Citation: 9C_265/2023 E. 5

En l'occurrence, mise à part l'affirmation générale que la "capacité de gain" (recte: l'incapacité de travail [art. 6 LPGA]) de l'intimé avait été correctement analysée à la lumière des indicateurs développés par la jurisprudence, l'arrêt attaqué ne comporte aucun exposé - même succinct - des motifs pour lesquels les constatations de l'expert judiciaire permettaient de conclure à une capacité de travail de 40 % à l'aune des indicateurs pertinents (ATF 141 V 281 consid. 7). La simple mention de l'absence de "contradiction manifeste" dans l'expertise est insuffisante. L'atteinte à la santé ouvrant droit à des prestations de l'assurance-invalidité constitue une notion juridique, et non pas une notion médicale. L'appréciation de la capacité de travail ne saurait par conséquent se résumer à trancher, sur la base de critères formels, quel rapport médical remplit au mieux les critères jurisprudentiels en matière de valeur probante (arrêt 9C_55/2016 du 14 juillet 2016 consid. 3.2 et les références). Si la provenance et la qualité formelle sont des facteurs permettant d'apprécier la portée d'un document médical, l'autorité précédente devait cependant expliquer pourquoi et dans quelle mesure les constatations médicales permettaient de conclure à une incapacité de travail déterminante à l'aune des indicateurs pertinents. Elle ne pouvait pas déléguer cette appréciation juridique à un médecin (cf. ATF 141 V 281 consid. 7; arrêt 8C_824/2023 du 4 juillet 2024 consid. 2.3).