Citation: 5A_391/2023 E. 4.3

4.3. En l'espèce, à l'instar de ce que soutient le recourant, l'autorité cantonale ne pouvait pas se contenter de transmettre à l'intéressé le rapport litigieux pour information le 24 avril 2023. Dans la mesure où elle avait gardé la cause à juger le 30 mars 2023 déjà et que la phase de délibérations était censée avoir débuté (arrêt 5A_389/2022 du 29 novembre 2022 consid. 4.1), il lui incombait, si elle entendait tenir compte du rapport précité, de réouvrir l'instruction et de lui impartir un délai pour se déterminer (cf. arrêt 5D_41/2016 du 21 juillet 2017 consid. 2.3 qui concerne un cas où l'échange d'écritures était terminé). Cela se justifie d'autant plus que ladite pièce contenait des éléments décisifs sur lesquels l'autorité cantonale s'est fondée pour infirmer en grande partie la décision du 6 février 2023 et ordonner le placement des enfants; le fait que le rapport fasse mention de son opposition aux conclusions du SEASP ne saurait être déterminant. La seule transmission pour information de la pièce n'était ainsi pas suffisante dans ces circonstances particulières. La procédure suivie par l'autorité précédente a donc privé le recourant - dont les moyens soulevés apparaissent, contrairement à ce que soutient l'intimée, susceptibles d'influencer l'issue du litige - de la faculté d'exercer son droit de réplique avant qu'une décision ne soit rendue à son détriment. La Cour de céans ne peut au demeurant pas valablement réparer la violation du droit d'être entendu du recourant, le rapport d'évaluation portant sur des questions de fait à l'égard desquelles le Tribunal fédéral ne dispose pas d'un libre pouvoir de cognition. Ces considérations scellent le sort du recours sans qu'il n'y ait lieu d'examiner les autres griefs soulevés par les parties ni demander des déterminations à la curatrice, comme le requiert l'intimée.