Citation: I 425/06 06.06.2007 E. 4

4.1 Dans le cadre d'une première demande de prestations de l'assurance-invalidité, l'administration a mis en oeuvre un stage d'observation professionnelle auprès du Centre d'intégration professionnelle de Genève, puis, devant le succès de celui-ci, financé une mesure de reclassement professionnelle en tant que sertisseur mécanique dispensée par l'entreprise X.________ SA du 20 février 2001 au 28 février 2003. A l'issue de la mesure, le recourant a été engagé par cette entreprise pour un salaire brut annuel fixé à 54'000 fr., qui excluait l'allocation d'une rente d'invalidité. L'office AI a par conséquent classé le dossier. 4.2 Les renseignements médicaux recueillis au cours de l'instruction de la seconde demande de prestations ont permis d'établir que le recourant souffrait de cervicalgies sur troubles dégénératifs débutants, d'une tendinopathie de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite sans déchirure tendineuse, d'une légère épicondylite du coude droit et de lombalgies persistantes après cure d'hernie discale en 1993 (rapport du docteur S.________ du 7 octobre 2004; voir également le rapport du docteur P.________ du 23 juin 2004). Les radiographies versées au dossier se révélaient être dans les limites de la norme, hormis l'existence de quelques signes dégénératifs (radiographies du 8 janvier 2004, scintigraphie osseuse du 3 mars 2004, IRM cervico-dorsale du 12 mars 2004). D'après le docteur S.________, le suivi d'un traitement médical adéquat était susceptible de guérir l'épicondylite du coude droit et d'améliorer les douleurs résultant de la lésion des tendons de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite. En l'absence même de guérison, il n'y avait pas de contre-indication à la poursuite d'un travail léger de sertisseur. De manière générale, l'exercice d'une activité lucrative était restreinte par les limitations fonctionnelles suivantes: travail semi-sédentaire, principalement assis, sans port d'objets d'un poids supérieur à 15 kg, sans travail en porte-à-faux et sans sollicitation du bras droit au dessus de l'horizontale. 4.3 D'après la littérature médicale consacrée aux risques professionnels dans les métiers de la bijouterie et de la joaillerie, la position traditionnelle du sertisseur semble privilégier la vision de l'objet au détriment d'une bonne posture (position de cyphose). Le travail s'exécutant avec les bras horizontaux, il peut en outre engendrer des tendinopathies des membres supérieurs, des scapulalgies, des cervicalgies et des lombalgies (Jacques Piollat, Risques professionnels des bijoutiers joailliers en 1998, mémoire présenté en vue de l'obtention du Diplôme d'études spécialisées en médecine du travail, p. 19, disponible à l'adresse internet suivante: www.bossons-fute.com; Lefebvre/Tardieu/Guillon/Grillot/Sandret, La bijouterie-joaillerie, Risques professionnels et mesures de prévention, Institut national de recherche et de sécurité, Paris 1989, disponible à l'adresse internet suivante: www.dmt-prevention.fr). 4.4 Selon le docteur S.________, l'exercice d'une activité légère de sertisseur demeurerait exigible de la part du recourant, moyennant le respect d'un certain nombre de précautions fonctionnelles, dont notamment l'évitement des positions en porte-à-faux et de la mobilisation en hauteur du bras droit. Au regard des sollicitations physiques découlant de l'exercice de cette profession et du tableau clinique présenté par le recourant, l'appréciation de ce médecin n'est pas entièrement convaincante, en particulier s'agissant des perspectives de reprise à long terme, avec un rendement adéquat, de l'activité professionnelle. De plus, il subsiste un doute quant au point de savoir si l'activité prise en considération par le docteur S.________ - son rapport étant imprécis sur cette question - correspond effectivement à celle de sertisseur mécanique dans laquelle le recourant a été reclassé, ou, comme le sous-entend le recourant, fait référence à l'activité - différente - de sertisseur en bijouterie. Sur le vu de ce qui précède et afin de lever toute incertitude quant à l'exigibilité de la reprise par le recourant de l'activité de sertisseur mécanique, il convient de renvoyer l'affaire à l'office AI pour qu'il procède à une instruction complète et précise sur cette question et statue à nouveau sur le droit aux prestations du recourant.