Citation: 4A_450/2013 E. 3.3.3

3.3.3. Le Tribunal arbitral examine enfin les trois autres arguments développés par la recourante pour fonder sa compétence à l'égard de Y.________, à savoir le rôle joué par cette société lors de l'exécution des contrats, les règles de la bonne foi ainsi que les principes relatifs à la transparence ou à la levée du voile social. Fort de l'opinion professée par Berger/Kellerhals (op. cit., nos 519 ss), il leur attribue pour dénominateur commun le respect des règles de la bonne foi. Dans le cadre de sa subsomption, le Tribunal arbitral écarte la thèse selon laquelle Y.________ ne saurait nier être devenue partie aux contrats sans violer lesdites règles. Rappelant que C.________ est intervenu dans l'exécution des contrats comme simple représentant de Y.________ Engineering sur la base d'une procuration qui ne visait pas à faire de Y.________ Group une partie additionnelle à ceux-ci, il souligne que X.________, après avoir renoncé à la corporate guarantee de Y.________ Group, devait être consciente du fait que Y.________ Engineering demeurait son unique partenaire contractuel. X.________ n'avait ainsi aucune raison de considérer Y.________ Group, via Y.D.________, comme un partenaire additionnel aux contrats, de sorte qu'elle ne pouvait pas admettre de bonne foi que Y.________ Group avait adhéré aux obligations souscrites par Y.________ Engineering dans les contrats. Sa compétence ratione personae à l'égard de Y.________ ayant été exclue par lui, le Tribunal arbitral ne juge pas nécessaire d'examiner si, dans l'hypothèse inverse, Y.________ eût été liée par les obligations incombant à Y.________ Group au titre de ces contrats du seul fait que cette société lui avait transféré Y.D.________ en date du 4 mars 2005. En conclusion, le Tribunal arbitral nie sa compétence relativement à Y.________, ce qui le conduit à rejeter toutes les demandes reconventionnelles de X.________ dans la mesure où elles visent ladite société.