Citation: 1C_544/2023 E. 3.3

3.3. À l'appui de leur grief tiré de l'application arbitraire de la législation cantonale, les recourants commencent par exposer le contenu de plusieurs dispositions de droit cantonal (art. 190 Cst./GE, art. 3, 5 et 7 LMCE). L'argumentation qu'ils développent ensuite n'est pas claire et on peine à première vue à distinguer quelle disposition aurait, selon eux, été appliquée de manière arbitraire. On comprend néanmoins qu'ils se plaignent concrètement d'une application arbitraire de l'art. 7 al. 4 let. b LMCE en tant que la suppression d'une voie pour le transport individuel motorisé sur cet axe routier structurant aurait pour effet de ne plus en garantir la fluidité. Pour le reste, les recourants n'invoquent pas une application arbitraire des autres dispositions de droit cantonal évoquées, respectivement ne proposent aucune critique satisfaisant aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF en lien avec lesdites dispositions. Cela étant, les recourants ne parviennent pas à démontrer le caractère arbitraire de l'appréciation développée par la Cour de justice. Quoi qu'en pensent les recourants, il n'apparaît pas insoutenable en l'espèce d'affecter l'une des deux voies de circulation dédiées au TIM à une piste cyclable. L'art. 7 LMCE consacre en effet expressément le principe d'une priorisation de la mobilité douce et des transports publics dans le centre-ville, plus particulièrement comme en l'espèce à la frontière avec l'hyper-centre. La cour cantonale a dans ce contexte souligné que le réseau structurant avait vocation dans les zones I et II à assurer l'accessibilité des quartiers et n'avait pas vocation à accueillir le trafic de transit. De plus, la cour cantonale a en substance retenu que s'il y avait certes une péjoration du temps de parcours pour le TIM sur cet axe routier, celui-ci n'était pas excessif (cf. consid. 4.2 ci-dessous). Il n'est par ailleurs pas choquant de considérer que l'art. 3B LRoutes - qui prévoit d'affecter les axes primaires et secondaires en priorité au trafic motorisé individuel et collectif - n'impose pas de réserver trois voies de circulation au trafic motorisé, dont deux au trafic individuel motorisé (la dernière étant réservée aux transports publics), et d'obliger les piétons à partager le trottoir avec les cyclistes. L'art. 43 al. 2 LCR (RS 741.01) commande d'ailleurs de réserver le trottoir aux piétons. Cette appréciation est en outre cohérente avec la volonté exprimée par le Conseil d'État genevois dans le plan d'actions de la mobilité douce (PAMD) 2015-2018 adopté le 20 mars 2017 et le PAMD 2019-2023 le 3 novembre 2021.