Citation: 8C_929/2015 E. 8.3

8.3. Selon la table 19 des indemnisations des atteintes à l'intégrité selon la LAA, il n'est pas toujours aisé d'opérer une césure entre troubles somatiques et psychiques. Si, à la suite d'un polytraumatisme, des troubles fonctionnels d'étiologie somatique et des douleurs chroniques persistent, les troubles psychiques que celles-ci ont induits sont pris en compte globalement dans l'évaluation de l'indemnité pour atteinte à l'intégrité. Toutefois, dans les éventualités où des troubles psychiques de nature différente sont constatés, une évaluation psychiatrique est nécessaire pour déterminer si une atteinte à l'intégrité psychique supplémentaire est présente qui n'a pas été prise en compte dans l'estimation de base. Si les symptômes psychiques ne sont, en soi, pas spécifiques, certains diagnostics, comme l'état de stress post-traumatique séquellaire à un accident, sont considérés comme tels. En l'occurrence, on ne saurait dès lors critiquer le point de vue des premiers juges en tant qu'ils ont additionné les atteintes en relation avec les troubles somatiques, d'une part, et psychiques, d'autre part. En revanche, dans la mesure où elle a nié - à juste titre - l'existence d'un lien de causalité entre l'accident et le trouble de la personnalité émotionnellement labile, type borderline, décompensé, la juridiction précédente n'était pas fondée à s'écarter du taux de 35 % attesté par les experts en relation avec les séquelles psychiques de l'accident. Le taux global de l'atteinte à l'intégrité doit dès lors être fixé à 58 % (23 % + 35 %) au lieu de 93 %. Dans cette mesure, le recours se révèle partiellement bien fondé.