Citation: 5A_951/2023 E. 1

En revanche, l'autorité cantonale a jugé que le recourant avait été condamné à payer une contribution mensuelle pour ses enfants correspondant à 7.01 du salaire minimum national brésilien, depuis l'entrée en force jugée du jugement sur appel le 11 août 2017, et qu'il était hautement vraisemblable que le montant du salaire minimum au Brésil pour les années 2019 à 2022 ressortant des décrets présidentiels produits par l'intimée correspondait à celui auquel le jugement de divorce se référait, de sorte qu'il était possible de calculer avec certitude le montant en capital de la contribution mensuelle à laquelle le recourant avait été condamné. Elle a précisé que le jugement brésilien ne prévoyait pas que les pensions devaient être réévaluées et qu'il ne statuait pas non plus sur l'intérêt moratoire dû en cas de retard. Toutefois, elle a jugé qu'en cas de retard dans le paiement d'une créance constatée judiciairement, la législation brésilienne prévoyait une correction monétaire de la dette et le versement d'un intérêt moratoire, puis que l'intimée avait produit les pièces nécessaires à calculer l'indexation et établi que le taux de l'intérêt moratoire était de 1 % par mois, de sorte que la mainlevée pourrait donc être accordée pour ces deux postes, accessoires de la créance principale prévus par la loi. Il résultait également de la législation brésilienne et de la décision du 15 septembre 2017 une majoration de la dette de 10 % et de 10 % des frais d'avocat en cas de retard déterminé, de sorte que l'intimée disposait également d'un titre de mainlevée définitive pour des honoraires d'avocat correspondant à 10 % du montant dû par le recourant à titre d'arriérés de contributions d'entretien pour les enfants. L'autorité cantonale a donc jugé que l'intimée était en possession de titres de mainlevée définitive pour une somme correspondant à 54'808 fr. 30 plus intérêt à 12 % l'an dès le 1 er août 2022 (contribution d'entretien et frais d'avocat) et pour une somme correspondant à 9'715 fr. 76 (intérêts moratoires courus jusqu'au 30 juillet 2022). Analysant ensuite le grief du recourant relatif à la violation de l'ordre public suisse par les titres produits, l'autorité cantonale a jugé que le recourant critiquait vainement la méthode utilisée par les juges brésiliens pour fixer les contributions d'entretien et que celles-ci, oscillant entre 1'552 fr. 69 et 1'648 fr. 44 pour couvrir l'entretien de deux enfants, n'avaient en soi rien d'exorbitant. Elle a relevé que le recourant ne démontrait par ailleurs pas que ces sommes étaient totalement disproportionnées au regard de sa situation financière au moment où les jugements avaient été rendus.