Citation: 4C.289/2000 05.01.2001 E. 1

1.- Selon l'art. 57 al. 5 OJ, lorsque la décision attaquée est en même temps l'objet d'un recours en réforme et d'un recours de droit public, il est sursis en règle générale à l'arrêt sur le premier recours jusqu'à droit connu sur le second. Il peut toutefois être dérogé à ce principe, notamment lorsque le recourant invoque dans son recours de droit public une violation du droit fédéral qui pourrait être retenue dans l'examen du recours en réforme, ce qui rendrait le premier sans objet et même irrecevable eu égard à sa subsidiarité (ATF 107 II 499 consid. 1; 99 II 297 consid. 1; Jean-François Poudret, COJ II, Berne 1990, art. 57 OJ no 5 p. 464). En l'espèce, la demanderesse développe en définitive le même grief dans ses deux recours: elle reproche à la cour cantonale d'avoir dénié sa compétence, sans être entrée en matière sur l'exception de litispendance qu'elle avait soulevée en vue d'obtenir la suspension de la cause jusqu'à l'issue du procès pendant en Arabie Saoudite. Dans son recours de droit public, elle invoque à ce propos un déni de justice formel et une violation des exigences de motivation, reprochant aux juges de ne pas avoir exposé suffisamment clairement et complètement les motifs les ayant amenés à rejeter cette exception. Elle soutient également qu'en examinant uniquement l'exception d'incompétence soulevée par l'intimé, la cour cantonale a porté atteinte aux garanties minimales de procédure et écarté de manière arbitraire l'art. 9 al. 1 de la loi fédérale du 18 décembre 1987 sur le droit international privé (ci-après: LDIP). Dans son recours en réforme, la demanderesse considère en substance qu'en n'appliquant pas cette même disposition, l'autorité cantonale a violé le droit fédéral. Dans ce contexte, il convient, en dérogation à la règle de l'art. 57 al. 5 OJ, d'examiner en premier lieu le recours en réforme, dès lors que, si la Cour de céans parvient à la conclusion qu'en n'appliquant pas l'art. 9 al. 1 LDIP, l'autorité cantonale a méconnu le droit fédéral, le recours de droit public deviendrait alors sans objet, puisque tous les moyens développés à son appui sont précisément dirigés contre le refus de la cour cantonale de prendre en compte cette disposition.