Citation: 4A_613/2015 E. 3.2

3.2. En l'espèce, l'écriture d'appel de la recourante était ainsi libellée: "Je fais appel contre la décision du 13/08/2015 n° 2190912012-2, j'ai été en vacances durant la notification de 30 jours. Motif : je vous enverrai les documents nécessaires dans les prochains jours car je ne suis pas d'accord avec votre décision. [formule de politesse]" Le 17 septembre 2015, la recourante a déposé au greffe de la Cour de justice genevoise une lettre, accompagnée de sept pièces, dans laquelle elle indiquait à la juridiction prud'homale qu'elle lui faisait parvenir en annexe "les documents suivants [énumération de ceux-ci] attestant les opérations chirurgicales que j'ai subies". Selon elle, les circonstances exceptionnelles du cas particulier - notamment le fait que, par lettre du 21 septembre 2015, son avocat avait informé la Chambre d'appel qu'il n'assurait plus la défense de ses intérêts et le fait que le délai d'appel arrivait à terme quelques jours seulement après le retour de vacances de l'appelante, une personne au demeurant sans formation juridique et ne parlant pas bien la langue française - auraient dû amener la cour cantonale à lui impartir un délai pour lui permettre de compléter son acte d'appel. Il n'en est rien. La thèse défendue par la recourante se heurte à la jurisprudence précitée selon laquelle ce n'est pas faire preuve de formalisme excessif que d'exiger une motivation, fût-elle minimale, lorsque, comme c'est le cas de l'art. 311 al. 1 CPC, la loi en exige une. Force est, d'ailleurs, de constater que les pièces déposées le 17 septembre 2015 par la recourante au greffe de la Cour de justice avec la lettre d'accompagnement l'ont été après l'expiration, le 14 septembre 2015, du délai d'appel, lequel ne pouvait pas être prolongé s'agissant d'un délai légal (art. 144 al. 1 CPC en liaison avec l'art. 311 al. 1 CPC). Pour le surplus, la recourante ne prétend pas avoir déposé une demande de restitution du délai, au sens de l'art. 148 CPC, et ne reproche pas non plus aux juges précédents de n'avoir pas traité son écriture du 17 septembre 2015 comme une requête ad hoc.