Citation: I 762/02 06.05.2003 E. 3

Il reste à déterminer le degré d'invalidité du recourant. A cet égard, la juridiction cantonale a exposé correctement les dispositions légales et la jurisprudence relatives à la notion et à l'évaluation de l'invalidité (art. 4 et 28 LAI, [dans leur teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002], de sorte qu'il suffit de renvoyer au jugement cantonal sur ce point). 3.1 Pour estimer le degré d'incapacité de gain du recourant, les premiers juges se sont contentés de fixer à 50 % «au minimum» la capacité de travail du recourant, soit en s'écartant sans explication des conclusions des experts du COMAI, et de retenir implicitement un taux d'invalidité identique. On ne saurait suivre cette appréciation qui ne repose sur aucune motivation substantielle, pas plus d'ailleurs que celle de l'intimé qui s'est limité à fixer le taux d'invalidité à 60 % en reprenant simplement le taux d'incapacité fonctionnelle présenté par l'assuré dans sa profession et dans une activité adaptée. En effet, la détermination du taux d'invalidité ne saurait reposer sur la simple évaluation médico-théorique de la capacité de travail de l'assuré, car cela revient à déduire de manière abstraite le degré d'invalidité de l'incapacité de travail, sans tenir compte de l'incidence économique de l'atteinte à la santé, ce qui n'est pas admissible (ATF 114 V 283 consid. 1c, 314 consid. 3c; RAMA 1996 n° U 237 p. 36 consid. 3b; 1991 n° U 130 p. 272 consid. 3b). L'office intimé - et, à défaut, l'instance cantonale de recours - aurait donc dû procéder selon la méthode générale de comparaison des revenus (cf. art. 28 al. 2 LAI dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002). On précisera que selon la jurisprudence récente de la Cour de céans, ce sont les rapports existant au moment du droit à la rente, ainsi que les modifications éventuelles survenues jusqu'au moment de la décision qui ont des conséquences sur le droit à cette prestation qui sont déterminants pour opérer une comparaison des revenus (ATF 128 V 174 consid. 4a; ces principes, développés dans le domaine de la LAA, sont applicables à la comparaison des revenus selon l'art. 28 al. 2 LAI également: SVR 2003 IV n° 11 p. 33 consid. 3.1.1; arrêt F. du 3 février 2003, I 670/01, destiné à la publication au Recueil officiel). 3.2 Selon les données fournies par l'ancien employeur du recourant, ce dernier percevait sans invalidité un revenu mensuel de 4'350 fr. versé treize fois l'an, ce qui correspond, sur l'année, après adaptation à l'évolution des salaires de 1996 à 1997 (augmentation de 0.5 %, [La Vie économique, 10/2002, p. 89, tableau B 10.2]) à 56'833 fr. en 1997, en l'occurrence année de référence pour la comparaison des revenus. 3.3 En l'absence d'un revenu effectivement réalisé, la jurisprudence considère que le revenu d'invalide peut être évalué sur la base des statistiques salariales telles qu'elles résultent de l'Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS), publiée par l'Office fédéral de la statistique (ATF 126 V 76 consid. 3b/bb, 124 V 322 consid. 3b/aa). En l'occurrence, le salaire de référence (en 1997) est celui auquel peuvent prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives dans le secteur privé en 1996 (ESS 1996, TA1, p. 17, niveau de qualification 4), à raison de 41,9 heures hebdomadaires (La Vie économique, 10/2002, p. 88, tableau B 9.2), adapté à l'évolution des salaires de 1996 à 1997, à savoir un revenu annuel de 54'245 fr. 50 par an. Au regard du large éventail d'activités simples et répétitives que recouvrent les secteurs de la production et des services, on doit convenir qu'un certain nombre d'entre elles sont légères et permettent l'alternance des positions et sont donc adaptées aux problèmes du recourant. En fonction d'une capacité de travail de 40 %, le revenu d'invalide doit être fixé à 21'698 fr. par an. 3.4 La comparaison avec un revenu réalisable sans invalidité de 56'833 fr. (supra 3.2) conduit à une invalidité de 61,82 %, ce qui ouvre le droit à une demi-rente d'invalidité. Même si l'on devait procéder à un abattement du salaire statistique, comme le permet la jurisprudence (cf. ATF 126 V 78 consid. 5), de 10 % - qui, tout au plus, pourrait être justifié par les limitations peu importantes du recourant sur le plan physique -, le taux d'invalidité en résultant resterait insuffisant pour ouvrir droit à une rente entière. Par conséquent, le jugement entrepris n'est pas critiquable dans son résultat et le recours se révèle mal fondé. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce :