Citation: 4C.39/2000 19.04.2000 E. 3

3.- S'agissant de la différence de salaire par rapport aux minimums exigés par la convention collective, la recourante soulève plusieurs griefs distincts. a) Elle soutient que le litige aurait dû être soumis à la commission paritaire genevoise en raison de clauses arbitrales. En l'absence de toute règle du droit fédéral régissant de manière spéciale la compétence à raison de la matière, cette question relève du droit cantonal. La portée des clauses arbitrales sur le plan interne est donc en principe une question de droit cantonal, dont la violation ne peut donner lieu à un recours en réforme (Poudret, COJ II, n. 1.4.2.5 ad art. 43 OJ). b) Se fondant sur deux attestations, la cour cantonale a déduit que l'intimé avait trois ans d'expérience dans le domaine de la construction. Il s'agit là d'une constatation de fait, qui ne peut être revue dans un recours en réforme. Sur la base d'une telle constatation, on ne voit pas en quoi la cour cantonale aurait violé l'art. 42 de la convention collective en constatant que l'intimé devait être qualifié de monteur (classe de salaire B), et non pas d'aide-monteur. Les clauses normatives des conventions collectives - que leur champ d'application ait été ou non étendu (Jean-Fritz Stöckli, Commentaire bernois, n. 88 ad art. 356b CO) - doivent être interprétées selon les méthodes applicables aux lois (arrêt non publié du 19 mars 1998 dans la cause 4C.10/1998, consid. 2a; arrêt non publié du 6 octobre 1993 dans la cause 4C.46/1993, consid. 3; Stöckli, op. cit. , n. 86 et 134 ad art. 356 CO). On cherche vainement comment la cour cantonale aurait enfreint ces principes. c) La recourante invoque enfin le principe de la bonne foi (art. 2 CC) et soutient que l'intimé lui a caché qu'il était monteur, alors qu'elle ne voulait engager qu'un aide-monteur. Sur ce point, la cour cantonale a retenu que l'intimé avait déclaré avoir annoncé ses emplois antérieurs, mais que la recourante l'a contesté. Ainsi, il n'est pas constaté en fait que l'intimé aurait caché, au moment de la conclusion du contrat, ses qualifications et son droit à une rémunération de la classe B. Sur la base de l'état de fait qui lie le Tribunal fédéral saisi d'un recours en réforme (art. 63 al. 2 OJ), le moyen tiré d'une violation des règles de la bonne foi est donc dépourvu de tout fondement.