Citation: 5P.83/2002 11.04.2002 E. 1

c) Tous ces arguments du recourant ne changent rien au fait que la procédure sommaire de mainlevée est une procédure sur titre (Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, vol. I, 1999, n. 9 ad art. 81 LP), de sorte que le premier juge ne pouvait pas prendre en considération l'ordonnance de modification de mesures provisoires du 14 août 2001, puisque du propre aveu du recourant, celle-ci n'avait pas été produite dans la procédure de mainlevée définitive ici en cause. Une telle manière de voir n'a rien d'arbitraire. Au demeurant, même si l'ordonnance en question avait été régulièrement produite devant le premier juge, ou même si elle avait pu l'être devant la cour de cassation, l'arrêt attaqué n'apparaîtrait pas arbitraire. En effet, tant selon la doctrine que selon la jurisprudence cantonale, un jugement portant condamnation à verser une contribution d'entretien constitue un titre de mainlevée définitive tant qu'il n'a pas été modifié par un nouveau jugement entré en force de chose jugée (Staehelin, Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, 1998, n. 47 ad art. 80 LP et les arrêts cantonaux cités; Bühler/Spühler, Berner Kommentar, Band II/1/1/2, 1980, n. 190 ad art. 157 CC; SJZ 1966 p. 192 n° 114). Or en l'espèce, il n'est pas contesté que l'ordonnance de modification du 14 août 2001 - qui a fait l'objet d'un recours de l'intimée, selon les déterminations de cette dernière sur la requête d'effet suspensif - n'était pas entrée en force de chose jugée lorsque le premier juge a prononcé la mainlevée en se fondant sur l'ordonnance du 27 juillet 1999 telle que modifiée par l'arrêt de cassation du 15 février 2000.