Citation: 1P.326/2000 22.09.2000 E. 2

2.- Pour l'essentiel, les griefs soulevés sont d'ordre formel. La recourante se plaint en effet d'une violation, sous plusieurs aspects, de son droit d'être entendue, tant dans la procédure d'opposition que devant l'autorité de recours. Elle reproche au Conseil décanal de ne pas l'avoir entendue lors de ses séances des 12 et 26 octobre 1999, irrégularité que la procédure de recours n'aurait pas permis de réparer. Par ailleurs, la recourante s'était plainte, dans son recours, de l'absence d'audition du Professeur A.________, dont l'avis lui était très favorable. Régie par la maxime d'office, la CRUNI aurait dû procéder à cette audition, en tant que moyen de preuve pertinent. Elle aurait aussi dû entendre les Professeurs X.________ et Y.________, afin de comprendre la portée de leurs déclarations contradictoires, en particulier à propos du revirement du Professeur X.________. Le Vice-recteur et le professeur B.________ devaient aussi être entendus, s'agissant du mémoire complémentaire exigé par le premier, et jugé insuffisant par le second. Compte tenu des revirements intervenus depuis le mois de juin 1999, la CRUNI ne pouvait se contenter de l'avis de trois des quatre membres du jury. La recourante invoque ensuite son droit de consulter le dossier. Seuls des extraits du rapport de synthèse du Professeur Y.________ lui auraient été communiqués, à l'exclusion des rapports complets des jurés, alors que, dans leurs versions initiales, ces documents lui étaient en majorité favorables. a) La portée du droit d'être entendu et les modalités de sa mise en oeuvre sont tout d'abord déterminées par la législation cantonale, dont le Tribunal fédéral ne revoit l'application que sous l'angle de l'arbitraire. Dès lors que la recourante n'invoque aucune disposition du droit cantonal de procédure, ses griefs doivent être examinés à la lumière de la garantie constitutionnelle de l'art. 29 al. 2 Cst. , dont la portée est identique à celle de l'art. 4 al. 1 aCst. (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). b) Le droit d'être entendu comprend, de manière générale, le droit de prendre connaissance du dossier, d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer à l'administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 124 I 49 consid. 3a, 241 consid. 2; 122 I 109 consid. 2a; 114 Ia 97 consid. 2a et les références citées). L'accès au dossier ne comprend en règle générale que le droit de consulter les pièces au siège de l'autorité, d'en prendre note et, pour autant que cela n'entraîne aucun inconvénient pour l'autorité, d'en lever copie (ATF 122 I 109 consid. 2b p. 112 et les arrêts cités). Une violation de ces différentes prérogatives peut être réparée devant l'autorité de recours dotée d'un libre pouvoir d'examen, si l'intéressé obtient la possibilité de s'exprimer, d'administrer les preuves requise, ou de consulter les pièces désirées (ATF 126 I 68 consid. 2 p. 72). c) Le règlement interne relatif aux procédures d'opposition et de recours (RIOR) prévoit que l'auteur d'une opposition est admis à consulter les pièces du dossier sur lesquelles l'organe a fondé sa décision; une pièce dont la consultation a été refusée ne peut être utilisée au détriment de l'intéressé (art. 8). Le droit d'être entendu est aussi garanti dans la procédure de recours devant la CRUNI (art. 31 RIOR), cette autorité devant en outre apprécier tous les allégués qu'une partie lui a soumis en temps utile (art. 32 RIOR). Pour le surplus, la loi genevoise sur la procédure administrative (LPA) est applicable à la procédure de recours. Les art. 67 et 69 LPA prévoient un effet dévolutif complet, ainsi qu'un libre pouvoir d'examen. d/aa) La recourante se plaint de ne pas avoir été entendue personnellement lors des séances du Conseil décanal. L'art. 29 al. 2 Cst. n'implique toutefois pas le droit de s'exprimer oralement devant l'autorité (ATF 125 I 209 consid. 9b p. 219 et la jurisprudence citée). L'art. 10 al. 2 RIOR permet certes à l'opposant d'"être entendu" par l'organe chargé de l'instruction sur opposition, mais la recourante n'a formulé aucune demande dans ce sens: sa lettre du 17 novembre 1999 ne contient aucune requête, même implicite, tendant à une audition personnelle. Dans son recours à la CRUNI, la recourante ne demandait pas non plus à être personnellement entendue. Elle ne soutient d'ailleurs pas, dans son recours de droit public, que l'art. 31 RIOR donnerait droit à une audition dans la procédure de recours. Elle n'indique pas non plus quels arguments elle aurait pu mieux faire valoir de cette manière. Sous cet angle, le droit d'être entendu n'a pas été violé. bb) Il en va différemment s'agissant de la consultation du dossier et de l'administration des preuves requises. Dans son opposition, la recourante faisait état des assurances qu'elle aurait reçues de la part de son directeur de thèse et de son attitude, qualifiée de contradictoire; elle s'y plaignait également de l'absence du Professeur A.________ lors du second vote. Dans son recours à la CRUNI, la recourante se plaint clairement de n'avoir pas eu connaissance d'une lettre du 11 juin 1999, des documents sur lesquels le Conseil décanal s'était fondé pour son vote du 12 octobre 1999, et du procès-verbal complet de cette séance. Dans son recours de droit public, elle expose - sans être contredite par les autorités intimées - n'avoir eu connaissance que d'extraits du rapport de synthèse du Professeur Y.________; les rapports complets des autres jurés ne lui auraient pas été communiqués.