Citation: 1P.233/2004 22.07.2004 E. 2

Le verdict litigieux est surtout fondé sur les déclarations de la personne qui a acheté au recourant l'héroïne et le produit de coupage, déclarations rapportées dans le jugement du Tribunal pénal. Les précédents juges ont notamment retenu, à titre d'indices propres à confirmer ces déclarations, les communications téléphoniques du recourant avec cette personne, ses contacts avec d'autres trafiquants et les traces d'héroïne et de cocaïne découvertes dans le véhicule qu'il utilisait pour ses déplacements. A tout cela, le recourant oppose de simples dénégations. Au sujet de ses rencontres avec l'acheteur, pour lesquelles il se rendait chaque fois d'Estavayer-le-lac à Genève, il persiste dans des explications que les premiers juges ont écartées mais il ne précise pas en quoi les motifs de leur appréciation, consignés dans le jugement, seraient dépourvus de pertinence. Parmi de nombreux arguments qui ont été, eux aussi, déjà réfutés, il fait valoir que d'autres personnes ont pu utiliser le véhicule en cause et, peut-être, s'en servir pour transporter des stupéfiants. Or, aucun de tous ces moyens n'est apte à révéler une violation des garanties invoquées; à l'appui du grief d'arbitraire, ils sont irrecevables au regard des exigences précitées concernant l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Le recourant critique très sommairement la traduction des conversations téléphoniques en langue albanaise, apparemment dépourvues de sens, que la police a écoutées et enregistrées. Il n'a cependant pas expliqué l'objet de ces conversations; il s'est borné à contester l'usage d'un langage codé relatif à un trafic de stupéfiants. Invoquant de la présomption d'innocence, il tient pour inadmissible de retenir à sa charge le fait qu'il n'a pas expliqué ces mystérieuses communications. Sur ce point, l'argumentation présentée méconnaît que dans des situations appelant assurément une explication de la part du prévenu, son silence peut être pris en considération pour apprécier la force de persuasion des éléments à charge, sans que cela ne constitue une atteinte à son droit de se taire et de ne pas témoigner contre soi-même, ni une atteinte à la présomption d'innocence (arrêt 1P.641/ 2000 du 24 avril 2001, consid. 3, RUDH 2001 p. 115). Une situation de ce genre était réalisée en l'espèce. Pour le surplus, il n'apparaît pas que le recourant soit condamné parce qu'il n'est pas parvenu à prouver son innocence; les affirmations qu'il développe dans ce sens sont purement gratuites. Le recours se révèle donc mal fondé, dans la mesure où il est recevable.