Citation: 9C_375/2023 E. 5.2.2

5.2.2. Quant aux autres éléments allant dans le sens d'un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde séronégative et de syndrome inflammatoire important, que la recourante reproche également au docteur D.________ d'avoir ignorés ou au sujet desquels celui-ci aurait émis "plusieurs affirmations erronées" (présence d'atteintes érosives et de synovites, augmentation des marqueurs d'inflammation depuis un bilan sanguin réalisé lors d'une hospitalisation en avril 2017 et réapparition de l'inflammation à la suite de l'arrêt du traitement de fond par Actemra en raison d'une mauvaise tolérance, notamment), elle ne saurait rien en déduire en sa faveur. Certes, la juridiction de première instance a constaté la présence de ces éléments, ainsi qu'une "importante part d'incertitude" quant au point de savoir s'ils étaient suffisants pour retenir le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde séronégative invalidante, respectivement pour admettre qu'il avait effectivement une incidence sur la capacité de travail de l'intéressée, tout en relevant également la "difficulté notoire à poser le diagnostic litigieux" (consid. 7.3 p. 19 de l'arrêt entrepris). Cela étant, l'instance précédente a nié que ces éléments fussent suffisants pour remettre en cause les conclusions des experts de CEMEDEX SA en lien avec l'atteinte rhumatismale inflammatoire et ses conséquences sur la capacité de travail résiduelle. A ce propos, on rappellera que ce n'est pas tant l'origine médicale exacte de l'atteinte à la santé présentée par la personne assurée qui est décisive, mais bien l'incidence de cette atteinte sur la capacité de travail de l'intéressé. Or sur ce point, les premiers juges ont constaté que la doctoresse L.________ n'avait pas évalué l'incidence spécifique, sur la capacité de travail de sa patiente, du diagnostic de polyarthrite séronégative qu'elle avait retenu et qu'elle n'avait fait qu'apprécier l'ensemble des (nombreuses) pathologies pour retenir une importante incapacité de travail. En ce qu'elle se contente d'affirmer que l'évaluation de la doctoresse L.________ correspond à celle du docteur B.________, la recourante n'établit pas que les juges cantonaux auraient écarté une incapacité de travail de manière arbitraire sur le plan rhumatologique. Si le docteur B.________ a certes indiqué qu'une polyarthrite rhumatoïde séronégative active n'est pas compatible avec une activité professionnelle, il ressort de l'arrêt attaqué qu'il a mentionné ce diagnostic dans la liste des diagnostics figurant au terme de son expertise avec une extrême retenue, en indiquant qu'il était nécessaire de le réévaluer dans un délai de six mois à la suite du traitement d'épreuve par Actemra. La recourante ne conteste pas ces constatations, puisqu'elle indique que le docteur B.________ avait retenu une "sérieuse suspicion de polyarthrite séronégative" et qu'il avait expressément demandé à ce que ledit diagnostic fût confirmé par un traitement d'épreuve. On ajoutera qu'à cet égard, la doctoresse L.________ a constaté que les traitements par Léflunomide et Rinvoq, instaurés à la suite de l'arrêt du traitement par Actemra, en avril 2021, avaient permis une diminution de l'activité de la maladie et des douleurs articulaires (rapports des 18 juin et 4 décembre 2021 et 13 octobre 2022). L'assurée se prévaut d'ailleurs de l'efficacité desdits traitements dans son écriture de recours, en reprochant à la juridiction cantonale de ne pas avoir pris en considération cet élément. Force est dès lors d'admettre qu'il ressort des constatations de la rhumatologue traitante quant à l'efficacité desdits traitements, dont les premiers juges ont tenu compte dans leur appréciation de la situation (consid. 5.8 et 5.9 p. 15 et 16 de l'arrêt entrepris), que même si le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde séronégative dût être retenu, son incidence sur la capacité de travail de la recourante devait donc être relativisée. Il ressort au demeurant des constatations cantonales, que l'assurée ne conteste pas, que des réserves quant à l'importance, la cohérence et la persistance de ses plaintes ont été émises par plusieurs des médecins qui l'ont examinée, notamment par le docteur B.________. Dans ces circonstances, c'est en vain que la recourante se prévaut d'une "incertitude quant à [s]a situation médicale" ne permettant pas au tribunal cantonal de statuer en connaissance de cause, pour affirmer qu'en vertu de la maxime inquisitoire, il lui appartenait d'ordonner une nouvelle expertise rhumatologique.