Citation: 4A_578/2017 E. 3.3.2

3.3.2. Quoi qu'il en soit, la problématique de la constatation des faits mise à part, le présent recours ne saurait être admis, faute de réalisation de la susdite condition, dès lors que son auteur n'a nullement été empêché, malgré qu'il en ait, de faire valoir ses arguments sur les questions pertinentes pour la solution du litige. A cet égard, il est frappant de constater, à la lecture des deux écritures produites par chacune des parties devant le TAS - la requête d'arbitrage du 21 novembre 2016 et la réplique du 28 avril 2017, s'agissant du recourant; la réponse du 6 février 2017 et la duplique du 10 mai 2017, pour ce qui est de l'intimé -, qu'aucune mention du chèque litigieux, et encore moins de son montant, n'est faite dans celles du recourant, tandis que, dans la première écriture de l'intimé, seule une timide allusion est faite à une " copy of a letter, from the Club dated Nov 9... enclosed herewith as Exhibit F." (n. 25, second par.), étant précisé que cet Exhibit F contient notamment une copie des deux fax adressés le 9 novembre 2016 par le club au conseil du joueur ainsi que du chèque joint au second d'entre eux. Or, bien qu'il ait eu connaissance de cet élément de preuve joint à la réponse de l'intimé, le conseil du recourant n'a pas jugé utile d'en faire état dans sa réplique du 28 avril 2017 et encore moins d'en tirer un quelconque argument en faveur de sa thèse. Celle-ci, faut-il le souligner, était des plus simples puisqu'elle consistait à soutenir que, le club n'ayant pas payé les arriérés de salaire avant l'expiration, le 8 novembre 2016, de l'ultime délai qui lui avait été fixé dans la mise en demeure du 1er novembre 2016, le joueur était en droit de résilier le contrat de travail avec effet immédiat ainsi qu'il l'a fait le 9 novembre 2016. Quant aux modalités du quadruple versement effectué par le club, le 10 novembre 2016, sur le compte bancaire du recourant, lequel a ainsi été crédité de 585'699 NIS (environ 140'000 euros), elles n'ont pas non plus été discutées par les parties dans les écritures précitées et il n'a jamais été question que la somme versée sur ce compte ait supposé l'encaissement préalable d'un chèque d'égale valeur que le club aurait remis à la banque du joueur. De fait, l'intimé a allégué, à ce propos, sous n. 23 de sa réponse, que, postérieurement à la mise en demeure du 1er novembre 2016, l'entraîneur et le CEO avaient rencontré le joueur qui leur avait promis de continuer à défendre les couleurs du club, ensuite de quoi la somme de 585'699 NIS avait été déposée sur le compte bancaire du joueur, attendu que ce dernier avait refusé d'aller la percevoir au moyen d'un chèque. Pour sa part, le recourant s'est abstenu de toute remarque sur la manière dont son compte avait été crédité de la somme en question, préférant mettre l'accent sur le fait qu'un tel versement était intervenu après que lui-même avait résilié son contrat de travail pour juste cause (réplique, p. 4, n. 2.1.3). Mises en perspective sur cet arrière-fond, les allégations du recourant touchant les deux circonstances évoquées ci-dessus ont de quoi laisser le lecteur dubitatif. Ainsi en va-t-il, tout d'abord, de celle voulant que "[l]es questions de la valeur indiquée sur la copie du chèque envoyée au recourant et des versements effectués sur le compte du recourant le 10 novembre 2016 [aient été] régulièrement soulevées au cours de la procédure arbitrale" (recours, p. 19, n. 3.2). C'est plutôt l'inverse qui résulte des remarques précédentes, sans que la citation par le recourant de brefs extraits de l'audition du 18 mai 2017 (recours, p. 10/11, n.11) ne puisse y changer quoi que ce soit. La même réflexion s'impose, ensuite, relativement à l'affirmation selon laquelle ces questions-là "sont de nature à influer sur le litige." (recours, p. 19 ss, n. 3.3). Le fait qu'elles n'ont pas été traitées dans les écritures des parties versées au dossier de l'arbitrage semble indiquer, bien au contraire, que le recourant les aura montées en épingle a posteriori pour étayer son grief de violation du droit d'être entendu. En tout état de cause, l'intéressé a disposé, devant l'arbitre déjà, de l'ensemble des données factuelles nécessaires à la démonstration du bien-fondé de sa thèse concernant le congé immédiat signifié par lui à l'intimé. En particulier, pour ce qui est des deux questions examinées ici, une copie du chèque litigieux et la liste des paiements effectuées le 10 novembre 2016 par le club ont été versées au dossier de l'arbitrage en date du 6 février 2017 comme annexes à la réponse de l'intimé ( Exhibit F). C'eût été au recourant d'en tirer parti et de démontrer à l'arbitre en quoi ces deux éléments de preuve étaient de nature à étayer son opinion d'après laquelle la résiliation immédiate du contrat de travail par ses soins était fondée sur une juste cause. Aussi ne saurait-il venir reprocher de bonne foi, après coup, à l'arbitre d'avoir méconnu son droit à la preuve.