Citation: 7B_372/2024 E. A

A.a. Le 21 juin 2023, A.________ (ci-après: le plaignant), ressortissant afghan né en 2006, requérant d'asile placé à l'époque des faits au Centre fédéral d'asile B.________, à U.________, a déposé plainte contre des agents de sécurité de la société C.________ SA, non identifiés, et toutes autres personnes impliquées dans des évènements qui se seraient produits le 29 mars 2023. Le plaignant a expliqué qu'il avait eu une altercation avec un agent de sécurité, au terme de laquelle il aurait été conduit en isolement, et considère que ces faits seraient constitutifs de séquestration, de contrainte, de mise en danger de la vie d'autrui, de lésions corporelles, subsidiairement de voies de fait, et éventuellement d'abus d'autorité. Dans sa plainte, il a requis l'ouverture d'une instruction pénale et diverses mesures d'instruction, dont la production d'images de vidéosurveillance et l'audition d'agents de sécurité et d'autres témoins des évènements litigieux. A.b. Le 30 juin 2023, le Procureur en charge de la plainte, représentant du Ministère public de l'arrondissement du Nord vaudois, a informé le plaignant qu'il considérait qu'il n'y avait, à ce stade, pas d'élément suffisant justifiant l'ouverture d'une instruction pénale et que sa plainte était transmise à la police en vue d'une investigation policière. A.c. Le 15 septembre 2023, le plaignant, par son conseil nouvellement constitué, a demandé qu'il soit entendu à bref délai, conformément à l'art. 154 al. 2 CPP, de pouvoir consulter le dossier et d'être tenu informé de l'avancement de l'instruction, en particulier qu'il lui soit confirmé que les actes d'instruction sollicités, qu'il a qualifié d'urgents, avaient été exécutés ou ordonnés. Par ordonnance du 21 septembre 2023, le Ministère public a accordé l'assistance judiciaire au plaignant et lui a désigné un conseil juridique gratuit. A.d. Le 10 octobre 2023, le plaignant a requis la jonction de la présente cause à plusieurs autres, dans lesquelles des requérants d'asile mineurs placés dans le même centre que lui auraient déposé plainte pour des faits similaires. Il a à nouveau demandé à être entendu sans délai. A.e. Le 18 octobre 2023, le Procureur a informé le plaignant que sa plainte faisait l'objet d'investigations policières et qu'aucune instruction pénale n'avait en l'état été ouverte. Il a précisé que la gendarmerie était en charge des investigations, qu'elle avait déjà procédé à plusieurs auditions, que d'autres étaient prévues, qu'elle devrait être en mesure de transmettre son rapport au Ministère public dans le courant du mois de novembre 2023 et qu'une décision sur la suite à donner à la procédure serait alors prise. Il a ajouté qu'il n'y avait dès lors pas matière à joindre les procédures à ce stade, ni à entendre le plaignant, que sa plainte était détaillée et que son audition, qui relevait à ce stade de la compétence de la police, n'était par conséquent ni indispensable ni urgente. A.f. Par courrier du 30 octobre 2023, le plaignant a indiqué au Ministère public que celui-ci était tenu d'ouvrir une instruction pénale et qu'il ne pouvait pas renvoyer l'affaire à la police, dès lors que, selon lui, il existait des soupçons suffisants justifiant l'ouverture d'une instruction pénale, en raison notamment du dépôt de cinq plaintes pénales similaires. Il a réitéré ses demandes tendant à l'ouverture d'une instruction pénale et à son audition. Il en a fait de même le 24 novembre 2023. Le 29 novembre 2023, le Procureur a indiqué qu'il était toujours dans l'attente du résultat de l'investigation policière et l'a, pour le surplus, renvoyé à sa correspondance du 18 octobre 2023.