Citation: 9C_468/2008 26.11.2008 E. 3

Constatant que l'intimé souffre de douleurs lombaires chroniques et qu'il a été opéré pour un spondylolisthésis en 1990 (l'intervention ayant consisté en la fixation par une vis papillon de la vertèbre au-dessus du sacrum au sacrum, avec greffe osseuse), la juridiction cantonale s'est d'abord fondée sur les explications du docteur B.________ pour retenir qu'une lésion du disque adjacent expliquant les douleurs de l'intimé était établie selon la vraisemblance prépondérante. Lors de son audition du 31 mars 2008, le médecin avait indiqué qu'il y avait deux hypothèses expliquant les douleurs de son patient: un "débricolage" (instabilité de l'ostéosynthèse) ou une surcharge du disque situé au-dessus du montage, le disque étant de "moins bonne qualité" comme l'attestait une radiographie et un scanner. Il a précisé que l'hypothèse d'une lésion du disque osseux expliquant les douleurs du patient ne pouvait être vérifiée qu'en pratiquant une nouvelle intervention. Selon lui, il n'y avait pas d'examen pour objectiver les douleurs, mais son patient lui paraissait "tout à fait fiable"; il était par ailleurs courant qu'après une intervention telle que celle pratiquée en 1990, une répercussion de la charge de travail se produisait sur le disque adjacent engendrant des douleurs, une telle conséquence ("adjacent disc disease") étant souvent évoquée lors de congrès scientifiques. Les premiers juges ont ensuite retenu que les avis du docteur P.________ et de son confrère B.________ se rejoignaient quant aux limitations fonctionnelles touchant l'intimé, mais divergeaient quant à l'impact des douleurs sur la durée du temps de travail exigible. Tandis que le docteur P.________ estimait que l'intimé pouvait exercer son activité à 80 % et un travail adapté à plein temps, le docteur B.________ considérait que la capacité de travail était de 50 % dans l'activité actuelle (adaptée aux limitations fonctionnelles) et ne voyait pas quelle autre activité permettait une augmentation du taux de travail. Ecartant le rapport du docteur P.________, la juridiction cantonale a fait sienne l'appréciation du docteur B.________ et constaté que l'intimé présentait une incapacité de travail de 50 % dans son activité habituelle à partir du 8 mars 2004, cette activité répondant au mieux à ses limitations. Procédant alors à une comparaison en pour-cent pour calculer le taux d'invalidité, elle a fixé celui-ci à 50 % et reconnu à l'intimé le droit à une demi-rente d'invalidité à partir du 8 mars 2005.