Citation: I 428/03 18.11.2003 E. 3

3.1 En l'espèce, les juges cantonaux ont considéré que l'expertise du docteur D.________ remplissait les conditions posées par la jurisprudence pour qu'il lui soit accordé pleine valeur probante. Dès lors, ils se sont fondés sur les conclusions de ce médecin, qui a fixé la capacité de travail résiduelle à 70 %, pour nier le droit de la recourante à une rente d'invalidité. A.________ conteste la valeur probante de l'expertise susmentionnée et estime que le dossier doit être renvoyé à l'instance inférieure pour mise en oeuvre d'une nouvelle expertise psychiatrique. 3.2 Pour réaliser son expertise, le docteur D.________ a eu en mains les rapports des docteurs B.________ et C.________. Il n'a en revanche pas eu connaissance du certificat médical de la doctoresse E.________. Cela n'est toutefois pas décisif pour apprécier la valeur probante de son rapport, dès lors que le diagnostic posé par ce médecin correspond à celui du docteur C.________. Par ailleurs, l'expert a apporté un soin particulier à l'établissement des faits et à l'examen clinique de la recourante, procédant encore à des tests et des examens avant de donner son diagnostic et ses conclusions. En outre, le docteur D.________ a eu trois entretiens en décembre 2000 avec l'assurée, le dernier hors la présence de l'époux et avec l'aide d'un traducteur indépendant, après s'être rendu compte que, pour des motifs divers, l'intervention de l'époux comme interprète ne permettait pas d'obtenir des données fiables. Il n'y a pas de divergence entre les différents avis médicaux quant au diagnostic, celle-ci ne portant que sur l'intensité de l'état dépressif grave diagnostiqué. Or, à cet égard, l'avis de l'expert repose sur des examens fouillés et complets réalisés plusieurs mois, voire plusieurs années après les consultations auprès des deux autres médecins précités. Dès lors, les conclusions bien motivées de l'expert ne sauraient être mises en doute par l'avis de ces médecins, d'autant que les propos de l'assurée lors des consultations auprès de ces derniers ont été traduits, du moins en grande partie, par son mari ce qui porte atteinte à la fiabilité de leurs constatations. Dans ces conditions, il n'y a pas de motif permettant de s'écarter du diagnostic posé par l'expert. Dans ce sens, il ne se justifie pas davantage de procéder à une nouvelle expertise dès lors que les renseignements qu'elle fournit sont suffisants pour statuer. Dans ces conditions également, il n'y a pas lieu pas de donner suite à la requête de complément d'instruction déposée par le Centre social régional Z.________, pour le motif également que celle-ci est tardive. 3.3 L'appréciation de la capacité de travail n'est pas davantage critiquable au vu des règles énoncées ci-dessus et de la motivation pertinente donnée par l'expert. Contrairement à l'avis des premiers juges, celui-ci a posé un diagnostic médical qui correspond à une atteinte à la santé ayant valeur de maladie. Peu importe à cet égard qu'il en ait rattaché l'origine à des facteurs socio-culturels. Reste que cette atteinte à la santé ne porte conséquence que partiellement à la capacité de travail de l'assurée si bien qu'elle ne lui ouvre pas le droit à la rente.