Citation: 1P.99/2002 25.03.2002 E. 1

Il y a, partant, lieu d'entrer en matière. Les deux arrêts que citent les intimés pour proposer une solution contraire ne sont pas déterminants. L'arrêt rendu le 11 septembre 2000 dans la cause 5P.123/2000 concerne le rejet d'une requête en constatation de la péremption de l'instance et de la déchéance du recours, laquelle n'est pas assimilable à une suspension de la procédure. Quant à l'arrêt rendu le 18 mai 2000 dans la cause 1P.269/2000, il précise que l'exception qui vient d'être rappelée s'applique essentiellement aux cas dans lesquels la suspension de la procédure est prononcée sine die, soit pour une durée indéterminée ou lorsque la reprise de la procédure dépend d'un événement dont on ignore s'il se produira, et sur lequel l'intéressé n'a aucune prise. Tel est bien le cas en l'espèce. En subordonnant la reprise de l'instruction des recours cantonaux à l'entrée en force d'une décision de clôture définitive de la procédure d'entraide, la Chambre d'accusation a envisagé que la suspension litigieuse produise ses effets pour une durée indéterminée, et en tout cas pendant plusieurs mois. Ce risque s'est d'ailleurs réalisé, les intimés ayant entrepris devant le Tribunal fédéral les décisions de clôture rendues par l'Office fédéral quelques jours après le prononcé des décisions attaquées. A l'appui de leurs recours de droit administratif formés contre les décisions de clôture, les intimés ont conclu à l'annulation de celles-ci. S'ils devaient obtenir gain de cause, l'exécution de la procédure d'entraide se prolongerait encore durant quelques mois, ainsi que, par contrecoup, la suspension de l'instruction des recours cantonaux. Même dans l'hypothèse la plus favorable à la recourante - soit le rejet intégral des recours de droit administratif - les recours cantonaux ne seraient pas tranchés avant plusieurs semaines, voire quelques mois.