Citation: 8C_219/2024 E. 4

En l'espèce, la cour cantonale a constaté qu'une bagarre avait éclaté entre le recourant, D.________ et C.________ avant que ce dernier ait asséné des coups au recourant. Cela ressortait des témoignages de E.________ et de F.________, qui se trouvaient à ce moment-là à proximité sur la terrasse d'un restaurant, à l'intérieur duquel ils s'étaient ensuite réfugiés. La version de ces témoins concordait avec celle de D.________, qui avait expliqué que C.________, à qui il avait confié avoir eu un différend avec le recourant plus tôt dans la soirée, avait frappé celui-ci, le faisant tomber au sol, avant de lui donner des coups. C.________ avait pour sa part reconnu avoir frappé le recourant au visage, ce qui l'avait fait chuter, et lui avoir administré deux coups de pied. Quant au recourant, il ne se souvenait pas de cette partie de la soirée. Selon les juges cantonaux, dès lors que D.________ était impliqué dans la bagarre, le recourant aurait pu et dû se rendre compte du danger et du risque que la situation dégénérât, compte tenu des événements ayant eu lieu en début de soirée. En effet, D.________ avait déclaré s'être pris la tête avec le recourant dans un bar plus tôt dans la soirée, des clients ayant dû les séparer avant que chacun soit parti de son côté. Ces propos étaient corroborés tant par l'acte d'accusation du 20 septembre 2023 que par le recourant, qui avait indiqué s'être disputé avec D.________ et l'avoir agrippé par la boucle de sa ceinture. Cette version des faits ne différait pas de celle retenue par les juges pénaux dans la cause P1 23 59. La Cour des assurances sociales a estimé que lorsque le recourant rentrait chez lui et qu'il était arrivé en direction de D.________, qui était accompagné de C.________, il aurait dû se rendre compte qu'une nouvelle bagarre pouvait se produire. Les tiers l'ayant précédemment séparé d'avec D.________ n'étaient plus présents et celui-ci était accompagné de C.________, décrit comme agressif et nerveux par F.________ et son père, et dont le comportement avait même choqué D.________. Il était en outre probable que ce dernier ait fait part à C.________ de l'incident survenu peu avant dans le bar. La réaction de celui-ci n'était ainsi pas si imprévisible et inattendue. En continuant son chemin en direction de C.________ et D.________, le recourant avait pris un risque qui était de nature à entraîner une réaction violente telle qu'elle s'était effectivement produite. Par son comportement, le recourant s'était placé dans une zone de danger exclue de l'assurance. Il ne pouvait pas se prévaloir de son taux d'alcoolémie élevé pour se disculper. Même s'il fallait admettre une alcoolémie induisant une capacité de discernement réduite, seule une diminution de la réduction des prestations entrait en considération, ce qu'avait fait de manière non critiquable l'intimée en réduisant les prestations de 50 %.