Citation: 1B_269/2009 14.10.2009 E. 5

Il reste à examiner si le maintien en détention de la recourante peut être justifié par un risque de fuite. 5.1 Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères tels que la gravité de l'infraction, le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître un tel danger non seulement possible, mais également probable (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62 et les arrêts cités). Lorsqu'elle admet l'existence d'un risque de fuite, l'autorité doit en outre examiner s'il ne peut être contenu par une mesure moins rigoureuse (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 123 I 268 consid. 2c p. 271; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67; 102 Ia 379 consid. 2a p. 381/382 et les arrêts cités). 5.2 Renvoyant à son ordonnance du 26 juin 2009, la Chambre d'accusation considère que ce risque est réel au vu de la gravité des charges, de la nationalité étrangère de l'inculpée, de son peu d'attaches véritables avec la Suisse et du fait qu'elle ait disposé de trois passeports lettons. La recourante fait valoir que la Cour cantonale n'a pas examiné les pièces relatives à sa situation personnelle et familiale qu'elle avait déposées à l'appui de sa demande de mise en liberté. Elle allègue qu'elle a deux enfants en Suisse, où elle séjourne depuis neuf ans, qu'elle a gardé très peu de contacts avec son pays, qu'elle n'y a plus de famille et que sa mère habite en Russie. S'agissant de ses passeports, elle explique qu'un seul est valable et qu'elle est prête à le déposer, s'il le faut, afin de parer à tout risque de fuite. De même, afin d'offrir des garanties supplémentaires, la recourante propose le versement d'une caution de 20'000 fr. par un ami proche, qui la connaît depuis 2001 et est le parrain de sa fille. Dans le cas d'espèce, la Cour cantonale n'a pas discuté des nouveaux arguments de la recourante. En particulier, elle n'a pas tenu compte de sa situation familiale, notamment du fait qu'elle avait deux enfants en Suisse, un garçon de 16 ans et une fille de 4 ans. Cet élément, s'il ne peut à lui seul exclure un risque de fuite, permet toutefois de le relativiser. Il est en effet plus difficile pour la recourante, qui a des liens étroits avec ses enfants, de quitter le Suisse en les y abandonnant, ou de fuir avec eux. La recourante allègue n'avoir plus de famille ni de contacts dans son pays alors que le Ministère public affirme qu'elle a conservé de nombreuses attaches familiales en Lettonie. On ne sait toutefois pas si tel est effectivement le cas, si la recourante voyage souvent à l'étranger pour rendre visite à sa mère ou à d'autres connaissances et si elle peut ainsi trouver facilement un accueil en quittant précipitamment la Suisse, avec ou sans ses enfants, ce qui ferait redouter concrètement un risque de fuite. Or, il n'appartient pas au Tribunal fédéral de rechercher dans le dossier les renseignements qui permettraient de justifier les mesures litigieuses. En définitive, compte tenu notamment des allégués de la recourante quant à sa situation personnelle et familiale, les éléments indispensables pour apprécier le risque de fuite font défaut, de sorte que le Tribunal fédéral n'est pas en mesure de statuer. Il y a dès lors lieu de constater que la décision attaquée ne contient pas "les motifs déterminants de fait et de droit" requis par l'art. 112 al. 1 let. b LTF, si bien que la cause doit être renvoyée à l'autorité cantonale en application de l'art. 112 al. 3 LTF.