Citation: 1C_126/2022 E. 3.3.2

3.3.2. Cela étant, si, avec le Tribunal administratif fédéral, on peut cerner les motifs pour lesquels la recourante aurait pu vouloir taire l'hospitalisation de son ex-époux, respectivement les motifs de celle-ci, on perçoit moins ce qui l'a poussée à taire les prétendues violences conjugales dont elle aurait été victime. Aucune des pièces produites ne corrobore d'ailleurs le fait qu'elle ait effectivement subi un acte de violence physique, les documents au dossier attestant tout au plus d'un changement de comportement intervenu chez l'ex-époux, devenu agressif et violent, suite à son hospitalisation en avril 2018 et d'un incident survenu le 11 mai 2018 alors qu'il se trouvait encore à l'hôpital, l'ex-époux ayant essayé de frapper la recourante (cf. dossier du TAF, act. 1, pièces 12 ss [témoignages d'amis] et act. 8, pièces 23 s. [attestations médicales]). On ne voit d'ailleurs pas dans le recours de motif de s'écarter de cette solution. En effet, la recourante se limite à une argumentation strictement appellatoire, reproduisant certains passages des attestations produites, sans que l'on ne discerne toutefois où résiderait l'arbitraire dans l'appréciation de l'instance précédente. En outre, et contrairement à ce qu'alléguait la recourante au stade du recours au Tribunal administratif fédéral, il ressort du dossier que celle-ci n'est pas demeurée auprès de son mari entre cette hospitalisation et l'introduction de la demande en divorce, le couple ayant décidé de se séparer après la sortie de l'ex-époux de l'hôpital (cf. dossier du TAF, act. 8, pièce 26), en 2018 déjà, ce qui n'est d'ailleurs pas discuté par la recourante. On perçoit donc mal dans quel contexte la recourante aurait été victime de violences consécutivement à l'hospitalisation de son ex-mari. On relèvera encore que, selon les déclarations de l'ex-époux, la véritable cause du divorce aurait été une dispute survenue au début 2019, au cours de laquelle il aurait levé la main sur la recourante (cf. lettre de l'ex-époux au SEM du 9 août 2021 [dossier du TAF, act. 1, pièce 21]). Là encore - la séparation pouvant sans arbitraire être fixée à la sortie de l'hôpital du recourant, en 2018 déjà -, ne perçoit-on pas les circonstances dans lesquelles cet événement, dont aucune autre pièce au dossier n'atteste, serait survenu. On peut du reste encore, avec le Tribunal administratif fédéral, nourrir certains doutes quant aux craintes manifestées par la recourante à l'endroit de son ex-mari et la peur de représailles au vu des déclarations ultérieures et du soutien à la recourante qu'il a continué à lui fournir dans le cadre de la procédure d'annulation de la naturalisation. A ce sujet, l'instance précédente a en particulier souligné l'audition du 3 mai 2021, au cours de laquelle l'ex-époux a notamment indiqué qu'ils s'aimaient toujours; la recourante se trouvait d'ailleurs dans la même pièce lors de cette audition en visioconférence.