Citation: 9C_603/2015 E. 6.1.1

6.1.1. Il n'y a pas lieu en l'espèce de tenir compte des nombreux facteurs étrangers à l'invalidité observés lors du stage au COPAI, telles les difficultés d'expression et de compréhension de la langue française, la scolarité, la formation professionnelle, la structuration spatiale en 2 et 3 dimensions et les connaissances informatiques limitées de l'intimé. Si des doutes subsistaient par ailleurs initialement quant aux effets des limitations physiques supplémentaires observées par les maîtres socioprofessionnels (voir arrêt 9C_512/2013 du 16 janvier 2014), ceux-ci ont été levés par les médecins du CEMed le 27 février 2015. Les docteurs F.________ et G.________ ont souligné que les éléments mis en avant par le COPAI n'étaient pas appréciés lors d'un examen médical (hormis les limitations de la mobilité des membres supérieurs qui avaient déjà été notées dans l'expertise) et qu'ils n'étaient donc pas étonnés que le résultat du stage puisse être différent des conclusions de l'expertise. Sur un plan médico-théorique, ils ne partageaient cependant pas l'appréciation des auteurs du rapport des Etablissements C.________ du 10 octobre 2011. L'autorité précédente ne saurait dès lors être suivie lorsqu'elle affirme que les limitations décrites tant par les experts du CEMed que par le COPAI se rejoignent finalement. Au contraire, les médecins ont relevé que l'insuffisance des capacités d'apprentissage observée lors du stage n'était pas en relation avec le diagnostic psychiatrique, que la diminution du tonus intellectuel était surprenante et que l'état psychique observé en 2010 n'expliquait pas le fait que l'intimé ne pouvait être qu'un simple exécutant de consignes élémentaires. Ils ont également souligné que l'évaluation oculo-manuelle, l'équilibre coordination-dissociation et la précision des mouvements ne concernaient pas des limitations d'ordre médical. On peut ajouter que le manque de précision dans les mouvements et les gestes de l'intimé s'expliquaient - outre les limitations de la mobilité de ses membres supérieurs - par sa méconnaissance du système métrique (notion du millimètre) et par le fait qu'il ne portait pas de lunette. Or la presbytie ne saurait constituer un élément significatif dans l'examen de son droit à une rente de l'assurance-invalidité. Qui plus est, lors d'un précédent stage d'observation, la coordinatrice AI avait noté sa bonne dextérité fine (avis du 7 septembre 2007).