Citation: 5A_831/2022 E. 3.3

3.3. Il ressort de ce qui précède qu'il appartenait à l'ex-épouse, dès lors qu'elle souhaitait obtenir une contribution d'entretien après divorce, de démontrer qu'elle n'était pas en mesure de pourvoir elle-même à son entretien convenable et qu'on ne pouvait l'exiger d'elle. C'est donc à elle qu'il incombait d'établir être en incapacité de travailler en raison de son état de santé (cf. arrêts 5A_530/2022 du 11 novembre 2022 consid. 2; 5A_239/2017 du 14 septembre 2017 consid. 2.2). En tant qu'elle fait valoir que le recourant serait de mauvaise foi car il aurait lui-même " activement soutenu " qu'elle était incapable de travailler et aurait produit des photographies démontrant son incapacité " à simplement tenir son propre ménage ", l'intimée se fonde sur des éléments qui ne ressortent pas de la décision querellée (art. 105 al. 1 LTF; ATF 140 III 16 consid. 1.3.1) sans soulever de grief d'arbitraire à cet égard, de sorte que sa critique est irrecevable (cf. supra consid. 2.1.2 et 2.2). Par ailleurs, si la Cour des assurances sociales - qui est soumise à des règles de droit matériel et procédural différentes de celles de la présente cause - pouvait constater qu'il n'était prouvé ni que l'intimée soit capable de travailler ni qu'elle ne le soit pas et renvoyer la cause à l'Office AI pour complément d'instruction, la juridiction précédente devait, quant à elle, examiner si, dans la procédure de divorce, l'intimée avait établi être en incapacité de travail. En retenant que l'incapacité de travail de celle-ci n'était pas établie mais que l'ex-époux n'apportait pas non plus de preuve concluante d'une capacité de travail (même partielle) de celle-ci, la juridiction précédente a en réalité exigé du recourant qu'il prouve son contre-allégué, ce qui est contraire à l'art. 8 CC (ATF 130 III 321 consid. 3.4; arrêts 4A_229/2017 du 7 décembre 2017 consid. 8.2; 4A_383/2013 du 2 décembre 2013 consid. 4.2.2; cf. ég. ATF 133 III 81 consid. 4.2.2). Par ailleurs, la cour cantonale a versé dans l'arbitraire en retenant non seulement que l'incapacité de travail de l'intimée n'était pas établie mais aussi que sa capacité d'exercer une activité lucrative était " douteuse ", de sorte qu'il n'y avait pas lieu de lui imputer un revenu hypothétique du travail. Ces deux motifs sont en effet contradictoires puisqu'ils reviennent à considérer, dans un premier temps, qu'il n'y a pas d'incapacité de travail puis, dans un second temps, que celle-ci existe malgré tout. Au vu de ce qui précède, il convient de renvoyer la cause à la juridiction précédente (art. 107 al. 2 LTF) pour qu'elle réexamine la question de la capacité de travail de l'intimée et se prononce à nouveau sur la prise en compte d'un éventuel revenu hypothétique, au regard de l'ensemble des critères déterminants à cet égard (cf. supra consid. 3.2.1).