Citation: 4A_546/2022 E. 2.6

2.6. Semblable argumentation n'emporte point la conviction de la Cour de céans. Il sied d'emblée de relever que les motifs de recours, en matière d'arbitrage interne, sont énoncés de manière exhaustive à l'art. 393 CPC (arrêt 4A_528/2019, précité, consid. 1.1 et les références citées). Aussi ne saurait-on voir dans la violation alléguée de l'art. 395 al. 2 CPC un grief autonome d'annulation d'une sentence arbitrale interne. De jurisprudence constante, le Tribunal fédéral a du reste considéré que le non-respect par un tribunal arbitral de l'art. 395 al. 2 CPC peut tout au plus constituer une violation manifeste du droit visée par le motif prévu à l'art. 393 let. e CPC (arrêts 4A_348/2020 du 4 janvier 2021 consid. 3.1; 4A_426/2015 du 11 avril 2016 consid. 3.1; 4A_628/2011 du 30 mai 2012 consid. 3.2.1). Les éléments avancés par les recourants, lesquels ne citent du reste aucune opinion doctrinale au soutien de leur thèse, ne justifient pas de revenir sur cette jurisprudence, laquelle est désormais bien établie. Il suit de là que les intéressés ne peuvent pas être suivis lorsqu'ils soutiennent que la Cour de céans devrait examiner, sur la base d'un grief sui generis respectivement sous l'angle de l'art. 393 let. b CPC, si le Tribunal arbitral a enfreint l'art. 395 al. 2 CPC en ne se conformant prétendument pas aux considérants de l'arrêt fédéral de renvoi. S'appuyant sur la prémisse erronée selon laquelle la violation de l'art. 395 al. 2 CPC représenterait un grief d'annulation autonome d'une sentence interne ou s'inscrirait dans le cadre du grief d'incompétence visé par l'art. 393 let. b CPC, les recourants affirment, à tort, que les autres moyens invoqués dans leur mémoire, fondés sur l'art. 393 let. e CPC, seraient aussi recevables. Il appert ainsi que le moyen principal soulevé par les recourants, tiré de la violation de l'art. 395 al. 2 CPC, ainsi que les griefs développés par eux dans leur mémoire s'inscrivent, en réalité, exclusivement dans le cadre du motif énoncé à l'art. 393 let. e CPC. Or, les critiques formulées par les intéressés ne portent pas directement sur la composition ou la compétence du tribunal arbitral mais bel et bien sur le raisonnement tenu par les arbitres au moment d'examiner le principe de la responsabilité des recourants et la question de la prescription. Au vu de ce qui précède, le recours s'avère irrecevable dès lors que les recourants n'invoquent pas de griefs recevables à l'encontre de la sentence incidente entreprise.