Citation: 5A_429/2024 E. 3.2

3.2. La cour cantonale a relevé que, concernant la capacité de chaque parent à favoriser les contacts avec l'autre parent, les éléments au dossier laissaient apparaître des comportements problématiques chez les deux parties. On remarquait par exemple que C.________ évoquait une divergence de " stratégie d'éducation " chez ses parents, ce qui laissait penser qu'elle avait déjà entendu ce terme. Les parties étaient fortement invitées à ne plus impliquer leurs filles dans leur conflit. Concernant les autres critères, le maintien de la situation antérieure paraissait le plus à même d'apporter à C.________ et D.________ une certaine stabilité et répondait au souhait exprimé par celles-ci lors de leurs auditions. L'épouse s'occupait personnellement de ses enfants, comme elle l'avait fait avant la séparation. Bien qu'il apparaissait que le mari était en mesure de s'organiser pour assumer une garde exclusive sur ses filles, cela imposait à celles-ci de modifier le système mis en place jusqu'ici, qui fonctionnait et qui leur convenait. La présence de E.________ au domicile du mari semblait par ailleurs inquiéter la pédiatre des enfants, qui avait indiqué qu'elle allait signaler la situation au service compétent. Les reproches élevés par le mari, notamment concernant la communication de la décision du président concernant l'enclassement en école publique, ne suffisaient pas à justifier l'attribution de la garde exclusive au père. En particulier, la modification était prévue pour le 1er janvier 2023 alors que l'ordonnance avait été rendue le 24 novembre 2022 et les explications de l'épouse selon lesquelles elle n'avait pas encore décidé si elle allait contester la décision semblaient convaincantes. Cela étant, il aurait été préférable que les parties discutent ensemble de la manière dont les filles devaient être informées de cette décision et il était impératif qu'elles mettent tout en oeuvre pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise. En définitive, le maintien de la garde exclusive à la mère paraissait le plus à même, en l'état, de préserver le bien de C.________ et D.________. La situation pourrait être revue ultérieurement, étant en particulier souligné que les parties avaient expliqué être en train de mettre en place une procédure d'accompagnement de coparentalité.