Citation: 5A_518/2020 E. 1

La cour cantonale a encore relevé que la recourante elle-même ne semblait au départ pas avoir l'intention de poser des " plaquettes ", n'ayant pas prévu à l'avance leur commande. Elle a également constaté qu'elle avait adressé sa facture finale le 7 février 2017, voire en novembre 2016 déjà, et qu'à teneur d'un courrier qu'elle avait envoyé le 5 octobre 2017 à l'intimée, elle considérait que les travaux étaient achevés au plus tard en avril 2017 avec l'exécution des derniers ouvrages de ventilation dans la cave du bâtiment A. Alors qu'elle avait terminé tous les autres travaux depuis quelques semaines et évacué son matériel, elle était revenue sur le chantier à la demande de la direction des travaux pour le travail d'étiquetage litigieux. Le fait que le directeur des travaux ait procédé à un rapide tour des appartements avec un ouvrier de la recourante en début d'année 2017, qu'il n'ait pas tenu de procès-verbal de chantier postérieurement au 9 mai 2017 et qu'il n'ait pas vérifié la bien-facture de ce travail montraient que, dans son esprit, l'ouvrage avait déjà été livré auparavant. La cour cantonale a enfin retenu que, " pour des raisons pratiques compréhensibles ", l'étiquetage constituait une exigence de l'intimée, qui agissait de la sorte pour tout son parc immobilier. Le fait que, dans son esprit, cette tâche fasse partie des prestations dues par l'entrepreneur selon le contrat, comme le serait par exemple des travaux de nettoyage ou de réglage, ne signifiait pas encore qu'il s'agissait d'un travail nécessaire à l'achèvement de l'ouvrage. En tout état de cause, la volonté de l'intimée n'était pas déterminante, dès lors qu'elle n'était pas partenaire contractuel de la recourante.