Citation: 5A_73/2024 E. 3.2.3

3.2.3. Le recourant ne conteste aucunement le dysfonctionnement préoccupant de la relation parentale, critère essentiel appuyant le refus de la cour cantonale de confirmer la mise en place d'une garde alternée. Il oppose cependant à la cour cantonale d'avoir fondé sa décision en appréciant arbitrairement de nombreux éléments de fait. 3.2.3.1. Il soutient ainsi qu'il serait arbitraire de retenir que la responsabilité des difficultés communicationnelles ne pouvait être imputée à aucun des parents. Sur la base des différents éléments de preuves qu'il avait soumis à la juridiction cantonale, il affirme qu'"une certaine responsabilité" devait être attribuée à l'intimée à cet égard. Dans le même ordre d'idée, l'on peut relier à cet argument le reproche adressé à la cour cantonale d'avoir arbitrairement omis la volonté manifeste de l'intimée de l'écarter du quotidien de ses enfants. Pour autant qu'elles soient pertinentes pour l'issue du litige, l'on relèvera d'emblée que ces critiques se fondent pour l'essentiel sur des moyens dont la force probante est particulièrement douteuse (en substance: messages WhatsApp sortis de tout contexte). S'agissant singulièrement de la responsabilité de la défaillance communicationnelle à imputer à l'intimée, les critiques du recourant consistent essentiellement en une opposition de sa propre appréciation (ainsi: courriers de son avocate à celle de l'intimée; courriels du recourant au SPMi; affirmation péremptoire selon laquelle ce serait lui qui aurait toujours souhaité la mise en place d'une garde alternée et que ce serait l'intimée qui y ferait obstacle; affirmation selon laquelle il aurait volontairement laissé le domicile conjugal à l'intimée pour éviter de "déboussoler" les enfants). Ce procédé est inefficace à démontrer l'arbitraire de l'appréciation cantonale (cf. supra consid. 2.2). Concernant sa prétendue mise à l'écart du suivi thérapeutique des enfants, le recourant renvoie à des passages de l'arrêt cantonal indiquant que l'intimée accompagnerait les enfants à leurs suivis respectifs, élément qui ne permet pas à lui seul d'appuyer l'exclusion dont il se plaint. Quant au courriel rédigé par l'enseignante de sa fille, l'on ne peut en déduire une gestion exclusive des devoirs de l'enfant par l'intimée et ainsi, sa propre éviction de son quotidien: ce message n'est aucunement décisif à cet égard et l'on ne saurait ainsi reprocher à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement omis d'en tenir compte. 3.2.3.2. Le recourant reproche ensuite à la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu que les suivis logopédiques de son fils se seraient révélés plus compliqués lorsque lui-même l'y accompagnait et que son bon suivi thérapeutique serait ainsi dû aux modalités de garde actuelle. Cette appréciation procède d'un raccourci manifeste. La cour cantonale s'est principalement limitée à relever le contenu de l'attestation de la logopédiste, sans ensuite en tirer de conséquences déterminantes sur son appréciation finale, fondée essentiellement sur la communication et la collaboration particulièrement défaillantes des parties. 3.2.3.3. Le recourant se plaint encore du fait que la cour cantonale aurait arbitrairement omis que la garde partagée avait été connue par les enfants, que celle-ci fonctionnait et leur convenait. Au regard des pièces auxquelles renvoie le recourant, l'on ne peut que retenir que cet argument se réfère à la position qu'il avait exprimée lors de son entrevue avec le SEASP, ce qui ne permet assurément pas d'appuyer l'affirmation susmentionnée. Les autres pièces (référées "C" et "L") ne concernent aucunement l'élément factuel que le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement omis. 3.2.3.4. Le recourant oppose également à la cour cantonale d'avoir arbitrairement écarté les faits relatifs à sa grande disponibilité ainsi qu'au manque de disponibilité et à la prétendue instabilité de l'intimée. Il n'y a pas lieu de s'arrêter sur ce point, les éléments auxquels le recourant fait référence ne sont en effet pas décisifs au regard du critère déterminant de la qualité de la relation parentale, qui reste un préalable nécessaire à l'examen des critères auxquels se réfère le recourant (cf. supra 3.2.1.1 et infra 3.2.4). 3.2.3.5. Le recourant estime ensuite que le contenu pertinent du rapport du SEASP aurait été arbitrairement écarté par l'autorité cantonale, singulièrement la proposition d'une prise en charge alternée, avec une limitation des transitions des enfants entre les parents. Le recourant omet toutefois lui-même les "nombreuses" réserves exprimées par le SEASP dans ce même rapport, en référence aux "proportions que pren[ait] chaque élément de collaboration parentale qui devrait aller de soi". Vu celles-là et vu les courriers ultérieurs du SPMi - dont le recourant ne parvient pas à établir l'arbitraire de la prise en compte (cf. infra 3.2.3.6) -, il n'apparaît pas insoutenable d'avoir écarté les conclusions - prudentes - du SEASP. 3.2.3.6. Le recourant reproche encore à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement occulté que les rencontres des enfants avec le SPMi s'étaient exclusivement déroulées chez leur mère. Il en déduit un manque d'objectivité des rapports établis par ce service. Le recourant n'explicite cependant pas concrètement le manque d'objectivité qui pourrait ressortir des discours tenus par ses enfants aux intervenants du SPMi. Les courriers rédigés par ce service relèvent essentiellement la défaillance de la collaboration et de la communication parentale, sans que l'on puisse y déceler un parti pris généré par les déclarations des enfants. Faute de démonstration d'arbitraire sur ce point, la critique du recourant doit ainsi être écartée. 3.2.3.7. Le recourant soutient encore que la cour cantonale se serait arbitrairement écartée du premier jugement sans expliquer en quoi celui-ci aurait outrepassé son pouvoir d'appréciation en retenant la contre-indication de l'attribution d'une garde exclusive des enfants. Cette critique est vaine dès lors qu'elle méconnaît à l'évidence le pouvoir d'appréciation de l'autorité d'appel, laquelle revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC), étant précisé que la cause est soumise aux maximes inquisitoire illimitée et d'office (art. 296 al. 1 et 3 CPC), en sorte que la cour cantonale n'était pas liée par les conclusions des parties.