Citation: 1C_229/2020 E. 3.2

3.2. La recourante reproche d'abord à l'instance précédente de ne pas avoir décrit les travaux réalisés entre 2015 et 2019, mais d'avoir sélectionné certaines périodes au cours desquelles le chantier n'aurait pas été suivi. La recourante n'inventorie cependant pas précisément les travaux effectués entre 2015 et 2019, mais se contente de renvoyer au rapport de H.________ qui énumère de manière globale les travaux effectués entre 2015 et 2018, sans préciser durant quel mois ou quelle année ils ont été réalisés. Peu importe au demeurant puisque ce grief doit être écarté, l'énumération détaillée des travaux effectués entre 2015 et 2019 n'étant pas susceptible d'avoir une influence sur l'issue du litige (voir infra consid. 4.3.2). La société constructrice fait ensuite grief au Tribunal cantonal de ne pas avoir mentionné que la Municipalité avait interdit l'usage d'une grue et n'avait pas autorisé le travail de nuit, ce qui avait ralenti le chantier. Ce grief peut être d'emblée rejeté dans la mesure où l'interdiction de travailler la nuit et l'impossibilité d'utiliser une grue figurent dans l'arrêt attaqué. En réalité, la recourante ne conteste pas l'établissement de ces faits en tant que tel mais plutôt leur appréciation juridique. Il s'agit ainsi d'une question de droit qui sera examinée avec le fond (voir infra consid. 4.3.2). La recourante critique enfin le Tribunal cantonal en ce qu'il s'est fondé principalement sur le rapport F.________ et sur celui du Service d'architecture et n'a pas exposé les prises de position des trois architectes qu'elle a mandatés et des rapports de D.________ SA du 25 juin 2019 et du 13 janvier 2020. La cour cantonale a cependant pris en compte les rapports privés et a retenu qu'il n'y avait pas lieu de remettre en question les différents éléments invoqués par la recourante pour démontrer qu'on était en présence d'un chantier plus complexe qu'un chantier ordinaire, ces éléments n'étant au demeurant pas contestés par la Municipalité. Le Tribunal cantonal s'est toutefois écarté des conclusions des mandataires privés de la recourante en retenant que les problèmes techniques rencontrés par la recourante sur son chantier étaient résolus en juin 2016 puisque le radier était bétonné et que deux dalles intermédiaires étaient partiellement bétonnées. Pour ce faire, il s'est fondé sur le rapport du Service d'architecture et sur le rapport F.________. A cet égard, la recourante n'expose pas quels travaux ont été réalisés après juin 2016 prouvant que le chantier avançait de manière significative. Partant, elle ne démontre pas que les juges cantonaux ont fait des déductions insoutenables, sur la base des éléments recueillis. Elle ne démontre pas non plus que les juges cantonaux n'ont manifestement pas compris le sens et la portée des expertises produites, qu'ils ont omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée. La cour cantonale n'était par ailleurs pas tenue de mentionner les noms des auteurs des trois rapports d'expertise privée, alors qu'il s'agit d'un simple allégué de partie soumis au principe de la libre appréciation des preuves (cf. ATF 142 II 355 consid. 6 p. 359; 141 IV 369 consid. 6 p. 372 s.). Enfin, le rapport F.________ et le rapport du Service d'architecture se réfèrent au rapport de D.________ SA du 25 juin 2019, de sorte que c'est à tort que la recourante soutient que les constatations relevées par ces ingénieurs n'ont pas été prises en compte. Quant au rapport de D.________ SA du 13 janvier 2020, l'arrêt attaqué en résume le contenu. Le grief d'établissement incomplet des faits et d'appréciation arbitraire des preuves doit donc être rejeté.