Citation: 4A_336/2022 E. 2.5

2.5. La recourante, appelée en cause, ne conteste pas l'admission de la condition de la connexité matérielle. Elle s'en prend exclusivement à la compétence territoriale. Or, force est de constater que, comme d'ailleurs la recourante le relève expressément, le tribunal n'a pas tranché dans le dispositif de son jugement la question de la compétence locale en matière internationale des tribunaux genevois. Déjà pour ce motif, on ne se trouve donc pas en présence d'une décision au sens de l'art. 92 LTF. Ensuite, dans ses motifs, à la suite du Tribunal de première instance, la cour cantonale a examiné la question de l'incompétence manifeste, qu'elle n'a pas retenue, et a admis, par le même glissement malheureux que le Tribunal de première instance, que les tribunaux genevois étaient a priori compétents pour connaître de l'appel en cause. En dépit des termes utilisés, la cour cantonale n'a pas tranché définitivement la question de la compétence ratione loci du tribunal genevois saisi. L'arrêt attaqué n'est donc pas une décision sur la compétence au sens de l'art. 92 LTF. Lorsque la recourante cite les deux derniers motifs ( " Pour le surplus [...] " et " Par ailleurs [...] ") du consid. 4.2.2 de l'arrêt attaqué, que l'on vient de rappeler (cf. consid. 2.4 ci-dessus), elle méconnaît que la cour cantonale y tranche la question de la connexité matérielle, qu'elle-même ne critique plus; la cour cantonale avait déjà réglé le sort de l'incompétence manifeste ( " a priori ") au consid. 4.2.1 in fine. Il s'ensuit que l'arrêt attaqué, rendu sur recours au sens des art. 319 ss CPC, n'est qu'une décision incidente sur l'admissibilité de l'appel en cause, et qu'il ne contient aucune décision définitive sur la compétence territoriale en matière internationale du tribunal genevois saisi en ce qui concerne la prétention invoquée dans la requête d'appel en cause.