Citation: 6B_808/2022 E. 3.4

3.4. Le recourant fait valoir que l'élément constitutif objectif de la contrainte ne serait pas réalisé. Il soutient que la cour cantonale aurait retenu à tort l'exercice d'un ascendant sur sa compagne, ce qui ne reposerait sur aucun élément du dossier et serait incompatible avec la dépendance mutuelle existant au sein du couple. En outre, le consentement serait présumé s'agissant de personnes adultes et éclairées. Le recourant revient longuement sur la relation de couple toxique préexistante, au cours de laquelle les deux partenaires auraient souffert de manière égale, et allègue que l'intimée aurait accepté la pratique du sexe anal comme condition de reprise de la relation. La menace de diffusion de vidéos et photographies intimes ne serait pas établie, respectivement n'aurait pas eu pour but d'obtenir les actes d'ordre sexuel en cause. Enfin, la menace de rupture n'aurait pas constitué un élément de contrainte. En définitive, il n'aurait usé d'aucun moyen de contrainte pour obtenir les actes qui lui étaient reprochés. En l'espèce, la majeure partie de l'argumentation du recourant s'épuise dans une vaste rediscussion des faits, dont il propose une version personnelle. Ce faisant, il ne fait qu'opposer sa propre appréciation des preuves à celle de la cour d'appel dans une démarche purement appellatoire et, partant, irrecevable. Quoi qu'il en soit, sur la base des faits retenus par la cour cantonale - et dont le recourant n'a pas démontré l'arbitraire -, on doit considérer qu'au cours du week-end des 14 et 15 juillet 2018 à tout le moins, des punitions et humiliations ont été exclusivement infligées à l'intimée et que celle-ci a en sus été menacée de voir ses vidéos et photographies intimes diffusées. Dans ce contexte, comme la cour cantonale l'a retenu, l'intimée ne pouvait pas douter du caractère sérieux de la menace de diffusion de ses images et craignait que le recourant ne la réalise. Or, une telle menace peut être mise à exécution très rapidement et est en fin de compte irréversible, d'autant plus qu'un fichier vidéo ou photo publié sur Internet peut être reproduit à volonté. En outre, les images et vidéos sur Internet peuvent considérablement compromettre les perspectives professionnelles et sociales des personnes concernées (cf. arrêt 6B_1040/2013 du 18 août 2014 consid. 4). Dans ce climat d'intensification du conflit dont l'intimée était l'unique victime, celle-ci s'est retrouvée acculée et n'a eu d'autre choix que de se plier aux exigences du recourant pour éviter l'exécution de la menace et l'atteinte à sa réputation qui en serait résultée. Sur la base de l'ensemble de ces circonstances, c'est donc sans violer le droit fédéral que la cour cantonale a considéré que la menace de diffusion d'images intimes constituait une pression psychique suffisante. Autrement dit, au vu du climat instauré par le recourant, il était vain pour l'intimée de tenter de résister, au risque d'entraîner un préjudice disproportionné, soit l'atteinte à sa réputation qui serait résultée de l'exécution de la menace. Le recourant a dès lors pu accomplir divers actes d'ordre sexuel sur l'intimée sans tenir compte du refus de celle-ci. A cet égard, le fait que l'intimée ait consenti à des relations sexuelles par pénétration vaginale au cours du week-end ne permet pas d'en déduire un consentement pour tous les autres actes d'ordre sexuel, notamment la pénétration anale. Elle s'y est opposée. De même, l'interruption de ce dernier acte en raison des douleurs ressenties par l'intimée ne permet pas non plus d'en inférer, comme le soutient le recourant, qu'elle y aurait précédemment consenti. Le raisonnement de la cour cantonale ne prête pas non plus le flanc à la critique s'agissant des comportements de l'intimée dont le recourant entend tirer argument - soit l'achat à la Coop et l'appel téléphonique à la mère de l'intimée. Au vu de la gradation des punitions infligées et de l'intensité des pressions psychiques, l'intimée ne disposait plus de son libre arbitre. En d'autres termes, les pressions psychiques exercées ont amené l'intimée à renoncer à résister physiquement au recourant; au regard de ces circonstances, on ne saurait faire grief à celle-là des deux épisodes décrits ci-dessus, ni de ne pas avoir tenté de s'opposer au recourant d'une autre manière. En définitive, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que l'élément constitutif objectif de la contrainte était réalisé. Le grief du recourant doit être rejeté.