Citation: 4A_90/2018 E. A

A.a. A.________ et B.________ sont actifs dans le domaine de la finance et des marchés boursiers. Au moment des faits qui fondent la présente procédure, A.________ était consultant pour une société canadienne dirigée par C.________. Quant à B.________, il détenait 59% du capital-actions de la société luxembourgeoise K.________ SA, qui possédait elle-même 70% du capital-actions de la société luxembourgeoise L.________ SA. A.b. A la fin de l'année 2007, A.________ a proposé à B.________ d'acquérir 200'000 actions de la société suisse S.________ AG, au prix de 0,5 euro par action, soit 100'000 euros. Quelques mois après l'investissement de B.________, la société S.________ SA a rencontré d'importantes difficultés financières qui ont conduit à sa faillite puis à sa liquidation, intervenue le 8 juillet 2014. A.c. Par courrier du 9 mars 2009, B.________, représenté par son conseil, a rappelé à A.________ qu'il avait investi dans la société S.________ SA sur la base des informations que ce dernier lui avait données et en raison de la confiance qu'il lui témoignait. Il lui reprochait de ne pas l'avoir alerté au sujet des difficultés financières importantes rencontrées par cette société et de ne pas lui avoir transmis, contrairement à ses engagements, les comptes consolidés et les comptes sociaux annuels et semestriels relatifs à l'année 2007. Considérant avoir été placé dans une situation d'erreur, voire de dol, B.________ souhaitait annuler la transaction effectuée et sollicitait la restitution de la somme de 100'000 euros dans un délai de quinze jours avec intérêts à 5% dès le 16 décembre 2007, faute de quoi il ferait valoir ses droits auprès des tribunaux compétents. A.________ a contesté toute responsabilité. A.d. A l'issue de discussions houleuses, les parties ont notamment convenu de ce qui suit, par acte établi sous seing privé le 9 novembre 2009: « ARTICLE PREMIER: RECONNAISSANCE DE DETTE ET ENGAGEMENT DE PAIEMENT A.________ et C.________ s'engagent solidairement à payer à M. B.________, ce que celui-ci accepte, la somme de 100'000 (cent mille) euros en principal sur une période de 10 (dix) ans selon l'échéancier principal suivant: - 10'000 (dix mille) euros le 31 mars de chaque année, la première fois le 31 mars 2010 et la dernière fois le 31 mars 2019 - ces sommes seront augmentées des intérêts courant sur le principal restant dû au taux annuel de 5% (cinq pour cent) en cas de retard de paiement La signature du présent acte par A.________ et C.________ vaut de leur part reconnaissance de dette pour la somme de 100'000 euros. A.________ et C.________ pourront effectuer librement tout remboursement anticipé partiel ou total. Il est précisé entre A.________ et C.________ que les sommes ci-dessus seront partagées à égalité entre eux, sans toutefois affecter d'une quelconque manière la solidarité de leurs dettes à l'égard de M. B.________. ARTICLE DEUX: MODALITE PARTICULIERE D'EXTINCTION DE LA DETTE Dans l'hypothèse où A.________ et C.________ concourraient directement à la cession de la participation indirecte de M. B.________ dans la société L.________ SA [...] ou à son achat par les autres actionnaires de ladite société pour un prix minimum de dix millions d'euros d'ici le 31 mars 2010, M. B.________ s'engage irrévocablement à éteindre sa créance contre A.________ et C.________ au titre du présent acte et de toute autre action liée à S.________ SA. Par cession, les parties entendent la vente définitive et complète de la participation indirecte de M. B.________ dans L.________ SA représentée par la réception par M. B.________ des fonds correspondant au prix de cession de ladite participation. Tout autre projet pourra être présenté à M. B.________ par A.________ et C.________ en vue d'éteindre la créance de M. B.________ à leur égard, sous réserve bien sûr de l'accord de ce dernier. La créance de M. B.________ sera annulée dès l'instant où M. B.________ aura réalisé un gain de 100'000 euros sur l'investissement présenté par A.________ et C.________, étant prévu toutefois que dans l'hypothèse d'un gain inférieur à 100'000 euros pour M. B.________, la créance de M. B.________ sera éteinte à hauteur du montant du gain ainsi réalisé. ARTICLE TROIS: CONTREPRESTATIONS Au prorata de l'extinction de la dette de A.________ et C.________ (soit par paiement soit par services rendus dans le cadre de L.________ SA - cf. ci-dessus, ARTICLES 1 et 2), M. B.________ remettra le nombre correspondant d'actions de S.________ SA à A.________ et C.________. Pour autant que les termes du présent accord soient respectés, M. B.________ s'engage à renoncer à toute action légale liée à S.________ SA contre A.