Citation: 4C.134/2006 16.06.2006 E. 1

Le 19 novembre 2001, A.________ (ci-après: le requérant) a été engagé comme chauffeur-déménageur par X.________ Sàrl (ci-après: l'intimée). Il a effectué normalement son travail jusqu'à la fin de l'année 2002. Du 1er janvier au 30 avril 2003, l'employé a été en incapacité de travail totale en raison d'une opération cardiaque; il a repris son activité à 50% le 1er mai 2003. A partir de ce moment-là, il s'est montré moins efficace dans son travail et son manque d'engagement a conduit l'employeur à lui signifier qu'il serait licencié si la situation perdurait. Par lettre du 30 octobre 2003, le travailleur a reçu son congé pour le 31 décembre de la même année. 1.1 Le 17 novembre 2003, l'entreprise susmentionnée a effectué un déménagement à Lausanne. Exécutant ce travail avec un collègue, le requérant a transporté, sans la démonter, une armoire encombrante qui a été endommagée, puis mise, sous une couverture, dans un container. Il n'a pas signalé ce dégât. C'est son collègue qui l'a fait, alors qu'il n'avait ni transporté ni endommagé ce meuble. Il en a aussi parlé avec le requérant "qui s'en est fichu". A la suite de cet événement, le requérant a été convoqué le lendemain par le responsable de l'intimée qui lui a signifié oralement son licenciement immédiat, lequel a été confirmé par écrit les 24 novembre et 2 décembre 2003. 1.2 Saisie d'une demande du requérant et d'une demande reconventionnelle de l'intimée, le Tribunal de prud'hommes de l'arrondissement de La Côte, statuant par jugement du 18 mars 2004, a condamné celle-ci à payer à celui-là la somme de 2'160 fr., sous déduction des retenues légales, et il a reconnu le premier débiteur de la seconde du montant de 2'150 fr., intérêts en sus. Il a rejeté toutes autres ou plus amples conclusions. Le requérant a recouru, le 11 février 2005, contre ce jugement en concluant à ce que l'intimée soit condamnée à lui payer les montants de 14'996 fr. net et 7'560 fr. brut, chacun avec intérêts à 5% l'an dès le 18 novembre 2003. La Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud a admis partiellement le recours et condamné l'intimée à payer au requérant la somme de 6'210 fr., sous déduction des retenues légales et avec intérêts à 5% l'an dès la date précitée. Pour le surplus, elle a confirmé le jugement attaqué. 1.3 Par arrêt du 21 octobre 2005, le Tribunal fédéral a rejeté, dans la mesure où il était recevable, le recours en réforme interjeté par le requérant contre l'arrêt de la Chambre des recours vaudoise. Il a jugé, en particulier, que celle-ci n'avait pas excédé les limites de son pouvoir d'appréciation en confirmant l'existence d'un juste motif de licenciement immédiat. Ce motif consistait dans le fait, pour le requérant, d'avoir dissimulé les dégâts occasionnés à un meuble, au cours du déménagement du 17 novembre 2003, en le mettant dans un container destiné au garde-meubles sans annoncer ceux-ci. Une telle dissimulation, comme le soulignait avec raison la cour cantonale, pouvait être lourde de conséquences et était propre à enlever toute confiance à l'employeur quant à la fiabilité de l'employé qui s'était abstenu d'annoncer le dommage constaté, d'autant plus que cette confiance était déjà largement entamée à ce moment-là. 1.4 Le 27 avril 2006, le requérant a déposé une demande de révision de l'arrêt rendu le 21 octobre 2005 par le Tribunal fédéral. Il conclut à ce que ledit arrêt soit modifié en ce sens que l'intimée est condamnée à lui payer la somme de 40'950 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 18 novembre 2003. Invoquant l'art. 141 al. 1 let. b OJ, le requérant fait valoir, à l'appui de cette demande, qu'il a eu connaissance, le 29 janvier 2006, par le truchement de son avocat, d'un fait nouveau important, au sens de l'art. 137 let. b OJ, à savoir que l'armoire transportée, puis placée dans un container, n'avait subi que des dégâts mineurs qui avaient été réparés. Pour étayer ses dires, il produit la copie d'une lettre adressée à la date précitée par B.________ à son avocat. Dans cette lettre, Mme B.________, se référant à un courrier du 11 janvier 2006 et à un entretien téléphonique du 17 du même mois, confirme que les seuls dégâts survenus lors du déménagement étaient le décollage des corniches de sa paroi murale, lesquelles ont été recollées par un employé de l'intimée. Elle ajoute que ses meubles sont restés entreposés pendant quatre mois dans les locaux de celle-ci, ce qui a peut-être provoqué le décollage des corniches. Le requérant sollicite, par ailleurs, sa mise au bénéfice de l'assistance judiciaire. 1.5 Dans sa réponse, l'intimée conclut principalement à l'irrecevabilité de la demande de révision et, subsidiairement, au rejet de cette demande.