Citation: 6B_667/2007 16.02.2008 E. 4

Invoquant l'arbitraire et une violation des art. 22 et 111 CP, le recourant conteste la réalisation de l'aspect subjectif du délit manqué de meurtre. Il explique, en substance, que l'incendie était de faible importance et que s'il avait vraiment voulu éliminer son ex-épouse il aurait utilisé un moyen plus efficace. 4.1 Aux termes de l'art. 111 aCP, celui qui aura intentionnellement tué une personne sera puni de la réclusion pour cinq ans au moins. Sur le plan subjectif, l'auteur doit avoir l'intention de causer par son comportement la mort d'autrui. Le dessein de commettre une infraction est donné si l'auteur agit en vue de parvenir à un but qui se confond avec la perpétration du délit ou qui la présuppose. Pour admettre le dessein, il est nécessaire et suffisant d'établir que l'auteur a consciemment agi en vue de réaliser l'état de fait incriminé (cf. P. Graven, L'infraction pénale punissable, 2ème éd., p. 200 n° 152). Déterminer ce qu'une personne a su, envisagé, voulu ou accepté, de même que la détermination de son dessein ou de ses mobiles, relève des constatations de faits, qui lient la Cour de droit pénal, à moins que ceux-ci n'aient été établis de façon manifestement inexacte (cf. supra consid. 1). C'est en revanche une question de droit que de savoir si l'autorité cantonale s'est fondée sur une juste conception de la notion d'intention et si, sur la base des faits qu'elle a retenus, elle a correctement appliqué cette notion (cf. ATF 119 IV 1 consid. 5a p. 2s.). 4.2 Selon l'arrêt attaqué, le recourant a incendié l'immeuble de Courtételle pour mettre fin à la vie de son ex-épouse. L'autorité cantonale a admis ces faits en se basant sur les menaces de mort que l'intéressé a proférées, à plusieurs reprises, à l'encontre de l'intimée (cf. supra consid. 3.4.1) et sur la manière dont il a procédé. En effet, il a tout d'abord bouté le feu à l'immeuble de Courrendlin, où il croyait que cette dernière vivait. Conscient de sa méprise, il a effectué des recherches en vue de situer le lieu de résidence de son ex-épouse. Puis, le lendemain déjà, il a mis le feu à du matériel, soit une poussette, un cyclomoteur et un cycle, qu'il a rassemblé dans le corridor de l'immeuble de Courtételle. La Cour criminelle a également retenu, en se basant sur les circonstances et la manière d'agir du recourant, que ce dernier a agi consciemment en vue de réaliser l'état de fait incriminé. 4.3 L'appréciation de l'autorité cantonale quant à la volonté et à la conscience du recourant n'est pas manifestement insoutenable. En effet, au regard des menaces de mort, de l'acharnement, de la détermination particulière de l'intéressé et de sa manière de procéder, incluant notamment l'utilisation d'essence, la Cour criminelle pouvait, sans arbitraire, conclure que ce dernier a consciemment bouté le feu à l'habitation de son ex-épouse dans le but de la tuer. Il est sans pertinence que l'incendie ait été rapidement signalé et maîtrisé ou encore que les habitants auraient éventuellement pu fuir par les balcons, ces éléments étant indépendants de la volonté du recourant. Enfin, le fait que ce dernier n'ait pas exécuté son plan de manière plus efficace, par exemple en prévoyant plusieurs sources de chaleur et davantage de produit inflammable ou en fermant la porte d'entrée, ne suffit pour infirmer l'appréciation de la Cour, le bâtiment incendié à Courrendlin ayant, lui, complètement brûlé. Pour le reste, au regard des faits retenus (cf. supra consid. 4.2), la Cour criminelle n'a pas violé le droit fédéral en admettant la réalisation de l'aspect subjectif de l'infraction. 4.4 Le condamné invoque encore pêle-mêle la violation d'autres dispositions constitutionnelles ou conventionnelles. Ces griefs ne sont toutefois étayés par aucune argumentation distincte et se confondent avec les critiques examinées ci-dessus. Dans la mesure où il entendrait néanmoins en faire des arguments séparés, ceux-ci seraient dès lors irrecevables, faute d'être développés par une motivation qui satisfasse aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 1).