Citation: 4C.33/2006 29.03.2006 E. A

Le 5 février 1992, B.________ a ouvert un compte et un dépôt auprès de la banque A.________, succursale de P.________, représentée par son employé C.________. Le compte, intitulé "compte no xxx" devait recevoir les revenus des valeurs déposées. L'épouse et les deux fils de B.________ étaient habilités à le représenter vis-à-vis de la banque. C.________ était le principal interlocuteur de B.________, mais ne disposait pas d'un droit de signature sur le compte xxx, étant précisé qu'aucun mandat de gestion ne liait le client à la banque. Le 17 juillet 1995, C.________ s'est engagé personnellement à rembourser à B.________ 80'000 fr., représentant le dédommagement partiel d'une perte boursière, d'ici au 31 août 1997. Le 4 août 1997, la banque a donné quittance à son client du dépôt, sur le compte xxx, de trois mille six cent soixante-sept pièces d'or Napoléon de 20 fr. "pour expertise et vente éventuelle", signée par C.________. Le 6 août 1997, la banque, succursale de R.________, a accusé réception de trois mille six cent soixante-six pièces d'or Napoléon, que sa succursale de S.________ a achetées au prix de 87 fr. l'unité. Le 12 août 1997, la banque, succursale de P.________, a versé sur le compte xxx la somme de 230'000 fr. et a prélevé une commission de 916 fr. 50. Quelques minutes après ces opérations, la succursale de S.________ a versé à celle de P.________, sur un compte interne, le prix d'achat des pièces d'or, soit 318'942 fr. B.________ a, par la suite, donné des ordres en bourse qui ont été exécutés à concurrence de 230'000 fr., par le biais du compte xxx. B.________ soutient que la banque ne lui a pas restitué la somme de 88'025 fr. 50 représentant le solde du prix de vente des Napoléons d'or (318'942 fr. - 230'000 fr. - 916 fr. 50). Selon une attestation notariée du 28 février 2002, lui-même, son épouse et leurs deux fils étaient en France du 11 au 17 août 1997. Entendu comme témoin, le responsable du cash-service à la succursale de P.________ a déclaré qu'il avait remis les 88'025 fr. 50 en espèces à C.________, le 12 août 1997; il ignorait ce qu'il était advenu de cette somme ainsi que de la pièce d'or manquante. Une tierce personne a déposé que B.________ lui avait dit, approximativement en février 1998, qu'il avait vendu ces pièces d'or, sans obtenir le montant qui lui revenait et que C.________ trouvait toujours des excuses pour le solde litigieux. Au début 2001, C.________, décrit par ses collègues comme un homme honnête et sérieux, est décédé. Après ce décès, plusieurs clients de la banque se sont plaints de la manière dont cet employé avait géré leur compte et ont été indemnisés. En février 2001, B.________ s'est adressé à deux directeurs de la banque pour demander le paiement du solde, accru des intérêts, et la restitution de la pièce d'or manquante. Devant le refus de la banque, il a mis en demeure cette dernière, le 27 mars 2001, de lui restituer la somme de 105'439 fr. ainsi que la pièce d'or invendue. Les conditions générales et le règlement de dépôt applicables au contrat d'ouverture d'un compte et d'un dépôt n'ont pas été produits dans la procédure, ouverte ultérieurement.