Citation: 5A_832/2015 E. 4.1.2

4.1.2. D'emblée, on ne saurait approuver la dernière branche de cette argumentation. Le Tribunal fédéral a jugé récemment que le défaut d'opposition au commandement de payer notifié dans la poursuite en validation n'a aucun effet sur les rapports de droit matériel et, en particulier, n'implique aucune reconnaissance - fût-elle implicite - de la prétention alléguée par le séquestrant; aussi cette circonstance est-elle dénuée de pertinence quant à la vraisemblance de la créance (arrêt 5A_812/2010 du 24 novembre 2011 consid. 3.2.4). Ce point étant précisé, le motif de la décision attaquée n'apparaît pas arbitraire. L'autorité cantonale a retenu qu'un jugement non susceptible de reconnaissance pouvait néanmoins constituer un titre apte à établir la vraisemblance de la créance, ce que la jurisprudence a déjà admis (arrêts 5A_501/2010 du 20 janvier 2011 consid. 2.3.2, obs. Mabillard, in : RSPC 2011 p. 343; 5A_303/2011 du 27 septembre 2011 consid. 3.3). Certes, le recourant souligne avec raison qu'il s'agit d'un titre (art. 254 al. 1 CPC; ATF 138 III 636 consid. 4.3.2) qu'il appartient au juge du séquestre d'apprécier; en ce sens, l'affirmation de l'autorité précédente, selon laquelle la vraisemblance de la créance se déduit de l'existence même du jugement tunisien, est contestable sous cette forme absolue. Le résultat, qui seul compte ( cf. supra, consid. 2), n'est cependant pas indéfendable, car il n'y a rien d'insoutenable à affirmer qu'une décision judiciaire passée en force jouit d'une force probante accrue par rapport à des pièces émanant des parties. Reste à savoir si les moyens que le recourant a invoqués dans son opposition infirment ce constat ( cf. infra, consid. 4.4).