Citation: 7B_131/2023 E. A

A.a. A.________ (ci-après : A.________ ou la partie plaignante) est une société monégasque active principalement dans la gestion de navires marchands pour le compte des propriétaires de ceux-ci. B.________ en a été le directeur technique jusqu'au 11 juillet 2018; il était alors sous la supervision de C.________, directeur des opérations, dont le contrat a également pris fin à la date susmentionnée. En août 2012, D.________, engagé par B.________ en tant que responsable des équipages chez A.________, a créé, grâce à un prêt de USD 350'000.- de cette société, E.________ Inc. (ci-après : E.________), société incorporée à l'étranger. Son but était la mise à disposition et la gestion d'équipage et sa seule cliente était A.________. Dans le cadre de ses activités, E.________ présentait, en fin d'année et pour chaque navire, un budget prévisionnel relatif à tous les coûts opérationnels au département technique de A.________, budget qu'B.________ et C.________ validaient. E.________ remettait ensuite à A.________ un relevé mensuel des dépenses effectives, lesquelles étaient refacturées aux sociétés détentrices des navires. A.b. Le 17 août 2018, A.________ a déposé plainte pénale, à Genève, contre B.________ et C.________, les soupçonnant d'avoir perçu des rétrocessions de la part d'E.________, laquelle aurait gonflé de 15 % les frais communiqués à A.________. Une instruction pénale a été ouverte par le Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : le Ministère public) pour gestion déloyale (cause P/15618/2018); l'enrichissement indu des deux prévenus était évalué, pour la période du 15 mars 2013 au 4 décembre 2017, à USD 5'502'648.27 pour B.________ et à USD 5'483'703.30 pour C.________. Les comptes de C.________, de B.________ et de membres de la famille de ce dernier, ouverts à Genève auprès de la banque F.________, ont été séquestrés pour un montant total, au 23 juillet 2021, de EUR 3'083'689.-. Dans le cadre de l'instruction, C.________ et B.________ ont été entendus à différentes reprises, contestant les infractions reprochées. A.c. Le 17 septembre 2018, A.________ a déposé plainte pénale contre C.________ et à B.________ à Monaco. Les deux précités ont été inculpés le 2 juin 2020 d'escroqueries, d'abus de confiance, de faux en écritures privées, de commerce ou de banque et d'usage de faux, ainsi que de blanchiment du produit d'une infraction. S'agissant de ce dernier chef de prévention, il portait sur le fait d'avoir "à Monaco, aux N.________ et en tous lieux, entre le 1er janvier 2012 et le 11 janvier 2019, sciemment : apporté [leur] concours à des opérations de conversions ou de transferts de biens capitaux ou revenus qu''il[s] savai[en]t d'origine illicite comme provenant des délits d'escroquerie, faux et usage de faux commis au préjudice de la société A.________ dans le but de dissimuler ou de déguiser leur origine, notamment en effectuant des opérations de transferts de ces fonds sur des comptes situés aux N.________, en Suisse et à Monaco; acquis, détenu ou utilisé des biens capitaux ou revenus qu'il[s] savai[en]t d'origine illicite comme provenant des délits d'escroquerie, faux et usage de faux commis au préjudice de la société A.________". A.d. Le 18 août 2020, A.________ a déposé une nouvelle plainte pénale à Genève. Elle avait découvert, au terme de l'analyse de la documentation bancaire saisie, que B.________ et C.________ avaient perçu des rétributions de la part d'autres fournisseurs, soit G.________ BV et H.________ BV. B.________ a été entendu sur ses relations avec la société G.________ BV et C.________ l'a également été en lien avec la société H.________ BV. Ils ont été mis en prévention de gestion déloyale et de blanchiment d'argent pour ces faits par le Ministère public genevois. A.e. Par requête du 15 octobre 2020, les autorités monégasques ont adressé une demande d'entraide à la Suisse en vue d'obtenir diverses pièces du dossier genevois. Il ressort de cette requête que leurs investigations portaient également sur les versements reçus par B.________ et C.________ des sociétés G.________ BV et H.________ BV; les autorités monégasques avaient également entendu A.________, B.________, C.________, ainsi que des témoins et avaient ordonné des perquisitions et la saisie de divers biens. A.f. Le 20 août 2021, le Ministère public genevois a en substance invité les conseils des parties à se déterminer sur la possibilité de suspendre l'instruction de la cause jusqu'à droit connu dans la procédure monégasque. A.g. Par requête d'entraide du 20 octobre 2021, les autorités monégasques ont requis la saisie des comptes en Suisse qui pouvaient avoir un lien avec la procédure qu'elles instruisaient.