Citation: 7B_741/2023 E. 6.3

6.3. En résumé, la cour cantonale a retenu qu'au vu de l'ensemble des éléments et des déclarations au dossier, la condamnation du recourant pour conduite en état d'ébriété pouvait être confirmée. Tout d'abord, la cour cantonale a considéré qu'il devait être tenu pour établi que l'éthylotest avait affiché un taux d'alcool dans l'air expiré de 0,38 mg/l. L'absence au dossier de reçu ou d'attestation relative à cette unique mesure n'était pas déterminante. Ce résultat avait été confirmé par l'appointé C.________ lors de son audition et il paraissait tout à fait cohérent avec le constat selon lequel le recourant et l'agent B.________ sentaient fortement l'alcool et avaient les yeux rouges à leur entrée en service. Ce dernier avait d'ailleurs reconnu avoir été sous l'influence de l'alcool le matin des faits et n'avait pas contesté le résultat positif de son propre éthylotest, tandis que le recourant avait reconnu à ce moment-là "avoir merdé". Ce dernier avait également admis avoir passé la soirée de la veille dans différents bars avec l'agent B.________ et avoir consommé plusieurs bières jusqu'après minuit. En outre, ses antécédents dénotaient une certaine persistance en matière de violation des règles de la circulation routière. Ensuite, la cour cantonale a considéré qu'en application de l'art. 55 al. 4 LCR et 17 OCCR, le résultat de l'éthylotest pouvait être pris en considération à titre d'indice, peu importe qu'une seule mesure du taux d'alcool ait été réalisée et que son résultat n'ait pas été reconnu. Cette mesure avait été effectuée une heure après la conduite et - compte tenu du processus d'élimination de l'alcool - le taux était nécessairement plus élevé au moment où le recourant avait pris le volant. Ainsi, même en tenant compte d'un abattement de 20% - tel que préconisé par la jurisprudence et la doctrine lorsque l'éthylotest n'avait pas été réalisé conformément aux prescriptions légales - le taux d'alcool dans l'haleine du recourant se trouvait au-dessus de la limite légale au moment des faits. Outre ce sérieux indice, d'autres éléments permettaient par ailleurs de retenir l'ébriété du recourant, à commencer par ses propres déclarations: ce dernier n'avait pas véritablement remis en cause avoir conduit à son travail en étant sous l'influence de l'alcool; il avait admis en avoir consommé la veille et en avait détaillé la quantité; s'il avait en substance indiqué au Ministère public avoir été surpris du résultat de 0,38 mg/l, on pouvait en déduire que cela tenait au taux mesuré mais non à la positivité de l'éthylotest; en indiquant d'emblée "avoir merdé", le recourant ne se référait pas à sa simple arrivée tardive; par ailleurs, il avait déclaré de manière répétée qu'il ne voulait pas prétériter la bonne marche du service, ce qui ne pouvait être interprété que comme une prise de conscience de son état. Aux éléments précités s'ajoutaient les constatations de l'appointé C.________ quant à l'état du recourant le matin des faits, dont il n'y avait aucune raison de douter; les explications de ce dernier à ce sujet, en particulier que l'odeur d'alcool pouvait provenir de l'usage de gel hydroalcoolique, n'étaient pas convaincantes; quand bien même cela ne signifiait pas encore que le recourant était en état d'ébriété, il s'agissait d'un élément corroborant les autres indices. Enfin, le résultat de l'éthylotest de l'agent B.________ était identique à celui du recourant, alors que tous deux avaient passé la soirée de la veille à boire des bières dans différents bars.