Citation: 9C_237/2018 E. 5.2

5.2. On relèvera préalablement que, dans la mesure où la suppression du quart de rente à compter du 1er octobre 2013 doit être confirmée eu égard à ce qui précède (consid. 3 et 4 supra), le document déposé par l'assuré auprès de l'administration le 2 octobre 2014 doit être qualifié de nouvelle demande et non de demande de révision. Dans le cadre du dépôt de la nouvelle demande de prestations, l'office recourant devait donc déterminer si le taux d'invalidité de l'intimé avait subi une modification significative susceptible d'influencer le droit aux prestations (cf. art. 87 al. 2 et 3 RAI) avant de prendre en compte l'âge et la capacité de l'assuré à réintégrer le marché du travail: l'application de la jurisprudence sur l'âge avancé présuppose nécessairement une atteinte à la santé, faute de quoi le cas considéré ne relèverait pas de l'assurance-invalidité. Or le changement annoncé à l'administration en l'espèce correspondait aux séquelles de l'accident (fracture du poignet et tendinopathie de la coiffe des rotateurs) survenu en date du 4 mars 2014. L'office recourant a supprimé le quart de rente, avec effet rétroactif, à cause de la violation du devoir d'annoncer et considéré que les suites du second accident n'étaient pas de nature à ouvrir un nouveau droit dans la mesure où les documents médicaux disponibles, particulièrement les rapports du docteur C.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et chirurgie de la main mandaté par l'assureur-accidents, faisaient état d'une récupération de la capacité antérieure de travail à partir du mois d'avril 2015, soit au moment de la naissance du droit à la rente (art. 29 al. 1 LAI), six mois après le dépôt de la nouvelle demande. La juridiction cantonale a constaté les mêmes éléments médicaux et a en outre relevé que l'expert avait mentionné un état dépressif grave. Elle n'en a pas tiré de conclusions définitives et n'a pas jugé nécessaire de compléter l'instruction, même si celle-ci lui semblait insuffisante ou incomplète, dès lors que la jurisprudence sur l'âge avancé lui permettait de reconnaître le droit à une rente entière. Le tribunal cantonal n'avait toutefois aucune raison d'appliquer la jurisprudence mentionnée puisque, sur le plan somatique, le docteur C.________ avait conclu à une récupération de la capacité antérieure de travail à partir du mois d'avril 2015 et que, sur le plan psychiatrique, le trouble de l'humeur juste évoqué par ce médecin - mais non justifié par des éléments anamnestiques ni documenté d'une quelconque manière ni mentionné par aucun autre médecin - n'empêchaient pas la reprise immédiate de l'activité adaptée d'agent de voyage. L'accident de 2014 n'avait donc pas placé l'intimé dans une situation nouvelle telle qu'il fallait se poser la question d'un éventuel changement d'orientation professionnelle ou de l'opportunité d'un tel changement à un âge où celui-ci pourrait paraître impossible, mais avait seulement affecté temporairement une situation dans laquelle l'assuré venait tout juste de suivre pendant plus de six ans différentes mesures de réadaptation visant à le reclasser dans l'activité d'agent de voyage - qualifiée d'adaptée par le docteur C.________ - qu'il avait du reste exercée mais abandonnée pour des raisons inconnues. Au demeurant, on relèvera que le Tribunal fédéral n'a jamais fixé de manière ferme et définitive à soixante ans la limite à partir de laquelle il fallait adopter une méthode plus concrète de l'évaluation de l'invalidité mais a de manière constante affirmer qu'il fallait procéder à une analyse globale de la situation dans laquelle l'âge de soixante ans constituait l'un des facteurs pouvant rendre irréaliste une réintégration du marché du travail. Il convient dès lors d'annuler le jugement cantonal et de confirmer la décision administrative.