Citation: 8C_91/2023 E. 6.1.1

6.1.1. A propos du droit à la rente, les juges cantonaux ont entrepris un examen minutieux des avis médicaux et ont considéré en substance que les conclusions des docteurs C.________, D.________, B.________ et I.________ n'étaient pas exploitables pour l'évaluation de la capacité de travail du recourant - préalable au calcul de l'invalidité - et devaient par conséquent être écartées. Ils se sont également distanciés des appréciations des docteurs E.________ et G.________. Concernant l'appréciation du docteur L.________ (sur laquelle l'intimée s'était fondée), ils ont considéré que celle-ci n'apparaissait pas suffisamment aboutie s'agissant de l'évaluation de la capacité résiduelle de travail du recourant. Les experts E.________, G.________ et L.________ avaient certes reconnu au recourant une pleine capacité de travail dans son activité habituelle de maître de dessin. Leurs avis accusaient néanmoins certaines carences en termes de motivation et divergeaient de surcroît quant à l'existence d'une diminution de rendement et son éventuelle ampleur. Ils n'étaient par conséquent pas exploitables afin de déterminer la capacité résiduelle de travail du recourant. Ce nonobstant, les premiers juges se sont appuyés sur d'autres éléments ressortant du dossier pour admettre, au degré de la vraisemblance prépondérante, une pleine capacité de travail dans l'activité habituelle, sans aucune diminution de rendement. Ainsi, le recourant avait repris son activité de maître de dessin à temps plein le 3 mars 2003 et l'avait poursuivi sans aucune notion d'incapacité ou de diminution de rendement médicalement attestées jusqu'aux vacances d'été de cette même année 2003. Puis, il avait été victime d'un infarctus, évènement que l'on ne pouvait de toute évidence pas rattacher à l'accident du 12 septembre 2002. Ensuite, il n'avait plus repris l'activité de maître de dessin et ce jusqu'à sa démission communiquée le 28 octobre 2003 avec effet au 1er mars 2004, suivie de son départ pour l'Italie à la fin du mois de mars 2004. Les certificats d'arrêt de travail couvrant la période du 17 juillet 2003 au 1er février 2004 étaient frappés d'un timbre indiquant "concerne cas de maladie", ce qui tendait à montrer que ces documents n'avaient pas été établies en lien avec les troubles consécutifs à la chute du 12 septembre 2002. De plus, lors de son entretien avec l'expert D.________, le recourant avait expliqué avoir été mis en arrêt de travail depuis le 18 juillet 2003 pour son problème cardiaque intercurrent avant d'être considéré comme guéri et théoriquement apte à reprendre le travail suite à un test d'effort réalisé le 15 février 2004. Ces propos participaient à démontrer que les arrêts de travail susdits avaient trait à la problématique cardiaque et non orthopédique. A cela s'ajoutait encore qu'aux termes de la lettre de démission du 28 octobre 2003, le recourant avait indiqué mettre fin à son activité non seulement pour des raisons médicales, mais aussi pour des motifs personnels et qu'il avait de surcroît fait part de sa disponibilité pour des remplacements de moyenne à longue durée, sans mention d'une quelconque limitation ou d'une éventuelle adaptation de poste. S'il avait, comme il semblait le soutenir, réellement dû mettre fin à son activité de maître de dessin en raison des seules conséquences de l'accident du 12 septembre 2002, il ne se serait vraisemblablement pas déclaré prêt à assumer des remplacements sur des durées allant de "3 - 4 semaines" à deux mois, ou alors en posant des conditions spécifiques en termes de taux, de rendement ou d'aménagement de poste.