Citation: 4A_49/2024 E. 3.3

3.3. À l'instar du tribunal de première instance, la cour cantonale a retenu que le lieu de l'exécution effective des contrats était déterminant au regard de l'art. 113 LDIP et que cette exécution n'était pas intervenue en Suisse. Elle a fondé ce constat sur le fait que la demanderesse n'existait pas au moment de la conclusion des contrats et qu'elle n'y est pas mentionnée, pas plus que sur les factures produites. Au surplus, les trois propositions de contrats avaient été établies à Beyrouth, tout comme les factures, dont la plupart étaient antérieures à la constitution de la demanderesse. Ces factures indiquaient en outre des comptes bancaires au Liban et au Congo. Par ailleurs, selon les juges cantonaux, la cession de créances, intervenue après la tentative de conciliation, ne prouvait pas non plus que les prestations auraient été exécutées à Genève. Elle démontrait en revanche que A.________ SARL, la société libanaise qui a cédé les créances fondées sur les contrats litigieux, était la véritable créancière des versements. Cette convention ne pouvait pas modifier le véritable lieu d'exécution des prestations caractéristiques afin de créer un for artificiel à Genève. De plus, les échanges de courriels versés à la procédure avaient eu lieu, pour la plupart, avant la constitution de la demanderesse et démontraient, d'après l'instance précédente, que F.________ était, en sa qualité d'architecte, l'interlocuteur des intimés et qu'il avait personnellement travaillé sur les projets immobiliers depuis le Liban où il était domicilié. Tout particulièrement, dans son courriel du 7 décembre 2015, F.________ avait clairement énoncé le lieu d'exécution des prestations comme étant le Liban. À l'inverse, les juges cantonaux ont estimé qu'aucun élément ne permettait d'établir que G.________ aurait réalisé les prestations contractuelles à Genève, étant donné que son nom n'apparaissait pas dans les communications relatives à la réalisation des projets immobiliers et qu'il n'était pas lui-même architecte, ses compétences pour la réalisation d'études architecturales n'étant ainsi pas avérées. Enfin, pour la cour cantonale, la reconnaissance de dette émise par C.________ était impropre à prouver une exécution de prestations en Suisse car elle ne contenait aucune mention d'adresse. Au contraire, le fait que C.________ s'était adressée directement à F.________, à qui elle reconnaissait avoir confié la réalisation des projets immobiliers, appuyait encore le fait que c'était lui qui avait réalisé les études architecturales au Liban.