Citation: 6B_231/2021 E. 3.5.3

3.5.3. Le raisonnement de la cour cantonale est convaincant. En tant que le recourant soutient que des "corrections de valeurs" aux bouclements au 31 décembre 2010 et au 31 juin 2011 ne permettent pas de reconstituer la comptabilité de I.________ SA avec une force probante, il oppose essentiellement sa propre appréciation à celle de la cour cantonale dans une démarche appellatoire, et, partant, irrecevable. 3.5.3.1. Le recourant reproche en particulier à l'analyste financier d'avoir procédé à des "suppositions sur la base d'un autre rapport d'audit". Le rapport d'analyse financière retient notamment ce qui suit: "dans le rapport d'audit de la fiduciaire S.________ SA du 9 janvier 2012, en évoquant le poste 'exigible à court terme' il est indiqué en page 10 «nous relevons pour information, que sur un solde de CHF 1'758'455.35, environ CHF 900'000.00 sont des dettes dont la date d'échéance est antérieure au 31 mai 2011». Malheureusement, ni le détail, ni les gros postes ne sont indiqués. On peut néanmoins supposer qu'il s'agit des mêmes créances que celles mentionnées au chiffre 3.1.3". Le recourant ne démontre pas en quoi le fait que le rapport suppose que les chiffres retenus dans le rapport de la fiduciaire S.________ SA du 9 janvier 2012 correspondent aux créances figurant dans le tableau récapitulatif annexé au rapport de l'analyste financier du ministère public du 27 mars 2015 serait arbitraire et tel n'apparaît pas être le cas (cf. pièces 48 du dossier cantonal et Annexe 7 du rapport de l'analyste financier du ministère public du 27 mars 2015; art. 105 al. 2 LTF). Au demeurant, il convient de relever que le rapport d'analyse financière ne se fonde pas directement sur les chiffres mentionnés dans le rapport de la fiduciaire S.________ SA, mais procède à une liste des montants dus aux créanciers dont le fait générateur est avant le 12 mai 2011, date de reprise du club par le recourant (cf. rapport d'analyse financière, p. 4) - lesquels étaient déjà récapitulés dans l'Annexe 7 du rapport de l'analyste financier du ministère public - et corrige ainsi le résultat au 31 décembre 2010 d'une perte de 637'539 fr. 60 (cf. rapport d'analyse financière, p. 3-4). Le grief du recourant est donc rejeté dans la mesure où il est recevable. 3.5.3.2. Le recourant souligne ensuite que l'analyste financier indique lui-même que les niveaux de précision des chiffres et leur exactitude ne le satisfont que très peu. Il en déduit que celui-ci se serait livré à des suppositions et à des grossières approximations. Cette argumentation ne saurait être suivie. En effet, comme l'a relevé la cour cantonale, les chiffres mentionnés dans le rapport d'analyse financière sont basés sur un examen soigneux et sérieux des pièces disponibles, celui-ci retenant les comptes au 31 décembre 2010 et y intégrant les éléments extraordinaires ayant pour origine l'équipe K.K.________ ainsi que des corrections de valeurs de 1'881'338 fr. 60 (au passif) pour arriver à un montant de surendettement à la valeur de liquidation d'environ 1'450'000 fr. au 12 mai 2011. Il y a lieu de relever que cette conclusion est d'ailleurs compatible avec celle de la fiduciaire S.________ SA, qui retient qu'au 30 juin 2011, la société I.________ SA était surendettée au sens de l'art. 725 al. 2 CP pour un montant de 1'946'606 fr. 13. En outre, on relèvera que, conformément au mandat, le rapport retient la version la plus favorable au recourant (cf. rapport d'analyse financière, p. 1). Par ailleurs, en raison de certaines lacunes dans la comptabilité et du désordre administratif - qui, comme le relève le recourant, ont notamment été soulignées dans le rapport - la cour cantonale a retenu que le lien de causalité ne pouvait pas être clairement démontré pour le solde (2'770'000 fr.) du montant correspondant à l'aggravation du surendettement (16'570'000 fr.). Ainsi, au bénéfice du doute, elle a retenu que les actes de gestion fautive du recourant avaient aggravé le surendettement de I.________ SA d'un montant de l'ordre de 13,8 millions de francs (cf. supra consid. 3.4 in fine). Pour le surplus, en tant que le recourant se plaint du fait que les auteurs des autres analyses financières versées au dossier n'ont pas été entendus dans le cadre de la présente procédure, il y a lieu de relever qu'il ne ressort pas du jugement attaqué qu'il aurait requis l'audition de ces témoins en appel et que la cour cantonale aurait refusé celle-ci; le recourant ne le prétend d'ailleurs pas. Il s'ensuit que le grief du recourant est rejeté dans la mesure où il est recevable. 3.5.3.3. Le recourant fait ensuite valoir que le rapport d'analyse financière contiendrait "de grossières contradictions" avec les rapports précédents. Il relève que tant le rapport de l'analyste du ministère public du 27 mars 2015 que le rapport de la société T.________ SA soulignent que le fait que la promesse de don de 1'820'000 fr. - qui date du 21 février 2011 - soit enregistrée dans les comptes au 31 décembre 2010 viole la stricte séparation des exercices exigée par les principes comptables. Or, selon le recourant, dans son rapport, l'analyste financier précise que le postulat a été émis que les comptes étaient tenus avec régularité durant la période K.K.________. Cette argumentation ne saurait être suivie. En effet, le seul fait que l'analyste financier ait émis le postulat que les comptes avaient été tenus avec régularité durant la période K.K.________ n'ôte pas toute valeur probante et toute crédibilité au rapport d'analyse financière, étant rappelé que l'analyste financier a précisé que la notion de régularité n'excluait pas, mais englobait également les manquements mentionnés dans les autres rapports financiers (cf. rapport d'analyse financière, p. 3). Au contraire, comme l'a relevé la cour cantonale, la crédibilité de l'analyse contenue dans le rapport d'analyse financière - qui établit l'existence d'un surendettement et sa quotité à la date de reprise (1'450'000 francs) en se fondant sur les valeurs de liquidation - est corroborée par l'audit réalisé par la fiduciaire S.________ SA (cf. supra consid. 3.5.3.2). Le grief du recourant est rejeté.