Citation: 1P.157/2003 20.03.2003 E. 1

3.2 En l'occurrence, la cour cantonale a vu des indices de culpabilité suffisants à l'encontre du recourant dans le fait que le compte ouvert auprès de la banque A.________, à Lausanne, au nom de la société S.________ avait effectivement été crédité de la somme indiquée par le plaignant, somme que le recourant aurait consenti à lui restituer, et que l'un des comptes bancaires ouverts par K.________ en Suisse avait fait l'objet d'une communication de soupçon de blanchiment d'argent aux autorités genevoises, lesquelles ont constaté que ledit compte aurait également pu avoir été utilisé dans le cadre d'escroqueries de type nigérian. Elle précisait en outre que l'enquête de police venait de commencer, que des contrôles étaient en cours notamment au niveau bancaire, qu'il convenait également de procéder à l'audition des personnes ayant crédité des montants sur les comptes de l'inculpé et que le résultat de ces investigations pourrait être compromis si ce dernier était remis en liberté. La motivation était donc suffisante pour que le recourant puisse comprendre les raisons pour lesquelles le Tribunal d'accusation tenait l'existence de charges suffisantes et le risque de collusion pour établis, même si celui-ci n'a pas répondu spécifiquement aux arguments développés par le recourant. Il en va de même du danger de fuite que la cour cantonale fondait sur l'absence de toute attache du recourant avec la Suisse. De ce point de vue, les exigences de l'art. 29 al. 2 Cst. sont réunies. Une libération sous caution n'est envisageable que si la détention préventive n'a plus d'autre objet que de garantir la présence du prévenu aux débats (cf. arrêt du 19 décembre 1979, paru à la SJ 1981 p. 129 consid. 5b p. 137 et la jurisprudence citée); dès lors qu'il voyait dans les nécessités de l'instruction un motif suffisant pour justifier le maintien de la détention, le Tribunal d'accusation pouvait considérer l'éventualité d'une libération sous caution comme sans objet et s'abstenir de se prononcer à ce propos sans violer le droit d'être entendu du recourant. Pour le surplus, la question de savoir si la motivation retenue pour admettre l'existence de charges suffisantes, d'un risque de collusion et d'un danger de fuite est ou non pertinente au regard des pièces à décharge produites par le recourant relève du fond.