Citation: 5P.432/2000 20.02.2001 E. 2

2.- a) Le recourant fait valoir que l'autorité cantonale a fixé son revenu de manière arbitraire. Ce dernier aurait dû être arrêté à 308'353 fr. 17 et non pas à environ 350'000 fr. Il n'y avait plus lieu, estime-t-il, de tenir compte du loyer d'un appartement à Pully, vendu à perte; de même, les revenus de sa fortune n'auraient pas dû entrer en considération dès lors qu'ils avaient fait l'objet d'une seule estimation des premiers juges, sans qu'aient été pris en compte les revenus de la fortune de son épouse. Les premiers juges se seraient en outre fondés à tort sur une moyenne des recettes des exercices 1998/1999 de son étude d'avocat. Dans la mesure où le grief vise l'appréciation des preuves, il est irrecevable. Autant que le recourant s'en prend à l'application du droit et que ce grief soit suffisamment motivé au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, il doit être rejeté. En effet, il ressort de l'arrêt attaqué que, sans prendre en considération le loyer brut de l'appartement vendu, la moyenne des revenus du recourant pour les années 1998/1999 s'élève à 347 045 fr., selon calcul ci-après: revenu net de l'étude 1998 372'736 fr. revenu net de l'étude 1999 283'553 fr. revenu de la fortune 1998/1999 13'000 fr. indemnité d'adminis- trateur de sociétés 1999 24'800 fr. total 1998/1999 694'089 fr. (moyenne des 2 années: 347'045). En retenant un revenu d'environ 350'000 fr., l'autorité cantonale n'est dès lors certainement pas tombée dans l'arbitraire. b) Le recourant reproche en outre à l'autorité cantonale d'avoir, arbitrairement et en violation de l'art. 8 CC, admis le budget de l'intimée sur simple affirmation de celle-ci, sans qu'elle n'ait offert une quelconque preuve y relative, alors que de son côté il aurait rendu vraisemblable que ledit budget représentait un montant annuel de 76'484 fr. 10; aucun élément n'aurait justifié de s'écarter de ce montant. Relevant purement de l'appréciation des preuves, ce grief est irrecevable. c) Le recourant soutient par ailleurs que l'arrêt attaqué est lacunaire en ce qui concerne son propre budget, qui s'élèverait à 151'464 fr. par an selon une pièce du dossier (pièce 25) et dont les divers postes seraient prouvés par pièces ou admis par les deux parties, voire par l'intimée seule; il serait donc arbitraire d'en faire abstraction. En outre, l'intimée recevrait 6'000 fr. d'allocations d'impotence pour l'enfant Sébastien-Xavier et la jeune fille au pair serait prise en charge par l'assurance-invalidité, ce qui augmenterait le revenu de l'intimée de 24'000 fr. par an. Le recourant estime finalement qu'il est arbitraire de mettre à sa charge une contribution d'entretien de 183'816 fr. par an, alors que ses revenus ne s'élèveraient qu'à 308'353 fr. et son budget à 151'464 fr., ce qui entraînerait un déficit net annuel de 26'927 fr. Dans le cadre d'un recours de droit public pour arbitraire, l'invocation de faits ou de moyens de droit nouveaux est exclue (ATF 120 Ia 369 consid. 3b p. 374; 119 II 6 consid. 4a p. 7; 118 III 37 consid. 2a p. 39 et les arrêts cités). Appelé à examiner le grief d'application arbitraire du droit, le Tribunal fédéral est dès lors lié aux faits tels qu'ils ont été retenus dans l'arrêt attaqué. Il ne ressort ni de ce dernier ni du dossier que l'intimée reçoive des allocations d'impotence pour son fils Sébastien-Xavier. Il en va de même de l'affirmation selon laquelle la jeune fille au pair serait prise en charge par l'assurance-invalidité. Selon l'arrêt attaqué, le revenu annuel du recourant n'est pas de 308'353 fr. mais de 350'000 fr. environ. Fondé ainsi sur des faits nouveaux, le grief est est irrecevable. d) Le recourant fait également grief aux premiers juges de n'avoir pas considéré comme choquant le fait qu'il doive consacrer plus de la moitié de ses revenus à l'entretien des siens. Il se réfère à ce propos à la jurisprudence publiée aux ATF 115 II 424. Cette jurisprudence prévoit qu'en présence de situations financières très favorables, le solde de la totalité des revenus des époux qui dépasse leurs besoins respectifs ne doit pas être partagé par moitié et qu'il convient bien plutôt, pour fixer la contribution d'entretien en faveur de l'époux qui y a droit, de se fonder sur les dépenses indispensables au maintien du train de vie dont il bénéficiait jusqu'alors. C'est précisément ce qu'ont fait les premiers juges en retenant que le montant de 10'000 par mois pour une femme et trois enfants, estimé sur la base du budget de l'intimée, permettrait à celle-ci de continuer à maintenir un niveau de vie conforme à ce qu'elle avait connu pendant le mariage. Le recourant ne démontre nullement que la juridiction cantonale se serait bornée à un partage par moitié à l'effet d'opérer une redistribution du revenu et un transfert de la fortune, ce qui aurait été en soi incompatible avec la nouvelle réglementation sur l'entretien (arrêt cit. , consid. 2 p. 425). Le grief doit ainsi être rejeté pour autant qu'il est suffisamment motivé (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495). e) Le recourant se prévaut enfin de l'obligation faite par le nouveau droit, entré en vigueur le 1er janvier 2000, de tenir compte de la capacité contributive de l'épouse, capacité qui, compte tenu de l'aide de la jeune fille au pair, du soutien des amis de l'intimée et même de sa belle-mère, ne pouvait être négligée. N'ayant pas fait valoir ce moyen de droit devant l'autorité cantonale, le recourant ne peut pas le soulever dans le cadre du recours de droit public (ATF 118 III 37 consid. 2a p. 39). Irrecevable pour ce motif déjà, le grief revêt de surcroît un caractère purement appellatoire (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495).