Citation: 7B.242/2000 03.11.2000 E. 2

2.- La recourante invoque la violation de l'art. 106 al. 2 LP en faisant valoir que seul est défini par la loi le dies ad quem (la distribution des deniers) du délai maximum pour former une tierce opposition, et qu'en l'espèce, la nouvelle revendication est intervenue avant la distribution des deniers. Comme le relève à juste titre la décision attaquée, même si la loi ne fixe pas de délai autre que celui de la distribution des deniers pour faire valoir la déclaration de revendication, il n'en demeure pas moins que celle-ci doit être opérée dans un délai bref et approprié aux circonstances, le tiers étant déchu de son droit s'il tarde malicieusement à la faire ou s'il commet une négligence grossière (ATF 114 III 94 ss, 113 III 105 ss, 112 III 62 s., 111 III 23 consid. 2 et les arrêts cités; Gilliéron, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 3e éd., Lausanne 1993, p. 210 § 3; Fritzsche/Walder, Schuldbetreibung und Konkurs nach schweizerischem Recht, vol. I, 3e éd., Zurich 1984, § 26 n. 17; Amonn/Gasser, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 6e éd., Berne 1997, § 24 n. 22 ss; Adrian Staehelin, in: Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, n. 23 ss ad art. 106). Outre qu'elle ne remet pas formellement en cause ces principes jurisprudentiels, la recourante se prévaut vainement, dans ce contexte également, de l'erreur de son précédent conseil qui, comme on l'a vu, n'est que prétendue et non pas dûment constatée. La décision attaquée constate, en revanche, de manière à lier la Chambre de céans (art. 63 al. 2 et 81 OJ) que la recourante a eu personnellement connaissance du séquestre au plus tard en septembre 1994, voire à fin 1992. L'autorité cantonale était donc fondée à en déduire, en conformité avec les principes ci-dessus rappelés, qu'une revendication intervenant environ 6 ans, voire davantage, après la connaissance du séquestre et près de 4 ans après la conversion de celui-ci en saisie définitive (août 1996), ne pouvait manifestement pas être considérée comme ayant été faite dans un délai raisonnable (cf. ATF 104 III 140 consid. 3 p. 144/145).