Citation: 1P.404/2000 29.09.2000 E. 4

4.- Le recourant se plaint enfin d'une appréciation arbitraire des faits. a) Le Code de procédure pénale jurassien ne fixe pas la force probante des preuves, de sorte qu'il appartient au juge de motiver, dans sa décision, en quoi les preuves administrées ont eu pour effet d'emporter sa conviction (cf. Gérard Piquerez, Procédure pénale suisse, Zurich 2000, p. 408/409). Cette liberté d'appréciation, fondée sur l'art. 293 CPP jur. , dans l'exercice de laquelle le juge dispose d'une grande latitude (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 115 Ib 446 consid. 3a p. 450; 112 Ia 369 consid. 3 p. 371), trouve sa limite dans l'interdiction de l'arbitraire (ATF 120 Ia 31 consid. 2d p. 38; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral n'intervient que si celui-ci a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il admet ou nie un fait pertinent en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et éléments du dossier, lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte, lorsque les constatations de fait sont manifestement fausses ou encore lorsque l'appréciation des preuves se révèle manifestement insoutenable (ATF 124 I 208 consid. 4 p. 211 et les arrêts cités). Lorsque, comme en l'espèce, le recours est dirigé contre une décision prise en dernière instance cantonale par une autorité qui statuait elle-même sous l'angle restreint de l'arbitraire, le Tribunal fédéral examine librement si c'est à tort que cette autorité a écarté ce grief et, de ce fait, a elle-même enfreint l'interdiction de l'arbitraire, question qu'il lui appartient d'élucider à la seule lumière des griefs soulevés dans l'acte de recours (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc p. 494/495). b) La Cour pénale a estimé que le juge de première instance avait apprécié les faits d'une manière ne paraissant pas manifestement fausse ou insoutenable, sur la base des déclarations différentes des parties, des éléments établis ou admis et des "calculs logiques et rationnels" permettant de mieux appréhender le déroulement des faits. En confirmant ainsi le jugement du Président II du Tribunal de district de Porrentruy, la cour cantonale n'est pas elle-même tombée dans l'arbitraire. En effet, il ressort de la seule constatation matérielle que constitue le point de choc entre les deux véhicules, que la voiture de l'intimé était déjà engagée dans la place de parc et que, dans les secondes qui ont précédé le choc, le recourant, au moment où il tournait à gauche, devait voir le véhicule de l'autre partie reculant en direction du lieu de stationnement. Il n'est donc pas insoutenable d'admettre que, par son comportement, B.________ a gêné la manoeuvre de stationnement effectuée par O.________, même si ce dernier ne s'est pas rendu compte de sa présence, à tort, et a de ce fait commis une faute concomitante en accomplissant sa marche arrière sans précaution. Le grief d'une appréciation arbitraire des faits doit ainsi être écarté.