Citation: 4D_147/2009 12.01.2010 E. 2

La défenderesse invoque les art. 9 et 29 al. 2 Cst.; elle reproche au Tribunal cantonal, notamment, de n'avoir pas pris position sur des arguments qu'elle avait pourtant développés de façon détaillée. Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. confère à toute personne le droit d'exiger, en principe, qu'une décision prise à son détriment soit motivée. La personne ainsi atteinte doit être mise en mesure d'apprécier la portée de la décision et de la contester efficacement, s'il y a lieu, dans une instance supérieure. La garantie d'une décision motivée tend aussi à éviter que l'autorité ne se laisse guider par des considérations subjectives ou étrangères à la cause; elle contribue, par là, à prévenir une décision arbitraire. L'objet et la précision des indications que l'autorité doit fournir dépend de la nature de l'affaire et des circonstances particulières du cas. En principe, plus la personne concernée subit une atteinte grave, plus la motivation doit être complète et détaillée. Néanmoins, en règle générale, il suffit que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée, sans qu'elle soit tenue de répondre à tous les arguments présentés (ATF 112 Ia 107 consid. 2b p. 109; voir aussi ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88; 133 III 439 consid. 3.3 p. 445). Le Tribunal fédéral contrôle librement le respect de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 126 I 19 consid. 2a p. 21/22). Pour le surplus, cette disposition n'assure au plaideur qu'une protection minimum dans une procédure régie au premier chef par le droit cantonal. Celui-ci peut conférer un droit d'être entendu de plus grande ampleur; le plaideur est alors autorisé, s'il y a lieu et sur la base de l'art. 9 Cst., à se plaindre d'une application arbitraire des dispositions concernées (ATF 125 I 257 consid. 3a p. 259). La défenderesse fait état de l'art. 213 al. 1 let. c et d CPC val., selon lequel le jugement doit notamment contenir les conclusions des parties et l'exposé des faits (let. c), et les considérants (let. d). Nonobstant l'opinion doctrinale qui est invoquée (Michel Ducrot, Le droit judiciaire privé valaisan, 2000, p. 375), il n'apparaît pas que cette disposition très laconique autorise les plaideurs à élever des exigences particulièrement élevées, excédant le droit garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., en ce qui concerne les indications que le juge civil valaisan doit fournir dans l'exposé des faits et dans les considérants de sa décision. Pour le surplus, la lecture du jugement présentement attaqué permet de reconnaître comment et sur quelles bases le Tribunal cantonal a constaté les faits, et comment il a apprécié les circonstances de l'accident et le comportement des conducteurs. Cela suffit au regard de cette garantie constitutionnelle.