Citation: 6B_545/2015 E. 5.3

5.3. En l'espèce, la cour cantonale a relevé que le recourant avait bénéficié d'une ordonnance de classement partiel, par laquelle les poursuites à son égard avaient été abandonnées en tant qu'elles concernaient les infractions de dommages à la propriété, violation de domicile, vols en bande et par métier, participation à une organisation criminelle et blanchiment d'argent aggravé, seules les poursuites des infractions aux art. 160 ch. 2 CP, 19 ch. 1 aLStup et 33 al. 1 let. a aLArm étant maintenues. La détention préventive subie pouvait certes être entièrement déduite de la peine fixée, ce qui, en principe, excluait l'indemnisation. Toutefois, ces trois infractions n'auraient à elles seules probablement pas conduit à une aussi longue période de détention, de sorte qu'une indemnisation se justifiait dans son principe. Le recourant ne pouvait être suivi quant au montant demandé, notamment compte tenu du droit applicable et de la peine prononcée à son encontre, même si l'on devait admettre une détention prolongée selon l'art. 379 aCPP/GE, dont une partie était justifiée. Le recourant se plaint d'arbitraire. Il rappelle que la majeure partie des infractions a été classée, dont les plus graves, telles que la participation à une organisation criminelle ou le blanchiment d'argent qualifié. La détention avait ainsi été motivée par des infractions dont il avait été acquitté. Cette privation de liberté avait aussi eu un impact indéniable sur sa vie et celle de sa famille. Au vu des particularités de son cas, de la violation du principe de la célérité et de l'impact sur sa vie, une indemnité de 47'800 fr. devait lui être allouée pour avoir subi 239 jours de détention injustifiée. La cour cantonale n'explique pas pourquoi elle s'écarte de sa propre jurisprudence, selon laquelle le montant généralement admis est de 100 fr. par jour de détention injustifiée, montant pouvant être ensuite modifié en fonction des circonstances particulières. L'absence de motivation ne permet pas d'apprécier si le résultat auquel elle aboutit est arbitraire. En outre, la cour cantonale devra reprendre la question de la fixation de la peine (cf. supra consid. 4.2), la durée de la détention provisoire en regard de la peine infligée étant un critère pertinent pour l'indemnisation. Il se justifie par conséquent également de lui renvoyer la cause sur la question de l'indemnisation.