Citation: 5P.458/1999 29.02.2000 E. 4

4.- Le recourant soutient que l'autorité cantonale, à supposer qu'elle ait raison sur l'inapplicabilité du tarif cantonal, aurait néanmoins fait preuve de formalisme excessif en rejetant son pourvoi en nullité. a) Il y a formalisme excessif lorsque l'application stricte des règles de procédure n'est justifiée par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi et empêche ou complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel. Le Tribunal fédéral en connaît librement (ATF 121 I 177 consid. 2b/aa p. 179 et les arrêts cités). b) L'art. 62 al. 1 OELP se borne à poser le principe d'une "indemnité équitable à titre de dépens", sans toutefois fixer lui-même de critères à cet égard; pour en déterminer le montant, il faut tenir compte du temps consacré à l'affaire, de la complexité des questions qu'elle soulève, ainsi que de la valeur litigieuse (ATF 119 III 68 consid. 3b p. 69 et les références citées). Dans son pourvoi en nullité, le recourant invoquait l'art. 26 LTar, aux termes duquel les honoraires de l'avocat sont arrêtés d'après la nature et l'importance de la cause, ses difficultés, l'ampleur du travail, le temps que le mandataire y a utilement consacré, et la situation financière de la partie (al. 1). Cette disposition cantonale, bien que n'étant pas directement applicable, n'en prévoit pas moins des critères qui se recouvrent avec ceux que la jurisprudence a déduits de l'art. 62 al. 1 OELP (Fritzsche/Walder, ibidem, n. 21 et Panchaud/Caprez, ibidem, ch. 27, 30, 32 et 34); en d'autres termes, l'indication erronée de la norme applicable était sans incidence pour l'examen des éléments à prendre en considération dans la fixation des dépens. Partant, le moyen est fondé.