Citation: 8C_493/2017 E. 3.1

3.1. En l'espèce, à la lumière du rapport de l'expert judiciaire neurologue G.________, les premiers juges ont constaté que l'intimée présente essentiellement une neuropathie du nerf trijumeau post-traumatique. Elle suit un traitement antalgique lourd par la prise de cinq médicaments, à savoir des antidépresseurs, des opiacés et des antiépileptiques. Si sa capacité de travail était nulle jusqu'en février 2015 en raison des douleurs liées à l'agression, la symptomatologie est considérée comme supportable depuis lors, si bien que l'incapacité de travail est depuis ce moment plutôt liée à une éventuelle composante psychologique et aux effets secondaires médicamenteux. A cet égard, les juges cantonaux ont constaté, sur la base du rapport de l'experte judiciaire psychiatre F.________, que l'intimée présente un épisode dépressif sévère et une capacité de travail nulle sur le plan psychiatrique. Le syndrome dépressif est réactionnel à l'agression subie et aux douleurs neurogènes, si bien qu'il y a une corrélation indiscutable entre l'accident et les conséquences psychiques. Pour la Chambre des assurances sociales, les deux expertises judiciaires remplissent les critères jurisprudentiels relatifs à la force probante de tels documents, car elles ont été établies en connaissance du dossier médical, reprennent les plaintes de l'intimée, reposent sur des examens cliniques approfondis et leurs conclusions sont clairement motivées. La cour a de plus justifié les raisons qui l'ont conduite à suivre les conclusions des experts judiciaires plutôt que celles des experts du CEMed.