Citation: 6B_1242/2023 E. 3.2

3.2. En ce qui concerne les faits du 5 janvier 2020 commis sur l'intimée 2, le recourant conteste avoir franchi le pas décisif vers la réalisation de l'infraction et s'être rendu coupable de tentative de viol. En particulier, selon lui, la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant que l'intention de commettre un viol était évidente et représentait la seule finalité logique des agissements du prévenu compte tenu du contexte. Déterminer ce que l'auteur sait, veut ou l'éventualité à laquelle il consent relève des constatations de fait qui lient le Tribunal fédéral, à moins que le recourant n'en démontre l'arbitraire. Pour retenir l'intention, la cour cantonale s'est fondée sur plusieurs éléments: elle a estimé qu'il n'était pas normal de se rendre dans la chambre de l'enfant dont il avait la charge à 3 heures 15 du matin pour "parler" (en l'absence d'un événement extraordinaire pouvant justifier un réveil au milieu de la nuit et une communication urgente); elle a relevé que la victime était allée immédiatement s'enfermer dans sa chambre après avoir libéré ses poignets, animée par un instinct de survie et que le recourant avait voulu la suivre; la victime était ensuite restée dans son lit "sans bouger ni parler", ne répondant pas au recourant lorsqu'il était venu frapper à sa porte environ une heure plus tard, et n'est parvenue à s'endormir qu'ensuite (jugement attaqué p. 33). Les éléments retenus par la cour cantonale sont pertinents et son raisonnement est convaincant. L'argumentation du recourant est pour sa part purement appellatoire, celui-ci se contentant d'affirmer que les éléments susmentionnés ne permettaient pas d'établir une intention de viol; elle est irrecevable. La cour cantonale a également retenu en fait que le recourant, qui avait amené la jeune fille dans la chambre de sa mère, l'avait enlacée en lui disant qu'il avait besoin d'elle avant de la diriger vers l'oreiller pour la coucher. Le recourant a fait fi du refus clair de la jeune fille, en se positionnant sur elle. Bien plus grand et bien plus fort qu'elle, il l'a tenue enlacée, l'entourant de ses bras. Lorsque la victime a réussi à se dégager, il l'a encore retenue par les poignets, emprise dont la jeune fille a pu se défaire en faisant des mouvements brusques avec les bras et en menaçant de crier, risquant ainsi de réveiller son frère qui dormait dans la chambre d'à côté et d'alerter même les voisins. La victime s'est ensuite réfugiée dans sa chambre dont elle a fermé la porte à clé. Par son comportement, le recourant a brisé la résistance physique que lui opposait la victime en se couchant sur elle, puis en la retenant par les poignets; c'est uniquement grâce au fait que la victime s'est débattue et qu'elle a menacé de crier qu'elle a pu échapper aux violences sexuelles. Au vu d'un tel état de fait, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que le recourant avait franchi le pas ultime et décisif vers l'accomplissement de son intention délictueuse et en retenant la tentative.