Citation: 1C_208/2023 E. 8.3.2

8.3.2. La cour cantonale a également mis les frais d'expertise judiciaire à la charge des recourants qui ont succombé. Cette expertise a été ordonnée par la CDAP, sur requête des recourants, afin d'examiner si des variantes au projet litigieux étaient envisageables. Il ressort de l'expertise que des éléments d'analyses comparatives de l'emplacement du bassin avaient été apportées dans le cadre de la procédure d'autorisation de construire, mais qu'ils ne ressortaient cependant pas du rapport technique. Quand bien même cette absence de présentation formelle des alternatives n'a pas empêché l'expert de procéder à une analyse approfondie de celles-ci, ce dernier a néanmoins considéré qu'une comparaison synthétique des variantes dans le rapport technique aurait permis d'améliorer la compréhension du projet et d'asseoir les choix techniques opérés (cf. p. 21 de l'expertise de S.________ SA). Compte tenu de cette lacune du dossier présenté par l'ECF, la CDAP a ordonné une expertise des variantes afin de lever tout doute quant à l'emplacement choisi. C'est ensuite sur la base de cette expertise que l'arrêt attaqué, et à présent le Tribunal fédéral, ont confirmé le choix effectué par l'intimée. Dans ces circonstances, il apparaît que les renseignements apportés par l'expertise auraient dû être recueillis et présentés aux opposants dans le cadre de la procédure d'autorisation de construire, ce qui aurait, déjà à ce stade, pu dissiper une partie des contestations. Or, dans ce cas, les frais d'expertise n'auraient évidemment pas été imputés aux recourants. Il était par conséquent insoutenable pour la cour cantonale de mettre les frais d'expertise judiciaire totalement à la charge des recourants, compte tenu des carences présentées par le dossier (cf. arrêt 1P.505/1994 du 5 décembre 1995 consid. 2a). Les recourants sont par conséquent fondés à se plaindre d'arbitraire sur ce point (sur la notion d'arbitraire, cf. ATF 150 I 50 consid. 3.2.7). Dès lors que l'expertise s'est avérée nécessaire mais n'a fait que confirmer le choix opéré par l'ECF, il se justifie de lui faire supporter la moitié des frais ayant conduit à son établissement.