Citation: 1B_144/2022 E. A

Le 4 décembre 2018, le Ministère public de la République et canton de Genève a ouvert une instruction pénale contre A.________ pour blanchiment d'argent sous la référence P/23676/2018, à la suite d'une dénonciation du Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent. Le même jour, il a ordonné le séquestre des avoirs détenus par A.________ sur le compte n° xxx (actuellement n° yyy) ouvert le 28 février 2012auprès de la banque B.________ SA, à Genève. Les 21 et 22 mars 2019, il a procédé à l'audition de A.________. A l'issue de cette audience, il l'a prévenu de blanchiment d'argent pour avoir transféré, entre 2012 et octobre 2018, sur son compte personnel en Suisse des fonds de la société C.________ SA, appartenant pour partie à la société étatique angolaise D.________. Le 18 avril 2019, il a maintenu le blocage de la relation bancaire du prévenu n° 104217 à concurrence des montants provenant de C.________ SA, soit 855'396'087 USD et 38'493'386 euros, et levé la mesure pour le surplus. Le 8 janvier 2020, il a entendu l'auteur des rapports d'audit des sociétés du groupe C.________. Le 11 mars 2020, il a adressé une demande d'entraide judiciaire aux autorités angolaises visant à obtenir des informations au sujet des règles applicables en Angola en matière d'appel d'offres lors de l'attribution du marché de l'assurance et de la réassurance des opérations pétrolières à C.________ SA, la production de la documentation relative aux assemblées générales de C.________ SA auprès de l'Agence angolaise de régulation et de supervision des assurances et réassurances, l'audition du fonctionnaire chargé du dossier de C.________ SA au sein de cette agence, les contrats relatifs à la mise à disposition d'un immeuble à U.________ par D.________ Holding SA à une autre société du groupe C.________ et la confirmation qu'aucune procédure pénale n'était actuellement pendante en Angola à l'encontre de A.________ et/ou des sociétés du groupe C.________. Par ordonnance du 13 mars 2020, il a rejeté la requête de levée de séquestre formulée par le prévenu le 10 janvier 2020. Le 9 juillet 2020, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté le recours déposé par A.________ contre cette ordonnance au motif qu'il convenait encore d'éclaircir certains points, soit les raisons pour lesquelles les actionnaires minoritaires de la société C.________ SA avaient voté contre l'approbation des comptes de ladite société et les conditions ayant présidé à l'octroi aux sociétés du recourant d'une position dominante en matière d'assurance et de réassurance des opérations pétrolières en Angola. Le 3 septembre 2020, le Ministère public a versé au dossier pénal le rapport final établi le 7 août 2020 par la Direction générale des enquêtes et de l'action pénale du Parquet général de la République d'Angola en exécution de la commission rogatoire du 11 mars 2020. Il ressort de ce document que A.________ ne fait l'objet d'aucune procédure pénale pendante en Angola et qu'il n'existe pas d'indication d'actes de corruption, de blanchiment d'argent, de gestion déloyale ou de tout autre crime en lien avec les faits décrits dans la commission rogatoire. Par acte d'exécution complémentaire du 28 septembre 2020, les autorités angolaises ont annoncé avoir ouvert une procédure pénale contre A.________ et ordonné sa mise en détention comme prévenu de détournement de fonds, participation économique à des affaires et trafic d'influence ainsi que blanchiment d'argent. Le 6 novembre 2020, le Ministère public a adressé une commission rogatoire internationale à Singapour visant à obtenir la documentation relative aux comptes ouverts auprès de la banque E.________ au nom de A.________ et des membres de sa famille ainsi que de F.C.________ Ltd et G.C.________. Le même jour, il a adressé aux autorités angolaises une commission rogatoire complémentaire aux fins d'obtenir divers documents, dont les procès-verbaux des auditions de A.________ et des comptes bancaires de celui-ci en Angola.