Citation: 1B_601/2021 E. 3.2.3

3.2.3. Les dispositions sur le droit d'accès au dossier dans la procédure pénale doivent être mises en oeuvre dans le respect des principes applicables en matière d'entraide judiciaire (cf. art. 54 CPP). La jurisprudence a souligné maintes fois ce postulat - lequel s'applique en outre indépendamment de l'existence d'une procédure d'entraide pendante devant les autorités suisses (cf. arrêt 1B_253/2021 du 22 octobre 2021 consid. 2.2) -, en insistant sur la nécessité d'éviter tout risque de dévoilement intempestif d'informations en cours de procédure, au regard notamment des principes de la spécialité (cf. art. 67 EIMP [RS 351.1]) et de la proportionnalité (cf. art. 63 EIMP) qui régissent l'entraide (ATF 147 IV 544 consid. 1.7 p. 550; 139 IV 294 consid. 4.2 p. 298 s.; arrêt 1B_225/2020 du 6 août 2020 consid. 3.1). Lorsqu'une procédure d'entraide est pendante parallèlement à la procédure pénale suisse, l'autorité d'instruction doit prendre en compte les intérêts de l'une comme de l'autre, en ménageant les droits des parties à la procédure pénale sans compromettre une correcte exécution de la demande d'entraide judiciaire. En particulier, si la partie plaignante est un État ou une entité lui étant étroitement liée, son droit de consulter le dossier peut être limité ou suspendu dans toute la mesure nécessaire pour préserver l'objet de la procédure d'entraide; un engagement formel de l'État étranger requérant de ne pas utiliser dans sa propre procédure les renseignements obtenus dans le cadre de la consultation du dossier pénal peut également être requis (ATF 139 IV 294 consid. 4.2 p. 299; arrêt 1B_225/2020 du 6 août 2020 consid. 3.1). Une décision définitive refusant d'accorder l'entraide judiciaire constitue aussi un motif permettant de restreindre le droit de consultation du dossier pénal suisse (arrêt 1B_225/2020 du 6 août 2020 consid. 3.2).