Citation: 6B_1501/2022 E. 2.1

2.1. Le profond désarroi mentionné à l'art. 48 let. c CP, repris dans les mêmes termes que ceux relatifs aux éléments constitutifs du meurtre passionnel (cf. art. 113 CP), vise un état d'émotion qui mûrit progressivement pendant une longue période, qui couve pendant longtemps jusqu'à ce que l'auteur soit complètement désespéré et ne voie d'autre issue que d'agir ainsi qu'il le fait (ATF 147 IV 249 consid. 2.3; ATF 119 IV 202 consid. 2a; ATF 118 IV 233 consid. 2a). Il doit être rendu excusable par les circonstances (ATF 119 IV 203 consid. 2a; ATF 118 IV 233 consid. 2a). Le plus souvent, il l'est par le comportement blâmable de la victime à l'égard de l'auteur, mais il peut aussi l'être par le comportement d'un tiers ou par des circonstances objectives (ATF 147 IV 249 consid. 2.3; ATF 119 V 202 consid. 2a; arrêt 6B_533/2019 du 3 juillet 2019 consid. 4.4.1). Pour savoir si le caractère excusable d'un profond désarroi (ou d'une émotion violente) peut être retenu, il faut procéder à une appréciation objective des causes de ces états et déterminer si un homme raisonnable, de la même condition que l'auteur et placé dans une situation identique, se trouverait facilement dans un tel état (ATF 108 IV 99 consid. 3b; ATF 107 IV 103 consid. 2b/bb; arrêt 6B_1431/2020 du 8 juillet 2021 consid. 4.2; cf. arrêt 6B_600/2014 du 23 janvier 2015 consid. 3.1.2 non publié in ATF 141 IV 61). Il convient à cet égard de tenir compte de la condition personnelle de l'auteur, notamment des moeurs et valeurs de sa communauté d'origine, de son éducation et de son mode de vie, en écartant les traits de caractère anormaux ou particuliers, tels qu'une irritabilité marquée ou une jalousie maladive, qui ne peuvent être pris en considération que dans l'appréciation de la culpabilité (ATF 108 IV 99 consid. 3b p. 102; 107 IV 105 consid. 2b/bb p. 106). Cette circonstance atténuante, dont le fondement repose sur l'existence d'éléments éthiques objectifs rendant excusable l'état psychologique susceptible d'être ressenti par chacun dans une situation donnée, peut être retenue même pour des infractions objectivement très graves, tel le meurtre, par son parent, d'un enfant lourdement handicapé (arrêt 6B_620/2022 du 30 mars 2023 consid. 1.4.1 destiné à la publication aux ATF). En l'espèce, la cour cantonale a jugé que l'infraction commise n'était manifestement pas rendue excusable par les circonstances ou par le comportement blâmable de la victime; l'éventuel désarroi du recourant, qui s'était surtout manifesté après le meurtre, était imputable à son propre crime, voire à son incapacité d'accepter une rupture, et non au comportement de la victime ou de son rival. La cour cantonale a souligné, à ce propos, que la situation personnelle du recourant n'était peut-être pas idéale mais que ses difficultés étaient transitoires: il bénéficiait d'une formation et du soutien de sa famille et de ses amis; ses perspectives d'amélioration de sa situation étaient nombreuses au vu de son jeune âge et de sa très bonne intégration à U._________. Une rupture amoureuse ne justifiait ainsi en rien qu'il sombre à ce point dans le désespoir et commette un geste aussi irrémédiable.