Citation: 4A_97/2014 E. A

A.a. En 1999, les époux A.________ (maîtres de l'ouvrage) ont fait construire une villa familiale sur la Commune de X.________ (VS). Ils ont confié les travaux d'architecture à B.________ et C.________ (architectes), qui exploitent un bureau d'architecture à Y.________. Les maîtres et les architectes, qui n'ont pas conclu de contrat écrit, ont admis que leur accord incluait la norme SIA 102, édition 1984. Les maîtres, qui ont également mandaté l'ingénieur D.________, ont adjugé les travaux de maçonnerie et de génie civil de la villa à l'entreprise E.________ SA (ci-après: E.________). En cours de travaux, les maîtres ont en outre confié à E.________ la construction, sur la base d'un ancien mur de vigne existant, d'un mur en pierres sèches au sud de leur villa faisant office de pied de talus, cela en utilisant des pierres dégagées sur place (enrochement). La réception de l'ouvrage est intervenue le 12 septembre 2000. A.b. Peu après la livraison de l'ouvrage, les maîtres ont contesté le paiement de la facture émise par E.________ pour l'enrochement. Dans un courrier qu'ils leur ont adressé le 21 décembre 2000, les architectes ont confirmé le bien-fondé des bons de régie émanant de E.________ et ont ajouté que les travaux d'enrochement avaient été réalisés dans les règles de l'art. Il a été retenu que des fissures, apparues déjà lors de la construction, se sont développées dans toute la maison au fil des années. En raison de ce défaut, les maîtres ont refusé de payer le solde, par 8'629 fr., de la facture finale de E.________, datée du 8 janvier 2001. L'entreprise, qui avait fait notifier une poursuite à A.A.________, a obtenu la mainlevée provisoire de l'opposition de celui-ci, les architectes, en qualité de représentants des maîtres, ayant approuvé par écrit cette facture. Le poursuivi a alors ouvert action en libération de dette contre E.________ le 28 octobre 2002. Dans le cadre de cette procédure, l'expert F.________ a constaté en août 2004 que le toit de la maison présentait une inclinaison (bascule) anormale, si bien que, le 19 août 2004, le conseil des maîtres a adressé aux architectes un avis des défauts concernant le toit et les différentes fissures. Au cours d'une séance tenue devant le juge compétent le 17 février 2005, A.A.________ et E.________ ont transigé, selon des conditions demeurées inconnues, et le poursuivi a retiré sa demande. Les frais de la procédure d'action en libération de dette se sont montés à 13'876 fr.70. Le 18 mai 2005, les maîtres de l'ouvrage ont déposé devant le Tribunal du district de Martigny une requête de preuve à futur contre les architectes, E.________, et l'ingénieur afin que soit administrée une expertise notamment sur l'origine des fissures apparues sur la villa. Les deux experts désignés par le magistrat instructeur (i.e. l'ingénieur G.________ et l'architecte H.________) ont exclu, dans leur rapport du 29 juin 2006, toute cause extérieure (construction sur un fonds voisin) et écarté tout lien de causalité entre le défaut d'horizontalité du toit et les fissures. Pour eux, celles-ci seraient dues à des rencontres de matériaux différents (béton/briques, béton/bois), à des phénomènes de retrait/séchage (au sous-sol) et à des mouvements relatifs de la charpente (dilatation/retrait) et de la dalle de béton (coin à manger). Un complément d'expertise n'ayant pas été demandé, cette cause a été rayée du rôle le 4 mai 2007, les frais judiciaires, arrêtés à 9'000 fr., étant mis provisoirement à la charge des maîtres, par 6'750 fr. En 2006, les maîtres de l'ouvrage ont mandaté à titre privé l'ingénieur civil EPFL I.________ pour établir les causes des fissures survenues dans le salon de la villa. Dans son rapport du 4 septembre 2006, le prénommé a conclu que le gauchissement de la toiture constituait la cause la plus vraisemblable des fissures. La facture de cet expert s'est élevée à 1'989 fr.50. A.c. Le 24 janvier 2007, les maîtres de l'ouvrage (demandeurs) ont adressé au Tribunal du district de Martigny une demande tendant au paiement par les architectes (défendeurs), solidairement entre eux, de la somme de 60'000 fr. en capital. Les défendeurs ont conclu à libération et appelé en cause E.________ et l'ingénieur D.________. Par décision du 23 août 2007, le Juge II des districts de Martigny et St-Maurice a admis les appels en cause. Les appelés en cause ont conclu au rejet de la demande. Au mois de janvier 2008, des pierres se sont détachées du mur construit par E.________. Les maîtres ont donné avis de ce défaut le 11 janvier 2008. S'agissant de ce mur, les demandeurs ont mandaté les experts privés J.________ et K.________. Dans un rapport du 7 février 2008, le premier a indiqué que le mur n'avait pas été construit selon les règles de l'art, qu'il devait être complètement refait et que le coût de réfection se montait à 20'766 fr.80. Les experts privés J.________ et K.________ ont établi chacun une note d'honoraires de respectivement 2'023 fr.65 et 350 fr., lesquelles ont été acquittées par les demandeurs. Dans leurs déterminations complémentaires du 3 mars 2008, les demandeurs ont allégué que l'enrochement effectué par E.