Citation: 6P.139/2005 20.02.2006 E. 2

Ont qualité pour recourir les particuliers ou les collectivités lésés par des décisions qui les concernent personnellement (art. 88 OJ). Selon une jurisprudence constante, le plaignant n'est pas habilité à former un recours de droit public pour se plaindre sur le fond d'un acquittement, d'un non-lieu ou d'un classement, le droit de punir n'appartenant qu'à l'Etat. Cela étant, même si le lésé n'a pas qualité pour agir au fond, il lui est possible de dénoncer la violation des droits formels que lui reconnaît le droit cantonal de procédure ou qui découlent directement de la Constitution ou de la CEDH, s'agissant notamment du droit d'être entendu et de participer à l'administration des preuves (ATF 128 I 218 consid. 1.1 p. 219 s.; 126 I 97 consid. 1a p. 99; 125 I 253 consid. 1b p. 255). Le lésé ne saurait toutefois remettre en cause par ce biais la décision attaquée sur le fond, en critiquant l'appréciation des preuves ou en faisant valoir que la motivation retenue serait matériellement fausse; l'examen de telles questions ne se laisse en effet pas distinguer du fond (ATF 120 Ia 157 consid. 2a p. 159-161, 220 consid. 2a p. 221 s.). La loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions, du 4 octobre 1991 (LAVI; RS 312.5), qui a renforcé la situation procédurale du lésé, (cf. ATF 128 I 218 consid. 1.1 p. 220; 120 Ia 157 consid. 2c p. 161/162), n'est d'aucun secours pour la recourante, qui n'est pas une victime au sens de cette loi (cf. ATF 128 I 218 consid. 1.2 p. 220 s.; 125 II 265 consid. 3a p. 268). 2.1 La recourante soutient que la Cour de cassation a fait preuve d'arbitraire dans la constatation des faits et l'application des art. 178 al. 2 et 225 al. 1 CPP/NE en restreignant la mise en prévention.