Citation: 5P.425/2003 21.04.2004 E. 2

Il convient maintenant, à la lumière des principes qui viennent d'être rappelés (cf. consid. 1.2 et 1.3 supra), d'examiner la recevabilité des différents griefs articulés par la recourante. 2.1 Dans la mesure où la recourante se plaint d'une violation de son droit d'être entendu ainsi que de la violation de règles essentielles de la procédure cantonale, telles que la garantie de la double instance ou l'interdiction de statuer au-delà des conclusions des parties, son recours se révèle irrecevable au regard de l'art. 86 al. 1 OJ. Ces griefs pouvaient en effet faire l'objet d'un recours en nullité cantonal fondé sur l'art. 444 al. 1 ch. 3 CPC/VD (Poudret/Haldy/Tappy, op. cit., n. 15 ad art. 444 CPC/VD). Ils ont d'ailleurs été soulevés devant la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois et examinés aux considérants 2 et 3 de l'arrêt que celle-ci a rendu le 24 novembre 2003 sur le recours en nullité interjeté par la recourante contre l'arrêt sur appel. 2.2 La recourante invoque une violation du principe de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.), en faisant valoir que l'intimé avait perdu fautivement son travail d'employé communal et qu'il avait au surplus toujours fait preuve de mauvaise volonté dans le paiement de la pension alimentaire, accumulant un important arriéré; elle reproche à l'autorité intimée d'avoir fait preuve d'arbitraire pour n'avoir pas pris en compte ces manquements et n'en avoir pas tiré les conséquences financières à la charge du débiteur de la pension. On ne comprend pas si la recourante entend par là se plaindre d'une appréciation arbitraire des preuves - auquel cas son grief serait irrecevable faute d'épuisement des moyens de droit cantonal (cf. consid. 1.2 supra) - ou d'une violation du droit civil fédéral. Comme il ne ressort au demeurant pas de l'argumentation de la recourante de quel principe juridique celle-ci entend reprocher la violation à l'autorité cantonale, sa critique apparaît irrecevable faute de motivation satisfaisant aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. consid. 1.3 supra). 2.3 La recourante reproche ensuite au Tribunal d'arrondissement de n'avoir retenu que les gains réalisés par l'intimé depuis le 1er novembre 2002 et de n'avoir ainsi arbitrairement pas tenu compte des gains réalisés avant cette date par l'intimé à la faveur de changements d'emploi. Elle lui fait en outre grief d'avoir calculé les frais de déplacement professionnels de l'intimé de manière arbitraire en retenant un coût de 50 centimes le kilomètre pour des déplacements en véhicule privé, ce qui aboutirait à une déduction disproportionnée par rapport au revenu de l'intimé. A nouveau, sur ces deux points, l'argumentation de la recourante ne permet pas de comprendre si elle entend critiquer l'appréciation des preuves ou l'application du droit matériel (cf. consid. 2.2 supra), de sorte que son recours se révèle aussi irrecevable sur ces points. 2.4 Selon la recourante, l'arrêt attaqué refuserait arbitrairement de prendre en considération l'entier du coût du logement, sous prétexte que la recourante occuperait un logement au coût trop élevé par rapport aux possibilités des deux parties. Si cette critique n'était pas déjà irrecevable en raison de son caractère purement appellatoire (cf. consid. 1.3 supra), elle serait de toute manière infondée. En effet, l'autorité cantonale a seulement refusé de tenir compte dans le "loyer" de la recourante les amortissements du crédit hypothécaire, pour le motif que ceux-ci ne sont pas pris en compte dans le minimum vital. Il n'y a là rien d'arbitraire, dès lors que l'amortissement de la dette hypothécaire ne sert pas à l'entretien, mais à la constitution du patrimoine et n'a par conséquent pas à être prise en considération dans ce contexte (Hausheer/Spycher, Handbuch des Unterhaltsrechts, 1997, n. 02.33 p. 79). 2.5 La recourante reproche enfin à l'autorité cantonale, après avoir constaté que la recourante a un déficit mensuel de 1'147 fr. sur son minimum vital tandis qu'il reste à l'intimé un disponible mensuel de 742 fr. après couverture de son minimum vital, de n'avoir arbitrairement pas octroyé à la recourante l'entier de ce disponible; le Tribunal d'arrondissement a en effet arrêté la pension à 600 fr. par mois, "pour tenir compte de ce que dame X.________ occupe un logement au coût trop élevé par rapport aux possibilités des parties". La recourante taxe ce résultat d'insoutenable, dans la mesure où il lui laisse un déficit de 547 fr. tout en permettant à l'intimé de disposer d'un montant non nécessaire de 142 fr. Cette argumentation lapidaire, qui ne s'en prend pas à la motivation ayant conduit l'autorité cantonale à ne pas allouer à l'épouse l'entier du disponible du mari, ne satisfait pas aux exigences posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ; elle ne fait au demeurant nullement la démonstration d'un arbitraire, étant donné les montants en cause et la liberté d'appréciation du juge dans la fixation des contributions d'entretien dues selon le droit de la famille (cf. ATF 116 II 103 consid. 2f).