Citation: 1B_173/2015 E. 2.2

2.2. En l'espèce, le recourant soutient que dans l'hypothèse où la décision litigieuse serait maintenue, il encourt le risque de voir son action pénale totalement prescrite. Les prétentions civiles qu'il pourrait faire valoir dans le procès pénal ne se confondraient pas totalement avec les conclusions prises dans le cadre du procès civil pendant devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois. L'instruction pénale pourrait enfin aboutir à la découverte d'autres infractions que celles attachées au comportement de l'intimée. Le principe de célérité ancré à l'art. 29 al. 1 Cst. et le risque de prescription de l'action pénale posent des limites à la suspension d'un procès pénal dans l'attente de l'issue d'un procès civil pendant (arrêt 1B_57/2009 du 16 juin 2009 consid. 2.1 in fine et les références citées). Dans cet arrêt, auquel se réfère le recourant, la Cour de céans avait admis pour ce motif le recours de la partie plaignante contre la décision confirmant en dernière instance cantonale la suspension du procès pénal car la cause civile n'en était qu'à ses débuts et pouvait encore durer des années. Elle en a fait de même dans la cause 1B_231/2009, tranchée le 7 décembre 2009, car rien n'indiquait que la cause civile dans l'attente de laquelle la procédure pénale avait été suspendue fût en état d'être plaidée dans un délai suffisamment rapproché pour éviter la prescription de l'action pénale de quatre ans applicable aux délits contre l'honneur. En l'espèce, A.________ a déposé plainte pénale plus de quatre ans après le dépôt de la demande en paiement déposée devant la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud. Deux expertises comptables ont été mises en oeuvre dans la procédure civile. Lesexperts ont rendu leur rapport le 31 mars 2011 et le 11 janvier 2013. Les parties ont été convoquées le 26 août 2015 pour les débats et le jugement de la cause de sorte qu'une décision au fond pourra être rendue à relativement court terme. Rien n'indique que le Ministère public aurait subordonné la reprise de l'instruction pénale à l'entrée en force du jugement civil; quoi qu'il en soit, s'il devait néanmoins prolonger la suspension de la procédure jusqu'à la liquidation des éventuels recours déposés contre ce jugement, le recourant pourrait déférer cette décision auprès de la Chambre pénale de recours. Dans ces circonstances, le risque invoqué que la prescription de l'action pénale soit atteinte avant que l'instruction pénale n'ait été menée à son terme n'est pas démontrée, que l'on fixe celle-ci en août 2019 ou à partir du 1 er octobre 2017 pour les infractions les plus anciennes, et ne permet pas en l'état de tenir pour établie l'existence d'un préjudice irréparable pour ce motif. Le recourant n'indique pas davantage, comme il lui appartenait de le faire, les moyens de preuves qu'il y aurait lieu d'administrer sans délai sous peine de les voir disparaître. Il ne prétend en particulier pas que les témoins dont il entend demander l'audition sans préciser leur identité devaient être entendus sans attendre en raison de leur grand âge ou de leur état de santé. Quant au risque de disparition des pièces bancaires, plus de quatre ans après l'ouverture de la procédure civile, il n'apparaît pas suffisamment concret. Les autres motifs allégués ne sont au surplus pas de nature à établir un préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF.