Citation: 7B_937/2023 E. 3.4

3.4. Cette argumentation ne prête pas le flanc à la critique et doit être confirmée. Tout d'abord, on ne saurait admettre, comme le prétend la recourante, que la juge intimée aurait admis l'existence d'un motif de récusation, uniquement parce que la direction de la procédure aurait considéré que la situation constituait "assurément" une cause de récusation. Il est également erroné d'affirmer que, dans la mesure où elle a posé la question de sa récusation à la direction de la procédure, la magistrate intimée aurait manifesté un parti pris, à tout le moins en apparence, ou un malaise à juger. Par ces affirmations, la recourante se contente de livrer sa propre interprétation subjective des faits de la cause. En réalité, la juge intimée a, dans son courriel du 22 septembre 2023, simplement informé la direction de la procédure qu'elle était la locataire de l'avocat d'une partie à la procédure, en indiquant qu'elle lui laissait le soin d'examiner si cet élément devait être porté à la connaissance des parties. Elle a précisé que les débats devaient avoir lieu dans une semaine et qu'elle avait une connaissance complète du dossier, de sorte qu'elle a évoqué la possibilité de l'interdiction de postuler de l'avocat, parce que celui-ci était intervenu après elle dans le cadre de la procédure. Cette attitude ne dénote aucun parti pris, même en apparence, mais traduit au contraire la transparence et la bonne foi de la magistrate, comme cela ressort par ailleurs de ses déterminations du 5 décembre 2023. Le courriel du 22 septembre 2023 n'avait en effet qu'un but d'information. La juge intimée n'y a en outre pris aucune position et a uniquement, comme l'a relevé la cour cantonale, formulé des hypothèses - dont l'éventuelle interdiction de postuler de l'avocat au lieu de sa propre éventuelle récusation - sur lesquelles elle a laissé le soin à la direction de la procédure de statuer. On ne saurait dès lors lui reprocher d'avoir, par l'envoi de ce simple courriel, adopté un comportement pouvant laisser entendre qu'elle pourrait se trouver dans une situation dans laquelle son objectivité pourrait être compromise. Pour le surplus, avec l'autorité cantonale, il y a lieu de considérer qu'il n'existe dans le cas d'espèce, et au regard de la situation telle qu'elle est décrite par les parties, pas de motif de récusation au sens de l'art. 56 let. f CPP. La magistrate intimée est en effet une des locataires d'un immeuble dont l'avocat concerné est copropriétaire. Il existe dès lors certes un rapport d'obligation entre cette dernière et le mandataire d'une des parties au procès. Cependant, en l'espèce, l'intensité du lien entre ces deux personnes n'est pas suffisante pour fonder un soupçon de partialité de la part de la juge en question. Dans leurs écritures, tous deux ont en effet relevé qu'ils n'avaient aucune inimitié l'un envers l'autre, mais au contraire qu'ils avaient en substance toujours entretenu des relations cordiales. La gestion de l'immeuble a en outre été confiée à une gérance immobilière et aucun litige en lien avec le contrat de bail qui lie les intéressés n'est en l'état pendant devant les autorités. Au demeurant, ce n'est pas parce que des travaux sont en cours dans un immeuble qu'ils impliquent nécessairement un litige, qui plus est devant les tribunaux. Quoi qu'il en soit, dans sa lettre du 25 septembre 2023, l'avocat en question a indiqué qu'il avait déjà été amené à plaider devant la magistrate en cause, qu'il ne s'occupait pas de la gestion de l'immeuble et que l'éventuel litige pouvant survenir en lien avec cet immeuble, dont il avait appris l'existence par la présente procédure, n'y changeait rien. Dans ces conditions, on ne saurait retenir qu'il existerait, à ce stade, des indices allant dans le sens que la juge intimée pourrait se trouver dans la sphère d'influence d'une partie au procès ou qu'il existerait un fort lien d'amitié ou d'inimitié entre les protagonistes en cause. En définitive, force est de constater que la recourante ne fonde sa demande de récusation sur aucune circonstance objective et qu'elle ne fait part que de ses impressions purement individuelles, qui ne sont en l'occurrence pas décisives.