Citation: 5A_777/2016 E. B

B.a. F.________ SA (ci-après: F.________ ou la banque) est un établissement bancaire suisse ayant son siège à V.________. B.b. Selon les documents d'ouverture de compte de la banque datés du 9 octobre 2012, feu C.________ et B.________ ont ouvert un compte joint no xxxxxx dans ses livres; ils étaient tous deux cotitulaires et ayants droit économiques des avoirs déposés sur ce compte, chacun ayant un droit de signature individuelle sur celui-ci. A teneur du contrat de compte joint, feu C.________ et B.________ étaient créanciers solidaires des avoirs sur ce compte, chacun étant autorisé à en disposer seul. Ils étaient également débiteurs solidaires à l'égard de la banque de tous les passifs et engagements grevant ce compte. Le contrat de compte joint comporte une clause (art. 3), dont la teneur est la suivante: " En cas de décès ou d'incapacité de l'un des cotitulaires du compte, le titulaire survivant (...) continue d'avoir le droit, par rapport à la banque, de disposer des avoirs dudit compte comme décrit ci-dessus. " B.c. Le 22 septembre 2014, informée du fait que feu C.________ disposait vraisemblablement d'importants avoirs auprès de F.________, A.________ a tenté d'obtenir des informations de celle-ci, étant précisé que les testaments des 19 mars 2012 et 30 octobre 2012 ne font pas état de ces biens. F.________ a alors requis de A.________ la remise préalable d'un certificat d'héritier. B.d. Par ordonnance rendue le 16 octobre 2014, le Tribunal de paix d'Athènes a fait droit à la requête de A.________ tendant à l'émission d'un certificat d'héritier attestant de sa qualité d'unique héritière ab intestat de son défunt frère, notamment en ce qui concerne les avoirs détenus par celui-ci auprès d'établissements bancaires et financiers en Grèce et à l'étranger. B.e. Le 8 juillet 2015, B.________ a déposé une requête auprès du même tribunal en vue du retrait de cette ordonnance. Il s'est notamment prévalu d'un troisième testament, daté du 10 mars 2013, dont la portée est contestée par A.________. Selon ce document, B.________ se voit transmettre la propriété exclusive de tous les comptes bancaires, coffres-forts et dépôts détenus par le défunt auprès de F.________ à son décès. Ce testament a été déposé auprès du Tribunal de paix d'Athènes le 3 avril 2015 par B.________. Le Tribunal l'a publié et déclaré valide le 30 avril 2015. B.f. Le 24 novembre 2015, le juge de paix du Tribunal d'Athènes a rendu une ordonnance sur mesures superprovisionnelles faisant provisoirement interdiction à A.________ d'utiliser le certificat d'héritier litigieux " en raison de sa vraisemblance d'inexactitude ". Par décision du 30 décembre 2015, il a précisé que l'interdiction provisoire ne concernait que les transactions en lien avec les comptes du défunt auprès de F.________ et les coffres loués à cette banque, ce pour tenir compte du fait que seule était litigieuse l'étendue du droit d'héritage ab intestat de A.________. B.g. La procédure initiée par B.________ le 8 juillet 2015 est toujours pendante devant les juridictions grecques. B.h. Dans l'intervalle, en octobre 2014, A.________ a adressé à F.________ le certificat susmentionné, soit l'ordonnance du 16 octobre 2014. Le 26 novembre 2014, F.________ a indiqué à A.________ ne pas être en mesure de lui fournir les informations requises, des formalités complémentaires devant être entreprises en Grèce en relation avec la succession de feu C.________. Les 31 mars et 15 avril 2015, F.________ a exposé au conseil de A.________ qu'elle ne pouvait pas donner suite à la requête de sa cliente, un troisième testament donnant des droits préférentiels à un tiers sur les avoirs détenus par ses soins ayant été déposé auprès du Tribunal compétent d'Athènes le 3 avril 2015; la validité du certificat d'héritier produit par A.________ était remise en cause par la banque. B.i. Le 26 mai 2015, A.________ a saisi le Tribunal de première instance d'Athènes d'une action en invalidation de testament visant à ce que le document du 10 mars 2013 soit déclaré invalide et qu'il soit reconnu qu'en tant qu'unique héritière ab intestat de feu C.________, elle est la seule bénéficiaire de ses comptes et coffres-forts auprès de F.________. Cette action est toujours pendante devant les juridictions grecques. B.j. Par courriel du 18 juin 2015, F.________ a informé le conseil de A.________ qu'aucun acte de disposition ne serait autorisé sur les avoirs déposés par le défunt auprès de son établissement tant qu'elle ne serait pas en possession d'un document approprié, délivré par les autorités grecques, identifiant le titulaire desdits avoirs. F.________ s'est cependant ravisée par courriel du 15 juillet 2015, indiquant que, dans la mesure où le document du 10 mars 2013 avait été publié et validé par les autorités grecques, et nonobstant la procédure de contestation y relative pendante devant les juridictions d'Athènes, elle considérait la qualité d'héritier et de bénéficiaire de B.________ comme établie, à tout le moins pour les avoirs déposés par le défunt sur le compte joint. Aucun blocage interne n'était par conséquent en place et elle ne refuserait pas d'exécuter des instructions données par B.________ en qualité de cotitulaire dudit compte et d'héritier. B.k. Par courrier du 22 juillet 2015, A.________ a fait interdiction à F.________ de disposer de quelque manière que ce soit des avoirs détenus par feu C.________ auprès de son établissement. F.________ n'a pas donné suite à ce courrier.