Citation: 4P.253/2002 22.12.2003 E. 2

2.1 La recourante prétend tout d'abord que la cour cantonale a violé l'art. 8 al. 3 Cst. en retenant le caractère discriminatoire du salaire de l'intimée sur la base de l'expertise Q.________ et de l'équation salariale posée par ce dernier, cela sans se déterminer sur les éléments de cette équation. A l'en croire, le résultat du jugement entrepris, auquel les juges cantonaux auraient abouti par un raisonnement complètement vicié, serait contraire à la disposition constitutionnelle précitée. La recourante s'en prend encore avec véhémence au système de l'allégement du fardeau de la preuve institué par l'art. 6 LEg. 2.2 L'art. 8 al. 3, 3e phrase, Cst. dispose que l'homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale. Cette norme constitutionnelle, qui exerce un effet horizontal direct, a été concrétisée par la Loi sur l'égalité (cf. Pascal Mahon, Petit commentaire de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999, n. 21 ad art. 8 Cst.). Il suit de là que c'est désormais par la voie du recours en réforme au sens des art. 43 ss OJ qu'il convient d'invoquer la violation de l'art. 8 al. 3, 3e phrase, Cst., lorsque les rapports de travail litigieux relèvent, comme en l'espèce, du droit privé (Margrith Bigler-Eggenberger, Et si la Justice ôtait son bandeau ?, La jurisprudence du Tribunal fédéral sur l'égalité entre femmes et hommes, n. 136, p. 71). Et c'est encore par cette voie de droit que la violation du droit fédéral alléguée dans le moyen (art. 6 LEg) doit être soumise au Tribunal fédéral. Les griefs, en raison de la subsidiarité absolue du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ), sont ainsi irrecevables.