Citation: U 292/03 06.07.2004 E. 6

6.1 L'accident au cours duquel l'assuré a été blessé n'a pas présenté le déroulement classique d'un accident de type « coup du lapin », tel un téléscopage frontal ou par l'arrière. La chute de l'intimé a été provoquée par la collision de sa moto avec le véhicule qui le précédait, sans que ladite collision n'ait toutefois été violente. En effet, il résulte du rapport d'accident que seule la partie gauche du pot d'échappement a été endommagée. La roue avant n'a subi aucun dégât, preuve en est le fait que l'intimé a pu, après l'impact, regagner son domicile au guidon de sa moto. 6.2 Du point de vue médical, les lésions subies par l'intéressé ont été qualifiées de diverses manières. Le docteur B.________ a diagnostiqué des cervicalgies post-traumatiques, puis un syndrome cervical persistant post-traumatique (rapport du 19 novembre 2001). Dans son rapport du 29 octobre 2001, le docteur W.________ a fait état d'un syndrome vertébral cervico-dorsal persistant après whiplash. Le 6 septembre 2002, il a confirmé son diagnostic. Dans son rapport du 22 janvier 2002, le docteur H.________, spécialiste en neurologie, a retenu un syndrome cervical post-traumatique et des céphalées de tension. Enfin, le docteur Y.________ a examiné l'intimé à trois reprises (rapports des 14 novembre 2001, 5 février et 20 mars 2002) et a diagnostiqué une contusion-entorse cervicale. Seul le docteur W.________ a considéré que l'intimé avait été victime d'un traumatisme de type « coup du lapin ». Dans sa lettre du 23 juin 2003, il a toutefois admis que l'utilisation du terme « whiplash » avait une connotation subjective, puisqu'il était fondé sur l'anamnèse du patient, sur la relation que ce dernier lui avait faite de l'accident et sur les plaintes enregistrées lors de la consultation du 15 octobre 2001 (vertiges, céphalées frontales et péri-orbitaires), éléments compatibles avec un tel diagnostic. 6.3 Il résulte de ce qui précède que la présence d'un traumatisme de type « coup du lapin » n'est pas établie au degré de la vraisemblance prépondérante. En effet, le dossier fait apparaître que l'intimé souffre de cervicalgies ainsi que de céphalées péri-orbitaires et de tension. Il est fait état de vertiges qui sont apparus dans la phase post-traumatique précoce et qui ont ensuite disparu. Aucune autre plainte ne vient attester un tableau clinique typique du « coup du lapin ». De plus, le déroulement de l'accident ne permet pas d'admettre avec une vraisemblance prépondérante que l'intimé a été victime d'un mécanisme d'accélération-décélération. Il y a donc lieu d'examiner les obligations de la recourante au regard des règles ordinaires en matière de rapport de causalité.