Citation: 4A_277/2021 E. 2.3.2

2.3.2. La recourante reproche à l'arbitre d'avoir appliqué l'art. 107 CO sans crier gare, alors que la discussion entre les parties n'avait tourné qu'autour des art. 366 et 377 CO. Ce dernier point semble avéré, à lire le résumé des positions soutenues par chaque camp (cf. sentence, n. 151, 162, 165 s. et 181). Quoi qu'il en soit, on ne saurait retenir un effet de surprise fondant un devoir d'interpellation sur un sujet aussi classique que la délimitation du champ d'application des art. 107, 366 et 377 CO. ll suffit de consulter quelques ouvrages majeurs pour s'en convaincre (FRANÇOIS CHAIX, in Commentaire romand, Code des obligations I, 3e éd. 2021, n° 3 ad art. 366 CO et n° 2 ad art. 377 CO; PETER GAUCH, Der Werkvertrag, 6e éd. 2019, nos 523, 578 et 658 et passim; TERCIER ET ALII, Les contrats spéciaux, 5e éd. 2016, n. 4153; ALFRED KOLLER, Berner Kommentar, Das Obligationenrecht, 1998, nos 13-16, 76 et 704 ad art. 366 CO). L'art. 183 SIA-118 renvoie du reste aux art. 107 et 366 CO, s'agissant de "l'extinction prématurée du contrat". Par surabondance, l'arbitre a relevé - sans susciter le grief d'arbitraire - l'absence de portée pratique quant à la distinction opérée et a conclu que la résiliation était aussi justifiée sous l'angle de l'art. 366 CO, pour autant qu'il fût applicable (sentence, n. 178 et 197). Dans ce contexte, l'intéressée peut difficilement reprocher à l'arbitre de ne pas l'avoir interpellée sur une des motivations alternatives alors qu'elle ne démontre pas l'illégitimité de l'autre argument au moyen d'un grief dûment étayé. On relèvera encore que la recourante a tôt fait de glisser sur le terrain de l'application du droit en reprochant à l'arbitre d'avoir méconnu les règles du contrat d'entreprise pour retenir une solution "en contradiction totale avec la jurisprudence établie et la doctrine". Or, pareille critique ne ressortit plus au droit d'être entendu. Le second pan du grief tiré de l'art. 393 let. d CPC se révèle infondé.