Citation: I 794/04 01.05.2006 E. 6

6.1 La recourante ne remet en cause ni le choix de la méthode mixte d'évaluation de l'invalidité, ni la répartition (à raison de 50 % et 50 %) entre l'exercice d'une activité lucrative et l'accomplissement des travaux habituels. Elle ne conteste pas non plus la pondération des différents champs des tâches ménagères retenue dans le rapport d'enquête économique, mais uniquement l'appréciation de son incapacité d'effectuer ces activités. 6.2 Selon la jurisprudence, la fixation de l'invalidité dans les travaux habituels ne saurait reposer sur une évaluation médico-théorique. En effet, le facteur déterminant pour évaluer l'invalidité des assurés n'exerçant pas d'activité lucrative consiste dans l'empêchement d'accomplir les travaux habituels, lequel est déterminé compte tenu des circonstances concrètes du cas particulier. C'est pourquoi il n'existe pas de principe selon lequel l'évaluation médicale de la capacité de travail l'emporte d'une manière générale sur les résultats de l'enquête ménagère. Selon la jurisprudence, une telle enquête a valeur probante et ce n'est qu'à titre exceptionnel, singulièrement lorsque les déclarations de l'assuré ne concordent pas avec les constatations faites sur le plan médical, qu'il y a lieu de faire procéder par un médecin à une nouvelle estimation des empêchements rencontrés dans les activités habituelles (VSI 2001, p. 158, consid. 3c; arrêt M. du 6 septembre 2004, I 249/04, consid. 5.1.1, W. du 26 juillet 2004, I 155/04, consid. 3.2, S. du 28 février 2003, I 685/02, consid. 3.2). 6.3 Selon le rapport d'enquête économique sur le ménage établi en l'espèce, la recourante subit les empêchements suivants : Travaux Pondération Empêchement Invalidité ____________________________________________________ Conduite du ménage 5 % 0 % 0 % Alimentation 50 % 20 % 10 % Entretien du logement 15 % 70 % 10,5 % Emplettes/courses diverses 10 % 10 % 1 % Lessive/vêtements 20 % 20 % 4 % Soins aux enfants 0 % 0 % 0 % Divers 0 % 0 % 0 % ______________________________________________________ Total 100 % 25,5 % 6.4 Cependant, il n'est pas contesté que les troubles cardiaque et diabétique empêchent la recourante d'effectuer tous les gros travaux de nettoyage (rapport du 22 avril 2002 du docteur V.________). Il appert des constatations de l'enquêtrice qu'elle ne parvient pas à dévisser les couvercles des bocaux et les bouchons de bouteilles s'ils n'ont pas été préalablement ouverts une première fois. Elle n'est pas non plus en mesure de soulever, ni de déplacer une casserole remplie d'eau. Elle ne peut que préparer des repas simples et remettre la cuisine en ordre dans un domaine, l'« Alimentation », qui implique la préparation, la cuisson et le service des repas, le nettoyage de la cuisine et l'approvisionnement du ménage. Sur le plan de l'« entretien du logement », elle ne peut pas passer l'aspirateur, ni changer la literie, entretenir les sols, nettoyer les vitres et la baignoire. Au niveau des « emplettes et courses diverses », elle ne peut rien porter de lourd. Certes peut-elle se déplacer au moyen des transports publics mais sous réserve toutefois d'une déserte adéquate des stations compte tenu de son état de santé, dès lors que ses hanches ne lui permettent pas de marcher trop longtemps. Enfin, s'agissant de la «lessive et entretien des vêtements» qui implique de laver / suspendre / ramasser / repasser / raccommoder / nettoyer les chaussures, l'assurée peut faire ses lessives et, par intermittence, le raccommodage. Par contre, elle n'est pas à même d'effectuer le repassage du linge. En outre, tous les quinze jours environ, elle subit une crise articulaire qui l'empêche complètement de vaquer à ses occupations habituelles, l'assurée n'étant même plus en mesure de s'alimenter par elle-même (cf. rapport d'enquête économique sur le ménage). Pour palier ces empêchements, l'on ne saurait attendre de l'assurée qu'elle recoure à l'aide de ses enfants sans les pénaliser dans une mesure déraisonnable dans l'exercice de leur activité professionnelle et dans leur vie privée. L'on ne saurait davantage recourir à l'aide de son mari, dès lors que lui-même souffre de troubles cervicaux fondant l'octroi d'une rente entière d'invalidité. Les pourcentages retenus au titre d'empêchements ménagers dans l'enquête économique sur le ménage s'avèrent ainsi insuffisants.