Citation: 1P.496/2005 14.10.2005 E. C

Cet arrêt retient, en substance, ce qui suit. C.a X.________, née en 1969, et Y.________, né en 1968, tous deux d'origine pakistanaise, ont fait connaissance en 1998 à Vienne, où X.________ poursuivait sa formation académique. Pendant deux ans, ils ont entretenu à plusieurs occasions des relations sexuelles, tout en vivant séparément. En 2000, ils ont vécu ensemble à Pully, puis à Renens. A cette époque, ils ont formé un projet de mariage, qui devait avoir lieu à Londres, mais qui n'a pas abouti, car X.________ devait faire une fausse déclaration selon laquelle elle était domiciliée en Angleterre depuis 8 mois, ce qu'elle a refusé. Un conflit est né de ce refus. X.________ s'est alors rendue à Glasgow chez son oncle, tandis que Y.________ retournait chez lui. Ils ont échangé de nombreux messages électroniques, dans lesquels Y.________ suppliait X.________ de revenir sur sa décision. Celle-ci s'est sentie menacée par cette attitude et s'est alors rendue, avec son oncle, à la police de Glasgow; déclarant qu'elle avait été violée par Y.________ le 24 mars 2000 à Lausanne, elle a déposé plainte. Ultérieurement, lors de son audition par la police vaudoise, X.________ a confirmé ce fait, situant toutefois le viol à Vienne en juillet 1998. Pour sa part, Y.________ a admis avoir entretenu à réitérées reprises des relations sexuelles avec X.________, soutenant toutefois que celle-ci avait toujours été consentante. C.b Le tribunal a acquis la conviction que la version de X.________ n'était pas crédible, pour l'essentiel sur la base des éléments suivants: - la lecture des très nombreux courriers électroniques échangés par les parties n'avait révélé aucune allusion directe ou indirecte à leurs relations sexuelles, à des menaces ou des contraintes de la part de l'accusé; - il apparaissait surprenant qu'une personne prétendant avoir été contrainte de subir des actes sexuels puisse en même temps s'adresser à son agresseur en des termes tels que "chéri, doux époux, mari adoré, etc."; - le comportement ambigu de X.________, qui, d'une part, avait déclaré avoir accepté contre sa volonté d'entretenir des relations sexuelles avec l'accusé dans le but d'éviter que sa famille apprenne cette liaison, et, d'autre part, avait refusé le mariage pour une simple raison administrative; - le fait que la victime avait affirmé à la police de Glasgow que le viol avait eu lieu au printemps 2000, puis avait déclaré en Suisse qu'il avait eu lieu en été 1998; - les constatations faites par les experts de l'Institut universitaire de médecine légale (IUML), lesquelles ne permettaient pas d'exclure un consentement de X.________ à l'acte sexuel, même si elle souffrait d'une pathologie pouvant être à l'origine de douleurs lors des rapports sexuels. La cour cantonale a estimé que cette appréciation était exempte d'arbitraire. Elle a par ailleurs écarté divers autres griefs de la recourante, notamment un grief pris d'une violation du droit d'être entendu à raison de l'absence de verbalisation des déclarations de témoins ou de parties et un grief relatif à la condamnation de la recourante à une partie des frais.