Citation: 1C_130/2022 E. 3.3

3.3. En l'occurrence, pour nier la qualité pour recourir du recourant, le Tribunal cantonal s'est non seulement fondé sur la distance séparant la parcelle du prénommé des projets litigieux, mais également sur les nuisances alléguées. Or, les parcelles sur lesquelles les projets litigieux doivent s'établir sont situées à environ 150 m à vol d'oiseau du bien-fonds n o 1315 du recourant, soit à une distance supérieure à celle qui, selon la jurisprudence, permet d'admettre la qualité pour recourir d'un voisin (cf. supra consid. 3.2). De plus, les projets en cause seront dissimulés à la vue de la parcelle du recourant par les bâtiments déjà existants sur les biens-fonds n os 1680, 1311 et 2097. Ils ne seront donc pas visibles depuis le bâtiment du recourant, ce que ce dernier ne conteste d'ailleurs pas. Le recourant fait toutefois valoir qu'il disposerait de la qualité pour recourir contre le projet au motif que le trafic supplémentaire qu'il générera - 60 mouvements par jour - engendrerait des nuisances sonores sur sa parcelle. Il soutient que cet accroissement de trafic représenterait une augmentation de plus de 10% sur le chemin de Chamoyron, dont la partie sud est connectée au sentier de la Scie au bout duquel se trouve sa parcelle. Il relève que le trafic motorisé sur le chemin de Chamoyron serait quasiment inexistant actuellement, en se référant au procès-verbal établi lors de l'inspection locale et repris dans l'arrêt entrepris. Cette vision locale s'est toutefois déroulée à 9h10, soit à une heure où le trafic est en principe moins important (cf. arrêt entrepris, p. 5). Il ne saurait dès lors en déduire péremptoirement que cette route serait actuellement "dépourvue de trafic", respectivement qu'une augmentation du trafic journalier moyen de plus de 10% due au projet devrait être retenue sur le tronçon concerné. Cela vaut d'autant plus que lors de l'inspection locale en question, le recourant se plaignait, a contrario, d'une circulation problématique sur le chemin de Chamoyron, qui constituerait selon lui un "dévaloir" pour l'autoroute (cf. arrêt attaqué, p. 6). Cela dit, les véhicules provenant du projet litigieux n'emprunteront pas uniquement la partie sud du chemin de Chamoyron, puisque la partie nord dudit chemin constitue également un accès direct à l'autoroute. Dès lors, les quelque 60 mouvements par jour dont fait état le recourant se disperseront sur la partie nord et sud du chemin de Chamoyron. Que le carrefour entre la route des Deux-Villages et le chemin de Chamoyron soit "problématique" ne signifie pas encore que "l'intégralité du trafic supplémentaire engendré par le projet litigieux sera répercuté sur la partie sud du chemin du Chamoyron" comme le relève le recourant. Quoi qu'il en soit, le chemin de Chamoyron se trouve à une centaine de mètres de l'habitation du recourant, respectivement à une cinquantaine de mètres de sa parcelle, celle-ci étant encore séparée du chemin litigieux par le bien-fonds no 1313 et le bien-fonds no 1319, lequel supporte un bâtiment. Par ailleurs, la parcelle du recourant se situe au bout du sentier de la Scie, lequel est sans issue. Dès lors, et quoi qu'en dise le recourant, il n'est pas insoutenable de considérer que son bien-fonds se trouve à l'écart du trafic sur le chemin de Chamoyron, respectivement que les projets litigieux n'engendreront pas d'augmentation de trafic sur le sentier de la Scie. A ces éléments s'ajoute encore qu'une ligne de chemin de fer - avec une cadence de trains toutes les dix minutes environ - passe juste au-dessus du bien-fonds du recourant. Dans ces circonstances, ce dernier ne saurait se prévaloir du fait que sa propriété jouirait d'une tranquillité particulière, respectivement que l'augmentation des nuisances sonores induites par l'accroissement du trafic lié au projet litigieux sur la partie sud du chemin de Chamoyron - qui ne pose pas de problème particulier en termes de circulation selon l'arrêt entrepris (p. 13) -, provoquerait des nuisances sonores qui seraient nettement perceptibles depuis sa parcelle. Pour le reste, la seule circonstance selon laquelle le recourant serait un usager régulier du chemin de Chamoyron et de la route des Deux-Villages ne saurait suffire à lui reconnaître un intérêt à recourir (cf. arrêts 1C_655/2018 du 26 septembre 2019 consid. 2.2; 1C_350/2014 du 13 octobre 2015 consid. 1.3; 1C_463/2007 du 29 février 2008 consid. 1.3).