Citation: 1P.453/2000 31.07.2000 E. B

B.- La détention préventive de F.________ a été prolongée par la Chambre d'accusation genevoise le 4 avril 2000, compte tenu des motifs avancés par le juge d'instruction, soit le risque de collusion avec J.________, lequel était en fuite. Le 23 juin 2000, F.________ a demandé sa mise en liberté provisoire. Il relevait s'être livré spontanément à la justice et avoir, lors de ses auditions des 27 et 30 mars 2000, admis et expliqué les actes commis par lui-même et ses acolytes, ce qui avait notamment permis de confondre S.________ et de récupérer une partie des fonds détournés. Il n'y avait pas de risque de collusion avec J.________, celui-ci étant en fuite. Par ordonnance du 27 juin 2000, la Chambre d'accusation a refusé la mise en liberté: les charges - non contestées - étaient suffisantes; l'instruction était loin d'être terminée, de nouvelles plaintes parvenant régulièrement au Parquet; des pièces comptables et documents des sociétés X.________ avaient été détruites; le risque de collusion avec les plaignants et J.________ ne pouvait être exclu, la totalité du butin n'ayant pas été retrouvée; le risque de fuite a également été reconnu, l'inculpé ayant, lors d'une audition du 28 mars 2000, fait part de son intention de partir à l'étranger, S.________ ayant par ailleurs précisé que F.________ avait placé des fonds en Hongrie. S.________ avait été libéré le 30 mai 2000 par le juge d'instruction, mais sa situation était différente car, contrairement à F.________ et J.________, il n'avait pas organisé et exécuté les détournements, mais s'était contenté de recevoir de l'argent pour son silence.