Citation: 9C_318/2024 E. 5.5

5.5. Selon la jurisprudence, en l'absence d'aptitude subjective à la réadaptation, c'est-à-dire lorsque la volonté de se réadapter n'existe pas pour des raisons étrangères à l'invalidité, la rente peut être réduite ou supprimée sans examen préalable de mesures de réinsertion et sans qu'il soit nécessaire d'engager préalablement une procédure de mise en demeure avec un délai de réflexion au sens de l'art. 21 al. 4 LPGA. L'absence de volonté de réadaptation ou d'aptitude subjective à la réadaptation ne doit cependant être présumée que si elle est établie au degré de la vraisemblance prépondérante (arrêt 9C_407/2021 du 17 mai 2022 consid. 6.3 et 6.3.1 et les références). Or en l'occurrence, l'office intimé n'a pas proposé de mesures de réadaptation au recourant avant de supprimer son droit à une rente d'invalidité. Il ressort en effet du mandat de réadaptation du 27 janvier 2022 que l'assuré "doit mettre [sa] capacité de travail en valeur dans le cadre de ses propres efforts de réadaptation", car il ne remplit pas les conditions pour faire l'objet de mesures de réadaptation, dès lors qu'il est âgé de moins de 55 ans et a bénéficié d'une rente durant moins de 15 ans. Dans ce contexte, en admettant que c'était à juste titre que l'office intimé avait nié le droit de l'assuré à des mesures de réadaptation, les premiers juges ont présumé que l'intéressé aurait de toute façon refusé de telles mesures à supposer que l'office intimé lui en eût proposées. Ce faisant, ils ont commis une violation du droit en ne faisant pas une application correcte des règles sur l'évaluation de l'invalidité lorsque des mesures de réadaptation sont nécessaires pour la mise en oeuvre de la capacité de travail résiduelle (consid. 5.2 supra). On rappellera par ailleurs que la motivation de l'assuré par rapport aux mesures de réadaptation doit faire l'objet d'un examen approfondi (arrêts 9C_291/2023 du 30 janvier 2024 consid. 7.3; 8C_235/2019 du 20 janvier 2020 consid. 3.2.3). En l'espèce, un tel examen n'a pas eu lieu, la juridiction cantonale s'étant bornée à déduire une absence de volonté subjective du recourant à suivre des mesures de réadaptation des déclarations qu'il avait faites au docteur B.________ lors de l'expertise (cf. not. procès-verbal d'audition du 6 juillet 2023, où l'expert a fait état d'un manque de motivation du recourant à se soumettre à des mesures de réadaptation). La cause doit ainsi être renvoyée à l'office intimé afin qu'il examine puis ordonne les mesures de réadaptation nécessaires préalablement à l'évaluation de la capacité de travail de l'assuré dans une activité adaptée. Ce n'est qu'ultérieurement qu'il pourra statuer définitivement sur la révision de la rente d'invalidité. En ce sens, la conclusion du recourant tendant au renvoi de la cause pour instruction complémentaire est bien fondée.