Citation: 6B_1418/2019 E. B

Par arrêt du 29 octobre 2019, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a partiellement admis l'appel formé par le ministère public contre le jugement du 11 décembre 2015 et a réformé celui-ci en ce sens que des indemnités sont allouées à A.________ à hauteur de 801'792 fr. pour ses dépens dans la procédure de première instance et de 15'000 fr., avec intérêts, à titre de réparation du tort moral, le prénommé étant débouté de ses autres prétentions en indemnisation. Elle a en outre condamné A.________ à payer le tiers des frais de la procédure d'appel, le solde étant laissé à la charge de l'Etat, et a alloué à ce dernier une indemnité de 12'924 fr. pour ses dépens dans la procédure d'appel. La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. A.________ est né en 1960. Il est marié et père de trois enfants. Il a été employé par C.________ dès la création de la filiale suisse de cette société en 1989. En 2001, le prénommé a fondé la société D.________ SA, dont le siège était à E.________. Cela résultait d'une volonté du groupe C.________ de créer une société indépendante, dédiée à la gestion alternative. A ce titre, D.________ SA n'agissait jamais comme dépositaire. Elle était indirectement détenue par C.________ SA. Le 30 juin 2008, A.________ a démissionné de son poste de CEO de D.________ SA et a été radié de son poste d'administrateur délégué en juillet 2008. Il a immédiatement quitté ses fonctions mais est resté à disposition de son employeur jusqu'en septembre 2008. B.b. En octobre 2008, le prénommé a rejoint F.________ SA à E.________, société de gestion de fortune, comme associé. Il a quitté cette société en juillet 2009, à la suite de sa convocation en vue d'une inculpation par le Juge d'instruction dans le cadre de la présente procédure et de ses échos dans la presse locale et internationale. Il n'a pas travaillé jusqu'au début de l'année 2010, période dès laquelle il a déployé une activité de conseil et d'apporteur d'affaires pour G.________ SA, dont il est devenu associé et actionnaire en 2013. B.c. Pour les impôts cantonaux et fédéraux, l'administration fiscale a établi les revenus imposables de A.________ et de son épouse - laquelle ne travaille pas - comme suit : pour 2007, 1'199'008 fr. / 1'210'700 fr., pour 2008, 3'578'391 fr. / 3'590'400 fr., pour 2009, 2'371'700 fr. / 2'414'500 fr., pour 2010, 134'341 fr. / 214'000 fr., pour 2011, 405'320 fr. / 544'200 fr., et pour 2012, 267'897 fr. / 387'100 francs. Pour l'année 2013, les époux ont indiqué, dans leur déclaration fiscale, des revenus imposables de 262'646 fr. pour l'impôt cantonal et de 332'970 fr. pour l'impôt fédéral direct. Pour l'année 2014, ils ont déclaré un revenu imposable de 194'216 fr., respectivement de 348'419 francs. A.________ a pour le reste déclaré que son revenu auprès de G.________ SA était de l'ordre de 300'000 fr. à 350'000 fr. par an. B.d. Le but social de D.________ SA à partir de novembre 2001 était la recherche, l'analyse et le conseil en matière financière, la gestion de fortune, l'achat et la vente de titres et autres instruments financiers pour le compte de tiers et l'exécution d'opérations fiduciaires. H.________, un fonds de fonds, était l'une des " Trading Company " gérée par D.________ SA. Son objectif était d'obtenir un accroissement de l'investissement sur le long terme, par le recours à une stratégie non traditionnelle de commerce sur options. De 2006 à 2007, les rapports annuels et les états financiers de H.________ au 31 décembre mentionnaient que A.________ en était l'un des administrateurs. Le courtier, auprès duquel un compte discrétionnaire avait été établi, était I.________. Le 11 décembre 2008, J.________ - fondateur de I.________ - s'est dénoncé aux autorités américaines et a reconnu que la division " Investment Advisory " de cette société était une invention et qu'aucune transaction n'avait jamais eu lieu. B.e. B.________ a créé, en 2002, K.________ SA, société de gestion de fortune. Le 23 décembre 2008, K.________ SA, sous la plume de son conseil, s'est adressée à D.________ SA en relevant que ses clients au bénéfice d'un mandat de gestion détenaient collectivement plus de 10 millions d'USD de parts de H.________, pour un montant valorisé à la dernière valeur connue, soit plus de 37 millions d'USD, qu'il convenait de rembourser, C.________ et D.________ SA ayant fait preuve à tout le moins de grave négligence en ne décelant pas la fraude tout en s'étant targuées d'un haut niveau de " due diligence " et de moyens importants pour contrôler les risques. Le 9 mars 2009, B.________ a déposé plainte, pour escroquerie, concernant la vente de produits financiers inexistants promue au moyen d'assurances de contrôles qui n'avaient pas été effectués. B.f. Le 21 août 2009, A.________ a été inculpé de gestion déloyale avec dessein d'enrichissement, pour avoir, à E.________, en 2008, en sa qualité de directeur général de D.________ SA, active dans la gestion de fortune, alors qu'il était tenu en vertu d'un acte juridique de gérer les intérêts pécuniaires des clients de D.________ SA, en violation de ces devoirs, porté atteinte aux intérêts desdits clients, des rémunérations anormalement élevées l'ayant amené à ne pas effectuer les contrôles nécessaires. B.g. Entre le 24 avril 2009 et le 16 mars 2015, 34 audiences ont été tenues, pour un total de 165,55 heures, auxquelles A.________ a participé.