Citation: 9C_709/2022 E. A

A.a. B.A.________ était l'unique propriétaire d'une maison sise sur la parcelle n° xxx de la Commune de B.________ (canton de Genève), comprenant un appartement qu'il occupait avec son épouse, A.A.________ (ci-après: la contribuable), ainsi qu'un appartement loué à des tiers. Au décès de B.A.________, survenu en 2006, la contribuable est devenue usufruitière de l'immeuble et leurs deux enfants en ont hérité la nue-propriété. A.A.________ a continué d'habiter dans l'appartement dans lequel elle vivait avec son époux. Au moment du décès de celui-ci, la valeur fiscale de l'immeuble a été fixée à 7'513'000 fr. A.b. Par décision sur réclamation du 20 janvier 2021, l'Administration fiscale cantonale du canton de Genève (ci-après: l'Administration fiscale) a, pour les impôts cantonaux et communaux (ci-après: ICC) de l'année 2014, fixé la valeur de l'appartement occupé par la contribuable à 525'806 fr. (correspondant à une valeur de 949'140 fr., multipliée par la surface occupée par la contribuable de 92,33 %, à laquelle un abattement de 40 % pour occupation continue a été appliqué) et à 576'222 fr. pour l'appartement loué à des tiers. Dans ses déclarations fiscales des années 2015, 2016 et 2017, A.A.________ a déclaré une estimation fiscale sans abattement de 702'438 fr. pour l'appartement qu'elle occupait et de 248'221 fr. pour l'appartement loué à des tiers. Pour l'année 2018, elle a déclaré une valeur sans abattement de 666'350 fr. pour l'appartement qu'elle occupait et un montant de 1'410'030 fr. pour l'appartement loué. A.c. Statuant par décisions sur réclamation du 20 janvier 2021, l'Administration fiscale a, pour les ICC des années 2015 à 2017, fixé la valeur de l'appartement occupé par la contribuable à 4'162'067 fr. (correspondant à une valeur de 7'513'000 fr., multipliée par la surface occupée par la contribuable de 92,33 %, à laquelle un abattement pour utilisation continue de 40 % a été appliqué) et à 576'022 fr. pour la partie de la maison louée à des tiers. En bref, l'Administration fiscale a considéré qu'à la suite du décès de l'époux de la contribuable en 2006, la valeur fiscale de l'immeuble avait été fixée à 7'513'000 fr. La prise en compte de cette valeur n'était toutefois pas immédiate puisque le droit cantonal genevois prévoyait à cet égard un "effet suspensif" jusqu'à la fin de la période décennale des estimations fiscales de certains immeubles, soit en l'occurrence le 31 décembre 2014. Partant, il était correct d'adapter les valeurs fiscales en fonction de la valeur successorale précitée à compter de la période fiscale 2015, puis pour les années 2016 et 2017. Dans une décision sur réclamation du 10 février 2021 qui concerne les ICC de l'année 2018, l'Administration fiscale a repris les mêmes valeurs et les mêmes explications que dans ses décisions sur réclamation du 20 janvier 2021 portant sur les années fiscales 2015 à 2017.