Citation: 5A_407/2021 E. 6.2.2

6.2.2. S'agissant du point de savoir si la prise en charge financière de C.________ aurait dû être répartie entre ses parents, pour autant que le grief soit recevable sous l'angle de l'art. 75 LTF (cf. supra consid. 2.3), ce qui paraît douteux, il faut tout d'abord relever que jusqu'à la majorité de C.________, à savoir le 28 juin 2021, la cour cantonale pouvait sans autre tenir compte du fait que la mère, titulaire de la garde exclusive, fournissait une prise en charge en nature, partant, mettre l'entier de la prise en charge financière de l'enfant à la charge du père, ce d'autant que celui-ci se trouvait dans une situation économique plus favorable que la mère (sur les principes applicables en la matière s'agissant de l'entretien de l'enfant mineur, voir notamment ATF 147 III 265 consid. 5.5 et 8.1; arrêt 5A_117/2021 du 9 mars 2022 consid. 4.2). Après la majorité de C.________, seul le critère de la capacité contributive des parents entre en ligne de compte, la notion de prise en charge en nature n'étant plus pertinente (ATF 147 III 265 consid. 8.5 et les références; arrêt 5A_1032/2019 du 9 juin 2020 consid. 5.4.2). Ce nonobstant, dans les circonstances du cas d'espèce, la solution retenue par la cour cantonale d'astreindre le père à continuer à contribuer à l'entier de l'entretien financier de C.________ au-delà de sa majorité ne contrevient pas au droit fédéral. En effet, il ne saurait être exigé de la mère qu'elle participe financièrement à l'entretien de C.________ tant qu'elle se trouve en déficit, ce qui est le cas pour la période précédent l'imputation d'un revenu hypothétique, la condamnation au versement d'une contribution d'entretien supposant que les revenus du parent intéressé excèdent ses propres besoins (arrêts 5A_450/2020 du 4 janvier 2021 consid. 5.3; 5A_848/2019 du 2 décembre 2020 consid. 7.1). Pour la période débutant au moment où la mère percevra un revenu de 4'300 fr. par mois, à savoir au plus tard dès la fin décembre 2022, date à laquelle un revenu hypothétique correspondant au montant précité lui a été imputé, la mère ne se trouvera certes plus en situation de déficit. Cependant, à l'instar de ce qui prévaut en matière d'entretien de l'enfant mineur, dont les besoins financiers peuvent dans certaines circonstances être mis à la charge du parent gardien (ATF 147 III 265 consid. 5.5), il faut admettre que si la capacité financière de l'un des parents est sensiblement plus importante que celle de l'autre parent, il n'est pas critiquable de laisser à celui qui est économiquement le mieux placé la charge de subvenir entièrement à l'entretien de l'enfant majeur. En l'espèce, pour la période à partir de laquelle un revenu hypothétique lui sera imputé, la mère disposera d'un disponible de 500 fr. seulement selon les faits qui ressortent de l'arrêt cantonal (revenus de 4'300 fr. par mois pour des charges de 3'800 fr., à savoir 1'960 fr. [loyer] + 420 fr. [prime d'assurance-maladie, subside déduit, et frais médicaux non couverts] + 70 fr. [abonnement TPG] + 1'350 fr. [entretien de base OP], étant précisé que la taxe d'écolage de 95 fr. ne sera alors plus pertinente). Le père, qui ne devra plus verser de contribution d'entretien en faveur de son ex-épouse, pourra compter sur un disponible mensuel de 6'345 fr. (à savoir 13'000 fr. [revenus] - 4'655 fr. [charges] - 2'000 fr. [acomptes d'impôts]). Son disponible mensuel s'élèvera encore à quelque 4'045 fr. après paiement de ses propres charges, de la contribution d'entretien en faveur de C.________ et des charges de l'enfant majeure D.________ (13'000 fr. [revenus] - 4'655 fr. [charges] - 1'000 fr. [contribution d'entretien en faveur de C.________] - 1'300 fr. [charges de D.________] - 2'000 fr. [acomptes d'impôts]), selon les faits ressortant de l'arrêt entrepris, qui lient le Tribunal fédéral (cf. supra consid. 2.2; voir arrêt cantonal p. 14 consid. 2.3). Au vu de la disproportion manifeste entre les capacités financières respectives des parents - le disponible confortable du père correspondant en l'espèce à plus de 90 % des disponibles cumulés des parents -, la solution retenue par la Cour de justice, consistant à mettre l'entier des besoins de l'enfant C.________ à la charge du père, ne relève pas d'un abus du pouvoir d'appréciation. Tel est d'autant plus le cas qu'en l'occurrence, les charges de la mère prises en compte par la Cour de justice ne tiennent compte que de postes relevant du minimum vital du droit des poursuites; or, selon la jurisprudence, un parent ne peut être astreint à contribuer financièrement à l'entretien de son enfant majeur qu'après couverture de son propre minimum vital du droit de la famille (ATF 147 III 265 consid. 7.3).