Citation: 1C_252/2023 E. 4.2.2

4.2.2. Il est vrai, par ailleurs, comme l'avance à juste titre la recourante, que le calcul de l'indice WTI doit aussi tenir compte de la durée de vie de la mesure d'assainissement (cf. SCHGUANIN/ZIEGLER, OFEV-OFROU, op. cit., p. 33 in fine). À cet égard, la DGMR a indiqué que, puisque la requalification de la route Suisse devait intervenir d'ici à 2027, et que celle-ci imposait une certaine synergie avec la pose d'un revêtement phono-absorbant, sa durée de vie s'en trouvait d'emblée réduite, laissant apparaître la mesure comme étant disproportionnée et contraire à une utilisation parcimonieuse des deniers publics. C'est toutefois perdre de vue, comme l'a souligné l'instance précédente, que le délai pour assainir fixé par l'art. 17 al. 4 let. b OPB au 31 mars 2018 est largement échu et que la décision d'assainissement a été prise il y a plus de 10 ans. Or, dans un tel contexte, la mesure d'assainissement validée doit en principe être réalisée dans un délai de cinq ans ou dans un temps raisonnable (cf. SCHGUANIN/ZIEGLER, OFEV-OFROU, op. cit., p. 23), respectivement dans un délai court (GRIFFEL/RAUSCH, Kommentar zum Umweltschutzgesetz, Ergänzungsband zur 2. Auflage, 2011, n. 65 ad art. 16 LPE, p. 274). En outre, le planning pour la requalification de la route Suisse retenu dans l'arrêt attaqué fait état d'une fourchette entre 2027 et 2028 pour la réalisation des travaux, laissant planer une incertitude sur le temps encore nécessaire pour rétablir une situation conforme aux exigences en matière de protection contre le bruit. Au demeurant, se prévaloir de cette prochaine requalification de la route revient peu ou prou à se prévaloir de sa propre inaction - aucune mesure n'ayant été prise pendant plus de dix ans - pour refuser la mise en oeuvre d'une mesure d'assainissement validée, ce qui n'apparaît guère soutenable.