Citation: I 182/02 20.03.2003 E. 4

Le litige porte donc sur le point de savoir si l'intéressée subit une diminution de sa capacité de gain en raison d'une atteinte à sa santé psychique. 4.1 La juridiction cantonale a nié que tel était le cas, en s'écartant pour cela des conclusions des experts du COMAI selon lesquels l'assurée subissait une incapacité de travail de 50 % dans toute activité adaptée en raison d'un trouble somatoforme douloureux. Elle a considéré qu'au dire des experts, ce trouble était lié exclusivement à une dysthymie chez une personnalité dépendante, à l'exclusion d'un trouble dépressif majeur. En l'absence d'une comorbidité psychatrique grave, il paraissait dès lors peu probable que l'assurée subît une incapacité de travail de 50 %. Par ailleurs, les premiers juges reprochent aux experts d'avoir omis de tenir compte de l'aspect psycho-social du cas, quand bien même la précarité de la situation financière de l'intéressée pouvait constituer un motif d'obtenir une rente. De son côté, la recourante reproche à la juridiction cantonale de s'être écartée des conclusions des experts prénommés sans motif médical concret. 4.2 Pour rendre leurs conclusions, les experts se sont adjoint les services de plusieurs spécialistes dont un médecin psychiatre, la doctoresse D.________. En substance, celle-ci a constaté l'existence d'une humeur «discrètement déprimée, sans qu'on puisse parler d'un état dépressif majeur». Certes, comme la Cour de céans a déjà eu l'occasion de le rappeler à plusieurs reprises (arrêts Q. du 8 août 2002, I 783/01, et S. du 6 mai 2002, I 275/01), il ne ressort pas de l'arrêt auquel la juridiction cantonale s'est référée (VSI 2000 p. 154 sv. consid. 2c) que seuls des troubles somatoformes douloureux liés à une comorbidité psychiatrique grave seraient susceptibles de fonder une invalidité au sens de la LAI. Une telle comorbidité constitue tout au plus l'un des critères, certes important, à prendre en considération dans le cadre d'une évaluation globale de la situation médicale de l'assurée. Aussi, ne saurait-on s'écarter des conclusions des experts du COMAI au seul motif que leur rapport ne fait pas état d'une comorbidité psychiatrique grave. Cela étant, il n'en demeure pas moins qu'il faut examiner si l'expertise contient suffisamment d'éléments pertinents au plan psychiatrique pour que l'on puisse se convaincre, dans le cas particulier, que l'intéressée n'est pas en mesure de reprendre pleinement une activité lucrative. Or, outre le fait qu'elle a constaté seulement une humeur discrètement déprimée, la doctoresse D.________ a nié l'existence d'un signe floride de la lignée psychotique ou d'idée de ruine ou encore de dévalorisation. Aussi, en présence d'une anamnèse psychologique qualifiée d'«assez sommaire», les experts ont-ils souligné la difficulté de définir les raisons du déclenchement du trouble somatoforme douloureux. Ils ont indiqué que la maladie de la mère domiciliée au Portugal, vécue comme grave et potentiellement mortelle par la recourante, ainsi que le décès accidentel de son frère cadet, auraient engendré chez l'intéressée un sentiment de culpabilité dû à son incapacité de leur venir en aide. Quoi qu'il en soit, même si cette hypothèse était avérée, il apparaît que l'expertise en cause ne contient pas suffisamment d'éléments susceptibles de fonder une invalidité au sens de la LAI. En particulier, elle ne fait pas état d'une perte d'intégration sociale, les observations consignées dans ladite expertise (présentation soignée et élégante, démarches en vue de confier son fils à un logopédiste afin de connaître les raisons de ses difficultés à s'exprimer en portugais) laissant au contraire présager d'une intégration sociale normale. Par ailleurs, les experts attestent de nombreuses plaintes relatives à d'intenses douleurs dont les caractéristiques demeurent vagues (p. ex. exacerbation des douleurs au bras et à l'épaule gauches, même si le sac à provisions est porté à la main droite), critère qui doit, en principe, plutôt conduire à recommander le refus d'une rente (cf. VSI 2000 p. 155 consid. 2c). Vu ce qui précède, force est de constater, sans qu'il soit nécessaire de faire procéder à un complément d'instruction, comme le demande la recourante, que l'expertise du COMAI ne contient pas suffisamment d'éléments au plan psychiatrique pour que l'on puisse se convaincre, dans le cas particulier, que l'intéressée n'est pas en mesure de reprendre pleinement une activité lucrative. L'office AI était dès lors fondé à s'écarter des conclusions des experts quant à l'évaluation de la capacité de travail sur le plan psychique. Le jugement entrepris n'est pas critiquable et le recours se révèle mal fondé.