Citation: 8C_560/2020 E. 3.2.3

3.2.3. Selon les experts du CEMed, aucune instabilité sur le plan rhumatologique n'a jamais été objectivée chez la recourante. Bien que légèrement limitée dans ses amplitudes de flexion-extension, sa colonne cervicale n'était pas douloureuse dans sa mobilisation lors de la première expertise en 2007, et aucune modification "selon Modic" n'était visible sur les IRM dans les trois ans après l'accident. Sous l'angle neurologique, les experts du ZMB ont pour leur part concédé que s'agissant du lien de causalité entre la hernie discale C5/C6 identifiée en 2007 et l'accident de 2004, le fait qu'une aggravation aiguë du syndrome douloureux ou que la manifestation d'un symptôme déficitaire neurologique n'avaient pas pu être identifiées à l'été 2007 par le CEMed était problématique. Ils ont en outre constaté que l'IRM du rachis cervical effectuée le 19 juillet 2005, environ un an après l'accident, n'avait pas révélé de résultats dans le segment C5/C6 correspondant à la hernie discale diagnostiquée en 2007, ce qui parlait en défaveur d'une relation de cause à effet entre l'accident et cette hernie. Ils ont néanmoins relevé qu'en raison de la localisation de la hernie, une lésion des structures radiculaires ne devait pas être forcément attendue, de sorte que le "manque de résultats objectivement saisissables" lors de la première expertise du CEMed était également possible si la hernie était déjà présente. Sous l'angle neurochirurgical, les experts du ZMB ont noté que des radiographies fonctionnelles du rachis cervical n'avaient pas été effectuées après l'accident et que l'IRM du 19 juillet 2005 n'avait pas montré de lésions permettant d'expliquer les douleurs de la recourante. Ils ont toutefois précisé que cette IRM n'avait pas exclu une instabilité. Les symptômes décrits par la recourante après le traumatisme pouvaient en outre être interprétés comme les signes d'un traumatisme cervical moyen avec instabilité consécutive, vraisemblablement du segment C5/C6. En conclusion, les experts du ZMB ont estimé qu'il était vraisemblable que l'accident de 2004 ait conduit à une instabilité du rachis cervical, causée par des lésions ligamentaires qui auraient été visibles uniquement si des radiographies fonctionnelles avaient été réalisées. Le docteur D.________ a estimé qu'un traumatisme significatif au niveau de la colonne cervicale lors de l'accident de 2004 était démontré du fait que la recourante avait été transportée à l'hôpital avec les précautions requises (minerve et matelas coquille) et qu'une radiographie avait été faite sans enlever la minerve. Il a estimé que la hernie discale s'était développée en raison des lésions des structures ligamentaires survenues lors de l'accident, qui avait provoqué une perte de stabilité de la colonne cervicale. Le fait que les symptômes s'étaient peu modifiés était démonstratif de l'existence desdites lésions. La relation de causalité entre l'accident et la hernie discale était vraisemblable de façon prépondérante. Les experts du ZMB ont admis que l'instabilité du rachis cervical évoquée et son origine supposée (traumatisme cervical - sous forme de lésions ligamentaires - consécutif à l'accident) n'ont été objectivées par aucun examen médical, en particulier radiologique ou radiographique. Dans ces conditions, leur explication selon laquelle l'apparition de la hernie discale C5/C6 opérée en 2007 aurait pour cause une instabilité du rachis cervical d'origine traumatique ne constitue qu'une simple hypothèse nullement étayée sur le plan diagnostique. Le docteur D.________ n'a pas non plus fait état de lésions ligamentaires qui auraient été objectivées. Il a posé ce diagnostic au motif que des mesures de précaution ont été prises pour déplacer la recourante après son accident, ce qui n'apparaît pas suffisant pour en déduire l'existence de lésions à l'origine de la hernie discale C5/C6. De telles mesures sont en effet appliquées usuellement à titre préventif, précisément en l'absence de connaissance de la nature précise des blessures de la personne victime d'un accident. Par ailleurs, ni les experts du ZMB ni le docteur D.________ ne soutiennent que des symptômes de la hernie discale auraient été identifiés immédiatement après l'accident (cf. consid. 2.4 supra). La cour cantonale s'est ainsi ralliée à juste titre aux conclusions du CEMed concernant l'absence de preuve d'instabilité à la colonne cervicale consécutive à l'accident.