Citation: 4A_94/2021 E. A

A.a. Le 10 octobre 2001, R.A.________ et P.A.________ (ci-après: le/les bailleur/s ou le/les défendeur/s) ont acquis les immeubles sis rue... xxx et yyy à D.________, en copropriété simple pour une demie chacun. Au rez-de-chaussée du bâtiment sis au n° yyy se trouve un local commercial, comprenant une pièce avec vitrine donnant sur la rue, une arrière-salle ainsi qu'un local borgne désigné comme étant une cave voûtée. Cette cave représente 30 à 40 % de la surface totale des locaux. Le reste du bâtiment est constitué de huit appartements. Le bâtiment sis au n° xxx comprend deux autres appartements. Les deux bâtiments ont une chaudière commune. Entre 2000 et 2010, les locaux commerciaux précités étaient occupés par un dénommé E.________. Celui-ci les a quittés en raison de problèmes d'humidité auquel le défendeur avait refusé de remédier. Après son départ, les locaux commerciaux ont été remis en location. N'ayant pas d' a priori sur le type d'activité qui pourrait y être déployé, le bailleur indiquait aux personnes intéressées que les locaux devaient être rénovés et qu'ils pouvaient être aménagés en fonction des besoins du locataire. A.b. Le bailleur et B.________ (ci-après: la locataire ou la demanderesse) se sont rencontrés le 13 avril 2012 afin de discuter les conditions de la location de ces locaux. A l'issue de cette entrevue, le bailleur a adressé à la locataire un courriel résumant leur discussion dans lequel on peut lire: " Comme vous le savez, les murs peuvent déga ger une certaine humidité. Il faudrait en particulier mettre un enduit hydrofuge sur les murs de la cave et prévoir le cas échéant un déshumidificateur pour éviter des problèmes rencontrés dans ce genre de locaux. " A.c. Le 7 juin 2012, les bailleurs ont conclu un contrat de bail à loyer avec B.________ et C.________ Sàrl (ci-après: les locataires ou les demanderesses) portant sur le local commercial précité. Le bail précisait que les locaux étaient destinés à l'exploitation d'un institut de beauté. Etabli pour une durée initiale allant du 1er août 2012 au 30 septembre 2013, le bail se renouvelait ensuite de douze mois en douze mois, sauf résiliation donnée et reçue au moins quatre mois à l'avance pour la prochaine échéance. Le loyer, payable d'avance, était fixé à 1'500 fr. net par mois, montant auquel s'ajoutait un acompte pour le chauffage, l'eau chaude et les frais accessoires de 150 fr. par mois. L'article 4 du contrat prévoyait la constitution d'une garantie bancaire d'un montant de 4'950 fr. auprès d'un établissement bancaire. L'article 6 du contrat avait la teneur suivante: " Dispositions complémentaires (...) Les lieux sont loués en l'état. (...) Les locataires prendront à leur charge l'aménagement total des locaux (sols, peinture, plafond, etc.). Ils feront appel à des personnes qualifiées, le travail étant fait selon les règles de l'art. Ils sont rendu attentif (sic) au fait que la cave et le local arrière peuvent présenter de l'humidité et qu'il conviendra de traiter ces surfaces avec des produits hydrofuges. L'utilisation de déshumidificateurs peut également être conseillée. " A.d. Peu après la conclusion de ce bail, qui portait sur des locaux bruts, les demanderesses ont entamé des travaux d'aménagement afin d'y créer un institut de beauté, avec l'accord du défendeur. Elles ont en particulier posé des murs dans la cave voûtée, afin d'en utiliser une partie comme dépôt et l'autre comme cabine de soins. A.e. Les demanderesses ont versé la garantie locative prévue dans le bail aux défendeurs par virement postal du 14 juin 2012. A.f. Par courriel du 5 octobre 2012, le bailleur a indiqué à la locataire qu'il n'avait pas pu constituer de compte de garantie de loyer et lui a demandé de faire le nécessaire afin qu'il puisse verser l'argent sur un tel compte. A.g. L'institut a ouvert au mois de décembre 2012. Immédiatement après, les locataires ont mis en place deux déshumidificateurs dans les locaux. Elles ont en outre remarqué que, bien que changées par les bailleurs durant les travaux d'aménagement des locaux, les fenêtres laissaient passer de l'air et que de la moisissure apparaissait sur le pourtour. La problématique de l'humidité s'aggravant, les locataires ont dû en outre, dès 2014, refaire régulièrement la peinture des murs touchés par la moisissure avec un produit spécial, la fréquence de ces retouches augmentant avec le temps. Elles se sont également plaintes de la situation à plusieurs reprises auprès des bailleurs. Durant l'année 2016, bien que satisfaites des prestations de l'institut, plusieurs clientes ont cessé de venir en raison de la forte odeur de moisi qui régnait dans les locaux et qui imprégnait les vêtements. L'aggravation des problèmes d'humidité a amené la demanderesse à donner congé à des employées, l'odeur de moisi ne permettant plus de recevoir des clientes. Ainsi au fil du temps, l'exploitation de l'institut dans les locaux litigieux est devenue impossible. L'humidité ambiante a, par ailleurs, entraîné la panne d'un appareil de soins à lumière pulsée acheté le 31 mars 2014 pour 27'999 fr. 95. En fin d'année 2016, à l'occasion d'une visite des locaux par le bailleur, la locataire lui a fait constater l'odeur de moisi et lui a montré les endroits touchés par l'humidité, la mauvaise isolation et les traces de moisissures; elle l'a également avisé du fait qu'elle avait mis en place plusieurs déshumidificateurs qui devaient être régulièrement vidés. Le défendeur n'a pas mis en oeuvre de travaux pour y remédier. A.h. Le 7 mars 2017, la locataire et sa mère ont rencontré le bailleur. Il s'agissait pour la locataire de faire prendre conscience au défendeur de l'état de l'immeuble et de la nécessité d'entreprendre des travaux. Dans un courriel du 14 mars suivant, le bailleur faisait toutefois référence à des difficultés financières de la locataire et à une demande de réduction de loyer qu'elle aurait formulée. Il disait ne point trouver trace de la garantie de loyer, après avoir parcouru son dossier. Une nouvelle entrevue entre les mêmes protagonistes a eu lieu peu de temps après que la locataire eu encore adressé un SMS au bailleur, le 20 juillet 2017, pour solliciter un rendez-vous rapidement. Il s'agissait à nouveau pour la locataire de convaincre le défendeur de procéder à des travaux. A.i. A la suite de cet entretien, les demanderesses ont publié une annonce sur internet afin de trouver un locataire de remplacement. Elles ont ensuite pris contact avec le défendeur pour l'informer du fait qu'une personne à la tête de plusieurs instituts de beauté de la région était intéressée par les locaux. Cette démarche n'a toutefois pas eu de suite. A.j. Sur requête de la locataire, la Commission de salubrité de la Commune de D.________ a procédé à une visite des locaux le 21 septembre 2017 en présence des parties, puis a rendu ses conclusions le 4 octobre suivant, dans lesquelles on peut lire: