Citation: 7B_635/2024 E. 3.3.3

3.3.3. Enfin, le recourant souligne qu'il conviendrait de tenir compte dans la pesée des intérêts en présence du fait que les comportements en cause s'étaient uniquement déroulés dans le cadre de sa relation de couple et relevaient uniquement de sa sphère intime et privée. En tant que le recourant prétend que le risque de récidive serait inexistant dès lors qu'il serait désormais séparé de son compagnon, son argumentation est appellatoire et, partant, irrecevable (cf. consid. 2.1.5 supra). En outre, le recourant a certes effectivement commis la plupart des actes qui lui sont reprochés au préjudice de son compagnon. Il ressort toutefois de l'arrêt cantonal que l'ordonnance pénale du 17 mai 2019 concerne également des violence et menace contre les autorités et les fonctionnaires. De même, la Chambre pénale de recours a relevé le comportement oppositionnel du recourant lors des événements du 1er janvier 2024; il avait alors refusé catégoriquement d'ouvrir la porte aux policiers et avait déplacé des meubles pour en bloquer l'accès, contraignant les intervenants à faire appel à un serrurier. Ainsi, les actes du recourant ont également visé des tiers et non son seul compagnon. Pour le surplus, l'instruction visant le recourant porte sur des faits non dénués de gravité - atteinte à l'intégrité physique - et qui se répètent dans le temps, malgré une condamnation en 2019 et plusieurs interventions policières. Le fait qu'aucune décision judiciaire n'ait encore été rendue à propos de l'épisode du 1er janvier 2024 et que le procureur ait ordonné le classement de la procédure à la suite du retrait de la plainte pénale concernant les événements du 13 mars 2021 n'y change rien. Au contraire, ces deux événements tendent plutôt à démontrer que les agissements du recourant sont récurrents et celui-ci a continué à s'en prendre à plusieurs occasions à l'intégrité physique de son compagnon, malgré une condamnation pour des faits similaires. Au vu de ces éléments, la chambre pénale de recours n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les actes en cause questionnaient la capacité du recourant à gérer une classe en toutes situations. En tant qu'enseignant remplaçant, il sera en effet appelé à travailler avec des élèves sur lesquels il exercera un ascendant et une influence non négligeables. Dans cette perspective, il ne saurait être reproché à l'autorité précédente d'avoir considéré qu'on pouvait craindre que des comportements inadéquats du recourant se produisent également dans le cadre de son travail où des conditions potentiellement conflictuelles et stressantes pouvaient survenir. Vu l'importance du bien juridique concerné - intégrité corporelle - et même si le recourant minimise les faits, il existe un intérêt public évident à ce que l'autorité de surveillance ait connaissance de l'existence de la procédure pénale ouverte contre l'intéressé afin qu'elle puisse, le cas échéant, prendre les mesures qui s'imposeraient. Enfin, dans la mesure où la communication permet d'atteindre le but, la condition d'aptitude est également réalisée. L'atteinte à la vie privée est par ailleurs limitée puisque la communication ne tend en l'état qu'à informer le DEF de l'ouverture d'une instruction pénale, sans transmission d'autres éléments ni d'appréciation quant à une éventuelle culpabilité. Il appartiendra ensuite à l'autorité administrative d'examiner si des mesures s'imposent; le recourant ne soutient pas qu'il ne pourra pas faire valoir à cette occasion ses arguments, en particulier s'agissant de l'importance de la poursuite de sa formation professionnelle au sein de la HEP et de la nécessité d'effectuer des remplacements. Au regard des considérations susmentionnées, la pesée des intérêts opérée par la Chambre des recours pénale ne viole pas le principe de la proportionnalité.