Citation: 5A_648/2020 E. 3.3

3.3. Au vu de son argumentation, la recourante semble à la fois se plaindre de la violation de la maxime inquisitoire illimitée et d'arbitraire dans l'appréciation des critères pertinents pour l'instauration de la garde alternée. S'agissant de la première critique, elle reproche notamment à la cour cantonale de s'être fondée sur de simples apparences pour conclure à une capacité suffisante des parties de collaborer sans instruire plus avant cette question. Elle lui fait toutefois uniquement grief de ne pas avoir accordé plus de poids à ses propres déclarations qui relèvent plus du ressenti personnel que du fait puisqu'elle y relate en particulier l'état d'esprit dans lequel elle se trouve lorsque le père vient chercher ou ramener l'enfant. Elle relève également que les dialogues entre les parties seraient très tendus et qu'elle aurait été victime de violences physiques de la part de l'intimé. Ces déclarations sont toutefois de simples allégations de partie qui ne sont étayées par aucune preuve. Partant, rien n'indique que la cour cantonale aurait insuffisamment instruit la cause sur cette question. On ne distingue de surcroît aucun arbitraire dans l'établissement des faits en tant que la Cour suprême a considéré que la collaboration entre les parties était suffisante. En effet, les allégations de la recourante sur ce point ne reposent une fois de plus sur aucune offre de preuve. Les parties se sont qui plus est elles-mêmes entendues pour instaurer une garde alternée suite à leur séparation au mois de mars 2019 et aucun incident particulier qui serait survenu depuis lors dans l'exercice de la garde ne ressort de l'arrêt cantonal. Il convient au demeurant de rappeler que des différends au sujet de la prise en charge des enfants sont souvent inhérents aux procédures de séparation ou de divorce et ne peuvent faire obstacle à l'instauration de la garde alternée que pour autant qu'ils mettent en danger le bien-être de l'enfant, ce que la recourante ne démontre aucunement en l'espèce. S'agissant de la disponibilité respective des parents pour s'occuper personnellement de l'enfant, il convient en premier lieu de relever que la cour cantonale n'a pas nié que la mère était plus disponible que le père. Elle a toutefois estimé que ce critère ne permettait pas à lui seul de retenir qu'une garde alternée serait contraire au bien de l'enfant compte tenu de la stabilité du cadre socio-éducatif et du fait que, déjà avant la séparation, la recourante travaillait et l'enfant se rendait deux jours par semaine chez une maman de jour et un jour chez sa grand-mère paternelle. La recourante ne s'en prend pas valablement à cette motivation (cf. supra consid. 2.2). En tant qu'elle allègue que sa disponibilité sera encore plus grande à l'avenir du fait de la renonciation à l'un de ses emplois et l'élargissement de sa rente AI, elle se fonde sur des faits futurs hypothétiques dans la mesure où le seul fait d'avoir sollicité que sa rente AI soit étendue ne signifie pas encore qu'elle aura effectivement gain de cause sur cette question et ne sera pas contrainte de rechercher un nouvel emploi afin d'exploiter pleinement sa capacité contributive. En l'état, c'est donc sans arbitraire que la Cour suprême n'a pas pris en compte le fait qu'elle a renoncé à l'un de ses emplois et qu'elle a considéré que sa plus grande disponibilité n'était pas une situation amenée à perdurer. Quant à son argumentation selon laquelle il serait absurde que l'enfant passe de nombreuses heures en accueil extra-scolaire lorsque son père en a la garde alors qu'elle habite elle-même à proximité de l'école, elle se fonde également sur cette prémisse selon laquelle elle ne travaillera pas plus d'une demi-journée à l'avenir, prémisse à laquelle il ne peut précisément pas être adhéré en l'état. La recourante axe au demeurant l'essentiel de son argumentation sur le critère de la disponibilité pour chaque parent de s'occuper personnellement de l'enfant auquel elle accorde une place prépondérante. Or, il ne s'agit que de l'un des critères à prendre en considération pour apprécier si une garde alternée peut être instaurée, critère qui revêt de surcroît une importance décroissante à mesure que l'enfant commence, comme en l'espèce, à fréquenter l'école obligatoire et est donc amené à passer toujours moins de temps auprès de ses parents. On ne discerne par ailleurs aucune violation de la maxime inquisitoire en tant que la cour cantonale n'a pas instruit plus avant la question de la disponibilité des parties dans la mesure où, nonobstant une instruction plus poussée, les incertitudes liées à la rente que la recourante pourrait percevoir dans le futur et à son incapacité de travail y relative n'auraient de toute façon pas pu être levées à ce stade de la procédure mais devront, cas échéant, conduire celle-ci à solliciter la modification des mesures prises dans la décision querellée. En définitive, les griefs d'application arbitraire de la maxime inquisitoire et d'arbitraire dans l'appréciation des faits s'agissant de l'instauration de la garde alternée sont infondés.