Citation: 1B_56/2022 E. 3.4

3.4. Le courrier du Président du 15 novembre 2021, considéré par le recourant comme son principal motif de récusation, ne dénote lui non plus aucune prévention de la part du magistrat. Celui-ci a d'abord - et de manière objective - considéré qu'il avait été établi par le prévenu que les conditions d'entrée et de sortie au Vietnam étaient pour lui compliquées. Il a toutefois estimé nécessaire de vérifier que le recourant ne pouvait pas se prévaloir des exceptions aménagées pour les investisseurs étrangers ou les fonctions dirigeantes, vu son passé d'entrepreneur. Celui-ci était dès lors invité à produire dans les trente jours le contrat de travail ou tout autre document permettant de déterminer la nature exacte de son activité, un extrait de sa ou ses cartes de crédit depuis le 1er mars 2020, ainsi qu'une copie de chaque page de son passeport. Le Président précisait encore qu'il allait contacter l'Ambassade de Suisse au Vietnam afin de connaître les conditions d'entrée dans ce pays depuis le 1er mars 2020. Ces démarches s'inscrivent dans le cadre de l'obligation d'instruire sur l'existence d'une éventuelle incapacité fautive de comparaître pouvant mener à une procédure par défaut (art. 366 al. 3 CPP), dès lors que le recourant avait expressément renoncé à une dispense de comparaître. C'est en effet au tribunal saisi qu'il appartient d'établir l'existence d'une telle incapacité. Les mesures en question, justifiées comme on l'a vu par les incertitudes relatives aux empêchements de voyager durant toute cette période, n'apparaissent par ailleurs ni inadéquates (elles pouvait permettre de déterminer le statut professionnel de l'intéressé, ainsi que d'éventuels voyages à l'étranger durant la période en question), ni disproportionnées (les documents pouvant en particulier être caviardés s'agissant des données non pertinentes).