Citation: 5C.239/1999 31.01.2000 E. 6

6.- a) La défenderesse reproche enfin à la cour cantonale d'avoir méconnu que, si le remariage du demandeur et la naissance d'Alejandra constituent effectivement des faits nouveaux, ceux-ci ne justifient pas pour autant la modification du jugement de divorce. En effet, selon les propres déclarations du demandeur en comparution personnelle, sa nouvelle épouse a une formation de secrétaire médicale, profession qu'elle a exercée pendant 11 ans au Pérou; après une vaine démarche auprès de l'hôpital cantonal, elle a renoncé à chercher un emploi, étant tombée enceinte. Il serait dès lors raisonnable de considérer que l'épouse du demandeur possède une capacité de gain qu'elle se doit de faire valoir afin de ne pas préjudicier les intérêts de l'enfant né d'un précédent mariage de son mari. D'ailleurs, le Tribunal de première instance avait relevé dans son jugement que "la troisième épouse de D.________ est en bonne santé et apte à travailler, puisqu'elle n'a, par choix de vie, plus d'activité depuis la naissance d'Alejandra. Beaucoup d'autres mères, célibataires, divorcées ou mariées, mènent parallèlement à l'éducation d'enfants des activités à temps partiel ou à temps plein. D.________ ne peut imposer à la défenderesse, dont l'invalidité est définitive et permanente, le choix de vie de son couple". b) Chacun des conjoints doit contribuer selon ses facultés à l'entretien convenable de la famille (art. 163 al. 1 CC), y compris des enfants (art. 278 al. 1 CC). En outre, chaque époux est tenu d'aider son conjoint de façon appropriée dans l'accomplissement de son obligation d'entretien envers les enfants nés avant le mariage (art. 278 al. 2 CC; cf. ATF 117 II 368 consid. 3e/aa et les arrêts cités); ce devoir d'assistance implique d'abord que le premier époux contribue davantage à l'entretien de la famille, afin de permettre au second d'affecter une plus grande part de son revenu à l'entretien de ses enfants nés avant le mariage (ATF 115 III 103 consid. 3b). c) En l'espèce, la cour cantonale s'est bornée à constater que la nouvelle épouse du demandeur "ne travaille pas à l'heure actuelle". Il n'est ainsi pas possible de déterminer, sur la base des constatations de l'arrêt attaqué, si - comme l'a retenu le premier juge - il peut raisonnablement être exigé de l'épouse du demandeur qu'elle contribue financièrement à l'entretien de sa famille, afin de permettre à son conjoint de continuer de verser les contributions fixées lors du divorce des parties pour l'entretien de l'enfant Javier. Il convient à cet égard de relever que ce dernier est d'autant plus dépendant desdites contributions que sa mère, selon les constatations de la cour cantonale, n'a pour tout revenu qu'une rente d'invalidité de 1'992 fr. par mois (arrêt attaqué, p. 3). De plus, tous les enfants d'un même père ont un droit égal au soutien de la part de leur géniteur (cf. ATF 120 II 285 consid. 3b/bb; 116 II 110 consid. 4a). Les affirmations faite dans la réponse au recours en réforme sur la capacité de gain de dame A.________ ne peuvent être prises en considération par la cour de céans (art. 55 al. 1 let. c, 59 al. 3 et 63 al. 2 OJ). Il appartiendra à l'autorité cantonale, à laquelle la cause doit être renvoyée en application de l'art. 64 al. 1 OJ, de compléter le cas échéant sa décision sur ce point.