Citation: 4P.247/2002 22.04.2003 E. 1

2.2 Selon la jurisprudence, le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend, en particulier, le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, le droit de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort du procès, le droit d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a, 241 consid. 2). La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu le devoir pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Pour répondre à ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 126 I 97 consid. 2b; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 146 consid. 2a). L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs soulevés par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, lui apparaissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b; 121 I 54 consid. 2c p. 57 et les arrêts cités). 2.3 Selon l'arrêt attaqué, les renseignements donnés par B.________ étaient inexacts sur deux points. D'une part, il était faux de prétendre que les contacts personnels de l'intimée avec ses collègues du magasin «Z.________» étaient difficiles et que la vendeuse licenciée n'était pas faite pour travailler en équipe. D'autre part, il n'était pas conforme à la vérité d'affirmer que «la vente n'était pas [l']élément» de l'intimée. Sous l'angle du droit d'être entendu, la recourante ne remet en cause que le premier point. A ce sujet, la cour cantonale s'est effectivement référée à l'arrêt du Tribunal fédéral du 10 juin 2002, dont il ressort que la majorité des collègues entendues, soit Mesdames I.________, J.________ et K.________, n'ont pas rencontré de problèmes particuliers avec l'intimée, contrairement à Mesdames L.________ et M.________. Certes, le Tribunal fédéral, saisi d'un recours de droit public pour arbitraire, ne se substitue pas à l'autorité cantonale et ne procède pas lui-même à l'appréciation des preuves comme le ferait une cour d'appel. Il n'en demeure pas moins que, dans le cas particulier, la cour de céans a constaté que trois collègues sur cinq de l'intimée n'avaient pas éprouvé de difficultés avec cette dernière, les témoignages n'étant donc pas univoques sur cette question. Dans la mesure où sa précédente appréciation desdits témoignages avait été qualifiée d'arbitraire par le Tribunal fédéral, la cour cantonale ne pouvait pas à nouveau conclure, de manière générale, à la réalité des difficultés relationnelles de l'intimée avec ses collègues en se fondant sur les déclarations des mêmes témoins. Or, c'est bien sur les mêmes témoignages, à l'exception de celui de Madame I.________ qu'elle ne mentionne pas, que la recourante aurait voulu que la cour cantonale se prononce une nouvelle fois, soit ceux de Mesdames M.________, K.________, L.________ et J.________. En l'absence de nouveaux moyens de preuve pertinents, la Cour d'appel n'était pas tenue de procéder à une nouvelle appréciation des preuves. Au demeurant, le témoignage de B.________, également invoqué par la recourante, pouvait manifestement être écarté sans arbitraire puisque c'est précisément la véracité des propos de la susnommée qui était examinée. De même, l'absence de référence, dans l'arrêt attaqué, à la déclaration du président de V.________ n'est pas critiquable, s'agissant d'un écrit établi près de quatre ans après les faits, à l'adresse de la recourante, par une personne qui n'a pas été entendue comme témoin. Quoique succincte, la motivation de l'arrêt attaqué est suffisante pour comprendre ce qui a guidé les juges cantonaux dans leur décision. Le Tribunal fédéral ayant déjà constaté que les témoins ne parlaient pas d'une même voix, la Cour d'appel pouvait, sans tomber dans l'arbitraire ni violer le droit d'être entendu de la recourante, retenir sur cette base qu'il était faux d'affirmer, sans nuance, à l'instar de la cheffe du rayon parfumerie, que l'intimée ne s'entendait pas avec ses collègues et n'était pas faite pour travailler en équipe. Le premier grief est mal fondé.