Citation: 6B_206/2024 E. 2.3.3

2.3.3. En l'espèce, il appert que les conclusions de l'expert privé n'excluent pas celles auxquelles sont parvenus les experts judiciaires. En effet, le rap port d'autopsie ne prétend pas, contrairement à ce que soutient la recourante, qu'aucune autre cause qu'une fracture osseuse ne serait possible pour expliquer la présence d'embolies graisseuses. À cet égard, le rapport complémentaire du 5 mars 2018 précise simplement que toutes fractures osseuses intervenues lors du vivant de la victime peuvent être à l'origine d'une embolie graisseuse. Certes, les déclarations du Dr méd. Q.________ à l'audience de jugement paraissent plus affirmatives. Néanmoins, l'expert privé reconnaît que la présence d'embolies graisseuses dans les poumons de la victime peut être la conséquences des fractures observées; il se contente de souligner la possibilité d'autres causes. En ce sens, l'expert privé ne remet pas en cause les constatations effectuées par les experts judiciaires, mais formule une appréciation différente des mêmes éléments factuels révélés par l'autopsie. De plus, à l'appui de son appréciation, l'expert privé invoque "la littérature scientifique en la matière". Il cite trois ouvrages, dont il joint la copie d'une seule page de l'un de ceux-ci, en anglais. Or, il semble ressortir de ce bref extrait que s'il existe des causes non traumatiques à la présence d'embolies graisseuses dans les poumons, la majorité des cas concerne des causes traumatiques. Au vu de ce qui précède, l'expertise privée ne suffit pas à établir que les faits retenus par la cour cantonale étaient faux ou imprécis. La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir outrepassé ses compétences en retenant une conjonction d'éléments indiquant que les lésions avaient été infligées du vivant de la victime. Elle s'en prend en réalité à l'appréciation des preuves. Il ressort du rapport d'autopsie et de ses compléments que non seulement la présence de suffusions hémorragiques, mais aussi la présence des embolies graisseuses indiquent chacune que les fractures (côtes, sternum) ont pu être provoquées du vivant de la victime. Les experts judiciaires ont aussi relevé que le genre de fractures constatées évoquait un traumatisme de type compression thoracique et que le sanglage tel qu'effectué lors de la reconstitution pouvait en avoir été la conséquence. Partant, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en considérant qu'une conjonction d'éléments médico-légaux indiquait que les fractures avaient été infligées à la victime de son vivant. L'affirmation appellatoire de la recourante, selon laquelle l'expert privé aurait "clairement établi" que les légères embolies de graisse constatées chez la victime pouvaient être survenues après sa mort ne démontre pas le caractère insoutenable de l'appréciation cantonale. La recourante soutient par ailleurs que, dans la mesure où les suffusions hémorragiques ont pu survenir peu après le décès, il s'agirait d'un élément neutre qui ne s'opposerait pas à sa version des faits. De la sorte, elle se contente d'une libre appréciation des preuves dans une démarche qui est appellatoire. Il en va de même lorsqu'elle affirme avoir déclaré de manière constante être arrivée sur les lieux du crime après la mort de sa mère. Elle ne démontre pas le caractère arbitraire de l'appréciation cantonale selon laquelle elle avait admis, lors de la reconstitution, avoir réalisé le sanglage avec son père. Au demeurant, la cour cantonale s'est basée sur un faisceau d'indices convergents pour écarter la version présentée par la recourante et retenir la culpabilité de celle-ci, au nombre desquels les conclusions des experts judiciaires, mais pas seulement (notamment le rapport de la Dre R.________, l'analyse des contrôles rétroactifs des contacts téléphoniques et l'existence d'une dispute le soir des faits, parmi d'autres). La cour cantonale n'a pas seulement fondé son appréciation sur la présence des embolies graisseuses mais également sur de nombreux autres éléments. Sur le vu de ce qui précède, l'appréciation de l'expert privé selon laquelle il n'existerait "aucune preuve médico-légale" que la victime était encore en vie lors du sanglage, le contraire étant selon lui "tout autant possible", ne suffit pas à établir que les faits retenus par la cour cantonale étaient faux ou imprécis. La recourante ne démontre pas en quoi l'expertise privée rédigée par le Dr méd. O.________ constituerait un nouveau moyen de preuve sérieux, au sens de l'art. 410 al. 1 let. a CPP. Les griefs sont rejetés, dans la mesure de leur recevabilité.