Citation: 1B_19/2009 25.02.2009 E. 2

Une mesure de détention préventive n'est compatible avec la liberté personnelle, garantie par l'art. 10 al. 2 Cst. et par l'art. 5 CEDH, que si elle repose sur une base légale (art. 31 al. 1 et art. 36 al. 1 Cst.), soit en l'espèce l'art. 59 du code de procédure pénale vaudois (CPP/VD). Elle doit en outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 3 Cst.; ATF 123 I 268 consid. 2c p. 270). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de l'instruction, un risque de fuite ou un danger de collusion ou de réitération (cf. art. 59 ch. 1, 2 et 3 CPP/VD). Préalablement à ces conditions, il doit exister à l'égard du prévenu des présomptions suffisantes de culpabilité (art. 59 al. 1 CPP/VD). S'agissant d'une restriction grave à la liberté personnelle, le Tribunal fédéral examine librement ces questions, sous réserve toutefois de l'appréciation des preuves, revue sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 123 I 268 consid. 2d p. 271). L'autorité cantonale dispose ainsi d'une grande liberté dans l'appréciation des faits (ATF 114 Ia 283 consid. 3, 112 Ia 162 consid. 3b). 2.1 Tout en relevant qu'elle a, dès son arrestation, activement collaboré à l'enquête, la recourante ne nie pas qu'il existe des charges suffisantes à son encontre. Elle conteste l'existence d'un danger pour la sécurité publique et d'un risque de récidive. Elle conteste également le risque de fuite, en se déclarant prête à se présenter à toute convocation. 2.2 Lorsque le maintien en détention repose sur plusieurs motifs, il appartient au recourant de critiquer chacun d'entre eux. En l'occurrence, la recourante conteste l'existence d'un risque de réitération, alors que celui-ci n'est pas retenu dans l'arrêt attaqué. Elle omet en revanche de contester l'existence d'un risque pour l'instruction en cours, notamment un risque de collusion avec les autres membres du réseau. Ce n'est que dans sa réplique qu'elle relève qu'une co-inculpée aurait pu recevoir des visites et entretenir des contacts téléphoniques réguliers. Toutefois, faute de précisions sur les modalités de ces contacts, l'on ne voit pas en quoi cela remettrait en cause l'existence d'un risque de collusion dans ce cas. Pour ce motif déjà, le recours doit être écarté. 2.3 Il doit l'être également en raison du risque de fuite, particulièrement évident. La recourante relève à juste titre que la seule gravité des charges ne suffit pas à retenir un tel risque. Toutefois, l'arrêt attaqué est également fondé sur le fait que la recourante, de nationalité camerounaise, n'a aucun lien avec la Suisse: elle est domiciliée en France, avec son mari et ses deux enfants, y perçoit des allocations familiales et y possède un appartement. A l'exception du jour de son arrestation, elle ne s'est rendue en Suisse que dans le cadre de son activité délictueuse. Tout porte donc à penser que la recourante pourrait profiter d'une mise en liberté pour se soustraire à l'action pénale. 2.4 La recourante relève qu'elle a largement collaboré à l'enquête, ce qui justifierait l'application à son égard des circonstances atténuantes prévues à l'art. 48 CP. Elle se dit également prête à une exécution anticipée de peine. La recourante paraît ainsi invoquer le principe de la proportionnalité, mais le grief est, lui aussi, manifestement mal fondé: les faits qui lui sont reprochés l'exposent, même si l'on tient compte de circonstances atténuantes, à une lourde peine privative de liberté, nettement supérieure à la durée de la détention subie jusque-là.