Citation: 1P.646/2004 17.01.2005 E. 3

Le recourant se plaint à divers titres d'une appréciation arbitraire des preuves et d'une violation de la présomption d'innocence consacrée aux art. 32 al. 1 Cst., 6 § 2 CEDH et 14 al. 2 Pacte ONU II. 3.1 Saisi d'un recours de droit public dirigé contre une condamnation pénale, le Tribunal fédéral ne revoit la constatation des faits et l'appréciation des preuves qu'avec un pouvoir d'examen limité à l'arbitraire, car il ne lui appartient pas de substituer sa propre appréciation à celle du juge de la cause. A cet égard, la présomption d'innocence garantie par les art. 6 § 2 CEDH et 32 al. 1 Cst. n'offre pas de protection plus étendue que celle contre l'arbitraire conférée par l'art. 9 Cst. Elle n'est invoquée avec succès que si le recourant démontre par une argumentation conforme aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ qu'à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves, le juge aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles sur la culpabilité du prévenu (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40; 125 I 492 consid. 1b p. 495; 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88; 120 Ia 31 consid. 2e p. 38, consid. 4b p. 40). 3.2 En l'espèce, à défaut de preuves matérielles, la Chambre pénale s'est fondée sur les déclarations des parties ainsi que sur celles des autres personnes entendues dans la procédure pour conclure à la culpabilité du recourant du chef d'abus de la détresse au préjudice de B.________. Elle a retenu, à l'instar des premiers juges, que les déclarations de la plaignante frappaient par le nombre de détails vérifiables et vérifiés concernant les différents endroits où se seraient passés les faits incriminés. Elle a relevé que plusieurs faits décrits par la jeune femme ont été corroborés par des témoignages de tiers, qui ont également vu les griffures sur le corps de la plaignante, les croûtes sur les seins ou encore la voiture du prévenu garée dans la forêt le long du chemin menant au restaurant "Les Places", à Tramelan. Elle a également vu une attitude typique d'une victime qui se sent sale après des rapports sexuels forcés dans le fait que la plaignante se douchait plusieurs fois dans la soirée, comme elle l'a affirmé, ou qu'elle passait des heures sous la douche en rentrant du travail, comme l'a déclaré son ex-ami. Or, le recourant passe sous silence ces éléments de fait et ne cherche nullement à démontrer en quoi ils étaient impropres à confirmer les accusations de la plaignante. Il se borne à reprendre quasiment mot pour mot les arguments développés à l'appui de son mémoire d'appel, contrairement aux exigences requises en matière de motivation (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 125 I 492 consid. 1b précité). Or, la Chambre pénale a pris soin de les examiner en détail, en expliquant les raisons pour lesquelles ils n'étaient pas de nature à douter de la crédibilité de la plaignante. Le recourant ne prétend pas que la Chambre pénale aurait ignoré certains de ses arguments ou qu'elle aurait accordé un poids excessif aux éléments qu'elle a jugé décisifs et sur lesquels il ne se prononce pas. Sur l'ensemble de ces points, il peut être renvoyé sans autre à la motivation convaincante retenue dans le jugement attaqué.