Citation: I 330/02 19.12.2003 E. 6

6.1 Dans un second moyen, le recourant estime que la décision litigieuse a été rendue par une autorité incompétente à raison de la matière, de sorte que les premiers juges n'auraient en fait pas dû entrer en matière sur le fond du litige. 6.2 Conformément aux art. 57 al. 1 let. e LAI et 41 al. 1 let. d RAI, les décisions relatives aux prestations, qui comprennent également celles ayant trait aux rentes extraordinaires d'invalidité (art. 39 LAI), relèvent des attributions des offices AI. La 3ème révision de la LAI a en effet transformé fondamentalement l'organisation de l'assurance-invalidité (art. 53 ss LAI [modification du 22 mars 1991] et art. 40 ss RAI [modification du 15 juin 1992]). Contrairement à la situation juridique antérieure, où les caisses de compensation cantonales et les caisses d'association étaient compétentes en matière de prestations d'invalidité (ancien art. 54 LAI), le pouvoir décisionnel sur ce point réside depuis lors uniquement auprès des offices AI (ATF 127 V 213 consid. 1c/bb) et il ne reste pour l'essentiel aux caisses de compensation que les tâches décrites à l'art. 60 al. 1 LAI (ATF 123 V 182 consid. 5a). Cela vaut également s'agissant de la compétence de reconsidérer une décision d'octroi de prestations dès lors qu'il y a lieu d'admettre, en l'absence de disposition légale spéciale en matière de reconsidération, que seule l'autorité compétente pour allouer des prestations peut supprimer celles-ci par voie de la reconsidération. 6.3 Au vu de ce qui précède, il incombait donc à l'Office AI pour les assurés résidant à l'étranger de procéder à la reconsidération de la décision initiale de la caisse, cette dernière ayant perdu toute compétence en ce domaine. A côté de ce vice grave et manifeste, qui mène généralement à la reconnaissance de la nullité de la décision qui en est affectée (Moor, Droit administratif, vol. II, p. 311), le recourant a été privé des garanties de procédure spécifiques que les dispositions légales offraient alors aux assurés (art. 73 bis RAI). Dans ces conditions, les premiers juges ne pouvaient faire appel à la maxime de l'économie de procédure et considérer que l'examen par leur soins de la décision entreprise pouvait remédier aux graves défauts dont elle était affligée. Sur ce point, le recours s'avère bien fondé et le dossier doit être renvoyé pour décision à l'autorité compétente.