Citation: 1C_411/2021 E. 3.2

3.2. Pour le reste, et quoi qu'en dise la recourante, l'instance précédente a exposé et appliqué correctement les art. 21 et 36 LN (cf. art. 27 et 28 aLN et 41 aLN), ainsi que la jurisprudence y relative. Elle a en particulier rappelé à bon droit que l'enchaînement chronologique rapide entre l'obtention de la naturalisation et la séparation du couple permettait d'appliquer la présomption jurisprudentielle selon laquelle la naturalisation a été obtenue frauduleusement; en effet, seulement neuf mois ont séparé la signature de la déclaration de vie commune, respectivement la décision d'octroi de la naturalisation facilitée (avril 2016) d'avec la séparation du couple (janvier 2017). L'autorité précédente a également relevé que le déroulement rapide des événements après l'annonce officielle de la séparation en janvier 2018 venait renforcer la présomption jurisprudentielle: demande commune de divorce (mars 2018), jugement de divorce (mai 2018), remariage de la recourante avec son nouveau compagnon (septembre 2018), naissance de leur fils (avril 2019). Il peut être renvoyé à cet égard aux considérants de l'arrêt attaqué (cf. arrêt entrepris consid. 6 à 8; art. 109 al. 3 LTF). Pour le surplus, comme l'a relevé l'autorité précédente, la recourante ne démontre pas avoir tenté d'une manière ou d'une autre de sauver son couple, circonstance qui tend également à confirmer la présomption selon laquelle le couple n'était pas stable lorsque les époux ont signé la déclaration de vie commune, respectivement lors de l'octroi de la naturalisation facilitée. C'est en outre en vain que la recourante conteste ce mécanisme de présomption, qui a été maintes fois confirmé par la jurisprudence (notamment ATF 135 II 161 consid. 3; arrêts 1C_574/2021 du 27 avril 2022 consid. 3.2; 1C_618/2020 du 19 mai 2021 consid. 3.1), étant pour le surplus précisé qu'il ne ressort nullement de l'arrêt attaqué que la présence d'enfants dans un couple, respectivement la volonté d'avoir une descendance commune serait l'élément qui définit la notion d'union conjugale, ainsi que le dénonce la prénommée. Dès lors, conformément à la jurisprudence précitée, il s'agit uniquement de déterminer si la recourante est parvenue à renverser la présomption établie en rendant vraisemblable, soit la survenance d'un événement extraordinaire susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité des problèmes de couple au moment de la signature de la déclaration commune. Dans son écriture, la recourante n'avance toutefois aucun élément susceptible de renverser cette présomption. En effet, elle ne parvient pas à rendre crédible l'élément de fait qui permettrait de comprendre pourquoi l'union conjugale formée avec son ex-époux, prétendument intacte au mois d'avril 2016, se serait dégradée pour déboucher sur une séparation en janvier 2017, puis une requête commune de divorce en mars 2018. Elle se prévaut d'une divergence d'opinions quant à la volonté de fonder une descendance. Or, outre que cet élément a été pris en compte par le TAF, au contraire de ce que la recourante prétend (cf. arrêt entrepris consid. 8.6.1), il ne permet pas d'expliquer une soudaine dégradation du lien conjugal seulement 9 mois après l'octroi de la naturalisation. A cet égard, la recourante n'exclut pas avoir discuté de cette question avant l'engagement de la procédure de naturalisation. Au contraire, elle précise dans son mémoire de recours que " l'éventuelle divergence " à ce sujet aurait été " reléguée au second plan, étant donné les objectifs de l'époque du couple et de l'âge de la recourante ". Elle fait valoir que la divergence d'avis des ex-époux sur ce point ne serait devenue un point d'achoppement qu'à la suite de sa naturalisation et que cette problématique serait alors passée au premier plan pour le couple. Elle ne conteste dès lors pas que cet élément constituait déjà un point de divergence avant l'engagement de la procédure de naturalisation facilitée. A ces circonstances s'ajoutent encore les allégations de l'ex-époux de la recourante, qui a indiqué lors de son audition que cette dernière savait, depuis leur rencontre, qu'il ne voulait pas d'enfant. Comme l'a retenu le TAF, la recourante n'est dès lors pas crédible lorsqu'elle prétend que leur désaccord sur une descendance commune est survenu de manière inattendue et subite après plus de cinq ans de mariage. Par ailleurs, la recourante ne conteste pas les " soucis " rencontrés par le couple relevés par son ex-époux, à savoir qu'ils ne partageaient plus la même vision pour le futur, qu'ils n'avaient pas la même culture et que les sentiments n'étaient plus les mêmes. Le TAF n'a dès lors commis aucun arbitraire en considérant que ce prétendu désaccord sur une descendance commune - ajouté à d'autres difficultés - ait été à l'origine d'une dégradation progressive des rapports conjugaux, ayant débuté déjà avant la déclaration concernant la communauté conjugale et l'obtention par la recourante de la naturalisation facilitée. Quant au courrier de l'ex-époux de la recourante du 20 mai 2019, dans lequel ce dernier confirme qu'ils ne partageaient pas la même vision sur la question des enfants, il n'est pas de nature à rendre insoutenable cette appréciation. Par ailleurs, le fait que les ex-époux se soient séparés moins de neuf mois après la signature de la déclaration commune et qu'ils n'aient pas tenté d'une manière ou d'une autre de sauver leur union conjugale paraît confirmer que cette union ne présentait pas la stabilité requise au moment déterminant et qu'il est peu plausible que la recourante n'ait découvert la dégradation de son couple qu'après l'obtention de la naturalisation facilitée. La recourante allègue encore qu'il n'existerait aucun intérêt public à l'annulation de sa naturalisation facilitée; cette critique est vaine. En effet, l'annulation de la naturalisation facilitée obéit à des règles qui accordent une importance particulière à la relation de confiance avec l'administré. Si celui-ci trahit cette confiance, en adoptant un comportement déloyal et trompeur, l'art. 41 aLN (art. 36 LN) donne à l'autorité compétente la faculté d'annuler la naturalisation facilitée, les fondements de celle-ci n'étant plus réunis. Par conséquent, si des déclarations mensongères ou la dissimulation de faits essentiels peut être retenue selon ce qui précède, on ne voit pas à quel titre la recourante pourrait invoquer le principe de la proportionnalité.