Citation: 2C_954/2018 E. 6.3

6.3. En l'occurrence, le recourant conteste le caractère réel et actuel de la menace qu'il pourrait constituer pour l'ordre public, en relevant, en vain, que les faits pour lesquels il a été condamné étaient liés à sa relation avec A.________ et que ce contexte particulier n'aurait plus cours aujourd'hui. Il perd de vue que c'est précisément la cessation de cette relation, qu'il n'a pas supportée, qui a conduit à sa condamnation le 6 octobre 2016 à une peine de privation de liberté de 30 mois pour des faits du reste similaires à ceux qui avaient abouti à une première condamnation le 25 juin 2014. Dans la mesure où cette situation n'a pas changé à ce jour, le risque d'actes violents perdure. Invoquant l'interdiction de l'arbitraire tirée de l'art. 9 Cst., il s'en prend aussi à l'appréciation par l'instance précédente de l'attestation établie le 19 décembre 2017 par la Consultation B.________ (Service de médecine et psychiatrie pénitentiaires) du CHUV qui rapporte une "évolution plutôt favorable sur le plan psychique". Selon lui, il serait arbitraire de méconnaître la mise en place d'une prise en charge spécialisée propre à nier l'existence d'un risque de récidive. Ce grief doit être rejeté. Au vu de la gravité et de la réitération des comportements pénalement réprimés du recourant, il n'est pas arbitraire de considérer qu'une "évolution plutôt favorable sur le plan psychique" ne permet pas encore de conclure à une diminution du risque significatif de récidive au point d'admettre que le recourant ne constitue plus une menace réelle et actuelle pour l'ordre public suisse au sens de la jurisprudence rappelée ci-dessus. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, le Tribunal cantonal n'a pas violé l'art. 5 par. 1 annexe I ALCP en considérant que le recourant constituait une menace actuelle et réelle d'une certaine gravité pour l'ordre public suisse et en confirmant pour ce motif la révocation de son autorisation d'établissement.