Citation: U 54/02 10.01.2003 E. A

S.________ travaillait en qualité d'employé d'exploitation à l'office postal de X.________ depuis le 14 octobre 1982. A ce titre, il était assuré par la Caisse nationale suisse d'assurance-accidents (CNA) contre les maladies et les accidents professionnels ainsi que contre les accidents non professionnels. Aux mois de novembre 1985, mars et mai 1986, l'office postal de X.________ a été l'objet de trois attaques à main armée. S.________, qui était présent lors des trois agressions, a notamment été menacé durant la deuxième; il a poursuivi l'auteur lors de la troisième attaque et a été profondément affecté des soupçons de complicité portés à son encontre par la police en raison de ses liens avec son frère, lui-même auteur de quatre agressions à main armée quelques années auparavant. Mis à la retraite anticipée par son employeur pour des raisons de santé dès le 1er novembre 1998, il bénéficie, depuis cette même date, d'une rente entière de l'assurance-invalidité. Le 30 septembre 1998, l'assuré a remis trois déclarations d'accident à la CNA en relation avec les événements précités, indiquant qu'ils étaient la cause des troubles psychiques qui l'affectent. En cours d'instruction, il est apparu que l'assuré, qui avait des tendances suicidaires, a fait un premier séjour à l'Hôpital psychiatrique de Z.________ en 1979, pour un état dépressivo-anxieux chez une personnalité schizoïde. Depuis lors, il a encore été hospitalisé à plusieurs reprises en 1980 et 1981, puis en 1990, 1994 et 1996 et 1997. Dans un rapport du 12 juin 1998, le docteur A.________, psychiatre, a posé le diagnostic de schizophrénie indifférenciée. Selon ce médecin, l'évolution pathologique depuis 1996, vers une situation clairement schizophrénique, peut être mise en relation avec la situation de l'assuré, qui avait pu maintenir au prix d'efforts importants son insertion professionnelle, mais s'était senti progressivement dépassé et n'avait plus été à même de poursuivre son activité, en raison, notamment, de la perspective du départ à la retraite de son supérieur hiérarchique qui jouait un rôle parental protecteur, ainsi que des changements et de l'évolution survenus au sein de La Poste qui avaient précipité sa désinsertion. Par décision du 4 juin 1999, la CNA a refusé toute prestation à l'assuré au motif que l'atteinte psychique dont il souffre n'est pas en relation de causalité naturelle avec les événements de 1985 et 1986. Ensuite de l'opposition formée par l'assuré contre cette décision, la CNA a encore demandé l'avis de la doctoresse B.________, psychiatre auprès de sa division médicale. Dans un rapport du 24 septembre 1999, cette spécialiste a indiqué qu'un rapport, au sens d'une causalité partielle, entre les événements de mars et mai 1986 et l'état de santé de l'assuré était possible, mais pas très vraisemblable. La doctoresse B.________ relevait notamment que ces événements avaient certes joué un rôle, mais que l'assuré s'était, à l'époque, comporté de manière exemplaire, tentant même de poursuivre l'agresseur, et que le dossier ne fournissait aucun indice d'une décompensation vers 1985-1986 ou dans les années qui ont suivi. La symptomatique présentée par S.________ correspond au cortège de symptômes susceptibles d'apparaître en cas de schizophrénie et il est possible que le souvenir des agressions, dans le contexte de la mise au bénéfice d'une rente, ait péjoré son état actuel. Du point de vue psychiatrique, le contexte social de l'intéressé, en particulier le départ à la retraite de son chef et la réorganisation de La Poste, doivent cependant également être pris en considération et apparaissent, toujours selon ce médecin, avec une très grande probabilité comme la cause de l'aggravation de l'état de santé. Le 13 janvier 2000, la CNA a rejeté l'opposition de l'assuré.