Citation: 4C.135/2005 20.06.2005 E. 3

Dans la décision critiquée, le Tribunal de commerce a exposé à bon droit que la responsabilité de l'administrateur au sens de l'art. 754 CO présuppose qu'une violation fautive de l'une des obligations attachées à cette qualité soit la cause adéquate d'un dommage. Il incombe au demandeur en responsabilité d'établir le manquement de l'organe, l'existence du dommage et le rapport de causalité (ATF 128 III 180 consid. 2d en relation avec l'art. 753 aCO; ATF 4C.111/2004 du 9 novembre 2004, consid. 3; Peter Widmer, Commentaire bâlois, n. 25 ad art. 754 CO). 3.1 Il convient d'emblée de relever que dans la mesure où les violations alléguées des devoirs spécifiques de l'administrateur ne sont pas mises en relation avec des prétentions en dommages-intérêts, de telles violations, comme l'a bien vu la cour cantonale, sont dénuées de portée juridique. Si le Tribunal de commerce a toutefois examiné certaines d'entre elles, ce n'est qu'à titre superfétatoire. Dans ces conditions, tant la réflexion générale - "Gesamtbetrachtung" selon la terminologie utilisée dans le recours - que préconise la recourante à ce propos que les explications qu'elle donne sur des violations de cette nature sont dirigées contre des considérations superflues du jugement déféré, de sorte que l'intérêt à recourir de la demanderesse disparaît complètement. Le recours est irrecevable sur ces points (ATF 120 II 5 consid. 2a). 3.2 La recourante critique en particulier la constatation des magistrats bernois, qui la déclare inapte à déduire une prétention pécuniaire du grief porté contre le défendeur d'avoir accepté des commandes aux anciens prix. En pure perte. Il suffit de relever qu'elle n'a même pas indiqué le gain qu'elle aurait manqué du fait des actes reprochés au défendeur, et encore moins expliqué la manière de le calculer, tout cela au mépris des exigences de motivation de l'art. 55 al. 1 let. c OJ.