Citation: I 552/03 26.11.2004 E. 3

En l'occurrence, le dossier ne contient aucun élément concret permettant de remettre en cause le diagnostic de neurasthénie retenu par les médecins du COMAI. Si ce diagnostic est certes de moins en moins usité parmi les membres du corps médical, il figure cependant toujours dans la Classification internationale des troubles mentaux et des troubles du comportement CIM-10 établie par l'OMS (F 48.0). Il est à noter que l'ancien médecin traitant de l'assurée, le docteur G.________, avait posé un diagnostic similaire («psychasthénie»). En revanche, on peut émettre des réserves sur l'appréciation des experts du caractère exigible ou non d'une reprise d'activité professionnelle par l'assurée. Contrairement à ce que laisserait supposer le contenu de leurs réponses aux questions posées par l'office AI [page 17 et ss du rapport], ils ne se sont pas montrés affirmatifs en ce qui concerne l'étendue de l'incapacité de travail de E.________. A la lecture des considérations médicales, on constate leurs doutes et leurs hésitations [voir surtout la page 16 de leur rapport où les experts expriment leur difficulté à apprécier les capacités adaptatives réelles de l'assurée]. Si l'on ne peut leur reprocher d'avoir fait preuve de retenue dans l'examen de cette question, leurs propos sont insuffisants pour que le juge puisse se convaincre d'une limitation de longue durée de la capacité de travail pouvant conduire à une invalidité au sens de l'art. 4 LAI. A cela s'ajoute qu'ils se sont fondés essentiellement sur la manière dont E.________ elle-même ressent et assume ses facultés de travail alors qu'il y a lieu d'établir la mesure de ce qui est raisonnablement exigible d'un assuré le plus objectivement possible. Nonobstant l'état de faiblesse dans laquelle elle se trouve depuis de nombreuses années, la recourante a tout de même été en mesure de travailler durant une année comme femme de chambre, apparemment à la satisfaction de son employeur. On sait aussi qu'elle est capable d'assumer seule la conduite de son ménage. Devant ces éléments- qui sont autant d'indices parlant en faveur de l'existence d'une capacité de travail résiduelle certaine - les experts ne pouvaient pas reprendre à leur compte, sans un regard critique plus approfondi, les déclarations de l'assurée laquelle, au demeurant, est restée très vague sur divers aspects de sa vie. Cela étant, on ne saurait non plus conclure que la recourante jouit d'une pleine capacité de travail excluant tout droit à des prestations de l'assurance-invalidité comme l'ont estimé les premiers juges. Il existe tout de même sur le vu de l'examen psychiatrique un sérieux doute à ce sujet. Il convient par conséquent de renvoyer la cause à l'office intimé pour qu'il ordonne une nouvelle expertise psychiatrique. Il appartiendra en particulier à l'expert psychiatrie de déterminer aussi objectivement que possible la capacité de travail de l'assurée. Dans cette mesure, le recours est bien fondé.