Citation: 8C_743/2020 E. 7.3

7.3. La recourante soutient ensuite qu'en se limitant à indiquer que seules des circonstances particulières pouvaient justifier une exception au principe légal du reclassement, la cour cantonale aurait violé son devoir de motivation. En particulier, on ne comprendrait pas pourquoi un cas de harcèlement sexuel justifierait de ne pas procéder à un reclassement mais pas les manquements de l'intimée, pourtant qualifiés de graves. Les juges cantonaux auraient en outre fait preuve d'arbitraire en tenant compte des qualités professionnelles de l'intimée pour examiner la gravité de la situation et l'opportunité d'un reclassement, ce qui signifierait, toujours selon la recourante, que l'Etat ne pourrait jamais licencier un fonctionnaire ayant commis un manquement grave s'il a de bonnes qualités professionnelles. Le grief de violation du devoir de motivation - soulevé en passant - est mal fondé. En effet, par rapport aux situations ne justifiant pas de procédure de reclassement préalable, comme le harcèlement sexuel, les juges cantonaux ont expliqué que, dans de telles circonstances, l'intérêt public ainsi que l'intérêt privé des autres employés de l'Etat l'emportaient sur l'intérêt privé de la personne licenciée à bénéficier d'une procédure de reclassement. Par ailleurs, s'ils ont pris en considération les qualités professionnelles de l'intimée, ils l'ont fait dans le but d'examiner si l'IMAD pouvait invoquer la protection de la santé, la sécurité et la personnalité des personnes âgées et collaborateurs de l'Etat pour priver l'intimée d'une procédure de reclassement. On ne saurait donc en déduire, comme le fait la recourante, qu'un employeur restera toujours tenu de respecter le principe légal du reclassement en présence de bonnes compétences professionnelles.