Citation: 5A_72/2022 E. 4.2

4.2. Certes, ainsi que le soutient le recourant, une communauté de vie (" Lebensgemeinschaft ") ne suppose, de nos jours, pas nécessairement une communauté d'habitation (" Wohngemeinschaft "; cf. ATF 134 V 369 consid. 7.1). Il n'en demeure pas moins que doit être établie l'existence d'une relation personnelle régulière, d'une certaine durée, voire durable, active et réelle entre les partenaires, et ce tant d'un point de vue spirituel que corporel et économique. En l'espèce, contrairement à ce que semble penser le recourant, le fait qu'en automne 2017, à un mois d'intervalle, l'intimée et I.________ ont emménagé dans des appartements distincts situés dans le même immeuble et, partant, ne vivent pas sous le même toit, n'est pas la seule circonstance qui a conduit l'autorité cantonale à conclure à l'absence d'une telle relation. La Chambre civile s'est fondée plus largement d'abord sur le constat selon lequel les intéressés ne menaient pas une vie commune, dès lors qu'ils ne possédaient pas d'effets personnels au domicile de l'autre, qu'ils passaient seulement occasionnellement des nuits ensemble et ne prenaient que parfois leur déjeuner en commun, cas échéant avec leur enfants respectifs. Autant qu'il critique ces faits en remettant en cause la valeur probante des déclarations de I.________ sur la base desquelles ceux-là ont été retenus, le recourant échoue à en établir le caractère arbitraire. Il perd de vue qu'il ne lui suffisait pas de rappeler la teneur et les implications de l'art. 165 al. 1 let. a CPC et d'affirmer que ce témoignage devait être apprécié "avec retenue" au vu des liens du prénommé avec l'intimée et de son " intérêt direct " à ce que cette dernière continue à percevoir une contribution d'entretien de son ex-époux. Il lui incombait de démontrer quels autres faits et moyens de preuve infirmaient la crédibilité de ces déclarations, au demeurant faites sous serment (cf. art. 171 al. 1 CPC). La seule allégation selon laquelle les intéressés et leurs enfants respectifs ont emménagé au même moment dans le même immeuble propriété de la famille de l'intimée et en occupent à eux deux trois des quatre appartements - faits que l'autorité cantonale n'a d'ailleurs pas ignorés - n'apporte aucunement cette démonstration. Les juges cantonaux ont ensuite relevé que, si l'intimée et les enfants placés sous sa garde avaient régulièrement passé des vacances avec I.________ et ses propres enfants, aux frais de ce dernier, cette circonstance ne permettait pas de conclure à l'existence d'une vie commune. Ils se sont référés aux déclarations du prénommé - qu'ils ont qualifiées de crédibles - selon lesquelles un tel traitement n'était pas uniquement réservé à l'intimée, plusieurs de ses amis en bénéficiant aussi coutumièrement, que ce soit concurremment ou non avec celle-là. Ils ont surtout retenu que I.________ avait déclaré qu'ayant lui-même connu un divorce conflictuel, il n'avait l'intention ni d'épouser l'intimée ni d'entamer à l'avenir une réelle vie commune avec elle et que leur relation avait connu plusieurs ruptures. S'agissant de cet ultime point, ils ont considéré que, si la dernière séparation intervenue à l'époque de l'hospitalisation de l'intimée avait sans doute été brève, l'existence d'une communauté de destins n'était toutefois pas suffisamment établie et que des doutes subsistaient quant au caractère stable et durable de la relation nouée entre les intéressés. Autant que le recourant s'en prend à ces constatations en invoquant à nouveau la crédibilité des déclarations de I.________, il suffit de renvoyer à ce qui a été dit ci-devant. Lorsque il cite, pour le surplus, les " raisons " pour lesquelles l'existence d'une communauté de destins s'imposerait et tente de démontrer l'arbitraire de la constatation selon laquelle les intéressés ont connu plusieurs ruptures, sa critique - qui reprend quasiment mot pour mot celle de l'appel - est appellatoire et, partant, irrecevable (cf. supra, consid. 2.2). Il en va de même des allégations péremptoires, selon lesquelles l'intimée et I.________ passeraient leur " temps libre " (cf. supra, sur le caractère épisodiques de ces moments) et - aux frais de celui-ci - " toutes " leurs vacances ensemble. Le recourant tente encore de tirer argument d'autres circonstances que l'autorité cantonale aurait méconnues. Il se prévaut d'abord de la durée de la relation " amoureuse " entre l'intimée et I.________ qui aurait commencé en 2014 " à tout le moins ", soit depuis plus de sept ans. Ce fait ne ressort toutefois pas de l'arrêt entrepris sans qu'aucun grief ne soit soulevé à cet égard (cf. supra, consid. 