Citation: 5A_710/2020 E. 4.3

4.3. La recourante conteste ce raisonnement, estimant pour sa part que la cause n'a qu'un lien très lâche avec le droit français et qu'elle se trouve dans une relation plus importante avec le droit suisse. Elle se borne toutefois à affirmer - ce que l'arrêt déféré ne manque pas de constater - que, pendant toute la durée du mariage, l'intimé a travaillé en Suisse, où il a cotisé auprès d'une institution de prévoyance, alors qu'elle-même a réduit son taux d'activité en France à 50% pendant six ans, et non pas quatre, afin de s'occuper des enfants du couple et de la tenue du ménage. Selon elle, il est dès lors évident que, dans l'organisation de leurs activités professionnelles, les conjoints comptaient sur les avoirs de prévoyance accumulés en Suisse par l'intimé, ce d'autant qu'en raison de cette organisation, elle n'a jamais eu la possibilité de se constituer un capital de prévoyance approprié. Cette argumentation n'est pas de nature à convaincre d'une violation du droit fédéral. Comme il a déjà été exposé, l'art. 15 LDIP ne peut intervenir qu'à la double condition que, d'une part, la cause n'ait qu'un "lien très lâche" avec le droit déclaré applicable et que, d'autre part, il existe une relation "beaucoup plus étroite" avec un autre droit. En l'occurrence, la première de ces conditions, en tout cas (à savoir que la cause n'a qu'un lien très lâche avec le droit français), n'est pas réalisée. Non seulement les parties sont de nationalité française et ont toujours vécu en France, où elles se sont mariées, puis ont divorcé, mais encore, durant toute la durée du mariage, la recourante a exercé comme professeur des écoles en France, ce qui lui a permis de se constituer une prévoyance dans ce pays, même si elle a réduit son taux d'activité durant quelques années. Il en résulte que, contrairement à la situation tranchée par l'arrêt 5A_874/2012 précité, l'ensemble des prestations de retraite des deux conjoints n'est pas exclusivement lié à la Suisse. Comme de surcroît le seul élément reliant les parties à la Suisse consiste dans les avoirs détenus par l'intimé auprès d'une institution suisse de prévoyance professionnelle, les juges précédents ont dès lors considéré à juste titre qu'il ne se justifiait pas d'appliquer la clause d'exception de l'art. 15 LDIP. Enfin, la recourante ne formule aucun grief portant sur les conséquences, déduites par l'autorité cantonale, de l'application du droit français. Autant qu'il est suffisamment motivé, le grief est par conséquent mal fondé.