Citation: 7B_683/2023 E. 4.3

4.3. Il n'est pas contesté, en l'occurrence, que la recourante a pris part à une manifestation poursuivant un but politique, dans le cadre de laquelle aucun acte spécifique de violence ne lui a été reproché. La condamnation de la recourante, qui peut avoir des effets négatifs sur l'exercice de la liberté de réunion (cf. arrêt 6B_1098/2022 du 31 juillet 2023 consid. 6.3.2 in fine et les références citées) - notamment sous la forme d'un « chilling effect » (cf. pour ce terme, JÖRG PAUL MÜLLER/MARKUS SCHEFER, Grundrechte in der Schweiz, 4 e éd. 2008, p. 375) -, constitue donc une ingérence dans les droits garantis par l'art. 11 par. 1 CEDH, ce que la CourEDH a par ailleurs confirmé dans des affaires similaires (arrêts de la CourEDH Hakim Aydin c. Turquie du 26 mai 2020 [requête no 4048/09], § 50; Barraco c. France du 5 mars 2009 [requête no 31684/05], § 39) et ce, indépendamment du fait que les manifestations en question aient été autorisées ou non (arrêts de la CourEDH Navalnyy c. Russie précité, § 63; Kudrevicius et autres c. Lituanie précité, § 150). Il convient donc d'examiner si cette ingérence était justifiée au sens de l'art. 11 par. 2 CEDH.