Citation: 5P.38/2004 16.04.2004 E. A

La recourante X.________ et l'intimé Y.________ sont propriétaires à B.________ sur la commune de C.________, respectivement, de la parcelle n° xxx et de la parcelle contiguë n° xxx. A proximité de la limite séparant ces deux biens-fonds, se trouve un tilleul centenaire dont le tronc est entièrement enraciné sur le terrain de la recourante. Depuis six ans, un tas de grosses pierres est entreposé au pied dudit tilleul, dans le prolongement d'un mur sis sur la parcelle de l'intimé. En outre, des fûts et autres matériaux sont stockés à environ trois mètres du pied de l'arbre sur la parcelle de l'intimé. Au mois de mai 2002, la recourante a constaté que les feuilles du tilleul commençaient à jaunir, puis à tomber. Selon les experts consultés par les parties, ce phénomène était dû soit au tassement de la zone radiculaire par le dépôt des pierres (Richard Olivier, adjoint auprès de la Station cantonale d'arboriculture à Marcelin, Nicolas Béguin, directeur de la société Arboriste conseil Sàrl, Jean Allenbach, paysagiste), soit au manque d'eau affectant la région depuis plus d'une année, à la canicule du mois de juin 2002 et au fait que l'arbre n'était pas taillé, ce qui entraînait un manque de lumière à l'intérieur de la couronne (Georges Baudat et Urbain Girod, pépiniéristes, Georges Jungen, paysagiste). Par requête de mesures provisionnelles du 24 octobre 2002, la recourante a conclu devant le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois à ce qu'ordre soit donné à l'intimé, sous menace des sanctions de l'art. 292 CP, d'enlever dans les dix jours toutes les pierres, tous les fûts, détritus et autres objets se trouvant sur sa propriété au pied du tilleul en cause et ce dans un rayon de cinq mètres à partir du tronc. Par ordonnance du 28 novembre 2002, le président du tribunal d'arrondissement a rejeté la requête pour le motif qu'il apparaissait peu vraisemblable que le tas de pierres ou les matériaux à proximité du tronc aient provoqué la chute des feuilles au printemps. Il s'agissait davantage d'un phénomène naturel, accentué par les conditions climatiques. En outre, même en admettant l'effet du tas de pierres litigieux, l'urgence de son enlèvement n'avait pas été établie.