Citation: 1C_429/2009 19.07.2010 E. 2

Dans un grief de nature formelle, les recourants reprochent à la CDAP de n'avoir pas procédé à une inspection locale. Dès lors que cette mesure d'instruction était uniquement destinée à démontrer la qualité pour recourir des époux A.________, l'argument tombe à faux puisque, comme cela est relevé ci-dessus, la question n'a pas à être tranchée. Les recourants font aussi valoir que la cour cantonale aurait dû ordonner une expertise afin d'une part de démontrer que la gêne causée par les activités dans le périmètre du PAA était perceptible - grief qui n'a pas non plus à être examiné puisqu'il se rapporte lui aussi à la qualité pour agir - et d'autre part de vérifier la fiabilité des données de base de l'expertise (nombre de visiteurs par année, nombre de karts en exploitation). Le SEVEN ne se serait pas livré à un examen suffisant de l'expertise de bruit. 2.1 Le droit d'être entendu garanti à l'art. 29 al. 2 Cst. (le droit cantonal invoqué par les recourants ne va pas plus loin) comprend notamment celui de faire administrer les preuves pour autant que celles-ci soient requises dans les formes prévues par le droit cantonal et qu'elles apparaissent utiles à l'établissement des faits pertinents (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504; 127 I 54 consid. 2b p. 56; 126 I 97 consid. 2b p. 102). L'autorité de décision peut donc se livrer à une appréciation anticipée de la pertinence du fait à prouver et de l'utilité du moyen de preuve offert et, sur cette base, refuser de l'administrer. Ce refus ne viole le droit d'être entendu que si l'appréciation à laquelle elle a ainsi procédé est entachée d'arbitraire (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157 et les arrêts cités; sur la notion d'arbitraire, voir ATF 134 I 263 consid. 3.1 p. 265). 2.2 La cour cantonale a considéré que les évaluations figurant dans l'étude acoustique avaient été approuvées par le SEVEN, et qu'elle ne pouvait dès lors s'en écarter que pour des motifs impérieux. Cela est conforme à la jurisprudence (ATF 132 II 257 consid. 4.4.2 p. 269;124 II 460 consid. 4b p. 473). La CDAP a ensuite retenu que les recourants se bornaient à de vagues généralités et ne faisaient état d'aucun motif sérieux. Les recourants ne sauraient reprocher à l'auteur de l'étude acoustique de s'être fondé sur les données fournies par l'exploitant du karting. Seul ce dernier est en effet à même d'indiquer les conditions d'exploitation de la nouvelle piste de karting extérieure. Actuellement, le karting accueillerait 90'000 clients par année, et l'agrandissement prévu permettrait d'attendre 15'000 clients supplémentaires. Les recourants contestent ces chiffres, mais se fondent pour ce faire sur une simple affirmation (110'000 visiteurs par année), faite manifestement à titre promotionnel dans un article de presse du mois de juillet 2006. Cela ne saurait remettre en cause les déclarations faites dans le cadre d'une expertise revêtant un caractère officiel. Les recourants "ont le sentiment" que le nombre de karts utilisés serait supérieur à celui mentionné dans l'expertise (8 engins en moyenne simultanément sur la piste), sans toutefois apporter le moindre élément concret permettant de mettre en doute cette évaluation moyenne. L'affirmation selon laquelle les karts ne tournaient pas à pleine puissance lors des essais, paraît tout aussi gratuite, comme le sont également les critiques générales adressées au SEVEN. Le service cantonal ne peut évidemment se livrer à des vérifications de l'ensemble des données figurant dans l'étude de bruit, s'agissant en particulier du mode d'exploitation future de la nouvelle installation. Il peut ainsi se contenter de vérifier si les données de bases sont plausibles et les calculs corrects. C'est d'ailleurs ce qu'a également fait l'OFEV, qui relève dans sa réponse qu'il n'y a pas de motif de s'écarter de l'étude de bruit. C'est dès lors au terme d'une appréciation anticipée des preuves dénuée d'arbitraire que la cour cantonale a écarté la requête tendant à une nouvelle expertise.