Citation: 6B_1109/2015 E. 1.2

1.2. La cour cantonale s'est référée à l'appréciation des premiers juges qui ont retenu la version des faits présentée par l'intimée, qu'ils ont jugée constante et mesurée, alors que celle du recourant se heurtait à plusieurs éléments du dossier. Elle a ainsi relevé que les explications de l'intimée n'avaient pas varié durant l'enquête, sous réserve du viol qu'elle n'a pas évoqué lors de sa première audition mais seulement la deuxième fois qu'elle a été entendue. L'intimée avait décrit de manière précise l'attitude générale du recourant à son égard, le climat de terreur qu'il faisait régner à la maison ainsi que les différentes violences qu'il lui avait fait subir. Elle avait notamment mentionné qu'il lui faisait peur de par sa maigreur, sa taille et des bagues avec des têtes de mort qu'il portait. Outre les attouchements, elle a affirmé qu'il lui donnait des claques, des fessées, qu'il lui tirait les cheveux, que les coups étaient douloureux en raison des bagues qu'il portait et qu'il lui faisait prendre des douches froides. La Cour d'appel a également fait état des déclarations de D.________, qui avait été l'ami de l'intimée en 2010 et 2011, et qui avait affirmé avoir remarqué que celle-ci réagissait avec réserve ou avait peur lors de moments de tendresse. Il avait également déclaré qu'elle lui avait avoué avoir été violée par le recourant. La cour cantonale a estimé que ce témoin était parfaitement crédible puisqu'il n'entretenait plus de relation sentimentale ni amicale avec Y.________. Il en allait de même de la psychologue E.________, qui avait suivi Y.________ notamment de février à juillet 2002, à savoir vers la fin de la cohabitation entre le recourant et cette dernière. Lors de son audition, E.________ avait déclaré s'être toujours posée la question d'actes sexuels sur l'intimée mais qu'elle ignorait qui en était l'auteur puisque celle-ci ne s'était jamais confiée à elle. Elle avait toutefois constaté que l'intimée et son petit frère étaient terrorisés par le recourant. Ce dernier avait accompagné l'intimée lors de son premier entretien. La psychologue a déclaré qu'il arborait alors des bijoux satanistes et tenait des propos satanistes et qu'elle avait elle-même eu peur de lui. La Cour d'appel a relevé que les premiers juges s'étaient également appuyés sur les rapports des intervenants sociaux qui avaient suivi l'intimée alors que celle-ci était placée en foyer entre novembre 2009 et juin 2010. Tout comme la psychologue, l'assistante sociale du Service de protection de la jeunesse (SPJ) avait en particulier eu des soupçons de gestes inadéquats de la part du recourant sur l'intimée. Les intervenants sociaux avaient également relevé que cette dernière en voulait à ses parents de ne pas l'avoir protégée de cet individu. La Cour d'appel a estimé que ces rapports corroboraient les déclarations de l'intimée et qu'aucun des professionnels qui avaient été amenés à la rencontrer n'avait mis en doute la réalité des abus dénoncés, de sorte que c'était à juste titre que les premiers juges avaient pris en compte leurs dires. A l'instar du Tribunal correctionnel, les juges de deuxième instance ont considéré que la révélation des abus subis et la dénonciation du recourant avaient eu pour effet de libérer l'intimée d'un lourd fardeau et qu'elle avait dès lors cessé de se mettre en danger constamment. Dès l'âge de huit ans, l'intimée avait en effet commencé à s'automutiler puis à fuguer, avant de s'adonner à la consommation de produits stupéfiants à partir de l'âge de treize ans. En novembre 2010, elle avait été hospitalisée ensuite d'une tentative de suicide par absorption de drogues et de médicaments. Jusqu'en mai 2011, elle avait fugué à dix-huit reprises. Au retour de sa dernière fugue, elle s'était confiée à sa mère au sujet des attouchements que le recourant lui avait fait subir. Depuis lors, elle n'avait plus fugué. Elle avait également parlé du viol à son père. Lors de son audition, ce dernier avait déclaré avoir l'impression que sa fille était devenue plus calme et avait trouvé un certain équilibre depuis qu'elle avait pu s'exprimer. La cour cantonale a également considéré que la crédibilité des déclarations de l'intimée était renforcée par le fait qu'elle n'avait jamais démontré aucune animosité ni envie de vengeance à l'égard du recourant, son agressivité étant dirigée uniquement contre elle-même et ses proches qui n'avaient pas su ou pu la protéger. Lors de ses auditions, elle n'avait jamais tenté d'accabler le recourant et avait indiqué qu'il ne l'avait pas menacée et qu'il ne lui avait pas demandé de le caresser ou de le masturber. L'intimée avait uniquement eu une réaction surprenante lorsqu'elle avait été interrogée sur l'épisode dit du SMS, à savoir un message de menaces signé des initiales du recourant adressé à l'intimée afin qu'elle retire sa plainte et dont il est avéré que le recourant n'est pas l'auteur mais qu'il aurait vraisemblablement été envoyé par un ami de l'intimée auquel elle se serait confiée et qui était en conflit avec le recourant. Compte tenu des autres éléments au dossier, la cour cantonale a toutefois estimé que cet élément n'était pas de nature à discréditer les déclarations de l'intimée. Quant au recourant, la cour cantonale a relevé qu'il avait menti sur son emploi du temps en soutenant, qu'à l'époque des faits, il quittait la maison vers 6 heures pour ne rentrer que vers 22 heures, avant de revenir sur ses déclarations et d'admettre qu'il était sans emploi durant cette période. Il avait enfin adopté durant toute la procédure une version défensive détestable notamment en faisant porter la responsabilité des actes sur les proches de l'intimée. Pour les motifs qui précèdent, la cour cantonale a considéré que les premiers juges avaient écarté à juste titre la version du recourant sur la base des éléments du dossier et privilégié la version crédible de l'intimée.