Citation: I 531/02 30.12.2002 E. 2.2

2.2.1 Selon les avis médicaux versés au dossier préalablement à la décision du 12 mars 1996 (rapports des docteurs W.________ [du 18 avril 1995] et L.________, chirurgien orthopédique [du 23 décembre 1994]), l'assurée souffrait de douleurs articulaires, principalement aux genoux et aux poignets. Le diagnostic posé mentionnait une synovite chronique (suspicion de polyarthrite rhumatoïde séronégative), un état dépressif récidivant et un début d'emphysème pulmonaire. De l'avis de ces médecins, l'intéressée n'était pas en mesure d'accomplir un horaire complet de travail étant donné que l'activité qu'elle exerçait s'effectuait en position debout, lui occasionnant fatigue, douleurs et enflures articulaires après quelques heures. C'est la raison pour laquelle elle présentait dès lors une capacité de travail résiduelle de 60 à 70 % dans son activité habituelle. 2.2.2 Appelé à statuer sur la nouvelle demande de la recourante, l'Office AI a sollicité plusieurs avis du docteur W.________. Aux termes des rapports des 12 avril 1999 et 25 janvier 2000 de ce médecin, l'assurée souffre d'arthralgies multiples, de fibromyalgie, d'arthrose fémoro-tibiale interne gauche, de chondrocalcinose, ainsi que d'un état anxio-dépressif chronique et présente, depuis le 8 mai 2000, une incapacité entière de travail. Le 9 juin 2001, le docteur W.________ a encore produit, à la demande de sa patiente, un avis complémentaire, selon lequel l'atteinte à la santé de l'assurée s'est manifestement aggravée et «l'incapacité de gain» de cette dernière, dans son activité habituelle, est supérieure à deux tiers. Selon la juridiction cantonale, il convient de s'écarter de ces avis médicaux au motif qu'ils émanent d'un médecin généraliste et de se référer au rapport établi le 16 juillet 1997 par le docteur A.________, spécialiste en médecine interne et des maladies rhumatismales. Dans ce rapport, ce médecin a diagnostiqué une arthrose fémoro-tibiale interne gauche secondaire à une probable chondrocalcinose, une coxarthrose gauche débutante, ainsi qu'un état dépressivo-anxieux et indiqué que la bonne fonction des genoux permettait à l'assurée de reprendre son travail. Comme ce rapport ne tient pas compte de l'évolution de l'atteinte à la santé de l'assurée depuis le mois de juillet 1997, il ne saurait prévaloir en toute hypothèse sur l'avis du docteur W.________ donné postérieurement (rapports des 12 avril 1999 et 25 janvier 2000), cela d'autant moins que dans un rapport subséquent daté du 4 mai 1998, le docteur A.________ a modifié son précédent diagnostic en faisant état - comme le docteur W.________ - d'une fibromyalgie, ainsi que d'un état dépressif, sans toutefois se déterminer plus avant sur la capacité de travail de l'assurée. Dans ces conditions, c'est à tort que la juridiction cantonale a considéré qu'il se justifiait de s'écarter de ces rapports médicaux qui sont au demeurant fondés sur des diagnostics clairs et motivés. 2.2.3 Sur le vu de ce qui précède, on doit admettre que, depuis la décision initiale du 12 mars 1996, l'augmentation de l'incapacité de travail de l'assurée, dans son activité habituelle, constitue une modification importante des circonstances qui est de nature à influencer le degré d'invalidité de l'assurée, donc son droit à une rente. En regard de la nature économique de l'invalidité (art. 28 al. 2 LAI), le fait que la nature des troubles de l'assurée se soit ou non significativement modifiée n'est pas déterminant étant donné que ce n'est pas tant l'état de santé que les conséquences de celui-ci sur la capacité de travail, respectivement de gain de l'intéressée qui sont décisives.