Citation: 1B_425/2014 E. 4.3

4.3. Conformément au principe de proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient ensuite d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention. Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si celles-ci permettent d'atteindre le même but. Selon l'art. 237 al. 2 let. f CPP, l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles fait notamment partie des mesures de substitution. En l'occurrence, le Tribunal cantonal a considéré que les mesures de substitution proposées (mise en oeuvre d'un traitement ambulatoire, sur les plans addictologique et psychiatrique) étaient insuffisantes pour parer le risque de récidive dès lors que le suivi d'un traitement ne supprimait pas le risque d'une rechute dans la consommation de produits stupéfiants. L'instance précédente relevait en particulier que le recourant était déjà suivi depuis 2010 pour des problèmes d'addiction lorsque les faits se sont produits. L'appréciation de la cour cantonale ne viole pas le droit fédéral. En effet, au vu de la gravité de l'infraction reprochée au recourant, il convient de s'assurer que la libération du prévenu ait lieu avec les meilleures garanties possibles pour éviter toute récidive. La volonté exprimée par le recourant de suivre les mesures préconisées par les experts, à savoir un traitement similaire à celui dont il bénéficie actuellement en détention, pour diminuer le risque de récidive n'est pas suffisante. Cette appréciation est renforcée par le fait que, comme relevé par l'instance précédente, le recourant bénéficiait au moment des faits d'un suivi sur le plan addictologique depuis 2010. On ignore par ailleurs le réel niveau de réceptivité du recourant aux mesures préconisées, qui ne se limitent pas à un traitement des addictions. Les experts psychiatres ont certes observé une évolution positive de l'état psychique du recourant, avec amélioration sur le plan thymique et récupération notamment physique (cf. rapport d'expertise p. 13-14 et 19). Toutefois, il ressort du rapport d'expertise que son médecin auprès du SMPP a indiqué que "la quête de psychotrope est restée patente, notamment des benzodiazépines, sauf pour la méthadone dont le patient rebute à adapter la dose malgré une méthadonémie basse. [...] Actuellement, le patient évolue plutôt sur un versant dépressif et anxieux nécessitant le réajustement régulier de son traitement. Cependant, il a tendance à un usage abusif de celui-ci sous la forme de surdoses à l'origine d'épisodes de sédation" (cf. rapport d'expertise p. 12). Le recourant ne produit en l'occurrence aucun rapport médical récent du SMPP au sujet du traitement actuellement suivi en prison. Or, au vu du rapport précité de son médecin auprès du SMPP, il n'est pas possible d'affirmer que les mesures médicales en cours seraient à même de juguler de manière suffisante, en milieu libre, le risque de réitération lié à une nouvelle consommation de produits stupéfiants. Enfin, le recourant ne donne aucune indication sur les modalités d'exécution du traitement ambulatoire qui sera mis en place hors du cadre pénitentiaire. Dans ces circonstances, l'arrêt cantonal qui confirme le maintien en détention du recourant ne viole pas le droit fédéral.