Citation: I 244/05 03.05.2006 E. 2

La juridiction cantonale a considéré que la recourante disposait encore d'une pleine capacité de travail, malgré les atteintes à la santé constatées par les médecins. Elle s'est fondée sur l'expertise réalisée par le docteur E.________ et sur le rapport d'examen des docteurs O.________ et H.________. La recourante conteste la valeur probante de ces documents et se réfère aux rapports établis par les docteurs D.________, V.________ et I.________. Par ailleurs, elle rappelle que les docteur B.________ et C.________ avaient eux-aussi fait état d'une incapacité de travail de 70 %. 2.1 Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (art. 61 let. c LPGA; pour la procédure devant le Tribunal fédéral des assurances : art. 95 al. 2, 113 et 132 OJ), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. En présence de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description des interférences médicales soit claire et, enfin, que les conclusions de l'expert soient bien motivées. En ce qui concerne les rapports établis par le médecin traitant l'assuré, le juge prendra en considération le fait que celui-ci peut être enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qu'ils ont nouée (ATF 125 V 352 ss consid. 3). 2.2 Par arrêt du 6 mai 2002, le Tribunal fédéral des assurances a retourné la cause à l'Office AI pour qu'il procède à une expertise psychiatrique. Celle-ci a été réalisée par le docteur E.________, qui a fait état d'une pleine capacité de travail de l'assurée, malgré les troubles somatoformes douloureux dont elle souffre. L'expertise réalisée par ce praticien remplit les critères permettant de lui reconnaître une pleine valeur probante, la recourante ne soulevant d'ailleurs aucun argument de nature à mettre en doute cette dernière. Elle se limite à souligner que le docteur E.________ a constaté un trouble somatoforme indifférencié et une personnalité à trait passif-dépendant. Or, un tel diagnostic n'implique pas nécessairement une incapacité de travail. Compte tenu de l'expertise réalisée par le docteur E.________, les premiers juges ont donc admis à juste titre l'absence d'incapacité de travail en raison d'atteintes à la santé psychique de la recourante. En ce qui concerne les atteintes à la santé physique de l'assurée, les docteurs O.________ et H.________ ont eux aussi rédigé un rapport médical probant. Ils ont établi une anamnèse complète, pris en considération les plaintes de l'assurée ainsi que les atteintes aux épaules et au dos diagnostiquées par le docteur V.________. Contrairement à ce que soutient la recourante, leurs constatations ne sont pas contredites par celles des docteurs B.________ et C.________, puisque ces derniers n'ont attesté aucune incapacité de travail en raison d'atteintes à la santé physique. Par ailleurs, le docteur I.________ s'est abstenu de se prononcer sur la capacité de travail de l'assurée, puisqu'il se limite, dans son rapport du 11 mai 2004, à exposer le point de vue du docteur V.________ («L'orthopédiste, le Dr V.________, estime que la patiente ne peut pas travailler, ni debout, ni assise, ni effectuer des travaux répétitifs en force. [...]»). Il est vrai que les conclusions des docteurs O.________ et H.________ relatives à la capacité de travail résiduelle de l'assurée ne concordent pas avec celles des docteurs V.________ et D.________. Mais les rapports établis par ces praticiens, au demeurant tous deux médecins traitant de l'assurée, sont trop sommaires pour mettre sérieusement en doute les constatations des docteurs O.________ et H.________. Ainsi le docteur V.________ précise-t-il uniquement, sous la rubrique anamnèse de son rapport du 13 octobre 2003 : «en raison de sa fibromyalgie, la patiente présente toujours des douleurs multiples, mal systématisées, qui se déplacent dans son corps»; sous la rubrique constatations objectives, il se limite à constater : «déficit de la mobilité des deux bras en raison de la pathologie des épaules et lombalgies positionnelles». Il justifie l'incapacité de travail qu'il atteste en se référant essentiellement aux douleurs alléguées par l'assurée (rapport du 16 juillet 2004), sans toutefois véritablement expliquer en quoi les constatations objectives sur la base desquelles les docteurs O.________ et H.________ ont relativisé ces douleurs seraient erronées. Dans ces conditions, les premiers juges ont à juste titre privilégié les constatations effectuées par les docteurs E.________, O.________ et H.________, et nié que les atteintes à la santé dont souffre la recourante entraînent une incapacité de travail significative, de nature à limiter sa capacité de gain dans une mesure égale ou supérieure à 40 %. Il s'ensuit que la recourante ne peut prétendre une rente de l'assurance-invalidité, sans qu'il soit nécessaire de mettre en oeuvre un stage professionnel pour se prononcer.