Citation: 1A.213/2005 27.03.2006 E. 1

3.2 Selon les experts, l'implantation du hangar sur la parcelle n° 2120, comme le préconisent les recourants, permettrait certes de limiter la distance qui le sépare du bâtiment 3c qui abrite la stabulation libre. Elle ne changerait en revanche rien au fait qu'il faudrait traverser une route communale pour parvenir au bâtiment abritant la porcherie actuelle et à celui utilisé comme remise; elle nécessiterait de surcroît le déplacement du silo tranché, de la place à fumier ou de la cour de sortie des vaches de manière à pouvoir accéder au hangar. Quelle que soit l'hypothèse choisie, elle impliquerait des investissements supplémentaires que les experts et la Chambre administrative pouvaient à juste titre considérer comme injustifiés d'un point de vue économique. Enfin, la nouvelle construction se trouverait dans une zone de protection du paysage relativement préservée de toute atteinte. Or, un hangar de 24 mètres de longueur sur 12 mètres de largeur et d'une hauteur au faîte de 9,6 mètres crée un impact certain sur le paysage mis sous protection. Il s'agit d'un élément important à prendre en considération dans la pesée des intérêts (cf. DFJP/OFAT, op. cit., notes 28 et 29 ad art. 3 LAT, p. 95/96). Au terme d'une comparaison des avantages et des inconvénients, la Chambre administrative pouvait ainsi écarter cette solution sans excéder son pouvoir d'appréciation. Les experts ont proposé une autre variante consistant à déplacer le hangar sur les mêmes parcelles, mais de l'autre côté du chemin public qui les traverse, à l'ouest des bâtiments abritant actuellement la porcherie et la remise. Cette proposition aurait, selon eux, l'avantage de limiter l'atteinte portée à la vue des recourants tout en assurant une gestion rationnelle de l'exploitation par un regroupement des bâtiments et des installations au même endroit. La Chambre administrative l'a écartée parce que le terrain était en pente, parce que l'aisance pour la manoeuvre des machines serait restreinte et parce que l'emplacement proposé se situerait également en zone de protection du paysage. La présence d'une pente, bien que contestée par les recourants, a été constatée à l'occasion de l'inspection locale opérée par la cour cantonale. Il ne ressort pas du dossier que cette constatation des faits serait manifestement inexacte, de sorte qu'elle lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 2 OJ). Il en va de même s'agissant de l'aisance d'accès au hangar invoquée par les intimés. Il s'agit d'un critère important dans la pesée des intérêts en présence et aucun élément au dossier ne permet d'admettre que l'emplacement projeté serait à cet égard moins favorable que celui suggéré par les experts. Quant à l'implantation de nouvelles constructions dans la zone de protection du paysage, elle doit en principe être évitée quand bien même des dérogations à l'affectation de cette zone ont été consenties en faveur des intimés. La Chambre administrative ne s'est donc pas fondée sur des éléments de fait dénués de pertinence ou constatés de manière manifestement inexacte pour écarter l'alternative suggérée par les experts, même si celle-ci pouvait aussi offrir certains avantages. Cela étant, la cour cantonale n'a pas excédé le pouvoir d'appréciation qui lui est reconnu. Certes, elle ne s'est pas prononcée sur la valeur patrimoniale de la maison des recourants, de sorte que l'on ignore si elle en a ou non tenu compte dans la pesée des intérêts. Les recourants ne prétendent cependant pas que leur maison, construite en 1870, ferait l'objet d'une mesure de classement, de sorte que l'intérêt public lié à la protection de ce témoin du passé architectural n'apparaît pas prépondérant au point de s'opposer à l'implantation projetée, située à plus de 30 mètres du bâtiment des recourants.