Citation: 6B_770/2017 E. 2.2

2.2. La cour cantonale a considéré que l'accident s'était produit de nuit, par temps sec et couvert, sur une route rectiligne et bien éclairée où la vitesse était limitée à 60 km/h. La visibilité était bonne, à tout le moins sur une distance d'environ 80 mètres, et le brouillard était haut. D'après les photographies et le croquis effectués par la police, le recourant se trouvait, au moment de l'impact, au milieu de la piste de gauche, dans le sens de marche de l'intimé, étant précisé que la route était composée de deux voies de circulation dans chaque sens, séparées par une double ligne blanche au milieu. Les lésions du recourant se trouvaient sur le côté gauche de son corps, tandis que les dégâts sur la voiture de l'intimé étaient situés à droite, sur le phare et le parebrise. Ces constatations permettaient d'écarter la thèse du recourant, selon laquelle il venait de traverser, de gauche à droite, les deux pistes descendantes de la route B.________ et se trouvait sur la double ligne blanche lorsqu'il avait été percuté par la voiture de l'intimé, qu'il n'aurait pas vue venir, en raison d'un brouillard épais limitant son champ de vision à moins de 10 mètres. Elles étaient en revanche compatibles avec les explications fournies par l'intimé, lequel avait déclaré de manière constante que le recourant avait terminé de traverser les quatre pistes et se trouvait sur le trottoir de droite, lorsqu'il était revenu soudainement sur ses pas. Tant la position des blessures que l'emplacement des dégâts sur le véhicule, ainsi que le point de choc relevé par la police, permettaient de considérer que le recourant s'était déplacé de droite à gauche - en se positionnant du point de vue de l'intimé - lorsqu'il avait été heurté par le véhicule, l'intimé ayant fait un mouvement d'évitement vers la gauche vu l'obstacle ayant surgi sur sa droite. Cette version concordait par ailleurs avec celle du témoin D.________, passager avant de la voiture, qui était sobre selon ses dires et avait une meilleure vision de la scène, vu sa position, que les trois passagères placées à l'arrière, dont les témoignages ne concordaient pas et qui avaient au demeurant toutes bu de l'alcool. Le témoignage d'E.________, qui accompagnait le recourant le soir des faits, n'était pas non plus probant, dès lors qu'il était en contradiction avec les constatations objectives, notamment s'agissant de la position de son ami lors du choc. Compte tenu de ces éléments, la cour cantonale a considéré que l'intimé, qui circulait de nuit avec les feux enclenchés, avait aperçu à temps les personnes qui traversaient la route en dehors d'un passage pour piétons, qu'il avait ralenti en conséquence et s'était déporté sur la piste de gauche en arrivant à la hauteur du groupe, lequel se trouvait déjà sur le trottoir de droite. Elle a estimé que, dans ce contexte, l'intimé ne pouvait s'attendre à ce que l'un des piétons, même alcoolisé, revînt brusquement et soudainement sur ses pas et s'élance sur la deuxième voie de la route, devant son véhicule.