Citation: 1P.659/2003 17.02.2004 E. 4

Invoquant la présomption d'innocence, le recourant fait valoir que selon les termes du jugement attaqué, les versions en présence ne sont que "sensiblement différentes"; il fait aussi valoir que la secrétaire était une employée de l'association plaignante et qu'elle se trouvait donc dans un rapport de dépendance; il en déduit qu'ils avaient tous deux, lui-même et l'employée, un intérêt prétendument évident à présenter les faits de manière "sensiblement" différente, et que dans ces conditions, le Tribunal cantonal devait l'acquitter au bénéfice du doute. Cette argutie ne convainc pas. En effet, si l'on admet que la secrétaire n'a pas donné de réponse à la demande exprimée par le recourant, conformément à sa version de leurs entretiens téléphoniques, il est hors de doute que ce dernier a coupé les arbres sans autorisation expresse. Le recourant soutient encore que même s'il avait peut-être, au téléphone, mal compris les paroles de la secrétaire, le Tribunal cantonal devait déduire de l'ensemble des circonstances qu'il s'était cru au bénéfice d'une autorisation tacite d'exécuter les travaux. Il se plaint d'arbitraire à ce sujet, mais il omet de préciser quelles sont les constatations du jugement à considérer comme manifestement erronées. En réalité, cette critique ne tend qu'à dénoncer une application éventuellement incorrecte des art. 19 al. 1 et 20 CP relatifs aux erreurs sur la situation de fait ou de droit. Elle aurait pu être soulevée par la voie du pourvoi en nullité; elle est donc irrecevable par celle du recours de droit public. Au demeurant, elle est tout à fait inconsistante car le recourant n'a pas pu sérieusement comprendre le silence de l'association propriétaire, ou les paroles tenues pour ambiguës de son employée, comme une autorisation d'exécuter des travaux bien plus importants que ceux demandés par écrit.