Citation: 6S.149/2005 31.05.2005 E. 2

Le recourant conteste le principe de son expulsion. 2.1 Il fait valoir qu'il vit depuis une douzaine d'années en Suisse, où il est au bénéfice d'un permis B et où il a travaillé pendant une dizaine d'années pour la même entreprise, dans laquelle il pourrait retourner à sa sortie de détention. Il invoque également ses liens avec ses trois enfants, insistant notamment sur les visites qu'ils lui ont rendues pendant sa détention et sur le besoin qu'ils ont de leur père. Il relève encore qu'il n'a que peu d'attaches avec son pays d'origine, où il n'est retourné qu'une seule fois depuis qu'il est en Suisse et que ses enfants, qui sont nés en Suisse, n'ont jamais visité. Il estime que, dans ces conditions, son expulsion ne pourrait se justifier que s'il présentait un danger sérieux pour la sécurité publique, ce qui devrait être nié au vu des infractions, non empreintes de violence, commises. 2.2 Bien qu'elle soit de manière prépondérante une mesure servant à la protection de la sécurité publique, l'expulsion est aussi une peine accessoire réprimant une infraction. Elle doit donc être fixée en tenant compte non seulement du but de sécurité publique qu'elle remplit mais aussi des critères qui régissent la fixation d'une peine, soit d'après la culpabilité du délinquant, eu égard aux mobiles, aux antécédents et à la situation personnelle de celui-ci. Le juge dispose à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation, de sorte que la Cour de cassation n'intervient que s'il s'est fondé sur des critères non pertinents ou s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation en prenant une décision exagérément sévère ou clémente (ATF 123 IV 107 consid. 1 p. 108 s.).