Citation: 8C_740/2022 E. 4.3.1

4.3.1. Dans son rapport d'expertise du 15 juin 2022, la doctoresse G.________ a notamment posé des diagnostics précis et défini le degré de gravité des troubles psychiques retenus. Elle a en outre décrit les limitations fonctionnelles psychiatriques de l'intimé et s'est prononcée sur la cohérence du tableau clinique présenté par celui-ci, sa personnalité, ses ressources psychiques, mentales ainsi que sociales et familiales, de même que sur son observance des traitements, soit autant d'indicateurs définis par la jurisprudence (cf. ATF 141 V 281 consid. 4.1.3 à 4.4.2). Ces observations faites au moment de l'expertise en 2022 se rapportent apparemment à la période à compter du 1 er octobre 2018, date à partir de laquelle l'état de santé psychique de l'intimé s'est aggravé et a perduré. Cela étant, les conclusions de l'experte psychiatre concernant la capacité de travail de l'intimé à partir de cette date ne sont pas convaincantes. Elle a en effet d'abord retenu que dans un cadre "hypothétique", celui-ci était apte à exercer à 30 % une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles psychiques, lesquelles s'ajoutaient à celles posées par les autres experts. Notant qu'il lui semblait difficile que sur le marché du travail, une activité puisse répondre à l'ensemble des limitations fonctionnelles de l'intimé, et qu'une telle activité pourrait représenter en soi un facteur de stress, elle a toutefois estimé au final que l'intéressé était en incapacité totale de travail. Or, dès lors qu'elle a déduit de ses propres constatations médicales que les affections psychiques de l'intimé entraînaient une incapacité de travail de (seulement) 70 %, elle ne pouvait pas - à tout le moins pas d'une manière qui emporte la conviction - prendre à nouveau en considération ces mêmes affections, dans le cadre d'une seconde analyse portant sur l'exercice d'une activité à 30 %, pour nier toute capacité de travail. Par ailleurs, il n'appartient pas au médecin de déterminer si un assuré peut mettre en valeur sur le marché du travail la capacité de travail résiduelle retenue sur le plan médico-théorique, de surcroît lorsque comme en l'espèce, il tient compte de limitations fonctionnelles échappant à son domaine de compétence (cf., s'agissant du rôle du médecin dans le cadre de l'évaluation de la capacité de travail: ATF 140 V 193 consid. 3.2; 125 V 256 consid. 4; cf. aussi arrêt 9C_13/2007 du 31 mars 2008 consid. 3 et 4.3). Par conséquent, c'est à tort que l'instance précédente a considéré que l'intimé présentait une incapacité de travail complète dès le 1 er octobre 2018 sur plan psychique en se fondant sur l'expertise de la doctoresse G.________.