Citation: 1C_155/2022 E. 4.6

4.6. Les arguments de la recourante ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation des instances précédentes. Au vu des considérants détaillés et convaincants de l'arrêt entrepris, il apparaît que le Tribunal administratif fédéral n'a pas excédé ni abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant, avec le service spécialisé, que la recourante présentait un risque pour la sécurité au sens de la LMSI. L'appréciation globale des facteurs de risque n'apparaît pas critiquable. En effet, compte tenu de la perquisition menée au domicile commun du couple ayant notamment abouti à la saisie de faux documents et d'armes possédées illégalement, ainsi que des déclarations de son époux, on ne saurait reprocher au service spécialisé d'avoir retenu que celui-ci présentait un facteur de risque. Le service spécialisé a notamment relevé que les faits jugés pénalement n'étaient pas contestés. La recourante soutient en l'occurrence en vain que les déclarations de son ex-partenaire au sujet des problèmes qu'il rencontrerait avec l'organisation X.________ ne seraient que des provocations. Comme relevé par l'instance précédente, de telles déclarations, associées au changement d'identité de celui-ci après leur mariage, à sa volonté d'anonymat ainsi qu'au résultat de la perquisition, suffisent en effet à semer un doute suffisant quant à la nature réelle des activités de son époux. Par ailleurs, contrairement à ce que semble penser la recourante, dans le cadre de l'évaluation du risque, l'autorité compétente ne doit pas seulement prendre en compte les éléments dont l'existence ne fait nul doute ("harte Fakten") (cf. arrêts 8C_283/2013 du 8 novembre 2013 consid. 5.3.2; 8C_788/2011 du 2 mai 2012 consid. 5.2.2). L'instance précédente a dans ce contexte souligné que la recourante a reconnu qu'elle avait découvert son époux sous un nouveau jour après la perquisition et qu'elle ignorait tout de ses activités. Elle est donc malvenue d'affirmer, avec certitude, que les propos de son ex-compagnon ne seraient que des provocations. Par ailleurs, au vu du degré de confiance que doit présenter à tout moment le dépositaire d'informations classifiées SECRET, le service spécialisé pouvait également prendre en compte le manque de diligence de la recourante à informer son employeur de la perquisition menée au domicile du couple et son résultat (saisie de faux documents et d'armes possédées illégalement), alors qu'elle avait reconnu qu'un tel événement n'était pas anodin et qu'il l'aurait choquée. S'ajoute à cela que la recourante n'a pas informé son employeur des menaces de mort dont elle faisait l'objet dès juillet 2020, ni des menaces d'enlèvement de sa fille proférées également en 2020 (cf. plainte de la recourante). Les courriels adressés en janvier et juillet 2021 par la recourante au service spécialisé et à son employeur apparaissent manifestement tardifs. Celui du 21 juillet 2021 informant son employeur, le SRC, d'une menace très concrète d'enlèvement de sa fille le 17 juillet 2021 n'apparaît pas décisif, quoi qu'en pense la recourante; on pouvait au demeurant attendre de cette dernière, qu'elle informe sans délai le SRC lorsqu'elle a cru à une tentative d'enlèvement. Au vu des éléments mentionnés ci-dessus et eu égard à la retenue dont doit faire preuve le Tribunal fédéral (cf. consid. 4.3 ci-dessus), il ne peut être reproché à l'instance précédente d'avoir retenu, à l'instar du service spécialisé, l'existence de doutes suffisants quant à l'intégrité, la fiabilité et la conscience du danger de la recourante pour exercer une fonction extrêmement sensible, lui permettant d'avoir accès à des informations secrètes. On ne peut pas non plus, compte tenu des éléments précités, faire grief à l'instance précédente d'avoir retenu l'existence d'un risque de pressions ou de menaces sur la recourante. Il sied d'ailleurs dans ce contexte de rappeler que l'existence d'un risque pour la sécurité est admis plus facilement lorsque la fonction est particulièrement sensible, comme c'est le cas en l'espèce (cf. consid. 4.2 ci-dessus). Par ailleurs, la recourante se méprend gravement lorsqu'elle affirme que l'instance précédente ne pouvait pas énoncer des éléments supplémentaires pour confirmer les conclusions du service spécialisé. L'instance précédente pouvait en particulier prendre en compte des éléments nouveaux, tels que la plainte pénale du 14 octobre 2021 et son contenu (cf. arrêt 1C_117/2022 du 8 février 2023 consid. 4.1 et les réf. cit.). Enfin, l'instance précédente pouvait également retenir, à l'instar du service spécialisé, le risque d'atteinte à la réputation et à l'image médiatique du SRC et de la Confédération si la présente situation devait être rendue publique (cf. arrêts 8C_283/2013 du 8 novembre 2013 consid. 6.2.2; 8C_683/2012 du 4 mars 2013 consid. 6.2).