________ et C.________, en quelque mode ou juridiction que ce soit. (...) » Dans son préambule, ce document évoquait les critiques formulées par B.________ dans son courrier du 9 mars 2009, ainsi que le fait que A.________ et C.________ admettaient, dans le cadre de l'accord, n'avoir pas transmis toutes les informations dont ils disposaient postérieurement à l'investissement de B.________ et disaient vouloir trouver une solution pratique permettant à ce dernier de récupérer son investissement. Ce document a été signé par A.________ mais pas par C.________. A.e. Un «contrat de consultant» daté du 6 novembre 2009 a été conclu entre B.________ et la société Q.________ SA, nouvellement créée par A.________ qui en était l'administrateur. B.________ déclarait recourir aux services de cette entité afin de vendre sa part indirecte dans L.________ SA pour un montant minimum de 10'200'000 euros. La société précitée s'engageait pour sa part à déployer ses «meilleurs efforts» pour présenter B.________ à un ou des tiers investisseur (s) disposé (s) à investir des fonds dans une telle activité, lesquels devaient avoir la capacité d'investir jusqu'à 20'000'000 euros dans L.________ SA via K.________ SA, en vue de remplacer les actionnaires sortants. La commission due s'élevait à 5% du montant investi par les tiers investisseurs présentés à B.________. A.f. Devant le Tribunal de première instance (cf. lettre B.b infra), A.________ a expliqué qu'au moment de signer la reconnaissance de dette du 9 novembre 2009, il se trouvait dans une situation financière difficile et en recherche d'emploi. Ayant énormément investi dans plusieurs sociétés qui s'étaient effondrées à la suite de la crise boursière de 2008, il avait perdu beaucoup d'argent. B.________ lui avait proposé un mandat pour la société L.________ SA. Il devait trouver des investisseurs et percevoir une commission importante à la conclusion du marché. L'octroi de ce mandat était soumis à la condition qu'il signe la reconnaissance de dette. Il avait été harcelé par B.________ et avait besoin de liquidités. Il savait que L.________ SA était un «beau mandat» dans la mesure où il connaissait bien la société. Il avait signé au même moment la reconnaissance de dette et le contrat, bien que les deux documents ne portent pas la même date, probablement en raison d'une erreur. A.g. C'est dans ce contexte que A.________ a approché la société Z.________, l'une de ses clientes, et l'a intéressée à l'affaire L.________ SA. Le 25 janvier 2010, Z.________, Q.________ SA (représentée par A.________) et B.________ ont signé une lettre d'intention par laquelle Z.________ confirmait son intérêt à acquérir au moins 59% des parts de K.________ SA. Il ressort également de ce document que Z.________ était également intéressée à l'achat des parts de l'associé de B.________ au sein de K.________ SA. Par ailleurs, Z.________ souhaitait procéder à un audit de « due diligence » de la société, lequel a été mis en oeuvre. Aucun contrat n'a finalement été conclu. Selon les déclarations du témoin T.________, entendu par le Tribunal de première instance, différents problèmes permettaient d'expliquer le fait que la vente n'ait pas été conclue avec Z.________: d'une part, l'associé de B.________ ne souhaitait pas vendre sa participation; d'autre part, des « drapeaux rouges» (« red flags », en raison d'éléments à risque, notamment de nature fiscale) étaient apparus durant l'audit. Au final, il n'y avait jamais eu d'offre ferme de la part de Z.________, laquelle aurait notamment souhaité recevoir des garanties supplémentaires de B.________, qui avait refusé. B.________ est finalement parvenu à vendre ses actions à un autre acquéreur pour la somme de 5'736'000 euros durant l'automne 2011, sans l'intervention de A.________ ni de Q.________ SA. A.h. Dans le courant du mois d'avril 2012, A.________ - qui n'a jamais versé le moindre montant à B.________ en vertu de l'accord du 9 novembre 2009 - a remis en garantie à celui-ci sa montre d'une valeur estimée à 14'000 fr., dans l'attente de disposer des liquidités lui permettant de commencer à rembourser sa dette. Par courriel du 7 juin 2012, A.________ a proposé à B.________ de lui verser 10'000 euros le 5 décembre 2012 contre restitution de sa montre, puis de procéder au payement de 10'000 euros chaque 31 mars à compter de 2013. A.________ sollicitait par ailleurs une remise de dette à concurrence de 50% en faisant valoir que le travail qu'il avait accompli avait permis à B.________ d'obtenir un rapport d'audit débarrassé des drapeaux rouges (« red flag s»), ce qui lui avait permis de vendre ses actions. B.________ n'est pas entré en matière sur cette requête.