Citation: 4A_416/2022 E. 3.2

3.2. En l'espèce, le conseil d'administration a proposé à l'assemblée générale du 18 juin 2020 de modifier l'art. 20 al. 2 des statuts, soit de supprimer le droit de l'actionnaire minoritaire d'avoir quatre représentants au conseil d'administration et de ne lui en accorder plus qu'un seul. L'actionnaire minoritaire s'est opposée à cette proposition et a voté contre celle-ci. La modification de l'art. 20 al. 2 des statuts a néanmoins été acceptée à la majorité de 5'209 voix, correspondant aux voix de l'actionnaire majoritaire, contre 2'158 voix, dont 2'154 voix appartenant à l'actionnaire minoritaire. Saisie, sur appel, d'une action en annulation de cette décision, la cour cantonale a examiné si les trois conditions de l'abus de droit manifeste de l'art. 2 al. 2 CC, telles que dégagées par la jurisprudence en relation avec cette disposition, étaient réalisées en l'espèce. Même si, dans le titre de son grief, la recourante semble vouloir se baser sur l'art. 706 al. 2 ch. 2 CO, elle n'en propose aucune analyse séparée, de sorte que seule la violation de l'art. 2 al. 2 CC doit être examinée. La recourante se limite à contester les deux dernières des trois conditions précitées, de sorte qu'il faut tenir pour acquise la première condition, selon laquelle la modification statutaire n'est pas justifiée par des motifs économiques raisonnables, comme l'a retenu la cour cantonale qui a renoncé à examiner les circonstances entourant les prêts et management fees octroyés à l'actionnaire majoritaire. Dans la mesure où, à la fin de son recours, la recourante se contente d'affirmer que cette condition ne serait pas réalisée, son grief ne satisfait pas aux exigences de motivation de l'art. 42 al. 2 LTF, de sorte qu'il est irrecevable (cf. consid. 2.2 supra). Il faut donc examiner uniquement ses griefs relatifs aux deux autres conditions.