Citation: 6B_1354/2020 E. 1

B.b.b. Le 20 juillet 2007, A.________ et F.________ ont constitué une nouvelle entreprise sous la raison sociale N.N.________ Sàrl. A.________ a libéré le capital social, à hauteur d'une demie, au moyen de deux prêts consentis par des tiers. Le capital a été divisé en deux parts sociales, l'une de 18'000 fr., l'autre de 2000 fr., souscrites par A.________, respectivement par son fils. N.N.________ Sàrl a repris les activités de N.________ Sàrl. F.________ n'a assumé aucune fonction administrative ou directionnelle. Il a travaillé au service de la société en qualité de plâtrier-peintre. Le juge du district de W.________ a prononcé la faillite de N.N.________ Sàrl le 14 mars 2008. Par arrêt du 14 juillet 2009, le Tribunal cantonal a rejeté le recours formé contre ce prononcé. Le 16 août 2011, le juge de district a ordonné la clôture de la faillite. B.b.c. A.________ a confié à la J.________ Sàrl le mandat de tenir la comptabilité de N.________ Sàrl et de procéder au bouclement des comptes. Selon les explications non contestées de J.J.________, celui-ci a établi pour sa fiduciaire les comptes du premier exercice (1er décembre 2004 au 31 décembre 2005) sur la base des pièces justificatives remises par F.________, puis encore jusqu'au 30 juin 2006, après quoi il n'avait plus reçu de pièces justificatives, malgré ses sollicitations adressées à A.________. Le comptable a souligné qu'en raison de carences manifestes au niveau de la gestion, les paiements et les décomptes de TVA n'avaient en particulier jamais été établis. Cela a conduit à une taxation d'office, générant des frais supplémentaires. N.N.________ Sàrl avait également sollicité la fiduciaire de tenir ses comptes, mais A.________ n'avait, pour autant, remis aucune pièce justificative. Selon les explications de ce dernier, il avait régulièrement encaissé le prix de travaux au comptant, sans les porter, par négligence, à la connaissance de la fiduciaire. A la suite de la constitution de N.N.________ Sàrl, il n'avait pas modifié sa gestion administrative et avait ainsi conservé les pièces justificatives dans un local de peinture sans les classer. Il n'avait pas non plus transmis à J.J.________ les titres destinés à établir les décomptes de TVA. B.b.d. N.________ Sàrl disposait du compte no --- auprès de la Banque O.________, ouvert conjointement par A.________ et F.________. Du 17 janvier 2005 au 11 juillet 2007, date du prononcé de la faillite, un montant total de 79'997 fr. 65 a été versé sur ce compte à titre de prix de différents ouvrages réalisés par la société. Il s'agissait de paiements au comptant pour lesquels A.________ n'a pas établi de quittances. Il n'a, en outre, pas informé J.J.________ de l'existence de ce compte et des mouvements enregistrés. Il ne lui a pourtant pas échappé que, au vu de l'ampleur des montants concernés, la comptabilité ne reflétait pas la situation réelle. Il n'était, par ailleurs, pas possible de faire une comptabilité probante parce qu'il ne disposait d'aucune quittance. A.________ a affecté le montant total de quelque 80'000 fr. principalement à des fins personnelles, notamment au paiement des charges hypothécaires de l'appartement dont il était copropriétaire avec sa femme. Il a également réglé, dans une moindre mesure, les salaires du personnel; il a procédé, le cas échéant, à des paiements au comptant sans établir de quittance et a reconnu avoir détourné par ses agissements une part du produit de la société. B.b.e. A.________ a agi d'une manière identique avec N.N.________ Sàrl. Du 20 juillet 2007 au 23 décembre 2008, les montants versés par les maîtres d'ouvrage sur le compte précité se sont élevés à 71'367 francs. Il a détourné ce montant à son profit afin de pourvoir à ses besoins. Le 14 janvier 2009, il a manifesté la volonté de mettre un terme à ce type de procédé illégal. B.b.f. Dans la gestion de N.________ Sàrl et de N.N.________ Sàrl, A.________ n'a pas tenu de décompte des mouvements d'argent et des factures ouvertes. Il a travaillé " à vue ". Dès qu'il percevait des liquidités, il réglait les factures urgentes et les charges de personnel. A titre de salaire, il prélevait des montants en fonction de ses besoins. Il n'établissait pas de pièces justificatives à cet égard et n'a donc pas été en mesure de chiffrer le montant retiré à ce titre. Il était conscient qu'il y avait plus de sorties que d'entrées en raison de la difficulté à recouvrer les créances. Dès le début de son activité, N.________ Sàrl a été confrontée à des difficultés financières. A.________ a imputé la faillite de la société au recouvrement - problématique - de créances, aux soumissions qui ne couvraient pas les charges de la société et à un effectif en personnel trop élevé. A titre de mesure d'assainissement, la société a diminué le personnel, mais beaucoup trop tard. A.