Citation: 1P.738/2000 08.02.2001 E. 1

1.- Le 5 juillet 1999, A.________ a tiré plusieurs balles de pistolet sur G.________, qui était le mari de son amie, et dont cette dernière était séparée; les blessures subies par la victime ont entraîné sa mort. Depuis le même jour, A.________ est inculpé de meurtre et maintenu en détention préventive par les autorités judiciaires genevoises. Il était alors âgé de vingt-trois ans. Selon un rapport d'expertise psychiatrique daté du 19 avril 2000, l'inculpé se trouvait dans un état de trouble anxieux aigu lié à sa situation relationnelle particulière avec la victime et, par ailleurs, à une personnalité de caractère dépendant ou infantile, caractère assimilable à un développement mental incomplet. Au moment de l'acte, l'inculpé était affecté de troubles dissociatifs atteignant sa compréhension de la situation, son jugement et son équilibre de conscience; il possédait la faculté d'apprécier le caractère illicite de l'acte, mais pas celle de se déterminer d'après cette appréciation, de sorte qu'il agissait en état de responsabilité restreinte. En rapport avec les mesures prévues par l'art. 43 CP, l'expert préconise un traitement psychiatrique et psychothérapeutique de longue durée, d'ailleurs déjà commencé, que l'inculpé pourrait suivre de façon ambulatoire; l'hospitalisation ou l'internement n'est jugé nécessaire que dans d'éventuelles périodes de décompensation psychique. En rapport avec l'art. 100bis CP, les conclusions de l'expertise indiquent seulement que "l'inculpé est apte à être éduqué au travail", et que l'acte est lié à son développement caractériel perturbé, mais pas à un état d'abandon, d'inconduite ni de fainéantise; le document ne contient aucun développement au sujet d'une éventuelle mesure d'éducation au travail. L'anamnèse révèle que l'inculpé a accompli une scolarité normale, puis un apprentissage de gestionnaire de vente, et qu'il a ensuite travaillé dans divers emplois.