Citation: 4A_464/2021 E. 4.3

4.3. Dans son mémoire de recours, l'intéressée prétend avoir découvert, lors de la lecture de la sentence entreprise, que l'amendement n. 3 n'avait, contrairement aux apparences, jamais été signé par son CEO, C.________, et qu'il s'agissait dès lors probablement d'un faux. Consternée par le résultat auquel a abouti l'arbitre, elle indique avoir entamé des investigations quant à l'authenticité du document en question. Selon les résultats de sa propre enquête, la recourante prétend qu'il s'agit bien de la signature de son CEO et de son tampon qui ont été apposés sur le document précité mais pas par lui. A l'appui de ces allégations nouvelles, elle produit diverses pièces portant des dates postérieures à celle de la sentence attaquée. Dans son écriture spontanée du 26 octobre 2021, elle soutient également que l'avenant n. 4 aurait lui aussi été falsifié. Le 14 décembre 2021, l'intéressée a encore produit deux rapports d'expertise datés respectivement des 13 et 14 décembre 2021, établis à sa demande, censés étayer sa thèse selon laquelle les deux avenants en question auraient été falsifiés. A suivre la recourante, il se justifierait de tenir compte exceptionnellement de ces pièces et faits nouveaux, dès lors que lesdits éléments sont en lien avec son grief tiré de la violation de l'ordre public matériel, d'une part, et qu'elle ne pouvait pas s'attendre à la construction juridique adoptée par l'arbitre, d'autre part. Tel n'est manifestement pas le cas. Les éléments sur lesquels se fonde la recourante ne résultent pas de la sentence attaquée et ne peuvent dès lors pas être pris en considération par la Cour de céans, vu l'art. 99 al. 1 LTF, disposition non visée par la liste d'exclusion figurant à l'art. 77 al. 2 LTF. L'exception réservée par le Tribunal fédéral lui permettant de revoir l'état de fait à la base de la sentence attaquée si l'un des griefs mentionnés à l'art. 190 al. 2 LDIP est soulevé à l'encontre dudit état de fait ne signifie du reste pas que la partie recourante pourrait alléguer des faits ou invoquer des éléments de preuve nouveaux qu'elle n'avait jamais fait valoir durant la procédure arbitrale. En l'occurrence, l'arbitre a relevé, dans ses observations sur le recours, que les parties n'avaient jamais contesté la validité respectivement l'authenticité de l'avenant n. 3. Aussi la recourante ne peut-elle pas invoquer pareil moyen au stade du recours dirigé contre la sentence et produire des éléments qu'elle n'a pas avancés lors de la procédure arbitrale. Par ailleurs, à supposer même qu'une partie puisse présenter des faits et moyens de preuve nouveaux dans un recours dirigé contre une sentence arbitrale internationale au motif que la recourante ne pouvait pas s'attendre à la construction juridique adoptée par l'arbitre, ce qui apparaît extrêmement douteux, force serait alors de constater que la solution juridique retenue par l'arbitre n'avait rien d'imprévisible. Pour s'en convaincre, il suffit de lire le résumé, dans la sentence entreprise, des arguments avancés par les parties au cours de la procédure arbitrale. Sous n. 123 ss de sa sentence, l'arbitre détaille en effet l'argumentation de l'intimée selon laquelle l'avenant n. 4 n'a pas remplacé entièrement l'avenant n. 3, avant d'exposer, sous n. 149 ss, la thèse inverse prônée par la recourante. Il apparaît ainsi que l'articulation entre les avenants n. 3 et 4 était l'un des éléments centraux du litige, comme l'a du reste souligné l'arbitre (sentence, n. 208). Dans ces conditions, la recourante n'est pas crédible lorsqu'elle plaide l'effet de surprise quant à l'importance accordée par l'arbitre à l'avenant n. 3. A titre superfétatoire, on relèvera enfin que les écritures transmises par l'intéressée les 26 octobre et 14 décembre 2021, ainsi que leurs annexes, sont de toute manière irrecevables puisqu'elles ont été déposées après l'expiration du délai de recours et constituent une tentative inadmissible de compléter le mémoire de recours et non pas l'exercice légitime d'un droit de réplique spontané, étant précisé que l'intimée n'a pas répondu au recours. Par conséquent, le mérite du recours sera examiné en faisant abstraction des faits et moyens de preuve nouveaux invoqués par la recourante dans ses diverses écritures.