Citation: 6B_793/2007 18.03.2008 E. A

Le 25 juillet 2005, la police genevoise a arrêté Y.________. Lors de ses auditions, celui-ci a reconnu avoir utilisé plusieurs cartes de crédits volées pour régler ses consommations et obtenir des retraits en espèces auprès de divers établissements. Il a précisé son mode opératoire comme suit: il allait manger, seul ou accompagné, dans des restaurants; le repas terminé, le serveur établissait une facture de 400 ou 500 fr., soit des montants largement supérieurs au prix du repas, et déduisait le montant de celui-ci; le solde était ensuite partagé par moitié entre l'employé et lui-même. Y.________ a admis avoir procédé ainsi à une douzaine de transactions, auprès du restaurant "B.________", à Genève. Il a indiqué que celles-ci étaient effectuées par deux employés, identifiés comme étant X.________ et Z.________, qui auraient touché entre 220 et 280 fr. en espèces à chaque opération. A.a Parallèlement à la procédure genevoise, Y.________ a fait l'objet d'une instruction pénale vaudoise pour des faits identiques, ses agissements s'étendant à d'autres villes. S'agissant du restaurant "B.________", Y.________ a répété aux inspecteurs vaudois avoir agi avec la complicité des serveurs X.________ et Z.________. A.b X.________ a confirmé que Y.________ s'était présenté au restaurant, qu'il réglait ses consommations au moyen de différentes cartes de crédit, dont une établie au nom de son épouse, que les repas étaient systématiquement surfacturés et qu'il se voyait parfois remettre un pourboire. Il a reconnu que le stratagème de l'homme d'affaires avait fini par éveiller ses soupçons. En revanche, il a affirmé qu'il n'était pas complice des agissements de ce client, qu'il ignorait que les cartes utilisées avaient été volées et que, dans tous les cas, il avait obtenu l'autorisation de principe de son supérieur pour procéder aux transactions en question. Z.________ a également confirmé avoir procédé à des transactions avec Y.________. Il a indiqué, en outre, avoir agi sur recommandation de X.________, lequel lui avait affirmé que ce client était fortuné, sûr et qu'il était possible d'obtenir de bons pourboires de la sorte. A.c Par jugement du 19 avril 2006, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de La Côte a reconnu Y.________ coupable d'escroquerie pour avoir fait usage de cartes de crédit volées ou copiées. Toutefois, les transactions effectuées auprès de "B.________" ne figuraient pas dans les faits pour lesquels il a été condamné.