Citation: 7B_6/2023 E. 2.5.3

2.5.3. Troisièmement, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir omis de procéder à un examen complet des déclarations de la victime en les confrontant aux images de vidéo-surveillance, ainsi que de ne pas avoir tenu compte des contradictions qui en ressortiraient. Force est toutefois de constater que la cour cantonale s'est bien livrée à une telle analyse et que celle-ci n'est pas critiquable sous l'angle de l'arbitraire. La cour cantonale a en effet retenu, ce qui n'est d'ailleurs pas contredit par le recourant, que la caméra de surveillance installée à l'intérieur du restaurant ne se déclenchait qu'en cas de mouvement capté dans son champ, lequel était alors partiellement masqué par du matériel et divers objets; quant à la caméra positionnée à l'entrée du hall donnant sur la rue, son champ n'englobait pas le segment de couloir dans lequel les deux tentatives de viol s'étaient déroulées. Après avoir analysé les images, sur la base du relevé détaillé selon l'heure indiquée par la caméra (cf. pièce 17 du dossier cantonal), la cour cantonale en a conclu que l'espace-temps durant lequel les deux protagonistes n'avaient pas été filmés, faute de mouvement capté par la caméra, était de sept minutes, puis de dix minutes; ceci était suffisant pour avoir permis au recourant, à deux reprises, de tenter d'entretenir des relations sexuelles non consenties avec la victime. De plus, l'autorité précédente a relevé que les deux tentatives de viol s'étaient produites dans le bout du couloir soustrait au champ de la caméra et que l'espace hors champ de la caméra était suffisant pour que les faits s'y soient déroulés. Le recourant, qui ne critique pas ce qui précède, ne peut donc rien déduire du fait qu'aucune partie de son corps, pas même sa tête, n'ait été filmée dans une position où il pourrait être à califourchon sur la victime, telle qu'elle l'a décrite. Au demeurant, même si la caméra était enclenchée à ce moment-là, rien ne permet d'affirmer qu'un tel mouvement aurait été visible à l'écran vu l'obstruction partielle de son champ. En tout état, il est encore relevé que les seules fois où le recourant apparaît sur le film est lorsqu'il se trouve debout et à une reprise debout et penché en avant (cf. pièce 17 du dossier cantonal à laquelle se réfère l'arrêt entrepris), ce qui permet d'en déduire que la caméra ne captait vraisemblablement pas les mouvements en position assise, soit également à califourchon. Le recourant prétend encore que les vidéos des caméras de surveillance contrediraient la manière dont les tentatives de viol telles que décrites par la victime se seraient terminées. En effet, alors qu'elles se seraient soldées par le départ du recourant à la suite des cris de la victime, respectivement de l'arrivée de la témoin, il s'était écoulé à chaque fois plus de 4 minutes durant lesquelles on le voyait ranger ses affaires, remettre une veste, parler avec la victime et s'en aller calmement. Or, il sied tout d'abord de relever que le temps mis par le recourant pour sortir du hall d'entrée suite aux premiers agissements reprochés n'est pas de nature à remettre en doute la crédibilité de la victime à ce sujet, aucune précision quant à la rapidité de son départ ne ressortant de l'arrêt attaqué. Au demeurant, rien ne permet de retenir que le recourant aurait été filmé en train de discuter avec la victime à ce moment-là ni qu'il était calme, faute de toute indication à cet égard dans le résumé des séquences vidéos ainsi qu'à l'expression de son visage et de son langage corporel (cf. pièce 17 du dossier cantonal). Par contre, il ressort de ce document qu'après s'être relevé, le recourant semble s'être également rhabillé au niveau du bas du corps (pantalon voire chaussures). Aussi, on ne saurait suivre le recourant lorsqu'il avance qu'un tel comportement ne serait pas celui d'une personne qui vient de se livrer à une tentative de viol, étant relevé que le fait de devoir se revêtir et ramasser ses affaires prend nécessairement un certain temps et n'est dans tous les cas pas incompatible, bien au contraire, avec les événements rapportés par la victime. Quant à la fin de la seconde tentative de viol, la victime a en substance déclaré, comme exposé par le recourant, qu'il avait fini par la "lâcher" suite à ses cris, qu'en se relevant il lui avait dit: "suce", puis qu'il s'était levé et était parti à l'arrivée de deux filles devant l'immeuble, dont C.________ non sans encore la menacer de la frapper avec son sac à dos. Or, vu les images qui montrent en résumé le recourant se lever, vraisemblablement discuter avec la victime, puis réapparaître à la caméra possiblement énervé, suivi de la victime qu'il repousse avec un bras avant de quitter définitivement les lieux, le tout en l'espace de 5 minutes maximum, le déroulement des faits décrits ci-dessus ne paraît pas incongru. Il est encore rappelé que la cour cantonale a retenu, sur la base du témoignage de C.________, que les protagonistes se disputaient à son arrivée et que le recourant avait fui en la voyant, ce que ce dernier ne conteste pas. Par conséquent, c'est sans faire preuve d'arbitraire que la cour cantonale a considéré que les images de vidéo-surveillance ne permettaient pas de remettre en cause la crédibilité de la victime.