Citation: 1P.496/2005 14.10.2005 E. 1

De même, la notion d'arbitraire a été rappelée dans l'arrêt 1P.4/2003 consid. 2.2, auquel on peut donc également se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275 et les arrêts cités). Le grief de motivation insuffisante revêt un caractère subsidiaire par rapport au grief d'arbitraire; il ne peut conduire à l'annulation d'une décision que si la motivation adoptée, bien qu'exempte d'arbitraire, se révèle lacunaire (cf. arrêt 1P.4/2003 consid. 2.3). 4.2 La recourante reproche d'abord à l'autorité cantonale de n'avoir aucunement tenu compte du contexte culturel dans lequel se sont déroulés les faits; à cet égard, elle évoque la situation de la femme dans la société pakistanaise, où les relations sexuelles hors mariage sont durement réprimées, laissant entendre que l'intimé a exploité cette situation pour l'assujettir. L'arrêt attaqué réfute cette argumentation, en se référant à divers passages du jugement de première instance, dont il déduit que le tribunal était conscient du contexte culturel invoqué par la recourante et en a tenu compte, mais a estimé qu'il ne suffisait à faire admettre la contrainte alléguée. La recourante ne démontre pas en quoi ce raisonnement serait arbitraire, notamment en quoi il était manifestement insoutenable de considérer que les passages évoqués du jugement de première instance montraient que l'élément litigieux avait été pris en compte. Toute son argumentation se résume à proposer une nouvelle fois son appréciation des faits, en citant des extraits de son recours cantonal et en reprenant les allégations de sa plainte, telles qu'elles ont été résumées sous let. A de l'arrêt 1P.4/2003, pour tenter de la faire admettre. Le grief est dès lors irrecevable, faute d'une démonstration suffisante au regard des exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ de ce que l'élément invoqué aurait été méconnu arbitrairement. Pour le surplus, la recourante ne prétend pas que la motivation cantonale quant à la question litigieuse serait insuffisante au sens défini ci-dessus (cf. supra, consid. 4.1) et ne l'établit en tout cas pas conformément à l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Supposé invoqué, un tel grief serait donc également irrecevable. 4.3 La recourante s'en prend aux motifs sur lesquels s'est fondé le Tribunal correctionnel pour conclure à l'absence de crédibilité de sa version. Pour chacun d'eux, elle entreprend de rappeler longuement les critiques qu'elle avait formulées dans son recours cantonal, en reprochant à l'autorité cantonale de n'avoir pas discuté certains points, d'en avoir mal interprété d'autres et, en définitive, d'avoir faussement apprécié les éléments qui lui étaient soumis. L'argumentation présentée ne constitue pas une démonstration conforme aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ de l'arbitraire et du défaut de motivation suffisante allégués. 4.3.1 Lorsque, comme en l'espèce, l'autorité s'est fondée, à l'appui de sa conviction, sur un ensemble d'éléments ou indices, c'est leur appréciation globale qui prévaut et la question est de savoir si cette appréciation globale et le résultat auquel elle a conduit doivent être qualifiés d'arbitraires, c'est-à-dire considérés non seulement comme critiquables ou discutables mais comme manifestement insoutenables. A cet égard, il ne suffit pas que le recourant se livre à une rediscussion de chaque élément ou argument, en prétendant que, sauf arbitraire, il ne pouvait être apprécié ou interprété autrement que dans le sens favorable à sa thèse. Un tel procédé se réduit à une critique appellatoire, dont la jurisprudence a constamment souligné qu'elle n'est pas à même de faire admettre l'arbitraire de la décision attaquée. En l'occurrence, les juges cantonaux se sont fondés sur un ensemble d'éléments ou d'indices convergents, pour l'essentiel résumés sous let. C ci-dessus, dont l'appréciation globale les a conduits à la conclusion qu'il ne pouvait être accordé crédit à la version de la recourante. Cette dernière entreprend de rediscuter, jusque dans les moindres détails, l'appréciation de chacun de ces éléments, en citant des extraits de pièces du dossier allant dans le sens de sa thèse, respectivement en les interprétant en sa faveur, par une argumentation qui, en définitive, se réduit à opposer une fois de plus son appréciation à celle des juges cantonaux aux fins de faire prévaloir sa version des faits. Elle ne démontre pas que les éléments pris en compte auraient été déduits d'une appréciation absolument inadmissible des preuves, respectivement des pièces du dossier. Elle n'établit pas plus que, de leur appréciation globale, il était manifestement insoutenable de tirer la conclusion que sa version des faits n'était pas crédible. Le grief d'arbitraire dans l'établissement des faits est par conséquent irrecevable, faute de satisfaire aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 4.3.2 Il en va de même du grief, subsidiaire, de motivation insuffisante de la décision attaquée. Reprenant de larges extraits de son recours cantonal, la recourante se plaint, pèle-mêle, de ce que tel ou tel point n'ait pas ou pas suffisamment été discuté, de ce que l'insuffisance de sa propre motivation lui ait été opposée et, surtout, de ce que maints arguments dont elle se prévalait n'aient pas été interprétés dans le sens de sa thèse. Elle n'établit nullement que les juges cantonaux auraient omis d'examiner - et non pas interprété autrement qu'elle ne le souhaitait - des questions décisives pour l'issue du litige. Elle ne démontre pas plus que la motivation adoptée serait lacunaire au point qu'elle n'aurait pu en saisir la portée et aurait été ainsi entravée dans l'exercice de ses droits de recours. Comme le précédent et pour les mêmes motifs, le grief est dès lors irrecevable.