Citation: I 531/04 11.07.2005 E. 5

5.1 Il est constant que l'intimé aurait pu réaliser, sans atteinte à la santé, un revenu annuel de 61'685 fr. en qualité de chauffeur poids lourds. Ce montant n'est du reste pas contesté. 5.2 La détermination du revenu d'invalide sur la base de données salariales concrètes est procédé admis par le Tribunal fédéral des assurances au même titre que le recours aux données statistiques (ATF 129 V 472). Selon la jurisprudence précitée, la détermination du revenu d'invalide sur la base des descriptions de postes de travail (DPT) requiert la production d'au moins cinq DPT. Or, comme l'Office AI n'a recueilli que trois DPT, le recours à cette méthode n'était, en l'état, pas admissible. 5.3 La méthode basée sur les salaires statistiques concerne avant tout les assurés qui ne peuvent plus accomplir leur ancienne activité parce qu'elle est physiquement trop astreignante, mais qui conservent néanmoins une capacité de travail importante dans des travaux légers (arrêt non publié L. du 1er avril 2005, I 171/04). En pareilles circonstances, le revenu avec invalidité doit être arrêté à la lumière des statistiques salariales ressortant de l'enquête suisse sur la structure des salaires publiée par l'Office fédéral de la statistique (ATF 124 V 321). Selon la table TA1 relative à l'année 1998 (p. 25), il faut ainsi partir d'un gain déterminant, toutes activités confondues dans le secteur privé, de 4'268 fr. par mois (valeur standardisée) pour des travaux simples et répétitifs (niveau 4) exercés par un homme. Ce revenu statistique tient compte d'un large éventail d'activités légères existant sur le marché du travail; un nombre suffisant d'entre elles peuvent être exercées sans nécessiter le port de charges, de sorte qu'elles sont adaptées au handicap de l'intimé. Ce salaire mensuel hypothétique se base sur une durée hebdomadaire de travail de 40 heures, inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises, il y a lieu de l'ajuster à 41,9 heures par semaine (La vie économique, 9/2004, p. 87, tableau B 9.2), soit un salaire mensuel de 4'470 fr. 73, ou annuel de 53'648 fr. 76. Il convient ensuite d'appliquer un facteur de réduction au gain annuel statistique de 53'648 fr. 76 , conformément à la jurisprudence (cf. ATF 126 V 75). Compte tenu des circonstances personnelles et professionnelles du cas particulier, un abattement de 15 % paraît approprié, si bien que le gain d'invalide se monte à 45'601 fr. 45. La comparaison des revenus aboutit à un degré d'invalidité de 26.07 % (45'601 / 61'685), qu'il convient d'arrondir à 26 % (ATF 130 V 121), soit à un taux inférieur à la limite de 40 % ouvrant droit à un quart de rente (cf. art. 28 al. 1 LAI). Au demeurant, même en appliquant l'abattement maximum de 25 % admis par la jurisprudence (ATF 126 V 75), le degré d'invalidité se monterait à 35 % et n'ouvrirait donc aucun droit à une rente.