Citation: 2C_787/2022 E. 5.2.2

5.2.2. En l'espèce, le Tribunal cantonal n'a pas tranché la question de savoir si la compagne du recourant, titulaire d'une autorisation de séjour, pouvait se prévaloir d'un droit de séjour durable en Suisse. Cette question peut effectivement rester indécise, ainsi qu'un éventuel droit au respect de la vie privée du recourant (cf. ATF 144 I 26 consid. 3.9), au regard des éléments qui suivent. Comme déjà indiqué, le cumul des condamnations pénales susmentionnées du recourant fait a priori obstacle à l'octroi d'une autorisation de séjour pour regroupement familial, une fois l'union célébrée, pour des motifs d'ordre public. Le recourant relève lui-même que la dernière infraction remonte à un peu plus d'un an, ce qui est récent, contrairement à ce qu'il soutient. S'ajoute à cet élément, le fait que l'intéressé a perçu des prestations de l'aide sociale presque sans discontinuer de 2014 à 2019 (l'arrêt attaqué ne précise pas le montant) et qu'il faisait l'objet d'actes de défaut de biens pour plus de 60'000 fr. L'intégration, à cet égard, est inexistante. Il n'apparaît en outre pas d'emblée qu'un intérêt privé à la poursuite du séjour en Suisse serait prépondérant par rapport à l'intérêt public, étant en particulier relevé que le recourant a passé son enfance et son adolescence en République dominicaine, que son père y vit et que sa compagne est également ressortissante de cet Etat. Il est vrai qu'il est dans l'intérêt de la fille de l'intéressé à pouvoir grandir en jouissant d'un contact étroit avec ses deux parents. Cela étant, si l'on se fonde sur les arguments du recourant, il est constaté que celui-ci, avant d'emménager avec la mère de sa fille, ne voyait que peu sa fille (il ne semble pas bénéficier d'un droit de visite car "il n'a pas réglé la question du droit de visite devant un juge") et ne versait pas de pension au titre de l'entretien de celle-ci. S'il est indéniable que la séparation d'avec son père sera ressentie par sa fille, il faut rappeler que le fait de pouvoir grandir en jouissant d'un contact étroit avec ses deux parents, sous l'angle du droit des étrangers, n'est pas un élément prépondérant par rapport aux autres éléments à prendre en considération et que l'art. 3 CDE ne confère pas une prétention directe à l'octroi ou au maintien d'une autorisation de séjour (ATF 144 I 91 consid. 5.2; 140 I 145 consid. 3.2; 139 I 315 consid. 2.4). Sans nier les difficultés et les inconvénients dus à l'éloignement, force est de constater que le recourant pourra conserver des liens avec sa fille, grâce aux moyens de télécommunication modernes, et que des séjours de celle-ci en République dominicaine ou du recourant en Suisse, lors de vacances, lui permettront de voir sa fille. La seule distance entre ces deux pays ne saurait donc rendre nécessaire le séjour durable du recourant en Suisse. Il est finalement souligné que le recourant s'oppose à cette appréciation en se fondant sur des faits qui ne résultent pas de l'arrêt entrepris et ne peuvent partant pas être pris en compte (cf. supra consid. 3).