Citation: I 73/99 17.01.2000 E. 3

3.- a) La décision de rente du 21 octobre 1991 s'ap- puyait sur les résultats du bilan du COPAI du 25 avril 1990, selon lequel l'assuré présentait, subséquemment à une limitation fonctionnelle de son pied droit, des problèmes psychologiques sérieux de nature à compromettre ses pers- pectives de réinsertion professionnelle. On notera à cet égard que l'instruction menée initialement par la CNA avait déjà mis en évidence une composante psychique de type hypo- condriaque, les plaintes du patient n'ayant pas pu être objectivées (cf. rapports des docteurs I.________ et H.________, médecins d'arrondissement de la CNA, du 7 mars, respectivement du 8 août 1989). b) Dans leur rapport du 13 décembre 1996, les experts de A.________ ont diagnostiqué une fracture du premier cu- néiforme avec une probable fusion intercunéiforme I-II, des troubles somatoformes de conversion non objectivables ainsi qu'une névrose de rente très probable. Sur le plan physio- logique, le docteur E.________, spécialiste en orthopédie traumatologique, a attesté une incapacité de travail de respectivement 50 % dans l'ancienne profession de l'assuré et 25 % dans une activité légère et adaptée, tandis que sur le plan psychique, le docteur L.________, psychiatre, a évalué cette incapacité à 0 %, en soulignant qu'une acti- vité professionnelle aurait même un effet thérapeutique positif sur le patient. Tous deux ont fait remonter l'évo- lution favorable de l'état de santé du recourant au mois d'octobre 1995. En l'occurrence, bien motivées, les conclusions des docteurs E.________ et L.________ reposent sur des examens médicaux complets, une étude fouillée de l'ensemble du dos- sier et prennent en considération les plaintes exprimées par l'assuré, de sorte que l'expertise de A.________ répond en tous points aux exigences posées par la jurisprudence pour accorder pleine valeur probante à un rapport médical (ATF 122 V 160 consid. 1c et les références). Il est dès lors établi que l'état de santé du recourant s'est notablement amélioré depuis la décision de rente du 21 octobre 1991, au point de lui permettre d'exercer à nouveau une activité professionnelle adaptée à 75 %. A cet égard, les dénégations du recourant sont loin d'emporter la conviction. c) Du point de vue psychiatrique d'abord, si le doc- teur L.________ a certes décrit l'assuré comme étant agressif et perturbé, il n'en a pas moins constaté l'ab- sence d'état dépressif (pas de signes d'apathie, d'indiffé- rence ou encore de perte d'intérêt). D'après lui, bien que le recourant soit confronté à une situation familiale et économique difficile, il ne souffre cependant d'aucune atteinte à sa santé mentale. L'expert suggère même qu'une reprise d'activité professionnelle serait de nature à améliorer son environnement psychosocial. Ces observations, comparées à celles formulées à l'époque par le COPAI, éta- blissent ainsi à satisfaction de droit une amélioration importante de l'état psychique du recourant. A cet égard, les certificats médicaux du docteur F.________ (du 22 no- vembre 1995 et du 29 mai 1997) et celui du docteur C.________ - produits en cours de procédure - ne sont pas propres à démontrer le contraire. Outre le fait qu'ils sont sommairement motivés, ils ont été soumis à l'appréciation du docteur L.________ qui n'a pu confirmer leur teneur. Au demeurant, il y a lieu, en principe, d'attacher plus de poids aux constations d'un expert qu'à celles du médecin traitant (RCC 1988 p. 504 consid. 2). d) S'agissant du status orthopédique, le docteur E.________ n'a observé aucun signe d'altération post-trau- matique ou d'atrophie musculaire, ni de limitation de la mobilité des pieds. Posant le même diagnostic que celui formulé par les médecins de la CNA - à l'exception du soup- çon d'algodystrophie qui n'a pas été confirmé -, l'expert fait pareillement état d'une discordance entre les symptô- mes décrits par l'assuré et les résultats des examens ra- diologiques. C'est en vain que le recourant se réfère à l'expertise judiciaire du 11 mai 1993 effectuée par la Clinique d'orthopédie de l'Hôpital cantonal X.________ dans le cadre d'une procédure qui l'opposait à la CNA, pour établir une aggravation de son état, puisque ladite exper- tise met justement en évidence qu'il n'existe aucune sé- quelle orthopédique invalidante (p. 16). e) Compte tenu de la capacité de travail résiduelle dont jouit le recourant, laquelle a été fixée par les ex- perts de A.________ à 75 % dans des activités de surveil- lant, téléphoniste ou d'ouvrier de montage, c'est à bon droit que l'administration et les premiers juges ont considéré qu'il n'a plus droit à une rente d'invalidité dès le 1er février 1996. Le recours est mal fondé.