Citation: 6B_1134/2016 E. 1.3

1.3. La cour cantonale a relevé que le recourant avait subi les deux tiers de sa peine et que son comportement en détention avait été jugé correct par la direction de A.________, hormis la sanction disciplinaire dont il avait fait l'objet, consécutive à une altercation avec ses codétenus. Elle a retenu le comportement correct en faveur du recourant tout en considérant que cet élément ne saurait, à lui seul, conduire à l'octroi d'une libération conditionnelle. En effet, le recourant avait été condamné à neuf reprises tant en Suisse que dans son pays d'origine, essentiellement pour des faits de nature similaire et qui démontraient un ancrage dans la délinquance. Si ses antécédents roumains étaient relativement anciens, ils mettaient néanmoins en évidence qu'il n'avait su tirer aucune leçon de son expérience de la prison, nonobstant les deux peines significatives qu'il avait subies à l'époque. Le recourant avait d'ailleurs bénéficié d'importantes remises de peine à ces occasions, ce qui permettait de relativiser le fait qu'il n'avait pas bénéficié d'une libération conditionnelle en Suisse, même si on ignorait la nature juridique exacte de ces aménagements. Force était de constater que le recourant n'avait pas non plus tiré d'enseignement de son parcours judiciaire en Suisse. Après avoir bénéficié d'une première peine assortie du sursis, il avait récidivé presque aussitôt, et le fait d'avoir alors passé cinq mois en prison ne l'avait aucunement dissuadé de revenir en Suisse moins de six mois après sa libération pour y commettre de nouvelles infractions et cette fois autrement plus graves, s'agissant de brigandages au préjudice de personnes particulièrement vulnérables en raison de leur grand âge et/ou de leur situation de femme vivant seule. Si, dans son arrêt du 14 janvier 2014, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton de Genève avait certes relevé la bonne collaboration du recourant à la procédure, dont elle avait amplement tenu compte lors de la fixation de la peine, elle avait néanmoins souligné qu'il avait fortement minimisé la gravité des faits le concernant dans deux de ces occurrences, ce qui dénotait une prise de conscience encore imparfaite du caractère hautement répréhensible de ses actes. Le travail d'introspection n'apparaissait pas achevé à ce jour. A cela s'ajoutait le fait que son projet de réinsertion n'apparaissait guère concret, celui envisagé avec la Fondation Suisse du Service Social International (ci-après: la fondation) paraissant loin d'être finalisé et n'étant en définitive guère différent de l'activité que le recourant expliquait avoir durablement exercée par le passé avant de trouver « un vrai travail » dans le domaine de la construction et qu'il n'avait pas reprise après avoir perdu l'emploi précité, préférant alors se livrer à nouveau aux vols. Il était ainsi à craindre que le recourant se retrouve, à son retour en Roumanie, dans une situation comparable à celle dans laquelle il se trouvait lorsqu'il était venu sévir en Suisse. Par conséquent, un pronostic défavorable quant au risque de voir le recourant récidiver dans ses activités délictueuses devait être posé. Les conditions d'application de l'art. 86 al. 1 CP n'étant pas réalisées, la libération conditionnelle devait être refusée et le jugement entrepris confirmé.