Citation: 4A_86/2023 E. 6.4

6.4. Il n'est pas contesté que le recourant était au bénéfice de l'assistance judiciaire pour la procédure de première instance, qu'il a succombé et que le Tribunal de première instance l'a pourtant condamné au paiement des frais judiciaires. En revanche, contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, le dispositif du jugement de première instance n'est pas lacunaire et prévoit expressément que le défendeur doit payer au demandeur 65'200 fr. à titre de frais judiciaires, soit le montant que celui-ci avait versé au titre d'avance de frais. Au vu du fait que le jugement de première instance semble ainsi violer l'art. 122 al. 1 let. b CPC, la cour cantonale ne peut être suivie lorsqu'elle affirme que le défendeur recourant ne dispose pas d'un intérêt juridique actuel à agir et que les chances de succès de son grief devant la Cour de justice paraissent, prima facie, très faibles. En effet, le jugement du tribunal a pour effet qu'il est dessaisi et, en l'absence d'un motif d'interprétation, de rectification ou de révision de la décision dont pourrait être saisi le tribunal, il est de la compétence fonctionnelle de la Cour de justice de modifier sur appel la décision s'agissant de la fixation des frais judiciaires de première instance. Le simple fait que la Cour de justice énonce, dans l'arrêt entrepris, qu'il n'est pas contesté que le défendeur était au bénéfice de l'assistance judiciaire et que les frais judiciaires seraient provisoirement supportés par l'État de Genève ne modifie pas le jugement de première instance, qui légalement peut faire l'objet d'une exécution contre le défendeur (art. 80 al. 1 LP).