Citation: 4C.145/2003 07.11.2003 E. 3

S'agissant de savoir avec qui le demandeur a contracté, la question de la bonne foi de cette personne ne paraît se poser que dans le cadre du principe de la confiance. Quoi qu'il en soit, à supposer que l'on retienne par hypothèse que l'art. 3 al. 2 CC puisse être pris en considération, on ne voit pas comment il serait possible d'opposer cette disposition au demandeur. Il résulte des faits de la cause que la présence du jardinier paysagiste sur le chantier a été dûment requise à la suite de l'envoi d'un devis en bonne et due forme, qu'elle n'a donné lieu à aucune contestation et que le demandeur n'a pas entrepris des travaux non commandés. Dans ces conditions, il est manifeste que le demandeur pouvait légitimement penser que ses factures seraient honorées sans difficultés après l'exécution de l'ouvrage, que ce soit par la défenderesse ou par les appelés en cause. L'affaire ne présentant aucun caractère inhabituel, il n'y avait pas matière à exiger de l'entrepreneur une prudence accrue l'incitant à s'enquérir avec précision de la personne qui allait le payer et à requérir des garanties (cf. ATF 119 II 23 consid. 3c/aa p. 27). Dès lors, en tant qu'elle impute au demandeur un comportement qui serait contraire à la bonne foi, la défenderesse ne peut pas être suivie.