Citation: 4P.178/2000 26.01.2001 E. 1

1.- Le recourant a donc réclamé à l'intimée, son ex-employeur, la réparation du dommage qu'elle lui aurait fait subir en l'obligeant à mandater un avocat pour se défendre dans la procédure d'appel en cause ouverte par elle contre lui devant les tribunaux du Texas. Il critique, sous l'angle de l'arbitraire dans l'appréciation des preuves, la façon dont la cour cantonale a dénié tout caractère probant, quant au dommage subi, à cinq notes d'honoraires, établies par l'étude d'avocats genevoise associée à l'étude Baker et Mackenzie dès le 3 décembre 1996, et totalisant 51 206 fr. Il ne s'en prend donc pas à l'appréciation que la Cour d'appel a faite des autres notes d'honoraires qu'il avait invoquées. Selon le recourant, toute note d'honoraires qui établit de façon claire une activité s'inscrivant dans le cadre de l'appel en cause est pertinente et doit être retenue comme dommage. A cet égard, les cinq notes invoquées par lui seraient précises, chacune indiquant le montant facturé par le bureau de l'Etude de Genève et par celui de Dallas. L'activité du bureau de Dallas aurait été uniquement et exclusivement consacrée à la défense de ses intérêts dans la procédure d'appel en cause introduite contre lui par la défenderesse. Trois faits le prouveraient: - la seule activité judiciaire qui nécessitât le recours à un avocat situé à Dallas était l'appel en cause litigieux; - l'activité du bureau de Dallas avait débuté, conformément à la note d'honoraires du 3 décembre 1996, le 1er septembre 1996, soit quelques jours après le dépôt de l'appel en cause; l'activité aurait donc commencé avec et du fait de l'appel en cause; - l'avocate Valérie Delerue, entendue comme témoin par la Cour d'appel, avait confirmé que "l'activité du bureau de Dallas se rapportait à la procédure américaine", ce qui ne serait pas contesté par l'intimée ni par la Cour d'appel. Pour le recourant, toutes les notes d'honoraires précitées comporteraient la précision nécessaire pour établir le dommage subi, car elles distinguent l'activité déployée dans le cadre de l'appel en cause par le bureau américain; les montants figurant sous cette rubrique sont, au demeurant, ceux qu'il a payés pour se défendre dans le cadre de cette procédure. Peu importeraient, dans cette optique, l'intitulé général de la note ("Consultations juridiques - Banque Indosuez") et le fait que le détail ainsi que le répertoire des prestations fournies par le bureau de Dallas n'y soient pas mentionnés, ce pour deux raisons: - premièrement, le seul élément pertinent en l'espèce est que soient séparées l'activité américaine, entièrement consacrée à l'appel en cause, et l'activité genevoise qui ne l'est pas, ce qui a été fait; - secondement, la Cour d'appel n'avait pas à sta- tuer sur la question de savoir si le montant des notes d'honoraires se justifiait eu égard au tra- vail fourni, car la seule mission qui lui était assignée consistait à distinguer les postes rele- vant de l'appel en cause de ceux qui lui étaient étrangers et à examiner la force probante des pre- miers; or, les notes d'honoraires démarqueraient et établiraient clairement les montants facturés par le bureau de Dallas pour la procédure d'appel en cause. Aussi la Cour d'appel serait-elle tombée dans l'arbitraire en estimant que le recourant n'avait pas apporté à satisfaction de droit la preuve de son dommage, après avoir rejeté sans distinction et en bloc toutes les notes d'honoraires produites.