Citation: 5C.69/2001 26.04.2001 E. 5

5.- La défenderesse soutient que l'article incriminé, qui visait la filiale de Z.________ de la raison individuelle "La Plaque Tournante", ne permettait pas d'identifier le demandeur. Contrairement à ce qu'a retenu la cour cantonale, le rédacteur en chef du magazine n'aurait fait la connaissance de ce dernier qu'à l'audience du 8 février 2001 et n'aurait eu, auparavant, de contact qu'avec un employé. Avec ce dernier argument, la défenderesse s'en prend à la constatation des faits, ce qu'elle n'est pas admise à faire dans un recours en réforme (art. 43 OJ). Pour le surplus, on peut se demander si la critique répond aux exigences de motivation de l'art. 55 al. 1 let. c OJ, selon lequel les motifs à l'appui des conclusions doivent indiquer succinctement quelles sont les règles de droit fédéral violées par la décision attaquée et en quoi consiste cette violation. La défenderesse n'établit en effet pas en quoi l'autorité cantonale aurait violé le droit fédéral en considérant que le demandeur était reconnaissable. Quoi qu'il en soit, elle oublie que l'article mentionnait les déconvenues du rédacteur en chef de la revue avec le responsable du commerce précité et que, par ailleurs, celui-là n'a pas contesté que celui-ci avait été son interlocuteur (art. 63 al. 2 OJ). C'est dès lors à juste titre que la cour cantonale a jugé que le demandeur, dont il est constant qu'il est le responsable du magasin concerné (art. 63 al. 2 OJ), a été désigné d'une manière permettant de l'identifier. Certes, cela ne suffit pas encore à fonder le droit de répondre; la présentation des faits contestée doit faire naître dans le public une image défavorable de la personne physique visée, la placer sous un jour équivoque (ATF 114 II 388 consid. 2 p. 390; Tercier, Le nouveau droit de la personnalité, nos 1412 ss spéc. 1421 ss). En l'espèce, l'autorité cantonale a précisément considéré que tel était le cas, l'article décrivant le demandeur comme gérant mal son entreprise, honorant ses dettes avec peu d'empressement et dédaignant ou négligeant de répondre aux courriers qui lui étaient adressés. Or, sur ce point, on cherche en vain dans le recours une argumentation qui démontrerait que ces considérations violeraient le droit fédéral. La défenderesse se contente en effet d'exprimer ses doutes quant à l'existence d'une atteinte à la personnalité et d'affirmer que les faits présentés dans l'article sont incontestés, justifient la teneur de celui-ci ainsi que son titre et sous-titre et, partant, n'appellent aucun complément sous forme de réponse, oubliant par là même que cette dernière ne doit pas nécessairement contester l'existence des faits présentés par le journaliste (Tercier, op. cit. , n. 1424; Bucher, Personnes physiques et protection de la personnalité, 4e éd., n. 695).