Citation: 6P.133/2006 10.10.2006 E. 4

Le recourant reproche en outre à l'autorité cantonale d'avoir violé son droit d'être entendu en refusant d'ordonner une expertise de crédibilité de sa fille alors qu'il existait, selon lui, de sérieux indices que celle-ci ait souffert de troubles psychiques. Le droit d'être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., comprend en particulier le droit pour l'intéressé d'offrir des preuves, de prendre connaissance du dossier, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16). Toutefois, le droit d'être entendu ne peut être exercé que sur les éléments qui sont déterminants pour décider de l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes lorsque le fait à établir est sans importance pour la solution du cas, qu'il résulte déjà des constatations ressortant du dossier ou lorsque le moyen de preuve avancé est impropre à fournir les éclaircissements nécessaires. Conformément au principe de la libre appréciation des preuves (art. 139 ch. 3 CPP VS; 169 al. 3 et 249 PPF), l'appréciation de la crédibilité des divers moyens de preuve dont il dispose relève en premier lieu de la compétence du juge du fait et aucun moyen de preuve ne s'impose à lui (Giusep Nay, Freie Beweiswürdigung und in dubio pro reo, RPS 114 [1996] p. 90). Pour déterminer s'il y a lieu d'ordonner une expertise de crédibilité d'un enfant ou d'un jeune il faut prendre en considération, selon les circonstances spécifiques du cas, un certain nombre d'éléments, parmi lesquels le degré de compréhensibilité, de cohérence et de crédibilité des dépositions à examiner. Il faut également observer dans quelle mesure elles sont compatibles avec les autres éléments de preuve recueillis. L'âge de l'auteur de la déposition, son degré de développement et son état de santé psychique de même que la portée de ses déclarations eu égard à l'ensemble des preuves administrées entrent également en considération. Une expertise de crédibilité effectuée par un spécialiste pourrait notamment s'imposer s'agissant de déclarations d'un petit enfant, qui sont fragmentaires ou difficiles à interpréter, lorsqu'il existe des indices sérieux de troubles psychiques ou encore lorsque des éléments concrets donnent à penser que la personne interrogée a été influencée par un tiers (ATF 129 IV 179 consid. 2.4 p. 184 et les références citées). En revanche, en l'absence d'éléments justifiant le recours à une ordonnance de crédibilité, le juge peut sans autre y renoncer à l'issue d'une appréciation anticipée des preuves qui résiste au grief d'arbitraire. En l'espèce, les déclarations de la victime sont parfaitement crédibles, compréhensibles et cohérentes, hormis certaines contradictions relatives à la période à laquelle les abus ont cessé. Or, ainsi que cela a été constaté au considérant précédent, ces imprécisions ne sont pas propres à mettre en doute la fiabilité des déclarations de la victime. Il ne s'agit par ailleurs pas d'une victime particulièrement jeune, de sorte que ni son âge ni son degré de développement ne sont de nature à faire douter de la crédibilité de ses déclarations. En outre, l'autorité cantonale a constaté que la victime ne souffrait ni de troubles de la pensée, ni d'hallucination ou de délire. Dès lors, l'autorité cantonale n'a pas violé le droit fédéral en renonçant à ordonner l'expertise de crédibilité sollicitée par le recourant. Ce grief est par conséquent également mal fondé.