Citation: 1C_644/2012 E. B

Le 12 décembre 2008 à 4h30, un important éboulement s'est produit dans la zone supérieure de la carrière "Le Châble du Midi". Une masse d'environ 20'000 m3 de roches s'est détachée du sommet de la zone d'exploitation à environ 800 m d'altitude. Survenu hors des heures d'exploitation, l'éboulement a détruit une foreuse sans autre dommage. L'exploitation a été immédiatement interrompue. A la suite de l'éboulement, le site a fait l'objet d'une analyse par la société CSD Ingénieurs SA et par l'Institut de géomatique et d'analyse de risque de l'Université de Lausanne (ci-après: l'IGAR). Les résultats figurent dans un rapport intitulé "Etudes des instabilités rocheuses, Partie 1: Analyse de l'éboulement du 12 décembre 2008 et du dièdre potentiellement instable" établi en mars 2009. Il en ressort qu'au sud-ouest de l'éboulement de 2008, à la même cote de 825 m, une instabilité potentielle a été observée. Le volume de l'instabilité, pouvant résulter d'une fracture arrière du dièdre potentiellement instable, est évalué entre 19'000 et 21'000 m3. La fracture arrière n'étant pas visible, un événement de plus grande ampleur ne peut pas être exclu. Pour la zone sud-est de la partie supérieure de la carrière, les instabilités détectées sur le terrain et les tests cinématiques montrent une grande susceptibilité aux glissements de dièdres. L'étude conclut qu'au vu de la grande persistance des fractures délimitant le dièdre instable et le dièdre éboulé, la stabilité de cette zone sera toujours problématique. Dans la mesure du possible, l'orientation du front topographique devrait être modifiée dans cette zone avec l'avancement de l'excavation. Outre une surveillance régulière du dièdre instable avec une attention particulière lors de la fonte des neiges et lors de fortes pluies, la mesure suivante était proposée: "Le minage du bloc semble être la seule solution envisageable. Les premiers éléments du présent rapport tendent à montrer que cela devrait être faisable dans de bonnes conditions en période sèche. Toutefois, en minant un bloc, il faudrait s'assurer que la nouvelle topographie ne recrée pas de nouveaux dièdres potentiellement instables au vu des discontinuités présentes dans le massif". En octobre 2009, la société CSD et l'IGAR ont établi la deuxième partie de l'étude des instabilités rocheuses intitulée "Suivi du dièdre potentiellement instable et analyse de la stabilité du Châble du Midi". En définissant et en étudiant cinq zones de fracturation homogènes, l'étude relève que la partie haute de la carrière (domaine structural I en rive gauche comprenant le dièdre éboulé et le dièdre potentiellement instable) ainsi que la zone au niveau de la niche d'arrachement de l'éboulement de 1922 (domaine structural III situé en rive droite au pied de la falaise) présentent la susceptibilité de rupture la plus élevée avec des volumes potentiellement instables, mobilisables en une seule fois, supérieurs à 200 m3. La zone de propagation des blocs peut atteindre les installations situées au niveau de la plaine.