Citation: I 806/03 20.10.2004 E. 3

3.1 D'après la jurisprudence, le juge cantonal qui estime que les faits ne sont pas suffisamment élucidés a en principe le choix entre deux solutions : soit renvoyer la cause à l'assureur pour complément d'instruction, soit procéder lui-même à une telle instruction complémentaire. Un renvoi à l'assureur, lorsqu'il a pour but d'établir l'état de fait, ne viole ni le principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni le principe inquisitoire. Il en va cependant autrement quand un tel renvoi constitue en soi un déni de justice; cela peut être le cas notamment lorsque, en raison des circonstances, un simple mandat d'expertise judiciaire ou une mesure d'instruction ponctuelle édictée par le juge suffirait à élucider l'état de fait, ou qu'un renvoi apparaîtrait disproportionné (cf. ATF 122 V 163 consid. 1d, RAMA 1993 n° U 170 p. 136 et la critique de G. Aubert parue in SJ 1993 p. 560). 3.2 Dans leur rapport du 3 décembre 2001, les médecins du SMR ont apporté des réponses claires sur la nature des troubles psychiques dont l'intimé est atteint, sa faculté de surmonter ses douleurs, ainsi que sur les répercussions du trouble somatoforme sur sa capacité de travail. Ils ont aussi exposé les motifs qui les ont conduits à s'écarter de l'appréciation (psychiatrique) de la capacité de travail de leur confrère rhumatologue B.________ (p. 7). Au moment où il a statué, l'office recourant disposait d'une évaluation psychiatrique du SMR qui remplissait toutes les conditions posées par la jurisprudence. En outre, celle-ci ne faisait l'objet d'aucun avis contraire émanant d'un psychiatre, les responsables de l'Hôpital H.________ ayant à cet égard uniquement attesté la présence d'un état dépressif, sans se prononcer sur son éventuel caractère invalidant (cf. rapport des docteurs D.________ et A.________, du 28 novembre 2000, p. 4). On ne saurait dès lors faire grief à l'administration d'avoir contrevenu à son obligation d'établir les faits pertinents, singulièrement l'aspect psychiatrique du cas d'espèce (cf. art. 57 LAI, art. 69 RAI dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002). Dans de telles circonstances, un renvoi de la cause à l'administration pour qu'elle étende ses investigations d'ordre psychiatrique paraît disproportionné. Le Tribunal cantonal conserve néanmoins toute latitude pour mettre lui-même pareille mesure en oeuvre, s'il juge qu'elle est nécessaire pour statuer sur le recours dirigé contre la décision du 12 avril 2002. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce: