Citation: 1B_370/2022 E. 2.1.2

2.1.2. Si les deux conditions mentionnées à l'art. 132 al. 2 CPP doivent être réunies cumulativement, il n'est pas exclu que l'intervention d'un défenseur soit justifiée par d'autres motifs (comme l'indique l'adverbe "notamment"), en particulier dans les cas où cette mesure est nécessaire pour garantir l'égalité des armes ou parce que l'issue de la procédure pénale a une importance particulière pour le prévenu, par exemple s'il encourt une révocation de l'autorisation d'exercer sa profession ou s'il risque de perdre la garde de ses enfants (arrêts 1B_172/2022 du 18 juillet 2022 consid. 2.1; 1B_360/2020 du 4 septembre 2020 consid. 2.1 et les arrêts cités). S'agissant en particulier de l'égalité des armes, ce principe constitue un élément de la notion plus large de procès équitable, garanti par l'art. 6 CEDH. Il requiert que chaque partie se voie offrir une possibilité raisonnable de présenter sa cause dans des conditions qui ne la placent pas dans une situation de net désavantage par rapport à son adversaire (ATF 139 I 121 consid. 4.2.1 p. 124; 137 V 210 consid. 2.1.2.1 p. 229; arrêt 1C_276/2020 du 16 février 2021 consid. 3.2). Le seul fait d'être opposé au ministère public, lequel dispose de connaissances juridiques particulières en matière pénale, ne suffit pas pour violer ce principe (arrêt 1B_12/2019 du 14 mai 2019 consid. 2.6). Celui-ci suppose en revanche un équilibre entre le prévenu et le Ministère public lorsque celui-ci soutient en personne l'accusation (cf. également art. 130 let. d CPP; arrêt 1B_72/2021 du 9 avril 2021 consid. 4.2) et/ou entre le prévenu et la partie plaignante (arrêts 1B_538/2019 du 10 décembre 2019 consid. 3.3; 1B_481/2019 du 27 novembre 2019 consid. 2.3 et l'arrêt cité).