Citation: 6P.8/2005 07.04.2005 E. A

Le 14 novembre 1984, B.X.________, industriel italien fortuné, est mort à Miami (Floride, USA). Peu avant sa mort, il avait rédigé un testament olographe, par lequel il léguait la quotité disponible de sa succession à différentes institutions dépendant du Vatican et envisageait de déshériter son épouse A.X.________ et ses enfants C.X.________ et D.X.________, nés respectivement en 1965 et 1963, au profit desdites institutions religieuses ainsi que d'autres oeuvres pieuses. Cette dernière disposition n'a toutefois pas trouvé application faute de cause d'indignité dans le droit italien applicable. Après s'être opposée pendant des années, dans le cadre de nombreuses procédures judiciaires, à la maîtresse de son défunt mari, A.X.________ a entamé plusieurs actions aux fins de retrouver l'argent que le défunt aurait placé dans diverses banques genevoises et confondre les personnes et établissements qui se seraient illicitement appropriés des fonds de la succession. Elle a notamment déposé une plainte pénale contre Y.________, avocat genevois du défunt, et contre Z.________ et P.________, responsables d'établissements bancaires genevois. Le 21 septembre 2001, le Procureur général genevois a classé ces plaintes. Le 22 février 2004, agissant pour elle-même et pour ses enfants, A.X.________ a déposé une nouvelle plainte auprès du Procureur général de la Confédération. Ce dernier s'est déclaré incompétent. Le 22 mai 2004, par lettre munie de sa seule signature, A.X.________ a adressé, "au nom de l'hoirie X.________", sa plainte pour gestion déloyale et abus de confiance au Procureur général genevois. Il y est précisé: "Avec la plainte, signée par moi-même, vous trouverez des procurations notariées signées par mes deux enfants, expressément rédigées pour la plainte pénale". Les documents en question, manuscrits et en français, avaient été produits avec la plainte adressée le 22 février 2004 au Procureur général de la Confédération. Ils sont légalisés par un "public notary" de Sydney avec la date du 9 août 2002; chaque enfant y déclare notamment "déposer cette plainte pénale, que j'approuve entièrement". Le Procureur général genevois a classé la plainte par décision du 22 juin 2004 notifiée à A.X.________, motifs pris qu'elle était identique à celle qu'elle avait déposée le 18 septembre 2001 et qu'aucun fait nouveau n'avait été allégué.