Citation: 6B_1047/2008 20.03.2009 E. 9

Le recourant conteste encore le refus du sursis. Il prétend à un sursis au moins partiel. 9.1 Sur le plan subjectif, le juge doit poser, pour l'octroi du sursis, un pronostic quant au comportement futur de l'auteur. La question de savoir si le sursis serait de nature à détourner l'accusé de commettre de nouvelles infractions doit être tranchée sur la base d'une appréciation d'ensemble, tenant compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de l'auteur, de sa réputation et de sa situation personnelle au moment du jugement, notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère de l'accusé et ses chances d'amendement. Il n'est pas admissible d'accorder un poids particulier à certains critères et d'en négliger d'autres qui sont pertinents. Le juge doit motiver sa décision de manière suffisante (cf. art. 50 CP). Sa motivation doit permettre de vérifier s'il a tenu compte de tous les éléments pertinents et comment ils ont été appréciés (cf. ATF 134 IV 5 consid. 4.2.1; ATF 128 IV 193 consid. 3a; 118 IV 97 consid. 2b). Le nouveau droit pose des exigences moins élevées quant au pronostic pour l'octroi du sursis. Auparavant, il fallait que le pronostic soit favorable. Le sursis est désormais la règle dont on ne peut s'écarter qu'en présence d'un pronostic défavorable. Il prime en cas d'incertitude (cf. ATF 134 IV 5 consid. 4.2.2). Un pronostic défavorable exclut également le sursis partiel. En effet, s'il n'existe aucune perspective que l'auteur puisse être influencé de quelque manière par un sursis complet ou partiel, la peine doit être entièrement exécutée (cf. ATF 134 IV 10 consid. 5.3.1 et les réf.) 9.2 Le Tribunal de première instance a relevé que le refus du recourant de collaborer à l'instruction, manifesté par la multiplication de versions différentes et le déni d'évidences, procédait d'une absence totale de scrupule (jugement de première instance, consid. 3 p. 8 s.). L'autorité de première instance n'a donc pas simplement constaté le refus de collaborer mais en a recherché la cause. Elle pouvait, de la sorte, prendre en considération cet élément défavorable parmi les autres circonstances déterminantes (ATF 101 IV 257 consid. 2a p. 259; cf. aussi arrêts 6S.477/2002 du 12 mars 2003, 6S.296/2003 du 15 octobre 2003 et 6S.276/2006 du 26 septembre 2006). Par ailleurs, la cour cantonale a confirmé ce pronostic négatif en relevant que le recourant avait commis de nouvelles infractions bien qu'il eût déjà été incarcéré en cours d'enquête. Elle en a conclu, à bon escient, que le recourant n'avait fait montre d'aucune prise de conscience (arrêt entrepris, consid. 5e, p. 16). Pour sa part, le recourant ne cite aucun élément pertinent susceptible de faire apparaître sous un jour plus favorable ses perspectives d'amendement. Son casier judiciaire est certes vierge. Compte tenu toutefois des circonstances dans lesquelles il est arrivé et a séjourné en Suisse pendant un temps limité, ce document ne fournit guère d'indications probantes sur son comportement avant les faits qui lui sont reprochés, de sorte qu'il ne permet pas, à lui seul, de compenser les éléments foncièrement négatifs relevés par les autorités cantonales. Leur pronostic ne procède ainsi ni d'un abus ni d'un excès de leur pouvoir d'appréciation. Le grief est infondé.