________ a reconnu qu'il était incapable d'assurer la gestion administrative d'une société. A la suite de la démission de son fils en qualité de gérant, il avait " totalement négligé " celle-ci. Il a exposé assumer sa pleine responsabilité " dans le cadre de la gestion calamiteuse ". B.b.g. Le 11 juillet 2007, le préposé à l'office des poursuites et faillites du district de W.________ a informé A.________ du prononcé de la faillite de N.________ Sàrl par le Tribunal cantonal. A.________ savait qu'il ne pouvait dès lors plus disposer de l'argent détenu par la société. Du 13 au 27 juillet suivants, il a néanmoins débité plusieurs montants du compte de la société, par l'émission d'ordres de paiements et d'ordres de débit direct (LSV+) à concurrence d'un total de 48'300 fr. 55. Les bénéficiaires de ces ordres étaient liés à l'activité de la société. A.________ a également effectué quatre prélèvements, les 16 et 17 juillet 2007, sur le compte de la société pour 9000 fr. au total. Il a payé une note d'honoraires de la Fiduciaire J.________ Sàrl (2999 fr.). La cour cantonale a retenu qu'il avait détourné le solde de 6001 francs. B.b.h. En droit, la cour cantonale a retenu la qualification d'abus de confiance en lien avec les fonds ainsi détournés au détriment de N.________ Sàrl et N.N.________ Sàrl. Elle a retenu, en outre, l'infraction de gestion déloyale. B.c. Au mois d'août 2007, l'entrepreneur P.________ devait débuter les travaux de plâtrerie-peinture de la villa xxx à X.________, qui lui avaient été confiés. Il les a sous-traités à N.N.________ Sàrl. A l'occasion d'un entretien téléphonique, P.________ a indiqué à A.________ que le marchandise nécessaire serait livrée sur le chantier. Il l'avait en effet commandée en son nom auprès de la société Q.________ SA. P.________ s'apprêtait à s'acquitter de la facture, d'un montant de 4222 fr. 70. Il a procédé au paiement le 30 octobre 2007. B.c.a. Vers la fin du mois d'août 2007, A.________ a souhaité ouvrir un compte-client, au nom de N.N.________ Sàrl, auprès de Q.________ SA. Après avoir pris des renseignements, le directeur de cette entreprise a refusé; cette dernière entendait dès lors obtenir le paiement immédiat de la marchandise livrée. B.c.b. La cour cantonale a retenu qu'entre le 31 août et le 4 septembre 2007, afin d'obtenir du matériel à bon prix et sans bourse délier, A.________ s'était rendu à six reprises au dépôt de la société Q.________ SA à W.________. Il avait utilisé indûment le compte-client de P.________ et le nom du chantier, dont celui-ci était adjudicataire, pour passer des commandes de matériaux destinés aux propres chantiers de N.N.________ Sàrl. Le prix du matériel commandé par A.________ s'est élevé à 2756 fr. 55. Ce dernier s'en est acquitté en cours d'instruction, vraisemblablement en juin 2008. Ces faits ont été qualifiés d'escroquerie. B.d. R.________ SA, constituée le 28 novembre 2007, dont la raison sociale actuelle est C.________ SA, est active notamment dans le commerce et la pose de carrelages, de céramiques et de pierres naturelles. Au moment des faits, S.a.________ présidait le conseil d'administration; sa femme, prénommée S.b.________, y siégeait en qualité d'administratrice et de secrétaire. Leurs enfants, S.c.________ et S.d.________, travaillaient également dans la société. B.d.a. Par contrat conclu par écrit le 7 février 2012, cette société a engagé A.________ en qualité de " vendeur-employé de commerce ", avec effet au 21 février 2012 pour une durée indéterminée. Les parties sont convenues d'un salaire brut de 5140 fr., versé 13 fois l'an. L'employé était assuré contre les risques d'accidents professionnels et non professionnels, ainsi que la perte de gain pour cause de maladie, à raison de 80% de son salaire. Selon son cahier des charges, les principales tâches qui incombaient à A.________ étaient notamment l'accueil, le conseil et la vente aux clients, l'établissement d'offres sur la base des choix des clients, le remplissage de soumissions et la gestion du dépôt. Les 13 avril et 31 juillet 2012, A.________ a obtenu des avances sur salaire de 4000 fr., respectivement 3000 francs; il a signé des quittances à due concurrence. B.d.b. A.________ était le seul employé du dépôt de Y.________. La gestion administrative - commande aux fournisseurs, facturation, comptabilité - de R.________ SA relevait du bureau de Z.________. Lorsqu'un client passait une commande, A.________ remplissait de manière manuscrite une formule, qu'il faxait à la centrale. Celle-ci s'occupait ensuite d'acquérir la marchandise, de la livrer au dépôt de Y.