Citation: 1B_25/2021 E. 2.2.2

2.2.2. Le deuxième élément problématique mentionné par la cour cantonale porte sur la nature du traitement psychothérapeutique ordonné par les mesures de substitution, en lien avec la gestion de la violence conjugale, que le prévenu suit en qualité de victime plutôt que d'agresseur auprès de l'association Pharos (qui soutient psychologiquement et socialement les hommes victimes de violence conjugale). La Cour de justice a retenu qu'il ressortait "de la chronologie des questions que le magistrat ne s'était pas rendu compte, à réception de la lettre du SPI et de ses annexes que le prévenu consultait en qualité de victime auprès de Pharos". Lors de l'audience du 20 octobre 2020, l'avocat de la plaignante a interpellé le prévenu à ce sujet, sans que le Procureur ne réagisse ou ne pose une question, alors qu'il a entendu et dicté la problématique soulevée à propos des soins thérapeutiques inadéquats suivis par le prévenu. L'instance précédente a jugé que cette absence de vérification relevait d'un manque d'attention qui n'était toutefois pas révélateur d'une partialité à l'égard de la plaignante. Le Procureur intimé ne s'est cependant jamais exprimé à ce sujet devant la cour cantonale. Dans ses 11 pages de déterminations devant le Tribunal fédéral, il ne mentionne pas non plus cet élément. Dans les circonstances particulières de violence conjugale, une telle absence de vérification est peu adéquate. Elle ne serait cependant pas suffisante, à elle seule, pour fonder une apparence de partialité.