Citation: 6B_712/2024 E. 4.4.1

4.4.1. En rapport avec l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse, il sied tout d'abord de tenir compte de sa naissance en Suisse, du fait qu'il y a effectué toute sa scolarité ainsi que son CFC et que sa compagne y réside également. Toutefois, il doit être tenu compte de sa mauvaise intégration, de l'absence de liens socio-professionnels particuliers en Suisse et de ses chances de réintégration dans son pays d'origine. En effet, s'agissant de sa réintégration en Macédoine du Nord, celle-ci ne devrait pas être difficile compte tenu du fait qu'il maîtrise la langue et que, contrairement à ce qu'il affirme, il y conserve des liens familiaux. Comme il est au bénéfice d'un CFC, ses chances de réinsertion sont d'autant meilleures. De plus, à défaut de rapport de dépendance allant au-delà des attaches affectives usuelles ou de relation qui, de par sa nature et sa stabilité, peut être assimilée à une véritable union conjugale, le recourant ne saurait se prévaloir de son lien l'unissant à sa mère, à son frère et à sa compagne pour tenter de justifier le caractère disproportionné de l'expulsion (cf. art. 8 par. 2 CEDH). En tant que le recourant soutient qu'il a particulièrement souffert du décès de son père durant son adolescence, que ces difficultés l'ont notamment empêché de mener à bien la procédure pour l'obtention de la nationalité suisse lorsqu'il avait une vingtaine d'années, qu'il a entamé des démarches pour retrouver un emploi à sa sortie de prison, qu'il est proche d'être engagé comme chauffeur-livreur et donc à même d'être pleinement intégré professionnellement en Suisse, il invoque des éléments qui ne ressortent pas du jugement attaqué, sans démontrer l'arbitraire de leur omission, de sorte qu'ils sont irrecevables. C'est également en vain que le recourant soutient qu'il a toujours travaillé depuis sa sortie d'école et à la suite de l'obtention de son CFC de facteur et qu'il ne vivait pas du trafic de stupéfiants. Il ressort au contraire du jugement qu'avant son incarcération, il était sans emploi et que c'était sa mère qui pourvoyait à son entretien (cf. jugement attaqué, p. 6). Il en va de même lorsqu'il affirme qu'il ne présente aucun risque de récidive dans la mesure où il n'a jamais été pro- activement en lien avec des produits stupéfiants ou qu'il vante son excellente intégration personnelle. Il oppose sa propre appréciation à celle de la cour cantonale dans une démarche appellatoire, partant, irrecevable.