Citation: 6P.91/2003 19.01.2004 E. A

A.a Le 15 mars 2000, X.________, qui était détenu à la colonie pénitentiaire de Crêtelongue à Granges, oeuvrait à la construction d'une annexe en compagnie d'A.________, B.________ et C.________, sous la direction du gardien D.________. Les relations entre celui-ci et les détenus étaient tendues, car ces derniers lui reprochaient d'avoir un comportement incorrect. Lors de la pause du matin, X.________ a déclaré à ses codétenus qu'il voulait mettre le feu pour que la responsabilité retombe sur les épaules de ce gardien qui allait trop loin. C.________ était responsable d'un feu allumé dans un fût afin d'y incinérer des déchets de bois. Il l'a éteint en l'arrosant pour la pause de midi et l'a rallumé à 13 h 30; vers 14 h 30 il n'y avait plus de déchets à brûler et à 15 h 15 les flammes étaient éteintes. Aux environs de 15 h 30, X.________ a, au moyen d'un bidon métallique, rassemblé des braises dont il a déposé deux ou trois morceaux de la taille d'un poing à l'extrémité nord-est d'un tas de caisses à pommes situé dans la partie nord de l'entrepôt. Son intention était que quatre ou cinq caisses brûlent et que la propagation du feu du fût à déchets soit considérée comme la cause de cet incendie, de manière à ce que la responsabilité du gardien D.________ soit mise en cause. Selon ses dires, X.________ aurait à un moment donné réalisé qu'il avait fait une imbécillité et se serait mis à surveiller l'endroit pour aller éteindre le feu dès qu'il aurait pris. Comme il ne se passait rien, il aurait cessé sa surveillance après une heure puis s'est rendu sur le côté ouest du bâtiment. Vers 16 h 15 un gardien occupé dans un champ voisin a remarqué des flammes à l'angle sud-est de l'entrepôt et a immédiatement donné l'alerte. Sous l'effet du vent, le sinistre tendait à se propager à toute la bâtisse. Une douzaine de pompiers ainsi que le gardien D.________ et ses détenus sont rapidement intervenus et ont pu maîtriser le sinistre. La partie sud-est de la charpente et du toit de l'entrepôt a été détruite, de même qu'une partie d'un stock de caisses et des planches. A.b Le rapport de police comme celui de l'expert chargé de déterminer la source de l'incendie parviennent à la conclusion que celui-ci a été causé par les braises déposées par X.________, la propagation depuis le fût à déchets étant hautement improbable. A.c S'agissant de l'établissement des faits exposés ci-dessus, il y a lieu de relever que X.________ a d'abord nié toute implication dans l'incendie. C'est dans un premier temps B.________ qui a déclaré avoir remarqué que X.________ détenait un bidon de fer blanc contenant des cendres avec lequel il s'était rendu au sud-est du bâtiment entre 15 h 30 et 15 h 45. B.________ a précisé que X.________ l'avait invité à faire comme s'il n'avait rien vu, précisant que c'était une affaire entre A.________ et lui. Par la suite, A.________ a dit avoir vu X.________ rajouter des braises sur le parcours entre le tonneau et le foyer du sinistre afin de donner à penser que celui-ci avait été causé par les braises du tonneau. Pour sa part, X.________ a nié ces faits puis les a reconnus après avoir été informé des déclarations d'A.________. C.________ a affirmé que X.________ lui avait exposé avoir récolté des braises dans un bidon en fer pour les déposer vers l'angle sud-est du bâtiment sur une caisse à pommes. Le 30 mai 2000, le juge d'instruction du Valais central, qui avait quelques jours auparavant classé l'affaire au motif qu'il n'était pas possible, en l'état, de mettre en cause X.________, a ordonné l'enregistrement d'une conversation entre celui-ci et C.________, dont la rencontre devait être provoquée dans un établissement public. Cette décision a été approuvée le 5 juin 2000 par le Président de la Chambre pénale du Tribunal cantonal valaisan. L'entretien en question a eu lieu le 7 juin 2000. Le 13 juin 2000, le juge d'instruction du Valais central a formellement ouvert une instruction d'office contre X.________ pour incendie intentionnel et celui-ci a été placé en détention préventive sous le régime du secret qui a été levé le 19 juin 2000, date à laquelle il a reconnu avoir bouté le feu à la caisserie, aveux qu'il a par ailleurs confirmés le lendemain. A.d En outre, le 16 juin 2000, la police a procédé, sur ordre du juge d'instruction, à une perquisition au domicile de X.________, dans lequel a été découvert un paquet contenant 134,5 g de marijuana.