Citation: 4A_368/2022 E. 5

Dans un deuxième groupe de moyens, l'intéressée, invoquant l'art. 97 al. 1 LTF, soutient que la juridiction cantonale aurait établi les faits de manière manifestement inexacte et procédé à une appréciation arbitraire des preuves lorsqu'elle a recherché le motif réel du licenciement et qu'elle a constaté qu'une altercation physique entre l'intimé et D.________ était intervenue le 24 mai 2019. Dans la mesure où elle s'évertue à démontrer que le motif réel du licenciement était tout autre que celui constaté par la cour cantonale, respectivement qu'il n'y a pas eu d'altercation physique le soir du 24 mai 2019, la recourante oriente exclusivement le débat sur le terrain de la constatation des faits et de l'appréciation des preuves, que le Tribunal fédéral ne revoit que s'il est saisi du grief d'arbitraire dûment invoqué et régulièrement justifié. Or, il saute aux yeux, à la lecture de l'argumentation revêtant un caractère appellatoire manifeste, que l'intéressée confond à l'évidence le Tribunal fédéral avec une juridiction d'appel. Il ne suffit en effet pas d'exposer sa propre vision des choses, à grand renfort d'affirmations péremptoires, pour démontrer que l'appréciation des preuves opérée par la juridiction cantonale serait insoutenable. Après avoir apprécié attentivement les preuves à sa disposition, la cour cantonale a considéré qu'il y avait bel et bien eu une altercation physique entre l'intimé et D.________. En ce qui concerne le motif du congé, elle a souligné que le délai de protection de l'intimé contre le licenciement en temps inopportun avait pris fin le 22 novembre 2019. Or, si la recourante avait déjà connaissance de sa situation financière délicate à ce moment-là, on ne discernait alors pas pour quelle raison elle n'avait pas licencié l'intimé sans attendre. Si en revanche elle ignorait tout de sa baisse du chiffre d'affaires à cette époque-là, il n'était pas crédible qu'elle en ait eu une connaissance plus précise, ou à tout le moins suffisante, durant le mois de décembre 2019, puisque le bouclement des comptes n'était pas encore intervenu, raison pour laquelle elle ne disposait d'aucun motif économique pour licencier l'intimé. Le congé avait en outre été donné après plusieurs échanges de courriers dans lesquels l'intimé avait réclamé à réitérées reprises l'adoption de mesures visant à protéger sa personnalité, raison pour laquelle il s'agissait bel et bien d'un congé-représailles. A la lecture de l'argumentation développée par la recourante, le Tribunal fédéral ne discerne guère sur quels points celle-ci reproche réellement à la juridiction cantonale, sinon par de simples protestations ou dénégations, d'avoir commis une erreur certaine ou d'être parvenue à des constatations insoutenables. L'intéressée se contente, en réalité, de substituer sa propre appréciation des preuves à celle des juges précédents. Sa démonstration ne permet toutefois pas d'établir que les constatations opérées par les juges précédents reposeraient sur une appréciation arbitraire des preuves, étant précisé que la solution à laquelle a abouti l'autorité précédente n'apparaît nullement insoutenable. Il s'ensuit le rejet du grief examiné dans la mesure de sa recevabilité.