Citation: 1B_312/2018 E. 4

La Cour des plaintes a déclaré irrecevables, après les avoir joints, les recours pour déni de justice et retard injustifié déposés par E.________ en son nom et celui de plusieurs entités, dont celui de la recourante, parce que le Ministère public de la Confédération avait indiqué le 29 mars 2018 à E.________, concernant les requêtes de levée des avoirs séquestrés dans la procédure SV.09.0135, avoir répondu intégralement le 6 novembre 2017 à une précédente demande en ce sens et qu'il ne se justifiait pas d'y répondre faute de nouveaux griefs, de sorte qu'il ne pouvait lui être reproché un déni de justice ou un retard à statuer, relevant au surplus que E.________ n'avait pas établi avoir mis en demeure le Ministère public de la Confédération de statuer avant de recourir comme l'exigeait la jurisprudence pour se plaindre d'un déni de justice. La décision attaquée repose ainsi sur une double motivation qu'il appartenait à la recourante d'attaquer dans le respect des exigences déduites de l'art. 42 al. 2 LTF et, le cas échéant, de l'art. 106 al. 2 LTF, sous peine de voir son recours déclaré irrecevable. La recourante soutient que la jonction des recours pour déni de justice et retard injustifié et la reddition d'une unique décision violeraient les principes les plus élémentaires de la procédure et de la Constitution ainsi que le devoir de diligence incombant au tribunal. En procédant de la sorte, la Cour des plaintes aurait rendu difficile de démontrer en quoi la décision attaquée serait contraire au droit ou reposerait sur des considérations erronées. La recourante n'indique pas les principes élémentaires de la procédure ou les principes constitutionnels qui auraient concrètement été violés. Pour satisfaire aux exigences de motivation découlant de l'art. 106 al. 2 LTF, il ne suffit pas de citer les garanties constitutionnelles qui s'imposent à toute autorité, mais il convient d'expliquer en quoi elles n'auraient en l'occurrence pas, ou pas correctement, été respectées. La Cour des plaintes a considéré qu'il se justifiait de joindre les causes en application de l'art. 30 CPP parce que les recours étaient liés, portaient sur le même complexe de faits et formulaient tous les mêmes griefs, par le biais de conclusions identiques. La recourante ne prétend pas que cette disposition ne s'appliquait pas. Elle ne saurait sérieusement contester que les recours étaient liés, portaient sur le même complexe de faits et évoquaient les mêmes griefs, en tant qu'ils dénonçaient le retard injustifié du Ministère public de la Confédération à statuer sur leurs requêtes de levée de séquestres ordonnés dans la procédure pénale SV.09.0135, ni que les conclusions prises étaient identiques en tant qu'ils demandaient à la Cour des plaintes d'ordonner au Ministère public de la Confédération de rendre une décision sujette à recours dans les dix jours. Elle se borne à affirmer que la situation de droit serait différente, ce qui n'est pas établi ni manifeste s'agissant de décider si le Ministère public de la Confédération s'est rendu coupable d'un déni de justice ou d'un retard injustifié, et que les parties étaient indépendantes sans indiquer en quoi cette seule circonstance aurait justifié de rendre des arrêts séparés. On ne voit au surplus pas, à la lecture des recours et de l'arrêt attaqué, quelle information confidentielle s'opposerait à la jonction des causes. E.________, en tant que représentant de ces différentes entités, est d'autant plus malvenu de se plaindre d'une telle jonction que la Cour des plaintes avait déjà procédé de la sorte par le passé sans qu'il ne s'en plaigne (cf. décision de la Cour des plaintes du 11 octobre 2017 et arrêt du Tribunal fédéral 1B_453/2017 du 30 octobre 2017). Pour le surplus, la recourante ne s'en prend pas à l'argumentation de la Cour des plaintes selon laquelle le Ministère public de la Confédération ne s'est pas rendu coupable d'un déni de justice dans la mesure où il a répondu au plus tard le 29 mars 2018 à E.________ en précisant qu'il ne rendrait pas de décision sur les requêtes de levée de séquestre faute d'éléments nouveaux évoqués depuis une précédente décision négative rendue le 6 novembre 2017.