Citation: 1P.547/2000 30.10.2000 E. A

A.- Le 23 juin 1988, l'Office de la recherche et de la documentation pédagogique du Valais romand (ci-après: l'Office), subdivision du Département de l'instruction publique du canton du Valais, a commandé à la société S.________ S.A. (ci-après: la Société), des programmes informatiques désignés sous les noms "GP-Untis" et "GP-Mentor" servant respectivement à l'élaboration des horaires scolaires et à la répartition des cours entre les enseignants. En signant la commande, l'Office s'est engagé à utiliser ces programmes exclusivement pour ses propres besoins. Le 1er mars 1994, la Société a ouvert action contre l'Etat du Valais en requérant le paiement de dommages-intérêts. Elle a allégué que l'Office avait permis à plusieurs établissements scolaires du canton d'utiliser le programme "GP-Untis", en violation de l'engagement pris envers la Société et sans l'accord de celle-ci. L'instruction du procès civil a permis de déterminer que le collège des Creusets, à Sion, ainsi que les Cycles d'orientation de Grône, de Savièse et de Sierre, s'étaient servi du programme "GP-Untis". Entendu le 25 janvier 1995 comme témoin dans cette procédure, X.________, directeur du Cycle de Grône, a déclaré avoir utilisé le logiciel "Untis" seulement pour des essais, lors de l'année scolaire 1994/1995. Entendu le 31 mars 1995, également comme témoin, Y.________, directeur du Cycle d'orientation de Savièse, a fait des déclarations analogues. Par jugement du 2 septembre 1997, le Tribunal cantonal du canton du Valais a constaté que l'Etat du Valais, respectivement l'Office, avait violé les droits de la Société, en mettant le logiciel "GP-Untis" à disposition d'établissements scolaires du Valais romand sans l'autorisation de la Société. Le Tribunal cantonal a condamné l'Etat du Valais à payer à la Société le montant de 10'192 fr., avec intérêts à 5% dès le 1er mars 1994. Le 1er avril 1998, N.________ a déclaré que Y.________ lui aurait dit, ce jour-là, qu'il utilisait le logiciel "Untis" "depuis quatre ou cinq ans". Le 5 avril 1998, L.________ a déclaré que X.________ lui aurait dit, en 1992, qu'il utilisait le programme "Untis" "depuis plusieurs années". Le 22 février 1999, la Société, se prévalant de ces déclarations, a déposé une plainte pénale pour faux témoignage contre Y.________ et X.________. Le 5 janvier 2000, le Juge d'instruction du Valais central a refusé de donner suite à la plainte pénale. Par décision du 11 juillet 2000, le Tribunal cantonal a déclaré irrecevable la plainte formée par la Société contre la décision du 5 janvier 2000. Il a considéré que le dénonciateur ne peut recourir contre le refus de donner suite à la plainte, selon l'art. 48 ch. 1 CPP val. , que pour autant qu'il puisse, comme lésé, prendre des conclusions civiles dans la procédure pénale. Or, à cet égard, Y.________ et X.________, en tant que fonctionnaires, auraient agi dans le cadre de leur fonction et la Société ne pourrait pas prendre contre eux des conclusions civiles dans le procès pénal; elle n'en aurait d'ailleurs pas pris.