Citation: 6B_806/2015 E. A

Le 21 décembre 2011, X.________ - ressortissant kosovar sans autorisation de séjour et de travail - oeuvrait, sous le nom de Y.________, sur un chantier à U.________ pour le compte de Z.________ Sàrl, société dont A.________ est l'associé-gérant président. Occupé à poser une vitre d'environ 500 kg, X.________ a vu celle-ci basculer; il a chuté et s'est retrouvé coincé sous le vitrage. Avec l'aide de ses collègues, il a réussi à se dégager et a été acheminé à l'hôpital de Morges, puis au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Selon le rapport médical du 11 juillet 2012, X.________ a subi une fracture instable du bassin par compression antéropostérieure et vertical shear (type Tile C2) à gauche avec lésion urétrale; ces lésions ont gravement mis en danger la vie de la victime, celle-ci risquant des dommages permanents. Le 19 juillet 2012, le Ministère public de l'arrondissement de la Côte a ouvert une instruction pénale. Dans ce cadre, a été interpellé un ingénieur de sécurité de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SUVA). Dans son courrier du 24 juillet 2012, celui-ci a en particulier relevé qu'il n'y avait pas eu de négligence grave de la part de l'employeur ou d'un tiers lors de l'accident, étant notamment difficile de prouver une négligence du premier dans la mesure où parfois certaines initiatives personnelles étaient aussi prises par les employés; quant aux investigations entreprises, elles avaient démontré que l'élément de verre n'avait pas été sécurisé lors d'un court instant et qu'il semblait que le renversement soit survenu entre le moment de la pose et de la fixation définitive. Le 20 septembre 2012, X.________ a déposé plainte pénale contre la société Z.________ Sàrl, représentée par A.________, notamment pour lésions corporelles graves. Dans le cadre de l'instruction, un second ingénieur de sécurité de la SUVA a été sollicité, celui-ci ayant en substance confirmé le premier avis (cf. le courrier du 26 juillet 2013). La police, puis le Ministère public ont entendu différentes personnes, soit B.________ et C.________ - les collègues de la victime présents lors de l'accident -, X.________, le représentant de la société, ainsi que D.________, chargé du suivi du chantier pour E.________ SA, société ayant sous-traité la pose des vitres à Z.________ Sàrl. La société mandante a précisé que, selon le contrat de sous-traitance, il appartenait à Z.________ Sàrl de prendre les mesures nécessaires à la sécurité, ainsi que de donner les directives y relatives. Par ordonnance du 6 février 2015, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte à la suite de l'accident du 21 décembre 2011.