Citation: 8C_326/2019 E. 4.5

4.5. En l'occurrence, pour retenir que l'activité de l'assuré était essentiellement administrative avec de rares déplacements à l'extérieur, sur des chantiers dont l'accès était aisé, la recourante se base sur une information donnée par un représentant de B.________ SA lors d'un entretien avec la CNA le 28 septembre 2016. Il ressort du procès-verbal de cet entretien qu'en dehors de ses tâches administratives "l'assuré n'était amené que très rarement à se rendre à l'extérieur au moyen de son véhicule privé auprès des clients de l'entreprise, du moins uniquement auprès de client[s] dont [le directeur] connaissait les conditions d'accès et qui ne demandaient pas de sollicitations particulières physiques ou de marche en terrains inégaux". De son côté, l'assuré a expliqué que son activité était constituée d'une partie administrative et d'une partie physique qui impliquait des visites de chantier afin d'effectuer des relevés pour établir des offres et assurer le suivi des travaux. Il a précisé avoir visité et contrôlé en 2009 34 objets notamment à Lausanne, Payerne, Berne, Romont, Genève et Bulle; 26 objets en 2010 notamment à Bulle, Drognens, Morat, Rolle, Romont ainsi qu'une visite de la ligne de haute tension entre Albeuve et St.-Tryphon au cours de laquelle il avait consulté, durant deux jours, tous les socles des pylônes de la ligne de haute tension à l'exception d'un pylône accessible uniquement en hélicoptère. Il a également indiqué avoir visité en 2011 61 objets notamment à Cressier, Glion, Bulle, Sâles, St.-Aubin, Lonay, Charmey, Zollikofen et Lussy et effectué 25 visites en 2012, avant son accident. Puis, il a ajouté avoir établi des relevés sur un parking à Marly en novembre 2012, soit après son accident accompagné d'un apprenti pour l'aider dans cette tâche "car il lui était difficile de faire des relevés sur un bloc-notes avec des béquilles". Or, il faut admettre avec la cour cantonale que les informations détaillées que l'assuré a données de manière constante dans son opposition puis dans son recours cantonal n'ont pas véritablement été réfutées par la recourante qui ne s'est déterminée à aucun moment sur le nombre de déplacements allégués ni sur les conditions d'accès des ouvrages visités. Depuis la procédure d'opposition et jusqu'au stade du recours fédéral, elle s'est contentée de contredire l'assuré en se référant purement et simplement à un extrait du procès-verbal de l'entretien qu'elle a eu avec l'employeur le 28 septembre 2016. Toutefois, force est de constater que cet entretien n'est pas spécifiquement consacré à l'activité de l'assuré avant l'accident, mais porte également sur le statut et les conditions salariales de celui-ci, le taux d'activité à son retour, la résiliation des rapports de travail et l'hypothèse d'une continuation des rapports de service. Les quelques lignes consacrées aux activités à l'extérieur de l'assuré sont une description générale et manquent de précisions; le représentant de B.________ SA ne les décrit pas de manière détaillée et concrète et ne semble au demeurant pas être en mesure de le faire puisqu'il indique, quelques lignes plus bas, ne pas savoir si l'assuré a bel et bien mis en valeur sa capacité de travail partielle à partir du 1er novembre 2012. Les informations qu'il a données ont par ailleurs été réfutées par l'assuré qui a indiqué qu'elles provenaient d'un employé qui s'occupait des salaires, des assurances et du fond de prévoyance et n'était clairement pas la bonne personne pour décrire en quoi consistait son travail avant son accident, à son retour, et jusqu'au 31 décembre 2012. Cela étant, les premiers juges étaient fondés à retenir que les faits allégués par l'assuré lui paraissaient les plus probables (cf. consid. 3.3. supra), sans ordonner une instruction complémentaire sur laquelle celui-ci n'aurait au demeurant pas pu prendre position dès lors qu'il était décédé.