Citation: 1B_604/2020 E. 5

Le recourant nie être sans domicile fixe, comme le retient le Ministère public, et explique avoir été attribué dès le 18 juin 2020 au Centre d'hébergement collectif des Tattes à Vernier, selon l'attestation établie par l'Hospice général le 23 septembre 2020. Il conteste également avoir transgressé l'assignation à résidence qui lui avait été signifiée le 4 décembre 2019 au motif qu'il avait le droit de se rendre en ville de Genève pour retirer les gouttes dont il a besoin en vue de traiter un glaucome auprès d'une permanence médicale, pour pointer à l'Office cantonal de la population et des migrations afin d'attester sa présence à Genève et pour récupérer à l'office de poste des Pâquis l'argent que lui verse l'Hospice général. Le Tribunal des mesures de contrainte a expliqué de manière détaillée dans son ordonnance du 16 octobre 2020 les raisons temporelles pour lesquelles il considérait que ces arguments ne permettaient pas de remettre en cause les accusations reprochées au prévenu et de nier l'existence de charges suffisantes à son égard propres à justifier son maintien en détention pour des motifs de sûreté. La Chambre pénale de recours a repris ces explications à son compte et a relevé leur pertinence s'agissant de la conjonction des lieux et des heures des interpellations du prévenu qui venait contredire les arguments de ce dernier sur la licéité de sa présence en ville de Genève. Le recourant ne cherche pas à démontrer le caractère insoutenable ou contraire au droit de cette motivation. Il ne pouvait se limiter à réitérer devant le Tribunal fédéral les explications présentées devant les instances cantonales précédentes. Pour le surplus, le recourant se borne à affirmer qu'il entend rejoindre le Centre d'hébergement collectif des Tattes s'il était libéré et qu'en raison du traitement qu'il doit suivre pour ses yeux, il ne présente aucun risque de fuite et de réitération. Une telle argumentation est manifestement insuffisante à établir que les conditions posées par la loi et la jurisprudence pour retenir de tels risques ne seraient pas réalisées. La Chambre pénale de recours s'est d'ailleurs référée à la motivation retenue dans son précédent arrêt du 2 novembre 2020 pour conclure à l'existence de risques concrets de fuite et de réitération en l'absence d'élément nouveau propre à conclure que ces risques s'étaient affaiblis et il appartenait au recourant de démontrer que la motivation qui y était développée violait les conditions posées par la jurisprudence pour retenir un risque, ce qu'il ne fait pas. Au demeurant, le fait que le recourant puisse disposer d'un domicile au Centre d'hébergement collectif des Tattes à sa libération ou qu'il nécessite l'administration de gouttes pour les yeux ne constitue manifestement pas un gage suffisant qu'il ne prendra pas la fuite.