Citation: 2C_322/2008 18.07.2008 E. 5.2

5.2.1 Il ressort du considérant 4.1.2 du jugement entrepris que, par arrêt du 17 mars 2005, le recourant a été reconnu coupable notamment de brigandage qualifié au sens de l'art. 140 ch. 4 CP par le fait d'avoir, en qualité de coauteur, participé intellectuellement et physiquement à tous les actes préparatoires du brigandage et au brigandage lui-même. Il a été condamné à une peine de huit ans de réclusion. La Cour criminelle a relevé que le recourant était le centre décisionnel et organisationnel du brigandage. Il avait insisté auprès de ses comparses pour qu'ils acceptent de participer à la commission du crime, puis les avait incités à poursuivre leur activité. Il avait frappé et menotté la victime. Il avait poursuivi jusqu'au bout son activité criminelle en rémunérant un coauteur du brigandage et en restituant l'arme et les effets appartenant à deux autres coauteurs. Selon la Cour criminelle, la culpabilité de l'intéressé était très grave, sa responsabilité pleine et entière; celui-ci ne bénéficiait d'aucune circonstance atténuante, ayant agi par cupidité et commis un crime d'une cruauté particulière. 5.2.2 Le Tribunal administratif a en outre retenu qu'il existait un réel risque de récidive. Dans la mesure où le recourant conteste l'existence du danger de récidive, il critique un élément de fait (cf. arrêt 2A.466/2000 du 18 janvier 2001 consid. 3). Or, il n'explique pas en quoi ce fait serait manifestement inexact au sens de l'art. 97 LTF ou aurait été retenu en violation du droit. Sur ce point, la motivation de son recours ne satisfait pas aux exigences des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF et est par conséquent irrecevable (cf. consid. 3 ci-dessus). Ainsi, sur la base des faits établis par l'autorité intimée et qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), il apparaît que le recourant représente un danger important pour l'ordre et la sécurité publiques. A cet égard, le fait qu'il n'ait encouru qu'une seule condamnation pénale grave ayant abouti à une peine privative de liberté n'est pas déterminant. Au vu de ce qui précède, seules des circonstances exceptionnelles permettraient de faire pencher la balance des intérêts en faveur de l'intéressé. 5.3 X.________ fait valoir qu'il réside en Suisse depuis quinze ans et qu'il est parfaitement intégré. ll entretient des relations étroites avec les membres de sa famille qui séjournent tous en Suisse et qui l'ont soutenu durant son incarcération. Il regrette profondément les actes commis et d'ailleurs, depuis sa condamnation, son comportement est devenu exemplaire. La portée de ces éléments doit toutefois clairement être relativisée. Tout d'abord, le long séjour de l'intéressé dans notre pays ne saurait, en soi, être décisif. En effet, dès lors qu'il était en liberté, X.________ n'a pas été capable de s'insérer pleinement en Suisse pour s'y construire une vie honnête (cf. art. 10 al. 1 lettre b LSEE). Outre le brigandage qui a conduit au jugement du 17 mars 2005, il a été condamné pour de multiples contraventions entre 2001 et 2002. De plus, il ressort du dossier qu'il fait l'objet de poursuites et d'actes de défaut de biens pour un total de près de 100'000 fr., ce qui ne parle pas en faveur d'une intégration sociale bien établie. L'autorité intimée a relevé à ce propos qu'il était significatif que, pour organiser et commettre le brigandage, le recourant s'était tourné, à l'exception de son amie de l'époque, exclusivement vers des compatriotes. Par ailleurs, même si le recourant fait preuve d'une attitude exemplaire depuis sa condamnation de mars 2005 et qu'il regrette son crime, ceci doit être relativisé dans la mesure où il est encore en train de purger sa peine en régime de travail externe et que l'on attend de manière générale des détenus qu'ils s'amendent et se comportent bien. Ces circonstances ne sont en outre pas à ce point exceptionnelles qu'elles suffiraient à faire pencher la balance en sa faveur. Le recourant a quitté le Kosovo alors qu'il était âgé de quinze ans. Il parle la langue de son pays dont il connaît les coutumes et exerce une profession (mécanicien sur automobiles) qu'il peut également pratiquer dans sa patrie. Ces éléments ne peuvent que faciliter le retour de l'intéressé dans son pays d'origine. Les difficultés, même importantes, auxquelles il pourrait être confronté, ne sont de toute façon pas déterminantes vu la gravité des infractions dont il s'est rendu coupable. Ainsi, le fait que ses parents et ses frères et soeur résident en Suisse et qu'il allègue n'avoir plus de connaissances au Kosovo n'est pas décisif. 5.4 X.________ estime que l'autorité intimée n'a pas tenu suffisamment compte de son récent mariage avec une Suissesse; de son point de vue, une intégration de cette dernière, mère de trois jeunes enfants, au Kosovo n'est pas sérieusement envisageable. S'il semble effectivement difficile d'exiger de l'épouse du recourant qu'elle le suive à l'étranger, cet élément ne permet cependant pas à lui seul d'exclure l'expulsion, surtout lorsque le comportement de l'étranger rend la poursuite de son séjour en Suisse indésirable (cf. ATF 122 II 1 consid. 2 p. 6; 120 Ib 129 consid. 4b p. 131). L'arrêt attaqué souligne en outre que le recourant n'a pas encore vécu en ménage commun avec son épouse et qu'ils n'ont pas tissé des liens particulièrement étroits, de sorte que l'on ne pourrait parler d'une vie familiale intacte à préserver au sens de l'art. 8 CEDH. Point n'est cependant besoin d'approfondir cette question, du moment que l'éventuelle atteinte au respect de la vie familiale que constitue la mesure litigieuse est compatible avec l'art. 8 par. 2 CEDH. En outre, l'autorité intimée a relevé à juste titre que l'épouse du recourant connaissait la situation de l'intéressé lorsqu'elle l'a épousé, puisque celui-ci purgeait encore sa peine, et devait s'attendre à ne pas pouvoir vivre son union en Suisse. 5.5 Finalement, le recourant ne peut rien tirer de ce que la Cour criminelle a assorti son expulsion judiciaire d'un sursis de cinq ans. En effet, l'autorité de police des étrangers n'est pas liée à la décision du juge pénal de renoncer ou de surseoir à l'expulsion d'un condamné étranger en vertu de l'art. 55 CP dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2006 (RO 1951 6). Le juge pénal se fonde, au premier chef, sur des considérations tirées des perspectives de réinsertion sociale de l'intéressé. Or, pour l'autorité de police des étrangers, c'est la préoccupation de l'ordre et de la sécurité publics qui est prépondérante dans la pesée des intérêts. En matière d'expulsion, son appréciation peut donc s'avérer plus rigoureuse que celle de l'autorité pénale (ATF 130 II 493 consid. 4.2 p. 500 s. et la jurisprudence citée). Au demeurant, on peut relever que la modification de la partie générale du code pénal du 13 décembre 2002, entrée en vigueur le 1er janvier 2007 (RO 2006 3459, 3535), a supprimé l'expulsion pénale et que, lorsque celle-ci a été prononcée en vertu de l'ancien droit, elle n'a plus à être exécutée à partir de l'entrée en vigueur du nouveau droit (cf. dispositions finales de la modification du code pénal du 13 décembre 2002, ch. 1 al. 2). 5.6 En conclusion, les juges cantonaux ont correctement appliqué les critères pertinents pour évaluer si l'expulsion de X.________ était ou non proportionnée. En confirmant celle-ci, ils n'ont en outre pas abusé de leur pouvoir d'appréciation.