Citation: 1B_528/2022 E. 5.3.2

5.3.2. Selon la jurisprudence, une personne morale dont l'ensemble des biens ("sämtliche Vermögenswerte") a été placé sous séquestre, peut obtenir la levée partielle de cette mesure afin de pouvoir s'acquitter des frais de justice et/ou des honoraires de l'avocat intervenu afin de défendre ses intérêts dans ce cadre particulier; retenir une autre solution ne garantirait pas son droit d'avoir accès à la justice (cf. art. 29a Cst.) et ne respecterait pas son droit d'être entendue (cf. art. 29 al. 2 Cst.), respectivement violerait les art. 107 al. 1 let. c et 127 al. 1 CPP (arrêts 1B_565/2018 du 12 mars 2019 consid. 2.5; 1B_410/2015 du 14 juillet 2016 consid. 4.5 et 4.6; voir également en matière d'entraide internationale, arrêt 1A.183/2006 du 1er février 2007 consid. 2.4. publié in Pra 2007 98 652). La configuration d'espèce est cependant différente dès lors qu'il n'est pas contesté que la recourante B.________ Limited dispose d'autres moyens que les fonds séquestrés en Suisse. Elle détient en effet un compte auprès de la Banque de E.________, lequel a été alimenté courant 2021 de USD 3 millions (cf. consid. 2.4 p. 11 de l'arrêt attaqué). Les recourantes soutiennent en revanche que ces avoirs seraient également d'origine criminelle; en les utilisant pour s'acquitter des provisions et honoraires de ses avocats, cela pourrait constituer un acte de blanchiment d'argent de leur part (cf. art. 305bis CP); quant à leurs mandataires, ils ne sauraient accepter une telle rémunération, sauf à encourir le risque d'être poursuivis pénalement pour ce même chef de prévention ou, pour le moins, de voir leurs avoirs ensuite confisqués.