Citation: I 296/01 26.11.2001 E. 2

2.- Le premier juge est d'avis que le recourant n'a pas exercé d'activité lucrative jusqu'au 30 septembre 1995, "étant demeuré vraisemblablement inactif à partir du 30 avril précédent". Il est vrai que dans sa demande de prestations de l'AI du 12 février 1996, le recourant a indiqué qu'il n'a pas pu travailler depuis le 31 avril (sic) 1995, en raison d'attaques cérébrales qu'il a subies à ce moment. Toutefois, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg a indiqué, au cours de l'instruction cantonale, que l'assuré a présenté des troubles de santé dès 1993, "sans toutefois que ceux-ci n'occasionnent d'incapacité de travail continue", celle-ci ne pouvant être attestée qu'à partir d'octobre 1995. Le docteur A.________ a du reste confirmé, dans un certificat médical du 29 août 1995, qu'une reprise de l'activité professionnelle du recourant était prévisible, sans qu'il ne connaisse cependant les dates d'arrêt ou de reprise du travail. Par ailleurs, le recourant allègue qu'après une période d'incapacité de travail due à plusieurs attaques cérébrales au mois d'avril 1995, il a cherché à reprendre son activité lucrative au mois de septembre 1995. Il ressort de l'ordonnance du 21 septembre 1995 du Président du Tribunal des baux à loyer de l'arrondissement de la Sarine, que l'assuré a voulu, les 14 et 19 septembre 1995, livrer des pièces terminées à un client, mais n'a pu accéder à son atelier à cause d'un verrou apposé par le propriétaire en raison de loyers impayés depuis le mois de juin 1995. C'est pourquoi le recourant a entrepris des démarches concrètes auprès de ce Tribunal pour disposer à nouveau de son atelier. A la suite de l'ordonnance d'urgence du 21 septembre 1995 rendue par le Président dudit Tribunal, il a été en mesure de récupérer lesdites pièces pour les remettre à son client le 28 du même mois. Le 4 octobre 1995, le recourant expliquait avoir des commandes en cours pour divers travaux de ferronnerie et pouvoir travailler, malgré l'absence d'électricité, pour exécuter un échantillon en vue d'une commande future, son activité lucrative constituant sa seule source de revenus (procès-verbal d'audience du 4 octobre 1995 devant l'instance susmentionnée). On peut noter à cet égard que l'une des caractéristiques essentielles d'une activité lucrative est l'intention d'obtenir un gain en effectuant un travail (RCC 1987 447 consid. 3c) et qu'une telle activité à titre indépendant existe déjà avant qu'un revenu effectif ne soit réalisé (ATF 115 V 171 consid. 9c). Il n'y a pas de raison de mettre en doute les déclarations du recourant des 21 septembre et 4 octobre 1995, dans la mesure où il les a faites juste avant la survenance de son incapacité de gain définitive, dans un contexte étranger à la demande de prestations de l'assurance-invalidité déposée le 12 février 1996. Dès lors, on peut retenir, au degré de la vraisemblance prépondérante requise par la jurisprudence (ATF 125 V 195 consid. 2 et les arrêts cités), que s'il a été empêché de travailler en raison de ses problèmes de santé pendant plusieurs mois, le recourant a néanmoins repris, du moins en partie, son activité lucrative à la fin du mois de septembre 1995 et envisageait de poursuivre celle-ci. Contrairement à l'avis du premier juge, le recourant doit donc être considéré comme exerçant une activité lucrative immédiatement avant la survenance de son incapacité de travail, au début du mois d'octobre 1995. Par conséquent, les autres conditions de l'art. 34 al. 1 LAI étant remplies, le recourant a droit à une rente complémentaire pour son épouse. Le recours se révèle ainsi bien fondé.