Citation: 1C_186/2014 E. B

Helvetia Nostra a saisi la Cour de droit public du Tribunal cantonal valaisan, laquelle a suspendu la cause en attendant qu'il soit statué sur les affaires similaires pendantes devant le Tribunal fédéral. Dans les arrêts de principe rendus le 22 mai 2013 en matière d'autorisation de construire une résidence secondaire, le Tribunal fédéral a admis la qualité pour recourir d'Helvetia Nostra (ATF 139 II 271) ainsi que l'applicabilité directe des art. 75b et 197 ch. 9 Cst. aux permis de construire délivrés après le 11 mars 2012 (ATF 139 II 243), indépendamment de la date de dépôt de la demande (ATF 139 II 263). La procédure cantonale a été reprise et les constructeurs ont fait savoir, le 12 août 2013, qu'ils entendaient réaliser une résidence principale. Le 3 décembre 2013, la commune d'Evolène a complété l'autorisation de construire par une charge imposant l'utilisation exclusive et permanente "par des personnes domiciliées dans la commune ou pour des besoins d'activité lucrative ou de formation". Une mention de "résidence principale" a été inscrite au registre foncier. Invitée à se déterminer, Helvetia Nostra a relevé que 16 avenants du même genre avaient été délivrés par la même commune, les constructeurs n'ayant jamais manifesté précédemment l'intention de réaliser des résidences principales. Ce procédé systématique était constitutif d'un abus de droit. Subsidiairement, elle demandait l'allocation de dépens en estimant que le recours présentait, avant les faits nouveaux, de sérieuses chances de succès. Par arrêt du 25 février 2014, le Tribunal cantonal a classé le recours, déclaré la cause sans objet et rayé la cause du rôle: dès lors que le permis de construire portait sur une résidence principale, l'argument fondé sur l'art. 75b Cst. et visant à prévenir les résidences secondaires, était dépourvu d'objet. La multiplication des permis de construire accordés par la commune était due au contexte juridique incertain; un abus de droit ne pouvait être admis que sur le vu des circonstances concrètes; les griefs d'ordre général étaient insuffisants. Les frais et dépens (280 fr. de frais pour la procédure devant le Tribunal cantonal et 100 fr. de dépens pour les deux instances) ont été mis à la charge des constructeurs, dès lors que le recours avait, au moment de son dépôt, de bonnes chances de succès.