Citation: 5P.128/2001 30.05.2001 E. 3

3.- a) L'autorité cantonale a reproduit dans son jugement (consid. 2a p. 5-9) les décomptes des prestations - décompte général de quelque 207'000 fr., décompte relatif au chalet à B.________ de quelque 48'000 fr. et décompte relatif au studio attenant à la maison de A.________ de quelque 19'000 fr. - dont le demandeur a prétendu avoir fait bénéficier son épouse. Après avoir constaté que plusieurs postes de ces décomptes se chevauchaient, elle a exposé ce qui suit (jugement attaqué, consid. 2b p. 9): "N'ayant pas décelé les chevauchements qui viennent d'être relevés, Z.________ n'a pas contesté le contenu des décomptes susmentionnés. Toutefois, elle soutient que les différentes dépenses y énumérées ont aussi été financées par ses soins et que toute la famille en a profité. A cet égard, elle tient pour dénué de signification le fait que les factures déposées par le demandeur soient libellées à son nom.. " b) Le recourant affirme que contrairement à ce que retient l'autorité cantonale, l'intimée avait décelé les chevauchements, puisque bien avant le débat préliminaire, son mandataire avait relevé la similitude de toute une série de pièces. Or lors de son interrogatoire le 10 novembre par le juge du district de Sierre, l'intimée avait déclaré, en réponse à la question 45, "admettre les décomptes déposés en cause par [s]on ex-mari". En outre, elle n'avait pas été à même d'établir, par exemple par le dépôt de ses comptes bancaires personnels, qu'elle avait contribué au financement de toutes les factures déposées en cause par le recourant et libellées au nom exclusif de ce dernier. Par conséquent, à ce stade du raisonnement, il fallait admettre que le recourant avait déposé en cause des factures et un décompte admis par l'intimée, que le dossier ne mentionnait pas de paiement de ces factures provenant des comptes de l'intimée et qu'il n'était contesté par aucune des parties que ces factures avaient été acquittées. Par ailleurs, le recourant souligne que l'intimée a allégué elle-même dans son mémoire-réponse (all. 22) que "c'est R.________ qui payait les factures qui étaient faites à son nom", avouant ainsi elle-même la réalité des paiements effectués par le recourant. c) La défenderesse a répondu comme il suit à la question 45 lors de son interrogatoire le 10 novembre 1999: "45. Quelles améliorations personnelles avez-vous apportées à vos biens immobiliers? Réponse: J'admets les décomptes déposés en cause par mon ex-mari. Je tiens toutefois à souligner qu'il a profité également de ces améliorations, que certaines d'entre elles ont été voulues par lui seul, et que, pour certains objets, je suis tout à fait disposée à ce qu'il les reprenne. Je dois dire que moi aussi j'ai financé ces transformations et que nous en avons tous profité. Je ne peux pas vous dire ce que j'ai financé personnellement. Après 7 ans de mariage, mon ex-mari est tombé malade et je vous assure que ces travaux m'apparaissaient bien secondaires par rapport aux problèmes que nous devions affronter.. " Il appert ainsi que si la défenderesse a admis que les décomptes déposés par le demandeur concernaient bien des améliorations apportées à ses biens immobiliers, et qu'il ne paraît pas contesté que les factures en question ont été acquittées, elle n'a en revanche pas admis que tous les postes de ces décomptes avaient été financés par le demandeur, puisqu'elle a au contraire précisé qu'elle avait aussi financé les transformations. Au surplus, le demandeur perd de vue que le fardeau de la preuve du financement des transformations à la base de son action incombe à lui seul, et qu'il ne saurait le renverser en invoquant le fait que le dossier ne mentionne pas de paiement des factures en question provenant des comptes de la défenderesse. Enfin, l'allégué 22 du mémoire-réponse du 15 décembre 1998 - "22. R.________ détenait "les cordons de la bourse" commune; c'est lui qui payait les factures qui étaient faites à son nom" - n'indique précisément rien quant à l'origine des fonds qui ont servi à payer les factures libellées au nom du demandeur. Dans ces conditions, la cour cantonale pouvait sans arbitraire examiner au cas par cas, pour chaque facture, si le demandeur avait apporté la preuve de la mise à contribution de fonds personnels, ainsi qu'elle l'a fait aux considérants 2b/aa-dd et 2c de son jugement. Il convient donc de se pencher ci-après (consid. 4) sur les griefs soulevés par le recourant contre les conclusions que les juges cantonaux ont tirées de cet examen.