Citation: 4C.71/2001 30.05.2001 E. 6

6.- Il reste à examiner si, comme l'invoque la demanderesse, la responsabilité de la défenderesse fondée sur la confiance aurait dû être reconnue. Il ressort de la jurisprudence que, lorsqu'il existe, en-dehors de toute relation contractuelle, un rapport de confiance particulier entre deux personnes, en vertu duquel l'une d'entre elles prend des dispositions qui s'avèrent par la suite préjudiciables à ses intérêts, l'autre personne répond du dommage résultant de la confiance déçue (cf. ATF 124 III 297 consid. 6a; 121 III 350 consid. 6c p. 354 ss; 120 II 331 consid. 5a). Pour être digne de protection, la confiance suppose un comportement du responsable qui soit propre à susciter des espérances suffisamment concrètes et précises de la part du lésé (ATF 124 III 297 consid. 6a in fine; cf. également arrêt non publié du Tribunal fédéral du 28 janvier 2000 dans la cause K. contre J., traduit in SJ 2000 I p. 549, consid. 3a). En l'occurrence, il a été retenu en fait, d'une manière qui lie le Tribunal fédéral en instance de réforme (art. 63 al. 2 OJ), qu'aucun élément ne permettait de démontrer que la défenderesse, qui avait certes effectué de nombreuses démarches pour tenter de résoudre le conflit entre Y.________ S.A. et la demanderesse, aurait créé des attentes particulières de la part de cette dernière quant au paiement de la créance réclamée en justice. La cour cantonale a également précisé que l'on ne pouvait dire qu'il existait un rapport privilégié entre les parties. De telles constatations excluent clairement toute responsabilité fondée sur la confiance de la défenderesse, de sorte qu'il n'y a pas lieu de vérifier si, de surcroît, la cour cantonale pouvait considérer qu'il n'existait pas de lien de causalité entre le comportement de la commune et le dommage subi. Le recours doit ainsi être rejeté dans la mesure où il est recevable et le jugement attaqué confirmé.