Citation: I 239/00 19.01.2001 E. 3

3.- Il s'agit de déterminer si l'octroi au recourant d'une rente entière d'invalidité, en 1995, était manifestement erroné, comme l'intimé l'a soutenu dans sa réponse du 21 mai 1999 au recours en première instance. a) Le docteur M.________, médecin-conseil du Centre d'observation professionnelle de l'assurance-invalidité à P.________ a attesté que le recourant n'avait récupéré que partiellement la fonction du coude droit, qu'il était très gêné surtout lors des travaux à l'atelier mécanique, et qu'il souffrait visiblement (rapport du 27 mars 1995). Quant au directeur de ce centre, il a indiqué que le recourant avait été invité à effectuer divers petits travaux de série à l'établi. Il a évalué son rendement à 20 % lors de la première semaine de stage, le taux restant inférieur à 50 % durant les trois semaines suivantes alors qu'il travaillait sur des machines-outils réglées. Le directeur a précisé que l'on ne pouvait raisonnablement exiger de l'assuré qu'il reprenne une activité lucrative signifiante, si l'on songe à des travaux de type manuel. Par ailleurs, le recourant n'avait aucune chance d'intéresser un employeur actuellement et ne disposait pas suffisamment de moyens intellectuels pour entreprendre un reclassement professionnel dans un domaine à prédominance intellectuelle (rapport du 28 mars 1995). Dans une note du 3 mai 1995, l'Office de l'assuranceinvalidité du canton du Jura a proposé de fixer le degré d'invalidité du recourant à 80 %, dès lors qu'on ne pouvait exiger du recourant qu'il reprenne une activité signifiante de type manuel et qu'on ne voyait pas quel travail il pourrait encore effectuer. Se fondant sur le prononcé du 16 mai 1995, l'administration a alloué une rente entière d'invalidité au recourant, à partir du 1er janvier 1995. b) En l'espèce, lorsqu'elle a rendu sa décision de rente, le 27 juin 1995, l'AI était suffisamment informée de la nature des troubles subis par le recourant, ainsi que de leurs conséquences sur sa capacité de gain, en particulier dans un emploi de manoeuvre de chantier. En revanche, l'administration n'a pas cherché à savoir, comme elle aurait dû le faire (cf. art. 28 al. 2 LAI), si des mesures d'ordre professionnel étaient vraiment illusoires chez un assuré âgé d'une trentaine d'années (à propos de la priorité de réadaptation sur la rente, voir ATF 108 V 212 ss, 99 V 48). Quant à la comparaison des revenus dont il est question à l'art. 28 al. 2 LAI, elle n'a simplement pas eu lieu, si bien qu'on ignore comment le taux de d'invalidité a pu être arrêté à 80 %. En bref, la méthode d'évaluation de l'invalidité du recourant, telle qu'elle a été appliquée en 1995, n'était manifestement pas conforme à la loi. Dès lors, on doit admettre que la décision de rente du 27 juin 1995 était sans nul doute erronée au sens de la jurisprudence (cf. consid. 2a ci-dessus), si bien que l'administration avait le droit de la révoquer par voie de reconsidération, comme elle l'a fait le 18 novembre 1998. Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances p r o n o n c e :