Citation: BGE 149 IV 57 E. 2.8

Quant à B., la cour cantonale a retenu qu'il avait été associé au projet de voyage, sur suggestion de A., à titre amical, parce qu'il s'intéressait à la Formule 1 et qu'il traversait une période difficile sur le plan personnel. S'il s'agissait dès lors à ses yeux d'un pur voyage d'agrément, n'ayant selon ses déclarations pas ressenti le même BGE 149 IV 57 S. 79 "malaise" que A., B. avait toutefois été présenté, dans le courrier d'acceptation de l'invitation, comme étant le chef de cabinet (Chief of Staff) du Conseiller d'Etat, de sorte que c'était donc bien à ce titre, et non à celui d'ami, qu'il avait été convié au voyage, ce qu'il ne pouvait pas avoir ignoré. Par ailleurs, s'il est d'autant plus clair que ni les autorités d'Abou Dhabi, ni D. n'avaient de projet particulier concernant B., ceux-là disposaient néanmoins également d'un intérêt à obtenir sa bienveillance dans l'exercice de ses fonctions officielles (cf. consid. 2.5.2 supra), le chef de cabinet ayant lui-même, par sa qualité, la capacité de conseiller et d'influencer le Conseiller d'Etat dans ses prises de décisions. Homme d'expérience de la chose publique, B. en était nécessairement conscient au moment d'accepter de participer au voyage.