Citation: 5A_52/2025 E. 3.1

3.1. La Chambre de surveillance a constaté que les professionnels entourant les mineurs avaient fait part de leurs inquiétudes concernant la bonne compréhension par les parents des besoins de leurs enfants, particulièrement de leur fille, qui présentait des difficultés sur le plan scolaire et au point de vue de la prise en charge médicale. Elle a considéré que la mère ne pouvait être suivie lorsqu'elle soutenait que l'expertise pourrait faire naître chez les enfants du couple, et plus particulièrement chez leur fille, un " sentiment de stigmatisation " qui pourrait affecter l'estime de soi de celle-ci et lui faire perdre confiance, ce d'autant qu'elle se sentait parfois mise de côté en classe. En effet, c'était précisément afin de comprendre l'origine des difficultés dont souffrait l'enfant, de lui permettre d'être mieux intégrée en classe (ou scolarisée dans un établissement adapté) et d'aider à son intégration ainsi qu'à l'acquisition d'un sentiment de bien-être, que l'expertise était nécessaire. Si le bilan neuropsychologique ordonné par le Tribunal de protection apporterait certes certains éléments de réponse permettant de mettre en place l'aide scolaire, voire l'orientation en classe spécialisée, nécessaires à la mineure, ainsi que le suivi médical dont elle avait besoin, l'expertise était également indispensable pour éclaircir la compréhension des parents quant à l'état et aux besoins de leur fille, de même que leurs capacités à y répondre de manière adéquate. Il était effectivement apparu que la mère semblait peiner à comprendre les implications de certaines prises en charge de sa fille, dès lors que les explications devaient lui être répétées, avec des mots simples et à chaque reprise, par les thérapeutes. Elle mettait par ailleurs en échec les prises en charge de la mineure, déjà complexes, en changeant sans cesse de thérapeute, sans aviser le nouveau des suivis et des diagnostics précédents, ce qui ne permettait pas de déterminer les réels besoins de l'enfant ni d'assurer sa prise en charge; elle persistait notamment, malgré les examens pratiqués aux HUG, qui avaient exclu une épilepsie chez la mineure, à la conduire auprès d'autres thérapeutes, notamment dans un autre canton, et à solliciter la prescription de médicaments, sans soumettre à ces thérapeutes le résultat des examens d'ores et déjà effectués. Il était donc primordial de comprendre le fonctionnement psychologique des parents, notamment de la mère, et de déterminer dans quelle mesure elle était capable de prendre soin de sa fille de manière conforme à son intérêt, faute de quoi des mesures de protection plus importantes que celles actuellement mises en place (tel un retrait de l'autorité parentale en matière de soins ou un retrait de garde) pourraient être envisagées. L'intérêt propre des parents au refus de la réalisation de l'expertise et l'intrusion dans le cercle familial qu'ils redoutaient ne pouvaient représenter un obstacle à la réalisation de cette mesure d'instruction, l'intérêt de l'enfant prévalant l'inconfort que cette expertise procurait à ses parents. La Chambre de surveillance en a conclu que le choix du Tribunal de protection d'ordonner une expertise psychiatrique n'apparaissait pas critiquable, le préjudice qu'elle causait étant largement compensé par l'intérêt des enfants, en particulier de la fille du couple, à sa réalisation.