Citation: 5A_1048/2021 E. 6.1

6.1. Elle rappelle que, selon la jurisprudence, lorsque les revenus sont fluctuants il convient pour obtenir un résultat fiable de se fonder sur le bénéfice net moyen réalisé durant plusieurs années, dans la règle les trois dernières. Par ailleurs, lorsque les revenus diminuent ou augmentent de façon constante, le gain de l'année précédente doit être considéré comme le revenu décisif. En l'occurrence, comme elle l'avait exposé, le Juge délégué aurait dû se fonder non pas sur les prélèvements privés mais sur les dividendes perçus par l'intimé pour établir son revenu. Or, durant les trois dernières années, les dividendes versés à l'intimé avaient augmenté de manière stable et constante, de sorte qu'il fallait se fonder sur le gain de l'année 2019, à savoir 860'000 fr. Rien ne justifiait comme l'avait fait le Juge délégué de prendre en compte la durée du mariage jusqu'à la cessation de la vie commune. Procéder ainsi à une moyenne sur six ans revenait à diluer artificiellement et injustement les revenus perçus par l'intimé durant la vie commune et donc à retenir une capacité contributive nettement inférieure à sa capacité contributive réelle. L'augmentation constante des revenus avait d'ailleurs été confirmée par le témoin H.________, employé de la fiduciaire mandatée par l'intimé pour établir sa comptabilité, dont le témoignage n'avait arbitrairement pas été pris en compte dans l'état de fait cantonal. Ce témoin avait attesté que, depuis 2014, les revenus du couple avaient progressé de manière importante, par effet miroir de l'augmentation de leurs dépenses, et financés par des versements toujours plus importants de dividendes. Il avait également expliqué que les résultats de la société E.________ SA étaient dépendants du secteur de la construction et de l'immobilier. Or, selon la recourante, il est notoire que ce secteur rencontre une période particulièrement florissante grâce à la pandémie de COVID-19.