Citation: 1B_134/2020 E. 3.3.5

3.3.5. Au moment d'ordonner la surveillance, le MPC disposait ainsi d'indices suffisamment concrets quant à la possibilité que le raccordement +41 yyy fût prochainement utilisé par le prévenu pour communiquer avec le recourant au sujet des faits qui lui étaient reprochés. Si les enquêteurs n'ignoraient certes pas que le prévenu résidait principalement à Chypre depuis 2015, la mesure de surveillance litigieuse devait en outre permettre d'obtenir des informations au sujet de ses nombreux déplacements internationaux constatés par le MPC, alors que le prévenu prétendait être atteint d'un cancer du côlon et ne pas être en mesure, étant donné qu'il était hospitalisé à Chypre, de se rendre en Suisse pour y être entendu (cf. décision attaquée, consid. 5.1 p. 9). Ainsi, en tant que la surveillance du service de télécommunication du recourant devait notamment permettre d'apporter des précisions sur les dires du prévenu et sur le lieu où celui-ci se trouvait réellement, il faut admettre qu'elle était conforme aux exigences déduites de l'art. 270 let. b ch. 1 CPP. Il n'est en soi pas déterminant que le prévenu n'avait finalement pas été arrêté lors de ses passages en Suisse, ni qu'il avait pu être entendu par les autorités chypriotes en janvier 2017, soit antérieurement à l'extension de la procédure ordonnée en avril 2017, dans le cadre d'une procédure d'entraide judiciaire menée par le MPC. En outre, compte tenu des contingences techniques et juridiques liées à la surveillance d'un service de télécommunication suisse à l'étranger, et dès lors qu'il était envisageable que le prévenu utilisât d'autres raccordements, étrangers, pour passer ses appels avec le recourant, il n'apparaît pas que la seule surveillance du raccordement +41 xxx constituait une mesure suffisante pour intercepter l'ensemble des conversations entre le prévenu et le recourant. Dans ce contexte, il n'est pas critiquable d'avoir poursuivi parallèlement la surveillance des deux services de télécommunication évoqués. Enfin, en tant que le recourant soutient que la surveillance aurait dû être interrompue dès le 3 mai 2017, sitôt qu'une conversation faisant état d'un déplacement du prévenu en Bulgarie avait pu être enregistrée, on ne distingue pas que, par la poursuite de la surveillance au-delà de cette date, celle-ci serait devenue disproportionnée, étant observé que la surveillance du recourant jusqu'au 26 juillet 2017, date de sa levée, pouvait encore permettre d'obtenir des informations sur les faits poursuivis et sur les autres déplacements du prévenu.