Citation: 7B_889/2023 E. 4.4.3

4.4.3. Cette appréciation ne prête pas le flanc à la critique. L'autorité cantonale a en effet indiqué à juste titre que les déclarations des deux parties ne pouvaient pas être départagées. Les versions de chacune d'elles s'accordent jusqu'au moment où la recourante a refusé la proposition initiale de l'intimé d'entretenir un rapport anal, après avoir cessé l'acte sexuel vaginal. Elles divergent ensuite, en ce sens que, selon la recourante, l'intimé aurait, dans un second temps, outrepassé son refus à l'acte sexuel litigieux, tandis que, selon l'intimé, la recourante ne se serait pas opposée à celui-ci, de sorte que l'intimé aurait ainsi obtenu - ou cru obtenir - l'accord, à tout le moins tacite, de sa partenaire pour entretenir ce rapport, le cas échéant n'aurait pas compris que cette dernière n'aurait pas été consentante. Le complexe de faits s'étant déroulé dans le cadre de la sphère intime des parties, alors que personne d'autre n'était présent ou aurait pu assister à la scène, on doit en outre admettre qu'il ne paraît pas exister de mesure d'instruction supplémentaire pertinente à mettre en oeuvre, ce que la recourante ne conteste au demeurant pas. On peut également suivre la juridiction cantonale lorsqu'elle indique que les versions des deux parties sont plausibles. Comme on l'a vu, et malgré les critiques formulées par la recourante, la cour cantonale a retenu de manière soutenable que les déclarations de l'intimé étaient constantes. Pour sa part, la recourante a également livré un récit dans l'ensemble cohérent, quoique parfois confus. Quoi qu'il en soit, les déclarations des deux parties ne sont réellement contredites par aucun élément objectif du dossier. Pour répondre à la recourante, on peut préciser que dès lors que la témoin C.________ s'est contentée de rapporter des propos tenus par les parties et qu'elle n'a pas été en mesure d'apporter d'autres éléments susceptibles de conforter l'une ou l'autre des versions des faits, il n'y a pas lieu de considérer que le témoignage de la prénommée aurait été susceptible de faire naître un doute devant la cour cantonale au sujet de la culpabilité de l'intimé. La recourante reproche en particulier à l'autorité cantonale d'avoir procédé à une interprétation des déclarations des parties et d'avoir donc empiété sur les prérogatives réservées au juge du fond. Cependant, cette autorité n'a pas agi ainsi. Elle a en effet exposé, dans son état de fait, la plupart des éléments mis en avant par chacune des parties et a discuté chacune des versions et les déclarations des deux protagonistes, sans véritablement apprécier la crédibilité de celles-ci comme l'aurait fait une autorité de jugement. On relève en particulier que la cour cantonale, de même que le Ministère public, pouvaient, sans ou trepasser le principe in dubio pro duriore, relever que la thèse de la recourante se heurtait à certaines de ses déclarations et, partant, procéder à une autre appréciation des éléments au dossier que la sienne. De plus, ce principe ne saurait empêcher l'autorité d'instruction de procéder à une appréciation sommaire des déclarations des parties, surtout si, comme dans le cas d'espèce, c'est pour en constater sans équivoque le caractère constant, dans le cadre d'un grief expressément soulevé par la partie plaignante. À défaut, le Ministère public se verrait contraint de renvoyer devant le juge du fond la majeure partie des affaires dont il est saisi, ce qui reviendrait à vider de sa substance l'art. 319 al. 1 CPP. On peut ajouter que la juridiction cantonale n'a pas non plus, comme le soutient la recourante, privilégié la version des faits de l'intimé par rapport à la sienne. À cet égard, on rappelle notamment que c'est en se fondant sur les déclarations de la recourante elle-même que la cour cantonale a retenu, d'une part, que cette dernière n'avait pas réagi au moment de l'acte sexuel litigieux, à tout le moins pas de manière reconnaissable par l'intimé, et, d'autre part, que celui-ci n'avait pas usé de force ni de contrainte, excluant ainsi la réalisation de l'élément subjectif lié à la contrainte (cf. consid. 4.3.2 et 4.3.3 supra). En réalité, on se trouve en l'occurrence dans le cadre d'un crime prétendument commis entre quatre yeux, où l'accusation repose sur les déclarations de la victime, et où se font face deux versions contradictoires. Or, dans ce cas de figure, il peut exceptionnellement être renoncé à une mise en accusation lorsqu'il n'est pas possible, comme dans le cas d'espèce, d'apprécier l'une ou l'autre des versions comme étant plus ou moins plausible et qu'aucun résultat n'est à escompter de nouveaux moyens de preuve.