Citation: U 232/05 31.05.2006 E. A

E.________ travaillait comme aide de cuisine au Restaurant X.________. A ce titre, il était assuré contre le risque d'accidents professionnels et non professionnels auprès de l'Alpina Compagnie d'assurances SA (dont les droits et obligations ont été reprises par succession universelle dès le 31 décembre 2003 par la «Zurich» Compagnie d'assurances SA; ci-après: Alpina). Le 17 juin 2003, le prénommé a été hospitalisé au Centre hospitalier Y.________ en raison d'une chute d'un balcon d'environ 5 mètres «dans des circonstances peu claires», qui a provoqué une fracture du type Burst de L1, ainsi que des calcanéums droit et gauche; il présentait en outre une intoxication à l'alcool aiguë (rapport médical initial LAA du 14 octobre 2003). Selon le rapport de la police établi le 13 juillet 2003, la centrale avait été avertie le 17 juin 2003, à 00h.27, par un témoin, S.________, qui venait de voir tomber un homme depuis un balcon du 1er étage de l'immeuble Z.________, sur le trottoir de l'avenue W.________. Des déclarations recueillies sur place auprès de l'amie de E.________, H.________, il ressortait que celui-ci s'était présenté chez elle, alors qu'il était sous l'influence de l'alcool; qu'il lui avait déclaré qu'elle ne l'aimait pas, ce à quoi elle avait répondu avoir des sentiments à son égard, mais ne pas pouvoir vivre avec lui au vu de son penchant pour l'alcool; qu'il s'était alors dirigé vers le balcon, s'était accroché à l'extérieur de la barrière de celui-ci et s'était laissé tomber. Lors d'un entretien avec un inspecteur de l'Alpina (le 11 septembre 2003), l'assuré a déclaré que le soir du 16 juin 2003, après une discussion avec son amie qui lui reprochait de ne pas avoir rangé la barrière du balcon, il avait enjambé la barrière pour fixer un fil de fer, mais que ses pieds avaient soudain glissé; il s'était alors retenu au balcon un moment, mais avait dû lâcher prise à cause de douleurs au poignet avant de tomber du balcon. De son côté, H.________ a notamment indiqué à l'inspecteur que le soir en question, elle avait reproché à son ami de n'avoir pas terminé la pose de la barrière en paille du balcon et qu'ils s'étaient tous deux rendus sur le balcon avant qu'elle ne retourne à l'intérieur; environ une demi-heure plus tard, entendant les sirènes d'un véhicule, elle était à nouveau sortie sur le balcon d'où elle avait vu son ami. Elle a par ailleurs ajouté avoir d'abord pensé que celui-ci avait voulu sauter du balcon par déception, mais qu'il l'avait détrompée à ce sujet quatre jours après l'événement, en lui expliquant qu'il n'avait pas sauté, mais était tombé en attachant la barrière. L'inspecteur d'Alpina s'est encore entretenu avec S.________ et avec l'agent de police B.________ qui était intervenu le soir de l'accident (procès-verbaux d'entretien téléphonique du 16 septembre 2003). Le 24 octobre 2003, l'Alpina a rendu une décision par laquelle elle a refusé toutes les prestations en espèces à l'assuré, parce que son comportement devait être considéré comme une entreprise téméraire. Saisi d'une opposition de l'assuré, il l'a rejetée par décision (sur opposition) du 8 mars 2004.