Citation: 8C_509/2024 E. 7.2.3

7.2.3. Dans ses différents rapports, le docteur E.________ n'a pas mis en évidence d'éléments objectifs ignorés par la doctoresse D.________ ou de contradictions de la part de celle-ci. Il s'est limité à émettre une opinion divergente de celle de l'experte judiciaire. Par ailleurs, celle-ci a pris position sur l'appréciation de son confrère, en expliquant de manière détaillée et convaincante pour quelles raisons elle ne partageait pas son avis, en particulier s'agissant des diagnostics de contusion cérébrale et de troubles neuropsychologiques causés par l'accident. Ce faisant, elle n'a pas remis en cause l'existence d'une commotion cérébrale et d'un syndrome post-commotionnel. Elle n'a pas non plus exclu que l'accident ait pu provoquer des lésions axonales; elle a en revanche estimé que chez une personne ayant subi un TCC léger, d'éventuelles lésions de ce type n'étaient pas suffisamment étendues pour avoir des répercussions cliniques à moyen et long terme. Quant aux déficits sensitivomoteurs évoqués par le docteur E.________ et figurant dans certains rapports médicaux, l'experte judiciaire a exposé que de tels déficits n'avaient pas été retrouvés lors de son expertise, pas plus qu'à l'occasion de l'expertise du CEMed, à l'exception de l'atteinte ophtalmologique. Sur le plan neurologique, elle a ainsi expliqué de manière persuasive pour quelles raisons le diagnostic de "probable contusion fronto-pariétale" posé par le docteur E.________, qui repose sur l'existence de déficits sensitivomoteurs et de lésions axonales diffuses non objectivés, ne peut pas être retenu. Les récriminations du médecin traitant à l'encontre des résultats de l'examen neuropsychologique et de l'appréciation qui en a été faite par l'experte judiciaire ne sont pas non plus de nature à mettre sérieusement en doute l'appréciation circonstanciée de l'experte judiciaire, le docteur E.________ n'étant de surcroît pas spécialisé en neuropsychologie et n'ayant ni procédé ni fait procéder à aucun examen neuropsychologique. On ajoutera que l'appréciation de la doctoresse D.________ converge avec celle des experts du CEMed. Ceux-ci ont en effet diagnostiqué un "possible discret TCC" et des plaintes persistantes sans substrat somatique - notamment post-traumatique - clairement objectivable. Ils ont en outre fait état d'une majoration des symptômes au plan neuropsychologique.