Citation: 6P.68/2005 06.09.2005 E. 4

La recourante fait encore grief à la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire dans l'appréciation des faits sur deux points. 4.1 Une décision est arbitraire et donc contraire à l'art. 9 Cst. lorsqu'elle viole clairement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou contredit de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. Le Tribunal fédéral ne s'écarte de la solution retenue par l'autorité cantonale de dernière instance que si sa décision apparaît insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adoptée sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la décision soient insoutenables, il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son résultat. A cet égard, il ne suffit pas non plus qu'une solution différente de celle retenue par l'autorité cantonale apparaisse également concevable ou même préférable (ATF 128 II 259 consid. 5 p. 280; 127 I 54 consid. 2b p. 56, 60 consid. 5a p. 70; 124 IV 86 consid. 2a p. 88 et les arrêts cités). Lorsque le recourant - comme c'est le cas en l'espèce - s'en prend à l'appréciation des preuves et à l'établissement des faits, la décision n'est entachée d'arbitraire que si le juge ne prend pas en compte, sans raison sérieuse, un moyen de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'il se trompe manifestement sur le sens et la portée d'un tel élément, ou encore lorsqu'il tire des déductions insoutenables à partir des éléments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a p. 211). 4.2 La recourante reproche à la cour cantonale de ne pas avoir retenu le fait que l'ensemble de la préparation du brigandage s'est effectué dans l'une ou l'autre langue étrangère, qui lui était totalement inconnue. Elle n'aurait ainsi pas été en mesure de participer aux discussions, ni de comprendre ce qui se passait, de sorte que sa participation aurait dû être qualifiée d'accessoire. Reprenant l'audition de la recourante devant la police, la cour cantonale a écrit: "Ils parlaient entre eux en serbe, langue que je ne connais pas. Par moments, mon copain me disait quelques mots en m'expliquant qu'ils voulaient attaquer la dernière personne à quitter le casino du Jura pour l'obliger à ouvrir le coffre-fort et s'emparer de l'argent" (arrêt p. 31). La cour cantonale a ainsi expressément retenu que les comparses de la recourante parlaient une langue qui lui était inconnue, de sorte que le grief soulevé est infondé. Savoir si - comme le soutient la recourante - cet élément est déterminant pour retenir la complicité plutôt que la coactivité est une autre question, qui relève de l'application du droit fédéral et qui ne peut être abordée dans le cadre du recours de droit public. 4.3 La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir omis de prendre en compte le fait que le bail de l'appartement était établi à son nom et à celui de son ami B.________. Il serait dès lors faux de prétendre qu'elle a mis à disposition son appartement, alors que les participants au brigandage seraient venus à la seule invitation de son ami. La cour cantonale a retenu que la recourante avait mis à disposition son appartement à Malleray, mais a précisé que cette dernière le partageait avec B.________ (arrêt p. 34). Elle a ainsi tenu compte que la recourante et B.________ vivaient ensemble. Il importe peu à cet égard que le bail ait été conclu au nom des deux ou seulement de la recourante. Non pertinent, le grief de la recourante doit être écarté.