Citation: U 177/06 30.05.2006 E. A

C.________, né en 1955, travaillait comme monteur en échafaudages au service de la société X.________ SA. Le 31 mars 1995, il a été victime d'un accident. Alors qu'il était occupé au chargement d'un camion et qu'il portait une charge d'environ 45 kilos, il est tombé au sol après avoir glissé. Il a subi une déchirure post-traumatique du ligament croisé antérieur gauche ainsi qu'une lésion partielle du ligament interne gauche. Les séquelles de cette entorse au genou ont nécessité, le 17 octobre 1995, une ménisectomie partielle interne par arthroscopie et, le 12 avril 1996, une ligamentoplastie du croisé antérieur. C.________ a repris le travail à 50 pour cent du 6 juin 1995 au 24 septembre 1995. Dès le 30 janvier 1996, il a repris le travail à 100 pour cent, mais avec un rendement réduit de 25 pour cent. Dès le 25 mars 1996, sa capacité de travail a diminué de 50 pour cent. A partir du 11 avril 1996, il a été totalement incapable de travailler. La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA) a pris en charge le traitement médical et versé les indemnités journalières légales. Après la plastie subie le 12 avril 1996, l'assuré a continué à se plaindre de douleurs, surtout à la descente avec lâchage, éventuellement antalgiques, et d'une douleur continuelle au niveau du genou à la face antéro-externe et du creux poplité (rapport établi le 8 août 1996 par le docteur G.________, spécialiste en chirurgie et médecin d'arrondissement de la CNA). L'assuré a séjourné à la Clinique Y.________ du 21 octobre 1996 au 6 novembre 1996. Selon le rapport de sortie établi par les médecins de cet établissement, des examens ont montré une rupture de la ligamentoplastie. Il subsistait chez l'assuré une instabilité antérieure, clinique et radiologique, qui limitait l'intéressé dans la marche et la station debout prolongée. Il était apparu, également, que le patient se trouvait dans un processus de deuil à cause de la limitation de ses performances due à sa blessure ainsi qu'en raison de sa situation familiale plus difficile. Il a été vu à la clinique par une psychothérapeute. Une prise en charge psychologique était indiquée en cas de persistance du déficit de ses performances. Le 21 février 1997, l'assuré a été examiné par le docteur G.________. Celui-ci a proposé une scintigraphie osseuse, qui a été pratiquée par les docteurs B.________ et M.________, du service de médecine nucléaire du Centre hospitalier Z.________. Ces médecins ont conclu à une hyperhémie des tissus mous entourant le genou gauche associée à une hypercaptation diffuse des os participant aux articulations du genou gauche, particulièrement sur leur versant articulaire faisant suspecter une maladie de Sudeck; il n'existait aucune autre altération scintigraphique osseuse des membres inférieurs ou du bassin (rapport du 17 mars 1997). Dans un rapport du 19 août 1997, le médecin traitant de l'assuré, le docteur A.________, a signalé une péjoration de la symptomatologie douloureuse tant au niveau du genou qu'au niveau dorso-lombaire. Il a également attesté une aggravation de l'état dépressif réactionnel, déjà signalé auparavant. Le 2 septembre 1997, l'assuré a de nouveau été examiné par le docteur G.________ qui a constaté la persistance d'une instabilité; les radiographies et l'examen clinique ne mettaient pas en évidence une maladie de Sudeck, suspectée à l'occasion de l'examen par scintigraphie du 17 mars 1997; l'état dépressif était par ailleurs manifeste et semblait se détériorer. Un nouveau rapport du docteur A.________, du 15 novembre 1997, faisait mention, subjectivement, d'une péjoration progressive du blocage fonctionnel douloureux du genou gauche et, objectivement, d'un état stationnaire. Le 26 mars 1998, le médecin d'arrondissement indiquait que l'envergure des plaintes, le caractère de l'expression de celles-ci et leur localisation parlaient fortement pour une non-organicité, au moins partielle. Les médecins du Centre hospitalier Z.________ ont procédé à un nouvel examen scintigraphique le 28 mai 1998. Par rapport à l'examen précédent du 13 mars 1997, ils ont constaté un remaniement osseux plus important qui se traduisait par une augmentation de l'hyperactivité de la rotule gauche et l'apparition d'hyperactivités linéaires sous-périostées (partie distale du fémur gauche à son versant interne et versant externe du tibia gauche). Il n'y avait plus de signes scintigraphiques caractéristiques d'une algo-neuro-dystrophie. Dans une appréciation médicale du 15 juin 1998, le docteur G.________ a estimé que la scintigraphie osseuse du 28 mai 1998 avait permis d'écarter définitivement le diagnostic, pendant longtemps suspecté, d'algo-neuro-dystrophie de Sudeck. Il a exprimé l'avis qu'il n'y avait pas de substrat organique démontrable pour les douleurs continuelles alléguées par le patient. Cet état douloureux devait être considéré sous l'angle d'une chronicisation, phénomène qui devait être considéré comme une pathologie indépendante de l'événement accidentel. Selon le médecin d'arrondissement, le patient ne pouvait plus faire face aux exigences de son ancien métier à un taux d'activité suffisant. En revanche, dans une activité sédentaire, avec des stations debout de courte durée et de courts déplacements, sans transport de charges importantes, il était apte à travailler en plein (par exemple des activités de montage et de démontage, de remplissage et vidanges, de surveillance, de contrôles de toute sorte et autres activités sédentaires de surveillance).