Citation: 4C.132/2001 12.07.2001 E. A

A.- La société X.________ S.A. exploite une fabrique d'agglomérés. Depuis sa constitution en 1965, elle a confié sa gestion administrative à la fiduciaire A.________, devenue par la suite Fiduciaire B.________ S.A. Le président du conseil d'administration de B.________ S.A. appartenait aussi à celui de X.________ S.A. B.________ S.A. a confié les tâches liées à la gestion administrative de X.________ S.A., à savoir la comptabilité, la correspondance, la facturation, les paiements aux fournisseurs, les prélèvements sociaux et la tenue des salaires à l'un de ses employés. Celui-ci ayant gagné au fil des années la confiance de la fiduciaire, il a bénéficié d'une liberté de manoeuvre toujours plus grande. Pour les besoins de son administration courante, X.________ S.A. a remis son sceau à B.________ S.A., sans lui donner d'instructions particulières. L'employé chargé de la gestion de X.________ S.A. a pu disposer à sa guise de ce sceau. De 1982 à 1992, cet employé a abusé de sa position pour prélever à son profit un montant total de 1'017'991, 65 fr. au détriment de X.________ S.A. Y.________, employé, puis directeur de la succursale de la banque Z.________, a occupé la fonction de contrôleur aux comptes de X.________ S.A. de 1965 à 1992. Il touchait, pour ce mandat, une rémunération de 500 fr. par an, qui a passé à 1'000 fr. et, finalement, à 1'200 fr. A la fin de chaque exercice, toute la comptabilité de la société était transmise à Y.________. Année après année, celui-ci a indiqué qu'il avait contrôlé les comptes annuels de la société et que la vérification des écritures comptables lui avait permis de constater la régularité du bilan et la concordance du compte de pertes et profits avec les livres, ajoutant à chaque fois que les éléments de l'actif étaient justifiés. Il recommandait, en conclusion, l'approbation des comptes. Il a été établi que le contrôleur n'avait, de 1982 à 1992, pas procédé à des vérifications suffisantes et qu'un examen correct lui aurait permis de déceler les erreurs comptables et les montants détournés. Sur les 1'017'991, 65 fr. soustraits par l'employé de la fiduciaire, celui-ci a remboursé un montant de 15'380, 60 fr. à X.________ S.A. B.________ S.A. a versé 975'000 fr. à la société lésée, le 3 septembre 1992.