Citation: 1C_354/2020 E. 1.2

1.2. Les recourants soutiennent cependant en substance que l'examen de la double incrimination en cas de blanchiment d'argent constituerait une question juridique de principe, notamment s'agissant de la détermination de l'infraction préalable. Selon les recourants, il ne pourrait en particulier pas être présumé de "transactions dénuées de justification apparente" ou de "transactions internationales" l'existence d'un crime préalable et d'un acte d'entrave. Selon la jurisprudence, l'autorité requérante n'a pas à indiquer en quoi consisterait l'infraction préalable en cas de blanchiment, étant suffisant que la demande s'appuie sur des soupçons objectifs et relevant de l'ensemble des circonstances (ATF 130 II 329 consid. 5.1 p. 335; 129 II 97 consid. 3.2 et 3.3 p. 99 s.; arrêt 1C_519/2018 du 11 octobre 2018 consid. 1.2 et les arrêts cités; voir également R OBERT ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en matière pénale, 5e éd. 2019, n° 602 p. 647 s. qui relève certains des critères pouvant entrer en considération lors de l'examen de la demande d'entraide : mode opératoire utilisé, transactions sans justification apparente, ampleur des montants, utilisation de différentes sociétés disséminées dans le monde). Aucun des éléments soulevés par les recourants (cf. notamment de prétendues présomptions et/ou des violations du principe de la légalité) ne justifie en l'occurrence de revenir sur cette jurisprudence, notamment eu égard à la détermination de l'infraction préalable. Il ressort en effet de l'arrêt attaqué que l'autorité précédente ne s'est pas limitée aux opérations litigieuses pour fonder son raisonnement, mais a examiné l'ensemble des circonstances les entourant. Ainsi, la Cour des plaintes a relevé (1) l'absence de justification des transferts en cause dès lors que les contrats et autre documentation y relatifs se sont révélés être des faux, (2) le caractère international de ces transactions (Suisse-Italie), (3) l'ampleur des montants transférés (EUR 11.5 millions) et ( 4) le contrôle par un même ayant droit économique des sociétés concernées (cf. consid. 3.3 p. 8 s. de l'arrêt attaqué). Dans le cadre de l'examen "prima facie" qui prévaut en matière d'entraide internationale s'agissant de la punissabilité en droit suisse (ATF 142 IV 250 consid. 5.2 p. 256), ces différents éléments suffisent pour retenir que les conditions de l'infraction de blanchiment au sens de l'art. 305bis CP pourraient être réalisées. Toute origine illicite des fonds ne peut ainsi pas être d'emblée exclue vu la nécessité de procéder par le biais de faux contrats pour justifier les virements litigieux, ce qui laisse à penser qu'une infraction pourrait avoir été commise en amont; s'agissant ensuite des transferts d'argent - a priori intervenus donc sans justification apparente -, ils sont propres dans une telle configuration à constituer d'éventuels actes tendant à empêcher la traçabilité des fonds. Le seul fait que les recourants contestent cette appréciation - en particulier eu égard au défaut de justification retenu - ne constitue pas une question juridique de principe. En tout état de cause et indépendamment d'une éventuelle application de l'art. 305bis ch. 1bis CP - délit fiscal qualifié lorsque les impôts soustraits par période fiscale se montent à plus de 300'000 fr. - il y a lieu de rappeler qu'une escroquerie fiscale - qui peut notamment être réalisée par le biais de l'usage de faux dans les titres ou d'un comportement astucieux - n'exclut pas toute entraide pénale (ATF 137 IV 25 consid. 4.4.3.2 p. 31; 125 II 250; cf. art. II par. 3 et IV de l'Accord du 10 septembre 1998 entre la Suisse et l'Italie en vue de compléter la Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pénale du 20 avril 1959 et d'en faciliter l'application [RS 0.351.945.41], ainsi que 3 al. 3 let. a EIMP [RS 351.1]; sur la notion d'escroquerie fiscale, ZIMMERMANN, op. cit., nos 641 ss p. 695 ss). Partant, faute de question juridique de principe, l'entrée en matière ne se justifie pas pour ce motif.