Citation: 2C_86/2022 E. 6

Dans une argumentation peu intelligible, le recourant se plaint d'une violation de l'art. 63 al. 3 LEI (RS 142.20). Il fait sur ce point valoir que les juges pénaux ne s'étaient pas prononcés sur l'expulsion pénale dans l'arrêt du 17 septembre 2019 et qu'ils y avaient partant renoncé. Selon lui, le Service cantonal ne pouvait dès lors plus révoquer son autorisation sur la base de cette condamnation. Le recourant perd toutefois de vue que le jugement du 17 septembre 2019 sanctionnait une infraction commise le 11 juin 2011, soit avant l'entrée en vigueur, le 1er octobre 2016, des art. 66a s. CP portant sur l'expulsion pénale et de l'art. 63 al. 3 LEI complétant ces dispositions (RO 2016 2329) (ATF 146 II 321 consid. 3.2). Le jugement pénal précité n'empêchait donc pas les autorités administratives de révoquer l'autorisation d'établissement du recourant sur la base de l'infraction en cause (ATF 146 II 321 consid. 5.1 et la référence). L'art. 63 al. 3 LEI n'a ainsi pas été violé. Le fait que les 30 mois d'emprisonnement constituaient une peine complémentaire aux peines prononcées les 1er mars 2012 et 26 avril 2019 (art. 105 al. 2 LTF) ne changent rien à ce qui précède. En effet, le jugement pénal en question, en dépit de ce que prétend le recourant, porte exclusivement sur des faits antérieurs au 1er octobre 2016 (en particulier, il ne traite pas d'escroqueries par métier, comme l'allègue le recourant; art. 105 al. 2 LTF) et l'expulsion pénale ne pouvait pas être prononcée pour une infraction commise avant l'entrée en vigueur des art. 66a s. CP. Les juges pénaux ne pouvaient ainsi pas avoir renoncé au prononcé d'une telle mesure dans leur jugement du 17 septembre 2019 (cf. ATF 146 II 321 consid. 5).