Citation: 1P.458/2000 05.09.2000 E. A

A.- Par jugement du 19 novembre 1999, le Tribunal criminel du district de Payerne a reconnu A.________, ressortissant yougoslave né le 10 mars 1962 au Kosovo, coupable d'infractions graves à la LStup (art. 19 ch. 1 al. 2 à 6 et ch. 2 let. a à c LStup) et l'a condamné à la peine de dix ans de réclusion, sous déduction de sept cent cinquante-neuf jours de détention préventive, ainsi qu'à l'expulsion du territoire suisse pour une durée de quinze ans. Le Tribunal criminel a retenu que B.________, ressortissant yougoslave originaire du Kosovo et établi aux Etats-Unis d'Amérique, aurait organisé l'importation du Mexique en Suisse d'au moins cent trente-neuf kilos de cocaïne. A cette fin, B.________ aurait utilisé les services d'un réseau organisé, dans lequel les dénommés C.________ et D.________ auraient servi de transporteurs et A.________ de revendeur. Le Tribunal criminel a tenu pour établi que, dans le courant de 1996, A.________ aurait reçu cinq ou six kilos de cocaïne de B.________ et de D.________, ainsi que trois kilos de cocaïne de C.________. L'activité délictueuse de A.________ devait, selon le Tribunal criminel, aussi être mise en relation avec celle de E.________, ressortissant yougoslave originaire du Kosovo, condamné le 30 mars 1999 à la peine de quatorze ans de prison pour infraction grave à la LStup. Dans le cadre de l'enquête concernant E.________, les autorités mexicaines avaient arrêté, le 20 avril 1997, C.________ en possession de trente kilos de cocaïne destinés à l'exportation vers la Suisse. Entendu par les autorités suisses, C.________ avait mis en cause E.________ et un tiers qu'il a reconnu, sur un lot de photographies, pour être A.________. C.________ a confirmé les livraisons effectuées pour fournir A.________. Celui-ci a contesté toutes les accusations portées contre lui. Le Tribunal criminel s'est fondé également sur le témoignage d'un dénommé F.________, auquel A.________ aurait vendu, entre juin et novembre 1996, 445 g de cocaïne. Le Tribunal criminel a tenu pour vraies les déclarations à charge de F.________ et de C.________, jugées précises, fiables et sincères, confortées en outre par le fait que ces deux témoins ne se connaissaient pas et n'avaient aucun intérêt direct à accuser A.________. Le fait que C.________ ait pu bénéficier de la mansuétude des autorités mexicaines en échange de sa coopération n'y changeait rien. Par arrêt du 26 janvier 2000, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté le recours formé par A.________ contre le jugement du 19 novembre 1999, qu'elle a confirmé.