Citation: 4A_336/2012 E. 6

A l'encontre de ce jugement, la succession soutient à titre principal que le demandeur n'a pas subi de dommage parce que dans son patrimoine, l'engagement supplémentaire de 3'600'000 fr. contracté envers sa propre banque, par suite du virement opéré sur son ordre en faveur de la Banque N.________, s'est trouvé compensé par une créance de même importance à faire valoir contre A.________. La débitrice était alors solvable, prétendument, et la créance n'a perdu toute valeur que par suite de l'inaction du demandeur durant plus de dix ans. En vertu de l'art. 44 al. 1 CO, il incombe au lésé de réduire le dommage autant que l'on peut raisonnablement l'attendre de lui (Franz Werro, in Commentaire romand, 2e éd., n° 30 ad art. 44 CO). Selon l'argumentation présentée, ce devoir imposait au demandeur d'entreprendre une poursuite pour dette ou une action en justice contre A.________. D'abord, la prétention à élever contre cette dernière est douteuse, ce qui est explicitement reconnu dans le mémoire de recours. L'argumentation présentée fait état d'un prêt dont le demandeur pouvait censément exiger le remboursement; toutefois, la Chambre des recours n'a pas constaté, entre lui et A.________, les manifestations de volonté réciproques et concordantes portant sur l'octroi d'un prêt destiné à l'amortissement du compte de construction. Quoique la décision attaquée rapporte certains témoignages paraissant à cet égard concluants, la Chambre des recours n'a pas non plus constaté que A.________ ait sollicité le demandeur d'avancer les fonds nécessaires à la libération des cédules hypothécaires. Le fondement contractuel d'une créance contre elle n'est donc pas établi avec certitude. Pour le surplus, dans le cadre du grief tiré de l'art. 9 Cst., le Tribunal fédéral n'a pas à rechercher d'office si le demandeur eût pu se prévaloir des règles de l'enrichissement illégitime ou de la gestion d'affaires sans mandat. Ensuite, il est affirmé dans le mémoire que A.________ « était loin d'être insolvable à fin novembre 1988 ». Ce fait étant invoqué à l'encontre de l'action en dommages-intérêts, il eût incombé à Me H.X.________, plutôt qu'au demandeur, d'en apporter la preuve (cf. ATF 130 III 321 consid. 3.1 p. 323; 128 III 271 consid. 2a/aa p. 273; 132 III 183 consid. 8.3 p. 206). Devant la Chambre des recours, le notaire recherché ne s'est toutefois prévalu que d'éléments sans pertinence ou inconsistants, tels que « le procès-verbal d'audition de A.________ [du] 14 mai 1991 ne donne pas l'impression que [sa] situation ait alors été obérée ». La succession n'est donc pas fondée à se plaindre, parce que la Chambre des recours a au contraire retenu que A.________ était insolvable et s'est abstenue de préciser depuis quand, d'une appréciation arbitraire des preuves ni d'une décision insuffisamment motivée. Ainsi, la succession ne parvient pas à mettre en évidence une application manifestement erronée de l'art. 44 al. 1 CO en rapport avec des démarches que le demandeur eût dû entreprendre contre A.________.