Citation: U 325/99 04.04.2000 E. 4

4.- a) Selon une jurisprudence constante, l'assureuraccidents est tenu, au stade de la procédure administrative, de confier une expertise à un médecin indépendant, si une telle mesure se révèle nécessaire. Lorsque de telles expertises sont établies par des spécialistes reconnus, sur la base d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine connaissance du dossier, et que les experts aboutissent à des résultats convaincants, le juge ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter de leur bien-fondé (ATF 122 V 161 consid. 1c et les arrêts cités). b) En l'espèce, le docteur H.________ a indiqué qu'en tant que facteur déclenchant des lombalgies de l'assurée, l'accident a joué un rôle causal à raison de 100 % pendant une année, puis de 50 % durant les six mois suivants, l'affection préexistante (troubles statiques et dégénératifs disco-vertébraux lombaires étagés, prédominant en L4-L5) étant la seule cause de la persistance des douleurs au-delà du mois d'octobre 1996 (rapport du 18 no- vembre 1996). Les premiers juges ont écarté cet avis, motif pris que dans l'hypothèse où l'accident devrait être considéré comme tout à fait banal, le retour au «statu quo sine» devrait être fixé après quelques semaines et non après un an et demi. Ce point de vue, qui ne repose sur aucun avis médical autorisé, n'est toutefois pas de nature à mettre en cause les conclusions du docteur H.________. Par ailleurs, les avis des autres médecins consultés ne font apparaître aucun indice concret permettant de douter du bien-fondé de ces conclusions fondées sur des observations approfondies, ainsi que sur une pleine connaissance du dossier. Ainsi, le docteur F.________ admet qu'un retour au statu quo sine était envisageable après «plusieurs mois» (rapport du 23 janvier 1996), voire «plusieurs années» (procès-verbal d'audience du 17 décembre 1998). A cet égard, il est intéressant de relever que ce médecin a revu ses prévisions postérieurement à l'aggravation importante de la symptomatologie, survenue au mois de mai 1997 - soit bien après l'accident assuré - et ayant nécessité l'intervention chirurgicale effectuée par le professeur D.________ au mois de novembre suivant. Quant à ce médecin, il atteste que les phénomènes douloureux qui ont motivé cette opération sont «essentiellement en rapport» avec des troubles dégénératifs du rachis lombaire associés à une instabilité L4-L5 se traduisant par des lombalgies associées à des sciatiques tantôt droites tantôt gauches, occasionnant des lâchages itératifs des membres inférieurs. S'il admet l'existence d'une relation causale entre l'accident et les manifestations cliniques, c'est uniquement parce que l'assurée était parfaitement asymptomatique avant la chute (rapport du 1er juillet 1998). Le principe «post hoc, ergo propter hoc» que ce médecin fait implicitement sien ne permet toutefois pas de s'écarter des conclusions du docteur H.________ (cf. ATF 119 V 341 sv. consid. 2b/bb; RAMA 1999 n° U 341 p. 408 sv. consid. 3b). Cela étant, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre les troubles existant après le 31 octobre 1996 et la chute survenue le 6 mars 1995 doit être niée, sans qu'il soit nécessaire de mettre en oeuvre un complément d'instruction. La recourante était ainsi en droit, par sa décision sur opposition du 24 février 1997, de supprimer le droit de l'intimée aux prestations d'assurance à partir du 31 octobre 1996. Le recours se révèle bien fondé.