Citation: 5A_945/2022 E. 7.3

7.3. L'argumentation développée par le recourant, qui consiste surtout à faire valoir sa propre analyse de la situation, ne suffit pas à démontrer l'arbitraire de la décision attaquée. Il expose qu'il assume l'intégralité de l'entretien des enfants, en espèces comme en nature, notamment pour son fils qui a besoin d'un grand soutien; or il travaille à plein temps alors qu'il pourrait se contenter de travailler à 80% jusqu'aux 16 ans de celui-ci, soit jusqu'au 12 janvier 2023, voire au-delà compte tenu des difficultés de cet enfant. Selon le recourant, ces éléments devraient contrebalancer le fait qu'il dispose d'une situation financière très favorable. Il convient toutefois de relever que sa fille est majeure et que les besoins de prise en charge personnelle de son fils doivent être relativisés au vu de l'âge de celui-ci, les constatations de fait de l'arrêt attaqué mentionnant par ailleurs uniquement qu'un placement d'une durée de trois mois aux fins d'observation a été envisagé en 2020 pour cet enfant et qu'il bénéficie d'une curatelle au sens de l'art. 308 al. 1 et 2 CC, dont le recourant minimise du reste l'utilité. Qu'il ait continué de travailler à plein temps avant les 16 ans de son fils alors qu'on ne peut en principe pas l'exiger du parent gardien (notamment: ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2) ne permet pas non plus de retenir que l'autorité cantonale aurait abusé de son pouvoir d'appréciation s'agissant du partage de l'excédent, étant rappelé qu'il ne s'agit pas d'une règle stricte et que son application dépend du cas concret (art. 4 CC; ATF 144 III 481 consid. 4.7.9; arrêt 5A_582/2020 du 7 octobre 2021 consid. 3.3). Le recourant formule en outre des critiques relativement à la prise en compte de la vente de ses actions, que l'autorité cantonale aurait mal interprétée, et soutient qu'il lui serait impossible de se constituer une épargne ou une prévoyance supérieures à celles de l'intimée, arguant que ces éléments auraient été arbitrairement pris en compte par les juges précédents. Si, comme le recourant le soutient, le juge des mesures provisionnelles ne doit pas trancher, même sous l'angle de la vraisemblance, des questions de fond, objet du procès en divorce (ATF 147 III 293 consid. 4.4; sur l'allocation, sous l'angle de l'arbitraire, d'un montant tenant compte des besoins de prévoyance durant la procédure de divorce, cf. ATF 145 II 169 consid. 3), il convient de rappeler que pour qu'elle soit annulée, la décision ne doit pas seulement être arbitraire dans sa motivation, mais aussi dans son résultat. En l'occurrence, l'autorité cantonale a constaté que le mari bénéficiait d'une situation financière très favorable, alors que l'épouse ne parvenait pas à couvrir ses charges et ne disposait par conséquent d'aucune capacité contributive. Dès lors que, de jurisprudence cons-tante, il n'est pas critiquable de laisser à celui qui est économique-ment le mieux placé la charge d'entretenir les enfants par des presta-tions pécuniaires, en sus des soins et de l'éducation (parmi d'autres: arrêt 5A_22/2023 du 6 février 2024 consid. 6.1 et les références), on ne voit donc pas en quoi les juges précédents seraient tombés dans l'arbitraire en considérant, dans le cas particulier, qu'il ne se justifiait pas de pondérer l'élément de la prise en charge des enfants dans la répartition de l'excédent ni, par conséquent, d'allouer une part réduite de celui-ci à l'intimée. En tout cas, le recourant ne le démontre pas (art. 106 al. 2 LTF). Le sort du grief s'en trouve ainsi scellé, sans qu'il y ait lieu de l'examiner plus avant.