Citation: I 483/05 21.04.2006 E. 1

5.2 Il est vrai que plusieurs médecins ont révélé la présence de troubles dégénératifs du rachis. Hormis les experts du SMR et les docteurs U.________ et V.________, les autres praticiens consultés par l'intéressé ne se sont pas prononcés sur sa capacité de travail. Selon le médecin-traitant, ces troubles le rendaient inapte au travail. Son appréciation, qui paraît davantage fondée sur les plaintes du patient que sur des constatations objectives, est infirmée aussi bien par le rhumatologue V.________ que par les experts du SMR, dont ce médecin-traitant avait souhaité l'avis. Retenant que les troubles rachidiens étaient mineurs, ces derniers ont par ailleurs souligné que l'absence de déconditionnement après neuf ans d'incapacité de travail et la présence d'un trophisme musculaire au-dessus de la norme pour un homme de cet âge, sans évolution d'un déficit segmentaire neurologique, ne permettaient pas de retenir une incapacité de travail de si longue durée sur le plan de la médecine interne et dans le domaine ostéoarticulaire. 5.3 Par ailleurs, le dossier médical ne permet pas de retenir une aggravation de l'état de santé du recourant antérieure à la date déterminante de la décision sur opposition du 24 juillet 2003. En effet, en septembre 2003, le docteur P.________, spécialiste FMH en neurologie, indiquait que l'examen neurologique de l'intéressé était dans les limites de la norme, sans signe en faveur d'une origine secondaire aux maux de tête ou d'une radiculopathie cervicale déficitaire. Il soulignait également qu'une IRM du rachis lombaire devrait être pratiquée en cas d'aggravation de la symptomatologie ou de l'apparition d'un syndrome neurologique déficitaire des membres inférieurs (rapport du 29 septembre 2003). Ce n'est que lors de sa consultation du 28 novembre 2003 que le docteur Z.________, après avoir fait état d'une myélopathie cervicale débutante sur canal étroit, majoré par une cervicarthrose C5-C6, sans pour autant diagnostiquer une quelconque anomalie du signal médullaire, a précisé que la situation devenait sérieuse et envisageait une décompression cervicale dans les mois à venir. Toutefois, cette opération chirurgicale subie par le recourant le 21 avril 2005 n'a été pratiquée qu'en raison de l'apparition d'un signal médullaire qui a été mis en évidence pour la première fois par une IRM du 5 janvier 2005 (cf. lettre du docteur Z.________ du 12 janvier 2005; rapport du docteur B.________ du 6 janvier 2005). Du moment que l'aggravation constatée par le docteur Z.________ est postérieure à la décision sur opposition, elle sort de l'objet de la contestation et n'est donc pas de nature à influencer l'appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue (cf. ATF 129 V 4 consid. 1.2). Aussi, doit-on conclure, en l'espèce, à une pleine capacité de travail de l'intéressé sur le plan somatique. Le recourant a néanmoins la possibilité de saisir l'administration d'une nouvelle demande de prestations de l'assurance-invalidité, s'il estime que, postérieurement à la décision litigieuse, son état de santé s'est modifié de manière à influencer ses droits. En effet, les faits survenus postérieurement et qui ont modifié la situation doivent faire l'objet d'une nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b). 5.4 Sur le plan psychique, le recourant présente un trouble somatoforme douloureux persistant. De l'avis même des experts du SMR, point de vue que partage le psychiatre R.________, il n'existe aucune comorbidité psychiatrique, Se pose dès lors la question de la présence éventuelle d'autres critères, dont le cumul permet d'apprécier le caractère invalidant du trouble somatoforme douloureux. En l'occurrence, on ne saurait retenir l'existence d'une affection corporelle chronique ou processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable (symptomatologie inchangée ou progressive). En effet, selon les experts du SMR Léman, les investigations effectuées n'ont pas mis en évidence de pathologie somatique significative expliquant la nature et la localisation des douleurs exprimées par le patient, confirmant ainsi l'opinion émise antérieurement par leur confrère V.________. Aussi, n'ont-ils pas retenu de limitations fonctionnelles. Le recourant présentait avant tout un trouble somatoforme douloureux persistant, sans maladie psychiatrique associée. Par ailleurs, l'intéressé n'a pas épuisé toutes ses ressources adaptatives de même qu'il ne subit pas de perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, dès lors qu'il est à même d'effectuer les courses avec son épouse, d'entretenir des contacts réguliers avec ses amis proches et de se rendre une à deux fois par année dans son pays d'origine (Portugal) en train ou en avion. Il n'y a pas davantage lieu de conclure à l'existence d'un état psychique cristallisé sans évolution possible au plan thérapeutique ou à l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art, le recourant n'ayant suivi aucun traitement psychiatrique et psycho-pharmacologique (cf. expertise pluridisciplinaire du 4 juillet 2002, p. 4). Cela étant, le trouble psychique présenté par l'intéressé ne se manifeste pas avec une telle sévérité que, d'un point de vue objectif, il exclut toute mise en valeur de la capacité de travail de celui-ci. Au contraire, il y a lieu d'admettre le caractère exigible d'un effort de volonté de sa part en vue de surmonter la douleur et de se réinsérer dans un processus de travail. Aussi, les premiers juges ont-ils à juste titre considéré que le recourant ne présentait pas de troubles psychiques invalidants au sens de la loi. 5.5 A défaut de restrictions psychique et somatique de sa capacité de travail, le recourant n'encourt donc pas de perte de gain susceptible d'ouvrir droit aux prestations de l'assurance-invalidité.