Citation: 4A_380/2017 E. 1

Depuis septembre 2013, la société anonyme X.________ SA prend à bail avec ses trois administrateurs des locaux dans un bâtiment du quartier de Plainpalais à Genève; elle y a repris l'exploitation d'un centre médical et chirurgical précédemment créé par ses fondateurs. Elle occupe dans ce bâtiment le rez-de-chaussée, le premier, le deuxième et le cinquième étage, ainsi qu'un dépôt au sous-sol. Le troisième et le quatrième étage étaient d'abord occupés par d'autres médecins. Depuis le 1er janvier 2017, ces deux étages sont loués en bloc à d'autres personnes pour la durée de cinq ans, et destinés, selon le contrat, à l'exploitation d'un salon de massage. Le site internet «... » y annonce l'ouverture d'un nouveau salon promettant « luxe, confort et magnifiques hôtesses accueillantes ». Tous les locaux sont remis à bail par Z.________. Le 24 février 2017, la société anonyme et ses trois administrateurs ont saisi le Tribunal des baux et loyers du canton de Genève d'une requête de mesures préprovisionnelles et provisionnelles qu'ils dirigeaient contre Z.________. Le tribunal était requis d'ordonner au bailleur d'interdire aux locataires du troisième et du quatrième étage d'y pratiquer ou d'y laisser pratiquer la prostitution ou toute autre activité semblable. Z.________ devait être menacé de la peine d'amende prévue à l'art. 292 CP en cas d'insoumission à une décision de l'autorité. Les requérants exposaient que la pratique de la prostitution dans le bâtiment où ils avaient leur centre médical serait propre à causer une atteinte irrémédiable à leur réputation professionnelle et commerciale, à provoquer la fuite de leur clientèle et, à terme, à entraîner la faillite de leur entreprise. Le tribunal a refusé d'abord les mesures préprovisionnelles puis les mesures provisionnelles, respectivement par ordonnances du 27 février et du 22 mars 2017.