Citation: 6B_939/2021 E. 1.3.1

1.3.1. Le recourant s'attaque tout d'abord à la crédibilité de l'intimée. Selon lui, les propos de l'intimée manqueraient de précision. Or dans la mesure où il fait valoir que celle-ci n'aurait livré aucune description détaillée des viols, il ne démontre pas en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en considérant que le manque de détails dans le récit de l'intimée n'entachait pas sa crédibilité vu la constance de ses propos. Le recourant ne saurait en outre rien déduire en sa faveur du fait que l'intimée a indiqué "nous faisions l'amour", dès lors qu'elle s'est exprimée en ces termes en référence aux rapports intimes consentis antérieurs à la période litigieuse (cf. jugement attaqué consid. 2.4.1 p. 13). Le recourant reproche à la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte du manque de constance dans le discours de l'intimée. Il fait valoir que les confidences faites par celle-ci à son entourage ne correspondraient pas aux faits décrits ultérieurement. Il ne saurait toutefois tirer argument du fait que l'intimée n'aurait jamais fait mention de contrainte "par la force" à sa mère et que cette dernière n'aurait fait état que d'un seul viol relaté par sa fille, après sa déposition. En effet, la juridiction précédente a relevé que malgré le dépôt de plainte, l'intimée n'avait jamais discuté de manière détaillée avec sa mère. En outre, contrairement à ce que prétend le recourant, la cour cantonale n'a pas méconnu le fait que l'intimée n'avait pas relaté les viols au psychologue initialement consulté, mais a considéré qu'on ne pouvait retenir que ses accusations manquaient de crédit du seul fait qu'elle n'avait pas réussi à se confier à son premier thérapeute, d'autant qu'elle n'avait pas non plus réussi à livrer un récit détaillé à sa mère. La juridiction précédente n'a pas non plus fait abstraction du fait que la thérapeute consultée ultérieurement par l'intimée avait uniquement mentionné "un événement traumatique". Elle a cependant considéré que cet élément ne venait pas contredire les propos de l'intimée selon lesquels elle avait subi de nombreuses agressions sexuelles car rien ne s'opposait à ce que la psychologue qualifie l'ensemble de la période pendant laquelle les abus sexuels avaient eu lieu "d'événement traumatique" et que, quoi qu'il en soit, cette dernière avait débuté son certificat médical en expliquant que l'intimée lui avait été envoyée par la LAVI suite à "des agressions sexuelles". Le recourant n'explique pas, conformément aux exigences accrues de motivation en la matière (art. 106 al. 2 LTF) en quoi l'appréciation de la cour cantonale serait arbitraire. Par ailleurs, dans la mesure où il estime que le fait que l'intimée avait confié en juillet 2015 à une amie qu'il l'avait violée constituerait une confidence "particulièrement maigre" et ne permettrait pas d'accroître sa crédibilité, il se contente d'opposer sa propre appréciation à celle de la cour cantonale dans une démarche purement appellatoire, partant, irrecevable. Le recourant s'en prend en outre à la cohérence des déclarations de l'intimée. Or il s'écarte de manière inadmissible des faits retenus par la cour cantonale en tant qu'il prétend que l'intimée aurait - de manière invraisemblable - indiqué qu'ils avaient eu des rapports consentis à la même période que les viols. De plus, le recourant soutient qu'il serait inconcevable que l'intimée retourne dormir dans le lit conjugal au petit matin alors qu'elle prétend y avoir été violée. Ce faisant, il ne démontre pas que la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en considérant que cet élément n'entamait pas la crédibilité de l'intimée, dès lors que celle-ci avait expliqué que les viols avaient eu lieu aussi bien dans son lit de fortune que dans la chambre conjugale, et que le lit du couple était de toute évidence plus confortable que le matelas sur lequel elle dormait. Par ailleurs, le recourant fait valoir que l'intimée l'aurait accusé d'un nombre d'abus sexuels "impossibles sous l'angle temporel" vu les différentes visites au domicile du couple et leurs absences respectives. Outre qu'il procède de manière purement appellatoire, le recourant n'expose pas en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement retenu que le nombre de nuits au cours desquelles les sévices avaient pu avoir lieu ne changeait rien au fait que le recourant avait imposé à l'intimée et filmé 11 actes d'ordre sexuel distincts. Au demeurant, le recourant a, pour lesdits actes, été reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance (condamnation qu'il ne conteste plus devant le Tribunal fédéral) de sorte qu'il est mal venu de faire valoir que "d'ailleurs seuls trois événements ont été retenus dans le jugement de deuxième instance, et non les dizaines d'abus dont [il] était accusé". Pour le reste, en tant qu'il prétend que l'intimée se serait contredite sur des questions importantes et qu'elle aurait une propension à mentir aux autorités, il se fonde sur des faits non constatés dans l'arrêt attaqué sans démontrer, par une argumentation répondant aux exigences de motivation accrue, qu'ils auraient été arbitrairement omis, de sorte que son argumentation est irrecevable. Son moyen est également irrecevable dans la mesure où il affirme que la résistance dont l'intimée aurait fait preuve durant les viols "ne coïnciderait pas avec l'état groggy dans lequel elle se trouvait"; il se borne en effet à présenter sa propre appréciation des preuves dans une démarche purement appellatoire.