Citation: 4A_349/2022 E. 4.2

4.2. En l'espèce, la cour cantonale a retenu que B.________ avait violé son devoir de diligence en omettant d'interrompre la prescription. Elle a toutefois - implicitement - écarté le lien de causalité hypothétique entre cette omission et le dommage. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir pris en compte les manquements ultérieurs de son second mandataire, alors que ceux de l'intimé avaient déjà ruiné toute chance de succès de l'action. Le recourant doit être suivi. Ce qui est déterminant, c'est le point de savoir si le dommage aurait été empêché dans l'hypothèse où l'acte omis par l'intimé aurait été accompli. En l'occurrence, est donc pertinente la question de savoir si une action intentée contre les copropriétaires aurait abouti dans le cas où le délai de prescription de un an aurait été interrompu déjà au 26 décembre 2008, puis au 26 décembre 2009, soit avant la résiliation du mandat par l'intimé le 19 mai 2010, lequel aurait encore dû rendre son client attentif à cette question lors de la résiliation. Les éventuels manquements postérieurs du second avocat liés au prétendu défaut de qualité pour agir s'agissant de l'action déposée en 2012, alors que la prescription était déjà atteinte, n'ont pas à être pris en considération. La créance en restitution contre les copropriétaires était déjà prescrite au moment où est intervenu le second avocat en 2012. Ainsi, il convenait d'analyser si une action intentée contre les copropriétaires aurait abouti dans le cas où le délai de prescription aurait été interrompu. En particulier, il aurait fallu examiner si l'obtention du permis de construire était une condition à l'acquisition du bien-fonds, et surtout si le montant de 50'000 fr. devait ou non être restitué dans le cas où la vente du bien-fonds n'était pas réalisée. Cela n'a pas été fait. Dès lors, il y a lieu de renvoyer la cause à la cour cantonale afin qu'elle procède notamment à cette analyse, voire renvoie à son tour la cause au Tribunal civil, puisque la procédure a été d'emblée limitée à l'examen de la consorité (active et passive) nécessaire. En effet, avec l'accord du Tribunal civil, B.________ a uniquement déposé une réponse limitée aux questions de consorité s'agissant des procédures ouvertes en 2012 et 2019 (cf. let. B.a supra). Comme on l'a vu, la légitimation active de A.A.________ pour la procédure qu'il a intentée en 2019 est admise (cf. consid. 3 supra), et ce qui concerne la procédure de 2012 n'est pas pertinent en l'espèce (cf. consid. 4.2). Par ailleurs, les autres conditions de la responsabilité du mandataire, notamment celle de la faute, laquelle est présumée (art. 97 al. 1 CO), devront également être analysées. Enfin, il appartiendra à la cour cantonale de statuer sur les frais et dépens des instances cantonales.