Citation: 6B_328/2024 E. 2.7

2.7. Selon le recourant, la cour cantonale aurait donné un poids exagérément lourd aux éléments appréciés à sa charge. Elle aurait à tort fait sienne l'appréciation du tribunal de première instance s'agissant du fait qu'il s'en serait pris à des victimes qui étaient presque toutes des relations professionnelles de longue date, voire des amis. Il allègue que la majorité des plaignants ne le connaissaient pas avant la commission des actes reprochés. Pour les autres, il s'agirait en grande partie de simples relations commerciales. Il en serait de même quant à l'affirmation selon laquelle il aurait pris soin de choisir ses victimes alors qu'elles étaient en état de défaillance sur le plan de leur santé ou en situation d'indélicatesse avérée ou imaginée. Le recourant soutient également que la cour cantonale aurait, à tort, considéré et pris en compte l'absence de prise de conscience quant à la gravité de son comportement, du fait qu'il n'aurait eu de cesse de se victimiser, qu'il aurait reporté la faute sur son frère de manière mesquine, qu'il n'aurait formulé aucune excuse et que son casier judiciaire serait un élément à charge. En l'espèce, il doit certes être relevé que la cour cantonale, dans un considérant relatif à la fixation de la peine, a avancé que le recourant entretenait avec "presque toutes" les victimes des liens amicaux ou professionnels de longue date, alors que de tels liens ne concernaient qu'une partie des victimes. Cependant, il ne doit pas être perdu de vue que le jugement forme un tout et qu'il est admis que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments qui y figurent, indépendamment du fait qu'ils soient répétés dans le considérant relatif à la fixation de la peine (v. notamment les arrêts 6B_383/2024 du 7 juin 2024 consid. 9.3; 6B_1210/2023 du 24 avril 2024 consid. 4.3; 6B_1183/2023 du 19 janvier 2024 consid. 3.3.2). En ce sens, il faut constater que la cour cantonale s'est employée à décrire pour chaque partie plaignante la relation qu'elle entretenait avec le recourant, qu'elle soit de nature amicale ou professionnelle. Le jugement entrepris mentionne également les cas où le recourant ne connaissait pas ou peu les plaignants avant la commission des faits. À l'aune de ces précisions, il faut ainsi considérer que la cour cantonale, au moment de fixer la peine, a tenu compte de la nature des liens, respectivement de leur absence, entre le prévenu et les parties plaignantes. En outre, il ressort des déclarations du recourant qu'une des parties plaignantes avait eu un grave accident de moto, qu'il était allé la voir à l'hôpital et qu'il savait qu'elle avait demandé des indemnités AI (cf. jugement attaqué, p. 7). De la même manière, le recourant a aussi confirmé qu'il avait été porté à sa connaissance qu'un autre plaignant n'avait pas déclaré aux autorités fiscales une assurance arrivant à son terme contractée auprès de la O.________ Assurance. Le recourant savait que celui-ci craignait les autorités fiscales et c'est dans ce cadre qu'une rencontre s'est organisée (cf. jugement attaqué, p. 16). La cour cantonale a également retenu, sans que le recourant n'en démontre l'arbitraire, qu'il avait appris qu'une plaignante souhaitait rapatrier de l'étranger des fonds qu'elle entendait soustraire à la connaissance des autorités fiscales. Dans ce cadre, le recourant avait fait savoir à cette dernière que deux sociétés, dont il était l'administrateur et l'actionnaire, étaient disposées à maintenir cet argent en dépôt (cf. jugement attaqué, consid. 2.2.6, p. 55). Au vu de ce qui précède, le recourant ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir tenu compte de ces éléments lors de la fixation de la peine. Le recourant se méprend également en tant qu'il reproche à la cour cantonale d'avoir retenu qu'il s'était montré arrogant, qu'il n'avait aucunement pris conscience de ses actes et qu'il n'avait présenté aucune excuse, dès lors qu'il ressortait de la procédure qu'il avait demandé pardon à plusieurs reprises. En effet, force est de constater que malgré les excuses présentées, le recourant a persisté à alléguer en appel que les contrats signés avec les plaignants constituaient des contrats de prêt, ce qui tend à relativiser la sincérité desdites excuses ainsi que sa prise de conscience. La cour cantonale était ainsi légitimée à considérer qu'aucune véritable excuse n'était réellement intervenue, à qualifier sa prise de conscience de très relative et à relever sa tendance à se victimiser. De plus, en alléguant qu'il n'aurait pas reporté la faute sur son frère de manière mesquine, le recourant ne fait qu'opposer sa propre appréciation des faits à celle de la cour cantonale dans une démarche purement appellatoire. Contrairement à ce qu'avance le recourant, l'on ne saurait pas non plus faire grief à la cour cantonale d'avoir retenu l'existence d'une inscription dans son casier judiciaire dès lors qu'elle n'a fait que prendre en compte un élément objectif pertinent dans le cadre de l'art. 47 CP, d'une manière qui échappe à la critique.