Citation: 6B_295/2022 E. 1.4

1.4. Le recourant ne conteste pas que les valeurs patrimoniales litigieuses proviennent d'un crime au sens de l'art. 10 al. 2 CP. Il soutient toutefois que la consommation de patrimoine ne saurait constituer un acte d'entrave. Sur le plan subjectif, il fait valoir qu'il n'avait pas l'intention d'entraver l'identification des fonds, mais uniquement d'améliorer sa situation financière privée en diminuant ses dettes auprès de tiers. Il en veut pour preuve qu'il a replacé le solde des fonds prélevés sur le compte bancaire concerné et qu'il n'a pas retiré l'intégralité du prêt, puisqu'au 3 avril 2020 il serait resté un solde de 2'450 fr. 42, dont 1'750 fr. issus du prêt COVID-19. Il ajoute qu'une légère incertitude demeurerait s'agissant de la provenance des 35'000 fr. [recte: 37'000 fr.] et qu'elle suffirait à considérer que la cour cantonale est tombée dans l'arbitraire en le condamnant pour blanchiment d'argent. Cela étant, le recourant admet avoir effectué le retrait en espèces (faisant état d'un retrait de 80'000 fr.) le 2 avril 2020, et ne conteste pas avoir divisé la somme à tout le moins en 8 parts pour rembourser notamment différentes dettes personnelles et pour l'acquisition de matériel destiné à la rénovation d'un restaurant appartenant à un tiers, auquel il a également remis en cash une partie de la somme. Ce comportement était propre à faire obstacle à l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation du montant en cause, les mouvements des valeurs ne pouvant plus être suivis au moyen de documents bancaires. Dans ces circonstances, la cour cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, considérer que le recourant avait commis un acte d'entrave visé par l'art. 305bis CP, étant rappelé qu'il s'agit d'une infraction de mise en danger abstraite ( cf. supra consid. 1.2). Quant à l'élément constitutif subjectif de l'infraction, le recourant ne tente pas de démontrer l'arbitraire de la constatation selon laquelle il avait à tout le moins accepté que son comportement était propre à provoquer l'entrave prohibée (cf. sur les faits "internes", notamment ATF 141 IV 369 consid. 6.3). En tout état, les juges cantonaux pouvaient, sans arbitraire, considérer qu'en prélevant les fonds en espèces pour rembourser des dettes personnelles ou les remettre en cash à des tiers, le recourant s'accommodait du fait que les sommes correspondantes ne puissent plus être identifiées par les autorités compétentes. Le retrait partiel du prêt COVID-19 alloué ou le fait de redéposer une partie du montant initialement prélevé ne changent rien à l'appréciation qui précède. Il en va de même du fait que sa volonté était d'améliorer sa situation financière privée en diminuant ses dettes auprès de tiers. Cette volonté ne rend pas insoutenable la constatation selon laquelle il avait conscience et s'était accommodée du fait que les mouvements des avoirs ne seraient plus suivis et que les sommes en question n'étaient plus traçables. Pour le surplus, il n'oppose aucune critique au raisonnement cantonal dont il ressort qu'il s'était accommodé de la provenance criminelle des fonds. Enfin, on peine à comprendre en quoi l'origine des 37'000 fr. prétendument reversés sur son compte aurait vocation à influencer le sort de la présente cause, cette question n'étant pertinente que dans le contexte de la levée de séquestre (cf. jugement attaqué p. 26 consid. 8.3). Le recourant ne conteste pas que les autres éléments constitutifs de l'infraction soient réalisés. Partant, ce grief, infondé, doit être rejeté.