Citation: 4A_488/2010 21.01.2011 E. 3

3.1 Le recourant se plaint en substance de la mauvaise application des art. 42, 43, 44 et 46 CO; plus précisément, il reproche à la cour cantonale d'avoir déterminé ses pertes de gain actuelle et future en appliquant "la méthode utilisée pour déterminer son degré d'invalidité sous l'angle du droit des assurances sociales", alors qu'en responsabilité civile, le calcul de la perte de gain serait régi par des règles propres; il s'en prend également à l'argumentation des juges cantonaux selon laquelle il a violé l'obligation de diminuer le dommage qui lui incombait. 3.2 En vertu de l'art. 46 al. 1 CO, la victime de lésions corporelles a droit à la réparation du dommage qui résulte de son incapacité de travail totale ou partielle, ainsi que de l'atteinte portée à son avenir économique. La loi fait ainsi une distinction entre la perte de gain actuelle, qui est éprouvée au jour de la décision de la juridiction cantonale devant laquelle on peut alléguer pour la dernière fois des faits nouveaux (ATF 125 III 14 consid. 2c), et la perte de gain future, pour l'éventualité où l'incapacité de travail dure toujours parce que le lésé est devenu totalement ou partiellement invalide. Cette distinction n'a pas d'autre fonction que de faciliter le travail de calcul du juge, car il s'agit en fait de deux postes du même préjudice. Les principes présidant au calcul de ces deux postes du dommage sont donc les mêmes (arrêt 4A_481/2009 du 26 janvier 2010 consid. 3.2). Le préjudice s'entend dans tous les cas au sens économique. Est déterminante la diminution de la capacité de gain. Le dommage consécutif à l'invalidité doit, autant que possible, être établi de manière concrète. Le juge partira du taux d'invalidité médicale (ou théorique) et recherchera ses effets sur la capacité de gain ou l'avenir économique du lésé, en se fondant sur la situation personnelle de l'intéressé, son métier et son avenir professionnel (arrêt 4C.197/2001 du 12 février 2002 consid. 3b et 3c, in SJ 2002 I p. 414); cette démarche l'amènera à estimer le gain que le lésé aurait obtenu dans son activité professionnelle s'il n'avait pas subi l'événement dommageable (ATF 131 III 360 consid. 5.1 p. 363; 129 III 135 consid. 2.2 p. 142); la perte de gain correspond à la différence entre le revenu de valide (revenu hypothétique sans l'acte dommageable) et le revenu d'invalide (revenu qui peut probablement être réalisé après l'acte dommageable) (ATF 136 III 222 consid. 4.1.1 p. 223; arrêt 4C.324/2005 du 5 janvier 2006 consid. 3.2, in PJA 2006 p. 606; plus récemment arrêt 4A_481/2009 du 26 janvier 2010 consid. 3.2). Si la situation salariale concrète de la personne concernée avant l'événement dommageable constitue ainsi la référence, le juge ne doit toutefois pas se limiter à constater le revenu réalisé jusqu'alors, car l'élément déterminant repose bien davantage sur ce que le lésé aurait gagné annuellement dans le futur. Il incombe en particulier au demandeur de rendre vraisemblables les circonstances de fait - à l'instar des augmentations futures probables de son salaire durant la période considérée - dont le juge peut inférer les éléments pertinents pour établir le revenu qu'il aurait réalisé sans l'accident (ATF 131 III 360 consid. 5.1 p. 363). Savoir si le lésé pouvait compter avec une augmentation effective de son revenu (ou s'il devait s'attendre à une diminution de celui-ci) est un élément de la fixation du dommage et donc une question de fait (ATF 129 III 135 consid. 2.2 p. 141; cf. aussi 131 III 360 consid. 5.1). C'est en revanche une question de droit que de déterminer si la notion juridique du dommage a été méconnue et si l'autorité cantonale s'est fondée sur des bases de calcul admissibles pour le fixer (ATF 132 III 359 consid. 4 p. 366; 123 III 241 consid. 3a).