Citation: 1B_439/2016 E. 2.3

2.3. En l'espèce, la Cour d'appel pénale a considéré que la recourante, ressortissante albanaise, sans profession et sans statut légal, n'avait - hormis une soeur et une demi-soeur - aucune attache solide avec la Suisse. Au vu de ces éléments et de l'importance de la peine privative de liberté prononcée en appel à l'encontre de cette dernière, la cour cantonale a retenu que le risque de fuite était probable. La recourante ne conteste pas cette appréciation, qui apparaît au demeurant bien fondée. Elle soutient cependant, à l'instar du tribunal de première instance dans son jugement du 29 mars 2016, que le risque de fuite peut être pallié par le dépôt de sûretés à concurrence de 10'000 francs. Selon elle, aucun élément nouveau ne permettrait à l'instance précédente de s'écarter de l'appréciation du tribunal de première instance. Sur ce point, la recourante se méprend. En effet, la jurisprudence considère que le prononcé du jugement d'appel - notamment la sanction prononcée - peut constituer un motif de détention apparu au cours de la procédure au sens de l'art. 232 al. 1 CPP (ATF 139 IV 277 consid. 2.2 p. 280; 138 IV 81 consid. 2.1 p. 83; cf. arrêt 1B_60/2016 du 7 mars 2016 consid. 2.3). L'arrêt rendu par la Cour d'appel pénale confirme en l'occurrence le jugement de première instance tant par rapport à la condamnation de la recourante pour une infraction grave que par rapport à la lourde peine privative de liberté prononcée. Dès lors, la perspective de passer plusieurs années en prison apparaît de plus en plus concrète; si la recourante espérait un acquittement en appel, elle ne peut désormais ignorer que cette hypothèse sera plus difficile à envisager après la confirmation de sa condamnation pour tentative de meurtre. Dans ces circonstances, l'instance précédente n'a pas violé le droit en considérant que le montant actuel des sûretés - au demeurant relativement modeste au regard des faits qui sont reprochés à la recourante - ne constituait pas une garantie suffisante, face à un risque de fuite évident. Le fait que l'intéressée n'ait pas tenté de fuir et se soit présentée aux débats d'appel n'est pas susceptible de modifier cette appréciation. La présence de l'appelante peut d'ailleurs aussi s'expliquer par le fait qu'elle plaidait son acquittement et par les conséquences sévères découlant de l'art. 407 al. 1 let. a CPP en cas d'absence injustifiée de l'accusée et de son défenseur. Par ailleurs, la recourante prétend à tort que l'instance précédente aurait dû examiner sa mise en liberté moyennant une augmentation du montant des sûretés. Elle perd en effet de vue que cette mesure de substitution implique un examen approfondi de la situation qui demande une certaine collaboration de sa part (cf. arrêt 1B_42/2015 du 16 février 2015 consid. 2.3); la recourante doit en particulier transmettre à l'autorité tous les éléments permettant d'évaluer le caractère approprié des sûretés qu'elle pourrait offrir à ce stade de la procédure. Il appartient dès lors à la recourante de déposer auprès de l'autorité compétente une demande de mise en liberté moyennant le dépôt d'un montant déterminé à titre de sûretés et de motiver soigneusement cette requête. Une telle demande de mise en liberté peut d'ailleurs être déposée en tout temps (cf. art. 233 CPP). Enfin, quoi qu'en pense la recourante, la saisie de ses documents d'identité n'est pas susceptible de l'empêcher de quitter le pays ou de disparaître dans la clandestinité pour se soustraire à sa condamnation.