Citation: I 55/99 19.09.2000 E. 3

3.- a) De manière un peu empirique, les premiers juges ont appliquée, à juste titre, cette méthode d'évaluation de l'invalidité. En effet, le recourant, qui gérait, à côté de sa boulangerie-pâtisserie, un dépôt pour les livraisons en gros et deux tea-rooms, a remis ces derniers en 1990 et a transféré son laboratoire en 1993. Par ailleurs, il est vraisemblable que des facteurs conjoncturels ont exercé une influence notable sur les résultats d'exploitation. En bref, comme c'est souvent le cas dans une entreprise artisanale, les documents comptables ne permettent pas de distinguer la part du revenu qu'il faut attribuer aux facteurs extérieurs (situation conjoncturelle, concurrence, aide ponctuelle de membres de la famille, etc. ) de celle qui revient à la prestation de travail de l'assuré. b) D'un autre côté, il ne peut non plus être fait abstraction, pour l'appréciation globale de la situation, du fait que la survenance de l'invalidité ne paraît pas avoir joué un rôle déterminant sur la bonne marche de l'entreprise. En effet, si l'on se réfère au chiffre d'affaires, au résultat d'exploitation ou aux salaires versés, l'expansion est à peu près constante entre 1989 et 1996. L'augmentation marquée du volume des salaires est postérieure à l'incapacité de travail attestée médicalement et découle, si l'on en croit la seconde enquête économique, du déménagement du laboratoire en 1993. A cet égard, le recourant, qui habitait le même immeuble, était auparavant davantage disponible pour superviser le travail. En outre, cette augmentation va de pair avec le développement du chiffre d'affaires. Enfin, le revenu déclaré de l'activité indépendante est en moyenne sensiblement plus élevé après la survenance de l'atteinte à la santé qu'avant celle-ci. c) Cela étant, il n'apparaît pas que l'intimé a outrepassé son pouvoir d'appréciation en retenant, sur la base de ses enquêtes économiques et du dossier, que le recourant pouvait accomplir les tâches liées à la direction de l'entreprise, alors qu'il était empêché d'effectuer les travaux physiques, et en évaluant à 50 % la part de chacune de ces activités. En effet, même s'il n'est pas au bénéfice d'une formation de type commercial, le recourant pouvait - ou aurait pu - assumer toute une série de charges liées à la direction (contacts avec la clientèle, facturation, commandes, engagement et formation des employés, vente, supervision, etc. ). Or, dans une entreprise qui a compté apparemment jusqu'à près d'une trentaine d'employés, et dont les ventes annuelles ont fluctué, au cours de la période s'étendant de 1989 à 1995, entre 2 120 000 fr. et 3 220 000 fr., ces tâches ne sont pas négligeables. Ainsi que l'ont rappelé les premiers juges (p. 7 du jugement attaqué), dans une société de cette taille, l'organisation et la direction du travail jouent un rôle décisif et ne nécessitent, pour l'essentiel, pas de connaissances particulières - si ce n'est celles que possède un ancien boulanger - ou inaccessibles.