Citation: 7B_83/2023 E. 2.3

2.3. En substance, la cour cantonale a repris la teneur de l'expertise médico-légale et des explications de la médecin-légiste à l'audience des débats de première instance. Il ressortait en substance du rapport d'expertise que le décès de la victime, âgée de 61 ans, était la conséquence d'un polytraumatisme sévère, notamment cranio-cérébral et thoraco-abdominal; les lésions traumatiques observées étaient nécessairement mortelles à très brève échéance. Il ressortait en outre des explications orales de l'experte que la cause de la mort pouvait être les fractures à la base du crâne ou les lésions multiples au niveau du thorax, chaque groupe de lésions étant à lui seul suffisant pour "déterminer le décès" de la victime. Les lésions au niveau de la cage thoracique étaient trop nombreuses et localisées dans de trop nombreux endroits pour avoir été la conséquence d'une chute; elles étaient typiques d'un franchissement, qui cause un écrasement du thorax. Quant à la fracture à la base du crâne, il était "plus complexe de se prononcer" à ce sujet; elle avait pu être causée "par la compression latéro-latérale de la tête, par exemple lors d'un franchissement d'une voiture sur un corps", mais "on en trouv[ait] aussi dans certaines chutes avec choc très fort du crâne contre le sol". L'experte n'avait toutefois pas pu se prononcer davantage sur ces deux hypothèses, en l'absence d'investigations complémentaires. Au regard de ces éléments, la cour cantonale a considéré que les deux groupes de lésions - cranio-cérébral et thoraco-abdominal - avaient été potentiellement létaux et que si le second avait certainement été provoqué par le véhicule de l'intimée, il était plus difficile de déterminer l'origine du premier. En tout état cause, il ne pouvait pas être exclu que celui-ci - soit la fracture à la base du crâne - ait été la conséquence de la violente chute de la victime sur le bitume, à la suite du heurt par le véhicule de G.________. Cette blessure étant, à elle seule, potentiellement mortelle, il ne pouvait pas être exclu que la victime était déjà décédée lors du franchissement de son corps par la voiture de l'intimée, événement qui avait provoqué le deuxième groupe de lésions potentiellement mortelles. Il n'y avait pas d'éléments permettant d'évincer une telle hypothèse et celle dans laquelle le décès aurait été causé par ce franchissement était possible, mais pas démontrée au-delà de tout doute raisonnable. La cour cantonale a conclu qu'il était impossible de déterminer lequel des deux groupes de lésions avait provoqué la mort et que ce doute devait, conformément au principe in dubio pro reo, profiter à l'intimée (cf. jugement cantonal, pp. 22-24).