Citation: 8C_706/2022 E. 5.3

5.3. Invoquant une violation du droit, la recourante reproche d'abord aux premiers juges de ne pas avoir tenu compte du dernier salaire réalisé par l'intimé avant son accident en 2015, mais seulement de celui de 2014. Il est établi que l'intimé n'avait pas un salaire mensuel constant, dans la mesure où, malgré son occupation régulière et à plein temps, il était payé à l'heure. À la différence du gain assuré (art. 15 al. 2 LAA), pour lequel il y a lieu de tenir compte du dernier salaire que l'assuré a reçu avant l'accident, le revenu de valide est déterminé en fonction de ce que l'assuré aurait réellement pu obtenir au moment déterminant s'il n'était pas devenu invalide (cf. consid. 5.1 supra). Or le calcul présenté par la CNA dans son mémoire de recours - pour autant qu'on parvienne à suivre son raisonnement - semble plutôt correspondre à un calcul de gain assuré, puisqu'il tient compte des revenus que l'intimé aurait réalisés du 9 novembre 2014 au 9 novembre 2015 (jour de l'accident), ce qui est erroné. La recourante se contente d'ailleurs de présenter son propre calcul, sans contester les faits établis par la cour cantonale, selon lesquels l'intimé avait perçu, en 2014, un revenu de 74'128 fr., tel que cela ressort en effet du certificat de salaire et de l'extrait du compte individuel, soit des documents officiels probants. Par ailleurs, on ne voit pas ce que la recourante entend tirer en sa faveur du grief que le salaire de l'intimé doit être adapté depuis 2014 en fonction des indications de l'employeur. En effet, si l'on tient compte des informations de ce dernier, le salaire horaire aurait augmenté de 31 fr. 45 en 2014 à 32 fr. en 2019, soit une augmentation totale de 1,75 %, ce qui serait plus défavorable à la recourante que si l'on adapte le revenu en l'indexant à l'indice suisse des salaires entre 2017 et 2019 (+ 0.5 % pour 2018 et + 0.5 % pour 2019) comme l'a fait la cour cantonale.