Citation: 5P.363/2003 08.12.2003 E. 2

2.1 Dans un argument d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu (cf. ATF 124 I 49 consid. 1), le recourant reproche à l'autorité cantonale une violation de son droit d'obtenir une décision motivée pour s'être bornée, après avoir relevé le manque de précision de la clause litigieuse, à retenir sans autres explications que la poursuite qui était au stade de la saisie provisoire en mai 2002 pouvait bien être considérée comme un "procédé juridique de la LP". Selon le recourant, l'autorité cantonale aurait dû expliciter pourquoi il était suffisant que la poursuite atteigne le stade de la saisie provisoire, et non celui de la saisie définitive, pour que le prêt puisse être valablement dénoncé; en outre, elle aurait dû rechercher quelle était l'intention des parties à ce propos. 2.2 Selon la jurisprudence, le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) implique notamment l'obligation pour le juge de motiver ses décisions, afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient. Le juge doit ainsi mentionner, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause, mais aussi à ce que l'autorité de recours puisse contrôler l'application du droit (ATF 129 I 232 consid. 3.2; 126 I 97 consid. 2b; 122 IV 8 consid. 2c; 121 I 54 consid. 2c et les arrêts cités). 2.3 En l'espèce, les juges cantonaux ont relevé que la clause de remboursement litigieuse n'était pas très précise et que l'expression "procédés juridiques de la LP" pouvait être interprétée comme visant "simplement l'existence de poursuites exécutoires ou, plus strictement, d'une saisie définitive"; sans expliciter plus avant leur interprétation, ils ont considéré que la poursuite engagée en décembre 2001, qui était au stade de la saisie provisoire en mai 2002, pouvait être considérée comme un "procédé juridique de la LP" au sens de la clause litigieuse. Quoique brève et quelque peu elliptique, cette motivation satisfait aux exigences posées par la jurisprudence précitée. S'agissant d'une interprétation selon le principe de la confiance - une interprétation fondée sur la réelle et commune intention des parties étant exclue, puisque la clause litigieuse a été insérée dans la cédule hypothécaire en 1980 et que le recourant a acquis l'immeuble grevé en 1994 -, la cour cantonale a manifestement estimé que l'expression "procédés juridiques de la LP" était formulée de manière suffisamment large pour inclure en tout cas une saisie provisoire. Le recourant était parfaitement à même de saisir le raisonnement de l'autorité cantonale et de l'attaquer en connaissance de cause, comme il l'a d'ailleurs fait dans son grief principal qui sera examiné ci-après.