Citation: 1B_193/2020 E. 4.2

4.2. La recourante n'a certes aucun antécédent judiciaire de violences physiques. Elle a toutefois été condamnée le 5 juillet 2019 pour avoir proféré des menaces de mort et des injures à l'encontre de sa voisine B.________. Les infractions qui lui sont reprochées revêtent par ailleurs une gravité certaine puisqu'il lui est reproché d'avoir, d'une part, incité sa fille mineure à frapper le fils également mineur de leurs voisins alors qu'ils attendaient le bus scolaire et, d'autre part, instigué son compagnon à commettre un meurtre en écrasant les enfants de ses voisins avec sa voiture. Elles concernent au surplus le bien le plus précieux, soit la vie et l'intégrité corporelle. Si elle n'a pas directement commis d'actes de violence physiques envers ses voisins et leurs enfants, elle aurait incité à deux reprises des tiers à agir à sa place, dont sa fille mineure qui lui est liée par un devoir de loyauté et son compagnon avec qui elle faisait ménage commun depuis plusieurs années. Si le risque d'une nouvelle incitation est peu probable, puisque ses filles vivent désormais en foyer et que son compagnon ne vit plus avec elle, il existe à tout le moins en l'état du dossier et au vu de l'état psychique de la recourante, qui a décompensé, qui a dû être placée à des fins d'assistance au Centre de psychiatrie du Nord vaudois et qui a fait preuve de violence vis-à-vis des policiers qui se sont présentés pour saisir son téléphone, un risque concret qu'elle s'en prenne à l'intégrité physique de ses voisins si elle était remise en liberté. Le fait qu'elle n'ait pas agi de la sorte lorsqu'elle a constaté l'échec des démarches entreprises auprès de son compagnon mais qu'elle se soit contentée de lui envoyer des menaces de mort ne permet pas d'exclure un tel risque. Il n'y a enfin aucune contradiction à retenir un risque de réitération et de passage à l'acte sur la base des éléments du dossier et à ordonner une expertise psychiatrique de la prévenue afin de renseigner sur l'existence d'un trouble mental, sur le risque de commission de nouvelles infractions ainsi que sur les mesures thérapeutiques propres à le pallier. Sur ce point également, le recours est infondé.