Citation: 1P.441/2006 24.11.2006 E. 1

2.2 Dans la mesure où le recourant allègue que la Cour correctionnelle aurait omis de statuer sur une conclusion qu'il avait prise devant elle, tendant à ce qu'il soit mis au bénéfice d'un traitement ambulatoire au sens de l'art. 44 ch. 1 CP, son grief revient en réalité à invoquer un déni de justice. Il n'établit toutefois aucunement avoir effectivement pris une conclusion en ce sens en première instance. En particulier, il ne se réfère à aucun passage du procès-verbal de l'audience de la Cour correctionnelle qui en attesterait. Sur ce point, le recours est par conséquent irrecevable, faute de motivation suffisante (cf. supra, consid. 1). 2.3 Le juge n'est tenu d'envisager une mesure au sens de l'art. 44 CP (internement dans un établissement pour alcooliques ou dans un établissement hospitalier ou traitement ambulatoire) que si les conditions du prononcé d'une telle mesure apparaissent réunies, c'est-à-dire si le délinquant est alcoolique, si l'infraction commise est en rapport avec cet état et si la mesure est nécessaire pour prévenir de nouveaux crimes ou délits. L'arrêt attaqué considère qu'il résulte du raisonnement des premiers juges que ces derniers ont nié l'existence d'un lien suffisant entre l'infraction et l'alcoolisme du recourant, que, par-là même, ils ont exclu le prononcé d'une mesure, notamment d'un traitement ambulatoire, selon l'art. 44 CP et que leur refus de faire application de cette disposition est ainsi suffisamment motivé. De l'arrêt de première instance, il ressort que les premiers juges ont considéré que les mobiles du recourant n'apparaissaient pas clairement, mais qu'on entrevoyait chez lui un large usage de la violence, comme réponse à des situations non maîtrisées, qui pouvait être mis en partie sur le compte d'une dépendance à l'alcool. Ce raisonnement permettait à tout le moins de comprendre que, selon les premiers juges, l'addiction du recourant à l'alcool n'expliquait que partiellement sa difficulté à se maîtriser, qui était principalement à l'origine de l'acte reproché, et, partant, que pour eux l'addiction du recourant à l'alcool n'avait joué qu'un rôle limité dans la commission de l'infraction. Certes, les premiers juges n'ont pas précisé que, par conséquent, ils estimaient que le prononcé d'une mesure au sens de l'art. 44 CP ne se justifiait pas. Il pouvait toutefois être déduit sans difficulté de leur raisonnement qu'ils estimaient n'avoir pas de motif d'envisager l'application de l'art. 44 CP, car ils tenaient pour insuffisant le lien existant entre l'addiction du recourant à l'alcool et l'acte qui lui était reproché. Preuve en est que le recourant, en vue d'obtenir l'application de l'art. 44 CP, a contesté dans son pourvoi en cassation et conteste encore dans son recours de droit public le refus d'admettre un rapport suffisamment étroit entre son addiction à l'alcool et l'infraction commise. Au reste, le recourant apparaît malvenu de reprocher aux premiers juges de ne s'être pas montrés plus explicites, dans la mesure où il n'est pas établi qu'il aurait réellement plaidé l'application de l'art. 44 CP devant eux, ce qu'il se borne à affirmer, sans le démontrer. Dans ces conditions, l'autorité cantonale pouvait admettre, sans violer le droit d'être entendu du recourant, que l'arrêt de première instance, sur le point litigieux, était suffisamment motivé.