Citation: 5P.202/2004 10.08.2004 E. 1

La cour cantonale n'a pas ignoré les dates d'établissement des certificats médicaux et a relevé que si ceux-ci ne pouvaient rien dire de l'état dans lequel se trouvait le testateur le 15 octobre 1998, l'avis des médecins était toutefois d'importance s'agissant de déterminer les effets de la maladie sur la santé mentale du de cujus et l'incidence des médicaments prescrits. A ce sujet, elle a retenu que, selon le neurologue, qui a examiné Y.________ le 22 juillet 1998, soit moins de trois mois avant de tester, le syndrome extra-pyramidal de type parkinsonien était très modéré et n'avait aucune incidence directe ou indirecte sur la santé mentale du patient; que cette constatation était corroborée par l'avis du médecin-chef de l'hôpital de Sion, qui n'a pas constaté d'altération des capacités de discernement du patient lors de son hospitalisation qui a duré jusqu'au 3 août 1998. Elle a également relevé que, selon le médecin-chef du service de gériatrie de l'hôpital de Martigny, la maladie de Parkinson n'avait en rien altéré la capacité de discernement de l'intéressé, alors même qu'elle avait progressé, s'accompagnant d'un état dépressif nécessitant une hospitalisation de février à juin 1999. Il résulte des témoignages précités que les médecins ont pu se faire une idée précise de l'état de santé physique et mental du de cujus durant les années 1998 et 1999 et que, d'après eux, ni la maladie constatée, ni la médication prescrite, ce aussi bien avant qu'après la conclusion du testament, n'ont influé sur la capacité de discernement du testateur. La cour cantonale pouvait donc en déduire, sans tomber dans l'arbitraire, que l'intéressé disposait de sa pleine capacité durant cette période et y compris le jour de l'établissement du testament. Du reste, la recourante n'avance aucun élément qui permettrait d'en douter. Son grief est dès lors infondé. 2.4 La recourante soutient que, dès le mois d'octobre 1998, Y.________ a pris une médication différente, selon un autre dosage, ingérant notamment de l'Importal, du Madopar, de l'Effortil et du Deroxat, soit des substances qui ont des effets indésirables et des interactions négatives. La cour cantonale, sur la base de trois avis médicaux, datés d'avant et après le testament, a admis qu'Y.________ avait toute sa capacité de discernement, nonobstant la lourde médication qui lui avait été prescrite, les interactions entre certains médicaments et les possibles effets secondaires de certaines substances. Elle a relevé que les médicaments prescrits et absorbés par Y.________ durant ses séjours hospitaliers n'avaient pas eu sur son mental les effets décrits par la recourante. Ainsi, par sa critique, cette dernière ne fait qu'opposer sa propre appréciation des preuves à celle de l'autorité cantonale, sans démontrer en quoi cette dernière serait arbitraire. De plus, même si des médicaments, tels que le Madopar et le Deroxat, peuvent certes influer sur le psychisme, ces constatations ne permettent pas encore de conclure, sous l'angle de la vraisemblance, à l'incapacité de discernement de l'intéressé au moment de tester. Le grief doit dès lors être rejeté dans la mesure où il est recevable. 2.5 La recourante reproche enfin à l'autorité cantonale d'avoir rejeté sa demande d'expertise médicamenteuse, alors qu'il s'agit de la seule preuve adéquate pour apprécier les chances de succès de son action, les autres éléments n'étant pas relevants. Ce grief tombe à faux, la recourante n'ayant pas établi que la cour cantonale avait procédé à une appréciation arbitraire des preuves retenues (cf. supra, consid. 2.2 à 2.4). En outre, elle ne critique pas, de manière conforme à l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'argumentation de la cour cantonale selon laquelle elle pourra toujours requérir ce moyen de preuve dans la procédure au fond et que le juge de l'assistance doit statuer en l'état du dossier, sur la base d'un examen provisoire et sommaire des allégations et des preuves à disposition, sans procéder à une instruction supplémentaire. Partant, sa critique est irrecevable. 2.6 En conclusion, la cour cantonale a apprécié les preuves sans arbitraire et s'est fondée sur des éléments pertinents pour juger des chances de succès de l'action en annulation du testament, de sorte qu'elle n'a pas violé l'art. 29 al. 3 Cst.