Citation: 1C_374/2022 E. 3.2

3.2. Les conditions posées par la jurisprudence pour que le recourant puisse se prévaloir du principe de la bonne foi et obliger les autorités à tolérer les aménagements réalisés en zone agricole sans autorisation ne sont en l'espèce pas réunies. A la suite à l'ordre de remise en état notifié par le département en 2008, les parties ont certes entrepris des discussions afin de trouver un accord en vue de régulariser la situation. Toutefois, aucune assurance ferme n'a été donnée au recourant sur l'issue de ces pourparlers, ni par le juriste du département, ni par sa hiérarchie. En particulier, la proposition formulée par le recourant le 21 décembre 2017, soit la suppression du parking du personnel et des stalles à matériaux, n'a à aucun moment été approuvée formellement et le département est finalement parvenu à la conclusion que la régularisation de la situation devait passer par le dépôt d'une autorisation de construire. La Cour de justice a à cet égard ajouté, sans que cela ne soit contesté par le recourant, que celui-ci ne pouvait pas ignorer, au vu des échanges entre les parties, que le juriste du département devait obtenir l'approbation de sa hiérarchie; cela ressort en effet, entre autres, du courriel du 20 décembre 2019 adressé audit juriste par l'avocat du recourant, celui-ci indiquant espérer que le compromis trouvé en séance "trouvera grâce aux yeux de vos supérieurs" (cf. art. 105 al. 2 LTF). De surcroît, la cour cantonale a retenu que le recourant n'avait pris, sur la base du comportement de l'autorité, aucune disposition concrète, à laquelle il ne saurait renoncer sans subir de préjudice. En l'occurrence, pas plus que devant l'instance précédente, le recourant n'a chiffré et documenté les frais soi-disant générés par les pourparlers. Au demeurant, le temps de travail consacré par son personnel pour élaborer des solutions concrètes et des plans, ainsi que les honoraires de son avocat ne paraissent pas avoir été engagés sur la base de prétendues assurances de l'autorité, mais bien en raison de l'ordre de remise en état qui lui avait été notifié précédemment. Il en va de même avec les coûts liés à l'exécution de certaines mesures ("cessation de l'usage des bureaux" et "suppression des stalles de stockage de matériaux"), également non chiffrés et non documentés. Sur ce point, les faits n'ont pas été constatés de manière inexacte par la cour cantonale et la critique du recourant doit être rejetée. Enfin, comme l'a souligné l'instance précédente, le recourant a pu de facto utiliser sans restrictions sa parcelle sise en zone agricole durant près de treize ans, rendant ainsi d'autant plus difficilement concevable l'existence d'un éventuel préjudice. Pour les motifs exposés ci-dessus, la conclusion subsidiaire du recourant tendant au versement d'une indemnisation qu'il n'a ni chiffrée ni documentée, à supposer recevable, doit être rejetée. Au vu de ce qui précède, l'arrêt attaqué ne consacre aucune violation du principe de la protection de la bonne foi.