Citation: 4A_349/2023 E. 8.3

8.3. Dans ses écritures, la recourante tente de relativiser la complexité de la cause, en soulignant que les arbitres sont des experts chevronnés en matière de droit de la construction. Elle conteste aussi l'affirmation selon laquelle le Tribunal arbitral aurait dû faire face à divers incidents procéduraux. Elle soutient, par ailleurs, que les frais d'expertise auraient pu être moins élevés. Se référant aux règles de la Chambre de Commerce Internationale, l'intéressée estime que les honoraires des arbitres, arrêtés à 350'000 fr., sont, en comparaison, excessifs et devraient être réduits de 40 %. Semblable argumentation n'emporte pas la conviction de la Cour de céans. Le Tribunal fédéral n'examine pas la conduite de la procédure arbitrale, mais uniquement si les frais et honoraires des arbitres, considérés dans leur ensemble, sont manifestement excessifs. Or, tel n'est pas le cas en l'espèce, si l'on tient compte non seulement du temps consacré par les arbitres à la résolution de cette affaire, mais aussi d'autres critères tels que la valeur litigieuse et le degré de difficulté du litige (arrêts 4A_63/2023 du 24 mai 2023 consid. 7.3; 4A_30/2022 du 3 mai 2022 consid. 3.4.2). Dans ses observations sur le recours, le Tribunal arbitral expose en outre, sans être contredit par la recourante, que les parties ont été informées de manière transparente sur l'évolution des coûts prévisibles de la procédure et ont régulièrement payé les avances de frais requises. Il relève aussi que la valeur litigieuse était supérieure à 2'000'000 fr. et qu'il a investi 692 heures dans la présente cause, - ce qui représente un tarif horaire moyen de 505 fr. pour les trois arbitres (350'000 fr. / 692 heures) -, afin de trancher une affaire qui s'est révélée très complexe et extrêmement litigieuse sur le plan procédural. Sur le vu de ces explications et eu égard à l'ensemble des circonstances de la cause en litige, les critiques formulées par la recourante ne sont pas de nature à faire apparaître les frais et honoraires des arbitres comme manifestement excessifs. Le moyen pris de la violation de l'art. 393 let. f CPC se révèle ainsi infondé.