Citation: U 224/04 25.10.2005 E. 3.1

3.1.1 Le docteur O.________ pose notamment les diagnostics de neuropathie irritative et déficitaire sensitivo-motrice du cubital à l'avant-bras gauche, de limitation fonctionnelle en pronosupination et flexion-extension du poignet gauche, de ténodèses et limitation fonctionnelle de tous les extenseurs des doigts à l'avant-bras gauche. Il expose qu'en raison de ces atteintes, seule une activité professionnelle purement mono-manuelle droite pourrait être envisageable avec un rendement complet, alors que les activités professionnelles qui font intervenir des manutentions bi-manuelles même légères ne pourraient se faire qu'avec un rendement diminué, la main gauche n'étant pas d'une grande utilité. Dans l'activité de polisseur et nettoyeur de voiture, les constatations objectivables et les plaintes de l'assuré sont cohérentes, de sorte qu'une diminution de rendement de 50 % est tout à fait plausible. Le docteur O.________ ajoute «j'ai l'impression que les lésions neuro-musculaires du membre supérieur gauche ont été quelque peu sous-estimées par rapport aux lésions ostéo-articulaires selon les rapports des médecins traitants, mais également par l'ORIPH et par la SUVA. Dans le contexte de la gravité initiale de la lésion, cela est tout à fait compréhensible, mais il convient actuellement d'en tenir compte dans les répercussions tardives sur la capacité résiduelle de travail». 3.1.2 Ces constatations ne permettent pas de conclure à une péjoration de l'état de l'avant-bras gauche de l'assuré de nature à justifier une modification du droit à la rente ou de l'indemnité pour atteinte à l'intégrité. En ce qui concerne les atteintes à la santé de l'assuré comme telles, le docteur O.________ propose de retenir un taux d'atteinte à l'intégrité de 25 à 30 % quasiment identique à celui retenu à l'époque par la CNA (25 %). Il estime, certes, que la gravité de certaines atteintes a sans doute été sous-estimée en 1999. Mais cette affirmation permet tout au plus de conclure à une appréciation légèrement divergente de l'état de santé du recourant par rapport aux appréciations émises par les docteurs K.________ et S.________. Elle ne permet pas, en revanche, de tenir pour établie une modification de l'état de santé depuis la décision sur opposition du 17 août 1999. En ce qui concerne la description des activités adaptées faite par le docteur O.________, il convient de rappeler que la CNA avait évalué l'invalidité de l'assuré, en 1999, en se fondant notamment sur les conclusions du docteur S.________ d'après lesquelles le recourant disposait d'une capacité de travail de 90 % dans des activité de surveillance ou nécessitant essentiellement l'usage de la main droite. De ce point de vue également, les conclusions du docteur O.________ relatives à la capacité de travail dans une activité bi-manuelle légère ne permettent pas de retenir que celle-ci aurait notablement changé. Par ailleurs, qu'une incapacité de travail de 50 % soit «plausible» dans l'activité professionnelle actuelle du recourant - inadaptée à son état de santé - ne signifie pas que celui-ci aurait subi une diminution de sa capacité de travail par rapport à la situation prévalant en 1999. 3.2 Les différents rapports des docteurs G.________ et C.________ figurant au dossier n'établissent pas davantage que des modifications de l'état de santé du recourant, d'origine accidentelle, seraient survenues depuis la décision sur opposition du 17 août 1999. En effet, les résultats d'un examen neurologique pratiqué le 21 septembre 2000 par le docteur G.________ (rapport du 27 septembre 2000) se sont avérés largement superposables aux constatations effectuées une année auparavant par le docteur P.________, neurologue (rapport du 15 septembre 1999). Le docteur C.________ avait alors admis que l'examen neurologique du docteur G.________ n'avait rien mis de particulier en évidence par rapport à ce que l'on connaissait déjà des séquelles de l'accident (rapport du 25 octobre 2000). Une année plus tard, le docteur G.________ a réexaminé l'assuré et fait état d'une situation inchangée en ce qui concernait le membre supérieur gauche (rapport du 25 septembre 2001). Le docteur C.________ n'en attestait pas moins une incapacité de travail de 50 à 100 %, d'abord en raison d'une algoneurodystrophie du membre supérieur gauche (rapport du 25 décembre 2001), puis, ce diagnostic n'étant plus mentionné, d'une péjoration d'une neuropathie du nerf cubital à gauche et d'une compression du nerf médian modéré au niveau du poignet droit (rapport du 9 avril 2002). Depuis lors, il maintient ce point de vue (rapport du 13 février 2003), sans toutefois mettre en évidence un élément objectif permettant de retenir la péjoration de l'état de l'avant-bras gauche; quant à l'atteinte au poignet droit, un rapport de causalité naturelle avec l'accident du 9 mars 1996 est exclu aussi bien par le docteur S.________ que par le docteur O.________ (voir également le rapport du 3 décembre 2002 du docteur T.________, médecin-conseil de l'office AI).