Citation: 6B_557/2008 29.09.2008 E. 3

Le Tribunal fédéral n'examine en règle générale que les griefs soulevés par le recourant. Il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorité de première instance, toutes les questions juridiques qui se posent, si celles-ci ne sont plus discutées devant lui (ATF 133 IV 150 consid. 1.2 p. 152). 3.1 En principe, le droit à l'égalité de traitement (art. 8 Cst.) permet à chacun de revendiquer que la loi lui soit appliquée comme elle doit l'être à tous, non qu'elle ne lui soit pas appliquée. Certes, si l'autorité chargée d'appliquer la loi a une pratique illégale, le droit à l'égalité de traitement permet exceptionnellement, à certaines conditions, de se prévaloir de cette pratique pour son propre cas (ATF 127 I 1 consid. 3a p. 2/3 et les références). Mais encore faut-il que cette pratique soit établie. En l'espèce, c'est sans le moindre commencement de preuve que le recourant allègue que la Police cantonale vaudoise "protège" des activités semblables aux siennes, commises par d'autres. L'existence d'une pratique illégale de la police ne saurait donc être retenue. Au demeurant, ce n'est pas la police qui exerce des poursuites pénales contre le recourant, mais le Ministère public du canton de Vaud. Or, le recourant ne prétend pas que cette autorité manquerait de fermeté dans la poursuite des infractions du type de celles retenues contre lui. Dès lors, son grief d'inégalité de traitement est sans fondement. 3.2 Le recourant invoque la collaboration entre la police et les juges pour en déduire que ceux-ci ne seraient pas indépendants par rapport à celle-là. Il fait valoir que l'indépendance des juges par rapport à la police serait d'autant moins garantie à Lausanne que juges et policiers ont leurs locaux dans le même bâtiment. Ce moyen repose sur une prémisse qui n'est corroborée par aucun élément du dossier, savoir que la police serait prévenue contre le recourant. En outre, le fait que juges et policiers sont souvent amenés à collaborer, comme le prévoient les règles de la procédure pénale, n'autorise pas le recourant à douter de l'indépendance et de l'impartialité des juges. Au demeurant, cette collaboration est quasiment inexistante avec les juges du fond et, en particulier, avec ceux de dernière instance cantonale - qui sont les seuls à l'égard desquels le moyen est recevable (cf. supra consid. 2). Dans la mesure où il est recevable, le moyen est dès lors mal fondé. 3.3 Enfin, le recourant se plaint d'avoir été jugé dans un délai trop long. 3.3.1 Le principe de célérité, garanti aux art. 29 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH, impose aux autorités de mener la procédure pénale sans désemparer, dès le moment où l'accusé est informé des soupçons qui pèsent sur lui, afin de ne pas le maintenir inutilement dans l'angoisse. Il s'agit d'une exigence à l'égard des autorités pénales, qui se distingue de la circonstance atténuante du temps relativement long (art. 48 let. e CP), laquelle est liée à l'approche de la prescription et suppose que l'accusé se soit bien comporté dans l'intervalle (ATF 133 IV 158 consid. 8 p. 170 et les références). 3.3.2 Le recourant soutient que plus de quatre ans se sont écoulés entre les faits et l'arrêt attaqué. Cette circonstance ne suffit pas à faire admettre une durée déraisonnable de la procédure. À la lecture du procès-verbal des opérations, il n'apparaît pas que l'enquête ait été d'une durée excessive, vu les investigations à mener, ni qu'elle ait comporté des temps morts d'une durée choquante. Le temps qui s'est écoulé entre la saisine du tribunal correctionnel et l'audience de jugement est certes long (neuf mois), mais il reste dans les limites acceptables pour un accusé qui n'était plus détenu. Enfin, il n'y a rien à reprocher au Tribunal cantonal, qui a mis en tout sept mois pour statuer sur le recours et rendre son arrêt motivé. Le grief se révèle ainsi mal fondé. Il s'ensuit que, dans la faible mesure où il est recevable, le recours doit être rejeté.