Citation: 5A_12/2008 02.04.2008 E. 2

2.1 Le recourant remet en cause le montant et la durée de la contribution d'entretien due à l'intimée, se plaignant à cet égard d'une violation de l'art. 125 al. 2 ch. 4, 6 et 7 CC. Il reproche à l'autorité cantonale de n'avoir pas retenu que l'intimée, bien que sachant dès 2002 que son couple était en péril, n'ait rien entrepris avant 2006 pour se réinsérer professionnellement. Selon lui, la charge des enfants n'aurait pas été un empêchement à cet égard; l'intimée aurait pu au moins entreprendre des cours de mise à niveau de sa formation à l'époque de la séparation déjà; maniant l'informatique avec une certaine aisance, elle aurait été en mesure, alors qu'elle n'était âgée que de 45 ans avec de meilleures chances sur le marché du travail qu'en 2006, de compléter en quelques mois ou au plus en une année sa formation professionnelle et de reprendre une activité lucrative comme employée de commerce, ce qui lui assurerait aujourd'hui, à un taux d'activité de 80%, un revenu net de l'ordre de 4'000 fr.; le retard pris par l'intimée dans l'acquisition de son indépendance économique lui serait donc entièrement imputable et il n'y aurait pas lieu d'astreindre le recourant à en supporter les conséquences en lui imposant le paiement d'une contribution d'entretien sur plus de deux ans. 2.2 Selon l'art. 125 al. 1 CC, si l'on ne peut raisonnablement attendre d'un époux qu'il pourvoie lui-même à son entretien convenable, y compris à la constitution d'une prévoyance vieillesse appropriée, son conjoint lui doit une contribution équitable. Cette disposition concrétise deux principes: d'une part, celui de l'indépendance économique des époux après le divorce, qui postule que, dans toute la mesure du possible, chaque conjoint doit désormais subvenir lui-même à ses propres besoins et, d'autre part, celui de la solidarité, qui implique que les époux doivent supporter en commun non seulement les conséquences de la répartition des tâches convenue durant le mariage (art. 163 al. 2 CC), mais également les désavantages qui ont été occasionnés à l'un d'eux par le mariage et qui l'empêchent de pourvoir à son entretien. Dans son principe, comme dans son montant et sa durée, l'obligation d'entretien doit être fixée en tenant compte des éléments énumérés de façon non exhaustive à l'art. 125 al. 2 CC (ATF 132 III 598 consid. 9.1 p. 600; arrêt 5A_132/2007 du 21 août 2007 consid. 4.1 et les arrêts cités). La fixation de la contribution d'entretien relève du pouvoir d'appréciation du juge du fait, qui applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). Il n'y a violation du droit fédéral que si le juge a abusé de son pouvoir d'appréciation, en se référant à des critères dénués de pertinence ou en ne tenant pas compte d'éléments essentiels, ou bien encore si, d'après l'expérience de la vie, le montant arrêté paraît manifestement inéquitable au regard des circonstances (ATF 127 III 136 consid. 3a p. 141 et les références citées; cf. également l'ATF 107 II 406 consid. 2c p. 410). Selon la jurisprudence, la rente doit être assurée à tout le moins aussi longtemps que les enfants attribués à la mère ont besoin d'une éducation et de soins étendus, à savoir en général jusqu'à la seizième année du plus jeune des enfants, et pour la durée présumable de la réinsertion professionnelle de l'épouse (arrêt 5C.100/2005 du 22 décembre 2005 consid. 2.1 et les références). Il a été jugé, dans des arrêts dont se prévaut le recourant (ATF 127 III 136 consid. 2c p. 140; arrêt 5C.235/2001 du 25 novembre 2002 consid. 3.1.1 et 3.1.2), que l'épouse qui sait que son mariage ne peut plus être sauvé ne saurait, lorsque la charge des enfants ne requiert plus sa présence constante, demeurer passive et invoquer la répartition des rôles convenue jusqu'alors durant le mariage.