Citation: 7B_104/2023 E. 3.2.2

3.2.2. Selon le recourant, il n'y aurait pas eu d'acte de disposition ayant directement causé un dommage. En l'occurrence, l'autorité précédente a qualifié la lettre de crédit de contrat autonome, en ce sens que la Banque H.________ devait payer cette somme contre présentation des documents y mentionnés, sans pouvoir soulever des objections ou exceptions tirées de son rapport avec B.________ Capital SA en liquidation, ce que le recourant ne conteste pas. Dans ces circonstances, et dans la mesure où B.________ Capital SA en liquidation avait délégué tout le suivi des opérations au recourant, l'ouverture de cette lettre de crédit s'apparente pour ce dernier à l'octroi d'une sorte de blanc-seing, dans la mesure où il a ensuite pu détourner la marchandise à sa guise, au profit de sa propre société, en encaissant le prix de la revente à J.________, au détriment de B.________ Capital SA en liquidation, qui a dû malgré tout exécuter la lettre de crédit précitée. Par conséquent, la conclusion du contrat de vente le 30 mars 2011, suivie de l'ouverture de la lettre de crédit le 26 avril 2011, est un acte de disposition en lien direct avec le dommage subi par B.________ Capital SA en liquidation, puisqu'elle a dû verser le montant équivalant à ladite lettre de crédit à G.________ Sàrl, sans pouvoir obtenir la contrepartie de la revente des produits pétroliers qui devait lui revenir, soit à tout le moins USD 4'015'885.50. Le dommage subi par B.________ Capital SA en liquidation résulte de l'opération prise dans son ensemble. Il existe par ailleurs bien un lien de causalité entre l'erreur de B.________ Capital SA en liquidation, soit pour elle de E.________, provoquée par la tromperie astucieuse, l'acte de disposition et le dommage, dès lors que la dupe n'aurait pas conclu le contrat de vente et ouvert la lettre de crédit, respectivement délégué l'ensemble des opérations au recourant; elle aurait à tout le moins pris des sécurités supplémentaires.