Citation: 1B_24/2016 E. 2.4

2.4. Cette appréciation - qui certes diverge de celle à laquelle aspirent les recourants - ne prête pas le flanc à la critique. En particulier, le fait que les recourants aient contesté quasiment à chaque fois les choix procéduraux - certes parfois peut-être discutables - de la Procureure ne suffit pas pour retenir l'existence d'un motif de prévention à leur encontre de sa part. Les recourants n'ont au demeurant porté que l'une de ses décisions - refus d'accès au dossier - devant l'autorité de recours. Il paraît également difficile de reprocher à une autorité de n'avoir pas appliqué en 2013 une jurisprudence rendue en juin 2014 (cf. l'arrêt 1B_24/2014 du 25 juin 2014). Si, en qualité de prévenus, les recourants ont le droit de ne pas coopérer à l'instruction (cf. art. 113 CPP), l'explication des possibles conséquences pouvant en découler - sous la forme notamment de mesures de contrainte (cf. art. 113 al. 1 2 ème phrase CPP) - ne constitue en revanche pas une "menace", ni ne lie d'ailleurs l'autorité quant à sa mise en oeuvre. S'agissant ensuite de l'audience du 7 décembre 2015, il ressort effectivement du procès-verbal qu'à un moment donné, la magistrate intimée a demandé - peut-être de manière peu à propos - si c'était "bientôt terminé avec les questions". Cela étant, il a été formellement mis un terme à l'audition en raison du dépôt annoncé d'une demande de récusation; cela se justifie eu égard à l'art. 60 CPP qui permet, le cas échéant, de faire annuler les actes de procédure auxquels a participé la personne tenue de se récuser. Les recourants ne paraissant pas avoir renoncé à se prévaloir d'un tel droit, la poursuite de l'audition du témoin - mesure qui peut être par ailleurs réitérée devant le tribunal de première instance - était donc dénuée de pertinence. Peu importe également que le principe "in dubio pro duriore" ait été invoqué après ou avant l'annonce du dépôt d'une demande de récusation dès lors que celle-ci est en revanche incontestablement intervenue juste après l'avis sur la direction - a priori défavorable aux recourants - qu'entend suivre la Procureure dans cette cause. En effet, l'information - certes encore informelle - relative à un prochain renvoi en jugement dans une procédure commencée en janvier 2012 ne paraît pas constituer sans autre démonstration un motif de prévention. Les recourants ne prétendent d'ailleurs pas que d'autres mesures d'instruction auraient été entreprises postérieurement à cette séance, voire même seulement envisagées. Le fait de contester les infractions qui leur sont reprochées ne justifie pas à lui seul la poursuite de l'instruction ou la récusation du magistrat en charge de leur dossier. Il leur appartiendra, dans le cadre de la procédure au fond, de faire valoir leurs moyens à cet égard. Partant, la Chambre des recours pénale a rejeté, sans violer le droit fédéral, la requête de récusation et ce grief doit être rejeté.