Citation: 6P.101/2001 28.11.2001 E. 2

2.- a) Selon les juges cantonaux, la recourante se trouvait statutairement investie de la fonction de seule associée gérante de la société en nom collectif. Elle connaissait la précarité de la situation financière de l'entreprise - société familiale, employant un nombre limité de collaborateurs -, de sorte qu'il lui incombait de contrôler que les cotisations d'assurance maladie perte de gain retenues sur les salaires du personnel soient effectivement versées à l'assurance. Or, elle ne s'était nullement souciée de la question, si bien que sa responsabilité pénale était engagée en vertu des art. 159 et 172 CP. Peu importait à cet égard que d'autres personnes, soit B.________ ou C.________, voire D.________, aient pu être recherchées pénalement pour les mêmes carences. Par ailleurs, la société avait poursuivi ses activités commerciales pendant plus d'un an après novembre 1998. Elle avait donc à l'évidence disposé des moyens financiers lui permettant d'assumer les modestes cotisations d'assurance - inférieures à 2'000 fr. - prévues pour couvrir F.________ contre le risque de maladie. b) aa) Se plaignant d'une constatation arbitraire des faits et d'une violation du principe in dubio pro reo, la recourante conteste qu'il lui incombait de contrôler la destination des cotisations retenues sur les salaires du personnel. Elle rappelle à cet égard que la Chambre pénale a reconnu qu'en réalité l'entreprise était dirigée par son père, par son frère, chargé notamment de l'administration, et par son époux, tandis qu'elle-même n'exerçait que le secrétariat et la réception. La recourante précise que, du reste, elle ignorait tout de la situation de l'entreprise vis-à-vis de l'assureur. bb) Les juges cantonaux n'ont nullement retenu que la recourante savait que des cotisations d'assurance étaient perçues auprès du personnel sans être versées à l'assureur. Ils se sont limités à considérer que la recourante avait manqué de procéder aux contrôles nécessaires à cet égard, ce qu'elle ne conteste pas. Dans ces conditions, le seul point litigieux est de savoir si la recourante était effectivement chargée d'un devoir de contrôle - entraînant sa responsabilité pénale - sur les salaires des employés, quand bien même sa tâche se limitait au secrétariat et à la réception en dépit de sa position statutaire d'unique associée gérante. Il s'agit cependant d'une question de droit, qui sera traitée dans le cadre du pourvoi en nullité. c) La recourante soutient ensuite que la Chambre pénale a retenu arbitrairement que la société bénéficiait des moyens financiers propres à s'acquitter des cotisations litigieuses. L'arrêt attaqué devant de toute façon être annulé pour un autre motif, cette question peut rester indécise. d) Le recours de droit public est dès lors mal fondé en tant que recevable.