Citation: 5A_19/2020 E. A

B.________ (né en 1963) et A.________ (née en 1971), tous deux de nationalité russe, se sont mariés le 22 juin 2004 à H.________ (Russie), soumettant leur union au régime matrimonial ordinaire de droit russe, assimilable à un régime de communauté d'acquêts. Deux enfants sont issues de cette union: C.________, née en 2003, et D.________, née en 2006. Les époux se sont installés en Suisse après leur mariage, jouissant d'un accord fiscal d'imposition selon la dépense. A.a. Le 18 mars 2016, les époux ont conclu un accord de séparation, au terme duquel ils sont convenus notamment, de répartir leur patrimoine à parts égales entre eux, de renoncer au versement d'une contribution d'entretien post-divorce entre époux, de maintenir l'autorité parentale conjointe sur leurs filles, d'attribuer la garde exclusive des filles à l'épouse, sous réserve d'un large droit de visite en faveur de l'époux, et de fixer la contribution d'entretien de chacune des enfants à 10'000 fr. par mois, puis à 15'000 fr. par mois par la suite. Ils sont en outre convenus de déposer une requête commune en divorce devant les tribunaux suisses avant le 1er janvier 2017. A.b. En novembre 2016, les époux ont finalement convenu d'engager une procédure de divorce à Moscou, en sorte que, le 14 novembre 2016, l'époux a déposé une requête en ce sens par devant le juge de paix de l'arrondissement judiciaire du district Fili-Davydkovo à Moscou. Le 24 novembre 2016, l'épouse a formellement acquiescé à la requête déposée par son époux. A.c. Le 2 décembre 2016, les époux ont signé un nouvel accord de séparation réglant les effets accessoires de leur divorce, prévoyant notamment la répartition de leur patrimoine à raison de 1/3 des actifs en faveur de l'épouse et de 2/3 en faveur de l'époux, fixant la contribution d'entretien des enfants à 12'500 fr. par mois et par enfant du 1er janvier 2017 jusqu'à leur majorité, voire au-delà en cas d'études, et convenant de poursuivre en ce sens la procédure de divorce initiée en Russie. Par jugement de divorce du 22 décembre 2016, le juge de paix de l'arrondissement judiciaire du district Fili-Davydkovo a dissous le mariage contracté par les époux A.________ et B.________, reconnaissant l'accord manifesté par l'épouse à la requête de divorce, aux termes de laquelle il n'y avait pas de litige sur la séparation des biens et un accord avait été trouvé s'agissant de la résidence, l'éducation et l'entretien des enfants. Ce jugement est devenu définitif et exécutoire le 24 janvier 2017. Par courrier du 1er mars 2017, l'épouse a informé son ex-mari qu'elle révoquait la convention du 2 décembre 2016, au motif qu'elle l'avait signée sous la contrainte. Par courrier du 9 novembre 2017, elle a ajouté qu'elle se prévalait en outre du motif de lésion, par l'exploitation de son état de gêne. A.d. Par acte déposé par devant le Tribunal de première instance de Genève le 29 juin 2017, A.________ a formé une action en complément du jugement de divorce, assortie d'une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles. Elle a requis le constat du caractère lacunaire du jugement de divorce russe et son complément s'agissant des effets accessoires du divorce, notamment s'agissant de l'entretien des filles, pour lesquelles elle a requis le versement d'une contribution d'entretien sous forme d'une indemnité unique de 4'717'263 fr. pour C.________ et de 5'858'279 fr. pour D.________. Suite à l'accord trouvé par les parties en audience, le Tribunal de première instance, statuant le 15 novembre 2017 par ordonnance de mesures provisionnelles, a attribué à l'ex-épouse la garde sur les mineures et a fixé les relations personnelles des filles avec leur père. Le 27 février 2018, A.________ a formé une requête en reddition de comptes, une requête complémentaire de mesures provisionnelles tendant au versement d'une contribution d'entretien de 68'240 fr. par mois pour C.________ et de 67'300 fr. pour D.________, et une action en complément du jugement de divorce du 22 décembre 2016. Par ordonnance du 10 décembre 2018, le Tribunal de première instance a ordonné une expertise aux fins de déterminer l'étendue et la portée du jugement de divorce russe. Le 11 décembre 2018, A.________ a déposé une nouvelle requête de mesures provisionnelles tendant à ce qu'elle soit autorisée à déplacer le lieu de résidence habituelle de ses filles à E.________ (Espagne) et à ce que son ex-époux soit condamné à verser des contributions d'entretien de 62'604 fr. par mois pour C.________ et de 62'060 fr. pour D.________, à compter du 22 décembre 2016. Le 6 février 2019, les parties ont déclaré au tribunal avoir trouvé un accord sur l'installation de A.________ et des filles à E.________. A.e. Par ordonnance du 20 mars 2019, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a condamné B.________ à verser en mains de A.________, à titre de contribution à l'entretien des mineures C.________ et D.________, par mois, d'avance et par enfant, le montant de 12'500 fr. jusqu'à 18 ans, voire au-delà, mais au plus tard jusqu'à l'âge de 25 ans en cas d'études régulières et suivies (ch. 1 du dispositif) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4). Le 4 avril 2019, A.________ a formé appel contre cette ordonnance, concluant notamment à ce que B.________ soit condamné à lui verser les sommes de 54'127 fr. par mois pour l'entretien de C.________ et de 53'190 fr. par mois pour l'entretien de D.________, du 22 décembre 2016 au 31 décembre 2018, puis, dès le 1er janvier 2019, 32'420 fr. à titre de contribution à l'entretien de C.________ et 32'158 fr. à titre de contribution à l'entretien de D.________ jusqu'à la majorité de celles-ci, voire au-delà jusqu'à l'âge de 25 ans en cas d'études sérieuses et régulières. Le 1er avril 2019, B.________ a également fait appel de l'ordonnance de mesures provisionnelles proposant de contribuer à l'entretien de ses filles par le versement de 7'500 fr. par mois et par enfant, dès le 1er janvier 2019 jusqu'à leur majorité, voire jusqu'à 25 ans en cas d'études sérieuses et régulières. A.f. Par arrêt du 18 novembre 2019, communiqué aux parties le 9 décembre 2019, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après : la Chambre civile) a déclaré recevables les appels interjetés respectivement par A.________ et B.________, annulé le chiffre 1 du dispositif de l'ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 20 mars 2019 par le Tribunal de première instance et confirmé ladite ordonnance pour le surplus.