Citation: 1C_416/2013 E. B

Par courrier du 11 janvier 2011, l'Office fédéral des migrations (ODM) a informé A.________ qu'il devait examiner s'il y avait lieu d'annuler la naturalisation facilitée, compte tenu du divorce prononcé le 26 avril 2010 et de l'aboutissement le 13 octobre 2010 de la procédure en contestation de la paternité de l'enfant né le 9 mars 2010. Avisant les autorités que l'intéressée était à l'étranger, son ex-mari a relaté par courrier du 10 février 2011 les circonstances dans lesquelles il l'avait rencontrée. Lors de son audition du 11 juillet 2011, il a expliqué que, depuis le 15 mai 2008, il habitait à Zurich pour des raisons professionnelles, assurant qu'ils n'avaient alors aucune difficulté conjugale. En raison de l'éloignement entre Zurich et leur domicile, il a déclaré qu'il était de moins en moins rentré les week-ends. Il avait sympathisé avec une femme rencontrée à Zurich; puis en octobre 2008, il avait commencé à tromper son épouse. Selon lui, son ex-femme avait également fait la connaissance de quelqu'un à la fin de l'année 2008 ou au début l'année 2009. La question d'une séparation ou d'un éventuel divorce avait dû être évoquée au début de 2009. B.________ a assuré qu'entre l'octroi de la naturalisation facilitée et la séparation en octobre 2008, le couple avait continué à avoir des activités communes et que, s'ils n'avaient pas eu d'enfant ensemble, cela ne résultait pas de leur volonté. L'intéressée s'est déterminée le 5 septembre 2011, relevant l'exactitude des propos tenus par son ex-mari, son attachement à la Suisse et le fait qu'elle ne possédait plus de passeport ukrainien. Après avoir obtenu l'assentiment des autorités cantonales, l'ODM a, par décision du 3 novembre 2011, annulé la naturalisation facilitée. L'enchaînement des faits - dépôt prématuré de la demande de naturalisation facilitée, séparation de fait du couple intervenue moins de deux mois après l'entrée en force de la naturalisation, relations extraconjugales desquelles, pour l'épouse, est issu un enfant, action en contestation de la paternité déposée trois jours après l'entrée en force du jugement de divorce et rapide séparation intervenue en l'absence de tout événement extraordinaire - permettait d'établir que lors de la déclaration du 2 mai 2008 ou au moment du prononcé de la naturalisation, le mariage de l'intéressée n'était pas constitutif d'une communauté conjugale effective et stable. La naturalisation facilitée avait donc été octroyée sur la base de déclarations mensongères, voire d'une dissimulation de faits essentiels.