Citation: 6B_319/2017 E. A

A.a. Par jugement du 27 septembre 2013, le Tribunal correctionnel a reconnu X.________ coupable notamment de vol, tentative de brigandage, dommages à la propriété, violation de domicile, tentative d'extorsion, désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel, opposition aux actes de l'autorité, violations simple et grave des règles de la circulation routière, conduite dans l'incapacité de le faire et sans permis de conduire, vol d'usage et infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants. Il a condamné l'intéressé à une peine privative de liberté de six mois, sous déduction de douze jours de détention avant jugement, suspendue au profit d'un traitement institutionnel en milieu ouvert au sens de l'art. 59 al. 2 CP. Pour rendre cette décision, le Tribunal correctionnel s'était en particulier fondé sur une expertise rendue le 24 février 2011 qui concluait à l'existence d'un grave trouble mental sous forme d'une schizophrénie et d'une utilisation nocive pour la santé d'alcool et de dérivés cannabiques. La diminution du risque de récidive, qualifié d'important, ne pouvait se concevoir que dans le cadre d'une mesure institutionnelle hospitalière. A.b. Alors que X.________ était hospitalisé à A.________ depuis le 19 février 2012, le Service de l'application des peines et mesures (SAPEM) a ordonné, le 20 janvier 2014, sa réintégration en milieu pénitentiaire fermé, au motif qu'il ne respectait pas le cadre mis en place par le personnel soignant, n'adhérait pas au programme de soins, fuguait quotidiennement et rapportait des substances illicites en vue de les fournir à d'autres patients ou de les consommer. L'intéressé a été transféré à la prison de B.________ trois jours plus tard. Le Tribunal d'application des peines et des mesures (TAPEM) a ordonné le maintien de la mesure thérapeutique institutionnelle en milieu fermé le 11 avril 2014. Le 28 août 2014, il a rejeté la demande de levée de la mesure formée par X.________. A.c. Le 20 octobre 2014, X.________ a été retransféré à l'unité C.________ de A.________, destinée aux patients avec mesure en milieu ouvert. Le 30 avril 2015, sur la base de préavis positifs des institutions compétentes, le SAPEM a proposé l'octroi d'un régime de congés accompagnés, qui a été accordé par le Conseiller d'État chargé du Département de la sécurité et de l'économie (DSE). A partir du 12 janvier 2016, X.________ a été accueilli dans une institution en milieu ouvert, la Résidence D.________ des Établissements E.________. Par jugement du 19 janvier 2016, le TAPEM a ordonné la poursuite du traitement institutionnel, relevant que l'intéressé avait encore manifestement besoin d'un cadre structurant et quelque peu coercitif, son évolution vers une adhésion au traitement et une diminution des errances étant récente et encore bien incomplète. Le 1er février 2016, le SAPEM a proposé l'instauration d'un régime de congés non accompagnés, qui a été accordé par le Conseiller d'État chargé du DSE. A.d. Le 9 mai 2016, à la suite de nombreuses plaintes émanant du Foyer D.________ concernant le non-respect du cadre institutionnel, notamment de multiples fugues, des entretiens thérapeutiques volontairement manqués et une consommation répétée de cannabis, le SAPEM a décidé la réintégration du recourant à l'unité C.________ de la clinique de A.________ à dater du 9 mai 2016. Rapidement, le SAPEM a été informé par les médecins de A.________ de difficultés liées à la prise en charge de X.________: même si son adhésion à la prise de son traitement était satisfaisante, les injections étaient souvent décalées en raison de ses nombreuses fugues, il refusait de participer aux activités de psychomotricité et consommait du cannabis de façon régulière. L'alliance thérapeutique était encore embryonnaire; l'intéressé éprouvait de grandes difficultés à respecter le cadre de sa prise en charge psychiatrique; par rapport aux infractions commises, il n'avait pas développé de critique et de regrets constructifs susceptibles de l'aider à en tirer un enseignement et l'on était loin d'un travail introspectif pouvant donner lieu à une authentique remise en question. Des entretiens avec le SAPEM à ce sujet et les très nombreux rappels à l'ordre du personnel soignant, notamment s'agissant de l'augmentation des fugues, n'avaient pas permis une amélioration de la situation. Un avertissement formel a été notifié à l'intéressé par le SAPEM le 12 octobre 2016. A.e. Le 13 octobre 2016, la clinique de A.________ a adressé au SAPEM un bilan de suivi, soulignant les difficultés éprouvées par X.________ pour se plier aux règles communes et récapitulant les mesures prises, tant sur le plan disciplinaire que thérapeutique. Parallèlement, une nouvelle expertise psychiatrique de l'intéressé a été établie le 14 octobre 2016, à l'initiative du SAPEM. L'expert concluait que la priorité devait être donnée à une structure de soins médicaux psychiatriques dans un environnement contrôlé ne permettant ni fugue, ni manquement aux entretiens thérapeutiques ou aux activités diverses proposées. A défaut d'accueil dans une telle structure spécialisée, un placement dans l'unité Curabilis pouvait être envisagé, voire, à titre très subsidiaire, un internement dans un établissement pénitentiaire de type Champ-Dollon. Le 31 octobre 2016, le SAPEM a décidé, à titre de mesure conservatoire, la réintégration de l'intéressé en milieu pénitentiaire fermé et, après avoir obtenu confirmation de la clinique de A.________ que tous les contrôles toxicologiques effectués durant son séjour s'étaient révélés positifs au cannabis, a proposé au Conseiller d'État chargé du DSE de valider cette décision. Ainsi, le 8 novembre 2016, le Conseiller d'État chargé du DSE a ordonné le placement de X.________ en milieu fermé et a, ce faisant, révoqué le régime de congés non accompagnés octroyé le 10 février 2016 ainsi que tout autre allègement antérieur.