Citation: 1C_255/2023 E. B

B.a. En mars 2021, suite à un contrôle sur place, le Département du territoire du canton de Genève (ci-après: DT) a informé les propriétaires que plusieurs constructions et installations auraient été réalisées sans autorisation sur la parcelle n o 187. Il s'agissait en particulier des bâtiments n os 385 et 386, d'un chemin reliant la route de Presinge au bâtiment n o 385, ainsi que de clôtures et portails aux accès nord et sud des bâtiments. Le 30 juillet 2021, suite à des échanges de courriers et à une inspection des lieux, le DT a précisé aux propriétaires que même s'il avait initialement estimé que les constructions précitées pouvaient, vu l'ancienneté de leur réalisation, bénéficier d'une tolérance les dispensant d'une remise en état, un arrêt récent du Tribunal fédéral concernant l'obligation de rétablir un état conforme au droit même après 30 ans ne lui permettait plus de tolérer la présence des constructions non autorisées sur la parcelle n o 187. Par courrier du 5 août 2021, B.________ a fourni certaines explications concernant ces constructions, tout en indiquant que sa mère était hospitalisée et ne pouvait par conséquent répondre actuellement. Par décision du 3 septembre 2021, le DT a ordonné qu'une situation conforme au droit soit rétablie et que les bâtiments n os 385 et 386, le chemin reliant la route de Presinge au bâtiment n o 385, ainsi que les clôtures et portails aux accès nord et sud des bâtiments soient supprimés dans un délai de 90 jours dès la notification du courrier. Cette décision n'a pas fait l'objet d'un recours. B.b. En été 2021, A.________ a été hospitalisée à deux reprises pour des opérations liées à un cancer: une première fois du 28 au 31 juillet 2021, puis à nouveau du 29 août au 5 septembre 2021. Un certificat médical fait état d'une asthénie générale de A.________ pendant cette période. B.c. Par décision du 23 décembre 2021, le DT a infligé une amende administrative de 500 fr. aux propriétaires au motif que ceux-ci ne s'étaient pas conformés à l'ordre de remise en état du 3 septembre 2021. Par jugement du 20 octobre 2022, le Tribunal administratif de première instance de la République et canton de Genève (ci-après: le TAPI) a rejeté le recours de A.________ du 20 janvier 2022 contre la décision du 23 décembre 2021. Ce jugement n'a pas fait l'objet d'un recours. B.d. Saisi par les propriétaires le 8 février 2022, le DT a, par décision du 25 mars 2022, refusé d'entrer en matière sur leur demande de reconsidérer la décision du 3 septembre 2021; il a également observé que le droit d'être entendus des propriétaires avait été respecté et que, partant, ladite décision n'était pas nulle. Les propriétaires ont également recouru au TAPI contre la décision du DT du 25 mars 2022. Le TAPI a rejeté ce recours par un deuxième jugement du 20 octobre 2022. Par arrêt du 18 avril 2023, la Chambre administrative de la Cour de justice de la République et canton de Genève (ci-après: la CACJ) a rejeté le recours déposé contre le deuxième jugement du TAPI du 20 octobre 2022. Elle a en particulier considéré que la décision du 3 septembre 2021 ne violait pas le droit d'être entendu des propriétaires et ne pouvait dès lors être considérée comme nulle. Les conditions d'une reconsidération au sens de l'art. 48 al. 1 de la loi genevoise du 12 septembre 1985 sur la procédure administrative (LPA/GE; RSG E 5 10) n'étaient pas non plus réunies: l'allégation des recourants selon laquelle les bâtiments n os 385 et 386 étaient licites ne pouvait être considérée comme un fait nouveau "ancien" et l'adoption par le Parlement fédéral de la motion 21.4334 relative à la prescription de l'obligation de rétablir la situation conforme au droit hors zone à bâtir ne modifiait pas l'état de fait de manière essentielle.