Citation: I 657/02 16.09.2003 E. 6

6.1 Les assurés invalides ou menacés d'une invalidité imminente ont droit aux mesures de réadaptation qui sont nécessaires et de nature à rétablir leur capacité de gain, à l'améliorer, à la sauvegarder ou à en favoriser l'usage (art. 8 al. 1 LAI). Celles-ci comprennent en particulier des mesures d'ordre professionnel (orientation professionnelle, formation professionnelle initiale, reclassement professionnel, service de placement; art. 8 al. 3 let. b LAI; cf. également art. 15 à 18 LAI). Pour déterminer si une mesure est de nature à rétablir, améliorer, sauvegarder ou à favoriser l'usage de la capacité de gain d'un assuré, il convient d'effectuer un pronostic sur les chances de succès des mesures demandées (cf. ATF 110 V 101 sv. consid. 2), qui ne seront pas allouées si elles sont vouées à l'échec, selon toute vraisemblance. En effet, des mesures de réadaptation ne sont à la charge de l'assurance-invalidité que s'il existe une proportion raisonnable entre leur coût et leur utilité prévisible. 6.2 Les premiers juges ont admis le droit de S.________ à des mesures de reclassement au sens de l'art. 17 LAI, au seul motif qu'il présentait un taux d'invalidité supérieur à 20 %, seuil en-dessous duquel l'assurance-invalidité n'a en principe pas à prendre en charge de mesure de reclassement professionnel (cf. ATF 124 V 110 consid. 2b). Ils ont toutefois omis de vérifier quelles étaient les chances de succès d'une éventuelle mesure de réadaptation, eu égard notamment aux capacités d'adaptation et d'apprentissage de l'assuré, ainsi qu'à sa motivation. Or, d'après le rapport établi par le CIP, S.________ n'a ni les capacités, ni les connaissances scolaires suffisantes pour suivre une quelconque formation, seule une mise au courant pratique en entreprise étant à sa portée; sa méconnaissance de la langue française limite également ses possibilités de reclassement. Dans ces conditions, et vu le faible degré de motivation de l'assuré constaté lors de son stage, force est de constater que le coût d'une mesure de reclassement professionnel complète, comprenant notamment une formation scolaire d'appoint et l'octroi de cours de langue française (cf. VSI 1997 p. 81 sv. consid. 2), serait disproportionné par rapport aux chances de succès limitées d'une telle mesure dans le cas d'espèce. Sur ce point, les conclusions de l'office recourant sont fondées. 6.3 La juridiction cantonale a également admis le droit à une mesure d'aide au placement au sens de l'art. 18 al. 1 LAI. Une telle mesure est effectivement justifiée, notamment afin d'aider l'assuré à obtenir l'adaptation de son poste de travail à sa taille (rapport du docteur F.________, p. 11; rapport du CIP, p. 15). L'office AI, du reste, ne le conteste plus, dès lors qu'il se déclare prêt à accorder son aide moyennant que l'assuré en présente la demande. Cette requête ayant déjà été déposée le 8 juillet 1999 et rejetée par la décision administrative litigieuse du 24 septembre 2001, c'est à juste titre que les premiers juges ont expressément reconnu le droit de S.________ à la mesure de réadaptation en question.