Citation: 6S.435/2005 16.02.2006 E. A

A.________, citoyen congolais né en 1964, est réfugié en Suisse depuis 1989. En 1991, il a épousé B.________. En 1994 ou 1995, il a appris qu'il avait un fils, C.________, né au Zaïre en 1987, qu'il a alors fait venir en Suisse. En 1997, il s'est séparé de son épouse et a fait venir en Suisse D.________, avec laquelle il aurait conclu un mariage coutumier au Zaïre et dont il avait eu une fille, E.________ née en 1995. Sa demande d'asile ayant été rejetée, D.________ a contracté un mariage de convenance avec F.________ afin d'obtenir un permis B. Dès 1998, A.________ et D.________ ont vécu ensemble. Ils ont eu un second enfant, G.________. En 2000, A.________ a encore noué une relation avec une togolaise vivant à Genève, H.________, dont il a eu un fils, L.________, né en 2001. Progressivement, les relations entre A.________ et D.________ se sont détériorées, le premier se montrant jaloux, autoritaire et menaçant et la seconde n'acceptant pas la relation que celui-ci entretenait avec H.________. Lors de vacances au Congo en été 2001, à la suite d'une nouvelle dispute, D.________ a fait part à A.________ de son intention de se séparer de lui. Il est alors reparti seul en Suisse en emportant les passeports et les billets d'avion de D.________ et des enfants et en les abandonnant dans le plus complet dénuement, de sorte qu'ils n'ont pu revenir en Suisse qu'après avoir effectué de longues démarches avec l'aide de leur famille. Le couple a néanmoins repris la vie commune jusqu'à la fin de l'année 2001, période à laquelle A.________ a quitté D.________ pour s'installer chez son épouse, tout en retournant régulièrement voir D.________ et leurs enfants. Comme la situation se dégradait, A.________ se montrant jaloux et violent, D.________ n'a plus voulu qu'il vienne à son domicile, si ce n'est pour exercer son droit de visite. Le 8 juillet 2002, une dispute a éclaté, au cours de laquelle A.________ a interrogé D.________ sur son emploi du temps. Devant son refus de répondre, il est devenu furieux, l'a empoignée et lui a asséné un coup sur la tête avant de lui serrer le cou en lui disant "je vais te tuer, tu verras". Le 6 octobre 2002, alors que D.________ rentrait de Paris où elle avait passé le week-end, le couple s'est à nouveau disputé à propos notamment de l'incident qui s'était produit en Afrique et des relations que A.________ entretenait avec d'autres femmes. D.________ a répété à A.________ qu'elle ne voulait plus de lui. Elle a ensuite envoyé les enfants se coucher dans leur chambre et la dispute a repris. D.________ a alors dit à A.________ qu'elle avait entretenu des relations sexuelles avec un autre homme et reçu 300 dollars, qu'elle lui a montrés. Enervé par cette déclaration, A.________ a empoigné D.________ par le cou et l'a fait tomber sur le lit de sa chambre à coucher. A califourchon sur elle, il lui a serré le cou. Comme elle appelait au secours, il lui a enfoncé un slip dans la bouche pour la faire taire et a continué à l'étrangler jusqu'à ce qu'elle ne bouge plus. Alors que sa fille E.________, qui avait entendu sa mère crier, venait voir ce qui se passait, A.________ l'a renvoyée dans sa chambre, où il l'a rejointe, après avoir achevé sa victime, pour lui déclarer que tout était fini, qu'il n'y aurait plus de bagarre. A un moment qui n'a pas pu être déterminé avec précision mais qui, selon l'expert, se situe vraisemblablement peu après le décès, A.________ a infligé à sa victime des lésions génitales, essentiellement une plaie longue de 12 centimètres. A.________ a ensuite traîné le cadavre dans le couloir de l'immeuble en vue de le descendre à la cave. Toutefois, ayant entendu du bruit, il l'a basculé par la fenêtre, d'une hauteur de 7,50 mètres, et l'a récupéré dans la cour de l'immeuble pour le déposer dans le coffre de sa voiture. Après avoir grossièrement nettoyé le corridor pour faire disparaître les traces de sang, il a conduit son véhicule jusque dans l'enceinte de l'entreprise qui l'employait, à K.________, puis il a déchargé le corps, qu'il a abandonné dans la forêt. Il a ensuite détruit un certain nombre d'objets tachés de sang et est retourné chez son épouse pour y passer le reste de la nuit.