Citation: 6B_5/2022 E. 3.3.2

3.3.2. Dans un second grief, le recourant évoque son mauvais état de santé, qui serait inconciliable avec une réincarcération. Selon lui, la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant une simple peur de la prison. Il produit à cet égard plusieurs documents médicaux qui indiqueraient en substance qu'il souffrirait d'un syndrome de stress post-traumatique et qu'il présenterait une symptomatologie anxieuse et dépressive d'intensité variable accompagnée d'idées suicidaires fluctuantes. Pour le recourant, l'arrêt attaqué qui ne tiendrait pas compte de ces documents ne contiendrait pas un état de fait suffisant permettant au Tribunal fédéral de contrôler de quelle manière le droit fédéral a été appliqué; sur ce point, il enfreindrait l'art. 112 al. 1 let. b LTF. En outre, indépendamment de l'annulation de l'arrêt attaqué en raison de la violation de l'art. 112 al. 1 let. b LTF, le recourant requiert que le Tribunal fédéral complète l'état de fait cantonal en retenant qu'il souffre d'un "syndrome post-traumatique lié à sa détention préventive". Subsidiairement, il invoque encore la violation de son droit d'être entendu, en ce sens que l'autorité cantonale aurait refusé d'établir correctement son état de santé préalable pourtant indispensable à l'examen des conditions présidant à l'octroi de la libération conditionnelle. Enfin, il dénonce la violation des art. 10 al. 2 et 3 Cst. ainsi que de l'art. 3 CEDH. La cour cantonale a considéré que le recourant ne souffrait pas d'une maladie irréversible et que la peur de la prison qui entraînait son état dépressif ne faisait pas partie des motifs visés par l'art. 86 al. 4 CP. Contrairement à ce que soutient le recourant, elle n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant qu'il ne souffrait pas d'un état de santé à ce point mauvais qu'il serait incompatible avec sa réincarcération. Cet avis repose en effet sur les rapports du médecin conseil du Service pénitentiaire vaudois. Le 12 mars 2021, celui-ci a estimé, sur la base des informations médicales fournies par le médecin spécialiste traitant du recourant, qu'"une nouvelle incarcération risquerait de faire décompenser dramatiquement la santé de A.________". Le 7 octobre 2021, à la suite d'un entretien téléphonique avec le psychiatre traitant du recourant, il a encore annulé un nouvel ordre d'exécution, au motif qu'il était raisonnable de permettre au recourant de stabiliser son état général; il a toutefois estimé que le recourant serait apte à exécuter sa peine privative de liberté dès le 3 janvier 2022. Dans son argumentation, le recourant se borne à énumérer une série de documents médicaux, d'où il ressortirait qu'il souffre d'un syndrome post-traumatique inconciliable avec une réincarcération. Ces documents sont toutefois pour la plupart antérieurs au dernier avis du médecin conseil du SPEN. A la lecture de ces documents, on ignore si ce syndrome persiste et en quoi il entraverait l'exécution de la peine privative de liberté. Le recourant ne donne aucune explication à ce sujet. Insuffisamment motivés, les griefs tirés de l'arbitraire sont donc irrecevables. Il n'y a pas lieu non plus d'annuler l'arrêt attaqué en application de l'art. 112 al. 1 let. b LTF ou de compléter l'état de fait cantonal en vertu de l'art. 105 al. 2 LTF sur la base de ces seuls documents médicaux. Enfin, faute de maladie grave du recourant, la détention de ce dernier ne saurait constituer un traitement cruel, inhumain et dégradant. Les griefs tirés de la violation des art. 10 al. 2 et 3 Cst. ainsi que de l'art. 3 CEDH sont ainsi infondés. Selon la jurisprudence, l'autorité qui ne traite pas un grief relevant de sa compétence commet un déni de justice formel proscrit par l'art. 29 al. 1 Cst. seulement si le grief est motivé de façon suffisante et pertinent pour l'issue du litige (ATF 135 I 6 consid. 2.1 p. 9; 134 I 229 consid. 2.3 p. 232; 117 Ia 116 consid. 3a p. 117). Vu le défaut de pertinence de ces griefs, la cour cantonale n'a commis aucun déni de justice formel en ne les traitant pas.