Citation: 5A_176/2020 E. 1

Les auteurs qui opèrent une distinction entre les arrêts précités, en soutenant que le Tribunal fédéral aurait, aux ATF 21 p. 872 et 95 III 47, admis la compensation avec une créance conditionnelle même si la condition ne se réalise pas avant la clôture de la faillite, ne peuvent pas être suivis dans cette lecture (cf. SOGO, Zahlungsunfähigkeit im Vertragsverhältnis, 2015, p. 187 ss et les références). Ils ne tiennent au demeurant pas suffisamment compte dans leur analyse des ATF 107 III 25 et 106 III 114, plus récents. A l'ATF 21 fondateur, repris par la suite constamment dans la jurisprudence, le Tribunal fédéral a précisément admis la compensation de la créance " quand bien même la condition ne s'accomplirait qu'après l'ouverture de la faillite " (p. 875), " la compensation [ne pouvant être exclue] par ce seul motif que la condition ne s'est accomplie qu'après l'ouverture de la faillite " (p. 879). A l'ATF 95, le Tribunal fédéral n'a en rien modifié ce principe, affirmant même que, au contraire, le créancier ne pouvait pas s'en prévaloir, étant donné que, en l'espèce, il ne bénéficiait, au moment de l'ouverture de la faillite, même pas d'une quelconque créance conditionnelle, mais d'une simple expectative de l'acquisition d'une créance hypothécaire contre le débiteur (consid. 5). En l'espèce, la recourante reconnaît elle-même que la condition à laquelle sa créance est soumise n'est pas réalisée. Il suit de là que son grief n'aurait pu être que rejeté.