Citation: 5A_967/2023 E. 3.2

3.2. C'est à bon droit que la Chambre civile reproche à la recourante de ne pas avoir sollicité un relevé de compte actualisé auprès de l'administration fiscale durant la procédure de première instance déjà afin de le produire devant le premier juge. En effet, le seul fait que les pièces introduites par la recourante comportent des transactions postérieures à la date à laquelle elles auraient dû être produites en première instance ne justifie pas leur production tardive faute de quoi le fait de continuer à s'acquitter régulièrement d'acomptes ferait systématiquement obstacle à une production dans les délais. La recourante pouvait ainsi parfaitement produire ces pièces en première instance déjà puis solliciter la prise en compte, à titre de pièce nouvelle, d'une version actualisée. La Chambre civile lui reproche d'ailleurs uniquement de ne pas avoir produit les relevés de comptes pour les années 2019 à 2021 sans faire état de l'année 2022. Le même raisonnement vaut pour les extraits de décompte de prestations de l'assurance-maladie de la recourante pour les années 2020 et 2021, cette dernière se contentant de rappeler que ces pièces ont été établies après que la cause a été gardée à juger devant le premier juge et transmises à la Chambre civile avant que n'aient lieu les délibérations, sans pour autant expliquer pour quel motif elle n'en avait sollicité l'établissement par son assurance plus tôt. S'agissant des pièces n os 16 à 21, la recourante se contente là encore de soutenir les avoir produites en temps utile sans aucunement s'en prendre à la motivation de la Chambre civile. Cette dernière a en effet estimé que ces pièces, qui constituaient certes des vrais nova, auraient toutefois pu et dû être produites à l'appui de l'appel du 29 août 2022 puisqu'elles avaient été établies entre les mois de juin et août 2022, que la recourante avait déjà allégué une dette fiscale en appel et qu'elle n'expliquait pas pourquoi elle n'avait pas été en mesure de produire ces documents à l'appui de son appel. Le grief est en conséquence insuffisamment motivé. En revanche, s'agissant de la pièce n° 10 qui fait état d'une augmentation du poste de charges "provisions de chauffage/eau chaude" de la recourante de 220 fr. à 297 fr. à compter du 1er juillet 2022, il apparaît que c'est effectivement de manière erronée que la Chambre civile a considéré que cette pièce était antérieure à la mise en délibération de la cause devant le premier juge et qu'elle avait donc été produite tardivement. En effet, cette pièce a été établie le 19 mai 2022 alors que la cause a été gardée à juger par le premier juge le 8 avril 2022. Cela étant, il n'apparaît pas que ce poste ait été initialement intégré aux charges retenues à l'endroit de la recourante par le Tribunal puisque celles-ci se composent du montant de base OP, de son loyer, de ses primes d'assurance-maladie LAMal et LCA, de ses frais médicaux non remboursés, de sa charge fiscale, de sa prime d'assurance RC/ménage, de ses frais de téléphonie/internet et de ses frais de transport. Or, s'agissant de l'établissement de ses charges, la recourante s'est uniquement plainte dans son appel de l'absence de prise en compte de ses arriérés d'impôts et de ses frais dentaires. Certes, la pièce n° 10 litigieuse a été produite à l'appui de son mémoire de réplique et réponse à l'appel joint du 21 novembre 2022. Dans cette écriture, elle a toutefois persisté dans ses écritures d'appel s'agissant du montant de la contribution d'entretien dont le calcul n'intégrait pas ce poste de charges. En conséquence, il n'y a pas lieu de tenir compte de l'augmentation des provisions de chauffage/eau chaude à ce stade de la procédure, faute d'épuisement des griefs (art. 75 al. 1 LTF; ATF 143 III 290 consid. 1.1).