Citation: I 540/06 26.10.2006 E. 3

3.1 Dans un arrêt B. du 21 octobre 2005 (U 283/05), le Tribunal fédéral des assurances a admis que l'intérêt de l'assureur-accidents à suspendre l'allocation de ses prestations l'emportait sur celui de l'assuré à percevoir la rente litigieuse pendant toute la durée du procès. En effet, de deux choses l'une : ou bien la situation de l'assuré était aussi précaire que l'admettait la juridiction cantonale et dans ce cas, il était à craindre que dans l'hypothèse où celui-ci n'obtiendrait pas gain de cause sur le fond de la contestation, la procédure en restitution des prestations versées à tort ne se révèle infructueuse, ce qui justifiait le retrait de l'effet suspensif (ATF 119 V 507 consid. 4 et les références citées). Ou bien l'assuré avait, comme il le concédait lui-même, des ressources suffisantes pour couvrir une créance de plus de 600'000 fr., et dans ce cas, ses intérêts n'étaient pas mis en péril par le retrait de l'effet suspensif. 3.2 Se fondant sur l'arrêt B. précité du 21 octobre 2005, les premiers juges, prenant acte que la recourante dispose d'un bien immobilier, ont considéré qu'elle disposait ainsi de ressources suffisantes pour faire face au retrait de l'effet suspensif. Si tel n'était pas le cas, il faudrait alors craindre qu'elle ne puisse faire face au remboursement des prestations qui lui seraient - le cas échéant - indûment allouées. 3.3 La recourante conteste que l'arrêt B. précité entre en considération dans le cas particulier, les situations n'étant pas les mêmes. Produisant copie de plusieurs pièces donnant des renseignements sur les ressources et les charges de sa famille, elle a établi un budget. Elle en conclut qu'en tenant compte des rentes qu'elle perçoit, le solde disponible est de 2'586 fr. 25. Depuis qu'elle se voit privée de la rente AI et par la même occasion de la rente versée par son ancien employeur, le budget de la famille accuse une perte de 4'706 fr. 75. Dès lors, si elle n'obtient pas la restitution de l'effet suspensif, elle se verra contrainte de vendre la maison où elle vit avec toute sa famille. En revanche, si la rente continue à lui être versée pendant la durée de la procédure, les intérêts financiers de l'office AI ne seront pas mis en péril, puisque le remboursement des rentes serait alors garanti par les fonds propres investis dans la maison ainsi que par les amortissements effectués depuis l'achat qui se montent en l'état à 5'650 fr. environ. 3.4 Si la situation de la recourante est aussi précaire qu'elle le prétend, il est à craindre, comme l'ont considéré les premiers juges, que dans l'hypothèse où elle n'obtiendrait pas gain de cause sur le fond de la contestation, la procédure en restitution des prestations versées à tort ne se révèle infructueuse, ce qui justifie le retrait de l'effet suspensif (ATF 119 V 507 consid. 4 et les références citées). Ou bien, comme l'indique la recourante dans son mémoire du 12 juin 2006, la maison achetée par les époux pour un montant de 890'000 fr. constitue une réserve financière qui peut garantir leur solvabilité, et dans ce cas, les intérêts de l'assurée ne sont pas mis en péril par le retrait de l'effet suspensif. Quant aux prévisions sur l'issue du litige, elles ne présentent pas, pour la recourante, un degré de certitude suffisant pour être pris en compte en l'espèce. A première vue, les chances de succès de l'opposition sur le fond ne paraissent pas évidentes, au vu notamment du rapport d'expertise du COMAI du 9 décembre 2005 et de l'avis médical du Service médical régional AI du 13 février 2006. Il s'ensuit que les motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate de la décision de suppression du droit à la rente l'emportent, en l'espèce, sur l'intérêt de la recourante à percevoir la rente pendant toute la durée de la procédure. Le recours se révèle ainsi mal fondé.