Citation: 5A_174/2022 E. 4.2

4.2. Examinant les critères à prendre en compte pour l'attribution de la garde à l'un des parents, la Chambre des curatelles a relevé que celui de la stabilité plaidait pour que l'enfant reste chez sa mère. Elle a toutefois estimé que le père semblait mieux disposé que la mère à entreprendre tous les suivis préconisés pour l'enfant. En outre, la prise en charge quotidienne, la relation à la réalité, ainsi que la communication avec les différents intervenants semblaient être meilleures chez le père. Mais, surtout, concernant la capacité à maintenir une bonne image de l'autre parent et à favoriser les relations personnelles avec celui-ci, si elle ne semblait pas parfaite s'agissant du père en ce qui concernait le maintien de la bonne image à tout le moins, force était de constater qu'elle était grandement restreinte, voire désormais inexistante, chez la mère. Celle-ci avait en effet unilatéralement et sans raison valable entravé, voire stoppé, les relations personnelles entre père et fils. Selon la DGEJ, elle était dans une posture de toute-puissance depuis que la décision litigieuse avait été rendue et n'avait pas effectué les démarches pour la mise en oeuvre du suivi auprès de J.________, contrairement au chiffre XVIII exécutoire de la décision litigieuse. Par son comportement récent, la mère confirmait ainsi les craintes exprimées tant par la DGEJ que par le Dr E.________. Les récents événements amenaient en effet à retenir que la mère ne percevait pas les besoins de son fils, qui se retrouvait, selon la DGEJ, au niveau 3 "maltraitance" de la mise en danger et de l'exposition aux violences domestiques. A l'instar de la DGEJ, la Chambre des curatelles a relevé que les courriels adressés par la mère au père laissaient craindre que celle-ci exerce sur l'enfant des pressions psychologiques tendant à altérer son rapport à la réalité et sa relation à son père et à sa famille paternelle. Ainsi, le fait que l'enfant ait peur de son père, comme le soutenait la mère pour justifier l'entrave au droit de visite, était sujet à caution, un grave conflit de loyauté ne pouvant être exclu. Ces éléments mettaient en doute les capacités éducatives de la mère. Dans ces conditions, il convenait de retenir que le père, qui disposait des compétences éducatives nécessaires, était le plus à même de s'occuper quotidiennement de l'enfant, de l'encadrer et de s'en occuper, et surtout désormais de favoriser les relations personnelles que l'enfant entretiendrait avec sa mère. Il était dès lors dans l'intérêt de l'enfant de transférer la garde au recourant, afin de favoriser au maximum ses relations avec ses deux parents et la mise en place du suivi dont il devait pouvoir bénéficier.