Citation: 1C_428/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, le TAF a retenu que la chronologie des événements depuis la signature de la déclaration de la vie commune (30 juillet 2013), en particulier le temps relativement court séparant celle-ci, l'octroi de la naturalisation (13 août 2013), la séparation de fait du couple (2 juin 2014), la requête de mesures protectrices de l'union conjugal (juillet 2014) et la requête commune de divorce (7 mai 2015), était de nature à fonder la présomption de fait selon laquelle la communauté conjugale des époux n'était plus stable et orientée vers l'avenir au moment de la décision de naturalisation. Le recourant ne conteste pas, à juste titre, la présomption précitée retenue par le TAF (cf. arrêts 1C_23/2019 du 3 avril 2019 consid. 3.3; 1C_796/2013 du 13 mars 2014 consid. 3.2). Dès lors, conformément à la jurisprudence exposée ci-dessus, il s'agit uniquement de déterminer si le recourant est parvenu à renverser la présomption établie en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune. Dans son écriture, le recourant n'avance toutefois aucun élément susceptible de renverser cette présomption. En effet, il ne parvient pas à rendre crédible l'élément de fait qui permettrait de comprendre pourquoi l'union conjugale formée avec son ex-épouse, prétendument intacte en 2013, se serait dégradée pour déboucher sur une séparation de fait le 2 juin 2014, puis une requête de mesures protectrices de l'union conjugale en juillet 2014 et enfin une requête commune de divorce le 7 mai 2015. Le recourant se prévaut à cet égard d'une mésentente quant à la question de la conception d'un second enfant, laquelle aurait conduit à des tensions au sein du couple durant le premier trimestre de l'année 2014; le recourant précise que cette question, abordée au cours de l'année 2013, aurait été reportée en début d'année 2014 en raison d'un voyage au Cameroun en fin d'année. A l'instar du TAF, il y a lieu de considérer qu'il est peu concevable qu'une mésentente sur cette question ait conduit aussi rapidement à la séparation définitive des époux (en quelques mois à peine), en particulier lorsqu'ils ont déjà un premier enfant ensemble. Le fait que les ex-époux se soient séparés définitivement dix mois après la signature de la déclaration de vie commune et qu'ils n'aient pas tenté d'une manière concrète, en particulier dans le cadre de la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale, de sauver leur union paraît confirmer que celle-ci ne présentait pas la stabilité requise au moment déterminant et qu'il est peu plausible que le recourant n'ait découvert la dégradation de son couple qu'après l'obtention de la naturalisation facilitée. Le recourant soutient dans ce contexte en vain qu'il aurait durant le mois de juin 2014 mandaté à plusieurs reprises des amis pour une médiation avec son ex-épouse; en effet, le recourant ne démontre pas que cet élément - qui ne ressort pas de l'arrêt entrepris - aurait été arbitrairement ignoré par le TAF et, de plus, il apparaît manifestement insuffisant. Le fait que les ex-époux aient déménagé en novembre 2013, soit 4 mois après la signature de la déclaration commune, et qu'ils aient entrepris ensemble un voyage au Cameroun fin 2013 n'est pas suffisant pour renverser la présomption établie, quoi qu'en pense le recourant. Les photographies de leur voyage ne sont pas décisives. En outre, la naissance de leur fils en 2011 ne permet pas d'établir que le couple manifestait encore, en 2013, la volonté de maintenir une communauté conjugale stable et effective. Enfin, contrairement à ce que soutient le recourant, il ne ressort pas des considérants de l'arrêt du TAF que celui-ci se soit basé sur les déclarations de son ex-épouse du 24 janvier 2017 (cf. arrêt entrepris consid. 7.3).