Citation: 5A_121/2019 E. A

D.D.________ et E.D.________ se sont mariés en 1948 sous le régime de l'union des biens de l'ancien droit. En 1975, les époux D.________ ont conclu devant notaire un contrat de mariage modifiant la répartition du bénéfice de l'union conjugale, prévoyant une attribution exclusive en faveur du conjoint survivant. Les époux D.________ ont eu deux enfants, B.B.________ et C.B.________. A.a. D.D.________ était propriétaire de trois immeubles: la parcelle n° 2858 de la commune de V.________, où sa fille B.B.________ exploitait la société F.________ SA, radiée depuis 1996, dont il était administrateur et actionnaire; cette parcelle a été vendue en septembre 1997 au prix de 550'000 fr., dont 500'000 fr. ont été versés en remboursement des hypothèques; la parcelle n° 10385 de la commune de U.________, sur laquelle se trouve une villa de deux appartements (ci-après: la Villa), dont l'un était habité par D.D.________ et l'autre loué à un tiers; et la parcelle n° 10464 de la commune de U.________, sur laquelle est érigé un bâtiment dans lequel était exploité un atelier de mécanicien. A.b. Le 2 avril 1987, D.D.________, E.D.________ et leurs deux enfants ont conclu un pacte successoral duquel il ressort notamment: - que les époux ont rappelé les termes de leur contrat de mariage; - que la totalité des biens des époux dépendaient de l'union conjugale, aucun d'entre eux n'ayant reçu de donation ou d'héritage, sous réserve d'un héritage à recevoir par E.D.________ dans un avenir proche qui s'élèverait à 120'000 fr.; - que les époux déclaraient s'instituer réciproquement pour seuls et uniques héritiers, en se léguant l'intégralité de leur succession; - que ces deux institutions d'héritiers, pour le tout consenties par les époux, étaient expressément acceptées par leurs enfants, lesquels déclaraient renoncer à tous droits dans la succession du premier des deux parents qui décéderait; - qu'au décès du deuxième des conjoints, B.B.________ se verrait attribuer la pleine et exclusive propriété des actions de la société F.________ SA; - que cette attribution des actions F.________ SA à leur valeur nominale, expressément acceptée par C.B.________, serait consentie à B.B.________, à valoir sur les droits pour moitié auxquels elle pourrait prétendre dans la succession du deuxième de ses père et mère décédé; - qu'au décès du deuxième des conjoints D.D.________ et A.________, B.B.________ et C.B.________ seraient héritiers à parts égales entre eux dans ladite succession; - qu'à titre de règle de partage, C.B.________ pourrait reprendre dans sa part l'immeuble dans lequel il exploitait son atelier de mécanicien, et B.B.________ pourrait reprendre dans sa part l'immeuble dans lequel elle exploitait la société F.________ SA, ainsi que la Villa; - que les dispositions testamentaires et de partage étaient expressément acceptées par les comparants. A.c. Par la suite, D.D.________ a pris d'autres dispositions à cause de mort. Ainsi, par testament public du 23 juin 1997, D.D.________ a confirmé les dispositions du pacte successoral susmentionné, ajoutant que la société F.________ SA qu'il détenait partiellement avait été liquidée afin d'éviter une faillite provoquée par la gestion trop laxiste de sa fille, que la dette de cette dernière envers lui en lien avec cette liquidation s'élevait à 547'520 fr. 45 au 31 décembre 1996 et qu'il devait être tenu compte de ladite créance contre sa fille dans la succession du deuxième des parents, afin de protéger les droits de son fils, C.B.________, cohéritier avec sa soeur. Par testament public du 14 août 2002, D.D.________ a révoqué et annulé son testament du 23 juin 1997 et confirmé en tant que besoin le pacte successoral du 2 avril 1987. A.d. En octobre 2003, E.D.________ est décédée. A la date du décès de E.D.________, les époux D.________ détenaient des actifs bruts s'élevant à 2'524'217 fr., composés essentiellement d'avoirs bancaires (431'216 fr.), de la Villa (estimée à 760'000 fr.) et de l'atelier de mécanicien (estimé à 1'330'000 fr.). Ces immeubles étaient hypothéqués à hauteur de 807'488 fr. La fortune nette de D.D.