Citation: 8C_329/2023 E. 7.3

7.3. Il n'est pas contesté que la recourante possède deux adresses postales, l'une chez son oncle et l'autre chez sa mère. Selon le rapport d'enquête du 1 er octobre 2021, la présence de l'intéressée chez son oncle - où elle soutient être domiciliée - n'a jamais pu être attestée, ni le matin ni le soir. Lorsque les enquêteurs se sont présentés à elle, au sortir d'une rencontre avec les services sociaux, elle n'a consenti à une visite du domicile qu'après avoir appelé son oncle, lequel est ensuite venu la retrouver pour lui donner les clés du logement. Dans l'appartement, les enquêteurs n'ont trouvé aucune affaire personnelle dans la chambre censée être celle de la recourante, et aucun document administratif personnel laissant penser que celle-ci y vivait. Pour toute explication, la recourante a déclaré aux enquêteurs que ses sous-vêtements se trouvaient dans une commode située dans la chambre de son oncle et que ses autres affaires étaient dans un garde-meuble situé dans une cave qu'elle louait. Sur cette base, le tribunal cantonal n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant qu'il était douteux que la recourante vécût effectivement chez son oncle et qu'elle avait violé son obligation de renseigner au sens de l'art. 24 LASoc. S'agissant de ses antécédents, il ressort de l'arrêt entrepris que la recourante a, depuis sa première demande d'aide matérielle en avril 2018, écopé de plusieurs avertissements et de sanctions - sous la forme de réductions provisoires du forfait d'entretien, voire d'une suspension provisoire de l'aide matérielle - en lien avec de multiples violations de son obligation de renseigner. La recourante ne pouvant pas ignorer les conséquences d'une réitération d'un tel comportement, la cour cantonale n'a pas non plus procédé à une application arbitraire de l'art. 10 de l'ordonnance relative à l'aide matérielle en confirmant les décisions de réduction de 20 % du forfait d'entretien. Par ailleurs, le raisonnement des premiers juges est exempt de contradictions. Ceux-ci ont relevé que malgré les manquements de la recourante et les sérieux doutes concernant son domicile, l'intimée avait finalement consenti à lui octroyer un forfait d'entretien - quoique réduit -, alors qu'elle n'y avait pas droit en l'absence d'un domicile dans la commune. Cette fiction de domicile sur le territoire communal pour le forfait d'entretien, validée par l'instance précédente, s'avère pour la recourante tout sauf arbitraire dans son résultat. En ce qui concerne les griefs que la juridiction cantonale n'a pas traités, on se bornera à rappeler que le juge n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut - comme cela a été le cas en l'espèce - se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 147 IV 249 consid. 2.4; 142 II 154 consid. 4.2). Pour le reste, la législation cantonale en matière de réduction du forfait d'entretien ne distingue pas les manquements d'un requérant en fonction du degré de gravité de sa faute. En outre, l'intimée a prononcé des décisions de réduction de 20 % de ce forfait pour des durées de trois mois, respectivement six mois, soit dans la limite de l'art. 10 al. 3, seconde phrase, de l'ordonnance relative à l'aide matérielle. L'arrêt attaqué échappe ainsi également à la critique eu égard à l'application du principe de la proportionnalité.