Citation: 5A_856/2014 E. A

A.a. Par acte de vente du 17 août 2001, les époux C.________ et D.B.________ ont acheté aux époux E.________ et F.C.________ les parcelles nos 6263 et 8795 sises sur le territoire de la commune de U.________. La parcelle no 6263 a été créée en 1946. Suite à différentes réunions/divisions parcellaires, une servitude de passage à char a été reportée à charge de cette parcelle depuis le 31 juillet 2007. La servitude est inscrite au bénéfice des parcelles nos 8157 et 8158. A.b. Le 24 septembre 2004, G.________ a vendu aux époux A.________ et B.A.________ la parcelle no 8157 (habitation, place: 374 m2) ainsi que la moitié de la parcelle no 8158 (buanderie, place: 62 m2) pour le prix de 215'000 fr. Le point 5 des conditions de vente relevait notamment que " l'acquéreur, après visites sur place, a[vait] constaté que la servitude de passage tel qu'existant actuellement ne permet[tait] pas l'accès au bâtiment avec des véhicules. L'acquéreur accept[ait] cette situation et pren[ait] à sa charge et sous sa responsabilité les éventuelles démarches àentreprendre en vue de permettre une modification - agrandissement de l'accès pour permettre le passage des véhicules jusqu'au bâtiment. Le vendeur [était] libéré de toutes responsabilités tant légales que financières à ce sujet. " Par acte authentique du 16 avril 2008, les copropriétaires de la parcelle no 8158, à savoir H.________ d'une part, et les époux A.________ d'autre part, ont décidé de réunir leur quote-part respective de ladite parcelle au bien-fonds no 8139 pour le premier et au bien-fonds no 8157 pour les seconds. La servitude de passage à chars grevant la parcelle no 8139 en faveur des parcelles nos 8157 et 8158 a été radiée. Actuellement, les époux A.________ sont copropriétaires à raison de la moitié chacun de la parcelle no 8157, d'une surface de 449 m2. A.c. Lors de la mise sur informatique du registre foncier de U.________, intervenue postérieurement à l'acquisition par les époux A.________ de la parcelle no 8157, la servitude de passage à char grevant la parcelle no 6263 a été modifiée en servitude de passage à pied et à véhicule, comme dans toutes les zones situées en ville de U.________. L'extrait du registre foncier indique ainsi que ce bien-fonds est au bénéfice d'une servitude de passage à pied et pour tous véhicules à la charge de la parcelle no 6263. Le passage en question permet de relier la parcelle no 8157 à la route V.________ au nord. Il se situe à la perpendiculaire de cette voie publique, sur la parcelle des époux B.________, entre les parcelles nos 6066 à l'ouest et 6067 à l'est. Il empiète sur la parcelle no 8795 (2 m2) sise en bordure de la voie publique et contiguë à la parcelle no 6066, pour longer la limite est de la parcelle no 6263 en direction du sud. Environ à la hauteur de l'angle sud-est de l'habitation des époux B.________, le chemin d'accès se rétrécit en raison de la présence d'un muret et d'une haie de thuyas à l'ouest ainsi que d'un enrochement à l'est, situé à la limite de la parcelle no 6067 avec celle des époux B.________; la largeur du chemin est de quelques 2 mètres sur le tronçon entre l'habitation des époux B.________ et la limite sud-est de leur parcelle. Le chemin s'étend sur une quarantaine de mètres de la route V.________ jusqu'à cette dernière limite et environ 11 mètres séparent le muret de l'angle sud-est de la parcelle. Le chemin y forme alors un angle droit (avec une place de quelques 5 m2 au coude), puis continue vers l'ouest, en longeant la limite sud de la propriété des époux B.________ pour accéder au nord-est de la parcelle des époux A.________; le chemin en terre battue, d'une longueur d'environ 16 mètres et d'une largeur d'un peu plus de 2 mètres, est bordé de haies de thuyas. Lorsque les époux A.________ ont acquis leur parcelle, l'accès existait déjà depuis de nombreuses années dans son état actuel, ce dont attestent différents témoignages. Le passage du virage avec une voiture était difficile - voire impossible, sauf à devoir manoeuvrer -; aucun accès aménagé n'existait pour parvenir en véhicule à la parcelle no 8157. Mandaté par le conseil des époux A.________, l'architecte I.________ a souligné, dans un rapport daté du 20 janvier 2010, que le " chemin menant chez Mme et M. A.________ n'est que de 1.6 m. "; or il " faut normalement 3 m. pour un droit de passage avec un rayon de courbure de 4 ml, lorsqu'il y a un angle de 90° ". Il a estimé qu'un passage de 3 mètres entraînerait une diminution de 80 m2 de la surface utile de la parcelle no 6263 (valeur 24'000 fr.) et que les travaux d'élargissement se chiffreraient à 8'000 fr. (démolition et évacuation de la bordure en ciment, plantation d'une nouvelle haie de thuyas, mise en place de gravillons, coûts de géomètre, etc.). A.A.________ a admis qu'au moment d'acheter la parcelle no 8157 avec son épouse il était conscient qu'il ne pouvait pas accéder avec une voiture à l'habitation érigée sur ce bien-fonds. Le notaire l'avait rendu attentif à ce problème, l'invitant à discuter avec ses futurs voisins pour " régler cette question ". A.A.________ avait alors pris contact avec l'un des copropriétaires de la parcelle no 8346, sise à l'est ( recte : ouest), mais sans succès.