Citation: 9C_267/2024 E. 4.3.4

4.3.4. 4.3.4.1. En troisième lieu, l'assuré reproche à la cour cantonale d'avoir à tort considéré que la doctoresse P.________ avait correctement analysé les indicateurs destinés à évaluer le caractère invalidant des affections psychiques et retenu que le volet psychiatrique de l'expertise était probant. Il soutient que l'experte n'avait pas pris en compte l'échec des mesures de réadaptation mises en oeuvre lors de l'instruction de sa première demande alors qu'un tel échec pouvait être significatif dans l'examen global de sa situation. Il fait aussi valoir que, pour évaluer le poids de ses souffrances, la doctoresse P.________ n'avait pas examiné la mesure dans laquelle les traitements suivis étaient mis à profit. Il relève à cet égard qu'il fait tout son possible pour surmonter ses troubles, en consultant la doctoresse N.________ tous les quinze jours, et qu'il lui est contre-indiqué de prendre des antidépresseurs, à cause de ses apnées du sommeil et de son hypertension artérielle. Il reproche encore à l'experte de ne pas avoir tiré de conclusions adéquates de sa situation socioprofessionnelle, familiale et personnelle pourtant dûment reconnue comme difficile ni de son isolement social. Il relève enfin que la doctoresse P.________ n'a tenu aucun compte de l'épuisement des ses ressources physiques et psychiques alors qu'elle avait observé un état d'épuisement important, une irritabilité, une attitude pessimiste ou des ruminations anxieuses. 4.3.4.2. Cette argumentation est infondée. On ne saurait effectivement reprocher à la doctoresse P.________ de ne pas avoir réalisé une analyse circonstanciée des divers indicateurs permettant d'évaluer le caractère invalidant des troubles psychiques dont souffrait le recourant. Son rôle consistait certes à établir clairement la situation médicale et à expliquer le plus substantiellement possible quels en étaient les effets sur la capacité de travail mais il appartient en dernier lieu aux organes chargés de l'application du droit de déterminer cette capacité (ATF 140 V 193 consid. 3.2). En d'autres termes, il revenait seulement à l'experte de produire les éléments indispensables à un contrôle de la pertinence de ses conclusions (ATF 145 V 361 consid. 4.3). Or tel est bien le cas en l'occurrence. Il ressort du volet psychiatrique du rapport d'expertise que la doctoresse P.________ était au courant de l'échec des mesures de réadaptation, du suivi régulier entrepris par la doctoresse N.________, de l'allégation de la contre-indication des antidépresseurs, de l'existence d'une situation globalement difficile, du degré d'intégration sociale ou du status psychique actuel. Rien ne laisse à penser que ces éléments dûment constatés n'ont pas été pris en compte dans l'appréciation concrète de la capacité de travail. Les seules allégations contraires de l'assuré - formulées d'une façon générale - ne suffisent pas à démontrer que l'appréciation suivie par les juges précédents serait arbitraire ou manifestement erronée. On relèvera néanmoins que, si l'échec des mesures de réadaptation peut constituer un indice sérieux d'atteinte invalidante à la santé lorsque la réadaptation a échoué en dépit d'une coopération optimale, il convient cependant de prendre en compte les circonstances particulières de cet échec (cf. ATF 141 V 281 consid. 4.3.1.2 in fine). Or, s'il apparaît que la coopération peut en l'occurrence être qualifiée de bonne, il apparaît aussi que l'échec est survenu essentiellement en raison des difficultés d'apprentissage rencontrées par l'assuré et non en raison des atteintes à la santé dont il souffrait. On ajoutera qu'un suivi médical régulier ne constitue pas en soi un indicateur pertinent de gravité. Seul l'échec du suivi, malgré une coopération optimale, signale un pronostic négatif (cf. ATF 141 V 281 consid. 4.3.1.2 in initio). Or le recourant ne démontre pas - ni même n'allègue - que tel est le cas en l'occurrence, pas plus qu'il n'établit concrètement que tout antidépresseur lui serait contre-indiqué. On ne peut dès lors faire grief à la juridiction cantonale d'être parvenue à un résultat arbitraire en n'infirmant pas le caractère probant du volet psychiatrique de l'expertise.