Citation: 7B_746/2023 E. 7.3

7.3. En l'espèce, la question de savoir si les griefs émis par le recourant au stade de sa plaidoirie en procédure d'appel en lien avec les conclusions civiles octroyées à l'intimée 2 étaient ou non recevables peut demeurer indécise, dans la mesure où l'autorité précédente est entrée en matière (p. 18 s.). Ainsi, s'agissant des critiques du recourant concernant l'indemnité pour perte de gain octroyée à l'intimée 2, l'autorité précédente a relevé qu'il n'était pas possible de prouver que celle-ci aurait réussi ses examens du barreau du premier coup si elle les avait passés en septembre 2017, ni qu'elle aurait trouvé immédiatement un emploi. Elle a considéré qu'il n'y avait toutefois pas lieu de considérer que tel n'aurait pas été le cas. On en déduit qu'elle n'a pas jugé que l'obtention du brevet d'avocate puis d'un emploi par l'intimée 2 relevait d'un processus incertain; on en infère, au contraire, qu'elle a tenu pour pratiquement certain que l'intimée 2, si elle s'était présentée comme prévu aux examens du barreau en septembre 2017, aurait obtenu son brevet d'avocate, respectivement aurait immédiatement travaillé, étant relevé qu'elle occupait déjà un emploi depuis le mois de septembre 2017. Le recourant ne fait d'ailleurs pas valoir que l'intimée 2 n'avait pas les qualités suffisantes pour lui permettre de réussir du premier coup ses examens et de trouver un emploi. Quant au taux d'activité, l'autorité précédente a considéré qu'il était dans le cours ordinaire des choses de travailler à plein temps juste après l'obtention du brevet d'avocat. Elle a ainsi appliqué l'art. 42 al. 2 CO, qui prévoit que lorsque le montant exact du dommage ne pas peut être établi, le juge le détermine équitablement, en considération du cours ordinaire des choses et des mesures prises par la partie lésée. Cette disposition, qui vise tant la preuve de l'existence du dommage que celle de son étendue, instaure une preuve facilitée en faveur du lésé. Celui-ci n'en doit pas moins fournir au juge, dans la mesure où c'est possible et où on peut l'attendre de lui, tous les éléments de fait constituant des indices de l'existence du dommage et permettant ou facilitant son estimation (ATF 144 III 155 consid. 2.3; 131 III 360 consid. 5.1; 122 III 219 consid. 3a). Dans le cas présent, l'intimée 2 a fourni aux juges, autant que cela lui était possible, tous les éléments de fait permettant de conclure à l'existence du dommage et de le déterminer équitablement en considération du cours ordinaire des choses. Elle a en particulier démontré avoir dû interrompre son stage d'avocate du jour au lendemain, alors qu'elle était à deux mois de la fin de son cursus (mars 2017 [cf. jugement de première instance, p. 62]), et avoir été contrainte de reporter ses examens à la session du mois de mai 2018, en raison des agissements du prénommé. Il résulte en effet de l'attestation établie le 14 mars 2021 par la psychologue E.________ (pièce 10'246 du dossier cantonal) que les faits que l'intimée 2 a subis l'avaient impactée de manière importante, de sorte qu'elle n'avait pas été en mesure d'assumer les révisions des examens du brevet d'avocate qu'elle avait prévus de passer au mois de septembre 2017; il ressort en outre de cette attestation que l'intimée 2 n'a été médicalement capable de se présenter à ses examens qu'en été 2018. Ainsi, il ressort de ce qui précède que si le recourant n'avait pas commis les agissements litigieux, l'intimée 2 aurait pu assumer la révision de ses examens et ainsi se présenter à la session du barreau du mois de septembre 2017. Cela étant, la question de savoir si l'intimée 2 aurait ou non réussi ses examens du barreau du premier coup importe peu. En effet, même en admettant que l'intimée 2 ait échoué, il n'est pas contraire au droit fédéral d'admettre qu'il est dans le cours ordinaire des choses et l'expérience générale de la vie qu'une jeune juriste telle que l'intimée 2, ayant été en mesure de réviser ses examens du barreau pendant la période précédant cet échec et occupant déjà un poste à mi-temps en qualité de collaboratrice auprès d'une étude d'avocats, travaille ensuite à plein temps en tant que juriste dans l'attente, le cas échéant, de se représenter à une autre session d'examens. La cour cantonale s'est rapportée au jugement de première instance (p. 36), lequel se réfère aux données de l'Office fédéral de la statistique faisant état d'un salaire mensuel brut de l'ordre de 6'900 fr. auquel peut prétendre une juriste sans expérience. Elle a en outre examiné les circonstances concrètes du cas d'espèce, en ce sens que l'intimée 2 occupait déjà un emploi à 50% en qualité de collaboratrice au sein de l'étude de l'avocate F.________ depuis septembre 2017. Elle est ainsi parvenue à la conclusion que l'intimée 2 aurait pu réaliser un salaire de 6'900 fr. entre le mois de septembre 2017 (session d'examens initialement prévue) et le mois de mai 2018 (date à laquelle l'intimée 2 s'est finalement présentée aux examens) si le recourant n'avait pas commis les agissements litigieux pour lesquels il a été condamné. Le recourant ne démontre pas en quoi cette appréciation reposerait sur une appréciation arbitraire des preuves.