Citation: 4C.217/2005 20.02.2006 E. A

A.a La société X.________ SA, dont le siège est à Genève, a pour but la fabrication et la commercialisation d'appareils médicaux. Y.________ SA (ci-après: Y.________) est une société vaudoise spécialisée dans la fabrication d'appareils de précision et de haute technologie destinés notamment à l'usage médical. A.b X.________ SA a développé un micro-endoscope, dénommé "W.________", pour généralistes. N'étant pas en mesure de procéder elle-même à la fabrication de l'endoscope en question, X.________ SA s'est adressée à Y.________. Un endoscope est un appareil médical muni d'un dispositif d'éclairage, destiné à être introduit dans le corps humain. Le 16 juin 1997, X.________ SA et Y.________ ont signé un document dans lequel X.________ SA confiait l'industrialisation et la production du micro-endoscope à Y.________, qui offrait les prestations suivantes: service technique, industrialisation, fabrication, approvisionnements industriels, assemblage, tests, distribution, logistique, SAV/maintenance. Y.________ devait établir un dossier technique et de production/fabrication et procéder à la fabrication de trente prototypes d'endoscopes pour fin septembre 1997 (phase I). Y.________ s'engageait en outre à procéder à la fabrication d'une première série de cinq mille pièces livrables jusqu'à fin 1998 l'unité (phase II). Les 22 et 30 avril 1998, les parties ont contresigné deux cahiers des charges en vue de la réalisation d'une présérie d'endoscopes. Le second de ces deux documents mentionnait que le mécanisme de flexion du ressort fonctionnait bien et n'avait pas présenté de défaillance. La régularité du rayon de flexion d'un ressort à l'autre devait toutefois encore être améliorée, de même que le retour droit. La production de la présérie d'endoscopes a débuté dans le courant de l'année 1998. En octobre 1998, aucun appareil ne présentait toutes les fonctionnalités. Ce résultat négatif n'a pas permis de passer à la phase des essais cliniques et à la présentation du produit pour des fins commerciales. Au début de l'année 1999, X.________ SA a décidé de renoncer à la version Z.________ de l'endoscope au profit d'une version destinée aux médecins-anesthésistes, ce qui a nécessité la modification de différents éléments. A.c Le 17 février 1999, il a été convenu entre les parties qu'en cas de non-conformité des produits, les réclamations des clients seraient reçues par X.________ SA, qui mettait le produit sur le marché et devait transmettre à Y.________ une demande de traitement de non-conformité, s'il s'avérait que celle-ci était liée à la fabrication. Le 12 mars 1999, Y.________ a indiqué qu'elle ne pouvait en aucun cas accepter de fabriquer des pièces ou d'acheter des composants avant que la situation contractuelle et technique ne soit finalisée. Elle relevait en outre que la phase du développement n'était pas terminée et qu'elle déclinait toute responsabilité du produit qui serait fabriqué dans ces circonstances. La planification présentée par X.________ SA pour la commercialisation serait totalement irréaliste. Le cahier des charges de X.________ SA évoluait de jour en jour, de sorte que l'avancement du développement était fortement affecté. Y.________ ajoutait: "De lancer dans l'urgence une première série de produits avec des dessins dont les dernières modifications ne sont même pas terminées est une opération qui peut s'avérer dramatiquement coûteuse. Ce risque ne sera pas assumé par Y.________". Des remarques similaires ressortent également d'un courrier adressé le même jour par Y.________ à X.________ SA. Y.________ y relevait que les étapes normales d'un développement n'étaient pas respectées; le risque d'échec du projet était ainsi élevé. Le cahier des charges était encore en évolution, ce qui impliquait des modifications de la conception. Or, chaque modification de la conception devait faire l'objet d'une validation, puis d'une présérie pour tests et vérifications. A.d Y.________ a procédé à différents tests techniques - résistance des éléments au désinfectant et au nettoyage à haute température, résistance des collages, étanchéité des appareils, tests de flexibilité du ressort, qualité de vision et quantité de lumières notamment - dont elle a transmis les résultats à X.________ SA. Il appartenait en revanche à X.________ SA de procéder aux tests de bio-compatibilité et aux tests cliniques, ce qu'elle n'a pas fait. Selon la direction de X.________ SA, il fallait avancer rapidement et mettre l'appareil sur le marché en espérant que tout se passerait bien.