Citation: 1D_1/2023 E. 4.3.2

4.3.2. A cela s'ajoute que le recourant ne s'est pas préoccupé du maintien de son autorisation d'établissement, qui est certes octroyée pour une durée indéterminée (art. 34 al. 1 de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration du 16 décembre 2005 [LEI; RS 142.20]), mais peut prendre fin lorsque l'étranger déclare son départ de Suisse (cf. art. 61 LEI). Selon le recourant, dès lors qu'il avait annoncé son départ, le 12 février 2019, il serait "douteux" d'exiger de lui qu'il procède aux formalités pour en solliciter la prolongation. Toutefois, si, comme il le prétend, le recourant avait conservé le centre de ses intérêts en Suisse, respectivement qu'il prévoyait d'y revenir à l'achèvement de ses obligations professionnelles à l'étranger, on pouvait attendre de sa part qu'il s'inquiète de la question du maintien de son autorisation d'établissement - qui s'est éteinte avec son annonce de départ (cf. art. 61 al. 1 let. a LEI) -, respectivement qu'il en demande, à son départ, le maintien par le biais d'une autorisation d'absence (cf. art. 61 al. 2 LEI). 4.3.2.1. Le recourant soutient à ce propos qu'on ne saurait lui reprocher de ne pas avoir demandé une telle autorisation d'absence, dès lors que son octroi serait, à le suivre, limité à des "raisons strictes", notamment l'accomplissement du service militaire, les séjours de formation ou relatifs à des déplacements professionnels pour le compte d'un employeur suisse, cas de figure dans lesquels il ne tomberait pas. La loi ne prévoit cependant pas une liste exhaustive de situations permettant l'obtention d'une telle autorisation, pas plus que l'ordonnance fédérale du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201 - cf. en particulier art. 79 al. 2 OASA); la liste figurant dans la directive pertinente du SEM, à laquelle se réfère le recourant, n'est d'ailleurs qu'exemplative (SEM, Directives LEI, octobre 2013, n. 3.5.3.2.3). Aussi ne perçoit-on pas ce qui aurait empêché le recourant d'entreprendre une telle démarche si son départ de Suisse n'était - comme il l'affirme - que provisoire. 4.3.2.2. Dans ces conditions, les autorités précédentes pouvaient retenir que le recourant ne remplissait pas non plus les exigences en matière de détention d'une autorisation d'établissement durant toute la procédure de naturalisation définies par le droit cantonal (art. 11 al. 1 et 3 aLNat), son autorisation ayant perdu sa validité ex lege le jour de son annonce de départ, le 12 février 2019 (art. 61 al. 1 let. a LEI). Que l'autorité compétente retarde prétendument le traitement de la demande d'autorisation d'établissement déposée par le recourant à son retour, en février 2022, est ainsi sans incidence: dès lors qu'il s'agit d'une nouvelle autorisation, cela n'enlève rien au fait que durant près de trois ans, alors que la procédure de naturalisation était pendante, le recourant ne bénéficiait plus d'un titre de résidence valable en Suisse. 4.3.2.3. On ne saurait d'ailleurs suivre le recourant lorsqu'il reproche à la Cour de justice d'avoir tiré argument du défaut d'autorisation d'établissement valable durant la procédure de naturalisation - exigence pourtant prévue par la loi - pour confirmer le classement de la procédure. La directive du SEM (ODM, Manuel Nationalité pour les demandes jusqu'au 31.12.2017, n. 4.2.3) ainsi que l'arrêt du Tribunal administratif fédéral du 3 novembre 2009 (arrêt C-6519/2008), auxquels il se réfère, ne portent que sur l'octroi de l'autorisation fédérale de naturalisation et non sur les exigences supplémentaires que le législateur cantonal est en droit de définir (cf. ATF 139 | 169, consid. 6.3; 138 | 305, consid. 1.4.3; 138 | 242, consid. 5.3). Or, la naturalisation genevoise exige, outre la résidence effective, la titularité d'un titre de séjour valable pendant toute la durée de la procédure (cf. art. 11 al. 3 aLNAT), exigence supplémentaire dont on ne discerne pas - le recourant ne fournissant du reste aucune explication en ce sens - qu'elle serait contraire au droit fédéral; l'analyse des arrêts cantonaux cités par le SN en réponse au recours, à laquelle s'adonne le recourant en réplique, ne démontre pas non plus - à supposer une telle critique recevable à ce stade (cf. ATF 143 II 283 consid. 1.2.3) - une quelconque contrariété au droit supérieur.