Citation: 1B_325/2019 E. 5.2

5.2. L'autorité précédente a relevé que la police avait été saisie de mandats d'enquête du Ministère public tendant à l'audition de travailleurs qui s'étaient récemment manifestés auprès de cette autorité (cf. arrêt entrepris, p. 6). Ainsi, trois personnes, domiciliées à l'étranger, doivent être prochainement entendues, en tant que témoin ou partie plaignante, les mandats d'enquête ayant été délivrés entre mars et mai 2019 (cf. observations du Ministère public, p. 3). On ne saurait dans ce contexte suivre le recourant lorsqu'il affirme que l'enquête doit être considérée comme close. Par ailleurs, des indices concrets laissent craindre que le recourant pourrait, s'il était remis en liberté, être tenté de faire pression, en particulier sur les plaignants, afin de les inciter à modifier leurs déclarations en procédure. L'un des ouvriers entendus par le Ministère public s'était ainsi plaint d'avoir été menacé par le recourant et son cousin après avoir exigé d'être payé. Le témoin E.________, qui devait être entendu le 11 avril 2019, a pour sa part refusé de déposer par crainte de représailles. On relèvera encore que le recourant avait produit, à l'appui de son recours contre l'ordonnance du 30 avril 2019, des attestations émanant d'ouvriers selon lesquelles ils avaient bénéficié de conditions de travail décentes, ce qui démontre sa capacité à intervenir directement auprès des personnes potentiellement concernées par la procédure en cours, alors même que celles-ci n'ont pas encore été toutes identifiées. Ces aspects rendent le risque de collusion d'autant plus sérieux et concret dans le contexte particulier de la présente procédure, laquelle implique des lésés qui se trouvent dans un rapport de dépendance à l'égard du prévenu. Dans ces circonstances, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant l'existence d'un risque de collusion.