Citation: 1B_232/2015 E. 3.4

3.4. Conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient d'examiner les possibilités de mettre en oeuvre d'autres solutions moins dommageables que la détention (règle de la nécessité). Cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention provisoire ou de la détention pour des motifs de sûreté si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution la fourniture de sûreté (let. a), la saisie des documents d'identité (let. b), l'assignation à résidence ou l'interdiction de se rendre dans un certain lieu ou un certain immeuble (let. c), l'obligation de se présenter régulièrement à un service administratif (let. d), l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f), l'interdiction d'entretenir des relations avec certaines personnes (let. g). En l'espèce, les mesures de substitution proposées par le recourant apparaissent insuffisantes au regard de l'intensité du risque de fuite accentuée par la gravité de l'infraction, l'importante peine privative de liberté retenue en première instance et la situation financière peu transparente du prévenu. En effet, l'obligation de se présenter chaque jour à un poste de police, la saisie de ses documents d'identité, l'assignation à résidence chez sa mère à Genève, l'interdiction de quitter le territoire genevois, de fréquenter certains lieux et d'entrer en contact avec certaines personnes impliquées dans la présente procédure ne sont pas de nature à empêcher une personne dans la situation du recourant de franchir la frontière suisse. Ces mesures n'offrent aucune garantie particulière, faute de pouvoir exercer un contrôle efficace et sérieux quant à leur respect. Quant à la caution de 300'000 francs qui provient d'une donation qu'a faite le recourant à son fils C.________ en mai 2015, la cour cantonale a retenu que son montant paraissait insuffisant compte tenu du peu d'informations documentées dont on dispose sur l'état de la situation financière du recourant (cf. supra consid. 3.3). On ignore aussi quel est le solde des fonds actuellement saisis en main de Me E.________. Par ailleurs, il y a lieu de relever que la surveillance électronique préconisée par le recourant ne constitue pas en soi une mesure de substitution mais uniquement un moyen de contrôler l'exécution d'une telle mesure, en particulier une assignation à résidence (cf. arrêt 1B_447/2011 du 21 septembre 2011 consid. 3.4). S'il apparaît, comme en l'espèce, que cette dernière mesure n'est pas apte à prévenir le risque de fuite, la surveillance électronique, dépourvue en soi d'effet préventif, ne saurait être mise en oeuvre. Pour le reste, le recourant - qui ne se prévaut pas d'une violation de l'égalité de traitement, à juste titre, - ne peut rien tirer des références qu'il fait à un arrêt du Tribunal criminel du canton de Genève portant sur l'absence de risque concret de fuite, toute comparaison avec sa situation étant dénuée de pertinence. En définitive, la Cour de justice n'a pas violé le droit fédéral en considérant que le risque de fuite était intense et que les mesures de substitution proposées par l'intéressé n'étaient pas propres à limiter ce risque de façon déterminante.