Citation: 6B_972/2022 E. 1.2

1.2. La recourante estime que l'acte d'accusation et le jugement entrepris diffèrent sur des éléments factuels essentiels. Premièrement, elle soutient que la cour cantonale ne pouvait pas la reconna ître coupable d'abus de confiance pour s' être prétendument approprié des fonds qui lui avaient été confiés alors que l'acte d'accusation considérait qu'elle s'était approprié du capital-actions de D.________ SA. Deuxièmement, elle fait valoir que l'acte d'accusation lui reprochait d'avoir " retiré, sans contre-prestation correspondante ", 50'000 euros destinés à l'augmentation du capital-actions de D.________ SA, alors qu'elle avait finalement été condamnée pour s'être approprié les actions découlant de l'augmentation du capital-actions de D.________ SA. Il sied de relever que la cour cantonale n'a pas retenu pour la première fois ces éléments de fait à la charge de la recourante. En effet, à l'appui de son jugement du 18 septembre 2020, l'autorité de première instance jugeait déjà que la condamnation de la recourante pour abus de confiance se justifiait notamment par le fait qu'elle s'était approprié " les montants versés par B.________ et C.________ ". A ce sujet, elle expliquait aussi que la recourante possédait la signature individuelle sur un compte de D.________ SA, sur lequel se trouvaient 50'000 euros, montants versés à la recourante pour augmenter le capital-actions de D.________ SA. Elle indiquait aussi que la recourante n'avait finalement pas rétrocédé les actions de ladite société, gardant le capital-actions pour elle-même (cf. jugement de première instance consid. 3.2.2 pp. 24-25). Il ne ressort pas du jugement attaqué que la recourante se serait plainte d'une violation de la maxime d'accusation devant la cour cantonale, ce qu'elle ne soutient d'ailleurs pas non plus, et n'invoque aujourd'hui pas un déni de justice formel à cet égard. Ses griefs sont dès lors irrecevables sous l'angle de la bonne foi en procédure (art. 5 al. 3 Cst.; cf. ATF 143 IV 397 consid. 3.4.2) et de l'épuisement des voies de droit cantonales (art. 80 al. 1 LTF; arrêt 6B_749/2022 du 12 mai 2023 consid. 4 et l'arrêt cité). Au demeurant, s'il est vrai que l'acte d'accusation du 18 août 2017 mentionne le fait que la recourante se serait approprié le capital-actions de D.________ SA, il lui reproche également d'avoir utilisé l'argent qui lui avait été confié contrairement aux instructions données ainsi que d'avoir effectué des retraits importants du compte de D.________ SA en faveur de différentes sociétés dont elle était l'administratrice sans contre-prestation correspondante, notamment un retrait de 50'000 euros, somme destinée à l'augmentation du capital-actions de D.________ SA. Dans ces conditions, il convient d'admettre que la recourante savait ce qui lui était reproché et qu'elle a pu se défendre efficacement en fait et en droit.