Citation: 5D_121/2019 E. 5.1

5.1. En l'espèce, la Cour de justice a constaté que les parties avaient signé divers accords. Le 23 décembre 2014, la poursuivante, en tant que bailleresse, et " C.________ " ont passé un " contrat de location d'un emplacement de stationnement " portant sur un terrain, pour une durée de trois ans, à partir du 1er janvier 2015, moyennant un loyer de 1'000 fr. par mois. A une date indéterminée, la poursuivante et le locataire prénommé ont conclu une convention par laquelle celui-ci s'est engagé à payer 2'000 fr. par mois en sus du loyer fixé dans le contrat de location; le poursuivi a apposé sa signature sur la convention en dessous de la mention imprimée " C.________ soit pour elle B.________ ". Le 25 mars 2017, deux contrats ont été passés entre la poursuivante et " D.________ pour elle B.________ (...) "; le premier portait sur un parking, le second sur un entrepôt; ces baux ont été conclus pour une durée d'une année, du 1er avril 2017 au 1er avril 2018, renouvelable de six mois en six mois; la signature du poursuivi figure sous la mention imprimée " Le locataire: B.________ ". Le 1er avril 2017, la poursuivante et " D.________ (...) " ont passé une convention en vertu de laquelle le locataire s'est engagé, " en complément du contrat de location ", à verser " en sus du loyer une somme de CHF 24'000/an pour frais complémentaires "; le poursuivi a apposé sa signature, puis son paraphe, respectivement en dessus et en dessous de la mention imprimée " D.________ ". Le 29 novembre 2016, a été inscrite au Registre du commerce de Genève " D.________ Sàrl ", dont E.________ est le seul associé (gérant); le but social est l'achat et la vente de tous véhicules automobiles, de pièces autos et d'accessoires, le leasing, l'import-export de véhicules ainsi que de toutes activités liées, les services de livraison et de transport de marchandises. L'autorité cantonale a examiné si les postes 2 et 3 du commandement de payer (seuls litigieux) justifiaient la mainlevée provisoire sur la base des " contrats de 2017", que la poursuivante a résiliés pour le 30 juin 2018. Elle a retenu que le terrain de cette dernière fait l'objet de deux contrats de bail successifs, l'un à compter du 1er janvier 2015 pour une durée de trois ans, l'autre à compter du 1er avril 2017 pour une durée d'une année renouvelable. Il est constant que, par le premier bail, la poursuivante s'est liée au poursuivi; la conclusion du second bail est survenue largement avant l'échéance du premier, et les circonstances dans lesquelles le contrat du 23 décembre 2014 a pris fin et celui du 25 mars 2017 a été souscrit ne résultent pas des pièces produites. Le dernier accord, assorti d'un bail du même jour portant sur un entrepôt, est encore complété par une convention signée le 1er avril 2017. Ces trois documents comportent des indications contradictoires, puisque les deux baux désignent en qualité de locataire " D.________ (...) soit pour elle B.________ " en première page et " B.________ " en deuxième page avant la signature, alors que la convention mentionne " F.________ " et " D.________ ". Ces titres ne permettent dès lors pas de discerner sans ambiguïté si le poursuivi s'est lié à la poursuivante comme il l'avait fait précédemment ou s'il a entendu - de façon conforme ou non - engager la société D.________ Sàrl. En tout cas, celle-ci a clairement manifesté qu'elle se considérait partie aux baux de 2017, car elle a ouvert une procédure en contestation de leur résiliation devant la juridiction des baux et loyers. Il s'ensuit que, à ce stade, on ne peut pas admettre une " identité entre le poursuivi et le débiteur désigné dans le titre ".