Citation: 5A_929/2019 E. 4

Le recourant se plaint d'un établissement arbitraire des faits en lien avec sa situation financière. Il fait valoir que l'autorité précédente a omis de tenir compte de preuves et d'indices pertinents, singulièrement de son incapacité de travail en raison d'une maladie physique, de la demande de son employeur de déposer une demande de rente invalidité, et du fait qu'une reprise ou réorientation professionnelle est exclue. En écartant ces faits pertinents, l'autorité précédente aurait arbitrairement pris en compte des indemnités journalières (3'858 fr.) en sus de son revenu de base (8'600 fr.) et omis de tenir pour vraisemblable, ou à tout le moins d'estimer plausible, le remplacement de son revenu par une rente invalidité en juillet 2020, avec le résultat qu'elle lui aurait imputé un revenu trop élevé, lui faisant déjà supporter des contributions d'entretien « supérieures à sa capacité contributive et qui entament son minimum vital ». En l'occurrence, ainsi que le recourant l'admet dans son écriture, son incapacité de travail depuis juillet 2018 pour une durée indéterminée, de même que son impossibilité de reprendre son travail ou de se réorienter professionnellement figurent à l'état de fait de l'arrêt déféré. Aussi, ce que le recourant reproche à l'autorité précédente est en définitive la non-prise en considération de la prétendue perte de ses indemnités journalières, ainsi que d'un événement futur incertain, à savoir qu'il percevra dès juillet 2020 une rente invalidité nettement inférieure à son revenu de base. Premièrement, comme le recourant le relève justement, l'autorité précédente a refusé de supprimer des revenus de l'époux les indemnités journalières, au motif qu'il n'a pas rendu un tel fait vraisemblable, mais s'est contenté de l'alléguer. A cet égard, le recourant ne prétend pas qu'il aurait été empêché de produire un relevé de salaire ou une décision de refus de versement d'une telle indemnité, preuve généralement immédiatement disponible. Bien que limité à la simple vraisemblance, les faits allégués doivent néanmoins être rendus vraisemblables et le recourant ne saurait reprocher à la Cour de justice d'avoir écarté un fait en exposant la raison pour laquelle elle le considérait comme non vraisemblable. Deuxièmement, quant au remplacement probable, voire plausible, en juillet 2020 de son salaire par une rente d'invalidité, le recourant ne fait pas non plus valoir qu'il aurait produit en procédure une copie de sa demande d'invalidité que l'autorité précédente aurait écartée sans motif (cf. supr a consid. 2.3). De surcroît, la possibilité de la perception d'une rente d'invalidité dès juillet 2020 - entière ou partielle - constitue un fait futur hypothétique. Or, le juge peut prendre en considération un état de fait futur (c'est-à-dire un pronostic), sans y être obligé (arrêt 5A_727/2018 du 28 août 2018 consid. 5.3.3), et il n'est en tout cas pas arbitraire de ne pas prendre en considération un état de fait futur incertain et hypothétique, quand bien même il eût été rendu vraisemblable. Dès lors que la perception d'une rente invalidité ne constitue pas un événement certain à venir dans un futur proche, l'autorité précédente n'a pas versé dans l'arbitraire en ne prenant pas en considération cet élément. En conclusion, l'autorité précédente n'a pas versé dans l'arbitraire dans l'établissement des faits relatifs au revenu du recourant, ce qui conduit au rejet du grief d'arbitraire à cet égard.