Citation: 2P.143/2000 10.10.2000 E. 2

2.- a) Le recourant prétend tout d'abord que la déduction mensuelle de 100 fr. qui a été ordonnée porte atteinte à son droit au minimum vital, garanti par l'art. 12 Cst. En effet, les barèmes d'assistance définissant le minimum vital sont déjà très bas dans le canton de Genève, puisqu'une personne seule reçoit au maximum 1'091 fr. par mois pour son entretien. De son côté, l'Hospice général relève qu'à ce montant s'ajoutent le loyer, ainsi que les frais de télécommunications et de transports, de sorte que le recourant touche actuellement un montant de 2'431 fr. par mois, auquel s'ajoutent les primes d'assurance-maladie, franchises et frais médicaux qui sont versés directement à l'assureur (voir art. 20 lettre c et 29 de la loi genevoise d'application de la loi fédérale sur l'assurance-maladie du 29 mai 1997). b) L'art. 12 Cst. , entré en vigueur le 1er janvier 2000, dispose que "quiconque est dans une situation de détresse et n'est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d'être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine". Auparavant, la jurisprudence et la doctrine considéraient le droit à des conditions minimales d'existence comme un droit constitutionnel non écrit qui obligeait les cantons et les communes à assister les personnes se trouvant dans le besoin (voir ATF 121 I 367 consid. 2b p. 371/372 et les références citées). En l'espèce, il y a lieu toutefois de constater que le canton de Genève remplit normalement son obligation d'assistance vis-à-vis du recourant qui, au 15 août 2000 avait déjà été bénéficiaire de l'assistance publique pour un montant de 204'219 fr. 45. Si la somme mensuelle de 2'431 fr., voire de 2'331 fr. selon la décision attaquée, n'est certes pas très élevée, elle est cependant suffisante pour admettre que la déduction prévue ne mettra pas le recourant dans une situation de détresse au sens de l'art. 12 Cst. , d'autant plus que ses primes d'assurance-maladie et ses frais médicaux sont entièrement pris en charge. Pour le reste, le recourant ne démontre pas en quoi la réduction mensuelle de 100 fr. lui causerait des difficultés insurmontables. En tant qu'il répond aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 OJ, son grief de violation de l'art. 12 Cst. doit donc être rejeté.