Citation: 6B_1348/2017 E. 2.2.1

2.2.1. Les experts ont indiqué que si la composante dyssociale du trouble de la personnalité du recourant ne répondait pas ou peu aux traitements psychiatriques actuels, il en allait différemment des caractéristiques impulsives et de perte de contrôle que révélait le complément d'expertise (rapport d'expertise du 3 juillet 2017 p. 14; arrêt attaqué consid. C.b p. 8). Un travail sur l'impulsivité pouvait avoir un impact sur les trois autres traits de la personnalité de l'expertisé (procès-verbal d'audience du 2 octobre 2017 p. 8; arrêt attaqué consid. C.d.b p. 11). Cependant, et quoi qu'en dise le recourant, il n'est pas avéré que la caractéristique d'impulsivité soit en grande partie à l'origine de son passage à l'acte. En effet, les experts ont relevé que s'agissant de la tentative de meurtre, la problématique paranoïaque était toujours aussi présente lors de leur seconde évaluation (rapport d'expertise p. 11; arrêt attaqué consid. C.b p. 6). A l'audience, ils ont précisé qu'il n'était pas possible de dire lequel des quatre traits de personnalité diagnostiqués (paranoïaques, narcissiques, antisociaux et impulsifs) serait au premier plan dans une situation délicate où l'expertisé serait ou se sentirait agressé, contesté ou mis en doute (procès-verbal d'audience p. 8; arrêt attaqué consid. C.d.b p. 10-11). A la question de savoir quelle était la part d'impulsivité et de perte de contrôle dans le comportement du recourant qui a consisté à quitter les lieux après une première altercation avec B.________ avant d'y revenir quelques minutes plus tard muni d'une arme, les experts ont répondu qu'il subsistait des parts d'ombre dans son récit et qu'ils n'avaient pas plus d'explications aujourd'hui sur les éléments qui pouvaient rester incohérents (procès-verbal d'audience p. 8). Mais surtout, après prise de connaissance des rapports des établissements de G.________ et de H.________ lors des débats, les experts ont changé leur lecture psycho-pathologique, autrement dit de la structure psychique de l'expertisé. La découverte de deux armes dans sa cellule, qu'il ne leur avait pas mentionné, les amenait à conclure qu'il était plus difficile de parler d'impulsivité face à des actes pensés, prémédités (procès-verbal d'audience p. 5; arrêt attaqué consid. C.d.b p. 11). A cet égard, il est précisé que même si le recourant persiste à nier que le rasoir trouvé dans sa cellule lui appartenait, son recours contre la sanction prononcée pour ce fait a été définitivement rejeté (cf. arrêt 6B_346/2017 du 8 juin 2017). Par ailleurs, s'il soutient avoir taillé la fourchette en pointe pour se curer les dents, le rapport d'incident relève qu'il s'est dirigé vers un agent de détention avec ladite fourchette (arrêt attaqué consid. C. c.a. p. 9).