Citation: U 150/04 15.06.2005 E. A

G.________ a travaillé au service de l'entreprise X.________ SA. A ce titre, elle était assurée contre les accidents professionnels et non professionnels par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA). Le 18 août 1997, alors que l'assurée déchargeait des cartons placés sur un chariot, celui-ci a basculé avec sa charge, heurtant la face antérieure de ses genoux. Cet accident a entraîné des contusions méniscales sans lésion osseuse. Bien que le médecin ait attesté une incapacité de travail de dix jours, l'assurée n'a plus repris d'activité lucrative à la suite de cet accident. La CNA a pris le cas en charge. Le 28 octobre 1997, G.________ a présenté une complication sous la forme de l'apparition d'une petite bursite pré-rotulienne post-traumatique bilatérale, traitée par anti-inflammatoires et physiothérapie. L'assurée en a informé la CNA qui a pris en charge cette rechute. Malgré une résection de la bourse pré-rotulienne droite, pratiquée le 18 février 1999, l'état de santé de l'assurée s'est péjoré avec le développement de gonalgies pré-rotuliennes bilatérales chroniques. En raison de la persistance du syndrome rotulien, l'assurée a séjourné à la Clinique Y.________, du 6 septembre au 1er octobre 1999 (cf. rapport des docteurs S.________ et T.________, du 18 octobre 1999), puis au service de réadaptation générale de la Clinique Z.________, du 15 mai au 20 juin 2001, afin d'y suivre des thérapies physiques et fonctionnelles (cf. rapports du docteur F.________, du 22 mai 2001, et des docteurs I.________ et D.________, du 28 août 2001). Dans ce dernier rapport, leurs auteurs ont fait état de gonalgies chroniques antérieures bilatérales, d'une contusion du genou droit en 1997 et d'une bursectomie pré-rotulienne droite en 1999. Selon les docteurs I.________ et D.________, la mobilité des deux genoux est réduite avec des douleurs diffuses sur toutes les structures péri-rotuliennes ddc. Les plaintes douloureuses restent au premier plan; cependant le substrat organique objectivable au niveau des genoux ne permet pas d'expliquer dans leur ampleur les plaintes subjectives. Ils ont ajouté que le contexte psychosocial défavorable de l'assurée (décès du compagnon, licenciement et chômage) pouvait jouer un rôle amplificateur. A leur avis, la capacité de travail de l'assurée était alors de 50 %, à réévaluer après six à huit semaines à partir du 25 juin 2001, dans le sens d'une possible augmentation de l'activité professionnelle antérieure. Dans son appréciation finale du 23 octobre 2001, le docteur E.________, médecin conseil de la CNA et spécialiste en chirurgie, a fixé le taux de l'atteinte à l'intégrité à 5 %. Par ailleurs, sur le plan organique, il a retenu un syndrome rotulien droit, en précisant que la présentation clinique à gauche était fort rassurante. Le docteur E.________ a rappelé que le substrat organique objectivable au niveau des genoux ne permettait pas d'expliquer l'ampleur des plaintes subjectives, en insistant également sur le contexte psychosocial défavorable. Selon le médecin conseil de la CNA, le rendement effectif et le temps de présence de l'assurée seraient complets malgré les affections organiques aux genoux, en exerçant une activité légère, plutôt sédentaire ou en sollicitations alternées, dans laquelle elle pourrait se dégourdir à sa guise. Par décision du 19 mars 2002, confirmée sur opposition le 23 août 2002, la CNA a alloué à son assurée une indemnité pour atteinte à l'intégrité d'un taux de 5 %; l'administration a par ailleurs nié le droit de l'assurée à une rente.