Citation: 6B_1072/2020 E. B

Par jugement du 11 août 2020, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté l'appel formé par A.________ contre la décision de première instance du 28 novembre 2019. Elle a retenu, en substance, les faits suivants. A.________ et B.________ se sont mariés en 2005. De leur union est née C.________, en 2011. Les époux vivent définitivement séparés depuis août 2012. Le 16 mai 2013, ils ont conclu une première convention de séparation, prévoyant notamment que la garde de C.________ était attribuée à la mère et que le père exercerait, d'entente avec cette dernière, un libre et large droit de visite sur sa fille, qui aurait lieu à défaut d'entente tous les deux jours pour une durée de trois heures, une adaptation étant réservée afin de tenir compte du développement de l'enfant. Par convention du 15 mai 2014, le droit de visite de B.________ a été fixé de la manière suivante, à défaut d'entente avec la mère : tous les mardis de 14h00 à 18h30, tous les vendredis de 10h00 à 18h30, un week-end sur deux, du samedi à 10h00 au dimanche à 18h00 jusqu'au 15 juillet 2014, puis du vendredi à 18h30 au dimanche à 18h00, et six semaines de vacances par année, avec alternance des fêtes principales. Le 16 juillet 2014, A.________ est devenue mère d'un second enfant, D.________, issu de sa relation avec son nouveau compagnon, E.________. Par demande unilatérale du 21 juillet 2015, A.________ a ouvert action en divorce. La procédure de divorce est devenue très conflictuelle. Dès le mois de mai 2017, B.________ a commencé à nourrir des craintes que A.________ ne quitte précipitamment la Suisse pour aller vivre au Canada avec son compagnon en emmenant C.________. En effet, A.________ a clairement manifesté son intention de partir rapidement s'installer au Canada en y emmenant ses deux enfants. Son compagnon a quitté la Suisse le 1er avril 2018, ayant à cette date débuté un emploi fixe au Canada. Le vendredi 29 juin 2018, B.________ exerçait son droit de visite sur sa fille C.________. Comme prévu dans la convention du 15 mai 2014, il devait ramener l'enfant à A.________ le même jour à 18h30. En la ramenant à l'école après la pause de midi, sa fille lui a dit : " Maman a commencé à remplir les caisses car on va déménager au Canada demain ". Sous le choc de cette nouvelle, B.________ s'est rendu, après avoir déposé sa fille à l'école, chez les voisins de A.________, avec l'intention de leur demander de l'avertir si le déménagement intervenait. Il ne les a pas trouvés. De retour chez lui, il a appelé sa compagne et lui a fait part de la déclaration de C.________. Après avoir recueilli son opinion, B.________ a décidé de contacter son avocat. Il lui a adressé un courriel, l'informant des paroles de C.________, et lui a demandé de contacter l'avocat de A.________ dans l'urgence, afin de savoir quelle serait l'adresse de l'enfant dès le lendemain. Son conseil a déposé une requête de mesures provisionnelles et superprovisionnelles auprès du juge civil, tendant à faire interdiction à A.________ de sortir ou faire sortir C.________ de Suisse. A la question de savoir si B.________ pouvait garder C.________ auprès de lui au lieu de la ramener à sa mère, son conseil, sans lui en donner expressément l'autorisation, lui a répondu qu'on pourrait lui en faire le reproche, mais que si sa fille devait effectivement déménager à l'étranger le lendemain, personne ne trouverait rien à y redire. B.________ est ensuite allé rechercher sa fille à l'école, a participé avec elle à une fête près de l'église, a exposé sa situation à plusieurs de ses amis ainsi qu'à sa compagne, qui les avait rejoints, puis, angoissé à l'idée de perdre sa fille, a pris la décision de ne pas ramener C.________ à sa mère, mais de se rendre à F.________ chez un couple d'amis qui avait également des enfants. Il a pris quelques affaires à son domicile de G.________ puis s'est rendu à la gare avec sa fille. Avant de monter dans le train, à 18h39, il a appelé son épouse pour lui demander si les propos tenus par leur fille quant à un départ imminent étaient exacts. A.________ a immédiatement violemment réagi, disant qu'il devait tout de suite ramener l'enfant. B.________ l'a alors avertie par SMS, à 19h07, qu'il ne lui amènerait pas C.________, son avocat lui ayant conseillé de la garder jusqu'à ce que le juge ait statué sur sa requête. Lors du trajet en train, la police a contacté B.________ sur son téléphone portable. Le prénommé, paniqué, a interrompu la communication et a éteint son téléphone. C.________ et son père ont passé la nuit à F.________, chez les amis de B.________. Le 30 juin 2018, B.________ et sa fille se sont rendus dans un camping à H.________, au bord du lac de I.________. A 12h14, il a adressé un courriel à A.________ lui demandant de ne pas s'inquiéter, l'informant que C.________ se portait bien, qu'ils étaient en Suisse, mais pas à son domicile, et qu'il lui ramènerait l'enfant dès que la justice aurait statué sur sa requête. La police a finalement réussi à localiser B.________ et sa fille. Le 1er juillet 2018, vers 22h45, les policiers se sont rendus auprès de B.________ dans le camping et ont récupéré l'enfant. C.________ a été ramenée à sa mère le 2 juillet 2018, vers 0h45.