Citation: 5A_165/2015 E. 1

A.c. Les époux A.________ sont domiciliés à U.________ depuis la fin de l'année 2008. A.d. Le 20 janvier 2009, le conseil de E.A.________ a communiqué à celui de I.A.________ les coordonnées d'un compte bancaire (yyyy) de B.________ Ltd (ci-après B.________) auprès de la banque J.________. A.e. Le 26 janvier 2009, I.A.________ a signé et remis à la banque K.________ l'ordre de transférer du compte no xxxx sur le compte précité de B.________ la somme de 8'242'187,50 euros. Cet ordre a été exécuté le jour même. A la même date, elle a donné ordre à la banque K.________ de transférer du compte no xxxx sur un compte de L.________ Ltd (ci-après: L._______) auprès de la banque M.________ la somme de 6'873'187,50 euros. A.f. Le 9 juin 2009, le Tribunal de première instance de Genève a reconnu et prononcé l'exequatur du jugement de curatelle renforcée du Tribunal d'instance de Paris XVIème daté du 18 juin 2007. A.g. Par courrier du 5 novembre 2009 concernant " P.________ Trust/B.________ Ltd ", le conseil de I.A.________ a confirmé à celui de E.A.________ que " les fonds " provenaient de A.A.________. Il précisait qu'il s'agissait d'une avance sur héritage en faveur du fils de celui-ci, avance dont étaient toutefois déduits les précédents prêts qui lui avaient déjà été consentis, par souci d'équité avec les autres membres de la famille. Les parties admettent que ce courrier fait référence à la somme de 8'241'187,50 euros versée sur le compte de B.________ auprès de la banque J.________ le 26 janvier 2009. A.h. Entre juin 2011 et avril 2012, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant de Genève a prononcé plusieurs décisions concernant l'attribution des prérogatives en matière d'exercice de la curatelle sur A.A.________. L'exercice du mandat se partage désormais entre I.A.________ et Me R._______, Me S.________ étant quant à lui chargé de la représentation de A.A.________ dans les droits majoritaires qu'il détient au sein de la société N.________ Sàrl. A.i. Le 28 avril 2014, F.A.________ et G.A.________ ont formé une demande en constatation de la nullité et en restitution d'une donation par-devant le Tribunal de première instance de Genève, demande dirigée contre A.A.________, I.A.________, E.A.________, D.A.________, L.________ et B.________. Ils ont conclu à la constatation que A.A.________ et I.A.________ étaient sous l'empire d'une crainte fondée en janvier 2009 lors des donations faites à E.A.________ et D.A.________, à la constatation que A.A.________ était incapable de discernement en janvier 2009, à la constatation que les deux donations faites en janvier 2009 par A.A.________ à E.A.________ et à D.A.________ étaient nulles, à la constatation que les deux versements du 26 janvier 2009 de A.A.________, effectués par I.A.________ à E.A.________ sur le compte de B.________ et à D.A.________ sur le compte de L.________ étaient nuls, à ce qu'il soit ordonné à E.A.________ et à B.________, conjointement et solidairement, de restituer à A.A.________ la somme de 8'241'187,50 euros avec intérêts et enfin, à ce qu'il soit ordonné à D.A.________ et à L.________, conjointement et solidairement, de restituer à A.A.________ la somme de 6'873'187,50 euros avec intérêts. Les demandeurs alléguaient que A.A.________ et I.A.________ avaient déménagé à U.________ suite notamment à un chantage fiscal exercé sur eux par D.A.________ et E.A.________ et que les versements effectués en janvier 2009 l'avaient été dans ce contexte, étant précisé que la société B.________ appartenait en réalité à E.A.________ et la société L.________ à D.A.________. F.A.________ et G.A.________ ont précisé que les versements aux deux sociétés avaient été faits "en faveur de " E.A.________, respectivement D.A.________, et que ceux-ci étaient donc les destinataires des sommes en question. Ils ont ajouté que, même si formellement, les ordres bancaires avaient été signés par I.A.________, les fonds provenaient " d'une avance sur héritage de M. A.A.________ " et que ces prélèvements émanaient d'un compte sur lequel les époux A.________ disposaient chacun d'un pouvoir de signature individuelle. F.A.________ et G.A.________ soutiennent dans leur écriture que " ce sont bien D.A.________ et E.A._______ qui ont été enrichis par le versement de leur père ", intervenu à titre d'avance d'hoirie. Cette procédure est actuellement pendante devant le Tribunal de première instance. A.j. Le 28 avril 2014, le conseil de F.A._______ et de G.A.________ a fait parvenir au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant un exemplaire de l'action précitée, en l'invitant à enjoindre de toute urgence à la curatrice de prendre quant à elle et au nom du pupille, les mesures judiciaires et conservatoires propres à assurer le retour des fonds dans le patrimoine du pupille. A.k. Le 29 avril 2014, le conseil de I.A.________, "en sa qualité de curatrice de son mari " a fait part au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant de " faits nouveaux " en lien avec la curatelle de A.A._______, que sa mandante n'avait pas divulgués à l'autorité précédemment, en raison d'un chantage fiscal. I.A.________ précisait que la crainte née de ce chantage s'était dissipée depuis janvier 2014, la prescription fiscale étant désormais acquise en France. Cette pression fiscale, exercée initialement par E.A._______, puis par D.A.________, avait contraint les époux A.________ à restructurer leurs affaires, à transférer, dans l'urgence, leur résidence hors de France et à s'installer à U.________ fin 2008, sur la base d'un forfait fiscal. Selon le compte-rendu d'une réunion tenue le 10 janvier 2009, à laquelle participaient la co-curatrice, A.A.________, E.A.________ et F.A.________, alors que G.A.________ et D.A.________ intervenaient par téléphone, il s'agissait de négocier un règlement définitif à concurrence de 45'000'000 euros au maximum pour solde de tous comptes avec différentes sociétés panaméennes. En définitive, sur la base d'un accord du 12 janvier 2009 intervenu entre A.A.________, représenté par I.A.________, et lesdites sociétés, un montant de 40'000'000 euros avait été versé pour solde de tous comptes aux sociétés. C'est sur cette somme que I.A.________ avait prélevé les fonds destinés aux donations en faveur de E.A.________ et de D.A.________, effectuées sur les comptes bancaires de leurs sociétés. Les fonds avaient été transférés par le débit du compte que I.A.________ avait ouvert pour les besoins de la cause au nom de A.A.________ auprès de la banque K.________. A.l. Par ordonnance du 15 mai 2014, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a notamment confirmé les co-curateurs de A.A.________ dans leurs fonctions, confié à Me S.________ la tâche, en particulier, de représenter A.A.________ dans le cadre de la procédure intentée par F.A.________ et G.A.________ ainsi qu'en lien avec les donations effectuées par A.A.________ et invité Me S.________ à entreprendre, sans délai, toute mesure appropriée aux fins d'assurer la sauvegarde des intérêts de A.A.________, notamment toute action judiciaire ou non judiciaire nécessaire à la récupération des actifs dont celui-ci avait été dépossédé, semblait-il de façon illicite.