Citation: U 118/00 07.11.2000 E. 3

3.- a) Le recourant allègue que l'accident incriminé est de gravité moyenne, mais qu'il se situe à la limite de la catégorie des accidents graves. Il reproche à la juridiction cantonale d'avoir mal apprécié les critères déterminants, soit la durée anormalement longue du traitement médical, les douleurs physiques persistantes, les difficultés apparues au cours de la guérison et les complications importantes, ainsi que la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques, critères dont il allègue qu'ils se cumulent en l'espèce. b) Compte tenu du rapport de police du 27 septembre 1996, l'accident du 13 septembre 1996 est de gravité moyenne, mais il n'apparaît pas comme l'un des plus graves de la catégorie intermédiaire ni ne se trouve à la limite de la catégorie des accidents graves (comp. RAMA 1999 n° U 330 p. 123 sv. consid. 4b/bb et cc). c) Contrairement à ce que semble croire le recourant, aucune des circonstances sur lesquelles il se fonde ne se cumule ni ne revêt en l'espèce une intensité particulière. En effet, le 19 septembre 1996, lorsque les médecins de l'Hôpital régional de B.________ procédèrent à une ostéosynthèse de la fracture de la clavicule droite, ils constatèrent déjà une forte réaction dépressive, laquelle avait contribué à la survenance de douleurs intenses (rapport des docteurs G.________ et D.________). Dans leur rapport du 1er octobre 1996, les médecins de la Clinique de chirurgie de cet établissement hospitalier posèrent notamment le diagnostic de sévère réaction dépressive posttraumatique. Il est ainsi établi que des troubles d'ordre psychique sont survenus immédiatement après l'accident. En outre, ceux-ci sont passés au premier plan. Il ressort, en effet, du rapport des docteurs H.________ et M.________, médecins de la Clinique de chirurgie de l'Hôpital régional de B.________, du 20 novembre 1997, qu'une incapacité totale de travail ne se justifiait plus sur le plan physique, le patient pouvant à nouveau reprendre son métier de chauffeur de taxi. Or, d'après le docteur V.________, la sévère dépression réactionnelle post-traumatique était devenue chronique (rapport du 11 février 1998). A cet égard, on peut inférer de l'examen médical final du médecin d'arrondissement de l'intimée, du 7 janvier 1998, que les problèmes d'ordre psychique de l'assuré entravaient, voire empêchaient sa guérison sur le plan physique. Ainsi que cela ressort du dossier, la fracture du fémur et celle de la clavicule n'étaient pas particulièrement graves, ni de nature à provoquer une résistance aux thérapies. En ce qui concerne la possibilité d'améliorer l'état de l'épaule droite, il résulte d'un document du 22 août 1997 que le docteur E.________, chef de service de la Clinique de chirurgie orthopédique de l'Hôpital régional de B.________, envisageait d'enlever le matériel d'ostéosynthèse et de procéder à une plastie de l'acromion ainsi qu'à la résection partielle latérale de la clavicule. De son côté, le docteur W.________, spécialiste FMH en médecine interne et rhumatologue à B.________, dans un rapport du 3 octobre 1997, partageait cette proposition de traitement, à laquelle s'opposait toutefois le patient, mais qui devait être discutée avec lui lors d'une consultation auprès du docteur E.________, prévue pour le 11 novembre 1997. Selon le docteur W.________, il était dès lors prévisible que le traitement dure encore des mois, voire des années. Dans un document du 17 novembre 1997, le docteur E.________, après avoir vu l'assuré, a indiqué que celui-ci attendait le rapport de l'intimée avant de donner son accord pour une opération de l'épaule. Cette situation a donc duré, mais cela est imputable aux troubles d'ordre psychique survenus immédiatement après l'accident incriminé, qui sont passés au premier plan et ont entravé, voire empêché la guérison du recourant sur le plan physique. Dans ces circonstances, les critères déterminants que sont la durée anormalement longue du traitement médical et les douleurs physiques persistantes ne sont pas remplis. Par ailleurs, les arguments du recourant concernant d'autres critères déterminants sont sans pertinence. d) Il s'ensuit que l'accident du 13 septembre 1996 n'est pas en relation de causalité adéquate avec l'affection d'ordre psychique dont est atteint le recourant.