Citation: 4A_457/2014 E. 2.3

2.3. Dans une longue argumentation, le recourant semble plutôt soutenir - pour autant que l'on saisisse bien son raisonnement - qu'il faisait valoir un droit propre contre les intimés. Il insiste sur le fait qu'il pouvait faire valoir son dommage propre, la masse en faillite ayant renoncé à agir. Pour appuyer sa " démonstration ", le recourant se base en particulier sur l'ATF 122 III 176 (" X-Corporation ") et sur une contribution d'un auteur datant de 2005. Il semble ainsi ignorer la jurisprudence actuelle du Tribunal fédéral traitant des différentes actions dont dispose le créancier social en fonction du dommage qu'il subit (ATF 132 III 564; 131 III 306). Sa thèse, pour autant qu'on la comprenne, repose donc d'emblée sur un raisonnement en grande partie dépassé. Lorsque le recourant affirme que " le Tribunal fédéral n'a cependant pas envisagé l'hypothèse dans laquelle la société, bien que lésée, renonce à agir, laissant ainsi le créancier sans possibilité de faire valoir seulement son dommage propre " (acte de recours p. 25), il fait un amalgame entre l'action individuelle du créancier social (pour dommage direct) et l'action sociale (pour le dommage causé à la société, qui entraîne pour le créancier social un dommage par ricochet) (sur l'ensemble de la question: ATF 132 III 564 consid. 3 p. 568 ss; ATF 4A_428/2014 du 12 janvier 2015 consid. 5.2). Contrairement à ce que pense le recourant, le fait que l'administration de la faillite a renoncé à faire valoir ses droits n'a pas pour conséquence de modifier la nature du dommage ni de transformer l'action sociale en une action individuelle (pour dommage propre du créancier social). Dans l'hypothèse d'une renonciation de l'administration de la faillite, le créancier social agit pour réclamer la réparation du dommage subi directement par la société, mais non son dommage propre (cf. art. 757 CO et 260 LP; ATF 131 III 306 consid. 3.1.1). Il n'importe à cet égard qu'il puisse conclure à la condamnation du défendeur de payer directement en ses mains (cf. ATF 139 III 391 consid. 5.1 p. 394 s. et les arrêts cités). Si le créancier social entendait agir à titre individuel pour un dommage direct qu'il aurait subi, il lui incombait d'introduire l'action correspondante, ainsi que d'alléguer et de prouver les faits y relatifs (cf. ATF 132 III 564 consid. 3.2.1 p. 569), ce qu'il n'a pas fait. Le moyen invoqué par le recourant se révèle infondé.