Citation: 5A_754/2024 E. 7.1

7.1. La recourante expose en particulier que sous l'angle de la vraisemblance, il fallait retenir, sous peine d'arbitraire, que la situation financière du débiteur est devenue défavorable, ou " prévisiblement défavorable ", dans les deux ou trois ans précédant sa faillite. Elle affirme que les édifices financiers aussi importants que ceux du débiteur mettent en principe un certain temps à s'écrouler complètement. Le fait que la procédure de faillite ait pu débuter seulement quelques mois avant son prononcé n'aurait aucune pertinence. La cour cantonale se trompait lorsqu'elle lui reprochait de ne pas avoir produit d'autres documents relatifs à la situation financière de l'intéressé. Elle n'avait pas accès à d'autres éléments et en tant que créancière, tout ce qu'elle savait, " c'est que son débiteur est tombé en faillite, ce qui implique nécessairement qu'il ait été en état de surendettement ou en situation d'insolvabilité (...) [ce qui] implique une situation financière défavorable, voire précaire, survenue nécessairement avant la déclaration de faillite". La recourante ajoute qu'"une faillite ne tombe pas de nulle part" et qu'un jugement de faillite émanant d'une autorité judiciaire, rendu à une date plus proche de celle du divorce qu'un classement figurant sur internet et datant de plus de dix ans, tel que celui pris en considération par l'autorité cantonale, ne saurait se voir nier toute force probante. Quant à l'absence de reconnaissance des jugements russes, elle ne saurait faire "disparaître" la faillite. Si la recourante admet ne pas avoir expliqué, dans son recours cantonal, pour quelles raisons elle n'avait pas requis leur reconnaissance en Suisse, elle indique que c'était parce que ces raisons découlaient "directement de la loi", en particulier des art. 166 et 172 al. 1 LP, ce que l'autorité cantonale ne pouvait pas ignorer. Enfin, si les décisions russes n'étaient pas juridiquement contraignantes pour les autorités suisses, on ne pouvait pas leur nier toute force probante, ce qu'avait pourtant fait la cour cantonale en revoyant la décision de faillite étrangère sur le fond et en considérant qu'elle ne reposait pas sur un état de fait correct. Se substituer à l'autorité étrangère pour réécrire le jugement n'était pas admissible et revenait à prendre en compte des faits qui ne ressortaient pas de la décision de première instance et n'avaient pas été allégués par les parties, ce qui confinait à l'arbitraire. La cour cantonale n'avait quoi qu'il en soit pas prétendu que la faillite prononcée par l'autorité russe était nulle, de sorte que ledit prononcé était un fait établi.