Citation: 1B_446/2015 E. 2.2

2.2. En l'espèce, pour justifier le maintien en détention du recourant, l'instance précédente a retenu un risque de réitération s'agissant du téléchargement de fichiers de type pédopornographique. Elle s'est fondée notamment sur les conclusions de l'expertise psychiatrique et les précédentes condamnations du prévenu pour des faits similaires. L'expert a en effet expressément indiqué que le recourant - qui souffrait de pédophilie, associée à un trouble de la personnalité immature - présentait un risque de récidive très important s'agissant d'actes de même nature que ceux qui lui étaient reprochés; l'expert a notamment souligné l'incapacité du recourant à réprimer ses pulsions et fantasmes violents, malgré le traitement médical ambulatoire auquel il était soumis et ses précédentes condamnations. Le recourant a d'ailleurs récidivé non seulement pendant le délai d'épreuve assortissant sa libération conditionnelle, mais également durant la présente enquête après la première perquisition menée à son domicile. Par ailleurs, les faits reprochés sont graves et de nature à compromettre sérieusement la sécurité d'autrui dès lors que le contenu pédopornographique de ces fichiers - que le recourant a de surcroît échangé avec d'autres internautes à l'occasion de chat évoquant des fantasmes pédophiles avec actes de violence et quelques fois mise à mort de l'enfant - peut agir sur le spectateur en le corrompant, à savoir en favorisant notamment sa disposition à imiter le comportement observé; de plus, la consommation de tels fichiers impliquant des enfants entraîne la fabrication de ceux-ci et donc l'exploitation sexuelle, la violence et les traitement humiliants ou indignes sur des enfants (cf. ATF 128 IV 25 consid. 3a p. 28; 124 IV 106 consid. 3c/aa p. 111 s.). Quoi qu'en pense le recourant, il n'est pas déterminant qu'il n'ait pas lui-même porté directement atteinte à l'intégrité sexuelle d'un mineur. Par conséquent, compte tenu des troubles psychologiques diagnostiqués, du risque de récidive constaté par l'expert, de ses antécédents, de l'ampleur des téléchargements et des échanges de messages et de fichiers à caractère pédopornographique avec d'autres internautes, l'instance précédente n'a pas violé l'art. 221 al. 1 let. c CPP en retenant l'existence d'un risque de récidive justifiant le maintien en détention.