Citation: 2A.609/1999 16.02.2000 E. 4

4.- Les recourants invoquent "la disproportion flagrante de pénalité entre deux fautifs, l'employeur et l'employé" en cas de travail clandestin et s'interrogent sur la volonté politique des autorités fédérales et cantonales de lutter contre un tel travail. Ils font valoir qu'après avoir utilisé ses services légalement, le premier employeur suisse de X.________ lui a imposé la clandestinité. La façon d'agir de cet employeur aurait privé X.________ de la possibilité de bénéficier d'une autorisation de séjour, alors que ses collègues saisonniers ayant commencé leur travail en Suisse en même temps que lui auraient tous obtenu une autorisation d'établissement ou acquis la nationalité suisse. a) X.________ a vécu environ quatorze ans en Suisse, dont plus de neuf illégalement. En effet, il n'a bénéficié que de deux autorisations de séjour saisonnières, en 1983 et 1984, et il jouit depuis le printemps 1997 d'une tolérance en raison des procédures qu'il a entreprises. Quant à dame X.________, elle bénéficie de la même tolérance, après avoir vécu illégalement en Suisse pendant plus de trois ans. Or, selon la jurisprudence, un séjour effectué illégalement en Suisse ne peut pas être pris en considération dans l'examen des conditions d'application de l'art. 13 lettre f OLE (cf. arrêt non publié du 23 octobre 1996 en la cause Sadiku, consid. 4). Dès lors, les recourants ne peuvent pas se prévaloir d'un long séjour régulier en Suisse, ni du reste d'un comportement irréprochable. De plus, si leur intégration est bonne, elle n'apparaît pas exceptionnelle; d'ailleurs, X.________ a changé d'emploi à diverses reprises. En revanche, avant de venir en Suisse, X.________ et dame X.________ ont vécu dans leur patrie respectivement plus de vingt et un et vingt-sept ans. D'après la décision attaquée, ils y sont nés et y ont été éduqués. Ils y ont donc passé leur jeunesse, ce qui est essentiel, car c'est durant ces années que se forge la personnalité, en fonction notamment de l'environnement culturel. Les époux X.________ conservent ainsi des attaches importantes avec leur pays d'origine, notamment du point de vue socioculturel. Quant à Y.________, elle n'a pas encore deux ans et dépend avant tout de ses parents et de leur mode de vie (ATF 123 II 125 consid. 4b p.129). Rien n'empêche donc d'exiger le départ de Suisse des recourants.