du loyer impayé chiffré par les poursuivants dans une lettre du 8 avril 2021 concerne la quotité de la créance en poursuite, à savoir un point qui échappe à la connaissance de l'autorité de surveillance, de sorte que ce grief est irrecevable; il est en tout état infondé, car le montant dû pour six mois de loyer en retard correspond à " quelques milliers de francs près " à celui de la poursuite litigieuse, d'autant que les poursuivants invoquent encore une créance de 2'000 fr. à titre de solde de décompte de charges. 2°) Le poursuivi n'a pas rendu vraisemblable que la dette en poursuite a été réglée par l'Hospice général; au reste, la contestation fondée sur l'extinction de la dette par un autre canal que l'Office ne relève pas de la compétence de l'autorité de surveillance, mais du juge ordinaire dans le cadre d'une action en annulation de la poursuite ou en constatation de l'inexistence de la dette. 3°) La manière de procéder des poursuivants est conforme à l'art. 149 al. 3 LP, qui dispense le créancier porteur d'un premier acte de défaut de biens de requérir préalablement une poursuite et la notification d'un commandement de payer. 4°) Le fait que l'acte de défaut de biens délivré le 2 août 2024 ( supra, consid. 1.2) ne figure pas dans l'extrait des poursuites ne signifie pas qu'il " n'existe pas "; il porte simplement sur la même créance que l'acte de défaut de biens (postérieur) du 9 octobre 2024 qui le remplace. 5°) Il n'est pas non plus inexact que le découvert figurant sur l'acte de défaut de biens du 2 août 2024 (40'623 fr. 24) ne corresponde pas au montant de la saisie mentionné dans l'avis de saisie du 27 mai 2024 (40'483 fr. 80), les frais d'établissement de l'acte de défaut de biens et des intérêts s'étant accumulés entre ces deux dates. 6°) Le grief pris de l'absence de titre de mainlevée après la prétendue " annulation " du jugement du Tribunal des baux et loyers par la Cour de justice a déjà été réfuté dans une précédente décision, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y revenir ici; de surcroît, il n'appartient pas à l'autorité de surveillance de remettre en cause le montant reconnu par le jugement invoqué comme titre de mainlevée. 7°) Le montant de la créance initiale s'est augmenté des frais et intérêts générés par le non-paiement et les poursuites, ce qui apparaît comme une évidence; la critique déduite de l'absence de lien entre le montant auquel l'a condamné le jugement précité et celui figurant dans les actes de défaut de biens est ainsi infondé. 8°) L'erreur de l'Office quant à l'état civil du poursuivi (qualifié à tort de " célibataire ") est dénuée d'incidence, tout comme le lieu de résidence de son enfant; le grief est dès lors irrecevable faute d'intérêt. 9°) Les reproches du poursuivi quant à son " adresse " sont injustifiés; il lui incombait d'indiquer à l'Office son lieu de domicile ou de résidence, ainsi qu'une adresse à laquelle il pouvait être atteint; quoi qu'il en soit, même s'il entretient le mystère sur ce point, il reçoit vraisemblablement tous les actes qui lui sont adressés, n'invoquant des irrégularités lors de la notification que pour les besoins de la cause et de manière contraire à la bonne foi; au demeurant, la Chambre de surveillance a déjà invité l'intéressé à clarifier la situation, ce qu'il n'a pas fait. 10°) Enfin, s'il est exact que le montant des commandements de payer notifiés au poursuivi et à son épouse s'élève à 104'400 fr., cela est dû au cumul résultant de la solidarité entre eux (chacun étant poursuivi pour la même somme), ce qui ne signifie pas qu'ils devront en verser l'intégralité deux fois.