Citation: 5A_480/2021 E. A

A.a. B.________ est une société russe, inscrite au registre russe des personnes morales, qui exerçait une activité bancaire jusqu'à sa mise en redressement judiciaire, en 2015. A.b. C.________, citoyen russe domicilié au Royaume-Uni, était membre du conseil d'administration et président de B.________. Il est marié à A.________. A.c. C.________ est titulaire d'une relation bancaire ouverte le 28 mars 2011 auprès de D.________, sise à Genève. Il est également l'ayant droit économique de comptes ouverts auprès dudit établissement bancaire au nom des sociétés E.________ Ltd et F.________ Ltd. A.________ est elle-même titulaire d'un compte n° uuu auprès de D.________, ouvert le 28 mars 2011, et sur lequel C.________ détient une procuration générale avec signature individuelle. Le 17 juillet 2020, ce compte présentait un solde de 2'317'699 USD. A.d. A.d.a. En mai 2015, D.________ a informé le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent à Berne du fait que la société E.________ Ltd détenait des comptes dont les ayants droit économiques, dont C.________, pouvaient être suspectés d'avoir frauduleusement contracté des prêts entre 2012 et 2014 et d'avoir transféré les fonds ainsi obtenus sur des comptes en Russie et ailleurs. Le compte de E.________ Ltd avait servi à alimenter tous les autres comptes ouverts auprès de D.________ notamment au nom de C.________ ainsi qu'à celui de son épouse. D.________ a également adressé à l'autorité susmentionnée des communications concernant C.________ et A.________, l'informant que le compte de E.________ Ltd avait alimenté les comptes du premier et que le compte privé de celui-ci avait ensuite alimenté celui de la seconde. A.d.b. En 2015, le Ministère public de Genève a ouvert une procédure pénale à l'encontre de C.________ et A.________ pour blanchiment d'argent. Il a ordonné le séquestre pénal de leurs avoirs bancaires, parmi lesquels le compte n° uuu de A.________ séquestré le 18 juin 2015. Celle-ci a refusé de renseigner le Ministère public sur l'origine de sa fortune. A.e. A.e.a. Le 11 avril 2016, B.________ a formé une demande devant la Queen's Bench Division, Commercial Court auprès de la High Court of Justice d'Angleterre et du Pays de Galles (ci-après: High Court of Justice), notamment à l'encontre de C.________ et A.________. Sous le chapitre " Declaratory Relief ", elle a conclu à ce que le juge constate que C.________, ainsi que deux autres intéressés, avaient transféré des avoirs à leurs épouses sans contrepartie (ch. 100 de la demande) et que C.________ avait transféré quelque 1'500'000 USD et 9'300'000 RUB sur le compte de son épouse auprès de la banque D.________ (ch. 100.4.5), tout en souhaitant conserver le contrôle sur ces avoirs (ch. 101.3). B.________ a demandé la constatation de ces points. Par jugement ( Order) du 23 janvier 2020 rendu dans la cause CL-2016-000095, l'autorité précitée a condamné C.________ et deux autres personnes à payer à B.________ les montants de 408'179'036 USD, 27'096'844'323 RUB et 14'691'420 euros. De la motivation de ce jugement, il ressort que C.________ savait qu'il allait faire l'objet de demandes de la banque et que ces démarches avaient été entreprises comme une tentative (effectivement peu élaborée) de placer certains avoirs hors d'atteinte de la banque ou de tout jugement qu'elle pourrait obtenir. Par ailleurs, A.________ n'apportait pas de preuves supportant les raisons données pour les transferts, preuves qui auraient vraisemblablement pu être apportées si elles existaient. Le 26 mars 2020, la High Court of Justice a délivré un certificat attestant du caractère exécutoire du jugement du 23 janvier 2020. A.e.b. Le 27 février 2020, la même autorité a rendu un deuxième jugement ( Order) dans la même cause. Elle a notamment rejeté les prétentions (" Claims not pursued at trial ") de B.________ relatives aux transferts sur le compte, notamment, de A.________ auprès de D.________ (ch. 100.1 de la demande; ch. 14.1 de l' Order) et aux transferts, par C.________, sur le compte de A.________ auprès de la banque (ch. 100.4.5 de la demande; ch. 14.6 de l' Order). Par cet acte, elle a également autorisé B.________ à exécuter l'ordonnance du 23 janvier 2020. A.f. Par courrier du 21 avril 2020, A.________, se fondant sur ces deux décisions, a demandé au Ministère public de Genève d'écarter B.________ de la procédure pénale dès lors que celle-ci n'était pas lésée, et de lever le séquestre pénal. Invitée à se déterminer sur cette requête, B.________ a répondu le 26 juin 2020 qu'elle n'avait pas fait valoir de manière active de prétentions en relation avec les comptes ouverts au nom des épouses des prévenus auprès de D.________, car elle ne détenait alors pas de preuves suffisantes pour établir conformément aux exigences de la procédure civile anglaise l'origine et les justificatifs éventuels du transfert des avoirs déposés sur ces comptes. Elle a considéré que la Suisse serait le for compétent pour faire valoir ses droits sur les avoirs en question, une fois la procédure anglaise terminée par un jugement. Par ordonnance du 1er octobre 2020, le Ministère public a admis la qualité de plaignante de B.________. Par ordonnances séparées rendues le même jour, le Ministère public a refusé de lever le séquestre pénal ordonné sur le compte n° uuu dont A.________ est titulaire auprès de D.________ et le séquestre pénal sur les comptes n° vvv, www et xxx dont C.________, F.________ Ltd et E.________ Ltd sont, respectivement, les titulaires auprès de l'établissement bancaire. Le Ministère public a notamment retenu que C.________ avait perçu sur son compte personnel n° vvv entre 2010 et 2014 la somme totale de 17'070'547 USD, qu' il avait transféré sur le compte de son épouse n° uuu, entre mai 2011 et septembre 2012, le montant de 1'416'857 USD, et que treize virements avaient été réalisés entre septembre 2012 et janvier 2015 sur le compte n° uuu ouvert au nom de son épouse A.________, pour une somme totale de 21'712'234 USD. Il a également retenu que l'analyse des flux de fonds démontrait que les comptes bancaires ouverts dans les livres de D.________ par C.________ notamment au nom de son épouse abritaient également de l'argent provenant de la même source criminelle, de sorte que le compte ouvert au nom de A.________ par son époux était lié au complexe de fait litigieux et que son blocage était pertinent. Il a relevé qu'il n'était pas exact d'affirmer que selon la justice anglaise, A.________ pourrait disposer sans restriction de ses avoirs en Suisse, au motif que le juge anglais, qui n'était pas saisi de cette demande, n'avait pas statué formellement sur cet aspect. En conséquence, il a retenu que les soupçons contre les prévenus, et notamment A.________, étaient renforcés à ce stade. A.g. Le 8 juin 2020, B.________ a formé auprès de la High Court of Justice une demande afin qu'elle l'autorise à agir en Suisse, à laquelle cette autorité a accédé par décision du 9 juin 2020.