Citation: 5A_85/2017 E. 6.2

6.2. Selon l'autorité précédente, le premier juge a évalué les besoins de l'enfant à 1'227 fr. par mois - soit 60 fr. d'assurance-maladie de base, 42 fr. d'assurance complémentaire, 300 fr. de frais de garde, 400 fr. d'entretien de base et 425 fr. de participation au loyer de sa mère -, puis il a déduit de ce montant les allocations familiales versées, de 300 fr. par mois. Il s'était ainsi écarté du montant mensuel de 2'025 fr. correspondant aux besoins d'un enfant de moins de cinq ans selon les Tabelles zurichoises en vigueur au 1er janvier 2015, montant qui avait été repris en procédure de mesures provisionnelles au mois de mars 2014 et confirmé par la Juge déléguée de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois au mois de mai suivant. Ladite juge avait en outre retranché du montant de la contribution mise à la charge du père le montant forfaitaire de 725 fr. prévu par les Tabelles zurichoises à titre de frais pour l'entretien et l'éducation de l'enfant, jugeant ainsi implicitement que les deux parents devaient contribuer à l'entretien de leur fils à parts quasiment égales (1'000 fr. pour le père et 725 fr. pour la mère). L'autorité cantonale a considéré qu'il y avait lieu de se baser sur les Tabelles zurichoises pour fixer le montant de la contribution d'entretien, la méthode dite des pourcentages n'étant pas adéquate compte tenu des particularités de la situation financière du débirentier. Celle-ci semblait certes s'être péjorée dès lors que la valeur de ses titres avait baissé depuis 2007. Toutefois, il était toujours au bénéfice d'un forfait fiscal calculé sur la base de son train de vie, soit une dépense mensuelle de 26'666 fr. 65, et il n'avait ni établi, ni même allégué avoir demandé une adaptation des bases d'imposition prises en compte. Il devait ainsi toujours s'acquitter d'une charge fiscale de 11'678 fr. par mois. On comprenait mal comment il pouvait couvrir ses charges mensuelles courantes, dont notamment des intérêts hypothécaires d'environ 2'900 fr., des charges de PPE de 1'280 fr. et des frais d'assurance-maladie d'environ 400 fr., soit 54'960 fr. par an, si ses revenus annuels nets ne se montaient plus qu'à 56'438 fr., comme il le prétendait. Cependant, on ne pouvait admettre qu'il ne prenne pas les mesures nécessaires pour modifier ses charges, et en particulier sa charge d'impôt calculée sur la dépense, tout en invoquant une réduction de ses revenus dans le cadre de ses obligations alimentaires à l'égard de son fils mineur. En conséquence, il y avait lieu de considérer que sa situation financière était toujours très aisée et que, comparée à celle de la mère, dont le minimum vital n'était pas couvert, cette situation justifiait que le parent gardien satisfasse aux besoins de l'enfant essentiellement en nature. Au 1er janvier 2016, les Tabelles zurichoises indiquaient que le coût d'entretien moyen d'un enfant unique de un à six ans était de 1'999 fr. par mois (antérieurement 2'025 fr.), soit 306 fr. pour l'alimentation, 89 fr. pour l'habillement, 360 fr. de logement, 528 fr. pour les autres coûts et 716 fr. pour les soins et l'éducation. Par ailleurs, depuis l'ordonnance de mesures provisionnelles du 11 mars 2014, les primes d'assurance-maladie obligatoire de l'enfant, désormais âgé de cinq ans, avaient augmenté; il avait en outre commencé des cours de judo et envisageait de suivre des leçons de musique. Pour les juges précédents, si le débirentier n'avait à couvrir que les dépenses effectives et non la valeur des soins et éducation apportés par la mère (soit 725 fr. selon les Tabelles zurichoises), il fallait cependant tenir compte de la situation financière très favorable du père, en sorte que le montant de la contribution mise à sa charge pouvait être fixé à 2'000 fr. par mois.