Citation: 1A.330/2005 24.05.2006 E. 4

Les recourants invoquent enfin l'art. 2 EIMP, en produisant un rapport relatif aux violations des droits de l'homme commises dans l'Etat requérant. Bien que figurant dans la partie "en fait" de leur recours, le grief était clairement reconnaissable, et ne pouvait être déclaré irrecevable. 4.1 Il n'y a pas lieu de rechercher si le motif invoqué par la Chambre d'accusation pour refuser d'entrer en matière est justifié. En effet, selon la jurisprudence constante, les personnes physiques ne peuvent invoquer l'art. 2 EIMP que dans la mesure où elles sont concrètement exposées aux violations alléguées. Tel est le cas de l'accusé se trouvant sur le sol de l'Etat requérant, ou de la personne soumise à une demande d'extradition ou de transfèrement de la part de cet Etat (ATF 130 II 217 consid. 8.2 p. 227 et la jurisprudence citée). C'est en premier lieu aux recourants qu'il appartient de rendre vraisemblable l'existence d'un risque sérieux et objectif, susceptible de les toucher de manière concrète (ATF 130 II 217 consid. 8.1. 227 et les arrêts cités). En l'espèce, les recourants sont domiciliés en Lituanie. N.________ est originaire de ce pays, et il n'est ni prétendu, ni vraisemblable qu'il puisse être extradé à l'Etat requérant, si ce dernier en formait la demande. Faute d'être concrètement menacés, les recourants n'ont donc pas qualité pour invoquer l'art. 2 EIMP. 4.2 Dans sa réponse, l'OFJ indique qu'il entend néanmoins requérir certaines garanties de la part de l'Etat requérant, conformément à l'art. 80p EIMP, "afin de permettre la poursuite des relations d'entraide avec le Belarus dans l'intérêt de la lutte contre la criminalité transnationale et afin d'éviter que la place financière suisse ne soit utilisée à des fins criminelles". Les recourants n'ayant pas qualité pour agir sur ce point, il n'appartient pas au Tribunal fédéral - qui n'est pas une autorité de surveillance - de se prononcer sur le principe et sur le contenu de ces garanties. Il y a lieu néanmoins de relever que l'éventuelle décision que prendra l'OFJ en vertu de l'art. 80p al. 3 EIMP ne pourra être remise en cause par les recourants, pour les raisons qui précèdent.