Citation: 1P.533/2001 17.10.2001 E. 1

1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité du recours de droit public (ATF 127 I 92 consid. 1 p. 93). a) Selon l'art. 87 al. 2 OJ, le recours de droit public n'est recevable contre les décisions incidentes que s'il peut en résulter un préjudice irréparable. Comme l'admet la recourante, la décision de refus de levée du séquestre pénal, qui s'inscrit dans le cadre de l'instruction sans mettre un terme à la procédure, est de nature incidente au même titre que la décision de saisie proprement dite (ATF 123 I 325 consid. 3b p. 327 et les arrêts cités). b) Pour qu'un dommage soit irréparable au sens de l'art. 87 OJ, la décision incidente doit causer à l'intéressé un préjudice juridique que la décision finale, par hypothèse favorable à celui-ci, ne ferait pas entièrement disparaître. Est exposé à un tel dommage le justiciable qui court le risque d'une atteinte à sa position juridique quant aux voies de droit à sa disposition, par l'impossibilité d'un contrôle constitutionnel (ATF 123 I 325 consid. 3c; 117 Ia 247 consid. 3, 251 consid. 1b p. 253/254 et 396 consid. 1 p. 398/399). Un dommage de pur fait, tel que la prolongation de la procédure ou un accroissement des frais de celle-ci, n'est pas considéré comme un dommage irréparable de ce point de vue (ATF 123 I 325 consid. 3c). Il appartient au recourant non seulement d'alléguer, mais encore d'établir le risque de la survenance d'un dommage irréparable, à moins que cette possibilité ne laisse pas place au doute (ATF 116 II 80 consid. 2c in fine). c) La jurisprudence admet généralement qu'un séquestre pénal est de nature à causer un dommage irréparable à la personne qui est privée temporairement de la libre disposition des objets ou avoirs séquestrés, en raison de l'atteinte portée à son droit de propriété ou, tout au moins, à sa faculté de disposer (ATF 126 I 97 consid. 1b p. 101 et les arrêts cités). En l'espèce, même en l'absence de séquestre, la recourante n'aurait guère eu la libre disposition des avoirs qu'elle revendique, puisque les sommes saisies sont déposées sur un compte global exploité par la Banque P.________ auprès de la Banque V.________, représentant la contre-valeur de deux chèques présentés par K.________ et restitués à celui-ci avant que l'intéressé ne prétende que les chèques lui avaient été dérobés. On ne voit pas quel droit la recourante pourrait faire directement valoir sur cette somme, versée par un tiers et dont le détenteur direct est une banque. Pour que la recourante recouvre les fonds qu'elle revendique, la levée du séquestre aurait dû être assortie d'une décision de restitution au lésé. Dès lors qu'en l'absence de séquestre, la recourante n'aurait pu faire valoir aucun droit sur les sommes déposées, et encore moins en disposer directement, l'inconvénient qui résulte du refus du juge d'instruction ne constitue pas un préjudice juridique. Il n'est au demeurant pas irréparable car une décision relative à l'attribution au lésé pourra avoir lieu dans le cours ultérieur de la procédure. Dans ce cas, le préjudice allégué cesserait totalement. L'immobilisation prolongée des fonds, avec les inconvénients qui en résultent pour la recourante, ne constitue pas à elle seule un préjudice irréparable.