Citation: 1C_673/2023 E. 2.2

2.2. En l'espèce, la Cour de justice a relevé qu'une rencontre avec des représentants de l'Office du patrimoine et des sites (OPS) et du SMS avait eu lieu sur place en mars 2021, en présence de l'architecte et de l'avocat des recourantes. Elle a ajouté que des représentants de la CMNS s'étaient rendus sur place en 2018 dans le cadre d'un autre projet de construction sur la même parcelle et avaient notamment visualisé le jardin. Elle a considéré qu'un transport sur place ne s'avérait pas nécessaire vu les pièces du dossier, les plans, les photos et les données disponibles conformément à la loi relative au système d'information du territoire à Genève du 17 mars 2000 (LSITG; RSG B 4 36). Les recourantes soutiennent au contraire qu'une inspection locale était nécessaire pour constater que le projet améliorerait le site et qu'il y avait eu des atteintes au plan de site 29'184A et à l'arborisation à proximité de la parcelle litigieuse. Elles relèvent que la CMNS s'était rendue sur place en 2018 pour un ancien projet et que la visite de mars 2021 avait été effectuée seulement par des représentants de l'OPS et non par la CMNS. Elles insistent sur le fait que la CMNS a reconnu la qualité du projet de remise en valeur du jardin la qualifiant d'exemplaire. Cet élément n'est toutefois pas susceptible d'avoir une influence sur l'issue du litige dans la mesure où il n'a jamais été contesté que le projet refusé apportait une amélioration au niveau de l'aménagement du jardin (voir notamment infra consid. 3.2). Pour les recourantes, l'inspection locale aurait pu démontrer l'emprise concrète du projet, l'absence d'impact du projet sur le bâtiment sis à l'avenue V.________, la mauvaise qualité de la végétation existante et son amélioration par le projet, le caractère inesthétique et l'emprise au sol des parkings des immeubles voisins ainsi que les atteintes au site occasionnées par les constructions autorisées pour le complexe hospitalier U.________ et par l'agrandissement de la Haute école de santé. Ces éléments ressortent cependant des plans, des photos ou des cartes interactives mises à disposition par le système d'information du territoire. Ainsi, les intéressées ne démontrent pas que la Cour de justice aurait procédé à une appréciation anticipée des preuves entachée d'arbitraire en renonçant à procéder à une inspection locale. Dans ces conditions, le grief de la violation du droit d'être entendu peut être rejeté.