Citation: U 314/01 21.08.2002 E. 3

3.- L'intimée et les premiers juges, se fondant pour l'essentiel sur le rapport d'expertise établi par le docteur W.________, ont nié l'existence d'un rapport de causalité naturelle entre la persistance de l'incapacité de travail de l'assurée après le 30 juin 1994 et l'accident subi en novembre 1992. Pour sa part, la recourante fait valoir qu'un rapport de causalité entre ses atteintes à la santé et l'accident assuré a déjà été reconnu par l'intimée, qui lui a alloué une indemnité correspondant à une atteinte à l'intégrité de 10 %. Cet argument ne lui est toutefois d'aucun secours, pour les motifs suivants. D'une part, qu'un accident ait causé à un assuré une atteinte à la santé justifiant l'octroi d'une indemnité pour atteinte à l'intégrité n'implique pas nécessairement qu'il subit une incapacité de travail et de gain. L'importance de l'atteinte à l'intégrité est en effet évaluée de manière médico-théorique, sans égard à la diminution de la capacité de gain de l'assuré (cf. art. 36 al. 1 2ème phrase OLAA; ATF 115 V 147 consid. 1, 113 V 221 consid. 4b et les références). En l'espèce, le docteur Y.________ a du reste proposé, dans un premier temps, d'admettre une atteinte à l'intégrité de 10 % en raison d'un syndrome vertébral résiduel, tout en étant d'avis qu'une reprise du travail à 100 % pouvait être envisagée pour l'automne 1993 (rapport du 28 juin 1993). D'autre part, la reconnaissance d'une atteinte durable à l'intégrité nécessite de poser un pronostic relatif à l'évolution future de la santé de la personne assurée, dont on ne peut pas exclure qu'il se révèle par la suite erroné. La jurisprudence en a déduit que l'assureur-accidents n'est en principe pas lié par une décision entrée en force dans laquelle il a reconnu l'existence d'une atteinte à l'intégrité imputable à un accident, lorsqu'il est saisi ultérieurement d'autres prétentions de la personne assurée en raison de cet accident (arrêt F. du 28 juin 2001 [U 50/99] consid. 3b). La question du rapport de causalité entre l'incapacité de travail dont se prévaut la recourante et l'accident du 4 novembre 1992 n'ayant pas davantage été tranchée dans le jugement du 26 juin 1996 du tribunal cantonal ni dans l'arrêt du 3 juillet 1998 de la Cour de céans, c'est à juste titre que l'intimée, puis les premiers juges ont examiné si ce lien de causalité pouvait être admis.