Citation: 9C_662/2020 E. 7.1

7.1. L'argumentation de la recourante est mal fondée. On relèvera d'abord que contrairement à ce qu'elle fait valoir, le tribunal cantonal ne s'est pas interdit d'examiner la situation antérieure à 2016 ou ne s'est pas trompé d'approche dans son analyse. En effet, il s'est dans un premier temps attaché à déterminer si le trouble de la personnalité paranoïaque diagnostiqué par les docteurs E.________ et F.________ en 2017 constituait un fait nouveau qui pouvait justifier la modification de la qualification de l'affection retenue dans la décision initiale du 8 novembre 2005 et si l'incapacité de travail engendrée par cette affection à partir de 2002 d'après les médecins cités pouvait justifier la révision procédurale de la décision de suppression de rente du 18 novembre 2009 (cf. arrêt attaqué, consid. 3 et 4, p. 6 à 8). Ce n'est que dans un second temps que les premiers juges ont restreint leur examen aux événements postérieurs à la dernière décision entrée en force du 12 février 2015 pour déterminer sous l'angle de l'art. 17 al. 1 LPGA et à la lumière des informations transmises par les docteurs E.________ et F.________ si l'état de santé de la recourante s'était éventuellement aggravé (cf. arrêt attaqué, consid. 5 et 6, p. 8 à 10). On relèvera ensuite que conformément à ce qu'a retenu la juridiction cantonale, si le trouble diagnostiqué par les docteurs E.________ et F.________ est différent de celui retenu par les docteurs B.________ ou C.________ et D.________ auparavant, il résulte d'une appréciation divergente d'un même état de fait. Tous ont fait état d'un "trouble spécifique de la personnalité" (F 60 de la 10e révision de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes établie par l'Organisation mondiale de la santé [CIM-10]). Seule la qualification de ce trouble diffère selon les médecins. Les docteurs B.________ ainsi que C.________ et D.________ ont considéré que l'assurée présentait une "personnalité dépendante" (F 60.7 CIM-10) tandis que les docteurs E.________ et F.________ qu'elle présentait une "personnalité paranoïaque" (F 60.0 CIM-10). De plus, la qualification spécifique du trouble de la personnalité (F....0 ou F....7) dépend des symptômes observés concrètement. Or, à ce propos, le tribunal cantonal a à juste titre nié l'existence de faits nouveaux au motif que les docteurs E.________ et F.________ s'étaient fondés sur des éléments constatés par le docteur G.________ (notamment les difficultés à gérer les relations interpersonnelles) et connus du docteur B.________ pour qualifier rétrospectivement différemment le trouble de la personnalité unanimement admis. Le fait pour l'assurée d'affirmer péremptoirement que les docteurs B.________, C.________ et D.________ avaient totalement omis de tenir compte dans leur appréciation des difficultés qu'elle avait rencontrées dans son enfance, dans la mesure où ils avaient focalisé leur attention sur la problématique dépressive, ne remet pas valablement en cause l'arrêt cantonal et ne démontre pas la découverte de faits nouveaux. En effet, la recourante se contente ainsi d'alléguer l'existence de difficultés sans en préciser la nature. En tout état de cause, on constate à la lecture des rapports des docteurs B.________ (p. 2 à 6, p. 16 et 17), C.________ et D.________ (p. 2 et 3, p. 4 et 5) ainsi que E.________ et F.________ (p. 3 et 4) que les éléments anamnestiques concernant les difficultés rencontrées durant l'enfance sont décrites d'une manière foncièrement identique, ce qui relativise en outre la portée des propos du docteur H.________ quant à la superficialité de l'anamnèse du rapport des docteurs C.________ et D.________. L'argument y relatif tombe donc à faux. Il est aussi erroné de prétendre, comme le fait l'assurée, que l'attention des experts et médecins examinateurs avait initialement été concentrée sur la problématique dépressive. Le docteur B.________ décrivait effectivement le trouble dépressif comme étant en rémission partielle et de gravité actuelle mineure (cf. rapport d'expertise, p. 17). En revanche, il liait la reprise d'une activité lucrative avant tout à l'amendement du fort aspect dépendant du trouble de la personnalité (cf. rapport d'expertise, p. 18). Les docteurs C.________ et D.________ s'étaient certes exprimés sur la problématique dépressive (en rémission complète) mais avaient également déduit de leurs investigations que le trouble de la personnalité n'était pas décompensé (cf. rapport d'examen, p. 8 et 9).