Citation: 6S.468/2004 03.02.2005 E. 1

Pour déterminer si celle-ci est réalisée, il y a lieu de faire un pronostic quant au comportement futur du condamné (ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 111 s.). Pour effectuer ce pronostic, le juge de répression dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Le Tribunal fédéral n'annule la décision rendue, au motif que le droit fédéral a été violé, que si celle-ci repose sur des considérations étrangères à la disposition applicable, si elle ne prend pas en compte les critères découlant de celle-ci ou si le juge s'est montré à ce point sévère ou clément que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 128 IV 193 consid. 3a p. 198; 119 IV 195 consid. 3b p. 197 s.). Importent avant tout pour l'octroi du sursis les perspectives d'amendement durable du condamné, telles qu'on peut les déduire de ses antécédents et de son caractère. Pour déterminer si le sursis est de nature à détourner l'accusé de commettre de nouvelles infractions, le juge doit se livrer à une appréciation d'ensemble (ATF 119 IV 195 consid. 3b; 118 IV 97 consid. 2b p. 100 s.). Il faut tenir compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de l'auteur, de sa réputation, de sa situation personnelle au moment du jugement, notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère de l'accusé et ses chances d'amendement (ATF 123 IV 107 consid. 4a p. 11 s.; 118 IV 97 consid. 2b p. 100 s.). Pour l'évaluation du risque de récidive, un examen global de la personnalité de l'auteur est indispensable. De vagues espoirs quant à la conduite future du délinquant ne suffisent pas pour émettre un pronostic favorable (ATF 115 IV 81 consid. 2a p. 82). Il est contraire au droit fédéral d'accorder un poids particulier à certaines des circonstances visées par l'art. 41 CP et de négliger ou d'omettre d'autres critères pertinents (ATF 128 IV 193 consid. 3a p. 199; 123 IV 107 consid. 4a p. 11 s.; 118 IV 97 consid. 2b p. 100). S'agissant de la motivation, le juge doit exposer les motifs essentiels, relatifs à l'acte ou à l'auteur, qu'il prend en compte, de manière à ce que l'on puisse constater que tous les aspects pertinents ont été pris en considération et comprendre comment ils ont été appréciés, que ce soit dans un sens aggravant ou atténuant (ATF 117 IV 112 consid. 3b p. 118). En l'espèce, la cour cantonale a fondé son appréciation essentiellement sur la répétition d'actes comparables associée dans les deux cas à une dénégation des faits. Elle a ainsi pris en compte les antécédents de la recourante de même que son état d'esprit face aux actes commis. Par ailleurs rien dans les circonstances de l'infraction ne donne à penser que celle-ci serait imputable à une situation bien particulière susceptible de faire apparaître moindre le risque qu'elle se reproduise. Bien au contraire il appert que la recourante a tendance à réagir de cette manière lorsqu'un véhicule l'empêche de circuler comme elle le souhaite, quitte à mettre en danger la vie des autres usagers de la route. Au surcroît on ne voit pas à la lecture de l'arrêt attaqué quelle circonstance susceptible d'influencer le pronostic aurait été omise et, si elle se plaint de ce que tous les éléments pertinents n'aient pas été pris en considération, la recourante elle-même ne donne pas la moindre indication dans ce sens. Il n'apparaît donc pas que l'autorité cantonale aurait violé le droit fédéral en ne se livrant pas à une appréciation prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents. S'agissant de la manière dont l'autorité cantonale a apprécié les éléments pertinents, c'est en vain que la recourante se prévaut de l'ancienneté de l'antécédent retenu à son encontre. La commission d'une nouvelle infraction dans des circonstances tout à fait semblables moins de trois ans après la précédente condamnation montre bien qu'elle n'a pas pleinement perçu la gravité de ses actes. La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir interprété ses dénégations des faits comme dénotant un manque de prise de conscience, alors que l'arrêt attaqué ne contient aucune analyse convaincante permettant de conclure que son attitude n'avait pas été dictée par la honte ou la crainte de la peine encourue. La motivation de l'arrêt attaqué est certes très sommaire sur ce point. Toutefois, il ressort du jugement de première instance (p. 5, avant-dernier paragraphe), à l'intégralité de l'état de fait duquel la cour cantonale se réfère expressément, que devant cette première autorité l'intéressée a conclu à son acquittement, contestant tous les faits qui lui étaient reprochés et déclarant au surplus ne se souvenir de rien et n'avoir absolument pas remarqué l'accident dont a été victime la plaignante. Une telle attitude s'inscrit parfaitement dans la ligne de l'argumentation à l'appui du présent pourvoi, par laquelle la recourante cherche à minimiser sa faute, par exemple en jouant sur les dates pour faire apparaître la récidive moins grave et donner à croire que l'autorité cantonale s'est méprise en retenant une durée trop courte alors que c'est à juste titre qu'elle a pris en compte la période qui sépare la première condamnation de la commission de la deuxième infraction et non de la date de l'arrêt attaqué. Dans ce contexte, il n'apparaît pas erroné de considérer comme le signe d'un manque de prise de conscience les dénégations de la recourante qui, contrairement à ce qu'elle prétend, n'ont pas duré qu'une heure mais ont encore été répétées devant l'autorité de jugement où elle a contesté avoir commis une faute. Il n'y a donc pas lieu d'admettre que l'autorité cantonale a abusé du large pouvoir d'appréciation dont elle disposait pour établir son pronostic. Le pourvoi doit dès lors être rejeté.