Citation: 1B_361/2014 E. 3.4

3.4. B.________ a été conduite aux urgences des HUG car elle se trouvait dans un "état plus que second", compatible avec un accident vasculaire cérébral, selon les gendarmes qui ont été dépêchés sur les lieux. A son arrivée à l'hôpital, elle présentait un "manque de mot et une déviation labiale droite avec des troubles de la vigilance". Dans la lettre de transfert adressée le 8 avril 2014 à l'attention de la Clinique Sainte-Claire, les HUG ont retenu comme diagnostic principal une intoxication aux benzodiazépines "au vu d'une toxicologie large positive pour le nordazepam, l'oxazepam, le citalopram et l'irbesartan, qui semblait expliquer les troubles de la vigilance constatés". Ces derniers ont donc ainsi clairement été mis en relation avec l'intoxication aux benzodiazépines plutôt qu'avec la tumeur cérébrale révélée par le scanner cérébral, puis par l'IRM cérébrale pratiqués les 28 mars et 3 avril 2014. A tout le moins, on ne saurait reprocher à la Chambre pénale de recours d'avoir procédé à une constatation inexacte et arbitraire des faits en considérant que l'intoxication médicamenteuse était à l'origine du malaise dont B.________ a été la victime. Pour le surplus, les conséquences d'une intoxication aux benzodiazépines dépendent de nombreux facteurs, tels que l'âge de la personne, son état de santé, la quantité ingérée et l'interaction avec d'autres médicaments ou de l'alcool. En l'état du dossier, il est établi que la plaignante, qui souffre d'hypertension artérielle, a ingéré pas moins de quatre substances différentes. Sur la base du dossier, il n'est pas possible d'exclure que les doses ingérées par la plaignante étaient insuffisantes pour admettre que sa vie avait été exposée à un danger de mort imminent compte tenu de son âge et de son état de santé. Le fait que les benzodiazépines soient de faible toxicité et n'entraînent que dans des cas exceptionnels le décès en cas d'intoxication ne permet pas de l'affirmer. Il en va de même du fait que la victime a pu quitter les HUG douze jours après son admission et que le transfert à la Clinique Sainte-Claire soit intervenu pour d'autres motifs que la poursuite du traitement de l'intoxication aux benzodiazépines. En retenant l'existence d'une prévention suffisante à l'encontre du recourant s'agissant à tout le moins de l'infraction visée à l'art. 129 CP, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire ni violé d'une autre manière l'art. 221 CPP. Au surplus, le recourant ne remet pas en cause les risques de fuite, de collusion et de récidive retenus par les juges précédents. Il ne soutient pas non plus que des mesures de substitution adéquates permettraient de les pallier et que le principe de proportionnalité serait violé. En l'absence de tout grief à ce propos, il n'appartient pas à la Cour de céans d'examiner d'office ce qu'il en est.