Citation: 1C_695/2023 E. 3.3.3

3.3.3. L'instauration de la zone réservée 3, qui concerne la bande de territoire située entre l'autoroute A9 et la bande littorale de Clarens, Montreux et Territet, et qui englobe les parcelles de la recourante (cf. rapport 47 OAT, ch. 6.3, p. 14), apparaît par ailleurs proportionnée, en particulier apte et nécessaire pour garantir à l'autorité communale la latitude nécessaire pour une révision de sa planification, en particulier pour la détermination d'une zone constructible conforme à l'art. 15 LAT, qui relève d'un intérêt public important. En effet et tout d'abord, que l'IUS soit actuellement de 0,1, selon le PEP en vigueur, n'exclut pas par principe - contrairement à ce que soutient la recourante - que ses parcelles puissent être retirées de la zone à bâtir lors de la révision du plan général, tout particulièrement au regard de leur proximité avec un large secteur non construit sis au nord et en partie au sud. D'ailleurs, le périmètre de centre n'interdit pas le maintien en son sein de parcelles non construites et d'espaces verts permettant de garantir une urbanisation de qualité, singulièrement en ménageant des aires de verdure et espaces plantés d'arbres (cf. art. 3 al. 3 let. e LAT). Ensuite et à l'inverse, il ressort du rapport 47 OAT que les parcelles de la recourante présentent un certain potentiel constructible (cf. rapport 47 OAT, ch. 6.3.2, p. 14, en particulier nbp 8), lequel ne se détermine au demeurant pas à la lumière du faible IUS actuel, mais d'éventuelles possibilités pour une meilleure utilisation du sol (surfaces sous-utilisées), comme l'a identifié le Tribunal cantonal; ce dernier a considéré, à la lumière du rapport 47 OAT (p. 14), que la municipalité entendait étudier, dans le cadre de sa future planification, une adaptation du PEP afin de mettre en oeuvre le principe énoncé à l'art. 3 al. 3 let. a bis LAT (densification). Cela constitue par ailleurs une motivation suffisante sous l'angle du droit d'être entendu, qui permettait à la recourante de comprendre, quoi qu'elle en dise, les motifs ayant conduit à l'affectation de ses parcelles en zone réservée (cf. ATF 148 III 30 consid. 3.1) : la commune pourrait par hypothèse vouloir densifier ce secteur, au vu de sa situation dans le périmètre de centre, et réduire sa zone à bâtir dans d'autres secteurs éventuellement plus propices, compte tenu en particulier du caractère relativement hétéroclite de son territoire (s'étendant du littoral du Léman aux Rochers de Naye). Or, sans l'instauration d'une zone réservée, la réalisation de constructions peu denses au bénéfice de la réglementation ancienne actuellement en vigueur conduirait à la suppression de toute possibilité ultérieure de densification dans cette portion du territoire.