Citation: 4C.186/2003 19.11.2003 E. A

Depuis 1954, A.________ louait un appartement de cinq pièces dans un immeuble, à Genève. B.________ est devenu propriétaire de cet immeuble en 1985. A cette occasion, il a, dans un premier temps, résilié le bail de A.________; puis, selon un procès-verbal de conciliation du 21 mai 1985, il a accepté de retirer le congé, «personne ne revendiquant le droit au bail, à l'exception de la locataire en titre». D.________ est le petit-neveu de A.________. En février 2000, il a reçu une lettre de B.________, envoyée à l'adresse de sa grand-tante. Dans ce courrier, le bailleur lui reprochait d'habiter sans son autorisation l'appartement et précisait qu'il n'entrerait pas en matière pour la conclusion d'un nouveau bail. Par courrier du 27 juin 2000, B.________ a rendu A.________ attentive au fait que D.________ occupait l'appartement loué sans autorisation du bailleur. Il lui a rappelé qu'en 1985, il avait retiré le congé et accepté de poursuivre le bail à des conditions particulièrement avantageuses pour elle, afin de tenir compte de sa situation personnelle, étant entendu que ce privilège ne devait pas s'étendre à des tiers. Enfin, le bailleur a mis en demeure la locataire de prendre toutes mesures utiles pour faire évacuer D.________ de l'appartement loué jusqu'au 31 juillet 2000; à défaut, le bail serait résilié pour justes motifs. La lettre du 27 juin 2000 a été envoyée à A.________ à son adresse de l'établissement médico-social dans lequel elle était hospitalisée et à celle de l'appartement. D.________ a reçu copie de ce courrier. L'occupant n'a pas quitté les lieux. Le 2 août 2000, le bailleur a résilié le bail sur formule officielle pour le 30 septembre 2000; le congé était fondé sur l'art. 257f al. 3 CO.