Citation: 4C.322/2000 24.01.2001 E. 1

1.- a) Dans le recours en réforme, l'acte de recours doit contenir l'indication exacte des points attaqués de la décision et des modifications demandées (art. 55 al. 1 let. b OJ). Comme il s'agit d'un recours en réforme et non d'un recours cassatoire, le recourant ne doit pas se borner à demander l'annulation de la décision attaquée; il doit prendre des conclusions sur le fond du litige (Corboz, Le recours en réforme au Tribunal fédéral in: SJ 2000 II p. 45). Il n'est autorisé à conclure à l'annulation de la décision attaquée que si le Tribunal fédéral, en cas d'admission du recours, ne serait de toute manière pas en situation de statuer lui-même sur le fond et ne pourrait que renvoyer la cause à l'autorité cantonale (ATF 125 III 412 consid. 1b; 111 II 384 consid. 1; 106 II 201 consid. 1; 104 II 209 consid. 1; 103 II 267 consid. 1b). En l'espèce, la recourante, en se fondant entièrement sur les constatations cantonales, soutient qu'il est démontré qu'elle n'est pas la cocontractante et, par voie de conséquence, qu'elle n'est pas la débitrice. Si l'on devait suivre cette argumentation, il est évident que le Tribunal fédéral serait en situation de statuer lui-même sur le fond en réformant le jugement attaqué. La recourante ne pouvait donc pas se limiter à conclure à l'annulation de la décision cantonale. Son recours devrait donc être déclaré irrecevable pour ce motif. Il n'est toutefois pas nécessaire de trancher la question sous cet angle, puisqu'il apparaît d'emblée - comme on le verra - que le recours est infondé. b) Dans l'acte de recours, le représentant de la défenderesse affirme que R.________ lui aurait remis, après le jugement du Tribunal cantonal, un chèque qui n'aurait pas été pris en compte. Il s'agit là manifestement d'un fait ou d'un moyen de preuve nouveau, qui est irrecevable dans un recours en réforme (art. 55 al. 1 let. c OJ). c) Saisi d'un recours en réforme, le Tribunal fédéral doit conduire son raisonnement sur la base des faits contenus dans la décision attaquée, à moins que des dispositions fédérales en matière de preuve n'aient été violées, qu'il y ait lieu à rectification de constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compléter les constatations de l'autorité cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents et régulièrement allégués (art. 64 OJ; ATF 126 III 59 consid. 2a; 119 II 353 consid. 5c/aa). Si le Tribunal fédéral ne saurait aller au-delà des conclusions des parties, lesquelles ne peuvent prendre de conclusions nouvelles (art. 55 al. 1 let. b in fine OJ), il n'est lié ni par les motifs qu'elles invoquent (art. 63 al. 1 OJ), ni par ceux de la décision cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 126 III 59 consid. 2a; 123 III 246 consid. 2).