Citation: 8C_339/2017 E. 6.2

6.2. En l'occurrence, la situation médicale au moment de la décision initiale d'octroi de rente est peu claire et n'a d'ailleurs pas fait l'objet d'une constatation circonstanciée par les premiers juges. Dans sa décision du 9 octobre 2007, l'intimée se limitait à reprendre le taux d'invalidité de 83 % "évalué en son temps par l'assurance-invalidité", à savoir plus de cinq ans auparavant (cf. projet de décision de l'Office AI du 30 avril 2002 et décision du 13 décembre 2002). A cette époque, l'Office AI avait retenu que la recourante n'était pas en mesure d'exercer une activité impliquant l'utilisation du membre supérieur droit, de sorte que seule une activité en milieu protégé entrait en considération (voir notamment le courrier de l'Office AI du 10 décembre 2001 et le rapport intermédiaire du 29 janvier 2002). Quant au jugement de l'ancien tribunal vaudois des assurances du 18 mai 2006, s'il retenait l'existence de lésions de l'intervalle des rotateurs de l'épaule droite (conflit sous-acromial avec déchirure partielle du sus-épineux, déchirure du ligament trapézoïde, périarthrite scapulo-humérale, lésion complexe tendino-capsulaire), il ne se prononçait ni sur les limitations fonctionnelles de la recourante ni sur sa capacité résiduelle de travail. Enfin, il ressort des pièces médicales précédant la décision du 9 octobre 2007 que l'incapacité de travail reconnue à la recourante se fondait en particulier sur les douleurs dont elle se plaignait, dont l'ampleur et le processus de chronicisation n'ont jamais vraiment été expliqués par les médecins (voir en particulier le rapport d'expertise de la Clinique I.________ du 25 avril 2002, p. 12). Cela dit, dans la mesure où la recourante s'est vue allouer une rente d'invalidité calculée sur la base d'une incapacité totale de travail dans toute activité sur le marché ordinaire de l'emploi, il y a lieu d'admettre, tout comme l'a fait l'autorité précédente de manière implicite, qu'au moment de l'octroi de la rente d'invalidité, elle ne pouvait pas se servir de son membre supérieur droit pour exercer une activité professionnelle, même à un taux d'activité restreint.