Citation: 6B_1177/2017 E. 2.7.3

2.7.3. En l'occurrence, la collision a eu lieu à la hauteur d'une bifurcation entre l'axe principal qu'empruntaient les parties et un axe secondaire. Le fait que l'intimée ait voulu tourner vers cet axe secondaire n'était ainsi pas une circonstance que les conducteurs la suivant ne pouvaient prévoir. Ensuite, l'intimée a manifesté son intention de tourner à gauche de trois manières: en ralentissant - alors qu'elle ne roulait déjà pas vite -, en enclenchant les clignotants gauches de son véhicule, comme l'exige l'art. 39 al. 1 LCR, puis, après avoir vérifié la circulation la précédent dans son rétroviseur, en positionnant son véhicule en ordre de présélection au centre de la chaussée comme le prescrivent les art. 36 al. 1 LCR et 13 OCR. Ce n'est qu'ensuite qu'elle a tourné à gauche et franchi la ligne de direction, instant après lequel la collision est survenue. Ce faisant, l'intimée a clairement manifesté à temps son intention de tourner à gauche et respecté les obligations légales et réglementaires y relatives. Si comme conducteur désirant tourner dans cette direction, l'intimée devait la priorité aux véhicules roulant en sens inverse, elle était en revanche prioritaire par rapport aux conducteurs la suivant: conformément à l'art. 35 al. 5 LCR ceux-ci avaient en effet l'interdiction de dépasser un véhicule lorsque son conducteur manifeste son intention d'obliquer à gauche. Au vu des mesures prises par l'intimée avant d'entreprendre d'obliquer à gauche et en l'absence de circonstances particulières, on ne saurait reprocher à l'intimée de n'avoir pas regardé une nouvelle fois dans son rétroviseur, après l'avoir fait une première fois avant de positionner son véhicule en ordre de présélection au centre de la chaussée, pour vérifier que le recourant qui se trouvait lorsqu'elle avait déporté son véhicule sur le centre de la chaussée derrière le véhicule la précédant n'allait pas tout de même tenter un dépassement illicite. Le comportement de l'intimée ne permet ainsi pas de retenir qu'elle aurait manqué d'égard par rapport aux usagers qui la suivaient (art. 26 al. 1 et plus spécifiquement art. 34 al. 3 LCR). En l'absence de circonstances particulières, elle pouvait attendre, à la hauteur d'une bifurcation vers un axe secondaire et alors qu'elle avait clairement manifesté son intention de tourner dans cette direction, ce par le ralentissement de son véhicule, l'enclenchement de ses clignotants gauches et, surtout, par le positionnement de son véhicule en ordre de présélection au centre de la chaussée, que les usagers la suivant, dont le recourant, se comportent également de manière conforme à la circulation et ne tentent notamment pas de forcer le passage et de la dépasser néanmoins. Dans ces conditions, il convient de constater que l'intimée a satisfait entièrement à ses obligations de sécurité et de prudence.