Citation: 6B_155/2019 E. 2.3

2.3. Le recourant évoque tout d'abord son droit à être confronté aux témoins à charge. Il ne conteste toutefois pas les constatations de la cour cantonale selon lesquelles les clients concernés ont été auditionnés en présence de son défenseur ou après que ce dernier eut expressément renoncé à être présent. Il ne nie pas davantage avoir été - devant le ministère public - directement confronté aux clients qui le mettaient en cause pour les quantités de stupéfiants les plus importantes, en présence de son défenseur. Ainsi, pour autant que le recourant suggère que le droit à la confrontation pourrait être invoqué plusieurs fois durant la même procédure, il prête à la jurisprudence développée en la matière (cf. ATF 131 I 476 consid. 2.2 p. 480; arrêt 6B_1266/2018 précité consid. 1.7.1) une portée qu'elle n'a pas. Le recourant reproche ensuite à la cour cantonale d'avoir considéré qu'il ne s'agissait pas, en l'occurrence, d'une situation de "déclarations contre déclarations", puisque chaque client ne s'est exprimé que sur sa propre consommation et n'a pas corroboré les déclarations des autres. Toutefois, contrairement à ce que soutient l'intéressé, on ne se trouve nullement dans une telle situation. La cour cantonale a notamment fondé sa conviction sur divers éléments probatoires - comme les revenus inexplicables du recourant, la présence de traces d'héroïne à son domicile, ses contacts téléphoniques, ses échanges de SMS suspects ou sa propension à changer de numéro de téléphone - dont celui-ci tente de minimiser la portée. Ensuite, il n'apparaît pas que l'impression laissée par les déclarations d'un client en particulier aurait pu se révéler décisive pour le sort de la cause, puisque dix personnes mettaient en cause le recourant. L'autorité précédente pouvait dès lors considérer que ces diverses mises en cause confirmaient l'existence d'un trafic de stupéfiants, indépendamment de l'impression qu'aurait pu laisser l'interrogatoire direct de l'une ou l'autre des personnes concernées (cf. dans le même sens l'arrêt 6B_69/2018 du 11 juin 2018 consid. 1.2). C'est donc à bon droit, sans violation du droit d'être entendu du recourant ni arbitraire, que la cour cantonale a refusé d'auditionner les dix clients en question durant les débats d'appel. Pour le reste, le recourant n'expose pas en quoi les art. 29 et 32 Cst. ainsi que 6 CEDH, dont il se prévaut, pourraient avoir une portée plus large que les garanties reconnues par la jurisprudence précitée en la matière. Le grief doit être rejeté.