Citation: 1B_25/2021 E. 2.2.1

2.2.1. Constitue le premier incident le fait que la consultation des pièces nouvelles a été refusée à la plaignante avant l'audience du 20 octobre 2020, alors qu'une telle consultation avait été autorisée pour le prévenu quelques jours auparavant. S'ajoute à cela qu'une copie du DVD contenant l'audition EVIG de la fille de la plaignante et du prévenu a été transmise à ce dernier avant la première audience à ce propos, alors que le Procureur intimé a refusé de délivrer à la plaignante une telle copie. La recourante fait encore valoir qu'à la suite de sa demande de transmission de l'intégralité du dossier du 18 octobre 2020, son avocat n'a pas reçu de "n'empêche", contrairement à ce qu'a retenu la Cour de justice. Elle explique que son avocat a reçu un appel de la greffière lui signifiant que le Procureur avait décidé de ne pas rendre disponibles les nouvelles pièces relatives à la plainte de l'enfant avant la première audition à ce propos fixée au 20 octobre 2020. La Cour de justice a toutefois jugé que rien ne permettait d'affirmer que le magistrat intimé aurait volontairement dénié l'accès à l'audition EVIG à la plaignante dans le but de la défavoriser: l'audience du 20 octobre 2020 avait été suspendue pour que la plaignante prenne connaissance du rapport de police contenant le résumé des déclarations de son enfant; la retranscription de l'audition EVIG ne pouvait lui être remise faute de figurer à la procédure et le DVD n'avait pas pu être visionné sur le champ pour des raisons d'horaire; après la suspension, la plaignante avait accepté que l'audience soit reprise. La cour cantonale a estimé qu'on ne voyait pas ce que le procureur aurait pu faire de plus (ou d'autre) au moment où l'erreur a été constatée. Le fait de ne pas avoir accordé à la recourante l'accès à certaines pièces du dossier avant l'audience du 20 octobre 2020 et d'avoir transmis à l'avocate du prévenu une copie du DVD de l'audition EVIG, avant la première audition à ce sujet, alors qu'un tel accès a été dénié à la plaignante, n'est pas anodin. Cette pratique ne correspond pas à la directive du Procureur général du canton de Genève C.1 sur la consultation des dossiers, laquelle précise, au point 3.4, qu' "en règle générale, il n'y a pas d'accès complet au dossier avant la confrontation [...] avec la partie plaignante (ACPR/459/2014 du 10 octobre 2014, consid. 2.2.1) dans la mesure où il est utile à la manifestation de la vérité que les parties soient entendues sans avoir pris connaissance des dépositions, des pièces et des autres d". Cette manière de procéder est aussi contraire au principe de l'égalité des armes (voir point 3.10 de la directive précitée, à teneur duquel "si l'accès au dossier a été accordé à la partie plaignante, il doit également l'être au prévenu, en application du principe d'égalité des armes (cf. ATF 137 IV 173, consid. 2.6; contra toutefois: ATF 137 IV 280, consid. 2.3) "). Cet incident ne suffirait cependant pas, à lui seul, pour retenir une prévention de la part du Procureur intimé à l'encontre de la recourante.