Citation: 7B_65/2023 E. 7.4.1

7.4.1. La recourante soutient en substance qu'elle aurait été de bonne foi dans la mesure où il n'y aurait pas lieu de lui opposer les mentions figurant sur les deux paiements dès lors qu'elles n'étaient pas de son fait. Par cette argumentation, la recourante s'en prend cependant à l'appréciation des preuves opérée par les précédents juges, sans démontrer - ni même tenter de démontrer - en quoi elle serait arbitraire. C'est également de façon purement appellatoire qu'elle se réfère aux explications de A.________ quant à l'absence de concordance entre les mentions accompagnant les versements et les motifs explicatifs dont il se prévalait. Ces griefs s'avèrent donc irrecevables. La recourante fait en outre grief aux autorités précédentes de s'être contentées de l'audition des organes de la recourante et de n'avoir pas instruit plus avant les motifs ayant présidé aux versements litigieux; elle lui reproche en particulier de n'avoir pas procédé à l'audition du gestionnaire du compte de la recourante auprès de G.________ SA. Or il résulte de la décision querellée que lors de son audition, A.________ a proposé de fournir des documents complémentaires destinés à établir l'origine des fonds litigieux, mais qu'il ne s'est finalement pas exécuté. Dans cette mesure, on ne voit pas qu'il pourrait être reproché aux autorités précédentes de n'avoir pas instruit d'avantage cette question; en tout état, la recourante - qui entendait se prévaloir de sa bonne foi pour échapper à la créance compensatrice - ne soutient pas qu'elle aurait requis en vain l'audition du gestionnaire de compte en question sur ce point devant le MPC, respectivement qu'elle aurait renouvelé une telle requête devant la Cour des plaintes. La recourante ne peut pas non plus être suivie en tant qu'elle soutient en substance que la production des documents susmentionnés n'aurait pas été possible au motif que A.________ aurait conditionné sa collaboration au retrait de la qualité de partie plaignante à la société F.________ Ltd et que ce retrait aurait été prononcé au stade de l'ordonnance de classement seulement. En effet, comme le relève la recourante elle-même, le retrait de cette qualité de partie plaignante a été prononcé dans le cadre de l'ordonnance de classement; il suffisait par conséquent à la recourante de produire les documents destinés à établir sa bonne foi à l'occasion de son recours devant la Cour des plaintes. Or elle ne l'a pas fait; elle ne soutient en outre pas qu'elle aurait été empêchée de le faire. La recourante se plaint encore du fait que le MPC aurait également pris en compte la conclusion d'un accord mettant fin à une procédure civile ouverte aux États-Unis d'Amérique pour dénier sa bonne foi dans la présente procédure. Or la Cour des plaintes n'a pour sa part pas tenu compte de cet élément dans son appréciation; elle a en effet confirmé le raisonnement du MPC en se fondant uniquement sur les éléments décrits ci-dessus (contradiction entre les explications et les motifs du versement ainsi qu'absence de collaboration); la Cour des plaintes était fondée à considérer ces éléments comme suffisants pour écarter la bonne foi de la recourante. La recourante se plaint enfin d'une violation de son droit d'être entendue. On peut à cet égard douter que ce grief réponde aux exigences minimales de motivation (cf. art. 106 al. 2 LTF). En tout état, la recourante fait grief aux autorités précédentes de n'avoir pas tenu compte du fait que l'accord intervenu aux États-Unis d'Amérique aurait abouti à un paiement important, de sorte que la créance compensatrice litigieuse se révélerait excessive. Or les conditions de l'art. 70 al. 2 CP sont cumulatives. Dès lors que les autorités précédentes considéraient que la première condition - à savoir la bonne foi de la recourante - n'était pas établie, elles pouvaient se dispenser d'examiner les griefs de la recourante concernant la clause de rigueur sans pour autant violer le droit d'être entendue de celle-ci.