Citation: 5P.123/2002 29.07.2002 E. 2

2.1 Dans le cadre du recours contre la décision sur opposition, l'autorité cantonale supérieure, comme le premier juge, statue uniquement sous l'angle de la vraisemblance de la réalisation des conditions du séquestre (Bertrand Reeb, Les mesures provisoires dans la procédure de poursuite, in RDS 116/1997 II p. 482). Savoir si le degré de vraisemblance exigé par le droit fédéral est atteint dans le cas particulier est une question relevant de l'appréciation des preuves (arrêt 5P.150/1996 du 21 mai 1996, consid. 1 publié in SJ 1996 p. 687/688). Dans ce domaine, le Tribunal fédéral se montre réservé, vu le large pouvoir qu'il reconnaît aux autorités cantonales; la décision attaquée ne doit, par conséquent, être annulée que si cette appréciation se révèle arbitraire, c'est-à-dire manifestement insoutenable ou en contradiction flagrante avec les pièces du dossier (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). 2.2 Selon la Cour des poursuites et faillites, le juge de première instance a retenu que le requérant invoquait, d'une part, une créance de 68'001 fr.13, représentant la moitié des frais d'entretien de la villa des époux, frais qu'il aurait assumés seul depuis 1989; d'autre part, une créance de 41'654 fr.20, représentant l'équivalent en francs suisses de deux sommes en dollars (à savoir 9'070.61 USD et 14'800 USD) mises à la charge de l'épouse par deux jugements américains des 2 avril 1992 et 21 septembre 1993. En ce qui concerne ces montants en dollars, le magistrat a considéré qu'ils étaient certes dus, mais qu'ils avaient déjà fait l'objet de procédés de poursuite, dans lesquels la débitrice avait valablement opposé en compensation sa propre créance, qui était supérieure. Quant à la créance en remboursement des dépenses faites pour la villa propriété des époux, le juge de première instance a laissé ouverte la question du lien suffisant avec la Suisse, la créance en question n'étant de toute façon pas rendue assez vraisemblable pour fonder un séquestre. En effet, la simple copropriété ne faisait pas présumer la naissance d'une créance pour des dépenses commandées par l'autre copropriétaire, et l'on ignorait si la débitrice avait la jouissance de l'immeuble en cause. Toujours selon le juge de première instance, le séquestre paraissait doublement abusif, d'une part en raison de la disproportion évidente entre la valeur des biens séquestrés et la valeur de la créance invoquée contre la débitrice, et d'autre part parce que le requérant multipliait les procédures similaires alors que l'opposante avait déjà vu ses droits, notamment à la compensation, maintes fois reconnus.