Citation: 6S.489/2006 20.03.2007 E. 4

Le recourant invoque une violation de l'art. 63 CP. 4.1 Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Un pourvoi en nullité portant sur la quotité de la peine ne peut donc être admis que si la sanction a été fixée en dehors du cadre légal, si elle est fondée sur des critères étrangers à l'art. 63 CP, si les éléments d'appréciation prévus par cette disposition n'ont pas été pris en compte ou enfin si la peine apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20 s. et les arrêts cités). Les éléments pertinents pour la fixation de la peine ont été exposés de manière détaillée dans les ATF 117 IV 112 consid. 1 et 116 IV 288 consid. 2a et rappelés dans l'ATF 129 IV 6 consid. 6.1, auxquels on peut donc se référer. 4.2 Le recourant affirme avoir immédiatement collaboré avec les enquêteurs lors de sa première audition en s'expliquant entièrement sur les faits de Gland, avoir été sous l'influence de l'alcool et du cannabis ce soir-là et avoir tout entrepris pour trouver un travail. Il relève aussi que la Cour de cassation a considéré ses regrets et sa prise de conscience comme étant dictés par les circonstances, alors que l'autorité de première instance a apprécié ces éléments différemment. Ce faisant, il invoque des faits nouveaux ou se plaint de l'appréciation des preuves. Or, de telles critiques sont irrecevables dans un pourvoi (cf. supra consid. 1.2). Le recourant reproche à la Cour de cassation d'avoir exclu certains éléments à décharge. Ce grief est infondé. En effet, l'autorité cantonale n'a pas perdu de vue que le casier judiciaire de l'intéressé était vierge (arrêt p. 16), précisant toutefois que les renseignements sur son compte n'étaient pas favorables. Se référant au jugement de première instance, elle n'a pas non plus ignoré que le recourant avait admis avoir pris part à la battue organisée contre B.________ (jugement p. 14). Elle n'avait d'ailleurs pas à répéter ces éléments au moment de fixer la peine. Le jugement formant un tout, on admet en effet que le juge garde à l'esprit l'ensemble des éléments (B. Corboz, La motivation de la peine, RJB 1995, p. 1 ss, 24). 4.3 Dès lors que le recourant ne peut en réalité citer aucun élément important, propre à modifier la peine, qui aurait été omis ou pris en considération à tort, il convient uniquement d'examiner si, au vu des faits retenus, la peine infligée apparaît exagérément sévère au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation. Le recourant, qui n'était pas dans la discothèque et se trouvait là par hasard, a participé à la battue organisée contre B.________, alors que cette affaire ne le concernait pas. Il s'est associé gratuitement et sans réserve à des délinquants pour le seul plaisir de prendre part à une chasse à l'homme. Il a débusqué la victime cachée dans les bois et a ameuté ses coaccusés, permettant ainsi le passage à tabac. Il a récidivé en cours d'enquête, s'en prenant, encore une fois sans aucune raison, à une jeune victime assoupie sur un banc, lui assénant des coups de pied au visage. Il est évident qu'un tel comportement peut entraîner de très lourdes conséquences. Sa culpabilité est dès lors importante. Sur le plan personnel, le recourant, né en 1985, n'a pas d'inscription à son casier. Il n'a pas de formation, ni de travail. Il connaît divers problèmes personnels et sa situation est préoccupante. Ses regrets et sa prise de conscience ont été dictés par les circonstances, de sorte que ces éléments, même s'ils sont favorables, ne peuvent jouer un rôle déterminant dans l'appréciation de la peine. En effet, les coaccusés n'ont rassemblé que tardivement, soit le jour de l'audience seulement, et sur conseils de leurs avocats, la somme de 3'100 francs pour dédommager B.________. De plus, le recourant n'a pas été capable, en dix-huit mois, de réunir les 350 francs demandés par F.________ pour le remboursement de ses lunettes brisées. Dans ces circonstances, la Cour cantonale n'a pas abusé de son large pouvoir d'appréciation en ce domaine en prononçant une peine de dix-huit mois d'emprisonnement. On ne discerne donc pas de violation de l'art. 63 CP.