Citation: 8C_712/2021 E. 3.3.2

3.3.2. En l'occurrence, le fait que le médecin d'arrondissement se soit prononcé sur dossier ne suffit pas à mettre en doute la force probante de son appréciation dans la mesure où ce praticien a examiné l'ensemble des pièces médicales versées au dossier, qui elles se fondaient sur un examen personnel de la recourante (cf. arrêt 8C_469/2020 du 26 mai 2021 consid. 3.2 et les références). Il ne lui incombait pas non plus d'investiguer plus avant la question d'une éventuelle souffrance du plexus cervico-brachial ou du mécanisme du "coup du lapin". Premièrement, la souffrance du plexus cervico-brachial est mentionnée par le neurologue à titre d'hypothèse (cf. let. A.c supra) dans le contexte de la chute avec traumatisme sur l'épaule. Or un tel traumatisme ne ressort pas expressément des pièces du dossier. En tout état de cause, le neurologue oppose à cette hypothèse le fait que l'ENMG est normale et ne montre pas de lésion du plexus. Deuxièmement, en matière de lésions du rachis cervical par accident de type "coup du lapin", de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-cérébral sans preuve d'un déficit fonctionnel organique, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'accident et l'incapacité de travail ou de gain doit en principe être reconnue en présence d'un tableau clinique typique présentant de multiples plaintes (maux de têtes diffus, vertiges, troubles de la concentration et de la mémoire, nausées, fatigabilité, troubles de la vue, irritabilité, dépression, modification du caractère, etc.). Il faut que l'existence d'un tel traumatisme et de ses suites soit dûment attestée par des renseignements médicaux fiables (ATF 134 V 109 consid. 9.1; arrêt 8C_400/2020 du 14 avril 2021 consid. 2.2). En l'espèce toutefois, aucune pièce médicale ne permet de retenir l'existence d'un tableau typique des traumatismes cervicaux et cranio-cervicaux. En ce qui concerne la nature des troubles, on ne saurait exiger du médecin d'arrondissement - qui s'est référé à l'IRM et à l'âge de la recourante - une analyse plus approfondie de la question au vu du diagnostic de discopathies protrusives et des circonstances de l'accident. A cet égard, les rapports des médecins traitants ne permettent pas de mettre en doute la nature dégénérative de ces troubles. En effet, soit ils ne sont pas motivés sur la question (cf. rapports du docteur G.________, spécialiste en rhumatologie, du 7 avril 2020, et du docteur H.________, spécialiste en médecine interne générale, du 4 juin 2020), soit la motivation repose sur le seul fait que les symptômes douloureux se sont manifestés après la survenance de l'accident (cf. rapports du docteur G.________ du 7 juillet 2020 et du docteur F.________ du 8 mars 2021), ce qui ne suffit pas à établir un rapport de causalité naturelle avec cet accident (raisonnement "post hoc, ergo propter hoc"; ATF 119 V 335 consid. 2b/bb). Dans ce contexte, il sied de rappeler que le médecin d'arrondissement n'a pas nié que l'accident ait joué un rôle dans la symptomatologie de la recourante, mais il a considéré qu'après six mois, les troubles persistants ne pouvaient plus être mis en relation de causalité avec l'accident. Dans le même sens, le rapport du docteur I.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, du 29 mai 2020 mentionne des douleurs cervicales aggravées par l'accident du 21 janvier 2020.