Citation: 5A_446/2018 E. 5

Tout au long de son mémoire, le recourant soutient que les documents qu'il a signés ne constituent pas des reconnaissances de dette au sens de l'art. 82 LP. Cela étant, comme l'a retenu à juste titre la cour cantonale, il est manifeste que les pièces en question, signées tant par le recourant que par l'intimé, sont sans équivoque sur le fait que les créances sont reconnues sans réserve ni condition, ainsi que sur le montant des créances. Il s'agit dès lors incontestablement de reconnaissances de dette au sens de l'art. 82 LP (cf. supra consid. 4.1). Le recourant ne remet d'ailleurs pas en cause ces éléments, pas plus qu'il ne conteste avoir signé lesdits documents - même s'il affirme les avoir signés " stupidement ". Le recourant fait valoir que l'intimé n'a jamais démontré lui avoir versé le montant de 170'000 fr.; se référant à l'arrêt 5A_326/2011 du 6 septembre 2011 consid. 3.2 et 3.3, il soutient qu'il n'existerait dès lors pas de titre de mainlevée provisoire concernant cette somme. Son argumentation trahit cependant une mauvaise compréhension de la jurisprudence. Celle-ci retient qu'un contrat écrit justifie en principe la mainlevée provisoire pour la somme d'argent incombant au poursuivi lorsque les conditions d'exigibilité de la dette sont établies et, en particulier dans les contrats bilatéraux, lorsque le poursuivant prouve avoir exécuté les prestations dont dépend l'exigibilité (arrêt 5A_1017/2017 du 12 septembre 2018 consid. 4.1.1 dont la publication est prévue, et les références). Ces principes s'appliquent aux situations dans lesquelles le créancier fonde sa requête non pas sur une reconnaissance de dette pure et simple, mais sur un contrat bilatéral parfait, par exemple un contrat de prêt, un tel contrat ne valant titre de mainlevée provisoire au sens de l'art. 82 al. 1 LP que si le poursuivant a fourni sa prestation (arrêts 5A_1017/2017 du 12 septembre 2018 consid. 4.3.2, dont la publication est prévue; 5A_326/2011 du 6 septembre 2011 consid. 3.3). Dès lors qu'en l'espèce, le créancier dispose d'une reconnaissance de dette au sens strict (cf. paragraphe précédent), la critique est dénuée de pertinence. L'ensemble des autres moyens du recourant, qui seront examinés ci-après dans la mesure où ils sont compréhensibles (cf. supra consid. 2.1), se ramènent à la question de savoir s'il a rendu vraisemblable l'un de ses moyens libératoires.