Citation: 4C.364/2001 19.07.2002 E. 3.1

3.1.1 En premier lieu, le demandeur reproche à la cour cantonale une inadvertance manifeste pour avoir retenu que la facture Z.________, d'un montant de 282 944 fr., avait été intégrée dans les comptes de la défenderesse. L'inadvertance aurait consisté à ne pas tenir compte de la pièce n° 118 et à confondre le bénéfice avec le chiffre d'affaires de l'opération Z.________. Comme seul le bénéfice, soit 15 705 fr.89, aurait été inclus dans les comptes, la prétention de la défenderesse ne serait fondée qu'à concurrence de 1099 fr.40, correspondant à la commission de 7%. 3.1.2 La jurisprudence n'admet l'existence d'une inadvertance manifeste, susceptible d'être rectifiée par le Tribunal fédéral en application de l'art. 63 al. 2 OJ, que lorsque l'autorité cantonale a omis de prendre en considération une pièce déterminée, versée au dossier, ou l'a mal lue, s'écartant par mégarde de sa teneur exacte, en particulier de son vrai sens littéral (ATF 115 II 399 consid. 2a; 109 II 159 consid. 2b; cf. également ATF 121 IV 104 consid. 2b). Tel est le cas lorsque l'examen d'une pièce du dossier, qui n'a pas été prise en considération, révèle une erreur évidente dans les constatations de fait. L'autorité cantonale s'écarte, par mégarde, de la teneur exacte d'une pièce, par exemple, lorsqu'elle commet une erreur de lecture, ou lorsqu'elle ne remarque pas l'existence d'une faute d'écriture ou lorsqu'elle ne prend pas en considération la relation évidente existant entre différentes pièces du dossier. Cependant, l'inadvertance manifeste ne saurait être confondue avec l'appréciation des preuves. Dès l'instant où une constatation de fait repose sur l'appréciation, même insoutenable, d'une preuve, d'un ensemble de preuves ou d'indices, une inadvertance est exclue (Poudret, COJ II, n. 5.4 ad art. 63 OJ). Il ne peut en effet être remédié à une mauvaise appréciation des preuves par la voie prévue à l'art. 55 al. 1 let. d OJ (ATF 96 I 193 consid. 2; Poudret, op. cit., n. 1.6.3 ad art. 55). Au demeurant, le moyen tiré de l'inadvertance manifeste n'est recevable que si l'acte de recours contient l'indication exacte de la constatation attaquée et de la pièce du dossier qui la contredit (art. 55 al. 1 let. d OJ; ATF 110 II 494 consid. 4 et les arrêts cités). En l'espèce, la cour cantonale s'est fondée sur les pièces produites en appel par la défenderesse pour conclure que le montant litigieux de 282 944 fr. avait bel et bien été inséré dans les comptes de l'entreprise. Le chargé déposé par l'employeur en appel contient les pièces n°s 120 à 123, dont le compte de pertes et profits 1998 (pièce n° 121). Pour sa part, le demandeur invoque la pièce n° 118, relative aux comptes des expositions 1998, pour affirmer que seul le solde de 15 705 fr.89 résultant de ce document pourrait, au mieux, se retrouver dans le compte de pertes et profits. En utilisant le mode conditionnel, le demandeur admet par là-même que l'erreur n'est en tout cas pas manifeste; du reste, le montant en question n'apparaît effectivement pas tel quel dans le compte de pertes et profits si bien que le demandeur échoue à démontrer la relation évidente entre les pièces n°s 118 et 121. En réalité, la critique soulevée revient à se plaindre de l'appréciation des preuves, grief qui n'a pas sa place dans le recours en réforme (art. 55 al. 1 let. c et art. 63 al. 2 OJ). Cela étant, le demandeur reconnaît qu'il n'a pas droit à une provision sur l'affaire Z.________. C'est dès lors à juste titre que la cour cantonale a jugé la prétention de la défenderesse fondée à concurrence de 20 584 fr.