Citation: 6B_437/2024 E. 4.3

4.3. Le recourant conteste d'abord que le propriétaire économique de la société a bénéficié d'un quelconque enrichissement illégitime. Il soutient que le fait d'être en mesure de mener une activité commerciale ne constitue pas un enrichissement illégitime en soi et que, à supposer que ce tiers ait effectivement été enrichi, cet enrichissement ne serait illégitime qu'à condition que ce dernier n'ait eu ni la faculté, ni la volonté de compenser le montant des intérêts pécuniaires en cause, notamment en libérant lui-même le capital-actions de la société une fois devenu administrateur de celle-ci. Dans son raisonnement, le recourant semble perdre de vue que ce n'est pas l'existence d'un enrichissement illégitime en soi qui est déterminante pour retenir une gestion déloyale qualifiée, mais le dessein de procurer, en l'occurrence à autrui, ledit enrichissement. Ainsi, le recourant ayant poursuivi l'objectif de fournir à un tiers une société pour que ce dernier puisse pratiquer une activité commerciale sans débourser l'apport nécessaire à la constitution de cette société, il a agi de façon à faire bénéficier ce tiers d'une non-diminution de ses actifs, voire une non-augmentation de ses passifs, soit d'un enrichissement. Quant au caractère illégitime de cet enrichissement, il ressort des constatations cantonales - qui lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF) - que le tiers concerné ne disposait pas des moyens nécessaires pour créer lui-même une nouvelle société. Il n'avait donc pas la capacité de réparer le dommage au moment des faits, de sorte que le recourant ne peut se prévaloir de la capacité du tiers de réparer le dommage ( Ersatzbereitschaft) causé par la libération du capital-actions (cf. ATF 121 IV 104 consid. 2e; arrêt 6B_1078/2014 du 9 février 2016 consid. 3.3).