Citation: 9C_40/2015 E. 5.5.2

5.5.2. L'existence d'un comportement illicite doit être examinée en se posant la question de savoir si, dans des circonstances similaires, le prêt aurait été accordé dans l'hypothèse où l'emprunteur n'avait pas été la société fondatrice (cf. supra consid. 3.4; voir également arrêt 9C_997/2009 du 31 mai 2010 consid. 6.3, in SVR 2011 BVG n° 2 p. 5). Dans le cas d'espèce, l'augmentation continue de l'arriéré de cotisations, replacée dans le contexte économique et financier difficile dans lequel évoluait Aa.________, constituait un indice sérieux et objectif que la sécurité du prêt n'était pas assurée et qu'il constituait un risque potentiel pour l'institution de prévoyance. Le principe de sécurité, tel qu'il est défini à l'art. 71 LPP, exigeait par conséquent des organes de l'institution de prévoyance qu'ils prennent, à compter de l'année 1993, des mesures concrètes afin de réduire le risque de non-remboursement de cette créance, que ce soit en exigeant son remboursement immédiat ou l'octroi de garanties "efficaces et suffisantes" au sens de l'art. 58 al. 1 OPP 2. Force est de constater que le conseil de fondation a, par rapport à cette situation, adopté une attitude d'attente passive, se suffisant des promesses de remboursement de Aa.________ et des espoirs placés dans les mesures de restructuration mises en oeuvre auprès de la société fondatrice à compter de l'année 1994. Eu égard aux chances de succès aléatoires de ce genre de mesures, le conseil de fondation de la recourante a, en s'abstenant de prendre en temps opportun les mesures nécessaires pour limiter le risque de non-remboursement et en laissant au contraire s'accroître la dette de la société fondatrice, violé le principe de sécurité et, partant, adopté un comportement illicite. Il est vrai que le SSF, bien que dûment informé de la situation (art. 58a OPP 2), n'a pas exigé de B.________ qu'elle prenne des mesures contraignantes afin de remédier aux problème auxquels elle était confrontée. Ce fait n'enlève toutefois rien au caractère objectivement illicite du comportement adopté par le conseil de fondation (sur la faute d'un tiers, voir ATF 141 V 51 consid. 8.3 p. 68 et les références).