Citation: 1B_24/2019 E. 2.3

2.3. Le recourant ne conteste pas avoir déposé sa requête de mise sous scellés onze jours après la perquisition. Au regard de la jurisprudence précitée, un tel laps de temps est anormalement long et seules des circonstances particulières pourraient conduire l'autorité à le tenir pour admissible. Le recourant fait valoir qu'il se trouvait à l'étranger lors de la perquisition et qu'il n'a pas trouvé immédiatement un avocat qui accepte de s'occuper de son dossier. Ces explications ne sont pas convaincantes. La cour cantonale a relevé, sans être contredite sur ce point, que le recourant avait adressé le 1 er octobre 2018 un mail électronique à la police pour l'informer avoir "contesté les faits par écrit auprès de la cour de justice comme mentionné dans la réquisition" et qu'il disposait ainsi au plus tard à cette date de l'ordonnance de perquisition et de séquestre l'avisant, de façon claire et compréhensible, de son droit de demander des scellés en se manifestant immédiatement. Cela étant, il savait devoir réagir rapidement s'il entendait requérir la mise sous scellés des documents saisis le 27 septembre 2018. Quant aux difficultés de trouver un mandataire pouvant prendre en charge le dossier, elles ne sont pas étayées et ne sauraient être tenues pour établies sur la base du dossier ou des seules affirmations du recourant. Il aurait pu déposer immédiatement une demande de scellés et demander un délai pour la motiver s'il ne trouvait pas d'avocat susceptible d'agir en son nom. Il importe enfin peu que le Ministère public a pris deux mois et demi avant de réagir à la plainte déposée contre le recourant et qu'un délai équivalent s'est ensuite écoulé avant que la Brigade financière ne procède à l'exécution de l'ordonnance de perquisition et de séquestre dans la mesure où l'exigence d'immédiateté tend avant tout à éviter que l'autorité de poursuite pénale prenne connaissance du contenu des pièces saisies lors de la perquisition. En définitive, en considérant que la requête de mise sous scellés était manifestement tardive, le Ministère public n'a ni fait preuve d'arbitraire ni outrepassé ses compétences. En confirmant cette décision, la Chambre pénale de recours n'a pas davantage violé le droit fédéral ou les droits fondamentaux du recourant.