Citation: 1B_166/2022 E. 5.3

5.3. En l'occurrence, la recourante semble tout d'abord soutenir qu'elle aurait expressément déclaré être lésée par les infractions d'escroquerie, de gestion déloyale et de faux dans les titres, respectivement qu'elle se serait donc formellement constituée partie plaignante pour ces chefs de prévention. Cependant, la recourante ne remet pas en cause la teneur de sa plainte telle que rappelée par l'autorité précédente. Elle ne fait d'ailleurs pas état de référence (s) précise (s) à cette écriture - où elle utilise le terme de "dénoncer" en lien avec les infractions poursuivies d'office - ou à d'autre (s) pièce (s) - notamment antérieure (s) à l'ordonnance de classement du 20 avril 2020 (cause MPG 15 1292) - qui viendrait étayer ses affirmations; en particulier, elle ne prétend pas qu'une telle conclusion découlerait de l'ordonnance du 10 avril 2019, prononcé contre lequel la recourante n'a pas recouru. Elle ne développe enfin aucune argumentation visant à remettre en cause le contenu de l'avis de droit de 2015. A ce stade, la juridiction précédente pouvait ainsi retenir, sans arbitraire, en se fondant sur la plainte pénale et l'avis de droit produit à titre d'annexe, que la recourante n'entendait formellement se constituer partie plaignante qu'en lien avec l'infraction de concurrence déloyale, dénonçant certes en parallèle les autres infractions susmentionnées (cf. p. 7 s. de l'arrêt P3 21 146 [1B_171/2022]). La recourante se prévaut ensuite de l'ordonnance P3 21 3 du 24 février 2021, rendue en lien avec la cause MPG 19 773, pour étayer sa qualité de partie plaignante eu égard aux infractions réprimées aux art. 146, 158 et 251 CP. Cette ordonnance se limite toutefois à constater formellement un tel statut eu égard au chef de prévention de concurrence déloyale; elle laissait cependant alors indécise - même si fortement douteuse - cette question s'agissant des trois infractions poursuivies d'office précitées (cf. également, dans la mesure de sa recevabilité, l'ordonnance du 29 juin 2022 d'interprétation de l'ordonnance P3 21 3). Ce prononcé n'empêchait en revanche nullement une décision ultérieure sur la problématique de la qualité de partie plaignante pour les trois infractions poursuivies d'office, constatation qui s'impose tant pour la procédure MPG 15 1292 (cf. l'ordonnance P3 21 146 [1B_171/2022]) que pour celle MPG 19 773 (cf. l'ordonnance P3 21 247 [1B_166/2022] renvoyant à la décision P3 21 146). Dans le cadre de l'examen au fond du statut de lésée de la recourante, la Juge unique a en substance nié l'existence d'un lien de causalité (a) entre la vente nettement moins chère de vin - coupé de manière irrégulière avec du vin étranger bon marché - et l'éventuelle baisse du chiffre d'affaires des concurrents qui auraient dû adapter leurs prix afin de rester compétitifs et/ou (b) entre la vente nettement moins chère de vin - coupé de manière irrégulière avec du vin étranger bon marché - et d'éventuelles contributions ou redevances réduites perçues par la recourante. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique et la recourante ne développe d'ailleurs aucune argumentation claire permettant de démontrer l'existence d'un tel lien de causalité. Cela vaut d'autant plus que l'autorité précédente a ensuite retenu qu'en application de l'art. 19 al. 1 de la loi valaisanne du 8 février 2007 sur l'agriculture et le développement rural (LcAgr; RS/VS 910.1), ces redevances étaient entièrement acquises à la Chambre valaisanne d'agriculture qui les affecte à l'information, à la promotion et à la mise en valeur proportionnellement à la contribution de chaque branche de l'agriculture (cf. p. 9 de l'arrêt P3 21 146 [1B_171/2022]), ce que ne conteste pas la recourante; elle ne se prévaut pas non plus, pour étayer un prétendu dommage, des éventuels émoluments qu'elle peut percevoir dans la mesure où les dépenses occasionnées par les tâches déléguées par l'OVV ne sont pas entièrement prises en charge par le canton ou la Confédération (cf. art. 113 OVV). La juridiction précédente pouvait ainsi, à juste titre, considérer que la perception d'une part éventuellement réduite des redevances susmentionnées ne constituait à l'égard de la recourante qu'un dommage indirect, que celui-ci résulte au demeurant des actes - commis avant (MPG 15 1292) ou après 2009 (MPG 19 773) - en lien avec les infractions d'escroquerie, de gestion déloyale et/ou de faux dans les titres; cette constatation suffit au demeurant pour écarter le défaut de motivation invoqué en lien avec le dernier chef d'infraction précité (cf. ad ch. 4.4 p. 25 s. du recours 1B_171/2022). S'agissant en particulier d'un faux dans les titres, il peut certes aussi porter atteinte à des intérêts individuels et une personne peut être considérée comme lésée par un faux si celui-ci vise précisément à lui nuire (ATF 147 IV 269 consid. 3.3 p. 273 et les références citées). La recourante ne soutient toutefois pas que tel serait le cas puisqu'elle se réfère, pour démontrer une atteinte personnelle - par le biais notamment de fausses factures qu'aurait émises l'intimé -, aux missions qui lui sont confiées afin d'assurer les intérêts généraux de l'économie vitivinicole en Valais; elle n'explique d'ailleurs pas, de manière circonstanciée et compréhensible, de quelle manière ses tâches en matière de contrôle qualitatif ou d'écoulement du vin auraient été affectées, respectivement quel serait le dommage propre dès lors subi. Elle ne fait pas non plus état de disposition - en particulier de droit cantonal - qui lui reconnaîtrait la qualité de partie dans la procédure pénale afin de défendre, en lieu et place du Ministère public, la réalisation de ses missions de contrôle éventuellement affectée par d'autres infractions que celles réprimées par l'art. 23 LCD; au contraire, l'art. 111 al. 2 LcAgr semble limiter une telle possibilité à l'Etat et aux communes. Partant, la juridiction précédente pouvait, sans violer le droit fédéral ou procéder à une interprétation arbitraire, confirmer le défaut de qualité de partie plaignante de la recourante dans les procédures MPG 15 1292 et MPG 19 773, faute pour celle-ci d'être directement lésée par les infractions d'escroquerie, de gestion déloyale et de faux dans les titres (causes 1B_171/2022 et 1B_166/2022). Ces considérations permettent également de retenir que, faute d'être partie, la recourante ne peut donc pas fonder une demande d'accès au dossier MPG 19 773 en raison des trois chefs de prévention précités (cause 1B_166/2022).