Citation: U 58/01 21.11.2001 E. 3

3.- Les premiers juges ont examiné si les conditions prévues à l'art. 22 al. 1 LAA étaient remplies. a) La rente n'est susceptible d'être révisée, en vertu de l'art. 22 al. 1 LAA, qu'en cas de modification notable de l'état de santé de l'assuré ou lorsque les conséquences économiques d'un état de santé demeuré inchangé se sont modifiées (ATF 119 V 478 consid. 1b/aa et les références). Pour déterminer si l'on est en présence d'une telle modification des circonstances, il faut comparer l'état de fait tel qu'il existait à l'époque où la décision de rente a été rendue, dans l'hypothèse où celle-ci n'avait pas été attaquée, ou en cas d'opposition formée par l'assuré, au jour où l'assureur-accidents a statué sur celle-ci, avec celui qui se présentait lorsque la décision sur opposition litigieuse concernant la révision a été rendue (RAMA 1989 n° U 65 p. 70). b) Le juge des assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Si les rapports médicaux sont contradictoires, il ne peut liquider l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. C'est ainsi qu'il importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées. Au demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). Ces principes, développés à propos de l'assuranceaccidents, sont applicables à l'instruction des faits d'ordre médical dans toutes les branches d'assurance sociale (Spira, La preuve en droit des assurances sociales, in Mélanges en l'honneur de Henri-Robert Schüpbach, Bâle 2000, p. 268). c) La juridiction cantonale a constaté que les conclusions de l'expert F.________ ne permettent pas encore d'établir avec certitude une amélioration de l'état de santé de nature à modifier le degré d'invalidité du recourant et les conditions de son droit à la rente. En outre, elle a relevé que l'intimée n'avait pas tenu compte des indications du docteur C.________, selon lesquelles l'évolution de l'état de santé était défavorable, vu la persistance de douleurs et d'épisodes d'épanchement (communication du 25 novembre 1997). Bien plus, dans une prise de position du 5 mai 1998, le médecin traitant avait déclaré qu'il n'était pas certain que si l'assuré, au lieu de continuer comme il le faisait d'exercer l'activité d'éducateur de rue à 50 %, travaillait exclusivement à l'intérieur, sa capacité de travail serait meilleure car les positions assises de longue durée étaient également mal tolérées. Les premiers juges ont admis, en principe, qu'un changement important de l'état de santé puisse se produire entre le 9 janvier 1998, date de la décision de rente, et le 18 septembre 1998 (recte : le 12 mai 1999), date de la décision sur opposition. Comme l'on est en présence d'avis médicaux contradictoires, et compte tenu des réserves du docteur D.________ dans son rapport du 1er avril 1996, ils ont considéré qu'il se justifiait de renvoyer la cause à l'intimée pour instruction complémentaire comportant une nouvelle expertise, ce que celle-ci conteste, de même que le recourant.