Citation: 5A_258/2018 E. 3.1

3.1. Les juges précédents ont considéré que, comme l'avait relevé le Tribunal, la question de la capacité contributive de l'appelant avait déjà été tranchée dans les arrêts de renvoi de la Cour de justice des 31 août 2012 et 6 février 2015, desquels il ressortait que ses revenus correspondaient à tout le moins au montant des dépenses mensuelles des parties durant la vie commune, à savoir 50'000 fr. au minimum. Conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral, selon laquelle l'appel n'est pas recevable sur les questions de fait ou de droit qui ont été résolues dans la décision de renvoi à l'autorité de première instance, il n'y avait pas lieu de revenir sur ces considérations, à moins que des faits nouveaux et postérieurs au dernier des arrêts susvisés ne commandent de revoir l'appréciation de la capacité contributive de l'appelant. Selon la Cour de justice, l'appelant ne remettait cependant pas en cause devant elle le raisonnement du Tribunal selon lequel la différence entre ses revenus allégués et le cumul de ses dépenses annuelles ainsi que des contributions d'entretien actuellement mises à sa charge - soit un déficit allégué de 70'000 fr. - ne correspondait pas à la diminution alléguée de sa fortune pour les années concernées, qui ne s'élevait qu'à 62'000 fr. environ de 2015 à 2016 et, surtout, à 19'000 fr. seulement de 2016 à 2017. Comme le Tribunal, on ne pouvait qu'en déduire que les revenus allégués par l'appelant ne représentaient pas la totalité de ses ressources effectives, mais qu'il disposait manifestement d'autres sources de revenus. Il en allait de même s'agissant de sa fortune: l'appelant ne contestait pas que les relevés qu'il avait produits émanaient d'un seul établissement bancaire, de sorte que l'on ne pouvait exclure qu'il possédât des avoirs auprès d'autres banques. Il ne remettait pas non plus en cause les constatations du Tribunal selon lesquelles les chiffres qu'il avait avancés à propos de sa fortune ne tenaient compte que des avoirs et valeurs exprimés en francs suisses et non en devises étrangères dans les relevés produits. Or le premier juge avait justement relevé que la prise en compte de ces derniers augmentait de manière significative la fortune du débirentier et infirmait l'évolution négative alléguée de l'état de celle-ci. Dans ces conditions, force était de constater que l'appelant n'avait toujours pas fait la lumière sur l'ensemble de sa situation financière et qu'à défaut, sa capacité contributive était présumée demeurer identique à celle arrêtée par la Cour de justice dans son précédent arrêt.