Citation: 5A_809/2023 E. 3.3.1

3.3.1. La cour cantonale a relevé que l'on ne pouvait pas reprocher aux expertes d'avoir utilisé de mauvais outils. En effet, pour rendre leur rapport, celles-ci s'étaient fondées sur l'intégralité du dossier de l'APEA, et avaient également pris connaissance du rapport neuropsychologique rédigé le 3 mars 2022 par K.________ et L.________. Il ressortait du préambule de l'expertise que les expertes avaient aménagé trois entretiens individuels avec la mère, un entretien "mère-fils", deux entretiens individuels avec l'enfant ainsi que deux entretiens avec l'éducateur social référent de l'enfant au foyer de (...). Elles s'étaient également entretenues par téléphone avec plusieurs personnes, dont une intervenante auprès de l'OPE, une éducatrice sociale au foyer de (...), le pédiatre de l'enfant, une enseignante titulaire de l'enfant, la psychiatre de la mère à l'époque de la rédaction du rapport et la psychologue dans le service de psychothérapie de l'enfant et de l'adolescent. Finalement, elles avaient eu contact avec la Dresse E.________, pédopsychiatre ayant posé le diagnostic de TSA chez l'enfant, afin de prendre en considération les troubles de cet enfant et son mode de fonctionnement, ce qui permettait d'écarter l'hypothèse selon laquelle le trouble de l'enfant n'aurait pas été considéré par les expertes. La cour cantonale a par ailleurs rappelé que l'expertise psycho-judiciaire n'avait pas pour but principal de poser des diagnostics psychiatriques sur les parties, mais avait été ordonnée afin de déterminer le mode de garde le plus adapté pour l'enfant au vu des circonstances. Aussi, le diagnostic de TSA concernant la mère n'était pas de nature à ébranler la valeur probante de l'expertise, par rapport à une situation de fait demeurée inchangée s'agissant de sa relation avec l'enfant et avec les intervenants sociaux. La cour cantonale a ainsi considéré que les expertes s'étaient livrées à des investigations sérieuses et méthodiques, par lesquelles elles avaient pu récolter toutes les informations nécessaires à l'établissement de l'expertise. Leurs conclusions, prises à l'issue d'un rapport de 84 pages, étaient motivées par une analyse approfondie de la situation et l'expertise répondait au demeurant à toutes les questions posées en se basant sur les faits pertinents et en tenant compte des avis émanant de tous les intervenants figurant au dossier. Elle était dès lors complète, compréhensible et concluante. La cour cantonale a en outre noté qu'au cours de la séance de l'APEA du 23 juin 2022, durant laquelle la question de l'administration d'une contre-expertise avait été discutée, le conseil de la recourante avait indiqué que l" on [avait] une expertise de 90 pages où les risques ont été pesés et [qu'elle] serai[t] étonnée si l'Autorité ne prenait pas en compte cette expertise ". D'ailleurs, bien qu'elle avait déjà critiqué l'expertise du 30 mars 2022 - en utilisant les mêmes termes que dans le cadre de la présente procédure - la mère n'avait pas requis la mise en oeuvre d'une contre-expertise dans son recours du 7 octobre 2022 formulé à l'encontre de la décision provisoire du 23 juin 2022. Pourtant, le diagnostic de TSA avait déjà été posé. De même, selon le procès-verbal de la séance du 15 décembre 2022, le conseil de la mère avait expressément retiré sa demande de contre-expertise. Il ressortait d'ailleurs du dispositif de la décision attaquée que l'autorité " prenait acte " de la renonciation de la mère à l'administration d'une contre-expertise. La cour cantonale a finalement constaté que bien qu'elle s'en prenait aux conclusions de l'expertise, la recourante se fondait régulièrement sur ces mêmes conclusions pour justifier de ses progrès.