Citation: 6S.752/2000 06.12.2000 E. A

A.- En automne 1999, lors d'une pause sur son lieu de travail, A.________ aurait laissé entendre à ses collègues B.________, C.________ et D.________, que leurs anciens collègues E.________ et F.________ avaient eu une liaison. Le propos a été rapporté à l'épouse de ce dernier, qui a demandé des explications à E.________. Celle-ci a alors décidé d'interpeller A.________ et, par l'intermédiaire de son mandataire, le notaire G.________, elle lui a adressé, le 22 novembre 1999, un courrier au contenu suivant: "Je suis consulté par Mme E.________ à Fully au sujet de propos désobligeants que vous avez proféré en son temps sur son compte. En effet, Mme E.________ a été informée par M. F.________, domicilié à Martigny, que vous avez émis devant de nombreux témoins des accusations totalement fausses. Celles-ci concernaient une relation qu'aurait eue Mme E.________ avec M. F.________. Ces allégations sont attentatoires à l'honneur de ma cliente et constituent à l'évidence un délit réprimé par le Code pénal, notamment l'art. 173. Ma mandante ne tolérera pas d'autres assertions mensongères à son égard, spécialement celles dont vous connaissez la fausseté. De tels éléments peuvent éventuellement constituer également un délit par l'art. 174 CPS. Aussi, vous voudrez bien, dans les dix jours, adresser un courrier regrettant les ragots que vous avez propagés [...] D'ores et déjà, Mme E.________ m'a chargé de déposer plainte pénale à votre encontre auprès du Juge d'instruction pénale à St-Maurice si je devais apprendre que vous vous êtes permise à nouveau de tenir des propos attentatoires à l'honneur.. " Le 17 février 2000, A.________ a déposé plainte pénale contre E.________ et G.________, pour injure (art. 177 CP) et tentative de contrainte (art. 22 al. 1 et 181 CP). Dans le cadre de l'enquête, B.________, C.________ et D.________ ont été entendus comme témoins. Les deux premières ont confirmé que A.________ avait tenu les propos litigieux auxquels la lettre du 22 novembre 1999 faisait référence.