Citation: 4A_127/2015 E. 3.4

3.4. La recourante critique le raisonnement qui a amené la cour cantonale à retenir qu'elle ne travaillait pas durant trois mois par an, soit durant les vacances scolaires de chaque saison, périodes où les intimés quittaient leur villa avec leurs enfants. En vertu de l'art. 8 CC, le travailleur qui émet des prétentions salariales doit prouver en particulier le taux d'occupation (cf. arrêt 4A_743/2011 du 14 mai 2012 consid. 3.4). Il résulte du dossier que les défendeurs ont produit devant le Tribunal des prud'hommes quatorze pièces (cf. les documents cotés 6 à 19, datés du 20 mars 2008 au 26 janvier 2012, de leur chargé de pièces complémentaires du 19 mars 2014) afin d'établir qu'entre 2008 et 2012, ils s'absentaient régulièrement de leur domicile trois mois par année lors des vacances scolaires de printemps, d'été, d'automne et d'hiver. Ces pièces comportent quatre billets électroniques d'avion pour les défendeurs et leurs quatre enfants (à destination des Etats-Unis pour trois d'entre eux), ainsi que des factures d'hôtel et de location d'appartement. Le témoin C.________, qui est une voisine habitant dans la villa située en face de celle des défendeurs, a déclaré que les défendeurs sont absents " durant toutes les vacances scolaires et les fêtes juives ". Le témoin D.________, qui travaille comme jardinier chez les défendeurs, a affirmé que ces derniers " partent souvent en vacances ". A considérer ces éléments de preuve, il n'est en rien insoutenable de retenir, à l'instar de l'autorité cantonale, que les défendeurs, entre 2008 et 2012 en tout cas, quittaient leur villa pendant toutes les vacances scolaires, ce qui représentait une durée d'absence du domicile de trois mois par an. Le témoin D.________, qui garde la maison lorsque les défendeurs en sont absents, a également certifié qu'il n'a jamais vu la demanderesse durant leur absence. Le témoin C.________ a déclaré que la maison était vide lorsque les défendeurs étaient en vacances et qu'elle ne pensait pas que la demanderesse venait y travailler. Sur la base de ces deux dépositions, la cour cantonale pouvait admettre sans verser dans l'arbitraire que la demanderesse a échoué à prouver qu'elle travaillait pour les défendeurs pendant les vacances scolaires, période où ceux-ci partaient régulièrement en vacances. La cour cantonale a ainsi retenu, conformément au droit fédéral, que la demanderesse disposait d'un congé non payé de trois mois par an, période pendant laquelle tant la prestation de travail que le paiement du salaire étaient suspendus, alors que le contrat de travail subsistait entre les parties (cf. à ce propos ATF 136 III 562 consid. 3 p. 565 et les références doctrinales). Le deuxième volet du grief est infondé.