Citation: 5A_275/2024 E. 3

Il ressort de la décision attaquée que dans sa prise de position du 5 octobre 2023, le père avait laissé à la Cour suprême le soin de déterminer si les certificats médicaux concernant les absences de la mère lors des visites devaient être produits. Le père n'avait pas pris de réquisition formelle à ce propos. La Cour suprême a estimé que la production desdits certificats n'était pas nécessaire. En effet, cette production avait été attestée par la curatrice, notamment dans son rapport du 13 décembre 2023, de sorte qu'il n'y avait pas lieu de mettre en doute leur existence. Pour le surplus, leur contenu avait trait à des questions sensibles soumises au secret médical et qui ne devaient pas être discutées dans la présente procédure. Selon la Cour suprême, les éléments figurant au dossier concernant l'état de santé de la mère étaient suffisants pour juger la cause. Sur le fond, la juridiction précédente a en substance considéré que le conflit entre les parents était encore très vif, mais qu'il n'était pas établi que la mère aurait tenu des propos négatifs envers le père devant C.________. Elle a jugé que la situation de santé de la mère n'était pas stable dans la durée, ce qui pouvait facilement s'expliquer par le diagnostic psychiatrique de personnalité émotionnellement labile documenté au dossier, étant rappelé que la prise en charge de problèmes psychiques n'était en rien linéaire et pouvait être influencée par des éléments extérieurs. Vu l'accouchement très prématuré qu'elle avait vécu en juillet 2023, il était parfaitement compréhensible qu'elle ait eu de nouvelles difficultés psychiques, en particulier en lien avec des angoisses pour ses deux filles. Les problèmes psychiques constatés impliquaient qu'elle ne pourrait guère avoir dans un avenir proche un état de santé et une humeur parfaitement stables, lui permettant une régularité parfaite dans l'exercice du droit de visite. Cela étant, malgré les irrégularités constatées, lorsqu'elles avaient lieu, les visites se déroulaient bien et la mère, dont les intervenants avaient unanimement souligné les bonnes capacités éducatives, se montrait ouverte aux propositions qui lui étaient faites. De plus, les deux visites qui avaient eu lieu à son domicile les 30 juin et 14 juillet 2023 s'étaient bien déroulées, ce que le père ne remettait pas en cause. Dans un tel contexte, la cour cantonale a considéré que la position du père, qui s'opposait à un allongement de la durée des visites et à ce que celles-ci puissent avoir lieu au domicile de la mère, était trop exigeante. Suivant toutefois partiellement la position de celui-ci, elle a estimé que prévoir, après le droit de visite surveillé, un droit de visite non surveillé de six heures chaque semaine (en plus d'un autre droit de visite non surveillé), présentait des risques importants pour le bien de l'enfant. Si le passage par le biais de PerspectivePlus assurait un certain contrôle, ce bref contrôle était insuffisant pour s'assurer que la mère soit effectivement en mesure de prendre soin de sa fille de manière adéquate et sans risques, des expériences négatives liées à l'état de santé et d'humeur de la mère pouvant s'avérer particulièrement traumatisantes pour C.________. Il fallait aussi tenir compte: des remarques de la curatrice, qui appuyait des contacts entre mère et fille d'une durée plus longue que celles fixées jusqu'à présent; des constatations positives faites par les divers intervenants; du rapport de PerspectivePlus du 5 octobre 2023, qui précisait que la présence de l'intervenante était requise au début du droit de visite afin que la mère puisse faire part de ses émotions et de son ressenti, et que durant la rencontre, l'intervenante était peu mobilisée.