Citation: 4P.279/2000 08.03.2001 E. 3

3.- a) Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 126 III 526 consid. 1c et les arrêts cités). b) En l'espèce, l'office se plaint exclusivement d'arbitraire. Selon la jurisprudence, l'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité; il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 126 I 168 consid. 3a et les arrêts cités). c) Il est constant que la société bailleresse a proposé aux locataires intimés d'acheter l'appartement qu'ils occupent et que ceux-ci ont refusé. Il n'est pas davantage contesté que la bailleresse a résilié le bail quelques mois plus tard, alors qu'elle avait toujours l'intention de vendre ce logement. La cour cantonale a constaté que la société bailleresse n'était en rien parvenue à rendre vraisemblable qu'elle aurait changé son projet, en ce sens qu'elle aurait entrepris de céder l'appartement en cause à un tiers. Les arguments développés par le recourant sont absolument impropres à démontrer que cette constatation serait arbitraire. Il n'y a en effet pas le moindre indice sérieux que l'appartement habité par les intimés aurait été offert à quelqu'un d'autre. La cour cantonale, après avoir correctement rappelé les principes juridiques applicables, a déduit clairement de cette situation que le congé avait été donné uniquement pour mettre les locataires sous pression et les amener à acquérir leur logement, en les plaçant devant l'alternative d'acheter ou de partir. Cette déduction est peut-être discutable, mais elle n'est en tout cas pas arbitraire au sens de la définition rappelée ci-dessus. Les autres remarques de la cour cantonale concernant le prix de vente et le fait que l'endettement de la société bailleresse serait dû à des opérations spéculatives, n'apparaissent pas nécessaires pour justifier la décision rendue. En conséquence, même si l'une ou l'autre de ces constatations critiquées devait être qualifiée d'arbitraire, cela n'aurait pas pour effet de rendre la décision attaquée arbitraire dans son résultat, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur leur bien-fondé. Quant au reproche fait par la cour cantonale à la société bailleresse d'avoir refusé de produire les comptes réclamés par les locataires, ainsi qu'aux conclusions qui en ont été tirées, on ne voit pas non plus en quoi cette question pourrait faire apparaître la décision attaquée comme arbitraire dans son résultat. Même si la situation financière de la société l'obligeait, sans aucune mauvaise foi de sa part, à vendre rapidement les appartements, cela n'enlève rien au fait que le congé est annulable s'il est donné seulement dans le but d'amener le locataire à acheter l'appartement loué. Or, la cour cantonale est parvenue sans arbitraire à la conviction que tel était le cas, puisqu'il n'existe pas d'indice que cet appartement-là ait été offert à quelqu'un d'autre qu'aux locataires intimés. Le recours de droit public doit donc être rejeté, à supposer qu'il soit recevable.