Citation: 5D_19/2020 E. 4.2

4.2. Lorsqu'un gage a été constitué sur un immeuble appartenant à un tiers et que le débiteur de la créance disparaît ensuite de sa faillite, la poursuite en réalisation de gage est dirigée exclusivement contre le tiers propriétaire du gage (art. 89 al. 2 ORFI). Dans cette poursuite, l'admission de la créance garantie à l'état de collocation par l'administration de la faillite vaut reconnaissance de dette dans le sens de l'art. 82 LP lorsque cette créance a été reconnue par le débiteur failli (arrêt 5A_282/2016 du 17 janvier 2017 consid. 3.2.2 et la doctrine citée, publié in BlSchK 2017 p. 235, RSPC 2017 p. 221 et in RNRF 2019 p. 109). Contrairement à ce qu'a arbitrairement retenu la Cour de justice, il ne pouvait donc être exigé de la recourante qu'elle produise un titre attestant de la reconnaissance par l'intimé, tiers propriétaire, de la créance garantie par gage. La jurisprudence qu'elle cite pour justifier cette exigence (ATF 111 III 8 consid. 3b) ne concerne pas la situation où, comme en l'espèce, l'entrepreneur général est tombé en faillite. En pareille hypothèse, conformément à la jurisprudence susrappelée, la reconnaissance de la créance garantie par gage doit uniquement émaner du débiteur failli, soit en l'occurrence C.________ SA. Afin de vérifier si le résultat auquel la Cour de justice est parvenue résiste au grief d'arbitraire, il convient encore d'examiner si, comme le soutient la recourante, les pièces qu'elle a produites à l'appui de sa conclusion en mainlevée provisoire valent reconnaissance de dette.