Citation: 6P.86/2006 05.07.2006 E. A

Les familles Y.________ et X.________, toutes deux d'origine kurde, étaient en conflit depuis plusieurs années en raison de dissensions conjugales entre A.X.________ et M.Y.________. Ceux-ci s'étaient mariés en 1992 et se sont séparés à fin 2001 à la suite d'une dispute au cours de laquelle le mari a violemment frappé son épouse, qui, blessée, a dû être transportée à l'hôpital après avoir appelé à l'aide son père et son frère B.X.________. Pendant toute la durée du mariage, A.X.-Y.________ a beaucoup souffert du caractère suspicieux, méprisant et agressif de son époux. Elle a souvent été menacée et a subi des violences de la part de son mari au point que les agents de police du quartier sont intervenus à de nombreuses reprises en raison de disputes au sein du couple et que B.X.________ a fréquemment été appelé au domicile des époux pour protéger sa soeur. De même, C.X.________, le père de A.X.-Y.________ a souvent tenté de raisonner son gendre. Le second frère de A.X.-Y.________, D.X.________, n'était pas partie prenante de ces disputes ou autres tensions. Après la séparation des conjoints, M.Y.________ n'a plus commis d'agressions physiques à l'encontre de son épouse, mais il a continué à proférer des menaces à l'égard de sa femme et des épouses respectives des deux frères de celle-ci. Dans la matinée du 23 novembre 2003, D.X.________ s'est rendu dans un restaurant self-service à Vernier où il devait retrouver son frère B.X.________. Sitôt entré dans l'établissement, il a aperçu M.Y.________, qui était attablé et qu'il n'avait plus vu depuis deux ans. Selon ses propres déclarations, D.X.________ s'est dirigé directement vers son beau-frère, auquel il a dit en turc «Bonjour M. M.Y.________, maintenant t'arrêtes tes conneries et t'arrêtes de nous emmerder». Il s'en est suivi un échange verbal au cours duquel D.X.________ a demandé s'il était vrai que M.Y.________ s'était rendu à deux reprises chez sa belle-soeur alors qu'elle était seule chez elle. D.X.________ admet en outre avoir injurié M.Y.________ et l'avoir traité de «fils de pute», à quoi ce dernier a rétorqué «ne m'insulte pas et de toute façon on verra si tu verras ton gamin». D.X.________, dont l'épouse était enceinte de six mois, s'est éloigné. Il a déclaré ultérieurement qu'il ne se sentait pas bien du tout et tremblait. Après être allé chercher un café, il s'est installé à une table, éloignée de celle de M.Y.________, où son frère l'a rejoint. Quelques instants plus tard, D.X.________ s'est rendu au comptoir pour se servir un nouveau café. Il en a profité pour se saisir d'un couteau muni d'une lame d'une longueur de 11 centimètres environ, qu'il glissa dans le poche arrière de son pantalon. Après s'être levé une troisième fois sous prétexte d'aller chercher du sucre, D.X.________ s'est dirigé vers la table de M.Y.________, lequel lui donna un coup de pied qui le fit trébucher. S'étant aussitôt relevé, il sortit le couteau de sa poche et le brandit en direction de son beau-frère. Voyant cela, B.X.________ a immédiatement tenté d'intervenir. Il s'en est suivi une rapide bousculade au cours de laquelle M.Y.________ tomba et D.X.________ se retrouva un genou à terre à côté de son adversaire. C'est alors que D.X.________ porta plusieurs coups de couteau à l'épaule, au cou et au thorax de M.Y.________, qui est décédé quelques minutes plus tard des suites de la blessure au thorax, qui a traversé le cartilage des côtes et atteint le coeur. D.X.________ est ensuite demeuré à proximité de sa victime et a déclaré au gérant de l'établissement qu'il fallait la laisser mourir car c'était le sort qu'elle méritait. Aux policiers, il a affirmé s'être emparé du couteau pour infliger une correction à M.Y.________, mais sans avoir l'intention de le tuer.