Citation: 1C_660/2022 E. 2.3

2.3. En l'espèce, il y a lieu d'examiner si l'une des deux conditions de l'art. 57 let. c LPA/GE est remplie. Il est constant que la seconde hypothèse, soit que l'admission du recours puisse conduire immédiatement à une décision finale qui permette d'éviter une procédure longue et coûteuse, n'entre pas en considération dans le cas d'espèce. Seule se pose ainsi la question de l'existence d'un préjudice irréparable, laquelle a été niée par la Cour de justice. Le droit à la vue n'est pas, en tant que tel, protégé en droit public (cf. arrêts 1C_413/2019 du 24 mars 2020 consid. 6; 1C_279/2017 du 27 mars 2018 consid. 4.4.2). Cela étant, la perte de vue momentanée et partielle sur le lac subie par le recourant ne lui cause pas de préjudice de nature juridique; elle ne constitue ainsi pas un préjudice irréparable au sens de l'art. 57 let. c LPA/GE. Le recourant ne démontre d'ailleurs pas que tel serait le cas en l'espèce. Il n'est au surplus pas pertinent qu'une restriction de la vue, même partielle, puisse constituer un intérêt de fait suffisant pour fonder la qualité pour recourir au sens de l'art. 60 let. b LPA/GE (cf. arrêt 1C_152/2012 du 21 mai 2012 consid. 2.2). La question litigieuse n'est pas celle de la légitimation à recourir, mais celle de l'existence d'un préjudice irréparable au sens de l'art. 57 let. c LPA/GE, lequel doit, de jurisprudence constante, être d'ordre juridique (cf. ci-dessus consid. 2.2). Finalement, la seconde motivation de la Cour de justice, en lien avec la pesée des intérêts effectuée entre l'intérêt du recourant et celui de l'Etat, ne concerne pas la question du préjudice irréparable, mais celle de l'application de l'art. 21 LPA/GE, évoquée par surabondance. Le recourant reproche ainsi à tort à l'autorité précédente de s'être écartée de la jurisprudence rendue en application de l'art. 93 LTF.