Citation: 1P.51/2000 05.07.2000 E. B

B.- Le Juge d'instruction a entrepris de rechercher et d'interroger les acheteurs des appartements pour lesquels une malversation avait été éventuellement commise. Il a adressé à chacun d'eux une lettre les invitant à prendre contact avec la police judiciaire, afin de convenir d'un rendez-vous pour leur audition. Dans quelques cas, cette lettre fut envoyée par la poste à l'étranger, sans recours à la voie de l'entraide judiciaire internationale. Les interrogatoires par la police étaient suivis - en principe le jour même - d'une audition par le Juge d'instruction personnellement, si ce magistrat le jugeait utile. A plusieurs reprises, le juge a ainsi procédé à des auditions sans avoir préalablement averti le prévenu ni son avocat; il a également, dans les mêmes conditions, interrogé un coïnculpé dans l'affaire B.________. Par ailleurs, plusieurs personnes ont aussi été interrogées sans qu'on leur eût préalablement indiqué si elles étaient entendues à titre de prévenu, de témoin ou "à titre de renseignements". Par une décision formelle prise le 27 avril 1999, le Juge d'instruction a interdit au prévenu et à son défenseur l'accès à certaines parties du dossier, soit aux lettres adressées aux acheteurs d'appartements et aux documents concernant les coïnculpés C.________ et D.________. Auparavant, sans décision préalable, le juge avait donné un ordre téléphonique à la police pour qu'il fût interdit au défenseur, lors de la consultation de la comptabilité de B.________, d'établir des copies ou de prendre des notes. Le 21 mai 1999, la Chambre pénale du Tribunal cantonal a admis une plainte formée par A.________, dirigée notamment contre la décision précitée du 27 avril 1999; elle a ordonné au Juge d'instruction de communiquer au prévenu les documents concernant C.________ et D.________, et de le convoquer aux audiences. Par la suite, le juge a quelques fois averti l'avocat par téléfax ou téléphone d'audiences prévues pour le jour même, le lendemain ou le surlendemain. Il a effectivement procédé à une audition alors que l'avocat n'était pas disponible. Il a aussi prévu une audition - qui n'a finalement pas eu lieu - dans une période où l'avocat avait annoncé qu'il serait absent. Il a par ailleurs procédé à des auditions en présence du seul avocat, sans faire amener le prévenu alors en détention préventive, ce qui a donné lieu à l'admission d'une nouvelle plainte par la Chambre pénale, le 19 novembre 1999.