Citation: U 97/04 30.12.2004 E. 3

Les circonstances dans lesquelles l'accident du 16 juin 2000 s'est produit sont remises en cause par le recourant. 3.1 Le premier juge a retenu que l'accident avait consisté en une simple chute d'une hauteur d'environ deux mètres. Le recourant, qui se réfère aux photographies figurant au dossier, affirme que les déclarations de l'employeur ne correspondent pas à la réalité, dans la mesure où l'échafaudage sur lequel s'est produit la chute avait une hauteur supérieure à deux mètres. Il reproche à la juridiction cantonale de s'être fondée sur un état de fait inexact. 3.2 Selon la déclaration d'accident LAA du 19 juin 2000, remplie par la société X.________ SA, le recourant « qui avait sur un plateau posé un bloc de béton pour monter une cheminée, bougea (le plateau) et se le prit sur le côté droit ». D'après les indications du patient qui figurent dans le rapport médical LAA du 1er septembre 2000, l'assuré a reçu une charge de 35 kg en chutant d'une hauteur de 2 mètres sur le côté droit du corps. Lors de son passage aux bureaux de la CNA le 27 septembre 2000, le recourant a déclaré qu'il transportait le 16 juin 2000 des éléments de cheminée sur un échafaudage. Le poids d'un élément était d'environ 37 kg. Pour le transport, il mettait la charge sur l'épaule gauche et la tenait avec les deux mains. A un moment donné, en marchant sur les plateaux composant la rampe, ces derniers avaient bougé. Ceci l'avait fait chuter de la rampe et il était arrivé trois mètres plus bas sur le béton. Il s'était réceptionné sur les fesses puis sur le dos. Dans sa chute, il n'avait pas lâché la charge, mais cette dernière avait glissé pour frapper violemment les côtes à droite. Il avait aussi subi une blessure au coude droit ainsi qu'à la jambe droite, blessures occasionnées vraisemblablement par l'élément en question suite à sa glissade. Le 27 février 2002, le recourant a déclaré à l'inspecteur de la CNA que ce sont les deux planches d'environ trois mètres de longueur qui étaient placées à partir du sol jusqu'au 1er étage de l'échafaudage, soit à une hauteur d'environ trois mètres, qui avaient bougé alors qu'il montait dessus chargé d'un conduit de cheminée d'un poids de 30 kg. Il avait ainsi perdu l'équilibre et il était tombé entre les planches et un mur de maison tout en conservant sa charge sur son épaule droite. Selon l'assuré, l'entreprise avait fait preuve de négligence car, avant de tomber, il avait essayé de se retenir à un piquet de bois qui s'était cassé. Dans son rapport du 18 mars 2002, l'inspecteur de l'intimée a procédé à la reconstitution de l'accident. Selon M. N.________, l'échafaudage mesurait deux mètres et non pas trois comme le prétend le recourant. Il ne pouvait pas y avoir de barrière en bois puisque, à part les plateaux, tout l'échafaudage était en métal. De son côté, M. D.________ a confirmé qu'il n'avait pas vu la chute de l'assuré mais qu'il était arrivé sur place en entendant le bruit. Par rapport au point de chute, celui-ci avait dû tomber d'une hauteur d'un mètre quatre-vingt (1 m. 80) au grand maximum et il s'était éraflé le bras droit contre la paroi de la maison. Le conduit de cheminée était cassé à côté de lui, ce qui laisse penser qu'il n'était pas tombé avec mais qu'il l'avait lâché avant. 3.3 En présence de versions différentes au sujet des circonstances d'un accident, il faut, selon la jurisprudence, donner la préférence à celle que l'assuré a donnée en premier, alors qu'il en ignorait les conséquences juridiques, les explications nouvelles pouvant être - consciemment ou non - le produit de réflexions ultérieures (ATF 121 V 47 consid. 2a et les références; RAMA 2004 n° U 515 p. 420 consid. 1.2, n° U 518 p. 436 consid. 4.2 et n° U 519 p. 440 consid. 3.2; VSI 2000 p. 201 consid. 2d). Le premier juge a retenu que l'accident du 16 juin 2000 avait consisté en une simple chute d'une hauteur d'environ deux mètres, ce qui correspond à la première version des faits relatée par le recourant (cf. les indications du patient figurant dans le rapport médical LAA du 1er septembre 2000). Celle-ci s'impose d'autant plus qu'elle est corroborée par les témoignages de MM. N.________ et D.________, recueillis par l'inspecteur de l'intimée dans son rapport du 18 mars 2002. Contrairement à ce que laisse entendre le recourant, ces témoignages ne sont pas démentis par les photomontages (en noir et blanc et en couleurs), lesquels ne donnent aucune indication sur la hauteur par rapport au sol de l'endroit où il se trouvait quand il a été victime d'une chute.