Citation: 6B_162/2022 E. 1.4.2

1.4.2. En l'espèce, selon la Cour d'appel, il n'était pas établi que l'intention de l'intimé portait sur une tromperie astucieuse. Il fallait, à cet égard, prendre en considération que la connaissance du caractère systématique de la tromperie, par les employés et les organes de B.________ SA, était déjà en soi un élément décisif à la disposition de la banque afin de s'en prémunir. Or, l'intimé le savait lui-même dès lors notamment que, par son statut de chef de C.________, il connaissait le contexte général dans lequel s'inscrivaient les demandes de crédit, de même qu'il n'ignorait pas non plus que, compte tenu de leur caractère répétitif, la banque avait une vision d'ensemble des demandes de crédit en question. Cela pouvait également être déduit par le fait qu'il avait joué un rôle déterminant dans la prise de décision relative à la manière de récolter des fonds, l'intimé ayant en effet été activement impliqué dans la prospection des preneurs de crédit et ayant eu connaissance du volume des crédits, du déroulement concret de la prise de ceux-ci et des moyens utilisés, soit en particulier le recours à de fausses fiches de salaire. Il était en outre établi que l'intimé savait que les demandes de crédit était adressées à B.________ SA et que les mensualités étaient remboursées directement par les LTTE ou par le WTTC (cf. arrêt attaqué, consid. II.1.4.2 p. 28 s.).