Citation: 4P.33/2004 22.06.2004 E. A

A.a Sous la raison sociale X.________, Y.________ et Z.________, est une société en nom collectif sise à Yverdon-les-Bains dont le but social est l'exploitation d'un garage et la vente de véhicules d'occasion. En 1983, X.________ a acheté deux extincteurs à la maison A.________. La législation cantonale impose un contrôle de ces appareils tous les deux ans. Conformément à un accord oral passé avec X.________, A.________ a procédé à la vérification et à l'entretien de ceux-ci à quelques reprises, pour la dernière fois en 1990. Ultérieurement, le garage a déménagé. A.________ n'a pas été informée de la nouvelle adresse. En 1992, B.________SA, dont le siège est à Carouge a repris les activités de A.________, y compris la cartothèque relative aux clients. A.b En mars 1995, le représentant de B.________SA pour la région de Yverdon-les-Bains a fortuitement retrouvé le garage X.________. Il a proposé à Y.________ et Z.________ de contrôler les extincteurs A.________, ce que les deux hommes ont déclaré refuser pour l'immédiat, car ils avaient acquis deux autres extincteurs de la marque C.________, qui venaient d'être révisés. En octobre 1995, le représentant de B.________SA a fait une nouvelle visite au garage. Avec l'accord des associés, il a procédé au démontage et au contrôle des appareils A.________. A cette occasion, il a constaté que la cartouche du gaz propulseur de l'un d'eux était sous-dimensionnée. N'ayant pas les pièces de rechange avec lui, il a indiqué qu'il repasserait la semaine suivante; dans l'intervalle, l'un des extincteurs serait normalement opérationnel, alors que l'autre fonctionnerait moins longuement en raison de la pression diminuée de la cartouche. Il a complètement remonté les deux engins. A.c Le 25 octobre 1995, un incendie s'est déclaré chez X.________. L'un des extincteurs A.________ n'a pas fonctionné. Le second a pu être utilisé, mais n'a expulsé qu'une faible quantité de poudre. Le garage a subi des dégâts pour plusieurs dizaines de milliers de francs. Une enquête pénale a été ouverte, dans le cadre de laquelle une expertise des extincteurs A.________ a été ordonnée. L'expert a rendu son rapport le 28 mars 1996. Le 25 novembre 1996, Y.________ a fait notifier à B.________SA un commandement de payer 200'000 fr. Le 18 décembre 1996, le juge d'instruction a rendu une ordonnance de non-lieu. Il a retenu que l'enquête n'avait pas permis d'établir la commission d'une infraction pénale par Y.________ ou un tiers, ni les raisons de la disparition de poudre dans les extincteurs.