Citation: 6B_438/2019 E. 3.2

3.2. La recourante reproche à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du fait qu'elle dispose, selon l'état de collocation produit au dossier (cf. dossier cantonal, P. 238/7), de créances pour plus de 80'000 fr. à l'égard de la société faillie, dont elle entend déduire les honoraires litigieux, de sorte que la diminution de l'actif consécutive à l'encaissement de ces honoraires sur le compte C.________ serait compensée par une diminution correspondante du passif. Si la recourante a certes fait valoir des créances propres, pour partie contestées, dans l'état de collocation établi dans le cadre de la faillite, il ressort toutefois du jugement entrepris que ces créances ont été produites sans que les honoraires encaissés sur le compte C.________ n'en fussent déduits, la recourante persistant à contester devoir rembourser ces honoraires à la masse en faillite (cf. jugement entrepris, consid. 4.3 p. 15). A cet égard, le seul témoignage de D.________, comptable de la société, ne saurait attester d'une volonté de la recourante de compenser, dès 2011, ses créances propres à l'égard de la société avec les encaissements litigieux. Il ne ressort rien de plus en ce sens du courrier de la recourante du 27 mai 2011 à l'Office des faillites (cf. dossier cantonal, P. 195/7) par lequel elle détaille les créances qu'elle fait valoir à l'égard de la société, la compensation invoquée dans ce cadre pour " tous montants redus à la société " ne visant pas les honoraires encaissés sur le compte C.________, mais une créance relative à des prétentions émises par la Banque E.________ à son égard en qualité de caution solidaire d'un prêt octroyé à la société faillie (cf. dossier cantonal, P. 243/2/4). Il apparaît bien plutôt qu'un éventuel remboursement des honoraires par compensation n'a au final été envisagé qu'en février 2018 par la recourante, cela uniquement dans l'optique de lui éviter une condamnation pénale (cf. jugement entrepris, consid. 4.3 p. 15; dossier cantonal, P. 238/9). Cela étant, dès lors que les honoraires litigieux n'avaient pas été encaissés par la recourante en vue de solder d'éventuelles créances dont elle disposait à l'égard de la société, il n'apparaît pas que les faits reprochés à la recourante avaient engendré, outre une diminution de l'actif de la société débitrice, une diminution correspondante du passif. Ainsi, alors qu'un avis de surendettement avait été adressé au juge (cf. art. 725 al. 2 CO), les encaissements en cause étaient de nature à provoquer une perte pour les créanciers de la société. Dès lors que l'infraction est déjà réprimée en cas de mise en danger des intérêts des créanciers et qu'il n'est donc pas nécessaire que ceux-ci subissent effectivement une perte, peu importe dans ce contexte que la recourante accepte au final, par hypothèse, de déduire les actifs détournés de ses propres créances admises à l'état de collocation. On en déduit que les éléments constitutifs objectifs de l'infraction réprimée à l'art. 164 ch. 1 CP sont réunis.