Citation: 6B_17/2024 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a retenu qu'au moment d'accomplir sa manoeuvre de recul, le recourant avait regardé dans ses rétroviseurs extérieurs ainsi que l'écran de sa caméra et n'avait rien vu. Aucune alarme sonore ne s'était déclenchée. Toutefois, au vu du risque inhérent à sa manoeuvre et aux circonstances du cas d'espèce, la prudence du recourant en aurait dû être d'autant plus accrue. Il savait, au moment de faire sa manoeuvre, que l'intimée 3 et ses enfants étaient en train de rentrer chez eux, de sorte qu'il s'attendait à les voir arriver. Il avait ainsi conscience qu'un enfant - âgé de trois ans au moment des faits - se trouvait derrière son véhicule et empruntait le même chemin que lui pour accéder à son domicile. Il savait également que l'enfant, qu'il avait lui-même qualifié d'"agité", ne tenait pas la main de sa mère et marchait à distance de celle-ci. En outre, il n'ignorait pas que l'enfant ait pu se trouver au milieu du chemin d'accès emprunté par les voitures puisqu'il l'avait précisément croisé à cet endroit quelques secondes auparavant et avait dû attendre qu'il se déporte sur le côté pour pouvoir passer. Dans ces circonstances, le recourant ne pouvait pas compter sur l'absence de signal sonore et se contenter de vérifier ses rétroviseurs et l'écran de sa caméra de recul. Il se devait de vérifier les angles morts avant d'entreprendre sa manoeuvre, il avait d'ailleurs lui-même expliqué que la taille de l'enfant ne permettait pas de le voir, car le hayon de la voiture était plus haut que lui. Vu les fortes probabilités que l'enfant puisse échapper à l'angle de vue de la caméra de recul ou des rétroviseurs, le recourant se devait de prendre des mesures de précaution supplémentaires. Qui plus est, le recourant avait effectué sa manoeuvre à proximité d'un virage qui masquait en partie sa visibilité sur le chemin piéton. Les éléments susmentionnés couplés à la configuration des lieux de l'accident commandaient une prudence toute particulière du conducteur, soit d'attendre que la famille l'ait dépassé avant de débuter sa marche arrière ou de demander à son épouse de sortir du véhicule pour aller vérifier que la voie était libre. Les mesures prises par le recourant avant sa manoeuvre n'étaient pas suffisantes eu égard aux circonstances pour satisfaire à son devoir de prudence.