Citation: 1A.221/2006 01.12.2006 E. 1

La Commune de Cologny est propriétaire de la parcelle n° 1905 du cadastre communal, au lieu-dit "La Louchette". Ce terrain non bâti, de 5'342 mètres carrés, est situé à l'angle de la route de Vandoeuvres et de la route du Guignard. Il est classé en zone de développement 4B destinée à des équipements publics. Du 1er au 30 septembre 2004, le Conseil d'Etat de la République et canton de Genève (ci-après: le Conseil d'Etat) a soumis à l'enquête publique un projet de plan localisé de quartier prévoyant la réalisation, sur la parcelle n° 1905, d'un bâtiment de deux étages sur rez-de-chaussée voué au logement, comportant une crèche et un jardin d'enfants intercommunaux, 29 places de stationnement en sous-sol et des places extérieures pour les visiteurs, pour les employés et pour déposer les enfants. Ce projet a suscité plusieurs oppositions, dont celle de la société A.________, propriétaire, respectivement copropriétaire de deux parcelles voisines. Ces oppositions avaient notamment trait à l'impact négatif du projet sur la lignée de chênes pluricentenaires qui borde la route de Vandoeuvres et aux nuisances dues à l'accroissement du trafic. Par arrêtés du 14 septembre 2005, le Conseil d'Etat a approuvé le plan localisé de quartier et rejeté les oppositions. Les opposants ont recouru contre ces décisions auprès du Tribunal administratif de la République et canton de Genève (ci-après: le Tribunal administratif). Ils sollicitaient la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire visant à déterminer l'impact des constructions sur les chênes. Par décision sur expertise du 31 août 2006, le Tribunal administratif a déclaré recevables à la forme les recours dont il était saisi et ordonné préalablement une expertise, qu'il a confiée à Simon Egli, chercheur à l'institut WSL de Birmensdorf, portant sur la question de la survie des chênes en cas de réalisation des bâtiments projetés dans le plan; il a réservé les frais de procédure et des dépens jusqu'à droit jugé sur le fond. Agissant par la voie du recours de droit administratif, A.________ demande au Tribunal fédéral d'annuler cette décision "en tant qu'elle rejette dans ses considérants le grief relatif au trafic", ainsi que le plan localisé de quartier au lieu-dit "La Louchette"; elle conclut subsidiairement au renvoi du dossier au Tribunal administratif afin que celui-ci sollicite du Service cantonal de protection contre le bruit et les rayonnements non ionisants l'établissement d'un nouveau préavis sur la base des éléments de fait rectifiés. Le Conseil d'Etat conclut à l'irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet. La Commune de Cologny propose de le rejeter. Le Tribunal administratif s'en rapporte à justice quant à la recevabilité du recours et persiste dans les considérants et le dispositif de sa décision.