Citation: 8C_398/2022 E. 6.1

6.1. Se plaignant d'une violation de l'art. 66 al. 1 LAA, la recourante soutient que le transporteur aurait été parfaitement libre dans l'organisation de son travail et qu'il aurait été économiquement indépendant. L'intéressé aurait eu le droit d'accepter des ordres de tiers - ce à quoi la recourante ne se serait jamais opposée - ainsi que de refuser les missions proposées par cette dernière. Il aurait toutefois délibérément choisi de privilégier la recourante dans le cadre de son travail au détriment d'autres clients. A ce propos, il aurait eu suffisamment de temps à disposition pour effectuer des tournées pour le compte de tiers en sus de celles accomplies pour le compte de la recourante. Il aurait ainsi eu la possibilité de se constituer une clientèle propre. Dès lors qu'il aurait perçu un revenu deux fois supérieur au salaire médian d'un chauffeur poids-lourds en Suisse, il aurait disposé de suffisamment d'argent pour développer son activité entrepreneuriale, si besoin en engageant du personnel. Il aurait en outre pu prendre ses vacances quand il le souhaitait sans préavis. S'agissant de l'obligation pour le transporteur d'exécuter personnellement les missions qui lui étaient confiées, la recourante souligne avoir voulu s'assurer de la qualité de ses prestations et éviter une sous-traitance à moindre coût. Par ailleurs, aucun horaire de travail ni aucun lieu de travail n'auraient été imposés au transporteur.