Citation: 5A_348/2015 E. 2.1

2.1. Aux termes de l'art. 41 al. 1 bis LP, lorsqu'une poursuite par voie de saisie ou de faillite est introduite pour une créance garantie par gage, le débiteur peut demander, par le biais d'une plainte (art. 17 LP), que le créancier exerce d'abord son droit sur l'objet du gage. En l'occurrence, il est constant que la créance déduite en poursuite est garantie par un gage mobilier (art. 37 al. 2 LP). De surcroît, le poursuivi n'a pas excipé de ce moyen à l'appui d'une plainte déposée dans le délai de dix jours dès la notification du commandement de payer (art. 17 al. 1 LP). Dans un arrêt du 18 février 1896, le Tribunal fédéral a posé le principe que le poursuivi exécuté par la voie d'une poursuite ordinaire, au lieu d'une poursuite en réalisation de gage, doit porter plainte aux autorités de surveillance au sens de l'art. 17 LP (ATF 22 p. 311 consid. 1); cette jurisprudence a été constamment confirmée (ATF 24 I 149 consid. 2; 36 I 337 consid. 1; 43 III 296 consid. 2; 50 III 83 p. 84/85), avec l'appui de la doctrine majoritaire (BLUMENSTEIN, Handbuch des Schweizerischen Schuldbetreibungsrechtes, 1911, p. 142/143; JAEGER, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes, t. I, 1920, n° 2 ad art. 41 LP; WEBER/BRÜSTLEIN/REICHEL, Das Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, 2e éd., 1901, n° 1 ad art. 41 LP; cf. toutefois les critiques de GUISAN, in : JdT 1929 II p. 97). L'art. 85 al. 2 ORI - dont l'application a été étendue au gage mobilier (ATF 54 III 241 p. 243/244; 59 III 250 consid. 1) - a codifié cette pratique en 1923 (RS 36 433, 464) : lorsque le débiteur poursuivi par voie de saisie ou de faillite entend soutenir que la créance est garantie par gage et que, par conséquent, seule la poursuite en réalisation de gage est admissible, " il doit faire valoir cette exception par la voie de la plainte dans les 10 jours dès la notification du commandement de payer " (BRAND, Poursuite pour dettes, Poursuite en réalisation de gage, in : FJS n° 991 [1949] p. 1 ch. I/1b; favorables à l'opposition: GUISAN, note in : JdT 1932 II p. 116/117 ch. V; GROMMÉ, Rechtsvorschlag und Beschwerde, 1967, p. 57/58). Cette disposition a été abrogée par l'OTF du 5 juin 1996, avec effet au 1er janvier 1997 (RO 1996 2900; cf. WEYERMANN, Die Verordnungen des Bundesgerichts zum SchKG, in : PJA 1996 p. 1374); la règle figure désormais à l'art. 41 al. 1 bis LP, alors que le Conseil fédéral - sans remettre en discussion la voie de la plainte - proposait de la mentionner à l'art. 75 LP (nouvel alinéa 4: FF 1991 III 1 ss, 73). Conformément à ce principe, la Cour de céans a ainsi jugé récemment que le poursuivi ne peut soulever dans la procédure de mainlevée " die Einrede der Vorausvollstreckung " (arrêt 5A_586/2011 du 20 octobre 2011 consid. 3 in fine).