Citation: 4A_140/2022 E. A

A.a. Le 14 septembre 2017, le footballeur professionnel portugais C.________ (ci-après: le joueur ou le footballeur) a conclu un contrat de travail arrivant à échéance le 30 juin 2022 avec le club de football B.________, membre de la Fédération Portugaise de Football (FPF), elle-même affiliée à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). Ledit contrat réglait la rémunération brute des services fournis par le joueur et prévoyait en outre le versement de divers bonus, dont le montant dépendait du nombre de rencontres disputées par l'intéressé. L'art. 8 du contrat de travail stipulait que le joueur pouvait mettre un terme aux relations contractuelles sans juste motif, moyennant notamment le versement d'un montant de 45'000'000 euros à son employeur. Une clause d'arbitrage, insérée à l'art. 10 dudit contrat, prévoyait que le Tribunal arbitral du sport portugais (" Tribunal Arbitral do Desporto "; ci-après: le TAD) serait seul compétent pour statuer sur tout différend opposant les parties. A.b. Le 15 mai 2018, des individus supportant B.________ ont pénétré illégalement dans les installations de celui-ci et ont physiquement menacé et/ou attaqué certains employés et joueurs du club. Des tensions sont également apparues entre le président du club et certains joueurs; ce dernier leur aurait notamment reproché d'être des enfants gâtés et vaniteux. Le 14 juin 2018, le footballeur a résilié son contrat de travail, en invoquant l'existence d'un juste motif. Il se prévalait d'une rupture du lien de confiance à la suite de l'humiliation publique et du dénigrement dont il avait fait l'objet de la part du président du B.________ et se plaignait d'avoir été physiquement agressé, aux côtés de ses coéquipiers, par certains supporters violents lors des événements survenus le 15 mai 2018. A.c. Le 1er août 2018, la Commission paritaire arbitrale, sise au Portugal, a validé la résiliation du contrat opérée par le joueur et a précisé que ce dernier pouvait offrir ses services à d'autres équipes de football. Le 2 août 2018, le joueur a conclu un nouveau contrat de travail avec le club professionnel français A.________ échéant le 30 juin 2023, en vertu duquel il avait droit à un salaire mensuel de 10'000 euros ainsi qu'à un bonus de fidélité d'un montant avoisinant les 2'500'000 euros exigible le 5 juillet 2019. A.________ a rentré ultérieurement dans le système de régulation des transferts (" Transfer Matching System ") une instruction de transfert visant le joueur concerné. Fin août 2018, il a sollicité la remise du Certificat International de Transfert ( International Transfer Certificate; ci-après: le CIT). Ledit document a été transmis le même jour par la FPF à la Fédération Française de Football (FFF), laquelle en a accusé réception le 4 septembre 2019. B.________ ne s'est pas opposé à la remise dudit document au A.________. A.d. En juillet 2019, A.________ a transféré le joueur au club italien D.________ pour un montant d'environ 30'000'000 euros. A.e. Auparavant, le joueur, se fondant sur l'art. 10 du contrat de travail, avait assigné B.________, en date du 17 août 2018, devant le TAD aux fins de faire constater qu'il avait résilié pour juste motif le contrat de travail qui le liait au défendeur et d'obtenir le paiement d'une compensation de 390'000 euros de sa part. Le 14 septembre 2018, B.________ a conclu au rejet de la demande. A titre reconventionnel, il a réclamé le paiement d'un montant d'environ 45'000'000 euros pour résiliation du contrat sans juste cause. Le 31 octobre 2018, B.________ a soulevé une exception d'incompétence du TAD et a sollicité la suspension de la procédure. A son avis, la Chambre de Résolution des Litiges de la FIFA (ci-après: la CRL) était exclusivement compétente pour trancher le différend divisant les parties. Le 5 décembre 2018, le TAD a confirmé qu'il était compétent pour connaître du litige et a rejeté la demande de suspension de la cause, en précisant que B.________ avait, par son attitude, manifesté qu'il acceptait la compétence de l'autorité arbitrale saisie, puisqu'il n'avait contesté celle-ci que dans un second temps. Le 18 mars 2019, le TAD a rendu sa décision. En bref, il a notamment retenu que le joueur avait été victime de harcèlement de la part de B.________, raison pour laquelle il avait droit au paiement d'une indemnité de 40'000 euros. L'attitude adoptée par le club vis-à-vis du joueur aurait en principe pu permettre à ce dernier de se départir du contrat pour juste motif. Toutefois, le comportement ultérieur du joueur, lequel n'avait pas mis fin immédiatement aux rapports de travail, démontrait que la relation contractuelle aurait pu perdurer, de sorte qu'il y avait lieu de retenir que la résiliation du contrat avait en réalité été opérée sans juste cause. Aussi le joueur était-il contractuellement tenu d'indemniser son cocontractant. L'indemnité prévue par le contrat de travail, supérieure à 45'000'000 euros, devait toutefois être réduite à 16'500'000 euros car elle était manifestement excessive. Le recours interjeté par le joueur à l'encontre de cette décision a été rejeté par la Cour d'appel de Lisbonne en janvier 2022. A.f. De son côté, B.________, en date du 5 novembre 2018, a assigné le joueur et A.________ devant la CRL. Le 23 janvier 2019, le joueur a fait valoir que la CRL était incompétente pour trancher le présent litige. A titre subsidiaire, il a soutenu que le contrat avait été résilié pour juste cause et a présenté une demande reconventionnelle en vue d'obtenir le paiement d'un montant total de 390'000 euros. De son côté, A.________ a prétendu, principalement, que la demande était irrecevable et, subsidiairement, qu'elle devait être rejetée. Statuant le 20 février 2020, la CRL a jugé que la demande était irrecevable pour cause de litispendance préexistante, vu la saisine préalable du TAD.