Citation: 4C.184/2005 04.05.2006 E. A

A.a X.________ SA (la défenderesse) est une société active dans la décoration d'intérieur et la vente de mobilier de style anglais, qui exploite un magasin à Genève. En 1997, X.________ SA a vendu des meubles à Y.________ SA (la demanderesse). En 2001, Y.________ SA a chargé la défenderesse de revendre certains des meubles qu'elle lui avait achetés, en les exposant dans le magasin de cette dernière. A cette occasion, les parties ont signé les 5 et 12 juillet 2001 une convention intitulée "Bon de mise en dépôt de meubles d'occasion". Cet accord contenait une liste d'une quarantaine de meubles, datée du 29 juin 2001, comportant, en regard de chacun d'entre eux, un numéro, une brève description, une appréciation de l'état sous la forme des qualificatifs "bon", "moyen" ou "mauvais" ainsi qu'une indication de "valeur" correspondant à 60 % de la valeur à neuf (art. 64 al. 2 OJ). Il était stipulé que X.________ SA percevrait une commission de 25% du prix de vente. Il a été constaté que si un acheteur potentiel devait proposer un prix inférieur à celui de la "valeur" indiquée dans la convention, la vente devait obtenir l'accord préalable de Y.________ SA. Selon la convention, le temps de garde maximum des meubles était de six mois; il était expressément stipulé que "passé ce délai, la marchandise sera mise en décharge". L'initiative de la reprise des meubles incombait à Y.________ SA. X.________ SA a adressé à Y.________ SA les 4 juillet, 2 décembre et 14 décembre 2001 des propositions d'achat de meubles. La demanderesse a refusé les deux premières aux motifs que les prix offerts étaient trop bas. Le 14 décembre 2001, onze meubles, représentant une valeur d'environ 20'000 fr. selon la liste susmentionnée, ont en revanche été vendus pour un prix total de 8'000 fr. A.b La défenderesse et la demanderesse sont convenues le 14 décembre 2001 de reconduire le contrat pour le mobilier qui n'avait pas été vendu à cette date. Un nouveau "Bon de mise en dépôt de meubles d'occasion pour le mobilier restant au 14 décembre 2001" a été signé les 14 et 17 décembre 2001. Le contrat limitait également à six mois la durée du temps de garde et prévoyait toujours que, "passé ce délai, la marchandise sera mise en décharge". L'accord comprenait une liste de meubles, calquée sur celle de la convention initiale, qui était libellée de la sorte: "Etiquette Description Etat Valeur No 4 Retour de bureau avec tiroirs Moyen 2'868 fr. No 6 Meuble dossiers + coffre spécial Moyen 3'540 fr. Nos 11-13 Desk Moyen 4'215 fr. No 14 Side return Moyen 1'188 fr. No 17 Meuble dossier Moyen 2'670 fr. No 18 Regency luxe 2 places plissé Bon 1'794 fr. Nos 19-23 Table de conférence Bon 4'740 fr. No 24 Verre de protection Bon 717 fr. Nos 25-30 6 chaises Estill Bon 2'376 fr. No 31 Encoignure British Bon 1'437 fr. Nos 32-34 Bureau 158 cm Bon 4'215 fr. No 35 Fauteuil tournant Swann Bon 2'340 fr. Nos 37-39 Bureau 137 cm Mauvais 2'994 fr. No 40 Retour de bureau Mauvais 2'274 fr.". La rubrique "Etat" susmentionnée a été remplie par X.________ SA d'après les données figurant dans le premier accord, alors que la rubrique "Valeur" a été fixée d'entente entre les parties. A.c Les 12 mars et 15 août 2002, X.________ SA a transmis à Y.________ SA deux propositions d'achat de meubles; cette dernière les a refusées, car elle estimait que les prix proposés n'étaient pas assez élevés. Dès le mois de mai 2002, Y.________ SA a vainement tenté d'obtenir de X.________ SA des nouvelles quant aux meubles que la première avait confiés à la seconde. Le 15 juillet 2002, la demanderesse a adressé à la défenderesse la liste des meubles "rest(ant) en dépôt" et celle des "meubles vendus". Par pli du 4 décembre 2002, X.________ SA, d'une part, a confirmé à Y.________ SA l'exactitude des deux listes, tout en précisant que les meubles étaient dans ses dépôts à disposition de cette dernière; rappelant que plusieurs clients s'étaient montrés intéressés par les meubles, la défenderesse, d'autre part, a fait état de "3 années à facturer" pendant lesquelles les meubles avaient été déposés. Y.________ SA a contesté devoir payer une rémunération pour trois années de dépôt. Les parties sont finalement tombées d'accord que seuls six mois de dépôt restaient impayés. Le 19 février 2003, X.________ SA a envoyé une facture à la demanderesse. Portant la désignation "Entreposage meubles de bureau Période:du 29 juin 2001 au 31 janvier 2003", la note faisait état d'une facturation courant du 31 juillet 2002 au 31 janvier 2003, soit 6 mois au prix unitaire de 157 fr.50, d'où un total de 945 fr., taxes non comprises (art. 64 al. 2 OJ). Le 6 mars 2003, la demanderesse a emporté les meubles nos 4, 17, 18, 32-34 et 40 avec l'aide d'une entreprise de transport, laquelle a facturé ses services 322 fr. 80. Les autres meubles, soit les meubles nos 6, 11-13, 14, 19-23, 24, 25-30, 31, 35, et 37-39, n'ont pas été retrouvés. Après avoir envoyé à la défenderesse plusieurs requêtes restées sans réponse quant au sort desdits meubles, Y.________ SA, par courrier recommandé du 11 mars 2003, a mis en demeure X.________ SA de lui restituer le mobilier qu'elle n'avait pas pu récupérer ou, à défaut, de lui verser la somme de 23'547 fr. correspondant au prix de vente qui était proposé dans l'accord de décembre 2001 pour l'ensemble de ces meubles. X.________ SA n'a pas réagi.