Citation: 1P.596/2003 21.10.2003 E. 1

Dans le cas particulier, la Cour de cassation cantonale a, conformément au droit de procédure cantonal, revu sous l'angle de l'arbitraire les constatations de fait et l'appréciation des preuves par la Cour correctionnelle. Il ne s'ensuit pas, pour le Tribunal fédéral, l'obligation de se limiter à examiner sous l'angle de l'arbitraire si l'autorité cantonale de recours a elle-même rendu une décision arbitraire. Il appartient bien plutôt à celui-ci de revoir sans réserve l'usage que l'autorité cantonale de recours a fait de son pouvoir d'examen limité en matière d'appréciation des preuves (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc p. 494; 111 Ia 353 consid. 1b p. 355). 1.2 L'arrêt attaqué évoque certaines divergences dans les déclarations successives de C.________, en relevant d'abord que les contradictions concernant des détails n'entament généralement pas la crédibilité des victimes d'agressions sexuelles, d'autant plus lorsqu'il s'agit - comme dans le cas particulier - de personnes mineures et inexpérimentées. Selon la Cour cantonale, les divergences se rapportent en l'occurrence à des points de détail, la plaignante ayant constamment mentionné le fait quelle avait été entraînée dans une chambre, qu'il y avait eu lutte et que le recourant avait fait usage de la force physique. En se plaignant à ce propos d'une constatation arbitraire des faits, le recourant se borne à affirmer que les variations dans les déclarations de la plaignante ne concernaient pas des détails. Il relève également que cette dernière était calme lors de son audition par la police et il paraît en déduire que ses premières déclarations auraient dû être d'emblée précises et exhaustives. Or, sur la base de cette argumentation, on ne voit pas en quoi les juges cantonaux auraient résumé de manière insoutenable le contenu des déclarations de la victime, s'agissant des éléments déterminants pour l'application des art. 21 et 190 CP. 1.3 Le recourant fait valoir que D.________ avait de son côté fait une déposition correspondant à sa propre version des événements; cette jeune fille a en effet expliqué que C.________ lui avait raconté avoir déclaré au recourant qu'elle était vierge et ne souhaitait pas entretenir des relations sexuelles avec lui, le dissuadant ainsi de poursuivre ses avances. Pour le recourant, cette déposition aurait dû être retenue en sa faveur, en l'absence d'autres preuves matérielles. La Cour cantonale a admis l'existence d'une divergence entre les déclarations respectives des deux jeunes filles, ainsi que d'un doute sur le contenu de leurs conversations après les faits, mais elle a considéré que cela n'était pas décisif: si C.________ a affirmé ne pas vouloir entretenir des relations sexuelles, ce n'est pas cette déclaration qui a mis fin à l'agression puisqu'elle a dû ensuite se débattre; D.________ l'avait également entendue le lui expliquer. La Cour de cassation pouvait dès lors, sans arbitraire, retenir que ces incertitudes n'affectaient pas la crédibilité de l'ensemble des déclarations de C.________. 1.4 Il s'ensuit que le recours de droit public, en tous points mal fondé, doit être rejeté.