Citation: 4C.313/1999 25.01.2000 E. A

A.- Durant trois ans, de mars 1990 à mars 1993, Marie Kopf a vécu avec Emma Zell d'une manière quasi permanente; elle occupait auprès d'elle la fonction de dame de compagnie, elle tenait son ménage et lui prodiguait des soins. Toutes deux s'étaient entendues pour que ces services soient récompensés par une disposition à cause de mort. Emma Zell a fait quatre testaments: - un testament du 14 août 1982 où elle a institué unique héritière la Ville de Genève, sous réserve de deux legs, - un testament olographe du 24 avril 1990, par lequel elle a notamment attribué à Marie Kopf une maison à Genève, avenue de Miremont, - un testament public du 10 septembre 1992 faisant de Marie Kopf son héritière unique, sous réserve d'un legs, - un testament public du 4 février 1993 qui confirmait ses dispositions antérieures et désignait une exécutrice testamentaire. Emma Zell est décédée le 23 août 1993. Ses héritiers légaux, après s'être d'abord opposés à la délivrance d'un certificat d'héritier en faveur de Marie Kopf, sont convenus avec elle d'un acte de répudiation de la succession en leur faveur, moyennant cession de la maison de l'avenue de Miremont et la remise d'une somme de 2 millions. Cet accord a été communiqué à la justice de paix le 20 janvier 1994. Par demande du 13 juin 1994, la Ville de Genève, qui avait été instituée unique héritière de Emma Zell par le testament du 14 août 1982, a intenté action en annulation ou en constatation de nullité des autres testaments. Emma Zell, qui avait répudié la succession, n'a pas été prise à partie par la demanderesse dans cette procédure. Par jugement du 18 novembre 1996, le Tribunal de première instance de Genève a dit que le testament du 24 avril 1990 était complètement nul et a annulé les testaments publics. Il a jugé en conséquence que la succession de Emma Zell devait être dévolue conformément aux dispositions pour cause de mort prises dans le testament du 14 août 1982. Cette décision a été confirmée par la Cour de justice du canton de Genève le 23 mai 1997, et, sur recours en réforme et de droit public des héritiers, par arrêts du Tribunal fédéral du 10 mars 1998.