Citation: 9C_752/2009 20.04.2010 E. 3

Du jugement cantonal, il ressort que le recourant présente une arthrose des genoux, un status après déchirures des ménisques gauches et droits existant depuis 1992, un status après intervention pour lésions méniscales sur genou gauche en 1995 et 2004 et à droite en 1996, des douleurs scapulaires existant depuis février 2004, d'étiologie indéterminée. Depuis 1997, il se plaint toutefois essentiellement de douleurs ostéo-articulaires (gonalgies, douleurs aux chevilles, à la hanche gauche, aux cervicales, aux lombaires et à l'épaule gauche). Les premiers juges ont relevé que les médecins consultés n'avaient pas décelé de lésions ostéo-articulaires, en particulier à l'épaule gauche, qu'ils s'accordaient à retenir que ces douleurs se manifestaient essentiellement dans un contexte de trouble somatoforme douloureux et que le docteur E.________ avait également diagnostiqué un trouble somatoforme dans le rapport d'expertise psychiatrique du 15 août 2005. Seul le docteur D.________ était convaincu que le patient était atteint d'un rhumatisme inflammatoire, sans que les spécialistes en orthopédie parviennent toutefois à mettre en évidence une affection rhumatismale (lettre du 15 juillet 2008), de sorte qu'il n'y avait pas lieu de considérer que le recourant présentait une telle affection. Examinant si le recourant était en mesure de fournir l'effort de volonté raisonnablement exigible en vue de surmonter les effets de sa symptomatologie douloureuse, la juridiction cantonale a fait siennes les conclusions du docteur E.________ dans son rapport du 15 août 2005. Ainsi, niant l'existence d'une comorbidité psychiatrique, elle a retenu que le recourant ne souffrait d'aucune affection psychique significative. Celui-ci était capable de composer avec ses douleurs, soit de surpasser son état douloureux puisqu'il avait travaillé à 100 % durant les six mois de formation en électronique, avec un taux d'absence de 5 % et à la satisfaction des responsables. Il menait par ailleurs une vie émotionnelle et sociale pratiquement normale. Tous ces éléments concordants laissaient présumer que le trouble somatoforme douloureux et ses effets pouvaient être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible de la part du recourant, ce qui conduisait à nier toute incapacité de travail résultant du seul diagnostic de trouble somatoforme douloureux et à admettre que celui-ci était encore capable d'exercer à temps complet une activité adaptée. 3.1 Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves en ce qui concerne les affections somatiques. Il reproche à la juridiction cantonale de n'avoir pris en considération que le trouble somatoforme douloureux, sans tenir compte des affections dont il est atteint sur le plan somatique, lesquelles n'ont pu être clairement déterminées, ce qui nécessite la mise en oeuvre d'une expertise pluridisciplinaire. Il entend tirer argument du fait que le docteur D.________ considère qu'il est atteint d'une affection rhumatismale et que le docteur T.________, dans son rapport du 8 avril 2008, a qualifié de complexe sa situation, en relevant que le patient présentait «à la fois des douleurs de types mécaniques dégénératifs associées à des douleurs probablement en rapport avec un syndrome douloureux chronique». 3.2 L'appréciation des preuves n'est arbitraire que si l'autorité n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, si elle a omis sans raison sérieuse de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, elle a fait des déductions insoutenables (ATF 134 V 53 consid. 4.3 p. 62 et les arrêts cités, 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 127 I 38 consid. 2a p. 41). 3.3 S'agissant des affections dont le recourant est atteint sur le plan somatique, les premiers juges ont retenu l'arthrose des genoux et les douleurs scapulaires. Ils ont relevé qu'en présence d'affection somatique avec un contexte de trouble somatoforme douloureux, il était difficile de distinguer la part de douleurs liées au syndrome douloureux et celles liées aux affections somatiques, soit, en l'occurrence l'arthrose aux genoux et, dans une moindre mesure, l'atteinte scapulaire à l'épaule. Sur le vu des rapports des docteurs T.________ du 8 avril 2008, M.________ du 12 février 2008, H.________ du 7 février 2008, V.________ du 4 mai 2005, A.________ des 23 février 2004 et 24 février 2003 et I.________ du 11 décembre 2002, sur lesquels les premiers juges se sont fondés en relevant que les médecins consultés n'avaient pas décelé de lésions ostéo-articulaires, en particulier à l'épaule gauche, et s'accordaient à retenir que les douleurs se manifestaient essentiellement dans un contexte de trouble somatoforme douloureux, les affirmations du recourant (supra, consid. 3.1) ne permettent pas de considérer que les affections somatiques retenues par la juridiction cantonale aient été établies de façon manifestement inexacte ou en violation du droit. L'argument du recourant selon lequel la majorité des médecins consultés s'accordent pour dire qu'il souffre également de "lésions de types dégénératives arthrosiques des genoux, et de l'épaule", n'est étayé par aucun document. Dans son rapport du 8 avril 2008, le docteur T.________ a posé le diagnostic de douleurs poly-articulaires (épaule, métacarpo-phalangienne 2 à 5, inter phalangien 2 à 5 de la main droite, hanche gauche) d'étiologie indéterminée, probablement dans un contexte de syndrome douloureux chronique, diagnostic qui va dans le sens des constatations de fait des premiers juges en ce qui concerne la problématique des douleurs de l'assuré. Quant à l'affection rhumatismale dont le docteur D.________ est convaincu que le patient est atteint, le Tribunal administratif a relevé que, comme ce médecin le reconnaît lui-même (lettre du 15 juillet 2008), les rhumatologues n'ont pas confirmé le diagnostic de rhumatisme inflammatoire, malgré de nombreux examens. C'est la raison pour laquelle les premiers juges, se référant aux rapports des docteurs M.________ du 12 février 2008, P.________ du 10 décembre 2007 et A.________ du 23 février 2004, ont nié que le recourant ait présenté une telle affection. Ainsi, en ce qui concerne les affections somatiques, il n'y a pas eu appréciation arbitraire des preuves de la part du Tribunal administratif, lequel, avec raison, n'a donné aucune suite à la requête tendant à la mise en oeuvre d'une expertise pluridisciplinaire sur ce point. Le jugement attaqué est conforme au droit fédéral (supra, consid. 2.2) et le recours mal fondé de ce chef.