Citation: 4A_396/2015 E. 2

Par la "mission de l'architecte" du 17 septembre 2001 et ses annexes, les parties ont convenu d'honoraires forfaitaires de 400'000 fr. Les prestations couvertes par ce montant consistaient, dès la conclusion du contrat jusqu'à la fin de la construction, à: - mettre à jour les plans et devis en fonction du dossier des plans validés le 4 août 2001; - contrôler les travaux et le budget; - assurer la direction de l'ouvrage et le contrôle de sa qualité; - mettre à jour le dossier PC et annexe; - être l'interlocuteur des intervenants et des sous-traitants. Comme la recourante prétendait à des honoraires d'un montant supérieur à 400'000 fr., il lui appartenait, conformément à l'art. 8 CC, de démontrer qu'elle avait accompli des prestations exorbitantes de celles initialement prévues, rémunérées par le forfait, et que les prestations fournies donnaient lieu à des honoraires totaux de 680'000 fr. Selon l'arrêt attaqué, cette preuve n'a pas été rapportée. Ainsi, la cour cantonale a nié l'existence d'un projet de construction final significativement différent du projet ayant servi de référence à la "mission de l'architecte"; en particulier, elle a jugé que la délivrance d'un second permis de construire n'était pas établie. Par ailleurs, elle a considéré que l'expertise judiciaire n'était pas propre à prouver les allégués sur lesquels la recourante fondait sa prétention en honoraires supplémentaires. Pour les juges vaudois, il n'y avait en outre pas lieu d'appliquer en l'espèce l'art. 42 al. 2 CO par analogie, car la recourante ne se trouvait pas dans l'impossibilité d'apporter la preuve stricte de ses prétentions; celles-ci auraient pu être établies par une seconde expertise, pour laquelle la recourante a refusé d'avancer les frais. A ce sujet, l'autorité précédente a jugé que le Juge instructeur n'avait pas violé l'art. 239 CPC/VD en ordonnant d'office une seconde expertise; en conséquence, elle a rejeté la requête en complément d'expertise, présentée en appel par la recourante.