Citation: 2C_61/2020 E. 1

Il résulte de ces faits que le recourant 1 entretenait déjà une relation durable avec la mère de ses enfants pendant son mariage avec une ressortissante suisse, dans la mesure où il en ressort en particulier que C.A.________ et D.A.________ ont été conçus pendant la durée de ce mariage. Le recourant 1 a par ailleurs rapidement après le divorce épousé la mère de ses enfants. Selon l'arrêt entrepris, l'autorité cantonale n'avait pas connaissance de cette relation parallèle durable du recourant 1 avec la recourante 2, et de l'existence d'un enfant commun, lorsqu'elle a octroyé au recourant 1 une autorisation d'établissement en 2004. Ce n'est en effet qu'en 2013 que l'autorité cantonale a appris ces faits, lorsque le recourant 1 a entrepris les premières démarches en vue d'un regroupement familial en faveur de sa nouvelle épouse et de ses enfants et qu'il a dû, par la force des choses, enfin renseigner l'autorité cantonale. Contrairement à ce que semble penser le recourant 1, ce n'est pas ce fait qui lui est reproché, mais bien celui de ne pas avoir indiqué à l'autorité cantonale, dans le cadre de l'octroi de l'autorisation d'établissement qui lui permet de se prévaloir à présent d'un droit au regroupement familial, qu'il entretenait au Kosovo, en parallèle de son union avec une ressortissante suisse, une relation durable, dont un enfant était issu. Que le recourant 1 prétende que sa liaison n'était à l'origine pas destinée à durer ne modifie en rien ce constat. Il faut aussi préciser que, dans la mesure où C.A.________ est née de la relation parallèle entre le recourant 1 et la recourante 2, il n'est pas décisif de savoir en l'espèce si le Service cantonal a expressément demandé au recourant 1 s'il avait des enfants au cours de la procédure d'autorisation d'établissement (cf. arrêt 2C_234/2017 du 11 septembre 2017 consid. 6.2). Ce qui est en effet déterminant en l'espèce est que le recourant 1 n'ait pas mentionné qu'il entretenait une relation durable avec la recourante 2, provoquant ou maintenant de la sorte une fausse apparence de monogamie, ce qui réalise le motif de révocation de l'art. 62 let. a LEtr. Dès lors que le recourant 1 a obtenu son autorisation d'établissement en dissimulant un fait essentiel à l'autorité, il est abusif de sa part de solliciter le regroupement familial en faveur de son épouse et de ses enfants en invoquant l'art. 43 LEtr (arrêt 2C_360/2011 du 18 novembre 2011 consid. 4.1). Le Tribunal cantonal n'a partant pas méconnu le droit fédéral en retenant que le droit des recourants au regroupement familial était éteint en vertu de l'art. 51 al. 2 LEtr. Partant, ainsi que l'a retenu à bon droit le Tribunal cantonal, il n'est pas nécessaire d'examiner si les délais de l'art. 47 al. 1 LEtr ont été respectés et, dans la négative, si l'on se trouve dans un cas de raisons personnelles majeures au sens de l'art. 47 al. 4 LEtr.