Citation: 6B_926/2022 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a retenu que le recourant avait passé les 23 premières années de sa vie en Érythrée et se trouvait en suisse depuis un peu plus de 13 ans où il bénéficiait d'un permis d'établissement (permis C). Le recourant avait acquis des connaissances de français de base. Il n'en était pas à ses premiers démêlés avec la justice suisse. Sur le plan financier, hormis une unique poursuite - payée dans l'intervalle -, le recourant ne faisait pas l'objet d'actes de défaut de biens, des dettes d'impôt devant cependant être encore réglées; il avait en outre bénéficié de l'aide sociale, pour un montant inconnu. L'intégration professionnelle du recourant était relativement bonne, celui-ci travaillant depuis plusieurs années dans la même entreprise; selon la cour cantonale, ses perspectives de formation, d'emploi ou de réinsertion dans son pays d'origines étaient inconnues, les déclarations de l'intéressé selon lesquelles il ne pourrait que difficilement y travailler n'étant pas dénuées de crédibilité. Le recourant vivait en Suisse avec sa femme - également originaire d'Érythrée - qui attendait un enfant et n'avait plus de famille proche dans son pays d'origine. Enfin, le recourant n'était pas impliqué dans la vie associative, sportive et culturelle suisse et ne semblait pas avoir, de quelque manière que ce soit, tissé des liens particulièrement intenses avec la Suisse. Sur la base de ces éléments, la cour cantonale est parvenue à la conclusion que le recourant n'entretenait pas de liens particulièrement étroits avec la Suisse, que ce soit sur les plans professionnel ou social. Le recourant était certes actif professionnellement, mais son intégration s'arrêtait à ce seul fait et devait être qualifiée d'ordinaire, l'intéressé ne présentant en particulier pas une intégration sociale importante. Il était en bonne santé et n'avait pas besoin de traitements qui ne pourraient être administrés qu'en Suisse. L'unité de sa famille ne serait pas mise en danger par son renvoi, étant donné qu'il pourrait être raisonnablement exigé de son épouse et de l'enfant à naître qu'ils partent avec lui. Une ingérence sensible dans la vie familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH n'était pas donnée. La cour cantonale a en outre estimé que l'intérêt à l'expulsion l'emportait largement sur celui du recourant à rester en Suisse. La procédure pénale était la cinquième dirigée contre lui et la peine prononcée était importante. Il s'agissait de la deuxième fois que le recourant blessait de manière violente une autre personne à la tête avec un objet dangereux, ce qui démontrait qu'il n'avait que peu d'inhibitions à s'en prendre à l'intégrité corporelle d'autrui. Considéré comme important, le risque de récidive avait d'ailleurs conduit l'autorité de première instance à révoquer le sursis octroyé à l'exécution de la peine prononcée dans le premier cas de violence.