Citation: 1B_425/2014 E. 4.2

4.2. En l'occurrence, les experts ont posé le diagnostic de trouble psychotique mixte induit par des substances psycho-actives (cocaïne) dans le cadre d'une dépendance à de telles substances, multiples, chez une personnalité à traits narcissiques et dépendants. Ce trouble, qui pouvait être considéré comme ayant été grave au moment des faits, impliquait la présence d'hallucinations ainsi que des idées délirantes à thème de persécution. Les experts ont retenu que le risque de récidive d'actes de même nature apparaissait faible compte tenu des circonstances particulières dans lesquelles les faits reprochés s'étaient produits; ils relevaient en revanche que la consommation de cocaïne serait susceptible de participer à une réactivation d'un vécu persécutoire pouvant engendrer des troubles du comportement. Ils précisaient qu'une abstinence de produits stupéfiants était indispensable pour réduire le risque de comportements inadaptés (cf. rapport d'expertise p. 20). Certes, les experts ont qualifié de faible le risque de récidive d'actes de même nature. Toutefois, comme relevé par l'instance précédente, ils n'ont pas exclu tout risque de réitération, en cas de reprise de la consommation de substances psycho-actives. Or, l'instance précédente soulignait qu'à ce jour le recourant n'était pas abstinent puisqu'il prenait toujours de la méthadone. Le Tribunal cantonal a également considéré que la situation du recourant (sans emploi et ayant contracté de nombreuses dettes) - dont les projets futurs n'étaient guère étoffés - comportait un risque concret qu'il reprenne sa consommation de produits stupéfiants et se retrouve confronté aux troubles qui l'avaient conduit à commettre les faits reprochés. Enfin, l'instance précédente a également tenu compte de la gravité de l'infraction et de l'importance des biens à protéger (vie, intégrité corporelle), ceux-ci justifiant d'observer une grande prudence dans la pesée des intérêts en présence. Les éléments invoqués par le recourant ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation de l'instance précédente. Nonobstant les circonstances particulières de la survenance de l'infraction (dimension fusionnelle du couple et consommation massive de cocaïne), les experts n'ont pas exclu tout risque de récidive en cas de nouvelle consommation de drogue. Le fait qu'il serait prévu, selon les déclarations du recourant (cf. procès-verbal d'audience du 7 novembre 2014), de diminuer, en accord avec son médecin, la dose de méthadone ne permet pas d'exclure tout risque de réitération; l'affirmation du recourant sur ce point n'est de surcroît pas confirmée par un rapport médical. L'absence d'antécédent de violence n'est pas non plus suffisante, compte tenu de sa pathologie. Par ailleurs, quoi qu'en pense le recourant, sa situation personnelle et professionnelle (sans emploi avec de nombreuses dettes) n'est pas de nature à assurer la meilleure stabilité, dès sa remise en liberté. Le fait qu'il souhaite vivre auprès de sa mère - qui lui apporterait encadrement et soutien - ne permet pas de modifier cette appréciation. Dans ces circonstances et au vu des éléments précités, il n'est pas possible de retenir qu'en cas de libération, le recourant se trouverait dans une situation propre à exclure de manière suffisante pour la sécurité d'autrui tout danger de récidive.