Citation: 1C_36/2023 E. 3.4

3.4. Les recourants font valoir que l'autorisation de construire querellée entraînera une modification du terrain dont la nouvelle hauteur serait définitivement entérinée par la présente procédure et autoriserait la construction de futurs bâtiments ou la plantation d'arbres plus hauts que ce que la loi et le règlement municipal de quartier ne permettraient sans qu'ils ne puissent s'y opposer, en portant atteinte à la vue dont ils bénéficient depuis leur propriété et à la valeur de leur bien-fonds. Certes, comme l'a admis la cour cantonale, la détermination du terrain naturel avant son remblayage est susceptible d'avoir une incidence dans le cadre d'une future construction ou de plantations. Aucun projet de construction n'existe toutefois en l'état. Même si une construction pourrait être réalisée sur la portion de terrain en cause, pareille éventualité apparaît pour le moins théorique au vu de la configuration des lieux. Quoi qu'il en soit, les recourants pourront toujours s'opposer à ce que le terrain remblayé soit pris comme point de référence au sol pour le calcul des gabarits d'une éventuelle nouvelle construction en amont de la piscine et de la terrasse. Ils pourront également demander le cas échéant que d'éventuelles plantations respectent la hauteur légale et réglementaire depuis le terrain naturel avant les travaux de remblayage. C'est ainsi à juste titre et sans violer le droit fédéral que la Cour de justice a considéré que les recourants ne se prévalaient que d'un intérêt hypothétique et futur à son annulation qui ne deviendra effectif qu'en présence d'un projet de construction qui prendrait en compte le terrain remblayé et non pas le terrain naturel. Le remblai d'une hauteur d'un mètre aménagé en amont de la piscine est au surplus sans incidence sur la vue sur le lac dont les recourants jouissent actuellement depuis leur propriété et ne leur cause aucune gêne ou nuisance susceptible de leur conférer un intérêt digne de protection à recourir (cf. arrêt 1C_660/2022 du 12 juin 2023 consid. 2.3). Cela étant, l'obtention de l'annulation de l'autorisation relative à la mise en conformité du terrain n'est pas de nature à leur conférer un avantage actuel et pratique. Les recourants font encore valoir qu'ils auraient un intérêt évident à agir contre la construction de la piscine elle-même puisque celle-ci est à la base du litige opposant les parties dans la présente procédure, notamment des modifications de terrain litigieuses, et qu'elle a un impact direct sur la vue depuis leur propriété. Ils n'ont toutefois pas recouru contre l'autorisation de construire relative à cet ouvrage délivrée aux intimés, qui est ainsi entrée en force et exécutoire. Le fait qu'ils disposent d'une vue directe sur celle-ci depuis leur propriété ne permet pas de leur reconnaître la qualité pour recourir contre l'autorisation de construire portant sur la mise en conformité du terrain qui ne concerne pas cet ouvrage. La décision attaquée échappe ainsi à la critique et doit être confirmée en tant qu'elle conclut à l'irrecevabilité du recours formé en première instance et qu'elle rejette le recours pour ce motif. Cela scelle le sort du recours de telle sorte qu'il n'est pas nécessaire d'examiner si c'est à tort ou à raison que la Cour de justice a, par surabondance, rejeté le recours quant au fond.