Citation: 1A.300/2005 24.01.2006 E. 6

La décision de clôture doit par conséquent être confirmée. Il en va de même des décisions incidentes de blocage. Ces mesures provisoires (art. 18 al. 1 EIMP) ont en effet pour but d'assurer la disponibilité des fonds au cas où l'autorité requérante, après examen de la documentation bancaire, devrait décider de demander une remise en vue de confiscation ou de restitution, conformément à l'art. 74a EIMP. La recourante se contente d'affirmer que le blocage de ses avoirs lui causerait, en soi, un préjudice irréparable. Selon la jurisprudence relative à l'art. 80e let. b al. 1 EIMP, elle ne saurait toutefois se contenter de ces affirmations générales: il lui appartient de démontrer en quoi elle se trouverait dans l'impossibilité de satisfaire à des obligations contractuelles échues (paiement de salaires, intérêts, impôts, autres prétentions exigibles, etc.), menacée d'actes de poursuite ou de faillite, ou dans l'impossibilité de conclure des affaires sur le point d'aboutir. La seule difficulté de faire face à des dépenses courantes, inhérente à toute mesure de blocage, ne constitue pas un préjudice immédiat et irréparable au sens de l'art. 80e let. b ch. 1 EIMP (ATF 130 II 329 consid. 2 p. 332; 128 II 353 consid. 3 p. 354). Force est de constater que la recourante ne donne aucune indication sur ce point, qui justifierait à ce stade une remise en cause, totale ou partielle, du blocage de ses comptes.