Citation: 1P.13/2007 23.01.2007 E. 4

Le recourant conteste l'existence d'un risque de récidive. Il prétend au surplus que ce risque pourrait être pallié par d'autres mesures moins graves que la détention, telle que la mise en place d'une surveillance médicale. Il reproche à la Chambre pénale de ne pas avoir examiné cette question. 4.1 L'autorité appelée à statuer sur la mise en liberté provisoire d'un prévenu peut en principe maintenir celui-ci en détention s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, l'existence d'un danger de récidive. Elle doit cependant faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque (ATF 105 Ia 26 consid. 3c p. 31). Le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Le principe de la proportionnalité impose en outre à l'autorité qui estime se trouver en présence d'une probabilité sérieuse de réitération d'examiner si l'ordre public pourrait être sauvegardé par une autre mesure moins incisive que le maintien en détention propre à atteindre le même résultat, telle que la mise en place d'une surveillance médicale, l'obligation de se présenter régulièrement à une autorité ou l'instauration d'autres mesures d'encadrement (ATF 123 I 268 consid. 2c in fine et 2e p. 270/271 et les arrêts cités; cf. art. 82bis ch. 1 CPP val.). 4.2 En l'occurrence, la Chambre pénale fonde l'existence d'un risque de récidive sur les conclusions de l'expertise psychiatrique à laquelle A.________ s'est soumis. Aux dires des experts, le recourant souffre d'un trouble mixte de la personnalité avec traits paranoïaques, impulsifs et narcissiques, qui se caractérise notamment par une tendance à agir de manière impulsive, par une humeur instable, par un manque de contrôle de soi pouvant aboutir à des explosions de colère, voire des bagarres, par la non-reconnaissance des besoins et des sentiments d'autrui, par l'adoption de comportements exploiteurs, par un caractère soupçonneux, par une tendance à déformer les événements en interprétant les actions impartiales d'autrui comme hostiles ou encore par des doutes répétés et injustifiés sur la fidélité du partenaire; il souffre également de troubles mentaux et du comportement liés à une utilisation continue de dérivés du cannabis et épisodique d'alcool, de benzodiazépines et de cocaïne avec un syndrome de dépendance, susceptibles d'entraîner des perturbations du comportement, des fonctions cognitives, des perceptions, des affects, de la conscience ainsi que d'autres fonctions psycho-physiologiques. Les experts estiment le risque de récidive élevé, compte tenu de l'anosognosie du prévenu, de ses antécédents judiciaires et des échelles pronostiques. Selon eux, A.________ présente une certaine dangerosité susceptible de se traduire par des dommages physiques, psychologiques ou moraux à sa propre personne ou à autrui. Ils recommandent un travail psychiatrique ambulatoire et un traitement ambulatoire avec contrôle périodique d'abstinence, afin de réduire le risque de récidive, sans pour autant le garantir. Ils relèvent enfin que ces deux mesures ne seraient pas entravées dans leur application, ni leurs chances de succès notablement amoindries par l'exécution d'une peine privative de liberté. Le recourant n'émet aucune critique sur ces constatations d'expert. Cela étant, un risque de récidive ne saurait sérieusement être contesté. Reste à savoir s'il justifie le maintien du recourant en détention ou s'il peut être paré par des mesures moins incisives. La Chambre pénale a estimé qu'en l'état actuel, eu égard à l'échec des thérapies précédemment mises en oeuvre, notamment en rapport avec ses problèmes d'alcool, l'élargissement immédiat du prévenu était prématuré et qu'il convenait d'attendre les premiers résultats des mesures thérapeutiques préconisées par les experts en milieu carcéral avant d'envisager une éventuelle libération provisoire, mesures qu'elle invitait le Juge d'instruction à mettre en oeuvre dans les plus brefs délais et qui ont effectivement été ordonnées le 28 décembre 2006. Le grief fait à la cour cantonale de ne pas avoir examiné si d'autres mesures alternatives à la détention préventive étaient envisageables est donc clairement infondé. Pour le surplus, l'arrêt attaqué échappe à toute critique. Les actes reprochés au recourant et dont la cour cantonale redoute la réitération sont graves, puisque ce dernier s'en est pris violemment à sa compagne qu'il a ensuite menacée de tuer à l'aide d'un couteau de cuisine en présence des agents de police qui sont intervenus. Le fait qu'ils aient été commis alors qu'il se trouvait sous l'emprise de l'alcool et de médicaments ne diminue en rien leur gravité. Le risque que le recourant commette de nouveaux actes de violence est jugé élevé par les experts, en raison notamment du refus de reconnaître ses problèmes et de sa dépendance à l'alcool et à d'autres substances psycho-actives. Ce risque est réel dans la mesure où, selon les faits non contestés retenus dans la décision attaquée, A.________ s'en est déjà pris physiquement à sa victime par deux fois en automne 2005 et en février 2006. Il ne s'agit donc pas d'un épisode nouveau et isolé, comme le soutient le recourant. Enfin, les thérapies entreprises par le passé ne l'ont pas empêché de continuer à consommer de manière continue ou épisodique du cannabis ou de l'alcool en grande quantité. Dans ces circonstances, la Chambre pénale pouvait avec raison admettre qu'une libération provisoire immédiate du recourant, assortie d'une surveillance médicale, ne permettrait pas de garantir qu'il ne commettrait pas de nouveaux actes de violence en cas d'abus d'alcool et qu'il convenait d'attendre que les bases d'une collaboration sérieuse aient été dégagées pour envisager une telle décision. Comme le relève la cour cantonale, il s'agit d'un refus provisoire, sujet à révision selon les résultats des traitements mis en place en milieu carcéral. Dans ces circonstances, et compte tenu du degré de vraisemblance moindre dont le juge de la détention doit faire preuve en présence d'actes de violence, le maintien en détention ne viole pas le principe de la proportionnalité.