Citation: 5A_683/2023 E. 7.2

7.2. Il ressort de l'arrêt querellé que, s'appuyant en particulier sur le rapport d'expertise, l'autorité de première instance avait considéré que le maintien de relations personnelles entre l'enfant et ses parents d'accueil n'était pas dans l'intérêt de celle-ci. L'enfant avait en effet repris racine auprès de sa mère, qui assurait sa prise en charge de manière adéquate, et elle se développait harmonieusement sur le plan personnel et scolaire. Exposée à un profond conflit de loyauté issu des tensions et de l'esprit de rivalité ayant émergé entre les parents biologiques et la famille d'accueil, l'enfant avait présenté d'importants signes d'inconfort et d'anxiété et la reprise de liens avec ses parents d'accueil la maintiendrait dans ce climat conflictuel, toute perspective d'apaisement entre les deux familles apparaissant vaine au regard des difficultés des parents d'accueil à collaborer avec les curateurs de l'enfant. La fixation d'un droit de visite de la famille d'accueil empiéterait en outre sur les relations personnelles entre l'enfant et son père. La cour cantonale a retenu que l'autorité de première instance avait procédé à une appréciation correcte des éléments au dossier en retenant que la reprise des relations personnelles entre l'enfant et ses parents d'accueil n'était pas dans l'intérêt de celle-ci. Elle a relevé que l'enfant vivait avec sa mère depuis le mois d'août 2021 et qu'elle voyait son père, sauf accord contraire des parents, à raison d'un week-end sur deux et de la moitié des vacances scolaires. Selon l'expert, la mère était en mesure d'accompagner sa fille dans la transition entre sa vie auprès de la famille d'accueil et sa vie auprès d'elle. Par ailleurs, dans leurs déterminations, les curatrices avaient relevé que l'enfant évoluait bien et qu'elle trouvait une stabilité auprès de sa mère, qu'elle s'intégrait bien dans son école, qu'elle se comportait comme une fille de son âge et qu'elle ne montrait pas de signes de souffrance. La juridiction cantonale a en outre souligné que tant le médecin expert que les curatrices étaient d'avis qu'il n'était pas dans l'intérêt de la mineure de maintenir les liens entre celle-ci et ses parents d'accueil. Elle s'est également appuyée sur le rapport d'expertise pour retenir que, par le passé, le climat conflictuel opposant les familles biologique et d'accueil et leurs difficultés à collaborer avait conduit l'enfant à être prise dans un conflit de loyauté qui lui avait causé d'importantes angoisses. Elle a estimé que les relations entre les deux familles n'apparaissaient pas s'inscrire dans une perspective d'apaisement au regard des procédures judiciaires qui les opposaient et des recours entrepris, de sorte qu'une reprise des liens entre l'enfant et ses parents d'accueil risquerait de la replonger dans un conflit de loyauté et de faire ressurgir ses angoisses initiales, ce qui créerait pour elle une situation invivable. En définitive, l'autorité cantonale a considéré que les éléments retenus ne permettaient pas d'admettre qu'il était dans l'intérêt de l'enfant de maintenir des liens avec ses parents d'accueil en octroyant à ces derniers un droit de visite au sens de l'art. 274a CC.