Citation: 2C_812/2017 E. 5.4

5.4. En l'occurrence, les infractions pour lesquelles le recourant a été condamné sont des infractions envers lesquelles le Tribunal fédéral se montre particulièrement rigoureux (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.5 p. 149 s.; arrêt 2C_365/2017 du 7 décembre 2017 consid. 5.1). De plus, et même s'il fallait prendre en compte un prétendu repentir de la part du recourant et une prise de conscience de ses actes, cela devrait être grandement relativisé. En effet, le recourant ne saurait de toute façon pas se prévaloir de son bon comportement et des progrès effectués car, compte tenu du contrôle étroit que les autorités pénales exercent sur un détenu au cours de la période d'exécution de sa peine (ou de sa mesure), on ne saurait tirer des conclusions déterminantes de son attitude, du point de vue du droit des étrangers, afin d'évaluer sa dangerosité une fois en liberté (ATF 139 II 121 consid. 5.5.2 p. 128; arrêt 2C_27/2017 du 7 septembre 2017 consid. 4.4). Dans le cas d'espèce, il faut de toute façon bien plus prendre en compte le rapport d'expertise qui a qualifié d'élevé le risque de récidive et qui, en conséquence, relativise très fortement les affirmations du recourant quant à sa prise de conscience. Certes, dans un courrier, les membres de la famille du recourant ont déclaré s'opposer à une séparation en faisant valoir toute l'importance que revêt pour eux la poursuite du séjour du recourant en Suisse. A l'instar du Tribunal cantonal, on ne saurait cependant donner trop de poids à un tel courrier, les membres de la familles du recourant n'ayant plus vécu avec lui depuis 2016, période où ils subissaient continuellement des violences. De plus, le départ du recourant de Suisse n'implique aucun changement dans la situation des enfants, qui sont tous majeurs et qui peuvent continuer de résider dans ce pays dont ils sont ressortissants. Rien n'indique en outre qu'il n'en serait pas de même de la femme du recourant. En retournant en Serbie, celui-ci retrouverait un pays dans lequel il a vécu durant au moins les 20 premières années de sa vie, dont il parle la langue et où il a conservé des liens familiaux. Il est vrai que le recourant souffre de problèmes de santé, notamment de problèmes cardiaques. Toutefois, rien n'indique que le traitement, les contrôles réguliers et les soins nécessaires ne soient pas accessibles en Serbie. Le recourant n'invoque d'ailleurs pas une éventuelle violation de l'art. 25 al. 3 Cst., respectivement de l'art. 3 CEDH à ce propos, si bien que dans le cadre de la proportionnalité de la mesure, si son intérêt personnel à être soigné et à demeurer en Suisse est incontestable, il ne saurait l'emporter sur l'intérêt public à l'en éloigner.