Citation: U 201/02 30.11.2004 E. 3.2

3.2.1 Comme on l'a vu (cf. consid. 3.1.1 supra), la symptomatologie présentée par l'intimée trouve son origine en partie dans une lésion organique et en partie dans une affection psychique. Il n'est pas contestable - ni du reste contesté par la recourante - que les problèmes de santé de l'intimée liés à la lésion du rachis cervical soient dus à l'accident du 11 juin 1992. On ne peut pas non plus nier que les troubles psychiques diagnostiqués par le docteur V.________ s'inscrivent dans un rapport de causalité naturelle avec cet accident. Si ce psychiatre a certes souligné l'existence de facteurs étrangers à l'événement assuré dans l'évolution de l'état de santé psychique de M.________ (personnalité dépendante à traits caractériels; cadre familial et socio-professionnel difficile), il n'en a pas moins considéré que celui-ci avait joué un rôle déclencheur. A l'aune de la jurisprudence (ATF 119 V 337 consid. 1, 118 V 289 consid. 1b et les références), ce constat suffit pour admettre un rapport de causalité naturelle. En ce sens, on peut se rallier au raisonnement de la juridiction cantonale. En revanche, on ne saurait confirmer son point de vue en ce qui concerne l'examen du caractère adéquat de ce lien de causalité pour les raisons qui vont suivre. 3.2.2 Lors de troubles d'ordre psychique consécutifs à un accident, l'appréciation de la causalité adéquate se fonde sur des critères différents selon que l'assuré a été victime ou non d'un traumatisme de type «coup du lapin» à la colonne cervicale. Même en présence d'un tel traumatisme, lorsque des lésions appartenant au tableau clinique des séquelles d'un accident de ce type, bien qu'en partie établies, sont reléguées au second plan en raison de l'existence d'un problème important de nature psychique, le lien de causalité adéquate doit être apprécié à la lumière des principes applicables en cas de troubles du développement psychique (ATF 123 V 99 consid. 2). Cette précision de jurisprudence vaut lorsque le problème psychique apparaît prédominant directement après l'accident ou encore lorsqu'on peut retenir que durant toute la phase de l'évolution, depuis l'accident jusqu'au moment de l'appréciation, les troubles physiques n'ont joué qu'un rôle de moindre importance. En ce qui concerne les troubles psychiques apparaissant dans de tels cas, il ne doit pas s'agir de simples symptômes du traumatisme vécu, mais bien d'une atteinte à la santé (secondaire) indépendante, la délimitation entre ces deux situations devant être faite notamment au regard de la nature et de la pathogenèse du trouble, de la présence de facteurs concrets qui ne sont pas liés à l'accident et du déroulement temporel (RAMA 2001 n° U 412 p. 79; voir aussi l'arrêt F. du 26 novembre 2001, U 409/00). Aussi, en tant qu'ils ont parlé de la «préexistence» de troubles psychiques, les premiers juges ont-ils appliqué faussement la jurisprudence.