Citation: 8C_473/2020 E. 5.3.1

5.3.1. Si les diagnostics des différents médecins ayant examiné l'intimé ont quelque peu varié au cours du temps (état anxieux et dépressif avec développement d'un deuil pathologique [rapport du DUPA du 28 juillet 1992], décompensation dépressive grave chez une structure psychotique [expertise du docteur E.________, du 26 avril 1993], état dépressif mélancolique dans le cadre d'un état de stress post-traumatique [rapport des docteurs F.________ et G.________, du 26 juillet 1996], trouble dissociatif [expertise CMD du 1er décembre 2004], trouble dépressif moyen à sévère; deuil pathologique [expertise du docteur I.________ du 28 février 2019]), aucun médecin consulté n'a fait état d'une sensible amélioration de l'état de santé de l'intimé sur le plan psychique, bien au contraire. Le docteur E.________ avait fait état d'un pronostic catastrophique, les docteurs F.________ et G.________ retenant quant à eux une évolution dramatique et défavorable avec un pronostic particulièrement sombre. Le docteur H.________ avait retenu qu'après douze ans d'évolution, la situation était complètement figée et la capacité de travail nulle, et cela de manière durable. Le docteur G.________ avait conclu pour sa part que son patient souffrait depuis plus d'un quart de siècle d'un trouble dépressif de forte intensité qui évoluait dans une chronicité pernicieuse. A la question de savoir s'il relevait des modifications de l'état de santé par rapport à l'appréciation médicale précédant le dernier octroi de prestations, le docteur I.________ a répondu par la négative, précisant toutefois que la dépression de l'intimé n'était plus liée à l'accident incriminé mais à des causes médicales, à savoir le deuil pathologique (expertise, p. 36). Or le diagnostic de deuil pathologique avancé par le docteur I.________ comme cause prépondérante aux troubles psychiatriques persistants n'est pas un élément nouveau par rapport à la situation prévalant au moment de l'octroi de la rente, puisque ce diagnostic avait déjà été évoqué par les médecins du DUPA dans leur rapport du 28 juillet 1992. Il résulte ainsi des considérations médicales exposées ci-dessus que l'état de santé de l'intimé ne s'est pas sensiblement modifié entre le moment de l'octroi initial de la rente et celui de sa suppression.