Citation: 6B_747/2018 E. 1.4.1

1.4.1. Selon la cour cantonale, les contacts homosexuels auxquels consentait le recourant allaient probablement à l'encontre de sa nature, voire lui répugnaient. Les deux expériences homosexuelles qu'il avait rapportées avaient d'ailleurs été interrompues par l'intéressé, qui avait refusé de subir des attouchements et d'en prodiguer sur le corps de E.________. Les experts psychiatres avaient relevé, dans leur premier rapport, que le recourant aurait pu traduire une incapacité à exprimer verbalement son désaccord par une expression violente disproportionnée, dans un moment de profond désarroi émotionnel, compte tenu de sa construction psychique carencée et de son maque de moyens psychologiques pour faire face à des situations conflictuelles. Cette conclusion reposait sur la version des faits du recourant. En l'occurrence, la répulsion éprouvée par le recourant ne s'était pas traduite par de la violence lors d'une "passe" effectuée à C.________ ou durant la nuit passée à G.________ au domicile de E.________. Dans les deux cas, le recourant avait simplement mis un terme à la fellation en cours ou aux agissements de son partenaire. S'agissant de la honte éprouvée, l'autorité précédente a relevé que le recourant n'avait pas dissimulé ses actes mais avait rapporté la scène de G.________, du moins en partie, à ses proches, ayant en outre affiché en public une proximité physique avec E.________. La cour cantonale a exposé que la confrontation du recourant à des actes homosexuels n'avait pas été le moteur des agissements de celui-ci, mais que l'intéressé avait été guidé par l'appât du gain. E.________ avait été décrit par les témoins comme une personne peureuse, naïve, gentille et dénuée de violence. Il avait été dépeint par son psychiatre comme soumis, très anxieux et méfiant. Sur un plan physique, celui-ci avait subi un infarctus, était malvoyant d'un oeil, plus âgé que le recourant et se trouvait fortement alcoolisé. La version de ce dernier, selon laquelle il aurait donné deux ou trois coups de pied pour se libérer d'un homme qui le poursuivait et l'agrippait afin d'obtenir des faveurs sexuelles n'était pas crédible. Au contraire, en considérant les capacités physiques des deux hommes, il était évident que le recourant aurait eu aisément le dessus s'il avait dû faire face à de tels agissements. En outre, si le comportement du recourant avait été dicté par la peur de E.________, celui-ci n'aurait pas accepté de passer la journée avec lui, tandis qu'il avait auparavant déjà passé une nuit chez le prénommé et que ce dernier ne lui était alors pas inconnu. De surcroît, selon des témoignages concordants, l'ambiance était bonne entre les deux hommes au restaurant H.________. Enfin, aux termes des déclarations du recourant, après avoir quitté cet établissement, E.________ l'avait suivi à une dizaine de mètres de distance, avait effectué plusieurs pauses de quelques minutes lors desquelles celui-ci l'avait attendu. Un tel comportement était incompatible avec la peur éprouvée par le recourant selon ses dires. E.________ se trouvait en état d'ébriété, en mauvaise santé, essoufflé et marchait péniblement. Si le recourant s'était alors trouvé dans une situation de stress, craignant pour son intégrité sexuelle, il n'aurait pas attendu le prénommé mais aurait pris la fuite. Le choix de l'itinéraire ne plaidait pas davantage en faveur de la version des faits du recourant, car si ce dernier avait voulu rejoindre son squat depuis le restaurant H.________ en échappant à E.________, il n'aurait pas emprunté le chemin longeant le lac, qui constituait un détour, mal éclairé et peu fréquenté. Selon l'autorité précédente, la prostitution constituait le seul lien unissant les deux intéressés. Leurs attentes réciproques étaient antinomiques, puisque E.________ cherchait des prestations sexuelles pour un minimum d'argent, tandis que le recourant visait le maximum d'argent pour un minimum de prestations. Dans ce contexte, ce dernier avait été insatisfait de la rémunération offerte par le prénommé pour la nuit passée à G.________ quelques jours auparavant. Il pouvait se sentir financièrement lésé, ce qui expliquait la longue rencontre du 23 juillet 2015 durant l'après-midi puis la soirée, le recourant ayant été appâté par la promesse de plus d'argent, espoir que le dernier retrait au bancomat avait alimenté. Pour la cour cantonale, le recourant avait accepté de passer la journée du 23 juillet 2015 avec E.________ par appât du gain, avait entraîné celui-ci sur un chemin sombre et peu fréquenté, l'avait attendu, avant de le frapper, de vider le contenu de son portemonnaie puis de s'enfuir en laissant l'intéressé agoniser. Le mobile avait donc été crapuleux.