Citation: 6A.95/2006 29.03.2007 E. 4

En l'espèce, la jurisprudence précitée s'applique au cas de l'intimée. Elle ne conteste pas qu'elle a utilisé la bande d'arrêt d'urgence, sur environ 100 m, pour atteindre la sortie de l'autoroute en dépassant par la droite des files de véhicules ralenties. Sa faute est moyennement grave, le risque créé ne paraît pas non plus particulièrement léger. Contrairement à ce qu'elle soutient, la situation de l'époque à Glion n'est pas exceptionnelle, vu le nombre de travaux nécessaires sur le réseau autoroutier suisse. Enfin, les informations reçues des médias et les aménagements pratiqués ponctuellement étaient insuffisants pour faire croire à une tolérance généralisée. De toute façon, la situation de Glion n'est pas comparable à celle de Morges (signalisation particulière aux heures de pointe et en cas de besoin, travaux d'aménagement) telle qu'elle ressort de l'article de presse produit par la recourante et qui suscite d'ailleurs des contestations. Ainsi, l'arrêt attaqué, qui n'ordonne aucune mesure administrative, viole l'art. 16b LCR. Il est annulé. En conséquence, la Cour de céans prononce le retrait d'admonestation du permis de conduire de l'intimée durant un mois pour toutes les catégories et sous-catégories, à l'exception des catégories spéciales F, G et M (art. 114 al. 2 OJ). Le SAN fixera la date à laquelle ce retrait prendra effet. Au surplus, la cause est renvoyée au Tribunal administratif vaudois pour le règlement des frais de la procédure cantonale (art. 157 et 159 al. 6 OJ).