Citation: 6B_240/2008 16.06.2008 E. 3

Le recourant fait grief à la cour cantonale d'avoir établi les faits de manière arbitraire en retenant qu'il avait participé le 6 mai 2006, en tant qu'organisateur, au transport de 1,055 kg de cocaïne par C.________. 3.1 La cour cantonale fonde la participation du recourant à ce transport principalement sur trois éléments. A son arrestation à Genève, C.________ a spontanément informé les policiers genevois qu'elle avait effectué, depuis 2001, de nombreux transports de drogue entre la Jamaïque et Londres, auxquels X.________, entre autres organisateurs, avait activement participé. Ensuite, les trois mules, qui transportaient chacune deux valises dans lesquelles la drogue était camouflée de la même manière, ont nommément cité X.________ dès leur arrestation comme étant le destinataire, à Zurich, de leurs valises. C'est là qu'il séjournait effectivement depuis le 2 mai 2006. Enfin, le numéro de téléphone de F.________, qui devait réceptionner C.________, se retrouve dans la mémoire du téléphone mobile de X.________. Le recourant fait valoir que les deux éléments de preuve centraux, à savoir les déclarations de la « mule » C.________ et les analyses téléphoniques, ont été interprétés de manière insoutenable par la cour cantonale. Ainsi, il conteste que C.________ l'ait mis en cause, celle-ci ayant au contraire indiqué tout au long de la procédure ne l'avoir jamais vu ni jamais avoir entendu parler de lui (pièces 50'029 et 50'015). En outre, il relève qu'aucun de ses numéros jamaïcains, ni d'ailleurs son numéro suisse n'apparaissent dans les rétroactifs de F.________; de même, la police n'aurait trouvé aucune trace des numéros de A.________, B.________ et C.________ (pièce 40'233). 3.2 Il est établi, et cela n'est pas contesté, que E.________ et X.________, impliqués dans le trafic international de cocaïne entre la Jamaïque et la Suisse, avaient effectué ensemble le trajet en avion les amenant à Zurich le 2 mai 2006. A Zurich, ils ont retrouvé F.________ lequel demeurait dans cette ville depuis plusieurs années. Le recourant a payé les chambres de l'hôtel pour lui et son comparse. Par ailleurs et contrairement à ce que prétend le recourant, c'est sans arbitraire que les premiers juges ont retenu que F.________ et lui se connaissaient et qu'ils étaient en contact téléphonique, ce qui ressort aussi bien de leurs déclarations en procédure que des contrôles de leurs téléphones portables. La première des mules est arrivée à Genève le 26 avril 2006 avant de poursuivre en direction de Zurich. Le 3 mai, elle y a rencontré le recourant et lui a livré les deux valises contenant de la cocaïne. La deuxième est arrivée à Genève le 3 mai 2006 et aurait continué en direction de Zurich pour rencontrer X.________ ou un intermédiaire délégué par lui et livrer les deux valises en principe également à l'hôtel G.________. Quant à C.________ qui tenait la marchandise de E.________, elle a été interceptée à son arrivée à Genève, le 6 mai 2006. Elle devait continuer sur Zurich pour livrer ses valises où elle était attendue finalement à la gare par F.________, envoyé par E.________. A l'intérieur de toutes ces valises, la marchandise était conditionnée et dissimulée de manière identique. Au vu de tous ces faits établis, et même si C.________ s'est exprimée avec retenue sur les faits de la procédure, il n'était pas arbitraire de retenir que le recourant avait aussi participé, en tant qu'organisateur, au transport de la cocaïne par C.________. Mal fondé, le grief soulevé doit être rejeté.