Citation: 5A_432/2024 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, la Cour de justice a retenu que les parties s'étaient mariées en 1991 et s'étaient séparées dans le courant de l'année 2017; même si cette durée pouvait être qualifiée de longue, elle ne suffisait pas à retenir que le mariage avait eu une influence sur les conditions d'existence de l'ex-épouse. En outre, bien que deux enfants, majeurs depuis respectivement 9 et 24 ans, étaient issus de cette union, il n'était pas davantage établi que leur naissance et les soins que l'ex-épouse leur avait prodigués, avaient impacté de manière significative sa situation financière, en ce sens qu'il ne lui était actuellement pas possible d'assurer son indépendance économique. Il n'était pas établi que le mariage avait affecté de manière significative la situation de l'ex-épouse ou que celle-ci avait renoncé à se réaliser personnellement, l'ex-épouse n'ayant au demeurant ni allégué ni démontré le contraire. Il n'était en particulier pas établi que l'ex-épouse avait, en raison du mariage, renoncé à une précédente activité ou à tout autre projet personnel à des conditions plus favorables afin de se consacrer à l'éducation des enfants, à l'entretien du ménage ou à toute autre activité déployée dans l'intérêt de la communauté qu'elle formait avec son ex-mari. L'ex-épouse n'avait en particulier pas renoncé à se réaliser personnellement hors du ménage pour favoriser la réussite de l'ex-mari sur le plan matériel. En effet, elle avait travaillé à plein temps pendant la vie commune comme après la séparation des parties, et réalisait, au moment de prendre sa retraite, des revenus mensuels de l'ordre de 11'500 fr. par mois. Depuis lors, elle bénéficiait d'une rente AVS (1'630 fr.) et d'une rente LPP (2'805 fr.), soit d'un revenu de 4'435 fr. par mois. Ce montant serait encore augmenté, après le divorce, dès lors qu'elle bénéficierait en sus d'une rente issue du partage des avoirs de prévoyance de l'ex-mari. Au demeurant, l'ex-épouse n'avait pas expliqué - ni démontré - ce qu'elle aurait accompli si elle n'avait pas été mariée. Il n'était donc pas établi que ledit mariage aurait eu un effet négatif sur sa capacité de gain, sa baisse de revenus étant uniquement due au fait qu'elle avait pris sa retraite en mai 2022, comme retenu à raison par le premier juge. En tout état, l'ex-épouse n'avait pas démontré qu'elle n'était pas en mesure d'assurer seule son entretien convenable. Les circonstances du cas d'espèce ne justifiaient dès lors pas le versement d'une pension post-divorce à l'ex-épouse, laquelle pouvait assurer elle-même son entretien convenable, comme retenu à raison par le premier juge. Dans la mesure où l'ex-épouse n'était pas fondée à prétendre au versement d'une contribution d'entretien post-divorce, point n'était ainsi besoin d'examiner les différents griefs soulevés par les parties quant à l'établissement de leurs charges ou à la détermination de leurs revenus.