Citation: 4A_125/2023 E. 3.4

3.4. Dans son premier grief, en relation avec la non-prise en considération du contrat de prêt du 24 juillet 2011, la recourante se plaint de la violation des art. 55 et 317 CPC, ainsi que de l'art. 8 CC, puis subsidiairement de l'art. 153 al. 2 CPC. Elle soutient que la demanderesse n'aurait pas contesté l'allégué correspondant de sa réponse, dans lequel elle affirmait que ce contrat avait été rédigé et signé le 24 juillet 2011 et, partant, que faute de contestation, ce fait devait être considéré comme admis. Force est toutefois de constater (art. 105 al. 2 LTF) que la demanderesse elle-même a allégué dans sa demande en libération de dette, aux allégués n° 54 et 56, qu'elle conteste qu'un contrat de prêt ait été conclu entre elle et la prêteuse et que même D.________ et C.________ ignorent tout des circonstances dans lesquelles ce document a été établi et qu'ils n'en n'ont pas eu connaissance avant la requête de mainlevée. Dans sa réponse, si elle a contesté ces allégués, la défenderesse a fait valoir en substance qu'elle a obtenu la mainlevée sur cette base et que c'est le père des associés, C.________, qui a négocié le prêt avec elle, prêt que son mari E.________ s'est borné à rédiger en allemand, invoquant à titre de preuve l'interrogatoire du dit père. Il en découle que, par ses propres allégués, la demanderesse a valablement introduit au procès sa contestation du contrat du 24 juillet 2011 et donc que le tribunal pouvait en tenir compte. En ce qui concerne l'allégation de "faux", on relève qu'avant l'interrogatoire du père, C.________, qui avait prétendument négocié le contrat avec la prêteuse (l'échange des écritures de première instance s'étant terminé le 25 janvier 2021 et la pièce 28 étant l'interrogatoire de celui-ci le 30 novembre 2021), la demanderesse n'avait aucune raison de soutenir que le contrat du 24 juillet 2011 était un faux. Ce n'est qu'à la suite de la renonciation de la défenderesse au témoignage de celui-ci, le 1er juin 2022, et de la production de la pièce 28 que la demanderesse a interprété cette renonciation comme un élément "laissant penser que le titre est constitutif d'un faux", tout en persistant dans l'audition de ce témoin par courrier du 3 juin 2022. Par conséquent, le tribunal était bien saisi de la problématique de la validité du contrat écrit du 24 juillet 2011. Le grief de violation de l'art. 55 al. 1 CPC est donc infondé. Il n'y a pas eu non plus de violation de l'art. 317 CPC, la question de la validité du contrat n'ayant pas été soulevée pour la première fois en appel, mais ayant déjà été soumise au tribunal de première instance.