Citation: 6B_596/2023 E. 4.2

4.2. Contrairement à ce que suggère la recourante, il n'y a pas de motifs d'appréhender de manière différente la demande de révision d'une ordonnance pénale présentée par le condamné et celle émanant de la partie plaignante. En effet, l'ordonnance pénale a certes pour spécificité de contraindre le premier à prendre position, l'absence de réaction de sa part s'interprétant comme un acquiescement. Il n'en va toutefois pas différemment de la seconde. Si, aux termes de la loi, cette dernière n'est pas désignée expressément comme pouvant former opposition (art. 354 al. 1 CPP), la jurisprudence a admis qu'elle pouvait, en tant qu'"autre personne concernée" (art. 354 al. 1 let. b CPP), le faire non seulement pour invoquer son droit à une indemnité au sens de l'art. 433 CPP (ATF 139 IV 102 consid. 5.2) mais aussi pour contester l'appréciation juridique des faits et ce indépendamment d'éventuelles prétentions civiles (ATF 141 IV 231 consid. 2.3 ss). On peut donc attendre de la partie plaignante insatisfaite de la qualification retenue dans l'ordonnance pénale qu'elle fasse opposition et présente, dans la procédure judiciaire de première instance, l'ensemble de ses moyens (en fait et en droit) pour établir de manière concrète l'étendue de la lésion qu'elle a subie dans un bien juridique protégé par la loi pénale. Au stade de la révision, l'ouverture d'une telle procédure suppose une demande dûment motivée (art. 411 al. 1 CPP; cf. déjà ATF 107 Ia 102). En d'autres termes, l'acte introductif doit répondre à des exigences de motivation relativement strictes (MARIANNE HEER, in Basler Kommentar Strafprozessordnung, 3e éd. 2023, nos 7 ad art. 411 CPP et 2a ad art. 412 CPP), le demandeur assumant le fardeau de l'allégation et, lorsqu'il est le condamné, supportant même un fardeau de la preuve inversé par rapport à celui prévalant dans la procédure précédente (THOMAS FINGERHUTH, in Kommentar zur schweizerischen Strafprozessordnung, 3e éd. 2020, no3 ad art. 411 CPP). Il incombe donc au demandeur en révision, a fortiori lorsqu'il s'agit de la partie plaignante et qu'elle est assistée d'un mandataire professionnel, d'exposer de manière détaillée, quelles raisons légitimes justifiaient de taire les faits en question dans la procédure de l'ordonnance pénale, respectivement de renoncer à entreprendre cette ordonnance par voie d'opposition. A défaut, le demandeur en révision s'expose au reproche de tenter de contourner les voies de droit ordinaires.