Citation: 1B_304/2017 E. 3.2

3.2. En l'occurrence, la cour cantonale a constaté l'existence de soupçons suffisants et d'un risque de fuite, ce qui n'est pas contesté (art. 221 al. 1 let. a CPP). La question litigieuse concerne la durée de la détention pour des motifs de sûreté au regard de celle de la peine encourue (10 mois sous déduction de 85 jours de détention avant jugement et de 6 jours à titre de réparation du tort moral). Or, l'arrêt attaqué n'émet aucune considération sur cette question, se limitant à se référer au courrier de l'Office d'exécution des peines du 8 juin 2017. Selon ce document, la "date de départ de la peine" serait le 10 octobre 2016 et celle "de la fin de peine" le 20 juillet 2017. Si cette seconde date permet de retenir qu'il existe, avec une grande vraisemblance, des titres justifiant une mesure de détention, la première n'exclut en revanche pas, qu'à la date de l'arrêt attaqué (le 16 juin 2017), la durée de la détention pour des motifs de sûreté ordonnée dans la cause encore pendante pourrait avoir dépassé celle de la peine encourue. Or, dans une telle situation, l'autorité cantonale n'aurait pas pu confirmer le maintien en détention pour des motifs de sûreté (art. 212 al. 3 CPP). Dans son courrier du 13 juin 2017, l'autorité précédente fait état de deux autres condamnations pénales, soit celles du Tribunal de police de la Sarine (10 jours) et du Tribunal de police de l'arrondissement de la Côte (60 jours). Cependant, elle n'ordonne pas formellement leur exécution à titre de mesures de substitution à la détention pour des motifs de sûreté. Cela étant, faute de toute considération et vu le caractère définitif et exécutoire de ces prononcés, une exécution au cours de la détention pour des motifs de sûreté de ces deux peines ne peut pas non plus être d'emblée exclue (cf. d'ailleurs la décision du Ministère public du 22 janvier 2016 ordonnant la relaxation du prévenu en vue de l'exécution de deux autres condamnations antérieures). Cela pourrait avoir comme conséquence que la durée de la détention pour des motifs de sûreté n'aurait peut-être pas atteint celle de la peine encourue au jour du jugement cantonal. En l'état, le Tribunal fédéral ne dispose donc pas des éléments de fait, notamment sur le plan chronologique, permettant de vérifier si la durée de la détention pour des motifs de sûreté au jour de l'arrêt attaqué atteindrait, voire dépasserait celle de la peine encourue dans la présente cause (art. 112 al. 1 let. b LTF; ATF 141 IV 244 consid. 1.2.1 p. 246; 138 IV 81 consid. 2.2 p. 84). Dans une telle situation, la cause doit être renvoyée à l'autorité précédente afin qu'elle procède à l'établissement des faits et rende une nouvelle décision (art. 112 al. 3 LTF).