Citation: 1B_751/2012 E. 3.3

3.3. En l'occurrence, l'instance précédente a retenu que, sur le vu des preuves matérielles (point d'impact déterminé par la police au regard des traces de ripage et de la localisation des dommages sur les deux véhicules), le comportement de la recourante - qui ne circulait pas de manière parallèle aux voies de circulation - était la cause la plus probable et la plus immédiate de l'accident. Cela entraînait une rupture du lien de causalité entre une éventuelle violation des règles de la circulation par l'intimé et les blessures subies par la recourante. Cette appréciation ne prête pas flanc à la critique. En effet, pour se diriger vers la plaine de Plainpalais, la recourante devait nécessairement traverser la présélection sur laquelle circulait l'intimé. Si la piste suivie par ce dernier offre effectivement avant le carrefour une possibilité d'obliquer vers la gauche, tel n'est plus le cas après celui-ci. Dès lors, les conducteurs poursuivent en principe leur route tout droit, ainsi qu'indiqué préalablement par la flèche au sol (cf. croquis de la police). L'absence de marquage après ce croisement n'y change d'ailleurs rien (cf. art. 44 al. 2 LCR). Ainsi, même en suivant la version soutenue par la recourante - soit qu'elle se serait déjà trouvée sur la piste de gauche devant l'intimé -, ce dernier ne pouvait s'attendre vu la configuration des lieux et le marquage au sol à ce qu'elle oblique sur la gauche peu après le carrefour. L'intimé a d'ailleurs confirmé qu'il n'avait pas vu un quelconque signe de la main indiquant un changement de direction de la part de la recourante et celle-ci n'a pas prétendu l'avoir fait. Contrairement à ce que voudrait laisser sous-entendre la recourante, le seul fait de rouler au milieu de la chaussée ne suffit pas à indiquer une intention de se diriger vers la gauche. Une telle façon de rouler peut tout au plus en l'espèce (deux pistes et absence de marquage au sol) démontrer une certaine prudence de la part d'un cycliste par rapport aux véhicules arrivant sur la présélection située à sa droite. La recourante a de plus admis devant le Ministère public qu'elle n'avait pas regardé derrière elle avant d'entamer sa manoeuvre, omettant ainsi une mesure de sécurité essentielle. Il s'ensuit que la collision entre le véhicule de l'intimé et le vélo de la recourante résulte effectivement de manière prépondérante du comportement inopiné adopté par cette dernière à cet endroit. Face à celui-ci, l'intimé n'avait d'autre solution que de tenter d'effectuer un freinage d'urgence, ainsi qu'il l'a fait. Partant, la Chambre pénale n'a pas violé le droit fédéral en admettant que, dans ces circonstances, les probabilités de condamnation de l'intimé n'étaient pas plus élevées ou équivalentes à celles d'un acquittement et qu'ainsi un classement de l'affaire en vertu de l'art. 319 CPP se justifiait.