Citation: 2C_655/2020 E. 7.3

7.3. Ce nonobstant, même recevable, le grief d'arbitraire dans l'établissement des faits et l'appréciation des preuves devrait être rejeté. En effet, il ressort des faits de l'arrêt attaqué, qui lient le Tribunal fédéral (cf. supra consid. 5), que si la recourante "a pu subir certaines violences psychologiques ou économiques de la part de son époux, [...] celles-ci n'étaient pas à ce point inacceptables pour l'intéressée qu'elles empêchaient toute poursuite de sa relation avec son mari". Le Tribunal cantonal a également retenu que "rien ne permet de penser que le trouble dépressif dont souffre actuellement la recourante serait dû à des actes de violence commis pendant la vie commune" et qu'il n'est "pas établi que la recourante aurait effectivement subi des violences conjugales psychiques systématiques et graves pendant la vie conjugale". La recourante ne démontre pas en quoi ces constatations seraient arbitraires. Contrairement à ce qu'elle prétend, le Tribunal cantonal n'a pas négligé les documents qu'elle a produits. En particulier, il a relevé qu'un rapport médical daté du 31 octobre 2019 attestait que la recourante présentait un épisode dépressif caractérisé et qu'elle avait dû être hospitalisée le 14 août 2019 dans un hôpital psychiatrique. Il a également pris en compte le fait que le centre LAVI lui avait reconnu le statut de victime et que le centre d'accueil Malley Prairie avait jugé les symptômes de stress et d'angoisse présentés par la recourante comme compatibles avec les violences qu'elle leur avait décrites. Il a toutefois considéré que cela démontrait uniquement que ces services spécialisés avaient jugé crédibles les déclarations que leur avait faites la recourante. Cette appréciation n'est pas insoutenable. Les éléments précités ne changent en effet rien au manque d'indices concrets de violences conjugales constatés par l'autorité précédente et ils ne permettent pas de conclure à une appréciation arbitraire des preuves sur ce point. Le Tribunal cantonal a de plus relevé que la recourante avait encore déclaré le 16 novembre 2018 au Service de la population qu'elle n'avait jamais été victime de violences conjugales et que son mari n'était pas une personne violente. A aucun moment, lors de cet entretien, elle n'avait formulé d'allusion à une quelconque forme de violence psychologique ou économique, ni au fait qu'elle aurait été soulagée de ne plus devoir partager sa vie avec son époux. Le Tribunal cantonal n'a pas ignoré les allégations de la recourante voulant qu'elle aurait fait ses premières déclarations alors qu'elle se trouvait sous l'emprise de son mari. Il a toutefois relevé qu'au moment où la recourante a été entendue en novembre 2018, elle ne vivait plus avec son époux depuis plus de deux mois et qu'elle a été entendue en l'absence de celui-ci. L'autorité précédente a estimé que, dans ces circonstances, on ne voyait pas ce qui aurait pu empêcher l'intéressée de répondre sincèrement aux questions qui lui étaient posées. La recourante ne l'explique pas. En outre, le Tribunal cantonal a souligné l'importance des premières déclarations et son appréciation des preuves sur ce point n'est pas insoutenable (cf. ATF 121 V 45 consid. 2a p. 47; arrêt 2C_656/2016 du 9 février 2017 consid. 3.3).