Citation: 1B_126/2009 10.06.2009 E. 4

Le recourant estime ensuite que le risque de fuite n'est pas aussi important que le retient la décision attaquée et qu'il pourrait être pallié par le versement d'une caution. 4.1 Le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence citée). La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70, 108 Ia 64 consid. 3 p. 67). A teneur de l'art. 5 par. 3, dernière phrase, CEDH, la mise en liberté peut être subordonnée à une garantie assurant la comparution de l'inculpé à l'audience. La mise en liberté sous caution ou moyennant le versement de sûretés constitue un succédané de la détention préventive et une application du principe de la proportionnalité (ATF 107 Ia 206 consid. 2a p. 208). Lorsque cela est possible, elle doit donc remplacer la détention, qui ne peut être maintenue qu'en tant qu'ultima ratio (cf. ATF 123 I 268 consid. 2c p. 271). La libération moyennant sûretés implique un examen approfondi, qui demande une certaine collaboration de la part du prévenu, dès lors que le caractère approprié de la garantie doit être apprécié notamment au regard des ressources du prévenu, de ses liens avec des personnes pouvant lui servir de caution et de la confiance qu'on peut avoir que la perspective de perdre le montant agira comme un frein suffisamment puissant pour écarter toute velléité de fuite (ATF 105 Ia 186 consid. 4a p. 187, citant l'arrêt Cour européenne des droits de l'homme Neumeister contre Autriche, du 27 juin 1968, série A, vol. 7, par. 14; cf. arrêt 1P.165/2006 du 19 avril 2006 consid. 3.2.1, in SJ 2006 I p. 395). Il convient également de faire preuve de prudence quant à l'origine des fonds proposés comme sûretés, en particulier lorsque l'instruction pénale porte sur des détournements de fonds, dont une grande partie n'a pas pu être récupérée (cf. arrêts 1B_126/2008 du 2 juin 2008 consid. 3.1; 1B_92/2007 du 19 juin 2007 consid. 8.1; 1P.570/2003 du 20 octobre 2003 consid. 2.2.1 et les références; arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme Punzelt contre République tchèque, du 25 avril 2000, par. 85 ss). Le détenu à titre préventif n'a pas un droit inconditionnel fondé sur l'art. 5 § 3 CEDH à être libéré moyennant le versement de sûretés lorsque seul le risque de fuite motive le maintien en détention; le juge de la détention peut aussi, en pareil cas, renoncer à ordonner une telle mesure lorsqu'il a la conviction qu'elle ne suffira pas à garantir la présence de l'inculpé aux débats et, le cas échéant, sa soumission au jugement (cf. Sylva Fisnar, Ersatzanordnungen für Untersuchungshaft und Sicherheitshaft in zürcherischen Strafprozess, thèse Zurich 1997, p. 75 et les références citées). Pour apprécier la force dissuasive d'un dépôt de sûretés sur les velléités de fuite de la personne concernée, le juge de la détention jouit d'un certain pouvoir d'appréciation, eu égard à sa maîtrise complète du dossier (arrêt 1B_126/2008 du 2 juin 2008 consid. 3.1). 4.2 En l'espèce, le Tribunal cantonal relève à juste titre que l'intéressé n'a pas d'attache avec la Suisse, puisqu'il est de nationalité polonaise et qu'il dispose d'un domicile fixe en Pologne, où vivent ses deux enfants et sa famille. Cela étant, le risque qu'il prenne la fuite pour se rendre auprès de sa famille et pour se soustraire à une éventuelle peine de prison - dont l'ampleur dépendra notamment du nombre d'infractions qui seront retenues - doit être admis. Le recourant qui ne nie pas son absence de liens avec la Suisse, se prévaut du fait que la collaboration internationale en matière pénale fonctionne à satisfaction avec la Pologne. Selon la jurisprudence, il importe cependant peu que son extradition puisse être obtenue (cf. ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36). Le recourant ne peut pas non plus être suivi lorsqu'il fait valoir la longue détention préventive déjà subie et lorsqu'il prétend qu'en l'état du dossier, il aurait intérêt à comparaître devant l'autorité judiciaire, afin de défendre son point de vue et d'éviter une condamnation par défaut. Cette argumentation est insuffisante à faire admettre l'invraisemblance du risque de fuite. Le recourant propose le versement d'une caution, mais il ne donne aucune indication qui permettrait d'en fixer le montant. En effet, tant lors de sa demande de mise en liberté adressée au Juge d'instruction, que lors de son recours auprès du Tribunal cantonal, l'intéressé s'est contenté de demander une libération sous caution d'un montant fixé à dire de justice, sans formuler et ni motiver soigneusement sa requête, en déposant les pièces utiles ou en donnant le nom de personnes pouvant lui servir de caution. Le recourant n'a au surplus fourni aucune indication sur sa situation financière et sur l'origine des fonds, qui permettrait d'admettre que la perspective de perdre une somme d'argent agira comme un frein suffisamment puissant pour écarter toute velléité de fuite. Or, sans une certaine participation du prévenu, une mise en liberté moyennant sûretés ne peut être prononcée. Le recourant est en effet tenu de collaborer pour établir les éléments permettant de fixer le montant de la caution. Dans ces circonstances, il ne peut être donné suite à la demande de mise en liberté sous caution présentée par le recourant. 4.3 En définitive, le maintien en détention du recourant étant encore justifié par un risque de fuite concret, il n'est pas nécessaire d'examiner s'il peut aussi être motivé par un danger de collusion et de récidive, comme le retient la décision attaquée.