Citation: 6B_166/2010 17.06.2010 E. 3

Le recourant reproche ensuite au Tribunal de police d'avoir refusé d'ordonner une expertise de crédibilité de la victime. 3.1 Devant la cour cantonale, le recourant n'a pas soulevé expressément ce grief. Il s'est borné à discuter la crédibilité des allégations de l'adolescent et à relever avoir demandé à deux reprises, au juge d'instruction, la mise en oeuvre d'une telle expertise. Il s'ensuit que ce grief est irrecevable au regard l'art. 80 al. 1 LTF. 3.2 Au demeurant, une expertise de crédibilité s'impose surtout lorsqu'il s'agit des déclarations d'un petit enfant qui sont fragmentaires ou difficilement interprétables, lorsqu'il existe des indices sérieux de troubles psychiques ou lorsque des éléments concrets font penser que la personne interrogée a été influencée par un tiers (ATF 129 IV 179 consid. 2.4 p. 184). En l'espèce, la victime était âgée de plus de quinze ans au moment des faits, ses déclarations n'étaient ni fragmentaires ni difficilement interprétables. Que le recourant les ait toujours contestées ne justifiait pas la mise en oeuvre d'une telle expertise. Quant au comportement de l'adolescent, à l'époque de la rencontre, puis durant la procédure, le premier juge a mentionné la tendance à la fabulation rapportée par un témoin (B.________) ainsi que la circonstance que la victime avait admis avoir traversé une mauvaise passe, qu'elle avait des problèmes relationnels avec ses parents et qu'elle adoptait sur internet un comportement sexuel actif et provocateur. Ce jugement relève cependant que cet aveu témoignait de la lucidité de la victime en 2007 déjà, qu'aux débats l'adolescent avait expliqué aller mieux et n'avoir plus de problèmes relationnels avec ses parents, ce qui avait été confirmé par son père. Il paraissait ainsi tout à fait équilibré. Le Tribunal de police a conclu que le fait de chercher à se rendre intéressant lorsqu'il faisait des rencontres ne signifiait pas que le jeune homme mentait en permanence (jugement, consid. II.1.c, p. 8). Cette appréciation dénuée d'arbitraire (v. infra consid. 4.3.2) exclut aussi tout doute raisonnable quant à un éventuel trouble psychique de l'adolescent. Une expertise de crédibilité n'apparaissait donc pas nécessaire. Pour le surplus, c'est en vain que le recourant évoque certaines déclarations de la victime en cours d'enquête, dès lors que le Tribunal de police a principalement apprécié la crédibilité des déclarations de la victime au moment des débats en relevant les changements intervenus dans l'intervalle. Il s'ensuit que, supposé recevable, le grief devrait de toute manière être rejeté.