Citation: 6B_1044/2021 E. 4.2

4.2. La cour cantonale a exposé que le dossier était peu disert sur l'agression subie par le recourant, en l'absence notamment d'images de vidéo-surveillance, de traces ADN et de témoins directs des faits. La thèse du recourant, selon laquelle un lien existait entre son agression et la demande de rendez-vous de C.________, n'était pas invraisemblable au vu du contexte de l'affaire. En outre, les explications de l'intimé concernant son séjour à V.________ au moment des faits avaient été confuses, voire évolutives, et étaient contredites par certains éléments au dossier; l'intéressé avait notamment affirmé n'avoir jamais habité à V.________ avec son épouse et leur fils, alors que celle-là avait déclaré que tel avait été le cas, et son nom figurait sur le contrat de bail concernant la location d'un logement à U.________ à partir du 31 août 2017. Il n'était toutefois pas invraisemblable, au vu de la situation économique du couple et compte tenu du fait que l'intimé avait précédemment vécu à V.________, que celui-ci ait accepté un emploi ailleurs que sur son lieu d'habitation. En tout état de cause, les éléments au dossier n'apportaient pas la preuve que l'intimé était l'un des auteurs de l'agression, hypothèse qui reposait sur les seules déclarations du recourant. Rien ne permettait de conclure que les documents versés par l'intimé attestant qu'il travaillait à V.________ entre le 24 et le 31 décembre 2017 étaient des faux. Par ailleurs, les déclarations du recourant avaient varié, voire évolué au cours de la procédure et le contexte de son agression semblait avoir considérablement influé sur la manière dont il s'était souvenu des faits. Le processus d'identification des agresseurs souffrait au surplus de plusieurs biais; le recourant avait d'emblée mis en cause un certain "Mohamed", tout en indiquant qu'il ne connaissait pas ses agresseurs. Il avait ensuite identifié l'intimé, dont le nom coïncidait avec celui qu'il avait donné précédemment, sur une planche photographique, puis avait confirmé en audience de confrontation qu'il s'agissait bien de l'un de ses agresseurs; les propos du recourant divergeaient par ailleurs sur le moment où une photo de l'intimé lui avait été montrée par sa soeur et il avait d'abord indiqué ne pas être en mesure d'identifier le second agresseur, avant de mettre en cause le frère de D.________. Les juges cantonaux ont ajouté qu'aucun élément matériel ne corroborait l'implication de l'intimé et que les déclarations confuses de C.________ concernant la présence de l'intimé à X.________ au moment des faits ne pouvaient pas être retenues comme un élément à charge supplémentaire pour invalider la thèse de l'intimé. En conclusion, l'autorité précédente a exposé ne pas être convaincue que l'intimé était l'un des auteurs de l'agression, ni même qu'il était à X.________ lorsque celle-ci s'est produite, un doute sérieux, irréductible et donc raisonnable subsistant.