Citation: 5P.268/2000 24.10.2000 E. 3

3.- Le recourant soutient ensuite que l'autorité cantonale a appliqué l'art. 82 LP de façon arbitraire, en retenant qu'il n'a pas rendu vraisemblable sa libération. Selon cette disposition, le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire (al. 1), que le juge prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération (al. 2). En l'espèce, le recourant prétend avoir prouvé - qui plus est par titre - s'être acquitté du montant de 300'000 fr. établi par reconnaissance de dette. Ce faisant, il perd de vue que la question de sa libération doit être examinée à la lumière de tous les éléments établis et en fonction de l'objet de la poursuite frappée d'opposition, soit, en l'occurrence, du solde de 75'000 fr. prévu par le protocole d'accord. Selon ce dernier document, le recourant s'est engagé à payer la somme susmentionnée avant le 31 décembre 1996, les intérêts courant toutefois dès le 31 décembre 1993. C'est dans ce cadre que l'autorité cantonale a considéré que le débiteur n'a pas rendu vraisemblable sa libération. Si cette appréciation est certes discutable, elle ne saurait toutefois être qualifiée d'arbitraire, en ce sens qu'elle serait manifestement insoutenable ou en contradiction évidente avec l'état de fait, qu'elle violerait de manière flagrante une règle ou un principe incontestable ou encore heurterait de manière choquante l'équité (ATF 125 II 10 consid. 3a p. 15 et les arrêts cités). Outre les points relevés ci-devant (cf. supra, consid. 2b), il convient de mentionner qu'en plus de l'acompte initial contractuel de 150'000 fr. le recourant a payé, non un montant de 75'000 fr., mais une somme de 100'000 fr., dont on ne sait à quoi elle correspond. Ce versement est par ailleurs intervenu un an avant le moment où le solde de 75'000 fr. commençait à porter intérêts. Bien que cela lui fût loisible, on ne voit pas quel avantage le recourant aurait eu à procéder à ce paiement anticipé. L'ensemble de ces circonstances était propre à entamer la vraisemblance de la thèse selon laquelle le paiement du solde de 75'000 fr. était inclus dans l'acompte supplémentaire de 100'000 fr. versé de façon inexpliquée le 17 décembre 1992.