Citation: I 776/02 14.11.2003 E. 3

La juridiction cantonale de recours a considéré que les experts n'avaient pas répondu à toutes les questions posées et que certaines de leurs réponses étaient contradictoires. Elle en a déduit que le rapport d'expertise ne remplissait pas les réquisits jurisprudentiels et qu'il n'avait dès lors pas de valeur probante. Néanmoins, le Tribunal des assurances a admis qu'il pouvait juger l'affaire à la lumière des éléments concordants du dossier : l'assurée souffre de fibromyalgie, elle est totalement incapable de travailler depuis le mois d'avril 1997, elle souffre de troubles dépressifs récurrents, l'évolution est défavorable et face à un tel tableau clinique, l'incapacité de travail est durable et il n'y a pas d'activité adaptée; en outre, l'assurée déplore une perte d'intégration sociale, il n'y a pas de discordance entre les éléments objectivables et ses plaintes, elle ne simule pas, ne tire aucun profit de sa maladie et tous les traitements conformes aux règles de l'art ont échoué. En ce qui concerne le caractère exigible de la reprise d'une activité lucrative, les premiers juges ont estimé que le cumul des critères précités fondent un pronostic négatif, de sorte que l'atteinte à la santé est, en l'occurrence, entièrement invalidante. Le recourant soutient que le rapport des docteurs B.________ et D.________ conforte sa décision litigieuse, car il n'existe pas d'atteinte à la santé invalidante. En effet, les experts attestent que l'intimée ne présente aucune pathologie psychiatrique grave et que le problème est totalement socioculturel, secondairement financier. A son avis, les conclusions des experts sont claires et le rapport d'expertise a pleine valeur probante. L'OFAS partage ce point de vue et estime que l'intimée est entièrement capable de travailler. Cette dernière soutient la thèse inverse et allègue que l'expertise ne remplit pas les réquisits jurisprudentiels. Singulièrement, l'intimée fait grief aux experts de n'avoir abordé que très sommairement la nature et l'intensité de ses troubles de l'humeur et elle exprime ses doutes quant au diagnostic de trouble dépressif récurrent qui a été posé. A son avis, l'existence d'un trouble dépressif majeur, invalidant, paraît beaucoup plus probable.