Citation: 1C_18/2022 E. 3.2.3

3.2.3. Toujours sous l'angle de la nécessité, la recourante affirme que deux autres accès au pâturage seraient préférables, de sorte que le chemin longeant le sud de sa parcelle ne serait pas nécessaire. Examinant les variantes d'accès possibles, la cour cantonale a retenu que le tracé au sud du pâturage est très en pente, de sorte qu'il est dangereux pour les chevaux. D'autre part, inscrit en qualité II des surfaces de promotion de la biodiversité au sens des art. 14 et 59 de l'ordonnance du 23 octobre 2013 sur les paiements directs versés dans l'agriculture (OPD; RS 910.13), ce secteur présente une flore de grande qualité et des structures favorisant la biodiversité. De telles surfaces devraient donc être limitées à une pâture extensive, sans passages fréquents. La recourante ne fait valoir aucun argument qui justifierait de s'écarter de cette appréciation. Au contraire de ce qu'elle affirme, la question de la flore a été abordée en audience, ce qui ressort expressément du procès-verbal dressé à cette occasion (p. 2) et sur lequel les parties ont été invitées à se déterminer. Ensuite, sauf à méconnaître le concept de pâture extensive, le fait que les chevaux paissent de toute façon sur cette partie du pré ne saurait suffire à justifier d'y implanter le chemin d'accès. Enfin, la critique envers l'argument de la pente, qui consiste uniquement à affirmer que "la pente n'est pas si forte" et qu'elle est "parfaitement ordinaire en Suisse", est purement appellatoire, la recourante n'exposant en rien pour quelles raisons son appréciation de la situation devrait être préférée à celle des premiers juges. Bien plus, le principe du regroupement des constructions et installations en zone agricole (cf. ATF 141 II 50 consid. 2.5; arrêt 1C_892/2013 du 1er avril 2015 consid. 3.1 in RDAF 2015 I p. 453), a priori transposable à toute zone non constructible, tend précisément à ne pas privilégier ce tracé, éloigné de tous les autres aménagements de l'exploitation. S'agissant du tracé passant au nord du pâturage, par le chemin qui conduit à la parcelle n° 754, la recourante ne discute pas la motivation retenue par les premiers juges pour écarter cette variante. Elle se borne à se référer à la constatation, par les instances judiciaires dans un précédent litige, que le chemin en question pouvait précisément être utilisé par les chevaux. Certes, l'arrêt attaqué s'est également référé à cette précédente affaire pour relever que la recourante adopte un comportement contradictoire en défendant désormais la pertinence du passage au nord auquel elle s'était autrefois opposée. Mais la véritable raison pour laquelle la cour cantonale a exclu cette variante est que ce chemin fait l'objet d'une utilisation tant pédestre qu'automobile par les visiteurs du centre équestre ainsi que par les membres de la recourante elle-même, de sorte que cet usage accru rend la cohabitation avec le passage des chevaux dangereuse. Or la recourante n'explique pas en quoi une telle motivation, qui paraît pourtant convaincante, devrait être écartée. Et le seul fait que le passage des chevaux soit autorisé sur ce chemin ne la contredit pas, ni ne rend celui-ci plus éligible au choix du cheminement pour faire accéder les bêtes au pâturage. Il y a donc lieu de confirmer l'appréciation des premiers juges sur ce point également. Quant au tracé actuel, outre qu'il ne présente aucun des inconvénients relevés pour les deux autres variantes, il consiste en un chemin qui existe à tout le moins depuis 1970 (cf. consid. 2 ci-dessus), soit avant l'entrée en vigueur de la réglementation fédérale consacrant la séparation des territoires bâtis et non-bâtis, ce qui plaide en faveur de son maintien.