Citation: 6B_887/2024 E. 4.4.2

4.4.2. De manière générale, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur les critiques du recourant dans la mesure où elles portent sur des faits qui divergent de ceux retenus par les juges cantonaux (cf. art. 105 al. 1 LTF). Pour le reste, la cour cantonale a examiné et pris en compte les divers critères cités par la jurisprudence (cf. supra, consid. 4.4.1) pour retenir que le recourant ne dispose que d'un intérêt limité à demeurer en Suisse, lequel ne l'emporte pas sur l'intérêt public présidant à son expulsion, de sorte que celle-ci doit être prononcée (cf. supra, consid. 4.1.2). Son raisonnement s'avère convaincant et l'on peut s'y référer. Le recourant est arrivé en Suisse en mai 2021, à l'âge de 28 ans. Très rapidement, il est tombé dans la délinquance. Il a ainsi fait l'objet de trois condamnations entre 2022 et 2024 pour des infractions contre le patrimoine, l'autorité publique et la législation en matière de droit des étrangers. Si les peines prononcées n'étaient pas particulièrement lourdes (75 jours-amende et amende, peine privative de liberté ferme de 30 jours, 10 jours-amende), le recourant a néanmoins été condamné trois fois en trois ans, la dernière infraction remontant à décembre 2023 seulement. À cela s'ajoute la condamnation qui fait l'objet de la présente procédure et qui porte sur deux vols par effraction, un vol, une tentative de vol, un vol d'usage, un cas d'empêchement d'accomplir un acte officiel, un cas de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, un cas de dommages à la propriété, deux cas d'infraction à la LStup (consommation de marijuana, respectivement de cocaïne), 13 cas d'infraction à la LEI, un cas de contravention à la LCR et un cas de contravention à la LCdF, infractions qui ont toutes été commises entre juin et décembre 2021 et qui sont sanctionnées d'une peine privative de liberté de huit mois, avec sursis pendant deux ans, notamment. À cet égard, on ne peut ignorer, dans le cadre du présent examen, que la cour cantonale a souligné avoir dû confirmer l'octroi du sursis à l'exécution de la peine en raison de l'interdiction de la reformatio in pejus. Le recourant a du reste récidivé durant la procédure pénale, qui plus est alors qu'il avait été condamné à une peine privative de liberté ferme de 30 jours par ordonnance pénale du 31 octobre 2022. Cette peine ne l'a en effet pas dissuadé de commettre une nouvelle infraction en décembre 2023, sanctionnée par ordonnance pénale du 7 mai 2024. Même s'il n'a plus commis de vols par effraction, son comportement met en évidence son peu d'empressement à se conformer au cadre légal suisse. En ce qui concerne la solidité des liens sociaux, culturels et familiaux avec la Suisse, respectivement l'Algérie, on peut se référer aux développements détaillés et convaincants de la cour cantonale, déjà repris dans le cadre de l'examen de la première condition de l'art. 66a al. 2 CP (cf. supra, consid. 4.1.2, 4.3.2). Si l'on ne peut ignorer les difficultés, notamment linguistiques, auxquelles l'épouse du recourant pourrait être confrontée si elle devait suivre son mari en Algérie durant les cinq ans que durera l'expulsion, elles ne sauraient en l'espèce justifier un intérêt privé prépondérant. Le recourant ne conteste en effet pas que le mariage avec K.________, en avril 2024, a eu lieu après le jugement de première instance prononçant l'expulsion, que son épouse savait, au moment du mariage, qu'il risquait une expulsion, et qu'ils devaient dès lors tous les deux s'attendre à devoir vivre leur vie de couple et de famille à l'étranger. Il ne reprend pas non plus la cour cantonale lorsque celle-ci souligne qu'il n'a pas évoqué K.________ lorsqu'il a été interrogé, le 27 octobre 2022, par la juge de première instance sur ses liens avec la Suisse et sur ses projets d'avenir (cf. jugement entrepris, p. 51), alors que l'épouse a déclaré qu'ils étaient dans une relation stable depuis juin 2022. Au vu de ce qui précède, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral ou conventionnel en retenant que les intérêts publics à l'expulsion du recourant l'emportent sur l'intérêt privé de ce dernier à demeurer en Suisse. L'expulsion respecte en particulier le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH. À cet égard, l'arrêt de la CourEDH P.J. et R.J. c. Suisse du 17 septembre 2024 [requête n° 52232/20] que le recourant produit à l'appui de son recours ne lui est d'aucun secours, la pesée des intérêts à laquelle a procédé la cour cantonale en l'occurrence n'étant pas critiquable. Le grief s'avère ainsi infondé, dans la mesure où il est recevable.