Citation: 4P.291/2006 27.04.2007 E. 1

Si l'on devait néanmoins retenir que la recourante se plaint d'une appréciation arbitraire des causes retenues par la cour cantonale et non pas de la répartition des responsabilités, le grief d'arbitraire devrait en tous les cas être écarté. En premier lieu, la recourante, sous le grief d'arbitraire dans l'appréciation de l'expertise, remet une nouvelle fois en cause les constatations de la cour cantonale quant à l'absence de cahier des charges écrit et l'absence de chef de projet formellement désigné. Ces griefs ont déjà été examinés plus haut et il a été constaté à leur sujet qu'aucun reproche d'arbitraire ne pouvait être adressé à la cour cantonale. Ensuite, la recourante se plaint que la cour cantonale aurait retenu à sa charge - et à faute - qu'un nombre réduit de collaborateurs s'étaient entraînés sur le système. On cherche toutefois en vain quel considérant est visé et quelle est la pertinence de ce fait sur la résolution du litige par la cour cantonale. Le recours est irrecevable sur ce point. La recourante reproche encore à la cour cantonale d'avoir retenu, comme élément à sa seule charge, le fait qu'elle n'aurait pas contrôlé le paramétrage ni validé au fur et à mesure les étapes du processus, s'écartant ainsi des conclusions de l'expert qui préconisait une responsabilité partagée. Comme mentionné ci-dessus, le bon fonctionnement du projet impliquait que le progiciel soit individualisé, selon les besoins spécifiques de la recourante. L'expert a constaté à cet égard que seuls quelques éléments des données propres à la recourante avaient été saisis par les collaborateurs de cette société et que la migration des données effectuée n'avait pas été validée. Au vu de cette expertise, la cour cantonale pouvait donc sans arbitraire considérer que la recourante n'avait pas contrôlé le paramétrage ni validé les étapes du processus de migration des données. A nouveau, la question de savoir dans quelle mesure ces faits influent le partage des responsabilités relève du droit fédéral et doit être revue dans le cadre du recours en réforme, de sorte que le recours de droit public est irrecevable sur ce point. 3.5 Finalement, la recourante invoque une violation arbitraire des art. 187 ss LPC/GE, dispositions qui traitent de l'aveu. Elle fait valoir que la cour cantonale a arbitrairement considéré que la recourante avait admis le montant de la facture que lui avait adressée l'intimée en date du 20 octobre 2000. 3.5.1 Il ressort des faits de la cause que l'intimée a adressé à la recourante une facture datée du 20 octobre 2000, à hauteur de 6'288 fr.75, pour la maintenance d'octobre à décembre de l'année en cours, et que, six semaines plus tard, cette facture a été contestée par la recourante. Celle-ci objectait que les redevances pour l'entretien devenaient exigibles à partir du moment où le progiciel était opérationnel, condition non réalisée, et que le montant réclamé avait mal été calculé. Le tribunal de première instance a jugé que la recourante était tenue de payer cette facture, mais il a omis de la prendre en considération dans le dispositif du jugement. Pour cette raison, lors de la procédure d'appel, l'intimée, par le biais d'un appel incident, a conclu à la condamnation de la recourante à lui payer le montant de 6'288 fr.75, avec intérêts à 5% dès le 20 octobre 2000. La cour cantonale a donné suite à cette conclusion, tout en précisant que la recourante n'avait pas contesté les calculs présentés à l'appui de l'appel incident, mais avait rappelé qu'elle était en droit de résoudre le contrat. La cour cantonale a ainsi considéré que cette facture était due et qu'elle n'était pas contestée dans sa quotité. 3.5.2 La recourante revient sur cette dernière constatation, qu'elle estime être erronée et en violation avec l'art. 187 LPC/GE. Cette critique doit être écartée. Dans son mémoire d'appel du 30 avril 2004, puis dans sa réponse à appel incident du 30 septembre 2004, la recourante conteste certes cette facture, mais au motif qu'elle était bien en droit de résoudre le contrat avec l'intimée. En revanche, elle n'émet aucune réserve sur la quotité ou le montant de cette facture. Dès lors, les constatations de la cour cantonale sont conformes aux faits et elles ne sont pas arbitraires.