Citation: 7B_444/2023 E. 3.3

3.3. En l'espèce, la cour cantonale a estimé que la faute du recourant était lourde. Il avait ainsi agi par pur appât du gain, au moyen de procédés illicites et dans une logique de rentabilité accrue des immeubles visés par la procédure. Il s'était montré totalement indifférent à la situation concrète des locataires qu'il avait trompés et lésés, et dont certains étaient des travailleurs modestes. Il avait même affiché, dans ses échanges avec la régie, un profond dédain à l'égard de plusieurs d'entre eux et son comportement devait être tenu pour d'autant plus répréhensible qu'il exerçait la profession d'avocat. La période pénale avait été très longue - plus de 8 ans -, ce qui dénotait une volonté délictuelle intense, étant relevé que l'intéressé avait à tout moment le moyen de mettre fin à ses agissements, ce qu'il n'avait pas fait. Au contraire, il avait agi de manière répétée et systématique, à chaque relocation d'appartement, nonobstant les mises en garde de la régie en 2010 déjà, et la procédure intentée par le dénommé F.________ en 2016 déjà. Ses agissements n'avaient pris fin que lorsqu'ils avaient été dénoncés à la Commission du barreau, puis au ministère public, en 2018. Si la collaboration du recourant avait d'abord été bonne, elle avait ensuite été particulièrement mauvaise. Aussi, alors qu'il avait initialement admis les faits, il avait ensuite nié l'évidence, fourni des explications variables et n'avait pas hésité à rejeter la faute sur ses employés pour se soustraire à ses responsabilités. À la suite du renvoi opéré par le Tribunal fédéral, il avait encore persisté à plaider son acquittement, alors même que ce point avait été définitivement tranché. Sa prise de conscience apparaissait ainsi quasiment nulle, ce qui excluait tout repentir sincère au sens de l'art. 48 let. d CP. La situation personnelle du recourant, qui était confortable en dépit du litige l'opposant à ses anciens associés, n'expliquait en rien ni n'excusait son comportement. Quant à l'absence d'antécédents pénaux, il s'agissait d'un facteur neutre sur la fixation de la peine (cf. arrêt attaqué, consid. 2.2 p. 7 s.).