Citation: 4A_517/2022 E. 4

4. Décrire les conséquences (mesures de réfection ou moins-values) En vue de cette démarche, je vous prie de bien vouloir m'adresser des copies des pièces suivantes du dossier: allégués 13, 56, 57, 58, 59, 60, 63, 64, 67, 68, 69, 70, 74, 75 et 77; expertises élaborées jusqu'à ce jour. [...] " Le 23 février 2015, le Président a répondu qu'il lui adressait une copie des allégués 13, 57, 58, 59, 60, 63, 64 et 68, ainsi que des expertises déjà élaborées. Les allégués 56, 69, 70, 74, 75 et 77 étaient prouvés par les expertises. Par courrier du 9 mars 2015, les clients ont indiqué à l'avocat que de leur point de vue, l'expert aurait également dû être mis en possession de l'expertise de G.________, puisque l'expertise qu'il devait effectuer consistait, en vertu de l'ordonnance de preuves du 23 juin 2014, en un complément de cette expertise. Par courrier du même jour adressé au Président du tribunal, l'avocat a précisé que " l'expert [devait] également disposer de l'expertise G.________, puisqu'il lui [appartenait] de la compléter ", ajoutant que l'ordonnance de preuves était limpide, dans la mesure où l'expert était " chargé de répondre aux questions posées par les [clients] dans leur courrier du 11 mars 2013, donc également aux questions relatives aux allégués [56, 69, 70, 74, 75 et 77] ". Par courrier du 17 mars 2015, confirmé le 23 mars suivant, le Président a informé l'expert que son mandat était bien celui décrit dans son courrier du 18 février 2015. Il l'a invité à consulter le dossier au greffe et à lever les copies nécessaires. En réponse à un courriel du client du 18 mars 2015, l'avocat a, par courriel du même jour, indiqué qu'il ne pouvait pas a priori exclure que l'expert réponde également aux questions de la partie adverse. Toutefois, son mandat avait été clairement défini dans l'ordonnance de preuves. L'avocat estimait ainsi que l'expert ne le ferait pas. Le 23 mars 2015, l'avocat a informé le Président qu'il envoyait à l'expert le jour-même par courriel les photographies des défauts prises par les clients. A.f. L'expert a rendu son rapport en complément d'expertise le 5 juin 2015. Lors de son audition en qualité de témoin, l'expert a déclaré qu'il y avait un catalogue de questions et qu'il avait répondu exactement à ce catalogue de questions. Chiffrer le montant des défauts faisait partie de la mission. Il avait compris sa mission. Il pensait avoir estimé les moins-values de manière précise, en se référant à des heures de travail nécessaires pour la réfection. A.g. Les clients ont estimé que le rapport de l'expert n'était pas suffisamment détaillé et ont fait réaliser une expertise privée par la société I.________ Sàrl, laquelle a déposé son rapport le 20 mai 2016. A.h. Dans l'intervalle, par courriel du 14 avril 2015, soit trois semaines avant que l'expert judiciaire ne rende son rapport, l'avocat a résilié le mandat qui le liait aux clients. Il constatait que malgré son rappel, les clients ne s'étaient pas encore acquittés du montant de 2'000 fr. de provisions. Dans la mesure où ils avaient un retard de 10 jours sur le paiement, il leur laissait le soin de transmettre eux-mêmes certains documents à l'expert. Par courrier du même jour adressé en copie à l'expert, l'avocat a informé le Président de la résiliation du mandat. Il a en outre requis qu'un délai au 30 avril 2015 soit imparti pour permettre aux clients de remettre à l'expert les pièces qu'ils souhaitaient encore déposer, et à l'expert d'en prendre connaissance et de se déterminer sur celles-ci dans son rapport. A.i. Par jugement du 4 juillet 2018, le Président a en substance admis les conclusions de la demande en paiement et en inscription définitive d'une hypothèque légale par la société D.________ Sàrl. Il a relevé que les avis des défauts donnés par les clients s'agissant des travaux et retouches réalisés par la société au rez-de-chaussée de la villa étaient tardifs. Seuls les travaux réalisés à l'étage étaient encore concernés par la procédure. Sur la base des différentes expertises, il apparaissait que les défauts constatés ensuite des travaux réalisés par la société étaient qualifiés de mineurs, corrigeables par des retouches, et que l'entier de ces défauts n'était pas imputable à la société. Par ailleurs, il ressortait des différents rapports d'expertise établis que le contrôle de la bienfacture des travaux réalisés par la société devait se faire à une distance d'environ 1,50 mètre du travail exécuté, à la lumière naturelle, et non avec des lumières artificielles et rasantes. Le Président a encore considéré que les clients avaient échoué à établir avec certitude la nature et le coût de réfection des défauts résultant des travaux réalisés par la société à l'étage de leur villa. Il a exposé que " les expertises rendues [faisaient] une estimation en bloc du coût de réfection des défauts mineurs constatés, sans distinction claire et précise entre le rez-de-chaussée et l'étage de la villa ", de sorte qu'il y avait lieu " de s'écarter des rapports d'expertises déposés en cours d'instruction ". Les clients ont fait appel de ce jugement, sans succès. Le Tribunal fédéral a ensuite déclaré irrecevable leur recours en matière civile, et a rejeté leur recours constitutionnel subsidiaire, déposés à l'encontre de l'arrêt cantonal (arrêt 4A_317/2019 du 30 juin 2020; art. 105 al. 2 LTF).