Citation: 1C_311/2024 E. 3.2.2

3.2.2. Dès lors, et conformément à la jurisprudence précitée, il convient de déterminer si le recourant est parvenu à renverser la présomption établie en rendant vraisemblable soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une détérioration rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune. Dans son écriture, le recourant n'avance aucun élément susceptible de renverser cette présomption. Sans contester la date de leur séparation, il se prévaut du fait que son départ du domicile conjugal serait intervenu suite à une altercation avec sa fille, au terme de laquelle tant cette dernière que son ex-épouse auraient souhaité le voir quitter le domicile. Il soutient ainsi que sa séparation découlerait principalement de la relation difficile qu'il entretenait avec sa fille, et non d'un problème de couple, et qu'il espérait partant que son départ n'était que provisoire. Le recourant reconnaît toutefois que sa relation de couple rencontrait elle aussi des problèmes depuis longtemps; selon lui, ces difficultés, anciennes, ne laissaient néanmoins pas penser, en juin 2015, qu'une séparation était proche. Il relève en particulier que, bien que son ex-épouse affirme que leur couple rencontrait de grosses difficultés depuis des années et qu'elle aurait été victime de violences conjugales, elle n'aurait pas mis un terme à leur relation et n'aurait jamais déposé de requête en mesures protectrices de l'union conjugale. Selon lui, cela démontrerait que leur couple était stable malgré les problèmes rencontrés et que son ex-épouse entendait poursuivre la vie conjugale. Autrement dit, il soutient que les graves difficultés au sein de son couple n'auraient nullement impacté la stabilité de sa relation. Le recourant considère également que son ex-épouse l'aurait dénoncé aux autorités dans le seul but de lui nuire, en réaction aux prétentions qu'il aurait eues dans le cadre de leur procédure de divorce. Il lui reproche ainsi d'exagérer les difficultés rencontrées et de le dépeindre comme quelqu'un de violent. Au vu de ce qui précède, il n'est pas contesté que le couple rencontrait de graves difficultés depuis des années; celles-ci avaient notamment conduit les ex-époux à entamer une psychothérapie familiale. Le recourant ne nie pas qu'un climat de grande tension régnait au domicile conjugal, tant au moment de la procédure de naturalisation qu'avant celle-ci. On ne saurait par conséquent retenir, comme l'affirme le recourant, que la séparation du couple ne découle que d'une dispute entre lui et sa fille, qui constituerait un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une détérioration du lien conjugal du jour au lendemain. Au surplus, et contrairement à l'avis du recourant, le fait que son ex-épouse n'ait pas mis un terme à leur relation plus tôt, malgré les difficultés rencontrées, ne saurait non plus constituer une preuve que leur union était stable et tournée vers l'avenir. Le recourant était conscient de la gravité des problèmes rencontrés par son couple depuis de longues années; par conséquent, il ne pouvait raisonnablement penser que son union représentait la stabilité et l'intensité requises pour fonder une naturalisation facilitée. En définitive, les éléments avancés par le recourant ne suffisent pas à renverser la présomption établie. Le TAF pouvait donc, sans violer les art. 27 al. 1 et 41 al. 1 aLN, considérer que la séparation était le résultat d'un long processus de dégradation des rapports conjugaux et confirmer l'annulation de la naturalisation facilitée octroyée au recourant. Le fait que le recourant fasse encore valoir qu'il aurait pu obtenir la naturalisation ordinaire n'empêche nullement le retrait de la naturalisation facilitée lorsque celle-ci a été obtenue frauduleusement. En effet, la naturalisation ordinaire et la naturalisation facilitée se distinguent non seulement dans leurs conditions d'octroi, mais aussi quant à la procédure applicable et aux autorités compétentes. Par conséquent, et outre le fait que le recourant avait uniquement sollicité la naturalisation facilitée, les autorités fédérales n'avaient pas à examiner si le recourant remplissait les conditions d'octroi de la naturalisation ordinaire posées par le droit cantonal (arrêts 1C_161/2018 du 18 février 2019 consid. 5; 1C_270/2018 du 6 novembre 2018 consid. 4).