Citation: 9C_279/2018 E. 4.1

4.1. Pour admettre que l'intimée aurait exercé une activité lucrative à plein temps si elle n'avait pas subi une atteinte à la santé, les premiers juges se sont avant tout fondés sur sa déclaration du 16 avril 2013, selon laquelle elle aurait en raison des difficultés conjugales et des nécessités matérielles en découlant - elle avait quitté son époux en 2012 - exercé une activité à plein temps. Ils n'ont en revanche pas accordé de l'importance à la circonstance que l'assurée avait repris la vie conjugale commune en 2013 ("il importe peu que la recourante a réintégré le domicile conjugal en octobre 2013"). On ne comprend cependant pas les motifs pour lesquels ils n'ont pas accordé de l'importance à l'évolution de la situation conjugale - soit un élément compris dans la période temporelle déterminante, limitée par la date de la décision administrative litigieuse (consid. 2.2 supra) -, alors que l'assurée avait précisément invoqué la séparation de son époux et la procédure de divorce en cours pour justifier la recherche d'un emploi à temps complet (cf. procès-verbal du 16 avril 2013). La juridiction cantonale n'a par ailleurs pas pris en considération l'ensemble des déclarations de l'intimée sur son taux d'occupation hypothétique, tant antérieures que postérieures au 16 avril 2013, ni, partant, discuté des modifications en résultant. Les premiers juges ont certes fait état du souhait exprimé par l'assurée lors des démarches liées à la détection précoce, le 17 septembre 2012, de travailler à 75 %. Ils ont toutefois déduit des voeux de celle-ci "d'avoir une plage dans sa semaine où elle quitte[rait] l'environnement tendu dans lequel elle vi[vait]" que le taux de 75 % exprimé correspondait à ce que l'assurée estimait exigible de sa part compte tenu de son atteinte à la santé. Cette conclusion apparaît cependant insoutenable au regard du procès-verbal auquel se réfèrent les premiers juges: la réponse "75 %" a été consignée en relation avec la question "Pour les personnes assurées ne travaillant pas à plein temps, sans atteinte à la santé. A quel taux travailleriez-vous?", tandis que les souhaits de l'assurée - pouvoir reprendre confiance et quitter son environnement en lien avec l'exercice de l'art thérapie - ont été formulés en lien avec les "Informations données à la personne assurée", sous "Questions de l'assuré (e) " avec la précision que l'orientation vers une art thérapie allait cas échéant être étudiée en relation avec une prise en charge dans le cadre des mesures d'intervention précoce. L'intimée a par ailleurs motivé la réponse sur le taux d'activité par des "raisons financières (divorce en cours) ", laquelle reprend une indication qu'elle avait déjà donnée au préalable, dans un courrier du 27 juillet 2012, dans lequel elle signalait au recourant que le changement de sa situation financière ("divorce en cours") nécessitait un travail à 75 %. L'assurée a par la suite modifié ses déclarations, puisqu'elle a indiqué, le 16 avril 2013, qu'elle chercherait un emploi à temps complet sans atteinte à la santé, du fait qu'elle avait dû quitter la maison familiale et que le divorce était en cours. Postérieurement, lors de l'enquête économique sur le ménage du 20 août 2015, elle a mentionné qu'elle aurait, si elle avait été en bonne santé, continué son activité d'auxiliaire de santé à 50 %, gardant une activité lucrative pour son indépendance, la participation à la société active et pour des raisons financières.