Citation: 8C_662/2022 E. 7.3.2

7.3.2. La cour cantonale a considéré que l'agression avait eu lieu en pleine nuit, alors que l'intimée, ses amies et la première victime étaient seules face à un puis deux agresseurs, bientôt rejoints par trois autres assaillants semblant surgis de nulle part. Quand bien même l'intimée n'avait pas elle-même reçu de coup de béquille, un des agresseurs en portait et s'en était servi contre une des victimes, ce qui pouvait lui faire craindre le recours à cette arme contre elle. Toutes ses amies avaient également reçu des coups. L'intimée avait subi un déferlement de violences, qui l'avait fait tomber au sol, incapable de résister. Ses agresseurs avaient néanmoins continué à se déchaîner à coups de pied, dont la brutalité a été décrite de manière saisissante par plusieurs témoignages (coups de pied penalty). L'intimée avait même porté la marque d'une chaussure sur son visage. La fracture à la mâchoire, imputée par le médecin légiste à un impact direct, démontrait la force appliquée. Ses agresseurs n'avaient pas hésité à viser la tête, ce qui l'exposait à des lésions qui auraient pu s'avérer fatales, et qui pouvait la faire craindre pour sa vie. Simultanément, elle avait vu une de ses amies perdre connaissance à la suite d'un coup particulièrement violent. L'intimée l'avait crue morte. Les victimes n'avaient dû leur salut qu'à l'arrivée inopinée de passants, dont trois avaient dû intervenir pour faire fuir leurs attaquants. L'acharnement de cinq agresseurs, qui avaient passé à tabac plusieurs femmes dans un lieu désert, en pleine nuit, leur assénant notamment des coups de pied à la tête alors qu'elles étaient à terre, dont l'un s'était servi de sa béquille comme d'une arme sur une des victimes - circonstance aggravante retenue au plan pénal pour cet auteur -, avait indubitablement un caractère impressionnant très prégnant. De plus, quand bien même la couverture par la presse d'un événement n'était en soi pas juridiquement pertinente pour analyser ce critère, le très large écho médiatique que cette affaire a rencontré était également révélateur de son caractère dramatique. On ne saurait ici opposer à l'intimée, comme le faisait la recourante, que son intervention démontrerait que l'événement n'était pas impressionnant. D'une part, elle avait tenté de s'interposer durant la première phase de l'agression, dont le caractère dramatique avait ensuite été décuplé par l'arrivée imprévisible d'autres agresseurs. D'autre part, le courage dont elle avait fait preuve pour porter secours à une inconnue ne signifiait nullement que cet évènement n'était pas effrayant. Force était ainsi de constater que le critère du caractère particulièrement impressionnant revêt dans la présente cause une intensité particulière.