Citation: 5A_214/2024 E. 4.2

4.2. Le recourant fait valoir que le retranchement de 15% sur son salaire à titre de déductions fiscales n'est pas conforme à la réalité et que l'absence de prise en considération de l'impôt sur la fortune dans le calcul de sa charge fiscale est contraire à la jurisprudence. Selon la simulation réalisée par son conseiller sur la base d'une fortune de 9'100'000 fr. et des contributions d'entretien qu'il doit payer selon l'ordonnance de première instance, sa charge fiscale s'élève à 11'790 fr. 15 du 1er septembre 2022 au 31 décembre 2023, puis à 12'155 fr. dès le 1er janvier 2024, la part de l'impôt à la fortune s'élevant à 65'305 fr. par an, soit à 5'442 fr. par mois. Il conviendrait ainsi de constater que le montant mensuel global de ses impôts est en réalité d'environ 2'700 fr. supérieur au montant retenu par la cour cantonale. L'absence de prise en considération des déclarations de son conseiller fiscal relèverait donc d'une application arbitraire des art. 176 et 285 CC. Le recourant soutient encore que si son revenu lui permet de couvrir ses charges ainsi que celles de sa famille, il faudrait néanmoins retenir qu'après paiement de ses charges et des contributions d'entretien, il ne dispose que d'un montant de 9'831 fr. à la fin du mois et qu'avec la prise en considération de l'impôt sur la fortune de 5'442 fr. dont il doit obligatoirement s'acquitter, il lui ne reste plus que 4'398 fr. par mois. Son propre excédent et celui qu'il conserve pour ses filles sont donc largement entamés. Cela aurait des " conséquences pénibles " pour lui et ses filles, qui de facto doivent renoncer à des loisirs ainsi qu'à des vacances. Cette situation serait d'autant plus injuste que l'intimée peut pleinement profiter de son excédent et de la part de l'excédent revenant à ses filles comprise dans les contributions d'entretien qu'il verse. Le recourant précise en outre que sa fortune, qui s'élève à 9'830'286 fr. au 31 décembre 2021, est composée entièrement de bons de participation qu'il détient dans la société holding familiale. Si ces bons lui permettent de profiter d'une position dirigeante, ils ne lui rapportent aucun revenu, mais génèrent une importante charge fiscale. Ils ne peuvent par ailleurs pas être vendus. Dans ces circonstances, il serait manifestement insoutenable de ne pas intégrer l'impôt sur la fortune dans sa charge fiscale.