Citation: 8C_247/2018 E. A

A.________, né en 1976, travaillait en qualité d'aide-ferrailleur au service de l'entreprise B.________ Sàrl depuis le 2 août 2013. Il était, à ce titre, assuré contre le risque d'accidents auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 11 juillet 2014, il a été victime d'un accident professionnel sur un chantier de l'autoroute. Il était occupé à déplacer de la ferraille lorsqu'il a été heurté au niveau de la jambe par une excavatrice en marche dont le conducteur ne l'avait pas vu; la roue avant droite de l'engin a roulé sur son pied gauche. Il en est résulté une torsion de la cheville et un écrasement complexe du pied gauche avec fracture-luxation et multiples fractures. Le même jour, A.________ a subi plusieurs interventions au service d'orthopédie et traumatologie de l'hôpital C.________. La CNA a pris en charge le cas. Dans les suites de l'événement, l'assuré a présenté une nécrose, ce qui a nécessité une amputation métatarsienne distale des trois pre-miers orteils du pied gauche, suivie d'un recouvrement par un lam-beau musculaire libre de type gracilis prélevé à la cuisse droite. L'ablation du matériel d'ostéosynthèse a eu lieu le 19 décembre 2014. Le 19 mai 2015, les médecins ont encore procédé à un lipofilling au niveau de la zone d'hyper-appui du 1er rayon. Du 2 au 22 juin 2015, A.________ a séjourné à la Clinique romande de réadaptation (CRR). Les médecins de la CRR ont fait état d'une situation d'impasse thérapeutique car le prénommé, dont le moral était bas, craignait une amputation de tout le pied s'il le remettait en charge. Pour autant, les plaintes et limitations fonctionnelles étaient objectivables; il n'y avait pas d'incohérence mais de nombreuses auto-limitations. Une nouvelle intervention (arthrodèse de la cheville redressante) a été proposée à l'assuré qui l'a refusée en raison des risques de complication. La doctoresse D.________, de l'hôpital C.________, a alors informé la CNA qu'il n'existait pas d'autre alternative thérapeutique sur le plan orthopédique (rapport du 9 août 2016). Le 21 novembre 2016, la doctoresse E.________, médecin d'arrondissement de la CNA, a procédé à un examen médical final de l'assuré. Elle a retenu un état stabilisé et des séquelles sous la forme de douleurs permanentes au niveau de la cheville et du pied gauches associées à des sensations désagréables, d'une cicatrice douloureuse à la cuisse droite, ainsi que d'une limitation à la marche qui s'effectuait avec une charge seulement partielle sur le pied gauche et à l'aide de cannes et de chaussures orthopédiques. La capacité de travail était nulle comme aide-ferrailleur mais entière avec un rendement réduit de 30 % dans une activité en position assise avec la possibilité de changer la position librement et de prendre des pauses pour soulager les douleurs neuropathiques résiduelles. L'assuré avait besoin de chaussures orthopédiques sur mesure, d'un suivi pour sa plaie ouverte chronique en dessous du pied, ainsi que d'un traitement médicamenteux contre la douleur. Une prise en charge psychologique pour suspicion de dépression était recommandée. Ce médecin a évalué l'atteinte à l'intégrité à 15 %. Sur cette base, la CNA a mis fin au versement de l'indemnité journalière au 28 février 2017 et accepté la prise en charge de séances auprès d'un psychologue jusqu'à cette date; elle a également précisé qu'elle allait continuer à assumer les coûts du traitement médicamenteux et des chaussures nécessaires. Par décision du 8 février 2017, elle a alloué à A.________ une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 15 % ainsi qu'une rente LAA, fondée sur un degré d'invalidité de 27 %, dès le 1er mars 2017. L'assureur-accidents a uniquement tenu compte de la perte de gain subie à raison des séquelles physiques, refusant de répondre d'éventuels troubles psychiques. L'assuré a formé opposition en produisant les avis des docteurs F.________, psychiatre, et G.________, de la clinique de médecine physique et rééducation de l'hôpital H.________, établis respectivement les 27 février et 2 mai 2017. Dans une nouvelle décision du 1er juin 2017, la CNA a écarté l'opposition.