Citation: 4A_107/2023 E. 5.3

5.3. La recourante tente en vain de démontrer une diminution de sa faute et une prééminence de la faute concomitante de C.________ SA. Elle discute à nouveau de la pondération de chacune des fautes commises par elle et par C.________ SA par son administrateur, dans une tentative de nouvelle appréciation de la gravité de la faute de chacun des deux, s'écartant d'ailleurs des faits constatés dans l'arrêt cantonal. Elle cherche à imputer à C.________ SA, par son administrateur, une faute grave éclipsant sa propre faute. Toutefois, sa critique ne parvient pas à démontrer un quelconque arbitraire dans l'état de fait retenu par la cour cantonale (cf. consid. 2 ci-dessus). Elle ne satisfait guère au principe strict de l'allégation de l'art. 106 al. 1 LTF. En s'en tenant aux faits retenus, il apparaît que la recourante, par son administrateur, a violé son obligation de diligence de maintes manières, en assurant faussement à D.________ qu'il connaissait de longue date le client potentiel concerné et qu'il avait déjà été en affaires avec lui par le passé, démontrant ainsi qu'il avait conscience que les informations qu'il détenait sur celui-ci n'étaient pas suffisantes. En rencontrant une personne qu'il connaissait à peine en vue de lui remettre des bijoux de grande valeur, dans un lieu public, puis en le laissant emporter avec lui le sac contenant les bijoux, E.________ a gravement et fautivement violé son devoir de diligence. Cette faute est d'autant plus grave que D.________ lui avait donné toutes les consignes de sécurité nécessaires et que E.________ n'en a respecté aucune. Quant à la faute concomitante, la cour cantonale a retenu que D.________ avait violé son obligation de diligence car il n'avait pas respecté son engagement d'assurer les bijoux confiés, avait omis de veiller à ce qu'ils soient assurés par E.________, et n'avait pas pris de dispositions concrètes pour s'assurer que celui-ci respecterait les instructions qui lui avaient été données. La cour cantonale a retenu que la faute concomitante était importante, mais non lourde et déraisonnable au point de reléguer à l'arrière-plan le manquement de E.________ de manière à ce qu'il n'apparaisse plus comme la cause adéquate du dommage. Comparant la gravité de chacune des fautes sous l'angle de l'art. 44 al. 1 CO, la cour cantonale a réduit l'indemnité due par la recourante à C.________ SA de 30 %. Contrairement à ce que soutient la recourante, les critères de réduction pris en considération par la cour cantonale ne violent donc pas le droit fédéral. Sur cette base, la cour cantonale a diminué les dommages-intérêts dus par la recourante de 4'471'842 de 30 %, soit à 3'130'290 fr. Celle-ci considère que cette répartition viole le droit, mais sans invoquer d'élément permettant d'en inférer que la cour cantonale aurait abusé du large pouvoir d'appréciation dont elle dispose en la matière. Il s'ensuit que le grief de la recourante doit être rejeté.