Citation: I 337/04 22.02.2006 E. 5

5.1 En l'espèce, la recourante s'est soumise à une expertise pluridisciplinaire auprès de la Clinique Y.________ où elle a subi une évaluation clinique, neuropsychologique et psychiatrique, ainsi qu'une observation en ateliers professionnels. Dans son rapport psychiatrique, le docteur S.________ a diagnostiqué un trouble somatoforme indifférencié et un trouble de l'humeur de sévérité modérée. Pour sa part, au terme de l'examen neuropsychologique, la doctoresse L.________ a fait état notamment d'«un ralentissement sévère en confrontation avec la plupart des tests cognitifs, qui contrast[ait] avec la vivacité de la patiente en d'autres circonstances»; elle était d'avis que les résultats obtenus en situation d'examen (tableau sévèrement déficitaire) ne reflétaient pas le potentiel réel de l'assurée. Sur le plan somatique, le docteur C.________ est arrivé à la conclusion que l'examen clinique et le bilan paraclinique étaient rassurants et ne mettaient en évidence aucune atteinte ostéo-articulaire ou maladie torpide. Au cours d'un entretien de synthèse, tous les experts impliqués se sont accordés pour fixer à 50 % l'incapacité de travail présentée par B.________ dans son activité de secrétaire, en raison de la seule problématique psychique. Ils ont par ailleurs conclu que cette incapacité n'était pas définitive, dès lors qu'on pouvait s'attendre à ce que l'assurée, dans une occupation valorisante, mobilise à nouveau toutes ses ressources et, à terme, recouvre un plein rendement. 5.2 Au regard des principes développés par le Tribunal fédéral des assurances dans l'arrêt S. du 8 février 2006, I 336/04, aux considérants duquel il convient de renvoyer pour le surplus, on constate, d'une part, que la dénomination diagnostique de l'atteinte à la santé dont souffre la recourante - qu'elle soit qualifiée de fibromyalgie ou de trouble somatoforme -, ne joue pas le rôle prépondérant que lui attribue la recourante. Ce qui importe en effet, pour juger du droit aux prestations d'un assuré, c'est la répercussion de l'atteinte à la santé diagnostiquée sur la capacité de travail (art. 4 al. 1 LAI, art. 16 LPGA). Dans ce contexte, le fait que le docteur C.________ est tenant de l'opinion médicale selon laquelle la fibromyalgie n'a pas valeur de diagnostic médical n'est pas déterminant. Comme l'a précisé le Tribunal fédéral des assurances, il n'est au demeurant pas nécessaire de prendre position sur cette controverse médicale opposant les praticiens niant le caractère de maladie de la fibromyalgie et ceux qui lui accordent une telle valeur (arrêt S., précité, consid. 3.2 et 3.3 et les références). D'autre part, au vu des conclusions de l'expertise du 13 juin 2002 et compte tenu des critères dégagés par la Cour de céans pour juger du caractère invalidant de troubles somatoformes douloureux, applicables par analogie à la fibromyalgie (supra consid. 4.2.1), on ne saurait retenir une incapacité de travail supérieure au taux fixé par les médecins de la Clinique Y.________. Il apparaît en effet que la recourante ne présente pas de comorbidité psychiatrique significative - le trouble de l'humeur discret ne revêtant pas une importance déterminante du point de vue de sa gravité et de son acuité - et n'a pas épuisé toutes ses ressources psychiques pour mettre en valeur sa capacité de travail résiduelle sur le marché du travail. 5.3 Contrairement à ce que fait valoir la recourante, les conclusions de l'expertise signée par le docteur C.________ ne sont pas en contradiction avec les constatations de la doctoresse L.________, ni celles du chef des ateliers professionnels A.________. La prénommée a en effet expliqué que les résultats insuffisants obtenus à l'issue des tests neuropsychologiques ne traduisaient pas les capacités réelles de la patiente, ce qui a du reste été confirmé par l'examen subséquent effectué à la Consultation de la mémoire de l'Hôpital Z.________. Selon les docteurs G.________ et le neuropsychologue D.________, cet examen mettait en évidence des performances légèrement déficitaires de la mémoire, des fonctions exécutives et de l'attention (rapport du 4 mars 2003). On ne saurait donc suivre la recourante lorsqu'elle sous-entend présenter de graves difficultés sur le plan neurologique dont les experts n'auraient pas tenu compte. Par ailleurs, au regard des conclusions de A.________, qui a retenu que l'assurée était capable de travailler dans des activités de bureau, maîtrisant l'outil informatique, de contact agréable avec un certain ralentissement dans l'exécution des tâches, l'évaluation pluridisciplinaire de la capacité de travail de la recourante dans son activité de secrétaire, limitée à 50 %, apparaît fondée. Enfin, ni l'avis du docteur O.________, ni celui de son confrère P.________ ne contiennent d'éléments permettant de s'écarter de cette évaluation. Le psychiatre indique que le taux d'incapacité de travail qu'il avait fixé à 30 % (dans son rapport initial du 21 septembre 2001) devait se cumuler avec les «50 % établis par la plupart de mes collègues» (courrier du 19 février 2003). Outre le fait qu'un tel renvoi général à l'appréciation de confrères qui ne sont pas nommés est trop imprécis pour acquérir une valeur probante, l'avis du docteur O.________ est insuffisamment étayé pour emporter la conviction. Celui-ci se limite en effet à répondre succinctement aux questions de l'intimé et affirmer que l'incapacité de travail de la patiente est de 30 %, respectivement 80 % (30 + 50 %), sans plus amples explications. Quant à l'évaluation du docteur P.________, elle porte essentiellement sur le caractère fluctuant des symptômes de la fibromyalgie (rapport du 28 avril 2002) et sur la nécessité d'accorder une rente entière à sa patiente «de manière à supprimer les facteurs de stress intense que constituent la non reconnaissance de la maladie et les soucis financiers» (courrier du 27 avril 2003). Or, les inquiétudes de la personne concernée relatives à la perception de la situation par son entourage (ou les organes de l'assurance-invalidité) ou encore à des problèmes financiers, aussi compréhensibles soient-elles, ne constituent pas des critères à prendre en considération pour évaluer l'incapacité de travail ou de gain de l'assuré. 5.4 En conséquence, à l'instar de l'intimé et des premiers juges, il y a lieu de retenir que la recourante dispose des ressources physiques et psychiques nécessaires pour mettre en valeur une capacité de travail de 50 % dans son activité de secrétaire. Ce taux tient largement compte de l'ensemble des circonstances, notamment des troubles constatés à l'occasion de l'examen neuropsychologique.