Citation: 6B_1167/2021 E. 6.3.3

6.3.3. Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte, dans la pesée des intérêts, des conséquences délétères pour lui d'avoir été détenu en section de sécurité renforcée pendant près de deux ans. Il fait ainsi grief à la cour cantonale d'avoir arbitrairement omis deux éléments factuels, soit d'une part, que le rapport du 7 juin 2021 de l'Établissement de Thorberg indiquerait qu'après deux ans passés dans le même secteur, en s'étant conformé à quelques exceptions près au règlement de l'établissement, des signes de lassitude étaient devenus palpables et, d'autre part, que la décision de l'OEP du 16 juin 2021 reconnaîtrait que son maintien dans des conditions de sécurité renforcée seraient délétères à long terme pour lui et contribueraient à engendrer une sur-adaptation à ce cadre carcéral. Tout d'abord, il convient de relever que l'argument du recourant procède d'une lecture partielle et biaisée de la décision de l'OEP du 16 juin 2021. En effet, la décision précitée, adressée au recourant, constate: " Dans son rapport du 7 juin 2021, la Direction de l'Établissement pénitentiaire de Thorberg relève notamment qu'à quelques exceptions près, vous vous êtes conformé au règlement de l'établissement et qu'après deux ans passés au sein du même secteur, des signes de lassitude sont toutefois palpables. Au vu de la durée de votre incarcération à l'Établissement pénitentiaire de Thorberg, au sein du secteur " Sicherheitsvollzug B " et des éléments mis en évidence dans le rapport précité, l'OEP considère que votre maintien au sein dudit établissement dans les mêmes conditions seraient [sic] délétères [sic] à long terme et contribueraient [sic] à engendrer une sur-adaptation à ce cadre carcéral. Ainsi, un transfert d'établissement se justifie désormais afin de pouvoir apprécier votre capacité d'adaptation dans un nouveau cadre carcéral en côtoyant d'autres intervenants pénitentiaires et personnes détenues, tout en garantissant la sécurité publique. " Ainsi, contrairement à ce qu'affirme le recourant, la décision de l'OEP ne constate pas que le maintien dans des conditions de sécurité renforcée serait délétère mais que le maintien au sein du même établissement, dans les mêmes conditions, serait délétère à long terme, les signes de lassitude étant l'un des éléments dont il tient compte pour ce constat. L'OEP justifie ainsi le transfert du recourant dans un autre établissement, soit celui de Pöschwies (question qui n'est pas contestée en l'espèce; cf. supra consid. 2). Dès lors que le transfert ordonné vise précisément à éviter les conséquences délétères pour le recourant et la sur-adaptation au cadre carcéral dues au maintien dans le même établissement (c'est-à-dire celui de Thorberg), on ne distingue pas en quoi les éléments cités par le recourant auraient été arbitrairement ignorés par la cour cantonale. A tout le moins, tels qu'ils ressortent de la décision de l'OEP, les éléments précités plaident en faveur d'un transfert, si bien qu'on ne voit pas en quoi, même s'ils ne figurent pas expressis verbis dans l'arrêt attaqué, ils auraient pu influencer le résultat en faveur de la thèse soutenue par le recourant. Au demeurant, le constat de l'OEP porte sur le " long terme " si bien qu'on comprend que les conséquences envisagées par l'OEP ne sont pas actuelles. Pour ce motif également, le recourant échoue à démontrer en quoi les éléments qu'il cite seraient pertinents s'agissant de juger la prolongation actuelle et, partant, en quoi la décision serait arbitraire dans son résultat. Le grief du recourant doit par conséquent être rejeté, dans la mesure où il est recevable.