Citation: 5A_863/2022 E. 3.2.1

3.2.1. S'agissant des difficultés relationnelles entre la curatrice et la mère, la juridiction précédente a retenu que leurs rapports s'étaient péjorés depuis l'été 2019, après que la mère a refusé tout contact entre le père et ses enfants à son retour de U.________ et que la curatrice a préconisé le placement des enfants, lequel a finalement eu lieu en mars 2020. La cour cantonale a exposé qu'avant de suggérer une telle mesure, la curatrice avait à plusieurs reprises demandé à la mère de permettre au père d'exercer son droit de visite; des mesures superprovisionnelles avaient d'ailleurs été ordonnées dans ce sens et le père avait même déposé plainte contre elle à ce sujet. La juridiction précédente a ainsi estimé que la curatrice n'avait pas agi à l'encontre des intérêts des deux enfants, la mesure de placement se justifiant essentiellement en raison de la relation très tendue entre les parents, qui, sans la présence d'un tiers fort, risquait d'aboutir à une rupture encore plus définitive des liens père-filles, ce qui aurait été délétère pour le développement psychique de celles-ci. La cour cantonale a considéré que les difficultés relationnelles entre la curatrice et la mère étaient plutôt liées au mandat même de la curatrice et au fait que les rapports entre elles étaient imposés par l'autorité; elles étaient ainsi indépendantes de la personnalité du mandataire et, rien ne permettait de retenir, comme l'avait jugé l'APEA, qu'elles ne surviendraient pas avec un autre curateur. S'agissant des actes de violences du père sur la mère et les enfants, la cour cantonale a relevé qu'il n'apparaissait pas, contrairement à ce que faisait valoir la mère, que la curatrice ait occulté les événements violents relatés. En effet, la curatrice avait, en février 2020, confirmé que la mère lui avait parlé de maltraitances physiques de la part du père sur elle et les enfants, sans toutefois en avoir observé elle-même ni personne (pédiatre, logopédiste, psychomotricienne). Par ailleurs, en janvier 2021, à la suite des déclarations de B.A.________, selon lesquelles son père avait été violent avec elle lors d'une visite, la curatrice avait limité l'exercice de son droit, afin qu'il se déroule dorénavant au I.________. Ce n'est que fin octobre 2021, au vu de l'évolution de la relation, que le père avait pu emmener ses filles à l'extérieur. La juridiction précédente a encore relevé qu'il était vrai que les propos tenus par la curatrice en novembre 2021 - à savoir que le discours de la mère à l'égard du père était très disqualifiant et que celui des enfants était le reflet de leur mère - pouvaient être difficiles à entendre; ceux-ci n'étaient cependant pas susceptibles de créer une rupture insurmontable du rapport de confiance. Selon la curatrice, la mauvaise collaboration avec la mère s'expliquait par le fait que celle-ci était tournée sur ses propres attentes et non pas sur le bien-être des filles, en valorisant notamment le placement et l'évolution positive de celles-ci ou en soutenant la relation père/enfants. Or, ces propos ne contredisaient pas les conclusions de l'experte, laquelle expliquait notamment que l'attitude de la mère ne devait pas être vue sous l'angle d'une manipulation perverse délibérée, mais plutôt comme un mode de fonctionnement répondant à un besoin d'être reconnue dans sa souffrance et prenant la forme parfois d'un syndrome d'aliénation parentale sans en être un. Partant, la juridiction précédente a considéré que les difficultés relationnelles entre la mère et la curatrice étaient plutôt liées au mandat en tant que tel et non à la personne de la curatrice.