Citation: C 311/01 09.07.2002 E. 5

5.- Reste à examiner si, au vu des circonstances du cas particulier, les premiers juges étaient fondés à réduire la durée de la sanction de 31 à 16 jours en retenant que l'intimée avait des motifs valables pour agir comme elle l'a fait, de sorte que sa faute devait tout au plus être qualifiée de moyenne (cf. art. 45 al. 2 et 3 OACI). Dans un arrêt non publié U. du 9 novembre 1998 [C 386/97], le Tribunal fédéral des assurances a jugé que l'art. 45 al. 3 OACI était conforme à la loi et que par conséquent, dans le cadre de cette disposition, le pouvoir d'appréciation de l'administration et du juge des assurances sociales était limité par la durée de la sanction prévue pour une faute grave - à savoir entre 31 et 60 jours. Ultérieurement, dans un arrêt DTA 2000 no 8 p. 42, il a toutefois a laissé la question ouverte de savoir si, en cas d'un refus de travail convenable au sens de l'art. 30 al. 1 let. d LACI, l'administration et le juge des assurances pouvaient s'écarter de la règle posée par l'art. 45 al. 3 OACI lorsque des circonstances particulières le justifiaient (eu égard, notamment, au type d'activité proposé, au salaire offert ou à l'horaire de travail), et fixer une suspension d'une durée inférieure au minimum prévu de 31 jours. Pour les motifs qui suivent, il n'est pas nécessaire de répondre à cette question. Ainsi qu'on l'a vu ci-dessus (consid. 4), le travail proposé à l'intimée revêt un caractère convenable sans qu'il y ait lieu d'émettre des réserves à ce sujet. Contrairement à ce qu'ont estimé les juges cantonaux, on ne se trouve donc pas devant un cas limite justifiant - le cas échéant - d'apprécier avec moins de sévérité la faute de l'assurée au sens de la jurisprudence précitée. Il n'existe par ailleurs aucun autre motif valable pour ce faire (pour des exemples de motif valable de refus voir Chopard, die Einstellung in der Anspruchsberechtigung, Zurich 1998, p. 169). Il s'ensuit que la faute commise par l'intimée doit être qualifiée de grave et que le recours est bien fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce : I.Le recours est admis et le jugement de la Commission cantonale genevoise de recours en matière d'assurance- chômage du 16 août 2001 est annulé. II.Il n'est pas perçu de frais de justice.