Citation: 6B_530/2019 E. 2.2

2.2. L'autorité précédente a exposé que les déclarations de D.________, B.________ et H.________ avaient mis en cause le recourant de manière concordante. D.________ avait ainsi expliqué que B.________ lui avait présenté le recourant et lui avait dit l'avoir rencontré en prison. Il avait reconnu avoir ouvert le compte "N.________" sur instruction du recourant et avoir eu de nombreux contacts avec ce dernier. D.________ avait par ailleurs reconnu qu'aucun projet immobilier n'existait au moment où les fonds avaient été versés sur le compte précité, que le recourant avait créé un tel projet de toutes pièces afin de justifier les arrivées de fonds sur celui-ci et qu'il lui avait envoyé la documentation devant servir à expliquer la provenance des fonds auprès de la banque. L'intéressé avait ajouté qu'en novembre 2007, alors que le compte "N.________" avait été bloqué, le recourant lui avait demandé d'ouvrir des comptes en Espagne, en Grèce et aux Etats-Unis d'Amérique, sur lesquels il pourrait recevoir des fonds. Le recourant lui avait en outre demandé de déclarer à la police qu'il ne le connaissait pas, en échange du paiement de ses frais d'avocat. B.________ avait quant à lui déclaré que le recourant lui avait demandé, ainsi qu'à H.________, de créer des sociétés, en ajoutant qu'il avait été surpris de constater des arrivées de plusieurs petits montants sur le compte de F.________ SA, lesquels n'étaient pas en relation avec la création desdites sociétés. B.________ avait remarqué qu'une affaire de loterie était mentionnée sur une référence d'un sous-compte, car un individu avait contacté la société par courriel afin d'obtenir des informations à ce sujet après qu'on lui eut demandé de payer 30'000 USD. Le prénommé avait alors pris peur et avait averti la banque pour ne pas "avoir d'ennuis". H.________ avait pour sa part déclaré que des clients du recourant avaient effectué trois versements pour un total d'environ 150'000 USD sur son compte privé auprès de la banque P.________, qu'il avait reversé cette somme à la banque L.________, sur un compte du recourant, puis qu'il avait dû se justifier auprès de la banque Q.________ en expliquant que cela concernait un projet immobilier géré par celui-ci. H.________ avait encore exposé qu'il avait créé trois sociétés à la demande du recourant, sans savoir pourquoi ce dernier ne voulait pas mettre celles-ci à son nom. Selon lui, le recourant ne lui avait jamais remis les pièces justificatives des investisseurs dans le projet immobilier, malgré ses demandes en ce sens. Le prénommé avait enfin admis avoir accepté de mettre l'un de ses comptes aux Etats-Unis d'Amérique à la disposition du recourant, après que celui-ci lui eut expliqué qu'il ne parvenait pas à sortir lui-même de l'argent de ce pays. La cour cantonale a par ailleurs indiqué que les motifs de paiement mentionnés sur les différents transferts bancaires des victimes ne correspondaient pas à un projet immobilier, ni à un projet de centre d'affaires en Jordanie. Le compte "N.________" avait été utilisé pour recueillir les montants des victimes du système de fraude à l'avance de frais. Dans ce cadre, les dupes avaient été invitées par une prétendue autorité fédérale, "R.________", à verser de l'argent pour obtenir un "Tax Clearance Certificate" permettant de débloquer des fonds en leur faveur. D'autres dupes avaient été invitées à verser des fonds sur la base de fausses promesses d'héritage, de gains à la loterie, de gains sur investissements qu'il fallait prétendument assurer ou de faux contrats de fiducie qu'il aurait fallu reprendre. Les comptes de F.________ SA avaient quant à eux notamment été utilisés pour recueillir des fonds d'une victime d'escroquerie de type "S.________", ce qui contredisait l'explication du recourant, donnée à B.________, selon laquelle il se serait agi d'un investissement pour la création d'une société. Par ailleurs, ces comptes avaient accueilli les versements effectués par des tiers, mentionnant comme motifs de paiement "T.________", ce qui contredisait l'explication donnée par le recourant à B.________, selon laquelle ceux-ci seraient provenus de clients qui souhaitaient être actionnaires de la société U.________ en Espagne. Enfin, selon l'autorité précédente, les explications fournies par le recourant n'avaient pas été crédibles. On ne voyait pas pourquoi des fonds auraient dû transiter par les comptes concernés, ni même par la Suisse, puisque d'éventuels investisseurs auraient pu simplement verser de l'argent sur les comptes jordaniens du recourant s'ils avaient souhaité soutenir son projet immobilier ou son projet de centre d'affaires. Le recourant avait d'ailleurs été incapable d'expliquer de manière crédible pourquoi l'argent provenait de plusieurs pays d'Europe ou des Etats-Unis d'Amérique alors qu'il avait prétendu que ses partenaires commerciaux se trouvaient au Nigéria.