Citation: 1P.691/2006 14.12.2006 E. 3

3.1 En l'espèce, le recourant reproche en substance à la Cour de cassation genevoise d'avoir violé le principe de la présomption d'innocence et d'avoir fait preuve d'arbitraire en confirmant l'appréciation des premiers juges et en privilégiant la version de la victime à la sienne. Il estime qu'une importance excessive a été accordée à l'expertise de crédibilité et que celle-ci laissait planer un doute quant à la réalité des faits qui lui étaient reprochés; les juges ne pouvaient donc pas se reposer sur les seules conclusions de l'experte et les tenir pour avérées. Il allègue en outre que les déclarations de l'intimée présentaient des "variations permanentes" et des "incohérences majeures". 3.2 Comme l'a justement relevé la Cour de cassation genevoise, le recours à une expertise de crédibilité était nécessaire en raison des versions contradictoires données par les protagonistes et compte tenu des circonstances particulières du cas d'espèce, notamment des troubles de la personnalité de l'intimée et de la situation complexe de la famille d'accueil. Cette expertise a été menée dans les règles de l'art et de façon circonstanciée, l'experte n'hésitant pas à relever que l'intimée serait capable de mentir sciemment pour attirer l'attention sur elle. Or, le fait que cette possibilité ait été dûment prise en compte donne plus de poids aux conclusions de l'experte, qui estime que, sur le vu de l'ensemble des éléments en sa possession, l'hypothèse d'un mensonge est peu soutenue. Cette analyse s'appuie sur une étude approfondie de l'histoire personnelle de la victime ainsi que sur de nombreuses auditions des personnes impliquées. Par ailleurs, les révélations faites à la police lors d'une audition filmée le 26 avril 2004 sont qualifiées de cohérentes et crédibles, les déclarations sobres de l'intimée dénotant même une tendance à minimiser les faits. Entendue en présence du recourant et de son mandataire, l'experte a confirmé ses conclusions et précisé que l'intimée - qui était attachée à sa famille d'accueil et qui ne cherchait pas à l'accabler dans ses déclarations - n'avait aucun intérêt à maintenir un éventuel mensonge. Dans ces conditions, il n'était en tout cas pas insoutenable de se fonder sur les conclusions de l'expertise précitée pour apprécier la crédibilité des déclarations de l'intimée. Il convient en outre de relever que les premiers juges ont forgé leur opinion sur la base de l'ensemble du dossier. Ils ont en particulier pris en compte les conclusions de l'examen gynécologique effectué par le Dr Beier, qui sont compatibles avec les déclarations de la victime. Ils ont également procédé à une appréciation de la personnalité des intéressés, relevant à cet égard que si l'intimée avait souvent été accusée de mensonges à tort, le recourant avait quant à lui marqué une réelle tendance à travestir ou à minimiser la réalité. Enfin, la Cour correctionnelle a considéré que les deux incohérences relevées dans les déclarations de l'intimée ne suffisaient pas à mettre en doute sa crédibilité. A cet égard, le recourant se plaint, confusément, d'une violation des règles sur le fardeau de la preuve. Il n'avait cependant pas présenté ce grief devant la Cour de cassation. Or, sauf exceptions dont aucune n'est réalisée en l'espèce, il découle du principe de l'épuisement des voies de recours cantonales (art. 86 al. 1 OJ) que les griefs qui n'ont pas été présentés à l'autorité cantonale de dernière instance alors qu'ils pouvaient l'être sont irrecevables devant le Tribunal fédéral (ATF 119 Ia 88 consid. 1a p. 90 s.; 117 Ia 491 consid. 2a p. 495, 522 consid. 3a p. 525 s.). Pour le surplus, le recourant reprend essentiellement les critiques qu'il avait développées devant la Cour de cassation, sans démontrer en quoi celle-ci les aurait écartées de manière insoutenable; la recevabilité de ces critiques est dès lors douteuse au regard des exigences de motivation posées par l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. supra consid. 2.1.2). Quoi qu'il en soit, il découle de ce qui précède que l'autorité intimée n'a pas fait preuve d'arbitraire en se ralliant à l'appréciation de la Cour correctionnelle. 3.3 Dans ces circonstances, c'est à juste titre que la Cour de cassation genevoise a considéré que les premiers juges n'avaient pas usé de leur large pouvoir d'appréciation des preuves de manière arbitraire. Dès lors qu'au terme de cette appréciation des preuves exempte d'arbitraire il ne subsiste pas de doute sérieux et irréductible quant à la culpabilité du recourant, le grief tiré de la violation de la présomption d'innocence doit être rejeté.