Citation: 1B_544/2018 E. 2

Selon les art. 78 et 92 al. 1 de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110), une décision prise en dernière instance cantonale relative à la récusation d'un magistrat pénal peut faire immédiatement l'objet d'un recours en matière pénale nonobstant son caractère incident. En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les mémoires de recours adressés au Tribunal fédéral doivent être motivés sous peine d'irrecevabilité (art. 108 al. 1 let. b LTF). Selon l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit. Pour satisfaire à cette exigence, il appartient à la partie recourante de discuter au moins brièvement les considérants de la décision litigieuse et d'expliquer en quoi ceux-ci seraient contraires au droit (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 91). En outre, les griefs de violation des droits fondamentaux sont soumis à des exigences de motivation accrues (art. 106 al. 2 LTF). La partie recourante doit alors mentionner les principes constitutionnels qui n'auraient pas été respectés et expliquer de manière claire et précise en quoi ces principes auraient été violés (ATF 143 IV 500 consid. 1.1 p. 503). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 141 IV 249 consid. 1.3.1 p. 253). La Chambre de recours pénale a jugé que la demande de récusation de la Procureure Florence Pastore Zacharia, datée du 2 juillet 2018, était manifestement tardive s'agissant des procédures P/13141/2017 et P/21082/2017, qu'elle soit motivée par l'ordonnance pénale rendue dans la procédure P/24506/2016 ou par les liens allégués entre cette magistrate et B.________, car ces faits étaient connus de la requérante lorsque celle-ci a reçu les ordonnances pénales dans la procédure P/13141/2017 en septembre 2017, respectivement au plus tard lors de l'audience du 20 avril 2018 dans la procédure P/21082/2017. La recourante ne s'en prend pas à cette motivation et il n'appartient pas au Tribunal fédéral d'examiner d'office si elle est ou non conforme à l'art. 58 al. 1 CPP et à la jurisprudence rendue en application de cette disposition. La Chambre pénale de recours a déclaré recevable la demande de récusation s'agissant de la procédure P/18466/2017 faute d'avoir pu établir la date à laquelle la requérante avait eu connaissance du fait que cette cause serait instruite par la Procureure Florence Pastore Zacharia. Elle a refusé de voir un motif de récusation de cette magistrate dans le fait qu'elle a rendu deux ordonnances pénales contre la requérante dans les causes P/24506/2016 et P/13141/2017 car ces procédures ne concernaient ni les mêmes faits ni la même cause au sens de la jurisprudence relative à l'art. 56 let. b CPP. Par ailleurs, le fait pour un magistrat de rendre une ordonnance pénale n'est, de jurisprudence constante, pas non plus un motif de récusation au sens de l'art. 56 let. f CPP. S'agissant des liens d'amitié supposés entre la Procureure et l'ex-compagnon de la requérante, la Chambre pénale de recours a relevé que ces derniers n'avaient pas effectué leur stage d'avocat dans la même étude et que les éventuels liens sociaux, si tant est qu'ils existent et qu'ils puissent être invoqués dans le cadre de la procédure P/18466/2027 opposant la requérante à ses beaux-parents, n'étaient à eux seuls nullement de nature à mettre en doute l'impartialité de la Procureure. La recourante ne s'en prend pas davantage à cette argumentation. Pour autant qu'on la comprenne, elle semble reprocher à la Chambre pénale de recours de ne pas avoir pris position sur sa demande de récusation au regard de la procédure P/24506/2016. Elle prétend que la Procureure aurait " manifesté sa conviction " en rendant le 10 mai 2017 une ordonnance pénale dans la procédure P/24506/2016 sans l'avoir entendue et en ignorant divers éléments de preuve, en refusant de donner suite à la demande présentée par son avocat le 4 octobre 2017 de suspendre les procédures en cours à son encontre à Genève jusqu'à droit connu sur la procédure pénale ouverte dans le canton de Vaud contre D.________et C.________et en contactant le président du Tribunal de police de Genève pour qu'il écrive au Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois.