Citation: 1B_232/2015 E. 3.3

3.3. En l'espèce, il est vrai que le prévenu, ressortissant suisse, peut se prévaloir de liens avec la Suisse, dans la mesure où sa mère et un de ses fils y résident. La cour cantonale a cependant relevé que ce fils, issu d'un premier mariage, était majeur. Elle a considéré que même si le lien filial devait être intense comme allégué, il ne constituerait pas encore un frein suffisamment fort et tangible pour retenir le prévenu de se soustraire à une peine privative de liberté fixée en première instance à 11 ans, et ce quand bien même il existerait une possibilité d'acquittement mais aussi d'augmentation de cette peine de par l'appel du Ministère public. L'instance précédente a encore mis en évidence que le recourant n'exposait pas quelles étaient ses intentions au niveau professionnel. La cour cantonale a ensuite ajouté que le recourant n'avait pas documenté sa situation financière. Elle a soupçonné l'existence d'éléments de fortune dont le prévenu tairait l'existence et le détail, qui lui permettraient d'assurer sa subsistance et de quitter la Suisse définitivement pour échapper à sa sanction. Elle s'est référée à cet égard aux différents éléments de la fortune du recourant relevés au cours de la procédure: il dispose d'avoirs hors de Suisse, en particulier d'un compte à Monaco, sur lequel il affirme, sans le documenter, qu'il ne reste que quelque 9'000 euros; dans la convention de divorce du 26 avril 2012, reprise dans le jugement de divorce du 12 novembre 2012, il est indiqué que l'intéressé détient des comptes bancaires et des espèces pour un montant de l'ordre de 500'000 francs, "actifs résiduels provenant d'une donation familiale" (cette donation consiste en la somme de 4 millions de francs reçue de sa mère et dont on ignore ce qu'elle est réellement devenue, faute de toute documentation permettant d'en retracer le cheminement); le prévenu possède une procuration sur le compte de sa mère en Italie, compte dont on ignore tout, en particulier l'usage qu'en a fait le recourant; l'intéressé est susceptible de recevoir la moitié du bénéfice net provenant de la villa de Chêne-Bougeries et de l'appartement de Crans-sur-Sierre, immeubles dont la convention de divorce indique qu'ils devaient être vendus d'ici au 31 décembre 2012 au prix minimum, respectivement de 16 millions et de 5 millions de francs; le 10 juillet 2012, le recourant évaluait sa fortune, essentiellement immobilière, à quelque 7 millions de francs; le prénommé est aussi propriétaire de trois véhicules automobiles de collection dont une Ferrari 599 GTB et une Jaguar XK120, dont les valeurs marchandes sont conséquentes; il possède encore des montres de valeur dont on ignore le nombre; le prévenu fait désormais état d'un compte auprès de la banque D.________ dont le solde se montait en février 2015 à quelque 360'000 francs, constituant "la seule fortune dont il dispose", mais dont la provenance n'est pas expliquée ni documentée, étant relevé que ce compte ne porte pas le même numéro que celui dont le prévenu faisait état lors de son audition devant le Ministère public le 14 décembre 2012 auprès de ce même établissement. L'ensemble des éléments exposés par l'instance précédente apparaît suffisant pour retenir un risque concret de fuite. L'arrêt attaqué ne prête pas le flanc à la critique sur ce point. Le recourant se contente d'ailleurs de soutenir à tort que le risque de fuite ne repose que sur la gravité de l'infraction et la peine encourue. Il avance encore qu'il n'a pas de lien avec l'étranger. Il affirme aussi que la relation qu'il entretient avec son fils, C.________, est très étroite: il en veut pour preuve le fait que celui-ci est venu régulièrement lui rendre visite en prison et a assisté à son procès: le fait que ce fils comprend les tenants et aboutissants de la procédure pénale renforcerait encore l'intensité du lien qui l'unit à son père; ce lien aurait de plus une "résonance particulière" puisqu'il s'agit du seul enfant (sur les quatre enfants qu'il a eus avec trois mères différentes) avec lequel il peut entretenir de telles relations. Cette argumentation est toutefois insuffisante à faire admettre l'invraisemblance du risque de fuite, vu l'intensité de celui-ci: elle tend plutôt à montrer que le recourant, condamné en première instance à une peine privative de liberté importante, possède de sérieuses raisons de ne pas rester en Suisse. Le grief doit donc être rejeté.