Citation: 1B_12/2020 E. 3.2

3.2. Le recourant fait erreur lorsqu'il prétend que l'art. 6 CEDH ne soumet le droit du prévenu à l'assistance d'un défenseur d'office à aucune autre condition que l'absence de moyens de rémunérer un défenseur. Au contraire, l'art. 6 par. 3 let. c CEDH assortit le droit de l'accusé à l'assistance judiciaire de deux conditions, soit l'absence de " moyens de rémunérer un défenseur ", non controversée en l'espèce, et " les intérêts de la justice ". Pour apprécier ceux-ci, il convient de tenir compte des facteurs tels que la gravité de l'infraction imputée au requérant et la sévérité de la sanction dont il risque de se voir frapper, les aptitudes personnelles du requérant et la nature de la procédure, c'est-à-dire la complexité ou l'importance des questions soulevées et l'enjeu de la procédure pour le requérant (ATF 143 I 164 consid. 3.2 p. 171 et les références citées aux arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme). La jurisprudence rendue en application de l'art. 132 CPP est ainsi en harmonie avec l'art. 6 par. 3 CEDH (ATF 143 I 164 consid. 3.5 p. 174).