________ et d'adresser la facture au client. A.________ disposait d'environ 400 fr. pour le paiement de menues dépenses, mais pas d'une caisse verrouillée, ni d'un fonds de caisse destiné à rendre la monnaie aux clients. Il était autorisé à effectuer de la vente au comptant s'agissant des marchandises en dépôt de faible valeur. Il était habilité, le cas échéant, à accorder des rabais de l'ordre de 10 à 15%. Il notait la transaction dans un livret vert (livre de caisse) et établissait une quittance extraite d'un carnet de récépissés. Il mettait un double de celle-ci, le produit de la vente et le bon de commande dans une enveloppe sur laquelle il inscrivait le nom du client. Par crainte d'un cambriolage, A.________ avait pris l'initiative d'emporter avec lui ces enveloppes lorsqu'il quittait le dépôt. Lorsque S.a.________ et/ou S.b.________, voire S.d.________ se rendaient au dépôt, en moyenne une à deux fois par semaine, A.________ leur remettait sans autre formalité les enveloppes. B.d.c. Au printemps 2012, e.________ a été chargé par son ex-épouse, T.________, d'effectuer des travaux de carrelage. Les matériaux ont été acquis au dépôt de Y.________. A.________ a encaissé le prix de 950 fr., payé au comptant, le 17 mars 2012. Il a établi une quittance manuscrite sur une feuille vierge. Par la suite, e.________ a encore commandé du carrelage de marque ainsi que des frises. Le 15 mai 2012, A.________ a faxé la commande à la centrale; il a précisé avoir besoin de 3,05 m² de carrelage. Le client a pris possession du matériel au dépôt le 13 juillet 2012. A cette occasion, il a payé le montant de 862 fr. 60 en main de A.________. Celui-ci lui a offert les six frises d'une valeur de 246 francs. Il a établi une quittance; il y a distingué la marchandise vendue et celle " offerte " en indiquant les prix respectifs. Le 25 juin 2012, la société anonyme R.________ SA a établi une facture d'un montant de 912 fr. 65 pour cette commande. Par la suite, elle a adressé à T.________ un premier rappel, puis un second le 4 décembre 2012. e.________ s'est d'abord rendu à deux reprises au dépôt pour obtenir l'annulation de la facture. A.________ l'a rassuré. Il a prétendu qu'il s'agissait d'une erreur et qu'il allait s'en occuper. Après avoir pris connaissance du second rappel, e.________ a rencontré S.a.________ et lui a remis le " bon de commande acquitté ". A cette occasion, il a informé l'entreprise qu'il avait acheté, au printemps, d'autres marchandises également payées au comptant à A.________. B.d.d. f.________, accompagnée du décorateur d'intérieur g.________, s'est rendue le 6 septembre 2012 au même dépôt. Elle a commandé à A.________ un carrelage pour sa salle de bain. Le jour même, celui-ci a faxé la commande à Martigny. Le 21 septembre 2012, l'entreprise a établi un bulletin de livraison. Le 24 septembre suivant, g.________ a pris possession de la marchandise au dépôt. Il s'est acquitté du prix de 812 fr. 60. A.________ lui a remis une quittance à due concurrence. Il n'a pas signifié une copie de celle-ci à la centrale. Le 31 octobre 2012, la société anonyme a adressé à f.________ une facture d'un montant de 812 fr. 60, puis, le 11 février 2013, un rappel. g.________ est allé trouver les dirigeants de l'entreprise au siège de celle-ci et leur a présenté la quittance. B.d.e. Le 3 décembre 2012, h.________ s'est rendu au dépôt de la même entreprise. Il a sollicité une offre pour la fourniture et la pose de carrelage. Pour établir celle-ci, A.________, qui l'avait conseillé, s'est rendu chez le client où il a pris les mesures nécessaires. Le 18 décembre 2012, le maître d'ouvrage a signifié son acceptation. Le client a payé un acompte de 3000 fr. qui n'a, dans un premier temps, pas été porté en déduction de la facture finale. B.d.f. En relation avec ces différents cas, à l'issue de l'appréciation des preuves, la cour cantonale a retenu, en fait, que l'intéressé s'était bien approprié le produit des deux ventes conclues avec g.________ pour T.________ et qu'il n'était pas non plus autorisé à procéder aux transactions conclues avec f.________ et h.________. En définitive, e.________ et g.________, agissant respectivement pour T.________ et f.________, avaient acquis auprès de R.________ SA différentes marchandises. Ils s'étaient acquittés des prix de vente d'un montant total de 2625 fr. 20, en main de A.________. h.________ avait, pour sa part, commandé des travaux auprès de l'employeur de A.________ et avait versé à ce dernier un acompte de 3000 francs. Le recourant avait affecté tous ces montants à ses besoins personnels. En droit, la cour cantonale a retenu la qualification d'abus de confiance à concurrence de 5587 fr. 85.