Citation: 6B_372/2022 E. 1.4.3

1.4.3. Enfin le recourant soutient que l'élément subjectif fait défaut. Il se réfère au jugement attaqué qui retient, à propos de la peine, que le recourant "semble effectivement toujours avoir été convaincu que les bronzes sont l'oeuvre de G.________" (jugement attaqué p. 71, cf. aussi p. 58). Le dol éventuel suppose que l'auteur, qui ne veut pas le résultat dommageable pour lui-même, envisage le résultat de son acte comme possible et l'accepte au cas où il se produirait. La différence entre le dol éventuel et la négligence consciente réside dans la volonté de l'auteur. Celui qui agit par dol éventuel accepte le résultat dommageable pour le cas où il se produirait, alors que celui qui se rend coupable de négligence consciente escompte que le résultat dont il envisage l'avènement comme possible ne se produira pas (ATF 139 IV 9 consid. 4.1). Le recourant savait qu'il existait des doutes objectifs quant à l'authenticité des oeuvres et qu'il était possible qu'il trompe ses cocontractants en leur vendant des oeuvres sans certification de l'ISEA. Il était en effet au courant de l'enquête dirigée contre E.________ et K.________ l'avait informé des doutes qu'il éprouvait quant à l'authenticité de l'oeuvre et, partant, du risque que l'extrait d'archives soit retiré. Il importe peu qu'il ait été personnellement convaincu que les bronzes aient été l'oeuvre de G.________. Ce qui est déterminant, c'est que la certification de l'ISEA risquait d'être retirée et que, dans ce cas, les oeuvres perdraient leur valeur. Le fait que le recourant a bradé les dernières oeuvres vendues montre qu'il était conscient de ce risque (jugement attaqué p. 58, 59). Compte tenu des doutes objectifs importants concernant l'authenticité du plâtre et le risque grandissant du retrait de l'extrait d'archives, il n'a pu qu'accepter ce risque. Il s'ensuit que même à défaut de constatation expresse, on peut admettre que la cour cantonale a implicitement retenu que le recourant a agi par dol éventuel.