Citation: 1B_12/2014 E. 3.3

3.3. En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 § 3 CEDH, toute personne qui est mise en détention préventive a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou d'être libérée pendant la procédure pénale. Une durée excessive de la détention constitue une limitation disproportionnée de ce droit fondamental, qui est notamment violé lorsque la durée de la détention préventive dépasse la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre. L'art. 212 al. 3 CPP prévoit ainsi que la détention provisoire ou pour des motifs de sûreté ne doit pas durer plus longtemps que la peine privative de liberté prévisible. Le juge peut dès lors maintenir la détention préventive aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation. Il convient d'accorder une attention particulière à cette limite, car le juge - de première instance ou d'appel - pourrait être enclin à prendre en considération dans la fixation de la peine la durée de la détention préventive à imputer selon l'art. 51 CP. La possibilité d'un sursis, voire d'un sursis partiel, n'a en principe pas à être prise en considération dans l'examen de la proportionnalité de la détention préventive (arrêt 1B_338/2013 du 16 octobre 2013 consid. 3.1 destiné à la publication et les références citées). En l'occurrence, l'argumentation du recourant repose sur l'allégation que la détention subie serait "très largement" supérieure à celle encourue selon l'accord intervenu avec le Procureur dans le cadre de la procédure simplifiée. Il n'appartient cependant pas au juge de la détention d'examiner le respect du principe de la proportionnalité en fonction de la sanction proposée - dont le contenu n'a pas été divulgué et dont le caractère approprié devra encore être examiné par le juge du fond (cf. art. 362 al. 1 let. c CPP) -, mais de celle prévisible au regard des chefs d'infraction et des faits reprochés. Par conséquent, ainsi que l'a retenu la cour cantonale, la durée de la détention (8 mois en décembre 2013) ne viole pas le principe de proportionnalité n'excédant de loin pas le cadre légal de la peine menace applicable au cas d'espèce (cinq ans de peine privative de liberté au plus [art. 305bis ch. 2 let. c CP] en lien avec une possible application de l'art. 49 CP), ni celle permettant encore, dans l'hypothèse la plus favorable au recourant et dont il semble se prévaloir, l'octroi d'un sursis total (24 mois [art. 42 CP]).