Citation: 5A_906/2017 E. 7.1

7.1. La cour cantonale a constaté que, malgré les certificats médicaux des 8 décembre 2016, 27 janvier et 20 juillet 2017 attestant d'un état dépressif de l'épouse, voire d'une incapacité de travail à 100% au mois de juillet 2017, celle-ci avait travaillé du mois d'avril au mois de juin 2017 à un taux variant de 38% à 60% pour un salaire net moyen de 4'650 fr. 80, à savoir 1'550 fr. 26 par mois. Au mois de juin 2017, la recourante avait été engagée en qualité d'auxiliaire dans le domaine de la santé à un taux d'activité de 10% pour un salaire horaire de 22 fr. 05. En outre, au mois de juillet 2017, elle avait perçu un salaire de 1'960 fr. 05 au sein de cette société. Selon les explications qu'elle avait fournies, il lui était difficile d'augmenter son activité professionnelle, en raison du fait qu'en habitant à V.________, elle était très éloignée des transports publics et que, n'ayant pas de permis de conduire ni de voiture, diverses personnes devaient la véhiculer. Selon la fiche de salaire de la recourante, des frais de véhicule avaient été déduits de son salaire brut, sans que l'on sache toutefois s'il s'agissait d'un véhicule d'entreprise ou d'un véhicule privé qui aurait été acquis par l'épouse. Cependant, l'éloignement de son logement des transports publics ou du centre ville ne pouvait justifier à lui seul l'impossibilité pour l'épouse d'augmenter son activité professionnelle. En effet, compte tenu de son âge et du fait qu'elle avait toujours travaillé, la recourante pouvait être reconnue capable de travailler à 100% en qualité d'auxiliaire dans le domaine de la santé pour un salaire de quelque 3'900 fr. par mois (22 fr. 02 [sic] x 41.5 heures x 4.33) dès qu'elle aurait trouvé un logement plus proche des transports publics ou du centre ville. Le cas échéant, la recourante ne pouvait se limiter à travailler dans le domaine de l'aide et des soins à domicile, dans la mesure où il était rendu vraisemblable qu'elle bénéficiait de compétences administratives et comptables à la suite de son activité commerciale exercée, d'une part, en Algérie et, d'autre part, auprès de la société E.________ à Y.________. En effet, il ressortait de ses diverses activités professionnelles que l'épouse maîtrisait les tâches administratives, voire comptables, et que, appartenant à la catégorie socio-professionnelle des " ouvriers de services ", elle pouvait également exercer une activité professionnelle au sein d'un grand magasin de détail dont le salaire minimal, pour une personne sans expérience, était estimé à 3'900 fr. Compte tenu de son âge, de ses qualifications et du fait qu'elle avait toujours travaillé, il était raisonnable d'exiger de l'épouse qu'elle exerce une telle activité, laquelle ne nécessitait au demeurant pas l'utilisation d'un véhicule. La recourante ayant toujours travaillé et exerçant actuellement déjà une activité en qualité d'auxiliaire de santé, un revenu hypothétique de 3'900 fr. devait lui être imputé à compter du 1 er janvier 2018.