Citation: 4A_313/2014 E. 2

Le succès de toute action en justice suppose que les parties demanderesse et défenderesse aient respectivement, sur chacune des prétentions en cause, qualité pour agir et pour défendre au regard du droit applicable (ATF 136 III 365 consid. 2.1 p. 367; 126 III 59 consid. 1a p. 63; 125 III 82 consid. 1a p. 83). Dans une action en paiement, la qualité pour agir appartient au créancier de la somme réclamée. En tant que la défenderesse a orienté les époux A.________ dans le choix de leurs placements et qu'elle leur a alors recommandé l'acquisition des obligations perpétuelles, elle s'est obligée envers eux par un contrat de mandat selon l'art. 394 CO (arrêts 4A_624/2012 du 16 avril 2013, consid. 2.1; 4A_444/2012 du 10 décembre 2012, consid. 3.2, SJ 2013 I 512; 4A_274/2011 du 3 novembre 2011, consid. 6.3, SJ 2012 I 160). La demanderesse lui impute une exécution prétendument défectueuse de ce mandat et elle réclame réparation du dommage sur la base de l'art. 398 al. 2 CO. Les autorités précédentes retiennent que la société demanderesse n'est pas créancière de la réparation éventuellement due, cela parce qu'elle n'était pas partie à la relation contractuelle nouée avec la défenderesse à l'époque où celle-ci a fourni ses conseils en matière de placement. Il est vrai que cette société panaméenne n'a pas acheté elle-même les obligations perpétuelles et qu'elle n'a reçu aucun conseil à ce sujet; ces valeurs lui ont été simplement transférées par ses actionnaires. Il est donc nécessaire d'examiner si les créances contractuelles des époux A.________, éventuellement issues des conseils fournis par la défenderesse, ont ou n'ont pas été transférées à cette société lors de la restructuration des relations juridiques opérée à fin octobre 2005.