Citation: 2A.43/2006 31.05.2006 E. 3.2

3.2.1 Le recourant a séjourné légalement en Suisse pendant cinq ans et trois mois seulement. La période durant laquelle il a séjourné illégalement dans ce pays n'étant pas prise en compte, il ne saurait donc se prévaloir d'une durée de séjour particulièrement longue. Contrairement à ce qu'il prétend, le recourant ne saurait davantage se prévaloir d'un comportement irréprochable durant son séjour en Suisse. Même si l'on fait abstraction du caractère illégal de ce séjour entre fin 1991 et début février 1995, puis dès le 30 juin 2000 jusqu'au 26 mai 2003, il reste que, attribué au canton de Zurich dans le cadre de la procédure d'asile qu'il avait introduite, il ne s'est jamais conformé à cette attribution, poursuivant sans désemparer son activité lucrative dans le canton de Fribourg. En outre - et ce fait est plus grave - il n'a pas hésité à toucher pour lui et sa famille une pleine assistance de la part des autorités zurichoises. Il s'est, de plus, à deux reprises, en 2000 et en 2002, soustrait à une mesure d'éloignement. Il doit dès lors être qualifié d'étranger indésirable. Il n'est ni contestable, ni contesté, qu'il a réussi son intégration sociale et professionnelle: il a occupé le même emploi pendant plus de dix ans et donné entière satisfaction à son employeur. Il a su gagner la sympathie de son entourage et sensibiliser de nombreuses personnes à son cas. Toutefois, et comme l'a retenu à juste titre le Département fédéral, il ne s'agit pas là d'une intégration à ce point exceptionnelle qu'elle justifierait à elle seule une exception aux mesures de limitation ni, à plus forte raison, suffirait à contrebalancer les éléments négatifs ci-dessus rappelés. II en va de même du fait que la totalité, selon ses dires, de sa plus proche famille, vit en Suisse. 3.2.2 Les époux X.________ ont, en novembre 2002, perdu leur deuxième enfant trois jours seulement après sa naissance. A l'appui de sa demande d'autorisation de séjour, le recourant a produit un rapport daté du 21 mars 2003 établi par la psychologue F.________, spécialiste en psychothérapie FSP et psychologue agréée à la clinique de gynécologie et d'obstétrique de l'Hôpital cantonal Y.________. L'auteur de ce rapport déclare suivre le couple X.________ dans son cabinet psychothérapeutique à l'Hôpital cantonal Y.________. Elle décrit l'équilibre psychologique de ce couple comme fortement perturbé par cet événement. L'épouse présente "les symptômes d'un deuil pathologique... caractérisé par une tristesse énorme, un état dépressif grave, qui n'avance pas dans les phases naturels (sic) d'un deuil, des idées suicidaires, des sentiments de dépersonnalisation, une perte du sens de la vie, etc."; elle souffre de forts troubles psychosomatiques, l'époux à un degré "légèrement moindre". L'épouse n'est actuellement pas en mesure de renoncer à sa psychothérapie ou de changer de thérapeute sans encourir des risques graves. II devrait être renoncé à une expulsion: le fait que leur enfant soit enterré en Suisse "ne permet plus" à ces époux de quitter ce pays; des visites régulières de la tombe "sont une nécessité absolue pour des parents en deuil" et "ceci doit rester possible durant toute une vie". Toutefois, le fait qu'un membre d'une famille, même lorsqu'il s'agit d'un enfant, soit enseveli en Suisse ne justifie pas l'octroi d'une exception aux nombres maximums des étrangers exerçant une activité lucrative. Cela vaut, a fortiori, lorsque l'enfant est, comme en l'espèce, décédé trois jours, soit peu de temps, après sa naissance, pour tragiques que soient ces circonstances. D'ailleurs, comme il résulte clairement de la teneur du rapport précité, l'épouse, qui est de loin la plus gravement affectée par cet événement, ne s'en prévaut pas pour solliciter une autorisation de séjour. Elle a maintenant quitté la Suisse depuis près de trois ans; or, curieusement, le recourant n'allègue nullement qu'elle n'aurait pu retrouver, dans son pays d'origine, les soins nécessités par son état, voire, que son état se serait dégradé comme le rapport précité en exprimait la crainte et qu'un retour en Suisse constituerait, aujourd'hui encore, une nécessité absolue et proprement existentielle. Il faut enfin rappeler que le recourant conserve la possibilité d'effectuer, à intervalles réguliers, de brefs séjour en Suisse pour se rendre sur la tombe de son enfant. L'argument du recourant doit être écarté.