Citation: 5A_755/2022 E. 5.2

5.2. La recourante fait valoir que le raisonnement de la cour cantonale serait erroné. Selon elle, la jurisprudence susmentionnée aurait clairement rappelé que les faits ressortant d'une autre procédure entre les mêmes parties constituent des faits notoires. Que certains arrêts en aient tiré la conclusion qui s'imposait, sous l'angle de l'art. 99 al. 1 LTF, n'y changerait rien : les faits notoires échappent non seulement à l'interdiction de l'art. 99 al. 1 LTF, mais également à l'obligation d'allégation (ATF 142 III 515 consid. 2.1.1). La recourante se réfère ensuite à un arrêt 5D_37/2018 du 8 juin 2018 consid. 5 concernant des faits dont le caractère notoire a été nié, considérant que l'on ne pouvait pas exiger de la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal vaudois qu'elle ait connaissance, à titre de faits notoires, du rôle et des archives de la Cour d'appel civile du même tribunal qui avait tranché un appel dirigé contre une ordonnance. Elle expose que dans le cas présent, les jugements invoqués opposeraient précisément les mêmes parties et auraient été rendus non seulement par les mêmes juridictions, mais également, en première instance, par la même magistrate, qui a instruit toutes les affaires fondant l'intégralité des créances invoquées à titre de compensation, élément selon elle non contesté par les intimés ni par la cour cantonale. Elle expose enfin qu'elle aurait expressément allégué et chiffré les montants concernés ainsi que les diverses conditions de l'art. 120 al. 1 CO, à savoir la réciprocité des créances, l'identité des prestations et l'exigibilité et la déductibilité en justice de la créance compensante.