Citation: 6P.50/2006 06.04.2006 E. 3

Se fondant sur l'art. 9 Cst., le recourant soutient que la cour cantonale a considéré de manière arbitraire qu'il aurait agi par dol éventuel, à savoir qu'il se serait accommodé des coups assénés par son comparse et de la mort de l'armurier. La cour cantonale aurait omis d'examiner le for intérieur du recourant au moment des faits, sur la base d'éléments extérieurs, comme la probabilité de la réalisation du risque et l'importance de la violation du droit de prudence. 3.1 Le Tribunal fédéral ne qualifie d'arbitraire (sur cette notion, cf. ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 et la jurisprudence citée) l'appréciation des preuves que si l'autorité a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec les pièces et les éléments de son dossier. Une jurisprudence constante reconnaît au juge du fait un large pouvoir d'appréciation en ce domaine (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40 et les références citées). Le Tribunal fédéral n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge cantonal a abusé de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 112 Ia 369 consid. 3 p. 371; 100 Ia 119 consid. 4 p. 127), lorsque des constatations de faits sont manifestement fausses (ATF 101 Ia 298 consid. 5 p. 306; 98 Ia 140 consid. 3a p. 142 et la jurisprudence citée), enfin lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88). 3.2 En l'espèce, la cour cantonale a admis que le recourant s'était accommodé de l'issue fatale, dans la mesure où le recourant ne pouvait être que conscient que des coups portés avec violence avec un tournevis dans le thorax d'une personne pouvaient entraîner la mort de celle-ci et qu'il ne pouvait qu'accepter ce résultat. Les éléments extérieurs sur lesquels repose l'admission du dol éventuel, à savoir la force de la frappe, l'usage d'une arme pointue et l'organe vital visé, sont des éléments qui ont été établis au terme d'une appréciation non arbitraire des preuves. En tous les cas, le recourant ne démontre pas en quoi l'appréciation des preuves aurait été arbitraire. Insuffisamment motivé (art. 90 al. 1 let. b OJ), le grief soulevé est irrecevable. La question de savoir si les éléments extérieurs susmentionnés autorisent à admettre que l'auteur a agi par dol éventuel relève en revanche de l'application du droit fédéral (ATF 125 IV 242 consid. 3c p. 252; 119 IV 1 consid. 5a p. 3) et sera examinée dans le pourvoi déposé parallèlement.