Citation: 4P.280/2005 09.01.2006 E. B

B.a Par lettre du 16 juin 2005, Y.________ a fourni des explications visant à justifier les honoraires de son conseil et il a requis l'arbitre unique de lui allouer la somme de 120'251 € de ce chef. Le 26 juillet 2005, X.________ a offert de payer à Y.________ la somme de 40'000 fr. à titre de dépens pour solde de tout compte. Les parties se sont encore exprimées spontanément sur la question des dépens dans deux courriers ultérieurs. B.b Par sentence du 23 septembre 2005, l'arbitre unique, siégeant à Genève, a clos la procédure arbitrale, fixé les frais de l'arbitrage à 30'000 fr. et condamné X.________ à payer 120'251 € à Y.________ à titre de dépens. S'agissant de ceux-ci, ladite sentence repose sur les motifs résumés ci-après. Le montant des dépens est déterminé librement par l'arbitre en fonction de l'ensemble des circonstances. Lorsque ce montant correspond à celui des honoraires facturés, voire payés, par la partie ayant droit aux dépens, l'arbitre l'acceptera en principe et ne le réduira que s'il apparaît déraisonnable. Une réduction est d'autant moins appropriée lorsque, comme c'est ici le cas, une partie a reconnu prendre à sa charge les dépens de sa partie adverse. Par ailleurs, la loi de procédure civile du canton de Genève, à laquelle la clause compromissoire fait référence, pour autant que cette référence vaille aussi pour la fixation du montant des dépens, question qui peut rester indécise en l'espèce, n'est pas applicable puisque X.________, en renonçant purement et simplement à l'arbitrage, a perdu le droit d'invoquer une disposition de la clause compromissoire faisant référence à cette loi, laquelle, de surcroît, selon l'interprétation qu'en donnent les tribunaux genevois, ne va pas dans le sens voulu par l'intéressée. Dans le cas concret, pour apprécier le caractère raisonnable des honoraires portés en compte, il y a lieu de souligner, d'un côté, la relative complexité factuelle du litige et son importance financière, les coûts supplémentaires occasionnés par la nécessité de traduire certaines pièces, ainsi que la qualité des écritures produites par le défendeur, dont le conseil est un spécialiste de l'arbitrage, capable de travailler aussi bien en ... qu'en français. D'un autre côté, on relèvera que la présente procédure arbitrale est, à certains égards, demeurée limitée, n'ayant pas porté sur des problèmes de fond, qu'aucune séance n'a été tenue et, enfin, que l'argument tiré de la difficulté de l'affaire et de l'importance financière du litige doit être relativisé, étant donné, notamment, que la première phase de la procédure était limitée à des questions juridiques bien circonscrites. En définitive et tout bien considéré, le montant des dépens réclamés par Y.________ apparaît élevé, mais sans être déraisonnable, si bien qu'il ne se justifie pas de le réduire.