Citation: U 193/03 08.10.2004 E. A

H.________, né en 1944, travaillait comme manoeuvre pour la Coopérative du bâtiment X.________. A ce titre, il est assuré contre les accidents par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA). Dès le mois de janvier 1996, le prénommé a consulté le docteur A.________ en raison de douleurs aux épaules, d'une épicondylite bilatérale, et de gonalgies bilatérales sur troubles dégénératifs débutants et chondropathie. Le médecin traitant a attesté plusieurs périodes d'incapacité de travail totale ou partielle. Le 20 janvier 1997, une machine de chantier qu'il conduisait a basculé. Il a sauté à terre et s'est cogné le genou gauche sur le sol. Il s'est rendu le jour même chez le docteur A.________, en raison de douleurs au genou. Le médecin constata une légère enflure et posa le diagnostic de contusion, avant d'attester une incapacité de travail totale (rapport du 31 janvier 1997). Vu la persistance des douleurs, l'assuré fut adressé à l'Hôpital Y.________, où le docteur C.________ posa le diagnostic de fracture de la rotule. Après une immobilisation par attelle plâtrée demeurée sans résultat, une section de l'aileron rotulien externe du genou gauche, avec excision du pôle externe de la rotule, fut pratiquée le 5 mai 1997. L'intervention mit en évidence une patella bipartita sur probable ancienne fracture du pôle externe de la rotule gauche, ainsi qu'une gonarthrose fémoro-patellaire gauche, selon les docteurs L.________, V.________ et P.________ (rapport du 12 mai 1997). H.________ fut par la suite examiné par les docteurs G.________ et S.________, médecins d'arrondissement de la CNA (rapports des 13 août et 6 novembre 1997), et séjourna à la clinique thermale Q.________, du 15 septembre au 10 octobre 1997 (rapport du 10 octobre 1997 du docteur E.________). Les médecins consultés attestèrent une incapacité de travail de 50 %, sans parvenir à expliquer objectivement les douleurs exprimées par l'assuré. Le docteur G.________ demanda cependant la réalisation d'une imagerie par résonance magnétique, qui permit de déceler une importante déchirure horizontale des cornes latérale et postérieure du ménisque interne (rapport du 19 novembre 1997 du docteur M.________). Cette affection fut traitée par arthroscopie et méniscectomie, le 8 décembre 1997 (rapport des 10/18 décembre 1997 des docteurs L.________, V.________ et R.________). Le 12 janvier 1998, le docteur L.________ faisait état d'une capacité de travail de 50 %, voire plus, le patient refusant toutefois d'envisager une reprise de son activité professionnelle en raison de douleurs persistantes. Le docteur S.________, médecin d'arrondissement de la CNA, examina encore l'assuré le 26 janvier 1998 et attesta une capacité de travail de 25 %. Selon ce praticien, une reprise du travail à 50 % devrait être exigée dès le 16 février 1998, puis à 100 % dès le 2 mars au plus tard; les derniers examens pratiqués permettaient d'exclure une séquelle de l'accident pouvant expliquer les douleurs exprimées par l'assuré (rapport du 30 janvier 1998). A la suite de cet avis médical, la CNA a adapté les indemnités journalières versées à l'assuré aux taux d'incapacités de travail reconnus par le docteur S.________, et supprimé ces indemnités dès le 2 mars 1998 (décision du 10 février 1998 et décompte d'indemnités journalières du 12 mars 1998). H.________ a été revu le 2 mars 1998 par les médecins de l'Hôpital Y.________, d'après lesquels une reprise de son travail par l'assuré était peu envisageable. Il présentait un problème complexe du membre inférieur gauche, à considérer dans sa globalité. En particulier, une coxarthrose polaire inférieure débutante bilatérale, avec une rotation interne de hanche nulle, avait été mise en évidence. L'articulation du genou gauche était devenue le seul pivot de rotation du membre inférieur gauche, la lésion méniscale interne sans traumatisme apparent étant révélatrice d'une surcharge probable en rotation. Lors de la consultation, une tendinite de la bandelette de Maissiat et du muscle vaste externe avait été constatée, vraisemblablement secondaire à la raideur de la hanche (rapport des 2/4 mars 1998 des docteurs L.________, V.________ et B.________. Prenant position sur ce nouveau rapport médical, le docteur S.________ considéra que la coxarthrose était d'origine maladive, de même qu'une éventuelle tendinite consécutive à cette affection; les séquelles accidentelles au genou gauche pouvaient en revanche être tenues pour objectivement négligeables (rapport du 20 mars 1998). La CNA a confirmé la décision du 10 février 1998, par décision sur opposition du 16 septembre 1998.