Citation: 8C_366/2022 E. 5.4.2

5.4.2. La question de la péremption se pose en revanche en lien avec la nouvelle décision du 6 février 2020, laquelle a été rendue un jour après l'échéance du délai d'une année. Cette décision est identique, dans sa motivation, à celle du 9 janvier 2020, si ce n'est qu'elle rectifie le montant réclamé à l'intimé (41'441 fr. 50 au lieu de 67'297 fr. 80, pour tenir compte des 25'856 fr. 30 déjà réclamés). Plutôt que d'attendre que l'intimé s'oppose à sa décision du 9 janvier 2020, la recourante a préféré annuler cette dernière décision et la remplacer sur le champ par une nouvelle décision de restitution ouvrant la voie à une nouvelle procédure d'opposition. Cette situation est similaire à celle visée par l'arrêt 8C_616/2009, dans lequel le Tribunal fédéral a jugé que le délai de péremption avait été valablement sauvegardé par la première décision de restitution rendue par la Caisse, soit en l'occurrence celle du 9 janvier 2020. Le montant de 41'441 fr. 50 réclamé dans la décision du 6 février 2020 avait du reste déjà été articulé par la Caisse dans son courrier du 21 octobre 2019; il correspond à l'équivalent en indemnités journalières suisses (soit 210) des indemnités journalières perçues par l'intimé en Allemagne pour la période du 11 août 2016 au 10 mai 2017 et qu'il convenait de déduire des 260 indemnités auxquelles avait droit l'intimé. Ce dernier savait donc au plus tard dès cette date que la recourante exigeait la restitution des prestations indues pour un montant supplémentaire de 41'441 fr. 50. Il n'a jamais eu de motifs raisonnables de penser que la Caisse allait abandonner ses prétentions.