Citation: 1C_117/2022 E. 4.2

4.2. Dans sa décision, le Tribunal administratif fédéral a commencé par énumérer de façon précise les cinq condamnations pénales dont a fait l'objet le recourant entre le 9 mars 2015 et le 24 octobre 2017 (cf. arrêt attaqué consid. 7.1). Il a également procédé à l'analyse de chaque infraction en détaillant les circonstances dans lesquelles les infractions avaient été perpétrées, tout en concluant "que les infractions commises par l'intéressé l'ont été pendant son adolescence, à savoir alors qu'il était encore mineur. En outre, il doit être relevé qu'il a été condamné au total à quatorze demi-journées de prestations personnelles dont seulement quatre fermes, parmi lesquelles une séance d'éducation routière et une séance d'éducation à la santé, soit à des peines relativement légères dénotant que les infractions ont été considérées comme de peu de gravité. En outre, il doit être constaté que le casier judiciaire de l'intéressé est vierge" (cf. arrêt attaqué consid. 7.3). Le Tribunal administratif fédéral a également évoqué les nombreux séjours hospitaliers du recourant qui a notamment souffert d'une grave infection nosocomiales (staphylocoque doré) entre 2012 et 2014, ainsi que les graves opérations qu'il a subies. Il a ensuite noté que la dernière condamnation du recourant du 24 octobre 2017 (contravention à la LStup) avait été prononcée avec un sursis d'une année et que, selon le Manuel sur la nationalité du SEM pour les demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2017, il ne fallait plus tenir compte des peines antérieures avec sursis si un délai de 6 mois s'était écoulé depuis la fin du délai d'épreuve, comme c'était le cas en l'espèce (cf. manuel sur la nationalité ch. 4.7.3.1 let. c/aa). Toutefois, malgré tous les éléments précités, le Tribunal administratif fédéral a estimé, tout comme le SEM, que les infractions pour lesquelles le recourant avait fait l'objet de condamnations entre 2015 et 2017 restaient, "au vu de leur aspect répété, de nature à s'opposer à la naturalisation ordinaire pour des motifs liés à la condition du respect de l'ordre juridique au sens de l'art. 26 al. 1 let. b aLN " [rect.: art. 14 let. c aLN]. Le Tribunal administratif fédéral a ajouté que même s'il devait relever une amélioration dans le comportement du recourant, il jugeait que ce dernier n'avait pas encore pu démontrer dans ce laps de temps qu'il entendait se conformer à l'ordre public. L'instance précédente a conclu que la condition de l'art. 14 let. c aLN ne pouvait être considérée comme étant remplie au jour de la décision du SEM, le 28 novembre 2019 (cf. arrêt entrepris consid. 7.4). Ensuite, en lien avec l'art. 14 let. a aLN, l'autorité précédente a souligné que, au moment de la demande de naturalisation en 2012, le recourant remplissait les conditions de l'article précité. En effet, il était âgé de 12 ans, était scolarisé dans une école en Suisse, avait passé presque toute sa vie en Suisse et maîtrisait parfaitement le français (cf. arrêt entrepris consid. 8.3). Cependant, durant l'année 2015-2016, alors qu'il était en pleine crise d'adolescence, le recourant avait interrompu son cursus scolaire. Le Tribunal administratif fédéral a considéré que depuis l'abandon de son cursus scolaire en 2015, le recourant n'avait, jusqu'au jour de la décision attaquée du SEM, entrepris aucune formation lui permettant, à l'âge adulte, d'acquérir une indépendance financière et une intégration professionnelle; les réponses aux demandes d'informations du SEM sur son parcours professionnel étaient restées vagues. Le Tribunal administratif fédéral a ainsi considéré que l'intégration du recourant n'était pas celle qu'on pouvait attendre d'un jeune adulte à son âge (cf. arrêt entrepris consid. 8.4.2). Il a relevé que le recourant avait débuté une formation en aide en technique du bâtiment option sanitaire qui devait mener à un apprentissage, ce qui lui permettrait à terme de se prendre financièrement en main et de se développer professionnellement et ainsi à terme de se prévaloir d'une intégration réussie et déposer une nouvelle demande de naturalisation ordinaire (cf. arrêt entrepris consid. 8.5).