Citation: 4A_105/2021 E. 1

Le 3 décembre 2008, l'époux a demandé le divorce. Alors qu'il projetait de vendre sa villa en Corse, il a entamé des discussions avec sa femme. Il a rédigé une note manuscrite non datée ni signée indiquant que ce bien immobilier était "en vente" et qu'il rachèterait ensuite une maison d'une valeur globale de 3 millions d'euros au maximum, à l'endroit où son épouse le voudrait. Il a également dactylographié un texte non signé ni daté dans lequel il confirmait les conditions d'occupation de la résidence secondaire dont il lui avait promis la jouissance viagère. En attendant l'achat de sa nouvelle propriété, il acceptait de financer une location à raison de 80'000 euros par an. Une "éventuelle défaillance de [s]a part dans ledit engagement" l'obligerait à verser des "dommages et intérêts forfaitaire[s]" de 3 millions d'euros. La villa en Corse a été vendue le 18 juin 2009. Le divorce a été prononcé le 20 mai 2010. Le mari s'est vu condamner à verser à sa femme une prestation compensatoire de 3'620'000 euros, plus une rente viagère mensuelle de 10'000 euros. Le jugement a par ailleurs entériné l'accord octroyant à l'épouse un droit de jouissance viager et gratuit d'une durée de 90 jours par an sur la maison de..., tant que le mari en serait propriétaire. Entre 2010 et 2014, l'époux a financé des voyages de sa femme. Par courriel du 15 mai 2013, cette dernière lui a rappelé les termes de leur accord, à savoir qu'il devait acquérir une villa choisie par elle d'une valeur de 3 millions d'euros et lui en laisser l'usufruit, pour compenser l'usage qu'elle avait eu de la villa en Corse; dans l'intervalle, il devait lui verser 80'000 euros par an. L'intéressé n'a pas réagi. Le 27 février 2014, le mari a annoncé à sa femme qu'il cesserait à l'avenir de prendre en charge ses frais de voyage au motif que sa "situation financière n'[étai]t plus ce qu'elle était". Le 4 décembre 2015, l'épouse a réclamé 3'080'000 euros à titre de dommages-intérêts forfaitaires pour l'inexécution de la promesse d'acheter une résidence secondaire (3'000'000 euros), plus une participation aux frais de location (80'000 euros).