Citation: 8C_324/2022 E. 3.1

3.1. La cour cantonale a tout d'abord constaté que les parties divergeaient sur la portée du dispositif de l'arrêt du 6 juillet 2021, par lequel l'arrêté du Conseil d'État du 14 octobre 2020 révoquant la recourante avait été annulé et la cause renvoyée à cette autorité pour nouvelle décision dans le sens des considérants, à savoir la réintégration de la recourante "dans un poste correspondant à sa formation et aux années d'expérience acquises au 14 octobre 2020" (cf. let. A.e supra). Le fait que le Tribunal fédéral ait eu l'occasion de relever que "l'annulation de la décision de révocation implique que cette décision ne déploie plus d'effets, de sorte que le fonctionnaire concerné reste membre de l'administration cantonale" (arrêt 8C_203/2020 du 25 août 2020 consid. 3.3.3) ne préjugeait pas de la question du poste ou de la fonction dans lequel le fonctionnaire devait être réintégré. Dans sa pratique, la Chambre administrative avait tantôt ordonné la réintégration sans autre précision, tantôt précisé que la réintégration devait se faire dans le poste ou la fonction occupés au moment de la révocation (ou du licenciement). Le plus souvent, elle avait ordonné, alternativement ou à titre principal, la réintégration dans un poste ou une fonction de même type, générique ou équivalent. Il était aussi advenu que la Chambre administrative envisage explicitement un autre poste, de niveau différent, ou soumette la réintégration à conditions. En l'espèce, il ressortait du texte clair de l'arrêt du 6 juillet 2021 que la Chambre administrative n'avait pas ordonné la réintégration de la recourante dans la fonction qu'elle occupait au moment de sa révocation, soit la fonction de RRH 2 colloquée en classe 23. Si elle avait voulu un tel résultat, elle l'aurait dit de façon explicite ou se serait limitée à ordonner la réintégration. Les parties devaient dès lors comprendre, à la lecture de l'arrêt du 6 juillet 2021, que la réintégration ne portait pas sur le poste RRH 2 que la recourante occupait ni sur un poste équivalent, mais sur un autre poste ou une autre fonction à déterminer par l'intimé selon les critères impartis, lesquels avaient été précisés parce qu'ils étaient déterminants pour établir l'adéquation du profil de la recourante au poste auquel elle devait être affectée.