Citation: I 839/05 04.01.2007 E. 7

7.1 En l'espèce, le collège d'experts du COMAI n'a pas retenu, ni même discuté le diagnostic de trouble dépressif majeur récurrent évoqué par le consultant en psychiatrie. Au vu des précisions apportées par les experts (cf. consid. 5.2), on peut d'emblée exclure la présence d'une comorbidité psychiatrique importante au sens de la jurisprudence, ce que confirme par ailleurs le psychiatre A.________ dans son rapport d'examen psychiatrique du 10 décembre 2002. En effet, ce dernier a constaté que l'examen clinique n'avait pas mis en évidence l'existence de symptômes de la lignée dépressive en faveur d'un diagnostic de dépression majeure ni de symptômes de la lignée psychotique en faveur d'un diagnostic de décompensation psychotique. L'assuré ne présentait pas d'angoisses ni d'attaques de panique en faveur d'un diagnostic d'anxiété généralisée ni de phobie en faveur d'un trouble phobique. L'examen avait montré une discordance nette entre les plaintes de l'assuré et les constatations objectives. Il n'avait par ailleurs pas révélé de maladie psychiatrique, de trouble de la personnalité morbide, ni de limitations fonctionnelles psychiques, de sorte qu'une incapacité de travail n'était pas justifiable d'un point de vue médico-juridique. Le psychiatre n'avait pas non plus noté de perturbations de l'environnement psycho-social, malgré l'allégation de lourds handicaps exposés par l'assuré. Le diagnostic de trouble dépressif majeur récurrent, posé par le consultant en psychiatrie dans le cadre de l'expertise du COMAI et nié catégoriquement par l'assuré, était, selon le docteur A.________, actuellement en rémission complète. Il a conclu que l'assuré présentait un syndrome douloureux somatoforme persistant d'intensité légère sans comorbidité psychiatrique, et que sa capacité de travail exigible était de 100 % sur le plan psychiatrique. 7.2 Se pose dès lors la question de la présence éventuelle d'autres critères dont le cumul permet d'apprécier le caractère invalidant des troubles somatoformes douloureux. L'assuré ne présente pas à la date déterminante d'affections corporelles chroniques ou un processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable. Il ressort en effet de l'expertise du COMAI que la symptomatologie de l'assuré ne l'empêche pas d'accomplir son ancienne activité de maçon à 70 % et une activité plus légère à plein temps. Par ailleurs, il n'apparaît pas que l'assuré ait subi, du fait de son état de santé, une perte d'intégration sociale. En effet, bien que le psychiatre évoque un certain repli sur soi, l'assuré a des contacts réguliers avec sa soeur qui vit en Suisse ainsi que quelques amis. Par ailleurs, on ne saurait admettre que le recourant a atteint un état psychique cristallisé, sans évolution possible sur le plan thérapeutique. En effet, les experts notent que le seul suivi psychiatrique spécialisé avait été demandé par son médecin traitant en 1990 et n'avait duré que le temps de trois ou quatre consultations. Ainsi, depuis plusieurs années, aucune prise en charge psychiatrique spécialisée n'était effectuée. Finalement, l'expertise ne fait pas état d'échec de traitements opérés conformément aux règles de l'art. Au contraire, les experts du COMAI ont relevé que grâce à un suivi psychiatrique spécialisé régulier, avec éventuellement une augmentation de la dose de citalopram à 40 mg par jour, une amélioration de la capacité de travail pouvant atteindre un taux de 70 % dans l'activité de maçon ne devait pas être exclue dans le futur. Au vu de l'ensemble de ces éléments, on doit nier - d'un point de vue juridique - qu'une mise en valeur de la capacité de travail du recourant, jugée complète au plan somatique dans une activité légère et adaptée, ne puisse pratiquement plus raisonnablement être exigée de lui. Aussi, c'est à juste titre que la juridiction cantonale s'est écartée des conclusions du COMAI et qu'elle a reconnu une pleine capacité de travail du recourant dans une activité légère et adaptée. 7.3 La mise en oeuvre d'une expertise complémentaire, demandée par le recourant, n'apporterait selon toute vraisemblance aucune constatation nouvelle, mais uniquement une appréciation médicale supplémentaire sur la base d'observations identiques à celles des médecins déjà consultés. Il apparaît dès lors superflu d'administrer d'autres preuves et la conclusion subsidiaire du recourant doit être rejetée (sur l'appréciation anticipée des preuves; cf. ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 consid. 3c, 120 Ib 229 consid. 2b, 119 V 344 consid. 3c et la référence). Le recours se révèle par conséquent mal fondé.