Citation: I 567/99 17.04.2000 E. 2

2.- a) La recourante conteste le taux d'invalidité de 42 % retenu par l'administration et les premiers juges, pour la période subséquente au 31 août 1998. Elle reproche en particulier à la cour cantonale de s'être fondée sur le taux d'incapacité de travail de 40 % fixé par le docteur G.________, sans égard aux conclusions des rapports du docteur F.________ et de la doctoresse D.________. b) Lorsque des expertises ordonnées au stade de la procédure administrative sont établies par des spécialistes reconnus, sur la base d'observations approfondies et d'in- vestigations complètes, en pleine connaissance du dossier, et que les experts aboutissent à des résultats convain- cants, le juge ne saurait écarter ces derniers aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter de leur bien-fondé (ATF 122 V 161 et les références). c) En présence d'avis médicaux contradictoires, le juge doit apprécier l'ensemble des preuves à disposition et indiquer les motifs pour lesquels il se fonde sur une ap- préciation plutôt que sur une autre. En ce qui concerne par ailleurs la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant, c'est que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la des- cription du contexte médical et l'analyse de la situation médicale soient claires et, enfin, que les conclusions de son auteur soient motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). d) En l'espèce, même si l'OAI n'a formellement confié l'expertise qu'au docteur G.________, l'avis du docteur F.________ a également valeur d'expertise dans la mesure où l'administration voulait obtenir un avis sur les plans rhumatologique et psychiatrique. En l'occurrence, les con- clusions des deux experts - toutes deux conformes aux exi- gences de la jurisprudence précitée - divergent en ce qui concerne le taux d'incapacité de travail de la recourante. Le docteur F.________ a retenu pour les seules affections psychiques (abus d'alcool, état dépressif chronique et personnalité dépendante) un degré d'incapacité de travail de 40 %, alors que le docteur G.________ a fixé ce taux à 40 % pour l'ensemble des troubles physiques et psychiques, sans expliquer pour quel motif il n'a pas tenu compte du taux indiqué par son confrère psychiatre. Or, les affec- tions physiques qu'il a diagnostiquées semblent justifier à elles seules le taux en question eu égard, notamment, à la fibromyalgie majeure, compliquée de troubles statiques et dégénératifs dont ce praticien fait état. De surcroît, le docteur G.________ est lui-même d'avis que ce taux doit être modulé, l'assurée étant totalement incapable de tra- vailler durant une poussée d'un psoriasis généralisé. Cependant il ne se prononce pas sur le durée et le fréquen- ce des crises, alors que, selon le rapport de la doctoresse D.________, une (seule) crise peut s'étendre sur plus d'une demi-année. Au surplus, ce médecin a diagnostiqué également un rhumatisme psoriasique, dont le docteur G.________ ne fait pas mention. e) Dans ces circonstances, et contrairement à l'avis des juges cantonaux, il n'est pas possible de statuer en pleine connaissance de tous les faits pertinents sur la situation de la recourante, ni d'en tirer des conséquences en droit. Il convient donc de renvoyer la cause à l'OAI pour instruction complémentaire sur le point de savoir dans quelle mesure la capacité de travail de M.________ est di- minuée globalement par les atteintes à la santé psychique et physique. L'examen médical complémentaire devra tenir compte de la fréquence et de la durée des crises de pso- riasis - depuis le dépôt de la demande de prestations de l'assurance-invalidité - et de l'incapacité de travail relative à cette affection, en sus de celle liée aux autres troubles physiques. Au taux ainsi obtenu, s'ajoutera le degré d'incapacité de travail dû aux affections psychiques. A cet égard, il ne sera tenu compte de l'abus d'alcool que si cette dépendance a provoqué une maladie ou un accident qui entraîne une atteinte à la santé physique ou mentale, nuisant à la capacité de gain, ou si elle résulte elle-même d'une atteinte à la santé physique ou mentale qui a valeur de maladie (RCC 1992 p. 182 consid. 2a, applicable par analogie).