Citation: 4A_215/2022 E. 3.3

3.3. Dans deux griefs distincts, répétitifs et confus, la recourante conteste tout harcèlement de la part de F.________ envers l'intimé après que celui-ci a changé d'atelier le 1 er octobre 2013 et reproche à la cour cantonale d'avoir constaté arbitrairement les faits. En substance, elle invoque, premièrement, que " les juges précédents ont tenues [sic] pour crédibles les déclarations de l'intimé alors qu'il n'a même pas été interrogé par le Tribunal sur les faits de mobbing " retenus par la cour cantonale, le travailleur s'étant, selon elle, borné à confirmer de manière générale les allégués contenus dans ses écritures. Deuxièmement, elle soutient que les rapports d'expertise du Dr M.________ et les certificats médicaux du Dr K.________ ne constituent pas un " mode de preuve ", dans la mesure où ils ne vaudraient qu'allégation de partie et où le Dr M.________ se serait contenté de reprendre les plaintes subjectives de l'intimé. Troisièmement, elle avance que les témoins n'ont pas constaté directement les faits litigieux. Ainsi, tandis que D.________ se serait limité à décrire F.________ comme " fourbe qui ne lui inspirait pas confiance ", E.________ n'aurait évoqué, s'agissant de la période avant le transfert d'atelier de l'intimé, qu'un contexte hostile, un manque de considération et une approche occasionnant des tensions, l'intimé étant le bouc émissaire de F.________, et des remarques " concernant la couleur de peau mais d'autres collaborateurs ". Quant à O.________, elle " n'évoquait que le fait de [sic] F.________ faisait preuve de racisme ordinaire et qu'il indiquait qu'il pouvait appeler une personne d'origine chinoise ' la bridée ' ". Selon la recourante, la cour cantonale ne pouvait considérer que ces déclarations suffisaient à établir l'existence d'un harcèlement de la part de F.________ envers l'intimé après le changement d'atelier et cette déduction est arbitraire. Quatrièmement, la recourante argue que, dans son courrier du 16 janvier 2015 dans lequel il a, selon elle, évoqué pour la première fois le mobbing commis à son encontre, l'intimé n'aurait pas prétendu avoir été victime de harcèlement de la part de F.________ après son changement d'atelier. Il aurait au contraire mis en cause deux autres collaborateurs de la recourante. Enfin, la recourante considère pêle-mêle que l'expertise judiciaire ne confirme pas l'existence de mobbing, que l'intimé n'a pas prouvé de cas de harcèlement pour la période antérieure à son changement d'atelier et qu'elle a respecté ses obligations de protection de la personnalité de l'intimé, faisant à nouveau référence à des faits retenus par la cour cantonale.