Citation: I 472/04 22.02.2006 E. 3

Dans leur rapport d'expertise pluridisciplinaire du 5 mars 2001, les docteurs L.________ et G.________, du COMAI, ont attesté que le recourant souffre de cervicalgies et de lombalgies compliquées de pseudo-sciatalgies bilatérales chroniques apparues après un traumatisme banal. Le bilan radiologique révèle des troubles dégénératifs rachidiens discrets, qui ne suffisent pas à eux seuls pour expliquer l'intensité des symptômes et les limitations qu'elles entraînent. La présence de nombreux signes de non-organicité selon Waddell à l'examen clinique, de même que les autres critères selon CIM-10, leur font admettre un trouble somatoforme douloureux persistant sous la forme de lombosciatalgies bilatérales, de cervico-brachialgies droites et de céphalées (F45.4). Les médecins du COMAI ont également constaté que le recourant est d'humeur fluctuante, alternant des périodes euthymique et de tristesse; il présente aussi une asthénie, une irritabilité et des insomnies, ainsi que des bouffées d'angoisse. Selon les experts, le recourant est convaincu d'avoir une maladie grave, à l'instar du cancer qui a emporté sa belle-mère; les multiples investigations et traitements ne l'ont pas rassuré. Il s'agit là d'un trouble délirant de type somatique (F22.0) qui génère une angoisse; ces idées délirantes semblent partiellement envahir sa vie quotidienne et se manifestent par des bouffées d'angoisse, une rigidité, une passivité, un manque de ressources adaptatives (p. 18 du rapport du 5 mars 2001). En revanche, le recourant ne présente pas d'hallucinations auditives, de symptômes schizophréniques (tels que des idées délirantes d'influence ou un émoussement des affects) ou de troubles formels de la pensée (p. 15). Les experts précisent que ce trouble délirant n'est pas très invalidant en soi, mais qu'il aggrave le trouble somatoforme en en faisant une pathologie encore plus fixée et réfractaire à tout traitement (p. 18). Selon les docteurs L.________ et G.________, le trouble somatoforme douloureux et le trouble délirant influencent la capacité de travail. D'un point de vue global (rhumatologique et psychiatrique), ils estiment que la capacité de travail dans l'ancienne activité de maçon est nulle, mais qu'elle serait de 60 % dans un travail adapté. Il subsiste toutefois une certaine capacité de travail chez le recourant qui n'a pas épuisé toutes ses ressources. Quant au docteur A.________, il a estimé que le contexte particulier, généré par les nombreux phénomènes maladifs survenus dans l'entourage du recourant, peut être considéré comme un élément de comorbidité suffisant pour justifier l'incapacité de travail attestée par ses confrères du COMAI (rapport du 1er mai 2001).