Citation: 5A_910/2021 E. 6.3.3

6.3.3. En l'occurrence, le recourant ne démontre pas que l'expertise contiendrait des contradictions ou des incohérences intrinsèques, mais s'en prend aux conclusions de celle-ci, qu'il juge contraire à de nombreux éléments du dossier démontrant, selon lui, la capacité de discernement de la disposante. Cela étant, dans la mesure où il reproche à l'expert et à la cour cantonale d'avoir suivi l'allégué de l'intimée et l'avis de la Dresse K.________ selon lesquels la de cujus souffrait d'une " schizophrénie paranoïaque depuis 40 ans " et qu'il co nsacre une partie de son recours à la définition et aux effets de cette maladie, le recourant perd de vue que la cour cantonale n'a nullement retenu que la testatrice souffrait de cette pathologie mais d'un trouble délirant persistant, de sorte que la critique manque sa cible. S'agissant de l'état de santé de la testatrice, le recourant se contente pour l'essentiel d'exposer sa propre vision des faits de la cause, en se référant à certains passages des pièces composant le dossier médical de la défunte que l'autorité cantonale aurait omis de prendre en compte et en décrivant le contexte et les causes qui auraient mené aux diverses hospitalisations et aux consultations en psychiatrie ainsi que le déroulement de celles-ci. Ce faisant, il ne fait qu'opposer de manière appellatoire, partant irrecevable (cf. supra consid. 2.2), sa propre appréciation à celle de la cour cantonale, qui a retenu que s'il était parfois relevé que la disposante avait un " comportement plutôt adéquat ", un " discours cohérent mais répétitif ", qu'elle s'exprimait " avec beaucoup de clarté " ou encore qu'elle était apparue " totalement rétablie ", cela n'était pas suffisant pour retenir une capacité de discernement, ce d'autant plus que certains de ces constats avaient été effectués lorsqu'elle bénéficiait d'un traitement. S'agissant plus spécifiquement de l'évaluation psychologique des 31 janvier et 7 février 2000, le recourant se contente, là aussi, d'en présenter sa propre interprétation, sans remettre en cause de manière conforme aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 2.2) le motif de l'arrêt querellé selon lequel cette évaluation faisait certes état de certaines fonctions globalement préservées (principalement des fonctions exécutives), mais contenait également des éléments qui permettaient de douter des facultés intellectuelles de la défunte (troubles du discours et de la pensée, grande difficulté à organiser les pensées et relâchement des associations). Il en va de même en tant qu'il reproche à la cour cantonale d'avoir écarté le rapport d'intervention du département psychiatrique de l'hôpital J.________ du 7 novembre 2002, la cour cantonale ayant retenu que le fait qu'aucune particularité n'ait été décelée lors de cette consultation médicale qui avait eu lieu à la suite d'un accident de voiture ne permettait pas de remettre en cause les conclusions de l'expert, puisque la manifestation de la pathologie de la de cujus pouvait précisément être atténuée par moment et qu'aucun examen approfondi de sa santé mentale n'avait été effectué à cette occasion. Est également irrecevable, pour le même motif, la critique relative à l' " expertise " du Dr I.________, qui aurait été confirmée par le Dr L.________, le recourant se contentant d'en présenter sa propre lecture sans discuter le raisonnement de l'autorité cantonale selon lequel ce médecin s'était contenté d'affirmer qu'il " s'avançait " à définir comme " suffisante " la capacité de discernement de la défunte uniquement par rapport à son problème de santé en 2012, à savoir une tumeur de la face droite, avait précisé qu'il n'avait pas été en mesure de réaliser le questionnaire spécifique concernant la capacité de discernement de sa patiente, celle-ci s'y étant refusée, et avait confirmé qu'elle était certainement incapable de gérer ses affaires administratives, même de faible complexité, de sorte qu'on ne pouvait en déduire une capacité de discernement globale. Le recourant se contente également d'opposer sa propre appréciation à celle de la juridiction précédente lorsqu'il fait valoir que le fait que la défunte n'ait été hospitalisée qu'à huit reprises en 93 ans de vie, soit moins d'une hospitalisation par décennie, prouverait qu'elle était dotée d'une très bonne santé mentale et physique, la cour cantonale ayant retenu que cet élément ne faisait que renforcer le caractère constant et récurrent de sa pathologie. Quant à l'opinion du Dr F.________, selon laquelle aucun élément médical ne permettait de remettre en question la capacité de décision de la testatrice en dehors des épisodes de décompensation, le recourant ne peut être suivi lorsqu'il affirme qu'elle serait corroborée par un élément de preuve, à savoir l' " expertise de l'hôpital G.________ ". En effet, comme l'indique le recourant lui-même, le Dr F.________ a reçu mandat de se prononcer sur le sens qu'il convenait de donner à l' " expertise de l'hôpital G.________ ". Si tant est que la pièce litigieuse puisse être qualifiée d'expertise privée, celle-ci contient donc l'avis du Dr F.________ sur l' " expertise de l'hôpital G.________ ", auquel la cour cantonale a décidé, pour les motifs précités (cf. supra consid. 6.3.2), d'accorder moins de poids qu'à celui de l'expert judiciaire. Les explications - appellatoires (cf. supra consid. 2.2) - que le recourant fournit au sujet du déroulement de l'expertise privée ne sont pas propres à remettre en cause cette appréciation. Au vu de ce qui précède, le fait que la cour cantonale ait jugé probante l'expertise judiciaire plutôt que l'expertise privée n'apparaît nullement arbitraire.