Citation: 6B_1322/2021 E. 3.4

3.4. Le recourant soutient encore que les thérapeutes n'ont pas réussi à le motiver à entrer en thérapie dans les cinq ans qu'est censée durer la mesure, de sorte que celle-ci serait vouée à l'échec. Cette argumentation ne saurait être suivie. Tout d'abord, comme le relève la cour cantonale, il n'apparaît pas qu'au moment du jugement attaqué, le traitement avait encore atteint la durée de cinq ans, dès lors que le recourant n'a pas été privé de liberté durant sa fugue, pendant 122 jours à tout le moins. En outre, comme le rappelle le recourant lui-même, il était initialement placé au CAAD, d'où il a fugué vers la France, et n'a été placé aux EPO en vue d'exécuter son traitement des troubles mentaux que le 26 août 2020. Il ressort du dossier que le recourant s'est relativement bien intégré aux EPO et qu'un travail socio-éducatif est en cours. S'agissant de son traitement, s'il est vrai que, depuis le 26 novembre 2020, le recourant a refusé des entretiens avec le SMPP et toute médication, comme l'a relevé la cour cantonale, il ressort du PES que l'intéressé n'est pas opposé, sur le fond, à un suivi psychiatrique avec le SMPP. En outre, lors de son audition devant le TAPEM du 28 avril 2021, il a également déclaré qu'il n'était pas opposé sur le principe à suivre un traitement thérapeutique pour autant que celui-ci soit effectué dans un établissement qu'il estimait approprié et dans lequel il pourrait entreprendre des stages de formation et être soutenu par des éducateurs (PV du 28 avril 2021, pièce 27 du dossier cantonal; art. 105 al. 2 LTF). Par ailleurs, il ressort du dossier que tous les intervenants ont conclu au maintien de la mesure thérapeutique institutionnelle, pas uniquement - comme le prétend le recourant - en raison du risque élevé de récidive que celui-ci présente, mais également en raison de la nécessité qu'il entreprenne, avant sa libération, "un travail réflexif quant à son parcours délictuel, sa problématique psychiatrique et ses fragilités addictives, dans l'optique de concevoir un projet de vie concret et réaliste visant à l'insertion sociale et à la prévention du risque de récidive" (cf. PV de la Commission pour l'examen de la dangerosité du canton du Valais, p. 1; pièce 91 du dossier cantonal; cf. aussi recommandation de l'OSAMA du 29 mars 2021; pièce 89 du dossier cantonal; art. 105 al. 2 LTF). On relèvera enfin qu'il ressort du dernier PES de janvier 2021 que, compte tenu de l'arrivée récente du recourant aux EPO et de son refus de s'inscrire dans un suivi thérapeutique, il a été décidé que, dans une première phase, il serait maintenu au sein du Pénitencier de Bochuz avec notamment pour objectif "un investissement du recourant dans son suivi thérapeutique avec le SMPP en lien avec sa mesure au sens de l'art. 59 CP" (pièce 75 du dossier cantonal). Un nouveau réseau interdisciplinaire sera agendé au premier trimestre 2022 afin notamment de faire le point de situation et d'envisager la suite de l'exécution de la mesure thérapeutique institutionnelle de l'intéressé. Dans ces conditions, il n'était pas arbitraire pour la cour cantonale de conclure qu'il s'agissait d'une simple crise qui était insuffisante pour conclure que le traitement était définitivement inopérant.