Citation: 4A_203/2021 E. 4.1

4.1. Premièrement, la cour cantonale a considéré que la demanderesse n'a pas apporté de preuve suffisante de la fabrication de ces cinq kits: le tableau invoqué par elle, qui récapitule les commandes passées pour les composants nécessaires à la fabrication de ces kits, n'est qu'un allégué de partie, qui n'est établi par aucune commande à des fournisseurs ou bulletins de livraison des composants; en outre, s'il fait état de commandes de matériel, ce tableau n'établit pas encore que des kits ont été assemblés; enfin, certaines pièces n'ont été réceptionnées qu'après que l'acheteuse a demandé à la venderesse de stopper toute production des kits commandés jusqu'à ce que les problèmes techniques soient résolus. Cela signifie qu'à cette date, l'intégralité des kits ne pouvait avoir été assemblée. Contrairement à ce que soutient la recourante, la cour cantonale a bien pris en considération ce tableau, mais a considéré qu'il ne prouvait pas la fabrication en tant que telle des cinq kits, puisque la commande même de leurs composants n'était pas établie et que certaines pièces n'avaient été réceptionnées par elle qu'après le 12 juillet 2011, date à laquelle la défenderesse avait demandé de stopper toute production de nouveaux kits. Or, la recourante ne démontre pas l'arbitraire de cette constatation lorsqu'elle se limite à affirmer, en se référant au premier jugement, que, selon son représentant, elle entamait le processus de fabrication dès que le calendrier de livraison était établi. Il en va de même lorsqu'elle affirme avoir stocké les kits fabriqués dans son dépôt, fait qui n'est étayé par aucun témoignage, ni aucune pièce. Ce n'était pas à la cour cantonale de " creuser la question ", mais bien à elle d'apporter la preuve certaine de la fabrication des kits avant le 12 juillet 2011. Comme on le verra (cf. consid. 4.2 ci-dessous), la cour cantonale a répondu dans sa seconde motivation à l'argument de la demanderesse selon lequel elle ne pouvait pas annuler une commande de composants faite auprès de fournisseurs juste avant la livraison. La recourante n'apporte aucun élément supplémentaire susceptible de démontrer l'arbitraire, lorsqu'elle affirme que la cour cantonale aurait commis l'arbitraire en s'écartant du jugement de première instance. Enfin, lorsque la recourante invoque en réplique, que la haute vraisemblance serait applicable à la preuve de la fabrication des cinq kits, que la défenderesse n'aurait pas contesté dans sa réponse en première instance que les cinq kits auraient été produits, qu'elle n'a pas contesté non plus l'exactitude du tableau, produit en pièce 52, les griefs de celle-ci, fussent-ils pertinents, sont tardifs et ne peuvent être pris en considération (cf. consid. 2.2).