Citation: 5A_486/2016 E. 6.1

6.1. Selon les constatations de l'arrêt attaqué, les époux ont organisé leur vie active sous forme de société simple avec pour véhicule d'investissement la société D.________ Sàrl, société holding inscrite au Registre du commerce du Luxembourg, détenue à 45% par l'intimée et à 55% par le recourant. D.________ Sàrl détient la totalité des actions de la société française E.________ SAS et de la société luxembourgeoise F.________ Sàrl, qui détiennent elles-mêmes d'autres sociétés. Le groupe D.________ exerce ses activités dans divers domaines, tels que [...] (M.________ SA), [...] (I.________), [...] (J.________) et [...] (E.________ SAS). Le recourant est gérant de F.________ Sàrl. Il est également président du conseil d'administration de la société E.________ SAS. Il dispose d'un compte courant actionnaire auprès de la société D.________ Sàrl, qui selon ses dires présenterait des liquidités d'un montant d'environ 1'600'000 fr., mais qui serait bloqué en garantie de prêts. Il dispose également d'un compte courant auprès de la société K.________ SAS qu'il utilise pour des retraits d'argent et poureffectuer divers paiements. La cour cantonale a encore retenu que lors d'une audience tenue le 29 juillet 2015, le recourant avait certes déclaré avoir démissionné de ses fonctions de président de la société M.________ SA et de toutes ses filiales, y compris la société L.________ Inc., et qu'il en résulterait une baisse de ses revenus. Les pièces du dossier indiquaient toutefois que l'époux demeurait administrateur de M.________ SA et qu'il détenait toujours, directement ou indirectement par l'intermédiaire de ses sociétés F.________ Sàrl et E.________ SAS, 96,22% du capital et 97,47% du droit de vote de la société. Le compte consolidé de résultat du groupe M.________ et le compte de résultat de M.________ SA pour l'exercice 2014 laissaient certes apparaître une perte de, respectivement, 1'291'000 euros et 3'584'112 euros, mais ces résultats négatifs devaient être relativisés dès lors que, selon le rapport financier annuel 2014, " le chiffre d'affaires est stable par rapport à l'année 2013 avec un bon maintien des revenus liés aux prestations de maintenance sur le parc installé ". Par ailleurs, les opérations de vente de la société N.________, achetée en 2012 par L.________ Inc. pour 8'000'000 USD étaient en cours. Le recourant était en outre toujours dirigeant de D.________ Sàrl, dont il détenait la majorité des parts; de plus, il ressortait du bilan au 31 décembre 2015, annexé au procès-verbal de l'assemblée annuelle des associés du 8 avril 2016, que les sociétés F.________ Sàrl et E.________ SAS, détenues par D.________ Sàrl, présentaient une valeur de 10'900'000 euros, que cette dernière avait des bénéfices reportés de 787'433 euros et que le recourant avait une créance envers la société de 918'368 euros. Sur la base de ces éléments, la juridiction précédente a estimé qu'on ne pouvait retenir que les seuls revenus du recourant consisteraient en son salaire perçu en sa qualité de mandataire de la société K.________ SAS et ses management fees reçus de L.________ Inc. Pour les personnes exerçant une activité lucrative indépendante, le revenu devait être déterminé sur la base d'un revenu régulier moyen. Or, ni les pièces produites, ni les explications du recourant ne permettaient de déterminer avec exactitude le bénéfice net moyen réalisé ces dernières années. Tant les autorités civiles que pénales avaient affirmé que la situation financière de A.A.________ était complexe, celui-ci étant à la tête d'un ensemble de sociétés notamment en France, au Luxembourg, en Suisse et aux Etats-Unis, sous une société holding au Luxembourg, ce qui justifierait la mise en oeuvre d'une expertise financière, mesure à administrer dans le cadre du procès au fond. Il s'ensuivait que le recourant n'avait pas rendu vraisemblable une diminution de ses revenus.