Citation: 5P.148/2006 28.06.2006 E. 5

Le recourant reproche en outre à la cour cantonale d'avoir arbitrairement apprécié le montant de ses charges mensuelles, qui auraient dû être retenues à hauteur de 4'651 fr.10 et non de 3'726 fr. Les rectifications qu'il requiert concernent ses frais de véhicule, ses arriérés en matière d'AVS, ses dettes résultant de son premier divorce et les primes d'assurance sur la vie y relatives. 5.1 En ce qui concerne ses frais de véhicule, le recourant soutient que la Cour de justice aurait dû admettre un montant de 391 fr.95 par mois et non de 335 fr. Il résulterait en effet du bilan d'exploitation produit en première instance que ses frais de véhicule privés représentent les 2/5 de 5'963 fr., auxquels s'ajoutent des frais de leasing correspondant aux 2/5 de 5'794 fr., d'où un total de 391 fr.95 par mois. La cour cantonale aurait donc arbitrairement retenu 60 fr. de moins à ce titre. L'autorité intimée a distingué d'une façon générale entre les charges privées du mari, seules à prendre en considération, et ses charges professionnelles. Elle a ainsi retenu 135 fr. de leasing (2/5 de 337 fr.) et 200 fr. de frais de véhicule nécessaire à son activité professionnelle (2/5 de 5'963 fr. par an), soit un total de 335 fr. par mois, le solde figurant dans le compte d'exploitation de son activité indépendante. Le recourant prétend que ses frais de leasing s'élèvent à 5'794 fr. par an. A suivre cette affirmation, c'est une charge mensuelle de 193 fr.10, et non de 135 fr., qui devrait être prise en considération à ce titre (2/5 de 5'794 fr. = 2'317 fr.60 ou 193 fr.10 par mois). Il n'est cependant pas allégué que la pièce sur laquelle il se fonde aurait été soumise à la Cour de justice, qui n'en aurait arbitrairement pas tenu compte. Au demeurant, il ressort du contrat du 18 mars 2005, également produit par le recourant, que le coût mensuel du leasing relatif à sa voiture est de 337 fr.85; or les 2/5 de cette somme équivalent bien à 135 fr. par mois. Le recourant ne dit pas en quoi il serait arbitraire de retenir ce dernier montant, qui reflète la situation prévalant en 2005, au lieu de celui, supérieur, résultant du compte d'exploitation établi pour 2004. Autant qu'il est suffisamment motivé (art. 90 al. 1 let. b OJ), son grief est dès lors mal fondé. 5.2 Le recourant reproche aussi à l'autorité cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire en n'incluant pas dans ses charges le montant de 95 fr. qu'il doit rembourser chaque mois à titre d'arriérés de cotisations AVS, alors qu'il s'agit d'une dette non professionnelle contractée avant la séparation. L'arrêt attaqué mentionne que le recourant a un arriéré de cotisations AVS qu'il remboursait encore en 2005, mais n'en tient pas compte dans le calcul de ses charges pour 2006. L'intéressé ne fournit toutefois aucune indication sur le montant total de cet arriéré, ni sur le moment où son paiement prend fin; il n'essaie pas non plus d'établir le montant des mensualités qu'il affirme verser. Le moyen tiré de l'art. 9 Cst. se révèle par conséquent insuffisamment motivé (art. 90 al. 1 let. b OJ). Au reste, le recourant ne se plaint pas, comme l'exigerait cette dernière disposition, d'une éventuelle violation de son droit d'être entendu pour cause de motivation insuffisante de l'arrêt incriminé. 5.3 Selon le recourant, la cour cantonale aurait dû prendre en considération le remboursement du crédit relatif à son immeuble sis en France, auquel il serait tenu en lieu et place du versement d'une pension alimentaire à son ex-épouse.