Citation: 7B_609/2023 E. 2.5.2

2.5.2. En l'espèce, il est vrai que l'autorité cantonale a examiné le principe de la proportionnalité de manière sommaire. Elle a en effet uniquement indiqué, comme le soutient le recourant, que la réintégration était la seule issue envisageable, parce qu'elle était la seule à même d'éviter un risque de récidive, et que le principe précité était respecté dès lors que le recourant avait disposé de plusieurs semaines pour se reprendre et revenir en Suisse. Cependant, on comprend de l'appréciation globale de l'autorité cantonale (cf. arrêt querellé, p. 9) pourquoi, selon elle, il n'existe pas d'autre solution envisageable pour le recourant qu'une réintégration dans l'exécution du solde de sa peine et qu'il n'existe par conséquent pas d'autre mesure moins incisive permettant de prévenir le risque de récidive. La cour cantonale a en effet relevé, pour les raisons évoquées ci-dessus (cf. consid. 2.4.1 supra), l'insoumission du recourant à son traitement ambulatoire et, surtout, à l'assistance de probation, ainsi qu'à ses règles de conduite. Elle a en outre constaté que le recourant présentait toujours un risque de récidive, qui pouvait sans arbitraire être qualifié à tout le moins de sérieux (cf. consid. 2.4.2 supra). On peut ajouter que le recourant omet de mentionner qu'il n'est pas un délinquant primaire, mais un multirécidiviste, qui a, comme on l'a vu, déjà été condamné à quatre reprises à de lourdes peines privatives de liberté pour des infractions graves. De plus, durant le délai d'épreuve, le recourant a, comme on l'a vu également, fait l'objet de pas moins de deux nouvelles enquêtes pénales. A cet égard, on relève qu'alors même qu'il devait se soumettre à des contrôles d'abstinence à l'alcool, il fait l'objet d'une enquête pour avoir, a priori, conduit en état d'ébriété, qui plus est avec un taux d'alcoolémie qualifié. En outre, l'autre procédure pénale en cours concerne des faits commis au préjudice de l'intégrité corporelle de tiers, de sorte que le recourant apparaît déjà se trouver en situation de récidive spéciale, et ce quand bien même sa libération conditionnelle était déjà assortie de mesures d'encadrement. Dans ces circonstances, force est de constater que le pronostic favorable qui avait été posé au moment de l'octroi de la libération conditionnelle n'est plus d'actualité. Ainsi, on peine à voir quelle mesure moins incisive qu'une réintégration pourrait encore, à ce stade, être mise en oeuvre afin de réduire le risque de récidive sérieux que présente le recourant. En tout état de cause, on ne voit pas ce que la prolongation du délai d'épreuve de 6 mois, assortie des mêmes règles de conduite, pourrait apporter de plus en terme de prévention d'un tel risque, puisque le recourant ne les a pas respectées la première fois. Celui-ci ne propose du reste aucune autre mesure qui serait propre à contenir un tel risque. Enfin, on ne voit pas non plus quelles perspectives d'avenir pourraient être mises en péril, puisque le recourant n'a finalement pas attesté par pièces qu'il avait pu s'insérer dans la vie active. Ainsi, pour l'ensemble de ces motifs, la cour cantonale n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant que la réintégration du recourant dans l'exécution de son solde de peine paraissait la seule issue envisageable permettant de garantir la sécurité publique, respectivement de lui éviter de retomber dans la délinquance. L'arrêt querellé ne viole donc pas le principe de la proportionnalité et est donc également conforme au droit fédéral sur ce point.