Citation: 1C_597/2023 E. 4.2

4.2. Les barges litigieuses sont destinées à permettre le dépôt d'engins et de matériel nécessaires à des chantiers lacustres. Elles permettent à l'entreprise de pouvoir entreposer ce matériel et le transporter sur place sans avoir à constamment le démonter et remonter depuis la rive. Le recourant ne conteste d'ailleurs pas la nécessité pour l'intimée de disposer de tels amarrages. L'emplacement a été choisi en raison de la protection qu'il offre contre le vent en cas d'intempéries. Comme cela a été constaté ci-dessus, d'autres emplacements et systèmes d'ancrage ont été examinés et n'ont pu être retenus. Leur impact sur la faune et la flore lacustres a été considéré comme plus important qu'un maintien à court terme des installations existantes. Quant à la pesée d'intérêts, elle a été effectuée correctement par les instances précédentes. L'installation litigieuse est nécessaire à une exploitation rationnelle de l'entreprise, chargée de chantiers lacustres tant privés que publics. S'agissant de la protection de la nature, l'arrêt attaqué relève que la faune et la flore lacustres se sont désormais adaptées à la présence des corps-morts depuis plusieurs dizaines d'années. Un déplacement de l'installation ne ferait que créer une nouvelle perturbation, pour un résultat lui aussi provisoire. Au demeurant, comme le relève l'ARE, la zone de protection OROEM s'étend dans le canton de Genève sur l'ensemble des rivages du lac, à l'exception de l'enclave de Céligny et d'une portion de 1,2 km de longueur entre la jetée des Eaux-Vives et Genève-Plage, déjà largement bâtie et occupée par la navigation, de sorte qu'une variante hors de la zone de protection apparaît difficile à trouver. Le choix de l'implantation a de surcroît été examiné et préavisé positivement, en dernier lieu, par l'ensemble des services spécialisés (en particulier l'Office cantonal de l'agriculture et de la nature, l'Office cantonal de l'eau, la Commission des monuments, de la nature et des sites et la Commission consultative de la diversité biologique). Enfin, l'instance précédente était fondée à tenir compte du fait que l'autorisation accordée à l'intimée est de nature provisoire, jusqu'au déplacement des barges au port du Vengeron et en tout cas pour une durée de six ans dès son entrée en force. En outre, l'amarrage n'est pas occupé en permanence par les barges, mais seulement lors d'intempéries ou de périodes de vacances, lorsque les barges ne se trouvent pas sur un chantier. En définitive, la pesée d'intérêt confirmée par la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique, et le grief relatif aux art. 24 LAT et 3 OAT doit être écarté.