Citation: 7B_6/2023 E. 2.5.2

2.5.2. Deuxièmement, le recourant fait valoir que la cour cantonale aurait retenu à tort que les déclarations de la victime ne comportaient aucune incohérence. Celles-ci seraient en effet en contradiction aussi bien avec les faits retenus qu'avec les pièces du dossier. Certes, ainsi que le recourant le relève, la victime a déclaré lors de l'audience d'appel que les faits s'étaient déroulés en une seule phase, alors même qu'elle avait exposé précédemment avoir été l'objet de deux tentatives de viol séparées par une brève interruption durant laquelle le recourant avait quitté les lieux. Il est également correct que sur relecture d'une partie de sa première audition, la victime a précisé qu'il était "possible" que les faits se soient déroulés en deux phases et qu'elle avait "oublié" ce point (cf. p. 11 arrêt attaqué). Il découle toutefois de l'arrêt entrepris que les deux tentatives de viol évoquées par la victime sont notamment corroborées par le témoignage de C.________, par le tableau lésionnel et par les images de vidéo-surveillance, desquelles il ressort notamment que la présence des protagonistes sur les lieux a été entrecoupée par le départ du recourant pendant une dizaine de minutes (cf. pp. 28-30 arrêt attaqué). Dans ces conditions, on ne discerne pas en quoi cette perte de mémoire momentanée, intervenue plus de 14 mois après les faits, aurait dû mener la cour cantonale à considérer que les déclarations de la victime n'étaient pas crédibles. Partant, on ne saurait lui reprocher d'avoir omis de relever que la victime avait, à l'audience d'appel, fait dans un premier temps uniquement état d'un seul et même épisode. Ce raisonnement vaut également s'agissant des déclarations de la victime au sujet de son absence de prise de cocaïne à la rue U.________, qui seraient contraires à ce qu'a retenu la cour cantonale et aux constatations de la police. On peine en effet à distinguer en quoi cet élément périphérique serait déterminant pour apprécier la crédibilité de la victime. En tout état, si la cour cantonale a considéré que les protagonistes s'étaient installés dans un hall d'immeuble pour y passer la nuit et y consommer de la cocaïne, il ne ressort ni du jugement entrepris ni du dossier, y compris de la pièce n° 7 à laquelle le recourant fait référence, que la victime aurait effectivement ingéré de la drogue depuis son arrivée à la rue U.________. Dans la mesure où la victime ne reconnaît qu'une consommation de cocaïne préalable à leur installation dans le hall d'immeuble, on ne perçoit aucune contradiction. Enfin, contrairement à ce que prétend le recourant, la cour cantonale n'a pas ignoré que la police avait été appelée par la témoin et non par la victime elle-même, qui venait de lui expliquer avoir subi une tentative de viol. Il n'en demeure pas moins que c'est sur la base des déclarations de la victime, qui était sous l'influence de la cocaïne, que la témoin lui a proposé de faire venir les forces de l'ordre et que celles-ci l'ont ensuite amenée au CHUV pour un examen médical auquel elle s'est soumise volontairement (cf. pièce 39 du dossier cantonal). Partant, on ne saurait reprocher à la cour cantonale d'avoir considéré comme peu concevable que la victime, toxicomane, fasse appel à la police puis se soumette à un examen médical complet au CURML s'il ne s'était agi que de la perte ou du vol d'une somme de 100 ou 200 fr. Peu importe à cet égard que la victime n'ait donc pas eu elle-même à entreprendre directement de telles démarches. Il suit de ce qui précède que la cour cantonale pouvait retenir sans arbitraire que les déclarations de la victime étaient exemptes de contradiction et l'appréciation à laquelle elle s'est livrée n'a rien d'insoutenable.