Citation: 5A_127/2025 E. B

Entre-temps, à savoir le 2 décembre 2024, B.________ a déposé devant la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: la Chambre des curatelles ou la cour cantonale) une requête "en vue du retour du mineur en Suède", concluant principalement, avec suite de frais et dépens, au retour immédiat de son fils en Suède. Il a par ailleurs pris des conclusions à titre de mesures superprovisionnelles et provisionnelles tendant notamment à ce qu'interdiction soit faite à A.________ de quitter la Suisse avec l'enfant et à ce qu'un droit de visite en sa faveur soit mis en oeuvre par visio-conférence. B.a. Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 3 décembre 2024, la Juge déléguée de la Chambre des curatelles (ci-après: la juge déléguée) a désigné Me Cyrielle Kern en qualité de curatrice de l'enfant, requis de la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse (ci-après: DGEJ) qu'elle dépose dans un délai au 17 décembre 2024 un bref rapport au sujet de la situation du mineur et d'un besoin éventuel de mesures de protection. B.b. La curatrice s'est déterminée le 17 décembre 2024. Après s'être entretenu avec la pédiatre du mineur et avoir rencontré celui-ci, elle a soutenu qu'un droit de visite médiatisé devrait être mis en place; elle a par ailleurs estimé que le retour de l'enfant ne pouvait être ordonné, l'exception de non-retour devant à son sens être admise, vu son état de santé préoccupant. A.________ a conclu au rejet de la demande de retour et au règlement des relations personnelles entre C.________ et son père selon les modalités préconisées par la curatrice et la DGEJ. La DGEJ a fait part de ses constats par déterminations du 18 décembre 2024. Inquiète au sujet du bon développement de C.________, elle a estimé que la question du droit de visite était prématurée, préconisé préalablement une évaluation pédopsychiatrique dans la langue de l'enfant (anglais), suggéré la mise en place en urgence d'un mandat de curatelle d'assistance éducative au sens de l'art. 308 al. 1 CC, la garde de fait de l'enfant devant être maintenue auprès de sa mère. B.c. Par ordonnance de mesures provisionnelles du 19 décembre 2024, la juge déléguée a instauré une mesure de curatelle d'assistance éducative, dont le mandat a été confié à l'office régional de protection des mineurs (ci-après: ORPM) de l'Ouest avec pour objectifs d'accompagner les parents dans cette période de crise, d'approfondir l'analyse de la situation, de coordonner le réseau des intervenants et de s'assurer de la mise en oeuvre d'une évaluation pédopsychiatrique de l'enfant selon les indications spécialisées prescrites par les professionnels du CHUV, afin de prévoir, le cas échéant et dès que possible, la reprise des contacts père-fils. B.d. Le 13 janvier 2025, le père a précisé ses conclusions au fond et formé des conclusions provisionnelles tendant en substance à l'octroi de la garde exclusive sur l'enfant, à ce qu'il soit fait interdiction à la mère de quitter la Suisse avec l'enfant et à ce que toute mesure de protection utile soit ordonnée. A.________ s'est déterminée le 14 janvier 2025 et a requis la production de plusieurs pièces. B.________ a apporté des "précisions" complémentaires les 14 et 17 janvier 2025, notamment un affidavit établi par une avocate suédoise le 8 janvier 2025 attestant du catalogue de mesures de protection des mineurs proposé en Suède et des extraits du site internet gouvernemental relatif aux services sociaux et psychiatriques à l'attention des enfants et des jeunes. Par courrier du 16 janvier 2025, les intervenants de la DGEJ ont expliqué que, lors d'une rencontre avec l'enfant le 7 janvier 2025, les interactions avaient été possibles, malgré des moments de forte agitation. L'enfant avait verbalisé son refus de rentrer en Suède, sans évoquer davantage son père. Ils ont relevé que la mère semblait tenir " un discours empathique et chaleureux à son fils qui la [sollicitait] énormément, sans pour autant péjorer l'image paternelle. Bien que très inquiète, ses réponses étaient proportionnées et ajustées au contexte actuel ". Selon eux, la mère présentait un discours cohérent et " un parcours de vie instable et très insécurisant pour l'enfant ". B.e. Le 17 janvier 2025, A.