Citation: 6P.73/2005 06.09.2005 E. 4

Le recourant admet avoir injurié les gardiens de prison, mais conteste avoir proféré à leur encontre des menaces de mort (consid. A.b). Invoquant l'art. 29 al. 2 Cst. garantissant le droit d'être entendu et l'art. 6 ch. 3 let. d CEDH, il se plaint qu'il n'a pas été confronté aux deux plaignants et qu'il n'a pas été autorisé à faire entendre comme témoins trois codétenus. Se pose en premier lieu la question de la recevabilité de ces griefs au regard du principe de l'épuisement des voies de recours cantonales (art. 86 al. 1 OJ). Selon la jurisprudence, les griefs liés à la conduite de la procédure doivent avoir été soulevés en temps utiles en cours de procédure. Si l'accusé a renoncé à soulever un tel grief, il ne peut plus l'invoquer après coup devant le Tribunal fédéral, parce que la décision intervenue a finalement été défavorable. Un tel comportement serait en effet contraire à la règle de la bonne foi (ATF 114 Ia 278 consid. 3e p. 280; 111 Ia 161 consid. 1a p. 163). Cette exigence de l'épuisement des instances cantonales vaut en particulier pour les griefs de violation du droit d'interroger des témoins (ATF 118 Ia 462 consid. 5b p. 470). Par lettre du 10 juin 2004, le recourant a requis l'audition des trois codétenus, requête que le juge d'instruction a rejetée par ordonnance du 6 juillet 2004. Le recourant n'a pas recouru contre cette ordonnance ni renouvelé sa requête aux débats. Au surplus, il ne ressort pas du dossier que le recourant a jamais sollicité une confrontation avec les deux plaignants. Partant, le recourant n'a pas épuisé les instances cantonales, et la cour de céans ne peut entrer en matière sur ces deux griefs, qui sont irrecevables.