Citation: 1C_55/2019 E. 8.1

8.1. Il est vrai que la cour cantonale ne mentionne pas l'ISOS dans ses motifs relatifs à l'esthétique et à l'intégration du bâtiment projeté. Comme on l'a vu plus haut (cf. supra consid. 6.1), elle ne l'a toutefois pas ignoré dans la mesure où elle le cite dans ses considérants traitant de la démolition de l'association J.________ existante. Quoi qu'il en soit, les recourants se contentent sur ce point d'invoquer, dans l'abstrait, la protection générale de l'ISOS pour la ville de Lausanne, ce qui s'avère insuffisant. Les recourants n'exposent en particulier pas clairement en quoi l'immeuble projeté mettrait en péril l'objectif de protection attribué par l'ISOS au quartier concerné. Or, il apparaît, au vu des différentes évolutions du projet, que le besoin de protection du quartier a été pris en considération dans le cadre de la pesée des intérêts. De même, l'autorité précédente a tenu compte du quartier dans lequel se situait le projet litigieux: elle a retenu en substance que le secteur concerné par l'immeuble projeté, du fait de sa situation en zone urbaine, était déjà constitué de parcelles densément bâties, certains bâtiments situés directement en face de la future construction présentant même des gabarits plus imposants que celle-ci; le quartier en général et le secteur de l'avenue L.________ en particulier présentait aujourd'hui une juxtaposition de différents types de bâtiments, contigus et en plots; selon l'autorité précédente, on ne pouvait pas vraiment parler ici de rupture d'échelle par rapport au bâti environnant (cf. art. 73 al. 4 RPGA). Elle a en outre jugé que le projet se conformait aux intentions données par le PGA, soit le développement de fronts bâtis contigus des deux côtés de l'avenue de L.________, comme c'était déjà le cas dans les rues principales environnantes. Le Tribunal cantonal s'est par ailleurs convaincu, lors de l'inspection locale, que le projet ne soulevait pas un grave problème d'intégration. Là encore, les recourants ne prennent pas la peine de discuter les considérants de l'arrêt attaqué développés en relation avec la situation concrète du projet au sein du milieu urbain. Ils se contentent de se prévaloir d'arrêts du Tribunal fédéral, respectivement de la CDAP, dont les états de faits diffèrent du présent cas. S'agissant en particulier de l'arrêt 1C_308/2017 du 4 juillet 2018, il ne leur est d'aucun secours. En effet, les recourants ne prétendent pas avoir soulevé le grief de violation de l'art. 21 al. 2 LAT devant l'autorité précédente; de plus, le Tribunal fédéral n'a pas, dans cette affaire, uniquement tenu compte de l'entrée en vigueur de l'ISOS pour parvenir à la conclusion que les circonstances s'étaient sensiblement modifiées au sens de cette disposition, contrairement à ce que suggèrent les intéressés. Il n'y a dès lors pas lieu de revenir plus avant sur cette question. Pour le reste, la cour cantonale a considéré qu'aucun des éléments d'aménagement existants ne présentait des qualités particulières justifiant en soi des mesures de protection au sens de l'art. 70 al. 2 RPGA; s'agissant en particulier du patio attenant à la salle de culte, si elle a effectivement considéré que l'intégration de sa sauvegarde dans le nouveau projet diminuerait de manière significative l'utilisation des droits à bâtir conférés par le règlement, elle a surtout relevé qu'il ne présentait pas de pertinence dès lors que le bâtiment auquel il était intimement lié était appelé à disparaître. Les recourants se méprennent dès lors sur la portée des considérants de l'arrêt attaqué lorsqu'ils prétendent que la démolition du bâtiment protégé aurait été autorisée dans le seul but que le propriétaire puisse utiliser son bien-fonds de la manière la plus rentable possible.