Citation: 6P.141/2002 02.12.2002 E. 7

La recourante avance d'autres violations de ses droits constitutionnels en rapport avec les infractions d'omission de prêter secours (art. 128 CP) et d'appropriation illégitime (art. 137 CP), respectivement de soustraction d'une chose mobilière (art. 141 CP), dont elle se prévaut. 7.1 Selon une jurisprudence constante, celui qui se prétend lésé par une infraction n'a en principe pas la qualité, au sens de l'art. 88 OJ, pour former un recours de droit public contre une décision de classement de la procédure pénale ou un jugement d'acquittement au motif qu'il n'est pas lésé dans un intérêt personnel et juridiquement protégé par la décision de ne pas poursuivre ou punir l'auteur d'une prétendue infraction (ATF 126 I 97 consid. 1a p. 99; 125 I 253 consid. 1b p. 255). Un intérêt juridiquement protégé n'est reconnu qu'à la victime au sens de l'art. 2 LAVI, qui peut alors recourir en vertu de la norme spéciale de l'art. 8 al. 1 let. c LAVI. Cette dernière voie n'est pas ouverte à la recourante, qui n'est pas une victime LAVI par rapport aux infractions d'omission de prêter secours et d'appropriation illégitime, respectivement de soustraction d'une chose mobilière (cf. supra, consid. 3.2). La recourante n'a dès lors pas qualité pour recourir sur le fond; au regard de l'art. 88 OJ, elle peut seulement se plaindre, le cas échéant, d'une violation de ses droits de partie à la procédure, équivalant à un déni de justice formel (ATF 126 I 97 consid. 1a p. 99; 125 I 253 consid. 1b p. 255). Ce droit d'invoquer des garanties de procédure ne permet pas de mettre en cause, même de façon indirecte, le jugement au fond; le recours ne peut donc pas porter sur des points indissociables de ce jugement tels que le refus d'administrer une preuve sur la base d'une appréciation anticipée de celle-ci ou le devoir de l'autorité de motiver sa décision de façon suffisamment détaillée (ATF 125 I 253 consid. 1b p. 255; 120 Ia 157 consid. 2a p. 159-161, 220 consid. 2a p. 222; 117 Ia 90 consid. 4a p. 95). 7.2 Se prévalant d'une violation de son droit d'être entendue, la recourante se plaint de l'absence de toute motivation dans l'ordonnance attaquée à propos de l'omission de prêter secours (art. 128 CP). Le grief paraît recevable sous l'angle de l'art. 88 OJ. Il est infondé. En effet, l'art. 128 CP réprime le comportement de celui qui n'aura pas prêté secours à une personne qu'il a blessée. Cette infraction vise donc l'auteur des blessures. Or, la Chambre d'accusation a classé en opportunité les lésions corporelles simples (art. 123 CP) reprochées à l'intimé. Ne serait-ce qu'implicitement, on comprend que le classement en opportunité englobait aussi l'art. 128 CP. 7.3 En rapport avec la soustraction de son téléphone portable, la recourante se plaint d'arbitraire dans l'appréciation de preuves pour le motif que la Chambre d'accusation s'est fondée sur les seules déclarations de l'intimé. En vertu de la jurisprudence précitée, la recourante n'est pas habilitée à soulever un tel grief, qui met en cause le jugement au fond. La recourante prétend encore que la Chambre d'accusation aurait dû appliquer l'art. 137, respectivement 141 CP, au cas de l'intimé. Une telle critique n'a rien à voir avec les droits de partie de la recourante, mais relève de l'application du droit pénal matériel. Elle est irrecevable.