Citation: 9C_102/2017 E. 4.2

4.2. Lorsqu'une appréciation repose sur une évaluation médicale complète, telle que l'expertise réalisée par les experts du CEMed, il appartient à la partie recourante, si elle entend contester l'évaluation d'un expert, de faire état d'éléments objectivement vérifiables ignorés dans le cadre de l'expertise et suffisamment pertinents pour en remettre en cause les conclusions ou en établir le caractère objectivement incomplet. L'assurée ne fait toutefois pas mention de tels arguments. En l'occurrence, deux appréciations médicales différentes s'opposent. Alors que les experts du CEMed avaient mis en évidence un épisode dépressif léger sans effet sur la capacité de travail (rapport du 10 octobre 2014), le docteur D.________ avait fait état d'un épisode dépressif moyen incapacitant (rapport du 29 mars 2012). A l'aune des éléments allégués par la recourante, il n'y a toutefois pas lieu de s'écarter des conclusions de l'expertise du CEMed. Les experts ont rendu leurs conclusions à la suite d'une anamnèse complète, de la prise en compte des plaintes de l'assurée et d'un examen clinique. Comme l'a constaté la juridiction cantonale, la description qu'a faite la recourante de son état (fatigue importante, tristesse, irritabilité, dévalorisation, baisse de la confiance en soi, idées noires [éléments caractérisant, en fonction de leur intensité, des épisodes dépressifs moyens ou sévères]) contraste à plus d'un titre avec les observations cliniques des experts (apparence soignée, bonne organisation, expression spontanée, dynamisme conservé, attitude souriante et exempte de troubles cognitifs, sans fatigue ni tristesse envahissante. Les premiers juges ont relevé que les médecins avaient tenté d'expliquer l'incohérence entre les plaintes formulées et leurs observations; ils ont pris en considération un certain contrôle que l'assurée semblait opérer sur ses émotions afin de faire bonne figure, selon ses déclarations. Ils ont dès lors écarté la présence d'une dysthymie au profit d'un épisode dépressif léger non incapacitant. Par son argumentation, la recourante ne parvient pas à faire apparaître cette appréciation comme étant arbitraire. Elle se contente de renvoyer aux rapports des docteurs E.________ (rapports des 12 novembre 2010 et 26 mars 2013), F.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie aux Services psychiatriques de la Clinique G.________ (rapport du 23 juin 2011), H.________, spécialiste en neurologie (rapport du 22 juillet 2011), et D.________, rendus au cours de la procédure, sans toutefois mettre en évidence des éléments cliniques précis ou avancer des arguments permettant d'expliquer en quoi les troubles présentés seraient constitutifs d'un épisode dépressif moyen et non léger. On peut au demeurant ajouter que si le docteur F.________ a constaté une incapacité de travail, celle-ci ne concernait que la période durant laquelle l'assurée avait été hospitalisée, soit du 9 mars au 14 avril 2011.