Citation: 2C_440/2020 E. 8.1

8.1. L'art. 66a CP donnant au juge pénal la compétence de statuer sur l'expulsion des étrangers qui ont commis des infractions est entré en vigueur le 1 er octobre 2016. En vertu de l'interdiction de la rétroactivité posée à l'art. 2 al. 1 CP, le juge pénal ne peut prononcer une expulsion que si l'acte justifiant la mesure a été accompli après cette date (cf. ATF 146 II 1 consid. 2.1.2 p. 4; arrêt 6B_1043/2017 du 14 août 2018 consid. 3.1.2). Selon les faits de l'arrêt entrepris, les infractions en cause, en particulier celles ayant conduit à la condamnation du 10 mars 2017 à deux ans de peine privative de liberté, ont été commises avant le 1 er octobre 2016. Dès lors, ni l'autorité administrative, ni le juge administratif n'étaient liés par le fait que l'autorité pénale n'avait pas prononcé l'expulsion du recourant (art. 63 al. 3 LEI [RS 142.20]; cf. arrêts 2C_628/2019 du 18 novembre 2019 consid. 7.4 à 7.6; 2C_358/2019 du 18 novembre 2019 consid. 3.4 à 3.6). Par ailleurs, le recourant ne peut rien tirer du fait que l'autorité pénale aurait renoncé à prononcer une expulsion au sens de l'art. 55 CP. En effet, cette disposition dans la mesure où elle concernait l'expulsion (RO 1951 6), a été abrogée au 1 er janvier 2007 (RO 2006 3459) et l'autorité de police des étrangers n'était pas liée à la décision du juge pénal sur ce point (cf. ATF 130 II 493 consid. 4.2 p. 500 s.).