Citation: 6B_1116/2022 E. 3.2

3.2. Compte tenu de la gravité des infractions commises par le recourant, de sa relative intégration professionnelle en Suisse et des possibilités qu'il conservait de se réintégrer dans son pays d'origine, la cour cantonale a retenu que l'intérêt public à l'expulsion l'emportait sur l'intérêt privé du recourant à demeurer en Suisse. Elle a jugé que l'expulsion était conforme au principe de proportionnalité découlant de l'art. 5 al. 2 Cst. et de l'art. 8 par. 2 CEDH et que la seconde condition de l'art. 66a al. 2 CP n'était pas réalisée. Partant, elle a confirmé l'expulsion du recourant du territoire suisse pour une durée de sept ans. La cour cantonale a considéré que les intérêts publics à l'expulsion du recourant étaient importants, dans la mesure où celui-ci s'en était pris au bien juridique suprême qu'est la vie, où sa culpabilité était importante et sa détermination criminelle forte, où il avait également été condamné dans la présente procédure pour injure et voies de fait commises sur la même victime, et où la peine privative de liberté à laquelle il avait été condamné dépassait une année, ce qui pourrait permettre une révocation de son autorisation de séjour sur la base de l'art. 62 al. 1 let. b LEI. À la décharge du recourant, la cour cantonale a relevé que celui-ci avait agi par dol éventuel et que l'acte n'était resté qu'au stade de la tentative. Cela devait toutefois être relativisé par le fait que le résultat ne s'était pas produit uniquement grâce aux capacités d'auto-défense de la victime et à l'intervention de tiers. La cour cantonale a ajouté que le recourant avait été condamné à trois reprises en 2018 et 2019 pour des infractions contre l'autorité publique et la LCR et que cela ne l'avait toutefois pas dissuadé de commettre une infraction plus grave, ce qui dénotait un certain mépris pour l'ordre juridique suisse et une tendance à être violent. Le recourant n'avait de plus formulé ni remords ni regrets quant à ses actes. Il n'avait pas commis de nouvelles infractions depuis les faits ici litigieux, ce qui constituait un élément neutre. La cour cantonale a tenu compte des liens familiaux du recourant en Suisse, en particulier avec son épouse et ses trois enfants, dont un mineur et un en formation, avec lesquels il vit. Elle a toutefois relativisé ces éléments, dès lors que le recourant pourrait rester en contact avec sa famille par le biais de moyens de communication modernes et qu'il pourrait également s'installer dans un pays européen limitrophe avec la Suisse pour être plus proche de sa famille. Elle a par ailleurs relevé que l'expulsion prononcée était d'une durée limitée, soit de sept ans, et que l'épouse et les enfants du recourant, également de nationalité portugaise, avaient la possibilité de le suivre dans leur pays d'origine. La cour cantonale a reconnu que l'expulsion du recourant pourrait prétériter la situation financière du reste de sa famille puisqu'il en était l'un des soutiens financiers. Elle a toutefois estimé qu'il ne devrait pas avoir de difficulté à retrouver un emploi dans son domaine dans son pays d'origine, dans lequel il avait suivi sa scolarité, avait été formé et avait travaillé jusqu'à son arrivée en Suisse en 2009. Elle a jugé qu'il pourrait ainsi continuer à soutenir financièrement sa famille, même si le salaire était inférieur à un salaire suisse, et a relevé que son épouse travaillait également. Enfin, la cour cantonale a considéré que l'intégration du recourant en Suisse était tout au plus ordinaire, dans la mesure où il ne parle pas français, où il a des dettes et où il a peu de fréquentations, d'amis proches et de loisirs, et qu'il n'apparaissait donc pas qu'il se trouverait dans une situation sensiblement plus défavorable au Portugal, ses quatre soeurs pouvant y faciliter son installation.