Citation: 1P.766/2005 02.03.2006 E. 3

Les recourants se plaignent d'arbitraire dans l'appréciation des preuves. 3.1 La notion d'arbitraire, prohibé par l'art. 9 Cst., a été rappelée dans divers arrêts récents, auxquels on peut donc se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la décision attaquée apparaisse critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275 et les arrêts cités). Conformément à l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'arbitraire allégué doit par ailleurs être suffisamment démontré, sous peine d'irrecevabilité (cf. supra, consid. 1.4). 3.2 Les recourants soutiennent d'abord que l'instruction pénale émiratie a été irrégulière, affirmant n'avoir jamais été déférés à un magistrat durant leur détention, dont ils n'auraient jamais pu contrôler la prolongation, et n'avoir jamais été accompagnés d'un avocat lors d'une audience d'instruction. Ces allégations ne seraient démenties par aucune pièce du dossier. Elles étayeraient leur accusation de séquestration, que l'autorité cantonale ne pouvait écarter sans confronter aux arguments du juge d'instruction les pièces fournies par les intimés, et non seulement celles remises à ce magistrat par le Ministère public d'Abu Dhabi. La décision attaquée retient que les allégations des recourants relatives à leur enlèvement et à l'absence de contrôle de leur détention sont infirmées par les pièces fournies par le Ministère public d'Abu Dhabi. Les recourants ne démontrent nullement qu'il était arbitraire de l'admettre. Que leurs allégations ne seraient démenties par aucune pièce du dossier, ainsi qu'ils l'affirment, n'est dès lors aucunement établi. Les pièces du Ministère public d'Abu Dhabi sur lesquelles s'est fondée l'autorité cantonale pour écarter les allégations des recourants ont, selon la décision attaquée, été remises au juge d'instruction par les intimés, en annexe d'un courrier qu'ils avaient adressé à ce magistrat le 1er octobre 2004. Les recourants ne le contestent en rien et, pour le surplus, ne disent pas de quelles autres pièces produites par les intimés l'autorité cantonale aurait dû tenir compte. Il n'est dès lors en rien démontré que l'autorité cantonale aurait écarté les allégations des recourants en omettant arbitrairement de tenir compte de pièces produites par les intimés. 3.3 Les recourants reprochent ensuite à l'autorité cantonale d'avoir méconnu le caractère "éminemment insolite" du transfert de leurs avoirs du 9 juillet 2002. Ils relèvent que ce transfert est intervenu quelques jours après leur arrestation à Abu Dhabi, alors qu'ils ne disposaient plus d'un téléphone portable, et qu'il est donc douteux que leur gestionnaire genevois, E.________, ait pu les contacter pour en obtenir confirmation. De plus, la formulation inhabituelle de l'ordre de transfert eût dû inciter la banque F.________ à s'interroger à ce sujet, plutôt que d'exécuter cet ordre "en urgence, toutes affaires cessantes". Dans ces conditions, c'est de manière arbitraire que l'autorité cantonale aurait tenu la conversation téléphonique alléguée par E.________ pour décisive. Les recourants semblent ainsi vouloir soutenir que le transfert d'avoirs du 9 juillet 2002 aurait été effectué sous la contrainte et que l'autorité cantonale l'aurait méconnu arbitrairement. Ils ne contestent toutefois pas que E.________, entendu le 28 juillet puis le 31 août 2004 par le juge d'instruction, a affirmé et maintenu avoir obtenu d'eux, plus précisément du recourant A.________, la confirmation orale de l'ordre de transfert lors d'une conversation téléphonique et que, confronté le 31 août 2004 à E.________ devant le juge d'instruction, le recourant A.________ n'a pas sérieusement contesté cette confirmation. Que ce serait de manière arbitraire que l'autorité cantonale aurait déduit de ces éléments qu'il n'était pas établi que le transfert avait été effectué sous la contrainte n'est donc nullement démontré. Au reste, la simple allégation que le libellé de l'ordre de transfert eût dû inciter la banque F.________ à se poser des questions avant d'exécuter cet ordre ne constitue certes pas une démonstration de l'arbitraire allégué. 3.4 Les recourants font encore grief à l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement méconnu qu'ils n'étaient pas assistés de manière effective par leurs deux avocats lors de la conclusion de l'accord du 15 septembre 2002. La décision attaquée retient que, lors de leur audition du 20 septembre 2004 par le juge d'instruction, les recourants ont expressément reconnu qu'ils étaient assistés de Me H.________ en 2002, dans l'affaire qui les opposait à C.________, qu'ils avaient alors discuté avec lui du libellé et de la signature de l'accord du 15 septembre 2002 et qu'ils avaient en outre rencontré avec lui Me G.________ à Abou Dhabi. Il n'était pas arbitraire d'en déduire que les recourants, non seulement avaient donné mandat aux avocats précités pour la conclusion de l'accord du 15 septembre 2002, mais avaient pu mettre au point cet accord avec eux, tant en ce qui concerne son contenu que sa signature. Les recourants n'établissent en tout cas pas le contraire, se bornant à reproduire l'opinion du juge d'instruction réfutée par l'argumentation de l'autorité cantonale. 3.5 Au vu de ce qui précède, le grief d'arbitraire est irrecevable, faute d'être étayé par une motivation suffisante au regard des exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.