Citation: 1C_407/2020 E. 3

Les recourantes se plaignent d'une violation du droit à la preuve. Selon elles, l'EIE présenterait de nombreuses lacunes en matière de protection de l'avifaune. Elles remettent dans ce cadre notamment en cause les compétences de l'auteur du RIE; ce dernier - payé par les promoteurs - démontrerait en outre "un parti-pris évident en faveur de l'éolien". Ainsi en refusant de compléter l'instruction, singulièrement en écartant leurs réquisitions portant sur l'établissement de rapports complémentaires, la production d'un "business plan" et la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire, la cour cantonale n'aurait pas respecté les garanties de l'art. 29 al. 2 Cst. Tel qu'il est formulé, ce premier grief relève en réalité du fond de la cause et non des garanties formelles de procédure. Les recourantes le reconnaissent d'ailleurs - à tout le moins implicitement - en indiquant se contenter, à ce stade de leur recours, d'énumérer les prétendues insuffisances de l'EIE, qui seront "toutes reprises en détail dans l'argumentaire de fond". La critique porte plus particulièrement sur la question de savoir si l'EIE a été réalisée conformément aux exigences du droit fédéral et si le RIE établi dans ce cadre contient les indications nécessaires à l'autorité compétente pour déterminer si le projet répond en tous points aux prescriptions en matière de protection de l'environnement (cf. art. 10b al. 2 LPE). Il s'ensuit par ailleurs que ce n'est ainsi pas tant la personne de l'auteur du RIE qui est centrale pour résoudre la problématique ici soulevée, mais le caractère complet et la conformité au droit fédéral du rapport d'impact. On relèvera cependant que le fait que l'auteur du RIE intervienne sur mandat des promoteurs et qu'il ait oeuvré à l'établissement des EIE dans d'autres projets éoliens du canton ne suffit pas à démontrer qu'il manquerait d'objectivité; les recourantes ne soulignent du reste aucun autre élément permettant d'en douter. Il est à cet égard rappelé que, selon la jurisprudence, l'auteur d'un RIE n'est pas dans la même position qu'un mandataire ordinaire du maître de l'ouvrage car le cadre de son travail est aussi défini préalablement par l'administration et doit répondre aux exigences de l'art. 8 OEIE; ses résultats font en outre l'objet d'une évaluation officielle (cf. arrêt 1A.123/1999 du 1er mai 2000 consid. 2c). Enfin, la nécessité d'établir un "business plan" se détermine également, dans le présent contexte, en application de la LPE, si bien qu'il ne reste pas de place pour une violation du droit d'être entendu. Ces différents aspects matériels seront dès lors examinés, dans les considérants suivants, en lien avec les griefs de fond. Tel qu'il est soulevé, le grief apparaît mal fondé et doit être rejeté.