Citation: 5A_655/2020 E. 1

Sur le fond, l'autorité précédente a retenu en bref que le premier juge s'était basé sur un avis médical récent pour admettre que la personne concernée avait besoin d'aide; vu les signalements des médecins du CHUV des 2 et 27 avril 2020, on ne pouvait pas lui reprocher d'avoir institué une curatelle de représentation et de gestion à titre provisoire, les droits civils de l'intéressée n'ayant pas été limités. Il n'est pas non plus critiquable d'avoir nommé un curateur professionnel plutôt que sa fille ( i.e. la recourante n° 2); non seulement les relations mère-fille ont été problématiques par le passé, mais cette dernière ne collabore pas avec les intervenants sociaux et médicaux, et ne parle pas le français, ce qui fait douter de sa capacité à aider sa mère, singulièrement pour les démarches administratives. Le signalement du 27 avril 2020 - qui émane de trois médecins en psychiatrie du CHUV - mentionne que la personne concernée a un trouble délirant persistant, qu'elle a déjà été hospitalisée à de nombreuses reprises en milieu psychiatrique et que les retours à domicile ont été infructueux; l'intéressée est de nouveau hospitalisée depuis janvier 2020, des essais d'inscription à l'hôpital de jour ou de retour à son domicile ont abouti à des échecs; des tests ont également mis en évidence des troubles cognitifs sévères. Le retour au domicile de sa fille a été tenté en 2013, mais sans succès. La relation fusionnelle mère-fille constitue une source de déstabilisation psychique majeure pour la personne concernée; quant à un retour de celle-ci à son domicile avec sa fille - qui vit à U.________ -, il n'est pas envisageable. Enfin, nonobstant ses plaintes, la personne concernée s'est bien adaptée à l'EMS; le cadre du lieu et de l'équipe, ainsi que la distribution de la médication à heure fixe, ont amélioré son état global; comme ses troubles influent sur sa capacité de discernement quant aux décisions du lieu de vie, un placement à des fins d'assistance apparaît opportun pour évaluer sur un plus long terme la nécessité du maintien de cette mesure. Les souhaits relatifs à son suivi médical doivent être discutés avec l'équipe médicale, mais ne sauraient conduire à la levée de la mesure litigieuse, qui reste, en l'état du dossier, la seule solution pour stabiliser la symptomatologie de l'intéressée.