Citation: 1C_498/2022 E. 3.2

3.2. Les recourants reprochent au Tribunal cantonal d'avoir nié que les terres supportant les chalets constituaient des grèves; ils lui font plus précisément grief d'avoir nié qu'il s'agissait de grèves appartenant au domaine public, mélangeant ce faisant des aspects de fait et de droit. Quoi qu'il en soit, aux termes de son arrêt, il n'apparaît pas que le Tribunal cantonal ait établi si le secteur des chalets devait ou non être considéré comme une grève, dans l'acception factuelle du terme. Il a en revanche pris soin de décrire les caractéristiques du secteur, qui l'ont conduit à l'exclure du domaine public et à le rattacher au patrimoine financier de l'Etat, caractéristiques que les recourants remettent ici en cause. Ils contestent en particulier le caractère cultivable des terres exondées. Ils se contentent cependant de répéter leur argumentaire développé en lien avec les éléments tirés du BGC, qui doit être écarté pour les motifs déjà exposés (cf. consid. 2.3); au surplus, ils n'exposent pas que la cour cantonale aurait tiré de ces documents des constatations insoutenables. Aussi n'y a-t-il pas lieu de revenir sur le fait que ces terres sont devenues cultivables après la correction des eaux du Jura, durant la deuxième moitié du XIX ème siècle, que ce soit sous la forme de forêts, de roselières ou de champs d'osiers. Il n'est pas non plus "contraire à toute logique", comme l'affirment péremptoirement les recourants, d'avoir reconnu ce caractère cultivable malgré les fluctuations du niveau du lac: la cour cantonale a expliqué que l'exploitation des terres avaient été rendues plus difficile - et non impossible - par ces épisodes d'inondation et de crues; malgré leur récurrence, ces événements demeuraient toutefois exceptionnels, ne constituant pas le flux et le reflux ordinaires; la cour cantonale a enfin souligné que la deuxième correction des eaux avait remédié à cette problématique. Par ailleurs, puisque les épisodes d'inondation ont été dûment établis et pris en compte par l'instance précédente, on ne discerne pas que cette dernière aurait violé le droit d'être entendus des recourants en ignorant prétendument que certains chalets étaient bâtis sur pilotis - ce qui démontrerait les fluctuations du niveau du lac.