Citation: 9C_409/2007 19.05.2008 E. 3

Les premiers juges ont nié que la recourante ait droit à la prise en charge par l'assurance-invalidité de la kératoplastie subie le 28 juillet 2006, attendu que cette intervention avait été nécessitée non pas par la cicatrice présente à l'oeil gauche, mais par le fait que l'acuité de la vue ne pouvait plus être correctement améliorée par le biais de lunettes et que la pose de lentilles sur l'oeil gauche n'était plus possible eu égard à l'avancement de la maladie. On se trouvait ainsi dans l'hypothèse où une opération en raison d'une cornée trop fortement incurvée était indiquée parce qu'elle empêchait le port d'une lentille de contact. En outre, ils ont retenu que, malgré l'absence d'évolution de la situation constatée par le docteur N.________ entre la consultation du 20 avril 2005 et le moment où la greffe de cornée avait été réalisée, l'on était en présence d'un stade final fonctionnel "instable" tel que mentionné par le docteur G.________ dans l'annexe au rapport médical du 7 août 2006 et d'une "évolution du kératocône à l'oeil gauche". 3.1 La recourante, dont les arguments ont trait à la préservation de sa capacité de gain et concernent aussi bien la vision nocturne, le travail de secrétaire, les verres de contact, le port de lunettes et la greffe de cornée, ne discute pas le point de savoir si la greffe de cornée de l'oeil gauche a pour objet le traitement de l'affection comme telle. Or, seul ce point est pertinent en l'espèce. 3.2 En retenant que l'on était en présence d'un stade final fonctionnel "instable", les premiers juges se sont fondés sur l'annexe au rapport médical du docteur G.________ du 7 août 2006, où ce médecin a répondu par la négative à la question de savoir si l'on se trouvait en présence d'un stade final fonctionnel stable avec cornée déformée par des cicatrices ou d'une pointe de kératocône opaque, tout en indiquant que l'on était bien plutôt en présence d'un stade final fonctionnel "instable". Ce fait n'est pas manifestement inexact. On relèvera que le docteur N.________, dans le document du 5 février 2007, n'a pas fait état d'un état déficient stable ou relativement stabilisé. Dans le rapport médical du 7 août 2006, sous la rubrique relative à l'anamnèse, le docteur G.________ a mentionné la présence d'une évolution du kératocône à l'oeil gauche avec actuellement une impossibilité d'adaptation de verres de contact. Sur ce point également, le jugement attaqué n'apparaît pas manifestement inexact. 3.3 Attendu que l'on est en présence d'un stade final fonctionnel "instable" et d'une "évolution du kératocône à l'oeil gauche", la kératoplastie effectuée le 28 juillet 2006 par les médecins de l'Hôpital ophtalmique Y.________ a pour objet le traitement de l'affection comme telle et ne constitue pas une mesure médicale au regard de l'art. 12 LAI et de la jurisprudence en la matière (supra, consid. 2.2). Il n'est dès lors pas nécessaire d'examiner plus avant l'argumentation de la recourante en ce qui concerne le ch. 661/861.2 de la circulaire de l'OFAS concernant les mesures médicales de réadaptation de l'AI (CMRM), soit le point de savoir si l'opération était nécessaire en raison d'une cornée trop fortement incurvée empêchant le port de lentilles de contact.