Citation: 4A_588/2017 E. 3.2.1

3.2.1. Selon l'art. 20 al. 1 let. a LDIP, une personne physique a son domicile dans l'État dans lequel elle réside avec l'intention de s'y établir. L'intention d'une personne de s'établir durablement en un lieu déterminé ne doit pas être examinée de façon subjective, au regard de sa volonté interne, mais à la lumière des circonstances objectives, reconnaissables pour les tiers, permettant de conclure à l'existence d'une telle intention. En d'autres termes, il faut pouvoir objectivement inférer de l'ensemble des circonstances qu'une personne a fait d'un endroit (ou a l'intention d'en faire) le centre de ses intérêts personnels, sociaux et professionnels (arrêts 5A_278/2017 du 19 juin 2017 consid. 3.1.1.1; 4A_443/2014 du 2 février 2015 consid. 3.4 et les arrêts cités; ATF 136 II 405 consid. 4.3; 119 II 64 consid. 2b/bb; 97 II 1 consid. 3 p. 3 s.). Pour déterminer le domicile d'une personne, il faut tenir compte de l'ensemble de ses conditions de vie. Le «centre de gravité» de son existence se trouve à l'endroit où se focalisent un maximum d'éléments concernant sa vie personnelle, sociale et professionnelle, de sorte que l'intensité des liens avec ce centre l'emporte sur les liens existant avec d'autres endroits (arrêt 5A_757/2015 du 15 janvier 2016 consid. 4.2, in SJ 2016 I 265; arrêt précité 4A_443/2014 consid. 3.4; ATF 125 III 100 consid. 3 p. 102). Des éléments administratifs tels que le dépôt des papiers d'identité, des attestations émanant de la police des étrangers, des autorités fiscales ou des assurances sociales, ou encore un permis de circulation ou un permis de conduire sont des indices sérieux de l'existence du domicile, mais pas nécessairement déterminants; la présomption de fait qu'ils créent peut être renversée par des preuves contraires. Ces indices ne sauraient l'emporter sur le lieu où se concentrent un maximum d'éléments concernant la vie personnelle, sociale et professionnelle de l'intéressé (ATF 125 III 100 consid. 3 p. 101; 136 II 405 consid. 4.3 p. 410; arrêt 5A_812/2015 du 6 septembre 2016 consid. 5.1.2, in sic! 2017 p. 17). Déterminer les conditions de vie d'une personne, son comportement et les liens concrets qu'elle entretient avec un lieu donné relève de l'établissement des faits. En revanche, la conclusion qu'il faut en tirer quant à l'intention de s'établir durablement est une question de droit (cf. arrêt 5A_807/2016 du 22 mars 2017 consid. 3.1.2; ATF 136 II 405 consid. 4.3 p. 410; 97 II 1 consid. 3 p. 4).