Citation: 5D_60/2015 E. 3.1

3.1. Appréciant les preuves dont elle disposait, l'autorité cantonale a conclu que les indices mis en avant par les recourants ne lui permettaient pas de se convaincre que les limites posées dans le contexte de la procédure de mensuration officielle ne correspondaient pas à celles antérieures, ni que les surfaces indiquées précédemment sur les extraits cadastraux de chacun des biens-fonds étaient exactes, contrairement à celles résultant du nouvel état. Se fondant d'abord sur le témoignage de différents témoins ainsi que sur le nouveau plan établi par la Société E.________ SA, la juridiction cantonale a retenu qu'il était plausible que l'élargissement par la commune de la route H.________ et du chemin F.________ fût intervenu en débordant sur les terrains riverains appartenant à des particuliers. La cour cantonale a certes relevé que la présence de trois souches d'arbres quasiment sur la démarcation entre le bien-fonds no 5422 au sud-ouest et la route H.________ pourrait constituer un indice de l'inexactitude des points limites puisque " jamais les paysans ne plantaient les arbres fruitiers à l'extrême limite ", règle d'expérience consacrée en droit cantonal complémentaire à l'art. 146 al. 1 de la Loi d'application du code civil suisse (LACC/VS); comme l'avait cependant à juste titre relevé au cours de son audition le géomètre intervenu lors des travaux de mensuration officielle, les points limites en question étaient alignés avec ceux des parcelles voisines du biens-fonds no 5422, situées dans son prolongement au sud et dont l'exactitude n'avait pas été remise en cause. Le Tribunal cantonal a par ailleurs remarqué que l'élargissement de la route et du chemin par la commune ne signifiait pas pour autant que celle-ci se soit appropriée du terrain appartenant aux riverains lors de l'immatriculation de ces voies carrossables au cours de la procédure de mensuration officielle: il ressortait en effet du raisonnement des recourants eux-mêmes ainsi que de l'administration des preuves qu'un certain nombre de points limites se trouvaient sur le chemin F.________, les riverains ayant ainsi conservé la propriété sur la surface correspondante. Notant aussi que les recourants se focalisaient exclusivement sur la surface des terrains telle qu'indiquée par le plan cadastral, la juridiction cantonale a souligné qu'il convenait de tenir compte du fait que les professionnels entendus à titre de témoins avaient mis en évidence de manière crédible et pertinente que les moyens de mesure de l'époque étaient rudimentaires en comparaison de la technologie actuelle utilisée lors de la mensuration officielle. Enfin, l'autorité cantonale a relevé que les propriétés des recourants n'étaient pas les seules parcelles du secteur à être concernées par les différences de surface entre l'ancien et le nouvel état, celles-ci pouvant atteindre jusqu'à 7% ou 8%.