Citation: 1C_593/2022 E. 2.2

2.2. La recourante soutient que la réalisation de son projet permettrait de valoriser les matériaux composant le dépôt de terre d'excavation de type A présent sur son site. Ce procédé serait fortement encouragé par la législation; elle se prévaut à cet égard de l'art. 19 al. 1 let. d OLED. Elle reproche à l'arrêt attaqué de confirmer l'ordre d'évacuation sans exposer en quoi son projet alternatif de valorisation n'aurait pas de chance raisonnable de succès ou serait moins opportun sur le plan des intérêts publics. Selon elle, l'intérêt public à la valorisation des déchets devrait prévaloir sur l'intérêt public à la restauration du terrain agricole. Ce faisant et au mépris des exigences de motivation du recours fédéral, la recourante ne discute pas en tant que telle l'appréciation de l'instance précédente (cf. art. 42 al. 2 LTF); elle ne fait en particulier pas valoir une violation du principe de proportionnalité, grief que le Tribunal fédéral n'examine pas d'office (cf. art. 106 al. 2 LTF). Elle se prévaut uniquement de son projet de valorisation du dépôt de terre. Selon les constatations cantonales, la recourante savait dès le début que ces matériaux d'excavation devaient en principe être évacués dans une décharge ou un autre site approprié. Elle a néanmoins - sous réserve d'un projet avorté de 2008 - attendu l'ordre de remise en état de la DGTL, respectivement la procédure de recours cantonal pour agir, en établissant un projet de valorisation. Or, contrairement à ce qu'elle soutient en lien avec un établissement prétendument arbitraire des faits (cf. art. 105 al. 2 LTF; ATF 145 I 26 consid. 1.3), ce projet n'a fait l'objet d'aucune demande d'autorisation au sens des art. 22 al. 1 et 25 al. 2 LAT; la demande d'examen préalable à la DGTL ne saurait en particulier y être assimilée. L'examen de ce projet de valorisation excède ainsi l'objet de la contestation, limité à la question de la remise en état du terrain agricole par la suppression du dépôt de terre. Le Tribunal cantonal n'avait ainsi pas à examiner en détail ce projet et sa conformité à l'OLED, contrairement à ce que lui reproche la recourante. La recourante perd d'ailleurs de vue que la conformité de son projet à l'OLED - fût-elle avérée - ne serait pas le seul critère déterminant; il faudrait encore que le projet, situé en zone agricole, réponde aux exigences strictes des art. 16a et 16a bis LAT, respectivement aux conditions dérogatoires des art. 24 ss LAT, ce que la DGTL a expressément nié aux termes de son préavis négatif du 19 janvier 2023. Enfin et au surplus, la recourante reconnaît l'intérêt public à la remise en état du secteur agricole et ne conteste pas la contrariété du dépôt litigieux à l'affectation de la zone. Rien ne commande ainsi de s'écarter de l'appréciation de la cour cantonale, qui repose en particulier sur le caractère inconstructible de la zone agricole et, plus largement, sur le principe cardinal - de rang constitutionnel - de la séparation entre le territoire bâti et non bâti, qui procède d'un intérêt public important (cf. ATF 147 II 309 consid. 5.5; arrêt 1C_189/2022 du 13 janvier 2023 consid. 2.2).