________ a pris des conclusions au fond tendant essentiellement au rejet de la demande de retour formé par B.________, à la confirmation des mesures de protection ordonnées le 19 décembre 2024 ainsi qu'à l'attribution exclusive de l'autorité parentale en sa faveur, l'autorisation de déplacer le domicile de l'enfant, son lieu de résidence devant être fixé auprès d'elle et les relations à son père devant être fixées selon les modalités préconisées par la curatrice de représentation et la DGEJ. A.________ demandait également des mesures d'éloignement à l'encontre de B.________. B.f. Une audience s'est tenue le 20 janvier 2025 devant la cour cantonale en présence des parties et de leurs conseils, de la curatrice de représentation, des intervenants de la DGEJ et d'une interprète français-anglais. B.f.a. B.________ a formé des conclusions tendant à ce qu'il lui soit donné acte de son engagement à mettre en place un suivi thérapeutique adapté à son fils dès son arrivée en Suède, cas échéant à ce qu'un tel suivi soit ordonné à titre de mesure d'exécution (I); à ce qu'il lui soit donné acte de son engagement à effectuer un suivi de type guidance parentale avec A.________, ce dès l'arrivée de C.________ en Suède, cas échéant à ce qu'un tel suivi soit ordonné à titre de mesure d'exécution (II); à ce qu'il lui soit donné acte de son engagement à accepter que C.________ passe du temps avec sa mère en Suède dès le retour de l'enfant et à ce qu'il aient des échanges par visio-conférences les jours où C.________ ne verrait pas sa mère, ce si le jugement suédois du 17 janvier 2025 (cf. supra let. A.h) devenait exécutoire, ce qu'il n'était pas (III). A.________ et la curatrice ont conclu au rejet de ces conclusions. B.f.b. La curatrice et les parties ont été entendues. La curatrice a notamment rapporté le positionnement de la pédiatre de l'enfant, qui estimait désormais que, moyennant une garantie de suivi en Suède et des contacts réguliers avec la mère, un retour dans ce dernier État pouvait être envisagé; C.________ avait besoin de ses deux parents et de son environnement habituel; il n'existait pas de danger imminent pour lui. B.f.c. Les parties ont conclu une convention, ratifiée sur le siège par la cour cantonale pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles, selon laquelle jusqu'à l'exécution d'une éventuelle décision de retour, B.________ bénéficie d'un droit de visite sur son fils C.________, dont les modalités, la fréquence et la durée seraient fixées et cas échéant supervisées par la DGEJ (I); A.________ dépose les papiers d'identité et ceux de l'enfant au greffe du Tribunal cantonal dans un délai de 48 heures (II), l'intéressée s'engageant à ne pas quitter le territoire suisse avec son fils jusqu'à décision définitive et exécutoire (III); les parties retirent toutes leurs autres conclusions provisionnelles (IV). B.f.d. A l'issue de sa plaidoirie, la curatrice de l'enfant a en définitive conclu au retour de celui-ci en Suède. B.g. Par jugement du 27 janvier 2025, la cour cantonale a admis la demande de retour formé par B.________ (I) et ordonné le retour de l'enfant en Suède (II). Ordre était ainsi donné à A.________, sous la menace de la peine d'amende de l'art. 292 CP, d'assurer ce retour d'ici au 28 février 2025 au plus tard; à défaut, ordre était donné à la DGEJ de se charger du rapatriement du mineur en Suède (III). La DGEJ était chargée de l'exécution des chiffres II et III, cas échéant avec le concours des agents de la force publique (IV) et les mesures provisionnelles prévues par ordonnance du 19 décembre 2024 demeuraient en vigueur jusqu'à l'exécution du retour en Suède (V). L'autorité cantonale a par ailleurs réglé le sort des frais judiciaires et des dépens (VI à IX), rejeté toutes autres ou plus amples conclusions dans la mesure de leur recevabilité (X) et déclaré l'arrêt exécutoire (XI).