Citation: 1C_145/2024 E. B

Le 11 décembre 2023, les requérants ont demandé la récusation du juge Boris Schepard, au motif qu'ils venait de découvrir que celui-ci avait été, jusqu'à son élection comme magistrat, avocat dans l'étude G.________ qui représentait la Municipalité de Delémont, soit l'une des parties intimées, et que le magistrat avait potentiellement pu avoir connaissance du dossier en qualité d'avocat au sein de l'étude G.________ Cette demande a été transmise à la Cour administrative du Tribunal cantonal de la République et canton du Jura (ci-après: le Tribunal cantonal) par le juge administratif, comme objet de sa compétence. Invité à prendre position sur la requête, le juge administratif a conclu le 19 décembre 2023 au rejet de la demande de récusation; il a en substance nié avoir eu connaissance du dossier en cause et estime la demande de récusation tardive, puisque l'identité du juge en charge du dossier est connue depuis le 22 mai 2023. Dans une prise de position spontanée du 8 janvier 2024, les requérants précisent qu'ils ont pris connaissance de l'activité du juge au sein de l'Étude G.________ début décembre 2023 lors de la consultation du profil LinkedIn du magistrat. Ils relèvent qu'en travaillant pendant huit ans au sein de l'étude, il est très vraisemblable qu'il ait noué un lien d'amitié d'une certaine intensité avec ses anciens collègues qui représentent l'autorité dans la procédure de recours. Le 18 janvier 2024, Me G.________, avocat de la Municipalité de Delémont dans la procédure de recours a relevé notamment que le juge administratif avait travaillé en tant que collaborateur salarié au sein de son étude jusqu'au 30 juin 2021. Il précise qu'ils ont entretenu des rapports purement professionnels; aucun lien d'amitié, ni aucun lien personnel particulier ne les a liés, ni ne les lient à ce jour. Ils n'ont jamais pratiqué d'activités de loisirs ensemble; ils n'ont jamais cessé de se vouvoyer et ne connaissent pas leur famille respective.