Citation: 2A.5/2004 02.03.2004 E. 2

Au surplus, si le recours avait été recevable, il aurait dû être rejeté. 2.1 Selon l'art. 17 al. 2 3ème phrase de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE; RS 142.20), les enfants célibataires âgés de moins de dix-huit ans ont le droit d'être inclus dans l'autorisation d'établissement de leurs parents tant qu'ils vivent auprès d'eux. Cette disposition s'applique par analogie aux enfants étrangers de citoyens suisses (ATF 129 II 249 consid. 1.2 p. 252 et la jurisprudence citée). Le but de l'art. 17 al. 2 3ème phrase LSEE est de permettre aux enfants et aux parents de vivre les uns avec les autres. Lorsque les parents sont séparés ou divorcés et que l'un d'entre eux a rejoint la Suisse tandis que l'autre est demeuré à l'étranger, la venue de leur enfant en Suisse ne peut aboutir à regrouper l'ensemble de la famille. Par conséquent, un droit inconditionnel à cette venue ne correspond pas à la ratio legis de l'art. 17 al. 2 3ème phrase LSEE, de sorte que cette disposition doit être appliquée de manière restrictive dans une telle constellation familiale (ATF 129 II 11 consid. 3.1 p. 14/15, 249 consid. 2.1 p. 252/253). Les restrictions dont l'art. 17 al. 2 3ème phrase LSEE font l'objet lorsqu'il concerne des parents séparés ou divorcés s'appliquent par analogie à l'art. 8 CEDH (ATF 125 II 633 consid. 3a p. 639/640; 124 II 361 consid. 3a p. 366). Quand les parents sont séparés ou divorcés, celui d'entre eux qui a librement décidé de s'installer en Suisse ne peut se prévaloir du droit d'y faire venir ultérieurement son enfant que lorsqu'il a maintenu avec lui une relation prépondérante en dépit de la séparation ou que des changements sérieux de circonstances rendent nécessaire la venue de l'enfant (ATF 129 II 11 consid. 3.1.3 p. 15, 249 consid. 2.1 p. 252) et pour autant qu'il n'abuse pas du droit au regroupement familial (cf. l'ATF 129 II 11 consid. 3.3.1 p. 16). En outre, l'importance et la preuve des motifs visant à justifier le regroupement familial ultérieur d'un enfant de parents séparés ou divorcés doivent être soumises à des exigences élevées, et ce d'autant plus que l'enfant sera âgé (ATF 124 II 361 consid. 4c p. 370/371; cf. aussi l'ATF 129 II 249 consid. 2.1 p. 253). En particulier, lorsqu'un parent ayant vécu de nombreuses années séparé de son enfant établi à l'étranger requiert sa venue peu de temps avant les dix-huit ans de celui-ci, on peut penser que le but visé n'est pas d'assurer la vie familiale commune, conformément à l'objectif poursuivi par l'art. 17 al. 2 3ème phrase LSEE, mais bien d'obtenir de manière plus simple une autorisation d'établissement, ce qui constituerait un abus de droit. Dans ces circonstances, une autorisation d'établissement peut être exceptionnellement octroyée seulement lorsque de bonnes raisons expliquent que le parent et l'enfant ne se retrouvent en Suisse qu'après des années de séparation, de tels motifs devant en outre résulter des circonstances de l'espèce (ATF 129 II 249 consid. 2.1 p. 253). Les principes exposés ci-dessus s'appliquent par analogie lorsque l'enfant vivant à l'étranger n'a pas été laissé à la charge de son parent proprement dit, mais confié à des membres de sa proche famille (ATF 129 II 11 consid. 3.1.4 p. 15). 2.2 En l'espèce, la demande de regroupement familial a été présentée environ deux mois avant que B.________ atteigne l'âge limite de dix-huit ans, alors qu'elle aurait pu être faite depuis des années déjà. Elle apparaît dès lors fondée sur des raisons économiques, et non pas familiales, et par conséquent abusive au regard de l'art. 17 al. 2 3ème phrase LSEE aussi bien que de l'art. 8 CEDH. Le Tribunal administratif l'a démontré de façon convaincante. On peut donc se référer sur ce point aux motifs de l'arrêt attaqué, en particulier à son considérant 3d, (art. 36a al. 3 OJ).