Citation: 2C_54/2022 E. 6.3

6.3. Il ressort ensuite de l'arrêt attaqué, d'une manière qui lie la Cour de céans (cf. art. 105 al. 1 LTF), qu'à la fin 2001, soit au moment de la dissolution de l'union conjugale, le recourant entretenait encore des liens avec son pays d'origine, à savoir le Maroc, qu'il n'avait du reste quitté que depuis deux ans à peine et où il était déjà retourné depuis son arrivée en Suisse. Le Tribunal administratif a du reste constaté que l'intéressé, qui s'était encore rendu plusieurs fois dans son pays d'origine les années qui ont suivi, avait dans un premier temps continué d'avoir des contacts réguliers avec une partie de sa famille proche restée là-bas, notamment sa maman qui avait alors une soixantaine d'années. Il ressort enfin de l'arrêt attaqué que sa schizophrénie, qui s'était déjà manifestée avant son arrivée en Suisse et pour laquelle il avait déjà été traitée au Maroc, ne l'empêchait pas encore totalement de travailler. Il en découle que, lorsque le recourant s'est séparé de son épouse fin 2001, il n'existait aucune raison personnelle majeure susceptible de justifier un droit de demeurer en Suisse pour l'intéressé en application de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr. La réintégration sociale de ce dernier dans son pays de provenance n'apparaissait à ce moment-là pas fortement compromise au sens de l'art. 50 al. 2 LEtr. Le recourant ne prétend d'ailleurs pas lui-même qu'il aurait eu droit à une autorisation pour cas de rigueur après mariage au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr dès sa séparation, étant précisé que, d'après les constatations du Tribunal administratif, les autorités bernoises ont en réalité prolongé son titre de séjour en partant de la fausse prémisse qu'il était toujours en couple avec son épouse. Dans son mémoire, le recourant s'attache uniquement à souligner qu'après plus de vingt ans de vie en Suisse, on ne peut désormais plus attendre de lui qu'il rentre au Maroc malgré sa maladie, dès lors qu'il n'entretient plus aucun contact étroit avec ce second pays. Il perd toutefois de vue que le fait d'avoir perdu tout lien avec le Maroc après la fin de son union conjugale, de même que le fait d'avoir subi une aggravation de sa maladie au fil des années passées en Suisse, constituent des faits postérieurs à la dissolution de la famille qui, d'après la jurisprudence, ne permettent pas de fonder un droit de demeurer en Suisse pour cas de rigueur au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr (cf. supra consid. 6.1).