Citation: 4A_300/2020 E. 4.4

4.4. La recourante relève encore qu'en date du 31 octobre 2018, dans sa réponse à la notice d'arbitrage, elle a confirmé son intention de prendre des conclusions reconventionnelles si le tribunal arbitral se déclarait compétent. Se référant aux déclarations faites par les intimées lors de la conférence sur la gestion de la procédure du 24 avril 2019, elle expose que celles-ci ont elles-même reconnu que la sentence attaquée serait décisive pour statuer sur le sort de la demande reconventionnelle. L'intéressée souligne qu'elle n'avait pas pris formellement de conclusions reconventionnelles au moment où la sentence incriminée a été rendue car elle n'avait pas encore eu l'occasion de soumettre son mémoire de réponse et de demande reconventionnelle ( Statement of Defence and Counterclaim). Selon elle, " il était compris de tous (...) que la demande reconventionnelle partait du principe de la validité continue du GSPC, c'est-à-dire, de l'invalidité de la prétendue résiliation du GSPC " (recours, n. 106). Aussi la recourante soutient-elle que la décision attaquée est une sentence partielle dès lors qu'elle l'empêche désormais de déposer sa demande reconventionnelle. Semblable argumentation n'emporte pas la conviction de la Cour de céans. Comme elle le reconnaît elle-même, la recourante avait seulement annoncé qu'elle entendait déposer une demande reconventionnelle mais n'avait pas pris formellement une conclusion reconventionnelle tendant à l'exécution forcée du GSPC. Aussi y a-t-il lieu d'admettre que le tribunal arbitral n'a pas formellement statué sur une éventuelle demande reconventionnelle formée par la recourante. Que celle-ci ne puisse plus, comme elle l'affirme, déposer une demande reconventionnelle ne change en l'occurrence rien à la qualification de la sentence incriminée, laquelle revêt une nature préjudicielle. Au demeurant, bien qu'elle prétende le contraire, on ne discerne pas pourquoi l'intéressée n'aurait pas pu déposer formellement de demande reconventionnelle avant le prononcé de la sentence attaquée, en particulier dans son mémoire du 13 mars 2020 dans lequel elle s'est contentée de conclure, en substance, à l'invalidité de la résiliation du GSPC.