Citation: I 747/03 22.12.2004 E. 4

4.1 Sur le vu des rapports médicaux versés au dossier, l'intimé n'est plus en mesure d'exercer sa profession de machiniste qui impliquait la manutention de piles de carton dont le poids variait de un à cinquante kilos. Les médecins de la Clinique O.________ ont ainsi conclu à une incapacité de travail totale pour la manutention de carton (rapport du 29 août 2001), ce qu'a confirmé le docteur P.________ dans son rapport du 19 décembre suivant. En ce qui concerne la capacité de travail résiduelle, le médecin-conseil de la CNA a conclu qu'il serait exigible de l'assuré qu'il exerçât à plein temps un travail ne nécessitant pas l'utilisation de l'épaule au-delà de l'horizontale ni la manutention dépassant les 10 kg ou les sollicitations répétées du membre supérieur droit. Il n'y a pas lieu de s'écarter de ces conclusions, dès lors qu'elles ne sont remises en cause par aucune autre pièce médicale au dossier. En particulier, le médecin traitant, après avoir confirmé que les seules atteintes à la santé ayant des répercussions sur la capacité de travail de son patient étaient celles liées à l'accident (rapport du 19 décembre 2001), a mentionné par la suite que tout travail en usine était contre-indiqué en raison des problèmes d'épaule, de dos «ainsi que du pouce gauche» (rapport du 30 avril 2003). A défaut de toute motivation à cet égard, cet avis n'est toutefois pas propre à rendre vraisemblable une atteinte invalidante due à d'autres troubles que ceux liés à l'épaule droite. 4.2 La juridiction cantonale a admis un taux d'invalidité de 16,66%, en se fondant sur le degré (non arrondi à 17%) retenu par la CNA, dont elle a repris à son compte le calcul de la comparaison des revenus effectué dans la décision initiale du 16 septembre 2002, entrée en force en cours de procédure cantonale de recours. Tout en admettant que le degré d'invalidité se trouvait «à la limite inférieure» du taux minimal ouvrant droit aux mesures professionnelles, elle a considéré que l'évolution du gain d'invalide futur de l'assuré s'annonçait moins favorable que celle qu'aurait connu son revenu sans invalidité au service du même employeur, ce qui justifiait l'octroi de telles mesures. De son côté, l'office recourant fait valoir que le taux d'invalidité retenu par les premiers juges est très éloigné de celui de 20% consacré par la jurisprudence et que l'intimé, âgé de 53 ans au moment du prononcé de la décision litigieuse, n'aurait exploité sa capacité de gain résiduelle que durant douze ans au maximum. Les conditions requises par la jurisprudence pour admettre le droit de l'intimé à des mesures de reclassement professionnel ne saurait dès lors être remplies selon lui.