Citation: 6P.58/2005 10.08.2005 E. 1

En l'espèce, il n'appert nullement, et les recourants ne le prétendent d'ailleurs eux-mêmes pas, que l'autorité cantonale aurait renversé le fardeau de la preuve, ni qu'elle aurait éprouvé un doute qu'elle aurait interprété en défaveur de l'accusé. La seule question est donc de savoir si l'autorité cantonale aurait dû éprouver un doute, question qui relève de l'appréciation des preuves et doit être examinée sous l'angle de l'arbitraire. Une décision est arbitraire et donc contraire à l'art. 9 Cst. lorsqu'elle viole clairement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou contredit de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables, il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son résultat. A cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale apparaisse également concevable ou même préférable (ATF 128 II 259 consid. 5 p. 280; 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, une décision est entachée d'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un moyen de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'elle tire des déductions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). Selon les recourants, l'autorité cantonale a retenu à tort comme établis les faits retenus à l'encontre de B. X.________ et qualifiés d'injures (let. B.a ci-dessus). Dans l'arrêt attaqué, l'autorité cantonale a noté que le Tribunal de police s'est fondé d'une part sur les déclarations respectives des parties, d'autre part sur les dépositions de plusieurs personnes et enfin sur le fait que les rapports de voisinage sont extrêmement tendus depuis plusieurs années. Elle a estimé qu'une telle appréciation des preuves n'était pas entachée d'arbitraire, mais paraissait correspondre à la situation effective. En se référant au jugement de première instance, on constate que le tribunal s'est fondé sur les déclarations de B. X.________, admettant avoir tenu des propos injurieux à l'une ou l'autre occasion, mais toujours en réponse à des insultes proférées à son encontre. L'autorité a en outre relevé qu'il n'y avait aucun témoin direct des scènes en question, mais qu'il ressort du dossier, et notamment des dépositions de trois témoins, que les recourants ont eu une attitude provocatrice et agressive envers l'intimée et son mari. Enfin, elle a noté qu'il ressort de certificats médicaux que ceux-ci présentaient des symptômes de dépression et d'anxiété en raison du conflit de voisinage qui les opposaient aux recourants. B. X.________ a lui-même admis avoir adressé des propos injurieux à l'intimée et à son mari et ses affirmations selon lesquelles il aurait uniquement répondu à des insultes sont contredites par trois témoignages desquels il ressort que ce sont les recourants qui ont adopté une attitude provocatrice et agressive. Même si les témoins en question n'ont assisté directement à aucun des incidents ayant abouti à la condamnation de B. X.________ pour injures, leur déposition permet de se faire une opinion sur le comportement des protagonistes et d'en tirer des conclusions sur la manière dont se sont déroulés les faits imputés à B. X.________. C'est donc sans arbitraire que l'autorité cantonale a admis que B. X.________ avait tenu des propos injurieux et qu'il ne s'était pas borné à répondre à des insultes émanant de l'intimée et de son mari.