Citation: I 210/06 19.10.2006 E. 2

L'intéressée reproche aux premiers juges d'avoir retenu qu'elle était en mesure d'exercer une activité répétitive, non-qualifiée, dans l'industrie manufacturière; elle soutient de manière générale que son état de santé ne le lui permet pas. 2.1 On notera au préalable que tous les rapports médicaux figurant au dossier concordent en ce qui concerne les diagnostics posés. En effet, les avis des nombreux spécialistes consultés en cours de procédure ont été collectés par les médecins traitants successifs et figurent dans les rapports de ces derniers. Il apparaît que la recourante souffrait principalement de douleurs lombaires (avec protrusion en L5-S1 et dégénérescence discale en L3-L4), d'obésité (morbide), ainsi que de problèmes à la glande thyroïde (adénome thyroïdien) et au foie (stéatose hépatique); certains praticiens ont également évoqués l'existence de troubles anxieux ou dépressifs sans toutefois dépasser le stade de la simple constatation. Ces éléments se retrouvent à l'identique dans l'expertise mise en oeuvre par l'Office intimé; les docteurs P.________ et B.________ ont cependant exclu l'existence de troubles psychiatriques invalidants (pas de troubles de la mémoire, de la concentration ou de l'attention; pas de signes de la lignée dépressive en faveur du diagnostic de dépression majeure; pas d'angoisses persistantes, ni d'attaques de panique; pas de troubles de la lignée psychotique tels que délire ou hallucination; pas de troubles de la personnalité). On relèvera encore que l'intéressée faisait état de nombreuses doléances qui ne rencontraient pas d'écho sur le plan organique (syndrome douloureux chronique, douleurs migrantes sans pathologie nette). 2.2 Les différentes opinions exprimées divergent cependant quant à la capacité de travail découlant des handicaps retenus. La plupart des médecins se sont contentés d'émettre un pronostic peu favorable quant à une reprise éventuelle du travail, sans véritablement argumenter. Il semble en outre que ledit pronostic était plus lié au manque d'intégration, à la méconnaissance de la langue, à l'analphabétisme de la recourante et à sa situation financière familiale précaire, critères dont l'assurance-invalidité n'a pas à tenir compte (sur la portée des facteurs psychosociaux et socioculturels, cf. ATF 127 V 299 consid. 5a), qu'aux problèmes de santé rencontrés par l'intéressée. Le docteur S.________ mentionnait l'impossibilité pour la recourante de reprendre une activité lucrative quelconque en raison de son caractère très algique et de ses capacités intellectuelles limitées; il décrivait de façon détaillée les limitations auxquelles elle était soumise: positions à genoux, en inclinaison du buste, accroupies, longs parcours à pied, port de charge, mouvements répétitifs des membres ou du dos, horaires de travail irréguliers ou de nuit, déplacements sur sol irrégulier ou en pente, travaux en hauteur et contacts interpersonnels. Le docteur M.________ retenait une capacité de travail de 50 % dans une activité sans port de charge, ni station debout sans plus ample motivation. Les experts ont conclu à une pleine capacité de travail dans une activité sédentaire, prohibant le déplacement et le port de charges supérieures à 8 kg, ainsi que le travail à genoux, en antéflexion ou en porte-à-faux statique prolongé du tronc; ils ont par ailleurs pu observer une patiente souriante, avenante et collaborante, pouvant rester assise plus d'une heure sans ressentir de gêne particulière, s'habillant et se déshabillant de manière fluide, avec des enchaînements harmonieux. Ils ont également constaté une nette discordance entre les plaintes douloureuses majeures et les constatations objectives, ce qui suggérait une part d'amplification des plaintes. 2.3 Au regard de ce qui précède, les premiers juges étaient donc fondés à retenir une pleine capacité de travail dans une activité adaptée en se référant principalement au rapport d'expertise. Ils ont à juste titre relevé que ledit rapport prenait en considération l'ensemble des affections présentées par l'intéressée, ainsi que les interférences possibles entre ces dernières, et qu'il répondait parfaitement aux conditions posées par la jurisprudence en matière de valeur probante (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a), ce qui n'était pas le cas des autres documents médicaux qui, soit étaient établis par des médecins traitants dont on sait qu'ils ont tendance à prendre parti pour leur patient en raison de la relation de confiance qui les unit (cf. ATF 125 V 353 consid. 3b/cc), soit ne se référaient aucunement au contexte ou à l'anamnèse et ne présentaient pas de conclusions documentées, soit n'avaient qu'une vision sectorielle de l'état de santé de la recourante.