Citation: I 304/00 28.03.2001 E. A

A.- Depuis 1980, B.________ exploite en raison individuelle une entreprise d'exploitation forestière et de compostage. Le 6 janvier 1995, il a été victime d'un accident : alors qu'il dévissait un boulon, il a reçu un objet dans son oeil gauche, ce qui a entraîné une déchirure choroïdienne du pôle postérieur et une incapacité de travail du 6 janvier au 9 février 1995. Le 14 mars 1997, B.________ a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité en invoquant des difficultés visuelles (cf. certificats des docteurs V.________ et M.________, respectivement des 28 août 1995 et 24 mai 1996). Afin d'apprécier les répercussions de ces troubles sur sa capacité de travail, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après : l'office) a recueilli divers renseignements économiques et procédé à une enquête à domicile, le 17 février 1998. Il ressort du procès-verbal dressé à cette occasion qu'avant son accident, B.________ consacrait 70 % de son temps aux travaux de terrain contre 30 % à la direction de l'entreprise, dont le champ d'activité se répartissait alors en trois secteurs : le compostage (40 %), les travaux forestiers (25 %) et les travaux de stabilisation de terrains et d'entretien de cours d'eau (35 %). En revanche, consécutivement à son atteinte à la santé, l'emploi du temps de l'assuré s'est inversé (il voue 70 % de celui-ci à la direction de l'exploitation contre 30% seulement sur les chantiers), tandis qu'il a pratiquement abandonné les secteurs des travaux forestiers et d'entretien de terrains (lesquels ne représentent plus que 5,55 % des activités globales de l'entreprise) au profit de deux nouveaux domaines dont le tri de déchets urbains (25 %) et le chauffage central à distance (29, 5 %). Par décision du 13 juillet 1998, l'office a rejeté la demande de l'assuré, considérant que malgré son handicap, celui-ci avait recouvré une pleine capacité de travail et de gain. En tout état de cause, du moment qu'il avait clairement refusé de se soumettre à des mesures d'orientation professionnelle, il ne pouvait prétendre des prestations de l'assurance-invalidité.