Citation: I 317/99 10.02.2000 E. 2

2.- a) Pour admettre l'existence d'une aggravation de l'invalidité, les premiers juges se sont principalement fondés sur les attestations du docteur G.________, considérant que l'assurée avait probablement travaillé au-dessus de ses forces jusqu'en janvier 1996. L'autorité cantonale relève, en outre, que ce praticien, dans son rapport du 27 décembre 1996, atteste la présence d'un état dépressif, qui n'avait pas été signalé par le passé. Enfin, la commission a tenu compte, aussi, du fait que l'assurée a été reconnue entièrement invalide par la commission médicale de la CIA. L'office recourant reproche en substance aux premiers juges d'avoir préféré l'avis du docteur G.________ à ceux des docteurs B.________ et L.________, alors que le premier n'expliquerait pas les raisons qui l'ont amené à considérer que l'état de santé de l'assurée s'était modifié. b) En présence - comme ici - d'avis médicaux contradictoires, le juge doit apprécier l'ensemble des preuves à disposition et indiquer les motifs pour lesquels il se fonde sur une appréciation plutôt que sur une autre. En ce qui concerne par ailleurs la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant, c'est que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description du contexte médical et l'analyse de la situation médicale soient claires et, enfin, que les conclusions de son auteur soient motivées (ATF 122 V 160 consid. 1c et les références citées). Dans le cas particulier, il est vrai, les premiers juges ont accordé un poids décisif à l'avis du docteur G.________, sans véritablement expliquer les raisons de leur choix. On remarque, par ailleurs, que les rapports de ce praticien ne répondent pas - pas plus d'ailleurs que les autres rapports versés au dossier - à l'ensemble des exigences susmentionnées qui permettraient de lui accorder une valeur probante supérieure aux autres avis médicaux. Quant au fait que l'assurée a été reconnue entièrement invalide par la commission médicale de la CIA, s'il peut constituer l'indice d'une aggravation de l'invalidité, il ne saurait, à lui seul, être décisif : en réalité, ce sont les institutions de prévoyance qui sont en principe liées par l'évaluation de l'invalidité par les organes de l'assurance-invalidité, quand l'institution s'en tient à la définition de cette assurance; ATF 115 V 208, 215). c) Dans ces conditions, l'autorité cantonale n'avait pas de raison d'écarter les avis médicaux des docteurs B.________ et L.________ au profit de celui du docteur G.________. En particulier, le simple fait que le docteur L.________ est le médecin de l'office recourant n'est pas un motif suffisant pour mettre en doute la crédibilité de son appréciation ou pour le soupçonner de prévention (cf. ATF 122 V 161 et les références citées). Dès lors, la commission de recours ne pouvait sans plus admettre que l'invalidité de l'intimée s'était aggravée - à tout le moins dans une mesure suffisante - pour justifier le versement d'une rente entière. Les divergences entre les rapports médicaux versés au dossier - dont le recourant admet qu'ils sont contradictoires et qui ne permettent donc pas de trancher la question litigieuse - auraient dû inciter ledit office à ordonner une expertise médicale. Il convient donc de lui renvoyer la cause pour qu'il complète l'instruction dans ce sens et rende une nouvelle décision, conformément à ses conclusions subsidiaires.