Citation: 4A_12/2019 E. 5.5

5.5. Emboîtant le pas de l'arbitre dissident, la recourante fait grief à son adverse partie d'avoir brandi ses droits exclusifs sans autre dessein que d'empêcher l'exploitation du bar B.________, après qu'elle se fut elle-même placée dans l'impossibilité de le faire. Le Tribunal arbitral a rejeté ce moyen de défense en soulignant au passage qu'il avait été formulé sur le tard, suggérant qu'il était peu convainquant même pour son auteur. Force est de constater que la thèse de l'abus de droit (sur cette notion, cf. par exemple ATF 143 III 279 consid. 3.1 p. 281) se heurte aux constatations et à l'analyse juridique opérées par les arbitres, opérations qui lient la cour de céans et dont il ressort notamment que la recourante n'a pas présenté correctement les droits exclusifs de l'intimée, ce qui constitue la cause de sa mise à l'écart par l'aéroport. Or, ces éléments ne peuvent qu'entraîner l'effondrement de la thèse ici soutenue. Quant à l'opinion divergente émise par le troisième arbitre, on rappellera que celui-ci s'est inscrit en faux contre l'appréciation des preuves opérée par ses deux co-arbitres, leur reprochant d'avoir ignoré - c'est-à-dire de ne pas avoir appréhendé correctement (cf. consid. 4.6 supra) - la portée des éléments plaidant en faveur de la recourante. Qui plus est, l'arbitre fonde partiellement son opinion sur une interprétation du contrat de licence en cause, évoquant le but poursuivi dans le cas d'espèce; or, il vient d'être rappelé que cet élément échappe à la notion d'ordre public matériel. En bref, le grief tiré de l'ordre public matériel est clairement privé d'assise.