Citation: 5A_719/2008 18.03.2009 E. 3

3.1 Aux termes de l'art. 29 al. 1 Cst., toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans un délai raisonnable. Le formalisme excessif est un aspect particulier du déni de justice prohibé par l'art. 29 al. 1 Cst. Il est réalisé lorsque la stricte application des règles de procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi, complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel ou entrave de manière inadmissible l'accès aux tribunaux (ATF 130 V 177 consid. 5.4.1 p. 183; 128 II 139 consid. 2a p. 142; 127 I 31 consid. 2a/bb p. 34). L'interdiction du formalisme excessif appartient ainsi aux garanties constitutionnelles d'ordre procédural. 3.2 En l'espèce, le juge instructeur a compris que le demandeur déposait une demande complémentaire, irrecevable selon lui puisque l'échange d'écritures dans la procédure de révision du 10 avril 2007 était terminé. La cour cantonale a écarté la prise à partie - le recours - jugeant que, même si une nouvelle révision était recevable, le requérant avait demandé la jonction, qui n'était pas possible dans le cas particulier. Un tel mode de procéder est constitutif de formalisme excessif. En effet, puisqu'elle a admis que la demande du 10 juillet 2008 devait être recevable en tant que demande de révision nouvelle et indépendante, la cour cantonale ne pouvait confirmer qu'elle devait être renvoyée à son expéditeur au motif qu'elle ne pouvait être jointe à la première demande du 10 avril 2007, à charge pour le recourant de déposer une nouvelle demande, en se prévalant des art. 163 CPC/JU et 139 CO. Il était loisible à la cour cantonale de refuser la jonction, mais elle ne pouvait alors refuser de recevoir l'écriture litigieuse comme une nouvelle demande de révision, indépendante de la première.