Citation: I 573/06 17.08.2007 E. 5

5.1 Il ressort des pièces versées au dossier que le recourant a subi une perforation binoculaire consécutivement à un accident survenu le 1er février 1981 et présente depuis lors une cécité au niveau de l'oeil droit et une perte visuelle gauche de 85 %. A la suite d'une dissection aortique de type A sur syndrome de Marfan survenue le 2 mai 2004, il a en outre été victime d'un AVC ischémique sylvien droit d'origine embolique suivi le 20 mai 2004 d'une craniotomie décompressive hémisphérique droite ainsi que d'une reprise chirurgicale pour hématome sous-dural frontal droit, le 8 juin 2004 d'une cranioplastie hémisphérique droite, le 11 juin 2004 d'une craniotomie hémisphérique droite pour hématome épidural et le 13 octobre 2004 d'une craniotomie pour hématome sous-dural chronique hémisphérique gauche. 5.2 Lors de son admission le 16 juin 2004 à la Clinique Y.________, les médecins ont mis en évidence un hémisyndrome facio-brachio-crural gauche avec hypotonie, une parésie à prédominance proximale du membre supérieur gauche et distale du membre inférieur gauche, d'importants troubles de la sensibilité superficielle et profonde ainsi qu'un sévère déconditionnement. L'intéressé se déplaçait en chaise roulante et avait besoin d'aide pour tous les gestes quotidiens de base en raison de troubles non seulement visuels mais également sensitifs affectant la coordination des membres, en particulier de la main gauche. Il présentait en outre des troubles cognitifs résiduels caractérisés par une perturbation de la mémoire musicale, une discrète héminégligence gauche entraînant une extinction sensorielle tactile et auditive, une discrète hypométrie directionnelle gauche, de légers déficits attentionnels avec baisse de la vigilance auditive ainsi qu'un fléchissement exécutif caractérisé par des difficultés d'abstraction et d'estimation cognitive associés à des troubles de la mémoire de travail. Les fonctions langagières, praxiques idéomotrices, mnésiques antérogrades en modalité verbale et gnostiques auditives s'avéraient par contre préservées (cf. rapport du 23 août 2004 du docteur V.________). 5.3 Une intensive prise en charge pluridisciplinaire (physiothérapie et ergothérapie) a permis de résorber l'héminégligence gauche dans une mesure conséquente et de rétablir une part importante des fonctions mnésiques, exécutives et physiques (force et équilibre) du recourant. En particulier, ce dernier a recouvré l'autonomie qui était la sienne précédemment aux atteintes subies en mai 2004 pour se vêtir (boutonnage des vêtements excepté), se lever, s'asseoir, se coucher, manger (manipulation de couteaux exceptée), accomplir sa toilette corporelle et intime ainsi que pour se déplacer (cf. questionnaire pour l'allocation d'impotence pour adultes du 11 janvier 2006, document recevable dans la présente procédure dans la mesure où il se réfère à des constatations médicales qui sont étroitement liées à l'objet du litige et de nature à en influencer l'appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue [ATF 99 V 102 et les arrêts cités]). Sur ce dernier point, la Cour de céans observe que contrairement aux déclarations du recourant, les troubles visuels dont il est atteint depuis 1981 ne se sont pas aggravés à la suite de la rupture aortique survenue le 2 mai 2004 (cf. rapport du 16 novembre 2005 du docteur H.________ comparé à celui du 28 septembre 2001 du docteur G.________), de sorte que son aptitude à se déplacer à l'extérieur - fût-ce avec ou sans l'assistance d'un tiers accompagnant - ne s'est pas non plus péjorée. 5.4 L'aggravation de l'état de santé présentée par le recourant à la suite des atteintes subies en 2004 se résume ainsi aux séquelles d'un hémisyndrome sensitif et ataxique gauche. Celles-ci se traduisent par des troubles de la motricité fine et de la dextérité de la main gauche qui handicapent l'intéressé essentiellement pour jouer de la musique, boutonner ses vêtements et manipuler des couteaux (cf. rapports des 15 juin 2005, avril 2005, 10 mars 2005, 1er décembre 2004 et 23 août 2004 du docteur V.________ ainsi que 21 mars 2005 de A.________). Les empêchements ainsi subis par le recourant - droitier de surcroît - dans l'accomplissement de ses travaux habituels ne sauraient à eux seuls fonder un degré d'invalidité lui ouvrant droit à une rente. Cela étant, ils ne constituent nullement un nouveau cas d'assurance, distinct de celui survenu le 1er février 1981 à la suite d'une perforation binoculaire et des lourdes limitations résultant de celle-ci. Aussi l'invalidité présentée par l'intéressé demeure-t-elle celle survenue le 1er décembre 1983 (cf. art. 29 al. 2 LAI), soit antérieurement à l'entrée en vigueur, le 1er janvier 1997, de la 10ème révision de l'AVS. 5.5 Dans ce cas, la jurisprudence considère qu'il n'est pas possible de renoncer, rétroactivement, à l'exigence du paiement personnel de cotisations; en effet, un assuré qui, sous l'ancien droit, ne pouvait prétendre une rente ordinaire parce qu'il ne pouvait se prévaloir d'une durée de cotisations d'une année entière au moins au moment de la survenance de l'invalidité, n'a pas droit non plus à une telle prestation après l'entrée en vigueur de la 10ème révision de l'AVS, indépendamment des cotisations payées par son conjoint (ATF 126 V 273). En l'occurrence, il est constant que le recourant ne s'est pas acquitté personnellement du paiement de cotisations durant une année entière au moins au moment de la survenance de l'invalidité, de sorte qu'il n'a pas droit à une rente ordinaire.