Citation: 5A_259/2024 E. B

A l'issue d'une audience tenue le 22 décembre 2022, la DGEJ a ouvert une enquête en limitation de l'autorité parentale, sur signalement effectué le 22 novembre 2022 par la DGEJ en raison du caractère préoccupant de la situation familiale générale (essentiellement: mise en place d'une action éducative en milieu ouvert [AEMO] en juillet 2022; instauration d'un réseau conséquent du point de vue médical et d'accompagnement global de la famille à la suite de l'hospitalisation de C.________ en raison d'un diagnostic de diabète de type I; inquiétude quant à la prise en charge particulière de cet enfant; grande instabilité familiale). B.a. B.a.a. Le 6 avril 2023, l'école a adressé à la DGEJ et à la justice de paix un nouveau "signalement d'un mineur en danger dans son développement". B.________ s'était présentée en classe avec un hématome sur le front, indiquant spontanément à son enseignante avoir été frappée par sa mère; la gestion du diabète de C.________ était inappropriée. B.a.b. La DGEJ a établi un rapport d'évaluation le 24 mai 2023, dont il ressort en substance: la situation très précaire et fluctuante au niveau du logement familial (nombreuses allées et venues dans un 2 pièces accueillant parfois jusqu'à huit personnes), laquelle ne permettait pas d'assurer un climat serein et sécurisant aux enfants et d'assurer leurs besoins; les inquiétudes quant à la prise en charge particulière que nécessitait la maladie de C.________ et au suivi de celle-ci, plus globalement le laxisme de la mère dans la gestion cette maladie; les difficultés rencontrées en classe par l'enfant et la problématique de la gestion du diabète dans le contexte scolaire; les comportements préoccupants de B.________ (petits vols en magasin, égarement en chemin, absence de nouvelles); les réactions de violence (verbale et parfois physique) de la mère à son égard et les responsabilités que la mineure assumait sans qu'elles fussent les siennes. La DGEJ constatait par ailleurs que toutes les mesures d'accompagnement mises en place depuis janvier 2022 n'avaient pas permis de faire évoluer la situation, que la collaboration des parents était faible et que, si ces derniers adhéraient parfois aux propositions, ils ne les investissaient pas véritablement. La parentalité du père n'avait pu être évaluée de manière détaillée en raison de la séparation conflictuelle et de sa situation personnelle (sans domicile fixe); il était en conséquence difficile d'envisager un éventuel changement de garde en sa faveur ou une plus grande implication de celui-ci dans l'éducation des enfants. La DGEJ proposait en conséquence de retirer à la mère le droit de déterminer le lieu de résidence des enfants et de lui confier un mandat de placement et de garde. Pour l'essentiel, les informations ressortant du rapport précité sont confirmées par les nombreux comptes-rendus/rapports/courriers établis en cours de procédure par les enseignantes et responsables d'établissement scolaire de C.________, l'AEMO et les intervenants médicaux (infirmière référente auprès de l'association pour la promotion de la santé et le maintien à domicile [APROMAD]; médecin associée au sein de l'unité d'endocrinologie, diabétologie et obésité pédiatrique du CHUV). B.a.c. Le 2 juin 2023, la DGEJ a dénoncé pénalement A.________ en lien avec l'hématome présenté par B.________ au niveau du front, étant précisé que la mère a indiqué le caractère accidentel de cet événement à plusieurs reprises. B.a.d. Le 7 septembre 2023, la juge de paix a procédé à l'audition de A.________, assistée de son conseil, et de deux assistantes sociales de la DGEJ. La mère a confirmé s'être rendue au Cameroun dans le courant du mois d'août 2023 afin de se marier avec un homme qui ne pouvait venir vivre en Suisse pour l'instant, laissant ses enfants aux soin d'une jeune fille dont l'infirmière référente auprès d'APROMAD avait précédemment relevé les connaissances "confuses" pour gérer le diabète de C.________. Les enfants ont été entendus par la juge de paix le 19 septembre 2023. B.a.e. Le 25 septembre 2023, un "rapport de consultation commune de neuropsychologie et pédopsychiatrie du 31.05.2023" a été établi au sujet de C.________ par des intervenants de l'unité de neurologie et neuroréhabilitation pédiatrique du CHUV - Consultation Troubles des Apprentissages Scolaires. Ceux-ci ont relevé un trouble déficitaire de l'attention léger à modéré ainsi qu'un léger retard dans les acquisitions, caractérisé par des difficultés de compréhension du langage oral et dans le langage écrit; l'enfant présentait par ailleurs des difficultés relationnelles et de communication ainsi qu'un attachement insécure-évitant sur le plan psychoaffectif. B.a.f. Le 5 octobre 2023, la DGEJ a retranscrit le compte-rendu de E.________, infirmier en diabétologie à l'Hôpital de l'enfance et référent de C.________, suite à un séjour hospitalier de celui-ci, préconisé pour recalculer les doses appropriées d'insuline en raison du mauvais équilibre global de son diabète. Selon ce compte-rendu, l'hospitalisation avait mis en exergue que les hyperglycémies relevées la nuit et le matin étaient dues à un dosage trop faible du traitement; une réévaluation de ces dosages serait effectuée régulièrement. Au sujet de l'évaluation des compétences de la mère, l'infirmier indiquait que celle-ci effectuait les choses convenablement, adoptait les bons gestes de soins et calculait correctement les glucides pour déterminer la dose d'insuline, si bien que les hyperglycémies ne semblaient pas être dues à des carences ou à des négligences de sa part. L'infirmier avait malgré tout rappelé à A.________ l'importance de stimuler davantage son fils en l'encourageant à aller régulièrement jouer dehors plutôt que d'être devant les écrans. Par courrier du même jour à la justice du paix, la DGEJ a maintenu ses conclusions en placement des enfants. B.a.g. A.________ a pour sa part contesté les conclusions de la DGEJ par courrier du 30 octobre 2023. B.b. Par décision du 11 décembre 2023, la justice de paix a notamment retiré le droit de A.________ et de D.________ de déterminer le lieu de résidence de leurs enfants en application de l'art. 310 CC et confié un mandat de placement et de garde à la DGEJ. B.c. Statuant le 18 mars 2024 sur le recours formé par A.________, la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: la cour cantonale) l'a rejeté et a confirmé la décision prise par la justice de paix. L'arrêt a été déclaré exécutoire.