Citation: 6B_349/2024 E. 3

Se fondant sur le rapport de constat d'infraction établi par la Police cantonale, la cour cantonale a retenu que la recourante avait été appréhendée seule sur le " terrain ZAD ", sur le passage entre la gravière et le tripod. La police indiquait que son attitude était " passive " et " oppositionnelle ". À teneur du rapport d'investigation, elle n'avait pas donné suite aux injonctions de la police, avait été interpellée à 16h30 au coeur de la ZAD, avait refusé de collaborer tout en conservant une attitude passive et avait été emmenée par les premiers intervenants jusqu'à la zone d'identification. Le témoin B.________ avait confirmé que son interpellation avait eu lieu sur le site de la ZAD. Sur la base de ces éléments, la cour cantonale a retenu que la recourante se trouvait dans une zone soumise à évacuation lorsqu'elle a été interpellée, ce qu'elle ne pouvait pas ignorer puisqu'il s'agissait de la raison de sa présence sur les lieux. Si elle n'avait effectivement pas opposé une résistance active lors de son arrestation, il n'en demeurait pas moins qu'elle n'avait pas collaboré, refusant de partir et attendant de se faire arrêter par les policiers. L'autorité cantonale a au surplus considéré que l'intéressée invoquait en vain sa liberté de manifester pacifiquement, puisqu'il ressortait de son attitude face à la police qu'elle avait voulu démontrer sa solidarité avec les " zadistes " en se faisant arrêter. C'était du reste ce que les journalistes présents sur les lieux avaient eux-mêmes compris et rapporté dans l'article dont elle se prévalait (" A.________, parmi les derniers sur la colline, cherche à se faire arrêter ", " l'activiste A.________ veut se faire arrêter par la police. Elle se tient debout devant les forces de l'ordre mais rien ne se passe "). La recourante ne le contredisait pas (" si l'hypothèse des journalistes est juste, l'appelante réussit à se faire interpeller, interpellation qui est une manifestation de solidarité avec les Zadistes arrêtés et interpellés "). Il ne s'agissait en outre pas de manifester sur la voie publique, mais dans un lieu privé, alors qu'elle savait que l'évacuation de ce lieu avait été ordonnée et qu'elle s'y rendait pour protester contre l'activité de la police. En définitive, la cour cantonale a jugé qu'en choisissant de se faire interpeller par la police, la recourante avait intentionnellement rendu la tâche des forces de l'ordre plus compliquée en ajoutant une arrestation supplémentaire à toutes celles que la police gérait déjà. Le fait qu'elle n'avait pas opposé de résistance active à son arrestation n'y changeait rien, car il s'agirait d'une infraction à l'art. 285 CP dans le cas contraire. Les policiers avaient dû l'emmener sur la zone d'identification alors qu'elle refusait de quitter les lieux, ce qui suffisait pour retenir qu'elle avait rendu leur tâche plus difficile, partant, pour la condamner pour empêchement d'accomplir un acte officiel.