Citation: 6B_1232/2023 E. 5.2.2

5.2.2. La cour cantonale a considéré que la faute du recourant pour l'infraction la plus grave dont il s'était rendu coupable, soit le viol, était lourde. Il s'en était pris à l'intégrité sexuelle et à la liberté d'une jeune fille vulnérable et isolée, encore vierge, dans l'espace public, pour la forcer à subir un acte sexuel, avec pénétrations vaginale et anale, vraisemblablement dans une voiture, en usant de violence dont témoignaient les lésions constatées, pour assouvir ses pulsions. Bien que séparé à l'époque, il avait des relations avec d'autres partenaires. Il avait laissé l'intimée 2 seule, dans un état déplorable, alors qu'elle avait visiblement perdu le contrôle d'elle-même et n'était plus capable de se repérer ni de se déplacer normalement, en particulier pour rentrer chez elle. Contrairement à ce que suggérait le recourant, le fait que l'intimée 2 avait pu poursuivre sa vie et sa carrière n'excluait nullement qu'elle avait souffert des événements, des analyses subies à l'hôpital et de la procédure, propres à causer une atteinte durable à son intégrité psychique. L'absence de souvenirs de la soirée combinée à la certitude qu'elle avait été abusée lors de son premier rapport sexuel était propre à nourrir davantage cette souffrance, qui avait dû en outre être ravivée à la réouverture de la procédure six ans plus tard. Le recourant avait admis l'existence d'un rapport après l'avoir nié, ce qu'il lui était difficile de persister à soutenir, confronté aux résultats accablants des analyses ADN. Il avait toutefois continuellement réfuté toute forme de contrainte, s'enfermant dans un récit complètement irréaliste eu égard aux circonstances ainsi qu'à l'état et à la personnalité de la victime. Sa collaboration s'avérait ainsi mauvaise et la prise de conscience de sa faute inexistante. Le temps écoulé depuis l'infraction, qui n'excédait en tous les cas pas les deux tiers de la durée de prescription de quinze ans, ne constituait une circonstance que faiblement atténuante dès lors que le recourant avait commis d'autres méfaits dans l'intervalle (cf. art. 48 let. e CP; ATF 140 IV 145). La peine de base réprimant le viol était fixée à quatre ans et six mois. La faute du recourant pour la tentative d'extorsion et chantage était assez lourde. Il avait la plupart du temps recouru aux services d'hommes de main, dont deux pratiquants de sports de combat, pour intimider les parties plaignantes durant une période d'un peu plus d'un mois. Il n'avait pas hésité à agir en présence d'autres membres de la famille des lésés, y compris des enfants. L'intervention de la police à deux reprises ne l'avait pas dissuadé de poursuivre la commission de l'infraction. Frustré de son débiteur, parti en Turquie, il s'en était pris à la famille de celui-ci à Genève pour obtenir le remboursement d'une dette conséquente, dont on ignorait même si elle était entièrement due, sans passer par la voie judiciaire. Dès lors qu'il avait persisté à nier toute forme de menace, sa collaboration ne pouvait pas être qualifiée de bonne, ce qui dénotait une prise de conscience de la faute incomplète. Il avait un antécédent spécifique. La tentative n'atténuait que faiblement la peine, eu égard aux moyens déployés par le recourant, restés sans effet grâce à la résistance psychique des parties plaignantes, et à l'importance du montant dont il exigeait le recouvrement. La faute du recourant, ses antécédents et l'absence de prise de conscience suffisante de la gravité de ses agissements imposait le prononcé d'une peine privative de liberté pour sanctionner chacune des infractions, une peine pécuniaire n'apparaissant pas propre à lui faire renoncer à l'usage de la violence. Pour tenir compte de l'aggravante du concours, la peine de base de quatre ans et demi était augmentée de six mois pour tenir compte de la tentative d'extorsion et chantage (peine théorique de dix mois) et de quatre mois eu égard à l'infraction de lésions corporelles simples (peine théorique de six mois). Le recourant était dès lors condamné à une peine privative de liberté de cinq ans et quatre mois, sous déduction de la durée de la détention subie pendant 305 jours. Il était tenu compte des 837 jours de mesures de substitution, n'ayant limité que faiblement la liberté du recourant, à hauteur de 10 % de leur durée, soit de 84 jours, ce qui portait le total du nombre de jours à déduire à 389.