Citation: 6B_1034/2017 E. A

Par acte d'accusation du 29 juillet 2016, X.________ a été renvoyée devant le Tribunal correctionnel de la République et canton de Genève pour diminution effective de l'actif au préjudice des créanciers, gestion fautive et blanchiment d'argent par métier. Le 26 août 2016, la direction de la procédure du tribunal a avisé les parties que les débats se tiendraient du 14 au 18 novembre 2016 et que, dans l'hypothèse où l'un des prévenus - ils étaient deux - serait défaillant, de nouveaux débats seraient prévus du 12 au 16 décembre 2016 (dates reportées par la suite du 19 au 23 décembre 2016). Dès le 5 septembre 2016, X.________ a fait savoir au tribunal que son état de santé l'empêcherait de comparaître au procès. Par pli daté de ce jour-là, elle a, personnellement, fait parvenir au tribunal des copies de certificats médicaux censés justifier son absence aux débats pour une durée de six mois minimum. Elle a réexpédié ces copies le 3 octobre 2016, puis les originaux, le 21 octobre 2016, accompagnés de trois " bulletins de présence " relatifs à des " séances " les 13, 14 et 17 octobre 2016 dans un hôpital parisien. Dans l'intervalle, soit le 7 octobre 2016, son défenseur avait demandé l'ajournement de l'audience de jugement, au motif que X.________ était atteinte d'une pathologie grave du système nerveux central, joignant des certificats médicaux à l'appui, soit les mêmes que ceux adressés par X.________. A l'audience préliminaire du 2 novembre 2016, le défenseur de X.________ a déclaré qu'au vu des certificats médicaux, celle-ci serait dans l'incapacité de comparaître. La direction de la procédure a répondu que les débats s'ouvriraient le 14 novembre 2016 pour constater l'éventuelle absence des prévenus et que, le cas échéant, l'audience serait fixée du 19 au 23 décembre 2016. Le 4 novembre 2016, le défenseur de X.________ a demandé au tribunal le report de l'audience du 14 novembre, joignant deux certificats médicaux plus récents. Le 14 novembre 2016, le tribunal a constaté l'absence de X.________ à l'ouverture des débats et décidé que la cause serait reconvoquée pour le 19 décembre 2016. Le 24 novembre 2016, le défenseur de X.________ a demandé par écrit au tribunal la suspension des débats, joignant des certificats médicaux des mois de septembre et novembre 2016. En parallèle, X.________ a aussi pris position à de nombreuses reprises, personnellement et de façon circonstanciée, sur le contenu de l'acte d'accusation, le déroulement, lacunaire à ses yeux, de l'instruction, ses relations défiantes avec son défenseur d'office (dont elle avait déjà vainement demandé le remplacement), la connivence qu'elle soupçonnait entre les divers avocats constitués pour les parties, les droits qu'elle affirmait conserver sur le patrimoine et les marques des sociétés ou entités touchées par la procédure, la dénonciation du comportement de tiers, etc. Ainsi, à l'occasion de son courrier du 5 septembre 2016, elle a fait parvenir au tribunal vingt pièces (hors certificats médicaux), de celui du 3 octobre 2016, seize pièces (hors certificats médicaux), de celui du 21 octobre 2016, dix-sept pièces (hors certificats médicaux), et de celui du 5 décembre 2016 dix-neuf pièces (hors certificats médicaux). Tous ces documents, épistolaires, comptables ou sociaux, étaient censés appuyer ses critiques à l'encontre de la procédure qui lui valait son renvoi en jugement et s'ajoutaient aux réquisitions de preuve et pièces formellement présentées par son défenseur le 7 octobre 2016. Toutes les pièces ont été versées au dossier de la cause. Le 19 décembre 2016, à l'ouverture des débats, le tribunal a constaté l'absence de X.________ et décidé d'engager la procédure par défaut. Par ailleurs, des aménagements ont été consentis à l'autre prévenu, à sa demande, en raison de son propre état de santé. Par jugement rendu par défaut le 9 mai 2017, le tribunal a condamné X.________ pour diminution de l'actif au préjudice des créanciers, gestion fautive et blanchiment d'argent aggravé à une peine privative de liberté de 30 mois et à une peine pécuniaire de 180 jours-amende à 200 fr. le jour, toutes deux assorties du sursis partiel. Ce jugement a été notifié à X.________, par courrier recommandé à son domicile à Paris, ainsi qu'à son défenseur, le 15 mai 2017. Le 22 mai 2017, X.________ a déposé une demande de nouveau jugement, sollicitant la fixation de nouveaux débats et l'effet suspensif. Elle a séparément interjeté appel du jugement.