Citation: 6P.176/2004 11.01.2005 E. 3

3.1 Dans le cas particulier, le recourant se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des témoignages à propos de la remise à B.________ de la clé qui a permis le vol du véhicule. Selon lui, l'autorité cantonale aurait indûment écarté le témoignage de C.________ pour retenir celui de F.________. Aux débats, F.________ a rapporté que le matin de la disparition de la Mercedes, le recourant l'avait déposé à un garage pour récupérer son propre véhicule et que, sur le chemin, le recourant lui avait demandé de remettre une clé de la Mercedes à un tiers dans un café. F.________ aurait alors refusé de sorte que le recourant s'était rendu dans l'établissement public. De son côté, C.________ a affirmé que c'était F.________ qui avait remis la clé à B.________. Dans son arrêt (p. 11), l'autorité cantonale a expliqué de manière claire et convaincante les raisons pour lesquelles elle a écarté le témoignage de C.________. Elle a estimé que celui-ci était suspect par sa tardiveté et peu crédible compte tenu du fait qu'il émanait d'un condamné à de multiples reprises. En revanche, elle a jugé le témoignage de F.________ crédible, dès lors que, par sa dénonciation, il s'exposait personnellement à des poursuites pénales. Mal fondée, l'argumentation du recourant doit donc être rejetée. 3.2 Le recourant reproche en outre à l'autorité cantonale d'avoir retenu de manière arbitraire qu'il avait fait démonter l'autoradio avant le prétendu vol. Selon lui, le témoignage de G.________ ne saurait être retenu à sa charge, puisque ce dernier ne l'a pas identifié. De plus, la quittance antidatée, établie en 1999 par F.________ à propos du démontage de l'autoradio, prouverait son innocence. Selon l'arrêt attaqué (p. 12), le recourant a annoncé à son assurance que la Mercedes prétendument volée était équipée d'un autoradio "breaker mexico", alors que le véhicule "volé" a été retrouvé sans autoradio. Selon F.________, le recourant avait fait démonter l'autoradio avant le prétendu vol et le lui avait revendu. Ces déclarations ont été corroborées par G.________ qui a confirmé que F.________ était venu à son garage pour démonter l'autoradio d'une Mercedes 560 anthracite et était accompagné d'un inconnu qui devait être le propriétaire. Sur la base de ces déclarations, on ne peut reprocher à l'autorité cantonale d'être tombée dans l'arbitraire en parvenant à la conclusion que le recourant avait fait démonter l'autoradio avant la disparition du véhicule et qu'il l'avait revendu à F.________ pour 500 francs. En effet, le témoin G.________ a confirmé le principe du démontage. Peu importe à cet égard qu'il n'ait pas identifié le recourant ni pu donner la date exacte de l'opération. Quant à la quittance antidatée, elle n'infirme pas non plus la conclusion de l'autorité cantonale, puisqu'il a été établi qu'elle attestait d'un fait vrai, à savoir le démontage de l'autoradio avant le 16 août 1990. Mal fondés, les griefs du recourant doivent être rejetés. 3.3 Le recourant soutient également que l'appréciation des preuves de l'autorité cantonale sur "l'affaire de Dijon" est arbitraire. Il ressort de l'arrêt attaqué (p. 7) que le 19 juillet 2002, soit après la communication aux parties de l'avis de prochaine clôture et avant la notification de l'ordonnance de renvoi du 8 août 2002, le recourant a produit une transaction de trois pages réglant des litiges financiers entre F.________ et lui-même, portant leur signature ainsi que la mention "fait à Dijon" le "12 juillet 2002". F.________ y déclare en particulier que le dépôt d'une plainte pénale en France et la dénonciation à la Zurich Assurances en Suisse avaient pour seul objectif de provoquer une discussion sur une réduction du prix convenu dans une convention du 7 avril 1998. Suivant le rapport de police du 10 mars 2003, l'autorité cantonale a conclu que la version de F.________ selon laquelle il a été contraint de signer le document en question était plus crédible que celle du recourant. L'autorité cantonale a relevé que certaines informations de F.________ se sont révélées erronées, dont le fait que le recourant avait été incarcéré en France. Se référant à un ensemble d'indices, elle a clairement expliqué les raisons qui l'ont cependant poussées à retenir la version de F.________, selon laquelle il a signé sous la contrainte le document du 12 juillet 2002 à Dijon. Elle a ainsi noté que F.________ avait paru paniqué aux autorités françaises auprès desquelles il avait porté plainte le 12 juillet 2002, que le libellé de la déclaration de F.________ l'exposait à des poursuites pénales pour entrave à l'action pénale, de sorte qu'elle ne voyait pas pourquoi celui-ci se serait risqué à signer un tel document, et enfin que ce document avait été signé au moment de la clôture de l'enquête, ce qui le rendait suspect. Le recourant ne démontre pas en quoi les indices exposés par l'autorité cantonale ne seraient pas pertinents ni en quoi le raisonnement suivi serait insoutenable. Son argumentation ne remplit en conséquence pas les exigences de motivation posées à l'art. 90 al. 1 let. b OJ, de sorte qu'elle est irrecevable. 3.4 Le recourant reproche enfin à l'autorité cantonale d'avoir retenu que la quittance du 16 novembre 1989 relative à la vente de la Mercedes litigieuse était un faux fabriqué. Selon le recourant, l'autorité cantonale aurait arbitrairement écarté l'expertise effectuée par l'Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne, concluant à la probable validité de la quittance, mettant ainsi à néant des pièces au profit de témoignages de personnes qui se connaissent toutes entre elles. Selon l'arrêt attaqué (p. 8 s.), K.________ a acquis la Mercedes neuve en 1988 pour un montant de l'ordre de 120'000 francs et l'a revendue à D.________ au prix d'ami d'environ 90'000 francs, mais en tout cas pour un prix inférieur à 100'000 francs. Ce dernier l'a ensuite revendue pour 85'000 francs au recourant. Pour l'autorité cantonale, en mentionnant un prix de 115'000 francs sur la quittance du 16 novembre 1989, le recourant s'est donc rendu coupable de faux dans les titres (faux matériel). Pour retenir le prix de vente de 85'000 francs, l'autorité cantonale s'est fondée sur les déclarations de plusieurs témoins, qui ont cité un montant proche, ainsi que sur le témoignage du vendeur. Dans son appréciation des preuves, elle n'a pas négligé l'expertise de l'Institut de police scientifique, qui conclut que la signature figurant sur la quittance litigieuse est bien celle de D.________. Elle a cependant expliqué que l'expertise avait été effectuée sur des photocopies et a retenu l'hypothèse d'un photomontage, évoquée par les experts. Ce faisant, elle n'a pas procédé à une appréciation arbitraire des preuves. Les griefs du recourant sont donc infondés.