Citation: 5A_80/2023 E. 5.2

5.2. Le recourant reproche à la Cour de justice d'avoir oublié les trois sources de prévoyance dont bénéficiait l'intimée, soit 250'000 fr. selon ses déclarations au premier juge, 23'528 fr. au titre du partage des avoirs de prévoyance professionnelle de son premier mariage et 18'895 fr. au titre de partage des avoirs de prévoyance professionnelle dans le cadre de la présente procédure. Le recourant expose que, selon ses propres déclarations lors de l'audience du Tribunal du 2 juillet 2021, l'intimée était "sortie" de son précédent mariage avec une fortune personnelle issue de la vente d'une ferme. Elle avait indiqué qu'elle avait investi le produit de la vente dans des comptes de prévoyance et qu'il restait un solde de 250'000 fr. Or, cet argent n'avait jamais été utilisé pendant le mariage sous réserve de 80'000 fr. qu'elle lui avait prêté et qu'il allait lui rendre. Selon le recourant, l'intimée n'avait subi aucun préjudice "notamment financier" durant le mariage et la vie commune. Elle avait continué à travailler et réalisé des revenus, alors qu'il avait pris en charge toutes les dépenses de la famille et qu'il lui verse une contribution d'entretien de 4'000 fr. par mois à compter de février 2016. Depuis le mariage, l'intimée s'était enrichie de tous les montants prélevés sur le chiffre d'affaires de la société E.________ qu'elle gérait, soit 80'000 fr. en 2008 et 55'000 fr. en 2009 ainsi que divers prélèvements suite aux virements des clients. Elle avait aussi bénéficié de la somme de 70'000 fr. correspondant au produit de la vente de la société E.________, de 193'194 euros au titre du "bénéfice du produit de la vente de W.________" et de 64'175 fr. 87 relatif au rachat de sa part de copropriété du bien immobilier de X.________. Par ailleurs, comme cela ressortait de la procédure et des pièces, de nombreux retraits liquides réguliers et importants avaient été effectués après la vente de la maison de W.________ pour un montant total d'environ 255'000 fr., notamment sur le compte bancaire détenu en France, compte dont l'intimée n'avait pas fourni les relevés dans la procédure. La Cour de justice avait totalement omis de tenir compte du fait que l'intimée bénéficiait ainsi aujourd'hui d'une fortune personnelle immobilière et mobilière. Or, de l'avis du recourant, l'intimée devait mettre à contribution sa fortune pour faire face à ses charges, ce d'autant plus qu'il versait chaque mois le montant de 1'465 fr. au titre de contribution d'entretien. Le recourant allègue enfin que l'intimée a des espérances successorales importantes. Il "rappelle" que l'intimée est nu-propriétaire avec ses frères et soeurs d'une maison et de terrains familiaux sis Y.________, fortune dont elle disposera au décès de sa mère qui a plus de 90 ans. Son héritage devrait avoisiner la somme de 1'000'000 fr., élément dont la Cour de justice n'avait pas tenu compte à tort. La contribution d'entretien arrêtée par la cour cantonale aboutissait à faire bénéficier l'intimée d'un niveau de vie supérieur à celui mené durant la vie commune "et surtout à celui du recourant". En allouant un montant supplémentaire dépassant le niveau de vie antérieur, la Cour de justice avait donc méconnu que celui-ci constitue la limite supérieure de l'entretien et que le divorce ne devait pas aboutir à un transfert de patrimoine en dehors de la liquidation du régime matrimonial. Elle ne pouvait s'épargner d'établir le train de vie de l'intimée durant l'union afin de s'assurer que le montant alloué au titre de la contribution à son entretien ne lui permette pas de bénéficier d'un train de vie supérieur. Enfin, la Cour de justice ne pouvait tenir pour acquis les explications lacunaires et peu convaincantes fournies par l'intimée, ce d'autant que le Tribunal avait relevé que celle-ci avait toujours refusé de produire ses comptes bancaires et avait caché toute information relative à ses comptes de prévoyance.