Citation: I 46/06 12.09.2006 E. 2

L'intéressé soutient que le dossier médical est lacunaire et critique l'évaluation de son taux d'invalidité. 2.1 Seul le docteur S.________ s'est exprimé sur l'état de santé du recourant. Ses rapports peuvent certes paraître succincts. Cependant, ils permettent de se forger une vision globale et complète, répondant aux exigences posées par la jurisprudence en matière de valeur probante, de l'affection diagnostiquée, des traitements entrepris et du résultat de ces derniers. En effet, le praticien suit l'intéressé depuis le 1er décembre 2000. Or, la lecture du dossier médical révèle qu'à la tentative de soin par mobilisation, tonification et prise d'antalgiques, qui n'a pas rencontré le succès escompté et au cours de laquelle une incapacité totale de travail était reconnue, a succédé la pose d'une prothèse de la hanche gauche. S'en est suivi une période de convalescence dont l'évolution favorable (mobilité et force partiellement récupérées) laissait augurer la reprise d'une activité adaptée avec un rendement de 50 à 70 %. La persistance de douleurs à la hanche gauche expliquait la fatigabilité à la marche prolongée; celles de la hanche droite ont par contre empêché le retour à la vie active et conduit à la seconde opération (hanche droite). Par la suite, le médecin a signalé une nouvelle période d'améliorations progressives ne laissant subsister que des douleurs tolérables et ayant abouti au constat que la reprise d'une profession adaptée aux limitations du recourant, telles que décrites, était possible à temps complet dès le 1er mai 2004. 2.2 L'évolution du cas ainsi exposée semble plus que vraisemblable. Il s'agit en l'occurrence d'une description parfaitement complète et cohérente d'une atteinte à la santé et de ses répercussions sur la capacité de travail, des traitements et opérations entrepris pour y remédier, des résultats de ces derniers, du déroulement des convalescences consécutives auxdites opérations, ainsi que des activités encore exigibles. Dans ce contexte, le docteur S.________ remplit parfaitement le rôle que lui assigne la jurisprudence en indiquant dans quelle mesure et pour quelle activité l'intéressé est capable ou incapable de travailler. On ne saurait par ailleurs reprocher à l'Office intimé de ne pas avoir pris en considération des problèmes cardiaques dont il ignorait tout, les examens ayant certes été pratiqués avant qu'il ne rende sa décision sur opposition, mais le rapport afférent n'ayant été déposé qu'en instance cantonale. Au demeurant, ce rapport n'atteste en aucune façon des troubles cardiaques au moindre effort, comme le prétend le recourant, mais démontre qu'il subsiste des doutes sur les symptômes de l'angine d'effort diagnostiquée d'une part et que l'électrocardiogramme s'est révélé négatif (ventricule gauche dans les normes) d'autre part. On ajoutera encore que le nombre et la qualité des médecins (traitant ou non) qui s'expriment sur un cas particulier ne sont pas déterminants, dès lors que le juge n'est lié par aucune règle formelle en matière d'appréciation des preuves, qu'il doit examiner de manière objective tout élément à sa disposition, quelle qu'en soit la provenance, et motiver les raisons pour lesquelles il fonde son opinion sur l'un de ces éléments plutôt qu'un autre (ATF 125 V 352 consid. 3a). Les propos d'un médecin traitant doivent toutefois être abordés avec précaution dans la mesure où, selon l'expérience, ce dernier est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui les unit (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc) et non en toutes circonstances, comme le suggère le recourant. 2.3 Au regard de ce qui précède, les premiers juges pouvaient donc sans autre se fonder sur les pièces médicales figurant au dossier pour rendre leur jugement. Il apparaît cependant que ceux-ci ont à tort confirmé la décision de l'Office intimé dans la mesure où l'administration a nié le droit de l'intéressé à toutes prestations, alors que la capacité de travail, d'abord nulle dans toutes activités dès le 1er décembre 2000, est devenue entière dans une activité adaptée à partir du 1er mai 2004 seulement, date à laquelle les séquelles des opérations des 2 mai 2002 et 26 juin 2003 s'étaient estompées et la rééducation terminée. Il convient dès lors d'admettre le recours sur ce point et d'octroyer au recourant une rente entière d'invalidité pour la période allant du 1er décembre 2001 (art. 29 LAI) au 31 juillet 2004 (art. 88a al. 1 RAI). On ajoutera pour le surplus que le calcul de comparaison des revenus, qui n'est en soi pas contesté, n'apparaît pas critiquable pour autant que les salaires de références utilisés prennent en considération la valeur centrale de l'enquête suisse sur la structure des salaires pour l'année 2004, publiée par l'Office fédéral de la statistique (cf. ATF 126 V 76 consid. 3b/aa et bb); le degré d'invalidité ainsi obtenu est de 12 %, ce qui n'ouvre de loin pas droit à une rente ou à des mesures d'ordre professionnel (cf. ATF 124 V 110 consid. 2b et les références).