Citation: 8C_493/2017 E. 5.1

5.1. Dans son exposé, la recourante a certes relevé quelques imperfections dans la rédaction de l'expertise psychiatrique judiciaire. Les éléments mis en évidence sont toutefois mineurs et n'affectent pas sa valeur probante. En particulier, comme l'expertise est signée par la doctoresse F.________, on doit admettre que l'experte l'a réalisée personnellement, l'intervention d'un tiers n'étant pas alléguée. De plus, bien que le rapport ne soit pas daté et qu'il ait été remis à la Chambre des assurances sociales le 30 janvier 2017, la recourante n'allègue pas que des changements de faits significatifs et propres à modifier l'appréciation de l'experte seraient intervenus depuis le dernier entretien que cette dernière a eu avec l'intimée, le 19 septembre 2016. En ce qui concerne les échanges de courriels entre l'experte judiciaire et la doctoresse H.________, spécialiste en médecine interne et médecin traitant, il est exact que la doctoresse F.________ en a uniquement fait mention sans reproduire leurs contenus dans son expertise (p. 1). En vertu du principe de la bonne foi, il incombait toutefois à la recourante de s'en plaindre à temps à la juridiction cantonale, si elle estimait que cette omission pouvait entacher la pertinence de l'expertise (cf. JEAN-FRANÇOIS EGLI, La protection de la bonne foi dans le procès: quelques applications dans la jurisprudence, in Juridiction constitutionnelle et juridiction administrative, Recueil de travaux publié sous l'égide de la Première Cour de droit public du Tribunal fédéral suisse, 1992, p. 239), ce qu'elle n'a pas fait dans ses déterminations des 1er mars et 27 avril 2017. Au demeurant, on ne voit pas ce que la recourante entend déduire de la prétendue irrégularité dont elle se prévaut. Quant à l'absence de références doctrinales, on ne voit pas que cela soit propre à faire douter du bien-fondé de l'expertise, du moins lorsqu'il n'existe pas de controverse médicale sur la réponse à donner aux questions posées à l'expert. On ajoutera que l'apparente mauvaise compréhension de l'experte et de l'intimée sur un seul point (un voyage en Bolivie) ne suffit pas à elle seule à jeter le doute sur la pertinence des conclusions tirées de l'examen. En outre et contrairement aux allégués de la recourante, l'experte judiciaire a dûment mentionné, dans l'anamnèse, les divers points évoqués, notamment l'ancienne consommation d'alcool, la dépression (rapport, p. 9-10), ainsi que les épisodes de violence conjugale (rapport, p. 6); la doctoresse F.________ a donc apprécié le cas en connaissance de la cause. Il faut aussi constater que les analyses de sang réalisées à la demande du docteur G.________ figuraient au dossier. La recourante tente de relativiser la valeur probante de l'expertise judiciaire en invoquant des éléments précédemment retenus par le CEMed. Les premiers juges se sont pourtant clairement exprimés à cet égard, en indiquant que la différence entre les expertises judiciaires et celle du CEMed résidait dans un examen plus superficiel de l'intimée et une minimisation des douleurs, de leur répercussion sur la capacité de travail et des effets de la médication antalgique lourde. Les juges cantonaux ont relevé que les experts du CEMed avaient eux-mêmes concédé, le 2 avril 2015, qu'il y avait lieu d'apprécier à nouveau la situation professionnelle de l'intimée, de sorte que leurs conclusions du 14 janvier 2015 n'étaient plus tout à fait actuelles. De plus, leur expertise avait été contredite par l'évolution de l'état de santé psychique de l'intimée, qui avait justifié une hospitalisation à la clinique I.________ du 11 au 23 février 2015 en raison d'un trouble dépressif réactionnel aux douleurs chroniques, mal soulagées par le traitement médicamenteux. A cet égard, la doctoresse F.________ avait indiqué une intensité de 7/10 dans son rapport du 30 janvier 2017, en précisant que les épisodes douloureux survenaient souvent dès 15h00 puis tout au long de la fin de la journée et durant les nuits, que celles-ci étaient mauvaises, peu récupératrices car entrecoupées de réveils brutaux en raison des douleurs (p. 10). Le traitement antidépresseur avait dû être augmenté en janvier 2015, ce qui tendait précisément à confirmer le bien-fondé du diagnostic que l'assureur contestait.