Citation: 6B_968/2017 E. 3.3

3.3. Il n'y a pas lieu d'examiner les critiques formulées par la recourante directement à l'égard de l'ordonnance de classement, qui n'est pas l'objet du recours en matière pénale (art. 80 al. 1 LTF). Les développements du recours procèdent par ailleurs, pour l'essentiel, d'une appréciation différente des éléments de preuve sur lesquels s'est fondée la cour cantonale. Une telle approche appellatoire ne démontre pas en quoi l'appréciation anticipée opérée par la cour cantonale serait insoutenable. On peut, à cet égard, se limiter à relever ce qui suit. Le seul fait que l'enfant D.________ n'a pas vu la victime ne permet pas de conclure, comme le voudrait la recourante, que la victime ne se serait pas penchée imprudemment au-dessus du garde-corps. Au contraire, le fait que l'enfant a déclaré avoir senti que des boules de neiges venaient vers lui démontre que la victime, depuis le balcon supérieur, a dû faire des efforts certains et se pencher pour que les projectiles puissent atteindre le balcon de l'étage inférieur. A tout le moins une telle conclusion n'apparaît-elle pas insoutenable. La cour cantonale pouvait ainsi tenir pour établi que la victime avait, de toute évidence, dû se pencher au-dessus du garde-corps, alors qu'elle chaussait de simples pantoufles ouvertes et que le sol était gelé. Ces circonstances de fait sont établies de manières suffisamment claires à ce stade pour que l'on n'ait pas à compter sérieusement avec une appréciation différente par une autorité de jugement dans l'hypothèse d'un renvoi, de sorte que la décision cantonale apparaît conforme au principe in dubio pro duriore (ATF 143 IV 241 consid. 2.3.2 p. 244). Par ailleurs, quant à l'appréciation de ces faits, la cour cantonale pouvait en conclure que le comportement de la victime (indépendamment du fait qu'elle avait pu, généralement, être considérée ou non comme prudente ou avoir été affectée de vertiges), ne relevait pas d'un usage " normal " de la surface praticable du balcon. Cela ne signifie pas, comme le suggère la recourante, qu'un tel usage du balcon en hiver imposerait le port de chaussures adaptées aux conditions hivernales, mais simplement que le fait, pour une personne adulte, de se pencher au-dessus du garde-corps du balcon pour jeter des boules de neige ne rentre plus dans le cadre de l'ensemble des activités qui, d'après l'expérience, sont exercées dans le périmètre praticable du balcon d'un appartement. La chute de la victime peut ainsi, prioritairement, être imputée à un comportement imprudent plus qu'à une faiblesse ou à un déficit visuel ou d'équilibre survenant dans le cadre d'un comportement normal et dont le garde-corps aurait dû prévenir les conséquences. On ne saurait dès lors reprocher à la cour cantonale d'avoir considéré que le décès de la victime ne découlait pas typiquement du risque dont la norme de protection tendait à éviter la concrétisation, ce qui suffit à exclure la réalisation de l'infraction (v. arrêt 6B_234/2014 du 19 juin 2014 consid. 3.7.4 in fine). On peut, de même, considérer que, dans les circonstances de l'espèce, même d'une hauteur inférieure à la norme, le garde-corps permettait, dans le cadre d'un usage normal du balcon, de contenir le danger de chute dans les limites du risque admissible (v. sur cette notion: ATF 134 IV 193 consid. 7.2 in fine p. 204). Peu importe, partant, qu'un garde-corps plus élevé eût pu prévenir la chute qui s'est produite, respectivement que sa mise en place ait pu s'imposer pour la protection des enfants ou même celle de personnes âgées, mais dans le cadre de l'utilisation normale du balcon. Une éventuelle violation des règles de la prudence en relation avec la hauteur du garde-corps n'apparaît, en effet, pas en rapport de causalité avec le décès dans les circonstances dans lesquelles il est survenu.