Citation: 9C_440/2021 E. 4.2.2

4.2.2. Ces critiques ne sont pas fondées. Le but de l'art. 44 al. 2 LPGA - en particulier de la communication du nom des experts désignés afin de réaliser les tâches fondamentales de l'expertise - est de permettre, d'une part, à l'assuré d'invoquer d'éventuels motifs de récusation à l'encontre des experts et, d'autre part, à l'assureur de vérifier que le mandat d'expertise soit accompli par des personnes qui disposent des connaissances scientifiques et de l'indépendance requises en droit des assurances sociales (cf. ATF 146 V 9 consid. 4). La juridiction cantonale a demandé au CEMed d'indiquer le nom et le rôle des médecins ayant procédé à la synthèse du dossier médical et à la relecture du rapport, dont les noms n'avaient pas été communiqués à l'assuré au préalable. Elle a transmis la réponse du CEMed aux parties et invité le recourant à faire valoir d'éventuels motifs de récusation. Celui-ci a averti le tribunal cantonal qu'il n'en avait pas. Par cet échange d'écritures, les premiers juges ont reconnu que les docteurs J.________ et K.________ avaient joué un rôle fondamental dans l'élaboration du rapport d'expertise et ont guéri la violation du droit de participation de l'assuré, ce que celui-ci ne conteste pas. Bien que l'administration n'ait pas été explicitement invitée à se déterminer sur ce point, son absence de réaction face à la communication de la réponse du CEMed permet de conclure qu'elle a a posteriori approuvé implicitement la participation des docteurs J.________ et K.________ à la réalisation de l'expertise (sur le droit de réplique, cf. ATF 138 I 484 consid. 2), contrairement à ce que soutient le recourant. Dans la mesure où ces deux médecins doivent être considérés comme faisant partie des experts dont la participation a été requise pour certaines tâches liées à la réalisation de l'expertise et que leur rôle a été clarifié par la juridiction cantonale (cf. réponse du CEMed du 9 janvier 2020), celle-ci était en droit de laisser le rapport contesté au dossier. Le recourant ne fournit aucun élément qui laisserait penser que les experts n'auraient pas pris connaissance du dossier ou que la participation limitée à certains actes des docteurs J.________ et K.________ aurait faussé les conclusions de l'expertise. Que les experts aient pu ne pas avoir examiné certaines pièces judiciaires ou économiques ainsi que deux avis des docteurs C.________ et B.________ ne suffit pas non plus à écarter leurs conclusions, comme le voudrait le recourant. Leur tâche consiste en effet à procéder à une évaluation médicale de la situation (et non judiciaire ou économique). Par ailleurs, dans son rapport du 30 juillet 2017, le docteur C.________ se contentait d'indiquer n'avoir pas revu l'assuré depuis le 19 mars 2004, tandis que dans son rapport du 6 août 2010, le docteur B.________ attestait un état stationnaire de la problématique du genou. S'agissant ensuite des griefs contre le complément d'expertise, on relèvera que comme l'a déjà mentionné la juridiction cantonale, une discussion consensuelle entre experts, si elle devrait idéalement avoir lieu dans tous les cas, n'est cependant pas indispensable chaque fois (ATF 143 V 124 consid. 2.2.4). En l'occurrence, comme ce complément portait sur le caractère invalidant d'un trouble somatoforme douloureux, qui est un diagnostic psychiatrique relevant de la spécialité médicale exercée par le docteur H.________ et non par les autres experts, le fait qu'il a été apporté seulement par ce médecin ne nuit pas à son caractère probant. On ajoutera que le rôle de l'expert ne consiste pas à analyser les indicateurs de manière schématique, mais à motiver ses diagnostics et à en décrire l'incidence sur la capacité de travail de l'intéressé de telle manière que les organes chargés de l'application du droit (soit l'administration ou le juge en cas de litige) soient en mesure d'apprécier définitivement cette capacité (ATF 140 V 193 consid. 3.2), au besoin en lien avec d'autres rapports médicaux figurant au dossier dans le cas d'une expertise relative à un trouble somatoforme douloureux réalisée d'après l'ancien standard de procédure (ATF 141 V 281 consid. 8). Or le tribunal cantonal a procédé à une telle appréciation en l'espèce.