Citation: 4A_692/2016 E. 6.3

6.3. Appliqués aux circonstances du cas concret, ces principes permettent d'écarter d'emblée le reproche de formalisme excessif que la recourante fait à la Présidente. L'intéressée ne conteste ni le paiement tardif de l'avance de frais ni son erreur qui en est la cause. Elle cherche en vain à faire accroire que sa "confusion" aurait été favorisée par la manière de procéder du TAS. En effet, sous n. 18/19 de sa réponse, celui-ci démontre, au moyen d'un rappel chronologique des courriers échangés de part et d'autre, que la situation était parfaitement limpide, s'agissant du montant à verser (36'000 fr.), du délai imparti pour le versement (le 20 septembre 2016) et des conséquences de l'inobservation de ce délai (la présomption irréfragable du retrait de l'appel), ce que confirme on ne peut mieux, d'ailleurs, le message adressé le 13 septembre 2016 par le conseil de la recourante à un employé de celle-ci. Il n'importe, au demeurant, sur le vu de la jurisprudence susmentionnée et singulièrement de l'arrêt 4A_600/2008 précité dont elle conteste à tort les traits communs avec les circonstances de la présente cause, que la recourante ait versé une partie de l'avance dans le délai imparti. Qu'elle ait eu la volonté d'en verser ultérieurement le solde n'est pas non plus déterminant; de fait, l'obligation de verser l'avance de frais dans un délai péremptoire deviendrait lettre morte si l'on accueillait ce type d'argument fondé sur la seule intention, non prouvable, alléguée par le débiteur de l'avance. On aboutirait à la même conclusion en exigeant de l'autorité de recours qu'elle procède à une pesée des intérêts antagonistes pour décider de privilégier soit le droit de la partie recourante à voir son recours tranché pour tel ou tel motif, en particulier les intérêts en jeu, soit celui de la partie intimée à ce que la décision attaquée entre en force, étant donné l'irrecevabilité du recours. Il n'est pas non plus inutile de souligner que la recourante, assistée par des conseils professionnels, avait la possibilité de demander des clarifications au TAS, voire de solliciter au besoin une prolongation de délai (cf. art. R32 du Code). Enfin, le TAS expose, sans être contredit par l'intéressée, que la recourante lui soumet, en moyenne, une bonne dizaine d'appels chaque année, ajoutant qu'il est assez rare que les parties intimées, notamment les athlètes, contribuent au paiement des avances de frais mises à leur charge. Selon lui, il est donc très fréquent que des demandes de paiement complémentaire soient envoyées par le TAS avant même qu'un premier paiement ne soit effectué, de sorte que la recourante ne saurait se prévaloir d'une quelconque surprise ou confusion en l'espèce. La Cour de céans lui emboîte le pas en faisant de surcroît observer à la recourante que l'on peut attendre d'une fondation de cette importance, qui a la haute main sur toutes les questions ayant trait au dopage dans le sport à quelque niveau que ce soit, qu'elle fasse le nécessaire pour être en mesure de se plier aux exigences formelles dont le respect conditionne la bonne exécution de sa mission. Dès lors, il y a lieu de réserver au moyen pris de la violation de l'ordre public procédural le même sort qu'à celui fondé sur une prétendue violation du droit d'être entendu de la recourante.