Citation: 9C_499/2009 16.12.2009 E. 4

L'administration reproche à la juridiction cantonale d'avoir violé les principes permettant de déterminer si le trouble somatoforme douloureux revêtait ou non un caractère invalidant. 4.1 Ce grief révèle une constatation manifestement inexacte des faits qu'il convient de rectifier et de compléter d'office (cf. consid. 2). Si l'on peut assurément déduire du rapport d'expertise psychiatrique l'antériorité du trouble dépressif par rapport au trouble somatoforme, ainsi que la péjoration des conséquences du premier dès l'apparition du second, il n'en demeure pas moins que c'est la combinaison des deux diagnostics qui engendrait l'incapacité de travail dès novembre 2002, comme cela ressort distinctement de la cinquième partie de l'expertise. Le rapport complémentaire du docteur R.________ peut susciter une certaine confusion dans la mesure où il n'est orienté que sur le trouble dépressif. Il ne change toutefois rien à ce qui précède. 4.2 Contrairement à la thèse adoptée par les premiers juges, on se trouve donc bel et bien dans une situation où la capacité résiduelle de travail de l'assuré est influencée par les effets de deux diagnostics, laquelle correspond en outre typiquement à un cas d'application de la jurisprudence développée en matière de trouble somatoforme douloureux, ce qui est du reste confirmé par le fait que c'est l'expression somatoforme des troubles présentés par l'assuré qui a justifié l'incapacité de travail depuis novembre 2002 et motivé la nouvelle demande de prestations; peu importe que l'un soit apparu avant l'autre; seul compte le fait que soit analysé leur impact commun. Il existe à cet égard une présomption selon laquelle un trouble somatoforme douloureux, une fibromyalgie ou toute affection dont l'étiologie est incertaine peuvent être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible (ATF 132 V 65 consid. 4.2.1 p. 70 sv.). Le caractère exigible d'un tel effort apparaît en principe au terme de l'analyse de critères correctement rappelés par l'office recourant (cf. aussi ATF 132 V 65 consid. 4.2.2 p. 71 sv.). Même si les constatations de la juridiction cantonale à propos des critères mentionnés font totalement défaut, il convient toutefois d'y pallier d'office dans la mesure où il ressort de manière évidente de l'expertise psychiatrique sur laquelle elle se fonde que les critères en question ne sont pas remplis. Ainsi, le trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen - dont l'intensité est contestée par le service médical de l'administration - ne revêt de toute façon pas le caractère de gravité requis pour valoir comorbidité psychiatrique (cf. ATF 132 V 65 consid. 4.2.2 p. 71 et les références). De plus, les éléments anamnestiques récoltés montrent que l'assuré entretenait des contacts réguliers avec ses enfants, qu'il était engagé dans une relation amoureuse, qu'il suivait des cours d'informatique et de photographie et qu'il aimait voyager, de sorte que l'on ne saurait parler d'une perte d'intégration dans toutes les manifestations de la vie. Il apparaît également qu'aucun traitement psychiatrique n'a jamais été entrepris et que par conséquent il ne saurait être question de l'échec de traitements conformes aux règles de l'art. On ajoutera enfin qu'aucun autre critère ne se manifeste de façon suffisamment prégnante pour admettre que l'assuré était incapable de fournir l'effort de volonté que l'on pouvait raisonnablement exiger de lui. Il convient dès lors d'annuler le jugement attaqué et de confirmer la décision litigieuse.