Citation: 5A_592/2023 E. 6.1

6.1. Le juge cantonal a estimé que la poursuite d'un tel mode de garde n'était plus appropriée. Contrairement à ce que sous-entendait le père, il n'y avait pas lieu de remettre en cause la crédibilité des déclarations faites par les filles des parties, âgées de 13 et 15 ans, devant le premier juge, celles-ci étant claires et similaires sur de nombreux points; toutes deux avaient indiqué que le père ne se remettait pas en question, disait des méchancetés sur leur mère, peinait à les comprendre et se comportait de manière différente avec elles et leur frère, créant un déséquilibre. Il a ainsi considéré pouvoir parfaitement se fonder, entre autres éléments, sur les déclarations des deux aînées pour statuer sur la garde des enfants. Il a ajouté que l'on ne pouvait pas voir, comme le prétendait le père, une instrumentalisation des filles par leur mère ou considérer qu'elles seraient prises dans un conflit de loyauté; s'il était vrai que les parties étaient en conflit, aucun élément ne permettait de considérer que les filles étaient manipulées par leur mère. En réalité, il inversait les rôles, les deux enfants ayant indiqué que celui-ci parlait mal de leur mère devant elles, au contraire de celle-ci. Elles souhaitaient d'ailleurs limiter les contacts avec leur père, D.A.________ indiquant que celui-ci lui parlait de manière inappropriée et E.A.________ estimant que la garde alternée était trop pour elle. Le juge cantonal a encore considéré que c'était le comportement du père qui créait un déséquilibre et un climat d'instabilité au sein de la famille, dès lors que celui-ci paraissait favoriser son fils au détriment de ses filles, en lui laissant le droit de tout faire, ce qui avait pour effet de générer des conflits dans la fratrie. Il a ainsi estimé que la poursuite de la garde alternée ne paraissait pour le moment plus appropriée pour l'ensemble des enfants, y compris F.A.________. En effet, en maintenant à ce mode de garde uniquement en faveur de celui-ci, il y aurait eu le risque que le déséquilibre déjà existant s'accentue. Au demeurant, la garde alternée n'étant plus exercée, il convenait de prendre en compte la situation de fait. S'agissant du parent à qui la garde exclusive devait dorénavant être confiée, le juge cantonal a estimé, à l'instar du président du tribunal, que la mère paraissant plus à même de favoriser les liens entre les enfants et l'autre parent et d'encadrer leur fils F.A.________ en lui fixant des limites en cas de nécessité. En outre, les deux filles avaient déclaré être plus proches de leur mère et rien n'indiquait que la mère n'aurait pas les capacités éducatives adéquates. Enfin, le juge cantonal a relevé qu'il n'y avait pas lieu d'attendre le rapport de l'UEMS avant d'interrompre l'exercice de la garde alternée. Celle-ci n'était dans les faits plus exercée, de sorte que son maintien ne se justifiait pas. En outre, la situation pourrait être réexaminée après le dépôt du rapport par l'UEMS, étant précisé que le père conservait un droit de visite libre et large sur ses enfants à exercer d'entente avec la mère.