Citation: 4P.243/2005 28.04.2006 E. 1

3.2 D'emblée, il faut préciser que le fait que les juges ayant déposé des observations - en l'occurrence, le Président Corboz et les Juges Favre et Klett - n'ont pas pris position sur les «innombrables» vices de procédure dénoncés - «subterfuge» qui serait «symptomatique de leur manque d'impartialité» - ne saurait en aucune manière être interprété comme une reconnaissance, même implicite, des griefs contenus dans la requête de récusation. Ces déterminations ont pour but de recueillir des explications sur le motif de récusation (cf. art. 25 al. 2 OJ) - ici l'apparence de prévention -, non de provoquer un nouveau débat sur le fond de l'affaire. A cela s'ajoute que la requérante, bien qu'elle s'en défende, soulève au titre de la «violation du droit d'être entendu» des moyens qu'elle fonde sur l'inadvertance manifeste (art. 136 let. d OJ; à ce sujet: ATF 115 II 399) dans sa demande de révision (retranscription incomplète des aveux de B.________, son licenciement et son infraction de gestion déloyale; mauvaise foi de la banque; retard dans l'enregistrement des transactions litigieuses; etc.), alors même que les deux voies qu'elle a successivement empruntées pour se plaindre des arrêts en cause sont foncièrement différentes. Sous le couvert d'«innombrables» défauts de procédure, la requérante discute, en réalité, le bien-fondé des décisions incriminées. Une telle démarche est vaine. La voie de la récusation a pour but d'examiner si le jugement critiqué a été rendu au mépris du postulat d'impartialité du juge (ATF 105 Ib 301 consid. 1b p. 303), et non de rechercher, comme le ferait une autorité de recours, si la solution arrêtée est la seule qui soit exacte (arrêt 4P.236/1991 du 19 mars 1992, consid. 2a). Il en est ainsi - à plus forte raison - en matière probatoire. Dans le système de l'organisation judiciaire fédérale, le Tribunal fédéral ne procède pas à l'administration des preuves et il s'en remet, quant à leur appréciation, à celle de l'autorité cantonale; il ne revoit donc pas la cause à l'instar d'une juridiction d'appel (Poudret, op. cit., vol. II, n. 4.1 ad art. 63 OJ et les renvois), l'appréciation des preuves n'étant sanctionnée que si elle se révèle arbitraire (cf. sur ce point: ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 127 I 38 consid. 2a p. 41). Or, la requérante se borne à opposer sa propre lecture des preuves administrées à celle que les magistrats impliqués ont retenue dans l'optique de leur cognition restreinte (cf. par exemple: interprétation de la confession de B.________ [consid. 3.2.1]; révocation du mandat [consid. 3.2.5]; licenciement pour justes motifs du prénommé [consid. 3.2.6]; taux d'intérêt [consid. 5.2 et 5.3]). On ne discerne là aucune prévention. Comme on l'a dit (supra, consid. 3.1), même une décision arbitraire, en particulier lors de la constatation des faits et de l'appréciation des preuves, n'est pas en soi révélatrice de la partialité du juge; encore faut-il que, sur le vu des circonstances du cas concret, la commission d'erreurs lourdes et répétées dénote objectivement une prévention. Tel n'est pas le cas ici. Nonobstant ce que prétend la requérante, la Ire Cour civile n'a connu qu'une seule fois de l'affaire, l'examen des deux recours ne s'imposant qu'en raison de l'inadmissibilité des critiques d'ordre constitutionnel - violation du droit d'être entendu et arbitraire dans l'appréciation des preuves - en instance de réforme (art. 43 al.1, 2ème phrase, OJ; Poudret; op. cit., vol. II, n. 2.1-2.2 ad art. 43 OJ et les arrêts cités); quant à l'arrêt de la Cour de cassation pénale (infra, consid. 5), il a un autre objet. La prétendue prévention ne se fonde, en définitive, que sur les assertions de la requérante. Celle-ci n'expose même pas pourquoi les vices dénoncés ne pourraient raisonnablement être attribués qu'à un parti pris, par exemple à la suite de déclarations faites par les magistrats récusés au sujet de la cause ou de l'une des parties, de leur comportement à l'égard de celles-ci ou encore de faits antérieurs permettant de douter de leur impartialité (Poudret, op. cit., vol. I, n. 5.2 ad art. 23 OJ et les citations).