________ sous le contrôle de l'architecte présentait de graves défauts. Le 16 octobre 2008, les demandeurs ont allégué l'apparition de nouvelles fissures dans les murs d'une chambre et du salon. Le Juge de district a commis les experts judiciaires L.________ et M.________, qui ont déposé tous deux un rapport le 10 février 2010. A propos de l'enrochement, ils ont déclaré, à l'instar des experts privés, que le mur n'avait pas été réalisé dans les règles de l'art. L'expert M.________ a écrit que le défaut du mur était déjà visible depuis la livraison en septembre 2000, mais que les défendeurs n'avaient apparemment pas les compétences requises pour s'en rendre compte. Ces derniers auraient dû mandater un spécialiste (géotechnicien ou ingénieur civil) pour la réalisation de cet ouvrage. Cet expert a calculé le coût de la réfection du mur à 32'000 fr. sur la base du devis dressé par une entreprise tierce à la requête des demandeurs, montant intégrant 2'625 fr. pour la fourniture de blocs d'enrochement. En raison de divergences entre les experts, le surexpert N.________ a été désigné, qui a établi un rapport le 5 juillet 2011, dans lequel il a estimé le coût des travaux de réfection des fissures à la somme de 22'000 fr. Concernant le toit, le surexpert a déclaré que sa réfection risquait d'entraîner beaucoup de dégâts et que dès l'instant où le bâtiment ne souffrait pas de problème statique, il valait mieux calculer la moins-value résultant de ce défaut, qu'il a estimée par expérience à 15'000 fr. Au sujet de l'enrochement, cet expert a affirmé que le maçon était principalement responsable de la mauvaise exécution du mur, les défendeurs ayant aussi une part (minime) de responsabilité dans la mesure où ils n'auraient pas dû accepter le travail. Le surexpert est d'avis que l'exécution du mur de soutènement aurait initialement coûté aux demandeurs, en plus du montant de 2'625 fr. afférent aux blocs de rocher, la somme de 6'000 fr., alors qu'ils ont versé 4'200 fr. pour son paiement. Il a été retenu que la facture finale de la réfection du mur s'est montée à 24'777 fr.80. Le 11 juillet 2011, les demandeurs ont signalé au Juge de district des fissures au plafond de la chambre à coucher et à celui de la salle de bains. Le 29 septembre 2011, ils ont également invoqué des malfaçons (fissures) affectant le carrelage et les chapes. Dans un rapport complémentaire du 25 novembre 2011, le surexpert N.________ a évalué à 5'067 fr.35 les coûts de réfection générés par les fissures au plafond. Quant aux malfaçons du carrelage, qui constituent d'après le précité un autre défaut, elles sont dues à l'épaisseur insuffisante des chapes et au fait que le carrelage a été posé sur des chapes humides. Le 23 avril 2012, les demandeurs ont porté leurs conclusions à 118'530 fr.95, montant incluant 20'000 fr. à titre de « couverture parquet sur carrelage pour défaut chapes ». L'expert M.________ a déposé un rapport complémentaire le 3 mai 2012, estimant à 43´000 fr. les travaux de réparation des fissures et à 7'000 fr. les travaux de mise à niveau du toit. Dans leur mémoire-conclusions du 20 août 2012, comportant 95 pages, les demandeurs ont finalement conclu au versement par les défendeurs du montant total de 106'298 fr.20, avec intérêts à 5% l'an dès le dépôt de la demande. Le 30 août 2012, les défendeurs ont requis le rejet de la demande, subsidiairement que les appelés en cause les relèvent de tout paiement auquel ils pourraient être condamnés. Les appelés en cause ont conclu à leur libération. A.d. Par jugement du 5 octobre 2012, le Juge des districts de Martigny et St-Maurice a condamné les défendeurs à payer solidairement aux demandeurs, créanciers solidaires, la somme de 34'989 fr.50 avec intérêts à 5% l'an dès le 24 janvier 2007, soit 22'000 fr. pour la réfection des fissures, 11'000 fr. pour la moins-value consécutive au défaut du toit et 1'989 fr. 50 pour les frais de l'expert privé I.________. Concernant l'enrochement défectueux, le Juge de district a admis que ce défaut n'avait été allégué que le 3 mars 2008, soit à un moment où le délai de prescription de cinq ans à partir de la réception de l'ouvrage, instauré par l'art. 371 al. 2 aCO, était atteint. Et les défendeurs n'avaient pas dissimulé intentionnellement ledit défaut, si bien que le délai de prescription extraordinaire de dix ans n'entrait pas en ligne de compte. Les malfaçons ayant affecté le carrelage et les chapes n'avaient pour leur part été invoquées que le 29 septembre 2011, soit plus de dix ans après la livraison de l'ouvrage, sans qu'il n'y ait eu de causes d'empêchement ou de suspension de la prescription; cette dernière était ainsi acquise dans tous les cas de figure. Le Juge de district a condamné chacun des appelés en cause à payer solidairement aux défendeurs le montant de 11'663 fr.15 en capital, représentant le tiers de la somme totale mise à la charge des architectes. Il a enfin mis les frais de la procédure et les frais de la procédure de preuve à futur, représentant en tout 21'000 fr., à raison des deux tiers solidairement à la charge des demandeurs et d'un tiers, par parts égales, entre les défendeurs, solidairement entre eux, l'ingénieur D.________ et E.________.