Citation: 6B_623/2014 E. 5.2

5.2. Nonobstant la formulation ambiguë de la décision attaquée, on comprend des motifs du jugement qu'il s'agissait d'expliquer que la durée de la détention subie en exécution anticipée de peine n'avait pas à être déduite, dans le dispositif, de la sanction infligée. Il s'agit donc de déterminer si la solution adoptée par la cour cantonale est conforme au droit. Il ressort du texte flou de l'art. 51 CP que le juge impute sur la peine la " détention avant jugement " subie par l'auteur. Si la peine exécutée de manière anticipée (cf. art. 236 CPP) doit certes être déduite de la peine à prononcer (cf. ATF 133 IV 150 consid. 5.1 p. 154), il n'est cependant pas nécessaire qu'elle le soit au même titre que la détention provisoire, à savoir dans le dispositif, par l'autorité de jugement. La détention provisoire prend fin au moment où le prévenu commence à exécuter sa peine de manière anticipée; l'exécution anticipée de la peine doit donc être considérée comme une forme d'exécution de la peine. Ainsi, les jours de privation de liberté accomplis au titre de l'exécution anticipée de la peine ne doivent pas être imputés par le juge en application de l'art. 51 CP, mais comptent comme une peine ou une fraction de peine d'ores et déjà purgée (cf. JEANNERET, in: Commentaire romand Code pénal I, 2009, n° 3 ad art. 51 CP; TRECHSEL/AFFOLTER-EIJSTEN, in Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, 2 e éd., 2013, n° 5 ad art. 51 CP; contra: METTLER/SPICHTIN, in: Basler Kommentar Strafrecht I, 3e éd. 2013, no 28 ad art. 51 CP). A cet égard, les textes allemand et italien de cette disposition plaident en faveur de la solution précitée, puisqu'ils parlent respectivement d' " Untersuchungshaft " et de " carcere preventivo "; l'on doit donc comprendre de cette disposition que l'exécution anticipée de la peine n'a pas à être déduite de la sanction prononcée par le juge du fond. Il appartiendra dès lors à l'autorité d'exécution de décompter la durée de la détention subie en exécution anticipée de la peine à laquelle le prévenu a été condamné par le juge (cf. PHILIPPE RUEDIN, Die Anrechnung der Untersuchungshaft nach dem Schweizerischen Strafgesetzbuch, thèse, 1979, p. 17). Au vu de ce qui précède, la situation juridique du recourant n'est pas détériorée par le fait que la cour cantonale n'a pas déduit la durée de la détention qu'il a subie en exécution anticipée de la peine. L'autorité cantonale n'a ainsi pas violé le droit fédéral en ne déduisant pas la durée de la détention subie en exécution de la peine.