Citation: 9C_578/2023 E. 10.1

10.1. Sur le fond, la Cour de justice a constaté que la recourante ne contestait pas être l'ayant droit économique des sociétés C.________, B.________ SA, E.________ SA et D.________. Elle a en outre constaté que les mandataires de la contribuable avaient indiqué à l'occasion de l'entretien du 21 octobre 2016 que les sociétés précitées ne tenaient pas de comptabilité et ne détenaient qu'un compte bancaire chacune; ils avaient en outre déclaré lors de l'entretien du 7 août 2018 que la recourante n'était aucunement intervenue dans le cadre des transactions relatives aux oeuvres d'art, mais avait perçu des commissions fixées unilatéralement par G.________. Pour la cour cantonale, ces sociétés n'avaient déployé aucune activité autre que de recevoir les commissions perçues. Par ailleurs, les documents d'ouverture de compte relatifs à C.________ indiquaient que la recourante "souhaitait ouvrir une structure afin de défiscaliser les économies provenant de son activité professionnelle". Or cet élément, dont l'existence était antérieure à la procédure, avait un "poids prépondérant" par rapport aux explications de la recourante selon lesquelles la constitution de ses sociétés répondait aux exigences de G.________ et avait été dictée pour des motifs successoraux. Pour les juges cantonaux, les objectifs de confidentialité et de responsabilité personnelle également invoqués pour justifier le recours à des "sociétés-écran" n'emportaient pas la conviction; ils auraient pu être tout autant atteints par la constitution de sociétés de droit suisse. En tout état de cause, la recourante était la seule ayant droit économique des sociétés précitées, qui n'avaient du reste aucune activité propre ou aucun personnel et les commissions lui étaient en réalité directement destinées. Partant, ces sociétés ne constituaient qu'un "simple instrument dans ses mains et ne faisaient, économiquement, qu'un [avec la recourante]" de sorte que la dualité des sujets [était] invoquée de manière abusive; il en découlait que le recours à ces structures avait pour but d'éluder l'impôt, ayant conduit à une économie de plusieurs millions de francs. C'était donc à bon droit que l'intimée avait imputé, dans le chapitre fiscal des contribuables, les montants que la recourante avait "perçu[s] sur ses sociétés offshore". Selon les juges précédents, les conditions de l'évasion fiscale étaient pour le surplus réalisées.