Citation: 4A_478/2021 E. A

A.a. M.________ est propriétaire d'une parcelle construite située dans la commune vaudoise de.... En 2014, il a décidé de transformer sa maison villageoise et s'est adjoint les services de l'architecte A.________ (ci-après: l'architecte). L'entreprise E.________ S.A. a établi un devis le 1er juillet 2014, qui chiffrait le coût total des transformations à 451'008 fr. TTC (toutes taxes comprises). Elle a rempli des soumissions le 14 juillet 2014. Puis elle a dressé un nouveau devis le 2 juillet 2015, ramenant le montant des travaux à 350'000 fr. TTC. Certaines parties du projet mis à l'enquête (concernant notamment l'annexe de la maison) avaient été abandonnées. Le 17 juillet 2015, M.________ (en qualité de "maître de l'ouvrage") a signé un contrat d'entreprise en vertu duquel il confiait la transformation de sa maison à la société E.________ S.A. (en tant qu'"entrepreneur"). L'architecte A.________ y figurait comme représentant du maître chargé de la "direction des travaux". Faisaient partie intégrante de cette convention: - la norme SIA 118 (Société suisse des ingénieurs et des architectes, "Conditions générales pour l'exécution des travaux de construction", édition 2013), et - l'offre établie par l'entreprise générale le 1er juillet 2014, modifiée le 2 juillet 2015. L'accord portait aussi sur ces clauses: " ARTICLE 2- DEFINITION DES TRAVAUX [...] le Maître de l'ouvrage adjuge à l' Entrepreneur les travaux de transformatio[n], définis dans les offres annexées au présent contrat, qui en font partie intégrante. ARTICLE 3- MONTANT DES TRAVAUX 3.1 Le présent contrat est à prix ferme et non révisable. 3.2 Le montant total des travaux, tels que définis aux articles 2 et 3 du présent contrat, ainsi que dans l'offre de l'Entrepreneur, se monte à 350'000.00 TTC. Ce montant constitue la rémunération forfaitaire de l'Entrepreneur pour l'ensemble de ses prestations. [...] [...] 3.4 L' Entrepreneur renonce expressément à réclamer du Maître de l'ouvrage ou de la Direction des travaux une rémunération complémentaire, sous quelque forme que ce soit et pour n'importe quel motif, en relation avec les travaux définis aux articles 1 et 2 du présent contrat. 3.5 Les travaux supplémentaires se feront sur la base des prix de l'offre de l' Entrepreneur, acceptée par le Maître de l'ouvrage. Les devis complémentaires demandés par la Direction des travaux seront chiffrés aux conditions du contrat de base, incluant le niveau des prix unitaires, ainsi que tous les rabais et escompte[s] prévus par l'offre initiale ou les offres ultérieures s'ils sont plus élevés. 3.6 Toutes prétention[s] à des plus-values, autres que celles qui auront été discutées et acceptées par écrit par le Maître de l'ouvrage, sont exclues. [...]" A.b. Pendant toute la durée du chantier, l'entreprise générale n'a entretenu des contacts qu'avec l'architecte, lequel a surveillé et dirigé les travaux. Le maître a demandé à l'architecte de lui transmettre les soumissions et les factures détaillées des travaux effectués par l'entreprise générale. A.c. Le 21 mars 2016, l'architecte a signé un "Procès-verbal de réception des travaux" indiquant que la transformation de la maison du maître était terminée, sous réserve d'une liste de retouches transmise le même jour. A.d. Le 6 avril 2016, l'entreprise générale a dressé une facture finale à l'attention du maître, qu'elle a adressée à l'architecte "pour avis". Outre le prix forfaitaire de 350'000 fr. TTC apparaissaient diverses plus-values, dont celles-ci: - Plus-value modification charpente selon devis n° 1508017 (CHF 1'500.- TTC) - Plus-value remplacement de la chaudière selon devis n° 1509020 (CHF 21'220.75 TTC) - Plus-value branchement du gaz et meuble de salle de bain (CHF 3'200.00 Hors Taxes), et enfin - Plus-value fourniture et pose garde-corps [...] (CHF 1'450.00 HT). Après déduction des acomptes versés, l'entreprise réclamait un solde de 104'888 fr. 45TTC. Le 3 mai 2016, le maître a envoyé à son architecte une liste de finitions à effectuer. Il déplorait la "légèreté" dont faisaient preuve l'entreprise générale et les sous-traitants et fixait "un dernier délai au 23 mai 2016" pour l'exécution des travaux recensés. De son côté, l'entreprise générale a demandé à l'architecte de "faire le nécessaire" pour le règlement de sa facture, en précisant que le maître pouvait "garder un 10% en attendant que les finitions soient effectuées". Elle a ensuite émis deux rappels, les 7 et 15 juin 2016. Le 7 juillet 2016, elle a prévenu l'architecte qu'à défaut de versement dans les trois jours, elle demanderait l'inscription d'une hypothèque légale. Elle a mis sa menace à exécution en déposant une requête en ce sens le 15 juillet 2016, pour un montant de 104'888 fr. 45. L'inscription provisoire a été ordonnée le 18 juillet 2016, puis confirmée ultérieurement. Le 27 juillet 2016, le maître, par l'entremise de son conseil, a résilié avec effet immédiat le contrat qui le liait à l'architecte. Il s'est doté d'un nouvel architecte "SIA". A.e. Le 31 mars 2017, le maître et l'entreprise générale se sont réunis sur place avec leurs conseils respectifs et ont convenu d'une liste de retouches et finitions à effectuer rapidement. Le 1er mai 2017, ces deux parties et le nouvel architecte ont signé un procès-verbal attestant que l'ouvrage était "considéré comme reçu" et que la vérification n'avait mis en exergue "aucun défaut". La réserve suivante était toutefois apposée: "Reste ouverte la question de savoir si l'ouvrage correspond à ce qui avait été convenu dans le contrat d'entreprise générale. Le maître de l'ouvrage considère qu'il y a des infractions au contrat." A.f. Le 21 juin 2017, la commune a établi une liste de travaux à accomplir, dont plusieurs constituaient une condition sine qua non à la délivrance du permis d'habiter. Le 3 juillet suivant, le conseil du maître de l'ouvrage a demandé à l'entreprise générale d'effectuer ces travaux en précisant que cette missive tenait lieu d'avis des défauts. L'intéressée a contesté devoir assumer des erreurs qu'elle imputait à l'architecte.