Citation: 6B_241/2014 E. 2

Le recourant observe que la juridiction d'appel a admis, ainsi qu'il l'avait plaidé sur la base des enregistrements des caméras de surveillance, que les conducteurs des deux véhicules avaient entamé simultanément la manoeuvre de se déplacer vers la voie centrale; les parties arrières des véhicules étaient à la même hauteur au début de leurs manoeuvres respectives, à 8h29'39''. Le recourant soutient que le Tribunal cantonal a omis arbitrairement de tirer les conséquences de la différence de dimensions des véhicules. Au moment de commencer la manoeuvre, le recourant ne pouvait pas apercevoir le véhicule de Mme A.________ en jetant un regard par-dessus l'épaule gauche, car ce véhicule n'était pas encore à côté de lui, mais loin derrière lui (environ 12m) et sur une autre voie de circulation que celle où il devait se rendre (en raison du rétrécissement prévisible de l'autoroute, de 3 à 2 voies, à la sortie d'autoroute de Morges-Est); à l'inverse, il estime que Mme A.________ aurait pu apercevoir son train routier en regardant par sa fenêtre latérale droite. Le recourant reproche aux juges d'appel d'avoir omis de relever que Mme A.________ n'avait pas regardé par la fenêtre pour vérifier à l'oeil nu si la voie était libre, lorsqu'elle a commencé à effectuer son changement de voie. Elle a circulé le long du camion pendant 4 secondes (entre 8h29'39'' et 8h29'43''), s'en rapprochant toujours davantage sans l'apercevoir, jusqu'au moment où elle l'a touché. De l'avis du recourant, ces faits sont importants pour le sort de la cause, car ils établissent que c'est non fautivement qu'il n'a pas été en mesure d'apercevoir la VW Polo au moment où elle a commencé à s'engager sur la voie du milieu, et cela même en observant les mesures habituelles de précaution que l'art. 39 al. 2 LCR impose (regard au-dessus de l'épaule). Selon le recourant, la juridiction d'appel a considéré arbitrairement qu'aucun des deux conducteurs ne pouvait apercevoir l'autre au moment de commencer la manoeuvre, et que chacun encourt en définitive la même responsabilité, la même faute et la même condamnation. Par ailleurs, le recourant se plaint d'une constatation arbitraire des faits. Il rappelle qu'il n'y a pas eu de véritable choc entre les véhicules; dans ses dépositions, il avait indiqué qu'il avait senti une pression sur l'avant-gauche de son camion. A son avis, l'absence de choc (qui résulte d'un examen attentif des images filmées de l'accident) est importante pour établir la causalité, dans l'enchaînement des circonstances qui est à l'origine de la collision entre la VW Polo et le motocycliste B.________. Il estime qu'on peut déduire des images que Mme A.________ a violemment tourné le volant à gauche et a ainsi perdu la maîtrise de son véhicule à 8h29'45'', alors qu'elle s'était déjà rabattue devant le camion et qu'elle aurait pu continuer sa route sans encombre, ou en tout cas sans causer d'accident. Selon le recourant, les juges d'appel ont arbitrairement omis de faire mention de ces faits, importants pour le sort de la cause, car ils permettent de retenir que la perte de maîtrise fautive de Mme A.________ est seule la cause de l'accident, contrairement à ce que les juridictions précédentes ont retenu, en persistant à admettre qu'un choc entre les deux véhicules aurait propulsé la VW Polo vers la glissière centrale. De ce qui précède, le recourant en déduit qu'il doit être libéré de toute accusation de lésions corporelles simples par négligence.