Citation: 4A_453/2021 E. A

A.a. Le 4 juin 2014, la société de droit suisse A.________ SA (ci-après: A.________), sise à..., qui désirait importer des produits pétroliers au Liberia mais ne possédait pas l'autorisation nécessaire pour le faire, a conclu un contrat intitulé " Petroleum Sales and Storage Agreement " avec les deux sociétés... C.________ et D.________. Les produits pétroliers destinés au marché libérien vendus par A.________ seraient stockés dans les installations de D.________ au nom de C.________, laquelle possédait la licence nécessaire pour les importer sur le territoire libérien. Les 20 mars et 16 avril 2015, A.________ a conclu deux contrats intitulés " Collateral Management Agreement " (ci-après désignés collectivement: CMA). Le premier accord a été passé avec E.________ (ci-après: CMA E.________) tandis que le second l'a été avec F.________ (ci-après: CMA F.________). Les CMA ont été signés par A.________, C.________, la banque concernée et B.________. Par ces deux contrats, B.________ s'est vu confier le soin de contrôler, tester et documenter la qualité ainsi que la quantité de produits pétroliers importés par A.________ et stockés sur le territoire libérien et d'en informer cette dernière et la banque finançant l'opération. A.b. Dès lors que les produits pétroliers étaient importés et stockés formellement au nom de C.________, celle-ci devait s'acquitter des taxes liées à la commercialisation de ceux-ci sur le territoire libérien. Il apparaît en outre que C.________ devait donner son accord pour que les produits stockés dans les installations de D.________ soient libérés. Eu égard à la nature et à la structure des installations de stockage de D.________, les produits pétroliers importés par A.________ étaient nécessairement mélangés à d'autres appartenant à des tiers. Jusqu'au cours de l'année 2017, B.________ a été en mesure de renseigner les banques concernées et A.________ sur les quantités de produits stockés par D.________, mais elle n'a apparemment plus eu accès à ces informations par la suite. A.c. Entre 2015 et 2017, A.________ a livré des quantités significatives de produits pétroliers au Liberia sans rencontrer de problèmes particuliers. La situation s'est détériorée en 2018. Le 24 septembre 2018, un représentant de D.________ a avisé A.________ que 19'000 tonnes métriques de produits pétroliers avaient été remises à C.________. A.________ a alors demandé à B.________ de lui confirmer que les produits en question étaient toujours stockés dans les installations de D.________. B.________ s'est initialement voulue rassurante mais a aussi précisé qu'elle n'était pas responsable des agissements de C.________ et qu'elle n'avait pas accès aux informations détenues par D.________. Le 17 octobre 2018, A.________ a conclu une vente importante de produits pétroliers avec un concurrent de C.________, la société G.________. Lorsque celle-ci s'est rendue sur place pour collecter les produits, D.________ lui a indiqué que ceux-ci n'étaient pas disponibles. A.________ en a immédiatement informé B.________. S'en est suivi un échange de correspondances entre les deux sociétés précitées durant lequel B.________ a maintenu que les produits en question étaient toujours présents dans les installations de D.________. Le 31 octobre 2018, A.________ a ouvert action devant un tribunal libérien contre C.________ et le président de son conseil d'administration, H.________, soupçonné d'être impliqué dans plusieurs scandales de corruption. Le 2 novembre 2018, D.________ a confirmé qu'elle ne détenait pas de produits pétroliers en vertu des CMA. Le 9 novembre 2018, la F.________ a mis un terme au CMA F.________. E.________ en a fait de même le 24 janvier 2019.