Citation: 4A_34/2016 E. 3.2.4

3.2.4. Toujours selon le Tribunal arbitral, cette interprétation littérale est encore renforcée par la prise en compte d'autres éléments formant le contexte dans lequel le contrat tripartite est venu à chef. Ainsi, le troisième attendu ( whereas) du préambule ( recital) dudit contrat utilise deux fois l'expression "to X.________" et "to Y.________" pour signifier dans les deux cas le destinataire de la livraison du gaz naturel, et non pas le bénéficiaire de la promesse, étant précisé que ce préambule fait partie intégrante du contrat en question. Par ailleurs, la position adoptée par B.________ dans l'interprétation du Tripartite Agreement n'est pas cohérente. En effet, pour soutenir que l'art. 1 de ce contrat ne confère pas de droits substantiels à X.________, l'intéressée souligne que, le GSPA contenant déjà semblables droits, les parties n'ont pas eu l'intention de créer une obligation répétée. En revanche, lorsqu'il s'agit de trouver un motif, un effet utile, à la signature du contrat tripartite par X.________, elle affirme que la seule raison d'être de la participation de cette société audit contrat consiste à assumer l'obligation auxiliaire que lui fait l'art. 5 de cet accord de faire son possible afin de faciliter l'exécution par B.________ de son obligation de lui livrer le gaz naturel. Or, une telle obligation secondaire figure déjà à l'art. 13.10 du GSPA, ce qui en fait une repeat obligation. L'art. 14.10, précité, de l'annexe 1 au GSPA conforte singulièrement le Tribunal arbitral dans son interprétation de la clause litigieuse. Il règle, de fait, la situation où un différend a vu le jour entre B.________ et X.________ au titre du Tripartite Agreement. Or, pour qu'un tel différend puisse naître, il faut que l'une de ces deux parties ait violé ses obligations découlant dudit contrat. Cependant, ces obligations-là ne peuvent être que des obligations répétées, étant donné que leur origine est à rechercher dans le GSPA. Par conséquent, cette disposition démontre clairement que les parties ont entendu conférer un caractère exécutoire à ce genre d'obligations répétées. La même disposition contient toutefois une clause anti-abus. En effet, étant donné l'existence d'obligations répétées, X.________ aurait normalement la possibilité de poursuivre B.________ sur la base soit de la clause arbitrale du GSPA (donc au Caire), soit de la clause arbitrale du Tripartite Agreement (donc à Genève, devant un Tribunal arbitral ne comportant aucun ressortissant égyptien). Pour éviter des abus, par quoi il faut entendre la transformation artificielle d'un arbitrage domestique en un arbitrage CCI, l'art. 14.10 rend, dès lors, obligatoire la soumission du différend à un tribunal arbitral siégeant au Caire sous l'égide de la CRCICA si Y.________ n'est pas partie à cette procédure. A contrario, tout litige entre les deux sociétés égyptiennes découlant du contrat tripartite et impliquant également Y.________ devra être tranché, conformément à l'art. 9 de ce contrat, par un tribunal arbitral CCI siégeant à Genève.