Citation: I 1052/06 29.02.2008 E. 5

Le Tribunal cantonal des assurances a constaté que le docteur Van Saanen, médecin traitant de l'intimée depuis 1991, avait fait état, notamment, de fibromyalgie accompagnant d'importants troubles psychiques, savoir une phobie sociale associée à une importante dépression, la capacité de travail étant alors de 50 %. E.________, psychologue jadis mandatée par l'office AI, avait de son côté pratiqué des tests projectifs approfondis qui avaient mis en évidence des séquelles de psychose infantile et une efficience intellectuelle dysharmonique, l'intimée se situant dans la zone de débilité légère (QI 65); elle a aussi fait état d'une personnalité comportant des carences psychotiques de la représentation et un colmatage par des défenses de caractère, ajoutant que les interactions sociales étaient systématiquement interprétées sur le mode victime-persécuteur. Par ailleurs, le docteur T.________ avait corroboré les appréciations du docteur S.________ et de la psychologue E.________. La juridiction cantonale a aussi constaté que durant de nombreuses années ces avis médicaux et psychologiques concordants n'avaient jamais été mis en doute, mais qu'ils avaient au contraire été corroborés par la plupart des médecins consultés en 2003 et 2004 (rapports des docteurs L.________, D.________ et O.________). Enfin, le Tribunal des assurances a constaté que les experts du SMR, dans l'expertise rhumatopsychiatrique qu'ils avaient rendue en 2005, ne s'étaient nullement prononcés sur l'état de santé de l'intimée en 2001, en particulier sur la gravité de l'état anxio-dépressif tel qu'il prévalait à cette époque-là. De plus, le SMR n'avait apporté aucun élément permettant de démontrer que l'appréciation opérée en 2001 était erronée. Selon les premiers juges, on ne pouvait dès lors pas admettre que l'appréciation concordante de la situation médicale et en particulier celle de l'évaluation de la capacité de travail, en 2001, était à ce moment-là lacunaire au point que la décision de rente doive être aujourd'hui tenue pour manifestement erronée. La juridiction cantonale a même constaté que les autres critères posés par la jurisprudence en matière de troubles somatoformes étaient réalisés de sorte que, pour ce motif également, le recourant ne pouvait supprimer la demi-rente accordée en 2001.