Citation: 9C_457/2021 E. 6.2

6.2. Cette argumentation n'est pas fondée. On relèvera d'abord que l'apparente contradiction évoquée n'en est pas une. Elle s'explique par le fait que les premiers juges n'ont pas additionné les taux d'incapacité de travail somatique et psychique reconnus. Contrairement à ce que soutient l'assurée, le tribunal cantonal a justifié son point de vue. Il a en effet considéré qu'une capacité résiduelle globale de travail de 60 % tenait compte de l'incidence de l'ensemble des troubles diagnostiqués sur la capacité de travail de la recourante. Sa conclusion repose sur le complément d'expertise du 17 août 2020. Les docteurs E.________ et F.________ ont expliqué que même s'ils avaient maintenu l'incapacité de travail retenue par la doctoresse B.________, aucune interaction entre les atteintes somatiques et les atteintes psychiques à la santé n'aurait justifié que les deux incapacités de nature différente en résultant s'additionnent. L'assurée ne saurait valablement contester l'absence d'interaction mentionnée par les experts en invoquant le fait que la juridiction cantonale avait constaté que "les incidences des troubles somatiques et psychiques sur la capacité de travail avaient toujours été liées". Ce faisant, l'autorité judiciaire n'a effectivement pas relevé que l'influence des troubles psychiques augmentait l'influence des troubles somatiques sur la capacité de travail mais uniquement que, selon les périodes, l'incidence des atteintes psychiques étant restée constante, la survenance de problèmes somatiques avait pu temporairement augmenter l'incapacité globale de travail. Il n'est dès lors nullement question d'interaction dans le sens d'une addition des effets incapacitants des troubles somatiques et psychiques. Au contraire de ce que fait ensuite valoir l'assurée, on ne saurait faire valablement grief au tribunal cantonal d'avoir entériné les conclusions d'une expertise qui "compartimentait" les problématiques somatiques et psychiques ni d'avoir procédé à une approche erronée de sa situation médicale. Les experts ont réalisé une expertise psychiatrique et une expertise rhumatologique d'une manière séparée. Leurs conclusions ont par ailleurs fait l'objet d'une évaluation consensuelle qui intégrait les aspects somatiques et psychiques. Une telle démarche correspond aux exigences habituelles en matière d'expertise portant sur des pathologies psychiques ou psychosomatiques. Dans leur complément d'expertise, les médecins de la CRR ont de plus exclu l'hypothèse d'un trouble somatoforme en raison notamment du fait que ni la psychiatre traitante ni aucun autre médecin ayant eu à examiner la recourante par le passé n'avaient envisagé cette hypothèse et que l'assurée n'avait pas un comportement douloureux. Ils ont en outre analysé le caractère invalidant des troubles psychiques retenus sous l'angle des indicateurs établis par l'ATF 141 V 281. Dans la mesure où la recourante ne critique pas ces éléments mais se contente de demander la réalisation d'une nouvelle expertise appréhendant convenablement l'ensemble de ses affections, en se fondant de surcroît uniquement sur des pièces irrecevables devant le Tribunal fédéral (cf. consid. 1 supra), son argumentation ne remet pas en question l'arrêt cantonal en tant qu'il reconnaît une pleine valeur probante au rapport d'expertise. Enfin, l'argument selon lequel l'expertise ne saurait se voir reconnaître une pleine valeur probante, dans la mesure où les experts n'avaient pas disposé du temps nécessaire pour comprendre les effets réels des souffrances que la difficulté de l'assurée à exprimer ses émotions dissimulait, n'est pas pertinente. Il s'agit d'une allégation contredite par les experts. Ceux-ci ont expressément constaté que l'assurée "ne fai[sait] pas mystère de la composante émotionnelle des douleurs, qui se manifest[ai]ent actuellement plutôt dans le sens d'un état douloureux chronique diffus (R 52.2) [... dont] la présentation clinique actuelle n'évoqu[ait] pas ce diagnostic". Il est dès lors faux de prétendre que les médecins de la CRR auraient ignoré ou mal compris un élément essentiel de la situation médicale. Quant à la durée de l'expertise (psychiatrique de deux heures et dix minutes), on rappellera que la durée de l'examen - qui n'est pas en soi un critère de la valeur probante d'un rapport médical -, ne saurait remettre en question la valeur du travail de l'expert, dont le rôle consiste notamment à se prononcer sur l'état de santé psychique de l'assuré dans un délai relativement bref (cf. arrêts 9C_133/2012 du 29 août 2012 consid. 3.2.1; 9C_443/2008 du 28 avril 2009 consid. 4.4.2 et les arrêts cités).