Citation: 6B_1215/2022 E. 2.6

2.6. Pour le surplus, on ne voit pas que la cour cantonale était empêchée d'écarter les déclarations fluctuantes et émaillées d'incohérences du recourant pour se fonder, en définitive, sur un ensemble d'éléments convergents ressortant du dossier. En particulier, la cour cantonale pouvait, sans arbitraire, considérer que les termes utilisés par le recourant lors des conversations téléphoniques avec ses comparses, dont un qu'il surnommait "Escobar" ou "grand narco", faisaient tous référence à la marijuana ou à des variétés de celle-ci qui, par définition, constitue un "stupéfiant tiré du chanvre indien" (cf. dictionnaire Le Robert, consulté le 20 avril 2023 sur le site dictionnaire.lerobert.com). Il apparaît à cet égard peu usuel que le terme "beuh" soit utilisé pour désigner du CBD. En tout état, le recourant et ses comparses auraient parlé de CBD, ou à tout le moins évoqué ce terme, si la marchandise transportée avait réellement consisté en une telle substance. La constatation de l'autorité précédente, selon laquelle la marchandise transportée était du cannabis illégal (cf. consid. 2.2 supra), était du reste fondée sur les circonstances entourant le transport de la marchandise. D'une part, le cannabis avait été placé à l'intérieur de caches spécialement aménagées dans les voitures ayant servi au transport. D'autre part, les échanges téléphoniques entre les protagonistes lors des importations montraient qu'ils étaient particulièrement stressés et agités, voire sur leur garde. Les intéressés n'avaient ainsi pas adopté le comportement de personnes organisant un transport licite de marchandises. De manière soutenable, la cour cantonale a encore estimé que les prix pratiqués par le recourant et ses comparses étaient supérieurs à ceux qui relevaient généralement d'un commerce légal de CBD. Il ressortait de l'expérience des services de police et des professionnels de la branche que le CBD était vendu en moyenne entre 2'500 et 3'500 fr. par kg, alors que le prix d'acquisition de la marchandise se situait en l'occurrence à plus de 5'000 francs. Dans ce contexte, il n'était finalement pas critiquable pour la cour cantonale de retenir que le recourant participait à un trafic illégal de marijuana et qu'il savait participer à une telle activité délictuelle. Les constatations cantonales apparaissent à ce propos exemptes d'arbitraire. Infondé, le grief tiré de l'arbitraire doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité.