Citation: 8C_473/2020 E. 5.3.2

5.3.2. Il reste encore à examiner s'il existait un motif de révision au sens de l'art. 17 LPGA du fait de la disparition du lien de causalité entre l'accident et la persistance des troubles de l'assuré invoquée par la recourante (cf. arrêt 8C_182/2020 du 18 mai 2020 consid. 5.3). En l'occurrence, l'expert I.________ retient q ue si l'accident du 15 mars 1992 a certes été à l'origine de l'état dépressif réactionnel de l'assuré, tel ne serait plus le cas actuellement et ce, depuis plusieurs années déjà. Selon lui, il n'existerait plus de lien de causalité directe entre l'événement accidentel et les troubles psychiques; après écoulement du temps, les troubles psychiques de l'assuré (deuil pathologique ayant valeur de maladie) ne seraient plus liés à l'accident en tant que tel mais plutôt aux conséquences de celui-ci, à savoir le décès du frère et le sentiment de culpabilité qui s'en est suivi. La conclusion du docteur I.________, selon laquelle les troubles psychiques de l'intimé ne sont plus en lien de causalité naturelle avec l'événement accidentel du 15 mars 1992, repose sur une conception erronée de la notion de causalité naturelle dans l'assurance-accidents. En effet, le docteur I.________ nie la persistance du lien de causalité parce qu'il n'examine les troubles psychiques que sous l'angle d'un lien de causalité directe ou immédiate avec l'accident. Il retient cependant que l'intimé souffre encore de troubles psychiques invalidants en lien avec un deuil pathologique, à savoir la mort du frère et le sentiment de culpabilité vis-à-vis des proches (expertise, p. 36). Or, le décès du frère est la conséquence directe de l'accident, de sorte que le deuil pathologique développé par l'intimé reste une conséquence médiate, respectivement indirecte de l'accident de voiture ayant entraîné la mort du frère de l'intimé (cf. consid. 3.2 supra). A u demeurant, le docteur I.________ a constaté qu'il n'existait pas de trouble psychiatrique préexistant à l'accident. S'il a indiqué que l'intimé présentait vraisemblablement une certaine fragilité de la personnalité sous-jacente pouvant expliquer une réaction de deuil aussi prolongée et sans évolution, on ne saurait pour autant en déduire que l'effet causal de l'accident dans la persistance des troubles psychiques de l'assuré aurait disparu au sens de la jurisprudence.