Citation: 4C.140/2001 18.10.2001 E. 2

2.- a) Procédant à une appréciation des preuves, la cour cantonale est parvenue à la conviction que les covendeurs ont décidé d'unir leurs ressources (à savoir leurs parts de copropriété) et leurs efforts (à savoir la négociation du contrat par l'autre covendeur) en vue de vendre simultanément, par un seul acte et pour un prix d'ensemble, toutes les parts de copropriété sur la parcelle. Déterminer la réelle et commune intention des parties relève des constatations de fait qui lient le Tribunal fédéral saisi d'un recours en réforme (ATF 127 III 444 consid. 1b; 126 III 25 consid. 3c, 59 consid. 5b, 375 consid. 2e/aa). La constatation cantonale sur l'intention des parties ne pouvant être remise en cause, il faut mener le raisonnement juridique sur cette base. On ne voit pas en quoi - et la recourante ne le soutient pas non plus - la cour cantonale, à considérer un tel état de fait, aurait violé le droit fédéral en jugeant que les covendeurs ont conclu entre eux une société simple au sens de l'art. 530 al. 1 CO (sur cette notion: cf. Engel, Contrats de droit suisse, 2e éd., p. 700). Cette société simple a eu des effets externes, puisque l'un des covendeurs est apparu à l'égard de l'acheteur potentiel en tant que représentant de tous les copropriétaires unis en vue de réaliser cette vente (cf. art. 543 al. 2 CO) et que la vente a été conclue ensuite par tous les associés, agissant en tant que covendeurs. Selon l'art. 544 al. 3 CO, les associés sont solidairement responsables des engagements qu'ils ont assumés envers les tiers, en agissant conjointement ou par l'entremise d'un représentant (cf. arrêt du 14 octobre 1996, consid. 3a et 3b, publié in SJ 1997 p. 400 s.). En l'absence d'une convention contraire, la cour cantonale n'a donc pas transgressé le droit fédéral en admettant que les associés étaient tenus solidairement à la suite de l'invalidation du contrat qu'ils avaient conclu. Dès lors que seul le principe de la solidarité est discuté dans le recours en réforme, il n'est pas nécessaire de se demander si la solidarité pourrait aussi être déduite de l'art. 50 al. 1 CO (dol en commun). La solidarité ayant été ainsi admise sans que le droit fédéral ne soit enfreint, le recours doit être rejeté.