Citation: 1P.174/2006 23.05.2006 E. 2

2. Selon l'art. 88 OJ, la qualité pour agir par la voie du recours de droit public n'appartient qu'à celui qui est atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés. De jurisprudence constante, celui qui se prétend lésé par un acte délictueux n'a pas qualité pour recourir sur le fond contre une décision de classement, de non- lieu ou d'acquittement (ATF 69 I 17, 128 I 218 consid. 1.1 p. 219 et les arrêts cités). Il n'en va différemment que dans les cas où le plaignant a la qualité de victime au sens de la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI; RS 312.5), à condition que la sentence touche ses prétentions civiles ou puisse avoir des effets sur le jugement de ces dernières (art. 8 al. 1 let. c LAVI). Tel n'est manifestement pas le cas en l'occurrence, puisque la recourante ne prétend pas subir une atteinte directe à son intégrité corporelle ou psychique, et n'a donc pas qualité de victime au sens de l'art. 2 al. 1 LAVI. 2.1 Celui qui n'a pas qualité pour recourir sur le fond peut cependant se plaindre d'un déni de justice formel, ou en d'autres termes de la violation des garanties formelles offertes aux parties par le droit cantonal de procédure ou par le droit constitutionnel, notamment le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.). La partie recourante ne saurait toutefois, par ce biais, remettre en cause la décision attaquée sur le fond, en critiquant l'appréciation des preuves ou en faisant valoir que la motivation retenue serait matériellement fausse (ATF 126 I 81 consid. 3b p. 86; 125 II 86 consid. 3b p. 94; 121 IV 317 consid. 3b p. 324 et les arrêts cités). La recourante invoque notamment le principe d'égalité (art. 8 al. 1 Cst.), mais elle remet en cause, par ce biais, le traitement de sa plainte, puis de son recours cantonal, en se plaignant de ce que des preuves n'auraient pas été prises en considération. L'argument relève du fond et est, partant irrecevable, tout comme l'ensemble de l'argumentation relative à l'appréciation des preuves. La recourante a par conséquent qualité pour agir dans la seule mesure où elle se plaint d'une violation de son droit d'être entendue. Les griefs soulevés à cet égard doivent cependant encore satisfaire à l'exigence de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. 2.2 Selon cette disposition, il appartient au recourant de démontrer en quoi la décision attaquée viole le droit constitutionnel. Le Tribunal fédéral n'examine que les griefs soulevés de manière claire et explicite (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261-262). La plupart des griefs d'ordre formel soulevés par la recourante ne satisfont pas à cette exigence, comme cela sera indiqué ci-dessous. 2.3 Compte tenu de la nature cassatoire du recours de droit public, les conclusions allant au-delà de l'annulation pure et simple de l'arrêt cantonal sont irrecevables.