Citation: 5P.13/2001 27.02.2001 E. 4

4.- a) Dans les considérants en droit de sa décision, l'autorité intimée, après avoir rappelé les principes régissant l'octroi de l'assistance judiciaire, a motivé le rejet du recours de la manière suivante: "En l'espèce, contrairement à l'avis de la recourante, la Présidente du Tribunal de première instance ne s'est pas substituée au juge du fond en considérant que l'expertise ordonnée n'était pas nécessaire. Il appartient certes au juge du fond de décider de la nécessité d'une expertise (art. 255 LPC) pour l'instruction de la cause qui lui est soumise. Cependant, l'octroi de l'assistance juridique dépend non seulement de la nécessité de la mesure mais encore de savoir si un plaideur "raisonnable et aisé" agirait en justice eu égard au résultat escomptable et aux frais à encourir. Or, même si une expertise était de nature à permettre de voir plus clair dans les actifs et passifs de X.________, il n'est pas rendu vraisemblable qu'un bénéfice de l'union conjugale s'en dégage. Partant, l'issue d'une telle expertise, dont le juge du fond admet déjà qu'elle puisse être complétée, étant aléatoire, il est disproportionné d'engager des frais si importants. En conséquence, le recours sera rejeté et la décision querellée confirmée.. " b) Si l'autorité intimée s'est ainsi exprimée sur le grief selon lequel l'autorité de première instance se serait substituée au juge du fond en considérant que l'expertise ordonnée n'était pas nécessaire, elle n'a en revanche pas répondu aux griefs de la recourante - pourtant exposés en substance dans la partie en fait de la décision entreprise (lettre D p. 4/5) - selon lesquels la décision de première instance était fondée sur des documents erronés dépourvus de toute force probante, sur des expertises dépassées et sur des dépositions incomplètes ou contredites par d'autres témoignages. Or ces griefs, tels que formulés dans le recours cantonal et repris dans le recours de droit public (cf. consid. 3a supra), n'apparaissaient pas d'emblée si dénués de pertinence que l'autorité cantonale pouvait se dispenser d'y répondre au regard de l'obligation de motivation des décisions qui découle du droit d'être entendu (cf. ATF 126 I 97 consid. 2b; 122 IV 8 consid. 2c et les arrêts cités). Il y a en effet violation du droit d'être entendu si l'autorité ne satisfait pas à son devoir minimum d'examiner et traiter les problèmes pertinents (ATF 122 IV 8 consid. 2c et la jurisprudence citée). En l'espèce, il ne pouvait d'emblée être exclu que les griefs invoqués soient de nature à ébranler l'appréciation de l'autorité inférieure selon laquelle un bénéfice de l'union conjugale était suffisamment peu vraisemblable pour affirmer qu'un plaideur raisonnable et aisé n'engagerait pas lui-même des frais d'expertise si importants, étant entendu que le montant de l'avance de frais d'expertise doit être mis en rapport avec le gain escompté du procès.