Citation: 5A_790/2023 E. 7.1

7.1. En substance, les recourantes soutiennent que tous les documents dont on leur demande la production ont déjà été remis aux intimés. En lien avec le chiffre I (comptes bancaires et/ou postaux et portefeuilles), elles soutiennent qu'aucun élément au dossier ne laisse présumer que les documents transmis par les banques ne seraient pas complets en raison de prétendus comptes dans d'autres établissements ou à l'étranger pour lesquels les intimés n'ont donné aucun indice de leur existence. S'agissant du chiffre II (droit de superficie), elles affirment, en rapport avec le montant de 1'250'000 fr., qu'il ne fait l'objet d'aucun autre contrat que le contrat de mariage. Pour ce qui est du chiffre III (lots de PPE), elles soutiennent que la recourante n° 1 a fourni aux intimés par courrier du 25 juin 2018 l'acte d'achat de l'appartement de (...) du 17 janvier 2002 et que les informations concernant l'hypothèque de 3'000'000 fr. par laquelle les époux ont financé l'acquisition de l'appartement figure au passif de leur compte joint dont tous les extraits bancaires allant jusqu'à 2000 et couvrant la période de l'acquisition de l'appartement ont été fournis. Elles ajoutent que la production de documents concernant l'origine des fonds n'a pas été ordonnée en première instance et que si les intimés avaient voulu des informations sur l'origine de la fortune de la recourante n° 1, ils auraient dû le spécifier dans leur demande. Concernant le chiffre IV (parcelles de la Commune de U.________), elles exposent avoir remis le contrat de vente du 18 mai 1993 concernant la parcelle n° (...) (aujourd'hui n°...), l'exécution de la vente des parcelles n° (...) et (...) de la Commune de U.________ et des extraits du registre foncier de cette commune faisant état de la donation du de cujus de sa part de copropriété de la parcelle n° (...) à la recourante n° 1 le 23 décembre 1994 (pièce 29 appel). Elles ajoutent que les informations sur la provenance des fonds n'ont pas été requises par le premier juge et qu'avec les détails des comptes bancaires en leur possession, les intimés sont à même de reconstituer tous les flux de fonds concernant le de cujus. En lien avec le chiffre VI (actions nominative de la recourante n° 2), elles soulignent que l'évaluation du portefeuille de la recourante n° 1 au 30 juin 2000 montre un débit de 8 millions fr. le 29 février 2000 correspondant à l'achat de l'entier des actions et l'évaluation de ce portefeuille au 30 juin 2000 fait état des 200 actions de la recourante n° 2. Ces documents démontrent donc que la recourante n° 1 a acquis et payé seule ces actions nominatives. S'agissant du chiffre VII (chalet sis sur la Commune de W.________), les recourantes affirment que les intimés n'ont pas contesté que le d e cujus avait financé les travaux avec ses biens propres et qu'il leur avait indiqué par courrier du 12 juin 2013 que les coûts de construction du chalet étaient d'environ 10 millions fr. De leur point de vue, la démarche des intimés est chicanière car ceux-ci auraient pu demander au de cujus de son vivant des informations sur ce financement. Concernant les chiffre VIII et IX (libéralités et prêts), les recourantes exposent que la recourante n° 1 a déjà pleinement satisfait à cette demande en indiquant qu'aucune libéralité ni prêt ne lui avait été accordé par son époux hors du contrat de mariage du 22 novembre 2011. Les époux avaient adopté avec effet rétroactif à la conclusion du mariage le régime matrimonial de la communauté des biens et l'exclusion d'un actif des biens communs est parfaitement légale. Enfin, pour ce qui est du chiffre XI (pièces de la recourante n° 2), les recourantes estiment que la période de 1978 à 2000 n'est pas pertinente. Elles rappellent en outre leur argument selon lequel le chalet construit entre 2000 et 2003 à W.________ a été financé par le de cujus avec ses biens propres, que celui-ci a informé les intimés par courrier du 12 juin 2013 que le coût de la construction du chalet avait été de 10 millions fr., ce que les intimés ne contestent pas. Enfin, elles soutiennent que la recourante n° 2 n'est pas héritière, ni partenaire contractuel du de cujus, de sorte qu'elle ne peut pas être tenue de fournir des informations sans lien avec la présente procédure. Dans tous les cas, elle a transmis toutes les informations pertinentes par courrier du 25 juin 2018. Les procès-verbaux des assemblées générales et des séances de conseil d'administration dès l'an 2000 et le registre d'actionnaires n'en font pas partie car il s'agit de documents internes.