Citation: 5A_226/2023 E. 4.3

4.3. En l'espèce, le recourant ne s'en prend pas valablement à la motivation de la cour cantonale en tant qu'elle retient la tardiveté de sa demande de récusation. Sous l'angle de l'art. 49 al. 1, 1ère phr. CPC, il n'était donc pas arbitraire de considérer que la demande de récusation était tardive. Cela étant, le recourant soutient que ce serait la magistrate qui aurait dû se récuser en application de l'art. 48 CPC, aux termes duquel le magistrat ou le fonctionnaire judiciaire concerné fait état en temps utile d'un motif de récusation possible et se récuse lorsqu'il considère que le motif est réalisé. Or, selon la jurisprudence, au vu notamment de l'art. 48 CPC et des garanties constitutionnelle et conventionnelle d'un tribunal indépendant et impartial, le vice que constitue un cas grave de récusation doit être apprécié avec plus de rigueur qu'une éventuelle tardiveté de la demande de récusation (ATF 134 I 20 consid. 4.3.2; arrêt 4A_576/2020 précité consid. 3.1.6 et les références citées). Il convient dès lors d'examiner dans quel mesure le recourant aurait établi un motif de récusation dont la gravité devrait le cas échéant primer sur l'irrecevabilité de sa demande pour cause de tardiveté. Le recourant soutient que, sur la photographie produite, la Juge B.________ et lui-même ont les bras l'un autour de l'autre et que le "grand sourire de [la Juge] démontre les émotions qu'elle ressent lors de la prise de cette photo démontrant une certaine intensité" ( sic). Le recourant fait ainsi valoir que la photographie présentée suffirait à elle seule à démontrer objectivement une apparence d'une prévention faisant redouter une activité partiale de sa part. Il sied de relever qu'en instance fédérale, le recourant ne soutient plus avoir éconduit la Juge B.________, comme il l'avait initialement affirmé en instance cantonale, mais se fonde sur l'impression donnée par la photographie prise pour démontrer l'existence du motif de récusation qu'il allègue. Or, s'il ressort certes de la photographie concernée que le recourant et la Juge B.________ se tiennent par l'épaule et que celle-ci affiche un grand sourire, il est néanmoins impossible de savoir si ce dernier est en relation directe avec le recourant ou s'il a trait au contexte dans lequel la photographie a été prise. A ce dernier égard, le recourant se borne à soutenir qu'il aurait contesté les affirmations de la Juge B.________ selon lesquelles la photographie avait été prise il y a plus de vingt ans durant une soirée rassemblant de nombreux participants, mais ne fait toutefois pas valoir qu'il aurait fourni devant la juridiction précédente des éléments relatifs aux circonstances ou à la temporalité de la photographie. A cela s'ajoute que le recourant ne s'exprime pas sur l'argumentation - pourtant pertinente - de la cour cantonale relative à la raison pour laquelle il ne s'était pas prévalu d'une prétendue "relation" lors de sa première demande de récusation ou au moment où la magistrate avait été chargée de la procédure. On ne saurait ainsi reprocher aux juges cantonaux d'avoir arbitrairement nié l'existence d'un rapport amical ou sentimental ou de tout autre motif de prévention de la part de la Juge B.________ et le grief doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.