Citation: 1C_575/2019 E. 5.4.2

5.4.2. A cet égard, bien que cela relève du droit, il convient d'emblée d'écarter la critique, d'ailleurs insuffisamment motivée, émise par les recourants 2 à 12 quant à la conformité de l'OPB, singulièrement de son annexe 6 et de l'application de la méthode EMPA, à la loi. En effet, en application de son pouvoir d'examen lui interdisant de substituer sa propre appréciation à celle du Conseil fédéral lorsque celui-ci dispose d'un large pouvoir d'appréciation dans la réglementation par voie d'ordonnance (cf. art. 191 Cst.; art. 15 de la loi fédérale sur la protection de l'environnement du 7 octobre 1983 (LPE; RS 814.01); voir également ATF 142 V 226 consid. 7.2.1; 126 II 399 consid. 4a), le Tribunal fédéral a récemment, dans le cadre du projet de parc éolien de Sainte-Croix, validé l'application de la méthode EMPA (cf. ATF 147 II 319 consid. 11-11.8). Dans son analyse, le Tribunal fédéral - confronté au demeurant à une argumentation analogue à celle servie dans le cas présent - a tenu compte de la problématique liée à la différence qu'il existe entre les valeurs calculées selon ce modèle et les mesures in situ (différence dont se prévaut céans la Commune de Cugy). A cet égard, le Tribunal fédéral a mentionné les nombreuses difficultés relatives à la méthode de mesurage sur site (matériel, durée, paramètres, période de la journée ou de la nuit, choix des emplacements); il a également retenu que le problème essentiel résidait dans la difficulté de distinguer le bruit spécifique des éoliennes du bruit de fond; l'écart important constaté entre mesurage et modélisation s'expliquait ainsi par le fait que le mesurage surévaluait le bruit des éoliennes, étant donné la présence continue de bruit perturbateur (bruit du vent dans la végétation) (cf. ATF 147 II 319 consid. 11.7; voir également OFEN, Méthode d'évaluation du bruit des éoliennes - comparaison entre modélisation et mesurage, rapport final, décembre 2016, p. 4, ch. 8.1 p. 42 et ch. 9 p. 43). Le Tribunal fédéral a encore souligné que la méthode EMPA fournissait globalement des résultats de 1 à 3 dB (A) supérieurs à la norme internationale la plus couramment utilisée (ISO 9613-2) en raison de l'emploi d'un facteur unique concernant l'effet de sol (cf. ATF 147 II 319 consid. 11.7; OFEN, rapport final 2016 précité, p. 4 et 39).