Citation: 1P.453/2000 31.07.2000 E. 4

4.- a) Selon la jurisprudence, le risque de fuite ne peut s'apprécier sur la seule base de la gravité de l'infraction même si, compte tenu de l'ensemble des circonstances, la perspective d'une longue peine privative de liberté permet souvent d'en présumer l'existence; il doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger (ATF 117 Ia 69 consid. 4 et les arrêts cités). b) En dépit des arguments avancés par le recourant, on peut sérieusement craindre qu'il mette sa liberté à profit pour tenter de se soustraire à la poursuite pénale. Lors de son audition du 30 mars 2000, le recourant a en effet admis qu'il avait l'intention de fuir à l'étranger, expliquant notamment que l'argent n'avait pas été partagé avec S.________, car il était marié "et qu'il n'était pas question pour lui de quitter ses attaches pour éventuellement fuir à l'étranger", ce qui laisse entendre que le recourant et J.________ avaient de telles intentions; cela s'est d'ailleurs vérifié s'agissant de J.________. Durant la même audition, le recourant a affirmé, plus clairement encore: "dans l'euphorie du début, nous avions convenu avec J.________ de quitter la Suisse au plus tard au mois de mars. Je pensais partir mais sans objectif bien précis. C'est en janvier que j'ai pris l'appartement de M.________ avec l'intention d'y rester quelques mois. Vers la fin février, ma grand-mère ainsi que mon amie ont été hospitalisées, ce qui m'a ôté le courage nécessaire pour partir. De plus, je me voyais mal être loin de mes parents. En fait, depuis le 15 février j'avais écarté l'optique de partir en Australie ou en Argentine". Le recourant insiste sur le fait que ses projets de départ sont demeurés vagues, alors qu'il a toutes ses attaches en Suisse et notamment en Valais, où il a acheté un appartement et où résident ses parents. Par ailleurs, les déclarations de S.________, au sujet d'un compte ouvert par le recourant en Hongrie et de ses projets de fuite en Belgique, ne seraient pas dignes de foi. Ces éléments, notamment l'existence de biens transférés à l'étranger, devront être vérifiés par le juge d'instruction. En l'état, on ne voit pas pour quelle raison S.________ aurait faussement chargé le recourant. Si celui-ci a renoncé dans un premier temps à ses projets de fuite, il peut en aller autrement maintenant qu'une procédure pénale est ouverte contre lui. Le recourant s'est certes spontanément livré à la justice, mais la procédure a pris une ampleur qu'il ne soupçonnait peut être pas initialement, de sorte qu'il pourrait être tenté de s'y soustraire à la faveur d'une libération. Il pourrait enfin essayer de rejoindre J.________, lequel dispose encore d'une partie des sommes qui ont été détournées.