Citation: 6B_4/2020 E. 6.3.1

6.3.1. La plupart des jeunes femmes dont il a été question dans l'enquête sont de nationalité roumaine, ne parlant pas ou que peu le français, et toutes sont venues une première fois à ccc, pour certaines avec l'aide de B.________. La situation des enfants de L.________ ne ressort pas de la décision cantonale et le recourant ne précise pas ce qui permettrait d'en savoir plus à ce sujet dans le dossier. Ces éléments ne sont pas de nature à montrer, dans la perspective d'une vulnérabilité accrue, que L.________ se serait spécialement distinguée d'autres prostituées. Le recourant allègue, du reste, qu'elle se serait déjà prostituée en Hollande au mois de décembre 2016 et il ressort aussi du dossier qu'elle a rencontré C.________ alors que toutes les deux déployaient cette activité en Allemagne, ce qui ne plaide pas en faveur d'une vulnérabilité particulière résultant d'un manque d'expérience dans cette activité et dans le milieu dans lequel elle s'exerce. Dans le même sens, et à supposer que la conversation citée par le recourant du 30 octobre 2016 entre les époux B.________ ait bien porté sur L.________, les propos que B.________ suggère à C.________ de tenir à celle dont ils parlent (" Réfléchis bien car j'ai une famille, ne me détruis pas ma famille si tu es ma copine et tu m'aimes et si tu m'aimes et t'as été ma copine tant d'années, ne me fais pas ça. On va se fâcher. Car moi non plus je ne t'ai pas fais de mal dans la vie pour que tu me fasses ça "; Dossier cantonal, p. 8856; conversation du 31.10.2016 à 00h34), suggèrent des relations de longue date entre les deux femmes, peu compatibles avec un rapport d'exploitation prétendument fondé sur une relation sentimentale fictive avec B.________ qui ne se serait nouée qu'au mois de décembre 2016 en Allemagne. On ne saurait non plus, sous cet angle chronologique, reprocher à la cour cantonale d'avoir arbitrairement écarté l'argumentation du recourant. Les déclarations de B.________, du 24 octobre 2016, selon lesquelles il avait une autre copine et n'aimait plus C.________ ressortent, elles aussi, d'une des conversations enregistrées dont la cour cantonale a souligné la difficulté de les interpréter parce que l'on n'en connaissait ni le contexte, ni l'interlocuteur, ni ce que ce dernier avait dit. Le caractère sibyllin est patent. Du reste, le jugement de première instance fait état de la possibilité, évoquée dans une procédure en Roumanie, que B.________ ait noué des relations sentimentales avec plusieurs jeunes femmes (jugement du 21 décembre 2018, consid. B.2 p. 14), de sorte que la quasi-cécité de l'intéressé ne suffit manifestement pas à exclure, comme le voudrait le recourant, que le passage précité ait aussi pu concerner une autre femme que L.________. Ces considérations ne suffisent pas non plus à démontrer que B.________ aurait leurré L.________ en lui faisant miroiter une relation sentimentale pour abuser de sa vulnérabilité en l'amenant à ccc pour se prostituer. Du moins n'était-il pas insoutenable de ne pas retenir cette version des faits.