Citation: 5P.363/2001 14.03.2002 E. 3

3.- Le recourant conteste en outre le décompte de ses charges. Il reproche à l'autorité cantonale d'avoir rete- nu un montant de 750 fr. par mois à titre de loyer au lieu des 1'000 frqu'il paye réellement et d'avoir omis de tenir compte du remboursement de ses prêts bancaires. En ce qui concerne le loyer, la Cour de justice a retenu, à l'instar du juge de première instance, un montant de 750 fr. par mois, à savoir la moitié de la somme due pour le logement que le recourant occupe avec sa concubine. L'au- torité cantonale a en effet estimé qu'il n'y avait aucune raison de tenir compte, dans le calcul du minimum vital, d'un montant de 1'000 fr. par mois correspondant au loyer d'un ap- partement que le mari admettait ne pas occuper sans pour au- tant donner d'explications à ce propos. Cette appréciation n'est à l'évidence pas insoutenable; de toute manière, le re- courant ne démontre pas à satisfaction de droit qu'elle soit arbitraire. Quant à ses dettes, la cour cantonale a admis un montant de 500 fr. par mois correspondant au remboursement d'un prêt, le recourant ayant établi qu'il s'en acquittait régulièrement. Elle a en revanche considéré que le rembourse- ment effectif des prêts à l'égard de l'UBS n'était pas prouvé et que la banque ne paraissait pas envisager de poursuites à son encontre, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'en tenir compte. Le recourant se contente d'affirmer qu'un tel raison- nement est insoutenable, dès lors que c'est précisément en raison de la contribution astronomique de 4'250 frqu'il doit verser pour l'entretien de l'intimée qu'il n'est pas en mesure de faire face à ses obligations à l'égard des banques. Cet argument n'est cependant pas décisif. En effet, les det- tes que le débiteur de la contribution a envers les tiers ne doivent être prises en compte que restrictivement dans le calcul du minimum vital. La doctrine estime que l'inclusion des dettes dans le minimum vital du débirentier se justifie quand elles ont été contractées alors que les époux faisaient ménage commun et que leur but était l'entretien des deux con- joints. En revanche, tel ne devrait pas être le cas si la dette n'existe que dans l'intérêt d'un des époux, à moins que les deux conjoints n'en répondent solidairement. Quant à l'amortissement des dettes hypothécaires, il ne saurait être pris en compte, sauf si les moyens financiers des époux le permettent (ATF 127 III 289 consid. 2a/bb p. 292 et les réfé- rences citées). En l'occurrence, le recourant ne prétend pas, ni a fortiori ne démontre, que les prêts qu'il invoque entre- raient dans la première catégorie; il ne précise du reste pas non plus s'il s'agit de dettes personnelles ou de sa société anonyme. Dans ces conditions, l'autorité cantonale ne saurait se voir reprocher d'avoir commis arbitraire, d'autant qu'il n'est pas insoutenable de s'en tenir aux charges effectives.