Citation: 6P.233/2006 02.03.2007 E. 6

Le recourant conteste encore sa condamnation pour extorsion. Il conteste avoir menacé sa victime d'un dommage sérieux. 6.1 L'art. 156 ch. 1 CP réprime le comportement de celui qui, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime, aura déterminé une personne à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers, en usant de violence ou en la menaçant d'un dommage sérieux. Pour que cette infraction soit objectivement réalisée, il faut que l'auteur, par un moyen de contrainte, ait déterminé une personne à accomplir un acte portant atteinte à son patrimoine ou à celui d'un tiers. La loi prévoit deux moyens de contrainte: la violence et la menace d'un dommage sérieux. La menace est un moyen de pression psychologique. Elle peut être expresse ou tacite et être signifiée par n'importe quel moyen. Quant au dommage, il peut toucher n'importe quel intérêt juridiquement protégé. Il faut toutefois qu'il soit sérieux, c'est-à-dire que la perspective de l'inconvénient soit de nature à entraver le destinataire dans sa liberté de décision. La question doit être tranchée en fonction de critères objectifs, c'est-à-dire non pas d'après les réactions du destinataire d'espèce, mais en recherchant si la perspective de l'inconvénient est propre à amener un destinataire raisonnable à adopter un comportement qu'il n'aurait pas eu s'il avait joui de toute sa liberté de décision (cf. ATF 122 IV 322 consid. 1a p. 325 s.; 120 IV 17 consid. 2a/aa p. 19 et les arrêts cités). L'usage de la contrainte doit avoir déterminé la personne visée à accomplir un acte préjudiciable à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers. Cela implique d'abord que la personne visée ait conservé une certaine liberté de choix et se lèse elle-même ou lèse autrui par son acte (Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, Berne 2002, art. 156 CP n° 18 et art. 146 CP n° 28; Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Partie spéciale I, 5ème éd. Berne 1995, § 17 n° 6 s. et § 15 n° 31 s.). 6.2 Dans le cas particulier, il ressort des faits constatés que le recourant a suivi la victime jusqu'à l'endroit où elle travaillait et qu'il a menacé de la frapper si elle ne faisait pas ce qu'il voulait. Il lui a demandé 10 francs et, apeurée, la jeune fille s'est exécutée. Par la suite le recourant lui a encore réclamé de l'argent à plusieurs reprises, lors de rencontres devant son lieu de travail, en ville ou à la gare de Monthey, en menaçant de la "taper". Sous la peur, la victime finissait toujours par lui obéir et lui remettre des petites sommes d'argent. Ainsi, le recourant a déterminé sa victime à lui remettre de l'argent en la menaçant d'un dommage à l'intégrité corporelle. La menace d'une agression physique était objectivement sérieuse et de nature à entraver la victime dans sa liberté de décision. Les autres éléments constitutifs de l'infraction étant réalisés et non contestés par le recourant, la condamnation du recourant ne viole pas le droit fédéral.