Citation: 8C_769/2023 E. 4

En l'espèce, les juges cantonaux ont estimé que l'intervention chirurgicale du 17 octobre 2022 avait corrigé, au degré de la vraisemblance prépondérante, aussi bien un état pathologique antérieur, décompensé par l'accident, qu'une lésion traumatique du TFCC, survenue à la suite de cet accident. La cour cantonale a estimé que l'avis du docteur C.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie, selon lequel il existait un état préexistant (soit un conflit ulno-carpien) et l'intervention chirurgicale s'était limitée à réparer une atteinte congénitale sans lien avec l'accident car elle n'avait pas traité l'atteinte centrale du TFCC, n'était pas probant compte tenu des explications convaincantes et étayées fournies par le docteur B.________. Celui-ci avait en effet relevé, tout comme le docteur C.________, que l'assurée présentait un état antérieur par la présence d'une inégalité de longueur entre le radius et le cubitus. L'accident avait cependant décompensé cet état préexistant que l'assurée aurait pu tolérer encore plusieurs années [sic]. Par ailleurs, la lésion du TFCC comportait une déchirure à son insertion dans la fovéa comme on l'observait en général dans les traumatismes. En l'occurrence, le mécanisme de l'accident avec une chute violente, les lésions constatées et la déchirure du TFCC rendaient probable le lien de causalité avec l'accident. L'ostéotomie de raccourcissement de l'ulna avait été pratiquée pour diminuer la pression sur le compartiment ulno-carpien du poignet où se situaient le TFCC et le semi-ulnaire, opération également effectuée pour les situations post-traumatiques. L'articulation étant stable après ce geste chirurgical, il n'avait pas eu besoin de pratiquer de geste sur le ligament triangulaire. Au demeurant, le docteur B.________ avait constaté la présence d'une lésion traumatique du TFCC, traitée chirurgicalement au moyen d'une intervention indirecte, soit par une ostéotomie de raccourcissement de l'ulna qui diminue la pression sur le TFCC, intervention dont la littérature médicale et l'expertise du docteur B.________ indiquaient qu'elle suffisait à rétablir une stabilité articulaire. À cet égard, les juges cantonaux ont relevé que le docteur C.________ se limitait à affirmer que l'idée de corriger, par une ostéotomie seule, une lésion ligamentaire était intéressante mais n'empêchait pas que les atteintes soient préalables à l'événement, tout en soulignant qu'il ne parlait pas de l'atteinte du TFCC. Ils ont considéré que, par cette affirmation, le docteur C.________ semblait admettre une atteinte au TFCC d'origine traumatique, sans expliquer en quoi l'avis du docteur B.________ n'était pas convaincant quant à l'option thérapeutique choisie pour traiter cette lésion. Au vu de ces éléments, la cour cantonale a retenu que l'avis du docteur B.________, spécialiste de la chirurgie de la main, spécialisation dont ne bénéficiait pas le docteur C.________, permettait de considérer que l'intervention du 17 octobre 2022 avait corrigé, au degré de la vraisemblance prépondérante, les conséquences de l'événement accidentel assuré. La totalité de l'intervention chirurgicale, de même que les frais médicaux liés aux suites de cette opération et les indemnités journalières en lien avec l'incapacité de travail subséquente de l'assurée, devaient ainsi être mis à la charge de la CNA.