Citation: 1B_527/2020 E. A

Le 15 novembre 2017, le Ministère public de l'arrondissement du Nord vaudois a ouvert une instruction pénale contre A.________, ressortissant de Serbie-Monténégro né en 1985, pour tentative de meurtre, séquestration et enlèvement, contrainte sexuelle, lésions corporelles simples, recel, violation du domaine secret ou du domaine privé au moyen d'un appareil de prise de vues, menaces, contrainte et injure. Il lui est en substance reproché d'avoir passé à tabac son amie B.________ en la frappant avec les pieds et les poings sur tout le corps, lui causant de nombreux hématomes, de lui avoir à plusieurs reprises plongé la tête sous l'eau dans la baignoire, occasionnant des pertes de connaissance, d'avoir menacé de la tuer ou de la blesser et d'avoir commis des actes de contrainte sexuelle avant que la victime ne s'enfuie, nue, pour se réfugier chez le concierge de son immeuble. Le prévenu a été placé en détention provisoire par décision du Tribunal des mesures de contrainte du canton de Vaud (Tmc) du 18 novembre 2017 en raison des risques de réitération et de passage à l'acte ainsi que de collusion. La détention provisoire a ensuite été prolongée par décisions du Tmc des 9 février, 15 mai, 7 août et 7 novembre 2018, 5 février, 6 mai et 13 août 2019 en substance pour les mêmes motifs, auxquels s'est ajouté le risque de fuite. Cette dernière décision a été confirmée par arrêt du 30 août 2019 de la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois; la prévention avait été étendue notamment à des actes de contrainte sexuelle, actes d'ordre sexuel avec des enfants et viol. Ces nouvelles accusations reposaient sur les seules déclarations de la seconde plaignante, mais on ne voyait pas pour quelle raison celle-ci aurait menti, se mettant ainsi en opposition avec les membres de sa famille. S'agissant des infractions commises au préjudice de B.________, la version de la plaignante était accréditée par la présence de nombreuses lésions constatées quelques heures après les faits; du sang avait été retrouvé sur les lieux. Un rapport d'expertise, réalisé sans examen du prévenu (celui-ci s'y étant opposé) concluait, sur la base du dossier, à un risque de récidive élevé. Le risque de fuite devait aussi être retenu. La détention restait proportionnée étant précisé que le 15 novembre 2019, l'enquête devrait être clôturée. Le 6 novembre 2019, le Ministère public a demandé une nouvelle prolongation de la détention en relevant que le dévérouillage du téléphone portable du prévenu avait pris plusieurs mois et nécessitait l'examen d'une quantité énorme de données, dont une bonne partie de fichiers en langue étrangère. Par ordonnance du 14 novembre 2019, le Tmc a fait droit à cette demande. Cette décision a été confirmée par arrêt du 29 novembre 2019 de la Chambre des recours pénale, puis par arrêt du Tribunal fédéral du 24 janvier 2020 (1B_7/2020). Dans ce dernier arrêt, le Tribunal fédéral a confirmé qu'il existait des charges suffisantes, que le risque de fuite était indéniable et que le risque de réitération pouvait également être retenu. L'enquête et la détention duraient depuis plus de deux ans mais le principe de célérité était encore respecté, l'attitude du prévenu ayant pu compliquer l'instruction. La direction de la procédure était toutefois invitée à clore son enquête dans les meilleurs délais.