Citation: 2C_903/2022 E. 4.3

4.3. Ensuite, on relèvera d'emblée que la recourante ne peut invoquer de manière soutenable la protection de la vie familiale garantie par l'art. 8 CEDH pour prétendre à pouvoir demeurer en Suisse auprès de son fils. En effet, s'agissant du droit (potentiel) au regroupement familial fondé sur l'art. 8 CEDH, le Tribunal fédéral se base sur la situation au moment où il statue (cf. ATF 145 I 227 consid. 3.1; 136 II 497 consid. 3.2 à 3.9; arrêt 2C_165/2021 du 27 juillet 2021 consid. 1.2). En l'occurrence, le fils de la recourante est majeur depuis novembre 2020. Or, la protection de la vie familiale au sens de l'art. 8 CEDH vise en premier lieu la famille nucléaire, c'est-à-dire la communauté formée par les parents et leurs enfants mineurs vivant ensemble (cf. ATF 144 II 1 consid. 6.1; 140 I 77 consid. 5.2; 139 II 393 consid. 5.1). Ce n'est que si l'étranger se trouve dans un état de dépendance particulier par rapport à un proche parent hors famille nucléaire (par exemple un enfant majeur) qui est au bénéfice d'un droit de présence assuré en Suisse qu'il peut exceptionnellement déduire un droit à une autorisation de séjour de l'art. 8 CEDH (cf. ATF 144 II 1 consid. 6.1; 140 I 77 consid. 5.2). En l'espèce, la recourante ne se prévaut d'aucun lien de dépendance entre elle-même et son fils majeur de nationalité suisse. Les affections dont elle souffre (anémie, diabète et cataracte), n'atteignent pas une gravité telle qu'elles requerraient absolument l'assistance de son fils en Suisse, et l'intéressée ne prétend d'ailleurs pas le contraire. Quant à l'enfant majeur concerné, dont il ne ressort pas des constatations de l'arrêt attaqué - qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) - qu'il souffrirait d'un quelconque handicap, le fait qu'il serait déprimé par la perspective de voir partir sa mère et que la présence de celle-ci auprès de lui serait, selon un certificat médical du 31 mars 2022, "nécessaire au maintien de sa santé mentale", ne suffit pas à reconnaître l'existence d'un rapport de dépendance particulier entre les intéressés. Au surplus, on relèvera que la durée du séjour de la recourante en Suisse, inférieure à dix ans, ne lui permet également pas de se prévaloir d'un droit de séjour issu de la protection de la vie privée au sens de l'art. 8 CEDH (cf. ATF 144 I 266 consid. 3.9).