Citation: 9C_258/2020 E. 5.1.2

5.1.2. Cette argumentation n'est pas fondée. On rappellera que le rôle d'un expert consiste à mettre ses compétences et ses connaissances au service de l'administration ou des tribunaux, à porter un regard neutre sur un cas particulier, à fournir des informations médicales pertinentes et fiables et à en tirer des conclusions objectives dans un laps de temps relativement bref en se fondant pour ce faire non seulement sur ses propres observations mais aussi sur l'analyse des pièces disponibles (cf. arrêt 9C_95/2012 du 1er juin 2012 consid. 3.2.1 et les références). Or le docteur F.________ a procédé à une telle analyse en l'occurrence. Il avait connaissance de l'intégralité du dossier médical. Il a procédé à l'examen psychiatrique de la recourante et a effectué ses propres observations. Il a discuté de manière circonstanciée les diagnostics retenus ou seulement évoqués par ses confrères antérieurement. Il a enfin tiré ses propres conclusions. Les éléments qui ont guidé ses réflexions ne se limitent donc pas à un seul entretien de deux heures et demie avec l'assurée. En se contentant par ailleurs de faire allusion à d'autres médecins dont les conclusions relatives à sa capacité de travail contredisaient celles des médecins du BEM, la recourante développe une argumentation appellatoire mais ne critique pas le jugement entrepris. Elle tend à substituer sa propre appréciation à celles des premiers juges sans démontrer en quoi leurs explications à cet égard seraient arbitraires. On relèvera enfin que le tribunal cantonal a expliqué de manière convaincante les raisons pour lesquelles il considérait que les avis des docteurs M.________ et H.________ n'étaient pas susceptibles d'en remettre en question les conclusions. Ces médecins n'avaient en effet pas mentionné d'éléments objectivement constatables dont les experts du BEM n'auraient pas tenu compte. Le seul fait que, dans ses rapports successifs, le docteur H.________ a qualifié l'épisode dépressif dont souffrait sa patiente de moyen puis de sévère ne suffit pas pour démontrer que la juridiction cantonale a fait preuve d'arbitraire en se fondant sur l'avis de la doctoresse N.________ pour écarter l'éventualité d'un trouble purement dépressif et incapacitant. Ce type d'argumentation procède également d'une argumentation appellatoire. De plus, contrairement à ce que voudrait la recourante, on ne saurait déduire une aggravation du trouble psychique du rapport du docteur H.________ du 7 août 2017 dans la mesure où celui-ci atteste l'existence de l'atteinte à la santé depuis 2014 et où il fait état des mêmes symptômes que l'expert psychiatre du BEM (p. ex. baisse de l'énergie).