Citation: 1P.135/2000 22.03.2000 E. 6

6.- Le recourant se plaint enfin d'une violation de la présomption d'innocence (art. 32 al. 1 Cst. et 6 par. 2 CEDH). L'ordonnance de prolongation de la détention du 9 novembre 1999 relève que le recourant "minimise notablement sa participation au trafic concerné". Il y voit une déclaration prématurée de culpabilité. a) L'autorité chargée d'examiner la légalité de la détention préventive viole la présomption d'innocence lorsqu'elle déclare le prévenu, sans réserve et sans nuance, coupable des infractions qui lui sont reprochées, tenant ainsi sa culpabilité pour acquise et préjugeant de l'appréciation du juge du fond. Dans les motifs de sa décision, le juge de la détention doit user d'une réserve particulière; tout au plus peut-il faire état de soupçons étayés (ATF 124 I 327 consid. 3b p. 331 et la jurisprudence citée). b) Les griefs du recourant ne se rapportent pas à l'ordonnance attaquée, mais à une précédente décision, du 9 novembre 1999, qui n'a pas été attaquée. Si le recourant prétend en déduire que la cour cantonale est prévenue à son encontre, on ne comprend pas pourquoi il n'a pas réagi avant, en usant des moyens qui étaient à sa disposition (recours, récusation) pour faire cesser une telle prévention. Le recours est donc irrecevable à cet égard. Ne le serait-il pas que le recours serait de toute façon mal fondé. En effet, la décision du 9 novembre 1999 ne transgresse pas la présomption d'innocence: en évoquant la participation du recourant au trafic de drogue, la Chambre d'accusation ne fait que reprendre les soupçons justifiant la détention préventive, sans faire apparaître comme certaine une condamnation du recourant. Certes synthétique, la formule utilisée par la Chambre d'accusation tend uniquement à relever les dénégations du recourant quant à son rôle dans le trafic qui lui est reproché. Le terme de "participation" ne doit d'ailleurs pas forcément s'entendre au sens du droit pénal: il n'est pas contesté que le véhicule prêté par le recourant a bien été utilisé pour tenter d'importer des stupéfiants en Suisse, ce qui suffit pour admettre une "participation", même involontaire, à l'infraction.