Citation: I 351/04 28.07.2005 E. 5

5.1 Se pose la question de savoir si ultérieurement il y a eu des interruptions notables de l'incapacité de gain qui permettraient d'admettre l'existence, depuis l'arrivée en Suisse de l'intéressé, d'un nouveau cas d'assurance (cf. ATF 126 V 10 consid. 2c). Pour y répondre, il convient de confronter l'anamnèse du recourant et les données relatives à sa situation professionnelle. 5.2 Selon les premiers rapports psychiatriques établis en Suisse, l'intéressé a été hospitalisé, en octobre 1975, pour tentamen au cours d'une décompensation d'allure autistique chez un schizophrène. Est alors posé le diagnostic de schizophrénie paranoïde. Après sa sortie de l'Hôpital X.________, il a passé par une phase dépressive et répressive importante; il a été recueilli par des amis et est resté sans travail pendant plusieurs mois. Après avoir occupé des emplois subalternes, il a trouvé en automne 1978 une place d'aide-éducateur à E.________ où il a rencontré de grandes difficultés avec son entourage professionnel. En mars 1980, il a été à nouveau hospitalisé à la clinique psychiatrique universitaire pour décompensation psychiatrique. A sa sortie, il a repris un travail à mi-temps chez son ancien employeur. Du 9 au 23 septembre 1991, il a fait un séjour à la Clinique de psychiatrie Y.________, pour décompensation psychotique où prédominaient des idées délirantes de persécution entraînant une désorganisation dans la gestion de sa vie quotidienne (alimentation, relations sociales, légalisation de son statut, permis etc.). Les docteurs R.________, chef de clinique, et P.________, médecin assistant, ont diagnostiqué principalement une schizophrénie paranoïde chronique avec exacerbation aiguë (rapport du 26 septembre 1991). En 1996, à l'appui de la première demande de rente de l'intéressé, le docteur U.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a fait état d'une incapacité de travail totale attribuable à une schizophrénie chronique, type résiduel et /ou paranoïde. Il précisait que l'évolution est chronique avec encore quelques phases actives, délirantes et hallucinations (rapport du 11 février 1996). Par la suite, l'intéressé a été hospitalisé semble-t-il à trois reprises au Département de psychiatrie de l'Hôpital Z.________, la dernière fois du 5 au 24 décembre 2001. La cheffe de clinique, la cheffe de clinique de médecine interne ainsi qu'un médecin interniste ont fait état, au titre de diagnostic principal, d'un trouble schizo-affectif type mixte. Les autres diagnostics incluaient un BPCO sévère (sur tabagisme), une suspicion de fibromyalgie, une hypoesthésie du dos de la main droite et une hypertension artérielle (rapport du 4 janvier 2002). Pour sa part, le docteur B.________, qui a vu le patient à trois reprises, a déclaré que ce dernier présentait une incapacité de travail de 100 % attribuable à une fibromyalgie dont les symptômes se différenciaient très nettement de ceux de la schizophrénie (rapport du 8 mai 2003). 5.3 Il ressort de l'ensemble des appréciations psychiatriques ainsi que du rapport pluridisciplinaire des de l'Hôpital Z.________ du 4 janvier 2002 que l'intéressé souffre essentiellement d'une schizophrénie ou de troubles schizo-affectifs. Selon la définition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR), 4ème éd. de l'Association des psychiatres américains, la schizophrénie (F.20.x) est une affection qui dure au moins six mois et inclut au moins un mois de symptômes de la phase active (c'est-à-dire deux [ou plus] des manifestations suivantes : idées délirantes, hallucinations, discours désorganisé, comportement grossièrement désorganisé ou catatonique, symptômes négatifs). Les définitions des sous-types de schizophrénie (paranoïde [F20.0x], désorganisé [F20.1x], catatonique [F20.2x], indifférencié [F20.3x] et résiduel [F20.5x]) sont également incluses dans cette section (p. 344, cf. aussi p. 349). Les symptômes caractéristiques de la schizophrénie impliquent une série de dysfonctionnements cognitifs et émotionnels qui incluent la perception, la pensée déductive, le langage et la communication, le contrôle comportemental, l'affect, la fluence et la productivité de la pensée et du discours, la capacité hédonique, la volonté et le dynamisme. Aucun symptôme isolé n'est pathognomonique de la schizophrénie; le diagnostic implique la reconnaissance d'une constellation de signes et de symptômes associés à une altération du fonctionnement social ou des activités (op. cit. p. 345 in initio). La schizophrénie implique un dysfonctionnement dans un ou plusieurs domaines majeurs du fonctionnement (par. ex. les relations interpersonnelles, le travail ou les études, ou encore les soins personnels). Si cependant l'affection débute pendant l'enfance ou l'adolescence, il peut y avoir une incapacité à atteindre le niveau auquel on aurait pu s'attendre plutôt qu'une détérioration du fonctionnement. Beaucoup de sujets sont incapables de garder un emploi pendant des périodes prolongées (op. cit. p. 348 in fine). Quant au trouble schizo-affectif (F25.x), il est caractérisé par l'existence d'une période ininterrompue de maladie au cours de laquelle il existe à un moment donné un épisode dépressif majeur, un épisode maniaque ou un épisode mixte en même temps que (deux ou plus) des symptômes typiques de la schizophrénie (idées délirantes, hallucinations, discours désorganisé, comportement grossièrement désorganisé ou catatonique, symptômes négatifs; op. cit. p. 369).