Citation: 7B_29/2022 E. B

B.a. A une date indéterminée, la police neuchâteloise a reçu une lettre anonyme indiquant en substance que, depuis 8 mois, A.________ était hébergé à V.________ par C.________, avec qui il entendait contracter un mariage blanc, cela alors qu'il avait été "expulsé officiellement" vers la Tunisie par les autorités du canton de Vaud. Après avoir entendu C.________ aux fins de renseignements, la police a adressé, le 11 septembre 2020, un rapport au Ministère public de la République et canton de Neuchâtel dans lequel elle a indiqué laisser le soin à ce dernier de déterminer les suites à donner à cette dénonciation anonyme. Une copie de ce rapport a été adressée au Service des migrations du canton de Neuchâtel. B.b. Le 26 octobre 2020, le Ministère public a ouvert une procédure pénale contre A.________ et C.________, tous deux pour infraction à l'art. 118 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20). Il leur était reproché d'avoir entrepris des démarches afin de contracter mariage dans l'optique que A.________ obtienne une autorisation de séjour en Suisse. Dans ce cadre, des mandats d'investigation ont été décernés à la police, laquelle a notamment procédé aux interrogatoires de A.________ et de C.________ ainsi qu'à la perquisition de leur lieu de vie. B.c. A teneur d'un rapport que la police a adressé le 24 février 2021 au Ministère public - avec copie au Service des migrations -, l'existence d'un arrangement financier pour le mariage devait être exclue, la police ayant constaté que A.________ et C.________, tous deux au bénéfice de l'aide sociale, faisaient bien ménage commun. Aussi, au vu du comportement de la petite-fille de C.________ envers A.________, qu'elle considérait comme son grand-père, il semblait que ce dernier avait été présent dans le cercle familial depuis un certain temps. Cependant, A.________ ne paraissait pas s'investir pleinement dans le mariage et recherchait d'autres relations féminines qu'avec son épouse; aucune photographie de lui n'avait notamment été retrouvée dans l'appartement. Diverses autres mesures d'instruction ont été menées jusqu'en janvier 2022, soit notamment, le 25 mai 2021, une perquisition du logement de U.________. Des demandes de renseignements ont par ailleurs été adressées au Guichet social régional de Neuchâtel ainsi qu'à l'État civil du canton de Vaud. B.d. Dans l'intervalle, à la suite de son mariage, le 10 novembre 2020, A.________ avait annoncé au Service des migrations son arrivée dans le canton de Neuchâtel et avait demandé une autorisation de séjour pour regroupement familial. Le 11 janvier 2021, le Service des migrations a informé A.________ qu'au vu de la procédure actuellement en cours auprès du Ministère public, sa demande était "[mise] en suspens et ce jusqu'à l'issue de ladite procédure". Par des décisions successivement rendues à compter du 22 janvier 2022, le Service des migrations a prolongé la tolérance du séjour, sans autorisation de travailler. B.e. Par avis du 22 février 2022, le Ministère public a annoncé aux parties son intention de classer la procédure. Le 22 mars 2022, A.________ a requis, en lien avec le prononcé du classement de la procédure, l'allocation d'indemnités, à hauteur de 2'386 fr. 40 pour ses frais de défense (art. 429 al. 1 let. a CPP), de 129'902 fr. 55 pour son préjudice économique (soit 124'980 fr. 60 en capital pour la perte de salaire subie entre le 1er novembre 2020 et le 1er avril 2022, 4'166 fr. pour les intérêts échus sur le montant requis à titre de perte de salaire et 755 fr. 95 pour des intérêts et frais de poursuites que, du fait de son absence de revenus, il avait dû supporter en rapport avec une dette auprès d'une banque; art. 429 al. 1 let. b CPP) ainsi que de 3'700 fr. pour son tort moral (2'000 fr. en capital et 1'700 fr. pour les intérêts échus; art. 429 al. 1 let. c CPP). B.f. Par ordonnance du 6 juillet 2022, le Ministère public a classé la procédure pénale dirigée contre A.________ et C.________ pour infractions à l'art. 118 LEI. Il a estimé que le parcours migratoire du premier nommé depuis 2018 et le timing du dépôt de la demande en mariage laissaient subsister un doute sur la motivation des prévenus, de sorte qu'il n'était pas possible d'envisager une condamnation pénale. Les frais de procédure ont été laissés à la charge de l'État. Une indemnité de 1'381 fr. 15 a été allouée à A.________ pour ses frais de défense avant la nomination de son défenseur d'office (art. 429 al. 1 let. a CPP), lequel a par ailleurs été indemnisé à ce titre pour un montant de 2'294 fr. 55. Le Ministère public a par ailleurs rejeté les demandes d'indemnités que A.________ avait formulées au titre de l'art. 429 al. 1 let. a et b CPP. B.g. Par arrêt du 11 août 2022, l'Autorité de recours en matière pénale a rejeté le recours formé par A.________ contre l'ordonnance de classement du 6 juillet 2022.