Citation: 5A_779/2023 E. 4.2

4.2. A l'instar du premier juge, l'autorité cantonale a considéré que l'épouse avait rendu vraisemblable qu'elle avait souffert de plusieurs ennuis de santé les deux années précédant le dépôt de la requête, ce que le mari ne contestait du reste pas. Elle avait ainsi souffert d'une épicondylite aiguë du membre supérieur gauche, lui provoquant de violentes douleurs constantes et insomniantes, à tout le moins d'avril à août 2021, sans qu'un traitement ait permis d'en diminuer les symptômes. Son chirurgien avait indiqué, dans son courrier du 13 décembre 2022, que sa patiente souffrait également, depuis le printemps 2021, d'un reflux gastro-oesophagien symptomatique engendrant des brûlures rétrosternales et des remontées acides, notamment en position couchée, affection qui nécessitait une nouvelle intervention chirurgicale - laquelle avait eu lieu le 1er février 2023 - en raison d'un risque de développer à moyen terme une dysplasie ou un cancer. Compte tenu de ces éléments, il était vraisemblable qu'au moment du dépôt de la requête de modification, soit le 30 septembre 2022, l'état de santé de l'épouse ne permettait pas d'exiger d'elle la reprise d'une activité lucrative régulière. Du reste, une nouvelle opération chirurgicale était agendée à brève échéance, pour laquelle la durée de convalescence habituelle était de deux mois à 100%, suivie d'une reprise progressive à 50%. Le mari se prévalait dès lors en vain d'une éventuelle amélioration, temporaire au 30 septembre 2022, de la santé de l'épouse. Il importait également peu de savoir si celle-ci avait recouvré totalement ou partiellement sa capacité de travail depuis lors, la date du dépôt de la requête de l'époux étant déterminante à cet égard, ce que celui-ci ne contestait pas. Partant, le premier juge avait considéré à bon droit qu'au moment déterminant, les conditions d'une modification n'étaient pas - en tout cas pas encore - réunies pour que l'on puisse imputer un revenu hypothétique à l'épouse. Dès lors que le mari ne remettait pas en cause l'appréciation relative au loyer de celle-ci - qui n'avait ainsi pas à être revue -, l'autorité cantonale a conclu que le refus du premier juge de procéder à une modification était conforme à l'art. 179 CC.