Citation: 4C.366/1999 14.02.2000 E. 1

truire sa demande reconventionnelle ou, si elle estimait ne pas être en mesure de le faire, suspendre l'instruction du dossier dans son ensemble afin de ne pas prétériter son droit de compenser. b) Le recours est voué à l'échec sur ce point pour plusieurs raisons. L'exercice de la compensation suppose une déclaration, qu'il est possible d'exercer également en cours d'instance, selon des formes et jusqu'à un stade fixés par le droit cantonal (ATF 63 II 133 consid. 2; Engel, Traité des obligations en droit suisse, 2e éd., p. 675). En l'occurrence, le défendeur ne dit pas quand ou comment il a invoqué la compensation devant les juges précédents. Or en procédure genevoise, la possibilité de soulever une exception de compensation en appel est fort limitée (Gabriel Aubert, Quatre cents arrêts sur le contrat de travail, n° 440). L'arrêt attaqué ne contient pas d'indication à ce sujet. Dès lors, on doit partir du principe que l'exception n'a pas été soulevée en procédure cantonale, de sorte que le recourant ne peut pas s'en prévaloir devant le Tribunal fédéral (art. 55 al. 1 let. c OJ). Par ailleurs, la décision de suspension prise par les premiers juges, à laquelle la Chambre d'appel s'est référée pour la confirmer, se fonde sur l'art. 7 CPP gen., soit du droit cantonal. Le défendeur ne démontre pas en quoi l'application du droit cantonal serait contraire à la force dérogatoire du droit fédéral. Le moyen devrait être déclaré irrecevable pour ce motif. Enfin, comme on l'a déjà exposé dans l'arrêt rendu sur le recours de droit public, l'argumentation du défendeur est abusive, dans la mesure où il s'est prononcé en faveur de la suspension de la procédure concernant l'indemnité de tort moral réclamée par la demanderesse, décrivant cette solution comme "la plus juste". Le défendeur n'explique pas en quoi une différence de traitement entre la demanderesse et lui se justifierait.