Citation: 6B_268/2018 E. 6.2.2

6.2.2. La recourante fait valoir que rien dans le dossier n'indique que les messages auraient été rédigés en Suisse ou que le résultat se serait produit à N.________. Conformément à l'art. 3 al. 1 CP, le présent code est applicable à quiconque commet un crime ou un délit en Suisse. Selon l'art. 8 al. 1 CP, un crime ou un délit est réputé commis tant au lieu où l'auteur a agi ou aurait dû agir qu'au lieu où le résultat s'est produit. La notion de résultat a évolué au fil de la jurisprudence. A l'origine, le Tribunal fédéral a défini le résultat comme " le dommage à cause duquel le législateur a rendu un acte punissable " (ATF 97 IV 205 consid. 2 p. 209). Il a ensuite admis que seul le résultat au sens technique, qui caractérise les délits matériels (Erfolgsdelikte), était propre à déterminer le lieu de commission d'une infraction (ATF 105 IV 326 consid. 3c à g p. 327 ss). Cette définition stricte a toutefois été tempérée dans différents arrêts subséquents (cf. ATF 125 IV 177 consid. 2 et 3 p. 180 ss en matière d'infraction contre l'honneur; sur l'entier de la question voir également ATF 128 IV 145 consid. 2e p. 153 s.). La cour cantonale a longuement examiné la compétence des autorités pénales genevoises au sens des art. 3 CP et 35 ss CPP (arrêt attaqué, p. 67). Elle en a conclu que l'instruction n'avait pas permis de déterminer avec certitude le lieu où la recourante avait effectué les manipulations nécessaires à la diffusion des contenus litigieux, celle-ci ayant été domiciliée à C.________, puis à P.________ et, enfin, dans le canton de Q.________. En revanche, elle a relevé qu'il ne faisait aucun doute que les propos litigieux visaient les différents intimés, tous domiciliés dans le canton de N.________. De même, en publiant certains messages sur des sites internet ayant un lien clair avec la Suisse, comme notamment celui de la Tribune de N.________, la recourante avait manifesté son intention de les diffuser en Suisse. Enfin, le fait que les messages faisaient régulièrement référence à des problématiques supposées dans le canton de N.________ démontrait que la campagne de dénigrement orchestrée avait pour public cible les autorités et la population suisses et plus particulièrement de N.________. La cour cantonale en a déduit que la compétence suisse au sens de l'art. 3 CP était établie. Là également, la recourante se contente de remettre en cause la compétence des autorités suisses sans expliquer en quoi le raisonnement de la cour cantonale serait contraire au droit et plus particulièrement en quoi elle aurait violé les art. 3 et 8 CP. Pour le surplus, l'analyse de la cour cantonale ne prête pas le flanc à la critique dès lors que le résultat des actes incriminés, soit l'envoi de courriels calomnieux et diffamatoires s'est produit en Suisse, de sorte que la compétence juridictionnelle des autorités suisses était donnée au regard des art. 3 et 8 CP. Partant, le grief est rejeté dans la mesure où il est recevable.