Citation: 7B_46/2022 E. 2.3

2.3. Le recourant reproche à la cour cantonale de ne pas s'être fondée sur des faits incontestés ou clairement établis pour retenir qu'il avait failli à ses devoirs de diligence et de fidélité. Il ne saurait être suivi. En effet, à l'exception de la facture de l'anniversaire de sa fille, le recourant a admis avoir fait supporter aux sociétés du groupe E.________ une partie de la facture liée à l'anniversaire de son épouse à Marrakech en juin 2019, des factures relatives à un séjour en Grèce avec sa famille en juillet 2019 et à un billet d'avion à destination d'Athènes au nom de son épouse, la location de biens immobiliers à Gstaad et Verbier, l'acquisition de bouteilles d'alcool onéreuses et la maintenance d'un bateau. En réalité, le seul élément qu'il conteste est l'appréciation de la cour cantonale selon laquelle ces dépenses n'avaient a priori pas de but commercial. Ce faisant, il ne discute toutefois pas la motivation cantonale selon laquelle - même dans cette hypothèse - le recourant avait failli à son devoir de diligence et de fidélité en mettant à la charge des sociétés du groupe E.________ des dépenses disproportionnées en tant qu'elles n'étaient pas adaptées à la situation économique de celles-ci et n'avaient pas permis d'apporter de nouveaux clients. Par ailleurs, il est établi et incontesté que le recourant n'a fourni aucun justificatif démontrant le but de ces frais. Il n'est pas davantage contesté qu'il n'a pas soumis la facture de 35'000 fr. relative à l'anniversaire de son épouse à Marrakech à l'approbation de B.________ Ltd, contrairement à ce que prévoyait la convention d'actionnaire du 13 juin 2018. Il est également clairement établi que le recourant s'est versé un salaire de 27'500 fr. au mois de juin 2019 alors que les sociétés n'étaient pas rentables. Son explication selon laquelle ce montant correspondait au montant défini dans ses anciens contrats, auxquels "il pensait encore être soumis à cette date", ne change rien au fait qu'en se versant un tel montant, il a mis ses propres intérêts avant ceux de la société, contrairement aux devoirs qui lui incombaient en tant qu'administrateur et CEO des sociétés du groupe E.________. En définitive, la cour cantonale s'est fondée sur des faits clairement établis et incontestés pour retenir que, par son comportement, le recourant avait contrevenu de manière fautive aux règles du droit de la société anonyme (art. 398, 716a al. 1, 717 al. 1 et 754 al. 1 CO). Le recourant ne conteste au demeurant pas l'application de ces dispositions en tant que normes de comportement susceptibles de fonder une responsabilité pour actes illicites sur le plan civil.