Citation: 5D_17/2015 E. 5

Concernant la lettre du 2 avril 2009, il ressort uniquement de l'arrêt entrepris qu'elle a été rédigée par la recourante et porte la mention " Bon pour accord ", suivie d'une signature manuscrite identique à celle apposée sous le nom de E.________ au bas du courrier du 30 mars 2009. La recourante n'explique pas pour quel motif particulier l'examen de cette pièce aurait dû conduire à retenir que E.________ l'aurait signée pour l'intimée. Par conséquent, en tant que son argumentation est fondée sur ce document, elle est irrecevable faute de motivation suffisante (cf. supra consid. 1.3). Pour le surplus, il est incontesté que E.________ ne figure pas au registre du commerce comme organe de l'intimée; un pouvoir de représentation ne ressort par ailleurs ni d'une procuration, ni clairement de la reconnaissance de dette ou d'autres pièces du dossier. La simple mention, dans la reconnaissance de dette, d'un entretien auquel aurait participé E.________ ne saurait suffire à démontrer qu'il serait insoutenable de conclure à une absence de pouvoir de représentation, en particulier dans le cadre d'une procédure de mainlevée. L'existence d'un pouvoir de représentation n'ayant pas été dûment établie par pièces, le juge de la mainlevée pouvait sans plus ample examen considérer que par sa signature, E.________ n'a pas engagé l'intimée (cf. supra consid. 3.1). Comme l'indique la recourante, la jurisprudence a admis qu'il n'est pas arbitraire de prononcer la mainlevée en l'absence d'une procuration écrite lorsque les pouvoirs du représentant ou de l'organe ne sont pas contestés, ou s'ils peuvent se déduire d'actes concluants du représenté ou de la société au cours de la procédure sommaire de mainlevée, comportement dont il résulte clairement que le représentant ou l'organe a signé en vertu de pouvoirs ( ATF 132 III 140 consid. 4.1.1 p. 142; 130 III 87 consid. 3.1 p. 88; 112 III 88 consid. 2c p. 89). En invoquant cette jurisprudence, elle semble toutefois méconnaître la notion juridique d'arbitraire. On rappellera à cet égard qu'une décision ne saurait être qualifiée d'arbitraire pour le seul motif qu'une autre solution eût été envisageable, voire préférable (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5 p. 339). Enfin, on ne voit pas pour quel motif il serait insoutenable, en l'espèce, de retenir que E.________ s'est engagé personnellement par sa signature; le motif invoqué par la recourante, à savoir que la raison sociale de l'intimée figure sur la reconnaissance de dette, n'est pas déterminant à ce propos.