Citation: U 4/03 03.03.2004 E. 5

En revanche, les critiques adressées par la recourante à la juridiction cantonale sur l'admission du lien de causalité entre la chute du 6 avril 1993 et la pseudarthrose du poignet droit de l'intimé se révèlent justifiées. Les conclusions du docteur I.________ à cet égard n'emportent pas la conviction. L'expert, qui fait remonter la fracture du scaphoïde carpien (à l'origine de la pseudarthrose) à avril 1993, s'appuie en effet essentiellement sur des éléments ayant plus le caractère de conjectures que de faits concluants. Tout d'abord, il reconnaît lui-même que pour «répondre de manière précise et objective» à la question de la datation de la fracture du scaphoïde droit, des documents précieux lui font défaut, en particulier les radiographies effectuées les 12 décembre 1994 et 9 janvier 1995 qui ont disparu du dossier de l'assuré. La seule pièce à sa disposition, une IRM réalisée le 20 janvier 1995, ne semble pas non plus contenir des informations décisives puisque les docteurs J.________ et K.________, vers lesquels l'expert s'est tourné pour avoir un deuxième avis, ont tous deux soutenu qu'il était très difficile sur la base de cette seule imagerie médicale de pouvoir déterminer l'âge de la pseudarthrose de l'assuré (rapports des 27 août et 11 septembre 2001). On relèvera également qu'à la fin de son rapport à l'intention du docteur I.________, le docteur K.________ a exprimé une opinion contraire à celle finalement retenue par le premier nommé sans que celui-ci n'ait pris la peine discuter les arguments invoqués par son confrère. L'analyse de l'expert accorde par ailleurs une importance prépondérante au fait que B.________ aurait ressenti des douleurs dès la survenance de sa chute. Or, la version du prénommé à ce sujet a fortement varié tout au long des examens dont il a fait l'objet. Interpellé à ce sujet, le docteur A.________ (qui fut le premier à soigner l'assuré) a déclaré qu'il ne trouvait aucune mention de plaintes au poignet dans ses notes personnelles. En outre, du rapport du docteur F.________, il ressort que l'assuré a daté l'apparition de ses premières douleurs du mois de décembre 1994, soit une année et demi après l'événement accidentel. Vu l'importance de l'information, il ne fait pas de doute que ces médecins auraient signalé, dans leurs écrits respectifs, l'existence de plaintes antérieures à cette date. Enfin, il reste le fait que l'intimé a subi un accident de moto impliquant son membre supérieur droit en 1980, et qu'on ne peut exclure, dans son cas, une pseudarthrose vieille de plus de 10 ans. Sur ce point, les rapports des docteurs E.________ et G.________, qui ont été confrontés aux mêmes difficultés que l'expert judiciaire, ne contiennent pas non plus d'argument concluant. Quand bien même, de l'avis de plusieurs spécialistes, un traumatisme relativement mineur peut aussi provoquer une fracture du scaphoïde non déplacée, la chute du 6 avril 1993 apparaît, tout bien considéré, comme une cause seulement possible du développement de la pseudarthrose présentée par l'intimée. Dans cette mesure, le recours de l'Allianz se révèle bien fondé.