Citation: 1B_295/2019 E. 4.2

4.2. En l'espèce, il ressort de l'arrêt entrepris que la recourante avait admis avoir prêté de l'argent à un taux atteignant généralement 20 % à de nombreuses personnes issues de la communauté philippine. Ainsi, l'analyse des livrets de compte découverts lors de la perquisition du logement de la recourante avait permis de mettre en évidence qu'au minimum 49 personnes avaient contracté des prêts auprès des époux A.________ depuis 2016, pour des montants allant de 1000 à 15'000 fr., certains emprunteurs ayant souscrit plusieurs prêts successifs. En outre, les procès-verbaux des premiers lésés auditionnés tendent à établir que ceux-ci se trouvaient pour la plupart dans des situations précaires, tant sur le plan de leur droit de séjour en Suisse qu'au regard de leur situation socio-professionnelle. Les emprunteurs, essentiellement des femmes, exerçaient en effet des activités de type employée de maison ou femme de ménage pour des salaires mensuels peu élevés - de l'ordre de 2000 à 3000 fr. pour la plupart - et n'étaient dès lors vraisemblablement pas éligibles à l'octroi d'un prêt à la consommation auprès de prestataires habituels. Il est douteux que, comme le prétend la recourante, ses agissements eussent été motivés par le fait qu'elle avait à coeur d'aider ses compatriotes en difficulté, à qui elle aurait proposé quelquefois également de les assister dans leurs démarches administratives. Ainsi, si tel avait été le cas, elle n'explique nullement ce qui justifiait un taux d'intérêt de 20 %, dépassant largement le taux maximal de 10 % fixé par le Département fédéral de justice et police (DFJP), à tout le moins depuis 2016, pour les crédits au comptant au sens de l'art. 9 de la loi fédérale sur les crédits à la consommation (LCC, RS 221.214.1; cf. art. 1 al. 1 des ordonnances annuelles [2016-2019] du DFJP sur le taux d'intérêt maximal pour les crédits à la consommation; RS 221.214.111). Il ressort en outre de l'arrêt entrepris que la recourante et son époux exigeaient, pour le retard dans le paiement d'une mensualité, des pénalités correspondant à 10 % du montant emprunté. Ils demandaient par ailleurs parfois la remise d'objets de valeur, tels que des bijoux, en garantie des prêts. Ces éléments tendent à exclure que ceux-ci étaient octroyés sur la base d'une relation de confiance, les circonstances décrites permettant au contraire de soupçonner la recourante d'avoir profité de la situation de faiblesse de ses cocontractants pour s'enrichir à leurs dépens. Au vu de l'ampleur de l'organisation qui paraît avoir été déployée par la recourante et son époux, il n'est pas relevant en l'état que le " montant pénal " ne s'élèverait qu'à 16'336 fr., lequel est calculé par la recourante en tenant compte, sur la base d'un montant prêté de 204'200 fr. au total, d'une différence de taux de 8 % par rapport au taux prétendument usuel de 12 % ([20 % - 12 %] x 204'200 fr.). Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant l'existence de soupçons suffisants portant, à tout le moins, sur l'infraction d'usure au sens de l'art. 157 CP.