Citation: 9C_435/2022 E. 3

La juridiction cantonale a retenu que l'impact de la fibromyalgie sur la capacité de travail de la recourante devait faire l'objet d'un examen global de l'état de santé de celle-ci, soit à la fois au plan rhumatologique et psychiatrique. A cet égard, elle a constaté que le docteur G.________ n'avait émis aucun diagnostic psychiatrique invalidant et relevé que la recourante disposait de ressources psychiques mobilisables lui permettant d'exercer à plein temps une activité adaptée. Elle a précisé que les conclusions relatives au volet psychiatrique de l'expertise (cf. rapport du docteur G.________, pp. 15 ss) reposaient sur un examen de la capacité de travail de la recourante conforme à la jurisprudence (cf. ATF 141 V 281), en rappelant que la procédure d'administration des preuves qui prévaut en matière de troubles douloureux sans substrat organique et de troubles psychosomatiques analogues, à savoir au moyen de la grille d'indicateurs, est applicable à toutes les maladies psychiques (cf. ATF 143 V 418). Les premiers juges ont considéré que les conclusions du docteur G.________ différaient sensiblement de celles du professeur F.________, qui qualifiait le syndrome douloureux chronique (la fibromyalgie) de modéré à moyen, et affirmait que cette affection participait à la réduction des ressources psychiques de la recourante et qu'elle était la cause des limitations à l'effort physique. Confrontée à cette situation qu'elle a qualifiée de contradictoire, l'instance précédente s'est écartée des conclusions du professeur F.________ quant au caractère incapacitant de la fibromyalgie, retenant que l'examen de l'expert rhumatologue ne remplissait pas complètement les exigences posées par la jurisprudence. Elle a toutefois admis que les insuffisances constatées - qui touchent uniquement la question de l'influence de la fibromyalgie, au plan rhumatologique, sur la capacité de travail de la recourante - ne devaient pas conduire à un complément d'expertise ou à une nouvelle expertise. En effet, les renseignements figurant dans l'expertise pluridisciplinaire du 1er juillet 2014 permettaient de se forger un avis. Renvoyant à celle-ci, la juridiction cantonale a constaté que la fibromyalgie n'avait pas d'influence déterminante sur la capacité de travail de la recourante. En ce qui concerne l'état de santé sur le plan somatique, les premiers juges ont constaté que le professeur F.________ n'avait pas indiqué que les discopathies cervicales avaient une influence sur la capacité de travail. En revanche, l'expert judiciaire prénommé ainsi que la doctoresse E.________ s'étaient accordés à dire, à plusieurs années d'intervalle, que la discopathie lombaire L4-L5 était douloureuse et qu'elle avait un impact sur la capacité de travail, de sorte que seule cette atteinte devait être retenue. Comme le professeur F.________ n'avait pas évalué l'influence individuelle de cette atteinte à la santé sur la capacité de travail, les juges cantonaux se sont référés à l'évaluation de la doctoresse E.________, selon laquelle l'assurée disposait d'une capacité de travail entière, avec une baisse de rendement de 20 %, dans une activité sédentaire avec alternance de positions et sans port de charges lourdes, aucun élément du dossier ne venant remettre en question cette évaluation.