Citation: 7B_49/2022 E. 1.4.2

1.4.2. Contrairement à ce que soutient le recourant, il ne résulte pas de cette motivation - dont la formulation n'est certes pas dénuée de toute ambiguïté - que l'autorité précédente aurait restreint, de manière définitive, le champ d'appréciation du Ministère public aux deux hypothèses émises. On relèvera tout d'abord que la juridiction précédente se limite à parler de "doute" s'agissant des motifs pouvant expliquer le choix du recourant, évoquant tant un éventuel acquittement - dont le motif peut certes déplaire à ce stade au recourant - que la réalisation "plausible" d'une infraction; elle ne donne en revanche aucune instruction quant à la solution qui devrait être privilégiée par l'autorité d'instruction. Le recourant ne prétend pas non plus que les considérants de la cour cantonale auraient d'ores et déjà écarté toutes autres circonstances pouvant entrer en considération pour expliquer son choix, en tant qu'avocat défendant ses propres intérêts, de procéder devant les autorités pénales (cf. notamment l'important conflit l'opposant à la partie plaignante, les connaissances juridiques de celle-ci, leurs attitudes respectives au cours des différentes procédures les ayant opposés). On ne voit ainsi pas ce qui empêcherait le recourant de démontrer devant le Ministère public que, dans ce contexte très particulier, tout avocat diligent aurait déposé plainte et soumis à l'appréciation des autorités pénales les faits dénoncés. Le Ministère public n'apparaît ainsi pas limité dans la conduite de l'instruction à mener contre le recourant, notamment pour examiner les raisons expliquant les doutes retenus par l'autorité cantonale quant au choix du recourant de déposer plainte pénale et on ne saurait donc retenir qu'il ne pourrait pas aboutir à l'une ou l'autre des issues évoquées pour d'autres motifs. L'arrêt attaqué ne saurait ainsi être assimilé à une décision finale statuant sur la culpabilité du recourant. Pour le surplus, on relève qu'il est douteux que la jurisprudence selon laquelle une décision de renvoi doit être assimilée à une décision finale lorsqu'elle ne laisse aucune marge de manoeuvre à l'instance appelée à statuer (cf. consid. 1.3 supra; notamment arrêt 6B_648/2022 du 7 février 2023 consid. 1.4) puisse s'appliquer dans les cas similaires au cas d'espèce. Lorsque l'autorité de recours renvoie la cause au Ministère public pour qu'il ouvre l'instruction après avoir rendu une ordonnance de non-entrée en matière, à savoir au tout début de l'instruction, il n'apparaît en effet guère concevable que le Ministère public ne dispose plus d'aucune latitude de jugement. Ainsi, de manière générale, on ne saurait qualifier les décisions de renvoi de l'autorité de recours au Ministère public portant sur l'annulation d'une ordonnance de non-entrée en matière autrement que de décision incidente. Il convient en effet d'éviter que les parties se voient contraintes, en cas de doute et par prudence procédurale, de recourir devant le Tribunal fédéral contre ce type de décision de renvoi (cf. en ce sens ATF 144 III 253 consid. 1.4 et les références citées). Par ailleurs, les considérations qui précèdent suffisent pour écarter la nullité de l'arrêt attaqué invoquée en lien avec l'incompétence matérielle de l'autorité de recours pour statuer sur cette problématique (cf. let. H p. 14 s. du recours; sur cette notion et son application en matière pénale, ATF 149 IV 9 consid. 6.1 et 6.2).