Citation: 6B_241/2020 E. 1.2

1.2. La recourante fait valoir en substance que le dossier ne permet pas de retenir qu'elle aurait perçu la somme de 1'274'912 francs. Pour fonder sa conviction que l'intimé avait bien remis en mains propres et en espèces les fonds litigieux, la cour cantonale s'est basée sur plusieurs éléments. Elle a relevé que, dans l'annexe à sa plainte récapitulant chronologiquement les remises d'argent à la recourante, l'intimé avait mis des points d'interrogation lorsqu'il ne disposait pas de traces bancaires des retraits opérés pour la recourante, ce qui accréditait son honnêteté. La police avait constaté que les nombreux retraits bancaires opérés par l'intimé n'étaient pas liés à des dépenses de celui-ci dont le train de vie était modeste, alors que certains retraits correspondaient par leurs montants et leurs dates à des crédits portés sur les comptes de la recourante. Certains motifs de retrait notés à la main par l'intimé sur les quittances bancaires de retrait correspondaient chronologiquement à des événements réels vécus par la recourante ou son fils nécessitant d'engager des dépenses. Les déclarations de l'intimé étaient accréditées par la réalité de son appauvrissement et de sa ruine matérialisée entre autres par la perte de son avoir LPP, la vente de sa maison et la nécessité de devoir travailler au-delà de l'âge de la retraite. La recourante ne discute en aucune façon les éléments précités, qui contredisent son affirmation selon laquelle le dossier ne contient pas le moindre élément d'information s'agissant des circonstances dans lesquelles la remise des fonds serait intervenue. Sa critique, purement appellatoire, est irrecevable. Pour ce qui concerne la part de l'investissement remis à la recourante au moyen de fonds empruntés à des tiers à hauteur de 629'400 fr., la cour cantonale a constaté que l'intimé avait produit des pièces, quittances, conventions, reconnaissances de dettes couvrant la totalité des montants qu'il avait empruntés à des proches et connaissances pour les remettre à la recourante en vue de les investir dans la société off-shore présentée. En tant que la recourante reproche, de manière générale, à la cour cantonale d'avoir accordé un poids prépondérant à ces pièces, sa critique, faute de répondre aux exigences de motivation en la matière, est irrecevable. Plus spécifiquement, la recourante reproche à la cour cantonale d'avoir considéré que l'un des documents la mentionnait expressément comme réceptionnaire des fonds en référence à la convention de placement conclue entre l'intimé et H.________. Le document en question comporte, en bas de page, les coordonnées de la recourante aux côtés de celle de l'intimé. Partant, il n'est nullement insoutenable d'avoir considéré que cet élément permettait d'en conclure qu'elle était réceptionnaire des fonds avancés par H.________ à l'intimé. En outre, la cour cantonale a mis cette convention en exergue pour établir l'implication de la recourante dans la recherche de prêts de l'intimé auprès de tiers, certains prêteurs, entendus par la police, dont le témoin H.________, ayant exposé que l'intimé parlait de la recourante comme étant liée à la société devant recevoir l'argent. Enfin, la divergence mentionnée, entre la convention produite par le témoin H.________ et celle produite à l'appui de la plainte de l'intimé en lien avec les intérêts à verser au créancier, demeure sans portée par rapport aux constatations selon lesquelles ces fonds, à l'instar des autres sommes versées par des tiers à l'intimé, ont été bien été remis par le témoin à l'intimé, qui les a, à son tour, remis à la recourante. Il en va de même quand la recourante souligne que l'intimé aurait promis des intérêts excessifs à certains créanciers, les conditions auxquelles l'intimé était prêt à rembourser ses créanciers n'étant pas propres à remettre en cause la réception des fonds par la recourante. Autant que la recourante veut en tirer une généralité pour mettre en doute la valeur probante de l'ensemble des pièces établissant la réalité des sommes récoltées par l'intimé auprès de tiers, sa critique, dépourvue de toute assise factuelle, est irrecevable. Au demeurant, on ne voit pas l'intérêt du recourant à établir des documents attestant de son endettement auprès de tiers s'il n'avait pas perçu ces sommes. Enfin, la recourante discute la crédibilité des témoins H.________, F.________ et G.________, respectivement de l'intimé. Elle conteste avoir le profil attribué par ces derniers, à savoir celui d'une femme rompue aux affaires, alors qu'elle ne correspond en rien dans la réalité à ce profil, que ce soit sur le plan financier, personnel ou professionnel. Elle en conclut que soit l'intimé, qui connaissait sa situation obérée, n'est pas crédible en tant qu'il aurait fourni des indications erronées aux témoins, soit ce sont les témoins qui ne le sont pas, l'intimé n'ayant pas pu donner d'elle une telle description. Elle se réfère au témoin I.________ selon qui elle était une personne désorganisée, qui ne connaissait rien à l'administratif en général. La cour cantonale, à la suite des premiers juges, a souligné que la recourante avait participé à des rendez-vous avec certaines des personnes approchées par l'intimé. Elle leur avait expliqué le système d'investissement et leur avait présenté divers arguments pour les convaincre de prêter de l'argent. Ces constatations lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF). La réalité de la situation financière obérée de la recourante ou de ses autres traits de caractère, dont il ne ressort pas de la procédure qu'ils auraient été connus des témoins (art. 105 al. 1 LTF), n'affectent en rien la crédibilité de leurs déclarations quant à la manière dont elle s'est présentée à eux. Il en va de même sur ce que l'intimé a pu raconter à d'autres prêteurs qui ont déclaré qu'elle leur avait été présentée comme une personne liée à la société devant recevoir les fonds. La critique est inapte à établir l'arbitraire dans l'appréciation des témoignages. S'agissant de la crédibilité de l'intimé, la cour cantonale ne s'est pas seulement fondée sur les déclarations de ce dernier, dont elle a souligné le discours sincère et authentique, mais a exposé les divers éléments de preuve, pièces et témoignages évoqués ci-avant, qui l'ont conduite à considérer qu'il avait confié les montants litigieux à la recourante en vue d'investissement dans la pseudo-société off-shore. Elle a aussi relevé que, durant les années où l'intimé avait procédé aux remises d'argent liquide en mains de la recourante, ses comptes n'avaient enregistré que peu d'opérations de crédit, contrairement à ce que révélait l'examen de ses comptes avant et après les remises d'argent, sans que l'intéressée n'ait pu expliquer le maintien de son train de vie dispendieux durant cette période. Il n'existait aucun motif objectif ou compréhensible que l'intimé ait purement et simplement inventé ces accusations à l'encontre de la recourante. Elle a aussi rappelé que, selon un mode similaire, la recourante avait obtenu des prêts de la part d'hommes âgés, en janvier 2010 de 60'000 fr. et entre février 2014 et juin 2015 environ 1'000'000 fr., toutes constatations que la recourante ne discute pas. Le grief d'arbitraire est également infondé sur ce point dans la faible mesure de sa recevabilité.