Citation: 4A_303/2017 E. B

B.a. Le 13 novembre 2007, le maître d'ouvrage a cité en conciliation l'architecte et le maçon. Le 18 février 2008, il a déposé une demande en paiement contre ceux-ci par-devant le Juge des districts de Martigny et Saint-Maurice (VS). L'architecte a soulevé l'exception de prescription. Le maître d'ouvrage et le maçon ont mis un terme au litige les divisant par une convention du 27 juin 2011, en vertu de laquelle le maçon s'engageait à prendre en charge 17,66% du dommage subi par le demandeur, les droits de celui-ci contre l'architecte demeurant entiers. La contestation civile opposant le demandeur à l'architecte a été disjointe. En dernier lieu, le maître a conclu au paiement de 30'491 fr. 85. B.b. Le 30 septembre 2015, le juge de district a condamné l'architecte à payer le montant précité, intérêts en sus. B.c. Par jugement du 4 mai 2017, le Tribunal cantonal valaisan a rejeté l'appel de l'architecte. En substance, il a considéré que les parties s'étaient liées par un contrat d'architecte global; la responsabilité du défendeur devait s'apprécier selon les règles du mandat, en tant qu'elle concernait son activité de planification et de direction des travaux. Le maître s'était réservé les travaux d'aménagement extérieur (soit l'épandage d'une couche de terre végétale de 30 cm et l'ensemencement de celle-ci), tandis que le maçon avait procédé au remblayage; la pose de l'enduit et de la feuille d'isolation «delta» incombait donc logiquement au maçon, comme l'avait souligné l'expert. Même s'il fallait retenir, contrairement à tous les usages, que le maître devait poser lui-même l'enduit, l'architecte - en sa qualité de directeur des travaux - aurait dû lui donner des indications claires pour s'assurer que le produit soit appliqué avant le remblayage. Du moment que la réalisation de l'étanchéité nécessitait plusieurs prestations distinctes dont l'exécution était échelonnée, l'architecte devait élaborer des documents clairs quant aux tâches et responsabilités respectives et donner des directives précises dans la coordination des travaux, en s'assurant que l'étanchéité soit mise en place avant le remblayage. Il n'avait pas satisfait à ces devoirs, et ces manquements étaient à l'origine du défaut décrit par l'expert. En vertu de l'art. 371 al. 2 CO, l'action du maître était soumise à un délai de prescription de cinq ans, qui avait commencé à courir dès la livraison de la villa le 19 juillet 1996 pour expirer le 20 juillet 2001. Cela étant, par courrier du 29 septembre 1998, alors que la prescription n'était pas encore acquise, l'architecte avait expressément invité le maître à ne pas intenter de procédure, démontrant ainsi - et par les démarches effectuées après cette date - la claire volonté d'entreprendre tout ce qu'il fallait pour aboutir à la réfection de l'ouvrage. L'architecte commettait dès lors un abus de droit en soulevant l'exception de prescription. Les coûts de réfection de l'ouvrage s'élevaient à 51'480 fr. 90, sans compter les frais d'expertise privée engagés par le maître (989 fr. 90). Comme celui-ci avait limité ses conclusions à 30'491 fr. 85, cette somme devait lui être allouée.