Citation: 4A_474/2010 12.01.2011 E. A

Par contrat du 14 juillet 2005, la société Y.________ SA, qui a son siège à ... (précédemment: à ...) et qui est active dans le domaine de la création, la fabrication et la commercialisation de montres et d'articles de bijouterie de luxe, a engagé, en qualité de président, X.________, qui est domicilié dans le canton de Genève. Il était prévu un salaire de 300'000 euros par an, auquel s'ajoutait un bonus de 40 %, pour autant que les objectifs budgétaires annuels aient été atteints. Le salaire devait être réduit du montant des dépenses effectuées par la société pour l'employé et/ou les frais de scolarité de ses enfants. Il a été convenu que chacune des parties pouvait mettre fin au contrat, moyennant un préavis de six mois. Par ailleurs, la société s'est engagée à verser à son employé six mois de salaire si elle le licenciait sans cause, en précisant qu'il fallait entendre sans que l'employé n'ait commis une faute lourde. X.________ a pris ses fonctions au sein de Y.________ SA le 1er novembre 2005. Les salaires perçus ont varié, sans que l'employé n'ait jamais prétendu que cela ne correspondait pas à la volonté des parties. Le 17 mai 2006, A.________, administrateur de Y.________ SA, a envoyé un courriel à X.________, relevant que les avantages en nature, singulièrement les frais d'écolage, que celui-ci recevait, pouvaient avoir des conséquences fiscales négatives et qu'il convenait d'envisager que ces versements s'effectuent "overseas". A partir de l'année 2007, le libellé des certificats de salaire que l'employeuse devait remplir pour l'administration fiscale a changé et les frais d'écolage et de véhicule étaient désormais déclarés comme un élément du salaire et taxés comme tels. En janvier 2007, X.________ a demandé à A.________ une compensation pour ce surcoût d'impôt. Ce dernier a accepté d'en discuter, mais il n'a pas été établi que la société aurait accepté de verser une compensation pour cette péjoration dans la situation fiscale. Le 2 juin 2008, le réviseur de Y.________ SA a signalé que la société était en état de surendettement. A.________ confirma à X.________, par des courriels des 18 et 23 juin 2008, qu'il ne recevrait aucun bonus pour l'exercice 2007/2008. Le 8 juillet 2008, B.________, collaborateur du groupe V.________ Ltd à Hong Kong - qui était, par une société interposée, le propriétaire économique de Y.________ SA -, a signé un chèque d'une valeur de 120'000 fr. suisses tiré sur la banque de V.________ Ltd à Hong Kong en faveur du compte que X.________ avait ouvert à Hong Kong auprès de la Banque W.________ peu auparavant. Par un courriel du 18 juillet 2008, B.________ a informé X.________ que sa demande de compensation pour un supplément d'impôt n'était pas acceptée; quant au virement de 120'000 fr., il avait pour objet les frais d'écolage et comme il apparaissait que ceux-ci avaient déjà été payés par la société, la somme devait être immédiatement restituée. X.________ a refusé en considérant que cette somme lui avait été versée à titre de compensation pour la péjoration de sa situation fiscale. Le 30 octobre 2008, X.________ a reçu en mains propres un courrier portant la signature de A.________ par lequel Y.________ SA déclarait le licencier avec effet immédiat pour avoir gravement violé ses obligations envers la société.