Citation: 6B_1234/2022 E. 1.2

1.2. En l'espèce, la recourante n'explique pas quelles éventuelles prétentions civiles elle pourrait formuler à l'encontre de la procureure neuchâteloise. Cela se conçoit d'autant moins que, selon la loi neuchâteloise du 29 septembre 2020 sur la responsabilité des collectivités publiques et de leurs agents (loi sur la responsabilité, LResp; RSN 150.10), la collectivité publique répond du dommage causé sans droit à un tiers par ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, sans égard à la faute de ces derniers (art. 5 al. 1 LResp). Le lésé n'a aucune action contre l'agent responsable (art. 9 LResp). Par collectivité publique, la loi sur la responsabilité vise notamment les autorités judiciaires (art. 1 al. 2 LResp) et, en particulier, le ministère public (art. 49 ss de la loi d'organisation judiciaire neuchâteloise du 27 janvier 2010, OJN; RSN 161.1). Le canton de Neuchâtel ayant ainsi fait usage de la faculté réservée à l'art. 61 al. 1 CO, la recourante, qui n'expose pas en quoi ce régime de responsabilité ne serait pas applicable en l'espèce, ne disposerait, le cas échéant, que d'une prétention de droit public à faire valoir non pas contre l'auteur présumé contre lequel elle a dirigé sa plainte, mais contre l'État. Selon la jurisprudence constante, de telles prétentions ne peuvent pas être invoquées dans le procès pénal par voie d'adhésion et ne constituent dès lors pas des prétentions civiles au sens de l'art. 81 LTF (ATF 146 IV 76 consid. 3 p. 82 ss et les références citées). La recourante n'a donc pas la qualité pour recourir en matière pénale sous cet angle, pas plus qu'au regard de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 6 LTF, faute d'invoquer expressément la violation de son droit de porter plainte.