Citation: 7B_553/2023 E. 2.5.2

2.5.2. En l'occurrence, les recourants n'apportent aucun élément susceptible de remettre en cause l'appréciation de la juridiction précédente selon laquelle il ne ressort pas des comportements dénoncés, même appréciés ensemble, que l'intimé aurait adopté un comportement partial à leur endroit. Il convient à cet égard de garder à l'esprit le contexte du cas d'espèce. En effet, les comportements dénoncés se sont déroulés dans le cadre de l'enquête pénale devant la police; au contraire du Ministère public, celle-ci ne dispose pas de la direction de la procédure (cf. art. 61 let. a CPP). Les recourants n'allèguent du reste pas que l'appréciation définitive ne serait en l'occurrence pas laissée au Ministère public, voire au juge du fond. Quoi qu'il en soit, le seul fait que le résultat de l'enquête de police ne corresponde pas à celui attendu ne constitue pas un motif de récusation. En effet, la procédure de récusation ne tend pas à permettre aux parties de contester les mesures d'instruction qui ne leur conviennent pas; elles doivent, le cas échéant, user des voies de droit à leur disposition. Il résulte à cet égard de l'ordonnance querellée que les recourants ont d'ailleurs requis l'administration d'un certain nombre de preuves devant le Ministère public, requérant en particulier leur propre audition ainsi que celle des personnes déjà entendues par l'intimé et demandant le versement au dossier des renseignements de police et casiers judiciaires des policiers prévenus (cf. dossier cantonal, partie C; art. 105 al. 2 LTF). Les recourants ne soutiennent au surplus pas qu'ils ne pourront pas, le cas échéant, participer à l'administration des preuves, voire critiquer - y compris devant le juge du fond - l'éventuelle appréciation qui pourrait en découler. C'est dans le cadre spécifique de l'enquête de police qu'il appartenait à l'autorité précédente d'examiner les griefs des recourants, ce qu'elle a fait de manière circonstanciée. Les recourants se contentent à cet égard de critiquer longuement son raisonnement, sans cependant remettre en cause les circonstances liées à l'enquête de police dont on a vu qu'elles sont déterminantes dans l'examen de la prévention invoquée. Au surplus, le fait que l'intimé ait mené seul les actes d'enquête de police n'a pas d'incidence sur cette appréciation. De même, contrairement à ce que soutiennent les recourants, le statut procédural de la personne requérant la récusation - en l'occurrence la partie plaignante - n'a pas d'influence sur l'attitude que peut adopter le policier à l'égard des parties (cf. consid. 2.3.1 et 2.3.2 supra; cf. ég. arrêt 7B_299/2023 du 29 février 2024 consid. 4 [récusation demandée par la partie plaignante]); il est rappelé à cet égard que l'instruction doit être menée tant à charge qu'à décharge du prévenu (cf. art. 6 al. 2 CPP). En tout état, il ne résulte pas de l'ordonnance querellée que l'intimé aurait commis des fautes particulièrement graves ou inhabituellement fréquentes qui, appréciées dans leur ensemble, constitueraient une violation grave de ses devoirs de fonction et se répercuteraient unilatéralement au détriment des recourants (cf. arrêt 7B_299/2023 du 29 février 2024 consid. 3.2). Enfin, quand bien même les actes à la base de l'enquête relèveraient de traitements inhumains ou dégradants au sens de l'art. 3 CEDH, comme semblent le soutenir les recourants, on ne voit pas en quoi cela modifierait l'appréciation du cas d'espèce. Pour autant que les recourants entendraient se plaindre par là de connivence entre l'intimé et les policiers prévenus, leur grief doit être rejeté. En effet, de jurisprudence constante, les seuls liens professionnels ou collégiaux entre deux personnes ne suffisent pas, en l'absence d'autres indices de partialité, à fonder une obligation de récusation (ATF 139 I 121 consid. 5.3; 133 I 1 consid. 6.4; arrêt 7B_190/2023 du 14 décembre 2023 consid. 4.3 et les références citées), étant relevé qu'il ne ressort pas de l'ordonnance querellée que de tels liens existeraient en l'espèce. L'autorité précédente n'a en définitive pas violé le droit fédéral, ni fait preuve d'arbitraire en rejetant la demande de récusation formée par les recourants contre l'intimé.