Citation: 4P.40/2005 16.06.2005 E. 3

La recourante invoque en premier lieu une violation de son droit d'être entendue, plus particulièrement de son droit à obtenir une décision motivée s'agissant de l'indemnité pour tort moral allouée à l'intimé. 3.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu le devoir pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle (ATF 129 I 232 consid. 3.2). Il suffit cependant que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 125 II 369 consid. 2c p. 372; 123 I 31 consid. 2c p. 34). L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, lui apparaissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102 s. et les arrêts cités). Savoir si la motivation présentée est convaincante est une question distincte de celle du droit à une décision motivée. Dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision des juges, le droit à une décision motivée est respecté, même si la motivation est erronée. 3.2 En l'espèce, la cour cantonale a fixé à 20'000 fr. l'indemnité pour tort moral allouée à l'intimé, en relevant que cet employé avait vécu plusieurs mois de tensions intenses en raison des troubles graves du comportement de D.________. Il ressort en outre des faits retenus dans l'arrêt attaqué que tous les employés de la recourante avaient dû travailler dans des conditions inacceptables, leur santé psychique et physique étant mise en danger. En pareilles circonstances, la recourante ne peut manifestement pas être suivie lorsqu'elle soutient que les juges n'ont pas fait état des circonstances dont ils ont tenu compte pour fixer l'indemnité pour tort moral. Le fait qu'une indemnité identique ait été allouée à un autre collaborateur ne change rien au fait que l'on parvient à saisir les éléments qui ont fondé, pour l'intimé, le versement de 20'000 fr. en réparation du tort moral, ce qui exclut toute violation du droit à une décision motivée. La recourante ne saurait donc prétendre qu'elle n'est pas en mesure d'attaquer utilement la décision entreprise s'agissant de l'indemnité allouée à ce titre. Elle a du reste invoqué précisément une violation du droit fédéral à ce sujet dans le recours en réforme interjeté parallèlement. Au demeurant, le fait que l'arrêt attaqué soit suffisamment motivé ne signifie pas que l'indemnité pour tort moral allouée soit conforme au droit.