Citation: 4A_572/2023 E. 5.3

5.3. Les intimées ne prétendent pas que leur adversaire aurait formé sa demande de révision après l'expiration du délai de 90 jours visé par l'art. 190a al. 2 LDIP. Se fondant sur l'art. 76 al. 1 let. b LTF applicable par analogie en matière de révision et sur le considérant 5.5 de l'arrêt rendu le 8 avril 2021 par le Tribunal fédéral dans la cause 4A_516/2020, elles soutiennent toutefois que la demande de révision est irrecevable faute d'intérêt digne de protection de la requérante à l'annulation de la sentence attaquée. Selon elles, la requérante n'aurait rien à gagner à faire admettre sa demande de révision puisque l'issue d'une nouvelle décision sur la validité de la résiliation du GSPC par un tribunal arbitral nouvellement constitué ne différerait guère de celle de la sentence attaquée. Semblable affirmation tombe à faux. La requérante possède en effet un intérêt digne de protection à l'annulation de la sentence entreprise dans la mesure où celle-ci lui a donné tort. En juger autrement irait en outre à l'encontre de la nature formelle du motif de révision ancré à l'art. 190a al. 1 let. c LDIP, puisque celui-ci ne présuppose pas que le motif invoqué ait eu une influence sur la décision querellée. En tout état de cause, les intimées tentent de porter le débat sur le fond du litige, ce qui n'est pas admissible, et d'invoquer dans ce cadre-là la sentence rendue à Londres dans un arbitrage parallèle, ce qui est hors de propos. Au demeurant, les termes utilisés par les intimées, et l'emploi répété du conditionnel par elles, laissent apparaître leur incertitude en ce qui concerne le sort que pourrait réserver le nouveau tribunal arbitral éventuellement constitué à la question de la validité de la résiliation litigieuse. Il convient dès lors d'entrer en matière sur la demande de révision.