Citation: 6B_895/2024 E. 2.3

2.3. S'agissant ensuite des faits retenus à la charge de la recourante en lien avec sa condamnation pour dénonciation calomnieuse, la cour cantonale a relevé que cette dernière avait accusé B.________ d'avoir commis de nombreuses infractions. Elle l'a notamment accusé d'avoir dès, le début de leur mariage, exercé de manière quotidienne des violences psychologiques à son encontre, notamment en la brimant, en la dénigrant physiquement, en la rabaissant et en la culpabilisant, lui causant des problèmes psychiques qui auraient nécessité une prise en charge médicale, dont elle a fait état en appel en invoquant des certificats médicaux. Elle a en particulier affirmé que B.________ avait tenté de la contrôler, lui avait dit qu'elle n'était qu'une arabe et une étrangère, qu'elle n'avait ni le droit de sortir ni celui de s'exprimer, ou encore qu'il avait de la chance de ne pas avoir d'enfants avec elle. Elle a en outre déclaré qu'il aurait dérobé plusieurs de ses téléphones cellulaires ainsi que l'entier de ses économies gagnées au Maroc, soit environ 10'000 fr., affirmant encore qu'il l'aurait régulièrement menacée de mort pour le cas où elle parlerait des violences psychiques et verbales subies, et menacée de la détruire en la renvoyant dans son pays d'origine, où elle risquait de mourir. À l'instar du premier juge, la cour cantonale a cependant retenu que, dans la mesure où la recourante et B.________ n'avaient pas logé dans le même appartement ni partagé de vie de couple, on ne voyait pas comment ce dernier aurait pu, chaque jour, exercer des violences psychologiques à l'encontre de la recourante. De même fallait-il constater que les allégations de violences psychiques étaient apparues lorsque le SPOP avait commencé à émettre des doutes sur la réalité du mariage. En outre, les certificats médicaux produits étaient certes probants quant au fait que la recourante avait subi un état dépressif sévère et une modification durable de sa personnalité, mais n'en demeuraient pas moins basés sur ses propres déclarations aux soignants consultés. Certains des certificats médicaux produits ne mentionnaient pas la cause des troubles. L'un d'entre eux évoquait uniquement une symptomatologie anxio-dépressive liée à une séparation de couple, mais non des violences psychiques, d'autres mentionnant la perspective de son possible renvoi du territoire suisse comme ayant clairement contribué à entretenir sa fragilité psychique. Sur la base de ces éléments, la cour cantonale a donc jugé que la recourante avait accusé B.________ de s'être rendu coupable de lésions corporelles simples qualifiées alors qu'elle le savait innocent, dans le but qu'une enquête pénale - qui devait lui permettre de demeurer en Suisse - soit ouverte contre lui. Quant aux autres accusations portées par la recourante à l'encontre de son époux, elles étaient, selon les juge précédents, également inexistantes, et la recourante le savait. Sur ce point également, les constatations cantonales ne sauraient être qualifiées d'insoutenables. La cour cantonale était à l'évidence, quoi qu'en dise la recourante sur ce point, fondée à pointer d'emblée les contradictions manifestes entre des accusations de violences psychologiques quotidiennes et le fait, retenu sans arbitraire, qu'il n'y ait jamais eu de vie commune. De même, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir établi les faits de manière insoutenable en soulignant, sous un angle chronologique, que les accusations étaient apparues après que le SPOP eut émis des doutes sur la réalité du mariage. Plus précisément encore, il ressort du jugement attaqué (art. 105 al. 1 LTF) que les accusations ont été formulées pour la première fois en avril 2019, après avoir appris que le SPOP avait l'intention de révoquer son autorisation de séjour, alors même qu'au cours d'une audition s'étant déroulée peu de temps auparavant, en novembre 2018, elle avait précisé que B.________ n'était pas violent (cf. supra B.b et B.c). À cet égard, c'est en vain que la recourante soutient notamment qu'elle n'a pu dénoncer les faits la concernant qu'au début de la procédure diligentée par le SPOP. En tout état, on ne saurait considérer que les constatations cantonales sont insoutenables ou qu'elles auraient été établies en violation de la présomption d'innocence. Sur ce point également, les griefs de la recourante s'avèrent manifestement mal fondés, dans la mesure où ils sont recevables.