Citation: 5C.285/2000 26.06.2001 E. 2

2.- a) L'autorité cantonale a considéré qu'en dépit des nombreux avertissements de la Chambre pupillaire, l'appelant avait continué de gérer ses affaires d'une façon catastrophique, persistant à aggraver sa situation financière et à compter sur l'aide sociale, dont il bénéficiait depuis 1992. Il avait ainsi fait preuve d'une gestion durablement déraisonnable et inconsciente causée par sa mauvaise volonté. La mesure de conseil légal combiné s'étant révélée inefficace, l'autorité cantonale a estimé que l'appelant devait être interdit. Le recourant soutient que la mesure tutélaire litigieuse est totalement disproportionnée. Admettant ses problèmes financiers, il prétend que ceux-ci résultent de ses périodes d'incarcération et de sa mise en faillite, lesquelles ne sauraient justifier son interdiction. En outre, celle-ci serait contraire non seulement à ses intérêts, mais aussi à ceux de la collectivité, car elle ne lui laisserait pas la moindre chance d'avoir une activité lucrative. b) A teneur de l'art. 370 CC, sera pourvu d'un tuteur tout majeur qui, par ses prodigalités, son ivrognerie, son inconduite ou sa mauvaise gestion, s'expose, lui ou sa famille, à tomber dans le besoin, ne peut se passer de soins et secours permanents ou menace la sécurité d'autrui. La notion de mauvaise gestion doit être interprétée restrictivement. Elle consiste dans une gestion défectueuse, dans une négligence extraordinaire dans l'administration de sa propre fortune, qui doit avoir sa cause subjective dans la faiblesse de l'intelligence ou de la volonté. La mauvaise gestion doit être admise en premier lieu lorsqu'une fortune existante est administrée de manière insensée et incompréhensible, mais il faut aussi comprendre par là la manière de gagner sa vie, de sorte que doit être interdit celui qui ne se procure pas les moyens d'existence nécessaires par suite de son manque d'énergie, de sa légèreté ou pour d'autres motifs semblables. Se rend coupable de mauvaise gestion celui qui, par sa faute, est incapable de réaliser un revenu suffisant ou qui dépense son revenu de façon économiquement déraisonnable. Toute personne qui demande l'assistance publique ne doit pas être pourvue d'un tuteur: ce qui est déterminant, c'est le motif pour lequel l'assistance est nécessaire (ATF 108 II 92 consid. 2 et 3c et les références citées). Une mesure d'ordre tutélaire est en accord avec le principe de la proportionnalité si elle permet d'atteindre le but de protection recherché; une mesure est disproportionnée, non seulement quand elle est trop radicale, mais aussi lorsque le but visé ne peut être atteint que par une intervention plus forte (ATF 108 II 92 consid. 4 p. 94). Dans l'hypothèse où, compte tenu des conditions légales, plusieurs mesures paraissent à même d'atteindre le but visé, il y a lieu de choisir celle qui empiète le moins sur la sphère de liberté de l'intéressé (principe de subsidiarité; Schnyder/Murer, Berner Kommentar, n. 32 et 33 ad art. 367 CC).