Citation: 4P.264/2002 15.04.2003 E. 1

3.2 En l'espèce, l'arrêt attaqué est extrêmement bref sur la question du fondement de la créance opposée en compensation par l'intimée. L'autorité cantonale se limite en effet à affirmer que "l'objection de compensation est fondée, tant à teneur du dossier qu'à teneur de la loi (art. 120 CO)". On en déduit qu'elle est parvenue à la conviction que l'intimée disposait d'une créance contre la recourante pour l'hébergement de sa fille. Il est par contre impossible de déterminer si la cour cantonale a établi la volonté réelle des parties ou si sa conviction repose sur une interprétation de leurs déclarations selon le principe de la confiance. La question est d'importance puisqu'elle permet de savoir quels éléments de fait ont été pris en considération et quelle est la voie de recours adéquate pour critiquer le raisonnement cantonal. En effet, lorsque le juge parvient à se convaincre d'une commune et réelle intention des parties, il s'agit d'une constatation de fait qui doit être attaquée par un recours de droit public (ATF 126 III 25 consid. 3c). En revanche, l'application du principe de la confiance est une question de droit que le Tribunal fédéral ne peut examiner que dans le cadre d'un recours en réforme (ATF 127 III 248 consid. 3a). La motivation de l'arrêt déféré ne permettant pas d'effectuer ces distinctions importantes et de comprendre quels éléments ont guidé l'autorité cantonale, la décision attaquée viole le droit d'être entendu de la recourante.