Citation: 4P.256/2005 18.01.2006 E. A

En novembre 1992, Me A.________, avocat, a été mandaté par X.________ (ci-après: X.________) pour la défense des intérêts, sur le plan civil et pénal, de sociétés suisses du groupe en raison de la responsabilité encourue en qualité d'organe de revision d'une société mise en faillite le 30 octobre 1992. Vu son importance et sa complexité, cette affaire était suivie au sein de X.________ par un groupe de pilotage présidé par le Dr B.________. Pour remplir ce mandat, qui s'est étendu de novembre 1992 à septembre 2002 et a représenté 12'519 heures de travail non contestées, l'avocat a constitué en son étude une équipe formée de lui-même et de deux, puis trois collaborateurs qualifiés. Le 18 juin 1993, Me A.________ a présenté à X.________ un document intitulé "forecast of legal cost", fixant à 5'987'500 fr. les frais et honoraires estimés pour la défense de X.________, sur la base d'un tarif horaire de 500 fr. Ce document comportait une réserve relative aux "success fees" qui n'étaient pas inclus dans l'estimation et qui devaient être déduits des dépens alloués par le Tribunal et payés par la partie qui succombait. Ce document, qui avait pour destination d'annoncer aux assureurs un budget prévisionnel, a été accepté par X.________, d'après le procès-verbal de la réunion du 18 juin 1993 signé par le Dr B.________ le 31 août 1993. Un des collaborateurs de l'avocat a commenté cette estimation en expliquant les critères de tarification des honoraires d'avocat applicables à Genève, en mentionnant notamment la complexité de l'affaire et le résultat obtenu. En définitive, 5'066'410 fr. ont été payés à Me A.________ par le biais de notes d'honoraires intermédiaires, non contestées, qui ne mentionnaient aucune facturation supplémentaire ultérieure au vu du résultat qui serait obtenu. La première note d'honoraires du 19 février 1993 distinguait le temps consacré par chaque avocat, avec un tarif horaire différencié, ce qui n'a plus été le cas ultérieurement, les factures se fondant désormais sur un taux moyen de 400 fr. l'heure. Le 28 janvier 2002, Me A.________ a annoncé à X.________ son intention de demander des honoraires de résultat, au vu de l'issue favorable des procédures. Sur demande du Dr B.________, il a précisé les raisons de cette prétention dans un courrier du 10 juin 2002. Le Dr B.________ a indiqué à ses collègues de Londres qu'il considérait les honoraires déjà versés à Me A.________ comme modestes, de sorte qu'il n'apparaissait pas comme déraisonnable qu'il veuille faire valoir une note d'honoraires complémentaire. Dans une note d'honoraires qualifiée de "finale" du 15 novembre 2002, Me A.________ a réclamé à X.________ le paiement d'une somme complémentaire de 6'491'599 fr. à titre d'ajustement de ceux-ci pour tenir compte du résultat et de la complexité de l'affaire. Le Dr B.________ a conseillé à ses collègues de Londres d'acquitter ladite note complémentaire, ce que ceux-ci ont refusé de faire.