Citation: 4P.329/2001 12.02.2002 E. 4

4.- Dans un dernier moyen, les recourantes reprochent au magistrat intimé d'avoir versé dans l'arbitraire. a) L'interdiction de l'arbitraire est expressément consacrée à l'art. 9 Cst. Selon la jurisprudence rendue sous l'ancien droit et toujours valable (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170), une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution pourrait se défendre, voire même être préférable. Le Tribunal fédéral n'annulera la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction évidente avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Par ailleurs, il ne suffit pas que la motivation critiquée soit insoutenable; encore faut-il que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 126 I 168 consid. 3a p. 170; 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a p. 15, 129 consid. 5b p. 134; 124 I 247 consid. 5 p. 250; 124 V 137 consid. 2b). b) Selon le magistrat intimé, le maintien des interdictions signifiées sous chiffres 1 et 3 de son ordonnance de mesures préprovisionnelles du 7 décembre 2001 eût empêché l'inscription au registre du commerce de la décision d'augmentation du capital-actions avant le 18 décembre 2001, date d'échéance du délai de trois mois fixé à l'art. 650 al. 3 CO pour ce faire, rendant ainsi caduque la décision de l'assemblée générale y relative. Les recourantes soutiennent que semblable opinion procède d'une interprétation arbitraire de la disposition citée. Il n'en est rien. L'art. 650 al. 3 CO énonce ce qui suit: "la décision de l'assemblée générale est caduque si, dans les trois mois, l'augmentation du capital-actions n'est pas inscrite au registre du commerce" (c'est le Tribunal fédéral qui souligne). A son premier alinéa, la même disposition prévoit que l'augmentation "doit être exécutée par le conseil d'administration dans les trois mois" (même remarque). Venir soutenir, comme le font les recourantes, sous chiffre 3.4.2 let. a in fine de leur mémoire, que, selon une interprétation littérale de cette disposition, l'inscription doit seulement être "requise" dans le délai impératif de trois mois confine à la témérité. Au demeurant, s'il est vrai que l'interprétation proposée par les recourantes correspond à celle que professent une majorité d'auteurs (cf. les références données par Matthias Kuster, Die Auslegung contra verba legis am Beispiel von Art. 650 Abs. 3 OR, in AJP/PJA 1998 p. 425 note 6), voire le Tribunal fédéral lui-même (obiter dictum in ATF 119 II 463 consid. 2c p. 465), cette interprétation n'est pas incontestée, ni incontestable (voir l'article du dernier auteur cité et les auteurs qui y sont mentionnés à la p. 425 note 6; voir aussi: Roland Ruedin, in Le nouveau droit des sociétés anonymes, CEDIDAC 1993, p. 38 note 1). Et quand bien même elle pourrait être taxée de fausse, si le Tribunal fédéral était amené à l'examiner en tant que juridiction de réforme, il ne s'ensuit pas pour autant qu'une telle interprétation, faite dans le cadre d'une procédure sommaire, serait insoutenable, dès lors qu'elle peut se réclamer du texte de la disposition en cause et de la signification que lui donne une partie de la doctrine. Le magistrat intimé se voit enfin reprocher par les recourantes d'avoir statué ultra petita. Cependant, l'interdiction d'agir de la sorte ne découle pas de l'art. 9 Cst. et les recourantes n'indiquent pas d'où elles la déduisent, s'agissant du droit de procédure civile valaisan. Le moyen est, partant, irrecevable.