Citation: 4P.292/2001 18.02.2002 E. B

B.- A fin avril 1998, S.________ a téléphoné à X.________ S.A. D'après le premier, l'entretien n'avait eu comme objet que de se renseigner sur l'état du compte; selon Y.________, S.________, au cours de cette conversation téléphonique qui aurait eu lieu le 29 avril 1998, se serait plaint du rendement obtenu et aurait manifesté son désir de procéder à des investissements plus rémunérateurs, de sorte qu'à la requête de son interlocuteur, Y.________ aurait indiqué que les transactions sur le Forex ou les options warrant sur actions étaient plus rentables. D'après la note établie à cette occasion par Y.________, S.________ lui aurait alors dit de procéder à des opérations sur le Forex. Du 1er mai 1998 au 6 juillet 1998, ces opérations ont été effectuées, et, à la clôture, le compte de F.________ présentait un solde de 21 773, 32 US$ et de 187 798 yens, dont la contre-valeur est d'environ 1351 US$. Le 29 juin 1998, S.________ a appris les pertes; en août 1998, il s'est rendu chez X.________ S.A. pour trouver un arrangement, en vain, avant de constituer un avocat chargé d'obtenir le remboursement des pertes subies. Le 19 mars 1999, F.________ a ouvert action contre X.________ S.A. devant le Tribunal de première instance de Genève et a conclu au paiement de 76 969, 34 US$ plus intérêts à 5% dès le 1er mai 1998. Par jugement du 14 septembre 2000, le Tribunal de première instance a débouté F.________ de toutes ses conclusions. Cette autorité a retenu qu'à fin avril 1998, S.________, agissant valablement pour F.________, avait donné à X.________ S.A. des instructions portant sur des investissements sur le marché Forex. Saisie d'un appel de F.________, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève, par arrêt du 12 octobre 2001, a annulé le jugement précité et condamné X.________ S.A. à payer au demandeur 76 969, 34 US$ avec intérêts à 5% dès le 1er mai 1998. La cour cantonale a retenu en substance que la déposition de S.________, comme témoin, était plus convaincante que les déclarations de Y.________, en considération notamment de la note rédigée par la gestionnaire de la banque Z.________. De plus, X.________ S.A. avait failli à ses obligations de mandataire de renseigner le client avant de se lancer dans des opérations spéculatives avec les fonds d'un compte, dont le montant était totalement insuffisant pour justifier une politique de placement agressive et risquée.