Citation: 5P.270/2001 07.02.2002 E. 1

c) Ces considérations résistent au grief de la recourante. En effet, une décision n'est arbitraire que si elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et incontesté, ou encore heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (ATF 127 I 54 consid. 2b p. 56; 126 I 168 consid. 3a p. 170; 125 I 166 consid. 2a p. 168). Or, en l'espèce, il résulte effectivement des travaux préparatoires que le terme de "Gerichtsferien" (féries judiciaires), qui figurait à l'art. 87 al. 4 du projet LACC/VS, a été biffé par le Grand Conseil sur proposition d'un groupe (BSGC, op. cit. , loc. cit). L'absence de motivation de cette proposition ne permet pas d'affirmer que l'interprétation donnée par la Cour civile serait à l'évidence insoutenable. L'argument pris de la lettre et de la systématique de la loi n'est pas non plus de nature à démontrer le caractère arbitraire de l'opinion de l'autorité cantonale. Car il n'est pas manifestement insoutenable de considérer que les art. 93 ss CPC/VS ne s'appliquent pas en procédure gracieuse, faute d'être expressément mentionnés par l'art. 87 al. 4 LACC/VS. Si l'opinion contraire exprimée par la recourante apparaît concevable, il n'y a cependant pas arbitraire du seul fait qu'une autre interprétation de la loi soit possible, voire préférable (127 I 54 précité; 125 II 10 consid. 3a p. 15, 129 consid. 5b p. 134; 124 I 247 consid. 5 p. 250). De même, le fait qu'un commentateur mentionne qu'en droit valaisan, il n'existe pas de domaine où les féries ne seraient pas applicables (Michel Ducrot, Le droit judiciaire privé valaisan, p. 359) ne signifie pas encore que l'opinion des juges cantonaux serait à l'évidence insoutenable; il ne suffit en effet pas qu'une autorité s'écarte d'un avis pour s'exposer au reproche d'arbitraire. Par ailleurs, il est sans pertinence que d'autres auteurs n'aient apparemment pas abordé cette question jusqu'ici. Le recours se révèle ainsi mal fondé, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les critiques de la recourante concernant la remarque de l'autorité cantonale, selon laquelle le risque de voir son recours déclaré irrecevable n'aurait pas échappé à son mandataire; cette observation n'est de toute façon pas décisive. Cela étant, il convient de rappeler que la recourante peut demander en tout temps sa libération (cf. Eugen Spirig, Commentaire zurichois, n. 50 ad art. 397d CC).