Citation: 6B_1247/2021 E. 4.2.1

4.2.1. La recourante fait ensuite grief à l'autorité cantonale d'avoir méconnu, respectivement de ne pas avoir pris en considération, des connaissances scientifiques déterminantes. Elle fait valoir que le Tribunal fédéral a déjà considéré comme immédiatement connu du Tribunal (gerichtsnotorisch) que les victimes de délits sexuels renonçaient parfois à porter plainte pour diverses raisons, comme la peur et la honte, qu'il n'était pas rare qu'elles se trouvent en état de choc et de sidération ensuite d'une expérience traumatique telle qu'un viol, ce qui pouvait les conduire au refoulement et au déni du traumatisme vécu, sur lequel nombre d'entre elles ne s'exprimaient qu'après plusieurs mois voire plusieurs années (arrêt 6B_257/2020 du 24 juin 2021 consid. 5.4.1 et les références). Par ailleurs, selon les connaissances scientifiques, les événements traumatiques étaient traités différemment des événements quotidiens; d'une part, des distorsions de la mémoire et des pertes de mémoire pouvaient survenir, notamment en raison d'une tendance au refoulement; d'autre part, certaines victimes gardaient en mémoire un grand nombre de détails de l'événement traumatique ou s'en souvenaient presque entièrement; la richesse des détails, en particulier lorsqu'ils concernaient des aspects secondaires, était une caractéristique courante de la réalité à prendre en compte lors de l'analyse des déclarations (arrêt 6B_257/2020 précité consid. 5.4.2 et les références). Pour la recourante, cela permettrait de comprendre qu'il est parfaitement normal que A.A.________ n'ait pas de souvenirs ordinaires des événements qu'elle a vécus, qui lui sont apparus comme des "flashs" des années après sans qu'elle puisse les dater. Cela expliquerait pourquoi elle a décrit certains éléments de manière très précise (porte qui grince, qui est fermée mais pas à clé, propos entendus, son emplacement sur le lit, l'identification formelle du prévenu, etc.) comme si elle avait revécu les événements, plutôt que d'y repenser simplement. Cela expliquerait aussi les crises d'angoisse et le stress post-traumatique. Selon la recourante, tous ces éléments parfaitement concordants avec les connaissances scientifiques actuelles auraient nécessairement dû mener la cour cantonale à retenir que les déclarations de A.A.________ étaient non seulement crédibles, mais correspondaient à un vécu, de sorte qu'elles devaient fonder les faits à retenir dans le cadre de la présente affaire.