Citation: 6B_386/2023 E. B

Par arrêt du 27 janvier 2023, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a admis l'appel du Ministère public de la République et canton de Genève contre le jugement du 20 juin 2022. Elle l'a réformé en ce sens que A.________ est reconnu coupable de tentative de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et qu'il est renoncé à lui infliger une peine (art. 53 CP). Il en ressort les faits suivants: B.a. Au début de l'année 2020, les gardiens de la prison de B.________ ont été informés de l'uniformisation à venir de leurs horaires, modification prévue dans le projet " Ambition " porté par le directeur de l'établissement, C.________. Selon les dires de A.________, alors gardien sous-chef, cette annonce l'avait beaucoup perturbé, dans la mesure où le nouvel horaire compromettait grandement l'exercice de la garde alternée sur sa fille. Il avait essayé d'en parler au directeur, lequel avait coupé court. B.b. Le 24 octobre 2020 aux alentours de 12h19, A.________, droitier, a déposé une lettre écrite de la main gauche, non signée, dans la boîte aux lettres de la direction de la prison de B.________ dans une enveloppe avec l'inscription: à "C.________ ex-Directeur". Le contenu de la lettre était le suivant: "C.________, Ton projet on n'en veut pas. Tu veux voir qui est le plus fort...Mets la en fonction ton AMBITION...Tu verras...ABE". Vers 13h30, A.________ est revenu à la boîte aux lettres et a cassé un cure-dent dans la serrure dans l'espoir qu'elle ne puisse pas être ouverte. B.c. À la lecture du courrier, le lundi suivant, C.________ a immédiatement compris qu'il provenait d'un collaborateur. Il a été interpellé par l'enveloppe qui le qualifiait d'ex-directeur et heurté par la menace de la perte de sa fonction, alors que sa période d'essai était en cours. Il ne s'est pas senti menacé dans son intégrité physique et n'a pas réellement craint de perdre sa fonction, mais a redouté d'autres actes de sabotage du projet. B.d. Les images de la caméra de surveillance ont permis d'identifier A.________ comme l'auteur de la lettre querellée. On le voit quitter sa place de travail vers 12h17, prendre l'ascenseur avec des collègues pour se déplacer jusqu'au couloir des boîtes aux lettres administratives et user de précautions pour dissimuler ses agissements (se cacher derrière une armoire, regarder derrière lui à plusieurs reprises et saisir une enveloppe à l'aide de papier ménage). B.e. À une date indéterminée (avant ou après les faits reprochés), A.________ a intégré un groupe de travail pour la mise en place du projet " Ambition ". Il s'est excusé à plusieurs reprises pendant la procédure et a écrit une lettre en ce sens à C.________ lui proposant un entretien. Il a été suspendu entre février et novembre 2021 et, à titre de sanction administrative, a effectué 80 heures supplémentaires sans rémunération. B.f. Au mois de septembre 2021, C.________ a quitté ses fonctions "afin de créer des conditions favorables à la poursuite de la réorganisation de la prison".