Citation: 5A_469/2023 E. 3.4

3.4. En l'espèce, la critique porte sur la reprise d'une activité à 100% dans le secteur de la restauration, soit sur la possibilité effective de retrouver un emploi dans ce domaine (deuxième condition), à savoir sur une question de fait. A cet égard, le recourant ne peut rien tirer de sa situation de chômage. En effet, le fait qu'un débirentier sans emploi n'ait pas vu ses indemnités suspendues, à titre de sanction, par une assurance sociale (chômage, assistance sociale) ne dispense pas le juge civil d'examiner si l'on peut lui imputer un revenu hypothétique (ATF 137 III 118 consid. 3.1; arrêt 5A_461/2019 du 6 mars 2020 consid. 3.1 et l'autre référence). L'argument selon lequel il a bénéficié des prestations de l'assurance-chômage sans suspension n'est donc pas décisif, dès lors qu'il s'agit tout au plus d'un indice, dont le recourant ne démontre pas qu'il aurait été arbitrairement apprécié dans le cas d'espèce. En tant qu'il soutient que le fait de considérer qu'il peut reprendre une activité à 100% dans le secteur de la restauration serait contraire aux pièces qu'il a produites - à savoir la preuve de ses nombreuses recherches d'emploi, toutefois demeurées vaines dès lors notamment qu'il n'a pas de CFC et que son domaine d'activité se remet difficilement de la crise du Covid-19 -, le recourant se contente de substituer son appréciation à celle de la cour cantonale. Il est vrai qu'il ressort de l'arrêt querellé que le recourant a produit des documents relatifs à plusieurs recherches d'emploi entre janvier et septembre 2022 et que le reproche qui lui a été fait par la cour cantonale de n'avoir produit aucun document exposant les raisons précises pour lesquelles il n'avait obtenu aucun de ces postes peut apparaître excessif. La Cour d'appel a toutefois constaté à juste titre que le recourant n'avait produit que quelques réponses négatives à ses offres d'emploi datant de 2021 mais aucune afférente à ses offres d'emploi plus récentes. Contrairement à ce que soutient le recourant, de telles pièces, quand bien même il s'agirait de réponses type, sont cependant pertinentes pour déterminer s'il s'est effectivement vu opposer des refus ou s'il a volontairement renoncé à certains postes. Le recourant ne s'en prend pas non plus à la motivation de la cour cantonale en tant qu'elle a estimé que les postes temporaires qu'il avait trouvés en 2022 illustraient sa capacité à travailler et à trouver un emploi dans son domaine. Il n'apparaît en outre pas arbitraire de considérer que, spécifiquement dans le domaine relativement vaste de la restauration, le fait de produire ses recherches d'emploi sur neuf mois seulement soit insuffisant à démontrer que le recourant aurait tout mis en oeuvre pour exploiter pleinement sa capacité contributive. Sur ce dernier point, il se contente d'affirmer que de nombreux restaurateurs ont dû cesser leur activité en raison de la crise du Covid-19 et que le personnel engagé à 100% de manière durable dans ce secteur est généralement un personnel qualifié avec au minimum un CFC d'employé de commerce ou de cuisinier. Ce faisant, il ne fait qu'opposer sa propre appréciation du marché de l'emploi dans le domaine de la restauration à celle des juges cantonaux qui ont au contraire considéré qu'il était notoire que de nombreux postes sont disponibles dans le domaine de la restauration. Une telle motivation ne satisfait pas au principe d'allégation (cf. supra consid. 2.2). En définitive, le grief, autant que recevable, doit être rejeté.