Citation: 5A_605/2007 04.12.2008 E. 4

4.1 L'autorité précédente a considéré que l'accusation dirigée contre le directeur d'une banque cantonale de «sacrifier la gestion des intérêts publics à la réalisation de ses ambitions personnelles» est de nature à diminuer l'estime dont il jouit auprès d'un citoyen moyen, car une telle affirmation présente l'intéressé comme ayant agi d'une manière pénalement répréhensible, en commettant une gestion déloyale des intérêts publics. Le contexte dans lequel cette accusation a été prononcée renforce l'idée que le demandeur se serait livré à une activité malhonnête, puisque le défendeur s'est efforcé de démontrer que lui et ses autres collègues étaient au courant des agissements pénalement répréhensibles de C.________ et D.________. Le fait que la déclaration incriminée a été émise lors d'une longue plaidoirie n'y change rien; même si le défendeur a pu penser que ces termes ont été noyés dans l'ensemble de la procédure, il ne pouvait écarter l'idée que la presse, dont il ne pouvait ignorer la présence lors de l'audience, rapporterait ses propos; ceux-ci ont ainsi été lus par de nombreuses personnes qui, vu le contexte dans lequel ils ont été proférés, n'ont pu que conclure que le demandeur était un individu malhonnête. 4.2 Ces motifs apparaissent convaincants. En admettant même que les propos de l'intimé soient exempts de toute connotation pénale, il n'en demeure pas moins qu'ils se situent bien au-delà d'une simple critique des activités professionnelles du recourant, dès lors qu'ils attribuent à ce dernier une conduite à tout le moins moralement répréhensible et dictée exclusivement par la satisfaction d'intérêts égoïstes. L'assertion critiquée est donc propre, en soi, à diminuer la considération dont peut bénéficier l'intéressé aux yeux d'un citoyen moyen, non seulement en tant que banquier (cf. à ce sujet: ATF 123 III 385), mais encore comme individu. 4.3 En revanche, l'on ne saurait suivre l'autorité précédente lorsqu'elle réfute l'existence de motifs justificatifs (art. 28 al. 2 CC). Comme l'ont relevé les juridictions cantonales, l'affirmation lésionnaire s'inscrivait dans la stratégie de défense de l'intimé, à savoir «améliorer la position juridique des inculpés»; cette allégation visait à remettre en cause la qualité de partie civile de la Banque A.________, dont l'un des organes, le recourant, aurait activement participé aux agissements criminels des inculpés. Avec le premier juge, il faut admettre que cette stratégie était justifiée par le devoir de l'intimé de défendre ses clients; en effet, dans le contexte d'un procès pénal, chacun comprend que l'avocat s'efforce de soustraire son client à une condamnation en «chargeant» la partie prétendument lésée, en l'espèce en mettant en jeu la responsabilité de la banque, respectivement de son directeur, lors de l'octroi des crédits aux inculpés. Cette position a été, par ailleurs, renforcée par un autre élément: il ressort des constatations de la décision entreprise (art. 105 al. 1 LTF) que, dans le cadre de la procédure diligentée contre divers organes de la Banque A.________, l'intéressé a été notamment inculpé de «gestion déloyale, subsidiairement de gestion déloyale des intérêts publics et de faux dans les titres», inculpation que de «nombreux articles de presse» ont relatée au début de l'année 2002. Vu ce qui précède, c'est à juste titre que l'intimé a critiqué sur ce point l'arrêt attaqué (cf. supra, consid. 1.2), de sorte que le recours doit être rejeté par substitution de motifs.