Citation: 7B.233/2004 24.12.2004 E. 1

1.1 Le délai de plainte de 10 jours prévu par l'art. 17 al. 2 LP est un délai péremptoire et son observation une condition de recevabilité qui doit être vérifiée d'office (ATF 102 III 127; P.-R. Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 222 s. ad art. 17 LP; Nicolas Jeandin, Poursuite pour dettes et faillite, FJS 679 p. 15 let. A; Amonn/Walther, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 7e éd., Berne 2003, § 6 n. 31, § 11 n. 10 et 11). Si le délai n'est pas observé, la décision ou mesure en cause entre en force, sous réserve d'une éventuelle constatation de nullité, hors délai de plainte, selon l'art. 22 al. 1 LP (Jeandin, loc. cit.). Le délai de plainte commence à courir du jour où la personne concernée a eu connaissance de la décision ou mesure (art. 17 al. 2 LP), soit plus précisément du jour où elle en a eu une connaissance effective et suffisante (Gilliéron, op. cit. n. 190 et 204 ad art. 17 LP). Elle ne saurait toutefois retarder ce moment selon son bon plaisir: en vertu du principe de la bonne foi, elle est tenue de se renseigner sur l'existence et le contenu de la décision dès qu'elle peut en soupçonner l'existence, à défaut de quoi elle risque de se voir opposer l'irrecevabilité de sa plainte pour cause de tardiveté (arrêt du Tribunal fédéral du 18 octobre 1999 dans la cause K. contre Procureur général du canton de Berne, publié in SJ 2000 I 118 consid. 4). 1.2 Les faits et moyens de preuve nouveaux présentée à ce sujet par les recourantes sont irrecevables en vertu de l'art. 79 al. 1 OJ. Ainsi en va-t-il notamment des prétendues interpellations de l'office et des anciens dirigeants de la faillie en vue d'obtenir des informations faisant défaut, ainsi que cela résulterait d'un courrier du 21 juin 2004. Les recourantes n'indiquent d'ailleurs pas en quoi la quête d'informations en question serait pertinente et effectivement déterminante pour résoudre la question du respect du délai de plainte au regard des principes énoncés ci-dessus. La Chambre de céans s'en tient sur ce point aux constatations de fait de l'arrêt attaqué (art. 63 al. 2 et 81 LP). Il en ressort que, par courrier du 4 juin 2004, le préposé à l'office des faillites a expliqué aux plaignantes les détails de l'accord passé avec les sociétés D.________ AG et E.________, leur donnant à cette occasion toutes les indications nécessaires au dépôt d'une plainte, en particulier concernant le contenu, la nature et la portée dudit accord; or, les plaignantes ont attendu jusqu'au 20 juillet 2004 pour demander différentes pièces à ce sujet. Au regard des règles ci-dessus rappelées, c'est à bon droit que la Cour cantonale a retenu que la lettre de l'office du 4 juin 2004 a fait courir le délai de l'art. 17 al. 2 LP et que, par conséquent, la plainte formée le 28 juillet 2004 seulement était tardive.