Citation: 5P.489/2002 25.03.2003 E. 2

La recourante soutient qu'une contribution d'entretien limitée à un montant de 1'000 fr. par mois est arbitraire (art. 9 Cst.), eu égard à la situation financière et patrimoniale des époux. 2.1 Aux termes de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit - sous peine d'irrecevabilité (ATF 123 II 552 consid. 4d p. 558) - contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste la violation. Le Tribunal fédéral s'en tient ainsi aux griefs exposés de manière claire et détaillée (ATF 127 I 38 précité et les références). En particulier, celui qui forme un recours pour arbitraire ne peut critiquer la décision attaquée comme il le ferait en procédure d'appel, où l'autorité de recours dispose d'une libre cognition (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 11/12), mais il doit démontrer, par une argumentation précise, que cette décision repose sur une application de la loi ou une appréciation des preuves manifestement insoutenable (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités). 2.2 En l'espèce, l'acte de recours ne satisfait manifestement pas à ces exigences. Loin de démontrer avec précision en quoi la solution adoptée par l'autorité cantonale serait arbitraire (sur cette notion, voir ATF 128 I 177 consid. 2.1 p. 182; 128 II 259 consid. 5 p. 280/281), la recourante émet surtout des considérations générales, affirmant notamment que la collectivité sera contrainte de l'assister alors que cette obligation devrait revenir à son mari, ou encore qu'il est impossible pour une femme de près de cinquante ans de trouver un emploi en Valais. En ce qui concerne la reprise d'une activité lucrative par l'épouse, le juge cantonal a considéré que durant les cinq ans suivant la suspension de la vie commune, survenue alors que l'intéressée avait quarante-deux ans, celle-ci n'avait entrepris aucune démarche concrète pour tenter de se réinsérer dans la vie professionnelle. Or, selon la jurisprudence (ATF 127 III 136 consid. 2c p. 139-140), elle ne pouvait rester passive et aurait dû se préparer à la perspective de devoir reprendre un travail. Alors que ses ressources - comprenant la contribution d'entretien versée par son mari, la rente complémentaire reçue de l'assurance-invalidité et le loyer de l'appartement dont elle est propriétaire - lui permettaient de chercher un emploi en toute quiétude, elle n'avait toutefois manifesté un réel désir de travailler qu'à partir du mois de mars 2002. La recourante ne critique pas cette argumentation. Elle se contente d'affirmer que ses multiples tentatives pour obtenir un emploi ont échoué en raison de son âge, qui est de près de cinquante ans. Cette allégation est purement appellatoire et par conséquent insuffisante au regard des exigences de motivation déduites de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il en va de même de ses reproches selon lesquels le juge cantonal aurait tenu un raisonnement contradictoire en estimant qu'elle était en mesure de trouver du travail tout en retenant, par ailleurs, qu'elle souffrait de "psychose non organique", ce qui lui donnerait droit à des prestations d'invalidité. En effet, tel n'est pas le sens de l'arrêt attaqué, qui prévoit en réalité que l'épouse ne devra entreprendre des démarches auprès de l'assurance sociale que si son état de santé l'empêche de retrouver la capacité de gain, de l'ordre de 2'000 fr. par mois, retenue par le juge des mesures protectrices. Fondées sur une mauvaise compréhension de la décision attaquée, les critiques formulées par la recourante sont dès lors sans pertinence; au demeurant, elle conteste souffrir de la maladie précitée, de sorte que son moyen tombe totalement à faux. Sont également appellatoires, donc irrecevables, les affirmations de la recourante relatives aux droits dont bénéficie l'intimé dans deux successions non partagées, ainsi que celles concernant le montant de son loyer, qui n'aurait pas été prouvé. Enfin, il ne lui suffit pas de prétendre que la fixation de la contribution d'entretien est inéquitable dès lors que le débiteur réalise un revenu mensuel net de 9'570 fr., tandis qu'elle n'a pratiquement rien pour vivre; encore faut-il qu'elle démontre en quoi l'allocation d'une rente d'un montant de 1'000 fr. par mois serait en l'occurrence arbitraire, l'autorité cantonale ayant considéré qu'il ne se justifiait pas, dans le cas particulier, d'appliquer la règle du partage par moitié du disponible des époux: or la recourante ne conteste pas ce point.