Citation: 6B_951/2023 E. B

Par arrêt du 23 juin 2023, statuant sur appel de A.________, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise l'a rejeté et a confirmé le jugement de première instance. Elle a retenu en substance l'état de fait suivant. B.a. A.________, ressortissant salvadorien, né en 1985, est divorcé et père de deux enfants: D.B.________, née en 2010, ainsi qu'une fille majeure résidant au Salvador. Il est arrivé en 2014 en Suisse et a été rejoint en 2015 par son épouse, C.B.________, leur fille, D.B.________, ainsi que son beau-fils, B.B.________, né en 2006. B.b. Selon les faits non contestés à ce stade, A.________ a, au domicile familial, entre 2015 et le 5 juillet 2020, frappé son épouse à plusieurs reprises, notamment en lui assénant des coups de poing au ventre et au visage et lui a tiré les cheveux. Dans le même contexte spatio-temporel, il a frappé sa fille (alors âgée de 5 à 10 ans), au moyen d'une ceinture et l'a giflée, jusqu'à la faire saigner. Il a également, à réitérées reprises, porté des coups, poing fermé, à B.B.________ sur le crâne, au ventre et au sternum et l'a frappé à l'aide d'une ceinture, d'un manche en fer sur le dos ou les fesses, ou d'une spatule en bois sur la paume des mains. Entre 2015 et le 5 juillet 2020, A.________ a menacé, à réitérés reprises, son épouse, d'enlever D.B.________, et l'a avertie que si elle appelait la police, il ne resterait pas longtemps loin d'elle et de B.B.________, et se vengerait, ce qui l'a effrayée. Entre mai 2016 et le 6 juillet 2020, A.________ a frappé, à de nombreuses reprises, B.B.________, l'a dénigré et critiqué continuellement. B.c. A U.________, le 6 juillet 2020 vers minuit, sur le palier de l'appartement familial, après que C.B.________ l'eut informé de ce qu'elle avait contacté un organisme d'aide aux victimes de violences conjugales, A.________ est devenu très agressif et a essayé de la tirer à l'intérieur. Comme elle refusait d'entrer tant qu'il était furieux, il l'a poussée au niveau de la poitrine, a fermé violemment la porte sur elle, l'atteignant à l'épaule droite. Il a ensuite tenté d'attraper le téléphone de son épouse, laquelle descendait les escaliers en courant, pour l'empêcher de joindre la police. Il lui a arraché l'appareil des mains et l'a saisie par les cheveux avant de la tirer jusqu'à leur logement. A.________ a occasionné à son épouse des ecchymoses et deux dermabrasions. B.d. S'agissant des événements encore litigieux, à la base de la condamnation pour tentative de meurtre commise au préjudice de B.B.________, la cour cantonale a retenu les faits suivants. Dans le prolongement des faits décrits supra (let. B.c), A.________ a saisi le poignet droit de B.B.________ pour s'emparer du couteau (lame de 20 cm) dont il s'était muni pour défendre sa mère, et lui a occasionné une ecchymose (6 cm par 4 cm). A.________ a alors tenté d'asséner plusieurs coups de couteau à B.B.________ que celui-ci a esquivés, puis l'a visé à l'abdomen et blessé à l'annulaire gauche. Pris de douleur, B.B.________ a ramené ses mains contre sa poitrine, et A.________ l'a blessé à l'avant-bras gauche. Paniqué, le garçon a couru vers le balcon et A.________ lui a porté un coup au niveau du cuir chevelu. B.B.________ s'est échappé en glissant le long de la paroi extérieure de l'immeuble depuis le balcon. De la sorte, A.________ a occasionné à B.B.________ trois plaies à bords nets au niveau du cuir chevelu (région occipitale gauche) (trois centimètres de long pour une béance maximale d'un centimètre et une profondeur de 0.5 cm, se prolongeant en estafilade sur 0.5 cm); de la face postérieure du tiers moyen de l'avant-bras gauche (oblongue, en forme de goutte, mesurant 0.7 x 0.3 cm, prolongée du côté médial par une dermabrasion rougeâtre, fine, assimilable à une estafilade, oblique vers le bas et la droite du corps, mesurant 4.5 x 0.1 cm); et de la face postéro-médiale du quatrième doigt de la main gauche, en regard de l'articulation inter-phalangienne distale, en forme de "U", mesurant 1 x 0.6 cm, tangentielle, avec un lambeau cutané distal recouvrant la plaie; ainsi que de fines dermabrasions, ecchymoses et érythèmes. Selon les experts, les lésions, y compris défensives (bras et main gauche) étaient " superficielles et peu profondes ", ce qui pouvait résulter de la faible intensité de l'attaque ou de l'attitude de la victime (notamment de ses mouvements ou esquives). Depuis septembre 2020, B.B.________ a présenté un fort absentéisme scolaire, aggravé depuis Pâques 2021, et a souffert de dépression (suivi psychothérapeutique nécessaire), d'un syndrome de stress post-traumatique avec hyper vigilance, flashbacks, cauchemars, d'un retrait social important (grande insécurité, méfiance des autres) et de symptômes psychotiques de persécution (très forte anxiété et peur de sortir et de croiser du monde). Il a été hospitalisé aux HUG du 26 mai à mi-août 2021 (idées suicidaires, symptômes psychotiques avec délires de persécution) et dès le 25 août 2021, après des comportements hétéro-agressifs. B.e. A.________ n'a pas d'antécédents judiciaires en Suisse, mais a purgé une peine de prison de 2010 à 2014 dans son pays natal.