Citation: 1B_203/2007 04.10.2007 E. 3

En l'espèce, le recourant renonce expressément à soumettre au Tribunal fédéral la question de l'existence de charges suffisantes. Il nie cependant l'existence des risques de récidive et de collusion. 3.1 Selon la jurisprudence, le maintien en détention se justifie s'il y a lieu de présumer, avec une certaine vraisemblance, qu'il existe un danger de récidive. Il convient de faire preuve de retenue dans l'appréciation d'un tel risque: le maintien en détention ne peut se justifier pour ce motif que si le pronostic est très défavorable et que les délits dont l'autorité redoute la réitération sont graves (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62, 361 consid. 5 p. 367; 124 I 208 consid. 5 p. 213; 123 I 268 consid. 2c p. 270 et les arrêts cités). La jurisprudence se montre toutefois moins stricte dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves ou de délits sexuels, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). 3.2 En l'occurrence, les actes reprochés au recourant sont particulièrement graves, s'agissant d'abus sexuels et d'actes de violence commis sur des enfants. Dans son rapport du 11 juin 2007 l'expert-psychiatre relève que "dans l'éventualité où les faits reprochés à l'expertisé seraient retenus contre lui, l'attitude de déni envers ses actes attesterait d'un fort potentiel de dangerosité, et pour des motifs non psychiatriques". Il conclut que le recourant, en raison de ce déni des actes qui pourraient être retenus contre lui, présente un risque de commettre à nouveau des infractions de même nature. Au terme de son rapport, l'expert précise encore qu'il est nécessaire que B.________, la belle-fille du recourant âgée de dix ans, bénéficie de mesures de protection. Le recourant souligne que l'audition de sa belle-fille par la police n'a révélé aucun indice d'abus sexuel, mais cet élément n'est pas suffisant pour écarter toute vraisemblance d'un risque de récidive. Il y a d'ailleurs lieu de relever que B.________ n'a vécu que peu de temps avec l'intéressé, puisqu'elle est arrivée de Chine lorsque sa mère a épousé le recourant, environ un an avant son arrestation. Par ailleurs, s'il est vrai que l'expert estime qu'un traitement médical serait susceptible de diminuer le risque de récidive, il précise que "l'attitude de déni de l'expertisé et l'absence d'une véritable prise de conscience de ses difficultés ne plaident pas en faveur d'une mesure de soin". Il n'est au demeurant aucunement établi que le traitement que l'intéressé dit suivre en détention serait de nature à diminuer le danger de réitération des actes qui lui sont reprochés. Pour le surplus, le recourant se borne à affirmer que l'existence d'un risque de récidive a été retenue de manière totalement arbitraire, mais il n'avance aucun élément qui permettrait de remettre en cause les constatations de l'expert. Il convient en outre de relever que trois des filles du recourant ont relaté des actes de violence physique ainsi que des atteintes à l'intégrité sexuelle de différentes natures, qui auraient été commis pendant de nombreuses années. Vu la gravité des actes reprochés au recourant et le risque important encouru par des victimes potentielles, il y a lieu de considérer que l'existence d'un important risque de réitération est établie avec suffisamment de vraisemblance.