Citation: 7B_747/2023 E. 2.6.3

2.6.3. Par ailleurs, c'est en vain que le recourant tente de mettre à mal la crédibilité de l'intimée 1 en évoquant sa "propension au mensonge" et sa tendance à "l'histrionisme". Tout d'abord, c'est à tort que le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir omis certains faits ressortant du dossier du SPMi, soit: que l'intimée 1 mentirait beaucoup selon l'avis de sa mère; que son comportement - très difficile - à l'adolescence aurait conduit à son placement en foyer; enfin, que son séjour dans ce foyer aurait été émaillé par divers incidents et fugues, dont une "crise violente" en juin 2016 lors de laquelle l'intimée 1 aurait ameuté un étage de pensionnaires pour attirer l'attention. Ces éléments ressortent de l'arrêt attaqué et la cour cantonale ne les a pas omis (cf. pp. 11, 12 et 20 de l'arrêt attaqué). Le grief est infondé. Ensuite, la cour cantonale a exposé de manière claire et convaincante pour quelles raisons il ne pouvait pas être retenu que l'intimée 1 avait une tendance à mentir ou à inventer des histoires, telle qu'elle serait capable de fabriquer de fausses accusations. Premièrement, les déclarations de l'intimée 2 concernant les mensonges de sa fille étaient infondées. Celles-ci dataient de l'époque où l'intimée 2 avait pris le parti du recourant qui était soupçonné de violence intrafamiliale. Depuis lors, tant l'intimée 2 que le recourant avaient admis l'existence de violence, ce dernier ayant notamment reconnu avoir frappé l'enfant, dont au moins une fois avec une ceinture. De plus, l'intimée 2 avait elle-même relevé que sa fille n'était plus la même depuis le printemps 2009, période qui correspondait à celle où les actes d'ordre sexuel auraient eu lieu. Deuxièmement, le comportement difficile de l'intimée 1 pouvait être attribué aussi bien à la violence physique - dont elle avait été victime de la part de son père et de son beau-père - qu'aux abus sexuels reprochés à ce dernier; ces deux types de violence étaient de nature à la traumatiser. Aussi l'attitude de l'intimée 1 était-elle un élément neutre, qui ne plaidait ni en faveur ni en défaveur de sa crédibilité. Troisièmement, les intervenants chargés du suivi de l'intimée 1 avaient noté une amélioration de son comportement après le dévoilement des faits. Quatrièmement, le fait que l'intimée 1 ne se soit confiée qu'à une poignée de personnes, en qui elle avait particulièrement confiance, parlait en faveur de sa crédibilité. Il en allait de même des sentiments et des motifs - crédibles - qu'elle avait invoqués à l'appui de son silence, tels que la peur de ne pas être crue par sa mère ou que celle-ci cesse de l'aimer et la peur que le recourant s'en prenne à elle ou à son père biologique. Cinquièmement, l'intimée 1 ne tirait aucun bénéfice secondaire à mentir au sujet des actes d'ordre sexuel dénoncés, ni n'avait été manipulée par sa mère en vue de faire de fausses déclarations contre le recourant. Le recourant ne critique pas cette argumentation. Il se prévaut de faits qui ne ressortent pas de l'arrêt attaqué lorsqu'il relève que le père de l'intimée 1 se serait également inquiété des mensonges de celle-ci; qu'elle aurait lancé à l'école une rumeur selon laquelle elle était enceinte; qu'elle aurait le besoin de se faire remarquer et d'être rassurée; qu'elle aurait instauré un climat "de peur et d'agressivité" au sein du foyer; enfin, qu'un éducateur aurait déclaré avoir "rarement vu une fille remplie d'autant de colère". Quoi qu'il en soit, même si on devait admettre que ces éléments témoignent d'un comportement de l'intimée 1 marqué par une forte hostilité et un grand besoin d'attirer l'attention, ils ne permettent de toute façon pas de retenir que la jeune femme aurait menti sur la réalité des faits dénoncés. Partant, on ne voit pas que la cour cantonale aurait dû tenir compte de ces éléments. Le grief doit être rejeté.