Citation: 1C_112/2023 E. 3.2

3.2. La Cour de justice a considéré que le principe de la proportionnalité ne pouvait conduire l'autorité à renoncer à ordonner une remise en l'état des parkings, de la cour, du chemin, des serres-tunnels et du hangar. En effet, les dérogations à la règle n'étaient pas mineures dès lors qu'elles concernaient plusieurs installations réparties sur plusieurs parcelles, les intérêts publics concernés justifiaient la démolition des équipements concernés, les recourants, qui avaient mis l'autorité devant le fait accompli, ne pouvaient se prévaloir de leur bonne foi et il n'existait pas non plus de chances sérieuses de faire reconnaître les constructions comme conformes au droit. Les recourants, qui contestent la pesée des intérêts effectuée par l'autorité précédente, reviennent en particulier sur le caractère prétendument indispensable des infrastructures litigieuses pour l'exploitation du manège. A ce sujet, ils se contentent de rappeler que les serres-tunnels servent à stocker des copeaux et de la paille nécessaires à l'exploitation du manège et que les parkings, la cour et le chemin servent au stationnement de certains véhicules essentiels au fonctionnement du manège. Au surplus, les recourants critiquent la différence de traitement entre les parkings, la cour, le chemin, les serres-tunnels et le hangar d'une part, et le paddock et le marcheur, d'autre part, dont l'autorité a renoncé à ordonner la remise en état; ils ne fournissent toutefois pas d'élément concret susceptible de démontrer le caractère disproportionné de la remise en état. Dans son arrêt, la Cour de justice a détaillé les raisons pour lesquelles il pouvait être renoncé à un ordre de remise en état pour le marcheur et le paddock, à l'inverse des installations litigieuses: les autorités avaient notamment fait preuve d'une tolérance active, voire d'une passivité, concernant ces deux objets pendant plus de vingt ans et les recourants pouvaient par conséquent se prévaloir de leur bonne foi. Tel n'était pas le cas pour les installations, plus récentes, faisant l'objet de la présente procédure et pour lesquelles les conditions d'une renonciation à la remise en état (cf. consid. 3.1.1 ci-dessus) n'étaient pas réunies. L'autorité précédente a en effet procédé à une pesée des intérêts et a fait prévaloir les intérêts publics à la séparation entre espace bâti et non bâti, à la préservation de la zone agricole et des SDA, ainsi qu'à l'égalité devant la loi sur les intérêts privés des recourants à conserver les aménagements litigieux. Dans ces conditions et au vu des éléments qui précèdent, le raisonnement de l'instance précédente apparaît défendable et le résultat auquel elle est parvenue ne semble pas déraisonnable. A défaut de démonstration d'arbitraire dans l'application des art. 129 let. e et 130 LCI, le grief des recourants doit être écarté.