Citation: 4P.9/2005 10.05.2005 E. B

Le 18 novembre 1999, les époux A.________ et B.________ ont assigné Menuiserie Charpente X.________, devant le Tribunal de première instance du canton de Genève, en paiement de plusieurs dizaines de milliers de francs correspondant à des frais de réparation ainsi qu'à différents frais liés aux expertises susmentionnées. Menuiserie Charpente X.________, a conclu au déboutement et, reconventionnellement, à ce que les époux B.________ lui versent une somme correspondant au solde de deux factures impayées. Une expertise a été ordonnée en cours de procédure. Par jugement du 19 mai 2004, le Tribunal de première instance du canton de Genève a débouté les époux A.________ et B.________ de leur demande principale et rejeté la demande reconventionnelle de Menuiserie Charpente X.________. Statuant sur appel des époux A.________ et B.________ par arrêt du 23 novembre 2004, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a confirmé le jugement du 19 mai 2004. En substance, elle a admis l'existence d'un défaut mais considéré qu'il n'était pas établi que celui-ci soit imputable à Menuiserie Charpente X.________. L'expert judiciaire avait estimé que la conception de la toiture et de l'isolation était adéquate. Il indiquait que les défauts d'étanchéité pouvaient provenir de différentes causes, dont certaines (intervention de maîtres d'état tiers, défauts des bandes autocollantes) étaient indépendantes de la bonne exécution du travail et de la qualité du matériel choisi par Menuiserie Charpente X.________. Cet avis était également exprimé dans le complément d'expertise hors procès. Dans l'hypothèse où d'autres corps de métiers seraient à l'origine des défauts, l'architecte et Menuiserie Charpente X.________, auraient pu, selon l'expert judiciaire, déceler la perforation des barrières à l'air et l'architecte pouvait vérifier la bonne exécution de la barrière de vapeur. Selon le complément d'expertise judiciaire effectué par l'EPFL, seule la dépose complète du lambris permettrait de constater précisément les causes du défaut. D'après l'expertise hors procès, les travaux de recherches et de démontage étaient cependant fastidieux. Par ailleurs, tant l'expert nommé par le Tribunal que l'expert de l'EPFL, aux services duquel celui-ci avait recouru pour le complément d'expertise, estimaient que le meilleur mode de réparation consistait à doubler le lambrissage et ne préconisaient pas la dépose complète du lambris, qui n'avait donc pas été effectuée et que les époux A.________ et B.________ n'avaient pas sollicitée non plus. Les constatations de fait ne permettaient ainsi pas de déterminer la cause exacte du défaut. A l'instar du premier juge, il fallait par conséquent considérer que les époux A.________ et B.________ n'avaient pas établi que le défaut d'étanchéité à l'air était imputable à Menuiserie Charpente X.________. Dans la mesure où le fardeau de la preuve leur incombait (art. 8 CC), c'était à juste titre qu'ils avaient été déboutés de leurs conclusions principales.