Citation: 1B_453/2016 E. 4.3

4.3. Conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention (règle de la nécessité). Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention provisoire ou de la détention pour des motifs de sûreté si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution, l'interdiction de se rendre dans un certain lieu (let. c), l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f) et l'interdiction d'entretenir des relations avec certaines personnes (let. g). En l'espèce, le recourant se prévaut du fait qu'il bénéficierait depuis le mois de septembre 2016 d'un suivi ambulatoire tel que préconisé par les experts. Il ne produit cependant aucun document médical concernant ledit suivi, alors que l'instance précédente a retenu qu'il n'avait toujours pas de suivi régulier et précis susceptible de parer efficacement au risque de récidive. Cela étant, les experts préconisent certes un suivi psychothérapeutiq ue légal ambulatoire spécialisé dans la maltraitance afin de diminuer le risque de récidive; ils soulignent toutefois que ce suivi va être particulièrement difficile compte tenu des dimensions délirantes du recourant et de la totale anosognosie de son trouble (cf. rapport d'expertise p. 18). Les experts précisent encore que, compte tenu de sa pathologie, le potentiel de dangerosité dont il fait preuve ne doit pas être banalisé (cf. rapport d'expertise p. 18). Il ressort de ces considérations que l'efficacité du traitement prescrit ne serait en tout cas pas immédiate; tant que des résultats tangibles n'auront pas été constatés du point de vue de la diminution du risque de récidive, une libération apparaît prématurée. Enfin, l'interdiction de se rendre à Vallorbe, ainsi que de prendre contact avec ses enfants - hormis les visites prévues par la justice civile - et leur mère ne constitue pas une mesure suffisante, au vu des violations de normes et d'injonctions commises précédemment par l'intéressé. Dans ces conditions, l'instance précédente n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les mesures de substitution proposées par l'intéressé n'étaient pas propres à limiter de façon déterminante le risque de réitération.