Citation: 1P.337/2001 09.07.2001 E. 3

3.- A l'instar de l'art. 91 al. 1 de la loi valaisanne sur la procédure et la juridiction administratives (LPJA), l'art. 3 LTar prévoit que les dépens, arrêtés globalement, couvrent en principe les frais indispensables occasionnés par le litige. Ils comprennent le remboursement des débours ainsi que les frais d'avocat. Ces derniers sont, selon l'art. 26 LTar, fixés entre un minimum et un maximum, d'après l'importance de la cause, ses difficultés, l'ampleur du travail, le temps utilement consacré par l'avocat et la situation financière de la partie. Ils sont en règle générale proportionnels à la valeur litigieuse, lorsque celle-ci peut être déterminée. L'art. 28 LTar prévoit les cas dans lesquels un montant supérieur - ou inférieur - aux limites fixées peut être attribué. Pour la procédure de recours administratif, ces limites sont fixées entre500 et 8000 fr. (art. 37 al. 2 LTar). a) Il résulte de ces dispositions que le droit valaisan prévoit en principe une rémunération complète du défenseur, contrairement aux cas d'assistance judiciaire où l'indemnité est limitée à 60% (art. 29 al. 2 LTar). Les notions de frais "indispensables" et de temps "utilement" consacré à l'affaire indiquent que l'avocat ne peut être rémunéré que pour le temps nécessaire à la défense de son client. La rémunération de l'avocat doit ainsi rester dans un rapport raisonnable avec la prestation fournie. L'autorité doit prendre en considération l'ensemble des circonstances, soit le temps nécessaire consacré à l'affaire, la difficulté et l'importance de la cause, ainsi que la responsabilité encourue par le mandataire; elle doit déterminer le poids respectif de ces divers critères. b) Contrairement à ce que soutient le recourant, il n'est pas arbitraire de considérer que la cause ne présentait pas de valeur litigieuse déterminante. Celle-ci doit en effet se calculer selon les dispositions du code de procédure civile (art. 27 al. 1 LTar) et permet avant tout de fixer l'honoraire global dans les affaires civiles de nature pécuniaire au sens de l'art. 32 LTar. Or, si le classement de la parcelle du recourant avait certainement une incidence sur la valeur de celle-ci, cette incidence ne pouvait être chiffrée précisément. Le recourant lui-même ne fournit que des indications vagues à ce sujet. c) Il n'en demeure pas moins que l'autorité devait tenir compte de la nature et de l'importance de la cause, éléments essentiels pour déterminer le temps nécessaire à son traitement. Indubitablement, le classement d'une parcelle de plus de 8000 m2 en zone à bâtir plutôt qu'en zone d'intérêt public présentait un enjeu économique important pour le propriétaire. L'avocat du recourant est intervenu après le rejet de l'opposition formée par A.________. Dans son recours du 10 juillet 1997, qui compte dix pages, il rappelait les assurances données par la commune quant au maintien de la valeur de la parcelle. Dans la partie en droit du recours, il invoquait l'absence de motivation de la mesure de classement et l'existence d'une parcelle voisine, de 8000 m2, appartenant déjà à la commune. Subsidiairement, il invoquait la protection de la bonne foi, sur le vu des assurances données par la commune quant à la portée du classement de la parcelle.