Citation: 1B_210/2009 19.08.2009 E. 3

La Chambre d'accusation a autorisé la prolongation de la détention du recourant en se fondant principalement sur le risque de récidive. Elle a en effet considéré que les conclusions de l'expertise, auxquelles s'ajoutaient les faits de violence, reprochés ou constatés, envers d'autres personnes, ne laissaient pas d'inquiéter concrètement sous l'angle de la réitération. Le recourant conteste ce point de vue. Il minimise la portée de l'expertise en se basant sur les déclarations de l'expert lors de sa deuxième audition du 29 juin 2009 et fait valoir qu'il n'existe pas d'indices suffisants indiquant sa culpabilité pour tous les cambriolages qui lui sont reprochés. 3.1 Selon la jurisprudence, le maintien en détention préventive n'est admissible que si le pronostic de récidive est très défavorable et si les délits à craindre sont de nature grave. La simple possibilité, hypothétique, de commission de nouvelles infractions de même nature, ou la vraisemblance que soient commises des infractions mineures, sont des motifs insuffisants (ATF 133 I 270 consid. 2.2 p. 276; 125 I 60 consid. 3a p. 62). La jurisprudence se montre moins sévère dans l'exigence de vraisemblance lorsqu'il s'agit de délits de violence graves, car le risque à faire courir aux victimes potentielles est alors considéré comme trop important; en pareil cas, il convient de tenir compte de l'état psychique du prévenu, de son imprévisibilité ou de son agressivité (ATF 123 I 268 consid. 2e p. 271). Autant que possible, l'autorité doit tenter de substituer à la détention toute autre mesure moins incisive propre à atteindre le même résultat (ATF 123 I 268 consid. 2c et e p. 270 s. et les arrêts cités). 3.2 Dans le cas particulier, les charges retenues à l'encontre du recourant sont suffisantes et relativement graves. Il a été inculpé de trois cambriolages et d'une tentative de cambriolage; ses empreintes ont été retrouvées sur les lieux ou sa présence physique sur les lieux et aux alentours, aux jour et heure de commission de l'infraction, a été confirmée par un film de vidéo-surveillance. Il lui est également reproché d'avoir à réitérées reprises harcelé et menacé son ancienne amie par téléphone et d'avoir insulté et menacé de mort un gendarme qui avait intercepté l'un des appels adressé à celle-ci. De plus, il a été inculpé de violences et menaces contre les fonctionnaires pour s'être violemment opposé à sa comparution devant le Juge d'instruction et avoir ainsi blessé un gardien de prison. Le rapport d'expertise psychiatrique du 20 mai 2009 conclut que le risque de récidive est élevé. Lors de son audition du 23 juin 2009, l'expert a confirmé son expertise et précisé que le risque de récidive, qui existe indépendamment de tout traitement psychiatrique, se traduira plutôt par une atteinte des biens au vu des infractions commises par le passé. Toutefois, il existe également un risque de dangerosité hétéro-agressive au cas où l'expertisé se sentirait frustré et on ne peut pas exclure qu'il ne parvienne pas à contenir sa colère. Ainsi existe-t-il un risque de récidive principalement pour les infractions contre le patrimoine mais également s'agissant des infractions commises à l'encontre de son ancienne amie. Dans son audition du 29 juin 2009, l'expert est revenu sur son appréciation de la dangerosité du recourant et a modifié les conclusions de son expertise quant à la nécessité d'une mesure d'internement. Il a cependant confirmé son expertise s'agissant du risque de récidive. Il ressort en outre de l'extrait du casier judiciaire que le recourant a été condamné le 8 février 2007 pour cambriolage à une peine privative de liberté de six mois avec sursis de trois ans. Il a ensuite été condamné le 3 mars 2008 pour tentative d'extorsion et chantage et d'infraction à la législation sur les étrangers à une peine privative de liberté ferme de six mois; cette condamnation avait déjà trait à des actes délictueux commis au préjudice de son ancienne amie et il apparaît que la peine infligée ne l'a pas empêché de réitérer immédiatement son harcèlement et ses menaces aussitôt sorti de prison. Il résulte de ce qui précède que la Chambre d'accusation pouvait retenir l'existence d'un risque concret de récidive et que le maintien en détention du recourant est justifié pour ce motif.