Citation: 2C_467/2020 E. 4.7

4.7. En définitive, l'intérêt de l'intimé à demeurer en Suisse réside essentiellement dans la relation familiale qu'il entretient avec son épouse et ses enfants. Sous cet angle, il est indéniable qu'un départ de Suisse de l'intéressé entraînera une séparation de la famille, pour le cas où son épouse et ses enfants ne le suivraient pas au Kosovo, ce dont ils ne sont pas tenus. On relèvera toutefois à ce propos que la femme du recourant, également de nationalité kosovare, a épousé l'intimé alors qu'il avait déjà subi une première condamnation et avait fait l'objet d'un avertissement formel de la part de l'Office cantonal. A la naissance de leur second enfant, l'intéressé avait en outre déjà été condamné à une peine privative de liberté de 12 ans pour tentative d'assassinat. Dans ces circonstances, on doit admettre que l'épouse ne pouvait ignorer qu'elle risquait de devoir vivre sa vie de famille de manière séparée. Par ailleurs, si l'intimé se décrit comme le "pilier et le moteur de la famille", toujours est-il que c'est bien son épouse qui s'est, pendant plus de sept ans, chargée de l'éducation et de l'entretien de la famille et qui, selon l'arrêt attaqué, a entrepris une formation d'onglerie, avec des perspectives d'emploi rémunéré. S'agissant de l'intérêt des enfants à vivre avec leurs deux parents, on constatera que ceux-ci ont grandi jusqu'à présent essentiellement sans leur père, ce dernier ayant été incarcéré lorsque l'aînée n'avait pas encore 3 ans, alors que la cadette est née durant sa détention. Ce n'est ainsi que depuis moins d'une année qu'elles vivent en sa présence. Sous cet angle, quand bien même faut-il, avec les juges précédents, admettre que le renvoi de l'intéressé dans son pays d'origine aura une influence conséquente sur la qualité du lien qu'il pourrait entretenir avec ses enfants, il n'en demeure pas moins que l'on ne peut affirmer que sa présence en Suisse est indispensable à leur développement. Celles-ci pourront en effet demeurer en Suisse auprès de leur mère, par laquelle elles ont principalement été élevées jusqu'à présent, tout en pouvant maintenir des contacts réguliers avec l'intimé compte tenu de la distance raisonnable avec le Kosovo et des moyens de communication actuels. On relèvera enfin que l'intéressé a perpétré les actes qui lui ont été reprochés alors qu'il était déjà marié et père, tout en ayant été expressément averti des conséquences que pouvaient avoir des infractions pénales sur son séjour en Suisse, faisant ainsi passer l'intérêt de sa famille au second plan, ce qui ne peut être ignoré dans la pesée des intérêts.