Citation: 4A_158/2019 E. 5.7

5.7. Finalement, la recourante fait valoir que l'intimé a agi de manière contraire à la bonne foi, respectivement a commis un abus de droit. A teneur de l'art. 2 al. 2 CC, l'abus manifeste d'un droit n'est pas protégé par la loi. La règle prohibant l'abus de droit permet au juge de corriger les effets de la loi dans certains cas où l'exercice d'un droit allégué créerait une injustice manifeste. L'existence d'un abus de droit se détermine selon les circonstances concrètes du cas, en s'inspirant des diverses catégories mises en évidence par la jurisprudence et la doctrine. L'emploi dans le texte légal du qualificatif "manifeste" démontre que l'abus de droit doit être admis restrictivement (ATF 143 III 666consid. 4.2; 143 III 279 consid. 3.1 p. 281; 140 III 583 consid. 3.2.4 p. 589). Il incombe à la partie qui se prévaut d'un abus de droit d'établir les circonstances particulières autorisant à retenir une telle exception (ATF 135 III 162 consid. 3.3.1 p. 170; 133 III 61 consid. 4.1). Les cas typiques d'abus de droit sont l'absence d'intérêt à l'exercice d'un droit, l'utilisation d'une institution juridique de façon contraire à son but, la disproportion manifeste des intérêts en présence, l'exercice d'un droit sans ménagement ou l'attitude contradictoire (ATF 143 III 279 consid. 3.1 p. 281; ATF 140 III 583 consid. 3.2.4 p. 589). En l'espèce, la recourante estime en substance que l'employé devrait être déchu de son droit dès lors qu'il a accepté la condition querellée. Elle fait fausse route. Un abus de droit ne saurait se concevoir de ce seul fait. Elle ajoute que l'employé aurait prétendument concédé dans des messages "SMS" qu'il était conscient de perdre ses "primes" s'il quittait son poste avant l'échéance du contrat, que le salaire qu'il avait négocié avec l'entreprise qui devait l'engager par la suite comprendrait tout ou partie des "commissions" ainsi perdues et que ce n'est qu'en raison du désistement de ladite entreprise qu'il se serait "retourné" contre l'employeuse. Il n'est cependant pas crucial de déterminer si la cour cantonale a versé dans l'arbitraire en ne constatant pas ces éléments. Ceux-ci laissent tout au plus entrevoir que l'intimé n'avait pas cerné qu'il disposait d'un droit à l'égard de l'employeuse. Qu'il l'ait ensuite exercé n'a rien d'abusif. Ce dernier grief se révèle également infondé.