Citation: 6B_965/2023 E. 2.2.6

2.2.6. Dans une attestation du 26 avril 2021, G.________ et H.________, psychologues auprès de l'Espace de soutien et de prévention - abus sexuels (ESPAS), avaient précisé que l'intimée avait été reçue une première fois le 12 octobre 2020 et bénéficiait d'un suivi hebdomadaire, dix-huit séances ayant eu lieu à la date d'établissement de l'attestation. L'intimée leur avait rapporté avoir subi une agression sexuelle sur son lieu de travail, avoir consulté un avocat, puis avoir déposé plainte par écrit. Selon les thérapeutes, lors des premiers entretiens, la victime était dans un état psychique très fragile, présentant une peur intense face à son lieu de travail, ainsi qu'un sentiment de culpabilité. L'intimée était dans l'impossibilité de raconter à nouveau son agression, ne souhaitant pas la revivre. Les psychologues précisaient que l'intimée présentait de nombreux symptômes permettant de retenir l'hypothèse diagnostique d'un trouble de stress post-traumatique, en particulier la présence de souvenirs répétitifs, involontaires et envahissants de l'agression sexuelle, provoquant un sentiment de détresse. L'intimée présentait également de la colère, de la peur et de la culpabilité, une réduction nette de l'intérêt pour des activités, des altérations marquées de la réactivité et une perturbation du sommeil. Selon les thérapeutes, il paraissait évident que l'intimée avait été atteinte dans son intégrité sexuelle et psychique au vu en particulier de ses réactions de figement et de sidération. Un accompagnement par un médecin psychiatre lui avait été recommandé. Les psychologues relevaient que le pronostic était réservé, le travail de stabilisation et d'intégration du vécu traumatique pouvant nécessiter un temps relativement long. Pour la cour cantonale, peu importait le fait que l'intimée avait, par le passé - soit avant son engagement par D.________ Sàrl - déjà souffert d'un syndrome de stress post-traumatique et qu'elle avait consulté la LAVI comme le recourant le relevait (cf. jugement de première instance, p. 4, 6). Dans un rapport médical du 8 septembre 2021, les Drs I.________ et J.________, psychiatres auprès du Centre de psychiatrie et psychothérapie Les Toises, faisaient état d'une prise en charge de l'intimée depuis la fin du mois de février 2021 à une fréquence bimensuelle. La patiente s'était présentée dans le contexte d'une symptomatologie anxieuse et dépressive en lien avec une agression sexuelle. Avaient été mis en évidence une tension interne, une perplexité, des angoisses avec un sentiment de perte de contrôle, une perturbation du sommeil, un manque de motivation et une incapacité à se projeter dans l'avenir. Les thérapeutes avaient indiqué qu'il était possible que l'intimée ait présenté un syndrome de stress post-traumatique développé ensuite de l'agression sexuelle qu'elle rapportait. Ce syndrome se manifestait par un évitement de son lieu de travail, une dissociation, des crises d'angoisse massives à l'approche d'un homme noir qui lui rappelait son agresseur et une hypervigilance. A la date d'établissement du rapport, une symptomatologie anxieuse et dépressive était mise en évidence au premier plan, symptomatologie qui restait très fluctuante. La patiente s'était vu prescrire un somnifère, un anti-dépresseur et un traitement à base d'anxiolytique. Pour la cour cantonale, le fait que les thérapeutes avaient répondu "non" à la question de savoir si des "signes cliniques" étaient "compatibles avec une atteinte à son intégrité sexuelle" n'était pas pertinent et s'expliquait par le fait qu'ils avaient considéré que la patiente avait, par le passé, présenté un syndrome de stress post-traumatique qu'elle avait développé à la suite des faits litigieux. Contrairement à ce que le recourant prétendait, la cour cantonale considérait que les constats des thérapeutes étaient clairs et ne pouvaient s'expliquer par d'autres raisons que l'épisode traumatique dont l'intimée l'accusait. Enfin, aux débats de première instance, l'intimée avait précisé avoir, outre les deux suivis détaillés ci-dessus, entrepris une thérapie de désensibilisation par des mouvements oculaires, spécifique pour les traumas, en particulier sexuels. Sur recommandation de son coach professionnel, elle avait indiqué avoir interrompu tout suivi environ 1 mois auparavant (cf. jugement de première instance, p. 5).