Citation: 4C.149/2001 19.12.2001 E. 3

3.- La recourante soutient qu'il incombait au maître de l'ouvrage et non à l'entrepreneur de procéder à une mise en service conforme aux règles de l'art, en ce sens que celle-ci aurait dû être précédée d'un contrôle de la conformité de l'exécution avec les plans du projet, doublé d'un contrôle visuel et par ultrasons des cordons de soudure. Mais la défenderesse perd totalement de vue qu'il appartient à l'entrepreneur de livrer un ouvrage qui soit conforme au contrat, c'est-à-dire qui soit exempt de défauts; si tel n'est pas le cas, la prestation de l'entrepreneur est défectueuse (ATF 114 II 239 consid. 5a/aa p. 244; Gauch, op. cit. , n. 1360). Pour juger de la conformité en cause, il faut prendre en compte l'ouvrage auquel le maître pouvait s'attendre selon les règles de la bonne foi en fonction du contenu du contrat (Gauch, op. cit. , eod. loc.). En particulier, le maître est en droit d'attendre, de bonne foi, que l'ouvrage présente, au moment de sa livraison, les qualités convenues et attendues sans convention particulière (Gauch, op. cit. , n. 1361), l'entrepreneur devant fournir un ouvrage utilisable, qui se trouve ainsi dans un état le rendant pleinement apte à son usage, et dont la valeur correspond à un état normal (Gauch, op. cit. , n. 1407 et 1413). In casu, il est établi définitivement que la recourante se présentait comme étant, tant au niveau de la fabrication que de la conception, une spécialiste dans le domaine des réservoirs à liquide. Dans ces conditions, il est manifeste qu'elle devait être à même de livrer un réservoir prismatique de stockage de froid latent qui soit exempt de défauts et apte à fonctionner au moins durant le délai de garantie de deux ans prévu par l'art. 9 des conditions générales cité ci-dessus, ce qui n'a pas été le cas. Ainsi, il appartenait bien à la recourante de vérifier que l'ouvrage soit exécuté conformément aux plans et de contrôler les soudures, afin que la cuve possédât les qualités intrinsèques qui avaient été promises contractuellement. Ces formalités qui ont trait à l'obligation de l'entrepreneur de produire l'ouvrage n'ont évidemment rien à voir avec les vérifications usuelles incombant au maître après la remise de la chose. Le moyen est privé de tout fondement.