Citation: U 127/03 28.12.2004 E. A

A.a T.________, née en 1959, est employée au service du C.________. A ce titre, elle est assurée contre les accidents professionnels et non professionnels par la Zurich Compagnie d'assurances (ci-après: Zurich). Le 12 juin 1995, T.________ a fait une chute à vélo: alors qu'elle freinait pour éviter de heurter la voiture qui ralentissait devant elle, la roue avant de son vélo s'est coincée dans le rail du tramway et elle est tombée sur le genou gauche. Après avoir perdu connaissance pendant un court instant - sa tête ayant heurté son guidon -, elle s'est rendue au Centre médical où le docteur D.________ a constaté une plaie au visage au niveau de l'arcade sourcilière gauche, des dermo-abrasions multiples, ainsi qu'une contusion au genou gauche. Par la suite, le médecin a complété son diagnostic en retenant un traumatisme cranio-cérébral avec atteinte du nerf optique gauche, une bursite pré-rotulienne gauche et une déchirure partielle du ligament latéral interne gauche (certificat médical intermédiaire du 15 septembre 1995). En raison de la persistance de céphalées, d'acouphènes avec bourdonnements et vertiges intermittents, ainsi que de l'atteinte au genou, l'assurée a consulté différents spécialistes en orthopédie, ophtalmologie, oto-rhino-laryngologie et neurologie. En particulier, selon l'ophtalmologue G.________, il était à craindre qu'un dommage permanent sous forme d'une atteinte du champ visuel à gauche (quadranopsie temporale inférieure) subsiste (rapport du 11 janvier 1996). De son côté, le docteur L.________, spécialiste FMH en oto-rhino-laryngologie, a fait état d'une hypoacousie touchant uniquement les fréquences graves à droite, d'origine endocochléaire, en évoquant une maladie de Ménière primaire ou secondaire dont l'origine traumatique n'était pas impossible (rapport du 3 octobre 1996). Se fondant sur les rapports des spécialistes, le docteur D.________ a posé les diagnostics suivants: séquelles de traumatisme cranio-cérébral avec notamment une atteinte de l'oreille interne, une atteinte du nerf optique gauche avec baisse de l'acuité visuelle associée à un déficit sectoriel du champ visuel, des céphalées post-traumatiques invalidantes et des troubles neurovégétatifs post-traumatiques diffus, ainsi qu'une bursite pré-rotulienne gauche qui avait nécessité une intervention chirurgicale le 1er avril 1996, mais ne gênait plus la patiente (rapport parvenu à la Zurich le 23 décembre 1996). Après une reprise du travail à 50 % à partir du 28 juin 1995, l'assurée a travaillé à 70 % dès le 20 novembre 1995 (sans compter les périodes d'incapacité de travail en raison de l'opération du genou gauche jusqu'au 12 mai 1996). A partir du 20 février 1997, elle a réduit son temps de travail à 50 % dans un contexte de fatigue et d'épuisement (cf. rapport du docteur A.________, médecin adjoint de la Clinique de neurologie de l'Hôpital X.________, du 19 juin 1997). En raison de la réduction de ses horaires de travail, elle a par la suite dû changer de poste au sein du service de C.________, perdant son titre de cadre (courrier de C.________ à l'assurée du 30 juin 1999). A la demande de la Zurich, T.________ a été examinée par le docteur R.________, neurologue, qui a diagnostiqué un syndrome subjectif après traumatisme crânien et commotion cérébrale modérée, ainsi qu'une lésion partielle traumatique indirecte du nerf optique gauche. Le médecin a par ailleurs relevé que la plupart des plaintes de la patiente (céphalées tensionnelles, vertiges rotatoires sur dysfonction vestibulaire périphérique, minime hypoacousie droite d'origine neurosensiorelle, fatigabilité, vision floue, difficultés de la concentration et de la mémoire) relevait d'un syndrome séquellaire d'un léger traumatisme crânien; les troubles en question étaient la conséquence de l'accident du 12 juin 1995. Il estimait à 30 % l'incapacité de travail de l'assurée dans sa profession et préconisait une réévaluation dans deux ans. Il conseillait également de réduire au minimum les traitements médicamenteux pour la céphalée de tension, d'autres formes de traitement semblant superflues (rapport du 15 août 1997). Se fondant sur les conclusions du docteur R.________, la Zurich a, le 18 septembre 1997, rendu une décision par laquelle elle adaptait le montant des indemnités journalières à une incapacité de travail de 30 % (et non plus de 50 %) à partir du 22 septembre 1996. L'assurée s'est opposée à cette décision en produisant de nouveaux rapports du docteur A.________ et une évaluation des troubles mnésiques, établie le 17 septembre 1997 par la doctoresse M.________ et le neuropsychologue B.________. L'assureur-accidents a admis l'opposition (décision sur opposition du 16 décembre 1998) et repris le versement des indemnités journalières fondées sur un degré d'incapacité de travail de 50 %. A.b En avril 1999, la Zurich a derechef confié une expertise au Professeur O.________, chef du Service de neurologie du Centre hospitalier U.________, qui s'est adjoint le concours du docteur I.________. Dans un rapport du 5 octobre 1999, ces médecins ont posé trois diagnostics: status quatre ans après traumatisme cranio-cérébral d'intensité modérée avec céphalées tensionnelles chroniques, contusion partielle du nerf optique gauche (quadranopsie temporale gauche monoculaire) et déficit vestibulaire et accoustique droit (maladie de Ménière d'origine post-traumatique); troubles neuropsychologiques avec déficit d'apprentissage sur matériel verbal, troubles mnésiques globaux et troubles attentionnels, partiellement régressifs, d'origine indéterminée; syndrome de fatigue chronique avec hypersomnie et somnolence diurne. Selon eux, ces atteintes à la santé n'étaient pas, ou seulement «invraisemblablement», en relation de causalité avec l'accident. Ils proposaient que l'expertise soit complétée par l'avis d'un psychiatre en raison de l'éventualité d'un état dépressif, ainsi que par un examen polysomnographique; ils évoquaient également la possibilité d'une hypothyroïde et d'un diabète. Les différents examens complémentaires effectués à la suite de ce rapport ont permis d'exclure une dysthyroïdie, un éventuel diabète, un éventuel syndrome d'apnée du sommeil, ainsi que toute atteinte sur le plan psychique (rapport des docteurs N.________ et V.________ de la policlinique de neurologie du 12 novembre 1999). De son côté, le docteur A.________ expliquait qu'il n'avait pas d'argument pour retenir une étiologie intercurrente ou médicamenteuse concernant les troubles cognitifs et maintenait que ceux-ci étaient liés à une dysfonction cérébrale post-traumatique (rapport du 15 novembre 1999). Interpellés par la Zurich sur ces résultats, le Professeur O.________ et le docteur I.________ ont déclaré, de manière succincte, «ne rien pouvoir modifier quant aux conclusions neurologiques de [leur] expertise de mai 1999». Par décision du 24 janvier 2000, confirmée le 10 avril 2001 sur opposition de T.________, la Zurich a mis fin à ses prestations à partir du 30 novembre 1999, motif pris du défaut de lien de causalité entre les troubles présentés par l'assurée et l'accident du 12 juin 1995.