Citation: 4A_688/2012 E. 5.3.2

5.3.2. 5.3.2.1. Avec leur réponse à la demande n° 1, les intimés ont produit une copie d'un courrier électronique que V.________ avait envoyé à X.________, le 15 mai 2006, pour l'inviter à informer le transporteur qu'il y avait lieu de modifier le nom du bénéficiaire, sur un connaissement, en y remplaçant "Eng. W.________ Company" par "M.________" (pièce n° 1). Cela démontrerait, selon eux, que les requérants connaissaient, alors déjà, l'existence de M.________, contrairement à ce qu'ils affirment aujourd'hui. Tout en contestant que le connaissement en question se rapportât aux marchandises formant l'objet du contrat du 28 octobre 2005, les requérants ont exprimé des doutes formels quant à l'authenticité de ce courrier électronique dans leur réplique du 8 avril 2013, en mettant les intimés au défi de prouver l'existence de celui-ci (n. 12 ss et n. 50, 4e tiret; cause 4A_688/2012). Ils ont maintenu, dans celle du 24 juin 2013 (p. 12 i.f.; cause 4A_126/2013), qu'ils n'avaient pas reçu le courriel litigieux. Pour écarter cette objection, les intimés ont rétorqué, avec pièce justificative à l'appui, que X.________ avait répondu, le lendemain 16 mai 2006, audit courriel pour informer l'expéditeur de celui-ci que le changement demandé avait été communiqué au transporteur (duplique du 12 juillet 2013, p. 3, en la cause 4A_126/2013 et pièce n. 29). Dans une triplique qu'ils ont adressée spontanément au Tribunal fédéral, avec quelques pièces, en date du 22 juillet 2013 ( cause 4A_126/2013), les requérants ont indiqué que X.________ conteste être l'auteur de ce prétendu courriel de réponse. La recevabilité de ce dernier mémoire, qui a été déposé au titre de la garantie du droit d'être entendu, alors que les parties avaient été informées qu'un échange ultérieur d'écritures était superflu, peut demeurer en suspens. Point n'est, en effet, besoin d'examiner ici ce qu'il en est de l'authenticité - contestée - des courriers électroniques des 15 et 16 mai 2006 invoqués par les intimés ni, partant, d'ouvrir une instruction à ce sujet. Aussi bien, comme on va le démontrer, d'autres éléments mentionnés par les intimés suffisent à établir que les requérants ont appris l'existence de M.________ bien avant la date avancée par eux (22 août 2012). 5.3.2.2. En annexe à leur réponse à la demande n° 1, les intimés ont produit deux éléments de preuve qu'ils considèrent comme déterminants pour établir le moment auquel les requérants ont appris l'existence de la société M.________. Le premier consiste en une notification, faite par un notaire public d'Amman à l'intention de A.K.________ (pièce n° 3), qui a été reçue le 12 janvier 2007 par X.________ (pièce n° 4). Ce document, par lequel ladite société était mise en demeure de fournir la garantie bancaire prévue dans l'addendum du 13 septembre 2006 (cf., ci-dessus, let. A., 2e § i.f.), indique, en préambule, qu'il est notifié à l'instance de V.________ ( the First Notifier ) agissant pour lui-même (ch. 1) de même que " in his capacity as the General Manager and authorized signatory of M.________ " (ch. 2). Il énonce encore ce qui suit sous ch. 1 de l'exposé des faits (p. 1) : " The Notified Party is aware that on October 28 th , 2005 it has signed an agency and purchase contract with the First Notifier, in his personal capacity, whereby it was agreed to establish a Jordanian company in the name of: M.________ ". Le second élément de preuve est une lettre que les mandataires actuels des intimés ont adressée le 21 juin 2007 à l'ancien conseil de A.K.________ pour impartir à cette dernière le délai de grâce devant être fixé selon l'art. 18 de l'accord du 28 octobre 2005 préalablement à la résiliation immédiate des rapports contractuels (pièce n° 5). Tant au début qu'à la fin de cette missive, les auteurs de celle-ci déclaraient agir " For and on behalf of our client Mr. V.________, acting for himself and as the authorized signatory of M.________ ". Force est de constater, avec les intimés, que ces deux mises en demeure ont été adressées bien avant l'ouverture de la procédure arbitrale, le 23 décembre 2008, à A.K.________, par le truchement de son administrateur, X.________, qui était également l'administrateur de B.K.________, respectivement par celui de son mandataire de l'époque. Du reste, les requérants indiquent expressément qu'ils ne contestent pas avoir reçu ces deux pièces (réplique dans la cause 4A_688/2012, n. 21; réplique dans la cause 4A_126/2013, n. 10). Qu'ils puissent venir soutenir aujourd'hui n'avoir eu vent de l'existence de M.________ qu'en août 2012 apparaît, dès lors, incompréhensible sur le vu de ces deux éléments de preuve. A cet égard, prétendre, comme ils le font, qu'il ne s'agissait là que "de deux «petits» courriers compris dans un dossier (procédure arbitrale) de quelque 9 classeurs fédéraux" (réplique dans la cause 4A_126/2013, n. 10) n'est pas sérieux, eu égard à la nature juridique - des sommations formelles -et à l'importance du contenu des pièces en question. De même, les explications peu claires des requérants selon lesquelles ils ne pouvaient pas imaginer alors que les intimés avaient créé une société à leur insu, en violation manifeste du contrat du 28 octobre 2005, ne sont pas plausibles, puisqu'aussi bien ledit contrat prévoyait expressément la création d'une telle société, ce que rappelait d'ailleurs l'extrait précité de l'exposé des faits figurant dans la lettre de mise en demeure du notaire jordanien. Il suit de là que toute la construction échafaudée par les requérants sur la base de la prétendue découverte de l'existence de M.________ le 22 août 2012 seulement (demande n° 1) et en fonction du rôle supposément dévolu à cette société dans le processus d'importation des machines formant l'objet du contrat du 28 octobre 2005 (demande n° 2) s'en trouve privée de fondement. Il est ainsi établi que le motif de révision examiné ici a été découvert bien avant l'expiration du délai de 90 jours dans lequel les demandes de révision qui l'énoncent auraient dû être déposées. Dans cette mesure, les deux demandes sont donc irrecevables. Cela étant, comme les preuves dont les requérants sollicitent l'administration (cf. consid. 5.1, 3e §, ci-dessus) ne sont pas de nature à modifier cette conclusion, il n'y a pas lieu de les administrer.