Citation: U 315/00 29.11.2000 E. A

A.- S.________ a travaillé en qualité de chauffeur de camion-citerne au service de l'entreprise O.________ SA - devenue entre-temps T.________ SA -, à M.________. A ce titre, il était assuré par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA) pour les accidents professionnels et non professionnels. Le 8 décembre 1994, dans le cadre de son activité professionnelle, S.________ a glissé sur le sol verglacé et est tombé sur le côté gauche. Atteint de douleurs dans l'épaule gauche irradiant vers le bras, il a consulté les 24 janvier et 1er février 1995 la doctoresse C.________, généraliste à L.________. Dans un rapport médical intermédiaire du 24 avril 1995, ce praticien a diagnostiqué une périarthrite scapulo-humérale gauche suite à une contusion de l'épaule gauche. Le cas a été pris en charge par la CNA. En raison de la persistance des douleurs et d'une relative impotence fonctionnelle, S.________ a consulté le 10 juillet 1995 le docteur R.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique à L.________. Dans un rapport médical intermédiaire du 23 août 1995, ce médecin a posé le diagnostic d'omarthrose et d'arthrose sous-acromiale de l'épaule gauche, ainsi que de syndrome du tunnel carpien bilatéral à prédominance gauche. Il proposait une opération du tunnel carpien. Le docteur H.________, médecin d'arrondissement de la CNA, a examiné l'assuré le 20 décembre 1995. Dans son appréciation du cas, il a conclu à une décompensation probablement liée à une atteinte de la coiffe, tout au moins à une aggravation de lésions dégénératives préexistantes de cette structure. Selon lui, la situation n'était pas défavorable et il était dès lors hors de propos d'entreprendre un traitement chirurgical. La doctoresse C.________, que l'assuré a continué de consulter, a constaté à plusieurs reprises un blocage de l'épaule gauche. Dans un rapport médical intermédiaire du 15 janvier 1998, elle indiquait qu'un dommage permanent était à craindre, sous la forme d'un blocage de l'articulation scapulo-humérale. Le 20 janvier 1998, S.________ fut victime d'un nouvel accident, au cours duquel il a glissé sur une plaque de glace. Il a consulté la doctoresse C.________ le 21 janvier 1998. Selon les indications du patient, en glissant, il était tombé sur le dos, heurtant ainsi le crâne et la colonne lombaire. Dans un rapport médical LAA du 15 février 1998, ce praticien a attesté une incapacité totale de travail dès le 21 janvier 1998 pour une durée indéterminée. Lors d'un examen par le médecin-conseil de la CNA, du 24 mars 1998, S.________ se plaignit de vertiges et de céphalées occipitales. En ce qui concerne l'épaule gauche, l'examen était superposable à celui du 20 décembre 1995. Le docteur H.________ relevait encore une fois l'absence d'amyotrophie notable, une mobilité pratiquement complète et une force convenable. En l'absence de lésion qu'on puisse directement leur attribuer, les accidents des 8 décembre 1994 et 20 janvier 1998 n'étaient pas susceptibles de déployer indéfiniment des effets. Autrement dit, ils n'influençaient pas de manière déterminante le cours d'une affection éminemment maladive et dégénérative. En ce qui concerne l'accident du 8 décembre 1994, le statu quo ante était certainement rétabli depuis longtemps. Pour ce qui est de l'accident du 20 janvier 1998, on devrait pouvoir considérer que le statu quo sine serait atteint avec une grande vraisemblance à la fin du mois d'avril. Du 15 avril au 13 mai 1998, S.________ a séjourné à la clinique balnéaire Z.________, à X.________. Dans un rapport de sortie du 27 mai 1998, le docteur S.________, chef de clinique, a attesté une capacité de travail de 50 % à partir du 18 mai 1998. Par écrit du 30 juin 1998, T.________ SA, se référant à une première lettre de licenciement du 22 octobre 1997, a confirmé à S.________ que son contrat de travail prendrait fin le 30 septembre 1998, cette décision étant motivée par des mesures de restructuration et la suppression du département de ramassage des laits. Lors d'un examen par le médecin-conseil du 22 septembre 1998, le docteur H.________, confirmant sa position du 24 mars 1998, a indiqué que S.________ souffrait d'affections éminemment maladives et dégénératives, ayant leur propre génie évolutif, et qu'il y avait lieu de mettre un terme aux prestations. Par décision du 28 septembre 1998, la CNA avisa S.________ que les accidents des 8 décembre 1994 et 20 janvier 1998 ne jouaient plus un rôle dans les troubles dont il était atteint, imputables exclusivement à des facteurs étrangers à ces événements. Elle mettait un terme au paiement des prestations (indemnité journalière et frais de traitement) au 30 septembre 1998 au soir. L'assuré forma opposition contre cette décision. Le 13 octobre 1998, SUPRA, assureur-maladie de S.________, en a fait de même, mais il a retiré son opposition le 17 novembre 1998. Par décision du 22 décembre 1998, la CNA rejeta l'opposition.