Citation: 6B_727/2021 E. 3.2.2

3.2.2. En l'occurrence, les juges cantonaux ont constaté que le prévenu avait déclaré sa flamme à la plaignante le 31 août 2018 et avait été éconduit le 3 septembre 2018. Or il n'avait eu de cesse d'importuner la plaignante par l'envoi systématique de messages au contenu dérangeant, voire inquiétant, même après que celle-ci lui avait fait comprendre très clairement et plusieurs fois qu'elle ne voulait plus aucune relation avec lui. Elle lui avait par exemple écrit, le 21 octobre 2018, "Salut A.________, J'ai essayé de te dire les choses gentiment mais tu me forces à faire autrement. Tu vis les choses de façon totalement unilatérale. Non, je n'ai pas de sentiments pour toi. Non, il ne se passera jamais rien entre nous. Non, je ne peux pas faire comme si tu ne m'avais pas écrit toutes ces choses. Raison pour laquelle, une relation même amicale, n'est plus envisageable. Ne penses plus à moi s'il te plaît. Bonne route" ou encore, le 26 octobre 2018 "Mais bordel, je n'ai jamais eu le début d'un sentiment amoureux à ton égard. JAMAIS. Je ne comprends même pas comment ça peut être une supposition valable dans ton esprit" en finissant par ces mots: "Laisse-moi tranquille et ne m'écris plus JAMAIS. JAMAIS. Ne réponds pas. Je ne veux pas te lire". Enfin, elle lui avait indiqué dans un dernier message du 30 octobre 2018 qu'elle porterait plainte à la police pour harcèlement s'il devait y avoir encore une seule action ou communication à son égard. Malgré le contenu de ces messages qui ne laissaient planer aucun doute sur la volonté de la plaignante de ne plus avoir de contact avec le prévenu, ce dernier avait continué à lui adresser des messages édifiants lui exposant notamment les mérites de leur future vie à deux et revenant systématiquement à la charge avec de nouveaux profils lorsque la plaignante parvenait à le bloquer sur les réseaux sociaux. Aussi les juges cantonaux ont-ils retenu que le recourant savait, à partir du mois d'octobre 2018, que l'intimée ne souhaitait pas entretenir une relation de quelque nature que ce fût avec lui. Toutefois, les nombreux messages et autres actions du même type n'avaient cessé que le 24 juin 2019. Partant, les éléments constitutifs tant objectifs que subjectifs de l'art. 179septies CP étaient réalisés. S'agissant en particulier des éléments subjectifs de la méchanceté et de l'espièglerie, la juridiction cantonale a considéré qu'ils étaient réalisés du fait de l'intensité du comportement reproché au recourant (cf. consid. 1.3 supra). Cela étant, on discerne clairement les motifs qui ont guidé le jugement entrepris en tant qu'il porte sur l'utilisation abusive d'une installation de télécommunication et, compte tenu de l'acte de recours, le recourant a d'ailleurs bel et bien été en mesure d'en saisir la portée et de l'attaquer en connaissance de cause.