Citation: I 645/03 22.12.2004 E. 4

4.1 Selon le rapport d'expertise du 1er mars 2000 du docteur M.________ (spécialiste FMH en médecine interne), le recourant souffre, sur le plan somatique, de polyneuropathie toxique des membres inférieurs sur consommation d'alcool, d'hépatopathie d'origine alcoolique, d'emphysème pulmonaire probable sur tabagisme, de lombalgies sur probables troubles statiques et dégénératifs de la colonne lombaire, de cataracte présénile droite avec abaissement sévère de l'acuité visuelle, d'hypertension artérielle, de dépression réactionnelle sévère en rapport avec une situation psychosociale et juridico-administrative désastreuse et de troubles de l'adaptation. La consommation d'alcool et de stupéfiants a occasionné des problèmes de santé au recourant sous forme de polyneuropathie des membres inférieurs, laquelle s'est installée progressivement. Cette affection se manifeste par des troubles de la sensibilité de la plante des pieds, de troubles de la démarche, d'une hypotrophie de la musculature des quadriceps et des mollets avec faiblesse musculaire et douleurs, ainsi que de troubles de l'équilibre. Les manifestations cliniques invalidantes de la polyneuropathie sont apparues à la fin des années nonante, l'apparition des premiers troubles étant toutefois difficile à établir à l'instar de toute maladie à évolution lente et torpide. L'ensemble de ces affections entraîne une incapacité entière de travail du recourant dans l'exercice d'activités lucratives lourdes dont aucune amélioration n'est à espérer à court terme. De véritables mesures professionnelles ne sont pas indiquées, une aide au placement pouvant tout au plus s'avérer utile. Par contre, dans une activité adaptée à l'état de santé de l'assuré, c'est-à-dire sans efforts, ni port de charges, ni position accroupie, ni marches sur de longues distances, ni travail en hauteur (par exemple sur une échelle), ni vision stéréoscopique parfaite, le recourant dispose d'une capacité de travail oscillant entre 50 % (rapport du 22 mai 2001 du médecin traitant) et, sous réserve d'une diminution de rendement, de 100 % (rapport du 1er mars 2000 du docteur M.________). 4.2 Sur le plan psychique, le recourant souffre d'anxiété généralisée (F41.1), de troubles de la personnalité de nature psychotique (F60.8), de troubles mentaux et du comportement liés à la consommation d'alcool (F10.25 & F10.23), d'antécédents de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de sédatifs ou d'hypnotiques (F13.20), de difficultés liées à l'environnement social (Z63.5) et à d'autres situations psychosociales (condamnation pénale sans emprisonnement [Z65.0], obtention récente d'un permis F au terme de plusieurs années passées sous la menace d'une expulsion du territoire [Z65.3]) (rapports des 18 octobre 2002 et 16 janvier 2001 du docteur W.________, ainsi que du 16 octobre 2000 des docteurs Z.________ et L.________, tous médecins auprès de la policlinique psychiatrique F.________). Confirmant ces diagnostics, la doctoresse V.________, médecin auprès de la policlinique prénommée, précise que le trouble de la personnalité du recourant est présent depuis sa jeunesse. En effet, celui-ci a vécu de multiples traumatismes de guerre durant son enfance et son adolescence. Compte tenu d'un psychisme déjà fragilisé par un climat familial de carence et de maltraitance, ils ont manifestement conduit à une décompensation, puis à un trouble psychiatrique lourd envahissant le fonctionnement psychique de l'intéressé. Les problèmes juridico-financiers de celui-ci ne sont pas à l'origine de ces affections mais ils ont contribué à augmenter le risque d'une décompensation psychiatrique chez une personnalité psychotique (rapport du 7 février 2003, recevable dans la présente procédure, dans la mesure où il se réfère à des constatations médicales qui sont étroitement liées à l'objet du litige et de nature à en influencer l'appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue [ATF 99 V 102 et les arrêts cités]). De l'ensemble de ces affections résulte une incapacité entière de travail du recourant dans toute activité (rapports des 18 octobre 2002 et 16 janvier 2001 du docteur W.________, ainsi que du 7 février 2003 de la doctoresse V.________). 4.3 Selon les avis médicaux précités - dont la valeur probante n'est ni contestée ni contestable (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références) -, le recourant souffre d'une part d'affections somatiques dont résulte une capacité résiduelle de travail dans une activité raisonnablement exigible oscillant entre 50 % et 100 %. D'autre part, il présente des troubles psychiques entraînant, de l'avis unanime des spécialistes, une incapacité entière de travail dans toute activité lucrative. Contrairement au point de vue retenu par l'administration et les premiers juges, il n'a pas démontré, lors du stage d'observation professionnelle, sa capacité d'occuper un poste sédentaire dans une activité légère non qualifiée. Au contraire, quelques jours après le début de ce stage, il a présenté un état psychique extrêmement symptomatique et anxieux entraînant, de l'avis de son médecin traitant et des spécialistes de la policlinique psychiatrique F.________, une incapacité entière de travail de durée indéterminée (rapport du 16 janvier 2001 des docteurs W.________ et E.________). Dans ces circonstances, on ne saurait, à l'instar de l'office et des premiers juges, dénier tout caractère invalidant à l'ensemble des troubles dont le recourant souffre. En particulier, il convient de retenir qu'à elles seules, les affections psychiques lui occasionnent une incapacité totale de travail dans toute activité lucrative. Dès lors, il convient de renvoyer la cause audit office afin qu'il détermine le droit de l'assuré aux prestations de l'assurance-invalidité, au sens des considérants.