Citation: 9C_428/2019 E. 4.4

4.4. Au vu de la jurisprudence rappelée ci-dessus (consid. 4.2 supra), les premiers juges ne pouvaient pas, pour s'écarter de l'expertise judiciaire et conclure à l'absence de péjoration de la capacité résiduelle de travail de la recourante entre 2015 et 2018, se contenter d'examiner les conclusions du rapport de la PMU à la lumière de celles émises par l'expert I.________. Outre le fait que les conclusions de ce médecin remontent à 2005, la juridiction cantonale n'a pas mis en évidence que l'expertise judiciaire contiendrait des contradictions, ni fait état d'opinions contraires qui auraient été émises par d'autres spécialistes et qui seraient de nature à mettre sérieusement en doute la pertinence de l'avis des médecins de la PMU. On ajoutera que les experts judiciaires ont attesté une "incapacité de travail complète actuellement, et probablement depuis l'expertise CEMED de 2015" et qu'ils ont constaté que "les ressources adaptatives de [la recourante] sont maintenant effondrées". Ils ont exposé que la diminution de la capacité de travail était notamment due à un nouveau diagnostic (céphalées migraineuses [G43.0]). Si, certes, les médecins de la PMU ont indiqué que le caractère des "céphalées migraineuses sévères [...] est inchangé depuis probablement l'année 2000", et que leur description des symptômes induits par celles-ci correspond, pour reprendre les termes de la juridiction cantonale, "dans une très large mesure à celle faite à l'époque par le [docteur] I.________" (consid. 8c.bb du jugement entrepris), ils ont précisé que les céphalées étaient "très sévères et handicapantes". Ils ont en outre justifié la diminution de la capacité de travail de l'assurée dès 2015 par l'association desdites céphalées "avec le syndrome somatoforme douloureux qui s'est chroni[cis]é au fil du temps". A cet égard, l'expert psychiatre de la PMU a par ailleurs expliqué que le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant accompagné d'une symptomatologie dépressive moyenne (F45.4) qu'il a posé se caractérise par un tableau clinique de gravité plus importante que le trouble somatoforme indifférencié retenu à l'époque par les experts du CEMed.