________ s'élevait à cette époque à environ 1'713'700 fr. A.e. Le 21 octobre 2006, D.D.________ s'est remarié avec A.________, avec laquelle il n'a pas conclu de contrat de mariage. A.e.a. Lors de son second mariage, D.D.________ disposait d'une fortune mobilière de 338'037 fr. 60 et d'une fortune immobilière nette d'environ 1'290'000 fr. Il percevait des loyers mensuels pour la location du second appartement se trouvant dans la Villa et pour la location de l'atelier de mécanicien, respectivement à hauteur de 2'250 fr. et 10'000 fr. Il bénéficiait également d'une rente AVS annuelle de 21'096 fr. A.e.b. S'agissant de A.________, son patrimoine était constitué de la manière suivante lors de son mariage avec D.D.________ en octobre 2006: un compte épargne senior auprès de la Banque G.________ avec un solde de 5'573 fr. et un compte épargne auprès de H.________ avec un solde de 5'368 fr. En outre, durant le mariage, A.________ percevait une rente AVS annuelle de 19'944 fr. A.e.c. Durant son second mariage, D.D.________ a adopté de nouvelles dispositions à cause de mort: Par testament public déposé devant notaire les 6 et 16 novembre 2006, D.D.________ a rappelé être marié sous le régime de la participation aux acquêts et précisé que tous les biens mobiliers et immobiliers qu'ils possédaient à ce jour à son nom avaient été acquis avant son mariage. Il a révoqué et annulé tous les testaments et dispositions à cause de mort antérieurs et institué sa nouvelle épouse pour héritière, pour sa part légale et toute la quotité disponible, en pleine propriété. Il a réduit ses enfants à leur réserve légale, à parts égales entre eux. Le 9 mars 2009, D.D.________ a déposé chez son notaire un second testament public, aux termes duquel il révoquait et annulait tous les testaments ou dispositions à cause de mort antérieurs, instituait son épouse comme héritière pour sa part légale plus l'entier de la quotité disponible en pleine propriété et, à titre de règle de partage, lui attribuait la Villa. Il a réduit ses deux enfants à leur réserve légale. A.e.d. Durant son second mariage, D.D.________ a procédé à d'importantes transactions immobilières et mobilières pour un montant totalisant 3'962'499 fr. Ainsi, entre les mois d'octobre 2006 et décembre 2012, D.D.________ a effectué de nombreux retraits d'espèces ou des versements de 100'000 fr. sur divers comptes au nom de son épouse, mais il a aussi vendu son atelier de mécanicien et un porte-feuille de titres. Les transactions effectuées par D.D.________ directement au profit de sa seconde épouse se sont élevées au total à 581'000 fr. A.f. Selon les déclarations fiscales des époux D.D.________ et A.________, leur fortune mobilière a évolué de la manière suivante au cours de leur mariage: en 2006, leur fortune se montait à 319'925 fr., à savoir 218'669 fr. pour D.D.________ et 101'256 fr. pour A.________; en 2007, leur fortune se montait à 156'210 fr., à savoir 90'209 fr. pour D.D.________ et 66'001 fr. pour A.________; en 2008, leur fortune se montait à 1'753'906 fr., à savoir 1'739'459 fr. pour D.D.________ et 14'447 fr. pour A.________; en 2009, leur fortune se montait à 677'734 fr., à savoir 592'923 fr. pour D.D.________ et 84'811 fr. pour A.________; en 2010, leur fortune se montait à 1'569'671 fr., à savoir 1'499'147 fr. pour D.D.________ et 70'524 fr. pour A.________; en 2011, leur fortune se montait à 1'307'005 fr., à savoir 1'000'701 fr. pour D.D.________ et 306'304 fr. pour A.________; un montant de 100'000 fr. était déclaré en tant que fortune en numéraires, autos et bijoux. Interrogé sur la diminution de 260'000 fr. des avoirs mobiliers par rapport à l'année précédente, le conseiller fiscal de D.D.________ a répondu que son client ne lui avait pas donné d'explications; en 2012, leur fortune mobilière se montait à 963'353 fr., à savoir 712'546 fr. pour D.D.________ et 250'807 fr. pour A.________.