Citation: 1A.169/2000 10.10.2000 E. 5

5.- Invoquant encore l'art. 29 Cst. , les recourants se plaignent d'un déni de justice formel en reprochant au Tribunal administratif de n'avoir pas traité certains de leurs griefs. a) Ils se plaignent d'abord de ce que la juridiction cantonale n'aurait pas examiné divers rapports qu'ils ont produits, au sujet de surcapacités d'incinération en Suisse, de solutions alternatives au projet Tridel ou du déroulement des différentes procédures cantonales dans ce contexte. Ces documents sont mentionnés dans l'arrêt attaqué (faits, let. E, p. 8): le Tribunal administratif les a donc bel et bien enregistrés. Il n'a pas assimilé ces documents à des compléments de l'acte de recours - ils ont au demeurant été produits bien après l'échéance du délai de recours - mais il les a considérés, manifestement, comme des pièces ou preuves à l'appui de l'argumentation et des conclusions qui lui avaient été présentées auparavant selon les formes de l'art. 31 al. 2 de la loi cantonale sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA). Le Tribunal administratif était tenu de statuer explicitement sur les griefs proprement dits (cf. ATF 115 Ia 1 consid. 3 p. 4), mais pas de prendre position dans son arrêt sur chaque élément censé étayer ces griefs. Cela étant, les recourants ne cherchent pas à démontrer que le Tribunal administratif n'aurait pas lu ces documents et qu'il n'en aurait pas tenu compte de façon appropriée dans son appréciation, en fonction de leur caractère probant. Aussi le grief de violation du droit d'être entendu apparaît-il, à cet égard, mal fondé (cf. arrêt du 17 août 2000 dans la cause 1A.17/2000, consid. 4a). b) Les recourants soutiennent que le Tribunal administratif n'aurait pas examiné leur argument au sujet de l'intérêt actuel à obtenir les permis de construire litigieux, compte tenu des risques de péremption. Or on ne voit pas, dans les mémoires de recours au Tribunal administratif - celui de M.________ et celui de R.________ et consorts -, que cet argument aurait été évoqué à l'appui d'un grief. En outre, il a été examiné dans l'arrêt attaqué (consid. 1 in fine). Le grief de déni de justice formel est, à ce propos également, mal fondé. c) Les recourants reprochent encore au Tribunal administratif d'avoir refusé d'examiner certains de leurs griefs - ceux relatifs à la conformité des locaux administratifs et du réfectoire au plan d'affectation cantonal et ceux concernant la clause d'esthétique - au motif qu'il s'agissait de questions d'opportunité qu'il n'était pas habilité à revoir. Si, sur les deux points que l'on vient de mentionner, le Tribunal administratif a effectivement rappelé que sa cognition ne s'étendait pas à l'opportunité, il a pourtant également examiné les griefs des recourants sur le fond. Dans les deux cas, il a considéré que ces critiques visaient en réalité le plan d'affectation, dont le contenu ne pouvait pas être remis en cause au stade du permis de construire. Le Tribunal administratif a donc adopté dans ces deux cas une double motivation, sur la recevabilité et sur le fond; aussi ne saurait-on lui reprocher un déni de justice formel en raison d'un refus d'entrer en matière.