Citation: 4A_494/2019 E. 5.2

5.2. En ce qui concerne la stratégie du conseil de fondation en matière de réassurance, la cour cantonale était confrontée à deux versions: selon l'administrateur de l'intimée et le membre du comité de gestion de D.________, la fondation a toujours voulu couvrir intégralement, par un contrat de réassurance, les risques de devoir payer des prestations à ses affiliés, alors que, selon l'administrateur de la recourante, la stratégie de la fondation était floue. Les juges genevois ont tenu la première version pour établie, car elle était confirmée par plusieurs éléments, dont le courrier du 22 avril 2005 de l'administrateur de la recourante elle-même. Contrairement à ce que la recourante soutient, la cour cantonale n'a pas manifestement méconnu le sens et la portée de ce dernier moyen de preuve. L'administrateur précité y attire expressément l'attention de la fondation sur l'élimination, dans le contrat négocié avec un nouveau réassureur, de "quelques lacunes de couverture qui subsistaient dans le contrat précédent" et enchaîne en précisant qu'elle a "également veillé à la concordance de la réassurance avec la nouvelle version du règlement de D.________ suite à la 1ère révision de la LPP". De la conjonction de ces deux informations, effectuée par la recourante elle-même, il n'était pas insoutenable de déduire qu'une congruence complète était désormais garantie entre contrat de réassurance et règlement de prévoyance dans sa teneur d'alors. Il n'apparaît pas non plus arbitraire de conclure que, si la recourante a veillé à une telle concordance et l'a fait savoir à la fondation, c'est qu'elle connaissait la volonté de l'institution de prévoyance de conclure un contrat de réassurance en matière de risques décès et invalidité totalement congruent avec son règlement. En l'absence de tout élément indiquant un changement de stratégie par la suite, il importe peu que la lettre de l'administrateur susmentionnée ait été envoyée en rapport avec le contrat de réassurance d'avril 2005, et non avec celui conclu en juillet 2008, également négocié par la recourante, qui était en vigueur lors du cas G.________. Au surplus, d'autres éléments - non critiqués par la recourante - ont conforté la cour cantonale dans ses constatations sur la volonté réelle de la fondation en matière de réassurance et sa connaissance par la société chargée de négocier avec le réassureur. Il s'agit, d'une part, de la mention - même erronée - dans le rapport de 2010 de l'experte en prévoyance professionnelle d'une réassurance complète des risques par un contrat avec un assureur. D'autre part, la cour cantonale a constaté que la recourante était nécessairement consciente du fait que la fondation s'en remettait entièrement au contrat de réassurance pour couvrir les risques décès et invalidité; en effet, la recourante, chargée de la comptabilité de la fondation et spécialiste en la matière, ne pouvait ignorer ni la pratique uniforme imposant la constitution de réserves pour des risques non couverts par une réassurance, ni, in concreto, l'absence de telles réserves dans les comptes de la fondation. Il s'ensuit que le grief fondé sur une appréciation arbitraire des preuves et un établissement manifestement inexact des faits doit être rejeté.