Citation: 4A_488/2017 E. A

A.a. A1.________ AG, société de droit suisse, A3.________ Ltda, société de droit brésilien, et A2.________ GmbH, société de droit allemand (ci-après, prises ensemble: les vendeuses ou les assurées ou les demanderesses), font partie du groupe A.________, lequel est actif dans le développement et la production de solutions intégrées pour la fabrication de verres laminés et de doubles vitrages. Compagnie X.________ SA (ci-après: " la défenderesse " ou " l'assureur "), société de droit français disposant d'une succursale à Lausanne, est active dans l'assurance-crédit, consistant à garantir les assurés contre un défaut de paiement de leurs débiteurs. A.b. Le 27 mars 2008, les vendeuses et la société L.________ Ltda (ci-après: L.________), société brésilienne, ont conclu deux contrats, le premier en portugais, le second en anglais, portant sur la livraison d'équipements pour la production de verres. Selon ce contrat de vente, le prix était de 413'840,50 euros, comprenant le prix des équipements de 377'000 euros, un montant d'intérêts à 6% sur 6 mois de 28'840,50 euros, puisque le prix était payable par tranches échelonnées, et un montant pour frais d'assurance-crédit de 8'000 euros. Après un paiement de 56'550 euros à la commande, le prix était payable en 12 tranches trimestrielles de 29'774,21 euros chacune, à compter de 90 jours après réception de la marchandise, soit en mars, juin, septembre et décembre 2009, mars, juin, septembre et décembre 2010, ainsi que mars, juin, septembre et décembre 2011. Le 9 juillet 2008, L.________ a payé l'acompte à la commande convenu de 56'550 euros. A.c. Les 7 juin et 5 août 2008, par l'intermédiaire d'un courtier en assurances, A1.________ AG a requis l'assureur de couvrir le contrat de vente susmentionné, soit en établissant une nouvelle police d'assurance, soit en incluant cette transaction dans la police déjà existante pour l'opération avec M.________ Ltd. Le 26 mai 2008, A1.________ AG et l'assureur avaient en effet déjà conclu une police d'assurance-crédit n°... pour couvrir l'opération avec cette société tierce. Les 11 et 25 septembre 2008, les vendeuses et l'assureur ont signé un avenant à la police d'assurance-crédit n°..., pour couvrir le contrat passé avec L.________. Selon ses conditions spéciales, toutes les autres conditions de la police demeurent inchangées et les conditions générales, auxquelles renvoie la police, sont applicables. L'avenant est soumis au droit suisse et à la LCA pour toutes les dispositions impératives ou relativement impératives (art. 105 al. 2 LTF). Selon cet avenant, qui se réfère au contrat de vente du 27 mars 2008, le prix de vente de 377'000 euros est payable à raison de 15% à la commande (déjà payé) et à raison de 85% par tranche trimestrielle à compter de 90 jours après la livraison et le démarrage de l'installation; le montant couvert s'élève à 90 % du montant de 320'450 euros, soit à 288'405 euros, pour la période contractuelle du 10 septembre 2008 au 31 décembre 2011 inclus (art. 105 al. 2 LTF). En vertu des autres conditions de la police demeurant inchangées, le risque assuré ( risk covered) est le non-paiement ( non-payment) consécutif à la survenance des causes de perte comme définies à l'art. 5 des conditions générales, à savoir la défaillance du débiteur privé en cas de non-paiement uniquement (art. 5 ch. 4), et la période d'attente est de 180 jours. En vertu de l'art. 4 let. B des conditions générales, est un non- paiement ( non-payment) l'impossibilité pour l'assuré, sur une période de temps au moins égale à la période d'attente, de recouvrer tout ou partie de sa créance ( outstanding debt), à l'exception des dommages, pénalités et/ou intérêts moratoires, à la suite de la survenance d'une cause de perte définie à l'article 5. Selon l'art. 6 let. E des conditions générales, la perte est considérée comme effective à l'expiration du délai d'attente. A.d. A la fin du mois de novembre 2008, la marchandise a été remise par A2.________ GmbH à un transporteur, afin d'être acheminée au Brésil. La marchandise est arrivée au Brésil, mais L.________ n'a pas procédé à son dédouanement, de sorte qu'elle s'est vu notifier par le Ministère public brésilien des finances une décision ordonnant la saisie de la marchandise, considérée comme abandonnée, aux fins de sauvegarde de l'impôt. Il ressort de cette décision que la marchandise est arrivée au port le 9 décembre 2008. Le 4 mai 2009, le directeur financier du groupe A.________ a indiqué à son courtier en assurances qu'il semblait qu'un premier sinistre s'était déjà produit, L.________ étant insolvable et dans l'incapacité de racheter la marchandise livrée et bloquée à la douane. Interpellé par le courtier en assurances, l'assureur a soumis un questionnaire à celui-ci afin d'" aller de l'avant en relation avec le cas de sinistre de A.________ ". Le 8 juin 2009, en réponse au questionnaire, le directeur financier de A.________ a déclaré qu'il était possible de récupérer la marchandise bloquée à la douane, mais que, s'agissant d'une " machine sur mesure ", il serait difficile de la revendre à un tiers. Il a précisé qu'aucune poursuite n'avait encore été introduite contre L.________ et, s'agissant du montant total de la créance due, a renvoyé à une pièce jointe faisant état d'un montant ouvert de 357'290 fr. 50. Il a également transmis une pièce comptable dont ressortaient les dates des douze paiements trimestriels. Le 3 juillet 2009, le courtier en assurances de A.________ a indiqué à l'assureur que L.________ ne disposait toujours pas des liquidités nécessaires pour payer la marchandise, que celle-ci ne pouvait d'ailleurs pas s'en procurer, que la marchandise se trouvait toujours bloquée à la douane et qu'il fallait s'attendre à un dommage important même dans l'hypothèse où celle-ci pourrait être récupérée. Il l'a alors questionnée sur les démarches juridiques à entreprendre pour que les assurées soient indemnisées, question réitérée le 24 août 2009. A l'assureur qui l'interrogeait sur d'éventuelles discussions en vue de redéfinir un échéancier de paiement par L.________ ou sur une faillite de celle-ci, le courtier en assurances de A.________ a répondu le 11 août 2009 que, selon les renseignements reçus, L.________ rencontrait des difficultés financières, qu'il avait été tenté de trouver une solution avec elle et que, dans l'attente de rencontrer son responsable, l'affaire avait été confiée à un avocat pour introduire une poursuite à son encontre. Le 27 décembre 2010, l'assureur a refusé toute couverture, au motif que le contrat assuré était celui rédigé en portugais le 27 mars 2008 et non celui rédigé en anglais le même jour. L'assurance souscrite n'ayant jamais eu d'objet, il a proposé de rembourser la prime de 8'000 euros. Les assurées ont contesté ce refus par courrier du 4 février 2011, refus néanmoins maintenu par l'assureur le 16 mars 2011. A.e. En février ou mars 2011, A2.________ GmbH a introduit une requête de mesures d'exécution à titre extrajudiciaire contre L.________ devant les juridictions brésiliennes. Elle entendait par ce biais recouvrer le solde dû par cette société, soit 1'361'399. 50 BRL. Le 22 décembre 2011, les assurées ont déposé une réquisition de poursuite à l'encontre de l'assureur pour le montant de 470'307 fr. 50 avec intérêts à 5% l'an dès le 5 mai 2009; celui-ci a formé opposition au commandement de payer.