Citation: 1B_529/2019 E. 3.3

3.3. L'autorité cantonale a ensuite retenu que le Procureur intimé avait cité une autre affaire de violences domestiques dans le but d'expliquer des critères juridiques relatifs à la détention provisoire. Pour la juridiction précédente, ces propos du Procureur intimé, remis dans leur contexte, n'étaient pas non plus de nature à rendre celui-ci suspect de prévention. Le recourant considère que la référence à une précédente affaire n'était pas relevante, car son dossier devait être jugé sur la base des éléments qu'il contenait et non sur la base d'une erreur commise par le Procureur intimé dans le passé. Selon le recourant, cette ancienne affaire ne devait pas modifier le comportement du magistrat intimé au point de placer en détention des personnes en omettant d'examiner si les conditions légales de celle-ci étaient données dans le cas d'espèce. Le recourant est d'avis que, sans cette affaire, le Procureur intimé l'aurait laissé en liberté, d'où une preuve de partialité démontrée. En l'occurrence, si l'on comprend l'argumentation du recourant, le fait pour le Procureur intimé d'avoir demandé sa mise en détention provisoire constituerait une preuve de sa partialité. Un tel argument ne saurait être retenu, faute de pertinence. Il entre en effet dans les compétences du Ministère public, le cas échéant, d'effectuer une telle demande, ainsi que de la motiver. Le recourant ne prétend d'ailleurs pas que la demande de placement en détention provisoire du 24 août 2019 aurait été étayée par des références à cette autre affaire et/ou à des faits ne le concernant pas. Une apparence de prévention peut d'autant moins être retenue en l'espèce que la réalisation des conditions permettant le placement en détention provisoire du recourant telle qu'avancée par le Procureur intimé dans sa requête a été examinée par le Tmc, respectivement sur recours par la Chambre pénale, décisions que le recourant ne saurait remettre en cause dans le cadre de la présente procédure. De plus, un magistrat peut faire état de cas relevant de son expérience professionnelle pour étayer ses propos - notamment ses explications au prévenu en lien avec le déroulement de la procédure - sans que cela ne constitue une preuve de partialité. Sur la base de ces considérations, l'autorité cantonale pouvait, sans violer le droit fédéral, admettre qu'il n'existait aucun motif de récusation à l'encontre du Procureur intimé.