Citation: 1P.171/2000 29.05.2000 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 126 I 81 consid. 1 p. 83 et les arrêts cités). Il vérifie notamment la voie de droit ouverte dans chaque cas particulier, sans être lié par la dénomination de l'acte de recours (ATF 122 II 315 consid. 1 p. 317; 121 I 173 consid. 3a p. 175 et les arrêts cités). a) Malgré l'appellation alternative de "recours en cassation auprès du Tribunal fédéral", l'acte du 15 mars 2000 ne concerne pas une fausse application éventuelle des art. 123 al. 1 et 307 al. 1 CP en relation avec l'art. 24 al. 2 CP (lésions corporelles simples et tentative d'instigation à faux témoignage), mais uniquement l'établissement des faits et l'appréciation des preuves. Or, le pourvoi en nullité à la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral n'est pas ouvert pour se plaindre d'une appréciation arbitraire des preuves et des constatations de fait qui en découlent (ATF 124 IV 81 consid. 2a p. 83 et les arrêts cités) ou pour invoquer la violation directe d'un droit constitutionnel (ATF 120 IV 113 consid. 1a p. 114). Au vu des arguments soulevés, seul le recours de droit public est ouvert en l'occurrence. b) Selon l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recours de droit public doit contenir l'énoncé des faits essentiels et un bref exposé démontrant quels droits constitutionnels ou quels principes juridiques ont été violés par la décision attaquée, et dans quelle mesure. Le Tribunal fédéral n'examine que les motifs soulevés de manière claire et détaillée. Il n'entre pas en matière sur les griefs développés de manière insuffisante et sur de pures critiques appellatoires du jugement entrepris. Le recourant ne peut en particulier pas se limiter à une critique globale de l'arrêt du Tribunal cantonal, en prétendant que ce dernier est arbitraire. Il doit démontrer en quoi l'appréciation des preuves à laquelle a procédé le Tribunal cantonal est manifestement insoutenable, se trouve en contradiction grossière avec la situation de fait, lèse une règle ou un principe juridique incontestés ou heurte de façon choquante le sentiment de la justice. Dans la mesure où le recourant invoque la maxime "in dubio pro reo" en sa qualité de règle d'appréciation des preuves, il doit également démontrer que le Tribunal cantonal a versé dans l'arbitraire en le condamnant, bien qu'il subsistât, selon une appréciation objective du résultat de l'administration des preuves, des doutes manifestement sérieux et irréductibles quant à sa culpabilité; il en va de même du grief d'arbitraire dans l'application du Code de procédure pénale jurassien et de la violation alléguée du droit d'être entendu (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495/496 et les arrêts cités). c) Le présent recours ne remplit pour l'essentiel pas les exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, même si l'on voulait les interpréter de manière moins sévère au motif qu'il est interjeté par un particulier ne disposant pas d'une formation juridique (cf. ATF 115 Ia 12 consid. 2bp. 14). D'une manière assez confuse, et comportant de nombreuses "difficultés de rédaction et de structure" pour lesquelles il s'excuse, le recourant reprend différents témoignages en tentant de démontrer leur imprécision ou en les analysant en rapport avec divers éléments du dossier pour en tirer des conclusions divergentes de celles du Tribunal cantonal. Il se réfère à cet égard à des extraits d'un mémoire présenté devant la Cour pénale par son ancien avocat, dans le sens d'une discussion sur les faits et l'appréciation des témoignages, mais non pas de la tentative d'en démontrer l'appréciation arbitraire heurtant l'art. 9 Cst. Egalement confus, le grief de violation du droit d'être entendu consiste aussi dans la reprise des arguments développés devant la Cour pénale dans le mémoire d'appel, soit une analyse de diverses dépositions, étant précisé que le recourant reproche au Tribunal cantonal de n'avoir pas examiné les nombreux arguments plaidés dans le mémoire cité ci-dessus. Concernant la présomption d'innocence, le recourant estime que la Cour pénale a éliminé des éléments en sa faveur pour privilégier les dépositions confortant l'accusation. Il fonde son grief tiré d'une application arbitraire des art. 299, 301 et 302 CPP jur. sur le fait que la moitié des chefs d'accusation retenus par le premier juge a donné lieu à sa libération, ce qui implique que l'intégralité des dépens d'appel ne devait pas être mise à sa charge. Il résulte de ces observations que le recours de droit public est en très grande partie irrecevable, mais que le Tribunal fédéral examinera néanmoins les griefs qui seraient susceptibles de correspondre à une atteinte aux droits constitutionnels invoqués.