Citation: 9C_584/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, si la juridiction cantonale se réfère certes à la description de la vie quotidienne donnée par l'intimée aux experts du centre d'expertises Unisanté, elle ne discute en revanche nullement les constatations et conclusions de l'enquête du 25 novembre 2020. Or cette enquête avait pour objet de préciser et de compléter sur un plan objectif la description des empêchements de l'intimée dans la vie quotidienne. Dans cette mesure, l'enquêtrice a constaté que l'intimée préparait ses repas assise à table, qu'elle pouvait cuire des choses simples, comme des pâtes (si elle n'avait pas trop mal au dos), qu'elle pouvait mettre des objets dans le lave-vaisselle, qu'elle pouvait charger le panier de son rollator et se rendre au lave-linge à l'étage, qu'elle y était autonome, qu'elle passait la panosse, qu'elle nettoyait le lavabo et les toilettes et qu'elle faisait des commissions simples, avec son rollator (lorsqu'elle se sentait assez bien). De son côté, l'époux de l'intimée se chargeait des paiements, cuisait les repas avec son épouse, complétait le ménage avec une femme de ménage (mise à disposition par le Centre médico-social B.________), faisait parfois des rappels de rendez-vous à son épouse et l'accompagnait à certains rendez-vous si elle était moins bien. En omettant de prendre en considération l'enquête à domicile, la juridiction cantonale s'est fondée, en violation du droit fédéral, sur la manière dont l'intimée a elle-même décrit aux experts d'Unisanté ses facultés à assumer sa vie quotidienne (préparation des repas, utilisation du lave-vaisselle, besoin d'aide dans le ménage, etc.), alors qu'il y avait lieu d'établir la mesure de ce qui était raisonnablement exigible d'elle le plus objectivement possible. En se référant ensuite à la rente allouée à l'intimée en raison des pathologies dont elle souffre, sans en tirer de constatations quant à d'éventuels empêchement effectifs pour accomplir certaines tâches, les premiers juges n'ont pas mis en évidence d'éléments déterminants sous l'angle du besoin d'accompagnement durable. Or, comme le fait valoir à juste titre l'office AI en prenant en considération le résultat de l'enquête à domicile, assortie de valeur probante (consid. 4.1 supra), on constate que l'intimée est en mesure de structurer ses journées, de faire face aux situations qui se présentent tous les jours et de tenir son ménage, même si des aides ont été mises en place pour la décharger partiellement de ses tâches ménagères (cf. prise de position du Centre médico-social B.________ du 13 septembre 2021). L'intimée peut donc vivre de manière indépendante sans l'accompagnement d'une tierce personne. Elle ne présente en particulier pas le risque d'être placée en institution si elle était livrée à elle-même. Il y a donc lieu de nier la réalisation des conditions de l'art. 38 al. 1 let. a RAI.