Citation: 6B_112/2022 E. 2.3.1

2.3.1. Les développements de la recourante ne permettent toutefois pas d'établir que la compensation avait été valablement invoquée, cela lors même qu'en l'espèce, les biens et valeurs placés sur les comptes bancaires des intimés avaient été mis sous main de justice dans le cadre d'une procédure pénale et que les parties s'étaient dans ce contexte vu signifier une restriction au pouvoir d'en disposer. A la suite de la cour cantonale, il est de surcroît observé que, selon la volonté claire du législateur, la collectivité publique ne doit jouir d'aucun privilège sur les biens et valeurs séquestrés par rapport aux éventuels autres créanciers du débiteur saisi. Pour s'en assurer, les effets des séquestres fondés sur l'art. 71 al. 3 CP doivent ainsi être maintenus jusqu'au moment où des mesures de droit des poursuites prennent le relais, ce qui impose à l'État d'agir par la voie de l'exécution forcée pour recouvrer ses créances. Le fait que les débiteurs sont en l'occurrence domiciliés à l'étranger n'y fait pas obstacle, la collectivité publique pouvant initier une poursuite au lieu de situation de l'objet séquestré (cf. art. 52 al. 1 LP; arrêt attaqué, consid. 3.5 p. 9 s.). En outre, comme l'a également relevé la cour cantonale, lorsque les créances compensatrices de l'État sont allouées au lésé (art. 73 al. 1 let. c CP), ce dernier ne saurait se voir accorder davantage de droits que n'en dispose le cédant, l'allocataire cessionnaire étant ainsi tenu, pour obtenir l'exécution des créances compensatrices, de procéder comme le ferait l'État, c'est-à-dire sans pouvoir se prévaloir de droit préférentiel à l'égard des autres créanciers (cf. arrêt attaqué, ibidem).