Citation: 2C_540/2024 E. 4.4

4.4. En l'occurrence, après avoir rappelé en détail sa propre jurisprudence rendue en lien avec l'art. 66 al. 3 LPA/GE, laquelle correspond très largement aux principes qui précèdent, la Cour de justice a considéré que le Conseil d'État pouvait, en l'affaire, se prévaloir d'un intérêt public important à la levée de l'effet suspensif au recours déposé contre son arrêté de tir du 28 août 2024. Elle a en particulier retenu que la surdensité de cerfs à laquelle cet arrêté voulait remédier avait un impact négatif sur l'agriculture ainsi que sur la forêt et qu'elle augmentait le risque d'accidents de la route. Or, selon l'autorité précédente, cet intérêt public à une régulation immédiate du nombre d'ongulés dans le canton - qui participait à un effort régional - n'était pas contrebalancé par les différents intérêts publics ou privés susceptibles de s'opposer au tir des animaux. La mesure de régulation contestée ne mettait en effet pas en péril la présence des ongulés concernés sur le territoire cantonal et, notamment, dans la région de Versoix, où le canton avait déjà mis en place de très nombreuses mesures de protection de surfaces cultivables et de la forêt. L'autorité précédente a enfin relevé que l'intérêt purement idéal des recourants à la protection des animaux ne saurait l'emporter, à ce stade de la procédure, face aux enjeux publics précités de régénération de la forêt et de réduction des dégâts aux cultures, d'autant moins qu'il serait fortement douteux que les intéressés puissent s'en prévaloir pour fonder leur qualité pour recourir au fond. La Cour de justice en a dès lors conclu qu'après pesée des intérêts en présence, elle pouvait donner droit à la requête de levée de l'effet suspensif au recours formée par le Conseil d'État.