Citation: 1P.773/2000 12.01.2001 E. 3

3.- Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. confère à toute personne le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, d'avoir accès au dossier, d'offrir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, de participer à l'administration des preuves et de se déterminer à leur propos (ATF 124 II 132 consid. 2b p. 137, 123 I 63 consid. 2a p. 66, 123 II 175 consid. 6c p. 183/184). Cette garantie constitutionnelle n'est toutefois pas absolue et des restrictions sont admises, en particulier, lorsqu'il existe une situation d'urgence; l'autorité peut alors renoncer à l'audition préalable de la personne visée (ATF 99 Ia 22 consid. c p. 24/25; voir aussi ATF 126 II 111 consid. 6b/aa p. 123). La délégation du Tribunal cantonal a procédé à l'audition du recourant le 23 novembre 2000, soit quatre jours avant la décision litigieuse. D'après le procès-verbal, elle a ouvert la séance en indiquant que le Juge Métral avait annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire, et que sa propre mission consistait à rechercher si un juge d'instruction peut s'acquitter de sa charge bien qu'il soit lui-même, désormais, en position de prévenu. L'avocat du recourant a d'emblée fait valoir qu'à son avis, la situation n'exigeait aucune mesure immédiate, et il a pris position contre une éventuelle suspension. Pour le surplus, la décision n'est fondée sur aucun fait nouveau ou nouvellement connu, sur lequel le recourant n'aurait pas eu l'occasion de s'exprimer. Le Tribunal cantonal a donc respecté le droit d'être entendu, préalablement à la suspension partielle ordonnée, à titre provisoire, le 27 novembre. Il n'est pas nécessaire d'examiner si la décision est intervenue dans une situation d'urgence propre à justifier une autre solution moins respectueuse du droit d'être entendu. Il est par ailleurs évident que le recourant devra être mis en mesure de se prononcer sur l'instruction effectuée par la délégation, avant la décision qui mettra fin à la procédure administrative.