Citation: 5C.270/2006 01.12.2006 E. A

D.________ (ci-après: l'intimé ou le demandeur) est copropriétaire, à raison de 1/12, d'un immeuble sis quai de l'Ile 15, à Genève. Par acte authentique du 17 décembre 2004, A.________, B.________ et C.________ (ci-après: les recourants ou les défendeurs) ont acquis de six autres copropriétaires 10/12 dudit immeuble pour le prix de 6'800'000 fr. Le notaire ayant instrumenté cette acquisition a interpellé l'intimé le 21 décembre 2004, conformément à l'art. 681a CC. Le 20 janvier 2005, un contrat de bail a été conclu avec un tiers (X.________ SA), portant sur des locaux à usage de bureau et un appartement de 5 pièces dans l'immeuble précité. Aux termes de ce contrat, le bailleur s'engageait à entreprendre d'importants travaux de réfection et de rafraîchissement dans les locaux commerciaux. Le 14 mars 2005, l'intimé a déclaré exercer son droit de préemption aux clauses et conditions prévues dans l'acte de vente du 17 décembre 2004. A cette fin, il a invité les recourants à signer un acte prévoyant en substance ce qui suit: ils lui cédaient la part de copropriété de 10/12 aux mêmes charges et conditions que celles figurant dans l'acte de vente du 17 décembre 2004; ils garantissaient pour le surplus que l'immeuble n'avait pas subi de dommages depuis qu'ils en avaient pris possession, et qu'ils n'avaient pris aucun engagement pour des travaux et l'entretien futur; en outre, l'intimé se substituait aux cédants dans tous les droits et obligations découlant des baux énumérés dans l'acte de vente du 17 décembre 2004. Les parties n'ont pas signé l'acte proposé. Les recourants ont fait savoir à l'intimé que pour l'exercice valable de son droit de préemption, il devait accepter d'acquérir les parts de copropriété aux clauses et conditions de l'acte de vente initial appliquées à l'état actuel de l'immeuble; faute pour lui d'accepter par écrit ce qui précédait dans le délai de l'art. 681a al. 2 CC, ils considéreraient qu'il aurait renoncé à exercer son droit de préemption. L'intimé leur a répondu qu'il avait exercé son droit de préemption aux clauses et conditions de l'acte de vente initial qu'il leur incombait de respecter.