Citation: 7B_216/2022 E. 3.3

3.3. S'agissant de la répartition des frais de la procédure de première instance, les juges cantonaux ont relevé que le salon de prostitution exploité par la recourante était illicite: celle-ci n'avait pas procédé aux annonces prévues par l'art. 9 de la loi genevoise sur la prostitution du 17 décembre 2009 (LProst/GE; RS/GE I 2 49). Ils ont encore rappelé que la recourante y logeait, respectivement y employait, des femmes sans statut légal et qu'elle avait installé, dans les chambres de l'appartement, des caméras afin de filmer les prostituées avec leurs clients sans leur consentement ou à tout le moins sans celui de leurs clients, ce qui constituait une violation grave de l'art. 28 CC. Selon les juges cantonaux, ces éléments suffisaient pour soupçonner que la recourante exploitait illégalement des prostituées. Ils ont ainsi considéré qu'elle avait provoqué fautivement l'ouverture de la procédure pénale. En conséquence, ils ont maintenu la répartition des frais pour la procédure de première instance ordonnée par le Tribunal de police et ont refusé de lui allouer une indemnité pour cette même procédure, malgré les acquittements prononcés en deuxième instance (arrêt attaqué, consid. 7.1.3 à 7.2 p. 17 s.).