Citation: B 47/00 10.04.2001 E. 5

5.- a) En l'espèce, seuls deux certificats médicaux - non motivés - font état d'une incapacité de travail avant la fin des rapports d'assurance, à savoir des certificats des docteurs C.________, spécialiste en médecine interne (du 20 novembre 1997), et B.________, spécialiste en médecine interne et maladies rhumatismales (du 17 décembre 1997), aux termes desquels la recourante est incapable de travailler depuis le 1er novembre 1994. Toutefois, il existe une contradiction entre ces certificats et les avis exprimés précédemment par les mêmes médecins à l'intention de l'office AI : dans un rapport du 21 août 1995, le docteur C.________ a attesté une incapacité de travail de 100 % à partir du 1er avril 1995 seulement, et de 50 % dès le 1er juin suivant; quant au docteur B.________, il a fait état, dans un rapport du 4 août 1995, d'une incapacité de travail entière à partir du 27 février 1995 et de 50 % dès le 1er juin suivant. A cet égard, les déclarations du docteur B.________, appelé à témoigner devant la juridiction cantonale, ne permettent pas de supprimer cette contradiction, bien au contraire. Après avoir confirmé son appréciation du 4 août 1995, ce médecin a déclaré que la recourante était incapable de travailler à 100 % dès l'été 1994. Toutefois, comme l'intéressée désirait conserver son emploi, il avait renoncé à faire état d'une incapacité de travail à cette époque. Par ailleurs, c'était par ignorance des lois que la prénommée avait requis des prestations d'assurance-chômage après son licenciement. Ces déclarations ne sont pas convainquantes. Si la recourante voulait à tout prix éviter un licenciement, on ne voit pas ce qui l'empêchait de divulguer une éventuelle incapacité de travailler après l'annonce de la résiliation par l'employeur des rapports de travail. Certes, il est possible qu'elle n'ait pas su à quels organes de l'assurance sociale elle devait s'adresser pour faire valoir ses droits. Cependant, si elle subissait effectivement une perte ou une diminution sensible et indiscutable de sa capacité de rendement, il est indéniable qu'elle l'aurait indiqué dans la formule de demande d'indemnité de chômage, en répondant négativement à la question "pouvez-vous certifier actuellement d'une aptitude au placement ?" et en produisant un certificat médical conformément à l'exigence ressortant de ladite formule. Or, sur le vu d'une lettre adressée par l'Office cantonal de l'emploi à l'office AI le 11 août 1995, ce n'est que bien plus tard qu'elle a informé les organes de l'assurance-chômage de la survenance d'une incapacité de travail à partir du 27 février 1995. b) Quant au docteur M.________, spécialiste en médecine interne, il a indiqué, dans un certificat établi le 4 janvier 1999 à la demande de la recourante, qu'il n'avait pas de "mention d'arrêt de travail concernant les dernières consultations d'octobre et de novembre 1994". Il a confirmé ce fait dans son témoignage devant la juridiction cantonale, ajoutant qu'il n'avait "pas trouvé de raison pour mettre (la recourante) en arrêt de travail au cours de l'année 1994". Toutefois, il a déclaré que, même si l'on ne peut pas dire que la fibromyalgie dont souffre l'intéressée est invalidante, la personne qui en est atteinte se sent suffisamment mal pour ne pas être en mesure de travailler à 100 %. En dépit de cela, il avait renoncé a attester d'une incapacité de travail parce que la prénommée avait peur d'être licenciée. Ces déclarations ne permettent toutefois pas de conclure à l'existence d'une incapacité de travail invalidante avant le 30 novembre 1994. En effet, si le docteur M.________ estimait que la recourante subissait une diminution sensible et indiscutable de sa capacité de travail au cours des mois d'octobre et de novembre 1994, rien ne l'empêchait de faire état de ce fait, dès lors que la résiliation des rapports de travail par l'employeur avait déjà été portée à la connaissance de l'intéressée. c) Vu ce qui précède, il n'est pas établi, au degré de la vraisemblance prépondérante - appliquée généralement à l'appréciation des preuves dans l'assurance sociale (ATF 125 V 195 consid. 2, 121 V 47 consid. 2a, 208 consid. 6b et la référence) - que la recourante a subi, avant le 30 novembre 1994, une perte ou une diminution de sa capacité de rendement dans sa profession habituelle ou toute autre activité exigible au sens du règlement de l'intimée. Il s'ensuit que le jugement attaqué n'est pas critiquable et que le recours se révèle mal fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :