Citation: 1C_391/2023 E. 6.2

6.2. Les recourants ne font qu'opposer leur propre appréciation à celle de la déléguée au patrimoine de la Ville de Lausanne et du Service de l'urbanisme, reprise à son compte par la Municipalité, qui sont arrivés à la conclusion que le projet de construction était acceptable et ne portait pas une atteinte inadmissible aux caractéristiques de l'ancien Institut Valcreuse, inscrit à l'inventaire en tant qu'élément individuel, et du secteur de Vennes faisant partie du périmètre n° 79 de l'ISOS, dans lequel s'inscrivent les trois villas de deux unités querellées. Ils ne contestent pas que des bâtiments cubiques à toit plat de même gabarit ont été autorisés dans le quartier. Le périmètre de l'EI n° 79.0.4 est circonscrit à l'ancien Institut Valcreuse et ne s'étend pas au parc situé au sud du bâtiment sur lequel prendraient place les trois villas. On ne saurait dès lors prétendre qu'elles porteraient atteinte à un objet inscrit à l'ISOS ou à ses abords et qu'elles ne s'intégreraient pas dans le site. La Cour de céans n'a aucune raison de s'écarter de l'appréciation de la cour cantonale, fondée sur une inspection locale ainsi que sur les préavis des services spécialisés, en particulier celui de la déléguée communale à la protection du patrimoine bâti, pour retenir que le projet litigieux ne respecterait pas les règles d'esthétique et d'intégration requises aux art. 86 LATC et 69 RPGA (cf. ATF 139 II 185 consid. 9.3; arrêt 1C_72/2017 du 14 septembre 2017 consid. 3.2). La cour cantonale ne fait certes aucune mention de la loi cantonale du 30 novembre 2021 sur la protection du patrimoine culturel immobilier (LPrPCI; BLV 451.16), entrée en vigueur le 1 er juin 2022. Les recourants ne prétendent pas que les griefs évoqués en lien avec l'art. 3 al. 4 LPrPCi auraient une portée indépendante et plus large que ceux émis en rapport avec les art. 69 RPGA et 86 LATC et qui auraient nécessité une motivation particulière. La cour cantonale considère en effet que la question de l'esthétique et de l'intégration doit essentiellement être examinée au regard du règlement communal et que les inventaires doivent être pris en considération en tant que manifestation d'un intérêt public dans la pesée des intérêts du cas concret (arrêt AC.2022.0155 du 20 juin 2023 consid. 3a/cc). On ne saurait donc dire qu'elle aurait ignoré les conséquences de l'inclusion du bâtiment ou du parking souterrain dans un périmètre à l'inventaire dans l'appréciation du cas particulier.