Citation: 5P.184/2006 04.09.2006 E. 3

3.1 Le recourant reproche d'abord à la Cour de justice d'avoir écarté les dépenses liées à son traitement psychologique (pour la partie qui n'est pas prise en charge par l'assurance-maladie). Il explique que son suivi psychologique a commencé deux ans avant la séparation, dans un premier temps pour des problèmes d'ordre personnel, mais que les séances se sont intensifiées avec les difficultés conjugales et la fin de la vie commune. Cette période pénible n'aurait pas pu être surmontée sans aide psychologique. Dans ces circonstances, nier la nécessité de ce traitement heurte le sentiment de justice et d'équité, et relève d'une appréciation manifestement arbitraire de la réalité des faits. Personne n'a contesté que le suivi psychologique dont a bénéficié le recourant lui ait été utile pour surmonter ses difficultés personnelles et conjugales; toutefois, admettre l'utilité de cette thérapie n'implique pas forcément son caractère nécessaire. C'est tout ce qu'a dit la juridiction précédente. Bien qu'ils ne soient pas privés de toute pertinence, les arguments du recourant ne suffisent pas pour autant à démontrer que l'opinion de l'autorité cantonale serait insoutenable. 3.2 Le recourant fait ensuite grief à la Cour de justice d'avoir procédé à un calcul "extraordinairement restrictif" de son minimum vital, qui lui reconnaît seulement la moitié du montant prévu pour un couple et la moitié du loyer de l'appartement qu'il partageait avec sa compagne; le concubinage en raison duquel ce calcul a été opéré n'était cependant pas suffisamment stable, cette liaison s'étant d'ailleurs interrompue en février 2006. Ce "pur calcul mathématique" de partage par moitié des charges, sans prendre en considération les particularités de l'espèce, le place "dans une impasse" et s'avère donc arbitraire. Certes, le montant de 1'600 fr. retenu au titre du minimum vital est très bas, mais les juges cantonaux n'ont fait qu'appliquer ici les principes développés par la doctrine et la jurisprudence en cas de concubinage du débirentier (cf. notamment: ATF 128 III 159 et les citations; arrêt 5P.90/2002, consid. 2, in: FamPra.ch 2002 p. 813; Perrin, La méthode du minimum vital, in: SJ 1993 p. 425 ss, spéc. 435). Or, le recourant n'expose pas, conformément aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, pourquoi tant la base mensuelle du minimum vital (Grundbetrag) que la charge locative ne devraient pas être divisées par deux. Quant à la stabilité du concubinage - autant qu'elle est pertinente dans le cadre des mesures protectrices (arrêt 5P.90/2002 précité, consid. 2b/bb) -, il n'était pas arbitraire de l'admettre; c'est le recourant qui a emménagé chez son amie en septembre 2005, résolution dont on peut supposer qu'elle ne devait pas être temporaire, et il ne prétend pas avoir formulé des réserves à ce sujet en instance cantonale. Le fait que le recourant vit derechef seul dans sa caravane depuis le mois de février 2006 est nouveau, en conséquence irrecevable dans un recours de droit public pour arbitraire (ATF 118 III 37 consid. 2a p. 39 et les arrêts cités). 3.3 Le recourant se plaint encore de ce que l'autorité cantonale a pris en compte le revenu réalisé en 2004, en supposant que celui qu'il a perçu depuis lors était au moins équivalent: or, son salaire a diminué à la suite d'un changement d'activité au sein de La Poste, comme il l'avait indiqué durant la procédure cantonale. Toutefois, il n'établit pas d'une manière conforme aux exigences posées à l'art. 90 al. 1 lit. b OJ pourquoi la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire en affirmant qu'il n'avait donné aucune explication propre à justifier une diminution de sa rétribution pour l'année 2005. D'ailleurs, il apparaît significatif qu'il s'exprime à ce propos dans le chapitre "En fait" de son mémoire de recours, mais sans se référer à une pièce quelconque ni renvoyer à des allégués formulés en instance cantonale. Pour autant qu'on puisse les tenir pour suffisantes, de telles allégations sont nouvelles, partant irrecevables (supra, consid. 3.2 in fine). 3.4 Enfin, le recourant affirme que la Cour de justice est tombée dans l'arbitraire en refusant de tenir compte de ses projets de logement. Après avoir rappelé que la contribution d'entretien doit être arrêtée en fonction des circonstances futures déjà certaines ou fort probables, la cour cantonale a fait abstraction de l'intention du recourant d'obtenir avec sa compagne un appartement plus grand, ce projet étant resté vague. L'intéressé ne discute en rien cette argumentation, se limitant à la qualifier d'arbitraire. Insuffisamment motivée, cette critique est dès lors irrecevable (supra, consid. 2.2.).