Citation: 6B_1022/2010 07.12.2010 E. 1

La jurisprudence a fixé les conditions d'application de l'art. 92 CP. La reconnaissance d'un motif médical grave n'entraîne pas automatiquement l'élargissement provisoire du condamné. Celui-là ne peut être ordonné que si les lésions que la poursuite de l'exécution de la peine sont susceptibles de causer au détenu ne peuvent absolument pas faire l'objet d'un traitement médical, administré avec toutes les garanties nécessaires, dans l'infirmerie d'une prison ou dans le quartier cellulaire d'un hôpital (cf. arrêt 6B_599/2010 consid. 5.2.1 p. 8 et 9). Tel n'est pas le cas en l'espèce où le recourant se trouve hospitalisé à l'Unité de médecine pénitentiaire des Hôpitaux Universitaires de Genève (ci-après: UMP) depuis le 21 octobre 2010, en exécution des dispositions du concordat latin sur la détention pénale des adultes et des normes réglementaires qui en découlent. Techniquement et cliniquement, le patient détenu est pris en charge d'une manière qui permettrait le bon déroulement du processus de ré-alimentation, dans la mesure où le condamné mettrait un terme à son jeûne de protestation. Par ailleurs, les médecins de l'UMP, plus particulièrement le Dr X.________, ont été invités à procéder à l'alimentation du recourant, le cas échéant en faisant appel à toutes les interventions thérapeutiques existant en la matière. Le fait que le Dr X.________ ait recouru le 29 novembre 2010 contre la décision du juge unique du 10 novembre 2010 l'enjoignant de procéder à ces soins, sous menace de la peine d'amende prévue à l'art. 292 CP, ne signifie pas que toute possibilité d'intervention médicale en milieu hospitalier pénitentiaire est exclue, du point de vue des médecins chargés de ces tâches, notamment au regard des art. 14 et 17 CP. Il s'ensuit que l'exigence de subsidiarité n'est pas réalisée, les soins étant cliniquement et techniquement possibles au sein de l'UMP.