Citation: 4C.273/2001 15.11.2001 E. 5

5.- Contrairement à ce que soutient la défenderesse, le recours a été déposé en temps utile. Mais peu importe. Le recours doit être déclaré irrecevable pour une autre raison. En instance de réforme, le Tribunal fédéral fonde son arrêt sur les faits tels qu'ils ont été constatés par la dernière autorité cantonale, à moins notamment que des dispositions fédérales en matière de preuve n'aient été violées (art. 63 al. 2 OJ). Il ne peut être présenté de griefs contre les constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). Le recours en réforme n'est pas ouvert pour se plaindre de l'appréciation des preuves et des constatations de fait qui en découlent (ATF 120 II 97 consid. 2b). La demanderesse invoque une violation de son droit à la preuve, tel qu'il découlerait de l'art. 8 CC. Elle reproche à la cour cantonale d'avoir nié la conclusion d'un bail tacite sans administrer les preuves qu'elle aurait dû, ou d'avoir procédé à des constatations de fait incomplètes. Cette argumentation, qui consiste en une pure critique de l'appréciation des preuves opérée par la cour cantonale, inadmissible de la part d'une partie représentée par un avocat, tombe complètement à faux (art. 36a al. 2 OJ; ATF 119 II 84). De jurisprudence constante en effet, régissant le fardeau de la preuve, et indiquant quelle est la partie qui doit assumer les conséquences de l'échec de la preuve (ATF 125 III 78 consid. 3b), l'art. 8 CC ne détermine pas quelles sont les mesures probatoires que le juge doit ordonner, ni sur quelles bases il peut former sa conviction. Cette disposition n'exclut ni l'appréciation anticipée des preuves, ni la preuve par indices (ATF 127 III 248 consid. 3; 122 III 219; consid. 3c; 114 II 289 consid. 2a). Elle interdit au juge de considérer comme établi un fait pertinent allégué par une partie pour en déduire son droit, alors que ce fait, contesté par la partie adverse, n'a pas reçu un commencement de preuve. L'art. 8 CC est également violé par le juge qui n'administre pas, sur des faits juridiquement pertinents, des preuves idoines offertes régulièrement, alors qu'il considère que les faits en question n'ont été ni établis, ni réfutés. Lorsque l'appréciation des preuves convainc le juge de la réalité ou de l'inexistence d'un fait, la question de l'application de l'art. 8 CC ne se pose plus (ATF 114 II 289 consid. 2a; 120 II 393 consid. 4b); seul le moyen tiré d'une appréciation arbitraire des preuves, à invoquer impérativement dans un recours de droit public, est alors recevable. En l'occurrence, la cour cantonale n'a pas jugé qu'il y avait absence de preuve de la conclusion d'un bail tacite entre les parties. Elle a retenu, dans son arrêt du 21 décembre 2000, que la bailleresse n'avait jamais renoncé à l'exécution du jugement d'évacuation. Les pièces n°s 24 à 27 du chargé de la demanderesse ont été dûment prises en considération dans l'arrêt attaqué qui confirme cette première appréciation. Dans ces circonstances, force est de constater que, dirigé contre l'appréciation des preuves, le grief de violation de l'art. 8 CC n'a plus d'objet.