Citation: 1C_544/2023 E. 4.2

4.2. Les recourants affirment que l'intérêt public poursuivi par les mesures litigieuses était d'offrir plus d'alternative à l'usage des transports publics afin d'éviter l'engorgement de ceux-ci et de limiter la propagation du Covid-19. Ils se prévalent du fait que le but des arrêtés tel qu'énoncé lors de leur adoption ne serait plus d'actualité. Les recourants méconnaissent cependant que les mesures contestées ont été pérennisées après la pandémie de Covid-19 et qu'elles reposent notamment, comme constaté par la cour cantonale, sur l'intérêt public à l'amélioration de la sécurité non seulement des cyclistes, mais également des piétons qui n'ont plus à partager le trottoir avec ceux-ci. Par ailleurs, la cour cantonale a constaté que, selon les mesures faites entre les rues Bartholoni et Terreaux-du-Temple (les 1er février, 3 avril et 5 juin 2020 ainsi que le 4 mai 2022 entre 7h et 9h en direction rive droite), le temps de parcours moyen pour le TIM sur l'axe litigieux, qui était de 2 min. 31 sec., est passé à 3 min. 20 sec. après la mise en place des aménagements cyclables. Elle a noté une détérioration pour le TIM de 50 sec. environ sur le tronçon entre la place du Cirque et la rue de Hesse (cf. arrêt attaqué consid. 6.2). La Cour de justice a également retenu, sur la base des comptages effectués sur le pont entre 2010 et 2021, une diminution constante et significative des véhicules motorisés empruntant le pont en direction de la rive droite en onze ans. Elle a encore relevé que des comptages réalisés entre mai 2020 et fin septembre 2021 indiquaient une augmentation de la fréquentation du boulevard par les cycles de 34 % et de celle du pont de 41 %. Les recourants critiquent les chiffres retenus par la cour cantonale et estiment que les arrêtés impacteraient trop fortement le transport individualisé motorisé sur cet axe structurant. Ils se prévalent notamment du fait qu'il y aurait proportionnellement bien plus de transport individuel motorisé que de cyclistes et que ces derniers auraient de multiples alternatives pour traverser le Rhône. Les recourants ne soulèvent toutefois pas le grief d'arbitraire en lien avec les faits constatés par la cour cantonale. Il n'y a dès lors pas lieu de s'en écarter (cf. ci-dessus consid. 2). Ainsi, les recourants se réfèrent en vain aux constats posés dans le rapport d'étude du 13 novembre 2020 de M.________, bureau d'études regroupant des urbanistes et des ingénieurs en mobilité de Fribourg (ci-après: rapport M.________). Les recourants méconnaissent d'ailleurs que la cour cantonale a expressément souligné que les autorités avaient depuis lors procédé à des ajustements visant précisément à réduire les effets négatifs des mesures litigieuses sur le trafic motorisé (cf. arrêt attaqué consid. 6.2). En définitive, force est de constater que l'argumentation des recourants repose essentiellement sur des faits ne ressortant pas de l'arrêt attaqué et est à ce titre irrecevable. Par ailleurs, la cour cantonale a constaté, à l'instar dudit rapport M.________, que les aménagements litigieux offrent pour les cycles une bien meilleure attractivité qu'initialement par le confort et la continuité sur l'ensemble du tracé. En effet, le trajet reliant Plainpalais à la gare Cornavin est constitué par une voie droite, obliquant une seule fois après le pont sur la rue des Terreaux-du-Temple, alors que la cour cantonale a relevé que l'alternative proposée par les recourants prévoyait onze changements de direction et autant de croisements de rues pour le trajet place du Cirque - gare Cornavin. L'argumentation des recourants, essentiellement appellatoire, n'est pas de nature à tenir l'arrêt attaqué pour non conforme au principe de la proportionnalité. Avec la cour cantonale, il y a lieu d'admettre que le tracé en cause constitue une amélioration objective pour les cyclistes. Les recourants ne proposent en l'occurrence pas d'autres mesures, moins incisives, qui permettraient d'atteindre les buts visés par les aménagements litigieux. Contrairement à ce que pensent les recourants, le fait que le nombre de cycles soit inférieur à celui des véhicules individuels motorisés ne rend pas pour autant disproportionnées les mesures litigieuses. Au vu des constatations faites par l'instance précédente, et compte tenu de la retenue dont doit faire preuve le Tribunal fédéral (cf. consid. 4.1), celle-ci peut être suivie lorsqu'elle considère que la péjoration du temps de parcours pour le TIM sur cet axe n'est pas d'une ampleur telle qu'il condamne cet axe. Il sied au demeurant de relever que, lors de la vision locale effectué par le TAPI, celui-ci n'a pas constaté d'engorgement du trafic routier. Par conséquent, la cour cantonale pouvait faire prévaloir les intérêts publics poursuivis par les mesures litigieuses sur les intérêts des automobilistes défendus par les recourants.