Citation: 6B_372/2016 E. 4

Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 42 CP en refusant de le mettre au bénéfice du sursis complet. Aux termes de l'art. 42 al. 1 CP, le juge suspend en règle générale l'exécution d'une peine privative de liberté de six mois au moins et de deux ans au plus lorsqu'une peine ferme ne paraît pas nécessaire pour détourner l'auteur d'autres crimes ou délits. Pour l'octroi ou le refus du sursis, le juge doit poser un pronostic quant au comportement futur de l'auteur. La question de savoir si le sursis serait de nature à détourner le prévenu de commettre de nouvelles infractions doit être tranchée sur la base d'une appréciation d'ensemble, tenant compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de l'auteur, de sa réputation et de sa situation personnelle au moment du jugement, notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère du prévenu et ses chances d'amendement. Il n'est pas admissible d'accorder un poids particulier à certains critères et d'en négliger d'autres qui sont pertinents (ATF 135 IV 180 consid. 2.1 p. 185 s.). Le juge doit par ailleurs motiver sa décision de manière suffisante (cf. art. 50 CP). Sa motivation doit permettre de vérifier s'il a tenu compte de tous les éléments pertinents et comment ils ont été appréciés. Le nouveau droit pose des exigences moins élevées quant au pronostic pour l'octroi du sursis. Auparavant, il fallait que le pronostic soit favorable. Le sursis est désormais la règle dont on ne peut s'écarter qu'en présence d'un pronostic défavorable. Il prime en cas d'incertitude (ATF 135 IV 180 consid. 2.1 p. 185 s. et les références citées). Dans la mesure où le recourant soutient que le pronostic défavorable posé par la cour cantonale repose sur des faits constatés arbitrairement et où il se prévaut d'un comportement en détention irréprochable, son argumentation est irrecevable car elle repose sur des éléments de fait qui ne ressortent pas du jugement attaqué, étant rappelé que le grief d'arbitraire a été rejeté dans la mesure de sa recevabilité. Pour le surplus, le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir fondé son refus du sursis entièrement sur l'aide apportée à A.________ et prétend qu'il s'agit d'un acte isolé ne permettant pas de fonder un pronostic défavorable. La cour cantonale a relevé que le recourant était en état de récidive spéciale s'agissant des infractions à la LEtr puisqu'il avait déjà fait l'objet en 2008 d'une condamnation à une peine pécuniaire avec sursis pour une telle infraction. Elle a par ailleurs noté qu'il était signalé au Kosovo pour avoir été en possession d'une arme illégale. Elle mentionne en outre son défaut de collaboration à l'enquête et l'absence de prise de conscience de la gravité de ses actes. Dans la mesure où elle n'est pas irrecevable, l'argumentation du recourant est mal fondée; elle tend encore à minimiser les faits qui lui sont reprochés. Contrairement à ce qu'il allègue, il ne s'agit pas d'un cas unique puisqu'il a à répondre non seulement de deux tentatives d'entrave à l'action pénale, qui en sont restées au stade de la tentative en raison des circonstances et pas à la suite d'un désistement qui pourrait dénoter une prise de conscience de sa part, mais encore d'une nouvelle infraction à la LEtr. Compte tenu de l'ensemble des circonstances relevées par la cour cantonale et particulièrement de l'absence de prise de conscience de la gravité de ses actes de la part du recourant, celle-ci n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en posant un pronostic défavorable, étant précisé que eu égard à la durée de la peine prononcée un sursis partiel n'entrait pas en considération conformément à l'art. 43 al. 1 CP.