Citation: U 27/00 29.01.2001 E. A

A.- M.________ travaillait comme maçon dans l'entreprise S.________ SA, à D.________. A ce titre, il était assuré auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA) contre le risque d'accident professionnel et non professionnel. Le 6 avril 1994, l'assuré a trébuché sur une pierre et s'est blessé au genou gauche en effectuant des travaux de rhabillage sur un chantier. Son médecin traitant, le docteur K.________, spécialiste FMH en médecine générale, a posé le diagnostic de suspicion de lésion du ménisque et a attesté une incapacité de travail de 100 % dès le 8 avril 1994. La CNA a pris en charge le cas. Malgré les soins qui ont été prodigués à l'assuré, notamment sous la forme d'un traitement conservateur puis, le 22 août 1994, d'une révision chirurgicale, le genou gauche est resté douloureux et les tentatives de reprise du travail se sont révélées infructueuses. Aussi le docteur K.________ a-t-il adressé M.________ au service orthopédique de l'Hôpital X.________, où l'on a pratiqué, le 20 janvier 1995, une résection partielle de la corne postérieure du ménisque interne du genou. A la suite de cette intervention, l'assuré a séjourné à la Clinique Z.________, du 5 avril au 5 mai 1995. Les médecins ont diagnostiqué une inflammation du genou gauche avec suspicion d'algodystrophie et ont préconisé une reprise du travail à 50 % dès le 15 mai 1995, en relevant que le déficit de flexion était difficile à objectiver et qu'il fallait en outre tenir compte d'une certaine tendance à l'exagération de la part de l'assuré (rapport de sortie de la Clinique Z.________ du 5 mai 1995). A la suite de l'échec d'une nouvelle tentative de reprise du travail, celui-ci a derechef été soumis à des examens médicaux qui ont permis de mettre à jour une maladie de Sudeck à la jambe gauche (rapport du 6 décembre 1995 des docteurs E.________ et W.________ de l'Hôpital X.________). Dans un rapport du 27 mars 1996, le docteur P.________, médecin d'arrondissement de la CNA, a considéré, sur le vu des pièces médicales au dossier et après avoir examiné l'assuré, que la capacité de travail de celui-ci était nulle en l'état actuel des choses, en ajoutant qu'il ne semblait pas y avoir de composante psychogène à cette situation. Ce médecin s'est toutefois ravisé dans un rapport du 29 mai 1996, aux termes duquel il a noté qu'il y avait «indiscutablement chez l'assuré une exagération de la symptomatologie» et qu'une reprise du travail était exigible dès le 3 juin 1996. Par décision du 7 juin 1996, la CNA a mis fin au versement des indemnités journalières à partir du 3 juin 1996. Invoquant l'avis de son médecin traitant, M.________ a fait opposition à cette décision. Il a alors été examiné par un autre médecin d'arrondissement de la CNA, le docteur B.________, lequel a relevé l'existence d'une composante psychogène «non négligeable», concluant que l'incapacité de travail n'était que partiellement imputable aux lésions du genou gauche et qu'une nouvelle hospitalisation de l'assuré à la clinique Z.________ était souhaitable (rapport du 26 juin 1996). Celle-ci s'est déroulée du 12 au 30 août 1996; à son issue, la capacité de travail de l'assuré a été évaluée à 50 % dans sa profession de maçon (rapport de sortie de Z.________ du 13 septembre 1996). A l'occasion d'un examen final du 29 octobre 1996, le docteur B.________ a confirmé cette appréciation, en précisant qu'un «travail léger en sollicitation alternée ou en position assise pourrait être effectué sans aucune restriction à plein temps, plein rendement». Il a en outre estimé le taux de l'atteinte à l'intégrité à 15 %. Sur la base de ces constatations médicales et afin de tenir compte des circonstances particulières du cas, la CNA a repris jusqu'au 31 décembre 1996 le versement, interrompu depuis le 3 juin 1996, des indemnités journalières (lettre du 13 décembre 1996). Elle a par ailleurs octroyé à l'assuré, d'une part une rente d'invalidité fondée sur une perte de gain de 30 % avec effet au 1er janvier 1997 et, d'autre part, une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 15 % (décision du 16 juin 1997). Saisie d'une opposition, la CNA l'a rejetée par une nouvelle décision du 10 septembre 1997.