Citation: 1C_77/2024 E. 1.4

1.4. Si l'on excepte quelques situations particulières non réalisées en l'occurrence (cf. ATF 136 II 165 consid. 1.2; 135 II 30 consid. 1.3.4), le préjudice irréparable visé à l'art. 93 al. 1 let. a LTF doit être de nature juridique et ne pas pouvoir être ultérieurement réparé par une décision finale favorable à la partie recourante (cf. ATF 149 II 170 consid. 1.3; 147 III 159 consid. 4.1). La recourante pourra contester la nouvelle décision municipale si elle devait lui être défavorable auprès de la Cour de droit administratif et public puis, en dernier ressort, recourir contre l'arrêt rendu par cette juridiction et contre l'arrêt cantonal incident du 21 novembre 2023 auprès du Tribunal fédéral. L'admission du recours, à l'un ou l'autre stade, mettrait fin au préjudice allégué inhérent à l'arrêt incident de renvoi. Les coûts relatifs aux mesures d'instruction requises pourraient certes être épargnés si elles devaient être inutiles, comme le soutient la recourante. Il s'agit non pas d'un dommage de nature juridique, mais d'un dommage économique impropre à tenir pour réalisée la condition du préjudice irréparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF. La recourante voit un tel préjudice dans le fait que la Municipalité de Lausanne va prochainement mettre à l'enquête publique son nouveau plan général d'affectation en sorte que l'annulation du permis de construire aura pour effet que la nouvelle décision à rendre devra tenir compte de ce plan, qu'il soit ou non entré en vigueur dans l'intervalle. Il s'agit toutefois d'un risque inhérent à un renvoi de la cause pour nouvelle décision. La recourante ne rend pas vraisemblable que ses parcelles devraient être déclassées dans le nouveau plan d'affectation ou que la réglementation nouvelle ferait obstacle au projet de construction tel que présenté ou modifié selon les desiderata de l'arrêt attaqué. La cour cantonale a jugé que la révision générale en cours du plan d'affectation communal ne justifiait pas un contrôle incident du plan actuel et que les parcelles de la recourante, situées en ville et bien desservies en termes de transports publics et privés, n'étaient pas concernées par un redimensionnement de la zone à bâtir prévu dans les secteurs forains et se prêtaient à une densification. Cela étant, le préjudice irréparable, tel qu'il est allégué, n'est pas suffisamment étayé pour justifier d'entrer en matière.