Citation: U 104/02 13.02.2003 E. 4

4.1 A la suite de l'accident du 24 novembre 1999, le docteur P.________ a constaté que le recourant continuait à ressentir des douleurs dans la région supra-rotulienne, son genou étant toujours enflé, sans toutefois présenter de signe d'une lésion méniscale, ni d'épanchement intra-articulaire (rapport du 2 février 2000). La sonographie réalisée à sa demande n'a fait apparaître aucune déchirure significative du tendon du quadriceps (rapport du docteur O.________ de l'institut de radiologie et d'imagerie médicale à Sion du 8 février 2002). A l'issue de cet examen, le docteur P.________ a conclu à une aggravation passagère d'un état antérieur n'engageant pas la responsabilité de l'assurance-accidents; le même résultat aurait été atteint sans la survenance de l'accident à partir du 28 février 2000 en raison de l'évolution inéluctable de l'état antérieur (avis du 15 février 2000). Dans son rapport du 25 avril 2000, le docteur F.________ a également reconnu que le patient «a récupéré son état antérieur à son dernier accident». Au vu de ces avis médicaux, on constate donc qu'à la fin du mois de février 2000, l'état de santé du recourant était le même que celui qui était le sien avant le troisième accident (status quo ante). 4.2 Toutefois, alors que le docteur P.________ soutient que cet état est lié à une atteinte dégénérative antérieure au 3ème accident, qui n'engage pas la responsabilité de l'intimée, le docteur F.________ est d'avis que «l'état antérieur est dépendant de l'assurance». Il ressort du dossier médical que la situation de D.________ après son second accident en juin 1995 a fait l'objet d'un examen approfondi par le docteur V.________. Ce praticien a retenu que le recourant était atteint d'une gonarthrose valgisante dont l'évolution négative était indépendante des événements accidentels de mai 1992 et juin 1995 (rapport du 29 avril 1996). Cette appréciation rejoint celle du docteur G.________, selon lequel la pathologie présentée par le recourant était liée à la chondropathie sous-rotulienne dont il était atteint et existait bien avant le premier accident du 27 mai 1992, comme le démontraient des radiographies prises le 10 février 1992, qui mettaient en évidence les importantes lésions affectant le genou droit (rapport du 7 décembre 1995). Il n'y a pas lieu de s'écarter des conclusions du docteur V.________, dans la mesure où son rapport a été rendu à la suite de l'examen détaillé de l'état de santé du recourant et remplit les exigences posées par la jurisprudence quant à la valeur probante d'un avis médical (cf. consid. 2.2). A cet égard, la simple affirmation divergente du docteur F.________, selon laquelle la ménisectomie externe pratiquée à la suite de l'accident de 1996 (recte 1992) aurait causé le valgus, lequel était de 15° plus prononcé qu'à gauche, ne suffit pas pour remettre en cause les constatations de son confrère. En effet, il ressort du rapport du docteur V.________ que les examens effectués avant le premier accident en 1992 montraient l'existence d'une gonarthrose valgisante uniquement au genou droit, de sorte que le valgus était certainement déjà plus prononcé de ce côté qu'à gauche; la différence n'est donc pas due à l'intervention chirurgicale, mais à l'atteinte à la santé préexistante. Par ailleurs, les radiographies effectuées en 1992 et en 1995 font état de résultats identiques au niveau de la gornarthrose valgisante. L'absence de péjoration de celle-ci permet également, selon le docteur V.________, de déduire que la méniscectomie n'a pas eu d'influence négative sur l'état de santé du patient. Le docteur F.________ se contente en revanche d'émettre un autre avis quant à la cause du valgus, sans l'étayer ni démontrer en quoi les conclusions du docteur V.________, au demeurant corroborées par celles du docteur G.________, seraient fausses. En particulier, il ne se prononce pas sur le rapport de ses confrères, ni sur l'existence de la maladie dégénérative du recourant et ses conséquences sur son état de santé. Au vu de ces constatations médicales, - qui sont suffisamment complètes pour se prononcer en connaissance de cause -, on peut retenir que le recourant a, dès la fin du mois de février 2000, récupéré l'état de santé antérieur à l'accident du 24 novembre 1999. En conséquence, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'atteinte à la santé du recourant, due à une maladie dégénérative, et cet événement doit être niée après le 29 février 2000. Partant, le recours est infondé sur ce point.