Citation: 4A_596/2008 06.10.2009 E. A

A.a A la fin des années 1980, l'Etat B.________ a envisagé d'acquérir pour sa marine de guerre une nouvelle flotte de frégates (projet dit « MM.________ »). En septembre 1989, une délégation de l'Etat B.________ s'est rendue dans l'Etat D.________, où elle a reçu présentation du projet de nouvelle frégate NN.________. A l'issue de ce déplacement, les officiers supérieurs de l'Etat B.________ ont recommandé l'acquisition de frégates de l'Etat D.________ de type NN.________. Le 5 octobre 1989, le Ministère de la défense de l'Etat B.________ a approuvé le choix des frégates susmentionnées. En décembre 1989, l'Etat D.________ a accordé l'autorisation d'exportation. Toutefois en janvier 1990, le Gouvernement dudit Etat, devant l'opposition exprimée par l'Etat C.________, est revenu sur sa position à la demande de E.________, alors Ministre d'Etat, Ministre des Affaires étrangères de l'Etat D.________, si bien que l'autorisation précédemment accordée pour passer le marché prévu a été annulée. A.b Des négociations se sont toutefois poursuivies afin de sortir de l'impasse générée par le veto de l'Etat D.________. Le 12 juillet 1990, F.________, alors directeur des affaires générales du groupe G.________ et en charge de la filiale suisse du même groupe, ainsi que la société Y.________ (aujourd'hui en liquidation), représentée par H.________, ont signé un contrat de fiducie. D'après cet accord, le fiduciant (F.________) donnait au fiduciaire (la société Y.________) le droit d'agir en son nom propre. Il a été constaté que F.________ était ainsi habilité à délivrer directement des instructions à la société Y.________. Une semaine plus tard, soit par une lettre-contrat du 19 juillet 1990, A.________, devenue X.________, a promis à la société Y.________ une rémunération pour que la seconde société apporte son concours à la première à l'occasion de la vente de frégates à l'Etat B.________ et tienne A.________ régulièrement informée des conditions dans lesquelles se présenterait cette affaire sous ses différents aspects opérationnel, financier, technique et commercial. En contrepartie de ses services, la société Y.________ devait percevoir une rémunération nette de 1% sur le montant total des contrats de vente des frégates, le règlement devant s'effectuer au fur et à mesure des encaissements auprès de l'acheteur. Il était prévu, sous chiffre 9 de ce contrat, que tous différends seraient tranchés définitivement à Genève suivant le règlement de la Chambre de Commerce Internationale (CCI) par un ou plusieurs arbitres nommés conformément à ce règlement et avec application du droit de l'Etat D.________. Le chiffre 10 stipulait que la convention, conclue intuitu personae, ne saurait être transférée à quelque tiers que ce soit sans l'autorisation préalable, écrite et expresse de A.________. Après sa signature, l'accord a été déposé dans un coffre d'une grande banque de l'Etat D.________, après lecture et « examen » par S.________, alors dirigeant du groupe G.________ et homme de confiance de F.________. Le contrat précité est imprécis quant à son contenu, en ce sens que sa lecture ne permet pas de déterminer la nature des informations qui étaient attendues par A.________. Il sera revenu ci-dessous sur l'objet réel de cette convention. Par acte du 20 juin 1991, la société Y.________ a cédé les créances et obligations issues du contrat du 19 juillet 1990 à la société Z.________ Limitada (ci-après: Z.________). Cet acte de cession stipulait qu'il était soumis au droit suisse et qu'il serait notifié à A.________ par l'entremise de F.________. A.c Au cours du premier semestre 1991, le Gouvernement de l'Etat D.________ a infléchi sa position et finalement donné son accord à l'exportation de six frégates. Les obstacles politiques entraînés tout à la fois par les réticences de la diplomatie de l'Etat D.________ et l'opposition de l'Etat C.________ à la vente des frégates ayant pu être levés, le contrat dit « RR.________ » a été conclu le 31 août 1991 entre la société J.________ Corporation, représentant les intérêts de l'Etat B.________, et A.________. Il portait sur la vente par A.________ de six navires d'observation et de surveillance (frégates de type NN.________), à construire dans l'Etat B.________ pour le compte de la Marine nationale de cet Etat; le prix brut a été fixé à 2'512'585'152 USD, un mécanisme d'ajustement du prix étant prévu. L'art. 18 du contrat dit « RR.________ » prohibait le recours à tout intermédiaire et paiement de toute commission. Un amendement audit contrat a ultérieurement prévu la construction des frégates dans l'Etat D.________, et non dans l'Etat B.________. Le 26 novembre 1991, Z.________ a sollicité du président de A.________, K.________, une partie de la rémunération prévue par le contrat du 19 juillet 1990. Le 4 décembre 1991, A.________ a répondu par une fin de non-recevoir, au motif que les prestations prévues par le contrat n'avaient pas été accomplies.