Citation: 6B_378/2022 E. 3.3

3.3. La recourante critique la conclusion des experts, selon laquelle les règles de l'art avaient été respectées lors du suivi postopératoire jusqu'au 20 avril 2016. Selon la recourante, cette conclusion serait en contradiction avec les déclarations de la Dre G.________ et celles de la Dre E.________. Ainsi, la Dre G.________ a expliqué, lors de son audition du 2 février 2017, que le résultat des analyses sanguines du 18 avril 2016 indiquant un CRP à 105.3 était "un marqueur qui devrait alerter la présence d'une infection" et que cette indication "devrait motiver un examen clinique et biologique dans un délai de 24 heures"; elle a encore ajouté "qu'indépendamment de la valeur du CRP, une patiente qui se plaint à réitérées reprises de douleurs suite à une opération doit être examinée" (PV aud. 4 p. 3). La Dre E.________, entendue le 1er février 2017, a déclaré pour sa part: "je pense qu'on ne serait pas arrivé ici s'il y avait eu une écoute de la part de Dr B.________". A la question de savoir si les résultats des analyses sanguines du 18 avril 2016 attestaient d'une infection, elle a répondu: "oui" (PV aud. 3 p. 3). En outre, selon la recourante, la conclusion des experts serait en contradiction avec leurs propres constatations, puisqu'ils ont noté que le Dr B.________ n'avait pas mentionné de date de consultation fixée avec la recourante avant sa sortie d'hospitalisation, alors qu'au moins une date aurait dû être fixée; ils font également observer que la situation était "à suivre dès le 18 avril 2016". Pour la recourante, le Dr B.________ a sous-estimé la gravité de la situation et négligé le suivi post-opératoire. Les experts ont résumé les étapes qui ont suivi l'intervention du 14 avril 2016, les traitements et examens qui ont été prescrits, ainsi que l'évolution de l'état de santé de la recourante durant cette période, y compris de ses paramètres biologiques. En particulier, ils ont noté que la valeur de la CRP (protéine C réactive qui est un marqueur d'infection) de la recourante avait commencé à augmenter dès le 18 avril 2016, avec une procalcitonine plutôt rassurante au début, puis qui avait augmenté les jours suivants, permettant de poser l'indication d'une deuxième intervention en urgence le 20 avril 2016 (rapport d'expertise p. 36). Ils ont ainsi retenu que le diagnostic d'une infection pouvait être établi formellement le 20 avril 2016, jour où il y avait une indication absolue à réintervenir chirurgicalement. Le scanner du 19 avril 2016 ne permettait pas de poser un diagnostic clair et précis, raison pour laquelle une surveillance clinique a été indiquée (rapport d'expertise, p. 42). Pour le surplus, les éléments évoqués par la recourante ne font pas apparaître des contradictions dans l'expertise. Les déclarations des Dres G.________ et E.________ ne remettent pas en cause les conclusions de l'expertise. Sur la base des examens effectués le 18 avril 2021 par le Dr B.________ et d'entente avec celui-ci, la Dre E.________, médecin généraliste de la recourante, chez laquelle cette dernière s'était rendue le matin du 19 avril 2016 à la suite de l'augmentation de ses douleurs, a mis en place un traitement antibiotique per os à domicile (rapport d'expertise p. 4). Le fait que le Dr B.________ n'a pas fixé de rendez-vous à la recourante après l'opération n'est pas déterminant, dans la mesure où il a procédé aux examens nécessaires lorsque celle-ci s'est rendue à son cabinet le 18 avril 2016. La recourante fait valoir que l'expertise serait incomplète, dès lors que les experts n'ont pas pris en compte le dossier médical de l'hôpital D.________, produit postérieurement à l'expertise. Elle ne précise toutefois pas quel élément du dossier de l'hôpital D.________ serait de nature à apporter un éclairage différent sur les actes réalisés par le Dr B.________. Insuffisamment motivé, le grief soulevé est irrecevable.