Citation: U 385/05 05.10.2006 E. A

B.________, née en 1968, a travaillé au service de X.________. A ce titre, elle était assurée auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 7 mai 2000, alors qu'elle traversait la chaussée à D.________, elle a été renversée par une automobile dont le conducteur a brûlé un feu rouge et n'a pu l'éviter malgré un freinage appuyé. Elle a été hospitalisée jusqu'au 13 mai 2000 à l'Hôpital Y.________, où furent diagnostiquées une commotion cérébrale, une distorsion cervicale et une contusion de l'épaule droite. Le 30 octobre 2000, les docteurs A.________ et S.________, spécialistes en médecine interne et médecins traitants, ont diagnostiqué une otospongiose bilatérale prédominante à droite, un état dépressif multifactoriel, des troubles obsessionnels compulsifs post-traumatiques ainsi que des céphalées et cervicalgies post-traumatiques. Les affections psychiques nécessitaient un suivi hebdomadaire auprès de la doctoresse L.________, médecin-psychiatre au Département universitaire Z.________. Le 26 janvier 2001, les médecins du Département universitaire Z.________ ont posé les diagnostics d'épisode dépressif sévère sans symptôme et d'état de stress post-traumatique. Ce dernier trouble se manifestait surtout par la présence de cauchemars relatifs à l'accident, un émoussement émotionnel, un détachement par rapport aux autres ainsi qu'un évitement des activités ou des situations susceptibles de réveiller les souvenirs du traumatisme. En outre, la patiente décrivait des vertiges, des nausées et des cervicalgies associées à des lombalgies. Mandaté comme expert par la CNA, le docteur R.________, spécialiste en neurologie, a rendu son rapport le 30 mai 2001. Ce médecin a posé les diagnostics suivants: status après commotion cérébrale et traumatisme de la colonne cervicale avec contusion de l'épaule droite, syndrome post-commotionnel en voie d'amélioration, syndrome douloureux en présence d'une tendo-myogélose segmentaire à localisation paracervicale droite, état anxio-dépressif post-traumatique. L'assurée présentait, en premier lieu, des plaintes subjectives d'ordre somatique compatibles avec un syndrome post-commotionnel et le traumatisme cervical et, en deuxième lieu, une problématique psychique. Par ailleurs, il lui semblait indispensable que l''assurée soit remise dans un circuit professionnel indépendamment du degré de la capacité de travail qui ne pouvait pas encore être établi (rapport du 30 mai 2001). Selon l'expertise complémentaire du 22 mai 2002 du docteur R.________, les les plaintes d'ordre somatique actuelles se limitaient à des douleurs compatibles avec une tendo-myogélose segmentaire à localisation principalement paracervicale droite; les vertiges avaient régressé. Au premier plan, on relevait la présence d'un syndrome dépressif sévère sans symptômes psychotiques; l'assurée était toujours régulièrement suivie par l'Hôpital W.________, où elle était traitée sous les angles médicamenteux et psychothérapeutique. Le diagnostic de syndrome dépressif post-traumatique pouvait être retenu. Cette atteinte n'avait pas été influencée par un état dépressif préexistant à l'accident du 7 mai 2000. Selon des informations communiquées par le psychiatre traitant au cours d'une conversation téléphonique du 30 avril 2002, l'état dépressif s'était amélioré au cours des derniers mois, si bien qu'en accord avec ce praticien, l'expert proposait une reprise immédiate du travail à 50 % dans le domaine des connaissances en informatique de l'intéressée. Il préconisait un suivi de l'assurée dans cette démarche ainsi qu'une réévaluation définitive de sa capacité de travail dans un délai de deux ans. En outre, il était d'avis qu'en l'absence d'une régression ultérieure de l'état dépressif à ce moment, il serait indispensable d'établir la part de cette dépression attribuable « à des facteurs à ce moment avec certitude indépendants de l'accident en question ». Le 4 novembre 2002, les médecins du Département universitaire Z.________ ont informé la CNA qu'en dépit des traitements prodigués, l'assurée présentait une persistance d'humeur dépressive avec diminution de sentiment de force, de vitalité, de forme physique et psychique et de tranquillité, le tout s'inscrivant dans un contexte socio-professionnel difficile. L'état psychique fragile et la labilité de l'humeur persistants de l'assurée étaient susceptibles de mettre en échec la réintégration socio-professionnelle en cours. Le 18 mars 2003, le docteur C.________, spécialiste en neurologie de la division de médecine des assurances, à Lucerne, a exposé, notamment, que l'ensemble des rapports médicaux au dossier mettaient clairement les troubles psychiques au premier plan. Par ailleurs, l'assurée ne présentait pas de lésion neurologique ou somatique. Par décision du 31 mars 2003, confirmée sur opposition le 23 juillet 2003, la CNA a mis fin à l'ensemble de ses prestations avec effet au 31 mars 2003, considérant que l'assurée ne présentait plus de séquelles organiques consécutives à l'accident du 7 mai 2000 et que seuls des motifs psychiques étaient responsables des troubles actuels. La capacité de travail de l'assurée était entière dès le 1er avril 2003.