Citation: 6B_1295/2021 E. 2.4.2

2.4.2. Le recourant soutient que rien n'aurait changé si son collègue et lui-même avaient exécuté les actes attendus par les juges cantonaux, en particulier s'ils avaient gonflé la bouée. 2.4.2.1. A cet égard, la cour cantonale a retenu qu'il était évident qu'une bouée partiellement dégonflée était susceptible de ne pas remplir sa fonction première, à savoir de pallier le risque de submersion. De même, tout engin gonflable pouvait perdre de l'air inopinément, notamment par porosité de la chambre à air, de sorte que l'on ne saurait admettre qu'une bouée même initialement gonflée à son maximum suffisait, de manière prolongée, à faire l'économie d'une surveillance effective lorsqu'elle était utilisée à des fins de protection contre la noyade. 2.4.2.2. Le recourant soutient en substance que la bouée n'était pas un dispositif de sécurité mais de confort pour reposer la tête pendant le bain. Il se réfère à des documents qui ont été fournis par le fabricant allemand de cette bouée à la demande de la police, selon lesquels "cette bouée pour la balnéothérapie n'est pas une protection anti-noyade suffisante et elle doit être utilisée sous surveillance". Cette indication ne signifie cependant pas que la bouée était uniquement là pour le confort des patients et ne servait pas à leur sécurité. En effet, s'il est vrai que la bouée, à elle seule, ne pouvait pas prévenir une noyade, il ressort également desdits documents que cette bouée - si elle est correctement gonflée - a une flottabilité suffisante pour maintenir l'utilisateur dans une position stable; si l'utilisateur est couché sur le dos, elle agit comme un support pour la tête, gardant ainsi la bouche et le nez hors de l'eau (cf. pièce 19 du dossier cantonal; art. 105 al. 2 LTF). Dans le même sens, le témoin G.________ a déclaré que "si la bouée était gonflée de manière optimale, elle d[evait] permettre de maintenir quelqu'un hors de l'eau, même dans une piscine" et que "la bouée tenait la tête" (cf. jugement de première instance, p. 17). Il a également déclaré que, si la bouée ne pouvait pas être bien gonflée et donc correctement mise en place, parce que par exemple la tête de F.________ penchait vers la droite, c'était un risque supplémentaire et dans ce cas "on ne l'utilis[ait] pas et on ne fai[sait] pas le bain" (cf. jugement de première instance, p. 17), précisant que le bain était une activité de plaisir qui pouvait toutefois "tout à fait être déplacée au besoin". Il a également déclaré que pour lui "on ne peut pas mettre la personne en sécurité si on gonfle mal la bouée", car celle-ci "perd toute son efficacité" (PV d'audition n° 6 du 23 octobre 2018, p. 7). Enfin, comme déjà mentionné, il ressort du témoignage de J.________, retenu par la cour cantonale car jugé parfaitement crédible, qu'elle devait systématiquement regonfler la bouée en question avant usage et qu'il allait de soi que cet accessoire devait être bien gonflé. Or, ni le recourant, ni B.________ n'a déclaré avoir regonflé la bouée avant de la placer autour du cou de F.________, ou même l'avoir vérifiée. 2.4.2.3. Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en admettant la causalité naturelle ni violé le droit fédéral (causalité adéquate) en retenant que la bouée était un élément déterminant pour éviter la submersibilité de quiconque en était muni et qu'en omettant de vérifier celle-ci, et en plaçant ainsi une bouée insuffisamment gonflée sur la victime, le recourant avait contribué à causer l'issue fatale.