Citation: 7B_108/2023 E. 4.3.2

4.3.2. De manière générale, le recourant se borne à opposer sa propre appréciation des preuves à celle opérée par la cour cantonale, sans toutefois démontrer en quoi son raisonnement serait arbitraire, en se fondant notamment sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt entrepris ou qui ne sont pas susceptibles d'influer sur le sort de la cause. Il en va par exemple ainsi lorsqu'il avance que "le dossier fait ressortir l'existence d'abus commis au foyer P.________" sans faire référence à une pièce ou à une déclaration précise, qu'il ne serait pas le seul proche qui visitait le domicile de l'intimée en Afrique ou à U.________, que cette dernière avait une vie sexuelle "hyper chaotique" et que des témoins avaient attesté qu'il n'avait jamais eu de comportement ambigu avec des femmes ou des enfants dont il avait la charge. En particulier, que la rédaction par l'intimée de son journal intime ait débuté en 2000 ou en 2002, ou encore en 2014, comme l'allègue le recourant, importe peu, puisque, dans tous les cas, elle a commencé à l'écrire postérieurement aux faits dénoncés. Au demeurant, le recourant oublie qu'il ne s'agit que d'un élément parmi d'autres dont la cour cantonale a tenu compte et que la date à laquelle il a été écrit n'affecte en rien la crédibilité des propos tenus par l'intimée. A tout le moins n'était-il pas manifestement insoutenable de le retenir. L'autorité précédente n'a par ailleurs pas ignoré que l'intimée avait elle-même évoqué les doutes - le recourant joue sur les mots lorsqu'il avance qu'il s'agirait en réalité d'une absence de souvenirs - qui l'avaient assaillie et sa propre difficulté à intégrer et mettre en mots ce qui lui était arrivé, à un âge où elle n'avait pas encore les ressources cognitives pour identifier les faits. Contrairement à ce que soutient le recourant, qui cherche à en déduire une contradiction dans les déclarations de l'intimée, l'évolution de celles-ci n'affecte pas sa crédibilité. En effet, sur ce point, la cour cantonale a considéré, sans que l'on puisse lui reprocher d'être tombée dans l'arbitraire, que le refus de l'intimée, dans un premier temps, de dénoncer les agissements du recourant était, comme le sentiment de culpabilité, un élément très fréquent dans des situations d'abus intrafamiliaux, notamment chez de jeunes enfants qui ne comprennent pas ce qu'ils vivent et enfouissent ces événements dans leur mémoire (cf. ATF 147 IV 409 consid. 5.4.1). Cela vaut d'autant plus lorsque la victime se trouve, comme l'a retenu à juste titre l'autorité précédente, dans un conflit de loyauté et que les conséquences d'un dévoilement sont d'emblée perceptibles pour la victime. Pour le surplus, le recourant se contente de mettre en exergue les quelques variations et/ou légères imprécisions dans les déclarations de l'intimée au sujet notamment du pays, respectivement de l'appartement dans lequel les faits ont eu lieu. Il ne parvient toutefois pas à remettre en cause l'appréciation de l'autorité précédente, qui en a d'ailleurs tenu compte, ni à discréditer la version des faits donnée par la victime. Quant à l'"absence d'une quelconque trace" dans l'appartement à U.________ alléguée par le recourant, dès lors qu'il ressortirait de l'acte d'accusation que les viols dont l'intimée était victime impliquaient la "présence de sang", elle ne fait nullement apparaître comme arbitraires les éléments retenus à sa charge. Cela vaut d'autant plus qu'il ne ressort pas de l'arrêt entrepris que l'autorité précédente aurait considéré comme établie la présence de saignements sur la personne de l'intimée, du moins le recourant ne le prétend pas. Pour le reste, l'autorité précédente pouvait, conformément au principe de la libre appréciation des preuves (art. 10 al. 2 CPP), se fonder sur un faisceau d'indices convergents pour retenir la culpabilité du recourant. A cet égard, ce dernier perd de vue que lorsque, comme en l'espèce, l'autorité précédente a forgé sa conviction quant aux faits sur la base d'un ensemble d'éléments ou d'indices convergents, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux pris isolément soit à lui seul insuffisant; bien plutôt, l'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble (cf. consid. 4.2.3 supra). Or, le recourant ne démontre pas qu'il était insoutenable - et il n'apparaît pas que tel soit le cas - de considérer, sur la base des déclarations des protagonistes ainsi que des témoins, respectivement du rapprochement de l'ensemble des éléments retenus par l'autorité précédente (cf. consid. 4.6.1 supra), que l'intimée avait bien été abusée sexuellement durant son enfance par le recourant.