Citation: 6P.94/2006 10.08.2006 E. C

C.a Les Drs A.________, B.________ et C.________ ont été chargés d'effectuer une expertise de crédibilité de Y.________. Dans leur rapport du 17 septembre 2002, ils ont posé le diagnostic d'état de stress post-traumatique chronique, trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen avec syndrome somatique; personnalité dépendante, avec traits de personnalité paranoïaque; absence de désir sexuel et dysfonctionnement orgasmique. Selon les experts, l'état mental actuel de l'expertisée constitue un tableau clinique extrêmement complexe de différentes pathologies psychiques, dont certaines sont vraisemblablement dues aux abus sexuels chroniques que l'expertisée a subis dans l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte et ce durant de nombreuses années. Si les déclarations de l'expertisée sont fortement crédibles en ce qui concerne les actes sexuels eux-mêmes, la psychopathie dont souffre cette dernière ne lui permet pas de faire une distinction claire entre une contrainte physique réelle et son idée de ce que représente une contrainte, ni d'élaborer les moyens qu'une personne adulte pourrait mettre en place pour être libérée de ces contraintes. De ce fait, les experts ont conclu à une crédibilité moyenne quand la plaignante dit que les actes ont toujours été effectués sous la contrainte. Dans leur rapport complémentaire du 30 mai 2005, les experts ont précisé que si l'expertisée n'a pas fait l'objet de contrainte physique, elle subissait cependant une contrainte psychique forte. L'incapacité de l'expertisée à s'affirmer et à réagir de manière appropriée lui donnait l'impression d'être figée et incapable de quitter les lieux. La présence du trouble de personnalité chez Y.________ la rendait vulnérable et susceptible à des abus sexuels. En se référant à la notion de "sidération", les experts ont déclaré que "La présence simultanée d'une personnalité dépendante et la forte pression psychique d'un homme en position d'autorité peuvent induire une forme de paralysie psychologique." C.b Dans son rapport du 20 février 2006, l'experte D.________, psychologue, a constaté que les témoignages de Y.________ offraient une qualité permettant de retenir l'hypothèse du vécu réel, tant pour l'ensemble des actes sexuels que pour son incapacité à repousser les assauts de son agresseur. Elle a précisé qu'elle n'avait trouvé aucun élément appuyant une motivation de fausses allégations.