Citation: 6B_514/2014 E. 2

Pour justifier la peine de 14 ans de privation de liberté, la cour cantonale a relevé, sur le plan de la gravité objective de l'acte, la multiplicité des lésions infligées à la victime (visage; calotte crânienne fracturée par au moins deux chocs violents; thorax enfoncé), qui ont entraîné son décès, les saignements abondants alors que l'auteur s'acharnait sur elle et la résistance de cette dernière. La volonté homicide était ainsi importante, non seulement par l'ampleur de la violence exercée, mais par les souffrances durables et visibles pour l'agresseur, infligées de surcroît à une victime liée à l'auteur par des rapports d'affection. L'addition des coups portés à la victime qui, à chaque coup supplémentaire, a montré une résistance de plus en plus faible et une souffrance grandissante, n'a pas infléchi la volonté criminelle de l'auteur de frapper jusqu'à l'issue fatale. La cour cantonale en a conclu à une culpabilité importante s'agissant de la manière d'agir pour provoquer la mort. Sur un plan subjectif, la cour cantonale a noté la froideur affective manifestée par le recourant, en soulignant qu'il s'agit de l'une des caractéristiques de l'assassin. Le passage, en très peu de temps, d'un déploiement de violence à une attitude calculée de dissimulation manifestait la grande maîtrise émotionnelle du recourant au moment du meurtre. Le nettoyage de la scène de crime, qualifié de minutieux, était en relation directe avec l'acte homicide et permettait de révéler la personnalité de l'auteur, au demeurant confirmée par l'expertise psychiatrique, évoquant un contrôle des émotions et une personnalité plutôt froide. Dans ce contexte, la cour cantonale souligne qu'il est exclu de retenir l'éventualité que la cause des lésions relèverait plus du hasard que d'une intention, en indiquant que quel qu'ait pu être le motif d'une éventuelle dispute, qui n'était pas établie, la culpabilité du recourant apparaît quoi qu'il en soit très lourde pour l'acharnement dont il a fait preuve, la répétition de coups violents traduisant la volonté homicide. La cour cantonale écarte, de même, l'hypothèse que le recourant n'ait pas été à même de concevoir sa responsabilité ou d'en faire l'aveu en relevant que l'expertise psychiatrique n'a mis en évidence ni trouble mental, ni trouble de la personnalité mais indique que l'absence d'aveu peut correspondre soit à un déni, soit à une position défensive narcissique et paranoïaque de surestimation et de défense acharnée de ses propres droits. Enfin, l'ignorance du moyen utilisé pour infliger les lésions était sans pertinence et l'origine d'une éventuelle dispute (en tant que mobile) ne pouvait, au bénéfice du doute, être imputée au recourant. Pour le reste, rien dans la réputation ou la situation personnelle du recourant ne permettait de relativiser sa culpabilité. L'absence d'antécédents pénaux n'a pas d'influence sur la fixation de la peine. Si le recourant avait bonne réputation, il était aussi un homme intelligent, au bénéfice d'une excellente formation, sans pathologie de personnalité. Sa situation personnelle ne le prédisposait aucunement à la commission d'un acte aussi grave et il n'avait pas eu à souffrir du traitement médiatique de l'affaire. Sa culpabilité apparaîssait ainsi très lourde par la façon d'agir et par la froideur affective dont il a fait preuve. Son acte se rapprochait d'un assassinat par certains aspects subjectifs.