Citation: U 387/04 16.02.2006 E. 2

2.1 Le docteur E.________ a constaté un état après rupture traumatique du tendon sus-épineux, un état après réparation et reconstruction tardive, une insuffisance musculo-tendineuse de l'épaule droite, une dégénération graisseuse des muscles sus- et sous-épineux, une déhiscence de la coiffe des rotateurs supérieure droite et une dépression réactive probable. Il ne pouvait imaginer, ni proposer des travaux adaptés au handicap de l'intimé, celui-ci étant droitier et n'arrivant pas à compenser la fonction manquante par le bras gauche. Il estimait qu'en l'état, l'incapacité de travail était totale et que sans opération, l'invalidité définitive et l'atteinte à l'intégrité devaient être réévaluées en se basant sur une perte fonctionnelle importante de l'épaule droite; l'appréciation du cas d'espèce ne devait pas se baser sur la bonne mobilité passive de l'épaule, ni sur le peu de douleurs localisées dans la musculature compensant le déficit, mais sur la mobilité active faisant défaut et qui seule comptait pour l'utilisation effective du bras. Ses conclusions reposaient sur les dossiers du recourant et de l'Office AI, sur les clichés et les imageries par résonance magnétique antérieures, ainsi que sur un examen clinique et radiologique ambulatoire effectué le 20 novembre 2002. 2.2 Le docteur F.________, ainsi que le docteur I.________, service médical de l'AI, ont qualifié le rapport du docteur E.________ de fouillé, pertinent et bien étayé. D'après eux, l'expert avait apporté suffisamment d'éléments probants permettant de conclure que l'intimé n'était plus du tout apte à utiliser son membre supérieur pour l'exercice d'une quelconque activité lucrative depuis 1999 déjà. Ils ont constaté que l'atteinte portait sur trois muscles (sus-, sous-épineux et sous-scapulaire) avec ascension complète de la tête humérale, ce qui rendait l'épaule quasiment inutilisable dans les mouvements actifs, mais également dans les attitudes passives et interdisait les activités impliquant l'utilisation répétée et prolongée du bras; le membre supérieur droit posé sur un établi correspondait à une position favorisant l'ascension de la tête humérale, le conflit avec l'articulation de l'épaule et une position vicieuse secondaire de la nuque, engendrant des douleurs incompatibles avec un travail suivi. Ils décrivaient les éventuels postes de travail envisageables comme étant ceux que pouvait exercer un manchot de son membre supérieur dominant. L'Office AI a fondé sa décision du 11 mars 2003, remplaçant celle du 4 mars 2002, sur cet avis. 2.3 Se référant à la doctrine médicale, le docteur M.________ a notamment relevé qu'une intervention médicale appropriée au niveau de la coiffe des rotateurs permettait généralement au patient une utilisation acceptable de l'épaule atteinte, l'absence d'opération n'engendrant d'ailleurs pas forcément la dysfonction totale de l'articulation. D'après lui, les lésions diagnostiquées permettaient encore à l'intimé de porter des charges légères ou d'utiliser sa main dans le domaine de la mécanique de précision, par conséquent de mettre en valeur sa capacité de travail dans une activité adaptée à son handicap.