Citation: U 201/05 04.05.2006 E. 3

En l'espèce, il ressort de la documentation médicale versée au dossier que B.________ a subi lors de l'accident litigieux, entre autres atteintes, un traumatisme crânien simple, sans perte de connaissance (rapport du docteur S.________ du 20 juin 2003). Dans les suites immédiates de l'accident, le prénommé a présenté des vertiges et des céphalées en progression ainsi que des déficits mnésiques et des difficultés gnosiques (rapport du professeur C.________ du 29 avril 2002). Dans son rapport d'expertise du 4 décembre 2002, le docteur V.________ a expliqué que le diagnostic de traumatisme crânien mineur supposait en temps normal une évolution clinique notablement différente de celle présentée par le recourant, le pronostic de ce genre de traumatisme étant en général une récupération totale à sub-totale des déficits et une reprise de l'activité professionnelle préalable progressivement en quelques mois au maximum. Dans le cas du recourant, il existait cependant une discordance entre, d'une part, l'importance des plaintes exprimées et des troubles mnésiques et, d'autre part, le peu d'éléments objectifs alarmants constatés (pas de perte de connaissance, examen neurologique initial normal, IRMs cérébrales sans évidence de séquelle traumatique). Pour autant, le kyste sous-lenticulaire droit mis en évidence par l'imagerie médicale (CT-cérébral du 17 août 2001, IRM cérébrale du 27 août 2001) ne constituait pas, contrairement à l'opinion émise par le professeur C.________ dans son rapport du 29 avril 2002, une suite ou une conséquence de l'accident et n'était pas responsable des symptômes dont se plaignait le recourant. En revanche, l'accident pouvait avoir été à l'origine d'un stress psychologique intense à l'origine d'un stress post-traumatique important. D'après l'expert, la capacité de travail du recourant était ainsi essentiellement limitée par des troubles de nature psychique. De nouvelles investigations neuropsychologiques réalisées les 10 février et 3 mars 2003 ont mis en évidence, outre la persistance de troubles mnésiques sévères en reconnaissance visuelle et de difficultés gnosiques visuelles, l'existence d'un syndrome post-traumatique subjectif important. Les réponses fournies par l'assuré au questionnaire des symptômes post-traumatiques de Rivermead ont en effet révélé que les domaines suivants posaient un problème grave par rapport à la situation prévalant avant l'accident: maux de tête (survenant lors de la moindre stimulation, physique ou mentale), vertiges, sensibilité aux bruits et à la lumière, troubles du sommeil, troubles mnésiques et de la concentration, ralentissement intellectuel, sentiments de tristesse et de frustration, irritabilité et agitation. La fatigabilité représentait un problème modéré, tandis que les nausées et les vomissements un problème léger. Selon la professeur C.________, le tableau présenté par le recourant évoquait très fortement un dysfonctionnement hémisphérique droit. Bien qu'une relation causale ne puisse être établie avec certitude, la présence d'une lésion hémisphérique droit à l'imagerie pouvait expliquer un pareil dysfonctionnement. Cela étant, les troubles neuropsychologiques, associés à un effondrement avec labilité émotionnelle et des céphalées, rendaient le recourant incapable de reprendre une quelconque activité professionnelle (rapport du 5 mars 2003). B.________ a également été adressé aux docteurs G.________ et P.________, spécialistes en psychiatrie, chez qui il a entrepris un traitement à partir du 18 juin 2003. Selon un rapport médical du 6 septembre 2004, l'assuré souffrait d'un état dépressif et d'un état de stress post-traumatique et se plaignait notamment de multiples plaintes telles que des céphalées constantes et diffuses ainsi que des vertiges avec menace de chutes. Le pronostic à long terme était très réservé.