Citation: 4C.125/2005 02.06.2006 E. 3.2

3.2.1 La cour cantonale souligne, dans son arrêt, que les problèmes de chauffage et d'infiltrations d'air étaient connus des défendeurs dès la mi-novembre 1987 en tout cas, puisqu'ils les ont signalés au demandeur B.________ dans une lettre du 16 novembre 1987. Il s'agit là d'une constatation de fait qui lie la juridiction fédérale de réforme. Sans doute la notion de connaissance du défaut, en tant que telle, relève-t-elle du droit. Cependant, en l'espèce, les explications avancées par les défendeurs afin de démontrer que les juges cantonaux auraient méconnu cette notion juridique ne consistent qu'en de pures allégations de fait qui ne correspondent pas à des constatations figurant dans l'arrêt attaqué. Aussi les défendeurs soutiennent-ils en vain qu'ils venaient de constater le problème de température, à la mi-novembre 1987, qu'ils n'étaient pas encore à même d'en déterminer la cause technique exacte ni l'étendue et qu'ils ne disposaient pas, à ce moment-là, d'informations suffisantes qui leur auraient permis de donner l'avis des défauts à C.________. Avec les juges précédents, force est d'admettre que l'architecte B.________ ne pouvait pas recevoir valablement l'avis des défauts pour le compte de C.________, dès lors qu'il n'était pas le représentant de cet entrepreneur, mais bien celui des défendeurs en leur qualité de maîtres de l'ouvrage et mandants. Par conséquent, la lettre que ceux-ci lui ont adressée le 16 novembre 1987 ne constituait pas un avis des défauts valablement donné à l'égard du demandeur C.________. Peu importe la raison pour laquelle cette missive n'est pas parvenue à l'entrepreneur. A supposer qu'une omission de l'architecte en fût la cause, les maîtres de l'ouvrage ne pourraient pas en tirer argument pour valider l'avis des défauts donné le 16 novembre 1987 à une autre personne qu'à celle qui aurait dû le recevoir. Pour le surplus, il appert que le premier avis des défauts correctement adressé n'a pas été donné avant le 4 février 1988. Les juges précédents l'ont constaté souverainement, de sorte que les défendeurs ne sont pas recevables à soutenir, comme ils le font, que "C.________ a nécessairement reçu l'avis des défauts avant le rendez-vous du 4 février 1998 pour les problèmes de chauffage et d'infiltrations d'air". En concluant à la tardiveté de l'avis des défauts, la Cour civile n'a, dès lors, nullement violé le droit fédéral. 3.2.2 Par identité de motifs, les arguments similaires que les défendeurs avancent au sujet de l'avis concernant les problèmes de fissures du carrelage sont voués à l'échec. Ils ne consistent, eux aussi, qu'en de simples allégations, non prouvées, touchant les circonstances dans lesquelles les maîtres de l'ouvrage ont eu connaissance de ces problèmes et de la personne qui en était responsable. Les juges précédents constatent que près d'un mois s'est écoulé entre la découverte des défauts affectant les carrelages, le 12 novembre 1988, et l'avis donné à C.________, le 7 décembre 1988 au plus tôt. Ici encore, les défendeurs font valoir en pure perte que le défendeur a reçu ledit avis avant cette dernière date. Dans ce cas également, la cour cantonale a donc conclu à bon droit à la tardiveté de l'avis des défauts. 3.3 La Cour civile a refusé d'appliquer les normes SIA au motif que leur contenu n'avait pas été prouvé. Les défendeurs s'en sont plaints sans succès devant la Chambre des recours, puis dans un recours de droit public. C'est en vain, partant, qu'ils reprochent à la Cour civile, dans leur recours en réforme, d'avoir méconnu les dispositions de la norme SIA-118 régissant l'avis des défauts.