Citation: 4P.187/2006 01.11.2006 E. A

A.a Le 20 novembre 1985, N.________ a remis à bail à Y.________ SA, dont C.________ était administrateur, un magasin d'exposition avec arcade commerciale, à Genève, que le locataire destinait à l'achat, la vente et l'exposition d'automobiles; le bail commercial était conclu pour une durée de 10 ans, renouvelable de 5 ans en 5 ans. La faillite de Y.________ SA ayant été déclarée le 9 décembre 1993, deux nouveaux baux ont été conclus, en remplacement de l'accord précité, entre N.________, en tant que bailleur, et, conjointement, Z.________ SA et M.________, épouse de C.________, en tant que locataires. Le premier contrat portait sur la location du magasin d'exposition avec l'arcade commerciale, alors que le second avait trait à une annexe au magasin. Ces baux, passés pour une durée initiale de 5 ans, soit du 1er mars 1994 au 28 février 1999, étaient renouvelables ensuite tacitement d'année en année. Les loyers annuels, sans les charges, avaient été fixés à 74'670 fr. pour le magasin d'exposition et à 25'470 fr. pour l'annexe. A.b A une date indéterminée, X.________ SA a acquis les biens-fonds de N.________, auquel elle a succédé dans tous ses droits et obligations de bailleur. Par avis officiels du 16 janvier 1998, X.________ SA a résilié les deux baux pour l'échéance du 28 février 1999; ces congés n'ont pas été contestés par les locataires. Les locataires n'ayant pas restitué les locaux à la fin du bail, X.________ SA a déposé une demande d'évacuation. Par accord du 21 juin 1999 intervenu devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Genève, Z.________ SA et M.________ ont pris l'engagement de quitter les locaux au 30 juillet 1999. Par la suite, à une date inconnue, Z.________ SA a été déclarée en faillite. A.c Le 31 juillet 1999, un premier procès-verbal d'état des lieux de sortie a été établi. Sous la rubrique "le locataire reconnaît être responsable des dégâts mentionnés ci-dessous. Il s'engage à payer les travaux de réparation ou de remise en état sur simple présentation des factures et devis", les travaux suivants étaient indiqués : « - Réparer et peindre la devanture, - Nettoyer et décaper le blanc sur les vitrines, - Déposer tous les miroirs contre murs et piliers, - Terminer le démontage du bureau intérieur, - Nettoyer les extérieurs et évacuer deux véhicules, - Démonter paroi bois poster Lémania, - Démonter le bac à sable, - Suite démontage du bureau remettre en état le faux plafond ». Ce constat, rédigé par D.________, employé de la régie de la bailleresse, a été signé par le prénommé et par C.________. Il a été retenu que dès l'instant où les locaux étaient encore occupés le 31 juillet 1999, il était entendu que C.________ allait effectuer les travaux susdécrits dans la semaine suivante. Un second procès-verbal d'état des lieux de sortie a été établi le 2 août 1999. Ce document, dressé et signé par un autre employé de la régie susmentionnée, qui constatait l'existence de douze dégâts et énumérait les réparations à opérer, n'a pas été signé par les locataires. L'employé en question a déclaré sous la foi du serment que le 2 août 1999 « il n'y avait pas de gros dégâts ... (mais) des interventions que le locataire sortant devait effectuer ». C.________ a restitué les clés des locaux le 3 août 1999. Le 4 août 1999, à la requête de la société X.________ SA, l'huissier judiciaire E.________ a examiné les locaux en cause; il a dressé un procès-verbal de ses constatations, auquel il a joint 20 photographies en couleur, illustrant ce qui suit: « - l'enlèvement d'un cache-radiateur, - le démontage d'un lavabo, - le démontage, voire l'arrachage d'interrupteurs et de prises électriques, - le démontage, voire l'arrachage de canaux électriques, - les bris des miroirs, - l'arrachage de la moquette, - les bris de vitres, - le descellement partiel du coffre-fort, - les détritus alentour». Le 10 août 1999, X.________ SA, par la plume de son conseil, a avisé les locataires des défauts ayant fait l'objet du constat d'huissier. A.d Le 19 août 1999, l'entreprise W.________, a remis à la bailleresse un rapport émanant d'un ingénieur électricien sur l'état des installations électriques des locaux. Il a été constaté que cet ingénieur électricien a relevé que le 11 août 1999 les installations électriques présentaient un caractère de dangerosité et que « certaines parties » manquaient, le montant des réparations électriques étant estimé à un minimum de 12'000 fr.