Citation: 1P.227/2000 16.05.2000 E. 4

4.- Dans son arrêt d'irrecevabilité du 3 mars 2000, le Tribunal cantonal a considéré que le Conseil d'Etat était saisi en l'occurrence en tant qu'autorité de surveillance de la Commission cantonale des constructions. Dans son écriture au Tribunal fédéral, le recourant part aussi de ce point de vue. Selon la jurisprudence, la décision par laquelle une autorité de surveillance n'entre pas en matière sur une plainte ou dénonciation qui lui est adressée, la rejette ou ne lui donne aucune suite, ne peut pas être attaquée par la voie du recours de droit public. D'une part, la décision ne règle en principe pas de façon contraignante les relations entre l'Etat et l'administré auteur de la plainte (c'est une condition pour un recours au sens de l'art. 84 al. 1 OJ); d'autre part, le plaignant ne peut pas se prévaloir d'un intérêt juridiquement protégé au sens de l'art. 88 OJ, puisqu'il n'a aucun droit à un examen matériel de ses moyens, ou en d'autres termes à une décision sur le fond (ATF 124 I 231 consid. 1c p. 234; 121 I 42 consid. 2a p. 45, 87 consid. 1a p. 90 et les arrêts cités). L'auteur de la plainte ou dénonciation ne peut pas non plus recourir pour violation des droits formels reconnus aux parties - notamment du droit d'obtenir une décision -, comme il n'est précisément pas partie à une procédure administrative ou juridictionnelle (ATF 124 I 42 consid. 2e p. 47). En pareil cas, il peut seulement, par la voie du recours de droit public, faire valoir que l'autorité cantonale a traité à tort sa requête comme une dénonciation à l'autorité de surveillance, alors qu'il s'agissait d'un véritable recours à l'autorité compétente; on l'aurait ainsi privé du droit d'être partie à une procédure de recours (ATF 121 I 42 consid. 2e p. 47). Or ce n'est pas ce dont le recourant se plaint: il reproche uniquement au Conseil d'Etat son retard à statuer sur sa requête du 1er septembre 1997. Quand bien même il avait intitulé cet acte "recours", il admet qu'il s'agissait d'une démarche auprès de l'autorité de surveillance. Il s'ensuit que le recours de droit public est manifestement irrecevable.