Citation: 5A_306/2022 E. 3.1

3.1. Selon l'arrêt entrepris, la mère de l'intimée a travaillé en qualité d'aide-infirmière à un taux de 90 % du 15 octobre 2007 au 31 mars 2013 et a cessé toute activité deux mois avant la naissance de sa fille. Elle réalisait alors un salaire mensuel net, treizième salaire compris, de 3'492 fr. 95 en 2011 et de 3'709 fr. 15 en 2012. Selon son contrat de travail, elle était rémunérée selon les classes de traitement 5 à 7. Lors d'une audience de mesures provisionnelles tenue le 16 août 2018, la mère avait exposé ne plus vouloir travailler dans le domaine de la santé en raison des horaires et rechercher un emploi dans d'autres domaines, idéalement dans le domaine social. Dès 2017, elle avait bénéficié du revenu d'insertion. Depuis le mois d'octobre 2020, elle travaillait en tant que gardienne d'animaux à U.________ (FR), à un taux qu'elle estimait varier entre 40 % et 50 %. Selon les fiches de salaire produites pour les mois d'octobre 2020 à janvier 2021, elle percevait à ce titre un revenu mensuel net moyen de 832 fr. 95, part au treizième salaire et indemnités pour jours fériés comprises. Il ressort du jugement de première instance que l'autorité avait arrêté le revenu hypothétique de la mère en s'appuyant sur le calculateur de salaires « Salarium » élaboré par l'Office fédéral de la statistique (OFS). La cour cantonale a quant à elle relevé que, selon le calculateur « Salarium », le salaire moyen réalisé par une femme de 39 ans en qualité d'aide-infirmière sans fonction de cadre était de 2'971 fr. brut à 50 % (2'711 fr. valeur inférieure et 3'412 fr. valeur supérieure). Selon l'échelle de salaire de la Convention collective de travail (CCT) dans le secteur sanitaire parapublic vaudois, le salaire mensuel dans les classes 5 à 7 se situait entre 3'748 fr. et 4'822 fr. brut à 100 %, sans treizième salaire. Selon l'autorité cantonale, si l'on comparait le dernier salaire de la mère de l'intimée en 2012 (4'121 fr. à 100 %, treizième salaire compris) à celui prévu par le « Salarium » fondé sur les données 2018 ([2'971 fr. x 2] - 13.225 % de cotisations sociales = 5'156 fr.) et à celui fixé dans la CCT pour l'année 2021 ([3'748 fr. - 13.225 % = 3'252 fr.] et [4'822 fr. - 13.225 % = 4'184 fr.]), on se rendait compte que le montant prévu par le « Salarium » était trop élevé et que le dernier salaire correspondait plutôt à la fourchette haute prévue par la CCT (ou au revenu moyen versé treize fois l'an). Du reste, on devait également tenir compte de la situation de la mère, qui avait arrêté de travailler dans ce domaine durant près de 10 ans, ce qui justifiait également de préférer le salaire arrêté par la CCT. La juridiction précédente a donc retenu que le revenu mensuel qui pouvait raisonnablement être demandé de la mère à 50 % était de 2'092 fr. par mois (4'184 fr. x 50 %). Elle a ensuite imputé un revenu hypothétique de 3'347 fr. à un taux de 80 % (4'184 fr. x 80 %) dès que l'enfant débuterait le degré secondaire, à savoir dès le 1er septembre 2024.