Citation: 4A_450/2013 E. A

A.a. X.________ (ci-après: X.________ ou la recourante) est une société étrangère active dans le domaine de la production industrielle de feuilles d'aluminium et d'emballages aseptiques pour des produits alimentaires. Y.________ Engineering S.p.A. (ci-après: Y.________ Engineering), constituée le 6 octobre 1997, est une société de droit italien appartenant indirectement au groupe Z.________ S.p.A., lequel s'occupe notamment de la fabrication et de la mise en service d'unités industrielles. Elle était détenue par Y.________ Group S.p.A. (ci-après: Y.________ Group), une filiale de Z.________ S.p.A. créée le 26 janvier 1988 et placée en liquidation volontaire le 7 mars 2005. Y.________ Engineering a, elle aussi, été mise en liquidation volontaire le 16 mai 2005; elle y est demeurée jusqu'au 8 mai 2006. Y.________ S.p.A. (ci-après: Y.________), société de droit italien, filiale de Z.________ S.p.A., a été constituée le 23 février 2005. Le 4 mars 2005, elle a acquis de Y.________ Group un département (ou une division) sans personnalité juridique dénommé Y.D.________. A.b. Le 25 janvier 2001, au terme de négociations ayant débuté en 1997, X.________ et Y.________ Engineering ont conclu trois contrats - un General Agreement, un Contract for Supply of Equipmentet un Contract for Service - ayant pour objet la livraison, clés en main, d'une usine de production de feuilles d'aluminium (ci-après désignés collectivement: les contrats). L'ouvrage devait être livré initialement le 29 novembre 2004. Son prix total, fixé à 73 millions d'euros, était payable au moyen de crédits documentaires à ouvrir en faveur de la société italienne contre présentation par celle-ci de garanties bancaires de bonne exécution, entre autres sûretés. Les trois contrats ont été signés, pour la partie italienne, par A.________, directeur financier de Y.________ Group, sur la base d'une procuration délivrée le 22 du même mois par B.________ en sa double qualité de président de Y.________ Engineering et de directeur exécutif de Y.________ Group. Chacun d'eux est soumis au droit suisse et contient une clause compromissoire prévoyant la liquidation des différends auxquels son exécution pourrait donner lieu par la voie d'un arbitrage conduit à Genève, en anglais, sous l'égide de la Chambre de Commerce Internationale (CCI). A.c. Au début octobre 2003, l'exécution du projet a été suspendue, chacun des cocontractants en imputant la responsabilité à l'autre, ce qui a donné lieu à de longues et délicates négociations. Celles-ci ont débouché sur l'établissement d'un plan d'exécution ( Plan of Execution ), daté du 18 avril 2004 mais non signé, qui détaillait l'accord intervenu entre les parties. Il y était fait état, entre autres choses, du souhait de X.________ de ne pas poursuivre l'exécution du projet avec Y.________ Engineering, mais avec Y.D.________. Dans une lettre du 20 avril 2004, C.________, chef du département Y.D.________, a indiqué à X.________ qu'un membre de ce département - D.________ - serait le nouveau responsable du projet. A cette lettre était annexé un autre courrier, destiné à X.________, rédigé sur papier à en-tête de Y.________ Engineering, signé par le CEO de cette société (E.________) et contresigné, sous le terme Acknowledgement, par F.________, de Y.________ Group, dont le texte est le suivant: "As per your request, [Y.________ Engineering] hereby agrees to appoint to Mr. C.________ the full responsability for completion of the X.________ project. [Y.________ Group] acknowledge and agrees with this decision...". A partir de l'envoi de ladite lettre, Y.________ Engineering n'est plus intervenue directement dans l'exécution du projet. Le 26 mai 2004, deux protocoles ont été signés par G.________, pour X.________, d'une part, et C.________, pour Y.________ Engineering, d'autre part. L'un d'eux indique simplement que X.________ et Y.________ Engineering ont réglé leurs différends et entendent terminer le projet dès que possible. L'autre (ci-après: le long protocole) comporte sept points et détaille les mesures à prendre à cette fin. Il débute par une référence au transfert de responsabilité dont il est question dans la susdite lettre du 20 avril 2004 ("With reference to the responsibility transfer letter date April 20th, 2004...") ainsi qu'aux cinq rencontres entre "Dr. C.________ of Y.________ Engineering and Mr. G.________ of X.________". La clause 7 du long protocole dispose que, dans le but de garantir ses obligations découlant du contrat de service, Y.________ Group fournira à X.________, le 28 mai 2004 au plus tard, une garantie irrévocable. Par lettre du 22 décembre 2005 (ci-après: la Suspension Letter ), Y.________ Engineering, invoquant le non-paiement de ses factures émises entre juin et décembre 2005 ainsi que le défaut de X.________ de procéder à des préparatifs en vue de la mise en service de l'usine, a indiqué à X.________ qu'elle suspendait l'exécution des travaux. A la mi-février 2006, les parties se sont réunies pour tenter de liquider à l'amiable le différend à l'origine de la Suspension Letteret les conséquences de celle-ci. Cette tentative, qui a donné lieu à la rédaction d'un projet de Memorandum of Agreement, a échoué. Le 21 février 2006, B.________ a envoyé au principal actionnaire de X.________ une lettre dans laquelle il précisait notamment ce qui suit: "I also accepted to transfer the realization of the project from Y.________ Engineering (Mr E.________) to Y.D.________ (Mr C.________). As you might remember, this action was notified to X.________ with Y.________'s letter dated April 20th, 2004". Y.________ Engineering a adressé à X.________, le 26 février 2007, une lettre pour lui signifier formellement la fin de leurs relations contractuelles.