Citation: 1B_221/2009 24.08.2009 E. 5

Il reste à examiner si la détention litigieuse viole les principes de la proportionnalité et de la célérité, comme le soutient le recourant. 5.1 En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 par. 3 CEDH, toute personne qui est mise en détention préventive a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou d'être libérée pendant la procédure pénale. Une durée excessive de la détention constitue une limitation disproportionnée de ce droit fondamental, qui est notamment violé lorsque la durée de la détention préventive dépasse la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre. Dans l'examen de la proportionnalité de la durée de la détention, il y a lieu de prendre en compte la gravité des infractions faisant l'objet de l'instruction. Le juge peut maintenir la détention préventive aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation (ATF 133 I 168 consid. 4.1 p. 170; 132 I 21 consid. 4.1 p. 27; 128 I 149 consid. 2.2 p. 151; 107 Ia 256 consid. 2 et 3 p. 257 ss et les références). L'incarcération peut aussi être disproportionnée en cas de retard injustifié dans le cours de la procédure pénale. Il doit toutefois s'agir d'un manquement particulièrement grave, faisant au surplus apparaître que l'autorité de poursuite n'est plus en mesure de conduire la procédure à chef dans un délai raisonnable (ATF 133 I 270 consid. 3.4.2 p. 281; 128 I 149 consid. 2.2.1 p. 151 s.; 123 I 268 consid. 3a p. 273; 116 Ia 147 consid. 5a, 107 Ia 257 consid. 2 et 3). 5.2 En l'occurrence, le recourant se limite à rappeler la jurisprudence et à affirmer que l'enquête est close et que l'intérêt public pourrait être préservé par une mesure moins dommageable que la détention préventive. Il est dès lors douteux que le grief soit recevable au regard des exigences minimales de motivation déduites des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF (cf. à cet égard ATF 133 II 249 consid. 1.4 p. 254 s. et les références). Au demeurant, compte tenu des graves accusations pesant sur le recourant, les quelque huit mois de détention préventive subis à ce jour apparaissent encore compatibles avec la peine privative de liberté à laquelle l'intéressé est exposé concrètement en cas de condamnation. De plus, on ne voit pas quelle mesure moins incisive que la détention préventive permettrait de prévenir le risque de collusion, les mesures alternatives évoquées par le recourant ayant du reste trait au risque de fuite uniquement. Enfin, la procédure progresse régulièrement et on ne distingue pas de graves manquements à cet égard.