Citation: 6B_780/2022 E. 1.4.3

1.4.3. La cour cantonale a encore mis en exergue le traumatisme manifeste subi par l'intimée après que les bribes de souvenirs de cette nuit lui étaient revenus (violente crise de larmes la nuit du 25 au 26 octobre 2014; messages envoyés à son amie et à l'un de ses collègues le jour du départ de V._________), choc qui avait encore perduré après son retour chez elle et qui avait nécessité un arrêt de travail ainsi qu'un suivi psychothérapeutique de longue durée. Il s'agissait pour la cour cantonale d'autant d'éléments de preuve externes qui plaidaient en faveur de la crédibilité des réminiscences invoquées par l'intéressée. Cette crédibilité n'était en rien amoindrie par le fait que les messages envoyés dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 à son amie et à son collègue ne faisaient pas précisément mention des souvenirs qui lui étaient tout juste revenus. Il apparaissait parfaitement concevable que l'intéressée n'avait pas eu envie, à ce moment-là, alors que des bribes de souvenirs venaient à peine de remonter à sa conscience et qu'elle ne pouvait échanger que par le biais des réseaux sociaux, de donner des détails de sa vie intime, notamment à son collègue de travail, voire qu'elle n'avait pas encore totalement pris la réelle mesure de ce qui lui était arrivé, ce que les termes utilisés dans ses messages ("je crois", "je pense", "seulement un sentiment") tendent à démontrer. Cette appréciation était encore confortée par le fait que, lorsqu'elle avait enfin pu se confier de vive voix à son amie I._________ le 26 octobre 2014 au soir, puis encore le lendemain, elle ne l'avait fait qu'avec beaucoup de peine, preuve s'il en était de la difficulté d'une telle démarche. Quant au témoignage de E._________, qui, bien qu'occupant la chambre voisine de celle du recourant, n'avait pas gardé le souvenir d'avoir entendu des pleurs ou des bruits provenant de la pièce occupée par celui-ci, il n'était en aucun cas susceptible, à lui seul, de rendre moins crédibles les dires de l'intimée, même si on devait retenir les défauts d'insonorisation des pièces en question, allégués au cours des débats d'appel, puisque ce témoin avait également été victime d'un blackout, qui ne lui avait laissé que peu de souvenirs de la soirée du 23 au 24 octobre 2014 (cf. jugement attaqué, consid. 4.17.3.6 p. 40 s.).