Citation: U 580/06 30.11.2007 E. 4

4.1 L'intimée soutient que les troubles présentés par la recourante ne peuvent être attribués à un traumatisme de type «coup du lapin», dès lors qu'elle n'a pas présenté, dans les 72 heures après l'accident du 18 novembre 2001, le tableau clinique typique d'un tel traumatisme. Les maux de tête, vertiges et troubles de la mémoire ou de la concentration ne sont en effet apparus que bien plus tard, pour la plupart près d'une année après l'accident. Les premiers juges se sont également fondé sur cette argumentation. Dans un arrêt récent, le Tribunal fédéral a précisé la jurisprudence en ce sens que l'absence de douleurs dans la nuque et les épaules dans un délai de 72 heures après l'accident assuré permet en principe d'exclure un traumatisme de type «coup du lapin» justifiant d'admettre un rapport de causalité naturelle entre cet accident et d'autres symptômes apparaissant parfois après un période de latence (par ex., vertiges, troubles de la mémoire et de la concentration, fatigabilité), malgré l'absence de substrat objectivable; il n'est pas nécessaire que ces derniers symptômes - qui appartiennent, avec les cervicalgies, au tableau clinique typique d'un traumatisme de type «coup du lapin» - apparaissent eux-même dans le délai de 72 heures après l'accident assuré (arrêt U 215/05 du 30 janvier 2007, SVR 2007 UV n. 23 p. 75). Sur ce point, l'argumentation de l'intimée et des premiers juges ne peut donc pas être suivie. 4.2 L'intimée se réfère également aux prises de position des docteurs K.________ et H.________, ainsi qu'à un rapport d'examen électrophysiologique établi le 12 juin 2002 par le docteur F.________. 4.2.1 Le docteur F.________ s'est notamment interrogé sur les causes d'une chéralgie paresthésique sur irritation de la branche sensitive du nerf radial au niveau du poignet. Il pouvait s'agir, d'après lui, d'un traumatisme méconnu et la relation avec l'accident du 18 novembre 2001 était improbable. Pour le surplus, le docteur F.________ s'est limité à constater l'absence de cause organique objectivable, au moyen d'un examen électrophysiologique, aux troubles présentés par l'assurée. Ce rapport est insuffisant pour exclure, sans autre mesure d'instruction, le rapport de causalité naturelle entre les atteintes à la santé dont souffre la recourante et l'accident du 18 novembre 2001. 4.2.2 Le docteur H.________ a exposé que les troubles cognitifs de l'assurée n'étaient pas spécifiques et pouvaient s'expliquer par les cervicalgies chroniques, et éventuellement un trouble affectif, de sorte qu'ils ne permettaient pas de conclure à la survenance d'un traumatisme cranio-cérébral. Il ne s'est pas véritablement exprimé par rapport à un éventuel traumatisme de type «coup du lapin». Sa prise de position ne permet pas de tirer de conclusion claire sur ce point. 4.2.3 Le docteur K.________ a rappelé que l'évolution vers la chronicité de cervicalgies s'étant développées à la suite d'un mécanisme d'accélération-décélération est bien connue, mais que les causes d'une telle évolution sont sujettes à discussion dans le monde médical. Il a souligné le développement en deux phases des symptômes présentés par l'assurée, avec d'abord des troubles physiques dominants (cervicalgies), puis des troubles psychiques ou neuropsychologiques mis en évidence par le docteur C.________ près d'une année après l'accident. D'après lui, les symptômes tels que vertiges et troubles de la mémoire ou de la concentration sont apparus après une trop longue période de latence pour qu'un lien de causalité avec l'accident puisse être retenu. Pour le surplus, il a précisé qu'en tant que chirurgien orthopédiste, il lui était impossible d'extraire de l'invalidité globale présentée par l'assuré la part imputable à «l'étiogie accidentelle des cervicalgies». Il est douteux que cette prise de position suffise à exclure - sans autre mesure d'instruction -, la causalité naturelle entre le tableau clinique présenté par la recourante et l'accident subi le 18 novembre 2001, compte tenu de la jurisprudence exposée au considérant 4.1 ci-dessus. Cela vaut d'autant plus que d'autres rapports médicaux au dossier, établis après examen de l'assurée, attestent l'existence d'un tel rapport de causalité. Cela étant, il convient de laisser cette question ouverte. En effet, même en admettant que la recourante souffre encore, sous l'angle de la causalité naturelle, des séquelles d'un traumatisme de type «coup du lapin», il convient de nier le rapport de causalité adéquate entre ces atteintes et l'accident assuré, pour les motifs exposés au considérant 5 ci-après. 4.3 La recourante allègue qu'elle présente, en plus des séquelles d'un traumatisme de type «coup du lapin» une atteinte à l'épaule droite. Elle se réfère à des rapports établis par le docteur D.________, qui a posé le diagnostic de tendinopathie de la coiffe des rotateurs à droite et a pratiqué une acromioplastie par arthroscopie, le 26 janvier 2006 (rapport du 28 novembre 2005 et compte-rendu opératoire du 26 janvier 2006). Toujours selon le docteur D.________, l'arthroscopie avait permis de constater des lésions de tendinite chronique post-traumatique; l'intervention chirurgicale était restée sans grand résultat en ce qui concerne le tableau douloureux, auquel participaient en grande partie des séquelles d'une névralgie cervico-brachiale de topographie C5-C6 droite (rapport du 22 août 2006). Contrairement à ce que soutient la recourante, ces rapports sont peu convaincants dans la mesure où ils attestent l'existence d'une tendinopathie chronique de l'épaule, d'origine accidentelle, et dont le diagnostic aurait été posé pour la première fois près de quatre ans après l'accident assuré. Ils ne contiennent aucune explication sur les motifs pour lesquels une origine accidentelle est attribuée à la tendinopathie. Quand à une névralgie cervico-brachiale de topographie C5-C6 droite, elle n'a pas été objectivée par les précédents neurologues qui ont examiné l'assuré. Autrement dit, les rapports établis par le docteur D.________ ne permettent pas d'établir d'atteinte à la santé en relation de causalité naturelle avec l'accident assuré, à tout le moins pas d'autre atteinte que les éventuelles séquelles d'un traumatisme de type «coup du lapin». Il convient dès lors d'examiner si un rapport de causalité adéquate peut être établi entre ces dernières et l'accident du 18 novembre 2001.