Citation: 6B_1374/2023 E. 1.2

1.2. En l'espèce, la cour cantonale a forgé sa conviction sur le plan factuel après avoir fait sienne l'appréciation des premiers juges qui, selon elle, les avait conduits à écarter à juste titre tout doute raisonnable concernant l'implication et la culpabilité du recourant. La cour cantonale a ainsi retenu que, nonobstant l'absence de preuve matérielle établissant un contact entre les parties ou de certitude relative à l'arme du crime, l'intimé avait d'emblée désigné le recourant, qu'il connaissait, comme l'auteur de son agression, et ce sans ambiguïté, à plusieurs reprises. Il l'avait désigné la première fois le soir même des faits, au moment de sa prise en charge par les secours. Malgré les graves blessures subies, il n'avait jamais cherché à l'accabler et s'était montré nuancé dans ses déclarations à son égard, concédant qu'avec son épouse, ils avaient été les seuls à l'avoir aidé à son arrivée dans l'immeuble, qu'ils avaient développé une relation plus ou moins amicale, discutant ensemble tous les jours, mais qu'il avait commencé à se méfier du prévenu. À la suite des premiers juges, la cour cantonale a également estimé inconcevable, au vu des circonstances, que l'intimé ait pu accuser à tort le recourant. La cour cantonale a en outre relevé que la propre version de ce dernier, qui consistait à prétendre que l'intimé avait été la cible d'un règlement de compte entre trafiquants de drogue et à se placer au coeur de l'altercation, mais en se dépeignant dans le rôle d'un tiers non concerné, voire de médiateur apparaissait purement opportune. Elle lui permettait en particulier d'expliquer une blessure qu'il avait sur le front, sans la faire apparaître comme une trace compromettante. Cette version entrait en outre en contradiction avec l'argument tiré de l'absence de traces ADN de contact, soulevé par le recourant pour se disculper du rôle d'agresseur. En suivant sa propre version, il aurait aussi dû présenter de telles traces, dès lors qu'il avait prétendu jusqu'alors avoir tenté de séparer les deux individus et que l'un d'entre eux l'avait " touché au front ". Il s'était en outre contredit lors des débats d'appel, en indiquant à cette occasion ignorer ce qui avait provoqué son saignement au front. Entre autres éléments, la cour cantonale a encore souligné que la version de l'intimé était cohérente sur le plan temporel, s'agissant de faits survenus vers 22h00 et d'un appel au secours intervenu à 22h05. À l'inverse, la version du recourant était émaillée de contradictions, notamment en ce qui concerne sa blessure au front. De surcroît, il n'était pas crédible lorsqu'il disait avoir séparé les deux individus qu'il prétendait avoir vu se battre, dont l'un d'eux aurait été muni d'un cutter ou d'autre chose, entre 18h00 et 19h00, une telle chronologie apparaissant incompatible avec l'horaire de l'appel au secours. En lien avec l'expertise psychiatrique, les juges précédents ont également relevé que les interactions que l'intimé disait avoir eues avec le recourant étaient cohérentes avec les constatations des experts sur la personnalité de ce dernier, ce qui renforçait la crédibilité du premier nommé. Enfin, il n'était pas nécessaire d'échafauder des hypothèses sur l'arme du crime. En effet, le prévenu avait été appréhendé vers 23h30, alors que les secours avaient été alertés par la victime à 22h05. Il avait ainsi disposé d'une heure et demie pour s'organiser et la faire disparaître.