Citation: 5D_219/2016 E. 3

Le présent recours en matière civile est dirigé contre une décision de mesures provisionnelles prise pour la durée de la procédure de recours cantonale, savoir, contre une décision incidente, qui ne porte ni sur la compétence ni sur une demande de récusation ( cf. art. 92 LTF), et qui tombe ainsi sous le coup de l'art. 93 LTF. Une telle décision peut faire l'objet d'un recours uniquement si elle peut causer un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF) ou si l'admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale et permet d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (art. 93 al. 1 let. b LTF). En l'occurrence, les conditions cumulatives posées à l'art. 93 al. 1 let. b LTF n'étant manifestement pas remplies et le recourant ne faisant nullement valoir que ces conditions seraient satisfaites, l'hypothèse de l'art. 93 al. 1 let. b LTF doit d'emblée être écartée. Le recourant soutient cependant que la décision entreprise risque de lui causer un préjudice irréparable (art. 93 al. 1 let. a LTF). Un préjudice ne peut être qualifié d'irréparable que s'il cause un inconvénient de nature juridique. Tel est le cas lorsqu'une décision finale même favorable au recourant ne le ferait pas disparaître entièrement. En revanche, un dommage économique ou de pur fait n'est pas considéré comme un dommage irréparable de ce point de vue (ATF 135 II 30 consid. 1.3.4; 134 III 188 consid. 2.1 et consid. 2.2) Il appartient au recourant, sous peine d'irrecevabilité (ATF 116 II 80 consid. 2c), d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision incidente lui cause un dommage irréparable, à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF 133 III 629 consid. 2.3.1). Force est d'admettre qu'en l'espèce, le recourant ne subit pas un dommage irréparable. En tant qu'il déclare ne pas savoir sur quelle assiette il est astreint à laisser un libre passage et qu'il serait contraint de laisser un libre accès à l'entier de sa parcelle, il feint d'ignorer le libellé de la décision du 23 novembre 2016, selon lequel il est astreint à laisser libre " le passage aménagé sur sa parcelle ". Dans la mesure où il soutient que le passage de véhicules lourds pourrait entraîner un affaissement de terrain et précariser la stabilité de sa parcelle, il s'agit d'un dommage de fait, voire économique. Enfin en tant qu'il affirme être atteint sans son droit absolu à la propriété, le préjudice subi n'est pas définitif, puisqu'il tombera dans l'hypothèse où les intimés n'obtiendraient pas gain de cause dans le cadre de leur action en inscription d'une servitude au Registre foncier. Si l'obligation provisoire de laisser un passage peut certes limiter les possibilités du recourant de disposer entre-temps de son immeuble, il s'agit toutefois de conséquences de nature purement économique, qui n'entrent pas ici en ligne de compte (ATF 98 Ia 441 consid. 2b; 93 I 63 consid. 3b et arrêt 5A_636/2019 du 13 novembre 2009 consid. 1.1.1). Le recours fondé sur l'art. 93 al. 1 LTF est ainsi irrecevable.