Citation: 4A_96/2023 E. 3.4

3.4. Tout d'abord, la recourante reproche à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du fait qu'en tant que société anonyme, elle avait été créée en vue d'une activité à long terme, ce qui ressortait de son but. C.________ n'aurait pas investi un capital de 100'000 fr. pour sa création si les parties n'avaient envisagé la réalisation que d'un seul projet immobilier. Il n'était ainsi pas question d'un remboursement à la fin de la première promotion. La recourante soutient ensuite que les nombreux précédents de donations dissimulées existant entre l'intimé et C.________, aussi bien avant qu'après la conclusion des contrats litigieux, étaient significatifs de l'intention des parties de dissimuler les donations effectuées dans le cadre des contrats litigieux. Par ailleurs, ces derniers n'étaient pas d'une nature différente. Ils visaient le même but des parties, soit la réalisation professionnelle de C.________. Cela avait conduit l'intimé à consentir à d'importantes donations et éventuellement des abandons de créances en sa faveur, comme pour le financement de E.________ SA, lequel aurait donné lieu à un contrat de prêt dissimulant une donation. La recourante se prévaut encore de l'absence de garanties concernant les contrats litigieux. Il serait impensable qu'un banquier aguerri consente à des prêts à hauteur de 7'200'000 fr. sans exiger de garanties, au motif qu'il aurait accepté le risque d'essuyer des pertes. Cela ne reposait sur aucun élément et n'avait pas été allégué par l'intimé, lequel aurait d'ailleurs prétendu dans un premier temps que les contrats litigieux bénéficiaient de garanties. La seule fois où les parties avaient conclu un véritable contrat de prêt, en 2013, l'intimé avait exigé l'émission de cédules hypothécaires pour garantir le remboursement. La recourante critique également l'appréciation de la cour cantonale en lien avec la cause de la rupture entre l'intimé et C.________. Les échanges postérieurs à cette rupture n'étaient pas de nature à démontrer quels événements y avaient conduit. Au vu du contenu de son message du 14 septembre 2018, l'intimé se sentait toujours lié par les objectifs communs le liant à C.________. C'était en représailles à la rupture, due au refus de C.________ de se donner à lui, qu'il avait réclamé le remboursement des contrats litigieux. Pour conclure, la recourante affirme que c'est sur la seule base de quelques messages échangés entre l'intimé et C.________, principalement après leur rupture, que la cour cantonale a retenu que la réelle et commune intention des parties était de conclure des contrats de prêt. Les trois messages postérieurs à la rupture ne reflétaient pas cette intention, mais étaient révélateurs du revirement de l'intimé, en opposition à un accord tacite prévalant depuis 15 ans.