2.2). Le recourant reproche ensuite à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement omis de constater que les intéressés se connaissaient depuis le début des années 1990 et avaient alors eu une relation de couple qui a duré trois ans. Quand bien même une telle circonstance pourrait signifier que " des liens solides et anciens " unissent l'intimée et I.________, on ne voit pas en quoi elle impliquerait la réalisation d'un concubinage qualifié près de trente ans après. On ne saurait donc reprocher à l'autorité cantonale une constatation arbitraire des faits sur ce point. La Chambre civile n'a enfin pas tenu pour certaine l'existence d'un soutien économique durable de l'intimée par I.________. Elle a relevé à cet égard que les sommes importantes versées par ce dernier depuis 2016, qui avaient permis à l'intimée de jouir d'un train de vie vraisemblablement supérieur à celui mené durant la vie commune, avaient désormais été formalisées par des contrats de prêt en bonne et due forme, ce qui tendait à démontrer que I.________, qui avait par ailleurs déclaré accorder des prêts semblables à certains de ses amis, n'avait pas l'intention de contribuer à l'entretien de l'intimée. Elle a par ailleurs considéré que, si cette dernière n'avait pas respecté les échéances de remboursement prévues par les contrats, ce seul élément ne permettait pas de conclure au caractère fictif desdits actes, les intéressés ayant en effet pu convenir que les premiers remboursements n'interviendraient qu'après la vente de la villa dont l'intimée était propriétaire, ce qui semblait effectivement avoir été le cas. Il n'était pas non plus établi que I.________ aurait consenti à de nouvelles avances depuis la vente de ce bien. Renvoyant une nouvelle fois à ses précédents " allégués ", le recourant taxe d'insoutenables ces constatations. Il reproche derechef à l'autorité cantonale d'avoir accordé " une importance prépondérante " aux déclarations de I.________ et de ne pas les avoir appréciées " avec retenue ". Sur ce point, son argumentation ne répond pas aux exigences posées en la matière (cf. supra, consid. 2.2.) pour les mêmes motifs que ceux précédemment développés. Lorsqu'il énumère par ailleurs " les éléments matériels du dossier " qui contrediraient les constatations de l'arrêt cantonal, il se contente de présenter de façon appellatoire sa propre version des faits (cf. supra, consid. 2.2). Il en va ainsi lorsqu'il affirme que les contrats de prêt signés plusieurs mois après les versements à l'intimée ont " vraisemblablement " été conclus pour des raisons " fiscales ou pour les besoins de la procédure ", qu'aucune convention sur un report des premiers remboursements après la vente de la villa de l'intimée ne ressort du dossier, que, malgré ses demandes, l'intimée n'a produit aucune pièce permettant d'établir qu'elle aurait effectué des remboursements après la vente dudit bien, que sa déclaration d'impôts 2020 indiquant une réduction de sa dette envers I.________ de 42'500 fr. n'était pas de nature à démontrer un remboursement effectif, que, même si ce dernier devait être établi, la faible ampleur du montant accréditerait que le but des contrats de prêt n'était pas de garantir le remboursement des sommes versées et qu'il n'y avait enfin aucune pertinence à se fonder sur le fait que I.________ prêtait des sommes semblables à ses amis. Sur la base des faits constatés que le recourant a vainement critiqués, l'autorité cantonale n'a pas violé le droit fédéral en concluant à l'inexistence d'un concubinage qualifié. Si l'intimée et I.________ habitaient le même immeuble avec leurs enfants respectifs depuis 2017, ils ne déjeunaient et dormaient ensemble qu'épisodiquement. Leur relation avait par ailleurs été entrecoupée de ruptures dont l'une, certes brève, était récente et il n'appert pas que, hormis durant des vacances, ils aient eu pour projet commun de partager plus avant leur vie quotidienne. S'ils semblaient ainsi vivre une relation sentimentale depuis plusieurs années, cela ne permettait pas de conclure qu'ils se soient, à l'instar d'époux, engagés à se prêter fidélité et assistance au sens de l'art. 159 al. 3 CC. En ce qui concerne les aspects financiers, si I.________ a versé d'importantes sommes à l'intimée, qui ont permis à cette dernière de jouir d'un train de vie supérieur à celui mené durant le mariage avec le recourant, ces versements ont revêtu la forme de prêts dont il était convenu que le remboursement effectif commencerait après la vente de la villa de W.________, ce qui a été le cas, et ne se sont pas poursuivis après la vente dudit bien. La seule prise en charge des frais de vacances par I.________ ne suffit pas à retenir une assistance au sens économique du terme ni un engagement de pourvoir aux besoins financiers de l'intimée.