Citation: 5A_810/2022 E. 5.2

5.2. Il faut comprendre de ce qui précède qu'une partie ne peut pas invoquer, pour fonder sa requête en révision, une mauvaise appréciation des circonstances initiales, que le motif relève du droit ou de l'établissement des faits allégués sur la base des preuves déjà offertes; pour faire valoir de tels motifs, la voie de la plainte est seule ouverte (art. 17 LP). La révision n'a en effet pas pour but de corriger le premier procès-verbal de saisie, mais de l'adapter aux circonstances qui ont changé en cours de saisie de telle sorte que la quotité saisissable doit être recalculée (dans ce sens, cf. arrêt 7B.195/1998 du 12 août 1998 consid. 2; OCHSNER, in Commentaire romand, LP, 2005, n° 209 ad art. 93 LP). Néanmoins, une fois la circonstance nouvelle admise pour entrer en matière et recalculer la quotité saisissable, il faut autoriser les parties à demander l'actualisation des autres éléments de calcul, même si ceux-ci ne se sont pas modifiés depuis la décision précédente et n'auraient alors pas permis de requérir une révision de celle-ci. En effet, comme l'a jugé le Tribunal fédéral dans un arrêt ancien, le caractère définitif de la saisie ne peut avoir d'autre effet que d'empêcher le créancier de demander la modification de la saisie tant et aussi longtemps que la situation du débiteur ne s'est pas modifiée. En revanche, il ne peut pas priver le créancier de son droit de faire valoir des circonstances dans la constatation ou l'appréciation desquelles, selon lui, l'office a fait une erreur au moment de la saisie précédente, pour s'opposer à ce que le débiteur obtienne la modification de celle-ci en raison de changements survenus dans sa situation (ATF 32 I 370 consid. III p. 374; cf. aussi, GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, Art. 89-158, 2000, n° 143 ad art. 93 LP; contra : OCHSNER, op. cit., n° 212 ad art. 93 LP; VONDER MÜHLL, in Basler Kommentar, SchKG I, 3 ème éd., 2021, n° 56 ad art. 93 LP). Dans l'arrêt précité, la cause dont le Tribunal fédéral avait à traiter avait ceci de particulier que le créancier n'aurait pas pu obtenir la modification de la quotité saisissable, même s'il avait formé une plainte pour le motif qu'il invoquait lors de la révision requise par le débiteur, de sorte qu'il n'aurait eu aucun intérêt à former une telle plainte à l'époque. Néanmoins, il n'y a pas lieu de distinguer les motivations (notamment évaluation des chances de succès, effet dilatoire de la procédure) qui ont conduit une partie à renoncer à former une plainte pour appliquer la règle sus-exposée. En outre, il n'existe aucun motif pour modifier cette jurisprudence (sur les conditions d'un changement de jurisprudence: cf. entre autres ATF 145 V 304 consid. 4.4).