Citation: 4D_30/2017 E. B

B.a. La société de recouvrement a saisi le Juge de paix du district de La Riviera - Pays-d'Enhaut (VD) d'une requête de conciliation le 2 juillet 2014. Après l'obtention d'une autorisation de procéder, elle a déposé une demande le 16 décembre 2014, concluant à ce que le notaire soit condamné à lui payer 5'819 fr. 65 plus intérêts. La société de recouvrement a produit une troisième liste des opérations qu'elle qualifie de procès-verbal interne, dans laquelle sont recensées des opérations s'étendant du 7 septembre 2011 au 25 octobre 2013 (pièce 4). Elle a par ailleurs fait procéder à l'audition de deux anciennes employées (E.________ et F.________). Ces témoins ne se souvenaient pas du dossier confié par le notaire et n'ont pu fournir que des renseignements d'ordre général sur la façon dont procédait leur employeuse. E.________ a déclaré qu'un procès-verbal des opérations était habituellement établi dans les dossiers traités par la société de recouvrement et qu'il était complété au fur et à mesure des interventions. B.b. Par décision du 4 octobre 2016, le Juge de paix a rejeté la demande à l'issue des considérants résumés ci-dessous. Les parties s'étaient liées par un contrat de mandat au sens des art. 394 ss CO. L'instruction et le positionnement des parties révélaient qu'elles avaient la même interprétation du contrat, à savoir que la société de recouvrement avait droit à la rémunération prévue si son intervention - c'est-à-dire l'exécution du mandat - était à l'origine du paiement par le débiteur recherché. Ladite société n'avait pas prouvé qu'elle-même ou D.________ aurait déployé une activité qui aurait permis d'établir des contacts avec C.________, voire avec son entourage, respectivement n'avait pas prouvé que l'exécution du mandat par elle-même ou par D.________ serait à l'origine des paiements effectués par le prénommé. Les listes d'opérations produites avaient été établies unilatéralement par les employés de A.________ SA ou de D.________, celle-ci devant être rémunérée par celle-là. Les listes étaient contradictoires au vu des éléments différents qui en ressortaient, dont certains étaient impossibles. Ainsi, la liste transmise le 20 janvier 2014 (pièce 13) mentionnait des contacts directs avec le débiteur dès avril 2012 [sic!], alors que dans son courrier du 28 mai 2013, la société de recouvrement avait concédé que ni elle, ni D.________ n'avaient eu de contacts directs avec C.________. L'audition des anciennes employées n'avait pas apporté d'élément pertinent puisqu'elles s'étaient contentées d'énoncer des généralités ou de se fonder sur le procès-verbal interne (pièce 4), qui ne pouvait que les avoir influencées. Il ressortait ainsi des faits établis que la société de recouvrement n'avait entrepris que tardivement l'exécution du mandat et avait multiplié les opérations uniquement après que le notaire lui eut demandé le 3 décembre 2012 de laisser le dossier en suspens; or, un tel comportement était contraire aux obligations du mandataire ou de son substitut, qui devaient respecter les instructions du mandant. Les contacts directs avec le débiteur ne dataient que du mois de septembre 2013. En définitive, aucun élément ne démontrait une exécution du mandat qui serait à l'origine des paiements effectués par C.________. Partant, la demanderesse n'avait pas droit à la rémunération prévue par le contrat du 23 mars 2011. B.c. Le 10 janvier 2017, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal vaudois a rejeté le recours stricto sensu (art. 319 CPC) formé par la société de recouvrement. La Chambre a rejeté le grief de constatation manifestement inexacte des faits en confirmant que la valeur probante des trois listes d'opérations fournies par la société demanderesse était insuffisante. Elle a notamment relevé que ces documents avaient été établis unilatéralement par la société de recouvrement ou par sa partenaire D.________, qu'elle devait rémunérer; les pièces 13 et 133 [let. Ad supra] ne portaient pas d'en-tête et n'étaient pas datées, signées ou visées. Quant à la pièce 4 [let. Ba supra], elle ne comportait que des initiales non manuscrites au côté des opérations indiquées. Une lecture détaillée des trois listes confirmait qu'elles comportaient des opérations et dates différentes et entraient en contradiction les unes avec les autres. On ne pouvait admettre la prétendue complémentarité de la pièce 13 au regard des pièces 4 et 133. Par ailleurs, il n'était pas insoutenable d'inférer du courrier du 28 mai 2013 que ni la société de recouvrement, ni D.________ n'avaient eu de contact direct avec le débiteur. Quant aux témoignages des ex-employées, ils ne fournissaient que des généralités sur la méthode de travail au sein de la société de recouvrement, qui admettait elle-même que les témoins n'avaient plus souvenir du dossier ni du contenu des listes. Le premier juge pouvait dès lors conclure sans arbitraire à l'absence de preuve démontrant que le résultat escompté s'était produit grâce à l'intervention de la société de recouvrement ou à celle de sa partenaire. Le premier juge avait également considéré à juste titre que la société de recouvrement n'avait pas exécuté son mandat avec toute la diligence requise au vu des retards qui lui étaient imputables; or, cette mauvaise exécution, étayée par les pièces produites par le notaire, ne donnait pas droit à la rémunération prévue par le contrat.