Citation: 2C_1019/2022 E. 3.3.2

3.3.2. Conformément à la jurisprudence, seul un risque concret de dépendance durable et importante à l'aide sociale peut justifier la révocation d'une autorisation d'établissement au sens de l'art. 63 al. 1 let. c LEI, respectivement le refus d'une autorisation de séjour pour regroupement familial au sens de l'art. 42 LEI. De simples soucis financiers ne suffisent pas (cf. arrêts 2C_60/2022 du 27 décembre 2022 consid. 4.4; 2C_458/2019 du 27 septembre 2019 consid. 3.2). De même n'est-il pas permis de se fonder sur des hypothèses et des stéréotypes (cf. arrêts 2C_158/2021 du 3 décembre 2021 consid. 5.1; 2C_42/2011 du 23 août 2012 consid. 5.4). Pour déterminer si une personne étrangère, respectivement sa famille risque de se trouver dans une situation de dépendance durable et importante à l'aide sociale, il convient d'adopter une approche prospective fondée sur des éléments de fait concrets, afin d'apprécier la manière dont va probablement évoluer la situation financière du ménage. Il s'agit en particulier de tenir compte du montant total des prestations qui ont déjà été versées au titre de l'aide sociale, tout en examinant les perspectives financières à long terme de la personne étrangère concernée, le cas échéant en prenant en considération les capacités financières des membres de sa famille (cf. en particulier ATF 122 II 1 consid. 3c; 119 Ib 1 consid. 3b). Une dépendance durable et importante à l'aide sociale entre en ligne de compte lorsqu'une personne étrangère a bénéficié de prestations d'assistance financière élevées pour elle ou pour d'autres personnes dont elle a la charge et qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle puisse subvenir elle-même à ses besoins à l'avenir (cf. ATF 122 II 1 consid. 3c; aussi arrêts 2C_60/2022 du 27 décembre 2022 consid. 4.4; 2C_181/2022 du 15 août 2022 consid. 6.1; 2C_158/2021 du 3 décembre 2021 consid. 5.1). Sous cet angle, il est en principe nécessaire qu'une dépendance existe au moins depuis deux ou trois ans pour que l'autorité compétente dispose de suffisamment de recul pour apprécier l'éventuel caractère durable et important de l'assistance étatique dispensée (cf. arrêt 2C_268/2011 du 22 juillet consid. 6.2.4). A cet égard, le Tribunal fédéral a retenu l'existence d'une telle dépendance à l'égard de couples qui avaient par exemple accumulé une dette sociale de 115'160 fr. 10 sur une période de quatre ans (cf. arrêt 2C_844/2021 du 11 mai 2022 consid. 6.2), respectivement de 80'000 fr. sur une durée de cinq ans et demi (ATF 119 Ib 1 consid. 3a) ou de 50'000 fr. en l'espace de deux ans (arrêt 2C_672/2008 du 9 avril 2009 consid. 3.3).