Citation: 1P.479/2000 25.09.2000 E. 6

6.- Les recourants dénoncent enfin le caractère abusif et choquant des frais qui ont été mis à leur charge par le Président du Tribunal du district de Lausanne et par le Tribunal d'accusation. Il serait arbitraire de prélever 200 fr. pour des décisions identiques, voire même de percevoir un émolument dans les recours ayant précisément pour objet la nécessité de l'assistance judiciaire. a) La jurisprudence reconnaît à l'autorité cantonale de recours un large pouvoir d'appréciation dans la répartition des frais et dépens de la procédure cantonale (ATF 111 V 48 consid. 4a p. 49). Le Tribunal fédéral n'intervient que si l'autorité a interprété ou appliqué de manière arbitraire le droit cantonal applicable ou si elle a abusé de son pouvoir d'appréciation, étant précisé qu'en présence d'un tarif ou d'une règle légale fixant des minima et maxima, le juge ne doit motiver sa décision que s'il sort de ces limites ou si des éléments extraordinaires sont invoqués par la partie (ATF 111 Ia 1 consid. 2a). b) Les frais de justice sont calculés en application du Tarif des frais judiciaires pénaux que le Tribunal cantonal a arrêté le 28 avril 1992 (ci-après: le tarif). Selon l'art. 1er du tarif, ils comprennent les émoluments et les débours. Les premiers couvrent les opérations des autorités et des offices judiciaires, les seconds consistant dans les montants versés par ceux-ci à des tiers pour l'accomplissement de certaines opérations. Que ce soit dans leur requête d'assistance judiciaire ou dans le cadre du recours formé contre le rejet de celle-ci auprès du Tribunal d'accusation, les recourants n'ont pas demandé à être dispensés des frais de justice susceptibles d'être mis à leur charge s'ils étaient déboutés. En l'absence d'une telle requête, ni le Président du Tribunal de district ni le Tribunal d'accusation n'ont fait preuve d'arbitraire en mettant l'émolument judiciaire à leur charge. Le Président du Tribunal du district de Lausanne n'a par ailleurs pas agi de manière insoutenable en rendant deux prononcés distincts pour chacun des époux A.________ car la demande de désignation d'un avocat d'office devait être examinée au regard de la situation personnelle propre à chacun des recourants, en fonction des infractions qui leur étaient reprochées. Pour le surplus, l'émolument judiciaire prélevé en première comme en seconde instance correspond au montant fixé par le Tarif des frais judiciaires pénaux (cf. art. 21 et 23 du tarif), de sorte que l'on ne discerne aucun arbitraire sur ce point également. Le Président du Tribunal de district n'avait par ailleurs aucune raison de s'écarter du tarif pour le motif que les requêtes formulées par les époux A.________ ont finalement connu le même sort selon une motivation identique. La répartition des frais et dépens en procédure cantonale résiste ainsi au grief d'arbitraire.