Citation: 6B_746/2022 E. 2.4.1

2.4.1. La cour cantonale s'est déclarée convaincue que I.________, G.________ et le recourant avaient tous trois été en contact direct avec l'intimé durant l'attaque menée contre lui. Entendu par la police dès le lendemain des faits, l'intimé avait ainsi livré des déclarations globalement constantes, ayant notamment pu compter cinq personnes présentes, parmi lesquelles il en avait reconnu deux qui s'en étaient prises à lui, à savoir G.________ et le recourant (cf. jugement attaqué, consid. 2.4 p. 14). Il ne fallait pour le reste accorder qu'une faible crédibilité aux déclarations des différents prévenus. Ainsi, certains, dont le recourant, G.________ et I.________, avaient commencé par nier toute implication, puis tous, à l'exception de I.________, avaient tenté de cacher qu'il s'agissait d'une action préméditée, pour finir par admettre que leurs agissements poursuivaient en définitive le seul but de provoquer une discussion avec l'intimé. Cette absence de crédibilité affectait naturellement la description de l'attaque proprement dite dont les versions divergeaient entre elles, mais qui avaient en commun d'imputer à I.________ la seule responsabilité des coups, et par conséquent de disculper les deux principaux concernés, à savoir le recourant et G.________ (cf. jugement attaqué, consid. 2.2.3 p. 12). Aussi, à en croire les prévenus, leur unique intention avait été celle de discuter avec l'intimé et non de le frapper; à les suivre, ils auraient en quelque sorte été "débordés" par les velléités belliqueuses de I.________, qui seule aurait porté des coups à l'intimé. Dès que celle-là était passée aux aveux et s'était désignée comme l'unique auteure des coups, tous avaient abondé dans son sens, sans toutefois manquer de se contredire encore. En effet, il était d'emblée à relever que l'intention de "discuter" devait déjà être démentie par le lieu choisi et la manière de procéder, une simple discussion n'impliquant manifestement pas une telle mise en scène. Il était par ailleurs difficile à comprendre les raisons pour lesquelles les prévenus n'avaient pas donné ces explications dès leur premier interrogatoire, s'ils n'avaient rien à se reprocher. De même, il ne pouvait être accordé qu'un crédit limité aux "aveux" de I.________. En effet, lorsqu'elle avait avoué les faits, le 17 janvier 2018, soit près de 9 mois après leur survenance, elle avait déclaré qu'elle avait bu ce soir-là une bouteille de 75 centilitres de vodka, qu'elle avait absorbé des médicaments pour le traitement de troubles bipolaires, qu'elle avait été vraiment dans l'excès avec l'alcool et qu'elle était trop "bourrée" pour comprendre ce qui se tramait. Elle avait notamment expliqué ne pas avoir vu J.________ sur les lieux et ne savait plus comment elle était rentrée chez elle. A la Procureure, I.________ avait confirmé qu'elle n'était pas dans son état normal et n'avait pas exclu que ce fût les autres qui lui avaient expliqué, le lendemain, le déroulement des faits. Elle avait du reste dit à son frère X.________ qu'elle ne se souvenait pas de ce qui s'était passé, qu'elle était dans les "vapes" et qu'on lui avait dit qu'elle avait donné des coups de bouteille. Enfin, aux médecins chargés de l'expertise psychiatrique, elle avait dit craindre d'avoir été manipulée par les autres personnes présentes afin de s'accuser de l'entier des faits (cf. jugement attaqué, consid. 2.3.2 p. 13 s.).