Citation: 6B_86/2024 E. 3.7

3.7. En tout état, la cour cantonale a également considéré que la deuxième condition de l'art. 66a al. 2 CP n'était pas remplie (au motif que l'intérêt public à l'expulsion l'emportait sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse). Ainsi, par surabondance de droit, il convient d'examiner cette condition. Cet examen implique en particulier de déterminer si la mesure litigieuse respecte le principe de la proportionnalité découlant des art. 5 al. 2 Cst. et 8 par. 2 CEDH. En l'espèce, le recourant a un certain intérêt à demeurer en Suisse vu la durée relativement longue de son séjour dans ce pays depuis son arrivée à l'âge de 13 ans et le fait que son père et sa soeur y résident. Toutefois, il doit être tenu compte de sa faible intégration, de l'absence de liens socio-professionnels particuliers en Suisse et de ses chances de réintégration dans l'un de ses pays d'origine. De plus, à défaut de rapport de dépendance allant au-delà des attaches affectives usuelles, le recourant ne saurait se prévaloir de son lien l'unissant à son père et à sa soeur pour tenter de justifier le caractère disproportionné de l'expulsion (cf. art. 8 par. 2 CEDH). Le recourant n'allègue en outre pas que son expulsion vers le Kosovo ou la Bulgarie l'empêcherait de recevoir des soins. Son état de santé ne saurait ainsi faire obstacle à son renvoi. Par ailleurs, l'intérêt public présidant à l'expulsion du recourant s'avère relativement important vu le nombre, la nature et la diversité des infractions commises par celui-ci. Ce dernier a en effet déjà été condamné à sept reprises entre 2014 et 2021 et les infractions figurant dans son casier judiciaire ont porté atteinte à plusieurs biens juridiquement protégés, ce qui révèle un mépris persistant du recourant pour les lois et l'ordre juridique suisses. Contrairement à ce qu'il soutient, le fait qu'il aurait commis certaines de ces infractions dans un contexte de dépendance à l'alcool et aux stupéfiants ou suite au décès de sa mère ne diminue en rien l'intérêt public à son expulsion. Force est donc de constater qu'il représente un certain danger notamment au regard de son manque de prise de conscience malgré la gravité de ses actes. Par conséquent, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les intérêts publics à son expulsion l'emportaient sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. Infondé, le grief est rejeté dans la mesure où il est recevable.