Citation: 4C.155/2006 23.10.2006 E. A

B.________ exploitait, en raison individuelle, une entreprise de serrurerie et de constructions métalliques. Par contrat du 2 décembre 1967, il a engagé A.________ , dès le 1er février 1968, en qualité de chef technique du département de charpentes métalliques; l'employé était chargé des offres, projets, calculs statiques, devis, plans d'exécution, surveillance des travaux en usine et montage, ainsi que des contacts avec la clientèle, en étroite collaboration avec la direction et le personnel responsable. Les parties ont notamment convenu du principe du versement d'une gratification annuelle, variant selon le résultat de l'exercice mais s'élevant à un mois de salaire au maximum. Le contrat instituait un délai de congé de trois mois; il précisait que les «assurances accidents, maladies, allocations familiales et vacances [étaient] celles prévues par le contrat collectif MSV». Le 26 février 1988, la société Y.________ SA, a été constituée. Elle a repris les activités de l'entreprise individuelle; C.________ est administrateur de la société. A.________ a travaillé dès lors pour la nouvelle société anonyme, dont la raison sociale est Z.________ SA depuis le 12 octobre 1998. Il résultait du nouveau contrat que le travailleur bénéficiait des prestations sociales servies jusqu'alors. A la fin des années 1990, les relations de A.________ avec plusieurs collègues et C.________ se sont détériorées. En 2000, Z.________ SA a mandaté une société active dans le conseil en organisation et en gestion d'entreprise; celle-ci a constaté que le «poste [de A.________ ] coûtait très cher à l'entreprise». X.________ Sàrl, fondée le 1er octobre 1997, a pour but l'acquisition et l'exploitation d'immeubles et d'entreprises agricoles, ainsi que la transformation et la vente de produits issus de cette exploitation; par ailleurs, elle établit et réalise des projets en matière de constructions métalliques. C.________ est associé-gérant de la société à responsabilité limitée. A la suite d'une restructuration interne, A.________ a travaillé, dès le 1er janvier 2001, pour X.________ Sàrl, en qualité de directeur du secteur de charpentes métalliques. Au moins quatre autres employés de Z.________ SA ont passé au service de X.________ Sàrl à partir du 1er janvier 2001, sans que leurs tâches aient été modifiées. Occasionnellement, X.________ Sàrl a mis A.________ à disposition de Z.________ SA. Le 30 avril 2001, Z.________ SA a constaté les «mauvais résultats engendrés par le secteur de charpente métallique lors des exercices 1999 et 2000»; elle a invité A.________ à justifier les pertes sur plusieurs chantiers. S'agissant plus particulièrement du chantier R.________ , A.________ a répondu, le 18 mai 2001, que la perte estimée à 174'500 fr. résultait de l'exécution d'un couvert de voitures; il en a attribué la responsabilité à l'un de ses collègues, qui aurait établi des offres supplémentaires sans le consulter. Par lettre du 21 septembre 2001, X.________ Sàrl a résilié le contrat de travail pour le 30 novembre 2001. A.________ a travaillé jusqu'à cette date. En 2001, le salaire mensuel brut de A.________ s'élevait à 10'418 fr.20. En octobre et novembre 2001, X.________ Sàrl a déduit du revenu versé à son collaborateur les montants de 4'572 fr.90 et 5'128 fr.10 «afin de compenser très partiellement les pertes que celui-ci avait fait subir à la société Z.________ SA». Pour la même raison, elle a réduit la «gratification/13ème salaire» d'un montant de 4'745 fr.75; cette prestation, calculée au taux de 8,33% du salaire brut annuel, devait se monter à 9'546 fr.20. Le 21 décembre 2001, le Dr D.________ , médecin traitant de A.________ , a attesté d'une incapacité de travail de son patient de 100% à partir du 12 décembre 2001. Une coronographie exécutée à cette date avait mis en évidence une maladie coronarienne tritronculaire. Le certificat a été remis à X.________ Sàrl le 26 décembre 2001. A.________ a subi un quadruple pontage coronarien en date du 28 janvier 2002. L'incapacité de travail à 100% a cessé le 31 mai 2002. Les 7 janvier et 27 mars 2002, le Dr D.________ a établi de nouveaux certificats, faisant état d'une incapacité totale de travail de A.________ dès le 28 novembre 2001. A une date indéterminée, Z.________ SA a cédé à X.________ Sàrl «toutes prétentions qu'elle pourrait faire valoir» contre A.________ «pour dommages causés dans l'exécution de son travail».