Citation: 7B.74/2003 29.04.2003 E. A

A.a Dans le cadre d'un crédit documentaire émis le 20 mai 2001 par la C.________, à Damas sur ordre de la société syrienne M.________, à Damas, U.________ SA, agissant en qualité de banque confirmatrice, a transféré le montant de USD 2'264'992, 87 sur le compte de la société slovaque S.________ auprès de la X.________ SA, à Genève. Le crédit documentaire garantissait la vente, par S.________ à M.________, d'acier en provenance du Kazakhstan et devant être transporté du port de Gemlik, en Turquie, jusqu'en Syrie. Peu après le transfert de l'argent sur le compte de S.________ auprès de la X.________, il s'est avéré que U.________ avait honoré le crédit documentaire sur la base de faux documents. A.b Le 15 octobre 2001, U.________ a obtenu du Tribunal de première instance de Genève le séquestre de tous les biens et avoirs de S.________ en mains de la X.________. L'ordonnance du tribunal précisait que le séquestre était opéré pour une "créance en répétition de l'indu (enrichissement illégitime) et en dommages-intérêts pour acte illicite (suite à un paiement infondé d'un crédit documentaire...". Par demande du 7 décembre 2001, U.________, C.________ et M.________ ont ouvert action en dommages-intérêts contre S.________ devant le Tribunal civil de Gemlik. Ce tribunal a rejeté l'action par jugement du 7 mars 2002, entré en force le 11 avril 2002 à l'égard de U.________, mais pas de C.________ et M.________, qui ont interjeté appel. Le 28 mai 2002, U.________ a adressé à l'Office des poursuites de Genève une réquisition de poursuite en validation du séquestre. S.________ a fait opposition à cette poursuite le 22 août 2002. U.________ n'a pas requis la mainlevée de l'opposition dans le délai de 10 jours prévu par l'art. 279 al. 2 LP. A.c Par requête du 3 juillet 2002, renouvelée les 18 et 31 du même mois, S.________ a sollicité l'office de constater la caducité du séquestre. Selon la requérante, le jugement du tribunal de Gemlik avait réglé définitivement la question de la prétention invoquée par U.________ et, par conséquent, la validation du séquestre au moyen d'une poursuite postérieure au jugement au fond était impossible en application de l'art. 279 al. 1 LP. Le 9 août 2002, U.________ a fait savoir à l'office que le jugement turc dont se prévalait S.________ faisait l'objet d'un recours pendant devant la cour de cassation turque et n'avait aucune force exécutoire en Suisse. Le 16 août 2002, S.________ a réitéré sa requête. Le 9 septembre suivant, elle a invité l'office à fixer un délai de 10 jours à U.________ pour produire la preuve de son appel et, partant, de l'existence d'une procédure pendante entre la séquestrante et la séquestrée. Sur quoi U.________ a indiqué à l'office que l'appel pendant en Turquie avait été interjeté par M.________ et C.________, rappelant par ailleurs que le jugement entrepris n'avait aucune force exécutoire en Suisse.