Citation: 5P.424/2005 23.05.2006 E. 3

Le recourant taxe d'arbitraire l'arrêt de la cour cantonale qui, sans explications et sur la base de pièces préalablement écartées motif pris qu'elles n'avaient pas été signifiées, retient que l'intimée a récemment mis en vente une grange attenante à sa maison d'habitation et passe sous silence un autre fait - pareillement établi - selon lequel l'intéressée a vendu en août 2004 un corps de bâtiment pour le prix de 110'000 €. 3.1 D'après la jurisprudence, une décision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et incontesté, ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Il ne suffit pas qu'une solution différente soit concevable, voire préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue que si celle-ci apparaît insoutenable, en contradiction évidente avec la situation effective, adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275). La décision attaquée n'est annulée, de surcroît, que si elle se révèle arbitraire dans son résultat (ATF 129 précité). 3.2 Le recourant ne conteste pas l'arrêt attaqué dans la mesure où celui-ci a écarté les pièces 11 à 13 déposées en audience de plaidoiries pour le motif qu'elles n'avaient pas été signifiées conformément au droit cantonal de procédure. Il reproche à la Cour de justice une attitude contradictoire consistant à tenir compte d'une part de ces moyens probatoires pour retenir que l'intimée a mis en vente la grange attenante à la maison qu'elle occupe et de les ignorer d'autre part lorsqu'il s'agit de constater la vente, en août 2004, d'un corps de bâtiment pour le prix de 110'000 €. Ce grief tombe à faux dans la mesure où les juges cantonaux ont tenu pour acquise la mise en vente de la grange sur la base des dires non contestés du recourant, et non des pièces 11 à 13 déclarées irrecevables. Si le recourant entendait par ailleurs reprocher à la cour cantonale un défaut "d'explications", il lui appartenait de se plaindre expressément d'une violation de son droit d'être entendu selon l'art. 29 al. 2 Cst. (défaut de motivation), et non d'arbitraire. Enfin, on ne voit pas en quoi la pièce 14, qui n'a curieusement pas été déclarée irrecevable par la cour cantonale et qui consiste en un "plan de bornage et de travaux", aurait pu fonder l'allégation selon laquelle le corps de bâtiment litigieux a été aliéné en août 2004 pour le prix de 110'000 €. Dans la mesure où il repose sur un fait non établi, il n'y a pas lieu de traiter le grief selon lequel la cour cantonale aurait arbitrairement ignoré que la situation financière de l'intimée s'était considérablement améliorée dès le mois d'août 2004 en raison de cette vente.