Citation: 1B_146/2009 E. B

Par jugement du 26 mars 2009, le Juge d'application des peines du canton de Vaud a accordé la libération conditionnelle à A.________. Les deux tiers de la peine avaient été exécutés le 21 mars 2009. Le comportement en détention était adéquat. La Commission interdisciplinaire consultative estimait, dans son rapport du 6 janvier 2009, que l'intéressé présentait une "extrême dangerosité pédophilique persistante". L'application de l'art. 65 al. 2 CP (internement après jugement) était évoquée. Le Ministère public avait d'ailleurs demandé la révision du jugement dans ce sens. En l'état toutefois, à défaut d'expertise psychiatrique, un pronostic n'était pas possible. Entendu le 5 mars 2009, A.________ avait confirmé que ses pulsions pédophiles dataient de 1968 en tout cas, qu'il n'avait pris conscience de ses problèmes qu'en 1995 lors de la première condamnation et qu'il avait suivi un traitement auprès d'un psychiatre durant trois ans. A l'incitation du service pénitentiaire, il avait commencé à rembourser les indemnités allouées aux victimes. Les faits remontaient à 1995 et rien ne permettait de suspecter des actes commis après cette date. A.________ était prêt à se soumettre à un suivi thérapeutique et à gérer ses pulsions en évitant d'être confronté à de jeunes garçons. Il avait aussi pris conscience des difficultés liées à un retour en Haïti, et avait trouvé un emploi et un logement temporaire en Suisse. Le délai d'épreuve a été fixé à un an. L'intéressé devait préalablement déposer son passeport en mains de l'Office d'exécution des peines (OEP) et mettre en place un suivi psychothérapeutique.