Citation: 2D_1/2024 E. 3.5

3.5. Dans l'arrêt attaqué, après avoir constaté, d'une manière qui lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF; cf. supra consid. 2.2), que l'offre de la recourante s'écartait de plus de 38% de la moyenne des offres rentrées, la Cour de justice a, à l'instar de la Commune, considéré que celle-ci devait être qualifiée d'anormalement basse, ce que l'intéressée ne remet à juste titre pas en cause dans son recours. Il est en outre constant que la recourante a été formellement interpellée par la Commune, afin de justifier ses prix, et qu'elle a ainsi fourni des explications écrites à ce sujet les 5 et 10 juillet 2023, avant d'être auditionnée le 12 juillet 2023. La Commune, inquiète du montant de l'offre des honoraires, avait requis de la recourante qu'elle apporte plusieurs clarifications, notamment en ce qui concernait le taux de disponibilité déclaré de son équipe de projet (l'ingénieur et le chef de projet n'étant tous deux disponibles qu'à un taux de 40%), ainsi que l'implication et la proactivité de ceux-ci. Sous cet angle, la recourante a exposé la méthode avec laquelle elle avait déterminé les taux litigieux, tout en admettant que les taux ainsi calculés étaient "relativement bas" et ne reflétaient "ni la disponibilité ni l'engagement et la motivation" de ses coopérateurs. Elle a ensuite exposé qu'en plus de la planification et de la disponibilité de ses collaborateurs, elle pouvait mobiliser les "taux d'engagement au sein du bureau" desdits collaborateurs, afin de faire face à une surcharge ponctuelle sur un point particulier du projet. Or, ce faisant, la Cour de justice a retenu que la recourante s'était explicitement référée à des solutions qu'elle avait reconnu ne pas avoir retenues dans sa réponse à l'appel d'offres, sans pour autant expliquer à la Commune au détriment de quelles autres tâches ou activités elle pourrait mettre en oeuvre des ressources supplémentaires sans mettre en péril son équilibre financier. Quant à l'implication et la proactivité de ses collaborateurs, l'intéressée a indiqué comprendre les inquiétudes suscitées par les taux de planification jugés faibles, tout en se limitant à renvoyer à ses précédentes explications et à préciser que les taux relativement bas de son ingénieur et de son chef de projet résultaient de "l'étalement des prestations sur de longues périodes". Enfin, elle n'avait pas contredit la Commune lorsqu'elle lui avait fait remarquer que le nombre d'heures prévues dans son offre, soit 2'105 heures, se situait environ 30% en dessous de la moyenne des heures offertes par les autres soumissionnaires. Pour le reste, les juges précédents ont constaté que la recourante n'avait prévu aucune heure de dessin pour la phase de l'avant-projet et que, au vu du peu d'heures annoncées pour cette phase, la Commune était fondée à vouloir comprendre comment l'intéressée s'adapterait à un éventuel retard dans l'adjudication. Or, les réponses apportées à cet égard, à savoir l'augmentation du nombre de personnes au sein de la société notamment, ont été jugées par la cour précédente comme n'étant à l'évidence pas de nature à rassurer la Commune. Quant à la phase de l'exécution de l'ouvrage, si le prix offert était de 34% plus élevé que la moyenne pour cette même phase, il n'en demeurait pas moins que le prix global de l'offre conservait un écart moyen de 38% par rapport aux autres offres rentrées. Sur la base des éléments précités, la Cour de justice a retenu que la Commune n'avait pas abusé de son pouvoir d'appréciation ni violé l'art. 42 al. 1 let. e RMP/GE en considérant que les explications fournies par la recourante n'étaient pas suffisantes pour justifier le prix anormalement bas offert et avait, pour ce motif, écarté d'office l'offre de l'intéressée.