Citation: 9C_714/2017 E. 3

La juridiction cantonale a constaté qu'il existait tout d'abord un lien de connexité matérielle entre l'atteinte à la santé survenue dès le 23 septembre 2007 (trouble de la personnalité émotionnellement labile décompensé et anorexie mentale), soit pendant l'affiliation de l'intimée à l'institution de prévoyance, et l'invalidité ultérieure. Elle a examiné ensuite si la symptomatologie ne s'était pas amendée dans une mesure propre à permettre à l'intimée de reprendre durablement l'exercice d'une activité professionnelle adaptée à au moins 80 %. A ce propos, elle a constaté que l'intimée s'était vu délivrer un arrêt de travail à 100 % du 23 septembre au 14 octobre 2007, du 24 octobre au 30 novembre 2007 (pendant son hospitalisation à la clinique D.________), puis dès le 12 février 2009. Elle a jugé qu'une interruption de la connexité temporelle entre le 15 et le 23 octobre 2007 n'entrait tout d'abord pas en considération, au vu de la brièveté de cette période. Elle a considéré ensuite que la recherche d'un emploi et le bénéfice d'indemnités journalières de l'assurance-chômage du 1 er décembre 2007 au 12 février 2009 ne prouvaient nullement, à elles seules, l'existence d'une capacité de travail ininterrompue. Si l'intimée était abstinente à sa sortie de la clinique D.________, elle devait en effet encore se soumettre à une "médication forte" selon le docteur H.________ (avis du 31 mars 2015) et sous contrôle d'un centre spécialisé dans le traitement des addictions afin de prévenir un mésusage (avis de la responsable du Centre G.________ du 11 août 2015). La période de chômage avait de plus débouché, en raison des troubles déjà évoqués en 2007, à une incapacité de travail totale et définitive selon les critères de l'assurance-chômage (avis du médecin conseil de l'assurance-chômage du 4 septembre 2009). Enfin, l'expérience non concluante du stage de trois mois effectué auprès de la société J.________ dès avril 2008 accréditait selon la juridiction cantonale la persistance de troubles psychiques incapacitants. Dans ces circonstances, il n'y avait pas lieu de s'écarter des avis rétrospectifs des docteurs H.________ (du 31 mai 2015) et F.________ (du 15 février 2010 et du 26 novembre 2015), selon lesquels l'intimée était incapable de travailler du 30 novembre 2007 au 12 février 2009, respectivement depuis janvier 2008.