Citation: 8C_981/2012 E. B

B.a. Le 2 novembre 2007, S.________ a ouvert action devant le Tribunal de Prud'hommes en concluant à ce que l'État de Vaud soit condamné à lui verser une indemnité de 29'020 fr. avec intérêts, pour harcèlement. L'État de Vaud a demandé à appeler en cause H.________ afin que le jugement à venir lui soit opposable. Celui-ci a conclu à l'admission de l'appel en cause et formé, subsidiairement, une requête d'intervention dans la procédure. La participation du directeur à celle-ci a été admise au terme de plusieurs procédures de recours jusqu'au Tribunal fédéral (arrêt 8C_624/2009 du 30 juillet 2010). B.b. Le Tribunal de Prud'hommes a statué le 31 mai 2012. Il a partiellement admis la demande de S.________ en ce sens qu'il a constaté qu'elle a été victime de harcèlement sexuel dont l'auteur est H.________; il a rejeté toutes autres ou plus amples conclusions. Le Tribunal de Prud'hommes a retenu la qualification de harcèlement sexuel au sens de l'art. 4 de la loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes du 24 mars 1995 (LEg; RS 151.1) sur la base des faits suivants. À compter du 25 juin 1997, S.________ a subi de nombreuses incapacités de travail pour maladie. A la suite de ces absences et de la perte de poids qu'elle a présentée durant l'année scolaire 2003-2004, des rumeurs ont circulé à son sujet parmi ses collègues et les parents d'élèves, selon lesquelles l'intéressée souffrirait d'un cancer ou serait atteinte du sida. À la même époque, S.________ s'est séparée de son mari. Après qu'elle eut commis une tentative de suicide le 1er juin 2003, le père de celle-ci a reproché à H.________ de n'avoir rien entrepris pour faire cesser les rumeurs au sujet de sa fille. Le directeur de l'école a alors rendu visite à l'enseignante hospitalisée. Depuis lors et jusqu'en avril 2005, H.________ et S.________ se sont rencontrés à de nombreuses reprises en dehors de leur lieu de travail. Ils ont partagé des repas, au restaurant ou chez l'enseignante, promené leurs chiens ensemble et échangé de nombreux messages électroniques par téléphone portable (SMS). H.________ a également offert à S.________ plusieurs livres comportant des dédicaces de sa main. Début avril 2005, au moment de prendre congé d'elle après un repas en commun au restaurant, H.________ a tenté d'embrasser S.________, qui a manifesté un refus net. Il s'en est suivi un échange de SMS. Pour le Tribunal de Prud'hommes, H.________ a commis, tout au long de leur relation, des actes de harcèlement sexuel à l'endroit de S.________, en particulier à l'occasion d'une « séance de visualisation» alors que cette dernière se trouvait dans un état de faiblesse physique et psychique, en lui offrant des livres au contenu (ou au titre) explicitement érotique assortis de dédicaces ne trouvant pas place ni dans une relation amicale, ni dans des rapports professionnels ou hiérarchiques, en tentant finalement de l'embrasser et en lui adressant consécutivement des SMS à caractère clairement sexuel, portant atteinte à la dignité de sa destinataire. En ce qui concerne l'État de Vaud, le Tribunal de Prud'hommes a estimé que celui-ci avait pris des mesures appropriées aux circonstances à la suite des plaintes formulées par S.________ au printemps 2005. Aussi, la prénommée ne pouvait-elle prétendre d'indemnité pour tort moral de la part de son employeur. B.c. Par jugement du 19 septembre 2012, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours formé par H.________ contre le jugement du Tribunal de Prud'hommes.