Citation: 5A_319/2023 E. 3

L'autorité cantonale a traité des nombreux griefs soulevés par la recourante (nullité du jugement [art. 171 LP] parce qu'il ne prononce pas sa faillite mais "la déclare en état de faillite"; déni de justice formel [art. 29 al. 2 Cst.]; défaut de procuration de l'avocate de l'intimée [art. 68 CPC]; défaut d'intérêt digne de protection et abus de droit de requérir la faillite au vu de l'obligation de lever le séquestre et de restituer les biens selon la sentence arbitrale du 12 mai 2022; exception d'inexécution [art. 82 CO]; objection de compensation [art. 120 CO]). Elle les a tous rejetés, dans la mesure de leur recevabilité. S'agissant en particulier de celui tiré de l'abus de droit, l'autorité cantonale a relevé que la recourante considérait que l'obligation de levée de séquestre et de restitution des montres prononcée dans la sentence arbitrale du 12 mai 2022 concernait tant le séquestre italien que son complément suisse et que, les montants concernés par cette restitution étant nettement supérieurs aux créances objets de la commination de faillite, l'intimée ne disposait d'aucun intérêt digne de protection à requérir la faillite. Elle a alors jugé que, s'il était exact que les deux séquestres se fondaient sur l'ordonnance italienne du 11 décembre 2015, il s'agissait de deux séquestres distincts ordonnés par des autorités différentes et que, selon le dispositif clair et univoque de la sentence arbitrale du 12 mai 2022, seule une obligation de lever le séquestre prononcé en Italie et de restituer les montres séquestrées dans ce cadre avait été décidée.